,,john ,,rusk9 ,,pr,,t]ita ,s\v5irs de ,jeunesse ,,traduction ,,de ,mme ,,ga/on ,,p>is ,,pr,,face ,,de ,r4 ,,de ,,la ,,siz]anne ,,p>is ,librairie ,ha*ette et ,cie #gi1 ,,b\lev>d ,,sa9t-,,g]ma91 #gi #aiaa ,figure#ja ,,table ,,des ,,mati,,res ,*apitre ,i4 ,les s\rces de la ,w&el ,*apitre ,,ii4 ,h]ne ,hill4--,les am&i]s en fleur ,*apitre ,,iii4 ,les rives de la ,tay ,*apitre ,,iv4 ,s\s de n\veaux matres ,*apitre ,v4 ,le ,p>nasse et le ,plynlimmon ,*apitre ,,vi4 ,s*affh\se et ,milan ,*apitre ,,vii4 ,papa et maman ,*apitre ,,viii4 ,ve/]1 ,cam5 ,*apitre ,,ix4 ,le col de la ,faucille ,*apitre ,x4 ,quem tu1 ,melpom5e ,*apitre ,,xi4 ,le *ur de ,*ri/ ,*ur* ,*apitre ,,xii4 ,la *apelle de ,roslyn ,*apitre ,,xiii4 ,majorit ,*apitre ,,xiv4 ,rome ,*apitre ,,xv4 ,cum ,*apitre ,,xvi4 ,fonta9ebleau ,,introduction ,voici un livre qui f]a mieux aim] ,rusk9 ceux qui l'aim5t et qui le r5dra encore un peu plus antipa?ique aux autres4 ,c> il y a mis plus de lui-mme que dans ses gr&s ouvrages4 ,c'e/ t\te une vie1 ou du mo9s t\te une jeunesse raconte p> le vieill>d qui l'a vcue1 ce sont les *oses passes de cette vie3 ,prt]ita444 ,ce rcit fut comm5c en #ahhb1 sur les in/ances d'un ami de ,rusk91 le pr(esseur amrica9 ,*>les-,eliot ,norton3 il ne fut jamais f9i4 ,rusk9 l'crivait morceau p> morceau1 luttant contre le mal crbral qui le m9ait4 ,une premire atte9te en #ahgf1 d'autres en #ahha1 en #ahhb et en #ahhe1 l'avai5t bris1 semblait-il4 ,il passait p\r f\4 ,mais1 dans les int]valles de cette folie qui n'tait que de l'anmie1 c'e/--dire dans les brefs rega9s de =ce clbrale1 il se remettait la besogne4 ,il suscitait des travaux *ez ses jeunes confrres1 ditait leurs uvres1 faisait de n\veaux plans de r=me sociale1 enf9 il racontait sa vie4 ,p5dant l't de #ahhi1 tant ,seascale1 sur la cte de ,cumb]l&1 il crut bi5 qu'il p\rrait t]m9] cette autobiographie4 ,il avait rsolu de la p\rsuivre jusqu' ce qu'elle ft p>v5ue l'anne #ahge4 ,il n'avait plus que neuf *apitres crire1 mais ses =ces d'att5tion baissai5t de j\r en j\r4 ,il lui fallut s'av\] lui-mme que la priode active de son exi/5ce t\*ait son t]me4 ,il regagna sa petite habitation de ,brantwood1 dans les bois1 sur le lac de ,coni/on1 et entra dans ce repos du corps qui devait dur] onze ans avant que comm5t enf91 p\r lui1 ce que les croyants appell5t le repos de l'me4 ,prt]ita demeura donc ina*ev1 comme ces portraits qu'on tr\ve dans l'ateli] d'un matre1 aprs sa mort1 poss sur le *evalet1 ent\rs de t\t ce qui s]t les faire1 avec le *>me d'un secret dont la clef a t emporte bi5 lo94 ,il faut savoir gr ,mme ,ga/on ,p>is de n\s avoir donn1 dans une traduction littrale et littraire la fois1 ce portrait1 t\t n\veau p\r n\s1 de l'auteur des ,mod]n ,pa9t]s4 ,mme aprs les tudes si consci5cieuses et si f\illes de ,m4 ,coll+wood et beauc\p plus t>d de ,m4 ,jacques ,b>d\x1 il e/ rvlateur et1 mme si l'on n'a ri5 lu encore de ,rusk9 ni sur ,rusk91 il e/ attirant4 ,c> la p>faite s9crit du n>rateur e/ vid5te et les s\ffrances ou les motions d'une me impressionnable l'excs1 ses purilits mme n\s intress5t t\j\rs1 ds que la vraisemblance en e/ c]tifie et g>antie p> la seule *ose qui c]tifie et g>antit la vrit d'un portrait dont on n'a pas connu le modle3 la vie4 ,or1 ici1 la figure e/ bi5 vivante3 ses biz>r]ies se ju/ifi5t t\tes seules1 ses traits se rejoign5t1 se balanc5t et s'expliqu5t les uns p> les autres4 ,et dans cette bau*e de visage qu'e/ l'enfance d'un homme1 n\s tr\vons dj le trait de dissemblance qui n\s explique en quoi diffr]a des autres la figure df9itive trace plus t>d p> le bur9 des j\rs4 ,ce trait de dissemblance1 c'e/ la passion de la nature p\r elle-mme1 en dehors de t\te ide utilitaire1 ou morale1 ou religieuse1 ou expressm5t littraire4 ,ce gr& trait a t s\v5t mconnu1 encore que trs visible1 p>ce que ,rusk91 p\r gagn] les f\les son en?\siasme1 a fait appel des s5tim5ts auxiliaires inf9im5t plus rp&us1 *ez ses compatriotes1 que le gt de l'e/htique4 ,et1 comme il avait d'ailleurs t =m1 t\t jeune1 p> une =te discipl9e religieuse et tory1 ce fut trs naturellem5t qu'il p>la aux ,anglais de son temps la langue la plus propre les attir] sa religion4 ,mais cette religion tait bi5 celle du ,beau1 telle qu'un arti/e l'pr\ve directem5t dans la nature4 ,ce fut bi5 l le ,dieu qui rj\it sa jeunesse et qui1 lorsqu'il ne crut plus aucun autre1 bnit encore son ge mr4 ,j'ai dit le ,beau et je n'ai pas dit l',art p>ce qu'en effet1 bi5 que ,rusk9 ait crit sur l',art1 ce ne sont pas les uvres d'art qui l'attirr5t t\t d'abord1 et que ce ne fut jamais l'uvre d'art qui l'occupa t\t enti]4 ,il vaudrait mieux que t\s les tableaux v9ss5t prir que si les oiseaux cessai5t de faire leurs nids6 ,ce mot de lui le pe9t assez4 ,ma9tes fois1 on le vit plus t\* p> une belle loi morale que p> une russite te*nique et mo9s proccup de la survie du bu/e que du bonheur de la cit4 ,jamais il n'et compris ni tolr qu'on dveloppt devant lui ce *tif p>adoxe des droits de l',art1 suprieurs l'honntet et la droiture de la vie1 dont depuis si longtemps on n\s rebat les oreilles4 ,et voil1 prcism5t1 ce qui l'a fait considr] comme plus morali/e qu'arti/e p> une critique t\j\rs prte confondre la ,beaut inf9ie et inf9im5t div]se de la ,nature avec les traductions et int]prtations que n\s en donne l',art2 lorsqu'au contraire1 s'il e/ un signe quoi l'on reconnaisse l'arti/e et qui le di/+ue nettem5t de l'amateur d'art1 du collectionneur ou du critique1 c'e/ que celui-l dmle directem5t les nuances les plus subtiles et les c>actres les plus ess5tiels de l'objet mme1 t&is que ceux-ci ont beso9 qu'il les leur ait dmls et montrs p\r les bi5 voir et p\r les admir]6 ,rusk9 n'eut jamais1 aucun mom5t1 beso9 d'un paysagi/e p\r lui rvl] un paysage4 ,t\t enfant1 avant d'avoir c\ru les muses1 il se passionnait p\r les c\leurs2 p\r les spalts sems de galne1 p\r les =mes des montagnes du pays de ,galles1 p\r les jeux de lumire sur le vel\rs cramoisi de la *aire o p>lait le pa/eur4 ,il ombrait en cobalt un cyanomtre p\r mesur] le bleu du ciel3 il dess9ait con/amm5t1 en voyage1 pr5ant des croquis au vol4 ,il re*]*ait les causes de la c\leur des eaux du ,rh94 ,vieill>d1 il r5ona aism5t aux muses1 mais ne put jamais se pass] du bois1 du lac1 de la montagne4 ,il v5dit ses tableaux1 mais il g>da sa f5tre ouv]te sur le tableau t\j\rs *angeant des mat9s et des soirs4 cette passion il sacrifia t\t4 ,il e/ vrai qu'il prfra s\v5t une beaut morale un tableau de matre1 mais il prfra t\j\rs un bel effet de soleil t\s les traits de v]tu et de morale qu'on a pu accumul] dans les rapports l',acadmie1 depuis la fondation du ,prix ,montyon4 ,cette passion t5ait d'abord son tempram5t4 ,il tait n arti/e1 d'une s5sibilit aigu t\s les phnomnes de la =me et de la c\leur et d'une assez gr&e mdiocrit dans t\t le re/e3 ,ma mmoire n'tait que moy5ne1 av\e-t-il1 et je n'ai jamais vu un enfant plus incapable de j\] la comdie ou de racont] une hi/oire2 d'autre "p1 je n'en ai jamais connu un dont le gt p\r le fait1 la *ose vue1 ft la fois aussi ard5t et aussi m?odique4 ,il dit ailleurs2 ,une autre disposition1 trangem5t t5ace *ez moi1 c'e/ cette impossibilit de m'intress] une autre *ose qu' des *oses pro*es ou t\t au mo9s visibles et prs5tes4 ,de mme1 l'algbre l'ennuyait1 il ne put dpass] les quations du second degr1 mais la gomtrie le ravissait et il tait t\j\rs prt trans=m] les raisonnem5ts en figures tangibles ou1 au mo9s1 mesurables4 ,l'horreur de l'ab/rait et de l'embr\ill1 le beso9 quasi-physique de la =me habillant l'ide1 la rapidit saisir les rapports e/htiques des *oses entre elles1 t\t cela l'incl9ait v]s les sci5ces naturelles ou v]s les crations arti/iques1 quelle que ft son ducation et si peu favorable que pt tre son milieu4 ,mais ju/em5t1 son ducation et son milieu fur5t favorables4 ,non pas au reg>d sup]ficiel d'une biographie de dictionnaire ou d'encyclopdie4 tre ne prs d'un (fice de m>*& de v9s1 en ple9e ,cit1 tre lev p> une mre prote/ante rigide1 avec de la ,bible *aque j\r1 et jamais d'excitation dramatique1 ?trale1 ni arti/ique d'aucune sorte1 peut p>atre1 au premi] abord1 comme la pire des prp>ations la vie e/htique4 ,et l'intrt de la prs5te autobiographie e/ prcism5t qu'elle n\s montre comm5t1 du milieu le mo9s arti/e de ,londres1 *ez le peuple le mo9s arti/e de l',europe1 l'poque la mo9s heureuse en arti/es1 a pu sortir le plus pntrant visionnaire qui ait crit sur l',art4 ,c'e/ que la vraie =mation de l'arti/e n'e/ po9t du t\t la pntration des uvres d'art1 mais l'obs]vation en?\sia/e et pati5te de la ,nature1 et qu' vivre dans les muses1 il se =me1 dans l'homme1 un tact de collectionneur1 mais non pas une me de rvlateur de beaut4 ,ce qui fut favorable au dveloppem5t e/htique1 *ez ,rusk91 ce fut la vie sobre1 sil5cieuse et solitaire1 la campagne1 puis1 un peu plus t>d1 les voyages att5tifs et dp\rvus de t\t autre intrt que des s5sations pures4 ,c'e/ une s5sation p>ticulirem5t dlicieuse1 dit-il1 que de p>c\rir les rues d'une ville sans compr5dre un mot de ce qui s'y dit4 ,l'oreille cons]ve1 vis--vis de t\tes les voix1 une imp>tialit absolue2 le s5s des mots ne gne pas p\r reconnatre si la voix e/ gutturale1 s\ple ou suave1 t&is que l'attitude1 le ge/e1 l'expression du visage pr5n5t la valeur qu'ils ont dans la pantomime4 ,t\t l'tre tait prp> p\r vivem5t s5tir4 ,je not]ai1 dit-il1 une trs gr&e dlicatesse du palais et des autres s5s3 odorat1 oue4 ,ce que je dois l'int]diction absolue de t\te espce de gteaux1 v9s1 sucr]ies444 ducation veut dire aussi exemple4 ,rusk9 avait s\s les yeux l'exemple de son pre1 la fois passionn de spectacles naturels1 curieux de les reproduire p> le dess9 et physiologiquem5t d\ au po9t d'tre le meilleur dgu/ateur de crus r>es et non pas simplem5t le plus gr& importateur de ,xrs4 ,si la facult arti/ique ou e/htique ti5t bi5 plus des conditions physiologiques et un dveloppem5t des s5s qu' une disposition intellectuelle et un remplissage de la mmoire1 on voit que ,rusk9 tait bi5 mieux prp> sa t*e p> ses in/9cts de naturali/e et p> son milieu b\rgeois que le rat de biblio?que ou le policeman qui se promne dans la ,national ,gall]y peuv5t l'tre p> ce qu'ils lis5t ou ce qu'ils voi5t t\s les j\rs4 ,aussi1 qu'on le note bi51 ne sont-ce pas du t\t les tableaux et les /atues qui l'attir5t durant les voyages qu'il fait dans sa jeunesse1 mais les =mes *angeantes du ciel et de la t]re qu'il t5te de reproduire1 et t\s ceux d'entre n\s qui ont vu ses dess9s sav5t avec quelle ju/esse1 quelle unit d'impression et quelle sobrit6 ,gnes1 il ne *]*e mme pas voir les ,van ,dyck qui sont dans les palais1 mais il erre dans le ddale des petites rues et dess9e l'amphi?tre des maisons qui ent\r5t la rade1 s\t5ues p> leurs vieilles ar*es4 ,flor5ce1 il n'e/ frapp p> ri51 ne compr5d ri51 n'pr\ve1 du fait de l'art1 qu'une commotion viol5te3 ,mi*el-,ange6 ,mais1 p>t\t1 il e/ att5tif aux mo9dres passages de tons et de c\leurs1 et t5te d'en dc\vrir les raisons4 ,c'e/ plus t>d1 seulem5t1 que cette passion p\r la *ose vue l'amne tudi] *ez les gr&s arti/es comm5t ceux-ci l'ont vue4 ,et ayant1 ma9tes et ma9tes fois1 obs]v dans la nature les effets de ,turn]1 il se pr5d d'en?\siasme la premire fois qu'il dc\vre ce qu'en a tir ,turn]4 ,mais sans ,turn] et sans aucun arti/e1 ,rusk9 aurait t ,rusk9 et aurait pu crive la plus gr&e p>tie des ,mod]n ,pa9t]s4 ,voil le gr& trait de dissemblance qui le sp>e des autres criva9s d'art4 ,leur vocation a t dcide p> la vue d'uvres d'art qui p>fois les ont am5s obs]v]1 et l1 les beauts de la ,nature4 ,sa vocation lui a t dcide p> cette obs]vation directe4 ,leurs dc\v]tes n'ont jamais t que des dc\v]tes dans les limites d'un cadre de tableau2 les si5nes ont t des dc\v]tes dans le doma9e mme de la nature et il n'e/ pas ncessaire d'avoir visit un seul muse p\r les contrl] et p\r s'en saisir4 ,p>mi les circon/ances favorables cette =mation e/htique1 j'ai cit les voyages4 ,il ne s'agit pas du voyage tel que n\s le connaissons et tel que le fait1 trav]s les espaces1 un b\let de canon1 mais de la prom5ade en *aise de po/e1 avec t\s ses imprvus1 ses dcon=ts1 mais aussi avec ses haltes frqu5tes1 ses *angem5ts d'it9raires possibles1 ses longues contemplations du mme horizon1 ses arrives p> les vieilles portes ou au mo9s p> les vieilles entres des villes4 ,c\rir la po/e1 en ce temps-l1 tait si rp&u qu'aux relais1 dans quelque pays qu'on se tr\vt1 aux cris de3 ,des *evaux6 des *evaux6 on voyait app>atre1 s\s la porte co*re1 le po/illon en bottes et en ve/e de c\leur voyante1 mont sur ses *evaux cap>aonns qui trottai5t gaiem5t4 ,pas de sige p> devant1 pas de co*]2 mais quatre l>ges vitres qui f]mai5t h]mtiquem5t1 glissant l'une sur l'autre1 et qui se baissai5t aussi sans la mo9dre pe9e4 ,ces glaces =mai5t un l>ge cadre m\vant1 une sorte de f5tre en saillie trav]s laquelle on p\vait voir la campagne444 t\tes ces conditions de con=t et d'agrm5t1 aj\te ,rusk91 le mod]ne t\ri/e la vapeur doit1 en imag9ation1 aj\t] celle qui dom9e t\tes les autres3 p\voir p>tir de l'heure qu'on veut et1 si on e/ en ret>d1 faire att5dre les *evaux444 ,le voyage1 a9si dcrit1 et t ana*ronique p\r un lecteur d'il y a v+t ans et les it9raires tracs p> ,rusk9 l'euss5t intress mdiocrem5t4 ,ce sont des impressions t\t actuelles p\r le t\ri/e d'auj\rd'hui et les it9raires suivis p> l'auteur des ,mod]n ,pa9t]s sont exactem5t ceux qu'ont recomm5c de suivre les automobiles succdant1 sur les mmes r\tes1 aprs soixante ans d'int]ruption1 aux *aises de po/e4 ,on ne crie plus3 ,des *evaux6 des *evaux6 en arrivant aux aub]ges4 ,on rclame d'autres moteurs du m>*& d'ess5ce1 deb\t sur le pas de sa porte1 entre ses bicyclettes et ses bidons4 ,le pittoresque a p]du1 sans d\te1 dans l'intrieur de la ville4 ,mais1 en ple9e campagne1 p\rvu qu'on ne soit pas affol de vitesse1 on peut retr\v] beauc\p des impressions du voyage en *aise de po/e qui tai5t p]dues depuis les *em9s de f]4 ,on y s]a aid en lisant ce livre4 ,des ombres voyageuses se lv]ont p\r flott] avec n\s sur la r\te solitaire1 lorsque l'cre p>fum des h]bes de la valle semble l'me errante de la nuit claire4 ,av5tures de co*es1 c>rosses r5contrs1 *aises v]ses s\s les balu/res de la vieille t]rasse1 tor*es sortant du *teau inconnu1 de/9es frles p5dant une heure1 silh\ettes entrevues et disp>ues jamais3 t\t ce qu'voquait nos imag9ations le voyage de nos pres vi5t repass] devant nos yeux1 aux lueurs rapides des fanaux de l'automobile4 ,les pages qu'on va lire tai5t oublies1 hi] encore1 comme nos gr&es vieilles r\tes de ,france1 depuis soixante ans ab&onnes p\r la voie f]re4 ,auj\rd'hui1 les r\tes se rempliss5t n\veau et reviv5t4 ,ces pages aussi4 ,multa r5asc5tur444 ,,rob]t ,,de ,,la ,,siz]anne4 ,,pr,,face ,j'ai runi ces s\v5irs des ef=ts et incid5ts de ma vie passe p\r mes amis et p\r ceux qui ont aim mes livres4 ,je les ai donc crits simplem5t1 comme on cause1 m't5dant un peu longuem5t peut-tre sur les *oses que j'avais plaisir me rappel]1 avec beauc\p de so9 sur celles que je m'imag9e p\voir tre utiles aux autres2 au contraire1 passant s\s sil5ce les s\v5irs qui n'avai5t ri5 d'agrable1 et dont le rcit ne p\vait tre d'aucun pr(it p\r le lecteur4 ,ma vie1 a9si prs5te1 m'a p>u plus amusante que je n'avais p5s lorsque j'ai comm5c ressuscit] t\t ce long pass avec ses m?odes d'tude et ses pr9cipes de travail que je me crois en droit de recomm&] d'autres travailleurs--m?odes et pr9cipes que1 trs c]ta9em5t1 les fidles lecteurs de mes ouvrages compr5dront d'autant mieux qu'ils s]ont plus famili>iss avec mon c>actre4 ,jusqu'ici1 sans aucun p>ti pris de ca*ott]ie1 je ne me suis jamais atta* l'expliqu]2 je tr\vais mme1 je l'av\e1 un c]ta9 plaisir1 je mettais une c]ta9e coquett]ie c\rir le risque d'tre incompris4 ,je trace ces quelques lignes de prface le j\r anniv]saire de la naissance de mon pre1 dans la pice qui1 autrefois1 me s]vait de nurs]y1 dans la vieille maison o1 il y a ju/e soixante-deux ans1 il n\s am5ait1 ma mre et moi3 j'avais alors quatre ans4 ,ce qui1 sans cette p5se1 p\rrait1 dans les pages qui vont suivre1 sembl] n'tre que le simple passe-temps d'un vieill>d qui s'amuse cueillir des fleurs imag9aires dans les prairies de sa jeunesse1 a pris1 mesure que j'crivais1 la =me plus noble d'un respectueux hommage la mmoire de mes p>5ts1 ces p>5ts auxquels je dois ce qu'il y a de meilleur en moi1 et dont le *] s\v5ir enlve mme t\te tri/esse au dcl9 de mes j\rs--si d\x m'e/ l'espoir de les rejo9dre bi5tt4 ,h]ne ,hill1 #aj mai #ahhe4 ,,pr,,t]ita ,,s\v5irs ,,de ,,jeunesse ,,*apitre ,i ,,les ,,s\rces ,,de ,,la ,,w&el ,je suis1 et mon pre le fut avant moi1 un enrag tory de la vieille cole2 j'ent5ds de l'cole de ,walt] ,scott et d',homre4 ,si je cite ces deux noms entre tant de gr&s criva9s tories1 c'e/ que je les aime p>ticulirem5t1 qu'ils ont t mes matres4 ,je lisais les romans de ,walt] ,scott et l',iliade1 traduction ,pope1 d'un b\t de la sema9e l'autre1 qu& j'tais enfant2 le diman*e1 p> contre1 c'tait ,rob9son ,cruso et le ,pilgrim's ,progress1 ma mre ayant dcid dans son cur de faire de moi un cl]gyman vanglique4 ,=t heureusem5t1 j'avais une tante1 encore plus vanglique que ma mre1 qui me faisait mang] du gigot froid le diman*e1 et je ne l'aimais que *aud4 ,ce gigot froid a fait le plus gr& tort aux ides du ,pilgrim's ,progress4 ,et voil p\rquoi1 en f9 de compte1 t\t en m'appropriant le noble et potique enseignem5t de ,defoe et de ,bunyan1 je ne suis pas dev5u un cl]gyman vanglique4 ,je recevais encore un meilleur enseignem5t1 que j'y fusse dispos ou non1 t\s les j\rs de la sema9e4 ,walt] ,scott et ,homre1 c'tait les lectures de mon *oix2 en mme temps1 ma mre m'obligeait appr5dre p> cur de longs *apitres de la ,bible4 ,de plus1 il me fallait lire haute voix1 en prononant *aque syllabe et en articulant les noms les plus rb>batifs1 le ,livre ,sacr1 depuis la ,g5se jusqu' l',apocalypse1 au mo9s une fois l'an4 ,c'e/ cette discipl9e--pati5te1 trs exacte et trs f]me--que je dois non seulem5t une connaissance de la ,bible qui m'a s\v5t t prcieuse1 mais la facult que j'ai de me donn] de la pe9e1 et aussi le meilleur de mon gt en littrature4 ,des romans de ,walt] ,scott1 j'eusse pu facilem5t1 mesure que j'avanais en ge1 tomb] d'autres romans2 et ,pope aurait pu m'am5] pr5dre l'anglais de ,johnson ou de ,gibbon comme type2 mais qu& j'eus appris p> cur1 non seulem5t le tr5te-deuxime *apitre du ,deutronome1 le ,c,x,v,i,i,ie psaume1 le ,x,ve *ap4 de la ,ire aux ,cor9?i5s1 le ,s]mon sur la ,montagne et la plus gr&e p>tie de l',apocalypse1 comme j'ai t\j\rs aim me r5dre compte p> moi-mme de ce que les mots veul5t dire1 il ne m'a plus t possible1 mme aux j\rs de ma plus folle jeunesse1 d'crire un anglais t\t fait de surface ou de conv5tion4 ,t\t au plus aurais-je pu tomb] dans l'innoc5te manie de pa/i*] le /yle de ,hook] ou de ,george ,h]b]t4 ,c'e/ donc mes matres prfrs1 ,scott et ,homre1 que je dois mon toryisme1 toryisme que t\tes mes obs]vations ultrieures et mon expri5ce n'ont s]vi qu' confirm]4 ,j'ent5ds p> l un am\r s9cre p\r les rois et une horreur in/9ctive p\r quiconque t5tait de leur dsobir4 ,il e/ vrai qu',homre et ,scott me donnai5t d'tranges ides sur les rois1 ides qui sont =t dmodes l'heure actuelle2 c> il e/ bon de rem>qu] que l'auteur de l',iliade aussi bi5 que celui de ,wav]ley exig5t de leurs rois et de leurs p>tisans les t*es les plus hroques4 ,tyde ou ,idomne tuai5t v+t ,troy5s p\r un1 et ,r$gauntlet h>ponnait plus de saumons qu'aucun des p*eurs du ,solway2 qui plus e/--et cela me remplissait d'admiration--non seulem5t ils accomplissai5t plus de hauts faits que les autres hommes1 mais1 t\te proportion g>de1 ils en tirai5t inf9im5t mo9s de pr(it2 que dis-je1 les meilleurs d'entre eux tai5t prts g\v]n] p\r ri51 laissant leurs p>tisans le so9 de se p>tag] le but94 l'heure actuelle1 il me semble que l'ide de roi a *ang et que le devoir des hauts p]sonnages a p>u tre en gnral de g\v]n] mo9s et d'en tir] plus d'avantages4 ,si bi5 qu'il e/ =t heureux1 p\r mes convictions1 qu'au temps de ma jeunesse je n'aie pu contempl] la royaut que de lo94 ,la tante qui me faisait mang] du gigot froid le diman*e tait une sur de mon pre2 elle habitait ,bridge-end1 dans la petite ville de ,p]?1 et avait un j>d9 ple9 de groseilli]s maqu]eau qui desc5dait en p5te jusqu' la ,tay2 une petite porte ouvrait sur la rivire qui c\rait vive et claire4 ,le c\rant rapide1 les rem\s1 les t\rbillons1 quel monde inf9i1 quel spectacle p\r un enfant6 ,mon pre avait db dans le comm]ce des v9s1 sans capitaux et avec un /ock considrable de dettes que lui avait lgu mon gr&-pre4 ,il accepta la succession et paya ce qui tait d1 jusqu'au d]ni] s\1 avant de song] ri5 mettre de ct1 ce qui le fit trait] d'imbcile p> ses meilleurs amis4 ,p\r moi1 sans port] un jugem5t sur ses ides que je savais en telles matires tre au mo9s aussi /rictes que les mi5nes1 j'ai fait grav] sur la plaque de granit de son tombeau qu'il fut un m>*& intgre4 ,plus t>d1 il se tr\va en situation de l\] une maison dans ,hunt] ,/reet1 ,brunswick ,squ>e1 dont les f5tres1 =t heureusem5t p\r moi1 donnai5t sur un tonnant po/e d'eau o les tonneaux d'arrosage v5ai5t se remplir4 ,le nez coll aux vitres1 je voyais de m]veilleuses petites trappes se s\lev] p\r donn] passage des tuyaux qui avai5t des airs tranges de boas con/rictors2 je n'tais jamais las de contempl] ce my/re et le dlicieux ruissellem5t qui en rsultait4 ,les annes passant1 je p\vais avoir alors quatre c9q ans1 mon pre put se donn] le luxe1 p5dant les deux mois d't1 d'une *aise de po/e deux *evaux p\r faire la t\rne *ez ceux de ses cli5ts qui habitai5t la campagne1 ce qui tait p\r ma mre et moi l'occasion d'un dlicieux petit voyage4 ,c'e/ a9si1 au petit trot1 p> les quatre f5tres de la voiture qui encadrai5t le paysage la faon d'un panorama1 p]* sur une petite banquette en avant 7c>1 l\ant la *aise p\r deux mois1 n\s la faisions ag5c] et organis] notre gr71 que je vis les gr&es r\tes et mme la plup>t des r\tes transv]sales de l',anglet]re1 du ,pays de ,galles1 la plus gr&e p>tie des l[l&s d'cosse1 jusqu' ,p]? o1 t\s les deux ans1 n\s passions l't4 ,je lisais l',abb ,k9ross1 le ,mona/re ,gl5 ,f>g1 que je confondais avec ,gl5de>g1 et j'tais aussi sr que la ,dame ,blan*e avait vcu sur les bords du petit ruisseau de la valle des ,o*ils1 que la re9e d'cosse dans l'le de ,lo* ,lev54 ,c'e/ a9si que1 p\r mon plus gr& pr(it1 p5dant t\te mon enfance et ma jeunesse1 je visitai les plus beaux *teaux de l',anglet]re4 ,ces magnifiques demeures m'inspirai5t un respect1 une admiration o il aurait t impossible de relev] la plus lgre trace d'envie4 ,je m'ap]u trs vite1 ds que je fus en ge de faire des obs]vations philosophiques1 qu'il tait inf9im5t prfrable d'habit] une mode/e petite maison et d'avoir la joie de visit] ,w>wick et de l'admir]1 que d'habit] ,w>wick et de ne s'tonn] de ri52 en t\s cas1 que ,brunswick ,squ>e ne s]ait en ri5 plus agrable habit]1 si l'on dmolissait le *teau de ,w>wick4 l'heure actuelle1 bi5 que j'aie reu les plus aimables invitations de v5ir visit] l',amrique1 il me s]ait impossible1 ft-ce p\r deux ou trois mois1 de vivre dans un pays assez malheureux p\r ne pas possd] de *teaux4 ,quoi qu'il en soit1 t\tes mes ides sur la royaut me v5ant surt\t du ,fitz ,james de la ,dame du ,lac1 et mes ides sur la noblesse du ,d\glas de la mme ,dame ou du ,d\glas de ,m>mion1 un tonnem5t pnible envahit mon c]veau d'enfant lorsque je dus con/at] que1 de nos j\rs1 les *teaux tai5t t\j\rs inhabits4 ,tantallon tait t\j\rs deb\t1 mais d',ar*ibald d',angus1 po9t4 ,/irl+ n'avait pas *ang1 mais on n'y r5contrait pas de *evali] de ,sn[don4 ,les gal]ies1 les p>cs d',anglet]re tai5t admirables1 mais ,sa ,seigneurie1 ,mme la ,du*esse1 t\j\rs en ville2 c'tait du mo9s la rponse inv>iable des j>d9i]s ou des femmes de *>ge4 ,alors1 je faisais des vux passionns p\r une ,re/auration1 une vraie ,re/auration1 c> je s5tais vaguem5t que la t5tative de ,*>les ,,ii1 ce n'tait pas cela1 bi5 que je portasse pieusem5t1 le #bi mai1 une pomme de *ne dore ma b\tonnire4 ,la ,re/auration de ,*>les ,,ii1 p\r moi1 comp>e la ,re/auration de mes rves1 tait ce que la pomme de *ne dore tait une vraie pomme4 ,avec les annes1 la raison aidant1 l'envie de mang] de bonnes re9ettes bi5 sucres plutt que des pommes cres et de voir des rois vivants plutt que des rois morts m'app>ut comme aussi raisonnable que romantique2 et depuis1 le pr9cipal objectif de ma vie a t\j\rs t de cultiv] des re9ettes1 et mon esprance la plus *re1 de voir des rois#a4 ,j'ai eu beau *]*]1 il m'a t impossible de donn] ces ides1 ou prjugs1 une orig9e ari/ocratique2 c> je ne sais ri5 de mes aeux1 soit du ct de mon pre1 soit du ct de ma mre1 si ce n'e/ que ma gr&'mre mat]nelle tait la propritaire de la ,tte du ,vieux ,roi1 dans la rue du ,m>* ,croydon2 que n'e/-elle encore de ce monde1 et que ne puis-je lui pe9dre1 comme enseigne1 la tte de ,roi de ,simone ,memmi6 ,mon gr&-pre mat]nelle l'ai dj dit1 tait m>9 et il avait c\tume de s'emb>qu] ,y>m\?1 comme ,rob9son ,cruso2 il ne rev5ait que de lo9 en lo9 maison o il ram5ait la gaiet et la joie4 ,j'ai quelque ide qu'il tait dans les h>5gs comme mon pre tait dans les v9s1 mais je ne sais ri5 de positif cet g>d1 ma mre se montrant t\j\rs trs rs]ve ce sujet4 ,il gtait ma mre a9si que sa cadette1 autant qu'il tait possible4 ,seule1 la mo9dre dissimulation--que dis-je8--la mo9dre exagration ne tr\vait pas grce devant lui4 ,un j\r qu'il avait pris ma mre en flagrant dlit de m5songe1 il envoya sur l'heure la s]vante a*et] t\te une poigne de ramilles neuves af9 de la fu/ig]4 ,cela ne me fit pas aussi mal que s'il m'avait f\ette avec une seule baguette1 dit ma mre1 mais cela me donna beauc\p rfl*ir4 ,mon gr&-pre m\rut tr5te-deux ans p\r avoir v\lu entr] ,croydon *eval plutt qu' pi$4 ,il eut la jambe crase contre le mur2 la blessure s'tant env5ime1 il en m\rut4 ,ma mre avait alors sept ou huit ans1 elle allait *ez ,mrs ,rice qui t5ait un ext]nat assez fa%ionable p\r ,croydon4 ,elle y fut leve dans les pr9cipes vangliques et dev9t une petite fille modle2 t&is que ma tante1 que les pr9cipes vangliques faisai5t cabr]1 fut bi5tt la fois l'enfant t]rible et l'enfant gt de la maison4 ,ma mre1 qui avait beauc\p de moy5s et une bonne dose d'am\r-propre1 dev5ait t\s les j\rs plus p>faite1 sans se laiss] intimid] p> les raill]ies de sa cadette1 qui p\rtant l'adorait4 ,cette petite sur avait beauc\p plus d'esprit1 inf9im5t mo9s d'orgueil et pas de s5s moral4 ,lorsque ma mre fut dev5ue une mnagre accomplie1 on l'envoya en cosse p\r dirig] la maison de mon gr&-pre pat]nel4 ,celui-ci tait alors =t occup se ru9]2 il ne t>da pas y p>v5ir et f9it p> en m\rir4 ,c'e/ alors que mon pre p>tit p\r ,londres2 il tr\va un emploi dans une gr&e maison de comm]ce o1 p5dant neuf ans1 il travailla sans pr5dre un seul j\r de cong2 au b\t de ce temps1 il comm5a les affaires son compte1 paya les dettes de son pre et p\sa sa p]fection de c\s9e4 ,l'autre petite c\s9e1 ma tante1 qui tait re/e ,croydon1 avait p\s un b\lang]4 ,lorsque j'eus quatre ans--poque o mes s\v5irs comm5c5t se prcis]--la situation comm]ciale de mon pre ,londres pr5ant t\s les j\rs plus d'importance1 on et pu con/at] un lg]1 oh6 trs lg] emb>ras et t\t fait inexplicable p\r moi comme enfant1 entre notre maison de ,brunswick ,squ>e et la b\lang]ie de la rue du ,m>* ,croydon4 ,ce qui n'emp*ait pas que *aque fois que mon pre tait malade--et les s\cis et le travail l'avai5t dj durem5t m>qu de leur empre9te--n\s n\s en allions t\s ,croydon p\r n\s faire gt] p> la bonne petite tante1 et c\rir sur la coll9e de ,duppas et dans les bruyres d',add+ton4 ,ma tante habitait une petite maison qui passe encore p\r la plus belle de la rue du ,m>*1 avec deux f5tres au second au-dessus de la b\tique2 ce qui se passait dans ces rgions suprieures m'inquitait peu1 mo9s que mon pre n'y ft occup faire quelque dess9 l'encre de ,*9e1 auquel cas je m'asseyais prs de lui et je le reg>dais faire dvotem5t2 mais ce que je prfrais p>-dessus t\t1 c'tait la b\tique2 le f\rnil et les pi]res qui ent\rai5t la petite s\rce de cri/al 7depuis longtemps1 hlas6 engl\tie p> l'g\t mod]ne72 mon plus *] compagnon tait le *i5 de ma tante1 ,t[z]1 qu'elle avait recueilli p> piti1 trans=mant la pauvre bte errante1 h>gneuse et affame1 en un brave et bon *i5 ple9 de cur3 procd dont elle usa t\te sa vie l'g>d de t\s les tres vivants qu'elle croisa sur sa r\te4 ,ple9em5t satisfait d'avoir de lo9 en lo9 une vision des rivires du ,p>adis1 je vcus jusqu' plus de quatre ans sans quitt] p\r a9si dire ,hunt] ,/reet2 l't1 et seulem5t p5dant quelques sema9es1 n\s l\ions des *ambres meubles dans de petits cottages la campagne 7de vrais cottages1 non des villas baptises du nom de *aumires71 soit aux environs d',hamp/ead1 soit ,dulwi*1 *ez ,mrs ,ridley1 la d]nire maison au b\t du petit *em9 bord de haies qui conduit aux pla9es de ,dulwi*1 et qui lui-mme tait t\t fleuri de b\tons d'or au pr9temps et t\t noir de mres l'automne4 ,mais les s\v5irs les plus prcis qui me soi5t re/s de cette poque sont ceux qui se rapport5t ,hunt] ,/reet4 ,le gr& pr9cipe d'ducation de ma mre1 c'tait1 grce une troite surveillance1 de me prs]v] autant que possible de t\t mal et de t\t dang]2 ceci admis1 je p\vais m'amus] ma guise1 condition de n'tre ni de mauvaise humeur1 ni ennuyeux4 ,la rgle tablie v\lait qu'on ne s'occupt pas de m'amus]2 moi de tr\v] des jeux3 les j\j\x mme tai5t d'abord df5dus2 et la commisration qu'excitait1 *ez ma tante de ,croydon1 mon dnuem5t mona/ique cet g>d tait sans borne4 l'occasion de mon j\r de naissance1 une fois1 p5sant faire rev5ir ma mre sur sa dt]m9ation grce la spl5deur du cadeau1 elle m'avait a*et le plus beau poli*9elle qu'elle et pu tr\v] au baz>3 un ,poli*9elle et une mre ,gigogne presque aussi gr&s que nature1 vtus d'c>late et d'or1 et qui ge/iculai5t qu& on les atta*ait au pi$ d'une *aise4 ,ces pant9s m'ont fait une gr&e impression2 je les vois encore1 t&is que ma tante les faisait dans] devant moi4 ,ma mre ne dit ri5 d'abord--qu'aurait-elle pu dire8--mais1 quelques heures plus t>d1 tranquillem5t1 elle dcl>a qu'elle ne tr\vait pas bon que j'eusse ces j\j\x2 et je ne les ai jamais revus4 ,je j\ais d'ord9aire avec un tr\sseau de clefs1 du mo9s tant que je tr\vai plaisir reg>d] ce qui brille et faire t9t] ce qui sonne2 plus t>d1 j'eus une petite *>rette et une balle2 v]s c9q ou six ans1 on me donna deux botes de morceaux de bois1 bi5 lisses et bi5 taills4 ,avec ces mode/es trsors1 qu' l'heure actuelle je considre encore comme absolum5t suffisants1 d'ailleurs f\ett immdiatem5t ds que je pleurais1 que je dsobissais ou que je tombais dans l'escali]1 je ne t>dai pas me crer de sres et s]e9es m?odes de vie et de m\vem5t4 ,je p\vais m'amus] t\te la j\rne suivre le dess9 et comp>] les nuances de mon tapis1 exam9] t\s les nuds du p>quet2 un autre div]tissem5t tait de compt] les briques des maisons d'en face2 et je ne p>le pas des int]mdes passionnants que me procurait le remplissage du tonneau d'arrosage au moy5 de son s]p5t de cuir fix la colonne ruisselante de la pompe1 ou le procd plus admirable encore p> lequel le cantonni] ouvrait avec sa gr&e clef de f] le rob9et et faisait jaillir un imm5se jet d'eau au milieu de la rue4 ,mais le tapis1 et les dess9s de t\tes sortes des rideaux1 c\vre-lits1 papi]s de t5ture1 tai5t mes plus prcieuses ress\rces2 l'intrt qu'ils m'inspirai5t tait tel que1 lorsqu'on me conduisit *ez ,mr ,nor?cote qui devait faire mon portrait--je p\vais avoir trois ans ou trois ans et demi--je n'tais pas avec lui depuis dix m9utes que je m'intressais dj son tapis et que je lui dem&ais p\rquoi il avait des tr\s4 ,le portrait en "q reprs5te un joli enfant aux *eveux blonds1 en robe blan*e1 une robe de petite fille1 avec une l>ge ce9ture bleu de ciel1 et des s\li]s du mme bleu1 qui n'tai5t pas mo9s l>ges p\r les pi$s que la robe p\r le corps4 ,on avait envoy au vieux pe9tre t\s les objets de ma toilette1 af9 qu'il n'y et ri5 de laiss au has>d2 mais s'ils tai5t leur place dans la nurs]y1 ils tonnai5t dans un portrait o je suis reprs5t c\rant dans un *amp sur la lisire d'une =t4 ,les troncs des arbres c\p5t transv]salem5t le fond du tableau la manire de ,sir ,jo%ua ,reynolds1 t&is que deux coll9es rondes1 du mme bleu que les s\li]s1 s'lv5t l'horizon4 ,c'e/ sur ma dem&e que ,nor?cote avait mis ces coll9es2 j'avais dj t une fois1 peut-tre deux fois en cosse2 ma bonne1 une cossaise1 me *antait lorsque n\s appro*ions de la ,twe$ ou de l',esk3 ,= ,scotl&1 my d>l+1 lies full 9 ?y view1 ,) h] b>efoot$ lassies1 & m\nta9s s blue#b4 ,et l'ide de coll9es dans un lo9ta9 bleu s'associait dans mon esprit aux plus pures joies de la vie1 c'e/--dire au j>d9 de ma tante1 le j>d9 ple9 de groseilli]s qui desc5dait en p5te jusqu' la ,tay4 ,mais le simple fait que j'eusse rpondu au vieux ,mr ,nor?cote me dem&ant ce que j'aim]ais qu'il peignt comme fond mon portrait 7et j'imag9e qu'il dut tre =t tonn de la nettet de ma rponse71 le simple fait que j'eusse rpondu3 des coll9es bleues1 et non des groseilli]s1 me p>at--sans qu'il y ait l1 je crois1 aucune t5dance morbide faire trop de cas de ma p]sonnalit--suffisamm5t curieux et ple9 de promesses de la "p d'un enfant de l'ge que j'avais alors4 ,j'aj\t]ai qu'ayant t1 a9si que je l'ai dit dj1 rgulirem5t f\ett t\tes les fois que je me r5dais insupportable1 l'habitude que j'avais prise de re/] p>faitem5t tranquille en*antait le vieux pe9tre2 je p\vais en effet pass] des heures immobile compt] les tr\s du tapis ou le reg>d] press] ses tubes1 opration qui me remplissait d'admiration2 mais si j'aimais voir tal] les c\leurs sur la palette1 je ne me s\vi5s pas de m'tre le mo9s du monde intress la manire dont ,mr ,nor?cote les posait sur la toile2 mes ides sur l'art et les joies qu'il p\vait procur] tai5t alors indissolublem5t lies la possession d'un imm5se pot de pe9ture du plus beau v]t et un gros p9ceau qui en sortait t\t ruisselant4 ,ma tranquillit faisait donc les dlices du vieux pe9tre2 aussi supplia-t-il mon pre et ma mre de p]mettre que je posasse p\r un de ses tableaux4 ,je reprs5tais un enfant t5du sur une peau de lop>d1 t&is qu'un homme des bois lui enlevait une p9e qu'il s'tait enfonce dans le pi$4 ,jusqu'ici les m?odes de mon ducation aussi bi5 que les circon/ances ne p\vai5t gure1 il me semble1 tre plus favorables1 tant donn un enfant de mon tempram5t2 mais la manire dont je fis mes dbuts dans les lettres me p>at trs conte/able1 et je n'introduirai pas cette m?ode dans les coles de ,sa9t-,george sans y apport] de gr&es modifications4 ,je me refusais absolum5t appr5dre lire en sp>ant les syllabes1 t&is que j'appr5ais facilem5t des phrases entires p> cur1 montrant avec mon doigt et sans me tromp] t\s les mots de la page mesure que je les prononais4 ,seulem5t1 il ne fallait pas les *ang] de place4 ,ce que voyant1 ma mre r5ona aux leons de lecture1 esprant qu'avec le temps je cons5tirais adopt] le sy/me rp&u de l'tude p> syllabes4 ,je cont9uai donc m'amus] ma manire1 appr5dre des mots enti]s qui se gravai5t dans ma tte comme des dess9s4 ,l'ef=t que je faisais a9si p\r saisir les mots en bloc m'tait facilit p> l'admiration pr(onde que m'inspirai5t les c>actres d'imprim]ie que je me mis copi]1 p\r mon plaisir1 comme d'autres enfants aurai5t copi des *i5s ou des *evaux4 ,l'inscription suivante1 qui e/ le fac-simile de la premire page de mes ,sept ,palad9s du ,*ri/ianisme 7 rem>qu] le c>actre orig9al de la lettre ,l et la hauteur du ,g7 e/1 je crois1 une de mes premires t5tatives dans ce g5re2 et comme le ,de/9 a v\lu que les premires lignes de la lettre crite c9quante ans plus t>d1 o je faisais mes recomm&ations ,mr ,burgess1 prs5te quelques traits de ressemblance assez frappants1 j'ai p5s qu'il s]ait intressant de les reproduire ensemble tels que4 ,figure #jb ,ma mre1 comme elle me l'a dit plus t>d1 m'avait sol5nellem5t v\ ,dieu ds avant ma naissance1 suivant en cela l'exemple d',anne1 la mre du prophte ,samuel4 ,on r5contre a9si d'excell5tes femmes disposes se db>rass] prmaturm5t de leurs enfants3 sans d\te1 dans l'ide que les fils de ,zbde ne devant pas tre assis la gau*e et la droite du ,*ri/1 elles peuv5t espr] que leurs propres fils p\rront1 dans l't]nit1 occup] cette respectable situation1 surt\t si elles le dem&5t trs humblem5t *aque j\r au ,*ri/4 ,elles oubli5t1 hlas6 dans leur simplicit1 que la *ose ne dp5d pas uniquem5t de ,lui4 ,figure #jc3 ,fac-simil de l'criture de ,rusk94--,,lettre ,,crite ,,en #ahhc4 ,v\ ,dieu v\lait dire1 p\r ma mre1 autant qu'elle se compr5ait1 m'envoy] l',univ]sit1 faire de moi un cl]gyman3 je fus donc lev p\r l'glise4 ,mon pre--que son me repose en paix6--qui avait la trs mauvaise habitude de s'incl9] devant la volont de ma mre t\tes les fois que les *oses avai5t de l'importance1 et de faire sa tte lorsqu'elles n'en avai5t po9t1 s\ffrit sans mot dire que je fusse s\/rait au comm]ce du v9 de ,xrs1 comme tant *ose impure2 peut-tre1 au fond1 les ambitions de ma mre mon g>d le flattai5t-elles4 ,c> je me s\vi5s que bi5 des annes plus t>d1 causant avec un de nos amis1 un arti/e1 gr& admirateur de ,raphal1 qui se dsesprait que j'eusse eu l'audace d'expos] au public mes ides sur ,turn] et ,raphal1 et s'criait3 ,quel dommage6 quel aimable cl]gyman il et fait4--,oui1 reprit mon pre les l>mes aux yeux 7l>mes les plus vraies1 l>mes les plus t5dres que jamais pre ait v]ses7 oui1 il s]ait dev5u vque4 ,=t heureusem5t p\r moi1 ma mre1 avec le s5tim5t qu'elle remplissait un devoir1 quels que fuss5t d'ailleurs ses secrets espoirs d'av5ir1 me conduisit de trs bonne heure aux (fices o1 en dpit de mes habitudes paisibles et du flacon d'or cisel de ma mre que l'on m'ab&onnait dans ces gr&es occasions1 je m'ennuyais affreusem5t4 ,je ne connaissais ri5 de plus tri/e que le banc de l'glise1 pas de j\r plus lugubre que le diman*e1 pas d'endroit o il me semblait plus difficile de se t5ir tranquille4 7,songez que1 ds le mat91 on me retirait les livres que j'aimais le plus47 ,aussi j'avais l'horreur du diman*e1 une horreur qui s'emp>ait de moi ds le v5dr$i et que l'clat du lundi et la p]spective des sept j\rs qui n\s sp>ai5t du s]vice dom9ical n'arrivai5t pas contrebalanc]4 ,il me re/ait p\rtant dans l'esprit des bribes de s]mons que j'accommodais ma faon et1 de temps en temps1 au ret\r1 je pr*ais1 accot aux c\ss9s du gr& divan r\ge qui me s]vait de *aire2 dans ces occasions-l1 les amies les plus intimes de ma mre joignai5t les ma9s avec att5drissem5t et dcl>ai5t que cela dnotait des dispositions extraord9aires4 ,mon s]mon1 j'imag9e1 tait =t c\rt1 ce qui tait d'un excell5t exemple1 et empre9t de la plus pure doctr9e vanglique1 c> je me s\vi5s qu'il comm5ait p> ces mots3 mes frres1 soyez bons6 ,mes p>5ts recevai5t r>em5t et je n'tais jamais autoris v5ir table1 mme au dess]t4 ,je n'eus cette p]mission que bi5 des annes plus t>d1 lorsque je sus cass] proprem5t des noisettes4 ,ce fut moi alors qui fus *>g de cass] les noisettes des invits 7j'espre qu'ils ne jugeai5t pas mon int]v5tion indiscrte7 mais il m'tait df5du d'en mang]1 ft-ce une seule1 non plus d'ailleurs qu'aucune autre fri&ise4 ,je me s\vi5s encore du j\r o1 ,hunt] ,/reet1 ma mre1 qui faisait des rangem5ts dans la *ambre aux provisions1 me donna trois gra9s de rais9 sec1 et je n'oubli]ai jamais l'occasion o1 p\r la premire fois1 je mangeai de la crme cuite4 ,c'tait dans le petit app>tem5t meubl de ,norfolk ,/reet o n\s n\s tions rfugis p5dant qu'on repeignait la maison4 ,mon pre1 qui dnait dans la pice du devant1 avait laiss un peu de crme sur son assiette et ma mre me l'apporta1 dans la pice du fond4 ,mais af9 que le lecteur puisse suivre plus facilem5t les progrs de ma pauvre petite vie1 progrs sur lesquels il tr\ve peut-tre que je m't5ds trop complaisamm5t1 il e/ ncessaire que je donne quelques r5seignem5ts sur la situation comm]ciale de mon pre ,londres4 ,la maison de comm]ce dont il tait le pr9cipal associ 7je ne d\te pas que dans les vieilles maisons de la ,cit on ne s'en s\vi5ne7 avait in/all ses bureaux dans un immeuble peu spacieux1 situ dans une petite rue de l'e/ de ,londres--,billit] ,/reet--l'artre pr9cipale qui relie ,lead5hall ,/reet ,f5*ur* ,/reet4 ,les noms des trois associs brillai5t sur la plaque de cuivre de la porte1 ju/e au-dess\s de la sonnette3 ,rusk91 ,tel=d ,domecq4 ,le nom de ,mr ,domecq1 en t\te ju/ice1 et d occup] le premi] rang1 c>1 en ralit1 mon pre et ,mr ,tel=d n'tai5t que ses ag5ts4 ,il tait le seul propritaire du vignoble qui reprs5tait la plus grosse p>tie du capital de la maison de comm]ce1 le vignoble de ,ma*>nudo1 la coll9e de t\te la pn9sule hispanique la plus rpute p\r ses v9s blancs4 ,c'tait la v5dange de ,ma*>nudo qui fixait la qualit du v9 de ,xrs--sec ou d\x--depuis le temps de ,h5ry ,v jusqu' nos j\rs2 la m>ne inv>iable et unique de cette t]re donnait au rais9 une =ce que les annes ne taisai5t qu'accrotre et enri*ir1 sans jamais l'altr]4 ,mr ,pi]re ,domecq1 espagnol de naissance1 je crois1 et d'ducation mi-p>tie franaise et mi-p>tie anglaise1 tait un homme ple9 de dlicatesse et du c>actre le plus aimable4 tait-il d'orig9e noble8 je n'en sais ri52 comm5t tait-il dev5u propritaire de son vignoble8 je n'en sais ri52 quelle tait sa situation dans la maison ,gordon1 ,murphy ,cie1 o mon pre tait employ8 je n'en sais ri54 ,je sais seulem5t qu'il avait vu mon pre l'uvre et que lorsque la ,socit ,murphy fut diss\te1 il lui dem&a d'tre son reprs5tant en ,anglet]re4 ,mon pre savait qu'il p\vait avoir une confiance absolue dans la dlicatesse de ,mr ,domecq1 dans sa manire de trait] les affaires4 ,peut-tre avait-il mo9s de confiance dans son s5s pratique et dans son activit2 en t\s cas1 il insi/a1 bi5 que ne mettant pas de capitaux dans l'affaire et ne t\*ant que des commissions1 p\r tre1 aussi bi5 en nom qu'en fait1 le *ef de la maison4 ,mr ,domecq habitait le plus s\v5t ,p>is2 il allait r>em5t en ,espagne1 mais il n'en faisait pas mo9s prvaloir ses ides1 lesquelles tai5t =t arrtes1 sur le mode de culture de ses vignobles4 ,il avait autant d'autorit sur ses paysans qu'un *ef de clan sur ses hommes1 ma9t5ait les v9s au plus haut1 comme qualit et comme prix1 et laissait mon pre libre d'organis] la v5te son gr4 ,le second associ1 ,mr ,h5ry ,tel=d1 avait mis dans l'affaire le capital ncessaire p\r que la maison de ,londres pt m>*]4 ,il possdait une jolie maison de campagne ,widmore1 prs de ,bromley4 ,c'tait le type accompli du g5tilhomme campagn>d anglais de =tune moy5ne4 ,clibataire1 il vivait avec trois surs non m>ies1 extrmem5t cultives et raff9es1 simples et bonnes en mme temps1 et qui1 dans leurs vies si heureuses et si bi5faisantes aux autres1 m'app>aiss5t comme des figures de roman1 les hrones d'un beau conte1 plutt que des tres rels4 ,mais ni dans les livres1 ni dans la ralit1 je n'ai jamais ent5du p>l]1 ni vu p]sonne qui ressemblt ,h5ry ,tel=d3 d\x1 mode/e1 affectueux1 ple9 de bon s5s4 ,il adorait les *evaux1 sans qu'il y et en lui ri5 qui s5tt1 ft-ce de trs lo91 le *amp de c\rses ou l'curie4 ,je crois p\rtant qu'il ne manquait pas une runion tant soit peu importante et qu'il passait la plus gr&e p>tie de sa vie *eval1 *assant tant que durait la saison de la *asse2 mais il ne p>iait jamais1 n'avait jamais fait de *ute srieuse et n'avait jamais bless un *eval4 ,entre mon pre et lui rgnait la confiance la plus absolue1 et t\te l'amiti qui peut exi/]1 qu& la manire de vivre e/ aussi diffr5te4 ,mon pre tait trs fi] de la position sociale de ,mr ,tel=d2 ,mr ,tel=d admirait la capacit de travail de mon pre1 son in/9ct comm]cial si sr4 ,le conc\rs actif de ,mr ,tel=d se bornait1 en gnral1 deux mois de prs5ce au bureau1 les deux mois d't p5dant lesquels mon pre pr5ait ses vacances2 il supplait aussi mon pre p5dant quelques sema9es au comm5cem5t de l'anne1 qu& celui-ci faisait sa t\rne *ez les cli5ts4 ,dans ces cas-l1 ,mr ,tel=d v5ait t\s les mat9s de ,widmore ,londres *eval1 signait le c\rri]1 lisait les j\rnaux et r5trait le soir *eval4 ,s'il y avait la mo9dre dcision pr5dre1 on en rfrait mon pre ou on att5dait son ret\r4 ,t\t le monde ,widmore et t dispos faire1 p\r ma mre et p\r moi1 les plus gr&s frais2 mais ma mre se t5ait sur la rs]ve3 elle s5tait trop1 dans ce milieu si cultiv--et elle avait trop de fi]t p\r ne pas en s\ffrir--t\t ce qui avait manqu son ducation premire3 le rsultat en tait qu'elle n'aimait gure fray] qu'avec ceux qu'elle s5tait lui tre1 en quelque sorte1 infrieurs4 ,quoi qu'il en soit1 ,mr ,tel=d1 si trange que cela p>aisse1 eut une gr&e influ5ce sur mon ducation4 ,c'e/1 lui qui me fit cadeau1 sur le conseil de ses surs1 je crois1 de l',italie de ,rog]s1 dition illu/re1 au mom5t o elle p>ut4 ,et ce fut ce livre qui me donna l'occasion d'tudi] att5tivem5t le travail de ,turn]2 je puis donc dire1 en t\te ju/ice1 que c'e/ ce cadeau qui a dcid ma vocation4 ,mais la gr&e erreur des biographes sup]ficiels e/ de pr5dre l'accid5t p\r la cause1 qu& la cause seule a de l'importance4 ,le po9t ess5tiel not] et expliqu]1 c'e/ que je fusse en tat de compr5dre l'uvre de ,turn] ds que je la vis1 et non p> quel has>d1 ou en quelle anne1 je la vis p\r la premire fois4 ,le pauvre ,mr ,tel=d1 en t\t cas1 a t\j\rs t t5u responsable1 p> mon pre aussi bi5 que p> ma mre1 de t\tes les folies que m'a inspires ,turn]4 ,il fut mon bi5faiteur plus directem5t encore4 ,c> avant que mon pre ne se crt en droit de l\] une voiture p\r notre petit voyage de vacances1 ,mr ,tel=d n\s prtait son *>iot4 ,or1 le vieux *>iot anglais1 cette voiture lgre deux places1 e/1 sans contr$it1 la plus con=table des voitures de voyage qu& on e/ deux et mme trois1 surt\t qu& le troisime voyageur e/ un enfant de trois quatre ans4 ,haut susp5du1 ce *>iot p]mettait de voir p>-dessus les p>apets de pi]re et les haies qui bord5t les r\tes3 il e/ vrai que1 p\r y mont]1 il fallait dpli] un petit m>*e-pi$ capitonn qui r5trait l'intrieur de la portire4 ,ce m>*e-pi$ tait p\r moi une des gr&es joies du voyage1 le voir baiss] et relev] p> les g>ons d'curie un dlice--joie et dlice1 il e/ vrai1 gts p> le dsir1 dirai-je l'ambition1 de le baiss] et le relev] moi-mme4 ,cette ambition1 ai-je beso9 de le dire1 ne fut jamais satisfaite1 ma mre craignant que je ne me p9asse les doigts4 ,le dickey 7je m'tonne de n'avoir jamais eu l'ide de re*]*] l'orig9e de ce mot1 et auj\rd'hui il m'e/ impossible d'y arriv]71 e/ ce sige lev qui1 dans la malle-po/e royale1 e/ occup p> le conducteur de la dilig5ce1 sige dev5u lg5daire1 mme p\r les amateurs de littrature mod]ne1 grce l'immortel colloque de ,bob ,sawy] et de ,sam2 le dickey1 trs en arrire dans la voiture de ,mr ,tel=d1 p]mettait d'allong] con=tablem5t les jambes qu& il v\s pr5ait fantaisie de respir] l'air du dehors p> un j\r de beau temps4 ,s\s le sige1 il y avait place encore p\r un gr& c(fre o l'on f\rrait au d]ni] mom5t quantit de petits paquets et de sacs4 ,ce dp>tem5t des bagages tait confi aux so9s d',anne1 ma bonne2 elle emballait1 surveillait1 aussi habile pli] une robe qu' faire saut] des crpes4 ,je v\s pri]ai de rem>qu] que la prcision et l'adresse dem&5t autant d'esprit que d'inv5tion et que1 p\r faire une malle1 comme p\r dirig] une bataille1 la prcision ne va pas sans prvoyance4 ,p>mi t\s ceux qui manqu5t l'appel1 combi5 y en a-t-il1 hlas6 qu& on a pass la c9quanta9e8 ,une des p]sonnes que je regrette le plus1 aprs mon pre et ma mre 7je ne veux p>l] ici que des p]tes srieuses1 non des imag9aires71 celle qui me manque1 encore t\s les j\rs1 c'e/ cette ,anne1 la vieille bonne de mon pre et la mi5ne4 ,entre qu9ze ans la maison1 elle y passa sa vie et consacra t\s ses tal5ts n\s s]vir4 ,anne avait un gt naturel et la spcialit de faire les *oses les plus dsagrables2 elle excellait dans le so9 des malades et triomphait qu& quelqu'un d'entre n\s tait dans son lit4 ,mais ,anne avait non seulem5t la spcialit de faire les *oses dsagrables1 elle avait encore celle de les dire2 on p\vait s'en rapport] elle4 ,elle comm5ait p> voir t\t au pire1 p> le dcl>] trs haut1 avant de ri5 faire p\r y remdi]4 ,elle avait1 de plus1 une rpugnance honorable et t\te rpublica9e excut] les ordres tels qu'on les lui donnait1 si bi5 que1 lorsque ma mre et elle eur5t vieilli ensemble1 qu'avec les annes ma mre fut dev5ue un peu exigeante1 qu'elle atta*ait une c]ta9e importance ce que sa tasse de ? ft pose tel endroit sur la petite table ronde1 ,anne avait t\j\rs gr& so9 de la mettre du ct oppos4 ,aussi ma mre me dcl>ait-elle gravem5t t\s les mat9s djeun] que1 s'il y avait femme au monde que l'esprit mal9 possdt1 c'tait bi5 la vieille ,anne4 ,en dpit de ces aspirations viol5tes mais brves v]s la lib]t et l'indp5dance1 la pauvre ,anne fut t\te sa vie la femme la plus s]viable2 elle n'eut d'autre occupation1 depuis l'ge de qu9ze ans jusqu' celui de soixante-d\ze1 que de faire la volont des autres1 de s'oubli] elle-mme3 je n'ai pas ent5du dire qu'elle ait jamais fait mal p]sonne au monde1 si ce n'e/ peut-tre en conomisant quelques milli]s de francs que ses hriti]s se disputr5t aprs sa mort2 la pauvre femme n'tait pas ent]re qu'ils tai5t t\s br\ills4 ,le sige en "q1 rs]v ,anne1 tait assez l>ge p\r que mon pre pt y mont] qu& le temps tait beau et le paysage engageant4 ,la voiture t\te *>ge1 bagages et le re/e1 r\lait aism5t enleve p> de bons *evaux sur les r\tes trs bi5 entret5ues des malles-po/e2 c\rir la po/e1 en ce temps-l1 tait si rp&u qu'aux relais1 dans quelque pays qu'on se tr\vt1 au cri de3 ,des *evaux6 des *evaux6 on voyait app>atre1 s\s la porte co*re1 le po/illon en bottes et en ve/e de c\leur voyante1 mont sur ses *evaux cap>aonns qui trottai5t gaiem5t4 ,pas de sige p> devant1 pas de co*]2 mais quatre l>ges vitres qui f]mai5t h]mtiquem5t1 glissant l'une sur l'autre1 et qui se baissai5t aussi sans la mo9dre pe9e4 ,ces glaces =mai5t un l>ge cadre m\vant1 une sorte de f5tre en saillie trav]s laquelle on p\vait voir la campagne4 ,de ma place1 la vue tait plus t5due encore4 ,j'tais assis sur la malle qui cont5ait mes vtem5ts1 une petite caisse solide sur laquelle on avait fix un c\ss91 et qui tait pose de *amp1 devant mon pre et ma mre4 ,je ne les gnais pas et la vue de ce sige haut p]* tait aussi t5due que possible4 ,lorsque le paysage n'(frait ri5 de p>ticulirem5t intressant1 je trottais calif\r*on sur ma caisse1 suivant les m\vem5ts du po/illon2 le c\ss9 me t5ait lieu de selle et les jambes de mon pre1 de *evaux2 au db1 cela n'avait t qu'un simulacre1 mais mon pre m'ayant imprudemm5t fait cadeau d'un f\et de po/illon man*e d'arg5t1 la *ose dev9t plus srieuse2 les jambes de papa p\rrai5t le c]tifi]4 ,ces vacances d't1 si dlicieuses grce la bont de ,mr ,tel=d1 comm5ai5t en gnral v]s le #ae mai--la fte de mon pre tait le #aj1 et n\s ne p\vions p>tir avant que cette sol5nit ft accomplie4 ,ce j\r-l1 on me p]mettait de cueillir les groseilles maqu]eau1 celles d'un c]ta9 groseilli] contre le mur du nord1 avec lesquelles on faisait la premire t>te de l'anne--vacances1 si l'on veut1 qui consi/ai5t en une t\rne *ez les cli5ts p\r pr5dre les comm&es4 ,n\s p>c\rions a9si la moiti des comts de l',anglet]re2 si c'tait les comts du ,nord1 n\s p\ssions jusqu'en cosse p\r voir ma tante4 ,notre manire de voyag] tait aussi m?odique1 aussi rgle que notre vie ord9aire4 ,n\s faisions de qu>ante c9quante milles p> j\r1 n\s mettant en r\te d'assez bon mat9 af9 d'arriv]1 sans n\s press]1 p\r le dn] de quatre heures4 ,en gnral1 n\s p>tions v]s six heures1 qu& les prairies sont encore c\v]tes de rose et que les aubp9es embaum5t l'air du mat94 ,si1 dans notre c\rse d'aprs-midi1 on p\vait visit] quelque *teau1 surt\t celui d'un "l ou mieux encore d'un duc1 mon pre faisait dtel] et n\s conduisait1 ma mre et moi1 trav]s les app>tem5ts de gala4 ,je n\s vois1 dans ce cas1 p>lant voix basse la femme de *>ge1 au majordome ou t\te autre autorit en fonction et recueillant pieusem5t leurs rcits4 ,en analysant1 plus haut1 les impressions que m'ont laisses ces expditions1 j'ai t un peu vite1 j'ai anticip le rsultat1 savoir qu'il e/ inf9im5t prfrable de vivre dans une petite maison que dans une gr&e4 ,ce qui e/ c]ta9 c'e/ que1 jusqu' ce j\r1 t&is qu'il m'e/ impossible de pass] devant un cottage c\v]t de roses et de v]dure sans dsir] en tre le propritaire1 je n'ai pas encore r5contr le *teau qui m'ait fait port] envie au *tela94 ,et1 bi5 qu'au c\rs de ces pl]9ages pieux1 j'aie recueilli quantit de r5seignem5ts d'art et de nature qui m'ont t inf9im5t prcieux1 je con/ate qu'ils n'ont eu aucune influ5ce sur mon c>actre1 et que mon gt p]sonnel1 mon in/9ct naturel avai5t reu une empre9te indlbile bi5 avant cette poque2 je re/ais atta* aux scnes mode/es et simples de ma petite enfance entrevues s\s les toits r\ges et bas de ,croydon1 au bord des petits c\rs d'eau ple9s de cresson au fond duquel dansait le sable d'or et o filai5t les vairons1 en amont des s\rces de la ,w&el4 ,note #a3 ,la ,cie de ,sa9t-,george a t fonde p\r l'enc\ragem5t de la vie rurale1 au dtrim5t de la vie des villes2 je ne concevais de prosprit p\r l',anglet]re1 comme p\r t\t autre pays d'ailleurs1 quelle que ft la vie qu'on y m5t1 que si l'on y savait dc\vrir des hommes capables d'ex]c] la ,s\v]a9et royale1 et si l'on savait leur obir4 ,note #b3 ,c> l'cosse1 mon *ri1 e/ l devant tes yeux4 ,avec ses filles aux pi$s nus et ses montagnes bleues4 ,,*apitre ,,ii ,,h]ne ,,hill4 ,,les ,,am&i]s ,,en ,,fleur ,lorsque j'eus quatre ans1 mon pre se tr\va en situation d'a*et] une maison ,h]ne ,hill1 jolie coll9e v]doyante qui se tr\ve quatre milles au sud du ,/&>d 9 ,cornhill1 dont la solitude ombrage n'a pas *ang de c>actre1 au mo9s dans ses gr&es lignes3 c]ta9es spl5deurs go?iques1 auxquelles quelques-uns de nos plus ri*es vois9s se sont ab&onns en ces d]nires annes1 sont les seules innovations2 encore sont-elles si gracieusem5t dissimules p> les beaux arbres de leurs p>cs que le passant in(f5sif n'en e/ pas (fusqu2 et lorsque je me promne sur la r\te1 entre la tav]ne du ,r5>d et la /ation du *em9 de f]1 je p\rrais m'imag9] que j'ai encore quatre ans4 ,notre maison tait la d]nire1 ct nord1 du petit gr\pe p]* sur la crte mme de la coll9e1 l o le t]ra9 s'aplatit et =me une sorte de plate-=me semblable celle o1 sur le sommet du ,mont-,blanc1 les neiges s'accumul5t2 mais il r$esc5d bi5tt p> une p5te rapide jusqu' notre valle de ,*amonix 7ou plutt de ,dulwi*72 la desc5te du ct de ,cold ,h>b\r ,lane#c e/ beauc\p mo9s raide4 ,au sud1 la coll9e dvale trav]s un joli pays jusque dans le vallon de l',effra 7,effra p\r ,effr5a1 sans d\te1 qui signifie dbride2 pauvre petite rivire que l'on a1 j'ai le regret de le dire1 t\t rcemm5t canalise1 mure1 p\r la plus gr&e commodit de ,mr ,biff91 ph>maci51 et autres72 au nord1 au contraire1 elle se prolonge en p5te d\ce sur une longueur d'un demi-mille1 pr5d sur la p>oisse de ,lambe? le nom hroque de ,*ampion ,hill et f9it p> se p]dre dans les pla9es de ,peckham et la b>b>ie rurale de ,goose ,gre54 ,le gr\pe dont faisait p>tie notre maison se composait de deux maisons jumelles c\ples avec j>d9s1 dp5dances1 le t\t absolum5t id5tique4 ,ce sont encore auj\rd'hui les plus hautes2 on les ap]oit de ,norwood2 si bi5 que de la maison1 une maison trois tages avec gr5i]s1 on avait1 en ces j\rs bnis o les fumes n'obscurcissai5t pas compltem5t le ciel1 une vue trs t5due sur les coll9es de ,norwood o le soleil se levait en hiv]2 de l'autre ct s't5dait la valle de la ,tamise4 ,avec une longue-vue on p\vait ap]cevoir ,w9dsor dans le lo9ta9 et l'il nu ,h>r[1 qu& le temps tait clair1 l'heure du c\*] du soleil4 ,devant la maison et d]rire1 s't5dai5t deux j>d9s de taille moy5ne4 ,celui du devant tait plant d'arbu/es feuilles p]si/antes1 de lilas et de faux bni]s2 le j>d9 du fond1 qui p\vait avoir soixante mtres de long sur dix-huit de l>ge1 tait r5omm aux al5t\rs p\r ses poires et ses pommes1 lesquelles tai5t l'orgueil de notre prdcesseur 7honte moi1 j'ai oubli le nom d'un homme auquel je dois tant74 ,il y avait encore un vieux mri] trapu1 un gr& c]isi] qui donnait des c]ises *air blan*e1 un m]isi] du comt de ,k5t1 et1 t\t aut\r1 une haie in9t]rompue de groseilli]s grappes et de groseilli]s maqu]eau4 ,sur*>ges qu& v5ait la saison 7c> le t]ra9 tait excell5t7 de fruits m]veilleux que l'on voyait pass] du v]t le plus d\x l'ambre dor et au r\ge v]millon1 leurs bran*es p9euses s'incl9ai5t s\s le poids des grappes de p]les ou de rubis4 ,quelle joie de les dc\vrir s\s leurs belles et l>ges feuilles1 qui rappelai5t celles de la vigne6 ,la seule diffr5ce p\r moi1 entre ce j>d9 et celui du ,p>adis1 tel du mo9s que je me le reprs5tais1 c'e/ que dans le j>d9 de ,h]ne ,hill1 t\s les fruits tai5t df5dus1 et ensuite qu'il n'y avait pas d'animaux avec lesquels on pt li] amiti2 mais1 s\s t\s les autres rapports1 ce petit co9 tait vraim5t p\r moi le ,p>adis2 le climat 7tait-il plus clm5t alors87 me p]mettait d'y pass] la plus gr&e p>tie de ma vie4 ,ma mre1 qui me faisait travaill]1 s'arrangeait p\r que1 si j'y mettais de la bonne volont1 t\tes les leons fuss5t f9ies midi4 ,mais si je ne savais pas ma leon midi1 tant pis p\r moi1 je re/ais jusqu' ce qu'elle ft sue2 en gnral1 et cela mme qu& la grammaire lat9e v9t s'aj\t] aux ,psaumes1 j'tais libre avant le dn] d'une heure et p\r le re/e de la j\rne4 ,ma mre1 qui adorait les fleurs1 j>d9ait1 taillait auprs de moi1 du mo9s s'il me conv5ait de re/] avec elle4 ,mais1 si sa prs5ce n'tait pas p\r moi une gne 7c> jamais je n'aurais eu l'ide de faire en ca*ette quoi que ce soit que je n'eusse fait devant elle7 elle n'tait pas non plus un trs gr& plaisir2 habitu vivre seul1 j'tais t\j\rs occup p> une f\le de petites affaires p]sonnelles2 sept ans1 j'avais dj une m5talit trop indp5dante1 mme vis--vis de mon pre et de ma mre1 et comme1 en dehors d'eux1 p]sonne ne s'occupait de moi1 je m'tais organis une petite vie trs g/e1 trs heureuse1 dans une suffisance de jeune coq et l'indp5dance solitaire d'un ,rob9son ,cruso1 vie qui m'app>aissait 7comme il e/ naturel t\t animal l'esprit gomtrique7 comme le c5tre de l'univ]s4 ,ceci t5ait en p>tie l'extrme mode/ie de mon pre1 en p>tie son orgueil4 ,il avait une telle confiance dans le jugem5t de ma mre1 qu'il considrait1 dans les *oses de ce g5re1 comme trs suprieur au si51 qu'il ne se s]ait jamais avis de la contrec>r] en ri5 au sujet de mon ducation2 d'autre "p1 avec l'ide fixe de faire de moi un prlat aux gr&es manires1 ayant accs dans les cot]ies les plus raff9es1 les plus huppes1 aussi bi5 dans les milieux monda9s que dans les milieux ecclsia/iques1 les visites ,croydon1 o j'tais t\t le j\r avec la *re et simple tante et les petits c\s9s b\lang]s1 se fir5t de plus en plus r>es4 ,p\r vois9] avec les habitants de la coll9e1 il et fallu risqu] de tr\bl] notre vie si d\cem5t g/e2 de sorte que1 somme t\te1 il n'y avait pas un tre vivant qui j'eusse pu m'intress] de faon enfant9e1 si ce n'e/ moi-mme1 quelques f\rmilires que le j>d9i] drangeait sans cesse et un ou deux oiseaux demi apprivoiss1 c> je n'ai jamais eu ni le tal5t1 ni la p]svrance d'en apprivois] un t\t fait4 ,il e/ vrai de dire qu' pe9e y en avait-il un qui pr5ait assez confiance p\r s'appro*]1 les *ats le happai5t4 ,cet tat de *oses donn1 t\t ce que je p\vais avoir d'imag9ation se reportait sur les objets inanims3 ciel1 feuilles1 caill\x1 t\t ce que l'on p\vait obs]v] entre les murs du ,p>adis2 ou encore1 s\s les prtextes les plus futiles1 mon imag9ation s'lanait dans les rgions de la fiction1 du mo9s celles qui tai5t compatibles avec les ralits objectives de l'exi/5ce au ,x,i,xe sicle1 aux environs de ,camb]well ,gre54 ,p> bonheur1 je tr\vai sur ce *apitre1 en mon pre1 un guide excell5t1 et t\j\rs dispos se prt] ma fantaisie lorsqu'il p\vait le faire sans enfre9dre aucune des rgles in/itues p> ma mre4 ,un de mes gr&s plaisirs tait de le voir se ras]2 j'avais la p]mission de mont] dans sa *ambre t\s les mat9s 7celle qui e/ au-dess\s de celle o j'cris l'heure actuelle71 et j'assi/ais1 immobile et muet1 cette grave opration4 ,je vois encore1 au-dessus de la toilette1 une aqu>elle excute p> mon pre s\s la direction de ,nasmy? pre1 l'cole suprieure d'dimb\rg1 je crois4 ,elle tait faite dans la manire primitive que le ,dr ,munro enseignait ,turn] au mom5t mme o mon pre tait au ,high s*ool2 c'e/--dire dans ces demi-te9tes base de bleu de ,prusse ou d'encre ord9aire1 et laves en c\leurs vives dans les lumires4 ,elle reprs5tait le *teau de ,conway l'emb\*ure de la rivire1 avec1 au premi] plan1 une *aumire1 un p*eur et une b>que am>re au bord de l'eau#d4 ,qu& mon pre avait fait sa b>be1 il me racontait une hi/oire dont l'aqu>elle f\rnissait le sujet4 ,pure affaire de has>d1 sans aucune prmditation de la "p de mon pre1 la curiosit que m'inspirait ce p*eur n'tant jamais satisfaite4 ,habitait-il la petite maison8 ,o allait-il dans son bateau8 ,on tait conv5u une fois p\r t\tes1 et p\r avoir la paix1 qu'il demeurait dans la *aumire et qu'il allait p*] du ct du ,*teau4 ,l'hi/oire ensuite se corsait de s\v5irs tirs de la tragdie de ,d\glas et du ,*teau ,fantme1 deux pices que mon pre avait j\es dans sa jeunesse dimb\rg devant quelques amis et devant ma mre1 alors dans t\te l'au/rit de ses v+t ans et de son rle de h\sekeep] modle4 ,elle avait1 ce j\r-l1 fait taire les pieuses prv5tions que lui inspirai5t t\tes espces de reprs5tations ?trales1 et celle-ci lui avait laiss des s\v5irs ineffaables2 elle ne se lassait pas1 qu& je fus plus g1 de me dire combi5 mon pre tait beau dans son co/ume de ,montagn>d avec la haute plume noire au bonnet4 ,mon pre r5trait de ses affaires t\s les j\rs la mme heure4 ,il dnait quatre heures et demie dans le salon du devant4 ,ma mre1 assise ses cts1 se faisait racont] les vnem5ts de la j\rne1 donnant son avis1 l'enc\rageant1 c> mon pre tait de nature inquite et t\j\rs prt se dc\rag] ds que les comm&es de v9 de ,xrs faiblissai5t le mo9s du monde4 cette poque je re/ais conf9 dans la nurs]y1 je n'ai donc pas ent5du les conv]sations de mon pre et de ma mre1 mais je les imag9e facilem5t2 c>1 entre quatre ans et six ans1 j'eusse commis la plus grave inconv5ance si je m'tais seulem5t appro* de la porte du salon6 ,plus t>d1 le dn] a*ev1 en t1 n\s re/ions au j>d9 jusqu' la nuit1 et n\s pr5ions le ? s\s le c]isi]2 en hiv]1 ou qu& il faisait mauvais1 on s]vait le ? six heures dans le salon4 ,on m'apportait1 moi1 une tasse de lait et une t>t9e de pa9 et de beurre que je mangeais dans un petit r5foncem5t ct de la *em9e1 devant lequel on plaait une table2 c'tait mon sanctuaire4 ,je re/ais l t\te la soire1 comme une idole dans sa ni*e1 p5dant que ma mre tricotait et que mon pre faisait la lecture p\r elle et p\r moi1 s'il me plaisait d'c\t]4 ,la srie des romans de ,wav]ley1 qui t\*ait alors sa f91 faisait les dlices de t\s les milieux quelque peu littraires2 je ne puis pas plus me s\v5ir du temps o je ne les connaissais pas que du temps o je ne lisais pas la ,bible2 et je vois aussi nettem5t que si c'tait hi] l'expression la fois *agr9e et ddaigneuse avec laquelle mon pre laissa tomb] le ,comte ,rob]t de ,p>is1 aprs en avoir lu les trois ou quatre premires pages1 disant3 ,c'e/ la f9 de ,walt] ,scott2 s5tim5t trs complexe *ez mon pre et trs am]3 mpris p\r le livre lui-mme1 mais surt\t p\r les misrables qui t\rm5tai5t et trafiquai5t du pauvre c]veau malade2 mpris aussi1 s'il faut t\t dire1 p\r l'improbit1 cause premire de cette ru9e4 ,mon pre n'a jamais pu p>donn] ,scott de n'avoir pas av\ son association avec ,ballantyne4 ,tels tai5t les purs plaisirs de ,h]ne ,hill4 ,mais il me faut dire aussi t\te la reconnaissance que je dois ma mre p\r ses leons inexorables1 grce auxquelles les mo9dres mots de la ,sa9te criture *antai5t familirem5t dans mon cur1 musique respecte en dpit de cette famili>it1 comme devant dom9] t\te p5se et rgl] t\te action#e4 ,ma mre avait obt5u ce rsultat non p> des disc\rs ou en usant de son autorit p]sonnelle1 mais en m'obligeant lire le livre fond1 moi-mme4 ,aussitt que je sus lire c\ramm5t1 n\s comm5mes une srie de lectures de la ,bible qui ne fur5t jamais int]rompues1 jusqu'au j\r de mon entre ,ox=d4 ,alt]nativem5t1 elle et moi lisions un v]set2 elle veillait sur ma faon de dire1 corrigeant *aque intonation fausse jusqu' ce que j'aie compris le s5s du v]set s'il tait ma porte1 que j'en aie bi5 s5ti t\te la =ce4 ,il se p\vait que cela passt au-dessus de ma tte1 elle ne s'en inquitait pas1 elle savait que le j\r o je compr5drais1 ce s]ait compris comme cela devait l'tre4 ,n\s comm5mes p> la ,g5se1 allant d'un b\t l'autre jusqu'aux d]ni]s v]sets de l',apocalypse--mots b>b>es1 *iffres1 loi ,lvitique1 et le re/e--recomm5ant p> la ,g5se ds le j\r suivant1 sans pr5dre le temps de respir]4 ,si on se heurtait un nom t]rible1 tant mieux1 c'tait un excell5t ex]cice de prononciation2 si le *apitre tait ennuyeux1 quelle admirable leon de pati5ce6 ,s'il tait rpugnant1 quelle occasion d'ex]c] sa foi et de dire3 t\t e/ prfrable au m5songe4 ,aprs la lecture des *apitres 7deux ou trois p> j\r selon leur longueur1 sance qui avait lieu t\t de suite aprs le djeun]1 et que les dome/iques ne devai5t int]rompre s\s aucun prtexte2 s'il v5ait des amis cette heure1 ils devai5t se rsign] c\t] ou att5dre dans le salon2 en voyage seulem5t1 le rglem5t *angeait7 je devais aussi appr5dre quelques v]sets p> cur1 et repass] ce que j'avais dj appris af9 de ne pas l'oubli]4 ,en mme temps1 il me fallait me mettre dans la tte t\tes les belles et vieilles p>aphrases cossaises1 de bons v]s1 sonores et puissants1 auxquels1 sans p>l] de la ,bible elle-mme1 je dois l'ducation premire de mon oreille au po9t de vue du son4 ,ce qui e/ extraord9aire1 c'e/ qu'entre t\tes les p>ties de la ,bible que j'appris a9si avec ma mre1 celle que j'eus le plus de pe9e ret5ir1 celle qui *oquait le plus mon imag9ation d'enfant--le ,c,x,v,i,i,ie psaume--e/ celle qui m'e/ dev5ue la plus prcieuse en raison de cet am\r p\r la ,loi de ,dieu dont il e/ ple91 en opposition avec l'abus que font les prdicateurs mod]nes de ce qu'ils se figur5t tre ,son vangile4 ,ce n'e/ que p> un ef=t de volont que j'voque le s\v5ir de ces longues mat9es de travail1 aussi rgulires que le lev] du soleil1 de travail trs dur de "p et d'autre1 p5dant lesquelles1 annes aprs annes1 ma mre me =ait appr5dre p>aphrases et *apitres 7le huitime du ,premi] des ,rois entre autres2 essayez-en1 *] lecteur1 un j\r que v\s aurez une heure de loisir67 sans qu'il ft p]mis de *ang] ft-ce une syllabe2 me faisant rpt] et rpt] *aque phrase jusqu' ce que l'intonation lui donnt complte satisfaction4 ,je me s\vi5s d'une lutte entre n\s qui dura plus de trois sema9es1 propos de l'acc5t sur le ( de ces v]s3 ,%all any foll[+ spr+ revive ,! a%es ( ! urn8#f ,je v\lais p> enttem5t1 mais p\ss aussi p> mon in/9ct naturel 7sans atta*] d'ailleurs la mo9dre importance aux urnes1 ni leur cont5u71 mettre l'acc5t sur de1 et ce ne fut1 comme je l'ai dit1 qu'au b\t de trois sema9es d'ef=ts que ma mre russit me le faire allg] sur de et r5=c] sur c5dres4 ,mais et-il fallu trois ans1 elle y ft p>v5ue4 ,ne l'et-elle pas fait1 je ne sais trop ce qui s]ait arriv2 en t\s cas1 je lui suis trs reconnaissant de sa p]svrance4 ,je vi5s d'ouvrir ma ,bible1 la plus vieille1 celle dont je me s]s de temps immmorial2 c'e/ un petit volume imprim trs f91 trs s]r1 dit dimb\rg p> ,sir ,d4 ,hunt] ,blair#g et ,j4 ,bruce1 imprimeurs du ,roi1 en #ahaf4 ,t\te jaunie ma9t5ant p> l'usage1 elle n'e/ ni salie1 ni d*ire2 seuls les co9s de pages du huitime *apitre du ,premi] ,livre des ,rois et du ,x,x,x,i,ie du ,deutronome1 un peu noircis et aff9s1 tmoign5t de la pe9e que j'ai eue me mettre ces deux *apitres dans la tte4 ,la li/e des *apitres que j'ai appris a9si p> cur1 et sur lesquels ma mre posait les fondem5ts de ma vie morale#h1 vi5t de s'*app] des feuillets jaunis du vieux livre4 ,je dem&e au lecteur1 que cela l'intresse ou non1 la p]mission de transcrire cette li/e1 que le has>d remet a9si s\s mes yeux3 ,exode444444444444444444444 ,*apitre #ae;e et #bj;e4 ,samuel1 ,,ii4444444444444444 -- ,i] du #ag;e ,v4 la f94 ,les ,rois1 ,i444444444444444 -- #h;e4 ,psaumes4444444444444444444 -- #bc;e #cb;e #ij;e #ia;e #ajc;e #aab;e #aai;e #aci;e4 ,prov]bes44444444444444444 -- #b;e #c;e #h;e #ab;e4 ,isae444444444444444444444 -- #eh;e4 ,mat?ieu444444444444444444 -- #e;e #f;e #g;e4 ,actes444444444444444444444 -- #bf;e4 ,ire aux ,cor9?i5s4444444 -- #ac;e #ae;e4 ,sa9t ,jacques4444444444444 -- #d;e4 ,apocalypse4444444444444444 -- #e;e et #f;e4 ,en vrit1 si j'ai glan1 ici et l1 quelques connaissances supplm5taires en ma?matiques1 mtorologie ou autres1 dans le c\rant de ma vie1 si je dois beauc\p des matres excell5ts1 l'insi/ance mat]nelle me r5dre cette littrature familire1 en pntr] mon esprit1 e/ ce qui m'app>at comme l'acquisition la plus prcieuse qu'il m'ait t donn de faire2 c'e/1 sans contr$it1 la p>tie ess5tielle de t\te mon ducation4 ,peut-tre e/-ce le mom5t de rcapitul] ce qu'en bi5 et en mal les circon/ances avai5t pu1 jusqu' cet ge de sept ans1 laiss] en moi de traces indlbiles4 ,comm5ons p> les bi5faits 7ce qu'un ami1 qui ne manquait pas de sagesse1 me recomm&ait t\j\rs1 t&is que j'ai la trs mauvaise habitude de me lam5t] p\r la plus petite p9e que je m'enfonce dans le doigt1 au lieu de me dire qu'une p9e e/ peu de *ose1 et que j'aurais pu1 p> exemple1 me cass] la ma974 ,p>mi les plus pures et les plus prcieuses bndictions1 il me faut compt] celle d'avoir appris connatre l'exacte signification du mot ,paix1 en p5se1 en action1 en p>ole4 ,je n'avais jamais ent5du entre mon pre et ma mre une discussion o ils euss5t lev la voix2 je ne me s\vi5s pas avoir jamais surpris un reg>d irrit1 ou seulem5t (f5s1 dans les yeux de l'un ou de l'autre4 ,je n'avais jamais ent5du grond] ou rprim&] svrem5t un dome/ique1 jamais obs]v le mo9dre dsordre dans les *oses de la maison1 ri5 de fait la hte ou une heure o cela ne devait pas tre fait4 ,je ne s\ponnais pas l'exi/5ce d'un s5tim5t comme l'anxit4 ,les petits accs de mauvaise humeur de mon pre1 qu& il r5trait avec une comm&e de d\ze ft alors qu'il avait compt sur une de qu9ze1 ne se manife/ai5t jamais devant moi2 simple "q d'am\r-propre d'ailleurs2 il s'agissait de savoir si son nom s]ait plus ou mo9s honorablem5t plac sur la li/e annuelle des exportateurs de %]ry2 c>1 ne dp5sant jamais plus de la moiti de son rev5u1 il aurait support facilem5t une petite dim9ution dans ses bnfices4 ,je n'avais jamais fait le mal1 du mo9s consciemm5t1 si ce n'e/ p>fois1 en omettant d'appr5dre p> cur quelque v]set difiant p\r obs]v] une gupe sur le c>reau de la f5tre ou un oiseau dans le c]isi]2 et je ne savais pas ce que c'tait que d'avoir du *agr94 ,en mme temps que ce don inapprciable de la ,paix1 j'avais pntr le s5s pr(ond et de l',obissance et de la ,foi4 ,j'obissais au doigt et l'il2 un ge/e de mon pre ou de ma mre suffisait1 comme le navire rpond au g\v]nail2 et non seulem5t sans l'ombre d'une rsi/ance1 mais avec le s5tim5t que cette direction faisait p>tie de ma vie1 tait ma =ce1 que c'tait une loi salutaire qui m'tait aussi ncessaire au po9t de vue moral que la loi de la pesanteur l'e/ quiconque saute4 ,quant mon expri5ce en matire de ,foi1 elle fut bi5tt complte3 jamais de promesses fallacieuses2 ce qui tait promis tait donn sur l'heure2 jamais de m5aces va9es1 jamais de m5songes4 ,la paix1 l'obissance1 la foi1 tels tai5t les pr9cipaux bi5faits2 v5ait ensuite l'habitude de l'att5tion1 att5tion de l'esprit et att5tion des yeux1 mais je ne m'y arrt]ai pas ici1 cette facult tant c]ta9em5t celle qui m'a t le plus utile dans le c\rs de ma vie1 celle qui faisait dire ,mazz9i1 un ou deux ans avant sa mort--la conv]sation m'a t textuellem5t rapporte--que j'avais le c]veau le plus analytique d',europe4 ,op9ion1 dans la mesure o je connais l',europe1 que je suis t\t dispos p>tag]4 ,je not]ai1 enf91 une trs gr&e dlicatesse du palais et des autres s5s3 odorat1 oue4 ,ce que je dois l'int]diction absolue de t\te espce de gteaux1 v9s1 sucr]ies et mme1 sauf c]ta9es circon/ances exceptionnelles1 de fruits2 et au so9 avec lequel tai5t prp>s les plats que je mangeais4 ,j'e/ime que ce sont l les pr9cipales bndictions de mon enfance4 ,voyons ma9t5ant quelles en ont t les plus gr&es calamits4 ,premirem5t1 je n'avais ri5 aim]4 ,mes p>5ts tai5t p\r moi des puissances visibles de la nature2 je ne les aimais ni plus ni mo9s que le soleil ou la lune3 j'aurais seulem5t t extrmem5t ennuy ou emb>rass si l'un ou l'autre s'tait clips1 te9t 7je le s5s cruellem5t auj\rd'hui que t\s deux ont disp>u d]rire un nuage74 ,j'aimais encore mo9s ,dieu2 non que je me fusse qu]ell avec ,lui ou que j'en eusse peur1 mais uniquem5t p>ce que les devoirs qu'on me disait qu'il fallait ,lui r5dre me p>aissai5t ennuyeux1 et p>ce que le livre que l'on me disait tre ,son livre ne m'amusait pas4 ,je n'avais aucun cam>ade avec qui me disput]1 p]sonne aid] et p]sonne rem]ci]4 ,les dome/iques avai5t ordre de ne jamais s'occup] de moi en dehors de leur s]vice /rict2 et p\rquoi aurais-je tmoign de la reconnaissance la cuis9ire p\r faire la cuis9e1 au j>d9i] p\r s'occup] de son j>d91 qu& l'une n'osait mme pas me donn] une pomme de t]re cuite au f\r sans p]mission1 et que l'autre ne p\vait pas laiss] mes f\rmis en repos s\s le prtexte qu'elles abmai5t les alles8 ,il n'arriva pas1 cep5dant1 ce qui aurait =t bi5 pu arriv]1 que je dev9sse g/e1 sec1 peu affectueux4 ,seulem5t1 qu& les s5tim5ts t5dres s'veillr5t en moi1 ils me subm]gr5t3 ce fut un vritable torr5t que je fus incapable de matris]1 de dirig]1 moi qui n'avais jusque-l ri5 eu dirig]4 ,c> 7seconde des gr&es calamits7 je n'avais pas appris s\ffrir1 t\t m'avait t p>gn3 dang]s1 d\leurs m'tai5t galem5t inconnus2 jamais je n'avais occasion d'ex]c] ma =ce1 ni mon c\rage1 ni ma pati5ce4 ,non que je fusse facilem5t effray3 ni les rev5ants1 ni le tonn]re1 ni les animaux ne me faisai5t peur2 je me s\vi5s mme que le j\r o1 t\t enfant1 je fus le plus t5t de me rebell] contre l'autorit suprieure1 ce fut une fois que je v\lais j\] avec les petits lionceaux de la mnag]ie de ,wombwell4 ,troisimem5t4 ,on ne m'enseigna pas les bonnes manires1 les manires du monde2 il suffisait1 qu& il y avait des invits la maison1 que je ne fusse pas gnant et que je rpondisse sans timidit qu& on m'adressait la p>ole3 la timidit m'e/ v5ue plus t>d et elle a augm5t mesure que j'ai pris consci5ce de ma gau*]ie4 ,il me fut impossible de jamais acqurir aucune s\plesse dans les ex]cices physiques1 aucune adresse aucun jeu et mme la mo9dre aisance dans l'ord9aire de la vie4 ,enf91 et ce fut le plus gr& de t\s mes maux1 on ne s'appliqua jamais dvelopp] en moi l'indp5dance1 la volont d'agir#i1 ni le jugem5t sur ce qui e/ bi5 et ce qui e/ mal1 c> on ne me db>rassa jamais ni de la bride1 ni des illres4 ,les enfants devrai5t avoir1 comme les soldats1 des mom5ts o ils ne s]ai5t pas de s]vice1 et1 l'habitude de l'obissance une fois donne1 l'enfant devrait1 trs jeune1 tre livr lui-mme1 c]ta9es heures1 ab&onn ses caprices1 oblig de se dbattre contre lui-mme et de se va9cre4 ,l'autorit qui a incessamm5t veill sur mes jeunes annes m'a longtemps r5du incapable2 et lorsque1 enf91 je me suis tr\v lanc dans le monde1 je n'ai pu faire autre *ose que me laiss] emport] p> ses t\rbillons4 ,le jugem5t qu' l'heure actuelle je s]ais t5t de port] sur l'ensemble de mon ducation1 c'e/ d'avoir t la fois trop =mali/e et trop luxueuse1 imprimant sa m>que sur mon c>actre1 mais au mom5t trs important o il se =mait1 le laissant plutt comprim que discipl93 si j'tais innoc5t1 c'tait p> protection et non p> v]tu4 ,ma mre s'en r5dit compte1 elle ne le vit que trop clairem5t p> la suite1 et *aque fois qu'il m'arrivait de faire quelque *ose d'inju/e1 de /upide ou d'inhuma9 7et s\v5t ce fut t\t cela la fois7 elle ne manquait jamais de me dire3 ,c'e/ que v\s tiez trop gt4 ,jusqu'ici1 sauf c]ta9es omissions v\lues1 je n'ai gure rimprim que ce que j'avais dj dit dans ,=s2 je cra9s que la suite du rcit n'ait po9t autant d'intrt4 ,ce qui me re/e dire ne gagn]a pas tre dvelopp et s]a encore mo9s amusant4 ,dans ,=s1 j'ai t5t de prs5t] les *oses de faon un peu piquante2 je t*]ai au contraire1 ici1 que mon rcit soit aussi simple que possible4 ,suis-je arriv dans ,=s crire avec esprit8 ,je ne sais4 ,ce qui e/ c]ta91 c'e/ que j'ai t s\v5t =t obscur et que la description que j'ai donne plus haut de ,h]ne ,hill dem&e tre faite en t]mes mo9s exagrs4 ,la hauteur de la longue crte de ,h]ne ,hill1 au-dessus de la ,tamise ou plutt du niveau de la ,tamise1 ,camb]well ,gre51 n'a pas1 j'imag9e1 plus de c5t c9quante pi$s2 mais la desc5te sur les deux v]sants e/ rapide1 s'tageant sur un qu>t de mille du ct e/1 aussi bi5 que du ct oue/1 trav]s une succession de p>cs et de j>d9s2 r\te trs vite s*e aprs l'av]se1 et que les enfants dgr+olai5t en c\rant2 mais aussi quel c\rage il fallait p\r remont] la p5te avec son c]ceau6 ,du sommet1 avant qu'il n'y et de *em9s de f]1 la vue tait absolum5t dlicieuse2 v]s le soir1 du ct du c\*ant1 elle tait mme gr&iose1 embrassant une longue succession de p5tes boises4 ,la ,tamise elle-mme se ca*ait d]rire les arbres2 pas d'espaces libres1 pas de prairies1 si ce n'e/ directem5t au-dess\s2 sur une t5due de v+t milles c>rs1 ri5 que des frondaisons v]doyantes et des bosquets4 ,de l'autre ct1 v]s l'e/ et le sud1 s'allongeai5t les coll9es de ,norwood1 plantes de b\leaux et de *nes1 c\pes de l&es1 hrisses d'ajoncs et de ronces d'un v]t sombre1 avec1 ici et l1 des p5tes gazonnes qui faisai5t dev9] dj t\te la beaut rurale du ,surrey et du ,k5t et d'une ondulation si l>ge qu'elles donnai5t l'illusion de la montagne4 ,association d'ides qui p>at absolum5t invraisemblable auj\rd'hui que le ,palais de ,cri/al1 sans p>v5ir suggr] l'ide de gr&eur et sans avoir plus de maje/ lui-mme qu'une clo*e melon pose entre deux tuyaux de *em9es1 russit p\rtant1 grce au vois9age de sa bte de masse creuse1 donn] des airs de pygmes aux coll9es environnantes1 qui ressembl5t auj\rd'hui trois gros tas d'argile prts tre livrs un entrepr5eur de con/ruction4 ,mais1 en ce temps-l1 le ,norwood ou ,nor?wood1 comme on disait ,croydon1 p> opposition avec le ,s\?wood des plateaux du ,surrey1 montait en demi-c]cle sur une t5due de c9q milles aut\r de ,dulwi* v]s le sud1 c\p ici et l p> de petits s5ti]s rapides bords de haies tels que ,gipsy ,hill et autres2 du sommet1 le reg>d s't5dait dans la direction de ,d>t=d et sur la pla9e de ,croydon4 ,c'e/ devant ce spectacle qu'un j\r j'p\vantai ma mre1 en m'criant que je s5tais mes yeux me sortir de la tte4 ,elle crut que j'avais attrap un c\p de soleil4 ,h]ne ,hill tait au c5tre de cet amphi?tre1 et l'un de ses pr9cipaux *>mes consi/ait en ce qu'aprs avoir long le fate des coll9es1 en v5ant de ,londres1 au milieu des m>ronni]s d',inde1 des lilas et des pommi]s dont les bran*es p5dai5t au-dessus des palissades des deux cts1 le pays se dc\vrait s\da9 et on se tr\vait l'extrmit d'une gr&e pla9e qui dvalait v]s le sud jusque dans la valle de ,dulwi*1 prairie seme de b\tons d'or o paissai5t des va*es avec1 t\t au fond1 les beaux pturages et les av5ues sculaires de ,dulwi*1 et l'horizon le demi-c]cle des coll9es de ,norwood4 ,sur la gau*e1 un s5ti] auquel on accdait p> une b>rire et qui tait si abrit que les convalesc5ts v5ai5t s'y prom5] ds le mois de m>s2 il tait si paisible et si solitaire que1 lorsque j'tais en mal d'crire1 que j'avais beso9 de calme et de rflexion1 j'y v5ais1 le prfrant au j>d94 ,de simples balises en bois1 hautes de quatre pi$s1 sp>ai5t la r\te de la prairie2 elles n'tai5t l que p\r emp*] les va*es de s'*app]4 ,hlas6 depuis le temps o j'allais mdit] dans le petit s5ti]1 que de p]fectionnem5ts6 ,le beso9 d'une n\velle glise s'tant fait s5tir1 on a bti1 en bordure de la prairie1 une pauvre glise go?ique grle dont le clo*] n'e/ l que p\r l'ornem5t2 d]rire1 s'lve le presbytre1 si bi5 que ces deux con/ructions b\*5t les trois qu>ts de la vue4 ,ensuite1 ce fut le ,palais de ,cri/al1 qui gte irrmdiablem5t t\t le panorama d'o qu'on l'ap]oive et qui1 les j\rs de fte1 attire une f\le de pitons et de fumeurs dont le pauvre s5ti] g>dait la trace t\te la sema9e4 ,puis ce fut le t\r des *em9s de f] qui vomissai5t1 p> *aque tra9 de plaisir1 t\s les voy\s de ,londres1 et l'on sait que le plus gr& plaisir de ces messieurs consi/e dmolir les b>rires1 effray] les va*es et cass] les pauvres bran*es fleuries qui ont l'imprud5ce de s'avanc] au-dessus des cltures4 ,ce que voyant1 les propritaires en bordure fir5t lev] un mur de briques p\r se protg]4 ,le joli s5ti]1 dev5u intolrable de *aleur et de salet1 fut bi5tt ab&onn aux rdeurs1 que l'on se cont5tait de faire surveill] de lo9 p> un policeman plac l'entre4 ,enf91 cette anne1 c'e/ le comble6 ,on a lev en face du mur une palissade en plan*es de deux mtres de haut1 si bi5 que le malheureux excursionni/e e/ rduit gt] de la campagne1 comme air et comme vue1 ce qui peut lui en arriv] soit p>-dessus le mur1 soit p>-dessus la palissade2 il m>*e1 avec l'odeur d'un mauvais cig>e en avant1 un autre en arrire1 un troisime dans la b\*e4 ,je s]ais dsol que ce livre prt des allures maussades1 des airs grognons1 c> ma disposition naturelle1 dont je v\drais qu'il ft l'*o1 e/ le plus s\v5t aimable--que l'on me p>donne cette app>5ce de fatuit--surt\t qu& on ne me contr>ie pas4 ,je grogn]ai ailleurs1 qu& il faudra absolum5t que je grogne1 et je note seulem5t en passant le tort fait aux habitants et aux prom5eurs de ,h]ne ,hill1 p>ce que les que/ions de droit de passage sont l'ordre du j\r et que1 dans la plup>t des cas1 le passage e/ le mo9dre du vieux droit bi5 compris4 ,le droit devrait s't5dre la jolie vue et au bon air4 ,je ti5s aussi faire rem>qu] que1 bi5 que l'on ait t\j\rs en ,anglet]re la ,gr&e ,*>te la b\*e1 il y a peu d',anglais qui sa*5t que l'une de ses pr9cipales clauses e/ l'int]diction de trafiqu]#aj de la loi4 ,or1 il me semble que la loi anglaise p\rrait cons]v] ,ban/ead et autres t]ra9s aux pauvres de l',anglet]re sans me faire pay]1 comme elle vi5t de le faire1 deux mille c9q c5ts francs p\r l'excution temporaire de ce devoir d'ailleurs gratuit4 ,il me faudra rev5ir plus t>d sur ces annes d'enfance af9 de combl] quelques lacunes1 mais je ti5s expliqu] ici 7ce qui p\rra p>atre un peu fa/idieux7 que lorsque j'ai dit que dans le j>d9 de ,h]ne ,hill t\s les fruits tai5t df5dus1 j'ai simplem5t v\lu dire3 df5dus en dehors de c]ta9es circon/ances1 c> les cueillettes de fruits1 selon les saisons1 tai5t de vritables ftes1 et la df5se mat]nelle1 s\s son app>5te svrit1 avait de gr&s avantages3 la p*e que ma mre me donnait qu& elle tait c]ta9e qu'elle ft mre po9t1 la t>te dont j'avais tri les c]ises une une1 af9 de m'assur] qu'elles tai5t bi5 r\ges de t\s les cts1 avai5t p\r moi une saveur qu'elles n'aurai5t pas eue p\r un enfant habitu mang] des fruits sa fantaisie2 mais le plaisir absolum5t pur1 le vrai bonheur tait de voir le v]g] en fleur2 je prfrais mille fois ses fleurs ses fruits4 ,quant aux j\issances ga/ronomiques1 pommes de t]re bi5 rissoles1 petits pois fondants1 grosses fves ayant ju/e le degr d'am]tume v\lu1 et les bocaux de prunes de ,damas ou de groseilles1 p\r le remplissage annuel desquels on comptait encore plus sur le fruiti] que sur le j>d9i]1 me p>aissai5t d'une importance mille fois suprieure la d\za9e de brugnons dont on me donnait quelques bribes1 ou aux deux ou trois boisseaux de poires que l'on g>dait p\r l'hiv]4 ,si bi5 que1 de trs bonne heure1 mes rflexions sur les arbres m'avai5t am5 la conclusion donne c9quante ans plus t>d dans ,pros]p9e1 savoir que gra9es et fruits n'tai5t l que p\r les fleurs1 et non pas les fleurs p\r les fruits4 ,c'tai5t les p]ce-neige qui me donnai5t ma premire joie de l'anne2 la seconde1 la plus int5se1 je la devais aux am&i]s en fleur2 p>tir de ce mom5t1 c'tait *aque j\r1 dans le j>d9 ou dans les bois1 des plaisirs v>is1 une suite in9t]rompue de fleurs brillantes ou de feuilles r\gissantes2 et p5dant de longues annes1 ce que j'ai dem& au ,ciel avec le plus d'ardeur1 c'e/ qu' l'poque de la floraison la gele p>gnt les am&i]s6 ,note #c3 ,dans l',hi/oire de ,croydon1 on rem>que que ce nom a longtemps emb>rass les ar*ologues2 on le retr\ve s\v5t aux environs des anci5s camps roma9s4 ,note #d3 ,ce dess9 e/ encore au-dessus de la *em9e de ma *ambre c\*] ,brantwood4 ,note #e3 ,comp>] le #eb;e p>agraphe du ,*apitre ,,iii de la ,bible d',ami5s4 ,note #f3 ,un n\veau pr9temps raviv]a-t-il ,les c5dres de l'urne8 ,note #g3 ,cet diteur tant dev5u ,"l ,provo/ 7maire7 d'dimb\rg1 reut le titre de ,b>onet 7,note du traducteur74 ,note #h3 ,cette expression dans ,=s a p>u signifi] quelques lecteurs que ma mre m'avait r5du trs vangliquem5t religieux4 ,il n'en tait ri54 ,j'ai v\lu dire simplem5t qu'elle avait pos les fondem5ts de ma vie v5ir1 fondem5ts pratiques aussi bi5 que spirituels4 7,voir le p>agraphe suivant47 ,note #i3 ,rem>quez que je p>le ici de l'action1 c> en p5se je n'tais que trop indp5dant1 comme on a pu le voir plus haut4 ,note #aj3 ,to no "o w ,we sell1 to no "o w ,we d5y or def]1 ,"r or ,ju/ice4 7,on ne v5dra1 on ne refus]a1 on ne dni]a p]sonne le droit ou la ju/ice47 ,,*apitre ,,iii ,,les ,,rives ,,de ,,la ,,tay ,le lecteur a rem>qu1 je l'espre1 que1 dans mon rcit1 j'ai surt\t insi/ sur les circon/ances favorables qui ont ent\r l'enfant dont j'ai entrepris de racont] l'hi/oire1 et sur la docilit1 la tranquillit de son tempram5t p\rtant trs impressionnable4 ,je ne lui ai attribu aucun tal5t1 aucun don p>ticuli]2 c>1 en ralit1 il n'en possdait pas1 en dehors de cette pati5ce dans l'obs]vation1 de cette prcision dans la s5sation qui1 plus t>d1 avec le travail1 a con/itu ma facult d'analyse4 ,en dehors de ces dispositions1 je n'avais aucune de celles qui sont la condition du gnie4 ,ma mmoire n'tait que moy5ne et je n'ai jamais vu un enfant plus incapable de j\] la comdie1 ou de racont] une hi/oire2 d'autre "p1 je n'en ai jamais connu un dont le gt p\r le fait1 la *ose vue1 ft la fois aussi ard5t et aussi m?odique4 ,mais je m'ap]ois que1 dans le rcit qui prcde1 et que j'aurais v\lu extrmem5t mode/e1 je me vante assez sottem5t de mon gt p\r la gr&e littrature comme si elle avait t exclusivem5t l'objet de mes premires tudes4 ,j'aurais d dire que l',iliade et ce qui tait ma porte dans la ,g5se et dans l',exode ne m'ont gure occup avant l'ge de dix ans4 ,ma littrature de lait1 si l'on peut dire1 n'tait pas t\j\rs aussi au/re4 ,je lisais la ,dame ,wigg9s ( ,lee1 ,! ,peacock at ,home et autres contes p\r les enfants1 ou encore le ,frank et ,h>ry et ,lucy de ,miss ,edgewor?1 ou les ,dialogues sci5tifiques de ,joyce4 ,les premires t5tatives1 m>quant un m\vem5t quelconque des molcules de mon c]veau1 sont six pomes qui m'ont t inspirs p> ces lectures2 entre le quatrime et le c9quime1 ma mre a crit3 janvi] #ahbf4 ,cet opuscule1 comm5c au mois de septembre ou d'octobre #ahbf1 a t t]m9 en janvi] #ahbg4 ,il tait crit en c>actres d'imprim]ie3 j'tais alors dans ma septime anne4 ,je vois encore le petit cahi] r\ge rgl en bleu1 et ses qu>ante ou c9quante pages crites au crayon de *aque ct2 le titre1 qui a t assez exactem5t reproduit la page suivante1 tait crit l'intrieur sur le c>tonnage mme4 ,des quatre volumes annoncs1 il semble bi5 7selon une habitude laquelle je suis re/ fidle jusqu'ici7 que je n'en aie crit qu'un seul4 ,sur les qu>ante pages1 il y en avait deux consacres aux gravures1 dont celle qui avait la prt5tion de reprs5t] la n\velle r\te d',h>ry4 ,c'e/1 je crois1 la premire fois que j'aie essay de dess9] une montagne4 ,le d]ni] p>agraphe de ce premi] volume me semble1 p\r diffr5tes raisons1 mrit] d'tre cons]v4 ,je l'imprime tel que1 avec ses int]lignes et ses diffr5ts c>actres4 ,quant la ponctuation1 n\s la laiss]ons aux so9s du lecteur4 ,les espaces1 on v\dra bi5 le rem>qu]1 tai5t de/9s galis] les lignes1 non que l'on y soit jamais arriv2 et les int]lignes 9gaux conc\r5t au mme effet4 ,,h>ry ,,& ,,lucy ,,f9 ,,d]ni,,re ,,p>tie ,,de ,,premi,,res ,,le,,ons en quatre volumes vol ,i avec gravures ,,imprim et compos p> un petit g>on dess9 p> lui aussi4 ,figure #je ,h>ry savait trs bi5 ce que c'tait et cont9uait dess9] mais ,lucy l'appela bi5tt p\r lui montr] un gros nuage noir qui semblait *>g d'lectricit4 ,h>ry c\rut *]*] un app>eil lectrique que son pre lui avait donn1 et le nuage lectrisa l'app>eil au positif1 puis v9t un autre nuage qui l'lectrisa au ngatif1 suivi de nuages plus petits2 devant ce nuage s'levait une grosse nue de p\ssire qui c\rait aprs le nuage positif elle f9it p> pr5dre contact avec lui et qu& l'autre nuage arriva on vit un clair trav]s] la nue sur laquelle le nuage ngatif s't5dait et se dissolvait en pluie ce qui bi5tt claircit le ciel4 ,le phnomne t]m9 ,h>ry rev5u de sa surprise se dem&a comm5t il p\vait se faire qu'il y et de l'lectricit l o il y avait tant d'eau4 ,mais il ap]ut bi5tt un arc-en-ciel et l-dessus montait un br\ill>d o son imag9ation lui fit voir la silh\ette d'une femme4 ,il p5sa immdiatem5t la sorcire des ,alpes que l'on voquait en pr5ant#aa un peu d'eau dans le creux de la ma9 que l'on rp&ait en prononant des p>oles in9telligibles#ab4 ,et bi5 que ce ne ft qu'un conte ,h>ry en fut impressionn lorsqu'il vit dans les nuages une =me qui y ressemblait4 f9 de ,h>ry et ,lucy4 ,les raisons que j'ai donnes1 et qui m'ont dcid rimprim] ce morceau qui tait trop littralem5t une composition sont3 la premire1 que c'e/ un assez bon *antillon de mon or?ographe l'ge de sept ans2 je dis assez bon1 c> il tait r>e que je fisse des fautes et qu'ici il y en a deux 7take+ et un9telligable7 que je ne peux m'expliqu] que p> la trs gr&e hte o j'tais de t]m9] mon volume2 la seconde1 que l'ide d'utilis] dans mon hi/oire des matriaux tirs la fois des ,dialogues sci5tifiques de ,joyce#ac et du ,manfr$ de ,byron e/ un exemple excell5t du mlange biz>re que prs5tait mon c]veau et qu'il a cons]v2 ce qui fait que les lecteurs sottem5t enti*s de sci5ce ont t\j\rs t5u mes livres en suspicion p>ce qu'ils y r5contrai5t l'am\r du beau1 et que les lecteurs sottem5t pris d'e/htique ne les pr5ai5t pas au srieux p>ce qu'ils y r5contrai5t l'am\r de la sci5ce2 la troisime1 enf91 que la m?ode de t\t po9t raisonnable1 du jugem5t df9itif1 au nom de laquelle je dem&e au lecteur s5s d'excus] ces fragm5ts incohr5ts1 ne peut tr\v] une meilleure dmon/ration que dans le fait qu' sept ans1 aucune hi/oire1 si sduisante qu'elle ft1 ne p\vait faire d'impression sur ,h>ry1 tant qu'il n'avait pas vu--dans les nuages ou ailleurs--quelque *ose qui y ressemblt4 ,des six pomes1 le premi] clbre une ma*9e vapeur et dbute a9si3 ,:5 furi\s up f m9es1 ! wat] p\rs ,& cle>s f ru/y moi/ure ail ! ores2#ad et le d]ni]1 sur l',arc-en-ciel1 en v]s blancs1 non rims en raison de son c>actre didactique1 e/ accompagn de rflexions sur l'ignorance et la lgret de c]ta9s individus3 ,b ^? t d n "k ab\t t light ,reflect n on x2 & 9 ail t light ,n "o ( ail ! col\rs d !y "k#ae4 ,l'anne de mes sept ans accomplie1 ma mre joignit une leon de lat9 la lecture de la ,bible et rgla df9itivem5t les occupations que j'ai numres dans le *apitre prcd5t4 ,mais1 ce qui m'tonne qu& j'essaie p\r mon propre plaisir1 si ce n'e/ p\r celui du lecteur1 de mettre ces s\v5irs au po9t1 c'e/ de ne pas me rappel] comm5t se passait la mat9e4 ,je sais seulem5t que je djeunais dans la nurs]y et que lorsque ,bridget1 ma c\s9e de ,croydon1 tait la maison1 n\s n\s qu]ellions qui aurait les p>ties les plus rties du pa9 grill4 ,ceci mme doit tre po/rieur1 c>1 l'poque qui n\s occupe1 je ne devais pas tre promu l'honneur de mang] du pa9 grill4 ,je n'ai de s\v5irs trs prcis sur les vnem5ts de la j\rne qu' p>tir du mom5t o papa p>tait p\r la ,cit4 ,il pr5ait la dilig5ce1 et ma mre1 aprs avoir rapidem5t donn ses ordres1 m'appelait4 ,n\s comm5cions nos leons neuf heures et demie p> la lecture de la ,bible1 comme je l'ai dit plus haut1 aprs quoi j'appr5ais p> cur deux ou trois v]sets1 plus un v]set de p>aphrase2 et encore une dcl9aison lat9e ou un temps de v]be et huit mots du vocabulaire de la grammaire lat9e d',adam1 la meilleure qu'il y ait jamais eu4 ,ceci fait1 j'tais libre le re/e de la j\rne4 ,p\r l'ari?mtique1 elle fut salutairem5t remise beauc\p plus t>d2 quant la gographie1 je l'appris trs facilem5t moi-mme ma faon2 mes notions d'hi/oire1 je les ai puises dans les ,contes raconts p> un gr&-pre1 de ,scott4 ,donc1 v]s midi1 je desc5dais au j>d9 qu& il faisait beau2 qu& il pleuvait1 je passais le temps comme je p\vais4 ,j'ai dj p>l des fameux cubes de bois qui1 ds que je pus me tran]a quatre pattes1 fur5t mes compagnons de t\s les in/ants2 et je suis imp>donnable d'avoir oubli quel gnreux ami 7je s\ponne =t ma tante de ,croydon7 je dus1 un peu plus t>d1 un pont deux ar*es1 impeccable quant aux v\ssures1 aux clefs de vote1 et l'aju/em5t de la maonn]ie taille en biseau et assemble en queue d'aronde sur le modle du pont ,wat]loo4 ,les c9tres trs bi5 faits1 et une suite de m>*es en m>quet]ie qui desc5dai5t jusqu' la rivire1 faisai5t de ce petit modle quelque *ose de vraim5t in/ructif2 je ne me lassais pas de le btir1 de le dbtir 7il tait trop bi5 tabli p\r qu'on pt le jet] bas1 il fallait t\j\rs le dmont]7 et de le rebtir4 ,le plaisir que j'avais faire et refaire les mmes *oses1 lire et relire les mmes livres1 a beauc\p contribu dvelopp] cette facult1 qui m'a t si prcieuse1 d'all] au fond des *oses4 ,quelques p]sonnes diront c]ta9em5t que ces j\j\x1 donns p> has>d1 dcidr5t de mon gt p\r l'ar*itecture2 mais je n'ai jamais ent5du p>l] d'un autre enfant si passionnm5t pris de ses bois de con/ruction1 si ce n'e/ le ,frank de ,miss ,edgewor?4 ,il e/ vrai qu' l'poque o n\s vivons--ge d'univ]selle briquet]ie s'il en fut--on ne donne plus aux enfants p\r j\] de mode/es morceaux de bois1 mais des locomotives2 et ces petits tres sont t\j\rs pr5dre des billets1 mont] et desc5dre aux /ations sans jamais *]*] s'expliqu] le pr9cipe du puff-puff6 quoi cela leur s]virait-il d'ailleurs1 mo9s qu'ils ne puiss5t appr5dre en mme temps que jamais le pr9cipe du puff-puff ne remplac]a celui de la vie8 ,moi1 au contraire1 avec ,h>ry et ,lucy non seulem5t j'ai compris le sy/me moteur du puff-puff1 mais1 grce mes briques de bois1 je connus bi5tt les lois de la /abilit en matire de t\rs et d'arceaux4 ,j'tais aid dans ces tudes p> le gt passionn que j'avais de voir travaill] des ouvri]s2 je p\vais re/] des heures reg>d] maons1 briqueti]s1 tailleurs de pi]re1 paveurs1 qu& ma bonne me p]mettait de m'arrt] p5dant nos prom5ades2 j'tais au comble du bonheur si1 de la f5tre de l'aub]ge ou de l'htel1 qu& n\s voyagions1 je p\vais voir des ouvri]s travaill]2 la j\rne dans ce cas ne me p>aissait jamais assez longue1 je re/ais l des heures1 en extase1 et ri5 ne p\vait me di/raire4 ,le plus s\v5t1 au j>d91 qu& le temps le p]mettait1 j'obs]vais les habitudes des plantes1 sans qu'il me vnt l'ide de les cultiv] ou de les soign]2 je n'aimais pas plus m'occup] des fleurs que des oiseaux1 des arbres1 du ciel ou de la m]1 mais je passais des heures les reg>d]1 les f\ill]4 ,sans la mo9dre curiosit morbide1 mais avec une admiration tonne1 j'arra*ais leurs ptales jusqu' ce qu'elles m'euss5t livr leurs secrets1 du mo9s les secrets qui p\vai5t intress] un enfant2 je faisais des collections de gra9es--elles me t5ai5t lieu de p]les ou de billes--sans qu'il me vnt jamais la p5se de les sem]4 ,un vieux j>d9i] v5ait une fois p> sema9e ratiss] les alles1 enlev] les mauvaises h]bes2 je n'aurais pas mieux dem& que de l'aid]1 mais je fus dc\rag et humili un j\r o1 sans ri5 dire1 je le vis rev5ir sur les endroits dj nettoys p> moi4 ,mais ce que j'aimais p>-dessus t\t1 c'tait de creus] des tr\s1 =me de j>d9age qui1 hlas6 n'avait pas l'approbation mat]nelle4 ,alors1 t\t naturellem5t1 je retombais dans mes habitudes de contemplation2 neuf ans1 je comm5ai un pome intitul ,eudosia--d'o me v5ait ce nom1 que me reprs5tait-il8--pome sur l',univ]s4 ,une ou deux /rophes qui rappell5t le db la fois de mon ,deucalion et de ma ,pros]p9e ne s]ont peut-tre pas dplaces au milieu de ces graves s\v5irs1 d'autant que j'en puis donn] la date exacte3 #bh septembre #ahbh4 ,le livre ,premi] comm5ce a9si3 ,:5 fir/ ! wra? ( heav5 o'er:elm$ ! _w1 ,& o'er ! rocks1 & hills1 & m\nta9s1 hurl'd ,! wat]s' ga!r+ mass2 & sea o'er %ore-- ,!n m\nta9s fell1 & vales1 unkn[n be=e1 ,lay :]e !y 74 ,f> diff]5t 0 ! ,e>? ,:5 fir/ ! flood came d[n1 ?an at its second bir?4 ,n[ = its produce6--,que5 ( fl[]s1 ,o rose1 ,f ^: fair color$ leaves su* odor fl[s1 ,?\ mu/ n[ be be=e ?y subjects nam$1 ,bo? = ?y beauty & ?y sweetness fam$4 ,?\ art ! fl[] ( ,engl&1 & ! fl['r ,( ,beauty too--( ,v5us odr\s b[]4 ,& ?\ wilt (t5 %$ sweet odors r\nd1 ,& (t5 /oop+1 hide ?y head on gr\nd#af4 ,& !n ! lily1 t[]+ up s pr\d1 ,& rais+ its gay head among ! v>i\s cr[d1 ,!re ! black spots ^u a sc>let gr\nd1 ,& !re ! tap]-po9t$ leaves are f\nd#ag4 ,en #bbj v]s de cette valeur1 le premi] livre s'lve de la rose au *ne4 ,le second dbute-- ma gr&e surprise et contrairem5t t\tes mes habitudes--p> une apo/rophe extatique quelque *ose que je n'avais jamais vu3 ,i s+ ! ,p9e1 :i* clo!s high ,switz]'s head1 ,& high en?ron$1 gr[s on a rocky b$1 ,on gulphs s deep1 on cliffs t are s high1 ,he t w\ld d>e to climb !m1 d>es to die#ah4 ,mon en?\siasme ne se s\t9t pas longtemps2 aprs une description de la desc5te de l',alpna*1 imite de ,h>ry et ,lucy1 en #gf v]s1 je m'arrte c\rt4 l'autre b\t et l'env]s du cahi]1 je fais obs]v] que le cri/al de ro*e e/ ent\r d'act9oli!1 d'ax9ite et d'pidote au ,b\rg d',oisans en ,dauph94 ,mais les mditations au j>d9 ne cessr5t pas1 et qui p\rrait dire si ces heures de rv]ie m'ont t pr(itables ou si ce fut un temps absolum5t p]du8 ,en t\t cas1 il ne fut pas p]du p\r mon agrm5t4 ,le bonheur que j'y tr\vais r5dait t\tes les autres occupations du dehors insipides4 ,le lecteur p\rra bi5 tr\v] que ces rv]ies improductives euss5t pu facilem5t1 si ma mre l'et v\lu1 s]vir de base de srieuses connaissances botaniques4 ,mais s'il y avait alors des livres de gologie et de m9ralogie ma porte1 les livres de botanique--et on a fait peu de progrs cet g>d depuis--tai5t t\s plus ardus encore que la grammaire lat9e4 ,je me bornai la m9ralogie et1 en f9 de compte1 je crois que le temps pass au j>d9 n'aurait pas pu tre mieux employ1 si ce n'e/ peut-tre en s>clant les mauvaises h]bes4 six heures1 le po9t sur l'aiguille1 je pr5ais le ? avec mon pre et ma mre dans le salon1 ou plutt dans ma ni*e d'o il m'tait df5du de sortir s\s aucun prtexte4 ,j'ai dj p>l de ce petit reco9 ct la *em9e1 bi5 clair p> une f5tre latrale en t1 p> la lampe de la *em9e en hiv]1 prs du feu1 sans en tre gn et l'abri de t\t c\rant d'air4 ,une gr&e table crire1 place devant moi1 m'enf]mait2 on y posait mon assiette1 ma tasse1 et les livres avec lesquels je m'amusais4 ,qu& il avait pris son ?1 mon pre faisait la lecture ma mre1 sans se proccup] de moi4 ,j'c\tais ou je lisais p\r mon compte4 ,mon pre n\s lut a9si1 et plus d'une fois1 t\tes les comdies de ,%akespe>e1 ses drames hi/oriques1 t\t ,walt] ,scott et ,don ,qui*otte1 dont il raffolait4 ,j'en riais alors aux l>mes2 auj\rd'hui c'e/ p\r moi un des livres les plus tri/es et mme1 p> endroits1 les plus *oquants4 ,mon pre tait un m]veilleux lecteur2 v]s et prose3 ,%akespe>e1 ,pope1 ,sp5s]1 ,byron et ,scott1 comme ,goldsmi?1 ,addison et ,johnson4 ,p\r la posie plus lgre1 il manquait peut-tre de la f9esse d'oreille1 de la subtilit ncessaire2 mais le s5tim5t qu'il avait de la vigueur et de la sagesse d'une expression ju/e1 de la puissance des syllabes bi5 ordonnances1 donnait a sa manire dlir ,hamlet1 ,le>1 ,cs> ou ,m>mion une ju/esse et une gr&eur h>monieuses2 il n'avait1 p> contre1 aucune ide de la manire dont on doit modul] le refra9 d'une ballade1 et la prciosit des s5tim5ts exprims l'agaait4 ,ce qu'il aimait avant t\t1 dans les uvres1 c'tait la volont1 une volont hroque et une haute raison2 il ne tolrait pas l'am\r morbide de la s\ffrance et n'aurait jamais lu p\r son plaisir ou p\r mon in/ruction des ballades comme ,burd ,hel51 les ,twa ,corbies ou autres pomes ou contes dont t\t l'intrt repose sur un am\r sans espoir ou une mort /rile4 ,mais une pure et noble d\leur v9t bi5tt ml] sa note grave aux acc5ts joyeux de ces j\rs de bonheur2 musique suave1 magnifique comme un beau *ant de ca?drale4 ,ceci m'oblige rev5ir en arrire p>l] de *oses qui m'ont t contes et dont cep5dant c]ta9es sont aussi prcises que si je les avais vues de mes yeux4 ,c'e/ aux environs de #aghj que ma gr&'mre1 ,ca!r9e ,twe$ale1 se fit enlev] p> mon gr&-pre pat]nel2 elle n'avait pas encore seize ans2 ma tante ,jessie1 l'unique sur de mon pre1 tait ne l'anne suivante4 ,quelques sema9es aprs cet vnem5t1 un ami entrant l'improvi/e dans la *ambre de ma gr&'mre l'avait surprise dansant le branle trois avec deux *aises comme p>t5aires1 n'ayant pas1 sur l'heure1 tr\v d'autre moy5 d'exprim] qu'elle tr\vait la vie dlicieuse et t\te ple9e de bndictions et de promesses4 ,elles ne se ralisr5t pas t\tes p> la suite2 tante ,jessie1 une dlicieuse crature1 aux yeux noirs1 les beaux yeux des ,highl&s1 pr(ondm5t pieuse1 d\ce et rsigne 7le ,de/91 hlas6 lui fut s\v5t contraire7 p\sa un tanneur de ,p]? quelque peu rude1 mais dont les affaires tai5t assez prospres4 ,lorsque je les vis p\r la premire fois1 ma tante et mon oncle le tanneur habitai5t une maison c>re1 en pi]re grise1 dans un faub\rg de ,p]? non lo9 du pont2 le j>d9 desc5dait en p5te rapide jusqu' la ,tay qui t\rbillonnait1 pr(onde et claire1 aut\r des m>*es o les s]vantes v5ai5t remplir leurs seaux4 ,un de mes correspondants abus s'e/ pla9t dans ,=s de la mauvaise habitude que j'avais de raill] les g5s qui n'ont po9t d'anctres4 ,je prote/e l contre1 bi5 que je me s5te1 il e/ vrai1 t\j\rs un peu gn qu& j'ai p>l] de mon oncle le b\lang] ou de mon oncle le tanneur4 ,mes lecteurs peuv5t m'en croire qu& j'affirme--voquant auj\rd'hui les rves faits jadis s\s le toit de l'honnte b\lang] de ,m>ket ,/reet ,croydon1 ou *ez ,pi]re1 et non ,simon1 le tanneur1 dans la petite maison du bord de la rivire--que je n'*ang]ais pas ces rves et encore mo9s les t5dres ralits de ces j\rs de mon enfance p\r ceux des plus beaux seigneurs ou des plus gr&es dames ayant p\r ?tres des halls somptueux1 de beaux gazons1 des lacs1 au milieu de p>cs ombreux et pr(onds comme des =ts4 ,les belles pel\ses1 les lacs ne manquai5t pas dans le ,nor?-,in* de ,p]?1 et les rem\s de la ,tay s'att>dant devant ,rose ,t]race faisai5t mes dlices2 c'e/ l que n\s habitions 7aprs la mort de mon oncle1 enlev rapidem5t p> une attaque d'apoplexie7 dans le calme des beaux j\rs d't cossais avec ma tante dev5ue veuve et ma petite c\s9e ,jessie1 l'heureuse petite ,jessie de six1 sept1 huit et neuf ans1 la petite ,jessie aux yeux de vel\rs noir1 pr(ondm5t noirs#ai4 ,jessie avait non seulem5t les yeux de sa mre1 elle avait sa pit2 et le diman*e soir1 elle et moi1 n\s passions une sorte d'exam5 sur les critures4 ,c'tait qui rpondrait le mieux et n\s tions fi]s comme des paons1 qu& les frres ans de ,jessie et sa sur ,m>ie tai5t recals1 et que ,jessie ou moi tions dux1 ce qui arrivait presque t\j\rs4 ,n\s avions dcid de n\s m>i]444 ds que n\s s]ions un peu plus gs1 il ne n\s v5ait pas l'ide de dire plus raisonnables4 ,le has>d avait v\lu que la bonne t\t faire dans la maison de ,rose ,t]race ft une trs vieille ,mause qui avait t s]vante *ez mon gr&-pre dimb\rg1 un vrai type1 le portrait frappant de la ,mause des ,purita9s d'cosse#bj1 avec peut-tre une foi plus pati5te encore1 plus sol5nelle et plus intrpide2 foi passe au crible1 de s\ffrances sans nom2 c> ,mause avait cruellem5t s\ff]t dans sa jeunesse1 s\ff]t de la faim1 au po9t de ramass] des crotes de pa9 et des os dans les tas d'ordures4 ,aussi1 p\r elle1 voir g*] le plus petit atome de n\rriture1 c'tait un crime imp>donnable1 comp>able au blasphme4 ,oh1 ,miss ,m>g>et6 s'cria-t-elle avec indignation en voyant ma mre jet] p> la f5tre quelques miettes de pa9 re/es sur une assiette1 j'aim]ais mieux recevoir un c\p de po+6 ,elle faisait son dn] de t\t ce que les autres s]vantes laissai5t1 s\v5t de pelures de pommes de t]re1 ayant donn son propre repas au premi] pauvre v5u2 et elle re/ait deb\t p5dant t\t l'(fice--bi5 qu'ge d'au mo9s soixante-dix ans et trs faible qu& je la connus--lorsqu'elle avait pu dcid] quelque dvoy1 r5contr dans la rue1 pr5dre sa place l'glise4 ,peut-tre sa vieille figure p>*em9e--fige dans une expression de rsolution et de pati5ce1 qui ne savait pas s\rire1 et dont le s\rcil fronc n\s faisait trembl]1 ,jessie et moi1 lorsque n\s osions r$em&] de la crme p\r notre porridge1 ou que1 le diman*e1 n\s faisions trop de bruit--e/-elle en p>tie responsable de mon tant soit peu de prv5tion contre la religion vanglique1 prv5tion dont on retr\ve la trace1 je l'av\e1 dans mes d]ni]s ouvrages2 mais je ne p\rrai jamais tre assez reconnaissant env]s la ,provid5ce d'avoir pu voir dans notre vieille ,mause l'esprit purita9 cossais dans t\te sa foi et t\te sa vigueur1 et d'avoir t p> consqu5t mme de trac] l'action de cet esprit dans la politique r=matrice de l'glise avec le respect et l'honneur qui lui sont dus4 ,ma tante1 vraie prtresse de ,dodone#ba dans les ,highl&s1 si tant e/ qu'il y en ait jamais eu1 tait de nature inf9im5t plus d\ce2 nanmo9s1 je n'osais l'appro*] qu' di/ance respectueuse4 ,elle ne s'tait jamais console de la mort de trois petits enfants qu'elle avait p]dus4 ,le petit ,pi]re1 surt\t1 tait la pi]re angulaire de son difice1 l'am\r sur lequel s'*afaudai5t t\tes ses autres t5dresses4 ,il lui avait t enlev si rapidem5t1 d'une tumeur blan*e au g5\6 ,l'enfant s\ffrait beauc\p1 et il allait t\j\rs s'affaiblissant1 mais il re/ait obissant1 t5dre et d\x4 ,un j\r que sa mre v\lait lui faire pr5dre quelques g\ttes de porto et qu'elle l'avait pris sur ses g5\x1 comme elle appro*ait le v]re de ses lvres3 ,pas ma9t5ant1 maman1 fit-il1 dans une m9ute1 et1 appuyant sa tte sur l'paule mat]nelle1 il avait p\ss un gr& s\pir et tait mort4 ,puis 'avait t le t\r de ,ca!r9e2 et celui de 444444 j'oublie le nom de l'autre petite fille2 je ne les ai connues ni l'une ni l'autre1 mais ma mre m'en a s\v5t p>l2 ,ca!r9e tait sa prfre4 ,un soir que ma tante1 aprs une conv]sation srieuse avec son m>i sur l'ducation de leurs deux enfants1 s'tait c\*e1 elle fut quelque temps avant de p\voir s'endormir et1 comme elle s'agitait dans son lit1 elle vit t\t c\p la porte de sa *ambre s'ouvrir et deux b*es entr] et se pos] au pi$ de son lit4 ,les deux enfants m\rai5t quelques j\rs plus t>d2 je dis quelques j\rs1 c> je ne suis pas sr de me rappel] exactem5t les p>oles de ma mre4 l'poque o n\s allions ,p]?1 il y avait encore ,m>ie1 la fille ane1 qui tait *>ge de surveill] les enfants qu& la vieille ,mause tait trop occupe2 ,james1 ,john1 ,william et ,&rew 7je ne sais plus qui tait le p>ra9 de ,william1 le seul des g>ons qui n'et pas un nom d'aptre74 ,ils tai5t d'ailleurs t\s au collge ou l',univ]sit4 ,william et ,&rew1 qu& ils tai5t la maison1 ne songeai5t qu' n\s taqu9]1 ,jessie et moi1 et ils mangeai5t les plus belles poires4 ,quant aux gr&s1 on ne les voyait jamais4 ,les petites filles et moi n\s n\s amusions notre manire1 qui tait t\j\rs tranquille1 soit dans le ,nor?-,in*1 soit sur les bords du ,lead1 un bras de la ,tay qui1 passant devant ,rose ,t]race1 faisait t\rn] un m\l91 et que1 depuis1 on a combl4 ,alors1 il tait dlicieux et ses eaux cri/all9es tai5t un trsor de diamants1 p\r n\s autres enfants4 ,m>y avait alors prs de d\ze ans2 c'tait une blonde aux yeux bleus1 presque jolie2 sa pit trs f]v5te n'tait po9t aussi agissante que celle de ,jessie4 ,mon pre1 le plus s\v5t1 pr(itait de notre sj\r ,p]? p\r faire des excursions en cosse et1 *ose trange1 ma mre elle-mme n'tait plus ,rose ,t]race qu'un p]sonnage de second plan4 ,je ne m'explique pas p\rquoi elle sortait si peu avec n\s2 elle et ma tante cons]vai5t1 en dpit de t\t1 leurs habitudes retires4 ,m>y1 ,jessie et moi avions la p]mission de faire t\t ce que n\s v\lions dans le ,nor? ,in*2 je ne travaillais pas p5dant ces sj\rs ,p]?1 en dehors des conc\rs pieux du diman*e4 ,si le has>d avait v\lu qu'il se ft tr\v l quelqu'un en tat de me donn] des notions de botanique ou de m9ralogie1 quelle *ance c'et t p\r moi2 mais les *oses tant ce qu'elles tai5t1 je passais mes j\rnes un peu comme les *>dons et les tanaisies du rivage1 reg>d] l'eau c\rir2 d'tranges inquitudes me v5ai5t1 devant les rem\s de la ,tay1 o l'eau passait du brun au bleu presque noir1 et devant les prcipices de ,k9n\ll2 horreur sacre cre en p>tie p> mon imag9ation1 mais aussi p> les airs my/rieux que pr5ai5t les s]vantes qu& n\s gravissions le *em9 de ,k9n\ll et que je v\lais re/] en arrire1 p\r reg>d] la petite s\rce de cri/al de ,b[]'s ,well4 ,v\s dites p\rtant que v\s n'aviez peur de ri51 m'crit un ami qui s'inquite1 et qui ne v\drait pas que la vracit de ces s\v5irs pt tre mise en d\te4 ,en effet1 j'ai dit que je n'avais peur ni des rev5ants1 ni du tonn]re1 ni des animaux1 ent5dant p> l les *oses qui habituellem5t font la t]reur des enfants4 ,mais *aque j\r1 la vie m'appr5ait qu'il e/ raisonnable d'avoir peur2 sans cela1 comm5t aurais-je pu1 dans les pages qui prcd5t1 me prs5t] comme la p]sonne la plus s5se que je connaisse8 ,c'e/ a9si que jamais il ne m'e/ arriv1 mme en ces annes d'ins\ciance fune/e1 de pass] sans ress5tir quelque moi devant les t\rbillons noirs1 que ne tr\ble aucun flocon d'cume1 o la ,tay se recueille1 semblable ,mduse#bb1 et je ne dis pas non plus que je me promn]ais dans un cimetire la nuit 7ni mme le j\r7 comme si ses pi]res tumulaires n'tai5t que des pavs mis deb\t4 ,t\t au contraire4 ,mais il e/ trs important1 af9 que le lecteur n'ait aucune inquitude au sujet de c]ta9s de mes crits qui ont p>u extra-s5sitifs et motifs1 qu'il sa*e bi5 que je n'ai jamais t sujet me crer des fantmes1 me faire des illusions1 peut-tre devrais-je dire avec regret que je n'en ai jamais t capable et que je n'ai jamais t sujet non plus avoir les n]fs branls p> la surprise4 ,lorsque j'avais c9q ans1 n\s avions ,h]ne ,hill un gros t]re-neuve que j'aimais beauc\p4 ,rev5ant de voyage1 un t1 ma premire p5se fut de c\rir dire bonj\r ,lion4 ,ma mre me laissa all] l'curie avec notre unique dome/ique mle1 ,?omas1 lui recomm&ant bi5 de ne pas me laiss] appro*] du *i5 qui tait la *ane4 ,?omas1 p\r plus de sret1 me prit dans ses bras4 ,lion1 qui mangeait sa pte1 ne fit pas la mo9dre att5tion n\s2 je dem&ai alors la p]mission de le c>ess]4 ,cet imbcile de ,?omas se baissa p\r que je pusse t\*] le *i5 qui se jeta sur moi1 m'enlevant un morceau de la lvre4 ,on me remonta p> l'escali] de s]vice1 saignant abondamm5t mais nullem5t effray1 et n'ayant qu'une cra9te1 c'e/ qu'on ne se db>rasst de ,lion4 ,il fallut en effet s'en sp>]1 mais ma mre ne r5voya pas ,?omas1 elle lui p>donna c> elle savait quel po9t il regrettait sa maladresse qu'elle se tr\vait d'ailleurs seule blm] dans la circon/ance4 ,la morsure du *i5 a laiss une trace qui ne s'e/ jamais efface1 d=mant la b\*e 7alors rellem5t jolie71 mais la blessure fut vite cicatrise4 ,je me s\vi5s que les d]ni]s mots que je prononai1 avant d'tre rduit p> le ,dr ,avel9e un sil5ce qui devait dur] quelques j\rs1 fur5t ceux-ci3 ,maman1 si je ne peux pas p>l]1 je peux j\] du violon4 ,on ne fut pas de cet avis la maison1 et je ne fis aucun progrs sur cet in/rum5t1 digne p\rtant de mon gnie4 ,cet accid5t ne dim9ua en ri5 mon am\r p\r les *i5s1 et jamais ils ne m'inspirr5t la mo9dre cra9te4 ,je ne sais si je c\rus un vrai dang] dans cette mme curie un j\r o1 me tr\vant seul1 je tombai la tte la premire dans une gr&e cuve ple9e d'eau qui s]vait l'arrosage du j>d92 j'aurais t en assez mauvaise po/ure si je ne m'tais s]vi du petit arrosoir que je t5ais la ma9 p\r t\*] le fond et me donn] un bon lan2 aprs quoi1 de la ma9 gau*e1 je saisis le bord de la cuve4 ,cet exploit me valut1 aprs c\p1 de gr&s loges2 on vanta ma prs5ce d'esprit1 ma dcision4 ,en songeant aux r>es occasions o j'ai eu faire preuve de sang-froid1 je con/ate que j'ai t\j\rs tr\v ma tte lucide qu& j'en ai eu beso91 et que je suis beauc\p plus expos me laiss] tr\bl] p> un accs d'admiration s\da9 que p> un dang] imprvu4 ,les sombres pr(ondeurs de la ,tay1 po9t de d"p de ce petit accs de vant>dise1 se tr\vai5t s\s la rive esc>pe1 l'extrmit du ,nor?-,in*4 ,n\s pr5ions r>em5t le s5ti] qui les ctoie1 si ce n'e/ au temps de la moisson1 qu&1 p\r n\s amus]1 n\s allions glan] dans les *amps4 ,au ret\r1 ,jessie et moi n\s crasions le gra9 des pis dans le m\l9 poivre de la cuis9e et n\s en faisions des gteaux au poivre qui n'aurai5t c]ta9em5t pas tr\v d'a*eteurs4 ,si m9utieux que puiss5t p>atre ces dtails1 je m'lve avec t\te l'indignation que p]mett5t les bonnes manires contre l'imputation de p>tialit p\r ces s\v5irs4 ,ils ne me plais5t pas seulem5t p>ce qu'ils sont de ma jeunesse4 ,cep5dant1 j'hsite a enregi/r] comme une vrit tablie l'impression que je g>de de mes c\rses trav]s *amps avec ,jessie la suite des glaneurs3 savoir que les g]bes d'cosse sont plus dores que celles de t\s les autres pays du monde et qu'il n'y a nulle "p des moissons qui font plus song] au from5t du ,ciel que celles de ,/ra?-,tay et de ,/ra?-,e>n4 ,note #aa3 ,rusk9 avait ici commis deux fautes en crivant take+ p\r tak+ 7pr5ant74 ,note du traducteur4 ,note #ab3 ,rusk9 avait ici commis deux fautes en crivant un9telligable p\r un9telligible 7in9telligible74 ,note du traducteur4 ,note #ac3 ,le passage orig9al e/ comme suit1 vol4 ,,vi1 dit4 #ahba1 p4 #ach3 ,le ,dr ,frankl9 p>le d'un phnomne trs rem>quable que ,mr ,wilke1 le clbre lectrici51 a eu l'occasion d'obs]v]4 ,le #bj juillet #ageh1 trois heures de l'aprs-midi1 il rem>qua un gros nuage de p\ssire qui s'levait de t]re2 ce nuage c\vrait la pla9e et une p>tie de la ville qu'il habitait alors4 ,il n'y avait pas un s\ffle de v5t et la p\ssire flottait d\cem5t v]s l'e/1 o l'on ap]cevait une nue noire qui impressionnait1 trs nettem5t1 son app>eil lectrique dans le s5s positif4 ,cette nue se dirigeait v]s l'oue/1 le nuage de p\ssire la suivit et cont9ua de mont] plus haut1 t\j\rs plus haut1 jusqu' =m] une paisse colonne ayant la =me d'un pa9 de sucre1 qui1 la f91 sembla pr5dre contact avec la nue4 quelque di/ance1 v5ait un autre gros nuage1 suivi de plus petits1 qui lectrisa son app>eil au ngatif2 lorsque ces nuages se tr\vr5t en contact avec le nuage positif1 on vit un clair trav]s] le nuage de p\ssire2 aprs quoi les nuages ngatifs c\vrir5t le ciel et se fondir5t en pluie1 ce qui claircit l'atmosphre4 ,note #ad3 ,qu& furieuse1 v5ant des m9es1 l'eau s'*appe ,et db>rasse de ses scories le m9]ai4 ,note #ae3 ,mais ceux qui ne connaiss5t pas cette lumire ,n'y song5t pas2 et dans t\te cette lueur ,ils ne di/+u5t pas une seule c\leur4 ,note #af3 trange manire1 p> beso9 de la rime1 de dire que les roses sont s\v5t trop l\rdes p\r leurs tiges4 ,note #ag3 ,qu& les colres du ciel envahir5t le monde1 ,que ro*]s1 coll9es1 montagnes fur5t emports ,p> les eaux montantes1 que les m]s dbordr5t-- ,alors les montagnes cr\lr5t et des valles1 inconnues jusqu'ici1 ,prir5t leur place4 ,combi5 diffr5te la ,t]re cette seconde naissance1 lorsque les flots se retirr5t4 ,ma9t5ant passons ses produits6 ,toi1 re9e des fleurs1 rose6 ,dont les ptales t5drem5t colors rp&5t un si suave p>fum4 ,il faut te nomm] devant tes sujets1 ,p\r ta beaut1 p\r ta d\ceur si connues4 ,tu es la fois la fleur de l',anglet]re et la fleur ,de la beaut--celle du b]ceau embaum de ,vnus4 ,tu v]s]as tes p>fums al5t\r1 ,et p>fois te baissant1 tu ca*]as ton visage contre t]re4 ,puis c'e/ le lis1 qui se dresse si fi] ,au-dessus de la f\le b>iole1 ,ici po9till de noir sur un fond c>late ,au milieu de ses feuilles acum9es4 ,note #ah3 ,je *ante le ,p9 qui c\ronne la cime du pays suisse1 ,et s\v]a9em5t s'lve sur son lit de ro*]s1 ,au-dessus de g\ffres pr(onds1 de falaises si hautes ,que celui qui t5t]ait de les fran*ir dfi]ait la mort4 ,note #ai3 ,p> opposition avec les yeux dont l'iris seul e/ noir1 ce qui les fait ressembl] des c]ises noires4 ,note #bj3 ,ri5 ne pr\ve mieux la dgnresc5ce du puritanisme mod]ne que l'incapacit o il e/ de compr5dre les admirables portraits que ,scott n\s a laisss des ,cov5antaires4 ,ri5 que dans les ,purita9s1 il y en a quatre d'absolum5t p>faits3 le plus typique1 ,elspe?1 pure et sublime2 le second1 ,ephram ,macbri>1 qui met en lumire le ct le plus connu du c>actre3 l'exagration et la folie asctique2 le troisime1 ,mause1 si vivant1 qui prte un peu rire1 mais qui e/ si absolum5t s9cre et pur4 ,enf9 le d]ni]1 ,balf\r1 d'un si puissant intrt1 o se rvle la foi purita9e dans t\te sa s9crit1 greffe sur une disposition naturellem5t cruelle et basse4 ,si l'on aj\te ces quatre portraits1 dans ce seul roman1 ceux du ,he>t ( ,midlo?ian et ceux de ,nicol ,j>vie et d',&rew ,fairs]vice dans ,rob ,roy1 on aura une srie d'analyses ?ologiques qui dpass5t de beauc\p en porte philosophique t\t ce qui a jamais t crit1 ma connaissance1 n'importe quelle poque4 ,note #ba3 ,dodone1 en ,epire1 sanctuaire de ,zeus dont les prtresses tai5t appeles3 2 7colombes7 7,note du traducteur74 ,note #bb3 ,je me reprs5te t\j\rs la ,tay comme une desse et la ,greta comme une nymphe4 ,,*apitre ,,iv ,,s\s ,,de ,,n\veaux ,,ma,,tres ,v]s l'ge de huit ou neuf ans1 je fus assez gravem5t malade1 ,dunkeld4 ,je ne sais si cette fivre mit mes j\rs en dang]1 mais je sais qu'elle me causa des malaises insupportables4 ,je me mis au lit au ret\r d'une longue prom5ade p5dant laquelle j'avais cueilli quantit de digitales que je m'amusais effeuill] p\r pr5dre les gra9es et les exam9]4 ,on crut d'abord que je m'tais empoisonn1 ce qui tait absurde2 nanmo9s l'impression que me faisai5t les t\rbillons de la rivire s't5dit aux clairires tapisses de digitales p\rpres4 ,c'e/ v]s cette poque que ma c\s9e ,jessie m\rut4 ,j'eus beauc\p de *agr92 mo9s cause de ce qu'une affection d'enfance peut avoir de =ce que p>ce que je s5tais que les j\rs de bonheur suprme ,p]? ne revi5drai5t plus jamais1 puisque ,jessie n'tait plus4 ,avant que sa maladie n'et pris une t\rnure inquitante1 avant mme1 je crois1 qu'elle ne se ft dcl>e1 ma tante avait eu un de ses rves prophtiques dont l'int]prtation ne p\vait tre plus claire--vision si claire1 en t\t cas1 qu'il tait impossible de ne pas compr5dre4 ,ma tante s'apprtait trav]s] gu une rivire aux eaux sombres1 lorsque la petite ,jessie la rejoignit en c\rant et1 la dpassant1 passa la premire4 ,ma tante la suivit4 ,une fois de l'autre ct1 se ret\rnant1 elle ap]ut quelque di/ance la vieille ,mause4 ,quelques j\rs plus t>d1 ,jessie tombait malade et m\rait2 une anne aprs1 c'tait le t\r de ma tante1 puis1 deux ou trois ans plus t>d1 celui de ,mause qui1 n'ayant plus ri5 faire en ce monde1 ma9t5ant que sa matresse et ,jessie n'tai5t plus l1 p5sa que le mieux tait d'all] les retr\v]4 ,j'tais ,plym\? avec mon pre et ma mre lors de la mort de ma tante4 ,je me s\vi5s que1 ce j\r-l1 j'avais j\ sur la petite coll9e qui1 du ct e/ de la ville1 dom9e le port et la jete4 ,en r5trant1 je tr\vai mon pre qui sanglotait2 c'tait la premire fois que je le voyais a9si4 ,sans d\te1 cette mort de ma tante me causait de la pe9e1 mais cette poque 7et p5dant de longues annes encore7 je vivais surt\t dans le prs5t1 comme un petit animal1 et je me s\vi5s que le s5tim5t qui dom9ait en moi1 c'tait l'ennui1 tant ,plym\?1 de pass] une soire si pnible6 ,ce fut la f9 de nos sj\rs en cosse4 ,m>y1 la seule c\s9e qui me re/t1 v9t vivre avec n\s4 ,elle avait quatorze ans alors1 et moi dix4 ,les heureux j\rs de ,p]? se t]m95t donc avec la premire dcade de ma vie4 ,m>y tait une assez jolie fillette aux yeux bleus1 un peu l\rde1 trs bonne1 trs affectueuse et trs d\ce4 ,elle n'avait pas des moy5s exceptionnels1 mais beauc\p de bon s5s1 des pr9cipes1 de la pit et une gr&e galit d'humeur1 sans ri51 il e/ vrai1 de cette grce1 de cette fantaisie qui font le *>me des jeunes filles4 ,l'h>monie familiale se tr\va1 grce elle1 enri*ie d'une aimable te9te neutre1 ri5 de plus4 ,m>y lisait la ,bible avec ma mre et moi1 le mat91 et1 dans l'aprs-midi1 elle allait comme ext]ne dans une p5sion du vois9age4 ,en voyage1 elle j\ait auprs de moi un rle de demi-in/itutrice4 ,on n\s p]mettait de sortir ensemble sans bonne1 mais1 le plus s\v5t1 n\s emm5ions la vieille ,anne2 n\s tr\vions cela plus amusant4 ,il tait ma9t5ant d'une c]ta9e importance de faire un *oix1 de dcid] quelle glise j'irais1 le diman*e mat94 ,mon pre1 dont la sant dem&ait des mnagem5ts1 ne p\vait assi/] au trs long (fice de l'glise d',anglet]re et1 ma mre tant trs prote/ante1 le plus s\v5t mon pre se rsignait n\s accompagn] la *apelle de ,b]es=d1 ,walwor?1 o le ,rv4 ,dr ,&rews faisait t\s les diman*es un s]mon +nieux1 quelque peu exagr et gr&iloqu5t1 mais qui ne l'ennuyait pas2 on lisait les prires de l'(fice anglican1 abrges1 et1 vu notre haute situation sociale1 n\s tions autoriss1 au gr& sc&ale des membres plus zls de l'assi/ance1 n'arriv] que qu& ces prires tai5t moiti dites4 ,dans l'aprs-midi1 ,m>y et moi rdigions un c\rt rsum de l'(fice4 ,ce n'tait po9t obligatoire1 mais ,m>y le faisait p> esprit de devoir1 et moi p\r montr] que je p\vais le faire et le bi5 faire4 ,jamais n\s ne ret\rnions l'glise dans la j\rne ni le soir4 ,je me s\vi5s encore d'avoir t t\t fait abas\rdi--comme d'une vision annonant le ,jugem5t ,d]ni]--en entrant1 un an ou deux plus t>d1 p\r la premire fois1 dans une glise claire1 le soir4 ,pas de prires en commun la maison1 ce qui n'emp*ait pas ma mre de veill] sur ses s]vantes avec sollicitude2 elle en avait trs so91 ce qui n'e/ pas t\j\rs le cas dans les maisons les plus religieusem5t dmon/ratives4 ,elle les aimait jeunes1 et les *oisissait de prfr5ce sortant de familles elle connues4 ,c'e/ a9si que n\s avons eu des sries de surs et jamais une mauvaise dome/ique4 ,le diman*e soir1 mon pre n\s lisait quelque s]mon de ,blair ou1 p>fois1 n\s avions dn] un employ de la maison ou un cli5t4 ,dans ce cas-l1 la conv]sation1 p> politesse sans d\te1 r\lait t\j\rs sur les v9s en gnral1 et le %]ry en p>ticuli]4 ,m>y et moi1 n\s passions la soire du diman*e comme n\s p\vions avec le ,pilgrim's ,progress1 la ,holy ,w> de ,bunyan1 les ,emblems de ,qu>les1 le ,book ( ,m>tyrs de ,foxe1 la ,lady ( ! ,manor1 livre t]rifiant p\r moi1 ple9 d'hi/oires de jeunes p]sonnes dpraves qui1 aprs avoir t au bal1 tai5t incont95t emportes p> une maladie1 et ,h5ry ,miln]1 de ,mrs ,%]wood1 le ,y\?' ,magaz9e1 ,alfr$ ,campbell1 ! ,"y ,pilgrim1 et encore1 concession la duret de nos curs1 la ,natural ,hi/ory de ,b+ley4 ,p]sonne de n\s ne se s\ciait de *ant] des cantiques ou des psaumes1 en tant que cantiques ou psaumes1 et n\s tions trop honntes p\r les *ant] simplem5t p\r la musique qui1 d'ailleurs1 ne n\s semblait pas div]tissante4 ,mon pre et ma mre1 t\t en tmoignant au ,dr ,&rews leur intrt p\r ses uvres s\s =me de *ques et1 ,nol1 leur admiration p\r ses s]mons et la puret de sa doctr9e s\s la =me de d9des et de botes de rais9s secs1 n'avai5t jamais essay d'entr] en relations avec leur pa/eur et ne se s\ciai5t pas du t\t que1 au c\rs de visites pa/orales1 on vnt s'enqurir de l'tat leur me4 ,nanmo9s1 ,m>y et moi n\s subissions son *>me1 mme di/ance1 et s\v5t n\s n\s prom5ions de long en l>ge avec ,anne sur la r\te de ,walwor? dans l'espoir de le voir pass]4 ,un j\r1 grce spciale de la ,provid5ce1 n\s le croismes2 trs press1 et se heurtant contre moi1 il faillit se jet] p> t]re4 ,anne1 t&is qu'il se remettait de son motion1 lui fit une pr(onde rvr5ce2 sur quoi il s'arrta1 dem&a qui n\s tions et se montra des plus gracieux4 ,n\s r5trmes la maison =t surexcits1 annonant ma mre1 qui ne manife/a pas un gr& en?\siasme1 que le docteur vi5drait n\s voir un de ces j\rs4 ,c'e/ a9si que cette bi5heureuse relation s'tablit4 ,je p\vais avoir onze ou d\ze ans4 ,miss ,&rews1 la sur ane de ,! ,angel 9 ! ,h\se1 tait une jeune fille de dix-sept ans1 extrmem5t jolie2 elle *antait ,tamb\rgi1 ,tamb\rgi#bc avec beauc\p d'entra9 et une voix magnifique2 au temps des mres1 elle v5ait en cueillir avec n\s sur les haies de ,norwood1 et ses visites me laissai5t s\s l'impression que les jeunes filles sont des tres incomprh5sibles mais trangem5t sduisants4 ,la sympa?ie que j'pr\vais p\r le docteur et la rputation de f9 lettr qu'il avait 7 ,walwor?7 dcidr5t mon pre lui dem&] de me donn] quelques notions de grec4 ,le docteur1 on s'en ap]ut plus t>d1 ne savait pas beauc\p plus de grec que l'alphabet et les dcl9aisons1 mais il savait en trac] =t jolim5t les c>actres et son oreille tait trs s5sible au ry?me4 ,n\s comm5mes p> les odes d',anacron1 qu'il me fit sc&] a9si que mon ,virgile avec une extrme prcision4 ,de temps en temps1 p\r me repos]1 il me rcitait des passages de ,%akespe>e qu'il disait avec =ce et ju/esse4 ,le mtre anacrontique m'en*antait aussi bi5 que l'inspiration4 ,j'appris la moiti des odes p> cur p\r mon plaisir2 et je sus a9si1 ce qui m'a t utile plus t>d lorsque j'ai tudi l'art grec1 que les ,grecs aimai5t les t\rt]elles1 les hirondelles et les roses1 autant que moi4 ,dans l'int]valle de ces leons qui ne me surm5ai5t pas1 je m'amusais crire de m*ants v]s1 dess9] des c>tes ou copi] les illu/rations1 p> ,cruik%ank1 des ,contes de ,fes de ,grimm1 ce que je faisais avec une exactitude qui p>at extraord9aire bi5 des g5s4 ,le bonheur a v\lu qu'une de ces copies1 faite lorsque j'avais onze ou d\ze ans1 ait t cons]ve4 ,quant moi1 je n'ai jamais vu travail d'enfant qui tmoigne d'aussi peu d'orig9alit4 ,j'tais incapable1 littralem5t1 de dess9] quoi que ce soit1 pas mme un *at1 une s\ris1 un bateau1 de tte2 et1 =t heureusem5t alors1 ni mes p>5ts1 ni mon pr(esseur n'avai5t l'ide de me faire dess9] d'aprs la tte des autres4 ,cep5dant ,m>y qui1 son ext]nat1 pr5ait des leons de dess9 comme t\tes ses petites compagnes1 p>lait avec en?\siasme de son pr(esseur2 la facture libre et primesautire des dess9s qu'il lui donnait copi] intressa mon pre2 il fut encore plus cont5t lorsque ,m>y1 p5dant une de ses abs5ces1 eut copi au crayon1 mais de manire donn] l'impression de la gravure l'eau-=te1 une petite aqu>elle de ,pr\t qui reprs5tait une *aumire au bord de la r\te1 et qui fut la premire de notre collection4 ,n\s n'avions cette poque que cette seule aqu>elle et deux m9iatures sur ivoire4 ,lorsque je rep5se la bonne excution de cette tude de blanc et noir1 je me dis que ,m>y s]ait arrive d'excell5ts rsultats avec son dess9 si elle avait eu de bonnes leons et plus d'enc\ragem5t2 mais il ne fallait ri5 lui dem&] d'aprs nature4 ,cet t-l 7#ahbi7 ,matlock1 o n\s tions in/alls1 t\t ce qu'elle put faire1 ce fut un croquis du n\vel htel des ,ba9s4 ,dans le mme temps1 p>mi le gravi] t9celant1 les spa?s sems de galne des alles du j>d91 dans les b\tiques du joli village1 dans nos prom5ades1 je p\rsuivais avec dlices mes tudes m9ralogiques sur le fluor1 le c>bonate de *aux1 le m9]ai de plomb2 ma joie ne connaissait pas de bornes qu& je p\vais desc5dre dans une m9e4 ,en me p]mettant a9si de m'ab&onn] ma passion s\t]ra9e1 mon pre et ma mre tmoignai5t d'une bont dont je ne p\vais me r5dre compte alors2 c> ma mre avait horreur de t\t ce qui tait sale1 et mon pre1 trs n]veux1 rvait t\j\rs d'*elles rompues1 d'accid5ts1 ce qui ne les emp*ait pas de me suivre p>t\t o j'avais envie d'all]4 ,mon pre e/ mme v5u avec moi dans la t]rible m9e de ,spe$well1 ,ca/leton1 o1 p\r une fois1 je l'av\e1 je ne suis pas desc5du sans motion4 ,de ,matlock1 n\s dmes all] dans le ,cumb]l&1 c> je retr\ve cette inscription de la ma9 de mon pre3 ,comm5c le #bh novembre #ahcj1 t]m9 le #aa janvi] #ahcb sur la premire page de l',it]iad un pome en quatre livres que je composai cette poque et dont le sujet m'avait t inspir p> notre voyage sur les lacs4 ,j'y revi5drai peut-tre plus t>d4 ,ce doit tre au pr9temps de #ahcj que l'on prit l'importante rsolution de me donn] un matre de dess94 ,comme ,m>y tait incapable de reproduire d'aprs nature le plus petit co9 de paysage1 et que je m'en dsolais en voyage1 je manife/ai le dsir d'appr5dre moi-mme4 ,sur quoi1 l'aimable pr(esseur de ,m>y1 que mes p>5ts eur5t le bon s5s de ne pas r5dre responsable du peu de dispositions de leur nice1 fut pri de v5ir me donn] une heure de leon p> sema9e4 ,p\r qu'un pr(esseur s'impose au public1 il faut sans d\te qu'il ait une manire1 un g5re1 qu'il s'y ti5ne et qu'il n'enseigne pas autre *ose4 ,nanmo9s1 je ne puis p>donn] ,mr ,runciman de n'avoir pas dvelopp les dispositions vraim5t extraord9aires que j'avais p\r le dess9 la plume4 ,t\t ce que je fis dans ce g5re fut seulem5t p\r me div]tir2 ,mr ,runciman n'a jamais su que me faire copi] et recopi] ses propres dess9s manirs et imp>faits3 il m'a gt et la ma9 et l'esprit4 ,il m'a p\rtant appris beauc\p de *oses1 suggr plus encore4 ,il m'a enseign la p]spective trs consci5cieusem5t et en mme temps trs simplem5t1 ce qui fut p\r moi une acquisition d'une valeur incalculable4 ,c'e/ grce lui aussi que je suis arriv une dextrit de ma9 qui m'a t prcieuse2 il e/ vrai que 'a t quelquefois au dtrim5t de la puissance1 de la f]met du trait4 ,il a dvelopp en moi1 je devrais plutt dire cr1 l'habitude de *]*] d'abord les po9ts ess5tiels1 de les dta*] de faon dcisive2 il m'a expliqu la signification et l'importance de la composition1 bi5 qu'il ft lui-mme incapable de ri5 compos]4 ,les deux annes qui suivir5t fur5t deux annes p>ticulirem5t heureuses4 ,je dess9ais au crayon1 cela va sans dire1 inf9im5t mo9s bi5 que ,m>y2 *acun reconnaissait sa supriorit1 ce qui tait un ju/e hommage r5du sa p]svrance et son travail4 ,comme1 t\tefois1 elle ne composait pas de pomes en v]s1 qu'elle ne collectionnait pas de m9raux1 qu'elle ne montrait de dispositions extraord9aires dans aucun g5re1 elle tait en tra9 de tomb] beauc\p trop bas dans l'e/imation de mon orgueil4 ,mais1 p5dant quelque temps1 je ne pus prt5dre l'gal] dans la copie et1 quant mes premi]s essais d'aprs nature1 ils p>ur5t *ez n\s trs peu faits p\r flatt] l'orgueil pat]nel4 ,je m'essayai en prvision d'un voyage ,d\vres dont ma mre b]ait les ennuis d'une maladie que je fis en #ahbi2 je vois encore mon premi] album de croquis1 un petit 9-octavo t\t en hauteur1 =t incommode1 c\v]ture moire et flexible4 ,le papi] en tait d'un blanc pur1 un peu gr5u2 il e/ rempli d'bau*es jetes au has>d sur le papi]1 que j'ai gtes en essayant de les t]m9]1 des vues des *teaux de ,d\vres et de ,tunbridge et aussi de la t\r pr9cipale de la ca?drale de ,cant]bury4 ,j'ai mis de ct p\r les cons]v] ces croquis et une trs bonne tude de ,battle ,abbey#bd avec quelques p>ties de dtail sp>es2 le premi] croquis que j'aie rellem5t fait d'aprs nature e/ celui de la premire maison d'une rue de ,sev5oaks4 ,ces t5tatives me donnr5t peu de satisfaction et ne me valur5t aucun enc\ragem5t2 p\rtant on y retr\ve l'in/9ct inn de l'ar*itecture et cela peut tre intressant not] p\r ceux qui aim5t remont] aux s\rces des *oses4 ,j'ai donn deux petits dess9s au crayon du por*e sud et de la t\r c5trale de ,cant]bury ,miss ,gale de ,burgate ,h\se1 ,cant]bury1 et ce qui re/ait du c>net lui-mme a ,mrs ,talbot de ,tyn-y-,ffynon1 ,b>m\?--deux de mes trs *res amies4 ,mais alors1 et avant t\t1 mon plus gr& bonheur tait de reg>d] la m]4 ,il m'tait df5du d'all] en bateau1 surt\t en bateau voile2 il m'tait mme df5du de me prom5] seul sur le port4 ,de sorte que je n'appris alors1 des *oses de la m>9e1 ri5 qui vaille2 mais je passais t\s les j\rs quatre ou c9q heures1 plong dans une extase d'admiration et d'tonnem5t reg>d] les vagues1 occupation qui a fait mes dlices jusqu' ma qu>antime anne4 ,sur une plage1 n'importe laquelle1 j'tais heureux2 il me suffisait de reg>d] les vagues mont] en c\rant1 d'ent5dre leur voix1 d'all] au-devant d'elles ou de me sauv] leur appro*e2 p> contre1 je n'ai jamais pris gt l'hi/oire naturelle des coquillages1 des crevettes1 des algues ou des mduses4 ,les galets1 qu& il y en avait1 c'tait diffr5t4 ,autrem5t1 je re/ais des heures suivre le va-et-vi5t puissant du flot ourl d'cume4 ,comme un s]91 ce qu'il me semble auj\rd'hui1 j'ai g* les annes prcieuses de ma jeunesse dans la rv]ie et l'admiration bate2 peut-tre retr\v]ait-on l un c]ta9 acc5t byroni51 qui n'e/ pas sans signification sans d\te2 mais que de temps p]du6 ,n\s n'avons pas d n\s abs5t] p5dant l't de #ahcb1 c> l'album suivant ne conti5t que des esquisses d'arbres1 des arbres de ,dulwi*1 et la vue d'un pont sur l',effra1 auj\rd'hui comble1 l'endroit o passait la r\te de ,norwood4 ,cette r\te1 d'o l'on suivait le c\rs de la jolie petite rivire1 =me ma9t5ant une sorte de m>cage fangeux1 en contre-bas du *em9 de f]1 non lo9 de la /ation de ,h]ne ,hill4 ,ce croquis e/ le premi] qui me valut quelques complim5ts de la "p des mi5s4 ,mais c'e/ le j\r de mes treize 787 ans1 le #h fvri] #ahcb1 que l'associ de mon pre1 ,mr ,h5ry ,tel=d1 m'ayant donn l',italie de ,rog]s1 dcida de ma vie4 cette poque1 c'e/ pe9e si je connaissais le nom de ,turn]2 je me s\v5ais p\rtant avoir ent5du dire ,mr ,runciman que le monde s'tait rcemm5t laiss bl\ir et dvoy] p> quelques ides brillantes de ,turn]4 ,mais je n'eus pas plutt jet les yeux sur les illu/rations de ,rog]s que je ne v\lus plus avoir d'autre matre1 et je me mis les copi] d'aussi prs que possible1 la plume4 ,j'ai racont cette hi/oire tant de fois que je ne sais plus au ju/e quelle date la situ]1 et je regrette bi5 que ,mr ,tel=d n'ait pas mis mon nom en tte du livre2 c'e/ mon pre qui a crit sur la premire page3 ,donn p> ,h5ry ,tel=d ,esq41 et il n'a pas1 ce qui e/ t\t fait extraord9aire de sa "p1 p5s aj\t] la date1 et1 une anne prs1 cela a peu d'importance4 ,ce qui e/ c]ta9 c'e/ que1 ds le pr9temps de #ahcc1 ,pr\t publiait ses croquis de ,fl&re et d',allemagne4 ,je me vois encore entrant avec mon pre *ez le libraire qui recevait les s\scriptions1 et m'arrtant devant la gravure spcim51 une f5tre t\relle sur la ,moselle1 ,cobl5tz4 ,le volume n\s arriva ,h]ne ,hill un peu avant l'poque o *aque anne n\s p>tions en voyage2 et ma mre1 tmo9 du plaisir que mon pre et moi pr\vions devant ces paysages m]veilleux1 suggra l'ide qu'il ne s]ait pas impossible d'all] les voir en ralit4 ,mon pre hsita un mom5t1 et puis1 les yeux brillants1 fit3 ,p\rquoi pas8 ,il y eut alors deux ou trois sema9es de prp>atifs1 d'agitation dlicieuse4 ,je me s\vi5s que1 le mme soir1 je desc5dis mon gros livre de gographie1 un de mes plus prcieux trsors encore l'heure actuelle1 7au mom5t o j'cris ces lignes1 je l'ouvre et1 p\r la premire fois1 je p5se mettre mes propres initiales s\s le nom de mon pre1 la premire page71 que je reg>dai avec ,m>ie le cont\r du ,mont-,blanc d'aprs ,saussure1 et que je lus l'in=mation trs curieuse sur les ,alpes que ce dess9 s]t illu/r]4 ,ce qui pr\ve que la ,suisse1 ds le premi] mom5t1 fut comprise dans le plan du voyage1 voyage qui s'accomplit bi5tt le plus heureusem5t du monde1 et qui eut les meilleures consqu5ces1 grce ,dieu4 ,n\s gagnmes ,cologne p> ,calais et ,bruxelles2 puis n\s remontmes le ,rh9 jusqu' ,/rasb\rg2 ensuite1 p> la ,=t-,noire1 ,s*affh\se2 puis1 trav]sant rapidem5t la ,suisse au nord p> ,ble1 ,b]ne1 ,int]lak51 ,luc]ne1 ,zuri*1 jusqu' ,con/ance4 ,l1 n\s suivmes de n\veau le ,rh9 jusqu' ,coire2 et1 passant le ,splug51 n\s allmes ,cme1 ,milan et ,gnes1 avec l'int5tion1 je m'en s\vi5s trs bi51 de p\ss] jusqu' ,rome4 ,mais la saison tait dj avance1 et la *aleur ,gnes n\s av]tit qu'il y aurait imprud5ce all] plus lo92 n\s fmes volte-face et revnmes p> le ,simplon jusqu' ,g5ve1 en visitant ,*amonix2 ret\r p> ,lyon et ,dijon4 ,faire ce long voyage de la seule faon qui ft possible alors1 c'e/--dire en *aise de po/e et avec des bateaux rames p\r la trav]se des lacs1 exigeait que *aque j\r l'tape ft m9utieusem5t calcule4 ,mon pre aimait arriv] de bonne heure l'endroit o n\s devions pass] la nuit1 et il ne p]mettait jamais que s\s aucun prtexte on s'arrtt4 ,impossible donc de pr5dre le mo9dre croquis en c\rs de r\te 7le petit p\rboire supplm5taire qu'il et fallu donn] y tait aussi p\r quelque *ose74 ,je pris a9si la trs mauvaise habitude1 qui a eu ses avantages quelquefois1 de trac] quelques lignes la hte1 de pr5dre des notes p5dant que la voiture m>*ait et de les mettre au po9t le soir1 de mmoire4 ,j'arrivai a9si1 p5dant ce premi] voyage1 noircir une tr5ta9e de feuilles de papi]3 c'tait presque t\j\rs de petits croquis la plume ou l'encre de ,*9e1 il en t5ait quatre ou c9q sur la mme page4 ,quelques-uns ne manquai5t pas de grce1 mais la plup>t tai5t l\rds1 tmoignai5t d'un travail pnible et n'avai5t ni v>it1 ni esprit1 ni orig9alit4 l'aide de ces b>b\illages pris la vole1 je faisais1 qu& n\s passions quelques heures dans une ville1 des dess9s plus f9is la plume ou au crayon1 dont c9q ou six1 t\t au plus1 mrit5t d'tre cons]vs4 ,mon pre tait trs fi] d'une tude que j'avais faite a9si de l'glise ,r5aissance de ,dijon1 t\rs jumelles4 ,elle e/ ,brantwood1 accro*e ct d'un ,htel de ,ville de ,bruxelles1 encore plus laborieux4 ,le dess9 du mme ,htel de ,ville1 qui e/ ,ox=d1 e/ une copie de celui de ,pr\t que j'avais faite p\r illu/r] un volume o j'avais comm5c1 en v]s1 le rcit de notre voyage1 c> ce voyage avait surexcit au plus haut po9t mes pauvres petites facults2 il m'a procur des j\issances dont l'ess5ce doit tre absolum5t insaisissable p\r ceux qui n'ont ri5 pr\v d'analogue1 des joies plus nombreuses1 en trois mois1 que n'en ont gt p5dant t\te leur vie la plup>t des g5s4 ,je t*]ai de dire1 plus t>d1 l'impression que me causr5t les ,alpes que j'ap]u p\r la premire fois de ,s*affh\se et aussi ,milan et ,g5ve2 mais1 p\r le mom5t1 il me faut p\rsuivre mon rcit4 ,l'hiv] de #ahcc1 et les in/ants de loisir que je pus drob] mes tudes en #ahcd1 fur5t consacrs rdig]1 mettre au net et dcor] de vignettes le fameux compte r5du potique de notre voyage1 l'imitation de l',italie de ,rog]s4 ,les dess9s1 sur feuilles sp>es1 tai5t colls dans les cahi]s2 beauc\p ont t enlevs depuis1 d'autres y sont encore1 mais les v]s qui devai5t les expliqu] n'ont jamais t crits1 c> mon inspiration tait puise bi5 avant que n\s eussions gagn les bords du ,rh94 ,cette folie ina*eve e/ aux ma9s de ,joanie1 af9 qu'elle ne puisse tomb] que s\s des yeux amis4 ,mon pre et ma mre1 qui s'tai5t enf9 ap]u que le ,dr ,&rews ne p\vait pas plus me prp>] l',univ]sit qu'aux devoirs du ,haut ,sac]doce1 m'envoyr5t comme ext]ne l'cole du ,rv4 ,?omas ,dale1 dans ,grove ,lane1 non lo9 de ,h]ne ,hill4 ,*>g de mon sac de livres1 je trott9ais aux cts de mon pre qui me conduisait *aque mat9 aprs le djeun]2 je rev5ais p\r le dn] d'une heure1 n'ayant plus1 le soir1 qu' prp>] mes leons du l5dema94 ,dans ces conditions1 je voyais peu mes cam>ades de classe1 les deux fils de ,mr ,dale1 ,tom et ,james2 et trois p5sionnaires3 le fils du colonel ,matson1 de ,woolwi*1 le fils de l'ald]man ,key1 de ,d5m>k ,hill1 et un beau g>on ple9 d'entra91 ,will\ghby ,jones1 depuis ,sir ,w4441 qui vi5t de m\rir1 ce qui m'a fait beauc\p de pe9e4 ,je passais aux yeux de ces g>ons p\r un pur imbcile1 et ils me traitai5t1 j'imag9e1 comme ils aurai5t trait une petite fille4 ,ils ne me rossai5t pas1 cela n'en valait pas la pe9e2 ils ne me blaguai5t pas non plus1 ayant dc\v]t1 ds le premi] j\r1 que la raill]ie n'avait aucune prise sur moi4 ,le plus s\v5t1 je ne compr5ais pas ou1 si je compr5ais1 je n'y atta*ais pas d'importance3 la trs haute ide que j'avais de ma valeur1 dans le fond de mon cur1 me ma9t5ait dans une srnit inaltrable1 me df5dait contre t\te apprciation dfavorable1 qu'elle v9t d'un pr(esseur ou d'un cam>ade4 ,d'intellig5ce ouv]te1 aimant les livres1 ayant de plus une mmoire prompte et sre1 je savais t\j\rs admirablem5t mes leons et1 comme les autres lves n'en appr5ai5t jamais que le mo9s possible1 bi5 que je fusse trs en ret>d sur beauc\p de po9ts1 j'avais presque t\j\rs les meilleures notes4 ,j'ai dj racont dans le premi] *apitre de ,fiction ,fair & ,f\l que ,mr ,dale avait trait ma *re vieille grammaire lat9e si claire de vieill]ie cossaise4 ,ce ge/e1 du mme c\p1 m'loigna jamais de lui et1 de ce j\r1 je n'appris les leons qu'il me donnait que p> devoir4 ,en mme temps que je travaillais les lettres1 j'tudiais les ma?matiques avec un pr(esseur que l'on avait dc\v]t encore dans ce mal5contreux ,walwor?4 ,mr ,r[bo?am tait de t\t po9t mritant1 recomm&able et in/ruit dans sa p>tie2 aid p> sa femme1 et bi5 qu'encombr d'enfants1 il t5ait une ,acadmie p\r jeunes g5s non lo9 de ,! ,elephant & ,ca/le dans une de ces maisons qui tal5t sur le bord de la r\te de ,walwor? une petite b&e de gazon pel d]rire une grille de f]4 ,il savait la grammaire lat9e1 allem&e1 franaise2 enseignait l'usage des sphres t\t au mo9s dans la limite ncessaire une cole prp>atoire1 et en fait de ma?matiques en savait bi5 plus qu'il n'en fallait p\r me donn] des leons4 ,en dehors de cela1 p> exemple1 il ne fallait pas lui dem&] gr&'*ose4 ,il ne savait ri5 des hommes ni de leur hi/oire1 ri5 de la nature1 ne s'tant jamais dem& si elle avait un s5s2 au rsum1 un pauvre tre born et tri/e1 incapable de gaiet et de fantaisie1 considrant les ma?matiques comme la seule occupation digne d'un c]veau huma91 a/hmatique au d]ni] degr et sujet des crises de suffocation que ri5 ne p>v5ait s\lag]4 ,avec cela1 pas le s\ et aucun espoir de sortir de cette misre1 en dpit de t\s ses ef=ts1 c>1 son dur labeur de pion t]m91 il passait encore t\te sa soire rdig] des manuels d'algbre et d'ari?mtique1 compil] des grammaires franaises et allem&es1 qui n'tai5t p\r les diteurs qu'autant d'occasions de le vol]1 aj\tant gr&'pe9e au b\t de l'anne1 p>ce travail supplm5taire1 quatre ou c9q c5ts francs son rev5u4 ,jamais l',anglet]re1 en ce sicle1 ne vit clore plus tri/e fleur dans la s]re *aude de la mtropole1 crature plus misrable1 plus innoc5te1 plus pati5te1 plus in]te1 plus insipide et plus malheureuse4 ,s\s la direction de ,mr ,r[bo?am1 deux fois p> sema9e1 le soir1 7on lui (frait t\j\rs un ? sub/antiel1 rcon=t dont le pauvre a/hmatique s5tait la ncessit aprs avoir gravi la rude monte de ,h]ne ,hill71 je fis des progrs s5sibles en franais4 ,j'en avais gr& beso94 ,jusque-l1 c'e/ pe9e si1 cor*ant un mot p> ici ou p> l1 j'arrivais dem&] mon *em92 et je ne sais vraim5t pas comm5t1 un j\r ,p>is1 allant au ,l\vre avec ,salvador1 notre c\rri]1 je russis me tir] d'affaire4 ,je m'tais mis en tte de faire un croquis des ,disciples d',emmas1 de ,rembr&t4 ,salvador s'tait adress un g>di51 c> il faut une p]mission spciale1 mais on lui avait rpondu que j'tais trop jeune p\r qu'on pt me donn] une c>te1 qu9ze ans tant l'ge exig2 devant ma m9e dconfite1 le brave homme aj\ta que si j'allais moi-mme au ,bureau1 si je p>lais au *ef1 peut-tre obti5drais-je l'autorisation4 ,je dem&ai tre m5 sur l'heure devant les autorits1 et le g>di51 me pr5ant s\s sa protection1 m'introduisit2 l1 dans mon mauvais franais1 j'exposai ma requte quelques messieurs d'aspect trs grave4 ,j'obt9s ga9 de cause et fis un croquis du ,s\p] d',emmas d'un s5tim5t vraim5t assez ju/e1 dont je fus extrmem5t fi]4 ,mais cette connaissance borne de la langue1 bi5 que suffisante en p>eille affaire1 fut l'occasion p\r moi d'un gr& *agr9 et d'une pr(onde humiliation au dn]1 au fatal dn] *ez ,m4 ,domecq4 ,j'avais l'air =t piteux sans d\te1 c> la petite lise1 qui avait alors neuf ans1 et l'me compatissante1 ayant rem>qu que ses gr&es surs ne s'occupai5t pas de moi1 fut t\*e de mon ab&on2 elle trav]sa t\t le salon1 s'assit ct de moi et1 posant familirem5t son c\de sur mes g5\x1 se mit gaz\ill]4 ,elle babilla a9si p5dant plus d'une heure1 ne dem&ant pas qu'on lui rpondt--elle voyait d'ailleurs que j'en aurais t incapable--p>faitem5t satisfaite de l'att5tion respectueuse et reconnaissante que je lui prtais et de l'intrt ple9 d'admiration qu'excitait en moi non peut-tre ce qu'elle disait1 mais la manire dont elle le disait4 ,elle me fit p> le m5u l'hi/orique de sa p5sion1 me p>la des matresses1 qui tai5t p>faitem5t dsagrables1 et de ses petites compagnes qui tai5t *>mantes1 et des punitions qui pleuvai5t1 mais aussi c'e/ si amusant de faire ce qui e/ df5du1 et de rev5ir aux ,*amps-lyses p5dant les vacances et d'habit] ,p>is1 un vrai p>adis6 ,cette heure passa comme un rve et me laissa bi5 rsolu faire t\t mon possible p\r appr5dre le franais4 ,et voil p\rquoi1 a9si que je l'ai dj dit1 je donnai entire satisfaction ,mr ,r[bo?am1 s\s ce rapport4 ,j'tudiai aussi avec lui les trois premi]s livres d',euclide2 et1 en algbre1 j'arrivai jusqu' l'quation du second degr4 ,mais l1 je m'arrtai et p\r t\j\rs4 ,ds que j'en arrivai aux sommes des sries1 aux symboles qui exprim5t des relations1 et non la gr&eur relle des *oses--en p>tie p>ce que je n'tais pas d\1 en p>tie p>ce que cela me dgtait et que j'avais dj l'horreur sa9e des *oses vtilleuses et va9em5t intangibles--je regimbai ou bi5 re/ai abas\rdi4 ,plus t>d1 ,ox=d1 on me fit malgr moi pass] p> quelques sections coniques dont les figures dess9es me fur5t prcieuses et qui m'apprir5t autant de trigonomtrie que j'avais beso9 d'en savoir p\r dess9] les lvations et plans de mes montagnes4 ,en gomtrie lm5taire1 je russissais bi51 j'tais mme =t p\r un coli]2 et1 ma suffisance se dveloppant avec p]v]sit mesure que je m'ap]cevais de la mdiocrit de mes pr(esseurs1 je pris le p>ti de travaill] ma faon2 p5dant cette anne de #ahce1 je passai beauc\p de temps divis] un angle en trois p>ties gales4 ,que d'heures d'application a9si gaspilles6 ,j'en avais dj le s5tim5t sans me r5dre compte que j'aurais me repro*] p> la suite des heures plus mal employes encore4 ,t&is que l'ducation faisait de moi un petit spcim5 d'arbu/e =c1 quelques c\ps de gele me dp\illai5t des quelques r>es fleurettes qui avai5t p\ss aut\r de moi1 p\r mon plus gr& bonheur4 ,note #bc3 ,mlodies hbraques4 ,note #bd3 ,battle ,abbey prs de ,ha/+s4 7,note du traducteur74 ,,*apitre ,v ,,le ,,p>nasse ,,et ,,le ,,plynlimmon#be ,dans le *apitre prcd5t1 je me suis complu rcapitul] mes exploits d'enfant1 numr] mes tal5ts1 et cela m'a entran au del des annes de mon enfance les plus fcondes en vnem5ts bons et mauvais4 ,je ne me fais pas scrupule d'en faire l'hi/orique1 c> p]sonne1 en dehors de moi1 ne p\rrait le faire4 ,p\r ce qui s'e/ pass plus t>d1 mes amis1 c]ta9s g>ds1 me connaiss5t mieux que je ne me connais moi-mme4 ,la seconde dcade de ma vie se tr\va c\pe brusquem5t1 sp>e de l'heureux temps de mon enfance1 p> la mort de ma tante de ,croydon1 morte de froid littralem5t en se livrant quelque savonnage dome/ique p> un m*ant v5t d'e/4 ,son gr& pagneul brun ta* de blanc1 ,da%1 re/a c\* sur son c]cueil tant qu'on v\lut bi5 l'y laiss]1 aprs quoi on l'am5a ,h]ne ,hill o il fut mon fidle et unique compagnon1 jusqu'au mom5t o ,m>y v9t vivre avec n\s4 ,la mort de ma tante de ,croydon1 qui surv9t aux environs de mes dix ans1 mit un t]me mes c\rses sur les bords de la ,w&el comme aussi sur les bords de la ,tay4 ,n\s ne quittions gure ,h]ne ,hill que p\r voyag] et n\s m5ions une vie sans gr& horizon4 ,ma tante de ,croydon laissait quatre fils1 ,john1 ,william1 ,george et ,*>les1 et deux filles1 ,m>g>et et ,bridget2 c'tai5t de beaux g>ons et de jolies filles2 mais ,m>g>et1 dans sa jeunesse1 avait t victime d'un accid5t1 et elle tait re/e infirme4 ,intellig5te1 spirituelle comme sa mre1 elle ne m'intressait cep5dant pas1 bi5 que j'eusse p\r t\s mes c\s9s de ,croydon des s5tim5ts quasi frat]nels4 ,mais je n'ai jamais beauc\p aim les malades--le gt ne m'en e/ pas v5u encore--et1 qui plus e/1 ,m>g>et se coiffait en b\cles1 ce que je n'ai jamais pu s\ffrir4 ,bridget ne ressemblait pas sa sur2 elle avait les yeux noirs ou1 p\r p>l] plus exactem5t1 c\leur de noisette fonce2 elle tait svelte1 trs anime1 avec des traits trop po9tus p\r tre t\t fait jolie1 des articulations trop anguleuses p\r tre t\t fait gracieuse2 fantasque1 un peu p]sonnelle1 mais p\rtant assez agrable p\r qu'on l'ait invite v5ir une ou deux fois ,p]? p5dant que n\s y tions1 et pass] quelques sema9es ,h]ne ,hill2 sans t\tefois qu'elle s'atta*t beauc\p n\s1 ni n\s elle4 ,je la tr\vais un peu encombrante la nurs]y qui tait dev5ue1 mesure que j'avais gr&i1 ma salle d'tude2 et cela ne l'amusait pas de travaill] avec moi dans le j>d91 ou peut-tre ne le lui p]mettait-on pas4 ,les quatre fils tai5t t\s de bons g>ons1 srieux et travailleurs4 ,l'an1 ,john1 plus habitu aux affaires que les autres1 s'emb>qua bi5tt p\r l',au/ralie4 ,il y russit4 ,le second1 ,william1 f9it aussi p> s'en tir] ,londres4 ,le troisime frre1 ,george1 qui tait le meilleur des enfants et des hommes1 n'avait pas beauc\p de moy5s4 ,un type de ,george ,,iv rural3 belle sant1 bonne humeur1 en un mot l',anglais dans sa meilleure expression4 ,il tait entr dans les affaires de ,m>ket ,/reet o il secondait son pre1 et t\s deux n\s tmoignai5t une affection qui faisait notre joie4 ,d'une honntet scrupuleuse1 ils tai5t l'un et l'autre aussi incapables d'indlicatesse que d'habilet4 ,je les ab&onn]ai ici p\r l'in/ant1 occups qu'ils sont tran] gaiem5t leur *>rette remplie de pa9s de quatre livres4 ,le quatrime1 le plus jeune1 ,*>les1 tait1 comme d]ni]-n dans les contes de fes1 gai1 v]meil1 brillant1 ne manquant ni de s5s commun ni de bon s5s1 affectueux comme t\s les autres membres de la famille4 lve modle l'cole1 il respectait les rgles de la grammaire et mme celles de la politesse2 aussi se tr\vait-il trs son aise dans le c]cle raff9 de ,h]ne ,hill4 ,son frre an avait dirig son ducation de plus importantes matires encore3 t\t enfant1 il lui avait fait enf\r*] poil un poney avec1 p\r t\te recomm&ation1 la m5ace d'une bonne fesse s'il se laissait tomb]2 aussi n'tait-il pas tomb4 ,mme procd p\r la natation4 ,ds la premire leon1 ,john avait lanc le gam91 comme une pi]re1 au beau milieu du canal de ,croydon1 s'y jetant sa suite1 bi5 ent5du2 mais l'enfant avait regagn la rive sans sec\rs1 m'a-t-on dit4 ,il n'tait pas plus haut que cela qu'il tait dj pass matre dans l'art de l'quitation et de la natation4 ,ma mre pr5ait d'autant plus de plaisir cont] ces deux hi/oires qu'elle-mme1 dans l'ducation de son fils1 avait sacrifi l'orgueil qu'elle et pr\v le voir hroque la cra9te de l'expos] au mo9dre dang]3 df5se expresse d'appro*] seulem5t du bord d'un tang ou d'entr] dans une prairie o il y aurait eu un poney en lib]t4 ,ma mauvaise toile avait v\lu1 de plus1 qu'aux environs de la maison il n'y et pas la plus petite f]me1 pas la mo9dre m>e qui aurait pu oblig] modifi] ces ordonnances4 ,mais j'ai dj n1 avec reconnaissance1 t\t le bi5 que je devais l'tang aux tt>ds de ,croxt$ ,lane2 j'ai dit aussi qu'il y avait1 entre la maison et l'cole1 une prairie lysenne1 sorte de l&e en fri*e4 ,et l'extrmit de cette l&e1 il y avait un tang1 un gr& tang1 dont jamais p]sonne n'avait sond la pr(ondeur1 cette pr(ondeur allant1 mme en t1 jusqu' trois pi$s au milieu2 la sombre c\leur de ses eaux aj\tait du dang] leur my/re4 ,au bord du gr& tang1 sur la rive droite1 s'levait un orme maje/ueux4 ,on racontait que d'une de ses bran*es--et p]sonne n'osait mettre en d\te la vracit du rcit1 pieusem5t accept--un diman*e1 un mauvais petit g>on tait tomb dans l'eau1 et que1 du mme c\p1 son me tait tombe dans un g\ffre plus noir et plus pr(ond encore4 ,un des gr&s bonheurs de ma petite enfance1 c'tait lorsqu'il m'tait p]mis d'all] avec ma bonne contempl]1 de la r\te1 l'tang v5geur4 ,la disp>ition de cet tang1 lorsque1 p> mesure sanitaire1 on a conv]ti la l&e de ,camb]well en un squ>e bi5 soign1 e/ encore1 p\r moi1 un sujet de lam5tation4 tant donn le rgime de prcaution dont j'ai p>l plus haut1 il va de soi que1 lors de mes visites ,croydon1 il ne m'tait jamais p]mis de sortir avec mes c\s9s1 dans la cra9te qu'ils ne m'entranass5t mal1 et je ne connaissais pas de plaisirs plus av5tureux que mes prom5ades1 avec ,anne ou ma mre1 sur la r\te l'endroit o le petit ruisseau qui sort de l'tang de ,sc>bor\gh la trav]se ou1 dans les prairies de ,duppas ,hill1 que de reg>d] mon pre dess9]--je s]ais re/ des heures a9si--ou de contempl]1 sans jamais me lass]1 la pompe et le ruisseau1 de l'autre ct de la rue ou plutt de la ruelle1 c> il n'y avait c]ta9em5t pas trois mtres d'un mur l'autre4 ,il n'e/ donc po9t tonnant--lorsqu'il fut dcid que ,*>les vi5drait ,londres et entr]ait en appr5tissage *ez ,smi?1 ,eld] et ,cie1 avec l'insigne privilge de v5ir dn] ,h]ne ,hill t\s les diman*es--il n'e/ donc po9t tonnant que la prs5ce de mon c\s9 ,*>les ft p\r moi un sujet de vive surexcitation1 c> c'tait1 en fait1 une rvlation1 la rvlation des activits de la jeunesse1 et je m'atta*ai s9crem5t lui4 ,je n'tais pas un enfant amusant p\r un jeune homme1 ni mme p\r p]sonne1 en dehors de papa1 de maman et de ,mrs ,ri*>d ,gray 7dont il s]a p>l ultrieurem5t71 c> je n'tais1 en vrit1 ri5 de plus qu'un petit s+e encombrant1 suffisant et sans intrt4 ,*>les n'en fut pas mo9s trs g5til1 trs affectueux t\j\rs2 il rpondait frat]nellem5t l'admiration que j'avais p\r lui4 ,*ez ,smi? et ,eld]1 ce fut bi5tt1 au dire de t\s1 un commis exemplaire2 il connaissait aussi bi5 ses livres que ses cli5ts4 ,comme t\t bon employ1 il s'enorgueillissait p]sonnellem5t de t\t ce qui se faisait dans la maison1 de t\t ce qui en sortait4 ,il n\s apportait1 le diman*e1 un volume ou deux1 spcim5s des d]ni]s p>us2 *oisissant1 de prfr5ce1 cause de moi1 des livres gravures4 ,c'e/ a9si que je connus ,/anfield et ,h>d+ bi5 avant de possd]1 moi-mme1 une seule de leurs uvres2 mais le plus prcieux cadeau que j'aie reu cette poque1 celui dont l'effet a t le plus pr(ond et le plus durable1 je le dois ma tante de ,croydon1 ce fut le ,=get me n1 de #ahbg1 avec la belle gravure d'aprs le ,tombeau de ,vrone de ,pr\t4 trange1 n'e/-il pas vrai1 que la premire impulsion donne aux in/9cts les plus raff9s de mon esprit me soit v5ue de cette sur de ma mre1 si bonne1 si droite1 mais sans aucune culture4 ,mais des rsultats plus magnifiques fur5t dus aux relations de ,*>les avec la littrature1 grce l'intrt que n\s portions t\s au petit 9-octavo1 reli de faon cossue et dor1 que ,smi? et ,eld] publiai5t1 *aque anne1 s\s le titre de ,fri5d%ip's ,(f]+4 ,il tait compos p> un pieux missionnaire cossais et pote1 poeta m9or1 trs m9or1 ,?omas ,pr+le1 dont il e/ p>l1 une ou deux fois1 avec quelque loge1 dans la ,vie de ,scott1 de ,lockh>t4 ,homme d'une consci5ce rigide1 d'une m?ode inflexible1 mais de connaissances bornes1 avec t\te la suffisance cossaise1 le gt des voyages1 et le c\rage av5tureux d'un ,p>k ou d'un ,liv+/one2 avec aussi1 quelques jolies t\*es de romantisme1 des vellxs philosophiques qui temprai5t son au/rit4 ,pr+le tait admis1 bi5 qu'il n'y j\t qu'un rle mode/e1 dans les meilleurs c]cles littraires et li--ne fallait-il pas1 p\r compos] le petit 9-octavo dor sur tran*e1 s'adress] t\tes les p]sonnalits littraires8--avec t\tes sortes de g5s du haut en bas de l'*elle1 jusqu' moi1 pauvre d]ni] petit *elon4 ,scott l'avait protg2 il tait en correspondance polie avec ,wordswor? et ,rog]s1 en trs bons t]mes avec le ,b]g] d',ettrick#bf1 et avait1 lui-mme1 commis un livre en v]s1 sur l',afrique1 dans lequel les antilopes tai5t appeles spr+boks1 et o les murs et c\tumes de l',afrique tai5t soigneusem5t obs]ves4 ,p\r faire plaisir au g5til commis de *ez ,smi?1 si bon g>on1 qui racontait des m]veilles de son livresque petit c\s91 et aussi p>ce qu'il tait con/amm5t la re*]*e de compositions lgres p\r b\*] les int]/ices de la maonn]ie de l',(f]+1 le digne ,mr ,pr+le v9t n\s voir ,h]ne ,hill4 ,mis au c\rant de ma vie littraire1 il v\lut bi5 s'intress] ses progrs et1 de temps autre1 il emportait quelques v]s de ma composition4 ,il fut le premi] dcl>] fran*em5t mon pre et ma mre qu'il ne voyait1 jusqu' prs5t1 aucune raison de p5s] que je f]ais oubli] ,milton ou ,byron2 aussi1 aucun de n\s n'atta*ait-il gr&e importance son op9ion4 ,mais il reconnut1 bi5 qu'oblitres s\v5t p> la vanit pat]nelle1 les facults naturelles1 vritablem5t suprieures de mon pre1 la s5sibilit d'un romantisme exquis dont il tait d\ et aussi l'admirable foi de ma mre dans cet vangile qu'il avait *oisi de pr*]4 ,il dev9t un des convives les plus respects de nos dn]s du diman*e et l'on pr5ait t\j\rs son avis dans les que/ions t\*ant mon ducation4 ,intress p> l'am\r vritable que j'avais p\r la nature1 p> ma facilit faire les v]s1 il lut1 avec att5tion1 quelques-unes de mes lucubrations1 m'en dit le =t et le faible1 et un j\r--vritable initiation ,eleus9i5ne1 pl]9age ,delphique--il me prit p> la ma9 et me conduisit *ez le pote ,rog]s4 ,le gr& homme1 pralablem5t av]ti des titres qui1 aux yeux de ,mr ,pr+le1 me p]mettai5t d'aspir] l'honneur d'une telle prs5tation1 se montra suffisamm5t gracieux1 bi5 que les so9s donn] au gnie naissant n'ai5t jamais t reg>ds p> ,rog]s comme une occupation agrable p\r un gnie son zni?4 ,il faut bi5 le dire aussi1 je fus trs maladroit dans le *oix des rflexions que je crus p\voir faire1 en rponse l'intrt qu'il v\lut bi5 me tmoign] et dont j'essayais de me montr] digne4 ,je lui fis des complim5ts en?\sia/es sur la beaut des gravures qui illu/rai5t ses pomes1 sans peut-tre manife/] un intrt suffisant p\r les pomes eux-mmes4 ,le fait e/ que ,mr ,pr+le dt\rna la conv]sation de faon un peu brusque et se mit p>l] de l',afrique1 sujet plus fait p\r intress] le raff9 mne/rel de ,sa9t-,james's ,place4 ,ici1 n\velle sottise1 je me laissai entirem5t absorb]1 au po9t de ne p\voir en dta*] mes yeux1 p> les tableaux accro*s aux murs t5dus de damas r\ge4 ,ce dont ,mr ,pr+le prit texte1 lorsque n\s n\s fmes retirs1 p\r me conseill] l'av5ir1 lorsque je me tr\v]ais en prs5ce d'hommes suprieurs1 d'c\t] plus att5tivem5t ce qu'il leur plairait de dire4 ,ces vnem5ts littraires 7j'ai racont ailleurs la visite que n\s fit ,james ,hogg1 am5 p> ,mr ,pr+le7 ne me faisai5t pas ab&onn] les tudes sci5tifiques qui me ravissai5t et p\r lesquelles j'avais un gt naturel4 ,j'ai racont plus haut leurs dbuts p5dant les prom5ades m9ralogiques de ,matlock2 les affaires de mon pre l'entranai5t quelquefois aussi du ct de ,bri/ol2 dans ce cas-l1 il n\s in/allait1 ma mre1 ,m>y et moi1 ,clifton4 ,l'hi/oire de ,miss ,edgewor?1 ,lazy ,lawr5ce1 et la visite de ,h>ry et ,lucy ,matlock donnai5t un *>me romantique la m9ralogie dans ces valles2 et le morceau d'oxyde de f] diamant--s\s le n #ea de la collection ,brantwood--fut1 je crois1 la pi]re p> laquelle dbr5t mes tudes sur la silice4 ,ses reflets s'clair5t de mille associations encore1 c> de ,clifton n\s passions gnralem5t ,*ep/[1 et j'avais le bonheur sans p>eil d'all] en bateau4 ,la trav]se ne durait pas plus d'une heure1 mais c'tait une heure de plaisir suprme o se conc5trai5t t\tes les joies que procure le canotage aux autres g>ons1 t\t le long de l'anne4 ,n\s rev5ions ensuite p> ,t9t]n et ,malv]n1 dont les coll9es dlicieuses p> elles-mmes l'tai5t d\blem5t p\r moi2 on me p]mettait d'y c\rir librem5t1 c> elles ne reclai5t ni prcipices dans lesquels on pt tomb]1 ni rivires dans lesquelles on pt se noy]4 ,elles avai5t1 de plus1 le *>me d'veill] mes s\v5irs classiques trav]s le ,h5ry ,miln] de ,mrs ,%]wood1 livre que j'ai ador1 lu et relu et p\r lequel j'ai encore1 l'heure actuelle1 beauc\p de respect4 ,c'e/ a9si que1 p> un has>d assez trange1 en ces annes de jeunesse1 mon imag9ation tr\vait t\j\rs s'appuy] sur la ralit des *oses et que la ralit se spiritualisait au contact plus brillant1 plus entranant de la fiction4 ,il y avait t\tefois un di/rict1 celui des lacs de ,cumb]l&1 qui n'avait pas beso9 d'aj\t] son *>me rel ceux de l'association4 ,j'ai dit quelque "p que mon premi] s\v5ir e/ atta* au ,fri>'s ,crag sur le ,d]w5twat]2 v\lant dire p> l1 je suppose1 la premire impression de *oses qui me sont dev5ues p> la suite p>ticulirem5t prcieuses4 ,ce qui e/ c]ta91 c'e/ que je connaissais ,keswick avant de connatre ,p]?1 et qu& les j\rs de ,p]? prir5t f91 ma mre et moi n\s passions plusieurs sema9es soit au ,*ne ,royal1 soit l'aub]ge de ,l[wood1 ou encore ,coni/on ,wat]head p5dant que mon pre voyageait dans le ,nord p\r ses affaires4 ,l'aub]ge de ,coni/on tait situe l'extrmit suprieure du lac1 sur la r\te qui longe le bord de l'eau2 la vue de ce beau lac paisible1 avec sa ce9ture de coll9es boises1 avait p\r mon pre le *>me ple9 de d\ceur qu'il gta plus t>d sur les bords des lacs d',italie4 ,l'aub]ge de ,l[wood n'tait alors qu'un mode/e cottage1 et ,ambleside un t\t petit village2 mais la paix dlicieuse1 le sil5ce1 la flicit dont on se s5tait envelopp--p\r peu qu'on et l'am\r des coll9es v]tes et des eaux pr(ondes-- *aque t\rnant de rive et de ro*]1 ne ressemblai5t ri5 de ce qui m'tait connu ailleurs soit p> la vue1 soit p> la lecture4 ,la premire fois que j'eus devant les yeux un spectacle plus gr&iose1 c'e/ dans le ,pays de ,galles2 j'ai dcrit1 trop longuem5t peut-tre1 t\te cette r\te de ,h]e=d ,rhaiadyr1 et celle s\s ,plynlimmon jusqu' ,pont-y-,mona*1 les dlices d'une prom5ade avec mon pre1 une aprs-midi de diman*e v]s ,hafod1 tr\ble seulem5t p> le vague s5tim5t que ce n'tait pas bi5 d'tre aussi heureux1 de c\rir les *amps qu& on aurait d tre sa table occup copi] un s]mon4 ,c> la prs5ce de mon pre1 et son attitude1 ne suffisai5t pas me rassur]3 n\s avions consci5ce l'un et l'autre d'tre des mes bi5 pr(anes et mme quelque peu rvolutionnaires1 comp>es celle de ma mre4 ,de ,pont-y-,mona*1 n\s n\s dirigemes v]s le nord1 ramassant des caill\x sur la plage d',ab]y/)1 gravissant le ,cad] ,idris sur des poneys4 ,le ,cad] ,idris fut1 p5dant des annes1 p\r moi et ju/e titre1 le roi des monts4 ,puis1 ce fut ,h>le* et ses sables1 ,fe/9iog1 la passe d',ab]glaslyn1 le m]veilleux dtroit de ,m5ai et son pont susp5du que je reg>dais--en digne lve de ,miss ,edgewor?--avec une gr&e admiration p\r le gnie mcanique de l'homme4 ,je ne p5sais pas alors1 pauvre innoc5t que j'tais1 l'usage que l'homme f]ait de ce gnie dans l'espace d'un demi-sicle4 ,c'tait le pont du ,m5ai--notez-le bi51 *] lecteur1 non le tube--avec son *em9 en plan*e qui se balanait entre des fils de f] aussi lg]s que des fils de la ,vi]ge1 d'un pili] l'autre4 ,a9si jusqu' ,llanb]is1 et p> le ,sn[don1 dont l'asc5sion demeure p\r moi jamais mmorable2 c'e/ l que1 p\r la premire fois de ma vie1 j'ai moi-mme tr\v un vrai m9]ai1 un morceau de pyrite de cuivre6 ,mais l'impression que m'ont laisse1 ds le premi] j\r1 les =mes des montagnes du ,pays de ,galles a t si nette et si claire que les voyages que j'y ai faits plus t>d n'y ont ri5 *ang et n'ont fait que la confirm]4 ,ah6 si seulem5t alors mon pre et ma mre avai5t su disc]n] les vritables capacits et les faiblesses de leur petit ,john2 s'ils m'avai5t mis sur le dos de quelque poney au poil rude1 laiss au so9 d'un bon guide gallois1 et de sa femme p\r le cas o j'aurais eu beso9 d'tre dorlot et soign1 ils aurai5t fait de moi un homme qui et rj\i leur cur et qui ft dev5u probablem5t le plus gr& gologue de son poque4 ,si seulem5t6 mais cela leur tait aussi impossible que de me jet]1 comme mon c\s9 ,*>les1 la tte la premire dans le canal de ,croydon1 en comptant sur l'in/9ct de la cons]vation p\r me tir] d'affaire4 ,au lieu de cela1 n\s r5trmes ,londres et mon pre1 si occup qu'il ft1 tr\va le temps1 une fois ou deux p> sema9e1 de me conduire dans une sorte de prison ent\re de plan*es1 claire p> le haut1 et g>nie d'une paisse c\*e de sciure de bois1 qu'on appelle un mange4 ,c'tait du ct de ,moorfields4 ,l'odeur seule1 qu& n\s passions la porte1 me remplissait d'horreur et de t]reur2 l on me hissait sur de gr&s *evaux qui sautai5t1 ruai5t1 t\rnai5t en rond1 s'en allai5t t\j\rs du ct qu'il ne fallait pas et me dposai5t p> t]re le plus s\v5t1 au plus gr& dsespoir de ma famille et ma plus gr&e confusion4 ,enf91 m'tant un j\r f\l l'index de la ma9 droite 7il e/ t\j\rs re/ un peu cro*u depuis71 on r5ona au mange et mon pre m'a*eta un poney des ,%etl&1 trs sage1 avec lequel1 l'un portant l'autre1 n\s allions sur les r\tes de ,norwood t5us en laisse p> un pr(esseur d'quitation4 ,je m'en tirais peu prs dans la ligne droite1 mais si p> malheur j'avais des di/ractions et que survnt un t\rnant1 j'tais p> t]re4 ,peut-tre avec de la pati5ce s]ais-je arriv me t5ir peu prs en selle1 mais p\r cela il n'aurait pas fallu que mes mo9dres *utes priss5t aux yeux de ma mre la =me de vritables cata/rophes4 ,comme cela1 je dev5ais t\s les j\rs plus n]veux et plus maladroit4 ,il fallut r5onc] faire de moi un cavali]2 mes p>5ts se consolr5t de cette dconv5ue en se disant que l'impossibilit o j'tais d'appr5dre mont] *eval devait tre la m>que d'un gnie p>ticuli]4 ,le re/e de l'anne se passa en travaux sd5taires4 ,c'e/ v]s cette poque que mon gt p\r la m9ralogie reut une impulsion n\velle1 grce un ami qui1 depuis1 e/ dev5u un des famili]s de la maison1 mais dont je n'ai pas encore p>l4 ,lorsque j'avais t malade ,dunkeld1 j'avais t soign p> deux mdec9s3 ma mre et le ,dr ,grant1 un t\t jeune lic5ci4 ,o mes p>5ts l'avai5t-ils connu8 ,je n'en sais ri52 mais je sais que mon pre1 qui l'aimait beauc\p1 avait t mme de l'aid] au db de sa c>rire4 ,pre et mre n'en p>lai5t jamais qu'avec la plus vive t5dresse1 regrettant qu'il ne st pas mettre en valeur t\s les dons qu'il possdait4 ,p\r moi1 le nom du ,dr ,grant e/ re/ longtemps associ au s\v5ir d'une p\dre brune1 rhub>be ou autre1 cre1 amre1 qui raclait la gorge1 et qu'il fallait p\rtant aval]4 ,son nom avait t\j\rs p\r mon oreille un son rude1 granuleux et ses visites me causai5t une pr(onde t]reur1 d'autant qu'il ne riait jamais1 qu'il avait un visage ple1 tri/e1 tann1 rid1 rhub>besque en un mot4 "p cela1 le meilleur et le plus consci5cieux des hommes1 t5drem5t atta* mon pre1 auprs duquel il assumait le rle de conseill] mdical aussi bi5 des dispositions psy*iques que des dispositions physiques de son cli5t4 ,ce fut sans d\te en raison de sa situation de famille--il tait1 dans t\s les s5s du mot1 un p>fait g5tleman--que le ,dr ,grant fut nomm mdec9 bord d'une des frgates de ,sa ,maje/ qui s'en allait faire une croisire sur la cte oue/ de l',amrique du ,sud4 ,la sant du bord ayant trs heureusem5t laiss beauc\p de loisirs au docteur1 il put consacr] la plus gr&e p>tie de son temps l'tude de l'hi/oire naturelle de la cte du ,*ili et du ,pr\4 ,un des plus importants rsultats de cette expdition fut la prise du plus beau c]f-volant qu'on ait jamais vu4 ,il avait d'normes p9ces trs curieuses--j'oublie ce que *iasos signifie en grec--mais sa m*oire tait *iasique4 ,il arriva la maison admirablem5t emball dans du coton1 et lorsqu'on ouvrit la bote1 il excita l'admiration de t\s les assi/ants2 on l'appela le ,*iasogna?os ,grantii4 ,autre rsultat de l'expdition3 la collection vritablem5t complte de t\tes les espces de colibris de ,valp>aiso dont il fit un *oix et dont il (frit ma mre--m]veilleuse envole de p\rpre et d'or--de quoi remplir deux vitr9es aussi gr&es que celles de la collection ,g\ld au ,briti% ,museum4 ,elles fir5t l'ornem5t du salon de ,h]ne ,hill et me donnr5t p> la suite des modles p>faits de plumage1 s\plesse et c\leur4 ,elles sont ma9t5ant la place d'honneur1 dans une des salles les mieux claires de l'cole p>oissiale de ,coni/on4 ,le troisime rsultat de l'expdition fut plus important encore4 ,de ri*es ,espagnols1 propritaires de m9es importantes dans l',amrique du ,sud1 avai5t (f]t au ,dr ,grant des *antillons trs curieux des plus beaux ,lions de ,copiapo4 ,ce fut p\r moi1 alors dans t\te l'ardeur de ma passion m9ralogique1 un vnem5t considrable que de voir la table du salon *>ge de lamelles d'arg5t et d'or arboresc5t4 ,ce ne fut pas seulem5t l'homme de sci5ce1 mais ce fut l'av>e qui sommeillait en moi qui1 en une heure ou deux1 se dveloppa prodigieusem5t6 ,je comptais1 gra9 p> gra91 mon trsor dans les fragm5ts que le ,dr ,grant m'avait donns2 et je me s\vi5s encore de l'indignation que j'pr\vai en voyant que l'en?\siasme de mon c\s9 ,*>les n'tait nullem5t au diapason du mi51 lorsque je l'in=mai que la m9ce c\*e suprieure d'un mode/e spcim51 et dont la grosseur p\vait quivaloir la seizime p>tie d'une pice de six p5ce1 tait de l'arg5t brut4 ,ce fut au ret\r de ce voyage que le ,dr ,grant s'in/alla ,ri*mond1 o il ne t>da pas se faire une bonne cli5tle4 ,de temps autre1 p> une jolie mat9e d't1 ou p> une aprs-midi ensoleille d'hiv]1 n\s trav]sions les l&es de ,clapham et de ,w&swor? et n\s allions1 papa1 maman1 ,m>y et moi1 djeun] l'aub]ge du ,/> & ,g>t] avec le ,dr ,grant4 ,djeun]s qui faisai5t poque dans ma vie1 non seulem5t en raison de la jolie vue que l'on avait des f5tres de la salle mang]1 mais surt\t p>ce que1 en ces gr&es circon/ances1 on me p]mettait de mang] du pa9 frais1 pa9 franais1 moi qui1 mme en voyage1 ne mangeais jamais que du gros pa9 rassis4 ,mais1 laissant le ,dr ,grant au milieu de ces agrables s\v5irs1 il faut que j'en arrive aux amis qui1 en dehors de ma p>5t1 ont eu la plus gr&e influ5ce sur ma vie d'enfant1 ,mr et ,mrs ,ri*>d ,gray4 ,mon pre1 ses dbuts1 avait s\v5t habit l',espagne1 p\r y appr5dre les m?odes de fabrication du %]ry et de la mise en cave2 il avait vcu ,xrs1 ,cadix ou ,lisbonne4 ,lisbonne1 il s'tait li avec un jeune cossais1 employ dans une maison de comm]ce espagnole1 mais qui n'avait ri5 de l'esprit rond-de-cuir4 ,au contraire1 ,ri*>d ,gray r5*rissait sur son ami en s5tim5t romantique et p>tageait cette passion p\r la meilleure littrature qui s'alliait assez trangem5t avec les habitudes ranges de l'homme d'affaires qu'tait mon pre4 ,aussi n]gique1 aussi actif1 aussi pur1 l'en?\siasme de ,mr ,gray flambait s\v5t sans pr(it1 surt\t si on le comp>ait celui de mon pre2 on aurait pu dire de cette flamme ce que ,c>lyle disait du feu des ,franais ,dett+5 p> opposition avec le feu des ,anglais1 que c'tait fagot contre an?racite4 ,je ne jur]ais pas t\tefois que mon pre ne se soit pas laiss entran] quelquefois p> l'ard5t ,ri*>d dans quelque folle quipe ,c9tra1 quelque fte de village et mme quelque c\rse de taureau1 ce qui p\rrait p>atre en contradiction avec ce que j'ai dit plus haut1 savoir que1 p5dant neuf annes1 mon pre n'avait pas pris un seul j\r de cong6 ,t\j\rs e/-il que les deux jeunes g5s s'tai5t lis d'une amiti trs t5dre qui eut sur le c>actre de mon pre une influ5ce gayante et bi5faisante4 ,amiti vritablem5t frat]nelle et qui ne fut en ri5 dim9ue lorsque1 peu temps avant de quitt] l',espagne1 ,mr ,gray p\sa une jeune cossaise aussi belle que bonne1 ,m>y ,monro4 ,absolum5t bonne1 et bonne avec grce1 trs simple1 trs aimante et trs srieuse1 elle n'avait pas assez d'esprit p\r tre m*ante1 et trop de cur p\r tre sotte4 ,en?\sia/e1 elle l'tait presque autant que son m>i4 ,t\s deux d'une pit vanglique ard5te qui n'tait jamais agressive2 t\s deux religieusem5t autant que passionnm5t pris l'un de l'autre4 ,le mnage des ,gray e/ le mnage le mieux assorti qu'il ait t donn de voir en ce monde o l'on a la manie d'arrang] les m>iages4 ,hlas6 le de/9 a v\lu qu'ils euss5t le *agr9 de ne pas avoir d'enfants4 ,aussi1 la pr9cipale occupation de ,mrs ,gray fut-elle bi5tt de me gt]4 l'poque o j'tais en ge de l'tre1 ,mr ,gray1 qui avait fait d'assez bonnes affaires en ,espagne1 tait v5u s'in/all] ,londres avec sa femme1 la mre de sa femme1 et la cani*e blan*e de la mre de sa femme1 ,mrs ,monro1 qui rpondait au nom de ,petite4 ,ils vivai5t t\s quatre dans une belle maison de ,camb]well ,grove4 ,l'heureuse famille6 ,la vieille ,mrs ,monro1 aussi *>mante que sa fille1 avec un peu plus de s5s pratique2 ,ri*>d heureux entre elles et les aimant de t\t son cur1 et enf9 ,petite1 qui avait de bon s5s elle seule plus que deux au mo9s des membres de la famille1 qui faisait leur joie et qu'ils adorai5t qui mieux mieux4 ,leur maison tait situe au b\t de l'av5ue1 une av5ue de beaux arbres en ce temps-l1 longue de prs de trois qu>ts de mille1 montant en p5te rapide et (frant une admirable p]spective1 telle la nef d'une ca?drale go?ique2 les arbres1 ormes1 sycomores1 trembles1 mlai5t leurs bran*es les plus leves1 qui s'entrecroisai5t2 t\tes les maisons de l'av5ue avai5t un *em9 dall qui accdait au p]ron1 en passant entre de petits c>rs de gazon frais tondu4 ,maisons de trois ou quatre tages1 le plus s\v5t gr\pes sur des plans en t]rasses1 bties en briques d'un ton fonc avec des toits d'ardoise hauts et raides1 le t\t bi5 conditionn1 bi5 t5u1 bi5 balay1 b\rgeoisem5t cossu et vulgaire et un air p>faitem5t cont5t de soi qui ne dem&e ri5 p]sonne4 ,prs de deux kilomtres de r\te *>mante sp>ai5t ,b]ne ,hill du ,grove2 ,mrs ,gray et ma mre1 s\s le mo9dre prtexte1 montai5t ou desc5dai5t l'une *ez l'autre2 la maison de ,mr ,gray n\s tait ouv]te t\tes les heures du j\r ou de la nuit1 n\s y tions *ez n\s4 ,je ne p\rrais pas en dire autant de ,h]ne ,hill1 p\r les ,gray1 notre demeure g>dant t\j\rs une sorte d'inviolabilit sacre4 ,cette di/ance obs]ve et ma9t5ue fait que1 durant t\te mon enfance1 j'ai eu le s5tim5t que n\s tions1 de faon ou d'autre1 des tres suprieurs nos amis ou nos p>5ts2 n\s les protgions plus on mo9s1 n\s leur faisions la grce de leur donn] des conseils1 n\s les in/ruisions p> notre exemple1 t\t en tant t5us1 aussi bi5 p> notre dignit que p> la hir>*ie sociale1 vit] t\te famili>it4 ,il y avait p\rtant une exception2 et c'e/ l un s\v5ir que j'ai le plus gr& plaisir voqu]4 ,dans le premi] *apitre de l',antiquaire1 l'aub]gi/e de ,que5's ,f]ry (fre un hte de di/9ction une b\teille du meilleur porto de ,rob]t ,cockburn2 porto dont ,rob]t ,cockburn ne laissait jamais manqu] ,sir ,walt]1 c> il tait cette poque s9on le plus gros1 du mo9s le premi] importateur des gr&s v9s de ,portugal1 comme mon pre des gr&s v9s d',espagne4 ,mr ,cockburn tait d'une des bonnes familles d'dimb\rg et il avait fait acte de condesc5dance en entrant dans le comm]ce2 d'une gr&e intellig5ce1 d'un esprit vif et mordant1 il tait reu dans la meilleure socit d'dimb\rg1 et se tr\vait li mon pre p> mille s\v5irs de la vieille ville4 ,c'tait sans contr$it le plus noble1 le plus important des convives de nos agapes m>*&es4 ,mrs ,cockburn1 encore mieux ne1 le type de la gr&e dame cossaise de la vieille cole1 tait indulg5te p\rtant aux ides mod]nes4 ,on disait que ,"l ,byron l'avait aime1 qu'elle tait la premire de ses premires gr&es passions1 la ,m>y ,duff de ,la*9-y-,gair4 ,qu& je l'ai vue p\r la premire fois1 elle tait encore extrmem5t belle1 bi5 que d'un c]ta9 ge1 ple9e de bon s5s1 et1 en dpit d'une c]ta9e au/rit un peu hauta9e1 p>faitem5t bonne4 ,les ,cockburn avai5t deux fils1 ,alex&re et ,ar*ibald1 t\s deux dans les affaires de leur pre1 t\s deux intellig5ts et n]giques1 mais t\s deux p>faitem5t dcids--et en cela ils se con=mai5t au dsir de leurs p>5ts-- tre avant t\t des g5tlem51 des m>*&s ensuite2 disposition de t\t po9t respectable et digne d'tre enc\rage de nos j\rs1 et o1 dans leur cas p>ticuli]1 il n'entrait ni orgueil1 ni pose4 ,ces deux ,cockburn tai5t bi5 de vrais g5til%ommes1 ns g5til%ommes1 et plus leur aise dans leurs montagnes qu' leur bureau o nanmo9s ils s'occupai5t en consci5ce de leurs affaires4 ,elles ne se dveloppr5t pas cep5dant1 comme elles euss5t pu le faire1 si elles euss5t t entre des ma9s mo9s ari/ocratiques4 ,alex&re et ,ar*ibald dnai5t s\v5t *ez n\s4 ,le premi] avait beauc\p de l'hum\r de son pre2 le second tait un beau et jeune ,highl&] aux *eveux noirs1 que ma passion p\r ,walt] ,scott avait t\*2 aussi tait-il t\j\rs dispos caus] p*e et *asse avec moi4 ,c>1 ds l'enfance1 j'ai aim les rcits d'av5tures1 bi5 que je ne fusse ri5 mo9s qu'av5tureux4 ,j'ai lu t\s les romans du capita9e ,m>ryat1 sans que cela m'ait jamais inspir la mo9dre envie de m'emb>qu]2 j'ai visit le *amp de bataille de ,wat]loo sans song] un in/ant me faire soldat2 je me suis passionn p\r les rcits de p*e d',isaac ,walton sans avoir jamais jet la m\*e2 je savais p> cur le ,de]slay] et le ,pa?f9d]1 de ,coop]1 sans avoir jamais eu encre les ma9s autre *ose qu'un pi/olet b\*on et sans avoir dc\v]t d'autres s5ti]s que ceux des solitudes de ,gipsy ,hill4 ,s'il m'e/ arriv de me racont] des hi/oires m]veilleuses de batailles dont j'tais le gnral victorieux1 cav]nes o je dc\vrais des filons d'or1 ce n'tait que jeux d'imag9ation1 rves sans rapport avec la ralit4 ,ds cette poque1 je r$\tais de gr&ir1 de vieillir2 je n'aspirais pas tre plus sage4 ,quant aux projets d'av5ir1 je n'en faisais pas plus qu'un jeune v] soie p]du au milieu de sa premire feuille de mri]4 ,note #be3 ,montagne du ,pays de ,galles4 7,note du traducteur47 ,note #bf3 ,james ,hogg1 pote cossais4 7,note du traducteur47 ,,*apitre ,,vi ,,s*affh\se ,,et ,,milan ,la visite au *amp de bataille de ,wat]loo1 laquelle il e/ fait allusion dans le *apitre prcd5t1 eut lieu lorsque j'avais c9q ans1 l'occasion des ftes du c\ronnem5t de ,*>les ,x4 ,n\s passmes quelques sema9es ,p>is dans une p5sion de famille tranquille1 et ensuite quelques j\rs ,bruxelles1 mais je n'ai g>d aucun s\v5ir des /ations int]mdiaires4 ,lorsque je revi5s sur ces s\v5irs lo9ta9s1 je m'ap]ois que j'tais l5t m\voir1 que mes impressions s'veillai5t avec pe9e1 et que j'avais beso9 de sj\rn] deux ou trois j\rs dans une ville p\r en avoir la plus lgre ide2 il e/ vrai que l'ide une fois =me tait gnralem5t ju/e4 ,il m'e/ r>em5t arriv d'avoir modifi] ces premires impressions1 et celles qui s'y aj\tai5t n'tai5t pas aussi durables4 ,d'o1 ce que les g5s appell5t mes prjugs et qui s]ai5t plutt des aprs-jugs1 c'e/--dire t\t le contraire4 7,je n'ai pas la prt5tion d'introduire le mot dans la langue1 mais il m'e/ commode p\r l'in/ant2 il p>gne du temps et de l'encre47 ,une autre disposition trangem5t t5ace *ez moi1 c'e/ cette impossibilit de m'intress] autre *ose qu' des *oses pro*es ou t\t au mo9s visibles et prs5tes4 ,j'imag9e que les enfants sont s\v5t a9si1 mais cette disposition e/ demeure *ez moi et c'e/ un des traits de mon tempram5t d'homme fait4 ,de cette premire visite ,p>is1 je g>de surt\t le s\v5ir des c\ss9s de plume g>nissant les fauteuils de vel\rs r\ge de l'htel1 que l'on n'arrivait pas aplatir mme lorsqu'on tait assis dessus depuis une demi-heure2 du p>quet bi5 frott du salon et du brave ,boots1 de ,brosse p\r p>l] plus correctem5t1 qui s'escrimait sur les dits p>quets *aque mat9 si bi5 qu'ils tai5t aussi polis1 aussi luisants qu'une table d'acaj\2 de la jolie c\r plante de fleurs et d'arbu/es sur laquelle s'ouvrai5t les f5tres de notre rez-de-*ausse2 du g5til petit groom ngre au s]vice d'une autre famille qui attrapait le *at de la maison1 et me le mettait dans les bras2 et d'une non mo9s g5tille femme de *ambre1 trs bonne fille1 qui d'ord9aire me le repr5ait dans la cra9te que je ne lui fisse mal 7l'expri5ce qu'elle avait des g>ons1 et des g>ons anglais en p>ticuli]1 l'incl9ant se mfi] de la puret de mes int5tions74 ,je me s\vi5s de ces *oses1 de c]ta9es p]sonnes1 des ,tuil]ies1 et des j>d9s de ,tivoli o mon pre me fit mont] sur les montagnes russes et o j'ai vu le plus beau feu d'artifice du monde2 mais1 p> contre1 j'ai p>faitem5t oubli la ,se9e et ,notre-,dame1 et t\t ce qui ti5t la ville ou aux environs1 except les m\l9s v5t de ,montm>tre4 ,de mme ,bruxelles j'ai p]du t\t s\v5ir de l',htel de ,ville1 des rues spacieuses2 il ne semble pas que j'aie t mu de ri51 ni mme surpris1 t&is que je n'ai pas oubli un dtail de la c\rse en voiture jusqu' ,wat]loo et de la prom5ade pi$ trav]s la pla9e4 ,on n'avait pas encore con/ruit l'horrible leve de t]re qui l'a d%onore2 neuf ans s'tai5t pe9e c\ls depuis la bataille1 et *aque monticule1 *aque pli du t]ra9 racontait fidlem5t les *>ges en avant ou les m\vem5ts en arrire4 ,grave dans mon esprit p> des lectures po/rieures1 cette vision de la t]rible lutte e/ re/e p>faitem5t di/9cte1 alors que le s\v5ir d'une visite plus rc5te1 faite depuis la con/ruction de la digue1 s'e/ p\r a9si dire effac4 not] aussi que le ravissem5t que m'avait caus une prom5ade en bateau vapeur1 et dont j'ai p>l dans ma d]nire lettre1 e/ plus rc5t4 ,qu& j'tais enfant1 je prfrais la va/e m] elle-mme la plage o v5ai5t m\rir les vagues1 et le sable f9 o l'on p\vait creus] des tr\s4 ,il n'y a pas eu p\r moi de premire vue de la m]2 je n'avais pas plus de trois ans qu&1 p\r all] en cosse1 n\s n\s emb>quions sur le cutt] du capita9e ,sp9ks1 qui faisait alors un s]vice rguli]1 et que je j\ais sur le pont comme si j'eusse t sur la t]re f]me4 ,il faisait d'ailleurs t\j\rs beau4 ,la gr&eur de l',ocan1 je ne l'ai s5tie p\r a9si dire que du dehors2 j'ai eu la vision du gant qui fait trembl] la t]re1 en ent5dant la voix des vagues r\l] sur la grve1 ou s\pir] sur le sable4 ,j'avais l'int5tion de consacr] ici quelques lignes au s\v5ir d'une autre pauvre p>5te1 ,nanny ,cl[sley1 une bonne vieille crature t\j\rs s\riante1 qui vivait entre une horloge holl&aise et quelques tasses ? br*es1 dans une seule *ambre alcve4 ,cette seule *ambre tait au troisime tage d'une des maisons pignon qui faisai5t p>tie de ce pt de vieilles con/ructions que l'on vi5t de dmolir prs du pont de ,batt]sea1 du ct de ,*elsea4 ,mieux vaut rs]v] ce que j'ai dire sur ,*elsea p\r une autre fois1 gr\p] t\s ces s\v5irs4 ,seulem5t1 en p>lant de galets1 je ne puis taire l'importance qu'a eue p\r moi l'espce de vue de m] que l'on avait des f5tres de ,nanny ,cl[sley1 d'o l'on p\vait guett] le flux et le reflux de la ,tamise1 voir les b>ques dans] avec le flot ou se c\*] sec m>e basse4 ,mais j'ai dj trop t>d1 il faut en v5ir aux premires impressions que m'a donnes la vue de c]ta9es *oses4 ,j'ai dit que1 p\r nos voyages en ,anglet]re1 ,mr ,tel=d n\s prtait le plus s\v5t sa voiture4 ,mais qu& n\s allions en ,suisse1 ,m>y n\s accompagnant t\j\rs ma9t5ant1 il n\s fallait des r\es plus solides et plus de place2 p\r ce voyage et p\r ceux qui suivir5t1 il fallut donc1 premi] bonheur1 *oisir une voiture p>mi celles que l\ait ,mr ,hopk9son1 de ,long ,acre4 ,les pauvres imbciles1 les pauvres esclaves mod]nes qui se laiss5t tran] comme du btail ou du bois c\p trav]s des pays qu'ils s'imag95t visit]1 ne peuv5t se faire une ide des joies innombrables qui accompagnai5t le *oix et l'ag5cem5t d'une voiture de voyage autrefois4 ,il y avait d'abord les considrations te*niques de =ce1 de bon r\lem5t1 d'quilibre et de scurit p\r les p]sonnes et les bagages2 l'air cossu qui doit en impos] aux mode/es passants2 l'habile disposition des c(fres provisions s\s les banquettes1 les tiroirs secrets s\s les glaces de devant1 les po*es invisibles dissimules s\s les c\ss9s capitonns l'abri de la p\ssire1 et auxquelles on ne p\vait atte9dre que p> des f5tes imp]ceptibles ou des trappes dignes d'un sorci] ou d',alad9 lui-mme2 l'assujettissem5t des c\ss9s p\r qu'ils ne gliss5t pas1 l'arrondi des co9s qui p]met un repos dlicieux2 le fonctionnem5t ais des /ores1 le bon tat de leurs ressorts et cordons1 la f]meture h]mtique des glaces1 mille *oses dont le con=t d'une voiture de voyage dp5d2 l'in/allation de t\s ces dtails1 p\r le plus gr& bi5-tre de ceux qui doiv5t occup] cette petite bote1 et p5dant c9q ou six mois en faire virtuellem5t leur home4 ,n'e/-ce pas dj voyag] en imag9ation1 avoir t\s les plaisirs1 et aucun des ennuis du vrai voyage8 ,p\r ce premi] t\r sur le cont95t1 qui devait dur] au mo9s six mois1 on fit *oix d'une voiture avec un sige p> devant1 ou plutt on le fit aj\t]1 sige de/9 mon pre et ,m>y2 plus1 un autre sige p> d]rire assez gr&1 p\r qu',anne et le c\rri] puss5t y t5ir1 et encore quatre places l'intrieur3 celles du devant1 un peu exigus1 tai5t rs]ves papa et ,m>y en cas de mauvais temps4 ,je me s\vi5s que1 lorsque n\s emes enf9 arrt notre *oix1 ,mr ,hopk9son1 le l\eur1 un homme extrmem5t poli1 au fait sans d\te de ma rputation littraire naissante1 me dem&a 7 la plus gr&e joie de mon pre7 si je p\vais traduire la devise du prcd5t propritaire de notre b]l9e qui tait pe9te s\s l'cusson armori3 ,vix ea no/ra voco4 ,j'y russis sans pe9e1 et j'eus l'esprit d'aj\t] que si la devise app>t5ait de droit l'anci5 propritaire1 elle p\vait plus ju/em5t encore s'appliqu] n\s4 ,une voiture de famille aussi va/e1 trs solidem5t con/ruite1 avec les bagages et son *>gem5t de six p]sonnes1 exigeait1 cela va sans dire1 quatre *evaux2 on tr\vait d'ailleurs t\s les relais c9q ou six attelages de re*ange4 ,le lecteur mod]ne a peut-tre autant de pe9e ralis] ces m?odes de locomotion primitives--qui dat5t p\rtant d'hi]--que celles des ,saxons et des ,go?s migrateurs1 et il ne se pla9dra pas si j'entre dans quelques dtails4 ,les *evaux franais1 et en gnral t\s ceux que l'on tr\vait sur les gr&es artres europennes1 tai5t de vig\reux *evaux de f]me1 trottant bi51 ayant du cur1 fru/es de poil1 et portant la queue longue2 des *evaux gais1 h5nissant1 t\j\rs prts foltr] entre eux l'occasion2 "p cela1 faisant trs sagem5t leur besogne1 obissant le plus s\v5t la voix1 la rne n'int]v5ant que p\r prcis] l'ordre2 le f\et1 qui ne les effleurait jamais1 ne s]vait p> ses claquem5ts ret5tissants qu' traduire l'orgueil pr(essionnel du po/illon1 faire g>] les voitures qui encombrai5t la r\te et prv5ir t\s les habitants des villages que l'on trav]sait1 que des p]sonnages de di/9ction leur faisai5t l'honneur de visit] leur pays4 ,rgle gnrale1 les quatre *evaux tai5t m5s p> un seul po/illon qui montait le limoni]2 mais si les *evaux tai5t jeunes1 ou le po/illon inexprim5t1 un second po/illon conduisait les *evaux de vole4 ,le plus s\v5t1 on n'avait qu'un homme p\r quatre *evaux2 les *evaux tai5t paisibles1 l'homme qui s'enivrait r>em5t tait ord9airem5t un trs jeune homme1 les hommes faits tr\vant un meilleur emploi de leurs =ces2 un jeune cavali]1 tant soit peu adroit1 qui p\vait conduire de bonnes btes bi5 dresses1 avait encore l'avantage de ne pas les *>g]4 ,la moiti du poids du po/illon1 si ce n'e/ plus1 tait dans ses bottes1 de l>ges bottes s\v5t jetes au trav]s de la selle comme deux seaux2 le po/illon1 une fois les *evaux mis la voiture1 gagnait sa place p> le timon et produisait ses jambes dans ses bottes4 ,un p]sonnage non mo9s important que le po/illon1 dans les voyages en po/e1 tait le c\rri] ou1 p\r p>l] correctem5t1 l'avant-c\rri]1 dont la fonction consi/ait prcd] la voiture *eval1 et faire prp>] les relais de faon p]dre le mo9s de temps possible2 po/e de t\te confiance1 c> c'tait le c\rri] qui passait les m>*s1 payait les notes1 vitait ses matres mille s\cis1 sans compt] la pe9e et la honte de massacr] le franais ou t\te autre langue4 ,un bon c\rri] savait quelle tait la meilleure aub]ge dans *aque ville1 et les *ambres les plus con=tables dans *aque aub]ge1 de sorte qu'il p\vait crire d'avance et les ret5ir il devait1 s'il tait intellig5t1 savoir ce qu'il y avait d'intressant visit] dans les villes que l'on trav]sait1 et au beso91 p> des moy5s lui1 faire voir des *oses r>es1 inaccessibles au vulgaire4 ,murray1 que le lecteur ne l'oublie pas1 n'exi/ait pas dans ce temps-l2 le c\rri] tait un ,murray priv1 il dev9ait1 qu& il avait de l'esprit1 ce qui devait v\s intress] t\t p>ticulirem5t4 ,"q de tact4 ,le c\rri] accompagnait les dames lorsqu'elles avai5t des emplettes faire1 il les conduisait aux bons endroits1 m>*&ant lorsqu'il le jugeait ncessaire4 ,enf91 il tait li avec t\s les autres c\rri]s sur la ligne et il p\vait v\s nomm]1 p\r peu que v\s en eussiez la curiosit1 les voyageurs de m>que qui se tr\vai5t l'htel en mme temps que v\s4 ,mon pre et considr comme rvolutionnaire1 c'et t1 ses yeux1 une sorte d'empitem5t sur les privilges de la noblesse de n\s faire prcd] p> un c\rri] *eval2 trs l>ge d'ailleurs p\r t\t ce qui reg>dait le con=t et l'agrm5t1 il n'et jamais cons5ti1 p> o/5tation1 pay] un *eval supplm5taire4 ,on faisait comm&] les *evaux d'avance1 qu& c'tait possible1 p> le po/illon de quelque voiture p>tie avant n\s1 s9on1 n\s n\s rsignions att5dre le temps ncessaire p\r qu'on les h>na*t4 ,notre c\rri] donc montait sur le sige de d]rire1 ct d',anne1 et il n\s tait1 dans l'accomplissem5t de t\tes ses autres fonctions1 aussi indisp5sable qu'agrable4 ,indisp5sable d'abord1 tant donn que n\s ne p>lions que trs peu le franais1 pe9e assez p\r dem&] notre r\te2 lorsqu'il s'agissait de discut] des prix ou de dem&] des r5seignem5ts un peu dtaills1 n\s ne p\vions pas n\s en tir]1 mme en ,france2 en ,suisse et en ,italie1 je ne saurais n\s comp>] qu' un tr\peau de m\tons ou d'oies de passage4 ,indisp5sable aussi la tranquillit de mon pre qui1 quoique trs gnreux de tempram5t1 avait horreur d'tre surfait et refait4 ,il savait bi5 que le c\rri] t\*ait une commission1 mais il savait aussi que son c\rri] ne se laiss]ait pas mettre d$ans et il avait t\te confiance en lui4 ,non p> vanit1 mais p> gt et aussi p\r le plaisir d'un *angem5t1 mon pre aimait les gr&es *ambres1 et ma mre1 fidle ses habitudes1 exigeait une propret scrupuleuse2 des *ambres propres et spacieuses1 implique une bonne aub]ge1 et le premi] tage4 ,mon pre t5ait aussi la vue2 il disait avec raison3 quoi bon voyag]1 si ce n'e/ pas p\r en voir le plus possible1 ce qui v\lait dire3 le premi] sur le devant4 ,mon pre1 dlicat et trs petit mangeur1 avait beso9 d'une cuis9e soigne et ma mre n'admettait que la vi&e de premi] *oix2 ce qui signifiait le dn] s]vi "p1 ri5 du prix fixe1 bi5 ent5du4 ,enf91 mon pre1 bi5 que n'allant jamais dans le monde1 aimait ctoy] avec discrtion et sans s'impos]1 cela va sans dire1 les g5s du monde1 j'ent5ds de la noblesse1 c> il mprisait les purs monda9s1 et il pr\vait un s5sible plaisir se dire que ,"l et ,lady un tel habitai5t sur le mme pali]1 et qu' t\t mom5t il tait expos les r5contr] et les crois] dans l'escali]4 ,salvador1 dm5t av]ti1 ou ayant avec f9esse dev9 les petites faiblesses pat]nelles1 lesquelles d'ailleurs ne p\vai5t que le flatt]1 avait c>te blan*e p\r t\s les arrangem5ts1 locations1 etc4 ,p>t\t n\s tr\vions les meilleures *ambres prp>es1 de bons *evaux att5dant1 et propritaires et g>ons *apeau bas l'arrive et au d"p4 ,salvador donnait son compte t\tes les sema9es1 et mon pre le rglait sans jamais faire la plus petite obs]vation4 t\tes ces conditions de con=t et d'agrm5t1 le mod]ne t\ri/e la vapeur doit1 en imag9ation aj\t] celle qui dom9e t\tes les autres1 ne jamais avoir se press]1 p\voir p>tir l'heure qu'on veut1 et1 si on e/ en ret>d1 faire att5dre les *evaux4 ,en gnral1 n\s djeunions huit heures1 et neuf heures on se mettait en r\te4 ,entre neuf et trois de l'aprs-midi1 sept milles l'heure1 en comptant les relais et en ne n\s pressant pas1 n\s faisions nos qu>ante ou c9quante milles dans la j\rne2 n\s dnions quatre heures et1 aprs dn]1 j'avais encore le temps de faire une longue prom5ade solitaire et dlicieuse2 je r5trais exactem5t sept heures p\r le ?1 aprs quoi je mettais au po9t mes esquisses et1 neuf heures et demie1 au lit4 ,qu& l'tape f\rnit tait p>ticulirem5t longue1 on p>tait six heures du mat9 et on faisait ses v+t milles avant le djeun]1 mais on s'arrangeait t\j\rs p\r arriv] p\r le dn] de quatre heures4 ,ce n'tait que t\t fait exceptionnellem5t que n\s faisions un second arrt2 alors n\s dnions dans quelque jolie aub]ge de village et n\s n'arrivions que p\r le ?1 aprs avoir fait quatre-v+t ou quatre-v+t-dix milles4 ,mais n\s ne faisions ces longues trottes que lorsque n\s v\lions arriv] p\r le diman*e dans quelque ville-ca?drale ou quelque joli village des ,alpes4 ,jamais n\s ne voyagions le diman*e2 mon pre et moi1 le plus s\v5t1 n\s assi/ions--en philosophes-- une messe mat9ale1 et ma mre1 uniquem5t p\r n\s faire plaisir 7c> j'ai r>em5t vu trace de curiosit fm99e *ez elle71 n\s accompagnait l'aprs-midi dans quelque prom5ade en voiture sur le ,corso ou autre lieu pr(ane4 ,mais ce que n\s prfrions t\t1 c'tait une prom5ade pi$ aux environs d'un village dans les ,alpes4 ,j'ai m5ac mon lecteur1 quelques pages plus haut1 d'un complm5t de dtails sur mes premires impressions en ,suisse et en ,italie en #ahcc4 ,j'aurai aussi p>l] de ,calais4 ,je note ici seulem5t que n\s avons remont le ,rh9 jusqu' ,/rasb\rg o1 en dpit de ses miracles d'ar*itecture1 j'tais dj assez intellig5t p\r tr\v] que la ca?drale avait de la raideur1 comme si elle et t btie en f]2 ce qui me fit le plus d'impression1 ce fur5t les hauts toits et les ri*es faades de ses maisons de bois qui font dj press5tir la ,suisse et surt\t de tr\v] encore intacte la vue si admirablem5t r5due p> ,pr\t la #cf;e plan*e de ses ,fl&res et ,allemagne4 ,c'e/ dans le salon de l'htel1 ,/rasb\rg1 que n\s tnmes conseil avec ,salvador p\r savoir si--c'tait un v5dr$i aprs-midi--le l5dema9 n\s p\ss]ions jusqu' ,s*affh\se ou jusqu' ,ble af9 d'y pass] le diman*e4 ,que de *oses p\r moi dp5dai5t de cette dcision1 si jamais quoi que ce soit dp5de de quelque *ose6 ,salvador incl9ait pr5dre la r\te directe qui suit le ,rh91 ce qui n\s p]mettait d'arriv] aux ,trois ,rois l'heure du c\*] du soleil4 ,mais ,ble1 il fallait bi5 en conv5ir1 il n'y a ni vue sur les ,alpes1 ni bruit de *utes d'eau4 ,salvador1 p\r tre ju/e1 n\s avait honntem5t propos une autre magnifique comb9aison qui p]mettait de gagn]1 p> la ,=t-,noire1 les portes de ,s*affh\se avant l'heure de leur f]meture4 ,la ,=t-,noire6 la *ute du ,rh9 ,s*affh\se6 la *ane des ,alpes6 quelques heures4 ,n\s y s]ions diman*e6 ,quel diman*e au lieu du diman*e ord9aire ,walwor? et de la prom5ade dans les prairies de ,dulwi*6 ,mes vhm5tes supplications f9ir5t p> l'emport] et1 aux premires heures du j\r1 n\s trav]sions au trot gal de nos *evaux le pont de bateaux de ,kehl4 ,je vois encore dans la lumire grise du mat9 se dess9] la ligne sombre des montagnes de la ,=t-,noire qui se prcisai5t et s'levai5t mesure que n\s trav]sions la pla9e du ,rh94 ,portes des ,coll9es qui s'ouvrai5t p\r moi sur une vie n\velle1 et qui ne devai5t plus se f]m] que lorsque s'ouvrirai5t les ,portes des ,coll9es d'o l'on ne revi5t pas4 ,n\s atteignmes a9si la p>tie basse de la ,=t-,noire1 et pntrmes dans un vallon qui montait en p5te raide2 mo9s d'un qu>t d'heure plus t>d1 n\s ap]cevions le premi] *alet suisse#bg4 ,quelle signification p\r n\s t\s1 et p\r moi quelle vision en quelque sorte prophtique6 ,il n'e/ pas un voyageur mod]ne qui puisse compr5dre ce que cela v\lait dire p\r moi1 duss-je pass] des annes le lui expliqu]4 ,un hurlem5t de joie triomphante--semblable t\s les sifflets de locomotive s'*appant la fois de la g>e de jonction de ,clapham--s'e/ lev de t\te l'imbcillit de l',europe p\r applaudir la de/ruction de la lg5de de ,guillaume ,tell4 ,p\r n\s1 *aque mot en tait vrai1 que dis-je6 my?iquem5t clair d'une vrit surnaturelle1 et l1 s\s les bois sombres1 n\s en retr\vions le tmoignage visible1 tangible et *>mant sur le bois p\rpre de mlze1 sculpt s\s l'inspiration des joies de la vie rurale1 de cette vie t\j\rs la mme1 t\j\rs immuable l'ombre des gr&s p9s sur le sol ance/ral1 dans la bndiction ta sa9te pauvret et la paix de ,dieu4 ,ah6 la lg5de de ,guillaume ,tell e/ dtruite6 ,et v\s avez creus un tunnel s\s le ,go?>d1 v\s v\lez combl] la baie de ,uri--et c'e/ p\r v\s1 p\r l'am\r de v\s1 que les grappes de rais9 dans pressoir de ,sa9t-,jacob ont r5du des g\ttes de sang et que la massue de bois a r5v]s *eval et heaume dans le vallon de ,morg>t58 ,il e/ difficile d'imag9] l'poque dj lo9ta9e et bnie o la ,suisse app>t5ait aux ,suisses1 et o les ,alpes n'avai5t t f\les p> le pi$ d'aucun mortel4 ,on ne connaissait pas encore la vapeur1 si ce n'e/ bord de c]ta9s bateaux qui ne s'av5turai5t que lorsque le temps tait calme 7,y avait-il alors des paquebots qui trav]sai5t l',atlantique8 ,je ne m'en s\vi5s plus74 ,en t\t cas1 les r\tes de t]re n'tai5t po9t contam9es2 et une fois que n\s emes pntr dans ce p>adis des montagnes1 n\s circulmes au milieu de ses valles embaumes1 de ses *alets blottis au fond de prairies t9celantes de rose4 ,v]s midi1 n\s atteignions des hauteurs mo9s f]tiles2 les ctes se faisai5t plus abruptes2 une ou deux fois1 au relais1 n\s dmes att5dre les *evaux1 si bi5 qu'au c\*] soleil1 il n\s re/ait encore v+t milles faire p\r gagn] ,s*affh\se4 ,il tait plus de m9uit lorsque n\s arrivmes aux portes de la ville2 elles tai5t f]mes1 mais le porti]1 que n\s dmes rveill]1 cons5tit les ouvrir1 les entr'ouvrir plutt1 c> une de nos lant]nes heurta la grille et fut brise en mille pices1 comme n\s pntrions s\s la vote4 ,heureux privilge que d'entr] a9si1 comme en rve1 dans une ville du ,moy5 ge1 ft-ce au prix d'une lant]ne casse1 plutt que d'y arriv] btem5t dans la b\sculade d'une g>e de *em9 de f]4 ,je ne me s\vi5s que trs vaguem5t de la mat9e du l5dema92 j'imag9e que n\s dmes assi/] au s]vice dans une glise quelconque1 et trs c]ta9em5t une p>tie de notre j\rne a d se pass] admir] les f5tres en saillie sur des rues d'une propret invraisemblable4 ,aucun de n\s ne semble avoir eu l'ide qu'il ft possible d'ap]cevoir les ,alpes sans faire quelque asc5sion1 ex]cice trop pr(ane p\r un diman*e4 ,n\s dnmes quatre heures comme d'ord9aire et1 la soire tant admirable1 n\s sortmes p\r faire un t\r4 ,n\s avions prolong notre prom5ade trav]s la ville1 le soleil tait prs de se c\*] lorsque n\s n\s tr\vmes dans une sorte de j>d9 public situ1 je crois1 l'oue/ de la ville et d'o la vue embrasse t\t le c\rs du ,rh9 et la pla9e au sud et l'oue/4 ,je reg>dais le pays dc\v]t dont les l>ges ondulations se p]dai5t dans une brume bleue1 comme j'aurais reg>d de ,malv]n1 p> exemple1 les p]spectives du ,worce/]%ire1 ou de ,dork+ celles de ,k5t qu&1 t\t c\p1 que vis-je l'horizon6 ,n\s n'emes pas un in/ant la p5se que ce p\vait tre des nuages4 ,c'tait d'une puret de cri/al1 cela se dta*ait sur le ciel en f9es artes dj te9tes en rose p> le soleil c\*ant4 ,cela dpassait t\t ce que n\s avions jamais p5s ou rv4 ,les murs de l'd5 p]du n'aurai5t pas eu plus de beaut et les murs1 ent\rant le ciel1 de la ,mort sacre1 plus de sol5nit4 ,e/-il possible d'imag9]1 p\r un enfant d'un tempram5t comme le mi51 entre dans la vie plus bnie6 ,ce tempram5t1 il e/ vrai1 t5ait l'poque4 ,quelques annes plus tt1 au sicle prcd5t1 aucun enfant ne se s]ait intress aux montagnes comme je faisais1 ni aux hommes qui les habitai5t4 ,avant ,r\sseau1 l'am\r s5tim5tal de la nature n'exi/ait pas2 et avant ,scott1 on n'avait pas l'ide d'un am\r intellig5t p\r les hommes de t\tes classes et de t\tes conditions1 am\r qui pr5d non seulem5t le cur1 mais la *air4 ,sa9t ,b]n>d de ,fonta9e1 contemplant le ,mont-,blanc avec ses yeux d'enfant1 voit au sommet la ,madone4 ,sa9t ,b]n>d de ,talloires n'ap]oit pas le lac d',annecy1 il n'a de p5ses que p\r ceux qui sont morts entre ,m>tigny et ,ao/e4 ,p\r moi1 le pays des ,alpes tait galem5t beau p> ses neiges t]nelles et p> le c>actre de ses habitants et1 ni p\r moi-mme1 ni p\r eux1 je ne dem&ais la vue d'autres trnes dans le ciel que les ro*]s1 d'autres esprits dans le ciel que les nuages4 ,c'e/ a9si--dans un p>fait quilibre moral et physique1 le cur ard5t1 mais sans nul dsir d'tre autre que je n'tais1 d'avoir plus que je n'avais2 ne connaissant des l>mes que ce qu'il en faut p\r faire de la vie une affaire srieuse1 sans en dt5dre le ressort2 ayant la fois assez de sci5ce et de s5tim5t p\r faire de cette premire vision des ,alpes non seulem5t la rvlation de la beaut sur la t]re1 mais la premire page de son livre--que je quittai ce soir-l le j>d9 en t]rasse de ,s*affh\se avec mon de/9 arrt1 au mo9s dans t\t ce qu'il aura eu de sacr et d'utile4 ,c'e/ v]s cette t]rasse1 et v]s la rive du lac de ,g5ve que1 jusqu' ce j\r1 revi5n5t et mon cur et ma foi1 *aque lan qui les fait noblem5t vivre1 et *aque p5se qui m'apporte sec\rs ou consolation4 ,le mat9 qui suivit cette soire de diman*e ,s*affh\se fut admirable2 le ciel tait sans nuages et n\s n\s fmes conduire de bonne heure aux *utes4 ,dans la lumire du mat91 n\s revmes la *ane des ,alpes1 et n\s connmes1 ,lauff51 ce qu'e/ une rivire alpe/re4 ,au sortir des gorges de ,bal/all1 j'eus de n\veau une vision in\bliable de la *ane des ,alpes1 et ces aspects lo9ta9s1 que le voyageur mod]ne ne s\ponne mme pas1 me fir5t appr5dre et s5tir plus que les m]veilles vues de prs ,?un et ,int]lak54 ,ce fut aussi un gr& bonheur p\r moi1 que n\s ayons pris1 p\r pass] en ,italie le plus maje/ueux des dfils1 et que la premire gorge des ,gr&es ,alpes que j'aie vue ait t celle de la ,via ,mala1 le premi] lac d',italie1 le lac de ,cme6 ,n\s n\s emb>qumes ,*iav5na1 p\r trav]s] le lac1 et le diman*e suivant n\s tr\va ,cad5abbia4 ,aprs cela1 de villa en villa jusqu' l'autre extrmit du lac1 et ensuite de ,cme ,milan p> ,monza4 ,sans que la saison ft avance1 n\s tions dj en ple9 t1 et je conseill]ai t\j\rs p\r une premire visite en ,italie1 de *oisir l't4 ,ce fut un bonheur aussi1 bi5 que mon cur me portt v]s les paysans suisses1 que *ez moi le gt des *oses artificielles et t =m p> ,turn] dans l',italie de ,rog]s4 ,le ,lac de ,cme1 les deux villas au clair de lune1 et l',adieu m'avai5t prp> admir] ce qui vaut la pe9e de l'tre dans les j>d9s en t]rasses1 les arcades de belles proportions1 les gr&s murs blancs ensoleills1 qui n'ont en gnral qu'attrait factice p\r les imag9ations anglaises4 ,*ez moi1 ce gt tait p\r a9si dire inn1 grce ,turn]1 et t\t cela1 ds le premi] mom5t1 me fut famili]2 j'admirais et je vnrais4 ,je n'avais aucune ide alors de l'lm5t mauvais1 l'lm5t ,r5aissance1 qui p\vait s'y ml]4 ,j'y retr\vais ce qu'on m'avait dit tre l'art div9 de ,raphal et de ,lon>d2 et mon ignorance des dates les associait aux p]sonnages de ,%akespe>e2 la villa de ,portia1 le palais de ,juliette devai5t leur ressembl]4 ,j'ai t\j\rs eu aussi1 comme je l'ai n dans l'pilogue de la n\velle dition du deuxime volume des ,mod]n ,po9t]s1 une p]ception trs exacte des gr&eurs1 soit en fait de montagnes1 soit en fait de monum5ts1 une sorte d'exactitude joyeuse1 si bi5 que je saisis du premi] c\p d'il les va/es proportions des palais milanais1 de la montagne de m>bre aux c5t fl*es1 du ,dme1 et comme je ne faisais pas encore la di/9ction entre le bon go?ique et le mauvais1 la ri*esse1 la dlicatesse des f9es ciselures de d5telle qui se dta*ai5t sur le bleu du ciel me transportr5t4 ,mais quelles extases lorsque1 grimpant1 et me prom5ant au milieu de ces m]veilles1 j'ap]u1 entre les p9acles1 le ,mont ,rose6 ,j'avais p\rtant t prp> cette app>ition p> l'admirable reproduction qui en avait t donne ,londres un ou deux ans aup>avant1 dans une exposition dont j'ai1 plus t>d1 vivem5t regrett la disp>ition--le panorama de ,bur=d1 dans ,leice/] ,squ>e--t5tative de la plus haute valeur ducative et qui aurait d tre s\t5ue p> le ,g\v]nem5t4 ,j'avais admir l un tableau *>mant1 d'une facture exquise1 qui reprs5tait le panorama vu du haut de la ca?drale de ,milan2 je ne p5sais pas alors que je le v]rais un j\r et il m'avait ravi et tonn2 mais tre l auj\rd'hui1 y tre rellem5t1 t5ait du miracle4 ,n\s emes encore le bonheur d'avoir un temps m]veilleux t\t le re/e de la j\rne4 ,v]s le soir1 n\s allions en voiture au ,corso1 qui1 cette poque1 faisait le bonheur du beau monde de ,milan comme le ,p>c *ez n\s1 et d'o1 avant la con/ruction de la gr&e g>e1 on avait la vue1 d'un ct1 de t\te la *ane des ,alpes1 et de l'autre1 de la belle cit dom9e p> son ,dme blanc4 ,puis le ret\r1 en voiture dc\v]te1 dans le calme du crpuscule1 trav]s les longues rues sil5cieuses2 la place du ,dme1 sur les l>ges dalles de laquelle les r\es glissai5t sans bruit1 augm5tai5t encore la s5sation d'irralit et d'm]veillem5t4 ,et cet air si pur1 ce sil5ce1 la maje/ environnante des ,alpes que je v5ais de voir1 la p]fection--elle m'app>aissait telle alors--et la puret de ce m>bre immacul qui se dc\pait contre le ciel6 ,en ce monde t\j\rs *angeant1 p\vait-on dem&] davantage en fait de bi5 app>emm5t immuable8 ,j'essaie autant que possible de ne pas influ5c] mon lecteur et de le laiss] juge des vnem5ts que je m'ef=ce de racont] simplem5t2 mais ici1 l'on me p>donn]a de s\lign] t\t l'avantage que n\s tirions de nos habitudes de sauvag]ie p5dant ce premi] voyage sur le cont95t1 o notre solitude se tr\vait augm5te encore p> notre ignorance des langues trangres1 et aussi p> notre am\r du con=t4 ,c'e/ une s5sation p>ticulirem5t dlicieuse1 inconnue au t\ri/e mod]ne plus ou mo9s frott d'allem& et de franais1 de p>c\rir les rues d'une ville sans compr5dre un mot de ce qui s'y dit2 l'oreille cons]ve1 vis--vis de t\tes les voix1 une imp>tialit absolue1 le s5s des mots ne gne pas p\r reconnatre si l'organe e/ dur1 s\ple ou suave2 t&is que l'attitude1 le ge/e1 l'expression du visage pr5n5t la valeur qu'ils ont dans la pantomime2 le mo9dre petit incid5t se trans=me p\r v\s en opra mlodieux ou bi5 en pittoresque de m>ionnettes langage in>ticul4 ,songez aussi t\t ce que ce calme a de prcieux4 ,la plup>t des jeunes g5s notre poque et mme des g5s plus gs1 s'ils ont g>d quelque curiosit1 sont plutt1 en voyage1 en qute d'av5tures que d'in=mations4 ,les *oses ne les intress5t que dans leurs rapports avec leur moi4 ,en fait1 ils ne p5s5t qu' eux1 plus attirs p> les g5s de belle humeur que p> les mlancoliques1 et trs occups de trs petites *oses4 ,non que je prt5de que notre isolem5t et ri5 de mritoire1 ni que je s\ti5ne qu'il vaille mieux ne pas savoir d'autre langue que la si5ne1 mais l'ignorance qui e/ humble a ces avantages4 ,n\s ne voyagions pas p\r c\rir les av5tures1 p\r faire de n\velles connaissances1 mais p\r voir avec nos yeux et s5tir avec nos curs4 ,la sympa?ie fait dc\vrir dans l'humanit des pr(ondeurs o il y a plus de vrit que dans les =mules et les mots2 et mme dans mon propre pays1 j'ai con/at que les *oses qui m'ont caus le mo9s de dceptions sont encore celles que j'ai apprises en qualit de spectateur4 ,note #bg3 ,suisse de c>actre et de con/ruction3 les frontires politiques sont peu de *oses4 ,,*apitre ,,vii ,,papa ,,et ,,maman ,les tudes1 dont j'ai p>l plus haut1 auxquelles je me livrai p5dant cette anne #ahcd1 encore s\s l'impression des motions du voyage1 m'entranai5t dans quatre directions diffr5tes2 il et fallu1 alors1 bi5 peu de *ose1 le plus petit enc\ragem5t1 p\r fix] mon *oix et m'engag] dans l'une ou dans l'autre4 ,c'tait d'abord l'ef=t fait p\r exprim] en v]s des s5tim5ts vritablem5t s9cres en dpit de ce que leur expression accusait de vanit sup]ficielle1 et d'une =me bi5 cad5ce quoique =t pauvre en ides4 ,il m'aurait t impossible d'expliqu] le plaisir que je tr\vais contempl] la m] ou err] dans les l&es1 mais j'pr\vais une d\ceur inf9ie modul] une pla9te qui rappelait le murmure des vagues ou jet] un cri comme celui du vanneau4 ,en second lieu1 j'avais une vraie passion p\r la gravure et p\r les effets de surface et d'ombre auxquels elle se prte4 ,je n'ai jamais vu de dess9s d'adolesc5t d'une facture aussi consci5cieuse et d'une telle dlicatesse de ligne2 il y avait c]ta9em5t en moi l't(fe d'un bon graveur4 ,mais le de/9 en ayant dcid autrem5t1 je dplore la p]te que ce fut p\r l'art de la gravure1 mo9s t\tefois que celle1 dj calcule ou plutt incalculable1 qu'avait faite en moi la gologie6 ,v5ait en troisime lieu l'in/9ct passionn de l'ar*itecture1 bi5 que j'eusse t incapable de ri5 btir ou de ri5 sculpt]1 n'ayant aucun don d'inv5tion2 et je crois bi5 avoir fait dans cette bran*e t\t ce que j'tais capable de faire4 ,enf91 quatrimem5t1 il y avait l'in/9ct gologique t\j\rs vivace1 t\j\rs r5aissant1 associ dsormais aux ,alpes4 ,p\r mes qu9ze ans1 je dem&ai que l'on me ft cadeau de l'ouvrage de ,saussure1 ,voyages dans les ,alpes1 et je me mis m?odiquem5t la rdaction de mon dictionnaire m9ralogique l'aide des trois volumes de ,jameson 7un livre prcieux71 en comp>ant ses descriptions aux spcim5s du ,briti% ,museum2 j'crivais les mi5nes1 inf9im5t plus loqu5tes et plus compltes1 en c>actres /nographiques extrmem5t +nieux et symboliques1 qui me dem&ai5t beauc\p plus de temps que l'criture ord9aire1 et dont il me fut impossible1 plus t>d1 de relire un seul mot4 ,voil les quatre po9ts /ratgiques qu'il et t facile de =tifi]1 les dispositions qui ne dem&ai5t qu' tre cultives2 et c'e/ le temps d'expliqu]1 autant que je le p\rrai1 avec les donnes que je possde1 le c>actre assez p>ticuli] et le gnie de mes pre et mre dont l'influ5ce sur moi1 dans ma jeunesse et p5dant la plus gr&e p>tie de ma vie1 a t plus considrable que t\tes les circon/ances extrieures1 t\tes les amitis1 t\tes les directions1 l',univ]sit ou dans le monde4 ,une des *oses qui ont pes d'un poids imm5se et influ1 non seulem5t sur ma m?ode de travail1 mais p5se1 c'e/ que t&is que mon pre1 comme je l'ai dj dit1 me donnait le meilleur exemple de lecture potique--je dis bi5 lecture1 et non dclamation1 *ose qu'il mprisait et qui me dplaisait =t--ma mre v\lait m'enseign] 7elle avait t\t ce qu'il fallait p\r cela7 une ju/esse absolue de diction et la plus gr&e prcision d'acc5t en prose2 elle m'a appris1 ds que j'ai su p>l]1 ce dont j'ai essay plus t>d de conva9cre mes lecteurs3 que la ju/esse de la diction implique la ju/esse de la s5sation1 et la prcision de l'acc5t1 la prcision du s5tim5t4 ,bi5 que ma mre et t leve en prov9ce *ez ,mrs ,rice1 elle l'avait t dans les pr9cipes les plus svres de vrit1 de *>it1 d'conomie dome/ique2 dans le respect scrupuleux de la langue anglaise qui1 dans le milieu o elle vivait1 tait lo9 d'avoir cons]v la puret des eaux limpides de la ,w&el4 ,j'ai dj dit qu'elle tait la fille de la propritaire1 re/e veuve t\te jeune1 de l'aub]ge de la ,tte du ,roi1 qui1 au mo9s1 exi/ait encore il y a un an ou deux4 ,l'un des cts de la maison donnait sur la place du ,m>* de ,croydon et la porte d'entre ouvrait sur une ruelle en p5te1 impraticable aux voitures1 et qui relie la rue ,haute la ,ville basse4 leve en ple9e agora de ,croydon1 ent5dant p>l] son dialecte1 ma mre1 telle que je la vois auj\rd'hui1 devait tre1 dans sa jeunesse1 une jeune fille extrmem5t intellig5te1 trs pratique et navem5t ambitieuse2 elle fut t\j\rs sans ef=t la tte de sa classe et pr(ita en consci5ce de t\s les avantages que l'in/itution prov9ciale et sa mode/e matresse p\vai5t lui (frir4 ,je ne l'ai jamais1 aucune poque de sa vie1 ent5due se pla9dre1 t\t au contraire1 de l'ducation qu'elle avait reue4 ,j'ignore p\r quelles raisons ma mre alla vivre dimb\rg avec mon gr&-pre et ma gr&'mre4 ,ils migrr5t bi5tt aprs dans la maison de ,b[]'s ,well1 sur le v]sant de la coll9e de ,k9n\ll1 au-dessus de ,p]?4 ,j'ai t d'une indiffr5ce /upide l'g>d de l'hi/oire de ma famille tant qu'il m'et t facile de la connatre2 et ce n'e/ gure que depuis la mort de ma mre que j'ai eu envie de savoir ce qu'elle seule aurait pu me dire6 ,ce *angem5t de vie entrana c]ta9em5t un *angem5t de milieu2 en cosse1 ma mre se tr\vait dans une sphre suprieure1 un monde de g5tlem5 et de ladies quelquefois un peu exc5triques1 le plus s\v5t pauvres1 mais enf91 de g5tlem5 et de ladies4 ,elle a d se dvelopp]1 dev5ir une gr&e belle jeune fille au visage la fois d\x et n]gique1 une matresse de maison accomplie1 d'une t5ue irrpro*able1 et rs]ve jusqu' la prud]ie1 mais une prud]ie naturelle1 si l'on peut dire1 inviolable et jamais agressive4 ,je n'ai jamais ent5du un mot rvlant un s5tim5t un peu vif1 ft-ce de simple admiration1 ayant tr\bl la srnit de son rgne en cosse4 ,p\rtant1 j'ai rem>qu qu'elle ne prononait pas sans un tant soit peu d'emb>ras devant mon pre1 et non sans plaisir devant les autres1 le nom du ,dr ,?omas ,br[n4 ,que le ,dr ,br[n1 pr(esseur de philosophie morale1 hte assidu de ma gr&'mre1 aimt caus] avec ,miss ,m>g>et1 cela suffit pr\v] quelle place elle t5ait dans le monde d'dimb\rg2 mais elle ne ngligeait pas p\r cela les devoirs de sa *>ge1 qu'elle ne remplissait que trop scrupuleusem5t4 ,un j\r qu'habille p\r le dn] elle avait c\ru la cuis9e jet] un d]ni] c\p d'il1 la vieille ,mause1 qui t5ait une pole la ma91 avait1 p> inadv]tance1 ait une grosse ta*e sur la jolie robe blan*e de sa jeune matresse2 et comme il p>at que celle-ci la rprim&a avec trop peu de rsignation aux voies de la ,provid5ce en cette matire1 ,mause s'tait crie en branlant la tte3 ,ah6 ,miss ,m>g>et1 v\s tes comme ,m>!1 v\s v\s empressez et v\s v\s d\blez dans le so9 de beauc\p de *oses#bh4 l'poque o ma mre1 dans la fleur de sa vie1 v+t ans1 tait une sorte de ,desdmone1 occupe la plus haute philosophie morale t\t en ne ngligeant pas les affaires du mnage1 mon pre tait un adolesc5t de seize ans aux yeux noirs1 actif1 spirituel et vibrant4 ,m>g>et tait p\r lui une sorte d'in/itutrice1 et une confid5te rvre et admire sans mesure1 aime avec srnit1 laquelle il pr\vait le beso9 de dire ses secrets1 de cont] ses gr&es mais trs fugitives passions1 et laquelle il dem&ait conseil1 en t\tes circon/ances4 ,mon pre avait dcid1 ds cette poque1 d'entr] dans comm]ce1 sans p\rtant ab&onn] ses tudes4 ,il avait appris le lat91 qu'il savait bi51 s\s la noble direction d',adam l'cole suprieure d'dimb\rg2 en mme temps1 s\s l'influ5ce alors vivante et prpondrante de ,sir ,walt] ,scott1 t\s les co9s de sa ville natale s'idalisai5t1 s'imprgnai5t de pure posie des s\v5irs hi/oriques les plus nobles qui ai5t jamais sanctifi et hant les rues d'une brillante capitale4 ,je n'ai ni le temps1 ni le dsir d'allong] encore mon rcit en mettant s\s les yeux du lecteur des lettres1 manie dte/able de nos biographes mod]nes qui se plais5t confondre la conv]sation p> lettre avec le fait vivant4 ,cep5dant1 il faut lire cette lettre du ,dr ,?omas ,br[n mon pre1 crite en une heure dcisive1 et qui tmoigne de la situation qu'il occupait dj p>mi la jeunesse d'dimb\rg4 ,elle s\ligne de faon bi5 saisissante c]ta9s cts de son c>actre qui ont eu p> la suite une gr&e importance p\r lui et p\r moi3 #h1 ,n4 ,/4 ,david's ,/reet1 ,ed9burgh1 #ah fvri] #ahjg4 ,*] ,monsieur1 la date inscrite en tte de la lettre que v\s m'avez fait l'honneur de m'crire p\r me dem&] conseil au sujet de vos tudes littraires1--conseils dont un pr(ici5t comme v\s n'a gure beso9--me remplit de confusion4 ,il m'a t vraim5t impossible d'y rpondre plus tt et je v\s supplie de croire que ce ret>d ne vi5t pas d'un manque d'intrt p\r vos progrs intellectuels4 ,v\s n'tiez encore qu'un enfant que je me flicitais dj de votre jeune ardeur1 de vos progrs et1 autant p\r v\s que p\r votre excell5te mre1 je m'intressais v\s1 p]suad d'ailleurs que1 quelle que ft la pr(ession que v\s adopt]iez1 v\s v\s y di/+u]iez4 ,v\s semblez regrett]1 et je crois que v\s avez tort1 le temps que v\s avez consacr aux lettres4 ,je ne le regrette pas4 ,v\s avez s5ti1 j'en suis sr1 combi5 de telles tudes aj\t5t au raff9em5t des manires et du cur2 c'e/ l1 p\r l'homme qui ne ti5t pas tre1 avant t\t1 un homme de sci5ce1 un des pr9cipaux bi5faits de la littrature4 ,n'oubliez pas qu'il e/ trs diffr5t de travaill] pr(essionnellem5t ou simplem5t p\r orn] son esprit4 ,dans le monde o v\s tes de/9 vivre1 v\s ent5drez nomm] c9quante criva9s p\r un savant4 ,ces tudes ont encore le gr& avantage1 mo9s vraim5t qu'il n'y ait abus1 de ne v\s faire jamais tax] de pdant]ie2 et je ne saurais en dire autant des autres bran*es de la sci5ce4 ,et1 sans d\te1 il y a quelque dang] lire posie et romans avec gl\tonn]ie1 y consacr] les heures qui devrai5t tre rs]ves aux affaires1 mais je sais que v\s n'tes pas homme p]dre a9si votre temps4 ,il exi/e p\rtant une sci5ce1 la prfr et la plus gr&e de t\tes p\r les hommes en gnral1 et les hommes d'affaires en p>ticuli]3 c'e/ l'conomie politique4 ,v\s devriez v\s t\rn] ce ct4 ,c'e/ la sci5ce de votre pr(ession1 sci5ce qui contre-balance les----7mot oblitr p> le ca*et7 et les habitudes mesqu9es que cette pr(ession dveloppe quelquefois2 sci5ce laquelle il faut t\j\rs faire appel lorsqu'il s'agit d'affaires1 ou comm]ciales1 ou f9ancires4 ,un comm]ant qui connat bi5 l'conomie politique s]a en tat de donn] des impulsions n\velles1 de dirig] ses confrres2 sans connaissances en conomie politique1 il ne s]a jamais qu'un vulgaire m>*&4 ,ne p]dez donc pas un j\r p\r v\s y mettre1 procurez-v\s un exemplaire la ,ri*esse des ,nations1 d',adam ,smi?1 lisez et relisez cet ouvrage avec att5tion2 je suis sr que v\s y tr\v]ez le plus gr& plaisir4 ,en v\s donnant ce conseil1 je v\s traite en m>*&2 puisque telle doit tre votre pr(ession dans la vie1 l'important1 tant donn qu'il s'agit d'un n\veau pr(it tir]1 c'e/ de voir s'il doit contribu] faire de v\s un m>*& di/+u et honorable1 p]sonnage considrable dans un pays comme le ntre4 votre po9t de vue1 dans le monde que v\s tes de/9 frqu5t]1 les sci5ces physiques ne peuv5t avoir1 p\r v\s1 qu'un intrt trs secondaire4 ,en dehors de la *imie1 elles dem&5t t\tes une prp>ation ma?matique plus complte que celle que v\s avez2 et encore la *imie exige-t-elle des travaux de laboratoire1 une srie d'tudes pratiques et m?odiques4 ,cep5dant1 si v\s aviez occasion1 ,londres1 de suivre quelques c\rs de *imie1 ce s]ait excell5t2 en ce cas1 je v\s conseill]ais de v\s procur] soit l'ouvrage du ,dr ,?omson1 soit celui de ,mr ,murray1 cela v\s prp>]ait l'enseignem5t du pr(esseur4 ,mme de la physique il e/ bon d'avoir un ap]u gnral1 quelque sup]ficiel qu'il soit1 et bi5 que1 sans les ma?matiques1 v\s ne puissiez all] bi5 lo91 je v\s engage en acqurir quelques notions4 ,lisez l'conomie de nature1 de ,gregory2 ce n'e/ pas un trs bon livre1 il n'e/ pas sans erreurs1 mais c'e/ encore le meilleur ouvrage de vulg>isation que n\s possdions et il e/ suffisamm5t exact p\r ce que v\s v\lez en faire4 ,s\v5ez-v\s1 t\tefois1 que s'il v\s e/ p]mis de n'tre qu'un philosophe de la nature sup]ficiel1 il ne v\s e/ pas p]mis de n'avoir pas de connaissances srieuses en conomie politique4 ,autre *ose encore4 ,je v\s supplie de ne pas nglig] l'tude des langues4 ,p\r les langues mod]nes1 il n'y a pas gr& dang]1 v\s s]ez =c de les entret5ir1 ne fut-ce qu' cause de vos affaires2 mais les affaires comm]ciales ne se trait5t pas en lat9 et v\s p\rriez l'oubli]4 ,sans p>l] de la p]te irrp>able qu'il y aurait p\r v\s ne pas j\ir des admirables criva9s qui ont crit dans cette belle langue1 le lat9 e/ le complm5t ncessaire de la culture d'un g5tleman et il a1 en lui-mme1 une valeur intellectuelle trop haute p\r qu'on y r5once de gaiet de cur4 ,adieu1 mon *] ,monsieur4 ,recevez les complim5ts de t\s les mi5s et croyez mon dsir de v\s tre utile4 ,votre ami s9cre1 ,t4 ,br[n4 ,on peut aism5t s'expliqu] que le jeune homme auquel un homme dans la position de ,br[n adressait une p>eille lettre inspirt sa jeune c\s9e de ,croydon plus de respect que n'en accorde gnralem5t un coli] une jeune fille de quelques annes plus ge que lui4 ,ces relations de c\s9age et d'amiti se p\rsuivront a9si sans que surgt1 ni d'un ct ni de l'autre1 la p5se de li5s plus intimes1 jusqu'au j\r o mon pre1 alors g de v+t-deux ou v+t-trois ans1 aprs div]s noviciats ,londres1 songea s'y fix] et comm5c] les affaires son compte4 ,il s'tait dit1 ma9tes fois1 que ,m>g>et1 c> il n'en faisait nullem5t l'hrone d'un roman s5tim5tal1 s]ait p\r lui la meilleure des femmes1 et trs tranquillem5t1 mais trs rsolum5t aussi1 il lui dem&a si elle p5sait qu'ils p\rrai5t tre heureux ensemble1 et si elle cons5tait att5dre qu'il ft en situation de l'p\s]4 ,la jeune in/itutrice d'antan ne dissimula pas la joie qu'elle ress5tait2 elle ne dit pas1 comme l',agns ,wickfield1 de ,copp]field1 qu'elle l'avait aim t\te sa vie1 mais conv9t qu'il tait trs d\x qu'il lui ft p]mis de l'aim] auj\rd'hui4 ,le s5tim5t que "l ,colambre pr\ve p\r ,grace ,nug5t dans l',abs5t1 de ,miss ,edgewor?1 ressemble beauc\p celui qu'pr\vait mon pre p\r ma mre1 avec cette diffr5ce que "l ,colambre tait un amant plus passionn4 ,mon pre a mis dans le *oix de sa femme la mme espce de dcision1 de srnit calme que je l'ai vu mettre1 plus t>d1 dans le *oix de ses employs4 ,ce fut alors p\r les deux jeunes g5s une priode de bonheur trs d\x2 ma mre tait1 sans contr$it1 la plus prise des deux3 ,john s'appuyait sur elle avec confiance1 il comptait sur sa t5dresse et sa raison4 ,mais ni l'un ni l'autre ne p]mir5t jamais leurs s5tim5ts de dgnr] en passion *agr9e ou impati5te4 ,l'am\r1 *ez ma mre1 se manife/ait surt\t p> ses ef=ts p]svrants p\r cultiv] son esprit1 =m] ses manires1 se r5dre digne d'tre la compagne d'un homme qu'elle jugeait trs suprieur elle2 *ez mon pre1 p> l'ardeur qu'il mettait au travail1 c> son m>iage dp5dait du succs de son entreprise2 il fut un fianc exemplaire1 il p>gna t\j\rs ma mre t\te anxit inutile et ne lui donna jamais le plus lg] motif de dplaisir4 ,les fianailles se prolongr5t a9si p5dant neuf annes2 au b\t de ce temps1 les dettes pat]nelles tant payes et mon pre se tr\vant la tte d'une maison de comm]ce qui prosprait1 les fiancs1 qui n'tai5t plus alors de trs jeunes fiancs1 se m>ir5t ,p]? un soir1 aprs s\p]1 sans que mme les s]vantes de la maison se d\tass5t de ri54 ,elles dev9r5t ce qui s'tait pass en voyant1 le l5dema91 ,john et ,m>g>et p>tir ensemble en voiture p\r dimb\rg4 ,lorsque je jette un c\p d'il en arrire1 ri5 ne m'tonne plus que mon manque de curiosit l'g>d de t\t ce pass4 ,comm5t1 lorsque ma mre rev5ait avec complaisance sur les circon/ances de ce m>iage si soigneusem5t t5u secret1 n'ai-je jamais dem&3 ,p\rquoi tant de my/re1 mre1 p\r un m>iage att5du depuis si longtemps et que t\s vos amis1 des deux cts1 dsirai5t8 ,je n'avais1 jusqu'ici1 song ri5 crire sur moi ou les mi5s en dehors de quelques faits et dates consigns au j\r le j\r4 ,j'ai a9si trs lgrem5t1 je dirais auj\rd'hui trs irrespectueusem5t1 nglig les ditions de ma famille4 quoi bon8 me disais-je1 t\s sommes ce que n\s sommes1 et n\s s]ons ce n\s n\s s]ons faits4 ,de mme1 jusqu'en ces d]ni]s temps1 j'avais t\j\rs considr que mes p>5ts1 t\*ant leur bonheur et leur m>iage1 avai5t agi =t sagem5t et devai5t tre imits4 ,cep5dant1 je ne v\drais pas que le lecteur s'imag9t que ce que j'ai pu crire1 ici ou l1 sur les avantages des longues fianailles1 se rapportait celles1 p>ticulires1 de mes pre et mre4 ,il m'e/ difficile de jug] du degr d'hrosme et de pati5ce que cette att5te exigeait des deux cts2 je sais seulem5t que1 p\r ce qui e/ de moi1 j'en eusse t incapable et je crois bi5 que ce n'tait pas trs raisonnable4 ,c>1 p5dant ces longues annes d'att5te1 la sant de mon pre s'altra2 puis1 ayant comm5c la vie si t>d1 ils dur5t la quitt] t\s deux1 ab&onnant leur enfant au mom5t o il comm5ait ju/ifi] les esprances que dans leur t5dresse ils avai5t conues p\r lui4 ,si je me suis laiss all] cont] ici le roman de mon pre et de ma mre et le peu que je sais des preuves et des v]tus de leur jeune temps1 sans me s\ci] des dates1 c'e/ que j'imag9e que mon rcit n'en s]a que plus complet si j'cris mesure que les s\v5irs me revi5n5t et sans m'a/re9dre l'ordre *ronologique des faits4 ,j'y suis v5u en *]*ant m'expliqu] comm5t ma mre avait acquis cet art consomm de lecture4 ,c'e/ que1 p5dant ces longues fianailles1 elle ne s'tait jamais lasse de travaill] p]fectionn] son ducation premire3 ef=ts seconds et infailliblem5t dirigs p> une puret de cur et de conduite naturelle--ou1 p> son int5sit1 je p\rrai bi5 dire surnaturelle--qui la portait t\j\rs faire ses dlices du langage ju/e et clair dans lequel seul se traduis5t les belles *oses4 ,la foi absolue de ma mre dans la vrit littrale de la ,bible m'a mis1 ds que j'ai t capable de rfl*ir1 en prs5ce du monde invisible1 et a ex]c mes facults d'analyse sur les que/ions de consci5ce1 de libre arbitre et de responsabilit que l'on tran*e d'ord9aire sans hsit] dans l'innoc5ce de la jeunesse et que1 plus t>d1 l'homme hbt p> les ides reues1 s\ill p> les p*s du monde extrieur1 n'aborde que l'esprit prv5u4 ,la mlancolie mme du diman*e1 ses prohibitions1 les doctr9es du ,pilgrim's ,progress1 de la ,holy ,w> et des ,embruns1 qui pesai5t si l\rdem5t sur cette septime p>tie de mon temps1 me fur5t bi5faisantes1 c> c'tait vraim5t la seule contra9te1 la seule =me de vexation que j'eusse support]2 bi5 lgres preuves1 comp5ses p> la gaiet1 le calme d'un intrieur o la vie commune tait d\ce1 o t\t se passait en joie et en paix4 ,la sant de mon pre1 altre p> tant de dures annes de travail solitaire1 rclamait imprieusem5t le calme4 ,timide l'excs dans le monde1 et cela d'autant qu'il se s5tait plus de moy5s1 plus d'ides et qu'il avait trs nettem5t le s5tim5t de ne p\voir les exprim]1 il tait1 au contraire1 plutt autoritaire et en t\t cas trs son aise en affaires4 ,il allait son bureau t\s les mat9s1 rs]vant l'aprs-midi au repos et la famille4 ,sa f9esse1 sa dcision1 des pr9cipes inflexibles qui entranai5t une manire de t\t trait] en ple9 j\r lui enlevai5t t\te inquitude1 de sorte que son travail tait plutt un amusem5t qu'un s\ci4 ,ses capitaux tai5t placs la ,banque ou aux entrepts de ,sa9te-,ca!r9e s\s la =me de fts remplis du meilleur xrs et assurs aux compagnies les plus solides4 ,son associ1 ,mr ,domecq1 un fi] ,espagnol1 d'une honorabilit scrupuleuse1 avait en lui la confiance la plus absolue se con=mait exactem5t t\tes ses indications en ce qui t\*ait le m>* de ,londres4 ,les lettres p\r l',espagne indiquai5t donc brivem5t que le public1 cette anne1 dem&ait du v9 vieux ou jeune1 blond ou *aud2 les lettres aux cli5ts n'tai5t pas mo9s brves3 on leur disait1 sans phrases1 que s'ils tr\vai5t r$ire au v9 qu'on leur f\rnissait1 c'e/ qu'ils n'y ent5dai5t ri51 et que s'ils rclamai5t une prolongation de crdit il tait impossible de la leur accord]4 ,ce laconisme un peu rb>batif tait comp5s p> les so9s que mon pre mettait excut] les ordres de ses correspondants et p> la dfr5ce qu'il leur tmoignait en allant1 lui-mme1 pr5dre leurs comm&es4 ,dans les visites aux cli5ts1 il dployait inf9im5t de savoir-faire1 de tact1 de c\rtoisie et aussi beauc\p de pati5ce2 et la confiance qu'il inspirait aux m>*&s au dtail de prov9ce tait d'autant plus gr&e qu'ils le voyai5t plus ju/e1 plus s9cre dans son apprciation du v9 des maisons rivales de la si5ne2 en mme temps la f9esse de son palais lui p]mettait de triomph] de t\tes les preuves auxquelles le cli5t le plus s\ponneux p\vait le s\mettre4 ,il arrivait aussi1 lorsque de gros cli5ts v5ai5t en ville1 que mon pre ft trve nos habitudes de sauvag]ie et les prit de v5ir dn] ,h]ne ,hill4 ,t\t gam91 je dte/ais dj ces agapes comm]ciales et je m'tais fait--en notant avec so9 les conv]sations lorsque1 p> has>d1 elles ne r\lai5t pas sur le v9--une assez pauvre op9ion de la m5talit comm]ciale comme telle1 op9ion que je n'ai jamais eu aucune raison de modifi] depuis4 ,quant nos vois9s de ,h]ne ,hill1 n\s ne les voyions pas1 une exception prs1 dont j'aurai p>l] p> la suite4 ,ils app>t5ai5t p\r la plup>t au haut comm]ce de ,londres1 et avai5t peu de sympa?ie p\r les faons de vivre surannes de ma mre et encore mo9s p\r les s5tim5ts romantiques de mon pre4 ,autre raison1 sans d\te1 p\r que n\s n\s refusons fray] avec nos vois9s1 c'e/ que p\r la plup>t ils tai5t beauc\p plus =tuns que n\s et ports faire talage de leur ri*esse4 ,mes p>5ts1 au contraire1 vivai5t simplem5t1 n'avai5t pas de dome/iques mles#bi1 s'clairai5t avec des *&elles dans des b\geoirs en plaqu1 et n'avai5t ni j>d9i]1 ni *evaux1 ni voiture4 ,nos vois9s1 t\t b\tiqui]s ils tai5t1 avai5t p> contre une nombreuse suite de laquais1 de la vaisselle plate1 des j>d9s admirables1 des s]res et des c>rosses conduits p> des co*]s en p]ruque p\dre4 ,quelques-uns de mes lecteurs se dem&]ont peut-tre si cette froideur dans nos relations tait uniquem5t de notre fait4 ,ce qui e/ c]ta91 c'e/ que mon pre avait trop d'orgueil p\r accept] des invitations qu'il n'aurait pu r5dre1 et que ma mre ne se s\ciait pas d'all] pi$ pos] des c>tes *ez de belles dames qui v5ai5t en cal*e sa porte4 ,protge p> ces au/rits monacales et cette fi]t ari/ocratique contre les piges et les di/ractions du monde extrieur1 ma vie d'enfant tait aussi rgle que celle du petit oiseau qui sort du nid l'e/ p> le lev] et le c\*] du soleil4 ,peut-tre mes lecteurs s'tonn]ont-ils que ce soi5t ces annes de calme monotone et de solitude qui m'ai5t laiss les meilleurs s\v5irs6 ,l'arrive de ma c\s9e ,m>y1 son in/allation la maison concida avec l'entre en scne des pr(esseurs dont j'ai dj p>l2 et ces *angem5ts dans l'emploi de mes j\rnes1 s'ils en augm5tai5t l'intrt1 en tr\blai5t aussi la quitude4 ,les succs au collge ou l'univ]sit1 que mes matres faisai5t brill] mes yeux1 me semblai5t d'assez tri/es mobiles1 un peu bas mme1 comp>s aux repro*es ple9s de tri/esse de ma mre1 ou un simple complim5t tomb de ses lvres2 quant ,m>y1 quoique d'une nature modrm5t enj\e et d'un c>actre facile et aimable1 son deuil d'orphel9e ne p\vait que jet] une c]ta9e tri/esse dans notre intrieur1 en tr\bl] l'h>monie1 ne ft-ce que p> la diffr5ce t\te naturelle que l'on s5tait dans la t5dresse que ma mre portait son fils et celle qu'elle portait sa nice4 ,bi5 que je me sois t5du p> reconnaissance sur les joies et les avantages de notre vie solitaire1 je prie mes lecteurs de ne pas croire que je prconise p\r t\s les enfants semblable ducation familiale aux portes de ,londres4 ,mais un autre bi5fait que j'en ai tir et dont je n'ai pas encore p>l1 c'e/ la p]ception subtile1 le s5tim5t int5se de la beaut de l'ar*itecture et du paysage du cont95t1 que je dois c]ta9em5t cette habitude de tr\v] le bonheur entre les quatre murs de briques de notre petit j>d92 de subir avec rsignation ce qu'un faub\rg et plus encore une *apelle non-con=mi/e de ,londres p\vait avoir d'e/htique4 ,celle du ,dr ,&rews tait d'un type aussi c>actris dans son g5re qu'une basilique roma9e dans le si5--longue grange de =me rectangulaire au plafond plat1 avec des f5tres c9tres en briques et des petits c>reaux en*sss dans du plomb1 qui rappelai5t vaguem5t1 comme dess91 une toile d'araigne2 de *aque ct1 une gal]ie s\t5ue p> de grles pili]s de f]2 des bancs1 sp>s les uns des autres p> des cloisons de bois blanc bi5 f]mes p> des portes du mme bois1 loquets de cuivre4 ,les bancs occupai5t t\te la longueur de la grange1 l'exception de deux passages latraux o c\rait un tapis de paille fesse2 au milieu1 la *aire se dressait dans un sublime isolem5t1 presque au c5tre1 un peu en avant de la balu/rade de l'autel1 l\rde bote lambrisse1 porte trs haut sur quatre pi$s et orne d'un pais c\ss9 de vel\rs cramoisi1 g>ni aux co9s de gl&s d'or1 ce qui tait une s\rce de gr&e di/raction p\r moi3 qu& le s]mon m'ennuyait p> trop1 je m'amusais suivre le jeu des lumires1 les reflets et les ombres p>mi les plis *atoyants du vel\rs1 lorsque le pa/eur1 dans l'ardeur de son argum5tation1 l'enfonait c\ps de po+4 ,imag9ez le *angem5t de dcor1 d'un diman*e l'autre1 entre le s]vice du mat9 dans cette btisse vulgaire1 au milieu des petits b\tiqui]s de ,walwor? endiman*s3 la femme de notre plombi]1 la bonne grosse ,mrs ,goad1 qui occupait le banc devant n\s et qui pr5ait des airs svres qu& n\s arrivions et que le s]vice tait comm5c2 imag9ez le *angem5t entre cela et la gr&'messe dans la ca?drale de ,r\51 avec sa nef ple9e de paysannes portant t\s les types de coiffes blan*es d'une bonne moiti de la ,norm&ie4 ,le contra/e n'tait pas mo9s m]veilleux1 mo9s en*anteur1 entre l'ar*itecture b\rgeoise qui m'tait familire et celle de ,fl&re ou d',italie4 ,la maison de comm]ce de mon pre1 situe au c5tre de ,billit] ,/reet1 qui a t dmolie il y a quelques annes1 raye du plan cada/ral aussi bi5 que de la mmoire des hommes1 tait un *antillon p>fait de ce qu'il y avait de bi5sant dans une cit anglaise4 ,auj\rd'hui les faades de nos maisons sont de vritables rclames1 n\s dp5sons des c5ta9es de mille francs p\r arbor] un masque et dissimul] nos banqu]\tes4 ,mais1 au temps de mon pre1 on faisait les affaires et on btissait encore honntem5t4 ,son (fice se composait d'une pice de c9q mtres sur six1 orne des tables-bureaux de ses deux employs et d'une petite armoire o l'on enf]mait les *antillons de xrs2 en face1 une autre pice plus gr&e1 o l'on recevait les cli5ts de di/9ction et o mon pre p\vait se faire s]vir une ctelette s'il tait ret5u en ville4 ,le rez-de-*ausse de la maison tait occup p> ,,mm4 ,w>dell et ,cie4 d'aimables g5s qui faisai5t aussi1 si je m'en s\vi5s bi51 le comm]ce des v9s1 mais au dtail4 ,pas d'autre avis qu'une plaque de cuivre discrte s\s la sonnette3 ,rusk91 ,tel=d ,domecq1 o les noms des trois associs brillai5t1 dm5t a/iqus p> la seule s]vante de la maison1 la vieille ,maisie--dim9utif affectueux1 je crois1 de ,m>ion 7en anglais ,m>ianne7 comme ,mause de ,m>y--,le so9 de t\te la maison1 une maison trois tages avec des gr5i]s1 lui incombait2 peut-tre se faisait-elle aid] p> une femme de j\rne p\r les gros ouvrages1 mais en t\t cas elle faisait la cuis9e1 ouvrait la porte et introduisait les visiteurs de di/9ction1 les dits visiteurs tant t5us1 bi5 ent5du1 de s'annonc] avec plus ou mo9s de fracas1 selon leur rang dans le monde4 ,les employs de la maison et leurs p>eils tirai5t la sonnette 7aut\r de laquelle l'a/iquage j\rnali] avait fait une belle c\pe transv]sale trav]s les nombreuses c\*es annuelles de pe9ture1 me rappelant a9si les /ries de l'agate71 et le pr9cipal commis1 sans se drang]1 au moy5 d'un mcanisme +nieux s\levait le loquet4 ,ce mode/e tablissem5t tait situ1 comme je l'ai dans ,billit] ,/reet1 une rue troite qui n'avait pas six mtres de l>ge et o deux haquets de brasseur1 rasant la muraille1 avai5t pe9e pass]4 ,je me dem&e mme si ce miracle p\vait s'accomplir t\t du long2 cette rue tait plutt une sorte de tran*e entre des maisons trois tages1 en briques savamm5t ignes et jo9toyes1 et qui n'(frait au passant d'autre av]tissem5t que l'excell5t briquetage des murs et des l9teaux des f5tres4 ,type reprs5tatif1 je le rpte1 des con/ructions de ce qu>ti] de ,londres1 du ,mansion ,h\se jusqu' la ,t\r o le pittoresque du qu>ti] bas m'tait entirem5t df5du1 dans la cra9te que je ne me pissasse *oir dans les bass9s des ,docks2 mais en y joignant les rues de ,f5*ur* et de ,lead5hall ,/reet1 qui reprs5tai5t p\r moi le gr& g5re du haut comm]ce britannique1 le lecteur peut s'imag9] l'effet que fir5t sur mon imag9ation les fanta/iques pignons de ,g& ou les c\rs intrieures de ,gnes plantes d'orang]s4 ,je ne m'explique pas p> quel miracle de rsignation1 aprs les motions de nos c\rses l'trang]1 n\s p\vions n\s retr\v] avec une joie tranquille1 mon pre son bureau en face du mur de briques de la brass]ie1 et moi dans ma ni*e1 ct de la *em9e du salon4 ,mais1 p\r l'un comme p\r l'autre1 les occupations rgulires1 la d\ce monotonie1 les rites sacrs du home n\s tai5t plus prcieux encore que t\tes les f]veurs de la dc\v]te1 le ravissem5t en face de c]ta9es scnes d'une incomp>able beaut4 ,de trs bonne heure1 j'ai compris que le plaisir de la n\veaut e/ de peu de dure1 que la beaut1 9puisable en elle-mme1 puise au b\t d'un c]ta9 temps les joies et l'en?\siasme1 et que les philosophes ne n\s ont pas dit assez au contraire que le home1 la maison1 la vie sa9em5t rgle sont t\j\rs ple9s de dlices4 ,ah6 l'motion1 le frisson joyeux qui me faisait battre les tempes1 qui me b\lev]sait le cur lorsque1 aprs une abs5ce1 ft-elle d'un mois ou deux1 j'ap]cevais le sommet de ,h]ne ,hill--et je guettais *aque t\rnant de la r\te1 *aque bran*e des arbres famili]s--motion qui1 p\r tre mo9s accablante1 mo9s pr(onde1 faisait vibr] de faon plus intime les fibres de mon me2 joies que je prfrais aux joies que me donnai5t les pays trang]s1 ou mme les p>ties de mon propre pays n\velles p\r moi4 ,p\r ma mre1 les so9s de sa maison1 ses lectures avec ,m>y et moi1 une petite causette p>-ci p>-l avec ,mrs ,gray1 mais surt\t les prp>atifs p\r le ret\r de mon pre1 et la d\ce p]spective de la soire en famille1 valai5t t\tes les m]veilles du monde1 des ples l'quateur4 ,c'e/ a9si que n\s r5trmes--t\t ple9s d'ides n\velles1 mais t\j\rs fidles aux anci5nes--v]s la f9 de l'anne #ahcc1 p\r gt] en joie le repos du logis4 ,hlas6 un malheur que n\s ne p\vions pas prvoir n\s m5aait4 ,t\s les j\rs1 ,cornhill1 ,*>les se faisait aim] davantage4 ,comm5t un g>on1 qui vivait t\t le long j\r ,londres1 p\vait-il g>d] des j\es si roses1 les *eveux b\cls d'un jeune ,a*ille et t\te la gat de sa mre1 la *re tante de ,croydon3 cela me p>at inconcevable1 mais le fait e/ qu'il comb9ait dans une r>e p]fection l'entra9 de ,j9 ,v9 avec srieux de ,tun/all2 son cur n'tait tr\bl p> les *>mes d'aucune ,m>g>et1 c> son patron1 hlas6 n'avait pas de fille1 mais seulem5t un fils3 si bi5 que lorsque ,*>les scrutait l'av5ir1 comme t\t bon appr5ti doit le faire1 il ne voyait dans la maison d'autre p]spective qu'une place de caissi] ou de premi] commis4 ,son frre an1 celui qui lui avait appris nag] en le jetant la tte la premire dans le canal ,croydon1 russissait dans le comm]ce1 en ,au/ralie et appelait p\r l'associ] ses affaires ce frre qui avait t\j\rs t son prfr4 ,il fut donc dcid que ,*>les p>tirait4 ,les vacances de ce ,nol de #ahcc se tranr5t tri/em5t1 c> j'avais beauc\p de *agr9 du d"p de ,*>les et ,m>y plus encore2 quant mon pre et ma mre1 bi5 qu'en vrit ils n'aimass5t que moi au monde1 la p5se que ,*>les s'en allait au lo9 les attri/ait et ils ne s'y rsignai5t que p>ce que trs s9crem5t1 croyai5t que c'tait p\r son bi54 ,t\te l'affaire d'ailleurs fut dcide1 l'quipem5t de ,*>les a*et1 son passage pay1 les recomm&ations faites au capita9e en mo9s de qu9ze j\rs4 ,lui p>tit p\r ,portsm\? rejo9dre son btim5t1 cur t\t joyeux4 ,une lettre n\s apprit bi5tt qu'il tait l'ancre au l>ge de ,c[es1 mais que navire ne p\vait mettre la voile en raison du v5t d'oue/4 ,et les c\rri]s succdai5t aux c\rri]s1 le v5t ne s'apaisait pas4 ,n\s aimions le v5t d'oue/1 c'e/ un v5t dlicieux1 mais n\s tr\vions qu'il prolongeait tri/em5t les adieux4 ,cep5dant ,*>les crivait qu'il s'amusait beauc\p et n\s savions p> le capita9e qu'il tait dj au mieux avec t\s les matelots du bord sans compt] les passag]s4 ,le v5t s\fflait t\j\rs de l'oue/6 ,combi5 dura cette att5te1 je ne m'en s\vi5s plus2 dix1 qu9ze j\rs peut-tre4 ,enf91 un j\r ma mre et ,m>y tai5t alles en ville avec mon pre p\r faire quelques emplettes ou voir une exposition1 et j'tais re/ la maison1 trs agrablem5t occup je ne sais plus quoi4 ,les ent5dant r5tr]1 je c\rus au-devant d'eux et je comm5ais racont] combi5 je m'tais amus lorsque je les vis1 figs comme des /atues1 mon pre et ma mre l'air trs grave2 ,m>y reg>dait p> la f5tre la plus loigne de la porte4 ,comme je cont9uais mon rcit1 elle se ret\rna s\da91 le visage baign de l>mes1 se baissa v]s moi et j'ent5dis cette phrase c\pe p> un sanglot3 ,*>les e/ p>ti4 ,le v5t d'oue/ avait cont9u de s\ffl] et1 la veille1 il avait s\ffl en tempte3 il s'tait lev une =te brise comme celle qui *asse les nuages et fait cum] les vagues aut\r des rcifs dans le ,gosport de ,turn]4 ,le navire envoyait son canot t]re p\r *]*] de l'eau1 un petit ctre1 je crois1 en t\t cas un bateau voile4 ,la m] tait grosse et les matelots1 avec un ou deux passag]s1 avai5t eu quelque difficult emb>qu]4 ,v\lez-v\s me p]mettre d'y all] aussi8 dem&a ,*>les au capita9e qui surveillait le d"p4--,v\s n'avez pas peur8--,je n'ai jamais eu peur de ri51 fit ,*>les1 et il sauta dans l'emb>cation4 ,le canot n'tait pas c9quante mtres qu'il *avirait4 ,une flottille de petites b>ques l'ent\rait1 comme une nue de m\*]ons en t4 ,elles s'lancr5t =ce de rames4 ,t\t le monde fut sauv1 except ,*>les qui c\la comme une pi]re 7#bb janvi] #ahcd74 ,n\s connmes ces dtails petit petit4 ,au premi] mom5t1 n\s n\s refusions croire notre malheur1 n\s esprions qu'il avait t recueilli p> un bateau et emm5 en ple9e m]4 ,mais1 quelques j\rs plus t>d1 on retr\vait son corps que les vagues avai5t rejet sur la grve de ,c[es4 ,son pauvre pre alla lui r5dre les d]ni]s devoirs4 ,la tri/e crmonie t]m9e1 qu& il eut recueilli t\s les dtails de l'affreuse av5ture1 c> le bateau tait t\j\rs l'ancre1 il v9t ,h]ne ,hill p\r racont] petite tante ce qui s'tait pass4 7,le vieill>d appelait t\j\rs ma mre petite tante1 la petite tante de ,*>les47 ,c'tait le mat91 dans la pice du devant2 ma mre tricotait sa place acc\tume1 prs du feu2 moi1 je dess9ais ou je lisais dans mon co94 ,mon oncle raconta le tragique vnem5t avec ce calme1 ce ton tranquille1 qui e/ c>actri/ique *ez les g5s du peuple en ,anglet]re4 la f9 seulem5t1 qu& il eut t\t dit1 il clata en sanglots4 ,je l'ent5ds encore--j'ent5ds ses d]ni]s mots3 ,ils ont rattrap sa casquette1 sa casquette qui tait sur sa tte1 mais ils n'ont pas pu sauv]4 ,note #bh3 ,s4 ,luc1 ,x1 #da1 ,l4 de ,sacy4 ,note #bi3 ,?omas n\s avait quitt peu aprs l'accid5t qui m'tait surv5u3 il ne p\vait1 je crois1 support] la vue de ma lvre qui avait cons]v la m>que de la morsure du *i54 ,il ne fut pas remplac4 ,,*apitre ,,viii ,,ve/]1 ,,cam5#cj ,aprs la mort de ,*>les1 les portes de mon cur1 qui s'tai5t entr'ouv]tes un in/ant1 se ref]mr5t4 ,la vie monotone1 un peu p]sonnelle1 de ,h]ne ,hill cont9ua sans qu'il se passt cette anne-l ri5 qui mrite d'tre ret5u1 encore mo9s d'tre racont4 ,cep5dant1 mes p>5ts fir5t une n\velle t5tative p\r me donn] un cam>ade1 un bon cam>ade auquel je suis r$evable de beauc\p plus de *oses que je ne le croyais alors4 quelque six ou sept grilles de *ez n\s1 en desc5dant v]s les *amps et la vue 7vue dont le propritaire actuel1 ,mr ,sopp]1 att5dri p> mes lam5tions1 a bi5 v\lu r5dre la j\issance au public1 ce dont je le rem]cie s9crem5t7 la six ou septime grille1 donc1 ouvrait sur une jolie pel\se ombrage d'un cdre4 ,la maison1 trs soigne1 tait occupe p> deux p]sonnes aussi simples que mon pre et ma mre3 ,mr et ,mrs ,fall1 mais plus heureux qu'eux1 en ce s5s qu'ils avai5t non seulem5t un fils mais une fille4 ,ri*>d ,fall tait d'un an plus jeune que moi1 mais il tait dj au ,collge ,%rewsbury et p> consqu5t1 c]ta9s g>ds1 plus dvelopp que moi2 sa sur1 plus jeune1 tait une petite p]fection qui ne quittait gure les jupes de sa mre4 ,aussi simples l'une que l'autre1 mais de pr9cipes svres et t\t fait conva9cues qu'elles possdai5t la vritable religion comme t\tes les connaissances ncessaires3 d'ailleurs1 le modle de t\tes les v]tus et de t\tes les conv5ances ,h]ne ,hill et autres lieux4 ,je frmis encore au s\v5ir du reg>d que me jeta ,mrs ,fall un j\r que j'avais prononc naivette p\r navet4 ,ce doit tre en #ahcb que mon pre1 frapp de la t5ue irrpro*able de cette famille en t\tes circon/ances1 crivit en t]mes c\rtois ,mr ,fall p\r lui dem&]1 lorsque ,ri*>d s]ait la maison1 de p]mettre qu'il vnt j\] ou travaill] avec moi4 ,l'(fre de mon pre fut bi5 accueillie1 les deux g>ons s'y prtant1 et comme je v5ais d'tre jug digne d'avoir une salle d'tude p>ticulire et que ,ri*>d n'avait qu'une *ambre qui n'tait pas t\j\rs l'abri des incursions de sa petite sur1 le plus s\v5t1 qu& ,ri*>d n'tait pas au collge1 il arrivait v]s dix heures et faisait ses devoirs la mme table que moi1 m'aidant qu& je tr\vais les mi5s difficiles4 ,n\s sortions ensuite avec ,da%1 ,gipsy1 ou tel autre *i5 favori du j\r4 ,je n'irai pas jusqu' prt5dre que la neige de ,nol1 en ce temps-l1 ft plus blan*e que celle d'auj\rd'hui1 mais j'ai au mo9s de bonnes raisons de croire qu'elle re/ait plus longtemps blan*e4 ,ce que j'affirme positivem5t1 c'e/ qu'il tombait plus de neige aux environs de ,londres1 cette poque1 que depuis v+t ou v+t-c9q ans4 ,il n'tait pas r>e1 dans les vallons des coll9es de ,norwood1 de tr\v] les cltures des *amps disp>ues s\s des ondulations de neige1 t&is du haut des coll9es1 la moiti des comts de ,k5t et de ,surrey luisait jusqu' l'horizon1 comme une m] arctique sans dang]s et sans nuages4 ,ri*>d ,fall tait un t\t fait bon g>on1 ple9 s5s pratique4 ,s'il n'avait pas de gts trs p]sonnels1 il avait un dgt m>qu p\r mon g5re1 aussi bi5 arti/ique que littraire4 ,il refusait s*em5t de se prononc] sur les mrites de mes uvres1 me blaguait1 pr5ait vis--vis de moi des airs d'indulg5ce et de protection au lieu de se montr] flatt d'avoir p\r ami un auteur de gr& av5ir6 ,jamais malveillant1 mais se moquant de moi sans m]ci1 et se dem&ant p\rquoi je m'ob/9ais crire du mauvais anglais1 p\r le plaisir d'crire en v]s--et des sottises aussi bi5 en prose qu'en v]s4 ,en t\t cas1 n\s primes l'habitude de vivre ensemble et1 p> la suite1 n\s avons bni le has>d t\tes les fois qu'il n\s a rappro*s4 ,l'anne #ahcd s'c\la sans gr& mal1 mais sans gr& pr(it dans les quatre tudes dont j'ai p>l1 et que j'avais entreprises p\r mon plaisir1 avec1 temps autre1 un petit ef=t du ct des tudes classiques1 p\r lesquelles je n'avais pas gr& gt et dont je ne s5tais pas la ncessit4 ,sans gr& mal1 ai-je dit1 c> il y avait un c]ta9 dang]1 p\r un enfant mme bi5 int5tionn1 n'tre virtuellem5t s\mis aucune discipl9e1 n'en faire jamais qu' sa tte1 sans que ri5 vnt lui faire s5tir que sa manire de p5s] p\vait ne pas tre t\j\rs la meilleure4 ,il me s]ait impossible de dire1 sans pr5dre une pe9e que1 sans d\te1 mon lecteur tr\v]ait disproportionne avec son objet1 le bi5 et le mal que j'ai tir de la littrature de troisime ou de quatrime ordre que je prfrais aux classiques lat9s4 ,le volume du ,=get me n1 auquel je dois la prcieuse gravure de ,vrone 7et p> un has>d assez curieux une autre de ,pr\t1 de ,sa9t-,m>c de ,v5ise71 tait quelque peu au-dessus des annuaires ord9aires comme impression typographique2 il cont5ait trois hi/oires3 ,! ,r$-nos$ ,lieut5ant1 du ,rv4 ,georges ,croly1 ,hans 9 ,keld]1 de l'auteur des ,*ronicles ( ,london ,bridge et ,! ,comet1 d',h5ry ,neele ,esq4 qui1 t\tes leur manire1 me fir5t une gr&e impression4 ,l'habitude enfant9e1 quelque peu idiote1 que j'avais de reg>d] fixem5t les mmes objets p5dant une j\rne entire1 je l'appliquais mes lectures2 j'tais capable de lire et de relire les mmes livres d'un b\t l'autre de l'anne4 ,comme il m'et t p>faitem5t inutile de g>d] le s\v5ir de t\tes ces hi/oires1 je me vantais plutt de la facult d'oubli qui me p]mettait de les gt] n\veau2 et1 v]s treize ou quatorze ans1 j'ai d lire ces livres prfrs et beauc\p d'autres du mme g5re v+t fois de suite4 ,je m'tonne un peu que l'on m'ait laiss si longtemps dans mon co9 en compagnie seulem5t de mon ,italie de ,rog]s1 de mon ,=get me n1 de mon ,cont95tal ,annual1 de mon ,fri5d%ip's ,(f]+1 p\r livres de fonds2 et je m'tonne encore plus que mon pre1 qui se b]ait du fol espoir de me voir un j\r crire comme ,byron1 n'ait jamais rem>qu que la prcocit de ,byron t5ait la lecture des matres dans t\tes les bran*es de la littrature4 ,je d\te mme que semblable ri*esse de lecture ait t jamais gale *ez un jeune homme1 tudiant ou auteur4 ,j'eusse d'ailleurs t t\t fait incapable d'un tel travail crbral1 et les dispositions relles que j'avais p\r le dess9 m'obligeai5t y consacr] le meilleur mes =ces4 ,je me reposais en lisant ,hans 9 ,keld] et ,! ,comet4 ,je ne me s\vi5s pas du mom5t prcis o mon pre comm5a me lire du ,byron1 s'att5dant bi5 ce que je l'aim]ais4 ,mes premires motions littraires1 je les dois l',iliade et ,scott4 ,je devais avoir d\ze ou treize ans1 sans cela comm5t aurais-je oubli ma premire impression8 ,manfr$ avait d me frapp]1 comme ,macbe? avec ses sorcires4 ,plusieurs *angem5ts1 d'ailleurs plus ou mo9s heureux1 eur5t lieu v]s cette anne-l dans la discipl9e monacale de ,h]ne ,hill4 ,j'eus la p]mission de boire du v91 on me conduisit au ?tre1 et il fut dcid que1 les j\rs de fte1 je dn]ais avec mon pre et ma mre quatre heures4 ,c'e/ dans ces occasions sol5nelles1 au dess]t1 que mon pre n\s lisait les ,noctes ,ambrosian1 mesure qu'elles p>aissai5t et sans en pass] un seul mot1 ft-ce le plus vif4 ,un soir1 il n\s lut le ,naufrage dans ,don ,juan et fut si heureux de voir que je l'apprciais qu'il f9it p> lire presque t\t le re/e4 ,je vois encore le reg>d1 un peu inquiet1 que mon pre et ma mre *angr5t trav]s la table un j\r l'on *]*ait ce qu'on p\rrait lire1 et que je dem&ai ,juan et ,haide4 ,mon *oix ne fut pas ratifi et1 s5tant que j'avais dit une sottise sans trop savoir laquelle1 je n'insi/ai pas et mme je balbutiai quelques excuses1 ce qui ne fit qu'aggrav] les *oses4 ,peut-tre m'accorda-t-on un morceau de ,*ilde ,h>old1 que j'aimais presque autant cette poque4 ,d'ailleurs1 je ne t>dai pas me lass] d',haide1 dont je tr\vais l'hi/oire trop tri/e4 ,ce qui e/ c]ta9 c'e/ que1 v]s la f9 de #ahcd1 j'tais famili] avec mon ,byron peu prs d'un b\t l'autre1 l'exception de ,can1 ,w]n]1 le ,de=m$ ,trans=m$1 et la ,vision ( ,judgm5t1 qui n'tai5t pas ma porte1 et que papa et maman tr\vai5t inutile de m'expliqu]4 ,mon lecteur1 qui a de l'esprit1 je n'en d\te pas1 s'tonne sans d\te que ma mre se prtt ce g5re de lectures4 ,il devi5t donc ncessaire d'expliqu] c]ta9es p>ticul>its de la prud]ie mat]nelle1 qu'il aurait pe9e compr5dre d'aprs ce qu'il sait d'elle4 ,et1 sans d\te1 il a d se dire que puisqu'elle m'avait fait lire la ,bible plus de six fois d'un b\t l'autre1 c'e/ qu'elle n'avait pas peur d'appel] les *oses p> leur nom2 mais ce dont il p\rrait ne pas s'tre r5du compte1 c'e/ qu'n]gique et passionne1 elle s5tait les gr&eurs et les beauts de ,byron aussi vivem5t que mon pre1 et que son puritanisme tait d\bl d'assez de bon s5s p\r se dire que1 du mom5t que ,%akespe>e et ,burns re/ai5t ouv]ts sur la table t\te la j\rne1 il n'y avait aucune raison p\r me df5dre ,byron4 ,cep5dant1 ce ne fut que quelques annes plus t>d que je fus autoris le lire moi-mme4 ,ma mre avait confiance dans mon honntet naturelle1 dans l'ducation que j'avais reue1 et ne r$\tait pas plus de me voir dev5ir un ,corsaire ou un ,gia\r qu'un ,ri*>d ,,iii ou un ,salomon4 ,elle avait raison4 ,byron ne m'a jamais fait le mo9dre mal2 ce qui m'a fait du mal ce sont les vnem5ts de la vie1 et les livres d'un g5re plus bas1 y compris nombre d'uvres dont les auteurs pass5t p\r tre de gr&s ducateurs1 depuis ,victor ,hugo jusqu'au ,dr ,watts4 ,je dem&]ai la p]mission de pr(it] de l'occasion p\r expliqu] ce que j'ent5ds lorsque je dis que ma mre tait une prude in(f5sive4 ,aussi /ricte p\r elle-mme qu',alice ,bridg5or?1 elle tait pntre du vrai esprit de sa religion et1 sans se frapp] la poitr9e1 sans faire p>ade de sa confession de misrable p*]esse1 elle savait que1 selon la doctr9e de cette religion1 et probablem5t en fait1 ,madge ,wildfire n'tait pas plus p*]esse qu'elle-mme4 ,elle avait la *>it univ]selle de sa sur4 ,sympa?ique t\tes les passions comme t\tes les v]tus vritablem5t fm99es1 peut-tre1 dans le fond de son cur1 aimait-elle autant la vraie ,m>gh]ita ,cogni que la femme idale de ,fali]o4 ,autre trait du c>actre de ma mre que je ti5s affirm] ici1 af9 de c\p] c\rt une lg5de qui m5ace de s'accrdit] grce aux comm5taires de c]ta9s j\rnaux1 et d'aprs lesquels je la f]ais ressembl] la tante dvote d',e/h] dans ,bleak ,h\se4 ,t\t au contraire1 il y avait *ez ma mre une gat fran*e1 s\v5t un rire inext+uible et de bon aloi6 ,rire qui n'tait jamais s>donique1 mais qui avait bi5 quelque *ose du rire de ,smollett1 ce qui fait qu'elle j\issait ple9em5t1 avec mon pre1 de leur ,humphrey ,cl9k]1 bi5 avant que je ne pusse1 quant moi1 en compr5dre ni le sel1 ni la porte4 ,que dis-je1 une plaisant]ie la ,smollett un peu grasse la mettait en joie4 ,je me s\vi5s qu'un j\r1 bi5 des annes plus t>d1 lors d'une de nos trav]ses du ,simplon1 arrivs au sommet n\s n\s tions arrts p\r j\ir de la vue2 ,anne1 notre vieille ,anne1 s'tait assise p\r se repos] sur une des balu/rades qui bord5t la r\te1 en face du mona/re1 pic v]s la valle4 ,en se ret\rnant p\r reg>d] le panorama1 ,anne p]dit l'quilibre et r\la tte en bas1 jambes en l'air1 sur la p5te4 ,mon pre1 en riant1 ne put s'emp*] de dire qu'elle l'avait fait exprs1 p\r le plus gr& plaisir des bons ,pres et1 depuis1 ni lui ni ma mre ne p\vai5t faire allusion la p]=mance d',anne1 comme ils disai5t1 sans rire p5dant un bon qu>t d'heure4 ,si1 t\tefois1 une plaisant]ie avait quoi que ce soit d'am] ou d'ironique1 ma mre ne la gtait pas1 t&is que mon pre et moi ne l'en aimions que davantage si elle tait ju/e2 et dans la mesure o je le compr5ais1 je j\issais bi5 de t\t le s>casme de ,don ,juan4 ,mais la rsolution que je pris1 aprs la lecture des d]ni]s *ants de ,don ,juan1 de reconnatre ,byron p\r mon matre en posie1 comme ,turn] l'tait en pe9ture1 se dess9a ds l'poque o le jeune oisillon1 disons plus polim5t si v\s v\lez1 le jeune cygne1 essayait ses ailes sans avoir consci5ce des in/9cts plus pr(onds qui l'y p\ssai5t2 je ne voyais nettem5t que deux *oses1 c'e/ que son obs]vation tait la plus exacte1 et son expression la plus conc5tre que j'eusse encore r5contre en littrature4 ,j'avais lu1 avec mon pre1 les deux premi]s livres de ,tite-,live1 je savais donc ce que c'e/ qu'un /yle concis2 mais je m'tais dj r5du compte que ,tite-,live1 comme je m'en r5dis compte plus t>d p\r ,horace et ,tacite1 tait volontairem5t1 s\v5t pniblem5t et quelquefois obscurm5t concis4 ,byron1 au contraire1 crit aussi aism5t que l'p]vi] vole1 son /yle e/ aussi clair que les eaux claires d'un beau lac4 ,il dit la /ricte vrit1 en aussi peu de mots que possible1 et non seulem5t la vrit exacte1 mais la vrit ess5tielle et c5trale4 ,je ne p\vais alors1 cela va sans dire1 valu] les dons prodigieux de ,byron pas plus que ceux de ,turn]2 mais je voyais que t\s deux avai5t raison dans t\tes les *oses o j'tais capable de di/+u] le vrai de l'erreur1 et p> consqu5t que je devais les p5dre p\r matres1 *acun dans son doma9e propre4 ,le lecteur mod]ne1 p\r ne pas dire l'rudit mod]ne1 e/ si compltem5t ignorant des qualits matresses de ,byron1 qu'il m'e/ difficile de racont] l'hi/oire de mon noviciat sans prcis] l'aide de quelques exemples ce qui me p>aissait absolum5t unique dans son uvre4 ,p\r cela1 je *oisirai sa prose plutt que ses v]s1 d'autant que sa v]sification1 son ry?me1 s\lv5t des que/ions diffr5tes de celles qui n\s occup5t ici4 ,lisez p> exemple1 p\r comm5c]1 la phrase sur ,%]idan dans sa lettre ,?omas ,moore1 date de ,v5ise1 le ,i] ju9 7ou #b ju9 l'aube7 #ahah3 ,les ,:igs l'outrag5t2 et nanmo9s il leur re/e fidle2 des imbciles de ce calibre ne mrit5t ni crdit ni piti4 ,quant ses cranci]s1 n'oubliez pas que ,%]idan n'a jamais eu le s\ et qu'il s'e/ jet avec des dons puissants et des passions ard5tes dans la mle du monde1 qu'il s'e/ tr\v au fate de la gloire1 sans =tune4 ,fox a-t-il jamais pay ses dettes8 ,%]idan s'e/-il jamais prt une s\scription son bnfice8 ,l'ivrogn]ie de444444 tait-elle plus excusable que la si5ne8 ,ses av5tures galantes tai5t-elles plus sc&aleuses que celles de ses contempora9s8 ,p\rquoi faut-il que sa mmoire soit t]nie1 qu& on respecte les leurs8 ,ne v\s laissez pas impressionn] p> les criaill]ies1 mais comp>ez-le comme pr9cipes avec ,fox le gr& faiseur de coalitions1 avec ,burke le p5sionn1 avec dix fois c5t mille autres p\r les ides p]sonnelles4 ,quant au tal5t1 il n'e/ pas de comp>aison possible1 aucun ne lui vi5t seulem5t la *eville4 ,sans =tune1 sans relations1 sans rputation 7ce qui n'tait peut-tre pas vrai au db1 et ce qui a pu ensuite le p\ss] au dsespoir et la folie7 il les a t\s battus sur t\s les t]ra9s4 ,mais1 hlas6 pauvre nature huma9e6 ,bonsoir1 ou plutt bonj\r4 ,il e/ quatre heures1 l'aube blan*it le ,gr& ,canal et le ,rialto sort des ombres4 ,rem>quez-le1 ce passage a de la gr&eur1 d'abord p>ce qu'il cond5se dans le mo9s de mots possible le plus de p5ses ju/es1 sages et gnreuses4 ,il n'e/ pas seulem5t gr& et noble1 il e/ p>fait2 t\t ce qu'il veut dire e/ l1 sans concision artificielle ou complique2 c'e/ net1 c'e/ rapide1 c'e/ le c\p de m>teau du =g]on sur le f] r\gi blanc2 et avec un *oix de mots qui1 p> leur position dans la phrase1 les fait dpass] de beauc\p la signification qu'ils ont dans le dictionnaire4 ,p> exemple1 il emploie nanmo9s 7h[ev]7 au lieu de t\tefois 7yet71 p>ce que nanmo9s e/ l p\r quoi qu'ils fass5t4 ,la mle du monde veut dire non seulem5t la f\le mais la p\ssire1 le br\ill>d qui l'enveloppe2 dix fois c5t mille1 p\r un million ou mille fois mille1 af9 d'enlev] au nombre sa gr&eur et n\s faire s5tir qu'il s'agit d'une quantit de nullits4 ,rem>quez aussi la phrase entre p>5?ses3 ce qui n'tait peut-tre pas vrai4442 elle e/ obscure2 il s]ait impossible en effet d'tre clair sans s'arrt] et p]dre beauc\p de temps2 au lecteur de complt] le s5s et de dire3 il n'tait peut-tre pas vrai l'orig9e de dire qu'il n'avait pas de rputation1 etc444 ,enf91 cette aube qui s\lve les voiles dim9ue les ombres qui envelopp5t le ,rialto1 mais elle ne l'claire pas comme elle clair]ait une t5due d'eau4 ,pr5ons ma9t5ant1 si v\s le v\lez bi51 les deux passages sur la posie dans les lettres ,murray du #ae septembre #ahag et du #ab avril #ahah2 7p\r bi5 jug] de la =ce collective de ces deux lettres1 comp>ez expos rfl*i qu'il publia dans la rponse ,blackwood en #ahbj74 #ahag4 ,p\r ce qui e/ de la posie en gnral1 je suis conva9cu1 plus j'y rfl*is1 que lui 7,moore7 et n\s t\s d'ailleurs1 ,scott1 ,s\!y1 ,wordswor?1 ,moore1 ,campbell et moi1 n\s sommes dans l'erreur les uns comme les autres2 n\s n\s sommes engags dans une voie rvolutionnaire qui e/ mauvaise2 nos sy/mes potiques n'ont aucune valeur en eux-mmes1 seuls ,rog]s et ,crabbe y ont *app et les gnrations v5ir1 et mme la gnration actuelle1 leur donn]ont raison4 ,j'en suis conva9cu depuis que j'ai relu quelques-uns de nos classiques1 et en p>ticuli] ,pope4 ,et voici comm5t j'en ai fait l'expri5ce4 ,j'ai pris les pomes de ,moore1 les mi5s et quelques autres2 je les ai lus en les comp>ant avec ceux de ,pope1 et j'ai t surpris 7je n'aurais pas d l'tre7 et mortifi de la di/ance imm5se qui n\s sp>e--au po9t de vue de la raison1 du savoir de l'effet1 et mme de l'imag9ation1 de la passion et de l'inv5tion--n\s autres1 hommes du ,bas-,empire1 du petit homme du temps de la ,re9e ,anne4 ,croyez-moi1 il y avait des ,horace en ce temps-l2 et ma9t5ant on e/ des ,claudi51 et je v\s assure qui si c'tait recomm5c]1 je m'arrang]ais en consqu5ce4 ,crabbe e/ bi5 l'homme2 seulem5t son sujet e/ impossible1 grossi] et444444 c'e/ un retrait en demi-solde2 il f]a bi5 d'en f9ir mo9s de faire comme il faisait autrefois4 #ahah4 ,j'avais p5s crire une prface p\r df5dre ,"l ,h]vey contre les attaques de ,pope--mais ,pope lui-mme1 en tant que pote1 env]s et contre t\s1 c> il e/ en butte d'inqualifiables attaques inaugures p> ,w>ton et cont9ues de nos j\rs p> la n\velle cole des critiques et des crivailleurs qui se croi5t potes p>ce qu'ils n'criv5t pas comme ,pope4 ,ce mauvais gt et cette damne blague m'exaspr5t2 notre gnration t\t entire ne vaut pas un seul *ant du ,rape ( ! ,lock1 de ,! ,essay on man1 de la ,dunciad1 ni aucune des *oses qui lui app>ti5n5t4 ,il n'y a ri5 qui ait beso9 d'tre expliqu dans la brivet et les amnits de ces deux fragm5ts1 si ce n'e/1 dans le premi]1 l'numration si prcise et si complte des qualits de la gr&e posie4 ,rem>quez surt\t l'ordre dans lequel il les met3 ,a4 ,la ,raison4 ,cela veut dire que la premire *ose faire e/ de se dem&] si le soi-disant pote e/ un homme de bon s5s1 un homme raisonnable2 il insi/e l-dessus dans la rponse ,blackwood3 ,on l'appelle 7,pope7 le pote de la ,raison6 ,e/-ce une raison p\r qu'il ne soit pas pote8 ,b4 ,le ,savoir4 ,burns1 le lab\reur d',ayr%ire1 si ri*em5t d\ qu'il soit1 ne saurait tre mis en p>allle avec ,homre1 ,dante ou ,milton4 ,c4 ,l',effet4 ,son v]s a-t-il de l'action1 de l'effet1 frappe-t-il in/antanm5t l'oreille et l'esprit8 ,voyez l'effet sur l'auditoire des ottave de ,batrice la page #bhf des ,songs ( ,toscany de ,miss ,alex&]4 ,d4 ,l',imag9ation4 ,elle e/ relgue un rang aussi bas p>ce que beauc\p de romanci]s et d'arti/es qui ont de l'imag9ation ne sont pas potes p\r cela1 et mme ne sont pas de gr&s romanci]s1 pas de gr&s pe9tres1 c> il leur manque la raison qui leur p]mettrait de s'en s]vir1 et l'art de l'am5] l'effet4 ,e4 ,la ,passion4 ,la ,passion e/ place encore plus bas1 t\s les braves g5s en ayant autant qu'homme1 femme1 ou ,pote a beso9 d'en avoir4 ,f4 ,l',inv5tion4 ,enf91 l'inv5tion t\t en bas de l'*elle1 c> on peut tre un gr& pote sans avoir aucune inv5tion4 ,byron lui-mme n'en avait p\r a9si dire pas1 et ,scott1 qui en avait rev5dre1 n'a jamais pu crire une pice de ?tre4 ,mais ce n'e/ ni la =ce1 ni la prcision1 ni la cad5ce de son /yle qui1 pr9cipalem5t1 m'ont fait pr5dre ,byron p\r matre4 ,je savais p> cur le ,cantique de ,mose1 le ,s]mon sur la ,montagne et la moiti de l',apocalypse2 je n'avais donc pas beso9 que l'on m'enseignt la maje/ et la simplicit dans l'usage des mots anglais et1 quant leur arrangem5t logique1 j'avais eu p\r matre le propre matre de ,byron1 ,pope1 ds que j'avais su p>l]4 ,mais la *ose absolum5t n\velle et prcieuse que je dc\vrais *ez ,byron1 c'tait cette vrit vivante et mesure1 mesure si on la comp>e celle d',homre1 et vivante si on la comp>e celle de t\s les autres4 ,ma propre mesure1 mon inexorable baguette1 non la baguette du magici51 mais celle du drapi] ou de l'ar*itecte rduisait nant t\tes les hyp]boles des potes que l'on a c\tume de qualifi] de sublimes4 ,il ne s]vait de ri5 qu',homre m'affirmt que ,plion s'levt au-dessus d',ossa1 je savais p>faitem5t que ,plion ne mont]ait pas sur ,ossa2 de ri5 que ,pope me dt que les arbres sur lesquels se reposai5t les yeux de sa matresse se gr\pai5t aut\r d'elle p\r l'ombrag]2 je savais p>faitem5t qu'ils ne p\vai5t ri5 faire de la sorte4 ,que dis-je8 le monde tel que me le reprs5tait la posie ou la ?ologie m'app>aissait t\s les j\rs plus nbuleux et plus impossible4 ,les hi/oires de ,pallas1 de ,vnus1 d',a*ille et d'ne1 d'lie et de sa9t ,jean me ravissai5t3 et sans mettre en d\te1 dans le fond de mon cur1 qu'il exi/t de rels esprits de sagesse et de beaut1 des hros inv9cibles et des prophtes inspirs1 je s5tais dj avec une tri/esse mortelle et t\j\rs gr&issante que je ne r5contrais nulle "p l'expression claire de ce qu'ils tai5t1 qu'il n'exi/ait1 p\r moi1 ni desses tutlaires1 ni matres prophtes2 et que les hi/oires potiques de ce monde ou de l'autre tai5t p\r moi comme les n\velles apportes aux disciples enf]ms1 des contes qu'ils ne p\vai5t pas croire4 ,ici enf9 je r5contrais un homme qui ne p>lait que des *oses qu'il avait vues1 connues2 et il en p>lait sans exagration1 sans my/re1 sans rancune et sans ,les *oses sont a9si1 tirez-en ce que v\s p\rrez6 ,%akespe>e n\s dit que les ,alpes pan*5t leur rhume dans les valles1 ce qui e/ /rictem5t vrai1 d'une vrit aussi df9itive dans l'espce que celle de ,james ,=bes2 seulem5t il le dit s\s une =me my?ique1 et avec une dsagrable t5dance britannique au malpropre4 ,mais ,byron disant que la froide et t\j\rs m\vante masse du glaci] s'avanait j\r en j\r1 dit simplem5t ce qu'il voit1 ce qu'il sait1 ri5 de plus4 ,de mme1 j'avais lu dans les ,mille et une nuits des hi/oires de voleurs qui vivai5t dans des s\t]ra9s en*ants1 de belles pr9cesses qui luttai5t dans les airs avec des gnies2 ,byron1 lui1 me racontait des hi/oires de voleurs avec lesquels il avait p>c\ru *eval les montagnes o ils rgnai5t en matres1 de belles ,p]sanes ou de belles ,grecques qui avai5t vcu et tai5t mortes s\s le mme soleil que je voyais se lev] sur mes coll9es de ,norwood4 ,dans le *amp re/re9t mais sr de cette vrit1 p\r ,byron comme p\r moi1 l'am\r app>aissait comme une *ose bi5 fugitive1 la mort comme une *ose bi5 t]rible4 ,il n'essayait po9t de me consol] de la mort de ,jessie en me disant qu'elle tait plus heureuse au ,ciel2 qu'il y avait dans celle de ,*>les une int5tion provid5tielle mon adresse6 ,il ne me disait pas que la gu]re e/ la ju/e ranon de la gloire des gr&s capita9es1 ou que le meurtre1 commis au nom d'intrts nationaux1 n'e/ plus un crime4 ,il en appelait aux faits1 p\r t\t ce qui ne dpasse pas la porte de l'esprit huma91 et faisait avec quit la "p des natures4 ,il e/ vrai qu'il et pu faire t\t cela sans que je le reconnusse p\r matre1 si n\s n'avions communi dans un mme am\r ple9 de vnration p\r le beau1 dans une mme horreur p\r le laid4 ,la sorcire du ,/aubba* dans son arc-en-ciel voquait une vision qui m'tait mille fois plus agrable que celle de ,%akespe>e qui e/ comme un rat sans queue1 ou celle de ,burns en haillons4 ,conrad1 le roi des m]s1 me p>aissait bi5 suprieur au vieux m>9 d*>n et tann de ,col]idge2 les gracieuses descriptions de la =t de ,w9dsor et de ses ruisseaux1 si honntem5t s5ties qu'elles fuss5t p> ,pope1 n'tai5t p\r moi que t9tem5t de cymbale1 comp>es aux acc5ts passionns de ,byron *antant ,la*9-y-,gair4 ,mais il me faut born] l cette re*]*e des raisons de son influ5ce sur moi1 dans la cra9te que le lecteur ne se mpr5ne et ne confonde l'analyse que j'en donne auj\rd'hui avec les s5tim5ts que j'tais capable d'pr\v] qu9ze ans4 ,la plup>t tai5t p\rtant en g]me dans le b\rgeon non dvelopp de mon intellig5ce1 tel l'or du crocus encore ca* s\s la t]re2 et ,byron1 bi5 qu'il ne pt m'appr5dre aim] les montagnes ou la m] plus que je ne les aimais dans mon enfance1 e/ le premi] qui les ait animes p\r moi d'un s\ffle huma9 ple9 de gr&eur et de tri/esse4 ,c'e/ grce lui que j'ai compris ,*illon et ,meill]ie et que j'ai *]* t\t d'abord ,v5ise les palais en ru9es de ,fosc>i et de ,fali]i4 ,rem>quez-le1 l'impression qu'il faisait tait d'autant plus gr&e qu'il y avait dans ses hi/oires des p]sonnages plus rels1 dans ses p5ses des pr9cipes plus f]mes4 ,quant au romanesque1 je m'en tais imprgn1 j'en avais abus1 si je puis dire1 l'cole de ,scott1 dont la ,dame du lac tait aussi fabuleuse p\r moi que sa ,dame blan*e d',av5el2 t&is que ,rog]s n'tait qu'un simple dilettante auquel il importait peu de db>qu] au po9t o ,tell avait abord ou sur le sol qu'avait f\l ,sa9t-,preux4 ,la ,v5ise mme de ,%akespe>e tait imag9aire2 et ,portia aussi irrelle que ,mir&a4 ,c'e/ ,byron qui a anim1 qui a fait revivre p\r moi les tres de *air et d'os dont les pi$s ont u les dalles de m>bre que je f\lais auj\rd'hui4 ,un mot encore1 quoiqu'il empite sur un sujet que je me rs]ve de trait] plus t>d1 un mot sur le ry?me de ,byron4 ,l'aisance naturelle de sa =me1 qui a s\v5t la simplicit de la prose1 m'intressait extrmem5t1 p> opposition la fois avec les divisions symtriques de ,pope et les /rophes contre-balances de la posie classique et hbraque4 ,mais bi5 que j'imitasse sa manire1 ds que je v]sifiais p\r mon plaisir1 j'avais un tel respect p\r la con/ruction massive classique en opposition avec les =mes mod]nes plus fluides1 que j'ai longtemps essay1 crivant en prose1 de g>d] la phrase cad5ce de ,pope et de ,johnson dans t\tes les occasions o il fallait du srieux4 ,j'y tais enc\rag p> le mpris que ,byron manife/ait p\r ses propres v]s et aussi p> l'in/9ct ar*itectural inn en moi1 qui m'incl9ait au pr9cipe de la pyramide4 ,je dirai aussi plus lo9 l'influ5ce que ,johnson eut sur moi2 p\r le mom5t1 il me faut rev5ir aux j\rs o le petit c\rs d'eau que j'tais1 *antait d\cem5t en c\rant trav]s sa pauvre petite cressonnire de vie4 ,au pr9temps de #ahce j'eus une pleursie assez grave2 je crois que1 p5dant trois ou quatre j\rs1 je fus en quelque dang]4 ,ma mre et le vieux mdec9 de la famille1 le ,dr ,wal%man1 eur5t gr&'pe9e emp*] qu'on me saignt blanc comme l'aurait v\lut la sommit mdicale appele en consultation4 ,il n'a pas trop de t\t le sang qu'il a dans les ve9es p\r combattre la maladie1 disait notre vieux docteur1 qui f9it p> me tir] d'affaire4 ,je sortis de cette preuve assez faible p\r ncessit] une qu9za9e de so9s et de gt]ies4 ,c'e/ p5dant cette convalesc5ce que je lus ,la ,jolie fille de ,p]?1 que j'appris la *anson de ,pauvre ,l\ise et que je fis mes dlices du dess9 de ,/anfield du ,mont-,sa9t-,mi*el reproduit dans la ,coa/ ,sc5]y2 de la ,santa ,saba1 du ,pool ( ,be!sda et de la ,cor9! de ,turn]1 dans sa srie biblique4 ,que n'ai-je pas appris en reg>dant ces quatre gravures1 et combi5 je suis heureux auj\rd'hui de possd] les orig9aux de ,be!sda et de ,cor9!6 ,je prp>ais aussi l'it9raire du voyage en ,suisse que n\s devions faire ds que je s]ais rtabli4 ,j'ombrais en cobalt un cyanomtre qui devait me p]mettre de mesur] le bleu du ciel2 j'a*etai aussi un c>net de notes p\r y consign] mes obs]vations gologiques1 a9si qu'un gr& 9-qu>to de/9 aux croquis d'ar*itecture1 et sur lequel tait +nieusem5t fixe une rgle plate4 ,je dcidai aussi que les incid5ts de ce voyage et les s5tim5ts qu'il m'inspir]ait f]ai5t l'objet d'un j\rnal potique crit dans le /yle de ,don ,juan1 habilem5t comb9 avec celui de ,*ilde ,h>old4 ,j'crivis deux *ants de cet ouvrage--la trav]se de la ,france jusqu' ,*amonix--l1 je m'arrtai b\t de s\ffle1 ayant puis p\r le ,jura t\s les t]mes descriptifs dont je disposais1 et m'tant ap]u qu'il ne m'en re/ait plus p\r les ,alpes4 ,j'essai]ai1 dans le *apitre suivant1 de racont] cette p>tie de notre voyage dans un langage mo9s lev4 ,note #cj3 ,je suis vtre1 ,muses6 ,,*apitre ,,ix ,,le ,,col ,,de ,,la ,,faucille l'heure o1 dans la mat9e1 le voyageur mod]ne *ic1 qui se r5d ,p>is1 ,nice1 ou ,monaco et qui a quitt ,*>+ ,cross p>le tra9 du mat91 comm5ce se remettre des motions de la trav]se et des luttes qu'il lui a fallu s\t5ir p\r s'assur] un co9 dans le tra9 ,b\logne1 au mom5t o il consulte sa montre et se dem&e s'il appro*e d',ami5s et de son buffet1 e/ prs de s'impati5t] en voyant le tra9 s'arrt] encore2 la /ation lui semble sans intrt1 c'e/ ,abbeville4 ,lorsque la locomotive se remet en m>*e1 il p\rrait1 s'il v\lait un in/ant ab&onn] son j\rnal1 ap]cevoir deux t\rs c>res1 assez s+ulirem5t relies p> un arceau m5eaux1 qui dom95t les peupli]s et les saules du pays bas et m>cageux qu'il e/ en tra9 de trav]s]4 ,je d\te qu'il le fasse et en t\t cas qu'il ait envie d'en voir davantage1 et je cra9s de ne p\voir faire compr5dre1 mme au lecteur le mieux dispos1 l'influ5ce que ces deux t\rs ont ex]ce sur ma vie4 ,la ville qui s'e/ gr\pe aut\r d'elles n'tait autrefois1 comme ,croyl&1 qu'un simple asile p\r les mo9es et les paysans 7le refuge1 comme on l'a appel74 ,p]due au milieu des m>ais de la ,somme1 elle reut v]s l'an #fej le nom de ,abbatis ,villa 7j'allais crire ,abbot's =d72 manoir et village dp5dai5t du gr& mona/re fond p> sa9t ,riqui] sur la coll9e o il tait n1 c9q milles l'e/ de la ville actuelle4 ,p\r ce qui reg>de sa9t ,riqui]1 je transcris l'article du ,dictionnaire des ,sci5ces ecclsia/iques qui1 tant donn les circon/ances politiques actuelles1 intress]a mes lecteurs p\r des raisons plus puissantes que celles que p\rrait lui inspir] ma petite p]sonnalit naissante3 ,sa9t ,riqui]1 en lat9 ,sanctus ,ri*>ius1 n au village de ,c5tule1 deux lieues d',abbeville1 fut si t\* p> la gr&e pit de deux sa9ts prtres v5us d',irl&e1 auxquels il avait donn l'hospitalit1 qu' leur exemple il embrassa la pnit5ce4 ,ayant t ordonn prtre1 il se v\a la prdication et passa en ,anglet]re4 ,de ret\r dans le ,pon?ieu1 il dev9t1 p> la grce de ,dieu1 puissant en uvres et en p>ole4 ,il pr*a la ,c\r de ,dagob]t et1 peu de temps aprs la mort de ce pr9ce1 fonda le mona/re qui porte son nom et un autre appel ,=e/-,m\ti]1 dans la =t de ,crcy1 o il a*eva ses j\rs4 ,je tr\ve encore dans l',hi/oire ecclsia/ique d',abbeville1 publie en #afdf p> ,franois ,plican1 rue ,sa9t-,jacques1 l'enseigne du ,plican1 que sa9t ,riqui] tait lui-mme de sang royal1 que sa9t ,angilb]t1 le septime abb1 avait p\s la seconde fille de ,*>lemagne1 ,b]?a1 qui se r5dit aussi ,religieuse de l'ordre de ,sa9t-,b5oi/4 ,l\is1 le onzime abb1 tait c\s9 g]ma9 de ,*>les le ,*auve2 le d\zime fut le fils de sa9t ,angilb]t1 p> consqu5t petit-fils de ,*>lemagne2 ,ra\l1 treizime abb1 tait le frre de l'impratrice ,judi?2 et ,c>loman1 seizime abb1 le fils de ,*>les le ,*auve4 ,levez les yeux encore une fois1 *] lecteur1 au mom5t o le tra9 repr5d sa m>*e et v\s ap]cevrez1 t9celant au soleil sur la coll9e1 le village t\t blanc et son abbaye4 ,ce ne sont plus1 en vrit1 murs qui ont abrit ces pr9ces et ces pr9cesses--ceux-l se sont cr\ls depuis longtemps--ce sont ceux de l'abbaye encore belle con/ruite sur leurs fondations p> les mo9es de ,sa9t-,maur4 ,l'anne o l',hi/oire d',abbeville1 laquelle j'emprunte cette citation1 fut crite 7sans d\te v]s #afjj71 la ville que l'on appelait alors ,abbeville la ,fidle compr5ait #dj4jjj mes qui vivai5t en gr&e union et gr&e fran*ise1 craignant de faire tort leurs vois9s2 les femmes tai5t mode/es1 honntes1 ple9es de foi et *>it1 ornes des grces de la beaut et de l'innoc5ce2 la noblesse tait nombreuse1 h>die et habile aux armes2 les mai/rises d'art et de comm]ce possdai5t d'excell5ts ouvri]s dans t\tes les pr(essions1 s\s la juridiction de soixante-quatre ,major-,bann]ets ou *efs des corporations1 lesquels lisai5t le maire de la ville1 g\v]neur indp5dant de gr&e probit1 autorit et sans repro*e1 et avec lui quatre *ev9s de l'anne prs5te1 et quatre de l'anne passe2 ayant f\te autorit p\r la ju/ice1 la police et la gu]re1 *>ge de surveill] et g>d] les poids et les mesures1 de punir ceux qui se p]mettrai5t de les falsifi]1 de v5dre faux poids1 ou de laiss] pass] des m>*&ises sans qu'elles portass5t le sceau de la vile4 ,la ville cont5ait1 en dehors de la gr&e glise de ,sa9t ,wulfran1 treize glises p>oissiales1 six mona/res1 huit c\v5ts de femmes et c9q hpitaux4 ,il me faut1 p>mi les glises1 cit] celle de ,sa9t-,georges qui fut comm5ce p> notre roi d\>d en #acfh1 le #aj janvi]2 transfre1 puis consacre de n\veau en #adfi p> l'vque de ,be?lem2 plus t>d1 en #aecf1 agr&ie p> les ,m>guilli]s1 les ,p>oissi5s tant dev5us si nombreux que beauc\p tai5t obligs de re/] dehors les j\rs de fte4 ,ces con/ructions et recon/ructions se faisai5t vite et bi5 ,abbeville1 qui possdait non seulem5t des ouvri]s excell5ts1 mais une pi]re qui se travaillait facilem5t et un sol qui ne p]mettait que des fondations sur pilotis1 ce qui explique qu'il ne re/e presque ri5 des btim5ts antrieurs au ,x,ve sicle4 ,sa9t ,wulfran1 ,sa9t ,riqui] et t\t ce qui subsi/e des glises p>oissiales 7seulem5t quatre1 je crois1 en dehors de ,sa9t ,wulfran7 sont de ce mme go?ique flamboyant1 murailles et t\rs1 contempora9 des maisons pignons de bois qui bordai5t les rues pr9cipales1 lorsque je v9s ,abbeville p\r la premire fois4 ,il me faut ici1 p> anticipation1 expliqu] mes lecteurs que ma vie intellectuelle a eu1 en somme1 trois gr&s c5tres3 ,r\51 ,g5ve et ,pise4 ,t\t ce que j'ai fait ,v5ise a t fait en m>ge1 c> son hi/oire trs falsifie1 tait ignore mme des g5s du pays2 dans le monde de la pe9ture1 ,t9toret tait dlaiss1 ,vronse incompris1 et on ne connaissait mme pas le nom de ,c>paccio qu& j'ai comm5c m'en occup]4 ,peut-tre faut-il compt] aussi p\r quelque *ose mon gt p\r les prom5ades en gondole6 ,mais ,r\51 ,g5ve et ,pise m'ont appris t\t ce que je sais1 elles fur5t des matresses adores et obies1 ds le j\r o je passai leurs portes4 ,dans ce voyage de #ahce1 je vis p\r la premire fois ,r\5 et ,v5ise2 ,pise1 seulem5t en #ahdj2 mais je n'ai s5ti t\te la beaut et la =ce de ces villes m]veilleuses que beauc\p plus t>d4 ,p\r ,abbeville1 qui e/ comme la prface et l'int]prtation de ,r\51 j'tais t\t prt ce #e ju9 et j'ai compris sur l'heure que c'tait une re de travail salutaire et de joies fcondes qui s'ouvrait p\r moi4 ,c> ici je tr\vais de l'art local1 la religion et la vie huma9e actuelle en p>faite h>monie4 ,ces glises aux f9es sculptures ne connaissai5t pas la solitude mortelle des six j\rs de la sema9e1 le l\rd ennui du septime2 pas de sacri/a9 p\r v\s f]m] la porte au nez1 pas de b$eau p\r v\s enf]m] dans quelque banc4 ,je p\vais y err] t\te heure1 m'imag9] que j'tais un rev5ant1 m'embusqu] d]rire leurs pili]s comme ,rob ,roy1 m'y ag5\ill] sans sc&alis] p]sonne1 y dess9] sans d\bl] qui que ce soit4 ,au dehors1 la vieille ville fidle se gr\pait et se blottissait s\s leurs contre=ts comme de petits p\ss9s s\s les ailes de leur mre2 l'ari/ocratie1 calme et in(f5sive1 des rues sil5cieuses du qu>ti] neuf ne laissait qu'entrevoir la dignit de ses htels entre c\r et j>d94 ,le qu>ti] du comm]ce1 que c\pait la gr&e rue1 ne comptait que des b\tiques qui1 sans se faire concurr5ce1 tai5t ncessaires p\r le dbit des d5res du pays3 drap1 bonnet]ie1 t(fes tisses sur place1 fromages de ,neuf*tel1 t\t pro*e1 fruits des j>d9s d'al5t\r2 pa9 du from5t p\ss dans les *amps situs au-dessus des v]ts coteaux2 vi&e de leurs propres tr\peaux et que le f]-blanc amrica9 n'avait pas gte2 t\s les outils3 faux1 socs de *>rue1 frapps au gr& air sur l'enclume2 pic]ies f9es1 caf que l'on brlait le plus s\v5t devant la porte et qui embaumait2 quant aux modi/es1 peut-tre faisai5t-elles v5ir un ou deux *apeaux de ,p>is1 mais le re/e tait du cru et les paysannes des environs et les belles dames du ,pon?ieu s'en cont5tai5t4 ,au-dessus de la b\tique prospre1 s]e9em5t active et bi5faisante1 il y avait l'habitation du matre1 la vieille maison habite de pre en fils avec ses sculptures aimables voir1 son toit fi] et qui g>dait son rang1 sans empit] ni p> en bas1 ni p> en haut1 depuis des sicles4 ,aut\r de la petite ville c\rai5t les remp>ts s\s de longues av5ues rafra*ies p> la brise1 du haut desquels on ap]cevait ici et l1 t\j\rs calme1 t\j\rs claire1 la jolie rivire navigable et vive qui faisait t\rn] les r\es des m\l9s1 la ,somme1 aux eaux v]tes un peu laiteuses4 ,les joies les plus int5ses que j'aie gtes1 c'e/ aux montagnes que je les dois4 ,mais ri5 ne me procurait un plaisir plus sa91 t\j\rs r5\vel1 que la vue d',abbeville lorsque1 p> une belle aprs-midi d't1 je desc5dais de voiture dans la c\r de l'htel de l',europe1 et que je me prcipitais p\r revoir ,sa9t ,wulfran avant que le soleil n'et quitt ses t\rs6 ,s\v5irs prcieux444 jamais4 ,p\r ,r\5 et sa ca?drale1 je dirai ce que j'ai en dire1 si ,dieu me prte vie1 dans ,nos ,pres n\s ont dit4 ,la vue de la ville et des fl*es de sa ca?drale1 avec la j\rne du l5dema9 o n\s remontmes la ,se9e jusqu' ,p>is1 et ensuite ,soissons et ,reims fixr5t1 comme je l'ai dj dit1 le premi] po9t c5tral de mon travail v5ir4 ,au del de ,reims1 ,b>-le-,duc1 je me retr\vai dj s\s l'influ5ce des ,alpes et mon pre avait la bont de faire le cro*et p> ,plombires et ,dijon1 af9 que je pusse en appro*] p> le passage du ,jura4 ,le lecteur me p>donn]a si1 en racontant ce que je crois devoir l'intress]1 je mle ce qui e/ spcial ce voyage de #ahce et ce qui se rapporte ceux qui ont suivi2 il m'e/ extrmem5t difficile auj\rd'hui de ne pas confondre ces diffr5ts voyages1 tant donn que n\s desc5dions t\j\rs dans les mmes htels1 o n\s occupions tantt la *ambre bleue1 tantt la *ambre v]te1 que n\s voyions les mmes *oses1 et que n\s pr\vions encore plus dplaisir les revoir qu' les voir p\r la premire fois4 ,cette d]nire p>tie de la r\te de ,p>is ,g5ve1 si belle1 si adorablem5t riante et *>mante1 m'e/ dev5ue p> la suite si familire qu'il m'e/ trs d\x s'att>d] voqu] tant de *]s s\v5irs4 ,le plus s\v5t n\s quittions ,la ,clo*e ,dijon v]s sept heures du mat91 aprs avoir gaiem5t djeun4 ,le petit salon1 au premi] sur le devant1 communiquait avec une *ambre c\*] d'o1 p> les f5tres du ct oue/1 on ap]cevait1 au-dessus d'une maison basse1 les fl*es de la ca?drale4 ,j'occupais t\j\rs cette *ambre4 ,je vois encore le lit dans l'alcve au fond1 sp>e seulem5t p> une lgre cloison du passage qui conduisait p> un balcon extrieur la *ambre d',anne4 ,c'tait un bonheur p\r ,anne1 qu'elle escomptait t\t le long du voyage que d'ouvrir une petite porte dissimule dans ce passage1 qui donnait dans l'alcve ju/e au-dessus de ma tte1 et de v5ir me rveill] le mat94 ,je ne me s\vi5s pas de n\s tre jamais mis en r\te p> la pluie1 sauf une seule fois4 ,le plus s\v5t1 le soleil mat9al faisait une p\ssire de diamants avec l'eau de la fonta9e du faub\rg ,sud-,e/ et allongeait l'ombre des peupli]s sur la r\te de ,g5lis4 ,g5lis1 ,auxonne1 ,dole1 ,mont-s\s-,vaudrey1 trois tapes de d\ze ou quatorze kilomtres *acune1 deux de dix-huit1 en t\t environ soixante-dix kilomtres des portes de ,dijon au pi$ du ,jura4 ,n\s c\rions en droite ligne sur les montagnes1 djeunant de pruneaux et de pa94 ,le pays e/ plat et sans intrt jusqu' ,auxonne4 ,je m'tonnais que des cratures huma9es puss5t vivre a9si en vue du ,jura1 sans y tre jamais alles4 ,auxonne1 on trav]se la ,sane aux eaux d'm]aude3 ce n'e/ encore qu'un torr5t desc5du de la montagne1 mais on dev9e qu'il e/ n dans le ,jura4 ,encore une heure de pati5ce et enf9 ,dole1 des coteaux c\ps de calcaire jaune1 on ap]oit la h\le bleue des p5tes du ,jura qui se p]d5t dans le lo9ta9 v]s le sud1 aussi lo9 que l'il peut les suivre4 ,au nord-e/1 la *ane se c\pe brusquem5t et un bloc h>di se dta*e du re/e1 le esc>pe qui s'lve comme un cueil =midable au-dessus de ,sal9s4 ,au del de ,dle1 c'e/ une succession de coll9es et de valles1 pays sauvage1 trange1 avec ses *aumires d'argile coiffes d'imm5ses toits de *aume hauts pignons4 ,je m'tonne de ne m'tre jamais inquit de savoir s'il y avait une raison p\r con/ruire des toits de cette =me2 je m'tonne aussi de n'tre jamais entr dans une de ces *aumires p\r en visit] l'intrieur6 ,le village1 ou plutt la petite ville de ,poligny1 se compose de vieilles maisons de pi]re solidem5t bties au milieu de j>d9s et de v]g]s2 elles se s]r5t au milieu p\r =m] un semblant de rue1 et s'tag5t entre les rac9es de la *ane du ,jura1 l'entre d'une petite valle qui s]ait une gorge dans nos comts calcaires d',york et de ,d]by1 au fond de laquelle c\l]ait entre des coll9es onduleuses un ruisseau babill>d2 dans le ,jura1 c'e/ une longue succession de t]rasses en amphi?tre1 de petits b\ts de *amps1 de v]g]s1 qui s'accro*5t au flanc de la montagne1 p>t\t o il e/ possible de mettre le pi$2 au fond1 un c\v5t avec sa fl*e ari5ne1 de jolies *aumires blotties dans des co9s v]doyants ou p]*es sur des saillies de ro*]s4 ,pas de c\rs d'eau1 p\r a9si dire1 ni aucune s\rce1 ni d'autre raison d'tre p\r cette valle que la volont du ,crateur4 ,une longue succession1 ai-je dit1 c'e/--dire1 un mille environ dans la montagne1 une c\le qui p]met la gr&e r\te de ,p>is ,g5ve de s]p5t] capricieusem5t1 grce des travaux d'art primitifs1 se tr\vant t\t c\p o elle n'avait nulle int5tion d'all]1 et se dem&ant comm5t elle p\rra gagn] l'endroit o il faut qu'elle passe4 ,si l'on se ret\rne1 on voit la pla9e de ,b\rgogne s'l>gissant mesure que l'on monte jusqu' ce que1 s\s un d]ni] ro*] esc>p1 la r\te pr5ne le p>ti d'escalad] le rav9 et d'en sortir t\t fait1 l o il se f]me aussi draisonnablem5t qu'il s'e/ ouv]t2 et le voyageur tonn se tr\ve transport comme p> magie au milieu d'une pla9e qui semble app>t5ir un autre monde4 ,c'e/ ici une pla9e unie au sol ro*eux1 avec1 sa surface1 une t]re jaune qui laisse p\ss] une h]be r>e1 mais bonne4 et l1 on voit au lo9 une leve de p9s t\j\rs surmonte1 si le mat9 ou le soir e/ clair1 d'une petite vapeur arg5t9e qui p>at tre un nuage4 ,ces premires zones du ,jura sont plus riantes que les pla9es crayeuses d',+lebor\gh1 auxquelles on p\rrait les comp>] en ,anglet]re4 ,les l&es du ,york%ire1 plus leves1 sont s\v5t balayes p> la pluie au gr des v5ts viol5ts qui rgn5t presque con/amm5t dans la rgion4 ,ce sont dva/s t5dues de s*i/e1 mlang d'argile et de sable prov5ant de la pi]re meulire-sol qui n\rrit une h]be grossire et =me p> endroits des m>cages4 ,aucun arbre n'y peut rsi/] aux v5ts de tempte1 s'il n'a eu la *ance de r5contr] quelque co9 abrit4 ,le ciel du ,jura1 au contraire1 e/ aussi calme et clair que celui du re/e de la ,france1 et le soleil1 lorsqu'il brille dans la pla9e1 fait t9cel] les montagnes qui l'ent\r5t2 les ro*]s du ,jura1 passant de la craie au m>bre1 se f5d5t1 =mant d'tranges replis1 des sillons pr(onds1 mais ils rsi/5t et se sont revtus1 depuis de longs sicles1 soit des fleurs de la =t1 soit d'un gazon ras et f9 avec t\tes les floraisons qui aim5t le soleil4 ,l'air1 qui e/ si pur mme ces altitudes modres--un milli] de pi$s pe9e au-dessus du niveau de la m]--entreti5t leurs plus d\x p>fums et leurs plus vives c\leurs et1 l'hiv] leur donne un repos in9t]rompu s\s le calme de la neige4 ,la diffr5ce e/ plus gr&e encore et plus surpr5ante en ce qui t\*e les c\rs d'eau4 ,dans les moors du ,york%ire1 ils ont beau se ca*]1 p>atre et disp>atre1 on ne les p]d jamais de vue entirem5t1 sait qu'ils tai5t l hi]1 on connat les puits qu'ils vi5dront emplir la premire av]se1 et un petit filet d'eau1 au fond d'un rav9 esc>p1 ou le bruit d'une cascade1 qui tombe du sommet d'un ro*]1 v\s fait t\j\rs v\s dem&] si celui-ci e/ une des s\rces de l',aire1 si celui-l e/ un des ruisselets du ,ribble1 ou du ,bolton ,/rid1 ou bi5 l'un des fils d'arg5t qui1 tisss1 devi5dront la ,tees4 ,mais ni s\pir1 ni murmure1 ni caquet1 ni *anson de ruisseaux ne tr\bl5t le sil5ce en*ant du ,jura4 ,les nuages *>gs de pluie treign5t ses flancs1 flott5t sur ses pla9es1 les inond5t2 ils pass5t1 et une heure plus t>d les ro*]s sont secs1 il n'y p>at plus4 ,quelques p]les de rose seulem5t s'att>d5t1 susp5dues aux feuilles des al*milles1 mais de ruisseau1 po9t2 on n'en voit pas trace1 ni hi]1 ni auj\rd'hui1 ni dema94 trav]s d'invisibles fissures1 de my/rieuses crevasses1 les eaux de la pla9e de la montagne se sont c\les2 t\t en bas seulem5t1 au plus pr(ond de la valle pr9cipale1 c\le la rivire1 la rivire puissante dj1 et que ri5 ne vi5t tr\bl] dans son c\rs4 ,tels sont les premi]s enseignem5ts de la r\te4 ,entre ,poligny et ,*ampagnole1 deux relais sans monte1 sur un sol aride1 pas une flaque d'eau o puisse seulem5t p\ss] un br9 de cresson1 o un tt>d ait la place de remu] la queue2 ensuite1 p> une r\te ombrage et s9ueuse qui e/ la fois le p>c et le b\lev>d du petit village p5sif1 on gagne un pont d'une seule ar*e4 ,l',a91 au-dess\s1 semble dormir dans de belles pr(ondeurs d'un v]t t5dre comme celui des jeunes feuilles d'avril2 puis1 t\t c\p1 il s'veille et s'lance avec fracas au milieu de t\rbillons d'cume1 saute p>-dessus des b>rages1 =me des cascades naturelles ou artificielles1 se divise en une inf9it de petits c\rants qui se gliss5t s\s d'normes ro*]s m9s p> les eaux qui surplomb5t1 et d'o p5d5t des *evelures de v]dure4 ,la seule m]veille p\r quiconque connat un peu la /ructure jurassique1 c'e/ qu'on puisse ap]cevoir les rivires1 que les ro*]s soi5t assez rsi/ants p\r les m5] ciel ouv]t trav]s les valles1 sans ces p]tes frqu5tes comme celles du ,rhne4 ,c'e/ a9si qu'au-dess\s du lac de ,j\x1 l',orbe se p]d p\r rep>atre six c5t quatre-v+ts pi$s plus bas1 dans un site dont j'emprunte la description ,papa ,saussure3 ,un ro*] demi-circulaire lev au mo9s de deux c5ts pi$s1 compos de gr&es assises horizontales tailles pic1 et entrec\pes p> des lignes de sap9s qui croiss5t sur les corni*es que =m5t leurs p>ties saillantes1 f]me du ct du c\*ant la valle de ,valorbe4 ,des montagnes plus leves encore et c\v]tes de =ts =m5t aut\r de ce ro*] une ence9te qui ne s'ouvre que p\r le c\rs de l',orbe1 dont la s\rce e/ au pi$ de ce mme ro*]4 ,ses eaux1 d'une limpidit p>faite1 c\l5t d'abord avec une tranquillit maje/ueuse sur un lit tapiss d'une belle m\sse v]te 7,font9alis antipyretica71 mais1 bi5tt entran p> une p5te rapide1 le fil du c\rant se brise en cume contre des ro*]s qui occup5t le milieu de son lit1 t&is que les bords1 mo9s agits1 c\lant t\j\rs sur un fond v]t1 font ressortir la blan*eur du milieu de la rivire2 et a9si elle se drobe la vue1 en suivant le c\rs d'une valle pr(onde1 c\v]te de sap9s1 dont la noirceur e/ r5due plus frappante p> la brillante v]dure des htres qui croiss5t au milieu d'eux444 ,ah si ,p,,tr>que avait vu cette s\rce1 et qu'il y et tr\v sa ,,laure1 combi5 ne l'aurait-il pas prfre celle de ,vaucluse1 plus abondante peut-tre et plus rapide1 mais dont les ro*]s /riles n'ont ni la gr&eur1 ni la ri*e p>ure qui embellit la ntre4#ca ,je n'ai pas vu la s\rce de l',orbe1 mais je recomm&e l'att5tion du lecteur les s\rces des gr&es rivires4 ,comme elles sont belles lorsqu'elles surgiss5t1 s'lanc5t au pi$ des ro*]s1 au lieu de tomb]1 comme on se l'imag9e volonti]s1 du haut d'une falaise ou d'une p>oi de roc6 ,malham ,cove--une s\rce qui rappelle celle de l',orbe--b\illonne p>eillem5t au pi$ du ro*] et semble sortir d'un rs]voir intrieur plus pr(ond4 ,le vieil htel de la ,po/e1 ,*ampagnole1 tait situ ju/e au-dessus du pont de l',a91 en face de la ville1 l'endroit o la r\te s'aplanit de n\veau avant de s'lanc] v]s ,g5ve4 ,ce doit tre en #ahdb que1 p\r la premire fois1 en quittant ,dijon n\s allmes t\t d'une traite au del de ,poligny jusqu' ,*ampagnole2 mais1 de ce j\r1 l'htel de la ,po/e ,*ampagnole dev9t un arrt habituel1 une sorte de home4 l'all]1 n\s y tions si joyeux et au ret\r n\s y rapportions une si belle provision d'ides qu'il n\s semblait qu'une l>ge tran*e de notre vie s'tait c\le dans la paix du joli village de ,*ampagnole4 ,n\s n'y r5contrions jamais p]sonne1 mais il suffisait au bonheur du propritaire1 qui tait en mme temps cultivateur1 que quelques voyageurs s'y arrtass5t de lo9 en lo94 ,ceux qui y c\*ai5t p> has>d rep>tai5t le plus s\v5t p\r ,g5ve le l5dema9 de gr& mat94 ,n\s1 dont la pro*a9e tape tait ,morez1 n'tions pas si presss4 ,au ret\r1 n\s n\s arrangions p\r quitt] ,g5ve le v5dr$i1 af9 de pass] la j\rne du diman*e ,*ampagnole4 ,c'tait un vrai bonheur p\r moi1 arrivant de ,dijon p> une belle soire de ju91 aprs avoir dn d'une truite et d'une ctelette vite accommodes1 de faire ma premire prom5ade au milieu des ro*]s et des p9s4 ,en dpit de mes prv5tions ,tories 7mes pr9cipes1 devrais-je dire71 j'av\e que l'un des gr&s *>mes de la ,suisse1 surt\t de la ,suisse jurassique1 c'tait la lib]t dont on y j\issait3 non pas une lib]t seulem5t ?orique1 mais une lib]t relle4 ,dans les montagnes plus leves1 on ne peut pas t\j\rs all] o l'on veut3 si l'on dsire all] ici1 c'e/ trop esc>p1 si l'on veut all] l1 c'e/ trop loign4 ,dans le ,jura1 *acun peut all] o bon lui semble et tre heureux p>t\t4 ,qu& j'avais le temps1 je grimpais le ro*] isol au nord du village1 o sont les ru9es d'un vieux *teau =t et les alles encore demi traces de son j>d91 p\r voir si j'ap]cevrais l'horizon les blan*es app>itions4 ,l1 dans le clair crpuscule1 j'ai revu1 d'annes en annes--et *aque fois ils me semblai5t plus admirables--les d]ni]s ro*]s et la calotte du ,mont-,blanc1 c'e/--dire autant qu'on en peut ap]cevoir au del du dme du ,gt1 de ,sa9t-,m>t94 ,mais de ,*ampagnole1 il a t\t autant d'importance qu& on le voit s'embras] aux d]ni]s feux du soir1 comme une ple9e lune de septembre4 ,si je n'avais pas le temps de mont] jusqu'aux ru9es1 j'allais me prom5] dans les bois qui dom95t l',a91 p\r cueillir mes premires fleurs des ,alpes4 ,quelle reconnaissance ne dois-je pas ce que ,h]ne ,hill avait de compass et mme de vulgaire1 ce qui1 p> contra/e1 m'a fait s5tir si vivem5t la div9e sauvag]ie des =ts du ,jura4 ,le l5dema91 n\s trav]sions en voiture la haute valle de l',a92 la r\te suit le c\rs s9ueux de la rivire qui desc5d v]s la pla9e4 ,on se dem&e1 sans p\voir se l'expliqu]1 comm5t ces r\tes en lacets1 qui mont5t si l5tem5t1 arriv5t fran*ir de telles hauteurs4 ,je n'avais pas m>* une heure en suivant la voiture--une heure qui m'avait sembl une m9ute--que n\s tions dj sur le haut plateau de ,sa9t-,laur5t4 ,l'h]be du bord de la r\te se piquait de g5tianes et l'horizon les gr&s p9s se balanai5t1 va/e ocan d'ombre4 ,t\te la ,suisse tait l en esprance1 et ce qu'il y avait de mo9s gr& que la ,suisse lui tait en quelque sorte suprieur dans sa d\ceur simple et sa puret sa9e4 ,les *aumires du ,jura ne sont pas aussi ri*em5t sculptes que celles du cont\r de ,b]ne2 elles n'ont pas la solidit1 les airs de =t]esse de celles d',uri2 elles sont c\v]tes de pi]res plates1 trs m9ces2 leurs gr&s toits en auv5t tomb5t jusqu' t]re comme p\r mieux les g>antir de la pluie1 et elles n'ont p\r t\t ornem5t1 s\s les f5tres1 que quelques lattes entrecroises4 ,il n'y a ni j>d9s fleurs1 ni basses-c\rs att5ant ces bons petits *alets qui abrit5t d'autres occupations que celles du cultivateur--horlog]ie et travaux du mme g5re--bi5 que les g5tianes bleues fleuriss5t jusqu'au seuil des maisons campes au milieu des prairies et que le muguet sauvage croisse sa guise dans les taillis vois9s4 ,les joies que me donnait la vue de ces maisonnettes1 de ces vies actives et heureuses1 et le s5tim5t de solid>it huma9e qui se dgageait de ces scnes paisibles et rurales tai5t c]ta9em5t la base des motions que me faisait pr\v] leur beaut4 ,reportez-v\s au passage des ,sept ,lampes1 crit beauc\p plus t>d1 o je dis qu'il e/ naturel l'homme d'arriv] l'admiration p> la sympa?ie4 ,hlas6 j'ai eu1 depuis1 ma9tes fois l'occasion d'obs]v] avec mlancolie combi5 nombreux1 au contraire1 sont ceux qui ne reg>d5t les *oses que dans leurs rapports avec eux-mmes4 ,mais le s5tim5t qui me donnait de si gr&es joies alors1 qui m'en a donn tant d'autres p> la suite1 tait bi5 diffr5t1 p> son c>actre imp]sonnel1 de celui qu'pr\v5t pas mal de p]sonnes mme p>mi les plus aimables et les meilleures4 ,au db de la correspondance ,c>lyle-,em]son1 publie p> mon *] ami ,*>les ,norton sans assez de comm5taires1 je tr\ve la page #ah cette exclamation t\t fait discutable et1 mon ide1 puisque indiscute1 trs blmable et indigne de mon matre1 savoir que ce n'e/ que lorsque n\s s5tons que l'on p5se n\s1 qu'on n\s aime1 que la va/e t]re devi5t un j>d9 habit4 ,mon ducation1 comme le lecteur a dj pu s'en ap]cevoir1 m'avait am5 une conclusion t\te contraire4 ,mes heures de bonheur tai5t celles o p]sonne ne p5sait moi1 et mes plus gr&s ennuis1 les ob/acles apports mes projets1 mes expri5ces1 tai5t t\j\rs dus l'int]v5tion du public reprs5t p> ma mre et le j>d9i]4 ,le j>d9 ne me semblait pas ds]t p> la raison que je ne m'imag9ais pas tre un objet d'intrt p\r les f\rmis ou les papillons1 et la seule ombre la joie absolue que j'pr\vais lorsque je me prom5ais le soir1 ,*ampagnole ou ,sa9t-,laur5t1 c'tait prcism5t le s5tim5t que mon pre et ma mre p5sai5t moi1 et qu'ils s'inquit]ai5t si j'tais en ret>d p\r le ?4 ,non pas1 croyez-le bi51 que j'eusse pu me pass] d'eux4 ,ils tai5t beauc\p plus p\r moi que n'tait sa femme p\r ,c>lyle2 et si ,c>lyle1 au lieu d'crire qu'il esprait qu',em]son p5s]ait lui en ,amrique1 avait dit qu'il s\haitait que son pre et sa mre p5sass5t lui ,ecclefe*an1 c'et t bi54 ,mais cette op9ion3 que le fait de n'avoir pas d'admirateurs sufft trans=m] le monde en ds]t1 m'app>at comme un misrable tat d'esprit1 et je s]ais t5t1 p\r une fois1 de me flicit] que ma solitude m'et inspir des s5tim5ts t\t contraires4 ,mon plus gr& bonheur tait de p\voir obs]v] sans tre vu2 si j'avais pu r5dre invisible1 j'aurais t ravi4 ,les hommes1 leurs murs m'inspirai5t un intrt analogue celui que m'inspirai5t les m>mottes1 les *amois1 les msanges et les truites4 ,si seulem5t ils v\lai5t bi5 se t5ir tranquilles1 me laiss] les reg>d]1 ne pas s'envol] ou disp>atre dans leurs tr\s6 ,ce monde dbordant de vie--vie des *amps1 vie des nids--ces =ces suprieures de l'air1 des ro*]s1 des eaux1 vivre au milieu de t\t cela1 s'en rj\ir et s'en m]veill]1 heureux d'aid] cette vie si c'tait en mon p\voir1 plus heureux encore si elle n'avait pas beso9 de mon sec\rs1 voil comm5t je compr5ais l'am\r de la ,nature1 voil ce que je retr\ve la rac9e de t\t ce qui a pu se dvelopp] en moi d'utile1 voil la lumire qui claire ce qu'il y a de meilleur en moi4 ,que n\s passions la nuit ,sa9t-,laur5t ou ,morez1 la mat9e du l5dema9 tait t\j\rs fconde en vnem5ts4 ,p> beau temps1 la monte de ,morez aux ,r\sses1 pi$ le plus s\v5t1 tait un pur en*antem5t2 et le djeun]1 et la moisson de g5tianes franges aux ,r\sses6 ,suivait une heure d'angoisse3 je tremblais de voir le ciel se c\vrir2 c>1 si tt que n\s p>tions le mat91 il tait impossible d'arriv] au ,col de la ,faucille avant deux heures1 et mme plus t>d si les *evaux n'tai5t pas excell5ts2 et ds deux heures1 lorsqu'il y a des nuages sur le ,jura1 on peut tre c]ta9 qu'il y en aura sur les ,alpes4 ,il e/ intressant de faire rem>qu]1 c> ,saussure lui-mme n'en dit ri51 que ce passage du ,jura--le plus important--trs diffr5t en cela des pr9cipaux dfils des ,alpes1 se tr\ve au sommet le plus lev de la *ane4 ,le col sp>ant les eaux de la ,bi5ne1 qui desc5d v]s ,morez et ,sa9t-,claude1 de celles de la ,valsr9e qui s]p5te trav]s le ,jura jusqu'au ,rhne ,belleg>de1 e/ un contre=t de la ,dle elle-mme4 ,au long de la *ane1 la r\te cont9ue encore sur un espace de six milles et arrive1 p> une monte d\ce1 au ,col de la ,faucille1 o la *ane s'ouvre brusquem5t1 et aprs c9q m9utes de trot1 on ap]oit le lac de ,g5ve et1 l'horizon1 sur une longueur de plus de c5t milles1 la *ane des ,alpes4 ,je n'ai vu p>faitem5t ce panorama m]veilleux qu'une seule fois1 en #ahce1 qu& je le dess9ai avec exactitude1 dans ma manire d'alors1 et j'ai t\j\rs eu plaisir reg>d] ce dess91 qui tait p\r moi le complm5t de cette premire app>ition des ,alpes1 ,s*affh\se4 ,trs r>es tai5t les voyageurs1 mme en ce temps-l1 qui j\issai5t de ce spectacle2 fatigus p> une longue j\rne de voyage--s'ils v5ai5t de ,p>is--lorsqu'ils atteignai5t le col1 ils ne p5sai5t1 le plus s\v5t1 qu'au dn] et au bon lit qui les att5dai5t ,g5ve2 les ,guides n'en p>lai5t pas1 et si les t\ri/es reg>dai5t comme un devoir de faire l'asc5sion du ,righi1 il ne v5ait l'ide de p]sonne qu'il y et quelque *ose reg>d] de la ,dle4 ,ces deux montagnes ont eu une norme influ5ce sur ma vie1 mais t&is que mes impressions de la ,dle ont t\j\rs t calmes et s]e9es1 celles du ,righi1 au contraire1 ont t s\v5t d\l\reuses1 comme on le v]ra4 ,le ,col de la ,faucille1 en ce beau j\r de #ahce1 m'a ouv]t les cieux4 ,j'ai entrevu--vision de t]re promise--l'av5ir de mon uvre1 ma vritable patrie en ce monde4 ,mes yeux s'ouvrai5t et mon cur en mme temps2 ils voyai5t1 ils possdai5t un royaume1 et quel royaume6 ,aussi lo9 que la vue p\vait s't5dre--t\t ce pays et ses rivires tumultueuses et ses lacs calmes2 l',arve et ses portes ,cluse et les glaci]s de sa s\rce2 le ,rhne avec l'inf9i de son lac de saphir1 si calme au bord des prairies semes de n>cisses de ,vevey1 si dang]eux prs des promontoires de ,si]re--t\t cela se dta*ait sur le ciel et puis s'y fondait1 ciel de montagnes1 de neiges t]nelles4 ,puis c'tait la pla9e vivante1 bruissante de joie huma9e1 une voie lacte de blan*es demeures jetes trav]s l'azur de l'espace ensoleill4 ,note #ca3 ,voyages dans les ,alpes444 p> ,horace-,bndict de ,saussure444 ,tome premi]1 #aggi1 ,*apitre ,,xvi4 ,,*apitre ,x ,,quem ,,tu1 ,,melpom,,ne#cb ,il e/ impossible1 qu'il s'agisse de la biographie d'une nation ou de celle d'un individu1 de suivre1 de faon inflexible1 le c\rs des annes4 ,c]ta9es dispositions s'affaibliss5t qu& d'autres se dvelopp5t1 la plup>t se manife/5t sans rgul>it1 elles correspond5t tantt des priodes d'exaltation1 tantt des mom5ts de lassitude2 p\r vit] la confusion1 il faut pass] des unes aux autres en ngligeant ce qui peut en mme temps se produire dans d'autres directions4 ,j'ab&onn]ai donc1 p\r l'in/ant1 les t5tatives potiques et arti/iques de l'anne #ahce1 et je ret\rn]ai en arrire p\r p>l] d'une autre bran*e de mes ludes qui et pu port] de meilleurs fruits4 ,je ne me rappelle pas exactem5t1 et peut-tre mon lecteur m'en saura-t-il gr1 s\s quelles inspirations1 7,apollon s'en mla-t-il871 je dcl>ai mon pre et ma mre1 galem5t incrdules1 je dois l'av\]1 que si je ne p\vais pas p>l]1 du mo9s je p\vais j\] du violon4 ,auj\rd'hui encore1 je ne me console pas d'avoir p]du l'occasion d'affirm] mes tal5ts musicaux1 lors d'un gr& dn] militaire (f]t dans la salle des ftes de l'htel ,sussex ,tunbridge ,wells1 o n\s passions quelques j\rs qu& j'avais huit ou neuf ans4 ,n\s respirions le bon air1 n\s j\issions de la vue de la jolie fonta9e et des prom5ades en voiture aux ,high ,rocks4 ,aprs le dn]1 musique militaire et1 grce la conniv5ce des dome/iques1 ,anne et moi avions pu n\s y faufil] au dess]t4 ,j'tais plutt alors un joli petit g>on2 je portais1 ce qui tait assez orig9al1 une sorte de jaquette b\tonne g>nie de galons4 ,comme j'tais l1 b\*e be1 reg>d] les musici5s1 mais surt\t le tamb\r1 le colonel rem>qua mon extase et1 amus1 envoya un s\s-lieut5ant me *]*]4 ,il avait dev9 ma p5se1 sans d\te1 c> il me dit que je p\vais all] dem&] au tamb\r de me prt] ses jolies baguettes4 ,quelle t5tation6 c> je me croyais sr de p\voir m'en s]vir4 ,mais ma /upide timidit l'emporta et je me cont5tai de sec\] la tte tri/em5t4 ,c'en tait fait de ma c>rire musicale4 ,qui sait ce que j'aurais tir de ce tamb\r1 ou1 si mon pre1 p> has>d1 m'avait emm5 en ,espagne1 ce que j'aurais pu faire d'un tamb\r94 ,ma mre1 occupe de *oses plus graves1 n'avait jamais cultiv le peu qu'elle avait appris en musique1 bi5 qu'elle en j\t extrmem5t4 ,mrs ,ri*>d ,gray se mettait quelquefois au piano et c'tait p\r moi une vraie fte2 mais comme *aque fois qu'il lui arrivait de faire une fausse note1 son m>i se mettait c\rir t\t aut\r de la *ambre en faisant mille contorsions1 se b\*ant les oreilles et criant3 ,oh6 ,m>y1 ,m>y1 je v\s en prie6 elle s'arrtait1 intimide4 ,quant notre ,m>y n\s1 elle faisait consci5cieusem5t ses gammes1 mais c'tait peu prs t\t4 ,cep5dant je tr\vais un gr& enc\ragem5t auprs d'amis jeunes et arti/es1 dont j'aurais d p>l] depuis longtemps1 si j'avais suivi avec rigueur l'ordre *ronologique des faits4 ,en dcrivant1 plus haut1 l'(fice de mon pre1 j'ai p>l d'un c]ta9 cordon au moy5 duquel le premi] commis ouvrait la porte sans se drang]4 ,ce premi] commis ou1 plus simplem5t1 le premi] des deux et seuls employs du bureau1 ,h5ry ,watson1 t5ait une trs gr&e place dans la vie de mon pre et dans la mi5ne4 ,nos rapports1 qu& j'y songe auj\rd'hui1 d\x et bi5faisants c]ta9s g>ds1 eur5t d'assez malheureuses consqu5ces p\r lui comme p\r n\s4 ,un grave dfaut de mon pre1 une disposition f*euse de son esprit 7je le dis en t\t respect1 c> il y avait1 en lui1 beauc\p plus admir] qu' blm]71 c'tait de ne support] aucune supriorit4 ,il e/imait leur valeur ses tal5ts1 ses dons1 mais il savait aussi qu'il lui manquait l'n]gie ncessaire p\r en tir] t\t le p>ti possible2 et c'tait une raison de plus p\r ne pas admettre1 sur son propre t]ra91 un semblant d'galit4 ,lorsqu'il *oisissait un employ1 il lui dem&ait d'abord d'tre honnte et ensuite 9capable4 ,je n'affirme pas qu'il et r5voy un commis intellig5t1 si le has>d lui en avait fait r5contr] un1 mais ce qu'il exigeait de ses employs1 c'tait non d'avoir le gnie comm]cial1 mais d'tre des subordonns satisfaits de re/] subordonns t\te leur vie4 ,frdric le ,gr& *oisissait ses m9i/res d'aprs les mmes pr9cipes2 il e/ vrai que ses commis ne p\vai5t rv] de dev5ir roi1 t&is que les commis d'une maison de comm]ce rv5t t\j\rs de dev5ir les associs du patron et mme de lui succd]4 ,il faut dire aussi que les commis de ,frdric tai5t d'admirables commis1 t&is que ceux de mon pre en tai5t de =t mdiocres4 ,mon pre1 qui ne cessait de se pla9dre de leur incapacit1 ne faisait ri5 p\r tr\v] des g5s plus capables4 ,s'il envoyait ,h5ry ,watson faire une t\rne *ez les cli5ts1 c'tait1 *aque fois1 p\r dcl>] qu'il avait fait plus de que de bi52 s'il laissait1 de temps autre1 ,h5ry ,rit*ie crire une lettre d'affaires1 il lui fallait--et je crois que ce n'tait pas sans une c]ta9e satisfaction en crire deux lui-mme1 p\r en expliqu] ou rp>] les bvues4 ,il n'y avait pas de j\r qu'il ne r5trt agac1 p>ce qu'on avait fait ceci ou qu'on n'avait pas fait cela4 ,et cep5dant1 ses deux commis sont re/s avec lui jusqu' sa mort4 ,je p>l]ai de ,mr ,rit*ie ultrieurem5t2 quant ,h5ry ,watson1 le premi] commis1 l'homme de confiance1 il y a dj longtemps que j'aurais d m'en occup]4 ,il tait1 je crois1 le pr9cipal s\ti5 d'une mre veuve et de trois surs1 jeunes filles aimables1 cultives1 et assez s5ses1 inf9im5t plus raff9es qu'on ne l'tait1 en gnral1 dans leur monde1 et dsireuses1 non p> sotte vanit1 de le dpass]4 ,non p> vanit1 ai-je dit1 et p\r le plaisir de voir de beaux quipages s'arrt] devant leur porte1 mais p>ce qu'elles avai5t le s5tim5t de ce qu'il y a de rellem5t bon dans la bonne socit de ,londres et dans ses usages4 ,elles aimai5t1 aspirant leurs h1 caus] avec des g5s qui n'oubliai5t pas les leurs2 elles aimai5t se t5ir au c\rant de ce qui se passait dans le monde lgant1 avoir leur entre telle ou telle agrable saut]ie1 tel ou tel bon conc]t4 tant elles-mmes la fois de bonnes et agrables musici5nes 7ce qui ne se r5contre pas t\j\rs p>mi les musici5s71 cela ne leur tait pas difficile2 il e/ vrai que cela impliquait une maison dans un qu>ti] la mode1 non lo9 du ,p>c1 de jolies toilettes et mme quelques rceptions4 ,au total1 cela s\s-ent5dait non seulem5t t\t ce que gagnait ,h5ry1 mais encore ce que gagnai5t1 dans quelques emplois plus ou mo9s hupps1 deux autres frres qui s'appelai5t ,david et ,william4 ,ce d]ni]1 ma9t5ant que j'y rfl*is1 tait aussi dans le comm]ce des v9s1 dans le ,we/-,end2 il f\rnissait la noblesse de ,clos-,v\geot1 de ,ho*heim]1 de *ampagne des plus gr&s crus1 et autres nect>s qui ne vi5n5t que des vignes des gr&s-ducs et des comtes de l',empire4 ,les ,watson vivai5t l>gem5t sans faire d'conomies2 ces demoiselles s'amusai5t1 appr5ai5t l'allem&--ce qui tait dans ce temps-l =t di/+u et mme potique--*antai5t avec grce1 s'habillai5t ravir1 bi5 que d'une faon un peu p>ticulire1 un peu vieillotte1 qui avait son *>me2 t\te la famille se piquait d'app>t5ir une lit1 lite de bon gt1 de v]tu4 ,lorsque ,h5ry ,watson entra *ez mon pre1 seize ou dix-sept ans1 cela fut considr p> t\te la famille comme un vritable c\p de =tune4 ,les ,watson1 dans leur reconnaissance1 aurai5t fait t\t au monde p\r tre agrables mes p>5ts4 ,mais ces dames ne t>dr5t pas s'ap]cevoir qu'il n'tait pas facile de faire des frais p\r ma mre2 bi5tt elles se montrr5t surprises1 puis mcont5tes de la faon dont les *oses se passai5t tant dans ,billit] ,/reet qu' ,h]ne ,hill4 ,au bureau1 beauc\p de travail1 la maison1 peu de rceptions2 les commis ne p\vai5t1 s\s aucun prtexte1 g>d5-p>ty ou autre1 ab&onn] le travail avant l'heure1 et le soir on n'avait p]mission de s'clair] qu'avec des *&elles4 ,le fait que le ,patron habitt une moiti de maison1 au del du faub\rg de ,camb]well1 tait =t humiliant p\r t\s ceux qui t\*ai5t1 de prs ou de lo91 l',affaire6 ,que de plus1 *aque mat91 ,h5ry dt pr5dre un omnibus p\r all] son travail du ct de ,bill+sgate au lieu de trav]s] les qu>ti]s lgants et d'avoir un bureau dans ,sa9t-,james ,/reet1 c'tait aussi pnible p\r lui que d%onorant p\r mon pre dont cela s\lignait le peu dgt et le manque d'habitudes du monde4 ces dames1 en outre1 ma mre faisait l'effet d'un phnomne s+uli] et les rapports avec elle tai5t d'une difficult qui les attri/ait4 ,ne pr5ant elle-mme aucun intrt l'tude de l'allem& et se s\ciant =t peu de ce qui se passait ,mayfair et de ce qui s'y disait1 elle jugeait avec quelque svrit--une svrit o il se mlait peut-tre un peu jal\sie--ce qu'elle appelait1 les prt5tions de ces demoiselles2 de leur ct1 t\t en r5dant ju/ice aux gr&es qualits de ma mre--et avec le temps1 s'tant s9crem5t atta*es elle--celles-ci n'tai5t pas disposes t5ir compte des ides d'une femme qui ne savait pas d'autre langue que la si5ne1 et se montrai5t peu disposes accueillir des tmoignages d'amiti qui1 s\v5t1 pr5ai5t la =me de conseils4 ,en dpit de ces manires de voir trs diffr5tes1 il exi/ait des relations vraim5t agrables et mme affectueuses entre ma mre et les misses ,watson4 ,avec ce gt naturel p\r la campagne qui rpond ce qu'il y a de meilleur dans la nature fm99e1 ds le pr9temps1 ,fanny1 ,hlne1 la petite ,juliette1 la plus futile mais peut-tre aussi la mieux d\e1 acc\rai5t4 ,elles ab&onnai5t avec joie1 p\r un j\r ou deux1 l'lgance p\ssireuse de leur rue ari/ocratique de ,mayfair p\r les lilas et les faux bni]s de ,h]ne ,hill2 t\j\rs prtes1 a9si que leur frre ,h5ry1 rpondre au premi] appel1 aid] recevoir tel ou tel gros correspondant de la maison1 lui *ant] les plus jolis airs de l'opra la mode1 sans nglig] p\r cela1 les classiques allem&s4 ,h5ry avait une trs belle voix de tnor et les trois surs1 bi5 qu'aucune n'et un vritable tal5t1 *antai5t avec gt et ensemble4 ,c'e/ a9si que1 ds l'enfance1 j'eus l'occasion d'ent5dre beauc\p de bonne musique4 ,si le quatuor avait *ant des glees anglais1 des ballades cossaises1 des *ansons de m>9s2 ou si l'une surs avait t assez d\e p\r r5dre dans t\te sa spl5deur la gr&e musique1 j'aurais sans d\te quitt mes tudes gographiques ou m9ralogiques p\r v5ir c\t]4 ,mais les compositions savantes des ,allem&s me p>aissai5t simplem5t ennuyeuses et les jolies modulations itali5nes1 dont je ne compr5ais pas un mot1 me plaisai5t seulem5t comme aurai5t pu me plaire les trilles des m]les qui1 p>fois v5ai5t faire concurr5ce aux *anteurs qu&1 p> les belles soires de pr9temps1 on laissait les f5tres ouv]tes sur le j>d94 ,nanmo9s1 l'ducation de mon oreille et de mon gt se faisait sans que j'y p5sasse4 ,je ne crois pas avoir ent5du une excution musicale vraim5t magi/rale avant qu'un bon has>d me ft ent5dre la meilleure de t\tes1 ce qui n'tait possible que durant quelques annes de ma jeunesse4 ,je n'ai pas suffisamm5t expliqu la phrase qui m'a *app propos du fatal dn] *ez ,mr ,domecq1 lorsque j'avais quatorze ans4 ,l'associ espagnol de mon pre habitait aux ,*amps-lyses avec sa femme1 une ,anglaise1 et ses c9q filles2 l'ane1 ,diana1 tait la veille d'p\s] un des (fici]s de ,napolon1 le ,comte ,maison2 les quatre autres1 beauc\p plus jeunes1 se tr\vai5t p> has>d ce j\r-l la maison1 c> elles tai5t leves au c\v5t4 ,aprs le dn]1 un dn] de famille1 maman1 les jeunes filles et un vieux monsieur franais dlicieux1 ,mr ,badell1 m'avai5t fait j\] la toilette de madame2 malheureusem5t1 il m'tait impossible de me rappel] si j'tais le colli] ou les j>retires4 ,la p>tie t]m9e1 ,clotilde et ,ccile n\s j\r5t ,les *os1 et t\tes sortes de valses et de polkas1 seulem5t je ne savais pas dans]2 la f9 lise1 t\*e1 de ma dtresse1 s'occupa de moi comme j'ai dit4 ,les gr&es p]sonnes ne p>lai5t que de la mort de ,bell9i1 du deuil o cette mort avait plong ,p>is et de la faon admirable dont ,i ,puritani de ce matre tai5t *ants p> les quatre gr&s arti/es en vogue alors1 et p\r lesquels d'ailleurs ,bell9i les avait crits#cc4 ,je ne m'explique pas que je n'aie g>d aucun s\v5ir de ma premire soire l',opra1 ni1 quant cela1 de ma premire soire aucun ?tre1 malgr que j'eusse bi5 d\ze ans lorsque j'y fus m52 et ds lors c'tait un ravissem5t d'un g5re pas trs sublime d'tre m5 une pantomime4 l'heure actuelle1 j'aime encore beauc\p le ?tre1 c'e/ un des plaisirs sur lesquels je suis le mo9s blas4 ,comm5t se fait-il donc que moi qui me s\vi5s du ro*] de ,fri>'s ,crag ,d]w5twat]1 que j'ai vu qu& j'avais quatre ans1 qui vois encore la c\r de l'htel ,p>is1 o n\s tions desc5dus qu& j'en avais c9q1 je n'aie cons]v aucun s\v5ir de ma premire soire au ?tre8 tre m5 alors ,p>is une reprs5tation des ,purita9s1 dont le livret n'a qu'un mdiocre intrt dramatique1 ne m'tait pas un trs gr& plaisir1 mais j'ent5dais cette occasion1 ce qui n'e/ possible qu'une ou deux fois dans un sicle1 quatre trs gr&s arti/es *ant] ensemble avec le dsir s9cre de s'aid]1 non de s'clips]1 et de mettre en valeur1 non seulem5t leurs voix et leurs tal5ts1 mais la musique qu'ils int]prtai5t6 ,le bonheur avait v\lu1 qui plus e/1 qu'une femme incomp>able--la ,taglioni--danst2 cette femme1 d\e de t\tes les grces1 joignait la nature la plus pure1 l'ardeur la plus s9cre1 le respect et la passion de son art4 ,ma mre1 bi5 qu'elle me laisst accompagn] mon pre1 avait contre le ?tre t\s les prjugs purita9s2 elle l'aimait p\rtant et j'imag9e que1 si elle se privait d'y v5ir avec n\s1 c'tait dans une ide de sacrifice1 d'expiation3 la ranon p\r ce qu'il p\vait y avoir de crim9el dans la concession qu'elle n\s faisait1 mon pre et moi4 ,cep5dant ma mre n\s avait accompagns ce j\r-l p\r ent5dre ces arti/es incomp>ables dont la r5omm tait europenne2 et1 phnomne trange1 et bi5 t\*ant aussi1 sa puret si intransigeante fut conquise sur l'heure p> la puret1 l'innoc5ce1 la beaut de *acun des ge/es de la div9e arti/e2 de ce j\r1 ma mre ne se refusa jamais v5ir avec n\s voir la ,taglioni4 ,il ne s'e/ gure pass de saison1 depuis1 que je n'aie ent5du au mo9s deux ou trois fois ces quatre gr&s *anteurs4 ,ce sont eux qui m'ont initi la musique sans jamais la tortur]1 sans jamais lui faire dire autre *ose que ce qu'elle v\lait dire4 ,combi5 je suis heureux auj\rd'hui d'avoir ent5du leur int]prtation de ,moz>t et de ,ross9i6 ,c'e/ un bonheur qui n'arrive plus p]sonne1 de nos j\rs1 o l'on a la manie de press] t\s les m\vem5ts4 ,grisi1 la ,malibran *antai5t un ti]s mo9s vite que n'importe laquelle de nos cantatrices mod]nes#cd2 et la ,patti1 la d]nire fois que je l'ai ent5due1 a massacr le rle de ,z]l9e dans ,l ci d>em1 comme si le public et elle n'avai5t d'autre b que d'en f9ir avec l'air de ,moz>t le plus tt possible6 ,quelques annes plus t>d 7 quoi bon ret>d] cette confession871 lorsque j'tais ,*ri/ ,*ur*1 les lves srieux avai5t organis une socit musicale1 s\s direction de l'organi/e de la ca?drale1 ,mr ,m>%all1 et cet excell5t homme s'tait mis dans la tte de me faire *ant] ,come mai posso viv]e se ,ros9a non m'ascolta1 et j\] ce que je p\vais d*iffr] des accompagnem5ts d'autres romances s5tim5tales4 ,je ne suis jamais arriv d*iffr] de faon conv5able1 mais j'avais de l'oreille1 le s5s du ry?me et1 de plus1 j'tais am\reux2 ce qui m'aida pntr] quelques pr9cipes d'art musical1 que je p\rrai peut-tre expos] quelque j\r p\r le plus gr& bi5 de ceux qui aim5t la musique1 si seulem5t j'arrive au b\t de cette autobiographie4 ,quel pr(it p\rrais-je tir] de ,*ri/ ,*ur*8 ,o ces tudes me mn]ai5t-elles8 ,c'e/ ce que ni mon pre ni ma mre n'avai5t encore song se dem&]4 ,ma mre1 qui voyait se dvelopp] en moi le gt des sci5ces naturelles et du travail m?odique1 ne s'inquitait pas1 je crois2 elle tait conva9cue qu'il y avait en moi l't(fe d'un autre ,:ite de ,selborne ou d'un ,vicaire de ,wakefield1 va9queur de t\tes les controv]ses1 :i/oni5nes et autres4 ,mon pre rvait peut-tre d'une c>rire plus brillante1 mais ni l'un ni l'autre n'en p>lait1 quelque importance qu'ils y atta*ass5t au fond de leur cur2 et l'on me p]mit1 sans me t\rm5t] autrem5t1 de cont9u] mesur] le bleu du ciel1 reg>d] c\rir les nuages1 si bi5 que j'avais oubli presque t\t le lat9 que j'aie jamais su et t\t mon grec1 sauf l'ode la rose d',anacron4 ,en #ahcf1 cep5dant1 un lg] ef=t fut t5t p\r me faire sortir de mon ornire3 on m'envoya ent5dre les confr5ces de ,mr ,dale ,k+'s ,college4 ,c'e/ lui qu'un j\r1 dans la c\r d'entre1 j'expliquai qu'un portique ne devrait jamais tre s\t5u p> des arcs4 ,c'tait le temps o j'avais une trs haute ide de moi1 p>ce que j'entrais p> la mme porte que les tudiants en bonnet c>r4 ,le sujet des confr5ces tait la littrature anglaise primitive1 et bi5 que je ne connusse ri51 que je n'eusse ri5 lu de plus anci5 que ,pope1 je me croyais aussi bon juge en la matire que ,mr ,dale4 ,je n'ai jamais oubli sa citation3 ,knut ! k+ came sail+ by2 mais je crois bi5 que c'e/ t\t ce que j'ai appris cet t-l4 ,c> ma mauvaise toile avait v\lu que ,mr ,domecq1 l'associ de mon pre1 en t\rne *ez ses cli5ts d',anglet]re1 et dem& la p]mission de laiss] ses filles ,h]ne ,hill p5dant son voyage1 af9 de leur donn] l'occasion de voir les lions de la ,t\r et autres curiosits4 ,p\r compr5dre comm5t n\s avions pu les log] t\tes ,h]ne ,hill1 il faudrait avoir le plan des trois tages4 ,l'in/allation1 il e/ vrai1 p>ticipait de l'ar*e de ,no et de la maison de p\pe1 mais enf9 on t5ait4 ,clotilde1 qu9ze ans1 blonde1 le visage ovale et la t\rnure ple9e de grce2 ,ccile1 treize ans1 brune1 avec un beau front et des traits p>faits2 lise1 une autre blonde1 ayant le visage rond d'une petite anglaise1 un trsor de bon naturel et de bon s5s2 enf9 la d]nire1 ,c>ol9e1 une trange et dlicate petite crature de onze ans4 ,nes sur le cont95t1 ,clotilde ,cadix1 elles tai5t leves au conv5t ,p>is1 ce qui ne les emp*ait pas d'tre trs monda9es p5dant les vacances4 ,le s\v5ir de notre premire r5contre aux ,*amps-lyses tait re/ pr(ondm5t grav dans mon cur4 ,il e/ vrai de dire que c'tai5t les premires jeunes filles du monde1 les premires jeunes filles p>faitem5t bi5 leves et bi5 mises que je r5contrais ou t\t au mo9s auxquelles je p>lais4 ,j'ent5ds naturellem5t p> bi5 mises3 habilles simplem5t1 mais avec la c\pe et l'aju/em5t p>isi5s4 ,elles tai5t t\tes des ca?oliques bigotes1 comme dis5t les prote/ants1 conva9cues1 comme ils devrai5t dire2 elles p>lai5t le franais et l'espagnol avec grce1 l'anglais correctem5t bi5 qu'avec une c]ta9e pe9e1 et elles tai5t t\tes quatre assez raisonnables1 ,clotilde avec un peu d'au/rit et de raideur1 lise avec gat et bonne humeur1 ,ccile avec srnit1 ,c>ol9e avec passion4 ,e/-il possible d'imag9] p>eille con/ellation1 runion d'toiles plus brillantes1 trav]sant t\t c\p le ciel obscur de mon faub\rg de ,londres8 ,comm5t mes p>5ts ont-ils pu laiss] ma jeunesse expose sans df5se t\s ces dang]s1 c'e/ ce que le lecteur se dem&]a sans d\te avec surprise et c'e/ ce que1 seules1 les ,p>ques p\rrai5t dire2 il e/ vrai1 et c'e/ l sans d\te leur excuse1 qu'ils ne m'avai5t jamais vu jusqu'ici intress le mo9s du monde p> les jeunes filles4 ,je fuyais sy/matiquem5t1 au contraire1 les prom5ades de ,*elt5ham1 de ,ba? ou la plage de ,d\vres2 bi5 mieux1 je grognais si l'on v\lait m'y tran]1 et je me sauvais ds que je p\vais m'*app]2 mes *]s p>5ts m'avai5t1 qui plus e/1 lev dans un torysme anglais si intransigeant et si or?odoxe1 dans un vanglisme plus or?odoxe encore1 qu'ils ne p\vai5t imag9] le jeune homme pieux pris de sci5ce1 l'admirateur du roi ,george ,,iii que j'tais1 tr\bl dans son quilibre con/itutionnel et p5*ant du ct du ca?olicisme franais6 ,je n'avais jamais p>l de mes s\v5irs des ,*amps-lyses1 bi5 ent5du6 ,j'tais lev plus svrem5t que les jeunes filles elles-mmes dans leur c\v5t2 je n'avais pas connu la d\ceur1 l'apaisem5t d'une affection fm99e1 d'une amiti de sur4 ,et comme j'avais l'horreur de t\s les sports1 o j'tais d'ailleurs extrmem5t maladroit1 ri5 ne v9t contrebalanc] ma disposition la rv]ie1 et je me tr\vai jet pi$s et po+s lis1 avec t\te la simplicit de mon innoc5ce1 dans la f\rnaise1 expos au feu crois de ces quatre jeunes filles1 lesquelles1 cela va sans dire1 en mo9s de quatre j\rs1 ne laissr5t de moi qu'un tas de c5dres blan*es4 ,quatre j\rs suffir5t p\r me rduire en c5dres1 mais ce m]cr$i des ,c5dres dura quatre annes4 ,ri5 de plus comique quant aux circon/ances extrieures1 ri5 de plus tragique dans son ess5ce n'et pu f\rnir matire au plus habile des dramaturges4 ,comme manire d'tre1 comme tat d'esprit1 j'(frais un trange mlange o il y avait la fois du ,mr ,traddles1 du ,mr ,toots et du ,mr ,w9kle3 la fidlit p\sse jusqu' l'ide fixe de ,mr ,traddles1 la conv]sation brillante de ,mr ,toots1 l'ambition hroque de ,mr ,w9kle2 le t\t clair p> une imag9ation qui rappelait celle de ,copp]field a son premi] dn] de ,norwood4 ,la beaut de ,clotilde 7,adle-,clotilde1 en vrit2 ses surs l'appelai5t ,clotilde en s\v5ir de la re9e-sa9te1 et moi ,adle p>ce que cela rimait avec plusieurs pi?tes potiques7 brillait d'un clat incomp>able1 rehausse encore p> la beaut de ses surs2 t&is que ma timidit1 ma gau*]ie ord9aires s'augm5t5t de t\tes les prv5tions la fois patriotiques et prote/antes dont j'avais t n\rri1 et que ni la politesse ni la sympa?ie n'arrivai5t modr]4 ,ds qu'il y avait du monde1 je re/ais assis dans mon co91 rong de jal\sie1 comme un /ock-fi% 7j'imag9e que je devais assez ressembl] la raie qui essaie de gravir la vitre d'un aqu>ium72 si le bonheur v\lait que n\s fussions seuls1 j'essayais d'expos] ma matresse1 sans t5ir compte du sang espagnol qui c\lait dans ses ve9es1 de son ducation p>isi5ne et de son cur de ca?olique1 mes ides sur l'inv9cible ,armada1 la bataille de ,wat]loo et la doctr9e la ,transub/antiation4 ,et je n'avais g>de1 en mme temps1 bi5 ent5du1 d'oubli] les petits tal5ts que je croyais possd]4 ,j'crivis1 en suant sang et eau et en me torturant l'imag9ation1 une hi/oire napolita9e 7notez que je n'avais jamais vu ,naples71 o1 dans le ,b&it ,leoni1 je traais le c>actre idal du b&it--le b&it que j'aurais rv d'tre--et o je dotais la j\v5celle ,julietta de t\tes les p]fections de la bi5-aime4 ,les relations que n\s avions avec les diteurs1 ,,mm4 ,smi? et ,eld]1 me p]mir5t de faire p>atre cette petite hi/oire dans ,fri5d%ip's ,(f]+4 ,mais en la lisant1 ,adle fut prise d'un tel f\ rire1 la *ose lui p>ut si ridicule et si drle qu'elle ne songea pas une seconde mnag] mon am\r-propre d'auteur4 ,je s\ffris sans me pla9dre3 c'tait dj du bonheur de la voir rire6 ,je n'avais jamais os lui adress] mes v]s directem5t1 mais1 qu& elle p>tit p\r ,p>is1 je lui crivis une lettre en franais1 sept pages 9-qu>to1 o je dcrivais la dsolation et la solitude de ,h]ne ,hill depuis qu'elle l'avait quitt4 ,je sus p> lise ou p> ,c>ol9e qu'elle avait reu ma lettre1 qu'elle l'avait lue et qu'elle avait bi5 ri de mon franais4 lise et ,c>ol9e1 p> bont1 ne disai5t pas qu'elle avait ri aussi du cont5u4 ,mes p>5ts ne voyai5t pas gr& mal ce petit roman1 et ,mr ,domecq1 qui tait trs bon et se connaissait en hommes1 avait un c]ta9 gt p\r moi2 il avait pu con/at] que j'tais d'humeur d\ce1 et que j'avais quelques ides dans la c]velle qui se dvelopp]ai5t avec le temps3 dans l'intrt des affaires1 il aurait t dispos me donn] celle de ses filles qui me plairait1 condition qu'elle-mme y ft dispose1 mais il ne tr\vait pas que le mom5t ft encore v5u d'en p>l]4 ,mon pre p>tageait son s5tim5t2 et de plus1 il avait t en*ant de me voir imprim dans ,fri5d%ip's ,(f]+1 en*ant de voir que je me plaisais dans la socit de jeunes filles di/+ues4 ,il esprait1 si j'crivais des v]s sur elles1 et p\r elles1 qu'ils s]ai5t aussi beaux que ceux des ,h\rs ( ,idl5ess de ,byron4 ,quant ma mre1 la p5se que je p\rrais p\s] une ca?olique roma9e lui p>aissait tellem5t mon/rueuse qu'il ne lui semblait pas possible que cela entrt dans les desse9s de la ,provid5ce2 elle ne s'en t\rm5tait donc pas1 mais tr\vait t\te cette affaire /upide et en tait ennuye1 comme elle l'et t si une de ses *em9es s'tait mise fum]1 sans croire un mom5t que le feu tait la maison4 ,elle jugeai mieux que mon pre1 t\tefois1 de la pr(ondeur de mon am\r1 mais sa t5dresse mat]nelle rpugnait me faire s\ffrir p> une opposition trop viol5te1 esprait1 une fois les ,domecq p>tis1 que le s\v5ir d',adle s'effac]ait1 fondrait avec la neige du pro*a9 hiv]4 ,t\tes ces indulg5ces aidant1 et bi5 que cruellem5t emb>rass de mon p]sonnage1 je n'tais en ri5 corrig de ma fatuit1 de ma folie qui1 cette fois1 avait p\r base un s5tim5t trs rel et trs pr(ond1 c> il y avait l 7pr5ez-y bi5 g>de1 *] lecteur71 une vritable et magnifique rvlation du miracle n\vellem5t entrevu p> moi1 de l'am\r huma91 l'am\r exaltant la beaut du monde extrieur que je n'avais *]*e jusqu'ici que p\r elle-mme4 ,et c'e/ a9si que1 dans ma dix-septime anne1 s\s l'empire de cette passion am\reuse1 et dans un tat de maje/ueuse imbcillit1 je me mis crire une tragdie qui avait p\r ?tre ,v5ise et o t\tes les d\leurs de mon me devai5t tre traduites en v]s immortels4 ,bianca1 la belle hrone1 s]ait d\e de t\tes les p]fections de ,desdmone1 de t\tes les grces de ,juliette1 et je tr\v]ais p\r dcrire ,v5ise et l'am\r des acc5ts inconnus4 ,je note1 en passant1 qu'en voyant le ,palais ,ducal l'anne prcd5te p\r la premire fois1 j'avais annonc gravem5t mon pre et ma mre que j'allais en faire un dess9 comme on n'en avait jamais vu4 ,dans cette int5tion1 j'avais pris des notes1 j'avais fait un ou deux croquis et j'avais mis le dess9 au po9t ,trvise1 de *ic4 ,ce dess9 exi/e2 il e/ t\t fait manqu comme p]spective1 ce qui e/ assez tonnant1 mais j'tais alors si infatu de moi-mme que je ddaignais de m'a/re9dre aux rgles2 le quadrill r\ge et blanc des m>bres donne un effet de panneaux en relief4 ,aucune figure huma9e ne vi5t tr\bl] la s]e9e tranquillit de la ,riva et les gondoles--qui ont la =me de croissants1 le croissant turc r5v]s--flott5t l'av5ture sans le sec\rs de gondoli]s4 ,les autres s\v5irs de cette anne #ahcf se sont effacs1 mais je me vois encore s\s le gr& mri]1 au fond du j>d91 crivant ma tragdie4 ,je ne sais plus si n\s avons voyag1 ni comm5t se passait le re/e de mes j\rnes4 ,t\t a disp>u1 t\t1 except ,v5ise et ,bianca1 et la r\te qui trav]sait ,%oot]'s ,hill1 o se portai5t sans cesse mes reg>ds1 la r\te de ,p>is4 ,j'ai d lire du grec1 mais quoi6 je l'ai oubli4 ,j'ai d faire des ma?matiques1 c> je savais la diffr5ce entre une rac9e c>re et une rac9e cubique1 qu& j'entrai ,ox=d et que mon pr(esseur me plongea dans ,hrodote qui me f\rnit la matire d'une *anson boire scy! l'imitation du ,gia\r4 ,je cra9s =t que mon lecteur ne soit t5t de mettre en d\te ce que j'ai affirm plus haut1 savoir que ,byron ne m'a fait aucun mal4 ,qu'il se tranquillise2 et1 sans d\te1 la =me que prit ma folie me fut inspire p> lui1 mais cette =me tait la meilleure qu'elle pt pr5dre4 ,mon anglais a plus gagn se model] sur le ,gia\r et la ,fiance d',abydos qu'il n'et fait s\s t\t autre matre 7la tragdie1 cela va de soi1 tait %akespe>i5ne71 et mon tat d'esprit--p> sa faute et p> celle des circon/ances--n'tait pas celui de ,byron4 ,c'e/ dans cette mme anne1 #ahcf1 que je me mis tudi] ,%elley et que je p]dis des heures lire et relire ,! ,s5sitive ,plant et ,epipsy*idion4 ,%elley1 lui1 m'a fait beauc\p de mal2 c> je me suis mis crire des v]s comme ceux-ci3 prickly & pulp\s & bli/]$ & blue1 ou encore3 ,x 0 a little lawny islet by anemone & vi'let--l mosaic pav51 etc4 ,il e/ vrai que1 dans l'tat de dsquilibre o j'tais1 je ne p\vais tir] gr& bi5 de quoi que ce soit4 ,la p]svrance que j'ai mise all] jusqu'au b\t de la ,rvolte de l',islam et de savoir 7je n'y suis jamais arriv7 qui s'tait rvolt1 et contre qui1 m'app>at t\tefois comme un ef=t honorable2 et le ,prom?e m'a c]ta9em5t fait compr5dre quelque *ose d',es*yle4 ,et aprs t\t1 tant donn ce que je devais tre p> la suite1 je ne vois pas comm5t ces annes d'eff]vesc5ce euss5t pu se mieux pass]2 c'tait1 en t\t cas1 inf9im5t prfrable de les employ] a9si plutt qu' *ass] c\rre ou tir1 fum] ou j\]4 ,la *ose qui me p>at la plus explicable1 qu& je songe cette av5ture am\reuse1 c'e/ le manque absolu *ez moi de raisonnem5t1 de volont1 de projets arrts2 je n'avais ni la dcision ncessaire p\r conqurir ,adle1 ni le c\rage de me pass] d'elle1 et non plus la raison de me dem&] ce qui p\vait sortir de t\t cela2 ni le bon s5s de voir que je me r5dais odieux t\t mon ent\rage4 ,en vrit1 je n'avais pas plus d'intellig5ce qu'une petite *\ette qui sort du nid1 ou qu'un *i5 de lait qui hurle dsesprm5t la lune4 ,je fus tir de mes rv]ies1 arra* mes contemplations sidrales p> une lettre de ,*ri/ ,*ur* annonant qu'on p\rrait m'y recevoir en janvi] #ahcg2 d'ici l1 c'e/--dire en octobre #ahcf1 je devais me faire immatricul]4 ,ce qui e/ trange1 c'e/ que mon pre n'avait pris aucun r5seignem5t sur cette immatriculation2 le j\r o il m'emm5a ,ox=d1 n\s tions aussi novices l'un que l'autre4 ,son ide avait t\j\rs t de me faire entr] dans le collge le plus ari/ocratique2 j'tais inscrit ,*ri/ ,*ur* depuis plusieurs annes1 mais il ne savait pas qu'il y et deux catgories d'tudiants3 la fa%ionable et la non-fa%ionable3 les ,g5tlem5-,common]s et les ,common]s1 tudiants privilgis et tudiants ord9aires1 ceux-ci occupant une position int]mdiaire entre les tudiants privilgis et les s]viteurs4 ,ces odieuses di/9ctions ont d'ailleurs disp>u depuis la r=me de l',univ]sit2 mme lorsqu'on ne pose pas p\r le g5tilhomme1 on ne ti5t pas tre du commun et les p>5ts qui dem&5t le plus n]giquem5t des b\rses s]ai5t furieux de p5s] que leur fils portt au collge la robe d'un s]vitor4 ,on p\rra jug]1 d'aprs mes crits1 dans quelle mesure je p>tage cet g>d les nobles s5tim5ts du citoy5 britannique mod]ne2 mais ici1 sans me p]mettre le mo9dre comm5taire1 je laiss]ai le lecteur jug] du rsultat qu'eut p\r moi un sy/me aboli4 ,mon pre n'aimait pas ce nom de common]1 d'autant mo9s1 sans d\te1 que t\s nos p>5ts tai5t plutt de braves g5s un peu communs1 et aussi p>ce que1 t\t en tr\vant sa pr(ession p>faitem5t honorable1 il avait dc\v]t *ez son fils des tal5ts qui ne p\vai5t se dploy] l'aise dans le comm]ce du xrs4 ,il faisait d'autres rves p\r moi4 ,il croyait mon gnie4 ,il me voyait dans la meilleure socit de l',univ]sit1 y remportant t\s les prix et1 la f9 de mes tudes1 le grade de d\ble fir/2 j'p\sais lady ,cl>a ,v]e de ,v]e2 j'crivais des v]s aussi p>faits que ceux de ,byron1 mais plus pieux2 je pr*ais des s]mons aussi beaux que ceux de ,bossuet1 mais des s]mons prote/ants2 qu>ante ans1 j'tais vque de ,w9*e/]1 et c9quante1 ,primat d',anglet]re4 ,en dpit de t\tes ces esprances et de t\tes ces t5tations1 mon pre cons]vait le s5tim5t trs net des conv5ances et de ce qu'exigeait1 cet g>d1 sa situation p]sonnelle4 ,il s'en ouvrit fran*em5t au ,dean#ce de ,*ri/ ,*ur*1 7,gais=d71 mon futur pr(esseur1 ,mr ,walt] ,br[n1 et leur dem&a si une p]sonne dans sa position p\vait1 sans inconv5ance1 faire entr] son fils ,ox=d comme tudiant privilgi4 ,je n'assi/ais pas ces entreti5s1 mais j'imag9e que le vieux ,dean dut m>mott] entre ses d5ts que mon pre avait bi5 le droit de faire de moi un g5tleman-common] si cela lui plaisait et s'il p\vait pay]4 ,le pr(esseur1 entrant plus avant dans les dtails et les conditions1 dut lui laiss] ent5dre1 avec politesse1 que sans d\te il s]ait avantageux p\r le collge qu'il se r5contrt un travailleur p>mi les g5tlem5-common]s qui1 en rgle gnrale1 n'tai5t pas =t /udieux2 mais il dut aussi ins9u] qu'tant donn la manire dont j'avais travaill jusqu'ici1 il n'tait pas c]ta9 que je pusse pass] l'exam5 d'entre auquel les tudiants non-privilgis tai5t a/re9ts4 ,cette d]nire considration fut dcisive4 ,il tait inadmissible que le fils qui devait rcolt] t\s les lauri]s ft expos trbu*] au premi] ob/acle4 ,je fus donc inscrit sans plus ample discussion comme g5tleman-common] et je me s\vi5s encore1 comme si c'tait hi]1 de l'orgueil qui me gonflait le cur le j\r o1 p\r la premire fois1 je quittai l',angel ,hotel et passai devant ,univ]sity ,college au bras de mon pre1 ayant coiff le bonnet de vel\rs et revtu la robe de soie du g5tleman-common]4 ,eh oui1 *] lecteur1 la robe de soie et le bonnet de vel\rs n\s faisai5t beauc\p d'impression1 et non seulem5t ma mre1 mais moi6 la maison1 ce qui avait fait p5*] la balance et dcid notre *oix1 c'tait que la robe du common] n'tait que d't(fe grossire1 qu'elle ne =mait pas de beaux plis2 que ce n'tait1 en somme1 qu'un m*ant morceau d't(fe noire qu'on s'accro*ait l'paule4 ,n'e/-on pas trois fois un homme de robe qu& on porte une robe flottante qui tombe avec noblesse8 ,je suis si lo91 auj\rd'hui que mes *eveux ont blan*i1 de raill] ces s5tim5ts peu philosophiques1 qu'au lieu d'applaudir la suppression 7sauf p\r les clubs de canotage7 de ces diffr5ces dans le co/ume l',univ]sit1 je s]ais t\t dispos les t5dre t\te la nation4 ,je suis d'avis que les du*esses seules devrai5t tre autorises port] des diamants1 qu'on devrait reconnatre un "l ses toiles1 d'une lieue de lo92 que *aque paysanne devrait arbor] son bonnet ou son corsage un signe quelconque qui dirait quel comt elle app>ti5t2 et que1 dans la rue1 on devrait di/+u] immdiatem5t1 ri5 qu' la c\pe de son casaqu91 un cab>eti] d'un m>*& de poisson4 ,cette prom5ade jusqu'aux ,s*ools1 l'att5te devant la ,div9ity ,s*ool dont j'admirais le portail1 et la crmonie de l'immatriculation1 que de bons s\v5irs6 ,la f9 de l'anne s'e/ c\le sans autres incid5ts4 ,au comm5cem5t de l'anne suivante1 n\s "pmes p\r ,ox=d1 ma mre et moi1 et n\s y entrmes p> cette admirable r\te d',h5ley4 ,n\s tions un peu fatigus lorsque n\s arrivmes au d]ni] relais ,dor*e/]1 et trs mus1 en dpit du bonnet de vel\rs et de la robe de soie1 lorsqu'au crpuscule n\s passmes s\s les t\rs2 aprs une d]nire nuit s\s le toit tutlaire de l',ange1 je me tr\vai1 le l5dema9 soir1 seul au co9 de mon feu1 le matre de ma de/9e1 dans ma propre *ambre de ,peckwat]4 ,note #cb3 ,celui que tu ravis1 ,melpomne4 ,note #cc3 ,grisi1 ,rub9i1 ,labla*e1 ,tambur9i1 sans d\te4 7,note du tracteur47 ,note #cd3 ,quelle prt5tion1 de la "p des musici5s1 de se dire sci5tifiques qu& ils n'ont pu encore adopt] une unit de temps6 ,note #ce3 ,dean-doy54 ,,*apitre ,,xi ,,le ,,*,,ur ,,de ,,*ri/ ,,*ur* ,seul1 au co9 du feu1 dans la petite *ambre de d]rire qui donnait sur l'troite ruelle1 t\t du long de laquelle il ne s'levait gure que des curies1 je rfl*issais et me prp>ais ma vie de collge4 ,me prp>] quoi1 me prmunir contre quoi8 ,j'tais aussi inexprim5t quant au prs5t1 aussi peu clair quant l'av5ir que l'aurait t ma place ,davie ,gellatly4 ,encore ,davie m'tait-il suprieur1 c> je ne savais ni dans]1 ni *ant]1 ni faire cuire des ufs4 ,le jeu n'(frait pas de dang]s p\r moi1 je n'avais jamais t\* une c>te de ma vie et je reg>dais les ds comme on reg>de ma9t5ant la dynamite2 j'tais l'abri de la femme trangre1 c> n'tais-je pas am\reux et d'ailleurs il fallait tre r5tr neuf heures et demie4 ,aucun risque de faire des dettes puisqu' ,ox=d il n'y avait pas de ,turn] a*et] et que ri5 d'autre ne me t5tait en fait d'objets matriels4 ,aucun dang] de me tu] la *asse c\rre1 puisque j'tais incapable de mont] le *eval le plus pacifique2 aucun dang] de me ru9] aux c\rses3 je n'avais assi/ qu'une seule fois de ma vie une c\rse et je ne tr\vais pas amusant de gagn] l'arg5t de mon pro*a94 ,j'tais prp> ce qu'on se moqut de mon +nuit1 mais j'tais trop infatu p\r cra9dre le ridicule2 la seule *ose qui m'inquitait1 et ju/e titre1 c'tait de savoir si j'aurais la p]svrance d'all] jusqu'au b\t1 c'e/--dire de p\rsuivre p5dant trois ans des tudes qui ne m'(frai5t pas le mo9dre intrt4 ,je pris t\tefois la rsolution de faire mon possible p\r faire honneur mes p>5ts et1 aprs avoir pri ,dieu du fond du cur1 je me c\*ai ple9 d'esprance4 ,il me faut ici m'arrt] un mom5t1 p\r expliqu] quel tait alors mon tat d'esprit au po9t de vue religieux4 ,autant que je puis m'en s\v5ir1 les lectures quotidi5nes de la ,bible1 avec ma mre1 n'avai5t pas t reprises aprs notre premi] voyage sur le cont95t1 p5dant lequel n\s avions bi5 t =cs d'y r5onc]4 ,en effet1 comm5t lire trois *apitres aprs le djeun]1 qu& les *evaux s'impati5t5t la porte8 ,les trois *apitres fur5t donc remplacs p> un seul que je lisais dans mon p>ticuli]1 le mat9 et le soir1 et auquel j'adjoignais naturellem5t l'oraison dom9icale o je dem&ais au ciel t\t ce qui p\vait conv5ir moi-mme et aux mi5s4 ,ceci fait1 je veillais ou je dormais1 ne m'occupant gure1 le j\r comme la nuit1 que de mes affaires t]re/res4 ,il ne m'tait jamais v5u l'ide de mettre en d\te la vrit de la ,bible1 bi5 que je me fusse r5du compte dj que la lettre p\vait en tre comprise t\t autrem5t que ma mre ne me l'avait enseign2 mais plus j'y croyais1 semblait-il1 mo9s j'en retirais de bi54 ,quel mrite ,abraham avait-il faire ce que lui disait l',ange8 ,moi aussi1 j'obirais aux anges s'ils me p>lai5t2 mais aucun ange ne m'tait jamais app>u1 dont j'eusse connaissance1 mme s\s la =me d',adle1 qui ne p\vait pas tre un ange puisqu'elle tait ca?olique4 ,de mme si j'avais vcu au temps du ,*ri/1 je ne d\tais pas que je ne l'eusse suivi sur la montagne1 ou que je ne fusse mont avec ,lui dans la b>que sur le lac de ,galile2 c'tait t\t autre *ose que d'all] la *apelle ,b]es=d1 ,walwor?1 ou l'glise de ,sa9te-,bride dans ,fleet ,/reet4 ,aussi1 t\t en s5tant que je devais1 en quelque sorte1 imit] le ,*ri/ian du ,pilgrim's ,progress1 je ne p\vais croire que ,billit] ,/reet1 ou le quai de la ,t\r1 o tait l'entrept de mon pre1 ou le j>d9 fleuri de ,h]ne ,hill1 o ma mre empotait ses b\tures1 tai5t des lieux que je dusse fuir comme la ,cit de ,p]dition4 ,in/9ctivem5t1 j'tais virtuellem5t arriv cette conclusion1 d'aprs mes lectures de la ,bible1 que1 n'ayant jamais eu l'int5tion de faire le mal1 je n'tais pas en gr& dang] d'all] en enf]2 j'avais rem>qu aussi que mme la crme de la crme des g5s pieux n'tai5t nullem5t presss de mont] au ciel4 ,somme t\te1 il me semblait qu'on ne me dem&ait pas autre *ose que de faire mes prires1 d'all] l'glise1 d'appr5dre mes leons1 d'obir mes p>5ts et de dn] avec plaisir4 ,c'e/ dans ces dispositions d'esprit que1 p> un sombre mat9 d'hiv]1 deb\t la f5tre de ma petite *ambre d'tudiant1 je reg>dais le btim5t de la biblio?que de ,*ri/ ,*ur* et le squ>e bi5 sabl de ,peckwat]1 un peu vex que ma f5tre ne ft pas une t\relle en encorbellem5t et n'ouvrt pas sur une *apelle go?ique1 mais sans avoir consci5ce du malheur qui s'tait abattu sur moi1 de t\t ce que je p]dais n'avoir p\r t\t horizon1 au pr9temps des deux plus belles annes de ma jeunesse1 que la biblio?que de ,*ri/ ,*ur* et un squ>e sabl6 ,ce mat9-l1 j'eus l'impression que l'ensemble1 bi5 que tri/e1 avait de la gr&eur2 que l'ar*itecture1 bi5 que ,r5aissance1 tait h>die1 savante1 bi5 proportionne et div]sem5t didactique4 ,en ralit1 on aurait aussi bi5 pu m'envoy] dans la prison de ,*illon1 sauf p\r ce qui e/ de l'humidit1 si p> la meurtrire j'avais pu ap]cevoir les trois petits arbres grles1 une belle vote et un beau pavage la place des hideux meubles mod]nes de ma *ambre4 premire vue1 la *apelle du collge elle-mme me causa une dception1 aprs les va/es glises du cont95t2 ses votes troites1 il e/ vrai1 avai5t d'autres fonctions remplir4 ,en somme1 p>mi les difices o les mes anglaises v5ai5t se sanctifi]1 le *ur de ,*ri/ ,*ur* tait1 cette poque de l'hi/oire d',anglet]re1 virtuellem5t le cur et le foy] de la vie4 ,on y cons]vait la tradition non int]rompue de la religion du temps d'lisabe? et des poques norm&es et saxonnes1 le s\v5ir d'un pur loyalisme1 une sci5ce vritable2 et *aque mat9 v5ait s'y ag5\ill]1 p> obissance sans d\te1 mais aussi en t\te s9crit de cur1 p\r appr5dre l les plus hautes v]tus de dv\em5t au pays1 ce qu'il y avait de plus noble p>mi la jeune noblesse de l',anglet]re4 ,la plup>t des pairs du ,royaume1 et en gnral ce qu'il y avait de mieux p>mi ses squires1 passai5t p> ,*ri/ ,*ur*4 ,la ca?drale elle-mme tait un abrg de l'hi/oire d',anglet]re4 ,*aque pi]re1 *aque vitrail1 *aque panneau sculpt tait au!ntique1 de son poque2 ri5 de ces m5songes1 de ces re/aurations truques dont s'enorgueilliss5t nos ar*itectes4 ,le premi] reliquaire de sa9te ,frideswide1 il e/ vrai1 a t dtruit1 son corps mis en pices1 ses c5dres disp]ses p> les ,purita9s2 mais la seconde *sse e/ encore trs belle dans son g5re1 c'e/ un m]veilleux travail anglais1 dans lequel un trs habile ouvri] a mis t\t son cur4 ,les votes norm&es1 celles du dessus1 sont du plus pur norm& anglais2 un peu grossires1 un peu rudes1 il e/ vrai mais p\vions-n\s espr] faire mieux1 livrs nos propres =ces et sans l'aide des ,franais8 ,le plafond e/ de l'poque ,tudor1 un ,tudor exaspr1 mais +nieusem5t con/ruit et f9em5t sculpt4 ,ce plafond et celui de l'escali] du hall proclam5t l'habilet des m]veilleux ouvri]s du ,x,ve sicle4 ,la f5tre de l'oue/ avec sa pe9ture maladroite1 l',adoration des ,b]g]s1 e/ un spcim5 de cet art de transition qui relie la v]rire la pe9ture et qui ab\tit aux tableaux holl&ais o l'on retr\ve bi5 le tr\peau1 mais o il n'y a plus ni b]g]s1 ni ,*ri/2 t\t de mme1 c'e/ ce que les v]ri]s de l'poque p\vai5t faire de mieux4 ,et la bois]ie simple des /alles reprs5tait le d]ni] art qui ait fleuri en ,anglet]re s\s la =me d'un travail de m5uis]ie bi5 excut4 ,dans ce *ur d'glise1 sur les murs duquel e/ grave p\r a9si dire j\r p> j\r t\te l'hi/oire du pays1 se r5contrait *aque mat9 le meilleur de ce que l',anglet]re a produit1 cette fleur de jeunesse1 range comme l'quipage d'un navire de gu]re1 s\s le beau vaisseau de son temple2 *aque homme sa place1 selon son rang1 son ge1 son savoir--t\t homme de bon s5s et de cur reconnaissant qu'il e/ ici ou p\r remplir1 ou p\r appr5dre remplir les plus hauts devoirs qui incomb5t un ,anglais4 ,un trang] in/ruit1 auquel il aurait t donn d'assi/] cet (fice du mat91 aurait pu jug]1 d'un c\p d'il1 t\t ce que ce pays avait t dans le pass1 ce qu'il tait capable d'tre encore dans l'av5ir2 une heure passe dans la *apelle de ,*ri/ ,*ur* lui en aurait appris plus que plusieurs mois de sj\r la c\r ou la ville4 ,assis dans sa /alle1 il aurait vu le plus gr& ?ologi5 de l',anglet]re1 et1 s\s sa /alle d'honneur1 son plus gr& rudit2 et p>mi les tutors1 le ,dean actuel ,liddell1 et un homme de s+ulire puissance intellectuelle et de v]tu sans prt5tion3 ,osborne ,gordon4 ,le gr\pe des g5til%ommes comptait le m>quis de ,kild>e1 le comte de ,des>t1 le comte d',emlyn et ,francis ,*>t]is1 ma9t5ant "l ,wemyss1 les plus brillants *antillons de noble race et d'activit puissante4 ,h5ry ,acl& et ,*>les ,newton tai5t p>mi les tudiants vtrans1 moi1 p>mi les n\veaux4 ,que d'esprances en g]me il y avait l6 ,aucun de n\s alors ne rvait de ri5 *ang] t\t cela1 n'en s5tait la ncessit1 et1 mo9s que p]sonne1 le *ef intransigeant au front bomb1 aux yeux noirs1 qui conduisait d'une voix de tonn]re les repons en lat9 de la prire du mat94 ,auj\rd'hui1 aprs tant d'annes passes1 mon cur e/ encore ple9 de reconnaissance p\r t\t ce que j'ai vu l1 p\r t\tes les p5ses qui me sont v5ues dans le *ur de cette ca?drale4 ,l'influ5ce qu'a eue sur moi l'autre beau btim5t du collge1 le hall1 e/ t\te diffr5te et trangem5t mle4 ,si on ne l'et utilis1 comme cela et d se faire1 que comme rfectoire et dans les gr&es occasions3 galas1 rceptions d'htes illu/res1 disc\rs sol5nels1 le hall1 comme la ca?drale1 ne m'et laiss que des impressions bi5faisantes et graves qui euss5t sanctifi le pa9 de *aque j\r2 de mme1 si notre ,dean et daign d9] avec n\s de temps autre1 le plat de v5aison p>tag avec lui ne n\s et sembl que meilleur4 ,mais avec ce comble de mauvais gt1 7qui1 mon s5s1 e/ le p* capital de notre temps1 la raison de notre gt p\r l'arg5t et de notre dgt p\r t\t ce que l'arg5t peut procur] de meilleur71 l',abb avait p]mis que le hall s]vt aux collections4 ,le mot seul me semble abom9able1 soit qu'il se rapporte aux *>its extorques l'glise p\r les pauvres ou aux connaissances arra*es de =ce aux malheureux c&idats4 ,collections1 dans le langage du collge1 signifiait les exam5s trime/riels1 auxquels l',abb avait la mauvaise habitude d'assi/] comme gr& inquisiteur1 lui qui n'aurait jamais eu1 ft-ce une fois1 l'ide de prsid] notre dn]4 ,il va sans dire que t\t ce que les c&idats1 mme les plus =ts1 p\vai5t savoir de grec1 lui p>aissait absolum5t drisoire4 ,mprisant ds les premi]s mots1 exaspr1 v9dicatif et tonnant ensuite1 plus sombre et plus m5aant mesure que la j\rne avanait1 glacial et ,gorgoni51 il allait et v5ait d'un b\t l'autre de l'imm5se salle de torture1 aussi va/e que celle du ,gr& ,conseil ,v5ise1 mais d%onore p> les t]reurs des malheureux c&idats qui1 s]rs les uns contre les autres comme de pauvres hirondelles transies1 ne p5sai5t qu' dissimul] leurs traductions lorsqu'appro*ait le t]rible ,abb4 ,ce n'tait pas mon cas1 ai-je beso9 de le dire8 ,mais j'imag9e que le ,dean et prfr que je me s]visse de c9quante traductions plutt que d'avoir l'air emb>rass et malheureux que j'avais1 quelle que ft la "q que l'on me posait4 ,et comme mes ?mes lat9s tai5t les plus mauvais de t\te l',univ]sit1 que je n'ai jamais pu reconnatre un futur prs5t d'un futur pass1 et que mme au b\t de mes trois annes d',ox=d1 il m'aurait t impossible de dire o vivai5t les ,plasges et d'o sont v5us les ,hraclides1 on peut imag9] de quel air le ,dean1 au mom5t de mon d"p1 me t5dit le second et le troisime doigt de sa ma9 droite1 et t\tes les tortures que je s\ffrais lorsque mon pre et ma mre m'int]rogeai5t sur mes succs clatants au collge4 mesure que les annes passai5t1 il m'tait t\j\rs plus impossible de ne pas associ] dans ma p5se le hall du collge aux t]reurs et aux humiliations des j\rs d'exam52 mais1 mme ds le premi] j\r1 l'tonnem5t et l'exaltation que j'pr\vais dn] dans cette va/e salle ne fur5t pas sans mlange4 ,il e/ c]ta9 que le contra/e tait crasant entre la petite pice ,h]ne ,hill1 o n\s mangions notre pudd+1 ma mre1 ,m>y et moi1 et un hall aussi gr& que la nef de la ca?drale de ,cant]bury1 dont l'extrmit se p]d dans la brume1 t&is que son plafond e/ noy dans l'ombre1 et que les convives en longues files p>aiss5t et disp>aiss5t selon les caprices de la lumire3 spectacle qui me remplissait d'p\vante plus qu'il ne me mettait en apptit4 ,je fus d'ailleurs gn1 depuis le premi] j\r jusqu'au d]ni]1 p> le s5tim5t que moi1 pauvre ru/re1 je n'avais que faire ici4 ,dans la ca?drale1 n ou pas n1 je me s5tais *ez moi t\t autant que ,monseigneur2 et mme1 c]ta9es heures1 l'difice me semblait moi plus qu' lui-mme4 ,mais table1 cette f\le de savants et de nobles convives1 ce s]vice pompeux1 ce luxe m'tai5t trang]s2 il y avait entre mes habitudes trs simples et ces spl5deurs une di/ance infran*issable4 ,aut\r d'un gigot rti po9t1 g>ni de pommes de t]re et s]vi dans l'arrire-b\tique de ,m>ket ,/reet1 aut\r de la m>mite de quelque gipsy sur la coll9e d',add+ton 7non que j'eusse jamais s\p avec une gipsy1 quelque dsir que j'en eusse71 ou d'un bon gteau d'avo9e bi5 beurr--j'ai t\j\rs t g\rm& hlas6--dans la *aumire d'un b]g] d'cosse1 rgal p>tag] avec le *i51 j'tais moi-mme1 je me s5tais ma place2 mais la table des tudiants privilgis1 dans la salle mang] du ,c>d9al ,wolsey1 je fus de t\tes faons1 et t\t de suite1 mo9s que moi-mme3 des places o je n'aurais pas d tre1 jamais ma place4 ,autant cont] ici une petite av5ture qui m'arriva peu de temps aprs mon entre au ,collge et qui1 si insignifiante qu'elle ft1 n'en contribua pas mo9s me dgt] t\t jamais du hall de ,*ri/ ,*ur*4 ,j'avais t reu comme un bon petit roquet sans prt5tion1 avec une condesc5dance un peu ddaigneuse1 p> les *i5s p$igree de la table des g5tlem5-common]s2 mon pr(esseur1 mes cam>ades de classe comm5ai5t s'ap]cevoir que je lisais bi51 que j'avais l'air de compr5dre ce que je lisais et mme que je posais p>fois des que/ions emb>rassantes au pr(esseur1 au po9t qu'un j\r1 la sortie1 je fus flicit p> t\te la classe p\r la faon magi/rale dont je l'avais coll4 ,je n'avais eu1 pauvre innoc5t que j'tais1 aucune int5tion de cette sorte2 le has>d avait v\lu simplem5t que je lui eusse dem&1 la gr&e joie de mes cam>ades1 quelque *ose qu'il ne savait pas4 ,bi5 avant cela1 j'avais fait une t5tative directe p\r me faire rem>qu]1 qui avait eu mo9s de succs4 ,il tait de rgle au collge que1 *aque sema9e1 un des tudiants crivt un essai philosophique sur un texte d',horace1 de ,juvnal ou autre4 ,on donnait lecture du meilleur travail1 le sam$i aprs-midi1 dans le hall2 t\s les tudiants tai5t obligs d'assi/] la lecture4 ,voil1 p5sai-je1 une bonne occasion de dploy] mes tal5ts4 ,trs consci5cieusem5t1 et d'ailleurs avec un rel plaisir1 j'crivis mon essai1 dans lequel je mis t\te la pntration et t\te l'loqu5ce dont j'tais capable4 ,aussi1 si je fus flatt1 je ne fus pas surpris lorsque1 quelques sema9es aprs mon arrive ,ox=d1 mon pr(esseur m'annona d'un air bi5veillant que ce s]ait moi qui lirais le sam$i suivant4 ,donc1 sans m'm\voir1 c> j'avais de srieuses raisons de compt] sur mon tal5t de lecture1 et avec la gravit qui me p>aissait conv5ir la circon/ance1 je lus mon essai1 et j'ai t\t lieu de croire que je le lus bi54 ,aussi1 desc5dant de la tribune1 je m'att5dais recevoir les flicitations et les rem]ciem5ts de mes cam>ades fi]s d'avoir t si bi5 reprs5ts4 ,mais la pauvre ,cl>a1 aprs son premi] bal1 recevant dans le ve/iaire les complim5ts de son c\s91 ne fut pas plus surprise que je ne le fus de l'accueil que me fir5t mes c\s9s de la longue table4 ,ce n'tait pas de l'envie1 c]tes1 mais du dda91 de la colre qui se donnai5t c>rire s\s t\tes les =mes1 depuis le s>casme olympi5 de ,*>t]is jusqu' la vole d'injures de ,grim/on4 ,on m'expliqua que je m'tais r5du c\pable de lse-maje/ vis--vis de l'ordre des ,g5tlem5-,common]s2 que jamais l'essai d'un tudiant privilgi ne devait avoir plus de d\ze lignes1 et encore des lignes de quatre mots1 et que1 si dispos qu'on ft pass] sur ma sottise1 ma suffisance1 mon manque de savoir-faire#cf1 l'inconv5ance que j'avais commise en crivant un essai qui et le s5s commun1 comme un vulgaire tudiant1 l'incurie et l'audace dont j'avais fait preuve en les t5ant l p5dant un gr& qu>t d'heure1 p\vai5t peut-tre se p>donn] une fois un jeune s]9 tel que moi1 mais il fallait que j'y prisse g>de3 si jamais je recomm5ais1 on m'env]rait t\t droit ,cov5try4 ,que dis-je8 ,cov5try s]ait encore trop bon p\r moi4 ,j'ai quelque plaisir1 au mo9s1 me rappel] que je tombai du haut de mes nuages sans me faire gr& mal sans tmoign] un tonnem5t trop ridicule4 ,je reconnus la ju/esse des obs]vations qui m'tai5t faites que cela me ft en ri5 modifi] ma manire d'crire2 je ne me rappelle plus ce que j'avais dcid de faire1 au cas o j'aurais l'honneur de faire les frais d'une autre runion du sam$i4 ,mes essais fur5t-ils mo9s heureux1 p> la suite1 mes pr(esseurs en tai5t-ils fatigus8 ,t\j\rs e/-il que je ne fus plus pri de lire4 ,j'aurais d faire obs]v] que1 si ma prs5tation aux jeunes g5s de ma table s'tait faite si aism5t1 c'tait grce un has>d qui avait v\lu que1 p5dant deux j\rs1 en #ahcd1 je me fusse tr\v bloqu p> le mauvais temps l'hospice du ,grimsel avec une tr5ta9e de voyageurs de t\tes les p>ties du monde1 et entre autres1 avec un des tudiants privilgis de ,*ri/ ,*ur*1 un ,mr ,/rangways1 avec lequel j'avais j\e aux *ecs et qui s'tait un peu intress la faon dont je dess9ais les ro*]s de granit dans la neige4 la table de ,*ri/ ,*ur*1 il daigna me considr] comme un de ses semblables1 et le re/e de sa b&e ayant dc\v]t qu'on p\vait tir] de moi quelque amusem5t sans que je m'en d\tasse1 et reconnu aussi que je ne *]*ais pas r=m] les murs de mes cam>ades p> esprit vanglique ou s\s t\t autre prtexte galem5t imp]t95t1 on m'accueillit avec bi5veillance2 et1 au b\t de qu9ze j\rs1 j'tais peu prs mme de *oisir p>mi les tudiants du collge les cam>ades qui me plaisai5t le plus4 ,le bonheur v\lut--un bonheur que je ne saurais r5dre avec des mots--que ,h5ry ,acl&1 d'un an ou deux mon an1 me *oist p\r ami2 il s5tit qu'il y avait en moi c]ta9es possibilits qui ne p\vai5t se dvelopp] t\tes seules et il me prit affectueusem5t en ma94 ,son app>tem5t1 t\t vois9 de la porte nord de ,cant]bury1 tait une c9quanta9e de mtres du mi52 ce fut bi5tt le seul endroit o je me s5tais heureux1 il m'enseigna avec srnit quelle devait tre la manire de vivre d'un jeune ,anglais de' bon s5s1 de bonne famille et d'ducation l>ge2 dj1 n\s vivions t\s deux dans un monde de p5ses qui s't5dait bi5 au del des murs du collge4 ,il m'entret5ait des pla9es de ,troie2 un ou deux ans plus t>d1 je lui indiquai1 l'occasion de son voyage de noces1 le s5ti] qui gravit le ,mont5v]s4 ,l'amiti qui n\s unit ne s'e/ jamais altre1 si ce n'e/ p\r dev5ir plus pr(onde t\s les j\rs4 ,j'avais encore d'autres amis1 dont quelques-uns fur5t trs g5tils p\r moi1 un college tutor de premi] ordre1 et plus t>d j'eus p\r matre p>ticuli] le savant l'esprit si l>ge et si droit dont j'ai dj p>l1 ,osborne ,gordon4 l'angle du gr& quadrilatre de ,*ri/ ,*ur* vivait aussi le ,dr ,buckl&1 que j'ai t\j\rs tr\v prt m'aid] dans mon travail1 ou1 faveur plus gr&e encore1 me laiss] l'aid] dans le si51 en prp>ant les pures qui lui tai5t ncessaires p\r ses confr5ces4 ,mon dess9 des filons granitiques de ,trewavas ,head1 avec le petit cutt] qui d\ble la po9te1 au milieu de la rafale1 dess9 dans le /yle de ,copley ,field+1 e/ encore1 je crois1 dans les ar*ives de la section gologique4 ,mr ,p>k]1 qui s'occupait alors de fond] la ,socit d'ar*itecture1 et ,*>les ,newton1 dj si pr(ondm5t obs]vateur1 me tmoignai5t beauc\p de sympa?ie2 ils avai5t dev9 mes gts et ils me faisai5t travaill] plus sci5tifiquem5t l'ar*itecture4 ,la gal]ie de tableaux de ,bl5heim#cg n'tait pas plus de huit milles4 ,un g>on de mon ge p\vait-il se tr\v] dans de meilleures conditions8 ,que n'eut-il l'esprit de s'en r5dre compte et la volont d'en pr(it]6 ,eh bi5 non1 j'tais l1 ne sa*ant quoi me dcid]1 moiti p> indcision1 moiti p> btise4 ,ri5 p>mi les huma9s et les btes ne pe9drait mieux mon attitude d'alors que la description p> la pauvre petite b]gre ,agns du caneton f\rvoy4 ,je note comme tant un peu mon honneur le fait que j'aie t heureux et non gn p> la prs5ce de ma mre ,ox=d4 ,elle tait v5ue s'y in/all] af9 de veill] sur moi autant qu'il tait en son p\voir4 ,p5dant mes trois annes d',ox=d1 elle habita des *ambres meubles dans ,high ,/reet 7d'abord dans la jolie maison du ,x,v,ie sicle1 de ,mr ,adams1 aux bois]ies sculptes72 mon pre re/ait seul ,h]ne ,hill t\te la sema9e1 sp> la fois de sa femme et de son fils1 p\r l'am\r de ce fils4 ,le sam$i il v5ait n\s rejo9dre1 et le diman*e n\s allions en famille ,sa9t-,pi]re p\r le s]vice du mat94 "p cela1 jamais mes p>5ts ne se montrai5t en public avec moi1 dans la cra9te que mes cam>ades ne se moquass5t de moi ou n'ex]ass5t leur v]ve sur le brave ,mr ,rusk91 m>*& de v9 de ,xrs1 et la bonne ,mrs ,rusk91 aux toilettes surannes4 ,p]sonne d'ailleurs1 p5dant t\t le temps que je fus au collge1 ne se p]mit de dire un mot malveillant ni sur l'un1 ni sur l'autre2 p]sonne ne se moqua de l'habitude que j'avais de pass] mes soires avec ma mre4 ,mais une fois que la sur ane d',adle tait v5ue avec son m>i visit] ,ox=d1 et que j'avais eu la sottise de dire dn]1 =t inutilem5t j'en convi5s1 que je la connaissais1 que c'tait la comtesse ,diane de ,maison1 mes cam>ades me blagur5t sans m]ci un mois durant4 ,le lecteur v\dra bi5 obs]v] aussi que si ma mre m'avait suivi ,ox=d1 ce n'tait nullem5t p>ce qu'elle ne p\vait pas se pass] de moi1 encore mo9s p>ce qu'elle n'avait pas confiance en moi4 ,elle tait v5ue uniquem5t p\r tre l en cas d'accid5t ou de maladie subite4 ,ma mre avait t\j\rs t la fois mon mdec9 et ma g>de-malade et elle m'avait plusieurs reprises sauv la vie4 ,cette fois encore1 qu'aurais-je fait sans elle8 ,p5dant les deux premires annes de ma vie d'tudiant1 je ne lui causai aucune inquitude2 et quelle d\ceur p\r moi1 qu& v5ait l'heure du ?1 d'all] lui racont] ce que j'avais fait ou appris dans la j\rne6 ,ce qu'tait la r\t9e j\rnalire il n'e/ peut-tre pas inutile de le dire ici4 ,aprs une heure d'tude1 mme en hiv]1 l'(fice du mat9 la *apelle1 auquel je ne manquais jamais2 petit djeun] neuf heures1 p5dant lequel1 t\t en sav\rant un petit pa9 au beurre1 je lisais un roman du capita9e ,m>ryat4 ,ensuite1 c\rs jusqu' une heure1 lun* et petite causette avec les uns ou les autres4 deux heures1 c\rs de ,buckl& ou autres4 ,prom5ade jusqu' c9q heures1 dn] dans le hall2 v9 *ez moi ou *ez un autre tudiant1 cors d'une bonne caus]ie avec les pio*eurs ou quelque fr$a9e avec mes cam>ades de table4 ,mais1 quoi qu'il arrivt1 je m'arrangeais t\j\rs p\r tre ,high ,/reet p\r l'heure du ? de ma mre1 c'e/--dire sept heures1 et y re/] jusqu' ce que ,tom#ch m'appelt4 ,je pr5ais alors mon galop1 et j'arrivais ju/e au mom5t o l'on f]mait la porte de ,cant]bury2 r5tr *ez moi1 je lisais encore jusqu' dix heures4 ,mais1 en somme1 t\t cela ne donnait pas plus de six heures de vrai travail dans la j\rne2 ces six heures1 au mo9s1 je puis me r5dre la ju/ice de con/at] que je les ai t\j\rs employes sans m>*&]4 ,j'ai bi5 appris1 t\j\rs1 mon hi/oire d',hrodote et1 auj\rd'hui encore1 je s5s t\t le prix de cette acquisition4 ,walt] ,br[n1 mon tutor auquel je m'tais atta*1 tait arriv1 p> la d\ceur1 me faire entr] quelques v]bes grecs dans la tte4 ,p\r les ma?matiques1 elles m>*ai5t bi5 s\s la direction d'un autre pr(esseur1 ,mr ,hill2 j'avais d'ailleurs l'in/9ct gomtrique et ce que je savais1 dans cet ordre1 je le savais bi54 ,lors de mon little g#ci1 au pr9temps de #ahch1 on me remit un graphique des figures d',euclide1 comme il tait d'usage1 avec l'nonc des problmes4 ,je rep\ssai la feuille1 disant ddaigneusem5t l'exam9ateur3 ,je n'ai pas beso9 de figures1 monsieur4--,v\s f]ez mieux de les g>d]1 me rpondit-il d'un air bn92 ce que je fis puisqu'il m'en priait2 mais je p\vais alors et je puis encore dict]1 les yeux f]ms1 la dmon/ration de n'importe quel problme avec les lettres que l'on v\dra t\s les po9ts4 ,je passai t\t ju/e p\r le lat9 l'crit1 mais je m'en tirai bi5 p\r le re/e et mon pr(esseur fut cont5t1 sans se r5dre compte que1 p\r cet exam51 j'avais donn peu prs t\t ce que je p\vais donn] dans ce g5re4 ,p\r mon malheur1 les deux pr(esseurs suprieurs collge1 ,kyna/on 7depuis ,pr9cipal de ,sa9t ,paul's71 qui enseignait le grec1 et ,hussey1 le c5seur1 qui enseignait je ne sais plus quelle *ose ennuyeuse1 m'tai5t antipa?iques4 ,t\s deux avai5t d'ailleurs p\r moi le dda9 qu'inspire gnralem5t t\t pr(esseur l'enfant lev la maison4 ,de la "p de ,kyna/on ce n'tait pas sans raison1 c> je ne savais pas assez de grec p\r compr5dre ce qu'il disait1 et qu& un j\r1 dans une bonne int5tion1 et p\r me donn] l'occasion de dploy] mes tal5ts1 il me mit en face 1 1 de l',iphignie en ,tauride1 et qu'il dc\vrit1 son gr& tonnem5t et celui de t\te la classe1 que je ne savais pas ce que c'tait qu'un triglyphe1 son mpris ne connut plus de bornes2 de ce j\r1 lorsqu'il m'adressait la p>ole1 c'tait avec une sorte d'irritation1 de colre s\rde4 ,cep5dant1 bi5 des annes plus t>d1 l'occasion d'une fte ,sa9t ,paul's1 il me reut avec g>ds et bont4 ,seuls1 les trs bons lves tr\vai5t grce devant ,hussey4 ,c'tait le type du c5seur-*i54 ,et de fait1 les murs du collge tai5t telles1 malheureusem5t1 qu'elles =ai5t le plus dbonnaire des c5seurs dev5ir froce4 ,il avait1 de plus1 a9si l'avait v\lu le ciel dans sa ju/ice1 une physionomie t]rible2 ds le premi] j\r1 il fut p\r moi une sorte de ,gorgone1 la ,gorgone ou l'r9nye de ,*ri/ ,*ur*1 dont le passage assombrissait non seulem5t le ciel mais la t]re4 ,cela m'amuse1 qu& je jette un c\p d'il en arrire1 de voir que pr(esseurs et cam>ades pr5ai5t t\j\rs mes yeux une =me e/htique2 je me les reprs5tais comme dans un tableau et je me refusais de prime abord m'intress] ceux dont on n'aurait pas pu faire de beaux portraits4 ,mon idal de pr(esseur1 c'tait l'rasme d',holbe9 ou le ,melan*?on de ,dur]2 j'allais mme jusqu'aux doges du ,titi5 et aux vques de ,bonifazio4 ,mais je n'en r5contrais gure dans ,tom ou ,peckwat]#dj4 ,le ,dr ,pusey1 lui-mme qui ne m'a jamais adress la p>ole1 n'avait ri5 de pittoresque ni de maje/ueux4 ,ce n'tait qu'un g5tilhomme anglais1 un ecclsia/ique maladif et assez dg+& qui ne v\s reg>dait jamais en face et avait t\j\rs l'air d'tre tomb de la lune4 ,quant mon pr(esseur de collge1 il avait des yeux noirs1 il tait agrable et anim1 mais sans ri5 de p>ticulirem5t impressionnant4 ,je le vois encore allant et v5ant d'un air important que n\s tr\vions assez ridicule4 ,kyna/on avait une ressemblance comique avec un coli] j\fflu1 ,hussey1 r5frogn1 noir et sec1 aussi incapable de gat que d'en?\siasme2 "p cela1 faisant son devoir consci5cieusem5t4 ,c'tait un des membres les plus e/imables du collge et de l',univ]sit1 mais p\r moi une calamit de t\s les in/ants1 un homme dont l'influ5ce me fut beauc\p plus p]nicieuse que je ne p\vais l'imag9] alors4 ,enf91 le ,doy5 dont la droiture vid5te1 la dignit morale1 la vritable puissance intellectuelle1 d'un g5re un peu rude1 m'avai5t inspir le respect ds le db3 mais son aspect gnral rappelait trop l'enseigne du ,co*on r\ge que j'ai vu plus t>d la foire de ,*>tres et qu'un pici] +nieux avait reprs5t en rais9s secs1 avec des gra9s de cassis en guise d'yeux4 ,sa prs5ce en *air et en os1 ou seulem5t la cra9te de voir app>atre son fantme1 m'inspirait une t]reur qui allait jusqu' la torture2 p\r moi1 c'tait l'ana?me1 l'ana?me s\s la ti>e et s\s le dais4 ,p\rtant1 il y avait un des pr(esseurs1 avec lequel j'avais peu de relations1 qui appro*ait de mon idal1 sans ralis] mes esprances en ce temps-l ni peut-tre les si5nes depuis4 ,moi1 je m'imag9e qu'il tait1 p\r son malheur1 s\s la dom9ation de l'1 grecque1 reprs5te p> le ,doy5 actuel4 ,c'tait1 c'e/ encore l'un des types les plus nobles de l',anglais di/+u1 mais je s\ponne que ce ne fut passa bonne toile qui le fit natre ,anglais1 l'lm5t prosaque et pratique en lui ayant f9i p> l'emport] sur le s5sitif4 ,c'tait le seul entre t\s les pr(esseurs de mon poque qui ent5dt quoi que ce soit l'art2 et cette rflexion trs f9e qui lui *appa un j\r1 en p>lant ,turn]1 qu'il s'a*>nait sur un idal faux1 m'et t alors bi5 pr(itable s'il l'avait explique et appuye4 ,mais1 il ne tr\vait pas1 je p5se1 que je valusse la pe9e qu'il s'occupt de moi1 et1 ce qui e/ plus grave1 il ne voyait pas assez clair en lui-mme p\r cultiv] ses dispositions arti/iques4 ,il y avait encore ,ox=d1 dans le btim5t de l'angle nord-oue/ du squ>e du ,c>d9al1 un homme d'un gr& esprit et d'un gr& cur2 les mauvaises *ances dont j'eus s\ffrir1 surt\t p> ma faute1 il faut bi5 le dire1 fur5t l>gem5t comp5ses p> le trs gr& avantage de le connatre1 avantage dont j'eus le bon esprit de pr(it]4 ,le ,dr ,buckl&#da tait *ano9e de la ca?drale2 lui1 sa femme1 ses enfants avai5t de la gat1 de la bont et assez d'orig9alit p\r donn] de la vie et de la saveur au collge t\t enti]4 ,orig9alit qui t5dait dev5ir un peu grotesque1 ce qui dim9uait l'influ5ce qu'il aurait pu avoir sans cela4 ,le ,docteur avait trop d'hum\r p\r suivre longtemps le ct ennuyeux d'un sujet4 ,frank s'occupait trop de son ourson apprivois p\r essay] de rprim] les in/9cts un peu ours de sa propre nature2 et il ne se passait gure de j\r que ,mit ne commt quelque frasque qui indignait les filles des autres pr(esseurs du collge1 lesquelles se piquai5t de t5ue4 ,mais ils tai5t t\s bons1 intellig5ts1 ouv]ts1 anims et vivants au plus haut degr2 leur frqu5tation fut p\r moi le meilleur des mdicam5ts1 elle me sauva4 ,le ,dr ,buckl& faisait p5s] ,sydney ,smi?2 il ne l'galait pas comme esprit1 mais c'tait la mme bonne humeur1 le mme bon s5s1 la mme religion bi5veillante et joyeuse4 ,je r5contrais sa table les matres de la sci5ce3 ,h]s*el et d'autres encore1 et s\v5t des trang]s polis et intellig5ts auprs desquels le peu de franais que je savais1 et que mes conv]sations avec ,adle avai5t s5siblem5t amlior1 me fut s\v5t utile4 ,aut\r de cette table hospitalire1 on se s5tait t\j\rs l'aise1 on s'amusait2 m5us et s]vice tai5t galem5t intressants4 ,je ne me suis jamais consol1 un j\r que j'tais pris p> un mal5contreux r5dez-v\s1 d'avoir manqu une dlicate fricasse de s\ris2 et je me s\vi5s avec ravissem5t d'avoir reu les bons (fices1 p> une t\ffante mat9e d't1 de deux gracieux petits lz>ds de la ,c>ol9e qui tai5t *>gs d'loign] les m\*es4 ,j'ai dj dit le bonheur1 plus gr& encore1 que j'eus d'tre adopt p> ,acl& mon arrive ,ox=d4 ,sans lui j'eusse p]du la tte1 mais il me s\t5ait1 me rcon=tait2 son ironie elle-mme tait d\ce4 ,je le tr\vais t\j\rs ple9 de sympa?ie p\r ce qu'il y avait de meilleur en moi1 d'indulg5ce p\r ce qu'il y avait de pire2 de plus1 il me donnait l'exemple d'une jeune et noble vie anglaise dans t\te sa puret1 sa sagacit1 sa dignit1 son ins\ciance h>die et sa pit joyeuse2 sa fi]t anglaise brillait g5tim5t trav]s t\t cela comme celle d'une jeune fille heureuse de sa beaut4 ,c'e/ un sujet d'tude intressant p\r moi de comp>] l'orgueil sil5cieux de l',anglais1 consci5t de ce qu'il e/1 l'agitation impati5te du ,franais affam de gloire1 gloire qu'il devra acqurir au prix d'ef=ts d\l\reux p\r dev5ir ce qu'il n'e/ pas4 ,un j\r que la ,*]well1 grossie p> la pluie1 r\lait ses flots imptueux au-dessus d'un dv]soir glissant1 n\s discutions1 ,acl& et moi1 p\r savoir s'il tait possible de pass]4 ,j'avais dcl> premptoirem5t que c'tait impossible4 ,sur quoi ,acl&1 enlevant s\li]s et *aussettes1 trav]sa tranquillem5t1 puis rev9t me tr\v]4 ,il ne c\rait d'autre risque que celui de pr5dre un ba91 c> c'tait un nageur de premi] ordre3 et je crois d'ailleurs qu'il tait assez raisonnable p\r ne pas t5t] l'av5ture si elle avait prs5t un rel dang]4 ,mais il l'aurait risque1 je p5se1 c> il possdait au plus haut degr la srnit anglaise l'heure du dang]1 ce qui1 *ez les sots1 dgnre en gt du dang] p\r le dang]1 mais ce qui1 *ez les g5s s5ss1 soldats ou mdec9s1 e/ la raison du succs4 ,lorsque1 tr5te ans plus t>d1 le ,dr ,acl& fit naufrage sur le vapeur ,tyne1 non lo9 de la cte de ,dorset--le navire s'tant *\ la nuit sur des ro*]s o il re/a engag--et qu' l'aube on se r5dit compte qu'on se tr\vait environ un demi-mille de la t]re mais sp> d'elle p> un dang]eux ressac1 comme les (fici]s1 anxieux1 t5ai5t conseil1 que l'quipage s'agitait1 que les passag]s pleurai5t ou priai5t1 on vit avec indignation le ,dr ,acl& p>atre la porte du salon1 tir quatre p+les dans sa toilette du mat91 et annonc] que le djeun] tait s]vi4 ,aux clameurs qui accueillir5t cette app>5te indiffr5ce il ne rpondit ri51 faisant rem>qu] simplem5t qu'il tait impossible qu'aucun canot gagnt la plage1 et encore plus impossible qu'un canot quittt la plage1 tant donn l'tat de la m]1 p\r v5ir leur sec\rs4 ,donc1 t\t ce qu'on p\vait espr]1 c'tait qu'on pt hal] les passag]s l'aide de cordes jusque sur le rivage1 sauf ceux qui aurai5t le c\rage d'essay] de se sauv] la nage4 ,en t\t cas il s]ait sage1 m\ills et gels comme ils l'tai5t p\r la plup>t1 de comm5c] la j\rne en djeunant comme d'habitude4 ,les cris cessr5t1 l'agitation se calma1 *acun retr\va ses esprits dans la mesure du possible et l'on n'eut dplor] la mort de p]sonne4 ,le fi] et joyeux hrosme d',h5ry ,acl& m'en*antait1 j'y pr5ais plaisir comme aux bats d'un lop>d ou d'un faucon sans que cela affectt en ri5 ma disposition p>ticulire et me donnt envie de l'imit]4 ,trop s\v5t1 je m'tais ent5du rpt]3 ,pr5ds g>de1 fais att5tion4 ,aussi1 n'ai-je jamais song le suivre sur les b>rages glissants ou dans les canots de sauvetage au milieu des vagues blan*es d'cume2 je le suivais plus volonti]s dans les s5ti]s de l'art et de la sci5ce1 c> il tait de plusieurs annes en avance sur moi2 dfaut d'autre *ose1 ma sympa?ie l'enc\rageait4 ,avant mon entre l',univ]sit1 il tait seul1 littralem5t seul1 s'intress] srieusem5t ces matires4 ,la gologie1 p\r le ,dr ,buckl&1 n'tait qu'une di/raction2 mais la vie1 aprs t\t1 tait-elle p\r lui1 autre *ose8 ,p\r ,h5ry ,acl& la physiologie tait un vangile1 la bonne p>ole dont il avait la g>de1 qu'il devait pr*] aux paens1 et dj1 dans sa petite *ambre d'tudiant de ,cant]bury ,college1 il esquissait le plan d'tudes qu'il a ralis plus t>d dans son cab9et de consultation du quadrilatre de ,tom1 en y introduisant l'tude de la physiologie qui a fait de l',univ]sit ce qu'elle e/ auj\rd'hui4 ,la c>actri/ique d',acl& c'e/ que1 t\t jeune1 il avait dj le jugem5t sr1 un b dt]m91 du tal5t2 s'il n'et pas1 en avanant en ge1 t cras p> la r\t9e de ses devoirs pr(essionnels1 s'il n'et pas t heureux et ple9em5t satisfait dans une admirable vie de famille1 on ne peut dire quoi il s]ait arriv2 mais ceux qui l'aim5t ne saurai5t avoir aucun regret1 ils ne peuv5t qu'tre reconnaissants qu'il ait t ce qu'il e/4 ,aprs ,acl&1 mais bi5 lo9 d]rire lui1 p>mi les idoles e/htiques de mon *oix auxquelles je dem&ais d'abord1 quelque sexe qu'elles app>t9ss5t1 d'tre avant t\t de belle app>5ce1 v5ait ,francis ,*>t]is4 ,*>t]is1 p\r moi1 tait l'idal de l'cossais1 le plus beau type de la race caucasi5ne qu'il m'ait t donn de voir2 son ironie dlicate et aise1 sans le mo9dre v591 son s5s pratique donnai5t un air de hauteur1 d'ailleurs in(f5sif1 sa beaut dlicate4 ,p]sonne ne p\vait lui rsi/]1 du mo9s p]sonne ayant quelque peu le s5s de l'hum\r2 et qu&1 un j\r1 le vieux vice-doy51 sortant du portail de ,cant]bury1 croisa ,*>t]is qui desc5dait de *eval en habit r\ge df5du aux tudiants1 et que celui-ci1 le pi$ encore sur l'tri]1 se t\rna gaiem5t v]s lui et lui dit qu'il avait suivi la meute du ,doy51 le vieill>d et le jeune homme avai5t l'air aussi cont5ts l'un que l'autre4 ,*>t]is1 t\j\rs heureux dans t\t ce qu'il entrepr5ait1 ne se tr\blait de ri54 ,naturellem5t bi5 d\1 ple9 d'activit1 il faisait t\t en se j\ant2 jamais il n'tait tomb de *eval la *asse1 jamais il n'avait t intimid en classe1 jamais il ne s'tait tr\bl un exam51 jamais il n'avait fait de sottises4 ,un seul po9t noir1 il tait de sant dlicate1 ce qui expliqu]ait qu'ait n'ait pas laiss de traces plus pr(ondes4 ,le comte de ,des>t1 aprs ,*>t]is1 tait celui de mes cam>ades de table qui m'intressait le plus4 ,trs bi5 d\ aussi et d'un aimable c>actre1 il avait mo9s d'activit et1 en sa qualit d',irl&ais1 mo9s de s5s pratique que l'cossais4 ,l',univ]sit1 d'ailleurs1 ne fit ri5 p\r lui en faire acqurir4 ,notre poque a mis t\t son orgueil nivel] les positions1 effac] di/9ctions entre nobles et s]viteurs2 peut-tre et-il t plus sage1 au lieu d'effac] les di/9ctions1 d'int]v]tir les rles4 ,alors le droit d'entre au collge de l'humble tudiant et son entreti5 dp5dai5t de son application1 t&is que c'tait un des privilges des nobles de faire l',univ]sit des dons pr9ci]s4 ,ils n'en att5dai5t ri5 en ret\r et a*etai5t1 p\r des sommes qui dp5dai5t de leur situation sociale1 le privilge de ne ri5 appr5dre et de vivre leur fantaisie4 ,il me semble trange--et cela ne me donne pas une trs haute ide du c>actre anglais--de p5s] qu'il ne soit jamais v5u l'esprit d'un vieux doy5 ou d'un jeune duc l'ide que l'glise d',anglet]re et la ,*ambre des ,pairs aurai5t une t\t autre situation dans le pays1 si l'exam5 d'entre1 au contraire1 avait t plus difficile p\r les ri*es que p\r les pauvres1 et si la naissance et les bonnes manires d'un tudiant avai5t t proclames la fois p> le blason de son sceau1 le gl& de son bonnet1 l'excell5ce de sa conduite et la solidit de son rudition4 cet g>d1 on reconnatra t\j\rs un lve d',eton ou de ,h>r[1 qu'il arrive quelque *ose ou qu'il n'arrive ri54 ,mais combi5 des plus hautes qualits de la noblesse anglaise se tr\v5t p]dues p> l'incurie de son ducation univ]sitaire6 ,hlas6 elle n'aura peut-tre que trop tt l'occasion de s'en ap]cevoir4 ,je n'ai pas gr&'*ose dire de mon cam>ade irl&ais1 si ce n'e/ que je l'admirais beauc\p et que c'e/ lui qui a (f]t le s\p] o1 tudiant de premire anne1 mon entre au corps des tudiants privilgis fut sol5nellem5t ratifie4 ,j'eus s\t5ir le feu des reg>ds curieux lors de l'preuve des toa/s obligatoires1 mais mes amphitryons n'avai5t pas s\ponn que je p\vais me connatre en v9s autant qu'eux4 ,lorsque n\s n\s sp>mes au petit j\r1 j'aidai desc5dre le fils du doy5 et je dus retrav]s] la c\r de ,peckwat] p\r r5tr] *ez moi2 je me s\vi5s que1 t\t en m>*ant1 je me dem&ais si la trigonomtrie ne p\vait pas m'aid] savoir si je me dirigeais en droite ligne sur le rv]bre au-dessus de la porte4 p>tir de ce j\r1 c'e/--dire environ trois sema9es aprs mon in/allation au collge1 on fut oblig de reconnatre que1 si empot1 si p\le m\ille que je fusse1 je savais l'occasion me faire respect] aussi bi5 qu'un autre1 et1 le trime/re suivant1 qu& ce fut mon t\r de r5dre la politesse1 on admit que j'(frais d'excell5t v91 bi5 qu'il ne portt aucune tiquette rvlatrice1 et que je reg>dais sans mauvaise humeur app>5te mes cam>ades lanc] p> la f5tre aux enfants du conci]ge les fruits que j'avais fait v5ir de ,londres gr&s frais2 ce qui tait bi5 mieux encore1 que j'acceptais la plaisant]ie sans me f*]1 quoique je ne pusse pas moi-mme plaisant]1 et que je m'intressais la conv]sation mme qu& je n'en compr5ais pas le premi] mot1 au po9t qu'un j\r ,bob ,grim/on me fit l'honneur de m'emm5] la tav]ne au del de ,magdal5 ,bridge3 il v\lait obt5ir du l&lord quelques r5seignem5ts sur les *evaux engags dans le ,d]by1 *ose =t dlicate laquelle on n'arrivait qu'en usant de diplomatie1 en s'asseyant sur le b\t de la table de la cuis9e et en causant d'un air dta*4 ,quelques-uns de mes cam>ades1 p>mi les plus srieux1 s'intressai5t mes dess9s2 et deux d'entre eux--,scott ,murray et "l ,kild>e--tai5t aussi exacts que moi-mme l'(fice quotidi52 n\s avions sur la vie du collge et ses rsultats des ides communes4 ,cette seconde anne passa agrablem5t et mes p>5ts pur5t s'imag9] que je pr5ais position l',univ]sit4 ,je fus reu1 sans opposition1 du ,c]cle de ,*ri/ ,*ur* qui t5ait ses runions au co9 d',oriel ,lane1 en face du beau portail de l'glise ,/-,m>y4 ,les regi/res de la ,socit portai5t les noms de la plup>t des hommes du monde les plus di/+us qui avai5t pass p> ,*ri/ ,*ur* dans les dix ou d\ze annes prcd5tes4 ,dans ce milieu luxueux et honorable aux yeux du monde1 mon esprit1 qui avait rec\vr sa tranquillit et son ressort1 acqurait ins5siblem5t *aque j\r un tant soit peu de s5s pratique1 et je crois vraim5t que p5dant cette anne j'ai plus et mieux travaill que je ne le p5sais alors4 ,il me semble auj\rd'hui j'ai connu ,?ucydide1 comme j'ai connu ,homre 7celui de ,pope71 ds que j'ai su lire4 ,en t\s les cas le fait qu'un g>on1 qui savait si peu de grec dix-sept st son ,?ucydide sur le b\t du doigt dix-huit1 implique un ef=t srieux4 ,l'honntet admirable du soldat grec1 sa haute ducation1 la pr(ondeur de ses vues politiques1 le mpris qu'il avait de la =me--c> il ne *]*ait qu' dire avec =ce ce qu'il avait dire--t\t m'intressait puissamm5t en lui comme criva92 en mme temps son sujet1 la plus gr&e tragdie qui se soit j\e dans le monde1 le suicide de la ,grce1 veillait en moi une sympa?ie qui dveloppait en mme temps mon cur et mon intellig5ce4 ,j'ouvre et je pose ct de moi1 p5dant que j'cris le troisime volume si soigneusem5t cons]v sur lequel j'ai tant pe94 ,je retr\ve1 entre ses pages mes notes d'une f9e criture s]re2 et je lis avec une surprise ple9e de reconnaissance la d]nire phrase de la prface d',arnold date de ,fox ,h[1 ,ambleside1 janvi] #ahce3 ,les plus folles extravagances du nfa/e a?isme des temps mod]nes n'iront jamais plus lo9 que les sophi/es de la ,grce ne sont alls4 ,t\t ce que l'audace peut os] et inv5t] p\r *ang] le s5s des mots le bi5 et le mal1 on l'a essay au temps de ,platon2 mais grce son loqu5ce1 sa sagesse1 sa foi 9branlable1 ils ont t confondus4 ,note #cf3 ,en franais dans le texte4 ,note #cg3 ,*teau du duc de ,m>lbor\gh4 7,note du traducteur47 ,note #ch3 ,j'essaie autant que possible de ne pas abus] des notes1 mais je dois expliqu] ceux de mes lecteurs qui ne s]ai5t pas ,anglais que ,tom e/ le nom de la grosse clo*e d',ox=d1 celle de la t\r de l'oue/ de ,*ri/ ,*ur*4 ,note #ci3 ,le premi] exam5 du baccalaurat little g ou smalls t]me usit ,cambridge et ,ox=d4 7,note du traducteur47 ,note #dj3 ,c\rs ou quadrangles du gr& collge de ,*ri/ ,*ur*4 7,note du traducteur74 ,note #da3 ,plus t>d1 doy5 de ,we/m9/]1 clbre surt\t comme gologue4 7,note du traducteur47 ,,*apitre ,,xii ,,la ,,*apelle ,,de ,,roslyn ,il me faut rev5ir1 avant de clore le rcit =t dc\su de ces v+t premires annes1 sur deux ou trois pisodes p]dus au milieu de cette anne #ahcf1 c> ils eur5t de l'influ5ce sur la suite de mes travaux4 ,il m'e/ impossible de retr\v] quelle date mon pre fit l'acquisition de son premi] ,copley ,field+3 ,betwe5 ,k+'s ,h\se & ,inv]oran1 ,argyll%ire4 ,n\s le paymes un prix extrmem5t lev p\r n\s1 d\ze c5ts francs2 le j\r o on n\s l'apporta il y eut fte la maison1 et1 encore bi5 des j\rs aprs1 n\s passmes des heures l'admir] en n\s figurant que coll9es1 pluie1 t\t cela tait vrai4 ,mon pre et moi n\s n\s ent5dions m]veille sur ,copley ,field+ et vraim5t je regrette s\v5t de n'avoir pas vcu dans quelque co9 p]du du monde sans avoir jamais vu d'autre pe9ture que celle de ,pr\t et la si5ne4 ,n\s n'emes plus qu'une ide1 aprs avoir a*et notre ,field+1 faire sa connaissance2 et combi5 cette amiti n\s fut prcieuse1 c> c'tait le plus mode/e des prsid5ts1 le plus naf des pe9tres1 sans ombre de romantisme avec seulem5t un am\r passionn p\r le soleil du ,bon ,dieu et p\r les coll9es natales4 ,t&is que ,/anfield ,h>d+ et ,rob]ts voyageai5t en ,italie1 en ,sicile1 en ,/yrie1 en ,bohme1 en ,illyrie1 dans les ,alpes1 les ,pyrnes1 la ,si]ra ,mor5a1 ,field+ n'allait mme pas jusqu' ,calais2 *aque anne1 il ret\rnait ,saddleback et ,b5 ,v5ue1 et s\v5t mme ,s&gate et les dunes de ,sussex lui suffisai5t4 ,les dess9s que j'excutai en #ahce tai5t rellem5t intressants1 mme p\r des arti/es2 ils indiquai5t des dispositions suffisantes p\r que mon pre ait jug utile de me faire pass] de l'enseignem5t de ,mr ,runciman quelque *ose de t\t fait suprieur4 ,t\t membre de la ,socit des aqu>elli/es faisait pay] ses leons une gu9e2 il e/ vrai qu'en six leons1 on arrivait1 disait-on1 un bon tal5t d'aqu>elli/e amateur4 ,notre *oix1 comme pr(esseur1 tait fait d'avance1 et je ne saurais dire qui de moi ou de mon pre a le plus j\i de ces six heures passes dans l'ateli] de ,field+4 ,l'admiration de mon pre t\*ait l'arti/e1 qui tr\vait le plus gr& plaisir caus] avec lui p5dant que je pr5ais ma leon1 et cep5dant mon pre1 timide et rs]v1 n'tait rellem5t lui-mme que la plume la ma94 ,j'ai eu le bonheur de retr\v] une lettre de #ahcj qui montre bi5 quelle valeur ,nor?cote atta*ait l'op9ion de mon pre4 ,c'tait propos d'un ouvrage de critique demeur classique1 le meilleur qu'on ait fait jusqu'ici bas sur les pr9cipes de l'cole de ,reynolds3 ,*] ,monsieur1 j'ai reu votre lettre si aimable et si enc\rageante1 mais j'ai t dsol d'appr5dre que v\s aviez t malade2 j'espre que v\s tes t\t fait rtabli4 ,les loges que v\s v\lez bi5 faire de moi et du volume de ,conv]sations me font plus de plaisir que v\s ne p\vez imag9]2 d'autant que le livre a p>u sans mon autorisation1 et s\s sa premire =me1 dans les ,revues1 sans mme que j'en eusse connaissance4 ,j'ai fait t\t ce qui tait en mon p\voir p\r en arrt] la publication p>ce qu'il s'y tr\ve quelques jugem5ts trs svres sur des p]sonnes1 que je n'aurais pas v\lu voir imprims2 de plus1 ,hazlitt1 qui e/ un homme de beauc\p de tal5t1 a la d5t =t dure et il a s\v5t exagr ce que je lui avais dit en confid5ce4 ,quoi qu'il en soit1 je bnis ,dieu que ce livre1 qui a t p\r moi l'occasion de tant de tr\ble1 ait l'approbation d'un esprit comme le vtre4 ,cette approbation e/ un gr& rcon=t2 elle me met l'me en repos4 ,veuillez prs5t] mes respectueux complim5ts ,mrs ,rusk9 qui1 je l'espre1 e/ en bonne sant4 ,mes bons s\v5irs votre fils4 ,t\j\rs1 *] ,monsieur1 votre ami trs reconnaissant#db et trs humble s]viteur4 ,,james ,,nor?cote4 ,argyll-,h\se1 #ac octobre #ahcj4 ,john ,j4 ,rusk91 ,esq4 ,les six leons s'allongr5t1 en dev9r5t huit ou neuf1 p5dant lesquelles ,copley ,field+ m'apprit sup]pos] des lavis de te9tes div]ses1 confectionn] a9si des ciels avec du cobalt1 de la g>ance et de l'ocre jaune1 faire les sommets de montagnes au moy5 de t\*es brises1 9gales2 reprs5t] un lac aux eaux calmes p> de l>ges b&es d'ombre sp>es des int]valles de trois ou quatre millimtres p> des lignes lum9euses2 faire les nuages noirs et la pluie l'aide de d\ze ou v+t lavis successifs1 et1 avec un p9ceau sec1 saup\dr] de t]re de ,si5ne brle les feuillages et les premi]s plans4 l'aide de ces pr9cipes1 je russis copi] une aqu>elle de #ab x #i de ,b5 ,v5ue et des ,trosa*s1 avec des va*es brunes sur les bords du ,lo* ,a*ray1 que ,field+ fit devant moi4 ,j'tais si cont5t de mon aqu>elle que je l'accro*ai au-dessus de la *em9e de ma *ambre2 je m'endormais le soir en la contemplant1 et1 le mat91 c'tait la premire *ose que je voyais au rveil4 ,plaisir fait d'am\r-propre satisfait sans d\te1 mais aussi du s5tim5t que j'avais acquis quelque *ose de n\veau4 ,je me s5tais comme exalt1 s\lev p> un air plus lg] et en mme temps plus =t4 ,hlas6 cette premire conqute ne fut pas suivie de beauc\p d'autres4 ,je m'tais att5du des progrs con/ants et rguli]s1 il n'en fut ri54 ,mes pauvres lavis1 quelque so9 que j'y misse1 n'arrivai5t jamais au fondu de ,field+1 et mes saup\drages de t]re brle1 t\j\rs les mmes1 donnai5t de la monotonie4 ,ce qui me dc\ragea surt\t1 c'tait l'impossibilit d'utilis] les procds de ,field+ p\r les ,alpes4 ,mes t\*es brises1 9gales1 ne reprs5tai5t pas mieux des aiguilles que mes ombres rgulires les eaux du lac de ,g5ve4 ,j'ab&onnai l'aqu>elle avec l'ide1 que je ne =mulais pas1 que je n'tais pas d\ p\r cet art--la vrit1 c'e/ que la composition en c\leur n'tait pas dans mes cordes--et je me remis au dess91 au pur dess91 avec c\rage4 cette poque1 je n'avais pas encore vu une aqu>elle de ,turn]4 tait-ce l\rdeur d'esprit ou prud5ce1 je cont9uais en t\te tranquillit copi] les reproductions dans le volume de ,rog]s sans m'inquit] mme de savoir o tai5t les orig9aux4 ,ils tai5t enf\is au fond d'un vieux tiroir dans ,que5 ,anne ,/reet1 aussi inaccessible p\r moi que le fond de la m]2 si je les avais vus1 peut-tre cela n'et-il s]vi qu' me gt] le plaisir que me donnai5t les gravures4 ,mon indiffr5ce cet g>d eut du bon1 et plus je songe mon manque de curiosit1 dont ce n'e/ l qu'un exemple1 plus j'pr\ve de reconnaissance et mme de respect p\r cette habitude1 que j'ai cons]ve t\te ma vie1 de travaill] avec rsignation ce que j'ai s\s la ma91 tant que je peux le faire1 et reg>d] ce que j'ai s\s les yeux tant que je peux le voir4 ,d'autre "p1 p\r les gr&s ,turn]1 la p5se de les imit] ne me v5ait mme pas et l'effet qu'ils ont produit sur moi avant #ahcf e/ =t ml2 plusieurs1 comme ,quillebuf ou ,les *>geurs de *>bon1 tai5t peu agrables de c\leur2 et la ,fonta9e de l',indol5ce ou la ,bran*e d'or m'app>aissai5t sans d\te quelque peu fanta/iques ct du naturalisme de ,l&se]1 de l'motion huma9e1 et de l'intelligibilit de ,wilkie4 ,mais en #ahcf1 ,turn] exposa trois tableaux dans sa d]nire manire et o son orig9alit se traduisait avec t\t l'art dont il tait capable2 c'tait ,juliette avec sa n\rrice1 ,rome vue du ,mont ,av5t91 et ,m]cure et ,argus4 ,la fantaisie qui lui avait fait *oisir comme cadre sa ,juliette ,v5ise au lieu de ,vrone1 les fantasmagories de l'clairage1 les feux d'artifice au trav]s desquels on reconnaissait pe9e ,v5ise1 fur5t l'occasion d'un article qui p>ut dans le ,blackwood's ,magaz9e et o le critique1 avec beauc\p de =ce mais sans aucun mnagem5t et encore mo9s de politesse1 exprimait les s5tim5ts que suggrai5t aux lves de sir ,george ,beaumont ces vues de nature qui n'avai5t ri5 d'or?odoxe4 ,cet article s\leva en moi une sa9te colre1 qui ne s'e/ jamais calme d'ailleurs1 et comme j'tais dj ple9 de confiance dans mes tal5ts d'criva91 que je s5tais et p\vais expliqu] le *>me de l'uvre de ,turn]1 j'crivis une rponse au ,blackwood dont je s]ais curieux auj\rd'hui de retr\v] quelques fragm5ts4 ,mon pre jugea conv5able de dem&] ,turn] la p]mission de publi] cette rponse4 ,je la recopiai donc de ma plus belle criture1 et l'envoyai au ,matre qui1 cette occasion1 m'crivit la lettre suivante3 #dg1 ,que5 ,ann 7sic7 ,/reet ,we/4 #f octobre #ahcf4 ,mon *] monsieur1 laissez-moi v\s rem]ci] de votre zle1 de votre amabilit et de la pe9e que v\s avez prise au sujet des critiques que le ,blackwood's ,magaz9e d'octobre a faites de mes tableaux2 je ne m'agite pas p\r si peu2 ces *oses-l sont sans importance2 rpondre ne s]t qu' aggrav] le mal4 ,on a peur que mes ides ne fass5t t\rn] la pte et que t\te la provision de f>9e ne soit gte4 ,p4 ,s4--,si v\s dsirez que je v\s r5voie le manuscrit1 soyez assez aimable p\r me le faire savoir4 ,s9on1 et avec votre p]mission1 je l'env]rai au possesseur du tableau de ,juliette4 ,la signature manque au bas de la lettre2 je l'ai c\pe1 sans d\te p\r le plus gr& bonheur d'un amateur d'autographes4 ,quelques annes plus t>d1 les lettres de ,turn] mon pre se t]m9ai5t p> cette =mule t\j\rs la mme3 ,bi5 s9crem5t vtre1 celles qu'il m'adressait1 simplem5t p> ,s9crem5t vtre4 ,le possesseur du tableau tait ,mr ,munro de ,nov>1 qui ne m'a jamais p>l de la faon dont le premi] *apitre de ,mod]n ,po9t]s tait tomb entre ses ma9s1 et1 de mon ct1 je n'ai pas atta* assez d'importance la *ose p\r lui en p>l]4 ,je cont9uai de travaill] d'aprs les gravures de ,turn] p5dant un ou deux ans1 t\t en mettant pr(it les procds de ,copley ,field+1 *aque fois qu'en voyage1 p5dant les vacances1 je faisais une tude en c\leur4 ,n\s fmes trois voyages1 trois ts de suite1 sans trav]s] la ,man*e4 ,en #ahcg1 le ,york%ire et les lacs2 en #ahch1 l'cosse2 en #ahci1 les ,corn\ailles4 ,c'e/ p5dant le voyage de #ahcg1 j'avais dix-huit ans1 que j'pr\vai p\r la d]nire fois l'am\r pur et enfant9 de la nature1 o ,wordswor?1 bi5 lgrem5t1 voit une preuve de l'immortalit4 ,n\s passmes p> la ,nor? ,road1 comme n\s en avions l'habitude2 le quatrime j\r1 n\s arrivions ,catt]ick ,bridge1 o le joli ruisseau clair1 qui c\rt sur un lit de caill\x trav]s une valle ent\re de coll9es1 fait press5tir les l&es et les rav9s de la p>tie montagneuse du ,york%ire4 ,au bord du petit ruisseau1 je ress5tis cette motion comme je ne l'ai plus retr\ve depuis2 motion qui n'e/ possible que dans la jeunesse1 c> t\t s\ci1 t\t regret1 la consci5ce du mal la dtruit3 elle veut une s5sibilit intacte et l'esprance dans l'av5ir2 non que je croie la jeunesse incapable de s5tir ce qu'il y a de meilleur dans cet am\r1 l'heure de la maladie et dans l'att5te de la mort1 mais seulem5t si la mort lui semble un don de ,dieu4 ,ces motions1 quant moi1 je ne les ai jamais pr\ves que dans des lieux sauvages1 j'ent5ds p> l des endroits o la ma9 de l'homme n'tait pas int]v5ue1 et en p>ticuli] au bord des rivires ou dans le vois9age de la m]4 ,le s5tim5t de la lib]t1 de la gr&eur1 de la puissance non pr(ane de la nature y tait un lm5t ess5tiel4 ,je j\issais d'une pel\se1 d'un j>d91 d'une prairie maille de pqu]ettes1 d'un tang paisible1 comme en j\iss5t les autres enfants2 mais sur les rives de la ,w&el1 sur les dunes de ,s&gate ou au bord d'un ruisseau dans un rav9 du ,york%ire1 je ne me s5tais pas semblable aux autres enfants2 mais comm5t exprim] cette motion1 mme lorsqu'on l'a le plus =tem5t pr\ve8 ,l'expression de ,wordswor?3 j'en tais hant comme p> une passion1 ne la traduit qu'imp>faitem5t3 ce n'e/ pas comme une passion1 qu'il faudrait dire1 c> c'e/ une passion2 et la "q1 "q dlicate1 e/ prcism5t de savoir en quoi elle diffre des autres passions2 quel e/ le s5tim5t huma91 huma9 au plus haut degr1 qui n\s porte aim] une pi]re p\r l'am\r de la pi]re1 un nuage p\r l'am\r du nuage8 ,le s+e aime le s+e p\r l'am\r du s+e1 il aime une noisette p\r l'am&e qu'elle r5f]me1 mais il n'aime pas une pi]re p\r une pi]re4 ,les pi]res tai5t p\r moi du pa9 sans que le ,dmon y ft p\r ri54 ,j'tais trs diffr5t1 qu'on me p]mette de le r$ire encore une fois1 des autres enfants1 mme de ceux qui me ressemblai5t le plus1 pas tant p> la nature du s5tim5t que p>le mlange et la div]sit de ses lm5ts4 ,ma petite cru*e d'argile dbordait la fois1 si je puis dire1 de la vnration de ,wordswor?1 de la s5sibilit de ,%elley1 et de la prcision de ,turn]4 ,je voyais comme ,wordswor? dans un p]ce-neige une p>tie du ,s]mon sur la ,montagne2 mais je n'aurais jamais adress de sonnets la *lido9e1 p>ce qu'elle e/ d'un jaune cri>d et de =me imp>faite4 ,comme ,%elley1 j'aimais le ciel bleu et les yeux bleus1 mais je n'ai jamais un in/ant confondu les cieux avec ma pauvre petite me4 ,la vnration et la passion g>dai5t leurs places respectives1 grce l'lm5t con/ructif1 la ,turn]1 qu'il y avait en moi4 ,je ne m'puisais pas s\hait] qu'une pqu]ette pt se rj\ir de la beaut de son ombre4 ,je m'appliquais t\t bonnem5t dess9] exactem5t cette ombre4 ,mais les lois qui rgissai5t ma nature tai5t si f]mes1 si *imiquem5t inaltrables1 qu' l'heure actuelle1 #ahhf1 jetant un c\p d'il en arrire1 sur les rives de ce c\rs d'eau1 v]s ce ruisseau de #ahcg o je vois se dr\l] t\te ma jeunesse1 je ne me tr\ve *ang en ri54 ,quelques p>ties de moi-mme sont mortes1 mais d'autres1 plus nombreuses1 se sont =tifies4 ,j'ai appris c]ta9es *oses1 j'en ai oubli beauc\p2 au total1 je ne suis que le mme adolesc5t1 du et rhumatisant4 ,p\r mieux faire compr5dre cette op9itret de ma nature qui n'a ri5 du durcissem5t du bois p> les annes1 mais ti5t plutt du tissu de la moelle1 que l'on me p]mette d'insi/] encore un in/ant sur l'trange plaisir que je ress5tis en #ahcg revoir les lieux o1 coli]1 j'avais err4 ,il n'e/ pas d'enfant qui ait ress5ti une impression plus vive la vue de l',italie et des ,alpes2 il n'e/ pas d'enfant1 pas d'homme qui fit mieux la diffr5ce entre une *aumire du ,cumb]l& et un palais vniti51 entre un ruisseau du ,cumb]l& et le ,rhne3 c'e/ ce dont on tr\ve une expression1 l'anne suivante1 dans ma premire t5tative littraire qui donnt des esprances4 ,si gr&1 t\tefois1 qu'ait t mon en?\siasme1 si dlirantes les joies pr\ves sur le cont95t1 ri5 ne peut se comp>] au bonheur que j'eus me retr\v] sur les bords d'un ruisseau du ,york%ire4 ,c'tait p\r moi retr\v] le ciel4 ,n\s p\ssmes jusqu'au ,cumb]l& que n\s connaissions dj si bi51 mon pre me faisant faire l'asc5sion du ,scawfell et de l',helvellyn avec un guide exprim5t de ,keswick1 ,mr ,wright1 qui se connaissait en m9ralogie2 et notre t se passa paisiblem5t et non sans pr(it4 ,un petit incid5t1 que je situe v]s le comm5cem5t de #ahch1 pr\ve que j'avais rec\vr ma tranquillit d'me et mon bon s5s1 et que l'on aurait pu me dcid] alors sans trop de pe9e me fix] dans une vie simple et sa9e1 mais il aurait fallu p\r cela que mes p>5ts suss5t pr(it] de la *ance qui se prs5tait4 ,j'ai oubli de dire1 lorsque j'ai p>l de nos amis ,mr et ,mrs ,ri*>d ,gray1 que1 dans mon enfance1 ma mre avait aussi une autre amie1 qui habitait en haut de ,camb]well ,grove4 ,elle s'appelait ,mrs ,)]s4 ,c'tait une excell5te femme1 trs pieuse1 qui aidait ma mre dans ses *>its4 ,mr ,)]s1 gros ngociant en *>bons1 fit plus t>d de mauvaises affaires4 ,l'un et l'autre ne m'ont laiss qu'un s\v5ir effac4 ,mrs ,)]s1 qui avait t trs mle la vie de ma mre1 avait disp>u de notre horizon avant que je ne d'ge cons]v] fusse d'elle une impression nette4 ,au pr9temps de cette anne #ahch1 ,mr ,)]s1 dev5u veuf1 qui vivait retir la campagne1 tait v5u ,londres p\r affaires2 il avait am5 sa fille unique af9 de la prs5t] ma mre2 et ma mre--comm5t expliqu] un fait si contraire ses habitudes8--l'avait invite pass] quelques j\rs avec n\s p5dant que son pre faisait une t\rne d'affaires4 ,*>lotte ,)]s avait seize ans1 elle tait mignonne1 un peu frle1 dlicate1 impressionnable et blonde1 avec un te9t *>mant malgr des ta*es de r\sseur1 et une grce naturelle qui rappelait celle d'une fleur des prs2 intellig5te1 affectueuse1 l'me t\t fait droite1 et d'une pit qui n'avait ri5 d'agressif4 ,en somme1 une petite crature d\ce1 un peu ord9aire1 pas jolie1 mais agrable reg>d] lorsque ses yeux se posai5t sur les vtres et qu'elle n'tait pas di/raite4 ,en mo9s d'une sema9e1 n\s tions dev5us trs bons amis4 ,n\s causions musique1 pe9ture2 j'crivis p\r son dification un essai de neuf pages1 gr& =mat1 sur beau papi]1 o j'exposais triomphalem5t mes ides sans ri5 laiss] subsi/] des si5nes4 ,c'tait ma manire ord9aire de faire ma c\r aux femmes4 ,*>lotte ,)]s fut trs flatte du gr& honneur que je lui faisais1 et elle emporta mon essai comme un bon lve le prix qu'on vi5t de lui dc]n]4 ,comme je le disais plus haut1 si mon pre et ma mre avai5t v\lu qu'elle prolonget son sj\r d'un mois1 n\s s]ions c]ta9em5t tombs am\reux l'un de l'autre1 trs d\cem5t1 en t\te srnit2 il ne dp5dait que d'eux de me faire p\s] cette g5tille petite femme1 et de m'in/all]1 tant donn mon gt p\r la gologie1 dans le comm]ce du *>bon1 je n'aurais oppos aucune rsi/ance4 ,mais je ne crois pas que l'ide leur en soit seulem5t v5ue4 ,*>lotte n'tait pas la femme qu'ils rvai5t p\r moi4 ,si bi5 que ,*>lotte n\s quitta la f9 de la sema9e au ret\r de son pre4 ,je l'accompagnai jusqu' ,cumb]l& ,gre51 n\s n\s sp>mes avec quelque tri/esse de "p et d'autre au co9 de la ,new ,road1 et cette possibilit d'un bonheur paisible s'van\it p\r t\j\rs4 ,peu aprs1 son pre ngocia p\r elle un m>iage avec un gros comm]ant de ,newca/le4 ,elle se s\mit1 en fille obissante qu'elle tait4 ,traite p> son m>i peu prs comme un de ses sacs de *>bon1 elle m\rut au b\t d'un ou deux ans de m>iage4 ,ce petit incid5t me pr\va1 et j'en fus humili1 que ma mre avait eu raison lorsque1 ma gr&e indignation1 elle m'avait assur qu',adle n'tait pas la seule jeune fille qu'il y et au monde2 et les joies que me donna le voyage que n\s fmes cette anne-l dans les ,trosa*s n'eur5t pas les honneurs d'une description en v]s byroni5s2 j'avais aussi r5onc la tragdie1 c>1 aprs avoir dcrit une gondole1 un bravo1 la div9e ,bianca et le clair de lune sur le ,gr& ,canal1 j'avais tr\v que je n'avais plus gr&'*ose dire4 ,le pays de ,scott me prit t\t enti]4 quoi bon dire au lecteur d'auj\rd'hui que les bords du ,lo* ,katr9e1 l'extrmit e/ du lac1 tai5t encore tels que ,scott les a vus et dcrits3 ,onw>d1 amid ! copse 'gan peep1 ,a n>r[ inlet1 /ill & deep#dc6 ,ri5 de plus vrai1 de plus adorablem5t exact4 ,au bord du s5ti] 7ce n'tait qu'un s5ti]7 qui s]p5tait trav]s les ,trosa*s1 sombre et sil5cieux1 s\s les myrtilles1 rvait un tang aux eaux limpides1 aux rives s9ueuses1 un tang qui n'avait pas plus de c9q pi$s de l>ge sa naissance et qui refltait les h]bes et les m\sses entrelaces de ses bords s\s une vote de feuillage si t\ffue qu' pe9e ap]cevait-on le bleu du ciel au trav]s4 ,ce petit bras du ,lo* ,katr9e e/ trange p> lui-mme2 je n'ai vu nulle "p ri5 qui y ressemblt4 ,c'e/ un m&re aux eaux pr(ondes1 sans ruisseau app>5t qui vi5ne l'alim5t]1 phnomne qui n'e/ possible1 j'imag9e1 qu'au milieu de ces amas de ro*]s biz>res des ,trosa*s4 ,cette beaut trange1 cette m]veille naturelle1 le plus beau des pomes que l'cosse ait *ants au bord de ses c\rs d'eau l'a immortalise4 ,p\rrait-on croire que t\t ce que le ,x,i,xe sicle a su inv5t] p\r honor] ce dlicieux co9 de montagne1 cet hritage sacr1 'a t de p]mettre un bateau vapeur de v5ir y f\rr] son nez1 de ca*] ses myrtilles s\s une plate-=me en plan*es et d'y faire c\rir au pas de *>ge des hordes de t\ri/es8 ,c'et t un gr& bi5fait p\r moi de faire l'asc5sion du ,b5 ,v5ue et du ,b5 ,l$i1 le m>teau la ma91 comme ,scawfell et ,helvellyn4 ,mais j'tais absorb alors p> un travail littraire1 auquel la vue de ,roslyn et de ,melrose donnait encore plus d'intrt4 ,l'ide m'en tait v5ue p5dant l't de #ahcg2 elle tait ne1 j'imag9e1 du contra/e1 qui m'avait vivem5t frapp1 entre les habitations ru/iques du ,we/morel& et celles d',italie4 ,t\j\rs e/-il que le numro de novembre #ahcg de l',ar*itectural ,magaz9e de ,l\don dbute p> un article intitul3 ,introduction la posie de l',ar*itecture1 ou l',ar*itecture des ,nations de l',europe envisage dans ses rapports avec l'aspect naturel du pays et le c>actre national1 p> ,kataphus94 ,il m'tait impossible de donn] en mo9s de mots1 et en mots plus significatifs1 la df9ition de ce que je devais pass] plus de la moiti de ma vie expliqu]4 ,selon la nature disait l'esprit dans lequel je devais trait] ce sujet aussi bi5 que t\s les autres4 ,que j'aie cru devoir pr5dre un nom de plume me semble indiqu] 7comme aussi que je n'aie pas sign la premire dition des ,mod]n ,po9t]s7 une confiance dans mon jugem5t assez dplace *ez un g>on de dix-huit ans4 ,si mon pre ou mon pr(esseur m'avait dit alors3 cris comme un jeune homme doit crire1 laisse au lecteur le so9 de dc\vrir ce que tu sais1 amne-le d\cem5t tes ides1 je n'aurais sans d\te pas r\gir de mes premi]s essais4 ,m'euss5t-ils dit plus svrem5t encore3 ,tais-toi1 att5ds le mom5t o tu n'auras plus beso9 de t'excus] auprs de ton lecteur1 j'aurais t peut-tre1 plus t>d1 satisfait de mon uvre4 ,tels qu'ils sont1 en dpit de leur prt5tion1 de leur peu de pr(ondeur1 ces essais de ma jeunesse vont assez droit au b2 et ils se di/+u5t dj de la littrature de l'poque p> l'+niosit de la =me1 qualit que le public a bi5 v\lu me reconnatre ds le db4 ,j'ai dit plus haut que c'tait la lecture assidue de la ,bible qui m'avait emp* de model] mon /yle entirem5t sur celui de ,johnson4 ,dans une c]ta9e mesure1 c'e/ ce que j'ai fait2 et dans ces premi]s essais je m'y suis appliqu1 en p>tie p>ce que je ne p\vais pas faire autrem5t1 en p>tie de propos dlibr4 ,lors de nos voyages l'trang]1 comme il tait important de ne pas augm5t] inutilem5t le poids des bagages1 mon pre avait jug que quatre petits volumes de ,johnson--! ,idl] et ! ,rambl]--s\s des noms appropris aux circon/ances1 cont5ai5t autant de n\rriture sub/antielle p\r l'esprit qu'il tait possible d'en tr\v] s\s une =me aussi rduite4 ,p> consqu5t1 qu& j'avais une heure de lib]t1 ou qu& il pleuvait1 je lisais quelques pages dudit ,rambl] ou dudit ,idl]4 ,ces t\rnures de phrases qui rev5ai5t a9si sans cesse se gravr5t dans mon esprit2 et il me fut impossible1 p5dant de longues annes1 de me db>rass] du ry?me de la cad5ce johnsoni5ne1 phrases comme des c\ps de sabre1 propres f5dre le cimi] d'un ennemi ou comme des c\ps de pilon1 capables d'enfonc] les fondations d'un pr9cipe4 ,il ne m'e/ jamais v5u l'ide1 ft-ce un in/ant1 de comp>] ,johnson ,scott1 ,pope1 ,byron ou aucun des gr&s criva9s vraim5t gr&s que j'aimais1 mais j'avais ds le premi] mom5t--et je n'ai po9t *ang cet g>d--t\j\rs reconnu en lui un criva9 absolum5t s9cre1 apprciant les *oses et les c\tumes du monde leur ju/e valeur4 ,je prisais sa phrase1 non seulem5t en raison de sa symtrie1 mais aussi p>ce qu'elle tait ju/e et claire4 ,c'e/ un gt qui n'e/ pas trs commun2 le public dem&e plus s\v5t un auteur d'expos] ses propres ides en t]mes lgants1 et on le tr\ve aussi dispos applaudir une phrase de ,macaulay1 qui peut trs bi5 ne ri5 dire du t\t1 qu' faire fit d'une de celles de ,johnson1 si elle e/ ho/ile leurs prv5tions1 bi5 que la symtrie en ft celle de c\ps de tonn]re se rpondant d'un horizon l'autre4 ,ce fut un trs gr& bonheur p\r moi1 au c\rs de ces voyages sur le cont95t1 dans la surexcitation que me causai5t tant de *oses n\velles1 que ,johnson ait t le seul auteur que j'aie eu s\s la ma94 ,aucun criva9 ne p\vait mieux combattre les entranem5ts de mon tempram5t la fois mtaphysique et sangu94 ,il m'apprit pr5dre la mesure de la vie et me mfi] de la =tune2 et il m'emp*a p> son bon s5s solide comme le diamant de me laiss] pr5dre aux toiles d'araignes de la mtaphysique g]manique1 ou de m'emb\rb] dans les m>cages produits p> son infiltration en ,anglet]re4 ,t\t en crivant ces lignes1 j'ouvre le plus gros des volumes de cet ,idl] auquel je dois tant1 et aprs avoir feuillet quelques pages1 je tombe sur cette phrase que je copie1 af9 de montr] au lecteur ce que j'y ai appris1 et1 relisant ces mots auj\rd'hui1 j'y s\scris n\veau4 ,que ceux qui aspir5t mrit] les mmes loges que ces savants imit5t leur assiduit1 vit5t leur excs de scrupule4 ,n'oublions jamais que la vie e/ c\rte1 que le savoir e/ un puits sans fond et qu'il e/ bi5 des d\tes qui ne mrit5t pas d'tre claircis4 ,laissons ceux que la nature et le travail ont qualifis p\r enseign] l'humanit n\s dire ce qu'ils ont appris p5dant qu'ils peuv5t encore le faire sans se proccup] de leur rputation4 ,il m'e/ impossible auj\rd'hui de savoir si mon s9cre dsir de vrit1 et le s5tim5t mu de ce qui e/ immdiatem5t sec\rable aux malheureux qui priss5t1 m'aurai5t am5 cette conclusion1 si ,johnson n'avait pas t l p\r me guid]4 ,ce qui e/ c]ta91 c'e/ qu'il m'a mis dans la bonne voie ds le comm5cem5t1 et quelque temps que j'aie p]du en va9s plaisirs ou en ef=ts /riles1 il m'a sauv jamais des ides fausses et des spculations creuses4 ,je ne sais p\rquoi1 c> ,mr ,l\don n'tait c]ta9em5t pas fatigu de ma collaboration1 les articles de ,kataphus9 cessr5t brusquem5t de p>atre1 comme si je n'avais plus ri5 dire sur les =mes suprieures de l'ar*itecture civile et religieuse1 sans un mot d'excuse ni d'explication4 ,il e/ p\rtant fait allusion une suite1 dans une phrase =t l\rde de l'article sur la *aumire du ,we/morel&2 il y e/ dit que l'on v]ra1 lorsque n\s ab&onn]ons l'humble valle p\r le rav9 pr(ond1 et la coll9e v]doyante p\r le g\ffre hriss de ro*]s1 que si les ar*itectes du cont95t ne sav5t pas orn] d'humbles toits les pturages1 ils sav5t c\ronn] la cime des ro*]s d't]nels crneaux4 ,ces belles promesses n'ab\tir5t ri5444 un *apitre sur les *em9es illu/r1 ce que je vois ce mat9 avec surprise1 p> un assez bon dess9 du btim5t sur lequel donne la f5tre de mon cab9et de travail1 ,coni/on ,hall4 ,au total1 ces articles1 crits dans le c\rant de l'anne #ahch m>qu5t un progrs con/ant1 des ides nettes sur des sujets p>ticuli]s1 en dpit de l'eng\rdissem5t de *rysalide o j'tais4 ,en quittant les ,trosa*s1 n\s n\s r5dmes dimb\rg3 et c'e/ quelque "p sur la r\te1 aux environs de ,l9li?g[1 que mon pre1 lisant son c\rri] du mat91 n\s annona avec le plus gr& calme1 ma mre et moi1 que ,mr ,domecq ram5ait ses quatre filles en ,anglet]re1 dans l'int5tion de les mettre en p5sion ,new ,hall1 prs de ,*elms=d1 p\r a*ev] leur ducation4 ,le re/e du voyage ne m'a laiss aucun s\v5ir2 j'ai aussi oubli t\t ce qui a suivi1 except notre c\rse en voiture ,*elms=d4 ,p\rquoi ma mre avait-elle jug bon1 de se faire accompagn] p> moi1 dans cette visite au c\v5t8 ,j'imag9e que ce fut p> bont qu'elle m'emm5a1 ayant tr\v que ce s]ait bi5 cruel de me laiss] la maison4 ,les jeunes filles n\s reur5t au p>loir1 et fur5t autorises v5ir pass] leurs j\rs de cong ,h]ne ,hill4 ,a9si s'ouvrit une seconde priode de cette p>tie de ma vie1 qui n'e/ pas digne de mmoire mais seulem5t du ,gu>da e ,passa4 ,il y avait p\r moi quelque ad\cissem5t1 p5dant mes tudes de l'automne1 me dire qu',elle tait en ,anglet]re1 l1 t\t prs1 que je p\vais1 de la f5tre de mon cab9et de travail1 ap]cevoir le lambeau de ciel qui flottait au-dessus de ,*elms=d2 il ne me dplaisait pas non plus qu'elle ft au c\v5t1 que p]sonne ne pt la voir1 ni lui p>l]1 except les religieuses4 ,cette vie monotone1 qui lui s]ait sans d\te pnible1 lui f]ait tr\v] de l'agrm5t celle de ,h]ne ,hill1 et j'esprais la tr\v] plus huma9e4 ,je me dem&e ce qui s]ait adv5u de moi si l'am\r1 au lieu de m'tre contraire1 m'et t propice1 si j'avais connu les joies d'une t5dresse p>tage1 et la =ce incalculable que donne la sympa?ie4 ,mais ce sont sans d\te dlices df5dues ce bas monde4 ,les hommes capables de haute passion imag9ative sont sans cesse ballotts sur une h\le de feu1 ceux qui ne connaiss5t pas ces temptes sont d'une t\te autre cole4 ,le second employ de mon pre1 ,mr ,rit*ie1 crivait sans mnagem5t son pauvre collgue ,h5ry1 qui avait r5onc au m>iage p> dv\em5t p\r sa mre et p\r ses surs3 ,si v\s v\lez connatre le bonheur1 m>iez-v\s1 ayez une d\za9e d'enfants et v5ez habit] ,m>gate4 ,il e/ vrai que ,mr ,rit*ie ne fut jamais qu'un monsieur b$onnant et important1 avec des yeux en b\le de loto1 un affili de la religion ,irv+ite4 ,je ne nie pas que les m>iages d'incl9ation du type squire-anglais ne soi5t heureux2 cep5dant1 je con/ate que les squires anglais sacrifi5t une gr&e p>tie de leur vie1 si heureuse1 aux r5>ds#dd4 ,il va sans dire que lorsque ,adle et ses surs v9r5t pass] la maison les quatre ou c9q sema9es des vacances de ,nol1 les ides les plus folles1 les s5tim5ts les plus passionns que j'avais dompts ou oublis rev9r5t avec un r$\blem5t de viol5ce4 ,je ne sais trop ce qui s]ait arriv si ,adle et t une jeune fille d'une beaut et d'une amabilit p>faites et si elle et eu le mo9dre gt p\r moi4 ,mais1 bi5 qu'elle et t d'une beaut exquise qu9ze ans1 ,adle dix-huit ans n'tait pas plus jolie que ne le sont en gnral les ,franaises de cet ge2 elle tait d'un c>actre f]me et imptueux1 avec de gr&s pr9cipes1 mais1 comme on a dj pu s'en d\t]1 pas du t\t aimable2 et bi5 qu'elle m'et p\s si son pre l'et dsir1 en att5dant1 elle tait t\j\rs en*ante de se db>rass] de moi4 ,mais mon am\r tait d'ess5ce trop haute1 trop exalt p\r *ang]3 je ne l'en aimais pas mo9s1 p>ce qu'elle tait mo9s jolie1 et que je le voyais clairem5t2 c> aucun mom5t je n'ai t aveugl p> l'am\r4 ,ri5 ne p\vait entam] mon s5s critique4 ,et les j\rs succdai5t aux j\rs1 tisss de folie1 d'absurdits1 de *agr9s1 d'erreurs1 de t5dresses p]dues1 d'inutiles demi-v]tus2 s\v5irs sur lesquels je ne veux pas m'appesantir1 que je v\drais c>t] c\ps de balai de ce que je puis me rappel] de meilleur p5dant cette priode de ma vie1 avec l'espoir que le tas1 aussi petit que possible1 le tas de c5dres f9isse p> tre enlev t\t fait p> le *iffonni] ,oubli4 ,j'aj\t]ai ici une rflexion d'ordre gnral sur l'attitude des enfants vis--vis de leurs p>5ts1 et je dirai que l'obissance extrieure1 si complte qu'elle p>aisse1 peut n'tre pas de l'obissance1 c> l'obissance doit tre joyeuse et totale2 le dsir de dsobir e/ dj de la dsobissance4 cette poque1 bi5 que je fisse rellem5t quantit de *oses qui me cotai5t p\r plaire mes p>5ts1 je ne saurais en tir] la mo9dre consolation1 tant mon obissance tait mle de mauvaise humeur1 et tant cette maussad]ie gtait les maigres sacrifices que je p\vais faire4 ,mais avant d'ab&onn] cette phase romanesque de mon exi/5ce1 que l'on me p]mette d'crire l'pitaphe de l'un de ses plus d\x fantmes4 ,ceux qui ont connu le fantme m'en s]ont reconnaissants4 ,j'ai dj dit que le rez-de-*ausse de la maison de ,billit] ,/reet tait occup p> ,,mm4 ,w>dell et ,cie4 ,le *ef de la maison tait un homme dj g1 mais trs di/+u et extrmem5t intellig5t2 il portait de longs *eveux b\cls1 il avait les yeux brillants1 l'air gracieux et aimable2 je ne sais s'il tait t\j\rs d'une sagesse p>faite1 mais il tait t\j\rs trs cont5t de lui-mme1 et p>faitem5t heureux1 ayant le bonheur d'avoir une femme intellig5te et une fille unique1 aussi bonne que *>mante4--,pas t\j\rs sage1 ai-je dit2 ce qui ne l'emp*ait pas d'tre un homme d'affaires consomm1 plus g et1 je suppose1 dj inf9im5t plus ri*e que mon pre4 ,il habitait une belle maison dans ,hamp/ead et n'p>gnait ri5 p\r l'ducation de sa fille4 ,ce doit tre v]s #ahci1 ou #ahch1 que mon pre1 confiant ,mr ,w>dell t\s les s\cis que je lui donnais au sujet d',adle1 celui-ci lui proposa1 p\r faire div]sion1 de m'invit] pass] quelques j\rs *ez lui4 ,mon pre n'avait pas encore r5onc me faire p\s] une lady ,cl>a ,v]e de ,v]e1 mais miss ,w>dell tait dlicieuse2 et c'tait l'hritire d'une =tune gale1 s9on suprieure celle laquelle je p\vais prt5dre plus t>d4 ,les deux pres tombr5t d'accord2 ri5 ne p\vait tre plus raisonnable1 plus dsirable qu'un tel arrangem5t4 ,je fus donc expdie ,hamp/ead2 je devais y pass] l'aprs-midi et y re/] dn]4 ,p\r un g>on pas t\t fait niais1 c'et t l'occasion de pass] une aprs-midi dlicieuse4 ,miss ,w>dell avait ent5du p>l] de moi p> son pre1 elle savait que j'tais un jeune homme de conduite exemplaire1 que j'avais dj quelque rputation littraire1 que j'tais l'auteur de la ,posie de l',ar*itecture1 laurat du ,newdigate1 un premi] prix en h]be de mon ,univ]sit4 leve comme moi1 dans la retraite1 p> des p>5ts qui l'adorai5t1 elle n'avait gure quitt la jolie villa des environs de ,londres1 le j>d9 fleuri o elle sautait la corde et cueillait des fleurs4 ,la pr9cipale diffr5ce entre n\s1 c'e/ que ds son plus jeune ge1 miss ,w>dell avait eu les meilleurs matres1 et qu'elle tait alors une dlicieuse enfant de dix-sept ans1 ple9e de tal5ts1 de grce et d'intellig5ce2 un peu dlicate peut-tre1 mais d'une dlicatesse qui aj\tait sa beaut l'intrt qu'inspire t\t ce qui e/ fragile4 cette poque1 elle tait aussi bi5 portante que peut l'tre une enfant qui gr&it vite2 elle tait brune1 f9e et svelte1 avec les *eveux noirs de son pre1 qui j\ai5t en b\cles folles aut\r d'un joli visage d\x et un peu p5sif qu'clairai5t deux yeux d'un bleu gris4 ,je ne me rappelle ri5 de cette aprs-midi d',hamp/ead1 si ce n'e/ qu'il faisait beau et que n\s n\s prom5mes dans le j>d94 ,maman s'tait fait un devoir de politesse de m'accompagn]1 cette visite tant la premire que je faisais aux ,w>dell2 combi5 il et t plus sage de n\s laiss] n\s tir] d'affaire n\s deux6 ,la jolie petite crature m'inspirait une admiration pr(onde1 et j'tais prt faire et dire t\t ce qu'on aurait v\lu p\r lui plaire1 p\r lui plaire au s5s littral3 c'e/ t\j\rs mon dsir1 vis--vis des jeunes filles1 en dpit de mes maladresses4 ,trs s9crem5t1 ma premire p5se e/ t\j\rs de me dem&] en quoi je p\rrais leur tre utile1 comm5t je p\rrais les r5dre heureuses et si elles p\vai5t se s]vir de moi comme d'une plan*e p\r trav]s] un ruisseau1 ou comme d'un poteau p\r accro*] une balanoire1 si je p\vais leur r5dre quelque s]vice analogue ne m'obligeant pas p>l]1 je s]ais p>faitem5t heureux auprs d'elles et ne dem&]ais qu' re/] t]nellem5t leur s]vice4 ,ce dv\em5t trs s9cre1 l'int5se j\issance que me donn5t la beaut ou la grce1 et une sympa?ie qu'augm5te encore la confiance que j'ai dans la rectitude du jugem5t fm991 t\t cela fait que j'ai le plus s\v5t pas mal d'influ5ce sur les jeunes filles1 bi5 que je ne me sois que trs r>em5t s5ti l'aise auprs d'elles4 ,aussi ai-je le s5tim5t1 p5dant cette longue aprs-midi d',hamp/ead1 d'avoir plutt ennuy la pauvre petite4 ,de plus1 bi5 que j'admirasse miss ,w>dell1 ce n'tait pas mon type de beaut4 ,j'aime les visages ovales1 les *eveux d'un blond translucide et plutt plats2 en t\t cas pe9e onduls et tombant en longues nattes2 j'aime une dm>*e la/ique1 un pas f]me4 ,la grce brune1 un peu languissante1 de miss ,w>dell m'impressionnait mo9s qu'elle ne m'intimidait4 ,je craignais quelle ne me tr\vt ennuyeux4 ,je crois p\rtant qu'au total1 je ne m'en tais pas trop mal tir1 c> elle cons5tit peu aprs v5ir ,h]ne ,hill p\r voir nos tableaux1 et je me s\vi5s de son air un peu eff>\*1 mais satisfait t\t de mme1 lorsque je m'ag5\illai devant elle p\r s\t5ir un livre ou un dess9 qu'elle reg>dait4 ,aprs cette seconde entrevue1 mon pre et ma mre m'ayant dem& srieusem5t ce que j'en p5sais1 je leur expliquai que1 t\t en reconnaissant ses mrites1 sa beaut1 sa grce1 ce n'tait pas mon type4 ,les ngociations en re/r5t l p\r le mom5t1 et elles ne fur5t jamais reprises4 ,hamp/ead1 on cont9uait accabl] la dlicate petite crature s\s les leons de l'allem& le plus transc5dant1 du ,fr5* ( ,p>is2 elle plissait sur la ,mtaphysique de ,kant1 sur les ,pr9cipes de ,newton2 aprs cela on lui fit visit] ,p>is1 on lui fit t\t voir1 sans m]ci1 t\s les j\rs et t\te la j\rne1 sans se r5dre compte qu'il y avait l une fatigue extrme p\r la petite solitaire d',hamp/ead2 aussi dev5ait-elle *aque j\r plus faible et plus ple4 ,on f9it p> la ram5] en ,anglet]re au bord de la m]2 l elle fut prise de fivre4 ,ple1 t\s les j\rs plus ple1 elle passa--avec1 dans ses yeux si d\x1 l'ombre de la mort4 ,la pauvre petite ne devait jamais revoir les j>d9s fleuris d',hamp/ead6 ,comm5t ses p>5ts--surt\t le pauvre pre--ont-ils pu support] un p>eil malheur8 ,c'e/ ce que je me suis s\v5t dem&2 mais ils avai5t de solides pr9cipes religieux1 et ils n'avai5t ri5 se repro*]1 si ce n'e/ de ne pas avoir compris4 ,le pre1 bi5 que son visage portt la trace de son *agr91 n'ab&onna pas ses affaires et il vcut mme =t g4 ,je ne suis sr ni de la date de la mort de miss ,)]s1 si de celle de miss ,w>dell2 celle de ,sibylla ,d[ie1 que l'ai raconte dans ,=s1 et qui e/ encore plus tri/e1 leur e/ po/rieure3 mais n\s avions ress5ti la p]te de cette t5dre petite me1 qui n'avait pu survivre celui qu'elle aimait1 avant l'poque qui m'occupe4 ,je n'avais1 quant moi1 jamais vu la mort de prs ni connu la d\leur1 l'anxit de ces veilles auprs de malades *ris1 pas plus que je n'avais vu1 ni mme imag9 les horreurs de la misre prive de sec\rs2 mais on m'avait acc\tum de bonne heure la p5se de la mort1 et celle de cratures jeunes1 que j'avais vues ple9es de joie1 m'inspirait un s5tim5t d'imm5se piti p\r elles1 plutt que de *agr9 p\r moi2 il se mlait aux p5ses qui1 au contact des gr&s tragiques1 ,homre1 ,es*yle1 ,%akespe>e1 comm5ai5t modifi] la foi de mon enfance4 ,le bleu des montagnes pr5ait mes yeux un assombrissem5t de deuil2 les nuages qui se rassembl5t aut\r du soleil c\*ant m'impressionnai5t comme les acc5ts d'un ,mis]]e1 et t\tes les =ces1 t\te la *>p5te de mon esprit1 dev5ai5t tnbreux comme les votes de ,roslyn qu& un feu my/rieux vi5t clair] ses pili]s enguirl&s de feuillages et que1 dans la pr(ondeur du crpuscule1 s'embrase *aque contre=t cisel de roses4 ,note #db3 ,en mmoire du d\x vieill>d qui n\s honorait1 comme on le voit1 de son amiti1 et avec le s5tim5t que j'ai de leur valeur1 j'espre un j\r faire rimprim] quelques fragm5ts des ,conv]sations qu'il et aim cons]v]4 ,note #dc3 ,plus lo91 au milieu des taillis1 on voit p>atre un filet d'eau calme et pr(ond4 ,note #dd3 ,psaume ,,lxii4 ,,ii 7,vulgate7 ils devi5dront le p>tage des r5>ds4 7,note du traducteur47 ,,*apitre ,,xiii ,,majorit ,les *apitres suivants s]ont1 je le cra9s1 mo9s agrables au gr& public auprs duquel j'ai tr\v jusqu'ici un accueil si bi5veillant2 non que je me lasse de cont]1 mais p>ce que mes hi/oires devi5dront de plus en plus p]sonnelles4 mesure que je me reg>de dans le miroir1 je me tr\ve plus curieux que je n'aurais cru1 plus diffr5t des autres2 a9si je m'imag9ais que t\t le monde aim]ait les nuages et les ro*]s si seulem5t on =ait *acun les reg>d]1 je m'ap]ois qu'il n'en e/ ri5 mme de nos j\rs2 et je sais de longue date que1 dans les temps anci5s1 ces nuages et ces montagnes1 qui ont t ma vie1 n'tai5t qu'ennui et p\vante p\r le commun des mortels4 ,j'ai dj dit les joies que j'avais connues ,clifton1 et les dbuts de mes tudes sur le qu>tz4 ,il e/ intressant de comp>] mes motions enfant9es avec le jugem5t que le mme site inspira au trs srieux ,john ,evelyn1 en #afed3 ,la ville 7de ,bri/ol71 uniquem5t comm]ante1 btie sur la clbre ,sev]ne1 e/ aussi commodm5t situe p\r faire le comm]ce avec l',irl&e qu'avec le monde occid5tal4 ,c'e/ l que1 p\r la premire fois1 j'ai vu raff9] le sucre1 le c\l] en pa91 et c'e/ l aussi que n\s fmes une collation d'ufs cuits dans le f\r sucre#de1 et arross d'excell5t v9 d',espagne4 ,mais ce qui m'a surt\t p>u prodigieux1 c'e/ le ro*] de ,sa9t-,v9c5t non lo9 de la ville2 sa p>oi pic =me un prcipice d'une pr(ondeur v]tig9euse1 mme si on le comp>e avec les cat>actes des ,alpes les plus effrayantes1 et la rivire c\le ses pi$s au fond d'un g\ffre insondable4 ,n\s y *]*mes des diamants et aussi1 aux environs1 les s\rces *audes4 ,non lo9 de cette horrible 7horrid7 montagne1 il y a un endroit trs romantique3 n\s regagnmes ,ba? dans la soire4 ,sans d\te1 ,evelyn emploie ici le mot horrid dans le s5s lat92 mais il e/ c]ta9 qu'il pr\ve un s5tim5t de s\lagem5t qu& il se retr\ve ,ba?2 et bi5 que1 un peu plus lo91 il dcrive sans effroi la ville et le comt de ,nott+ham1 qui semble ne =m] qu'un seul et mme ro*]1 son indulg5ce p\r cette biz>r]ie s'explique p> la f9 de sa phrase3 un comt *>mant1 trs bi5 habit4 ,quant ses impressions sur les prodigieux ro*]s de ,fonta9ebleau1 et les rudes habitants du ,simplon1 j'aurai y rev5ir plus t>d4 ,sur ces po9ts p>ticuli]s et sur d'autres1 l'esprit anglais-type1 aussi bi5 autrefois que de nos j\rs1 me semble tellem5t oppos au mi5 et celui de mes r>es compagnons de r\te que j'pr\ve un intrt d>w9i5 suivre l'volution de mon espce ds l'orig9e4 ,je ne veux donc pas pr5dre mon lecteur en tratre1 je lui dem&e p>don1 et je l'av]tis que t&is qu'un homme mode/e1 crivant sa biographie1 s'applique faire le portrait de t\s les g5s qu'il a r5contrs1 je ne puis1 tant donnes les limites de mon plan1 p>l] que de ceux qui ont eu une action vritable et bi5faisante en levant1 r$ressant ou laguant l'humble petit arbu/e que je suis4 ,je revi5s d'abord mon vrai pr(esseur de ma?matiques1 le pauvre ,mr ,r[bo?am4 ,il regretta vivem5t1 cela va sans dire1 ses soires de ,h]ne ,hill lorsque je p>tis p\r ,ox=d4 ,mais *aque fois que je rev5ais la maison il tait ent5du que1 s'il se s5tait assez bi51 il gravirait au mo9s t\s les qu9ze j\rs la coll9e l'heure du ?4 ,c'tait t\j\rs avec ennui1 hlas6 que n\s le voyions arriv]2 mais le devoir1 un trs petit devoir1 tait clair3 support] p5dant une heure ou deux d'ent5dre le pauvre homme s\ffl] et s\pir]1 p\r lui procur] un mom5t de repos1 bi5 r>e dans sa misrable vie4 ,n\s n'tions pas d'ailleurs sans avoir quelque affection p\r lui4 ,son pauvre visage ravag avait une c]ta9e noblesse due l'habitude de la s\ffrance pati5te1 une sorte d'innoc5ce tonne1 et quelques lignes f]mes qui dnotai5t la facult gomtrique4 ,il n\s apportait les n\velles du monde ma?matique et grammatical et avait t\j\rs n\s cont] quelque dc\v]te1 quelque tr\vaille1 surt\t s'il avait t voir son ami1 ,mr ,craw%ay4 ,l'intrieur du pauvre pr(esseur tait plus tri/e d'anne en anne1 jusqu'au j\r o son *] petit ,peepy1 un enfant de dix ans1 s'trangla en avalant un tonton4 ,le pauvre pre n\s raconta en pleurant les phases d\l\reuses de la l5te agonie de l'enfant1 et puis il aj\ta qu'il valait mieux qu'il en ft a9si1 que ,dieu avait bi5 fait de le rappel]1 que c'tait une dlivrance aussi bi5 p\r lui que p\r ses p>5ts4 ,la pauvre c]velle ma?matique avait videmm5t vu l la solution d'un des problmes qui lui avai5t p>u les plus difficiles rs\dre1 et le visage tir du malheureux pre avait1 ce soir-l1 une expression de calme qui ne lui tait pas habituelle4 ,je n'ai jamais oubli la leon1 ni mieux s5ti ce que c'tait que la vie dans les faub\rgs de ,londres4 ,l'au/re muse de ,mr ,pr+le avait v]s cette poque migr dans l',afrique ou1 esprons-le1 l',arabie heureuse de l'autre monde2 et les rnes de mon gnie potique avai5t t confies l'aimable ,mr ,w4-,h4 ,h>rison de ,vauxhall ,road1 dont il a t p>l au premi] *apitre de ,on ! old ,road1 du mo9s suffisamm5t p\r que n\s n'ayons pas n\s en occup] davantage p\r le mom5t4 ,rev5ons aussi au ,dr ,grant1 le mdec9 de mon pre et son ami trs *]4 ,sa cli5tle et sa rputation augm5tant de pair1 il p\sa ,mrs ,sidney1 une veuve qui avait quelque =tune et une bonne position ,ri*mond4 ,il dev9t le tuteur des deux filles de sa femme1 ,augu/a et ,emma2 intellig5tes et *>mantes1 elles s'atta*r5t t5drem5t leur beau-pre4 ,t\tes deux avai5t de suite apprci les qualits de ma mre comme elles mritai5t de l'tre1 et elles dev9r5t bi5tt des habitues de la maison2 la plus jeune1 ,emma1 avait du gt1 elle dess9ait agrablem5t et joignait ce tal5t une f\le d'autres1 plus discrets les uns que les autres4 cette poque1 les djeun]s du ,/> & ,g>t] tai5t dev5us r>es1 ils n'avai5t gure lieu qu' l'occasion des visites ,hampton ,c\rt1 o la gr&e vigne et le labyr9! tai5t p\r moi des objets con/ants de dlices1 et o les c>tons de ,raphal comm5ai5t pr5dre mes yeux un aspect ennuyeux et presque de cau*em>1 qu'ils n'ont jamais p]du4 ,mes expditions avec c\s9e ,m>y dans le labyr9! 7et une fois1 au milieu d'alles dantesques1 dans la v]dure phosphoresc5te d'un clair de lune1 avec ,adle et lise71 ont t\j\rs eu quelque *ose de l'en*antem5t d'un conte de fe3 je cont9uais dess9] des labyr9!s de plus en plus compliqus sur les m>ges de mes cahi]s d'tude1 p]dant1 je p5se1 au mo9s autant de temps cette occupation la trisection de l'angle4 ,ce n'en e/ pas mo9s ces dlassem5ts que je dois savoir mieux compris les monnaies de ,cnosse1 et les p]sonnages de ,ddale1 de ,?se et du ,m9otaure2 j'ai sur eux1 dans mes tiroirs1 quantit de manuscrits non imprims qui devai5t tr\v] place dans ,ariadne ,flor5t9a et autres volumes labyr9!sques1 mais dont il faudra bi5 que le monde essaie de se pass]4 ,les annes s'c\lai5t et1 dans ,camb]well ,grove1 la vieille maman ,monro aux *eveux blancs1 et la petite *i5ne aux poils d'arg5t dormai5t leur d]ni] sommeil4 ,la pauvre ,mrs ,gray n'avait plus le cur ri53 que lui importai5t ma9t5ant sa maison1 les arbres son av5ue8 ,quant ,mr ,gray1 il se consolait avec ,don ,qui*otte et s'intressait *aque j\r davantage mes lucubrations potiques1 au po9t mme que ses affaires en s\ffrai5t4 la f91 ils p5sr5t1 en bons cossais qu'ils tai5t1 qu'ils tr\v]ai5t la vie mo9s tri/e de l'autre ct de la frontire4 ,ils p>tir5t donc p\r ,glasg[1 o ,mr ,gray cra une sorte de comm]ce de v9 et lut ,rob ,roy au lieu de ,don ,qui*otte4 ,n\s allmes les voir1 lors de notre voyage en cosse1 et n\s emes le *agr9 de con/at] que1 bi5 que r5trs au pays natal1 ils n'en cont9uai5t pas mo9s desc5dre la p5te4 ,af9 de les di/raire1 ma mre les invita v5ir ,ox=d assi/] aux succs de leur *] ,johnnie2 le digne c\ple1 assis l'ombre de l'orgue de la ca?drale de ,*ri/ ,*ur*1 me vit entr] avec mes cam>ades3 n\s dfilions en robe de soie t&is que ,mr ,m>%all1 l'organi/e1 prludait1 que les ci]ges mettai5t des reflets la ,rembr&t sur les colonnes norm&es et que mes vieux amis fondai5t en l>mes2 l>mes de joie1 de respect att5dri1 motion qui leur fit p]dre la p>ole1 p\r t\t le re/e de la soire4 ,il me faut dire aussi la bont con/ante que n\s tmoignai5t ,mr ,tel=d et ses surs1 trois femmes di/+ues1 sages sans svrit ni o/5tation1 qui mettai5t leurs tal5ts au s]vice de leurs vois9s1 et donnai5t l'exemple du bonheur familial et de l'am\r frat]nel le plus t5dre4 ,la belle figure calme de ,h5ry ,tel=d1 un peu mlancolique peut-tre et n]veuse1 son te9t bruni p> le gr& air et les c\rses *eval1 de ,bromley ,billit] ,/reet1 e/ p\r moi une des physionomies les plus attirantes1 un des portraits les plus prcieux de ma gal]ie intime4 ,mr et ,mrs ,rob]t ,cockburn1 avec les annes1 dev5ai5t de plus en plus aimables1 t\t en blmant de plus en plus les habitudes monacales de ,h]ne ,hill2 ils se montrai5t svres aussi p\r mes gts littraires qu'ils qualifiai5t de biz>res1 p\r ne pas dire p]v]s et dconc]tants4 ,mrs ,cockburn pr*ait ma mre sur la ncessit de m'oblig] all] dans le monde3 cela me dgrossirait1 disait-elle1 me donn]ait de bonnes manires4 ,mais ma mre tait trs satisfaite de son fils tel qu'il tait et1 qui plus e/1 n'tait pas dans les meilleurs t]mes avec ,mrs ,cockburn4 ,jamais elle n'avait v\lu accept] d'y dn]1 il aurait fallu p\r cela rompre avec t\tes ses habitudes et je crois mme qu'elle ne lui r5dait pas trs exactem5t ses visites4 ,mrs ,cockburn--ce qui e/ trange de la "p d'une femme de s5s--au lieu de regrett] simplem5t la sauvag]ie de ma mre1 d'essay] de lui faire oubli] qu'elles n'tai5t pas t\t fait du mme monde1 s'en froissait4 ,c'e/ elle t\tefois que j'ai d une des belles *ances de ma vie3 dans dsir de faire de moi un homme du monde1 elle m'invita dn] avec ,lockh>t#df et sa fille1 une gracieuse petite campanule des prs4 ,mrs ,cockburn lui avait dit1 sans d\te1 que j'tais un admirateur passionn de ,scott1 c> je ne crois pas avoir eu1 p5dant le dn]1 l'occasion de manife/] mes s5tim5ts cet g>d4 ,je s\vi5s seulem5t qu'au dess]t1 les dames s'tant tires1 j'avais essay de faire p>ade de mon or?odoxie ,oxoni5ne et de mon rudition1 au sujet de la fondation de l'glise1 et j'avais t surpris1 et quelque peu dconfit1 en m'ap]cevant que ,mr ,lockh>t connaissait les mots grecs p\r vque et anci5 aussi bi5 que moi4 ,r5tr au salon1 je fis de mon mieux p\r gagn] les bonnes grces de la petite ,*>lotte aux yeux noirs1 et je fus dsol--mais je ne crois pas que l'enfant l'ait t--qu& on l'envoya c\*]4 ,mais l'un des dons les plus prcieux que me fit dame ,=tune1 en cette anne #ahci1 de m'envoy] ,h]ne ,hill1 comme prcepteur1 ,osborne ,gordon4 ,saisissant1 d'une ma9 exp]te1 les fils embr\ills de ma p5se1 ceux qui p\vai5t encore s]vir1 tre peigns et fils1 il comm5a y mettre de l'ordre2 ce ne fut pas sans pe9e au db1 mais il russit1 la f91 leur donn] t\te la consi/ance dont ils tai5t capables4 ,et d'abord1 il s'opposa t\t excs de travail ou de lecture4 ,sa maxime tait3 ,qu& v\s avez trop faire1 ne faites ri51 p>ole d'or1 que j'ai bi5 s\v5t rpte depuis1 mais laquelle je n'ai pas t assez fidle4 ,quant ,gordon lui-mme1 je me dem&e si sa maxime favorite lui a t avantageuse4 ,c'tait un homme exceptionnellem5t d\ et il e/ difficile de dire quoi il s]ait arriv1 s'il l'avait v\lu4 ,mais1 de bonne heure1 le s5tim5t int5se1 qui n'excluait pas *ez lui la bi5veillance1 de l'absurdit du monde1 lui avait enlev t\te envie de travaill] son p]fectionnem5t--peut-tre aurais-je d dire plutt l'opacit1 la non-mallabilit du monde1 que son absurdit4 ,gordon p5sait qu'il n'y avait ri5 en faire et qu'aprs t\t1 mieux valait le laiss] s'en tir] lui t\t seul4 l'automne1 qu& n\s arp5tions ensemble les coll9es de ,norwood1 lui1 qui tait dj ou sur le po9t d'tre ordonn prtre1 il m'tonnait beauc\p en vitant-- quoi bon agit] des que/ions insolubles8--un sujet de conv]sation auquel je rev5ais sans cesse3 la torpeur des glises prote/antes et le devoir1 tel qu'il m'app>aissait p\r elles1 avant d'entrepr5dre des missions lo9ta9es ou de s'tablir con=tablem5t sur de bonnes p>oisses en ,anglet]re1 d't\ff] df9itivem5t le feu diabolique du papisme1 dans t\s les pays ca?oliques4 ,c> j'tais alors1 p> ducation1 p> rflexion1 p> le peu d'expri5ces que j'avais pu faire1 le prote/ant le plus zl1 le plus agressif1 le plus qu]elleur1 le plus sr de soi qu'il ft possible de r5contr]1 et cela d'autant que je ne connaissais pas le premi] mot de l'hi/oire du ,*ri/ianisme2 ensuite1 seconde raison de mon absolutisme--dont la responsabilit incombe l'glise de ,rome--t\s les cantons ca?oliques de ,suisse1 y compris la ,savoie1 sont sales1 leurs habitants p>esseux1 t&is que ceux des cantons prote/ants sont propres et actifs1 circon/ances qui avai5t vivem5t impressionn mon vanglique mre1 p\r laquelle le premi] devoir et le premi] luxe de la vie tai5t la propret *ez les p]sonnes et dans les *oses2 et1 a9si que mon pre1 elle reg>dait la p>esse comme absolum5t satanique4 ,ils ne manquai5t donc jamais de dt]m9] soigneusem5t1 sur la c>te1 le pont1 la valle1 le col qui sp>ai5t les cantons prote/ants des cantons envelopps dans les tnbres du ca?olicisme2 il tait r>e1 d'ailleurs1 que la premire ou la seconde f]me ou *aumire au del de la frontire ne ju/ifit pas ple9em5t leur p>ti pris4 ,ils triomphai5t alors et m'assurai5t1 le cur ple9 d'indignation et aussi de tri/esse1 que c'tait une consqu5ce t\te naturelle du papisme4 ,la troisime raison1 qui me r5dait si absolu dans ma manire de voir cette poque1 e/ assez curieuse4 ,plus les crmonies religieuses l'trang] me donnai5t de plaisir et d'motion1 plus j'tais en dfiance2 il me semblait que des s5tim5ts religieux bass sur des motions d\ces ne p\vai5t tre que faux4 ,je ne les mprisais pas sottem5t1 en tant qu'expression de la foi ca?olique1 mais je mprisais inf9im5t la s5sualit qui s'y complait au po9t de faire dp5dre une conv]sion des gmissem5ts d'un orgue4 ,c'e/ a9si que ma raison1 aussi bi5 que les plaisirs romantiques que je gtais sur le cont95t1 se comb9ai5t p\r r5dre mon prote/antisme plus f]m1 mais non malveillant ni sans gnrosit2 c> jamais je n'ai accus les prtres ca?oliques de malhonntet ni d\t de la puret de l'glise ca?olique d'autrefois4 ,j'tais le cavali] prote/ant1 non le prote/ait tte-ronde1 dsireux de cons]v] t\t ce qu'il y a de noble et de traditionnel dans les c\tumes religieuses4 ,je respectais la pit des paysans ca?oliques2 le feu diabolique que je v\lais qu'on teignt1 c'tait seulem5t le ca?olicisme corrompu1 qui r5dait possible les vices de ,p>is et la salet de la ,savoie4 ,ces *oses-l1 j'tais en droit de p5s] qu'il tait du devoir de t\t prtre *rti5 de les attaqu] et de les dtruire4 ,osborne1 au contraire1 tait l'anglais pratique1 bi5 que du type le plus f9 et le plus d\x2 sa p]spicacit lui faisait dc\vrir1 sur l'heure1 t\tes les folies2 mais comme en mme temps t\tes les erreurs huma9es lui semblai5t des folies1 il tait prt les excus]4 ,*ri/ ,*ur* tait t\t p\r lui6 ,t\tes ses ambitions tai5t conc5tres l4 ,il avait dj la confiance du vieux ,doy52 c'tait1 aprs lui1 l'homme d',ox=d qui savait le plus de grec et celui qui tait le plus au c\rant de la r\t9e univ]sitaire4 ,l'glise d',anglet]re1 p\r ne p>l] que d',ox=d1 lui semblait avoir assez faire1 si elle v\lait corrig] ses propres dfauts1 sans all] s'occup] de ceux des autres2 aussi1 dans nos prom5ades *amptres1 *]*ait-il plutt calm] mes ha9es prote/antes1 accrotre mes connaissances en hi/oire ecclsia/ique1 et ram5] att5tion sur la *ose prs5te1 c'e/--dire me faire j\ir autant que possible de la prom5ade et me faire p>l] de nos lectures de la mat9e4 ,il tait impossible un pr(esseur de montr] plus de zle et de pati5ce4 ,c'tait un matre incomp>able2 sa mmoire1 in/rum5t indisp5sable t\t gr& rudit1 tait impeccable et facile en littrature2 son jugem5t tait sr et son s5tim5t sa92 son int]prtation des vnem5ts politiques t\j\rs rationnelle et appuye sur une f\le de r5seignem5ts tirs aux s\rces4 ,t\t cela1 sans jamais s'enorgueillir de son rudition classique et sans *]*] brid] les t5dances qui m'entranai5t en d'autres directions4 ,il avait gagn les premi]s honneurs aux exam5s sans donn] t\te sa mesure1 et il aurait fait bi5 davantage encore1 sans en tir] vanit4 ,il s'amusait de ma facilit p\r la v]sification2 il reconnaissait en moi un vritable tempram5t de pe9tre1 et p>tageait mon gt p\r la campagne et les villes pittoresques1 mais t\j\rs de faon reposante et calmante4 ,un j\r1 quelques annes plus t>d1 qu'agac de ne p\voir lire facilem5t le grec1 j'avais manife/e l'int5tion de t\t plant] l p\r m'y consacr] exclusivem5t4 ,je crois1 fit-il tranquillem5t1 que cela v\s donn]ait plus de pe9e que cela ne vaut4 ,une autre fois que je travaillais au dess9 de ,*amonix dans le soleil d'aprs-midi1 que je lui avais promis 7et qui e/ ma9t5ant *ez sa sur71 comme je m'irritais de ne p\voir mieux dess9]3 ,moi1 fit-il1 je s]ais dj en*ant1 si je savais seulem5t dess9]4 ,c'e/ p5dant le sj\r de ,gordon la maison1 dans l'automne de #ahci1 que n\s a*etmes notre second ,turn]4 ,ce qui e/ curieux1 c'e/ que j'ai t\t fait oubli qu& je vis le premi]6 ,j'ai l'impression que le salon de ,mr ,w9dus ,tott5ham m'a t\j\rs t famili]1 ds les premires annes de ,brunswick ,squ>e4 ,mr ,godfrey ,w9dus tait un c>rossi] retir1 qui habitait une jolie villa1 compose au rez-de-*ausse d'une suite de pices basses dont les murs tai5t c\v]ts1 mais non encombrs1 de dess9s de ,turn] de la srie anglaise2 t&is que dans ses portefeuilles reposai5t1 depuis leur sortie de *ez les diteurs1 les sries entires des illu/rations de ,scott1 de ,byron1 de la ,cte du ,sud1 et de la ,bible de ,f9d54 ,p]sonne en ,anglet]re cette poque--,turn] avait dj soixante ans--ne s'intressait vritablem5t ,turn]1 si ce n'e/ le c>rossi] retir et moi6 ,il e/ vrai que le public n'avait jamais eu occasion de voir ses dess9s et de les apprci]4 ,ceux de ,mr ,fawkes re/ai5t enf]ms ,f>nley2 ceux de ,sir ,p]egr9e ,acl& moisissai5t dans des corridors humides et ,mr ,w9dus a*etait t\s ceux qui tai5t de/9s la gravure ds que le graveur n'en avait plus beso94 ,un j\r p> sema9e1 t\tefois1 il autorisait le public visit] ses collections2 mais moi1 j'avais la p]mission d'y v5ir autant que je le v\lais4 ,bi5fait ine/imable p\r ceux qui v\lai5t tudi] ,turn]2 p\r moi1 ce fut ce qui me p]mit d'crire les ,mod]n ,po9t]s4 ,il peut tre intressant de not] que1 bi5 que j'eusse t attir d'abord v]s ,turn] p> sa manire si vraie de r5dre les montagnes dans l',italie de ,rog]s1 lorsqu'il me fut donn de voir les dess9s orig9aux1 je fus fasc91 l'exclusion de t\t le re/e1 p> les pures qualits arti/iques1 quel que ft le sujet4 ,et c'e/ p\rquoi la beaut du ,llanb]is ou du ,melrose de ,mr ,w9dus ne m'emp*a pas d'tre p>faitem5t heureux le j\r o mon pre me donna enf91 non dans l'int5tion de comm5c] une collection de ,turn]1 mais af9 que j'aie un spcim5 de sa manire1 le ,ri*mond ,bridge1 ,surrey4 ,r5trant la maison en triomphateurs1 mon pre et moi1 n\s vantions notre acquisition1 o t\tes les qualits de ,turn] se tr\vai5t runies3 des arbres1 l'ar*itecture1 de l'eau1 un ciel adorable et t\t un gr\pe brillant de p]sonnages4 ,de fait le ,ri*mond fut1 p5dant plus de deux ans1 le seul ,turn] en notre possession2 le second que n\s ayons a*et1 le ,gosport1 fit son entre la maison p5dant le sj\r de ,gordon4 ,on n'y retr\vait ri5 de la beaut dlicate de ,turn]1 si ce n'e/ dans le ciel2 d'ailleurs1 ni moi1 ni mon pre1 n'tions le mo9s du monde *oqus p> les *apeaux ridicules des dames qui se prom5ai5t sur le cutt]1 ni du fait la tte du timoni] ft mise l'env]s4 ,le lecteur aurait tort1 me voyant p>l] si librem5t des dfauts de ,turn]1 de p5s] que je les vois mieux et les juge plus svrem5t auj\rd'hui4 ,je les voyais au mom5t de l'acquisition du ,ri*mond et du ,gosport1 aussi bi5 que quiconque1 mais je savais aussi ce que ces dfauts mmes rvlai5t de puissance1 ce qui tait assez extraord9aire p\r un gam9 de mon ge4 ,mon plus gr& bonheur alors1 qu& j'avais f]m mes livres de grec ou de trigonomtrie et quitt la salle d'tude1 tait de desc5dre et de me repatre de mon ,gosport4 ,aprs ,nol1 je ret\rnai ,ox=d p\r livr] le d]ni] assaut1 janvi] #ahdj2 je fis de bonne besogne grce ,gordon1 dans le petit logem5t de la rue ,sa9t-,aldate#dg2 la p5se que ma majorit appro*ait augm5tait le s5tim5t de ma responsabilit4 ,c'e/ le j\r de mes v+t et un ans que mon pre m'(frit l'aqu>elle de ,w9*elsea1 *oix trange et de mauvaise augure4 ,le ciel m5aant1 les vapeurs d'orage qui enveloppai5t la vieille porte et l'glise pe9e visible1 n'tai5t que des symboles trop exacts des temps qui se prp>ai5t p\r n\s2 mais ni lui ni moi n'tions adonn l'int]prtation des prsages et n\s ne les r$\tions pas non plus4 ,mon pre avait sans d\te t sduit p> la vigueur du dess91 et puis1 il aimait les soldats4 ,je fus dsappo9t et je vis p\r la premire fois clairem5t que le plaisir que ,rub5s et sir ,jo%ua donnai5t mon pre l'emp*ait d'tre s5sible la t\*e microscopique de ,turn]4 ,mais je n'tais pas mo9s pr(ondm5t reconnaissant de l'int5tion1 et trs heureux d'avoir un dess9 de ,turn] de plus1 quel qu'il ft2 et comme la maison le ,gosport faisait les dlices de mes heures de rcration1 ,ox=d le ,w9*elsea me reposait des fatigues de l'tude4 ,ce cadeau d'un ,turn] tait1 si je puis dire1 surrogatoire4 ,le mme j\r1 mon pre transfrait1 mon nom1 un capital qui devait me rapport] p\r le mo9s #e #jjj francs p> an2 non sans se dem&]1 je crois1 avec une c]ta9e inquitude1 quel usage j'allais faire du premi] arg5t dont je p\vais dispos]4 ,ce n'e/ pas qu'on m'et jamais ri5 refus2 ,ox=d1 les pr9cipaux f\rnisseurs avai5t ordre de me donn] t\t ce dont je p\vais avoir beso91 et *aque sema9e ils envoyai5t leurs notes ma mre4 ,jamais il n'y eut de difficults1 de rcrim9ations ni d'un ct ni de l'autre4 ,il e/ vrai qu'en dehors des dp5ses c\rantes1 il n'y avait ri5 ,ox=d qui pt me t5t]1 si ce n'e/ p\rtant une gravure du tableau de ,turn]1 le ,gr& ,canal1 que j'avais a*ete et qui ornait le mur de ma *ambre1 et ,monsieur ,jabot1 l'inimitable ,mr ,jabot1 dont je fis la connaissance un j\r de migra9e1 et qui e/ un des *efs-d'uvre du gr& c>icaturi/e qu'e/ ,topff]4 ,p\r t\t ce qui t\*ait dignit ou mon con=t1 mon pre tait inf9im5t mo9s raisonnable que moi2 seule1 ma passion m9ralogique l'inquitait1 et1 dans l't de l'anne prcd5te1 mon pre avait t t\t fait contr>i et dconfit de ce que j'avais pay onze %ill+s un morceau de calcdo9e de ,corn\aille4 ,mais le seul fait que je n'eusse pas l'ide d'a*et] un caill\ sans lui en dire le prix1 m>que assez l'intimit qui exi/ait entre n\s4 ,malheureusem5t1 je p]dais un peu de la confiance que j'avais eue jusqu'ici dans son jugem5t1 en raison de ces petites taqu9]ies1 et je lui manife/ai avec trop peu de mnagem5t la trs haute ide que j'avais du mi51 peu aprs le mom5t o il avait eu la bont d'assur]1 comme je l'ai dit1 mon indp5dance4 ,les aqu>elles de ,turn] que n\s avions a*ets jusqu' prs5t1 ,ri*mond1 ,gosport1 ,w9*elsea1 n\s avai5t t\s t v5dus p> ,mr ,griffilhs1 un ag5t en qui ,turn] avait la plus gr&e confiance1 et dont au contraire mon pre se mfiait4 ,ils se trompai5t t\s deux et leur erreur eut de f*euses consqu5ces4 ,si ,turn] avait trait directem5t avec mon pre1 quel bonheur p\r n\s trois6 ,si mon pre n'avait pas t conva9cu que ,mr ,griffilhs ne p5sait qu' le mettre d$ans1 il aurait pu cette poque a*et] quelques-unes des plus adorables aqu>elles que ,turn] ait jamais faites1 des prix t\t fait raisonnables4 ,mais la manire dont ,mr ,griffilhs faisait les affaires exasprait mon pre2 il laissa all] les meilleurs ,turn] uniquem5t p>ce que ,mr ,griffilhs les lui recomm&ait1 et il a*eta le ,w9*elsea et le ,gosport en gr&e p>tie p>ce que ,mr ,griffilhs avait dcl> qu'ils n'tai5t pas dignes de figur] dans notre collection4 ,p>mi les plus belles aqu>elles qui lui re/ai5t alors en portefeuille1 il y en avait une que je dsirais passionnm5t1 le ,h>le*4 ,on l'avait m>*&e1 discute2 tait-elle de v5te ou non8 ,c'tait une aqu>elle plus petite que celles de la srie anglaise ou de la srie de ,wales2 sur la place1 on tr\vait le prix dem& inju/ifiable4 ,le j\r de l'exposition p>ticulire de l',old ,wat]color ,society1 comme n\s flnions1 mon pre et moi1 bras dessus1 bras dess\s1 n\s r5contrmes ,mr ,griffilhs2 au b\t de quelques m9utes de conv]sation btons rompus1 aprs n\s avoir dem& si l'exposition n\s plaisait1 se t\rnant plus p>ticulirem5t v]s moi1 il me dit3 ,j'ai une bonne n\velle v\s annonc]4 ,on se dcide v5dre le ,h>le*4--,alors1 je l'a*te1 fis-je1 sans mme jet] un c\p d'il du ct de mon pre et sans en dem&] le prix4 ,avec un s\rire o il entrait un peu d'ironie1 ,mr ,griffilhs cont9ua3 ,p\r soixante-dix gu9es4 ,le ton signifiait que c'tait l un prix tonnant de bon m>*1 un prix d'ami4 ,ce n'en tait pas mo9s tr5te gu9es plus *] que le ,w9*elsea et v+t-quatre gu9es que le ,gosport4 ,mon pre tait conva9cu1 cela va sans dire1 que ,mr ,griffilhs v5ait sur l'heure de major] le prix4 ,il me jeta un reg>d tri/e o se mlait une ombre de mpris2 je compris que je lui avais manqu d'g>ds1 mais j'tais si press d'avoir mon ,h>le* que je ne pris pas le temps de m'excus]4 ,il y eut a9si entre n\s une suite de mal5t5dus1 9vitables de son ct1 maladroits du mi54 ,j'ai pe9e compr5dre auj\rd'hui comm5t j'ai pu atta*] autant d'importance l'acquisition de ce ,h>le*1 surt\t qu& je songe que c'e/ ce mme hiv] que le m>iage d',adle tait en tra9 de s'arrang] ,p>is4 ,ce m>iage ne p>at donc po9t m'avoir bris autant que je m'y att5dais4 ,je retr\ve cep5dant dans le bte de j\rnal que je comm5ai rdig] peu aprs c]ta9es phrases sur mon mpris gnral de la vie qui ne s'accord5t pas trs bi5 avec la joie folle que me causait l'acquisition d'une aqu>elle de seize p\ces sur neuf2 mais les g]mes de t\t ce qu'il y a de meilleur en moi se conc5trai5t alors dans cette passion p\r ,turn]4 ,ce n'tait pas un simple morceau de papi] colori que je v5ais de pay] soixante-dix gu9es1 mais bi5 un *teau et un village gallois1 et le ,sn[don dans un nuage bleu4 ,t\t ceci avait d se pass] p5dant les vacances de ,pques2 je rapportai le ,h>le* la maison et l'accro*ai au salon dans le panneau droite de la *em9e1 qui faisait p5dant ma ni*e d'idole2 aprs quoi je r5trai triomphalem5t la rue ,sa9t-,aldate et mon ,w9*elsea4 ,en dpit des ef=ts de ,gordon1 qui *]*ait modr] et rgl] mon travail1 c'tait du sur*auffage haute dose4 ,je travaillais de six heures du mat9 m9uit sans pr5dre1 p\r a9si dire1 d'ex]cice ni de div]tissem5t1 avec la p5se trs dprimante que t\t ce travail ne s]virait jamais1 ni moi1 ni p]sonne2 p5dant ce temps1 les *oses ,p>is allai5t t\t droit la cata/rophe4 ,un soir1 ,gordon v5ait de me quitt]1 il p\vait tre dix heures1 lorsque je fus pris d'une petite t\x s*e1 accompagne d'une trange s5sation dans la gorge1 et dans la b\*e d'un gt que je ne m'expliquais pas3 c'tait du sang4 ,cet accid5t avait d se produire un sam$i ou un diman*e soir1 c> mon pre et ma mre tai5t t\s deux dans l'app>tem5t de ,high ,/reet4 ,j'y c\rus et leur contai ce qui v5ait de m'arriv]4 ,ma mre1 trs exp]te en p>eille matire1 ne s'effraya pas autrem5t1 mais envoya immdiatem5t au doy5nat dem&] la p]mission1 p\r moi1 de ne pas r5tr] c\*] l',univ]sit4 ,les mdec9s1 consults le l5dema91 conseillr5t de voir des spciali/es ,londres2 ceux-ci int]dir5t t\t travail1 et le ,doy5 fut oblig1 en grognant1 de m'autoris] remettre mon exam5 l'anne pro*a9e4 ,p5dant les deux mois qui suivir5t mon ret\r ,h]ne ,hill1 mon pre1 trs inquiet de ma sant1 n'eut pas le loisir de pleur] les succs univ]sitaires qu'il avait rvs p\r moi4 ,je fus repris une ou deux fois encore de qu9tes de t\x1 accompagnes de ce mme gt d\cetre dans la b\*e1 le gt du sang2 mais c'tait peu de *ose1 et ma mre s\t9t t\j\rs qu'il n'y avait ri5 l de srieux1 que j'avais seulem5t beso9 de repos et de gr& air4 ,les mdec9s l'unanimit--sauf p\rtant sir ,james ,cl>ke--tai5t plus pessimi/es4 ,sir ,james gaiem5t1 mais trs n]giquem5t1 ordonna le *angem5t d'air et le cont95t4 ,emm5ez-moi ce g>on-l avant l'automne1 avait-il dit2 qu'il se promne le plus possible en voiture dc\v]te et qu'il passe l'hiv] en ,italie4 ,mr ,tel=d cons5tit remplac] mon pre au bureau1 et celui-ci1 que ses affaires n'intressai5t qu' cause de moi1 les ab&onna p\r s'occup] exclusivem5t de ma sant4 ,mon pauvre pre *]*ait autant que possible dissimul] ses inquitudes2 quant moi1 n]veux1 malade1 de mauvaise humeur1 je n'insi/e pas sur le g5re de s5tim5ts que j'pr\vais1 ou plutt le manque total de s5tim5ts et d'intrt p\r t\t ce qui n'tait pas moi1 sauf sur un seul po9t4 ,j'tais t\j\rs s5sible la beaut de la nature1 j'aimais les arts1 les sci5ces qui lui s]v5t d'int]prtes4 ,c'e/ avec un c]ta9 entra9 que je m'occupai des prp>atifs du voyage2 ma mre tait t\j\rs bravem5t1 calmem5t1 s]e9em5t gaie2 quant mon pre1 qui adorait les voyages et en p>ticuli] les voyages de nature1 il tait heureux1 en dpit de ses inquitudes1 la p5se de voir le ,sud de l',italie4 ,n\s n\s occupions de notre it9raire avec quelque *ose de la bonne humeur de jadis4 ,af9 d'vit] ,p>is1 n\s dcidmes de desc5dre p> ,r\5 et la ,loire1 jusqu' ,t\rs2 ensuite de trav]s] l',auv]gne1 et p> le ,rhne de gagn] ,avignon2 de l1 p> la ,rivi]a et ,flor5ce1 le ,sud de l',italie4 ,trs bi51 mais e/-ce que n\s n'ent5drons plus p>l] d',ox=d8 me dem&e ,fr\de d'un ton de d\x repro*e1 dans une lettre que je vi5s de recevoir propos de ces s\v5irs4 ,fr\de tait ,oriel p5dant que j'tais ,*ri/ ,*ur*1 et il ne tr\vait pas que j'eusse puis la matire et donn une ide assez complte des tudes et des murs de l',ox=d de notre temps4 ,eh bi56 non1 *] ami1 l'espace me manque ici p\r m't5dre sur des avantages dont je n'ai pas pr(it1 et d'autre "p1 je ne tr\ve pas que mon insuccs p>ticuli] me donne le droit de blm]1 en admettant que cela s]ve quelque *ose1 un sy/me qui n'exi/e plus4 ,j'ai appris l',univ]sit t\t le grec et le lat9 qu'il m'tait possible d'appr5dre1 et bi5 qu'on et pu m'y dire aussi que les fritillaires p\ss5t dans les prs d',iffley1 il valait mieux1 aprs t\t1 qu'elle me laisst faire cette dc\v]te moi-mme plutt que de m'expliqu]1 comme on le f]ait c]ta9em5t l'heure actuelle1 que leur jolie c\leur ne s]t qu' attir] les m\*]ons4 ,p\r le re/e1 mon esprit1 t\t le temps que je passai l',univ]sit1 rappelait beauc\p une cosse de lgum9eux avant la =mation des pois1 et il e/ demeur en cet tat1 j'ai le regret de le dire1 p5dant un ou deux ans encore2 de sorte que1 en ce qui conc]ne ma vraie vie1 les petits racont>s1 les vnem5ts de cette priode de prp>ation1 de mitonnage1 ne n\s avanc]ai5t pas gr&'*ose4 ,il faut que j'arrive ma9t5ant aux j\rs o la vue s't5d1 o le travail devi5t efficace1 une ducation plus noble que t\s les hommes qui ouvr5t l>gem5t leurs curs reoiv5t dans la ,suite des ,temps4 ,note #de3 ,sorte de div]tissem5t qui ressemble celui qui e/ de mode auj\rd'hui1 de faire cuire un beef/eak sur la pelle du *auffeur et de boire du port] dans les gr&es brass]ies de ,londres4 7,note de l'diteur d',evelyn en #ahbg47 ,note #df3 ,g5dre et biographe de ,walt] ,scott4 7,note du traducteur47 ,note #dg3 ,rue qui tire son nom de l'glise p>oissiale et qui longe ,*ri/ ,*ur*1 en desc5dant v]s la rivire4 ,la rgle ord9aire v\lait qu'un ,g5tleman-,common] comm5t p> rsid] ,peckwat]1 puis passt ,tom ,quad1 et f9alem5t vct au dehors1 p5dant le d]ni] trime/re4 ,je n'ai aucune ide1 p\r l'in/ant1 de ,sa9t-,aldate4 ,que les visiteurs amrica9s sa*5t bi5 qu' ,ox=d on leur dem&]a de prononc] ,sa9t-,old4 ,,*apitre ,,xiv ,,rome ,quoique *rem5t a*ete1 la p]mission de cess] t\t travail intellectuel1 et de rs]v] ce que je p\vais avoir de =ces p\r mon dess91 fut un gr& /imulant p\r les facults qui s'tai5t dveloppes en moi de faon lat5te2 aussi1 albums1 blocs1 compas1 crayons1 t\t fut prp> en vue du voyage1 et prp> avec un luxe de m?ode sans prcd5t4 ,le has>d avait v\lu que1 au pr9temps de cette mme anne1 ,david ,rob]ts et rapport et expos ses croquis d'gypte et de ,t]re ,sa9te4 ,c'tait les premires tudes consci5cieuses faites p> un pe9tre anglais1 non p\r s'exhib] ou gagn] de l'arg5t1 mais p\r donn] une ide fidle de scnes d'un intrt religieux et hi/orique4 ,elles tai5t r5dues avec une fidlit et une facture laborieuse qui dpassait de beauc\p t\t ce que j'avais vu dans ce g5re jusqu'ici4 ,je s5tais aussi que cette m?ode re/re9te r5trait dans mes moy5s et que je p\rrais l'appliqu] ce j'avais en vue4 ,les dfauts de ,rob]ts et sa manire p]sonnelle n'import5t pas ici4 ,il m'a appris et bi5 appris l'usage de la po9te f9e2 le s\ci1 la m9utieuse exactitude du dtail2 le moy5 le plus simple p\r faire la lumire et l'ombre sur un fond gris1 c'e/--dire lavis plat p\r les ombres pr(ondes et rehaussem5t des lumires plus ou mo9s vives avec du blanc4 ,je fis l'essai de ces m?odes p\r la premire fois dans la c\r du ,*teau de ,blois1 et rev9s v]s mon pre et ma mre en dcl>ant que ,pr\t se f]ait c\p] les oreilles p\r excut] un dess9 comme celui-l4 ,j'aurais pu dire1 avec plus de vrit et de mode/ie1 qu'il aurait volonti]s *ang ses yeux contre les mi5s2 c> ,pr\t a t\j\rs t gr&em5t gn p> sa myopie4 ,ce croquis de ,blois tmoignait1 il faut bi5 le dire1 de c]ta9es dispositions naissantes1 du s5tim5t des proportions1 il avait de la l>geur2 c'tait la premire fois que j'arrivais r5dre un sujet cont95tal en lui cons]vant son c>actre1 faire s5tir l'paisseur1 la rondeur1 la solidit des pili]s et des sculptures4 ,n\s passmes agrablem5t les d]ni]s beaux j\rs de l't ,amboise1 ,t\rs1 ,aubusson1 ,pont-,gibaud et ,le ,puy2 mais au mom5t o n\s pntrmes dans la valle du ,rhne1 l'automne se fit s5tir et s5tir durem5t2 le voyage p> ,val5ce jusqu' ,avignon fut lugubre1 trav]s un pays qui v5ait d'tre ravag p> l'inondation2 ,montlim> l'eau avait envahi les rues1 laissant en se retirant une c\*e paisse de vase qui c\vrait aussi les prairies sur une t5due que je ne saurais dt]m9] sans avoir l'air d'exagr]4 ,le ,rhne1 au milieu de ces va/es plateaux sablonneux1 n'tait qu'une masse fuyante d'eau tr\ble et dcolore2 de l'autre ct se dressai5t les ,alpes1 dans le dp\illem5t de l'automne2 la neige avait fondu jusqu' mi-hauteur1 et les pics les plus levs disp>aiss5t au milieu des nuages2 une bise aigre semblait dire3 pr5ez g>de1 pr5ez g>de1 v\s ne savez pas combi5 le v5t e/ m*ant p> ici4 ,peut-tre y tais-je plus s5sible dans l'tat de ma sant et de mes n]fs4 ,ce qui e/ c]ta91 c'e/ que je n'ai jamais eu envie de revoir ce pays du bas ,rhne2 et de ce j\r1 ma prfr5ce p\r les *aumires sur les *teaux1 s'aj\ta cet autre pr9cipe irrductible3 c'e/ qu'en cas de mtamorphose1 s'il tait p]mis de *oisir son importance1 il s]ait inf9im5t plus agrable et plus prud5t d'tre une rivire comme la ,tees ou la ,:>fe1 qu'un fleuve comme le ,rhne4 ,c'e/ ,frjus1 sur l',e/]el et la ,rivi]a1 que1 p\r la premire fois1 je di/+uai quelques c>actres nettem5t itali5s1 trs diffr5ts de ceux de la ,lomb>die3 l',italie des p9s p>asols1 des orang]s et des palmi]s1 des blan*es villas1 et de la m] bleue3 elle me fit l'effet1 et je ne me trompai pas1 d'une ru9e due une curie crim9elle4 ,je ne crois pas avoir encore dit mon lecteur que j'avais hrit de ma mre un am\r de l'ordre et de la propret p\ss jusqu' la manie2 p\r moi1 un des *>mes les plus potiques de la ,suisse1 aprs ses neiges blan*es1 c'tait les man*es blan*es de ses paysannes4 ,je t5ais en mme temps de mon pre le gt de t\t ce qui e/ solide et vrai1 l'horreur du plaqu1 du truqu2 ici1 sur la ,rivi]a1 il y a bi5 des citrons et des palmi]s1 mais des citrons ples qui n'ont p\r a9si dire que la peau2 des palmi]s pe9e plus l>ges que des ombrelles2 la m] e/ d'un bleu admirable sans d\te1 mais ses plages sont dgtantes2 des palais somptueux et prt5tieux y abond5t1 b\cls et f>ds comme un cl[n1 m5aant ru9e aux extrmits1 avec en faade des entablem5ts pe9ts trompe-l'il au-dessus de f5tres sans c>reaux2 les ro*]s sont s*i/eux1 effrits1 le peuple sale2 et1 rec\vrant le t\t1 une c\*e de p\ssire blan*e4 ,bah6 v\s tiez de mauvaise humeur6 me dira-t-on4 ,n'emp*e que t\t cela ne soit vrai1 et que la d]nire fois que je suis all ,se/ri1 les dames que j'accompagnais1 s9on moi1 ne v\lur5t et ne pur5t pas y re/] cause de la salet de l'aub]ge4 ,je me s\vi5s aussi que1 passant p> ,gnes1 en #ahhb1 j'ai fait le t\r des remp>ts1 uniquem5t p\r voir quelles tai5t les vila9es plantes qui aimai5t vivre dans la p\ssire1 et ramp] comme des lz>ds entre les pi]res disjo9tes des ru9es4 ,c'e/ lors de ce voyage que je vis p\r la premire fois1 ,gnes1 la ,piet en mdaillon de ,mi*el-,ange ce fut mon initiation l'art itali54 cette poque1 je n'ent5dais quoique ce soit la pe9ture itali5ne2 je ne connaissais que ,rub5s1 ,van ,dyck et ,velasquez4 ,gnes1 je n'ai mme pas *]* les ,van ,dyck2 je me prom5ais dans le ddale des ruelles qui long5t le port2 on voyait la m] alors1 c> on n'avait pas encore con/ruit le quai qui la ca*e2 je dess9ai l'amphi?tre de maisons qui ent\r5t la rade1 portes sur leurs vieilles ar*es3 beau sujet1 et l'un des meilleurs croquis que j'aie faits de ma vie4 ,le voyage au del de ,gnes1 le long de la ,rivi]a ori5tale1 voyage trs agrable1 comm5a me remettre d'aplomb2 je repr5ais c\rage4 ,je revois1 en crivant ces s\v5irs1 la trav]se de la ,magra et des autres ruisseaux qui desc5d5t de la montagne2 combi5 t\t cela e/ diffr5t auj\rd'hui6 ,cela me p>at pe9e croyable qu& j'y songe1 mais n'y avait alors sur les plus gr&es rivires que d'troits ponts p\r les mules1 qui reliai5t entre eux les villages gr\ps sur les rives opposes et enjambai5t la rivire l'endroit o le c\rant se ral5tit et o se fait s5tir la b>re de la m]4 ,il va sans dire que dans les gr&es villes1 ,alb5ga1 ,savone1 ,v9timille1 etc41 il y avait des ponts conv5ables2 mais dans les villages de moy5ne importance 7et les torr5ts aut\r de l'emb\*ure desquels ils s'tai5t =ms tai5t s\v5t =midables71 les paysans comptai5t sur le ral5tissem5t du c\rant la b>re1 et sur les mom5ts o la rivire tait sec en t1 p\r trav]s] dans leurs c>rioles3 ils n'avai5t ni l'ide1 ni les moy5s de con/ruire des ponts ,wat]loo p\r la plus gr&e commodit des voitures anglaises atteles de quatre *evaux4 ,la voiture anglaise se tirait du mauvais pas et des galets comme elle p\vait2 si les *evaux ne suffisai5t pas1 t\s les gam9s du village s'attelai5t devant et tirai5t2 p> mauvais temps1 qu& l'eau tait haute en del de la b>re1 et qu'il y avait des brisants bleus au del1 cela faisait song] aux r\es ral5ties des *>s de ,ph>aon4 ,or1 le malheur avait v\lu qu'il et plu p5dant deux j\rs qu& n\s dpassmes la ,rivi]a occid5tale4 ,l'orage avait clat aprs une nuit d'une *aleur accablante4 ,n\s tions ,alb5ga et je me s\vi5s mon pre1 ne p\vant dormir1 avait compos =t irrvr5cieusem5t une p>odie de ,malheur moi1 ,alhama1 dont le refra9 tait ,malheur moi1 ,alb5ga1 les m9>ets de la vieille ville et ses lg5des s>ras9es lui ayant rappel1 je suppose1 le roi ,maure *eval qui passait et repassait4 ,la pluie tombait torr5ts1 le sirocco s\fflait1 et non lo9 de ,savone1 sur le bord d'un de ces c\rs d'eau rapides1 n\s n\s dem&ions si la voiture p\rrait pass]4 ,*>ge comme elle l'tait1 il n'y fallait pas p5s]2 ordre fut donc donn t\t le monde de desc5dre2 on trav]s]ait les voyageurs dos1 et la voiture suivrait et se tir]ait d'affaire comme elle p\rrait4 ,t\t le monde obx1 se s\mettant en riant aux c\tumes du pays1 except ma mre qui refusa premptoirem5t de se laiss] port] dans les bras p> un hros d'opra dgu5ill lui rappelant les b&its qui enlevai5t la ,c]ito ou la ,taglioni p\vantes4 ,aucune prire ne put la dcid] quitt] la voiture2 si la voiture passait1 elle pass]ait avec4 ,mon pre tait la fois inquiet et irrit1 mais comme le corps de ballet qui n\s ent\rait ne p>aissait pas pr5dre la *ose au tragique1 voyant l plutt une occasion de baioc*i supplm5taires1 ma mre l'emporta4 ,un bon attelage de jeunes g>s aux jambes nues se joignit aux *evaux1 et ma mre et la voiture entrr5t dans l'eau au milieu de cris et de hurlem5ts4 ,le lit de la rivire tait de sable m\1 on enfonait1 et1 aux deux ti]s1 hommes et btes s'arrtr5t p\r repr5dre hale9e4 ,on p>lem5ta de n\veau1 cette fois trs srieusem5t1 mon pre t\t de bon en colre1 ma mre rsi/ant t\j\rs4 ,n\s tions t\s trois un peu n]veux c>1 n\s croyant dans la baie de ,lanca/re1 n\s songions aux sables m\vants4 ,mais ma mre s'entta1 refusant de b\g]2 les *evaux ayant s\ffl1 et les gam9s aussi1 gr& r5=t de c\ps de f\et1 de cris1 d'clab\ssage1 voiture et dama ,+lese fur5t enf9 victorieusem5t remorques sur la t]re f]me2 l1 il y eut *ange de bons procds entre les deux nations4 ,je n'ai qu'un s\v5ir confus du passage de la ,magra1 quelques j\rs plus t>d4 ,y avait-il peu d'eau ou beauc\p8 ,je me s\vi5s seulem5t d'innombrables petites rigoles qui se creusai5t un passage au milieu du galet et je sais que je p5sais surt\t aux montagnes de ,c>r>e qui se dressai5t devant n\s4 ,la plup>t des c\rs d'eau se passai5t gu3 p\r les pitons1 on posait sur des pi]res quelques plan*es1 l'on remplaait aprs *aque orage2 lorsqu'il s'agissait de rivires plus =tes1 qui n'avai5t ni ponts ni gus1 on se s]vait de bacs trs primitifs1 et un j\r ma mre n'eut d'autre alt]native que de trav]s] pi$s nus ou de se laiss] port]4 ,elle subit cette ignom9ie avec l'ide sans d\te que ce devait tre une des consqu5ces de la ,rvolution franaise1 et en re/a irrite et de mauvaise humeur t\t le re/e du voyage1 jusqu' ,c>r>e4 ,n\s avions dcid de c\*] ,massa1 mais aup>avant n\s emes le temps de mont] p> une r\te t9celante de blan*eur jusqu' la premire c>rire1 et de visit] un ou deux ateli]s4 ,c'e/ l1 je crois1 qu'e/ n le mpris qui m'e/ t\j\rs re/ p\r les ateli]s4 ,cep5dant1 mon pre ayant jug qu'il tait conv5able de rapport] une bagatelle de ,matlock et l'int]prtation du sujet n\s ayant p>u +nieuse1 n\s a*etmes un ,bac*us et ,ariane de deux pi$s de haut1 la copie1 n\s dit-on1 de je ne sais quel orig9al que n\s supposions antique1 et qui n'avait pas plus de valeur arti/ique que n'importe quelle p5dule franaise4 ,le gr\pe orna longtemps la biblio?que de ,d5m>k ,hill1 mais il f9it p> dev5ir si noir1 cause des fumes de ,londres1 qu'il fallut l'exil]4 ,avec le passage de la ,magra et l'acquisition du ,bac*us et ,ariane1 monum5t symbolique de mon classicisme de deux pi$s de haut1 se t]m9e la phase de ma vie o t\tes les ides que je p\vais avoir en sculpture ne dpassai5t pas ,*antrey d'un ct1 et ,r\billiac de l'autre4 ,la ,magra trav]se1 j'eus la s5sation d'tre en ,italie1 la vraie ,italie2 ds le l5dema9 n\s passions le pont de ,s]*io et n\s entrions ,lucques4 ,j'ai tort de dire que j'eus alors la s5sation d'tre en ,italie4 ,ce n'e/ que beauc\p plus t>d1 jetant un reg>d en arrire1 que je di/+uai le mom5t o le c\rant qui m'entranait *angea de direction4 ,jusqu'ici1 la signification de l'art *rti5 primitif m'avait *app1 je ne me d\tais pas de ce qu'tait la sculpture1 la sculpture vivante2 j'tais en ple9es tnbres2 elles ne comm5cr5t se dissip] que p\r me laiss] dans une sorte d'tonnem5t vague et d'emb>ras respectueux en prs5ce du n\veau my/re qui m'ent\rait4 ,l'impression que j'eus de ,lucques1 cette premire fois1 se confond ma9t5ant avec celle1 inf9im5t plus pr(onde1 que m'a laisse ma visite de #ahde4 ,ce fut t\t le contraire p\r ,pise4 premire vue1 la gr&eur1 la puret de son ar*itecture me fir5t une pr(onde impression1 surt\t1 il e/ vrai1 trav]s ,byron et ,%elley4 ,dans la ca?drale de ,lucques1 j'eus ma premire r5contre avec un frre de la ,misricorde1 la tte c\v]te de la cag\le2 et la p5se qu' *aque in/ant1 dans les rues ensoleilles1 on p\vait voir surgir ces sombres figures drapes1 surexcitait mon imag9ation et mes n]fs et aj\tait aux *>mes de ces vieilles villes4 ,je dess9ai la ,*apelle de l'p9e auprs du ,ponte-a-,m>e avec so9 et succs2 mais la langueur de l',arno aux eaux tr\bles1 comp> la ,reuss ou au ,rhne ,g5ve1 me r5dit =t sceptique l'g>d des descriptions en?\sia/es1 soit mod]nes1 soit anci5nes1 des rivires itali5nes4 ,*ose assez s+ulire1 ce n'e/ qu'en #ahhb que j'ai vu l',arno c\l] ple9s bords et que j'ai compris que t\tes les rivires d',italie sont des torr5ts de montagne4 ,c'e/ le cur ple9 de confusion que je relis1 et c'e/ p> devoir que j'imprime le passage de mon j\rnal o sont nes mes premires impressions sur ,flor5ce3 #ac novembre #ahdj4--;,je vi5s de faire un t\r1 j'ai fln sur la place aux /atues3 l'air tait ple9 d'une d\ceur pr9tanire et je n'oubli]ai jamais l'impression que m'a faite cette place dom9e p> la masse norme du ,palazzo ,vec*io ni celle que m'a faite le ,duomo4 ,je ne m'att5dais pas voir une glise de trs gr&e dim5sion1 mais plutt quelque *ose d'lgant1 comme ,la ,salute ,v5ise4 ,db\*ant p> l'angle du sud-e/1 du ct o la gal]ie aut\r de la c\pole e/ a*eve1 je demeurai cl\ p> la surprise1 et faillis me faire cras]4 ,l'effet e/ prodigieux4 ,non que ce soit de la bonne ar*itecture1 mme si on admet ce /yle b>b>e1 mais on e/ abas\rdi1 on ne saurait expliqu] ce qu'on pr\ve1 tant la ri*esse de t\s ces m>bres l'extrieur e/ confondante1 et la pr(usion des magnifiques sculptures en m>bre et en bronze1 sur la gr&e place1 m'a vivem5t impressionn4 #ae novembre4--,je ne puis dml] encore mes impressions sur ,flor5ce4 ,cep5dant1 ce qui dom9e1 c'e/ le dsappo9tem5t4 ,les gal]ies que j'ai p>c\rues hi] sont sans d\te curieuses2 mais comme agrm5t1 j'aim]ais autant le ,briti% ,musum1 n'tai5t les ,raphals4 ,t\t le re/e e/ p\r moi lettre morte1 je n'y compr5ds ri51 je ne compr5ds mme pas gr&'*ose aux ,raphals4 ,lors donc de cette premire visite ,flor5ce1 les palais qui me rappelai5t la prison de ,newgate m'tai5t ju/e titre odieux2 au contraire1 les vieilles rues1 les m>*s en ple9 v5t m'en*antai5t2 l'intrieur du ,dme me semblait une horreur1 l'extrieur un casse-tte *9ois4 ,t\t l'art sacr1 fresques1 pe9ture la dtrempe1 que sais-je8 ri51 un zro1 ce que c'tait p\r les ,itali5s eux-mmes2 la campagne al5t\r1 des murs borgnes et des olivi]s p\ssireux2 l'ensemble1 my/ification et ennui sauf p\r un matre3 ,mi*el-,ange4 ,je s5tis du premi] c\p *ez lui une motion1 une vie suprieures celle qu'on tr\ve *ez les ,grecs1 et une svrit et une noblesse d'int5tion qui n'exi/ait pas *ez ,rub5s4 ,comme j'ent5dais aut\r de moi dire et r$ire qu'il n'y avait ri5 de suprieur ,mi*el-,ange1 je fus trs fi] de le gt]2 la haute ide que j'avais de ma propre infaillibilit s'en tr\va encore gr&ie2 avec l'aide de ,rog]s p\r la ,*apelle ,lor5zo et grce de longues /ations devant le ,bac*us1 aux ,(fices1 je fis de rapides progrs dans le s5s ,mi*el-,angelesque4 ,p> contre1 ds le premi] j\r1 je dcl>ai le ,rm\leur de la ,tribune vulgaire et assommant1 et je n'ai pas *ang d'avis depuis2 la ,vnus de ,mdicis1 une petite p]sonne sans intrt2 le ,sa9t ,jean de ,raphal d'une b\rs\flure p\sse au noir1 et la collection des ,(fices en gnral1 un mlange incongru1 l'uvre de g5s qui ne s'y connaissai5t pas1 n'ent5dai5t ri5 l'art#dh1 ne s'en s\ciai5t pas4 ,de fait1 lorsque je revis les ,(fices en #ahhb--;je n'y suis pas ret\rn depuis--j'ai retr\v ma premire impression et j'ai pr\v quelque fi]t de ma p]spicacit prcoce4 ,on ne p\vait gure s'att5dre1 cette poque1 me voir aim] l',angelico ou ,botticelli2 y euss-je t dispos1 le corridor du haut des ,(fices n'tait pas un endroit conv5able p\r y admir] la gr&e ,madone de l'un ou la ,vnus de l'autre4 ,elles tai5t alors t\tes deux dans le passage extrieur qui conduit la ,tribune4 ,une fois que mes rflexions m'eur5t am5 l1 je m'in/allai au milieu du ,ponte ,vec*io et je fis un bon croquis1 trs exact1 de ses b\tiques et des con/ructions que l'on a devant soi qu& on reg>de du ct du ,dme4 ,il semble que je n'aie eu ni le temps1 ni l'envie d'en faire plus ,flor5ce2 le ,m>* ,vieux tait trop encombr p\r qu'on y pt travaill] et quant aux sculptures du ,dme1 elles tai5t insp>ables de la c\leur4 ,dans l'espoir--espoir qui allait s'affaiblissant *aque j\r--de tr\v] les *oses plus notre gt dans le ,sud1 n\s quittmes ,flor5ce p> la ,porta ,romana4 ,si5ne1 ,radic(ani1 ,vit]be et1 le quatrime j\r1 ,rome2 voyage lugubre avec des arrts plus lugubres encore4 ,j'avais un affreux mal de tte ,si5ne et la ca?drale me p>ut le comble de l'absurde--sursculpte1 surb>iole1 surdc\pe1 surleve de trop de pignons--une imm5se pice monte1 un monum5t de vanit1 sans le mo9dre s5tim5t religieux4 ,et c'e/ bi5 cela1 en somme3 la vraie beaut de ,si5ne tait t\t entire dans sa vieille ca?drale1 le ,we/m9/] de son d\>d le ,confesseur4 ,les ru9es1 au mo9s1 sont-elles encore respectes8 ,la solitude volcanique de ,radic(ani1 l'orage qui grondait1 les hurlem5ts du v5t1 ses sifflem5ts aigus trav]s les portes mal jo9tes et les tr\s de s]rures de la plus misrable des aub]ges1 re/a longtemps p\r n\s un vritable cau*em>4 ,vit]be1 j'tais mo9s s\ffrant et je fis un dess9 du c\v5t qui e/ d'un s5tim5t ju/e et d'une bonne facture4 ,le quatrime j\r1 papa et maman rem>qur5t avec une joie triomphante1 bi5 qu'ils s\ffriss5t d'tre si cahots1 que plus on appro*ait de ,rome1 plus la r\te dev5ait mauvaise4 ,t\t mon bagage sci5tifique1 ce qui devait m'aid] compr5dre la ,ville t]nelle1 consi/ait dans les deux premi]s livres de ,tite-,live1 que je n'avais jamais appr(ondis et quelques noms gographiques qui flottai5t dans ma mmoire1 sans que j'eusse seulem5t reg>d o ils se tr\vai5t sur la c>te3 ,juvnal1 une ou deux pages de ,tacite1 et1 dans ,virgile1 l'inc5die de ,troyes1 l'hi/oire de ,didon1 l'pisode d',euryale et le d]ni] combat4 ,j'avais sans d\te lu p\r a9si dire t\te l'nide1 mais la majeure p>tie ne m'avait sembl que du fatras4 ,sur l'hi/oire roma9e mo9s anci5ne1 je n'avais lu que des auteurs anglais =t svres p\r les vices impriaux1 et je n'tais pas loign de p5s] que la mal>ia de la campagne roma9e tait une consqu5ce naturelle de la papaut4 ,j'avais t lev dans l'ide qu'il ne p\vait pas plus y avoir un bon emp]eur roma9 qu'un bon pape2 je ne savais pas trop si ,trajan vivait avant le ,*ri/ ou aprs1 et j'aurais t s9crem5t reconnaissant quiconque m'et dit que ,m>c-,aurle tait un philosophe roma91 contempora9 de ,socrate4 ,l'app>ition du dme de ,sa9t-,pi]re dans le lo9ta9 ne n\s fit pas plus d'impression que si c'et t une borne kilomtrique1 n\s annonant que n\s avions encore une v+ta9e de milles faire sur une r\te cahotante1 avant de n\s repos]4 ,qu& n\s n\s appro*mes du ,tibre--le ,tibre non*alant1 aux rives b\euses1 aux eaux paisses et jaunes--j'pr\vai une s5sation de dgt mle de tri/esse4 ,quel contra/e avec le flot montant de la ,tamise p\ss p> le v5t1 que j'aimais reg>d] de la f5tre de ,nanny ,cl[sley6 ,la ,piazza del ,popolo m'tait aussi familire--je l'avais vue tant de fois reproduite--que ,*eapside1 et me p>aissait beauc\p mo9s intressante4 ,n\s desc5dmes1 cela va sans dire1 dans un des htels de la place d',espagne2 je me c\*ai fatigu et de mauvaise humeur de me tr\v] dans la rue bruyante d'une gr&e ville mod]ne avec ri5 dess9] et une f\le de petits ennuis en p]spective4 ,le l5dema9 mat91 en me rveillant bi5 repos1 je me dis comme ,mr ,rog]s3 ,je suis ,rome1 et j'accompagnai papa et maman ,sa9t-,pi]re1 avec un c]ta9 s5tim5t de curiosit1 j'en convi5s4 ,voyageurs et livres m'avai5t cri sur t\s les tons que je s]ais dsappo9t1 que la basilique ne me f]ait pas l'effet de gr&eur auquel je m'att5dais2 mais je ne me suis pas vant en va9 d'avoir le s5tim5t exact des proportions1 et le fait e/ que j'eus la consci5ce nette de son imm5sit4 ,mais ce quoi je ne m'att5dais pas1 c'e/ la l\rdeur1 l'ennui de la faade1 au mauvais gt1 l'insipide di/ribution de l'intrieur4 ,n\s en fmes le t\r1 reg>dant les copies en mosaque de tableaux qui ne n\s intressai5t pas1 les tombeaux magnifiques de g5s dont n\s ne connaissions mme pas les noms2 enf91 n\s n\s retr\vmes au gr& air1 devant les fonta9es1 avec un imm5se s5tim5t de s\lagem5t4 ,aucun de n\s n'a jamais remis les pi$s ,sa9t-,pi]re1 si ce n'e/ p\r ent5dre de la musique1 ou p\r voir des processions et des crmonies religieuses4 ,n\s r5trmes djeun] et1 l'aprs-midi1 n\s fmes en voiture le t\r classique p> le ,=um1 le ,colise1 et le re/e6 ,je n'avais qu'une ide trs vague du ,=um1 de ce qu'il tait1 ou de ce qu'il avait t4 ,je ne compr5ais pas ce que v5ai5t faire l ces trois colonnes1 ou les sept1 et cet ,arc de ,svre s\s lequel ne passe pas de r\te1 et surt\t cette masse de con/ructions sordides qui se dress5t au-dessus1 flanque d'une t\r du ,x,v,i,i,ie sicle sans le mo9dre c>actre4 ,un des gr&s avantages de mon ignorance tait1 en t\t cas1 de me p]mettre de voir les *oses ma manire1 comme elles tai5t2 et bi5 que mon ducation religieuse1 comme je l'ai dit plus haut1 m'incl9t p5s] que la mal>ia de la campagne roma9e tait une consqu5ce de la papaut1 cela n'influait nullem5t sur la p]ception trs nette et trs claire que j'avais de la beaut de ligne du ,soracte1 t&is que les lignes des premi]s plans1 en tuf et p\zzolane1 me semblai5t dte/ables1 que la p\zzolane ft papale ou prote/ante4 ,le rle du ,=um ou du ,capitole dans l'hi/oire ne m'importait utilem5t2 ce qui me frappait1 c'e/ que les colonnes du ,=um tai5t de petite dim5sion1 leurs *apiteaux sculpts sans f9esse et que les maisons qui le dom9ai5t tai5t beauc\p mo9s intressantes reg>d] que n'importe quelle close de l',auld t\n d'dimb\rg4 tant arriv ces conclusions sur la ville et ses ru9es1 il me fallait comm5c] la visite des muses4 ,ai-je beso9 de dire que la gr&e pe9ture religieuse3 le ve/ibule du ,prug91 la *apelle d',angelico et t\t le premi] tage de la ,sixt9e tai5t lettre morte p\r moi8 ,p]sonne ne m'avait conseill de les reg>d]1 et j'tais incapable1 moi t\t seul1 de les dc\vrir4 ,t\t le monde1 au contraire1 m'avait dit3 voyez le plafond de la *apelle ,sixt9e2 je le tr\vai trs beau2 t\t le monde m'avait aussi recomm& de voir la ,transfiguration de ,raphal et le ,sa9t ,jrme du ,dom9ica92 ce que je fis trs att5tivem5t et trs docilem5t1 aprs quoi je dcl>ai sans la mo9dre hsitation que le tableau du ,dom9ica9 tait dte/able1 et celui de ,raphal =t laid2 de ce j\r1 je ne fis plus aucune att5tion ce que me disai5t les g5s1 en fait de pe9ture1 mo9s qu'ils ne fuss5t de mon avis4 ,mais sir ,jo%ua n'tait pas t\t le monde4 ,son op9ion sur les ,/anze fit que je les tudiai longuem5t et soigneusem5t2 je vis t\t de suite qu'il y avait l quantit de *oses que je n'tais mme pas en tat de voir1 encore mo9s de compr5dre2 mais en t\t cas1 ce qui tait c]ta91 c'e/ qu'elles ne me procurai5t aucun plaisir2 la religion1 d'ailleurs1 qui m'avait t enseigne ,walwor? me r5dait rfractaire ce mlange de paganisme et de papisme4 ,ces bases poses en vue de mes futures tudes1 je n'y rev9s plus et je n'ai pas eu1 depuis1 de raisons srieuses de les modifi]4 ,je ne p>le jamais du ,dom9ica91 ou si j'en p>le p> dfr5ce p\r sir ,jo%ua1 ce n'e/ que p\r dire que c'e/ un pe9tre dte/able2 des ,/anze que comme ne p\vant satisfaire en quoi que ce soit un esprit sa91 quilibr1 dsireux de savoir quoi ressemblai5t les ,sibylles1 ou comm5t un ,grec se reprs5tait les ,muses2 et l'opposition entre le ,p>nasse et la ,dispute prs5te dans les ,/ones ( ,v5ise#di1 comme annonant la *ute de la ?ologie ca?olique4 ,qu& n\s emes visit les pr9cipales curiosits de ,rome1 et p5dant que n\s explorions les *oses de mo9dre importance1 n\s p5smes que le mom5t tait v5u d'utilis] la lettre d'introduction qu',h5ry ,acl& m'avait donne p\r ,mr ,joseph ,sev]n4 ,bi5 que1 dans le gros 9-octavo qui cont5ait les uvres de ,col]idge1 de ,%elley et de ,keats1 et qui avait si s\v5t tran sur la table devant ma ni*e de ,h]ne ,hill1 la p>tie de ,keats ne m'et jamais attir 7elle me tr\blait plutt7 j'avais suffisamm5t consci5ce de sa valeur1 j'avais t trop mu p> sa mort p\r ne pas dsir] faire la connaissance de son fidle ami4 ,j'ai oubli o habitait ,mr ,sev]n2 t\t ce dont je me s\vi5s1 c'e/ que sa porte tait droite1 t\t en haut d'un imm5se escali] c>r1 aussi l>ge qu'un de nos *em9s anglais o deux c>rioles peuv5t pass] cte cte1 un escali] monum5tal aux m>*es trs basses4 ,je montais l5tem5t1 c> le docteur m'avait surt\t recomm& de ne pas m'ess\ffl]2 il me re/ait peut-tre une v+ta9e de m>*es gravir lorsque la porte de ,mr ,sev]n s'ouvrit p\r livr] passage deux messieurs1 et se ref]ma sur eux avec un bruit sec qui p>aissait dire au re/e du monde3 on ne passe plus4 ,ces messieurs me croisr5t sur la gau*e4 ,l'un tait c\rt1 le te9t anim1 l'air rj\i2 l'autre petit aussi1 mais ple1 avec un beau front bi5 model et des yeux noirs la fois vifs et d\x4 ,ils me reg>dr5t1 mais p> timidit1 et aussi p>ce que je tr\ve impoli d'arrt] les g5s et surt\t de les emp*] de sortir1 je ne fis pas un ge/e et les laissai desc5dre en paix4 ,je ral5tis mme mon pas1 et ce ne fut que quelques m9utes plus t>d que je sonnai la porte de ,mr ,sev]n4 ,je laissai ma c>te et ma lettre d'introduction au dome/ique qui me dit que ,monsieur v5ait de sortir4 ,le compagnon aux yeux noirs de ,sev]n tait ,george ,ri*mond1 p\r lequel ,acl& m'avait aussi donn un mot4 ,t\s deux acc\rur5t p\r n\s voir4 ,la manire d'tre simple1 rs]ve1 orig9ale de mon pre et de ma mre les intressa d'abord1 leur plut ensuite1 et f9alem5t les conquit au po9t que1 ,nol v5u1 ils n\s *oisir5t1 entre t\s leurs amis de ,rome1 p\r ft] la ,nol4 ,et cela1 bi5 plus p\r mon pre et ma mre que p\r moi2 non qu'ils ne s'intressass5t pas moi1 mais comme mes ides1 qui n'tai5t jamais celles de t\t le monde1 tai5t plutt tapageuses1 qu' *aque in/ant j'allumais s\s leurs pi$s des pt>ds et des fuses1 qui ne les tr\blai5t pas seulem5t au mom5t o ils clatai5t1 mais se cont9uai5t en objections rfl*ies qu'ils ne p\vai5t pas t\j\rs rfut]--c> je m'attaquais aux *oses sacro-sa9tes1 aux matres inconte/s et aux spl5deurs les plus au!ntiques de ,rome--nos conv]sations se t]m9ai5t le plus s\v5t p> des conseils o se glissai5t quelques repro*es qu'ils jugeai5t ncessaires2 ils avai5t de longues confr5ces avec mon pre et ma mre1 p>5ts et amis se dem&ai5t ce qu'on p\rrait bi5 faire p\r me ram5] des ides plus sa9es4 ,ds le premi] mom5t1 t\s deux avai5t inspir mes p>5ts une confiance absolue1 et cela uniquem5t1 je crois1 p>ce que1 lorsque n\s n\s tions croiss dans l'escali]1 ,mr ,sev]n avait dit mi-voix ,mr ,ri*mond en me reg>dant3 ,quelle physionomie potique6 et que ma rc5te folie1 mon imp>donnable enttem5t dans l'affaire du ,h>le*1 jo9te aux imp]t95ces que je me p]mettais l'g>d de ,raphal et du ,dom9ica91 me donnai5t1 aux yeux de mes p>5ts1 des airs d',enfant prodigue4 ,la coalition contre laquelle j'avais lutt] se tr\va encore r5=ce p> l'entre en scne d'un frre cadet de ,mr ,ri*mond1 ,tom1 que je tr\vai1 lors d'une de nos premires visites l'ateli] qu'ils occupai5t en commun1 s'escrimant de t\t son cur pe9dre un torse nu avec des ombres bleu de cobalt1 sur lesquelles1 ce qu'on v\lut bi5 m'expliqu]1 on devait pass] un glacis qui leur donn]ait le ton de la *air du ,titi54 ,comme1 cette poque1 je ne voyais ri5 de p>ticuli] dans la *air du ,titi51 et de plus que je ne p5sais pas qu'on arrivt la r5dre p> ce procd1 l'abme qui n\s sp>ait1 mes amis et moi1 se creusa encore davantage2 et de fait1 ces div]g5ces fir5t que s'accrotre avec le temps et leur effet immdiat fut de dcid] de la faon dont j'emploi]ais mon temps ,rome et en ,italie4 ,c>1 ayant dcl> une fois p\r t\tes que je ne p\vais pas plus compr5dre la p5se de ,raphal que la c\leur du ,titi52 que les salles de sculpture du ,vatican m'ennuyai5t1 que je n'y compr5ais ri51 je pris le taureau p> les cornes et me mis *]*] ce que1 ,rome1 je p5sais p\voir dess9] ma manire1 *oisissant p\r comm5c]--et c'tait en quelque sorte un dfi jet ,raphal1 au ,titi51 l',apollon du ,belvdre t\t ensemble--l'tude m9utieuse de gu5illes qui p5dai5t aux vieilles f5tres du qu>ti] juif4 ,la gu]re dcl>e1 il ne re/ait plus aux deux ,ri*mond et mon pre qu' s'amus] autant qu'ils le p\rrai5t de mes essais rvolutionnaires qui1 une fois mon po9t de d"p admis1 n'tai5t pas sans intrt4 ,je payai ma dette au ,=um1 en en dess9ant avec le gr& so9 une vue d'ensemble2 je fis une tude des aqu$ucs vus de ,sa9t-,jean-de-,latran1 une autre du ,mont ,av5t9 prise du pont ,rotto1 t\tes deux juges bonnes en gnral4 la f91 ,ri*mond lui-mme s'ad\cit au po9t de me dem&] un dess9 de la ,tr9it dei ,monte1 associe p\r lui d'heureux s\v5irs4 ,c'e/ alors qu'il se prs5ta1 p\r moi1 une occasion d'utilis] de faon pratique mes dispositions p>ticulires1 en pr5ant de prcieuses notes sur les pr9cipales villes d',italie2 mais il tait dit que t\tes les *ances que j'avais d'tre autre *ose que ce que je suis avort]ai5t les unes aprs les autres4 ,un has>d1 qui ne me sembla alors qu'un mirage moqueur1 fut1 bi5 des annes plus t>d1 la s\rce d'une des plus belles et des plus pr(ondes motions de ma vie4 ,entre mon ,prote/antisme et mon ,pr\tisme--comme l'appelait trs ju/em5t ,tom ,ri*mond--j'avais dcl> sans intrt t\te crmonie roma9e2 je me refusais ri5 voir1 et je prote/ais avec mauvaise humeur1 t\tes les fois que l'on me proposait d'entr] dans une glise1 dans un palais roma9 ou dans une gal]ie4 ,p\rtant papa et maman s'ap]ur5t que je ne me faisais jamais tir] l'oreille lorsqu'il s'agissait d'all] ent5dre de la musique sacre1 fallt-il p\r cela subir les ennuis d'un (fice3 ce qu'ils attribuai5t au gt que j'avais t\j\rs manife/ p\r le *ant grgori5 et l'intrt t\j\rs croissant que m'inspirait la musique4 ,la vrit1 c'e/ qu' l'glise j'avais *ance d'ap]cevoir1 au-dessus des ttes pieusem5t p5*es de la f\le itali5ne--au mo9s un in/ant avant qu'elle s'incl9t son t\r--la gracieuse silh\ette d'une anglaise blonde d'une gr&e beaut1 la re9e de la colonie anglaise cet hiv]-l1 ,rome1 et qui ralisait p\r moi le type de la beaut fm99e1 type rv jusqu'ici1 et rv en va91 une beaut sculpturale1 mais ple9e de vie1 et aussi de d\ceur et de grce4 ,je ne crois pas tre jamais p>v5u l'appro*] plus de qu>ante mtres1 mais ces app>itions1 si lo9ta9es qu'elles fuss5t1 et les motions qu'elles me causai5t n'en fir5t pas mo9s la joie et la consolation de mon hiv] ,rome4 ,p5dant ce temps1 mon pre1 que notre mdec9 de ,rome avait compltem5t rassur sur mon tat1 repr5ait sa gat et j\issait de t\t en consci5ce4 ,avec ,m>ie qui1 quoique de nature peu en?\sia/e1 tait une voyageuse infatigable1 il allait voir sans se lass] t\t ce qu'il y avait voir4 ,jamais1 surt\t1 il ne manquait une fte musicale1 et il tait radieux lorsque son maniaque de fils cons5tait 7p\r l'am\r de miss ,tollema*e#ej1 mais *ut67 les accompagn]2 et t\s les j\rs ,mr ,sev]n et ,george ,ri*mond se montrai5t plus affectueux et plus s]viables4 ,aucun habitu du monde lgant de ,londres ne s'tonn]a du plaisir que n\s p\vions tr\v] pntr] t\j\rs davantage dans l'intimit de ,george ,ri*mond4 ,mais je n'ai vu nulle "p1 dans aucun monde ou ailleurs1 ri5 qui appro*e de la situation qu'avait alors ,rome1 ,mr ,joseph ,sev]n4 ,p]sonne ne savait mieux que lui mettre les g5s en valeur1 naturels du pays1 trang]s1 laques ou ecclsia/iques4 ,il ne voyait dans *acun que le meilleur3 ce qui aurait excit la colre *ez d'autres le disait simplem5t s\rire4 ,comm5t s'tonn] que le pape soit ,sa9t-,pi]re1 qu'il y ait des m5diants sur les m>*es du ,p9cio8 ,n'e/-ce pas dans la nature des *oses8 ,il p>donnait au ,pape son papisme1 respectait la longue b>be du m5diant et ne d\tait pas que les m>*es du ,p9cio1 celles de l',aracli aussi bi5 que celles du ,latran et du ,capitole conduisiss5t au ciel2 n\s montions t\s1 de faon ou d'autre1 et en att5dant il fallait t*] d'tre heureux l o on se tr\vait4 ,raisonnable avec lgret1 sage avec gaiet1 spirituel sans malice1 dlicatem5t s5tim5tal1 il t5ait conseil avec les c>d9aux un j\r1 et s'en allait le l5dema9 picniqu] dans la ,campagne roma9e avec les p9s belles ,anglaises qui passai5t l'hiv] ,rome2 pr5ant les curs dans les mailles dores de sa bonne grce1 de sa sympa?ie ouv]te1 comme si la vie n'tait p\r lui que la mlodie ondoyante de sa *anson favorite1 ,g5te1 qui l'uccellatore4 ,note #dh3 ,ils s'en s\ciai5t1 mais reb\rs1 prisant surt\t l'habilet des procds les plus mesqu9s et employs de la pire faon4 ,note #di3 ,j'ai autoris la n\velle dition de ce livre dans sa =me primitive1 surt\t en raison de la cl>t avec laquelle1 le lecteur en jug]a1 j'tablis de faon inconte/able que la ?ologie de la ,r5aissance eut sur les arts en ,italie1 et sur la religion du monde1 une influ5ce fatale4 ,note #ej3 ,qui p\sa le philan?rope ,"l ,m\nt-,temple4 ,,*apitre ,,xv ,,cum ,p\r tre fidle la rgle que je me suis trace de suivre l'ordre des faits en laissant au lecteur le so9 de tir] ses conclusions1 j'ai pass un peu vite1 et il me semble qu'il ne s]ait po9t inutile de savoir1 ou t\t au mo9s d'essay] de dev9] ce que p5se mon lecteur6 ,tr\ve-t-il que je suis un g>on heureux ou malheureux8 ,a-t-il p\r moi quelque e/ime1 ou le contraire8 ,p5se-t-il que l'on avait raison de fond] sur moi quelque esprance8 ,ou les tal5ts que je p\vais avoir tai5t-ils de ceux qui ne brill5t au mat9 que p\r se fltrir avant le soir8 ,si je le lui dem&e1 c'e/ que j'ai reu quelques lettres d'amis qui se dis5t en*ants et me dcl>5t que ces s\v5irs ont jet sur mon c>actre des lumires t\tes n\velles1 que je leur plais a9si beauc\p plus qu'aup>avant4 ,voil un rsultat qui n'e/ nullem5t celui que je *]*ais1 et qui e/ en contradiction avec l'impression que j'pr\ve moi-mme qu&1 me ret\rnant1 je me reg>de face face4 ,je suis extrmem5t pe9 et humili lorsque je con/ate1 auj\rd'hui que je suis un peu mo9s ignorant1 le peu que je valais alors1 et t\t ce que je laissais p]dre de temps1 d'occasions et de devoirs--un devoir manqu tant la pire des p]tes--et je ne vois vraim5t pas ce que mes amis ont pu tr\v] dans ces s\v5irs d'enfance de plus aimable qu'ils n'euss5t pu dev9] *ez l'auteur de ,"t & ,tide ou de ,unto ,?is ,la/4 ,en vrit1 et quoi qu'ils en dis5t1 je n'tais alors1 et je le suis demeur encore un an ou deux1 qu'un petit tt>d in=me1 ruisselant1 glissant1 ri5 qu'un e/omac avec une queue1 se gonflant1 s'aplatissant1 se tortillant au milieu des ondes de cri/al et sur les sables purs des s\rces de la jeunesse4 ,mais =t heureusem5t j'ai t\j\rs eu des yeux excell5ts et la bonne habitude de nag] contre le c\rant2 et ma9t5ant le temps tait v5u o je comm5ais dsir] me mettre au s]vice de belles pr9cesses1 p\r all] *]*] leurs balles au fond de l'eau1 lorsque s\da9 je me vis s\s ma vritable =me1 et cette vision me laissa eff> et dc\rag4 ,ceci se passait ,rome1 v]s l'poque de ,nol4 ,p>mi les objets d'art t\j\rs de mode ,rome1 et dont les voyageurs de di/9ction ne devai5t pas manqu] d'emport] des spcim5s1 tai5t ces cames taills dans de jolis coquillages roses4 ,af9 de n\s con=m] l'usage1 n\s a*etmes un coquillage quelconque de ,dieux et de ,grces4 ,mais les arti/es tailleurs de cames tai5t habiles aussi faire le portrait de simples mortels1 et mon pre et ma mre1 escomptant l'av5ir1 rsolur5t de faire grav] p\r la po/rit le pr(il de leur futur gr& homme4 ,ce que j'ap]cevais1 qu& je me reg>dais dans le miroir1 me suffisait1 et je n'avais jamais song me dem&] de quel effet tait mon pr(il4 ,le came t]m91 j'en admirai le travail1 mais l'image qu'elle donnait de moi ne me satisfaisait pas4 ,je ne l'ai pas analyse alors2 auj\rd'hui1 si je *]*ais la dcrire1 je dirais qu'elle rappelait un p5ny de ,george ,,iii1 avec un s\pon de ,george ,,iv1 l'orgueil du ,gr& ,turc et l'humeur de huit petits lucif]s d*ans4 ,et sans d\te je savais que j'tais orgueilleux1 et depuis quelque temps maussade2 cep5dant ce n'tait ni l'orgueil ni la maussad]ie qui tai5t les c>actri/iques de ma nature4 ,t\t au contraire1 p]sonne n'tait plus respectueux des *oses rellem5t gr&es que moi1 et p]sonne n'tait d'humeur plus facile qu& on me laissait faire ma tte4 ,que peut-on dem&] de plus la plup>t des g>ons ou des animaux8 ,et il me semblait dur que l'on insi/t surt\t sur les dfauts passag]s1 oubliant les qualits vritables1 et que ceux-ci demeurass5t fixs jamais d'aprs le tmoignage un peu fantaisi/e du came4 propos de ce came et d'autres portraits plus rc5ts de moi--e/-ce vanit8--mais je ti5s dire p\r ceux qui les v]rai5t et qui pr\v]ai5t quelque dception1 que ce qu'il y a de mieux dans mon visage1 comme ce qui m'a t le plus utile dans la vie1 ce sont les yeux1 et encore seulem5t qu& on les voit de prs4 ,un ami trs *] et trs p]spicace1 un ,franais1 m'a fait rem>qu] aussi1 mais bi5 des annes plus t>d1 que la b\*e--si elle n'tait pas digne d',apollon--avait de la bont3 quant au type ,george ,,iii et ,george ,,iv1 il tait trs m>qu dans la famille et en p>ticuli] *ez mon c\s9 ,george de ,croydon2 et p\r la =me de la tte1 p> devant et p> d]rire1 j'ai mes ides l-dessus1 mais ce n'e/ pas l'in/ant de les expos]4 ,le mom5t e/ v5u1 p> contre1 de dire plus en dtail non seulem5t ce qui m'arriva ma9t5ant que j'tais majeur1 mais ce qu'il y avait en moi3 c'e/ dans ce b que je transcris ici un ou deux fragm5ts de mon j\rnal crits p\r moi seul1 non p\r faire plaisir mon pre ou p\r tre imprims1 aprs corrections1 p> ,mr ,h>rison4 ,en feuilletant ces vieux cahi]s1 je m'ap]ois que j'ai trop p\ss au noir mes s\v5irs de la ,rivi]a4 ,tmo9 cette page sur un endroit que je voyais alors p\r la premire fois et qui a j\ un gr& rle dans ma vie1 le promontoire de ,se/ri di ,levante3 ,se/ri1 #d novembre 7#ahdj74--,mat9e trs pluvieuse2 pe9e si n\s avons pu fran*ir les quatre milles qui n\s sp>ai5t de cet adorable village2 les nuages1 emports comme de la fume le long des coll9es1 enveloppai5t de guirl&es les glises blan*es accro*es aux p5tes boises4 ,avons d att5dre ici jusqu' trois heures2 le temps s'e/ clairci1 n\s avons gravi le promontoire bois qui dom9e le village4 ,les nues s'levai5t l5tem5t au-dessus des ,ap5n9s1 laissant ici et l des flocons lg]s qui s'accro*ai5t au fond des rav9s et s'enlevai5t sur les p>ties ensoleilles comme autant de langues de feu2 l'horizon1 la ligne bleu fonc des montagnes1 pure comme le cri/al1 se pr(ilait nettem5t sur le ciel d'un v]t ple2 le soleil t\*ait et l les v]ts prcipices1 et les villages blancs de la cte luisai5t comme de l'arg5t au ,nord-,oue/2 c'tait ensuite la masse des hautes montagnes qui dvalai5t dans les sombres valles plantes d'olivi]s2 leurs cimes d'abord t\tes grises dans la pluie se te9tai5t de bleu fonc1 lorsque les nues se disp]sai5t1 *asses p> le v5t4 ,puis t\t c\p le soleil rep>aissait et ses rayons dorai5t les bois les plus pro*es1 faisai5t flamboy] les troncs lisses des arbres1 les feuillages dj magnifiquem5t nuancs p> l'automne1 les revtant d'une spl5deur comme ,turn] seul p\rrait en imag9] une1 et que mettait en valeur le fond gris d'orage4 ,au sud1 c'tait la m] sur laquelle se refltai5t et miroitai5t quantit de petits nuages blancs v5us des ,alpes1 entre de longues b&es du bleu le plus pur1 t&is que le soleil1 trs bas dj1 d>dait de longs rayons obliques lo91 trs lo9 de l'horizon2 les vagues v5ai5t se bris] au milieu de pana*es d'cume contre des ro*]s de m>bre noir1 et de gr&es masses floconneuses c\rai5t1 p\sses p> la m>e1 v]s la ple9e m]4 ,au-dessus de nos ttes1 un gr\pe sombre de p9s d',italie et de *nes v]ts enveloppai5t d'ombre un adorable co9 de prairie1 tel qu'on en p\rrait tr\v] dans les p>ties les plus f]tiles des les de ,d]w5twat]4 ,cette ferie dura jusqu'au mom5t du c\*] du soleil2 alors un d\ble arc-en-ciel s'lana au-dessus des bois embrass1 puis mesure que le soleil baissait l'horizon1 les nues d'orage se revtir5t de p\rpre2 l'arc-en-ciel dont les nuances se fondai5t1 semblait une l>ge ce9ture cramoisie au-dessus de laquelle les nuages flambai5t2 magnifique spectacle qu'il n'e/ pas donn l'homme de contempl] plus d'une ou deux fois dans sa vie4 ,je vois que n\s sommes arrivs ,rome le sam$i #bh novembre4 ,la note1 crite ds le l5dema9 mat91 mrite peut-tre d'tre cons]ve4 ,diman*e #bi novembre4--,la ville e/ en l'air p>ce que le ,pape (ficie la ,*apelle ,sixt9e2 c'e/ auj\rd'hui le premi] j\r de l',av5t4 ,me suis fait b\scul]1 t\ff]1 p\r ri53 musique mdiocre1 sorte de masc>ade avec le ,pape et des c>d9aux mal t5us4 ,l'extrieur et la faade occid5tale de ,sa9t-,pi]re ont c]ta9em5t beauc\p d'app>5ce2 l'intrieur convi5drait une salle de bal1 ou ne devrait s]vir qu' cela4 #cj novembre4--,mont en voiture au ,capitole place ple9e d'immondices1 lugubre et dgtante2 desc5du ensuite au ,=um1 trs bon sujet de tableau c]ta9em5t4 ,puis m>* longtemps1 p>mi des tas de briques et de dcombres1 jusqu' en avoir mal au cur4 cur1 ai-je v\lu dire4 ,mais entre le #bj et le #be dcembre1 je fus rellem5t malade2 accs de fivre t]rible1 c'e/ un miracle que je m'en sois tir4 ,le #cj1 j'tais sur pi$2 je cont9ue a9si3 ,petite prom5ade de long en l>ge sur le ,p9cio2 je suis incapable de faire autre *ose depuis cette maudite maladie4 ,p\rquoi donc faut-il que t\te joie s'affadisse si vite1 que les plus vives impressions si rapidem5t s'effac5t8 ,rome tait l devant moi3 t\rs1 c\poles1 cyprs1 palais1 en*evtrs1 =mant d'admirables gr\pes2 une petite brume de dcembre se mlait quelques lgres fumes de bois et c]nai5t d'une jolie ligne grise t\tes les =mes qui se dressai5t entre moi et le soleil2 au del des admirables *nes v]ts des j>d9s ,borghse1 on ap]cevait les ,ap5n9s d'o m]geait un gr& pic c\v]t de neige1 semblable la trane lum9euse d'une comte4 ,ce n'tait pas le clair de lune1 ce n'tait pas la lumire du soleil1 c'tait quelque *ose d'aussi d\x que l'un1 d'aussi puissant que l'autre4 ,et j'tais l au milieu de ces magnific5ces1 et je ne le s5tais pas6 ,je r5trais de ma prom5ade1 aussi las de mon devoir accompli que si j'tais sur la r\te de ,norwood4 ,des yeux1 je suivais une jeune fille qui prom5ait des enfants et dont le petit bonnet coquettem5t pos sur ses *eveux trs bi5 coiffs trahissait la nationalit3 j'tais fix1 bi5 avant de l'avoir ent5du dire l'un des enfants qui jabotait en anglais avec une volubilit comp>able seulem5t au murmure de la fonta9e de l'autre ct de la r\te3 qu'elle n'en compr5ait pas un mot#ea4 ,aprs deux ou trois alles et v5ues1 la jeune fille s'assit ct d'une autre bonne2 elles bav>dai5t1 elles riai5t1 l'air p>faitem5t heureux1 ne p5sant pas plus aux montagnes qui se dressai5t d]rire elles1 et la ville qui s't5dait s\s leurs pi$s1 qu'au ,gr& ,turc2 t&is que moi1 emport p> mes s5tim5ts dans des sphres que je jugeais trs suprieures1 je s\ffrais cruellem5t1 en face d'un spectacle qui aurait d me procur] d'inf9ies j\issances1 de s5tir les heures pes] si l\rdem5t sur mes paules4 ,voil bi5 l'orgueil1 *] lecteur1 et la maussad]ie--dum pituita mole/at--bi5 dm5t tablis4 ,mais faut-il tre bi5 orgueilleux p\r se croire suprieur au po9t de vue du s5tim5t une petite bonne franaise8 ,trs s9crem5t1 je ne me croyais pas suprieur cette fille1 ni meilleur2 mais je savais qu'il exi/ait entre moi et le lo9ta9 ,soracte1 ou mme entre moi et l'invisible ,vultur1 un li5 qu'elle ne s\ponnait mme pas2 et que cela impliquait un horizon t]re/re1 s9on cle/e1 plus t5du2 n\s n'tions pas ns s\s la mme toile4 ,p5dant ce temps1 au pi$ de la coll9e1 ma mre tricotait dans la gr&e *ambre roma9e1 aussi paisiblem5t que si elle et t *ez elle--cette gr&e *ambre qui avait sur les aub]ges de ,prov5ce le mrite d'tre propre4 ,les j\rs passai5t et l'heure v9t de song] au voyage de ,naples1 avant qu'aucun de n\s ne ft fatigu de ,rome4 ,cette bonne c\s9e ,m>y1 laquelle je ne daignais jamais dem&] son avis sur ri51 tait celle d'entre n\s qui avait le plus pr(it de ce sj\r4 ,rellem5t trs bonne musici5ne 7elle avait pris quelques leons de ,mos*eles71 elle j\issait des matrises des glises1 lisait att5tivem5t son guide1 savait t\j\rs o elle tait et1 pr(ondm5t religieuse1 tait arrive va9cre ses prjugs purita9s au po9t de visit] avec une motion respectueuse le tombeau de sa9t ,paul et la maison de sa9te ,ccile4 ,je crois mme qu'elle f9it p> mont] g5\x la ,scala ,santa1 comme t\te bonne ,roma9e4 ,l'hiv] avait pass1 et le soleil du pr9temps r*auffait d\cem5t l'atmosphre qu& n\s gravmes les monts ,alba9s p\r desc5dre dans la valle au-dess\s de ,la ,riccia1 que j'ai dcrite dans l'un des *apitres les plus s\v5t cits des ,mod]n ,pa9t]s4 ,mon j\rnal dit3 ,un abme1 et sur la coll9e oppose un autre village haut p]*1 avec le clo*] et le toit de son glise =mant un gr\pe trs russi4 ,un hrissem5t d'arbres desc5dait jusqu'au fond du rav9 d'o s'lanait prs de moi1 en clair sur le fond d'ombre1 la p>oi grise d'un ro*] m]veilleusem5t brod de li*5s aux mille c\leurs4 ,suiv5t encore quelques phrases du mme g5re1 et puis une description des m>ais ,pont9s o j'insi/e beauc\p sur les ta*es m\vantes que mett5t et l les gr&s tr\peaux noirs1 les vols de m\ettes blan*es1 les co*ons aux soies hrisses1 les oiseaux de t\tes sortes1 *assi]s et plongeurs en nombre incalculable4 ,il e/ extrmem5t intressant1 au mo9s p\r moi1 de voir qu' cette poque o je ne faisais encore que des croquis au crayon1 c'tait surt\t la c\leur qui me frappait3 je voyais les *oses d'abord en c\leur1 comme elles doiv5t tre vues4 ,c]ta9s dtails du voyage de ,mola ,naples1 sur lesquels je me p]mets d'insi/]1 pr\v5t la con/ante proccupation d'exactitude qui fait le fond des pr9cipes que j'ai =muls1 plus t>d1 dans ,mod]n ,po9t]s1 bi5 qu' cette poque je n'eusse pas la plus lgre ide d'crire ce livre1 ni aucun autre1 et que je prisse ces notes uniquem5t p\r me s\v5ir de ce que je voyais1 et sans me proccup] de savoir si elles me s]virai5t autre *ose4 ,naples1 #i janvi] 7#ahda74--,p5dant que je m'habillais hi] ,mola auprs de la f5tre1 j'ai vu le soleil se lev] au milieu des brumes qui montai5t de la m]2 le petit bois d'orang]s qui desc5d en p5te d\ce v]s la plage r\gissait s\s ses c>esses2 ,gate1 en face1 t9celait sur son promontoire4 ,j'ai c\ru la t]rasse1 un petit toit de z9c orn d'orang]s et de figui]s d',inde en pots4 ,au bord de la m] s'levai5t des montagnes qui rappelai5t celles du ,skiddaw1 avec des rav9s semblables ceux du ,saddleback2 les hauts sommets t9celai5t s\s la neige fra*em5t tombe1 le plus lev effleur p> un blanc nuage lg] et rapide#eb4 ,plus prs1 les montagnes s'amollissai5t en masses v]tes et unies comme les coll9es de ,malv]n1 sauf que leurs sommets tai5t c\v]ts d'olivi]s et fe/onns de vignes2 on ap]oit le village de ,mola avec ses murs blancs et ses toits plats1 au-dessus des olivi]s1 dans de lgres vapeurs de fume bleue2 au lo91 une autre *ane de montagnes c\rt v]s la m]4 ,l'air tait un peu frais1 mais si pur et si d\x1 si *>g de p>fum d'orang]s que l'on se s]ait cru au pr9temps1 non en janvi]4 ,le temps m5aait1 mais le soleil n\s re/a fidle p5dant la trav]se du village2 rues troites1 pittoresques et colores1 qui desc5d5t v]s la m]1 puis1 ctoyant un prcipice dont la neige tait bl\issante s\s le soleil qui montait1 et entre des haies de myrtes1 n\s entrons dans la pla9e de ,g>igliano4 ,un gros nuage *>g de pluie c\rait#ec aprs n\s1 n\s gagnant de vitesse1 s'abaissant petit petit1 c\vrant bi5tt t\t le bleu du ciel jusqu' ne plus laiss] qu'une troite b&e d'un bleu ambr#ed d]rire les ,ap5n9s2 les montagnes plus pro*es tai5t ma9t5ant plonges dans une ombre pr(onde1 ombre de p\rpre--les neiges au lo9 d'abord embrases et donnant la plus =te lumire du paysage1 puis sombres contre le ciel clair2 des masses grises au-dessus1 lugubres1 laves de pluie p> endroits2 au-dess\s1 un b\quet de saules qui se dta*ai5t contre un fond p\rpre1 un peu jaune d',inde1 un peu ta*et de r\ge4 ,puis c'tai5t les ru9es d'un aqu$uc dont les murs portai5t encore des traces de mosaque2 ses ar*es encadrai5t des coll9es et de belles prairies dont la v]dure fra*e se mlait l'or des saules4 ,cap\e1 n\s p]dmes du temps la ,d\ane1 maudite d\ane2 n\s avions subi le mme ennui ,g>igliano o des m5diants hurlants s'tai5t rus sur n\s 7,caff del ,giglio d',oro74 ,je vois encore un gam91 un vrai s+e1 p]* sur l'paule d'un autre gam9 et qui faisait claqu] ses m*oires en se donnant de gr&s c\ps de po+4 ,le pays1 p>tir de ,g>igliano1 e/ absolum5t plat2 la voiture filait entre les fe/ons de vigne accro*s aux ormes2 la r\te tait p>faitem5t droite et t\te d*ire p> une pluie diluvi5ne4 ,la nuit v5ait1 j'tais horriblem5t fatigu2 de temps autre1 entre les nues orageuses qui fuyai5t1 on ap]cevait un lambeau de ciel bleu ou encore deux ou trois pures toiles qui *]*ai5t p]c] les l\rdes masses noires4 ,des clairs sillonnai5t le ciel qu& n\s appro*mes des portes de ,naples1 o n\s fmes encore ret>ds p> la ,d\ane et le visa de nos passeports4 ,j'tais arriv un tel degr de fatigue1 si exaspr1 si transi1 que j'tais prs de pleur]4 ,ce n'tait pas a9si que j'avais rv entr] ,naples6 ,aurais-je jamais p5s1 lorsque1 assis dans mon co9 famili] de ,h]ne ,hill1 je s\pirais aprs la neige lum9euse des montagnes1 aprs une feuille d'orang]1 que j'arriv]ais ,naples d'aussi m*ante humeur que si j'avais pass ma j\rne a ,londres8 ,mille fois plus encore6 ,depuis plus de dix ans1 grce ma passion gologique1 je connaissais fond la /ructure et l'aspect du ,vsuve et du mont ,somma4 ,fri5d%ip's ,(f]+ et ,=get me n1 l'poque de ,leoni le b&it1 m'avai5t aussi donn d'utiles notions sur la baie de ,naples4 ,mais les =mes admirables du mont ,sa9t-,ange et de ,capri tai5t t\tes n\velles p\r moi1 et la p5se que je me tr\vais l1 en prs5ce de =ces s\t]ra9es inconnues1 m'emplit d'une motion pr(onde2 p\rtant le ,vsuve tait calme1 et les l5tes volutions du nuage blanc susp5du au-dessus de son cratre ressemblai5t celles d'un simple nuage d'orage4 ,la premire vue des ,alpes avait t p\r moi la rvlation directe de la prs5ce d'une puissance cratrice bi5faisante4 ,mais depuis longtemps1 dans les =ces volcaniques et de/ructrices1 ,homre m'avait appris reconnatre--et ma raison m'avait confirm dans cette p5se--s9on l',esprit du mal en p]sonne1 t\t au mo9s le symbole du mal non ra*et1 un monde en dehors des conditions atmosphriques1 orages1 *aleurs1 geles1 d'o dp5d le c\rs normal de la vie organique4 ,et de mme que les neiges et les roses des ,alpes ,laut]brunn5 reprs5tai5t p\r moi le ,p>adis1 de mme cette valle de c5dres1 cette gorge de lave tait l',enf]1 l',enf] visible4 ,et s'il se prs5tait a9si dans l'ordre naturel1 p\rquoi s]ait-il autre dans l'ordre surnaturel8 ,je n'avais pas encore lu une seule ligne du ,dante4 ,ds que je connus ces v]s3 ,vesp]o gi col dov' sepolto ,lo corpo d5tro al quale io facea ombra3 ,napoli l'ha1 e da ,br&izio tolto#ee non seulem5t ,naples1 mais l',italie t\t entire1 s'claira cette flamme sacre4 ,ds lors1 les quelques v]s de ,virgile que je savais s'illum9r5t t\t c\p2 j'en compris la vrit en voyant le lac sans oiseaux4 moi aussi la voix enseigna la loi de vie t]nelle3 ,nec te ,nequidquam lucis ,hecate prfecit ,av]nis ,les lg5des dev5ai5t vrit--elles comm5ai5t le dev5ir plutt1 devrais-je dire2 t\t un cortge de p5ses se faisai5t j\r qui ne devai5t pr5dre corps que qu>ante ans plus t>d et qui1 dans leur premire closion1 ne m'apportai5t que tri/esse et dsappo9tem5t4 ,il y avait donc des endroits comme ceux-l1 et o les ,sibylles vivai5t6 ,mais e/-ce l t\t8 ,horribles1 oui1 ces t]ra9s convulss1 ce lac de s\fre b\illant1 la grotte du ,*i5 avec son sol bas1 son air l\rd1 empe/1 si l\rd qu'il semblait qu'on pt l'agit] avec la ma94 ,horrible1 ignoble1 et qu& on p5se que c'e/ la ,delphes de l',italie6 ,les m]veilles1 les spl5deurs de ces les et de ces m]s1 je les voyais1 comme c'tait dj mon habitude1 sans qu'un seul de leurs dfauts m'*appt4 ,le voyageur anglais ord9aire1 auquel il e/ donn de cueillir une grappe de rais91 et auquel une jolie fille aux yeux noirs apporte sa b\teille de v9 de ,fal]ne1 n'en dem&e pas davantage--en ce monde ou dans l'autre--et il dcl>e que ,naples e/ le ,p>adis4 ,p\r moi1 hlas6 ds que mes pi$s f\lr5t les c5dres volcaniques1 je compris qu'il n'y a pas de p]fection possible1 de =me ou de c\leur1 p\r une montagne1 qu& t\t y e/ scories4 ,comm5t admir] une m]1 si bleue qu'elle soit1 qu& elle vi5t m\rir sur un sable noir8 ,je con/atai aussi avec une colre bi5 lgitime l'p\vantable nglig5ce des p\voirs publics--que ,mr ,glad/one avait signale propos des prisons napolita9es4 ,mais ni lui1 ni aucun autre ,anglais1 que je sa*e1 en dehors de ,byron et de moi1 ne vir5t que les ,ap5n9s se dressai5t comme un mur de prison et faisai5t de la vie mod]ne en ,italie une honte et un crime3 crime la fois contre l'honneur de ses anctres et la bont de son ,dieu4 ,mais en mme temps que j'tais vivem5t frapp p> les dfauts d'autrui une sorte d'clair volcanique1 grce ,dieu1 me rvla les mi5s4 ,le s5tim5t que ,naples et son beau golfe ne p\vai5t ri5 me dire1 dans l'tat de maladie et de tri/esse o je me tr\vais1 me fut d\l\reux2 je me le repro*ai2 l'enveloppe de la *rysalide comm5ait craqu] de place en place1 non sans pr(it1 et je dis adieu aux d]ni]s cont\rs du mont ,sa9t-,ange qui disp>aissait au sud1 en songeant vaguem5t m'amlior] l'av5ir4 ,n\s re/mes une j\rne entire ,mola di ,gaeta af9 de me p]mettre de dess9] le *teau d',itri4 ,on n\s avait laiss ent5dre qu',itri n'avait pas bonne rputation2 mais n\s n\s tions refuss croire qu'un aussi joli endroit pt (frir quelque dang]1 et n\s n\s y tions fait conduire p\r y pass] la j\rne4 ,p5dant que je dess9ais1 ma mre et ,m>y errai5t l'av5ture2 ,m>y savait ma9t5ant quelques mots d'itali51 assez p\r sympa?is] avec t\te ,contad9e portant une jolie coiffe ou un beau baby4 ,les voyageurs tai5t r>es ,itri1 je ne crois pas qu'on y et jamais vu d',anglaises2 aussi les ,contad9es tai5t-elles en*antes et elles aurai5t fait t\t au monde p\r tre agrables maman et ,m>y4 ,je fis un bon croquis et n\s regagnmes les bois d'orang]s de ,mola1 ravis4 ,n\s apprmes plus t>d que la population d',itri e/ t\t entire compose de b&its2 de ce j\r1 n\s n'avons plus jamais eu peur des b&its4 ,n\s passmes la j\rne du diman*e ,albano4 ,dans la mat9e n\s fmes une longue prom5ade1 mon pre1 manire1 ,m>y et moi1 dans les bois de *nes v]ts des al5t\rs4 ,depuis plusieurs sema9es dj1 je ne t\ssais plus1 je p\vais m>*] sans fatigue2 je j\issais d'une scurit relative lorsque1 t\t c\p1 p5dant cette prom5ade bi5 paisible p\rtant1 la t\x reprit et je con/atai que le m\*oir que j'avais port mes lvres tait ta* de sang6 ,je m'assis sur le talus1 au bord de la r\te1 et je vis devant moi mon pre trs ple4 ,n\s regagnmes l'aub]ge pas l5ts et mon pauvre pre1 s'tant procur une sorte de c>riole lgre1 se mit en r\te p\r all] lui-mme ,rome *]*] le docteur4 ,j'ai bi5 s\v5t song1 avec mlancolie1 aux motions d\l\reuses qui avai5t d tre9dre le t5dre cur pat]nel p5dant cette longue c\rse1 dix-huit milles trav]s la campagne roma9e4 ,le bon ,dr ,gloag le rassura et rev9t avec lui4 ,mais il n'y avait pas gr&'*ose dire ou faire4 ,ces petites crises tai5t naturelles au pr9temps1 il fallait seulem5t r$\bl] de prud5ce4 ,ma mre ne p]dit pas c\rage4 ,le l5dema91 n\s r5trions ,rome2 et depuis ce temps la t\x ne m'a plus incommod4 ,v]s ,pques1 le temps fut admirable4 ,j'assi/ai la ,bndiction1 je m'assis la nuit tombante en face du *teau ,sa9t-,ange1 je vis le dme de ,sa9t-,pi]re t9cel] et le *teau t5dre sur le ciel un gr& voile de feu4 ,j'emportai de cette d]nire vision de ,rome bi5 des p5ses qui ont mri l5tem5t depuis2 des p5ses qui m'ont surt\t conva9cu que l'esprit prote/ant tait mesqu9em5t et c\pablem5t born1 ne compr5ant ri5 la signification et au b de la spl5deur de l'glise au moy5 ge2 et que l'esprit ca?olique actuel tait mesqu9em5t et c\pablem5t born1 ignorant t\t des moy5s p> lesquels il p\rrait t\*] l'me itali5ne plutt que ses yeux4 ,en r\vrant1 ces j\rs-ci1 le livre que mon pr(esseur de ,*ri/ ,*ur*1 ,walt] ,br[n1 m'avait recomm& comme le code le plus prcieux de la sagesse religieuse en ,anglet]re1 l',hi/oire naturelle de l',en?\siasme1 je suis tomb p> has>d sur ce passage qui a d1 j'imag9e1 tre un des premi]s branl] la satisfaction confiante de mon puritanisme4 ,depuis1 j'ai lu un gr& nombre de livres de ?ologie1 mais je n'ai tr\v nulle "p un exemple plus t]rifiant d'abs5ce la fois de *>it et d'intellig5ce3 ,si l'on p\vait oubli] un in/ant que *aque clo*e1 *aque vase sacr1 *aque ornem5t du rite roma9 recle un pige t5du la lib]t et au bonheur de l'humanit1 que son or1 ses p]les1 ses belles drap]ies sont des p>ures de mort t]nelle2 et si l'on comp>e t\t cet app>eil aux horreurs et aux ignom9ies des anci5s rites poly?i/es1 il semble que l'on puisse r5dre grce ceux qui l'ont imag94 ,posie1 effets scniques1 t\t a t mis en uvre p> le gt et le gnie des arti/es itali5s p\r compos] un spectacle qui laisse les plus magnifiques crmonies du culte des idoles en ,grce et ,rome bi5 lo9 d]rire lui4 ,et cep5dant1 je ne me s\vi5s pas di/9ctem5t d'avoir t *oqu p> ce passage4 ,il me semble mme que c]ta9s po9ts de ce livre m'avai5t plu2 il e/ vrai que j'avais sur son auteur1 et sur t\s les auteurs du mme g5re1 l'avantage de savoir di/+u] l'art s9cre de l'art m5teur1 une foi heureuse d'un insol5t dogmatisme4 ,je savais que les voix qui *antai5t la ,tr9it di ,monte n'tai5t pas des voix de m5songe1 et que la multitude qui s'ag5\illait devant le ,pontife se relevait meilleure et plus =te aprs avoir reu sa bndiction4 ,bi5 que j'eusse pu1 le beau temps aidant1 assi/] sans dang] aux crmonies de la ,sema9e ,sa9te1 je j'avais pas retir gr& bnfice1 comme sant1 de mon hiv] ,rome4 ,j'tais trs dc\rag et les premires tapes du ret\r p> ,t]ni et ,foligno fur5t assez mlancoliques2 la nuit que n\s passmes ,t]ni1 p>ticulirem5t tri/e4 ,c> v]s le soir1 comme n\s r5trions l'htel aprs avoir t jusqu'aux ,cascades1 le dome/ique d'un jeune ,anglais dem&a n\s p>l]4 ,il tait seul avec son matre qui brusquem5t tait tomb malade1 trs malade4 ,mon pre v\drait-il v5ir le voir8 ,mon pre y alla et se tr\va en prs5ce d'un trs beau g>on1 un cossais de v+t-trois ou v+t-quatre ans1 qui se m\rait4 ,il m\rut en effet dans la nuit et n\s pmes r5dre quelques s]vices au malheureux s]viteur qui tait au dsespoir4 ,j'oublie ma9t5ant si n\s avons jamais su qui tait ce jeune homme4 ,je tr\ve p\rtant son nom inscrit dans mon j\rnal1 ,f>quh>son1 mais ri5 de plus4 mesure que n\s montions v]s le nord et que n\s quittions les rgions volcaniques1 je repr5ais c\rage2 ,v5ise1 ,v5ise l'en*ant]esse1 m'app>aissait dans le lo9ta9 avec t\tes ses sductions4 ,je n'avais vu ,v5ise qu'une seule fois1 six ans aup>avant1 qu& je n'tais encore qu'un enfant4 ,que le conte de fe se ralist auj\rd'hui1 je p\vais pe9e le croire1 et le d"p p> la porte de ,pad\e1 au mat91 avec la p5se que ,v5ise--du mo9s des g5s dignes de foi l'assurai5t--tait l1 de l'autre ct1 dans la m]3 comm5t exprim] l'motion ress5tie6 ,je n'imag9e pas encore la rponse que le lecteur a pu faire la "q que je lui posais au db de ce *apitre3 ,tr\ve-t-il que je sois un g>on heureux ou malheureux8 ,s'il s'agit de la vie future1 en ce monde ou dans l'autre1 de la p]sonnalit v5ir dans l'un comme dans l'autre1 il p\rrait y avoir deux op9ions cet g>d1 et mme trois4 ,ce qui e/ c]ta91 c'e/ qu'en fait de bonheur j'accap>ais moi seul la "p de deux c5t c9quante mille p]sonnes ord9aires4 ,je dis p]sonnes1 non pas g>ons4 ,je ne sais pas en quoi consi/e le plaisir que tr\v5t les g>ons j\] au cricket1 canot]1 tu] des oiseaux c\ps de pi]res ou c\ps de c>ab9e4 ,mais p\r les g5s ord9aires1 m>*&s1 employs1 hommes de ,b\rse et de ,club1 c]ta9em5t il n'y avait pas de comp>aison entre la somme de bonheur dont je j\issais et la leur2 bonheur suivi1 cela va sans dire1 de mom5ts de lassitude ou de satit1 et en p>tie comp5s p> des contr>its1 des dsespoirs propos de *oses qui n'aurai5t c]ta9em5t contr>i p]sonne d'autre que moi2 mais un bonheur inconte/ablem5t1 inf9im5t prcieux en soi et complet1 propos duquel on aurait pu dire ce que disait ,sydney ,smi? ayant mang sa salade3 ,je suis l'abri des c\ps du ,de/92 j'ai dn auj\rd'hui4 ,les deux *apitres dont l'un t]m9e le premi] et l'autre ouvre le second volume des ,/ones ( ,v5ice fur5t crits1 je m'en ap]ois en les relisant1 s\s l'impression mlancolique des vnem5ts de #aheb et avec le dsir d'indiqu] trs honntem5t aux voyageurs ce qui mrite d'tre vu4 ,je n'essaie pas d'y retrac] mes joies de #ahce et de #ahda1 alors qu'on ne songeait pas con/ruire un pont de *em9 de f] et que t\t1 la m>cageuse ,br5ta1 la mo9dre villa1 une *ausse p\ssireuse1 une plage de sable1 me ravissait1 p> cette mat9e o n\s vmes ,v5ise surgir devant n\s2 et le noir *apelet des gondoles1 dans le canal de ,me/re1 tait mes yeux plus beau qu'un lev] de soleil au milieu de nuages de p\rpre et d'or4 ,mais comm5t l'exprim]8 ,comm5t mme me l'expliqu]1 l'esprit anglais1 cultiv ou non1 tant incapable de s5tir ce g5re d'motion4 ,sir ,philippe ,sydney va ,v5ise et il n'a pas l'air de s'ap]cevoir que ,v5ise e/ dans la m]4 ,lady ,elisabe? ,crav51 en #aghi1 s'att5dait tr\v] une jolie ville proprette avec des quais le long de ses canaux et fut extrmem5t dsappo9te3 ,les maisons baign5t dans l'eau1 elles sont sales et p>aiss5t t\t fait incon=tables2 les innombrables gondoles1 qui ont l'air de c]cueils flottants1 aj\t5t la tri/esse de l'ensemble et1 je l'av\e1 ,v5ise1 l'arrive1 m'a fait une impression d'horreur plutt que de joie4 ,sur quoi elle s'en va aux ,casc9e et se tr\ve p>faitem5t heureuse4 ,il ne semble pas qu'elle ait jamais lu ni le ,m>*&1 ni ,o!llo4 ,evelyn ne les a pas lus davantage2 p\rtant1 de son temps comme de celui de ,sidney1 la ,v5ise d',o!llo et d',antonio n'tait pas encore t\t fait morte4 ,ma ,v5ise1 comme celle de ,turn]1 c'tait surt\t ,byron qui l'avait cre1 mais il s'y aj\tait encore p\r moi la joie enfant9e de voir des bateaux gliss] sur des eaux claires4 ,j'pr\vais un bonheur inexprimable reg>d] la po9te de la gondole pntr] s\s la porte de ,danieli m>e haute1 qu& l'eau avait deux pi$s de pr(ondeur au bas de l'escali]1 et1 t\t le long des rives du canal1 de vrais murs de m>bre sortir de la m]1 c\v]ts l'extrieur de milli]s de petits crabes et l'intrieur de ,titi5s4 ,du #f au #af mai1 je pris des notes sur des effets de lumire qui me s]vir5t plus t>d dans ,mod]n ,pa9t]s1 et j'excutai deux dess9s au crayon1 ,ca ,cont>9i ,fasan et l',escali] des ,gants qui1 avec deux dess9s faits ,bologne en passant1 et une demi-d\za9e ,naples et ,amalfi sont--je puis le dire1 qu>ante ans plus t>d--de trs bons dess9s4 ,je n'avais aucune notion de l'ar*itecture proprem5t dite1 je n'avais jamais dess9 un plan1 une c\pe1 un ornem5t2 mais j'adorais1 comme ,turn] jusqu' la f9 de ses j\rs1 t\t ce qui tait gracieux et ri*e1 que ce ft ,go?ique ou ,r5aissance2 mon c\p de crayon tait p>faitem5t sr et dlicat1 je dess9ais avec une fidlit scrupuleuse1 mettant ma joie reproduire les *oses telles qu'elles tai5t2 et c'e/ ce qui donne la vie un dess91 ce qui fait qu'il e/ exact de po9t en po9t4 ,cela1 au mo9s1 tait dans mes moy5s et je le fis ici p\r la d]nire fois4 ,l'anne suivante1 j'essayai de faire ce que je n'tais pas capable de faire1 et j'ai cont9u1 hlas6 usant la moiti de mes j\rs cette besogne +rate4 ,je tr\ve une phrase dans mon j\rnal du #f mai qui semble en contradiction avec ce que j'ai dit plus haut des c5tres de mon travail3 ,dieu soit bni1 je suis ici2 c'e/ le ,p>adis444 ,v5ise et ,*amonix sont les deux bornes de la t]re p\r moi4 ,il e/ vrai qu'alors1 je ne connaissais ni ,r\51 ni ,pise1 bi5 que j'eusse vu l'une et l'autre4 7,qu& j'ai cit ,g5ve1 avec ,r\5 et ,pise1 cela compr5ait dans ma p5se ,*amonix47 ,v5ise1 cont9ue le j\rnal1 e/ un mirage1 un miroir qui reflte des toiles4 ,ses clairs de lune sont capables de t\rn] la tte aux g5s les plus sages qu& ils laiss5t de longues tranes lum9euses sur les eaux grises4 ,de ,v5ise p> ,pad\e1 o ,sa9t-,anto9e1 p> ,milan o le ,dme tai5t encore p\r moi de purs *efs-d'uvre2 puis ,tur91 et ,suse4 ,ma sant s'amliorait1 la vue seule des ,alpes me fit du bi5 et les brises qui en v5ai5t semblai5t me r5dre mes =ces4 ,n\s passmes le ,mont ,c5is p\r la premire fois4 ,je m'veillai d'un l\rd sommeil1 le mat9 du #b ju9 #ahda1 dans une t\te petite *ambre de ,lans-le-,b\rg1 v]s six heures du mat92 au nord1 les aiguilles r\ges se dta*ai5t sur le bleu du ciel1 l'imm5se pyramide c\v]te de neige s't5dait jusqu' la valle1 nappe bl\issante4 ,je m'habillai en trois m9utes1 je c\rus l'extrmit du village1 je trav]sai la rivire et je gravis la p5te gazonne qui monte du ct sud jusqu'aux premi]s p9s4 ,je r5aissais4 ,la vie s'ouvrait de n\veau devant moi avec t\t ce qu'elle a de meilleur3 s5tim5t religieux1 am\r1 admiration1 esprance2 t\t ce que je savais1 t\t ce qu'il y avait au plus pr(ond de mon tre1 tressaillait cette heure2 et l'uvre que je v\lais faire1 et que les has>ds de ma vie v5ir ont s]vie1 se prcisa1 fut dt]m9e1 si je puis dire1 en cette m9ute4 ,ple9 de reconnaissance1 je r5trai1 j'allai tr\v] mon pre et ma mre et je leur dis que j'tais sr ma9t5ant de gurir4 ,les docteurs s'tai5t absolum5t tromps sur mon cas4 ,j'avais surt\t beso9 de gr& air1 d'un air vivifiant1 d'ex]cice1 de repos1 sans aucune excitation artificielle4 ,l'air de la campagne roma9e tait dte/able p\r moi et la vie de ,rome la plus mauvaise que je pusse m5]4 ,les trois passages suivants de mon j\rnal1 qui ont pris une gr&e signification p> la suite1 peuv5t s]vir de conclusion ce *apitre qui1 je le cra9s1 aura p>u mon lecteur bi5 ennuyeux3 ,i4 ,g5ve1 #e ju94--,arriv hi] de ,*ambry2 un v5t frais du nord *assait la p\ssire4 ,ravi de la grce d'une jeune femme1 la femme d'un confiseur1 dans une petite ville que n\s trav]sions1 et laquelle je dem&ai une livre de biscuits de ,savoie4 ,mais1 ,monsieur1 une livre s]a un peu volum9euse6 ,je v\s en donn]ai la moiti2 v\s v]rez si cela v\s suffira444 ,ah6 ,l\ise 7ceci s'adressait une petite p]sonne aux yeux brillants1 qui s'agitait dans l'arrire-b\tique et exprimait son mcont5tem5t de faon bruyante71 si tu n'es pas sage1 tu vas savoir#ef4 ,t\t cela si gaiem5t1 si g5tim5t6--,arriv ici p> une dlicieuse aprs-midi1 v]s l'heure du c\*] du soleil4 ,les prairies tai5t si v]tes1 la ,salve si brillante1 le ,rhne si tumultueux1 le lo9ta9 ,jura si beau que j'tais prt faire le vu de ne jamais remettre les pi$s en ,italie4 ,,ii4 #f ju94--,pluie v]se t\te la j\rne2 s]mon improvis et pniblem5t dbit p> un jeune homme qui n'avait pas de voix1 dans une petite *apelle dont les votes blan*es s'emplissai5t du bruit d'un orgue /rid5t et de cantiques en mauvais v]s4 ,que de fois1 le diman*e mat91 aux mmes heures1 j'ai t pris de remords1 j'ai dcid de sec\] ma p>esse et de faire un ef=t p\r m'in/ruire de faon ou d'autre1 de me =tifi] physiquem5t1 de me v\] quelque uvre utile au lieu de ne song] qu' pass] agrablem5t le temps4 ,cette impression m'e/ v5ue trs int5se auj\rd'hui et je donn]ais t\t au monde p\r qu'elle ne s'effat pas4 ,hlas6 ces motions ne sont jamais durables *ez moi2 le l5dema91 je n'y p5se plus4 ,,iii4 #aa dcembre #ahdb4--;,c'e/ bi5 trange1 mais j'ai pr\v les mmes motions1 les mmes remords1 dans cette mme petite glise1 l'anne suivante1 et ce fut l'orig9e de mon travail sur ,turn]4 ,note #ea3 ,en franais dans le texte4 ,note #eb3 rem>qu] que je voyais in/antanm5t le pas du nuage--le travail de ,cli ,en>rant ayant t vraim5t comm5c longtemps aup>avant4--,not] aussi1 un peu plus lo91 le nuage de pluie4 ,note #ec3 ,cette c\rse1 cette *asse du nuage de pluie s'oppose dans mes d]nires confr5ces sur le ciel1 la =mation de la nue de pluie dans t\t l'atmosphre s\s l'influ5ce du v5t4 ,note #ed3 ,un bleu des plus ples1 transp>5t1 qui se fond en or4 ,note #ee3 ,c'e/ ,virgile qui p>le et qui dit3 cette heure 7une heure aprs le lev] du soleil au ,purgatoire7 il fait soir l-bas 7dans l',italie mridionale7 o e/ ent]r mon corps1 l'intrieur duquel je faisais ombre 7sur la t]re lorsque j'tais vivant74 ,naples le possde ma9t5ant2 il y a t apport de ,br9disi4 ,virgile1 dit-on1 m\rut ,br9disi et son corps1 p> ordre d',augu/e1 fut port ,naples4 ,purgatoire4 ,*ant ,,iii4 7,note du traducteur47 ,note #ef3 ,en franais dans le texte4--,note du traducteur4 ,,*apitre ,,xvi ,,fonta9ebleau ,le #bi ju91 n\s tions ,ro*e/]2 n\s passmes un mois la maison pes]1 tudi] ce qu'il y avait de mieux faire p\r ma sant4 ,depuis cette mat9e de ,lans-le-,b\rg1 j'tais conva9cu que1 si je p\vais vivre ma guise en respirant l'air des montagnes1 je s]ais vite sur pi$4 ,on prit l'avis des mdec9s de ,londres2 il fut dcid que le mieux tait de me laiss] faire et1 s\s la seule condition d'emm5] ,ri*>d ,fall1 papa et maman cons5tir5t ce premi] voyage d'indp5dance4 ,je me mis donc en r\te au comm5cem5t d'aot1 me dirigeant v]s le ,pays de ,galles4 ,j'avais promis mes p>5ts de pass] p> ,leam+ton p\r y consult] une sommit mdicale1 le ,dr ,jephson2 la ,facult1 on le qualifiait volonti]s de *>latan1 mais il n\s avait t *audem5t recomm& p> des amis en qui n\s avions gr&e confiance4 ,jephson n'avait ri5 du *>latan3 c'tait un homme de la plus haute valeur1 qui possdait t\tes les qualits qui font les gr&s mdec9s4 ,ses dbuts avai5t t mode/es3 employ dans une ph>macie1 il avait f9i1 grce un travail a*>n jo9t une facult d'obs]vation t\t fait rem>quable1 p> dev5ir le premi] mdec9 de ,leam+ton2 et c'e/1 je puis le dire1 le seul vrai mdec9 que j'aie jamais connu avant ,sir ,william ,gull4 ,il m'exam9a1 m'ausculta p5dant plus de dix m9utes1 puis me dit3 ,in/allez-v\s ici1 et dans six sema9es1 si v\s faites ce que je v\s dis1 v\s s]ez guri4 ,je lui dcl>ai qu'il n'tait nullem5t dans mes int5tions de m'arrt] ,leam+ton1 que j'allais dans le pays de ,galles1 mais que je ne dem&ais pas mieux de suivre1 l-bas1 les conseils qu'il lui plairait de me donn]4 ,non1 non1 fit-il1 il faut que v\s re/iez ici1 s9on1 je ne m'occupe pas de v\s4 ,ceci s5tait un peu le *>latanisme2 je le saluai et cont9uai mon voyage aprs avoir crit la maison le rcit dtaill de mon entrevue4 ,pont-y-,mona*1 je tr\vai une lettre de mon pre m'ordonnant de ret\rn] immdiatem5t ,leam+ton et de me mettre entre les ma9s du ,dr ,jephson4 ,en consqu5ce1 ,ri*>d s'en alla seul ,sn[don et moi je repris le premi] c\rri] en s5s inv]se1 et me prs5tai devant le docteur1 l'oreille basse4 ,il m'envoya log] dans un t\t petit app>tem5t o je m5ai p5dant six sema9es une vie t\te n\velle p\r moi2 vie contre laquelle je pe/ais1 comme le pr\ve mon j\rnal de l'poque1 mais qui1 en f9 de compte1 ne m'a pas laiss de mauvais s\v5irs4 ,l'eau sale des s\rces le mat91 du f] deux fois p> j\r2 au djeun] de huit heures1 du ? aux h]bes2 au dn] d'une heure et au s\p] de six heures1 de la vi&e1 du pa9 et de l'eau1 seulem5t de l'eau2 poisson1 vi&e de b\*]ie ou volaille mon *oix1 p\rvu qu'il n'y et jamais qu'un plat de vi&e2 ni lgumes1 ni fruits4 ,une prom5ade le mat91 une l'aprs-midi et se c\*] de bonne heure4 ,tel tait le rgime auquel j'tais condamn et qui contra/ait avec mes habitudes plus syb>itiques4 ,je suivis docilem5t les ordonnances du docteur1 tr\vant encore la vie bonne dans ces conditions1 et l'espoir de la voir se prolong] p>ticulirem5t intressant4 ,la situation1 quoique grotesque et prosaque1 n'tait pas sans intrt4 ,j'habitais une maison meuble1 une petite maison de briques1 dans la rue4444 qui donnait sur une espce de pturage1 de t]ra9 vague1 ent\r d'une palissade en mauvais tat2 de l'autre ct de l'enclos1 la ,leam c\lait1 b\rbeuse et somnol5te1 g>nie de ronces sur sa rive oppose2 le long de la rue1 c'tait d'abord t\te une suite de b\tiques misrables1 puis une pic]ie plus ari/ocratique1 un ou deux m]ci]s1 et enf9 le cab9et de lecture et la ,pump-,room4 ,aprs la baie de ,naples1 le ,mont ,av5t9 et la place ,sa9t-,m>c1 c'tait comme un de ces *angem5ts de dcors tels qu'on en voit au ?tre dans les feries4 ,ce qui e/ biz>re1 c'e/ que moi qui m'tais s5ti d'une tri/esse mortelle en face du ,mont ,av5t91 je n'pr\vais ici aucune disposition la mlancolie2 j'tais plutt amus1 et j'avais surt\t le s5tim5t trs agrable qu'enf9 les *oses s'arrangeai5t au mo9s p\r moi1 bi5 que ce que j'avais s\s les yeux ft lo9 d'tre aussi gr&iose que ,peckwat] ni aussi joli que la place ,sa9t-,m>c4 ,mais je me retr\vais1 aprs t\t1 mon niveau de ,croydon2 je p\vais faire ce qui me plaisait1 et je n'tais pas oblig de prp>] des exam5s4 ,la premire *ose que je fis fut d'all] *ez le libraire pr5dre un livre1 c> je v\lais travaill]4 ,aprs mre rflexion1 je me dcidai p\r les ,poissons fossiles1 d',agassiz2 et je me mis compt] des cailles1 appr5dre p> cur des noms impossibles1 avec l'ide que cela me f]ait faire de gr&s progrs en gologie4 ,je me procurai aussi quelques ,m>ryat et quelques pa9s de c\leur af9 de f9ir un dess9 dans la gr&e manire de ,turn]1 le *teau d',amboise au c\*] du soleil1 avec la lune qui se lve l'horizon et dont le sillage lum9eux glisse s\s l'ar*e d'un pont4 ,je n'ai pas fait une dp5se inutile le j\r o j'ai a*et les ,poissons fossiles1 c> ce livre m'a p]mis de con/at]1 aprs avoir pass de longues heures l'tudi]1 qu',agassiz tait un pur imbcile d'avoir gaspill son arg5t faire dess9]1 et trs bi5 dess9]1 ces horreurs dont p]sonne ne se s\ciait de savoir les noms4 ,si j'avais p5s tir] de cette tude un pr(it quelconque1 c'et t du temps p]du2 ce fut au contraire du temps gagn que de me r5dre compte que le temps pass un travail de ce g5re tait p]du2 et que de p*] un g>don dans l',avon1 de l'accommod] au gt d',isaac ,walton1 en admettant que son fumet pt mont] jusqu'au ,p>adis des p*eurs1 et t un rsultat prfrable celui de class]1 aprs six sema9es de travail1 et de p\voir nomm]1 sans se tromp]1 t\tes les cailles rcoltes dans t\tes les b\es du monde4 ,grce ce livre1 j'ai eu la p]ception exacte des vritables rapports qui exi/5t entre les arti/es et ces messieurs de la sci5ce4 ,c> il n'tait pas d\teux p\r moi que l'homme de gnie1 dans les ,poissons fossiles1 ne ft le li?ographe1 po9t du t\t le savant1 et que le livre aurait d port] le nom de l'arti/e1 c> ces poissons sont bi5 ses poissons1 dont ,mr ,agassiz1 en s\s-ordre1 n'a fait que compt] les cailles et inv5t] les noms saugr5us4 ,la seconde *ose de quelque importance qui se soit accomplie dans le lodg+ de ,leam+ton1 c'e/ le dess9 du *teau d',amboise dont j'ai dj p>l1 dess9 excut de tte et reprs5tant le *teau environ sept c5ts pi$s au-dessus de la rivire1 alors qu'il e/ en ralit quatre-v+ts t\t au plus1 baign dans la lumire d'un c\*ant la ,turn]2 la lune se lve l'horizon1 une lune la ,turn]2 des rampes1 des escali]s de m>bre qui n'exi/5t pas desc5d5t jusqu' une rivire la ,turn]2 mais la d5telure en pi]re de la *apelle de ,sa9t-,hub]t e/ trs soigneusem5t dess9e ma manire1 que je tr\vais sans d\te suprieure celle de ,turn]4 ,ce dess91 qui devait illu/r] un pome3 ,! ,brok5 ,*a91 aprs avoir t admirablem5t grav p> ,goodall1 me fut1 a9si que les v]s1 extrmem5t salutaire en me donnant la preuve que1 s\s le rapport de l'imag9ation1 j'tais un pire sot qu',agassiz lui-mme4 ,cep5dant1 les j\rs passai5t1 de m]veilleux j\rs d'automne2 les bls tai5t mrs et une fois que j'avais laiss d]rire moi l'enclos1 le ,pump ,room et la ,p>ade1 j'tais en ple9 ,w>wick%ire1 ce ,w>wick%ire qui a t\t le *>me du paysage anglais4 ,les t\rs de ,w>wick dom9ai5t les b\quets d'arbres les plus pro*es2 je p\vais1 en me prom5ant1 all] jusqu' ,k5ilwor? ou1 dans une petite voiture attele d'un poney1 gagn] en une heure ,/rat=d2 et1 t\t al5t\r1 c'tait une admirable t5due de pays anglais avec ses coll9es et ses pla9es1 de vraies pla9es1 au trav]s desquelles les rivires c\l5t p>esseusem5t et o les canaux n'ont que faire d'cluses4 ,c'e/ au c\rs de ces paisibles prom5ades que je me mis reg>d] att5tivem5t les bluets1 les *>dons1 les passe-roses4 ,je vois dans mes notes1 au #ae septembre1 que j'tais en tra9 d'crire le ,k+ ( ! ,gold5 ,riv]1 que je lisais l',europe1 d',alison1 et la ,*imie de ,turn]4 ,ce ,k+ ( ! ,riv] me fait p5s]1 et j'en r\gis1 que je n'ai po9t encore p>l de ,dick5s1 dont la jeune gloire n'tait dj plus son aurore4 ,ds l'app>ition des ,sket*es1 mon pre et moi fmes conquis2 puis ce fur5t les livraisons de ,pickwick1 et celles de ,nickleby qui fir5t nos dlices2 n\s les att5dions avec impati5ce et1 quelles que fuss5t les proccupations du j\r1 ennuis ou *agr9s1 leur lecture n\s procurait quelques heures de plaisir sans mlange4 ,dick5s1 sans d\te1 ne n\s appr5ait ri5 qui ne n\s ft famili]1 mais quel art dans la description6 ,n\s connaissions aussi bi5 que lui les co*]s et les valets d'curie et beauc\p mieux encore le ,york%ire4 ,sa manie p\r la c>icature1 dans ses crits comme dans leurs illu/rations1 l'a plac en dehors de la sphre des auteurs de premi] ordre1 c'e/ p\rquoi il n'a pas t dans ma vie un lm5t d'ducation1 mais seulem5t de plaisir et de rcon=t4 ,le ,k+ ( ! ,gold5 ,riv] fut crit p\r amus] une petite fille2 c'e/ une assez bonne imitation la fois de ,grimm et de ,dick5s1 avec quelques impressions p]sonnelles mles des s\v5irs des ,alpes4 ,il a fait le bonheur des enfants1 des enfants sages1 et leur a t salutaire4 ,n'emp*e que la *ose n'a aucune valeur4 ,hlas6 je suis aussi incapable d'crire une hi/oire que de compos] un tableau4 ,jephson t9t p>ole2 au b\t de six sema9es il me r5dit ma lib]t1 disant--et il avait p>faitem5t raison--que ma sant tait entre mes ma9s4 ,il e/ c]ta9 que1 si j'avais cont9u mang] du gigot1 pr5dre du f]1 si j'avais appris nag] dans la m] que j'aimais1 si je m'tais consacr la gologie et la p*e des poissons vivants plutt que des fossiles1 je me s]ais probablem5t noy1 comme ,*>les1 ou que l'on m'aurait tr\v un ou deux ans plus t>d4 ,on a glaci]1 half way up to heav54 ,tak+ my f9al re/#eg4 ,que s]ait-il arriv8 ,seules les ,p>ques1 div9its my/rieuses et muettes1 p\rrai5t le dire4 ,p\r moi1 je sais seulem5t ce qui n'aurait pas d arriv]2 je sais que1 r5du la lib]t aprs avoir quitt ,leam+ton1 je n'aurais pas d me remettre mang] des pommes de t]re frites et des t>tes1 et1 au lieu d'appr5dre nag] et faire des asc5sions1 recomm5c] crire des v]s pa?tiques ni1 cette crise trs absurde de ma vie1 essay] de pe9dre des crpuscules dans la manire de ,turn]4 ,je n'tais pas assez sot p\r t*] de l'imit] en ple9 j\r1 mais je m'imag9ais que je p\rrais faire quelque *ose dans le g5re du ,*teau de ,k5ilwor? au c\*] du soleil1 avec la laitire et la lune4 ,je n'ai po9t p>l de ce que le lecteur considr]a sans d\te comme l'un des plus gr&s vnem5ts de ma vie3 ma prs5tation ,turn]1 p> ,mr ,griffilhs1 au dn] de ,norwood1 le #bb ju9 #ahdj4 ,mon j\rnal dit3 ,prs5t auj\rd'hui l'homme qui1 sans contr$it1 e/ le plus gr& homme de notre poque1 le plus gr& p> l'imag9ation1 p> la sci5ce de la mise en scne#eh1 et en mme temps un gr& pe9tre et un gr& pote3 ,j4-,m4-,w4 ,turn]4 ,on m'avait dit que l'homme tait commun1 b\rru1 mme grossi]1 pas le mo9s du monde intellectuel4 ,mais je savais que cela n'tait pas possible et1 en effet1 je me tr\vai en prs5ce d'un homme quelque peu exc5trique1 aux manires tran*antes1 le g5tleman anglais positif2 de bonne humeur c]tes1 mais aussi de mauvais c>actre1 dte/ant les prt5tions de t\te sorte1 f91 peut-tre un peu g/e1 trs intellectuel1 avec de l'esprit1 mais un esprit qui ne *]*e pas brill]1 qui se trahit p> un mot1 un reg>d4 ,portrait =t complet1 et trs exact1 si l'on songe qu'il fut crit le soir mme1 aussitt aprs cette premire entrevue4 ,p> un has>d assez s+uli]1 ,k5ilwor? fut l'une des uvres du matre que ,mr ,griffilhs tira de son portefeuille aprs dn]2 ce me fut l'occasion de dire quelques sottises1 de dcl>] entre autres que c'tait une des plus puissantes de la srie anglaise1 ce qui dut dplaire ,turn]1 c> il n'y avait ri5 qu'il et en horreur comme de voir les g5s s'exalt] sur tel ou tel dess9 p>ticuli]4 ,cela signifiait simplem5t1 p\r lui1 qu'ils ne compr5ai5t ri5 aux autres4 ,quoi qu'il en soit1 il ne daigna pas ouvrir la b\*e et la conv]sation gnrale se cont9ua comme s'il n'avait pas t l4 ,cep5dant1 il me s\haita le bonsoir avec bi5veillance1 et je ne le revis plus qu' mon ret\r de ,rome4 ,si seulem5t il m'et dem& de v5ir le voir le l5dema91 s'il m'et montr un de ses croquis au crayon1 s'il m'et laiss voir comm5t il posait une te9te6 ,il m'et p>gn dix ans de travail et ses d]nires annes n'en euss5t pas t mo9s heureuses4 ,mais que faire cela8 ,il n'y a qu' s'incl9] et dire3 ,ce n'tait po9t crit4 ,*aque me a sa bataille livr] avec la male*ance et doit dc\vrir p\r elle-mme l'invisible4 ,je revi5s ,leam+ton1 o j'essayais de pe9dre ,amboise dans le crpuscule et o je mditais sur les ,poissons fossiles et sur ,mi*el-,ange4 ,mon traitem5t t]m91 j'allai pass] quelques j\rs *ez mon anci5 pr(esseur ,walt] ,br[n1 qui tait ma9t5ant recteur de ,w5dlebury1 petit village situ dans les pla9es1 onze milles d',ox=d4 ,je dis bi5 des pla9es1 non des m>ais3 de beaux pturages salubres1 c\ps de haies avec ici et l une meule et une b>rire4 ,le village se composait d'une d\za9e de maisonnettes c\v]tes de *aume1 et du presbytre1 un btim5t c>r qui s'levait au milieu d'un j>d94 ,l'glise1 t\te pro*e1 avait pe9e quatre mtres de haut sur v+t de long2 elle se t]m9ait p> une t\r c>re surmonte d'un coq qui s]vait de gir\ette4 ,le bon ,walt] ,br[n1 aprs avoir p\s une femme excell5te1 ni belle ni jeune mais ple9e de v]tus1 tait v5u s'in/all]a ,w5dlebury p\r travaill] au salut de ses habitants2 po9t n'tait beso91 p\r cela1 de tant de sci5ce et de dons si r>es6 ,il s'tait mis p\rtant de t\t cur l'ouvrage1 b*ait lui-mme son j>d9 et pr5ait en p5sion un ou deux coli]s qu'il prp>ait aux exam5s d',ox=d4 ses mom5ts p]dus1 il tudiait l',hi/oire naturelle de l',en?\siasme2 il vcut a9si heureux et satisfait jusqu' la f9 de ses j\rs4 ,comme je le voyais trs fi] de son glise et de son coq1 je lui en fis un dess9 o je mis t\s mes so9s2 j'avais *oisi l'heure du c\*] du soleil et l'heure aussi o la lune se levait d]rire l'glise4 ,il se rcria un peu d'abord1 dcl>ant que j'avais mis le ciel l'env]s1 avec les te9tes bleues les plus fonces en bas1 de manire bi5 faire ressortir l'glise2 mais1 p\r une raison ou p\r une autre1 je comm5ais avoir de l'autorit1 et on p5sait qu'en fait de dess9 on ne p\vait pas m'en remontr]4 ,ce bon ,br[n avait la pati5ce de m'c\t] p5dant des heures pror] sur ,mi*el-,ange et expliqu] la srie des gravures du ,jugem5t ,d]ni] que j'avais rapportes de ,rome1 o les muscles tracs sur le corps rappell5t les lignes de *em9 de f] sur une c>te de gographie2 je m'en tonne auj\rd'hui1 et cela me p>at t5ir du miracle4 cette heure o je sais quelque *ose1 je ne r5contre plus de g5s aussi d\x ni aussi pati5ts4 ,mr et ,mrs ,br[n se montrr5t1 t\s g>ds1 excell5ts p\r moi2 ils semblai5t heureux de m'avoir4 ,peut-tre n'y avait-il l que de la politesse1 c> je ne vois pas trop ce que l'on p\vait tr\v] d'agrable en moi cette poque1 si ce n'e/ le dsir que j'ai t\j\rs eu de plaire1 autant que je p\vais le faire honntem5t1 et de dire ce qui p\vait faire plaisir mon int]locuteur4 ,en quittant ,w5dlebury1 je r5trai la maison p\r a*ev]1 avec l'aide de ,gordon1 la prp>ation de mon exam5 du pr9temps4 ,je tr\ve dans mon j\rnal cette note3 #af novembre #ahda1 ,h]ne ,hill4--,enf91 j'ai t]m9 mes rangem5ts2 me voil rin/all1 je me remettrai au travail dema9 mat9 avec m?ode1 mais sans excs4 ,m'in/all]1 arrang] mon intrieur a t\j\rs t p\r moi1 t\s les ges1 un trs gr& plaisir2 mais1 hlas6 je ne suis jamais arriv ma9t5ir1 p5dant plus de trois j\rs1 l'ordre obt5u avec tant de pe9e4 ,le #ag novembre1 je relve ceci3 ,p\rquoi la gele blan*e se =me-t-elle en plus l>ges cri/aux sur les n]vures des feuilles et sur les bords que sur les autres endroits1 c'e/--dire sur les autres p>ties de la feuille8 "q que j'avais cru pos] p\r la premire fois dans mon tude de #ahgi sur la glace et qui n'a po9t encore reu de rponse4 ,la note du l5dema9 mrite aussi d'tre cons]ve3 ,suis dans l'admiration de ,clem5t9a dans ,sir ,*>les ,gr&ison2 n'ai jamais ri5 lu qui m'ait fait une si pr(onde impression2 p\r le mom5t1 je suis t5t de mettre cette uvre au-dessus de t\tes les uvres de fiction que je connais4 ,c'e/ trs1 trs beau1 et il me semble que je n'ai jamais ri5 lu qui ait produit sur moi un effet plus salutaire4 ,c'e/ cette poque que je pris mes premires leons avec ,h>d+1 leons dlicieuses1 bi5 que je me r5disse compte de ce qui lui manquait4 ,mais c'tait *>mant de le voir dess9]1 et jusqu' un c]ta9 po9t1 et c]ta9s g>ds1 c'tait la p]fection4 ,il connaissait bi5 la /ructure1 la =me des arbres1 il les avait reg>ds1 vus1 et bi5 vus1 et r5dus avec s9crit et orig9alit4 ,il ne fallait pas1 p> exemple1 lui p>l] de la vieille cole holl&aise1 il l'avait en horreur2 et c'e/ lui1 je crois1 qui le premi] m'a dcl> qu'il n'y avait l que des ivrognes1 des j\eurs1 des dbau*s qui se plaisai5t aux ralits de la tav]ne plus encore qu' leur reproduction4 ,ides t\tes n\velles1 qui m'ouvrai5t des horizons et ne p\vai5t avoir sur moi qu'une trs salutaire influ5ce4 ,a9si comm5a l'anne #ahdb4 ,ses brumes mat9ales me rs]vai5t bi5 des surprises4 ,c'e/ au pr9temps de #ahdb que s'opra dans l'esprit de ,turn] une gr&e rvolution4 ,non seulem5t il tait dcid faire dsormais des aqu>elles qui lui pluss5t1 mais encore qui puss5t se v5dre4 ,il remit ,mr ,griffilhs qu9ze esquisses dont il se proposait d'excut] les aqu>elles4 ,il obt9t neuf comm&es2 p>mi ces aqu>elles1 mon pre m'avait autoris en *oisir une4 ,ensuite1 =ce de cajol]ies1 j'obt9s qu'il me p]mt d'en pr5dre deux4 ,turn] reut encore1 de t\s les co9s du monde1 des ordres p\r sept autres4 ,aux croquis l'on avait jo9t quatre aqu>elles a*eves qui s]vai5t d'*antillons et qui tai5t aussi v5dre4 ,l'un de ces dess9s1 le ,splug51 me t5tait extrmem5t4 ,j'esprais dcid] mon pre l'a*et]2 malheureusem5t il tait alors abs5t1 en voyage d'affaires4 ,je v\lus1 p> dfr5ce1 att5dre son ret\r3 lorsqu'il rev9t1 le ,splug5 tait v5du1 a9si qu'un adorable ,lac de ,luc]ne1 ,mr ,munro de ,nov>4 ,la *ose fut l'occasion p\r moi de graves rflexions4 ,dans un roman de ,miss ,edgewor?1 le pre ft rev5u po9t nomm1 et enlev le ,splug5 des ma9s hsitantes de ,mr ,munro et l'et donn au fils s\mis1 avec un autre p>-dessus le m>*4 ,je dc\vris1 aprs de longues mditations1 que les voies de ,miss ,edgewor? ne sont pas t\j\rs celles du monde ni de la ,provid5ce4 ,je m'ap]u1 et ce fut la leon que je tirai de l'av5ture1 que lorsqu'on fait une sottise on en s\ffre t\j\rs1 et qu'il importe peu1 en la faisant1 qu'on ait obi un bon s5tim5t ou un mauvais4 ,je savais1 n'en po9t d\t]1 que cette aqu>elle tait la meilleure vue de ,suisse qui et jamais t faite1 qu'il tait t\t naturel que ce ft moi qui l'eusse1 et mme qu'il tait t\t fait inopportun qu'elle app>tnt quelqu'un d'autre4 ,j'aurais d m'en assur] sur l'heure1 quitte aprs dem&] p>don bi5 t5drem5t mon pre de ma h>diesse4 ,il se s]ait f* peut-tre au premi] mom5t1 il et t surpris1 pe91 mais il ne m'et pas mo9s aim p\r cela2 en f9 de compte1 il et reconnu que j'avais raison et et t en*ant4 ,quant moi1 j'aurais t gn p5dant quelques j\rs1 mais j'aurais r$\bl de t5dresse vis--vis de mon pre1 me s5tant des torts env]s lui2 et1 la *ose tant bonne en soi1 j'aurais f9i p> tre heureux1 et mme cont5t de moi4 ,au contraire1 le ,splug5 fut a9si de "p et d'autre1 p5dant des annes1 une cause de *agr91 une p9e d\l\reuse1 mon pre essayant t\j\rs de le rattrap]1 ,mr ,munro1 s\t5u p> les m>*&s1 faisant mont] le tableau de quatre-v+ts quatre c5ts gu9es1 jusqu' ce qu'excds1 n\s y r5onmes aprs avoir puis de "p et d'autre les meilleurs s5tim5ts4 ,mais1 me dira-t-on1 e/-ce a9si que v\s obs]vez le ,tu ne dsir]as pas1 etc48 ,*] lecteur1 si v\s v\lez absolum5t tr\v] une rponse cette "q1 consultez mes ouvrages philosophiques4 ,ici1 il n'y a place que p\r des faits4 ,la loi e/ =melle3 si v\s faites une sottise v\s en s\ffrirez1 quel qu'ait pu tre votre mobile4 ,non que je prt5de que le mobile1 en soi1 ne puisse tre puni ou rcomp5s selon son mrite4 ,en t\t cas1 cette hi/oire ne n\s procura qu'ennuis et *agr9s4 ,j'essayais cep5dant de support] avec c\rage ma dconv5ue et de j\ir des esquisses1 en att5dant les aqu>elles4 ,=t heureusem5t1 elles me f\rnissai5t plus de sujets de rflexion encore que ma msav5ture4 ,je vis que c'tait des impressions directes de nature1 sans ri5 d'artificiel1 comme dans les tableaux de ,c>?age et de ,rome4 ,et je comm5ai me dem&] si dans l'art de ,turn] il n'y avait pas plus de vrit encore que je n'en voyais4 ,j'tais1 cette poque1 trs av]ti dj1 j'avais tudi ses pr9cipes de composition1 mais il me semblait que1 dans ses d]ni]s tableaux1 la nature elle-mme tait de conniv5ce1 qu'elle les composait avec lui4 ,comme j'tais plong dans ces rflexions1 un j\r que je me prom5ais sur la r\te de ,norwood1 j'ap]u une petite tige de li]re qui s'enr\lait aut\r d'une bran*e d'p9e et qui1 si dispos la critique que je fusse1 ne me semblait pas mal compose4 ,je me mis sur l'heure la dess9] au crayon1 sur mon bloc de papi] gris1 j'en fis une tude aussi m9utieuse1 aussi s]re que s'il se ft agi d'un morceau de sculpture et1 plus j'y travaillais1 plus ce travail me passionnait4 ,la *ose t]m9e1 je compris que j'avais absolum5t p]du mon temps depuis l'ge de d\ze ans1 puisque p]sonne ne m'avait dit de dess9] les *oses comme elles sont--le temps1 veux-je dire1 que j'avais consacr au dess94 ,sans d\te1 j'avais des s\v5irs de tels ou tels endroits1 mais je n'avais su voir la beaut de ri51 pas mme la beaut d'une pi]re1 encore mo9s celle d'une feuille6 ,cette dc\v]te ne m'abattit ni me m'exalta comme elle et d le faire1 mais elle mit un t]me aux j\rs *rysalidiques4 p>tir de ce mom5t1 mes progrs1 bi5 que l5ts1 fur5t rguli]s4 ,ceci avait d se pass] en mai2 une qu9za9e de j\rs plus t>d1 je dus subir mon exam51 mais je n'en tr\ve aucune trace dans mon j\rnal4 ,il s'agissait de mon d]ni] exam5 de baccalaurat#ei1 mais j'tais si peu =t en lat9 qu'il y avait de gr&es *ances p\r que je fusse refus6 ,mes exam9ateurs1 t\tefois1 se montrr5t indulg5ts2 les preuves en ?ologie1 en philosophie1 en ma?matiques ayant obt5u plus que la moy5ne1 je fus gratifi d'un d\ble f\r? de faveur4 ,une fois sr du succs1 je m'en allai faire une bonne c\rse dans les *amps1 au nord de ,new ,college 7ces prairies ont t depuis englobes dans les ,p>ks72 j'tais t\t heureux de me s5tir libre1 sans trop savoir que faire de ma lib]t4 ,me voil donc1 v+t-deux ans1 nanti de telles et telles facults1 t\tes de second ordre1 sauf la facult d'analyse qui tait encore1 comme le re/e1 l'tat embryonnaire *ez moi1 et que j'tais incapable d'valu]2 des gts auxquels je m'tais ab&onn jusqu'ici1 non sans remords2 un s5tim5t vague de ce que je me devais moi-mme1 de ce que je devais mes p>5ts1 et un s5tim5t de j\r en j\r plus vague d'une ,loi t]nelle4 ,que f]ais-je8 ,que devi5drais-je8 ,mon pre1 dans sa bont1 tait dispos me laiss] agir ma guise2 j'tais sr de t\j\rs tr\v]1 la maison1 la vie la plus con=table1 ou si je v\lais voyag]1 t\t l'arg5t ncessaire4 ,mais je n'tais pas dp\rvu de cur au po9t de dsir] m'en all] seul1 et peut-tre s]ait-il ju/e de m'accord] quelque mrite--oh6 trs lg]--p\r n'avoir jamais srieusem5t p5s quitt] mon pre et ma mre af9 de c\rir le monde2 il e/ vrai de dire que1 si la cra9te de leur faire de la pe9e dom9ait t\tes mes p5ses1 je n'avais pas le mo9dre gt p\r les av5tures4 ,j'aimais le con=t et l'ordre1 j'aurais eu pe9e me pass]1 quatre heures1 d'un dn] en trois s]vices1 et1 bi5 que je ne fusse pas plus l*e qu'un autre lorsque l'accid5t se produisait1 j'avais l'horreur de l'inquitude1 du s5tim5t du dang]1 en tant qu'lm5t habituel4 ,l',inde ne me t5tait pas cause des tigres1 la ,russie cause des ours1 le ,pr\ cause des tremblem5ts de t]re2 enf9 si ma t5dresse p\r mes p>5ts n'tait ni aussi *aleureuse1 ni aussi reconnaissante qu'elle aurait d l'tre1 de mme qu'ils ne p\vai5t se pass] de moi je ne me s5tais jamais t\t fait mon aise sans eux4 ,aussi1 p\r le mom5t1 n\s cont5tions-n\s de faire des projets4 ,n\s pass]ions l't en ,suisse1 mais sans voyag]2 n\s n\s in/all]ions ,*amonix af9 que j'eusse le bnfice de l'air des montagnes et l'occasion depuis longtemps rve d'tudi] les ro*]s du ,mont-,blanc au po9t de vue gologique4 ,ma mre aidait ,*amonix presque autant que moi1 mais il fallait f\te l'abngation de mon pre p\r s\scrire ce projet1 c> il avait l'horreur de la neige et des *ambres cloisons de bois4 ,t\tefois1 comme il n'hsitait jamais me sacrifi] ses propres prfr5ces1 il me laissa rgl] l'it9raire1 fix] les arrts ,r\51 ,*>tres1 ,fonta9ebleau1 ,aux]re4 ,un ou deux croquis au crayon accus5t d'abord *ez moi l9 c]ta9 tr\ble2 il semble bi5 que je n'avais plus confiance dans ma premire manire2 ce sont des ef=ts v]s plus de lumire et d'ombre1 mais sans gr&e porte4 ,le pays si plat entre ,*>tres et ,fonta9ebleau1 avec la p5se dprimante qu'il y avait ,p>is1 l1 au ,nord1 m'irritait2 j'tais d'une humeur massacrante1 presque malade1 en arrivant ,fonta9ebleau4 ,je passai une nuit agite et1 le l5dema9 mat91 je me s5tais si mal en tra9 qu'il et t imprud5t de cont9u] le voyage4 ,j'tais conva9cu que je c\vais une maladie1 une vraie4 ,cep5dant1 v]s midi1 les g5s de l'aub]ge m'apportr5t un pani] de fraises des bois2 elles tai5t si fra*es qu'elles me fir5t un bi5 inf9i4 ,je me levai et1 mettant mon album dans ma po*e1 je sortis les jambes encore un peu *ancelantes4 ,je gagnai en me tranant un *em9 *>reti] bord de jeunes arbres1 o il n'y avait ri5 voir que le bleu du ciel trav]s les ramures f9es des bran*es1 et je m't5dis sur le talus de la r\te p\r essay] de dormir4 ,mais le sommeil ne v9t pas et les bran*es des jeunes arbres1 qui se dta*ai5t sur le ciel bleu1 comm5cr5t m'intress]2 elles se pr(ilai5t immobiles et me rappelai5t les tiges des arbres de ,jess dans les vitraux4 ,peu peu1 mon malaise se dissipa1 et j'eus le s5tim5t que l'heure de ma mort n'avait po9t encore sonn1 qu'on ne m'ent]r]ait pas dans les sables de la =t4 ,je me r$ressai et me mis dess9] trs soigneusem5t un jeune tremble qui me faisait vis--vis4 ,comm5t je m'tais f\rvoy dans ce *em9 sans horizon1 lorsqu'il y avait aux al5t\rs de beaux ro*]s1 les ,p>ques seules p\rrai5t le dire4 ,le fait e/ que je n'ai jamais eu la *ance1 tant ,fonta9ebleau1 de voir aucune des m]veilles vantes p> les arti/es franais1 m]veilles qui ont tr\bl l'esprit du pauvre ,evelyn1 autant que l'horrible ,alpe1 de ,clifton3 #g m>s 7#ahdd74--;,je me mets en r\te1 avec quelques compagnons1 p\r ,fonta9ebleau1 un somptueux palais royal1 comme p\rrait tre *ez n\s ,hampton ,c\rt4 ,p\r y arriv]1 il faut trav]s] une =t prodigieusem5t encombre de ro*]s hideux1 des ro*]s d'une pi]re blan*e et dure1 entasss les uns sur les autres des hauteurs prodigieuses et telles que je ne crois pas qu'on puisse voir ailleurs ri5 d'aussi affreux et d'aussi solitaire4 ,au sommet de l'un de ces lugubres prcipices1 au milieu d'arbres1 de br\ssailles1 et de hauts ro*]s qui surplomb5t et m5ac5t *aque in/ant de r\l] dans l'abme1 s'lve un ermitage4 ,ce passage me p>at p>faitem5t c>actri/ique de la disposition du pur esprit anglais l'g>d des ro*]s4 ,un ,anglais ne dem&e un ro*] que d'tre assez gr& p\r lui donn] l'impression du dang]2 il faut qu'il puisse se dire3 ,s'il se dta*ait1 je s]ais cras net4 ,la gloriole mod]ne qui consi/e les escalad] e/ sans d\te accompagne quelquefois du dsir de faire progress] la sci5ce gographique ou autre et il e/ c]ta9 que la jeunesse tr\ve un vrai plaisir grimp] et djeun] sur l'h]be toile de primevres1 mais elle semble p>faitem5t satisfaite du mom5t que le pique-nique e/ russi et qu'on peut boire le *ampagne dont on a l'habitude4 ,les hideux ro*]s de ,fonta9ebleau n'ont1 j'ai le regret de le dire1 jamais t assez hideux p\r me plaire4 ,ils me faisai5t l'effet de ne pas tre trop gr&s p\r tre emballs et emports comme *antillons m9ralogiques en admettant qu'ils valuss5t les frais du transport2 de plus1 mon av]sion de sauvage p\r les palais et les alles bi5 sables tait telle que je n'eus jamais le cur de *]*] la fonta9e1 la fameuse fonta9e1 l'me de l'endroit4 ,et ce j\r-l je ne vis ni ro*]s1 ni palais1 ni fonta9e1 je re/ai t5du sur le talus d'un petit *em9 creux1 sans autre p]spective qu'un jeune tremble qui s'enlevait sur le ciel bleu4 ,et languissamm5t1 mais non p>esseusem5t1 je me suis mis le dess9]1 et mesure que je dess9ais1 ma langueur se dissipait3 les belles lignes pures v\lai5t tre traces sans faiblesse4 ,elles dev5ai5t t\j\rs plus belles1 mesure que1 l'une aprs l'autre1 elles se dta*ai5t de l'ensemble et pr5ai5t place dans l'air4 ,avec un tonnem5t qui allait t\j\rs gr&issant1 je m'ap]cevais qu'elles se composai5t d'elles-mmes1 qu'elles obissai5t des lois plus dlicates qu'aucune de celles qui sont connues des hommes4 ,enf91 je vis le jeune arbre se dress] devant moi1 vivant1 mais t\tes mes ?ories antrieures sur les arbres tai5t mortes4 ,le li]re de ,norwood ne m'avait pas humili ce po9t2 j'avais t\j\rs eu l'impression que le li]re tait fait p\r tre dcoratif1 et m'tais att5du ce qu'il j\t g5tim5t son rle l'occasion4 ,mais que t\s les arbres de la =t--c> je s5tais clairem5t que mon jeune tremble n'tait qu'une unit au milieu d'une f\le innombrable--fuss5t plus beaux que les plus f9s rseaux go?iques1 que les dcors des vases grecs1 que les plus m]veilleuses brod]ies de l',ori5t1 que les plus admirables pe9tures des plus gr&s matres de l',occid5t1 c'tait la f9 de t\t ce que j'avais p5s jusque-l4 ,j'entrevoyais un monde n\veau1 le monde silve/re4 ,et non pas silve/re seulem5t4 ,les =ts1 que je n'avais considres jusqu'ici que comme des solitudes sauvages1 obissai5t dans leur beaut1 je le voyais ma9t5ant1 aux mmes lois1 ces lois qui dirigeai5t les nuages1 di/ribuai5t la lumire1 et balanai5t les vagues4 ,il a fait t\te *ose belle en son temps#fj4 ,de ce j\r1 je vis l l'explication du li5 my/rieux qui unit l'esprit huma9 t\tes les *oses visibles1 et je r5trai1 suivant en s5s inv]se la petite r\te s\s bois1 avec le s5tim5t qu'elle m'avait m5 lo92 plus lo9 que l'imag9ation ne m'avait jamais entran1 bi5 au del de ce qu'on peut mesur] avec un ?odolite4 ma gr&e surprise et mon trs gr& regret1 je ne tr\ve ri5 dans mon j\rnal qui se rapporte aux impressions ou aux dc\v]tes de cette anne4 ,elles tai5t trop nombreuses1 trop ahurissantes p\r p\voir tre =mules1 encore mo9s crites4 ,c'e/ pe9e si j'ai dess92 les *oses1 telles que je les voyais ma9t5ant1 me p>aissai5t impossibles r5dre2 je me remis cep5dant la botanique et le mois que je v\lais consacr] tudi] les ro*]s de ,*amonix se passa presque t\t enti] me dem&] ce que j'allais taire1 ce que je p\vais faire1 et o4 ,le has>d avait v\lu qu'on m'et dvolu p\r guide un brave g>on trs ord9aire1 ,mi*el ,dev\ass\d1 qui connaissait les endroits les plus frqu5ts p> les t\ri/es1 mais voil t\t4 ,je fis des asc5sions1 je humai le bon air1 et j'voquai n\veau mes p5ses de ,fonta9ebleau au bord de s\rces plus d\ces4 ,le passage cit plus haut1 du ii dcembre1 le seul o il soit "q de ce voyage1 me semble p>ticulirem5t intressant2 il montre que l'inspiration qui a donn une =me ces p5ses n\velles dans ,mod]n ,pa9t]s m'e/ v5ue p5dant que j'accomplissais le seul devoir dsagrable auquel je fusse fidle3 all] l'glise6--et cela deux annes de suite1 ,g5ve1 qui e/ bi5 en vrit ma mre patrie4 ,n\s r5trmes en ,anglet]re1 en #ahdb1 p> le ,rh9 et les ,fl&res2 c'e/ ,cologne et ,sa9t-,qu5t9 que je fis les d]ni]s dess9s excuts dans ma vieille manire4 ,celui de la ,gr&e ,place de ,cologne1 que j'ai donn ,osborne ,gordon1 e/ peut-tre encore *ez sa sur1 ,mrs ,prit*>d4 ,le ,sa9t-,qu5t9 a disp>u4 ,quelle joie1 au ret\r1 de n\s retr\v] ,h]ne ,hill et d'accro*] dans la petite salle mang] les adorables aqu>elles que ,turn] avait faites p\r moi3 ,ehr5bret/e9 et ,luc]ne4 ,hlas6 les beaux j\rs de ,h]ne ,hill1 et bi5 des joies avec eux1 tai5t t]m9s4 ,peut-tre ma mre avait-elle p>fois-- ,hampton ,c\rt1 ,*atswor? ou ,isola ,bella--p]mis son me paisible de rv] d'un plus gr& j>d94 ,de temps autre quelque cam>ade d',ox=d gl& d'or v5ait de ,cav5di% ou de ,grosv5or ,squ>e p\r me voir2 dans ces cas-l1 n\s n'avions lui (frir1 p\r s'y lav] les ma9s1 que la petite pice du fond1 en face de la nurs]y4 ,les affaires prosprant1 mon pre lui-mme v9t p5s] que cela f]ait bon effet1 sur les cli5ts de la campagne1 si on leur (frait leur %]ry dans une pice o ils euss5t la place d't5dre leurs jambes4 ,et ma9t5ant que j'tais majeur1 ba*eli] des arts d',ox=d1 etc41 n'avais-je pas beso91 moi aussi1 d'une in/allation plus importante8 ,eh bi56 non1 mon *] lecteur1 la maison me satisfaisait ple9em5t telle qu'elle tait2 mais depuis ma plus t5dre enfance1 ds le j\r o j'avais su me s]vir d'une b*e1 j'avais rv de creus] un canal1 et d'y tablir des cluses comme ,h>ry1 dans ,h>ry et ,lucy4 ,or1 dans la prairie1 d]rire la maison de ,d5m>k ,hill--heure de faiblesse1 heure de t5tation--je voyais la possibilit de creus] un canal avec autant d'cluses que l'on v\drait dans la direction de ,dulwi*4 voquant t\s ces vieux s\v5irs1 je con/ate avec surprise quel po9t j'tais enfant1 extraord9airem5t enfant2 je m'amusais d'un ri54 ,et en mme temps1 c]ta9s g>ds1 je voyais plus lo9 que t\s les rois de ,naples et t\s les c>d9aux de ,rome4 ,nanmo9s1 n\s hsitmes longtemps1 pesant le p\r et le contre1 discutant les avantages et les inconvni5ts de ,d5m>k ,hill4 ,ma mre1 trs sagem5t et un peu tri/em5t1 disait que cela v5ait bi5 t>d p\r elle4 son ge1 p\rrait-elle s'occup] d'un gr& j>d98 ,et mon pre1 qui s5tait qu' ct de trs bonnes raisons il y avait une "q d'am\r-propre1 tait presque aussi tr\bl que lorsqu'il s'tait agi d'a*et] son premi] ,copley ,field+4 ,enf91 le bail de la plus gr&e maison fut sign et *acun de s'cri] que n\s avions eu bi5 raison2 ma mre j\issait vraim5t de rang] ses pots de fleurs sur les grad9s de la s]re1 et la vue des f5tres de la salle mang]1 sur de belles prairies v]doyantes1 tait adorable4 ,n\s a*etmes trois va*es2 n\s crmions notre lait et faisions notre beurre4 ,il y avait aussi une curie et une c\r de f]me avec une gr&e meule de fo9 et une table porcs2 et une loge1 si bi5 que le conci]ge p\vait arrt] les indiscrets avant qu'ils ne v9ss5t sonn] la porte4 ,hlas6 en dpit de t\tes ces raisons d'tre heureux1 n\s ne le fmes jamais autant qu' ,h]ne ,hill1 n\s ne n\s s5tmes plus jamais at home4 ,*ampagnole1 au contraire1 comme ,*amonix1 l'htel de la ,clo*e ,dijon1 l'htel du ,cygne ,luc]ne1 n\s tions *ez n\s4 ,c'tait encore un peu de notre vie d'autrefois4 ,bi5 que n\s ayons connu de belles annes dans la maison de ,d5m>k ,hill1 notre n\velle manire de vivre ne n\s plaisait pas autant que l'anci5ne3 les p*es que l'on rcoltait ple9s pani]s n'avai5t pas la mme saveur que les d\ze ou v+t p*es du vieux j>d92 et t\tes les pommes du gr& v]g] ne valai5t pas les quelques pommes de ,sibrie de ,h]ne ,hill4 ,et aprs t\t1 je n'ai pas creus mon canal6 ,l'ide d',h>ry1 con/ruisant des cluses lui t\t seul1 m'avait t\j\rs sembl trop gr&iose1 inimitable1 s9on incroyable2 de plus je n'avais jamais1 jusqu'au j\r o ce fut ncessaire1 essay de calcul] le dbit de l'eau4 ,les j>d9i]s rclamai5t p\r la s]re t\t le cont5u des rs]voirs4 ,je vis que t\t ce que je p\rrais obt5ir1 ce s]ait un foss sans eau1 incommode p\r les va*es1 et j'y r5onai1 mais l'ide sductrice cont9ua de hant] mon c]veau et1 v+t ans plus t>d1 je fis in/all] quelques jets d'eau l'in/> de ,fonta9ebleau4 ,l'anne suivante1 il ne fut pas "q de voyag]2 n\s n\s cont5tmes d'arp5t] en t\s s5s les alles de nos n\veaux j>d9s4 ,et puis1 p5dant l'hiv]1 je fus occup du premi] volume des ,mod]n ,po9t]s et p5dant l't1 je dus plusieurs reprises all] ,ox=d3 a9si le v\lait le rglem5t4 ,ri5 dans mon j\rnal de cette poque ne mrite d'tre relev1 si ce n'e/ un c\rt passage sur le vitrail de l'glise de ,camb]well1 qui se rapporte des *oses qui se sont passes beauc\p plus t>d4 ,le premi] volume des ,mod]n ,po9t]s a d p>atre le j\r de la fte de mon pre2 le succs en fut assur ds la f9 de l'anne1 et le #a;er janvi] #ahdd1 mon pre1 comme cadeau de j\r de l'an1 m'(frit le ,slav]4 ,il n'hsitait plus ma9t5ant1 il savait ce qui me f]ait plaisir4 ,je l'accro*ai au pi$ de mon lit ds le l5dema91 comme mon propre ,lo* ,a*ray d'autrefois4 ,le plaisir que donne son auteur une premire uvre1 un premi] tableau1 *acun peut le dev9]2 mais les joies que me procurait un n\veau ,turn]1 p]sonne ne saurait les imag9]1 et je r5once les dcrire4 ,p\r a*ev] mon second volume 7qui n'tait nullem5t de/9 tre ce qu'il e/ dev5u71 j'avais beso9 de ret\rn] ,*amonix4 ,ce voyage devait tre exclusivem5t un voyage de montagnes--dans les ,alpes c5trales--et le ,i] ju9 #ahdd n\s n\s tr\vions une fois de plus1 et avec quelle joie1 sur les bords du lac ,lman4 ,la jeunesse de ,rusk9 e/ f9ie4 ,vi5dront ensuite les j\rnes de son adolesc5ce1 o sa p5se cont9u]a de se dvelopp]1 o se prcis]ont ses ?ories d'e/htique1 et puis ce s]a la vie4 ,mais1 t\t entire1 cette vie se ress5tira de la =mation de sa s5sibilit et de son intellig5ce dans la petite maison de ,h]ne ,hill1 s\s les am&i]s en fleurs du j>d91 ou dans la b]l9e qui le mne v]s les ,alpes1 ,rome1 ,v5ise1 le ,campo ,santo444 ,les annes de jeunesse sont celles qui contribu5t p\r la plus l>ge "p la =mation du tempram5t et du c>actre1 et ce rcit t\t imprgn de fra*eur1 d'veil passionn la vie1 n\s fait compr5dre le matre de ,brantwood mieux que ses livres les plus rputs4 ,contra/e frappant3 c'e/ t\t *>g d'annes que ,rusk9 crivit ces ,prt]ita qui se p\rsuiv5t p> le rcit de son exi/5ce jusqu'aprs la mort de son pre4 ,et lorsque la plume lui tomba des ma9s1 en #aijj1 laissant ina*ev ce docum5t prcieux p\r t\s ceux qui ont s5ti et compris le *>me de cet esprit la fois si +nieux1 si va/e et si orig9al1 ,rusk9 tait bi5 prs de f]m] les yeux aux spl5deurs des arts et de la nature qu'il avait tant aims4 ,note #eg3 ,sur un glaci]1 mi-*em9 du ciel1 ,dormant mon d]ni] sommeil4 ,note #eh3 ,v\lant dire p> l1 je suppose1 le s5tim5t de ce qui p\vait le mieux faire tableau4 ,note #ei3 ,on peut tre simplem5t reu son exam5 de baccalaurat ou en sortir avec des hon\rs dont il y a plusieurs classes4 7,note du traducteur47 ,note #fj3 ,ecclsia/e1 ,,iii4 #aa4