,,le ,,sage ,,et ,,ses ,,amis ,r,,my ,,de ,,g\rmont ,,les ,,femmes ,,et ,,le ,,langage ,a ,,p>is ,,*ez ,,madame ,,lesage ,la "p des femmes e/ si gr&e dans l'oeuvre de la civilisation qu'il s]ait pe9e exagr de dire que l'difice e/ bti sur les paules de ces frles c>iatides4 ,les femmes sav5t des *oses qui n'ont jamais t crites ni enseignes1 et sans lesquelles presque t\t le matriel de notre vie quotidi5ne s]ait inutilisable4 ,des cosaques1 en #ahad1 ayant dc\v]t une provision de bas1 les enfilr5t immdiatem5t p> dessus leurs bottes3 exemple gnral de nos ge/es les plus communs1 si les femmes n'avai5t pas t dans les sicles les pati5tes ducatrices de l'enfance4 ,ce rle e/ si naturel qu'il en p>at humble2 n\s ne sommes frapps que p> l'extraord9aire4 ,le puissant outillage d'un tissage n\s subjugue2 qui a jamais reg>d avec motion le simple jeu de deux aiguilles tricot]8 ,cep5dant1 comp> ces petits morceaux de bois1 le plus =midable mti] mcanique n'e/ plus ri52 il reprs5te une civilisation p>ticulire3 les aiguilles de bois ou de f] reprs5t5t la civilisation absolue4 ,il faut en t\t di/+u] l'ess5tiel et ce qui e/ de surcrot4 ,dans la civilisation la "p des femmes reprs5te l'ess5tiel4 ,cela e/ plus facile s5tir qu' pr\v]1 c> il s'agit prcism5t des actes qui pass5t inap]u le long de la vie1 de t\tes sortes de *oses dont on ne p>le pas p>ce qu'on ne les voit pas ou p>ce qu'on n'en compr5d pas l'importance4 ,a9si la physiologie a t longtemps ignore t&is que la curiosit se portait aux mon/res2 le phnomne cont9u disp>at p\r nos s5s4 ,ce fut un citad9 ou un prisonni] ou un aveugle s\da9 guri qui s'avisa le premi] de la beaut de la nature4 ,il y a une psy*ologie extrieure qui disp>at dans l'habitude2 analyse1 elle rvle les actes volontaires les plus importants de la vie4 ,volontaires1 c'e/ dire cont+5ts relativem5t aux m\vem5ts primordiaux de la vie d'une espce2 volontaires1 en ce qu'ils ont de p>ticuli] p\r signal] une race2 volontaires1 si l'on reg>de la volont comme la consci5ce d'un ef=t inconsci5t4 ,s5s ou facult1 la p>ole ne peut logiquem5t tre sp>e de l'oue1 mais l'ducation de l'oue e/ beauc\p mo9s s5sible que celle de l'app>eil vocal2 on peut donc les considr] sp>m5t1 ou du mo9s sans obs]v] un ordre prcis en des acquisitions qui sont en*evtres comme t\s les jeux de la vie4 ,remu]1 ent5dre1 voir1 p>l]1 t\t cela se ti5t2 l'imitation se jette la fois sur t\tes les fonctions1 quoiqu'on puisse tablir un ordre de naissance apprciable p\r *acune d'elles4 ,cet ordre importe peu en une tude o il s'agit non de l'intellig5ce qui reoit1 mais de l'intellig5ce qui donne1 de l'extrieur1 et non de la vie psy*ologique int]ne4 ,la p>ole e/ fm99e4 ,les potes et les orateurs sont des fm99s4 ,p>l]1 c'e/ faire oeuvre de femme4 ,la femme1 p>ce qu'elle p>le comme *ante un oiseau1 e/ seule capable d'enseign] le langage qu& l'enfant t5te d'imit] les sons qu'il a ent5dus1 la femme e/ l qui le reg>de1 lui s\rit et l'enc\rage2 il s'tablit un contrat muet de travail entre ces deux tres1 et que de pati5ce *ez celui qui sait p\r guid] celui qui essaie6 ,les premi]s mots que prononce un enfant ne correspond5t en son esprit aucun objet1 aucune s5sation2 l'enfant1 ce mom5t de sa vie1 e/ un p]roquet1 et ri5 de plus4 ,il imite2 il p>le p>ce qu'il ent5d p>l]4 ,si on se taisait aut\r de lui1 la p>ole re/]ait fige dans son c]veau4 ,de l l'importance du babillage de la femme1 importance bi5 suprieure celle des plus beaux pomes et des philosophies les plus pr(ondes4 ,la fonction qui fait de l'homme un homme e/ l'oeuvre p>ticulire de la femme2 un enfant lev p> une femme trs femme et trs bav>de e/ plus tt =m la p>ole et p> consqu5t la consci5ce psy*ologique2 aux so9s d'un homme taciturne1 le mme enfant se dvelopp]ait trs l5tem5t et si l5tem5t peut-tre qu'il n'atte9drait jamais la limite de son intellig5ce pratique4 ,s'il tait possible d'assign] au langage une orig9e1 on dirait qu'il fut la cration de la femme4 ,mais le secret de t\tes les orig9es n\s *app]a t]nellem5t4 ,les oiseaux *ant5t1 le *i5 aboie1 l'homme p>le4 ,on ne se figure pas mieux un homme muet qu'un *i5 muet1 qu'un p9son muet4 ,et si ces espces jadis ont vcu sans voix1 on ne compr5d pas bi5 p\rquoi elles aurai5t acquis un organe dont se pass5t =t bi5 d'autres animaux1 et mme les oiseaux de t]res au/rales4 ,si le langage s'appr5ait ou se gagnait1 si1 p\r en retr\v] les premi]s rudim5ts1 les clbres rac9es1 il suffisait d'atte9dre la mre commune du lat9 et du sanscrit1 du grec et du saxon1 on ne voit pas bi5 p\rquoi le *i5 ne conv]se pas avec son matre autrem5t que p> la queue1 les yeux1 des jappem5ts4 ,mais le *i5 ne p>l]a jamais1 p>ce que le gnie d'une espce animale e/ dt]m9 aussi rig\reusem5t que la =me des espces cri/alliques4 ,que la plus anci5ne langue ft compose de c9q ou six c5ts monosyllabes correspondant autant d'ides gnrales1 c'e/ une op9ion ma9t5ant sans valeur1 mais qui eut de la =ce2 elle supporta plusieurs con/ructions dont l'extravagance ne fut pas d'abord vid5te4 ,cep5dant on n'avait jamais obs]v en aucune langue relle quelque *ose comme un rs]voir mme inconsci5t de rac9es4 ,les mots naiss5t les uns des autres p> drivation1 v5ant au monde tantt plus longs1 tantt plus c\rts que le mot premi]4 ,cette drivation e/ t\j\rs dom9e p> un s5s concret1 rel et vivant2 aucun homme1 s'il n'a fait des tudes spciales qui lui ai5t gt l'esprit1 n'a le s5s des rac9es4 ,les ba1 be1 bi1 bo1 bu des alphabets1 voil autant de rac9es1 d'aprs la ?orie2 mais1 *acun de ces sons1 une srie de significations p>5tes n'e/ pas dvolue2 ils peuv5t1 et dans la mme langue1 les assum] t\tes au has>d1 ou selon une logique dont les lois sont indt]m9ables4 ,ce qu'il y a de primitif dans le disc\rs1 ce n'e/ pas le mot1 mais la phrase4 ,la phrase p>le de l'homme e/ in/9ctive1 comme la phrase *ante de l'oiseau1 comme la phrase jappe du *i54 ,le mot e/ un produit analytique4 ,p\r donn] la priorit au mot sur la phrase1 on tait de cette ide que le mot e/ cr aprs que la *ose a t p]ue1 l'homme agissant comme un nom5clateur1 comme un pr(esseur de botanique qui donne des noms des br9s de m\sse4 ,la ralit e/ diffr5te4 ,l'enfant balbutie des mots avant de connatre les objets dont ces mots sont le signe4 ,il e/ possible que l'homme ait p>l--jacass--trs longtemps avant que s'tablt dans son esprit une relation fixe entre les *oses et les sons famili]s sortis de sa b\*e4 ,des milli]s de langues ont pu tre a9si successivem5t jacasses sur des milli]s de t]ritoires2 langues imprcises1 avant t\t musicales1 suites de phrases ou c]ta9s sons seulem5t correspondai5t des ralits4 ,mais ces sons1 malgr leur importance1 malgr leur valeur d'utilit et de reprs5tation1 on peut les suppos] d'abord presque aussi fugitifs que le re/e du disc\rs4 ,une langue non crite ne survit jamais la gnration qui la cre2 *ez les sauvages1 *aque gnration cre sa langue1 si bi5 que le gr&-pre e/ un trang] p>mi ses petits-enfants4 ,si l'on admet ce jacassem5t primitif1 on admettra volonti]s que la femme a d y pr5dre une gr&e "p1 en mme temps qu'elle excitait p> ses rires et p> son att5tion la v]ve des mles4 ,la femme e/ peu capable d'innovation v]bale2 nulle jamais p>mi celles qui fur5t t\t de mme de bons criva9s1 ne se cra une langue dans le s5s o l'on dit cela de ,rons>d1 de ,montaigne1 de ,*ateaubri& ou de ,victor ,hugo2 mais elle r$it bi51 et s\v5t mieux qu'un homme1 ce qui fut dit avant elle4 ,ne p\r cons]v]1 elle s'acquitte de son rle en p]fection4 ,elle rallume t]nellem5t et sans se lass] la tor*e qui va m\rir une tor*e n\velle et t\te p>eille4 ,c'e/ entre les ma9s des femmes que brill5t les ,lampada ,vitai1 danseuses du ballet de la vie ou ve/ales mlancoliques au fond des caves4 ,ce que la femme fut hi/oriquem5t1 elle le s]a t\j\rs et elle le fut t\j\rs1 ds avant l'hi/oire4 ,des mots se fix5t dans le jacassem5t primitif2 c'e/ l'oeuvre de la femme4 ,ne l'att5tion p> la monotonie de son labeur de mnagre1#a elle se rvolte contre le r5\vellem5t inutile des t]mes4 ,sa vie s'e/ complique en ce t]ritoire o la *asse e/ abondante1 o la nature e/ fconde2 les beso9s des hommes croiss5t avec leur ri*esse1 et en mme temps les travaux de la femme4 ,travaillant davantage1 elle a mo9s de temps p\r c\t] les disc\rs et les *ansons2 des n\veauts trop rappro*es la dr\t5t2 elle corrige le langage des hommes qui1 leur t\r1 se dconc]t5t4 ,a9si naiss5t les mots usuels2 a9si se multipli5t dans le *ant p>l de l'homme le nombre des sons fixes correspondant des ralits4 #a ,l'ide de faire entr] a9si l'att5tion dans le monde p> la femme e/ de ,m4 ,ribot1 ,psy*ologie de l'att5tion4 ,il arriva aussi1 et cela1 sans d\te1 ds les temps les plus anci5s1 que la femme1 dont la mmoire e/ excell5te1 eut ret5u des p>ties de disc\rs plus musicales1 mieux ry?mes1 quelque c\plet semblable ces mlopes que les ngres rpt5t insatiablem5t4 ,l'homme crait2 la femme appr5ait p> coeur4 ,si un pays civilis p>v5ait un j\r cet tat d'esprit o t\te n\veaut e/ aussitt accueillie et intronise la place des ides et des r\ages traditionnels1 si le pass cdait con/amm5t devant l'av5ir1 aprs quelque temps de curieuse frnsie1 on v]rait les hommes tomb] dans cette hbtude du t\ri/e qui ne reg>de jamais deux fois les mmes figures2 p\r se ressaisir1 ils devrai5t se retir] dans une vie t\t animale1 et la civilisation prirait4 ,une p>eille f9 semble avoir atte9t d'anci5s peuples1 si presss de r5\vel] leurs plaisirs que leur passage n'a laiss que des traces hypo?tiques4 ,c'e/ l'excs d'activit1 bi5 plus que la torpeur1 qui a conduit au dprissem5t beauc\p de civilisations asiatiques4 ,p>t\t o la femme n'a pu int]v5ir ou oppos] l'influ5ce de sa passivit l'arrogance des jeunes mles1 la race s'e/ puise en essais fugitifs4 ,on peut donc tre sr que l o s'e/ organise une civilisation durable1 la femme en fut la pi]re angulaire4 ,se levant1 comme rcitatrice1 devant le crateur1 la femme fonde un rp]toire1 une biblio?que1 des ar*ives4 ,le premi] cahi] de *ansons1 ce fut la mmoire d'une femme2 et a9si du premi] recueil de contes1 de la premire liasse de docum5ts4 ,cep5dant l'inv5tion de l'criture v9t1 comme successivem5t t\s les progrs1 dim9u] l'importance ar*ivi/e de la femme4 ,t\t ce qui p>ut digne de mmoire tant fix p> des signes sur des matires durables1 la femme se donna le s\ci et le plaisir de faire vivre ce que les hommes condamnai5t l'oubli4 ,elle s'e/ acquitte de sa t*e avec une fidlit que la matire a presque t\j\rs trahie2 et c'e/ a9si que des contes qui ne fur5t jamais crits1 et qui remont5t assurm5t aux temps les plus lo9ta9s sont v5us jusqu' n\s4 ,les femmes qui s'en tai5t amuses1 petites1 en amusr5t leurs enfants4 ,malgr les ef=ts de la pdagogie rationnelle qui v\drait bi5 sub/itu] au ,petit ,p\cet l'hi/oire de la ,rvolution ou celle de la fondation de l'empire allem&1 c'e/ avec le conte bleu ou r\ge1 d'am\r ou de sang1 que les mres cont9u5t d'endormir les enfants sages4 ,or1 il s'e/ tr\v que cette littrature orale1 dont les ?mes dpass5t en nombre ceux de la littrature crite1 tait de la plus gr&e beaut et p> consqu5t d'une importance suprme4 ,on doit la sauvet presque intgrale de ce trsor au gnie cons]vateur de la femme4 ,elle g>da aussi les *ansons1 les musiques 7et les danses qui s'y joign5t7 dont l'homme se dta*e l'ge mme o il quitte la jeunesse4 ,p\r lui1 ce sont des futilits1 et il n'y songe plus2 p\r la femme1 ce sont des moy5s de plaire1 et elle y songe t\j\rs1 et sans esprance1 elle s'y rejette p\r revivre les flicits passes4 ,les vieilles femmes prolong5t a9si la jeunesse de leur coeur4 ,il ne semble pas que les femmes ai5t eu une gr&e "p dans l'inv5tion des contes et des *ansons2 elles ont ma9t5u1 ce qui e/ une manire de crer2 mais on tr\ve cep5dant la m>que de leur esprit en c]ta9es v>iantes4 ,leur t5dance fut d'ad\cir le dn\em5t d'un conte1 de calm] l'eff]vesc5ce d'une *anson trop folle4 ,cette int]v5tion sauva la vie beauc\p de ces petites *oses en les mettant la porte des enfants1 dont la mmoire e/ un c(fret trs sr4 ,avec la littrature les femmes cons]vai5t t\t un ensemble de notions qu'il e/ difficile de dt]m9]4 ,il ne s'agit pas du long *apelet des sup]/itions1 mais de ce que les sup]/itions1 les croyances1 les traditions conti5n5t de s5s pratique4 ,p\r valu] l'importance de ce *apitre de la connaissance huma9e il faut se recueillir en une sorte d'exam5 de consci5ce2 alors1 ayant longtemps rfl*i1 on saura tri] les *oses qui s'appr5n5t dans les livres et celles qui ne fur5t jamais crites et que p\rtant t\t le monde sait4 ,ce qu'il y a de vraim5t indisp5sable p\r la conduite dans la vie n\s a t appris p> les femmes2 les m5ues rgles de la politesse1 ces ge/es qui n\s ouvr5t la cordialit ou la dfr5ce d'autrui1 ces mots qui font bi5v5ir1 ces attitudes qu'il faut v>i] selon les c>actres et les situations1 t\te la /ratgie sociale4 ,c'e/ en c\tant les femmes qu'on appr5d p>l] aux hommes1 s'ins9u] dans leur volont1 c> seules celles qui sav5t plaire peuv5t enseign] plaire4 ,avant mme de p>l]1 un enfant connat la valeur d'un s\rire2 c'e/ son premi] langage1 et ri5 ne pr\ve qu'il soit absolum5t in/9ctif4 ,l'animal n'a d'attitudes que celles qui sont le signe d'un beso92 il y en a de belles1 il y en a de jolies1 il n'y en a pas de volontaires4 ,le s\rire du plus petit enfant voile s\v5t une int5tion4 ,la femme lui a appris le my/re des *anges et que p\r un ge/e aimable on peut acqurir des n\rritures et les autres *oses ncessaires la vie4 ,la petite fille1 mieux dispose gt] cet enseignem5t1 connat la valeur du pli de ses lvres et du ge/e qui agite sa ma9 rose1 et cela bi5 avant que la connaissance des signes vocaux ait p]mis son c]veau t5dre le raisonnem5t lm5taire4 ,c'e/ donc *ez elle imitation pure2 mais l'acte e/ favoris p> le s\v5ir du b dj atte9t aux premi]s essais1 et il y a l un exemple trs curieux et trs obscur d'un effet dt]m9ant sa cause dans l'inconsci5ce physiologique4 ,les femmes n'ayant gure dans la vie que des relations passionnelles1 ces jeux trs primitifs re/5t le fond de leur tactique sociale2 les hommes mesure qu'ils viv5t1 s5t5t le beso9 de compliqu] cette sci5ce lm5taire1 mais elle leur demeure t\j\rs une ress\rce suprme3 att5drir son va9queur1 lui plaire1 tel e/ le d]ni] argum5t du va9cu4 ,t\te la mimique e/ l'oeuvre des femmes4 ,mme sil5cieuse1 une femme p>le encore1 et s\v5t avec une s9crit que n'ont pas ses p>oles2 mme immobile1 elle p>le encore et s\v5t avec plus d'loqu5ce que p> des mots ou des ge/es4 ,la con=mation de son corps fait que sa respiration e/ un langage2 le ry?me de sa poitr9e dit l'tat de son me et les degrs de son motion4 ,aucun disc\rs ne tr\ve un homme plus s5sible4 ,mais leurs yeux dispos5t d'un clavi] plus t5du1 quoique mo9s m\vant4 ,avec les yeux1 avec l'arc de la b\*e muette div]sem5t infl*i1 la femme peut all] jusqu'au b\t de sa p5se4 ,l'oeil plit ou s'avive1 lve ou abaisse son reg>d1 et c'e/ le dsir ou le dda91 le dpit ou la promesse1 autant de pages qu'un homme compr5d ds qu'il a intrt les lire4 ,a ces lueurs et ces m\vem5ts1 le jeu des paupires aj\te sa valeur2 ce jeu e/ affirmatif1 ngatif1 int]rogateur4 ,il pr(re un oui bref et net et un oui de langueur et d'ab&on2 il que/ionne sur le ton de la colre ou celui de la pla9te2 il refuse p> un arrt brusque moiti de la prunelle qui voile les yeux sans les f]m]4 ,mais que d'autres nuances et que le s\rire aussi e/ ri*e en p>oles6 ,t\te la femme p>le2 elle e/ le langage mme4 ,ses enfants s]ont d'abord des mimes4 ,comme leur mre ils sauront p>l] d'abord avec t\t ce qui ne p>le pas1 acquisition prcieuse4 ,d>w9 a tr\v *ez les animaux l'esquisse de l'expression des motions4 ,il y a dans la mimique huma9e une importante "p d'in/9ct2 la femme a cultiv ces m\vem5ts primitifs1 elle les a *>gs de nuances1 elle les a multiplis2 aux signes des motions vraies sont v5us se jo9dre les signes des motions fausses1 et alors seulem5t il y a eu langage4 ,l'expression animale des motions n'e/ pas un langage1 c> elle ne saurait fe9dre2 le langage vrai comm5ce avec le m5songe4 ,il y a un s5s du rel dans le mot fameux3 ,le langage a t donn l'homme p\r dguis] sa p5se4 ,le m5songe1 qui e/ la seule preuve extrieure de la consci5ce psy*ologique1 e/ aussi la seule preuve que des ge/es sont un langage et non une mimique inconsci5te2 le m5songe e/ la base mme du langage et sa condition absolue4 ,l'analyse des faits l+ui/iques dmontre cela assez bi51 puisque t\t mot conti5t une mtaphore et que t\te mtaphore e/ un dplacem5t de la ralit1 qu& elle n'e/ pas un m5songe v\lu et prmdit4 ,mais pr5dre le langage tel qu'il n\s app>at1 et en supposant que *aque mot corresponde un objet1 on peut dire que s'il exi/ait un homme qui n'et jamais m5ti1 cet homme n'aurait jamais p>l4 ,ce n'e/ pas p>l]1 en effet1 que de dire ,j'ai peur ou ,j'ai froid qu& on a peur ou qu'on a froid2 c'e/ exprim] une motion ou une s5sation au moy5 de signes v]baux1 analogues au tremblem5t de l'animal transi ou affam4 ,mais si au contraire1 niant son motion ou sa s5sation1 l'homme qui a froid dit3 ,j'ai *aud et l'homme qui a faim3 ,je n'ai pas faim il p>le1 qu'il use des p>oles1 des ge/es ou des signes de l'criture1 cela1 au m5songe1 c'e/--dire la consci5ce1 on reconnat l'homme4 ,m5songe1 que l'on ne s'y trompe pas1 pr5d ici le s5s de3 expression d'une s5sation imag9aire2 il s'agit de psy*ologie et non de morale1 doma9es sp>s4 ,si la femme e/ le langage1 elle doit donc tre le m5songe1 et aussi la consci5ce4 ,t\t cela se ti5t et ne fait qu'un4 ,le premi] de ces po9ts n'a pas t tudi1 mais l'op9ion populaire lui e/ favorable4 ,outre qu'elles p>l5t plus volonti]s que les hommes1 elles us5t d'une syntaxe meilleure1 d'un vocabulaire mo9s has>d1 elles prononc5t bi53 on s5t que le langage e/ leur lm5t4 ,le second po9t3 le m5songe1 e/ inconte/2 mais on en fait un crime aux femmes1 alors qu'il e/ la consqu5ce d'un autre don et d'ailleurs une affirmation de leur spiritualit4 ,les femmes m5t5t plus que les hommes2 c'e/ donc qu'elles ont un plus gr& s5tim5t de l'indp5dance1 une consci5ce plus vive3 et voil le troisime po9t atte9t1 sans qu'il soit beso91 semble-t-il1 d'une dmon/ration m9utieuse4 ,on a p>l du m5songe hy/rique2 il e/ probable qu'il y a l un abus1 non dans les t]mes1 mais dans l'int5tion qui les a unis4 ,si l'on veut dire m5songe inconsci5t1 c'e/ une absurdit4 ,le m5songe e/1 au contraire1 le signe mme de la consci5ce1 et il ne peut y avoir m5songe que l o il y a consci5ce ple9e et active4 ,il ne faut pas confondre une s5sation dlirante exprime telle qu'elle a t s5tie avec le trave/issem5t volontaire donn l'expression d'une s5sation vraie1 confondre avec le d]ni] le premi] t]me de la srie4 ,l'animal ne m5t jamais2 comm5t le p\rrait-il8 ,il e/ =c d'exprim]1 telle qu'il pr\ve1 sa s5sation4 ,s'il a envie de mordre1 le *i5 retr\sse ses bab9es1 montre ses d5ts4 ,le voit-on se cont5ir1 faire l'hypocrite1 m5tir8 ,c'e/ qu'au contact de l'homme il a peut-tre acquis un rudim5t de consci5ce2 c'e/ que l'ducation qu'il a reue se tr\ve ce mom5t en conflit avec son in/9ct4 ,d'ailleurs la ruse1 et surt\t applique la df5se ou la qute de la vie1 e/ t\te autre *ose que le m5songe2 c'e/ une =me aigu de la prud5ce4 ,le vrai m5songe e/ sans b1 sans utilit que d'affirm] un dta*em5t suprieur2 il app>at tel qu'une ngation des li5s qui atta*5t l'homme la ralit2 p> quoi il se rappro*e de la posie et de l'art1 dont il e/ un des lm5ts4 ,l'art e/ n1 comme le m5songe1 d'une vive consci5ce1 des s5sations et des motions2 il affirme un tat de s5sibilit extrme1 en mme temps qu'une t5dance rep\ss] ce rel dont les s5s d'un homme fur5t blesss4 ,l'art1 quelle que soit sa =me1 implique une connaissance appr(ondie des signes1 et la volont de les transpos] sans t5ir compte de leurs concordances usuelles4 ,l'arti/e e/ celui qui m5t suprieurem5t1 au-dessus des autres hommes4 ,s'il m5t avec la p>ole1 c'e/ le pote2 avec le son in>ticul1 c'e/ le musici52 avec les =mes dont il fixe les attitudes1 c'e/ le sculpteur1 et son art n'e/ que le dveloppem5t extrme du langage des ge/es 7dont le danseur fixe un tat trs fugitif72 avec les lignes et les c\leurs1 c'e/ le pe9tre1 et que fait-il8 ,s9on de r5dre aux hiroglyphes des critures primitives leur vritable aspect et t\te leur ampleur naturelle8 ,l'art e/ un langage et n'e/ que cela4 ,mais si la femme e/ le langage1 d'o vi5t qu'elle se voit si mdiocrem5t manife/e dans les jeux suprmes du langage8 ,des critiques1 p\r la flatt]1 ont allgu on ne sait quelle hrdit latrale1 p> quoi on dmontre que1 filles de mres de mo9s en mo9s cultives1 mesure que l'on remonte le c\rs des sicles1 il n'e/ pas surpr5ant que leurs aptitudes soi5t mo9dres que celles des mles4 ,cela n'e/ pas srieux1 c> le gnie ni le tal5t n'ont ri5 voir avec les cultures antrieures2 il y a des aptitudes que le milieu dveloppe4 ,p\rquoi une fille n'hrit]ait-elle pas de cette aptitude comme un frre8 ,d'ailleurs voil des milli]s d'annes que l'on appr5d la musique aux femmes1 et c'e/ peut-tre l qu'elles ont encore le mo9s cr4 ,la cause e/ plus pr(onde4 ,la femme e/ le langage mais le langage lm5taire1 le langage utile2 son rle n'e/ pas de crer1 mais de cons]v]4 ,elle s'en acquitte m]veille4 ,elle ne cre ni les pomes ni les /atues1 mais elle cre les crateurs des pomes et des /atues2 elle leur enseigne le langage1 qui e/ la condition de leur sci5ce2 le m5songe1 qui e/ la condition de leur art2 la consci5ce1 qui leur donne le gnie1 qu& l'enfant1 v]s six ou sept ans1 sort des ma9s de la femme1 l'homme e/ fait4 ,il p>le1 et c'e/ t\t l'homme4 ,la gr&e oeuvre intellectuelle de la femme e/ l'enseignem5t du langage4 ,les grammairi5s et leurs succdans1 in/ituteurs et pr(esseurs1 s'imag95t tre les matres du langage et que sans leur int]v5tion la langue des hommes prirait dans la confusion et l'incohr5ce2 on les entreti5t depuis des sicles dans cette illusion1 et p\rtant il n'en e/ pas de plus ridicule4 ,les femmes sont les ouvri]s lm5taires1 et les potes les ouvri]s suprieurs du langage1 les uns et les autres inconsci5ts de leur rle2 l'int]v5tion du grammairi5 e/ presque t\j\rs mauvaise1 mo9s qu'elle ne se borne con/at] des faits1 mo9s qu'elle n'ose ram5] v]s les ma9s des femmes et des potes une influ5ce que la sci5ce ne saurait ex]c] qu'avec inju/ice4 ,voici des enfants qui p>l5t2 ils s'en vont l'cole recevoir une leon de grammaire4 ,ils p>l5t et us5t de t\tes les =mes du v]be et de t\tes les nuances de la syntaxe avec aisance et ju/esse4 ,ils p>l5t1 mais voil l'cole1 et le matre triomphe de leur appr5dre ce que c'e/ que l'imp>fait du subjonctif4 ,a une fonction l'coltre a sub/itu une notion2 il a remplac le ge/e p> la consci5ce du ge/e1 le mot p> sa df9ition3 il enseigne la grammaire1 il n'enseigne pas le langage4 ,le langage e/ une fonction2 la grammaire e/ l'analyse de cette fonction4 ,il e/ aussi utile de savoir la grammaire p\r p>l] sa langue naturelle que de savoir la physiologie p\r respir] avec ses propres p\mons ou m>*] avec ses jambes4 ,comp> au rle de la mre ignorante qui cueille comme une fleur le premi] mot pan\i sur les lvres de l'enfant1 le rle du matre e/ presque nul4 ,ce mot qui vi5t de fleurir1 c'e/ la mre elle-mme qui l'a sem1 c> si le langage e/ une fonction1 il faut lui donn] les matriaux sur lesquels elle puisse s'ex]c]4 ,le bav>dage futile d'une femme1 si peu diffr5t de celui de la petite fille qui p>le sa p\pe1 voil la premire leon de l'enfant et celle qui en importance dpasse t\tes les autres2 autant de mots1 autant de gra9es qui vont g]m]1 p\ss]1 fructifi] dans le jeune c]veau4 ,sans cette sem5ce sans cesse jete la vole1 la fonction l+ui/ique de l'enfant re/]ait in]te et il ne sortirait de ses lvres que des sons vagues et peut-tre in>ticuls4 ,on s'e/ dem& p>fois quelle langue p>l]ai5t des enfants levs ensemble hors de porte de la voix huma9e4 ,ils n'en p>l]ai5t peut-tre aucune4 ,c'e/ une "q que nul ne peut rs\dre4 ,en t\t cas1 ils ne p>l]ai5t qu'une langue rudim5taire1 c'e/--dire trop s*e1 v>iable et entirem5t inconnue1 c> il n'y a pas plus de rac9es innes que d'ides innes4 ,l'enfant ne cre pas sa langue1 encore mo9s il ne secrte pas sa langue2 il l'appr5d4 ,il p>le selon qu'on p>le aut\r de son b]ceau2 il e/ phonographe d'abord et aussi mcaniquem5t que l'in/rum5t mme4 ,avant de p\voir situ] les signes vocaux au-dessus des objets1 il les possde en gr& nombre1 mais en confusion1 en vrac4 ,ensuite il appr5dra utilis] cette ri*esse2 comme il connat d'une "p les mots et d'autre "p les objets1 l'opration qui va les runir dans sa mmoire lui s]a des plus faciles et des plus naturelles4 ,la femme dirige cette rp>tition avec joie1 et elle s'admire en admirant les progrs de l'enfant2 elle croit que la d\ble acquisition du mot et de l'objet se fait intgralem5t son ordre1 et cela lui donne de l'orgueil4 ,a9si l'ignorance du mcanisme physiologique de l'enfant assure le succs de l'ducatrice4 ,ce langage que l'enfant ti5t t\t enti] de la femme1 c'e/ en son honneur que plus t>d il l'ex]c]a volonti]s comme pote1 conteur1 philosophe1 ?ologi5 ou morali/e1 comme crateur de valeurs selon l'expression trs =te de ,nietzs*e4 ,la plus gr&e p>tie de la littrature e/ l'oeuvre indirecte de la femme1 faite p\r elle1 p\r lui plaire ou la piqu]1 p\r l'exalt] ou la dnigr]1 t\*] son coeur1 idalis] ou maudire sa beaut et son am\r4 ,il a fallu que les deux sexes fuss5t aussi pr(ondm5t dissemblables1 aussi trang]s1 aussi opposs1 p\r que l'un se soit fait l'adorateur de l'autre4 ,avec la p>it des gts1 des beso9s1 des dsirs1 les diffr5ces corporelles n'euss5t pas suffi ni le comm&em5t de l'espce4 ,l'humanit ne p\vait se p]ptu] sans l'am\r1 et l'am\r et t impossible sans les div]g5ces radicales qui font que l'homme et la femme sont deux mondes l'un l'autre impntrables4 ,on ne peut ador] que l'inconnu2 il n'y a plus de religion l o il n'y a plus de my/re4 ,la femme inconnue fut adore p> l'homme naturellem5t religieux4 ,dans t\tes les socits1 tant qu'elle e/ jeune et belle1 la femme1 et mme esclave1 e/ la matresse de la civilisation2 les potes que sa grce a inspirs augm5t5t cette suprmatie en faisant d'elle l'objet de leurs *ants1 et la posie1 qui ne v\lait d'abord que dire les joies de la possession ou les affres du dsir1 a*ve son volution en crant l'am\r4 ,c> l'am\r1 avec t\t ce que conti5t ce mot1 de s5tim5t1 de passion1 de rve1 de bonheur1 de l>mes1 e/ bi5 une cration v]bale et l'oeuvre mme de l'imag9ation des arti/es du langage4 ,c'e/ dans les pomes1 les contes1 les rcits traditionnels1 que l'homme vulgaire1 encl9 la seule j\issance1 a appris aim]1 augm5t] jusqu' l'inf9i des joies mdiocres et des *agr9s futiles4 ,rptons ici le mot de ,nietzs*e3 ,le ,pote a t le crateur des valeurs s5tim5tales4 ,mais1 presque aussitt cres1 elles lui ont *app1 s'emp>ant de ces valeurs n\velles1 la femme les a trans=mes en in/rum5ts de rgne2 elle a cueilli avec simplicit les fruits du langage1 son oeuvre4 ,comm5t l'am\r volua s\s cette dom9ation et t\s les bi5faits qui en ont t la consqu5ce1 ce s]ait un long *apitre de l'hi/oire de la civilisation4 ,il a t tir de cet ouvrage1 le neuvime de la collection ,le ,sage et ses ,amis #bj exemplaires sur papi] du ,japon1 numrots #a #bj4--bj exemplaires sur papi] ,roma jaune de ,naples numrots #ba #dj4--baj exemplaires sur papi] ,madagasc> des papet]ies ,nav>re1 numrots #da #bej4 ,il a t tir1 en outre1 #ge exemplaires sur papi] ,roma jaune paille1 numrots en *iffres roma9s ,i ,,lxxv1 rs]vs ,monsieur d\>d ,*ampion1 p\r la ,socit des ,mdec9s ,bibliophiles et les ,bibliophiles du ,palais4 ,cet exemplaire porte le ,n