,,maurice ,,maet]l9ck ,,le ,,tr,,sor ,,des ,,humbles ,,p>is ,,soci,t ,,dv ,,m]cvre ,,de ,,france ,,xv1 ,,rve ,,de ,l',,*avd-,,sa9t-,,g]ma91 ,,xv ,m ,,dccc ,,xcvi ,t\s droits rs]vs4 ,,il ,a ,t ,,tir ,,de ,,cet ,,ouvrage3 ,neuf exemplaires sur ,japon imprial1 numrots #a #i1 et v+t exemplaires sur ,holl&e van ,geld]1 numrots #aj #bi4 ,,ju/ification ,,du ,,tirage3 ,droits de reproduction et de traduction rs]vs p\r t\s pays1 y compris la ,sude et la ,norvge4 ,,du ,m,,me ,,auteur3 ,s]res ,*audes #a vol4 ,la ,pr9cesse ,male9e #a vol4 ,les ,aveugles 7l',intruse1 les ,aveugles7 #a vol4 ,l'ornem5t des ,noces spirituelles de ,ruysbroeck l',admirable1 traduit du flam& et prcd d'une ,introduction #a vol4 ,les ,sept ,pr9cesses #a vol4 ,pllz et ,mlis&e #a vol4 ,allad9e et ,palomides1 ,intrieur et la ,mort de ,t9tagiles1 trois petits drames p\r m>ionnettes #a vol4 ,annabella 7traduit de ,=d7 #a vol4 ,les ,disciples a ,sas et les ,fragm5ts de ,novalis1 prcds d'une ,introduction #a vol4 ,,p\r ,,p>aitre3 ,aglava9e et ,slysette1 drame4 #a vol4 ,a ,,madame ,,georgette ,,leblanc ,i ,,le ,,sil5ce ,sil5ce & ,secrecy6 s'crie ,c>lyle1 il faudrait leur lev] des autels d'univ]selle adoration4 7,si ces j\rs tai5t de ceux o l'on lve encore des autels74 ,le sil5ce e/ l'lm5t dans lequel se =m5t les gr&es *oses1 p\r qu'enf9 elles puiss5t m]g]1 p>faites et maje/ueuses1 la lumire de la vie qu'elles vont dom9]4 ,ce n'e/ pas seulem5t ,guillaume le ,taciturne1 ce sont t\s les hommes considrables que j'ai connus1 et les mo9s diplomates et les mo9s /ratgi/es de ceux-ci1 qui s'ab/5ai5t de bav>d] de ce qu'ils projetai5t et de ce qu'ils crai5t4 ,et toi-mme1 dans tes pauvres petites p]plexits1 essaie donc de ret5ir ta langue durant un j\r2 et le l5dema91 comme tes desse9s et tes devoirs s]ont plus clairs6 ,quels dbris et quelles ordures ces ouvri]s muets n'ont-ils pas balays en toi-mme1 t&is que les bruits inutiles du dehors n'entrai5t plus6 ,la p>ole e/ trop s\v5t1 non comme le disait le ,franais1 l'art de ca*] la p5se1 mais l'art d't\ff] et de susp5dre la p5se1 en sorte qu'il n'en re/e plus ca*]4 ,la p>ole e/ gr&e1 elle aussi2 mais ce n'e/ pas ce qu'il y a de plus gr&4 ,comme l'affirme l'inscription suisse3 ,spre*5 i/ ,silb]n1 ,s*weig5 i/ ,gold51 la p>ole e/ d'arg5t1 et le sil5ce e/ d'or1 ou comme il vaudrait mieux le dire3 ,la p>ole e/ du temps1 le sil5ce de l't]nit4 ,les abeilles ne travaill5t que dans l'obscurit1 la p5se ne travaille que dans le sil5ce et la v]tu dans le secret444 ,il ne faut pas croire que la p>ole s]ve jamais aux communications vritables entre les tres4 ,les lvres ou la langue peuv5t reprs5t] l'me de la mme manire qu'un *iffre ou un numro d'ordre reprs5te une pe9ture de ,meml9ck1 p> exemple1 mais ds que n\s avons vraim5t quelque *ose n\s dire1 n\s sommes obligs de n\s taire2 et si dans ces mom5ts n\s rsi/ons aux ordres invisibles et pressants du sil5ce1 n\s avons fait une p]te t]nelle que les plus gr&s trsors de la sagesse huma9e ne p\rront rp>]1 c> n\s avons p]du l'occasion d'c\t] une autre me et de donn] un in/ant d'exi/5ce la ntre2 et il y a bi5 des vies o de telles occasions ne se prs5t5t pas deux fois444 ,n\s ne p>lons qu'aux heures o n\s ne vivons pas1 dans les mom5ts o n\s ne v\lons pas ap]cevoir nos frres et o n\s n\s s5tons une gr&e di/ance de la ralit4 ,et ds que n\s p>lons1 quelque *ose n\s prvi5t que des portes div9es se f]m5t quelque "p4 ,aussi sommes-n\s trs av>es du sil5ce2 et les plus imprud5ts d'entre n\s ne se tais5t pas avec le premi] v5u4 ,l'in/9ct des vrits surhuma9es que n\s possdons t\s n\s av]tit qu'il e/ dang]eux de se taire avec quelqu'un que l'on dsire ne pas connatre ou que l'on n'aime po9t2 c> les p>oles pass5t entre les hommes1 mais le sil5ce1 s'il a eu un mom5t l'occasion d'tre actif1 ne s'efface jamais1 et la vie vritable1 et la seule qui laisse quelque trace1 n'e/ faite que de sil5ce4 ,s\v5ez-v\s ici1 dans ce sil5ce auquel il faut avoir rec\rs encore1 af9 que lui-mme s'explique p> lui-mme2 et s'il v\s e/ donn de desc5dre un in/ant en votre me jusqu'aux pr(ondeurs habites p> les anges1 ce qu'avant t\t v\s v\s rappell]ez d'un tre aim pr(ondm5t1 ce n'e/ pas les p>oles qu'il a dites ou les ge/es qu'il a faits1 mais les sil5ces que v\s avez vcus ensemble2 c> c'e/ la qualit de ces sil5ces qui seule a rvl la qualit de votre am\r et de vos mes4 ,je ne m'appro*e ici que du sil5ce actif1 c> il y a un sil5ce passif1 qui n'e/ que le reflet du sommeil1 de la mort ou de l'inexi/5ce4 ,c'e/ le sil5ce qui dort2 et t&is qu'il sommeille1 il e/ mo9s r$\table encore que la p>ole2 mais une circon/ance inatt5due peut l'veill] s\da91 et alors c'e/ son frre1 le gr& sil5ce actif1 qui s'intronise4 ,soyez en g>de4 ,deux mes vont s'atte9dre1 les p>ois vont cd]1 des digues vont se rompre1 et la vie ord9aire va faire place une vie o t\t devi5t trs grave1 o t\t e/ sans df5se1 o plus ri5 n'ose rire1 o plus ri5 n'obx1 o plus ri5 ne s'oublie444 ,et c'e/ p>ce qu'aucun de n\s n'ignore cette sombre puissance et ses jeux dang]eux que n\s avons une peur si pr(onde du sil5ce4 ,n\s supportons la rigueur le sil5ce isol1 notre propre sil5ce3 mais le sil5ce de plusieurs1 le sil5ce multipli1 et surt\t le sil5ce d'une f\le1 e/ un f>deau surnaturel dont les mes les plus =tes r$\t5t le poids inexplicable4 ,n\s usons une gr&e p>tie de notre vie re*]*] les lieux o le sil5ce ne rgne pas4 ,ds que deux ou trois hommes se r5contr5t1 ils ne song5t qu' bannir l'invisible ennemi1 c> combi5 d'amitis ord9aires n'ont d'autres fondem5ts que la ha9e du sil5ce8 ,et si1 malgr t\s les ef=ts1 il russit se gliss] entre des tres assembls1 ces tres t\rn]ont la tte avec inquitude1 du ct sol5nel des *oses que l'on n'ap]oit pas1 et puis ils s'en iront bi5tt1 cdant la place l'inconnu1 et ils s'vit]ont l'av5ir1 p>ce qu'ils craign5t que la lutte sculaire ne devi5ne va9e une fois de plus1 et que l'un d'eux ne soit de ceux1 peut-tre1 qui ouvr5t en secret la porte l'adv]saire444 ,la plup>t d'entre n\s ne compr5n5t et n'admett5t le sil5ce que deux ou trois fois dans leur vie4 ,ils n'os5t accueillir cet hte impntrable que dans des circon/ances sol5nelles1 mais presque t\s1 alors1 l'accueill5t dignem5t2 c> les plus misrables mme ont dans leur exi/5ce des mom5ts o ils sav5t agir comme s'ils savai5t dj ce que sav5t les dieux4 ,rappelez-v\s le j\r o v\s r5contrtes sans t]reur votre premi] sil5ce4 ,l'heure effrayante avait sonn2 et il v5ait au devant de votre me4 ,v\s l'avez vu mont] des g\ffres de la vie dont on ne p>le pas1 et des pr(ondeurs de la m] intrieure de beaut ou d'horreur1 et v\s n'avez pas fui444 ,c'tait un ret\r1 sur le seuil d'un d"p1 au c\rs d'une gr&e joie1 ct d'une mort ou au bord d'un malheur4 ,s\v5ez-v\s de ces m9utes o t\tes les pi]r]ies secrtes se rvl5t et o les vrits endormies se rveill5t en sursaut2 et dites-moi si le sil5ce1 alors1 n'tait pas bon et ncessaire1 et si les c>esses de l'ennemi sans cesse p\rsuivi n'tai5t pas des c>esses div9es8 ,les bais]s du sil5ce malheureux--c> c'e/ surt\t dans le malheur que le ,sil5ce n\s embrasse--ne peuv5t plus s'oubli]2 et c'e/ p\rquoi ceux qui les ont connus plus s\v5t que les autres val5t mieux que les autres4 ,ils sav5t seuls1 peut-tre1 sur quelles eaux muettes et pr(ondes repose la m9ce corce de la vie quotidi5ne1 ils sont alls plus prs de ,dieu1 et les pas qu'ils ont faits du ct des lumires sont des pas qui ne se p]d5t plus2 c> l'me e/ une *ose qui peut ne pas mont]1 mais qui ne peut jamais desc5dre444 ,sil5ce1 le gr& ,empire du sil5ce1 s'crie encore ,c>lyle--qui connut si bi5 cet empire de la vie qui n\s porte--plus haut que les toiles1 plus pr(ond que le royaume de la ,mort6444 ,le sil5ce et les nobles hommes sil5cieux6444 ,ils sont p>s et l1 *acun dans sa prov9ce1 p5sant en sil5ce1 travaillant en sil5ce1 et les j\rnaux du mat9 n'en p>l5t po9t444 ,ils sont le sel mme de la t]re1 et le pays qui n'a pas de ces hommes ou qui en a trop peu n'e/ pas en bonne voie444 ,c'e/ une =t qui n'a pas de rac9es1 qui e/ t\te t\rne en feuilles et en bran*es1 et qui bi5tt doit se fan] et n'tre plus une =t444 ,mais le sil5ce vritable1 qui e/ plus gr& encore et qu'il e/ plus difficile d'appro*] que le sil5ce matriel dont n\s p>le ,c>lyle1 n'e/ pas un de ces dieux qui peuv5t ab&onn] les hommes4 ,il n\s ent\re de t\s cts1 il e/ le fond de notre vie s\s-ent5due1 et ds que l'un de n\s frappe en tremblant l'une des portes de l'abme1 c'e/ t\j\rs le mme sil5ce att5tif qui ouvre cette porte4 ,ici encore n\s sommes t\s gaux devant la *ose sans mesure2 et le sil5ce du roi ou de l'esclave1 en face de la mort1 de la d\leur ou de l'am\r1 a le mme visage1 et ca*e s\s son manteau impntrable des trsors id5tiques4 ,le secret de ce sil5ce-l1 qui e/ le sil5ce ess5tiel et le refuge inviolable de nos mes1 ne se p]dra jamais1 et si le premi]-n des hommes r5contrait le d]ni] habitant de la t]re1 ils se tairai5t de la mme faon dans les bais]s1 les t]reurs ou les l>mes1 ils se tairai5t de la mme faon dans t\t ce qui doit tre ent5du sans m5songes1 et malgr tant de sicles1 ils compr5drai5t en mme temps1 comme s'ils avai5t dormi dans le mme b]ceau1 ce que les lvres n'appr5dront pas dire avant la f9 du monde444 ,ds que les lvres dorm5t1 les mes se rveill5t et se mett5t l'oeuvre2 c> le sil5ce e/ l'lm5t ple9 de surprises1 de dang]s et de bonheur1 dans lequel les mes se possd5t librem5t4 ,si v\s v\lez vraim5t v\s livr] quelqu'un1 taisez-v\s3 et si v\s avez peur de v\s taire avec lui1-- mo9s que cette cra9te ne soit la cra9te ou l'av>ice augu/e de l'am\r qui espre des prodiges--fuyez-le1 c> votre me dj sait quoi s'en t5ir4 ,il e/ des tres avec qui le plus gr& des hros n'os]ait pas se taire1 et des mes qui n'ont ri5 ca*] cep5dant trembl5t que c]ta9es mes les dc\vr5t4 ,il en e/ d'autres aussi qui n'ont pas de sil5ce1 et qui tu5t le sil5ce aut\r d'eux2 et ce sont les seuls tres qui pass5t vraim5t inap]u4 ,ils ne p>vi5n5t pas trav]s] la zone rvlatrice1 la gr&e zone de la lumire f]me et fidle4 ,n\s ne p\vons n\s faire une ide exacte de celui qui ne s'e/ jamais tu4 ,on dirait que son me n'a pas eu de visage4 ,n\s ne n\s connaissons pas encore1 m'crivait quelqu'un que j'aimais entre t\s1 n\s n'avons pas encore os n\s taire ensemble4 ,et c'tait vrai2 dj n\s n\s aimions si pr(ondm5t que n\s avions eu peur de l'preuve surhuma9e4 ,et *aque fois que le sil5ce1 ange des vrits suprmes et messag] de l'inconnu spcial de *aque am\r1 desc5dait entre n\s1 nos mes g5\x semblai5t dem&] grce et implor] encore quelques heures de m5songes innoc5ts1 quelques heures d'ignorance ou quelques heures d'enfance444 ,et nanmo9s il faut que son heure vi5ne4 ,il e/ le soleil de l'am\r et il mrit les fruits de l'me1 comme l'autre soleil les fruits de notre t]re4 ,mais ce n'e/ pas sans raison que les hommes le r$\t5t2 c> on ne sait jamais quelle s]a la qualit du sil5ce qui va natre4 ,si t\tes les p>oles se ressembl5t1 t\s les sil5ces diffr5t1 et la plup>t du temps1 t\te une de/9e dp5d de la qualit de ce premi] sil5ce que deux mes vont =m]4 ,des mlanges ont lieu1 on ne sait o1 c> les rs]voirs du sil5ce sont situs bi5 au-dessus des rs]voirs de la p5se2 et le breuvage imprvu devi5t s9i/rem5t am] ou pr(ondm5t d\x4 ,deux mes admirables et d'gale puissance peuv5t donn] naissance un sil5ce ho/ile1 et se f]ont dans les tnbres une gu]re sans m]ci1 au lieu que l'me d'un =at vi5dra se taire div9em5t avec l'me d'une vi]ge4 ,on ne sait ri5 d'avance1 et t\t ceci se passe dans un ciel qui ne prvi5t jamais2 et c'e/ p\rquoi les amants les plus t5dres ret>d5t bi5 s\v5t jusqu'aux d]nires heures la sol5nelle entre du gr& rvlateur des pr(ondeurs de l'tre444 ,c'e/ qu'ils sav5t aussi--c> l'am\r vritable ramne les plus frivoles au c5tre de la vie--c'e/ qu'ils sav5t aussi que t\t le re/e tait des jeux d'enfant t\t aut\r de l'ence9te1 et que c'e/ ma9t5ant que les murailles tomb5t et que l'exi/5ce e/ ouv]te4 ,leur sil5ce vaudra ce que val5t les dieux qu'ils r5f]m5t1 et s'ils ne s'ent5d5t pas dans ce premi] sil5ce1 leurs mes ne p\rront pas s'aim]1 c> le sil5ce ne se trans=me po9t4 ,il peut mont] ou bi5 desc5dre entre deux mes1 mais sa nature ne *ang]a jamais2 et jusqu' la mort des amants1 il aura l'attitude1 la =me et la puissance qu'il avait au mom5t o1 p\r la premire fois1 il entra dans la *ambre4 ,a mesure qu'on avance dans la vie1 on s'ap]oit que t\t a lieu selon je ne sais quelle ent5te pralable dont on ne s\ffle mot1 laquelle on ne p5se mme pas1 mais dont on sait p\rtant qu'elle exi/e quelque "p1 au-dessus de nos ttes4 ,le plus inefficace d'entre les hommes s\rit1 aux premires r5contres1 comme s'il tait le vieux complice du de/9 de ses frres4 ,et dans le doma9e o n\s sommes1 ceux-l mmes qui sav5t p>l] le plus pr(ondm5t s5t5t le mieux que les mots n'exprim5t jamais les relations relles et spciales qu'il y a entre deux tres4 ,si je v\s p>le en ce mom5t des *oses les plus graves1 de l'am\r1 de la mort ou de la de/9e1 je n'atte9s pas la mort1 l'am\r ou le de/91 et malgr mes ef=ts1 il re/]a t\j\rs entre n\s une vrit qui n'e/ pas dite1 qu'on n'a mme pas l'ide de dire1 et cep5dant cette vrit qui n'a pas eu de voix aura seule vcu un in/ant entre n\s1 et n\s n'avons pas pu song] autre *ose4 ,cette vrit1 c'e/ notre vrit sur la mort1 le de/9 ou l'am\r2 et n\s n'avons pu l'entrevoir qu'en sil5ce4 ,et ri51 si ce n'e/ le sil5ce1 n'aura eu d'importance4 ,mes soeurs1 dit une enfant dans un conte de fes1 v\s avez *acune votre p5se secrte et je veux la connatre4 ,n\s aussi n\s avons quelque *ose que l'on v\drait connatre1 mais elle se ca*e bi5 plus haut que la p5se secrte2 c'e/ notre sil5ce secret4 ,mais les que/ions sont inutiles4 ,t\te agitation d'un esprit sur ses g>des devi5t mme un ob/acle la seconde vie qui vit dans ce secret2 et p\r savoir ce qui exi/e rellem5t1 il faut cultiv] le sil5ce entre soi1 c> ce n'e/ qu'en lui que s'entr'ouvr5t un in/ant les fleurs inatt5dues et t]nelles1 qui *ang5t de =me et de c\leur selon l'me ct de laquelle on se tr\ve4 ,les mes se ps5t dans le sil5ce1 comme l'or et l'arg5t se ps5t dans l'eau pure1 et les p>oles que n\s prononons n'ont de s5s que grce au sil5ce o elles baign5t4 ,si je dis quelqu'un que je l'aime1 il ne compr5dra pas ce que j'ai dit mille autres peut-tre2 mais le sil5ce qui suivra1 si je l'aime en effet1 montr]a jusqu'o plongr5t auj\rd'hui les rac9es de ce mot1 et f]a natre une c]titude sil5cieuse son t\r2 et ce sil5ce et cette c]titude ne s]ont pas deux fois les mmes dans une vie444 ,n'e/-ce pas le sil5ce qui dt]m9e et qui fixe la saveur de l'am\r8 ,s'il tait priv du sil5ce1 l'am\r n'aurait ni gt ni p>fums t]nels4 ,qui de n\s n'a connu ces m9utes muettes qui sp>ai5t les lvres p\r runir les mes8 ,il faut les re*]*] sans cesse4 ,il n'y a pas de sil5ce plus docile que le sil5ce de l'am\r3 et c'e/ vraim5t le seul qui ne soit qu' n\s seuls4 ,les autres gr&s sil5ces1 ceux de la mort1 de la d\leur ou du de/91 ne n\s app>ti5n5t pas4 ,ils s'avanc5t v]s n\s1 du fond des vnem5ts1 l'heure qu'ils ont *oisie1 et ceux qu'ils ne r5contr5t pas n'ont pas de repro*es se faire4 ,mais n\s p\vons sortir la r5contre des sil5ces de l'am\r4 ,ils att5d5t nuit et j\r au seuil de notre porte et il sont aussi beaux que leurs frres4 ,grce eux1 ceux qui n'ont presque pas pleur peuv5t vivre avec les mes aussi intimem5t que ceux qui fur5t trs malheureux2 et c'e/ p\rquoi ceux qui aimr5t beauc\p sav5t aussi des secrets que d'autres ne sav5t pas2 c> il y a1 dans ce que tais5t les lvres de l'amiti et de l'am\r pr(onds et vritables1 des milli]s et des milli]s de *oses que d'autres lvres ne p\rront jamais taire444 ,,ii ,,le ,r,,veil ,,de ,l',,ame ,un temps vi5dra peut-tre et bi5 des *oses annonc5t qu'il appro*e2 un temps vi5dra peut-tre o nos mes s'ap]cevront sans l'int]mdiaire de nos s5s4 ,il e/ c]ta9 que le doma9e de l'me s't5d *aque j\r davantage4 ,elle e/ bi5 plus prs de notre tre visible et pr5d t\s nos actes une "p bi5 plus gr&e qu'il y a deux ou trois sicles4 ,on dirait que n\s appro*ons d'une priode spirituelle4 ,il y a dans l'hi/oire un c]ta9 nombre de priodes analogues1 o l'me1 obissant des lois inconnues1 remonte p\r a9si dire la surface de l'humanit et manife/e plus directem5t son exi/5ce et sa puissance4 ,cette exi/5ce et cette puissance se rvl5t de mille manires inatt5dues et div]ses4 ,il semble qu'en ces mom5ts1 l'humanit ait t sur le po9t de s\lev] un peu le l\rd f>deau de la matire4 ,il y rgne une sorte de s\lagem5t spirituel2 et les lois de la nature les plus dures et les plus inflexibles fl*iss5t et l4 ,les hommes sont plus prs d'eux-mmes et plus prs de leurs frres2 ils se reg>d5t et s'aim5t plus gravem5t et plus intimem5t4 ,ils compr5n5t plus t5drem5t et plus pr(ondm5t1 l'enfant1 la femme1 les animaux1 les plantes et les *oses4 ,les /atues1 les pe9tures1 les crits qu'ils n\s ont laisss ne sont peut-tre pas p>faits2 mais je ne sais quelle puissance et quelle grce secrtes y demeur5t jamais vivantes et captives4 ,il devait y avoir dans les reg>ds des tres une frat]nit et des esprances my/rieuses2 et l'on tr\ve p>t\t1 ct des traces de la vie ord9aire1 les traces ondoyantes d'une autre vie qu'on ne s'explique pas4 ,ce que n\s savons de l'anci5ne gypte p]met de suppos] qu'elle trav]sa l'une de ces priodes spirituelles4 ,a une poque trs recule de l'hi/oire de l',inde1 l'me doit s'tre appro*e de la surface de la vie jusqu' un po9t qu'elle n'atteignit jamais plus2 et les re/es ou les s\v5irs de sa prs5ce presque immdiate y produis5t encore auj\rd'hui d'tranges phnomnes4 ,il y a bi5 d'autres mom5ts du mme g5re o l'lm5t spirituel p>at lutt] au fond de l'humanit comme un noy qui se dbat s\s les eaux d'un gr& fleuve4 ,rappelez-v\s la ,p]se1 p> exemple1 ,alex&rie et les deux sicles my/iques du moy5-ge4 ,en revan*e1 il y a des sicles p>faits o l'intellig5ce et la beaut rgn5t trs purem5t1 mais o l'me ne se montre po9t4 ,a9si1 elle e/ trs lo9 de la ,grce et de ,rome1 du ,x,v,i,ie et du ,x,v,i,i,ie sicle franais4 7,du mo9s1 de la surface de ce d]ni] sicle1 c> ses pr(ondeurs1 avec ,claude de ,sa9t-,m>t91 ,caglio/ro qui e/ plus grave qu'on ne croit1 ,pascalis et tant d'autres1 n\s ca*5t encore bi5 des my/res74 ,on ne sait pas p\rquoi1 mais quelque *ose n'e/ pas l2 des communications secrtes sont c\pes1 et la beaut f]me les yeux4 ,il e/ bi5 difficile d'exprim] ceci p> des mots et de dire p\r quelles raisons l'atmosphre de div9it et de fatalit qui ent\re les drames grecs ne semble pas l'atmosphre vritable de l'me4 ,on dc\vre l'horizon de ces tragdies admirables un my/re p]man5t et vnrable aussi2 mais ce n'e/ pas le my/re att5dri1 frat]nel et si pr(ondm5t actif que n\s tr\vons en ma9tes oeuvres mo9s gr&es et mo9s belles4 ,et plus prs de n\s2 si ,rac9e e/ le pote infaillible du coeur de la femme1 qui os]ait n\s dire qu'il ait jamais fait un pas v]s son me8 ,que me rpondrez-v\s si je v\s int]roge sur l'me d',&romaque ou de ,britannicus8 ,les p]sonnages de ,rac9e ne se compr5n5t que p> ce qu'ils exprim5t2 et pas un mot ne p]ce les digues de la m]4 ,ils sont effroyablem5t seuls la surface d'une plante qui ne t\rne plus dans le ciel4 ,ils ne peuv5t pas se taire1 ou ils ne s]ai5t plus4 ,ils n'ont pas de pr9cipe invisible1 et l'on croirait qu'une sub/ance isolante a t int]pose entre leur esprit et eux-mmes1 entre la vie qui t\*e t\t ce qui exi/e et la vie qui ne t\*e qu'au mom5t fugitif d'une passion1 d'une d\leur1 d'un dsir4 ,il y a vraim5t des sicles o l'me se r5dort et o p]sonne ne s'en inquite plus4 ,auj\rd'hui1 il e/ clair qu'elle fait de gr&s ef=ts4 ,elle se manife/e p>t\t d'une manire anormale1 imprieuse et pressante1 comme si un ordre avait t donn et qu'elle n'et plus de temps p]dre4 ,elle doit se prp>] une lutte dcisive1 et nul ne peut prvoir t\t ce qui dp5dra de la victoire ou de la fuite4 ,jamais peut-tre elle n'a mis en oeuvre des =ces plus div]ses et plus irrsi/ibles4 ,on dirait qu'elle se tr\ve accule un mur invisible1 et l'on ne sait si c'e/ l'agonie ou une vie n\velle qui l'agite4 ,je ne p>l]ai pas des puissances occultes1 qui se rveill5t aut\r de n\s3 du magntisme1 de la tlpa?ie1 de la lvitation1 des proprits ins\ponnes de la matire radiante et de mille autres phnomnes qui branl5t les sci5ces (ficielles4 ,ces *oses sont connues de t\s et se con/at5t aism5t4 ,encore ne sont-elles probablem5t ri5 ct de ce qui s'opre en ralit1 c> l'me e/ comme un dormeur qui du fond de ses songes fait d'imm5ses ef=ts p\r remu] un bras ou s\lev] une paupire4 ,en d'autres rgions1 o la f\le e/ mo9s att5tive1 elle agit plus efficacem5t encore1 quoique cette action soit mo9s s5sible aux yeux qui ne sont pas acc\tums voir4 ,ne dirait-on pas que sa voix e/ sur le po9t de p]c] d'un cri suprme les d]ni]s sons de l'erreur qui l'envelopp5t encore dans la musique2 et s5tit-on jamais plus l\rdem5t le poids sacr d'une prs5ce invisible qu'en telles oeuvres de c]ta9s pe9tres trang]s8 ,enf91 dans les littratures1 ne con/ate-t-on po9t que quelques sommets s'clair5t et l d'une lueur d'une t\te autre nature que les lueurs les plus tranges des littratures antrieures8 ,on appro*e de je ne sais quelle trans=mation du sil5ce1 et le sublime positif qui a rgn jusqu'ici p>at prs de f9ir4 ,je ne m'arrte pas sur ce sujet p>ce qu'il e/ trop tt p\r p>l] clairem5t de ces *oses2 mais je crois que r>em5t une occasion plus imprieuse d'affran*issem5t spirituel fut (f]te notre humanit4 ,mme p> mom5ts1 cela ressemble un ultimatum2 et c'e/ p\rquoi il importe de ne ri5 nglig] p\r saisir cette occasion m5aante qui e/ de la nature des songes qui se p]d5t sans ret\r si on ne les fixe pas immdiatem5t4 ,il faut tre prud5t2 ce n'e/ pas sans raison que notre me s'agite4 ,mais cette agitation1 qu'on ne rem>que clairem5t que sur les hauts plateaux spculatifs de l'exi/5ce1 se manife/e peut-tre aussi et sans que l'on s'en d\te dans les s5ti]s les plus ord9aires de la vie2 c> nulle fleur ne s'ouvre sur les hauteurs qui ne f9isse p> tomb] dans la valle4 ,e/-elle tombe dj8 ,je ne sais4 ,t\j\rs e/-il que n\s con/atons dans la vie quotidi5ne1 entre les tres les plus humbles1 des rapports my/rieux et directs1 des phnomnes spirituels1 et des rappro*em5ts d'mes dont on ne p>lait gure en d'autres temps4 ,exi/ai5t-ils mo9s indniablem5t avant n\s8 ,il faut le croire1 c> t\tes les poques il y eut des hommes qui allr5t jusqu'au fond des relations les plus secrtes de la vie et qui n\s ont transmis t\t ce qu'ils ont appris sur les coeurs1 les esprits et les mes de leur temps4 ,il e/ probable que ces mmes rapports exi/ai5t alors2 mais ils ne p\vai5t avoir la =ce fra*e et gnrale qu'ils ont en ce mom5t2 ils n'tai5t pas desc5dus jusqu'au fond de l'humanit1 sans quoi ils euss5t arrt les reg>ds de ces sages qui les ont passs s\s sil5ce4 ,et ici1 je ne p>le plus du spiritisme sci5tifique1 de ses phnomnes de tlpa?ie1 de matrialisation1 ni d'autres manife/ations que j'numrais t\t l'heure4 ,il s'agit d'vnem5ts et d'int]v5tions d'me qui ont lieu sans rel*e dans l'exi/5ce la plus t]ne des tres les plus oublieux de leurs droits t]nels4 ,il s'agit aussi d'une psy*ologie t\t autre que la psy*ologie habituelle1 laquelle a usurp le beau nom de ,psy*1 puisqu'en ralit elle ne s'inquite que des phnomnes spirituels les plus troitem5t lis la matire4 ,il s'agit1 en un mot1 de ce que devrait n\s rvl] une psy*ologie transc5dante qui s'occup]ait des rapports directs qu'il y a d'me me entre les hommes et de la s5sibilit a9si que de la prs5ce extraord9aire de notre me4 ,cette tude qui lv]a l'homme d'un degr e/ pe9e comm5ce1 et elle ne t>d]a pas r5dre inadmissible la psy*ologie lm5taire qui a rgn jusqu' ce j\r4 ,cette psy*ologie immdiate1 desc5dant des montagnes1 envahit dj les plus petites valles et sa prs5ce se rem>que jusque dans les plus mdiocres crits4 ,ri5 ne pr\ve plus clairem5t que la pression de l'me a augm5t dans l'humanit gnrale1 et que son action my/rieuse s'e/ vulg>ise4 ,n\s effleurons ici des *oses peu prs indicibles1 et l'on ne peut donn] que des exemples incomplets et grossi]s4 ,en voici deux ou trois qui sont lm5taires et s5sibles3 autrefois1 s'il tait "q1 un mom5t1 d'un press5tim5t1 de l'impression trange d'une entrevue ou d'un reg>d1 d'une dcision qui tait prise du ct inconnu de la raison huma9e1 d'une int]v5tion ou d'une =ce inexplicable et cep5dant comprise1 des lois secrtes de l'antipa?ie ou de la sympa?ie1 des aff9its lectives ou in/9ctives1 de l'influ5ce prpondrante de *oses qui n'tai5t pas dites1 on ne s'arrtait pas ces problmes1 qui1 d'ailleurs1 s'(frai5t assez r>em5t l'inquitude du p5seur4 ,on ne semblait les r5contr] que p> has>d4 ,on ne s\ponnait pas de quel poids prodigieux ils ps5t sans rel*e sur la vie2 et l'on se htait de rev5ir aux jeux habituels des passions et des vnem5ts extrieurs4 ,ces phnomnes spirituels1 dont les plus gr&s1 les plus p5sifs d'entre nos frres s'occupai5t pe9e autrefois1 les plus petits s'en inquit5t auj\rd'hui2 et cela pr\ve une fois de plus que l'me huma9e e/ une plante d'une unit p>faite1 et que t\tes ses bran*es1 lorsque l'heure e/ v5ue1 fleuriss5t en mme temps4 ,le paysan qui le don d'exprim] ce qu'il y a dans son me s]ait brusquem5t accord1 exprim]ait en ce mom5t des *oses qui ne se tr\vai5t pas encore dans l'me de ,rac9e4 ,et c'e/ a9si que des hommes d'un gnie bi5 infrieur celui de ,%akespe>e ou de ,rac9e ont entrevu une vie secrtem5t lum9euse dont celle que ces matres avai5t uniquem5t connue n'tait que le rev]s4 ,c'e/ qu'il ne suffit pas qu'une gr&e me isole s'agite et l1 dans l'espace ou le temps4 ,elle f]a peu de *ose si elle n'e/ pas aide4 ,elle e/ la fleur des multitudes4 ,il faut qu'elle arrive au mom5t o l'ocan des mes s'inquite t\t enti]1 et si elle e/ v5ue dans l'in/ant du sommeil1 elle ne p\rra p>l] que des songes du sommeil4 ,hamlet1 af9 de pr5dre un exemple illu/re entre t\s1 ,hamlet1 dans ,els5eur1 s'avance *aque in/ant jusqu'au bord du rveil1 et cep5dant1 malgr la sueur glaciale qui c\ronne son front ple1 il y a des mots qu'il ne p>vi5t pas n\s dire et qu'il p\rrait sans d\te prononc] auj\rd'hui1 p>ce que l'me du vagabond lui-mme ou du voleur qui passe1 l'aid]ait p>l]4 ,hamlet1 lorsqu'il reg>de ,claudius ou sa mre1 appr5drait prs5t ce qu'il ne savait pas1 p>ce qu'il semble que les mes ne s'envelopp5t dj plus du mme nombre de voiles4 ,savez-v\s bi5--et c'e/ une vrit inquitante et trange--savez-v\s bi5 que si v\s n'tes pas bon1 il e/ plus que probable que votre prs5ce le proclame auj\rd'hui c5t fois plus clairem5t qu'elle ne l'et fait il y a deux ou trois sicles8 ,savez-v\s bi5 que si v\s avez attri/ une seule me ce mat91 l'me de ce paysan avec qui v\s allez v\s entret5ir de l'orage ou des pluies1 a t av]tie avant mme que sa ma9 ait entr'ouv]t la porte8 ,assumez le visage d'un sa9t1 d'un m>tyr1 d'un hros1 l'oeil de l'enfant qui v\s r5contre ne v\s salu]a pas du mme reg>d inaccessible si v\s portez en v\s une p5se mauvaise1 une inju/ice ou les l>mes d'un frre4 ,il y a c5t ans1 son me et peut-tre pass1 ct de la vtre1 inatt5tive444 ,en vrit1 il devi5t difficile de n\rrir dans son coeur1 l'abri des reg>ds1 une ha9e1 de l'envie ou une trahison1 tant les mes les plus indiffr5tes sont sans cesse sur leurs g>des t\t aut\r de notre tre4 ,nos anctres ne n\s ont pas p>l de ces *oses1 et n\s con/atons que la vie o n\s n\s agitons e/ absolum5t diffr5te de la vie qu'ils ont pe9te4 ,ont-ils tromp ou ne savai5t-ils pas8 ,les signes et les mots ne s]v5t plus de ri51 et presque t\t se dcide dans les c]cles my/iques d'une simple prs5ce4 ,l'anci5ne volont1 elle aussi1 la vieille volont si bi5 connue et si logique1 se trans=me son t\r et subit le contact immdiat de gr&es lois inexplicables et pr(ondes4 ,il n'y a presque plus de refuges et les hommes se rappro*5t4 ,ils se jug5t p>-dessus les p>oles et les actes1 et jusque p>-dessus les p5ses1 c> ce qu'ils voi5t sans le compr5dre e/ situ bi5 au del du doma9e des p5ses4 ,et c'e/ l'une des gr&es m>ques auxquelles on reconnat les priodes spirituelles dont je p>lais tantt4 ,on s5t de t\s cts que les relations de la vie ord9aire comm5c5t *ang]1 et les plus jeunes d'entre n\s p>l5t et agiss5t dj t\t autrem5t que les hommes de la gnration qui les prcde4 ,une f\le de conv5tions1 d'usages1 de voiles et d'int]mdiaires inutiles retomb5t aux abmes1 et presque t\s1 sans le savoir1 n\s ne n\s jugeons plus que selon l'invisible4 ,si j'entre p\r la premire fois dans votre *ambre1 v\s ne prononc]ez po9t1 d'aprs les lois les plus pr(ondes de la psy*ologie pratique1 la s5t5ce secrte que t\t homme prononce en prs5ce d'un homme4 ,v\s ne p>vi5drez pas me dire o v\s tes all p\r savoir qui je suis1 mais v\s me revi5drez1 *>g du poids de c]titudes ineffables4 ,votre pre1 peut-tre1 m'et jug autrem5t et se s]ait tromp4 ,il faut croire que l'homme va bi5tt t\*] l'homme et que l'atmosphre va *ang]4 ,avons-n\s fait1 comme le dit ,claude de ,sa9t-,m>t91 le gr& philosophe inconnu1 avons-n\s fait un pas de plus sur la r\te in/ructive et lum9euse de la simplicit des tres8 ,att5dons en sil5ce2 peut-tre allons-n\s p]cevoir avant peu le murmure des dieux4 ,,iii ,,les ,,av]tis ,ils sont connus de la plup>t des hommes et presque t\tes les mres les ont vus4 ,ils sont peut-tre indisp5sables comme t\tes les d\leurs1 et ceux qui ne les ont pas appro*s sont mo9s d\x1 mo9s tri/es et mo9s bons4 ,ils sont tranges4 ,ils sembl5t plus prs de la vie que les autres enfants et ne ri5 s\ponn]1 et cep5dant leurs yeux ont une c]titude si pr(onde1 qu'il faut qu'ils sa*5t t\t et qu'ils ai5t eu plus d'un soir le temps de se dire leur secret4 ,au mom5t o leurs frres ttonn5t encore aut\r d'eux entre la naissance et la vie1 ils se sont dj reconnus1 ils sont dj deb\t1 les ma9s et l'me prtes4 ,a la hte1 sagem5t et m9utieusem5t1 ils se prp>5t vivre1 et cette hte e/ le signe que les mres1 leur insu discrtes confid5tes de t\t ce qui ne se dit pas1 os5t pe9e reg>d]4 ,s\v5t1 n\s n'avons pas le temps de les ap]cevoir2 ils s'en vont sans ri5 dire et ceux-l n\s demeur5t jamais inconnus4 ,mais d'autres s'att>d5t un peu1 n\s reg>d5t en s\riant att5tivem5t1 sembl5t sur le po9t d'av\] qu'ils ont t\t compris1 et puis1 v]s la v+time anne1 s'loign5t la hte1 en t\ffant leurs pas1 comme s'ils v5ai5t de dc\vrir qu'ils s'tai5t tromps de demeure et qu'ils allai5t pass] leur vie p>mi des hommes qu'ils ne connaissai5t pas4 ,eux-mmes ne dis5t presque ri5 et s'ent\r5t d'un nuage au mom5t o ils se s5t5t blesss et o l'homme e/ sur le po9t de les atte9dre4 ,il y a quelques j\rs ils semblai5t tre au milieu de n\s1 et ce soir1 t\t c\p1 ils sont si lo9 que n\s n'osons plus les reconnatre ni les int]rog]4 ,ils sont l1 presque de l'autre ct de la vie1 et l'on s5t que c'e/ l'heure enf9 d'affirm] une *ose plus grave1 plus huma9e1 plus relle et plus pr(onde que l'amiti1 la piti ou l'am\r2 une *ose qui bat mortellem5t de l'aile t\t au fond de la gorge1 et qu'on ignore1 et qu'on n'a jamais dite1 et qu'il n'e/ plus possible de dire1 c> tant de vies se pass5t se taire6444 ,et le temps presse2 et qui de n\s n'a att5du a9si jusqu'au mom5t o l'on ne p\vait plus lui rpondre8 ,p\rquoi sont-ils v5us et p\rquoi s'en vont-ils8 ,ne naiss5t-ils que p\r n\s affirm] que la vie n'a pas de b8 ,a quoi s]t-il d'int]rog] puisqu'on ne rpondra jamais8 ,j'ai t plusieurs fois tmo9 de ces *oses1 et un j\r je les ai vues de si prs que je ne savais plus s'il s'agissait d'un autre ou de moi-mme444 ,un frre e/ mort a9si4 ,on et dit que lui seul avait t prv5u1 sans le savoir1 t&is que n\s savions peut-tre quelque *ose sans avoir reu cet av]tissem5t organique qu'il reclait depuis les premi]s j\rs4 ,a quoi di/+ue-t-on les tres sur lesquels va pes] un vnem5t trs grave8 ,ri5 n'e/ visible et cep5dant n\s voyons t\t4 ,ils ont peur de n\s1 p>ce que n\s les av]tissons sans cesse et malgr n\s2 et pe9e les avons-n\s abords qu'ils s5t5t que n\s ragissons contre leur av5ir4 ,n\s ca*ons quelque *ose la plup>t des hommes et n\s ignorons n\s-mmes ce que n\s leur ca*ons4 ,il passe entre deux tres qui se r5contr5t p\r la premire fois1 d'tranges secrets de vie et de mort2 et bi5 d'autres secrets qui n'ont pas encore de nom1 mais qui s'emp>5t immdiatem5t de notre attitude1 de nos reg>ds et de notre visage2 et lorsque n\s s]rons les ma9s d'un ami notre me a des indiscrtions qui ne s'arrt5t peut-tre pas sur le seuil de cette vie4 ,il se peut qu'il n'y ait aucune arrire-p5se entre deux hommes1 mais il y a des *oses plus imprieuses et plus pr(ondes que la p5se4 ,n\s ne sommes pas matres de ces dons inconnus et n\s trahissons sans cesse le prophte qui ne sait pas p>l]4 ,n\s ne sommes jamais avec les autres tels que n\s sommes avec n\s-mmes1 ni mme tels que n\s sommes avec eux dans l'obscurit et nos reg>ds se trans=m5t selon le pass et l'av5ir qu'ils ap]oiv5t1 et c'e/ p\rquoi n\s vivons malgr n\s sur nos g>des4 ,en r5contrant ceux qui ne vivront pas1 ce n'e/ pas eux que n\s voyons1 mais ce qui va leur arriv]4 ,ils v\drai5t n\s tromp] p\r se tromp]4 ,ils font t\t p\r n\s dr\t] et cep5dant1 trav]s leur s\rire et leur ardeur vivre1 l'vnem5t transp>at dj comme s'il tait le s\ti5 et la raison mme de leur exi/5ce4 ,une fois de plus1 la mort les a trahis1 et ils voi5t avec tri/esse que n\s avons t\t vu et qu'il y a des voix qui ne peuv5t se taire4 ,qui dira la =ce des vnem5ts et s'ils sont n\s-mmes ou si n\s ne sommes qu'eux8 ,naiss5t-ils de n\s1 ou bi5 naissons-n\s d'eux8 ,les attirons-n\s1 ou n\s attir5t-ils8 ,les trans=mons-n\s ou n\s trans=m5t-ils8 ,ne se tromp5t-ils jamais8 ,p\rquoi vi5n5t-ils n\s comme l'abeille la ru*e et la colombe au colombi]2 et o se rfugi5t ceux qui ne n\s tr\v5t pas au r5dez-v\s8 ,d'o vi5n5t-ils notre r5contre2 et p\rquoi n\s ressembl5t-ils comme des frres8 ,agiss5t-ils dans le pass ou dans l'av5ir et les plus puissants sont-ils ceux qui ne sont plus ou ceux qui ne sont pas encore8 ,e/-ce hi] ou dema9 qui n\s transfigure8 ,qui de n\s ne passe la plus gr&e p>tie de sa vie l'ombre d'un vnem5t qui n'a pas encore eu lieu8 ,j'ai vu ces graves attitudes1 cette m>*e qui semblait avoir un b trop pro*a91 ce press5tim5t des gr&s froids et cet oeil qui ne se laissait pas di/raire1 en ceux mme dont la f9 devait tre accid5telle et sur qui la mort allait s'abattre inop9m5t du dehors4 ,et cep5dant1 ils se htai5t autant que leurs frres qui la portai5t en eux4 ,ils avai5t le mme visage4 ,a eux aussi la vie semblait plus srieuse qu' ceux qui doiv5t vivre4 ,ils agissai5t avec la mme att5tion sre et sil5cieuse4 ,ils n'avai5t plus de temps p]dre1 ils devai5t tre prts la mme heure2 tant cet vnem5t qu'un prophte n'aurait pu prvoir1 tait1 leur insu1 la vie mme de leur vie4 ,c'e/ notre mort qui guide notre vie et notre vie n'a d'autre b que notre mort4 ,notre mort e/ le m\le o se c\le notre vie et c'e/ elle qui a =m notre visage4 ,il ne faudrait faire que le portrait des morts1 c> eux seuls sont eux-mmes et se montr5t un in/ant tels qu'ils sont4 ,et quelle vie ne s'claire dans la pure1 froide et simple lumire qui tombe sur l'oreill] des d]nires heures8 ,e/-ce cette mme lumire qui baigne dj ces visages d'enfants lorsqu'ils n\s s\ri5t fixem5t1 et qui n\s impose un sil5ce qui ressemble celui de la *ambre o quelqu'un se tait p\r t\j\rs8 ,lorsque je me rappelle ceux que j'ai connus et que la mme mort m5ait t\s p> la ma91 je vois une tr\pe d'enfants1 d'adolesc5tes et d'adolesc5ts qui sembl5t sortir de la mme maison4 ,ils sont dj frres et soeurs1 et l'on dirait qu'ils se reconnaiss5t entre eux des m>ques que n\s ne voyons pas1 et qu'ils se font1 au mom5t o n\s ne les obs]vons plus1 le signe du sil5ce4 ,ce sont les enfants att5tifs de la mort prcoce4 ,au collge n\s les disc]nions obscurm5t4 ,ils semblai5t se *]*] et se fuir la fois comme ceux qui ont la mme infirmit4 ,on les voyait l'c>t s\s les arbres du j>d94 ,ils avai5t la mme gravit s\s un s\rire plus int]rompu et plus immatriel que le ntre1 et je ne sais quel air d'avoir peur de trahir un secret4 ,presque t\j\rs ils se taisai5t lorsque ceux qui devai5t vivre s'appro*ai5t de leur gr\pe4 ,p>lai5t-ils dj de l'vnem5t1 ou bi5 savai5t-ils que l'vnem5t p>lait trav]s eux et malgr eux1 et l'ent\rai5t-ils a9si af9 de le ca*] aux yeux indiffr5ts8 ,ils semblai5t p> mom5ts n\s reg>d] du haut d'une t\r2 et bi5 qu'ils fuss5t plus faibles que n\s1 n\s n'osions pas les mole/]4 ,il e/ vrai que ri5 n'e/ ca*2 et v\s t\s qui me r5contrez1 v\s savez ce que j'ai fait et ce que je f]ai1 v\s savez ce que je p5se et ce que j'ai p5s2 v\s savez exactem5t le j\r o je dois m\rir1 mais v\s n'avez pas encore tr\v le moy5 de le dire1 ft-ce voix basse et votre propre coeur4 ,n\s avons l'habitude de pass] s\s sil5ce t\t ce que notre ma9 n'atte9t pas1 et peut-tre saurions-n\s trop de *oses si n\s savions t\t ce que n\s savons4 ,n\s vivons ct de notre vritable vie et n\s s5tons que nos p5ses les plus intimes et les plus pr(ondes mme ne n\s reg>d5t pas1 c> n\s sommes autre *ose que nos p5ses et que nos rves4 ,et ce n'e/ qu' c]ta9s mom5ts et presque p> di/raction que n\s vivons selon n\s-mmes4 ,quel j\r devi5drons-n\s ce que n\s sommes8 ,en att5dant1 n\s tions devant eux comme devant des trang]s4 ,ils intimidai5t notre vie4 ,p>fois ils se prom5ai5t avec n\s p> les corridors et les c\rs1 et n\s avions pe9e les suivre4 ,p>fois ils se mlai5t nos jeux1 et le jeu ne semblait plus le mme4 ,quelques-uns ne tr\vai5t pas leurs frres4 ,ils errai5t seuls au milieu de nos cris et n'avai5t pas d'amis p>mi ceux qui n'allai5t pas m\rir4 ,et cep5dant n\s les aimions1 et aucun visage n'tait plus amical que le leur4 ,qu'y avait-il entre eux et n\s et qu'y a-t-il entre n\s t\s8 ,au fond de quelle m] de my/res vivons-n\s8 ,ici rgnait aussi cet am\r qui ne s'exprime plus p>ce qu'il ne p>ticipe pas la vie de ce monde4 ,il ne support]ait peut-tre aucune preuve1 il semble *aque in/ant trahi1 et la mo9dre amiti ord9aire a l'air de le va9cre1 et cep5dant sa vie e/ plus pr(onde que n\s-mmes et peut-tre ne n\s semble-t-il indiffr5t que p>ce qu'il se sait rs]v p\r des temps plus longs et plus srs4 ,il ne p>le pas ici p>ce qu'il sait qu'il p>l]a plus t>d2 et ce n'e/ jamais ceux que n\s embrassons que n\s aimons le plus pr(ondm5t4 ,il y a a9si une "p de la vie1--et c'e/ la meilleure1 la plus pure et la plus gr&e1--qui ne se mle pas la vie ord9aire1 et les yeux1 des amants eux-mmes1 ne p]c5t presque jamais cette digue de sil5ce et d'am\r4 ,ou bi5 les laissions-n\s seuls p>ce que1 quoique plus jeunes1 ils tai5t nos ans8444 ,savions-n\s qu'ils n'avai5t pas le mme ge et les r$\tions-n\s comme des juges8 ,leurs reg>ds tai5t dj mo9s mobiles que les ntres1 et lorsqu'ils s'appuyai5t1 p> has>d1 sur nos agitations1 elles s'apaisai5t sans raison1 et un sil5ce incomprh5sible s't5dait un in/ant4 ,n\s n\s ret\rnions3 ils n\s obs]vai5t et ils riai5t srieusem5t4 ,je me rappelle le visage de deux d'entre eux qu'une mort viol5te att5dait4 ,mais presque t\s tai5t timides et t5tai5t de pass] inap]u4 ,ils avai5t je ne sais quelle pudeur mortelle et semblai5t dem&] p>don d'une faute inconnue et pro*a9e4 ,ils s'avanai5t1 n\s *angions un reg>d1 n\s n\s c>tions sans ri5 dire et n\s compr5ions t\t sans ri5 savoir4 ,,iv ,,la ,,morale ,,my/ique ,il n'e/ que trop vrai que les p5ses que n\s avons donn5t une =me arbitraire aux m\vem5ts invisibles des royaumes intrieurs4 ,il y a a9si mille et mille c]titudes qui sont les re9es voiles qui n\s guid5t trav]s l'exi/5ce et dont n\s ne p>v5ons pas p>l]4 ,ds que n\s exprimons quelque *ose1 n\s le dim9uons trangem5t4 ,n\s croyons avoir plong jusqu'au fond des abmes et qu& n\s remontons la surface1 la g\tte d'eau qui sc9tille au b\t de nos doigts ples ne ressemble plus la m] d'o elle sort4 ,n\s croyons avoir dc\v]t une grotte aux trsors m]veilleux2 et qu& n\s rev5ons au j\r1 n\s n'avons emport que des pi]r]ies fausses et des morceaux de v]re2 et cep5dant le trsor brille inv>iablem5t dans les tnbres4 ,il y a quelque *ose d'imp]mable entre n\s-mmes et notre me1 et c]ta9s mom5ts1 dit ,em]son1 n\s en arrivons dsir] ardemm5t la s\ffrance dans l'espoir que l enf9 n\s tr\v]ons de la ralit et s5tirons les po9tes aigus et les angles de la vrit4 ,j'ai dit ailleurs que les mes sembl5t se rappro*]3 et cela n'a d'autre valeur que la valeur que peut avoir une impression p]man5te1 mais obscure1 qu'il e/ bi5 difficile d'tay] sur des faits1 c> les faits ne sont que les vagabonds1 les espions ou les tran>ds des gr&es =ces qu'on ne voit pas4 ,et p\rtant1 l'on dirait que1 plus pr(ondm5t peut-tre que nos pres1 n\s s5tons1 p> in/ants que ce n'e/ pas en prs5ce de n\s seuls que n\s sommes4 ,ceux qui ne croi5t en aucun dieu aussi bi5 que les autres n'agiss5t pas en eux-mmes comme s'ils tai5t srs d'tre seuls4 ,il y a une surveillance gnrale qui s'ex]ce ailleurs que dans les tnbres indulg5tes de la consci5ce de *aque homme4 ,e/-il vrai que les vases spirituels soi5t mo9s /rictem5t scells qu'autrefois et que les oscillations de la m] intrieure devi5n5t plus puissantes8 ,je ne sais2 t\t au plus p\vons-n\s con/at] que n\s n'atta*ons plus la mme importance un c]ta9 nombre de fautes traditionnelles1 et c'e/ dj le signe d'une conqute spirituelle4 ,il semble que notre morale se trans=me et qu'elle s'avance petits pas v]s des contres plus hautes qu'on ne voit pas encore4 ,et c'e/ p\rquoi le mom5t e/ peut-tre v5u de se pos] quelques que/ions n\velles4 ,qu'arriv]ait-il1 p> exemple1 si notre me dev5ait visible t\t c\p et qu'elle dt s'avanc] au milieu de ses soeurs assembles1 dp\ille de ses voiles1 mais *>ge de ses p5ses les plus secrtes et tranant sa suite les actes les plus my/rieux de sa vie que ri5 ne p\vait exprim]8 ,de quoi r\girait-elle8 ,que v\drait-elle ca*]8 ,irait-elle1 comme une femme pudique1 jet] le long manteau de ses *eveux sur les p*s sans nombre de la *air8 ,elle les a ignors1 et ces p*s ne l'ont jamais atte9te4 ,ils ont t commis mille lieues de son trne2 et l'me du ,sodomite mme pass]ait au milieu de la f\le sans se d\t] de ri51 et portant dans ses yeux le s\rire transp>5t de l'enfant4 ,elle n'e/ pas int]v5ue1 elle p\rsuivait sa vie du ct des lumires1 et c'e/ de cette vie seule qu'elle se s\vi5dra4 ,quels p*s et quels crimes ord9aires aura-t-elle pu commettre8 ,a-t-elle trahi1 a-t-elle tromp1 a-t-elle m5ti8 ,a-t-elle fait s\ffrir et a-t-elle fait pleur]8 ,o tait-elle t&is que celui-ci livrait son frre aux ennemis8 ,elle sanglotait peut-tre lo9 de lui1 et p>tir de ce mom5t1 elle s]a dev5ue plus pr(onde et plus belle4 ,elle n'aura po9t honte de ce qu'elle n'a pas fait2 et elle peut re/] pure au c5tre d'un gr& meurtre4 ,s\v5t1 elle trans=me en cl>ts intrieures t\t le mal auquel il faut bi5 qu'elle assi/e4 ,t\t dp5d d'un pr9cipe invisible et de l nat sans d\te l'inexplicable indulg5ce des dieux4 ,et notre indulg5ce1 elle aussi4 ,n\s ne p\vons n\s emp*] de p>donn]2 et qu& la mort1 la gr&e rconciliatrice1 a pass1 qui de n\s ne tombe sur les g5\x et ne fait en sil5ce sur l'me dlaisse le ge/e du p>don8 ,si je vi5s me p5*] sur le corps immobile de mon pire ennemi1 croyez-v\s donc qu'en reg>dant ces lvres ples qui m'ont calomni1 ces yeux te9ts qui fir5t pleur] les mi5s1 et ces ma9s froides qui m'ont peut-tre tortur1 je songe encore la v5geance8 ,t\t a t pay p> la mort au passage4 ,l'me ne me doit plus ri5 et in/9ctivem5t je la mets au-dessus des torts les plus cruels et des fautes les plus graves4 7,que cet in/9ct e/ admirable et significatif67 ,et si je regrette quelque *ose1 ce n'e/ pas de ne p\voir faire s\ffrir mon t\r1 mais peut-tre de n'avoir pas aim suffisamm5t ou p>donn plus tt444 ,on dirait que dj n\s compr5ons ces *oses t\t au fond de n\s-mmes4 ,ce n'e/ pas sur leurs actes1 et ce n'e/ mme pas d'aprs leurs p5ses les plus secrtes que n\s jugeons nos frres1 c> les p5ses secrtes ne sont pas t\j\rs illisibles2 et n\s allons bi5 au del de l'illisible4 ,un homme aura commis t\s les crimes rputs les plus vils sans que le plus gr& de ces crimes altre un seul in/ant le s\ffle de fra*eur et de puret immatrielle qui ent\re sa prs5ce2 au lieu que l'appro*e d'un m>tyr ou d'un sage p\rra c\vrir notre me d'paisses et insupportables tnbres4 ,un hros ou un sa9t *oisira son ami au milieu des visages sur lesquels se lit sans pe9e l'habitude de t\tes les p5ses basses1 et ne se s5tira pas dans une atmosphre frat]nelle ou huma9e ct d'un autre tre dont le front s'illum9e des rves les plus hauts et les plus magnanimes4 ,qu'e/-ce que cela signifie8 et quelles n\velles ces *oses apport5t-elles8 ,il y a donc des lois plus pr(ondes que celles qui prsid5t aux actes et aux p5ses8 ,que n\s a-t-on appris et p\rquoi agissons-n\s t\j\rs selon des rgles dont on ne p>le pas et qui seules sont sres8 ,c> l'on peut affirm] qu'ici1 malgr les app>5ces1 le hros et le sa9t ne se sont po9t tromps4 ,ils n'ont fait qu'obir1 et si le sa9t e/ trahi et v5du p> l'homme qu'il a *oisi1 quelque *ose d'9branlable re/]a cep5dant1 qui lui dira qu'il n'y eut pas d'erreur et qu'il n'a ri5 regrett]4 ,l'me n'oubli]a jamais que l'autre me tait claire444 ,t&is que l'on remue la pi]re presque inconnue qui c\vre ces my/res1 on respire l'odeur trop =te de l'abme et les mots en mme temps que les p5ses tomb5t aut\r de n\s comme des m\*es empoisonnes4 ,la vie intrieure elle-mme p>at une petite *ose auprs de ces pr(ondeurs inv>iables4 ,s]ez-v\s fi]1 en prs5ce d'un ange1 d'tre celui qui n'a jamais eu tort et n'exi/e-t-il pas une innoc5ce infrieure8 ,lorsque ,jsus lit les p5ses misrables des ,ph>isi5s qui ent\r5t le p>alytique de ,caph>nam1 tes-v\s sr qu'il juge aussi leur me d'un c\p d'oeil analogue1 qu'il la condamne en mme temps et qu'il n'ap]oive pas1 p> del ces p5ses1 une cl>t peut-tre inaltrable8 ,et s]ait-il un ,dieu si sa condamnation tait irrvocable8 ,mais p\rquoi p>le-t-il comme s'il s'arrtait aux dehors8 ,la p5se la plus basse ou l'ide la plus noble laiss]a-t-elle une trace sur le pivot de diamant8 ,quel ,dieu1 s'il e/ vraim5t sur les hauteurs1 p\rra s'emp*] de s\rire nos fautes les plus graves1 comme on s\rit aux jeux des petits *i5s sur le tapis8 et que s]ait un ,dieu qui ne s\rirait pas8 ,croyez-v\s que v\s pr5drez la pe9e1 si v\s dev5ez vraim5t pur1 de s\/raire aux reg>ds des anges assembls les petits mobiles de vos gr&es actions8 ,et p\rtant n'y a-t-il pas en n\s plus d'une *ose qui peut faillir aux yeux des dieux assis sur la montagne8 ,il e/ sr qu'il y en a1 et notre me n'ignore pas qu'elle aura des comptes r5dre4 ,elle vit1 sans ri5 dire1 s\s la ma9 d'un gr& juge dont n\s ne p>v5ons pas saisir les s5t5ces4 ,mais quels s]ont ces comptes8 ,o tr\v] la morale qui le dise8 ,y a-t-il une morale my/rieuse qui rgne en des rgions plus lo9ta9es que celles de nos p5ses2 et un a/re c5tral que n\s ne voyons pas et dont nos plus secrets dsirs ne sont que les plantes impuissantes8 ,exi/e-t-il1 au c5tre de notre tre1 un arbre transp>5t dont t\tes nos actions et t\tes nos v]tus ne sont que les fleurs et les feuilles phmres8 ,au fond1 n\s ignorons quel mal notre me peut commettre et n\s ne savons pas encore de quoi n\s r\girions devant une intellig5ce suprieure ou devant une autre me2 et cep5dant qui de n\s se tr\ve pur et ne r$\te pas un juge8 et quelle me n'a pas peur d'une autre me8 99 99 99 99 99 ,ici1 n\s ne sommes plus dans les valles connues de la vie animale ou psy*ique4 ,n\s arrivons aux portes de la troisime ence9te3 celle de la vie div9e des my/iques4 ,ce n'e/ qu'en ttonnant qu'on en fran*it le seuil4 ,et puis le seuil fran*i1 o sont les c]titudes8 ,o se ca*5t ces lois admirables que sans rel*e n\s transgressons peut-tre sans que notre consci5ce le s\ponne1 bi5 que notre me soit av]tie8 ,et d'o prov5ait donc l'ombre de ces transgressions my/rieuses qui s't5dait p>fois sur notre vie et la r5dait s\da9 si r$\table vivre8 ,quels sont les gr&s p*s spirituels que n\s p\vons commettre8 ,aurons-n\s honte d'avoir lutt contre notre me ou notre me lutte-elle invisiblem5t contre ,dieu8 ,et cette lutte e/-elle sil5cieuse tel po9t que pas un s\pir ne =ce les p>ois8 ,y a-t-il un mom5t o n\s p\vons ent5dre la re9e aux lvres closes8 ,elle se tait sans espoir dans t\s les vnem5ts de la surface1 mais n'en e/-il pas d'autres que l'on rem>que pe9e et qui t\*5t cep5dant des =ces t]nelles et pr(ondes8 ,voici quelqu'un qui meurt1 qui reg>de ou qui pleure2 un autre qui s'appro*e p\r la premire fois ou votre ennemi qui passe2 n'e/-ce po9t alors qu'elle *u*ote peut-tre8 ,et si v\s l'c\tiez1 t&is que dj v\s n'aimez plus dans l'av5ir l'ami auquel v\s s\riez en ce mom5t8 ,mais t\t cela n'e/ ri5 et n'appro*e mme pas des cl>ts extrieures de l'abme4 ,il n'e/ pas possible de p>l] de ces *oses1 p>ce qu'on e/ trop seul4 ,actuellem5t1 dit ,novalis1 l'me ne b\ge que et l2 qu& donc remu]a-t-elle entirem5t1 et qu& l'humanit comm5c]a-t-elle pr5dre consci5ce en masse8 ,c'e/ cette condition seulem5t que quelques-uns appr5dront quelque *ose4 ,il faut att5dre patiemm5t que cette consci5ce suprieure se =me peu peu4 ,il se peut qu'alors l'un de ceux qui vi5dront p>vi5ne exprim] ce que n\s s5tons t\s de ce ct de l'me1 qui e/ comme la face de la lune qu'on n'a pas ap]ue depuis le comm5cem5t du monde4 ,v ,,sur ,,les ,,femmes ,en ces doma9es aussi1 les lois sont inconnues4 ,au-dessus de nos ttes brille1 au c5tre du ciel1 l'toile de l'am\r qui n\s e/ de/92 et t\tes nos am\rs natront1 jusqu' la f91 dans les rayons et l'atmosphre de cette toile4 ,n\s aurons beau *oisir droite ou bi5 gau*e1 sur les hauteurs ou bi5 dans les bas-fonds2 n\s aurons beau1 p\r sortir de ce c]cle en*ant que n\s s5tons aut\r de t\s les actes de notre vie1 viol] notre in/9ct et t5t] de *oisir contre le *oix de notre toile1 n\s lirons t\j\rs la femme desc5due de l'a/re inv>iable4 ,et si1 comme don ,juan1 n\s en embrassons mille et trois1 lorsque vi5dra le soir o les bras se dli5t et o les lvres se sp>5t1 n\s reconnatrons que c'e/ encore la mme femme1 la bonne ou la mauvaise1 la t5dre ou la cruelle1 l'aimante ou l'infidle1 qui se ti5t devant n\s444 ,en vrit1 n\s ne sortons jamais du petit c]cle de cl>t que notre de/9e trace aut\r de nos pas1 et l'on dirait que les hommes les plus loigns connaiss5t la nuance et l't5due de cet anneau infran*issable4 ,c'e/ la te9te de ces rayons spirituels qu'ils ap]oiv5t t\t d'abord et qui fait qu'ils n\s t5d5t la ma9 en s\riant ou qu'ils la retir5t avec cra9te4 ,n\s n\s connaissons t\s dans une atmosphre suprieure1 et l'ide que je me fais d'un inconnu p>ticipe immdiatem5t une vrit my/rieuse et plus pr(onde que la vrit matrielle4 ,qui de n\s n'a pr\v ces *oses qui se pass5t dans les rgions impntrables de l'humanit presque a/rale8 ,si v\s recevez une lettre v5ue du fond d'une le p]due dans le gr& coeur des ocans1 et crite p> une ma9 dont v\s ignoriez l'exi/5ce1 tes-v\s bi5 sr que ce soit un inconnu qui v\s crive et n'pr\vez-v\s pas1 dans le mom5t que v\s lisez1 sur l'me qui v\s r5contre a9si--les dieux sav5t seuls dans quelles sphres1--des c]titudes plus infaillibles et plus graves que t\tes les c]titudes ord9aires8 ,et1 d'un autre ct croyez-v\s que cette me qui songeait la vtre1 au has>d de l'espace et du temps1 n'avait pas1 elle aussi1 des c]titudes analogues8 ,il y a de t\tes p>ts d'tranges reconnaissances1 et n\s ne p\vons pas ca*] notre exi/5ce4 ,ri5 ne semble jet] sur les li5s subtils qui doiv5t exi/] entre t\tes les mes un j\r plus spcial que ces petits my/res qui accompagn5t l'*ange de quelques lettres entre deux inconnus4 ,c'e/ peut-tre une des troites f5tes1--misrable sans d\te1 mais il en e/ si peu que n\s devons n\s cont5t] des lueurs les plus ples--c'e/ peut-tre une des troites f5tes dans la porte de tnbres p> o n\s p\vons s\ponn] un in/ant ce qui doit se pass] dans la grotte des trsors qui ne fur5t jamais dc\v]ts4 ,exam9ez la correspondance passive d'un homme et v\s y tr\v]ez je ne sais quelle unit s+ulire4 ,je ne connais ni celui-ci ni celui-l qui m'int]rog5t ce mat91 et cep5dant je sais dj que je ne p\rrai pas rpondre au premi] de la mme manire que je vais rpondre au second4 ,j'ai vu quelque *ose d'invisible4 ,et1 mon t\r1 si quelqu'un m'crit que je n'ai jamais ap]u1 je suis sr que sa lettre n'e/ pas exactem5t la mme que celle qu'il et crite l'ami qui me reg>de en ce mom5t4 ,il y aura t\j\rs une diffr5ce spirituelle insaisissable4 ,c'e/ le signe de l'me qui salue invisiblem5t une autre me4 ,il faut croire que n\s n\s connaissons dans des rgions que n\s ne savons pas et que n\s possdons une patrie commune o n\s allons1 o n\s n\s retr\vons et d'o n\s rev5ons sans pe9e4 ,c'e/ aussi dans cette patrie commune que n\s *oisissons nos amantes1 et c'e/ p\rquoi n\s ne n\s trompons pas et nos amantes ne se tromp5t pas non plus4 ,le royaume de l'am\r e/ avant t\t le gr& royaume des c]titudes1 p>ce que c'e/ celui o les mes ont le plus de loisirs4 ,ici1 elles n'ont vraim5t pas autre *ose faire qu' se reconnatre1 s'admir] pr(ondm5t et s'int]rog]1 les l>mes dans les yeux1 comme de jeunes soeurs qui se retr\v5t1 t&is que les bras s'entrelac5t et que les lvres s'entre-crois5t si lo9 d'elles444 ,elles ont enf9 le temps de se s\rire et de vivre un in/ant p\r elles-mmes dans la trve de la vie dure et quotidi5ne2 et c'e/ peut-tre des hauteurs de ce s\rire et de ces reg>ds indicibles que se rp&1 sur les m9utes les plus fades de l'am\r1 le sel my/rieux qui cons]ve jamais le s\v5ir de la r5contre de deux b\*es444 ,mais je ne p>le ici que de l'am\r prde/9 et vritable4 ,lorsque n\s retr\vons une de celles que le sort n\s a rs]ves et qu'il a fait sortir du fond des gr&es villes spirituelles o n\s vivons sans le savoir1 p\r l'envoy] au c>ref\r de la r\te p> o n\s devrons pass] l'heure dite1 n\s sommes av]tis ds le premi] reg>d4 ,quelques-uns t5t5t alors de viol] le sort4 ,il se peut que n\s mettions furieusem5t les ma9s sur les paupires p\r ne plus voir ce qu'il a fallu voir et qu'en luttant de t\tes nos petites =ces contre des =ces t]nelles1 n\s p>v5ions trav]s] la r\te p\r all] v]s une autre envoye qui n'e/ pas l p\r n\s4 ,mais n\s aurons beau faire1 n\s ne russirons pas agit] l'eau morte dans les gr&es cuves de l'av5ir4 ,il n'arriv]a ri52 la =ce pure des hauteurs ne v\dra pas desc5dre et ces bais]s et ces heures inutiles refus]ont de s'aj\t] aux heures et aux bais]s rels de notre vie444 ,la de/9e f]me p>fois les yeux1 mais elle sait bi5 que n\s lui revi5drons le soir1 et que c'e/ elle qui doit avoir le d]ni] mot4 ,elle peut f]m] les yeux1 mais le temps qu'elle les f]me e/ du temps qui se p]d444 ,il semble que la femme soit plus que n\s sujette aux de/9es4 ,elle les subit avec une simplicit bi5 plus gr&e4 ,elle ne lutte jamais s9crem5t contre elles4 ,elle e/ encore plus prs de ,dieu et se livre avec mo9s de rs]ve l'action pure du my/re4 ,et c'e/ p\r cette raison1 sans d\te1 que t\s les vnem5ts o elle se mle notre vie p>aiss5t n\s ram5] v]s quelque *ose qui ressemble aux s\rces mmes du ,de/94 ,c'e/ prs d'elles surt\t que l'on a1 p> mom5ts1 en passant1 un clair press5tim5t d'une vie qui ne semble pas t\j\rs p>allle la vie app>5te4 ,elle n\s rappro*e des portes de notre tre4 ,qui sait si ce n'e/ pas dans un de ces in/ants pr(onds qu'ils dormir5t sur son se9 que les hros apprir5t la =ce et la fidlit de leur toile1 et si l'homme qui n'a pas repos sur le coeur d'une femme aura jamais le s5tim5t exact de l'av5ir8 ,n\s entrons une fois de plus dans les c]cles tr\bls de la consci5ce suprieure4 ,ah6 qu'il e/ vrai qu'ici aussi la soi-disant psy*ologie e/ une de ces l>ves qui ont usurp1 dans le sanctuaire1 la place rs]ve aux images vritables des dieux6 ,c> il ne s'agit pas t\j\rs de la surface2 il ne s'agit mme pas des arrire-p5ses les plus graves4 ,croyez-v\s donc que dans l'am\r il n'y ait que des p5ses1 des actes et des p>oles1 et que les mes ne sort5t pas de ces prisons8 ,ai-je beso9 de savoir si celle que j'embrasse auj\rd'hui e/ jal\se et fidle1 rieuse ou tri/e1 s9cre ou bi5 p]fide8 ,v\s imag9ez-v\s que ces petits mots misrables vont mont] jusqu'aux cimes o nos mes sont assises et o notre de/9 s'accomplit en sil5ce8 ,que m'importe qu'elle me p>le de pluie ou de bij\x1 de plumes ou d'aiguilles1 et qu'elle ait l'air de ne pas me compr5dre2 croyez-v\s que j'aie soif d'une p>ole sublime1 lorsque je s5s qu'une me me reg>de dans l'me1 et que je ne sa*e pas que les plus admirables p5ses n'ont pas le droit de relev] la tte en face des my/res8 je suis t\j\rs au bord de l'ocan2 et si j'tais ,platon1 ,pascal ou ,mi*el-,ange1 et que mon amante me p>lt de ses p5dants d'oreilles1 t\t ce que je dirais1 t\t ce qu'elle me dirait1 flott]ait avec le mme aspect sur les pr(ondeurs de la m] intrieure1 que n\s contemplons l'un dans l'autre4 ,ma p5se la plus haute ne ps]a pas plus dans les balances de la vie ou de l'am\r que les trois petits mots que l'enfant qui m'aimait m'aura dits sur ses bagues d'arg5t1 sur son colli] de p]les ou de morceaux de v]re444 ,c'e/ n\s qui ne compr5ons pas1 p>ce que n\s sommes t\j\rs dans les bas-fonds de notre intellig5ce4 ,il suffit de mont] jusqu'aux premires neiges de la montagne1 et t\tes les 9galits s'aplaniss5t s\s la ma9 purificatrice de l'horizon qui s'ouvre4 ,quelle diffr5ce y a-t-il alors entre une p>ole de ,m>c-,aurle et la phrase de l'enfant qui con/ate qu'il fait froid8 ,soyons humbles et sa*ons di/+u] l'accid5t de l'ess5ce4 ,il ne faut pas que des btons flottants n\s fass5t oubli] les prodiges de l'abme4 ,les p5ses les plus belles et les ides les plus basses n'altr5t pas plus l'aspect t]nel de notre me que les ,himalayas ou les g\ffres ne modifi5t1 au milieu des toiles du ciel1 l'aspect de notre t]re4 ,un reg>d1 un bais]1 et la c]titude d'une prs5ce invisible et puissante3 t\t e/ dit2 et je sais que je suis aux cts d'une gale444 ,mais l'gale e/ vraim5t admirable et trange2 et1 ds qu'elle aime1 la d]nire des filles possde quelque *ose que n\s n'avons jamais1 p>ce que1 dans sa p5se1 l'am\r e/ t\j\rs t]nel4 ,e/-ce p\r cette raison qu'elles ont t\tes1 avec les puissances primitives1 des rapports qui n\s sont int]dits8 ,les meilleurs d'entre n\s se tr\v5t presque t\j\rs de gr&es di/ances de leurs trsors de la seconde ence9te2 et1 lorsqu'un mom5t sol5nel de la vie exige un des joyaux de ce trsor1 ils ne se s\vi5n5t plus des s5ti]s qui y mn5t1 et ils (fr5t en va9 des bij\x faux de leur intellig5ce la circon/ance imprieuse et qui ne se trompe pas4 ,mais la femme n'oublie po9t le *em9 de son c5tre1 et1 que je la surpr5ne dans l'opul5ce ou la misre1 dans l'ignorance ou dans la sci5ce1 dans la honte ou la gloire2 si je lui dis un mot qui sorte rellem5t des g\ffres vi]ges de mon me1 elle saura retr\v] les s5ti]s my/rieux qu'elle n'a jamais p]dus de vue1 et1 sans hsitations1 elle me rapport]a simplem5t1 du fond des 9puisables rs]ves de l'am\r1 une p>ole1 un reg>d ou un ge/e qui s]a aussi pur que le mi54 ,on dirait que son me e/ t\j\rs porte de sa ma92 elle e/ prte1 j\r et nuit1 rpondre aux plus hautes exig5ces d'une autre me2 et la ranon de la plus pauvre ne se di/+ue pas de la ranon des re9es444 ,appro*ons-n\s avec respect des plus petites et des plus fires1 de celles qui sont di/raites et de celles qui song5t1 de celles qui ri5t encore et de celles qui pleur5t2 c> elles sav5t des *oses que n\s ne savons pas1 et elles ont une lampe que n\s avons p]due4 ,elles habit5t au pi$ mme de l',9vitable et en connaiss5t mieux que n\s les *em9s famili]s4 ,et c'e/ p\rquoi elles ont des c]titudes tonnantes et des gravits admirables1 et l'on voit bi5 que1 dans leurs mo9dres actes1 elles se s5t5t s\t5ues p> les ma9s sres et =tes des gr&s dieux4 ,t\t l'heure1 j'affirmais qu'elles n\s rappro*ai5t des portes de notre tre1 et vraim5t l'on croirait que t\tes nos relations avec elles ont lieu p> l'entre-billem5t de cette porte primitive et dans les *u*otem5ts incomprh5sibles qui accompagnr5t sans d\te la naissance des *oses1 alors qu'on ne p>lait encore qu' voix basse1 de peur de ne pas ent5dre une df5se ou un ordre imprvu444 ,elle ne fran*ira pas le seuil de cette porte1 et elle n\s att5d du ct intrieur1 o se tr\v5t les s\rces4 ,et lorsque n\s v5ons frapp]1 du dehors1 et qu'elle ouvre1 sa ma9 n'ab&onne jamais la cl ni le vantail4 ,elle reg>de un in/ant l'envoy qui s'appro*e1 et1 dans ce bref mom5t1 elle a appris t\t ce qu'il faut appr5dre1 et les annes futures ont tressailli jusqu' la f9 des temps444 ,qui n\s dira ce que conti5t le premi] reg>d de l'am\r1 cette baguette magique qui e/ faite d'un rayon de lumire brise1 rayon qui e/ sorti du foy] t]nel de notre tre1 qui a transfigur deux mes et les a rajeunies de v+t sicles8 ,la porte s'ouvre encore ou se ref]me2 ne faites plus aucun ef=t1 c> t\t e/ dcid4 ,elle sait4 ,elle ne ti5dra plus compte de vos actions1 de vos p>oles1 de vos p5ses1 et si elle les surveille encore1 elle ne le f]a plus qu'en s\riant2 et elle rejett]a1 sans le savoir1 t\t ce qui ne vi5t pas confirm] les c]titudes de ce premi] reg>d4 ,et si v\s croyez l'induire en erreur1 sa*ez bi5 qu'elle a raison contre v\s-mme et que c'e/ v\s seul qui errez1 c> v\s tes plus rellem5t ce que v\s tes ses yeux que ce que v\s croyez tre en votre me1 alors mme qu'elle se trompe sans cesse sur le s5s d'un s\rire1 d'un ge/e ou d'une l>me444 ,trsors ca*s1 qui n'ont mme pas de nom6444 ,je v\drais que t\s ceux qui pr\vr5t qu'elles sont mauvaises le proclamass5t leur t\r et n\s diss5t leurs raisons1 et si ces raisons sont pr(ondes1 n\s s]ons tonns et n\s irons bi5 lo9 dans le my/re4 ,elles sont vraim5t les soeurs voiles de t\tes les gr&es *oses qu'on ne voit pas4 ,elles sont vraim5t les plus pro*es p>5tes de l'inf9i qui n\s ent\re et1 seules1 sav5t encore lui s\rire avec la grce familire de l'enfant qui ne cra9t pas son pre4 ,elles cons]v5t ici-bas1 comme un joyau cle/e et inutile1 le sel pur de votre me2 et si elles s'en allai5t1 l'esprit rgn]ait seul sur un ds]t4 ,elles ont encore les motions div9es des premi]s j\rs1 et leurs rac9es tremp5t bi5 plus directem5t que les ntres dans t\t ce qui n'eut jamais de limites4 ,je pla9s vraim5t ceux qui se plaign5t d'elles1 c> ils ne sav5t pas sur quelles hauteurs se tr\v5t les bais]s vritables4 ,et cep5dant1 qu'elles sembl5t peu de *ose qu& les hommes les reg>d5t en passant6 ,ils les voi5t s'agit]1 au fond de leurs petites demeures2 celle-ci se p5*e un peu2 l-bas1 l'autre sanglote2 une troisime *ante1 et la d]nire brode2 et pas un ne compr5d ce qu'elles font6444 ,ils vi5n5t les visit]1 comme on visite des *oses qui s\ri5t2 ils ne s'appro*5t d'elles que l'esprit aux aguets1 et l'me ne peut entr] que p> le plus gr& des has>ds4 ,ils int]rog5t avec mfiance2 elles ne leur dis5t ri5 p>ce qu'elles sav5t dj2 et voici qu'ils s'en vont en haussant les paules1 p]suads qu'elles ne compr5n5t pas444 ,mais qu'ont-elles beso9 de compr5dre ceci1 n\s rpond le pote1 qui a t\j\rs raison2 qu'ont-elles beso9 de compr5dre1 ces mes bi5heureuses qui ont *oisi la "p la meilleure et qui1 telles qu'une pure flamme d'am\r en ce monde t]re/re1 ne respl5diss5t que sur le fate des temples ou la cime des navires errants1 en signe du feu cle/e qui inonde t\tes *oses8 ,bi5 s\v5t1 ces enfants qui aim5t surpr5n5t1 en des heures sacres1 d'admirables secrets de la nature et les rvl5t avec une +nuit inconsci5te4 ,le savant les suit la trace p\r recueillir t\s les joyaux qu'en leur innoc5ce et leur joie elles ont sems p> les r\tes4 ,le pote1 qui s5t ce qu'elles s5t5t1 r5d grce leur am\r et *]*e1 p> ses *ants1 transplant] cet am\r1 g]me de l'ge d'or1 en d'autres temps et en d'autres contres4 ,c> ce qu'il a dit des my/iques s'applique surt\t aux femmes qui n\s ont cons]v jusqu'ici le s5s my/ique sur notre t]re444 ,,vi ,,ruysbroeck ,l',,admirable ,un gr& nombre d'oeuvres sont plus rgulirem5t belles que ce livre de ,ruysbroeck l',admirable4 ,un gr& nombre de my/iques sont plus efficaces et plus opportuns3 ,sw$5borg et ,novalis1 entre plusieurs4 ,il e/ =t probable que ses crits ne rpond5t que r>em5t aux beso9s d'auj\rd'hui4 ,d'un autre ct1 je connais peu d'auteurs plus maladroits que lui2 il s'g>e p> mom5ts en d'tranges purilits2 et les v+t premi]s *apitres de l',ornem5t des ,noces spirituelles1 bi5 qu'ils soi5t une prp>ation peut-tre ncessaire1 ne r5f]m5t gure que de tides et pieux lieux communs4 ,il n'a extrieurem5t aucun ordre1 aucune logique scola/ique4 ,il se rpte s\v5t1 et semble p>fois se contr$ire4 ,il jo9t l'ignorance d'un enfant la sci5ce de quelqu'un qui s]ait rev5u de la mort4 ,il a une syntaxe ttanique qui m'a mis plus d'une fois en sueur4 ,il introduit une image et l'oublie4 ,il emploie mme un c]ta9 nombre d'images irralisables2 et ce phnomne1 anormal dans une oeuvre de bonne foi1 ne peut s'expliqu] que p> sa gau*]ie ou sa hte extraord9aire4 ,il ignore la plup>t des artifices de la p>ole et ne peut p>l] que de l'ineffable4 ,il ignore presque t\tes les habitudes1 les habilets et les ress\rces de la p5se philosophique2 et il e/ a/re9t ne p5s] qu' l'incogitable4 ,lorsqu'il n\s p>le de son petit j>d9 monacal1 il a de la pe9e n\s dire suffisamm5t ce qui s'y passe2 il crit alors comme un enfant4 ,il entrepr5d de n\s appr5dre ce qui se passe en ,dieu1 et il crit des pages que ,platon n'aurait pu crire4 ,il y a de t\tes p>ts une disproportion mon/rueuse entre la sci5ce et l'ignorance1 entre la =ce et le dsir4 ,il ne faut pas s'att5dre une oeuvre littraire2 v\s n'ap]cevrez autre *ose que le vol convulsif d'un aigle ivre1 aveugle et ensanglant au-dessus de cimes neigeuses4 ,j'aj\t]ai un d]ni] mot en manire d'av]tissem5t frat]nel4 ,il m'e/ arriv de lire des oeuvres qui pass5t p\r =t ab/ruses3 ,les ,disciples ,sas et les ,fragm5ts1 de ,novalis1 p> exemple2 les ,biographia litt]>ia et l',ami1 de ,samuel ,taylor ,col]idge2 le ,time1 de ,platon2 les ,ennades1 de ,plot92 les ,noms div9s1 de ,sa9t ,d5ys l',aropagite2 l',aurora1 du gr& my/ique allem& ,jacob ,boehme1 avec qui notre auteur a plus d'une analogie4 ,je n'ose pas dire que les oeuvres de ,ruysbroeck soi5t plus ab/ruses que ces oeuvres1 mais on leur p>donne mo9s volonti]s leur ab/rusion1 p>ce qu'il s'agit ici d'un inconnu en qui n\s n'avons pas confiance ds l'abord4 ,il me semblait indisp5sable de prv5ir honntem5t les oisifs sur le seuil de ce temple sans ar*itecture2 c> cette traduction n'a t entreprise que p\r la satisfaction de quelques platonici5s4 ,je crois que t\s ceux qui n'ont pas vcu dans l'intimit de ,platon et des no-platonici5s d',alex&rie1 n'iront pas bi5 avant dans cette lecture4 ,ils croiront entr] dans le vide2 ils auront la s5sation d'une *ute uni=me dans un abme sans fond1 entre des ro*]s noirs et lisses4 ,il n'y a dans ce livre ni air ni lumire ord9aires1 et c'e/ un sj\r spirituel insupportable ceux qui ne s'y sont pas prp>s4 ,il ne faut pas y entr] p> curiosit littraire2 il n'y a gure de bibelots1 et les botani/es de l'image n'y tr\v]ont pas plus de fleurs que sur les banquises du ple4 ,je leur dis que c'e/ un ds]t illimit1 o ils m\rront de soif4 ,ils y tr\v]ont =t peu de phrases que l'on puisse pr5dre en ma9s p\r les admir] la manire des littrateurs2 ce sont des jets de flammes ou des blocs de glace4 ,n'allez pas *]*] des roses en ,isl&e4 ,il se peut que quelque corolle att5de entre deux iceb]gs1 et il y a1 en effet1 des explosions s+ulires1 des expressions inconnues1 des similitudes in\es1 mais elles ne pai]ont pas le temps p]du les v5ir cueillir de si lo94 ,il faut1 avant d'entr] ici1 tre dans un tat philosophique aussi diffr5t de l'tat ord9aire que l'tat de veille diffre du sommeil2 et ,porphyre1 dans ses ,pr9cipes de la ?orie des intelligibles1 semble avoir crit l'av]tissem5t le plus propre tre mis en tte de cette oeuvre3 ,p> l'intellig5ce1 on dit beauc\p de *oses du pr9cipe qui e/ suprieur l'intellig5ce4 ,mais on en a l'intuition bi5 mieux p> une abs5ce de p5se que p> la p5se4 ,il en e/ de cette ide comme de celle du sommeil1 dont on p>le jusqu' un c]ta9 po9t l'tat de veille1 mais dont on n'acqui]t la connaissance et la p]ception que p> le sommeil4 ,en effet1 le semblable n'e/ connu que p> le semblable1 et la condition de t\te connaissance e/ que le sujet devi5ne semblable l'objet4 ,je le rpte1 il e/ bi5 difficile de compr5dre ceci sans prp>ation2 et je crois que1 malgr nos tudes prp>atoires1 une gr&e p>tie de ce my/icisme n\s p>atra purem5t ?orique1 et que la plup>t de ces expri5ces de psy*ologie surnaturelle ne n\s s]ont accessibles qu'en qualit de spectateurs4 ,l'imag9ation philosophique e/ une facult d'ducation trs l5te4 ,n\s sommes ici1 t\t c\p1 aux conf9s de la p5se huma9e et bi5 au del du c]cle polaire de l'esprit4 ,il y fait extraord9airem5t froid2 il y fait extraord9airem5t sombre1 et cep5dant1 v\s n'y tr\v]ez autre *ose que des flammes et de la lumire4 ,mais ceux qui arriv5t1 sans avoir ex]c leur me ces p]ceptions n\velles1 cette lumire et ces flammes sont aussi obscures et aussi froides que si elles tai5t pe9tes4 ,il s'agit ici de la plus exacte des sci5ces4 ,il s'agit de p>c\rir les caps les plus pres et les plus inhabitables du div9 ,connais-toi toi-mme et le soleil de m9uit rgne sur la m] h\leuse o la psy*ologie de l'homme se mle la psy*ologie de ,dieu4 ,il importe de s'en s\v5ir sans cesse2 il s'agit ici d'une sci5ce trs pr(onde1 et il ne s'agit pas d'un songe4 ,les songes ne sont pas unanimes2 les songes n'ont pas de rac9es1 t&is que la fleur inc&esc5te de la mtaphysique div9e1 pan\ie ici1 a ses rac9es my/rieuses dans la ,p]se et dans l',inde1 dans l'gypte et la ,grce4 ,et cep5dant1 elle semble inconsci5te comme une fleur et ignore ses rac9es4 ,malheureusem5t1 il n\s e/ peu prs impossible de n\s mettre dans la position de l'me qui1 sans ef=t1 a conu cette sci5ce2 n\s ne p\vons l'ap]cevoir ab intra et la reproduire en n\s-mmes4 ,il n\s manque ce qu',em]son appell]ait la mme spontanx c5trale4 ,n\s ne p\vons plus trans=m] ces ides en notre propre sub/ance2 et1 t\t au plus1 n\s e/-il possible d'en appr\v]1 du dehors1 les prodigieuses expri5ces1 qui ne sont la porte que d'un trs petit nombre d'mes dans la dure d'un sy/me plantaire4 ,il n'e/ pas lgitime1 dit ,plot91 de s'enqurir d'o provi5t cette sci5ce intuitive1 comme si c'tait une *ose dp5dant du lieu et du m\vem5t2 c> cela n'appro*e pas d'ici1 ni ne "p de l1 p\r all] ailleurs2 mais cela app>at ou n'app>at pas4 ,en sorte qu'il ne faut pas le p\rsuivre dans l'int5tion d'en dc\vrir les s\rces secrtes1 mais il faut att5dre en sil5ce jusqu' ce que cela brille s\da9em5t sur n\s1 en n\s prp>ant au spectacle sacr1 comme l'oeil att5d patiemm5t le lev] du soleil4 ,et ailleurs il aj\te3 ,ce n'e/ pas p> l'imag9ation ni p> le raisonnem5t1 oblig de tir] lui-mme ses pr9cipes d'ailleurs1 que n\s n\s reprs5tons les intelligibles 7c'e/--dire ce qui e/ l-haut73 c'e/ p> la facult que n\s avons de les contempl]1 facult qui n\s p]met d'en p>l] ici-bas4 ,n\s les voyons donc en veillant en n\s1 ici-bas1 la mme puissance que n\s devons veill] en n\s qu& n\s sommes dans le monde intelligible4 ,n\s ressemblons un homme qui1 gravissant le sommet d'un ro*]1 ap]cevrait1 p> son reg>d1 les objets invisibles p\r ceux qui ne sont pas monts avec lui4 ,mais1 bi5 que t\s les tres1 depuis la pi]re et la plante1 jusqu' l'homme1 soi5t des contemplations1 ce sont des contemplations inconsci5tes1 et il n\s e/ bi5 difficile de retr\v] en n\s quelque s\v5ir de l'activit antrieure de la facult morte4 ,n\s sommes semblables ici l'oeil dans l'image no-platonici5ne3 ,il s'loigne de la lumire p\r voir les tnbres1 et1 p> cela mme1 il ne voit pas2 c> il ne peut voir les tnbres avec la lumire1 et cep5dant1 sans elle1 il ne voit pas2 de cette manire1 en ne voyant pas1 il voit les tnbres autant qu'il e/ naturellem5t capable de les voir4 ,je sais le jugem5t que la plup>t des hommes port]ont sur ce livre4 ,ils y v]ront l'oeuvre d'un mo9e halluc91 d'un solitaire hag>d et d'un ermite ivre de jene et consum de fivre4 ,ils y v]ront un rve extravagant et noir1 trav]s de gr&s clairs1 et ri5 de plus4 ,c'e/ l'ide ord9aire que l'on se fait des my/iques2 et on oublie trop s\v5t que t\te c]titude e/ en eux seuls4 ,au surplus1 s'il e/ vrai comme on l'a dit1 que t\t homme e/ un ,%akespe>e dans ses songes1 il faudrait se dem&] si t\t homme1 dans sa vie1 n'e/ pas un my/ique in=mul1 mille fois plus transc5d5tal que t\s ceux qui se sont circonscrits p> la p>ole4 ,quelle e/ l'action de l'homme dont le d]ni] mobile n'e/ pas my/ique8 ,et l'oeil de l'amant ou de la mre1 p> exemple1 n'e/-il pas mille fois plus ab/rus1 plus impntrable et plus my/ique que ce livre1 pauvre et explicable1 aprs t\t1 comme t\s les livres1 qui ne sont jamais que des my/res morts1 dont l'horizon ne se r5\velle plus8 ,si n\s ne compr5ons pas ceci1 c'e/ peut-tre que n\s ne compr5ons plus ri54 ,mais1 p\r en rev5ir notre auteur1 quelques-uns reconnatront sans pe9e que1 lo9 d'tre affol p> la faim1 la solitude et la fivre1 ce mo9e possdait1 au contraire1 un des plus sages1 des plus exacts et des plus subtils organes philosophiques qui ai5t jamais exi/4 ,il vivait1 n\s dit-on1 en sa cabane de ,gro55dael1 au milieu de la =t de ,soignes4 ,c'tait l'entre de l'un des sicles les plus sauvages du moy5 ge3 le quatorzime4 ,il ignorait le grec et peut-tre le lat94 ,il tait seul et pauvre4 ,et cep5dant1 au fond de cette obscure =t brabanonne1 son me1 ignorante et simple1 reoit1 sans qu'elle le sa*e1 les aveuglants reflets de t\s les sommets solitaires et my/rieux de la p5se huma9e4 ,il sait1 son insu1 le platonisme de la ,grce2 il sait le s\fisme de la ,p]se1 le brahmanisme de l',inde et le b\ddhisme du ,?ibet2 et son ignorance m]veilleuse retr\ve la sagesse de sicles ensevelis et prvoit la sci5ce de sicles qui ne sont pas ns4 ,je p\rrais cit] des pages entires de ,platon1 de ,plot91 de ,porphyre1 des livres ,z5ds1 des ,gno/iques et de la ,kabbale1 dont la sub/ance presque div9e se retr\ve1 intacte1 dans les crits de l'humble prtre flam&4 ,il y a ici d'tranges concid5ces et des unanimits inquitantes4 ,il y a plus2 il semble1 p> mom5ts1 avoir exactem5t suppos la plup>t de ses prdcesseurs inconnus2 et de mme que ,plot9 comm5ce son au/re voyage au c>ref\r o ,platon effray s'e/ arrt et s'e/ ag5\ill1 on p\rrait dire que ,ruysbroeck a rveill1 aprs un repos de plusieurs sicles1 non pas ce g5re de p5se1 c> ce g5re de p5se ne sommeille jamais1 mais ce g5re de p>ole qui s'tait endormi sur les montagnes o ,plot9 bl\i l'avait ab&onn en se mettant les ma9s sur les yeux1 comme devant un imm5se inc5die4 ,mais l'organisme de leur p5se diffre trangem5t4 ,platon et ,plot9 sont avant t\t les pr9ces de la dialectique4 ,ils arriv5t au my/icisme p> la sci5ce du raisonnem5t4 ,ils font usage de leur me discursive et sembl5t se dfi] de leur me intuitive ou contemplative4 ,le raisonnem5t se contemple dans le miroir du raisonnem5t et s'ef=ce de demeur] indiffr5t l'intrusion de t\s les autres reflets4 ,il cont9ue son c\rs comme un fleuve d'eau d\ce au milieu de la m]1 avec le press5tim5t d'une absorption pro*a9e4 ,ici1 n\s retr\vons au contraire les habitudes de la p5se asiatique2 l'me intuitive rgne seule au-dessus de l'puration discursive des ides p> les mots4 ,les f]s du rve sont tombs4 ,e/-ce mo9s sr8 ,nul ne saurait le dire4 ,le miroir de l'intellig5ce huma9e e/ entirem5t inconnu dans ce livre2 mais il exi/e un autre miroir1 plus sombre et plus pr(ond1 que n\s reclons au plus intime de notre tre2 aucun dtail ne s'y voit di/9ctem5t et les mots ne peuv5t se t5ir sa surface2 l'intellig5ce le bris]ait si elle y refltait un in/ant sa lumire pr(ane2 mais autre *ose s'y montre p> mom5ts2 e/-ce l'me8 e/-ce ,dieu lui-mme8 ou l'un et l'autre la fois8 ,on ne le saura jamais2 et cep5dant ces app>itions presque invisibles sont les uniques et effectives s\v]a9es de la vie du plus incrdule et du plus aveugle d'entre n\s4 ,ici1 v\s n'ap]cevrez autre *ose que les miroitem5ts obscurs de ce miroir2 et comme son trsor e/ 9puisable1 ces miroitem5ts ne ressembl5t aucun de ceux que n\s avons pr\vs en n\s-mmes2 et1 malgr t\t1 leur c]titude p>at extraord9aire4 ,et c'e/ p\rquoi je ne sais ri5 de plus effrayant que ce livre de bonne foi4 ,il n'y a pas au monde une notion psy*ologique1 une expri5ce mtaphysique1 une intuition my/ique1 si ab/ruses1 si pr(ondes et si inatt5dues qu'elles puiss5t tre1 qu'il ne n\s soit possible1 s'il le faut1 de reproduire et de faire vivre un in/ant en n\s-mmes1 af9 de n\s assur] de leur id5tit huma9e2 mais ici1 n\s sommes semblables au pre aveugle qui ne peut plus se rappel] le visage de ses enfants4 ,aucune de ces p5ses n'a l'aspect filial ou frat]nel d'une p5se de la t]re2 n\s semblons avoir p]du l'expri5ce de ,dieu et cep5dant t\t n\s affirme que n\s ne sommes pas entrs dans la maison des songes4 ,faut-il s'cri] avec ,novalis que le temps n'e/ plus o l'esprit de ,dieu tait comprh5sible et que le s5s du monde e/ jamais p]du8 ,qu'autrefois t\t tait app>ition de l',esprit1 mais qu'auj\rd'hui n\s n'ap]cevons que des reflets morts que n\s ne compr5ons plus1 et que n\s vivons uniquem5t sur les fruits de temps meilleurs8 ,je crois qu'il faut s'av\] humblem5t que la clef de ce livre ne se tr\ve pas sur les r\tes ord9aires de l'esprit huma94 ,cette clef n'e/ pas de/9e des portes t]re/res et il faut la mrit] en s'loignant autant que possible de la t]re4 ,un seul guide se r5contre encore en ces c>ref\rs solitaires et peut n\s donn] les d]nires indications v]s ces my/rieuses les de feu et ces ,isl&es de l'ab/raction et de l'am\r2 c'e/ ,plot9 qui s'e/ ef=c d'analys]1 p> l'intellig5ce huma9e1 la facult div9e qui rgne ici4 ,il a pr\v1 ce que n\s appelons d'un mot qui n'explique ri51 les mmes extases1 qui ne sont1 au fond1 que le comm5cem5t de la dc\v]te complte de notre tre2 et au milieu de leurs tr\bles et de leurs tnbres1 il n'a pas f]m un in/ant l'oeil int]rogateur du psy*ologue qui *]*e se r5dre compte des phnomnes les plus insolites de son me4 ,il e/ a9si le d]ni] mle d'o n\s puissions compr5dre un peu les vagues et l'horizon de cette m] obscure4 ,il s'ef=ce de prolong] les s5ti]s de l'intellig5ce ord9aire1 jusqu'au coeur de ces dva/ations1 et c'e/ p\rquoi il faut y rev5ir sans cesse2 c> il e/ le seul my/ique analytique4 ,a ceux que t5t]ai5t ces prodigieuses excursions1 je veux donn] ici une des pages o il a essay d'expliqu] l'organisme de cette facult div9e de l'introspection4 ,dans l'intuition intellectuelle1 dit-il1 l'intellig5ce voit les objets intelligibles1 au moy5 de la lumire que rp& sur eux le ,premi]1 et1 en voyant ces objets1 elle voit rellem5t la lumire intelligible4 ,mais1 comme elle accorde son att5tion aux objets clairs1 elle ne voit pas bi5 nettem5t le pr9cipe qui les claire2 si1 au contraire1 elle oublie les objets qu'elle voit p\r ne contempl] que la cl>t qui les r5d visibles1 elle voit la lumire mme et le pr9cipe de la lumire4 ,mais ce n'e/ pas hors d'elle-mme que l'intellig5ce contemple la lumire intelligible4 ,elle ressemble alors l'oeil qui1 sans considr] une lumire extrieure et trangre1 avant mme de l'ap]cevoir1 e/ s\da9 frapp p> une cl>t qui lui e/ propre1 ou p> un rayon qui jaillit de lui-mme et lui app>at au milieu des tnbres2 il en e/ de mme qu& l'oeil1 p\r ne ri5 voir des autres objets1 f]me ses paupires et tire de lui-mme sa lumire1 ou que1 press p> la ma91 il ap]oit la lumire qu'il a en lui4 ,alors1 sans ri5 voir d'extrieur1 il voit2 il voit mme plus qu' t\t autre mom5t1 c> il voit la lumire4 ,les autres objets qu'il voyait aup>avant1 t\t en tant lum9eux1 n'tai5t pas la lumire mme4 ,de mme1 qu& l'intellig5ce f]me l'oeil en quelque sorte aux autres objets1 qu'elle se conc5tre en elle-mme1 en ne voyant ri51 elle voit non une lumire trangre qui brille dans des =mes trangres1 mais sa propre lumire qui1 t\t c\p1 rayonne intrieurem5t d'une pure cl>t4 ,il faut1 n\s dit-il encore1 que l'me qui tudie ,dieu s'en =me une ide en *]*ant le connatre2 il faut ensuite que1 sa*ant quelle gr&e *ose elle veut s'unir1 et p]suade qu'elle tr\v]a la batitude dans cette union1 elle se plonge dans les pr(ondeurs de la div9it1 jusqu' ce que1 au lieu de se contempl]1 de contempl] le monde intelligible1 elle devi5ne elle-mme un objet de contemplation et brille de la cl>t des conceptions qui ont l-haut leur s\rce4 ,c'e/ peu prs t\t ce que la sagesse huma9e peut n\s dire ici2 c'e/ peu prs t\t ce que le pr9ce des mtaphysiques transc5dantales a pu exprim]2 quant aux autres explications1 il faut que n\s les tr\vions en n\s-mmes dans les pr(ondeurs o t\te explication s'anantit dans son expression4 ,c> ce n'e/ pas seulem5t au ciel et sur la t]re1 c'e/ surt\t en n\s-mmes qu'il y a plus de *oses que n'en peuv5t cont5ir t\tes les philosophies1 et ds que n\s ne sommes plus obligs de =mul] ce qu'il y a de my/rieux en n\s1 n\s sommes plus pr(onds que t\t ce qui a t crit1 et plus gr&s que t\t ce qui exi/e4 ,ma9t5ant1 si j'ai traduit ceci1 c'e/ uniquem5t p>ce que je crois que les crits des my/iques sont les plus purs diamants du prodigieux trsor de l'humanit2 bi5 qu'une traduction soit peut-tre inutile1 c> l'expri5ce semble pr\v] qu'il importe assez peu que le my/re de l'inc>nation d'une p5se s'accomplisse dans la lumire ou dans les tnbres2 il suffit qu'il ait eu lieu4 ,mais1 quoi qu'il en puisse tre1 les vrits my/iques ont sur les vrits ord9aires un privilge trange2 elle ne peuv5t ni vieillir ni m\rir4 ,il n'y a pas une vrit qui ne soit1 un mat91 desc5due sur ce monde1 admirable de =ce et de jeunesse et c\v]te de la fra*e et m]veilleuse rose propre aux *oses qui n'ont pas encore t dites2 p>c\rez auj\rd'hui les infirm]ies de l'me huma9e o t\tes vi5n5t m\rir t\s les j\rs1 v\s n'y tr\v]ez jamais une seule p5se my/ique4 ,elle ont l'immunit des anges de ,sw$5borg qui avanc5t cont9uellem5t v]s le pr9temps de leur jeunesse1 en sorte que les anges les plus vieux p>aiss5t les plus jeunes2 et qu'elles vi5n5t de l',inde1 de la ,grce ou du ,nord1 elles n'ont ni patrie ni anniv]saire et p>t\t o n\s les r5controns1 elles sembl5t immobiles et actuelles comme ,dieu mme4 ,une oeuvre ne vieillit qu'en proportion de son antimy/icisme2 et c'e/ p\rquoi ce livre ne porte aucune date4 ,je sais qu'il e/ anormalem5t noir1 mais je crois qu'un auteur s9cre et de bonne foi n'e/ jamais obscur au s5s t]nel de ce mot1 p>ce qu'il se compr5d t\j\rs lui-mme et inf9im5t au del de ce qu'il dit4 ,les ides artificielles seules s'lv5t en de relles tnbres et ne prospr5t qu'aux poques littraires et dans la mauvaise foi de sicles trop consci5ts1 lorsque la p5se de l'criva9 demeure en de de ce qu'il exprime4 ,l1 c'tait l'ombre fconde d'une =t et ici c'e/ l'obscurit d'un caveau1 o n'clos5t que de sombres p>asites4 ,il faut t5ir compte aussi de ce monde inconnu que ses phrases devai5t clair] trav]s les d\bles et pauvres vitres de corne des mots et des p5ses4 ,les mots1 a9si qu'on l'a fait rem>qu]1 ont t inv5ts p\r les usages ord9aires de la vie1 et ils sont malheureux1 inquiets et tonns comme des vagabonds aut\r d'un trne1 lorsque de temps en temps1 quelque me royale les mne ailleurs4 ,et1 d'un autre ct1 la p5se e/-elle jamais l'image exacte du je ne sais quoi qui l'a fait natre1 et n'e/-ce pas t\j\rs l'ombre d'une lutte que n\s voyons en elle1 semblable celle de ,jacob avec l'ange1 et confuse en proportion de la taille de l'me et de l'ange8 ,malheur n\s1 dit ,c>lyle1 si n\s n'avons en n\s que ce que n\s p\vons exprim] et faire voir6 ,je sais qu'il y a sur ces pages1 l'ombre porte d'objets que n\s ne n\s rappelons pas avoir vus1 dont le mo9e ne s'arrte pas lucid] l'usage1 et que n\s ne reconnatrons que lorsque n\s v]rons les objets eux-mmes de l'autre ct de la vie2 mais1 en att5dant1 cela n\s a fait reg>d] au lo91 et c'e/ beauc\p4 ,je sais encore que ma9tes de ses phrases flott5t peu prs comme de transp>5ts glaons sur l'incolore m] du sil5ce1 mais elles exi/5t2 elles ont t sp>es des eaux1 et c'e/ assez4 ,je sais enf91 que les tranges plantes qu'il a cultives sur les cimes de l'esprit sont ent\res de nuages spciaux1 mais ces nuages n'(f5s5t que ceux qui reg>d5t d'en bas1 et si l'on a le c\rage de mont]1 on s'ap]oit qu'ils sont l'atmosphre mme de ces plantes1 et la seule o elles puss5t clore l'abri de l'inexi/5ce4 ,c> c'e/ une vgtation si subtile1 qu'elle se di/+ue pe9e du sil5ce o elle a puis ses sucs et o elle semble encl9e se diss\dre4 ,t\te cette oeuvre1 d'ailleurs1 e/ comme un v]re grossissant1 appliqu sur la tnbre et le sil5ce2 et p>fois on ne disc]ne pas immdiatem5t l'extrmit des ides qui y tremp5t encore4 ,c'e/ de l'invisible qui transp>at p> mom5ts1 et il faut videmm5t quelque att5tion guett] ses ret\rs4 ,ce livre n'e/ pas trop lo9 de n\s2 il e/ probablem5t au c5tre mme de notre humanit2 mais c'e/ n\s qui sommes trop lo9 de ce livre2 et s'il n\s p>at dc\rageant comme le ds]t1 si la dsolation de l'am\r div9 y semble t]rible et la soif des sommets insupportable1 ce n'e/ pas l'oeuvre qui e/ trop anci5ne1 mais n\s1 qui sommes trop vieux peut-tre1 et tri/es et sans c\rage1 comme des vieill>ds aut\r d'un enfant2 et c'e/ un autre my/ique1 ,plot91 le gr& my/ique paen qui a probablem5t raison contre n\s1 lorsqu'il dit ceux qui se plaign5t de ne ri5 voir sur les hauteurs de l'introspection3 ,il faut d'abord r5dre l'organe de la vision analogue et semblable l'objet qu'il doit contempl]4 ,jamais l'oeil n'et ap]u le soleil1 s'il n'avait d'abord pris la =me du soleil2 de mme l'me ne saurait voir la beaut1 si d'abord elle ne dev5ait belle elle-mme1 et t\t homme doit comm5c] p> se r5dre beau et div9 p\r obt5ir la vue du beau et de la div9it4 ,,vii ,,em]son ,une seule *ose importe1 dit ,novalis1 c'e/ la re*]*e de notre moi transc5d5tal4 ,ce moi1 n\s l'ap]cevons p> mom5ts dans les p>oles de ,dieu1 dans celles des potes et des sages1 au fond de quelques joies et de quelques d\leurs1 dans le sommeil1 l'am\r et les maladies1 et en des conjonctures inatt5dues1 o de lo9 il n\s fait signe et n\s montre du doigt nos relations avec l'univ]s4 ,quelques sages ne s'atta*r5t qu' cette re*]*e et ils crivir5t ces livres o ne rgne que l'extraord9aire4 ,qu'y a-t-il qui vaille dans les livres1 dit notre auteur1 si ce n'e/ le transc5d5tal et l'extraord9aire8 ,ils tai5t comme des pe9tres s'ef=ant de saisir une ressemblance dans les tnbres4 ,les uns tracr5t des images ab/raites1 trs gr&es mais presque indi/9ctes4 ,les autres p>v9r5t fix] une attitude ou un ge/e habituel de la vie suprieure4 ,plusieurs imag9r5t des tres tranges4 ,il n'exi/e pas un gr& nombre de ces images4 ,elle ne se ressembl5t jamais4 ,quelques-unes sont trs belles1 et ceux qui ne les ont pas vues sont p>eils t\te leur vie des hommes qui ne s]ai5t jamais sortis v]s le milieu du j\r4 ,il en e/ dont les lignes sont plus pures que les lignes du ciel2 et alors1 ces figures n\s p>aiss5t si lo9ta9es que n\s ignorons si elles viv5t ou si elles fur5t transcrites selon n\s-mmes4 ,elles sont l'oeuvre des my/iques purs et l'homme ne s'y reconnat pas encore4 ,d'autres1 qu'on nomme les potes1 n\s p>lr5t indirectem5t de ces *oses4 ,une troisime classe de p5seurs1 levant d'un degr le vieux my! des c5taures1 n\s a donn de cette id5tit occulte une image plus accessible en mlant les lignes de notre moi app>5t celles de notre moi suprieur4 ,le visage de notre me div9e y s\rit p> mom5ts p> dessus l'paule de sa soeur1 l'me huma9e1 incl9e aux humbles besognes de la p5se2 et ce s\rire qui n\s fait entrevoir en passant t\t ce qu'il y a p> del la p5se importe seul dans les oeuvres des hommes444 ,ils ne sont pas nombreux ceux qui n\s montrr5t que l'homme e/ plus gr& et plus pr(ond que l'homme1 et qui p>v9r5t fix] a9si quelques-unes des allusions t]nelles que n\s r5controns *aque in/ant p> la vie1 dans un ge/e1 dans un signe1 dans un reg>d1 dans une p>ole1 dans un sil5ce et dans les vnem5ts qui n\s ent\r5t4 ,la sci5ce de la gr&eur huma9e e/ la plus trange des sci5ces4 ,nul d'entre les hommes ne l'ignore2 mais presque t\s ne sav5t pas qu'ils la possd5t4 ,l'enfant qui me r5contre ne s]a pas capable de dire sa mre ce qu'il a vu2 et cep5dant1 ds que son oeil a t\* ma prs5ce1 il sait t\t ce que je suis1 t\t ce que j'ai t1 t\t ce que je s]ai1 aussi bi5 que mon frre et trois fois mieux que moi-mme4 ,il me connat immdiatem5t dans le pass et l'av5ir1 dans ce monde-ci et dans les autres1 et ses yeux leur t\r me rvl5t le rle que je j\e dans l'univ]s et dans l't]nit4 ,les mes infaillibles se sont entrejuges2 et ds que son reg>d a admis mon reg>d1 mon visage1 mon attitude1 et t\t l'inf9i qui les ent\re et dont ils sont les int]prtes1 il sait quoi s'en t5ir2 et bi5 qu'il ne di/+ue pas encore la c\ronne d'un emp]eur de la besace d'un m5diant1 il m'a connu1 un mom5t1 aussi exactem5t que ,dieu4 ,il e/ vrai que n\s agissons dj comme des dieux1 et t\te notre vie se passe au milieu de c]titudes et d'infaillibilits inf9ies4 ,mais n\s sommes des aveugles qui j\ons avec des pi]r]ies le long des r\tes2 et cet homme qui frappe ma porte1 dp5se1 au mom5t o il me salue d'aussi m]veilleux trsors spirituels que le pr9ce que j'aurais arra* la mort4 ,je lui ouvre2 et en un in/ant il voit ses pi$s1 comme du haut d'une t\r1 t\t ce qui a lieu entre deux mes4 ,la paysanne qui je dem&e le *em91 je la juge aussi pr(ondm5t que si je lui dem&ais la vie de ma mre1 et son me m'a p>l aussi intimem5t que celle de ma fiance4 ,elle remonta en hte1 jusqu'aux plus gr&s my/res1 avant de me rpondre2 puis elle m'a dit tranquillem5t1 sa*ant t\t c\p ce que j'tais1 qu'il fallait pr5dre gau*e le s5ti] du village4 ,si je passe une heure au milieu d'une f\le1 j'ai jug mille fois sans ri5 dire et sans y song] un mom5t1 les vivants et les morts1 et lequel de ces jugem5ts s]a r=m au d]ni] j\r8 ,il y a dans cette *ambre c9q ou six tres qui p>l5t de la pluie et du beau temps2 mais au dessus de cette conv]sation misrable1 six mes ont un entreti5 dont nulle sagesse huma9e ne p\rrait appro*] sans dang]2 et bi5 qu'elles p>l5t trav]s leurs reg>ds1 leurs ma9s1 leur visage et t\te leur prs5ce1 ils ignor]ont t\j\rs ce qu'elles ont dit4 ,il faut cep5dant qu'ils att5d5t la f9 de l'insaisissable dialogue1 et c'e/ p\rquoi ils ont je ne sais quelle joie my/rieuse dans leur ennui1 sans connatre ce qui c\te en eux t\tes les lois de la vie1 de la mort et de l'am\r qui pass5t comme des fleuves int>issables aut\r de la maison4 ,il en e/ a9si p>t\t et t\j\rs4 ,n\s ne vivons que selon notre tre transc5d5tal1 dont les actions et les p5ses p]c5t *aque in/ant l'enveloppe qui n\s ent\re4 ,je vais voir auj\rd'hui un ami que je n'ai jamais vu1 mais je connais son oeuvre et je sais que son me e/ extraord9aire et qu'il a pass sa vie la manife/] aussi exactem5t que possible selon le devoir des intellig5ces suprieures4 ,je suis ple9 d'inquitudes et c'e/ une heure sol5nelle4 ,il entre2 et t\tes les explications qu'il n\s a donnes durant un gr& nombre d'annes tomb5t en p\ssire au m\vem5t de la porte qui s'ouvre sur sa prs5ce4 ,il n'e/ pas ce qu'il croit tre4 ,il e/ d'une autre nature que ses p5ses4 ,une fois de plus n\s con/atons que les missaires de l'esprit sont t\j\rs infidles4 ,il a dit sur son me des *oses trs pr(ondes2 mais en ce petit in/ant qui sp>e le reg>d qui s'arrte du reg>d qui s'loigne1 j'ai appris t\t ce qu'il ne p\rra jamais dire et t\t ce qu'il ne p\rra jamais faire vivre en son esprit4 ,il m'app>ti5t dsormais sans ret\r4 ,autrefois n\s tions unis p> la p5se4 ,auj\rd'hui1 une *ose mille et mille fois plus my/rieuse que la p5se n\s livre l'un l'autre4 ,il y a des annes et des annes que n\s att5dions ce mom5t2 et voil que n\s s5tons que t\t e/ inutile1 et1 p\r ne pas avoir peur du sil5ce1 n\s qui n\s tions prp>s n\s montr] des trsors secrets et prodigieux1 n\s n\s entret5ons de l'heure qui sonne ou du soleil qui se c\*e1 af9 de donn] nos mes le temps de s'admir] et de s'tre9dre dans un autre sil5ce que le murmure des lvres et de la p5se ne p\rra pas tr\bl]444 ,au fond1 n\s ne vivons que d'me me et n\s sommes des dieux qui s'ignor5t4 ,s'il m'e/ impossible ce soir de support] ma solitude1 et si je desc5ds p>mi les hommes1 ils me diront que l'orage vi5t d'abattre leurs poires ou que les d]nires geles ont f]m le port4 ,e/-ce p\r cela que je suis v5u8 ,et cep5dant1 je m'en irai tantt1 l'me aussi satisfaite et aussi ple9e de =ces et de trsors n\veaux que si j'avais pass ces heures avec ,platon1 ,socrate et ,m>c-,aurle4 ,ce que disait leur b\*e ne s'ent5dait pas ct de ce que proclamait leur prs5ce1 et il e/ impossible l'homme de n'tre pas gr& et admirable4 ,ce que p5se la p5se n'a aucune importance ct de la vrit que n\s sommes et qui s'affirme en sil5ce2 et si1 aprs c9quante ans de solitude1 ,epictte1 ,goe! et sa9t ,paul abordai5t en mon le1 ils ne p\rrai5t me dire que ce que me dirait en mme temps et plus immdiatem5t peut-tre le petit m\sse de leur navire4 ,en vrit1 ce qu'il y a de plus trange dans l'homme1 c'e/ sa gravit et sa sagesse ca*es4 ,le plus frivole ne rit jamais rellem5t p>mi n\s1 et malgr ses ef=ts ne p>vi5t pas p]dre une m9ute1 c> l'me huma9e e/ att5tive et ne fait ri5 d'inutile4 ,ern/ i/ das ,leb51 la vie e/ grave et au fond de notre tre notre me n'a pas encore s\ri4 ,de l'autre ct de nos agitations involontaires1 n\s m5ons une exi/5ce m]veilleuse1 immobile et trs pure et trs sre1 laquelle font sans cesse allusion les ma9s qui se t5d5t1 les yeux qui s'ouvr5t1 les reg>ds qui se r5contr5t4 ,t\s nos organes sont les complices my/iques d'un tre suprieur1 et ce n'e/ jamais un homme1 c'e/ une me que n\s avons connue4 ,je n'ai pas vu ce pauvre qui implorait l'aumne sur les m>*es de mon seuil2 mais j'ap]cevais autre *ose3 en nos yeux deux de/9es id5tiques se saluai5t et s'aimai5t1 et1 au mom5t o il t5dait la ma91 la petite porte de la maison s'entr'ouvrait un in/ant sur la m]4 ,dans mes rapports avec mon enfant1 dit ,em]son1 le grec1 le lat91 t\t ce que je sais1 t\t l'or que je possde ne me s]v5t de ri52 ce que j'ai d'me importe seul4 ,si j'ai une volont1 il oppose sa volont la mi5ne1 une contre une1 et me laisse1 si je veux1 la honte d'abus] de ma =ce en le frappant2 mais si je r5once ma volont1 et si j'agis au nom de l'me1 la plaant comme arbitre entre n\s deux1 trav]s ses jeunes yeux reg>de la mme me2 il rvre et il aime avec moi4 ,mais s'il e/ vrai que le d]ni] d'entre n\s ne peut faire le mo9dre ge/e sans t5ir compte de l'me et des royaumes spirituels o elle rgne1 il e/ vrai aussi que les plus sages ne song5t presque jamais l'inf9i que dplace une paupire qui s'ouvre1 une tte qui s'incl9e1 une ma9 qui se f]me4 ,n\s vivons si lo9 de n\s-mmes que n\s ignorons presque t\t ce qui se passe l'horizon de notre tre4 ,n\s errons au has>d dans la valle1 sans n\s d\t] que t\s nos ge/es sont reproduits et acquir5t leur signification sur le sommet de la montagne1 et il faut p> mom5ts que quelqu'un vi5ne n\s dire3 ,levez les yeux1 voyez ce que v\s tes1 voyez ce que v\s faites2 ce n'e/ pas ici que n\s vivons2 c'e/ l-haut que n\s sommes4 ,ce reg>d *ang dans l'ombre2 ces p>oles qui n'avai5t pas de s5s au pi$ de la montagne1 voyez ce qu'ils devi5n5t et ce qu'ils signifi5t p> del la neige des cimes2 et comme nos ma9s que n\s croyons si faibles et si petites atteign5t ,dieu1 *aque in/ant1 sans le savoir4 ,quelques-uns sont v5us n\s frapp] a9si sur l'paule en n\s montrant du doigt ce qui se passe sur les glaci]s du my/re4 ,ils ne sont pas nombreux4 ,il y en a trois ou quatre en ce sicle4 ,il y en a c9q ou six dans les autres2 et t\t ce qu'ils ont pu n\s dire n'e/ ri5 au reg>d de ce qui a lieu et de ce que notre me n'ignore pas4 ,mais qu'importe8 ,ne sommes-n\s pas semblables un homme qui a p]du les yeux dans les premires annes de son enfance8 ,il a vu le spectacle innombrable des tres4 ,il a vu le soleil1 la m] et la =t4 ,ma9t5ant1 ces m]veilles se tr\v5t jamais dans sa sub/ance2 et si v\s en p>lez1 que p\rrez-v\s lui dire1 et que s]ont vos pauvres mots ct de la clairire1 de la tempte et de l'aurore qui viv5t encore au fond de son esprit et de sa *air8 ,il v\s c\t]a1 cep5dant1 avec une joie ard5te et tonne et bi5 qu'il sa*e t\t1 et que vos p>oles reprs5t5t ce qu'il sait plus imp>faitem5t qu'un v]re d'eau ne reprs5te un gr& fleuve1 les petites phrases impuissantes qui tomb5t de la b\*e des hommes illum9]ont un in/ant l'ocan1 la lumire et les sombres feuillages qui dormai5t au milieu des tnbres1 s\s ses paupires mortes4 ,les faces de ce moi transc5d5tal dont p>le ,novalis1 sont probablem5t innombrables et aucun des morali/es my/iques n'e/ p>v5u tudi] la mme4 ,sw$5borg1 ,pascal1 ,novalis1 ,hello et quelques autres exam95t nos rapports avec un inf9i ab/rait1 subtil et trs lo9ta94 ,ils n\s mn5t sur des montagnes dont t\s les sommets ne n\s sembl5t pas naturels et habitables et o n\s respirons s\v5t avec pe9e4 ,goe! accompagne notre me sur les rivages de la m] de la ,srnit4 ,m>c-,aurle la fait asseoir au p5*ant des coll9es huma9es de la bont p>faite et lasse1 et s\s les feuillages trop l\rds de la rsignation sans espoir4 ,c>lyle1 le frre spirituel d',em]son1 qui en ce sicle n\s av]tit l'autre extrmit de la valle1 fait pass] comme des clairs1 les seuls mom5ts hroques de notre tre1 sur le fond d'ombre et d'orage d'un inconnu sans cesse mon/rueux4 ,il n\s mne comme un tr\peau affol p> les temptes v]s les pturages ignors et sulfureux4 ,il n\s p\sse au plus pr(ond des tnbres qu'il a dc\v]tes avec joie1 et qu'claire seule l'toile int]mitt5te et viol5te des hros et n\s y ab&onne1 avec un mauvais rire1 aux va/es reprsailles des my/res4 ,mais en mme temps1 voici ,em]son1 le bon pa/eur mat9al des prs ples et v]ts d'un optimisme n\veau1 naturel et plausible4 ,il ne n\s conduit pas du ct des abmes4 ,il ne n\s fait pas sortir de l'humble clos famili]1 p>ce que le glaci]1 la m]1 les neiges t]nelles1 le palais1 l'table1 le pole te9t du pauvre et le lit du malade1 t\t e/ situ s\s le mme ciel1 purifi p> les mmes a/res et s\mis aux mmes puissances inf9ies4 ,il e/ v5u p\r plusieurs au mom5t o il fallait v5ir et l'in/ant o ils avai5t mortellem5t beso9 d'explications n\velles4 ,les heures hroques sont mo9s app>5tes1 celles de l'abngation ne sont pas encore rev5ues2 il ne n\s re/e plus que la vie quotidi5ne1 et cep5dant n\s ne p\vons pas vivre sans gr&eur4 ,il a donn un s5s presque acceptable cette vie qui n'avait plus ses horizons traditionnels1 et peut-tre a-t-il pu n\s montr] qu'elle e/ assez trange1 assez pr(onde et assez gr&e p\r n'avoir beso9 d'autre b qu'elle-mme4 ,il n'en sait pas plus que les autres2 mais il affirme avec plus de c\rage1 et il a confiance dans le my/re4 ,il faut vivre1 v\s t\s qui trav]sez des j\rs et des annes1 sans actions1 sans p5ses1 sans lumire1 p>ce que votre vie1 malgr t\t1 e/ incomprh5sible et div9e4 ,il faut vivre p>ce que nul n'a le droit de se s\/raire aux vnem5ts spirituels des sema9es banales4 ,il faut vivre p>ce qu'il n'y a pas d'heures sans miracles intimes et sans significations ineffables4 ,il faut vivre p>ce qu'il n'y a pas un acte1 pas un mot1 pas un ge/e qui *appe des rev5dications inexplicables en un monde o il y a beauc\p de *oses faire1 et peu de *oses savoir4 ,il n'y a ni gr&e ni petite vie1 et l'action de ,rgulus ou de ,lonidas n'a aucune importance lorsque je la comp>e un mom5t de l'exi/5ce secrte de mon me4 ,elle p\vait faire ce qu'ils ont fait ou ne pas le faire1 ces *oses ne l'atteign5t pas2 et l'me de ,rgulus1 lorsqu'il s'en ret\rnait ,c>?age1 tait probablem5t aussi di/raite et aussi indiffr5te que celle de l'ouvri] qui s'en va v]s l'us9e4 ,elle e/ trop lo9 de t\tes nos actions2 elle e/ trop lo9 de t\tes nos p5ses4 ,elle vit seule1 au fond de n\s1 une vie qu'elle ne dit pas2 et des hauteurs o elle rgne1 la v>it des exi/5ces ne se di/+ue plus4 ,n\s m>*ons accabls s\s le poids de notre me et il n'y a pas de proportion entre elle et n\s4 ,elle ne songe peut-tre jamais ce que n\s faisons et cela se lit sur notre visage4 ,si l'on p\vait dem&] une intellig5ce d'un autre monde quelle e/ l'expression syn?tique de la face des hommes1 elle rpondrait1 sans d\te1 aprs les avoir vus dans leurs joies1 dans leurs d\leurs et dans leurs inquitudes3 ,ils ont l'air de song] autre *ose4 ,soyez gr&1 soyez sage et loqu5t2 l'me du pauvre qui t5d la ma9 au co9 du pont ne s]a pas jal\se1 mais la vtre lui envi]a peut-tre son sil5ce4 ,le hros a beso9 de l'approbation de l'homme ord9aire1 mais l'homme ord9aire ne dem&e pas l'approbation du hros et il p\rsuit sa vie sans inquitude1 comme celui qui a t\s ses trsors en lieu sr4 ,lorsque p>le ,socrate1 dit ,em]son1 ,lysis et ,mnxne n'pr\v5t aucune honte de leur sil5ce4 ,eux aussi ils sont gr&s4 ,et ,socrate s'en rfre eux et les aime t&is qu'il p>le1 p>ce que t\t homme r5f]me et e/ la vrit mme qu'articule un homme loqu5t4 ,mais en l'homme loqu5t1 cause de cela mme qu'il peut l'articul]1 il semble que cette vrit rside dj mo9s2 et c'e/ p\rquoi il se t\rne v]s ces sil5cieux admirables1 avec une dfr5ce et un respect plus gr&s4 ,l'homme e/ avide d'explications4 ,il faut qu'on lui montre sa vie4 ,il se rj\it lorsqu'il tr\ve quelque "p l'int]prtation exacte d'un petit ge/e qu'il a fait il y a v+t-c9q ans4 ,ici1 il n'y a pas de petit ge/e2 il y a la plup>t des attitudes de notre me quotidi5ne4 ,v\s n'y tr\v]ez pas le c>actre t]nel de la p5se de ,m>c-,aurle4 ,mais ,m>c-,aurle c'e/ la p5se p> excell5ce4 ,d'ailleurs1 qui de n\s mne la vie de ,m>c-,aurle8 ,ici1 c'e/ l'homme et ri5 de plus4 ,il n'e/ pas arbitrairem5t agr&i2 seulem5t1 il e/ plus prs de n\s que d'habitude4 ,c'e/ ,jean qui taille ses arbres2 c'e/ ,pi]re qui btit sa maison1 c'e/ v\s qui me p>lez de la moisson1 c'e/ moi qui v\s donne la ma92 mais n\s sommes mis au po9t o n\s t\*ons aux dieux et n\s sommes tonns de ce que n\s faisons4 ,n\s ne savions pas que t\tes les puissances de l'me tai5t prs5tes1 n\s ne savions pas que t\tes les lois de l'univ]s att5dai5t aut\r de n\s2 et n\s n\s ret\rnons1 et n\s n\s reg>dons sans ri5 dire comme des g5s qui ont vu un miracle4 ,em]son e/ v5u affirm] avec simplicit cette gr&eur gale et secrte de notre vie4 ,il n\s a ent\rs de sil5ce et d'admiration4 ,il a mis un trait de lumire s\s les pas de l'artisan qui sort de l'ateli]4 ,il n\s a montr t\tes les =ces du ciel et de la t]re1 occupes s\t5ir le seuil sur lequel deux vois9s p>l5t de l'eau qui tombe ou du v5t qui s'lve1 et au dessus de deux passants qui s'abord5t1 il n\s fait voir le visage d'un ,dieu qui s\rit au visage d'un ,dieu4 ,il e/ plus prs que nul autre de notre vie habituelle4 ,il e/ l'av]tisseur le plus att5tif1 le plus assidu1 le plus probe1 le plus mticuleux1 le plus huma9 peut-tre4 ,il e/ le sage des j\rs ord9aires1 et les j\rs ord9aires sont en somme la sub/ance de notre tre4 ,plus d'une anne s'c\le sans passions1 sans v]tus1 sans miracles4 ,appr5ez-n\s vnr] les petites heures de la vie4 ,si j'ai pu agir ce mat91 selon l'esprit de ,m>c-,aurle1 ne v5ez pas s\lign] mes actions1 c> je sais1 moi aussi1 qu'il e/ arriv quelque *ose4 ,mais si je crois avoir p]du ma j\rne en misrables entreprises2 et si v\s p\vez me pr\v] que j'ai vcu cep5dant aussi pr(ondm5t qu'un hros1 et que mon me n'a pas p]du ses droits2 v\s aurez fait plus que si v\s m'aviez p]suad de sauv] auj\rd'hui mon ennemi1 c> v\s avez augm5t en moi1 la somme1 la gr&eur et le dsir de la vie2 et dema91 peut-tre1 je saurai vivre avec respect4 ,,viii ,,novalis#a #a ,fragm5t de la prface la traduction des ,disciples ,sas4 ,les hommes m>*5t p> des *em9s div]s2 qui les suit et les comp>e v]ra natre d'tranges figures1 dit notre auteur4 ,j'ai *oisi trois de ces hommes dont les r\tes n\s mn5t sur trois cimes diffr5tes4 ,j'ai vu miroit] l'horizon des oeuvres de ,ruysbroeck les pics les plus bleutres de l'me1 t&is qu'en celles d',em]son les sommets plus humbles du coeur huma9 s'arrondissai5t irrgulirem5t4 ,ici1 n\s n\s tr\vons sur les crtes aigus et s\v5t dang]euses du c]veau2 mais il y a des retraites ple9es d'une ombre dlicieuse entre les 9galits v]doyantes de ces crtes1 et l'atmosphre y e/ d'un inaltrable cri/al4 ,il e/ admirable de voir combi5 les voies de l'me huma9e div]g5t v]s l'inaccessible4 ,il faut suivre un mom5t les traces des trois mes que je vi5s de nomm]4 ,elles sont alles1 *acune de son ct1 bi5 au del des c]cles srs de la consci5ce ord9aire1 et *acune d'elles a r5contr des vrits qui ne se ressembl5t pas et que n\s devons cep5dant accueillir comme des soeurs prodigues et retr\ves4 ,une vrit ca*e e/ ce qui n\s fait vivre4 ,n\s sommes ses esclaves inconsci5ts et muets1 et n\s n\s tr\vons en*ans tant qu'elle n'a po9t p>u4 ,mais si l'un de ces tres extraord9aires1 qui sont les ant5nes de l'me huma9e innombrablem5t une1 la s\ponne un in/ant1 en ttonnant dans les tnbres1 les d]ni]s d'entre n\s1 p> je ne sais quel contre-c\p subit et inexplicable1 se s5t5t librs de quelque *ose2 une vrit n\velle plus haute1 plus pure et plus my/rieuse pr5d la place de celle qui s'e/ vue dc\v]te et qui fuit sans ret\r1 et l'me de t\s1 sans que ri5 le trahisse au dehors1 inaugure une re plus s]e9e et clbre de pr(ondes ftes o n\s ne pr5ons qu'une "p t>dive et trs lo9ta9e4 ,et je crois que c'e/ de la sorte qu'elle monte et s'en va v]s un b qu'elle e/ seule connatre4 ,t\t ce que l'on peut dire n'e/ ri5 en soi4 ,mettez dans un plateau de la balance t\tes les p>oles des gr&s sages1 et dans l'autre plateau la sagesse inconsci5te de cet enfant qui passe1 et v\s v]rez que ce que ,platon1 ,m>c-,aurle1 ,s*op5hau] et ,pascal n\s ont rvl ne s\lv]a pas d'une ligne les gr&s trsors de l'inconsci5ce1 c> l'enfant qui se tait e/ mille fois plus sage que ,m>c-,aurle qui p>le4 ,et1 cep5dant1 si ,m>c-,aurle n'avait pas crit les d\ze livres de ses ,mditations1 une p>tie des trsors ignors que notre enfant r5f]me ne s]ait pas la mme4 ,il n'e/ peut-tre pas possible de p>l] clairem5t de ces *oses1 mais ceux qui sav5t s'int]rog] assez pr(ondm5t et vivre1 ne ft-ce que le temps d'un clair1 selon leur tre intgral1 s5t5t que cela e/4 ,il se peut que l'on dc\vre un j\r les raisons p\r lesquelles1 si ,platon1 ,sw$5borg ou ,plot9 n'avai5t pas exi/1 l'me du paysan qui ne les a pas lus et n'en a jamais ent5du p>l] ne s]ait pas ce qu'elle e/ infailliblem5t auj\rd'hui4 ,mais quoi qu'il en puisse tre1 aucune p5se ne se p]dit jamais p\r aucune me1 et qui dira les p>ties de n\s-mmes qui ne viv5t que grce des p5ses qui ne fur5t jamais exprimes8 ,notre consci5ce a plus d'un degr1 et les plus sages ne s'inquit5t que de notre consci5ce peu prs inconsci5te p>ce qu'elle e/ sur le po9t de dev5ir div9e4 ,augm5t] cette consci5ce transc5dantale semble avoir t t\j\rs le dsir inconnu et suprme des hommes4 ,il importe peu qu'ils l'ignor5t1 c> ils ignor5t t\t1 et cep5dant ils agiss5t en leur me aussi sagem5t que les plus sages4 ,il e/ vrai que la plup>t des hommes ne doiv5t vivre un mom5t qu' l'in/ant o ils meur5t4 ,en att5dant1 cette consci5ce ne s'augm5te qu'en augm5tant l'inexplicable aut\r de n\s4 ,n\s *]*ons connatre p\r appr5dre ne pas connatre4 ,n\s ne n\s gr&issons qu'en gr&issant les my/res qui n\s accabl5t1 et n\s sommes des esclaves qui ne peuv5t entret5ir en eux le dsir de vivre qu' condition d'al\rdir1 sans se dc\rag] jamais1 le poids sans piti de leurs *anes444 ,l'hi/oire de ces *anes m]veilleuses e/ l'unique hi/oire de n\s-mmes2 c> n\s ne sommes qu'un my/re1 et ce que n\s savons n'e/ pas intressant4 ,elle n'e/ pas longue jusqu'ici2 elle ti5t en quelques pages1 et l'on dirait que les meilleurs ont eu peur d'y song]4 ,combi5 peu osr5t s'avanc] jusqu'aux extrmits de la p5se huma9e6 et dites-n\s les noms de ceux qui y re/r5t quelques heures444 ,plus d'un n\s l'a promise et quelques autres l'entreprir5t un mom5t1 mais peu aprs ils p]dai5t t\r t\r la =ce qu'il faut p\r vivre ici1 ils retombai5t du ct de la vie extrieure et dans les *amps connus de la raison huma9e1 et t\t flottait de n\veau1 comme autrefois1 devant leurs yeux4 ,en vrit1 c'e/ qu'il e/ difficile d'int]rog] son me et de reconnatre sa petite voix d'enfant au milieu des clameurs inutiles qui l'ent\r5t4 ,et1 cep5dant1 que les autres ef=ts de l'esprit import5t peu qu& on y songe1 et comme notre vie ord9aire se passe lo9 de n\s6 ,on dirait que l-bas n'app>aiss5t que nos semblables des heures vides1 di/raites et /riles2 mais1 ici1 c'e/ le seul po9t fixe de notre tre et le lieu mme de la vie4 ,il faut s'y rfugi] sans cesse4 ,n\s savons t\t le re/e avant qu'on n\s l'ait dit2 mais1 ici1 n\s appr5ons bi5 plus que t\t ce qu'on peut dire2 et c'e/ au mom5t o la phrase s'arrte et o les mots se ca*5t1 que notre reg>d inquit r5contre t\t c\p1 trav]s les annes et les sicles1 un autre reg>d qui l'att5dait patiemm5t sur le *em9 de ,dieu4 ,les paupires clign5t en mme temps1 les yeux se m\ill5t de la rose d\ce et t]rible d'un my/re id5tique1 et n\s savons que n\s ne sommes plus seuls sur la r\te sans f9444 ,mais quels livres n\s p>l5t de ce lieu de la vie8 ,les mtaphysiques vont pe9e jusqu'aux frontires1 et celles-ci dpasses1 en vrit que re/e-t-il8 ,quelques my/iques qui sembl5t f\s1 p>ce qu'ils reprs5t]ai5t probablem5t la nature mme de la p5se de l'homme1 s'il avait le loisir ou la =ce d'tre un homme vritable4 ,p>ce que n\s aimons avant t\t les matres de la raison ord9aire3 ,kant1 ,sp9oza1 ,s*op5hau] et quelques autres1 ce n'e/ pas un motif p\r rep\ss] les matres d'une raison diffr5te qui e/ une raison frat]nelle1 elle aussi1 et qui s]a peut-tre notre raison future4 ,en att5dant1 ils n\s ont dit des *oses qui n\s tai5t indisp5sables4 ,ouvrez le plus pr(ond des morali/es ou des psy*ologues ord9aires1 il v\s p>l]a de l'am\r1 de la ha9e1 de l'orgueil et des autres passions de notre coeur2 et ces *oses peuv5t n\s plaire un in/ant1 comme des fleurs dta*es de leur tige4 ,mais notre vie relle et inv>iable se passe mille lieues de l'am\r et c5t mille lieues de l'orgueil4 ,n\s possdons un moi plus pr(ond et plus 9puisable que le moi des passions ou de la raison pure4 ,il ne s'agit pas de n\s dire ce que n\s pr\vons lorsque notre matresse n\s ab&onne4 ,elle s'en va auj\rd'hui2 nos yeux pleur5t1 mais notre me ne pleure pas4 ,il se peut qu'elle appr5ne l'vnem5t et qu'elle le trans=me en lumire1 c> t\t ce qui tombe en elle irradie4 ,il se peut aussi qu'elle l'ignore2 et ds lors quoi s]t d'en p>l]8 ,il faut laiss] ces petites *oses ceux qui ne s5t5t pas que la vie e/ pr(onde4 ,si j'ai lu ,la ,ro*ef\cauld ou ,/5dhal ce mat91 croyez-v\s que j'aie acquis des p5ses qui me fass5t homme davantage et que les anges dont il faut s'appro*] j\r et nuit me tr\v]ont plus beau8 ,t\t ce qui ne va pas au-del de la sagesse exprim5tale et quotidi5ne ne n\s app>ti5t pas et n'e/ pas digne de notre me4 ,t\t ce qu'on peut appr5dre sans angoisse n\s dim9ue4 ,je s\rirai pniblem5t si v\s p>v5ez me pr\v] que je fus g/e jusque dans le sacrifice de mon bonheur et de ma vie2 mais qu'e/-ce que l'gsme au reg>d de tant d'autres *oses t\tes-puissantes que je s5s vivre en moi d'une vie indicible8 ,ce n'e/ pas sur le seuil des passions que se tr\v5t les lois pures de notre tre4 ,il arrive un mom5t o les phnomnes de la consci5ce habituelle1 qu'on p\rrait appel] la consci5ce passionnelle ou la consci5ce des relations du premi] degr1 ne n\s pr(it5t plus et n'atteign5t plus notre vie4 ,j'accorde que cette consci5ce soit s\v5t intressante p> quelque ct1 et qu'il soit ncessaire d'en connatre les plis4 ,mais c'e/ une plante de la surface1 et ses rac9es ont peur du gr& feu c5tral de notre tre4 ,je puis commettre un crime sans que le mo9dre s\ffle incl9e la plus petite flamme de ce feu2 et1 d'un autre ct1 un reg>d *ang1 une p5se qui ne p>vi5t pas clore1 une m9ute qui passe sans ri5 dire1 peut l'agit] en t\rbillons t]ribles au fond de ses retraites et le faire dbord] sur ma vie4 ,notre me ne juge pas comme n\s2 c'e/ une *ose capricieuse et ca*e4 ,elle peut tre atte9te p> un s\ffle et ignor] une tempte4 ,il faut *]*] ce qui l'atte9t2 t\t e/ l1 c> c'e/ l que n\s sommes4 ,a9si1 et p\r en rev5ir cette consci5ce ord9aire qui rgne de gr&es di/ances de notre me1 je sais plus d'un esprit que la m]veilleuse pe9ture de la jal\sie d',o!llo1 p> exemple1 n'tonne plus4 ,elle e/ df9itive dans les premi]s c]cles de l'homme4 ,elle demeure admirable1 p\rvu que l'on ait so9 de n'ouvrir ni portes ni f5tres1 sans quoi l'image tomb]ait en p\ssire au v5t de t\t l'inconnu qui att5d au dehors4 ,n\s c\tons le dialogue du ,m et de ,desdmone comme une *ose p>faite1 mais sans p\voir n\s emp*] de song] des *oses plus pr(ondes4 ,que le gu]ri] d',afrique soit tromp ou non p> la noble ,vniti5ne1 il a une autre vie4 ,il doit se pass] dans son me et aut\r de son tre1 au mom5t mme de ses s\pons les plus misrables et de ses colres les plus brutales1 des vnem5ts mille fois plus sublimes1 que ses rugissem5ts ne peuv5t po9t tr\bl]1 et trav]s les agitations sup]ficielles de la jal\sie se p\rsuit une exi/5ce inaltrable que le gnie de l'homme n'a montre jusqu'ici qu'en passant4 ,e/-ce de l que nat la tri/esse qui monte des *efs-d'oeuvre8 ,les potes ne pur5t les crire qu' la condition de f]m] leurs yeux aux horizons t]ribles et d'impos] sil5ce aux voix trop graves et trop nombreuses de leur me4 ,s'ils ne l'avai5t pas fait1 ils euss5t p]du c\rage4 ,ri5 n'e/ plus tri/e et plus dcevant qu'un *ef-d'oeuvre1 p>ce que ri5 ne montre mieux l'impuissance de l'homme pr5dre consci5ce de sa gr&eur et de sa dignit4 ,et si une voix ne n\s av]tissait que les plus belles *oses ne sont ri5 au reg>d de t\t ce que n\s sommes1 ri5 ne n\s dim9u]ait davantage4 ,l'me1 dit ,em]son1 e/ suprieure ce qu'on peut savoir d'elle et plus sage qu'aucune de ses oeuvres4 ,le gr& pote n\s fait s5tir notre propre valeur1 et alors n\s e/imons mo9s ce qu'il a ralis4 ,la meilleure *ose qu'il n\s appr5ne1 c'e/ le dda9 de t\t ce qu'il a fait4 ,%akespe>e n\s emporte en un si sublime c\rant d'intellig5te activit1 qu'il n\s suggre l'ide d'une ri*esse ct de laquelle la si5ne semble pauvre1 et alors n\s s5tons que l'oeuvre sublime qu'il a cre1 et qu' d'autres mom5ts n\s levons la hauteur d'une posie exi/ant p> elle-mme1 n'app>ti5t pas plus pr(ondm5t la nature relle des *oses que l'ombre fugitive du passant sur un ro*]4 ,les cris sublimes des gr&s pomes et des gr&es tragdies ne sont autre *ose que des cris my/iques qui n'app>ti5n5t pas la vie extrieure de ces pomes ou de ces tragdies4 ,ils jailliss5t un in/ant de la vie intrieure et n\s font espr] je ne sais quoi d'inatt5du et que n\s att5dons cep5dant avec tant d'impati5ce6 jusqu' ce que les passions trop connues les rec\vr5t encore de leur neige444 ,c'e/ en ces mom5ts-l que l'humanit s'e/ mise un in/ant en prs5ce d'elle-mme1 comme un homme en prs5ce d'un ange4 ,or il importe qu'elle se mette le plus s\v5t possible en prs5ce d'elle-mme p\r savoir ce qu'elle e/4 ,si quelque tre d'un autre monde desc5dait p>mi n\s et n\s dem&ait les fleurs suprmes de notre me et les titres de noblesse de la t]re1 que lui donn]ions-n\s8 ,quelques-uns apport]ai5t les philosophes sans savoir ce qu'ils font4 ,j'ai oubli quel autre a rpondu qu'il (frirait ,o!llo1 le ,roi ,le> et ,hamlet4 ,eh bi51 non1 n\s ne sommes pas cela6 et je crois que notre me irait m\rir de honte au fond de notre *air1 p>ce qu'elle n'ignore pas que ses trsors visibles ne sont pas faits p\r tre ouv]ts aux yeux des trang]s et ne conti5n5t que des pi]r]ies fausses4 ,le plus humble d'entre n\s1 aux in/ants solitaires o il sait ce qu'il faut que l'on sa*e1 se s5t le droit de se faire reprs5t] p> autre *ose qu'un *ef-d'oeuvre4 ,n\s sommes des tres invisibles4 ,n\s n'aurions ri5 dire l'envoy cle/e ni ri5 lui faire voir1 et nos plus belles *oses n\s p>atrai5t subitem5t p>eilles ces pauvres reliques familiales qui n\s semblai5t si prcieuses au fond de leur tiroir et qui devi5n5t si misrables lorsqu'on les sort un in/ant de leur ombre p\r les montr] quelque indiffr5t4 ,n\s sommes des tres invisibles qui ne viv5t qu'en eux-mmes1 et le visiteur att5tif s'en irait sans se d\t] jamais de ce qu'il et pu voir1 mo9s qu'en ce mom5t notre me indulg5te n'int]vi5ne4 ,elle fuit si volonti]s devant les petites *oses1 et l'on a tant de pe9e la retr\v] dans la vie1 qu'on a peur de l'appel] l'aide4 ,et1 cep5dant1 elle e/ t\j\rs prs5te et jamais ne se trompe ni ne trompe une fois qu'elle e/ mise en demeure4 ,elle montr]ait l'missaire inatt5du les ma9s jo9tes de l'homme1 ses yeux si ple9s de songes qui n'ont mme pas de nom et ses lvres qui ne peuv5t ri5 dire2 et peut-tre que l'autre1 s'il e/ digne de compr5dre1 n'os]ait plus int]rog]444 ,mais s'il lui fallait d'autres preuves1 elle le mn]ait p>mi ceux dont les oeuvres t\*5t presque au sil5ce4 ,elle ouvrirait la porte des doma9es o quelques-uns l'aimr5t p\r elle-mme1 sans s'inquit] des petits ge/es de son corps4 ,ils mont]ai5t t\s deux sur les hauts plateaux solitaires o la consci5ce s'lve d'un degr et o t\s ceux qui ont l'inquitude d'eux-mmes rd5t att5tivem5t aut\r de l'anneau mon/rueux qui relie le monde app>5t nos mondes suprieurs4 ,elle irait avec lui aux limites de l'homme2 c> c'e/ l'endroit o l'homme semble sur le po9t de f9ir que probablem5t il comm5ce2 et ses p>ties ess5tielles et 9puisables ne se tr\v5t que dans l'invisible1 o il faut qu'il se guette sans cesse4 ,c'e/ sur ces hauteurs seules qu'il y a des p5ses que l'me peut av\] et des ides qui lui ressembl5t et qui sont aussi imprieuses qu'elle-mme4 ,c'e/ l que l'humanit a rgn un in/ant1 et ces pics faiblem5t clairs sont peut-tre les seules lueurs qui signal5t la t]re dans les espaces spirituels4 ,leurs reflets ont vraim5t la c\leur de notre me4 ,n\s s5tons que les passions de l'esprit et du coeur1 aux yeux d'une intellig5ce trangre1 ressembl]ai5t des qu]elles de clo*]s2 mais dans leurs oeuvres1 les hommes dont je p>le sont sortis du petit village des passions1 et ils ont dit des *oses qui peuv5t intress] ceux qui ne sont pas de la p>oisse t]re/re4 ,il ne faut pas que notre humanit s'agite exclusivem5t au fond de soi comme un tr\peau de taupes4 ,il importe qu'elle vive comme si un j\r elle devait r5dre compte de sa vie des frres ans4 ,l'esprit repli sur lui-mme n'e/ qu'une clbrit locale qui fait s\rire le voyageur4 ,il y a autre *ose que l'esprit1 et ce n'e/ pas l'esprit qui n\s allie l'univ]s4 ,il e/ temps qu'on ne le confonde plus avec l'me4 ,il ne s'agit pas de ce qui se passe entre n\s1 mais de ce qui a lieu en n\s1 au-dessus des passions et de la raison4 ,si je n'(fre l'intellig5ce trangre que ,la ,ro*ef\cauld1 ,li*t5b]g1 ,m]$i? ou ,/5dhal1 elle me reg>d]a comme je reg>de1 au fond d'une ville morte1 le b\rgeois sans espoir qui me p>le de sa rue1 de son m>iage ou de son indu/rie4 ,quel ange dem&]a ,titus p\rquoi il n'a pas p\s ,brnice et p\rquoi ,&romaque s'e/ promise ,pyrrhus8 ,que reprs5te ,brnice1 si je la comp>e ce qu'il y a d'invisible dans la m5diante qui m'arrte ou la pro/itue qui me fait signe8 ,une p>ole my/ique peut seule1 p> mom5ts1 reprs5t] un tre huma92 mais notre me n'e/ pas dans ces autres rgions sans ombres et sans abmes2 et v\s-mmes1 v\s y arrtez-v\s aux heures graves o la vie s'appesantit sur votre paule8 ,l'homme n'e/ pas dans ces *oses1 et cep5dant ces *oses sont p>faites4 ,mais il faut n'en p>l] qu'entre soi1 et il e/ conv5able de s'en taire si quelque visiteur frappe le soir notre porte4 ,mais si ce mme visiteur me surpr5d au mom5t o mon me *]*e la clef de ses trsors les plus pro*es dans ,pascal1 ,em]son ou ,hello1 ou1 d'un autre ct1 dans quelques-uns de ceux qui eur5t l'inquitude de la beaut trs pure1 je ne f]m]ai pas le livre en r\gissant2 et peut tre que lui-mme y pr5dra quelque ide d'un tre frat]nel condamn au sil5ce1 ou saura1 t\t au mo9s1 que n\s ne fmes pas t\s des habitants satisfaits de la t]re4 ,,ix ,,le ,,tragique ,,quotidi5 ,il y a un tragique quotidi5 qui e/ bi5 plus rel1 bi5 plus pr(ond et bi5 plus con=me notre tre vritable que le tragique des gr&es av5tures4 ,il e/ facile de le s5tir mais il n'e/ pas ais de le montr] p>ce que ce tragique ess5tiel n'e/ pas simplem5t matriel ou psy*ologique4 ,il ne s'agit plus ici de la lutte dt]m9e d'un tre contre un tre1 de la lutte d'un dsir contre un autre dsir ou de l't]nel combat de la passion et du devoir4 ,il s'agirait plutt de faire voir ce qu'il y a d'tonnant dans le fait seul de vivre4 ,il s'agirait plutt de faire voir l'exi/5ce d'une me en elle-mme1 au milieu d'une imm5sit qui n'e/ jamais inactive4 ,il s'agirait plutt de faire ent5dre p> dessus les dialogues ord9aires de la raison et des s5tim5ts1 le dialogue plus sol5nel et in9t]rompu de l'tre et de sa de/9e4 ,il s'agirait plutt de n\s faire suivre les pas hsitants et d\l\reux d'un tre qui s'appro*e ou s'loigne de sa vrit1 de sa beaut ou de son ,dieu4 ,il s'agirait encore de n\s montr] et de n\s faire ent5dre mille *oses analogues que les potes tragiques n\s ont fait entrevoir en passant4 ,mais voici le po9t ess5tiel3 ce qu'ils n\s ont fait entrevoir en passant ne p\rrait-on t5t] de le montr] avant le re/e8 ,ce qu'on ent5d s\s le roi ,le>1 s\s ,macbe?1 s\s ,hamlet p> exemple1 le *ant my/rieux de l'inf9i1 le sil5ce m5aant des mes ou des ,dieux1 l't]nit qui gronde l'horizon1 la de/9e ou la fatalit qu'on ap]oit intrieurem5t sans que l'on puisse dire quels signes on la reconnat1 ne p\rrait-on p> je ne sais quelle int]v]sion des rles1 les rappro*] de n\s t&is qu'on loign]ait les acteurs8 ,e/-il donc has>deux d'affirm] que le vritable tragique de la vie1 le tragique normal1 pr(ond et gnral1 ne comm5ce qu'au mom5t o ce qu'on appelle les av5tures1 les d\leurs et les dang]s sont passs8 ,le bonheur n'aurait-il pas le bras plus long que le malheur et c]ta9es de ses =ces ne s'appro*]ai5t-elles pas davantage de l'me huma9e8 ,faut-il absolum5t hurl] comme les ,atrides p\r qu'un ,dieu t]nel se montre en notre vie et ne vi5t-il jamais s'asseoir s\s l'immobilit de notre lampe8 ,n'e/-ce pas la tranquillit qui e/ t]rible lorsqu'on y rfl*it et que les a/res la surveill5t2 et le s5s de la vie se dveloppe-t-il dans le tumulte ou le sil5ce8 ,n'e/-ce pas qu& on n\s dit la f9 des hi/oires ,ils fur5t heureux que la gr&e inquitude devrait faire son entre8 ,qu'arrive-t-il t&is qu'ils sont heureux8 ,e/-ce que le bonheur ou un simple in/ant de repos ne dc\vre pas des *oses plus srieuses et plus /ables que l'agitation des passions8 ,n'e/-ce pas alors que la m>*e du temps et bi5 d'autres m>*es plus secrtes1 devi5n5t enf9 visibles et que les heures se prcipit5t8 ,e/-ce que t\t ceci n'atte9t pas des fibres plus pr(ondes que le c\p de poign>d des drames ord9aires8 ,n'e/-ce pas qu& un homme se croit l'abri de la mort extrieure que l'trange et sil5cieuse tragdie de l'tre et de l'imm5sit ouvre vraim5t les portes de son ?tre8 ,e/-ce t&is que je fuis devant une pe nue que mon exi/5ce atte9t son po9t le plus intressant8 ,e/-ce t\j\rs dans un bais] qu'elle e/ la plus sublime8 ,n'y a-t-il pas d'autres mom5ts o l'on ent5d des voix plus p]man5tes et plus pures8 ,votre me ne fleurit-elle qu'au fond des nuits d'orage8 ,on dirait qu'on l'a cru jusqu'ici4 ,presque t\s nos auteurs tragiques n'ap]oiv5t que la vie viol5te et la vie d'autrefois2 et l'on peut affirm] que t\t notre ?tre e/ ana*ronique et que l'art dramatique ret>de du mme nombre d'annes que la sculpture4 ,il n'en e/ pas de mme de la bonne pe9ture et de la bonne musique1 p> exemple1 qui ont su dml] et reproduire les traits plus ca*s1 mais non mo9s graves et tonnants de la vie d'auj\rd'hui4 ,elles ont obs]v que cette vie n'avait p]du en surface dcorative que p\r gagn] en pr(ondeur1 en signification intime et en gravit spirituelle4 ,un bon pe9tre ne pe9dra plus ,m>ius va9queur des ,cimbres ou l'assass9at du duc de ,guise1 p>ce que la psy*ologie de la victoire ou du meurtre e/ lm5taire et exceptionnelle1 et que le vac>me inutile d'un acte viol5t t\ffe la voix plus pr(onde1 mais hsitante et discrte1 des tres et des *oses4 ,il reprs5t]a une maison p]due dans la campagne1 une porte ouv]te au b\t d'un corridor1 un visage ou des ma9s au repos2 et ces simples images p\rront aj\t] quelque *ose notre consci5ce de la vie2 ce qui e/ un bi5 qu'il n'e/ plus possible de p]dre4 ,mais nos auteurs tragiques1 de mme que les pe9tres mdiocres qui s'att>d5t la pe9ture d'hi/oire1 plac5t t\t l'intrt de leurs oeuvres dans la viol5ce de l'anecdote qu'ils reproduis5t4 ,et ils prt5d5t n\s div]tir au mme g5re d'actes qui rj\issai5t des b>b>es qui les att5tats1 les meurtres et les trahisons qu'ils reprs5t5t tai5t habituels4 ,t&is que la plup>t de nos vies se pass5t lo9 du sang1 des cris et des pes1 et que les l>mes des hommes sont dev5ues sil5cieuses1 invisibles et presque spirituelles444 ,lorsque je vais au ?tre1 il me semble que je me retr\ve quelques heures au milieu de mes anctres1 qui avai5t de la vie une conception simple1 s*e et brutale1 que je ne me rappelle presque plus et laquelle je ne puis plus pr5dre "p4 ,j'y vois un m>i tromp qui tue sa femme2 une femme qui empoisonne son amant1 un fils qui v5ge son pre1 un pre qui immole ses enfants1 des enfants qui font m\rir leur pre1 des rois assass9s1 des vi]ges violes1 des b\rgeois emprisonns1 et t\t le sublime traditionnel1 mais1 hlas6 si sup]ficiel et si matriel1 du sang1 des l>mes extrieures et de la mort4 ,que peuv5t me dire des tres qui n'ont qu'une ide fixe et qui n'ont pas le temps de vivre p>ce qu'il leur faut mettre mort un rival ou une matresse8 ,j'tais v5u dans l'espoir de voir quelque *ose de la vie ratta*e ses s\rces et ses my/res p> des li5s que je n'ai l'occasion ni la =ce d'ap]cevoir t\s les j\rs4 ,j'tais v5u dans l'espoir d'entrevoir un mom5t la beaut1 la gr&eur et la gravit de mon humble exi/5ce quotidi5ne4 ,j'esprais qu'on m'aurait montr je ne sais quelle prs5ce1 quelle puissance ou quel dieu qui vit avec moi dans ma *ambre4 ,j'att5dais je ne sais quelles m9utes suprieures que je vis sans les connatre au milieu de mes plus misrables heures2 et je n'ai le plus s\v5t dc\v]t qu'un homme qui m'a dit longuem5t p\rquoi il e/ jal\x1 p\rquoi il empoisonne ou p\rquoi il se tue4 ,j'admire ,o!llo1 mais il ne me p>at pas vivre de l'augu/e vie quotidi5ne d'un ,hamlet1 qui a le temps de vivre p>ce qu'il n'agit pas4 ,o!llo e/ admirablem5t jal\x4 ,mais n'e/-ce peut-tre pas une vieille erreur de p5s] que c'e/ aux mom5ts o une telle passion et d'autres d'une gale viol5ce n\s possd5t que n\s vivons vritablem5t8 ,il m'e/ arriv de croire qu'un vieill>d assis dans son fauteuil1 att5dant simplem5t s\s la lampe1 c\tant sans le savoir t\tes les lois t]nelles qui rgn5t aut\r de sa maison1 int]prtant sans le compr5dre ce qu'il y a dans le sil5ce des portes et des f5tres et dans la petite voix de la lumire1 subissant la prs5ce de son me et de sa de/9e1 incl9ant un peu la tte1 sans se d\t] que t\tes les puissances de ce monde int]vi5n5t et veill5t dans la *ambre comme des s]vantes att5tives1 ignorant que le soleil lui-mme s\ti5t au-dessus de l'abme la petite table sur laquelle il s'acc\de1 et qu'il n'y a pas un a/re du ciel ni une =ce de l'me qui soi5t indiffr5ts au m\vem5t d'une paupire qui retombe ou d'une p5se qui s'lve1--il m'e/ arriv de croire que ce vieill>d immobile vivait en ralit d'une vie plus pr(onde1 plus huma9e et plus gnrale que l'amant qui trangle sa matresse1 le capita9e qui remporte une victoire ou l'p\x qui v5ge son honneur4 ,on me dira peut-tre qu'une vie immobile ne s]ait gure visible1 qu'il faut bi5 l'anim] de quelques m\vem5ts et que ces m\vem5ts v>is et acceptables ne se tr\v5t que dans le petit nombre de passions employes jusqu'ici4 ,je ne sais s'il e/ vrai qu'un ?tre /atique soit impossible4 ,il me semble mme qu'il exi/e4 ,la plup>t des tragdies d',es*yle sont des tragdies immobiles4 ,je ne p>le pas de ,prom?e et des ,suppliantes o ri5 n'arrive2 mais t\te la tragdie des ,*ophores1 qui e/ cep5dant le plus t]rible drame de l'antiquit1 pit9e comme un mauvais rve devant le tombeau d',agamemnon1 jusqu' ce que le meurtre jaillisse1 comme un clair1 de l'accumulation des prires qui se repli5t sans cesse sur elles-mmes4 ,exam9ez ce po9t de vue quelques autres des plus belles tragdies des anci5s3 ,les ,eumnides1 ,antigone1 ,electre1 ,o,edipe ,colone4 ,ils ont admir1 dit ,rac9e dans sa prface de ,brnice1 ils ont admir l',ajax de ,sophocle1 qui n'e/ autre *ose qu',ajax qui se tue de regret cause de la fureur o il e/ tomb aprs le refus qu'on lui a fait des armes d',a*ille4 ,ils ont admir le ,philoctte1 dont t\t le sujet e/ ,ulysse qui vi5t p\r surpr5dre les fl*es d',h]cule4 ,l',o,edipe mme1 quoique t\t ple9 de reconnaissances1 e/ mo9s *>g de matire que la plus simple tragdie de nos j\rs4 ,e/-ce autre *ose que la vie peu prs immobile8 ,d'habitude1 il n'y a mme pas d'action psy*ologique1 qui e/ mille fois suprieure l'action matrielle et qui semble indisp5sable1 mais qu'ils p>vi5n5t nanmo9s supprim] ou rduire d'une faon m]veilleuse1 p\r ne laiss] subsi/] d'autre intrt que celui qu'inspire la situation de l'homme dans l'univ]s4 ,ici1 n\s ne sommes plus *ez les b>b>es1 et l'homme ne s'agite plus au milieu de passions lm5taires qui ne sont pas les seules *oses intressantes qu'il y ait en lui4 ,on a le temps de le voir en repos4 ,il ne s'agit plus d'un mom5t exceptionnel et viol5t de l'exi/5ce1 mais de l'exi/5ce elle-mme4 ,il e/ mille et mille lois plus puissantes et plus vnrables que les lois des passions2 mais ces lois l5tes1 discrtes et sil5cieuses1 comme t\t ce qui e/ d\ d'une =ce irrsi/ible1 ne s'ap]oiv5t et ne s'ent5d5t que dans le demi-j\r et le recueillem5t des heures tranquilles de la vie4 ,lorsqu',ulysse et ,noptolme vi5n5t dem&] ,philoctte les armes d',h]cule1 leur action en elle-mme e/ aussi simple et aussi indiffr5te que celle d'un homme de nos j\rs qui entre dans une maison p\r y visit] un malade1 d'un voyageur qui frappe la porte d'une aub]ge ou d'une mre qui att5d au co9 du feu le ret\r de son enfant4 ,sophocle m>que en passant d'un trait rapide le c>actre de ses hros4 ,mais ne peut-on pas affirm] que l'intrt pr9cipal de la tragdie ne se tr\ve pas dans la lutte qu'on y voit entre l'habilet et la loyaut1 entre le dsir de la patrie1 la rancune et l'enttem5t de l'orgueil8 ,il y a autre *ose2 et c'e/ l'exi/5ce suprieure de l'homme qu'il s'agit de faire voir4 ,le pote aj\te la vie ord9aire un je ne sais quoi qui e/ le secret des potes1 et t\t c\p elle app>at dans sa prodigieuse gr&eur1 dans sa s\mission aux puissances inconnues1 dans ses relations qui ne f9iss5t pas1 et dans sa misre sol5nelle4 ,un *imi/e laisse tomb] quelques g\ttes my/rieuses dans un vase qui ne semble cont5ir que de l'eau claire3 et aussitt un monde de cri/aux s'lve jusqu'aux bords et n\s rvle ce qu'il y avait en susp5s dans ce vase1 o nos yeux incomplets n'avai5t ri5 ap]u4 ,a9si dans ,philoctte1 il semble que la petite psy*ologie des trois p]sonnages pr9cipaux ne =me que les p>ois du vase qui conti5t l'eau claire1 qui e/ la vie ord9aire dans laquelle le pote va laiss] tomb] les g\ttes rvlatrices de son gnie444 ,aussi1 n'e/-ce pas dans les actes1 mais dans les p>oles que se tr\v5t la beaut et la gr&eur des belles et gr&es tragdies4 ,e/-ce seulem5t dans les p>oles qui accompagn5t et expliqu5t les actes qu'elles se tr\v5t8 ,non2 il faut qu'il y ait autre *ose que le dialogue extrieurem5t ncessaire4 ,il n'y a gure que les p>oles qui sembl5t d'abord inutiles qui compt5t dans une oeuvre4 ,c'e/ en elles que se tr\ve son me4 ,a ct du dialogue indisp5sable il y a presque t\j\rs un autre dialogue qui semble sup]flu4 ,exam9ez att5tivem5t et v\s v]rez que c'e/ le seul que l'me c\te pr(ondm5t p>ce que c'e/ en cet endroit seulem5t qu'on lui p>le4 ,v\s reconnatrez aussi que c'e/ la qualit et l't5due de ce dialogue inutile qui dt]m9e la qualit et la porte ineffable de l'oeuvre4 ,il e/ c]ta9 que dans les drames ord9aires le dialogue indisp5sable ne rpond pas du t\t la ralit2 et ce qui fait la beaut my/rieuse des plus belles tragdies1 se tr\ve t\t ju/e dans les p>oles qui se dis5t ct de la vrit /ricte et app>5te4 ,elle se tr\ve dans les p>oles qui sont con=mes une vrit plus pr(onde et incomp>ablem5t plus vois9e de l'me invisible qui s\ti5t le pome4 ,on peut mme affirm] que le pome se rappro*e de la beaut et d'une vrit suprieure1 dans la mesure o il lim9e les p>oles qui expliqu5t les actes p\r les remplac] p> des p>oles qui expliqu5t non pas ce qu'on appelle un tat d'me mais je ne sais quels ef=ts insaisissables et incessants des mes v]s leur beaut et v]s leur vrit4 ,c'e/ dans cette mesure aussi qu'il se rappro*e de la vie vritable4 ,il arrive t\t homme dans la vie quotidi5ne1 d'avoir dn\] p> des p>oles une situation trs grave4 ,songez-y un in/ant4 ,e/-ce t\j\rs en ces mom5ts1 e/-ce mme d'ord9aire ce que v\s dites ou ce qu'on v\s rpond qui importe le plus8 ,e/-ce que d'autres =ces1 d'autres p>oles qu'on n'ent5d pas ne sont pas mises en jeu qui dt]m95t l'vnem5t8 ,ce que je dis compte s\v5t p\r peu de *ose2 mais ma prs5ce1 l'attitude de mon me1 mon av5ir et mon pass1 ce qui natra de moi1 ce qui e/ mort en moi1 une p5se secrte1 les a/res qui m'appr\v5t1 ma de/9e1 mille et mille my/res qui m'environn5t1 et v\s ent\r5t1 voil ce qui v\s p>le en ce mom5t tragique et voil ce qui me rpond4 ,s\s *acun de mes mots et s\s *acun des vtres1 il y a t\t ceci1 et c'e/ ceci surt\t que n\s voyons1 et c'e/ ceci surt\t que n\s ent5dons malgr n\s4 ,si v\s tes v5u1 v\s l'p\x outrag l'amant tromp la femme ab&onne dans le desse9 de me tu]2 ce ne sont pas mes supplications les plus loqu5tes qui p\rront arrt] votre bras4 ,mais il se peut que v\s r5contriez alors l'une de ces =ces inatt5dues et que mon me qui sait qu'elles veill5t aut\r de moi1 v\s dise un mot secret qui v\s ds>me4 ,voil les sphres o les av5tures se dcid5t1 voil le dialogue dont il faudrait qu'on ent5dt l'*o4 ,et c'e/ cet *o qu'on ent5d en effet1--extrmem5t affaibli et v>iable il e/ vrai1--dans quelques-unes des gr&es oeuvres dont je p>lais tantt4 ,mais ne p\rrait-on pas t5t] de se rappro*] davantage de ces sphres o t\t se passe en ralit8 ,il semble qu'on veuille le t5t]4 ,il y a quelque temps1 propos du drame d',ibs5 o l'on ent5d le plus tragiquem5t ce dialogue du second degr1 propos de ,solness le ,con/ructeur1 j'essayais plus maladroitem5t encore de p]c] ces secrets4 ,p\rtant1 ce sont des traces analogues de la ma9 du mme aveugle sur le mme mur et qui se dirig5t aussi v]s les mmes lueurs4 ,dans ,solness1 disais-je1 qu'e/-ce que le pote a aj\t la vie p\r qu'elle n\s app>aisse si trange1 si pr(onde et si inquitante s\s sa purilit extrieure8 ,il n'e/ pas facile de le dc\vrir et le vieux matre g>de plus d'un secret4 ,il semble mme que ce qu'il a v\lu dire ne soit que peu de *ose au reg>d de ce qu'il lui a fallu dire4 ,il a donn la lib]t c]ta9es puissances de l'me qui n'avai5t jamais t libres et peut-tre a-t-il t possd p> elles4 ,voyez-v\s1 ,hilde1 s'exclame ,solness1 voyez-v\s6 ,il y a de la sorcell]ie en v\s t\t comme en moi4 ,c'e/ cette sorcell]ie qui fait agir les puissances du dehors4 ,et il faut s'y prt]4 ,qu'on le veuille ou non1 il le faut4 ,il y a de la sorcell]ie en eux comme en n\s t\s4 ,hilde et ,solness sont1 je p5se1 les premi]s hros qui se s5t5t vivre un in/ant dans l'atmosphre de l'me1 et cette vie ess5tielle qu'ils ont dc\v]te en eux1 p> del leur vie ord9aire1 les p\vante4 ,hilde et ,solness sont deux mes qui ont entrevu leur situation dans la vie vritable4 ,il y a plus d'une manire de connatre un homme4 ,je pr5ds1 p> exemple1 deux ou trois tres que je vois peu prs t\s les j\rs4 ,il e/ probable que longtemps je ne les di/+u]ai que p> leurs ge/es1 leurs habitudes extrieures1 ou intrieures1 leur manire de s5tir1 d'agir et de p5s]4 ,mais1 en t\te amiti un peu longue1 il arrive un mom5t my/rieux o n\s ap]cevons1 p\r a9si dire1 la situation exacte de notre ami p> rapport l'inconnu qui l'ent\re1 et l'attitude de la de/9e env]s lui4 ,c'e/ p>tir de ce mom5t qu'il n\s app>ti5t vritablem5t4 ,n\s avons vu une fois p\r t\tes de quelle faon les vnem5ts se conduiront son g>d4 ,n\s savons que celui-ci aura beau se retir] au fond de ses demeures et se t5ir aussi immobile que possible dans la cra9te d'agit] quelque *ose dans les gr&s rs]voirs de l'av5ir1 sa prud5ce ne s]vira de ri51 et les vnem5ts innombrables qui lui sont de/9s le dc\vriront en quelque endroit qu'il se ca*e et frapp]ont successivem5t sa porte4 ,et d'un autre ct1 n\s n'ignorons pas que celui-l sortira inutilem5t la re*]*e de t\tes les av5tures4 ,il s'en revi5dra t\j\rs les ma9s vides4 ,une sci5ce infaillible semble ne sans raison dans notre me le j\r o nos yeux se sont ouv]ts de la sorte1 et n\s sommes srs que tel vnem5t qui p>at tre cep5dant porte de la ma9 de tel homme ne p\rra pas lui arriv]4 ,de cet in/ant1 une p>tie spciale de l'me rgne sur l'amiti des tres les plus in9tellig5ts et les plus obscurs mme4 ,il y a une sorte de transposition de la vie4 ,et lorsque n\s r5contr]ons p> has>d l'un de ceux que n\s connaissons a9si1 t\t en n\s entret5ant de la neige qui tombe ou des femmes qui pass5t1 il y a en *acun de n\s une petite *ose qui se salue1 s'exam9e1 s'int]roge notre insu1 s'intresse des conjonctures et p>le d'vnem5ts qu'il ne n\s e/ pas possible de compr5dre444 ,je crois qu',hilde et ,solness se tr\v5t dans cet tat et s'ap]oiv5t de cette faon4 ,leurs propos ne ressembl5t ri5 de ce que n\s avons ent5du jusqu'ici1 p>ce que le pote a t5t de ml] dans une mme expression le dialogue intrieur et extrieur4 ,il rgne dans ce drame somnambulique je ne sais quelles puissances n\velles4 ,t\t ce qui s'y dit ca*e et dc\vre la fois les s\rces d'une vie inconnue4 ,et1 si n\s sommes tonns p> mom5ts1 il ne faut pas p]dre de vue que notre me e/ s\v5t1 nos pauvres yeux1 une puissance trs folle1 et qu'il y a en l'homme bi5 des rgions plus fcondes1 plus pr(ondes et plus intressantes que celles de la raison ou de l'intellig5ce444 ,x ,l',,toile ,on p\rrait dire que de sicle en sicle1 un pote tragique a p>c\ru1 la tor*e de la posie la ma91 les labyr9!s du de/94 ,ils ont fix de cette faon1 *acun selon les =ces de son heure1 l'me des annales huma9es2 et ils ont fait a9si de l'hi/oire div9e4 ,c'e/ en eux seuls que l'on peut suivre les v>iations sans nombre de la gr&e puissance immuable4 ,et il e/ intressant de les suivre2 c> le plus pur de l'me des peuples se tr\ve peut-tre au fond de l'ide qu'ils se sont faite de cette puissance4 ,elle ne m\rut jamais entirem5t mais il y a des mom5ts o elle s'agite pe9e et dans ces mom5ts-l1 on rem>que que la vie n'e/ ni trs =te ni trs pr(onde4 ,elle ne fut adore qu'une seule fois sans p>tage4 ,elle tait alors p\r les dieux mmes1 un p\vantable my/re4 ,il e/ assez trange de con/at] que l'poque o la div9it sans visage p>ut la plus t]rible et la plus incomprh5sible1 fut l'poque la plus belle de l'humanit2 et que ce fut le plus heureux des peuples qui se reprs5ta le de/9 s\s l'aspect le plus r$\table4 ,il semble qu'il y ait une =ce secrte en cette ide2 ou que cette ide soit le signe d'une =ce4 ,e/-ce que l'homme gr&it dans la mesure o il reconnat la gr&eur de l'inconnu qui le dom9e2 ou e/-ce l'inconnu qui gr&it en proportion de l'homme8 ,auj\rd'hui1 l'on dirait que l'ide du de/9 se rveille4 ,peut-tre n'e/-il pas inutile d'all] sa re*]*e4 ,mais o le tr\ve-t-on8 ,all] la re*]*e du de/91 n'e/-ce pas all] la re*]*e des tri/esses huma9es8 ,il n'y a pas de de/9 de la joie2 il n'y a pas d'toile heureuse4 ,celle qu'on appelle a9si e/ une toile qui pati5te4 ,il importe d'ailleurs que n\s sortions p>fois la re*]*e de nos tri/esses1 af9 de les connatre et de les admir]1 alors mme que la gr&e masse in=me de notre de/9e ne s]ait pas au b\t4 ,c'e/ la manire la plus efficace de sortir la re*]*e de soi-mme2 c> on peut dire que n\s ne valons que ce que val5t nos inquitudes et nos mlancolies4 ,a mesure que n\s avanons1 elles devi5n5t plus pr(ondes1 plus nobles et plus belles1 et ,m>c-,aurle e/ le plus admirable des hommes1 p>ce que mieux qu'un autre il a compris ce que notre me a mis dans le pauvre s\rire rsign qu'elle doit avoir au fond de n\s4 ,il en e/ de mme des tri/esses de l'humanit4 ,elles suiv5t une r\te qui ressemble celle de nos tri/esses2 mais elle e/ plus longue et plus sre et doit m5] des patries que les d]ni]s v5us connatront seuls4 ,elle "p aussi de la d\leur physique2 elle vi5t de pass] p> la cra9te des dieux et s'arrte auj\rd'hui aut\r d'un n\veau g\ffre dont les meilleurs d'entre n\s n'ont pas encore sond les pr(ondeurs4 ,*aque sicle aime une autre d\leur2 p>ce que *aque sicle voit un autre de/94 ,il e/ c]ta9 que n\s ne n\s intressons plus comme autrefois aux cata/rophes des passions2 et les plus tragiques *efs-d'oeuvre du pass sont d'une qualit de tri/esse infrieure celle de nos tri/esses d'auj\rd'hui4 ,il ne n\s atteign5t plus qu'indirectem5t et p> ce que nos rflexions et la noblesse n\velle que la d\leur de vivre a acquise en n\s-mmes1 aj\t5t aux simples accid5ts de la ha9e ou de l'am\r qu'ils reproduis5t devant n\s4 ,il semble1 p> mom5ts1 que n\s soyons au bord d'un pessimisme n\veau1 my/rieux et peut-tre trs pur4 ,les sages les plus t]ribles1 ,s*op5hau]1 ,c>lyle1 les ,russes1 les ,sc&9aves1 et le bon optimi/e ,em]son1 lui aussi1 7c> ri5 n'e/ plus dc\rageant qu'un optimi/e volontaire7 ont pass sans expliqu] notre mlancolie4 ,n\s s5tons qu'il y a s\s t\tes les raisons qu'ils ont essay de n\s dire bi5 d'autres raisons plus pr(ondes qu'ils n'ont pu dc\vrir4 ,la tri/esse de l'homme1 qui depuis leur v5ue p>aissait dj belle1 peut s'ennoblir encore inf9im5t1 jusqu' ce qu'un tre de gnie pr(re enf9 le d]ni] mot de la d\leur qui n\s purifi]a peut-tre entirem5t444 ,en att5dant1 n\s sommes entre les ma9s de puissances tranges1 et n\s sommes sur le po9t de s\ponn] leurs int5tions4 ,au temps des gr&s tragiques de l're n\velle1 au temps de ,%akespe>e1 de ,rac9e et de ceux qui les suiv5t1 on croit que les malheurs vi5n5t t\s des passions div]ses de notre coeur4 ,la cata/rophe ne flotte pas entre deux mondes3 elle vi5t d'ici p\r all] l2 et l'on sait d'o elle sort4 ,l'homme e/ t\j\rs le matre4 ,au temps des ,grecs il l'tait beauc\p mo9s1 et la fatalit rgnait sur les hauteurs4 ,mais elle tait inaccessible et nul n'osait l'int]rog]4 ,auj\rd'hui1 c'e/ elle qu'on int]pelle1 et c'e/ peut-tre l le gr& signe qui m>que le ?tre n\veau4 ,on ne s'arrte plus aux effets du malheur1 mais au malheur lui-mme1 et l'on veut savoir son ess5ce et ses lois4 ,ce qui tait la proccupation inconsci5te des premi]s tragiques et ce qui =mait l'ombre sol5nelle qui ent\rait leur insu les ge/es secs et viol5ts de la mort extrieure1 la nature mme du malheur1 e/ dev5ue le po9t c5tral des drames les plus rc5ts et le foy] aux lueurs quivoques aut\r duquel t\rn5t les mes des hommes et des femmes4 ,et l'on a fait un pas du ct du my/re p\r reg>d] en face les t]reurs de la vie4 ,il s]ait intressant de re*]*] s\s quel angle nos d]ni]s tragiques sembl5t envisag] le malheur1 qui e/ le fond de t\s les pomes dramatiques4 ,ils le voi5t de plus prs que les ,grecs et le pntr5t davantage dans les tnbres fcondes de son c]cle intrieur4 ,c'e/ peut-tre une div9it id5tique4 ,mais ils l'ignor5t plus intimem5t4 ,d'o vi5t-il1 o va-t-il et p\rquoi desc5d-il8 ,les ,grecs le dem&ai5t pe9e4 ,e/-il inscrit en n\s ou nat-il en mme temps que n\s-mmes8 ,e/-ce celui qui s'avance notre r5contre ou bi5 e/-il appel p> des voix que n\s n\rrissons t\t au fond de notre tre et qui sont de conniv5ce avec lui8 ,il faudrait p\voir obs]v] des cimes d'un autre monde les allures d'un homme auquel doit arriv] quelque gr&e d\leur2 et quel homme ne travaille sans le savoir =g] la d\leur qui s]a le pivot de sa vie8 ,les paysans cossais ont un mot qui p\rrait s'appliqu] t\tes les exi/5ces4 ,dans leurs lg5des ils appell5t ,fey l'tat d'un homme qu'une sorte d'irrsi/ible impulsion intrieure entrane1 malgr t\s ses ef=ts1 malgr t\s les conseils et les sec\rs1 v]s une 9vitable cata/rophe4 ,c'e/ a9si que ,jacques ,i]1 le ,jacques de ,ca!r9e ,d\glas1 tait ,fey en allant1 malgr les prsages t]ribles de la t]re1 de l'enf] et du ciel1 pass] les ftes de ,nol dans le sombre *teau de ,p]?1 o l'att5dait son assass91 le tratre ,rob]t ,graeme4 ,qui de n\s1 s'il se rappelle les circon/ances du malheur le plus dcisif de sa vie1 ne s'e/ s5ti possd de la sorte8 ,il e/ bi5 ent5du que je ne p>le ici que de malheurs actifs1 de ceux qu'il et t possible d'vit]2 c> il e/ des malheurs passifs1 comme la mort d'un tre ador1 qui n\s r5contr5t simplem5t et sur lesquels nos m\vem5ts ne saurai5t avoir aucune influ5ce4 ,s\v5ez-v\s du j\r fatal de votre vie4 ,qui de n\s n'a t prv5u2 et bi5 qu'il n\s semble auj\rd'hui que t\te la de/9e et pu tre *ange p> un pas qu'on n'aurait po9t fait1 une porte qu'on n'aurait pas ouv]te1 une ma9 qu'on n'aurait pas leve1 qui de n\s n'a lutt va9em5t sans =ce et sans espoir sur la crte des p>ois de l'abme1 contre une =ce invisible et qui p>aissait sans puissance8 ,le s\ffle de cette porte que j'ai ouv]te1 un soir1 devait te9dre jamais mon bonheur1 comme il aurait te9t une lampe dbile2 et ma9t5ant1 lorsque j'y songe1 je ne puis pas me dire que je ne savais pas444 ,et cep5dant1 ri5 d'important ne m'avait am5 sur le seuil4 ,je p\vais m'en all] en haussant les paules1 aucune raison huma9e ne p\vait me =c] frapp] au vantail444 ,aucune raison huma9e2 ri5 que la de/9e444 99 99 99 99 99 ,cela ressemble encore la fatalit d',o,edipe1 et p\rtant c'e/ dj autre *ose4 ,on p\rrait dire que c'e/ cette fatalit ap]ue ab intra4 ,il y a des puissances my/rieuses qui rgn5t en n\s-mmes et qui sembl5t d'accord avec les av5tures4 ,n\s portons t\s des ennemies dans notre me4 ,elles sav5t ce qu'elles font et ce qu'elles n\s font faire2 et lorsqu'elles n\s conduis5t l'vnem5t1 elles n\s prvi5n5t demi-mots1 trop peu p\r n\s arrt] sur la r\te1 mais assez p\r n\s faire regrett]1 lorsqu'il s]a trop t>d1 de n'avoir pas c\t plus att5tivem5t leurs conseils indcis et moqueurs4 ,o veul5t-elles en v5ir1 ces puissances qui dsir5t notre p]te comme si elles tai5t indp5dantes et ne prissai5t pas avec n\s1 encore qu'elles ne viv5t qu'en n\s8 ,qu'e/-ce qui met en m\vem5t t\s les complices de l'univ]s qui se n\rriss5t de notre sang8 ,l'homme p\r qui a sonn l'heure malheureuse e/ pris dans un t\rbillon que l'on n'ap]oit pas1 et depuis des annes ces puissances comb95t les innombrables incid5ts qui doiv5t l'am5] la m9ute ncessaire1 au po9t prcis o les l>mes l'att5d5t4 ,rappelez-v\s t\s vos ef=ts et vos press5tim5ts4 ,rappelez-v\s les sec\rs inutiles4 ,rappelez-v\s aussi les bonnes circon/ances apitoyes qui ont t5t de v\s b>r] la r\te et que v\s avez rep\sses comme des m5diantes importunes4 ,c'tai5t1 p\rtant1 de pauvres soeurs timides qui v\lai5t v\s sauv] et qui se sont loignes sans ri5 dire2 trop faibles et trop petites p\r lutt] contre les *oses dcides1 ,dieu sait o444 ,le malheur e/ pe9e accompli que n\s avons la s5sation trange d'avoir obi une loi t]nelle2 et je ne sais quel s\lagem5t my/rieux1 au se9 des plus gr&es d\leurs1 n\s rcomp5se de notre obissance4 ,n\s ne n\s app>t5ons jamais plus intimem5t qu'au l5dema9 d'une cata/rophe irrp>able4 ,il semble alors que n\s n\s soyons retr\vs et que n\s ayons reconquis une p>tie inconnue et ncessaire de notre tre4 ,il se fait un apaisem5t s+uli]4 ,depuis des j\rs1 et presque notre insu1 t&is que n\s p\vions s\rire aux visages et aux fleurs1 les =ces rebelles de notre me luttai5t t]riblem5t sur le bord de l'abme1 et ma9t5ant que n\s sommes au fond1 t\t respire librem5t4 ,elles lutt5t a9si1 sans rpit1 en *acune de nos mes2 et n\s voyons p>fois1 mais sans y pr5dre g>de1 c> n\s n'ouvrons les yeux qu'aux *oses sans importance1 l'ombre de ces combats o notre volont ne peut int]v5ir4 ,si je suis avec des amis1 il se peut qu'au milieu des p>oles et des clats de rire1 une *ose qui n'e/ pas de ce monde ord9aire passe s\da9 sur la face de l'un d'eux4 ,un sil5ce sans motif rgn]a t\t c\p3 et t\s reg>d]ont1 sans le savoir1 l'espace d'un in/ant1 avec les yeux de l'me4 ,aprs quoi1 les s\rires et les mots1 qui avai5t disp>u comme les gr5\illes effrayes d'un gr& lac1 remont]ont1 plus viol5ts1 la surface4 ,mais l'invisible1 ici comme en t\t lieu1 a p]u son tribut4 ,quelque *ose a compris qu'une lutte tait f9ie1 qu'une toile se levait ou tombait et qu'une de/9e v5ait de se fix]444 ,elle tait peut-tre fixe2 et qui sait si la lutte n'e/ pas un simulacre8 ,si je p\sse auj\rd'hui la porte de la maison o je dois r5contr] les premi]s s\rires d'une tri/esse qui ne f9ira plus1 je fais ces *oses depuis plus longtemps qu'on ne croit4 ,a quoi s]t-il de cultiv] un moi sur lequel n\s n'avons presque aucune influ5ce8 ,c'e/ notre toile qu'il n\s faut obs]v]4 ,elle e/ bonne ou mauvaise2 elle e/ ple ou puissante2 et t\tes les =ces de la m] n'y p\rrai5t ri5 *ang]4 ,quelques-uns qui peuv5t avoir confiance en elle j\5t avec elle comme avec une b\le de v]re4 ,ils la lanc5t et la risqu5t o ils veul5t2 elle revi5dra t\j\rs1 fidle1 dans leurs ma9s4 ,ils sav5t bi5 qu'elle ne peut se bris]4 ,mais il en e/ tant d'autres qui ne peuv5t lev] un reg>d v]s la leur sans qu'elle se dta*e du firmam5t et qu'elle tombe en p\ssire leurs pi$s444 ,mais il e/ dang]eux de p>l] de l'toile4 ,il e/ mme dang]eux d'y song]2 c> s\v5t c'e/ le signe qu'elle e/ sur le po9t de s'te9dre444 ,n\s n\s tr\vons ici dans les abmes de la nuit et n\s y att5dons ce qui doit arriv]4 ,il ne s'y agit plus de volont1 n\s sommes mille lieues au-dessus d'elle1 et dans une rgion o la volont mme e/ le fruit le plus mr du de/94 ,il ne faut pas s'en pla9dre2 n\s savons dj quelque *ose1 et n\s avons dc\v]t quelques-unes des habitudes du has>d4 ,n\s att5dons comme l'oiseleur qui obs]ve les moeurs des oiseaux migratoires et qu& un vnem5t e/ signal l'horizon1 n\s n'ignorons pas qu'il n'y re/]a pas solitaire et que ses frres vont s'abattre p> b&es au mme endroit4 ,n\s avons appris vaguem5t qu'ils sembl5t attirs p> c]ta9es p5ses et p> c]ta9es mes et qu'il y a des tres qui dt\rn5t leur vol1 comme il y en a d'autres qui les font acc\rir des quatre co9s du monde4 ,n\s savons surt\t que c]ta9es ides sont extrmem5t dang]euses1 qu'il suffit de se croire un in/ant l'abri p\r appel] la f\dre1 et que le bonheur =me un vide dans lequel ne t>d5t pas se prcipit] les l>mes4 ,au b\t de quelque temps1 n\s disc]nons aussi leurs prfr5ces4 ,n\s rem>quons bi5tt que si n\s faisons quelques pas sur la r\te de la vie1 ct de l'un de nos frres1 les habitudes du has>d ne s]ont plus les mmes2 t&is qu'avec cet autre1 des vnem5ts d'une nature inv>iable vi5dront rgulirem5t la r5contre de notre exi/5ce4 ,n\s pr\vons qu'il y a des tres qui protg5t dans l'inconnu2 et d'autres qui y mett5t en pril1 qu'il y en a qui endorm5t et d'autres qui rveill5t l'av5ir4 ,n\s s\ponnons encore que les *oses naiss5t faibles d'abord1 puis5t en n\s leur =ce1 et qu'en t\te av5ture il y a une brve m9ute o notre in/9ct n\s av]tit que n\s sommes encore les matres du de/94 ,enf91 quelques-uns os5t n\s affirm] qu'on peut appr5dre tre heureux1 qu' mesure que n\s dev5ons meilleurs n\s r5controns des hommes qui s'amlior5t1 qu'un tre qui e/ bon attire irrsi/iblem5t des vnem5ts aussi bons que lui-mme1 et qu'en une me belle1 le has>d le plus tri/e se trans=me en beaut444 ,qui donc n'a pr\v que la bont fait signe la bont1 et que ce sont t\j\rs les mmes p\r qui l'on se dv\e et les mmes qu'on trahit8 ,si la mme d\leur frappe deux portes qui se t\*5t1 agira-t-elle de faon id5tique dans la maison du ju/e et dans celle de l'inju/e2 et si v\s tes pur1 vos malheurs ne s]ont-ils pas purs8 ,n'e/-ce pas dom9] l'av5ir que d'avoir su trans=m] le pass en quelques s\rires un peu tri/es8 ,et ne semble-t-il pas que dans l'9vitable mme n\s puissions ret>d] quelque *ose8 ,e/-ce que de gr&s has>ds ne dorm5t pas1 qu'un m\vem5t trop brusque rveille l'horizon1 et ce malheur s]ait-il arriv auj\rd'hui1 si des p5ses en fte n'avai5t fait trop de bruit dans votre me ce mat98 ,e/-ce l t\t ce que notre sagesse a pu glan] dans ces tnbres8 ,qui donc os]ait dire qu'il y a dans ces rgions des vrits plus f]mes8 ,en att5dant1 il faut savoir s\rire1 il faut savoir pleur] dans le sil5ce d'une bont trs humble4 ,au dessus de ces *oses s'lve peu peu la face ina*eve du de/9 d'auj\rd'hui4 ,une petite p>tie du voile qui la c\vrait jadis a t c>te1 et dans la p>tie dc\v]te1 n\s avons reconnu1 non sans inquitude1 d'un ct1 la puissance de ceux qui ne viv5t pas encore1 et de l'autre ct1 la puissance des morts4 ,au fond1 il n'y a l qu'un loignem5t n\veau du my/re4 ,n\s avons agr&i la ma9 de glace du de/92 et voici que les ma9s de nos fils qui ne sont pas encore ns se joign5t dans son ombre aux ma9s de nos anctres4 ,il y avait un acte que n\s croyions l'asile de t\tes nos lib]ts1 et l'am\r demeurait le suprme refuge de t\s ceux qui s5tai5t trop durem5t les *anes de la vie4 ,ici du mo9s1 n\s disions-n\s1 et dans l'isolem5t de ce temple secret p]sonne n'entre avec n\s4 ,ici1 n\s p\vons respir] un in/ant2 ici1 notre me rgne enf9 et elle a *oisi librem5t dans ce qui e/ le c5tre de la lib]t mme4 ,mais ma9t5ant1 on e/ v5u n\s dire1 que ce n'e/ pas p\r notre propre compte que n\s aimons4 ,on e/ v5u n\s dire que dans le temple mme de l'am\r n\s obissons aux ordres inv>iables d'une f\le invisible4 ,on e/ v5u n\s dire que n\s sommes mille sicles de n\s-mmes1 qu& n\s *oisissons notre amante et que le premi] bais] du fianc n'e/ que le sceau que des milli]s de ma9s qui dem&5t natre1 impos5t sur la b\*e de la mre qu'ils dsir5t4 ,et d'un autre ct n\s savons que les morts ne meur5t pas4 ,n\s savons prs5t que ce n'e/ plus aut\r de nos glises1 mais dans t\tes nos maisons1 dans t\tes nos habitudes qu'ils se tr\v5t4 ,qu'il n'y a pas un ge/e1 une p5se1 un p*1 une l>me ou un atome de la consci5ce acquise qui se p]de dans les pr(ondeurs de la t]re2 et qu'au plus insignifiant de nos actes1 nos anctres se lv5t1 non pas dans leurs tombeaux o ils ne b\g5t plus1 mais au fond de n\s-mmes o ils viv5t t\j\rs444 ,n\s sommes m5s a9si p> le pass et l'av5ir4 ,et le prs5t qui e/ notre sub/ance tombe au fond de la m] comme une petite le que rong5t sans rpit deux ocans irrconciliables4 ,hrdit1 volont1 de/9e1 t\t se mle bruyamm5t dans notre me2 mais malgr t\t et au-dessus de t\t c'e/ l'toile sil5cieuse qui rgne4 ,on met des tiquettes provisoires sur les vases mon/rueux qui conti5n5t l'invisible2 et les mots ne dis5t presque ri5 de ce qu'il faudrait dire4 ,l'hrdit ou le de/9 lui-mme n'e/ qu'un rayon p]du de cette toile dans la nuit my/rieuse4 ,et t\t a bi5 le droit d'tre plus my/rieux encore4 ,n\s appelons de/9 t\t ce qui n\s limite1 a dit un des gr&s sages de ce temps2 et c'e/ p\rquoi il n\s faut savoir gr t\s ceux qui ttonn5t en tremblant du ct des frontires4 ,si n\s sommes brutaux et b>b>es1 aj\te-t-il1 la fatalit pr5d une =me brutale et b>b>e4 ,qu& n\s n\s raff9ons1 nos *ecs se raff95t aussi4 ,si n\s n\s levons une culture spirituelle1 l'antagonisme pr5d une =me spirituelle4 ,il e/ peut-tre vrai que notre me1 mesure qu'elle s'lve1 purifie le de/92 bi5 qu'il soit vrai aussi que les mmes tri/esses n\s m5ac5t1 qui m5ac5t les sauvages4 ,mais n\s en avons d'autres qu'ils ne s\ponn5t pas2 et l'esprit ne s'lve que p\r en dc\vrir d'autres encore1 t\s les horizons4 ,n\s appelons de/9 t\t ce qui n\s limite4 ,t*ons que le de/9 ne soit pas trop troit4 ,il e/ beau d'augm5t] ses tri/esses puisque c'e/ l>gir sa consci5ce qui e/ l'unique endroit o l'on se s5te vivre4 ,et c'e/ aussi le seul moy5 de remplir son suprme devoir env]s les autres mondes2 puisque c'e/ probablem5t n\s seuls qu'il incombe d'augm5t] la consci5ce de la ,t]re4 ,,xi ,,la ,,bont ,,invisible ,c'e/ une *ose1 me dit un soir ce sage que j'avais r5contr p> has>d au bord de l'ocan qu'on ent5dait pe9e1 c'e/ une *ose que l'on n'ap]oit pas et sur laquelle p]sonne n'a l'air de compt]2 et cep5dant je crois que c'e/ l'une des =ces qui cons]v5t les tres4 ,les dieux dont n\s sommes ns1 se manife/5t en n\s de mille faons div]ses2 mais cette bont secrte qu'on n'a pas rem>que et dont nul n'a p>l assez directem5t e/ peut-tre le signe le plus pur de leur vie t]nelle4 ,on ne sait d'o elle vi5t4 ,elle e/ l simplem5t qui s\rit sur le seuil de nos mes2 et ceux en qui elle s\rit le plus pr(ondm5t ou le plus frquemm5t1 n\s f]ont s\ffrir j\r et nuit s'ils le veul5t1 sans qu'il n\s soit possible de ne plus les aim]444 ,elle n'e/ pas de ce monde et cep5dant se mle la plup>t de nos agitations4 ,elle ne se donne mme pas la pe9e de se montr] dans un reg>d ou une l>me4 ,elle se ca*e au contraire p\r des raisons qu'on ne dev9e pas4 ,on dirait qu'elle a peur d'us] de sa puissance4 ,elle sait que ses m\vem5ts les plus involontaires f]ont natre aut\r d'elle des *oses immortelles2 et n\s sommes av>es des *oses immortelles4 ,p\rquoi donc craignons-n\s a9si d'puis] le ciel qui e/ en n\s8 ,n\s n'osons pas agir selon le ,dieu qui n\s anime4 ,n\s r$\tons ce qui ne s'explique pas p> un ge/e ou un mot2 et n\s f]mons les yeux sur ce que n\s faisons malgr n\s dans l'empire o les explications sont sup]flues4 ,d'o vi5t donc la timidit du div9 dans les hommes8 ,on dirait vraim5t que plus un m\vem5t de l'me s'appro*e du div91 plus n\s mettons de so9 le dissimul] aux reg>ds de nos frres4 ,l'homme ne s]ait-il pas autre *ose qu'un dieu qui aurait peur8 ou bi5 n\s e/-il df5du de trahir des puissances suprieures8 ,t\t ce qui n'app>ti5t pas ce monde trop visible a l'humilit t5dre de la fillette infirme que sa mre n'appelle pas lorsque des trang]s entr5t dans la maison4 ,et c'e/ p\rquoi1 notre bont secrte n'a jamais fran*i jusqu'ici les portes sil5cieuses de notre me4 ,elle vit en n\s comme une prisonnire qui l'on a df5du d'appro*] des b>reaux4 ,du re/e1 il ne faut pas qu'elle en appro*e4 ,il suffit qu'elle soit l4 ,elle a beau se ca*]1 ds qu'elle lve la tte1 qu'elle dplace un anneau de ses *anes ou qu'elle ouvre la ma91 la prison s'illum9e1 les s\piraux s'entr'ouvr5t la pression des cl>ts intrieures1 il y a t\t c\p un abme ple9 d'anges agits entre les p>oles et les tres1 t\t se tait1 les reg>ds se dt\rn5t un in/ant et deux mes s'embrass5t en pleurant sur le seuil444 ,ce n'e/ pas une *ose qui vi5t de notre t]re2 et t\tes les descriptions ne s]virai5t de ri54 ,il faut que ceux qui veul5t me compr5dre ai5t aussi en eux-mmes1 le mme po9t s5sible4 ,si v\s n'avez jamais pr\v dans la vie la puissance de votre bont invisible1 n'allez pas plus avant2 ce s]ait inutile4 ,mais en e/-il vraim5t qui n'ai5t pas pr\v cette puissance2 et les pires d'entre n\s ne fur5t-ils jamais invisiblem5t bons8 ,je ne sais2 il y a tant d'tres en ce monde qui ne song5t pas autre *ose qu' dc\rag] le div9 dans leur me4 ,il suffit d'un in/ant de rpit1 cep5dant1 p\r que le div9 se r$resse1 et les plus m*ants mme ne sont pas sans cesse sur leurs g>des2 et c'e/ p\rquoi1 sans d\te1 tant de m*ants sont bons sans qu'on le voie1 t&is que bi5 des sages et bi5 des sa9ts ne sont pas invisiblem5t bons444 ,j'ai fait s\ffrir plus d'une fois1 aj\ta-t-il1 comme t\t tre fait s\ffrir aut\r de lui4 ,j'ai fait s\ffrir p>ce que n\s sommes dans un monde o t\t se ti5t p> des fils invisibles1 dans un monde o p]sonne n'e/ seul2 et que le ge/e le plus d\x de la bont ou de l'am\r blesse s\v5t tant d'innoc5ce nos cts6--,j'ai fait s\ffrir aussi1 p>ce que les meilleurs et les plus t5dres ont quelquefois beso9 de re*]*] je ne sais quelle p>tie d'eux-mmes dans la d\leur d'autrui4 ,il y a vraim5t des gra9es qui ne g]m5t en notre me que s\s la pluie des l>mes que l'on rp& cause de n\s2 et cep5dant ces gra9es produis5t de bonnes fleurs et des fruits salutaires4 ,que v\lez-v\s8 c'e/ une loi que n\s n'avons pas faite2 et je ne sais si j'os]ais aim] l'homme qui n'aurait fait pleur] p]sonne4 ,bi5 s\v5t ceux qui aimr5t le mieux fir5t s\ffrir le plus1 c> on ne sait quelle cruaut att5drie et timide e/ d'ord9aire la soeur inquite de l'am\r4 ,l'am\r *]*e en t\t lieu des preuves de l'am\r et ces premires preuves1 qui n'e/ encl9 les tr\v] d'abord dans les pleurs de l'aime8 ,la mort mme ne p\rrait pas suffire rassur] l'amant s'il osait c\t] les exig5ces de l'am\r2 c> l'in/ant de la mort semble trop bref l'intime cruaut de l'am\r2 p> del la mort1 il y a place encore p\r une m] de d\tes2 et ceux qui meur5t ensemble ne meur5t peut-tre pas sans inquitudes4 ,il faut ici de longues et l5tes l>mes4 ,la d\leur e/ le premi] alim5t de l'am\r2 et t\t am\r qui ne s'e/ pas n\rri d'un peu de d\leur pure1 meurt comme le n\veau-n que l'on v\drait n\rrir comme on n\rrit un homme4 ,aim]ez-v\s de la mme faon celle qui t\j\rs v\s fit s\rire et celle qui p>fois v\s fit pleur]8 ,il faut1 hlas6 que l'am\r pleure1 et bi5 s\v5t1 c'e/ dans le mom5t mme o les sanglots s'lv5t que les *anes de l'am\r se =g5t et se tremp5t p\r la vie444 ,j'ai fait s\ffrir a9si p>ce que j'aimais1 p\rsuivit-il1 j'ai fait s\ffrir aussi p>ce que je n'aimais plus4 ,mais1 quelle diffr5ce entre les deux d\leurs6 ,ici1 les l5tes l>mes de l'am\r pr\v1 semblai5t savoir dj1 t\t au fond d'elles-mmes1 qu'elles arrosai5t en nos deux mes jo9tes1 quelque *ose d'indicible1 et l ces pauvres l>mes savai5t de leur ct qu'elles tombai5t seules sur un ds]t4 ,mais c'e/ dans ces mom5ts o l'me e/ vraim5t t\t oreille ou t\t me plutt1 que j'ai reconnu la puissance d'une bont invisible qui savait accord] aux malheureuses l>mes de l'am\r qui m\rait les illusions div9es de l'am\r qui va natre4 ,n'etes-v\s jamais un de ces tri/es soirs o les bais]s dc\rags ne p\vai5t plus s\rire et o l'me s5tait enf9 qu'elle s'tait trompe8 ,les p>oles ne sonnai5t plus qu' gr& pe9e dans l'air froid de la sp>ation df9itive2 v\s alliez v\s loign] p\r t\j\rs1 et les ma9s presque inanimes se t5dai5t v]s l'adieu des dp>ts sans ret\r1 lorsque l'me1 t\t c\p1 faisait sur elle-mme un m\vem5t insaisissable4 ,l'me vois9e s'veillait l'in/ant sur les sommets de l'tre1 quelque *ose naissait bi5 plus haut que l'am\r des amants fatigus1 et les corps avai5t beau s'c>t]1 les mes dsormais n'allai5t plus oubli] qu'elles s'tai5t reg>des un in/ant p> dessus des montagnes qu'elles n'avai5t jamais vues1 et que l'espace d'un cl9 d'oeil1 elles avai5t t bonnes d'une bont qu'elles ne connaissai5t pas encore444 ,quel e/ donc ce m\vem5t my/rieux dont je ne p>le ici qu' propos de l'am\r1 mais qui peut avoir lieu dans les plus petites circon/ances de la vie8 ,e/-ce je ne sais quel sacrifice ou quel embrassem5t intrieur1 le dsir trs pr(ond d'tre me p\r une me1 ou le s5tim5t sans cesse att5dri de la prs5ce d'une vie invisible et gale la ntre8 ,e/-ce t\t ce qu'il y a d'admirable et de tri/e dans le fait seul de vivre1 et l'aspect de la vie une et indivisible qui dans ces mom5ts-l inonde t\t notre tre8--,je l'ignore1 mais c'e/ vraim5t alors que l'on s5t qu'il y a quelque "p une =ce inconnue1 que n\s sommes les trsors de je ne sais quel ,dieu qui aime t\t1 que pas un ge/e de ce ,dieu ne passe inap]u1 et que l'on e/ enf9 dans la rgion des *oses qui ne trahiss5t pas444 ,il e/ vrai que de la naissance la mort n\s ne sortons jamais de cette rgion df9itive1 mais n\s errons en ,dieu comme de pauvres somnambules1 ou comme des aveugles qui *]*5t p]dum5t le temple dans lequel ils se tr\v5t4 ,n\s sommes l1 dans la vie1 homme contre homme1 me contre me1 et les j\rs et les nuits se pass5t s\s les armes4 ,n\s ne n\s voyons pas1 n\s ne n\s t\*ons pas4 ,n\s ne voyons jamais que des b\cli]s et des casques et n\s ne t\*ons ri5 que le f] et le bronze4 ,mais qu'une petite circon/ance v5ue de la simplicit du ciel fasse un in/ant tomb] les armes1 n'y a-t-il pas t\j\rs des l>mes s\s le casque1 des s\rires d'enfant d]rire le b\cli] et n'ap]oit-on pas une autre vrit8 ,il rfl*it encore2 puis il reprit plus tri/em5t3 ,une femme1 je croyais v\s le dire t\t l'heure2 une femme que j'ai fait s\ffrir malgr moi1--c> les plus att5tifs rp&5t sans le savoir t\t aut\r d'eux de la s\ffrance--une femme que j'ai fait s\ffrir malgr moi1 m'a rvl un soir la puissance s\v]a9e de cette invisible bont4 ,il faut avoir s\ff]t p\r tre bon2 mais peut-tre faut-il que l'on ait fait s\ffrir p\r dev5ir meilleur4 ,je l'pr\vai ce soir4 ,je me s5tais arriv seul en cette tri/e zone des bais]s o il semble que l'on visite dj les cabanes des pauvres1 t&is que l'amante att>de s\rit encore dans les palais des premi]s j\rs4 ,l'am\r selon les hommes se m\rait entre n\s comme un enfant frapp d'un mal qui vi5t on ne sait d'o et qui ne peut avoir piti4 ,n\s ne n\s sommes ri5 dit4 ,je ne p\rrais mme plus me rappel] quoi je songeais en ce mom5t si grave4 ,a des *oses sans d\te insignifiantes4 ,au d]ni] visage r5contr1 la cl>t tremblante d'une lant]ne au co9 du quai ds]t et cep5dant1 t\t a eu lieu dans une lumire mille fois plus pure et mille fois plus haute que si t\tes les =ces de la piti et de l'am\r auxquelles je comm&e dans mes p5ses et dans mon coeur fuss5t int]v5ues4 ,n\s n\s sommes quitts sans ri5 dire1 mais n\s avons compris en mme temps notre p5se inexprimable4 ,n\s savons ma9t5ant qu'un autre am\r e/ n qui n'a plus beso9 des p>oles1 des petits so9s et des s\rires de l'am\r ord9aire4 ,n\s ne n\s sommes plus revus1 n\s ne n\s rev]rons peut-tre plus avant des sicles4 ,il n\s faudra1 sans d\te1 oubli] bi5 des *oses1 en appr5dre bi5 d'autres1 trav]s t\s les mondes p> lesquels n\s aurons pass]1 avant de n\s retr\v] dans le mme m\vem5t d'me qui a eu lieu ce soir2 mais n\s avons le temps d'att5dre444 ,aussi1 depuis ce j\r1 ai-je salu en t\t lieu1 et jusqu'au fond des mom5ts les plus pres1 la prs5ce bi5faisante de cette puissance m]veilleuse4 ,il suffit qu'on l'ait vue clairem5t une seule fois1 p\r qu'on ne puisse plus vit] son visage4 ,v\s la v]rez s\rire bi5 s\v5t dans les d]nires retraites de la ha9e et jusqu'au fond des plus cruelles l>mes4 ,et cep5dant elle ne se montre pas aux yeux de notre corps4 ,ds qu'elle se manife/e p> un acte extrieur1 elle *ange de nature2 et n\s ne sommes plus dans la vrit selon l'me1 mais dans une sorte de m5songe selon les hommes4 ,la bont et l'am\r qui ne s'ignor5t pas n'ont aucune action sur les mes p>ce qu'ils sont sortis des royaumes o elles viv5t2 mais tant qu'ils sont aveugles ils p\rrai5t att5drir jusqu'au ,de/9 lui-mme4 ,j'ai connu plus d'un homme qui accomplissait t\tes les oeuvres de bont et de misricorde sans atte9dre une seule me2 et j'en ai connu d'autres qui semblai5t vivre dans le m5songe et l'inju/ice sans c>t] ces mmes mes et sans faire natre un seul in/ant l'ide qu'ils ne fuss5t pas bons4 ,il y a plus2 ceux mmes qui ne v\s connaiss5t po9t et qui l'on rapporte simplem5t vos actes de bont et vos oeuvres d'am\r1 si v\s n'tes pas bon selon la bont invisible1 se d\t]ont de quelque *ose2 et ne s]ont jamais atte9ts dans les pr(ondeurs de leur tre4 ,comme s'il y avait quelque "p un endroit o t\t se pse en prs5ce des esprits2 ou bi51 l-bas1 de l'autre ct de la nuit1 un rs]voir de c]titudes o le tr\peau muet des mes va s'abreuv] *aque mat94 ,peut-tre ne sait-on pas encore ce que veut dire le mot aim]4 ,il y a en n\s des vies o n\s aimons sans le savoir4 ,aim] a9si1 ce n'e/ pas seulem5t avoir piti1 se sacrifi] intrieurem5t1 v\loir aid] et r5dre heureux1 c'e/ une *ose mille fois plus pr(onde que les mots huma9s les plus suaves1 les plus agiles et les plus =ts ne peuv5t pas rejo9dre4 ,on dirait p> mom5ts que c'e/ un s\v5ir furtif mais extrmem5t pntrant de la gr&e unit primitive4 ,il y a dans cet am\r une =ce laquelle ri5 ne peut rsi/]4 ,qui de n\s1 s'il s'int]roge du ct des lumires que d'ord9aire on ne reg>de pas1 qui de n\s ne retr\ve en lui-mme le s\v5ir de c]ta9es oeuvres tranges de cette =ce8 ,qui de n\s1 t\t c\p1 aux cts d'un tre indiffr5t peut-tre1 n'a s5ti surv5ir quelque *ose que p]sonne n'appelait8 tait-ce l'me ou bi5 la vie qui se ret\rnait sur elle-mme comme un dormeur qui se rveille8 ,je ne sais2 v\s ne le saviez pas non plus et p]sonne n'en p>lait2 mais v\s ne v\s sp>iez pas comme si ri5 n'tait arriv4 ,aim] a9si c'e/ aim] selon l'me2 et il n'y a pas d'me qui ne rponde cet am\r4 ,c> l'me huma9e e/ un convive affam depuis des sicles2 et il ne faut jamais qu'on l'appelle deux fois au fe/9 nuptial4 ,t\tes les mes de nos frres rd5t sans cesse aut\r de n\s1 en qute d'un bais] et n'att5d5t qu'un signe4 ,mais combi5 d'tres n'ont jamais os faire un de ces signes dans leur vie6 ,c'e/ le malheur de t\te notre exi/5ce1 que n\s vivions a9si l'c>t de notre me1 et que n\s ayons peur de ses mo9dres m\vem5ts4 ,si n\s lui p]mettions de s\rire fran*em5t dans son sil5ce et sa lumire1 n\s vivrions dj d'une vie t]nelle4 ,il suffit de considr] un in/ant ce qu'elle p>vi5t faire dans les r>es m9utes o n\s ne songeons pas l'en*an] comme une folle2 dans l'am\r p> exemple1 o n\s la laissons quelquefois s'appro*] des grillages de la vie extrieure4 ,et ne faudrait-il pas1 selon la vrit premire1 que dans la vie1 t\s les tres se s5tiss5t en face de n\s comme l'amante en face de l'amant8 ,cette invisible et div9e bont dont je ne p>le ici que p>ce qu'elle e/ un des signes les plus srs et les plus pro*es de l'activit incessante de notre me1 cette invisible et div9e bont1 ennoblit d'une faon df9itive t\t ce qu'elle a t\* sans le savoir4 ,que t\s ceux qui se plaign5t d'un tre1 desc5d5t en eux-mmes et se dem&5t s'ils fur5t jamais bons en prs5ce de cet tre4 ,quant moi1 je n'ai jamais r5contr quelqu'un ct de qui j'aie s5ti s'm\voir ma bont invisible1 qui ne soit dev5u1 l'in/ant mme1 meilleur que moi-mme4 ,soyez bons dans les pr(ondeurs et v\s v]rez que ceux qui v\s ent\r5t devi5dront bons jusqu'aux mmes pr(ondeurs4 ,ri5 ne rpond plus infailliblem5t au cri secret de la bont que le cri secret de la bont vois9e4 ,t&is que v\s tes bon activem5t dans l'invisible1 t\s ceux qui v\s appro*5t f]ont sans le savoir des *oses qu'ils ne p\rrai5t pas faire ct d'un autre homme4 ,il y a l une =ce qui n'a pas de nom2 une rivalit spirituelle qui e/ irrsi/ible4 ,on dirait que c'e/ exactem5t ici que se tr\ve le po9t le plus s5sible de nos mes2 c> il y a de ces mes qui sembl5t avoir oubli qu'elles exi/5t2 et avoir r5onc t\t ce qui lve un tre2 mais qu& elles sont atte9tes en cet endroit1 elles se r$ress5t t\tes2 et dans les *amps div9s de la bont secrte1 la plus humble des mes ne supporte pas la dfaite4 ,et cep5dant1 il e/ possible que ri5 ne *ange dans la vie que l'on voit2 mais e/-ce cela seul qui importe1 et n'exi/ons-n\s vraim5t que p> des actes que l'on peut pr5dre en ma9 comme les caill\x de la gr&'r\te8 si v\s v\s dem&ez comme il faut n\s dit-on se le dem&] *aque soir3 ,qu'ai-je fait d'immortel auj\rd'hui8 ,e/-ce t\j\rs du ct des *oses que l'on peut compt]1 pes] et mesur] sans erreur1 qu'il v\s faut *]*] t\t d'abord8 ,il e/ possible que v\s rp&iez des l>mes extraord9aires1 que v\s remplissiez un coeur de c]titudes in\es1 et que v\s r5diez la vie t]nelle une me sans que p]sonne s'en ap]oive1 sans que v\s-mme v\s le sa*iez4 ,il e/ possible que ri5 ne *ange2 il e/ possible qu' l'preuve t\t s'cr\le et que cette bont cde la mo9dre cra9te4 ,il n'importe4 ,quelque *ose de div9 a eu lieu2 et notre ,dieu doit avoir s\ri quelque "p4 ,n'e/-ce peut-tre pas le b suprme de la vie de faire r5atre a9si l'inexplicable en n\s2 et savons-n\s ce que n\s aj\tons n\s-mmes lorsque n\s rveillons un peu de l'incomprh5sible qui dort dans t\s les co9s8 ,ici1 v\s avez rveill l'am\r qui ne se r5dort plus4 ,l'me que votre me a reg>d et qui a v]s avec v\s les sa9tes l>mes de la joie sol5nelle que l'on n'ap]oit pas1 ne v\s en v\dra pas au milieu des tortures4 ,elle n'aura mme pas beso9 de p>donn]4 ,elle e/ si sre d'on ne sait quoi que ri5 ne p\rra dsormais effac] ou plir son s\rire intrieur2 c> ri5 ne p\rra sp>] deux mes qui durant un in/ant ont t bonnes ensemble4 ,,xii ,,la ,,vie ,,pr(onde ,il e/ bon de rappel] aux hommes que le plus humble d'entre eux a le p\voir de sculpt]1 d'aprs un modle div9 qu'il ne *oisit pas1 une gr&e p]sonnalit morale1 compose en p>ties gales et de lui et de l'idal2 et que ce qui vit avec une ple9e ralit1 assurm5t c'e/ cela4 ,il faut que t\t homme tr\ve p\r lui-mme une possibilit p>ticulire de vie suprieure dans l'humble et 9vitable ralit quotidi5ne4 ,il n'y a pas de b plus noble notre vie4 ,ce qui n\s di/+ue les uns des autres1 ce sont les rapports que n\s avons avec l'inf9i4 ,le hros n'e/ plus gr& que le misrable qui m>*e ses cts1 que p>ce qu' un c]ta9 mom5t de son exi/5ce il a eu une consci5ce plus vive1 de l'un de ces rapports4 ,s'il e/ vrai que la cration ne s'arrte pas l'homme et que des tres suprieurs et invisibles n\s ent\r5t1 ces tres ne n\s sont suprieurs que p>ce qu'ils ont avec l'inf9i des rapports que n\s ne p\vons mme pas s\ponn]4 ,il n\s e/ possible de multipli] ces rapports4 ,dans la vie de t\t homme il y a eu un j\r o le ciel s'e/ ouv]t de lui-mme1 et c'e/ presque t\j\rs de cet in/ant que date la vritable p]sonnalit spirituelle d'un tre4 ,c'e/ en cet in/ant que s'e/ =m sans d\te l'invisible et l't]nel visage que n\s montrons sans le savoir aux anges et aux mes4 ,mais p\r la plup>t des hommes le ciel ne s'ouvre a9si que p> has>d4 ,il n'ont pas *oisi le visage p> o les anges les reconnaiss5t dans l'inf9i1 et ils ne sav5t pas ennoblir et purifi] ces traits4 ,ils ne sont ns que d'une joie1 d'une tri/esse1 d'une t]reur ou d'une p5se accid5telle4 ,n\s naissons vritablem5t le j\r o p\r la premire fois n\s s5tons pr(ondm5t qu'il y a quelque *ose de grave et d'inatt5du dans la vie4 ,les uns con/at5t t\t c\p qu'ils ne sont pas seuls s\s le ciel4 ,les autres en donnant un bais] ou en v]sant une l>me s'ap]oiv5t brusquem5t que la s\rce de t\t ce qu'il y a de meilleur et de sa9t1 depuis l'univ]s jusqu' ,dieu e/ ca* d]rire une nuit ple9e d'toiles trop lo9ta9es2 un troisime a vu une ma9 div9e s't5dre entre sa joie et son malheur2 et un autre a compris que les morts ont raison4 ,un autre a eu piti1 un autre a admir et un autre a eu peur4 ,bi5 s\v5t il ne faut presque ri52 un mot1 un ge/e1 une petite *ose qui n'e/ mme pas une p5se4 ,aup>avant je t'aimais comme un frre1 dit un hros de ,%akespe>e devant un acte qu'il admire2 aup>avant je t'aimais comme un frre1 mais prs5t je te respecte comme mon me4 ,il e/ probable que ce j\r-l un tre v9t au monde4 ,n\s p\vons natre a9si plus d'une fois2 et *acune de ces naissances n\s n\s rappro*ons un peu de notre ,dieu4 ,mais presque t\s n\s n\s cont5tons d'att5dre qu'un vnem5t ple9 d'une lumire irrsi/ible pntre violemm5t dans nos tnbres et n\s claire malgr n\s4 ,n\s att5dons je ne sais quelle concid5ce heureuse1 o les yeux de notre me sont ouv]ts p> has>d dans le mom5t o quelque *ose d'extraord9aire n\s arrive4 ,mais il y a de la lumire dans t\t ce qui arrive2 et les plus gr&s des hommes n'ont t gr&s que p>ce qu'ils avai5t l'habitude d'ouvrir les yeux t\tes les lumires4 ,e/-il donc ncessaire que votre mre agonise dans vos bras1 que vos enfants priss5t dans un naufrage et que v\s-mme v\s passiez ct de la mort p\r que v\s appr5iez enf9 que v\s tes dans un monde incomprh5sible o v\s v\s tr\vez p\r t\j\rs1 et o un ,dieu qu'on ne voit pas demeure t]nellem5t seul avec ses cratures8 ,e/-il donc ncessaire que votre fiance meure dans un inc5die ou qu'elle disp>aisse s\s vos yeux dans les pr(ondeurs v]tes de l',ocan1 p\r que v\s entrevoyiez un in/ant que les d]nires limites du royaume de l'am\r vont peut-tre bi5 au-del des flammes presque invisibles de ,mira1 d',altar et de la ,*evelure de ,brnice8 ,si v\s aviez ouv]t les yeux1 n'auriez-v\s pas pu voir dans un bais] ce que v\s ap]cevez auj\rd'hui dans une cata/rophe8 ,faut-il que la d\leur rveille a9si c\ps de lance les s\v5irs div9s qui dorm5t dans nos mes8 ,le sage n'a pas beso9 de ces sec\sses4 ,il reg>de une l>me1 le ge/e d'une vi]ge1 une g\tte d'eau qui tombe2 il c\te une p5se qui passe1 presse la ma9 d'un frre1 s'appro*e d'une lvre1 les yeux ouv]ts et l'me ouv]te aussi4 ,il y peut voir sans cesse ce que v\s n'avez entrevu qu'un in/ant2 et un s\rire lui appr5dra sans pe9e ce qu'une tempte et la ma9 mme de la mort ont d v\s rvl]4 ,c>1 qu'e/-ce1 au fond1 que t\t ce qu'on appelle ,sagesse ,v]tu ,hrosme et les heures sublimes1 et les gr&s mom5ts de la vie1 si ce n'e/ les mom5ts o l'on e/ sorti plus ou mo9s de soi-mme1 et o l'on a pu s'arrt]1 ne ft-ce qu'une m9ute1 sur le pas de l'une des portes t]nelles d'o l'on voit que le plus petit cri1 la p5se la plus ple et le ge/e le plus faible ne tomb5t pas dans le nant2 ou bi5 que s'il y tomb5t1 cette *ute mme e/ si imm5se qu'elle suffit donn] un c>actre augu/e notre vie8 ,p\rquoi att5dez-v\s que le firmam5t s'ouvre au fracas de la f\dre8 ,il faut tre att5tif aux m9utes heureuses o il s'ouvre en sil5ce2 et il s'ouvre sans cesse4 ,v\s *]*ez ,dieu dans votre vie1 et ,dieu n'app>at pas1 n\s dites-v\s4 ,mais quelle vie n'a pas des milli]s d'heures semblables l'heure de ce drame o t\s att5d5t l'int]v5tion div9e1 et o p]sonne ne l'ap]oit1 jusqu' ce qu'une p5se invisible qui a ret\rn la consci5ce d'un m\rant se manife/e t\t c\p1 et qu'un vieill>d s'crie en sanglotant de joie et d'p\vante3 ,mais ,dieu1 le voil1 ,dieu6444 ,faut-il t\j\rs que l'on n\s av]tisse et ne p\vons-n\s tomb] g5\x que si quelqu'un e/ l p\r n\s dire que ,dieu passe8 ,si v\s avez aim pr(ondm5t1 p]sonne n'a d v\s faire rem>qu] que votre me tait quelque *ose d'aussi gr& que les mondes1 que les a/res1 les fleurs1 les vagues de la nuit et celles de la m] n'tai5t pas solitaires1 que ri5 ne f9issait et que t\t comm5ait au seuil des app>5ces2 et que les lvres mmes que v\s baisiez app>t5ai5t un tre bi5 plus haut1 bi5 plus beau1 bi5 plus pur que celui que vos bras enlaai5t4 ,v\s avez vu alors ce que l'on ne voit pas dans la vie sans ivresse4 ,mais ne peut-on pas vivre comme si l'on aimait t\j\rs8 ,les hros et les sa9ts n'ont pas fait autre *ose4 ,ah6 vraim5t1 n\s att5dons un peu trop dans l'exi/5ce1 comme les aveugles de la lg5de qui avai5t fait un long voyage p\r v5ir c\t] leur ,dieu4 ,ils s'tai5t assis sur les m>*es1 et qu& quelqu'un leur dem&ait ce qu'ils faisai5t sur le p>vis du sanctuaire3 ,n\s att5dons1 rpondai5t-ils1 en sec\ant la tte1 et ,dieu n'a pas encore dit un seul mot4 ,mais ils n'avai5t pas vu que les portes d'aira9 du temple tai5t f]mes et ils ne savai5t pas que la voix de leur ,dieu remplissait l'difice4 ,notre ,dieu ne cesse po9t un in/ant de p>l]2 mais p]sonne ne songe entr'ouvrir les portes4 ,et cep5dant1 si l'on v\lait y pr5dre g>de1 il ne s]ait pas difficile d'c\t] propos de t\t acte1 le mot que ,dieu doit dire4 ,n\s vivons t\s dans le sublime4 ,dans quoi donc v\lez-v\s que n\s vivions8 ,il n'y a pas d'autre lieu de la vie4 ,ce qui n\s manque1 ce ne sont pas les occasions de vivre dans le ciel1 c'e/ l'att5tion et le recueillem5t2 et c'e/ un peu d'ivresse d'me4 ,si v\s n'avez qu'une petite *ambre1 croyez-v\s que ,dieu ne soit pas l aussi2 et qu'il soit impossible d'y m5] une vie un peu haute8 si v\s v\s plaignez d'tre seul1 que ri5 ne v\s arrive1 que p]sonne ne v\s aime1 que v\s n'aimiez p]sonne1 croyez-v\s que les mots ne tromp5t pas8 qu'il soit possible d'tre seul1 que l'am\r soit une *ose que l'on sait1 une *ose que l'on voit2 et que les vnem5ts se ps5t comme l'or et l'arg5t des ranons8 ,e/-ce qu'une p5se vivante1--qu'elle soit altire ou pauvre1 peu importe1 ds qu'elle vi5t de votre me elle e/ gr&e p\r v\s2--e/-ce qu'un haut dsir ou simplem5t un mom5t d'att5tion sol5nelle la vie1 ne peuv5t pas entr] dans une petite *ambre8 ,et si v\s n'aimez pas ou qu'on ne v\s aime pas1 et que p\rtant v\s puissiez voir avec une c]ta9e =ce que mille *oses sont belles1 que l'me e/ gr&e et que la vie e/ grave presque indiciblem5t1 n'e/-ce pas aussi beau que si l'on v\s aimait ou que si v\s aimiez8 ,et si le ciel lui-mme v\s e/ ca*2 le gr& ciel toil1 dit le pote1 ne s't5d-il pas malgr t\t sur votre me s\s la =me de la mort8444 ,t\t ce qui n\s arrive e/ div9em5t gr& et n\s sommes t\j\rs au c5tre d'un gr& monde4 ,mais il faudrait s'habitu] vivre comme un ange qui vi5t de natre1 comme une femme qui aime ou comme un homme qui va m\rir4 ,si v\s saviez que v\s m\rrez ce soir ou simplem5t que v\s allez v\s loign] p\r t\j\rs1 v]riez-v\s une d]nire fois les tres et les *oses comme v\s les avez vus jusqu' ce j\r8 et n'aim]iez-v\s pas comme v\s n'avez jamais aim8 ,e/-ce la bont ou la m*ancet des app>5ces qui gr&irait aut\r de v\s8 ,e/-ce la beaut ou la laideur des mes que v\s auriez le don d'ap]cevoir8 ,e/-ce que t\t1 jusqu'au mal mme et aux s\ffrances1 ne se trans=me pas alors en un am\r ple9 de l>mes trs d\ces8 ,e/-ce que *aque occasion de p>donn]1 comme l'a dit un sage1 n'enlve pas quelque *ose l'am]tume du d"p ou celle de la mort8 ,et cep5dant1 dans ces cl>ts de la tri/esse ou de la mort1 e/-ce v]s la vrit ou v]s l'erreur que l'on a fait les d]ni]s pas qu'il soit p]mis de faire8 ,sont-ce les vivants ou les m\rants qui sav5t voir et ont raison8 ah6 bi5heureux ceux qui ont p5s1 ceux qui ont p>l1 ceux qui ont agi de manire recevoir l'approbation de ceux qui vont m\rir ou qu'une gr&e d\leur a r5dus clairvoyants6 ,il n'y a pas de rcomp5se plus d\ce p\r le sage que p]sonne n'c\tait dans la vie4 ,si v\s avez vcu dans la beaut obscure ne v\s inquitez pas4 ,une heure de suprme ju/ice f9it t\j\rs p> sonn] dans le coeur de t\t homme2 et le malheur ouvre des yeux qui ne s'ouvrai5t jamais4 ,qui sait si v\s ne passez pas en ce mom5t sur l'me d'un m\rant comme l'ombre de celui qui connaissait dj la vrit8 ,n'e/-ce peut-tre pas sur le lit des agonisants que se tresse la vritable et la plus prcieuse c\ronne du sage1 du hros et de t\s ceux qui ont su vivre gravem5t dans les hautes1 pures et discrtes tri/esses de la vie selon l'me8 ,la ,mort1 dit ,lavat]1 n'embellit pas seulem5t notre =me inanime2 mais la seule p5se de la mort donne une =me plus belle la vie elle-mme4 ,et de mme1 t\te p5se inf9ie comme la mort1 embellit notre vie4 ,mais il ne faut pas qu'on s'y trompe4 ,t\t homme a de nobles p5ses qui pass5t comme de gr&s oiseaux blancs sur son coeur4 ,hlas6 elles ne compt5t pas2 ce sont des trangres que l'on e/ tonn de voir et qu'on c>te d'un ge/e importun4 ,elles n'ont pas le temps d'atte9dre notre vie4 ,p\r que notre me devi5ne grave et pr(onde comme celle des anges1 il ne suffit pas d'entrevoir un in/ant l'univ]s dans l'ombre de la mort ou de l't]nit1 dans la lumire de la joie ou dans les flammes de la beaut et de l'am\r4 ,t\t tre a eu de ces mom5ts qui n'ont laiss en lui qu'une poigne de c5dres inutiles4 ,il ne suffit pas d'un has>d2 il faut une habitude4 ,il faut appr5dre vivre dans la beaut et dans la gravit c\tumires4 ,dans la vie1 les tres les plus bas di/+u5t p>faitem5t quelle e/ la *ose noble et belle qu'il faudrait faire2 mais cette *ose noble et belle n'a pas assez de =ce en eux4 ,c'e/ cette =ce invisible et ab/raite que n\s devons t*] d'augm5t] p> avance4 ,et cette =ce ne s'augm5te qu'en ceux qui ont pris l'habitude de s'asseoir plus s\v5t que les autres sur les sommets o la vie gagne l'me et d'o l'on voit que t\t acte et que t\te p5se e/ infailliblem5t lie quelque *ose de gr& et d'immortel4 ,reg>dez les hommes et les *oses selon la =me et le dsir de votre oeil intrieur1 mais n'oubliez jamais que l'ombre qu'ils projett5t en passant sur la coll9e ou sur le mur n'e/ que l'image passagre d'une ombre plus puissante qui s't5d comme l'aile d'un cygne imprissable sur t\te me qui s'appro*e de leur me4 ,ne croyez pas que de telles p5ses soi5t simplem5t des ornem5ts et qu'elles n'ai5t aucune influ5ce sur la vie de ceux qui les admett5t4 ,il importe bi5 mo9s de trans=m] sa vie que de l'ap]cevoir1 c> elle se trans=me d'elle-mme ds qu'elle a t vue4 ,ces p5ses dont je p>le =m5t le trsor secret de l'hrosme et le j\r o la vie n\s oblige ouvrir ce trsor1 n\s sommes tonns de n'y plus tr\v] d'autres =ces que celles qui n\s p\ss5t v]s la beaut p>faite4 ,il ne faut plus1 alors1 qu'un gr& roi meure p\r n\s rappel] que le monde ne f9it pas aux portes des maisons2 et la plus petite *ose suffit ennoblir une me *aque soir4 ,mais ce n'e/ pas en v\s disant que ,dieu e/ gr& et que v\s v\s m\vez dans sa cl>t1 que v\s vivrez dans la beaut et dans les pr(ondeurs fcondes o vcur5t les hros4 ,il e/ possible que v\s v\s rappeliez mat9 et soir que les ma9s de t\tes les puissances invisibles s'agit5t comme une t5te aux plis sans nombre au-dessus de votre tte1 sans que v\s ap]ceviez jamais le mo9dre ge/e de ces ma9s4 ,il faut tre efficacem5t att5tif2 et il vaut mieux veill] sur la place publique que de s'endormir dans le temple4 ,il y a de la beaut et de la gr&eur en t\te *ose2 puisqu'il suffit d'une circon/ance inatt5due p\r n\s les faire voir4 ,la plup>t le sav5t1 mais ils ont beau le savoir1 ce n'e/ que s\s le f\et du sort ou de la mort qu'ils rd5t aut\r du mur de l'exi/5ce la re*]*e des crevasses sur ,dieu4 ,ils n'ignor5t pas qu'il y a des crevasses t]nelles dans les pauvres p>ois d'une cabane et que les plus petites vitres n'enlv5t pas une ligne ou une toile l'imm5sit des espaces cle/es4 ,mais il ne suffit pas de possd] une vrit1 il faut que la vrit n\s possde4 ,et cep5dant1 n\s sommes en un monde o les mo9dres vnem5ts assum5t sans ef=ts une beaut de plus en plus pure et de plus en plus haute4 ,ri5 ne se mle plus aism5t que la t]re et le ciel2 et si v\s avez reg>d les toiles avant d'embrass] votre amante v\s ne l'embrass]ez pas de la mme manire que si v\s aviez reg>d les murs de votre *ambre4 ,soyez sr que le j\r o v\s v\s tes att>d suivre un rayon de lumire trav]s l'une des f5tes de la porte de la vie1 v\s avez fait quelque *ose d'aussi gr& que si v\s aviez pans les blessures d'un ennemi1 c> dans ce mom5t l v\s n'aviez plus d'ennemi4 ,il faut vivre l'afft de son ,dieu1 c> ,dieu se ca*e2 mais ses ruses1 une fois qu'on les a reconnues sembl5t si s\riantes et si simples6 ,un ri51 ds lors1 n\s rvle sa prs5ce1 et la gr&eur de notre vie ti5t si peu de *ose6 ,on tr\ve a9si1 dans les potes1 un v]s qui et l1 au milieu des humbles vnem5ts de nos j\rs ord9aires1 semble entr'ouvrir s\da9 quelque *ose d'norme4 ,aucun mot sol5nel n'a t prononc et l'on dirait que ri5 n'a t appel2 et cep5dant1 p\rquoi une face ineffable n\s a-t-elle fait signe d]rire les l>mes d'un vieill>d1 p\rquoi t\te une nuit peuple d'anges s't5d-elle aut\r du s\rire d'un enfant1 et p\rquoi1 propos d'un oui ou d'un non balbuti p> une me qui *ante en travaillant autre *ose1 n\s sommes n\s dit s\da9 en ret5ant un in/ant notre s\ffle3 ici1 c'e/ la maison de ,dieu1 et voici l'une des entres du ciel8 ,c'e/ p>ce que ces potes tai5t plus att5tifs que n\s l'ombre int]m9able444 ,au fond1 la posie suprme n'e/ que cela1 et elle n'a d'autre b que de t5ir ouv]tes les gr&es r\tes qui mn5t de ce qu'on voit ce qu'on ne voit pas4 ,mais c'e/ aussi le b suprme de la vie1 et il e/ bi5 plus facile de l'atte9dre dans la vie que dans les plus nobles pomes1 c> les pomes ont d ab&onn] les deux gr&es ailes du sil5ce4 ,il n'y a pas de j\rs petits4 ,il faut que cette ide desc5de dans notre vie et qu'elle s'y trans=me en sub/ance4 ,il ne s'agit pas d'tre tri/e4 ,petites joies1 petits s\rires et gr&es l>mes1 t\t cela occupe le mme po9t dans l'espace et le temps4 ,v\s p\vez j\] dans la vie aussi innocemm5t qu'un enfant aut\r du lit d'un mort et ce n'e/ pas les pleurs qui sont indisp5sables4 ,les s\rires aussi bi5 que les l>mes ouvr5t les portes de l'autre monde4 ,allez1 v5ez1 sortez1 v\s tr\v]ez ce qu'il v\s faut dans les tnbres1 mais n'oubliez jamais que v\s tes prs des portes4 99 99 99 99 99 ,aprs ce long dt\r1 j'en revi5s mon po9t de d"p1 savoir qu'il e/ bon de rappel] aux hommes que le plus humble d'entre eux a le p\voir de sculpt]1 d'aprs un modle div9 qu'il ne *oisit pas1 une gr&e p]sonnalit morale1 compose en p>ties gales et de lui et de l'idal4 ,or cette gr&e p]sonnalit morale ne s'e/ jamais sculpte que dans les pr(ondeurs de la vie2 et la rs]ve de l'idal ncessaire ne s'augm5te que grce d'incessantes rvlations au div94 ,t\t homme peut p>v5ir en esprit aux sommets de la vie v]tueuse et savoir t\t mom5t ce qu'il faudrait faire p\r agir comme un hros ou un sa9t4 ,mais ce n'e/ pas cela qui importe4 ,il faut que l'atmosphre spirituelle se trans=me tel po9t aut\r de n\s qu'elle f9isse p> ressembl] l'atmosphre des beaux pays du sicle d'or de ,sw$5borg o l'air ne p]mettait pas au m5songe de sortir de la b\*e4 ,il arrive alors un in/ant o le mo9dre mal que l'on v\drait faire tombe nos pi$s comme une balle de plomb sur un disque de bronze1 et o presque t\t se *ange notre insu1 en beaut1 en am\r et en vrit4 ,mais cette atmosphre n'enveloppe que ceux qui ont eu so9 d'ar] assez s\v5t leur vie en entr'ouvrant p>fois les portes de l'autre monde4 ,c'e/ prs de ces portes que l'on voit4 ,c'e/ prs de ces portes que l'on aime4 ,c> aim] son pro*a9 ce n'e/ pas seulem5t se donn] t\t lui1 s]vir1 aid] et sec\rir les autres4 ,il e/ possible que v\s ne soyez ni bon1 ni beau1 ni noble au milieu des plus gr&s sacrifices1 et la soeur de *>it qui meurt au *evet d'un typhique a peut-tre une me rancunire1 petite et misrable4 ,aim] son pro*a9 dans les pr(ondeurs /ables1 c'e/ aim] ce qu'il y a d't]nel dans les autres1 c> le pro*a9 p> excell5ce c'e/ ce qui se rappro*e le plus de ,dieu1 c'e/--dire de ce qu'il y a de pur et de bon dans les hommes2 et c'e/ seulem5t en v\s t5ant t\j\rs aut\r des portes dont je p>lais tantt que v\s dc\vrirez ce qu'il y a de div9 dans les mes4 ,alors v\s p\rrez dire avec le gr& ,jean-,paul3 ,lorsque je veux aim] trs t5drem5t une p]sonne *re1 et lui p>donn] t\te *ose1 je n'ai plus qu' la reg>d] quelque temps en sil5ce4 ,il faut appr5dre voir p\r appr5dre aim]4 ,j'avais vcu durant plus de v+t ans aux cts de ma soeur1 me disait un j\r un ami1 et je l'ai vue p\r la premire fois au mom5t de la mort de notre mre4 ,il avait fallu qu'ici aussi la mort ouvrt violemm5t une porte t]nelle1 p\r que deux mes s'ap]uss5t dans un rayon de la lumire primitive4 ,en e/-il un seul p>mi v\s qui ne soit pas environn de soeurs qu'il n'a pas vues8 ,heureusem5t1 en ceux-l mmes qui voi5t le mo9s1 il y a t\j\rs quelque *ose qui agit en sil5ce comme s'ils avai5t vu4 ,il e/ possible qu'tre bon ce ne soit qu'tre en un peu de cl>t1 ce que t\s sont dans les tnbres4 ,voil p\rquoi1 sans d\te1 il e/ utile que l'on s'ef=ce d'lev] sa vie et que l'on t5de v]s les sommets o l'on atte9t l'impossibilit de mal faire4 ,voil p\rquoi il e/ utile d'habitu] son oeil reg>d] les vnem5ts et les hommes dans une atmosphre div9e4 ,mais cela mme n'e/ pas indisp5sable2 et que la diffr5ce aux yeux d'un ,dieu1 doit p>atre petite6 ,n\s sommes dans un monde o la vrit rgne au fond des *oses et o ce n'e/ pas la vrit mais le m5songe qui a beso9 d'tre expliqu4 ,si le bonheur de votre frre v\s attri/e1 ne v\s mprisez pas2 v\s n'aurez pas un long *em9 p>c\rir p\r tr\v] en v\s-mme quelque *ose qu'il n'attri/]a pas4 ,et si v\s ne p>c\rez pas le *em91 peu importe2 quelque *ose ne s'e/ pas attri/444 ,ceux qui ne song5t ri5 ont la mme vrit que ceux qui song5t ,dieu2 elle e/ un peu mo9s prs du seuil1 et voil t\t4 ,mme dans la vie la plus vulgaire1 dit ,r5an1 la "p de ce que l'on fait p\r ,dieu e/ norme4 ,l'homme le plus bas aime mieux tre ju/e qu'inju/e1 t\s n\s adorons1 n\s prions bi5 des fois p> j\r sans le savoir4 ,et l'on e/ tonn lorsqu'un has>d n\s rvle s\da9 l'importance de cette "p div9e4 ,il y a t\t aut\r de n\s des milli]s et des milli]s de pauvres tres qui n'ont ri5 vu de beau dans t\te leur exi/5ce2 ils vont1 ils vi5n5t1 dans l'obscurit2 on croit que t\t e/ mort2 et p]sonne n'y pr5d g>de4 ,et puis voil qu'un j\r une simple p>ole1 un sil5ce imprvu1 une petite l>me qui vi5t des s\rces mmes de la beaut1 n\s appr5n5t qu'ils ont tr\v moy5 d'lev] dans l'ombre de leur me1 un idal mille fois plus beau que les plus belles *oses que leurs oreilles ont ent5dues et que leurs yeux ont vues4 ,o nobles et ples idaux du sil5ce et de l'ombre6 ,c'e/ v\s surt\t qui rveillez le s\rire des anges et qui montez directem5t v]s ,dieu6 ,dans quelles cabanes innombrables1 dans quelles *ambres de misre1 dans quelles prisons peut-tre1 ne v\s n\rrit-on pas en ce mom5t1 des l>mes et du sang le plus pur d'une pauvre me qui n'a jamais s\ri2 de mme que les abeilles1 alors que t\tes les fleurs sont mortes aut\r d'elles1 (fr5t encore celle qui doit tre leur re9e1 un miel mille fois plus prcieux que le miel qu'elles donn5t leurs petites soeurs de la vie quotidi5ne444 ,qui de n\s n'a r5contr plus d'une fois1 le long des r\tes de la vie1 une me ab&onne qui n'avait cep5dant pas p]du le c\rage d'allait] a9si dans les tnbres1 une p5se plus div9e et plus pure que t\tes celles que tant d'autres avai5t eu l'occasion d'all] *oisir dans la lumire8 ,ici aussi1 c'e/ la simplicit qui e/ l'esclave favorite de ,dieu2 et il suffit peut-tre que quelques sages n'ignor5t po9t ce qu'il faut faire1 p\r que le re/e agisse comme s'il savait galem5t444 ,,xiii ,,la ,,beaut ,,int,,rieure ,il n'y a ri5 au monde qui soit plus avide de beaut1 il n'y a ri5 au monde qui s'embellisse plus aism5t qu'une me4 ,il n'y a ri5 au monde qui s'lve plus naturellem5t et s'ennoblisse plus promptem5t4 ,il n'y a ri5 au monde qui obisse plus scrupuleusem5t aux ordres purs et nobles qu'on lui donne4 ,il n'y a ri5 au monde qui subisse plus docilem5t l'empire d'une p5se plus haute que les autres4 ,aussi1 bi5 peu d'mes sur la t]re rsi/5t-elles la dom9ation d'une me qui se laisse tre belle4 ,on dirait vraim5t que la beaut e/ l'alim5t unique de notre me2 elle la *]*e en t\t lieu et mme dans la vie la plus basse elle ne meurt pas de faim4 ,c'e/ qu'il n'y a pas de beaut qui passe compltem5t inap]ue4 ,il se peut qu'elle ne passe jamais que dans l'inconsci5ce1 mais elle agit aussi puissamm5t dans la nuit qu' la cl>t du j\r4 ,elle y procure une joie mo9s saisissable et c'e/ l la seule diffr5ce4 ,exam9ez les hommes les plus ord9aires1 lorsqu'un peu de beaut vi5t frl] leurs tnbres4 ,ils sont l1 rassembls n'importe o2 et lorsqu'ils se tr\v5t runis1 sans qu'on sa*e p\rquoi1 il semble que leur premi] so9 soit de f]m] d'abord les gr&es portes de la vie4 ,*acun d'eux cep5dant1 lorsqu'il tait seul1 a vcu plus d'une fois selon son me4 ,il a aim peut-tre2 il a s\ff]t sans d\te4 ,il a ent5du lui aussi1 9vitablem5t les sons de la contre lo9ta9e des ,spl5deurs et des ,t]reurs et a su bi5 des soirs s'incl9] en sil5ce devant des lois plus pr(ondes que la m]4 ,mais qu& ils sont ensemble ils aim5t s'enivr] de *oses basses4 ,ils ont je ne sais quelle peur trange de la beaut2 et plus ils sont nombreux1 plus ils en ont peur1 comme ils ont peur du sil5ce ou d'une vrit trop pure4 ,et cela e/ si vrai1 que s'il arrivait que l'un d'eux et fait dans la j\rne une *ose hroque1 il t*]ait de l'excus] en attribuant son acte des mobiles misrables1 des mobiles qu'il pr5drait dans la rgion infrieure o ils sont runis4 c\tez cep5dant3 une p>ole haute et fire a t prononce qui a r\v]t en quelque sorte les s\rces de la vie4 ,une me a os se montr] un in/ant1 telle qu'elle e/ dans l'am\r1 dans la d\leur1 devant la mort ou dans la solitude en prs5ce des toiles de la nuit4 ,il y a de l'inquitude et les faces s'tonn5t ou s\ri5t4 ,mais n'avez-v\s jamais s5ti en ces mom5ts1 avec quelle =ce unanime t\tes les mes admir5t et comme la plus faible appr\ve indiciblem5t au fond de sa prison la p>ole qu'elle a reconnue semblable elle-mme8 elles reviv5t brusquem5t dans leur atmosphre primitive et normale2 et si v\s aviez les oreilles des anges v\s ent5driez1 j'en suis sr1 des applaudissem5ts t\t puissants dans le royaume des lumires admirables o elles viv5t entres elles4 ,croyez-v\s que si une p>ole analogue tait prononce *aque soir1 les mes les plus cra9tives ne s'enh>dirai5t pas2 et que les hommes ne vivrai5t pas plus vritablem5t8 ,il ne faut mme pas qu'une p>ole analogue revi5ne4 ,quelque *ose de pr(ond a eu lieu qui laiss]a des traces trs pr(ondes4 ,l'me qui a prononc cette p>ole s]a reconnue *aque soir p> ses soeurs2 et sa seule prs5ce va mettre dsormais je ne sais quoi d'augu/e s\s les propos les plus insignifiants4 ,il y a eu en t\t cas un *angem5t que l'on ne peut dt]m9]4 ,les *oses infrieures n'auront plus la mme =ce exclusive et les mes effrayes sav5t qu'il y a quelque "p un refuge444 ,il e/ c]ta9 que les relations naturelles et primitives d'me me sont des relations de beaut4 ,la beaut e/ le seul langage de nos mes4 ,elles n'en compr5n5t pas d'autres4 ,elles n'ont pas d'autre vie1 elles ne peuv5t produire autre *ose1 elles ne peuv5t pas s'intress] autre *ose4 ,et c'e/ p\rquoi1 t\te p5se1 t\te p>ole1 t\t acte gr& et beau e/ immdiatem5t applaudi p> l'me la plus opprime et la plus basse mme1 s'il e/ p]mis de dire qu'il y ait des mes basses4 ,elle n'a pas d'organe qui la relie un autre lm5t et elle ne peut jug] que selon la beaut4 ,v\s le voyez *aque in/ant dans votre vie2 et v\s mme qui avez r5i plus d'une fois la beaut1 v\s le savez aussi bi5 que ceux qui la *]*5t sans cesse dans leur coeur4 ,si un j\r v\s avez pr(ondm5t beso9 d'un autre tre1 irez-v\s celui qui a s\ri d'un s\rire misrable qu& la beaut passait8 ,irez-v\s celui qui a s\ill d'un ho*em5t de tte un acte gnreux ou simplem5t une t5dance pure8 ,peut-tre tiez-v\s de ceux qui l'appr\vr5t2 mais dans ce mom5t grave o c'e/ la vrit qui frappe votre porte1 v\s v\s t\rn]ez v]s cet autre qui a su s'incl9] et aim]4 ,votre me avait jug dans ses pr(ondeurs2 et c'e/ son jugem5t sil5cieux et infaillible1 qui tr5te annes aprs peut-tre1 remonte la surface1 et v\s envoie v]s une soeur qui e/ plus v\s que t\t v\s-mme p>ce qu'elle a t plus prs de la beaut4 ,il faut si peu de *ose p\r enc\rag] la beaut dans une me4 ,il faut si peu de *ose p\r rveill] les anges endormis4 ,il ne faut peut-tre pas rveill]--il suffit simplem5t de ne pas endormir4 ,ce n'e/ peut-tre pas s'lev] mais desc5dre qui dem&e des ef=ts4 ,e/-ce qu'il ne faut pas un ef=t p\r ne song] qu' des *oses mdiocres devant la m] ou en face de la nuit8 ,et quelle me ne sait pas qu'elle e/ t\j\rs devant la m] et t\j\rs en prs5ce d'une nuit t]nelle8 ,si n\s avions mo9s peur de la beaut n\s arriv]ions ne plus tr\v] autre *ose dans la vie2 c> en ralit1 s\s t\t ce que l'on voit il n'y a que cela qui exi/e4 ,t\tes les mes le sav5t1 t\tes les mes sont prtes1 mais o sont celles qui ne ca*5t pas leur beaut8 ,il faut bi5 cep5dant que l'une d'elles comm5ce4 ,p\rquoi ne pas os] tre celle qui comm5ce8 ,t\tes les autres sont l1 avides aut\r de n\s1 comme des petits enfants devant un palais m]veilleux4 ,ils se press5t sur le seuil1 ils *u*ot5t1 ils reg>d5t p> les f5tes1 mais n'os5t pas p\ss] la porte4 ,ils att5d5t qu'une gr&e p]sonne vi5ne ouvrir4 ,mais la gr&e p]sonne ne passe presque jamais4 ,et cep5dant que faudrait-il p\r dev5ir la gr&e p]sonne qu'on espre8 ,presque ri54 ,les mes ne sont pas exigeantes4 ,une p5se presque belle que v\s ne dites pas et que v\s n\rrissez en ce mom5t v\s claire comme un vase transp>5t4 ,elles la voi5t et v\s accueill]ont d'une t\t autre manire que si v\s songiez tromp] votre frre4 ,on s'tonne qu& c]ta9s hommes n\s dis5t qu'ils n'ont jamais r5contr de laideur vritable et qu'ils ne sav5t pas encore ce que c'e/ qu'une me basse4 ,mais cela n'e/ pas tonnant4 ,ils avai5t comm5c4 ,c'e/ p>ce qu'eux-mmes tai5t beaux les premi]s qu'ils appelai5t eux t\te beaut qui passait1 comme un ph>e appelle les navires des quatre co9s de l'horizon4 ,il en e/ qui se plaign5t des femmes1 p> exemple1 et qui ne song5t pas que la premire fois que v\s r5contrez une femme1 il suffit d'une seule p>ole1 d'une seule p5se qui nie ce qui e/ beau et ce qui e/ pr(ond p\r empoisonn] jamais votre exi/5ce dans son me4 ,p\r moi1 me dit un j\r un sage1 je n'ai pas connu une seule femme qui ne m'ait apport quelque *ose de gr&4 ,il tait gr& d'abord1 c'tait l son secret4 ,il n'y a qu'une *ose que l'me ne p>donne jamais2 c'e/ d'avoir t oblige de reg>d]1 de c\doy]1 de p>tag]1 une action1 une p>ole ou une p5se laide4 ,elle ne peut pas le p>donn]1 c> p>donn] ici c'e/ se ni] soi-mme4 ,et cep5dant1 p\r la plup>t des hommes1 tre +nieux1 tre =t1 tre habile1 n'e/-ce pas loign] avant t\t son me de sa vie1 n'e/-ce pas c>t] avec so9 t\tes les t5dances trop pr(ondes8 ,ils agiss5t a9si jusque dans l'am\r mme2 et c'e/ p\rquoi la femme qui e/ encore plus pro*e de la vrit1 n'a presque jamais un in/ant de vie vritable avec eux4 ,on dirait qu'on a peur de rejo9dre son me et l'on a so9 de se t5ir mille lieues de sa beaut4 ,il faudrait au contraire1 qu'on t5tt de m>*] devant soi4 ,p5sez ou dites en ce mom5t des *oses qui sont trop belles p\r tre vraies en v\s2 elles s]ont vraies dema9 si v\s avez t5t de les p5s] ou de les dire ce soir4 ,t*ons d'tre plus beaux que n\s-mmes2 n\s ne dpass]ons pas notre me4 ,on ne se trompe pas qu& il s'agit de beaut sil5cieuse et ca*e4 ,du re/e il importe assez peu qu'un tre se trompe ou ne se trompe pas1 du mom5t que la s\rce intrieure e/ bi5 claire4 ,mais qui donc songe faire le mo9dre ef=t qu'on ne voit pas8 ,et p\rtant1 n\s n\s tr\vons ici dans un doma9e o t\t e/ efficace p>ce que t\t att5d4 ,t\tes les portes sont ouv]tes2 il n'y a qu' les p\ss]2 et le palais e/ ple9 de re9es en*anes4 ,bi5 s\v5t il suffit d'un seul mot p\r balay] des montagnes d'ordures4 ,p\rquoi n'avoir pas le c\rage d'oppos] une "q basse une rponse noble8 ,croyez-v\s qu'elle passe compltem5t inap]ue ou qu'elle n'veille que de l'tonnem5t8 ,croyez-v\s que cela ne se rappro*e pas davantage du dialogue naturel de deux mes8 ,on ne sait pas ce que cela enc\rage ou dlivre4 ,mme celui qui rep\sse cette rponse1 fait un pas1 malgr lui1 v]s sa propre beaut4 ,une *ose belle ne meurt pas sans avoir purifi quelque *ose4 ,il n'y a pas de beaut qui se p]de4 ,il ne faut pas avoir peur d'en sem] p> les r\tes4 ,elles y demeur]ont des sema9es1 des annes1 mais elles ne se dissolv5t pas plus que le diamant et quelqu'un f9ira p> pass]1 qui les v]ra brill]1 qui les ramass]a et s'en ira heureux4 ,p\rquoi donc arrt] en v\s-mmes une p>ole belle et haute p>ce que v\s croyez que les autres ne v\s compr5dront pas8 ,p\rquoi donc entrav] un in/ant de bont suprieure qui naissait p>ce que v\s p5sez que ceux qui v\s ent\r5t n'en pr(it]ont pas8 ,p\rquoi donc rprim] un m\vem5t in/9ctif de votre me v]s les hauteurs p>ce que v\s tes p>mi les g5s de la valle8 ,e/-ce qu'un s5tim5t pr(ond p]d son action dans les tnbres8 ,e/-ce qu'un aveugle n'a pas d'autres moy5s que les yeux p\r disc]n] ceux qui l'aim5t de ceux qui ne l'aim5t pas8 ,e/-ce que la beaut a beso9 d'tre comprise p\r exi/]1 et d'ailleurs croyez-v\s qu'il n'y ait pas en t\t homme quelque *ose qui compr5ne bi5 au-del de ce qu'il a l'air de compr5dre1 bi5 au-del aussi de ce qu'il croit compr5dre8 ,mme aux plus misrables1 me disait un j\r l'tre le plus haut que j'aie eu le bonheur de connatre1 mme aux plus misrables je n'ai jamais le c\rage de rpondre une *ose laide ou mdiocre4 ,et j'ai vu que cet tre que j'ai suivi bi5 longtemps dans sa vie avait sur les mes les plus obscures1 les plus f]mes1 les plus aveugles1 les plus rebelles mme1 une puissance inexplicable4 ,c> nulle b\*e ne peut dire la puissance d'une me qui s'ef=ce de vivre en une atmosphre de beaut1 et qui e/ activem5t belle en elle-mme4 ,et n'e/-ce pas1 d'ailleurs1 la qualit de cette activit qui r5d la vie misrable ou div9e8 ,si l'on p\vait all] au fond des *oses1 il n'e/ pas dit que l'on ne dc\vrirait pas que c'e/ la puissance de quelques mes belles qui s\ti5t les autres dans la vie4 ,n'e/-ce pas l'ide que *acun se fait de quelques tres *oisis qui e/ la seule morale vivante et efficace8 ,mais dans cette ide quelle e/ la "p de l'me lue et quelle e/ la "p de celui qui l'lit8 ,e/-ce que cela ne se mle pas trs my/rieusem5t et cette morale idale n'atte9t-elle pas des pr(ondeurs que la morale des plus beaux livres ne p\rra jamais effleur]8 ,il y a l une influ5ce d'une t5due dont les bornes sont bi5 difficiles fix]2 et une s\rce de =ce laquelle *acun de n\s va boire plus d'une fois p> j\r4 ,e/-ce qu'une dfaillance dans un de ces tres que v\s considriez comme p>faits et que v\s aimiez dans la rgion de la beaut1 ne dim9ue pas immdiatem5t votre confiance dans la gr&eur univ]selle des *oses et votre admiration p\r elles8 ,et d'un autre ct1 je ne crois pas que ri5 au monde embellisse une me plus ins5siblem5t1 plus naturellem5t1 que l'assurance qu'il y a quelque "p1 non lo9 d'elle1 un tre pur et beau qu'elle peut aim] sans arrire-p5se4 ,lorsqu'elle s'e/ appro*e vritablem5t d'un tel tre1 la beaut cesse d'tre une belle *ose morte qu'on montre aux trang]s2 mais elle pr5d s\da9 une vie imprieuse1 et son activit devi5t si naturelle que plus ri5 ne rsi/e4 ,c'e/ p\rquoi songez-y2 on n'e/ pas seul2 il faut que les bons veill5t4 ,plot9 au livre ,,viii de la c9quime ,ennade1 aprs avoir p>l de la beaut intelligible c'e/--dire div9e1 conclut a9si3 ,p\r n\s1 n\s sommes beaux lorsque n\s n\s app>t5ons n\s-mmes2 et laids qu& n\s n\s abaissons une nature infrieure4 ,n\s sommes beaux encore qu& n\s n\s connaissons et laids qu& n\s n\s ignorons4 ,or1 ne l'oublions pas1 n\s sommes ici sur des montagnes o s'ignor] n'e/ pas t\t simplem5t ne pas savoir ce qui arrive en n\s qu& n\s sommes am\reux ou jal\x1 timides ou envieux1 heureux ou malheureux4 ,s'ignor] o n\s sommes c'e/ ignor] ce qui se passe de div9 dans les hommes4 ,n\s sommes laids qu& n\s n\s loignons des dieux qui sont en n\s2 et n\s dev5ons beaux mesure que n\s les dc\vrons4 ,mais n\s ne tr\v]ons le div9 dans les autres qu'en leur montrant d'abord le div9 dans n\s-mmes4 ,il faut que l'un des dieux fasse signe l'autre dieu2 et t\s les dieux rpond5t au plus imp]ceptible signe4 ,on ne saurait le r$ire trop s\v5t2 il ne faut qu'une fissure peu prs invisible p\r que les eaux du ciel pntr5t dans une me4 ,t\tes les c\pes sont t5dues v]s la s\rce inconnue2 et n\s sommes en un lieu o l'on ne songe qu' la beaut4 ,si l'on p\vait dem&] un ange ce que nos mes font dans l'ombre1 je crois qu'il rpondrait1 aprs avoir reg>d de longues annes peut-tre1 bi5 au del de ce qu'elles ont l'air de faire aux yeux des hommes1 ,elles trans=m5t en beaut les petites *oses qu'on leur donne4 ,ah6 il faut av\] que l'me huma9e a un c\rage s+uli]6 ,elle se rsigne travaill] t\te une vie dans les tnbres o la plup>t d'entre n\s la relgu5t et o p]sonne ne lui p>le4 ,elle y fait ce qu'elle peut sans se pla9dre2 et s'ef=ce d'arra*] aux caill\x qu'on lui jette1 le noyau de lumire t]nelle qu'ils r5f]m5t peut-tre4 ,et t&is qu'elle s'applique1 elle guette le mom5t o elle p\rra montr] une soeur plus aime ou p> has>d plus pro*e1 les trsors laborieux qu'elle a amoncels4 ,mais il y a des milli]s d'exi/5ces o nulle soeur ne la visite2 et o la vie l'a r5due si timide qu'elle s'en va sans ri5 dire1 et sans avoir pu se p>] une seule fois des plus humbles joyaux de son humble c\ronne444 ,et malgr t\t1 elle veille t\tes *oses dans son ciel invisible4 ,elle av]tit1 elle aime1 elle admire1 elle attire1 elle rep\sse4 ,a *aque vnem5t n\veau1 elle remonte la surface en att5dant qu'on l'oblige desc5dre1 p>ce qu'elle passe p\r importune et folle4 ,elle erre comme ,kass&ra s\s le por*e des ,atrides4 ,elle y dit sans cesse des p>oles dont la vrit mme n'e/ que l'ombre et p]sonne ne l'c\te4 ,si n\s levons les yeux1 elle att5d un rayon de soleil ou d'toile1 dont elle veut faire une p5se ou bi5 une t5dance inconsci5te et trs pure4 ,et si nos yeux ne lui rapport5t ri51 elle saura trans=m] sa pauvre dception en quelque *ose d'ineffable qu'elle ca*]a jusqu' la mort4 ,si n\s aimons1 elle s'enivre de lumire d]rire la porte close1 et t\t en esprant1 elle ne p]d pas les heures2 et cette lumire qui filtre p> les f5tes devi5t de la bont1 de la beaut ou de la vrit p\r elle4 ,mais si la porte ne s'ouvre pas1 7et dans combi5 d'exi/5ces s'ouvre-t-elle87 elle s'en ret\rne en sa prison et son regret s]a peut-tre une vrit plus haute qu'on ne v]ra jamais1 c> n\s sommes dans le lieu des trans=mations indicibles2 et ce qui n'e/ pas n de ce ct-ci de la porte n'e/ pas p]du1 mais ne se mle pas cette vie444 ,je disais t\t--l'heure qu'elle trans=me en beaut les petites *oses qu'on lui donne4 ,il semble mme1 mesure qu'on y songe1 qu'elle n'ait pas d'autre raison d'tre2 et que t\te son activit s'emploie a runir au fond de n\s un trsor de beaut qu'on ne peut pas dcrire4 ,e/-ce que t\t ne se *ang]ait pas naturellem5t en beaut si n\s ne v5ions pas tr\bl] sans cesse le travail ob/9 de notre me8 ,e/-ce que le mal mme ne devi5t pas prcieux lorsqu'elle en a extrait le diamant pr(ond du rep5tir8 ,e/-ce que les inju/ices que v\s avez commises et les l>mes que v\s avez fait rp&re ne f9iss5t pas un j\r p> dev5ir1 elles aussi1 dans votre me1 de la lumire et de l'am\r8 ,avez-v\s jamais reg>d en v\s-mme dans ce royaume des flammes purificatrices8 ,on v\s a fait un gr& mal auj\rd'hui2 les ge/es tai5t petits1 l'acte tait bas et tri/e1 et v\s avez pleur dans la laideur4 ,p\rtant1 v5ez jet] un c\p d'oeil dans votre me quelques annes aprs2 et dites-moi si v\s ne voyez pas s\s le s\v5ir de cet acte quelque *ose qui e/ dj plus pur qu'une p5se1 je ne sais quelle =ce qu'on ne peut pas nomm]1 qui n'a aucun rapport avec les =ces ord9aires de ce monde1 je ne sais quelle s\rce d'une autre vie laquelle v\s p\rrez boire sans l'puis]1 jusqu' vos d]ni]s j\rs4 ,et cep5dant v\s n'avez pas aid la re9e infatigable2 et v\s songiez autre *ose t&is que l'acte se purifiait votre insu dans le sil5ce de votre tre1 et v5ait augm5t] l'eau prcieuse de ce gr& rs]voir de vrit ou de beaut1 qui n'e/ pas agit comme le rs]voir mo9s pr(ond des p5ses vraies ou belles1 mais demeure p\r t\j\rs l'abri du s\ffle de la vie4 ,il n'y a pas un fait1 pas un vnem5t dans notre exi/5ce1 dit ,em]son1 qui tt ou t>d ne p]dra pas sa =me in]te1 adhsive et qui ne n\s tonn]a pas en pr5ant son essor1 du fond de notre corps1 dans l',empyre4 ,et cela e/ vrai un degr plus haut encore qu',em]son ne l'avait peut-tre prvu1 c> mesure qu'on s'avance en ces lieux1 on dc\vre des sphres plus div9es4 ,on ne sait pas assez ce qu'elle e/1 cette activit sil5cieuse des mes qui n\s ent\r5t4 ,v\s avez dit une p>ole pure un tre qui ne l'a pas comprise4 ,v\s l'avez crue p]due et v\s n'y songiez plus4 ,mais un j\r1 p> has>d1 la p>ole remonte avec des trans=mations in\es1 et l'on peut voir les fruits inatt5dus qu'elle a ports dans les tnbres2 puis t\t retombe dans le sil5ce4 ,mais qu'importe8 on appr5d que ri5 ne se p]d dans une me et que les plus petites ont aussi leurs in/ants de spl5deur4 ,il n'y a pas s'y tromp]2 les plus malheureux mme et les plus dnus ont en dpit d'eux-mmes1 t\t au fond de leur tre1 un trsor de beaut qu'ils ne peuv5t appauvrir4 ,il s'agit simplem5t d'acqurir l'habitude d'y puis]4 ,il faut que la beaut ne demeure pas une fte isole dans la vie mais devi5ne une fte quotidi5ne4 ,il ne faut pas un gr& ef=t p\r tre admis p>mi ceux dans les yeux desquels la t]re en fleurs et les cieux clatants n'entr5t plus p> p>ties inf9itsimales1 mais en masses sublimes et je p>le de fleurs et de cieux plus durables et plus purs que ceux qu'on ap]oit4 ,il y a mille canaux p> lesquels la beaut de notre me peut mont] jusqu' notre p5se4 ,il y a surt\t le canal admirable et c5tral de l'am\r4 ,n'e/-ce pas dans l'am\r que se tr\v5t les plus purs lm5ts de beaut que n\s puissions (frir l'me8 ,il exi/e des tres qui s'aim5t a9si dans la beaut4 ,aim] a9si1 c'e/ p]dre peu peu le s5s de la laideur2 c'e/ dev5ir aveugle t\tes les petites *oses et ne plus entrevoir que la fra*eur et la virg9it des mes les plus humbles4 ,aim] a9si c'e/ ne plus mme avoir beso9 de p>donn]4 ,aim] a9si1 c'e/ ne plus ri5 p\voir ca*] p>ce qu'il n'y a plus ri5 que l'me t\j\rs prs5te ne trans=me en beaut4 ,aim] a9si c'e/ ne plus voir le mal que p\r purifi] l'indulg5ce et p\r appr5dre ne plus confondre le p*eur avec son p*4 ,aim] a9si1 c'e/ lev] en soi t\s ceux qui n\s ent\r5t sur des hauteurs o ils ne peuv5t plus faillir et d'o une action basse doit tomb] de si haut qu'en r5contrant la t]re elle livre malgr elle son me de diamant4 ,aim] a9si1 c'e/ trans=m] sans qu'on le sa*e1 en m\vem5ts illimits1 les int5tions les plus petites qui veill5t aut\r de n\s4 ,aim] a9si1 c'e/ appel] t\t ce qu'il y de beau sur la t]re1 dans le ciel et dans l'me au fe/9 de l'am\r4 ,aim] a9si c'e/ exi/] devant un tre tel qu'on exi/e devant ,dieu4 ,aim] a9si c'e/ voqu] au mo9dre ge/e la prs5ce de son me et de t\s ses trsors4 ,il ne faut plus la mort1 des malheurs ou des l>mes p\r que l'me app>aisse2 il suffit d'un s\rire4 ,aim] a9si1 c'e/ entrevoir la vrit dans le bonheur aussi pr(ondm5t que quelques hros l'entrevir5t aux cl>ts des plus gr&es d\leurs4 ,aim] a9si1 c'e/ ne plus di/+u] la beaut qui se *ange en am\r de l'am\r qui se *ange en beaut4 ,aim] a9si1 c'e/ ne plus p\voir dire o f9it le rayon d'une toile et o comm5ce le bais] d'une p5se commune4 ,aim] a9si1 c'e/ arriv] si prs de ,dieu que les anges v\s possd5t4 ,aim] a9si1 c'e/ embellir ensemble la mme me qui devi5t peu peu l'ange unique dont p>le ,sw$5borg4 ,aim] a9si1 c'e/ dc\vrir *aque j\r une beaut n\velle en cet ange my/rieux1 et c'e/ m>*] ensemble dans une bont de plus en plus vivante1 et de plus en plus haute4--,c> il y a aussi une bont morte qui n'e/ faite que de pass2 mais l'am\r vritable r5d inutile le pass et cre son appro*e un 9puisable av5ir de bont sans malheurs et sans l>mes4 ,aim] a9si1 c'e/ dlivr] son me et dev5ir aussi beau que son me dlivre4 ,si dans l'motion que doit te caus] ce spectacle1 dit propos de *oses analogues le gr& ,plot9 qui de t\tes les intellig5ces que je connais e/ celle qui s'appro*a le plus prs de la div9it1 si dans l'motion que doit te caus] ce spectacle tu ne proclames pas qu'il e/ beau1 et si1 plongeant ton reg>d en toi-mme1 tu n'pr\ves pas alors le *>me de la beaut1 c'e/ en va9 que dans une p>eille disposition tu *]*]ais la beaut intelligible2 c> tu ne la *]*]ais qu'avec ce qui e/ impur et laid4 ,voil p\rquoi1 les disc\rs que n\s t5ons ici ne s'adress5t pas t\s les hommes4 ,mais si tu z reconnu en toi la beaut1 lve-toi la rm9isc5ce de la beaut intelligible444 ,,table ,pages4 ,le ,sil5ce #g ,le ,rveil de l',ame #bi ,les ,av]tis #di ,la ,morale ,my/ique #fe ,sur les ,femmes #ha ,ruysbroeck l',admirable #aja ,em]son #aca ,novalis #aee ,le ,tragique quotidi5 #agi ,l'toile #bje ,la ,bont invisible #bca ,la ,vie ,pr(onde #bec ,la ,beaut intrieure #bhc ,,a*ev ,d',,imprim] le six fvri] mil huit c5t quatre-v+t seize ,,p> ,l',,imprim]ie ,vve ,,alb\y ,,p\r ,,le ,,m]cvre ,,de ,,france