,,maurice ,,magre ,,la ,,conqu,,te ,,des ,,femmes ,,conseils ,a ,,un ,,jeune ,,homme ,,p>is ,,librairie ,,*>p5ti] ,,et ,,fasquelle ,,eug,,ne ,,fasquelle1 ,,diteur #aa1 ,,rue ,,de ,,gr5elle1 #da #aijh ,t\s droits rs]vs4 ,,du ,m,,me ,,auteur ,dans la ,biblio?que-,*>p5ti] #c fr4 #ej le volume4 ,,po,,sie ,la ,*anson des hommes4 #a vol4 ,le ,pome de la jeunesse4 #a vol4 ,les ,lvres et le ,secret4 #a vol4 ,,contes ,hi/oire m]veilleuse de ,claire d',am\r1 suivie d'autres contes #a vol4 ,,?,,atre ,le ,d]ni] ,rve1 pice en un acte1 en v]s 7,odon74 7,fasquelle1 dit47 #a fr4 ,le ,vieil ,ami1 comdie en un acte1 en prose 7,?tre-,anto9e74 7,fasquelle1 dit47 #a fr4 ,vell$a1 tragdie en quatre actes1 en v]s 7,odon7 #a vol4 ,,en ,,pr,,p>ation3 ,le ,m>*& de passions1 trois actes1 en v]s4 ,l'an mille1 quatre actes1 en v]s4 ,les plus beaux j\rs de la vie1 quatre actes1 en prose4 ,il a t tir du prs5t ouvrage #e exemplaires numrots sur papi] de ,holl&e4 ,j',,(fre ,,ce ,,livre ,a ,,mon ,,ami ,,m>cel ,,cruppi ,la ,conqute des femmes4 ,,pr,,face ,qu& on monte un escali]1 on passe devant des portes f]mes et l'on ne songe pas d'ord9aire que les clefs en sont s\v5t s\s les paillassons4 ,le petit morceau de f] qui ouvre l'accs d'app>tem5ts aux meubles r>es1 de salons dlicats1 e/ dans l'endroit o l'on a c\tume de frott] la b\e de ses pi$s4 ,a9si p\r obt5ir l'am\r des femmes il faut connatre un petit secret1 un talisman1 et c'e/ presque t\j\rs s\s le paillasson sale que repose le prcieux talisman4 ,l'auteur de ce livre a v\lu s\lev] t\s les paillassons de l'escali] p\r voir s'il y avait des clefs3 il e/ demeur surpris de la div]sit de leur =me1 il a p5s qu'il n'y avait pas de passe-p>t\t qui p\vait ouvrir t\tes des portes1 et1 comme il s'tait sali les ma9s1 il n'a os entr] dans aucun app>tem5t et il e/ r$esc5du dans la rue o il s'e/ tr\v t\t seul4 ,il n'a crit ce qui suit que p\r une c]ta9e catgorie de jeunes g5s4 ,p\rquoi ceux que la nature a faits1 p> un don aimable1 gr&s de taille1 beaux de visage et d\s d'un esprit entrepr5ant avec la confiance en eux que donn5t ces qualits1 lirai5t-ils des obs]vations et des conseils dont ils n'ont pas beso98 ,c> t\tes les femmes dis5t qu'elles mpris5t la beaut physique *ez l'homme et qu'il n'y a que les qualits de l'intellig5ce et du cur qui compt5t p\r elles1 mais il n'en e/ ri54 ,un imm5se gnie ne comp5se pas des ta*es de r\sseur ou des yeux *assieux1 des beaux triomph5t des laids comme le j\r triomphe de la nuit4 ,de mme1 ce livre n'e/ pas fait p\r ces jeunes hommes purem5t /udieux et spculatifs qui se de/95t la philosophie ou aux sci5ces et qui ne font aucun cas de l'am\r4 ,ils s]ont punis de leur conception borne de la vie qu& ils se m>i]ont2 c> si leur femme e/ jolie1 elle les tromp]a1 si elle e/ laide1 ils auront quotidi5nem5t cette laideur prs5te devant les yeux4 ,ceux que t5te la c>rire ecclsia/ique1 les comm]ants trs occups1 les magi/rats svres1 ceux qui ont dans les adm9i/rations une situation leve1 et d'une faon gnrale les p]sonnages hypocrites et d'une moralit conv5tionnelle doiv5t rejet] lo9 d'eux ce livre qui leur p>atrait indigne et ne f]ait que suscit] leur colre et leur mpris4 ,les femmes clat]ont de rire tellem5t les jugem5ts ports ici sur elles leur p>atront faux1 les mobiles de leurs actes mal expliqus1 les subtils r\ages de leurs curs grossirem5t manis1 et elles s'exclam]ont d'un tel excs de sottise4 ,peut-tre auront-elles raison4 ,la vrit en matire d'am\r e/ semblable au port de la *evelure que les femmes ont longue et n\e sur la tte et que les hommes port5t c\rte4 ,elle e/ diffr5te selon le sexe4 ,je sais bi5 aussi que de ri*es oisifs p5s]ont que les femmes ne sont sduites que p> la =tune et ses avantages1 les s\p]s dans les gr&s re/aurants1 l'(fre de bij\x1 les automobiles4 ,ce n'e/ vrai que p>tiellem5t4 ,l'or*e/re du ,caf de ,p>is ne suffit pas p\r attnu] la tri/esse de c]ta9s yeux2 quelle que soit la qualit de son moteur1 le nombre de *evaux de sa voiture1 le ri*e *auffeur retr\v]a-t-il sur la r\te un regret p]du de celle qu'il aime8 ,ce livre e/ crit p\r des g5s d'un physique mdiocre1 d'une =tune moy5ne1 qui e/im5t que l'am\r e/ la *ose la plus prcieuse1 celle dont il faut s'occup] le plus1 c> c'e/ d'elle que n\s vi5t t\t notre bonheur4 ,ils me compr5dront si ce sont des esprits un peu secs qu'une s5sibilit trop gr&e aura am5s cette s*]esse1 si ce sont d'anci5s romantiques dp\ills de leurs motions de p>ade1 comme ces v9s qui en vieillissant p]d5t leur b\quet1 mais g>d5t le p\voir de donn] l'ivresse4 ,ils f]ont la "p d'une excessive s9crit qui se brave elle-mme1 ils av\]ont peut-tre avec l'auteur qu'il y a une gr&e v]tu dans l'aveu1 que l'illusion n'e/ pas div9e4 ,et ils sauront bi51 du re/e1 qu'il y a plus de l>mes ca*es dans l'allgresse que dans une tri/esse de comm&e1 si on aime ce dont on s\rit4 ,,gr&e ,,importance ,,des ,,femmes ,dans ma v+t-sixime anne1 au mois de septembre1 je dc\vris cette vrit ess5tielle que la conqute des femmes e/ ce qu'il y a de plus important dans la vie4 ,j'tais en vacances1 *ez mes p>5ts1 dans la petite ville de ,v444 ,quelques lg]s succs remports ,p>is et dont j'avais p> mes p>oles augm5t l't5due1 le crdit que l'on faisait ma c>rire arti/ique1 me donnai5t auprs des mi5s et de leurs amis ce pre/ige qui ent\re un jeune homme dont les facults brillantes prsag5t un gr& av5ir qu'aucune ralisation n'a encore ju/ifi4 ,un mat9 en m'veillant1 avec cette clairvoyance que donne l'esprit une longue nuit de repos1 j'eus le s5tim5t trs net que ma vie tait misrable1 que je ne possdais aucun bonheur4 ,p\rquoi donc vivons-n\s8 me dis-je4 ,j'ai ici la sollicitude de mes p>5ts1 les bons repas1 les livres qui m'intress5t1 des prom5ades qui me plais5t1 une belle maison avec un j>d9 et la facilit de me taire ou de p>l] en suscitant le respect de mon sil5ce ou l'admiration de ce que je dis4 ,je ne suis t\rm5t p> aucun ennui d'arg5t puisque je n'ai aucun sujet de dp5se4 ,la gr&eur de la maison pat]nelle1 cette vague allure de p>c1 que pr5n5t le soir les alles et les massifs du j>d9 vus de ma f5tre1 les m>*es du p]ron et l'empressem5t de la bonne me s]vir me donn5t l'illusion de la vie luxueuse des *tela9s4 ,un ou deux amis dont l'intellig5ce e/ suffisante vi5n5t me voir et j'ai la possibilit d'voqu] des s\v5irs d'enfance en les embellissant1 ce qui e/ un gr& plaisir4 ,enf91 lo9 d'une matresse *>mante1 je devrais gt] avec l'abs5ce d'am\r une lib]t que j'ai longtemps dsire4 ,il n'en e/ ri54 ,je ne suis pas heureux4 ,voil la table de famille3 j'aspire mal dn] dans un petit re/aurant4 ,voil les peupli]s1 ce canal avec son cluse1 ce paysage mridional sans beaut mais qui me ti5t au cur3 je regrette les kiosques d'omnibus1 le tumulte des rues populaires4 ,une d\ce srnit e/ sur la campagne et je devrais en gt] le *>me3 je songe ce dlicieux mal la tte que donne une j\rne de ,p>is4 ,ma *ambre e/ bi5 close1 la lampe ne fum]a pas1 on a prp> le sucre1 l'eau et le citron3 j'ai la no/algie de la sonnette qui ret5tit brusquem5t1 de l'angoisse qu'on pr\ve l'ide d'une rclamation d'arg5t4 ,mais mal dn]1 m>*] dans des rues laides1 avoir mal la tte1 r$\t] le gaz et ,dufayel sont *oses d\l\reuses en soi et qui ne se p>5t mes yeux d'un pre/ige inatt5du que p>ce qu'elles sont le cadre d'une beaut c]ta9e4 ,cette beaut1 quelle e/-elle8 ,ce n'e/ pas l'am\r que je suis c5s avoir mes yeux et aux yeux des autres p\r ma matresse1 puisque la seule ide que je suis sp> d'elle m'e/ un apport immdiat de joie4 ,ce qui me manque1 ce sont les femmes1 t\tes les femmes qui viv5t ,p>is1 celles que je frle dans les gr&s magas9s1 celles qui sont dans les ?s c9q heures avec des jeunes g5s qui ont plus d'autorit et plus d'lgance que moi1 celles qui desc5d5t de voiture1 pai5t le co*]1 trav]s5t le trottoir1 r5tr5t *ez elles1 avec assez d'abs5ce de curiosit p\r ne pas mme lev] les yeux sur le passant immobile et bant d'admiration que je suis alors4 ,le b de la vie1 ce qui n\s donne la plus gr&e somme de bonheur possible e/ donc de plaire aux femmes1 de conqurir des matresses attrayantes et jolies4 ,connatre le b de la vie e/ la *ose pr9cipale4 ,qu& cette vrit me fut rvle1 je compris que j'avais m>* jusqu'alors comme un aveugle en ttonnant et que ma9t5ant seulem5t je voyais la lumire4 ,j'avais pris le gt de la russite1 la vanit de la clbrit1 l'am\r de la posie et de la nature p\r les suprmes ab\tissants de mes ef=ts1 t&is qu'ils n'tai5t que d'humbles moy5s4 ,j'eus du remords de mon erreur4 ,je me jurai moi-mme de la rp>]4 ,,pre/ige ,d',,une ,,mauvaise ,r,,putation ,il faut avoir beauc\p de femmes4 ,c'e/ le nombre qui d'abord e/ important4 ,qu& on aura eu beauc\p de femmes1 on en aura peut-tre une4 ,il faut s'ef=c] de plaire aux femmes1 mme si cela v\s ennuie2 il faut s'ef=c] de va9cre leur rsi/ance1 malgr les comdies ridicules1 la /upidit des p>oles1 les hale9es dsagrables1 l'imp]fection des =mes dc\v]tes4 ,une tte qui se p5*e sur votre paule e/ un peu plus de confiance en soi1 une ri*esse p\r le s\v5ir4 ,le temps p]du1 la b\*e fade1 le gt s\v5t dsagrable de la p\dre de riz1 la fatigue1 la tte vide1 ps5t mo9s1 si l'on fait le total des ga9s et des p]tes que le s5tim5t de la victoire morale remporte4 ,puis1 dans le cont\r des paules diffr5tes1 dans les spontanxs qu'on ne p\vait s\ponn]1 dans *aque mode p]sonnel d'ab&on1 e/ la v>it inf9ie de la beaut4 ,il faut avoir beauc\p de femmes4 ,jamais les yeux ne ressembl5t aux yeux1 jamais le se9 ne ressemble au se91 jamais l'am\r ne ressemble l'am\r4 ,l'une e/ brutale1 l'autre e/ t5dre1 l'autre e/ cynique1 l'autre pleure1 l'autre crie4 ,soi-mme l'on e/ div]s1 selon l'heure1 le dsir ou le regret4 ,celui qui ralise ce soi-disant idal d'p\s] au db de sa vie une jeune fille v]tueuse1 jolie et qu'il aime1 e/ un misrable f\ ou plutt un pauvre aveugle1 mme s'il e/ heureux avec elle t\te sa vie4 ,c> le bonheur qu'il connatra s]a un bonheur quotidi51 mdiocre et sans lvation4 ,il s]a p>eil un homme qui n'a1 p\r seule n\rriture1 que du pa9 bis et qui s'en cont5te1 p>ce qu'il ignore la m]veilleuse div]sit des mets1 l'art de la nature donn] des produits sav\reux1 l'art des cuis9i]s les prp>]4 ,il s]a p>eil un homme qui possde un livre ple9 de belles lg5des4 ,il a lu la premire qui lui plat et il se refuse lire les autres p\r ne pas gt] l'impression qu'il en a1 privant a9si son imag9ation du m]veilleux trsor de posie enf]m dans le livre4 ,la premire femme v\s fait gt] la seconde p> comp>aison et la troisime1 qu& elle s\rit1 e/ claire du s\rire des deux premires4 ,c'e/ une gr&e erreur des amants de jur] qu'ils aim5t p\r la premire fois4 ,la c5time matresse se prt5d jal\se des quatre-v+t-dix-neuf autres4 ,il n'en e/ ri54 ,de l'am\r inconnu de ces rivales abs5tes e/ fait son am\r4 ,elle v\dra surpass] en t5dresse1 en volupt surt\t1 ces quatre-v+t-dix-neuf ennemies et l'on bnfici]a de cet ef=t4 ,il convi5dra de laiss] p>atre un vague regret p\r des c>esses anci5nes et a9si les c>esses prs5tes s]ont d'autant plus passionnes4 ,il faut avoir beauc\p de femmes p\r qu'on dise de v\s3 ,il a beauc\p de femmes ou des *oses telles que ceci3 ,c'e/ un c\reur2 il e/ comme un papillon2 on ne le voit jamais avec la mme femme3 il aime droite et gau*e2 comm5t fait-il p\r connatre tant de femmes8 ,c> presque t\tes les femmes dis5t3 ,jamais je ne p\rrais m'atta*] un homme qui ne s]ait pas moi seule4 ,j'ai horreur de cette sorte d'hommes qui n'ont ni cur ni fidlit4 ,presque t\tes les femmes m5t5t ou se dup5t elles-mmes en p>lant a9si4 ,et il convi5drait de savoir jusqu' quel po9t une plus mauvaise rputation encore n'ex]c]ait pas un plus puissant attrait4 ,et t\t semble indiqu]1 bi5 qu'aucune b\*e de femme n'ose jamais l'av\]1 que la mse/ime morale dont un homme e/ environn e/ un prodigieux lm5t de sduction4 ,l'homme c\rageux qui1 dans un b pratique1 aurait assez de =ce p\r t5ir sa dignit ca*e dans son cur et affect]ait les s5tim5ts d'un homme vil1 possdant la fois sa propre noblesse1 comme un s\ti5 secret1 et le pre/ige de la corruption1 comme un vtem5t magnifique1 s]ait celui qui aurait le plus de femmes4 ,il faut avoir beauc\p de femmes1 en vrit1 voil qui e/ c]ta94 ,mais cela e/ difficile4 ,,facilit ,,des ,,femmes ,il e/ difficile d'avoir beauc\p de femmes p>ce qu'on croit que c'e/ difficile4 ,mais cette difficult tombe si on e/ p]suad qu'elle n'exi/e pas4 ,l'homme ex]ce une pr(ession1 il e/ avocat1 comdi54 ,il pe9t1 il crit des v]s1 il p5se autre *ose qu' l'am\r4 ,mais la femme ne pe9t qu'elle-mme1 ne travaille qu'au pome de son corps2 son art suprme e/ de se donn] avec le plus d'agrm5t possible4 ,c'e/ l l'unique b de sa vie4 ,elle a donc p\r se donn] plus de facilit que l'homme p\r la dsir]4 ,il n'e/ po9t de robe ins\levable4 ,la femme la plus v]tueuse se dvt ou se dvtira p\r quelqu'un4 ,on peut tre celui-l4 ,les ob/acles moraux doiv5t tre considrs comme mdiocres4 ,je veux dire qu'il ne faut pas t5ir un compte exagr de l'ide de devoir qu'une femme m>ie1 p> exemple1 prt5d avoir en elle4 ,la nature a prp> les s\ffles irrsi/ibles du soir1 les langueurs du pr9temps1 les m\vem5ts des n]fs1 les v]tiges que donne l'excs du repos p\r triomph] d'une morale conv5tionnelle4 ,une seule seconde o les poignets sont brlants1 o la tte b\rdonne1 o la femme pr\ve le beso9 imprieux de n'tre plus qu'un j\et1 un docile in/rum5t de plaisir aux bras d'un homme1 a plus d'importance que v+t annes de rsolutions v]tueuses4 ,les femmes sont faciles4 ,il ne faut pas se dire sottem5t3 ,mme si cette femme y cons5tait1 o et comm5t p\rrait-elle tre ma matresse8 ,sa vie e/ rgulire4 ,comm5t *app]ait-elle la surveillance de son m>i1 de sa petite fille1 de sa bonne1 de ses relations8 ,absurde "q que l'on se pose trop s\v5t6 ,la femme la plus dlicate1 celle qui a les s5tim5ts les plus levs1 e/ capable d'une grossire audace1 d'un ge/e dont la volupt comp5se la vulg>it p\r ralis] un desse9 que ses s5s ont =m1 s\v5t son insu4 99 99 99 99 99 ,dans la petite ville de ,v444 il tait matriellem5t impossible une femme m>ie de tromp] son m>i4 ,j'avais alors seize ans et madame de ,m444 reprs5tait p\r moi un idal de femme lgante1 ari/ocratique et inaccessible4 ,je riais la fois et m'indignais d'un c]ta9 ,b]gis1 petit employ sans *>me physique et assez timide1 qui prt5dait recevoir des illades favorables de madame de ,m444 et avoir obt5u des pressions de ma9s significatives et des p>oles enc\rageantes1 les deux ou trois fois o1 l'occasion d'une k]messe ou d'une r5contre la g>e1 il avait eu l'occasion de lui p>l]4 ,cela durait depuis un an et n'avanait nullem5t4 ,je le r5contrai un soir1 suffoqu p> l'ivresse1 la t]reur et l'am\r4 ,son tr\ble n'tait pas simul4 ,il me raconta qu'il tait all p\r la premire fois *ez madame de ,m444 faire une commission son m>i de la "p du p]cepteur4 ,le m>i tant abs5t1 on l'avait conduit dans le j>d9 o madame de ,m444 tait assise4 ,aprs quelques m9utes de conv]sation1 sans qu'il ait ri5 fait p\r cela1 il avait eu madame de ,m444 sur le banc o ils se tr\vai5t4 ,il faisait encore j\r et l'on p\vait les ap]cevoir4 ,la bonne tait t\t prs de l et l'on ent5dait sa voix4 ,mais madame de ,m444 avait oubli le monde extrieur4 ,et seuls1 ceux qui en ont fait l'expri5ce peuv5t savoir quelle initiative1 quelle bonne volont1 doit avoir une femme qui se donne p\r la premire fois quelqu'un1 sur un banc et sans autre prp>ation4 ,cette hi/oire1 il m'en s\vi5t1 fut p\r ma jeune me une dsillusion1 qu&1 au contraire1 elle aurait d tre un enc\ragem5t4 ,les femmes sont faciles4 ,voil bi5 ce qu'il faut se dire sans cesse4 ,qu& n\s voyons m>*] devant n\s une femme jolie1 avec un m\vem5t voluptueux de han*es1 n\s songeons3 ,je v\drais bi5 pass] la nuit avec elle4 ,les femmes les plus respectables font exactem5t les mmes rflexions4 ,la seule diffr5ce e/ que n\s t5ons de tels propos mme qu& n\s n'avons aucune envie de ralis] notre s\hait t&is qu'elles1 ne dis5t ri51 mme si elles en ont une envie folle4 ,dans nos conv]sations entre hommes1 n\s p>lons des femmes avec grossiret1 n\s plaisantons1 n\s donnons des dtails physiques et n\s p>lons a9si1 mme qu& il s'agit d'une matresse t5drem5t *rie4 ,les femmes1 entre elles1 sont peut-tre plus rs]ves4 ,mais leur p5se e/ inf9im5t plus audacieuse et impudique que la ntre4 ,elles vont plus lo9 que n\s dans le doma9e de la curiosit4 ,il e/ ais de s'en r5dre compte en obs]vant quelle hauteur se pose de prfr5ce le reg>d de beauc\p de femmes curieuses qu& elles sont en prs5ce d'un homme4 ,l'am\r avec ses exig5ces physiques e/ leurs yeux une *ose plus lgitime1 plus normale que p\r n\s1 p>ce qu'elles l'ent\r5t de mo9s de complications4 ,elles p5s5t sans cesse se donn]1 elles sont faciles p> nature4 ,,e/-,,il ,,indisp5sable ,d',,tre ,,ri*e8 ,j'ai beau avoir un complet neuf1 un *apeau dur et correct1 m'tre dp\ill de cet air arti/e que j'avais mal5contreusem5t affect p5dant des annes1 il s'*appe de moi un je ne sais quoi qui fait qu'on sait t\t de suite que je ne suis pas un homme ri*e4 ,la premire fois que j'ai dem& ,h5riette ,l444 son conci]ge1 celui-ci m'a rpondu bi5veillamm5t que c'tait au premi] droite4 ,et dans son il j'ai lu t\t de suite le jugem5t sans appel qu'il portait sur moi3 --,allez1 jeune homme4 ,allez faire la c\r madame ,l444 ,v\s russirez ou v\s ne russirez pas1 cela m'e/ gal4 ,mais ce qui e/ c]ta91 c'e/ que v\s ne pay]ez jamais sa voiture et son app>tem5t et que je n'obti5drai de v\s que des billets de ?tre ou de petites sommes sans importance4 ,si on a p\r matresse une femme plus ri*e que soi1 il faut agir avec prud5ce1 les premires fois que l'on sort avec elle4 ,les femmes ne sav5t gure de quel arg5t on dispose4 ,si on leur dit3 ,je gagne dix mille francs6 elles ignor5t si c'e/ p> an ou p> mois1 et elles s]ai5t plus t5tes de croire que c'e/ p> mois4 ,si ds le db on se livre des dp5ses au-dessus de ses moy5s1 comm5t ensuite rev5ir sans honte en arrire8 ,qu& on a t dn] avec sa matresse dans de petits re/aurants1 elle a du plaisir all] dn] un j\r dans un re/aurant plus gr&4 ,un lieut5ant passe volonti]s capita9e1 mais on n'a jamais vu un capita9e tre nomm lieut5ant sans qu'il donnt immdiatem5t sa dmission4 ,il convi5t d'avoir t\j\rs l'autorit1 l'aisance1 le laiss]-all] des g5s qui ont beauc\p d'arg5t4 ,si on a eu la folie de p>tir1 un soir1 p\r all] au ?tre et s\p] ensuite1 sans avoir sur soi la somme qui p]mette de faire face t\tes les dp5ses1 il faut se g>d] de laiss] p]c] la mo9dre anxit1 il faut se g>d] de p>l] de ces que/ions misrables4 ,quelque migra9e subite et inv9cible doit v\s ram5] *ez v\s1 non sans que des prodigalits 7trs petites naturellem5t7 ne dguis5t la vraie cause du mal4 ,d'une faon gnrale1 ces fleuri/es qui v\s prs5t5t des b\quets aux t]rasses des cafs sont de prcieux auxiliaires4 ,on a c\tume de les *ass] en se plaignant de leur importunit4 ,on a tort4 ,p\r quelques s\s on p>at gnreux1 on fait un cadeau et ce cadeau e/ revtu du pre/ige s5tim5tal que les fleurs ont p\r les femmes4 ,de mme1 les p]sonnages famliques qui c\r5t *]*] les voitures1 ouvr5t et f]m5t les portires1 qu& ils reoiv5t v+t c5times au lieu de dix1 ont des p>oles de l\ange qui ne sont pas p]dues et tomb5t dans la balance de l'am\r4 ,il n'e/ pas indisp5sable d'tre ri*e p\r conqurir les femmes1 et il e/ faux de dire que les femmes qui ne cot5t ri5 cot5t plus *] que les autres4 ,c> si l'on fait l'addition1 les femmes qu'on paye ncessit5t les mmes dp5ses1 plus l'arg5t qu'on leur donne1 mo9s l'am\r qu'elles ne v\s donn5t pas4 ,c> il semble ma?matique qu' mesure qu'un homme dveloppe p> ses bi5faits le s5tim5t de la reconnaissance dans le cur d'une femme1 il dim9ue son am\r4 ,la reconnaissance e/ t\j\rs mle d'une c]ta9e am]tume1 du regret de l'infriorit dans laquelle on e/1 de la p5se que le bi5faiteur ne fait pas assez1 ne fait pas1 en t\t cas1 t\t ce qu'il p\rrait faire4 ,une femme qui reoit un sac en or1 a t\j\rs vu *ez une de ses amies un autre sac en or1 plus beau1 d'un tissu plus f91 orn de petits diamants4 ,elle p5s]a aussitt que l'ami qui lui donne ce sac a de belles proprits1 une banque prospre1 fait p\r lui p]sonnellem5t de gr&es dp5ses2 l'abs5ce des petits diamants effac]a t\t le plaisir caus p> le don du sac2 il lui sembl]a que ces diamants lui rev5ai5t de droit1 qu'ils lui ont t en quelque sorte vols4 ,et de quel d\te am] doit tre saisi celui qui fait les frais de t\s les meubles1 de t\tes les robes1 de l'lectricit et de la salle de ba98 ,quel plaisir peut-il pr\v]1 qui ne doive pas tre gt p> le s5tim5t que t\te joie e/ conv5tionnelle aut\r de lui1 que celle qu'il aime lui fait polim5t les honneurs de son bi51 de mme qu'un f]mi] prs5te au *tela9 les vignes et les *amps qu'il a cultivs et o il se plaisait1 tant que le matre n'tait pas l8 ,et comm5t ce ri*e1 qu& il il aura pay la note du tapissi] et de la c\turire1 ne song]a-t-il pas1 en recevant le bais] de sa matresse1 qu'elle paye aussi une note1 et comm5t ne cra9dra-t-il pas que cette monnaie ne soit fausse1 cette monnaie subtile qui n'e/ pas susceptible de vrification8 ,,*oix ,,du ,,milieu ,il faut avec so9 *oisir le milieu o l'on veut *]*] une matresse1 il faut1 avant de s'ef=c] plaire1 se dem&] si l'on a quelques *ances de russir4 ,il y a une f\le de g5s dsagrables1 antipa?iques1 qui n\s donn5t1 qu& n\s les r5controns sans les connatre encore1 d'indubitables m>ques de dda9 et qui devi5n5t *>mants1 amicaux1 ds que n\s entrons en relations avec eux et que n\s pntrons dans leur intimit4 ,de mme p\r les femmes1 n\s sommes impressionns p> t\te une catgorie d'orgueilleuses qui pass5t sans voir dans la rue1 qui font pe9e1 qu& on leur e/ prs5t1 une lgre incl9aison de tte et qui ne t5d5t pas la ma91 mme des g5s qu'elles connaiss5t beauc\p4 ,ces orgueilleuses ne sont la plup>t du temps que des timides4 ,elles aspir5t ardemm5t se db>rass] de ce l\rd f>deau qu'e/ la gne que des p]sonnes inconnues leur inspir5t4 ,comme d'une armure1 elles se sont revtues d'une fi]t app>5te4 ,elles ne peuv5t pas relev] la tte1 cause de leur casque de mpris2 comme des c\ps d'pe elles lanc5t des reg>ds sup]bes4 ,mais elles v\drai5t bi5 dpos] les armes1 ne plus combattre1 faire la paix4 ,il suffit quelquefois p\r les y incit] d'une p>ole familire4 ,et qu& ces t]ribles gu]ri]s ont t leur vtem5t artificiel1 ils devi5n5t les plus dociles des esclaves4 ,il faut se mfi] des femmes qui ont un c>actre enfant91 qui sont puriles1 affect5t de ne ri5 savoir1 ri5t de t\t et ont cons]v comme un s\v5ir1 mais p\r s'en amus] de temps en temps encore1 dis5t-elles1 les p\pes de leur enfance4 ,les juives sont les matresses des seuls juifs4 ,un *rti5 n'en peut att5dre que dsagrm5ts et ho/ilits4 ,les femmes de caf-conc]t sont les matresses de *anteurs comiques4 ,les ouvrires ont les employs de magas9 et les femmes qu'on tr\ve m9uit dans les cafs de ,montm>tre ou du qu>ti] lat9 ont des hommes qui sont la mme heure dans des b>s avois9ants4 ,une ,anglaise leve en ,anglet]re ne peut pas aim] un jeune homme qui arrive de prov9ce et qui a t lev en prov9ce4 ,mais il n'en e/ pas de mme p\r une ,russe1 surt\t si elle e/1 ou dit tre1 nihili/e4 ,mon ami le sculpteur ,m444 avait plusieurs reprises1 r5contr des femmes du plus gr& monde *]*ant =tune ,bulli] et au ,m\l9 ,r\ge4 ,il dcrivait mme complaisamm5t les spl5dides htels o ces femmes du monde avai5t eu l'imprud5ce de l'am5]4 ,il faut absolum5t r5onc] j\ir d'une p>eille faveur4 ,on ne doit mme pas reg>d] les femmes qui ti5n5t un comm]ce1 les grantes qui sig5t d]rire un comptoir1 et cela p\r plusieurs raisons4 tant exposes la vue1 elles sont acc\tumes recevoir des lettres et des sollicitations4 tant occupes t\t le j\r1 elles n'ont pas le temps d'all] un r5dez-v\s4 ,enf9 p\r les voir et montr] son am\r on e/ oblig d'a*et] une c]ta9e quantit des objets qu'elles v5d5t et qu'on ne peut1 la plup>t du temps1 employ]4 ,l'inconvni5t e/ naturellem5t d'autant plus gr& que les objets sont plus coteux et de dim5sion considrable4 ,les femmes m>ies ex]c5t s\v5t tort un gr& pre/ige sur beauc\p de jeunes g5s4 ,un des plus gr&s inconvni5ts de leur am\r e/ d'tre oblig de grimac] et de zzay] p\r p>l] leur enfant en bas ge4 ,cet enfant ne manque jamais de montr] une inexplicable antipa?ie p\r l'amant de sa mre4 ,il mange vos bonbons1 v\s frappe la drobe avec une petite pelle en bois et p\sse la malice jusqu' ne pas se m\*] qu& on e/ absolum5t =c de l'embrass]4 ,il faut l\] p]ptuellem5t son intellig5ce et c'e/ dj bi5 beau si l'on n'e/ pas oblig de compos] une petite posie en son honneur1 le j\r de sa fte4 ,les jeunes filles sont inf9im5t mieux disposes l'am\r qu'on ne le croit gnralem5t4 ,le seul dang] e/ l'importance qu'elles y atta*5t4 ,la demi-vi]ge e/ une cration de l'esprit1 une entit4 ,il n'y en a pas4 ,p\r un jeune homme qui s'adonne un art quelconque1 le milieu le plus favorable ,p>is e/ une petite b\rgeoisie aise1 am\reuse de ?tre1 o il y a beauc\p de femmes divorces et vivant seules1 o les arti/es qui ont une notorit mme mode/e sont reu et honors1 o l'on j\e encore de temps en temps aux *>ades et o il suffit de dire qu'on a1 la veille1 fum de l'opium avec des (fici]s de m>9e p\r tre ent\r d'une aurole d'exotisme et de rve4 ,cette petite b\rgeoisie e/ trs nombreuse4 ,elle fait peu p>l] d'elle1 elle e/ ignore1 elle e/ le cadre du bonheur4 ,les femmes y ont cet lm5t indisp5sable de l'am\r3 l'oisivet4 ,les jeunes filles y sont libres2 elles vont des c\rs de dess91 des confr5ces de la ,sorbonne2 elles visit5t les muses4 ,on y e/ s\v5t invit dn] la =tune du pot et le repas e/ ple9 de bonhomie et d'amiti4 ,c'e/ l que l'on s\ffre le plus de tromp]1 soit des p>5ts1 soit un m>i4 ,mais le bonheur e/ t\j\rs proportionn au remords4 ,,re*]*e ,,de ,,la ,,femme ,,id,,ale ,de mme qu'un nageur nage p\r faire de l'ex]cice et s5tir la fra*eur de l'eau1 qu'un bav>d p>le p> gt de p>l]1 qu'un comm]ant v5d des objets un prix plus lev que leur valeur dans un b de spculation1 de mme un amant aime naturellem5t p\r aim]4 ,mais consciemm5t1 ou son insu1 il e/ la re*]*e d'un bonheur sublime4 ,ce bonheur exi/e1 il le sait4 ,il en a eu le press5tim5t1 il en a connu mme un comm5cem5t de ralisation4 ,a l'heure de l'ab&on1 qu& sa matresse a press t5drem5t ses lvres contre les si5nes1 s'ef=ant de ml] aux c>esses physiques le don de son cur1 il a durant quelques secondes pr\v une motion que nulle p>ole ne peut r$ire4 ,mais cette motion a t brusquem5t tr\ble4 ,tel dfaut du corps bi5-aim lui e/ app>u avec une saisissante vrit4 ,il savait bi5 que le nez de sa matresse tait1 proportionnellem5t au re/e de son visage1 un peu long4 ,mais voil que1 s\s la sugge/ion du bonheur1 ce nez app>at dmesur1 tonnant1 et il s'allonge encore1 int]rompant l'h>monie de beaut que l'amant crait dans son esprit4 ,ou bi51 il ap]oit s\da9 un pi$ nu qui s'*appe du drap4 ,et il rem>que avec tri/esse que ce pi$ ne =me pas un ensemble rguli]1 mais que *aque doigt e/ autonome1 a sa vie propre et s'agite comme s'il tait br\ill avec son vois94 ,et si le corps e/ p>fait1 o t\t au mo9s s'il le p>at l'amant illusionn1 celui-ci ne s]a-t-il pas nomm agneau ou p\let p> son amie pme1 n'ent5dra-t-il pas un ridicule dim9utif de son nom1 une p>ole /upide1 qui arrt]a en lui le c\rs d'une rv]ie *>mante8 ,p>fois aussi celle qu'on aime aura un excs de pudeur peu conv5able la volupt4 ,ou bi5 c'e/ l'excs de sa lib]t qui s]a *oquant2 elle emploi]a des t]mes trop exacts1 dsign]a avec trop de h>diesse ce quoi on p5se sans en p>l]4 ,mille raisons p\rront r5dre le bonheur de l'amant incomplet4 ,mais *aque esprance n\velle1 *aque dception1 lui donn]ont un dsir plus gr& de tr\v] la femme p>faite1 la femme idale qui n'aura pas de dfauts ou qui n'aura que des dfauts qui correspondront son am\r p>ticuli] de c]ta9es imp]fections4 ,si l'on aj\te la difficult de cette intime correspondance l'exig5ce des corps1 my/rieux dans leurs rapports1 s\mis la fatigue1 aux orages1 aux maladies et ne relevant que d'une s5sibilit p]sonnelle inanalysable2 si l'on ti5t compte des b>rires que crent les =tunes1 les situations1 de l'impossibilit de faire connaissance avec les femmes qui n'app>ti5n5t pas votre milieu1 l'on song]a que le bonheur absolu de l'am\r e/ difficile atte9dre4 ,doit-on tr\v] un j\r la femme idale8 ,celui qui a beauc\p de *ance1 encore plus de bonne volont1 qui v\dra ob/9m5t ne pas voir1 qui s'ef=c]a d'tre s\rd1 p\rra peut-tre1 aprs un gr& nombre d'expri5ces1 croire qu'il l'a r5contre4 ,,la ,,premi,,re ,,impression ,la premire impression e/ t\j\rs la bonne1 dis5t les femmes4 ,cela leur e/ commode1 p>ce qu'elles ont l'horreur d'obs]v]4 ,a cause de cette p>esse1 il faut aussi pr5dre bi5 g>de la p]sonne qui v\s prs5te4 ,on e/ vulgaire1 si l'on e/ prs5t p> un ami vulgaire1 ri*e si l'on e/ prs5t p> un ami ri*e4 tre prs5t une femme laquelle on veut plaire p> une autre femme e/ une *ose ine/imable1 surt\t si celle-ci a dit du mal de v\s c> la curiosit e/ pique4 ,si1 la premire fois qu'on a vu une femme1 on avait un col trop l>ge qui donnait la s5sation que votre c\ tait mal viss sur vos paules2 si p>ce qu'il pleuvait on avait mis un co/ume d'allure dsute dont le pantalon tait trop c\rt et si1 p\r ces raisons1 la femme v\s a rang dans la catgorie des p]sonnages ridicules1 il s]a va91 t\s les j\rs de la vie qui suivront1 d'avoir un col troit s\hait1 un co/ume qui va bi51 la femme ne revi5dra jamais sur sa premire impression1 on s]a t\j\rs ridicule p\r elle1 on n'aura jamais aucune *ance d'tre son amant4 ,c> la femme e/ comme une plaque photographique4 ,elle reproduit une fois une image qui n'e/ pas susceptible de modification4 ,et elle e/ avide d'avoir immdiatem5t de quelqu'un une op9ion df9itive et simple4 ,p\r elle un homme e/ brave1 av>e1 potique4 ,si l'on a le malheur de dire dans la conv]sation que l'on a l'habitude de pr5dre du caf au lait t\s les mat9s et que l'on ne peut s'en pass]1 on e/ un vieux g>on avec des habitudes rgulires1 b\rgeois1 pot-au-feu1 et la femme a la vision confuse que v\s mettez un bonnet de nuit p\r dormir4 ,une indication de jal\sie v\s fait pass] p\r un cruel ,o!llo1 et malgr votre indulg5ce naturelle1 la femme voit mille signes que v\s tes tyrannique et peut-tre brutal4 ,de mme il suffit de dcl>] que l'on ne fait jamais de visites p\r tre considr comme un indp5dant qui brave t\s les prjugs et e/ am\reux de sa lib]t4 ,c9quante c5times habilem5t donns un pauvre v\s assur5t p\r t\j\rs une rputation de gnrosit d'autant plus c]ta9e qu'on sait que v\s avez peu de =tune4 ,de mme1 si l'on a quelque avantage pass] p\r trs gai1 il faut se ht] de plaisant]1 de racont] c]ta9es f>ces faites p> v\s2 c> s'il tait dcrt que v\s tiez un tri/e1 une tri/esse t]nelle v\s s]ait impose p\r t\j\rs que l'hil>it de ,trib\let ne p\rrait comp5s]4 ,p>lez beauc\p dans la cra9te d'tre considr comme sil5cieux4 ,v\s p\rrez v\s taire loisir qu& v\s aurez la rputation de p>l] beauc\p et bi54 ,du re/e l'op9ion qu'on a de notre p]sonnalit la modifie en ralit4 ,l'on e/ un p>fait amant si la femme qu'on aime v\s juge tel4 ,,rapports ,,du ,,bonheur ,,et ,,des ,v,,tem5ts ,,qu',,on ,,porte ,,au ,,mom5t ,,ou ,,on ,,e/ ,,heureux ,le bonheur dure c9q m9utes1 pas plus4 ,d'ord9aire on ne sait pas qu'on e/ heureux ce po9t4 ,on e/ comme un voyageur qui trav]se sans ,bdek] un paysage clbre et voit des monum5ts dont il ignore le nom et l'hi/oire4 ,il les juge sans indulg5ce1 directem5t1 selon ce qu'il pr\ve4 ,qu& ensuite on lui dit3 c'tait la *apelle ,sixt9e1 c'tait l',acropole1 il regrette de ne pas avoir admir assez1 il attribue son ignorance et sa s*]esse de cur sa mconnaissance des gr&es beauts4 ,a9si1 durant les quelques m9utes imprvues o les circon/ances n\s donn5t ce que n\s appell]ons ensuite le vrai bonheur1 comme n\s ignorons que ces m9utes devi5dront illu/res dans notre s\v5ir1 n\s ne j\issons pas d'elles1 mme n\s critiquons l'opportunit d'vnem5ts que n\s devons plus t>d racont] nos amis en n\s m]veillant d'eux4 99 99 99 99 99 ,je me s\vi5s qu'enfant j'pr\vai dans la d\leur une des plus gr&es joies de mes premires annes4 ,a l'occasion d'une exposition le %ah de ,p]se tait v5u ,t444 ,mes cam>ades du lyce et moi n\s en tions longuem5t entret5us1 cause du c>actre my/rieux qu'avait p\r n\s ce gr& p]sonnage4 ,on lui (frit un banquet sol5nel1 s\s une t5te1 dans un j>d9 public de la ville4 ,j'tais avec ma bonne au premi] rang p>mi la f\le qui reg>dait de lo9 avec admiration4 ,mon pre1 qui assi/ait au banquet1 m'ap]ut et envoya un ag5t me *]*]4 ,c'tait le mom5t du dess]t2 je bus du *ampagne1 je mangeai des gteaux4 ,le %ah de ,p]se s\rit en me reg>dant et pronona quelques mots aimables sur ma bonne m9e4 ,il e/ c]ta9 que la satisfaction de ma g\rm&ise1 la gloire unique dont je me s5tais c\v]t1 la possibilit de suscit] l'envie de mes petits amis le l5dema91 aurai5t d me donn] une somme de bonheur considrable4 ,il n'en tait ri54 ,les gteaux tai5t d'une pte sans saveur1 le *ampagne semblable l'eau claire4 ,un col m>9 trop empes et que1 sans raison1 je croyais ridicule1 hypnotisait ma p5se4 ,j'tais transport dans un univ]s d'angoisse o les s5sations ne me p>v5ai5t qu'effaces mais t\j\rs d\l\reuses4 ,je ne savais pas que je devais tre heureux4 99 99 99 99 99 ,on n'atte9t jamais le sommet du bonheur qu& on le *]*e4 ,on e/ comme celui qui m>*e sur les montagnes trav]s le br\ill>d4 ,t\t c\p se fait une claircie2 on s'ap]oit qu'on e/ sur le po9t le plus lev et on dc\vre s\da9 des valles lo9ta9es1 d'autres montagnes qu'on ne s\ponnait pas1 de gr&s horizons4 ,les aspects de la vie sont s\da9 amplifis1 le sang bat plus vite dans les artres1 on compr5d mieux1 on e/ uni t\tes les *oses p> une sympa?ie p>faite4 ,mais le br\ill>d se re=me rapidem5t1 les horizons se limit5t1 les beauts s'attnu5t1 il faut recomm5c] m>*] dans la brume des heures mdiocres4 99 99 99 99 99 ,jamais la ralisation de l'am\r n'a donn1 je crois1 la plnitude du bonheur4 ,on tr\ve d'ord9aire ces in/ants div9s lorsqu'on reoit des m>ques de sympa?ie inatt5due de la "p d'une femme qu'on aime et dont on ne se croyait pas aim4 ,mais si l'on veut vit] d'am]s regrets1 si l'on ne veut pas empoisonn] la s\rce des s\v5irs1 il faut se dire qu'on a1 avec son co/ume1 soit un auxiliaire1 soit un ennemi1 et que la m9ute la plus exquise peut tre gte p> la nglig5ce des vtem5ts4 ,a la f9 d'une soire *ez ,h5riette ,l4441 comme les quelques amis prs5ts tai5t sur le seuil de la porte et s]rai5t la ma9 de la matresse de maison1 elle se t\rna v]s moi qui tais le d]ni] et me dit d\cem5t3 --,re/ez un peu1 n\s caus]ons4 ,je lui faisais depuis longtemps la c\r et je croyais l'aim]4 ,elle avait t jusqu'alors rs]ve mon g>d et mme1 p>fois1 avait montr une froideur qui semblait v\loir me dc\rag]4 ,il tait m9uit et elle me disait de re/] seul avec elle4 ,elle laissait p>tir un jeune homme plus gr& que moi de taille1 mieux vtu1 d'une conv]sation plus brillante que la mi5ne et que je jal\sais en secret p>ce que je supposais qu'il avait t l'amant d',h5riette ,l444 ,il m'arrivait donc un gr& vnem5t heureux1 mais un torr5t d'allgresse ne desc5dit pas en moi4 ,le *apeau et le p>dessus que je t5ais la ma9 prir5t s\da9 un poids inatt5du4 ,je me s5tis la consi/ance1 la froideur et le manque d'quilibre d'une /atue4 ,je vis dans l'il de mademoiselle ,b4441 de l',opra-,comique1 qui b\tonnait son gant1 une lueur d'tonnem5t p\r le s\rire subitem5t /upide qui avait app>u sur mes lvres4 ,p]sonne ne rem>qua ou ne sembla rem>qu] que je re/ais et mon ami ,*>les1 qui tait au bas de l'escali]1 ne remonta pas p\r me rappel] que n\s devions all] ensemble ,montm>tre4 ,h5riette ,l444 me conduisit dans un petit b\doir bleu4 ,elle tait dcollete et elle enleva ses bagues qu'elle dposa dans un cr94 ,elle n'avait ri5 de p>ticuli] me dire1 je le compris aism5t4 ,de plus1 elle avait p]du cette raideur d'attitude de la femme qui se dit qu'elle va tre embrasse d'un in/ant l'autre et qui ne veut pas y cons5tir4 ,mais comm5t aurais-je pu gt] le *>me de cet imprvu1 les p>fums mlangs1 le v]tige d'aprs m9uit1 le s\rire enc\rageant1 les p>oles d\ble s5s1 puis enf9 les lvres ab&onnes8 ,comm5t1 en rptant ma*9alem5t des phrases t5dres1 en donnant au petit bonheur de conv5tionnels bais]s1 n'aurais-je pas eu comme b suprme de p>tir rapidem5t sans d%onneur8 ,comm5t1 au lieu de me laiss] all] au plaisir1 n'aurais-je pas simul une factice ivresse plus s5tim5tale que s5suelle8 ,c> t\t mon corps tait dvor p> une flamme pntrante4 ,je s5tais sur moi la tunique de ,nessus me brl]4 ,n\velle ,djanire1 ma femme de mnage1 trop prud5te ou trop p]fide1 craignant p\r moi le froid cause du gilet ouv]t de mon habit1 m'avait t5du1 le soir mme1 un tricot que j'avais mis s\s ma *emise4 ,ce tricot tait d'un tissu grossi]4 ,j'e/imais que les yeux d'une femme ne p\vai5t le voir sans honte p\r moi4 ,je crois ma9t5ant que j'avais tort et que n\s ne valons que p> nos actions4 ,mais quoiqu'il en soit1 ce tricot me brlait et me p>alysait4 ,il tait le pr9cipal acteur de cette soire4 ,au lieu de j\ir de mon bonheur1 je p5sais sa =me odieuse1 ses man*es troites4 ,je me s\v5ais avec d\leur de l'in/ant o j'avais hsit p\r savoir si je le mettrais ou non et o un mauvais gnie m'avait p\ss m'en revtir4 videmm5t1 mille *oses p\vai5t s'accomplir sans que l'exi/5ce du tricot ft mme s\ponne4 ,mais l'ide qu'une action inatt5due p\rrait le faire app>atre1 me glaait d'p\vante4 ,aprs d'invraisemblables hypo?ses p> lesquelles je me s]ais dp\ill en secret de ce fatal tricot1 mais dont je vis rapidem5t l'impossibilit1 je me dcidai ml] habilem5t le respect la volupt1 j'expliquai combi5 il tait dlicieux de prolong] le dsir et de ret>d] le mom5t de possd] la femme qu'on aime4 ,h5riette ,l444 n'osa pas ne pas m'appr\v]4 ,mme1 malgr la dcision que j'avais lue dans ses yeux1 elle se df5dit d'avoir p5s se donn]1 p\r ne pas montr] une dlicatesse mo9s gr&e que la mi5ne4 ,et je la quittai1 l'heure la plus favorable p\r l'am\r1 ayant trav]s avec un cur tortur un sommet div91 compr5ant p\r la premire fois le s5s du vieux prov]be a9si modifi3 ,l'homme heureux n'a pas de tricot4 ,m,,?ode ,,s5tim5tale3 ,,?,,orie ,,des ,,ames-,s,,urs2 ,,dang] ,,du ,,p>apluie1 ,,etc4 ,le procd s5tim5tal e/1 p\r sduire les femmes1 le plus employ1 mais en prov9ce seulem5t4 ,alphonse ,daudet fait dire quelque "p un de ses p]sonnages que p\r s'assur] df9itivem5t l'am\r d'une femme1 il suffit de se s]vir de trois mots magiques1 soit dans une lettre1 soit dans une conv]sation4 ,ces trois mots qui font s'ouvrir les bras des matresses comme le ,ssame d',ali-,baba faisait s'ouvrir la cav]ne des voleurs1 sont3 me1 fleur1 toile444 ,mon ami le pote ,l444 avec qui j'allais jadis dans des runions monda9es fut1 p5dant un temps1 trs re*]* des femmes du milieu que n\s frqu5tions4 ,il dev9t mme l'amant de celle qu'il dsirait et qui tait la plus jolie4 ,les moy5s qu'il employait p\r arriv] ses f9s tai5t trs simples4 ,il arrivait dans une soire1 mme qu& t\t le monde tait en habit1 revtu d'une longue r$+ote noire s]re la taille4 ,il avait des *eveux longs et une cravate flottante4 ,il ne prononait1 s\s aucun prtexte1 la mo9dre p>ole4 ,il s'asseyait dans un co91 t\t seul1 et incl9ait sa tte sur sa ma9 comme si elle tait pesante d'un poids d'am\r inf9i4 ,si j'allais lui p>l]1 il ne me rpondait pas et ses yeux exprimai5t une tri/esse inexplicable1 c> il tait d'un naturel joyeux et peu d'in/ants avant1 dans la rue1 avec moi1 il s'tait livr mille plaisant]ies4 ,mais un sr in/9ct1 c> il n'tait pas assez intellig5t p\r raisonn] sa m?ode1 l'av]tissait que l tait le bon moy5 de triomph]4 ,il reprs5tait dans ce milieu b\rgeois l'idal romantique4 ,il en avait le visage et le co/ume4 ,cela suffisait4 ,les disc\rs n'tai5t pas ncessaires4 ,il tait un ornem5t de ces soires4 ,on briguait l'honneur de le possd]4 ,et t&is que je r\gissais du sil5ce /upide de mon ami1 de l'ennui qu'il rp&ait aut\r de lui1 je ne m'ap]cevais pas qu'il se gagnait t\tes les sympa?ies p> sa mlancolie affecte et que t\tes les p>oles aimables que je prononais p\r comp5s] tai5t considres comme un bav>dage insupportable ct de sa noble mditation4 99 99 99 99 99 ,mon ami ,r4441 qui remporta avant son m>iage de gr&s succs auprs de modi/es1 de dactylographes et d'lves du ,cons]vatoire1 employait1 consciemm5t du re/e1 un moy5 qu'il dcl>ait excell5t4 ,il faisait la ?orie des mes-surs4 ,cela consi/ait expliqu] qu'il n'exi/ait sur t\te la surface de la t]re qu'une seule femme dont l'me tait semblable la si5ne1 p\vait le compr5dre et l'aim]4 ,le bonheur dans l'am\r tait fait de la r5contre de deux tres crs l'un p\r l'autre4 ,mais cette r5contre1 vu la gr&eur du monde et la mauvaise volont de la div9it qui mlait au has>d les individus1 tait inf9im5t r>e4 ,cela pos1 il dcl>ait la femme surprise et ravie qu'une concid5ce in\e avait eu lieu1 qu'il en tait av]ti p> une intuition c]ta9e1 qu'il =mait avec elle le gr\pe unique des mes-surs4 ,comm5t une jeune fille qui a v5du des rubans t\te la j\rne ne s]ait-elle pas pr(ondm5t mue p> la p5se qu'un si r>e bonheur l'att5d devant la porte de son magas9 et qu'elle e/ favorise d'une telle *ance8 ,et il s'aj\tait p\r elle cela le pre/ige d'avoir gagn le gros lot une invisible lot]ie dont le billet ne lui avait ri5 cot4 ,ce mme ,r444 comptait mo9s p\r plaire sur ses qualits de cur1 sa fidlit1 ou sa beaut physique1 que sur le manteau violet d'un seigneur de la ,r5aissance qui =mait1 avec une pe damasqu9e1 un l\p de vel\rs noir et un v5tail1 une panoplie s5tim5tale dispose dans sa *ambre c\*]4 ,si une femme lui dem&ait quel tait ce manteau1 il rpondait inv>iablem5t3 --,c'e/ le manteau de ,romo4 ,r444 affirmait que ces simples p>oles dt]m9ai5t *ez les femmes des transports de t5dresse et je le crois volonti]s4 99 99 99 99 99 ,ceux qui emploi5t la m?ode s5tim5tale m>*5t avec noblesse1 s'acc\d5t volonti]s aux *em9es1 sont plus ou mo9s potes ou musici5s4 ,ils r$\t5t le ridicule4 ,si un de leurs p>5ts meurt1 ils puis5t une petite consolation dans le fait qu'ils s'habill]ont de noir et qu'a9si leur co/ume s]a en h>monie avec celui du p]sonnage idal qu'ils ont inv5t p\r plaire4 ,ils prfr5t se m\ill] que de port] un p>apluie4 ,ils ont raison4 tant donn l'ide noble qu'ils donn5t d'eux-mmes1 le p>apluie1 avec son aspect b\rgeois et pratique1 ne peut que leur nuire4 ,du re/e il convi5t d'obs]v] que le p>apluie apporte t\j\rs une petite dim9ution l'admiration qu'on a p\r quelqu'un1 mme s'il s'agit d'une femme4 ,il n'e/ utile que dans un seul cas1 un j\r de pluie naturellem5t1 p\r faire la connaissance dans la rue d'une femme qui a oubli le si5 et qui cra9t de m\ill] les plumes de son *apeau4 ,encore e/-il vraisemblable que la femme utilis]a le p>apluie p\r gagn] un omnibus ou une voiture et v\s quitt]a avec des p>oles vagues de rem]ciem5t4 ,ceux qui emploi5t la m?ode s5tim5tale ne plairont jamais t\te une catgorie assez nombreuse de femmes4 ,dans cette catgorie il y a celles qui sont vnales p> nature ou p> mti]1 celles qui aim5t les p>oles cyniques1 celles qui alli5t une extrme s5sualit un c>actre trs pratique4 ,les actrices p>ticulirem5t sont peu s5sibles au s5tim5talisme2 leur cur e/ vieux et le s5tim5t e/ une posie propre la jeunesse4 99 99 99 99 99 ,il ne faut jamais crire1 soit qu& on fait la c\r une femme1 soit au db d'une liaison1 de longues lettres lgiaques o l'on pe9t un t5dre am\r4 ,les t]mes de ces lettres pr5n5t malgr soi un c>actre surann et rococo4 ,elles font p5s] des m*es de *eveux cons]ves dans un vieux c(fret4 ,un s\ffle lam5table les anime4 ,quelque allgresse que l'on porte dans son cur1 elles laiss5t p]c] le dgt de la vie1 une tri/esse imm5se4 ,or cette tri/esse e/ la plus gr&e ennemie de l'am\r4 ,on mle va9em5t t\t cela la posie dont on e/ capable4 ,on ne fait qu'aggrav] son cas4 ,les numrations de fleurs1 les descriptions de sites *>mants dans lesquels on s'e/ prom51 o on v\drait se prom5] deux1 produis5t t\j\rs un effet de ridicule et de ds5*antem5t4 ,la femme qui lit une lettre crite dans ce s5s a le s5tim5t d'une *ose grave1 ennuyeuse et potique qui pse sur elle4 99 99 99 99 99 ,mon ami ,*>les1 qui e/ un bon vivant dont la prs5ce sme l'allgresse1 eut nagure en ,suisse1 durant l't1 une sorte de flirt avec une femme m>ie jeune et jolie4 ,il l'accompagnait dans la montagne1 j\ait au t5nis et canotait avec elle4 ,le soir1 qu& on tait assis sur la t]rasse de l'htel1 il l'gayait de ses bons mots1 de mme qu'il gayait t\s les amis de la jeune femme1 et a9si il tait p> ses yeux du pre/ige de la gaiet et des div]tissem5ts4 ,elle l'aima p\r cette raison qui en valait bi5 une autre4 ,elle lui promit d'tre lui1 les vacances t]m9es1 ,p>is4 ,ils se quittr5t durant un mois4 ,mais mon ami ,*>les eut la folie de lui crire p5dant ce temps de longues lettres d'am\r contraires son gnie joyeux4 ,il lui peignit les tri/esses de l'abs5ce1 non p>ce qu'il les pr\vait mais p>ce qu'il p5sait qu'il tait conv5able de les pr\v]4 ,il donna ses rves et ses dsirs une atmosphre d\l\reuse qu'il e/imait propice ses desse9s et devant aj\t] de la noblesse un am\r trop sportif4 ,il p]dit a9si la possibilit d'une matresse *>mante4 ,en effet1 la jeune femme qu'il aimait ne fut jamais lui4 ,elle eut raison4 ,elle avait eu du p5*ant p\r un homme joyeux1 elle n'en avait plus p\r un tri/e4 ,et ce fut un ju/e *tim5t p\r mon ami ,*>les qui avait sacrifi sa vraie p]sonnalit au pr(it d'un absurde idal littraire4 ,m,,?ode ,,de ,,la ,,dissimulation ,le m5songe n'e/ pas d'une ess5ce sublime4 ,il n'e/ pas t\t-puissant4 ,en t\t cas1 p\r avoir quelque v]tu1 il doit repos] sur une base de vrit4 ,plaire aux femmes e/ un art comme la pe9ture ou la sculpture4 ,il y a une palette et mille c\leurs4 ,il faut corrig] la nature1 mais il ne faut pas la d=m]4 ,*aque femme se fait un idal de l'amant4 ,il convi5t de se con=m] cet idal1 d'augm5t] c]ta9s dfauts que l'on a naturellem5t1 de se p>] de c]ta9es qualits que l'on n'a jamais eues4 ,mais il y a une mesure4 ,l'impo/eur de t\s les in/ants e/ confondu la f94 ,puis1 s'il p5se sans cesse son rle1 il ne j\it pas de la comdie4 ,le problme1 au db1 e/ de savoir s'il faut laiss] voir t\t son am\r1 ou le ca*]4 ,/5dhal donne ,juli5 ,sorel une ple9e victoire sur mademoiselle de ,la ,mle4 ,a *aque m\vem5t de t5dresse qu'il laisse *app]1 correspond un m\vem5t de recul1 de reprise d'elle-mme1 de la "p de son orgueilleuse matresse4 ,il tr\ve assez d'empire sur lui-mme p\r lutt] contre l'orgueil p> un orgueil plus gr&4 ,il e/ aim prcism5t p>ce que1 t\tes les fois qu'il va s'ab&onn]1 il a la =ce de dissimul] ses vrais s5tim5ts2 qu& il e/ sur le po9t de dire qu'il aime1 il dit qu'il n'aime pas4 ,l'indiffr5ce attire1 mais elle loigne aussi4 ,elle e/ comme ces poisons qui sont des remdes petite dose mais donn5t la mort si on en abuse4 ,/5dhal dit du re/e ailleurs3 ,t\t l'art d'aim] se rduit1 ce me semble1 dire exactem5t ce que le degr d'ivresse du mom5t comporte1 c'e/--dire1 en d'autres t]mes1 c\t] son me4 ,beauc\p de g5s p>l5t comme ils croi5t qu'ils devrai5t p>l]4 ,ils dissimul5t a9si leur vraie p]sonnalit4 ,ils plais5t mo9s4 99 99 99 99 99 tant enfant1 mes p>5ts m'am5r5t p\r la premire fois ,p>is visit] l'exposition de #ahhi4 ,j'tais cette poque dp\rvu de t\te curiosit4 ,je ne m'intressai nullem5t cette gr&e ville4 ,je reg>dai d'un il morne les monum5ts qui me p>ur5t s9i/res de laideur4 ,je fus du de voir que ,notre-,dame tait une si petite glise2 les magas9s du ,l\vre et du ,bon-,m>* me p>ur5t d'infimes magas9s ct de ce que je croyais qu'ils tai5t2 les rues tai5t obscures1 les b\lev>ds troits4 ,je me mis pleur] qu& on v\lut me faire pntr] p\r la seconde fois dans l'ence9te de l'exposition1 tant la vue des pavillons exotiques1 des ngres et des ,*9ois me p>aissait dp\rvue d'intrt4 ,je n'aimai vritablem5t que les b\qu9i/es et leurs talages o je tr\vai une v>it inconnue en prov9ce et o je pus faire1 avec mes petites conomies1 l'a*at de ma9t volume que je dsirais4 ,a mon ret\r1 mon pr(esseur au lyce1 l'e/ime duquel je t5ais p>-dessus t\t1 p>ce qu'il m'veillait aux *oses de l'esprit1 me dem&a ce que j'avais le mieux aim ,p>is4 ,je me tr\blai et1 guid p> le s5tim5t /upide qu'il fallait p5s] comme les autres enfants de mon ge1 je rpondis que c'tait le muse de m>9e1 au ,l\vre4 ,or1 j'tais pass dans ce muse de m>9e sans le reg>d]1 mais deux de mes cam>ades qui avai5t visit ,p>is avant moi m'avai5t reprs5t ce muse1 o il y a la reproduction en petit des navires de t\s les temps et de t\s les pays1 comme la plus belle *ose qui exi/t au monde4 ,je fus puni p> le haussem5t d'paules de mon pr(esseur qui murmura3 --,les enfants sont t\s les mmes6 ,a9si n\s faisons faire s\v5t aux femmes cette rflexion dsa/reuse3 les hommes sont t\s les mmes6 uniquem5t p>ce que n\s n\s sommes dissimuls n\s-mmes1 que n\s n\s sommes envelopps s\s un voile de banalit4 ,il faut se mfi] du m5songe4 ,c'e/ un tratre4 ,il v\s t5d une ma9 gante de vel\rs1 il s'incl9e obsquieusem5t et il affirme qu'il va v\s m5] au b p> un *em9 obscur et dt\rn4 ,on le suit et s\da9 il v\s r5v]se p\r v\s mordre ou il v\s jette dans un tr\4 ,m,,?ode ,,de ,,la ,,proph,,tie ,,et ,,de ,,la ,,magie ,ami1 toi qui *]*es une av5ture ple9e de posie et d'imprvu avec une femme dlicate app>t5ant cette b\rgeoisie que tu frqu5tes1 n'hsite pas all] t'asseoir ct de cette jeune dame blonde1 di/raite et presque mprisante4 ,elle semble une exile dans cette soire o tu la r5contres p\r la premire fois4 ,ni les *ants de la jeune fille qu'on veut m>i]1 ni les orangeades qui pass5t1 ni les politesses des hommes ne peuv5t ret5ir sa p5se4 ,mais tu peux sans cra9te1 en la reg>dant bi5 en face1 lui dire3 --,v\lez-v\s me p]mettre de lire dans les lignes de votre ma98 ,un intrt subit anim]a son visage4 ,si elle manife/ait le mo9dre tonnem5t1 tu te ht]ais de dire une phrase dans le g5re de celle-ci3 --,j'ai vu votre reg>d que v\s tiez m>que p\r une trange de/9e4 ,et aussitt elle se t\rn]a v]s toi avec amiti1 reconnaissant que tu es une nature d'lite1 le seul tre frat]nel p>mi la f\le de mdiocres qui encombre le salon4 ,elle t]a son gant et te t5dra sa ma9 avec une lgre confusion et en s'excusant p> avance que cette ma9 ne soit pas d'une propret absolue4 ,il e/ du re/e rem>qu] que les ma9s huma9es ne demeur5t vraim5t propres que p5dant les c9q m9utes qui suiv5t le mom5t o l'on les a laves4 ,a pe9e z-tu pris cette ma9 dans les ti5nes en affectant de ne pas pr(it] de la circon/ance p\r j\ir de sa f9esse p> une longue pression1 pe9e z-tu jet un rapide c\p d'il sur sa =me1 que tu dois p\ss] un cri d'admiration et de surprise4 ,il y a sur cette ma9 un signe r>e1 unique1 extraord9aire1 tel qu'on n'en a presque jamais vu de semblable dans l'hi/oire de la *iromancie4 ,plusieurs lignes1 dis-tu1 =m5t une toile1 et cette toile e/ place de telle faon1 p> exemple la conjonction de la ligne du cur et du mont de ,jupit]1 que sa signification e/ imm5se4 ,les yeux de la dame blonde sont dev5us brillants et anims2 elle t5d son autre ma9 af9 que tu puisses voir si le signe tonnant e/ confirm4 ,il l'e/ en effet4 ,tu peux dire sur le s5s de ce signe ce qui te plaira dans le doma9e des succs arti/iques1 de la =tune1 de l'am\r4 ,p\r ce qui e/ des lignes en gnral1 tu n'auras qu' te laiss] all] ta fantaisie du mom5t4 ,tu ne risques plus de te tromp]4 ,p> le fait que tu z vu le signe unique1 tu es revtu d'une gr&e autorit et tes erreurs devi5dront des vrits4 ,si tu lui dis qu'elle e/ orgueilleuse et si elle e/ mode/e1 elle song]a3 --,c'e/ donc que j'tais orgueilleuse sans m'en d\t]4 ,du re/e le dsir d'intress] sans dang] te p\ss]a p>l] surt\t de l'av5ir4 ,ne manque pas d'affirm] que la dame blonde e/ s\mise l'influ5ce de la plante ,vnus1 c'e/--dire l'influ5ce de l'am\r1 et aj\te1 si tu le juges propos1 qu' cette influ5ce s'aj\te celle d',apollon1 le gt des arts4 ,qu& tu auras prdit en outre une gr&e passion pro*a9e1 tu p\rras laiss] retomb] la petite ma9 qui cont5ait tant de gr&s secrets4 ,a cause de ton trange clairvoyance1 p> la v]tu de ce gnie prophtique tu s]as invit te r5dre dans la sema9e *ez la dame blonde4 ,tu tr\v]as vraisemblablem5t dans ce milieu plusieurs p]sonnes laides1 intellectuelles et s'occupant de spiritisme1 une anci5ne actrice russe1 un pr(esseur1 un pauvre homme vaguem5t fondateur d'une religion1 un fumeur d'opium et peut-tre un jeune homme v5u l p\r tr\v] une matresse et affectant imprudemm5t des airs sceptiques4 ,le m>i de la dame blonde s]a sil5cieux et admiratif p\r les *oses de la p5se qui s]ont traites aut\r de lui4 ,la pr9cipale occupation s]a de faire t\rn] des tables4 ,ins\cieux de l'ironie du jeune homme sceptique1 dcl>e immdiatem5t que tu es un mdium de premi] ordre1 que tu fais1 comme il te plat1 v5ir les esprits1 que la magie n'a pas de secrets p\r toi4 ,tu n'z pas cra9dre d'tre confondu si tu affirmes avec audace4 ,l1 un beso9 de crdulit possde t\tes les mes4 ,le fondateur de religion te reconnatra t\t de suite p\r un des si5s2 le m>i te respect]a comme un matre2 une des p]sonnes laides et intellectuelles v]ra dans l'obscurit du fluide sortir de tes ma9s4 ,du re/e1 ta surprise s]a gr&e de con/at] que les tables t\rn5t m]veille1 se lv5t sur un pi$1 frapp5t des c\ps ta voix4 ,les esprits des hommes clbres t'obiront docilem5t1 p>l]ont comme il te plaira4 ,le jeune homme sceptique n'aura qu' bi5 se t5ir c> il te s]a trs ais d'emp*] qu'il soit dsormais invit en dcl>ant que ,napolon ou que ,l\is ,,xiv se refus5t v5ir en sa prs5ce4 ,comm5t une matresse de maison un peu avise hsit]ait-elle un in/ant entre un jeune homme quelconque et d'aussi gr&s p]sonnages8 ,et comm5t aussi une jeune dame blonde1 qu& elle donne la vie future plus d'importance qu' la vie prs5te1 peut-elle ne pas dsir]1 de t\te son ardeur1 avoir p\r amant sur cette t]re d'exil1 quelqu'un qui a un rayonnem5t a/ral1 qui e/ prophte1 en communication avec les esprits et qui peut faire m\rir ses ennemis en enfonant une aiguille dans une petite figure de cire8 ,m,,?ode ,,de ,,la ,,puissance ,d',,attraction ,j'allai voir un j\r mon ami ,b444 ,c'tait un g>on f91 intellig5t1 mais timide et n'ayant pas de confiance en lui4 ,appel p> sa situation dans le monde et ses facults j\] un rle important1 il avait laiss sa volont se dsagrg] et tait considr p> t\s comme un incapable4 ,il tait trop ri*e et il avait trop de p>5ts4 tant de beauc\p le plus intellig5t de sa famille1 une ligue occulte s'tait =me p>mi ces p>5ts p\r dcl>] qu'il tait /upide4 ,il l'avait cru1 ou il avait laiss croire qu'il le croyait4 ,mais cause de sa rputation une jeune fille qu'il aimait et qu'il avait dem&e en m>iage avait refus de l'p\s]4 ,j'aimais beauc\p ,b444 p\r sa vision comique de la vie qui e/ la revan*e de t\s les faibles4 ,n\s p>lmes de mademoiselle ,x444 et des dceptions qu'elle lui avait causes4 ,je p5sais qu'il avait r5onc t\t espoir et j'essayai d\cem5t de la dprci]1 p5sant le consol] un peu4 ,mais il prote/a vivem5t4 ,il me dcl>a que ri5 n'tait p]du p\r lui et que1 malgr le refus =mel de mademoiselle ,x444 et de ses p>5ts1 il n'avait jamais t en aussi bonne po/ure4 ,je lui en dem&ai l'explication et ce qu'il comptait faire p\r que ses projets russiss5t4 --,j'ai fait une gr&e dc\v]te1 me dit-il1 qui me p]mettra d'tre aim4 ,l'am\r e/ une attraction s'ex]ant entre deux tres4 ,*acun de n\s possde une c]ta9e puissance d'attraction4 ,il faut p\r tre aim dvelopp] en soi sa puissance d'attraction et le moy5 de la dgag]4 ,c'e/ ce que je fais en ce mom5t4 --,avez-v\s obt5u quelque rsultat8 lui dem&ai-je4 --,aucun1 p\r l'in/ant1 s'cria-t-il4 ,je n'ai plus revu mademoiselle ,x444 ,c'e/ dans la solitude et p> l'ef=t de la volont que la puissance d'attraction se dveloppe4 ,je ne sors plus de ma *ambre4 ,il vi5dra un mom5t o je s]ai aim de mademoiselle ,x444 sans que je l'aie revue4 ,je ris de mon ami ,paul ,u444 qui fait la c\r mademoiselle ,x444 et qui se donne p\r lui plaire un mal inf9i4 ,il croit avoir des avantages sur moi p>ce qu'il a une importante situation la banque de son oncle1 p>ce qu'il e/ agr de la famille1 p>ce qu'il j\e au t5nis avec mademoiselle ,x444 et qu'il flirte avec elle dans les bals o ils se r5contr5t rgulirem5t4 --,cep5dant il me semble1 has>dai-je timidem5t444 --,non1 non6 reprit ,b4441 je triomph]ai de ,paul ,u444 avec une c]titude d'autant plus gr&e que je f]ai mo9s de dm>*es4 ,c'e/ le rsultat d'un calcul1 c'e/ ma?matique4 ,ma c\s9e m'a1 l'autre j\r1 invit un ? o je p\vais r5contr] mademoiselle ,x444 ,je n'ai eu g>de d'accept]6 --,p\rtant4 --,cela m'aurait dt\rn de dvelopp] ma puissance d'attraction4 ,c'e/ seul1 entre ces quatre murs1 que je dois dcid] de ma victoire4 ,j'appris quelque temps de l que mademoiselle ,x444 v5ait d'p\s] ,paul ,u444 ,mon ami ,b444 n'avait-il pas suivi po9t p> po9t sa m?ode8 ,ou le fait d'tre dans une banque1 d'avoir l'e/ime des p>5ts1 d'tre habile au t5nis1 vaut-il mieux p\r conqurir une jeune fille que la plus gr&e puissance d'attraction8 ,je laisse au lecteur le so9 de le dcid]4 ,m,,?ode ,,du ,,viol ,on voit dans les j\rnaux que des tres in/9ctifs et grossi]s r5v]s5t des femmes sur des *em9s ds]ts et p>fois les mett5t mort4 ,ces t5tatives crim9elles inspir5t videmm5t l'horreur4 ,mais comm5t se df5dre d'une c]ta9e admiration en songeant que ces p]sonnages aux n]fs peu dlicats accompliss5t l'am\r en quelques secondes1 sans les dfaillances habituelles aux imag9atifs8 ,jadis1 j'ent5dais un c]ta9 ,r4441 qui depuis trois ans tait aim follem5t p> une t\te jeune p]sonne au visage +nu1 dire qu'il n'avait obt5u cet am\r que p>ce qu'il avait pris de =ce cette matresse4 ,il racontait qu'il l'avait fait v5ir dans sa *ambre d'une faon d'autant plus aise qu'il avait t jusqu'alors poli et respectueux son g>d4 ,il s'tait alors jet brusquem5t sur elle4 ,une lutte s'tait engage qui ne s'tait t]m9e qu'au b\t d'une heure de temps p> sa victoire que je n'ai jamais pu m'expliqu]4 ,il y a1 en effet1 des femmes qui aim5t la s5sation de voir un tre *>mant1 raisonnable et d\x se trans=m] brusquem5t en un inconsci5t sauvage qui les brutalise4 ,mais l'on ne peut pas j\] le p]sonnage du sauvage4 ,il faut l'tre rellem5t4 ,qu'arriv]ait-il et de quelle confusion ne s]ait-on pas saisi si l'on faisait t\s les ge/es du viol et si1 la d]nire m9ute1 au mom5t o la victime se rsigne avec curiosit1 on n'avait ni l'autorit ni l'abs5ce d'motion indisp5sables8 ,ces battem5ts du cur1 ces tremblem5ts1 cette fbrilit qu'occasionne une trange faiblesse1 peuv5t tre la rigueur excuss p> une femme qui a l'habitude de l'am\r1 si on les met sur le compte d'un excs de dsir1 d'une imm5se t5dresse4 ,ils c\vriront d'un ju/e ridicule celui qui aura v\lu se p>] du pre/ige de la brutalit et qui n'aura pu en donn] les bi5faits4 ,m,,?ode ,,du ,,cynisme 7,,art ,,de ,,tromp]7 ,j'avais jadis un excell5t cam>ade qui s'appelait ,h5ri ,d444 ,il tait intellig5t1 il avait une jolie femme et surt\t il m'admirait beauc\p4 ,je me plaisais inf9im5t en sa compagnie4 ,n\s n\s voyions assez s\v5t et un j\r il m'invita dn]4 ,son intrieur tait trs agrable1 j'tais de bonne humeur et t\t faisait prvoir que j'allais pass] une trs heureuse soire4 ,je vis aux prp>atifs que l'on avait faits que cette invitation dn] tait un vnem5t important4 ,l'on se rj\issait beauc\p de m'avoir4 --,ma femme et ma belle-mre1 me dit ,h5ri ,d4441 v\s ont fait un plat spcial qu'elles ne font que dans les gr&es occasions et p\r les g5s qu'elles aim5t beauc\p4 ,on se mit table et la conv]sation porta uniquem5t sur le po9t de savoir si j'aim]ais ou non le plat en "q4 ,il v9t enf94 ,j'y gtai au milieu de l'anxit gnrale4 ,le plat tait p\r moi une *ose effroyable dont la seule odeur me s\levait le cur4 ,je dcl>ai en s\riant que c'tait un plat dlicieux et je flicitai les auteurs4 ,je fis un ef=t sur moi-mme et je me =ai mang] ce qu'on m'avait s]vi4 ,t\te ma soire fut empoisonne4 ,quelques sema9es s'c\lr5t et je rev9s dn] *ez mon ami ,h5ri ,d4443 --,il y a une surprise p\r v\s1 me dit t\t de suite madame ,h5ri ,d444 --,on sait que v\s tes g\rm&1 aj\ta la belle-mre de mon ami4 --,on ne me gte pas comme a1 dit ,h5ri ,d444 ,la surprise tait le t]rible plat4 ,j'eus assez de prs5ce d'esprit p\r p>l] d'une atroce migra9e et d'un manque total d'apptit4 ,je ne mangeai pas et sortis jeun4 ,j'eus l'imprud5ce de dn] une troisime fois *ez ,h5ri ,d444 ,ri5 ne p\vait me faire suppos]1 sauf l'il brillant de sa femme1 que le plat me guettait encore4 ,il app>ut sans que j'aie pu me df5dre de lui4 ,on m'en s]vit une assiette t\te ple9e p>ce que1 disait-on1 il fallait rattrap] mon manque d'apptit de la fois prcd5te4 ,je ne rev9s plus *ez ,h5ri ,d444 ,il m'crivit plusieurs reprises p\r m'invit] n\veau1 mais je d*irai ses lettres sans y rpondre1 c> il aj\tait t\j\rs en po/-scriptum3 ,il y aura le plat que v\s aimez4 ,j'ai p]du cette *>mante relation cause de ce plat4 ,je n'ai plus jamais p>l mon ami ,h5ri ,d444 et1 l'ayant ap]u une fois sur les b\lev>ds1 je me suis enfui au plus vite1 croyant s5tir mont] mes n>9es l'odeur fatale du plat4 ,a9si1 p\r ne pas v\loir av\] nos gts et nos dgts1 ds le db1 p\r manqu] de s9crit1 n\s n\s tr\vons vis--vis des femmes dans d'insolubles situations qui quelquefois n\s oblig5t ne plus les voir4 ,celui qui n'ent5d ri5 la musique et qui1 en prs5ce d'une musici5ne1 au lieu de dire cette phrase si commode3 ,je n'ent5ds ri5 la musique1 mais je l'aime cep5dant1 se flatte d'tre un musici5 accompli1 s'expose bi5 des prils s'il devi5t l'amant de cette musici5ne1 ou si seulem5t il entre davantage dans son intimit4 ,il faudra qu'il l'accompagne dans des conc]ts dont il aura support] l'ennui1 il faudra qu'il complim5te avec un en?\siasme simul des p]sonnages jeunes et inspirs dont le violon aura r5du des sons div9s2 il faudra qu'il se prononce sur la musique mod]ne et s'il condamne tel musici51 il faudra qu'il se le rappelle1 p\r ne pas le port] aux nues quelques j\rs aprs4 ,comm5t son ignorance ne transpir]a-t-elle pas la f9 et quelle miraculeuse di/raction s]a-t-il oblig de fe9dre si on lui dem&e de v5ir prs du piano p\r t\rn] les pages d'un morceau8 ,il faut t\t dire1 t\t av\]1 avec fran*ise1 avec cynisme mme4 ,les p>oles sont comme un feu qui brle les p5ses et les actes4 ,ce qu'on a de mauvais en soi1 devi5t1 s9on excell5t1 du mo9s neutre1 p> le fait qu'on l'exprime1 qu'on lui donne la vie des mots4 ,le mal e/ dans le sil5ce4 ,la mobilit des p>oles le trans=me4 ,le cynique donne de la beaut ses vices et les fait admettre en les proclamant4 ,les femmes qui ont une horreur native de la vrit1 en prs5ce de celui qui leur oppose une s9crit absolue1 sont comme ces ngres trs sauvages des les de l',ocanie qui n'ont jamais vu un blanc4 ,ils croi5t d'abord qu'il e/ pe9t en blanc et que1 si on frotte sa peau avec vigueur1 la c\leur noire qui e/ la c\leur normale va rep>atre4 ,qu& ils s'ap]oiv5t de leur erreur1 ils tomb5t aux g5\x du blanc et l'ador5t comme un ,dieu4 ,qu& votre matresse v\s dem&e3 ,a quoi p5ses-tu8 il ne faut pas lui rpondre comme t\s les amants qui exi/5t3 ,a toi4 ,et si on lui dit qu'on ne p5se ri51 ce qui arrive la plup>t du temps1 on gr&it aussitt dans sa p5se1 c> ce nant qui lui e/ famili] a p\r elle une valeur4 99 99 99 99 99 ,de mme1 p\r bi5 tromp] sa matresse1 il faut lui dire en riant la vrit4 ,on ne cra9t que les *oses inconnues4 ,la femme n'aura pas peur d'une av5ture prs5te s\s un j\r plaisant1 invraisemblable4 ,on aura beau jur] que ce qu'on dit e/ vrai1 t\j\rs en riant bi5 ent5du1 elle n'y aj\t]a pas foi4 ,si cep5dant ses s\pons se sont prciss et si1 p> une srie de pla9tes1 de scnes intolrables1 de viol5ces de langage1 d'objets briss1 elle v\s oblige apport] une solution cet tat de *oses1 il faut opt] entre deux p>tis3 ,dire simplem5t et gravem5t3 ,tu sais bi51 au fond1 que je suis incapable de te tromp]4 ,cette p>ole e/1 je ne sais p\rquoi1 revtue d'une gr&e =ce2 en t\t cas1 qu& les femmes n\s la dis5t1 elle e/ t\j\rs irrsi/ible4 ,ou bi51 s'cri]3 ,eh bi56 oui1 je t'ai trompe6 et en expliqu]1 avec une s9crit vritable1 les causes et les circon/ances4 ,le deuxime p>ti e/ le meilleur4 ,l'aveu e/ puissant4 ,il a l'clat de t\t ce qui correspond un fait vrai4 ,si on aime1 on peut se faire p>donn]4 ,si on n'aime plus1 grce cet aveu1 on a fait un pas en avant qui s]a1 hlas6 suivi de pas en arrire1 sur le *em9 esc>p1 hriss de caill\x et d'p9es aigus1 qui conduit la rupture4 ,mais1 seul1 celui qui a une me haut place a le c\rage de la s9crit absolue4 ,,les ,,comp>aisons ,aprs deux mois de sp>ation je retr\ve ma matresse la g>e o elle e/ v5ue m'att5dre4 ,j'ai mis ma tte la portire p\r la voir de lo94 ,elle e/ l4 ,n\s faisons t\s les deux le mme ge/e de joie conv5tionnelle4 ,en ralit n\s n\s tr\vons l'un l'autre *angs1 mo9s beaux que n\s ne le p5sions4 ,n\s sommes du4 ,a vivre ct de quelqu'un1 on s'ef=ce de le p>] de mille qualits et on y p>vi5t4 ,si l'on se quitte un peu et si l'on se retr\ve1 on se voit tel qu'on e/1 p>ce qu'on a oubli le m5songe de son imag9ation4 ,qui des deux pr5dra l'initiative de tomb] dans les bras de l'autre8 ,il faut dissimul] mon impression et j'esquisse un t5dre ge/e4 ,elle me t5d simplem5t la ma94 ,je la lui s]re2 elle se repr5d son t\r mais au mom5t o je s\lve de t]re ma valise1 r5onant t\t bais]4 ,alors1 je me dis p\r m'excus] que ri5 n'e/ plus factice que ces tre9tes sur des quais de g>e1 qu'il ne convi5t pas de donn] sa t5dresse en spectacle des trang]s1 que les vritables m>ques de la sympa?ie sont au fond du cur4 ,prs de moi1 cep5dant1 des tres spontans se sont embrasss en criant et en ge/iculant4 ,dissimulai5t-ils8 ,ils n'en avai5t pas l'air4 ,ce sont des natures vulgaires1 p5sai-je4 ,j'att5ds mes bagages4 ,il y a ct de moi une femme bi5 plus jolie que ma matresse4 ,ses *eveux1 au lieu d'tre te9ts en blond1 sont d'une c\leur naturelle4 ,elle n'a pas sur le c\ cet imp]ceptible pli1 si visible p\r moi1 que je rem>que avec tri/esse sur le c\ de ,paulette4 ,comme elle s'habille avec gt6 ,elle a une taille lance et la c\leur des yeux qui me plat4 ,il me semble qu'elle a jet un c\p d'il ironique sur le *apeau de na matresse4 ,je considre ce *apeau mon t\r4 ,il e/ biz>re et compliqu4 ,il vi5t sans d\te de quelque t\te petite modi/e4 ,c'e/ le plus beau *apeau de ,paulette1 j'en suis sr1 et elle l'a mis p\r v5ir m'att5dre la g>e et frapp] a9si un gr& c\p sur mon imag9ation4 ,comme cette toque trs simple dans un c]cle de *eveux blonds e/ prfrable6 ,j'appelle un employ avec t\te l'autorit dont je suis capable4 ,la trs jolie femme e/ de plus en plus ddaigneuse4 ,et qu& on apporte ma malle1 je ne sais pas si je suis plus honteux de son aspect m9able de malle de famille ct de l'lgante malle de cuir de l'trangre1 ou du *apeau de mon amie auprs de cette toque trs simple4 ,la comp>aison suscite le dsir et n\s sommes d'autant plus =ts que n\s dsirons beauc\p4 ,l',,homme ,,qui ,n',a ,,qu',,une ,,femme ,il y a dans l'app>tem5t qui donne en face du mi51 sur la c\r1 un monsieur qui habite avec une dame4 ,il vit avec elle et il ne vit qu'avec elle4 ,jamais il n'invite p]sonne dn]4 ,jamais on ne voit *ez lui aucun autre homme ni aucune autre femme4 ,le monsieur et la dame sort5t ensemble4 ,ils r5tr5t de mme4 ,ils sont oisifs4 ,ils n'ont pas l'air de s'aim] passionnm5t4 ,ils n'ont pas l'air de s'ennuy]4 ,la dame e/ maigre4 ,elle a un gr& nez1 l'air d'un oiseau tonn et sans ailes4 ,le mat9 elle ouvre sa f5tre et1 revtue d'une camisole gristre1 elle se livre des travaux d'intrieur4 ,elle met p\r cela1 sans d\te af9 de ne pas salir ses ma9s1 de vieux gants blancs4 ,comm5t le monsieur1 qui e/ bi5 de sa p]sonne et qui p\rrait avoir d'autres femmes1 a-t-il le c\rage de vivre avec une femme qui met des gants blancs huit heures du mat98 ,je p\rrais croire qu'il m'envie1 qu'il m'admire de voir *ez moi des femmes jolies et lgantes4 ,il n'en e/ ri54 ,mme je s5s une rprobation dans son reg>d4 ,il juge que je ne suis pas srieux4 ,et la s9crit de cette rprobation se dgage de son attitude correcte1 qu& il me salue dans l'escali]4 ,cet homme n'a qu'une femme et une femme laide4 ,e/-ce possible8 ,c'e/ un cas unique1 mon/rueux4 ,peut-tre e/-ce un f\4 ,mais il p>at assez raisonnable4 ,il ne crie pas1 il ne se livre pas des danses saugr5ues4 ,peut-tre e/-ce cette femme au nez po9tu qui lui a p]suad qu'il n'y a pas d'tablissem5ts de ?1 de gr&s magas9s o pass5t des tres sduisants avec de belles robes et des =mes gracieuses4 ,il a un b&eau sur les yeux ou il e/ victime d'un sortilge4 ,peut-tre aime-t-il cet objet de tri/esse1 cette s\rce de p5ses amres1 et en e/-il aim4 ,mais un cur1 une dlicieuse affection peuv5t-ils habit] une poitr9e si maigre8 ,peut-il y avoir de l'am\r sans une petite flamme de beaut8 ,,plaisirs ,,physiques 7,,les ,,simulacres7 ,les femmes aim5t les titres honorifiques1 les situations importantes1 l'arg5t1 la beaut physique1 la di/9ction1 le pre/ige que donne l'admiration des autres hommes4 ,mais elles r5onc]ont volonti]s1 et mme avec orgueil1 t\t ce qu'elles aim5t p\r un homme qui n'a ri5 que le don r>e de leur donn]1 dans l'intimit de la nuit1 du plaisir physique4 ,une lg5de absurde montre les femmes du monde se livrant leurs dome/iques p\r la seule joie de leurs s5s4 ,ri5 ne semble prdispos]1 ni leurs travaux1 ni leur ducation1 les g5s de maison l'habilet dans l'art de donn] des c>esses physiques4 ,celui qui donne le plus de plaisir n'e/ pas le plus vig\reux ou celui dont le tempram5t e/ con=me au tempram5t de la femme4 ,c'e/ celui qui en a le plus le gt imag9atif4 ,il donne une valeur inatt5due *aque c>esse p> l'am\r avec lequel il la donne4 ,il multiplie l'inf9i dans le doma9e subtil des n]fs ces rayonnem5ts de volupt si prcieux aux natures s5sibles4 ,les femmes le reconnaiss5t son reg>d1 ses sil5ces1 ses timidits1 un je ne sais quoi qui se dgage de lui4 ,il porte dans ses m\vem5ts une beaut qui n'obx pas aux lois ord9aires de la beaut1 et qui n'e/ p]ceptible que p\r les voluptueuses4 ,et celui-l e/ un gr& matre qui possde assez de ri*esse p\r donn] la fois la t5dresse du cur et le plaisir des s5s2 mme auprs des femmes les plus honntes1 il peut se pass] d'tre e/im et t\te mauvaise action lui e/ p]mise c> l'homme le plus e/imable p\r les femmes e/ celui qui apporte la plus gr&e somme de plaisir4 99 99 99 99 99 ,une femme dit3 ,je veux tre respecte4 ,on doit se g>d] de se mpr5dre sur le s5s de ces p>oles4 ,elle fait allusion un respect de =me1 de dtail1 qui donne plus de prix au manque de respect ardemm5t sollicit p> t\tes les =ces puissantes d'humiliation qui sont dans l'in/9ct de la femme4 ,elle a un gr& dsir de dfaite4 ,sa dfaite lui s]a d'autant plus *re que n\s lui aurons donn l'illusion de la victoire p> notre politesse dans les conv]sations gnrales devant d'autres p]sonnes1 p> notre galant]ie t5dre qu& n\s sommes seuls1 mais seuls dans des endroits comme le ?tre ou les prom5ades1 o le manque de respect ne peut pas se manife/] librem5t4 ,ds que n\s sommes sp>s du monde extrieur p> une porte f]me et que grce une ent5te inav\e1 mais c]ta9e1 n\s sommes runis avec la dlicate bi5-aime p\r n\s consacr] l'am\r1 n\s p\vons n\s p]mettre impunm5t des actes d'une irrvr5ce sans mesure4 ,des ge/es dont l'audace dpass]a la ntre n\s assur]ont aussitt que n\s sommes lo9 d'avoir atte9t les limites p]mises4 ,le respect e/ p\r le monde ou p\r le doma9e de la conv5tion s5tim5tale4 ,il faut1 p5s5t les femmes1 *ang] de ton selon l'heure qui convi5t1 et elles ne sont nullem5t gnes de leur brusque trans=mation1 t&is que n\s n\s croyons obligs1 leur g>d1 des rtic5ces et des excuses4 99 99 99 99 99 ,beauc\p de plaisirs physiques sont des simulacres4 ,cela ti5t ce que la nature e/ av>e des joies qu'elle n\s donne4 ,n\s avons honte de cette av>ice4 ,n\s n\s flattons d'une capacit de bonheur que n\s n'avons pas4 ,il ne faut pas laiss] aux femmes le privilge de ces simulacres de plaisir4 ,l'on aime d'autant plus que l'on croit disp5s] une imm5se volupt4 ,a t\t in/ant1 dans l'am\r physique1 la femme donne les signes d'un bonheur qui n'e/ pas croyable4 ,ce n'e/ qu' la rflexion que n\s cessons d'en tre dupe4 ,mais un d\te plane et n\s l'aimons davantage p\r cela4 ,faisons comme elle4 ,il e/ va9 p\rtant1 qu& on e/ dans les bras l'un de l'autre1 une heure t>dive de la nuit1 si votre matresse v\s dem&e3 ,z-tu sommeil8 de lui rpondre3 ,c]tes non6 avec une intonation exalte p\r lui faire croire qu'on pass]a t\te la nuit dans une extase div9e de volupt1 surt\t si1 quelques in/ants aprs1 une respiration rgulire trahit le sommeil pr(ond dont on e/ frapp4 ,,une ,,femme ,,en ,,attire ,,une ,,autre ,je n'aime plus ma matresse4 ,son c>actre e/ dev5u dsagrable et bi5 qu'elle soit jolie1 j'ai trop pris l'habitude de sa beaut p\r en tir] du plaisir4 ,cep5dant elle m'aime4 ,m'aime-t-elle8 ,oui1 puisqu'elle ne veut pas que j'aille dn] en ville1 et qu'elle e/ de mauvaise humeur1 p5dant plusieurs j\rs1 si elle appr5d que j'ai pris le ? avec une autre femme qu'elle4 ,cette jal\sie e/-elle un signe d'am\r ou simplem5t la manife/ation de sa vanit8 ,et comm5t p\rrai-je tr\v] la ligne qui p>tage le dsir et l'am\r-propre8 ,si elle m'aime1 je dois respect] son affection1 j'ai des devoirs =mels vis--vis de ce noble s5tim5t4 ,je ne dois pas faire s\ffrir celle qui m'aime4 ,mais puisque je ne l'aime pas1 dois-je le lui dire cause de la v]tu de la vrit1 ou dois-je le lui ca*] p> piti8 ,si je lui dis que je ne l'aime pas1 je suis cruel et elle ne me croira pas1 du re/e4 ,si je m5s1 si je simule un am\r que je n'pr\ve plus1 j't]nise une situation sans issue4 ,dans l'hypo?se1 au contraire1 o elle ne m'aime pas1 ma conduite semble trace4 ,je dois lui dire que je ne l'aime pas1 que n\s ne n\s aimons ni l'un ni l'autre1 je dois rompre avec elle4 ,mais alors je vais tre sans matresse4 ,comm5t support]ai-je cet tat de *oses8 ,que f]ai-je1 le soir1 seul8 ,je n'ai plus l'habitude de la solitude4 ,j'ai1 il e/ vrai1 des amis4 ,mais il y a des soires t]ribles1 m>ques p> la de/9e1 o t\s vos amis sont malades1 invits dn]1 en voyage1 o les billets de ?tre qu'ona dem&s ne sont pas arrivs1 o un conc\rs de circon/ances v\s contra9t dn] t\t seul dans un re/aurant o ju/em5t les plats sont mauvais1 les dneurs ho/iles et les g>ons peu polis4 ,et puis un homme qui n'a pas une matresse attitre a mo9s de puissance de rayonnem5t sympa?ique que les autres4 ,il e/ priv d'un d\ble *>mant qui le complte et l'embellit4 ,une femme en attire une autre4 ,le *>me et l'am\r sont les aimants qui appell5t le *>me et l'am\r4 ,une femme jolie et qui a le gt du plaisir s'ent\re bi5 r>em5t d'amies laides4 ,ma matresse e/ le c5tre d'un petit milieu o j'ai mille pr(its4 ,si je la quitte1 ce milieu se diss\dra1 s'p>pill]a4 ,je re/]ai seul1 priv de cette atmosphre d'am\r o j'ai pris l'habitude de vivre et qui m'e/ ncessaire4 ,je me dis d'autre "p que *acun a en soi une =ce am\reuse limite4 ,j'use quotidi5nem5t cette =ce en conv]sations /riles1 en affection simule1 en rsi/ance des scnes sans cause srieuse4 ,je m'amo9dris qu& je me promne avec elle4 ,d'admirables possibilits re/5t dans l'ombre p> le seul fait que cette matresse exi/e4 ,je suis class1 cas1 j'app>ti5s une catgorie qui n'e/ pas disponible4 ,je suis aux femmes ce que sont aux g5s qui veul5t l\] une proprit1 les villas o il n'y a pas d'criteau4 ,elles jett5t un reg>d rapide4 ,elles song5t3 ,cela f]ait peut-tre l'affaire1 mais elles pass5t et ne visit5t pas4 ,une voix me dit3 ,il faut rompre4 ,il faut tre seul p\r avoir beauc\p de femmes4 ,la rue avec les devantures des magas9s o l'on s'arrte1 les omnibus avec leur *oix de visages aligns1 les entres des mtropolita9s avec leurs s\ffles *auds o se ml5t les p>fums et les p\ssires1 app>ti5n5t celui qui n'e/ pas impatiemm5t att5du p> sa matresse et qui fait t\rn] sa canne1 ayant l'aisance d'un homme qui ne sait pas o il va4 ,mais une autre voix me dit3 ,qu& on a une matresse1 on en a plusieurs4 ,les femmes ont le gt des confid5ces4 ,entre elles1 elles se dis5t t\t4 ,l'amie t5te volonti]s son amie p> les p>oles flatteuses qu'elle prononce sur le compte de son amant4 ,il e/ ais de pr(it] des qualits dont elle a bi5 v\lu v\s p>]4 ,g>de ta matresse2 si tu la p]ds1 tu ne p\rras plus la tromp] et tu ne recevras plus de l\anges d'une b\*e si autorise4 ,l',,insi/ance ,,et ,l',,occasion ,un homme qui vi5t v\s dem&] de l'arg5t et qui1 ds les premires p>oles qu'on prononce1 dit3 ,bon6 ,ne v\s drangez pas6 ,je v\s dem&e p>don6 ,je revi5drai un autre j\r6 n'obti5dra ri5 de v\s1 mme si v\s avez l'int5tion de lui accord] ce qu'il dem&e4 ,ce n'e/ pas de l'arg5t que n\s sollicitons des femmes1 c'e/ de la t5dresse et du plaisir4 ,c'e/ l la =tune dont elles dispos5t4 ,elles la considr5t comme trs prcieuse et elles comm5c5t p> la refus]4 ,l'imprud5t1 le peu clairvoyant qui se laisse impressionn] p> un visage hauta91 une attitude ddaigneuse1 e/ un pauvre solliciteur4 ,v\s avez quelquefois prt c5t francs1 apitoy p> un disc\rs1 aprs avoir dcl> que v\s tiez dans la plus gr&e misre4 ,l'affirmation mme que la femme aime follem5t un autre homme n'e/ pas mauvaise1 e/ quelquefois excell5te4 ,il ne faut pas oubli] que l'am\r peut tre une transposition4 ,%akespe>e v\lant pe9dre le plus passionn des amants montre ,romo am\reux1 au premi] acte de ,romo et ,juliette1 d'une femme qui n'e/ pas ,juliette4 ,il voit ,juliette1 il l'aime et il reporte sur elle t\te la somme de passion que la prcd5te matresse avait dveloppe en lui4 ,a9si on peut bnfici] auprs de c]ta9es femmes exaltes de l'ef=t d'am\r accompli p> un autre homme4 ,la femme transpose sa passion4 ,il ne faut pas bi5 ent5du qu'il y ait d'habitude physique4 ,on e/ alors comme un voyageur qui pr5d possession d'une maison qu'il croit ab&onne et tr\ve le feu allum1 une collation s]vie1 un livre de *evet4 ,il faut donc insi/]1 mais il faut insi/] au bon mom5t1 saisir l'occasion4 ,l'occasion1 c'e/ le mom5t o la femme manque de t5dresse4 ,t\te la vie e/ une p\rsuite de la t5dresse4 ,on prit p>ce qu'on en manque1 on prit p>ce qu'on la *]*e1 on prit p>ce qu'on en a trop4 ,l'abs5ce de t5dresse cause la plup>t de nos actes4 ,celui qui1 la nuit1 au mom5t de regagn] son app>tem5t solitaire1 fait signe une fille de la rue1 a mo9s1 p\r b1 la volupt1 qu'un vague ge/e t5dre de cette fille qu'il ne paie pas trop *] avec c9q francs4 ,on s'tonne s\v5t de voir un homme di/+u p\s] sa bonne4 ,la raison en e/ presque t\j\rs que c'e/ la seule femme qui lui a donn de la t5dresse4 ,la femme qui manque de t5dresse e/ t\j\rs pr5dre4 ,quelle que soit son ducation1 son rang1 sa fi]t1 si elle e/ incomprise de son m>i ou de son amant1 mconnue de sa famille et de ses amies1 si elle e/ seule ou se croit seule dans le doma9e suprieur du s5tim5t1 elle se donn]a le premi] soir celui qui p> un invisible signe lui aura fait compr5dre qu'il apporte de la t5dresse son cur4 ,,les ,,femmes ,,grosses ,les femmes qui engraiss5t et s\ffr5t d'engraiss] r5contr5t *aque j\r des amis qui leur dis5t3 --,comme v\s avez maigri6 ,elles suscit5t les p>oles de ces amis en leur disant3 --,n'e/-ce pas que j'ai maigri8 ,p> le mme moy5 elles oblig5t leur c\turire complaisante valu] leur dim9ution p> un *iffre de c5timtres4 ,a9si elles ont acquis la tranquillit de l'esprit4 ,elles se sont donn l'illusion qu'elles n'engraissai5t pas2 elles mang5t dsormais sans remords les plats qu'elles aim5t et qu'elles sav5t susceptibles de les faire engraiss]4 ,les femmes grosses devi5n5t de plus en plus grosses de mme que les maigres maigriss5t sans cesse4 ,il e/ donc ins5s de dire avec orgueil d'une femme grosse3 ,je la f]ai maigrir6 ,on voit dans la nature les arbres se dvelopp]1 donn] des feuilles et des bran*es1 mais quel e/ le *ne qui1 dev5u maje/ueux1 se rapetisse et repr5d les proportions du gl& primitif8 ,il ne faut pas att5dre des femmes grosses cette bonhomie1 cette jovialit indulg5te qui c>actrise les hommes gros4 ,les femmes grosses sont ple9es de duplicit et de ruse4 ,leur esprit s'e/ rtrci mesure que leurs =mes croissai5t4 ,elles ont viol la loi de beaut de la nature1 elles le s5t5t confusm5t1 mais elles ne l'av\]ont jamais2 elles sont les apologi/es de la grosseur et prfr]ont p\r t\te *ose la quantit la qualit4 ,elles sont immobiles4 ,c'e/ la fois leur =ce et leur p]te4 ,elles se dress5t devant l'am\r comme un ob/acle insurmontable4 ,elles df5d5t les ides b\rgeoises1 la v]tu conv5tionnelle3 elles sont les in/rum5ts des prjugs4 ,il convi5t de cont\rn] les femmes grosses comme le vaisseau cont\rne le ro*]4 ,,=ce ,,que ,,donn5t ,,la ,,cr,,dulit ,,et ,l',,ignorance ,de mme qu'il exi/e inf9im5t plus de laisss p\r compte des gr&s botti]s que de bott9es produites p> les gr&s botti]s1 de mme il y a p>mi les femmes beauc\p plus de laisss p\r compte des gr&es familles qu'il n'y a en ralit de gr&es familles4 ,les femmes ont une facilit naturelle embellir la vie1 l'agr&ir dans un s5s honorifique p\r elles4 ,que de gnraux en *ef qui n'ont pas exi/1 ont t dpe9ts avec un c>actre rude et un gr& s5s de l'honneur p> des filles qui prt5dai5t desc5dre d'eux6 ,que de beaux *teaux o nos matresses se sont ennuyes et qui n'ont dress leurs t\relles que dans le royaume de l'imag9ation6 ,que de ,voyages en ,italie dcrits avec de m9utieux dtails1 des av5tures plaisantes ou am\reuses1 qui n'ont pas t faits6 ,il convi5t d'accueillir avec crdulit et favorablem5t ces embellissem5ts de curs pris de beaut4 ,l'homme qui voit t\t1 qui pntre t\s les m5songes1 e/ vite odieux4 ,aucune illusion n'e/ possible avec lui4 ,on e/ condamn la froide mdiocrit de la vie4 ,et cet ef=t de p]spicacit e/ d'autant plus inutile qu'on n'arriv]a jamais une p]spicacit absolue4 ,en effet1 l'inv5tion des femmes n'a aucune base raisonnable4 ,elles ne sont pas t\j\rs guides p> l'intrt4 ,elles ne sont pas t\j\rs guides p> le dsir de brill]4 ,il arrive qu'elles m5t5t sans motif1 mme sans motif ca*1 au petit bonheur1 p\r l'art4 ,quelquefois ces m5songes sont leur dsavantage1 les montr5t s\s un j\r f*eux4 ,on p\rrait croire qu'elles ont un intrt provisoire se dim9u] a9si4 ,il n'en e/ ri54 ,il vaut mieux croire1 t\t croire galem5t4 ,la femme se plat avec cet aimable aveugle qui l'admire de confiance4 99 99 99 99 99 ,yvonne ,t444 prt5dait s'tre battue en duel1 dguise en homme1 avec un (fici] itali51 ,naples1 au bord de la m]4 7,il e/ rem>qu] que c'e/ p\r beauc\p d'esprits1 mme s5ss1 un idal dsirable de se battre en duel1 au bord de la m] et en ,italie4 ,dj deux reprises1 j'avais ent5du deux amis racont] des duels analogues dont ils avai5t t les hros4 ,la seule diffr5ce e/ que l'un avait plac la scne dans une le47 ,yvonne ,t444 aj\tait1 sans pudeur p\r la vraisemblance1 un orage et des clairs4 ,elle faisait un rcit dtaill qui e/ dans ,le ,vicomte de ,bragelonne1 roman qui l'avait beauc\p impressionne qu& elle l'avait lu4 ,cette hi/oire ne r5contrait que scepticisme et rires4 ,mais elle y t5ait tellem5t qu'elle bravait l'op9ion et qu'elle la racontait sans cesse et sans se dc\rag]4 ,je me s\vi5s de sa joie qu& je lui dem&ai l'ge approximatif de l'(fici] itali5--il avait tr5te ans environ--et les noms des tmo9s--ils tai5t t\s titrs4--,j'acquis subitem5t une gr&e importance aux yeux d',yvonne ,t444 ,j'tais celui qui croyait son glorieux rcit1 un tre presque unique1 et elle m'aima quelque temps p\r son propre hrosme1 p>ce qu'elle voyait au fond de mes yeux admiratifs son duel imag9aire1 un ciel d'orage1 un paysage d',italie4 99 99 99 99 99 ,il e/ rem>qu] que les femmes se donn5t =t peu de mal p\r concili] leurs inv5tions et la vraisemblance4 ,un m5songe e/ comme une balle qu'elles lanc5t1 il atte9t son b ou il ne l'atte9t pas1 peu importe4 ,qu& elles sont conva9cues d'avoir fauss la vrit1 elles se cont5t5t de s\rire et n'en pr\v5t nul emb>ras4 ,une jeune actrice de mes amies raconte volonti]s des av5tures in\es qu'elle eut au ,caire et ,alex&rie4 ,durant un c\rt voyage qu'elle fit en ralit1 elle se m>ia avec un ,turc1 fut enleve1 enf]me t\r t\r dans un h>em et dans un c\v5t de surs1 j\a un gr& nombre de pices sur div]s ?tres ori5taux1 fut enleve n\veau1 fit naufrage1 eut ses bij\x vols1 visita son ret\r t\te l',italie o il lui arriva encore mille *oses4 ,elle s'tait abs5te de ,p>is environ deux mois4 ,mais elle manque de mmoire4 ,elle oublie compltem5t c]ta9es av5tures qu'elle a contes avec un gr& s\ci de dtails et p\r remdi] ces oublis elle en improvise de n\velles4 ,prise en flagrant dlit de contradiction1 elle s'en tire avec une assurance et une gat p>faites4 ,j'ai obs]v1 du re/e1 qu'elle n'avait cette assurance que p\r les m5songes et que t\tes les fois qu'elle rapportait un petit fait vritable1 elle le faisait avec timidit1 et comme s'il n'tait pas vritable4 ,il faut aussi tre ignorant4 ,les que/ions sont dang]euses4 ,mme si l'on n'e/ pas tromp1 on ne peut retir] que dboires1 s\pons1 tri/esses1 de la connaissance exacte de ce que votre matresse a fait dans l'aprs-midi4 ,elle dit qu'elle va *ez le photographe1 trois heures4 ,on doit se g>d] de tlphon]1 v]s cette heure-l1 ce photographe en prtextant une *ose urg5te qu'on a oubli de lui dire4 ,on s]ait puni p> l'ironie lo9ta9e qu'on croirait ent5dre dans la voix du photographe2 votre matresse ne s]ait pas dupe1 elle se s5tirait surveille1 tyrannise1 l'irritation qu'elle en concevrait lui donn]ait une autorit qu'elle n'avait pas1 aggrave de votre faiblesse dvoile4 ,il vaut mieux ne ri5 savoir2 il vaut mieux tre comme le sage qui reoit la ri*esse sans en dem&] l'orig9e4 ,si n\s n\s proccupions1 qu& on n\s donne des pices d'or1 de t\tes les ma9s qui les ont t\*es1 avant n\s1 de la faon dont elles ont t manies dans leur c>rire de pices d'or1 n\s les rejett]ions peut-tre avec dgt1 quitte n\s mettre ensuite g5\x dans la b\e p\r les retr\v]4 ,a quoi bon f\ill] dans les tiroirs8 ,les lettres qui tran5t sont t\j\rs des lettres de f\rnisseurs1 ou si elles man5t d'un jeune homme1 elles ne p>l5t que de respectueuse amiti4 ,a quoi bon all] tr\v] l'anci5 inspecteur de la ,sret qui dirige une ag5ce de r5seignem5ts8 ,cet homme1 p> son reg>d fixe1 son attitude svre1 donn]a t\t d'abord la s5sation qu'on fait auprs de lui une dm>*e c\pable1 qui tombe s\s le c\p des lois1 et qu'il va v\s mettre t\t de suite en tat d'arre/ation4 ,il cons5t c\t]1 puis dit avec simplicit3 --,va-t-elle dans les maisons de passe8444 ,on e/ p>tag entre l'envie de lui cra*] au visage p\r cette impud5te hypo?se ou de se mettre pleur] en lui disant qu'on a peur qu'elle y aille en effet4 ,l'anci5 inspecteur de la ,sret fait pay] ses s]vices =t *]1 et comm5t aj\t] foi au tmoignage de ce p]sonnage lam5table auquel il confie votre de/91 de ce dclass qui a p\r pr(ession de suivre et d'espionn] et qui pr5d dans ses ma9s sales la photographie de la *>mante infidle8 ,a quoi bon att5dre soi-mme dans un fiacre aux /ores baisss1 devant des portes dont le vrai my/re ne s'claircira jamais8 ,a quoi bon imag9] l'tre *] auprs d'un inconnu1 avec ce mme ab&on qu'on croyait tre seul provoqu]1 dans une pose dont l'audace et le dtail v\s affol5t8 ,a quoi bon guett] si la p\dre e/ abs5te1 si les lvres sont trop r\ges1 si la coiffure a t dfaite et refaite8 ,a quoi bon empoisonn] son bonheur de *aque j\r8 ,il vaut mieux f]m] les yeux1 et1 si l'on voit qu& les paupires sont baisses1 se jur] soi-mme qu'on ne voit pas4 ,,la ,,maitresse ,,et ,,les ,,amis ,*>les me dit3 --,j'ai te p>l]4 ,du re/e je ne te vois plus4 ,vi5s au ,p\sset1 dema91 c9q heures4 ,je fus trs inquiet et le l5dema9 j'tais exact4 ,*>les m'att5dait et je *]*ai en va9 dans son reg>d l'expression de satisfaction qu'il avait d'ord9aire qu& n\s devions pass] une heure ensemble4 ,qu& deux amis sont en prs5ce1 ils lutt5t p\r s'impos] l'un l'autre les *oses qui les intress5t p]sonnellem5t4 ,le plus t5ace e/ va9queur et fait une numration dtaille de t\t ce qu'il a fait depuis le d]ni] j\r o il a vu son ami4 ,l'amiti ne repose trs s\v5t que sur l'indulg5ce avec laquelle on c\te des p5ses et des rcits qui v\s p]mettront p> rciprocit de dire vos propres p5ses et de racont] les rcits o v\s avez j\ un rle brillant4 --,il faut que je te p>le srieusem5t4 ,je me rsignai et jurai sur sa dem&e de ne pas me f*] de ce qu'il allait me dire1 augurant =t mal de ce s]m5t et prvoyant dj t\te la difficult que j'aurais le t5ir4 --,voil1 dit-il4 ,je crois que ta matresse te fait beauc\p de tort et j'ai v\lu t'en prv5ir4 ,d'abord1 tu n'es plus le mme1 tu *anges4 ,tu es inquiet1 irritable4 ,puis tu es t\j\rs press4 ,bi5 que tu n'aies ri5 faire1 tu ne peux pas re/] en place4 ,il te semble t\j\rs que tu s]as mieux ailleurs4 ,et puis ta matresse l'att5d4 ,elle t'att5d t\j\rs1 t\tes les heures4 ,et si elle ne t'att5d pas1 p> has>d1 tu es inquiet de ne pas tre att5du4 ,tu vas dans des endroits biz>res1 p>ce que tu z le s\pon que tu p\rras l'y tr\v] sans qu'elle l'ait prv5u et qu'a9si tu auras l'avantage de lui faire une scne le premi]1 qu& tu la rev]ras4 ,tu ne vois plus p]sonne1 tu ngliges t\tes les relations1 tu vis presque seul4 ,je s5tais pr(ondm5t la vrit de ces p>oles et cette vrit me remplissait d'une am]tume inexplicable p\r l'ami qui ne me la ca*ait pas4 ,je rpondis sans croire ce que je disais que mes relations n'tai5t pas intressantes1 que c'tait une p]te de temps de voir des g5s dont on ne tire aucun pr(it1 que ma demi-solitude me p]mettait de rfl*ir davantage1 qu'enf9 j'tais heureux4 --,non1 rpondit ,*>les1 avec une gr&e autorit qu'il n'avait pas d'ord9aire et qu'il puisait dans la c]titude de ne pas se tromp]4 ,non1 c> tu es jal\x et tu te s5s p>fois un peu ridicule4 ,s\s prtexte de lib]t1 tu p]mets ,paulette d'all] au bois de ,b\logne1 au ?tre1 avec des jeunes g5s de ses amis1 avec le docteur ,v4441 en p>ticuli]444 ,comme je s\riais avec un ge/e p\r exprim] ce sujet une tranquillit d'me que je n'avais pas1 ,*>les se hta de s'cri]3 --,je suis p]suad qu'il ne s'e/ ri5 pass entre ,paulette et le docteur ,v444 ,et je lisais avec une nettet absolue dans son reg>d qu'il tait c]ta9 qu'elle tait la matresse du docteur ,v444 ,il reprit3 --,mais beauc\p de g5s le dis5t4 ,on les voit s\v5t ensemble4 ,cela p>at vraisemblable4 ,et puis1 de toi moi1 veux-tu que je te p>le fran*em5t8444 ,je fis faiblem5t signe que oui1 s5tant que j'allais ent5dre des p>oles qu'il aurait mieux valu ne pas ent5dre4 --,paulette n'e/ pas la matresse qu'il te faut4 ,tu z les dsavantages et tu n'z pas les avantages4 ,si encore elle tait jolie6444 ,il se reprit aussitt3 --,elle e/ jolie444 je veux dire444 si elle tait trs jolie1 enf91 une beaut444 ,je ne l'c\tais plus4 ,une fl*e empoisonne tait dans mon cur4 ,a9si ,*>les ne tr\vait pas ,paulette jolie6 ,mais non6 ,c'tait impossible6 ,il disait cela p\r la dnigr]1 p> un bas s5tim5t de jal\sie1 de ha9e4 ,j'ent5dis vaguem5t qu'il numrait div]s dfauts1 des torts que ,paulette avait eus et qui t\t autre mom5t m'aurai5t p>u rels4 ,je rpondais3 --,c'e/ vrai1 tu z peut-tre raison1 en ho*ant la tte4 ,mais en moi-mme je songeais que sans d\te ,*>les avait fait la c\r ma matresse et que celle-ci l'avait durem5t rep\ss4 ,je me la reprs5tais1 luttant contre le dsir de t\s mes amis1 de t\s les hommes1 et dev5ant l'objet de la colre gnrale cause de sa v]tu1 de son noble am\r p\r moi4 ,je faisais le s]m5t de la df5dre contre tant d'inju/ice4 ,une multitude de s\v5irs *>mants que je croyais morts revivai5t ma mmoire avec des c\leurs clatantes et faisai5t plir t\s les griefs4 ,je l'aimais davantage p>ce qu'on ne la tr\vait ni jolie ni agrable4 ,telle e/ t\j\rs en ces matires l'erreur de l'amiti4 --,je t'admire1 me dit un j\r le pe9tre ,f4441 homme p]ptuellem5t illum9 p> la joie de vivre4 ,je le reg>dai1 tonn4 ,son visage exprimait en effet une admiration dont je m'enorgueillis aussitt4 ,comme beauc\p de pe9tres1 ,f444 avait une f9esse excessive d'intellig5ce p\r c]ta9es *oses mais tait compltem5t f]m d'autres4 --,oui1 je t'admire d'avoir un tempram5t si peu jal\x4 --,comm5t8 --,moi1 je suis d'une nature t\te diffr5te4 ,je suis viol5t malgr moi4 ,la seule ide que ma matresse me trompe1 m'affole4 ,je la battrais volonti]s4 ,et en somme1 c'e/ toi qui z raison4 --,que veux-tu dire8 --,tu es dans la vrit2 tu z pris le bon ct de la vie4 ,tu veux ta matresse telle heure1 tu l'z4 ,le re/e du temps1 elle peut te tromp] mille fois1 cela t'e/ bi5 gal4 ,moi qui te connais1 je vois bi5 que tu es au c\rant de t\t et que tu t'en moques4 ,je t'admire et je t'envie4 ,l'admiration la plus joyeuse tait pe9te sur sa physionomie4 ,j'aurais v\lu avoir l'n]gie de le gifl]4 ,mais il p>lait avec une gr&e s9crit amicale4 --,ah6 je v\drais bi5 tre comme toi1 mais non1 je suis un in/9ctif1 une brute4 ,et je songeai qu'il avait raison4 ,l',,indiscr,,tion1 ,,les ,,confid5ts1 ,,les ,,bonnes ,il e/ indisp5sable de pass] p\r discret et p\rtant il faut donn] ses am\rs1 qu& ils sont brillants1 une c]ta9e publicit af9 d'en retir] t\t le bnfice moral4 ,il y a une conciliation difficile tr\v]4 ,un homme dont les femmes s]ai5t assures de la discrtion1 aurait une multitude de bonnes =tunes4 ,une liaison (ficiellem5t reconnue1 mais que l'on ti5t ca*e en app>5ce avec un so9 trs visible1 e/ encore la meilleure *ose4 ,mais n\s avons un irrsi/ible beso9 de racont] nos pe9es et nos joies4 ,une =ce my/rieuse oblige les hommes p>l]4 ,aussi t\t se sait4 ,on n'e/ jamais assez p]suad de cette vrit4 ,les confid5ces faites s\s le sceau du secret et aprs un s]m5t1 vol5t de b\*e en b\*e4 ,les plus =ts rsi/5t une heure1 puis ils dis5t4 ,les plus faibles v\s criv5t et v\s font v5ir4 ,p\r avoir l'occasion de p>l] ils font des visites et des dm>*es4 ,de mme que l'homme qui a pris un fiacre et qui n'en a pas l'habitude1 en fait claqu] la portire p\r que les g5s *ez qui il arrive sa*5t qu'il e/ arriv en fiacre et ensuite laisse tomb] ngligemm5t dans la conv]sation que le fiacre l'att5d la porte1 de mme l'homme qui a une matresse fait claqu] aux oreilles de son int]locuteur les s\v5irs de sa nuit1 il livre les dtails *>mants ou voluptueux de l'intimit avec le mme orgueil que l'homme au fiacre met dire qu'il a donn un franc de p\rboire au co*]4 ,le hros de l'av5ture p>le p> vanit1 p\r montr] qu'il e/ heureux1 qu'il j\e un rle dans la vie1 qu'il pr\ve les motions habituelles de l'am\r2 le confid5t p>le p\r montr] qu'on lui a confi quelque *ose1 p> gt naturel de trahir1 ou seulem5t p\r voir brill] une flamme d'intrt dans l'il de la p]sonne laquelle il s'adresse4 ,a9si1 les mots qu'une femme a dits avec t\t son cur1 mme au plus am\reux des amants1 sont divulgus1 rp&us1 comm5ts4 ,on sait si elle a1 ou non1 le gt physique de l'am\r et quels sont ses ge/es prfrs4 ,l'indiscrtion e/ quelquefois en raison directe de l'am\r que l'homme pr\ve4 ,il veut qu'on soit jal\x de lui1 que t\t le monde sa*e de quelle ri*esse ine/imable il dispose4 99 99 99 99 99 ,les femmes se confi5t trs s\v5t leurs bonnes4 ,ces p]sonnages simples et famili] j\5t un gr& rle dans les liaisons am\reuses4 ,elles habill5t1 elles peign5t1 elles d%abill5t1 elles sont juges des dceptions1 des espoirs1 des cas de consci5ce4 ,elles plac5t un conseil1 et ce conseil a beauc\p de poids p>ce qu'il a l'air de v5ir d'un cur fru/e et s9cre4 ,elles apport5t le petit djeun] au lit1 et elles sont les tmo9s involontaires et indulg5ts de quelque bais] mat9al1 de quelque c>esse att>de4 ,leur dsapprobation1 leur visage svre e/ un supplice2 leur inimiti sy/matique e/ presque t\j\rs fatale4 ,les bonnes1 c'e/ l leur pr9cipal titre de gloire1 sont p\r l'am\r ds9tress4 ,elles le df5d5t en t\te occasion avec ardeur4 ,les bonnes des femmes entret5ues favoris5t contre leur intrt les amants de cur qui ne leur donn5t que des tr5nes mdiocres mais ont p\r elles des p>oles joyeuses et familires4 ,elles pr5n5t l'arg5t du ri*e amant et ouvr5t avec d'autant plus d'allgresse la porte de l'escali] de s]vice ou indiqu5t une heure favorable celui qui n'a p\r raison d'tre que le plaisir qu'il apporte4 ,les bonnes des femmes m>ies endorm5t l'att5tion des enfants1 reoiv5t des lettres ou vont la po/e re/ante1 aid5t tromp] le m>i4 ,p\r la beaut de l'am\r elles risqu5t leur situation et montr5t p>fois un rel hrosme4 ,d'in/9ct1 elles considr5t le jeune amant qui ne donne pas d'arg5t1 comme un alli1 quelqu'un qui lutte comme elles1 avec des moy5s diffr5ts1 contre les puissances des prjugs et de la ri*esse4 ,je me rappelle qu' ,v444 une c]ta9e ,anna se levait la nuit et c\rait dans les rues ds]tes jusqu' la g>e p\r me rapport] quelque insignifiante p>ole de sa matresse4 ,je sais que la fidle ,hort5se grondait ,gaby ,c444 p>ce qu'elle me ngligeait1 et un j\r que celle-ci refusa de me recevoir cause de l'ennui que je lui inspirais1 je vis dans le reg>d d',hort5se1 deb\t sur la porte1 une tri/esse bi5 plus gr&e que la mi5ne4 ,anna1 ,hort5se1 ou ,m>ie1 avec vos ma9s d=mes p> l'eau de vaisselle1 s\s le tabli] blanc de votre uni=me1 dans les p>fums de la cuis9e1 ou s\s la luc>ne de la petite *ambre du sixime1 v\s n\rrissez un imprissable idal4 ,je v\s ai t\j\rs vues pass] dans mon bonheur et v\s y avez j\ un rle bi5veillant et famili]4 ,c'e/ v\s qui avez jet le tlgramme o l'on me disait d'acc\rir4 ,c'e/ v\s qui m'avez dit ces p>oles m]veilleuses3 ,madame v\s att5d4 ,v\s avez apport le caf2 v\s tes sorties avec une discrtion exagre qui aj\tait un my/re plus gr&1 et votre reg>d semblait affirm]3 ,je veille sur v\s2 je s\ris prs5t1 mais si l'on sonne1 je devi5drai p\r g>d] la porte un intraitable ,c]bre4 ,v\s m'avez df5du et protg1 v\s avez t p\r moi des anges g>di5s1 et si v\s avez tri* sur le prix des lgumes ou des fruits qu'il v\s soit p>donn c> v\s n'tiez pas capables de me drob] la mo9dre m9ute d'am\r4 ,,=ce ,,que ,,donne ,l',,abs5ce ,,de ,,jal\sie ,je me p]suadai que la jal\sie e/ un s5tim5t misrable et qu'il y a du mrite tre tromp4 ,j'avais pr\v cette acclration des battem5ts du cur1 ce tremblem5t des ma9s1 cette immobilit de t\s les motifs de vivre1 que procure l'ide que la femme qu'on aime p\rrait tre un autre4 ,mais la monotonie de la vie1 l'ennui1 la cra9te d'une t]nelle fidlit1 la fatigue et la c]titude du plaisir avai5t u peu peu t\tes mes vellxs de jal\sie4 ,je me reprs5tai que peut-tre une trahison vid5te1 inatt5due1 laquelle ma volont ne contribu]ait pas1 s]ait une f9 excell5te une liaison dont je comm5ais s5tir le poids4 ,l'irrmdiable mal tait la rgul>it de mes rapports avec ma matresse4 tre tromp apport]ait de t\te faon un lm5t de n\veaut4 ,ce s]ait un fait1 une *ose qui tr\ble les rapports quotidi5s1 cause la p5se et le ret\r sur soi-mme4 ,la jal\sie fait natre comme m\vem5t rflexe la jal\sie4 ,ma matresse tait jal\se1 je l'tais aussi1 inconsciemm5t ou p> devoir4 ,cette jal\sie sy/matique et nullem5t ress5tie tait une petite b>rire qui m'emp*ait d'tre tromp4 ,je travaillai avec ardeur la supprim]4 ,ce fut mo9s ais que je ne le croyais t\t d'abord4 ,il me fut difficile les premi]s j\rs de ne pas dem&] ,paulette ce qu'elle avait fait dans l'aprs-midi1 o elle tait alle1 etc4 ,j'y p>v9s p\rtant4 ,je supprimai t\tes les que/ions qui p\vai5t faire suppos] que je m'intressais sa vie1 qu& elle tait lo9 de moi4 ,elle en fut surprise4 ,elle m'numra t\tes ses actions sans que je l'int]roge1 t&is qu'aup>avant elle g>dait malicieusem5t le sil5ce et j\issait de ma curiosit qu'elle ne satisfaisait qu' demi4 ,mais je fus di/rait1 abs5t1 je fis semblant de ne pas c\t]4 ,cette indiffr5ce l'affecta un po9t que je n'aurais pu croire4 ,t\tes les fois qu'une petite discussion surgissait entre ,paulette et moi1 elle me m5aait d'un c]ta9 docteur ,v4441 qui la soignait1 qui lui avait fait la c\r et dont j'avais t trs jal\x4 --,je dne avec le docteur ,v4441 me dit un soir ,paulette4 ,je rpondis3 --,tant mieux6 je suis moi-mme invit p> des amis4 ,et le l5dema91 qu& je la revis1 je lui p>lai t\t de suite de petites *oses indiffr5tes sans faire la mo9dre allusion la soire avec le docteur ,v444 ,p5dant quelques j\rs je n'ent5dis p>l] que de ce docteur ,v444 ,il accompagnait mon amie en voiture1 il lui crivait1 il allait lui crire4 ,mais je g>dai une inatt5tion ob/9e p\r t\tes les p>oles qui le conc]nai5t2 j'appr\vai t\s les r5dez-v\s pris avec lui et je ne cons5tis prononc] son nom que p\r dire l'e/ime que je lui portais4 ,il sembla1 un j\r1 que le docteur ,v444 avait disp>u de la t]re4 ,il n'att5dait pas ,paulette au ?2 il ne l'avait pas invite au ?tre4 ,je dem&ai de ses n\velles2 il n'tait pas en voyage4 ,il tait simplem5t r5tr dans l'ombre d'o la jal\sie l'avait fait sortir un in/ant4 ,il y eut en moi un m\vem5t irraisonn de satisfaction et de victoire4 ,ma matresse m'tait rev5ue avec une inaltrable fidlit1 un r$\blem5t d'am\r4 ,mais j'eus la s5sation de p]dre un ami en p]dant ce docteur ,v4441 que je ne connaissais pas4 ,il avait t p\r moi un occulte alli2 n\s n\s compr5ions sans n\s ent5dre2 je lui devais mes soires de lib]t4 ,il n'avait reu aucun rem]ciem5t p\r tant de bi5faits4 ,je connus la =ce t]rible que donne l'abs5ce de jal\sie et que celui qui sait se mettre au-dessus de ce commun s5tim5t peut faire avec l'humiliation et l'tonnem5t de sa matresse un am\r d'autant plus gr& qu'il ne r5contre pas les bornes habituelles p\r le cont5ir4 ,c> la surprise1 le s5tim5t que les rgles ord9aires de l'in/9ct et du cur sont violes1 voil de puissants attraits p\r les femmes4 ,,les ,,r5dez-,,v\s ,t\tes les fois qu'on a ordonn le mat9 sa femme de mnage de mettre des draps neufs au lit1 t\tes les fois qu'on a dispos des fleurs dans les vases1 qu'on a a*et du porto et des gteaux1 la femme qu'on att5d ne vi5t pas4 ,on a dit d'abord en s\riant3 ,les femmes sont t\j\rs en ret>d6 ,on se rappelle d'autres r5dez-v\s o la mme matresse arriva une heure aprs l'in/ant fix4 ,mais elle avait p\ss brusquem5t la porte pe9e entr'ouv]te p\r tomb] dans vos bras1 et v\s embrass] passionnm5t1 ins\cieuse des g5s qui p\vai5t pass] dans l'escali] et la voir4 ,*>mante comp5sation qui vite les p>oles inutiles et supprime les premires hsitations1 la gne inhr5te la m9ute o l'on enlve les gants et le *apeau6 ,mais qu& il y a une heure c\le1 l'inquitude gr&it4 ,on rcapitule t\s les vnem5ts plausibles1 t\tes les causes srieuses qui peuv5t motiv] cette abs5ce4 ,l'ennui qu'on peut inspir] la femme aime e/ le seul motif auquel on ne veut pas s'arrt]4 ,on s\haite plutt qu'elle soit trs malade4 ,on se dit que ce sont les prp>atifs qu'on a faits qui v\s ont port malheur4 ,p\r att5dre1 on mange un biscuit et l'on boit un peu3 puis1 a9si1 ces a*ats ne s]ont pas t\t fait p]dus4 ,mais le gt e/ am] du porto que l'on boit t\t seul1 dans sa *ambre1 v]s c9q heures et demie de l'aprs-midi4 ,la sup]/ition v\s aide4 ,ce r5dez-v\s a t pris un mauvais j\r4 ,on se rappelle complaisamm5t que le m]cr$i1 p> exemple1 on n'a jamais eu que des dboires et a9si on attribue le mal prs5t une fatalit suprieure au lieu d'en *]*] la t]rible cause dans les m\vem5ts d'un cur qu'on veut croire immuable4 ,s\da9 une ide v\s saisit brusquem5t et v\s remplit la fois du regret de la soire p]due et de l'allgresse qu'elle ne soit p]due que p> la faute des *oses4 ,votre amie e/ v5ue4 ,elle a mont l'escali] l'heure dite1 elle a sonn1 elle e/ rep>tie4 ,c'e/ que la sonnette ne m>*e pas4 ,cela e/ arriv dj une ou deux fois jadis4 ,on se prcipite4 ,on presse le b\ton2 la sonnette ret5tit allgrem5t1 mme avec plus d'clat que d'habitude1 comme s'il y avait une ironie dans son bruit4 ,il a pu arriv] autre *ose4 ,elle s'e/ trompe d'tage1 s'e/ arrte au troisime au lieu du quatrime3 si les locataires ne sont pas l1 p]sonne n'a rpondu et elle s'en e/ alle croyant que c'tait v\s qui aviez manqu le r5dez-v\s4 ,on att5d encore4 ,mais on se jette sur son *apeau et l'on desc5d quatre quatre l'escali]4 ,le conci]ge sait6 ,elle possde le secret de votre bonheur6 ,elle a vu pass] c]ta9em5t celle que l'on att5d4 ,puis p> erreur1 malveillance ou folie naturelle1 elle a peut-tre affirm que v\s n'tiez pas l4 ,le visage de la conci]ge e/ l\rd de my/re4 ,il e/ revtu d'une importance sans gale4 ,elle p>le enf94 ,un arrt irrvocable tombe de sa b\*e4 ,elle n'a vu p]sonne4 ,elle en e/ bi5 sre4 ,on remonte l'escali]1 le long escali] sans f94 ,une odeur de cuis9e s'*appe d'une porte ouv]te4 ,il e/ plus de sept heures2 t\t espoir e/ p]du4 ,on crit une lettre4 ,qu& elle e/ t]m9e1 on s'ap]oit de son absurdit clatante4 ,ce sont des repro*es am]s1 l'expression d'une s\ffrance exagre1 d'un am\r diffr5t de celui qu'on pr\ve4 ,on la d*ire4 ,on en comm5ce une autre sur un ton lg] et bad91 o l'on affecte une gr&e indiffr5ce4 ,on e/ p]plexe4 ,la sonnette ret5tit4 ,c'e/ un tlgraphi/e4 ,il t5d le petit bleu o l'on a reconnu une *re criture1 comme si c'tait l un petit bleu ord9aire4 ,on l'ouvre1 on le lit la cl>t de l'escali]4 ,il y a trois mots aimables1 une vague excuse4 ,c'e/ bi5 assez4 ,un gr& beso9 d'expansion v\s saisit4 ,le tlgraphi/e e/ t\j\rs l4 ,il a l'air intellig5t1 il semble s'intress] cette av5ture4 ,on a envie de t\t lui dire1 de lui montr] le tlgramme1 de lui dem&] son avis4 ,le tlgraphi/e att5d deux s\s4 ,on les lui donne4 ,il "p en sifflotant4 ,il faut recomm5c] une troisime lettre4 ,on se dit3 ,cette excuse e/ trs valable4 ,comme elle a t g5tille6 ,t\t va bi54 ,mais au fond on n'en e/ pas bi5 sr4 ,on se s5t seul444 ,,absurdit ,,de ,,la ,,piti ,on pr5d t\j\rs une femme quelqu'un1 ,il faut se rsign] faire de la pe9e ce quelqu'un4 ,c'e/ d'ord9aire un homme *>mant p\r lequel on a une gr&e sympa?ie4 ,il en a mo9s p\r v\s c> il a compris ds l'orig9e de vos rapports que v\s allez lui pr5dre sa matresse4 ,quelque attrait qu'ex]ce sur v\s cet homme *>mant1 il faut tre impitoyable avec lui1 le dnigr]1 le tr\v] laid et /upide p>ce qu'il s]a impitoyable avec v\s1 v\s tr\v]a laid et /upide4 ,du re/e1 une femme qui rompt le fait t\j\rs sans mnagem5ts1 avec le maximum possible de la cruaut4 ,comm5t compr5drait-elle1 au lieu de la jal\sie qu'elle espre1 une trange piti de son n\vel amant8 ,je me tr\vai une aprs-midi *ez ,h5riette ,l444 avec ,pi]re ,t4441 homme f9 et lettr qui aimait encore p]dum5t ,h5riette et qu',h5riette avait aim4 ,n\s causmes4 ,n\s fmes l'un p\r l'autre d'une excessive politesse4 ,h5riette aurait pu se conduire de mme1 tre neutre4 ,elle eut des trsors d'inv5tion p\r cribl] ,pi]re ,t4441 rsign t\t1 de p>oles dsagrables et blessantes4 ,en va9 j'essayai de les attnu]4 ,il ne se rvolta jamais mme qu& ,h5riette ,l444 me prit la ma9 devant lui en le reg>dant avec une dlicieuse +nuit1 comme p\r le pr5dre tmo94 ,il tait sur le *em9 dsol du r5oncem5t4 ,il dem&a en p>tant ,h5riette qu& il p\rrait la revoir4 ,celle-ci rpondit qu'elle tait trop occupe p\r que ce soit possible et il s'excusa de sa dem&e en dcl>ant qu'il tait t\t naturel qu'elle soit trs occupe4 ,il p>tit4 ,son pas tait si pesant dans l'escali] que je pris mon *apeau1 de =t mauvaise humeur1 et que je desc5dis aprs lui4 ,je le suivis quelques in/ants dans la rue en admirant la supriorit physique qu'il avait sur moi et en m'admirant moi-mme d'en avoir triomph1 p> des p>oles1 des actions habiles1 de l'am\r4 ,je lui frappai sur l'paule1 il se ret\rna et je lui dis3 --,je ne v\drais pas que v\s m'en v\liez444 ,son visage exprima une telle surprise et une telle tri/esse que je m'arrtai4 ,il rpondit en r\gissant3 --,mais p\rquoi8 ,a ce mom5t un arroseur dirigea v]s n\s le tuyau qu'il t5ait la ma9 et des g\ttes d'eau mlanges de p\ssire n\s clab\ssr5t4 ,l'arroseur pronona en mme temps des injures que n\s comprmes mal et que motivait notre immobilit4 ,n\s dmes en mme temps1 ,pi]re ,t444 et moi1 une phrase peu prs semblable qui quivalait ceci3 --,ces arroseurs sont d'une grossiret6444 ,n\s tions l'un en face de l'autre1 n\s n\s reg>dions sil5cieusem5t et l'arroseur cont9uait n\s m5ac]4 ,pi]re ,t444 me t5dit la ma9 p\r mettre un t]me cette inepte situation1 en disant3 --,alors1 au revoir et je v\s rem]cie4 ,je rpondis /upidem5t3 --,mais c'e/ moi444 ,je rev9s sur mes pas1 trs mcont5t de moi-mme1 ayant le s5tim5t d'avoir viol1 p> une inexplicable piti1 des lois imprescriptibles de jal\sie et de ha9e vis--vis de l'homme qui a aim avant v\s une femme qu'on aime4 ,je s5tis1 qu& je r5trai *ez ,h5riette et qu'elle me dem&a p\rquoi j'tais p>ti brusquem5t1 que je devais lui rpondre que c'tait p\r frapp] au visage ,pi]re ,t444 ,je n'en eus pas le c\rage4 ,je lui dis la vrit et elle m'en v\lut p5dant plusieurs j\rs4 ,,les ,,maitresses ,,laides ,il y a des hommes mode/es qui s'appliqu5t conqurir une matresse laide p>ce qu'ils croi5t que c'e/ plus facile que de conqurir une matresse jolie4 ,c'e/ une erreur4 ,la longue habitude d'tre dsire1 les reg>ds qui l'ont suivie1 des p>oles biz>res prononces p> des hommes qui l'ont croise dans la rue1 ont1 ds l'enfance1 prdispos la jolie se donn]4 ,elle sait qu'il y a en elle une fatalit de plaisir4 ,la laide au contraire croit la v]tu4 ,elle cra9t t\t de l'am\r4 ,son in/9ct l'av]tit qu'elle subira des avanies cause de sa laideur1 qu'elle inspir]a la tri/esse et peut-tre le dgt4 ,un gnie pitoyable anime la laide4 ,elle e/ sottem5t t5dre1 ridiculem5t mat]nelle4 ,elle a peur des mots exacts1 elle emploie des dim9utifs qui exaspr5t1 elle donne t\te *ose la c\leur t]ne de ses yeux4 ,qu& on sort1 elle v\s recomm&e de ne pas v\s faire cras] p> les automobiles4 ,si elle e/ croyante1 elle prie p\r v\s4 ,la laide songe que votre *apeau n'e/ pas bross4 ,elle se met de la p\dre de riz en ca*ette4 ,p\r peu que sa vue soit faible1 elle porte sans honte des lorgnons ou mme des lunettes1 c> la laide a une facilit in\e s'enlaidir encore4 ,la laide e/ un ange g>di5 qui a peu de *eveux1 des ma9s vulgaires et une robe qui lui va mal4 ,malheur v\s1 matresses maigres qui avez un long nez et de petits yeux4 ,malheur v\s1 corps d=ms1 trop c\rts1 trop gros4 ,votre pudeur e/ une (f5se1 une m5ace t]rible1 p]man5te2 on veut en triomph]1 c> la laideur ex]ce une attraction aussi gr&e que la beaut et l'on pleure sur cette victoire sans rcomp5se4 ,votre impudeur e/ plus cruelle que votre pudeur4 ,cette =me drisoire1 inh>monieuse1 qui se dresse brusquem5t dans la lumire bleue de la *ambre et s'impose au rve que l'on =mait e/ comme un encri] jet sur le visage de la ,joconde4 ,o laides1 p\rquoi ne v\s adonnez-v\s pas uniquem5t aux travaux de l'aiguille1 la littrature1 la dactylographie8 ,j\ez du piano1 on peut v\s c\t] les yeux f]ms4 ,faites de la bicyclette1 on peut reg>d] qu& v\s passez les arbres et le ciel4 ,o laides aux pi$s imm5ses1 aux oreilles en v5tail1 aux doigts c>rs1 r5oncez l'am\r1 il ne v\s donne aucun plaisir4 ,celui que v\s semblez y pr5dre1 que vos cris et que vos l>mes trahiss5t1 e/ un plaisir simul et v\s essayez d'en donn] l'illusion p>ce que v\s avez ent5du dire1 laides1 que les jolies font a9si444 ,malheur v\s1 amants des matresses laides qui avez cd au has>d1 au brusque dsir1 la tri/esse de r5tr] seuls m9uit1 c> *aque heure passe auprs d'un corps affreux1 d'un visage sans grce1 e/ un pas en arrire sur le *em9 de sa propre ralisation4 ,,trange ,,pre/ige ,,des ,,actrices ,on ne saurait expliqu] l'trange pre/ige des actrices4 ,p\rquoi suppose-t-on que des femmes qui j\5t des pices de ?tre1 qui dans5t ou qui *ant5t1 sont des am\reuses exceptionnelles8 ,elles pass5t leur vie simul] une reproduction conv5tionnelle de l'am\r2 comm5t p\rrai5t-elles int]rompre cette contrefaon et donn] de l'am\r vritable8 ,va-t-on a*et] des diamants *ez quelqu'un qui v5d du /rass8 ,leur am\r ressemble aussi peu l'am\r que la *icore au caf4 ,la c\leur e/ la mme1 le gt e/ plus am]2 il y en a davantage mais cela fait mal l'e/omac et n'veille pas le c]veau4 ,les actrices ont les mmes dfauts que les autres femmes3 ,elles ont le mat9 les *eveux tirs4 ,qu& elles dorm5t1 une expression /upide dp>e leur visage4 ,elles manqu5t sans mesure de piti p\r leurs ennemis4 ,elles sont t\r t\r trop svres et trop familires avec les bonnes4 ,elles se laiss5t p>l] dans la rue p> des g5s qu'elles ne connaiss5t pas et qui sont t\j\rs des g5s trs importants4 ,elles racont5t leur amant des rves incongrus o p>aiss5t d'autres hommes qu'eux4 ,leurs bas noirs dteign5t ou se sont tr\s ju/em5t c9q m9utes avant qu'elles enlv5t leurs bott9es1 etc4 ,et elles ont en outre des dfauts qui leur sont p]sonnels3 ,la vue d'un jeune homme au visage ras les tr\ble immodrm5t1 elles brl5t de savoir quel ?tre il app>ti5t et ce dsir se trahit p> des signes et des s\rires l'adresse du jeune homme4 ,des tres grossi]s et inabordables qui sont directeurs de ?tre ont sur elles une autorit absolue et elles cit5t avec admiration et respect les injures que ces demi-dieux ont bi5 v\lu leur adress]4 ,elles donn5t c]ta9s mots tels que feux1 pan\fle1 f\r un s5s qu'ils n'ont pas dans le langage ord9aire et elles les font rev5ir sans cesse dans la conv]sation4 ,elles reoiv5t de leurs habilleuses des conseils sur la direction gnrale de leur vie1 les relations qu'elles peuv5t se faire et elles en sont pr(ondm5t impressionnes4 ,elles ont horreur de la nature p>ce qu'elles tr\v5t que c'e/ une imitation mal pe9te et inhabile des dcors de ?tre4 ,elles sont p]scutes p> leurs cam>ades qui embusqu5t dans la salle une f\le d'amis et de g5s gages avec mission de murmur] et de hauss] les paules qu& elles p>l]ont4 ,elles ne lis5t jamais ri51 mme pas les pices dans lesquelles elles j\5t1 dont elles ne connaiss5t que leur rle4 ,elles ont des mres et si elles n'en ont pas1 elles pai5t des sortes de fonctionnaires fm99s p\r en t5ir lieu4 ,elles tutoi5t avec orgueil le rgisseur1 le s\ffleur et le *ef d'or*e/re4 ,elles ne se s5t5t vraim5t bi51 *ez elles1 leur aise1 que dans leur loge o l'air e/ irrespirable1 o il n'y a pas de sige con=table et o t\t le monde peut entr] qu& elles se d%abill5t4 ,amant des femmes de ?tre1 je t'ai vu plusieurs fois te gliss] avec fi]t p> la porte qui donne accs sur les c\lisses4 ,tu salues trs polim5t la conci]ge et les ma*9i/es que tu r5contres1 avec l'espoir de te les concili]4 ,tu z le s5tim5t que tu es dans un endroit d'lection1 un r>e sj\r de fantaisie1 d'art et de plaisir4 ,l1 t\t e/ revtu de beaut1 le c\loir s9i/re devi5t p> une grce d'tat une magique gal]ie1 la p\ssire e/ excusable de salir et l'injure qu'*ang5t les figurants a1 dans sa grossiret1 t\te la saveur de la vie4 ,tu ne peux savoir quel po9t tes bonbons et tes fleurs sont inutiles1 combi5 ton habit correct1 ton camlia la b\tonnire1 ton air d'homme du monde aj\t5t peu tes *ances de succs4 ,tu ne le sauras jamais4 ,tes doigts gants frapp]ont t]nellem5t la porte de bois de la loge2 timide et lgant1 tu bais]as une petite ma9 donne avec indiffr5ce4 ,l'idal que tu t'es fait au collge te condamne p\r t\te la vie aux am\rs de ?tre4 ,grce ta vanit et ta =tune un imb]be lve du ,cons]vatoire gt]a cette premire ivresse que donne une matresse luxueuse4 ,,dufayel ,tu z a*et des meubles crdit4 ,tu en j\is1 tu les paies1 p> petites sommes1 t\s les mois un employ et cep5dant tu n'z pas fait la connaissance de ,dufayel lui-mme1 grce auquel tu z des rideaux qui t'abrit5t1 une table o tu travailles1 un tapis et des c\ss9s qui te donn5t l'aide de ton imag9ation la s5sation du luxe4 ,agis de mme p\r le m>i ou l'amant srieux de la femme que tu aimes4 ,ignore sa =me et son visage4 ,laisse-le dans cette ombre inconnue o sont les puissances dont dp5d5t notre bonheur4 ,quel qu'il soit1 ta matresse t'aura confi1 avec un s\rire1 qu'il e/1 p> une curieuse pauvret de sa nature1 incapable de t\t plaisir physique4 ,tu auras accueilli avec une bi5veillance inf9ie cette affirmation d'autant plus c]ta9e tes yeux qu'elle n'tait pas vrifiable4 ,tu sauras que ta matresse ne re/e avec lui que p> piti1 p>ce qu'il se tu]ait sans d\te1 si elle le quittait2 et aussi cause de quelques considrations matrielles4 ,fuis donc cet homme impuissant p\r ne pas tre *oqu p> son app>5te vigueur et ne pas avoir t'm]veill] des contradictions de la nature4 ,puis1 quelque dfectuosit que tu rem>qu]ais1 une hypo?se suggre p> son allure p\rrait t'hypnotis] s\da9 et empoisonn] dsormais tes nuits avec la vision d'une image trop relle4 ,rsi/e aux ruses de ton amie qui n'aspire qu' voir runis aut\r d'elle deux tres qui lui sont *]s p\r des raisons diffr5tes et dont le rappro*em5t lui p]mettrait de dvelopp] son gnie de tromp]4 ,le m>i e/ un compagnon qui abuse de son autorit4 ,il emploi]ait s\v5t p\r p>l] sa femme des t]mes qui te *oqu]ai5t et tu ne p\rrais int]v5ir sans que cette int]v5tion soit dplace4 ,il ne manqu]ait pas de dire1 qu& v\s auriez pass une soire ensemble3 ,allons n\s c\*]6 avec un ge/e t5dre et famili] p\r pr5dre le bras de ta matresse et tu s5tirais peut-tre dans ce ge/e une affectation victorieuse4 ,tu s]ais assez l*e p\r les accompagn] jusqu' leur porte et une solitude p\vantable ps]ait alors sur toi4 ,pr(ite du lit1 t5ds-toi sur les c\ss9s1 f\le le tapis1 paie l'employ1 mais ne dem&e pas voir ,dufayel4 ,,la ,,confiance ,,en ,,soi ,la confiance en soi e/ comme l'inspiration du pote4 ,c'e/ le don d'une mat9e o l'on s'veille de bonne humeur aprs avoir bi5 dormi4 ,l'on songe immdiatem5t que l'on a1 en somme1 une situation importante que beauc\p de g5s doiv5t envi]1 que l'on se porte bi51 que l'on a un physique suffisant et une intellig5ce plus gr&e que celle de t\s les g5s que l'on connat4 ,l'on sort dans la rue et l'on rem>que t\t de suite et sans tonnem5t que les femmes qui pass5t v\s reg>d5t avec sympa?ie4 ,l'on peut avec la presque c]titude de la victoire se livr] des dm>*es qui s]ai5t t\t autre mom5t prmatures ou dang]euses4 ,il n'e/ pas ess5tiel ce j\r-l d'avoir mis le co/ume qui va le mieux1 ni mme d'tre ras de frais4 ,la confiance en soi supple ces apprts qui ne sont absolum5t ncessaires que les j\rs o manque la confiance en soi4 ,le magntisme des reg>ds1 prlude des liaisons qui s'bau*5t dans les omnibus1 le mtropolita9 ou dans la rue1 n'e/ pas inutile1 malgr le ridicule qui s'y atta*e1 s'il e/ accompagn d'une gr&e confiance4 ,p> les yeux se transmett5t les dsirs s5suels et ces dsirs sont contagieux4 ,mais il ne faut pas alors qu'un battem5t de paupire trop rapide trahisse une hsitation1 une faiblesse4 ,avec la confiance1 on peut abord] dans la rue plus de femmes di/+ues qu'on ne croit d'ord9aire4 ,mais il faut1 qu& on pose ces que/ions banales1 qu& on met ces gnralits va9es qui sont les habituelles entres en matire1 ne pas avoir dans la voix le plus lg] frmissem5t qui p\rrait faire croire une cra9te4 ,de mme lorsque l'on dit une femme3 ,v\lez-v\s faire avec moi un t\r en fiacre81 il ne faut pas r\gir comme si l'on proposait d'accomplir une mauvaise action4 ,une femme qui accepte de s'isol] dans ce petit cube de bois t\j\rs l'arrire-p5se d'tre embrasse4 ,il faut dire au co*]3 ,a l'heure6 avec beauc\p d'autorit et le reg>d] d'un reg>d svre1 af9 qu'il ne m*onne pas des p>oles plaisantes sur les am\reux ou qu'il ne se mette pas rire solitairem5t en f\ettant son *eval4 ,baiss] les /ores e/ une =malit qu'il faut vit]4 ,celui qui a confiance ne cra9t ni d'tre vu1 ni de compromettre1 il e/ emport p> sa passion et l'abs5ce de t\te rflexion e/ un signe d'assurance irrsi/ible4 ,beauc\p de femmes croi5t du re/e vaguem5t que lorsque les /ores d'un fiacre sont baisss1 les ag5ts de police ont le droit d'int]v5ir p\r voir ce qui se passe d]rire et cette p5se dim9ue leur lib]t d'action4 ,il faut beauc\p os]4 ,que de femmes l'allure fire1 aux paupires baisses1 qui espr5t ardemm5t des ge/es audacieux sans que ri5 dans leur attitude puisse trahir cette esprance6 ,il n'y a pas de ge/e inconv5ant1 de brusque proposition qui ne soi5t p>donns1 qu& ils sont attribus un irrsi/ible am\r4 ,r,,ussit-,,on ,,p> ,,les ,,femmes1 ,,ou ,,v\s ,,emp,,*5t-,,elles ,,de ,r,,ussir8 ,c'e/ une lg5de suranne de croire que l'on peut russir p> les femmes4 ,au contraire elles v\s emp*5t de russir4 ,ceux qui triomph5t dans les affaires du monde ne sont d'ord9aire pas les vrais matres des femmes4 ,ils n'arriv5t l'tre que p> leur arg5t1 leur p\voir4 ,ils n'ont qu'un don sup]ficiel4 ,les femmes rs]v5t le meilleur d'elles-mmes1 l'ess5ce subtile de leur am\r p\r des g5s incapables de russir dans la vie p>ce qu'ils ont t\rn t\te leur puissance d'ef=t v]s les femmes4 ,les femmes sont un ob/acle la russite1 un ob/acle frle d'app>5ce1 fait de *air1 mais qui a la duret et le poids de la pi]re4 ,je ne p>le pas des p\ses de ces fonctionnaires qui sollicit5t dans les m9i/res un avancem5t p\r leur m>i et l'obti5n5t en pr5ant r5dez-v\s avec un *ef de bureau ou un directeur du p]sonnel4 ,il e/ vid5t que la beaut de la femme tant une valeur1 on peut obt5ir ce que l'on dsire p> voie d'*ange4 ,du re/e1 qu& on dit en ricanant de quelqu'un qu'il a obt5u div]s avantages matriels grce sa femme1 c'e/ le plus s\v5t grce au seul pre/ige qu'a un homme qui e/ m>i une jolie femme sans que celle-ci ait ri5 fait p\r cela4 ,les femmes sont un ob/acle qu& elles ne v\s aim5t pas1 p>ce qu'alors elles v\s tromp5t et v\s font s\ponn] d'tre un amant ou un m>i complaisant ou /upide et que la rputation de complaisance et de /upidit v\s dim9ue4 ,les femmes sont un ob/acle qu& elles v\s aim5t4 ,alors1 une lutte s\rde et impitoyable clate entre elles et t\t ce qui n'e/ pas elles4 ,ma matresse m'a t\j\rs emp* d'all] dn] en ville4 ,qu& j'ai prtext des invitations de g5s trs importants1 elle s'e/ d'abord ef=ce de me p]suad] qu'ils n'tai5t pas importants et qu'ils ne p\rrai5t me s]vir ri54 ,si je citais des noms tels qu'elle tait oblige de s'incl9]1 elle abondait dans mon s5s1 mme se rj\issait avec moi d'une telle auba9e1 mais dcl>ait aussitt qu'elle avait beso9 de se di/raire et citait p>mi les g5s avec qui elle comptait pass] la soire ceux qui p\vai5t m'tre dsagrables ou suscit]ai5t ma jal\sie4 ,la matresse oblige l'amant1 qu& il e/ lo9 d'elle1 reg>d] l'heure fivreusem5t1 c\rt] t\s les entreti5s1 se jet] dans une voiture1 malgr le peu d'arg5t qu'il a sur lui1 p>ce qu'elle lui a inspir p> ses scnes la t]reur de la faire att5dre4 ,elle accomplit1 *aque j\r1 un l5t et m?odique travail p\r us]1 effrit] les relations et les amitis4 ,elle a des impolitesses qu'on ignore et qui exil5t de *ez v\s telle p]sonne qu'elle n'aime pas4 ,ces relations1 inutiles en app>5ce1 sont un s\ti51 un rayonnem5t amical1 crent aut\r d'un homme une atmosphre bi5veillante4 ,les femmes dtruis5t cela1 comme elles v\drai5t dtruire les livres qu'on lit1 les p5ses qu'elles ne connaiss5t pas4 ,elles v\s condamn5t une solitude /rile et l'on e/ comme un arbre dans un ds]t1 qui n'a p\r compagnon que le v5t qui le c>esse et le sec\e et le bris]a un j\r4 ,les femmes ne sont pas cratrices et ne peuv5t suscit] l'activit1 qu'au db1 qu& on ne les a pas encore et qu'on veut brill] leurs yeux p> des actions clatantes4 ,,les ,,av5tures ,,en ,,*em9 ,,de ,,f] ,un wagon c\loir e/ une petite ville m\vante longe p> un troit *em94 ,les quelques p]sonnes qui habit5t cette ville sont oisives1 dpossdes de leurs habitudes1 n]ves p> le m\vem5t4 ,ce sont l des conditions trs favorables l'am\r4 ,que faire lorsqu'on e/ assis en face d'une jeune femme blonde qui v\s reg>de avec une gr&e sympa?ie8 ,il y a plusieurs m?odes4 ,on peut imag9] un am\r spontan1 irrsi/ible1 le c\p de f\dre4 ,il faut1 dans ce cas1 r\gir et plir t\r t\r1 crire fivreusem5t des *oses avec un crayon1 sur un morceau de papi]1 montr] avec des yeux brillants cette lettre improvise1 plie en quatre4 ,on peut aussi1 plus simplem5t1 (frir le j\rnal1 ou dire qu'il fait *aud1 lev] ou baiss] le /ore1 selon le soleil4 ,il y en a qui simul5t un p]sonnage bonhomme et joyeux1 qui p>l5t t\t le monde et font des rflexions sur t\t haute voix4 ,il y en a qui j\5t l'indiffr5ce4 ,mon ami ,lon1 dont j'admire et envie les succs fm99s1 prt5d pr(it] du mo9dre tunnel p\r faire un ge/e trs audacieux4 ,je dlibrais en moi-mme1 ple9 d'inquitude4 ,a l'autre extrmit du comp>tim5t une dame ge et di/+ue jetait p>fois1 de mon ct1 un c\p d'il s\rnois4 ,que p5sait-elle8 ,sans d\te elle dev9ait mes int5tions et elle att5dait un ge/e ou une p>ole de moi p\r laiss] p>atre sur son visage une expression de mpris et de piti4 ,cep5dant je m'ef=ais de jet] la jeune femme blonde les reg>ds les plus brlants1 je *oisissais la pose la plus sduisante1 un air la fois t5dre et rveur4 ,mais voil que la jeune femme blonde se p5*a gracieusem5t v]s moi et me dit en s\riant3 --,v\s ne me reconnaissez donc pas1 monsieur ,hub]t8 ,ce nom m'tait inconnu4 ,il y avait une mprise4 ,une ide de gnie trav]sa mon c]veau4 ,je rpondis3 --,je v\s reconnais p>faitem5t4 ,la conv]sation s'engagea4 ,je j\ai m]veille le p]sonnage de ,m4 ,hub]t et m'tonnai de ma propre adresse4 ,c'tait une femme du plus gr& monde et qui avait1 depuis trs longtemps1 un faible p\r ,m4 ,hub]t4 ,c'e/ du mo9s ce que dev9ait ma p]spicacit4 ,quelle admirable concid5ce6 p5sai-je4 ,quelle m]veilleuse mprise6 ,je p>lai avec dlicatesse et rs]ve1 mais en laissant app>atre une passion cont5ue de mon am\r antrieur4 ,je fus accueilli p> une m\e favorable4 ,j'allais ,lu*on1 elle aussi4 ,le tra9 s'arrta4 ,je jetai la dame ge et di/+ue un reg>d de triomphe et je vis1 sur son visage1 le regret qu'un incid5t ridicule p\r moi ne soit pas surv5u4 ,ma n\velle amie desc5dait dans un htel qui me sembla =t coteux p\r ma b\rse4 ,il n'importe6 ,t\s les sacrifices tai5t ncessaires p\r m5] bi5 une telle av5ture4 ,le repas fut gai4 ,des miracles de s\s-ent5dus1 des prodiges de s\v5irs compris demi-mot me p]mir5t de j\] mon rle de ,m4 ,hub]t4 ,elle tait fatigue1 n\s montmes de bonne heure dans nos *ambres qui tai5t contigus4 ,elle dfit ses *eveux qui lui donnai5t mal la tte1 n\s respirmes l'air du soir la f5tre1 et j'eus alors sur les montagnes1 la nature1 nos curs1 l'am\r1 des p>oles s5tim5tales et spontanes qui dt]m9r5t le s5s de la soire4 ,je connus un bonheur plus honorifique que rel4 ,au mat91 j'allai me prom5] seul et reg>dai les femmes sur les qu9conces avec une suffisance qui ne m'tait pas habituelle4 ,ma conception de l'humanit tait *ange4 ,la vie tait1 p\r les audacieux1 une srie d'av5tures joyeuses et imprvues4 ,qu& je r5trai1 mon amie avait reu un tlgramme d'un de ses oncles malade qu'elle appelait le gnral et qui l'obligeait p>tir p\r ,o/5de4 ,n\s n\s prcipitmes la g>e4 ,je pris son billet4 ,il y a lo9 d',o/5de ,lu*on4 ,presque t\t mon arg5t s'en alla en *ange d'un petit morceau de c>ton4 ,sur le quai1 un peu d'am]tume me v9t et aussi l'envie confuse de montr] que je l'avais dupe4 --,et si je n'tais pas ,m4 ,hub]t8 dis-je4 ,elle se mit rire comme s'il s'agissait d'une plaisant]ie que n\s avions faite deux4 --,n'e/-ce pas que c'tait un bon moy58 fit-elle4 ,le tra9 s'loigna et seulem5t alors je compris4 ,,les ,,bi5faits ,l'am\r de celle que l'on aime fait t\j\rs dfaut au mom5t o n\s en avons le plus beso94 ,t\tes les fois qu'il m'e/ arriv un gr& ennui1 p> une curieuse concid5ce1 il en e/ arriv un plus gr& ma matresse1 qui a relgu le mi5 au deuxime plan1 comme une *ose t\t fait ngligeable1 et j'ai t oblig de m'excus] de mon propre s\ci af9 de la mieux consol]4 ,lorsque j'ai t un peu malade1 j'ai s5ti que ma matresse m'aimait mo9s p>ce que j'tais un compagnon mo9s agrable1 mo9s brillant4 ,elle a eu cette sema9e-l plus de robes essay] et plus d'invitations dn] qu'elle n'a pu refus]4 ,qu& elle s'e/ dcide me soign]1 elle a mis tellem5t d'o/5tation sa sollicitude que j'ai eu la s5sation d'tre un pauvre infirme et que j'ai eu honte de moi-mme4 ,a ces quelques heures de so9s elle a fait une imm5se publicit auprs de ses amis et des mi5s et beauc\p la considr5t comme une vritable sur de *>it qui m'a sauv la vie4 ,et puis subitem5t1 comme si elle avait reconnu l'excell5ce de cette m?ode1 ma matresse m'a accabl de bi5faits4 ,elle m'a s\hait la fte d'une faon inatt5due1 re/aurant sans raison cette habitude p]due de s\hait] la fte2 elle a dispos des fleurs dans les vases de ma *em9e et mis de l'ordre sur ma table2 elle m'a apport une photographie d'elle qu& elle avait qu9ze ans1 que je dsirais beauc\p avoir2 elle a fait div]ses recomm&ations ma femme de mnage2 elle a recopi des v]s que j'avais crits1 et bi5 que son criture soit presque illisible1 j'ai t oblig de dcl>] qu'elle tait p>faite4 ,qu& j'ai v\lu a*et] un *apeau1 elle m'a sauv d'une erreur capitale en m'emp*ant d'a*et] un *apeau gris que mon mauvais gt naturel me p\ssait irrsi/iblem5t a*et]4 ,elle a remdi mon manque de jugem5t en m'c>tant de plusieurs amis qui aurai5t pu me faire beauc\p de tort4 ,c'e/ grce ses conseils que j'ai fait plusieurs dm>*es utiles et elle en a fait1 elle-mme1 quelques-unes qui1 p> un en*anem5t de circon/ances prvu et comb91 ont eu une gr&e et heureuse influ5ce sur ma de/9e4 ,sa surveillance1 p5dant les repas1 m'a emp* d'avoir une maladie d'e/omac4 ,sans elle1 cause de ma ridicule di/raction1 j'aurais t cras mille fois p> des automobiles4 ,sans elle1 j'aurais t br\ill avec ma conci]ge1 sans elle je n'aurais pas eu de relations1 sans elle1 sans son s\rire aimable1 j'aurais t mal plac au ?tre1 et grce sa prs5ce les co*]s cons5tai5t me port]4 ,il tait notoire que j'avais appris lire et crire ds l'ge de c9q ans1 sans cela le bruit aurait c\ru que j'avais reu d'elle ces mode/es connaissances4 ,elle m'a suggr t\tes mes p5ses1 a dirig t\tes mes dt]m9ations et qu& j'ai a*et une bote d'allumettes1 'a t avec son ass5tim5t4 ,enf9 qu& il fut bi5 vid5t que je ne p\vais plus mettre mon p>dessus sans son sec\rs1 ouvrir la f5tre mon gr1 admir] un livre qu'elle n'admirait pas1 je p5sai avec allgresse qu'il re/ait encore une action qu'il m'tait possible d'accomplir seul3 c'tait d'ouvrir la porte et de me sauv] en c\rant1 trs lo9444 ,,sup,,riorit ,,des ,,femmes ,,rosses ,les femmes rosses sont de beauc\p les femmes les plus intressantes4 ,dans *aque femme rosse il y a une am\reuse p]due4 ,ce sont des fleurs de t5dresse qui se sont s*es4 ,mais cette s*]esse n'e/ qu'app>5te2 il y a un secret p\r leur r$onn] la c\leur et le p>fum4 ,elles ont une volont t]rible de tr\v] ceux en prs5ce de qui elles sont1 faibles et dom9s4 ,elles impos5t1 elles suggr5t cette faiblesse et cette dom9ation4 ,et elles n'ont aucun scrupule faire du mal ces va9cus4 ,mais elles sont comme le gu]ri] ,a*ille1 invulnrables1 sauf p> un po9t4 ,ce po9t e/ v>iable et dconc]tant4 ,ces triomphatrices qui pass5t1 et jett5t sur les hommes de froids reg>ds1 s\s leur *evelure qui semble un casque1 sont la m]ci d'une fl*e habilem5t lance4 ,de ces mes f]mes peut jaillir une s\rce inatt5due4 ,de mme que l'audacieux e/ un anci5 timide1 le cur sec ca*e des trsors d'motion4 ,il a cra9t d'tre trop t5dre et il s'e/ envelopp s\s un vtem5t d'ironie et de dda94 ,je v\s aime1 femmes rosses1 v\s qui lisez d'un il di/rait les lettres d'am\r que v\s recevez1 v\s qui v\s plaisez cont] votre amant du j\r les plaisirs pris avec l'amant de la veille p\r voir dans ses yeux la jal\sie et la s\ffrance1 v\s qui haussez les paules si l'on p>le de se tu] p\r v\s1 et qui n'auriez peut-tre pas un battem5t du cur si on le faisait1 je v\s aime p>ce que votre indiffr5ce prs5te a p\r cause votre s5sibilit de jadis1 p>ce que ce sont des l>mes cri/allises qui donn5t vos yeux ce reflet d'aci] dur1 p>ce que le j\r o v\s ouvrez vos bras1 v\s seules savez v\s donn] t\tes avec am\r4 ,,la ,,ligue ,,contre ,,le ,,bonheur ,les avantages acquis dans la vie ne le sont jamais df9itivem5t4 ,il faut p]ptuellem5t lutt] p\r les cons]v]4 ,celui qui e/ immobile1 celui qui dort1 p]d du t]ra9 p> le seul fait de cette immobilit et de ce sommeil4 ,le m\vem5t des hommes1 les vnem5ts1 sont de/ructifs4 ,il faut1 p\r obt5ir et p\r g>d]1 une volont active4 ,ce qu'on acqui]t dans le doma9e de l'am\r e/ ce qui e/ le plus susceptible d'tre attaqu et emport4 ,l'am\r e/ la ri*esse la plus prcieuse1 celle qui excite le plus de jal\sie et d'indignation4 ,le possesseur d'une gr&e =tune s'in/alle dans une ville o il e/ inconnu4 ,p]sonne ne le considre priori comme un voleur4 ,il e/ honor spontanm5t comme un ri*e p]sonnage4 ,deux amants au contraire s]ont vus d'un il s\ponneux2 je p>le bi5 ent5du du cas o la femme e/ jolie et o t\s deux donn5t le s5tim5t d'tre heureux4 ,leur bi51 c'e/--dire leur bonheur1 e/1 jusqu' preuve du contraire1 un bi5 mal acquis1 il a p\r base l'adultre ou une vie drgle4 ,ils sont en butte l'ironie des s]viteurs1 l'ho/ilit des familles1 une vague malveillance gnrale4 ,de suite que dans un milieu donn une liaison s'tablit1 une ligue obscure se cre aut\r de ceux qui s'aim5t p\r entrav] leur am\r1 les faire se sp>]4 ,l'amant voit v5ir l'ami psy*ologue qui p> sa f9e pntration a disc]n qu'il ne doit pas cont9u] aim] une femme si peu faite p\r lui4 ,il doit rompre p\r vit] de gr&s malheurs1 en v]tu d'une loi sur les c>actres rig\reusem5t tablie4 ,puis il y a l'ami qui dit t\t1 cause de la s9crit irrsi/ible qui e/ en lui4 ,il nomme son ami les amants que sa matresse a eus avant lui et il donne t\s les dtails qu'il sait1 p\ss p> la =ce de la vrit4 ,la matresse de son ct ent5d des *oses plus t]ribles p>ce que les femmes os5t plus que les hommes ml] la calomnie leurs p>oles et faire un habile mlange d'une petite *ose vraie avec beauc\p de m5songe4 ,cette ligue d'amis tr\ve des auxiliaires inatt5dus1 la conci]ge1 les locataires d'en face1 les bonnes1 qui apport5t le poids de leur dsapprobation4 ,et il y a mme des p]sonnes absolum5t inconnues des amants qui s'en occup5t1 vont les unes *ez les autres p\r s'en entret5ir1 affect5t d'tre sc&alises1 t*5t de leur nuire4 ,le bonheur doit tre arm p\r vivre2 il devrait mme1 s'il tait sage1 port] les premi]s c\ps1 af9 de ne pas tre enseveli s\s le flot incessant des critiques1 des (f5ses1 des ins9uations calomnieuses4 ,,rapports ,,entre ,,les ,,femmes ,,et ,,les ,,*oses ,,de ,,la ,,p5s,e ,il m'e/ arriv plusieurs reprises d'all] faire une visite avec mon ami ,*>les ,x444 ,il sonnait et il disait la bonne3 --,dites que c'e/ ,m4 ,x444 ,et il omettait compltem5t de m5tionn] ma prs5ce4 ,j'en tais t\j\rs vex et une fois1 tant de mauvaise humeur1 j'aj\tai d'une voix clatante qu'il fallait dire que ,m4 ,m444 aussi tait l4 ,qu& on p>le d'un livre1 d'une pice de ?tre1 qu& on met une ide1 il faut tre vis--vis des femmes comme mon ami ,*>les vis--vis de moi qu& n\s faisons une visite1 nglig] leur op9ion1 comme il ngligeait ma prs5ce4 ,il n'y a aucun dang] qu'elles s'cri5t3 --,mon avis e/ diffr5t du vtre6 ,elles c\t5t et accept5t docilem5t4 ,c> la qualit qu'elles reconnaiss5t le plus facilem5t l'homme1 si celui-ci dcl>e qu'il la possde1 c'e/ la supriorit intellectuelle4 ,mais il ne doit pas montr] alors le plus lg] scepticisme et il doit se p>] d'une supriorit univ]selle1 t\t savoir4 ,un pote ne peut pas ignor] la *imie1 p> exemple1 sans p>atre un mdiocre pote4 ,du re/e les *oses de l'esprit ont p\r elles une importance secondaire4 ,comme j'avais la folie de caus] des potes de l'antiquit avec mademoiselle ,e4441 je vis au b\t de quelques m9utes qu'elle p5sait qu',homre et ,virgile tai5t un seul et mme homme1 appel diffremm5t dans des pays diffr5ts4 ,je lui fis rem>qu] avec t\tes les prcautions qu'exigeait la plus lm5taire dlicatesse combi5 elle tait dans l'erreur4 ,elle n'en eut po9t la mo9dre confusion et dit3 --,c'e/ vrai4 ,je n'y avais plus p5s4 ,puis elle aj\ta3 --,comm5t faites-v\s donc p\r ne jamais v\s tromp]8 ,c'e/ une erreur de l'adolesc5ce d'attribu] la posie un p\voir inf9i4 ,c]tes des jeunes filles g>d5t pieusem5t le sonnet d',arv]s ou des posies de ,musset que des jeunes g5s leur ont glisss en ca*ette1 en s'en attribuant la pat]nit4 ,le fait d'tre pote n'e/ pas p\r les femmes une v]tu en soi4 ,elles y voi5t1 ou y croi5t voir1 le signe d'une me t5dre1 l'assurance que celui qui a crit ces *oses e/ prt p]dre son temps p\r se consacr] elles1 et donn]a l'am\r un c>actre sublime dont leur vanit fm99e s]a satisfaite4 ,mais on peut arriv] ce rsultat p> des p>oles qui ne sont pas rimes4 ,et a9si on a les avantages de la posie sans en avoir les inconvni5ts4 ,ces inconvni5ts sont gr&s4 ,celui qui se flatte d'tre pote devi5t immdiatem5t1 p\r les femmes1 tri/e1 bon et sans assurance4 ,ne pas faire rire1 ne pas laiss] flott] la vague m5ace d'une m*ancet inatt5due1 manqu] d'autorit vis--vis des co*]s et des g>ons de caf1 voil de t]ribles dfauts que ne comp5s5t pas les p5ses lgiaques qu'on e/ susceptible d'crire4 ,il vaut mieux triomph] dans t\te autre p>tie1 comme l'agilit au t5nis1 l'art de conduire une automobile1 la dclamation4 ,,div]s ,tu priras d'tre trop s5sible4 ,il ne suffit pas de ne pas pleur]4 ,les femmes sav5t voir mme les l>mes qui ne c\l5t pas et elles se s5t5t plus =tes de cette faiblesse ca*e4 99 99 99 99 99 ,il y a un gr& dang] ne pas donn] la s5sation qu'on va arriv] d'un in/ant l'autre au plus haut degr dans la c>rire qu'on a embrasse4 ,si tu fais de la politique1 donne-toi sans cra9te comme un futur prsid5t de la ,rpublique4 ,si tu t'occupes de ,b\rse ou de banque1 p>le en s\riant de la =tune de ,ro?s*ild comme d'une petite =tune1 ct de ce que s]a la ti5ne plus t>d4 99 99 99 99 99 ,on a t\j\rs avantage n'employ] dans la conv]sation que des mots *oisis1 ne pas se laiss] all] ces grossirets de langage qui sont la c>actri/ique des propos d'hommes4 ,si les mots vulgaires pr5n5t p>fois quelque saveur qu& ils sont placs leur heure1 cette saveur e/ d'autant plus gr&e qu'elle a le mrite de la r>et4 ,il convi5t cep5dant de faire une exception p\r les femmes et les filles d'(fici] qui emploi5t volonti]s des mots crus4 ,on peut sans cra9te de les *oqu] appel] t\te *ose p> son nom4 99 99 99 99 99 ,on ne doit battre une femme qu'avec une fleur4 ,c'e/ alors une manire de c>ess] potiquem5t4 ,mais ri5 ne peut faire croire qu'une gifle donne sa matresse amne *ez elle une recrudesc5ce d'am\r4 99 99 99 99 99 ,la plus jolie femme1 soit p>ce qu'elle e/ s\s l'empire d'une p5se inatt5due1 soit p>ce que le repos provoque un affaissem5t de ses traits1 devi5t laide t\t d'un c\p1 c]ta9es m9utes4 ,la beaut e/ fuyante4 ,il faut s'y rsign] et att5dre son ret\r en dt\rnant la tte et en s'ef=ant d'effac] de son esprit la mauvaise image4 99 99 99 99 99 ,la "q la plus importante e/ de savoir d'une femme si elle a des s5s ou si elle n'en a pas4 ,les femmes qui en ont le ca*5t s\v5t4 ,si on les que/ionne1 elles demeur5t muettes4 ,celles qui n'en ont pas au contraire se flatt5t de n'en pas avoir1 comme d'une qualit4 ,et c'e/ l une *ose extraord9aire2 c> on n'a jamais vu un pote dire que ses posies sont /upides ou un bij\ti] l\] ses diamants en affirmant qu'ils ne brill5t pas4 99 99 99 99 99 ,on ne ti5t une femme que p> les s5s2 mais ces s5s eux-mmes1 on n'arrive s'en emp>] qu'en v]tu d'une h>monie naturelle qu'on n'e/ pas le matre de crer4 ,,la ,,f\rmi ,,ail,e ,qu& on pr5d une f\rmi dans sa ma91 il e/ trs difficile de l'y g>d] quelques m9utes4 ,elle a peur1 c\rt affole et glisse entre vos doigts4 ,si on s]re la ma91 on l'crase1 si on l'ouvre1 elle tombe4 ,comm5t la retr\v] alors p>mi les gra9s uni=mes de la t]re ou les h]bes d'une prairie8 ,il arrive aussi qu'elle monte audacieusem5t dans votre man*e et je ne p>le pas du cas o il s'agit d'une f\rmi aile et arme d'un d>d aigu4 ,l'affection des femmes e/ p>eille la f\rmi captive4 ,qu& on l'a saisie une fois entre ses deux ma9s1 si on ne l'crase pas p> un excs d'am\r1 elle fuit1 elle se drobe1 elle tombe1 elle s'envole1 quelquefois aprs v\s avoir cruellem5t piqu le cur4 ,de mme qu'il y a des g5s qui ca*5t une imm5se /upidit s\s un s\rire f9 et sceptique1 de mme1 il y a des femmes qui ca*5t une totale abs5ce d'affection l'aide de c]ta9es =malits de s5sibilit4 ,elles ont brusquem5t cess d'aim]1 et1 surprises elles-mmes d'un tel *angem5t1 elles cont9u5t quelque temps encore donn] des m>ques d'am\r simul4 ,combi5 la clairvoyance e/ alors un don dplorable6 ,on s'e/ ap]u que la ma9 joyeusem5t t5due l'arrive1 le long reg>d qui accompagne le d"p1 ne sont que les aspects conv5tionnels d'une sympa?ie qui dcrot4 ,alors on pse1 on scrute1 on comp>e1 on se s\vi5t4 ,on voit que la tte aime se dt\rne lgrem5t qu& on veut bais] les lvres et que ces lvres quitt5t aussitt les vtres ds que cela e/ possible sans injure4 ,le mo9dre ge/e famili] froisse le corsage1 abme la jupe1 t&is qu'avant il n'y avait pas de robe qui ne soit saccage avec allgresse1 dans l'oubli d'une tre9te4 ,*aque ef=t que l'on fait1 *aque ge/e de t5dresse1 *aque p>ole trahit dsormais un excs d'am\r et p>ce qu'on a p]du du t]ra9 on en p]d encore davantage4 ,malheur celui qui a laiss avant l'heure s'*app] de sa ma9 la f\rmi aile6 ,il s'ag5\ill]a sur la t]re p\r *]*] la trace de ses pattes m5ues ou il c\rra comme un f\ p\r p\rsuivre dans l'air le petit tre au vol capricieux4 ,malheur lui1 surt\t s'il attribue ses propres fautes la p]te de l'am\r6 ,il se rappell]a amrem5t ses attitudes1 ses p>oles1 il se r$ira mille fois les phrases habiles qu'il aurait d prononc] et dont il tr\ve trop t>d la =ce sduisante4 ,puis il s]a hypnotis p> une vision prcise et cruelle4 ,les mom5ts les plus heureux qu'il aura passs avec sa matresse revi5dront son esprit avec une puissante nettet4 ,il rev]ra des ge/es d'ab&on1 des lans v]s lui dont il n'avait pas gt sur le mom5t t\t le *>me1 de mme que l'homme qui a un bel app>tem5t ne j\it pas du luxe de ses meubles et en compr5d l'agrm5t lorsqu'il en e/ priv4 ,telle c>esse1 qui lorsqu'elle fut donne et reue tait une m5ue monnaie de la t5dresse1 devi5t p> le s\v5ir une m]veilleuse ri*esse4 ,la plus gr&e d\leur de l'am\r e/ faite avec le s5tim5t du bonheur p]du4 ,mais comm5t te g>d]1 dlice insaisissable1 fluide lm5t1 toi qu'use le frottem5t discret de la vie1 que brle le petit rayon d'un reg>d1 qu'miette le frlem5t d'une ma9 inconnue8444 ,,rupture ,aprs un long sil5ce1 ,h5riette ,l444 me dit en me pr5ant la ma91 comme dans un lan d'affection irrsi/ible3 --,n\s devrions n\s voir mo9s s\v5t4 ,il y a quelque temps dj que je v\lais te le dire4 ,dans l'intrt de notre am\r il s]ait prfrable que tu fasses un voyage sans moi1 un voyage assez long4 ,tu sais quel plaisir n\s avons n\s retr\v] qu& n\s n\s sommes quitts p5dant deux ou trois j\rs seulem5t4 ,eh bi56 songe ce que s]ait ce plaisir au b\t d'un mois4 ,il vaut la pe9e1 ri5 que p\r l'pr\v]1 que n\s n\s quittions4 ,elle me reg>dait att5tivem5t p\r voir l'effet que produisait sur moi un raisonnem5t aussi logique4 ,n\s tions en voiture1 au ,bois de ,b\logne1 et le soir tombait4 ,le dos du co*] tait prodigieux2 le taximtre annonait de temps en temps p> un petit bruit sec le prix de la prom5ade4 ,je compris sur-le-*amp que ces p>oles m>quai5t une re n\velle1 qu'il s'tait produit dans l'esprit de ma matresse un dcl5*em5t analogue celui du taximtre4 ,et de mme qu'aprs #b fr4 #bj le *iffre qui doit app>atre n'e/ jamais #b fr4 #aj1 il tait c]ta9 qu'aprs ce qu'elle avait dit1 ma matresse ne s\hait]ait pas ne plus me quitt]4 ,des mots de prote/ation se pressai5t sur mes lvres4 ,j'avais envie de lui rpondre que moi je n'aspirais qu' vivre t\j\rs auprs d'elle et que ses ge/es1 la c\leur de sa peau1 sa conv]sation tai5t t\t mon bonheur4 ,mais je me tus2 le paysage se revtit aut\r de moi d'une gr&e importance4 ,un passant s'arrta et n\s reg>da longuem5t comme s'il avait compris le c>actre dcisif de notre entreti54 ,je dcl>ai1 sur un ton que j'essayai de r5dre enj\1 qu'en effet une sp>ation d'un mois ou un mois et demi s]ait excell5te p\r notre am\r et je la comp>ai mme1 af9 de donn] un c>actre plaisant ma p5se1 un v9 tonique qui recon/itu]ait les =ces de cet am\r4 ,l'il d',h5riette ,l444 tait dev5u plus brillant un mot que j'avais dit p\r lui t5dre un pige et que je regrettai amrem5t d'avoir prononc4 --,un mois et demi6 tu z raison1 il faut que n\s n\s sp>ions au mo9s un mois et demi6 ,je lui dem&ai o elle comptait all]1 mais je s5tis que l'acc5t de ma voix tait altr4 ,il m'tait indiffr5t1 puisque je ne s]ais pas avec elle1 qu'elle aille en n'importe quel endroit de la va/e t]re4 ,la ,suisse avec ses lacs et ses montagnes pe9tes1 les ,pyrnes et leurs gorges espagnoles1 les rivages de ,norm&ie et de ,bretagne tai5t d'agrables sj\rs o j'aurais volonti]s song qu'tait mon amie4 ,il n'y avait qu'un petit po9t au bord de la m]1 une plage entre t\tes les plages o je s\haitais avec t\tes les =ces de mon me qu'elle ne se r5dt pas4 ,ce petit po9t tait ,royan2 je savais que monsieur ,x444 dont j'tais jal\x y passait son t4 ,or c'tait ju/em5t cet unique petit po9t de la t]re qu'elle avait *oisi4 ,je ne p>lais plus cause de la trahison de ma voix4 ,n\s passmes auprs d'un pavillon1 en face d'une croix de pi]re o n\s tions v5us dans les premi]s soirs de notre am\r et o n\s n\s tions embrasss1 dans la demi-obscurit1 avec l'anxit *>mante que d'autres consommateurs p\rrai5t n\s ap]cevoir4 ,n\s vmes de lo9 le lac et ses cygnes2 n\s ne leur avions jamais jet de mies de pa91 ma matresse et moi2 mais je p5sai que n\s aurions pu le faire et je m'att5dris en les voyant4 ,h5riette ,l444 disait des *oses telles que ceci3 --,dans un mois et demi ou deux mois1 lorsque n\s n\s retr\v]ons1 tu aim]as peut-tre une autre femme4 ,tu es si lg]6 ,deux mois c'e/ beauc\p p\r un homme444 ,je ne t'crirai pas trop s\v5t1 je t'crirai mme r>em5t p>ce que je veux t'pr\v] et savoir quelle confiance tu z en moi4 ,qu'e/-ce que tu dirais si tu re/ais plusieurs mois sans lettres8 ,la voiture tait sortie du ,bois2 l',arc de triomphe tait prs de n\s1 mais je n'avais p\r horizon que le dos du co*] qui me semblait mesure que n\s avancions plus considrable et plus pesant1 comme la fatalit de l'am\r4 ,enf9 le *eval s'arrta1 le dos se dplaa2 n\s tions deb\t1 sil5cieux1 devant la porte4 ,je p5sais une b]gre de son app>tem5t o elle avait c\tume de s'asseoir1 une robe de tussor qu'elle mettait le mat91 ses livres1 son piano1 t\t ce qui tait elle1 t\t ce que j'avais p]du4 ,et qu& elle m'eut t5du sa petite ma91 je me mis m>*] vite1 trs vite1 comme si p\r me r5dre l'endroit o j'allais je n'avais pas eu dsormais t\te la vie4 ,,le ,,plus ,,gr& ,,ennemi ,qu& on a triomph d'une femme1 de sa vanit1 de sa jal\sie1 de sa dissimulation1 et qu'on croit avoir saisi le bonheur1 il faut triomph] de soi-mme4 ,le plus gr& ennemi e/ ca* dans notre cur4 ,*acun tue ce qu'il aime444#a ,aucune p>ole plus belle n'a t dite sur l'am\r4 #a ,osc> ,wilde4 ,n\s sommes comme les c\reurs qui vont v]s le b1 les bras t5dus1 et qui m\rrai5t p\r l'atte9dre4 ,lorsqu'ils sont arrivs1 ils s'assoi5t dans la p\ssire et ils reg>d5t avec mlancolie le *em9 p>c\ru4 ,la femme t5dre e/ trop t5dre3 ses bras aut\r de notre c\1 ses p>oles d'am\r t\j\rs semblables rp&5t une fadeur sur notre vie2 la femme voluptueuse n\s fatigue3 n\s lui repro*ons en secret la grossiret de son in/9ct et n\s n\s disons qu'elle ne n\s aime que p\r la satisfaction de ses s5s4 ,la femme trs belle n'e/ pas assez belle et une petite imp]fection de son corps n\s gte t\t le plaisir de sa beaut4 ,n\s sommes avides de de/ruction4 ,n\s t5ons un vase prcieux et le frappons p\r pr\v] sa solidit jusqu' ce qu'il soit bris4 ,avant qu'elle n\s app>ti5ne1 un s\rire de la bi5-aime1 une pression de ma9 comblait t\s nos vux4 ,p>ce qu'elle s'e/ donne n\s1 n\s dev5ons tyranniques1 n\s pions ses dm>*es1 n\s n\s croyons le droit de f\ill] son pass1 d'exig] des aveux humiliants1 de la t\rm5t] et de l'(f5s]4 ,au lieu de cette dlicieuse ent5te qui rgne dans les premi]s temps de l'am\r et qui fait p> une bi5veillante et occulte concession qu'on a la mme op9ion sur les livres1 qu'on se moque des mmes p]sonnes1 on cre un tat de colre et de discussion4 ,on se p]suade qu'on doit tre jal\x des mo9dres *oses1 on int]prte des reg>ds1 on se jette sur des lettres1 ou on les exige p> des p>oles viol5tes4 ,gnreux avec les autres1 n\s sommes g/es avec notre matresse4 ,n\s prodiguons notre gat nos amis et n'avons p\r elle qu'un accueil glacial1 un visage proccup4 ,n\s pr5ons l'habitude de ne plus lui faire "p que de nos s\cis et n\s n\s affligeons qu'elle n\s entreti5ne des si5s4 ,la mauvaise humeur amne la mauvaise humeur1 une scne amne une scne4 ,or1 une scne e/ comme un acide rongeur de l'am\r2 elle entrane une usure df9itive que ri5 ne p\rra rp>]4 ,l'am\r e/ un arbre qui ne donne qu'une fois son feuillage et ses fleurs4 ,si on cueille les fleurs1 si on monde les bran*es1 il ne re/]a qu'un tronc dess* qu'aucun pr9temps ne v]dira plus4 ,mais une =ce inexplicable n\s p\sse frapp] ce que n\s *rissons4 ,a pe9e avons-n\s jur un am\r t]nel que n\s v\lons n\s pr\v] n\s-mme notre m5songe et notre folie4 ,p> une incomprh5sible contradiction n\s t\rnons en drision ce que n\s avons l\4 ,n\s dtruisons l'difice du bonheur et mme qu& n\s pleurons de le voir dtruit1 n\s travaillons encore en a*ev] la de/ruction4 ,,le ,d,,sir ,on n'a jamais les femmes4 ,n\s avons beau les s]r] de t\tes nos =ces sur notre poitr9e1 elles n\s *app5t4 ,on dirait qu'elles sont faites d'une sub/ance lgre qui n'e/ pas susceptible d'tre possde4 ,dans la maison d'am\r que n\s avons btie et que n\s e/imons bi5 f]me1 il y a t\j\rs des portes drobes p> o les femmes sort5t p\r all] voir sans n\s le soleil et les hommes4 ,elles g>d5t t\j\rs des relations1 des amitis que n\s ignorons4 ,elles font des confid5ces--et quelles confid5ces intimes6--avec plus d'ardeur et de s9crit1 leur amie1 leur bonne1 leur conci]ge1 un monsieur inconnu r5contr p> has>d en *em9 de f]1 qu' l'amant qui les aime4 ,elles sont t\rm5tes p> le gnie inexplicable de la trahison4 ,elles aspir5t p>fois livr] un secret aussi =tem5t qu'elles aspir5t d'autres mom5ts au sacrifice4 ,on n'e/ jamais le premi] amant d'une femme2 quelque ge qu'on la pr5ne1 il y a t\j\rs une c>esse qui a prcd votre c>esse1 ne s]ait-ce qu'un bais] d'enfant4 ,et quel ins5s p\rrait p5s] qu'il e/ le d]ni] amant8 ,c'e/ une trop clbre illusion que celle qui consi/e croire l'am\r t]nel4 ,un j\r1 le monde s'e/ mis t\rn] aut\r de tel numro de telle rue4 ,une ord9aire maison range entre les autres e/ dev5ue sublime de posie cause de l'ovale d'un visage qui p\vait app>atre m]veilleusem5t la f5tre du premi] au-dessus de l'entresol et s\rire4 ,t\t ce qui ent\rait cet tonnant difice a t trans=m4 ,l'omnibus qui passait au co9 de la rue avait les allures d'un *> de conte de fe et qu& on arrivait sur son impriale1 on comm&ait l'univ]s4 ,le bureau de tabac lui-mme avait un je ne sais quoi d'exceptionnel1 de di/+u1 de r>e2 c'tait le plus beau de t\s les bureaux de tabac de ,p>is4 ,elle y pr5ait ses timbres4 ,on e/ v5u l1 avec le cur battant2 on en e/ sorti tri/e ou joyeux4 ,on a donn d'absurdes p>oles une importante inf9ie1 on a crit des lettres1 on a att5du des r5dez-v\s1 on a cess de lire1 d'all] la campagne voir les amis qui v\s invitai5t1 on n'a plus donn de n\velles ses p>5ts1 on a aim1 on a s\ff]t4 ,puis la bi5-aime a cess de v\s aim]4 ,alors l'inutilit des *oses de la vie e/ app>ue avec une nettet p>faite4 ,on s'e/ dit que les nom9ations des po/es importants1 les succs arti/iques1 l'arg5t gagn n'avai5t plus aucun intrt1 puisque le b n'exi/ait plus1 qu'il n'y avait plus de bonne n\velle1 puisque les yeux *>mants ne s'clair]ai5t pas en l'appr5ant4 ,on a jur ses amis que dsormais on ne s'intressait plus ri53 on a pris dans les cafs des poses nobles et tri/es1 on a s\hait d'tre ple1 et mme1 comme on bravait la mort1 on a trav]s la rue sans se press]1 malgr l'automobile qui arrivait au lo9 t\te vitesse4 ,on ignorait que plus on aime1 plus on a envie d'aim]1 et que le dsir se r5\velle p]ptuellem5t en n\s comme l'eau de la m] se r5\velle sur la plage avec la m>e4 ,o dsir1 c'e/ toi qui effaces peu peu le visage ador qui veille encore dans le s\v5ir3 c'e/ toi qui fais p5s]1 au ?tre ou dans la rue1 combi5 e/ enviable le tal5t du magntiseur s'il p]met de faire dfaillir une femme d'un seul reg>d2 c'e/ cause de toi qu'on desc5d dans le mtropolita9 des /ations inconnues p\r suivre une femme *>mante qui disp>at dans un c\loir ju/e l'in/ant o l'on allait lui p>l] et v\s laisse1 p]du et dsemp>1 dans un qu>ti] trs loign4 ,p> toi1 les hommes les plus vulgaires affect5t des allures monda9es1 et les ma9s r\ges se revt5t de gants blancs4 ,tu donnes aux g5s lgants un air compass3 tu z empes leur col1 v]ni leurs bott9es1 arrang leurs cravates4 ,o dsir1 qu& tu tr\bles notre sang1 tu fais tr\v] jolies des femmes mdiocres3 c'e/ p\r t'obir qu'on fait des visites1 qu'on boit des sirops dans les soires de famille1 qu'on se livre l'ex]cice de la danse1 qu'on j\e au t5nis4 ,ta puissance e/ telle que les femmes les plus honntes font tes commissions am\reuses1 favoris5t tes unions les plus illgitimes1 p> un gt naturel de s'entremettre4 ,o dsir1 tu es le ge/e du salut1 la flamme fixe des reg>ds1 l'audace des ma9s1 tu es dans le bruissem5t du ? qui c\le c9q heures1 dans le balancem5t des robes et tu guides1 s\s la table1 p5dant le repas1 les g5\x huma9s1 les uns v]s les autres2 tu p]mets l'amant1 qu& il reg>de sa matresse1 de ne pas voir que le se9 tombe lgrem5t1 de ne po9t prt] d'att5tion la plaisante mobilit de ses doigts de pi$2 tu fais croire aux l>mes1 aux s\pirs simuls1 tu endors1 tu enivres1 tu *>mes1 tu rp&s l'illusion1 tu donnes le gt de la ralit et l'homme pieux qui respecte ce qu'il aime1 ne doit pas nglig] de dire *aque mat93 ,am\r1 donne-moi auj\rd'hui mon dsir quotidi5444 ,conseils un jeune homme pauvre qui vi5t faire de la littrature ,p>is ,,de ,l',,hotel ,,g>ni ,o jeune homme qui vi5s faire de la littrature ,p>is1 qui z peu d'arg5t et p\r la premire fois app>ais la g>e d',orsay1 arrte4 ,il e/ temps encore4 ,tu p\rrais1 ayant contempl les quais mlancoliques1 le ,l\vre bas1 repr5dre un tra9 qui te remport]ait v]s la ville d'o tu vi5s4 ,tu gagn]ais a9si1 peut-tre1 dix annes de ta vie4 ,mais non6 ,tu te diriges allgrem5t v]s le qu>ti] lat91 pi$1 c> une lg5de prov9ciale reprs5te les co*]s de fiacres1 pauvres esclaves errants1 comme des p]sonnages injurieux et r$\tables4 ,le *oix d'un logis e/ une *ose grave4 ,il faut pay] d'avance le propritaire de l'htel g>ni et tu s]as condamn re/] un mois enti] dans une *ambre misrable1 si tu cdes ta timidit et si tu acceptes la premire v5ue1 cause de l'il n>quois du g>on qui te la fait visit]4 ,veille ce que le numro de cette *ambre ne soit pas m>qu sur la porte p> un *iffre norme4 ,tu ent5dras assez s\v5t dans l'htel des phrases telles que celles-ci3 ,les lettres du huit6 ,le huit a sonn6 ,une visite p\r le huit6 ,tu s\ffriras de s5tir ton nom ddaign et tu ne peux te d\t] combi5 il te s]ait am] de voir1 m9uit1 la lueur de ta b\gie qui vacille1 se dress] encore ce numro fatidique comme le symbole de ton exi/5ce1 dsormais anonyme1 dans la gr&e ville4 ,veille encore ce que cette *ambre r5f]me une *em9e4 ,cela n'e/ po9t ngligeable4 ,tes crits se ress5tirai5t de cette abs5ce4 ,ils s]ai5t *tifs et grelottants1 c> il y a de gr&s vides s\s les portes1 et les f5tres laiss5t pass] l'air abondamm5t4 ,n'exam9e pas les meubles4 ,ils sont laids et dgag5t une odeur indf9issable de vieill]ies4 ,acc\tume-toi leur mdiocrit4 ,seule la table mrite quelque intrt4 ,si tu en s\lves le tapis1 peut-tre y tr\v]as-tu une curieuse inscription1 atte/ant le passage d'un autre jeune homme semblable toi4 ,n'aie pas honte de la pauvret de ton htel4 ,affecte au contraire d'en tir] vanit4 ,si quelque ami t'accompagne p> la suite jusqu' ta porte1 raconte des anecdotes pittoresques sur ces vieux murs dont ton imag9ation te f\rnira les ?mes v>is2 p>le des p]sonnages illu/res qui les ont habits4 ,a9si tu s]as aism5t comp> un hros de ,balzac et mme celui qui a un ri*e app>tem5t envi]a peut-tre la fantaisie de ta vie4 ,cra9s cette grosse dame trop aimable et trop familire1 cette grante curieuse et bav>de4 ,elle te t5d *aque soir ta b\gie avec quelques p>oles de bi5veillance4 ,hte-toi p> un s\rire complaisant de flatt] la bonne t5ue de sa maison1 l\e son esprit et mme sa beaut1 si elle y prt5d encore4 ,c> cette grosse dame j\it d'un p\voir t]rible et discrtionnaire4 ,elle peut te faire crdit des v+t francs que tu lui donnes t\s les qu9ze j\rs p\r la *ambre o tu vis2 elle peut au contraire empoisonn] ton exi/5ce en te les rclamant prem5t1 elle peut t'oblig] t'enfuir de *ez toi1 le mat91 avant qu'elle ne soit leve1 p\r ne r5tr] que dans la nuit1 qu& elle dort4 ,cra9s-la aussi p>ce que1 s\s le prtexte de faire ta *ambre1 elle compte ton l+e1 lit tes lettres1 connat ton exi/5ce aussi bi5 que toi4 ,et p\rtant1 s\vi5s-toi aussi que lorsque le gr& pote ,osc> ,wilde m\rut dans un misrable htel de la rue des ,beaux-,arts1 un seul homme l'avait veill sa d]nire heure1 un seul homme suivit son ent]rem5t et cet homme1 c'tait son propritaire4 ,sur le c]cueil de l'auteur de ,de ,pr(undis il n'y avait qu'une c\ronne et sur cette c\ronne tait crit3 ,a mon locataire6 ,qu'il soit beauc\p p>donn la race p]scutrice1 avide du prix des *ambres1 en s\v5ir de celui qui apporta1 au gr& homme ab&onn de t\s1 le prs5t d'une suprme amiti4 ,,la ,,"q ,d',,arg5t ,l'arg5t6 ,tel e/ le problme quotidi5 et inexorable qui se pos]a d'abord toi4 ,tu t'ap]cevras vite qu' ,p>is1 plus qu'ailleurs1 les hommes sont diviss en deux catgories3 ceux qui ont de l'arg5t et ceux qui n'en ont pas4 ,dans l'il de ton int]locuteur1 tu liras cette "q3 ,comm5t vivez-v\s8 ,de quelle somme disposez-v\s p> mois8 ,l'arg5t e/ en app>5ce bi5 ca* dans la po*e du gilet1 dans le portefeuille4 ,et p\rtant on le voit4 ,la qualit de la cravate1 la f9esse du p>apluie1 la =me du *apeau p>l5t de lui1 dis5t qu'il e/ l avec sa gr&e puissance4 ,mais si ta ma9 porte un gant tr\1 ca*e-la bi5 dans ta po*e4 ,p> le petit tr\ du gant s'enfuirait t\te l'illusion de la ri*esse4 ,l'homme ri*e se reconnat aussi l'assurance4 ,il ose s'impati5t] bruyamm5t dans les re/aurants si on ne le s]t pas assez vite4 ,il ose entr] dans un magas91 exam9] mille objets et s'en all] sans en avoir a*et un seul1 t&is que l'homme pauvre au contraire prfre pr5dre et pay] un livre dont il n'a pas beso91 un *apeau qui ne lui va pas1 plutt que d'tre jug pauvre p> l'il svre du m>*&4 ,l'homme ri*e ose donn] un p\rboire de deux s\s un co*]1 en prtextant qu'il n'a ju/em5t pas de monnaie p\r lui donn] davantage1 ins\cieux de l'injure et du mpris du co*]1 p>ce qu'il e/ ri*e4 ,qu& tu comp>atras devant un conci]ge1 un j\r de pluie1 la b\e de tes s\li]s ne s]a considre comme un dang] p\r l'escali] que si tu z l'air timide et m9able4 ,la b\e du ri*e ne ta*e pas4 ,dans le mtropolita91 qu& tu mont]as en premire avec un billet de seconde1 l'employ1 p\r te rclam] dix c5times1 s]a insol5t si tu sembles pauvre1 obsquieux si ton aspect e/ lgant4 ,le ri*e e/ c5s ne jamais dup]4 ,il faut donc que tu p>aisses avoir de l'arg5t1 de mme que1 si l'on veut cons]v] un ami1 il faut p>atre heureux1 simul] la joie4 ,p\r cela1 utilise ton arg5t avec sagesse1 bi5 plus p\r le sup]flu que p\r le ncessaire4 ,ce n'e/ pas p\r tes plaisirs que tu auras beso9 d'arg5t4 ,aprs t'tre tonn de la difficult que l'on a se procur] le mo9dre billet de ?tre et aprs avoir admir en secret ces innombrables g5s qui dis5t avoir leurs entres p>t\t1 tu v]ras vite qu'en somme ,p>is les plaisirs sont gratuits p\r un jeune homme intellig5t1 p>ce qu'au lieu d'tre la satisfaction de dsirs immdiats ils sont faits du s5tim5t que l'individu progresse et s'agr&it4 ,les omnibus1 le mtropolita91 les consommations que tu pr5dras ct des gr&s potes des cafs con/itu]ont presque t\tes tes dp5ses4 ,les mode/es ress\rces dont tu disposes disp>atront bi5 vite p> la l5te usure des petites sommes4 ,n'hsite pas mang] mal dans des endroits obscurs et p>mi des humbles1 c> les ufs et les lgumes sont bons p>t\t et ce sup]flu qu'e/ un fiacre1 si tu te l'(fres propos1 peut avoir une porte inf9ie sur l'ensemble de ta vie4 ,arrange-toi p\r que tu n'aies pas s5siblem5t mo9s d'arg5t la f9 du mois qu'au comm5cem5t4 ,sans d\te un de tes amis1 tudiant ou criva91 se flatt]a de mang] en trois j\rs la p5sion de sa famille4 ,c'e/ un pre/ige trs gr& qui ti5t la fois de la spl5deur des orgies et de l'attrait de la gnrosit4 ,ne t'y laisse pas pr5dre4 ,cet ami a c]ta9em5t un oncle trs ri*e auquel il peut crire1 ou bi5 il m5t3 il n'a reu aucune p5sion et il n'a1 p> consqu5t1 aucune pe9e ne pas avoir d'arg5t4 ,tu s]ais =c de port] ta montre au mont-de-pit et l'on ne peut se pass] d'une montre cause de l'exactitude aux r5dez-v\s qui e/ indisp5sable4 ,de plus tu nglig]ais de la retir] et a9si tu s]ais vol1 n'ayant eu que le qu>t de sa valeur4 ,a la d]nire extrmit1 v5ds plutt les livres que tu possdes4 ,mais s'ils t'ont t (f]ts p> quelque gr& homme dsireux de popul>it p>mi la jeunesse1 gratte avec so9 et habilet la ddicace4 ,au caf1 ne p]mets jamais un plus pauvre que toi de pay] les consommations4 ,mais1 si tu peux1 laisse ce so9 plus ri*e4 ,aie t\j\rs sur toi un s\ neuf et mme fais-le reluire *aque mat9 avant de sortir4 ,c> avec ce s\ neuf que tu tir]as t>divem5t de ta po*e1 tu peux faire le ge/e de pay] en laissant croire la prs5ce d'un l\is4 ,tu n'es pas l'oblig de celui qui t'invite djeun]4 ,le s5tim5t de sa gnrosit1 le plaisir de ta conv]sation ont l>gem5t ddommag ton hte des quelques francs qu'il a dp5ss p\r toi4 vite ce m\vem5t spontan qui te p\ss]a l\] le *oix et l'abondance inusite des mets4 ,il te s]a a9si p>gn un f9 s\rire sur le visage de ton int]locuteur4 ,sa*e-le bi54 ,il n'y a pas de "q d'arg5t p\r qui mprise l'arg5t4 ,si tu z un ami millionnaire1 ne sois pas1 vis--vis de lui1 arrogant comme c]ta9s orgueilleux1 flatteur comme un p>asite4 ,sois son gal1 exactem5t comme si la =midable diffr5ce de la ri*esse n'exi/ait pas4 ,,importance ,,des ,,habits ,il ne faut jamais v5dre ses habits4 ,dne plutt seul dans ta *ambre1 d'un morceau de pa9 et d'un peu de *>cut]ie sur un j\rnal1--ce qui e/ le comble de l'horreur1--adresse-toi plutt1 si tu z trop beso9 d'arg5t1 un grant de caf1 en simulant p\r cette occasion une p]sonnalit joviale et familire1 mais ne v5ds jamais tes habits4 ,ce sont eux qui te donn5t ton assurance et ta fi]t1 qui te p]mett5t de reg>d] le soir1 la lueur des becs de gaz1 m>*] ct de toi ton ombre1 une ombre honorable et connue dont tu admires l'aisance et qui1 elle1 n'a pas l'air de ne pas avoir d'arg5t4 ,tu sais bi5 quelle tri/e allure ont les vieux complets qu'on a trop mis1 dont les c\des luis5t et o il y a des ta*es imp>faitem5t nettoyes4 ,on e/ humble s\s un co/ume humble4 ,on e/ un jeune homme in/ruit1 ple9 d'av5ir1 dans un complet neuf4 ,on e/ aussi un jeune homme di/+u et lgant1 ce qui e/ trs important p\r l'am\r1 p\r les m]veilleuses possibilits de la rue4 ,les conducteurs d'omnibus1 les dome/iques1 les g>ons de caf sont t\s s5sibles au co/ume4 ,tu devras mille petites faveurs de la vie ton app>5ce extrieure4 ,un de mes amis vcut plus d'un an ,p>is avec c9quante francs p> mois4 ,il habitait une mans>de dont le plafond tait mo9s haut que sa taille2 il n'avait pas de meubles et il c\*ait sur des j\rnaux froisss4 ,il dut sa =ce de rsi/ance et son salut une cape espagnole4 ,que lui importai5t en effet les privations1 le froid1 la misre6 ,il avait le s5tim5t d'tre le jeune homme le plus beau et le plus romantique du monde4 ,,les ,,maitresses ,tu t'm]veill]as de la gr&e quantit de femmes que r5f]me ,p>is4 ,les c\ps qui gliss5t v]s le ,bois de ,b\logne1 le frmissem5t des dess\s luxueux1 les visages ennuys des gr&es c\rtisanes1 t'impressionn]ont pr(ondm5t4 ,r5once d'abord une illusion trop rp&ue4 ,tu n'auras p\r matresse ni une femme du monde1 ni une actrice clbre4 ,ne dem&e pas p\rquoi4 ,considre cela comme une vrit suprieure qu'il ne faut pas discut]4 ,il e/ va9 d'importun] ,liane de ,p\gy ou la belle ,ot]o de lettres lgiaques4 ,sa*e bi5 que les lettres d'am\r1 quelle que soit leur beaut1 n'ont aucune espce d'influ5ce sur cet ordre de femme4 ,seules1 des actions inatt5dues et audacieuses p\rrai5t te s]vir4 ,mais tu z encore trop de timidit prov9ciale en toi p\r en tre capable4 ,tu connatras1 dans des conc]ts1 des jeunes filles qui sort5t du ,cons]vatoire1 qui sont l',odon et tu f]as mme dire des v]s p> l'une d'elles4 ,mais ne lui cris pas des lettres d'am\r1 surt\t ne l'aime pas4 ,tu ne s]as jamais qu'un trang] p\r cette p]sonne qui1 vivant dans la compagnie de hros littraires n\rris d'un idal sublime1 n'a pas g>d p\r elle-mme la mo9dre p>celle d'un idal quelconque4 ,elle ne saurait aim] qu'un matre dans son art1 un de ces hommes rass et simples qui ont v+t ans de ?tre d]rire eux et assez d'autorit p\r la tutoy]1 la premire fois qu'ils la voi5t4 ,tu auras donc les femmes des cafs1 les modles de tes cam>ades pe9tres1 peut-tre une c\turire dont tu f]as connaissance au re/aurant1 les matresses de tes amis4 ,mais les femmes des cafs sont vnales1 et qu& elles sont ds9tresses1 t\te l'ambition de leur gnie consi/e boire une quantit illimite de boissons amrica9es jusqu' une heure trs t>dive4 ,les modles sont mal faits et pris des seuls pe9tres4 ,un abme d'ennui te sp>]a de la c\turire2 les matresses de tes amis s]ont t\tes laides4 ,rsigne-toi donc vivre sans matresse1 pr(itant seulem5t de l'av5ture am5e p> le has>d4 ,reg>de les portes qui s'ouvr5t qu& tu montes l'escali]1 les f5tres qui sont en face des ti5nes1 la b\tique d]rire les vitres de laquelle rve peut-tre un visage *>mant4 ,en *oisissant ta *ambre1 tu z dcid de ta vie s5tim5tale1 c> p\r une femme ord9aire le pre/ige d'tre un vois9 e/ plus gr& que celui d'tre beau et illu/re4 ,s\vi5s-toi1 du re/e1 que ceux qui pass5t leur temps *]*] des femmes n'en ont gure plus que ceux qui ne s'en occup5t pas4 ,pr5ds s\v5t le mtropolita94 ,ce lieu e/ favorable des r5contres =tuites4 ,e/-ce le s5tim5t de la vitesse1 l'air irrespirable1 la *aleur1 la proximit des corps8 il n'importe6 ,mais le reg>d des femmes e/ plus bi5veillant qu'ailleurs1 les moy5s d'entr] en conv]sation sont plus aiss4 vite les gr&s magas9s3 on y fait des a*ats4 ,ne cra9s pas d'(frir le ? et les gteaux3 tu s]as un homme di/+u4 ,si tu invites dn]1 p>le de suite d'un curieux petit re/aurant o il y a des pe9tres et o la cuis9e e/ exceptionnelle4 ,tu peux alors all] *ez n'importe quel mode/e m>*& de v9s dont les prix sont en rapport avec tes ress\rces4 ,il te suffira de dem&] en entrant si ,m4 ,villette n'e/ pas v5u ce soir1 p\r p>] cet endroit1 aux yeux de ta compagne1 de t\t le *>me de la vie des arti/es4 ,ces sortes de liaison comm5c5t dans les fiacres4 ,elles sont phmres comme une c\rse deux francs l'heure4 ,il vaut mieux4 ,la vie deux sans arg5t e/ un abme de tri/esse1 mme qu& on aime4 ,sacrifie l'am\r ds l'orig9e4 ,il te p>alys]ait1 limit]ait ton action et tu le v]rais m\rir t\t de mme1 cause des draps qu'on ne *ange pas assez s\v5t1 de l'odeur de la cuis9e qu'on fait *ez soi1 du repas pris p>mi tes livres1 cause de cette rancune qu'eng5dre la pauvret deux4 ,re/e seul1 travaille davantage1 applique-toi conqurir les hommes1 ce qui e/ bi5 plus important que de conqurir les femmes4 ,et dis-toi qu'il y a1 avec une imm5se mlancolie1 quelque d\ceur p\rtant1 dans le s\v5ir d'une ma9 qui t'a *app sans t'avoir donn t\te sa *aleur1 dans le s\v5ir d'un beau et *] visage disp>u444 ,,mani,,re ,,de ,,se ,,conduire ,,avec ,,les ,,hommes ,,influ5ts tant sans matresse attitre1 tes j\rs s]ont libres4 ,le plus gr& dang] qui te guett]a e/ celui des cafs o il fait *aud1 l'hiv]1 o il y a des amis joyeux qui caus5t et boiv5t4 ,n'y demeure qu'autant que cela s]a ncessaire ress]r] des li5s prcieux d'amiti4 ,va dans la vie1 n'importe o1 au has>d1 il y a une rcolte dans *aque milieu4 ,tu v]ras des tres div]s2 des antipa?ies et des sympa?ies natront aut\r de toi4 ,tu f]as un *oix et ta p]sonnalit tr\v]a son *em9 comme une rivire creuse son lit dans une montagne qu'elle desc5d4 ,ne va pas jug] si un homme e/ important d'aprs son co/ume4 ,a une c]ta9e hauteur l'artifice du vtem5t e/ inutile4 ,l'homme important sait bi5 que sa puissance se dgage naturellem5t aut\r de lui comme une atmosphre4 ,tu s]as mme bi5 tonn un j\r1 si tu vas aux c\rses1 qu& on te dsign]a un homme trs mode/em5t vtu et qu'on te dira3 ,c'e/ un ,ro?s*ild4 ,du re/e l'e/ime d'un honorable pauvre e/ plus prcieuse quelquefois que l'amiti d'un m9i/re4 ,mais songe que tes plus gr&s ennemis sont en toi4 ,ils sont cet afflux de sang tes j\es1 cette p>alysie dplorable qui te f]a bgay]1 te donn]a une app>5ce humble et mode/e1 qu& tu s]as en prs5ce du directeur du ,fig>o1 ou de celui de l',odon4 ,tu s]ais jug d'un c\p d'il1 class p\r la vie1 et sans que ce jugem5t soit susceptible d'appel1 dans la catgorie des p]sonnages de troisime plan1 qu'on fait att5dre1 qu'on reoit deb\t1 auxquels on n'accorde que quelques m9utes1 qu'on ne croira jamais susceptibles de gr&es *oses4 ,rsi/e cette voix qui te p\sse dire t\t de suite l'homme influ5t que tu vas sollicit]3 --,mais oui1 ma dem&e e/ exagre et absurde4 ,il e/ lgitime que v\s la rep\ssiez4 ,excusez-moi de v\s avoir drang4 ,ne tombe pas dans un excs contraire d'audace simule2 ne te flatte pas d'une influ5ce illusoire sur tes cam>ades1 ou d'une ambition dmesure que tu n'z pas3 ce s]ait plus f*eux encore2 tu s]ais considr comme un de ces dang]eux arrivi/es dont il faut refrn] l'ardeur1 dont on peut t\t cra9dre4 ,ne sois pas trop aimable2 ne sois pas timide1 l e/ l'ess5tiel4 ,songe que t\tes les fois que tu s]as en prs5ce d'un homme dont dp5dra ta de/9e1 auquel tu vi5dras dem&] quelque *ose1 un combat obscur se livr]a4 ,tu s]as comme un gu]ri] ds>m qui attaque seul une imm5se ville =tifie4 ,p\r ne pas m\rir1 ne p]ds jamais de vue la consci5ce favorable que tu z de toi-mme4 ,,le ,,pre/ige ,,du ,,monde ,tu s]as invit c]ta9em5t quelque soire1 *ose trs honorifique dans ta situation4 ,cela te p]mettra d'crire tes p>5ts3 ,je vais beauc\p dans le monde1 ces temps-ci4 ,et la vision qu'ils auront aussitt de toi1 rcitant des v]s devant une *em9e1 s\s les lu/res1 p>mi les acclamations de femmes c\v]tes de bij\x1 s]a d\ce ces curs simples4 ,il se peut1 il e/ vraisemblable que tu aies un habit4 ,si tu n'en possdais pas cep5dant1 sa*e qu'il e/1 rue ,sa9t-,&r-des-,arts1 une b\tique mode/e o tu p\rras en faire a*at1 moy5nant une somme drisoire4 ,l1 une f\le d'habits repos5t1 c\*s les uns sur les autres4 ,c]ta9em5t il en s]a un ta taille4 ,tu l'essai]as dans la b\tique mme4 ,veille p5dant cette m9ute ce qu'on ne t'ap]oive pas de la rue4 ,mais ce s]ait un bi5 gr& has>d si mademoiselle ,sorel ou la comtesse de ,noailles passai5t ju/em5t p> l et reg>dai5t trav]s les c>reaux4 ,tu entr]as dans le monde1 ivre de fi]t et tremblant de peur4 ,tu t'm]veill]as d'abord que t\t aille si bi51 que tu puisses salu] avec autant d'lgance1 tre prs5t des g5s importants1 prononc] des p>oles suffisantes1 s]r] la ma9 droite et gau*e4 ,le s\rire de la matresse de maison aura eu l'air de te m>qu] une e/ime p>ticulire4 ,la mdiocrit incroyable des propos que tu ent5dras te rassur]a peu peu1 te r5dra l'e/ime de toi-mme p]due dans la dtresse du db4 ,alors1 tu v]ras1 dans un co91 un homme semblable toi1 mais plus mode/e1 plus timide1 plus p\vant1 avec un habit frre du ti54 ,son il tri/e1 son attitude gne1 quelques mots prononcs voix basse sur l'extrme *aleur1 m5di]ont une p>ole de toi4 ,tu p\rrais lui donn] ce que tu *]*es toi-mme1 un appui1 le s5tim5t qu'il n'e/ pas absolum5t seul4 ,mais non6 dans ta folie orgueilleuse1 tu le mpris]as1 tu pactis]as avec les hommes lgants1 au nud de cravate impeccable1 avec la f\le des ennemis4 ,ple9 de ta confiance en toi retr\ve1 tu f]as quelque dm>*e h>die1 tu trav]s]as le salon1 tu ap]cevras ta silh\ette dans une glace et tu n'en s]as pas mcont5t4 ,cela dur]a jusqu' la m9ute o tu auras reg>d trop att5tivem5t une jeune fille1 une jeune fille dont le co/ume compliqu1 les *eveux f9s1 la grce dlicate rsum]ont p\r toi t\s les *>mes du monde p>isi54 ,tu v]ras son reg>d froid et att5tif1 ple9 de curiosit1 longuem5t fix sur tes pi$s4 ,ce reg>d s]a sans mpris1 sans ironie mme1 ce s]a un reg>d qui con/ate1 qui enregi/re4 ,il enregi/r]a la =me suranne de tes bott9es1 la *ute maladroite de ton pantalon4 ,p\r la premire fois de ta vie tu p5s]as tes pi$s et leur gr&e importance4 ,avec une m\e imp]ceptible1 le visage *>mant se s]a dt\rn p\r jamais4 ,tu reg>d]as aut\r de toi et tu t'ap]cevras que t\tes les bott9es vois9es sont v]nies et sembl5t neuves1 t&is que les ti5nes sont seulem5t cires avec so9 et d=mes p> des m>*es anci5nes4 ,un horrible gnie de comp>aison natra t\t d'un c\p dans ton me4 ,tu auras honte de tes *eveux trop longs1 de ton col trop l>ge1 de ton gilet trop troit4 ,ton pantalon te s]a odieux p>ce qu'il n'aura pas de pli4 ,tu haras ta mre ou ta sur p>ce qu'elle t'aura donn tes b\tons de man*ettes4 ,ton habit se s]a s\da9 fan sur ton dos2 une ta*e que tu n'avais pas vue1 se mettra brill] comme un ph>e4 ,le p>fum de la b5z9e s'lv]a de tes gants nettoys4 ,tu *]*]as en va9 celui que tu avais reconnu comme un homme de ta race1 p\r t'afflig] avec lui de la /upidit imm5se des g5s du monde4 ,trop t>d6 il aura dj fui4 ,crois-moi4 ,gagne alors le buffet4 ,ces petits avantages que sont le v9 et les gteaux t'y att5d5t4 ,l'tre grossi] qui e/ en toi p\rra se dire que la soire n'a pas t absolum5t p]due si le *ampagne tait bon4 ,c'e/ une curieuse illusion qui te fait croire que le matre d'htel te suit de l'il et compte ce que tu pr5ds4 ,cet homme sol5nel e/ sans ironie1 et p\rquoi s]ait-il av>e de ri*esses dont il dispose1 mais qui ne sont pas les si5nes8 ,il s]a deux ou trois heures du mat9 qu& tu sortiras4 ,les voitures1 la nuit1 cot5t un prix exorbitant4 ,tu r5tr]as tri/em5t pi$4 ,mais1 mesure que tu t'loign]as1 tu t'ap]cevras que ton pas rsonne avec autorit dans la rue vide1 ton habit retr\v]a son pre/ige p]du1 tu entr'ouvriras mme ton p>dessus p\r qu'un passant l'ap]oive et ait une haute ide de cette lgance4 ,la fatigue1 le *ampagne et ta jeune imag9ation te donn]ont le s5tim5t d'une vie monda9e de plaisirs4 ,et malgr tes dboires1 qu& tu arriv]as ta porte1 tu sonn]as avec un c]ta9 orgueil et la nglig5ce du noceur blas4 ,,possibilit ,,de ,,faire ,,=tune ,,p> ,,le ,,jeu ,les dceptions du monde incl9]ont ton esprit des rflexions amres4 ,v]s cette poque1 longeant le fleuve d'or1 de billets de ?tre et d'am\r qui c\le entre la ,madele9e et la ,porte ,sa9t-,m>t91 tu r5contr]as un ami peu connu de toi1 qui te tutoi]a et t'(frira de te protg]4 ,tu lui racont]as tes ennuis et il rira1 te tap]a sur l'paule en t'affirmant qu'il peut te faire gagn] beauc\p d'arg5t4 ,il te conduira dans des c]cles4 ,en ne j\ant que sur c]ta9s c\ps srs1 l'homme pati5t et qui a de la volont gagne sans aucun risque1 te dira-t-il4 ,tu gliss]as1 ple9 d'anxit sur son sort1 une pice de c9q francs sur un de ces c\ps4 ,un has>d trs r>e v\dra ju/em5t que tu p]des malgr t\tes ses prvisions4 ,une somme plus importante1 confie ton n\vel ami p>tant p\r les c\rses1 disp>atra de la mme manire1 contrairem5t au calcul et la raison4 ,cela vaut mieux4 ,seuls1 peuv5t vivre du jeu1 des p]sonnages passag]s1 sans autre b prcis que celui d'avoir de l'arg5t1 sans foi en eux-mmes4 ,tu n'es pas de ceux-l4 ,ne regrette ni l'illusion du luxe que donne le c]cle1 ni le dn] qui ne cote ri51 mais qu'il faut pay] de conv]sations avec des vieill>ds1 paves de t\s les mondes1 que l'on ne tr\ve que l4 ,r5once au salon sol5nel o il y a t\s les j\rnaux illu/rs1 l'orgueil d'tre connu p> des dome/iques en uni=me4 ,les c>tes j\] ont un d\ble visage4 ,p\r avoir tes quelques s\s1 elles te t5d5t des billets de banque4 ,ne te laisse pas pr5dre cette ruse grossire4 ,,les ,,petites ,,annonces3 ,,emprunts1 ,,beaux ,,m>iages1 ,,maitresses ,d,,s9t,,ress,,es ,en lisant le j\rnal1 un sam$i1 tu dc\vriras que la vie e/ ri*e et qu'elle s'(fre toi dans son inf9ie v>it4 ,petites annonces du j\rnal1 v\s tes le p>adis des esprances6 ,aprs t'tre m]veill de l'extraord9aire prosprit du comm]ce des vieux d5ti]s1 tu liras avec allgresse l'(fre d'un monsieur qui (fre n'importe qui de prt] n'importe quelle somme d'arg5t4 ,p>is e/ ple9 de philan?ropes qui ne dem&5t pas mieux que de favoris] de jeunes criva9s comme moi1 te diras-tu4 ,le t\t e/ d'tre en relation avec eux2 le j\rnal e/ p\r cela un commode int]mdiaire4 ,ce philan?rope habite trs lo91 dans un faub\rg4 ,sa maison e/ une misrable maison ouvrire4 ,c'e/ sa femme qui vi5t ouvrir la porte et elle reg>de anxieusem5t celui qui arrive comme si on v5ait l'arrt]4 ,le philan?rope e/ d]rire un petit bureau2 il e/ mal vtu et mal ras2 il dem&e svrem5t au visiteur ce qu'il veut4 ,tu cra9s de t'tre tromp1 tu balbuties1 tu p>les confusm5t d'un emprunt possible4 ,alors l'homme s\rit2 il a vu d'un c\p d'il que tu es honorable1 il compr5d que tu z de l'av5ir2 il dem&e de quelle somme tu z beso94 ,tu dis un *iffre3 c9q c5ts francs p> exemple4 ,il rit aussitt p>ce que c'e/ une t\te petite somme trs facile prt]4 ,tu le suis des yeux2 l'arg5t e/ l dans un tiroir1 il va te le donn] t\t de suite4 ,quel philan?rope6 ,il te promet en effet de te le donn]1 mais dans trois j\rs seulem5t4 ,il a une absolue confiance en toi1 mais les affaires sont les affaires4 ,il faut qu'il ait d'ici l une fi*e de r5seignem5ts3 c'e/ une simple =malit1 l'usage de la maison4 ,les frais de cette fi*e que donne une ag5ce sont la *>ge de l'emprunteur1 bi5 ent5du4 ,tu tr\ves cela trop lgitime et tu lui donnes avec joie une somme qui v>ie entre trois et qu9ze francs4 ,v\s v\s quittez les meilleurs amis du monde et il doit t'crire le surl5dema94 ,tu n'en ent5ds plus jamais p>l]4 ,si tu en conois quelque regret1 console-toi en songeant que le philan?rope prteur d'arg5t n'aurait peut-tre pas dn ce soir-l1 a9si que sa femme et ses enfants1 sans l'arg5t de ta fi*e4 ,et il ne t'a tromp en somme qu' demi4 ,il a des r5seignem5ts sur toi3 il sait dsormais que tu es un homme honorable4 ,celui qui v\s (fre dn] n'e/-il pas t\j\rs honorable8 ,il y a aussi1 dans les petites annonces1 de beaux m>iages et des matresses ds9tresses4 ,tu p\rras te dire1 qu'en effet1 une f\le d'admirables jeunes filles sans relations1 d'trangres aux yeux lang\reux1 de femmes dsireuses de n\veaut mett5t des annonces dans le j\rnal4 ,cette di/raction e/ in(f5sive4 ,elle ne cote qu'une bote de papi] lettre lgant1 des timbres1 des dm>*es la po/e re/ante4 ,tu iras dans des kiosques d'omnibus1 t5ant la ma9 soit un b\quet de fleurs1 soit un numro du j\rnal1 comme signe de reconnaissance4 ,il t'arriv]a d'y tr\v] une femme ayant pass la c9quanta9e qui te f]a fuir aussitt4 ,il t'arriv]a de te tromp]1 d'all] p>l] des dames qui att5d5t simplem5t l'omnibus et d'tre =t mal accueilli4 ,il t'arriv]a d'tre en butte la moqu]ie de plusieurs jeunes g5s1 auteurs des lettres que tu z reues et qui s]ont v5us guett] ta dconv5ue4 ,peut-tre un j\r1 sur l'(fre d'une dot de plusieurs millions1 iras-tu dans une ag5ce matrimoniale4 ,mais qu& une p]sonne ge1 en te reg>dant bi5 en face1 te dem&]a combi5 tu gagnes p> an1 tu te tr\bl]as1 tu diras qu'il ne s'agit pas de toi1 que tu vi5s de la "p d'un de tes amis =t ri*e et tu t'en iras en maudissant les petites annonces1 ce m>* trompeur de l'espoir1 un franc soixante-qu9ze la ligne4 ,,faut-,,il ,,avoir ,,une ,,situation8 ,tu *]*]as une situation et voil le plus gr& dang] qui te guette1 ta vie ou ta mort1 selon ton toile bonne ou mauvaise4 ,sur les dix p]sonnes auxquelles tu te s]as adress1 amis de ton pre1 dputs de ton pays1 vieilles dames qui ont beauc\p de relations1 il y en aura neuf qui te promettront de faire des dm>*es et de t'crire bi5tt et dont tu n'ent5dras plus p>l]4 ,tu n'en s]as qu' demi f*1 l'tat de celui qui *]*e une situation e/ agrable p>ce qu'il e/ au bord de l'imprvu4 ,mais la dixime p]sonne1 un homme bi5veillant1 oisif et protecteur1 s]a saisi p\r toi d'une my/rieuse activit1 d'un inquitant dsir de te voir cas4 ,de quelle reconnaissance ne devras-tu pas tre *>g l'g>d de ce t]rible ami6 ,il f]a des visites avec toi1 crira des lettres logieuses sur ton compte1 et cela sans raison1 cause de la sympa?ie p]sonnelle que tu lui auras inspire4 ,il t'annonc]a enf9 qu'il a tr\v une situation srieuse1 un po/e sr4 ,c'e/ alors qu'il te faudra un gr& c\rage4 ,ce po/e sr1 tu dois le refus]1 si quelque esprance e/ en toi1 si quelque v]tu t'anime4 ,mieux vaut djeun] encore p\r quelques s\s1 tre un sujet de colre p\r ta repasseuse1 c\rir dans la rue lorsqu'il fait trop froid1 ne plus revoir l'ami de ton pre actif et bon4 ,t\t jeune homme qui vi5t ,p>is tr\ve cette situation4 ,c'e/ une ma*9e quelconque aux r\ages inexorables1 socit indu/rielle1 gr&e maison d'dition1 compagnie d'assurances o il e/ jet et broy p\r c5t c9quante francs p> mois avec la c]titude d'en avoir deux c5ts dans dix ans4 ,n'accepte pas1 meurs plutt4 ,surt\t ne te dupe pas toi-mme en acceptant titre d'essai p\r deux ou trois mois4 ,la s]vitude dans laquelle tu tomb]ais1 l'amiti de tes compagnons mdiocres1 les petits bonheurs du diman*e f]ai5t rapidem5t de toi un l*e dont les dsirs sont borns4 ,tu p]drais l'habitude de l'ef=t vritable1 qu'on accomplit p\r soi-mme1 librem5t4 ,peut-tre f9irais-tu p> croire que tes sept heures d'criture con/itu5t un l\able travail4 ,tu s]ais invit dans de petits app>tem5ts p> d'autres employs o des femmes laides mais laborieuses font le mnage1 prp>5t le dn]4 ,le *>me de la pauvret propre et honnte te saisirait4 ,tu te tr\v]ais des prtextes p\r att5dre les c5t c9quante francs du mois suivant4 ,il te faudrait plus de =ce p\r va9cre l'esprance misrable de ces c5t c9quante francs1 qu'il ne t'en a fallu p\r va9cre ta prov9ce coalise et v5ir ,p>is4 ,n'accepte que des situations inc]ta9es4 ,les n\veaux j\rnaux1 les ?tres qui se fond5t1 les cab9ets des m9i/res1 si cela t'e/ possible1 doiv5t tre plus dsigns ton ambition1 p>ce qu'ils sont passag]s p> leur nature4 ,tes matres n'exig]ont pas trop de toi p\r que tu n'exiges pas trop d'eux-mmes4 ,ce s]ont des hommes dans ton g5re avec quelques annes de plus4 ,ne prte pas d'att5tion au mpris app>5t que p\rront te tmoign] des mdiocres1 p>ce que tu ne gagnes pas un arg5t rguli]4 ,si tu r5contres un ami arriv1 jadis semblable toi1 auj\rd'hui bon fonctionnaire1 ri*em5t m>i1 et s'il te pr5d en piti cause de ton tat in/able1 appuie-toi1 p\r rsi/] son hypocrite sympa?ie1 sur l'am\r de toi-mme1 comme sur une colonne de m>bre4 ,p>donne-lui l'excs de bont qu'il te tmoigne puisqu'il ne s\ponne mme pas quelle hauteur tu veux atte9dre4 ,,la ,,ri*esse ,,qui ,,donne ,l',,amiti ,t*e d'avoir des amis4 ,on les acqui]t d'abord p> son visage bi5veillant1 la facilit qu'on a salu] des g5s peu connus1 s]r] des ma9s qui se t5d5t4 ,le gt des conv]sations sympa?iques1 l'am\r qu'on a des autres et de soi-mme font vite que beauc\p de g5s ont du plaisir v\s voir4 ,mais ce n'e/ pas assez4 ,il faut *oisir4 ,ne laisse pas au has>d d'une r5contre1 un vois9age1 le so9 de te donn] des amis4 ,une fois que tu auras lu un ami dans ton cur1 ne cra9s pas de l'importun] p> des visites inatt5dues1 des politesses excessives4 ,ne te laisse pas rebut] p> sa froideur4 ,tu lui apportes1 avec la prdilection de ta sympa?ie1 une imm5se ri*esse1 la mme que tu att5ds de lui4 ,il compr5dra =cm5t la longue quel avantage v\s avez t\s deux ce comm]ce idal4 ,ce n'e/ jamais une aide matrielle que tu dois att5dre de l'amiti4 ,g>de-toi p> exemple d'emprunt] de l'arg5t ton ami1 mme si tu l'z ent5du dcl>] plusieurs fois que l'arg5t e/ une *ose mprisable1 que lorsque l'un en a1 l'autre doit en avoir1 etc4 ,on ne sait jamais jusqu'o plong5t les rac9es de l'intrt4 ,obs]ve une semblable rs]ve si ton ami e/ trs ri*e4 ,les bi5s de l'amiti sont plus prcieux que n'importe quelle somme d'arg5t4 ,ils sont le s5tim5t que l'ef=t e/ p>tag1 que l'action solitaire qu'on accomplit e/ agr&ie p> la sympa?ie de l'ami1 que l'injure qu'on reoit1 l'*ec qu'on pr\ve e/ dim9u1 r5du insignifiant ou plaisant p> les comm5taires favorables qu'en fait l'ami4 ,r5ds avec so9 ce qui t'e/ donn dans ce doma9e4 ,intresse-toi aux mo9dres faits de la vie de ton ami1 au rcit de ses am\rs1 aux dtails de son budget1 ses s\v5irs de s]vice militaire4 ,ne dis jamais de mal de lui1 c> t\t se sait4 ,surt\t n'en p5se pas quoi qu'il fasse4 ,aie p\r lui la mme indulg5ce que p\r toi4 ,s'il a une matresse1 ne lui fais pas la c\r4 ,elle se ht]ait de l'en prv5ir1 en amplifiant ton audace1 en trans=mant en p]fidie ton gt naturel des femmes4 ,ne va pas non plus tre trop froid son g>d1 ne la reg>de pas avec une complte indiffr5ce4 ,elle te considr]ait alors comme un mortel ennemi1 elle t'accus]ait de v\loir la faire rompre avec son amant et il lui s]ait trs ais de te br\ill] avec lui3 l'am\r a t\j\rs le pas sur l'amiti4 ,fais donc ent5dre une bonne fois cette matresse p> quelque p>ole d\ble s5s que c'e/ elle que tu aurais aime si l'amiti sacre ne v\s avait pas sp>s irrvocablem5t4 ,n'en p>le jamais ensuite4 ,sa vanit s]a satisfaite et elle attribu]a tes indiffr5ces p\r elle un scrupule sublime4 ,n'att5ds aucun s]vice de tes amis4 ,qu& ils dem&]ont quelque *ose p\r toi1 ce ne s]ont que des *oses trs mode/es1 bi5 au-dess\s de ta valeur4 ,tu t'tonn]as que des tres qui t'aim5t1 dont tu z pr\v les s5tim5ts1 te mconnaiss5t a9si1 ne te jug5t digne que d'avantages tellem5t mdiocres que tu ne p\rrais les accept] sans honte4 ,cela ti5t ce qu'ils ne te situ5t pas dans la vie4 ,l'amiti leur a rvl tes faiblesses4 ,ce sont elles qu'ils voi5t1 plutt que tes qualits4 ,seuls1 des hommes que tu connais pe9e os]ont te r5dre de vrais s]vices4 ,tu auras leurs yeux le pre/ige d'un tal5t qu'ils ignor5t1 dont ils ne sav5t pas les petits cts4 ,tes amis ne peuv5t t'(frir que la d\ceur de la ma9 t5due1 des projets qu'on fait ensemble1 des esprances qu'on p>tage1 le plaisir ine/imable de se racont] l'un l'autre4 ,et c'e/ bi5 assez4 ,mais1 crois-moi1 g>de-toi de t'enorgueillir d'amitis puissantes ou illu/res4 ,ta =ce e/ dans les li5s qui t'uniss5t ceux qui sont semblables toi1 s]ai5t-ils plus humbles mme1 la tr\pe famlique de ceux que la vie n'a pas favoriss1 aux potes des htels g>nis deux francs1 aux criva9s qui habit5t au sixime tage1 aux auteurs dramatiques qui se font comdi5s p\r vivre4 ,sa*e bi5 que ces mode/es compagnons avec leurs r$+otes ues1 leurs bott9es o passe l'eau1 leurs *eveux longs1 ont une influ5ce plus vritable que t\s les hommes arrivs avec leurs p>oles conv5tionnelles4 ,c> leur ds9tressem5t les prcde et les df5d1 c> seuls les cris qui p>t5t d'en bas peuv5t mont] trs haut et tre ent5dus trs lo94 ,,la ,,=ce ,,de ,l',,homme ,,joyeux ,il faut une gr&e =ce d'me p\r s5tir1 qu& il fait froid1 les b\ffes *audes des cafs devant lesquels on passe1 o il y a des nappes blan*es1 des boissons qui miroit5t et o l'on ne peut pas s'arrt]4 ,il e/ ennuyeux de ne pas mang] sa faim1 dans le petit re/aurant o l'on paie1 d'tre priv de dess]t comme qu& on tait enfant et qu'on tait puni1 de regrett] les v+t c5times que le caf cote en supplm5t4 ,il e/ ennuyeux de rpondre ses amis qui s'en vont en b&e ,bulli] qu'on e/ fatigu1 qu'on a mal la tte1 alors qu'on a une envie folle de p>ticip] aux lgances de ce lieu1 p>ce qu'on ne peut dispos] de la petite somme que cote l'entre6 ,rclamations du propritaire et du tailleur1 papi] qu'apporte l'employ de ,dufayel1 s]viettes tr\es1 bott9es ressemeles1 odeurs de bois moisi1 v\s brisez le c\rage des curs les mieux tremps4 ,o jeune homme1 dveloppe en toi ton allgresse1 ta gat2 sois1 en dpit des vnem5ts et de la mauvaise =tune1 un homme joyeux4 ,l'homme joyeux e/ =t1 mme s'il e/ laid et mal vtu1 p>ce qu'il rit de celui qui e/ beau et lgant4 ,l'homme joyeux reg>de bi5 en face1 s]re la ma9 trs =t et fait compr5dre t\t de suite qu'il e/ joyeux4 ,lorsqu'il va dn] dans la maison du ri*e1 il n'e/ pas s5sible l'ironie discrte1 mais relle1 du laquais ras qui pr5d obsquieusem5t son p>dessus et qui en reg>de la d\blure d*ire1 p>ce que1 p> son ge/e1 p> son attitude1 il a montr qu'il savait bi5 que la d\blure tait d*ire1 que cela lui tait gal1 qu'il en riait1 et que p>-dessus le m>* il riait du laquais ras et de son pauvre mti]4 ,l'homme joyeux n'a pas de fausse honte si le ri*e (fre de lui prt] de l'arg5t1 mme s'il le fait la manire habituelle des ri*es1 d'une faon o/5sible1 humiliante1 comme une aumne4 ,il accepte et il a raison1 c> il sait que ce ri*e e/ un mdiocre oisif1 t&is que lui travaille de sa p5se4 ,il considre que c'e/ l un bi5fait gnral que cette ri*esse1 au lieu d'tre j\e aux c>tes1 au lieu de pay] des livres1 des tapis1 des bij\x1 au lieu de s]vir entret5ir un luxe cri>d1 lui p]mette d'a*et] des livres1 un *apeau1 des s\li]s1 de donn] v+t francs une petite femme qui passe et qui n'a pas d'arg5t et il rit de l'humiliation qui lui e/ impose p> ce passage de la ri*esse d'une ma9 dans l'autre1 qui e/ une =me de la ju/ice4 ,il n'aura qu' se s\v5ir de ,baudelaire et de ses cranci]s1 de ,v]la9e dans les cafs du qu>ti] lat94 ,il p\rra se dire1 en voyant pass] des voitures lgantes1 que les bi5s les plus *>mants1 la lumire1 la ri*esse des visages1 la beaut de la ville sont t\s1 qu'on voit mieux ,p>is qu& on e/ pi$4 ,a9si il ne connatra pas de la vie seulem5t la =me extrieure1 la surface3 il pntr]a jusqu' son cur p> les ruelles tortueuses o il y a plus d'hommes qui viv5t mesure qu'elles devi5n5t plus troites4 ,il saura plus de *oses p>ce qu'il aura eu mo9s d'arg5t4 ,l'homme joyeux rira de l'av>ice des puissants1 de leur soif de g>d] jal\sem5t ce qu'ils ont acquis2 il rira des conv5tions mod]nes1 des ef=ts imm5ses v]s des buts mesqu9s1 des dcorations1 des honneurs1 de la gloire drisoire d'tre directeur de quelque *ose1 prfet ou m9i/re3 il rira des potes (ficiels1 des cui/res ass]m5ts1 des grontes orgueilleux1 des acadmici5s1 des pontifes1 de t\s les mornes adorateurs de la mdiocrit1 de t\t ce qui e/ immobile1 fig1 esclave4 ,y a-t-il une f9 ta c\rse8 ,le petit app>tem5t que tu conqu]ras p> bi5 des ef=ts1 les meubles de ,dufayel1 les livres a*ets un un1 les portraits d'actrices dans des cadres bon m>*1 rsi/]ont-ils l'assaut des cranci]s1 ou s]ont-ils emports ou disp]ss8 ,ne s]as-tu pas dbord p> l'tr5ne de la conci]ge1 la feuille bleue de l'impt1 le fiacre imprudemm5t (f]t1 le prix du ptrole et du *>bon8 ,ne s5tiras-tu pas1 un soir1 un imm5se curem5t p\r la n\rriture des b\illons ,*>ti]1 ton escali] o il y a des pots de lait *aque tage1 ton logis mal clair et trop troit8 ,z-tu vraim5t du tal5t8 ,*acun le saura-t-il un j\r8 ,ou ta matresse et un ou deux amis qui fond5t avec toi des revues1 en s]ont-ils seuls p]suads8 ,cette ?orie e/-elle bi5 vraie qui dit que la *ance passe tt ou t>d p\r *acun et qu'il suffit de l'att5dre et de l'aid]8 ,tr\v]as-tu ton repas quotidi51 l\p de la fable8 ,ne regrett]as-tu pas le colli] du *i58 ,atte9dras-tu le b1 c\reur8 ,o jeune homme1 mon frre1 ici s'arrte ce que je sais4 ,plusieurs fois dj je t'ai vu pass]1 je t'ai guett et suivi dans la rue1 af9 de press] ta ma94 ,et j'avais envie de m'lanc] v]s toi et de te dire3 ,je sais4 ,comme la mi5ne autrefois1 ta lampe fume cause de la m*e qu'une femme de mnage nglig5te m\*e mal4 ,il y a des c5dres sur le foy]1 une lgre odeur de suie1 une d*irure dans le tapis et peut-tre aussi r$is-tu1 le soir1 comme je l'ai fait1 ces v]s admirables3 ,la matresse a quitt l'amant ,a cause de l'app>tem5t#b4 #b ,ces v]s sont du pote ,,gabriel ,,de ,,lautrec4 ,mais va1 il y a des pomes meilleurs encore et plus joyeux et une f\le de tapis neufs dans les gr&s magas9s4 ,du re/e1 la meilleure beaut n'e/ pas plus dans le luxe de l'endroit o l'on vit que dans le reg>d d'une matresse4 ,une belle lumire peut brill]1 mme si la femme de mnage n'a pas nettoy la lampe et si la m*e fume1 ta*ant de p\ssire noire les portraits aims444 ,mais je n'ai pas os4 ,devant toi1 jeune homme pauvre1 une gr&e timidit m'a saisi1 je me s]ais nomm et tu m'aurais dit3 ,qui tes-v\s8 ,et puis1 p> la puissance d'une invraisemblable esprance1 n'aurais-tu pas s\ri de mes p>oles8 ,et puis1 qu& je t'aurais dit la ncessit d'un ef=t pati5t et quotidi5 p\r rsi/] t\s tes protecteurs et ne pas obt5ir les palmes acadmiques1 peut-tre1 c>tant ton p>dessus et me montrant ta b\tonnire1 m'aurais-tu rpondu avec orgueil4 ,je les ai4 ,aussi je t'ai reg>d t'loign]1 *tif et m9ce1 p>mi les omnibus t]ribles1 les maisons imm5ses4 ,tu n'avais pas l'air de connatre ta petitesse2 tu t5ais ta canne comme une pe4 ,et j'ai admir avec quelle autorit peut rsonn] sur le pav de la rue une bott9e o il y a un tr\4 ,,table ,,des ,,mati,,res ,la conqute des femmes4 ,prface #c ,gr&e importance des femmes #i ,pre/ige d'une mauvaise rputation #ae ,facilit des femmes #ba ,e/-il indisp5sable d'tre ri*e8 #bg ,*oix du milieu #cc ,re*]*e de la femme idale #ci ,la premire impression #dc ,rapports du bonheur et des vtem5ts qu'on porte au mom5t o on e/ heureux #dg ,m?ode s5tim5tale3 ?orie des mes-surs3 dang] du p>apluie1 etc4 #ee ,m?ode de la dissimulation #fe ,m?ode de la prophtie et de la magie #ga ,m?ode de la puissance d'attraction #gg ,m?ode du viol #ha ,m?ode du cynisme 7art de tromp]7 #he ,les comp>aisons #ic ,l'homme qui n'a qu'une femme #ig ,plaisirs physique 7les simulacres7 #aja ,une femme en attire une autre #ajg ,l'insi/ance et l'occasion #aac ,les femmes grosses #aag ,=ce que donn5t la crdulit et l'ignorance #aba ,la matresse et les amis #abi ,l'indiscrtion1 les confid5ts1 les bonnes #acg ,=ce que donne l'abs5ce de jal\sie #adc ,les r5dez-v\s #adi ,absurdit de la piti #aee ,les matresses laides #aei trange pre/ige des actrices #afc ,dufayel #afi ,la confiance en soi #agc ,russit-on p> les femmes1 ou v\s emp*5t-elles de russir8 #agg ,les av5tures en *em9 de f] #aha ,les bi5faits #ahg ,supriorit des femmes rosses #aia ,la ligue contre le bonheur #aie ,rapports entre les femmes et les *oses de la p5se #aii ,div]s #bjc ,la f\rmi aile #bjg ,rupture #baa ,le plus gr& ennemi #bag ,le dsir #bba ,conseils un jeune homme pauvre qui vi5t faire de la littrature ,p>is4 ,de l'htel g>ni #bbi ,la "q d'arg5t #bce ,importance des habits #bda ,les matresses #bdc ,manire de se conduire avec les hommes influ5ts #bdi ,le pre/ige du monde #bec ,possibilit de faire =tune p> le jeu #bei ,les petites annonces3 emprunts1 beaux m>iages1 matresses ds9tresses #bfa ,faut-il avoir une situation8 #bfg ,la ri*esse qui donne l'amiti #bga ,la =ce de l'homme joyeux #bgg ,,mile ,,col9 ,,et ,cie--,,imprim]ie ,,de ,,lagny ,e4 ,,grev91 ,s,u,c,cr ,extrait du ,catalogue de la ,,biblio?,,que-,,*>p5ti] #c fr4 #ej le volume ,,eug,,ne ,,fasquelle1 ,,diteur1 #aa1 ,,rue ,,de ,,gr5elle ,,d]ni,,res ,,publications ,,claude ,,anet ,notes sur l',am\r #a vol4 ,,f]d9& ,,bac ,le ,fantme de ,p>is #a vol4 ,,r5e ,,beha9e ,hi/oire d'une ,socit #a vol4 ,,jules ,,bois ,le ,vaisseau des ,c>esses #a vol4 ,,alfr$ ,,capus ,hi/oires de ,p>isi5s #a vol4 ,,l\is ,,codet ,la petite ,*iquette #a vol4 ,,mi*el ,,corday ,m>iage de dema9 #a vol4 ,l,,on ,,daudet ,la ,lutte4--,roman d'une gurison #a vol4 ,,gu/ave ,,flaub]t ,la premire ,t5tation de sa9t ,anto9e 7#ahdi-ahef74 uvre 9dite publie p> ,l\is ,b]tr& #a vol4 ,,gu/ave ,,geffroy ,l',idylle de ,m>ie ,bir #a vol4 ,,jules ,,huret ,en ,allemagne3 ,de ,hamb\rg aux ,m>*es de ,pologne #a vol4 ,,gu/ave ,,kahn 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