,,trois ,,hommes ,,quelques ,,uvres ,,de ,,su>,s ,aux ,,cahi]s ,,de ,,la ,,qu9za9e1 #h1 rue de la ,sorbonne3 ,,sur ,,la ,,mort ,,de ,,mon ,,fr,,re1 #a volume petit 9-#h1 #aijd4 ,,la ,,trag,,die ,d',,electre1 #a volume gr& 9-#ah1 #aije4 ,,tol/o ,,vivant1 #a volume gr& 9-#ah1 #aiaa4 ,,de ,,napol,,on1 #a volume gr& 9-#ah1 #aiab4 ,a l',,occid5t1 #ag1 rue ,ebl3 ,,voici ,l',,homme1 #a volume gr& 9-#h1 de #dej pages1 #aije4 ,,images ,,de ,,la ,,gr&eur1 #a volume gr& 9-#h1 de #bba pages1 #aija4 ,,b\cli] ,,du ,,zodiaque1 #a volume gr& 9-#h1 de #aea pages1 #aijg4 ,,lais ,,et ,s,,nes1 #a volume gr& 9-#af1 #aiji4 ,*ez ,,calmann-,l,,vy1 diteur3 ,,le ,,livre ,,de ,l',,m]aude1 #a volume 9-#ah1 #aija4 ,*ez ,,emile-,,paul1 diteur1 #ajj1 faub\rg ,sa9t-,honor3 ,,sur ,,la ,,vie2 ,,essais1 tome ,i1 #a volume gr& 9-#af1 #aiji4 ,,sur ,,la ,,vie2 ,,essais1 tome ,,ii1 #a volume gr& 9-#af1 #aiaj4 ,,sur ,,la ,,vie2 ,,essais1 tome ,,iii1 #a volume 9-#ah1 #aiab4 ,,voyage ,,du ,,condotti,,re1 tome ,i1 #a volume gr& 9-#af1 #aiaj4 ,,id,,es ,,et ,,visions1 #a volume 9-#ah1 #aiab4 ,,&r ,,su>,s ,,trois ,,hommes ,,pascal1 ,,ibs5 ,,do/o,,evski ,,ditions ,,de ,,la ,,n\velle ,,revue ,,fran,,aise #ce #cg1 ,,rue ,,madame1 ,,p>is #aiac ,,il ,a ,t ,,tir ,a ,,"p #ej ,,exemplaires ,,sur ,,v]g ,d',,ar*es ,r,,impos,s ,,et ,,num,,rot,s ,a ,,la ,,presse4 ,t\s droits rs]vs4 ,a ,,mon ,,tr,s ,,*] ,,aim ,,sacoman ,,philosophe ,,visite ,a ,,pascal ,i ,a ,,port-,,royal ,un j\r que le tumulte de la calomnie et des invectives s'tait rp&u le plus insolemm5t dans ,p>is1 et tr\blait le plus cette ville injurieuse1 ,m4 de ,sipse1 incapable de le subir plus longtemps1 prit p>ti de le fuir1 et s'en fut la campagne4 ,m4 de ,sipse s\ffrait1 en effet1 du dsordre comme d'une injure p]sonnelle1 que son temps lui et faite1 et que t\t le peuple et conspir lui faire4 ,une pr(onde colre1 froide et secrte1 le dvorait de s5tir en lui-mme la puissance de l'ordre1 de s'en connatre la volont1 et de savoir qu'elle dt tre sans effet4 ,le p\voir d'un homme e/ la moy5ne de ce qu'il peut lui-mme1 et de ce que les circon/ances lui p]mett5t1--l'accord de sa =ce propre avec la fatalit des vnem5ts4 ,c'e/ p\rquoi t\t homme puissant s'e/ t\j\rs s5ti deux doigts de ne pas l'tre2 et il appelle son toile ce bonheur de l'accid5t1 qui ne suffit ri51 mais sans quoi la voie e/ f]me t\t le re/e4 ,le has>d1 qui fait natre un homme son heure1 fait plus p\r lui qu'il ne f]a jamais lui-mme4 ,a dix ans prs1 on e/ ,cs> ou on ne l'e/ pas4 ,p\r un trait de plus ou de mo9s dans le visage1 et le nez fait d'une =me qui plaise1 on peut ex]c] ou non le droit de puissance qu'on a4 ,s'il ne le peut po9t1 l'homme l'ex]ce alors contre lui-mme4 ,et plus les faits dsordonns lui font ob/acle1 plus il s\ffre amrem5t de s5tir en soi la =ce qui les ordonne4 ,agit de ces p5ses1 ,m4 de ,sipse rsolut de les apais]1 s9on de s'en di/raire1 et il se proposa une prom5ade dans le vallon le plus au/re et le plus retir qui soit aux portes de ,p>is3 il s'en fut ,port-,royal-des-,*amps4 ,on tait au temps de la ,p5tecte4 ,le pr9temps tirait sur l't2 il faisait dj *aud2 et les j\rs nuageux1 *>gs d'orage1 suivai5t l\rdem5t des nuits encore fra*es4 ,p>ti de bon mat91 ,m4 de ,sipse fut r5du l',abbaye avant le milieu du j\r4 ,le ciel1 qui avait d'abord t d'une cl>t admirable1 se br\illa bi5tt4 ,le bleu t5dre1 dlicat et pr(ond1 qui e/ propre l',ile-de-,france1 se *>gea de nues la9euses et gristres2 et l'air1 qui avait t frais1 t\ff p> les nuages1 s'appesantit4 ,le ciel bleu de la ,france n'e/ po9t implacable ni sublime comme le reg>d d'un dieu3 il a plutt la f9e complaisance d'un il huma92 et qu& il se voile1 il invite la rflexion ou l'ennui plutt qu' la colre4 ,aussi ,m4 de ,sipse s'e/imait-il heureux que le temps s'accordt ses p5ses div]ses4 ,il tait v5u en voiture1 trav]s les *amps m\ills de rose1 frais et limpides1 comme la mat9e mme1 le ciel clair et le v5t lg]4 ,les bls v]ts1 et les avo9es dj hautes1 aux reflets ardoiss1 frmissai5t dans la pla9e1 o p>fois l'on voyait au lo91--comme un insecte en suit un autre1--une *>rue guide avec l5teur p> un paysan4 ,a mesure qu'on appro*e de ,port-,royal1 le pays se fait plus ds]t4 ,on ne voit plus que des hameaux c\*s au ras de la t]re4 ,le plateau pre rgne2 et l'horizon recule1 grave et tri/e1 comme t\t ce qui e/ gr&4 ,l1 si le ciel p5*e un reg>d plus sombre1 s\rcilleux de nuages et *>g mme de m5aces1 il semble seulem5t r5dre1 en miroir fidle1 l'me des lieux4 ,n\s n'avons affaire1 en t\t1 qu' l'me1 et comme il en va des hommes1 si un pays ne n\s livre la si5ne1 il n'a ri5 p\r n\s4 ,au v]sant de ce plateau dont l'aspect1 srieux en t\t temps1 e/ tragique qu& le soleil s'y ca*e1 on tombe dans un troit vallon2 p> un *em9 heurt1 entre les arbres1 on desc5d au fond d'une sorte de tr\1 o1 ce9te de hautes murailles1 et voile s\s le feuillage1 avait t fonde l'abbaye de ,port-,royal4 ,l'abbaye a t va/e1 les fabriques considrables4 ,il y eut plusieurs corps de btim5ts4 ,l'htel o logeai5t les solitaires1 faisait face au clotre o les ,filles du ,sa9t-,sacrem5t s'tai5t v\es l'adoration p]ptuelle4 ,dans une cole illu/re1 on enseignait les enfants1 dont fut ,rac9e4 ,une *apelle tait le lieu d'assemble o tant d'hommes1 de femmes et de petites cratures si dissemblables se runissai5t dans une p5se commune3 en dpit de t\t1 la m>que en re/ait ineffaable1 tant elle avait mordu =tem5t sur l'me4 ,un j>d9 sp>ait la maison des religieuses et celle des ,messieurs4 ,les enfants logeai5t dans une aile basse1 o se t5ai5t les cat*ismes4 ,le v]g]1 le potag]1 s't5dai5t au del comme le tmoignage du travail le plus agrable au ciel peut-tre4 ,la p]fection de l'homme simple et paisible e/1 sans d\te1 celle du frre lai1 qui passe des *amps la *apelle1 de la b*e au psauti]1 et qui1 p\r son dlassem5t1 incl9e devant ,dieu des paules que1 le re/e du temps1 le lab\r c\rbe v]s la t]re4 ,si ce n'e/ une t\r ru/ique1 l'une des ailes1 il ne re/e ri5 de t\te l'abbaye3 une ha9e pati5te1 infatigable p\r t\t dire1 a prp> cette ru9e et l'a consomme4 ,la *>rue a pass sur le clotre4 ,les tombes des jansni/es ont t remues p> le soc4 ,l\is ,,xiv a fait vol] en p\ssire une des =ces morales1 la plus solide peut-tre et la plus compacte qu'il y et en ,france4 ,des hommes l vivai5t avec leur cimetire s\s les yeux1 et l'avai5t p\r lieu de prom5ade4 ,il devait leur import] peu que leurs c5dres fuss5t ou ne fuss5t pas en repos4 ,on imag9e mme l'am] cont5tem5t de ,pascal1 s'il avait pu prvoir qu'on jett ses os au v5t4 ,sans p>l] de sa joie s\ffrir p]scution p\r la vrit et la ju/ice1 il se ft rj\i ardemm5t de cet outrage la *air ennemie2 et il y et vu quelque faveur s+ulire qu'on et faite son me4 ,les ,messieurs de ,port-,royal n'tai5t po9t des cl]cs4 ,les uns ne s'en jugeai5t pas dignes2 les autres y rpugnai5t de nature1 ou p> tat4 ,ils =mai5t une espce de ti]s ordre4 ,ils tai5t pe9e des lacs1 et ne v\lai5t po9t tre des mo9es4 ,ils vivai5t p\r faire leur salut1 et prt5dai5t le faire dans le sicle1 ou s'y rsignai5t4 ,port-,royal tait leur maison de retraite4 ,ils y v5ai5t appro*] ,dieu de plus prs4 ,ils lui y prtai5t une oreille plus att5tive qu'ils n'aurai5t pu ailleurs1 ni autrem5t4 ,ils y avai5t leurs mille entreti5s avec une puissance r$\te1 et s\haite de t\s leurs vux1 comme seule cra9dre sans d\te1 mais seule aussi sec\rable4 ,en un temps o t\t homme v\lait1 tt ou t>d1 pr5dre quelque connaissance de soi1 nulle "p on n'alla plus avant dans l'art cruel de se connatre1 que dans cette compagnie svre4 ,or le sc&ale e/ gr&1 p\r un mon>que absolu1 d'hommes qui se retir5t en soi3 c> il n'en e/ pas1 quelle qu'en soit la rvolte1 qui lui *app5t plus2 et1 en outre1 ceux qui se connaiss5t sans complaisance sont1 malgr t\t1 sans complaisance connatre les autres4 ,les s\v]a9s absolus n'aim5t pas cette s\v]a9et-l2 plus elle se tait1 plus elle les brave4 ,son respect mme e/ une =me du mpris1 c> il juge4 ,les s\v]a9s1 qui le sont dans l'ordre de la *air1 hass5t la s\v]a9et qui e/ d'un autre ordre1 et qui *appe au leur4 ,plus elle e/ humble en conduite1 plus elle les humilie1 puisqu'elle ne leur laisse po9t de prise sur elle1 et qu'elle s'lve sans d\te au-dessus mme de ce qu'elle abat4 ,c'e/ p\rquoi le s\v]a9 absolu1 qu'il ait nom ,l\is ,,xiv1 ,napolon ou ,peuple1 se dfie des solitaires et les frappe4 ,il ne faut pas trop de sa9ts dans l'tat1 ni mme dans le monde2 d'cole de sa9tet1 encore mo9s3 la sa9tet m5ace la nature1 et la nature ne veut que des esclaves ou de faux tmo9s3 elle hait les juges444 ,au dt\r du *em9 creux1 une porte de bois1 dans un *ssis de pi]re1 qu'une croix de f] surmonte3 c'e/ l'entre de l'abbaye4 ,comme j'allais y frapp] moi-mme1 je vis ,m4 de ,sipse p\ss] la porte1 sans d\te laisse entr'ouv]te3 il passa le seuil1 et je le suivis4 ,je connais ,m4 de ,sipse depuis longtemps1 et je l'e/ime4 ,n\s avons des p5ses communes1 mais je le vois peu4 ,au bruit cri>d du vantail sur le gond1 ,m4 de ,sipse t\rna la tte1 dj mcont5t de ne pas tr\v]1 mme ,port-,royal1 la solitude4 ,j'avais eu le mme s5tim5t d'ennui en me voyant prcd la porte4 ,mais il me reconnut aussitt1 comme je v5ais de faire2 n\s s5tmes1 *acun1 que la prs5ce de l'un p\rrait n't] ri5 au *>me de la visite solitaire que se promettait l'autre2 et que notre sil5ce p\rrait ne se rompre qu' l'occasion d'une motion p>eille1 et p\r se mieux gt] en elle4 ,ds la porte p\sse1 l'on e/ dans les *amps de ,port-,royal4 ,on m>*e au milieu d'une campagne close4 ,c'e/ d'abord un s5ti] entre deux prs1 o les bleuets fleuriss5t dans l'h]be v]te1 et o quelques coquelicots clat5t comme des cris de joie4 ,puis1 des deux cts l'espace s'l>git4 ,le sol en p5te va p> bonds1 de gau*e droite1 o1 comme un lit1 se creuse le fond du vallon4 ,on fait quelques pas1 et l'on dc\vre t\t l'horizon de la valle solitaire4 ,elle semble f]me de t\tes p>ts1 p>eille une vasque de t]re ca*e entre des coll9es boises4 ,les arbres voil5t le bord ouv]t de ce foss4 ,le ciel p>at v]s] la cl>t de plus haut que sur la pla9e4 ,la c\ronne des feuillages pose sur les hauteurs les ce9t d'une ombre claire et p5sive4 ,t\t1 ici1 e/ ramass sur soi-mme et p5* sur le fond4 ,et t\t1 en ces troites limites1 la manire du recueillem5t1 p>le d'une gr&eur intime4 ,les lilas1 sur leur f91 balanai5t1 ici et l1 leurs bran*es fleuries1 dont le v5t agitait les ?yrses4 ,un peu de pluie tait tombe1 que la t]re1 les prs et t\tes les feuilles r5dai5t en p>fums humides4 ,on ent5dait le murmure d\x d'une s\rce1 et le rgne du beau sil5ce4 ,ces *amps p>aissai5t sans culture1 et en tre plus purs4 ,une maison dans un co91 d'o p>tait une alle d'arbres2 et au creux du foss1 une *apelle neuve1 dont les lignes s*es et les pi]res trop blan*es (f5s5t la vue4 ,c'e/ l que des hommes pieux ont runi ce qu'ils ont pu tr\v] qui vnt des jansni/es4 ,ils ont lev cette petite glise un culte qu'ils ne s'acc\tum5t po9t croire disp>u4 ,au pi$ de la *apelle1 sur l'un des cts1 l'on a rang les re/es du cimetire3 c> la ha9e et la de/ruction ont ici port une ma9 si avide1 que les tombes mmes en ont t tes1 et que les seuls dbris y sont les re/es de re/es1 les reliques de la mort1 et non pas mme de la vie4 ,une petite place sable1 close entre de faibles murailles1 o des pi]res tombales s'appui5t1 et qui semble faite p\r une assemble1 s't5d devant la *apelle4 ,quelques degrs mn5t au portail2 le d]ni] =me une t]rasse tale1 o le feuillage et les lilas aj\t5t la grce d'une p>ure *>mante4 ,o l'art admirable n'lve pas son *ant1 la nature seule peut p>l]4 ,quel qu'en soit le m5songe1 ou la cruaut1 son langage a l'unique sduction o l'on ne sait pas rsi/] et l'acc5t qui p]suade4 ,on le s5t trop la r5contre de deux bu/es en bronze1 sur les m>*es qui mn5t cette glise des reliques4 ,c'e/ ,pascal et ,rac9e qu'on a poss1 malgr eux1 sur ces degrs1 p\r y recevoir t\te sorte de g5s1 de ceux dont ils euss5t dcl9 la visite1 avec le plus d'horreur peut-tre1 s9on seulem5t avec le plus d'ennui4 ,passe encore ,rac9e2 et qu'on y mette aussi le gr& ,arnaud1 si l'on y ti5t4 ,mais ,pascal6 ,il ne se s\ciait pas qu'on lui r5dt un tel honneur4 ,si ces bu/es1 du mo9s1 n'tai5t que ridicules3 mais ils sont d'une extrme imp]t95ce1 et celui de ,pascal n'e/ mme pas dc5t1 tant il y manque la vraie ressemblance1 qui e/ de l'me2 et tant il ti5t de la fatuit1 sre de soi1 o le modle commun1 qu'ils en ont s\s les yeux1 a f9i p> =c] les sculpteurs de rang] t\s les gr&s hommes4 ,,ii ,,pascal ,le muse1 en =me de *apelle1 conti5t quelques portraits4 ,d'un ct les docteurs1 les religieuses de l'autre4 ,au-dessus de la porte1 ,jansnius4 ,l'vque d',ypres a l'air savant1 sy/matique1 ttu1 troit et froid2 un front haut1 un visage po9tu1 non sans ruse4 ,m4 de ,sa9t-,cyran montre une figure dj d'un autre ge3 une n]gie viol5te1 une =ce op9itre1 le visage d'un homme qui manie l'pe et la plume du mme bras2 homme du temps de la ,ligue1 capable de faire campagne1 et de t5ir tte une arme2 non pas un docteur1 un ?ologi5 en armes2 la b>be grise et dure1 le te9t *aud1 l'air sangu91 l'acc5t de l'action1 le pli de la colre4 ,le gr& ,arnaud ju/ifie son nom et l'ennui accablant qu'il inspire3 une va/e et =te tte1 un crne puissant1 le front haut1 l>ge1 droit1 une =t]esse de doctr9e1 une citadelle d'rudition et de ?ologie4 ,sa mre1 la fondatrice de l'abbaye1 e/ la s\rce manife/e de cette =ce1 la base de l'difice3 c'e/ une femme rude1 paisse1 membrue comme un homme4 ,ri5 de d\x1 ni mme de son sexe4 ,du poil aux lvres2 de la *air drue en dpit des au/rits2 s\s la graisse1 l'on s5t les os1 gros et l>ges3 voil la mre d'une famille r$\table p> le nombre et les ress\rces2 t\t en elle e/ solide1 volontaire1 n\rri de sub/ance et de raison4 ,qui la voit1 et le gr& ,arnaud prs d'elle1 connat aussitt sur qui reposait t\t l'tablissem5t des jansni/es4 ,et1 de mme1 qui reg>de sa petite-fille1 admire la fleur dlicate et si ple qu'une =te race d'hommes ou d'esprits se de/9e produire1 p> o du mo9s elle f9it4 ,la seconde ,anglique fait avec ,m4 ,hamon un c\ple dlicieux dont la grce sduit le cur4 ,m4 ,hamon a le visage *>mant et f9 d'une jeune fille1 ou d'un pr9ce adolesc5t3 blond1 ple1 les lvres les plus m9ces1 l'air c&ide et t5dre1 le m5ton en aiguille1 t\te sa =ce e/ dans les yeux1 comme celle de la ,sur ,anglique4 ,encore n'e/-ce po9t une me robu/e qui s'y fait j\r2 mais le feu d'une me my/ique1 prise d'am\r div94 ,quelque =te soit-elle1 elle ne l'e/ dj plus assez p\r la vie2 capable de s\t5ir t\te lutte1 elle ne l'e/ pas de va9cre1 dans un secret dsir d'puis] la volupt d'tre va9cue2 ou plutt ce qu'elle a de =ce ne s'applique qu' un plus noble p>ti3 la *air le cde1 ici1 l'esprit qu'elle emprisonne1 et l'enveloppe e/ trop fragile p\r ce qu'elle conti5t4 ,pascal1 cep5dant1 n'e/ p>eil ni aux uns1 ni aux autres4 ,il e/ sans li5s4 ,sa laideur e/ vivante4 ,son masque de mort seul e/ beau3 t\s les deux galem5t tranges1 hors de lieu et presque hors de propos4 ,ce que ,pascal a d'unique vi5t de lui2 mais1 plus que t\s les autres1 il a l'air de son temps3 le mlange de cette s+ul>it propre et d'un c>actre commun1 gnral mme jusqu' en tre ab/rait1 frappe l'imag9ation4 ,on e/ d'autant plus surpris que les deux lm5ts s'aj\t5t l'un l'autre et qu'ils sont mo9s comb9s4 ,on retr\ve1 d'abord1 dans ce visage la c\rbe viol5te qu'on voit tant d'hommes en ce temps-l4 ,le front et le m5ton t\rn5t c\rt1 p> rapport au c5tre du visage1 comme les deux bran*es d'une hyp]bole4 ,p\r la =me de la figure1 ,pascal ti5t la fois de ,desc>tes et de ,cond4 ,ces visages sont des miroirs qui rfl*iss5t ardemm5t le spectacle de la vie3 ils doiv5t t\t voir1 et il n'en e/ pas o l'on saisisse mieux le don d'imag9]4 ,mais si ,pascal a de ,desc>tes et de ,cond1 p\r les traits1--il n'a ni le jet viol5t de celui-ci1 dont t\te la figure semble lance en bec d'oiseau de proie1 ni le recul dfiant de celui-l1 qui p>at se retir] dans l'ombre1 comme une *\ette1 et t\t fix] de ce co9 obscur1 en oiseau de nuit4 ,il n'y a ri5 qui se contr$ise plus que la b\*e de ,pascal et l'me qui passe p> ses yeux4 ,ou1 plutt1 il n'e/ po9t de figure o des traits si contraires soi5t rassembls plus curieusem5t s\s un aspect unique3 le reg>d d'un dda9 et d'une tri/esse inf9is4 ,un petit portrait de ,pascal1 p> ,philippe de ,*ampagne1 e/ plac ct du masque pris sur le mort4 ,on ne peut gure d\t] de l'un1 p\r la ressemblance1 plus que de l'autre4 ,philippe de ,*ampagne dess9e et suit les traits de ses modles avec une fidlit r>e2 il y met de la consci5ce2 et1 d'un jansni/e comme lui1 on peut dire que l'exactitude dans le dess9 e/ la pratique d'une v]tu4 ,quel pe9tre1 p\rtant1 e/ fidle comme la mort8 ,elle pe9t p> le fond2 et sa fidlit e/ celle qui ne ca*e ri51 qui dvoile le my/re1 et qui livre le gr& secret1 inconnu jusque-l1 et qui1 sans elle1 ne se s]ait pas trahi4 ,image in\bliable6 ,etrange p5dant la vie1 la figure de ,pascal le demeure dans la mort4 ,mais1 alors1 elle e/ belle4 ,la mort e/ le lieu de ,pascal4 ,il l'a tant *]*e et p\rsuivie p>t\t1 que cette passion tr\ble son visage d'homme4 ,mais qu& il l'a enf9 tr\ve1 et qu'il ne la cra9t plus1 p\r l'avoir vue face face1 quelle paix ineffable respire son ennui4 ,ce n'tait donc que cela8--,et quel mpris6 ,p\r me faire savoir si ,pascal e/ mort en ,jsus-,*ri/1 il ne faut que ce visage3 jamais ,pascal1 depuis le j\r qu'il e/ n1 n'exprima une telle pr(ondeur de repos4 ,il a reu la ma9 de la mort1 de la ma9 mme de ,jsus-,*ri/2 et1 donnant sa ma9 la mort1 selon l'ordre de ,dieu1 il a mis l'autre1 avec son me et t\t son tre1 dans la ma9 mme de ,jsus-,*ri/4--,pascal vivant dit l'att5te p]ptuelle de ce mom5t4 ,et ,pascal mort en rvle l'accueil2 que le mom5t unique l'a rassrn p\r jamais2 et qu'enf91 dans un sublime ennui du monde1 une r\te e/ ouv]te qui mne un repos sublime1 o l'espoir comme la t]reur1 o le dda9 mme a p\r t\j\rs la paix4 ,pascal a mesur bi5 des abmes1 en lui et dans les autres hommes4 ,mais il a surt\t connu et pratiqu les si5s4 ,cette grosse lvre1 qui s'avance paisse et r\ge1 n'a t\t ddaign que sur l'ordre d'une p5se t\te-puissante4 ,et cet ordre imprieux lui a t cruel1 sans d\te4 ,elle a v\lu peut-tre s'y s\/raire4 ,qui rsi/]a ,pascal1 si ce n'e/ ,pascal mme8--,mais qui ,pascal cra9dra1 s9on ,pascal8 ,il a connu ses prcipices2 et il les a r$\ts pr(ondm5t1 p>ce que la pr(ondeur lui en tait connue4 ,pascal sait bi5 que t\s les hommes en s]ai5t l s'ils p\vai5t seulem5t s\ponn] leurs abmes4 ,mais comme ils ne les voi5t mme po9t1 ils ne les mesur5t pas4 ,pascal s\ponne1 voit et mesure4 ,nul n'e/ all plus lo9 dans la connaissance de l'homme4 ,nul n'e/ donc all plus avant dans la cra9te de l'homme4 ,et c'e/ p\rquoi ,pascal ne quitte plus d'un in/ant ,jsus-,*ri/4 ,il lui faut ,jsus-,*ri/1 ou t\t cr\le1 et lui-mme tombe s\s le poids des mpris4 ,v\s autres hommes1 qui riez et ne savez po9t1 vos prcipices ne sont gure vos yeux que les erreurs et les misres communes2 v\s v\s voyez en des rivires o c'e/ pe9e si l'on p]d pi$1 et il ne v\s faut qu'une b>que ou tr\v] le gu4 ,v\s tes noys et rejets en p\rriture sur la rive1 que v\s n'avez pas encore peur de cette eau4 ,pascal e/ fait d'une autre sorte3 il ouvre les yeux sur l'imm5se ocan o il s'veille1 et il s'y voit flott]3 l'inf9i s\s les pi$s2 l'inf9i sur la tte2 un inf9i de t\s les cts2 un inf9i de mal1 d'ignorance1 de t]reur et de pe9e4 ,pascal n'e/ pas comme v\s1 p\r tt] un inf9i du pi$1 et *]*] le gu de l'inf9i4 ,mais ,pascal s'assure au contraire que l'homme e/ l'animal s5sible l'inf9i des tnbres4 ,il ne lui re/e donc qu' cri] l'aide4 ,s'il tait faible comme v\s1 il croirait sa =ce4 ,mais =t comme il e/1 il mesure sa faiblesse4 ,et il se ti5t immobile1 mettant t\te sa puissance uniquem5t s'lev] sur cette eau inf9ie et t5dre ses bras au sec\rs unique4 ,p\r dem&] si ,pascal d\te1 il faut d\t] s'il vit4 ,qui te ,jsus-,*ri/ ,pascal lui te t\t4 ,le d\te p\r ,pascal e/ la mort mme4 ,p\r vivre1 mieux vaut t5ir le p>i qu'on e/ sr de croire1 que d\t] de ne croire pas4 ,qu& le d\te le trav]se1 comme t\t homme son heure1 ,pascal meurt4 ,il y a tel cri en lui qui e/ un cri de mort4 ,et *aque fois ,jsus-,*ri/ l'a ressuscit1 le sortant du tombeau4 ,sans ,jsus-,*ri/ pr\v et s5ti dans le cur1 la vie de ,pascal e/ une agonie t]nelle4 ,on ne peut vivre en agonie4 ,pascal1 du mo9s1 ne le p\vait pas encore4 ,il a di/+u notre agonie1--me dit ,m4 de ,sipse1--en sortant enf9 de la *apelle1 o il semblait ne p\voir plus s'arra*] la mditation de ce masque4 ,il en a press5ti les extrmits et l'horreur4 ,c'e/ la raison qui l'a r5du1 p\r t\te sa vie1 si fidle la vnration de son pre4 ,m4 ,pascal le pre avait n\rri son fils d'un alim5t si =t et si *rti51 que ,pascal y a t\j\rs tr\v une rs]ve et de quoi s\ffrir la fam9e dans les temps o il put cra9dre disette de foi4 ,mais pe9e s'il connut plus de deux poques p>eilles4 ,en ,pascal1 les v>iations ne fur5t que de la *>it commune la *>it p>faite4 ,de mme que les hommes ne sav5t po9t le dang] o ils sont1 ils ignor5t le sacrifice qu'il exige4 ,pascal1 connaissant le pril1 ne p\vait jamais cons5tir longtemps ne po9t faire t\t ce qu'il faut p\r en sortir2 je v\s dirai1 du re/e1 qu'il n'y a po9t de demi-vrit ni de demi-foi que dans les mes mdiocres4 ,c'e/ la mdiocrit des hommes qui assure le tra9 du monde4 ,et il n'irait pas au del de l'heure o n\s sommes1 sans les moy5s t]mes de cette mdiocrit qui ne f9iss5t pas4 ,t\s ces at]moiem5ts assur5t la dure la pauvre heure des hommes4 ,elle se passe2 ils pass5t avec elle2 et n'en dem&5t pas plus4 ,il leur suffit de ne se po9t voir pass]4 ,peu de g5s viv5t dans la vue de ce t]me o ils doiv5t all]4 ,et ceux qui l'entrevoi5t1 comme on fait d'une croix en haut d'un t]tre1 entre deux r\tes1 en ,bretagne1 dt\rn5t les yeux de ce s5ti]4 ,la mdiocrit1 qui cons]ve le monde1 e/ la mme vanit qui sauve les hommes4 ,c> t\s les hommes viv5t de vanit4 ,s'ils n'avai5t pas mille petits so9s1 ils n'en aurai5t qu'un seul1 qui les tu]ait4 ,c'e/ p\rquoi ils l'vit5t3 s9on eux1 le misrable et magnifique in/9ct qui les atta*e ce qu'ils sont4 ,ils veul5t vivre2 et n'en ont pas de raison plus =te1 la vrit1 s9on qu'ils le veul5t4 ,admirons encore ici un des c\ps de la nature1 ce tyran qui fait *rir et dsir] sa tyrannie4 ,ceux qui ne sont mdiocres en ri51 ni p> le cur ni p> l'esprit1 se port5t bi5tt contempl] deux abmes3 le nant du monde et le nant de soi4 ,la plup>t des gr&es mes s'arrt5t l'un des deux prcipices1 qu'elles combl5t en y jetant l'autre4 ,et1 ne ri5 dissimul]1 peut-tre ne peut-on vivre mo9s d'un p>ti hroque4 ,il faut pr5dre p>ti p\r le monde contre soi1 ou p\r soi contre le monde4 ,on ne se tire pas mo9s de cet espace effrayant o rgne le vide1 et o il a t\tes les dim5sions de l'esprit1 qui sont plus de trois4 ,de l ces p>tis pris sublimes1 celui des sa9ts ou de ,tol/o1 qui fait la bonne bte4 ,quelque =ts qu'ils soi5t1 ils s'immol5t2 ils veul5t croire en ,dieu ou ce monde1 t\t prix4 ,et comme la volont d'une p>faite croyance e/ dj la moiti d'une foi1 bi5tt ils s'y immol5t4 ,ils ont des p>tis dsesprs3 soit de la raison1 soit du cur contre elle1 mais t\j\rs dsesprs2 c> la plus haute dm>*e de l'un et de l'autre1 c'e/ qu'ils dsespr5t4 ,je ne sais po9t ce que c'e/ qu'un homme qui en e/ rduit soi-mme et qui ne dsespre pas4 ,et p\rtant on ne r5tre en soi qu'aprs avoir quitt le monde4 ,il faut donc tr\v]1 cote que cote1 quelque lieu o fix] son me et sa vie4 ,tol/o ne d\te po9t de la raison2 il la juge naturellem5t droite2 il n'en mprise que le mauvais usage2 ,tol/o1 enf91 croit beauc\p plus la raison et la vie que ,pascal4 ,et son ,evangile e/ raisonnable1 qui e/ l'excs de la draison1 ,pascal n'y adhr]ait pas1 cause de cette raison mme o ,tol/o se range4 ,il le jug]ait absurde1 s9on impie4 ,pascal a de bi5 plus puissantes atta*es au ,moi2 et enf9 c'e/ t\j\rs le cur qu'il exalte1 et la raison qu'il humilie4 ,p\r gomtre qu'il ft1 il n'y faisait que l'essai de sa =ce2 et t\te la vraie puissance1 t\te la vrit1 il les juge seulem5t dans le cur4 ,or ce cur aussi lui e/ ennemi4 ,il e/ ri*e de cur comme pas un autre3 et sa cra9te vi5t de l4 ,ce gr& cur dborde d'un gr& moi3 ,pascal v\drait l'y t>ir sa s\rce4 ,voil o il aspire4 ,pascal se s5t sup]be1 ple9 d'am\r et de ha9e1 gal t\t1 suprieur t\t mme4 ,si gr& qu'il ft1 il se savait plus gr& encore1 en bi5 et en mal1 que ne le p\vai5t savoir les autres4 ,c'e/ p\rquoi il se fait une gu]re admirable4 ,si j'avais le cur aussi pauvre que l'esprit1 je s]ais bi5 heureux1 s'criait-il quelquefois4 ,mais il l'avait ri*e inf9im5t4 ,v\s n'avez pas rem>qu la puissance de ce cur4 --,je n'y ai po9t pris g>de4 ,ou plutt1 je ne la di/+uai po9t de la gr&eur propre cet homme unique4 --,elle e/ unique1 en effet4 ,p]sonne ne l'a press5tie1 si ce n'e/ quelque peu ses pro*es1 et ,m4 de ,sacy4 ,on dev9e quelque effroi ml l'tonnem5t de ce sage ?ologi51 qu& ,pascal lui rvle ,epictte et ,montaigne4 ,m4 de ,sacy ne put s'emp*] de tmoign] ,m4 ,pascal qu'il tait surpris comm5t il savait t\rn] les *oses4 ,en ce monde1 o la plup>t sont si pauvres de cur1 qui compr5dra le dang] de s'en connatre trop ri*e8 ,t\s les hommes qui veul5t se sanctifi] n'ont gure beso9 d'abattre que leur esprit1 et de ne mettre que leur *air dans les li5s4 ,l'asctisme y suffit2 la raison humilie dans la prire1 et le corps rduit la portion congrue de l'esclave1 on croit avoir assez fait4 ,le triomphe de cette sa9tet-l n'e/ encore p\r ,pascal qu'une victoire prcaire4 ,selon moi1 ,pascal n'e/ nulle "p si gr& que p> la ncessit de dompt] et de dnu] son cur1 o il s'e/ vu4 ,mais le monde ne l'a pas connue1 c> il ne l'pr\ve pas4 ,cep5dant1 p\r autant qu'il y aura de gr&es mes en cette vie1 l'asctisme du cur leur sembl]a le seul ncessaire4 ,il ne s]a pas si difficile de mortifi] la *air et d'humili] la raison4 ,il faut s'en fi] t\te raison assez =te1 t\te me assez noble4 ,elles se dgt]ont assez de leur impuissance1 p\r ne se po9t donn] l'alim5t de vanit qu'elle rclame4 ,mais plus le cur s]a gr&1 plus il aura de pe9e se quitt]4 ,c> n'oubliez po9t qu'il lui faut t\t quitt] en se quittant4 ,je m'assure qu'il y a des hommes p\r qui le contact d'un cilice po9tu sur la peau peut tre dlicieux2 et d'autres que l'orgueil mme d'une p5se pr(onde porte la f\l] ddaigneusem5t aux pi$s3 ils os]ont rehauss] ses dp5s l'in/9ct dsordonn de la brute4 ,mais ce cur1 avide de s'gal] t\t l'univ]s1 avide mme de t\s les plus beaux supplices1 il n'e/ pas si facile de le r5dre ds]t ni de le dp\ill]4 ,il veut bi5 donn] t\t son sang2 mais il veut le s5tir c\l]4 ,il cons5t se laiss] d*ir]2 mais la condition de j\ir qu'on le d*ire4 ,il se laisse puis]1 il ne veut po9t t>ir ses s\rces lui-mme4 ,cette s*]esse lui fait horreur4 ,le p>ti pris de ,tol/o n'e/ pas mo9s beau que celui de ,pascal3 mais il n'e/ pas si r>e4 ,tol/o ne connat po9t un abme si pr(ond1 et il ne revi5t pas de si lo9 en dpit de la diffr5ce des temps4 ,son nant n'e/ qu'un des c]cles de la spirale1 o l'inf9i nant de ,pascal se dcrit2 et ,pascal n'et jamais combl le si5 de ce qui le comble4 ,le dieu de ,tol/o n'e/1 aprs t\t1 qu'un tre de raison1 et que le cur suscite la raison4 ,on =ce la raison2 on la c\rbe au s]vice du cur2 c'e/ que le cur lui-mme se plie volonti]s s]vir2 il fait s\v5t plus de la moiti du *em94 ,pascal1 ici1 d\t]ait encore1 comme dis5t ces mes faibles4 ,encore un c\p1 ,pascal ne d\te jamais3 il nie4 ,le d\te n'e/ pas t5able p\r une volont gr&e4 ,le d\te n'e/ une preuve de =ce que dans l'esprit1 et la faiblesse consomme du c>actre4 ,l'homme puissant en vrit prfre se tromp] contre le d\te1 d\t] en ne se trompant pas4 ,il ne j\e pas avec la raison3 il la r5d s\v]a9e1 ou il l'accable4 ,il fait la bte desse91 p> dgt de faire l'homme2 et il y peut mettre un comble d'orgueil et de =ce4 ,il se v5ge sur l'esprit des maux s\ff]ts p> la volont4 ,dj le j\r baissait1 et se retirait de la *apelle2 je v\lus voir une fois encore cette figure my/rieuse qui respire un s5tim5t si pr(ond de satit1 de paix s]e9e1 et de dda94 ,le pltre qui l'a faite si blme1 communique cette figure un c>actre t]nel4 ,sur t\t l'ennui de la vie1 un sduisant repos semble rp&u1 celui que ri51 jamais plus1 ne tr\ble1 p>ce que ri5 dans l'homme ne s'y prte plus4 ,c'e/ d'un reflet p>eil que la m] brille languissamm5t1 qu& le d]ni] c]cle de l'eau se f]me sur un navire engl\ti4 ,p]sonne1 selon mon gt1 n'a vu ce masque4 ,non plus qu'un aspect pr(ond du ciel ou de la m]1 il n'e/ facile de le dcrire4 ,il reti5t p\r l't]nit le s\ffle passag] d'une me suprieure4 ,il montre1 arrt dans la mort1 t\t l'ennui de la vie3 de cette tri/esse indicible1 la mort a fait1 ici1 une passion4 ,les traits de ,pascal ont d tre en p]ptuel m\vem5t3 la =ce de cet esprit et sa volont ddaigneuse1 t\j\rs agissantes et t\j\rs inquites p5dant la vie1 ne sont fixes que l4 ,dans la m] de ce cur passionn1 la mort enf9 a jet l'ancre4 ,un trait s+uli] e/ celui des paupires abaisses1 dont les bords p>aiss5t s'entr'ouvrir1 et dont l'paisseur surpr5d2 c'e/ que la cire1 qu'on y mit p\r df5dre les cils contre la brlure du pltre1 a fait corps avec lui1 et l'empre9te trange en e/ re/e au masque4 ,a9si cet ennui sans bornes1 ce p>fait dda9 dans la srnit du repos1 sembl5t s\rire4 ,et ri5 n'e/ plus m\vant p\r la p5se que cette paix s]e9e de ,pascal entre les ma9s de la mort3 elle contemple la d\ceur du salut1 au se9 de la volont div9e1 et s\rit dsormais son mpris mme de la vie1 et de t\tes les misres qui t\rm5t5t cette malade4 ,quel homme en ,france1 p5sait ,m4 de ,sipse1 fut jamais l'gal de celui-l4--,il a t le plus gr&2 c> il a eu les gr&eurs de presque t\s les autres4 ,il e/ la fois le pote1 le sa9t et le savant1 l'homme qui voit1 l'homme qui sait1 l'homme qui p5se2--bi5 plus3 l'homme qui a t\tes sortes de puissances1 et qui les ddaigne t\tes au prix de celle qu'il se s5t4 ,la =ce de sa p5se ne le cde aucune autre2 mais il se plat l'humili]4 ,il n'e/ pas s5sible ce qu'elle peut1 mais ce qu'elle ne peut pas2 il se porte d'abord ses bornes2 il se ti5t p\r son ord9aire o les autres f9iss5t seulem5t p> s'arrt]4 ,il a un bi5 plus gr& mpris qu'il ne veut dire des petits esprits et des mdiocres3 mais son dda9 ne s'y att>de pas1 et prfre all] du premi] c\p aux plus gr&s4 ,sans d\te1 il fait fi de ceux qui draisonn5t2 mais c'e/ p\r faire mo9s de cas encore de ceux qui s'enorgueilliss5t de la raison4 ,la sci5ce e/ l'essai qu'il fait de sa =ce2 et il ne veut pas que ri5 y aide3 pas mme une m?ode3 il rpugne la mcanique de l'esprit comme indigne du si54 ,c'e/ le secret de son ress5tim5t contre ,desc>tes3 outre que ,dieu rvl n'e/ pas ncessaire ce sy/me du monde1 ,desc>tes donne trop la mcanique de la p5se2 il n'oblige plus le gomtre aux prodigieux ef=ts de la re*]*e la manire des anci5s2 au gr de ,pascal1 il te trop l'imag9ation4 ,pascal e/ comme ,ar*imde1 son hros dans l'ordre de la gomtrie3 il veut ne devoir qu' lui seul t\tes ses dc\v]tes2 il veut contempl] les figures1 et les rduire au nombre p> la =ce mme du raisonnem5t2 il ne lui plat pas que le symbole se place entre l'objet du problme et la con/ruction gomtrique3 ,pascal1 le premi]1 a pass le seuil du calcul de l'inf9i1 allant1 p> ses voies propres1 du mme pas qu'un anci5 aurait pu faire1 sans pr5dre les *em9s aiss o ,newton et ,leibniz se r5contrr5t4 ,et c'e/ ce qu'il fait en gomtrie1 qu'il me semble lui voir faire en morale comme en t\t le re/e4 ,nul homme n'a aim plus que lui les t*es difficiles4 ,il les t5te t\tes avec passion4 ,il veut tre sa9t1 p>ce qu'il ne s'en croit pas capable4 ,il veut tre sa9t1 autant p> t\t ce qu'il se s5t de =ces qui y sont propres1 que p> t\t ce qu'il sait en lui de puissances contraires la sa9tet4 ,il mesure donc son cur aux t*es les plus difficiles2 et sa gr&eur d'me ne les e/imait peut-tre qu'en raison de la difficult4 ,les moy5s qui abrg5t1 et ceux qui aid5t l'esprit ne lui rpugn5t pas mo9s que ceux qui prt5d5t prt] l'paule la vie4 ,p\r une me si =te1 ri5 n'e/ digne d'elle qui ne l'ex]ce pas2 et ce qui ne cote pas beauc\p a peu de prix p\r un gt si r>e4 ,a un c]ta9 degr1 ni le cur ni la raison ne se satisfont de ri5 qui ne soit a*ev4 ,celui qui e/ pris de p]fection n'a qu'une volont1--qui e/ de la jo9dre1 et que t\t contr>ie4 ,sans cesse il y va p\r lui de la vie1 et de ri5 mo9s4 ,nul ef=t ne le reti5t ce qu'il a4 ,il e/ t\t en ce qu'il *]*e4 ,au cur passionn1 le dplaisir de vivre s'accrot inf9im5t plus p> la foi que p> le d\te4 ,c'e/ p\rquoi les passionns d\t5t peu3 ils prfr5t naturellem5t leur ardeur tri/e une joie tempre4 ,a leurs yeux1 il n'e/ de vrai bi5 que le s\v]a9 bi54 ,la morale facile e/ la mort de la morale1 et ils la hass5t4 ,il n'y a po9t de devoir si ais1 que la plup>t du temps le contraire ne soit bi5 plus ais encore4 ,t\t ce qui e/ facile e/ selon la nature2 et la nature e/ ple9e de crimes4--,quoi1 de crimes4--,oui3 et bi5 plus1 de crimes aiss4 ,ri5 n'tait donc trop difficile p\r ,pascal2 c'e/ qu'il se proposait la vrit et la p]fection mmes1 le bi5 unique1 enf9 ,dieu4 ,il n'aime et ne s\haite que ,dieu2 mais il voit t\te la nature en rvolte contre lui4 ,l'homme n'y manque pas4 ,l'homme e/ le pr9ce des rebelles qui doit dpos] les armes1 et se rep5tir de sa rbellion4 ,quoi qu'on p5se du re/e1 l'ide de sa rbellion e/ dans l'homme le comm5cem5t de la consci5ce1 s9on de la sagesse3 c'e/ p> l qu'il comm5ce dfaire le nud du ,moi4 ,s'il n'avait eu tant de passions secrtes1 ,pascal ne les et pas accables t\tes4 ,mais il les avait dc\v]tes1 et ne leur laissait pas de repos4 ,il connaissait seul le t]rible rebelle qu'il avait va9cre4 ,jamais il ne l'e/ima assez va9cu4 ,il aimait dompt] la nature1 comme ,alex&re conqurir4 ,*acun de n\s1 s'il e/ assez =t1 pr5d de plus en plus plaisir ses victoires3 et si elles sont pres1 d\l\reuses1 remportes sur soi-mme1 peu importe2 tant n\s sommes1 malgr t\t1 atta*s notre propre =ce que n\s aimons mieux l'ex]c] contre n\s que de ne l'ex]c] pas4 ,c'e/ une joie aussi de la mettre dans les f]s1 et de l'y ret5ir4 ,on la s5t alors1 et ses bonds cruels ou ses s\pirs dans les *anes4 ,s\v5t la nature entrave plat celui qui la dte/e libre2 elle p>at plus belle1 comme l'homme dans les li5s de la mort4 ,esclave1 elle n'e/ plus hassable4 ,t\s les morts ont la beaut de ce qui e/ accompli4 ,le visage glac d'un ennemi t]re1 au milieu mme du dgt1 fait piti4 ,pascal reg>dait les passions en ennemies qu'on n'a pas assez abattues1 si elles ne sont mortes4 ,elles lui plaisai5t trangem5t peut-tre1 qu& il les t\*ait avec le f\et et les t5ailles1 ou qu'il les ret\rnait sur la claie4 ,sa *>it e/ p>eille l'g>d des hommes4 ,il les connat trop p\r croire leur bont naturelle4 ,ce n'e/ qu'une amorce de la m*ancet des uns la m*ancet des autres4 ,il voit leur p]v]sit de nature1 qui les porte au mal1 et leur mollesse p\r s'en c>t]4 ,il les p\rsuit donc t\s en lui-mme et il les enf]me dans leur repaire de p*s4 ,la premire dm>*e d'une me ple9e et libre n'e/ pas plus de succomb] l'humiliation de ses crimes que de les aim]4 ,mais c'e/ de les connatre2 et connus1 sans les aim]1 s9on sans les har1 de les t5ir p\r des faits4 ,ils sont ass]vis ds qu'ils sont mis leur rang4 ,le mal e/ le plus s\v5t un effet de la faiblesse1 une usurpation de la p>tie mauvaise sur la bonne1 qui e/ la plus faible1 mais qui n'en exi/e pas mo9s4 ,c'e/ le po9t de vue d'un ,dieu1 celui d'o t\t e/ son rang1 et selon son ordre3 l1 le pire a une sorte de place aux pi$s de l'excell5t1--et mme une manire de droit4 ,les jugem5ts huma9s ne sont si mdiocres et si inju/es mme1 que p>ce qu'ils n'ont jamais g>d au bi5 dans le mal1 ni au mal dans le bi54 ,dans l'hypocrisie des murs1 il y a plus d'aveuglem5t involontaire qu'on ne croit3 la vue e/ borne2 elle ne veut pas all] au del de ces bornes2 et l'erreur de jugem5t s'ensuit4 ,le g>di5 f]ma d]rire n\s les portes de la *apelle4 ,les lilas se balanai5t avec la mme grce le long de la muraille4 ,la lumire incl9e prtait une me n\velle la campagne4 ,la mlancolie p>lait plus haut dans le sil5ce1 de cette voix si *re aux curs tri/es de vivre1 qui leur r5d plus d\ce l'am]tume1 en ret\r de la saveur un peu amre qu'elle mle t\te d\ceur4 ,n\s allions1 au milieu de ru9es qui n'ont mme plus l'air du dsordre4 ,je p]ds cur1 dit ,m4 de ,sipse1 qu& je vois la mort mme vtue de neuf1 et la de/ruction s+] la vie4 ,a c\p sr1 il et mieux valu ca*] t\s les dbris de ,port-,royal1 les portraits et les manuscrits des solitaires dans un caveau1 creus s\s le sol1 que de leur lev] une glise4 ,on ratisse auj\rd'hui les alles de la mort1 p\r faire honneur aux prom5eurs2 et l'on commet des j>d9i]s aux dcombres4 ,v\s savez le luxe affreux des cimetires4 ,j'aime les ru9es1 o l'insol5ce de la nature s'aj\te3 l'une et les autres se ni5t4 ,pascal n'et pas v\lu de cette gloire po/hume4 ,il suffisait qu'on vt ,port-,royal en p\ssire et ce que c'e/ que la nature livre elle-mme4 ,qu'e/-ce bi5 que les re/es d'un gr& esprit8 ,il n'e/ t\t enti] qu'en lui-mme1--je dis en n\s4 ,il faut des tombeaux fa/ueux aux rois1 aux potes de c\r1 aux philosophes r5ts1 aux *evaux promus consuls p> ,caligula1 voire ,nicole et aux g5s de lettres4 ,mais il e/ des hommes qui rpugn5t ce fa/e4 ,p\r eux1 t\s les tombeaux sont trop petits4 ,ils sont la honte de ce qu'ils prt5d5t cont5ir2 et font un gr& triomphe ce qu'ils conti5n5t3 c> ce n'e/ ri54 --,de la b\e et des v]s1 dis-je4 ,et non mme plus cela1 au b\t d'un peu de temps1 qu& la c5time h]be a s* sur le t]tre1 qui n'e/ sp>e de la premire que p> c5t autres qui s*5t c5t fois4 ,m4 de ,sipse s'in=ma si les trang]s visit5t ,port-,royal2 et il apprit volonti]s1 du g>di51 que les trang]s ne vi5n5t po9t ici4 ,le bonheur e/ r>e1 fis-je4 ,ils ne peuv5t compr5dre ,pascal4 ,comm5t saurai5t-ils jamais que cet homme1 s'il a p5s plus gravem5t que t\s les autres en son temps1 a t\j\rs aj\t la beaut de la =me celle de la p5se8 ,ils n'y peuv5t pas tre s5sibles2 ils v]ront la =ce de la p5se1 et lui f]ont tort de l'art1 b>b>em5t4 --,les trang]s1 dites-v\s8 rep>tit ,m4 de ,sipse4 ,cep5dant1 les g5s de lettres y vi5n5t depuis peu2 et ils inflig5t ,pascal l'enc5s public de leur admiration4 ,grce au ciel1 ce n'e/ encore que t\s les c5t ans2 et voyez ce qu'ils y laiss5t3 des c>icatures c\les en bronze2 une p>odie qui se flatte d'tre t]nelle4 ,image de ce temps1 en vrit1 --,sans d\te1 ils vi5n5t s'enc\rag] la mort dans la contemplation d'un si gr& pass qui n'e/ plus4 --,v\s v\lez rire1 dit-il4 ,ils ne sont pas envieux de la mort1 ceux qui viv5t4 ,la curiosit de la mort glace t\te vie4 ,surt\t une vie si pauvre4 ,ces g5s-l veul5t1 d'abord1 bi5 dn]4 ,ils font un t\r ,port-,royal p\r gagn] de l'apptit4 ,je m'excusai d'avoir raill4 --,je suis v5u voir ,pascal aux lieux o sa gr&e me avait tr\v un horizon qu'elle ne passait pas4 --,n'en d\tons po9t3 elle l'avait *oisi4 ,elle s'y tait fixe dans la vue de ce qui demeure1 et p\r *app] ce qui s'en va4 ,on v\drait savoir comm5t t\t ce sable se dissipe3 on sait bi5 que ce n'e/ que du sable4 ,la vie e/ un tri/e rve4 --,et de la sorte1 on aime le co9 de t]re o l'on rve son gr4 --,dites qu'on s'en emp>e1 et qu'on se l'ass]vit4 ,n\s sommes t\s les mmes3 il n\s faut des esclaves2 c'e/ l ce que n\s appelons l'am\r4 ,qu& t\t p>at s\mis au *angem5t1 les lieux1 p\r montr] que ce n'e/ aussi qu'une app>5ce1 ne *ang5t pas4 ,et si les hommes avai5t un gt plus vif des *oses t]nelles1 ils se g>d]ai5t de t\*] celles o s'atta*e une mmoire unique1 qui s]a t\j\rs seule1 l o elle e/1 et qu'on ne remplac]a pas4 ,n\s vmes un bel arbre1 isol1 qui porte le nom de ,pascal3 le noy] o ,pascal v9t s'asseoir4 ,et si ce n'e/ celui de ,pascal1 il faut que ce le soit2 c> s'il ne l'e/1 que m'importe cet arbre8 ,mais je crois y voir cet homme1 t]rible en p5se1 accabl] de mpris sa p5se mme1 et *]*] p\r son repos l'aide qui n'e/ pas refuse aux feuilles naves4 ,c> elles naiss5t sans d\leur au temps m>qu1 et tomb5t sans angoisse l'automne4 ,m4 de ,sipse1 alors1 me p>la de la tri/esse de ,pascal3 c'e/ un effet de son ardeur et de sa gravit4 ,plusieurs1 qui l'admir5t le plus1 et en font presque mti]1 di/+u5t entre div]s objets qu'il (fre leur admiration4 ,ils l'appr\v5t p\r sa conclusion et p\r sa foi1 mais ils n'en accept5t pas la m>*e1 ni les prmisses contre la raison4 ,ou bi5 ils le l\5t d'tre si h>di d\t]1 et font bon m>* de ce qu'il croit1 au prix de son d\te4 ,mais ni ,pascal ne croit1 ni il ne d\te1 comme ils se l'imag95t1 p> p>ties sp>es4 ,le d\te de ,pascal e/ un reg>d de la foi1 et sa foi a t\tes sortes de li5s son d\te4 ,il e/ admirable que p]sonne n'ait p>l de ,pascal plus pauvrem5t1 ni avec plus de l\anges1 qu'un philosophe et qu'un gomtre de pr(ession4 ,c'tai5t1 la vrit1 g5s de mti]1 l'un et l'autre1 et qui lui devai5t bi5 de le l\] sans l'avoir compris4 ,c]ta9 gr& matre de philosophie1 qui n'e/ pas si lo9 non plus de l'tre de danse et de ma9ti51 s'indigne du bon m>* que fait ,pascal de la philosophie4 ,il le tr\ve bi5 peu rs]v avec le fond des *oses4 ,il le juge outr dans sa foi1 et outr dans son d\te4 ,il le blme p\r son dda9 des philosophes1 et le g\rm&e sur la viol5ce sombre de sa religion4 ,aprs quoi on ne sait gure ce qu'il en accepte3 et ,pascal dirait peut-tre avec am]tume1 que c'e/ l'auteur et le bel esprit de pr(ession4 ,mais ,pascal n'e/ assurm5t ,pascal que p\r ne se po9t satisfaire de la religion ni de la philosophie de ,m4 ,c\s91--si tant e/ qu'il y ait ri5 qui rponde ce mot-l4 ,et bi5 plus1 p\r t\t dire1 ,pascal n'e/ ,pascal que p\r ne se po9t cont5t] des places et des cordons que l'on tr\ve en ce monde4 ,m4 ,c\s9 le repr5d sur ce que la philosophie ne vaut pas une heure de pe9e1 et que ,pascal ne p>donne pas ,desc>tes3 c'e/1 croit-il1 ne pas bi5 jug] le gr& homme de la ,m?ode1 et le mconnatre4 ,c'e/ le mieux connatre1 au contraire1 qu'il ne fut jamais connu de p]sonne1 ni de lui-mme1 peut-tre4 ,et ,m4 ,c\s9 peut en p5s] ce qu'il lui plaira3 ,pascal sait mieux son ,desc>tes et sa philosophie que lui4 ,si l'vangile e/ le vrai1 il n'e/ pas une c>rire aise1 o l'on se promne1 donnant et pr5ant de t\tes ma9s4 ,jsus-,*ri/ n'e/ pas mort sur la croix p\r la commodit du *rti51 mais p\r son ex]cice sur la t]re4 ,et la raison n'e/ pas non plus la sup]be ennemie qu'on abat en la flattant1 ni celle qui on s'ab&onne p\r la va9cre4 ,la foi de ,pascal n'e/ po9t une bonne femme t\t faire1 qui nettoie la *ambre du vivant1 et lui prp>e un lit moelleux en p>adis3 elle se fait s]vir et ne s]t pas4 ,de la mme manire1 au/re avec l'au/rit1 ,pascal e/ mprisant et dur p\r ce qu'il mprise et dte/e en effet4 ,le mot qu'il a sur ,desc>tes e/ le plus pr(ond1 et qui dit t\t3 ,il v\drait bi51 dans t\te sa philosophie1 se p\voir pass] de ,dieu2 mais il n'a pu s'emp*] de lui accord] une *iqu5aude1 p\r mettre le monde en m\vem5t2 aprs cela1 il n'a plus que faire de ,dieu#a4 ,il pe9t t\te la puissance de ,desc>tes1 qui con/ruit sa mcanique de l'univ]s1 et se ft pass de la *iqu5aude1 s'il l'avait pu4 ,encore e/-il d\teux qu'au fond il ne s'en passe po9t1 et ne donne lui-mme le branle la ma*9e1 ou ne l'en anime de t\te t]nit4 ,t\t ce que la puissance de ,desc>tes place dans la raison1 ,pascal le lui refuse4 ,et le peu que ,desc>tes rs]ve ,dieu1 c'e/ le ri5 mme o ,pascal plonge l'homme et le monde4 ,pascal ne d\te po9t2 il ru9e l'objet du d\te4 ,pascal affirme sans cesse1 et d'une =ce insurpasse3 c'e/ p\r ou contre2 mais t\j\rs affirm4 ,note #a3 ,madame ,pri]3 ,cf4 ,lettre de ,pascal ,f]mat1 #aj aot #affj4 ,entre les deux1 il ne se ti5t po9t3 ses yeux1 il n'y a l que la vie3--c'e/--dire qu'il n'y a ri54 ,il n'et s5ti qu'un extrme mpris p\r une espce de religion philosophale1 qui n'e/ ni religieuse1 ni philosophe3 il nie la philosophie4 ,qui nie la philosophie1 on n'en peut pas dire qu'il tombe dans le d\te des philosophes4 ,si je nie de v\s devoir ri51 je ne d\te pas1 que je sa*e1--de v\s devoir quelque *ose4 ,mais1 au contraire1 je v\s confonds ensemble1 v\s et cette dette prt5due4 ,non seulem5t je ne l'ai pas1--je v\s df5ds de croire que je l'aie4 ,tant je suis sr de ne l'avoir pas1 et tant il e/ vrai6 ,il y a crime la rappel] encore1 si v\s p]svrez4 ,il y a crime la philosophie de prt5dre conduire l'homme1 et se flatt] de ri5 connatre4 ,c>1 outre qu'elle ne connat ri51 elle sait qu'elle ne peut pas connatre4 ,et ,pascal passe le temps le lui pr\v]4 ,la philosophie n'e/ pas mme la sci5ce des gomtres1 qui1 elle du mo9s1 ex]ce la =ce de l'esprit1 et en fait l'essai1 s9on l'emploi4 ,au contraire1 la philosophie e/ t\t fait sans objet2 et1 comme elle se donne insolemm5t le plus gr& de t\s1 qui mme e/ l'unique1 elle ne mrite que le mpris1 ou1 peu s'en faut1 la ha9e4 ,elle e/ hassable en ce qu'elle trompe sur l'unique affaire o il y aille de t\t1 p\r l'homme1 de n'tre pas tromp1--et qu'elle fe9t de ne le savoir pas4 ,que pr\ve t\te la philosophie1 et de quoi e/-elle c]ta9e t\*ant la vie et la mort1 l'univ]s et l'homme8 ,voil la "q2 et comme il y faut rpondre qu'elle n'a pas la mo9dre c]titude1 il e/ ju/e de conclure que t\te la philosophie ne vaut pas une heure de pe9e4 ,ce n'e/ po9t l d\t]1--c'e/ ni]4 ,et1 p\r moi1 p>t\t o ,pascal n'e/ po9t en ,dieu mme1 il ne d\te pas3--il nie4 ,il faut ,pascal une c]titude4 ,et il me la faut comme lui4 ,a dfaut de ce qui e/ c]ta91 je ne vois po9t le d\te1 mais le vide4 ,ce qui n'e/ pas--n'e/ po9t4 ,je ne le nomme pas ce qui peut tre4 ,je prfre une c]titude horrible1 faite d'abmes et de ngations1 vos demi-vrits1 t\tes faites d'affirmations contraires1 qui se dtruis5t et qui ne sont que des d\tes honteux1 ou si mdiocres qu'ils ne se sav5t mme pas d\teux4 ,pascal pnit5t et extrme1 qui nie dans la mesure o il affirme1 viol5t contre le d\te1 passionn p\r la foi1--c'e/ lui seul qui e/ vrai1 raisonnable et prud5t2 et non pas v\s1 qui l\voyez entre ri5 et t\t1 qui ne savez donc ce que c'e/ que t\t ni ri51 et qui p]dez t\t p\r ne ri5 p]dre4 ,v\s tremblez de v\s connatre2 et sans d\te non sans raison4 ,c'e/ p\rquoi v\s vivez de moy5s t]mes4 ,comme s'il y avait un t]me moy5 entre tre et ne pas tre2 comme si une demi-vie1 une demi-mort1 une demi-vrit p\vai5t avoir le mo9dre s5s6 ,n'y et-il pas de vrit1 n\s sommes bi5 obligs de faire comme s'il en tait une1 et de t\te vid5ce4 ,et comme si v\s ne montriez pas que v\s n'tes v\s-mmes que des demi-ri5s1 p\r que cette mdiocrit inf9ie puisse v\s suffire8 ,il en faut un peu plus ,pascal3 ri5 de mo9s que cette vrit ple9e4 ,et d'abord1 sans la c]titude1 il ne peut vivre4 ,l'homme qui vit dans l'inc]titude lui semble absurde1 et un prodige dcevant1 s'il s'y plat4 ,l'tat o il tr\ve ,montaigne le remplit d'tonnem5t1 et lui fait peur4 ,il voit bi5 la =ce de cet esprit2 mais il s\ponne la faiblesse de ce cur2 et la vue de ce contra/e le porte au mpris4 ,puis1 une trop gr&e me e/ l\rde subir1 p>fois3 de c]ta9es r5contres1 il me semble que ,pascal accable ,montaigne p>ce que1 peut-tre1 il l'envie4 ,ce sont ses mom5ts de faiblesse ca*e1 et ses s\pirs la vie4 ,enf91 il n'y a ri5 entre le nant et ,dieu1--entre l'une et l'autre foi3 ri5 o l'on puisse se t5ir1 aucun lieu p\r l'homme ni p\r la vie4 ,sans la foi1 on ne peut vivre2 et c'e/ en ,pascal qu'on l'pr\ve le mieux1 comme en l'me la plus puissante et la plus en s\ci d'inf9it qu'il y ait eu4 ,la foi e/ la vrit s5tie p> le cur1 et vivante p\r lui4 ,pascal ne la tr\ve1 et ne la peut concevoir qu'en ,jsus-,*ri/3 c'e/ ,jsus-,*ri/ qui e/ la preuve de ,dieu2 ce n'e/ pas ,dieu qui pr\ve ,jsus-,*ri/2 ,dieu e/ t\tes f9s3 qu'il soit1 si l'on veut1 le nom de la vrit s5sible au cur2--cette vrit ne ft-elle pas la mme1 en sa =me1 p\r t\s les hommes4 ,le monde compr5d plus d'un langage4 ,mais s5tie p> le cur1 elle e/ p>faite2 elle e/ unique2 p> l elle suffit3 elle ru9e le ,moi1 et elle l'enf]me dans t\t le re/e3 il n'en faut pas plus4 ,je ne dis ri5 de l'objet de la foi2 l'objet y importe beauc\p mo9s que la foi mme4 ,l'ess5tiel e/ que v\s ne v\s passiez po9t de foi1 et qu'enf9 v\s y p5siez4 ,sans la foi1 qui oblige le cur1 il faut p]dre la vie ou la raison3 on ne peut les born] la prison de la p\rriture *>nelle4 ,il e/ insupportable de voir cette f\le d'hommes s'acc\tum] ne ri5 tre qu'un peu de *air qui p\rrit sur pi$3 je l'ent5ds t\t ensemble des dvots sans cur1 et des a?es sans me2 ils ne diffr5t pas plus qu'ils ne se ressembl5t4 ,qu'y a-t-il o la foi n'e/ po9t8--,des miettes de moi1 s\s la table de la vie4 ,entre la foi qui nie et la foi qui affirme1 p\r les mes =tes il n'e/ pas de milieu4 ,entre ,dieu et le nant1 c'e/ un abme imm5se1 dont le fond e/ unique1 et qui (fre1 de lo9 en lo91 des bords opposs des tages div]s3 ou l'on va au fond1 ou l'on se ti5t sur une de ces po9tes4 ,les mes nulles peuv5t seules flott] dans le vide int]mdiaire2 et p\r lgres que soi5t ces plumes1 elles f9iss5t p> s'accro*] aux bords1 ou bi5 p> tomb]4 ,montaigne1 qui e/ si vif1 erre de t\s les cts1 et a aussi son lieu3 c> ,montaigne e/ bi5 plus /oque qu'on ne p5se4 ,pascal1 qui sait le nant de t\te philosophie1 en donne le nom cet abme4 ,et1 ne p\vant vivre mo9s d'une p>faite foi1 il se fait t\t ,dieu4 ,mais l'tant1 il ne l'e/ que p> ,jsus-,*ri/4 ,la foi de ,pascal1 c'e/ ,jsus-,*ri/ s5sible au cur4 ,non seulem5t n\s ne connaissons ,dieu que p> ,jsus-,*ri/1 mais n\s ne n\s connaissons n\s-mmes que p> ,jsus-,*ri/4 ,n\s ne connaissons la vie1 la mort que p> ,jsus-,*ri/4 ,hors de ,jsus-,*ri/1 n\s ne savons ce que c'e/ ni que notre vie1 ni que notre mort1 ni que ,dieu1 ni que n\s-mmes#b4 ,note #b3 ,p5ses1 article ,,xxii1 #a4 ,hors de lui1 il n'y a que vice1 misre1 erreurs1 tnbres1 mort1 dsespoir#c4 ,note #c3 ,ibid41 article ,,xxii1 #a4 ,sans ,jsus-,*ri/1 le monde ne subsi/]ait pas1 c> il faudrait1 ou qu'il ft dtruit1 ou qu'il ft comme un enf]#d4 ,note #d3 ,ibid41 article ,,xxii1 #a4 ,m4 de ,sipse rpta l5tem5t ces mots1 comme s'il en p>c\rait les prcipices4 ,et je ne pus m'emp*] de lui dire3 ,a9si1 voil le t]me de votre philosophie8 ,je vois mieux dsormais d'o vi5t la mlancolie dsespre qui v\s anime4 --,ce n'e/ po9t une philosophie2 elle e/ sans d\te2 c'e/ une foi trs sombre4 ,je respire une pe9e inf9ie4 --,il faudrait que ce monde ft comme un enf]1 ou qu'il ft dtruit8 --,oui1 monsieur4 ,je suis ,pascal sans ,jsus-,*ri/4 ,il me manque les miracles4 ,ils lui euss5t peut-tre manqu1 auj\rd'hui4 ,je l'envie d'tre mort4 --,il y en a de faux et de vrais1 dit-il#e4 ,note #e3 ,p5ses1 article ,,xxiii1 #a1 ,,xxv4 --,mais il ne dit po9t qu'il n'y en ait pas#f4 ,il lui e/ plus facile de prt] foi aux miracles des impo/eurs1 que de la refus] aux vrais2 et p\r ne pas d\t] de ceux-ci1 il croit mme aux miracles des *>latans4 ,ayant considr1 fait-il1 d'o vi5t qu'on aj\te tant de foi tant d'impo/eurs qui dis5t qu'ils ont des remdes1 jusques mettre s\v5t sa vie entre leurs ma9s1 il m'a p>u que la vritable cause e/ qu'il y en a de vrais#g4 ,p\r conclure enf91 il p5se qu'on croit de nature aux miracles4 ,or l'esprit en d\te1 de nature2 et la raison1 de nature1 n'y croit pas4 ,note #f3 ,ibid41 article ,,xxii4 ,note #g3 ,ibid41 article ,,xxiii4 --,h1 laissez donc la raison1 puisque la f9 en e/ absurde4 --,ce n'e/ po9t que je ne la veuille laiss]3 c'e/ elle qui ne me laisse pas4 ,n\s fmes quelques pas dans la ,solitude3 c'e/ le beau nom d'un beau lieu1 s\s les arbres4 ,au haut d'un orme1 un oiseau s'puisait *ant]4 --,ce pass]eau a le bonheur1 dis-je4 --,jusqu' ce qu'un milan lui donne du bec sur le crne1 et lui mange la c]velle4 --,qu'importe1 s'il ne le prvoit po9t8 --,on ne le sait pas1 fit ,m4 de ,sipse4 --,l'homme seul n'e/ pas heureux4 --,c'e/ qu'il sait qu'on ne peut l'tre4 --,non3 c'e/ peut-tre qu'il s'te le bonheur4 --,o e/ la diffr5ce8 ,qu'on lui ravisse le bonheur1 ou qu'il se l'te1 il ne l'a po9t4 ,mais il y a plus3 l'homme a compris qu'il n'y a po9t droit4 ,n\s n\s tions assis sur un t]tre1 au pi$ d'une croix noire1 dresse au fond d'une retraite ombreuse1 o l'on accde p> quelques degrs de t]re1 sorte d'oratoire ru/ique4 ,pascal a peut-tre pri l4 ,il devait aim] passionnm5t la prire3 t\tes les puissances d'am\r s'y port5t1 qui l'on f]me les autres voies4 ,m4 de ,sipse reprit3 ,p5sez-v\s qu'on puisse jamais tre heureux1 qu& on a les yeux ouv]ts sur la vie8 ,v\s mme ne le croyez pas4 ,n\s rvons2 et qu& n\s ouvrons les yeux1 n\s avons peur4 --,les enfants rv5t plus que n\s1 et sont heureux4 --,sans d\te3 les enfants ne sav5t pas qu'ils rv5t4 ,la consci5ce du mal qu'on a ru9e le bi5 qu'on p\rrait avoir4 ,pascal e/ bi5 sage3 l'ide seule du bonheur lui p>at t\t fait absurde4 ,il sait ce qu'en vaut l'aune1 s\s la rgle de la mort4 ,je dsire et je meurs4 ,je veux comme un ,dieu1 et t\t l'univ]s m'crase comme un v]2 et sans qu'il soit beso9 du monde1 un autre v]1 un bacille1 un inf9im5t petit1 le premi] v5u1 entre des myriades qui pullul5t4 ,t\te vue sur l'inf9i e/ un rayon d'trange lumire au se9 d'innombrables tnbres4 ,il c\rt1 v5u on ne sait d'o1 entre deux b]ges de mornes t]nits1 plus noires que le fond des m]s1 ou la lie du dlire4 ,l'abme e/ au bord de t\te vue pr(onde3 c'e/ celle que se propose une imag9ation avide de son objet1 jusqu' s'y ardemm5t p]dre4 ,et cette vue1 au bord de l'abme1 produit le v]tige4 ,un ou deux hommes1 t\s les c5t ans1 vont dans la vie1 les yeux fixs sur cette vision1 pl]9s de l'abme1 voyageurs trs d\l\reux de l'inf9i4 --,on accepte communm5t ce qu'on ne peut vit]2 on f9it mme p> l'avoir p\r agrable2 on p5se peu1 ou on ne p5se pas4 ,et t\t e/ dit3 en voil p\r jamais4 ,c'e/ le mot de ,pascal sur les cadavres4 ,a =ce de vide1 on n'e/ pas s5sible au vide4 ,c'e/ l'avantage de la vanit4 ,les hommes sont bi5 cont5ts d'tre va9s4 ,que f]ai5t-ils s'ils p5sai5t8 --,ils ne vivrai5t pas1 sans d\te4 ,il y a trois sortes d'esprits3 ceux qui voi5t la ncessit et l'accept5t2 ceux qui la subiss5t et ne la voi5t pas2 et ceux qui1 la voyant1 ne l'accept5t pas4 ,les premi]s sont les plus sages2 les d]ni]s1 les plus clairvoyants4 ,c> ceux qui accept5t le plus volonti]s ce qu'ils voi5t du monde1 ne sont pas si srs de le voir1 bi5 qu'ils le croi5t4 ,ceux qui ne voi5t po9t1 ni ne rsi/5t1 sont les plus heureux1 et peu diffr5ts des btes et des enfants4 ,a9si il ne vaut ri5 d'tre homme3 c> c'e/ alors que plus l'on vit1 et mo9s l'on accepte4 ,on s'excuse bi5 d'accept] ce qu'on ne compr5d pas1--et t\j\rs mieux que de ne le pas compr5dre4 tant ce qu'il e/1 ,pascal tr\ve d\x de se rduire cet tat d'enfant3 c> combi5 d'ef=t n'y faut-il pas8 ,mais le cur n'e/ jamais assez dnu2 et p\r un enfant1 il ne lui voit jamais assez d'innoc5ce4 --,l'trange image1 cep5dant1 d'un ,pascal qui s'ex]ce l'enfance4 --,il n\s le semble3 c'e/ que n\s n'avons pas1 comme lui1 une raison t\te p>faite et t\te bonne de faire ce qu'il fait4 ,il veut tre un enfant1 p>ce qu'il ne se sait po9t sans pre4 ,mais1 au contraire1 il c\rt un pre div9 qui lui ouvre les bras4 ,la d\ceur e/ sans p>eille d'avoir un pre2 s'il e/ aussi t5dre qu'il e/ puissant1 quel salut et quel refuge que ses bras8 ,qui ne v\drait d'une telle enfance1 qu'accueille une telle pat]nit8 ,la gr&e diffr5ce de ,pascal t\s les autres1 c'e/ que ,jsus-,*ri/ lui e/ t\t1 et que t\t le re/e ne lui e/ ri54 ,votre ,tol/o aime tant les raisons et les faits1 qu' pe9e si la p]sonne de ,dieu l'occupe4 ,il aime tant l'vangile1 qu'il se passe de ,jsus-,*ri/4 ,mais1 p\r ,pascal1 s'il n'y a un ,dieu dans l'vangile1 l'vangile lui p>at presque aussi vide que t\t le re/e4 ,pascal e/ t\t homme et t\t passion2 il ne connat que la passion et que l'homme4 ,il lui faut un homme en son ,dieu1 et un ,dieu dans son homme4 ,il en sait les blessures4 ,il en c\te l'agonie4 ,il recueille le sang qui c\le4 ,il boit les p>oles suprmes et le d]ni] s\ffle4 ,il s'en enivre4 ,t\te lumire1 il la reoit des yeux div9s4 ,il p>le aux plaies qui lui p>l5t4 ,dans le se9 de la mort1 il p>le la vie1 qui lui rpond p> la vie1 et le peut seule4 ,il ne sait pas ce que c'e/ que le salut sans le ,sauveur4 ,et je ne le sais pas plus que lui4 ,qu'et-il t1 ce gr& ,pascal1 s'il n'avait pas t *rti58 ,il n'et jamais fait un a?e4 ,il avait trop d't(fe2 et il avait mesur que1 s'il en faut un peu p\r taill] un a?e1 il n'en faut pas beauc\p p\r l'en drap]4 ,il faut un ,dieu t\te me puissante4 ,s'il n'avait eu ,jsus-,*ri/1 dans l'impuissance d'en avoir aucun autre1 il et donn dans quelque dsespoir inf9i4 ,il n'avait pas l'me froide d'un ,sp9osa1 raison p>faite et glaciale4 ,il tait bi5 trop gr& p\r se suffire de lui-mme1 comme font ces petits4 ,se plaire soi m>que la =ce1 mais jusqu' un c]ta9 po9t seulem5t4 ,p\r que ,pascal supportt la vie1 il tait ncessaire qu'il crt4 ,il a eu la foi la plus vive4 ,et la preuve1 c'e/ qu'elle tait tri/e4 ,les simples d'esprit sont seuls joyeux3 cette rcomp5se leur e/ acquise4 ,une gr&e me qui croit e/ t\j\rs tri/e4 ,c> elle e/ dans le monde comme ,colomb rev5ant d',amrique3 et elle p5se que le monde e/ peu4 ,le mol oreill]1 que dit ,montaigne1 a beauc\p de d\ceur1 en effet3 il e/ bon aux ttes bi5 faites1 qui le sont au t\r commun4 ,mais il n'y a po9t de repos sur cette plume des ttes s+ulires4 ,il en e/ qui ne peuv5t dormir sur le duvet4 --,de t\tes p>ts1 obs]vai-je1 on les accuse alors de maladie4 --,c'e/ le propos vulgaire1 qui a1 d'ailleurs1 sa vrit4 ,t\s1 n\s sommes des malades qui priclit5t4 ,la maladie e/ mortelle1 c'e/ le mot3 et l'issue en e/ sre4 ,les plus heureux ne connaiss5t pas leur maladie1 ou la port5t en riant4 ,un peu de sant *ange t\te la vue des *oses4 ,mais ceux dont l'me e/ non commune pay5t de leur sant cette maladie-l4 ,p\r t\j\rs ils sont malades4 ,ne r5i5t-ils pas la joie8 ,et cep5dant qu'ils en sont ri*es p>fois1 et qu'il en e/1 dans leur nombre1 qui l'aim5t4 ,mais ils ne veul5t plus y croire6 ,les p>tis de la volont sont les plus beaux de t\s4 ,ce sont ceux de l',intellig5ce qui a pntr l'abme du ,cur4 ,et la beaut de l'me asctique e/ l4 ,,iii ,,asc,,tisme ,,du ,c,,ur ,l'asctisme du cur e/ le triomphe le plus r>e de l'me4 ,c'e/ l'ex]cice de prdilection p\r les mes qui n'ont po9t de semblables4 ,il e/ la gr&e t5tation des plus sa9tes1 qui l'envi5t qu& elles le connaiss5t1 mais sans p\voir y atte9dre1 c> bi5 peu y russiss5t4 ,les mes froides ne peuv5t seulem5t pas compr5dre en quoi cet asctisme consi/e4 ,et il y faut d'abord1 en effet1 des passions brlantes1 un feu qui se replie sur soi-mme1 qui se ca*e et se dvore4 ,j'ai connu des hommes pris de pnit5ce et qui euss5t v\lu avoir deux corps faire s\ffrir1 p\r travaill] leur *air d'une d\ble s\ffrance4 ,j'en ai vu d'autres1 t5ts p> le zle de *>it1 qui euss5t cr les malades en ce monde p\r leur donn] des so9s1 les c\pables p\r les sauv]1 et les lpreux p\r les entret5ir4 ,mais ce n'e/ encore qu'une *>it sans passion4 ,p\r sa9te qu'elle soit1 elle a t\te sorte de limites2 elle e/ mme basse1 p>fois2 c> enf9 il y a des degrs dans la sa9tet mme4 ,*acun e/ sa9t sa manire1 qu& il l'e/2 ou plutt1 *acun qui peut l'tre1 ne le peut que d'une manire seulem5t1 qui e/ la si5ne4 ,on ne doit ri5 dem&] p]sonne que d'all] sur sa voie1 jusqu'au b\t2 et si c'e/ deux pas1 c'e/ qu'on n'a po9t de quoi f\rnir une m>*e plus longue4 ,il e/ admirable que t\te galit e/ va9e1 si ce n'e/ devant la p5se unique qui nivelle t\t1 en rglant t\t son nant4 ,la plus belle r\te la p]fection et la plus difficile1 o presque p]sonne ne va1 e/ celle que le cur ouvre1 dans l'asctisme1 la passion4 ,et ri5 n'e/ si peu connu1 c> ri5 n'e/ si r>e4 ,la passion1 r>e en t\t1 l'e/ bi5 davantage qu& elle se p]scute p\r dcupl] ses =ces1 et1 qu& elle les ex]ce uniquem5t af9 d'en mettre la puissance d\ble au s]vice d'une am\r p>faite4 ,ce feu de passion1 elle l'alim5te donc p\r entret5ir la flamme d'une lampe hors de t\te vue1 p\r le plus gr& nombre des hommes1 et o t\t l'gsme1 incessamm5t r5\vel en sa s\rce1 ne brle que de se consum]4 ,une f9 presque div9e e/ celle-ci3 p]svr] en soi-mme au del de t\te mesure1 p\r soi-mme s'immol]4 ,les sa9ts1 en vrit1 doiv5t en tre t5ts2 et s'ils ne sont pas sduits1 c'e/ que la prud5ce les reti5t au bord de cet abme o l'orgueil sj\rne4 ,puis1 ils n'ont pas en eux assez de cette =ce surpr5ante1 p\r en avoir assez l'intellig5ce4 ,elle les attire p> son my/re1 et leur fait peur1 comme la sduction4 ,pascal e/ l'homme de cette f9 presque div9e4 ,il ne veut pas qu'on le range p>mi les sa9ts4 ,sa gr&eur1 ple9e d'une humilit sup]be1 s'en confesse trs indigne4 ,oh1 que je le vois vis] plus haut6 ,et p> ce qu'il voit1 lui-mme1 au fond de son cur1 comme nul autre homme n'y a vu1 ce gr& *rti5 s'emplit d'am]tume2 et1 il tremble4 ,l'asctisme du cur e/ l'ex]cice de l'homme qui dirige sa passion au t]me de l'inf9i1 et ce t]me seulem5t4 ,de l'inf9i1 il fait son objet unique1 o t\te cette passion s'applique1 en t\t mom5t4 ,l1 un comble de passion sans cesse se dpassionne de t\t et de soi1 passionn d'une beaut unique1 et d'une seule vrit1 l'une ou l'autre tant la p]fection4 ,les curs froids n'ont pas de pe9e se dpr5dre4 ,beauc\p de sa9ts n'ont ri5 pu faire de mieux que d'tre sa9ts1 sans d\te2 mais plus d'un1 peut-tre1 n'et pas pu faire autrem5t4 ,la *>it peut tre le pis all] d'une me s*e et l5te1 qui la raison p]suade le beau p>ti de s'm\voir4 ,l'imitation de ,dieu1 ou un zle dcid p\r le devoir1 ouvr5t une vie inespre des hommes1 honntes p> nature1 mais d'une v]tu sans horizon jusque-l1 et p\r a9si dire sans espoir4 ,p>fois ils sont tels qu'ils font tort de leur v]tu la v]tu mme4 ,plus d'un sectaire froid ignore que la raison qu'il a e/ mo9s fconde que les torts qu'elle n'a po9t et qu'elle combat4 ,il y a1 dans la v]tu qui c\rt le monde1 beauc\p de paille1 et l'app>5ce seulem5t de l'pi2 faute de cur1 l'pi e/ vide2 la moisson p>at belle1 et sur l'aire on recueille pe9e un peu de gra94 ,que de g5s d\x sans d\ceur1 que de mollesse ou de froideur qui p>at bonne8 ,le plus s\v5t1 la bont n'e/ faite que du mal abs5t1 comme la paix entre les hommes rsulte1 non de l'horreur qu'ils ont de la gu]re1 mais de leur l*et la faire4 ,l'asctisme du cur e/ donc une lutte et une victoire cont9uelle4 ,la =ce la plus gr&e s'y ex]ce va9cre sans cesse1 p\r triomph] sans cesse d'elle-mme4 ,voil comme e/ ,pascal4 ,son image seule conte ce combat p]ptuel en traits in\bliables4 ,l'extrme tri/esse de ce visage sans maigreur1 la pr(onde att5tion de ce reg>d p5* ne p>l5t pas d'une me naturellem5t sa9te4 ,t\te la puissance de cette me e/ ca*e4 ,le front de l'homme fuit ce que ce reg>d rve en lui-mme1 tant il l'a pris soi2 et t\t ce que cette b\*e1 si avide la fois et si ddaigneuse1 s'avance p\r gt]1 le m5ton en dm5t l'apptit1 et le ravale4 ,il n'y eut po9t1 je le sais1 d'homme plus passionn que celui-l4 ,a cause de sa passion1 il e/ malade4 ,a cause d'elle1 il aime1 il appelle1 il att5d ,jsus-,*ri/ comme p]sonne ne le p\vait faire2 non pas seulem5t en fidle2 non pas seulem5t en fils pro/]n qui espre1 ou qui cra9t1 ou qui c\rt au-devant de son pre2 mais1 en propre p>ticipant des plaies4 ,il les ress5t aussitt que p5ses4 ,les extases des plus gr&s sa9ts ne sont pas plus humbles que les si5nes1 et il en e/ de plus am\reuses4 ,mais leur humilit ti5t plus de la faiblesse que celle de ,pascal qu'il tire de sa =ce4 ,leur am\r e/ de crature2 et l'am\r de ,pascal e/1 en quelque sorte1 de compagnon et de hros s\ffrant au ct de son matre4 ,famili>it sublime que celle-l1 dans l'agonie1 dans le sang1 dans les angoisses huma9es o la mort d'un ,dieu e/ t\te trempe4 ,famili>it dans ce qu'il y a de plus augu/e et de plus =t1 o la passion s'e/ faite si grave qu'elle tombe1 de t\t le poids inf9i dont elle s'e/ *>ge1 sur le cur de la mort1 et d'une mort div9e4 ,dans une telle me1 une telle d\leur e/ seule t]nellem5t prs5te1 en son my/re4 ,et enf91 elle e/ seule enviable4 ,il ne faut pas mo9s p\r tir] de soi un homme si =t au-dessus des autres hommes4 ,voil les dlices o t\tes les autres ensemble ne se comp>5t po9t1 c> peut-tre elles s'y anantiss5t4 ,c'e/ les gt] seules que ,pascal se de/9e4 ,il dirige t\t le feu de son cur sur ce foy]4 ,il e/ brlant1 mme qu& il p>at de glace4 ,on ne l'a po9t connu ni appro*1 sans l'aim] ou le har4 ,tide en ri51 il n'a pas tr\v de tides4 ,son pre a pleur de joie1 ds l'orig9e1 la vue du fils qu'il s'tait donn4 ,pascal a mis t\tes les femmes de sa famille en sa9tet4 ,il effraye ,m4 de ,sacy1 et ne fait po9t peur sa s]vante2 mais1 au contraire1 sup]be malgr t\t1 et sup]be ca*1 ce qui le fait deux fois l'tre1 il e/ simple avec elle2 il peut tre humble avec cette bonne femme1 sans p5s] son humilit1 ide qui la ru9e4 ,c'e/ p\rquoi ,pascal vit seul1 et se retire dans une *ambre1 avec un m5diant et de pauvres g5s4 ,il ne veut pas mme d'une cellule dans un clotre1 ou dans un logis de famille4 ,il sait bi5 qu'il ne peut t\*] la vie1 sans l'embrass] d'une tre9te puissante2 et qu'enf9 vivre1 p\r un homme de sa sorte1 c'e/ t\j\rs dom9]4 ,il prvi5t sa sur et son pre du dang] de l'aim] trop2 et plus il use de t]mes froids1 plus je le s5s qui se df5d du trop d'am\r lui-mme4 ,ou mme e/-il trop gr& p\r s'en df5dre3 il pr5d le flot de cette passion1 il le prcipite et l'accrot2 mais il le dt\rne sur ce qui n'e/ plus ri5 de propre au moi4 ,il p>le contre les atta*em5ts du monde1 non pas en homme qui se dp\ille1 mais en av>e secret1 qui ?saurise un trsor incalculable1 d'une espce inconnue4 ,l'ascte1 qui ne l'e/ que selon la *air1 a beau tomb] de fatigue et de pe9e3 il a l'expression de la joie2 il e/ tranquille1 comme t\t ce qui se dpassionne2 et s'il *ante les l\anges de sa victoire1 les p>oles sont en va9 les plus *audes3 elles sort5t d'une b\*e froide4 ,il e/ bi5 ncessaire qu'il en soit a9si3 un corps sanctifi se mortifie assez p\r faire un lit commode une me sa9te4 ,mais ,pascal prononce des s5t5ces glaces avec une langue et des lvres brlantes4 ,le fivreux ,pascal livre sa vie froide ce monde1 qu'il ne veut pas aim]2 il rs]ve les tisons de son me l'am\r unique et ca* qui e/ tant digne d'tre aim et o la p>faite d\leur elle-mme e/ aimable4 ,tel e/ l'asctisme du cur3 il ne ru9e po9t ses passions p> esprit de *>it4 ,il n'e/ que passion p\r cette *>it4 ,il e/ si =t qu'il rclame t\t l'homme1 sans en retran*] ri51 af9 de se consacr]1 dans t\te sa =ce1 ce qui la mrite t\te1 et accrue plutt que dim9ue4 ,l'tat de lutte ne saurait all] plus lo94 ,pascal s'y assi$1 d'une volont matresse1 comme le confesseur de la foi au lieu de son supplice4 ,pascal n'lude ri54 ,il ne le daigne pas4 ,voil quoi s]t d'tre bon gomtre jusque dans la sa9tet4 ,il prfre outr] la rigueur du combat4 ,la difficult inf9ie e/ la sduction suprme p\r le cur d'une =ce inf9ie4 ,la passion de ,pascal fait la gu]re sa passion1 comme au seul ennemi digne d'elle1 et elle lui en f\rnit des armes4 ,pascal vit dans la fivre1 le tremblem5t1 et les dlices tri/es de ce cur qu'il n\rrit et qu'il dvore4 ,pascal1 malade dans sa *ambre1 e/ un des plus gr&s spectacles qu'il y ait de l'homme4 ,il fait mettre ses cts un m5diant1 malade comme lui4 ,en d'autres temps1 un pauvre2 et1 d'abord j'en suis sr1 un homme1 quel qu'il soit1 c'e/ t\j\rs un malade4 ,celui qui s\ffre dans son corps ne l'e/ que deux fois4 ,mais la maladie orig9elle1 et mortelle ds l'orig9e1 qui la gurit8--,c'e/ la vie4 ,a l'poque o il n'avait pas rompu avec le monde1 l'ami de ,pascal devait tre son malade4 ,j'imag9e que c'tait ,miton1 et surt\t p>ce que ,miton devait voir en ,pascal son malade4 ,pascal n'a jamais quitt ,miton3 il l'avait pris en lui2 il n'en tait pas tr\bl1 comme on veut dire3 ,miton e/ a?e et ne d\te pas2 c'e/ une assez bonne tte4 ,mais meilleure elle e/1 mieux ,pascal en fait sa cible4 ,elle e/ fire de sa raison3 il faut qu'elle le soit3 sans quoi1 quel pr(it l'abattre8 ,ce puissant ,pascal va-t-il humili] une p5se affaiblie8 ,v\s n'en jugez que p> v\s et vos commodits4 ,pascal accrot son ennemi1 p\r l'accabl]4 ,il att5d d'avoir si mal aux d5ts qu'il tr\ve la cyclode2 et1 du re/e1 il en propose le problme t\te l',europe1 dans le desse9 qu'on ne peut ni]1 d'humili] t\t le monde4 ,outre qu'il e/ jsuite1 le ,pre ,lal\re appr5d ce qu'il en cote de v\loir se drob] cette humiliation4 ,mais o l'on ne voit que l'orgueil1 ou mme la mauvaise foi de ,pascal1 je reconnais son humilit sup]be4 ,pas plus qu'au d\te1 il ne laisse po9t de place en lui la contradiction4 ,il ne mprise po9t la gomtrie en lui-mme1 mais dans les gomtres3 c> ils ne sont que gomtres4 ,et de petite gomtrie4 ,jusqu' la f9 de sa vie1 il veut au contraire port] l'esprit gomtrique au comble de sa =ce4 ,il doit un ef=t incroyable de la gomtrie pure les fondem5ts mmes du calcul de l'inf9i4 ,il ne mprise donc po9t la gomtrie3 il l'abaisse4 ,que s]t d'abaiss] ce qui n'e/ pas trs haut8--,il honore t\j\rs ,f]mat2 et s'il en veut ,desc>tes1 c'e/ en p>tie que la ma?matique de ,desc>tes n'ex]ce pas assez l'esprit4 ,la gr&eur de l'esprit lui e/ *re3 mais il la mesure4 ,la solitude e/ le lieu de l'orgueil et de l'humilit4 ,elle y e/ galem5t propre4 ,la gr&e me humilie son orgueil en secret3 c'e/ une armure qu'on porte dans le monde et dont on se dlivre4 ,mais on met de l'orgueil mme dp\ill] l'orgueil4 ,c'e/ p\rquoi les quatre murs d'une *ambre o l'on e/ seul sont l'espace qu'il faut cette discipl9e4 ,on ne s'arrte pas la premire peau2 et nulle pudeur n'emp*e de t\t t]4 ,et enf9 l'on e/ plutt un gr& sa9t que bon connaisseur de soi-mme4 ,les enfants et les simples p\rrai5t dire qu'ils ne craign5t pas la bont1 ni celle d'autrui1 ni la leur4 ,mais ,pascal se dira t\j\rs3 ,je cra9s ma bont mme1 p>ce que je la connais4 ,la vue de cette *ambre1 o ,pascal e/ retir1 meut le fond de mon me4 ,pascal fait son lit1 et se s]t lui-mme3 cette ide me plat1 qu'en ce que les autres p\rrai5t faire p\r lui1 il les supple1 lui que nul homme au monde n'et alors suppl en ce qu'il a fait4 ,c'e/ o l'on connat la vraie gr&eur4 ,mais il e/ bi5 plus gr& p> l'am\r o sa passion se consacre1 que p> o il =ce son cur s'oubli]4 ,il me semble qu'il s'e/ime avec d\leur et se dsaime1 mesure qu'il aime les hommes et les mse/ime4 ,la *>it1 o il ex]ce son cur1 e/ une re*]*e passionne de l'am\r unique4 ,il e/ donc vrai1 et l'on pr\ve t\te heure1 qu& la premire en e/ v5ue1 ce s5tim5t si h>di et si tri/e que l'am\r passionn de ,dieu implique un am\r des hommes1 qui puisse all] mme l'enti] sacrifice1--mais ddaigneux de soi et plus encore d'eux4 ,pascal entreti5t un comm]ce famili] avec le spulcre4 ,voil encore quoi la solitude d'une *ambre e/ bonne4 ,cette intimit avec la fivre de la mort n'a po9t du t\t la froideur d'une pratique dvote2 plus =te raison ne l'a-t-elle pas des vues inanimes o les esprits sans vie se plais5t1 et beauc\p de philosophes4 ,l'entreti5 de ,pascal avec la mort n'e/ pas une conv]sation va9e2 c> le spulcre1 o ,pascal prte sans cesse l'oreille1 n'e/ pas vide4 ,pascal1 au contraire1 y voit c\* t\t l'univ]s1 qui y ti5t1 et qu& il p>le1 il att5d la rponse d'une voix t]nelle4 ,aussi ,pascal peut t\t ddaign]2 et1 s'il le faut1 se s\mettre t\t4 ,c> o e/ le tyran1 la *ane1 le supplice mme1 y p>t-il s\mis1 o son me en vrit n'*appe8 ,pascal ne sort plus gure de sa *ambre que p\r se r5dre ,port-,royal1 ou l'glise4 ,et1 qu& il e/ dans la rue1 il vit de mme entre les quatre murs de la solitude1 comme au mom5t o on l'y tr\ve assis4 ,c'e/ ce ,pascal de la solitude1 que je vois p>l]1 un soir d'hiv]1 une fille de la campagne1 l'ayant tr\ve sur la place1 errante1 jeune et belle1 seule1 en haillons1 presque p]due comme un enfant4 ,il ne peut la voir1 sans p5s] avec une ardeur gale sa p]te1 o elle a dj le pi$1 et au salut o il veut la conduire4 ,la sduction de l'innoc5ce e/ sans p>eille p\r les esprits qui en connaiss5t l'espce fragile4 ,il la pr5d avec lui2 il la met entre les ma9s d'un prtre1 il veille sa n\rriture et son vtem5t2 enf9 il e/ sr de l'avoir te l'abme de la *air1 o elle devait tomb]4 ,tant qu'il vit1 cette action re/e ca*e4 ,mais qu& il e/ mort1 on la publie2 et elle n'en re/e pas mo9s voile aux yeux de ses amis1 et de sa sur qui l'admir5t4 ,ils ne la voi5t en lui1 que comme elle et t en un autre3 et p\rtant1 quelque sa9t homme et t celui-l1 il ne p\vait pas tre ,pascal1 ni sage sa manire4 ,ce n'e/ ni p> pit froide1 et dta*e de la crature1 qu& elle s'atta*e mme le plus son objet1 que ,pascal agit1 ce soir-l4 ,ce n'e/ pas1 non plus1 p> *>it p\r cette fille3 p]due1 elle et peut-tre gt des plaisirs1 qui la fuir5t sauve2 elle les et peut-tre prfrs ce qu'ils cot5t2 et enf91 si elle avait eu le *oix entre les deux bonheurs1 celui de la p]te l'et faite plus heureuse1 de son propre aveu sans d\te4 ,c> ce monde e/ ple9 d'ombres1 qui ne s\hait5t qu'un peu de v5t1 p\rvu qu'il s\ffle v]s les bords o elles veul5t tre p\sses4 ,le sage ecclsia/ique1 qui vante la v]tu de ,pascal ce propos1 n'en juge pas comme ,pascal et fait lui-mme4 ,l'homme qui a mesur une ligne prs le nez d'o dp5d l'empire du monde1 ne s'abuse pas sur le prix d'une petite fille4 ,s'il la sauve1 c'e/ beauc\p mo9s p\r elle1 que p\r l'am\r passionn de ,dieu1 o l'asctisme du cur l'incl9e4 ,cet am\r ne va pas sans la ha9e de la nature4 ,pascal1 qui pr5d cette fille p> la ma91 ne s'inquite gure d'une once de sa *air1 en plus ou en mo9s4 ,mais il brle de zle p\r une autre cause1 qui en vaut la pe9e1 celle-l3 ce qu'il en fait1 c'e/ p\r va9cre et ploy] la nature4 ,son dlice e/ de la contr>i]4 ,il veut qu'elle ait le dess\s2 et cette bte t]rible1 ce mon/re t\t en apptit1 insatiable1 il faut l'affam]1 si l'on rve de le rduire2 voil une lutte digne d'un homme4 ,voil un ennemi p\r ,pascal4 ,on dit de beauc\p d'hommes qu'ils val5t mieux que ce qu'ils font4 ,et c'e/ le contraire qu'il faut dire1 et qui e/ vrai4 ,c> cette op9ion les vante1 comme t\te la =ce de leurs m5songes4 ,presque t\s les hommes val5t encore mo9s que le peu qu'ils font2 et la preuve en e/ bonne1 de la gr&e pe9e qu'ils ont le faire4 ,pascal e/ du petit nombre en qui l'homme passe inf9im5t les actions4 ,le livre de ,pascal e/ le plus beau qu'il y ait en ,france4 ,il ne conti5t ri51 p\rtant1 qui vaille la vie que la sur de ,pascal a crite de lui1 en quelques pages4 ,cette femme1 d'un esprit si solide1 d'une v]tu si f]me et si drue1 ne put p\rtant pas assez connatre son frre3 mais il suffit qu'elle en ait eu le modle s\s les yeux1 et qu'elle en retnt des traits1 p\r donn] l'ide de cette gr&eur incomp>able3 un homme que la nature a cr p\r son triomphe1 et qui ne vit que p\r triomph] de la nature4 ,enf91 ce ,dieu qu'il faut conqurir1 ,pascal t\*e sa conqute4 ,enf9 ,pascal e/ sur le lit de mort4 ,enf91 le voici comme un enfant3 c'e/ qu'il meurt4 ,le temps en e/ v5u3 le plus haut ef=t de cet esprit l'a port l1 qu'il a le bonheur de l'innoc5ce p>faite3 qui e/1 p\r l'homme1 de n'tre po9t4 ,et p\rtant1 cette me puissante1 qui se croit t\te ,dieu1 e/ encore combattue4 ,on dirait qu'elle ne veut pas de sa victoire4 ,elle livre un combat t]rible la *air4 ,t\t un j\r s'c\le dans l'agonie4 ,a la f91 elle reoit le prix4 ,avide comme elle e/ de t\te fixit1 sa gr&eur se fixe3 elle n'e/ plus4 ,mai #ahii4 ,,le ,,portrait ,d',,ibs5 ,a ,,f]d9& ,,bruneti,,re ,je ne v\s t]ai po9t1 dans la mort1 la "p de respect et d'affection que v\s avez conquise sur mon cur rebelle2 mais au contraire1 je la f]ai plus gr&e1 ma9t5ant que v\s en avez plus beso91 et qu'au regret de votre p]te1 mesurant le prix de votre prs5ce1 je s5s gr&ir le s5tim5t de ce que je v\s ai d4 ,je revois votre visage amaigri1 o le p\ce du modeleur impitoyable *]*ait la place du suprme c\p d'ongle4 ,dans votre corps dva/1 je retr\ve vos yeux qui ne m5tai5t pas1 mais qui comm&r5t l'espoir et la volont de t5ir bon l'angoisse1 comme un d\ble feu sur des ru9es4 ,v\s aviez1 la f91 les traits d'un sa9t mo9e1 rompu p> les au/rits4 ,or1 v\s tiez d*>n p> les jenes de la fivre et les insomnies de l't]nel combat4 ,il n'y a po9t d'ascte plus laborieux que le malade qui1 sans se lass]1 rsi/e4 ,mais v\s tiez n p\r la lutte1 comme tant d'autres p\r fuir4 ,votre fivre militaire faisait p5s] un gu]ri]1 dans une place assige p> l'ennemi qui ne p>donne pas4 ,t\t p>lait en v\s d'une tri/esse qui se tait et d'un v\loir que ri5 ne doit abattre4 ,et v\s aviez aussi le voile rsign1 la c5dre du vieux prtre1 qui a reu le mot d'ordre p\r la nuit et qui se s\met4 ,je v\s (fre ces pages que seul1 d'abord1 v\s avez comprises et que v\s avez eu seul le c\rage de publi]4 ,dans le temps o1 p>mi les puissants de la ,ville1 il n'en tait pas un qui ne me ft s5tir l'imm5se diffr5ce qui me sp>e d'eux1 v\s seul m'avez t5du la ma94 ,v\s tiez plus libre1 plus vrai et plus sr que les autres4 ,v\s ne v\s vantiez pas de p5s] librem5t1 comme ceux qui en pr5n5t la lib]t de ne p5s] jamais2 t\tefois1 comme n\s t\s qui avons vu le j\r dans ce co9 glorieux de l'univ]s o elle rgne1 la p5se v\s tait sacre4 ,avec tant de li5s aux sicles passs1 v\s n'aviez aucune ha9e p\r l'poque future4 ,et v\s p\viez avoir de l'audace1 p>ce que v\s aviez de la v]tu4 ,la p>ole en v\s tait le tmo9 de l'action4 ,v\s tiez solide et v\s aviez le respect du ju/e1 qui e/ de ne pas m5tir desse9 et de ne jamais *ican] le droit de la bonne =ce4 ,voil ce que v\s tiez2 et je l'ai su qu& v\s m'avez aid4 ,v\s avez vu en moi un homme qui ddaigne inf9im5t la victoire1 mais qui n'accepte po9t d'tre va9cu p> ce qu'il n'honore pas4 ,et ma9t5ant1 dans la gr&e dfaite de la mort1 je vi5s v\s et je pr5ds votre cause4 ,v\s qui ftes loyal et brave1 v\s ne s]ez pas va9cu1 tant que je suis l4 ,dcembre #aijf4 ,,morale ,,de ,l',,an>*ie ,i ,,le ,g,,nie ,,du ,,nord ,la ,norvge1 navire de f] et de granit1 gr de pluie1 de =ts et de brumes1 e/ m\ille dans le ,nord entre la frgate de l',anglet]re1 les quais de l',ocan glacial1 et la b]ge inf9ie de l',ori5t qui semble sans limites4 ,la pr\e e/ t\rne v]s le ,sud2 peu s'en faut que le taille-m] n'entre comme un p]on au dfaut de la pla9e g]manique et des m>ais bataves4 ,a l'avant1 la ,norvge e/ sculpte1 en p\la9e1 de golfes et de ro*]s3 t\t l'arrire e/ assis1 l>ge et massif1 dans la neige et les longues tnbres4 ,les morsures t]nelles de la vague non mo9s que ses c>esses ont cisaill t\t le bord1 en d5ts de scie4 ,entre les deux m]s1 la tempte d'automne aff\r*e les ancres du bateau1 et croise les cbles du v5t et de la pluie4 ,l'hiv]1 il fait nuit trois heures2 dans le nord1 le j\r ne se lve mme pas4 ,on vit s\s la lampe1 dans une ombre sil5cieuse o les =mes furtives ont le pas des fantmes4 ,la neige e/ p>t\t3 elle comble les mille valles creuses dans la puissante *9e des montagnes1 comme la moelle dans les v]tbres4 ,le s*i/e noir1 l'eau fauve qui a pris la c\leur de la r\ille sur les t]ra9s du f]1 les noires =ts de sap9s aj\t5t au gr& deuil de la t]re4 ,l1 p5dant des mois1 le soleil e/ voil2 ou bi5 d'arg5t1 ce n'e/ plus que la lune d\l\reuse de midi4 ,au c\*ant r\ge encore1 sanglant et sans ardeur1 ce globe hag>d desc5d sur l'horizon humide1 p>eil au cyclope dont l'il rond se ca*e dans l'eau v]te et ple4 ,les cygnes de la m]1 les blancs eid]s1 hant5t les vagues grises4 ,dans les villes de bois1 les maisons sont r\ges s\s le ciel inc]ta9 du bleu m\rant des col*iques4 ,les rues sont muettes1 et les places sont vides4 ,les hommes sont sur la m]4 ,et1 comme des corps morts1 la f\le des les flotte le long du ponton ro*eux et des quais granitiques4 ,une me vaporeuse1 un ennui d\x1 envelopp5t de *a/es vies2 elles g>d5t leur fra*eur1 dans l'air humide et presque t\j\rs frais1 qui dt5d les dsirs4 ,mais1 comme ce pays1 d'un seul c\p1 passe de l'hiv] l't brlant1 la *air ici se jette dans l'ardeur brutale1 ds qu'elle n'e/ plus indiffr5te4 ,ces enfants aux *eveux de l9 blanc1 sont gais et brusques2 les femmes1 dont les yeux v]ts ont pris de sa mobile rv]ie l'inquitude des flots1 sont s+ulires et se plais5t l'tre2 les hommes robu/es1 durs1 sil5cieux et rudes1 sembl5t taills p\r p>c\rir une voie droite1 sans jamais jet] un reg>d d]rire eux4 ,t\t ce peuple n'a de passions que p> accs4 ,il e/ exact1 et ple9 de scrupules4 ,il n'a t\te sa fantaisie que dans l'ivresse2 elle e/ l\rde et tri/e2 la *air et l'me s5suelle de l'am\r y ont mo9s de "p qu'un apptit pais et c\rt1 qui a honte de se satisfaire4 ,ri5 de lg] dans l'esprit2 une incl9ation pdante aux cas de consci5ce2 l'intellig5ce peu rapide1 et presque t\j\rs doctorale2 une commune envie d'tre s9cre et de se montr] orig9al1 et la biz>re vanit de croire qu'on e/ plus vrai1 mesure qu'on se range avec plus d'o/5tation contre l'avis commun2 enf91 cette maladie de la religion propre quelques glises r=mes1 qui consi/e faire de la morale comme on fait du trapze1 et s'assur] que l'on en fait d'autant mieux qu'on saute plus haut1 quitte dans la *ute se cass] la tte ou la rompre aux autres4 ,c'e/ le pays de l'hiv] dur et de la neige3 s\s le ciel jaune qui s'affaisse1 l'homme de gnie vit dans la cellule de ses rves2 et1 s'il en sort1 il tombe mort entre deux ombres glaciales#h4 ,le pays de l't t\ffant1 o les navires des nations lo9ta9es vi5n5t port]1 en glissant au fond des fjords1 t\te sorte d'tranges promesses1 des appels au rveil1 les n\velles d'une contre h\leuse1 la *imre du soleil d'or et de la m] libre#i4 ,le pays de la nuit polaire et du j\r crpusculaire de m9uit#aj2 la t]re de la pluie1 de la pluie t]nelle1 o l'homme e/ malade d'att5dre la lumire1 et o sa folie lui fait rclam] le soleil#aa4 ,le pays des golfes endormis1 o la m] pntre au cur des montagnes1 s'y frayant un *em9 de ruisseau3 comme une langue de *imre1 comme une flamme liquide et bleue1 le fjord dort entre les monts pic1 tel un long lac tortueux2 il e/ my/rieux et pr(ond2 au bas des mora9es normes1 ce filet de m] rve dans le b]ceau du rav91 p>eil ce peu de ciel qu'on voit c\l]1 entre les toits des maisons1 dans les rues des vieilles villes4 ,p>t\t la m]1 ou la rclusion dans les valles troites1 d]rire les portes de la glace et les grilles de la =t4 ,la m] fait l'horizon de cette vie2 elle en baigne les bords2 elle en e/ l'espoir et le foss2 elle en =me l'atmosphre2 et1 l o elle n'e/ po9t1 on en reoit les br\ill>ds1 et on l'ent5d qui gronde4 ,c'e/ le pays d',ibs51 o il veut m\rir1 puisqu'il y e/ n4 ,note #h3 ,borkmann4 ,note #i3 ,dame de la m]2 ,s\ti5s de la socit4 ,note #aj3 ,rosm]%olm4 ,note #aa3 ,les ,rev5ants4 ,la m] e/ un lm5t capital p\r la connaissance des peuples4 ,la m] modle les murs1 comme elle fait les rivages4 ,t\s les peuples m>9s ont du caprice1 s9on de la folie1 dans l'me4 ,au soleil1 le c\p de v5t les visite et balaie les nuages2 la brume1 dans le ,nord1 prolonge le dlire4 ,le risque de la m] et le paysage m>9 agiss5t puissamm5t sur les n]fs de la nation2 et p> la langue1 sur l'esprit4 ,la ,norvge p>le une langue brve1 s*e1 cassante2 beauc\p mo9s s\rde que le sudois1 mo9s l\rde et mo9s dure que l'allem&1 il me semble2 d'un ton moy5 entre l'allem& et l'anglais4 ,il e/ curieux que l'acc5t du breton1 en ,basse-,bretagne1 soit assez semblable celui du norvgi52 mais le norvgi5 n'a pas la cad5ce du breton1 qui *ante4 ,l'imag9ation1 presque p>t\t1 rfl*it les =mes et la c\leur des crpuscules4 ,sur le bord de la m]1 au soleil c\*ant1 l'homme qui reg>de ses ma9s les lve et d\te d'tre soi2 mais1 dans l'orage et le br\ill>d1 le m>9 doit se rs\dre1 agir sur-le-*amp1 dcid] p\r t\t l'quipage et faire r\te4 ,mme s'ils ne sav5t pas o ils vont1 les m>9s calcul5t o ils sont avec une att5tion pati5te3 de nature1 ils ont les meilleurs yeux du monde2 et le mti] r5d leur vue plus p]ante4 ,un peuple de p*eurs1 de matelots et de petits f]mi]s1 qui dp5d5t de quelques gros m>*&s4 ,en ,norvge1 po9t de noblesse3 un petit nombre de p>5ts ri*es1 et une f\le de c\s9s en mdiocrit4 ,de la brusqu]ie2 peu de t5dresse4 ,de gros os et des muscles t\te preuve1 mtal de gabi] qui n'a pas de paille2 beauc\p de froideur et d'ob/9ation2 de la con/ance2 des curs fidles1 enf9 les v]tus de la solidit1 mais ri5 de puissant ni de *aud1 qui jaillisse de l'me4 ,hommes taciturnes le plus s\v5t1 avec les clats viol5ts d'une joie brusque2 un long sil5ce et1 qu& il e/ rompu1 beauc\p de bruit4 ,un quant soi qui t\*e la grossiret1 et qui s]ait (f5sant p\r le vois91 s'il n'en r5dait pas l'(f5se4 ,les femmes n'en sont pas exemptes2 de l1 cet air de roideur et de t\rn] le dos aux g5s1 qu'elles ont volonti]s4 ,comme t\t le monde sait lire et sign] son nom au bas des comptes qu'il sait dress]1 un c>actre de ce peuple e/ c]ta9 air de savant qui n'ignore pas1 p> exemple1 que la t]re t\rne1 et qui s'imag9e savoir comm5t4 ,cette sorte de triomphe dans les matires de l'cole primaire donne beauc\p de ,sc&9aves une assurance +nue1 une haute m9e de g5s qui l'on n'en fait pas accroire2 les femmes y excell5t4 ,la suffisance de l'esprit1 la plus piteuse de t\tes1 e/ la plus sans piti4 ,il n'e/ pas croyable ce que la femme qui sait lire s'e/ime au prix de l'homme qui ne sait qu'pel]4 ,voil o se rduit1 le plus s\v5t1 la supriorit intellectuelle4 ,elle e/ la meilleure cole de l'am\r-propre4 ,p5dant dix sicles1 ce pays fut pe9e mo9s trang] l',europe que la ,laponie ou l',isl&e4 ,les murs y fur5t celles des clans1 jal\x les uns des autres2 nulle unit2 ni le s5s de l'tat1 ni l'audace d'une p5se orig9ale2 po9t d'art3 c> la ,cit e/ le premi] tage du bel ordre o l'glise de l'art se fonde4 ,et1 malgr t\t1 une manire de gnie moral3 ces villages lisai5t la ,bible2 l'on y tait ?ologi51 raff9 en rgles de conduite1 comme ,a?nes ou en ,france on put l'tre en beau langage4 ,l'incl9ation naturelle des ,norm&s aux cas de consci5ce1 en pays r=ms1 de t\s les lacs a fait des docteurs en ?ologie4 ,le gt des procs e/ la =me gogu5>de1 le gt de la procdure morale et de la casui/ique la =me grave du mme tempram5t4 ,le drame o les ides plaid5t les unes contre les autres1 o les gr&s p>tis de la consci5ce sont aux prises1 devait bi5 t5ir son pote de cette race disputeuse1 et qui n'aime pas les ides p\r elles-mmes1 mais p\r les voies o elles font entr] les lois et la conduite4 ,corneille aussi a mis les dbats de la politique sur le ?tre4 ,depuis1 et mme sur la scne franaise1 on tr\ve p>t\t plus d'avocats que de hros2 mais dans ,ibs5 seulem5t les causes sont vivantes4 ,,solitude ,ibs5 e/ n ard5t1 viol5t1 s5suel et passionn4 ,c'e/ la =ce des gr&s arti/es1 dans le ,nord1 que viol5ce1 ardeur1 passion1 ils ne peuv5t s'y livr]4 ,a t\s les torr5ts de l'me1 les murs oppos5t une digue rigide4 ,le flot se creuse un lit2 presque t\j\rs l'eau cr\pit2 ce n'e/ plus qu'une m>e4 ,mais1 p>fois1 un l>ge fleuve s'amasse2 il sait se donn] c\rs1 et la puissante inondation se prp>e4 ,l'ardeur de l'homme dort et se conc5tre4 ,le sil5ce e/ la matrice o la passion pr5d =me4 ,l'avortem5t e/ innombrable2 mais1 qu& la ge/ation heureuse arrive au t]me1 il en sort une crature vraim5t gr&e4 ,les peuples qui j\iss5t de la vie en dilapid5t la joie2 c'e/ un or qu'ils prodigu5t4 ,les ge/es et les p>oles de la f\le puis5t le fonds commun3 il n'e/ plus rs]v1 p> droit d'anesse1 la =tune de quelques matres4 ,le peuple du ,nord1 qui se tait et fait son p>gne p5dant mille ans1 la lgue un seul homme4 ,quel rveil et quelle action6 ,quelle solitude1 aussi6 ,qui compr5dra cet homme8 ,dans le ,midi1 les peuples val5t mieux que leurs hros1 peut-tre2 ces f\les sont belles1 loqu5tes1 hroques4 ,ils sont plus avancs dans le bonheur et la p]fection1 qui p\r l'usage commun ont nom3 mdiocrit4 ,dans le ,nord1 un seul homme1 de temps en temps1 confisque le trsor et vit p\r t\s les autres3 ,humanum paucis vivit g5us4 ,combi5 cet homme e/ seul1 et qu'il doit m'tre *]1 p> l1 ds que je l'ai connu6 ,ibs5 a longtemps err en exil1 comme ,dante2 mais1 l'un ou l'autre1 qu'aurai5t-ils fait dans leur pays8 ,ils tai5t bannis de naissance4 ,et ,ibs5 un peu plus encore1 homme se bannir4 ,ses livres mmes ne le rapatri5t pas4 ,la langue littraire de la ,norvge diffre beauc\p de la langue p>le3 le norvgi5 d',ibs5 n'e/ que le pur danois4 ,sa langue passe p\r la plus belle de la littrature sc&9ave2 elle e/ brve1 =te1 prcise2 t5due l'excs1 et d'une trempe mtallique2 elle abonde en ellipses1 en racc\rcis rapides2 mais elle e/ aussi claire et aussi h>monieuse que le danois puisse l'tre4 ,si lo9 que soit l',italie de la ,norvge1 le /yle d',ibs5 me rappelle celui de ,dante2 ce n'e/ qu'une impression2 et je s5s assez t\t ce qu'on y p\rrait oppos]4 ,mais1 dans les deux potes1 que d'ailleurs tant de traits sp>5t1 il y a la mme volont de t\t dire en peu de mots2 le mme ton pre1 la mme viol5ce baf\]2 la mme =ce tir] des v5geances t]nelles4 ,dante1 t\tefois1 sculpte dans le bronze2 et ,ibs51 dans la glace4 ,la =me de ,dante e/ la plus ard5te et la plus belle1 aile de feu et de passions2 la =me d',ibs51 bi5 plus roide1 e/ la plus l\rde d'ides et qui va le plus lo9 dans la cav]ne o nos p5ses s'envelopp5t d'ombre4 ,la solitude d',ibs5 s'en accrot3 l'arti/e1 en ,norvge comme en ,france1 e/ un homme qui ne p>le jamais que p\r le petit nombre3 c'e/ l'effet d'une langue littraire1 qu& l'utile le cde la beaut4 ,il n'y a de socit s9cre qu'entre ceux qui p>l5t galem5t mal leur langue4 ,quant aux autres1 *acun ne la p>le bi5 que p\r soi4 ,il n'e/ pas de beau /yle commun deux hommes3 comme la gr&eur mme1 le /yle fait la prison#ab4 ,note #ab3 ,voici les uvres d',ibs5 dans leur suite4 ,je laisse de ct ses essais de drame hi/orique et de comdie1 qu&1 jeune homme1 il n'avait pas encore quitt la ,norvge3 le d]ni] en date1 les ,prt5dants la ,c\ronne1 #ahfc1 e/ de bi5 lo9 le plus =t et le plus pique2 il rappelle assez s\v5t les *roniques de ,%akespe>e4 ,mais le gnie d',ibs5 n'tait pas l1 et nullem5t dans l'hi/oire4 ,c'e/1 d'abord1 trois drames philosophiques1 o ,ibs51 de qu>ante qu>ante-sept ans1 rompt avec t\t le pass de sa race et t\tes les ides de son temps4--,br&1 #ahff1 o le monde *rti5 fait un ef=t suprme et inutile2 ,pe] ,gynt1 #ahfg1 o la nature se ju/ifie2 ,emp]eur et ,galilen1 #ahfi-ahgd1 o le monde antique et le monde *rti5 en prs5ce1 va9cus t\s les deux1 sont obscurm5t presss de s'unir p\r donn] lieu une socit future4 ,puis1 d\ze drames mod]nes1 o de c9quante soixante-dix ans1 ,ibs5 fait la gu]re t\tes les =mes de l'in/itution et de l'hypocrisie sociales4 ,il s'engage dans la lutte ple9 de foi et d'en?\siasme1 croyant de t\tes ses =ces la v]tu univ]selle de la lib]t3 t\t le mal e/ dans l'obissance et le m5songe4 ,il s'attaque donc la socit prs5te au nom d'une cit idale1 dans les ,s\ti5s de la ,socit1 #ahgg1 les ,rev5ants1 #ahha1 l',ennemi du ,peuple1 #ahhb1 le ,can>d sauvage1 #ahhd1 ,rosm]%olm1 #ahhf1 et le ,petit ,eyolf1 #ahid4 ,il s'occupe surt\t du m>iage et des femmes dans ,maison de ,p\pe1 #ahgi1 la ,dame de la ,m]1 #ahhh1 et ,h$da ,gabl]1 #ahij4 ,mais de bonne heure il d\te cruellem5t de gurir le monde malade1 et des remdes qu'il lui (fre4 ,il se met alors en scne s\s div]s noms3 trois de ses drames sont d'amres confessions1 des auto-tragdies hroques1 o le hros1 sans accept] sa dfaite1 e/ t\j\rs un va9cu3 ,solness le ,con/ructeur1 #ahib1 ,jean-,gabriel ,borkmann1 #ahif1 et ,qu& n\s n\s rveill]ons d'entre les morts1 #ahii4 ,a tel po9t que t\tes ses uvres de la f9 sembl5t le contrepi$ des premires3 ,rosm]%olm s'oppose l',ennemi du ,peuple1 le ,can>d sauvage aux ,rev5ants1 ,h$da ,gabl] ,maison de ,p\pe1 ,solness le ,con/ructeur la ,dame de la ,m]1 ,j4-,g4 ,borkmann ,solness mme1 et enf9 ,qu& n\s n\s rveill]ons d'entre les morts1 comme une ngation dcisive1 t\t4 ,,rh,,torique ,,du ,,nord4 ,il y a quelquefois dans ,ibs5 un rhteur1 qu'on s'tonne d'y voir4 ,p> t\t le ,nord1 il rgne une rhtorique d'esprit1 qui rpond la rhtorique de mots en faveur au ,midi4 ,celle-ci se moque de celle-l2 mais l'une vaut bi5 l'autre4 ,on e/ rhteur d'ides comme on e/ rhteur de phrases2 comme on btit sur de gr&s mots vides1 on fait sur de hautes p5ses2 mais la fabrique1 ici et l n'e/ pas mo9s va9e4 ,les p]sonnages d',ibs5 s'enivr5t de pr9cipes1 comme ceux de ,hugo d'anti?ses4 ,si ,ibs5 n'tait pas un gr& pe9tre de portraits1 il sembl]ait bi5 faux2 on ne croirait pas la vrit de la pe9ture1 si l'on n'y s5tait la vie des modles4 ,les rhteurs de morale sont les pires de t\s2 c> ils sont crus4 ,c'e/ p\rquoi la s9crit dont le ,nord se vante e/ s\v5t si fausse4 ,l-haut1 ils se font un intrt de l'intellig5ce ou de la morale1 et c'e/ ce qu'ils appell5t l'idal4 ,ces hommes et ces femmes1 t\t propos1 rev5diqu5t le droit de vivre1 d'tre libre1 de savoir et d'agir3 c'e/1 dans l'ordre de l'intellig5ce1 la mme rhtorique que celle des dmagogues dans l'ordre de la politique4 ,au soleil1 ces rvoltes de la neige pass5t p\r ridicules et sans raison4 ,et1 s\s la neige1 c'e/ l'loqu5ce du soleil qui passe p\r infconde et trs creuse4 ,il faut t\j\rs qu'un bord du monde t\rne le dos l'autre1 p\r se croire seul du bon ct1 et qu'une p>tie de la t]re se rie de l'autre p>tie1 p\r se pr5dre elle-mme au srieux4 ,*acun s'e/ime davantage de ce qu'il mse/ime4 ,l'abus de la consci5ce et du libre esprit n'e/ qu'une rhtorique4 ,t\te loqu5ce qui se pr5d elle-mme p\r une f9 n'a ni =ce ni preuve4 ,la vie n'a pas plus de temps p]dre aux bons mots qui ne f9iss5t pas1 qu'aux actes dsordonns d'une consci5ce qui prt5d la n\veaut1 et se rvl] n\velle soi-mme t\s les mat9s4 ,excs de consci5ce1 manque de consci5ce4 ,a =ce de scrupules1 on agit aussi mal que faute de scrupules4 ,quant celui qui agit p\r agir1 il ne se di/+ue en ri5 de celui qui ne p>le que p\r p>l]4 ,les g5s du ,nord1 s'ils le savai5t1 s'en f]ai5t peut-tre plus mode/es4 ,ni la consci5ce1 ni l'action1 ni le disc\rs ne sont des panaces t\s les maux huma9s3 c> l1 comme ailleurs1 c'e/ le s5s propre1 presque t\j\rs1 qui seul s'ex]ce4 ,j'ent5ds que l'gsme ait de bonnes raisons p\r lui-mme1 et lui seulem5t4 ,mais il ne faut pas que l'g/e se pr5ne p\r un pr9cipe1 et se donne p\r un exemple4 ,qu'on rejette t\t l'ordre de la ,cit1 soit2 mais1 le faisant1 qu'on ne s'imag9e pas d'tre le bon citoy5 ni l'espoir de la ,cit n\velle4 ,c'e/ mal se connatre2 c'e/ tre dupe2 et bi5 pis que de dup]4 ,les plus gr&s rebelles1 qui font dans l'tat la meilleure des rvolutions1 ne doiv5t po9t prt5dre fond] le n\vel ordre sur les bases du bi5 et de la vrit4 ,ou1 s'ils l'os5t1 et mme sans p>l] de vrit absolue1 il y a de quoi s\rire4 ,il n'e/ pas sr que la meilleure rvolution ne soit pas aussi la pire4 ,elle e/ n\velle1 c'e/ ce qu'elle a de bon4 ,mais les hros de morale ne l'ent5d5t pas a9si4 ,ils sont srs d'avoir raison1 jusqu'au dlire4 ,on p>le magnifiquem5t de la consci5ce1 et on oublie de se dire qu'on ne p5se peut-tre qu' soi4 ,il y a pis3 on l'ignore4 ,la jeune ,norah1 p\r donn] une leon de respect son m>i1 se r5d peu prs trois fois infanticide4 ,la rhtorique de ,mde n'enseigne pas1 du mo9s1 la morale aux femmes mcont5tes4 ,voil bi5 les rhteurs d'ides3 les en croire1 ils ne vis5t que le droit de t\s les hommes1 la vie1 l'honneur1 le droit des femmes1 le droit de la consci5ce4 ,et1 au b\t du compte1 c'e/ un homme qui a mal au foie1 ou qui a t tromp dans son mnage2 une femme qui s'ennuie la maison1 et qui veut voir du pays4 ,quelle rage de s'en pr5dre aux lois et aux ides8 ,elles ne sont que la =me de la vie4 ,dans le fond1 il n'y a que des passions4 ,mais p]sonne n'ose le dire1 ni surt\t qu'on les veut sans fre94 ,ibs5 a eu cette audace1 la f91 lui p\rtant qui n'avait reu de son temps et de son pays qu'une f\le insupportable de masques1 de pr9cipes1 de passions voiles1 mconnaissables elles-mmes4 ,les =mes et les lois ne sont que les fre9s1 mis aux passions d'un seul p> l'intrt de t\s les autres4 ,quelle folie de tant prt] d'importance aux modes *angeants de la vie huma9e1 et si peu la nature et aux apptits inco]cibles des hommes6 ,on bav>de l'inf9i l-dessus dans le ,nord1--et bi5 trop gravem5t4 ,on ne v\s y tue pas un homme p\r une pomme1--mais p\r un pr9cipe4 ,,ii ,,image ,d',,ibs5 ,on doit r5dre ,ibs5 l'hommage de sa solitude4 ,qu'il soit unique1 puisqu'il e/ seul4 ,il e/ bi5 vrai3 ri5 ne n\s importe que ce qu'il y a de plus gr&4 ,ibs5 compte seul nos yeux1 de t\s les ,sc&9aves4 ,il n'y a pas de place p\r n\s en ,france1 disait l'un d'eux#ac4 ,mais il n'y a pas eu de place p\r ,ibs5 en ,norvge1 ni ailleurs4 ,on lui donne p>fois un rival3 il ne peut l'tre qu' ,b]l9#ad4 ,note #ac3 ,ibs5 seul s'y e/ log et seul il y demeure3 c'e/ comme un *>don qu'ils se s]ai5t mis dans les *eveux et qu'ils ne p\rrai5t t]4 ,lettre de ,m4 ,jonas ,lie ,m4 le comte ,prozor1--prface de ,borkmann1 ,,xxii4 ,note #ad3 ,il s'agit de ,m4 ,bjo]n/j]ne ,bjo]nson qui1 entre tant d'ouvrages bruyants1 loqu5ts et confus1 a fait une uvre3 ,au del des =ces huma9es4 ,ce drame a un mrite r>e3 c'e/ que1 p> endroits1 on le dirait d',ibs54 ,ibs5 s'tonne de ceux qui le font d'une cole4 ,s'il e/ rali/e1 il leur montre ,solness1 ce rve de la p5se enfonce en soi-mme4 ,s'il e/ my/ique1 il leur fait voir ,maison de ,p\pe ou l',ennemi du peuple1 ces pe9tures cruelles de la vie4 ,il y a deux hommes en lui1 qui sont les deux t]mes du long dbat entre le moi et le monde3 un crateur et un critique4 ,t\t ce qu'il voit de solide aut\r de lui1 de bti p> les sicles1 il le r5v]se4 ,t\t ce qu'il lve lui-mme1 il le dtruit4 ,son art oscille entre les deux ples de la nature et du rve4 ,nul pote1 p> l1 n'e/ plus de ce sicle3 il cre en dpit de t\t1--et seulem5t en v]tu de lui-mme4 ,ibs51 qui sait le bonheur de crer1 peut la rigueur montr] le mpris de p5s]4 ,la vie implique inf9im5t plus d'ides que t\s les esprits ensemble4 ,la vie a des p5ses que la p5se n'a pas4 ,les ides du gr& pote t5d5t de plus en plus pr5dre la qualit d'tres vivants4 ,le symbole e/ une ide qui a reu le s\ffle div92 elle e/ ra*ete de sa condition infrieure2 elle a fait le gr& pas3 elle a pris l'tre4 ,c'e/ dans ,ibs5 que je dis2 c>1 dans les potes sans =ce1 il e/ con/ant que c'e/ t\t le contraire4 ,ils humili5t la vie jusqu' la mort2 ils raval5t un tre vivant une ide gnrale3 comme si un mot valait jamais un homme4 ,entre t\s les potes1 ,ibs5 e/ le seul rveur1 depuis ,%akespe>e4 ,t\s les potes tragiques sont rali/es1 s\s pe9e de n'tre pas4 ,la scne franaise e/ unique p> la cont9uit3 c'e/ que t\s les bons auteurs y ont t les pe9tres fidles des murs et de la vie4 ,le ?tre de la ,france e/ l'cole sans f9 de la morale1 de la politique1 le miroir des lois et des c\tumes1 une imitation qui n'a pas sa p>eille des s5tim5ts communs t\t un peuple1 des plus bas aux plus hroques4 ,un admirable gnie s'y applique la connaissance de l'homme moy54 ,la ,france e/ la moy5ne huma9e entre t\tes les races1 t\s les ges1 t\tes les nations4 ,une loqu5ce p>t\t rp&ue1 comme l'esprit mme dont elle e/ la =me publique2 une exquise f9esse1 une vue des c>actres qu'on ne trompe pas1 sagace et sans dt\rs2 une doctr9e l>ge sans roideur1 sociable comme la vie en commun e/ =ce de l'tre2 un divorce t]nel entre les objets du cur et les objets de l'esprit1 qui e/ proprem5t la m?ode univ]selle de t\te sci5ce2 un gt dcid du bonheur et de la ju/e raison1 un p5*ant les confondre1 le p>ti pris d'y croire et d'y convi] t\s les hommes2 une expri5ce des murs et des passions qui r5d indulg5t t\tes3 un v]re d'ironie ou d'honneur1 selon qu'on se moque des hommes ou qu'on y a une foi 9branlable3 voil ce qu'on tr\ve sur la scne franaise1 comme p>t\t en ,france4 ,l'intellig5ce et la raison y rgn5t absolum5t1 et la fleur de l'esprit les tempre4 ,qu& elles font dfaut un auteur1 il ne lui re/e gure ri54 ,si les autres peuples n'ont po9t de ?tre1 c'e/ faute du gnie rali/e2 mais p\rquoi1 s9on que le gnie de la vie y a trop peu de *>me8 ,o sont l'loqu5ce et l'esprit1 ces deux mamelles du dialogue8 ,*acun dort *ez soi1 ou boit1 ou dispute1 ou prie4 ,p\r t\t dire d'un mot1 l'art ne comm5ce l-bas qu'avec la posie4 ,on ne v]ra po9t un ?tre illu/re dans la suite des sicles2 mais1 au lieu du ds]t1 dans l'oasis de deux ou trois saisons1 un gr& pote et un seul4 ,a9si les c5t petits pe9tres de la ,holl&e1 qu'on ne peut e/im] trop1 artisans impeccables2 et le seul ,rembr&t qui1 d'un gnie unique1 ti5t tte aux c5t arti/es de l',italie4 ,ou bi51 ce prodige de ,%akespe>e4 ,combi5 ,ibs5 semble plus gr& de faire p5s] ,rembr&t6 ,il a de son dess9 et de sa plume4 ,manque d'tre rali/es1 ,ibs5 ni ,rembr&t ne s]ai5t po9t de si gr&s potes1 ni surt\t si tragiques4 ,mais1 s'ils n'tai5t pas les potes qu'ils sont1 bi5 mo9s encore s]ai5t-ils de gr&s arti/es4 ,p> ces climats1 la vrit1 le gr& arti/e e/ d'abord un ,visionnaire4 ,seule1 la vision s]t le rve1 accorde1 p\r la beaut1 les dissonances de la posie et de la vie4 ,seul1 le rve les fiance2 dans la vision seule1 ils s'p\s5t et se rconcili5t4 ,la ,vision e/ un palais1 aux tages de cl>ts et de brumes1 mais qui a des fondem5ts inde/ructibles dans les entrailles de la t]re4 ,si l'on veut1 le nom de vrit convi5t aux caves et aux va/es salles de pla9-pi$ avec la ville huma9e2 et l'on donn]a le nom de symbole aux autres tages1 aux f5tres ouv]tes sur les nues1 et aux t\rs dont on ne voit pas le fate4 ,mais le pote e/ le matre unique de la maison2 et1 sans se s\ci] du lieu o on le place1 il va et vi5t dans la demeure3 il dort dans une *ambre1 il veille dans une autre2 qu& il lui plat1 c\* au fond de la c\r1 il ne reg>de que les fantmes du br\ill>d sur les combles2 ou1 p]du au haut de la t\r1 il se p5*e en dehors1 p\r voir au-dess\s pass] la f\le4 ,p>fois1 l'on e/ t5t de croire que plus gr& e/ le pote1 et plus il e/ rali/e2 mais ce n'e/ aussi qu'un mot4 ,il arrive que la plup>t des potes ne peuv5t pas tre vrais1 et que la plup>t des rali/es n'ont pas de posie4 ,c'e/ p\rquoi le pote tragique e/ si r>e4 ,il le s]a de plus en plus3 p>ce que la vie1 de plus en plus e/ laide1 commune1 de mo9s en mo9s hroque4 ,on peut pass] sur l'ob/acle3 plus frqu5t1 t\tefois1 et plus abrupt1 il se fait plus difficile4 ,peut-tre1 mme en ,france1 mme ,p>is1 faudra-t-il bi5tt au pote tragique le mme don trange de vision qu' ,*ri/iania ou ,londres4 ,aprs t\t1 c'e/ une maladie4 ,mais quoi8 ,au del d'un c]ta9 po9t1 il faut tre pris p\r le malade qu'on e/1 ou conv5ir qu'on ne peut mme plus tre malade4 ,qui n\s f]a la vie belle8 ,qui n\s r5dra la lumire8 ,ibs5 e/ digne des ,grecs1 sans en presque ri5 t5ir1 en ce qu'il *]*e la lumire au fond mme de l'ombre1 et un air de beaut dans ce miroir de t\te laideur1--la vie relle4 ,des ides passionnes1 voil sa ress\rce et en quelque sorte son ,olympe4 ,il les jette les unes contre les autres2 et presque t\j\rs il condamne la plus noble et la plus pure4 ,il la frappe en l'aimant4 ,il la sacrifie ce qu'il mprise et qu'il dte/e4 ,p> l1 cette misrable vie de petits b\rgeois dans les villages populaires se fait belle4 ,ibs5 a la posie de la dfaite1 et les beauts au/res de la mort4 ,aussi bi5 c'e/ la mort1 la vieille n\rrice de la beaut tragique4 ,les ,grecs ne cess5t pas de tu]3 comme les enfants1 ils cultiv5t l'p\vante4 ,dans la mort1 n\s cultivons la d\leur4 ,quel abme de diffr5ce4 ,je tr\ve ,ibs5 bi5 plus beau et plus pote dans ses tragdies b\rgeoises que dans ses drames antiques ou ses pomes4 ,c'e/ qu'il rve avec plus de =ce4 ,il fallait un rve ard5t p\r donn] la vie aux ides de ces petites g5s1 presque t\s mornes1 b\ffons1 plats et bas sur pattes4 ,les ides ne viv5t que passionnes2 et ces petites g5s n'ont pas de passions4 ,bon gr mal gr1 le gnie d',ibs5 leur en inculque3 telle e/ l'opration du rve4 ,le gr& pote e/ celui qui peut dire3 ,mon rve e/ plus vrai que votre vrit4 ,c'e/ une vrit qui dure4 ,quel crateur n'a pas l'apptit de la dure1 et de prolong] son uvre dans le temps8 ,le rve mdite pr(ondm5t la vie2 la ralit en sort plus relle4 ,il tait fatal qu',ibs5 devnt son propre sujet de drame2 il en a fait son *ef-d'uvre1 l'ayant pris d'une me si =te et d'un ge/e si libre4 ,qu& il n'tait encore que pe9tre rali/e#ae1 il n'avait pas r5du la vie la ralit2 et qu& il n'tait que pote#af1 la =ce durable de ce qui vit lui *appait encore4 ,puis le j\r e/ v5u o1 de la vision1 il a fait natre les types1 ces tres plus vivants que les vivants4 ,le don suprme e/ celui-l4 ,le pote aj\te alors visiblem5t la nature4 ,a la f91 il a tir du rve sa propre image2 comm5t aurait-il pu cons5tir l'y laiss]8 ,c'tait le mo9s qu'il se crt lui-mme4 ,note #ae3 ,cf4 la ,comdie de l',am\r1 #ahfi2 l',union des ,jeunes1 #ahfi2 les ,s\ti5s de la ,socit1 #ahgg4 ,note #af3 ,cf4 ,br&1 #ahff2 ,emp]eur et ,galilen1 #ahfi-ahgc4 ,la scne e/ un lieu misrable et sublime1 o l'esprit de l'homme invite la beaut de vivre sa p5se propre et la *aude gu5ille des comdi5s4 ,ibs5 n'oublie pas qui il a affaire4 ,en gnral1 il ne *]*e po9t la beaut dans l'action2 les vnem5ts de son drame sont d'une espce assez vulgaire2 il prs5te une image grossire des faits2 une allgorie matrielle figure le s5s ca*3 un can>d bless1 un p\laill] s\s les toits1 un ar*itecte qui tombe de son *afaudage1 il n'en faut pas plus p\r vtir de *air les ides les plus complexes et une passion hroque4 ,ce my/re grossi] lui suffit1 p>ce qu'il doit suffire au public et aux acteurs de la comdie4 ,en eux1 et peut-tre en lui-mme1 ,ibs5 ddaigne insolemm5t sa matire4 ,il rs]ve sa puissance et sa posie aux s5tim5ts que les ides eng5dr5t4 ,sa manire propre e/ de r5dre les faits vulgaires capables de son ide1 qui e/ t\j\rs r>e et =te4 ,le ?tre d',ibs5 n'a qu'un intrt assez mdiocre1 si l'on s'en ti5t la priptie3 la vie puissante e/ au d$ans4 ,ri5 n'e/ plus dcevant p\r la f\le1 elle va droit aux faits et ne se s\cie pas du re/e2 elle ne sait plus quoi s'en pr5dre1 c> le caprice mme de l'auteur e/ sans clat1 et p\rtant elle s\ponne une beaut secrte2 elle press5t ce qu'on lui ca*e1 une =ce admirable et mme une fantaisie pr(onde dans la vrit2 et elle s'en irrite3 ,ibs51 cep5dant1 l'a traite comme il fallait1 se bornant lui r5dre la matire qu'il en avait prise4 ,,vie4 ,,exil4 ,la vie d',ibs5 e/ simple1 sans vnem5ts1 et ne prte pas l'anecdote4 ,une vie p>eille beauc\p d'autres1 la solitude excepte4 ,mle d'abord la vie de t\t le monde1 bi5tt elle n'a plus ri5 de public4 ,une jeunesse ple9e d'espoir1 qui s'en va la conqute du peuple4 ,une dfaite qui ne mnage ri51 ni l'orgueil1 ni la consci5ce1 ni les moy5s ncessaires la vie4 ,un ge mr ple9 de travaux1 qui naiss5t dans la retraite1 et une vieillesse1 ri*e en gloire et en bi5s solides4 ,de bonne heure1 une habitude prise p\r t\j\rs de ne plus ri5 donn] de soi au public1 que les uvres de l'esprit4 ,la famille d',ibs5 e/ d'orig9e danoise4 tablis en ,norvge1 les ,ibs5 se sont m>is dans le pays2 plusieurs femmes de la maison tai5t p\rtant des ,allem&es4 ,il a eu de bons p>5ts et la =tune mauvaise1 l'entre de la vie4 ,sa famille tait ri*e2 elle a connu les rev]s et le malheur d'tre pauvre4 ,il a p]du son pre assez tt3 c'tait un armateur h>di1 un homme gai1 vivant1 et fait p\r la victoire2 il ne survcut pas sa ru9e4 ,ibs5 a t lev p> sa mre1 femme de gr& s5s et de v]tu rigide4 ,il avait des frres et des surs2 il se t5ait l'c>t1 et ne pr5ait aucune "p leurs jeux4 ,il passe p\r avoir t\j\rs ha les ex]cices du corps4 ,enfant1 il tait brusque1 n]veux1 brillant quelquefois1 et le plus s\v5t taciturne4 ,jeune homme1 il a d gagn] son pa91 et le moy5 de faire ses tudes4 ,il a t5u le pilon dans une ph>macie4 ,plus t>d1 ,*ri/iania et ,b]g51 il a crit dans un j\rnal rvolutionnaire1 et dirig deux ?tres4 ,il a donc vcu dans les deux c]cles de l'enf] ddis au m5songe3 t\tefois1 comme le m5songe e/ la premire nature des comdi5s1 ils y sont bi5 plus s9cres2 et il s'en faut que le poison de m5tir ait la mme innoc5ce dans les j\rnali/es4 ,l'preuve de la misre1 bi5 ou mal1 =me le c>actre d'un homme4 ,il s'en fait plus s5sible la joie1 qu'il appelle1 et la d\leur ou la colre1 qui ne le quitt5t plus4 ,il arrive que1 p\r avoir s\ff]t trop tt1 un homme porte au fond de l'me un s5s de la s\ffrance1 qui f9it p> crer les occasions de s\ffrir4 ,du re/e1 presque t\tes les mes puissantes sont d\l\reuses4 ,le plaisir de vivre n'e/ qu'un incid5t3 il n'a pas de pr(ondeur4 ,ibs5 a pr\v le dgt de n'tre pas son rang2 son orgueil a gr&i dans l'humiliation4 ,il a bi5 fait plus que de pr5dre ses grades2 il a d conqurir le droit d'y prt5dre4 ,c'e/ sans d\te p\rquoi il ti5t beauc\p son titre de docteur#ag4 ,il a cru dompt] son pays et son temps1 dans l'allgresse de la premire victoire1 qu& le s5tim5t de sa =ce et l'ivresse de l'intellig5ce donn5t au jeune homme cette confiance en soi et dans t\t l'univ]s1 qui e/ une folie d'am\r4 ,on s'aime tant d'tre comme on e/1 qu'on croit avoir la mme raison d'aim] les autres4 ,et peut-tre les *rit-on1 en effet2 dans le bonheur qu'on a de les conqurir1 on leur t5d sa propre excell5ce2 on s'assure de les conva9cre2 on ne d\te pas d'eux1 p>ce qu'il semble c]ta9 qu'ils se laiss5t gagn]2 et1 comme on se s5t plus haut qu'eux1 on les aime davantage1 on les bnit d'tre assez bas p\r se laiss] lev]4 ,p\r eux1 ils n'ont pas l'air d'en ri5 savoir2 et l'on s'ap]oit enf9 de leur indiffr5ce4 ,c'e/ le mom5t o elle t\rne en ho/ilit4 ,tel e/ l'aveuglem5t de celui qui compte sur son intellig5ce1 et qui lui prte une action dcisive sur la vie des autres4 ,sans cesse1 l'esprit d'un homme fonde une imm5se esprance sur le cur des autres hommes2 mais sans leur donn] du si54 ,les hommes1 comme les *i5s et les enfants1 ont l'in/9ct de ceux qui les aim5t4 ,il e/ bi5 vrai qu'une gr&e p5se ne juge pas ncessaire de mieux faire p\r le g5re huma9 que p\r elle-mme4 ,l'intellig5ce seule rep\sse avec dda9 l'ide du sacrifice3 or1 la plup>t des vivants n'att5d ri5 de l'homme suprieur1 qu'une immolation ou des s]vices4 ,note #ag3 ,il e/ gradu de ,*ri/iania1 en date du #c septembre #ahej3 il avait v+t-deux ans et demi4 ,son diplme porte la m5tion3 non contemn5dus4 ,il a de bonnes notes en lat91 en franais1 en religion1 en hi/oire1 en gomtrie4 ,il a mal p\r le grec et l'ari?mtique4 ,ibs5 avait (f]t trois ou quatre pices de ?tre son public3 les unes n'eur5t pas de succs2 les autres fir5t sc&ale4 ,il avait beau se df5dre3 il vit qu'il lui fallait demeur] obscur1 ou p]dre ses =ces dans un combat misrable contre les sots et une nue d'absurdes ennemis4 ,comm5t se rsign] une telle lutte1 qu& on ne v\drait mme pas de la victoire un tel prix8--,que faire1 d'ailleurs1 contre t\t un peuple inju/e1 qu& on ne veut pas tre le bateleur de ses p5ses1 ni s]vir la p>ade de son propre gnie8 ,val5t-ils donc la pe9e qu'on cesse d'tre libre8 ,ils hass5t jusqu' la beaut1 jusqu' la lib]t que l'on rve p\r eux4 ,bi5 pis1 ils ne sont pas en tat de les compr5dre4 ,a quoi bon tant d'ef=ts inutiles8 ,ne meurt-on pas de faim aussi aism5t p>t\t8--,le plus intellig5t des potes devait en tre le plus am] et le plus dur4 ,a prs de qu>ante ans1 il s'e/ vu aussi pauvre1 aussi seul et sans joie dans t\te sa ri*esse p5sante que1 tr5te annes plus tt1 l'avait t son pre1 le soir de la ru9e4 ,il a fait comme ,dante et le prophte3 il e/ sorti de la ville2 il a pris la r\te de l'exil1 sec\ant la p\ssire de ses s&ales sur son peuple1 et1 d'abord1 sur ses amis4 ,il a connu la faim1 le mpris des plus =ts et du public4 ,comme il a beauc\p aim la victoire1 et le rve de la puissance1 il a beauc\p s\ff]t de la dfaite1 et il en a ress5ti l'outrage4 ,il y a pris une haute ide de son gnie1 ayant mesur quoi le gnie condamne4 ,qu& il s'exile1 il ne laisse dans son pays que l'am]tume d'une vie dtruite#ah4 ,note #ah3 ,ibs5 n'a pas quitt la ,norvge avant #ahfd4 ,il e/ ,rome en #ahff2 ,is*ia en #ahfg4 ,il vit quatre ans en ,italie1 et la plup>t du temps ,rome mme4 ,on l'y retr\ve plusieurs fois de #ahgj #ahhj2 il s'e/ arrt aussi ,naples et ,sorr5te4 ,de c9quante soixante ans1 il a surt\t vcu ,dresde et ,muni*4 ,il doit ses premires victoires aux ?tres allem&s4 ,depuis prs de tr5te ans1 il n'avait pas cess d'err]1 vivant en ,italie et en ,allemagne1 tantt ,is*ia1 tantt ,muni*1 et le plus s\v5t ,rome4 ,il quitta ,rome1 comme les ,itali5s y entrr5t4 ,on vi5t de n\s enlev] ,rome1 n\s autres hommes1 crivait-il1 p\r la livr] aux faiseurs de politique4 ,o all] ma9t5ant8 ,rome tait le seul lieu o vivre en ,europe1 le seul o l'on et la vraie lib]t1 qui *appt la tyrannie des lib]ts publiques#ai4 ,qu& la tr\pe des ,me9+5 eut comm5c de le r5dre clbre1 il fut l\ dans son pays2 il y fit d'abord quelques c\rtes visites2 puis1 l',europe ne lui p>ut plus valoir beauc\p mieux que la ,norvge4 ,il y r5tra donc1 en #ahia1 p\r ne plus la quitt]4 ,il allait avoir soixante-c9q ans4 ,il faut bi5 m\rir quelque "p4 ,et s'y pr5dre un peu l'avance4 ,a9si l'on pr5d ses qu>ti]s d'angoisse4 ,note #ai3 ,lettre ,m4 ,g4 ,br&s4 ,,secrets ,,de ,,la ,,puissance ,ibs5 p>at avoir pass c9quante ans de sa vie n\rrir la =ce de son gr& ge4 ,il n'y a peut-tre pas un autre pote qui n'ait vu t\t son gnie que dans la vieillesse4 ,c\p sur c\p1 ,ibs5 sexagnaire a donn ses *efs-d'uvre3 d'abord1 un drame *aque anne2 puis1 t\s les deux ans4 ,p5dant v+t annes ce fut sa rgle4 ,sans d\te1 il avait autrefois conu et demi cr ce qu'il mettait alors au monde4 ,quoi qu'il en soit1 on aime se faire d',ibs5 l'ide d'un vieil homme puissant4 ,du re/e1 quel homme vraim5t gr& n'e/ pas plus beau dans son ge mr1 et la vieillesse8--,on dirait mme qu'il y e/ plus robu/e1 et que l'me n'a t\te sa =ce qu'aprs c9quante ans4 ,j'imag9e le vritable ,ibs51 l'homme secret1 celui qui ca*e son cur1 s\s les traits les plus viol5ts et les plus r>es1 comme le ,vieux de la ,montagne aux ,ides4 ,lui aussi1 il a sa tr\pe de disciples1 qu'il enivre de doctr9e1 et qu'il envoie mfaire ailleurs et1 ,dieu soit l\1 s'y faire p5dre4 ,si l'on reg>de au fond de ce solitaire1 s\s une triple cuirasse de froideur indulg5te1 d'ordre p\ss jusqu'aux m9uties1 et de politesse1 il y a1 d'abord1 l'am\r ard5t de la vie1 et l'in/9ct de la dom9ation4 ,ces deux passions s'assembl5t1 comme le t5on et la mortaise4 ,un apptit insatiable de la vrit tantt s'y oppose et tantt y s]t de levi]4 ,en ce s5s1 et p\r qui veut la puissance1 la vie n'e/ pas t\j\rs ce qu'on a de plus *]4 ,la lib]t n'e/ qu'une belle raison1 et la volont dom9atrice la donne t\s ceux qu'elle veut dom9]4 ,agir en lib]t1 c'e/ ce qui vaut le mieux2 mais autant dire3 agir selon son bon plaisir2 fais ce qui te plat le mieux1 la condition que ce soit l'uvre quoi tu es le mieux fait toi-mme4 ,et1 p> consqu5t1 si le dsir de la fuite e/ si joyeux en toi1 petite fille1 crase en traneau ton vieux pre sur la r\te3 il n'en saura ri51 ni toi non plus2 la nuit e/ belle2 la neige e/ solide2 la glace e/ bonne2 tu glisses t\te vitesse et tu passes4 ,les hommes non communs agiss5t hors du commun ordre1 et n'ont pas beso9 de raisons4 ,trahir une gr&e =ce1 c'e/ le plus gr& crime4 ,il faut donc v\loir1 il faut os] tre soi-mme4 ,quiconque d\te de soi n'e/ pas digne de se faire croire4 ,le d\te e/ la faiblesse mme4 ,croire sa propre vrit1 p\r que les autres y croi5t2 et de mme son droit1 son autorit1 sa =ce4 ,qui a une uvre faire ne doit s'arrt] ri54 ,la =ce et la volont du plus =t impos5t la f\le ce qu'elle ne peut jamais compr5dre4 ,font p>tie de la f\le t\s ceux qui ne s]v5t pas1 corps et me1 l'uvre propose4 ,nul li5 avec les autres3 ri5 n'e/ plus am] que de n'tre pas compris2 mais l'ess5tiel n'e/ pas qu'on me compr5ne3 c'e/ qu'on m'aide4 ,si mon ami ne croit pas en moi1 je n'ai que faire de mon ami2 je n'ai plus beso9 de lui2 il m'importune2 et qu'il n'invoque pas sa vrit contre ma vrit3 je n'en connais qu'une1--la mi5ne2 que la si5ne s'y aju/e3 savoir tromp]1 c'e/ en quoi l'amiti consi/e4 ,sur le po9t de cd] aux femmes1 il faut savoir se s\/raire leur fatale mollesse1 et fuir ,cap\e4 ,leur t]nelle exig5ce1 leur requte d'am\r e/ le pige o trbu*5t les meilleurs hommes4 ,p\r elles1 ri5 au monde ne prvaut sur les droits du cur2 et non pas mme du cur1 comme l'ent5d un homme1--mais de leur cur4 ,t\t ne compte leurs yeux qu'au reg>d de la famille2 t&is que l'homme1 fait p\r dom9]1 ne se s\cie po9t de t\tes ces affaires dome/iques1 et dit de son propre fils3 il e/ un trang] p\r moi1 je suis un trang] p\r lui4 ,qu'on soit d'abord l'abri de ces molles influ5ces1 de cette pluie pati5te qui vi5t b\t du granit4 ,les femmes n\s gt5t l'exi/5ce2 elles n\s font p]dre de notre prise sur le monde2 elles bris5t nos de/9es2 elles n\s drob5t la victoire3 telle e/ la s5t5ce d'un gr& va9cu1 qui aurait pu va9cre4 ,un tel homme e/ presque t\j\rs seul4 ,l-haut1 dans sa *ambre1 il va et vi5t comme un l\p malade4 ,et1 qu& il sort1 s'il lui arrive de se ml] la f\le1 il ne r5contre que les symboles du deuil1 de la dfaite et de la mort4 ,mme si elle connat le succs1 on t\ffe dans cette vie4 ,on ne peut pla9dre celui qui ne veut pas tre pla9t2 peut-tre on l'envie4 ,mais lui1 qui ose t\t d'abord1 n'a pas l'me si dure qu'il ne s\ffre2 c> la passion du p\voir trompe t\j\rs3 qui1 aimant la puissance1 s]a rassasi de puissance8 ,on a1 prs de soi1 p\r compagne de lit1 la seule =ce t\te-puissante1 la g>de-malade voile qui veille mme les mieux portants3 la mort4 ,voil p\rquoi cet homme n'aime pas la campagne4 ,la ville emporte t\t dans une rumeur de m\vem5t4 ,a la campagne1 on ne s'abuse plus gure3 cause de ce t]rible sil5ce4 ,on y ent5d m>*] le temps4 ,on y c\te tomb] ses p5ses2 et c'e/ entre les ma9s de la mort que c\le t\t ce sable4 ,c9quante ans1 c9quante m9utes au sabli]4 ,ibs5 n'e/ pas aim1 on l'admire4 ,il ne s]a jamais *] qu'aux puissants qui sont tri/es2 et ceux qui voi5t le monde dans la lumire trange du crpuscule1 sans tre srs de ne pas faire un songe la fois trop frle et trop solide1 t]rible et b\ffon1 odieux et pitoyable4 ,avant d'en v5ir l1 ,ibs5 a eu tant de confiance et d'orgueil qu'ils suffisai5t beauc\p de bonheur encore4 ,l'homme de foi n'e/ jamais t\t fait mort en lui4 ,il s'e/ reconnu pessimi/e en ce qu'il ne croit pas la dure t]nelle d'un idal1 quel qu'il soit2 mais optimi/e en ce qu'il croit possible de faire succd] un idal un autre1 en s'levant mme de ce qui e/ mo9s p>fait ce qui l'e/ le plus4 ,jusqu'en ses d]ni]s temps1 ,ibs5 n'a jamais t sans un idal ou deux1 ou mme trois#bj4 ,c'e/ plus t>d qu'il a vu qu'on ne les tr\ve pas si aism5t2 et qu'ayant p]du cette lumire1 il n'y a plus qu' s'en all] dans la nuit noire4 ,note #bj3 ,ibs5 aime mme beauc\p ce mot si vague et si froid4 ,c'e/ un trait de sa gnration4 ,les hommes qui ont eu de v+t tr5te-c9q ans en #ahdh ont fait un t]rible abus de l'idal4 ,mais on n'a pas s\v5t mieux se mettre s\s la d5t4 ,et les hommes de cette poque avai5t l'me gnreuse4 ,il n'y a po9t de p5se si amre1 ni de vie si ds5*ante qui ne fass5t encore l'homme des promesses admirables1 s'il g>de intacte la foi sa propre v]tu1 et l'espoir d'y faire p>v5ir le monde p> les voies de la puret morale4 ,la consci5ce d'tre pur e/ l'me ce qu'une s\rce d'eau1 ouv]te au flanc d'un glaci]1 e/ au voyageur puis de soif et de fatigue1 p> un midi d't1 au c\rs d'une asc5sion dans les ,alpes4 ,la puret morale fait l'me vig\reuse et libre3 elle appelle son dsir un ba9 purifiant4 ,l'homme alors ne d\te pas de lui-mme4 ,bi5 lo9 d'tre incurable en secret1 il porte le remde aux autres2 s'ils se pla9t1 c'e/ de ne p\voir faire t\t le bi5 qu'il v\lait2 au total1 telle e/ son esprance qu'il lui faut seulem5t tre libre d'agir p\r tre sr d'abond] en actions p>faites4 ,il se s5t une vigueur irrsi/ible2 il se tr\ve le plus prs de son ,dieu et de soi-mme4 ,la puret morale suffit t\t4 ,il n'e/ bonheur qu'elle ne supple4 ,ibs5 en exil1 t\rnant le dos sa patrie1 ne compte plus sur la victoire1 et cons5t s'en pass]4 ,de cur alti] comme il e/1 et d'me imprieuse1 il sait bi5 qu'il faut dire adieu la =tune3 peu importe4 ,que son cur se ptrifie1 au beso92 dsormais1 il e/ homme se tir] d'affaire3 il a f9i sa vie de pla9e1 il s'e/ tabli sur les hauteurs1 en lib]t et devant ,dieu#ba4 ,il se croit sorti des passions et de leur gu]re cruelle4 ,comme on doit s'y att5dre avec les mes pures1 qui ne sont po9t sa9tes1 l'orgueil e/ une =te puissance4 ,la puret morale fait a9si une *aude matrice l'am\r-propre4 ,elle juge de bi5 haut t\s ceux qui lui sembl5t mo9s dignes4 ,les purs1 qui croi5t ne devoir qu' soi t\te leur puret1 n'ont aucune *>it4 ,ils peuv5t tre durs1 ils sont sans remords4 ,ils j\iss5t curieusem5t de mpris] les autres4 ,en bas1 les autres1 et ttons1 dit ,ibs54 ,et mme1 s'il e/ trop haut p\r eux1 si t\s les li5s sont rompus entre lui et les autres1 peut-tre en s\ffre-t-il mo9s qu'en secret il ne s'en vante4 ,note #ba3 ,cf4 ,sur les ,hauteurs1 pome d',ibs51 traduit p> ,g4 ,bigault de ,casanova4 ,l'me d',ibs5 a presque t\j\rs t d'une puret glaciale4 ,il e/ unique p> l entre t\s les potes2 c> il n'ignore pas les passions3 tant s'en faut1 qu'il va bi5 au fond4 ,,iii ,,ibs5 ,,ou ,,le ,,moi ,les ides sont tragiques4 ,les ides sont m\vantes4 ,les ides sont ple9es de passion4 ,les ides sont plus vivantes que la f\le des hommes4 ,mais une condition3 que ce soi5t les ides d'un arti/e1 et qu'elles s'agit5t dans un moi vivant4 ,faute de quoi1 elles ne sont que sci5ce1 et squelette comme la sci5ce4 ,la vie des ides doit t\t celle de l'individu4 ,un art ne saurait pas vivre d'ides1 seulem5t3 il faut qu'un arti/e y prodigue de sa vie propre1 et donne vraim5t le j\r aux ides p\r qu'elles soi5t vivantes4 ,la vie e/ le don propre de l'arti/e4 ,il peut y avoir des potes tant qu'on v\dra1 de belles ides1 de nobles =mes3 la vie seule e/ la m>que de l'art4 ,o il y a un homme vivant1 il y a une uvre d'art4 ,le don de la vie e/ inf9im5t au-dessus de t\s les autres4 ,ri5 dans l'homme ne va plus haut3 c'e/ qu'il n'y e/ p\r ri51 et proprem5t sa facult div9e4 ,la tri/esse d',ibs5 e/ celle de l'ide vivante4 ,sa sombre humeur vi5t de ce qu'il met sa vie dans ce qu'il p5se4 ,c'e/ le plus p5sant des potes2 mais il a bi5 plus que de l'intellig5ce2 il respire la dception inf9ie de l'esprit qui compr5d1 et du cur qui pr\ve ce que l'esprit a compris4 ,il p\rrait se rj\ir1 s'il n'tait qu'un savant3 il a bi5 dmont la ma*9e2 mais1 en v]tu de la vie que les ides lui ont prise1 il demeure dans une t\r de *agr94 ,la plup>t des auteurs log5t au mme tage que la plup>t des hommes4 ,ils imit5t ce qu'ils voi5t et ce qu'ils t\*5t2 le fond leur *appe1 qui e/ la vie4 ,je vois ici la pi]re de t\*e jug] de l'imitation3 qu'on pr5ne les t]mes mmes de ce qu'on imite1 on en e/ le matre si l'on y met la vie4 ,le commun des an>*i/es se donne soi-mme1 et *acun de son ct1 p\r la rgle du monde2 le commun des auteurs peut aussi prt5dre mettre les ides sur le ?tre4 ,ils oubli5t qu',ibs5 en fait des tres vivants4 ,il faut avoir l't(fe3 c'e/ le moi4 ,beauc\p l'invoqu5t1 qui n'ont que du *iffon4 ,ibs5 ne p\sse pas sur la scne des comdi5s grims en ides4 ,il va des ides aux hommes qui les port5t1 ou que quelque fatalit y a s\mis4 ,il cre du d$ans au dehors1 au lieu d'all] du dehors au d$ans4 ,il s'intresse mo9s ce qu'on dit qu' ceux qui le dis5t4 ,telle e/ la diffr5ce de la ?se et de la tragdie4 ,le plus intellig5t des docteurs ne f]a jamais un pote tragique4 ,le nombre des p]sonnes e/ inf9im5t petit4 ,en art1 l'individu1 c'e/ le gnie4 ,il s]ait assez ju/e d'accord] au gr& arti/e qu'il a seul droit l'individu4 ,t\s les autres doiv5t accept] l'ordre2 et mme t\t leur mrite e/ de re/] dans l'ordre1 il me semble2 c> ils ne sont pas seuls1 et leur v]tu e/ de relation l'ensemble4 ,c'e/ p>ce qu'on se croit quelqu'un qu'on se rebelle contre t\tes *oses4 ,je vois la rvolte en t\s1 et je ne vois de moi presque en p]sonne4 ,elle vi5t des ides ab/raites1 la folie de croire qu'on *ange le fond de la vie huma9e1 en b\lev]sant les =mes4 ,cette niais]ie1 d'o sort5t beauc\p de rvolutions1 e/ odieuse l'arti/e3 il ne s'y plat qu'un peu de temps4 ,le lionceau n'a pas t\tes les d5ts du lion4 ,ibs5 e/ n de la critique et d'une longue rflexion2 il a eu le culte des ides2 mais il ne s'y e/ pas t5u1--le seul pote qui soit p>ti des ides p\r arriv] crer des hommes4 ,il a fait ce que ,g! ne sut pas faire3 c'e/ qu'il avait encore plus d'imag9ation que d'intellig5ce4 ,ibs5 a donc t rvolutionnaire2 c> la critique1 c'e/ t\j\rs quelque degr la rvolution1 soit p\r anticip] sur les temps1 soit p\r t*] les r5voy] en arrire4 ,mais il a bi5tt connu qu' une c]ta9e hauteur on ne peut pas tre de son p>ti1 sans tre aussi de l'autre3 n'e/-il pas trange que cette lvation la sagesse se dt]m9e plus p> le tempram5t que p> l'esprit8 ,la puissance morale d',ibs5 e/ celle mme de son intellig5ce2 et c'e/ o rep>at l'in/9ct3 il n'abs\t pas s\v5t4 ,le moi qui juge e/ impitoyable2 il dtruit t\t ce qu'il t\*e4 ,ri5 ne tr\ve grce devant lui1 que le songe de la vie4 ,,vie ,,des ,,id,,es4 ,une vue tragique de l'univ]s1 voil donc la =me o les ides s'anim5t4 ,l'empire de la d\leur e/ livr aux passions4 ,seules1 les passions fcond5t l'intellig5ce du pote2 et c'e/ aux passions seulem5t que les ides emprunt5t la vie4 ,l'ide e/ l'image de l'homme qui p5se4 ,il ne s'agit po9t de sci5ce1 c]tes2 mais de ce qui lui e/ si inf9im5t suprieur1 notre raison d'tre1 ici-bas et sur l'heure4 ,la religion e/ un art de vivre2 la sci5ce en e/ une p>odie4 ,la sci5ce ne peut pass] le seuil2 l'art e/ au c5tre de la demeure1 comme le cur4 ,la sci5ce ne connat pas le temps1 ni les espaces en nombre inf9i4 ,l'art e/ un connaisseur trs f9 de l'me1 de ses temps1 et de ses espaces en nombre inf9i4 ,le palais de l'arti/e repose sur un acte de foi4 ,l'arti/e connat l't]nelle illusion2 et il fait semblant de compt] sans elle4 ,il s'enivre de cette fe9te surhuma9e2 il con/ruit p\r l't]nit des demeures qu'il sait lui-mme faites de fume1 et fondes sur le rve4 ,l'art e/ t\t huma92 et la sci5ce e/ inhuma9e4 ,voil en quoi une ide1 mo9s d'tre vivante1 n'e/ pas un objet d'art4 ,s9on la vie1 ri5 ne n\s importe1 malheureux que n\s sommes4 ,le premi] homme1 en qute de ,dieu1 e/ un arti/e4 ,la re*]*e de la vie a fait la religion1 et non pas la cra9te de la mort4 ,il n'e/ pas un seul homme qui n'ait beso9 de ,dieu p\r vivre4 ,et qu'importe s'il e/ possible de s'en pass] aux seuls esprits8--,mais que m'importe l'esprit8 ,je vis de vie1 et je suis affam d'tre4 ,la sduction de l'esprit e/ l'attrait irrsi/ible qui me p\sse ma p]te4 ,que j'y aille donc1 puisque je ne puis faire autrem5t2 mais qu' t\t le mo9s je n'ignore pas o je me prcipite2 que je ne me vante pas de c\rir une vie plus ample ou plus vraie1 qu& je desc5ds au contraire la p5te du dsespoir1 et d'une mort trs pr(onde4 ,a mo9s de la religion1 il n'y a que l'art seul qui p]mette de vivre4 ,je p>le p\r ceux qui ont un cur vivant2 non pas p\r ces e/omacs faciles1 qui se n\rriss5t de papi] et s'engraiss5t de =mules4 ,quel arti/e dsormais ne se v]ra po9t enf]m dans la s\ffrance1 comme dans une cellule1 au c5tre de l'univ]s8 ,je s\ffre1 donc je suis3 tel e/ le pr9cipe de l'arti/e4 ,la vie et la d\leur sont les deux t]mes de l'tre4 ,t\tes mes ides sont vivantes et passionnes2 en elles1 c'e/ la d\leur qui met le signe4 ,si elles ne sont dsespres1 et *audes comme la vie mme1 que me font les ides8--,l'homme qui vit avec =ce n'a que faire des ides mortes1 ce gibi] de savant4 ,,fa,,ons ,d',,tre4 ,le ,nord vaut peut-tre mieux p\r la morale4 ,mais le ,midi vaut mieux p\r la vie4 ,c'e/ dans le ,nord que l'art e/ un uf d'aigle c\v p> des canes4 ,la ,r=me a dcidm5t assis la morale dans le trne du s\v]a94 ,il e/ curieux que1 p\r mieux rep\ss] l'autorit du pontife roma91 les peuples du ,nord se soi5t s\mis une f\le de papes de village4 ,la tyrannie des pr9cipes p>at peut-tre mo9s pesante1 p>ce qu'elle e/ anonyme3 mais enf9 ,lon ,x n'avait pas si tort qu& il ne voyait dans la qu]elle de ,lu!r avec les lgats de ,rome qu'une dispute de mo9es3 le ,nord t\t enti]1 depuis1 s'e/ fait ?ologi54 ,la ?ologie des lacs enf]me les murs dans une troite prison de prjugs et de pratiques4 ,la /ricte morale qui condamne t\j\rs1 et t\j\rs p> pr9cipe1 telle e/ la r$\table puissance qui1 p5dant trois sicles1 a rgl la vie dans les petites villes du ,nord4 ,c> la ?ologie des lacs1 c'e/ la morale4 ,on peut voir dans ,ibs5 l'ennui1 l'esclavage1 la misre de cur qui s'ensuiv5t4 ,il n'y a pas tr5te ans1 la plup>t des villes sc&9aves vivai5t c\rbes s\s le j\g4 ,le pa/eur1 l'avis du pa/eur1 les bonnes uvres du pa/eur1 la socit des dames ouailles du pa/eur1 voil une glise impitoyable1 qui ne connat que des fidles s\mis ou des hrtiques3 glise dans une grange1 o1 au mo9dre signe d'indp5dance1 l'enf] e/ t\j\rs prt flamb] l'indp5dant4 ,nul g>d aux passions2 et mme la viol5ce d'un cur s9cre y e/ plus abom9able que les crimes o il s'g>e3 le sc&ale e/ le p* sans rmission4 ,il faut r\gir d'tre soi-mme1 ou le ca*]4 ,il faut avoir honte de s5tir comme l'on s5t2 mais bi5 plus de le montr]4 ,dans ces pays1 que l'on prt5d si libres1 la mo9dre lib]t du cur e/ sc&aleuse2 et le bonheur que l'on ose gt] la s\rce1 qu'on n'a pas eu honte de dc\vrir soi-mme lo9 de la fonta9e commune1 ce bonheur e/ cynique4 ,les meilleurs sont au/res et froids1 se faisant de pi]re4 ,l1 l'hypocrisie e/ une =me trs pure de la v]tu sociale4 ,de mme que l'on doit port] le co/ume de t\t le monde1 *acun a ses gants d'hypocrite vis--vis de t\s les autres1 et jusque dans son lit4 ,a9si l'exige l'autorit d'une glise laque1 fonde sur l'horreur du sc&ale4 ,dans la mo9dre ville de ,france ou d',italie1 s\mise au pire pode/at ou au plus fanatique des mo9es1 il y a t\j\rs eu plus de lib]t vritable que dans ces pays du ,nord1 o e/ n1 dit-on1 le premi] homme libre4 ,comme si la lib]t consi/ait1 d'abord1 vot] l'impt deux c5ts lieues lo9 de son tre1 ou dire ses prires dans le patois de son canton6 ,la meilleure prire e/ celle que l'esprit n'ent5d pas1 mais que son ,dieu ent5d4 ,qu'on ne *]*e po9t la preuve de la lib]t dans les *>tes1 mais qu'on la tr\ve o elle e/1--dans les murs4 ,on devrait s'avis] que l'art mesure le niveau des peuples libres2 pe9e si1 depuis c5t ans1 le ,nord n'e/ plus l'tiage4 ,la =ce des gr&s arti/es1 dans le ,nord1 se m>que leur rvolte4 ,dans le ,midi1 plus s\v5t leur h>monie f9ale4 ,se tir] d'entre la f\le des intrigants1 des bav>ds et des faux arti/es1 voil p\r ceux-ci en quoi consi/e la lutte4 ,mais1 p\r ceux-l1 il leur faut sortir d'un m>cage moral1 o la lib]t d'me tr\ble t\tes les habitudes d'un peuple qui se croit libre1 p>ce qu'il e/ ass]vi ses propres pr9cipes4 ,on ne compr5d gure ,ibs51 ni sa manie d'en appel] sans cesse aux ,vik+s1 si on ne se le reprs5te pas nageant gr&es brasses1 seul1 dans son fjord aux eaux cr\pies1 o t\t le monde1 aut\r de lui1 dort deb\t1 enfonc jusqu'aux n>9es4 ,ibs5 n'atte9t la rive que p\r abattre le premi] tronc v5u1 s'y taill] un canot1 et mettre la voile4 ,l-dessus1 il p\sse v]s la m] libre4 ,il crie son peuple1 furieux qu'on le tire du noir sommeil3 ,deb\t6 ,qu'il v\s s\vi5ne des ,vik+s6 ,assez dormi dans la vase6 ,rveillez-v\s3 il n'e/ que temps2 v\s n'avez que trop vcu en c>rass9s1 s\s le v>e* et le sable4 ,p5dant plus de tr5te ans1 on lui rpond p> des injures1 et on le traite de pirate4 ,puis1 vi5t un j\r1 peut-tre plus morne que les autres1 o t\t le monde1 b>botant dans le m>ais1 s\s les yeux d',ibs51 se vante d'tre pirate comme lui4 ,c> telle e/ l'issue fatale3 qu& le j\g e/ sec\1 presque t\j\rs on d\te qu'il en aille mieux p\r ceux qui l'ont port4 ,il n'e/ pas bon qu'il leur pse2 et p>fois il e/ pis qu'ils en soi5t dlivrs4 ,que re/e-t-il8 ,la vrit t\te nue4 ,cep5dant1 la vrit nue n'e/ qu'une allgorie1 et sans d\te elle e/ belle s\s les ma9s d'un gr& pe9tre2 p\r l'ord9aire1 il n'y a que des hommes nus3 des s+es4 ,le ,vik+1 avec un s5s pr(ond de la vie1 ne rve po9t de fond] son royaume sur la t]re natale4 ,t\s ces pirates ont les yeux fixs sur le ,midi4 ,le pays de la joie et de la lumire1 c'e/ le pays de t\s leurs songes3 l1 il doit tre possible d'affront] la vrit nue4 ,ibs51 le ,vik+ de l'art1 ne rve aussi que du ,midi2 mais peut-tre ne met-il la joie et la lib]t dans la t]re des dieux que p\r recul] la p]spective4 ,les pommes d'or sont celles qui ne vi5n5t pas dans mon v]g]4 ,si le ,midi tait plus pro*e1 l'illusion ne s]ait pas si facile4 ,ibs5 aussi a vcu ,rome et en ,italie2 il n'a p\rtant pas cont9u d'y vivre4 ,les g5s du ,nord ne bav>d5t peut-tre tant de l'idal que grce l'esprance1 n\rrie p>fois plus de v+t ou tr5te ans1 d'enf9 pass] l'hiv] au soleil4 ,la lumire du ,midi1 elle aussi1 n'e/ qu'un rve4 ,l-bas1 la vie e/ plus facile4 ,le malheur veut que les curs pr(onds s'ennui5t de la facilit4 ,ils la dsir5t1 p>ce que le dsir passe en t\t le cont5tem5t2 mais1 la rive t\*e1 la contre n'e/ plus si belle4 ,je suis dans la brume du ,nord3 qu'on me donne le ,midi1 et la joie du soleil4 ,mais1 si je les avais1 je les fuirais4 ,dans la ple9e lumire1 c'e/ la ple9e horreur du de/9 et de l'homme4 ,on ne va l-bas que p\r en rev5ir1 il me semble4 ,on le voit assez bi5 dans cet air de vieux matre mpris]1 o ,ibs5 a pris sa retraite de pirate3 c'e/ l'habit d'un docteur allem&1 et mme le dos d'un piti/e2 mais ce n'en e/ pas la bonhomie grasse1 ni la suprme satisfaction d'tre docteur allem&4 ,dans l',ibs51 une des faces1 en secret1 s'amuse de l'autre1 avec un srieux t]rible4 ,s'il n'tait pas si timide dans la rue1 on lui s5tirait une affreuse am]tume3 le miel de la politesse1 il en e/ o9t1 et les m\*es s'y laiss5t pr5dre4 ,un vieux ,vik+1 oui1 et bi5 h>di1--mais qui a c\l son canot4 ,,figure ,une grosse tte sur un petit corps2 et1 face d'un l>ge crne1 une figure ronde qui fait c5tre une aurole1 une =t t\ffue de b>be et de *eveux2 elle semble y disp>atre2 c'e/ le trait qui dom9e dans t\s les portraits et dans les c>icatures4 ,jeune1 il tait ple9 de v]ve1 prompt1 homme caprices et aux n]fs viol5ts2 tantt en?\sia/e et tantt taciturne1 rveur l'c>t4 ,il semblait trang] aux g5s de son pays3 s\ple1 vif1 brusque1 de te9t plus que brun1 c\leur de bronze1 les *eveux noirs1 il n'avait po9t la haute taille1 la *air rose1 et le poil blond des ,sc&9aves#bb3 t\t ce que ,bjo]nson reprs5te1 au naturel1 sans p>l] de l'air doctoral1 de la tte c>re1 et du ma9ti5 qui hsite entre le pr(esseur de ?ologie et le mdec94 ,note #bb3 ,m9ce1 un homme au te9t de s*i/e1 avec une l>ge b>be1 noire comme du *>bon1 c'e/ le portrait qu'en a fait ,bjo]n/j]ne ,bjo]nson4 ,a qu>ante ans encore1 ,ibs5 n'avait po9t cet air de docteur1 matre en t\tes les sci5ces de l'am]tume1 qu'il a pris1 depuis4 ,son plus beau portrait fait plutt voir le visage d'un pe9tre3 un trs haut degr1 il a le c>actre commun t\tes les figures de la gnration de ,qu>ante-,huit1--du mo9s1 dans les plus illu/res1 qui n'ont po9t v\lu f]m] les yeux au spectacle du monde3 c'e/ une expression =te et tri/e1 sans lassitude2 celle d'idali/es rev5us de t\t1 qui se sont retirs de l'action1 o ils ont rv jusque-l1 p\r jug] dans la veille le monde o ils n'agiss5t plus4 ,ils l'av\5t3 oui1 ils ont rv dans l'action3 ils vont1 dsormais1 port] les vues dures et nettes de l'action dans leur propre rve4 ,qui s'tonn]ait que le trait dom9ant sur ces figures ft une =te tri/esse8--,comme l'aci] ressemble une matire t5dre qui a la c\leur du mtal tremp1 ,ibs5 qu>ante ans rappelle le pe9tre ,millet4 ,le front n'e/ po9t disproportionn au re/e3 il devait se dc\ronn] p> le haut1 et mettre en avant le haut crne1 en =me d'ouvrage avanc4 ,une masse paisse de *eveux se mle la b>be abondante et c>re2 au milieu du front rond et noble1 il a l'pi2 t\t le visage dit la ple9e m>e des ides1 mais d'ides qui n'ont pas noy l'in/9ct ni les passions4 ,l'imag9ation et la volont p>l5t ici plus haut que l'intellig5ce2 cep5dant1 elles n'ont pas1 beauc\p prs1 la viol5ce f>\*e1 l'air de dm5ce qui frappe dans ,tol/o au mme ge4 ,tr5te ans plus t>d c'e/ l'oppos3 ,ibs5 a laiss en lui gagn] le tr\ble2 il e/ bi5 lo9 de respir] le mme apaisem5t que ,tol/o4 ,de la jeunesse l'ge mr1 en effet1 la figure d',ibs5 a subi une inv]sion s+ulire4 ,les deux lignes dom9antes de ce visage ont troqu1 l'une contre l'autre1 l'expression qui leur tait propre3 les yeux p>l5t auj\rd'hui p\r la b\*e muette2 et la b\*e s]re reti5t1 dsormais1 le trait que lanai5t autrefois1 et qu'acrai5t les yeux4 ,comme la vie mme d',ibs51 cette face s'e/ f]me peu peu2 comme il e/ pass des rves la vue plus pro*e du monde1 et de l'espoir au mpris qui suit le dsabus1 son visage a pass de l'air ouv]t au secret de la retraite1 et de la h>diesse virile qui va au-devant des hommes la propre dfiance qui se df5d4 ,ibs5 cesse de combattre corps corps1 il e/ au co9 de la scne1 o la porte de sortie e/ pratique2 de l1 il frappe1 il blesse1 il ne combat plus4 ,et le voici dans sa vieillesse1 qui a la physionomie r$\table de l'ombre1 la faon habituelle aux oiseaux de nuit3 il a de gros s\rcils qui font auv5t sur les yeux1 p\r en ca*] la bnignit mme2 il a le retrait de la face et les br\ssailles effiles de la *\ette4 ,le va/e front1 au haut de ce visage1 se dresse en donjon1 oppos la vie2 mais le mur reoit les images4 ,sans avoir la masse abrupte d'une ro*e1 ce ba/ion de la tte manife/e la =ce2 ses assises volontaires sont rives aux tempes p> la b>re puissante des s\rcils4 ,ce front reoit et g>de3 il n'absorbe pas les images2 il les tire soi et les =ce suivre ses propres c\rbes4 ,c]tes1 il leur imprime sa =me2 ce n'e/ pas comme ,tol/o1 qui n'(fre qu'un miroir4 ,ces yeux d',ibs51 au milieu de sa vie1 ont t trs beaux3 bi5 logs1 ils reg>d5t avec c\rage2 ils vont au-devant de l'attaque2 ils sont f]mes1 ils ne vacill5t po9t2 ils avai5t une c]titude qu'ils ont p]due1 depuis4 ,ils ont ce pli aux paupires1 qui donne l'ensemble le c>actre d'une d\ceur inav\e2 le s\rcil e/ fronc1 non p>ce qu'il m5ace1 mais cause de l'att5tion que les myopes port5t sans le v\loir t\t ce qu'ils considr5t1 ds qu'ils lv5t la tte4 ,le haut de cet il fut d'un hros1 prt la bataille4 ,t\t le bas du visage1 v]s la b\*e1 sans tre pacifique1 sans t5dresse1 a eu beauc\p de bonne f]met4 ,la face n'a jamais t creuse1 ni maigre1 ni maladive4 ,elle e/ d'une honntet admirable4 ,un gr& air de brav] tranquillem5t l'op9ion d'autrui2 la foi en sa valeur propre et en son droit2 un arti/e dont les puissances sont encore plus vois9es de l'in/9ct que des livres1 et qui n'ont pas encore u leur passion s\s la lime des mots4 ,depuis1 le vieill>d a gr&i en p5se3 il y a laiss de l'homme2 l'am\r passionn de la vrit s'e/ arm d'p9es2 jadis1 l'me la plus s9cre1 une brav\re si loyale de la p5se qu'elle va1 dans le visage jeune1 jusqu' la suffisance4 ,cette figure a dp\ill sa f\gue nave1 comme un anci5 duvet2 elle a p]du de sa =ce h>die1 et de la confiance en soi2 la mme loyaut se recule1 presque f>\*e1 indomptable la fois et timide2 non pas fltrie1 mais dfiante et dgte1 elle se retran*e d]rire un rideau de br\ill>d4 ,au fond1 une 9branlable rsolution1 sans ruse et sans fa/e1 non pas sans ironie4 ,une volont de f] p\r rsi/]1 une me d'aci] f9 dans un f\rreau de glace2 une action puissante1 qu& il agit2 mais peu d'action4 ,beauc\p de d\ceur lo9ta9e dans ces yeux qui rv5t et qui sont di/raits1 mme qu& ils c\t5t2 mais une d\ceur c\rte et sans emploi2 peu de complaisance intrieure3 il acquiesce t\t ce qu'on veut d'un mot1 p\r s'en dfaire1--d'un mot4 ,mais il dit non de t\te sa =ce1 au fond du cur1 et1 immuable dans le refus1 mme qu& il se drobe1 il refuse jamais le cons5tem5t4 ,il a t\j\rs t trs s5sible au suffrage des femmes4 ,comme plusieurs hommes du mme ordre1 il en aime la socit2 ou plutt il se plat dans leur compagnie1 la condition1 sans d\te1 que ce soit son heure4 ,il e/ coquet2 il a le so9 de sa p]sonne3 on le voit lui-mme dans un jeu de scne admirable1 qu& ,borkmann aux aguets1 de ct p\r n'tre pas surpris1 sa*ant qu'on va entr] dans sa *ambre1 pr5d une petite glace ma91 s'y mire1 remet de l'ordre dans ses *eveux1 raju/e sa cravate4 ,ibs5 ne se di/+ue plus de ses hros3 c'e/ t\j\rs l'homme de soixante ans1 la =te *>p5te1 n]veux et n\rrissant s\s la c5dre le feu d'anci5nes passions4 ,peut-tre a-t-il aussi s\ff]t prs des femmes1 comme d'autres gr&s arti/es1 de n'avoir pas ces avantages du corps1 qui pass5t de si lo91 prs d'elles1 t\s les dons du gnie4 ,c'e/ p\rquoi il ti5t leur plaire2 c'e/ autant de pris sur elles si l'on s'ent\re de celles qui n\s ont plu4 ,le gt que l'on a p\r les femmes e/ s\v5t le pis all] du gt qu'on v\drait qu'elles euss5t p\r n\s4 ,c'e/ une "q si les esprits misan?ropes ne sont pas les plus s5sibles la sduction des femmes2 et1 dans le misan?rope1 il y a le misogyne aussi2 mais le cur se moque de la ?orie4 ,un homme d'un c]ta9 ordre ne p>donne gure aux autres hommes2 et mme l'indulg5ce p\r t\s e/ plus froide que la colre4 ,le mme homme n'a po9t d'ef=t faire p\r s\rire aux femmes4 ,j'en sais1 des plus p]spicaces1 au reg>d le plus aigu et le plus svre1 que t\te femme plaisante aism5t ds>me3 la svrit ne ti5t pas devant un joli visage1 et l'il le mo9s dupe veut tre dup p> le *>me rieur de la t5dre jeunesse4 ,comme ,g!1 ,ibs5 aurait aim d'tre pe9tre4 ,il travaille t\j\rs seul2 il ne confie jamais p]sonne ce qu'il fait2 nul ne connat ri5 de ses drames que publis2 il ne dicte pas et n'a po9t de scribe4 ,il copie ses uvres de sa ma91 qui e/ gr&e1 ronde1 s]re1 entirem5t r5v]se gau*e1 m>*ant reculons enf94 ,il aime les tableaux2 et t\j\rs matre de soi1 sans boire trop1 il boit trs dur et sec4 ,ce petit homme1 au dos solide1 les paules l>ges et vnrables1 m>*e pas compts4 ,le *apeau =tem5t plant sur la tte1 la taille encore s\ple1 l'allure lgante et f]me1 les gants la ma91 le pi$ maigre et haut dans un s\li] f91 ,ibs5 s'avance dans la rue d'un air circonspect1 cossu et mesur4 ,qui le voit de dos le pr5d p\r un vieill>d de l'anci5 temps1 qui n'a peut-tre pas r5onc plaire4 ,ari/ocrate en t\t1 t\t en lui e/ d'un vieil ari/ocrate4 ,il e/ di/ant2 il e/ poli jusqu' la m9utie2 et1 cause de l'extrme politesse1 il n'e/ pas famili]4 ,il dte/e le laiss] all]1 le bruit1 la p\ssire et les c\ps de c\de4 ,il ne se p]suade po9t qu'il y ait une grce d'tat p\r r5dre agrable la b\e de la f\le1 et qu'on en soit mo9s crott4 ,qu'il soit dans la rue ou dans un salon1 il se sp>e du monde p> son seul aspect4 ,son air y suffit1 mme qu& il ne se dc\vre pas1 et qu'il ne montre po9t cette tte de diable *eveux blancs1 s\da9 sortie de la bote1--ici1 le corps vtu de noir1 l'habit correct d'un digne g5tilhomme4 ,la d\ceur de sa jolie voix1 le timbre presque fm99 de son acc5t1 l'agrm5t m5u de ses ge/es1 t\s les so9s qu'il donne aux g5s et qu'il prodigue aux femmes1 ne dissimul5t pas le retrait intrieur1 ni le quant soi f>\*e d'un cur qui a pu se livr]1 mais ne se livre plus4 ,le *>me des yeux gris tonne1 comme un secret qui ne se laisse pas surpr5dre4 ,le reg>d de ce vieil homme sombre e/ ple9 d'att5tion fugitive et de longue mlancolie2 il a ses t9celles et un feu presque timide qui se drobe2 une e/ime dsabuse1 une claire tri/esse qui mprise2 il n'e/ t\rn sans d\te que sur soi3 il e/ voil le plus s\v5t3 un soleil du ,nord s\s les brumes4 ,il n'e/ beso9 que de voir ,ibs5 en public1 ou de lire un billet crit de sa ma91 p\r reconnatre la m>que du pays1 et l'empre9te de t\te la race4 ,on sec\e le j\g d'une religion et d'une morale2 on rejette p\r le compte de t\t le monde les habitudes sculaires d'une c\tume et d'un ordre social4 ,mais1 p\r son propre compte et presque son insu1 on g>de les modes d'un monde aboli1 et l'on ti5t ses faons4 ,on fait la gu]re la loi de ,lu!r1 on en brise la contra9te2 mais on re/e lu?ri5 dans sa cravate2 la r$+ote raconte le b\rgeois et sa manie d'tre considrable2 l'on a en va9 rompu avec les ides communes3 t\te cette rvolution s'arrte au *apeau1 et elle s'abrite mme jamais s\s la coiffe que les pres ont porte1 et qu' son t\r le fils porte4 ,ibs51 le plus rebelle des esprits1 e/ le plus correct des potes1 qui ne sont po9t1 d'abord1 hommes du monde4 ,la correction e/ une =me de la droiture1 aprs t\t2 dans le ,nord1 elle supple l'lgance4 ,tol/o et ,ibs51 diffr5ts presque en t\t1 l',ori5t et le ,ponant de la rvolte sociale1 ne diffr5t en ri5 plus que p> cette re*]*e de la =me correcte4 ,tol/o la raille1 la t\rne prem5t en ridicule1 la mprise2 il e/ prs d'y voir l'habit du gr& m5songe4 ,ibs51 au contraire1 y tr\ve une sauveg>de1 une df5se contre autrui3 c'e/ qu' la vrit1 ,tol/o appelle soi t\s les hommes1 t&is qu',ibs5 les c>te2 il ne veut avoir affaire qu' leur seul ent5dem5t4 ,il n'agit que de lo91 et ca*2 ,tol/o1 comme t\s les esprits religieux1 e/ un hros qui combat dans la ple9e mle1 une action vivante au milieu de la f\le1 bras et torse nu1 p\r laiss] t\t leur jeu aux muscles4 ,quel contra/e1 celui des d]nires images1 o l'on peut voir l'un et l'autre de ces deux hommes au soir de la vie6 ,ces deux pr9ces de l'art1 en ,europe1 sont presque jumeaux1 et le s]ont sans d\te dans la tombe4 ,ibs5 n'e/ l'an de ,tol/o que de quatre mois#bc4 ,note #bc3 ,ibs5 e/ n ,ski51 au ,sud de la ,norvge1 le #bj m>s #ahbh4 ,tol/o e/ n ,iasnaa ,poliana1 au cur de la ,russie1 le #aj septembre #ahbh 7#bh aot1 vieux /yle74 ,je les ai t\s les deux s\s les yeux1 prs de soixante-qu9ze ans4 ,ibs5 n'a-t-il pas bi5 l'allure d'un vieux mdec91 savant illu/re et dang]eux1 trop habile en *irurgie1 rcomp5s p> la =tune8 ,c]tes1 c'e/ l le docteur ,ibs51 comme1 dit-on1 il veut t\j\rs qu'on le nomme4 ,tol/o1 si dfait p> sa d]nire maladie1 la ma9 passe dans la ce9ture de cuir qui s]re sa bl\se1 une calotte ronde sur la tte1 lve le front1 sa mode ord9aire4 ,il e/ deb\t dans la prairie1 robu/e et f]me encore des paules1 mais le poids du corps tombant sur les g5\x fl*is4 ,de l>ges1 de gr&es rides1 un rseau de s\cis et d'ef=ts passionns1 c\vre d'une tempe l'autre son front sec et anguleux comme d'une grille o l'invisible ennemi le retire de n\s et dj veut n\s le drob]4 ,il e/ t]riblem5t amaigri2 les os des pommettes p]c5t les j\es2 et1 s\s les s\rcils br\ssailleux1 plus que jamais les yeux se ca*5t1 ces yeux t\j\rs vifs1 ples1 viol5ts et d\x1 ces *asseurs d'images l't]nel afft du bi5 et de la vie4 ,mais surt\t1 autant qu'un trait huma9 peut diffr] d'un autre1 c'e/ la b\*e de ,tol/o qui1 de t\tes les b\*es1 ressemble le mo9s la b\*e d',ibs54 ,il dresse le m5ton1 avec la gr&e b>be blan*e qui p\sse en long comme une f\gre sur un talus2 et les lvres sont entr'ouv]tes1 d'une incomp>able loqu5ce1 d'une t5dresse inconnue dans la s\ffrance1 d'un appel miraculeux comme celui de la vrit en p]sonne1 t\te erreur et t\te misre4 ,et voici la b\*e d',ibs51 f]me avec rsolution sur les secrets qu'elle ne veut pas dire3 il n'y a po9t de tri/esse sur ses lvres1 p>ce qu'une volont puissante y respire3 g>e l'arrt qu'elles prononc]ont1 celui du mdec9 qui ouvre les corps1 qui tue p\r gurir1 qui pr5d la vie aux *eveux et la scalpe4 ,a ,tol/o la figure du prophte1 du patri>*e1 jusque sur le lit de d\leur2 c'e/ un prophte d'une espce mo9s sec\rable que je reconnais dans ,ibs53 il sait1 mais il n'aime pas2 et la sci5ce1 en effet1 e/ la prophtie des lieux o le soleil de la vie se c\*e4 ,,iv ,,que ,,le ,,moi ,,ne ,,peut ,,t5ir ,,la ,,gageure ,,id,,ali/e ,le climat et la d\ceur de vivre font les sceptiques4 ,je n'en vois de vrais qu'au ,midi4 ,le dur ennui pse sur l'me du ,nord1 qu& elle d\te ou qu'elle nie4 ,il n'e/ po9t de p>fait sceptique3 la s5sation ne d\te pas2 s5tir1 sur le mom5t1 c'e/ croire4 ,on ne d\te qu'ensuite3 l'heureux railleur du ,midi ne s\ffre po9t de la contradiction2 c>1 t&is qu'il s5t1 il j\it4 ,le ,nord1 s\fflant contre l'enclume1 le l\rd m>teau au po+1 se =ge des rves4 ,il donne mo9s aux s5sations qu' l'esprit4 ,il ne sort d'une prison que p\r entr] dans une autre4 ,il lui faut aj\t] foi aux raisons qu'il inv5te4 ,l'esprit n'e/ t\t libre que s'il entrepr5d contre la vie4 ,une telle entreprise ne peut pas se p\rsuivre longtemps2 on s'y met et on la quitte1 p\r y rev5ir et la laiss] encore4 ,dans sa ple9e lib]t1 l'esprit e/ p>eil cet insecte /upide qui passe la moiti de son exi/5ce fil] un cocon1 et l'autre moiti le dtruire4 ,dirai-je que le srieux donne une =ce mortelle aux poisons de l'esprit8 ,il les porte ce titre o ils sont f\droyants4 ,il vaudrait mieux que les esprits libres1 et avides de l'tre sans limites1 priss5t p>ti contre la morale3 ils sont bi5 plus p]v]s p> le bi5 qu'ils veul5t faire que p> le mal qu'ils font4 ,les esprits libres1 qui prfr5t t\t le plaisir de s'ex]c]1 ma*9es p5s] qui s'absorb5t dans leur m\vem5t1 qu& ils ti5n5t ob/9m5t la morale1 font fi de la vie4 ,il s]ait bi5 plus sage qu'ils fass5t fi de la morale4 ,les pr(esseurs de morale n'ont pas l'autorit4 ,et plus ils se fond5t sur la raison1 plus ils dcri5t la raison4 ,ce sont des prtres sans dieu et sans glise3 qui les croira8 ,leur tempram5t fait leur seul pr9cipe2 le tempram5t contraire le nie1 avec le mme droit4 ,c'e/ la morale qui env5ime l'an>*ie1 p>ce qu'elle la fait pass] dans la pratique4 ,a ,a?nes1 ,flor5ce1 mme ,p>is1 p]sonne ne croit les sceptiques2 ils ne s'en croi5t pas eux-mmes2 on les voit j\ir de la vie au soleil4 ,mais1 dans le ,nord1 la gravit1 la propre puret di/ille son poison dans l'pais cont5tem5t de la v]tu4 ,la morale p>at t\j\rs croyable1 et prte son air t\t4 ,si l'esprit e/ le pr9ce de l'an>*ie1 c'e/ qu'il se c\ronne de morale4 ,plus rebelle t\te loi que p]sonne1 plus avide d'tre libre et plus fru de morale1 tel e/ ,ibs5 dans son fond4 ,mais il tait trop arti/e p\r ne pas s\ffrir d'un tel dsordre1 il n'a pas d p\voir y respir] l'aise2 et il a mis dans l'art t\t son in/9ct de l'ordre4 ,unique p> l dans son pays1 et d'un gnie contraire celui de sa race4 ,son ?tre se modle sur le ?tre de la ,france et des ,grecs4 ,il di/ribue ses brumes comme les ,grecs leur lumire1 suivant un noble plan qui re*]*e la symtrie4 ,ses *imres ont un air de raison3 la mme logique les g\v]ne1 qui rgne1 cote que cote1 ,a?nes et ,p>is3 celle du de/91 dont les lois sont inflexibles4 ,mais1 au lieu que1 sur la scne classique1 la fatalit p\sse inexorablem5t leur f9 des hommes et des passions p>ticulires1 dans ,ibs51 c'e/ plutt sur le monde des ides qu'elle agit4 ,ici1 la vie secrte et humilie du monde intrieur2 l-bas1 la vie *aude et lum9euse1 qui rayonne la spl5deur en t\s ses actes et la joie jusque dans la tragdie4 ,ce n'e/ peut-tre pas qu'il y ait de beaux meurtres2 mais c'e/ qu' ,a?nes1 les morts et les blesss1 les assass9s et les victimes1 t\s sont beaux l'image de la m] au soleil1 et des fleurs sur le ro*]4 ,le ,midi a les passions belles3 il peut tre rali/e4 ,le ciel donne t\t sa cl>t1 qui e/ un gr& rve4 ,qui va imag9] le ,nord sans ides8 ,il s]a odieux1 d'une froide platitude4 ,on repro*e p>fois ,ibs5 de se tran] sur un *em9 de pla9e1 morne et c\v]t de nuages bas3 lui-mme ti5t beauc\p tre rali/e2 et1 en effet1 qui ne l'e/ pas n'e/ po9t arti/e2 mais ne l'e/ pas beauc\p plus1 qui l'e/ seulem5t4 ,ibs5 a cr des =mes vivantes2 elles n'ont de beaut que grce aux ides dont elles sont ple9es2 dans leur ardeur1 elles sauv5t la misre de ce ?tre1 c> il a gr& beso9 d'tre sauv4 ,la ,france1 la ,grce1 ,%akespe>e ont les rois1 les hros et les dieux2 les passions y sont des pr9cesses dans la ple9e lumire2 cette illum9ation p>e les mo9dres hommes d'un pre/ige royal4 ,ibs5 n'a que ses petits b\rgeois1 leur l\rde contra9te1 et les intrigues de petite ville4 ,il n'e/ p\rtant de vrai drame que l'hroque4 ,mais ,ibs5 a ses ides1 ses =tes ides1 et il en *>ge ses petites g5s jusqu' les en accabl]1 p> l vraim5t pote4 ,c'e/ aussi l'imm5se diffr5ce qui sp>e son ?tre du ?tre mod]ne ,p>is et dans t\te l',europe1 qui ne vit que de ,p>is4 ,ailleurs1 s\s l'habit du petit b\rgeois1 on ne tr\ve ri5 que de mdiocre2 et les actions des curs corrompus ne sont pas mo9s mdiocres que les autres4 ,le drame d',ibs5 e/ hroque p> le d$ans4 ,cette gr&eur e/ orig9ale4 ,ibs5 a mme un reflet de ,%akespe>e1 tant il fait faire aux ides en app>5ce les plus humbles1 des rves tranges#bd1 cruels1 contre la vie1 et p>fois d'une puret sublime4 ,s\v5t1 ,ibs5 accomplit ce que ,g! a mal t5t dans son ?tre3 ,g! s5t1 en anci51 bi5 mieux qu',ibs52 mais ,ibs5 en connat l'ordre et le ressort mieux que lui1 et il e/ plus dramatique4 ,note #bd3 ,le cau*em> du soleil1 dans les ,rev5ants4 ,la =t dans un gr5i]1 du ,can>d sauvage4 ,la t\r de la maison1 dans ,solness4 ,la mort sur la neige1 de ,jean-,gabriel ,borkmann4 ,,art ,d',,ibs5 ,la beaut de la =me e/ un effet de l'ordre2 la re*]*e de l'ordre1 un ef=t sortir de l'an>*ie3 c'e/ en quoi l'arti/e1 quelque an>*ie qu'il pr(esse1 e/ le contraire d'un an>*i/e1 ds qu'il e/ matre en son art4 ,l'ordre enti] de la ,cit ne vaut ri52 t\t doit tre dtruit1 soit4 ,mais1 p\r avoir foi en soi-mme et l'ordre futur1 il faut donn] un vivant exemple3 l'art e/ un bel ordre1 n'en ft-il plus au monde4 ,si la =me d',ibs5 e/ s\v5t p>faite1 c'e/ que p]sonne1 hors de ,france1 n'a plus aim l'ordre4 ,elle e/ brve1 aiguise et d5se2 elle a des artes c\pantes1 l'antique4 ,l'action du drame peut tre l5te1 et l1 elle n'en e/ pas mo9s prcipite sur la crise2 et la crise1 l\rde d'ides1 e/ un nud d'n]gie4 ,p\r les gr&s faits de l'me et les combats viol5ts de l'esprit contre l'esprit1 ,ibs5 a l'imag9ation la plus va/e4 ,son ?tre e/ le regi/re des rvoltes morales4 ,le dialogue n'e/ pas tant vif que dru1 aigu1 tran*ant2 il e/ ri*e en mots ple9s de s5s1 aux *os qui dur5t2 d'ailleurs il les rpte2 il ne cra9t pas d'tre monotone et morose4 ,il a peu de hros1 et t\s p>5ts2 mais on les di/+ue entre mille1 et qui les a vus une fois les reconnat p>t\t4 ,ses types3 deux ou trois hommes1 deux ou trois femmes1 div]s ges de la vie1 simples et sans fa/e1 mais de trs haute m9e1 et b\rrels de consci5ce4 ,les comp>ses1 beauc\p plus nombreux1 sembl5t d'abord plus vivants que les hros1 p>ce qu'ils port5t une bi5 mo9dre *>ge de p5s]s et de preuves4 ,ce gr& pe9tre de l'ombre a model les plus belles silh\ettes4 ,le c>actre des lieux1 l'atmosphre du ,nord1 l'air de la petite ville1 ,ibs5 les dt]m9e avec une rigueur exquise1 la plus f9e nuance prs3 c> il en att5d beauc\p1 et que les p]sonnes en soi5t1 premirem5t1 dt]m9es elles-mmes4 ,ibs5 laisse agir les ides3 dans sa froideur de mtal1 l'ide excelle c>d] la la9e confuse des s5tim5ts4 ,ce qu'il p]d en action1 il le gagne en analyse4 ,la mcanique de l'me a tr\v son matre4 ,ses hros sont des squelettes qui p>l5t d'une humanit puissante et morne3 ils port5t les noms de trs gr&es passions1 qu'ils ne s]v5t pas4 ,ibs5 ne veut pas admettre qu'il prfre les ides aux tres vivants4 ,et il dit vrai2 c'e/ la vie qui fait son objet1 comme il e/ naturel t\t arti/e2 mais il e/ vrai aussi qu'il donne plus la vie aux ides qu'il ne prte des ides la vie4 ,avant d'agir1 ses hros discut5t4 ,ils font pis3 ils disc]n5t t\s leurs actes4 ,ils ont plus de consci5ce que de passions1 et plus de pr9cipes mme que d'actes4 ,or1 l'automate p>fait1 au reg>d de la nature qui s'ignore1 c'e/ l'intellig5ce qui se connat4 ,cep5dant1 il e/ r>e qu',ibs5 veuille conclure1 mo9s qu'il n'en laisse le so9 aux durs rquisitoires de la mort1 l'inflexible procureur4 ,le tr\ble1 qui e/ l'me ess5tielle aux *efs-d'uvre1 enveloppe les plus beaux drames d',ibs52 t\t se passe dans une demi-ombre4 ,le clair-obscur e/ propre la vie de l'art mieux que t\te lumire4 ,le spectacle du monde e/ une vision dans la brume1 p> un long crpuscule d't ou p> un j\r de neige4 ,la nuit e/ t\j\rs prs5te3 qu'e/-ce que la cl>t joyeuse8--,un accid5t dans les tnbres4 ,que le soleil e/ donc prs de n\s1 au c\rs des heures grises6 un seul rayon suffit un gr& rve4 ,,pr(ondeurs ,,morales4 ,ce b>b>e unique e/ pris de vrit comme le sable d'eau4 ,en va91 il se dt\rne de la cit commune2 il ne croit plus sa mission de btir ni de dtruire2 il ne se mle plus de prodigu] les oracles une socit p\rrie3--il *]*e la vrit p\r lui-mme4 ,sa robu/e c&eur e/ une =ce de l'art2 elle ti5t aussi l'admirable simplicit que la ,france lui a apprise3 comme il ose pe9e donn] dans quelques artifices1 il f9it p> ne plus ri5 imag9] qui ne soit direct sa mditation intrieure4 ,p\r admir] les d]nires uvres d',ibs51 il ne faut que les lire en p5sant ,ibs54 ,j'y vois un combat de t\tes les heures contre la nuit4 ,combi5 cette lutte n\s t\*e6 ,ibs5 veut s'assur] quelque /ation pro*a9e dans l'horrible c\lem5t de t\tes *oses4 ,n'e/-ce pas atte9dre a9si la beaut8--tre beau1 c'e/ tre ce qui dure4 ,comme le vol du ptrel qui desc5d dans le lab\r des vagues1 sa p5se abrupte c\rt au fond de ce qu'elle reg>de2 elle saisit la vrit1 ou s'y prcipite1 et nglige t\t le re/e4 ,ibs5 a faim du vrai4 ,il a beau dsespr]3 il fait comme s'il p\vait croire encore2 il ne tombe dans l'abme nul qu'aprs t\te sorte de bonds et de sursauts4 ,il y e/ lanc de la plus haute cime4 ,au c\rs de ces r\tes suprmes1 tantt un mirage de vrit l'bl\it2 tantt l'ombre pro*e l'accable2 la vrit le ravit et l'ab&onne avec drision2 de t\tes faons1 il ne veut contempl] qu'elle3 ses yeux1 elle n'e/ que la face pure et claire de la vie4 ,les cumeurs de la m] ont laiss de leur vigueur au peuple de ,norvge4 ,les ,vik+s et leur viol5ce ont fait ce sang4 ,ils l'ont v]s sur t\te l',europe2 h>dis et cruels1 ils ont gr&i dans la rap9e et la conte/ation4 ,on doit p5s] au sort trange de cette race3 ils n'ont comm5c d'tre *rti5s que dans l'glise la plus froide2 seuls1 et presque sans avoir t ca?oliques1 ils ont t\t d'un c\p pass d',od9 la ,bible4 ,sp>s p> le sol les uns des autres1 p5dant des sicles1 *acun d'eux s'e/ =m de l'unique et l5t dpt de son me sur soi4 ,la neige1 les monts1 les v5ts et la nuit des ples les ont rduits la prison d'eux-mmes4 ,il ne fallait ri5 mo9s p\r abattre ces viol5ts4 ,quelle loi p\vait avoir raison de ces natures lm5taires1 s9on la contra9te du devoir8--,p\r eux1 elle a t\j\rs t sublime1 comme p\r cet autre d'une race p>5te1 qui en a fait la religion des religions4 ,cette loi1 o la spl5deur du ciel toil se comp>e1 si l'on en croit son prophte1 a *ang des tres sans fre9 en des tres muets4 ,ibs5 en e/ issu1 p\r donn] le spectacle tragique d'un homme qui s\lve le poids de la race et des sicles l'aide du levi] mme que la race et les sicles lui ont transmis3 c'e/ une =ce longtemps ass]vie au devoir qui se s5t rappele violemm5t la nature4 ,et1 comme le ciel toil ne compte pas mo9s1 p\r qui peut le compr5dre1 que la t]re o n\s avons pi$1 il e/ 9vitable que cet homme puissant lant lui-mme1 l'une contre l'autre1 les deux =ces qui le p>tag5t4 ,ibs5 e/ v5u l'heure qu'il fallait2 il e/ le pote du gr& combat1 sur une scne sans esprance4 ,sa s9crit e/ si nave que ses plus t]ribles contradictions sont sans ironie4 ,mais combi5 cette folie de l'me huma9e1 la consci5ce1 ne semble-t-elle pas p>l] en lui plus haut que la nature8 ,mme qu& ce *] gsme1 qui e/ en lui et o *aque moi puissant sait se reconnatre1 rep\sse t\te rgle et mprise t\te loi1 il ne veut pas se r5dre libre de cette loi qui vi5t des toiles1 et qui e/ glace comme elles4 ,jamais on ne fut plus moral contre la morale4 ,l'gsme d',ibs5 respl5dit d'une puret gale la neige des cimes4 ,la lib]t suprme d',ibs5 e/ ce v5t glac qui s\ffle du ple1 et qui ranime la *aude p\rriture des murs4 ,aigle sombre1 qui hante les glaci]s1 il en porte l'air irrespir1 peut-tre irrespirable1 aux ru9es qu'il vi5t visit]4 ,il fait plan] au-dessus du m5songe une ide du bi5 qui rsi/e t\te *ute4 ,purifi] les volonts1 dit-il2 donn] la noblesse aux hommes4 ,un seul s5tim5t fait le *>me inexprimable de la vie3 la puret de consci5ce4 ,le temps e/ pass o l'on p\vait os] n'importe quoi4 ,il faudrait tre capable de vivre sans aucun idal4 ,si l'on dem&e p\rquoi1 il n'e/ que de rpondre p> le c>actre de l'homme1 o l'esprit lui-mme a ses raisons ignores de l'esprit4 ,la ha9e du devoir1 voil la f9 sans d\te2 mais ce n'e/ qu'une vue de la raison1 dans sa fureur d'tre dsabuse1 d'tre va9cue et dprise4 ,dans le fait1 ,ibs5 ne p>vi5t jamais oubli] la morne *imre3 elle e/ morte1 et peut-tre de son fait3 mais il la voit1 il la n\rrit t\j\rs4 ,il e/ plus ais une gr&e me de dtruire la morale que de ne pas la suivre4 ,,tyrannie ,,des ,,atomes ,il faut l'av\]3 plus qu'une autre1 une p5se trs pure e/ de/ructrice4 ,nul ne fait plus la gu]re la morale que l'homme le plus moral1 qu& il ne gu]roie pas p\r elle1 ni une gu]re plus dang]euse1 p>ce qu'il sait le =t et le faible de sa victime1 et1 qu'en armant la si5ne contre elle1 il lui retire une =ce irrp>able4 ,un tel homme peut faire le bi5 sans y croire4 ,mais1 p\r tre fait p> l'imm5se f\le des hommes1 le bi5 doit tre cru4 ,c'e/ une folie nave l'homme le plus libre de se flatt] que sa lib]t n'a po9t de dang] p\r la multitude4 ,je p5se1 contrairem5t l'op9ion des philosophes1 que la vrit morale e/ l'objet le mo9s vid5t du monde1 et le mo9s galem5t rp>ti4 ,la consci5ce la plus pure1 fonde sur le s5s propre1 peut n'avoir aucune =ce p\r conva9cre les autres1 et les f\rnir d'exemples4 ,or1 la plup>t des hommes ne vit que d'exemples1 et ne se g\v]ne que d'exemples4 ,la f\le imite1 comme elle gr\ille2 il s]ait dommage qu'elle inv5tt4 ,l'inv5tion de la plus pure consci5ce peut t\rn] une habitude de crimes1 dans la f\le qui imite4 ,les hommes sont comme les montres1 qui se rgl5t sur le soleil2 mais le soleil n'e/ po9t du t\t libre de *ang] ses voies1 et de pass] ou ne pass] pas au mridi51 selon qu'il le juge bon ou mauvais1 et plus ou mo9s ju/e4 ,et dj les bonnes montres sont r>es1 et il e/ difficile de les emp*] de v>i]4 ,en matire de morale1 l'autorit n'e/ pas de droit1 elle e/ de fait4 ,qui regrette l'autorit e/ responsable du dnm5t o il re/e4 ,la puret de consci5ce n'e/ pas plus le p>tage de t\s les hommes que les autres dons du cur et de l'esprit4 ,tant vaut l'homme1 tant vaut le s5s propre2 et il e/ naturel que1 le plus s\v5t1 il ne vaille ri54 ,il faut laiss] aux *>latans le so9 de flagorn] la nature huma9e1 et de la f\rnir en pilules propres gurir t\s les maux4 ,mais l'on sait bi5 que le mal e/ incurable1 comme la mort4 ,il n'y a qu'une galit entre t\s les hommes ou presque t\s3 ils ont une incl9ation peu prs gale obir et se laiss] conva9cre p> ils ne sav5t quoi qui vaut mieux qu'eux1 et qu'ils ont hrit de leurs pres4 ,s'ils se ml5t de savoir quoi1 non seulem5t ils n'obiss5t plus2 ils p]d5t la facult d'obir1 unique galit qui leur soit rellem5t promise4 ,ibs5 fait trs bi51 aprs t\t1 de croire selon lui2 mais la ,norvge f]a trs mal de croire selon ,ibs54 ,et ,ibs5 lui-mme l'a compris4 ,dans l'me de ,pascal1 il y avait une passion brlante p\r le bi54 ,la ha9e du mal1 le gt de la vrit1 le mpris du m5songe et de l'impo/ure1 l'horreur de t\te impuret ne peut gure all] plus lo94 ,il s]ait beau1 p\rtant1 que1 de ,pascal t ,dieu et nommm5t l'vangile1 on ft le compte de ce qui re/e4 ,j'ent5ds au compte de la morale4 ,et1 quittant ,pascal1 dans l'homme1 dans la ,cit1 dans l'univ]s8 ,ri54 ,quoi6 ,ri58--,ri51 que les griffes1 la gueule1 les crocs et l'apptit t]rible de la bte4 ,c'e/ la gu]re au c\teau entre t\s les tres4 ,le nom de lutte p\r la vie n'y aj\te ri5 que l'ide d'un desse9 suprme1 o t5d l'ef=t de la nature2 ,mange-moi1 ou je te mange1--p\r te conva9cre de mon droit te mang]3 voil le fait4 ,la lib]t d'une gr&e consci5ce t\rne l'esclavage des mo9dres4 ,une gr&e consci5ce ne va contre la morale que p> am\r de la morale2 ou1 si l'on veut1 de sa morale propre2 mais1 de cette consci5ce-l et de ses uvres1 la f\le des mo9dres consci5ces ne reti5t que les c\ps qu'elle porte1 et ne s'occupe jamais de la cause qui les fit port]4 ,les argum5ts d'un cur puissant et libre sont t\te la ?se des autres3 et le gr& cur leur manque1 qui seul n'e/ pas sophi/e4 ,si le n\vel ,ict9os de la morale dem&e qu'on rase les ru9es du ,p>?non1 p\r lev] la desse un temple digne d'elle1 la multitude des citoy5s1 que l'occasion fait ar*itectes1 n'y v]ra qu'un conseil vhm5t de r5v]s] t\t l'difice3 qu& on aura pass la *>rue sur l',acropole1 qui rebtira le ,p>?non8 ,ri5 de ce qui se fonde n'a la =ce de ce qu'on dtruit4 ,surt\t1 qu& on se s]t de la p>ole1 et qu'on sape dans l'esprit4 ,les ides ont une viol5ce qui laisse lo9 d]rire l'effet de la dynamite4 ,elles ont cr le fait1 et le fait n'a qu' les suivre1 dans un monde aux v]tbres si molles4 ,le propre des ides e/ de dtruire2 elles donn5t un exemple fatal1 qui doit tre suivi4 ,ri5 ne se fonde donc sur le ,moi seulem5t1 mo9s d'un miracle4 ,il ne s'agit pas de conva9cre3 qui p]suade les s5tim5ts8 ,la p>tie active de l'loqu5ce agit bi5 plus comme un pitre1 sur les g5s1 qu' la manire de la logique sur l'ent5dem5t des gomtres4 ,un gr& homme qui dtruit a peut-tre raison de dtruire2 mais il n'a raison que p\r lui4 ,s\v5t1 il s\ffre mortellem5t de le faire4 ,le ,moi e/ le gr& an>*i/e4 ,mais1 qu& il e/ vraim5t gr&1 le ,moi e/ un an>*i/e pnit5t4 ,la tyrannie des atomes a je ne sais quoi de plus affreux que celle du plus affreux despote4 ,c>1 enf91 ,nabis lui-mme dort quelquefois1 et le ,sultan peut se dm5tir4 ,l'ordre ncessaire et sans nom e/ un c]cle p>fait de dsespoir2 l1 l'intellig5ce e/ une ma*9e monte p\r l't]nit1 qui dvore la *air huma9e4 ,c> plus la *air importe1 et mo9s elle a d'importance4 ,la mcanique univ]selle ne di/+ue po9t entre les atomes *>nels et les autres4 ,un monde livr au has>d aurait mo9s d'horreur2 o le has>d rgne1 aprs t\t1 on peut gagn] sa mise1 et c'e/ la loi du has>d qu'on ne p]de pas t\t c\p4 ,effrayante solidit d'un monde1 o t\t e/ fatal et mcanique3 il n'y a plus place la mo9dre esprance4 ,l'intellig5ce compr5d la ncessit de l'univ]s1 atome ma*9al dans l'imm5se ma*9e4 ,elle j\it amrem5t de le compr5dre2 elle l'accepte1 dit-on8 ,elle ne peut pas faire autrem5t4 ,ici1 p5s]1 c'e/ en vrit pes] son nant4 ,qui rejette t\tes les lois1 s'il n'e/ pas un enfant qui s'arrte en *em91 en att5d une des ma9s div9es2 et s'il n'e/ pas de ,dieu p\r lui faire ce prs5t1 l'an>*i/e qui p5se e/ =c de s'en faire un de la mcanique4 ,la fatalit e/ absolue4 ,les lois de la ,cit ne sont pas mo9s fatales que celles du monde4 ,l'enfant ne dtruit ri5 que l'homme ne doive recon/ruire4 ,ce qu'on a jet bas1 p\r tre libre1 l'univ]s l'impose qui se croit libre4 ,ri5 ne s'e/ fait p> has>d1 ni p> la volont d'un seul1 ni p> la fantaisie d'un autre4 ,les conditions de la vie huma9e tant ce qu'elles sont1 ts t\s les effets1 ils se reproduirai5t t\s1 la suite fatale des mmes causes4 ,il n'e/ pas de ?orie si rigide qui ne soit bi5 plus s\ple que les lois de la mcanique1 c> la mcanique n'a ri5 d'huma94 ,a9si1 et quoi qu'on fasse1 l'an>*ie a un ordre p\r limite1 si l'an>*ie n'e/ pas seulem5t le jeu d'un enfant pris de rage contre son j\et1 et contre lui-mme4 ,qu'elle e/ donc lo91 la lib]t1 cette cime heureuse o l'on se vantait d'atte9dre6 ,elle e/ absurde3 ce qui sans d\te1 p\r la p5se1 e/ le d]ni] t]me de l'loignem5t4 ,l',,an>*ie ,,du ,,s5s ,,propre4 ,il faut reg>d] le ,moi comme la sphre de t\s les maux3 c'e/ le c5tre1 l'agonie1 d'un univ]s qui att5d la mort4 ,et la mort1 de t\s les po9ts de la c\rbe1 revi5t ce c5tre1 qui rayonne p>t\t la s\ffrance de son agonie4 ,le ,moi e/ sans espoir4 ,le ,moi e/ sans issue4 ,le ,moi e/ la gu]re mortelle1 o *aque c\p porte la mort4 ,et celui-l le sait bi51 qui e/ puissant et qui a t conqurant dans cette gu]re4 ,que re/ait-il ,ibs58 ,les mo9dres individus seuls se suffis5t1 la vanit n'entret5ant qu'une faible vie4 ,une vie puissante1 qui e/ rduite soi1 se dtruit4 ,ibs5 n'a pas assez de cur p\r aim]1 cote que cote1 la t]re1 les pi]res1 l'h]be1 t\s ces tres simples qui1 n'ayant pas d'individu1 ont celui de la nature et la grce t\*ante de la vie1 ce *] p>fum de *>it qui appelle la *>it4 ,puis1 il y a une raison de latitude4 ,la morale de l'vangile ab/rait e/ une prison4 ,s\s ce climat polaire1 la lib]t et la rvolte ne font qu'un1 et1 qu& la rbellion a t\t balay1 c'e/ le ds]t4 ,au fond1 dans les hommes du ,nord qui p5s5t1 et surt\t *ez ,ibs51 il y a un p>ti trs =t contre la vie4 ,longtemps1 c'e/ prcism5t leur vieux fond de morale qui les n\rrit d'illusion1 et les sauve de cette prdilection mortelle4 ,ils sont optimi/es d'esprit1 et pessimi/es d'in/9ct4 ,ils croi5t que la vrit e/ une1 bonne1 excell5te1 accessible mme2 et qu& ils n'en sont plus aussi srs1 il ne leur e/ jamais trs difficile d'y croire2 ils font semblant sans trop de pe9e1 comme1 dans leur petite ville1 on porte sans ef=t l'habit aux paisses c\tures de la v]tu4 ,c'e/ ce qui les s\ti5t p5dant t\te la jeunesse et durant l'ge mr4 ,puis1 enf91 ils dc\vr5t la vanit de cette vue4 ,et ,ibs5 en arrive dire avec dda93 ,je ne sais pas ce que c'e/ qu'une uvre idali/e4 ,qu'on n'accuse pas ,ibs5 de contradictions4 ,il a eu le s5s pr(ond de la vie2 *aque j\r1 il l'a ex]c davantage2 c'e/ p\rquoi il a d se contr$ire4 ,t\t ce que le dsir du bi5 et les passions de l'intellig5ce prt5d5t (frir la vie en guise de prs5ts1 au nom de la morale1 de la sci5ce et de l'esprit1--la vie le rep\sse1 le baf\e1 en fait fi et s'en rit4 ,il n'y a po9t de gomtrie p\r l'am\r2 et l'inte/9 ne connat pas de politique4 ,je puis donc btir des sy/mes2 je peux invit] l'homme et t\te la nature y entr] p\r leur bonheur et leur p]fection4 ,je puis tre cet ar*itecte1 tant que je ne d\te po9t de la vie1--qu'enf9 j'en suis aim plus que je ne l'aime4 ,mais1 qu& le gr& am\r de la vie me fait trembl] de cra9te p\r elle1 je s]ai le premi] ddaign] le temple que j'ai con/ruit2 et comme j'en saurai mieux la faiblesse1 je ne l'branle pas seulem5t3 je le dtruis4 ,dj1 dans les vrais potes1 il y a une sorte de v5geance au fond de t\t ce qu'ils inv5t5t3 ils se v5g5t du monde dans le rve2 mais c'e/ t\j\rs le rve de la vie4 ,le gr& arti/e n'a pas seulem5t le droit de se contr$ire3 il e/ =c d'en pass] p> l4 ,la vie fait le li5 entre t\tes les op9ions4 ,celui qui cre e/ comme la nature3 suprieur t\te contradiction4 ,ce n'e/ pas notre affaire d'tre logiques2 mais d'tre t\t ce que n\s sommes4 ,eussions-n\s c5t fois tort1 l'uvre vivante a t\j\rs raison4 ,la t]rible impo/ure de l'esprit1 qui veut faire croire qu'il e/ la joie et le bonheur6 ,c'e/ dans ,sp9osa que je la vois surt\t3 elle n'a que *ez lui cette pr(onde srnit1 o l'on e/ presque t5t de se c\*]1 les yeux levs sur les toiles4 ,et qu'importe qu'il y ait cru lui-mme de t\te son me8 ,il a t la premire dupe du sy/me1 la faon des anci5s1 qui sembl5t t\j\rs dups p> leurs ides1 et y croire1 comme les enfants croi5t aux j\ets4 ,du re/e1 quel bonheur e/-ce l8 ,je ne puis lire la vie du gr& homme dans son taudis1 entre ses v]res de lunette1 sa lime1 sa table de travail et sa compagne l'araigne1 sans un dgt d'admiration4 ,c'e/ l'image d'une morne t]nit qui fait horreur1 et plus encore1 la p5se d'tre t]nelle4 ,p\r que ,sp9osa soit heureux1 il faut qu'il soit une victime p>faite4 ,a sa place1 je la s]ais4 ,l'esprit1 ce jongleur sans scrupules1 a de ces c\ps m]veilleux o1 jonglant avec le soleil1 il f\rb]ait la lumire elle-mme4 ,mais vi5ne la nuit3 c'e/ le mom5t de d\t] et d'avoir peur4 ,a =ce de vant] la p5se au cur1 la mort du cur se supporte4 ,il le semble1 du mo9s4 ,mais il en e/ qui jamais ne se laiss]ont conva9cre4 ,j'espre vivre1 et non vos trois vrits et demie4 ,qu'elles soi5t trois1 ou qu'elles soi5t deux1 la diffr5ce n'e/ capitale que p\r ce gr& mti] que v\s faites de savoir1 avec la vanit propre t\s les g5s de mti]2 l1 un qu>t de vrit en plus ou en mo9s fait la gloire d'un homme2 mais l seulem5t1 l'oppos de ce qu'il croit4 ,l'intellig5ce bl\it les enfants1 p>ce qu'ils ne viv5t qu' la surface4 ,c'e/ p\rquoi1 tant de *>me ai5t les enfants p\r n\s1 pas un homme1 quoi qu'il dise1 ne v\drait tre enfant une autre fois4 ,les anci5s tai5t des enfants4 ,les savants1 qui donn5t t\t l',intellig5ce1 sont de vieux enfants qui n'ont pas gr&i4 ,les enfants ne se lass5t pas de j\]2 et les savants ne se lass5t pas de compr5dre1 comme ils dis5t4 ,ils vant5t le jeu de l',intellig5ce1 comme la s\rce de t\s les bi5s4 ,cela tait bon dire s\s le c\v]t de cette fameuse ignorance qui1 soi-disant1 faisait le deuil sur le monde1 et devait faire jamais le malheur du g5re huma94 ,mais on ne s'y pr5d plus1 si l'on sait un peu ce que c'e/4 ,j'espre bi5 davantage1 o les savants ne m'avanc5t po9t3 j'espre la vie2 et plus j'y brle1 hlas6 et plus j'espre en va94 ,c> ce n'e/ pas le feu1 ni l'am\r1 ni moi qui suis de manque3 c'e/ l'alim5t4 ,et ils vi5n5t mon sec\rs avec leurs trois vrits et demie1 qui *ang5t t\s les c5t ans1 qui t\tes me condamn5t1 en trois c5t mille livres rongs des v]s6 ,voil ce qu'ils port5t ce foy]1 qui ne dvor]ait pas trois c5t mille livres1 mais trois c5t mille fois trois c5t mille4 ,o les bons docteurs6 ,o les gr&s savants6 ,qu'ils sont puissants2 qu'ils sont sec\rables6 ,le bon papi] dont ils me n\rriss5t6 ,j'ai vu un sorci] qui en faisait encore plus1 avec les paysans de mon village4 ,du mo9s il les trompait4 ,il les t5ait p> le p\ce1 et1 disait-il1 p> l il faisait pass] en eux l'esprit de vie4 ,quelle =te tte c'tait1 ce paysan6 ,il a guri plus d'un malade2 t\t le mo9s1 il ne l'a pas emp* de gurir4 ,,sur ,,les ,,glaci]s ,,de ,l',,intellig5ce ,v ,,puissance ,,et ,,mis,,re ,,du ,,moi ,je ne sais qu'une rvolution1 qui n'ait pas t faite p> un g*eur2 dit ,ibs5 son ami1 l'orateur de la rvolte3 c'e/ naturellem5t du dluge que je p>le4 ,cep5dant1 mme cette fois-l1 le diable fut mis d$ans3 c> ,no1 comme v\s savez1 a pris la dictature4 ,recomm5ons donc1 et plus radicalem5t4 ,v\s autres1 occupez-v\s de subm]g] le monde3 moi1 je mettrai la torpille s\s l'ar*e1 avec dlices4 ,l'tat e/ la maldiction de l'individu3 qu'on abolisse l'tat4 ,t\te notre morale s5t la p\rriture1 comme les draps d'ent]rem5t3 qu'on abolisse la morale et l'glise4 ,le moi a sa morale prte2 le moi a son glise4 ,la joie de vivre ne peut-elle pas suffire l'homme1 dsormais8 ,le moi e/ bon2 il e/ clair2 il e/ solide4 ,il ne laisse ri5 d'intact1 p>ce qu'il vaut beauc\p mieux que ce qu'il dtruit4 ,le moi e/ l'honnte an>*i/e qui ne sp>e pas le plaisir de la ju/ice1 ni la volupt de la v]tu4 ,c'e/ p\r faire le bonheur de la plante1 qu'il met le feu la ville4 ,il pr*e +num5t le ret\r la nature1 tant il a peu de malice4 ,mais qu'e/-ce bi5 que la nature1 s9on le bon plaisir tempr p> la pure v]tu8 ,et1 du re/e1 s'il n'en tait pas t\t fait a9si1 le moi1 qui e/ t\te excell5ce1 se f]a juge aussi de la nature4 ,et d'abord il faut dlivr] les femmes4 ,de la nature8 ,sans d\te2 c>1 au fond1 la nature se dissimule s\s les lois1 qui n'en sont que l'habit politique4 ,le moi e/ l'univ]selle pi]re de t\*e2 il a la vrit2 il a la sant2 il n'erre pas2 lui de purifi] l'espce2 lui de la condamn]1 ou de s'y prfr]4 ,le moi re/e la seule puissance et le seul juge4 ,il n'a qu' v\loir4 ,l',,idole ,,de ,,la ,,volont ,l'ivresse du moi3 dans sa =ce il se croit bon2 et il se dcide agir p\r donn] une preuve de sa =ce4 tre soi t\t enti] ne diffre en ri5 d'tre soi-mme4 ,on s'en fait un devoir4 ,t\t ou ri51 c'e/ la politique de notre morale4 ,le moi n'a donc pas honte d'tre optimi/e8 ,lo9 de l1 qu& il n'en s5t pas encore l'horrible nause1 le moi e/ fanatique du bi5 qu'il se flatte de faire4 ,nul n'a plus de foi3 il la porte dans les mo9dres faits de la vie2 c> une foi semblable n'e/ que le furieux apptit qui se jette sur t\t4 ,il s'assure qu'il suffit un monde4 ,puisque t\t e/ mauvais1 et que t\t p\rrait tre bon1 il e/ ju/e de mont] l'assaut1 et de m9] le mal dans la citadelle4 ,il s'agit t\j\rs de t\t dtruire4 ,voil le comble de l'esprance1 et qui m>que plus de =ce dans le gnie que de clairvoyance4 ,o la volont dom9e1 les ides n'ont pas beso9 d'tre claires2 l'homme voit le monde trav]s son dsir2 il ne l'a po9t encore saisi de prs1 y reg>dant les yeux dans les yeux2 et celui qui devait tre le plus intellig5t des potes1 p5dant longtemps1 n'a pas eu tant d'intellig5ce que d'n]gie4 ,la volont1 cette =me du moi en action1 doit r5\vel] le monde4 ,va droit au b1 se dit le hros2 dlivre la volont1 ou succombe4 ,voil le comble de l'esprance jusque dans le dsespoir2 et1 ivre de soi1 il s'crie3 ,c'e/ l vivre6 ,bris]1 r5v]s]1 frapp]6 ,drac9] les p9s6 ,voil la vie6 ,voil qui endurcit et qui lve6 ,l'an>*i/e exulte1 p>ce qu'il espre4 ,dans t\t an>*i/e qui a la foi1 il y a un optimi/e qui dlire2 et qui peut-tre1 un j\r1 s'il gurit de sa folie1 la pr5dra en dgt4 ,l'enfance de ce tyran1 v\ l'exil1 jette d'paisses g\rmes4 ,qu'il e/ encore lo9 de sa beaut et de sa gr&eur6 ,le m\vem5t importe plus la volont que le plan o elle se meut2 et plus que le t]me o elle va1 la vitesse de la c\rse4 ,qu& les hros d',ibs5 proclam5t qu'ils sont libres1 ils n'ont plus ri5 d'huma94 ,dieu n'e/ pas si dur que mon fils1 dit la mre de l'indomptable ,br&2 et ce pa/eur1 ma*9e v\loir1 qui ne veut vivre que p\r le ,*ri/1 av\e1 dans son triomphe1 qu'il sait pe9e s'il e/ *rti54 ,le plus affreux my/re du moi1 c'e/ qu'il arrive un mom5t o la volont t\rne vide4 ,on met t\t feu et sang2 la nuit vi5t et l'on s'assi$ dans l'ombre1 se disant3 ,je ne crois plus1 je ne sais plus2 vais-je donc ne v\loir plus8 ,c> que m'importe de t\t tre1 o il n'y a ri54 ,le moi press5t le dang] mortel du d\te3 ne faites jamais la folie de d\t] de v\s-mme4 ,il faut croire en soi4 ,ri5 ne n\s e/ bon que ce qui n\s y aide2 il n'e/ mal1 que ce qui n\s en loigne4 ,la volont e/ l'organe de la puissance4 tre soi1 c'e/ dom9]4 ,on ne veut que p\r p\voir4 ,puissant en n]gie1 je ne vis que p\r tre puissant en actes4 ,il faudra que je v\s le fasse s5tir1 mes frres trs libres4 ,le p\voir1 voil la vie1 l'apptit de l'homme1 la propre aff9it de son sang4 ,mme va9cu1 l'homme puissant ne baisse pas la tte4 ,il ne reg>de pas sa vie comme p]due3 tant qu'il lui re/e un s\ffle1 c'e/ une hale9e de volont qu'il respire4 ,la mort mme ne ru9e pas t\j\rs cette esprance4 ,le gr& moi e/ p>eil au phtisique dans la =ce de l'ge2 qu& t\t e/ dtruit et que la mort s'annonce1 il connat une d]nire fivre1 un rve suprme1 o il s'endort dans son propre poison4 ,,antique ,,et ,,mod]ne4 ,ils sont plaisants de pr5dre la vie antique p\r le modle d'une vie libre4 ,le fait et le moi s'oppos5t2 ils se brav5t2 et l'un t\j\rs ass]vit l'autre4 ,l'art antique e/ =me1 et s\mis au fait4 ,le mod]ne e/ s5tim5t1 et le moi y dom9e4 ,l'antique e/ horizontal1 surface1 si je puis dire2 le mod]ne1 volume1 pr(ondeur et v]tical4 ,l'ordre et la beaut antiques vi5n5t de ce que le cur manque1 c'e/ un art sans me2 moy5nant quoi1 il e/ tranquille4 ,les enfants aussi ont leur paix grecque3 ils j\5t dans la *ambre o la mre se meurt1 et jusque sur le lit1 si on les laisse j\]4 ,j'admire cette srnit1 et1 malgr moi1 je la mprise4 ,le gr& avantage d',a?nes sur ,p>is1 p\r la vie heureuse1 c'e/ que je suis ,p>is et qu',a?nes n'e/ plus4 ,n\s mettons l'ge d'or dans le pass1 p> prud5ce3 il ne faudrait pas le dfi] d'tre4 ,l'enfance de notre me e/ la fe1 et d'or enf9 t\t ce qu'elle t\*e4 ,mais t\t ce qui n\s t\*e e/ de t]re1 sitt que n\s sommes t\*s4 ,le plus sr e/ de rv]4 ,la beaut manque ,ibs53 de l qu'il fait le rve de l'antique4 ,il *]*e l'ordre4 ,il le veut t\t prix4 ,mais il n'arrive pas y sacrifi] la vie intrieure1 notre *re folie1 et la si5ne4 ,l'antique e/ sa9 comme le vide1 assez s\v5t4 ,ce qui e/ t\t fait sa9 e/ nul1 sans d\te4 ,les vivants sont des malades1 et pas un n'en r*app]a4 ,t\t homme e/ malade4 ,les anci5s ne p5sai5t pas l'tre2 ils se croyai5t bi5 portants1 tant qu'ils ne s\ffrai5t pas de p>alysie4 ,mais eux-mmes1 la f91 ils se sont vus p>alytiques4 ,l'antique e/ si peu le ,moi1 que le ,b\ddha le nie au nom de la volupt mme4 ,la consci5ce malade1 voil le ?tre de la fatalit mod]ne4 ,comme le cur1 on ne s5t sa consci5ce que si l'on en s\ffre4 ,la tragdie grecque n'e/ que le fait4 ,les hommes tomb5t comme les gnrations des feuilles4 ,aussi la tragdie grecque n\s semble presque t\j\rs admirable1 et ne n\s intresse presque plus4 ,il n'y a que la t]reur1 et la piti n'y e/ qu'une peur rflexe4 ,ce ne sont gure des hommes3 mais des dieux aveugles et des automates aveugls4 ,la tragdie mod]ne1 c'e/ le moi en contact avec le monde4 ,le moi e/ ple9 d'n]gie3 acte contre acte4 ,le fait1 et un dluge de faits t\s t]ribles1 ne sont pas si tragiques qu'une seule dcision pr5dre p\r la consci5ce malade4 ,n\s sommes t\s *rti5s malgr n\s3 si n\s sommes p5sants4 ,et c'e/ en v]tu de notre me1 qui e/ elle seule1 et p\r soi1 l'tat1 le monde1 et t\te la cit4 ,il e/ vrai que le propre *rti5 e/ en prs5ce de son ,dieu4 ,sans son ,dieu1 il e/ susp5du dans le vide4 ,mais combi51 de l1 les vues sont puissantes sur le fond1 et h>dies dans l'abme4 ,le *ri/ianisme a cr le monde intrieur4 ,il n'a pas du t\t supprim l'autre3 il l'a rduit la seconde place4 ,un ,a?ni5 *ass d',a?nes n'tait plus gure un homme2 c>1 p\r tre homme1 il fallait d'abord tre citoy54 ,dsormais1 je suis homme dans ,sirius mme4 ,on ne peut m'en t] le c>actre4 ,ils le sav5t bi51 t\s ces gr&s exils1 qui ont comm5c de l'tre dans leur propre ville1 et ds le se9 mme de leur mre4 ,,que ,,le ,,moi ,,e/ ,,le ,,p>fait ,,pessimi/e4 ,ibs5 a t\s les dehors de la m*ancet4 ,il ne pla9t pas ses victimes4 ,il pr5d la plup>t de ses hros dans la paix d'une condition moy5ne1 et il les p\sse la mort1 d'une ma9 pesante1 d'une allure rapide4 ,le nid de la honte et du m5songe e/ fait comme celui des oiseaux1 patiemm5t1 d'une f\le de dbris1 et trs s\v5t d'immondices3 l1 il fait tide1 et les hommes ont *aud4 ,ibs5 les tire de ce bon pole1 et les trane dans l'hiv] de la vrit nue1 s\s les toiles glaciales4 ,s'ils tomb5t frapps p> le v5t de la nuit1 il re/e encore un orage de neige sur leur cadavre2 et s'ils hsit5t au bord du prcipice1 o il les a conduits1 d'un c\p viol5t entre les deux paules1 il en hte la *ute4 ,il ne pleure pas sur eux2 p>fois1 au contraire1 il les baf\e4 ,sa tri/esse e/ sans d\ceur2 elle aime le s>casme4 ,il e/ dur2 il a l'air cruel2 il semble j\ir de la cata/rophe1 tant il se s\cie peu de l'amortir4 ,ses traits ti5n5t de l'aci]2 il c\pe et il tran*e dans la vie et dans les passions comme dans une matire morte4 ,et les g\ttes de sang1 cette rose frat]nelle des l>mes1 il les t>it aussitt la manire du *irurgi51 sr de sa m?ode1 qui lie les artres et suture la plaie4 ,dans son insomnie1 l'homme qui aime le plus ses *i5s1 les hait aboyants4 ,on ne les hait pas p\r ce qu'ils sont3 il s]ait trop absurde4 ,ni les *i5s aboyant la nuit1 ni la f\le des hommes dans la cohue1 ne mrit5t la ha9e4 ,on ne leur en veut pas de n'tre po9t ce qu'on e/ soi-mme2 mais s'ils ne sont pas odieux1 ils peuv5t tre insupportables4 ,ils ont l'air d'appel] la ha9e1 comme le solitaire se donne l'app>5ce de la leur v\]4 ,ibs5 n'a po9t de m*ancet2 mais il n'a pas de bont davantage4 ,c'e/ qu'entre lui et les autres1 le cur manque2 le pont rompu emp*e t\t passage entre les deux rives du torr5t4 ,l'esprit ne s]t de communication aux hommes que p\r se mesur]1 ou se fuir2 au mieux1 p\r se connatre et pass] le temps4 ,il n'aide po9t vivre1 l'am\r seul y suffit4 ,la m*ancet d',ibs5 e/ un prjug contre lui3 on le juge m*ant1 p>ce qu'on v\drait qu'il ft bon4 ,il n'e/ ni l'un ni l'autre dans son uvre4 ,il e/ froid comme l'intellig5ce4 ,la froideur e/ le propre de la p5se2 la longue elle ddaigne mme de pr5dre p>ti4 ,elle p>at t\j\rs m*ante aux s\ffreteux de la vie1--c> ils rclam5t des so9s4 ,la =ce fait peur aux faibles4 ,on ne peut avoir que froideur ou dda9 p\r les hommes1 qu& ri5 de suprme ne comm&e l'am\r4 ,l'am\r de ,dieu et l'am\r huma9 se port5t l'un l'autre4 ,la piti n'e/ pas une incl9ation ord9aire2 l'tre y met t\t ce qu'il a de meilleur1-- ses dp5s4 ,combi5 d'hommes enf9 n'ont eu ni piti ni t5dresse p\r les autres1 qu' la condition de s5tir sur eux-mmes la t5dresse et la piti de ,dieu8 ,l'orgueil de l'esprit ne s\ffre pas de paix bt>de4 ,entre ce qui lui semble ju/e et le contraire1 po9t d'alliance4 ,pas de *>it4 ,l'erreur n'e/ po9t un objet de piti4 ,comme tant d'autres1 ,ibs5 du mo9s n'essaie pas de me faire croire qu'il me dp\ille p\r mon bi51 et que j'en sois plus ri*e4 ,la volont pure1 c'e/ la morale1 jusqu' un c]ta9 po9t2 mais c'e/ encore plus la loi de f] qui de/9e les uns ne ri5 valoir et en tre *tis1 les autres avoir un haut prix1 le connatre1 et frapp] ceux qui ne l'ont po9t4 ,quel que soit1 d'ailleurs1 l'talon de mesure4 ,c'e/ peu que ma =ce fasse mon droit1 elle en fait l'excell5ce4 ,la volont pure n'a ri5 d'huma92 elle e/ cruelle comme le glaive1 et s\rde comme la mcanique4 ,qu'en semble t\s ces pr(esseurs de fade humanit1 ivres de v9 d\x et de raisons ab/raites8 ,que t\s les hommes soi5t purs3 ils n'auront plus beso9 de v\loir1 ni de se faire quelque bi54 ,en att5dant1 aux plus purs de v\loir p\r t\s les autres1-- eux de faire rgn] leur volont4 ,leur droit e/ vid5t1 s'ils le peuv5t4 ,et1 s'ils le font1 c\ps de ha*e4 ,cela s'e/ vu4 ,la morale sans *>it e/ une espce de m*ancet irrpro*able4 ,de l1 que l'homme le plus pur peut p>atre le plus m*ant4 ,on dlire plus aism5t en morale qu'en p]scution et en gr&eur4 ,la v]tu facile e/ aussi une ide fixe4 ,la morale p>faite e/ l'ennemie mortelle de la morale4 ,on fait une confusion1 qu& on se s]t de l'esprit p\r ru9] la consci5ce2 et non mo9dre si l'on s'en s]t p\r la =tifi]4 ,l'intellig5ce s'attaque aux lois de la morale1 comme si c'tait un produit de l'esprit4 ,en ri53 c'e/ une ncessit de la nature4 ,la morale e/ la face visible de la religion4 ,ru9ez la religion2 mais ne v\s flattez pas de sauv] la morale4 ,mme dans la religion1 il n'y a que le t5ace1 le pressant1 l'ard5t beso9 de vivre4 ,on ne croit pas p> raison1 mais p> ncessit2 et d'in/9ct3--non p\r satisfaire la logique1 mais p\r vivre4 ,ari/ote m\rant p\vait seul savoir combi5 la nature se moque d',ari/ote4 ,la f\le des hommes c\rt au plus press1 et comm5ce p> o la plup>t des philosophes f9it4 ,l'trange dm>*e de l'esprit1 il e/ mort qu& il triomphe4 ,la morale ne ti5t pas devant lui2 mais dans la morale1 il ne r5v]se pas des lois factices2 il va1 encore un c\p1 contre la vie4 ,quant moi1 j'y cons5s2 mais il ne faut pas fe9dre qu'on dlivre les hommes1 qu& on les tue4 ,p>t\t o la vie p]si/e1 la religion remplace la religion1 et la morale la morale4 ,il y a bi5 lieu de rire et de pr5dre en piti cet esprit qui se croit libre3 pas plus que le c\rs des saisons4 ,une navet sauvage p]met seule ce moi de croire longtemps l'excell5ce de son uvre4 ,qu'il en juge sur sa victoire3 aprs le combat1 il peut voir ce qu'en font les soldats de l'arme1 ces p>tisans d'occasion1 t\s m]c5aires1 et les femmes surt\t4 ,la plus noble cit e/ feu et sang4 ,o e/ le ga9 si pur que l'on devait faire8 ,l'arme a p]du t\t ce qu'elle avait de bon2 elle n'a ri5 acquis de cette excell5ce1 qui devait lui v5ir de surcrot et ncessairem5t4 ,qu'on e/ honteux1 va9queur1 de se voir va9cre dans les autres6 ,ibs51 une fois1 s'e/ mis en scne avec cette p>odie4 ,il montre la honte d'tre vrai et d'avoir cru aux hommes4 ,le peuple1 d'ailleurs1 se *>ge de la leon4 ,malheur celui qui dc\vre la maladie de t\s1 et prt5d gurir les malades3 ils ne veul5t pas qu'on les soigne1 p>ce qu'ils ne veul5t pas tre malades4 ,le bon mdec9 ne flatte pas le peuple2 et le peuple veut tre flatt4 ,il faut respect] en lui le m5songe1 p>ce qu'il ti5t son m5songe1 comme la *air la peau4 ,et1 aprs t\t1 il a raison4 ,c>1 quoi p5se le docteur ,/ockmann8 ,a cor*] vif ce peuple8--,il n'a donc pas tort de rpugn] ce qu'on l'cor*e4 ,aussi bi51 le mdec9 qui aime trop la vrit1 n'aime pas assez son malade4 ,prt5d-il1 lui seul1 crer une cit pure8 ,a faire un monde o t\s les hommes soi5t vrais8 intellig5ts8 sans p*8 o t\tes les eaux s]ont de cri/al8 o enf9 il n'y ait pas un malade8--,ce rve e/ bi5 va93 dans le monde qu'il suppose1 il n'y a pas place la mort4 ,ds lors1 quoi bon le mdec98 ,ibs5 n'a po9t g>d l'intellig5ce le haut rang qu'il l'invitait pr5dre4 ,comme beauc\p de trs vieux sages1 il semble conclure la loi du bon plaisir4 ,que *acun le pr5ne o il veut2 c'e/ dj beauc\p qu'il le puisse4 ,il n'e/ que d'asseoir sa vie dans la volupt1 depuis la plus basse jusqu' la cime du gr& am\r4 ,le p>ti d'aim] e/ le plus sr4 ,il le dit1 cet ,ibs5 autrefois si glac1 si rigide2 et nul picuri5 ne fut jamais plus tri/e1 que ce sceptique au dsespoir1 c\ronn de neige et d'asphodles funraires4 ,l'aveu lui en vi5t aux lvres1--une espce de regret de n'avoir pas lui-mme suivi cette rgle#be3 combi5 il e/ admirable qu'au mom5t mme o il l'exprime1 dans un s\pir1 il fasse ent5dre qu' n'en pas d\t]1 il ne l'et jamais pu v\loir8--,incurable vieux homme1 du vieux temps1 et noble jusqu'aux moelles3 son me religieuse habite le temple ds]t4 ,note #be3 ,cf4 ,qu& n\s n\s rveill]ons d'entre les morts4 ,solness invoque le ,t\t-,puissant1 dans sa dtresse4 ,je puis bi5 ne croire ri51 mais non pas faire que je me passe de croire4 ,la =ce religieuse d'un esprit m>que son env]gure4 ,la religion e/ l't5due de l'me1 et comme elle1 s'espace dans ce sombre univ]s4 ,plus la religion s'loigne de n\s1 plus il n\s app>ti5t d'en s5tir le manque et d'en s\ffrir4 ,la vie t]nelle e/ la gr&e maladie dont n\s ne p\vons gurir4 ,p\r la f\le des hommes1 la religion e/ t\t ce que les mes bornes et les esprits vulgaires ont d'espace et de vue4 ,je pla9s ceux p\r qui il n'y a pas de my/re3 ils n'ont de my/re p\r p]sonne2 et aussi peu de vie1 proportion4 ,que pse1 ici1 un peu plus d'intellig5ce1 ou un peu mo9s8 ,une sotte vanit1 et l'ignorance du fond ont donn seules quelque prix ce qui en a si peu p\r vivre4 ,le moi e/ le pr(ond pessimi/e3 c> il e/ le seul4 ,le plus malheureux e/ le plus seul1 si gr& soit-il1 ou se vante-t-il d'tre4 ,et celui-l veut vivre2 il s'y atta*e d'une tre9te dsespre1 d'une ardeur si viol5te1 qu'aprs t\t elle e/ basse3 il e/ t\t v5tre1 et t\t affam p\r cette n\rriture unique et sans p>eille4 ,plus l'homme e/ heureux1 plus il lui e/ facile de m\rir4 ,heureux et confiant1 cet homme e/ un enfant qui j\e3 il ne croit pas sa mort2 il ne la p5se mme pas4 ,il ne croit qu' l'in/ant2 et t\t in/ant e/ vie4 trange ironie que plus on ait de bonheur1 et mo9s l'on se s5te4 ,l'homme t\t en soi1 jusque dans l'excs de la joie1 mdite cont9uellem5t la mort4 ,a9si il ne peut la s\ffrir4 ,l'ombre seule1 le s\pon1 le nom lui en e/ horrible4 ,la lumire du j\r en e/ obscurcie2 le soleil en e/ te9t midi4 ,la p5se cruelle frappe s\da9 au cur1 besaigu affile qui1 aprs avoir tran* dans le vif de l'esprance1 transp]ce le s5tim5t mme de la possession4 ,l'homme de foi j\e au soleil1 dans la ple9e nuit4 ,je ne sais po9t ce qu'elle e/1 ni o elle se fonde1 cette religion3 mais c]tes elle e/ une bonne lumire p\r une f\le d'hommes4 ,elle te t\te crance la mort4 ,je juge de la foi l-dessus4 ,elle rassure l'agonie1 comme une mre apaise la nause d'un enfant qu'elle purge4 ,voil ce que j'en suppose4 ,j'ai lu ce texte dans les yeux de quelques hommes4 ,comm5t n'admir] pas la ma9 qui l'a crit8 ,,vi ,,la ,,nuit ,a ,,la ,,f9 ,,du ,,j\r ,p\r qui vi5t du ,nord1 l',italie e/ la rvlation d'un monde o la joie e/ p]mise4 ,ce que le rve a conu dans le vide a donc son lieu quelque "p s\s le ciel8 ,l',italie enseigne la joie de vivre1 p>ce qu'elle fait croire la beaut d'tre libre3 c'e/ le pays o il semble possible d'all] t\t nu1 s\s les orang]s1 sans pr5dre froid4 ,l'accord du rve avec les faits1 tel e/1 d'abord1 le pre/ige de l',italie2 l'arti/e p5se y retr\v] une patrie p]due3 il y dc\vre l'h>monie4 ,je me reprs5te ,ibs5 ,rome4 ,il y tait1 comme il avait qu>ante ans2 encore un peu1 et il s]ait dans le ple9 de ses =ces4 ,on m'a montr sa maison retire et paisible4 ,il vivait dans le soleil2 il lui semblait surpr5dre le secret de la nature1 et qu'elle vit dans le plaisir4 ,c'tait avant l'entre des ,itali5s dans la ville fatale1 o t\te ambition doit tr\v] son t]me1 et o nul palais ne se fonde qu'il n'y m>que la place d'un spulcre4 ,a cette poque1 ,rome tait encore le plus noble oratoire de la mditation2 le tumulte n'y avait pas pntr1 ni cette f\le qui pr5d p\r une fume de gloire la p\ssire qu'elle pit9e1 et qu'elle s\lve du pav4 ,on m'a vant cette vie sans vnem5ts et sans bruit1 si calme et si pr(ondm5t lum9euse que ,rome (frait alors aux hommes en exil4 ,la lib]t y rgnait2 c> il n'e/ de vie libre1 que celle o il ne se passe ri54 ,l',italie a gagn ,rome2 et l'homme l'a p]due4 ,a t\s1 elle ouvrait un gr& asile1 gal l'espace ds]t de son horizon4 ,p\rtant1 s'il e/ plus facile de croire au bonheur1 ici qu'ailleurs1 la longue il n'e/ pas mo9s va91 ni mo9s ridicule4 ,la lumire roma9e bl\it2 mais trop de cl>t1 aussi1 aveugle4 ,,le ,r,,ve ,,de ,,la ,,lumi,,re ,l'id5tit de la =ce et du droit e/ vid5te p\r la raison4 ,il n'y a po9t de victimes dans le monde2 il n'y a que des infirmes et des anmiques4 ,p\r l'esprit1 l'ignorance e/ une anmie4 ,comme on donne de la vi&e crue et du f] aux sangs pauvres1 que les faibles se n\rriss5t de rancune et de rvolte3 ils s'en f]ont plus =ts1 s'ils peuv5t l'tre2 et ils s]ont libres1 qu& ils auront la =ce4 ,la =ce e/ sa9te3 elle s]t d'assise la cit n\velle4 ,au beso91 il faut tre cynique dans le culte de la =ce4 ,on l'a t\j\rs s]vi1 mais sans os] le dire4 ,ibs5 invite les hommes la fran*ise1 dans la p>ole et dans l'action4 ,o la vrit importe1 ri5 n'importe que la vrit4 ,d'ailleurs1 la vrit e/ t\j\rs cynique p\r le m5songe4 ,l'audace e/ la v]tu des rebelles4 ,que les femmes ne craign5t donc po9t d'tre cyniques1 elles qui n'ont pas cra9t jusqu'ici d'tre faibles4 ,elles auront assez de pudeur1 si elles ont la =ce de se r5dre libres4 ,il y a eu un temps1 de la sorte1 o ,ibs5 voyait une hypocrisie hassable p>t\t o la =ce dissimule son droit1 et p>t\t o la faiblesse ne rev5dique pas le si5 d'tre rebelle4 ,a9si la lumire donne la fivre la campagne de ,rome et sur ce ds]t prodigue la magie du sang et de l'or6 ,dans la vapeur des m>ais1 une moisson hroque se lve4 ,ce n'e/ plus mme le mirage d'une pla9e fconde1 qui promet de la vigne et du bl3 c'e/ la propre illum9ation des rves qui n'ont po9t d'ombre1 o la volont n'appelle plus son objet1 mais se jette sa r5contre1 s'en croyant appele4 ,voil comm5t cette ,campagne1 non mo9s qu'aux hros1 e/ si *re aux va9cus4 ,t\s y gt5t la dfaite1 au se9 de l'irrmdiable dfaite1 l'c\lem5t des sicles4 ,elle les console dans la condamnation sans bornes de t\te gr&eur4 ,les malades de la volont s'endorm5t ici2 et les possds de puissance s'y enivr5t d'insomnie4 ,comme ,o/ie la pi]re mme se dlite1 la volont qui se brise1 ,rome1 se liqufie en lassitude2 mais au ,=um1 les colonnes1 vieilles de deux mille ans1 p\ss5t la t]re d'un front ttu1 et sort5t de la p\ssire4 ,le poison de ,rome1 endort les curs faibles p\r jamais1 et ranime la folie des puissants4 ,quelques hommes1 ple9s de =ce1 contract5t ,rome une fivre que la qu99e ne prvi5t pas1--la folie de l'empire4 ,si c'e/ un mauvais air comme l'autre1 je le crois2 mais l'me en e/ avide2 elle ne veut pas gurir de ses frissons2 elle s'y plat trangem5t1 jusques y prir4 ,c'e/ ici qu',ibs51 cessant de pr*] et de *]*] sy/mes1 s'e/ saisi dans sa =ce ple9es ma9s1 et s'e/ jet1 tte tte1 contre t\t ce qu'il nommait encore le m5songe3 lui seul contre t\t un peuple1 une race1 t\t un sicle1--un homme contre t\s les autres4 ,comme il n\s faut t\j\rs donn] de beaux noms aux uvres o n\s ne mettons ri5 que de n\s1 ,ibs5 appela son p>ti la gu]re de la vrit et de la vie contre l't]nelle impo/ure qui dom9e l'in/9ct des hommes4 ,t\tes ses uvres hroques1 il les a conues en ce temps-l4 ,alors1 il prfrait combattre va9cre4 ,cette =ce hauta9e1 et sans piti1 ,rome l'a n\rrie4 ,et cette volont absolue de rgn]1 ft-ce p> la de/ruction1 e/ une fille de la solitude roma9e4 ,quoi de plus8 ,elle devait f9ir p> se t\rn] contre elle-mme3 c'e/ le progrs ord9aire de la volont intellig5te4 ,ds sa premire heure ,rome1 dans ,ibs51 sr du triomphe p\r dema91 je s5s un va9queur dgt de la victoire1 et ddaigneux de la cause qu'il fait va9cre4 ,,enfants ,,et ,,femmes4 ,les vieill>ds caducs et les enfants sont abs5ts de son uvre4 ,il ne reprs5te gure que les hommes dans l'ge mr1 les femmes et les jeunes g5s4 ,l seulem5t1 en effet1 la volont et les passions ont t\te leur =ce4 ,les vieill>ds somnol5t1 et sont odieux s'ils agiss5t avec viol5ce4 ,les vieill>ds sublimes ne c\r5t pas les rues1 dans la ville mod]ne2 et les autres1 trop s\v5t1 se font cras]4 ,les hommes mrs et les jeunes g5s sont =ts1 p>ce qu'ils sont g/es et ne croi5t pas l'tre4 ,ils mett5t leur am\r de soi-mme jusque dans la foi1 les ides et le sacrifice4 ,le bel ge e/ plus de c9quante ans1 et mo9s de soixante#bf3 t\t y e/ tragique2 la mort e/ d]rire la toile p\r faire le dn\em5t4 ,il faut avoir cet ge p\r jet] d'une ma9 imp]turbable son pe dans la balance de la vie4 ,la jeunesse fait plus encore3 elle entre de t\t son poids dans le plateau1 et rompt l'quilibre3 ce n'e/ qu' cette saison de la =ce1 que les hommes sont capables de m\rir p\r une ide vague1 et les femmes de tu] p\r une s5sation4 ,note #bf3 ,matre ,solness1 ,borkmann1 ,rubeck1 le docteur ,/ockmann1 ,madame ,alv+ ont cet ge4 ,trop s\v5t1 le ?tre confie aux vieill>ds un emploi hroque3 c'e/ l'erreur qui emp*e tant de g5s de croire la tragdie3 peu d'hommes se p]suad5t qu'il y en ait qui veul5t m\rir p\r une ide1 ou s\ffrir p\r elle1 ou faire s\ffrir4 ,que ne leur fait-on voir des hros dans la =ce de l'ge8--,les vieill>ds ont l'apanage lgitime de la sagesse4 ,mais la sagesse n'e/ pas scnique3 elle e/ ple9e de calme1 en son ess5ce1 s]e9e et presque indiffr5te4 ,elle contemple1 qui e/ le contraire d'agir4 ,les beaux vieill>ds ne sont leur place que sur le ?tre des dieux4 ,la scne huma9e e/ aux f\s4 ,les hros sont des f\s qu'on admire4 ,encore ne les admire-t-on pas t\j\rs2 et mme le sicle veut qu'on les mprise4 ,qu',ibs5 soit l\ de n'avoir pas fait t\rn] t\te la vie des ides et des hommes aut\r des petits1 petits enfants4 ,sans qu'on les y voie1 le ?tre mod]ne n'e/ ple9 que de ces m9ces cratures2 et ce n'e/ encore ri5 auprs de l'emb>ras qu'ils donn5t en t\s lieux1 hormis la campagne4 ,ils ne sont pas peu responsables de la mollesse univ]selle4 ,ce sont les g]mes de/ructeurs de l'n]gie2 prs d'eux1 elle s'use et se prodigue en m5uailles2 le gr& am\r tombe en p\ssire de s\cis4 ,on s'imag9e que la pratique d'une t5dresse g/e corrobore la valeur p]sonnelle de l'homme4 ,quelle erreur3 l'gsme des mres et des pres1 en gnral1 n]ve t\tes les v]tus au pr(it d'une seule4 ,ce qu'ils ont de vigueur p\r p5s] et p\r agir desc5d au bgaiem5t de la *ambre aux j\ets2 ils ne peuv5t pas faire crotre d'un c\p le cur ni l'esprit des enfants2 mais ils abaiss5t les leurs au niveau de ces dieux dans les langes3 et mme les passions se rapetiss5t l'image de ces petits4 ,il arrive1 en outre1 que les hommes se font une arme de leurs enfants contre les femmes1 qui s'arm5t t]nellem5t de leurs enfants contre les hommes3 p>odie de t\tes les gr&es luttes2 p>odie mme de crimes4 ,on peut aim] les enfants1 comme ils le mrit5t2 on peut s'y plaire1 ce sont les fleurs de la =t4 ,mais le monde ne saurait pas t5ir dans ces petites ma9s2 faut-il que les plus belles p5ses s'abtiss5t p\r les di/raire8 ,mme regret1 il si$ de les t5ir di/ance4 ,ils sont t\*ants2 mais il l'e/ bi5 plus d'tre homme et de vivre4 ,n\s1 hommes1 n\s avons lire la gr&e tragdie de la vie et de l'art1 livre ouv]t2 ce n'e/ pas notre rle de la faire pel] ces petites b\*es4 ,qu'ils ri5t et qu'ils j\5t l'c>t3 ,ibs5 les y laisse1 c> ,ibs5 e/ viril4 ,jamais on ne fit la "p plus belle aux femmes que dans ,maison de ,p\pe4 ,c'e/ l'homme le plus sot qui lasse l'am\r de la plus *>mante entre t\tes les femmes4 ,mais quelle folie e/ la si5ne de pr5dre p\r une injure inexpiable1 qu'on la traite en p\pe8--,et mme si elle l'tait8 ,o y a-t-il1 dans le monde1 beauc\p mieux que des p\pes qui p>l5t1 et qui s'imag95t de p>l] seules1 de p5s] et de m>*]8--,si ri5 de plus qu'eux-mmes n'anime les automates1 en quoi un automate l'e/-il plus qu'un autre automate8 ,celle-ci se fait un gr& deuil d'tre la p\pe de son m>i1 et s'accuse de j\] la p\pe avec ses enfants2 mais de quoi se s\cie-t-elle8 ,et si ce jeu les enfants s'amus5t1 d'une joie div9e et sans p>tage8 ,une femme va-t-elle se pla9dre d'tre la p\pe de l'homme1 en r\gir et s'en rvolt]8 ,mais que croit-elle qu'il soit8 ,l'homme e/ la p\pe du de/94 ,et sans all] jusque-l1 le fanto*e de la cit1 le pant9 aux mille idoles froides1 qu'il appelle ses ides qu& il les vante1 et ses lois qu& il les hait4 ,o vanit inf9ie des automates3 cassant un ressort1 ou *angeant un r\age1 ils croi5t *ang] de nature4 ,on ne peut ri5 exig] d'un autre tre que l'am\r4 ,aim]1 t\t e/ l4 ,qui e/ aim e/ r$evable inf9im5t l'am\r4 ,et plus encore1 s'il se peut1 qui aime4 ,on v\s aimait1 p\pes1 et v\s aimiez jusque-l4 ,voici que v\s v\s r5dez hassables4 ,c'e/ dans les femmes1 surt\t1 que la bont et le dv\em5t se confond5t4 ,elles n'ont que des am\rs p>ticulires1 consacres peu d'objets4 ,elles n'aim5t plus ri51 s'il leur faut t\t aim]4 ,qui a connu cette sorte de femmes1 les prfre inju/es imp>tiales3 elles se rs]v5t alors t\t ce qu'elles ont de cur et de p>tialit4 ,qui n\s aim]a sans beauc\p de p>tialit8--,leur esprit gse sans ret\r4 ,elles se sav5t si gr& gr de ce qu'elles ont appris1 et de p5s]3 elles y sacrifi]ai5t bi5 le monde enti]1 s9on elles-mmes trop ncessaires ce monde3 tant cette qualit de compr5dre leur e/ trangre1 qu'elles n'y port5t aucune c&eur1 ni froideur1 ni ds9trt4 ,elles s'admir5t dans leur esprit1 comme les meilleures femmes n'ont jamais song1 un seul in/ant1 se vant] de leur cur4 ,,le ,,contra/e ,il y a deux ou trois ans1 comme l'anne tait sur sa f9 et n'en avait plus que p\r deux j\rs1 j'ai vu1 l'une aprs l'autre1 l'ennemie de l'homme et la trs pure femme4 ,je ne sais comm5t1 j'tais entr dans une salle o une femme clbre pr*ait la loi n\velle4 ,jeune et p>e1 des p]les au col et aux oreilles1 cette femme tait c\v]te de t\t ce que l'adulation de l'homme a mis de ri*esse et de luxe aux pi$s de sa compagne4 ,un enc5s invisible de p>fums ent\rait *acun de ses ge/es4 ,d]rire elle1 sur le dos du fauteuil1 une f\rrure d'arg5t tait jete2 ses ma9s disai5t v+t sicles de vie oisive2 sa jupe bruissait2 les voix de la d5telle1 de la soie1 du l+e p>fum murmurai5t aut\r d'elle1 c>essant ses membres1 faisant ce corps tant aim l'cr9 o t\t le travail de l'homme e/ ass]vi et se consacre4 ,cette femme avait t\te la cruaut des idoles1 et la vanit glaciale des m>bres dans un muse4 ,elle s'(frait l'adoration1 s'adorant elle-mme4 ,son s\rire froid tait pos1 comme un masque1 sur l'excrable duret de l'me4 ,d'autres femmes l'applaudissai5t1 t\tes pres1 s*es et d'une fatuit cruelle4 ,si animes de colre et d'envie qu'elles fuss5t1 ce n'tait pas mme contre l'homme1 cet animal d'une espce trop basse1--leur frre1 j'imag9e1 leur fils ou leur pre4 ,il semblait que ce ft plutt contre un dieu ca*2 c> ri5 n'excitait plus haut la raill]ie de ces femmes1 leur sagesse et leur bel esprit1 que les vieux mots de bont1 de dv\em5t et de sacrifice4 ,elles avai5t la figure des mauvais prtres1 qu& ils insult5t au culte qu'ils ont trahi4 ,et prcism5t1 la grimace maudite de la ha9e plissait leur visage1 qu& le sa9t mot de s]vice1 le seul peut-tre qui soit sans p* dans la b\*e des femmes1--leur v5ait aux lvres1 o il pr5ait t\j\rs le son trs bas de s]vitude4 ,elles tai5t si enrages d'apo/asie que le plus innoc5t tmoignage de l'anci5ne religion en honneur p>mi les femmes1 ne tr\vait pas grce devant elles4 ,la femme au p>l] d'orateur1 s'indignait qu'on ft prs5t de p\pes aux petites filles1 p\r leurs tr5nes2 elle y voyait une ruse ignoble de l'homme p\r ass]vir1 ds le b]ceau1 la femme son foy]4 ,cette idole1 p> son luxe et sa p>ure la p\pe du g5re huma91 dcl>ait la gu]re aux p\pons de bois1 qui ex]c5t les enfants aux d\ceurs de la c>esse1 et de l'am\r4 ,c> enf91 le dieu ca* que ces cratures dte/5t1 ce dieu d\l\reux et sacr1 c'e/ l'am\r et l'am\r seul en effet#bg4 ,note #bg3 ,beauc\p de ces femmes tai5t des trangres4 ,la plup>t invoquai5t l'exemple de l',amrique et de la ,sc&9avie4 ,j'avais fui4 ,je laissai cette assemble m*ante de femmes qui hass5t1 et d'hommes qui *riss5t leurs s+es1 et femelles leur manire1 gt5t le plaisir d'tre avilis4 ,je r5trai dans le tumulte de la ,ville4 ,c'tait l'heure qui prcde la f9 du j\r4 ,p>is fivreux et humide r\lait s\s la brume d'hiv]1 et t\rnoyait en t\s s5s comme faisai5t1 p>fois1 telles feuilles mortes1 oublies dans les av5ues4 ,un temps malade et blaf>d6 ,le ciel jauntre se tranait comme la ,se9e1 gluante et limoneuse4 ,t\t semblait s'tre paissi1 l'air jaune et la b\e grasse4 ,sur la place de la ,concorde1 le pav miroitait d'un reg>d t]ne4 ,le f] des grilles lanait un clair morne4 ,le br\ill>d s'accro*ait aux arbres1 et dans les p]spectives lo9ta9es1 entre les arcs de triomphe1 on et dit que l'atmosphre aussi ft dev5ue b\euse4 ,dans un co91 att5dant l'omnibus avec pati5ce1 quelques petites g5s se s]rai5t sur le trottoir1 levant p>fois le nez p\r augur] de la pluie pro*a9e1 ou frissonnant des paules aux b\ffes d'un v5t aigre1 qui s\fflait du fleuve4 ,seule1 un peu l'c>t1 plus pati5te que t\s1 et s\mise depuis bi5 plus longtemps l'ennui de l'att5te1 je vis une femme1 qui cda l'unique place libre dans la voiture1 une petite vieille =t grise1 et qui rem]cia en t\ssant1 d'une b\*e d5te4 ,l'humble bi5faitrice s\rit1 aidant de la ma9 s\s le c\de la petite vieille mont]4 ,puis1 la l\rde ma*9e s'branla avec un bruit de f]railles1 en lanant de la b\e jaune1 rayons prolongs des l>ges r\es4 ,celle qui att5dait1 reprit sa /ation1 sur le sol dtremp1 au milieu des flaques4 ,je l'ai reg>de longtemps2 et la paix1 qui e/ une bndiction1 p\r un mom5t r5trait dans mon me4 ,c'tait une jeune femme1 une sur de ,sa9t ,v9c5t de ,paul4 ,elle n'avait pas plus de v+t-six ou v+t-sept ans4 ,elle tait d'une gr&e et tri/e beaut4 ,en vrit1 si tri/e8 ,non1 pas p\r elle1 sans d\te2 mais p\r celui qui la contemplait1 p>ce que la tri/esse e/ en moi1 et qu'elle e/ la suave l\ange des mes les plus belles4 ,nul s\ci d'elle-mme2 mais au contraire une sorte d't]nel oubli de soi4 ,t\te sa faon faisait l'aveu d'une extrme fatigue4 ,ses l>ges man*ettes1 roides d'empois1 laissai5t tomb] des ma9s ples et maigres4 ,s\s le bras1 elle t5ait son p>apluie gonfl d'eau1 et un paquet ficel dans un j\rnal4 ,de l'autre ma91 elle relevait sa jupe1 et ses cottes de futa9e noire3 indiffr5te t\t ce qui fait le s\ci des passants1 elle se tr\ssait assez haut3 on voyait ses pi$s *ausss de pant\fles en cuir noir1 sans b\cles ni lacets1 et les gros bas de la9e noire tombai5t plis l\rds le long de sa jambe4 ,son tabli] mal s]r1 et les po*es ple9es1 tirait sur sa taille4 ,dans sa lassitude1 elle p5*ait de t\t son poids1 tantt sur un ct du corps1 tantt sur l'autre4 ,c]tes1 gr&e et si noble d'aspect1 les paules jeunes et l>ges1 elle devait tre d'une =me lgante2 mais il semblait qu'elle ne ft plus que l'ombre et le s\v5ir ddaign d'elle-mme4 ,elle se t5ait sur cette place1 comme une fille des *amps1 qu& elle repr5d hale9e et1 r$ressant son dos c\rb1 se donne un mom5t de repos1 appuye la haie4 ,elle tait trs blonde2 ses j\es longues1 son te9t d'une exquise pleur1 anim d'un peu de fivre2 et sur ses longues lvres1 sa b\*e calme et virg9ale1 un re/e de s\rire semblait prolong] son long m5ton un peu c>r et ses paupires au dess9 effil4 ,ses d\x yeux d'ardoise tai5t extnus2 les paupires gonfles en*ssai5t le reg>d d'une lumire ple4 ,sur sa tte1 le v5t agitait la cornette comme un gros oiseau de l+e froid4 ,elle avait cet air frileux et inc]ta91 qui e/ celui de l'aube1 et la c\leur d'une femme qui a veill t\te la nuit1 jusque dans la ple9e cl>t du mat93 elle avait d pr5dre quelque repos v]s le milieu du j\r1 et la hte baign] d'eau froide ses j\es *audes4 ,c> les yeux d'un m\rant v5ai5t sans d\te de s'te9dre sur les si5s1 et c'en tait le reflet irrvocable que je reconnaissais sur son visage4 ,simple et sans apprts1 sans tmo9s1 cette fille de la *>it1 croyant les dissimul] t\tes1 avait t\tes les beauts de la femme4 ,ibs5 ne l'a pas vue2 mais il l'a *]*e1 je le sais4 ,un homme vraim5t homme ne peut pas mconnatre la beaut qu'il n'a po9t et qu'il prfre t\tes3 celle qu'il espre de t\tes les femmes1 depuis qu'il a p]du les c>esses de sa mre1 et qu'il att5d presque t\j\rs en va94 ,en possession de leur moi1 les femmes n'ont pas acquis la bont de l'homme1 et elles ont p]du t\te la bont de la femme4 ,a9si le monde huma91 qui ne peut vivre que d'am\r1 se remplit d'aigreur et de ha9e confuse1 et en p>at plus absurde encore4 ,la jeune ,norah s'en va1 faisant claqu] la porte de la maison sur un m>i ridicule et trois enfants dlaisss4 ,ibs5 montre ailleurs ce qu'elle devi5t3 une demi-folle1 errante et crim9elle1 qui tue et pr5d plaisir tu]#bh2 au cas le plus heureux1 c'e/ encore une crim9elle1 qui a horreur de son crime1 et qui ne se dlivre du remords qu'avec la vie2 ou bi5 une folle qui revi5t la raison1 en r5trant dans la rgle#bi4 ,ds lors1 quoi bon8 ,note #bh3 ,n'e/-ce pas ,h$da ,gabl]1 et ,hilde8 ,note #bi3 ,la ,dame de la m]1 et ,rbecca dans ,rosm]%olm4 ,c'e/ t\j\rs la folie et la m*ancet du moi1 qui n'exige d'tre libre1 que p\r dlir] et faire le mal son aise4 ,qu& t\s les hommes auront du gnie1 et que t\tes les femmes s]ont sa9tes1 il s]a temps de les r5dre libres3 ils auront bi5tt fait de se dtruire4 ,du re/e1 ce n'e/ pas de lib]t qu'il s'agit3 depuis qu'il y a des hommes et des assass9s1 des femmes et des impudiques1 ceux qui veul5t tre libres et ne po9t suivre de lois que leur bon plaisir1 l'ont t\j\rs pu faire3 et1 le faisant1 ils n'ont pas t libres1 les malheureux3 ils ont s]vi1 comme les autres4 ,la "q e/ de savoir non pas s'ils le peuv5t1 ni s'ils en ont le droit1 mais s'il e/ bon qu'ils le rev5diqu5t4 ,et bon p\r eux4 ,l'intellig5ce1 qui ne risque jamais ri5 et n'expose que des ?ormes1 dcide aism5t que le moi e/ libre1 qu'il doit l'tre s'il ne l'e/ pas1 et se r5dre la lib]t quoi qu'il arrive4 ,qu'importe l'an>*ie l'intellig5ce8 ,p>l] n'e/ pas j\]4 ,qu& un livre n'a pas de s5s1 on le f]me et on passe un autre4 ,la nature qui a d'autres *>ges1 mme si elle e/ s\v]a9em5t aveugle1 a des sanctions pesantes2 elle ne raff9e po9t4 ,l'an>*ie des sexes l'intresse2 son ironie t]rible crase les rebelles1 et leur prt5tion confuse3 la vie ne s\ffre pas beauc\p de confusions4 ,qui ne veut pas suivre la loi1 qu'il meure4 ,qui *]*e l'lud]1 qu'il s'g>e4 ,la folie et le crime1 t\j\rs la mort1 voil la pe9e qu'elle porte4 ,et comme elle e/ t\te-puissante1 ayant faire aux s+es de la =ce1 cette nature impassible ne se cont5te pas de tu]3 elle crase les rebelles s\s la mort ridicule4 ,ibs5 l'a s5ti1 en homme qu'il e/3 si la mort ne tirait pas le rideau sur ses drames1 ils s]ai5t en effet1 d'un ridicule a*ev4 ,,re/5t ,,les ,m,,dec9s ,le mdec9 entre en scne1 un compos de ,tirsias et de la ,p>que1 l'oracle et la fatalit des temps n\veaux4 ,il hante p> mti] les ru9es de la vie4 ,quoi qu'il fasse1 et comme elle1 il condamne t\j\rs mort2 qu& il e/ intellig5t1 c'e/ p> lui qu'il comm5ce4 ,il a pris dans la ville mod]ne l'importance b\ffonne de la ,py?ie3 p]sonne n'y croit et *acun l'int]roge4 ,on a beau savoir le my/re de l'antre et du trpi$1 ce tru*em5t de la mort g\v]ne p> la peur4 ,sa gat e/ s9i/re4 ,c'e/ l'honnte ,c>on1 qui ricane t\j\rs1 et qui l'on doit se confi]1 p\r le voyage4 ,ibs5 a model dans le bronze ces prtres de la c5dre4 ,ils sont d'une atroce sagesse4 ,comme ils sav5t le f9 mot de la tragdie1 ils le ca*5t2 =cs de le dire1 ils le l*5t en riant demi1 dans un juron de colre1 d'un ton brutal et cynique4 ,le bon mdec9 s]ait donc le mauvais homme8 ,ibs5 le laisse ent5dre3 c> le meilleur homme e/ un mdec9 qui tue4 ,p>mi t\s les comdi5s1 ce sont les plus r$\tables1 qu& ils prt5d5t suffire la vie1 et qu'ils trait5t les curs p> la mme m?ode que les corps4 ,le bon mdec91 dit ,ibs51 e/ celui qui trompe le malade4 ,mais lui-mme s'e/ mis dans la peau du mdec91 qui ose dire la vrit aux hommes1 et veut les n\rrir de ce poison3 non seulem5t il ne gurit p]sonne2 mais t\t l'hpital se lve en rvolte contre lui et le lapide4 ,ce mdec9-l n'a plus qu' laiss] la mdec9e et les malades4 ,la vraie sci5ce n'a ni espoir ni flatt]ies2 elle ne s'occupe pas des hommes4 ,le mdec9 qui dcl>e la gu]re ses cli5ts1 et leur t\rne le dos1 l'excell5te ide6 ,ils s'en port]ont mieux1 et lui aussi4 ,qui n\s gurira de la mdec9e1 qui se pr5d p\r une religion8 ,les mdec9s ne n\s empoisonn5t pas mo9s de leurs vrits que de leurs drogues4 ,qu'ils s'ex]c5t m5tir1 p\r leur salut et p\r le ntre4 ,leurs hypo?ses mmes sont fune/es3 si la nature raisonnait la manire des mdec9s1 le monde s]ait dj mort4 ,ibs5 a jet un pr(ond reg>d sur la f>ce de notre vie1 qui e/ ple9e de mdec9s1 l'ord9aire des f>ces4 ,il sait que le bon mdec9 trompe et aide t\te tromp]ie4 ,c'e/ lui de tu] sans ri5 dire1 ou de frapp] en b\ffonnant1--ou de ne po9t p>atre4 ,mais quoi8 se ml] de refaire le g5re huma91 et de c\l] la morale dans un n\veau m\le8 ,il faut que le mdec9 soit notre b\rreau1 puisque n\s sommes sa victime4 ,il faut qu'il soit le dur greffi] de la t]re1 l'huissi] de la mort et du supplice4 ,n'e/-ce pas assez8 ,qu'il enregi/re notre excrable dfaite1 puisque telle e/ la misre de notre condition qu'il n\s faut all] l1 o le m5songe se consomme4 ,que le fossoyeur ne se mle pas de faire l'aptre1 le pote1 ni le *antre2 mais qu'il a*ve sans piti la bte demi morte1--et qu'il ca*e aux autres la vue du *>ni]4 ,,vii ,,tol/oi ,,et ,,ibs5 ,cep5dant1 l'autre b\t de l',europe1 tantt dans sa maison natale1 tantt en ,crime1 aux portes de l',asie1 depuis trois ans1 ,tol/o se meurt4 ,deux c\ps d'apoplexie n'ont pas abattu ,ibs52 il s'e/ relev2 il n'a encore t\* t]re que des g5\x4 ,tol/o1 lui non plus1 ne se laisse pas att]r]2 et1 quoique frapp1 il dresse haut la tte2 t\j\rs le m5ton lev1 il (fre son front c\rbe1 comme un miroir1 la lumire4 ,au prix d',ibs51 ,tol/o p\rrait pass] p\r n'tre pas intellig5t4 ,il va plus lo91 et re/e en de4 ,il e/ pratique l'inf9i4 ,le fait d'tre homme et vivant1 non l'ide1 voil ce qui l'occupe4 ,si on lui accorde son pr9cipe1 il e/ difficile de lui refus] le re/e3 c'e/ le bonheur de vivre p\r soi en vivant p\r les autres2 et mo9s de l'assur] aux autres1 qu'on ne se l'assure pas4 ,la p5se de ,tol/o e/ mat]nelle t\t ce qui respire2 l'am\r de la vie en e/ l'organe4 ,jamais il n'a pu compr5dre le droit de l'intellig5ce dtruire2 ni surt\t que l'intellig5ce s'ex]t1 de prfr5ce dans la de/ruction2 il y voit un non-s5s1 une corruption absurde4 ,tol/o ne sait pas encore que le cur lui-mme peut dev5ir l'artisan d'une suprme cata/rophe4 ,l'intellig5ce n'p>gne ri54 ,elle porte la gu]re dans t\te la contre2 puis1 re/e seule1 elle se met la "q2 et1 dans la citadelle o elle s'enf]me1 elle passe le temps se tortur]4 ,ce front l>ge1 haut et rond1 d',ibs5 e/ le ba/ion que je veux dire3 la dure loi de la ngation rgne dans l'ence9te de cette p5se1 d]rire les remp>ts et les triples grilles4 ,et de t\tes p>ts l'ent\r1 les fosss circulaires du nant4 ,en vrit1 l'esprance de ,tol/o p>at sans bornes2 l'esprance e/ un voyage2 po9t d'espoir p\r qui ne peut sortir de soi4 ,ibs5 n'a que la vie1 et dte/e la mort2 jusque dans la mort1 ,tol/o aime la vie4 ,il y croit1 p>ce qu'il n'e/ pas rduit lui-mme4 ,l'un au ,sud1 l'autre au ,nord1 l'un aux conf9s de la solide et mat]nelle ,asie1 l'autre au bord du fluide ocan et de la brume1 les deux gr&s lum9aires se c\*5t4 ,ibs5 frappe la tte1 p\r tu]4 ,tol/o heurte au cur1 p\r pr\v] la vie4 ,a la tte1 ,ibs5 e/ frapp2 et ,tol/o au cur4 ,leurs maladies mortelles les sp>5t encore4 ,la mort p\r ,tol/o n'e/ ri52 je l'en crois qu& il dit qu'il l'att5d avec joie2 il la rclame1 il la flatte4 ,il s'y fait1 dit-il2 il sait gr la maladie de l'y aid] peu peu et de l'y introduire2 il sav\re avec d\ceur l'avant-gt du gr& calme4 ,il ne la maudit pas2 il la bnit2 il ose la bnir4 ,il aime les s\ffrances2 il en p>le la manire de ,pascal1 mais sans passion et sans fivre4 ,il a le foie et le cur atte9ts1 cause de l't]nel s\ci qu'il s'e/ donn des autres4 ,dans la d]nire image qu'on a prise de lui1 c\rb1 sur les g5\x1 maigre et dfait1 ravag1 la taille rduite1 les paules obliques1 le corps n'emplissant plus les vtem5ts presque vides de *air1 le front sec1 les tempes brillantes d'un div9 *agr91 t\t pliss de rides comme une t]re o le lab\r de la mort a trac des sillons1 ,tol/o e/ t\t yeux et t\t oreilles2 il c\te une voix2 il a vu s\s l'corce de la vie1 l o1 dans la nuit1 une mre immobile appelle4 ,on pleur]ait de le voir a9si3 p>ce que la mort d'un tel homme e/ plus tri/e1 qu& on s5t qu'il l'accepte4 ,ibs51 lui1 n'e/ pas si s\mis4 ,il lutte2 il se dbat en sil5ce2 il maudit l'ennemie4 ,il s\rit amrem5t4 ,il ne t5dra pas le col2 il hait la prs5ce cruelle qui disp]se les trsors d'une gr&e me1 trois gra9s de bl et une poigne de paille4 ,il n'a po9t de complaisance p\r la maladie2 t\s ses n]fs sont vif2 la rvolte lui f\ette le sang et la bile4 ,ces deux hommes1 de *>p5te robu/e et d'e/omac puissant1 ont t ri*es en passions =tes2 elles dur5t *ez ,ibs51 et se lam5t5t en secret2 t&is qu'en ,tol/o elles sont t\tes ass]vies4 ,je v\drais croire comme lui3 c> j'ai vu ce que vaut l'homme de foi p\r vivre et m\rir4 ,tol/o excite un gr& am\r dans son agonie4 ,la p5se de plusieurs se t\rne v]s lui1 et le *]*e l-bas4 ,qu'il s\ffre en paix3 p\r seul qu'il soit1 comme sont t\s les hommes et les hros plus encore1 il ne d\te pas qu'on ne l'aime2 le suprme mirage console l'horizon de sa d]nire tape2 et selon son v\loir1 il e/ sr d'tre suivi4 ,au lieu qu',ibs5 ne l'espre mme pas4 ,l'esprit ne connat pas l'esprance4 ,ibs5 appelle l'am\r1 sans y croire3 il n'aime pas4 ,celui qui rclame p\r t\s1 reoit p\r soi4 ,et celui qui rclame p\r soi1 e/ fru/r de t\s4 ,c'e/ la loi4 ,quoi que je fasse1 je ne puis conclure p\r moi-mme4 ,je m'p\vante la fois d'tre s9cre3 c'e/ t\j\rs contre moi4 ,il n'e/ joie de vivre que p\r les petits3 c'e/ qu'ils se p]d5t4 ,avec t\t son orgueil1 ,tol/o ne se ft pas p]du1 s'il ne s'tait pas fait si humble4 ,je n'ai pas tant d'humilit1 dit ,ibs52 on ne s'humilie pas comme on veut4 ,dans la gr&eur et l'isolem5t1 ni l'me ni le cur ne peuv5t tre satisfaits2 ,p>is1 ,rome et ,mosc\1 cet g>d1 sont s\s la mme latitude2 le compte n'e/ pas d'un degr en plus ou en mo9s d'lvation au ple1--mais de vois9age avec ,dieu4 ,qu'on me donne la dure1--et1 en effet1 mon bonheur dure4 ,je ne suis que trop capable de la joie3 c'e/ elle qui me manque1 dans la m>e cont9uelle du nant1 ce flux et ce reflux misrable de vie et de mort3 p>t\t o le temps fait dfaut1 p>t\t je p]ds pi$ dans le vide dvorant aux p>ois de tnbres3 c'e/ la d\leur qui ti5t t\t l'espace4 ,je suis p]du1 si je ne dure4 ,si l'on ne me donne t\t1 je ne suis ri51 et je n'ai ri54 ,si je ne fais que pass]1 je me suis un rve p\vantable moi-mme4 ,et si l't]nel am\r ne m'e/ pas promis1 je d\te mme du mi52 les beauts de mon propre am\r me sont horribles1 et les dlices m'en d*ir5t4 ,,moi ,,et ,d,,mocratie ,l'erreur des dmocrates e/ de croire que leur vrit en soit une p\r t\t le monde1 et =ce l'adhsion4 ,qu& leur vrit s]ait la seule1 il ne s'ensuivrait pas qu'elle et =ce de loi sur t\s les hommes4 ,ni moi1 dirait ,ibs51 ni eux1 ni aucun de n\s1 n\s ne vivons que de raisons1 si bonnes soi5t-elles4 ,je m'tonne peu que les dmocrates ai5t une si belle confiance dans la vrit1 l'humanit et t\te sorte d'idoles ab/raites4 ,le nombre e/ inf9im5t petit de ceux qui sont s5sibles la vie seulem5t et p>t\t la *]*5t s\s les mots4 ,la plup>t se cont5t5t d'en pel] les t]mes1 comme on lit un lexique4 ,mais d'o vi5t que les dmocrates ne voi5t pas leur trange ressemblance avec les ?ologi5s8--,ils ont des dogmes2 ils sont assurs de savoir le f9 mot du monde2 ils ont la vrit1 et ne d\t5t po9t que ce ne soit la bonne4 ,c'e/ les dogmes qui font la ?ologie1 mais la condition de n'tre pas v>iables4 ,les dmocrates v>i5t comme les apptits4 ,je suis bi5 lo9 de dire qu'il n'y a po9t de vrais dmocrates1 s9on les religieux2 mais il n'y en a po9t sans quelque religion secrte2 le plus s\v5t elle s'ignore4 ,un dmocrate n'e/ pas prud5t qui se fonde sur l'esprit4 ,t\s1 ils ont foi au gr& nombre4 ,telle e/ leur idoltrie#cj4 ,note #cj3 ,la majorit a t\j\rs tort1 en effet1 dit ,ibs51--la maudite majorit compacte4 ,et ceux qui bniss5t le gr& nombre1 il rpond a9si p> une maldiction4 ,*aque homme1 son compte1 peut croire qu'il e/ fait p\r t\s les hommes4 ,vivant p\r soi1 qu'il vive p\r le g5re huma91 je l'admets1 ds qu'il s'en propose le devoir4 ,mais que son devoir en soit un p\r moi1 je ne sais o il le pr5d4 ,et je ris qu'il m'y =ce4 ,c> e/-ce l cette lib]t fameuse1 que je sois =c de faire contre mon s5tim5t ce qu'un autre dcide bon que je fasse1 p>ce qu'il lui plat faire8 ,les dmocrates sont g5s de foi2 et la preuve1--qu'ils ont en moi un hrtique4 ,je ne vois aucune raison que leur foi doive tre la mi5ne2 et prcism5t p>ce qu'ils veul5t que ce soit une raison4 ,le s5tim5t a fait leur croyance2 mon s5tim5t fait le contraire4 ,ce qu'ils invoqu5t contre moi1 e/ ce que j'invoque contre eux4 ,je d\te de leur droit sur ma vie p> la mme dm>*e qui les r5d si h>dis de n'en pas d\t] eux-mmes4 ,ils sont ?ologi5s p> les dogmes2 mais il manque la pice pr9cipale leur ?ologie1 celle qui porte t\te l'armure1 et proprem5t la =me4 ,ce ne s]ait pas trop d'un dieu p\r m't] moi-mme4 ,comm5t donc m'y t]ai5t-ils1 puisque je n'y russis pas8--,pratique de ma prison comme je suis1 et la dte/ant d'une telle ha9e1 il faut que l'atta*e soit bi5 =te p\r que je ne puisse la dfaire4 ,je suis la *ane dans le ca*ot de ma p5se1 et quoi que je fasse1 je n'en sors pas4 ,si je suis dmocrate1 le has>d e/ heureux1 et de ma "p c'e/ bont pure3 c>1 p\rquoi ne s]ais-je pas t\t le contraire1 avec le mme droit8 ,le moi sait ju/ifi] t\tes ses dm>*es1 p>ce qu'au fond il n'en ju/ifie aucune3 aveugle et brutal1 il ne s'en s\cie po9t2 clairvoyant et dans la ple9e possession de son gnie1 il en sait le ridicule3 le moi ne dp5d que du moi4 ,a9si donc1 les dmocrates qui sont t\s ?ologi5s1 ne sont pas bi5 ju/es qu& ils s'en pr5n5t la ?ologie1 et rec\r5t au s5s propre3 dans l'glise la plus roide en discipl9e1 il y a peut-tre plus de place p\r la foi des dmocrates que dans le moi le plus libre4 ,si mme j'ai piti des hommes1 et si je les aime dans leurs misres1 il ne s'ensuit pas que je fasse pass] les leurs avant les mi5nes1 ni que je me prfre le g5re huma94 ,c> il peut arriv] que je n'aime ni lui1 ni moi4 ,c'e/ en effet ce qui arrive4 ,ibs5 m'en e/ g>ant4 ,dans l'ocan des hommes1 dans la t\rm5te de l'inf9i1 je suis comme la b>que un seul rameur1 p\r t\t faire1 p\r t5ir la b>re et veill] la voile2 j'ai mis la cape dans la vie2 et je fuis dans le temps4 ,a la vrit1 je ne sais pas p\rquoi3 l'issue e/ c]ta9e1 et je f]ai t\j\rs naufrage2 mais tel e/ le moi3 il ne p5se qu' son salut1 ou1 si l'on veut1 sa p]te4 ,que m'importe t\t le ds]t1 t\t ce vide t]nel1 t\tes les vagues de la tempte1 t\s les sables de l'ocan1 qu& bi5 mme en *aque atome il y aurait un homme8--,je ne puis t5ir de frres que de la ma9 vritable d'un pre4 ,les disc\rs1 ni les va/es mots ne sont pas assez pat]nels p\r mon me2 les plus belles p>oles n'ont pas assez de sang p\r mon cur1 qui e/ de sang4 ,et mme les plus belles1 qui sont ab/raites1 me sembl5t les plus mortes4 ,p\rquoi non8 ,suis-je si sr de vivre8--,c'e/ l aussi que je ne puis avoir foi1 faute d'un pre3 p\r l'accept]1 il faudrait au mo9s connatre celui qui m'a fait ce don mortel de la vie4 ,ibs5 a cess d'tre dmocrate1 qu& il a cess de croire4 ,a quoi8--,a t\s ces mots1 qui sont des morts et qui n'ont ni *air ni sang4 ,ce qui fait l'esprance et la paix des esprits mdiocres1 fait le dsespoir des autres4 ,les ides sont presque t\j\rs les mmes en t\s les hommes3 ce sont les hommes qui diffr5t4 ,l',,aub]ge ,,dans ,,le ,d,,s]t ,la ,norvge montre ,ibs51 comme tonne de l'avoir produit4 ,il e/ le gr& spectacle de ,*ri/iania2 on va l'y voir2 on y mne les trang]s1 on le nomme dans la rue1 et dans la salle publique o il lit les j\rnaux1 en buvant une boisson =te1 on le dsigne aux curieux4 ,il ne hait pas qu'on l'admire2 p\r le re/e1 il ne s'occupe pas des autres4 ,il ne lit po9t1 s9on les n\velles2 ni livres1 ni pomes2 il ne va jamais au ?tre1 pas mme ses tragdies4 ,de mme1 il passe dans la rue1 sans s'arrt] aux m5ues comdies qui s'y j\5t4 ,ses reg>ds saisiss5t les ge/es1 les traits et les visages1 comme une proie qu'ils dissimul5t2 puis ils se ref]m5t sur le but91 comme on p\sse une porte sur un trsor2 l'esprit1 qu& il e/ seul1 pse ensuite ses tr\vailles dans la *ambre secrte1 et l'imag9ation faonne la matire4 ,ibs5 e/ bi5 de l'espce rapace1 l'gal des oiseaux de nuit3 ils raviss5t au vol1 plus muets que l'clair2 puis ils dvor5t1 solitaires2 et av>es1 ils se repaiss5t longuem5t4 ,ces hommes-l viv5t en ennemis au milieu des autres4 ,ils drob5t la vie p\r la refaire4 ,ils n'ont pas p\r elle la bonhomie de ceux qui la copi5t4 ,puissants et inflexibles d'esprit1 ils sont timides dans l'action2 leur me volontaire ne cde ri5 ni p]sonne2 mais dans la rue1 ils cd5t le pav4 ,cep5dant ,ibs51 m>*ant petits pas1 les yeux baisss et les bras immobiles1--si on le heurte1 si on le salue et le =ce sortir de soi2 ou si1 dans son fauteuil1 presque ca* d]rire un j\rnal1 on le tire de sa lecture1--il montre d'abord un visage hriss et svre1 les yeux froids s\s les lunettes d'or1 et ce va/e buisson de *eveux et de b>be1 br\ssaille o il a neig1 et o la b\*e la plus amre semble prte dco*] une fl*e de fiel4 ,qu'il lve la tte ou qu'il se ret\rne1 qu& il se croit reg>d1 l'homme sans li5s aux autres hommes pr5d d'abord sa df5se1 qui e/ cet air dur o l'ennui timide se retran*e et refuse l'accueil4 ,puis il s\rit1 ayant reconnu un porte-flambeau ou un esclave4 ,mais dj ce n'e/ plus lui4 ,ibs51 t\s les j\rs1 s'en va donc lire les n\velles dans le salon d'un htel4 ,que fait-il1 cep5dant1 dans la salle commune d'une maison1 o les passants vont et vi5n5t8 ,ce n'e/ pas assez qu'il suive des yeux les m\vem5ts d'une ville1 le conc\rs de t\tes ces f\rmis dans les tran*es et les tunnels de la f\rmilire4 ,e/-ce bi5 comme on l'a dit1 qu'il p>gne la dp5se des j\rnaux8 ,non2 qu& cette raison ne s]ait pas mauvaise1 elle ne peut pas seule tre la bonne3 ,ibs51 soixante-dix ans1 n'a pas p\r rgle de gagn] une ou deux c\ronnes sur les m>*&s de papi]s4 ,je ne compr5ds pas un gr& homme de cette manire basse4 ,non4 ,je vois dans ,ibs51 l'htel1 une image taciturne et sduisante du voyageur sd5taire1 en son exil sans ret\r4 ,il porte la vie du solitaire ces limites confuses1 o elle cesse presque d'tre huma9e4 ,se s5tir trang] t\t1 voil l'excs de la solitude4 ,ibs51 *aque j\r1 va vivre en banni1 l'aub]ge1 dans le va-et-vi5t de t\s ceux qui pass5t1 trang]s les uns aux autres et lui plus qu' p]sonne4 ,qu'ils soi5t de son pays ou non1 il n'e/ pas du leur4 ,quoi8 ,un si pr(ond dlaissem5t se dmunit encore8 ,oui1 le pr(ond ennui d'tre trang] sa propre vie met le comble la pr(onde am]tume de l'tre aux autres4 ,o la gt] mieux1 et t\te cette amre folie1 que dans une salle publique1 au milieu d'un htel qui reg>de sur le port1 et les navires en p>tance1 p> del une rue o le d\ble flot des hommes monte et desc5d8--,a la bonne heure1 c'e/ tre l dans la vrit de notre condition4 ,ici1 aprs une lecture sur le vol des m\*es1 relevant le front1 pe9e si l'on se reconnat soi-mme p\r soi-mme2 et la brume o flotte la p5se ne s'tonne pas du br\ill>d1 o les mts1 dans la rade1 f9iss5t de fil] la qu5\ille d'un j\r lugubre jamais rvolu4 trang] p>mi des trang]s1 dans une vie trangre t\te esprance1 voil ce que le solitaire rum9e d'tre et l'image qu'il se =me de la de/9e huma9e1 qu& il s'assi$ dans l'aub]ge de la plus noire solitude1 qui e/ le ds]t des hommes4 ,,viii ,,la ,,mort ,,froide ,l'orgueil de l'intellig5ce e/ le plus /rile de t\s2 c'e/ aussi le plus t5ace4 ,il e/ sans joie1 et dsol en ce qu'il console d'tre sans joie4 ,il re/e ceux qui n'ont plus ri51 et qui il a fait t\t p]dre4 ,t\te autre dom9ation donne le contact de la vie2 celle-ci en c>te au contraire4 ,les passions du cur sont p>eilles la m]1 dont la jeunesse e/ t]nelle1 et le *>me1 et la folie3 mme les temptes1 qu& elles tu5t1 emport5t la p5se dans un t\rbillon magnifique4 ,mais l'intellig5ce e/ un glaci] solitaire2 et il faut f9ir la nuit1 c\* sur le morne ocan de la neige4 ,l'orgueil de l'esprit e/ un artisan d'ennui incomp>able4 ,c'e/ le tiss]& des tnbres4 ,p>t\t la nuit1 la pr(onde nuit4 ,l'intellig5ce ne pr5d connaissance que de la nuit3 seule seul1 il ne se peut pas que l'homme la supporte4 ,la nuit e/ le mti] et la soie2 la ,p>que1 la fileuse et l't(fe qu'elle tisse4 ,t\tes les ides sont tissues sur le canevas de la nuit4 ,l'esprit scrte dans le vide1 comme l'abeille fait la cire4 ,mais l'abeille ne sait pas ce qu'elle fait1 c> elle e/ esclave dans sa rpublique4 ,la joie de p5s] ne survit pas la prime jeunesse2 ou s9on1 et si elle y suffit1 c'e/ une nature bi5 petite4 ,t\t tre =t sec\e l'orgueil de l'esprit1 comme un *i5 ses puces4 ,qu& il e/ trop t>d1 on se t5d l'am\r d'une convoitise sans bornes1 et peut-tre sans illusion4 ,c> il e/ t\j\rs trop t>d4 ,la vue ds]te du pass1 ce rceptacle de mlancolie1--voil l'horizon de l'orgueil4 ,et la pire d\leur s'avance1 p>eille l'heure que l'on n'vite pas3 la c]titude qu'on a t ce qu'on devait tre1 et qu'on ne p\vait faire autrem5t que l'on n'a fait4 ,on se s5t plus lg] aprs avoir pleur4 ,aussi1 jamais1 dans ,ibs51 on ne pleure4 ,la volont e/ l'me d'un monde froid1 une imag9ation sombre et sans piti4 ,face face1 dans la neige1 avec la nuit3 que re/e-t-il8--,la =ce de p\ss] la lutte jusqu'au b\t4 ,p\r unique esprance1 l'esprit se promet le repos dans le calme du rve4 ,c> il faut cd] enf94 ,le moi n'e/ pas le plus =t4 ,il y a beauc\p plus puissant que lui3 et c'e/ la nuit4 ,le d]ni] mot e/ la =ce4 ,la =ce e/ la seule morale du moi et du monde rel1 qui e/ le monde des corps4 ,l'am\r mme du vrai e/ un culte de la =ce4 ,je vois un am\r de soi1 et sans p>tage1 dans l'inexpiable culte de la vrit3 on abonde en soi-mme2 et que t\t le re/e s'y range1 ou qu'il en s\ffre1 s'il veut3 quelque *ose qu'on fasse1 avec la vrit1 on a t\j\rs raison4 ,c'e/ l'hi/oire de t\s les fanatiques2 et que la vrit de l'un soit l'erreur de l'autre1 quelle meilleure conclusion8 ,qu'e/-ce que la vrit8 dit ,ponce-,pilate4 ,du mo9s le prteur roma9 ne s'en fait pas accroire2 il p\rrait rpondre3 la vrit8 c'e/ mes lgions4 ,l'abus de la vrit e/ un abus de la =ce4 ,je le veux2 mais qu'on ne me donne pas cette glise p\r le temple du ju/e4 ,la vrit1 t\te sa vie1 ,ibs5 y incl9e2 il y fait t\s les sacrifices2 puis1 il sait ce que cette foi lui cote4 ,mais quoi8 ,il faut se s\mettre4 ,une bonne tte doit cd] la =ce3 t\te rvolte e/ absurde1 indigne de l'intellig5ce4 ,voil1 dans la nuit noire1 de quoi aiguis] comme un c\teau le tran*ant glac des tnbres4 ,,tre ,,soi-,m,,me ,ibs5 ti5t bon jusqu' la f93 il ne veut pas se donn] tort4 ,comm5t le v\drait-il1 puisqu'il ne le peut pas8--,nos ides ne sont si =tes et ne n\s sont d'un si gr& prix1 que p>ce qu' la longue elles n\s faonn5t4 ,il importe peu que ce que n\s p5sons n\s dsespre4 ,il n\s faut p5s] comme n\s sommes4 ,en v]tu de quoi n\s avons des p5ses contraires1 qui se combatt5t sans m]ci1 image de notre contradiction4 ,ibs5 se contr$it1 comme n\s sommes t\s =cs de faire1 si l'intellig5ce ne le cde pas en n\s la passion4 ,c\* dans le ds]t glac o l'empire du moi ne connat pas de limites1 il tremble de t\s ses membres2 il n'a mme pas beso9 de lev] les yeux1 p\r savoir que l'avalan*e pse au-dessus de sa tte1 et que la cata/rophe e/ p\r dema94 ,il sait donc ce qui l'att5d2 mais il ne peut faire autrem5t que de se c\*] sur la place et de dire3 ,voil p> o j'ai pris p\r v5ir en ce lieu2 or le *em9 que j'ai suivi e/ celui que v\s devez pr5dre4 tre soi-mme1--il ne nie po9t qu'il l'a v\lu2 lo9 de l1 puisqu'il le veut encore4 ,le glaci]1 l'avalan*e et la nuit lui font horreur2 mais dans ce froid nocturne1 il p]si/e croire qu'il n'y a pas de plus belle c\*e p\r un homme4 ,dans les victoires de la raison1 quel pr(ond ds5*antem5t de la raison6 ,qu'elle e/ morte1 dans t\te sa gloire6 ,que sa p>faite logique e/ peu p]suasive6 ,qu'elle m'e/ de peu qu& elle e/ t\t6 ,il e/ bi5 vrai que je ne vis pas de ?ormes2 et1 cet g>d1 la diffr5ce du plus ju/e1 du plus t5du en ses consqu5ces1 au plus pauvre et sans suite1 n'e/ pas gr&e4 ,j'ai connu t\s les j\rs davantage combi5 l'am\r et la foi vont ensemble3 la vie porte l-dessus4 ,la foi e/ vraim5t ne de l'in/9ct2 et l'in/9ct fait t\rn] les mondes1 qui ne sav5t mme pas s'ils t\rn5t1 et n'ont aucun beso9 de le savoir1 p\r t\rn]4 ,il va sans dire que l'in/9ct1 comme la passion1 p>at une faiblesse aux g5s de raison1 et presque une face du crime4 ,leur sagesse prvoit un sicle et un monde sans passion1 comme on a compt sur un ge sans p*4 ,mais p\rquoi s'en t5ir l8 et p\rquoi pas un monde sans vie8 ,la sagesse ne s]a vraim5t sage que si elle se passe de la vie4 ,c'et t le compte de l'intellig5ce4 tre soi-mme1 dit ,ibs52 il sait quoi il se condamne3 t\j\rs le nom de l'am\r lui vi5t aux lvres2 le regret d'aim] l'obsde4 tre soi-mme1 fait-il p> =ce1 mais aim]1 ri5 ne vaut que d'aim]1 qui e/ dire3 de n'tre pas soi-mme4 ,ibs5 di/+ue en va9 la loi des hommes et la loi des trolls1 celle des tres libres qui comm&e3 ,sois ce que tu es1 et celle des tres borns qui dit3 ,suffis-toi toi-mme4 ,je vois p>t\t des trolls1 et presque pas un homme4 ,l'ide d'tre un homme infatue t\s les hommes3 comble de ridicule en presque t\s4 ,comme s'il tait p]mis leur indig5ce d'y prt5dre2 et comme s'il n'en cotait pas t\te leur =tune1 mme aux hros4 ,qu'on le donne1 qu'on le pr5ne1 qu'on le r5de1 il n'e/ po9t d'am\r qu' ne plus tre soi4 ,le supplice du moi e/-il donc fait p\r t\s8--,a quoi bon y prcipit] la f\le des hommes1 que son pauvre in/9ct et sauve1 mille fois plus sr que t\te sagesse8--tre soi-mme8 ,comme si plus d'un homme l'tait1 ou p\vait l'tre1 t\s les v+t ans1 entre v+t millions8 ,comme s'il y tr\vait1 non pas mme la joie1 mais seulem5t un peu de repos8 ,comme si t\te la beaut1 t\te la v]tu1 t\te la =ce huma9e enf9 d'hommes en nombre inf9i1 n'tait pas ne jamais tre soi-mme1 suppos qu'il leur ft possible de *oisir8--,bi5 lo9 qu'ils doiv5t l'tre1 qu'ils ne viv5t au contraire qu' la condition de ne l'tre pas4 ,la pire trivialit n'e/ po9t du t\t d'tre comme les autres2 mais1 n'ayant po9t reu le don mortel de l'orig9alit1 de prt5dre en avoir une4 ,o la tri/e s+]ie6 ,en vrit1 c'e/ aux s+es que le royaume des cieux n'e/ pas promis4 ,l',,am]tume ,c'e/ l'excs de ma joie qui fait l'excs de ma misre4 ,l'am\r sans bornes de la vie e/ l'espace inf9i o je succombe4 ,je tremble cause que j'aime4 ,je m'veille dans l'p\vante1 cause de la spl5deur du rve o je m'endors4 ,et l'horreur du nant se mesure la beaut enivrante de vivre4 ,qu& on mesure la passion la plus puissante et l'ef=t le plus noble de l'me l'effet qui les suit1 le cur se brise de tri/esse3 la fl*e trempe dans le cur>e ne contracte pas les muscles1 et ne les frappe pas d'une roideur plus convulsive4 ,la dception e/ encore plus ttanique1 si l'on compte la =ce que l'on a p\r agir et p\r aim]1 la trahison du monde4 ,l'intellig5ce a si peu de "p ce pr(ond ennui1 qu'elle donne raison au monde4 ,que f]ait-il de cet am\r1 de cette =ce1 de cette ri*e action8 ,il ne lui en faut pas tant4 ,il se dfie3 l dess\s1 il s5t le moi qui se ca*e4 ,quelle va/e drision6 ,une moqu]ie inhuma9e fait mon imm5se p]spective4 ,et je n'y puis rpondre p> la raill]ie3 mme j\e1 mon me ne j\e pas4 ,v\e au rve1 et en sa*ant la suprme vanit1 elle prfre ses miracles l'horrible insulte de ce ds]t4 ,a la drision de la vie1 rpond la gr&e am]tume4 ,dception p]ptuelle1 ennui total1 vide au noyau des passions les plus ple9es1 et1 *em9 faisant1 une joie m]veilleuse qui n'a pas de s5s1--ri5 ne p\rra me =c] de faire l'*o au rire qui m'insulte4 ,mon am\r de la vie me confond bi5 plus que ma tri/esse4 ,c> p\rquoi me dup] a9si moi-mme1 et d'une telle ardeur que *aque in/ant r5\velle8 ,a quoi mesur] la gr&eur du moi1 s9on au dsespoir qu'il y tr\ve1 et au dfi passionn de rdemption qu'il y n\rrit8--,de l nat l'am]tume4 ,ibs5 e/ bi5 am]4 ,l'am]tume e/ l'ironie naturelle aux mes =tes4 ,la salutaire am]tume vi5t du moi et y ret\rne4 ,elle e/ comme une ,victorieuse qui1 deb\t et seule dans la victoire1 laisse tomb] ses droits3 ,a quoi bon8 et que f]ai-je du triomphe8 ,triomph] p\r triomph]8 ,mais je ne suis pas un petit enfant qui j\e1 p\r m'en satisfaire4 ,aprs s'tre bi5 r\l sur le sable1 l'enfant a sa mre1 qui le met table1 le c>esse et le c\*e prs d'elle1 veillant sur sa nuit4 ,salutaire am]tume p\rtant1 en ce que le cur y comp>e sans cesse l'extrme1 l'unique d\ceur de l'am\r4 ,il e/ bi5 pass1 le temps o l'on p\vait tre plus am] aux autres qu' soi-mme4 ,le moi1 c'e/ l'a/re qui compte ses in/ants et qui se s5t desc5dre4 ,ha6 bi5 plus encore3 c'e/ le soleil passionn de la vie1 son c\*ant dans la m] de la mort4 ,le moi1 c'e/ la mort4 ,,le ,d,,sir ,d',,am\r ,p\r se r5dre plus noble1 et p\r croire sa noblesse1 le moi se fait t\t esprit4 ,il abdique volonti]s les passions1 et1 lo9 de l'in/9ct1 il s'intronise dans le royaume mort de la connaissance4 ,il le croit faisable1 du mo9s4 ,dans la pratique1 l'esprit ne conoit gure un autre lui-mme2 et il n'y croit pas4 ,le moi n'aime pas qu'une p]sonne huma9e soit ente sur sa p]sonne4 ,il se dfie de ce scion vivant qu'on veut insr] sa tige4 ,il se plairait plutt bran*] les arbres vois9s3 c> t\t lui fait ombre4 ,qu'il le veuille ou non1 le moi e/ le pr(ond ennemi de l'am\r4 ,p\r ses premires armes1 et sans mme y faire ef=t1 l'am\r tue le moi4 ,dans la femme la plus p]v]tie1 il lui re/e cette =ce4 ,c'e/ p\rquoi la t5tation e/ si aigu de faire s\ffrir les femmes qui n\s aim5t1--et p\rquoi t\t bonheur e/ p]du1 si l'on y cde4 ,ceux qui ont pass p> l1 ont su1 depuis1 la gr&e v5geance du cur3 pas une raison de t\rm5t] ceux qui n\s aim5t1 qui ne soit folle4 ,que les femmes soi5t amres comme la mort3 mieux vaut encore s\ffrir p> elles1 que de les faire s\ffrir4 ,aprs t\t1 la d\leur e/ la m>que de l'am\r4 ,la piti vi5t au cur p\r ce qu'on aime4 ,am\r1 t\te =ce1 veut effac] la d\leur4 ,il n'en e/ qu'un moy53 soi1 qu'am\r la pr5ne4 ,dans une me puissante1 le dsir de la consolation e/ p>eil la convoitise de la volupt la plus tran*ante2 et la soif e/ gale de b]c] une crature dans le bonheur qu'on lui donne1 et dans la s\ffrance qu'on lui fait oubli]4 ,telle e/ la rcomp5se inf9ie de l'am\r3 un oubli de soi4 ,l'esprit l'ignore4 ,le gr& dsir d'am\r1 c'e/ la piti3 pla9dre1 et mme tre pla9t4 ,le moi e/ un adulte1 presque un vieill>d3 il mprise ces b]ceaux2 il ne compr5d gure cette d\ceur2 il la rep\sse4 ,ibs51 ple9 de dons qu'il n'a pu faire1 connat la victoire1 de ce cruel am\r qui n'a po9t de piti1 qui ne procure pas l'oubli1 et n'(fre enf9 l'homme que les dlices d'un combat4 ,vivre t\j\rs t5du1 l'pe la ma92 t\j\rs agir1 et t\j\rs m>*] droit1 mme dans le vide1 mme qu& on le s5t aussi vide qu'il e/2 t\j\rs se dbattre1 p\r t\j\rs dom9]1 et sur un empire misrable3 quelle duret6 ,quel absurde p>ti6 ,et1 sur le t>d1 si l'on reg>de d]rire soi la r\te mprise1 puisqu'on a f9i de la p>c\rir1 quel regret6 ,je vois dans ,ibs5 une d\leur bi5 r>e3 il n'a pu s'oubli]4 ,la m]veille n'e/ pas de g>d] la mmoire1 c'e/ d'en s\ffrir4 ,son dsespoir lui rappelle que ri*e du gr& am\r1 il n'a pas su en tre prodigue4 ,il faut pla9dre les pauvres de cur1 mais combi5 plus ceux qui sont les plus ri*es1 et ns p\r donn]3 la f91 ils se dplor5t eux-mmes1 et leur ri*esse qu'on envie4 ,c> ce n'e/ encore ri5 d'avoir tant donn]3 considrez la misre de n'avoir pas tr\v qui l'on donne4 ,on demeure en soi1 malgr soi4 ,on tue l'am\r1 sans le v\loir1 =ce de le *]*]4 ,et sans plaisir3 on n'a mme pas eu la joie du meurtre1 cette basse passion du moi1 qui fait les mes meurtrires4 ,,ix ,,le ,,moi ,,e/ ,,le ,h,,ros ,,qui ,d,,sesp,,re ,o la dure passion1 celle d'tre6 ,*aque heure du j\r la r5\velle4 ,t\t e/ beau2 t\t e/ sans prix2 et t\t fuit4 ,l'am\r n'e/-il pas beauc\p plus impitoyable que la ha9e8--,l'am\r me fait s5tir t\t in/ant la valeur et l't5due de ma p]te4 ,le bonheur des sa9ts e/ celui-ci3 ils possd5t davantage mesure qu'ils p]d5t4 ,t\t ce qui leur e/ pris d'in/ant en in/ant1 leur fait un trange avancem5t d'hoirie4 ,j'ent5ds la gaiet des sa9ts4 ,p\r tel que va le commun des hommes1 les optimi/es j\iss5t le mo9s de la vie1 il me semble2 ils ignor5t les dlices tremblantes de la possession trs prcaire1 qui la font gt] c5t fois dans le cur et dans la p5se comme p> le fait de la *air mme4 ,o de t\tes les passions la plus dure1--celle d'tre6 ,plus tu aimes la vie1 et plus tu dsespres de vivre4 ,c>1 tu en sais bi5 la f93 ici un s\ffle2 et la lumire e/ te9te4 ,et que cette div9e illum9ation brille s\s le ciel sans moi8--,quel abme de dsespoir m'ouvr5t mes seules tnbres6 ,les sages sont sans d\te les mdiocres1 selon l'op9ion des anci5s4 ,et les mdiocres sont les indiffr5ts4 ,mais les plus tri/es aim5t le plus la vie4 ,ils sont l'me du sabli] qui s'c\le4 ,la pr(onde am]tume e/ dj sur la langue des hommes1 qui ont baign de t\t leur tre dans la lumire du soleil1 qui l'ont aspire p> t\s les pores1 comme un fleuve de miel4 ,ce n'e/ pas cause que mon pre a mang du fruit v]t1 que j'ai la b\*e agace du gt aigre2 mais p>ce qu'il a trop aim le miel1 et que mes lvres en sont b>b\illes3 elles l'ont t ds les si5nes4 ,*aque j\r1 cette onction dlicieuse s'puise2 et plus je la dvore1 plus j'en suis avide2 et ma gorge se fait trs amre4 ,ibs5 e/ le type de la gr&e am]tume4 ,c'e/ le gt propre de la vrit4 ,et son propre m\vem5t1 c'e/ qu'elle dva/e4 ,qui peut ni] l'importance s\v]a9e de ,dieu p\r la vie de l'homme8--,je laisse de ct la conduite2 c>1 si la peur n'a po9t cr les dieux1 la cra9te suffit crer les lois4 ,en politique1 les plus =ts s'arrang5t t\j\rs p\r tre les plus ju/es2 ou p\r le p>atre1 ou p\r =c] les plus faibles le croire1 s'ils ne le sont pas4 ,mais bi5 plus que la cit1 c'e/ le bonheur de l'homme qui e/ en jeu4 ,il e/ tonnant que si peu de g5s s'en d\t5t4 ,comme le sang c\le dans les ve9es1 l'attrait du bonheur se rp&1 ds l'orig9e1 dans l'me vivante4 ,t\te la vie gravite v]s le bonheur4 ,c'e/ la premire loi4 ,ri5 n'e/ calculable que selon elle4 ,je ne p5se po9t qu'une orbite y satisfasse1 s9on celle de la foi1 et si l'on veut1 de l'ignorance4 ,je ris d'une sagesse qui dtruit le bonheur4 ,a?nes n'a pas si mal fait de donn] la cigu au trop sage ,socrate4 ,je ne vois po9t de bonheur qui ne ju/ifie t\te ignorance4 ,si pauvre soit-il1 et si paisse qu'on la v\dra4 ,ibs5 en e/ ple9 d'atroces exemples3 jusqu' la f91 il montre qu'un mme c\p de v5t emporte l'ignorance et les semblants du bonheur4 ,il ne j\it pas de son uvre2 il en pse les ru9es4 c\tez-moi bi51 dit ,solness4 ,t\t ce que j'ai russi faire1 btir1 crer1 r5dre beau1 solide1 et noble cep5dant1--t\t cela1 j'ai d l'a*et]1 le pay]1 non pas avec de l'arg5t1 mais avec du bonheur huma94 ,et non pas mme avec mon propre bonheur1 mais avec le bonheur d'autrui4 ,il faut croire1 et ne pas le savoir4 ,ou1 il faut ne croire ri51 mais ne pas s'en d\t]4 ,on n\s p>le sans cesse des anci5s1 qui1 dit-on1 n'avai5t pas beso9 de ,dieu p\r vivre4 ,en effet1 il leur en fallait c5t1 et plutt que de n'en pas avoir un1 ils s'en donnai5t mille4 ,qu'importe l'op9ion de deux ou trois philosophes8 ,ils n'ont jamais compt p\r ri54 ,la philosophie n'e/ jamais qu'un dialogue des morts4 ,il faut des dieux aux vivants4 ,sauf quelques matres de danse qui inv5t5t l'hi/oire p\r s'en faire des argum5ts1 t\t le monde sait que la cit antique e/ ne du culte4 ,la religion e/ mle t\s les actes de la vie publique4 ,le peuple y e/ plus dvot qu'il ne l'a jamais t depuis4 ,la cit antique e/ fonde sur l'autel des dieux4 ,t\te la diffr5ce e/ que ces dieux ne comm&5t po9t la v]tu ni le scrupule p> leur exemple2 mais les lois y ont t\j\rs suppl1 et =t durem5t4 ,la manie de confondre la religion dans la morale n'e/ pas le fait d'un esprit bi5 libre4 ,que t\tes deux se s\ti5n5t1 il e/ vrai2 mais 9galem5t4 ,l'une se passe =t bi5 de l'autre1--qui e/ la religion4 ,la morale ne lui r5dra pas la p>eille3 elle ne peut4 ,c'e/ la vie mme que se lie la religion2 elle procde de l'in/9ct le plus radical dans l'homme1 le dsir de vivre4 ,la morale n'e/1 t\te seule1 qu'une rgle gnrale de conv5ance3 il s'agit d'accord] les actes et les apptits de *aque homme ce qu'exige le puissant in/9ct commun t\s4 ,c'e/ p\rquoi la morale v>ie2 et la religion ne s'en s\cie gure3 elle ne s'inquite pas de ces v>iations2 c> le fond de l'homme demeure le mme4 ,il n'e/ pas un de ceux qui invoqu5t les anci5s1 qui pt s\ffrir1 un seul j\r1 la vie antique4 ,g! tait plus prud5t3 il v\lait que l'on accordt l'anci5 plaisir de vivre et la s\ffrance n\velle4 ,et enf91 ces temps sont fabuleux4 ,quoi encore8 ,les gr&es mes1 dans l'antiquit1 tai5t tri/es aussi4 ,l'ironie n'e/ pas mdiocre de voir les gr&s esprits rejet] la religion1 sans p\voir se dfaire de la morale4 ,ibs5 e/ admirable dans cette entreprise4 ,on lui croirait des remords4 ,je sais bi5 ce que c'e/3 sur les ru9es1 c'e/ le cri de la vie4 ,la morale e/ le j\rnal de la religion4 ,on brle t\s ses livres1 et on ne peut se pass] de lire le j\rnal4 ,ibs5 se r5d peu peu entirem5t libre de ,dieu1 du culte et de t\te glise4 ,il ne se dlivre pas de soi4 ,il essaie en va9 de dp\ill] la morale4 ,pas un homme un peu pr(ond ne f]ait mieux que lui3 n\s n\s reg>dons trop faire4 ,qu& n\s invoquons le plus la vie1 et que n\s portons plus avidem5t la ma9 sur elle1 c'e/ qu'elle n\s *appe4 ,de quoi s'affran*it-on8--,de la vie1 et non de ce qui la gne4 ,on ne dp\ille pas mme l'in/9ct de vivre3 on ne rejette que le gt qui y atta*e4 ,et l'on ne peut se dlivr] de la consci5ce4 ,c'e/ le contraire qu'il faudrait faire1 si l'on tait sage2 mais c'e/ ce qui n'e/ pas possible4 ,la sagesse ne manque pas tant que les moy5s4 ,p\r tre libres1 et p> une p5te fatale1 n\s dtruisons t\t ce qui n'e/ pas le moi3 c'e/ en va94 ,bi5tt1 en dpit de t\s les ef=ts1 le moi rtablit ce qu'il a v\lu dtruire4 ,mais la joie a pay les frais de la gu]re4 ,quiconque arrive la connaissance de cette dte/able contradiction1 se dsespre3 il s'e/ dc\v]t une incurable maladie4 ,et ceux qui ne la dc\vr5t pas1 font piti p5s]3 ce sont des infirmes qui propos5t leurs bquilles et leur p>alysie en panace non seulem5t aux malades1 mais aux g5s bi5 portants4 ,l'esprit n'exige aucunem5t le bonheur de l'homme1 ni la vie4 ,voil ce qu'on ne peut trop r$ire4 ,cet impassible ennemi t5d t\t le contraire4 ,comme s'il devait tant s'agir de l'esprit1 qu& il s'agit d'abord de vivre8 ,ibs5 se replie sur soi-mme1 comme la =t que c\rbe un t]nel orage1 et le v5t la fait mo9s ploy] qu'il ne la viol5te4 ,a9si n\s t\s1 qui sommes sans espoir1 n\s vivons en ,norwge4 ,c'e/ un climat de l'me2 et il rgne aussi en ,anglet]re1 quelquefois1 et p>fois aussi en ,bretagne4 ,on peut quitt] un pays1 et se port] dans un autre2 on laisse l'ocan d]rire soi4 ,peut-tre mme1 l'am\r aidant ou1 s'il en e/1 une autre occasion div9e de =tune1--l'me connat-elle div]ses saisons4 ,mais le climat de la p5se1 une fois tabli1 ne v>ie gure2 l'intellig5ce le fixe une fois p\r t\tes2 et le sicle n\s y reti5t avec une inflexible rigueur4 ,on ne s'*appe pas2 ni on n'*appe au monde1 ce qui e/ pis4 ,que ce monde-ci croie la joie1 et qu'il la gte1 ou qu'il ait l'air d'y croire1 il fait comme s'il y croyait4 ,de l vi5t la loi sans piti que la f\le des hommes fait pes] sur l'homme sans esprance4 ,il n'e/ pas aim1 ni mme ha1 si l'on veut3 il e/ mis l'c>t4 ,il a v\lu l'tre2 ou plutt il y a t =c1 en v]tu de sa nature1 raison de ce qu'il e/ et de ce que sont les autres4 ,mais combi5 ils se sont t\s compris1 demi mot1 sans se conc]t]1 p\r rompre t\s les ponts entre les deux rives4 ,voil notre ,norwge et le climat social de ceux qui1 privs de ,dieu1 ne se peuv5t pass] de ,dieu2 qui la vie ne r5d presque ri5 de l'imm5se trsor qu'ils y placr5t1 et qu'ils y ont p]du4 ,il n'e/ pas si facile que les rhteurs et les mdiocres le prt5d5t1 de se faire un ,dieu du g5re huma94 ,le corroyeur de ,paphlagonie a beau se frapp] sur la cuisse1 le dieu dont il e/ membre1 et l'une des plus =tes b\*es1 ce dieu n'e/ pas de ceux qu'on accepte les yeux f]ms1 ni qui l'on se livre3 c> ador]1 c'e/ se livr]4 ,mais au contraire1 ceux qui ont t si puissants que de se s\/raire t\te contra9te1 et de t\t immol]1 mme le bonheur1 la passion d'tre libres1 ceux-l1 qui ont rep\ss le meilleur matre et le plus beau de t\s1 ne sont pas prs de se livr] la premire puissance v5ue4 ,et-elle nom ,humanit1 elle n'e/ pas si belle que son nom2 et comme il faut t\j\rs que des hommes vivants fass5t un corps aux ab/ractions1 p\r qu'elles ai5t l'air de vivre1 celle-ci leur emprunte une laideur p> trop insol5te1 mme dans une idole4 ,que re/e-t-il en cette extrmit8--,une d\leur passionne d'avoir vcu1 que le dsespoir de m\rir r5d manife/e2 et le regret sans f9 de l'unique bonheur3 c'e/ le regret du gr& am\r2 et1 ne l'ayant pas reu1 le remords de ne s'tre pas entirem5t donn soi-mme4 ,c> mo9s de l't]nelle vie1 cette vie ne n\s e/ ri5 que la somme de t\t ce que n\s p\vons p]dre4 ,dans les honneurs qu'on lui a r5dus1 ,ibs5 m'a p>u le plus ddaigneux des vieill>ds4 ,au banquet que lui (frir5t les femmes libres1 il fit en deux mots l'loge de la famille4 ,ayant dn avec eux1 il dit aux rvolutionnaires qu'il allait f9ir la soire *ez le roi2 et aux c\rtisans il annona1 du ton discret ord9aire son exquise politesse1 qu'il irait s\p] *ez les an>*i/es4 ,ce gr& homme ne croit plus gure aux ides4 ,l'arti/e seul demeure4 ,il e/ fidle1 p> tempram5t1 la fiction d'une vie libre et pure4 ,avant t\t1 sa fibre e/ morale3 c'e/ elle qui fait le li5 entre les contradictions4 ,il a la consci5ce =te1 comme il a de gros os4 ,je suis d'un il avide son dcl9 furieux4 ,une imm5se am]tume se fait j\r dans son indulg5ce et son mpris4 ,il ne p5se qu' soi2 il ne vit que p\r soi2 et sans d\te avec horreur4 ,les outrages de la f91 les atte9tes de la vieillesse et de la mort1 il se roidit l contre1 comme on se df5d d'une irrp>able injure4 ,il fait le brave4 ,dans ses maux1 il lve la tte1 et je crois l'ent5dre faire son ,oraison du mauvais usage des maladies4 ,je m'irrite1 p>ce que je suis seul2 et qu'il ne me re/e ri54 ,je n'avais que la vie4 ,je la mprisais comme un nant4 ,et p\rtant1 elle seule tait solide2 elle e/ encore t\t ce que je ti5s1 et qui dj m'*appe4 ,a9si1 je suis en*an t\t enti] ce qui n'e/ presque po9t4 ,prcieuse et misrable vie2 =tune qu'il faut p]dre1 et qu'on ne retr\ve pas2 nulle et relle t\tefois1 en ce qu'elle e/ la seule o l'homme puisse atte9dre1 ds l'in/ant qu'il ne peut plus sortir de lui4 ,elle te1 je p]ds t\t3 et je me le dis sans cesse4 ,et le c\rs du soleil1 l'ombre qui me suit1 sans cesse le rpte4 ,le vieill>d e/ celui qui fait les comptes de sa p]te et qui ne peut s'en dta*]1 *aque heure effaant un nombre la colonne des *iffres3 l'avoir de mon bi51 plus qu'une page2 plus qu'une demie2 plus que trois lignes2 plus444 ,qui me consol]a dans l'ignoble extrmit de ne plus tre8 ,sont-ce les hommes8 ,mais ils cont9u]ont bi5 d'tre sans moi4 ,il faudrait que je crusse inf9im5t moi-mme1 p\r un peu croire v\s4 ,mon t]nit seule p\rrait tre le gage de la vtre4 ,vos bons (fices ne m'aid]ont pas m\rir4 ,la sa9tet ne dp5d pas de v\s4 ,il e/ trop t>d4 ,je v\s en veux de ce que v\s n'avez pas fait1 d'abord1 en voyant ce que depuis v\s v\s mlez de faire4 ,v\s m'aid]ez bi5 m\rir8--,c'e/ vivre qu'il fallait m'aid]3 j'y aurais pu g>d] foi2 v\s l'avez ru9e de bonne heure1 au contraire4 ,je n'ai ri5 d qu' moi seul4 ,et s'il n'avait t5u qu' v\s444 ,dsormais je suis p\r moi-mme ce qu'autrefois v\s ftes2 et ce que j'tais alors p\r moi1 v\s l'tes en va93 je n'y crois plus4 ,je v\s le dis amrem5t3 v\s ne m'avez pas connu4 ,la =ce de l'homme qui ne s'emploie ni dans la politique1 ni dans les j\rnaux1 ni dans les affaires1 ni dans les armes e/ ce que l'on connat le mo9s4 ,il n'e/ mdec9 ou savant +nieur qui ne se croie bi5 plus utile qu'un sa9t ou qu'un gr& pote1--et1 aprs t\t1 qui ne le soit4 ,je n'y contr$is plus4 ,mais qu& les g5s d'affaires1 le soir1 se mett5t au lit1 ils se c\*5t assurs d'avoir donn un ef=t incomp>able1 ayant u du j\r leur pr(it1 et celui des autres hommes p> surcrot4 ,c'e/ en quoi ils se tromp5t4 ,p\r le prix et l'utilit1 il va sans dire que le labeur de ces hommes affairs vaut son poids d'or2 et *aque mdec91 *aque j\rnali/e e/ un digne ,titus qui1 sur le t>d de la nuit1 peut se r5dre le tmoignage de l'emp]eur roma94 ,mais p\r la =ce et la valeur qui bat au cur d'un homme1 un sa9t dans sa cellule1 et le gr& pote devant son critoire1 ne s\ffr5t pas qu'on les comp>e p]sonne2 et p\rtant1 ni le premi] ne se vante1 ni le second n'e/ sr de ri54 ,ils dis5t comme moi3 ,je suis ma propre ombre444 ,ma consci5ce inquite me torture4 ,j'ai vu1 s\da91 que t\t1 vocation1 travail d'arti/e1 et le re/e1 ce ne sont que des *oses creuses1 vides1 insignifiantes1 au fond4 ,il v\s e/ trop facile auj\rd'hui de m'ent\r]1 aprs m'avoir condamn la fuite4 ,qu'ai-je faire de vos l\anges8 ,ce n'e/ mme pas un semblant d'am\r3 c> on n'aime en vrit que ceux qui s\ffr5t2 v\s m'avez laiss s\ffrir solitairem5t4 ,que suis-je p\r v\s8 ,ri5 de plus qu'un nom1 une faon de /atue4 ,v\s me montrez aux trang]s1 je le sais4 ,v\s me c\ronnez comme un mort3 c'e/ les tombes que l'on fleurit4 ,je v\s saurai gr de l'admiration1 qu& la pi]re du spulcre s]a *aude de vos lauri]s4 ,mais qui aime les tombes8 ,on se glorifie d'elles1 qui ne n\s sont ri54 ,en moi1 v\s ne vantez que v\s4 ,je n'ai jamais p5s v\s vant] en moi4 ,c'e/ l'am\r qu'il me fallait1 et qu& je p\vais le r5dre1 aussi vif1 aussi *aud que je l'ai s5ti3 jeune et =t1 comme j'tais1 et comme il me semble si indigne de ne plus tre4 ,alors1 j'eusse vcu2 et t\t et t *ang4 ,oh6 combi5 je v\s repro*e la vie que j'ai tant de fois dc\v]te1 et que je n'ai pas possde6 ,ce soir1 je reg>de d]rire moi2 je p5se avoir fait le rve de vivre1 comme le pauvre1 m\rant d'inanition1 songe dans son d]ni] sommeil qu'il s'assi$ au haut b\t de la table1 p\r un fe/9 royal4 ,v\s prote/ez en va9 de vos s5tim5ts p\r moi4 ,il e/ trop t>d1 v\s dis-je4 ,il e/ trop t>d2 et peut-tre1 p\r t\t4 ,il e/ trop t>d p\r me plaire au succs4 ,n\s ne p>lons plus la mme langue4 ,la jeunesse e/ passe4 ,je ne sais plus me v5dre4 ,la monnaie du bonheur n'a plus c\rs dans ma maison4 ,qu'en f]ais-je8 ,la d\ceur de vivre1 la joie des passions au soleil1 l'ivresse de croire et de gravir la montagne1 qu& on ne p5se mme pas jamais desc5dre1 voil les bi5s que v\s ne p\vez pas me donn]4 ,p\rtant v\s avez su me les pr5dre4 ,t\s vos trsors prodigus ne me les r5drai5t pas4 ,la =tune et la gloire1 comme v\s dites1 ne sont que la ranon d'un prisonni]1 que v\s avez fait m\rir dans sa prison1 avant de le dlivr]4 ,je suis ma9t5ant captif de la mort4 ,p]du dans ce t]rible inf9i du vide1 o l'homme ne tombe peut-tre au prcipice que p\ss p> la dsolation1 ou p\r avoir gliss sur l'arte d'une r\te glace1--je r\le ma9t5ant sur la d]nire p5te4 ,laissez donc4 ,je v\s dis m]ci2 je pr5ds vos (fr&es2 et votre applaudissem5t fait un bruit agrable mes oreilles4 ,mais ne comptez pas sur une plus ample reconnaissance4 ,je ne v\s aime pas4 ,v\s ne m'avez pas assez donn1 qu& il tait temps4 ,je suis le type du meilleur homme1 et du pire3 celui qui ne peut plus vivre et qui vit cep5dant4 ,l'horreur de *aque v]tu m'e/ prs5te1 et le bi5 dans *aque crime4 ,t\t e/ condamn p> l'homme1 qui ne juge qu'en homme4 ,je suis celui qui sais v\loir et qui dte/e sa volont4 ,je ne me pla9s pas3 c> de quoi s]ait-ce8 ,je devais tre ce que je suis4 ,et v\s deviez tre ce que v\s tes4 ,il fallait que je f9isse dans l'am]tume de vos honneurs1 comme je devais vivre dans la solitude4 ,il fallait que v\s en fussiez c\pables env]s moi2 mais je l'ai t contre v\s1 de n'tre pas ce que v\s tes4 ,je sais aussi ce crime4 ,p>fois1 je m'en abs\s4 ,le seul qui soit mon gal en ,europe se meurt1 comme je fais1 malade aussi et au mme ge3 mais heureux1 celui-l1 jusque dans la d]nire angoisse4 ,voil en quoi il me dom9e3 il a le bonheur3 il n'e/ que de croire la vie1 p\r croire soi-mme4 ,sa foi lui vi5t de v\s1 hommes4 ,a moi1 v\s l'avez refuse4 ,je suis plus intellig5t que lui3 je le compr5ds et il ne me compr5d pas4 ,mais c'e/ peu de l'intellig5ce4 ,je vais me taire4 ,je v\s ai habitus beauc\p de sil5ce4 ,je n'ai pas ouv]t bureau public de conseils1 d'oracles ni d'avis4 ,je me suis dt\rn de t\te votre politique4 ,ma b\*e e/ ple9e d'ennui p>ce que je v\s p>le4 ,l'atroce s5tim5t de ne po9t avoir en v\s de semblables1 tait sans d\te en moi de t\t temps2 mais combi5 v\s l'avez fait gr&ir6 ,la foi vi5t de v\s seuls1 hommes2 et de v\s seuls1 la vie4 ,a9si ma gr&e mort v\s accuse4 ,c> je suis gr&4 ,mais si j'ai la gr&eur1 depuis longtemps1 je sais1 moi1 que j'ai la mort gale4 ,et c'e/ de quoi je me dsespre2 ri5 de plus ne m'e/ laiss4 ,qu'importe le d]ni] t1 et les froides illum9ations de la gloire8 ,qu'importe t\te victoire8 ,o il n'y a qu'un homme et que la vie1 il n'y a ri52 la mort c\pe au plus c\rt4 ,seule elle e/ l1 l'9vitable torture4 ,t\s les bi5s du monde1 en va91 *>g]ai5t ma tte3 j'en s]ais cras davantage4 ,c'e/ en va9 que l'on me f]ait les plus ri*es promesses3 possesseur de l'univ]s enti]1 il me manqu]ait l'esprance du seul bi5 dsirable3 je suis dpossd de ce qui dure4 ,je triomphe et je dsespre4 ,je me possde2 je v\s possde2 et je n'ai ri54 #aija ,,do/o,,evski ,n ,mosc\1 le #ab octobre #ahba4 ,mort ,pt]sb\rg1 le #bh janvi] #ahha4 ,il p]d sa mre en #ahcg1 son pre en #ahci4 ,il tudie ,pt]sb\rg1 ds #ahcg1 avec son frre ,mi*el4 ,il entre l'cole du ,gnie militaire1 en #ahda2 il donne sa dmission en #ahdd4 ,il vit dans la misre jusqu'en #ahdf1 o il publie avec succs fles ,pauvres ,g5s4 ,de #ahdg #ahdi1 il donne sans succs plusieurs n\velles et romans4 ,il e/ impliqu dans l'affaire des ,ptra*evtsy1 arrt en m>s #ahdi1 condamn mort le #bb dcembre #ahdi2 commu en quatre ans de travaux =cs et la dportation1 il "p p\r la ,sibrie1 le #be dcembre #ahdi4 ,il vit au bagne1 de #ahej #ahed2 il en sort le #b m>s #ahed4 ,il e/ incorpor1 comme simple soldat1 dans un rgim5t sibri52 il y s]t deux ans2 et libr en #ahef1 sans aucunes ress\rces1 il se remet crire4 ,il p\se la veuve d'un mdec9 militaire1 femme malade et plus ge que lui2 il adopte le fils de cette femme4 ,vie misrable ,semipalat9sk1 #aheg-aheh4 ,aprs bi5 des dm>*es1 il obti5t de r5tr] en ,russie3 d'abord1 ,tv]1 #aheh-ahfj2 enf91 ,pt]sb\rg1 o il e/ r5du la lib]t entire1 sans conditions4 ,son preuve et son exil ont dur d\ze ans4 ,ds cette poque1 il a deux ou trois amis dv\s4 ,il fonde une ,revue avec son frre1 #ahfa4 ,elle a du succs4 ,elle e/ rsolum5t russe et nationali/e4 ,il publie ,humilis et ,(f5ss1 puis la ,maison des ,morts1 #ahfa-fb4 ,ces deux annes sont les meilleures qu'il ait encore connues4 ,il a quelques ress\rces1 et peut faire des voyages l'trang]1 #ahfb-fc4 ,mais sa sant e/ de plus en plus mauvaise3 atte9t d'pilepsie1 depuis #ahdi1 les accs se multipli5t lam5tablem5t2 et sa femme ne cesse plus d'tre malade4 ,enf91 il j\e et p]d au jeu t\t ce qu'il a4 ,en #ahfc triple dsa/re3 sa femme et son frre meur5t2 sa revue e/ supprime1 p\r raison politique4 ,deux familles re/5t sa *>ge1 avec qu9ze mille r\bles de dettes4 ,trois annes t]ribles1 de #ahfd #ahfg4 ,il e/ seul #de ans1 plus abattu *aque j\r p> l'pilepsie1 accabl de s\cis1 traqu p> les cranci]s4 ,il publie alors ,crime et ,*tim5t1 #ahfe-ff4 ,le #ae fvri] #ahfg1 il p\se une jeune fille de #bb ans1 ,anna ,grigorievna ,svitk9e4 ,il a eu quatre enfants1 deux morts en bas ge1 deux qui surviv5t4 ,de #ahfg #ahga1 il passe prs de c9q ans l'trang]1 *ass de ,russie p> la t]reur de la prison p\r dettes4 ,le plus s\v5t il e/ ,dresde ou il aurait pu voir ,ibs5 et ,wagn]1 qu'il semble ne pas avoir connus mme de nom4 ,le re/e du temps1 il sj\rne en ,italie1 en ,france1 en ,suisse et surt\t ,g5ve1 qu'il dte/e4 ,ces annes pe9euses et misrables sont p\rtant capitales dans son uvre4 ,la revue de ,katkov1 le clbre nationali/e or?odoxe1 publie l',idiot1 en #ahfh2 l't]nel ,m>i1 en #ahgj2 les ,possds1 en #ahga-gb4 ,en #ahga1 ,do/oevski r5tre a ,pt]sb\rg4 ,il n'en sort plus4 ,de #ahge #ahgg1 il dite une bro*ure priodique1 dont il e/ le seul rdacteur1 et qui fonde1 s\da91 sa gloire4 ,le ,j\rnal d'un criva9 obti5t un succs imm5se4 ,il fait plus p\r ,do/oevski1 c5t fois1 que t\s ses *efs-d'uvre ensemble4 ,a #ef ans1 il devi5t la voix de la ,russie mme4 ,il e/ l'criva9 national de son pays4 ,en t\te circon/ance1 il p>le dsormais p\r la nation3 propos de ,p\*k9e ou de ,nkrassov1 au sujet de la gu]re contre les ,turcs1 aux tudiants1 aux juges4 ,il a p\r lui le peuple et les lettrs4 ,en #ahhj1 il donne les ,frres ,k>amazov4 ,il meurt le #bh janvi] #ahha4 ,on lui fait des funrailles la ,victor ,hugo4 ,qu>ante-deux dputations suiv5t le convoi1 et reprs5t5t t\tes les classes de la socit4 ,le cortge s't5d sur la longueur d'une lieue4 ,qu9ze ans plus t>d1 ,tol/o condamnant t\s les livres et les si5s mmes1 n'excepte dans l'art mod]ne que les uvres de ,do/oevski4 ,jusqu'ici1 je n'ai po9t nomm ,do/oevski4 ,je n'ai jamais laiss voir le visage de ,fdor ,mikhalovi* dans mes cl>ts de midi1 ni dans mes brumes4 ,je rs]vais ce nom et cette figure quelque longue nuit de mditation o1 faisant mes comptes avec la gr&eur de vivre1 et t\te la s\ffrance quelle implique1 il me faudrait comp>] la somme ce que je connais de plus =t et de plus ard5t1 s9on de plus pur4 ,voici l'heure4 ,cette nuit1 j'ai vu l'arbre de ma pe9e sortir de mon cur2 et1 c\* sur le dos1 les yeux dans les toiles d'hiv]1 *tif li la mre1 et tel que je s]ai dans le v5tre t]nel1 r5\ au nombril de la mort1 je mesurais1 avec le calme du v]tige suprme1 le jet de la tige d\l\reuse2 et je suivais du reg>d mon arbre dans t\te sa croissance1 depuis les rac9es du se9 noir jusqu'aux gl&s des plantes et a ces capitules de lumire1 qu'on dit aussi navem5t a/]s4 ,j'tais l1 comme une caille l'corce de la vie et de la t]re4 ,et p\rtant1 dans cette /upeur pr(onde1 mon me ple9e d'am\r tait la sve mme de l'arbre4 ,et j'ai p>c\ru t\te la colonne de l'aubi] vivant4 ,et t\j\rs montant1 dans mon sil5ce1 je palpitais au firmam5t entre telle et telle fleur cle/e1 ou p5se1 ou s5tim5t4 ,alors j'ai s5ti1 dans la fire cohorte de ceux que j'aime le plus1 comme l'explosion d'un salut2 ou bi51 au milieu d'une joie d*irante1 telle la r5contre1 s\riant1 du mort le plus *ri1 se levant p\r me donn] la ma9 et me bais] au front1 ce nom et cette prs5ce admirables3 ,do/oevski4 ,en lui1 je veux me disc]n] moi-mme4 ,il faut desc5dre dans ce prcipice1 au flanc de la montagne2 et il faudra remont] la p5te1 du fond le plus bas1 jusqu'au sommet qui s'gale aux plus hautes cimes4 ,t\te la noirceur des crimes1 la folie des hros1 l'infamie des actes1 le monde porte ces masques2 et ,do/oevski n'en dissimule pas l'horreur4 ,mais il en e/ de ses laideurs et de ses tnbres1 comme des gueux1 des pauvres1 des petites g5s dans ,rembr&t3 des rois1 des sa9ts et des gr&s-prtres ca*s s\s les haillons4 ,il faut pntr] cette abondance t]rible d'am\r3 c'e/ alors que le pur visage de la vie se dc\vre1 une ardeur p\r la beaut que ri5 ne lasse1 un cur aimant1 un lan v]s la lumire1 une volont qui t5d sans rel*e la rdemption4 ,i ,,sur ,,sa ,,vie ,il e/ n en automne4 ,il e/ mort en hiv]4 ,il a vu le j\r dans une *ambre tri/e1 au fond d'un hpital o son pre tait mdec94 ,un soir de br\ill>d glacial il a r5du l'me dans la saison noire4 ,il a beauc\p respir la nuit polaire4 ,de l'aube tri/e aux ple9es tnbres1 il a t\j\rs eu comm]ce avec l'ombre1 et l'odeur des pauvres a t\j\rs flott aut\r de lui4 ,l'hpital de sa naissance tait l'hospice des m5diants4 ,le second de trois frres et quatre surs1 il a p]du sa mre comme il avait qu9ze ans1 et bi5tt aprs1 son pre4 ,il e/ de ceux qui les noirceurs de la vie ont t rvles de bonne heure4 ,enfant1 il a pass deux ou trois fois l't la campagne4 ,ses p>5ts avai5t un petit bi51 tr5te lieues de ,mosc\ prs de ,t\la1 vois9s de ,tol/o1 aprs t\t1 dans ce pays imm5se4 ,t\te sa vie1 il a rv des *amps1 et il n'a vcu que dans les villes4 ,a l'hpital ,m>ie1 c'tait dj la gne4 ,une famille nombreuse1 et plusieurs s]fs dome/iques1 se pressai5t dans un espace troit3 dix ou d\ze1 ils avai5t deux *ambres et une cuis9e4 ,on vivait l pauvrem5t1 mais *audem5t4 ,une piti ard5te tait la flamme de la maison4 ,le pre1 gr& lecteur des critures2 la mre1 humble et maladive1 t\j\rs prte l'oraison3 t\s les deux1 d'une foi que ne tr\ble aucun s\pon de d\te4 ,c'e/ l'antique esprit de la pla9e1 entre ,europe et ,asie1 les murs anci5nes1 la simplicit familire et la d\ceur d',ori5t1 avec la rgle scrupuleuse des *rti5s4 ,l'au/rit n'a ri51 ici1 de la roideur propre aux purita9s d',anglet]re ou aux piti/es du ,nord4 ,ils sont mo9s durs1 ces vieux ,russes1 qu'ils ne sont rsigns4 ,de viol5ts clats trav]s5t leur sil5ce4 ,ils ont cette facult d'motion1 qui e/ si gnrale en ,ori5t4 ,ils peuv5t ne jamais rire2 mais ils pleur5t2 ils sav5t pleur]1 et n'en r\giss5t pas4 ,le pre de ,do/oevski tait de cette petite noblesse qui s]t dans les rangs infimes de l'arme et de l'tat4 ,elle a j\1 l-bas1 le rle de la b\rgeoisie en ,france4 ,ces nobles sans =tune et de rang mdiocre sont artilleurs dans l'arme1 ou mdec9s1 ou pr(esseurs la ville1 +nieurs1 *imi/es4 ,comme ils n'ont ri5 que le maigre salaire d'un mti] ou d'un grade sans pre/ige1 ils p\s5t les filles des m>*&s4 ,telle tait la mre de ,do/oevski1 docile1 totalem5t s\mise son m>i1 la s]vante *rti5ne de la famille1 p>tage entre le mnage1 les c\*es1 la prire et le so9 des enfants4 ,les surs plus jeunes1 un peu l'c>t1 les deux fils ans1 ,fdor et son frre ,mi*el1 t\j\rs ensemble1 lis comme le p\ce et l'index1 sont v\s aux mmes tudes1 et1 jusqu' v+t-c9q ans1 ne se quitt5t pas4 ,le jeune ,do/oevski e/ lev dans l'intimit pr(onde de la famille1 o le li5 religieux fait un nud si solide t\s les autres4 ,il e/ s5sible l'excs4 ,sombre et t5dre1 p5sif et viol5t1 d'humeur p>fois exubrante1 le plus s\v5t taciturne1 en t\t il e/ extrme4 ,comme t\s ceux qui s5t5t avec passion1 il se donne peu et se conc5tre en lui-mme1 incapable de se prt] et ne p\vant se donn] que totalem5t4 ,affam d'affection1 il ne se lie p\rtant pas4 ,d'ailleurs1 il semble avoir t\j\rs t d'une sant *tive4 ,s9on malades1 ils sont t\s de corps inquiet1 dans la famille4 ,il ne nie pas qu'il n'ait eu un am\r-propre sans limites4 ,son c>actre maladif1 sa complexion *agr9e ne lui p]mett5t pas de se plaire en socit4 ,cep5dant1 il aspire l'amiti1 en t\s temps et de t\tes ses =ces4 ,il n'a jamais t de loisir4 ,les pe9es mo9dres ne le quitt5t que p\r faire place aux plus gr&es d\leurs4 ,la maladie le hante sans rel*e2 elle e/ t\j\rs sur ses talons4 ,qu& lui-mme n'e/ pas malade1 la maladie e/ encore dans la maison3 elle lui ti5t sa mre1 ou son frre1 et plus t>d sa femme4 ,avec les ans1 ses s\cis n'ont pas cess de crotre4 ,do/oevski e/ malheureux dans t\tes ses affections4 ,je m'tonne de lui tr\v] mo9s d'orgueil que d'am\r-propre4 ,t\t l'orgueil e/ p\r sa nation4 ,quant l'am\r-propre1 il n'e/ po9t en lui de vanit1 ni le signe qu'il se prfre autrui2 mais1 comme il ne connat po9t le cont5tem5t de soi1 il cra9t le jugem5t des autres3 il r$\te en eux la fausse note2 il press5t l'erreur son endroit2 il devance l'inju/ice qui l'afflige4 ,sa dfiance e/ t\j\rs dans l'ordre du s5tim5t3 enf91 il veut qu'on l'aime6 ,le risque de n'tre po9t aim l'irrite ou l'indigne4 ,c'e/ le seul homme qui ne soit pas plus petit1 mesure qu'on le voit plus susceptible4 ,ri5 ne lui si$ mo9s que les usages de la haute socit4 ,ce n'e/ pas qu'il soit d'allures ni de murs populaires4 ,la vulg>it lui e/ encore plus trangre que la di/9ction naturelle l'homme du monde4 ,il n'e/ bi5 vtu et bi5 lev que selon sa propre rgle4 ,l'effacem5t e/ la politesse1 en socit4 ,une me orig9ale1 plus qu'au gnie1 fait cri] au sc&ale4 ,si les g5s du monde sont une monnaie d'or1 p\r qu'elle ait c\rs1 il faut que la pice ne soit plus neuve1 que la frappe ait cess d'tre nette1 que l'effigie ne se laisse pas reconnatre4 ,d'or ou de plomb1 un ,do/oevski ne s\ffre pas d'tre effac4 ,il peut avoir l'lgance de sa simplicit1 dans la mise la plus simple2 mais il ne sait pas port] l'habit2 il n'e/ pas l'aise dans les vtem5ts que la c\tume impose1 ou la mode3 il y e/ dguis4 ,il y a des hommes qui transp>aiss5t1 quoi qu'ils fass5t1 trav]s t\s les usages du monde3 ils (fr5t le sc&ale de la nudit4 ,les usages ne sont faits que p\r donn] une enveloppe commune l'animal commun4 ,tel hros de salon n'e/ lui-mme que dans l'habit de t\t le monde4 ,mais ,do/oevski ne peut vtir l'habit de t\t le monde sans p>atre port] une dfroque1 et s'tre gliss dans le vtem5t d'autrui4 99 99 99 99 99 ,plus il t*e vivre en socit1 et mo9s il e/ sociable4 ,plus il aspire l'am\r1 mo9s il se croit digne d'tre aim4 ,il ne peut se faire l'ide d'tre t\t p\r les autres2 et mo9s d'tre t\t p\r eux1 il ne veut p\rtant ri5 tre4 ,voil le t\rm5t des curs passionns4 ,un beso9 d'am\r t\j\rs du4 ,il press5t1 il sait trop qu'il pse cruellem5t ceux qu'il aime4 ,t\t jeune homme encore1 il ne dort pas1 cause des p5ses qui le tortur5t4 ,les mots dsesprs sont ses propos d'habitude3 il s\ffre de la ville1 il s\ffre de la solitude1 il s\ffre de soi-mme et des autres2 ,pt]sb\rg et ma vie m'ont p>u affreux1 ds]ts1 dit-il un j\r2 et il conclut3 ,si ma vie avait d s'arrt] en cet in/ant1 je s]ais mort avec joie4 ,il ne fait presque jamais ce qu'il veut1 et telle e/ la maladie mortelle p\r t\t homme qui a une volont1 et une uvre qu'il rve d'accomplir4 ,e/-ce la mauvaise =tune qui le r5d malade8 ,e/-ce la maladie qui entrave sa =tune8 ,do/oevski e/ t\j\rs emp*4 ,ds les v+t ans1 la maladie et la misre se p>tag5t cette vie1 comme deux *i5nes t]nelles1 l*es p> le matre des meutes inf]nales4 ,avant le temps de sa gr&e rvolution morale1 le dgt de ce qui l'ent\re1 la gne1 les transes n]veuses1 les s\cis le r5d5t presque f\4 ,l'ide du suicide le hante4 ,il t\rne l'hypocondrie4 ,il e/ rong d'insomnies4 ,plusieurs ont alors p5s qu'il dt p]dre la raison4 ,il e/ avide de plaisir1 mais le plaisir l'cor*e vif2 la volupt le dtraque1 la j\issance l'att]re4 ,s'il se prive1 il s\ffre2 et il s\ffre encore plus qu& il sort de privation4 ,la ville ne lui vaut ri51 et il e/ condamn y vivre4 ,pt]sb\rg e/ un enf] p\r moi4 ,la gne et mme la misre l'ont t\rm5t sans rpit4 ,le malheur l'accable1 t\s les ges4 ,entre les deux extrmits de la d\leur matrielle et de la d\leur morale1 il se dbat dans une lutte p]ptuelle4 ,au db comme la f91 il gmit3 ,que m'importe la gloire1 qu& je travaille p\r mon pa98 99 99 99 99 99 ,on dit p>fois que la misre e/ bonne aux gr&es mes4 ,il p>at qu'elle les =tifie4 ,c'e/ l'ide de ceux qui n'ont jamais pass p> cette damnation et cet ensevelissem5t4 ,ils ne sav5t pas t\t ce que la misre a tu dans un homme3 les =ces qu'il a mises gratt] la t]re p\r en tir] son pa9 sont voles aux belles uvres qu'il et faites1 s'il avait t de loisir4 ,le mal qu'il s'e/ donn p\r t5ir bon1 les veilles1 la colre1 les angoisses qui puis5t1 que d'heures1 que d'annes p]dues6 ,la misre =tifie8 ,oui1 sans d\te1 quelquefois1 et quel prix8 ,on ne re/e deb\t que sur le cadavre de la joie4 ,et la misre tue aussi4 ,tel a t\j\rs t malade1 p\r m\rir avant le temps1 qui1 bi5 portant1 et multipli les *efs-d'uvre2 et d'abord1 il et vcu4 ,on oublie trop le plus bel et le plus sr avantage1 qui e/1 premirem5t1 de vivre4 ,la correspondance de ,do/oevski e/ un monum5t la misre du gnie1 un long cri de dsespoir4 ,lettres lam5tables1 en vrit3 c> on y ent5d l't]nelle lam5tation d'un t]nel m5diant4 ,a v+t ans ou qu>ante1 et c9quante comme tr5te1 c'e/ le mme gmissem5t4 ,il pleure fam9e4 ,il appelle au sec\rs4 ,il n'a plus de vtem5t1 il ne sait o tr\v] de quoi pay] son t]me4 ,il s'agit de pay] t\tes mes dettes avec mon pro*a9 roman4 ,si l'affaire ne russit pas1 il e/ possible que je me p5de#ca4 ,un qu>t de sicle ensuite1 ayant femme et enfant1 il crie3 ,il m'a fallu engag] mes pantalons p\r me procur] deux ?al]s4 ,elle1 ma femme1 qui n\rrit son enfant1 elle va engag] elle-mme sa d]nire jupe d'hiv]1 en la9e6 ,et p\rtant1 voil deux j\rs qu'il neige ici#cb4 ,note #ca3 ,lettre du #bd m>s #ahde1 ,correspondance de ,do/oevski1 traduite p> ,bi5/ock4 ,note #cb3 ,lettre du #af_/bh octobre #ahfi4 ,la dette a t son ,t>t>e3 il n'en e/ jamais sorti4 ,aprs ,crime et ,*tim5t1 dj clbre1 il a d fuir la ,russie p\r se s\/raire la prison4 ,il a err six ans l'trang]1 s\s le f\et de la dette4 ,exil1 p\r un homme comme ,do/oevski1 peut-tre plus dur que son temps de bagne en ,sibrie4 ,ce sont les dettes qui lui arra*5t les aveux pitoyables dont ses lettres sont ple9es4 ,elles le press5t2 elles l'p\vant5t2 il ne fait pas un m\vem5t qu'il n'en s5te la gne aux ent\rnures1 pas un ge/e qui ne les env5ime4 ,la dette e/ t\j\rs l1 p\r l'emp*] de satisfaire aux plus humbles beso9s qui le tiraill5t4 ,dans sa correspondance1 il n'e/ "q que de r\bles1 de prts1 d'avances1 de gages4 ,je r5drai tant2 j'aurai tant2 il me faut tant4 ,voil le nud de ses convulsions4 ,je v\s supplie6 ,p\r l'am\r du ciel6 ,au nom du ,*ri/6 ,p\r l'am\r de ,dieu6 ,il y a des lettres o ce cri du m5diant revi5t jusqu' neuf fois#cc4 ,a t\t in/ant1 il se pro/]ne1 att]r p> la pe9e3 ,je suis au dsespoir4 ,je suis p]du4 ,on tremble de sa propre impati5ce2 on a les n]fs t5dus d'att5dre avec lui4 ,au nom du ciel1 rpondez-moi6 ,une rponse immdiate1 p\r l'am\r de ,dieu6 c'e/ la prire qu'il rpte dix fois1 c5t fois1 mille fois1 t\tes les pages4 ,note #cc3 ,lettres de juillet #ahef4 ,et la misre des misres n'e/ pas de jen]1 ni de mang] son pa9 sec au *evet d'une femme malade4 ,il peut y avoir pis2 qu'il faille gagn] ce pa9 de *aque j\r avec son me1 qu& on e/ ple9 d'uvres qui n'ont po9t c\rs4 ,la plus noire in=tune n'e/ pas de s\ffrir1 tant qu'on peut suffire la s\ffrance2 mais d'tre dans les *anes1 qu& il faut vivre en ,tantale1 sp> de son art p> la maladie et t\s les vils s\cis de la vie quotidi5ne3 ils font la vie d'autant plus abjecte qu'elle devait tre plus gr&e4 ,comm5t puis-je crire1 t&is que je meurs de faim#cd8 dem&e le malheureux2 et l-dessus1 qu'exig5t-ils de moi8 ils exig5t de l'art1 de la puret potique1 sans ef=t1 sans dlire2 ils me donn5t ,t\rgu5ev1 ,gont*>ov et ,tol/o p\r modles6 ,qu'ils voi5t donc la condition1 moi1 o je travaille6 ,et1 p\r conclure3 ,t\te ma vie1 j'ai d travaill] p\r de l'arg5t2 et t\te ma vie j'ai cont9uellem5t t dans le beso91 prs5t plus que jamais#ce4 ,note #cd3 ,lettre d'octobre #ahfi4 ,note #ce3 ,lettre du #bf fvri]_/#aj m>s #ahgj4 ,voil bi5 le cri de t\te une vie4 ,voil ,do/oevski entre la maladie1 la misre et le deuil1 p5dant tr5te ans4 ,il lui faut t\*] au tombeau p\r avoir enf9 quelque rel*e4 ,les c9q d]nires annes1 o il r5contre la gloire et une sorte d'aisance1 sont la place au soleil1 qui sp>e de la fosse celui qui fait halte4 ,p\r v5ir jusque l1 un *em9 affreux dans les orties et les t\rm5ts4 ,et1 une fois sur la t]rasse1 qu'elle e/ vite trav]se6 ,la ma9 nocturne1 dont le ciel inf9i e/ la paume1 ti5t l'homme aux paules et le p\sse dans le dos4 ,encore un pas1 et la place dore tombe pic dans une m>ge de nuit1 troite hlas comme un corps d'homme ram5 au cocon1 mais d'une pr(ondeur insondable4 ,ni ,tol/o1 ni ,t\rgu5ev1 ni les autres fameux ,russes n'ont connu le sort du pauvre et du malade4 ,je ne p>le pas de l'homme humili3 c> ,do/oevski1 s'il a dvor les colres et la rage de l'arti/e mconnu1 n'a jamais t s5sible la honte du bagne4 ,un bagne politique1 la russe1 e/ un lieu ple9 d'honneur4 ,et d'ailleurs les crim9els mme1 l-bas1 acceptant la pe9e en consci5ce1 ne sont po9t honteux de leur crime1 puisqu'ils l'expi5t4 ,p\*k9e1 ,tol/o1 ,t\rgu5ev1 tant d'autres1 ce sont de ri*es seigneurs1 libres de leur temps1 en possession de la =tune et de ce bi5 sans prix3 une sant robu/e4 ,ils obiss5t leur fonction cratrice1 et ri5 ne la combat4 ,le bonheur du pote e/ l mme et non ailleurs4 ,do/oevski n'e/ pas de loisir4 ,do/oevski n'e/ pas plus libre que la ,russie1 sa mre4 ,il e/ dans les l>mes2 il e/ dans les prisons2 il e/ dans les *anes4 ,on le mne1 comme elle1 la pot5ce4 ,on ne lui fait grce que de la vie4 ,il *appe au gibet2 mais on le rs]ve la suite inf9ie des supplices4 ,or1 il ne s'y drobe pas4 ,il ne pr*e ni la s\mission au mal1 ni la rvolte4 ,il ose se prononc] p\r l'usage hroque de la s\ffrance4 ,il ose faire *oix de l'ex]cice puissant que le mal propose notre me1 celui qu'on n\s fait et celui que n\s sommes t5ts de faire4 ,p\r lui et p\r t\te sa race1 il embrasse le p>ti de l'am\r s\ffrant1 lequel1 selon moi1 e/ le seul am\r1 tant le seul qui accepte l'preuve du sacrifice4 ,et1 dans l'horreur de t\t ce qui l'ent\re1 p\r lui-mme et p\r son peuple1 ,do/oevski s\scrit la beaut de vivre4 ,d'ensemble1 c'e/ une vie hideuse que celle-ci4 ,a pe9e si l'on peut en support] l'ide2 mais que l'on considre la vie app>5te de ,do/oevski comme le moy5 de sa vie intrieure3 t\tes les durets de la =tune1 les injures du malheur1 autant de c\tres et de socs qui s]v5t1 tran*ants1 au lab\r de la beaut ca*e1 et que seul le d*irem5t du se9 devait r5dre visible4 ,voil comme en ,do/oevski s'opre la rvlation de t\t un monde4 ,tel il e/1 telle la ,russie4 ,de t\te ncessit il lui fallait tre condamn mort et qu'il allt au bagne avec elle4 ,do/oevski a cr p\r n\s la ,russie my/ique1 la ,russie cruelle et *rti5ne1 le peuple de la mission1 entre l',europe et l',asie1 qui porte l'ennui du crpuscule occid5tal le feu et l'me div9e de l',ori5t4 ,quel roi1 quel politique ou quel conqurant a plus gr&em5t agi p\r sa race8 ,c'e/ dans ,do/oevski1 enf91 que la ,russie1 cessant d'tre cosaque1 se manife/e une rs]ve p\r l'av5ir1 une ress\rce p\r le g5re huma94 ,,ii ,,image ,de taille moy5ne1 il tait petit p\r un ,russe4 ,n]veux et saccad1 il y avait de l'inquitude en t\s ses ge/es1 une sorte d'att5te fbrile4 ,ou bi51 l'action lasse1 l'allure l5te1 il semblait abattu et comme enseveli4 ,un homme agit ou dfait1 t\j\rs en frisson1 ou en sueur1 t\j\rs en pe9e4 ,je s5s son odeur de peau fivreuse et m\ille4 ,mcont5t1 il p>aissait vieux et malade4 ,et1 s\da91 le cont5tem5t lui r5dait l'air de la jeunesse4 ,on ne p\vait ri5 rem>qu] en lui1 qu& on avait vu sa tte4 ,de t\t son corps1 ,do/oevski n'tait que l'homme d'une tte4 ,il l'avait grosse1 va/e1 =te en t\s s5s3 *aque trait viol5t1 puissant1 rude mme2 et l'expression totale1 p\rtant1 ple9e de d\ceur et de f9esse4 ,le *eveu r>e et ple1 c\leur de c5dre2 s9on *auve1 dp\ill sur les tempes1 et le front trs nu1 de bonne heure4 ,ce front n'en p>at que plus gr&1 haut et l>ge1 deux =tes bosses au-dessus du pli qui le divise1 entre les s\rcils4 ,jeune homme1 il a d ressembl] au pr9ce ,mui*k9e1 qu'il a seulem5t lav de t\te *air1 et d*>n jusqu' le r5dre exsangue4 ,la b>be e/ pauvre1 irrgulire1 longue d'ailleurs1 r\sstre1 reflets gris4 ,il a de gr&es oreilles1 hautes et paisses1 plus longues que le nez4 ,des po*es s\s les yeux1 et deux fosss de rides1 un d\ble rav9 des n>9es aux lvres4 ,t\te la face e/ l>ge et maigre1 avec de gros plis4 ,a la j\e droite1 s'arrondit une v]rue bi5 populaire4 ,et voici les yeux1 qui sont t\te la vie4 ,clairs1 ples1 de vieille ardoise1 assez reculs dans l'orbite meurtrie1 ils sont troitem5t brids du haut1 et c\sus p> la paupire suprieure au s\rcil4 ,ils sont ple9s de tri/esse voile1 o p]ce une po9te de feu1 le gra9 noir de la prunelle1 qui tantt s'te9t dans la rv]ie1 tantt luit en vrille4 ,s\s les s\rcils froncs1 quel reg>d admirable6 ,prs5t1 et l'afft1 mais non pas de ce que voit le monde3 il *]*e la pr(ondeur2 il guette l'homme intrieur2 il plonge au d$ans2 il dpasse l'app>5ce4 ,il ne ti5t pas ri5 ca*] de lui-mme1 ni ses s5tim5ts1 ni ses ides4 ,avec une att5tion passionne1 il se donne4 ,il (fre t\tes pe9es t\te la d\leur dont il dispose4 ,la s\ffrance e/ t\j\rs prs5te4 ,do/oevski e/ le gr& cur1 que je tr\ve sa9 malgr t\t1 p>ce que la gr&eur1 selon moi1 e/ la seule sant4 ,reg>d d'un t]rible srieux1 et presque dur1 tant il surveille1 sombre1 le mom5t de bondir sur sa proie4 ,mais une imm5se tri/esse y rside4 ,une tri/esse religieuse1 et quasi populaire3 la tri/esse de la misre1 la tri/esse du *>p5ti] qui essaie les bois de la vie1 qui fait vol] t\s les copeaux de la consci5ce1 et qui entasse la sciure p\r boire le sang rp&u4 ,voil l'homme de d\leur1 s'il en fut un4 ,et il e/ bon1 mme s'il e/ inju/e3 ses lvres le dis5t1 excell5tes1 paisses1 ob/9es et gnreuses4 ,la contr>it lui tordait la b\*e1 d'un mauvais s\rire2 et la satisfaction du cur y ram5ait une gravit n\rrie d'innoc5ce4 99 99 99 99 99 ,la d\leur e/ d]rire t\s les traits de cet homme4 ,p\r saisissant qu'il soit1 son aspect me sduit mo9s p> ce qu'il montre de l'homme1 que p> ce qu'il en ca*e4 ,le visage de ,do/oevski e/ un masque1 s'il rit4 ,mais au repos des muscles1 qu& il mdite1 le visage de ,do/oevski e/ le reflet1 surgi dans l'ombre1 d'un autre visage t\rn au d$ans4 ,c>actre trange1 d'une int5sit r>e3 l'homme visible e/ le spectre de l'homme intrieur4 ,de l1 que t\t e/ d\leur sur cette figure3 le gr& front1 aussi haut que va/e2 la ride entre les deux s\rcils2 les petits yeux aigus et c\v]ts1 qui s'enfonc5t s\s la brume des pe9es1 en*sss au c]cle des l>mes2 et la b\*e entr'ouv]te1 comme les enfants dans les sanglots3 t\t e/ pr(ondeur d\l\reuse au fantme de la face4 ,*aque trait e/ une ligne qu'il faut suivre1 p\r pass] de la *air jusqu' l'me1 et p\r s'enfonc] dans le secret ou dans les repaires de l'homme intrieur4 ,la s5sibilit d'un tel homme e/ sublime4 ,ce que ,/5dhal e/ l'intellig5ce pure1 et la mcanique de l'automate1 ,do/oevski l'e/ l'ordre et la fatalit des s5tim5ts4 ,/5dhal atte9t au fond des passions p> l'analyse de leurs effets1 et des actes4 ,do/oevski t\*e au plus secret des esprits p> l'analyse des s5tim5ts et des impressions qui les dt]m95t4 ,do/oevski e/ le prodige de l'analyse s5tim5tale2 et il e/ le plus gr& inv5teur que l'on sa*e en cet ordre4 ,avec des moy5s opposs1 ils ont la mme puissance2 mais de ,do/oevski ,/5dhal1 il y a la mme diffr5ce qu'entre la gomtrie de ,pascal et l'analyse de ,lagrange4 ,pascal v\lait rs\dre t\t problme p> la considration visible des figures4 ,a9si ,/5dhal3 t\t compr5dre4 ,la ma?matique mod]ne veut appro*] l'ess5ce du nombre p> la dt]m9ation de l'lm5t intrieur1 et p> le f9 disc]nem5t du symbole4 ,a9si ,do/oevski3 t\t pntr]4 ,/5dhal et ,do/oevski sont dans les passions2 et ri5 ne les intresse1 ri5 ne les reti5t que d'y tre4 ,/5dhal les montre1 comme un sculpteur qui modle ses =mes4 ,do/oevski les anime1 et vit en elles comme un autre ,pygmalion4 ,/5dhal ti5t t\s les fils du drame1 et il s'en amuse quelques fois4 ,do/oevski ne j\e mme pas le drame des passions3 il e/ sur la croix avec elles4 ,entre les plus int5ses1 homme insatiable de s5tir l'homme vivant4 ,do/oevski1 s5sible t\te vie1 et aux btes1 d'un cur si ju/e1 malgr t\t1 revi5t t\j\rs l'homme4 ,c'e/ le fond de l'homme qui l'occupe d'un s\ci con/ant4 ,t\t e/ en fonction de l'homme p\r lui1 et mme t\te la nature4 ,c'e/ en v]tu de ce s5tim5t insondable1 du mo9s je l'pr\ve a9si1 que ,do/oevski1 ayant dc\v]t la croix et ,jsus-,*ri/1 n'a jamais pu voir la vie bue sur la croix et en ,jsus-,*ri/4 tant au bagne1 une femme pieuse1 qui visitait les prisons1 lui fit don de l'vangile4 ,le vrai ,do/oevski date de ce mom5t4 ,il avait1 de t\t temps1 beauc\p lu la ,bible2 mais il n'avait pas laiss son me int]prt] la lettre4 ,le cur e/ le tru*em5t qui rvle un texte div94 ,l'art de ,do/oevski e/ une pe9ture directe de l'intuition4 ,voil p\rquoi t\t1 *ez lui1 tant si vrai1 semble du rve4 ,il faut y cons5tir1 p\r bi5 l'ent5dre2 et cet accord ne se fait pas du premi] c\p1 ni mme du second4 ,,iii ,,sur ,,son ,,art ,ds le db1 il sait o e/ sa =ce4 ,et mme s'il ne le montre pas encore dans ses uvres1 il press5t quelle sorte de gnie il y f]a plus t>d p>atre4 ,je suis orig9al1 dit-il peu prs1 en ce que mon moy5 e/ l'analyse1 non la syn?se4 ,je vais au d$ans2 et exam9ant les atomes1 je m'enqui]s du t\t4 99 99 99 99 99 ,il a t\j\rs rpugn aux sci5ces1 comme va9es4 ,son ducation1 aprs t\t1 fut trs littraire4 ,de bonne heure1 il sut le franais et l'allem&4 ,les petits ,do/oevski ont eu un prcepteur de franais1 nomm ,s\*>d4 ,dans la pauvre maison de son pre1 ,do/oevski a pris le gt de la lecture4 ,il l'avait1 comme on doit l'avoir3 la passion4 ,sa plus dure privation1 au bagne1 fut de ne pas lire4 tudiant ou banni1 dans sa prison1 en ,sibrie1 de mans>de en mans>de1 il a t\j\rs des livres avec lui3 la ,bible1 ,%akespe>e1 ,s*ill]1 ,rac9e1 ,dante1 ,p\*k9e4 ,qu& il ne dem&e pas de l'arg5t ses amis1 il implore qu'on lui envoie des livres4 ,il e/ trs n\rri d'uvres franaises4 ,elles lui ont t5u lieu de l'antique4 ,le franais e/ son grec et son lat94 ,il avale t\t1 d'un gal apptit1 ,voltaire et ,balzac1 ,eugne ,sue et ,rac9e4 ,jeune homme1 sa lecture e/ imm5se4 ,quant aux ,russes1 il n'en ignore ri54 ,t\te sa vie1 il e/ curieux de ses mules2 il e/ avide de t\t ce qu'ils publi5t3 il rclame sans cesse les romans de ,t\rgu5ev1 de ,gont*>ov et de ,tol/o2 il suit les auteurs de t\t ordre1 et mme les critiques4 ,seuls1 ses yeux1 ,p\*k9e et ,gogol1 ont du gnie2 ,tol/o1 il le refuse4 ,d'ailleurs1 l'exemple de ,gogol1 mort f\1 le hante4 ,on fait s\v5t de ,do/oevski une espce de b>b>e inculte1 qui ne doit ri5 qu' lui-mme4 ,ri5 n'e/ si faux4 ,ide bonne aux matres d'cole et aux s]g5ts de lettres3 ils y flatt5t leur propre b>b>ie1 p\r la tir] du rang4 ,et1 p\r qu'on soit s5sible leur orig9alit1 ils tr\v5t du b>b>e en t\te me orig9ale4 ,le b>b>e ne sait mme pas p>l]3 il bgaye4 ,do/oevski e/ un homme de longue culture1 tant p> la race que p> l'ducation4 ,il n'a jamais t en fri*e4 ,ce fils de la petite noblesse a reu la n\rriture noble4 ,il ne s'e/ pas mis1 sur le t>d1 appr5dre4 ,lo9 de l1 on l'a in/ruit ds le b]ceau4 ,pauvre ou non1 c'e/ ce qui di/+ue la petite noblesse des b\rgeois et des m>*&s russes4 ,le pre ,do/oevski n'e/ pas seulem5t un homme au/re1 uniquem5t occup d'ides religieuses3 il lit1 lui aussi2 il a s]vi dans les camps2 il a fait la gu]re contre ,napolon4 ,il voit au-del de son qu>ti]1 de la ville1 et mme de la ,russie4 ,il faut *]*] ,do/oevski o il e/3 au c5tre de la pliade qui a fait la gloire de l'esprit russe4 ,il a deux ans de mo9s que ,t\rgu5ev1 et sept ans de plus que ,tol/o4 ,il e/ donc mi-*em9 de ,tol/o et de ,gogol4 ,t\s1 ils sont ns s\s le rgne my/ique d',alex&re1 et ont gr&i dans les tnbres et le sil5ce de ,nicolas4 ,leurs pres1 t\s1 sont les hommes de #ahab1 qui ont dlivr la patrie1 et qui ont impos la ,russie temporelle l',europe4 ,la ,russie ne retr\v]a sans d\te plus des pres et des fils comme ceux-l4 ,ils sont nobles1 au s5s de l'lite3 ils sont le *oix de la nature1 et ils y rpond5t gnreusem5t4 tre gnreux1 c'e/ t\te la noblesse4 ,bref1 ils sont de bonne race4 ,ard5ts l'uvre1 ils croi5t ce qu'ils font2 ils se donn5t1 d'une me librale2 ils ont l'illusion d'tre ncessaires leur temps1 leur pays1 t\s les hommes3 soi-mme4 ,d'ailleurs1 ,t\rgu5ev except1 ils sont pres1 durs et cruels les uns p\r les autres4 ,do/oevski ne peut se li] solidem5t avec p]sonne4 ,la bont qu'ont eue1 d'abord1 p\r lui1 ,bil9ski1 ,t\rgu5ev et quelques autres1 ne leur s]t bi5tt ri51 ni lui4 ,comme il arrive si s\v5t1 c'e/ un ,do/oevski leur ressemblance qu'ils aimai5t dans l'auteur des ,pauvres ,g5s2 et le vrai ,do/oevski les dpite4 ,celui-l leur en veut de ne pas assez faire1 aprs ce qu'ils ont fait p\r l'autre4 ,son cur e/ humble1 la fois1 devant l'am\r et despote3 il e/ pr(ondm5t avide4 ,il se br\ille avec t\s les g5s de lettres1 qu'il appro*e4 ,rgle3 pas un arti/e de gnie n'aura jamais la paix avec les g5s de lettres1 ni ne v\dra la faire4 ,do/oevski ne peut pas g>d] un ami4 ,il exige trop de l'amiti1 sans d\te4 ,humeur mlancolique6 ,aim] trop ceux qu'on aime4 ,on s'en fait une trop belle ide4 ,il v\drait1 ce cur passionn1 qu'on vct p\r lui seul1 je le cra9s3 c> il s]ait capable de vivre p\r ceux qu'il prfre4 99 99 99 99 99 ,il a le respect et l'am\r de son art4 ,au comble du *agr91 livr seul lui-mme1 p\rvu qu'il ne s\ffre que de soi1 il va lo94 ,e/-il a9si1 ou l'imag9-je8 ,dans son am\r de l'art1 aussi1 il connat les extrmits3 la maladie1 qui opprime l'me2 et le refus de ri5 faire p\r le public contre son propre gnie4 ,aux yeux de l'arti/e1 le public e/ un mal ncessaire3 il faut le va9cre1 et ri5 de plus4 ,il adore l'tat de cration4 ,mais crire le tue4 ,c> il e/ aux gages du beso92 il a beau t5ir bon1 et prote/] qu'il n'crira pas sur comm&e1 il vit de sa plume2 il e/ s]f des engagem5ts qu'il doit pr5dre4 ,de l1 qu'il e/ le mo9s gal des gr&s criva9s3 il donne un *ef-d'uvre aprs un roman confus2 et le *ef-d'uvre e/ suivi d'un livre mdiocre#cf4 ,note #cf3 ,aprs ,crime et ,*tim5t1 le ,j\eur1 #ahff et #ahfg2 l't]nel ,m>i aprs l',idiot1 #ahfh et #ahgj4 99 99 99 99 99 ,il semble bill] d'ennui1 lui-mme1 en c]ta9es de ses uvres4 ,elles sont d'une longueur1 d'une re*]*e1 d'une subtilit insupportables4 ,elles s5t5t la folie4 ,l'analyse y fait p5s] au dlire1 au scrupule1 et le dtail intrieur la manie de l'inf9im5t petit4 ,l'incohr5ce de ,do/oevski e/ piteuse1 qu& il ne tr\ve pas son ordre4 ,elle ricane1 elle grimace4 ,quel s\rire contra9t6 ,alors ,do/oevski va d'un pas t]riblem5t l5t2 il e/ obscur1 diffus1 ennuyeux comme une cave4 ,ses uvres manques1 on dirait les fragm5ts1 les traits1 les notes sans *oix d'une uvre qui n'a pas obt5u la grce de l'unit4 ,plus l'analyse e/ curieuse1 plus l'unit e/ ncessaire4 ,il en e/ de t\s les dtails et de t\s les lm5ts intrieurs comme d'un corps *imique3 t\s les atomes y tant1 il faut l't9celle qui les assemble et qui les gr\pe3 il faut que le cri/al r5contre sa =me4 99 99 99 99 99 ,do/oevski e/ d'un prodigieux dsordre1 qu& il ne russit pas tr\v] son ordre4 ,mais son ordre e/ un prodige1 qu& il l'atte9t4 ,ri5 n'y trahit la symtrie1 ni ce qu'on appelle la composition1 d'un mot grossi] qui pe9t l'uvre grossire4 ,dans l'ordre de ,do/oevski1 t\t e/ organes1 et relations d'organes4 ,t\t e/ produit p> la ncessit intrieure4 ,ici1 la vie des faits e/ bi5 l'image1 sur les murailles de la cav]ne1 l'image et l'ombre de la vie intrieure1 au gr& feu du foy] invisible4 ,a9si1 les *efs-d'uvre de ,do/oevski sont plongs dans le rve3 et ils ont seuls le c>actre du rve1 comme ceux de ,%akespe>e1 et p>fois d',ibs54 ,l'ordre d'une uvre comme ,crime et ,*tim5t e/ in\4 ,j'en f]ai quelque j\r l'analyse4 ,je me cont5te de dire que ce drame admirable se passe t\t enti]1 actes sur actes1 dans la consci5ce de ,raskolnikov4 ,les deux longs volumes ne conti5n5t que la suite des s5tim5ts1 des visions et des p5ses cres p> l'imag9ation du hros1 et que sa consci5ce dr\le4 ,ils n'enf]m5t qu'un trs petit nombre d'heures2 mais *aque in/ant de ces heures e/ totalem5t puis de son ess5ce p5sive et de son action1 de ses *os et de ses contre-c\ps4 ,une telle uvre1 qu& on l'a saisie1 semble la m]veille longtemps s\haite p> l'esprit3 l'art e/ enf9 le rve de la vie1 qui elle-mme e/ un rve4 99 99 99 99 99 ,do/oevski e/ ri*e en mots in\bliables1 qui mont5t des abmes4 ,ce sont des p>oles sans fa/e et sans loqu5ce2 mais comme une crique d'eau pr(onde1 entre deux ro*]s1 elles mir5t1 dans la pr(ondeur pure de la m]1 l'imm5se ciel du soir1 avec ses nuages et les premires toiles4 ,a un malheureux1 gangr5 de phtisie et d'envie1 qui va m\rir avant d'avoir eu v+t ans1 le pr9ce ,mui*k9e1 ouvrant la porte1 dit3 ,passez le premi]1 et p>donnez-n\s notre bonheur#cg--,p\rquoi avez-v\s t\t dtruit en v\s8 crie la jeune fille passionne au pr9ce innoc5t2 p\rquoi n'avez-v\s pas d'orgueil#ch8--;,et lui1 de dire1 ins5sible t\tes vanits et sa p]te mme3 ,qu'e/-ce que ma pe9e et mon mal1 si je suis en tat d'tre heureux#ci8 ,note #cg3 ,l',idiot1 ,,iv1 #e2 ,,iii1 #b2 ,,iv1 #g4 ,note #ch3 ,ibid41 ,,iv1 #e2 ,,iii1 #b2 ,,iv1 #g4 ,note #ci3 ,ibid41 ,,iv1 #e2 ,,iii1 #b2 ,,iv1 #g4 ,raskolnikov assass9 la sa9te pro/itue3 ,toi aussi1 tu t'es mise au-dessus de la rgle3 tu z dtruit une vie1 la ti5ne3 cela revi5t au mme#dj4--;,et encore3 ,j'ai v\lu os]3 j'ai tu4 ,et c'e/ moi que j'ai tu#da4--,ou ces traits dignes de l'oraison3 ,le ,*ri/ e/ avec les btes avant d'tre avec n\s#db4--,si le juge tait ju/e1 peut-tre le crim9el ne s]ait pas c\pable#dc4 ,note #dj3 ,crime et ,*tim5t1 ,,iv1 #d2 ,v1 #d4 ,note #da3 ,ibid41 ,,iv1 #d2 ,v1 #d4 ,note #db3 ,frres ,k>amazov1 ,,xi1 #f4 ,note #dc3 ,ibid41 ,,xi1 #f4 99 99 99 99 99 ,do/oevski a la consci5ce de ,pt]sb\rg4 ,il e/ l'me de ces hiv]s polaires1 o le j\r e/ une agonie de la nuit2 et de ces ts1 o la nuit e/ encore le j\r1 un crpuscule songeur1 p5sif et adorable comme le reg>d d'une amante ins5se4 ,j'ai vcu avec lui dans la ville ard5te et morne1 o les ivrognes et les my/iques se donn5t le bras1 o de funbres hypocrites bais5t aux lvres des rebelles c&ides2 o la pire corruption1 qui e/ tri/e1 engraisse de son fumi] l'innoc5ce subtile2 o la luxure e/ un rais9 pp9s de remords1 et o les vi]ges ont une odeur qui t5te le p*4 99 99 99 99 99 ,un monde "p4 ,dans l'uvre de ,do/oevski1 il y a une socit complte1 savoir une socit religieuse4 ,c> t\s les portetotems de la t]re n'y f]ont ri51 et leur tymologie mo9s encore3 p\r l'homme1 la religion1 quelle qu'elle soit1 c'e/ le li54 ,do/oevski ne rompt pas le faisceau4 ,il s]re le nud de la cit3 t\t y entre1 du plus humble artisan au matre d'hommes alti]4 ,*ez lui1 non pas des rangs et des titres1 la hir>*ie e/ de la v]tu vivante et des c>actres4 ,il a ses voleurs et ses b\cs1 ses assass9s p>eils des conqurants1 ses l*es1 ses vils coqu9s et ses b\ffons normes1 comme il a ses pr9ces1 ses vi]ges1 ses sa9tes hroques et ses sa9ts4 ,il e/ ri*e de t\te lite et de t\te plbe4 ,la condition sociale n'y e/ presque p\r ri54 ,que ce gnie m'e/ intime6 ,que ce s5s de la valeur me t\*e6 ,c'e/ le monde de la consci5ce pr(onde4 ,les passions y p>aiss5t frntiques1 p>ce qu'elles rsi/5t tre nues2 convulsives1 p>ce qu'elles sont peu peu dp\illes de t\t ce qui les habille4 ,do/oevski sait bi5 que la simplicit n'e/ pas dans les objets2 mais seulem5t dans l'il qui les exam9e4 ,la vie la plus simple e/ en soi un prodige de complexe4 ,la simplicit n'e/ que le sommeil de l'app>5ce4 ,un monde1 o les s5tim5ts sont ports au d]ni] degr de l'acuit et de l'ardeur1 semble l'enf] de la s\ffrance et le p>adis des f\s4 ,l1 o t\t e/ int5se1 t\t e/ excs4 ,la rgle ord9aire e/ abolie4 ,l'ordre commun e/ l'ordre moy54 ,et le moy5 e/ l'espace du mdiocre4 ,la mesure1 telle quelle1 e/ un lm5t de la vie ord9aire4 ,la mesure1 en art1 p>at la vrit1 comme la moy5ne des /ati/iques4 ,la mesure v>ie avec les gr&eurs que l'on comp>e4 ,elle n'e/ pas la mme p\r les htes de l',olympe et p\r les captifs de l'rbe2 ni surt\t p\r ceux-l et p\r les petites mes de mti]1 dont la consci5ce vit en b\tique4 ,ames de mti]1 elles font nombre1 comme les f\rmis4 ,elles n\rriss5t les moy5nes4 ,mais1 le bi5 pr5dre1 la moy5ne e/ fausse comme t\te /ati/ique morale4 ,c>1 *iffres et mesure ne rvl5t que le monde de la quantit4 ,la qualit e/ la rgle suprme1 a9si que le lieu de t\s les s5tim5ts et de t\s les actes en relation avec la consci5ce4 99 99 99 99 99 ,le monde de la pr(onde consci5ce fait figure du rve2 et mme de la folie1 qu& il arrive1 avec ,do/oevski1 que les tres vivants pi5t l'*o de leur propre *ant1 p\r y donn] un *o plus lo9ta9 encore2 qu& ils font l'analyse de leurs passions1 eux-mmes1 et qu'enf9 ils ont consci5ce de leur consci5ce4 ,dans ,/5dhal1 cette m]veilleuse analyse tant t\t intellectuelle1 mme si le hros se prte l'oreille1 on voit t\j\rs1 d]rire lui1 le plus intellig5t des hommes qui e/ l1 et qui c\te4 ,t\t e/ clair2 t\t e/ ordre2 t\t e/ esprit4 ,*ez ,do/oevski1 ce sont les passions qui se passionn5t et se dvor5t se p\rsuivre elles-mmes1 se contempl] et se ress5tir4 ,t\t pr5d1 ds lors1 le c>actre du rve1 ou de la folie4 ,mais ce monde de folie e/ la sphre d'une ralit suprme4 ,la folie e/ le rve d'un seul4 ,la raison e/ sans d\te la folie de t\s4 ,ici1 la gr&eur de ,do/oevski se fait connatre3 il e/ dans le rve de la consci5ce1 comme ,%akespe>e mme1 et ,%akespe>e seul1 avec le seul ,rembr&t4 ,tels sont les sommets de la consci5ce et de l'analyse1 p>eils aux plus hautes montagnes de la t]re1 en ce qu'ils bord5t1 comme elles1 le rivage des plus gr&es pr(ondeurs4 ,sommets qui ne ca*5t pas deux ou trois autres cimes1 entre lesquelles ,do/oevski4 99 99 99 99 99 ,nulle puissance plus pro*e de la vie4 ,les gr&s rveurs sont les gr&s vivants4 ,o ils sembl5t s'loign] le plus de la vie1 ils y t\*5t encore de plus prs que les autres4 ,t\t e/ intrieur4 ,ce n'e/ mme pas la p5se qui cre le monde1 en le figurant4 ,c'e/ l'motion qui suscite t\te vie1 en la r5dant s5sible au cur4 ,le monde n'e/ mme plus l'image d'un esprit4 ,l'univ]s e/ la cration de l'intuition4 ,l'motion cratrice e/ la seule et vritable connaissance4 ,comme elle nat soi-mme1 elle fait natre les objets4 ,et t\t e/ son rve1 comme elle se rve4 ,le cur e/ le moy51 et il e/ le lieu4 ,voil le n\vel art4 ,voil1 du mo9s l'art que je veux1 celui que je *]*e et celui que notre ef=t prp>e1 si le ciel y cons5t4 ,l'art intrieur1 qui manife/e t\tes les spl5deurs de la nature et de l'action1 en les absorbant t\tes3 du d$ans au dehors4 ,et t\t ce qui e/ du dehors mme1 e/ au d$ans4 ,tel e/ cet art dont les prophtes me sont si *]s dans le pass1 et qui fur5t t\j\rs si r>es4 ,mais p>ce qu'ils fur5t en vrit1 ils sont4 ,je dirai plus1 p\r tre compris de ceux qui sont dj de l're n\velle1 et p\r ne l'tre pas des autres4 ,ce qui tait le propre de la musique1 jusqu'ici1 sans le v\loir mme1 n\s le faisons pass]1 selon les moy5s de la p5se1 et du langage1 dans la posie4 ,ils croiront qu'il s'agit d'h>monie imitative1 de timbres et de sonnailles dans les mots1 d'allitrations et d'autres fadaises2 t\tes habilets de mti]1 qui doiv5t t\j\rs s'effac] de l'art1 qu& elles y entr5t2 et qui ne cess5t d'tre va9es qu' la condition de n'en pas tre va94 ,c'e/ une autre musique et mo9s vulgaire que je p5se1 dont l'h>monie matrielle n'e/ que l'enveloppe4 ,plong] t\tes les ides dans l'am\r1 et en donn] l'motion1 non plus la notion telle quelle1 voil la musique que je veux dire4 ,en un tel art1 n\s v\lons que t\t soit motion1 et que la preuve s]a rduite ri54 ,or1 plus l'motion e/ re9e1 plus il faut que l'art1 son roi1 s'en r5de matre4 ,le ry?me de l'am\r mne t\t4 ,l'intellig5ce e/ la *>rue1 non pas le gra9 ni la moisson4 ,ni l'loqu5ce1 ni l'ide vid5te ne sont le pa9 qui n\rrit4 ,ce n'e/ plus la re*]*e ni la pe9ture de l'objet qui n\s sollicite3 mais l'vocation de sa =me et de t\te la grce qu'il recle1 de la magie enf9 qui y e/ incluse1 p\r n\s faire croire la vie4 ,il faut que l'art n\s sduise la vie4 ,on ne croit la vie qu'en ce qu'on aime1 et dans le rve de ce qu'on aime4 ,,iv ,,passions ,,et ,,mom5ts ,son art ne vi5t pas de son mal4 ,mais il y a de son mal dans son art4 ,et puisque ce mal sacr n'a po9t tu l'art dans le malade1 l'arti/e s'en aide p\r t5dre son art4 ,de mille pileptiques1 il en e/ un seul qui ne soit pas imbcile2 mais celui-l a des lueurs que la sant ne connat pas4 ,c'e/ le miracle de l'esprit1 qu'il peut faire son bi5 de la maladie mme4 ,je ne me lass]ai pas de p>l] p\r l'esprit4 ,et spiritus adjuvat infirmitatem no/ram1 dit l',aptre4 ,il s\ffle o il veut2 et mme dans le pati5t1 que ces *i5s de savants v\drai5t mettre l'asile4 ,malade donc1 donnant p>fois l'ide d'un f\1 t\j\rs biz>re1 d'une humeur extrme1 sujet la tri/esse et la mlancolie comme une passion2 tombant du rire /rid5t1 et d'ailleurs le plus r>e1 la plus noire rv]ie2 l'homme le mo9s sa91 si la sant e/ cet tat d'heureux quilibre o1 ni le corps ne se pla9t l'me1 ni l'me ne se pla9t de t\t le mal que le corps peut faire l'esprit3 ,do/oevski1 t\t de mme1 n'a t atte9t d'pilepsie qu'en prison et au bagne4 ,il avait tr5te ans1 alors1 et tr5te annes durant1 qu'il lui re/ait vivre1 il s'e/ c\rb s\s la ma9 dure qui att]re4 tait-ce la vritable pilepsie1 ou quelqu'une des =mes n]veuses qui l'imit5t8 ,en t\t cas1 les accs n'tai5t po9t r>es3 il en a eu jusques trois et quatre dans le mois2 p>fois mme1 t\s les j\rs4 ,do/oevski a vcu dans le mal sacr4 ,et ce mal lui a rvl la t]reur sacre1 qu'il appelait t]reur my/rieuse4 ,ce n'e/ pas seulem5t l'aura de la crise1 ce s\ffle qui balaie le monde de la vision et de l'objet1 p\r en faire un t\rbillon total1 en giration aut\r d'une ide fixe4 ,j'y reconnais le m\vem5t magique de la contemplation1 le tra9 de l'extase1 cette rvolution qui emporte l'homme t\t enti] dans l'effroi de la vision qui lui e/ promise1 qu'il r$\te et dsire1 de t\t son tre1 dans le mme mom5t4 ,l'am\r au comble obx la mme incantation3 l'am\r qui1 t\j\rs1 va au del de son objet1 et1 dans l'homme1 t\j\rs au del de la femme la plus aime4 ,mal sacr1 mal de t]re1 comme on dit au village1 p]te du s5s4 ,p]te de soi1 dans une trange presci5ce1 et mme dans une div9e possession d'autrui4 ,aura qua$am frigida1 un compos de s5sations et de m\vem5t4 ,une hale9e my/rieuse se met ourdir une toile1 qui sp>e l'me de t\t ce qui l'ent\re1 sans p\rtant l'en priv]3 un tissu complexe de passion et de possession1 un abme p\r le s5s propre1 une obscure rvlation d'univ]s4 ,si l'on veut t\t prix que ce soit un mal1 je l'appelle la maladie du trpi$4 ,c'e/ l'tat des voyants1 la condition mme de la prs5ce my/ique4 ,c>1 ne croyez pas que cet oubli de l't5due soit une abs5ce1 ni que les objets disp>aiss5t p>ce qu'ils ne compt5t plus un un4 ,mais1 au contraire1 t\t y pr5d sa ju/e place1 et les =mes de l'univ]s s'assembl5t aut\r du seul po9t fixe4 ,voil sa9t ,paul1 qu& la p>ole att5due fond sur lui avec le soleil1 au *em9 de ,damas2 et il ent5d1 il voit1 il s5t1 il e/ eng5dr p> ce qu'il eng5dre2 il s'ouvre t\t enti] la conception de son ,dieu1 que le feu d>de sur son me1 et dont elle le pntre comme la po9te d'un glaive r\gi blanc4 ,ce t\rbillon emporte le s5s mme du m\vem5t1 p>ce qu'il s\ffle sur le temps comme un gr& v5t sur la fleur de piss5lit4 ,l'excs de la vitesse aplanit la totalit du temps3 t\t e/ pr(ondeur1 s\s la pellicule clatante d'un t]nel et r$\table apaisem5t4 ,l1 t\t s'explique3 et l1 t\t e/ conu comme expliqu4 ,l'homme n'e/ plus ri5 que sa passion p>faite1 cette connaissance qui passe de bi5 lo9 la p]fection du dsir4 ,il n'e/ plus ri5 de soi1 p>ce qu'il e/ la consci5ce de son monde4 ,il e/ sa propre f91 il en e/ pntr1 et il la pntre4 ,il n'e/ plus le misrable volant de l'n]gie qui l'anime2 il se fond dans cette n]gie mme1 il en e/ le noyau1 le c5tre /able et l'explosion univ]selle4 ,les tmo9s de l'extase compt5t p> m9utes et p> secondes1 ce que le sujet sacr ne saurait pas compt]1 sans l'anantir avec soi-mme4 ,mahomet disait qu'en un de ces in/ants1 il dplaait les montagnes et empilait les sicles1 p\r en faire la c\pe unique o il buvait4 ,do/oevski a pratiqu ces excs4 ,il en avait l'angoisse4 ,cra9te qui se d\ble d'une t]reur my/ique1 dans l'ord9aire de la vie3 non pas seulem5t p>ce qu'on att5d le ret\r de l'extase2 mais p>ce que l'me qui a visit la pr(ondeur ne peut plus vivre que dans les gr&s fonds3 elle y plonge t\s les objets de la vie1 t\tes les p5ses et t\s les actes4 ,la pr(ondeur e/ sans rep5tance comme elle e/ sans p>don4 ,qui a s5ti une prs5ce t]nelle1 ne veut ri5 connatre qu'en fonction de l't]nit4 ,et1 tel il y aspire1 tel il s'ob/9e rv]1 si on lui dit qu'il rve4 99 99 99 99 99 ,je comp>e la m>*e de l'pileptique v]s la crise1 au m\vem5t de ,do/oevski v]s la pr(ondeur4 ,jamais sa p5se ne bgaie1 quoiqu'il semble3 elle dnombre1 elle palpe l'inf9im5t petit2 atome aprs atome1 elle essaie l'analyse1 comme les ant5nes de l'insecte explor5t le poll5 gra9 gra94 ,on croirait qu'il hsite1 p>ce qu'il va et vi5t1 et qu'il titube dans le labyr9!2 mais il ne p]d jamais de vue le c>actre3 il en e/ ivre1 plutt2 il en saisit1 il en gte1 il en pompe t\s les aspects1 et les dgorge4 ,il faut qu'il dbr\ille le nud des s5sations et des m\vem5ts obscurs1 qui font le corps du s5tim5t dans les tnbres4 ,il *]*e t\s les fils1 un un3 il les ti5t1 la f92 mais t\j\rs1 il va de l'un l'autre1 en se dirigeant v]s le bulbe de la rac9e4 ,un infaillible in/9ct lui s]t de guide4 ,sa ligne p>at inc]ta9e et l5te3 c'e/ la c\rbe vivante1 faite de petites droites en nombre inf9i4 ,c'e/ p\rquoi ,do/oevski ne conte po9t3 racont]1 c'e/ t\t de mme dduire4 ,le dialogue seul1 ou le colloque1 peut r5dre t\s les mom5ts1 les incid5ts et les inflexions de la c\rbe intrieure4 ,les gr&es uvres de ,do/oevski se font elles-mmes dans notre esprit1 mesure que n\s les inc>nons notre rve4 ,elles naiss5t de t\tes les t\*es et de t\tes les nuances qu'elles peign5t en n\s4 ,on ne compr5d ,do/oevski1 *acun qu' raison de sa propre vie intrieure4 ,jamais pote ne donna mo9s l'ent5dem5t seul et la simple notion4 ,ses *efs-d'uvre sont des mom5ts1 que le dialogue puise1 en puisant totalem5t les c>actres3 mom5ts *oisis1 d'ailleurs1 o t\te une vie fait masse1 pe9e relis les uns aux autres p> un br9 de rcit4 ,la desc5te de ,do/oevski dans les motions inconnues ti5t du calcul et de la dc\v]te4 ,elle e/ t\te en press5tim5ts1 en essais1 en allusions1 en prodromes1 les uns pro*a9s1 les autres qui se p]d5t dans un loignem5t imm5se1 mais dont l'appro*e e/ c]ta9e1 ds qu'ils ont p>u po9dre l'horizon de la consci5ce4 ,et le ciel de l'inquitude rgne au-dessus de la =t4 ,l'insomnie y erre avec ces bonds lasss qui la jett5t1 p>fois1 dans les tr\s d'un sommeil accablant4 ,l se =me le rve1 o le moi1 de plus en plus aigu1 recule de plus en plus dans l'ombre1 p\r soi-mme4 ,alors1 ce moi s\ffrant e/ comme le po9t d'ardeur sacrifie1 le sommet qui projette t\t le cne de la vision2 et l'univ]s enti] de l'motion entre dans les secteurs de la lumire4 ,p\r bi5 lire ,do/oevski1 il faudrait se s\v5ir de ce qu'on ne connat pas encore3 la passion fait a9si1 qui1 ds la premire vue1 press5t dans l'objet aim t\t ce qu'elle en ignore2 et mille traits1 qui *app5t d'abord1 entr5t p\rtant dans l'me qui but9e et qui mire l'objet de sa passion4 ,de t\s les potes1 ,do/oevski e/ celui que je peux le plus et t\j\rs mieux relire4 ,il se peut que la maladie ait prp> ,do/oevski ces tats les plus r>es de l'intuition1 o l'lm5t p5sant et l'lm5t s5sible naiss5t l'un de l'autre1 o l'on t\*e dans le s5tim5t la p5se l'tat naissant1 o le s5tim5t se lve1 comme l'aube d\l\reuse1 dans le *aos nocturne des s5sations4 ,d'abord1 l'abs5ce de soi4 ,puis1 la desc5te en convulsions dans l'abme4 ,or1 *aque s5tim5t e/ un abme p\r l'me4 ,mais1 entre t\s1 l'am\r4 ,qu'appell]a-t-on l'me1 s9on l'organe de la connaissance8 ,je g>de ce nom dcri au seul objet qui jamais ne me lasse4 ,de la sorte1 le cur e/ rtabli dans sa prrogative4 ,il a le privilge du pr9ce1 que sa d*ance mme ne saurait prescrire4 ,la vritable connaissance fonde le monde de la *>it1 et elle seule4 ,on ne saurait ri5 connatre mo9s d'aim]4 ,et ce n'e/ pas connatre que de savoir et n'aim] po9t4 ,la vie entire e/ cette femme voile1 que l'homme *]*e1 dont il fait son p\se1 et cognovit eam1 l'ayant aime4 ,voil cette pleur1 ce tremblem5t qui prcde l'embrassem5t de l'p\x4 ,et sa cra9te1 peut-tre1 et son dgt4 ,voil l'homme v\ la connaissance3 il e/ d'abord cadavre soi-mme4 ,sa *air clate en rbellion1 et se dissocie d'avec lui3 elle se fait discorde4 ,elle bave1 elle se vide1 elle vomit2 elle s'trangle1 elle se s\ille2 elle veut fuir l'esclavage qu'elle press5t4 ,elle ne veut pas se p]dre dans le voyage des tnbres ard5tes4 ,et1 p>ce qu'elle rsi/e1 elle e/ ab&onne4 ,o t]reur6 ,elle e/ laisse l1 comme une gu5ille vile1 p> l'me au seuil de la connaissance4 ,elle e/ l1 comme une peau de rat1 crev de la pe/e1 dans une rue de ,*9e2 et la f\le e/ aut\r1 le peuple des hommes ou le peuple des v]s4 ,et qu& la *air retr\ve l'esprit1 qu'il daigne r5tr] en elle1 et la combl] de sa prs5ce-- ,dieu1 je te rec\vre6--la s]ve consci5ce hsite3 elle va l5tem5t1 p> le ddale2 elle vacille1 comme puise2 elle tte les murs de la prison2 elle compte les pi]res1 et les m\sses1 et les araignes1 et les insectes hideux1 et les l>ves dans les f5tes4 ,elle reconnat son *em91 en ne ngligeant pas un signe1 en r5\velant les plus humbles dm>*es p> l'+nuit des pas qu'elle t5te3 elle dc\vre1 comme si elle v5ait de natre1 ce qu'elle a connu et pratiqu nagure1 mais dont elle a p]du le s\v5ir4 ,et telle e/ aussi l'allure de ,do/oevski1 qu& il explore un s5tim5t ou les raisons d'un acte4 ,p>eil la ma9 invisible et s\v]a9e1 dont le tact allume la vie1 il suscite ce qu'il retr\ve2 mesure qu'il en numre les lm5ts1 il les anime et il les organise4 ,la gr&e cration des c>actres e/ un dnombrem5t de l'me p> un crateur en passion4 ,ils sont r$\tables1 ces mom5ts qui ont le gt et le s5s de l't]nel4 ,et il e/ fatal qu'une sorte de mort suive un in/ant de vie div9e4 ,il faut au mo9s pay] d'une mort temporaire ce vol au del du temps4 ,il faut p]dre connaissance1 p\r ra*et] la t]rible faveur d'avoir eu1 un mom5t1 la t\te connaissance4 ,au fond1 il n'e/ pas vrai qu'on puisse t5ir l'quilibre entre la *air et l'esprit4 ,t\j\rs l'un des deux l'emporte4 ,dans t\s les gr&s potes1 la matire e/ va9cue4 ,plus ils aim5t la *air1 plus ils la craign5t4 ,ou bi51 ils s'en dfi5t4 ,en vrit1 qu'e/-ce donc qu'un art qui n'e/ pas idali/e8 ,mais qu'e/-ce mme qu'une p5se8 99 99 99 99 99 ,comme il e/ en am\r1 voil le gr& secret de l'homme1 et que l'arti/e ca*e le plus4 ,ce secret connu fait connatre le re/e du c>actre4 ,je ne p5se pas seulem5t l'am\r de l'arti/e p\r son ,dieu et p\r son art2 mais son am\r de la femme1 t\tes ces p5ses de la *air1 que la consci5ce ignore et que le cur n\rrit1 sans t\j\rs les nomm]1 dans un espace de my/re4 ,et s\v5t1 le secret de l'homme n'e/ pas dans ce qu'il livre de soi l'objet de son am\r1 mais beauc\p plus en t\t ce qu'il rs]ve1 en ce qu'il dissimule1 qu'il ne laisse jamais voir et ne confie p]sonne4 ,de livre en livre1 ,do/oevski fait un mnage biz>re avec les femmes4 ,quelles noces tri/es et ard5tes que les si5nes6 ,je *]*e en lui la cl de ses *efs-d'uvre4 ,sa vie n'a pas os t\t ce que ses uvres accompliss5t4 ,ses uvres n'ont plus d'obscurit1 qu& on les claire de sa vie4 ,il avait fait un m>iage trange1 en ,sibrie1 avec la veuve d'un mdec91 une femme malheureuse et dj un peu vieillie3 m>iage comme on en voit dans ses romans1 noces de la compassion et du dlire1 un mlange de pleurs1 d'hy/rie1 de s\ffrances et de remords4 ,do/oevski et ses hros se m>i5t comme on *oisit la plus longue torture en t\s les g5res de supplices4 ,il s'agit de pr5dre la croix1 et s\v5t sans espoir4 ,le dsir n'y e/ qu'un attrait de plus au sacrifice4 ,la *air1 mme faible1 ne *]*e pas son plaisir1 mais son preuve et sa tri/esse4 ,l'me se donne sans joie1 non pas comme une promesse de bonheur1 mais une sorte de misre d*irante1 une fatalit de son *oix4 ,ce s]ait peu si1 n'esprant pas le bonheur p\r soi-mme1 on g>dait l'illusion de le donn] un autre que soi4 ,mais il n'en va pas a9si4 ,les m>iages de ,do/oevski a*v5t une in=tune qui n'et pas t complte1 si les amants ne se m>iai5t pas1 mais qui les et m5s la folie1 s'ils n'avai5t pas rsolu d'accomplir leur malheur4 ,c> telle en e/ la f93 les m>iages de ,do/oevski sont des malheurs accomplis4 ,au fond1 il e/ contre la *air jusque l1 que ri5 ne lui doit russir1 ni ce qu'elle obti5t1 ni ce qu'elle et tant s\ff]t de ne pas obt5ir4 ,elle n'atte9t que sa misre4 ,et c'e/ t\t ce qu'elle mrite4 ,il a1 p\r les femmes1 une t5dresse brlante et d\l\reuse4 ,on dirait qu'il a beso9 de s\ffrir p> elles1 et qu'ayant horreur de les faire s\ffrir1 il n'ignore p\rtant pas qu'il leur s]a t\j\rs une occasion de s\ffrance4 ,un dsir d'elles comme inf9i1 et une cra9te d'y t\*]1 une t]reur d'y satisfaire4 ,une peur d'elles t\tes e/ en lui1 et c'e/ p> l surt\t qu'elles l'attir5t4 ,il ne p\vait sans d\te pas se pass] de la prs5ce fm99e2 et sans p\voir faire1 en ri51 le bonheur d'une femme1 il lui fallait rv] qu'une femme ft le si54 ,son premi] m>iage e/ affreux3 il pue la laideur et le taudis4 ,c'e/ un am\r grabataire4 ,l1 ,do/oevski a v\lu son propre sacrifice4 ,il a *]* un *tim5t2 il a expi un p* que je s5s1 que je vois1 et que je ne veux pas dire4 ,plus t>d1 pe9e veuf de cette veuve1 il pr5d p\r femme une jeune fille4 ,il a la passion des jeunes filles1 et nul n'a su jusqu'o4 ,il e/ de ceux p\r qui l'innoc5ce et la prime jeunesse sont la fleur dans la fleur1 la m&>9e dans l'orange1 et l'am\r de l'am\r4 ,le pr9ce ,mui*k9e e/1 en am\r1 ,do/oevski lui-mme4 ,il aspire la volupt la plus f9e des femmes1 ce s\rire entre *air et cur1 qui e/ le *>me des jeunes filles2 il songe aussi1 avec elles1 aux d\ceurs des amants1 si des enfants p\vai5t l'tre1 s'ils p\vai5t donn] des c>esses dlicieuses1 ou si les amants en p\vai5t recevoir d'innoc5tes4 ,je considre avec t]reur la vie d'une femme avec un tel homme1 et la vie d'un tel homme avec t\te femme1 quelle qu'elle ft4 ,il ne peut lui cd] que son ombre *>nelle1 avec t\tes les misres qui y sont app5dues1 comme autant de membres blesss trav]s des haillons4 ,p\r le re/e1 il g>de un t]nel sil5ce4 ,il ne le rompt que p\r se ru] en transports de pe9e et de passion4 ,pe9e ou passion1 elles ne compr5n5t gure que celle qui les conc]ne4 ,de tels hommes1 leur joie e/ t\j\rs muette1 tant elle compte peu4 ,la d\leur seule e/ loqu5te4 ,il faut qu'une femme s\ffre avec lui4 ,il le faut1 dis-je2 p>ce qu'il sait que telle e/ sa vocation1 si elle e/ vraim5t femme4 ,il faut qu'elle s\ffre2 et il faut1 lui1 qu'il s\ffre de la faire s\ffrir4 ,a9si se reconnaiss5t les sexes1 et ils s'aim5t la f94 ,l'am\r e/ inn cette pratique4 ,sans quoi1 le plaisir g/e masque t\t4 ,quelle pati5ce1 dans une femme1 p\r support] la s\ffrance qui nat d'un tel homme6 ,la pati5ce d'une femme e/ sa =ce4 ,sa bont1 sa v]tu4 ,quel c\rage1 en elle1 p\r g>d] sa foi la vie6 ,p\r lui1 si elle l'aime1 il faut qu'elle y ait foi1 l'et-elle p]due p\r elle-mme4 ,elle ne peut pas trahir la volont d'un tel homme2 elle ne peut pas oubli] l'enseignem5t unique de son uvre3 que la foi dans la vie1 cote que cote1 e/ mre 9puisable de t\te beaut4 ,il e/ dur d'tre femme4 ,mieux la vaut tre p\rtant1 qu'une de ces grosses pro/itues qui font des livres1 entre ,p>is et ,nice1 avec leur ha9e de l'homme1 en se l*ant elles-mmes dans un miroir4 ,et p>ce qu'elles sont l'ignom9ie de l'am\r propre1 elles se croi5t des arti/es4 ,non pas ,las grattant ses b\tons1 mais elles1 e/ d le *tim5t de tremp]1 l't]nit durant1 dans la fange de leurs ulcres et la crme de leurs excrm5ts1 les grces qu'elles se sont tr\ves1 et les hideux plaisirs qu'elles y gtr5t#dd4 ,note #dd3 ,di quella sozza scapigliata fante1 ,*e l si graffia con l'unghie m]dose1 ,ed or s'accoscia1 ora 9 pi$e /ante4 ,inf41 ,,xviii1 #dd4 99 99 99 99 99 ,p>ce qu'il les a vu s\ffrir1 et qu'il a fait s\ffrir les femmes1 t\t en s\haitant avec passion de les lev] et de les gurir1 ,do/oevski les connat mieux qu'un autre4 ,il les voit tantt cruelles comme le repro*e de la *air1 tantt plus d\ces que le lait n\rrici] dans la b\*e1 mais t\j\rs t\tes folles3 folles d'gsme1 ou folles de se donn]1 folles de tu] l'homme1 ou folles de s'immol] lui4 ,il connat leur passion unique1 cette att5te t]nelle o elles s'agit5t3 elles sont l1 t\j\rs la mme ve endormie1 qui att5d que le doigt de son ,dieu lui communique l't9celle1 et l'appelle la vie4 ,et dans cette t]nelle att5te1 il dev9e t\j\rs leur t]nelle dception1 leur dsespoir t]nel3 il faut vivre p\r elles6 ,elles peuv5t donn] la vie1 mais non l'avoir6 ,il faut leur s\ffl] le feu1 qui e/ t\te la vie de l'me2 il ne faut jamais laiss] tomb] cette flamme immortelle et fragile4 ,et comme il e/ fatal qu'on ne la puisse pas t\j\rs n\rrir p\r elles1 il faut qu'elles lam5t5t la dup]ie du don total qu'elles ont v\lu faire d'elles-mmes l'homme et l'am\r4 ,il a donc s\ponn leur ardeur cruelle1 ces rancunes glaces qui m5ac5t le foy] de la t5dresse et du dsir4 ,il a laiss comme une bau*e de cette me s5suelle1 de ces pudeurs p]v]ses1 de cette luxure innoc5te et virg9ale1 qui trembl5t dans le s5tim5t des jeunes filles1 et que les fureurs de la femme c\pable attis5t comme un inext+uible regret4 ,t\t e/ passif en elles4 ,leur sacrifice a p>fois la viol5ce d'un appel g/e la viol5ce qu'elles rep\ss5t4 ,elles mett5t1 tre prises1 une espce de brlante complaisance1 p\r en faire plus t>d un repro*e sans piti4 ,elles sont bi51 dans leurs p>fums acides1 la fleur qui exige le poll51 et qui rclame d'tre fconde1 t&is qu'elle a l'illusion de s'y rsign] seulem5t4 ,elles sont aussi le fruit qui espre le soleil p\r mrir2 et qui veut maudire la maturit1 dont sa pulpe e/ avide4 ,att5dre1 t\j\rs att5dre6 p\r n'tre jamais exauce6 ,telle e/ la femme4 99 99 99 99 99 ,il e/ plus d'un homme1 ce ,do/oevski3 et d'autant plus1 qu'il e/ plus ,do/oevski4 ,plus d'un homme1 et plus d'une femme4 ,t\s ces hommes1 en lui1 et t\tes ces femmes1 sont1 *acun totalem5t soi-mme2 et p\r un temps1 sans li5 aux autres4 ,le moi se multiplie de la sorte4 ,l'homme1 qui a reu ce don fatal1 porte naturellem5t dans la vie et dans ses uvres les =mes du rve4 ,do/oevski1 si div]s et si un1 conoit l'am\r avec deux ou trois femmes1 ou plusieurs3 c> il y a en lui deux ou trois ou plusieurs hommes p\r t\te femme qu'il aime4 ,soit qu'il la dsire en sa *air1 soit qu'il v\e en elle un culte quelque r>e idole ou la vi]ge4 ,pr(usion de l'am\r1 p>tage qui rpond un beso9 puissant et my/rieux4 ,il lui faut l'me1 avec la *air2 avec la joie1 il lui faut les l>mes4 ,et dans l'ardeur de la femme en fruit1 il lui faut aussi la jeunesse1 la fleur ou l'enfance mme4 ,il n'e/ pas lo9 d'admettre deux ou trois hommes p\r la mme femme1 p>ce qu'il les tr\ve en lui2 et t\s les trois1 en lui1 ont beso9 de la femme qu'il aime4 ,c'e/ de ce fond obscur que se lv5t les hros tranges de ses livres3 t\s ensemble1 dans le mme am\r1 ils n'en font qu'un1 qui e/ lui1 ,do/oevski4 ,de l1 cette pati5te analyse1 qui ne considre une face du c>actre qu'en fonction des autres faces4 ,de l1 enf91 l'accord dans la vie1 et surt\t dans l'extrme am\r1 de ce qui e/ contr>it in9telligible p\r l'esprit4 ,le dsir de cet homme p\r la jeune fille tremble1 comme un illet de feu dans un p>t]re d'pis et de l\rdes corolles4 ,la passion de l'innoc5ce1 l'lan v]s la =me virg9ale1 cette ess5ce d'ardeur1 si puissante et si subtile1 qu'une g\tte rp&ue en p>fume t\t autre am\r1 et se rvle jusque dans l'am\r le plus infme1 jamais ,do/oevski n'y rsi/e4 ,d'ailleurs1 la jeune fille n'e/ qu'en n\s4 ,selon moi1 il *]*e la vi]ge en t\te femme2 il ne peut aim] qu'elle4 ,cette prdilection l'emporte2 elle le ravit au troisime ciel1 ou elle le fait desc5dre jusqu' cette fureur v]nale1 o la convoitise de l'homme s'adresse l'enfance4 ,il y va1 non p> vice1 mais p> v]tu de passion pl]9e4 ,o que je f]ai peu compr5dre cet excs aux s]fs du brutal apptit4 ,dans l'homme insatiable d'am\r1 une passion palpite1 qui dom9e sur t\s les dsirs3 d'avoir un am\r1 o t\tes les am\rs se confond5t et s'enlac5t4 ,il e/ femme et il e/ homme2 il e/ amant et il e/ pre2 il e/ de *air p\r son me en folie2 il e/ t\t me p\r le dlire de sa *air4 ,et il veut l'innoc5ce1 p>ce qu'entre t\tes les ess5ces de l'am\r1 elle e/ irrp>able4 ,il me s\vi5t de ,wagn]1 qui p5*e1 avec un zle du mme ordre1 multipli] l'am\r des amants p> la p>5t1 et qui ne s'arrte pas aux degrs df5dus4 ,l'amant e/ le frre de son amante4 ,siegfri$ e/ presque le fils de sa bi5-aime1 et p5sant elle1 t\j\rs il p5se sa mre4 ,kundry vole un bais] filial aux lvres de ,p>sifal pantelant4 ,on me dirait de ,do/oevski qu'il a fait mnage avec une petite fille1 je n'en aurais po9t de surprise4 ,et j'en suis sr1 si laissant ici le plan des faits visibles1 j'entr'ouvre les annales de l'homme secret4 ,ne croyez pas qu'on soit plus s5suel1 mesure qu'on e/ plus passionn4 ,il peut arriv] que la fureur des s5s croisse avec la passion4 ,mais l'imag9ation passionne e/ sujette aussi une sorte de *>nalit idale4 ,ri5 ne transpire de ses ivresses2 et l'ardeur s5suelle s'puise *]*] la difficult4 ,qu'e/-ce s\v5t1 que l'arti/e1 surt\t dans l'art des c>actres1 s9on une imag9ation am\reuse des =mes1 jusqu' l'oubli de t\te rgle8 ,do/oevski e/ bigame1 p\r le mo9s4 ,je ne p>le que des int5tions4 ,la passion r5contre r>em5t son objet2 encore mo9s tr\ve-t-on les deux ou trois femmes qu'on dsire dans la mme4 ,la piti p\r la femme qu'on aime mo9s qu'on n'e/ aim e/ une t]rible passion4 ,elle mne1 p>fois1 la mort plus srem5t que l'autre4 ,a9si1 l'ardeur du sacrifice de soi passe inf9im5t l'ardeur que l'on met se sacrifi] les autres4 ,il les v\drait t\tes les deux3 l'une p\r lui1 et lui p\r l'autre encore4 ,taciturne secret que ,do/oevski confesse3 se donn] la femme qui n\s aime et qui att5d de n\s son salut2 et pr5dre la femme que n\s aimons1 dont n\s att5dons la joie2 celle que la passion fait vivre et celle qui la tue4 ,n'e/-ce po9t1 au soir tnbreux de l',idiot1 les deux hommes1 le m>i et l'amant1 la victime et le b\rreau1 que l'on voit veill] la mme femme1 qui fut d\ble et qui e/ morte1 victime elle aussi et b\relle8 ,a la f91 la joie qu'on exige et le salut qu'on disp5se se confond5t dans l'insondable pe9e4 99 99 99 99 99 ,quelle e/ donc cette re*]*e de la d\leur1 dans le s5tim5t qui promet le plus de flicit l'homme1 selon la nature8 ,n'en e/-ce pas1 plutt1 la fatalit dans la consci5ce8 ,plus on y p5se1 plus il semble que l'homme et la femme ne sont pas faits p\r la vie commune4 ,la passion1 plus ou mo9s longue1 n'e/ po9t un tat de dure4 ,la passion1 comme le drame1 vit de combat et se dn\e p> la mort4 ,p\rtant1 l'homme et la femme1 plus ils s'aim5t1 plus il leur e/ fatal de vivre ensemble et confondus4 ,au gnie de l'espce1 qui ne s'inquite que du mom5t1 se sub/itue le gnie de la t5dresse1 qui prt5d accord] les lm5ts contraires1 et faire un tat durable d'un tat passag]4 ,une telle viol5ce la nature ne va pas sans d\leur4 ,et je dis qu'elle e/ ncessaire4 ,l'am\r huma9 se di/+ue1 p> l1 de l'am\r naturel aux autres cratures1 et mme la plup>t des hommes1 si l'on en juge tant de misrables c\ples4 ,p\r qu'un homme et une femme se puiss5t s\ffrir1 il faut qu'ils s\ffr5t l'un de l'autre4 ,c'e/ la loi4 ,je p>le de l'homme accompli en consci5ce4 ,l'accord ne vi5t que du sacrifice4 ,celui qui aime le plus1 s\ffre le plus4 ,a l'ord9aire1 la femme reoit la "p d\l\reuse2 et s\v5t1 elle *oisit d'en j\] le rle4 ,mais le meilleur homme ne le lui laisse pas4 ,en am\r1 le cur e/ trop avili1 s'il ne s\ffre4 ,la s\ffrance seule n\s rtablit dans notre dignit d'homme4 ,quel e/ l'amant pr(ond qu',am\r n'abaisse pas au p>don des pires (f5ses8 ,il faut gr&em5t s\ffrir de la femme1 p\r re/] digne de soi dans l'am\r qu'on lui cons5t1 et mme dans l'am\r qu'elle n\s accorde4 ,et ce n'e/ pas assez des natures qui s'oppos5t1 dans l'homme et dans la femme4 ,qu& les curs sont complices1 c'e/ le de/9 qui ne l'e/ pas4 ,la misre1 la maladie1 le deuil1 t\t ce qui m5ace *aque homme s\s un masque fatal1 dans l'am\r se dmasque1 et1 entre amants1 p\r l'un pr5d visage de l'autre4 ,l'am\r e/ ce qui n\s sp>e le plus des ,anci5s4 ,notre passion n'e/ si ard5te et si ple9e1 que p\r faire en n\s l'union des deux mondes3 le cur *rti5 habite la *air paenne2 et la *air paenne hante le cur *rti54 ,c'e/ notre am\r qui n\s dmontre que n\s ne divis]ons pas un monde en n\s de l'autre1 sans n\s rduire de la totalit4 ,le my/re de l'am\r e/ celui de la d\leur mme4 ,je ne crois que les am\rs s\ffrantes4 ,la d\leur n'e/ pas la maladie3 la d\leur e/ un enri*issem5t4 ,psy* n'aurait pas p]du son ,dieu1 si elle l'avait rveill dans l'insomnie de la pe9e1 et non dans le sommeil du plaisir4 ,mo9s la d\leur1 l'am\r n'e/ que l'ombre de lui-mme4 ,les ,anci5s ignorai5t la d\leur1 puisqu'ils croyai5t la va9cre4 ,et n\s1 n\s devons la sauv]4 ,la d\leur n'e/ po9t le lieu de notre dsir1 mais celui de notre c]titude4 ,les ,anci5s sont trop *>nels4 ,je ne prt5ds pas que n\s devions faire lection de la d\leur4 ,tant s'en faut1 qu'on doit t\t faire p\r s'en tir]4 ,mais il faut la connatre4 ,l'homme vritable n'e/ pas le matre de sa d\leur1 ni le fuy>d1 ni l'esclave3 il en doit tre le sauveur4 ,sur la passion *rti5ne qui a tant donn d'*os et de pr(ondeur la vie1 c'e/ n\s d'lev] une vie n\velle4 ,la gr&eur seule en f]a la joie4 ,c>1 o e/ la vie1 e/ aussi la joie1 mme dans les supplices4 ,vivre1 c'e/ avoir joie1 quelque prix que ce soit4 ,ni la gr&eur1 ni la beaut ne sont valables sans s\ffrance4 ,a9si l'homme ne va plus sans une tri/esse intrieure1 qui donne du prix t\t ce qu'il s5t comme la rose des l>mes un m]veilleux visage4 ,on ne saurait se vant]1 ni de ram5] l'homme un ge qu'il n'a plus1 ni d'abolir en lui aucune des puissances que le pass y a mises1 et qui lui tai5t ncessaires1 puisqu'il se les e/ donnes4 ,la d\leur e/ une augu/e puissance4 ,au lieu de ri5 dtruire1 il faut t\t accomplir en n\s1 et y t\t a*ev]4 ,la passion *rti5ne1 s'il fallait la ju/ifi]1 je dirais qu'elle a cr l'am\r1 p> le prix inf9i que la d\leur y atta*e4 ,l'art e/ un excs du mme ordre1 si on le comp>e au jeu4 ,l'am\r n'e/ qu'une flamme jeune1 qui brille et qui se consume1 *ez les ,anci5s4 ,notre am\r e/ un feu qui dure1 et qui exige de dur]1 un brasi] qui ranime ses flammes mesure qu'il les dvore1 une ardeur qui n\rrit t\te la vie4 ,l',am\r des ,anci5s n'e/ que l'enveloppe du ntre3 aux s5s e/ aj\t le cur4 ,v ,,la ,,pr(ondeur ,,russe ,passions du fond ca*1 lames de fond3 le plus s\v5t1 elles dorm5t2 mais il arrive1 s\leves1 qu'elles emport5t les rives de la paix commune4 ,v\s ne savez pas jusqu'o peut all] l'am\r de la vie dans les tres pr(onds1 ns p\r la s\ffrance1 et qu'elle y atta*e4 ,il les porte t\s les excs1 que v\s appelez des crimes1 selon votre droit4 ,ni les ,juifs *>nels1 ni les ,yankees ne p\rront jamais l'ent5dre3 ils sont trop ass]vis leurs idoles3 les ,juifs1 dans leur esclavage des bi5s t]re/res1 et selon leur incl9ation en j\ir commodm5t2 les ,yankees1 dans leur brutal m5songe d'automates1 deux ressorts d'agitation va9e et de va9e morale4 ,donn] sa vie1 et mme pr5dre la vie des autres1 sans en pes] exactem5t la valeur aux poids de la raison1 de l'agrm5t et du succs1 voil l'honneur my/ique4 ,do/oevski1 qui a t\tes les sortes d'honneur1 hormis celui de vanit1 s5t l'honneur my/ique au mme degr qu'un sa9t aptre4 ,l'am\r de l'am\r f]a1 d'un homme la ,do/oevski1 le b\rreau d'une femme et le j\et d'une autre4 ,mais1 p\r t\tes les deux1 il n'aura que des c>esses dans l'me1 et t\tes de son sang4 ,la passion de l'innoc5ce le p\ss]a1 peut-tre1 vivre en amant avec une petite fille4 ,non p\r la corrompre1 que le ciel en soit tmo96 p\r appro*] sa fra*e puret et s'y purifi] soi-mme2 p\r la connatre3 on ne connat que dans la possession1 et t\te possession t\*e au crime1 hlas2 p\r l'accrotre de ses propres l>mes1 cette adorable innoc5ce4 ,enf91 p\r y retr\v] la si5ne4 ,jamais assez de bonheur6 ,jamais assez de joie6 ,et t\j\rs dans la t5dresse4 ,et le rire dans les l>mes4 ,c> o e/-il le bonheur1 s9on dans la folie de t\t ce qu'il n\s cote8 ,l'me s\ffrante e/ seule gale cet insatiable apptit4 ,et elle n'e/ po9t1 si d'abord elle ne s\pire4 ,a-t-il des regrets et des remords1 ,do/oevski1 lui qui va si lo9 dans l'art cruel de se connatre8 ,il s'en donne t\te l'app>5ce4 ,mais remords e/ un gros mot1 qui ca*e et qu'il devrait df9ir4 ,do/oevski a le dsespoir de ne jamais atte9dre ce ple9 de la passion qu'il p\rsuit4 ,suave dsespoir1 dception t]rible1 espace du dsaveu1 ds]ts de l'enti] dlaissem5t de soi-mme4 ,l'unique passion e/1 en somme1 la passion de la plnitude4 ,un arti/e crateur v\drait presque p>ticip]1 de mom5t en mom5t1 la cration univ]selle4 ,c'e/ p\rquoi il se dte/e1 en va91 lui-mme l'inf9i3 il ne se mprise pas4 ,il peut1 au contraire1 mpris] beauc\p les autres3 et sans jamais les dte/]1 p\rtant4 ,il e/1 en lui1 une ardeur t]nelle p\r le noyau du fruit4 ,t\s les crimes p\rront hant] son me3 elle ne saurait ri5 p]dre de sa pure volont1 qui e/ de ne pas nuire1 ni de sa primitive convoitise1 qui e/ l'innoc5ce1 aprs t\t4 ,elle n'aspire qu' saisir l'objet vivant1 l'ador] en lui-mme1 le possd] jusqu' le dtruire4 ,enf91 je dirai qu'elle veut le tu]1 cet objet d'am\r1 p\r le recrer ensuite aux dp5s de sa propre vie4 ,do/oevski n'e/ pas du t\t ,r\sseau talant ses misres1 et bravant mesure qu'il dit3 ,v\s tes plus misrables que moi2 et je vaux mieux que v\s1 du mo9s en ce que je v\s montre que je ne vaux ri54 ,p\r lui1 ,do/oevski1 il vaut un gr& prix2 et t\s val5t le leur4 ,il t\*e le fond1 qui e/ la valeur mme de la vie1 comme au-dess\s des ocans1 p\rvu qu'on jette assez la sonde1 c'e/ t\j\rs la solidit immuable de la t]re2 et t\tes les m]s ne sont qu'une robe de rose sur l'corce4 ,do/oevski ne rpr\ve que la m*ancet sans am\r4 ,le dsir lui e/ sacr1 p\r peu qu'il porte flamme3 le dsir mme impur4 ,p\r lui1 il n'y a ri5 de mdiocre en soi3 p>ce qu'en lui1 mme les =faits de la *air1 t\t e/ cur et me1 ou1 du mo9s1 en recle4 ,ri5 n'e/ vil1 ses yeux1 sur la t]re1 que les peuples et les hommes sans me4 ,v]s] dans t\s les p*s1 au beso91 p\r tre capable de les t\s expi]1 les et-on mme c>esss1 dans le brasi] que le cur alim5te4 ,o e/ l'am\r1 l e/ la vie1 encore un c\p4 ,o e/ la vie1 l e/ le bi54 ,voil p\rquoi il e/ si bon d'expi] l'erreur incluse au crime3 t\t *tim5t e/ inju/e1 et l'uvre du dmon dans celui qui l'inflige4 ,ju/e et salutaire1 dans le c\pable qui l'accepte3 c> son cur le rclame4 ,ou avoir la =ce de se punir soi-mme ou tre puni4 ,la vie1 p]due dans la faute1 se retr\ve dans l'expiation4 ,le crime g>e le cur1 et n'a peut-tre pas d'autre horreur que cet g>em5t4 ,do/oevski a s\v5t p>u m*ant homme1 et il a pass p\r envieux4 ,un tre trop aigu semble t\j\rs m*ant4 ,la =ce blesse4 ,le reg>d qui pntre les curs e/ un poign>d p\r eux3 on lui en veut de la piqre1 ft-il de la po9te la plus f9e1 et qu& il l'm\ss]ait dans l'effusion des plus t5dres l>mes4 ,les hommes refus5t d'tre dev9s4 ,encore mo9s accept5t-ils qu'on les rvle eux-mmes4 ,on ne les dp\ille pas sans leur faire viol5ce2 et ils gmiss5t de se reconnatre4 ,do/oevski ne mnage ri54 ,le m5songe1 qui e/ au fond de la nature huma9e1 l'irrite jusqu' la rage4 ,il e/ celui qui se mesure avec t\t va9queur selon le monde1 quel qu'il soit2 et il le frappe1 il l'att]re1 il l'cor*e vif4 ,il condamne t\s ceux qui os5t port] condamnation sur la crature4 ,il ne juge que les juges4 ,fait p\r la solitude1 ou p\r t\t un peuple1 mais non p\r se pli] au gt de quelques-uns1 qu'il veuille plaire ou qu'il veuille bless]1 il ne se conti5t jamais4 ,ses pleurs sont aussi prompts1 que son clat de rire bref et t\j\rs tonn4 ,c'e/ lui que j'ent5ds dans le salon des pant*9e1 qu& le ,pr9ce ,innoc5t1 dvor de sympa?ie1 effraie t\s ses amis1 exaspre sa fiance1 et c\rt avec une telle allgresse sa mort sociale4 ,il p\vait tre exquis ou cynique1 p> un dsir gal d'tre soi-mme1 de plaire qui lui plaisait1 et de dplaire qui ne lui aurait plu jamais4 ,et comme il traitait les g5s tte tte1 le public e/ trait p> ses livres4 ,piqu d'am\r-propre1 dans l'extrme ivresse de ses s5tim5ts1 plutt que dans l'orgueil de ses p5ses1 il se portait cet excs qui (f5se le plus les autres3 qui e/1 eux prs5ts1 de les oubli]4 ,ou bi51 s'il p\vait croire leur sympa?ie1 il les associait sa passion1 il se les y incorporait1 il les baignait dans le torr5t de sa f]veur4 ,p]dant t\te ret5ue1 avec un s5s raff9 p\rtant de la mesure s5tim5tale1 il ne prt5dait pas conva9cre1 mais faire aim] l'objet de son am\r2 et1 sans d\te1 il y mettait d'autant plus de c>esse ou de viol5ce1 qu'un tel dsir enveloppe la convoitise que l'on a de t\t am\r4 ,alors1 il prcipite les p>oles1 il lve les vannes1 il l*e les cluses de sa raison passionne4 ,il e/ hag>d4 ,il fait peur4 ,cet homme1 au cur dsespr d'am\r1 a les bonds et les griffes du *at tigre4 ,il en avait aussi les d\x miaulem5ts1 les t5dresses morbides et le vel\rs4 ,ha1 quel don des l>mes1 des sa9tes l>mes6 ,quel lan aux pleurs6 ,comme il ouvre la s\rce int>issable1 la fonta9e aux affligs1 qui sont1 dans le ds]t1 t\s les pl]9s du cur1 que la soif t\rm5te entre l'aridit du ciel et la s*]esse des sables6 99 99 99 99 99 ,la =ce du /yle emporte t\t4 ,mais la pr(ondeur du s5tim5t enf]me t\t1 et le /yle mme4 ,avoir les mmes l>mes6 ne s]ait-ce pas le d]ni] mot de l'art8 ,les curs musici5s sauront m'ent5dre4 ,je dirai que la duret de ,do/oevski l'g>d des trang]s et des ,juifs e/ une raison de /yle3 ,ils n'ont pas les mmes l>mes4 ,il dte/e t\s les peuples de l',oue/2 il se moque de l',occid5t4 ,=c de vivre en ,suisse1 en ,france ou en ,allemagne1 il t\ffe4 ,t\t lui e/ vide1 qu& il quitte la ,russie4 ,il se v5ge sur les trang]s du dgt et de l'ennui1 qu'il respire avec eux4 ,mais il e/ capable1 ,pt]sb\rg ou ,mosc\1 de leur r5dre ju/ice4 ,il les veut employ] au bi5 de la ,russie1 la condition qu'ils s'y prt5t4 ,or1 ils s'y refus5t1 et mme ils hass5t les l>mes russes1 bi5 lo9 de ml] leurs pleurs aux pleurs de ce gr& visage4 ,voil comm5t t\t f9it1 *ez ,do/oevski1 p> la condamnation des ,juifs4 ,au lieu d'tre ,juifs en ,russie1 que ne sont-ils ,russes en ,judae8 ,mais ils ne s]ai5t plus4 ,entre ,do/oevski et les ,juifs1 il y a la mme qu]elle qu'entre l',anci5 et le ,n\veau ,te/am5t4 ,le second abroge l'autre1 puisqu'il l'accomplit4 ,le mort ent sur le vivant corrompt le vivant4 99 99 99 99 99 ,enf91 ,do/oevski e/ j\eur4 ,et d'autant plus1 qu'il p]d t\j\rs4 ,p\rquoi j\e-t-il8 ,dans l'homme malheureux1 qui e/ deux fois passionn1 le jeu pr5d t\te sa =ce4 ,on j\e p\r j\]1 et l'on j\e p\r gagn]4 ,j'ai s\v5t dit que la lot]ie1 ou le c\p de ds1 me semble le plus honnte moy5 de faire =tune4 ,p\r ceux1 il va de soi1 qui n'ont po9t le gnie faire =tune4 ,et il e/ vrai qu'ils ne la font pas4 ,la morale e/ donc satisfaite4 ,ceux qui ne croi5t pas au sort n'ont jamais reg>d la vie4 ,le has>d e/ le nom public de la fatalit4 ,le jeu e/ la consultation populaire du de/94 dipe j\e sur la r\te de ,?bes4 ,ore/e nat j\4 ,les ,anci5s1 gr&s connaisseurs de l'action1 n'ont pas de d\te l-dessus4 ,ils en vi5n5t jusqu' tri*] avec la *ance1 p\r g>d] un at\t contre la srie noire3 tel e/ le sage ,polycrate de ,samos1 lequel fait en va9 une "p au malheur3 comme il e/ ju/e1 sa rs]ve ne le protge po9t4 ,le de/9 n'ent5d pas qu'on le flatte4 ,il punit l'un p\r son humilit1 et l'autre p\r son insol5ce4 ,do/oevski1 inquiet en t\t1 devait avoir l'me au jeu4 ,il j\ait ses six d]ni]s r\bles1 comme on sme dans les *amps d',eldorado1 p\r en rcolt] dix mille1 pay] t\tes ses dettes et sortir de la gne4 ,p]suad que le ga9 e/ t\j\rs possible1 p\rvu que le de/9 y cons5te3 il ne faut qu'un in/ant d'oubli1 aprs t\t2 il suffit que la male =tune reg>de ailleurs1 un cl9 d'il1 et l'on gagne4 ,bi5 p5s1 et d'autant mieux que la sueur d'effroi fait encore la "p de la mauvaise *ance4 ,celui qui p]d t\j\rs n'a pas de raison p\r ne pas t\j\rs t5t] l'av5ture4 ,l'orgueil le veut a9si1 et le s5s du ju/e4 ,dans le j\eur d'un c]ta9 ordre1 il y a un homme passionn de ju/ice4 ,t\j\rs p]dre l'irrite4 ,en pr9cipe1 on ne doit pas p]dre plus s\v5t que l'on ne gagne4 ,la foi s'en mle1 et l'on s'ob/9e4 ,cet am\r-propre n'e/ pas ridicule1 p>ce qu'il e/ fond sur un culte +nu de la vie4 ,l'homme malheureux j\e p\r sortir du malheur2 mais il j\e encore p\r =c] le bonheur qui le fuit4 ,le jeu e/ une int]rogation de la =tune4 ,et plus elle refuse de rpondre1 plus on l'int]roge4 ,si je gagnais t\j\rs1 je v\drais j\] p\r p]dre4 ,comme il e/ plus ord9aire de t\j\rs p]dre1 on j\e p\r gagn]1 ce soir ou dema91 ou la sema9e pro*a9e1 ou quelque j\r1 enf94 ,je gage1 en j\ant1 que ,do/oevski priait4 99 99 99 99 99 ,qu'il manque de dignit avec noblesse6 ,qu'il s'lve bi5 au-dessus des usages6 ,comme il en ti5t ju/em5t compte1 en n'en t5ant pas compte1 en faisant fi de ce qu'on att5d de lui6 ,quel pr(ond honneur le disp5se de satisfaire l'honneur selon le monde1 cette suite inf9ie de petites bassesses1 que rec\vre un masque d'impud5ce banale1 pe9t aux c\leurs d'une politesse propre t\t usage#de6 ,note #de3 ,triomphe de cet honneur *ez les ,anglo-,saxons4 ,l1 p\r un homme1 la gloire e/ de vivre en masque4 ,ils se r5d5t matres de t\tes leurs motions1 dis5t-ils4 ,mais1 la plup>t1 ils n'en ont pas4 ,et celles qu'ils ont1 il les montr5t =t bi53 le mpris des autres1 la duret des curs1 la h>gne brutale de l'esprit purita91 la ha9e des murs libres2 et cette t]re promise des g5til%ommes tale ses grappes d'ivrognes3 p>ce qu'en effet elle en a4 ,ils se lav5t avec so91 *aque j\r1 des pi$s la tte2 et1 ,bible en ma91 ils mpris5t atrocem5t les pauvres4 ,ils ont t\s le mme savon2 ils sont bi5 vtus1 la mme mode4 ,pas une ta*e sur les habits2 pas un gra9 de p\ssire la maison4 ,mais du fo9 dans la tte1 et du galet s\s le se9 gau*e4 ,ils dis5t t\j\rs la vrit2 mais t\t leur tre m5t1 ds ce v5tre de leur mre1 qu'il e/ df5du de nomm]4 ,l'honneur1 dans la socit mod]ne1 n'e/ qu'une faade d'arg5t sur un palais o il n'y a plus ri51 ni salles1 ni meubles1 ni *ambre des p\x3 l'inc5die a pass p> l1 et la maison e/ vide mme du secret nuptial4 ,do/oevski n'a po9t de "p cet honneur des salons et des capitales4 ,do/oevski ne se ca*e pas p\r pleur]4 ,il ne r\git pas de m5di]4 ,il ne donne pas tant de valeur l'arg5t4 ,il n'a pas tant de respect p\r l'or1 ni p\r celui qu'il n'a pas1 ni p\r celui des autres4 ,il ne cde ri5 de son ,dieu2 il ne trahit jamais ce que son ,dieu exige de lui2 et voil le vritable honneur4 ,la ,yancaille a peut-tre le si51 aprs t\t3 le doll> et le ba9 froid4 ,mais plutt1 ,do/oevski subit l'avanie que la turque =tune fait sans cesse la misre4 ,sa con/ance e/ hroque3 p\r s]vir son ,dieu1 il e/ le plus humble des hommes4 ,il cons5t pri]1 sollicit]1 recevoir l'aumne4 ,comme il ne se drobe aucune *>ge1 il ne recule devant aucune humiliation4 ,lui1 qui avait tant d'orgueil1 et beauc\p d'am\r-propre1 cette peau enflamme de l'orgueil malade1 il se met g5\x1 en *emise1 autant de fois qu'il faut4 ,il supplie1 il baise la ma9 qui donne4 ,et p\rtant1 donn] un tel homme1 c'e/ t\j\rs lui donn] le f\et4 ,il le reoit avec d\ceur2 il accepte t\te sorte de bi5faits sanglants4 ,il faudrait tre bi5 bas p\r le lui repro*]4 ,il a l'am\r de la p]fection3 telle e/ la ma9 qui le c\rbe4 ,travaill p> tant de maux1 il sacrifie sa dignit selon le monde sa mission selon l'esprit4 ,il ne s]ait pas le plus russe des ,russes1 s'il ne croyait sa mission4 ,plus il accepte1 mo9s il reoit p\r lui4 ,il s'inquite d'tre t\j\rs en ret>d avec ses diteurs2 mais il n'a pas honte d'tre t\j\rs en dette avec ses amis4 ,et s'il en s\ffre1 il y tr\ve une occasion de s]vir encore4 ,c'e/ qu'il n'arrive jamais se satisfaire4 ,celui qu'on pr5d p\r un ,b>b>e1 aime la p]fection comme un arti/e de ,france ou d',a?nes4 ,il se laisse abaiss] aux yeux de t\t le monde2 mais il ne saurait trahir l'uvre qu'il porte4 ,p> l1 il me rappelle ,wagn]1 une fois de plus4 ,et c]tes1 en des arts si opposs1 d'une matire si div]se et d'une =me si contraire1 ,wagn] et ,do/oevski se t\*5t de plus prs que pas deux autres4 ,l'analyse de ,wagn] et celle de ,do/oevski procd5t du mme fond4 ,les mmes m\vem5ts intrieurs1 qui se comb95t1 s'enlac5t1 se n\5t et se dn\5t1 la mme volont du cur1 ici et l1 envelopp5t un s5tim5t unique4 ,elles viv5t d'motion1 et1 en deux ordres diffr5ts1 elles t5d5t produire une motion semblable4 99 99 99 99 99 ,les arbres ne sont pas de la mme ess5ce4 ,les feuillages diffr5t2 et les bran*es se dirig5t v]s des horizons contraires2 mais les rac9es sont communes4 ,je reconnais ,wagn] mme au rire de ,do/oevski4 ,wagn] n'a ri qu'une fois2 et sa joie1 non pas sa gat1 trempe dans l'motion4 ,il n'y a pas l'ombre de gat dans le gr& ,russe4 ,p\r moi1 le comique norme et d\l\reux de ,do/oevski me t\*e le plus4 ,lbdev1 ,m>mladov1 le pre ,k>amazov1 tant d'autres1 figures tonnantes1 d'une plnitude incomp>able1 la ,fal/aff4 ,elle vi5t de l'am\r1 comme le re/e4 ,ils s'aim5t1 ces b\ffons6 ils s'aim5t fond1 comme des mon/res ou des enfants4 ,et ils aim5t la vie1 comme des sa9ts4 ,on peut donc les aim]1 jusque dans le mpris qu'ils inspir5t4 ,a la vrit1 ,do/oevski e/ un des croyants magnifiques la beaut de ce monde1 qui s]ai5t capables de gurir les esprits f9s de t\t mpris1 si l'on p\vait gurir la petitesse d'tre petite1 et la morale d'tre troite4 ,crim9els ou ridicules1 ,do/oevski e/ p\r ses hros1 comme il e/ p\r t\t ce qu'il anime4 ,la vie1 il n'a pas d'autre p>ti4 ,voil la s\rce d'un comique sans second1 mon gt3 il n'e/ pas de/ructeur2 il e/ purg de t\te ironie4 ,il e/ net de t\t blme1 mme dans l'invective4 ,m>mladov1 ,lbdev1 et t\te la b&e1 t5dres coqu9s1 et *]s cyniques1 b\ffons de la vie elle-mme qui se contemple1 dans les pleurs autant que dans le rire4 ,p>ce que ,do/oevski ne nie ri51 mme qu& il dtruit1 ses b\ffons affirm5t t\t un monde qui n'a pas russi1--mais qui1 t\t de mme1 a cont9u sa croissance dans la honte1 le p*1 la coqu9]ie1 la crapule et les remords4 ,ils port5t leur excuse avec eux2 et bi5 plus1 leur privilge lgitime4 ,ils sont srs1 la fois1 de leur indignit et du droit qu'elle a1 elle aussi1 vivre3 je dirai mme de sa prrogative en ce monde et dans l'autre2 c> ils s\ffr5t1 ces luxurieux et ces ivrognes1 soit qu'ils subiss5t les plus sales misres1 soit qu'on les mprise et les hasse4 ,quelle diffr5ce de ,lbdev et ,m>mladov ,b\v>d et ,pcu*et1 ces c>icatures immortelles6 ,ceux-l1 on ne peut mme pas les mpris]4 ,ils font d'abord rire1 puis rican]2 la f91 leur comique e/ p>eil la *at\ille int]m9able de la p5se3 on crve d'ennui et d'n]vem5t1 ce rire4 ,ils sont ab/raits et mornes4 ,ils figur5t la ,sci5ce1 et ses travaux p]ptuit4 ,m>mladov et ,lbdev sont si hommes1 qu'ils sont ju/ifis4 ,do/oevski dirait qu'il y a un ,lbdev et un ,m>mladov en *aque pre de famille1 p\r peu qu'il et vivre dans les conditions o ceux-l ont vcu4 ,ils ne sont pas dans la mort1 ni impitoyablem5t condamns1 comme les deux secrtaires p]ptuels de ,flaub]t1 automates de l'univ]selle drision4 99 99 99 99 99 ,il e/ contre l',occid5t1 dans la mesure o l'on s'arme de l',occid5t contre la ,russie4 ,jamais ,do/oevski n'a pu donn] de gages quelque p>ti que ce ft1 pas mme au si53 celui de la t]re et des vivants4 ,la volont de ni] lui e/ t\j\rs trangre4 ,il affirme en niant4 ,la ha9e n'e/ pas en lui4 ,il n'e/ mme pas antismite4 ,il e/ contre les ,juifs au mme titre qu'il combat t\s ceux qui ni5t le ,*ri/ et la ,russie4 ,comme il e/ libre1 en ddaignant t\te lib]t politique6 ,il sait que la lib]t n'e/ pas dans le vote4 ,c>1 sont-ce pas les esclaves qui vot5t8 ,qu'il soit libre de t\t p>ti1 je le s5s la =ce de sa fibre premire3 l'art1 la politique1 la religion1 en ,do/oevski1 t\t sort de la mme cellule3 l'humble orgueil d'tre le confid5t de la vie univ]selle1 et de se confondre avec elle1 indf9im5t4 ,il faut qu'un homme en vaille bi5 la pe9e1 p\r qu'il se donne l'univ]s4 ,ou quel don f]ait-il8 ,qu'il tombe du plus haut1 ou qu'il s'ag5\ille d'abord1 s'il se c\*e enf9 sur le corps de la t]re1 comme il le doit1 c'e/ p\r r5dre cette mre t\s ses bais]s et t\tes ses l>mes1 un gr& am\r et une gr&e joie4 ,t\t donn] enf9 n'e/ pas assez1 si l'on ne donne beauc\p4 ,do/oevski exalte le moi p\r en faire la vie un sacrifice digne d'elle4 ,t\t de mme1 il porte au plus haut po9t sa race et sa patrie p\r en (frir le miracle au g5re huma94 ,il n'e/ pas aigrem5t l'homme de la ,russie contre l',europe4 ,mais il ne veut pas que l',europe soit appele p> la ,russie mme corrompre la ,russie1 la d=m] et la dtruire4 ,qui absorbe1 dtruit4 ,il faut se n\rrir de la p5se trangre1 mais ne pas se laiss] digr] p> elle4 ,l'am\r du sol et de la race n'invite pas ,do/oevski l'isolem5t4 ,c'e/ un am\r qui aime et se prodigue1 non pas une possession jal\se qui ?saurise4 ,il n'c>te ri51 il ne rep\sse que la confusion4 ,plus la ,russie s]a russe1 plus l',europe s]a l',europe1 et plus en s]a noblem5t accrue la vie du g5re huma94 ,am\r du sol sans petitesse ni rancune4 ,la t]re e/ d'un seul t5ant4 ,droit la t]re1 p\r qui baise et qui aime la t]re4 ,sans d\te1 on ti5t d'abord au co9 de t]re qui n\s ti5t4 ,mais p\r ,do/oevski1 les morts ne g\v]n5t pas les vivants3 jamais ,do/oevski ne remue ce poison mortel2 jamais il ne convoque les morts1 ft-ce dans leurs v]tus4 ,c'e/ la gnrosit des vivants qu'il en appelle1 et leur gr& am\r qui fait vivre les morts4 ,do/oevski e/ bi5 trop =t p\r s'enf]m] dans un cimetire4 ,n\s ne vivons pas dans un *>ni]1 mais dans une pp9ire au soleil1 bnie de nos l>mes4 ,il ne s'agit pas d'ent]r] la vie1 mais de la r5\vel]4 ,l'uvre de l'homme n'e/ pas de cultiv] les g]mes d'un spulcre1 mais de rajeunir la t]re1 et le spulcre mme1 en y semant des cultures n\velles1 avec pit4 ,po9t d'av>ice1 ni de ress5tim5t acide4 ,do/oevski ne cra9t pas que l',europe lui dvore la ,russie2 mais il s'oppose ce qu'on jette la ,russie comme un os l',europe4 ,en t\t ordre1 t\s les degrs1 ,do/oevski annonce le devoir d'tre soi-mme le plus possible1 p\r tre plus homme4 ,a ce prix seulem5t1 l'humanit s]a meilleure et plus belle4 ,la race enf9 n'e/1 ses yeux1 qu'un moy5 de p>v5ir l'humanit suprieure4 ,ce que l',occid5t connat p> la mesure1 le ,russe le dev9e p> le s5tim5t4 ,l',occid5t numre et calcule3 il e/ nombre et gomtrie4 ,le ,russe voque et press5t3 il e/ m\vem5t intrieur et musique4 ,l',occid5t ouvre les yeux sur le monde2 il voit et il comp>e4 ,le ,russe la ,do/oevski reg>de au d$ans4 ,si le ,russe f]me les yeux1 ce n'e/ pas p\r voir davantage1 sans d\te3 c'e/ p\r mieux ent5dre les pr(onds murmures de la vie1 dans l'ombre o les images se df9iss5t1 les objets si l'on veut4 ,le ry?me e/ la premire figure2 et1 au se9 des tnbres1 c'e/ de la mlodie que naiss5t les =mes1 prodige obscur4 ,telle e/ la raison p\rquoi le ,russe ne vaut ri51 s'il n'aime4 ,il ne critique pas3 il nie4 ,il ne d\te pas3 il dtruit4 ,il n'e/ pas a?e3 il e/ prtre du nant4 99 99 99 99 99 ,avant qu>ante-deux ans1 ,do/oevski n'a ri5 produit qui vaille4 ,t\tes ses gr&es uvres sont de l'ge ple91 entre qu>ante et soixante ans1 o il e/ mort4 ,les autres ,russes sont plus prcoces3 ,p\*k9e1 ,l]montov et ,gogol ont peu vcu1 mais d'une vie ard5te4 ,todor ,mikalovit* n'tait pas de ces jeunes g5s4 ,la ,russie ne s'e/ reconnue en ,do/oevski1 que peu de temps avant de le p]dre4 ,il a t le hros de sa nation1 l'homme qui p5se1 le cur qui bat p\r t\te la race2 mais il ne le fut que c9q ou six ans avant de m\rir4 ,il lui fallut t\*] cette extrmit encore1 p\r pr5dre le rang augu/e que ,tol/o lui-mme n'a pas obt5u4 ,p5dant prs d'un demi-sicle1 ,tol/o a pu pass] p\r le plus gr& arti/e de son pays4 ,mais p5dant quelques saisons1 ,do/oevski a t l'homme de la ,russie1 celui qui aime et qui hait1 qui p5se1 qui veut et qui p>le p\r t\s1 l'an vnrable de la maison1 le guide entre t\s les frres4 ,il e/ l'homme de la d\leur3 e/-ce l son seul titre8 ,on aurait bi5 tort de le croire4 ,j'ai compris la d\leur russe dans ,do/oevski3 elle n'e/ pas seulem5t fconde3 elle a la =ce active qui purifie4 ,la joie russe n'a aucune v]tu4 ,les peuples jeunes ont t\j\rs assez de joie1 puisqu'ils veul5t vivre4 ,la joie que v\s *]*ez v\s dprime4 ,p\r en v5ir ce rgne d\l\reux1 il fallait que la vie de ,do/oevski ft t\t ce qu'elle a t en effet4 ,il fallait qu'il tombt dans l'erreur politique1 qu'on le prt p\r un rebelle1 lui qui l'tait si peu1 qu'on le condamnt mort1 et qu'il cr\pt au bagne4 ,p]sonne ne doit plus ses s\ffrances que ,do/oevski4 ,p]sonne ne doit plus ses erreurs4 ,en p]sonne1 la faute ne fut plus fconde4 ,l1 il s'e/ fait cette vue incomp>able du rev]s qu'il applique aux s5tim5ts des hommes4 ,il lit les deux cts de la page1 et la face visible ne lui e/ qu'un moy5 de mieux connatre l'autre4 ,l'erreur d'une gr&e me n'e/ jamais que dans l'action3 la volont ni le cur n'err5t po9t1 tant t\j\rs fidles la gr&eur qui les anime4 ,on ne se trompe que sur la r\te suivre4 ,qu& on revi5t sur ses pas1 on possde t\t l'horizon et t\tes les p]spectives1 qu'on n'et peut-tre jamais bi5 vus sans cette erreur-l4 ,elle e/ la rac9e commune de la pe9e et de la puissance4 ,l'uvre qui fit la =tune de ,do/oevski jeune homme#df et celles qui v9r5t ensuite jusqu' la cata/rophe du bagne1 me sembl5t d'une inv5tion mdiocre et d'un trs faible prix4 ,elles s5t5t la crasse s5tim5tale des galetas4 ,elles sont geign>des et l>moyantes4 ,le peu de gat qu'elles ont grimace4 ,elles annonai5t le ,gogol des mans>des1 s'il peut y avoir un ,gogol mo9s la =ce et le /yle4 ,le trait e/ =c1 le dess9 sans beaut1 les ombres paisses4 ,elles ressembl5t aux tableaux d'un pe9tre oubli1 ,tassa]t1 qui pleurni*ait l\rdem5t dans les taudis1 de grabat en grabat4 ,subtiles enf91 mais sans pr(ondeur4 ,or1 la pr(ondeur du s5tim5t corrige seule la subtilit qu'elle implique2 seule1 la pr(ondeur de l'analyse suppose l'extrme complexit et la ju/ifie4 ,ce d\ble don1 qui devait port] ,do/oevski une hauteur o p]sonne ne le dpasse1 ne se fait s5tir dans les premires uvres que p> l'emb>ras de l'action et la contorsion des c>actres4 ,note #df3 ,les ,pauvres ,g5s1 #ahdf2 le ,d\ble1 les ,nuits blan*es1 etc41 #ahdg #ahdi4 ,au db comme la f91 ,do/oevski ne pe9t que des jeunes g5s1 et quelquefois des vieill>ds4 ,l encore1 c'e/ la ,russie mme1 qui n'e/ pas mre1 t\j\rs trop v]te ou trop avance2 elle a ses adolesc5ts p\rris et de vieilles g5s l'me plus fra*e que l'enfance4 ,s\v5t l-bas1 les jeunes femmes port5t un cur de cadavre1 ple9 de v]m9e et de c5dres1 s\s une *air en fleur4 ,la ,russie vit dans l'excs3 en t\t1 jusqu'ici1 elle ignore l'entre deux4 ,do/oevski lui-mme et ses livres sont au c5tre de ce monde inconnu4 ,lui et ses livres sont les gr&es uvres de l'ge mr4 ,c'e/ l'homme dans t\te sa =ce1 qui possde la jeunesse3 les jeunes g5s ne connaiss5t pas les jeunes g5s4 ,do/oevski e/ cet homme1 celui qui ne fait tort ni de la ralit au rve1 ni du rve la ralit1 qui peut seul compr5dre t\te la pr(ondeur de la vie4 ,peu import5t ses erreurs de fait1 les premires et les d]nires1 celles qui l'ont m5 au bagne1 et celles qui le f]ai5t pr5dre p\r un conseil des ,c5t ,hommes ,noirs4 ,peu importe que la ,troisime ,section soit la face ca*e et le bras visible de l'vangile dans l'horrible empire4 ,peu importe ,son ,excell5ce ,pot-de-v91 les pr9ces qui vol5t les fonds de la ,croix-,r\ge aux malades et aux blesss1 ou le rgne des ,allem&s1 =c5s polici]s1 qui g\v]n5t au nom du ,*ri/ et de la race slave4 ,t\tes les erreurs de fait n'emp*5t pas de croire la ,russie que ,do/oevski n\s inc>ne4 ,elle n'e/ pas seulem5t en lui2 mais il n\s la rvle1 il a*ve t\t ce qu'on en voit dans ,p\*k9e et dans ,gogol1 dans ,t\rgunev et ,tol/o4 ,il faut qu'il y ait un peuple russe dans les langes4 ,il faut que ces esclaves politiques soi5t admirables de lib]t morale4 ,il faut que ces brutes1 dans l'enf] de l'ivrogn]ie et des massacres1 soi5t t\t de mme ri*es d'une consci5ce qui n'a plus d'gale en ,europe4 ,il faut que ce peuple1 capable de t\t p>fois1 comme les enfants cruels1 et qui dort1 le re/e du temps1 dans une affreuse impuissance1 il faut p\rtant qu'il soit le seul peuple d',europe qui ait encore un ,dieu4 ,la ,russie1 mme folle1 mme l*e1 mme noye dans le sang et dans l'eau-de-vie sans p>fum1 la ,russie ne vit pas p\r l'arg5t1 ni p\r la ha9e1 ni p\r la balance du comm]ce1 ni p\r les triomphes ignom9ieux de la viol5ce4 ,la ,russie vit p\r r5dre une consci5ce religieuse au g5re huma93 elle a1 malgr t\t1 le cur frat]nel t\s les hommes1 mme au milieu des b\*]ies et des vomissem5ts o la jette son hy/rie4 ,do/oevski tait n p\r la d\leur1 et p\r s'lev] dans la d\leur1 au-dessus de t\t l'gsme et de t\te la misre morale1 o la d\leur enf]me gnralem5t les natures mdiocres4 ,il lui fallait la maladie1 les tortures du cur1 l'angoisse de l'esprit1 la prs5ce de la mort p\r conqurir ce que j'appelle l'apptit et la sant d'une vie univ]selle4 ,un peu plus1 c'et t trop3 il faut p\voir respir]1 p\r vivre4 ,mais un peu mo9s1 il ft re/1 comme tant d'autres1 mi-*em9 de l'asc5sion sa9te et t]rible4 ,ce n'e/ pas un mo9dre prix que l'on pr5d soi t\te s\ffrance et t\t supplice4 ,on ne gravit srem5t la montagne que sur des *elons sanglants4 ,surt\t1 il lui fallait le bagne et l'enf] des crimes#dg p\r se purg] fond d'un am\r-propre qui fut t\j\rs froce1 et d'une naturelle jal\sie4 ,mais bi5 plus encore1 cette damnation devait lui rvl] les gr&s fonds de l'me huma9e1 o nul n'e/ desc5du plus avant1 ,%akespe>e et ,wagn] excepts4 ,l1 il connut que le crime a ses v]tus1 et qu'il peut tre ple9 de la v]tu mme2 que la qualit d'homme ne se prescrit jamais2 que le cur prs5te t\t grief et t\te excuse2 que la s*]esse de l'me e/ le seul p*1 si mme il en e/ un2 que la faute e/ p>t\t1 qu'elle a t\j\rs une disp5se1 qu'elle obti5t remise1 p\rvu qu'elle cons5te un peu l'expiation2 et la s\ffrance vaut le cons5tem5t1 qu& la rebelle le refuse2 que l'am\r e/ le salut de t\s et de *acun2 que la rdemption e/ le prix du sang2 que le *tim5t1 horrible en ceux qui os5t *ti]1 e/ ncessaire t\t c\pable1 p\r rassur] en lui l'orgueil de son de/9 et la dignit de l'homme3 ,c> t\te vie1 avant d'tre son t]me de beaut1 t\te vie e/ une expiation que l'am\r n\s propose1 et qui doit tre expie4 ,note #dg3 ,et moi aussi1 j'ai mon enf]1 le bagne des auteurs1 des critiques et des faux arti/es1 o je purge1 dans un co9 d'ombre1 la colre de ma solitude et le vieil am\r de la gloire4 ,voil o ,do/oevski a saisi l'me de son peuple1 et de t\s les peuples1 et de ceux mme qui l'ont tue4 ,il a pes que les premi]s selon le rang sont s\v5t les d]ni]s selon la vie2 et les d]ni]s selon le monde1 les premi]s suivant l'me ca*e du monde4 ,l1 il apprit se mettre au-dessus de t\te app>5ce4 ,l1 il s'e/ fait vivre en pr(ondeur3 c> t\te l'uvre de ,do/oevski e/ une vie dans la pr(ondeur et dans la vrit secrte1 qui e/ l'unique vrit1 sans d\te4 ,l1 il s'e/ tabli 9branlablem5t au-dessus de t\s les prjugs2 et ceux de la raison n'ont pas t5u devant lui plus que ceux de la morale et de la politique4 ,le gr& ,do/oevski a montr1 le premi]1 que la f9 de la vie e/ la vie mme4 ,mais il a t plus lo93 il a connu1 pr(ondm5t1 que la vie elle-mme e/ une =me vide sans le cur qui l'anime1 et a9si que l'am\r e/ la f9 de cette f9 unique4 ,qu'e/-ce donc1 s9on que l'homme e/ fait p\r se t\j\rs pass] soi-mme8 ,l'homme n'e/ po9t une figure a*eve1 mais un lan la =me p>faite1 un essai cont9uel l'homme4 ,je tr\ve cette v]tu hroque dans ,do/oevski1 et cette gr&eur intrieure4 99 99 99 99 99 ,l'intuition e/ une vue du cur dans les tnbres4 ,la nuit extrieure s'illum9e de l'clair jailli du d$ans4 ,c'e/ l que ri5 ne se =mule1 et t\t s'claire3 l o la vie pr5d =me1 o les mobiles se cond5s5t1 o se dt]m9e l'action4 ,l'intuition e/ bi5 le lum9aire de la pr(ondeur4 ,elle e/ la consci5ce am\reuse de ce qui e/1 au fond de ce qui p>at tre4 ,elle e/ ce qui demeure en ce qui devi5t1 et qu'elle porte4 ,elle e/ vraim5t l'in/9ct de la connaissance1 et son am\r4 ,en ,do/oevski1 je f9is p> t\t rfr] l'intuition4 ,do/oevski a consci5ce de son intuition1 et tel e/ son miracle4 ,il faut le lire en musici54 ,la *a/et n'e/ que le signe le plus visible des mes pures4 ,la puret suprme e/ l'innoc5ce de la bont3 l'horreur de faire le mal4 ,do/oevski n'hsite pas produire des pro/itues plus *a/es et des assass9s plus purs1 l'en croire1 que les honntes g5s3 c'e/ qu'ils aim5t2 et que le crime1 en eux1 n'e/ pas le mal qui dure1 mais l'erreur1 la folie et la misre du mom5t4 ,jamais il ne dit avec emphase que la pro/itue ou le crim9el val5t mieux que l'honnte femme et le juge4 ,mais la pro/itue qu'il df5d e/ une victime3 il montre en elle1 non pas l'excell5ce de son infamie1 mais l'excell5ce de la d\leur que l'infamie lui cote4 ,et enf91 t\te crature qui se donne avec passion e/ victime1 quel que soit son b\rreau1 son complice ou son idole4 ,nulle trace1 en cet homme admirable1 de morgue v]tueuse4 ,nul ne s'e/ mo9s ju* sur les *asses du devoir et de la morale4 ,a la pr(ondeur o il sait *]*] les orig9es1 il tr\ve1 en soi1 la sem5ce et l'excuse de t\s les p*s4 ,et le crime des crimes1 qui e/ la cruaut1 il en dbr\ille aussi les rac9es1 avec un sa9t effroi3 il t\*e1 il voit que la cruaut et la luxure se ti5n5t comme deux surs mon/rueuses1 unies p> le mme os de dsir4 ,plus il les dte/e1 plus il en p\se la connaissance4 ,do/oevski n'a pas proprem5t piti du mal3 mo9s que le *tim5t ne soit plus pitoyable la faute1 que la rmission4 ,mais sa compassion e/ m]veilleuse p\r la pe9e1 ou publique ou ca*e1 que le p* exige4 ,piti qui n'e/ po9t vague ni fumeuse2 elle ne comporte aucune faiblesse1 elle ne ti5t pas au l>moiem5t3 elle e/ la v]tu huma9e p> m95ce1 la v]tu des v]tus1 la *>it sans quoi t\t re/e mort et vide4 ,l'am\r vritable e/ l1 o celui qui aime s'oublie soi-mme et se confond entirem5t dans l'objet aim4 ,l>mes de la compassion1 v\s faites une honte t]nelle aux bais]s sans piti4 ,le plus haut po9t de la v]tu e/ t\j\rs de se va9cre1 et d'embrass] p>faitem5t l'objet3 lui tre le cur et l'me qu'il a si peu1 ou qu'il n'a po9t4 ,cette conqute e/ d'une autre gr&eur et d'une autre fcondit1 que la dom9ation telle quelle4 ,s'emp>] d'autrui et du monde1 misre prs de la puissance qu'il faut p\r leur donn] la vie et les sauv]4 ,voil le magnifique c\rage de la vision1 que seuls les ,russes ont eu avec nos ,franais4 ,ils ne font pas un pauvre *oix dans les passions huma9es3 ils les considr5t t\tes4 ,ils ne feign5t po9t de croire que les amants n'ont po9t de lvres4 ,la pr(ondeur du s5tim5t russe1 et la puissance de l'esprit franais3 les deux ailes l'essor de la n\velle connaissance4 ,il n'e/ pas de pr(ondeur sans un rve f]v5t de l't]nel4 ,la pr(ondeur e/ s\s-jac5te au s5tim5t1 et non l'intellig5ce4 ,la pr(ondeur e/ le privilge de l'me religieuse1 et de cette me seulem5t4 ,il n'y a pas de vrit religieuse4 ,mais le s5tim5t religieux a sa connaissance4 ,quelle intellig5ce =te ne *]*e pas une relation de soi l'univ]s8 ,mais ce n'e/ ri5 d'en avoir l'ide3 elle n'e/ qu'un *iffre4 ,il faut en avoir le s5tim5t4 ,et telle e/ l'me religieuse4 ,aprs bi5 des r\tes et des *utes cruelles1 l'me religieuse se fixe dans l'am\r3 l e/ son lieu1 et sa conqute2 l1 sa =ce et la vocation de sa puissance2 l s]ait son repos1 s'il en exi/ait un4 ,do/oevski n'a pas manqu la c\ronne promise l'am\r errant4 ,il e/ entr au port de la re*]*e idale4 ,la ralit6 font-ils2 la ralit6 ,h1 oui6 ,n\s savons1 n\s aussi1 qu'il n'y a po9t d'arbre sans le sol qui le porte1 sans fumi] ou sans t]re4 ,mais s'il ne quittait jamais le sol1 s'il n'tait pas ce qui s'vade du fumi] et ce qui sort de la t]re1 l'arbre ne s]ait pas l'arbre2 et sa rac9e mme p\rrirait4 ,les gr&s ,franais ont t\te la =ce dans l'esprit4 ,la plup>t1 ils n'ont pas la pr(ondeur1 qui e/ si naturelle aux mes religieuses4 ,ils ne l'ont plus1 du mo9s4 ,c>1 ils l'eur5t1 ceux qui ont dress les ca?drales s\s le ciel4 ,le gr& ,flaub]t m'y fait p5s]1 ce pr9ce de nant4 ,il e/ sec1 et il sme les c5dres4 ,de l1 les sables et les sal9s cuisants de son uvre3 t\tes les lignes sont belles1 et l'on y respire pe9e1 dans un v5t d't]nel ennui4 ,flaub]t e/ un gnie mortuaire4 ,s'il a du cur1 comme je crois1 il n'en a pas p\r la vie4 ,et t\t ce qu'il en a1 d'ailleurs1 il l't\ffe3 il t*e tre sans am\r1 comme le monde de son intellig5ce2 et il y russit4 ,l'am\r de ,dieu1 ou la *>it que je veux dire1 quel nom qu'on y donne1 implique t\tes les autres am\rs4 ,c'e/ l'am\r de ,dieu que ,do/oevski respire4 ,et le peuple russe avec lui4 ,on doit avoir foi au peuple russe1 sur la foi de ,do/oevski4 ,do/oevski1 victime des puissances1 p>le p\r les puissances3 la tyrannie1 la police1 l'glise1 les ri*es4 ,a ses yeux1 t\t le mal qu'elles peuv5t faire1 e/ comp5s1 de bi5 lo91 p> l'action qu'elles ont sur l'me huma9e3 elles en provoqu5t l'excell5ce1 en y prodiguant la d\leur4 ,s'il f9it p> les df5dre1 ces puissances mortelles1 j'y vois un triomphe de l'affirmation4 ,do/oevski connat son peuple p> soi-mme4 ,t\te rvolte de la race d*ane son in/9ct d'aveugle de/ruction et d'anantissem5t4 ,le j\g1 qui lui fl*it la tte jusqu' t]re1 la g>de troitem5t de l'an>*ie4 ,la tte russe nie4 ,sa lib]t t\rne aussitt en ngation affreuse4 ,la race des ,russes obx et s\ffre avec excell5ce4 ,elle se rebelle et se fait ju/ice avec infamie4 ,cette race ne peut all] la p]fection que p> les voies de la d\leur4 ,en un mot1 elle ne veut *oisir qu'entre la foi my/ique et le nant1 entre l'am\r de ,dieu et la ha9e de la vie4 99 99 99 99 99 ,do/oevski1 matre en t\tes passions1 et t5ant t\tes les cls de l'abme1 f]me les portes du nant4 ,t5t de t\tes ngations1 il ne dtruit ri5 et il affirme4 ,en ,do/oevski1 j'admire un ,nietzs*e ra*et4 ,je ne crois pas aux ,prom?es qui p]d5t la tte sur le ro*]4 ,mon ,prom?e fait peur ,jupit] mme1 qui s'imag9e de l'avoir bi5 cl\4 ,je ne f]ai pas crdit des dieux1 qui f9iss5t quatre pattes1 dans un asile4 ,et si la f\dre me frappe1 duss-je t5ir bon contre elle1 le ciel me soit tmo9 que je ne me s]ai pas vant4 ,t\t ce qui e/ mort et ngation dans les philosophes1 ,do/oevski l'a surpass2 mais telle e/ sa gr&eur1 qu'il monte d'un degr encore4 ,il porte la rdemption l'accablem5t de nos fatalits4 ,si je l'ai pe9t comme il e/1 je ne sais2 mais jamais1 il me semble1 on ne mesura mieux la di/ance qui sp>e la mortelle ?orie de l'uvre vivante1 et le p5seur sans am\r du vritable arti/e4 99 99 99 99 99 ,encore un pas4 ,je dirai de ,nietzs*e et des ,anci5s qu'ils peuv5t suffire au monde de l'intellig5ce4 ,mais ils ne pntr5t pas d'un p\ce dans le monde du cur4 ,ils re/5t sur le seuil4 ,et plus ils s'imag95t de faire la loi l'intrieur de la maison1 plus ils l'ignor5t4 ,de l1 sans d\te1 la misrable jactance de ,nietzs*e1 qui excde t\t ce qu'on peut p]mettre l'orgueil de l'esprit2 c> c'e/ l'esprit mme qui y entre en dcad5ce1 et qui m>que les degrs de sa *ute p> des cris4 ,il ne faut pas que l'orgueil de l'esprit s5te la p>alysie gnrale4 ,l'intellig5ce qui se vante ne tr\v]a pas d'excuse dans l'abaissem5t de la folie2 mais au contraire1 la f9 de cette intellig5ce porte jugem5t sur t\tes les uvres de sa croissance2 et1 quoi qu'on fasse1 plus elle a t\t rduit elle seule1 plus elle subit la condamnation de son propre dda94 ,ce que ,s*op5hau] e/ ,sp9osa1 les gr&s tmo9s de la vie le s]ont t\j\rs ,nietzs*e4 ,et ce sont les gr&s arti/es3 les confid5ts de l'am\r4 ,j'en sais plus d'un4 ,mais ,do/oesvki e/ le premi] de t\s1 dans le temps3 il a prv5u t\tes les insol5ces de ,nietzs*e4 ,wagn] aussi tait l4 ,il n'y a pas si lo9 de l',idiot ,p>sifal sublime4 ,t\te philosophie1 d'ailleurs1 qui n'e/ pas un simple jeu de la logique1 pr5d =me dans une uvre d'art4 ,il faut sortir de la cage l'cureuil4 ,une p5se vivante sur la vie n'a pas d'autre expression qu'un *ef-d'uvre4 ,les livres de ,nietzs*e sont des essais au *ef-d'uvre2 mais cet ,apollon e/ t\j\rs dans la cage2 il fait le dieu1 en vrai ,phbus d',univ]sit1 bsicles d'or2 t\t de mme1 son *> e/ une *aire1 et son ,pgase une rosse allem&e h>na*e de lexiques 9-folio4 ,nietzs*e peut s]vir de guide l',enfant ,prodigue dans ses r\tes de jeune homme4 ,nietzs*e e/ une bonne m?ode p\r la rbellion4 ,et1 comme la faon des docteurs1 il e/ ivre de ses pr9cipes et t\t aveugle sur la vie1 il despotise4 ,p> l1 il appr5d la discipl9e ceux qui n'ont po9t de rgle intrieure4 ,de mme il satisfait l'in/9ct de l'art dans les demi-arti/es4 ,wagn] vieill>d1 qui avait pass p> t\te ngation1 ne p\vait que lev] les paules1 aux j\rs de ,p>sifal1 devant ce corybante infatu qui1 impuissant t\te cration et incapable mme de plaisir1 lanait contre le monde de l'am\r ses vieilles idoles de pi]re1 son ,bac*us1 son ,apollon1 et son trpi$4 ,il n\s faut de n\veaux dieux p\r possd] la vie4 ,mais les dieux morts ne ressuscit5t pas4 ,wagn] savait que ,p>sifal e/ vivant2 et si1 p\r l'(frir au monde1 il fallait t\rn] le dos un pr(esseur d'orgie logique1 il t\rnait le dos ,nietzs*e4 ,do/oevski en et fait autant1 avec le mme droit4 ,do/oevski e/ l'homme de la vie1 mais non pas seulem5t dans les livres4 ,p>ce qu'il e/ l'homme de la vie1 son monde e/ le monde de la =ce1 uniquem5t4 ,encore les ,anci5s sont-ils les matres de l'action1 t&is que ,nietzs*e e/ insupportablem5t l'homme du cab9et et des livres4 ,p> lui-mme1 il ne sait ri5 de la vie1 ri5 de l'action1 ri5 des passions2 et il donne des lois aux passions et la vie4 ,je ne m'tonne pas qu'il soit le prophte des pr(esseurs et le dieu des femmes s\rdes qui tran*5t de la bonne ou de la mauvaise musique4 ,les plus rebelles1 et qui se flatt5t de l'tre1 sont1 la plup>t1 des esprits ns disciples4 ,que ,nietzs*e ti5ne donc lieu des ,anci5s et de la vie hroque aux g5s qui ne sav5t pas lire4 ,et s'ils n'ont pas compris les ,grecs1 ni les ,itali5s du ,moy5 ,age1 ni ,pascal1 ni ,/5dhal1 ni la ,rvolution1 qu'ils lis5t ,nietzs*e1 lequel leur fait1 de t\te cette gr&eur1 un manuel avec t\te la commodit grossire que ce =mat comporte4 ,on doit s'arrt] ,nietzs*e4 ,mais on n'e/ que la moiti d'un homme1 si l'on s'y fixe4 ,il n'e/ bon qu'aux femmes de lettres et aux jeunes g5s4 ,raskolnikov et t\s les jeunes hros de ,do/oevski sav5t p> eux-mmes t\t ce que ,nietzs*e p\rrait leur appr5dre4 ,mais ,do/oevski ne les difie pas dans cette demi-connaissance4 ,il ne veut pas qu'ils se ti5n5t cet tage grossi] de l'n]gie4 ,il les porte l'tage suprieur1 qui e/ le pali] proprem5t huma9 de la *>it4 ,quant au surhuma91 c'e/ un bon mot p\r les amateurs d'loqu5ce4 ,a mes oreilles1 il a le son rpugnant de l'emphase4 ,il n'y a ri5 de plus huma9 que d'tre homme4 ,l'homme e/ r>e sur le m>* de ,jupit]4 ,et ri5 de surhuma9 n'a de s5s qu' la mesure de l'homme4 ,sois ple9em5t homme1 si tu veux pass] l'homme4 ,telle e/ la gr&e1 l'unique vrit4 99 99 99 99 99 ,l'intuition e/ le lieu de t\tes les intellig5ces4 99 99 99 99 99 ,il n'e/ ri5 dans ,nietzs*e1 qui ne soit dans ,do/oevski4 ,mais t&is que t\t e/ ngation1 dans ,nietzs*e1 mme ce qu'il affirme1--et lui1 d'abord1 le malheureux1--t\tes les ngations1 que la d\leur de vivre arra*e ,do/oevski1 se rsolv5t dans une affirmation inv9cible3 de la d\leur1 l'am\r conclut1 en lui1 la beaut de la vie4 ,ce n'e/ pas le3 ,oui6 de la volont ou de l'orgueil1 ce oui glac qui e/ le soleil polaire des /oques2 mais l'am\r qui1 en portant la vie1 l'affirme4 ,un tel arbre donne les fruits de t\te d\ceur4 ,j'en ai ploy les bran*es1 et je les veux runir dans la rose qui les trempe depuis l'(fr&e de l'aube jusqu'au sacrifice du crpuscule1 et mme dans l'ardeur de midi4 ,do/oevski pleure avec dlices1 et ses amis pleur5t bi5 s\v5t comme lui4 ,je dirai1 p\r moi aussi1 le my/re des l>mes4 ,do/oevski connat la m]veilleuse humilit des bonnes l>mes4 ,et c]tes1 il e/ en elle un gr& secret4 99 99 99 99 99 ,l>mes de la t5dresse1 pluie qui espre et qui r5\velle la =t huma9e1 v\s tes la s\rce ouv]te aux curs ple9s d'am\r4 ,et p>t\t o l'on frappe ce t5dre ro*]1 l'onde s'pan*e2 et elle n'e/ jamais t>ie1 cette eau am\reuse4 ,quel orgueil vi5t de plus haut8 ,or1 elle ne fond pas sur les feuilles3 elle se donne et les pntre4 ,et p>ce qu'elle se p5*e v]s la prairie1 on la ddaigne de s'abaiss]4 ,mais tant elle a de pieuse complaisance1 que nulle (f5se ne l'atte9t1 et qu'elle s\rit au mpris mme4 ,bais] la t]re avec transports1 dans la joie ou dans la d\leur1 dans l'ivresse du bi5 ou dans l'aveu du crime1 bais] la t]re en pleurant1 s'y r5\]1 y remplir au griffon du sang le cur qui se vide et s'altre1 voil le culte o ,do/oevski convie ses enfants4 ,et ces pleurs sont ri*es d'un bonheur ineffable2 ils ont la vie1 qui e/ la seule joie et t\te joie4 ,adore la vie3 ton bais] la t]re1 d'o tu vi5s et o tu vas1 et tes l>mes confess5t ton adoration4 ,pr5ds pati5ce du mal1 ce rite1 et pr5ds-y consci5ce de t\t bi54 ,ton cur dborde4 ,il te quitte4 ,il va t\te cette vie qui l'appelle4 ,et o irait-on qu' la vie8 ,a9si tes pleurs ont la joie1 t\te celle que tu att5ds1 en celle que tu donnes4 ,ils ont la joie excessive de toi-mme qui te quittes4 ,ce n'e/ pas que tu te regrettes3 c'e/ que tu te dlivres4 ,jusqu' ce bais] pleurant1 quel abme tu te fus toi-mme1 et quel ds]t aux dunes de s\ffrance univ]selle1 inf9ie1 p]ptuellem5t r5\vele1 gale comme le vide4 ,et s\ffrir p\r ri51 il n'e/ pas d'autre damnation4 ,l'enf] e/ la s\ffrance dans le vide4 ,c\*1 contre la t]re1 tu es le mort bni de la mort volontaire1 qui e/ t\te vie3 en te quittant1 tu ressuscites4 ,ce d"p sans ret\r e/ le vritable am\r1 *re me4 99 99 99 99 99 ,ce n'e/ pas cet am\r de tte1 qui crie3 ,vivre6 ,vivre6 avec la b\*e affreuse d'un mort4 ,c'e/ la mlodie du cur qui se retr\ve1 et qui rpond t\te la nature3 me voici6 me voici6 ,il *ante la vie1 il en e/ l't]nelle modulation jusque dans la mort3 p>ce qu'il l'a1 p>ce qu'il la porte1 p>ce qu'il la donne4 ,et que donn]ait-on1 rellem5t1 qu'on ne prt de soi et sur soi8 ,quel don f]ai-je1 si je ne me dp\ille8 ,voil l'orgueil de l'am\r1 et son humilit sublime4 ,en vrit1 l'orgueil qui se vante et qui s'e/ime1 l'orgueil de l'esprit qui se comp>e e/ une espce d'humilit un peu basse1 mon s5s4 ,qui se comp>e1 s'abaisse4 ,a9si l'orgueil de l'esprit4 ,mais l'am\r qui s'humilie dans les dons innombrables qu'il sait faire1 dans t\tes les m]veilles qu'il suffit crer1 en s'oubliant soi-mme1 en s'y mettant jusques s'effac]1 ce prodige d'humilit e/ une gr&eur cle/e4 ,et t\t l'orgueil des esprits n'gal]a jamais1 un inf9i prs1 cette humilit div9e4 ,celui qui se donne sans mesure1 celui-l possde4 ,celui-l qui e/ t\t humble au cur de t\te vie1 celui-l cre son objet2 et il ne se s\cie pas de connatre sa gloire4 ,la sup]be e/ s*e4 ,l'orgueil de l'esprit ne disc]ne que soi3 comme un mort qui se tte dans le spulcre4 ,l'am\r adore dans les l>mes4 ,tel e/ le son de ,do/oevski4 ,voil cette voix rauque et si d\ce1 l'n]gie de cette me infatigable1 et ses brlantes langueurs1 ses ab&ons si t5dres4 ,infatigable s\ffrir et v\loir lav] l'or des s\ffrances1 p\r en sp>] le trsor de la joie3 la con/ance de cet orpailleur1 celle-ci1 quelle n]gie s'gale8 ,o sa9tes1 bonnes l>mes1 r\tes de l'effusion1 s5tes pr(ondes de la t5dresse1 c'e/ v\s1 trs d\ces l>mes1 qui p>lez seules d'am\r1 et de cet am\r qui fait vivre en crant4 ,et dans l'embrassem5t mme des amants1 ce sont les plus pures et les plus *audes l>mes du sang qui p>l5t p\r la vie1 qui la communiqu5t et la transmett5t1 v5ant de si lo96 ,et s\v5t ils ne compr5n5t pas la p>ole qu'ils prononc5t1 et ils en sont ennoblis1 mme qu& ils l'aviliss5t4 ,l'amant baise sa bi5-aime et pleure son sang en elle1 comme l'homme enivr de ,dieu baise la t]re avec de gr&es l>mes4 ,la t]re reoit ces pleurs2 et l'amante en g>de avec jal\sie l'(fr&e p*]esse ou la libation sans p*4 ,si l'esprit s'abaisse1 ici1 ou si la *air e/ exalte1 qui le mesur]a8 ,s]vir avec am\r e/ t\j\rs un triomphe4 ,l'humilit de la femme et de la t]re doit s'(frir en exemple t\t s]vice4 ,et je veux bi5 que la vie tr\ve son compte l'humiliation de l'homme4 ,je ne p>le jamais que p\r la vie2 et je ne vois de bel orgueil qu'en t\t ce qui l'augm5te et la rehausse4 ,am\r de la vie1 c'e/ mal dit encore4 ,la vie n'e/ pas si gr&e ni si =te que l'am\r4 ,elle en att5d la p>faite beaut1 dont notre dsir s'e/ fait une promesse4 ,plus que l'am\r de la vie1 la vie d'am\r3 tel e/ le fond de ,do/oevski4 ,a l'am\r1 de faire natre et de sauv] la vie4 ,les meilleurs ne viv5t que p\r s]vir ce desse94 ,et le plus pur am\r e/ le plus am\r4 ,o ,fdor ,mikhalovit*1 si ard5t1 si aigu et si humble1 v\s tes pr(ond et vrai entre les gr&s4 ,v\s allez au del de t\s autres1 sans d\te4 ,c> enf91 o j'en suis v5u1 il n'e/ de vrit que dans la pr(ondeur4 ,p\r pr5dre t\te notre hauteur1 il n\s e/ ncessaire de m\ill] dans les abmes4 ,t\t e/ de manque1 dfaut de la pr(ondeur4 ,et1 au total1 il y a fausset o il y a manque4 ,voil donc le po9t o la ha9e n'e/ plus ri5 qu'une rac9e torse entre t\tes les autres3 et si elle a la =me du s]p5t ou du v]1 ce n'e/ po9t p\r faire horreur1 ce n'e/ pas p\r qu'on l'crase1 mais p\r se confondre avec les ve9es n\rricires4 ,voici le po9t o t\t e/ idal1 =ce d'tre vrai2 o le rve de l'me absorbe t\te la matire1 comme une matrice seconde1 mais de rsurrection4 ,ici1 la p5se e/ acte2 le fait e/ ide2 ici1 l'acte et l'ide sont t\t am\r4 ,t\t trempe dans la compassion de la vie p\r elle-mme1 et dans la c]titude du salut1 que le cur exige d'un am\r crateur4 ,o t\t e/ am\r1 t\t e/ vie6 ,p> del le nant de t\s les objets phmres1 c'e/ l-dessus enf9 que notre foi ou notre espoir se fonde4 ,do/oevski1 si je ne me trompe1 et moi-mme mon rang1 n\s sommes l'antidote de la tyrannie rationnelle1 des philosophes1 et de t\t poison inhuma93 ,do/oevski1 le cur le plus pr(ond1 la plus gr&e consci5ce du monde mod]ne4 #aiaj ,,table ,,des ,,mati,,res ,,table ,,des ,,mati,,res ,,visite ,a ,,pascal ,i4--,a ,port ,royal #aa ,,ii4--,pascal #ba ,,iii4--,asctisme du cur #fa ,,le ,,portrait ,d',,ibs5 ,i4--,le gnie du ,nord #he ,,ii4--,image d',ibs5 #aja ,,iii4--,ibs5 ou le moi #abb ,,iv4--,morale de l',an>*ie #ade ,v4--,puissance et misre du moi #aga ,,vi4--,la nuit la f9 du j\r #ahg ,,vii4--,tol/o et ,ibs5 #bjg ,,viii4--,la mort froide #bbj ,,ix4--,le moi e/ le hros qui dsespre #bcb ,,do/o,,evski ,i4--,sur sa vie #bfa ,,ii4--,image #bge ,,iii4--,sur son art #bha ,,iv4--,passions et mom5ts #bif ,v4--,la pr(ondeur russe #cba ,,ditions ,,de ,,la ,,n\velle ,,revue ,,fran,,aise ,volumes 9-#h c\ronne #c fr4 #ej ,,po,,sie3 ,,paul ,,claudel3 ,,c9q ,,gr&es ,,odes ,suivies d'un processionnal p\r salu] le sicle n\veau4 ,,georges ,,duhamel3 ,,compagnons ,,h5ri ,,franck3 ,,la ,,danse ,,devant ,l',,ar*e ,prface de ,mme ,,de ,,noailles4 ,,/,,phane ,,mall>m3 ,,po,,sies ,,francis ,,viel-,,griff93 ,,la ,,lumi,,re ,,de ,,gr,,ce ,,correspondance3 ,,*4-,l4 ,,philippe3 ,,lettres ,,de ,,jeunesse ,,romans3 ,,h5ri ,,ba*el93 ,,juliette ,,la ,,jolie ,,jean ,,ri*>d ,,blo*3 ,l,,vy4 ,,premi] ,,livre ,,de ,,contes4 ,g4 ,k4 ,,*e/]ton3 ,,le ,,nomm ,,jeudi 7,,un ,,cau*em>7 ,traduit de l'anglais p> ,,jean ,,flor5ce4 ,,le ,,napol,,on ,,de ,,nott+ ,,hill ,traduit de l'anglais p> ,,jean ,,flor5ce4 ,,&r ,,gide3 ,,isabelle 7,r,,cit74 ,,le ,,ret\r ,,de ,l',,enfant ,,prodigue ,prcd de c9q autres traits4 ,,pi]re ,,hamp3 ,,le ,,rail 7,,la ,,pe9e ,,des ,,hommes74 ,,vieille ,,hi/oire ,contes crits dans le ,nord4 ,,m>,e ,,frai*e4 ,,v9 ,,de ,,*ampagne 7,,la ,,pe9e ,,des ,,hommes74 ,,*4-,l4 ,,philippe3 ,,la ,m,,re ,,et ,l',,enfant dition con=me au premi] manuscrit4 ,,*>les-,,l\is ,,philippe3 ,,*>les ,,blan*>d ,prface de ,l,,on-,,paul ,,f>gue4 ,,jean ,,s*lumb]g]3 ,l',,inqui,,te ,,pat]nit ,,*>les ,,vildrac3 ,d,,c\v]tes ,,mi*el ,,yell3 ,,cau,t4 ,,?,,tre3 ,,paul ,,claudel3 ,l',,otage 7drame en trois actes74 ,l',,annonce ,,faite ,a ,,m>ie ,my/re en quatre actes et un prologue4 ,j4 ,,copeau et ,j4 ,,cr\3 ,,les ,,fr,,res ,,k>amazov ,drame en c9q actes d'aprs ,,do/o,,evsky4 ,,depuis ,,sa ,,fondation 7,f,,vri] #aiji7 ,,la ,,n\velle ,,revue ,,fran,,aise ,a ,,publi3 ,*>les ,blan*>d1 ,le ,j\rnal de la ,x,xe anne1 ,les ,lettres de ,jeunesse1 de ,,*>les-,,l\is ,,philippe2 ,l',hymne du ,sa9t-,sacrem5t1 ,trois ,hymnes1 ,l',otage1 ,l',annonce faite ,m>ie1 de ,,paul ,,claudel2 ,mi*el-,ange1 ,les ,heures du ,soir1 ,trois ,pomes1 d',,mile ,,v]ha]52 ,la ,porte ,etroite1 ,isabelle1 ,le ,j\rnal sans dates1 d',,&r ,,gide2 ,la ,fte ,arabe1 de ,j,r,,me et ,,jean ,,?>aud2 ,f]m9a ,m>quez1 ,rose ,l\rd91 de ,,val,,ry ,,l>baud2 ,jacques l',ego/e1 de ,,jean ,,giraud\x2 ,l',inquite ,pat]nit1 de ,,jean ,,s*lumb]g]4 99 99 99 99 99 ,il e/ envoy un numro spcim5 quiconque en fait la dem&e4 ,,a*ev ,d',,imprim] ,,le ,,v+t-,,deux ,,mai ,,mil ,,neuf ,,c5t ,,treize ,,p> ,l',,imprim]ie ,,sa9te ,,ca!r9e ,,quai ,,/4 ,,pi]re1 ,,bruges ,,belgique