,,john ,,ruskin ,s,,same ,,et ,,les ,,lys ,,des ,,tr,,sors ,,des ,,rois ,,des ,,jardins ,,des ,,reines ,,traduction1 ,,notes ,,et ,,pr,,face ,,par ,,marcel ,,proust ,,paris ,,soci,t ,,du ,,mercure ,,de ,,france ,,xxvi1 ,,rue ,,de ,,cond1 ,,xxvi ,,mcmvi ,,table ,,pr,,face ,,du ,,traducteur ,sur la lecture ,s,,same ,,et ,,les ,,lys ,i4 ,s,,same ,des ,trsors des ,rois ,,ii4 ,,les ,,lys ,des ,jardins des ,reines ,,pr,,face ,,du ,,traducteur#a ,,sur ,,la ,,lecture ,madame la ,princesse ,alexandre de ,caraman-,chimay1 dont les ,notes sur ,florence auraient fait les dlices de ,ruskin1 je ddie respectueusement1 comme un hommage de ma profonde admiration pour elle1 ces pages que j'ai recueillies parce qu'elles lui ont plu4 ,m4 ,p4 ,il n'y a peut-tre pas de jours de notre enfance que nous ayons si pleinement vcus que ceux que nous avons cru laisser sans les vivre1 ceux que nous avons passs avec un livre prfr4 ,tout ce qui1 semblait-il1 les remplissait pour les autres1 et que nous cartions comme un obstacle vulgaire un plaisir divin3 le jeu pour lequel un ami venait nous chercher au passage le plus intressant1 l'abeille ou le rayon de soleil gnants qui nous foraient lever les yeux de la page ou changer de place1 les provisions de goter qu'on nous avait fait emporter et que nous laissions ct de nous sur le banc1 sans y toucher1 tandis que1 au-dessus de notre tte1 le soleil diminuait de force dans le ciel bleu1 le dner pour lequel il avait fallu rentrer et pendant lequel nous ne pensions qu' monter finir1 tout de suite aprs1 le chapitre interrompu1 tout cela1 dont la lecture aurait d nous empcher de percevoir autre chose que l'importunit1 elle en gravait au contraire en nous un souvenir tellement doux 7tellement plus prcieux notre jugement actuel que ce que nous lisions alors avec amour7 que1 s'il nous arrive encore aujourd'hui de feuilleter ces livres d'autrefois1 ce n'est plus que comme les seuls calendriers que nous ayons gards des jours enfuis1 et avec l'espoir de voir reflts sur leurs pages les demeures et les tangs qui n'existent plus4 ,qui ne se souvient comme moi de ces lectures faites au temps des vacances1 qu'on allait cacher successivement dans toutes celles des heures du jour qui taient assez paisibles et assez inviolables pour pouvoir leur donner asile4 ,le matin1 en rentrant du parc1 quand tout le monde tait parti faire une promenade1 je me glissais dans la salle manger1 o1 jusqu' l'heure encore lointaine du djeuner1 personne n'entrerait que la vieille ,flicie relativement silencieuse1 et o je n'aurais pour compagnons1 trs respectueux de la lecture1 que les assiettes peintes accroches au mur1 le calendrier dont la feuille de la veille avait t frachement arrache1 la pendule et le feu qui parlent sans demander qu'on leur rponde et dont les doux propos vides de sens ne viennent pas1 comme les paroles des hommes1 en substituer un diffrent celui des mots que vous lisez4 ,je m'installais sur une chaise1 prs du petit feu de bois1 dont1 pendant le djeuner1 l'oncle matinal et jardinier dirait3 ,il ne fait pas de mal6 ,on supporte trs bien un peu de feu2 je vous assure qu' six heures il faisait joliment froid dans le potager4 ,et dire que c'est dans huit jours ,pques6 ,avant le djeuner qui1 hlas6 mettrait fin la lecture1 on avait encore deux grandes heures4 ,de temps en temps1 on entendait le bruit de la pompe d'o l'eau allait dcouler et qui vous faisait lever les yeux vers elle et la regarder travers la fentre ferme1 l1 tout prs1 dans l'unique alle du jardinet qui bordait de briques et de faences en demi-lunes ses plates-bandes de penses3 des penses cueillies1 semblait-il1 dans ces ciels trop beaux1 ces ciels versicolores et comme reflts des vitraux de l'glise qu'on voyait parfois entre les toits du village1 ciels tristes qui apparaissaient avant les orages1 ou aprs1 trop tard1 quand la journe allait finir4 ,malheureusement la cuisinire venait longtemps d'avance mettre le couvert2 si encore elle l'avait mis sans parler6 ,mais elle croyait devoir dire3 ,vous n'tes pas bien comme cela2 si je vous approchais une table8 ,et rien que pour rpondre3 ,non1 merci bien1 il fallait arrter net et ramener de loin sa voix qui1 en dedans des lvres1 rptait sans bruit1 en courant1 tous les mots que les yeux avaient lus2 il fallait l'arrter1 la faire sortir1 et1 pour dire convenablement3 ,non1 merci bien1 lui donner une apparence de vie ordinaire1 une intonation de rponse1 qu'elle avait perdues4 ,l'heure passait2 souvent1 longtemps avant le djeuner1 commenaient arriver dans la salle manger ceux qui1 tant fatigus1 avaient abrg la promenade1 avaient pris par ,msglise1 ou ceux qui n'taient pas sortis ce matin-l1 ayant crire4 ,ils disaient bien3 ,je ne veux pas te dranger1 mais commenaient aussitt s'approcher du feu1 consulter l'heure1 dclarer que le djeuner ne serait pas mal accueilli4 ,on entourait d'une particulire dfrence celui ou celle qui tait reste crire et on lui disait3 ,vous avez fait votre petite correspondance avec un sourire o il y avait du respect1 du mystre1 de la paillardise et des mnagements1 comme si cette petite correspondance avait t la fois un secret d'tat1 une prrogative1 une bonne fortune et une indisposition4 ,quelques-uns1 sans plus attendre1 s'asseyaient d'avance table1 leurs places4 ,cela1 c'tait la dsolation1 car ce serait d'un mauvais exemple pour les autres arrivants1 allait faire croire qu'il tait dj midi1 et prononcer trop tt mes parents la parole fatale3 ,allons1 ferme ton livre1 on va djeuner4 ,tout tait prt1 le couvert entirement mis sur la nappe o manquait seulement ce qu'on n'apportait qu' la fin du repas1 l'appareil en verre o l'oncle horticulteur et cuisinier faisait lui-mme le caf table1 tubulaire et compliqu comme un instrument de physique qui aurait senti bon et o c'tait si agrable de voir monter dans la cloche de verre l'bullition soudaine qui laissait ensuite aux parois embues une cendre odorante et brune2 et aussi la crme et les fraises que le mme oncle mlait1 dans des proportions toujours identiques1 s'arrtant juste au rose qu'il fallait avec l'exprience d'un coloriste et la divination d'un gourmand4 ,que le djeuner me paraissait long6 ,ma grand'tante ne faisait que goter aux plats pour donner son avis avec une douceur qui supportait1 mais n'admettait pas la contradiction4 ,pour un roman1 pour des vers1 choses o elle se connaissait trs bien1 elle s'en remettait toujours1 avec une humilit de femme1 l'avis de plus comptents4 ,elle pensait que c'tait l le domaine flottant du caprice o le got d'un seul ne peut pas fixer la vrit4 ,mais sur les choses dont les rgles et les principes lui avaient t enseigns par sa mre1 sur la manire de faire certains plats1 de jouer les sonates de ,beethoven et de recevoir avec amabilit1 elle tait certaine d'avoir une ide juste de la perfection et de discerner si les autres s'en rapprochaient plus ou moins4 ,pour les trois choses1 d'ailleurs1 la perfection tait presque la mme3 c'tait une sorte de simplicit dans les moyens1 de sobrit et de charme4 ,elle repoussait avec horreur qu'on mt des pices dans les plats qui n'en exigent pas absolument1 qu'on jout avec affectation et abus de pdales1 qu'en recevant on sortt d'un naturel parfait et parlt de soi avec exagration4 ,ds la premire bouche1 aux premires notes1 sur un simple billet1 elle avait la prtention de savoir si elle avait affaire une bonne cuisinire1 un vrai musicien1 une femme bien leve4 ,elle peut avoir beaucoup plus de doigts que moi1 mais elle manque de got en jouant avec tant d'emphase cet andante si simple4 ,ce peut tre une femme trs brillante et remplie de qualits1 mais c'est un manque de tact de parler de soi en cette circonstance4 ,ce peut tre une cuisinire trs savante1 mais elle ne sait pas faire le bifteck aux pommes4 ,le bifteck aux pommes6 morceau de concours idal1 difficile par sa simplicit mme1 sorte de ,sonate pathtique de la cuisine1 quivalent gastronomique de ce qu'est dans la vie sociale la visite de la dame qui vient vous demander des renseignements sur un domestique et qui1 dans un acte si simple1 peut tel point faire preuve1 ou manquer1 de tact et d'ducation4 ,mon grand-pre avait tant d'amour-propre qu'il aurait voulu que tous les plats fussent russis et s'y connaissait trop peu en cuisine pour jamais savoir quand ils taient manqus4 ,il voulait bien admettre qu'ils le fussent parfois1 trs rarement d'ailleurs1 mais seulement par un pur effet du hasard4 ,les critiques toujours motives de ma grand'tante impliquant au contraire que la cuisinire n'avait pas su faire tel plat1 ne pouvaient manquer de paratre particulirement intolrables mon grand-pre4 ,souvent1 pour viter des discussions avec lui1 ma grand'tante1 aprs avoir got du bout des lvres1 ne donnait pas son avis1 ce qui1 d'ailleurs1 nous faisait connatre immdiatement qu'il tait dfavorable4 ,elle se taisait1 mais nous lisions dans ses yeux doux une dsapprobation inbranlable et rflchie qui avait le don de mettre mon grand-pre en fureur4 ,il la priait ironiquement de donner son avis1 s'impatientait de son silence1 la pressait de questions1 s'emportait1 mais on sentait qu'on l'aurait conduite au martyre plutt que de lui faire confesser la croyance de mon grand-pre3 que l'entremets n'tait pas trop sucr4 ,aprs le djeuner1 ma lecture reprenait tout de suite2 surtout si la journe tait un peu chaude1 chacun montait se retirer dans sa chambre1 ce qui me permettait1 par le petit escalier aux marches rapproches1 de gagner tout de suite la mienne1 l'unique tage si bas que des fentres enjambes on n'aurait eu qu'un saut d'enfant faire pour se trouver dans la rue4 ,j'allais fermer ma fentre1 sans avoir pu esquiver le salut de l'armurier d'en face1 qui1 sous prtexte de baisser ses auvents1 venait tous les jours aprs djeuner fumer sa pipe devant sa porte et dire bonjour aux passants1 qui1 parfois1 s'arrtaient causer4 ,les thories de ,william ,morris1 qui ont t si constamment appliques par ,maple et les dcorateurs anglais1 dictent qu'une chambre n'est belle qu' la condition de contenir seulement des choses qui nous soient utiles et que toute chose utile1 ft-ce un simple clou1 soit non pas dissimule1 mais apparente4 ,au-dessus du lit tringles de cuivre et entirement dcouvert1 aux murs nus de ces chambres hyginiques1 quelques reproductions de chefs-d'uvre4 la juger d'aprs les principes de cette esthtique1 ma chambre n'tait nullement belle1 car elle tait pleine de choses qui ne pouvaient servir rien et qui dissimulaient pudiquement1 jusqu' en rendre l'usage extrmement difficile1 celles qui servaient quelque chose4 ,mais c'est justement de ces choses qui n'taient pas l pour ma commodit1 mais semblaient y tre venues pour leur plaisir1 que ma chambre tirait pour moi sa beaut4 ,ces hautes courtines blanches qui drobaient aux regards le lit plac comme au fond d'un sanctuaire2 la jonche de couvre-pieds en marceline1 de courtes-pointes fleurs1 de couvre-lits brods1 de taies d'oreillers en batiste1 sous laquelle il disparaissait le jour1 comme un autel au mois de ,marie sous les festons et les fleurs1 et que1 le soir1 pour pouvoir me coucher1 j'allais poser avec prcaution sur un fauteuil o ils consentaient passer la nuit2 ct du lit1 la trinit du verre dessins bleus1 du sucrier pareil et de la carafe 7toujours vide depuis le lendemain de mon arrive sur l'ordre de ma tante qui craignait de me la voir rpandre71 sortes d'instruments du culte--presque aussi saints que la prcieuse liqueur de fleur d'oranger place prs d'eux dans une ampoule de verre--que je n'aurais pas cru plus permis de profaner ni mme possible d'utiliser pour mon usage personnel que si 'avaient t des ciboires consacrs1 mais que je considrais longuement avant de me dshabiller1 dans la peur de les renverser par un faux mouvement2 ces petites toles ajoures au crochet qui jetaient sur le dos des fauteuils un manteau de roses blanches qui ne devaient pas tre sans pines1 puisque1 chaque fois que j'avais fini de lire et que je voulais me lever1 je m'apercevais que j'y tais rest accroch2 cette cloche de verre1 sous laquelle1 isole des contacts vulgaires1 la pendule bavardait dans l'intimit pour des coquillages venus de loin et pour une vieille fleur sentimentale1 mais qui tait si lourde soulever que1 quand la pendule s'arrtait1 personne1 except l'horloger1 n'aurait t assez imprudent pour entreprendre de la remonter2 cette blanche nappe en guipure qui1 jete comme un revtement d'autel sur la commode orne de deux vases1 d'une image du ,sauveur et d'un buis bnit1 la faisait ressembler la ,sainte ,table 7dont un prie-,dieu1 rang l tous les jours quand on avait fini la chambre1 achevait d'voquer l'ide71 mais dont les effilochements toujours engags dans la fente des tiroirs en arrtaient si compltement le jeu que je ne pouvais jamais prendre un mouchoir sans faire tomber d'un seul coup image du ,sauveur1 vases sacrs1 buis bnit1 et sans trbucher moi-mme en me rattrapant au prie-,dieu2 cette triple superposition enfin de petits rideaux d'tamine1 de grands rideaux de mousseline et de plus grands rideaux de basin1 toujours souriants dans leur blancheur d'aubpine souvent ensoleille1 mais au fond bien agaants dans leur maladresse et leur enttement jouer autour de leurs barres de bois parallles et se prendre les uns dans les autres et tous dans la fentre ds que je voulais l'ouvrir ou la fermer1 un second tant toujours prt1 si je parvenais en dgager un premier1 venir prendre immdiatement sa place dans les jointures aussi parfaitement bouches par eux qu'elles l'eussent t par un buisson d'aubpines relles ou par des nids d'hirondelles qui auraient eu la fantaisie de s'installer l1 de sorte que cette opration1 en apparence si simple1 d'ouvrir ou de fermer ma croise1 je n'en venais jamais bout sans le secours de quelqu'un de la maison2 toutes ces choses1 qui non seulement ne pouvaient rpondre aucun de mes besoins1 mais apportaient mme une entrave1 d'ailleurs lgre1 leur satisfaction1 qui videmment n'avaient jamais t mises l pour l'utilit de quelqu'un1 peuplaient ma chambre de penses en quelque sorte personnelles1 avec cet air de prdilection d'avoir choisi de vivre l et de s'y plaire1 qu'ont souvent1 dans une clairire1 les arbres1 et1 au bord des chemins ou sur les vieux murs1 les fleurs4 ,elles la remplissaient d'une vie silencieuse et diverse1 d'un mystre o ma personne se trouvait la fois perdue et charme2 elles faisaient de cette chambre une sorte de chapelle o le soleil--quand il traversait les petits carreaux rouges que mon oncle avait intercals au haut des fentres--piquait sur les murs1 aprs avoir ros l'aubpine des rideaux1 des lueurs aussi tranges que si la petite chapelle avait t enclose dans une plus grande nef vitraux2 et o le bruit des cloches arrivait si retentissant cause de la proximit de notre maison et de l'glise1 laquelle d'ailleurs1 aux grandes ftes1 les reposoirs nous liaient par un chemin de fleurs1 que je pouvais imaginer qu'elles taient sonnes dans notre toit1 juste au-dessus de la fentre d'o je saluais souvent le cur tenant son brviaire1 ma tante revenant de vpres ou l'enfant de chur qui nous portait du pain bnit4 ,quant la photographie par ,brown du ,printemps de ,botticelli ou au moulage de la ,femme inconnue du muse de ,lille1 qui1 aux murs et sur la chemine des chambres de ,maple1 sont la part concde par ,william ,morris l'inutile beaut1 je dois avouer qu'ils taient remplacs dans ma chambre par une sorte de gravure reprsentant le prince ,eugne1 terrible et beau dans son dolman1 et que je fus trs tonn d'apercevoir une nuit1 dans un grand fracas de locomotives et de grle1 toujours terrible et beau1 la porte d'un buffet de gare1 o il servait de rclame une spcialit de biscuits4 ,je souponne aujourd'hui mon grand-pre de l'avoir autrefois reu1 comme prime1 de la munificence d'un fabricant1 avant de l'installer jamais dans ma chambre4 ,mais alors je ne me souciais pas de son origine1 qui me paraissait historique et mystrieuse et je ne m'imaginais pas qu'il pt y avoir plusieurs exemplaires de ce que je considrais comme une personne1 comme un habitant permanent de la chambre que je ne faisais que partager avec lui et o je le retrouvais tous les ans1 toujours pareil lui-mme4 ,il y a maintenant bien longtemps que je ne l'ai vu1 et je suppose que je ne le reverrai jamais4 ,mais si une telle fortune m'advenait1 je crois qu'il aurait bien plus de choses a me dire que le ,printemps de ,botticelli4 ,je laisse les gens de got orner leur demeure avec la reproduction des chefs-d'uvre qu'ils admirent et dcharger leur mmoire du soin de leur conserver une image prcieuse en la confiant un cadre de bois sculpt4 ,je laisse les gens de got faire de leur chambre l'image mme de leur got et la remplir seulement de choses qu'il puisse approuver4 ,pour moi1 je ne me sens vivre et penser que dans une chambre o tout est la cration et le langage de vies profondment diffrentes de la mienne1 d'un got oppos au mien1 o je ne retrouve rien de ma pense consciente1 o mon imagination s'exalte en se sentant plonge au sein du non-moi2 je ne me sens heureux qu'en mettant le pied--avenue de la ,gare1 sur le port ou place de l'glise--dans un de ces htels de province aux longs corridors froids o le vent du dehors lutte avec succs contre les efforts du calorifre1 o la carte de gographie dtaille de l'arrondissement est encore le seul ornement des murs1 o chaque bruit ne sert qu' faire apparatre le silence en le dplaant1 o les chambres gardent un parfum de renferm que le grand air vient laver1 mais n'efface pas1 et que les narines aspirent cent fois pour l'apporter l'imagination1 qui s'en enchante1 qui le fait poser comme un modle pour essayer de le recrer en elle avec tout ce qu'il contient de penses et de souvenir2 o le soir1 quand on ouvre la porte de sa chambre1 on a le sentiment de violer toute la vie qui y est reste parse1 de la prendre hardiment par la main quand1 la porte referme1 on entre plus avant1 jusqu' la table ou jusqu' la fentre2 de s'asseoir dans une sorte de libre promiscuit avec elle sur le canap excut par le tapissier du chef-lieu dans ce qu'il croyait le got de ,paris2 de toucher partout la nudit de cette vie dans le dessein de se troubler soi-mme par sa propre familiarit1 en posant ici et l ses affaires1 en jouant le matre dans cette chambre pleine jusqu'aux bords de l'me des autres et qui garde jusque dans la forme des chents et le dessin des rideaux l'empreinte de leur rve1 en marchant pieds nus sur son tapis inconnu2 alors1 cette vie secrte1 on a le sentiment de l'enfermer avec soi quand on va1 tout tremblant1 tirer le verrou2 de la pousser devant soi dans le lit et de coucher enfin avec elle dans les grands draps blancs qui vous montent par-dessus la figure1 tandis que1 tout prs1 l'glise sonne pour toute la ville les heures d'insomnie des mourants et des amoureux4 ,je n'tais pas depuis bien longtemps lire dans ma chambre qu'il fallait aller au parc1 un kilomtre du village#b4 ,mais aprs le jeu oblig1 j'abrgeais la fin du goter apport dans des paniers et distribu aux enfants au bord de la rivire1 sur l'herbe o le livre avait t pos avec dfense de le prendre encore4 ,un peu plus loin1 dans certains fonds assez incultes et assez mystrieux du parc1 la rivire cessait d'tre une eau rectiligne et artificielle1 couverte de cygnes et bordes d'alles o souriaient des statues1 et1 par moment sautelante de carpes1 se prcipitait1 passait une allure rapide la clture du parc1 devenait une rivire dans le sens gographique du mot--une rivire qui devait avoir un nom--et ne tardait pas s'pandre 7la mme vraiment qu'entre les statues et sous les cygnes87 entre des herbages o dormaient des bufs et dont elle noyait les boutons d'or1 sortes de prairies rendues par elle assez marcageuses et qui1 tenant d'un ct au village par des tours informes1 restes1 disait-on1 du moyen ge1 joignaient de l'autre1 par des chemins montants d'glantiers et d'aubpines1 la nature qui s'tendait l'infini1 des villages qui avaient d'autres noms1 l'inconnu4 ,je laissais les autres finir de goter dans le bas du parc1 au bord des cygnes1 et je montais en courant dans le labyrinthe jusqu' telle charmille o je m'asseyais1 introuvable1 adoss aux noisetiers taills1 apercevant le plant d'asperges1 les bordures de fraisiers1 le bassin o1 certains jours1 les chevaux faisaient monter l'eau en tournant1 la porte blanche qui tait la fin du parc en haut1 et au del1 les champs de bleuets et de coquelicots4 ,dans cette charmille1 le silence tait profond1 le risque d'tre dcouvert presque nul1 la scurit rendue plus douce par les cris loigns qui1 d'en bas1 m'appelaient en vain1 quelquefois mme se rapprochaient1 montaient les premiers talus1 cherchant partout1 puis s'en retournaient1 n'ayant pas trouv2 alors plus aucun bruit2 seul de temps en temps le son d'or des cloches qui au loin1 par del les plaines1 semblait tinter derrire le ciel bleu1 aurait pu m'avertir de l'heure qui passait2 mais1 surpris par sa douceur et troubl par le silence plus profond1 vid des derniers sons1 qui le suivait1 je n'tais jamais sr du nombre des coups4 ,ce n'tait pas les cloches tonnantes qu'on entendait en rentrant dans le village--quand on approchait de l'glise qui1 de prs1 avait repris sa taille haute et raide1 dressant sur le bleu du soir son capuchon d'ardoise ponctu de corbeaux--faire voler le son en clats sur la place pour les biens de la terre4 ,elles n'arrivaient au bout du parc que faibles et douces et ne s'adressant pas moi1 mais toute la campagne1 tous les villages1 aux paysans isols dans leur champ1 elles ne me foraient nullement lever la tte1 elles passaient prs de moi1 portant l'heure aux pays lointains1 sans me voir1 sans me connatre et sans me dranger4 ,et quelquefois la maison1 dans mon lit1 longtemps aprs le dner1 les dernires heures de la soire abritaient aussi ma lecture1 mais cela1 seulement les jours o j'tais arriv aux derniers chapitres d'un livre1 o il n'y avait plus beaucoup lire pour arriver la fin4 ,alors1 risquant d'tre puni si j'tais dcouvert et l'insomnie qui1 le livre fini1 se prolongerait peut-tre toute la nuit1 ds que mes parents taient couchs je rallumais ma bougie2 tandis que1 dans la rue toute proche1 entre la maison de l'armurier et la poste1 baignes de silence1 il y avait plein d'toiles au ciel sombre et pourtant bleu1 et qu' gauche1 sur la ruelle exhausse o commenait en tournant son ascension surleve1 on sentait veiller1 monstrueuse et noire1 l'abside de l'glise dont les sculptures la nuit ne dormaient pas1 l'glise villageoise et pourtant historique1 sjour magique du ,bon ,dieu1 de la brioche bnite1 des saints multicolores et des dames des chteaux voisins qui1 les jours de fte1 faisant1 quand elles traversaient le march1 piailler les poules et regarder les commres1 venaient la messe dans leurs attelages1 non sans acheter au retour1 chez le ptissier de la place1 juste aprs avoir quitt l'ombre du porche o les fidles en poussant la porte tambour semaient les rubis errants de la nef1 quelques-uns de ces gteaux en forme de tours1 protgs du soleil par un store1--manqus1 ,saint-,honors et gnoises1--dont l'odeur oisive et sucre est reste mle pour moi aux cloches de la grand'messe et la gaiet des dimanches4 ,puis la dernire page tait lue1 le livre tait fini4 ,il fallait arrter la course perdue des yeux et de la voix qui suivait sans bruit1 s'arrtant seulement pour reprendre haleine1 dans un soupir profond4 ,alors1 afin de donner aux tumultes depuis trop longtemps dchans en moi pour pouvoir se calmer ainsi d'autres mouvements diriger1 je me levais1 je me mettais marcher le long de mon lit1 les yeux encore fixs quelque point qu'on aurait vainement cherch dans la chambre ou dehors1 car il n'tait situ qu' une distance d'me1 une de ces distances qui ne se mesurent pas par mtres et par lieues1 comme les autres1 et qu'il est d'ailleurs impossible de confondre avec elles quand on regarde les yeux lointains de ceux qui pensent autre chose4 ,alors1 quoi8 ce livre1 ce n'tait que cela8 ,ces tres qui on avait donn plus de son attention et de sa tendresse qu'aux gens de la vie1 n'osant pas toujours avouer quel point on les aimait1 et mme quand nos parents nous trouvaient en train de lire et avaient l'air de sourire de notre motion1 fermant le livre1 avec une indiffrence affecte ou un ennui feint2 ces gens pour qui on avait halet et sanglot1 on ne les verrait plus jamais1 on ne saurait plus rien d'eux4 ,dj1 depuis quelques pages1 l'auteur1 dans le cruel pilogue1 avait eu soin de les espacer avec une indiffrence incroyable pour qui savait l'intrt avec lequel il les avait suivis jusque-l pas pas4 ,l'emploi de chaque heure de leur vie nous avait t narre4 ,puis subitement3 ,vingt ans aprs ces vnements on pouvait rencontrer dans les rues de ,fougres#c un vieillard encore droit1 etc4 ,et le mariage dont deux volumes avaient t employs nous faire entrevoir la possibilit dlicieuse1 nous effrayant puis nous rjouissant de chaque obstacle dress puis aplani1 c'est par une phrase incidente d'un personnage secondaire que nous apprenions qu'il avait t clbr1 nous ne savions pas au juste quand1 dans cet tonnant pilogue crit1 semblait-il1 du haut du ciel1 par une personne indiffrente nos passions d'un jour1 qui s'tait substitue l'auteur4 ,on aurait tant voulu que le livre continut1 et1 si c'tait impossible1 avoir d'autres renseignements sur tous ces personnages1 apprendre maintenant quelque chose de leur vie1 employer la ntre des choses qui ne fussent pas tout fait trangres l'amour qu'ils nous avaient inspir#d et dont l'objet nous faisait tout coup dfaut1 ne pas avoir aim en vain1 pour une heure1 des tres qui demain ne seraient plus qu'un nom sur une page oublie1 dans un livre sans rapport avec la vie et sur la valeur duquel nous nous tions bien mpris puisque son lot ici-bas1 nous le comprenions maintenant et nos parents nous l'apprenaient au besoin d'une phrase ddaigneuse1 n'tait nullement1 comme nous l'avions cru1 de contenir l'univers et la destine1 mais d'occuper une place fort troite dans la bibliothque du notaire1 entre les fastes sans prestige du ,journal de ,modes illustr et de la ,gographie d',eure-et-,loir4 99 99 99 99 99 99 99 99 99 99 444 ,avant d'essayer de montrer au seuil des ,trsors des ,rois pourquoi mon avis la ,lecture ne doit pas jouer dans la vie le rle prpondrant que lui assigne ,ruskin dans ce petit ouvrage1 je devais mettre hors de cause les charmantes lectures de l'enfance dont le souvenir doit rester pour chacun de nous une bndiction4 ,sans doute je n'ai que trop prouv par la longueur et le caractre du dveloppement qui prcde ce que j'avais d'abord avanc d'elles3 que ce qu'elles laissent surtout en nous1 c'est l'image des lieux et des jours o nous les avons faites4 ,je n'ai pas chapp leur sortilge3 voulant parler d'elles1 j'ai parl de toute autre chose que des livres parce que ce n'est pas d'eux qu'elles m'ont parl4 ,mais peut-tre les souvenirs qu'elles m'ont l'un aprs l'autre rendus en auront-ils eux-mmes veills chez le lecteur et l'auront-ils peu peu amen1 tout en s'attardant dans ces chemins fleuris et dtourns1 recrer dans son esprit l'acte psychologique original appel ,lecture1 avec assez de force pour pouvoir suivre maintenant comme au dedans de lui-mme les quelques rflexions qu'il me reste prsenter4 ,on sait que les ,trsors des ,rois est une confrence sur la lecture que ,ruskin donna l',htel de ,ville de ,rusholme1 prs ,manchester1 le #f dcembre #ahfd pour aider la cration d'une bibliothque l'institut de ,rusholme4 ,le #ad dcembre1 il en prononait une seconde1 ,des ,jardins des ,reines sur le rle de la femme1 pour aider fonder des coles ,ancoats4 ,pendant toute cette anne #ahfd1 dit ,m4 ,collingwood dans son admirable ouvrage ,life and ,work of ,ruskin1 il demeura at home1 sauf pour faire de frquentes visites ,carlyle4 ,et quand en dcembre il donna ,manchester les cours qui1 sous le nom de ,ssame et les ,lys1 devinrent son ouvrage le plus populaire#e1 nous pouvons discerner son meilleur tat de sant physique et intellectuelle dans les couleurs plus brillantes de sa pense4 ,nous pouvons reconnatre l'cho de ses entretiens avec ,carlyle dans l'idal hroque1 aristocratique et stoque qu'il propose et dans l'insistance avec laquelle il revient sur la valeur des livres et des bibliothques publiques1 ,carlyle tant le fondateur de la ,london ,bibliothque444 ,pour nous1 qui ne voulons ici que discuter en elle-mme1 et sans nous occuper de ses origines historiques1 la thse de ,ruskin1 nous pouvons la rsumer assez exactement par ces mots de ,descartes1 que la lecture de tous les bons livres est comme une conversation avec les plus honntes gens des sicles passs qui en ont t les auteurs4 ,ruskin n'a peut-tre pas connu cette pense d'ailleurs un peu sche du philosophe franais1 mais c'est elle en ralit qu'on retrouve partout dans sa confrence1 enveloppe seulement dans un or apollinien o fondent des brumes anglaises1 pareil celui dont la gloire illumine les paysages de son peintre prfr4 supposer1 dit-il1 que nous ayons et la volont et l'intelligence de bien choisir nos amis1 combien peu d'entre nous en ont le pouvoir1 combien est limite la sphre de nos choix4 ,nous ne pouvons connatre qui nous voudrions444 ,nous pouvons par une bonne fortune entrevoir un grand pote et entendre le son de sa voix1 ou poser une question un homme de science qui nous rpondra aimablement4 ,nous pouvons usurper dix minutes d'entretien dans le cabinet d'un ministre1 avoir une fois dans notre vie le privilge d'arrter le regard d'une reine4 ,et pourtant ces hasards fugitifs nous les convoitons1 nous dpensons nos annes1 nos passions et nos facults la poursuite d'un peu moins que cela1 tandis que1 durant ce temps1 il y a une socit qui nous est continuellement ouverte1 de gens qui nous parleraient aussi longtemps que nous le souhaiterions1 quel que soit notre rang4 ,et cette socit1 parce qu'elle est si nombreuse et si douce et que nous pouvons la faire attendre prs de nous toute une journe--rois et hommes d'tat attendant patiemment non pour accorder une audience1 mais pour l'obtenir--nous n'allons jamais la chercher dans ces antichambres simplement meubles que sont les rayons de nos bibliothques1 nous n'coutons jamais un mot de ce qu'ils auraient nous dire#f4 ,vous me direz peut-tre1 ajoute ,ruskin1 que si vous aimez mieux causer avec des vivants1 c'est que vous voyez leur visage4 etc41 et rfutant cette premire objection1 puis une seconde1 il montre que la lecture est exactement une conversation avec des hommes beaucoup plus sages et plus intressants que ceux que nous pouvons avoir l'occasion de connatre autour de nous4 ,j'ai essay de montrer dans les notes dont j'ai accompagn ce volume que la lecture ne saurait tre ainsi assimile une conversation1 ft-ce avec le plus sage des hommes2 que ce qui diffre essentiellement entre un livre et un ami1 ce n'est pas leur plus ou moins grande sagesse1 mais la manire dont on communique avec eux1 la lecture1 au rebours de la conversation1 consistant pour chacun de nous recevoir communication d'une autre pense1 mais tout en restant seul1 c'est--dire en continuant jouir de la puissance intellectuelle qu'on a dans la solitude et que la conversation dissipe immdiatement1 en continuant pouvoir tre inspir1 rester en plein travail fcond de l'esprit sur lui-mme4 ,si ,ruskin avait tir les consquences d'autres vrits qu'il a nonces quelques pages plus loin1 il est probable qu'il aurait rencontr une conclusion analogue la mienne4 ,mais videmment il n'a pas cherch aller au cur mme de l'ide de lecture4 ,il n'a voulu1 pour nous apprendre le prix de la lecture1 que nous conter une sorte de beau mythe platonicien1 avec cette simplicit des ,grecs qui nous ont montr peu prs toutes les ides vraies et ont laiss aux scrupules modernes le soin de les approfondir4 ,mais si je crois que la lecture1 dans son essence originale1 dans ce miracle fcond d'une communication au sein de la solitude1 est quelque chose de plus1 quelque chose d'autre que ce qu'a dit ,ruskin1 je ne crois pas malgr cela qu'on puisse lui reconnatre dans notre vie spirituelle le rle prpondrant qu'il semble lui assigner4 ,les limites de son rle drivent de la nature de ses vertus4 ,et ces vertus1 c'est encore aux lectures d'enfance que je vais aller demander en quoi elles consistent4 ,ce livre1 que vous m'avez vu tout l'heure lire au coin du feu dans la salle manger1 dans ma chambre1 au fond du fauteuil revtu d'un appuie-tte au crochet1 et pendant les belles heures de l'aprs-midi1 sous les noisetiers et les aubpines du parc1 o tous les souffles des champs infinis venaient de si loin jouer silencieusement auprs de moi1 tendant sans mot dire mes narines distraites l'odeur des trfles et des sainfoins sur lesquels mes yeux fatigus se levaient parfois1 ce livre1 comme vos yeux en se penchant vers lui ne pourraient dchiffrer son titre vingt ans de distance1 ma mmoire1 dont la vue est plus approprie ce genre de perceptions1 va vous dire quel il tait3 le ,capitaine ,fracasse1 de ,thophile ,gautier4 ,j'en aimais par-dessus tout deux ou trois phrases qui m'apparaissaient comme les plus originales et les plus belles de l'ouvrage4 ,je n'imaginais pas qu'un autre auteur en et jamais crit de comparables4 ,mais j'avais le sentiment que leur beaut correspondait une ralit dont ,thophile ,gautier ne nous laissait entrevoir une ou deux fois par volume qu'un petit coin4 ,et comme je pensais qu'il la connaissait assurment tout entire1 j'aurais voulu lire d'autres livres de lui o toutes les phrases seraient aussi belles que celles-l et auraient pour objet les choses sur lesquelles j'aurais dsir avoir son avis4 ,le rire n'est point cruel de sa nature2 il distingue l'homme de la bte1 et il est1 ainsi qu'il appert en l',odysse d',homerus1 pote grgeois1 l'apanage des dieux immortels et bienheureux oui rient olympiennement tout leur saoul durant les loisirs de l'ternit#g4 ,cette phrase me donnait une vritable ivresse4 ,je croyais percevoir une antiquit merveilleuse travers ce moyen ge que seul ,gautier pouvait me rvler4 ,mais j'aurais voulu qu'au lieu de dire cela furtivement aprs l'ennuyeuse description d'un chteau que le trop grand nombre de termes que je ne connaissais pas m'empchait de me figurer le moins du monde1 il crivt tout le long du volume des phrases de ce genre et me parlt de choses qu'une fois son livre fini je pourrais continuer connatre et aimer4 ,j'aurais voulu qu'il me dt1 lui1 le seul sage dtenteur de la vrit1 ce que je devais penser au juste de ,shakespeare1 de ,saintine1 de ,sophocle1 d',euripide1 de ,silvio ,pellico que j'avais lu pendant un mois de mars trs froid1 marchant1 tapant des pieds1 courant par les chemins1 chaque fois que je venais de fermer le livre dans l'exaltation de la lecture finie1 des forces accumules dans l'immobilit1 et du vent salubre qui soufflait dans les rues du village4 ,j'aurais voulu surtout qu'il me dt si j'avais plus de chance d'arriver la vrit en redoublant ou non ma sixime et en tant plus tard diplomate ou avocat la ,cour de cassation4 ,mais aussitt la belle phrase finie il se mettait dcrire une table couverte d'une telle couche de poussire qu'un doigt aurait pu y tracer des caractres1 chose trop insignifiante mes yeux pour que je pusse mme y arrter mon attention2 et j'en tais rduit me demander quels autres livres ,gautier avait crits qui contenteraient mieux mon aspiration et me feraient connatre enfin sa pense tout entire4 ,et c'est l1 en effet1 un des grands et merveilleux caractres des beaux livres 7et qui nous fera comprendre le rle la fois essentiel et limit que la lecture peut jouer dans notre vie spirituelle7 que pour l'auteur ils pourraient s'appeler ,conclusions et pour le lecteur ,incitations4 ,nous sentons trs bien que notre sagesse commence o celle de l'auteur finit1 et nous voudrions qu'il nous donnt des rponses1 quand tout ce qu'il peut faire est de nous donner des dsirs4 ,et ces dsirs1 il ne peut les veiller en nous qu'en nous faisant contempler la beaut suprme laquelle le dernier effort de son art lui a permis d'atteindre4 ,mais par une loi singulire et d'ailleurs providentielle de l'optique des esprits 7loi qui signifie peut-tre que nous ne pouvons recevoir la vrit de personne1 et que nous devons la crer nous-mme71 ce qui est le terme de leur sagesse ne nous apparat que comme le commencement de la ntre1 de sorte que c'est au moment o ils nous ont dit tout ce qu'ils pouvaient nous dire qu'ils font natre en nous le sentiment qu'ils ne nous ont encore rien dit4 ,d'ailleurs1 si nous leur posons des questions auxquelles ils ne peuvent pas rpondre1 nous leur demandons aussi des rponses qui ne nous instruiraient pas4 ,car c'est un effet de l'amour que les potes veillent en nous de nous faire attacher une importance littrale des choses qui ne sont pour eux que significatives d'motions personnelles4 ,dans chaque tableau qu'ils nous montrent1 ils ne semblent nous donner qu'un lger aperu d'un site merveilleux1 diffrent du reste du monde1 et au cur duquel nous voudrions qu'ils nous fissent pntrer4 ,menez-nous1 voudrions-nous pouvoir dire ,m4 ,mterlinck1 ,mme de ,noailles1 dans le jardin de ,zlande o croissent les fleurs dmodes1 sur la route parfume de trfle et d'armoise et dans tous les endroits de la terre dont vous ne nous avez pas parl dans vos livres1 mais que vous jugez aussi beaux que ceux-l4 ,nous voudrions aller voir ce champ que ,millet 7car les peintres nous enseignent la faon des potes7 nous montre dans son ,printemps1 nous voudrions que ,m4 ,claude ,monet nous conduist ,giverny1 au bord de la ,seine1 ce coude de la rivire qu'il nous laisse peine distinguer travers la brume du matin4 ,or1 en ralit1 ce sont de simples hasards de relations ou de parent qui1 en leur donnant l'occasion de passer ou de sjourner auprs d'eux1 ont fait choisir pour les peindre ,mme de ,noailles1 ,mterlinck1 ,millet1 ,claude ,monet1 cette route1 ce jardin1 ce champ1 ce coude de rivire1 plutt que tels autres4 ,ce qui nous les fait paratre autres et plus beaux que le reste du monde1 c'est qu'ils portent sur eux comme un reflet insaisissable l'impression qu'ils ont donn au gnie1 et que nous verrions errer aussi singulire et aussi despotique sur la face indiffrente et soumise de tous les pays qu'il aurait peints4 ,cette apparence avec laquelle ils nous charment et nous doivent et au del de laquelle nous voudrions aller1 c'est l'essence mme de cette chose en quelque sorte sans paisseur--mirage arrt sur une toile--qu'est une vision4 ,et cette brume que nos yeux avides voudraient percer1 c'est le dernier mot de l'art du peintre4 ,le suprme effort de l'crivain comme de l'artiste n'aboutit qu' soulever partiellement pour nous le voile de laideur et d'insignifiance qui nous laisse incurieux devant l'univers4 ,alors1 il nous dit3 ,regarde1 regarde1 ,parfums de trfle et d'armoise1 ,serrant leurs vifs ruisseaux troits ,les pays de l',aisne et de l',oise4 ,regarde la maison de ,zlande1 rose et luisante comme un coquillage4 ,regarde6 ,apprends voir6 ,et ce moment il disparat4 ,tel est le prix de la lecture et telle est aussi son insuffisance4 ,c'est donner un trop grand rle ce qui n'est qu'une initiation d'en faire une discipline4 ,la lecture est au seuil de la vie spirituelle2 elle peut nous y introduire3 elle ne la constitue pas4 ,il est cependant certains cas1 certains cas pathologiques pour ainsi dire1 de dpression spirituelle1 o la lecture peut devenir une sorte de discipline curative et tre charge1 par des incitations rptes1 de rintroduire perptuellement un esprit paresseux dans la vie de l'esprit4 ,les livres jouent alors auprs de lui un rle analogue celui des psychothrapeutes auprs de certains neurasthniques4 ,on sait que1 dans certaines affections du systme nerveux1 le malade1 sans qu'aucun de ses organes soit lui-mme atteint1 est enliz dans une sorte d'impossibilit de vouloir1 comme dans une ornire profonde1 d'o il ne peut se tirer seul1 et o il finirait par dprir1 si une main puissante et secourable ne lui tait tendue4 ,son cerveau1 ses jambes1 ses poumons1 son estomac1 sont intacts4 ,il n'a aucune incapacit relle de travailler1 de marcher1 de s'exposer au froid1 de manger4 ,mais ces diffrents actes1 qu'il serait trs capable d'accomplir1 il est incapable de les vouloir4 ,et une dchance organique qui finirait par devenir l'quivalent des maladies qu'il n'a pas serait la consquence irrmdiable de l'inertie de sa volont1 si l'impulsion qu'il ne peut trouver en lui-mme ne lui venait de dehors1 d'un mdecin qui voudra pour lui1 jusqu'au jour o seront peu peu rduqus ses divers vouloirs organiques4 ,or1 il existe certains esprits qu'on pourrait comparer ces malades et qu'une sorte de paresse#h ou de frivolit empche de descendre spontanment dans les rgions profondes de soi-mme o commence la vritable vie de l'esprit4 ,ce n'est pas qu'une fois qu'on les y a conduits ils ne soient capables d'y dcouvrir et d'y exploiter de vritables richesses1 mais1 sans cette intervention trangre1 ils vivent la surface dans un perptuel oubli d'eux-mmes1 dans une sorte de passivit qui les rend le jouet de tous les plaisirs1 les diminue la taille de ceux qui les entourent et les agitent1 et1 pareils ce gentilhomme qui1 partageant depuis son enfance la vie des voleurs de grand chemin1 ne se souvenait plus de son nom pour avoir depuis trop longtemps cess de le porter1 ils finiraient par abolir en eux tout sentiment et tout souvenir de leur noblesse spirituelle1 si une impulsion extrieure ne venait les rintroduire en quelque sorte de force dans la vie de l'esprit1 o ils retrouvent subitement la puissance de penser par eux-mmes et de crer4 ,or1 cette impulsion que l'esprit paresseux ne peut trouver en lui-mme et qui doit lui venir d'autrui1 il est clair qu'il doit la recevoir au sein de la solitude hors de laquelle1 nous l'avons vu1 ne peut se produire cette activit cratrice qu'il s'agit prcisment de ressusciter en lui4 ,de la pure solitude l'esprit paresseux ne pourrait rien tirer1 puisqu'il est incapable de mettre de lui-mme en branle son activit cratrice4 ,mais la conversation la plus leve1 les conseils les plus pressants ne lui serviraient non plus rien1 puisque cette activit originale ils ne peuvent la produire directement4 ,ce qu'il faut donc1 c'est une intervention qui1 tout en venant d'un autre1 se produise au fond de nous-mmes1 c'est bien l'impulsion d'un autre esprit1 mais reue au sein de la solitude4 ,or nous avons vu que c'tait prcisment l la dfinition de la lecture1 et qu' la lecture seule elle convenait4 ,la seule discipline qui puisse exercer une influence favorable sur de tels esprits1 c'est donc la lecture3 ce qu'il fallait dmontrer1 comme disent les gomtres4 ,mais1 l encore1 la lecture n'agit qu' la faon d'une incitation qui ne peut en rien se substituer notre activit personnelle2 elle se contente de nous en rendre l'usage1 comme1 dans les affections nerveuses auxquelles nous faisions allusion tout l'heure1 le psychothrapeute ne fait que restituer au malade la volont de se servir de son estomac1 de ses jambes1 de son cerveau1 rests intacts4 ,soit d'ailleurs que tous les esprits participent plus ou moins cette paresse1 cette stagnation dans les bas niveaux1 soit que1 sans lui tre ncessaire1 l'exaltation qui suit certaines lectures ait une influence propice sur le travail personnel1 on cite plus d'un crivain qui aimait lire une belle page avant de se mettre au travail4 ,emerson commenait rarement crire sans relire quelques pages de ,platon4 ,et ,dante n'est pas le seul pote que ,virgile ait conduit jusqu'au seuil du paradis4 ,tant que la lecture est pour nous l'initiatrice dont les clefs magiques nous ouvrent au fond de nous-mmes la porte des demeures o nous n'aurions pas su pntrer1 son rle dans notre vie est salutaire4 ,il devient dangereux au contraire quand1 au lieu de nous veiller la vie personnelle de l'esprit1 la lecture tend se substituer elle1 quand la vrit ne nous apparat plus comme un idal que nous ne pouvons raliser que par le progrs intime de notre pense et par l'effort de notre cur1 mais comme une chose matrielle1 dpose entre les feuillets des livres comme un miel tout prpar par les autres et que nous n'avons qu' prendre la peine d'atteindre sur les rayons des bibliothques et de dguster ensuite passivement dans un parfait repos de corps et d'esprit4 ,parfois mme1 dans certains cas un peu exceptionnels1 et d'ailleurs1 nous le verrons1 moins dangereux1 la vrit1 conue comme extrieure encore1 est lointaine1 cache dans un lieu d'accs difficile4 ,c'est alors quelque document secret1 quelque correspondance indite1 des mmoires qui peuvent jeter sur certains caractres un jour inattendu1 et dont il est difficile d'avoir communication4 ,quel bonheur1 quel repos pour un esprit fatigu de chercher la vrit en lui-mme de se dire qu'elle est situe hors de lui1 aux feuillets d'un in-folio jalousement conserv dans un couvent de ,hollande1 et que si1 pour arriver jusqu' elle1 il faut se donner de la peine1 cette peine sera toute matrielle1 ne sera pour la pense qu'un dlassement plein de charme4 ,sans doute1 il faudra faire un long voyage1 traverser en coche d'eau les plaines gmissantes de vent1 tandis que sur la rive les roseaux s'inclinent et se relvent tour tour dans une ondulation sans fin2 il faudra s'arrter ,dordrecht1 qui mire son glise couverte de lierre dans l'entrelacs des canaux dormants et dans la ,meuse frmissante et dore o les vaisseaux en glissant drangent1 le soir1 les reflets aligns des toits rouges et du ciel bleu2 et enfin1 arriv au terme du voyage1 on ne sera pas encore certain de recevoir communication de la vrit4 ,il faudra pour cela faire jouer de puissantes influences1 se lier avec le vnrable archevque d',utrecht1 la belle figure carre d'ancien jansniste1 avec le pieux gardien des archives d',amersfoort4 ,la conqute de la vrit est conue dans ces cas-l comme le succs d'une sorte de mission diplomatique o n'ont manqu ni les difficults du voyage1 ni les hasards de la ngociation4 ,mais1 qu'importe8 ,tous ces membres de la vieille petite glise d',utrecht1 de la bonne volont de qui il dpend que nous entrions en possession de la vrit1 sont des gens charmants dont les visages du ,x,v,i,ie sicle nous changent des figures accoutumes et avec qui il sera si amusant de rester en relations1 au moins par correspondance4 ,l'estime dont ils continueront nous envoyer de temps autre le tmoignage nous relvera nos propres yeux et nous garderons leurs lettres comme un certificat et comme une curiosit4 ,et nous ne manquerons pas un jour de leur ddier un de nos livres1 ce qui est bien le moins que l'on puisse faire pour des gens qui vous ont fait don444 de la vrit4 ,et quant aux quelques recherches1 aux courts travaux que nous serons obligs de faire dans la bibliothque du couvent et qui seront les prliminaires indispensables de l'acte d'entre en possession de la vrit--de la vrit que pour plus de prudence et pour qu'elle ne risque pas de nous chapper nous prendrons en note--nous aurions mauvaise grce nous plaindre des peines qu'ils pourront nous donner3 le calme et la fracheur du vieux couvent sont si exquises1 o les religieuses portent encore le haut hennin aux ailes blanches qu'elles ont dans le ,roger ,van der ,weyden du parloir2 et1 pendant que nous travaillons1 les carillons du ,x,v,i,ie sicle tourdissent si tendrement l'eau nave du canal qu'un peu de soleil ple suffit blouir entre la double range d'arbres dpouills ds la fin de l't qui frlent les miroirs accrochs aux maisons pignons des deux rives#i4 ,cette conception d'une vrit sourde aux appels de la rflexion et docile au jeu des influences1 d'une vrit qui s'obtient par lettres de recommandations1 que nous remet en mains propres celui qui la dtenait matriellement sans peut-tre seulement la connatre1 d'une vrit qui se laisse copier sur un carnet1 cette conception de la vrit est pourtant loin d'tre la plus dangereuse de toutes4 ,car bien souvent pour l'historien1 mme pour l'rudit1 cette vrit qu'ils vont chercher au loin dans un livre est moins1 proprement parler1 la vrit elle-mme que son indice ou sa preuve1 laissant par consquent place une autre vrit qu'elle annonce ou qu'elle vrifie et qui1 elle1 est du moins une cration individuelle de leur esprit4 ,il n'en est pas de mme pour le lettr4 ,lui1 lit pour lire1 pour retenir ce qu'il a lu4 ,pour lui1 le livre n'est pas l'ange qui s'envole aussitt qu'il a ouvert les portes du jardin cleste1 mais une idole immobile1 qu'il adore pour elle-mme1 qui1 au lieu de recevoir une dignit vraie des penses qu'elle veille1 communique une dignit factice tout ce qui l'entoure4 ,le lettr invoque en souriant en l'honneur de tel nom qu'il se trouve dans ,villehardouin ou dans ,boccace#aj1 en faveur de tel usage qu'il est dcrit dans ,virgile4 ,son esprit sans activit originale ne sait pas isoler dans les livres la substance qui pourrait le rendre plus fort2 il s'encombre de leur forme intacte1 qui1 au lieu d'tre pour lui un lment assimilable1 un principe de vie1 n'est qu'un corps tranger1 un principe de mort4 ,est-il besoin de dire que si je qualifie de malsains ce got1 cette sorte de respect ftichiste pour les livres1 c'est relativement ce que seraient les habitudes idales d'un esprit sans dfauts qui n'existe pas1 et comme font les physiologistes qui dcrivent un fonctionnement d'organes normal tel qu'il ne s'en rencontre gure chez les tres vivants4 ,dans la ralit1 au contraire1 o il n'y a pas plus d'esprits parfaits que de corps entirement sains1 ceux que nous appelons les grands esprits sont atteints comme les autres de cette maladie littraire4 ,plus que les autres1 pourrait-on dire4 ,il semble que le got des livres croisse avec l'intelligence1 un peu au-dessous d'elle1 mais sur la mme tige1 comme toute passion s'accompagne d'une prdilection pour ce qui entoure son objet1 a du rapport avec lui1 dans l'absence lui en parle encore4 ,aussi1 les plus grands crivains1 dans les heures o ils ne sont pas en communication directe avec la pense1 se plaisent dans la socit des livres4 ,n'est-ce pas surtout pour eux1 du reste1 qu'ils ont t crits2 ne leur dvoilent-ils pas mille beauts1 qui restent caches au vulgaire8 vrai dire1 le fait que des esprits suprieurs soient ce que l'on appelle livresques ne prouve nullement que cela ne soit pas un dfaut de l'tre4 ,de ce que les hommes mdiocres sont souvent travailleurs et les intelligents souvent paresseux1 on ne peut pas conclure que le travail n'est pas pour l'esprit une meilleure discipline que la paresse4 ,malgr cela1 rencontrer chez an grand homme un de nos dfauts nous incline toujours nous demander si ce n'tait pas au fond une qualit mconnue1 et nous n'apprenons pas sans plaisir qu',hugo savait ,quinte-,curce1 ,tacite et ,justin par cur1 qu'il tait en mesure1 si on contestait devant lui la lgitimit d'un terme#aa1 d'en tablir la filiation1 jusqu' l'origine1 par des citations qui prouvaient une vritable rudition4 7,j'ai montr ailleurs comment cette rudition avait chez lui nourri le gnie au lieu de l'touffer1 comme un paquet de fagots qui teint un petit feu et en accrot un grand47 ,mterlinck1 qui est pour nous le contraire du lettr1 dont l'esprit est perptuellement ouvert aux mille motions anonymes communiques par la ruche1 le parterre ou l'herbage1 nous rassure grandement1 sur les dangers de l'rudition1 presque de la bibliophilie1 quand il nous dcrit en amateur les gravures qui ornent une vieille dition de ,jacob ,cats ou de l'abb ,sanderus4 ,ces dangers1 d'ailleurs1 quand ils existent1 menaant beaucoup moins l'intelligence que la sensibilit1 la capacit de lecture profitable1 si l'on peut ainsi dire1 est beaucoup plus grande chez les penseurs que chez les crivains d'imagination4 ,schopenhauer1 par exemple1 nous offre l'image d'un esprit dont la vitalit porte lgrement la plus norme lecture1 chaque connaissance nouvelle tant immdiatement rduite la part de ralit1 la portion vivante qu'elle contient4 ,schopenhauer n'avance jamais une opinion sans l'appuyer aussitt sur plusieurs citations1 mais on sent que les textes cits ne sont pour lui que des exemples1 des allusions inconscientes et anticipes o il aime retrouver quelques traits de sa propre pense1 mais qui ne l'ont nullement inspire4 ,je me rappelle une page du ,monde comme ,reprsentation et comme ,volont o il y a peut-tre vingt citations la file4 ,il s'agit du pessimisme 7j'abrge naturellement les citations73 ,voltaire1 dans ,candide1 fait la guerre l'optimisme d'une manire plaisante4 ,byron l'a faite1 sa faon tragique1 dans ,can4 ,hrodote rapporte que les ,thraces saluaient le nouveau-n par des gmissements et se rjouissaient chaque mort4 ,c'est ce qui est exprim dans les beaux vers que nous rapporte ,plutarque3 ,lugere genitum1 tanta qui intravit mala1 etc4 ,c'est cela qu'il faut attribuer la coutume des ,mexicains de souhaiter1 etc41 et ,swift obissait au mme sentiment quand il avait coutume ds sa jeunesse 7 en croire sa biographie par ,walter ,scott7 de clbrer le jour de sa naissance comme un jour d'affliction4 ,chacun connat ce passage de l',apologie de ,socrate o ,platon dit que la mort est un bien admirable4 ,une maxime d',hraclite tait conue de mme3 ,vit nomen quidem est vita1 opus autem mors ,quant aux beaux vers de ,thognis ils sont clbres3 ,optima sors homini non esse1 etc4 ,sophocle1 dans l'dipe ,colone 7#abbd71 en donne l'abrg suivant3 ,natum non esse sortes vincit alias omnes1 etc4 ,euripide dit3 ,omnis hominum vita est plena dolore 7,hippolyte1 #ahi71 et ,homre l'avait dj dit3 ,non enim quidquam alicubi est calamitosius homine omnium1 quotquot super terram spirant1 etc4 ,d'ailleurs ,pline l'a dit aussi3 ,nullum meilus esse tempestiva morte4 ,shakespeare met ces paroles dans la bouche du vieux roi ,henri ,,iv3 ,o1 if this were seen--,the happiest youth1--,would shut the book and sit him down and die4 ,byron enfin3 ',tis something better not to be4 ,balthazar ,gracian nous dpeint l'existence sous les plus noires couleurs dont le ,criticon1 etc4#ab4 ,si je ne m'tais dj laiss entraner trop loin par ,schopenhauer1 j'aurais eu plaisir complter cette petite dmonstration l'aide des ,aphorismes sur la ,sagesse dans la ,vie1 qui est peut-tre de tous les ouvrages que je connais celui qui suppose chez un auteur1 avec le plus de lecture1 le plus d'originalit1 de sorte qu'en tte de ce livre1 dont chaque page renferme plusieurs citations1 ,schopenhauer a pu crire le plus srieusement du monde3 ,compiler n'est pas mon fait4 ,sans doute1 l'amiti1 l'amiti qui a gard aux individus1 est une chose frivole1 et la lecture est une amiti4 ,mais du moins c'est une amiti sincre1 et le fait qu'elle s'adresse un mort1 un absent1 lui donne quelque chose de dsintress1 de presque touchant4 ,c'est de plus une amiti dbarrasse de tout ce qui fait la laideur des autres4 ,comme nous ne sommes tous1 nous les vivants1 que des morts qui ne sont pas encore entrs en fonctions1 toutes ces politesses1 toutes ces salutations dans le vestibule que nous appelons dfrence1 gratitude1 dvouement et o nous mlons tant de mensonges1 sont striles et fatigantes4 ,de plus1--ds les premires relations de sympathie1 d'admiration1 de reconnaissance1--les premires paroles que nous prononons1 les premires lettres que nous crivons1 tissent autour de nous les premiers fils d'une toile d'habitudes1 d'une vritable manire d'tre1 dont nous ne pouvons plus nous dbarrasser dans les amitis suivantes2 sans compter que pendant ce temps-l les paroles excessives que nous avons prononces restent comme des lettres de change que nous devons payer1 ou que nous paierons plus cher encore toute notre vie des remords de les avoir laiss protester4 ,dans la lecture1 l'amiti est soudain ramene sa puret premire4 ,avec les livres1 pas d'amabilit4 ,ces amis-l1 si nous passons la soire avec eux1 c'est vraiment que nous en avons envie4 ,eux1 du moins1 nous ne les quittons souvent qu' regret4 ,et quand nous les avons quitts1 aucune de ces penses qui gtent l'amiti3 ,qu'ont-ils pens de nous8--,n'avons-nous pas manqu de tact8--,avons-nous plu8--et la peur d'tre oubli pour tel autre4 ,toutes ces agitations de l'amiti expirent au seuil de cette amiti pure et calme qu'est la lecture4 ,pas de dfrence non plus2 nous ne rions de ce que dit ,molire que dans la mesure exacte o nous le trouvons drle2 quand il nous ennuie nous n'avons pas peur d'avoir l'air ennuy1 et quand nous avons dcidment assez d'tre avec lui1 nous le remettons sa place aussi brusquement que s'il n'avait ni gnie ni clbrit4 ,l'atmosphre de cette pure amiti est le silence1 plus pur que la parole4 ,car nous parlons pour les autres1 mais nous nous taisons pour nous-mmes4 ,aussi le silence ne porte pas1 comme la parole1 la trace de nos dfauts1 de nos grimaces4 ,il est pur1 il est vraiment une atmosphre4 ,entre la pense de l'auteur et la ntre il n'interpose pas ces lments irrductibles1 rfractaires la pense1 de nos gosmes diffrents4 ,le langage mme du livre est pur 7si le livre mrite ce nom71 rendu transparent par la pense de l'auteur qui en a retir tout ce qui n'tait pas elle-mme jusqu' le rendre son image fidle2 chaque phrase1 au fond1 ressemblant aux autres1 car toutes sont dites par l'inflexion unique d'une personnalit2 de l une sorte de continuit1 que les rapports de la vie et ce qu'ils mlent la pense d'lments qui lui sont trangers excluent et qui permet trs vite de suivre la ligne mme de la pense de l'auteur1 les traits de sa physionomie qui se refltent dans ce calme miroir4 ,nous savons nous plaire tour tour aux traits de chacun sans avoir besoin qu'ils soient admirables1 car c'est un grand plaisir pour l'esprit de distinguer ces peintures profondes et d'aimer d'une amiti sans gosme1 sans phrases1 comme en soi-mme4 ,un ,gautier1 simple bon garon plein de got 7cela nous amuse de penser qu'on a pu le considrer comme le reprsentant de la perfection dans l'art71 nous plat ainsi4 ,nous ne nous exagrons pas sa puissance spirituelle1 et dans son ,voyage en ,espagne1 o chaque phrase1 sans qu'il s'en doute1 accentue et poursuit le trait plein de grce et de gaiet de sa personnalit 7les mots se rangeant d'eux-mmes pour la dessiner1 parce que c'est elle qui les a choisis et disposs dans leur ordre71 nous ne pouvons nous empcher de trouver bien loigne de l'art vritable cette obligation laquelle il croit devoir s'astreindre de ne pas laisser une seule forme sans la dcrire entirement1 en l'accompagnant d'une comparaison qui1 n'tant ne d'aucune impression agrable et forte1 ne nous charme nullement4 ,nous ne pouvons qu'accuser la pitoyable scheresse de son imagination quand il compare la campagne avec ses cultures varies ces cartes de tailleurs o sont colls les chantillons de pantalons et de gilets et quand il dit que de ,paris ,angoulme il n'y a rien admirer4 ,et nous sourions de ce gothique fervent qui n'a mme pas pris la peine d'aller ,chartres visiter la cathdrale#ac4 ,mais quelle bonne humeur1 quel got6 comme nous le suivons volontiers dans ses aventures1 ce compagnon plein d'entrain2 il est si sympathique que tout autour de lui nous le devient4 ,et aprs les quelques jours qu'il a passs auprs du commandant ,lebarbier de ,tinan1 retenu par la tempte bord de son beau vaisseau tincelant comme de l'or1 nous sommes triste qu'il ne nous dise plus un mot de cet aimable marin et nous le fasse quitter pour toujours sans nous apprendre ce qu'il est devenu#ad4 ,nous sentons bien que sa gaiet hbleuse et ses mlancolies aussi sont chez lui habitudes un peu dbrailles de journaliste4 ,mais nous lui passons tout cela1 nous faisons ce qu'il veut1 nous nous amusons quand il rentre tremp jusqu'aux os1 mourant de faim et de sommeil1 et nous nous attristons quand il rcapitule avec une tristesse de feuilletoniste les noms des hommes de sa gnration morts avant l'heure4 ,nous disions propos de lui que ses phrases dessinaient sa physionomie1 mais sans qu'il s'en doutt2 car si les mots sont choisis1 non par notre pense selon les affinits de son essence1 mais par notre dsir de nous peindre1 il reprsente ce dsir et ne nous reprsente pas4 ,fromentin1 ,musset1 malgr tous leurs dons1 parce qu'ils ont voulu laisser leur portrait la postrit1 l'ont peint fort mdiocre2 encore nous intressent-ils infiniment mme par l1 car leur chec est instructif4 ,de sorte que quand un livre n'est pas le miroir d'une individualit puissante1 il est encore le miroir de dfauts curieux de l'esprit4 ,penchs sur un livre de ,fromentin ou sur un livre de ,musset1 nous apercevons au fond du premier ce qu'il y a de court et de niais1 dans une certaine distinction1 au fond du second1 ce qu'il y a de vide dans l'loquence4 ,si le got des livres crot avec l'intelligence1 ses dangers1 nous l'avons vu1 diminuent avec elle4 ,un esprit original sait subordonner la lecture son activit personnelle4 ,elle n'est plus pour lui que la plus noble des distractions1 la plus ennoblissante surtout1 car1 seuls1 la lecture et le savoir donnent les belles manires de l'esprit4 ,la puissance de notre sensibilit et de notre intelligence1 nous ne pouvons la dvelopper qu'en nous-mmes1 dans les profondeurs de notre vie spirituelle4 ,mais c'est dans ce contact avec les autres esprits qu'est la lecture1 que se fait l'ducation des faons de l'esprit4 ,les lettrs restent1 malgr tout1 comme les gens de qualit de l'intelligence1 et ignorer certain livre1 certaine particularit de la science littraire1 restera toujours1 mme chez un homme de gnie1 une marque de roture intellectuelle4 ,la distinction et la noblesse consistent dans l'ordre de la pense aussi1 dans une sorte de franc-maonnerie d'usages1 et dans un hritage de traditions#ae4 ,trs vite1 dans ce got et ce divertissement de lire1 la prfrence des grands crivains va aux livres des anciens4 ,ceux mmes qui parurent leurs contemporains le plus romantiques ne lisaient gure que les classiques4 ,dans la conversation de ,victor ,hugo1 quand il parle de ses lectures1 ce sont les noms de ,molire1 d',horace1 d',ovide1 de ,regnard1 qui reviennent le plus souvent4 ,alphonse ,daudet1 le moins livresque des crivains1 dont l'uvre toute de modernit et de vie semble avoir rejet tout hritage classique1 lisait1 citait1 commentait sans cesse ,pascal1 ,montaigne1 ,diderot1 ,tacite#af4 ,on pourrait presque aller jusqu' dire1 renouvelant peut-tre1 par cette interprtation d'ailleurs toute partielle1 la vieille distinction entre classiques et romantiques1 que ce sont les publics 7les publics intelligents1 bien entendu7 qui sont romantiques1 tandis que les matres 7mme les matres dits romantiques1 les matres prfrs des publics romantiques7 sont classiques4 7,remarque qui pourrait s'tendre tous les arts4 ,le public va entendre la musique de ,m4 ,vincent d',indy1 ,m4 ,vincent d',indy relit celle de ,monsigny#ag4 ,le public va aux expositions de ,m4 ,vuillard et de ,m4 ,maurice ,denis cependant que ceux-ci vont au ,louvre47 ,cela tient sans doute ce que cette pense contemporaine que les crivains et les artistes originaux rendent accessible et dsirable au public1 fait dans une certaine mesure tellement partie d'eux-mmes qu'une pense diffrente les divertit mieux4 ,elle leur demande1 pour qu'ils aillent elle1 plus d'effort1 et leur donne aussi plus de plaisir2 on aime toujours un peu sortir de soi1 voyager1 quand on lit4 ,mais il est une autre cause laquelle je prfre1 pour finir1 attribuer cette prdilection des grands esprits pour les ouvrages anciens#ah4 ,c'est qu'ils n'ont pas seulement pour nous1 comme les ouvrages contemporains1 la beaut qu'y sut mettre l'esprit qui les cra4 ,ils en reoivent une autre plus mouvante encore1 de ce que leur matire mme1 j'entends la langue o ils furent crits1 est comme un miroir de la vie4 ,un peu du bonheur qu'on prouve se promener dans une ville comme ,beaune qui garde intact son hpital du ,x,ve sicle1 avec son puits1 son lavoir1 sa vote de charpente lambrisse et peinte1 son toit hauts pignons perc de lucarnes que couronnent de lgers pis en plomb martel 7toutes ces choses qu'une poque en disparaissant a comme oublies l1 toutes ces choses qui n'taient qu' elle1 puisque aucune des poques qui l'ont suivie n'en a vu natre de pareilles71 on ressent encore un peu de ce bonheur errer au milieu d'une tragdie de ,racine ou d'un volume de ,saint-,simon4 ,car ils contiennent toutes les belles formes de langage abolies qui gardent le souvenir d'usages ou de faons de sentir qui n'existent plus1 traces persistantes du pass quoi rien du prsent ne ressemble et dont le temps1 en passant sur elles1 a pu seul embellir encore la couleur4 ,une tragdie de ,racine1 un volume des ,mmoires de ,saint-,simon ressemblent de belles choses qui ne se font plus4 ,le langage dans lequel ils ont t sculpts par de grands artistes avec une libert qui en fait briller la douceur et saillir la force native1 nous meut comme la vue de certains marbres1 aujourd'hui inusits1 qu'employaient les ouvriers d'autrefois4 ,sans doute dans tel de ces vieux difices la pierre a fidlement gard la pense du sculpteur1 mais aussi1 grce au sculpteur1 la pierre1 d'une espce aujourd'hui inconnue1 nous a t conserve1 revtue de toutes les couleurs qu'il a su tirer d'elle1 faire apparatre1 harmoniser4 ,c'est bien la syntaxe vivante en ,france au ,x,v,i,ie sicle--et en elle des coutumes et un tour de pense disparus--que nous aimons trouver dans les vers de ,racine4 ,ce sont les formes mmes de cette syntaxe1 mises nu1 respectes embellies par son ciseau si franc et si dlicat1 qui nous meuvent dans ces tours de langage familiers jusqu' la singularit et jusqu' l'audace#ai et dont nous voyons1 dans les morceaux les plus doux et les plus tendres1 passer comme un trait rapide ou revenir en arrire en belles lignes brises1 le brusque dessin4 ,ce sont ces formes rvolues prises mme la vie du pass que nous allons visiter dans l'uvre de ,racine comme dans une cit ancienne et demeure intacte4 ,nous prouvons devant elles la mme motion que devant ces formes abolies1 elles aussi1 de l'architecture1 que nous ne pouvons plus admirer que dans les rares et magnifiques exemplaires que nous en a lgus le pass qui les faonna3 telles que les vieilles enceintes des villes1 les donjons et les tours1 les baptistres des glises2 telles qu'auprs du clotre1 ou sous le charnier de l',aitre1 le petit cimetire qui oublie au soleil1 sous ses papillons et ses fleurs1 la ,fontaine funraire et la ,lanterne des ,morts4 ,bien plus1 ce ne sont pas seulement les phrases qui dessinent nos yeux les formes de l'me ancienne4 ,entre les phrases--et je pense des livres trs antiques qui furent d'abord rcits1--dans l'intervalle qui les spare se tient encore aujourd'hui comme dans un hypoge inviol1 remplissant les interstices1 un silence bien des fois sculaire4 ,souvent dans l'vangile de saint ,luc1 rencontrant les deux points qui l'interrompent avant chacun des morceaux presque en forme de cantiques dont il est parsem#bj1 j'ai entendu le silence du fidle1 qui venait d'arrter sa lecture haute voix pour entonner les versets suivants#ba comme un psaume qui lui rappelait les psaumes plus anciens de la ,bible4 ,ce silence remplissait encore la pause de la phrase qui1 s'tant scinde pour l'enclore1 en avait gard la forme2 et plus d'une fois1 tandis que je lisais1 il m'apporta le parfum d'une rose que la brise entrant par la fentre ouverte avait rpandu dans la salle haute o se tenait l',assemble et qui ne s'tait pas vapor depuis dix-sept sicles4 ,que de fois1 dans la ,divine ,comdie1 dans ,shakespeare1 j'ai eu cette impression d'avoir devant moi1 insr dans l'heure prsente1 actuel1 un peu du pass1 cette impression de rve qu'on ressent ,venise sur la ,piazzetta1 devant ses deux colonnes de granit gris et rose qui portent sur leurs chapiteaux grecs1 l'une le ,lion de ,saint-,marc1 l'autre saint ,thodore foulant aux pieds le crocodile1--belles trangres venues d',orient sur la mer qu'elles regardent au loin et qui vient mourir leurs pieds1 et qui toutes deux1 sans comprendre les propos changs autour d'elles dans une langue qui n'est pas celle de leur pays1 sur cette place publique o brille encore leur sourire distrait1 continuent attarder au milieu de nous leurs jours du ,x,i,ie sicle qu'elles intercalent dans notre aujourd'hui4 ,oui1 en pleine place publique1 au milieu d'aujourd'hui dont il interrompt cet endroit l'empire1 un peu du ,x,i,ie sicle1 du ,x,i,ie sicle depuis si longtemps enfui1 se dresse en un double lan lger de granit rose4 ,tout autour1 les jours actuels1 les jours que nous vivons circulent1 se pressent en bourdonnant autour des colonnes1 mais l brusquement s'arrtent1 fuient comme des abeilles repousses2 car elles ne sont pas dans le prsent1 ces hautes et fines enclaves du pass1 mais dans un autre temps o il est interdit au prsent de pntrer4 ,autour des colonnes roses1 jaillies vers leurs larges chapiteaux1 les jours actuels se pressent et bourdonnent4 ,mais1 interposes entre eux1 elles les cartent1 rservant de toute leur mince paisseur la place inviolable du ,pass3--du ,pass familirement surgi au milieu du prsent1 avec cette couleur un peu irrelle des choses qu'une sorte d'illusion nous fait voir quelques pas1 et qui sont en ralit situes bien des sicles2 s'adressant dans tout son aspect un peu trop directement l'esprit1 l'exaltant un peu comme on ne saurait s'en tonner de la part du revenant d'un temps enseveli2 pourtant l1 au milieu de nous1 approch1 coudoy1 palp1 immobile1 au soleil4 ,,marcel ,,proust ,note #a3 ,je n'ai essay1 dans cette prface1 que de rflchir mon tour sur le mme sujet qu'avait trait ,ruskin dans les ,trsors des ,rois3 l'utilit de la ,lecture4 ,par l ces quelques pages o il n'est gure question de ,ruskin constituent cependant1 si l'on veut1 une sorte de critique indirecte de sa doctrine4 ,en exposant mes ides1 je me trouve involontairement les opposer d'avance aux siennes4 ,comme commentaire direct1 les notes que j'ai mises au bas de presque chaque page du texte de ,ruskin suffisaient4 ,je n'aurais donc rien ajouter ici si je ne tenais renouveler l'expression de ma reconnaissance mon amie ,mlle ,marie ,nordlinger qui1 tellement mieux occupe ces beaux travaux de ciselure o elle montre tant d'originalit et de matrise1 a bien voulu pourtant revoir de prs cette traduction1 souvent la rendre moins imparfaite4 ,je veux remercier aussi pour tous les prcieux renseignements qu'il a bien voulu me faire parvenir ,m4 ,charles ,newton ,scott1 le pote et l'rudit qui l'on doit ,l'glise et la piti envers les animaux et ,l'poque de ,marie-,antoinette1 deux livres charmants qui devraient tre plus connus en ,france1 pleins de savoir1 de sensibilit et d'esprit4 ,p4,s4--,cette traduction tait dj chez l'imprimeur quand a paru dans la magnifique dition anglaise 7,library ,edition7 des uvres de ,ruskin que publient chez ,allen ,,mm4 ,e4-,t4 ,cook et ,alexander ,wedderburn1 le tome contenant ,ssame et les ,lys 7au mois de juillet #aije74 ,je m'empressai de redemander mon manuscrit1 esprant complter quelques-unes de mes notes l'aide de celles de ,,mm4 ,cook et ,wedderburn4 ,malheureusement si cette dition m'a infiniment intress1 elle n'a pu autant que je l'aurais voulu me servir au point de vue de mon volume4 ,bien entendu la plupart des rfrences taient dj indiques dans mes notes4 ,la ,library ,edition m'en a cependant fourni quelques nouvelles4 ,je les ai fait suivre des mots nous dit la ,library ,edition1 ne lui ayant jamais emprunt un renseignement sans indiquer immdiatement d'o il m'tait venu4 ,quant aux rapprochements avec le reste de l'uvre de ,ruskin on remarquera que la ,library ,edition renvoie des textes dont je n'ai pas parl1 et que je renvoie des textes qu'elle ne mentionne pas4 ,ceux de mes lecteurs qui ne connaissent pas ma prface la ,bible d',amiens trouveront peut-tre que1 venant ici le second1 j'aurais d profiter des rfrences ruskiniennes de ,,mm4 ,cook et ,wedderburn4 ,les autres comprenant ce que je me propose dans ces ditions ne s'tonneront pas que je ne l'aie pas fait4 ,ces rapprochements tels que je les conois sont essentiellement individuels4 ,ils ne sont rien qu'un clair de la mmoire1 une lueur de la sensibilit qui clairent brusquement ensemble deux passages diffrents4 ,et ces clarts ne sont pas aussi fortuites qu'elles en ont l'air4 ,en ajouter d'artificielles1 qui ne seraient pas jaillies du plus profond de moi-mme fausserait la vue que j'essaye1 grce elles1 de donner de ,ruskin4 ,la ,library ,edition donne aussi de nombreux renseignements historiques et biographiques1 souvent d'un grand intrt4 ,on verra que j'en ai fait tat quand je l'ai pu1 rarement pourtant4 ,d'abord ils ne rpondaient pas absolument au but que je m'tais propos4 ,puis la ,library ,edition1 dition purement scientifique1 s'interdit tout commentaire sur le texte de ,ruskin1 ce qui lui laisse beaucoup de place pour tous ces documents nouveaux1 tous ces indits dont la mise au jour est vrai dire sa vritable raison d'tre4 ,je fais au contraire suivre le texte de ,ruskin d'un commentaire perptuel qui donne ce volume des proportions dj si considrables qu'y ajouter la reproduction d'indits1 de variantes1 etc41 l'aurait dplorablement surcharg4 7,j'ai d renoncer donner les ,prfaces de ,ssame1 et la #c;e ,confrence que ,ruskin ajouta plus tard aux deux primitives47 ,tout ceci dit pour m'excuser de n'avoir pu profiter davantage des notes de ,,mm4 ,cook et ,wedderburn et aussi pour tmoigner de mon admiration pour cette dition vraiment dfinitive de ,ruskin1 qui offrira tous les ,ruskiniens un si grand intrt4 ,note #b3 ,ce que nous appelions1 je ne sais pourquoi1 un village est un chef-lieu de canton auquel le ,guide ,joanne donne prs de #c4jjj habitants4 ,note #c3 ,j'avoue que certain emploi de l'imparfait de l'indicatif--de ce temps cruel qui nous prsente la vie comme quelque chose d'phmre la fois et de passif1 qui1 au moment mme o il retrace nos actions1 les frappe d'illusion1 les anantit dans le pass sans nous laisser comme le parfait1 la consolation de l'activit--est rest pour moi une source inpuisable de mystrieuses tristesses4 ,aujourd'hui encore je peux avoir pens pendant des heures la mort avec calme2 il me suffit d'ouvrir un volume des ,lundis de ,sainte-,beuve et d'y tomber par exemple sur cette phrase de ,lamartine 7il s'agit de ,mme d',albany73 ,rien ne rappelait en elle cette poque444 ,c'tait une petite femme dont la taille un peu affaisse sous son poids avait perdu1 etc4 pour me sentir aussitt envahi par la plus profonde mlancolie4--,dans les romans1 l'intention de faire de la peine est si visible chez l'auteur qu'on se raidit un peu plus4 ,note #d3 ,on peut l'essayer1 par une sorte de dtour1 pour les livres qui ne sont pas d'imagination pure et o il y a un substratum historique4 ,balzac1 par exemple1 dont l'uvre en quelque sorte impure est mle d'esprit et de ralit trop peu transforme1 se prte parfois singulirement ce genre de lecture4 ,ou du moins il a trouv le plus admirable de ces lecteurs historiques en ,m4 ,albert ,sorel qui a crit sur une ,tnbreuse ,affaire et sur l',envers de l',histoire ,contemporaine d'incomparables essais4 ,combien la lecture1 au reste1 cette jouissance la fois ardente et rassise1 semble bien convenir ,m4 ,sorel1 cet esprit chercheur1 ce corps calme et puissant1 la lecture1 pendant laquelle les mille sensations de posie et de bien-tre confus qui s'envolent avec allgresse du fond de la bonne sant viennent composer autour de la rverie du lecteur un plaisir doux et dor comme le miel4--,cet art d'ailleurs d'enfermer tant d'originales et fortes mditations dans une lecture1 ce n'est pas qu' propos d'uvres demi historiques que ,m4 ,sorel l'a port cette perfection4 ,je me souviendrai toujours--et avec quelle reconnaissance--que la traduction de la ,bible d',amiens a t pour lui le sujet des plus puissantes pages peut-tre qu'il ait jamais crites4 ,note #e3 ,cet ouvrage fut ensuite augment par l'addition aux deux premires confrences d'une troisime3 ,the ,mystery of ,life and its ,arts4 ,les ditions populaires continurent ne contenir que des ,trsors des ,rois et des ,jardins des ,reines4 ,nous n'avons traduit1 dans le prsent volume1 que ces deux confrences2 et sans les faire prcder d'aucune des prfaces que ,ruskin crivit pour ,ssame et les ,lys4 ,les dimensions de ce volume et l'abondance de notre propre ,commentaire ne nous ont pas permis de mieux faire4 ,sauf pour quatre d'entre elles 7,smith1 ,elder et ,c7 les nombreuses ditions de ,ssame et les ,lys ont toutes paru chez ,georges ,allen1 l'illustre diteur de toute l'uvre de ,ruskin1 le matre de ,ruskin ,house4 ,note #f3 ,ssame et les ,lys1 ,des ,trsors des ,rois1 #f4 ,note #g3 ,en ralit1 cette phrase ne se trouve pas1 au moins sous cette forme1 dans le ,capitaine ,fracasse4 ,au lieu de ainsi qu'il appert en l',odysse d',homerus1 pote grgeois1 il y a simplement suivant ,homerus4 ,mais comme les expressions il appert d',homerus1 il appert de l',odysse1 qui se trouvent ailleurs dans le mme ouvrage1 me donnaient un plaisir de mme qualit1 je me suis permis1 pour que l'exemple ft plus frappant pour le lecteur1 de fondre toutes ces beauts en une1 aujourd'hui que je n'ai plus pour elles1 vrai dire1 de respect religieux4 ,ailleurs encore dans le ,capitaine ,fracasse1 ,homerus est qualifi de pote grgeois1 et je ne doute pas que cela aussi m'enchantt4 ,toutefois1 je ne suis plus capable de retrouver avec assez d'exactitude ces joies oublies pour tre assur que je n'ai pas forc la note et dpass la mesure en accumulant en une seule phrase tant de merveilles6 ,je ne le crois pas pourtant4 ,et je pense avec regret que l'exaltation avec laquelle je rptais la phrase du ,capitaine ,fracasse aux iris et aux pervenches penchs au bord de la rivire1 en pitinant les cailloux de l'alle1 aurait t plus dlicieuse encore si j'avais pu trouver en une seule phrase de ,gautier tant de ses charmes que mon propre artifice runit aujourd'hui1 sans parvenir1 hlas6 me donner aucun plaisir4 ,note #h3 ,je la sens en germe chez ,fontanes1 dont ,sainte-,beuve a dit3 ,ce ct picurien tait bien fort chez lui444 sans ces habitudes un peu matrielles1 ,fontanes avec son talent aurait produit bien davantage444 et des uvres plus durables4 ,notez que l'impuissant prtend toujours qu'il ne l'est pas4 ,fontanes dit3 ,je perds mon temps s'il faut les croire1 ,eux seuls du sicle sont l'honneur et assure qu'il travaille beaucoup4 ,le cas de ,coleridge est dj plus pathologique4 ,aucun homme de son temps1 ni peut-tre d'aucun temps1 dit ,carpenter 7cit par ,m4 ,ribot dans son beau livre sur les ,maladies de la ,volont71 n'a runi plus que ,coleridge la puissance du raisonnement du philosophe1 l'imagination du pote1 etc4 ,et pourtant1 il n'y a personne qui1 tant dou d'aussi remarquables talents1 en ait tirs si peu2 le grand dfaut de son caractre tait le manque de volont pour mettre ses dons naturels profit1 si bien qu'ayant toujours flottant dans l'esprit de gigantesques projets1 il n'a jamais essay srieusement d'en excuter un seul4 ,ainsi1 ds le dbut de sa carrire1 il trouva un libraire gnreux qui lui promit trente guines pour des pomes qu'il avait rcits1 etc4 ,il prfra venir toutes les semaines mendier sans fournir une seule ligne de ce pome qu'il n'aurait eu qu' crire pour se librer4 ,note #i3 ,je n'ai pas besoin de dire qu'il serait inutile de chercher ce couvent prs d',utrecht et que tout ce morceau est de pure imagination4 ,il m'a pourtant t suggr par les lignes suivantes de ,m4 ,lon ,sch dans son ouvrage sur ,sainte-,beuve3 ,il 7,sainte-,beuve7 s'avisa un jour1 pendant qu'il tait ,lige1 de prendre langue avec la petite glise d',utrecht4 ,c'tait un peu tard1 mais ,utrecht tait bien loin de ,paris et je ne sais pas si ,volupt aurait suffi lui ouvrir deux battants les archives d',amersfoort4 ,j'en doute un peu1 car mme aprs les deux premiers volumes de son ,port-,royal1 le pieux savant qui avait alors la garde de ces archives1 etc4 ,sainte-,beuve obtint avec peine du bon ,m4 ,karsten la permission d'entre-biller certains cartons444 ,ouvrez la deuxime dition de ,port-,royal et vous verrez la reconnaissance que ,sainte-,beuve tmoigna ,m4 ,karsten 7,lon ,sch1 ,sainte-,beuve1 tome ,i1 pages #bbi et suivantes74 ,quand aux dtails du voyage1 ils reposent tous sur des impressions vraies4 ,je ne sais si on passe par ,dordrecht pour aller ,utrecht1 mais c'est bien telle que je l'ai vue que j'ai dcrit ,dordrecht4 ,ce n'est pas en allant ,utrecht1 mais ,vollendam1 que j'ai voyag en coche d'eau1 entre les roseaux4 ,le canal que j'ai plac ,utrecht est ,delft4 ,j'ai vu l'hpital de ,beaune un ,van der ,weyden1 et des religieuses d'un ordre venu1 je crois1 des ,flandres1 qui portent encore la mme coiffe non que dans le ,roger van der ,weyden1 mais que dans d'autres tableaux vus en ,hollande4 ,note #aj3 ,le snobisme pur est plus innocent4 ,se plaire dans la socit de quelqu'un parce qu'il a eu un anctre aux croisades1 c'est de la vanit1 l'intelligence n'a rien voir cela4 ,mais se plaire dans la socit de quelqu'un parce que le nom de son grand-pre se retrouve souvent dans ,alfred de ,vigny ou dans ,chateaubriand1 ou 7sduction vraiment irrsistible pour moi1 je l'avoue7 avoir le blason de sa famille 7il s'agit d'une femme bien digne d'tre admire sans cela7 dans la grande ,rose de ,notre-,dame d',amiens1 voil ou le pch intellectuel commence4 ,je l'ai du reste analys trop longuement ailleurs1 quoiqu'il me reste beaucoup en dire1 pour avoir y insister autrement ici4 ,note #aa3 ,paul ,stapfer3 ,souvenirs sur ,victor ,hugo1 parus dans la ,revue de ,paris4 ,note #ab3 ,schopenhauer1 le ,monde comme ,reprsentation et comme ,volont 7chapitre de la ,vanit et des ,souffrances de la ,vie74 ,note #ac3 ,je regrette d'avoir pass par ,chartres sans avoir pu voir la cathdrale4 7,voyage en ,espagne1 p4 #b47 ,note #ad3 ,il devint1 me dit-on1 le clbre amiral de ,tinan1 pre de ,mme ,pochet de ,tinan1 dont le nom est rest cher aux artistes1 et le grand-pre du brillant officier de cavalerie4--,c'est lui aussi1 je pense1 qui devant ,gate1 assura quelque temps le ravitaillement et les communications de ,franois ,,ii et de la reine de ,naples4 ,voir ,pierre de la ,gorce1 ,histoire du second ,empire4 ,note #ae3 ,la distinction vraie1 du reste1 feint toujours de ne s'adresser qu' des personnes distingues qui connaissent les mmes usages1 et elle n'explique pas4 ,un livre d',anatole ,france sous-entend une foule de connaissances rudites1 renferme de perptuelles allusions que le vulgaire n'y aperoit pas et qui en font1 en dehors de ses autres beauts1 l'incomparable noblesse4 ,note #af3 ,c'est pour cela sans doute que souvent1 quand un grand crivain fait de la critique1 il parle beaucoup des ditions qu'on donne d'ouvrages anciens1 et trs peu des livres contemporains4 ,exemple les ,lundis de ,sainte-,beuve et la ,vie littraire d',anatole ,france4 ,mais tandis que ,m4 ,anatole ,france juge merveille ses contemporains1 on peut dire que ,sainte-,beuve a mconnu tous les grands crivains de son temps4 ,et qu'on n'objecte pas qu'il tait aveugl par des haines personnelles4 ,aprs avoir incroyablement rabaiss le romancier chez ,stendhal1 il clbre1 en manire de compensation1 la modestie1 les procds dlicats de l'homme1 comme s'il n'y avait rien d'autre de favorable en dire6 ,cette ccit de ,sainte-,beuve1 en ce qui concerne son poque1 contraste singulirement avec ses prtentions la clairvoyance1 la prescience4 ,tout le monde est fort1 dit-il1 dans ,chateaubriand et son groupe littraire1 prononcer sur ,racine et ,bossuet444 ,mais la sagacit du juge1 la perspicacit du critique1 se prouve surtout sur des crits neufs1 non encore essays du public4 ,juger premire vue1 deviner1 devancer1 voil le don critique4 ,combien peu le possdent4 ,note #ag3 ,et1 rciproquement1 les classiques n'ont pas de meilleurs commentateurs que les romantiques4 ,seuls1 en effet1 les romantiques savent lire les ouvrages classiques1 parce qu'ils les lisent comme ils ont t crits1 romantiquement1 parce que1 pour bien lire un pote ou un prosateur1 il faut tre soi-mme1 non pas rudit1 mais pote ou prosateur4 ,cela est vrai pour les ouvrages les moins romantiques4 ,les beaux vers de ,boileau1 ce ne sont pas les professeurs de rhtorique qui nous les ont signals1 c'est ,victor ,hugo3 ,et dans quatre mouchoirs de sa beaut salis ,envoie au blanchisseur ses roses et ses lys4 ,c'est ,m4 ,anatole ,france3 ,l'ignorance et l'erreur ses naissantes pices ,en habits de marquis1 en robes de comtesses4 ,le dernier numro de la ,renaissance latine 7#ae mai #aije7 me permet1 au moment o je corrige ces preuves1 d'tendre1 par un nouvel exemple1 cette remarque aux beaux-arts4 ,elle nous montre1 en effet1 dans ,m4 ,rodin 7article de ,m4 ,mauclair7 le vritable commentateur de la statuaire grecque4 ,note #ah3 ,prdilection qu'eux-mmes croient gnralement fortuite2 ils supposent que les plus beaux livres se trouvent par hasard avoir t crits par les auteurs anciens2 et sans doute cela peut arriver puisque les livres anciens que nous lisons sont choisis dans le pass tout entier1 si vaste auprs de l'poque contemporaine4 ,mais une raison en quelque sorte accidentelle ne peut suffire expliquer une attitude d'esprit si gnrale4 ,note #ai3 ,je crois par exemple que le charme qu'on a l'habitude de trouver ces vers d',andromaque3 ,pourquoi l'assassiner8 ,qu'a-t-il fait8 quel titre8 ,qui te l'a dit8 vient prcisment de ce que le lien habituel de la syntaxe est volontairement rompu4 quel titre8 se rapporte non pas ,qu'a-t-il fait8 qui le prcde immdiatement1 mais ,pourquoi l'assassiner8 ,et ,qui te l'a dit8 se rapporte aussi assassiner4 7,on peut1 se rappelant un autre vers d',andromaque3 ,qui vous l'a dit1 seigneur1 qu'il me mprise8 supposer que ,qui te l'a dit8 est pour ,qui te la dit1 de l'assassiner874 ,zigzags de l'expression 7la ligne rcurrente et brise dont je parle ci-dessus7 qui ne laissent pas d'obscurcir un peu le sens1 si bien que j'ai entendu une grande actrice plus soucieuse de la clart du discours que de l'exactitude de la prosodie dire carrment3 ,pourquoi l'assassiner8 quel titre8 ,qu'a-t-il fait8 ,les plus clbres vers de ,racine le sont en ralit parce qu'ils charment ainsi par quelque audace familire de langage jete comme un pont hardi entre deux rives de douceur4 ,je t'aimais inconstant1 qu'aurais-je fait fidle4 ,et quel plaisir cause la belle rencontre de ces expressions dont la simplicit presque commune donne au sens1 comme certains visages dans ,mantegna1 une si douce plnitude1 de si belles couleurs3 ,et dans un fol amour ma jeunesse embarque444 ,runissons trois curs qui n'ont pu s'accorder4 ,et c'est pourquoi il convient de lire les crivains classiques dans le texte1 et non de se contenter de morceaux choisis4 ,les pages illustres des crivains sont souvent celles o cette contexture intime de leur langage est dissimule par la beaut1 d'un caractre presque universel1 du morceau4 ,je ne crois pas que l'essence particulire de la musique de ,glck se trahisse autant dans tel air sublime que dans telle cadence de ses rcitatifs o l'harmonie est comme le son mme de la voix de son gnie quand elle retombe sur une intonation involontaire o est marque toute sa gravit nave et sa distinction1 chaque fois qu'on l'entend pour ainsi dire reprendre haleine4 ,qui a vu des photographies de ,saint-,marc de ,venise peut croire 7et je ne parle pourtant que de l'extrieur du monument7 qu'il a une ide de cette glise coupoles1 alors que c'est seulement en approchant1 jusqu' pouvoir les toucher avec la main1 le rideau diapr de ces colonnes riantes1 c'est seulement en voyant la puissance trange et grave qui enroule des feuilles ou perche des oiseaux dans ces chapiteaux qu'on ne peut distinguer que de prs1 c'est seulement en ayant sur la place mme l'impression de ce monument bas1 tout on longueur de faade1 avec ses mts fleuris et son dcor de fte1 son aspect de palais d'exposition1 qu'on sent clater dans ces traits significatifs mais accessoires et qu'aucune photographie ne retient1 sa vritable et complexe individualit4 ,note #bj3 ,et ,marie dit3 ,mon me exalte le ,seigneur et se rjouit en ,dieu mon ,sauveur1 etc4-- ,zacharie son pre fut rempli du ,saint ,esprit et il prophtisa en ces mots3 ,bni soit le ,seigneur1 le ,dieu d',isral de ce qu'il a rachet1 etc444 ,il la reut dans ses bras1 bnit ,dieu et dit3 ,maintenant1 ,seigneur1 tu laisses ton serviteur s'en aller en paix444 ,note #ba3 vrai dire aucun tmoignage positif ne me permet d'affirmer que dans ces lectures le rcitant chantt les sortes de psaumes que saint ,luc a introduits dans son vangile4 ,mais il me semble que cela ressort suffisamment du rapprochement de diffrents passages de ,renan et notamment de saint ,paul1 pp4 #beg et suiv42 les ,aptres1 pp4 #ii et #ajj1 ,marc-,aurle1 pp4 #ejb1 #ejc1 etc4 ,,premi,,re ,,conf,,rence ,s,,same ,,des ,,tr,,sors ,,des ,,rois ,m4 ,reynaldo ,hahn1 l'auteur des ,muses pleurant la mort de ,ruskin1 cette traduction est ddie en tmoignage de mon admiration et de mon amiti4 ,m4 ,p4 ,,premi,,re ,,conf,,rence ,s,,same ,,des ,,tr,,sors ,,des ,,rois ,vous aurez chacun un gteau de ,ssame et dix livres4 ,,lucien3 ,le ,pcheur#bb4 #a4 ,mon premier devoir ce soir est de vous demander pardon de l'ambiguit du titre sous lequel le sujet de la confrence a t annonc3 car en ralit je ne vais parler ni de rois1 connus comme rgnant1 ni de trsors conus comme contenant la richesse1 mais d'un tout autre ordre de royaut et d'une autre sorte de richesses que celles ordinairement reconnues4 ,j'avais mme l'intention de vous demander de m'accorder votre attention1 pendant quelque temps1 de confiance1 et 7comme on le machine quelquefois quand on emmne un ami pour lui faire voir dans la nature un site favori7 de cacher ce que je dsirais le plus montrer avec l'imparfait degr d'artifice dont je suis capable jusqu' ce que1 au moment o vous vous y attendiez le moins1 nous ayons atteint le meilleur point de vue par des sentiers dtourns4 ,mais comme aussi j'ai entendu dire par des hommes exercs parler en public1 que les auditeurs ne sont jamais si fatigus que par l'effort qu'ils font pour suivre un orateur qui ne leur laisse pas entrevoir son but1 j'enlverai de suite le lger masque1 et vous dirai franchement que je veux vous entretenir des trsors cachs dans les livres2 de la manire dont nous les dcouvrons ou dont nous les laissons chapper4 ,un grand sujet1 direz-vous1 et vaste6 ,oui2 si vaste que je n'essaierai pas d'en mesurer l'tendue2 j'essaierai seulement de vous prsenter quelques rflexions sur la lecture qui s'emparent de moi chaque jour plus profondment#bc1 comme j'observe la marche de l'esprit public par rapport nos moyens d'ducation plus larges de jour en jour2 et l'extension croissante que prend en consquence l'irrigation1 par la littrature1 des couches les plus basses4 #b4 ,il se trouve que j'ai professionnellement quelques rapports avec des coles pour jeunes gens de diffrentes classes sociales et je reois beaucoup de lettres de parents relatives l'ducation de leurs enfants4 ,dans la masse de ces lettres je suis toujours frapp de voir l'ide de une position dans la vie prendre le pas sur toutes les autres proccupations dans l'esprit des parents1 plus spcialement des mres4 ,l'ducation convenant telle et telle condition sociale1 telle est la phrase1 tel est le but1 toujours4 ,ils ne cherchent jamais1 si je comprends bien1 une ducation bonne en elle-mme2--mme la conception d'une excellence abstraite dans l'ducation semble rarement atteinte par les correspondants4 ,mais une ducation qui maintiendra un bon vtement sur le dos de mon fils1 qui le rendra capable de sonner avec confiance la sonnette du visiteur aux portes doubles sonnettes2 qui aura pour rsultat dfinitif l'tablissement d'une porte double sonnette dans sa propre maison2 en un mot qui le conduira l'avancement dans la vie1 voil pourquoi nous prions genoux1 et ceci est tout ce pour quoi nous prions4 ,il ne parat jamais venir l'esprit des parents qu'il puisse exister une ducation qui1 par elle-mme1 soit un avancement dans la vie2 que toute autre que celle-l peut tre un avancement dans la mort2 et que cette ducation essentielle peut tre plus facilement acquise ou donne qu'ils ne le supposent s'ils s'y prennent bien2 tandis qu'elle ne peut tre acquise aucun prix et par aucune faveur s'ils s'y prennent mal4 #c4 ,en ralit1 parmi les ides aujourd'hui prvalentes et d'une puissance effective sur l'esprit de ce plus actif des pays1 je crois que la premire1 au moins celle qui est avoue avec la plus grande franchise1 et mise en avant comme le meilleur stimulant pour l'effort de la jeunesse est celle de l',avancement dans la vie4 ,puis-je vous demander de considrer avec moi ce que cette ide contient1 en fait1 et ce qu'elle devrait contenir8 ,en fait1 prsent1 ,avancement dans la vie veut dire1 se mettre en vidence dans la vie2 obtenir une position qui sera reconnue par les autres respectable et honorable#bd4 ,nous n'entendons pas par cet avancement1 en gnral1 le simple acqurir de l'argent1 mais qu'on sache que nous en avons acquis2 non pas l'accomplissement d'aucune grande chose1 mais qu'on voie que nous l'avons accomplie4 ,en un mot nous cherchons la satisfaction de notre soif de l'applaudissement4 ,cette soif1 si elle est la dernire infirmit de nobles esprits1 est aussi la premire infirmit des esprits faibles#be2 et au total l'influence impulsive la plus puissante sur la moyenne de l'humanit2 les plus grands efforts de la race ayant toujours pu tre attribus l'amour de la louange1 comme ses plus grands dsastres l'amour du plaisir#bf4 #d4 ,je ne compte ni critiquer ni dfendre cette force d'impulsion4 ,je veux seulement que vous sentiez combien elle est la racine de l'effort2 spcialement de tout effort moderne#bg4 ,c'est la satisfaction de la vanit qui est pour nous le stimulant du travail et le baume du repos2 elle touche de si prs aux sources mme de la vie que la blessure de notre vanit est toujours dite et bon droit1 dans sa mesure1 mortelle2 nous l'appelons mortification1 employant la mme expression que nous appliquerions un mal physique gangrneux et incurable4 ,et quoique peu d'entre nous soient assez mdecins pour reconnatre les effets de cette passion sur la sant et l'nergie1 je crois que la plupart des hommes honntes connaissent et reconnatraient l'instant sa puissance directrice sur eux comme mobile4 ,le marin ne dsire gnralement pas tre fait capitaine seulement parce qu'il peut gouverner le bateau mieux qu'aucun autre matelot bord4 ,il dsire tre fait capitaine pour pouvoir tre appel capitaine4 ,le clergyman ne dsire habituellement pas tre fait vque parce qu'il croit qu'aucune autre main ne peut aussi fermement que la sienne diriger le diocse travers les difficults4 ,il veut tre fait vque1 avant tout pour tre appel ,monseigneur#bh4 ,et un prince ne dsire ordinairement pas agrandir1 ou un sujet conqurir un royaume parce qu'il croit que personne d'autre ne peut servir l'tat aussi bien sur le trne1 mais1 simplement1 parce qu'il dsire tre appel ,votre ,majest1 par autant de lvres qu'on peut en amener profrer cette expression4 #e4 ,ceci donc tant l'ide principale de l'avancement dans la vie1 sa force s'applique pour nous tous1 selon notre condition1 particulirement ce second rsultat d'un tel avancement que nous appelons aller dans la bonne socit4 ,nous voulons aller dans la bonne socit non pour la voir1 mais pour y tre vu1 et notre notion de sa bont repose en premier lieu sur son clat4 ,voulez-vous me pardonner si je m'arrte un instant pour poser ce que je crains que vous n'appeliez une question impertinente8 ,je ne poursuis jamais une confrence si je ne sens pas1 ou ne sais pas1 si mon auditoire est avec moi ou contre moi2 cela m'est assez gal que ce soit l'un ou l'autre1 au dbut1 mais encore ai-je besoin de le savoir2 et j'aimerais dcouvrir en cet instant si vous tes d'avis que je place les mobiles gnraux de l'action trop bas4 ,je suis rsolu1 ce soir1 les placer assez bas pour qu'ils soient accepts comme probables2 car toutes les fois que1 dans mes crits sur l'conomie ,politique1 je suppose qu'un peu d'honntet1 ou de gnrosit1 ou de ce qu'on a coutume d'appeler vertu peut tre pris pour base d'un motif humain d'action1 les gens me rpondent toujours3 ,vous ne devez pas tabler l-dessus1 ce n'est pas dans la nature humaine3 vous ne devriez rien admettre de commun aux hommes que le dsir d'acqurir et l'envie2 aucun autre sentiment n'a d'influence sur eux qu'accidentellement ou dans des matires qui ne relvent pas des affaires4 ,aussi ce soir je commence bas dans l'chelle des motifs2 mais il faut que je sache si vous trouvez que j'ai raison de faire ainsi4 ,par consquent laissez-moi demander ceux qui accordent que l'amour de la louange est ordinairement dans l'esprit des hommes le motif le plus puissant de rechercher l'avancement1 et le dsir honnte d'accomplir un devoir quelconque un motif tout fait secondaire1 de lever les mains4 7,environ une dizaine de mains se lvent1 l'auditoire en partie n'tant pas sr que le confrencier soit srieux1 et en partie intimide d'avoir affirmer une opinion47 ,je suis trs srieux1 j'ai rellement besoin de savoir ce que vous pensez1 toutefois je pourrai m'en rendre compte en posant la question inverse4 ,ceux qui pensent que le devoir est gnralement le premier mobile et la louange le second veulent-ils lever les mains8 7,on assure qu'une main s'est leve derrire le confrencier47 ,trs bien2 je vois que vous m'approuvez1 et que vous ne trouvez pas que j'aie plac mon point de dpart trop bas4 ,maintenant1 sans vous tourmenter par de nouvelles questions1 je me risque supposer que vous admettez du moins le devoir comme un mobile secondaire ou tertiaire4 ,vous pensez que le dsir de faire quelque chose d'utile1 ou d'obtenir quelque bien rel est en effet une ide existante collatrale 7quoique secondaire7 au dsir d'avancement de la plupart des hommes4 ,vous accorderez que des hommes moyennement honntes dsirent une place et une fonction1 du moins dans une certaine mesure1 pour l'amour d'une influence bienfaisante#bi2 et aimeraient frquenter plutt des gens senss et instruits que des fous et des ignorants1 qu'ils dussent ou non tre vus avec eux#cj--2 et finalement1 sans vous ennuyer vous rpter les truismes courants sur le prix des amitis1 et l'influence des frquentations1 vous admettrez sans doute que nos amis peuvent tre sincres et nos compagnons sages1 et que seront en proportion du srieux et du discernement avec lesquels nous choisirons les uns et les autres1 nos chances gnrales d'tre heureux et utiles4 #f4 ,mais en supposant que nous ayons la volont et l'intelligence de bien choisir nos amis1 combien peu d'entre nous en ont le pouvoir6 ,ou du moins combien est limite pour la plupart la sphre de ce choix#ca6 peu prs toutes nos liaisons sont dtermines par le hasard ou la ncessit2 et restreintes un cercle troit4 ,nous ne pouvons pas connaitre qui nous voudrions2 et ceux que nous connaissons1 nous ne pouvons pas les avoir ct de nous1 quand nous aurions le plus besoin d'eux4 ,un cercle de l'intelligence humaine n'est jamais ouvert que momentanment et partiellement ceux qui sont au-dessous4 ,nous pouvons1 par une bonne fortune1 entrevoir un grand pote1 et entendre le son de sa voix1 ou poser une question un homme de science qui nous rpondra aimablement4 ,nous pouvons usurper dix minutes d'entretien dans le cabinet d'un ,ministre1 et obtenir des rponses pires que le silence1 tant trompeuses1 ou attraper une ou deux fois dans notre vie le privilge de jeter un bouquet sur le chemin d'une princesse ou d'arrter le regard bienveillant d'une reine4 ,et pourtant ces hasards fugitifs1 nous les convoitons2 nous dpensons nos annes1 nos passions et nos facults la poursuite d'un peu moins que cela1 tandis que durant ce temps1 il y a une socit qui nous est continuellement ouverte1 de gens qui nous parleraient aussi longtemps que nous le souhaiterions1 quels que soient notre rang et notre mtier2 nous parleraient dans les termes les meilleurs qu'ils puissent choisir1 et des choses les plus proches de leur cur4 ,et cette socit1 parce qu'elle est si nombreuse et si douce et que nous pouvons la faire attendre prs de nous toute une journe 7rois et hommes d'tat attendant patiemment non pour accorder une audience1 mais pour l'obtenir7 dans ces antichambres troites et simplement meubles1 les rayons de nos bibliothques1 nous ne tenons aucun compte d'elle2 peut-tre dans toute la journe n'coutons-nous jamais un seul mot de ce qu'elle aurait nous dire6 #g4 ,vous me direz peut-tre1 ou vous penserez part vous1 que l'apathie avec laquelle nous regardons cette socit des nobles qui nous prient de les couter et la passion avec laquelle nous poursuivons la compagnie des ignobles1 probablement1 qui nous mprisent ou qui n'ont rien nous enseigner1 sont fondes sur ceci--que nous pouvons voir les visages des hommes vivants et que c'est d'eux1 et non de leurs dires1 que nous recherchons l'intimit4 ,mais il n'en est pas ainsi4 ,supposez que vous ne deviez jamais voir leurs visages1--supposez que vous soyez plac derrire un paravent dans le cabinet de l'homme d'tat ou dans la chambre du ,prince1 ne seriez-vous pas content d'couter leurs paroles1 bien qu'il vous ft dfendu de vous avancer hors du paravent8 ,et quand le paravent est seulement de plus petite dimension1 pli en deux au lieu d'tre pli en quatre1 et que vous pouvez tre cach derrire la couverture des deux cartons qui relient un livre1 et couter toute la journe non la conversation accidentelle1 mais les discours rflchis1 voulus1 choisis1 des plus sages parmi les hommes1 cette vritable audience1 cet honorable conseil priv1 vous les mprisez6 #h4 ,mais peut-tre direz-vous que c'est parce que les gens vivants parlent de ce qui se passe et qui est pour vous d'un intrt immdiat1 que vous dsirez les entendre4 ,non2 cela ne peut tre ainsi1 car les gens vivants eux-mmes vous parleront beaucoup mieux des sujets actuels dans leurs crits que dans le nglig de la causerie4 ,mais j'admets que ce motif vous influence dans la limite o vous prfrez les crits rapides et phmres aux crits lents et durables1 aux livres proprement dits4 ,car tous les livres peuvent se diviser en deux classes3 les livres du moment et les livres pour tous les temps4 ,notez cette distinction3 elle ne concerne pas seulement la qualit4 ,ce n'est pas simplement le mauvais livre qui ne dure pas1 et le bon qui dure4 ,c'est une distinction de genres4 ,il y a de bons livres du moment et de bons livres pour tous les temps2 il y a de mauvais livres du moment et de mauvais pour tous les temps4 ,je dois dfinir ces deux sortes de livres avant d'aller plus loin4 #i4 ,le bon livre du moment1 donc1--je ne parle pas des mauvais--est simplement l'entretien utile ou agrable de quelque personne avec laquelle vous ne pouvez converser autrement1 imprim pour vous4 ,souvent trs utile1 vous disant ce que vous avez besoin de savoir1 souvent trs agrable comme l'entretien d'un ami intelligent qui serait l4 ,ces brillants rcits de voyages1 ces publications o une question est discute avec bonne humeur et esprit2 ces narrations vivantes et pathtiques sous la forme de roman1 ces rcits documents d'histoire contemporaine crits par ceux qui y ont jou un rle effectif1 tous ces livres du moment1 multiplis parmi nous mesure que l'ducation se rpand davantage1 appartiennent en propre au prsent2 nous devrions leur tre trs reconnaissants et tre tout honteux de nous-mme si nous n'en faisons pas un bon usage4 ,mais nous en faisons le pire usage si nous leur permettons d'usurper la place des vrais livres2 car1 strictement parlant1 ils ne sont pas du tout des livres1 mais simplement des lettres ou des journaux mieux imprims4 ,la lettre de notre ami peut tre dlicieuse ou ncessaire aujourd'hui2 si elle vaut d'tre garde ou non est considrer4 ,le journal peut venir absolument point l'heure du djeuner1 mais assurment ce n'est pas une lecture pour toute la journe4 ,aussi1 mme relie en volume1 la longue lettre qui vous donne tant de dtails agrables sur les auberges et les routes1 et le temps qu'il faisait l'an dernier dans tel lieu1 ou qui vous raconte cette amusante histoire1 ou vous donne les circonstances vraies de tels ou tels vnements historiques1 peut1 bien qu'il puisse tre prcieux d'y recourir l'occasion1 ne pas tre du tout1 dans le vrai sens du mot1 un livre1 ni1 encore1 dans le vrai sens du mot1 lire4 ,un livre est essentiellement une chose non parle1 mais crite#cb1 et crite dans un but non de simple communication1 mais de permanence4--,le livre-causerie est imprim seulement parce que l'auteur ne peut pas parler un millier de personnes la fois2 s'il le pouvait il le ferait2 le volume n'est que la multiplication de sa voix4 ,vous ne pouvez vous entretenir avec votre ami dans l',inde4 ,si vous le pouviez1 vous le feriez2 au lieu de cela1 vous crivez1 c'est simplement la transmission de la voix4 ,mais un livre est crit non pour multiplier simplement la voix1 non pour la transporter1 simplement1 mais pour la perptuer#cc4 ,l'auteur a quelque chose dire dont il peroit la vrit ou la beaut secourable4 ,autant qu'il sache1 personne ne l'a encore dit2 autant qu'il sache1 personne d'autre ne peut le dire4 ,il est oblig le dire1 clairement et mlodieusement s'il le peut1 clairement en tous cas4 ,dans l'ensemble de sa vie il sent que ceci est la chose1 ou le groupe de choses qui est rel pour lui2 ceci est le fragment de connaissance vritable ou vision1 que sa part de la lumire du soleil1 son lot sur la terre lui ont permis de saisir4 ,il voudrait le fixer pour toujours#cd1 le graver sur le rocher s'il le pouvait1 en disant3 ,ceci est le meilleur de moi2 pour le reste1 j'ai mang et dormi1 aim et ha comme un autre1 ma vie fut comme une vapeur#ce1 et n'est pas1 mais ceci je le vis et le connus2 ceci1 si quelque chose de moi l'est1 est digne de votre souvenir4 ,ceci est son crit1 c'est dans sa petite capacit d'homme et quel que soit le degr d'inspiration vritable qui est en lui1 son inscription ou criture4 ,ceci est un ,livre4 #aj4 ,peut-tre pensez-vous qu'aucun livre n'a jamais t crit ainsi8 ,mais de nouveau je vous demande3 croyez-vous tant soit peu l'honntet1 ou estimez-vous qu'il n'y ait jamais aucune honntet ni bont dans un homme sage8 ,aucun de nous1 j'espre1 n'est assez malheureux pour penser cela4 ,eh bien1 toute parcelle de l'uvre d'un homme sage qui est faite honntement et avec bont1 cette parcelle est son livre ou son morceau d'art4 ,il est toujours ml de mauvais fragments1 de travail mal fait1 redondant1 affect4 ,mais si vous lisez bien1 vous dcouvrirez facilement les parties vraies1 et celles-ci sont le livre#cf4 #aa4 ,eh bien1 des livres de cette espce ont t crits toutes les poques1 par leurs plus grands hommes#cg--par de grands lettrs1 de grands hommes d'tat et de grands penseurs4 ,tous sont votre disposition et la ,vie est courte4 ,vous avez dj entendu dire cela auparavant3 cependant avez-vous pris les mesures et trac la carte de cette courte vie et de ses possibilits8 ,savez-vous1 si vous lisez ceci1 que vous ne pouvez pas lire cela1 que ce que vous laissez chapper aujourd'hui1 vous ne pourrez le retrouver demain#ch8 ,voulez-vous aller bavarder avec votre femme de chambre ou votre garon d'curie1 quand vous pouvez vous entretenir avec des rois et des reines#ci8 ou vous flattez-vous de garder quelque dignit et conscience de vos propres droits au respect1 quand vous jouez des coudes avec la foule affaire et vulgaire1 ici pour une entre et l pour une audience1 quand pendant tout ce temps-l cette cour ternelle vous est ouverte o vous trouveriez une compagnie vaste comme le monde1 nombreuse comme ses jours#dj1 la puissante1 la choisie1 de tous les lieux et de tous les temps4 ,dans celle-l vous pouvez toujours pntrer1 vous y choisirez vos amitis1 votre place1 selon qu'il vous plaira2 de celle-l1 une fois que vous y avez pntr1 vous ne pouvez jamais tre rejet que par votre propre faute2 l1 par la noblesse de vos frquentations1 sera mise une preuve certaine votre noblesse vritable1 et les motifs qui vous poussent lutter pour prendre une place leve dans la socit des vivants1 verront toute la vrit et la sincrit qui est en eux mesure par la place que vous dsirez occuper dans la socit des morts#da4 #ab4 ,la place que vous dsirez et la place dont vous vous tes rendu digne1 dois-je aussi dire1 parce que1 remarquez1 cette cour diffre de toute l'aristocratie vivante en ceci3 elle est ouverte au travail et au mrite1 mais rien d'autre4 ,aucune richesse ne corrompre1 aucun nom n'intimidera1 aucun artifice ne trompera le gardien de ces portes lysennes4 ,au sens profond du mot1 aucune personne vile ou vulgaire n'entre l#db4 ,aux portes cochres de ce silencieux ,faubourg ,saint-,germain on ne vous pose qu'un bref interrogatoire3 ,mritez-vous d'entrer8 ,passez4 ,demandez-vous la compagnie des nobles8 ,faites-vous noble vous-mme1 et vous le serez4 ,dsirez-vous ardemment la conversation des sages8 ,apprenez la comprendre et vous l'entendrez4 ,mais d'autres conditions8 ,non4 ,si vous ne voulez vous lever jusqu' nous1 nous ne pouvons nous courber jusqu' vous4 ,le lord vivant peut affecter la courtoisie1 le philosophe vivant peut par bienveillance s'efforcer de vous traduire sa pense1 mais ici nous ne feignons ni n'interprtons2 il faut vous lever au niveau de nos penses si vous voulez tre rjoui par elles et partager nos sentiments si vous voulez percevoir notre prsence4 #ac4 ,ceci1 donc1 est ce que vous avez faire et j'admets que c'est beaucoup4 ,vous devez en un mot aimer ces gens pour pouvoir vous trouver au milieu d'eux4 ,l'ambition ne serait d'aucun usage4 ,ils mprisent votre ambition4 ,il faut que vous les aimiez et montriez votre amour des deux manires suivantes3 #a ,d'abord par un dsir sincre d'tre instruits par eux et d'entrer dans leurs penses4 ,d'entrer dans les leurs1 remarquez1 non de retrouver les vtres exprimes par eux4 ,si celui qui crivit le livre n'est pas plus sage que vous1 ,vous n'avez pas besoin de le lire2 s'il l'est1 il pensera autrement que vous bien des gards#dc4 #b ,nous sommes trs prts dire d'un livre3 ,comme ceci est bien1 c'est exactement ce que je pense6 ,mais le sentiment juste est3 ,comme ceci est trange6 ,je n'avais jamais song cela avant1 et cependant je vois que c'est vrai2 ou si je ne le vois pas maintenant1 j'espre que je le verrai quelque jour4 ,mais que ce soit avec cette soumission ou non1 du moins soyez sr que vous allez l'auteur pour atteindre sa pense1 non pour trouver la vtre4 ,jugez-la ensuite1 si vous vous croyez qualifi pour cela2 mais comprenez-la d'abord#dd4 ,et soyez sr aussi1 si l'auteur a une valeur quelconque1 que1 que vous n'arriverez pas d'un seul coup sa pense2 bien plus qu' sa pense entire vous n'arriverez d'aucune faon avant bien longtemps4 ,non qu'il ne dise ce qu'il veut dire1 et aussi qu'il ne le dise fortement2 mais cette pense1 il ne peut pas la dire tout entire et1 ce qui est plus trange1 il ne le veut pas1 mais d'une manire cache et par paraboles1 de faon qu'il puisse savoir que vous avez besoin d'elle#de4 ,je ne puis dcouvrir entirement la raison de ceci1 ni analyser cette cruelle rticence qui est au cur des sages et leur fait toujours cacher leurs penses les plus profondes#df4 ,ils ne vous la donnent pas en manire d'aide1 mais de rcompense1 et veulent s'assurer que vous la mritez avant qu'ils vous permettent de l'atteindre4 ,mais il en va de mme avec le symbole matriel de la sagesse1 l'or4 ,nous ne voyons pas vous et moi de raison qui s'opposerait ce que les forces lectriques de la terre portassent ce qui existe d'or dans son sein1 tout la fois1 jusqu'au sommet des montagnes afin que les rois et les peuples puissent savoir que tout l'or qu'ils pourraient trouver est l et sans la peine de creuser1 sans risque ou perte de temps1 puissent l'enlever1 et en monnayer autant qu'ils en ont besoin4 ,mais la nature n'agit pas ainsi4 ,elle le met sous terre1 dans de petites fissures1 nul ne sait o2 vous pouvez creuser longtemps1 et n'en pas trouver2 il vous faut creuser pniblement pour en trouver4 #ad4 ,et il en est exactement de mme de la meilleure sagesse des hommes4 ,quand vous arrivez un bon livre1 vous devez vous demander3 ,suis-je dispos travailler comme le ferait un mineur australien8 ,mes pioches et mes pelles sont-elles en bon tat et suis-je moi-mme dans la tenue voulue1 mes manches bien releves jusqu' l'paule8 ai-je bonne respiration et bonne humeur8 ,et 7prolongeant un peu la figure1 au risque d'ennuyer1 car c'en est une extrmement utile7 le mtal la recherche duquel vous vous tes mis tant la pense de l'auteur1 ou son intention1 ses mots sont comme le rocher que vous avez craser et fondre avant d'y atteindre4 ,et vos pioches sont votre propre pense1 votre intelligence et votre savoir2 votre haut fourneau est votre propre me pensante4 ,n'esprez pas arriver la pense d'aucun bon auteur sans ces instruments et ce feu2 souvent vous aurez besoin du ciseau le plus tranchant et le plus fin1 du travail de fusion le plus patient1 avant que vous puissiez recueillir une parcelle du mtal4 #ae4 ,et c'est pourquoi1 avant tout1 je vous dis instamment 7je sais que j'ai raison en ceci7#dg3 vous devez prendre l'habitude de regarder aux mots avec intensit et en vous assurant de leur signification syllabe par syllabe1 plus1 lettre par lettre4 ,car1 bien que ce soit seulement pour indiquer que ce sont les lettres qui y remplissent les fonctions de signes1 au lieu des sons1 que l'tude des livres est appele littrature et qu'un homme qui y est vers est appel d'un commun accord1 par toutes les nations1 un homme de lettres au lieu d'un homme de livres1 ou de mots1 vous pouvez toutefois relier cette dnomination toute contingente cette vrit#dh1 que vous pourriez lire tous les livres du ,british ,museum 7si vous viviez assez longtemps pour cela7 et rester une personne compltement illettre1 un ignorant2 mais que si vous lisez dix pages d'un bon livre1 lettre par lettre 7c'est--dire avec une justesse relle71 vous tes tout jamais1 dans une certaine mesure1 une personne instruite4 ,toute la diffrence qui existe entre l'ducation et la non-ducation 7en ne s'occupant que de la partie purement intellectuelle7 consiste dans cette exactitude4 ,un gentleman instruit peut ne pas connatre un grand nombre de langues1 peut ne pas tre capable d'en parler une autre que la sienne1 peut avoir lu trs peu de livres4 ,mais quelque langue qu'il sache1 il la sait d'une manire prcise2 quel que soit le mot qu'il prononce1 il le prononce correctement2 par-dessus tout il est vers dans l'armorial des mots1 distingue d'un coup d'il les mots de bonne ligne et de vieux sang des mots canailles modernes2 il a dans la tte les noms de leurs anctres1 quels mariages ils ont contract entre eux1 leurs parents loignes1 dans quelle mesure ils sont reus#di et les fonctions qu'ils ont remplies parmi la noblesse nationale des mots en tout temps et en tout pays4 ,mais une personne illettre peut savoir1 grce sa mmoire1 beaucoup de langues1 et les parler toutes et cependant ne pas savoir1 en ralit1 un seul mot d'aucune1 un mot mme de la sienne4 ,un marin suffisamment habile et intelligent sera capable de gagner la plupart des ports2 toutefois il n'aurait qu' prononcer une phrase de n'importe quelle langue pour qu'on reconnaisse en lui un homme illettr#ej4 ,de mme l'accent1 le tour d'expression dans une seule phrase distingue tout de suite un savant2 et ceci est senti si fortement1 admis d'une manire si absolue par les personnes instruites1 qu'il suffit d'un faux accent ou d'une syllabe errone dans le ,parlement de toutes les nations civilises pour assigner pour toujours un homme un rang d'une certaine infriorit4 #af4 ,et ceci est juste1 mais c'est dommage que l'exactitude sur laquelle on insiste ne soit pas plus importante1 et requise pour un but plus srieux4 ,il est bien qu'une fausse mesure latine excite un sourire la chambre des ,communes2 mais il est mal qu'une fausse acception anglaise n'y excite pas un froncement de sourcils4 ,veillez l'accent des mots et de prs3 veillez de plus prs encore leur signification1 et un plus petit nombre fera le travail4 ,quelques mots bien choisis et avec discernement#ea feront le travail qu'un millier ne peut faire quand chacun dans un emploi quivoque fait fonction d'un autre4 ,oui2 et les mots1 s'ils ne sont surveills1 feront quelquefois une besogne mortelle#eb4 ,il y a des mots masqus1 bourdonnant et rdant en ce moment autour de nous en ,europe 7il n'y en a jamais eu tant1 grce l'expansion d'une information superficielle1 malpropre1 brouillonne1 infectieuse1 ou plutt d'une dformation s'tendant tout1 grce ce qu'on apprend dans les coles des leons de catchisme et des mots1 au lieu de penses humaines72 il y a1 dis-je1 et l tout autour de nous1 des mots masqus que personne ne comprend1 mais que chacun emploie2 bien plus1 la plupart des gens sont prts se battre pour eux1 vivront pour eux1 ou mme mourront pour eux1 s'imaginant qu'ils signifient telle1 ou telle1 ou encore telle autre1 des choses qui leur sont chres1 car de tels mots portent des manteaux de camlons--des manteaux de lions du sol#ec de la couleur qu'a chez tous les hommes le sol mme de leur imagination1 ils s'embusquent sur ce sol1 et1 d'un bond1 dchirent leur homme4 ,il n'y eut jamais cratures de proie si malfaisantes1 ni diplomates si russ1 ni empoisonneurs si mortels1 que ces mots masqus3 ils sont les injustes intendants des ides de tous les hommes3 quelque fantaisie ou instinct favori que choisisse un homme1 il le donne son mot masqu prfr pour en prendre soin2 le mot la fin arrive prendre sur lui un pouvoir infini1 vous ne pouvez arriver lui sans avoir recours son ministre4 #ag4 ,et dans des langues aussi mles dans leur origine que l'anglais il y a une fatale puissance d'quivoque mise entre les mains des hommes1 qu'ils le veuillent ou non1 par le fait qu'ils ont licence d'employer des mots grecs ou latins pour une ide quand ils veulent la rendre imposante et des mots saxons ou des mots communs d'une autre drivation quand ils veulent qu'elle soit vulgaire4 ,quel effet singulier et salutaire1 par exemple1 nous produirions sur les esprits de gens qui ont l'habitude de prendre la forme du mot duquel ils vivent pour la vertu cache qu'il exprime1 si nous gardions1 ou rejetions1 une fois pour toutes1 la forme grecque biblos ou biblion1 comme l'expression juste pour livre1 au lieu de l'employer seulement dans le cas particulier ou nous dsirons donner de la dignit l'ide1 et de la traduire en anglais partout ailleurs4 ,combien il serait salutaire pour bien des personnes simples1 si1 dans des passages1 pour prendre un exemple1 comme ,actes ,,xix1 nous conservions l'expression grecque au lieu de la traduire1 et si elles avaient lire3 ,beaucoup de ceux aussi qui exeraient des arts tranges runirent leurs bibles et les brlrent devant tout le monde2 ils en comptrent le prix et le trouvrent de cinquante mille pices d'argent4 ,ou bien au contraire si nous la traduisions l o nous avons l'habitude de la conserver et si nous parlions du ,saint ,livre au lieu de la ,sainte ,bible1 il pourrait entrer dans un plus grand nombre de ttes qu'aujourd'hui que la ,parole de ,dieu1 par laquelle les cieux furent crs jadis et par laquelle ils sont maintenant tenus en rserve#ed1 ne peut pas tre donne comme prsent tout le monde1 dans une reliure de maroquin#ee1 ni seme sur toutes les routes l'aide de la charrue vapeur ou de la presse vapeur2 mais est nanmoins offerte nous journellement et est par nous refuse avec mpris2 et1 seme en nous journellement1 est1 par nous1 aussi immdiatement que possible1 touffe4 #ah4 ,et de mme1 considrez quel effet a t produit sur l'esprit du peuple en ,angleterre par l'habitude d'user de l'clat bruyant de la forme latine ,damno pour traduire le grec toutes les fois que charitablement on dsire lui donner toute sa violence et d'y substituer le modr condamner quand on prfre lui garder quelque douceur2 et quels remarquables sermons ont t prchs par des clergymen illettrs sur3 celui qui croit ne sera pas damn1 lesquels auraient recul d'horreur traduire 7,heb41 ,,xi1 #g7 le salut de sa maison par lequel il damna le monde ou 7,jean1 ,,viii1 #aj-aa73 ,femme1 est-ce qu'aucun homme ne t'a damne#ef8 ,elle dit3 ,aucun homme ,seigneur4 ,jsus lui rpondit3 ,moi non plus1 je ne te damne pas4 ,va et ne pche plus4 ,et si des schismes ont divis l'esprit de l',europe1 qui ont cot des mers de sang1 et dans la dfense desquels les plus nobles mes des hommes ont t rduites nant dans un dsespoir frntique et jetes innombrables comme les feuilles des forts1--ces schismes1 quoique en ralit fonds sur des causes plus profondes1 ont t nanmoins rendus pratiquement possibles surtout par l'adoption en ,europe du mot grec qui signifie une runion publique 7ecclesia71 pour donner quelque chose de particulirement respectable de telles runions toutes les fois qu'elles taient tenues dans des buts religieux2 et d'autres quivoques collatrales telles que l'habituelle quivoque anglaise qui consiste employer le mot priest comme contraction de presbyter4 #ai4 ,maintenant de faon vous comporter correctement vis--vis des mots1 voici l'habitude que vous devez prendre4 peu prs chaque mot de votre langue a t d'abord un mot d'une autre langue1 saxon1 allemand1 franais1 latin ou grec 7pour ne pas parler des dialectes orientaux et primitifs74 ,et beaucoup de mots ont t tout cela2 c'est--dire ont t d'abord grecs1 puis latins1 franais ou allemands ensuite1 et anglais enfin2 subissant un certain changement de sens et d'usage sur les lvres de chaque nation2 mais conservant une mme signification vitale profonde1 que tous les bons lettrs sentent encore aujourd'hui quand ils l'emploient4 ,si vous ne savez pas l'alphabet grec1 apprenez-le1 jeune ou vieux1 fille ou garon1 qui que vous puissiez tre#eg2 si vous avez l'intention de lire srieusement 7ce qui naturellement implique que vous ayez quelque loisir votre disposition71 apprenez votre alphabet grec1 ayez ensuite de bons dictionnaires de toutes ces langues et si jamais vous avez des doutes sur un mot1 allez sa recherche avec une patience de chasseur4 ,lisez fond les cours de ,max ,muller pour commencer2 et aprs cela ne laissez jamais chapper un mot qui vous semble suspect4 ,c'est un travail svre2 mais vous le trouverez1 mme au commencement1 intressant1 et la fin inpuisablement amusant4 ,et ce que votre esprit gagnera1 en fin de compte1 en force et en prcision sera tout fait incalculable4 ,notez que ceci n'implique pas la connaissance1 ou seulement l'essai de connatre le grec1 le latin ou le franais4 ,il faut toute une vie pour apprendre fond une langue4 ,mais vous pouvez facilement connatre les sens par lesquels un mot anglais a pass1 et ceux qu'il doit encore avoir dans les ouvrages d'un bon crivain4 #bj4 ,et maintenant simplement pour l'amour de l'exemple1 je veux1 avec votre permission1 lire avec vous quelques lignes d'un vrai livre1 soigneusement3 et voir ce que nous pourrons en tirer4 ,je prendrai un livre connu de vous tous4 ,rien1 en anglais1 ne nous est plus familier1 mais trs peu de choses peut-tre ont t lues avec moins d'attention sincre4 ,je prendrai les quelques vers suivants de ,lycidas3 ,le dernier vint1 et le dernier partit1 ,le ,pilote du ,lac ,galilen4 ,il portait deux clefs massives1 chacune d'un mtal diffrent 7,l'une d'or ouvre1 l'autre d'airain ferme solidement72 ,il secoua sa chevelure mitre et parla svrement ainsi3 ,avec quel plaisir1 jeune rustre1 j'aurais pris ta place ,tant de ceux qui pour grossir leur ventre ,se glissent et se faufilent et grimpent dans le troupeau6 ,d'autres soucis ils ne se mettent gure en peine ,que de savoir comment se pousser jusqu'au festin des tondeurs de brebis1 ,et en carter le digne1 le vritable invit2 ,aveugles bouches6 peine si eux-mmes savent comment tenir ,une houlette1 ou ont appris quelque chose d'autre1 si peu que ce soit1 ,qui ressortisse l'art du pasteur fidle6 ,que leur importe8 ,de qui ont-ils besoin8 ,ils font leur chemin ,et leur gr leurs chants minces et vains ,grincent contre la triste paille de leurs grles pipeaux4 ,les brebis affames tournent les yeux vers eux et ne sont pas nourries1 ,mais1 enfles de vent et des brouillards pestilentiels qu'elles respirent1 ,elles se corrompent intrieurement et rpandent des manations impures et contagieuses1 ,outre celles que l'horrible loup la patte sournoise ,chaque jour dvore avidement1 sans qu'aucun compte en soit rendu4 ,rflchissons un peu sur ce passage et examinons-le mot mot4 ,premirement1 n'est-il pas singulier de voir ,milton assigner saint ,pierre non seulement sa pleine fonction piscopale1 mais prcisment ceux de ses insignes que les ,protestants lui refusent d'ordinaire le plus passionnment8 ,sa chevelure mitre6 ,milton n'tait pas un ami des vques2 comment saint ,pierre arrive-t-il tre mitr8 ,il porte deux clefs massives4 ,ce dont il est question ici est-ce donc le privilge revendiqu par les vques de ,rome8 et est-il reconnu ici par ,milton seulement par licence potique1 cause de son pittoresque1 afin qu'il puisse avoir l'clat des clefs d'or pour ajouter l'effet8 ,ne croyez pas cela4 ,les grands hommes ne jouent pas de tours de trteaux avec les doctrines de la vie et de la mort4 ,il n'y a que de petits hommes qui fassent cela4 ,milton veut dire ce qu'il dit2 et le veut dire avec sa puissance2 aussi il va mettre toute la force de son esprit l'exprimer1 car quoiqu'il ne ft pas un ami des faux vques1 il fut un ami des vrais2 et le pilote du ,lac est ici1 dans sa pense1 le type et le chef du vrai pouvoir piscopal4 ,car ,milton lit ce texte3 ,je te donnerai les clefs du royaume des cieux#eh tout fait honntement#ei8 ,quoiqu'il soit puritain il ne voudrait pas l'effacer du livre parce qu'il y eut de mauvais vques2 bien plus1 si nous voulons le comprendre1 nous devrons comprendre ce vers tout d'abord2 il ne sera pas convenable de le regarder de travers ou de le marmotter entre nos dents1 comme s'il tait l'arme d'une secte ennemie3 c'est une assertion solennelle1 universelle1 qui doit tre grave profondment dans l'esprit de toutes les sectes4 ,mais peut-tre serons-nous plus aptes en raisonner si nous allons un peu plus loin et y revenons ensuite4 ,car certainement cette insistance marque sur le pouvoir du vritable piscopat a pour but de nous faire sentir avec plus de force ce qu'il y a reprocher ceux qui prtendent1 sans y avoir des droits1 l'piscopat1 ou d'une manire gnrale ceux qui prtendent sans y avoir de droits un pouvoir et un rang dans le corps du clerg3 tous ceux qui1 pour l'amour de leurs ventres1 rampent1 se faufilent et grimpent dans le troupeau4 #ba4 ,n'ayez jamais la pense que ,milton emploie ces trois mots pour remplir son vers1 comme le ferait un mauvais crivain#fj4 ,il a besoin de tous les trois1 de ces trois-l en particulier1 et de pas un de plus que ceux-l--ramper1 et se faufiler1 et grimper2 aucun autre mot ne pourrait faire l'office de ceux-ci1 aucun ne pourrait leur tre ajout1 car ils contiennent et ils puisent les trois catgories1 correspondant aux caractres d'hommes qui recherchent malhonntement le pouvoir ecclsiastique4 ,premirement1 ceux qui s'insinuent en rampant dans le troupeau1 ceux qui ne se soucient ni de la fonction ni du titre1 mais de l'influence secrte et font toutes choses d'une manire occulte et astucieuse1 se pliant toute servilit de besogne ou de conduite1 de manire seulement qu'ils puissent voir jusqu'au fond1 sans tre vus1--et diriger--les esprits des hommes4 ,puis ceux qui s'introduisent 7c'est--dire se jettent7 dans le troupeau1 qui1 par une naturelle insolence du cur et une vigoureuse loquence de la langue1 et une persvrante et intrpide confiance en eux-mmes1 gagnent l'oreille de la foule et l'ascendant sur elle4 ,enfin ceux qui grimpent1 qui par leur travail et leur science qui tous deux peuvent tre puissants et sains1 mais qui sont mis gostement au service de leur ambition personnelle1 obtiennent d'autres dignits1 une grande influence1 et deviennent des ,matres de l'hritage sans tre des ,exemples pour le troupeau#fa4 #bb4 ,maintenant continuez3 ,d'autres soucis ils ne se mettent pas en peine ,que de savoir comment se pousser jusqu'au festin des tondeurs de brebis1 ,aveugles ,bouches6 ,je m'arrte de nouveau1 car ceci est une trange expression3 la mtaphore sans suite1 pourrait-on croire1 d'un auteur ngligent et illettr4 ,il n'en est pas ainsi4 ,son audace mme et sa vigueur ont pour but de nous faire regarder de prs la phrase et de nous en faire souvenir4 ,ces deux monosyllabes expriment les deux contraires1 exactement1 du vrai caractre des deux grandes fonctions de l'glise1 celles d'vque et de pasteur4 ,un vque signifie une personne qui voit#fb4 ,un pasteur signifie une personne qui nourrit#fc4 ,le caractre le plus inpiscopal qu'un homme puisse avoir est par consquent d'tre aveugle4 ,le plus impastoral est1 au lieu de nourrir1 d'avoir besoin d'tre nourri1 d'tre une bouche4 ,mettez les contraires ensemble et vous avez ,aveugles bouches4 ,nous pourrons trouver quelque utilit poursuivre un peu cette ide4 peu prs tous les maux sont venus l'glise d'vques qui dsiraient le pouvoir plus que la lumire4 ,ils souhaitent l'autorit1 non la vigilance4 ,tandis que leur fonction relle n'est pas de gouverner2 elle peut tre d'exhorter et de rprimander vigoureusement1 mais c'est la fonction du ,roi de gouverner3 la fonction de l'vque est de surveiller son troupeau2 de le numroter brebis par brebis1 d'tre toujours prt rendre un compte complet4 ,maintenant il est clair qu'il ne peut as donner un compte des mes autant qu'il n'a pas numrot les corps4 ,la premire chose1 donc1 qu'un vque ait faire est au moins de se placer dans une situation o n'importe quel moment il puisse obtenir l'histoire1 depuis l'enfance1 de chaque me vivant dans son diocse et de sa situation prsente4 ,l-bas1 tout au fond de cette petite rue1 ,bill et ,nancy se cassent les dents mutuellement4 ,l'vque sait-il tout l-dessus8 ,a t-il l'il sur eux8 ,a-t-il eu l'il sur eux8 ,peut-il en dtail nous expliquer comment ,bill a pris l'habitude de frapper ,nancy sur la tte8 ,s'il ne le peut pas1 il n'est pas un vque1 et-il une mitre aussi haute que le clocher de ,salisbury2 il n'est pas un vque2 il a cherch tre la barre au lieu d'tre la hune2 il n'a pas la vue des choses4 ,mais non1 dites-vous1 ce n'est pas son devoir de veiller sur ,bill dans la rue4 ,quoi6 les grosses brebis qui ont de riches toisons1 vous pensez que c'est seulement aprs celles-l qu'il doit regarder1 tandis que 7retournez votre ,milton7 les brebis affames tournent les yeux vers eux et ne sont pas nourries1 outre que l'horrible loup la patte sournoise 7l'vque ne sachant rien de cela7 chaque jour dvore avidement1 sans qu'aucun compte en soit rendu8 ,mais ceci n'est pas notre conception d'un vque#fd4 ,peut-tre que non2 mais c'tait celle de saint ,paul#fe1 et c'tait celle de ,milton4 ,ils peuvent avoir raison1 ou il se peut que ce soit nous2 mais nous ne devons pas esprer pouvoir lire l'un ou l'autre en mettant notre pense sous leurs mots4 #bc4 ,je continue3 ,mais1 enfles de vent et des brouillards pestilentiels qu'elles respirent4 ,ceci rpond au lieu commun3 si les pauvres ne sont pas surveills dans leurs corps1 ils le sont dans leurs mes2 ils ont la nourriture spirituelle4 ,et ,milton dit3 ,ils n'ont rien qui ressemble la nourriture spirituelle1 ils sont seulement enfls de vent4 ,tout d'abord1 vous pouvez croire que ceci est un symbole grossier et obscur4 ,mais1 je le rpte1 c'en est un tout fait exact et littral4 ,prenez vos dictionnaires grec et latin et trouvez le sens de ,spirit4 ,ce n'est qu'une contraction du mot latin souffle et une traduction vague du mot grec qui veut dire ,vent4 7,c'est le mme mot qui est employ1 dans le texte3 ,le vent souffle o il lui plat#ff et dans cet autre3 ,ainsi en est-il de tout homme qui est n de l'esprit#fg1 ce qui signifie n du souffle1 c'est--dire du souffle de ,dieu1--me et corps4 ,nous en avons le vrai sens dans nos mots inspiration et expirer4 ,maintenant il y a deux sortes de souffles dont le troupeau peut tre rempli1 le souffle de ,dieu et celui de l'homme4 ,le souffle de ,dieu est la sant et la vie et la paix pour les troupeaux1 comme l'air du ciel aux troupeaux sur les collines2 mais le souffle de l'homme 7le mot que lui appelle spirituel7 est la maladie et la contagion pour eux comme le brouillard du marais4 ,ils en sont corrompus intrieurement1 ils en sont bouffis comme un cadavre l'est par les miasmes de sa propre dcomposition4 ,ceci est littralement vrai de tout faux enseignement religieux2 le premier et le dernier1 et le plus fatal indice en est cette bouffissure#fh4 ,vos enfants convertis qui enseignent leurs parents2 vos forats convertis qui enseignent les honntes gens2 vos sots convertis qui1 ayant vcu la moiti de leur vie dans une stupfaction crtine et s'veillant tout coup au fait qu'il y un ,dieu1 s'imaginent en consquence tre son peuple spcial#fi et son messager2 vos sectes de toute espce1 petites et grandes1 catholiques et protestantes1 d'glise haute ou basse1 autant qu'elles se croient seules dans le vrai et les autres dans le faux2 et avant tout dans chaque secte ceux qui tiennent que l'homme peut tre sauv en pensant bien au lieu d'agir bien1 par la parole au lieu de l'acte#gj1 et par la foi au lieu des uvres#ga1 ceux-l sont les vrais enfants du brouillard#gb1 des nuages1 ceux-l1 sans eau#gc1 des corps1 ceux-l1 de vapeur putrescente et de peau1 n'ayant ni sang ni chair1 des cornemuses gonfles pour tre cornes par les dmons1 corrompues et corruptrices1 gonfles de vent et des brouillards pestilentiels qu'elles respirent4 #bd4 ,enfin revenons aux lignes relatives au droit de porter les clefs1 car maintenant nous pouvons les comprendre4 ,remarquez la diffrence entre ,milton et ,dante dans leur interprtation de ce droit2 pour une fois c'est chez ce dernier que la pense est la plus faible2 il suppose que les deux clefs sont celles de la porte du ciel2 l'une est d'or1 l'autre d'argent2 elles sont donnes par saint ,pierre l',ange ,sentinelle et il n'est pas facile de dterminer ce que symbolisent les diffrentes substances des trois marches de la porte1 ni des deux clefs2 mais ,milton fait de l'une1 celle d'or1 la clef du ,ciel1 l'autre1 de fer1 est la clef de la prison dans laquelle les matres malfaisants devront tre enchans1 qui ont emport la clef du savoir et cependant n'y sont pas entrs eux-mmes#gd4 ,nous avons vu que les devoirs de l'vque et du pasteur sont de voir et de nourrir2 et de tous ceux qui font ainsi1 il est dit3 ,celui qui arrose1 sera arros aussi lui-mme#ge4 ,mais l'inverse est vrai aussi4 ,celui qui n'arrose pas sera lui-mme dessch et celui qui ne voit sera lui-mme priv de la lumire1 enferm dans une prison perptuelle4 ,et cette prison vous reoit ici-bas aussi bien que dans la vie venir2 celui qui devra tre au ,ciel charg de chanes le sera d'abord sur la terre4 ,cet ordre aux anges forts dont l'aptre ,pierre est l'image3 ,prenez-le1 liez-lui les mains et les pieds et jetez-le dehors#gf est en ralit donn contre le matre1 pour chaque appui non accord1 pour chaque vrit refuse1 pour chaque mensonge inculqu2 de sorte que plus il enchane1 plus il est troitement enchan1 et rejet d'autant plus loin qu'il gare davantage1 jusqu' ce que la fin les barreaux de la cage de fer se referment sur lui et1 comme celle d'or s'ouvre1 celle de fer se referme4 #be4 ,nous avons retir quelque chose de ces lignes1 je crois1 et il y a beaucoup plus y trouver1 mais nous nous sommes suffisamment livrs 7pour en donner un exemple7 la sorte d'examen mot mot d'un auteur qui se nomme juste titre lecture1 attentifs chaque nuance et expression1 et nous mettant toujours la place de l'auteur2 annihilant notre propre personnalit et cherchant entrer dans la sienne1 de faon pouvoir dire avec certitude3 ainsi pensait ,milton1 non3 ainsi pensais-je en lisant mal ,milton4 ,et en suivant cette mthode vous arriverez graduellement attacher moins de valeur dans d'autres occasions votre propre je pensais ainsi4 ,vous commencerez vous apercevoir que ce que vous pensiez tait une chose de peu d'importance2 que vos penses sur n'importe quel sujet ne sont peut-tre pas les plus claires et les plus sages auxquelles on puisse arriver l-dessus2 en fait1 que1 moins que vous ne soyez une personne remarquable1 on ne peut pas dire que vous ayez de pense du tout2 que vous n'avez pas de matriaux pour cela1 en aucun sujet important#gg1 ni de raisons de penser1 seulement d'essayer d'apprendre davantage4 ,bien plus1 il est probable que de toute votre vie 7 moins1 comme je l'ai dit1 que vous ne soyez une personne remarquable71 vous n'aurez le droit d'avoir d'opinions sur quoi que ce soit1 except sur ce qui est immdiatement votre porte4 ,ce qui doit de toute ncessit tre fait1 il n'est pas de doute que vous pouvez toujours dcider comment le faire4 ,avez-vous une maison tenir en ordre1 une marchandise vendre1 un champ labourer1 un foss curer8 ,il n'y a pas besoin d'avoir deux opinions sur la manire de faire cela1 et ce sera vos risques et prils si vous n'avez rien de plus qu'une opinion sur la manire de procder dans ces cas-l4 ,et de mme1 en dehors de vos propres affaires1 il y a un ou deux sujets sur lesquels vous tes tenus de n'avoir qu'une opinion4 ,que la friponnerie et le mensonge sont coupables#gh et doivent tre sur-le-champ chasss coups de fouet1 toutes les fois qu'ils sont dcouverts1 que la convoitise et l'amour de se quereller sont des dispositions dangereuses mme chez les enfants et des dispositions mortelles chez les hommes et les nations2 que1 en fin de compte1 le ,dieu du ,ciel et de la terre aime les gens actifs1 modestes et bons1 et dteste les paresseux1 les querelleurs1 les orgueilleux1 les avares et les cruels2 sur ces faits gnraux vous tes tenus de n'avoir qu'une opinion1 et celle-l trs forte4 ,pour le reste1 concernant religions1 gouvernements1 sciences1 arts1 vous trouverez en gnral que vous ne pouvez savoir ,,rien1 rien juger2 que le mieux que vous puissiez faire1 quand mme vous seriez une personne instruite1 est de garder le silence1 de vous efforcer d'tre plus clair chaque jour1 de comprendre un petit peu plus des penses des autres1 et ds que vous essayerez de le faire honntement vous dcouvrirez que les penses1 mme des plus sages1 ne sont gure plus que des questions bien poses4 ,mettre un point difficile en lumire et vous exposer les raisons qu'il y a de ne pas avoir d'opinion1 c'est tout ce que1 gnralement1 ils peuvent faire pour vous2 et tant mieux pour eux et pour nous si en fait ils sont capables de mler de la musique nos penses et de nous attrister de doutes clestes#gi4 ,l'auteur dont je vous ai lu un passage n'est pas parmi les plus grands ou les plus sages4 ,il voit clairement aussi loin qu'il voit1 et par consquent il est facile de dcouvrir tout ce qu'il veut dire2 mais avec de plus grands hommes vous ne pouvez pas aller au fond de leur pense2 ils ne la mesurent pas compltement eux-mmes3 elle est si vaste6 ,supposez que je vous aie demand par exemple de chercher quelle est la pense de ,shakespeare au lieu de celle de ,milton1 sur cette question de l'autorit de l'glise8 ou celle de ,dante8 ,est-ce qu'aucun de vous en ce moment a la moindre ide de ce que l'un ou l'autre pensait l-dessus8 ,avez-vous jamais mis en regard la scne des vques dans ,richard ,,iii et le caractre de ,cranmer#hj8 ,le portrait de saint ,franois et de saint ,dominique1 et le portrait de celui que ,virgile contemplait avec tonnement3 ,disteso1 tanto vilmente1 nell'eterno esilio#ha1 ou de celui auprs duquel se tenait ,dante1 ,come'l frate--che confessa lo perfido assassin#hb8 ,shakespeare et ,alighieri connaissaient les hommes mieux que la plupart de nous1 je prsume4 ,ils vcurent tous deux au plus fort de la lutte entre les pouvoirs temporel et spirituel1 ils avaient une opinion l-dessus1 nous pouvons le penser4 ,mais o se trouve-t-elle8 ,produisez-la devant la ,cour4 noncez sous forme de propositions la croyance de ,shakespeare ou de ,dante et envoyez-la juger prs les ,cours ,ecclsiastiques4 #bf4 ,vous ne serez pas capable1 je vous le rpte1 avant bien et bien des jours1 d'arriver la pense vritable1 l'enseignement donn par ces grands hommes1 mais en les tudiant un tant soit peu de faon honnte1 vous vous rendrez capable d'apercevoir que ce que vous avez pris pour votre propre jugement tait un simple prjug apport par le hasard1 et les algues flottantes1 inertes et mles1 d'une pense la drive2 bien plus1 vous verrez que l'esprit de la plupart des hommes n'est en ralit gure mieux qu'une lande de bruyres sauvage1 nglige et rebelle1 en partie strile1 en partie recouverte des broussailles malfaisantes et des herbes vnneuses1 semes par le vent1 d'une croyance perverse2 que la premire chose que vous ayez faire pour eux et pour vous-mme est de mettre promptement et ddaigneusement le feu ceci2 de rduire toute la jungle en de salutaires amas de cendres1 puis alors de labourer et de semer4 ,tout le vrai travail littraire qui s'tend devant vous pour la vie doit commencer par l'obissance cet ordre3 dfrichez votre champ et ne semez pas parmi les pines#hc4 #bg4hd ,ayant ainsi cout les grands matres de faon ce que vous puissiez entrer dans leur pense1 vous avez monter plus haut encore1 vous avez entrer dans leur cur4 ,de mme que vous allez eux d'abord pour avoir une vision claire1 de mme vous devez demeurer avec eux afin que vous puissiez partager la fin leur juste et puissante passion4 ,passion ou sensation4 ,je ne suis pas effray du mot1 encore moins de la chose#he4 ,vous avez entendu beaucoup de clameurs entre les sensations1 rcemment2 mais1 je puis vous le dire1 ce n'est pas moins de sensations qu'il nous faut1 mais plus4 ,la diffrence anoblissante entre un homme et un autre1 entre un animal et un autre1 consiste prcisment en ceci que l'un sent plus que l'autre4 ,si nous tions des ponges1 peut-tre n'acquerrions nous pas facilement de sensations2 si nous tions des vers de terre exposs chaque instant tre coups en deux par la bche1 peut-tre que trop de sensations ne nous serait pas bon4 ,mais tant des cratures humaines1 cela est une bonne chose pour nous1 bien plus1 nous ne sommes des cratures humaines qu'autant que nous sommes sensitifs et notre dignit#hf est prcisment en proportions de notre ,passion#hg4 #bh4 ,vous savez que j'ai dit de cette grande et pure socit des ,morts qu'elle ne permettrait aucune personne vaine ou vulgaire d'entrer l4 ,que pensez-vous que j'aie voulu dire par une personne vulgaire8 ,qu'attendez-vous vous-mmes par vulgarit8 ,voil une question sur laquelle vous trouverez profit rflchir2 disons seulement pour l'instant que l'essence de la vulgarit rside dans l'absence de sensations4 ,la simple et innocente vulgarit est simplement la rudesse induque et incorrige du corps et de l'esprit2 mais1 dans la vraie vulgarit inne1 il y a un terrible endurcissement1 qui son point extrme devient capable de toute espce d'habitudes bestiales et de crime1 sans crainte1 sans plaisir1 sans horreur1 et sans piti#hh4 ,c'est par la main rude et le cur mort1 par l'habitude malsaine1 par la conscience endurcie1 que les hommes deviennent vulgaires4 ,ils sont pour toujours vulgaires prcisment dans la proportion o ils sont incapables de sympathie1 de vive comprhension1 de tout ce qui1 en pressant le sens et en allant jusqu'au fond d'un terme banal mais exact1 peut s'appeler le tact1 ou le sens du toucher1 du corps et de l'me2 ce tact que le ,mimosa possde entre tous les arbustes1 que la femme pure possde par-dessus toutes les cratures1 l'affinement et la plnitude de la sensation qui va plus loin que la raison1 guide et sanctificateur de la raison elle-mme4 ,la ,raison ne peut que dterminer ce qui est vrai1 c'est la passion donne par ,dieu l'humanit qui seule peut reconnatre ce que ,dieu a fait de bon4 #bi4 ,nous recherchons donc cette grande assemble des morts1 non pas seulement pour apprendre d'eux ce qui est vrai1 mais surtout pour sentir avec eux ce qui est juste4 ,maintenant1 pour sentir avec eux nous devons tre pareils eux1 et aucun de nous ne peut devenir cela sans peine4 ,comme la vraie connaissance est une connaissance discipline et prouve1 non la premire pense qui nous vient1 de mme la vraie passion est une passion discipline et prouve--non la premire passion qui vient4 ,les premires qui viennent sont les vaines1 les fausses1 les trompeuses2 si vous leur cdez1 elles vous entranent capricieusement et loin1 en poursuites vaines1 en enthousiasmes creux1 jusqu' ce qu'il ne vous reste ni vrai but ni vraie passion4 ,non qu'aucun des sentiments que peut prouver l'humanit soit mauvais en lui-mme1 il est mauvais seulement quand il est indisciplin4 ,sa noblesse rside dans sa force et sa justice2 il est mauvais quand il est faible et ressenti pour une cause chtive4 ,il y a une admiration mdiocre1 comme celle de l'enfant qui voit un jongleur lancer des balles d'or1 et ceci est bas si vous voulez4 ,mais croyez-vous que l'admiration soit sans noblesse ou la sensation moindre1 avec laquelle chaque me humaine est appele suivre les balles d'or du ciel lances travers la nuit par la ,main qui les fit8 ,il y a une curiosit mdiocre1 comme est celle d'un enfant ouvrant une porte dfendue1 ou d'un domestique fouillant dans les affaires de son matre2 et une noble curiosit explorant au prix des dangers la source du grand fleuve au del du sable--la place du grand continent au del de la mer2 une plus noble curiosit encore qui explore la source du fleuve de la vie1 et l'tendue du continent du ,ciel--les choses jusqu'au fond desquelles les anges dsirent voir#hi4 ,de mme l'intrt est sans noblesse qui vous rive aux pripties et l'intrigue de quelque conte futile2 mais pensez-vous que l'anxit soit moindre1 ou plus grande1 avec laquelle vous observez ou devriez observer comment se comportent le ,sort et la ,destine avec la vie d'une nation agonisante8 ,hlas6 c'est l'troitesse1 l'gosme1 la petitesse de votre sensation que vous avez dplorer en ,angleterre aujourd'hui2 sensation qui se dpense en bouquets et en discours2 en divertissements et en parties fines1 en combats simuls et en gais spectacles de marionnettes1 pendant que vous pourriez tourner les yeux et voir de nobles nations massacres1 homme par homme1 sans un secours ni une larme#ij4 #cj4 ,j'ai dit petitesse et gosme de sensation1 mais il et suffi de dire injustice ou injustesse de sensation4 ,car si rien ne peut mieux distinguer un gentleman d'un homme vulgaire1 rien ne peut mieux distinguer une nation noble 7il y a eu de telles nations7 d'une foule1 que ceci3 savoir que ses sentiments sont constants et rgls1 rsultant d'une contemplation exacte et d'une rflexion impartiale4 ,vous pouvez persuader une foule de n'importe quoi2 ses sentiments peuvent tre1 sont gnralement1 dans l'ensemble1 gnreux et droits1 mais elle ne leur offre aucune base et n'en est pas matresse2 vous pouvez l'amener en la taquinant ou en la flattant n'importe lequel d'entre eux1 votre gr2 elle pense par contagion1 gnralement1 attrapant une opinion comme un rhume1 et il n'y a rien de si petit qui ne la fasse rugir quand l'accs a lieu2 rien de si grand qu'elle n'oublie en une heure quand l'accs est pass4 ,mais les passions d'un gentleman ou d'une nation noble sont rgles1 mesures et continues4 ,une grande nation1 par exemple1 ne dpense pas toutes ses facults nationales pendant une couple de mois peser les tmoignages d'un malfaiteur isol 7ayant accompli un meurtre isol7#ia et1 pendant1 une couple d'annes1 ne voit pas ses propres enfants se massacrer les uns les autres par mille ou par dix mille chaque jour1 en considrant seulement quel en sera vraisemblablement l'effet sur le prix du coton1 et sans se soucier en aucune faon de savoir de quel ct de la bataille est le droit#ib4 ,une grande nation n'envoie pas non plus ses petits garons pauvres en prison pour avoir vol six noix quand elle permet ses banqueroutiers de voler avec grce leurs centaines de mille livres1 et ses banquiers1 riches des pargnes des pauvres gens1 de suspendre leurs paiements par la force de circonstances auxquelles ils ne peuvent commander1 non sans ajouter3 avec votre agrment2 et quand elle permet que de grandes terres soient achetes par des hommes qui ont gagn leur argent en parcourant en tous sens les mers de ,chine sur des vapeurs de guerre1 vendant de l'opium la bouche du canon#ic et changeant au bnfice d'une nation trangre la demande ordinaire du voleur de grand chemin3 ,votre argent ou votre vie en celle de3 ,votre argent et votre vie6 ,une grande nation ne permet pas non plus que les vies de ses pauvres qui n'ont rien fait de mal leur soient enleves1 brles par la fivre des brouillards ou pourries par la peste des fumiers1 pour l'amour d'une rente supplmentaire de six pences par semaine servir leurs propritaires#id2 ni qu'on discute alors1 avec d'hypocrites larmes et de diaboliques sympathies1 si elle ne devrait pas prserver pieusement et nourrir tendrement les vies de leurs meurtriers4 ,et encore une grande nation1 ayant dcid que pendre est le procd le plus salutaire pour ses homicides en gnral1 peut toutefois distinguer avec piti entre les degrs de culpabilit dans l'homicide1 et n'aboie pas#ie comme une meute de louveteaux transis et mordus par le froid sur le sillage de sang d'un malheureux garon fou ou d'un ,othello balourd cheveux gris embarrass l'extrme au moment mme ou elle envoie un ministre de la ,couronne#if adresser des speeches courtois un homme qui est en train de passer la baonnette des jeunes filles sous les yeux de leur pre1 et de tuer de sang-froid de nobles jeunes gens plus rapidement qu'un boucher de campagne ne tue les agneaux au printemps4 ,et finalement une grande nation ne se moque pas du ,ciel et de ses ,puissances1 en affectant la croyance en une rvlation qui dclare que l'amour de l'argent est la source de tout mal#ig1 et en proclamant en mme temps qu'elle n'est mue et ne veut tre mue dans tous ses actes importants et dcisions nationales par aucun autre amour4 #ca4 ,mes amis1 je ne sais pas pourquoi aucun de nous parlerait sur la lecture4 ,nous avons besoin d'une discipline plus serre que celle de la lecture2 en tous cas soyez certain que nous ne pouvons pas lire4 ,aucune lecture n'est possible pour un peuple dont l'esprit est dans cet tat4 ,il n'y a pas une ligne d'un grand crivain qui lui soit intelligible4 ,il est simplement et rigoureusement impossible un public anglais1 en ce moment1 de comprendre un livre ou il y ait quelque pense tant il est devenu incapable de penser lui-mme dans la folie de sa rapacit4 ,heureusement votre maladie n'est pas jusqu' prsent beaucoup plus grave que cette incapacit de penser2 elle n'est pas la corruption de la nature intrieure1 nous rsonnons encore juste quand quelque chose vient nous frapper au plus intime de nous-mmes2 et quoique l'ide que chaque chose doit rapporter ait infect si profondment le but de toutes nos actions1 que mme si nous voulions jouer au bon ,samaritain#ih nous ne sortirions jamais nos deux pences pour les donner l'hte sans dire3 ,quand je reviendrai tu me donneras quatre pence1 il'y a encore quelque capacit de nobles passions reste au plus profond de notre cur4 ,elle se montre dans notre travail1 dans notre guerre1 et jusque dans les excs de ces affections domestiques qui nous mettent en fureur pour une lgre injustice prive1 alors que nous supportons poliment une norme injustice publique2 nous travaillons encore jusqu' la dernire heure du jour bien qu' la patience du laboureur nous ajoutions la frnsie du joueur1 nous sommes encore braves jusqu' la mort1 bien qu'incapables de discerner ce qui vaut la peine de se battre1 nous sommes encore fidles dans notre affection pour notre propre chair1 jusqu' la mort1 comme sont les monstres marins et les aigles des rochers4 ,et il reste de l'espoir une nation tant que ces choses peuvent tre dites d'elle4 ,aussi longtemps qu'elle tient sa vie dans sa main1 prte la donner pour son honneur 7bien qu'honneur insens71 pour son amour 7bien qu'amour goste7 et pour ses affaires 7bien qu'affaires viles71 il y a de l'espoir pour elle1 mais de l'espoir seulement1 car cette vertu instinctive1 insouciante1 ne peut pas durer4 ,aucune nation ne peut durer qui a fait d'elle-mme une simple foule1 quoique reste gnreuse de cur4 ,il faut qu'elle commande ses passions et les dirige1 ou ce sont elles qui lui commanderont1 un jour1 avec des fouets de scorpions#ii4 ,par-dessus tout1 une nation ne peut pas durer si elle n'est qu'une foule qui ne s'occupe que d'argent1 elle ne peut pas1 sans tre punie1 elle ne peut pas1 sans cesser d'tre1 continuer mpriser la littrature1 mpriser la science1 mpriser l'art1 mpriser la nature1 mpriser la compassion1 et concentrer son me sur les ,pence4 ,croyez-vous que ce soient l des paroles dures ou irrflchies8 ,ayez seulement encore un peu de patience et je vous prouverai leur vrit point par point4 #cb4 ,je dis d'abord que nous avons mpris la littrature4 ,en quoi1 comme nation1 avons-nous souci des livres8 ,combien croyez-vous que nous tous runis nous dpensions pour nos bibliothques publiques ou prives1 comparativement ce que nous dpensons pour nos chevaux#ajj8 ,si un homme fait des prodigalits pour sa bibliothque1 vous le traiterez de fou1 de bibliomane2 mais vous n'appelez jamais personne hippomane1 bien que des hommes se ruinent chaque jour pour leurs chevaux et que vous n'entendiez jamais parler de gens qui se ruinent pour leurs livres4 ,ou pour descendre plus bas encore1 combien croyez-vous que le contenu des bibliothques du ,royaume ,uni1 publiques et prives1 rapporterait1 relativement ses caves8 ,quel rang occuperait sa dpense pour la littrature compare sa dpense pour une alimentation luxueuse8 ,nous parlons de la nourriture de l'esprit comme de celle du corps2 or1 un bon livre contient une telle nourriture1 inpuisablement2 c'est une provision pour la vie1 et pour la meilleure partie de nous-mmes4 ,eh bien1 combien de temps la plupart des gens resteront-ils devant le meilleur livre avant de se dcider en donner le prix d'un beau turbot6 ,sans doute1 il y a eu des hommes qui ont serr leur ventre et laiss leur dos dcouvert pour pouvoir acheter un livre1 qui leur bibliothque cota1 je pense1 en fin de compte1 moins cher que ne reviennent la plupart des dners4 ,peu de nous sont soumis cette preuve1 et c'est tant pis#aja1 car une chose prcieuse nous l'est d'autant plus qu'elle a t acquise au prix du travail et de l'conomie et si les bibliothques publiques taient moiti aussi coteuses que les banquets officiels1 ou si les livres cotaient la dixime partie de ce que cotent les bracelets1 mme des hommes et des femmes frivoles pourraient quelquefois souponner qu'il peut y avoir autant d'utilit lire qu' grignoter et briller4 ,tandis que prcisment le bon march de la littrature fait oublier mme aux gens sages1 que si un livre vaut d'tre lu il vaut d'tre acheter4 ,un livre ne vaut quelque chose que s'il vaut beaucoup et n'est profitable qu'une fois qu'il a t lu1 et relu1 et aim1 et aim encore1 et marqu de telle faon que vous puissiez vous rfrer au passage dont vous avez besoin comme un soldat peut prendre l'arme qu'il lui faut dans son arsenal ou comme une matresse de maison sort de sa rserve l'pice dont elle a besoin4 ,le pain de farine est bon1 mais il y a du pain doux comme du miel1 si vous vouliez y goter1 dans un bon livre2 il faut que la famille soit en ralit bien pauvre qui ne peut1 une fois dans sa vie1 payer pour des pains si multipliables#ajb la note de leur boulanger#ajc4 ,nous nous appelons une nation riche et nous sommes assez sordides et insenss pour feuilleter les uns aprs les autres un mme livre sale de cabinet de lecture6 #cc4 ,je dis que nous avons mpris la science4 ,quoi6 vous criez-vous1 ne marchons-nous pas en avant dans toutes les dcouvertes#ajd2 est-ce que le monde entier n'est pas tourdi par l'ingniosit ou la folie de nos inventions8 ,oui1 mais croyez-vous que ce soit l une uvre nationale8 ,l'uvre se fait entirement malgr la nation1 grce des initiatives1 des ressources individuelles4 ,nous sommes assez contents1 en effet1 de faire notre profit de la science2 nous happons n'importe quoi1 en fait d'os scientifique aprs lequel il y a de la viande1 avec assez d'avidit2 mais si l'homme scientifique s'adresse nous pour avoir un os ou une crote1 ceci est une autre affaire4 ,qu'avons-nous fait1 comme nation1 pour la science8 ,nous sommes forcs pour la sret de nos vaisseaux de savoir quelle heure il est1 et cause de cela nous payons pour un observatoire2 et nous permettons1 sous les espces de notre parlement1 qu'on nous tourmente annuellement pour faire avec ngligence quelque chose pour le ,british ,museum que nous supposons avec assez de mauvaise humeur un endroit destin conserver des oiseaux empaills pour amuser nos enfants4 ,si un particulier s'achte un tlescope et dcouvre une nouvelle nbuleuse1 vous poussez autant de cris pour cette dcouverte que si c'tait vous qui l'aviez faite2 si1 dans la proportion de un ou dix mille1 un de nos hobereaux chasseurs s'avise un beau jour que la terre doit tre quelque chose d'autre que le lot des renards#aje1 et y creuse lui-mme son terrier et nous fait savoir o gt l'or1 et o le charbon1 vous comprenez qu'il y a en ceci quelque utilit2 mais cet accident d'un homme dcouvrant comment il peut s'employer lui-mme utilement est-il le moins du monde votre honneur8 7,qu'aucune telle dcouverte n'ait t faite par ses frres hobereaux est peut-tre votre dshonneur si vous voulez y songer47 ,mais si ces gnralits vous laissent sceptiques1 il y a un fait mditer pour vous tous1 illustratif de votre amour de la science4 ,il y a deux ans1 une collection de fossiles de ,solenhofen tait vendre en ,bavire2 la plus belle qui existt1 contenant de nombreux spcimens d'une beaut unique1 dont l'un unique en outre comme exemple d'espce 7un rgne entier de cratures vivantes tait rvl par ce fossile7#ajf4 ,cette collection1 dont la simple valeur marchande1 si les acheteurs eussent t des particuliers1 tait probablement de quelque dix ou douze cents livres1 fut offerte la nation anglaise pour sept cents2 et toute la collection serait au muse de ,munich si le professeur ,owen#ajg1 en donnant son temps et en tourmentant sans se lasser le public anglais dans la personne de ses reprsentants1 n'avait obtenu le versement immdiat de quatre cents livres et n'avait rpondu lui-mme des trois cents autres6 que le dit public lui paiera sans doute en fin de compte1 mais en rechignant1 et pendant tout ce temps ne se souciant en rien de la chose en elle-mme4 ,seulement toujours prt se rengorger s'il y a quelque honneur tirer de l4 ,considrez1 je vous le demande1 arithmtiquement ce que ce fait signifie4 ,vos dpenses annuelles pour les services publics 7dont un tiers pour les armements7 sont pour le moins de #ej millions4 ,or1 #gjj livres sont #ej millions comme sept pence deux mille livres4 ,supposez donc qu'un gentleman dont le revenu est inconnu1 mais dont vous pouvez conjecturer la fortune par ce fait qu'il dpense deux mille livres par an rien que pour les murs de son parc et pour ses valets de pied1 fasse profession d'aimer la science4 ,et qu'un de ses domestiques vienne prcipitamment lui dire qu'une collection unique de fossiles qui nous servira de fil travers une nouvelle re de la cration est vendre pour la somme de sept pence sterling2 et que le gentleman qui aime la science1 et dpense deux mille livres par au pour son parc1 rponde1 aprs avoir laiss son domestique attendre plusieurs mois3 ,bien6 je vous donnerai quatre pence pour cela1 si vous voulez rpondre vous-mme des pences de surplus1 jusqu' l'anne prochaine4 #cd4 ,,iii4 ,je dis que vous avez mpris l'art#ajh4 ,quoi1 rpondez-vous1 n'avons-nous pas nos expositions d'art qui ont des milles de longueur1 est-ce que nous n'avons pas consacr des milliers de livres l'achat de simples peintures8 ,n'avons-nous pas des coles et des instituts d'art1 plus que n'avait eu jamais aucune nation8 ,oui1 certainement1 mais tout cela est affaire de boutique4 ,vous voudriez bien vendre des toiles aussi bien que vous vendez du charbon1 et de la faence comme du fer2 vous voudriez retirer toutes les autres nations le pain de la bouche1 si vous le pouviez#aji4 ,comme vous ne le pouvez pas1 votre idal de vie est de vous tenir tous les carrefours de l'univers comme les apprentis de ,ludgate criant chaque passant3 ,de quoi avez-vous besoin#aaj8 ,vous ne savez rien de vos dons naturels ni de l'influence du milieu2 vous vous figurez que1 dans vos champs de glaise1 humides1 plats et gras1 vous pouvez avoir la vive imagination artistique qu'ont les ,franais au milieu de leurs vignes bronzes ou les ,italiens au pied de leurs rochers volcaniques2 que l'art peut s'apprendre comme tenir des livres1 et1 quand on l'a appris1 vous donne plus de livres tenir4 ,vous vous souciez de peintures en ralit pas plus que des affiches colles sur les murs4 ,il y a toujours de la place sur les murs pour les affiches lire1 jamais pour les peintures regarder4 ,vous ne savez pas 7mme par ou dire7 quelles peintures vous avez dans votre pays1 ni si elles sont vraies ou fausses1 ni si on en prend soin ou non4 ,dans les pays trangers vous voyez avec calme les plus nobles peintures qui existent dans le monde pourrir dans un abandon d'pave#aaa 7 ,venise vous avez vu les canons autrichiens points sur les palais qui les contenaient7#aab et1 si vous appreniez que des plus beaux tableaux qui soient en ,europe#aac on fera demain des sacs pour les forts ,autrichiens1 cela vous ennuierait moins que le risque de trouver une pice ou deux de moins dans votre gibecire aprs une journe de chasse4 ,tel est1 en tant que nation1 votre amour de l'art4 #ce4 ,,iv4 ,vous avez mpris la nature1 c'est--dire toutes les sensations profondes et sacres des spectacles naturels4 ,les rvolutionnaires franais ont fait des curies des cathdrales de ,france2 vous avez fait des champs de courses avec les cathdrales de la terre4 ,votre unique conception du plaisir est de rouler dans des wagons de chemins de fer autour de leurs nefs et de prendre vos repas sur leurs autels#aad4 ,vous avez t placer un pont de chemin de fer sur les chutes de ,shaffhouse4 ,vous avez fait passer un tunnel travers les rochers de ,lucerne prs de la chapelle de ,tell4 ,vous avez dtruit le rivage de ,clarens1 au lac de ,genve4 ,il n'y a pas une paisible valle en ,angleterre que vous n'ayez remplie de feu mugissant2 il n'y a pas un coin abandonn de campagne anglaise o vous n'ayez imprim des traces de suie#aae2 pas une cit trangre1 o l'extension de votre prsence n'ait t marque sur ses jolies vieilles rues et ses jardins heureux par une dvorante lpre blanche d'htels neufs et de boutiques de parfumeurs4 ,les ,alpes elles-mmes#aaf qui vos propres potes ont vou un amour si rvrent1 vous les regardez comme des mts de cocagne dans un jardin d'ours aprs lesquels vous vous mettez grimper pour vous laisser glisser jusqu'en bas1 avec des cris de joie4 ,quand vous ne pouvez plus crier1 n'ayant plus la force d'articuler des sons humains pour dire que vous tes heureux1 vous remplissez la quitude de leurs valles de dtonations de ptards et vous rentrez prcipitamment chez vous1 rouges d'une ruption cutane d'amour-propre et secous d'un hoquet de contentement de vous-mmes4 ,je pense que peut-tre les deux spectacles les plus douloureux que m'ait jamais offerts l',humanit1 portant en eux la plus profonde leon de ces choses1 sont les foules d',anglais dans la valle de ,chamonix s'amusant mettre le feu des obusiers rouills2 et les vignerons suisses de ,zurich rendant grce comme chrtiens pour le don de la vigne en s'assemblant par groupes dans les tours des vignobles#aag1 chargeant lentement et faisant partir des pistolets d'aron du matin au soir#aah4 ,il est triste de n'avoir que d'obscures conceptions de devoir1 plus triste1 il me semble1 d'avoir des conceptions pareilles de la joie#aai4 ,enfin4 ,vous mprisez la compassion4 ,il n'est pas besoin de mes paroles comme preuve de ceci4 ,il me suffira de transcrire un des entrefilets de journaux qu'il est dans mes habitudes de dcouper et de mettre dans mes tiroirs4 ,en voici un pris dans un vieux ,daily ,telegraph de cette anne4 ,j'ai eu la ngligence de ne pas prendre note de la date1 mais elle est facile retrouver1 car1 au dos de la coupure1 on annonce que hier le septime des services spciaux de cette anne a t clbr par l'vque de ,ripon ,saint-,paul4 ,il ne fait que relater un de ces faits comme il s'en produit maintenant tous les jours1 celui-ci par hasard ayant pris une forme qui lui a permis de venir devant le coroner4 ,j'imprimerai l'entrefilet en rouge#abj4 ,soyez assur que les faits eux-mmes sont crits en rouge dans un livre dont nous tous1 lettrs ou illettrs1 aurons notre page lire un jour#aba4 ,m4 ,richards1 adjoint du coroner1 a procd vendredi la ,taverne du ,cheval ,blanc1 ,christ ,church1 ,spitalfields1 une enqute relative la mort de ,michel ,collins1 g de #eh ans4 ,mary ,collins1 femme d'un aspect misrable1 dit qu'elle habitait avec le dfunt et son fils une chambre situe #b1 ,cobb's ,court1 ,christ ,church4 ,le dfunt tait rapetasseur de chaussures4 ,le tmoin sortait et achetait les vieilles bottes2 le dfunt et son fils les remettaient neuf et le tmoin les vendait pour ce qu'elle pouvait en obtenir dans les magasins1 ce qui1 en fait1 tait trs peu de chose4 ,le dfunt et son fils avaient coutume de travailler nuit et jour pour tcher d'arriver avoir un peu de pain et de th1 payer la chambre 7#b shillings par semaine7 de manire vivre en famille la maison4 ,vendredi soir1 le dfunt se leva de son banc et commena frissonner4 ,il jeta terre ses bottes en disant3 ,il faudra qu'un autre les finisse quand je serai mort1 car je n'en peux plus4 ,il n'y avait pas de feu et il dit3 ,j'irais mieux si j'avais chaud4 ,le tmoin prit donc deux paires de bottes remises neuf#abb pour les vendre au magasin1 mais il ne put avoir que #ad pence des deux paires1 car on lui dit au magasin3 ,il faut que nous ayons notre bnfice4 ,le tmoin acheta #ad livres de charbon1 un peu de th et de pain2 son fils resta debout toute la nuit pour faire les raccommodages afin d'avoir de l'argent1 mais le dfunt mourut le samedi matin4 ,la famille n'a jamais eu suffisamment manger4 ,le coroner3 ,il me parat dplorable que vous ne soyez pas entrs l'hospice4 ,le tmoin3 ,nous avions besoin des conforts de notre petit chez nous4 ,un jur demanda ce qu'taient les conforts1 car il voyait seulement un peu de paille dans l'angle de la chambre dont les fentres taient brises4 ,le tmoin se mit pleurer1 et dit qu'ils avaient un couvre-pieds1 et d'autres petites choses4 ,le dfunt disait qu'il ne voudrait jamais entrer l'hospice4 ,en t quand la saison tait bonne ils avaient quelquefois jusqu' #aj shillings de bnfice en une semaine1 en ce cas1 ils conomisrent toujours pour leur semaine suivante qui tait gnralement mauvaise4 ,l'hiver ils ne se faisaient pas moiti autant4 ,depuis #c ans ils avaient t de mal en pire4 ,cornelius ,collins dit qu'il avait aid son pre depuis #ahdg4 ,ils avaient l'habitude de travailler si avant dans la nuit que tous deux avaient perdu la vue4 ,le tmoin avait maintenant un voile sur les yeux4 ,il y a #c ans1 le dfunt demanda des secours la paroisse4 ,le commissaire des pauvres lui donna un pain de #d livres et lui dit que s'il revenait il aurait des pierres4 ,cela dgota le dfunt et il ne voulut plus rien avoir faire avec eux depuis lors#abc4 ,ils allrent de pire en pire jusqu' la semaine de ce dernier vendredi o ils n'avaient plus mme un demi-penny pour acheter une chandelle4 ,le dfunt s'tendit alors sur la paille et dit qu'il ne pourrait pas vivre jusqu'au matin4 ,un jur3 ,vous mourrez d'inanition vous-mme1 vous devriez aller l'hospice jusqu' l't4 ,le tmoin3 ,si nous entrions1 nous mourrions4 ,quand nous en sortirions l't1 nous serions comme des gens tombs du ciel4 ,personne ne nous connatrait et nous n'aurions pas mme une chambre4 ,je pourrais travailler prsent si j'avais de la nourriture1 car ma vue s'amliorerait4 ,le docteur ,g4 ,p4 ,walker dit que le dfunt a succomb une syncope venue de l'puisement d au manque de nourriture4 ,le dfunt n'avait pas de couvertures4 ,depuis quatre mois1 il n'avait plus rien d'autre manger que du pain4 ,il n'existait pas dans le corps une parcelle de graisse4 ,il n'avait pas de maladie1 mais s'il avait en le secours d'un mdecin1 il et pu survivre la syncope ou l'vanouissement4 ,le coroner ayant insist sur le caractre pnible de ce cas1 le jury rendit le verdict suivant3 ,que le dfunt tait mort d'puisement provenant du manque de nourriture et des ncessits ordinaires de la vie2 et aussi faute d'assistance mdicale4 #cg4 ,pourquoi le tmoin n'a-t-il pas voulu aller l'asile8 demandez-vous4 ,eh bien les pauvres paraissent avoir contre l'asile un prjug que n'ont pas les riches1 puisqu'en effet toute personne qui reoit une pension du ,gouvernement entre l'asile sur une grande chelle#abd4 ,seulement les asiles de riches n'impliquent pas l'ide du travail et devraient s'appeler des lieux de plaisir4 ,mais les pauvres aiment mourir indpendants1 parat-il2 peut-tre si nous leur faisions leurs lieux de plaisir assez jolis et plaisants ou si nous leur donnions leurs pensions chez eux1 et leur constituions pralablement un petit pcule pris sur le budget1 leurs esprits pourraient se rconcilier avec ces institutions4 ,en attendant voici les faits3 nous leur rendons notre aide ou si blessante ou si pnible1 qu'ils aiment mieux mourir que la prendre de nos mains2 ou1 pour troisime alternative1 nous les laissons si incultes et ignorants qu'ils se laissent mourir silencieusement comme des btes sauvages1 ne sachant que faire ni que demander4 ,je dis que vous mprisez la compassion4 ,si non un tel entrefilet de journal ne serait pas plus possible dans un pays chrtien qu'un assassinat prmdit n'y serait permis dans la rue#abe4 ,chrtien1 ai-je dit8 ,hlas6 si seulement nous tions sainement non-chrtiens1 de telles choses seraient impossibles3 c'est notre christianisme d'imagination qui nous aide commettre ces crimes1 parce que nous nous complaisons aux somptuosits de notre foi pour y trouver une sensation voluptueuse2 parce que nous la revtons1 comme toutes choses1 de fictions4 ,le ,christianisme dramatique de l'orgue et de la nef1 des matines de l'aube et des saluts du crpuscule--le christianisme dont nous ne craignons pas d'introduire la parodie comme un lment dcoratif dans les pices ou nous mettons le diable en scne1 dans nos ,satanella#abf1 nos ,robert le ,diable1 nos ,faust2 chantant des hymnes au travers des vitraux en ogive pour un effet de fond et modulant artistiquement le ,dio de variations en variations1 en contrefaisant les offices3 7le lendemain nous distribuons des brochures1 pour la conversion des pcheurs ignorants sur ce que nous croyons tre la signification du #c;e commandement27--ce christianisme clair au gaz1 inspir au gaz1 nous rend triomphants et nous retirons le bord de nos vtements de la main des hrtiques qui se le disputent4 ,mais arriver accomplir un peu de simple justice chrtienne1 avec une sincre parole ou action anglaise#abg1 faire de la loi chrtienne une rgle de vie et baser sur elle une rforme sociale ou un dsir de rforme--nous savons trop bien ce que vaut notre foi pour cela6 vous pourriez plutt extraire un clair de la fume de l'encens qu'une vraie action ou passion de votre moderne religion anglaise4 ,vous ferez bien de vous dbarrasser de la fume et des tuyaux d'orgue aussi3 ,laissez-les1 avec les fentres gothiques et les vitraux peints1 au metteur en scne2 rendez votre me d'hydrogne carbur en une saine expiration1 et occupez-vous de ,lazare qui est sur le seuil#abh4 ,parce qu'il y a une vraie glise partout o une main vient secourable une autre1 et c'est l la seule vraiment ,sainte glise ou notre ,mre l'glise qui jamais fut1 et jamais sera4 #ch4 ,tous ces plaisirs donc et toutes ces vertus1 je le rpte1 vous les mprisez en tant que nation4 ,vous comptez1 sans doute1 parmi vous1 des hommes qui ne les mprisent pas2 du travail de qui1 de la force1 de la vie1 et de la mort de qui vous vivez1 sans jamais leur dire merci#abi4 ,votre sant1 votre amusement1 votre orgueil1 seraient tous galement impossibles1 sans ceux-l que vous mprisez ou oubliez4 ,le sergent de ville qui arpente toute la nuit la ruelle sombre pour pier le crime que vous y avez cr1 et peut se faire casser la tte et estropier pour la vie n'importe quel moment et n'est jamais remerci2 le matelot luttant contre la rage de l',ocan1 l'tudiant silencieux1 pench sur ses livres ou ses fioles2 le simple ouvrier sans gloire et presque sans pain1 accomplissant sa tche comme vos chevaux tranent vos charrettes1 sans espoir et ddaign de tous4 ,voil les hommes par lesquels l',angleterre vit1 mais ce n'est pas eux la nation2 ils n'en sont que le corps et la force nerveuse1 agissant encore en vertu d'une vieille habitude dans une survie convulsive1 aprs que l'me a fui4 ,notre dsir1 notre but de nation ne sont que d'tre amuss1 notre religion1 en tant que nation1 c'est la reprsentation de crmonies ecclsiastiques1 et la prdication de somnifres vrits 7ou plutt contre-vrits71 capables de tenir le peuple tranquille son travail1 pendant que nous nous amusons2 et la ncessit de ces amusements nous tient comme un malaise fbrile o la gorge est dessche et o les yeux sont gars1--draisonnant1 pervers1 impitoyable4 ,combien littralement ce mot mal-aise1 la ngation et impossibilit de toute aise1 exprime l'tat moral de la vie anglaise et de ses amusements6 #ci4 ,quand les hommes sont occups comme ils doivent l'tre1 leur plaisir nat de leur travail#acj1 comme les ptales colors d'une fleur fconde2 quand ils sont fidlement serviables et compatissants1 toutes leurs motions deviennent fortes1 profondes1 durables et vivifiantes l'me1 comme un pouls normal au corps4 ,mais maintenant n'ayant pas de vritables occupations1 nous versons toute notre nergie virile dans la fausse occupation de faire de l'argent2 et n'ayant pas de vraies motions1 il nous faut attifer de fausses motions pour jouer avec1 non pas innocemment1 comme des enfants avec des poupes1 mais criminellement et tnbreusement comme les ,juifs idoltres avec leurs images sur les murs des caveaux que les hommes ne pouvaient dcouvrir sans creuser#aca4 ,la justice que nous ne pratiquons pas1 nous l'imitons dans le roman et sur la scne2 la beaut que nous dtruisons dans la nature nous substituons les changements vue des feries et 7la nature humaine rclamant imprieusement au fond de nous une terreur et une tristesse1 de quelque genre que ce soit71 pour remplacer le noble chagrin que nous aurions d supporter avec nos frres1 et les pures larmes que nous aurions d verser avec eux1 nous dvorons le pathtique de la cour d'assises1 et recueillons la rose nocturne du tombeau4 ,il est difficile d'apprcier la vraie signification de ces choses2 les faits sont en eux-mmes assez atroces2 la mesure de la faute nationale qui y est implique est peut-tre moins grande qu'elle ne pourrait paratre d'abord4 ,nous permettons ou causons chaque jour des milliers de morts1 mais nous n'avons pas l'intention de faire le mal2 nous mettons le feu aux maisons et nous ravageons les champs des paysans1 cependant nous serions fchs d'apprendre que nous avons nul quelqu'un4 ,nous sommes encore bons dans notre cur1 encore capables de vertu1 mais seulement comme le sont les enfants4 ,chalmers1 la fin de sa longue vie1 ayant eu une grande influence sur le public1 tait agac que sur un sujet d'importance on ft appel devant lui l'opinion publique2 il laissa chapper cette exclamation impatiente3 ,le public n'est rien de plus qu'un grand bb6 ,et la raison pourquoi j'ai laiss tous ces graves sujets de rflexion se mler une enqute sur la manire de lire est que1 plus je vois nos fautes et misres nationales1 plus elles se rsolvent pour moi en tats d'inculture enfantine et d'ignorance des plus ordinaires habitudes de pense4 ,ce n'est1 je le rpte1 ni vice1 ni gosme1 ni lenteur de cerveau qu'il nous faut dplorer1 mais une insouciance incorrigible d'coliers diffrant seulement de celle du vritable colier par son incapacit tre aide qui vient de ce qu'elle ne reconnat pas de matre4 #da4 ,un curieux symbole de ce que nous sommes nous est offert dans une des uvres charmantes et ddaignes du dernier de nos grands peintres#acb4 ,c'est un dessin qui reprsente le cimetire de ,kirkby ,lonsdale1 son ruisseau1 sa valle1 ses collines1 et au del le ciel envelopp du matin4 ,et galement insoucieux de ces choses et des morts qui les ont quittes pour d'autres valles et pour d'autres cieux1 un groupe d'coliers a empil ses petits livres sur une tombe1 pour les jeter par terre avec des pierres4 ,ainsi pareillement1 nous jouons avec les paroles des morts1 qui pourraient nous instruire1 et les jetons loin de nous1 au gr de notre volont amre et insouciante1 sans gure songer que ces feuilles que le vent parpille furent amonceles non seulement sur une pierre funraire1 mais sur les scells d'un caveau enchant1--que dis-je8 sur la porte d'une grande cit de rois endormis qui s'veilleraient pour nous et viendraient avec nous1 si seulement nous savions les appeler par leur nom4 ,combien de fois1 mme si nous levons la dalle de marbre1 ne faisons-nous qu'errer parmi ces vieux rois qui reposent et toucher les vtements dans lesquels ils sont couchs et soulever les couronnes de leurs fronts2 et eux cependant gardent leur silence notre endroit et ne semblent que de poussireuses images2 parce que nous ne savons pas l'incantation du cur qui les veillerait2 par qui1 si une fois ils l'eussent entendue1 ils se redresseraient pour aller notre rencontre dans leur puissance de jadis1 pour nous regarder attentivement et nous considrer4 ,et comme les rois qui sont descendus dans l',hads y accueillent les nouveaux arrivants en disant3 tes-vous aussi devenus faibles comme nous8 tes-vous aussi devenu un des ntres#acc8 ainsi ces rois avec leur diadme que rien n'a terni1 n'a branl1 nous aborderaient en disant3 tes-vous1 aussi1 devenu pur et grand de cur comme nous8 tes-vous aussi devenu un des ntres8 #db4 ,grand de cur et grand d'esprit--magnanime1 tre cela c'est bien en effet tre grand dans la vie2 le devenir de plus en plus1 c'est bien avancer dans la vie--dans la vie elle-mme--non dans ses atours#acd4 ,mes amis1 vous rappelez-vous cette vieille coutume scythe1 lorsque mourait le chef d'une maison8 ,comment il tait revtu de ses plus beaux habits1 dpos dans son char et port dans les maisons de ses amis2 et chacun d'eux le plaait au haut bout de la table et tous festoyaient en sa prsence4 ,supposez qu'il vous ft offert en termes explicites1 comme cela vous est offert par les tristes ralits de la vie1 d'obtenir cet honneur scythe1 graduellement1 pendant que vous croyez tre encore en vie4 ,supposez que l'offre ft celle-ci3 ,vous allez mourir lentement2 votre sang deviendra de jour en jour plus froid1 votre chair se ptrifiera1 votre cur ne battra plus a la fin que comme un systme rouill de soupapes de fer#ace4 ,votre vie s'effacera de vous et s'enfoncera travers la terre dans les glaces de la ,cane#acf4 ,mais jour par jour votre corps sera plus brillamment vtu1 assis dans des chars plus levs et sur la poitrine portera de plus en plus d'insignes honorifiques--des couronnes sur la tte1 si vous voulez4 ,les hommes s'inclineront devant lui1 auront les yeux fixs sur lui et l'acclameront1 se presseront en foule sa suite du haut en bas des rues2 on lui lvera des palais1 on festoiera avec lui au haut bout de la table1 toute la nuit2 votre me l'habitera assez pour savoir qu'on fait tout cela1 et sentir le poids de la robe d'or sur ses paules et le sillon du cercle coupant de la couronne sur le crne2 pas plus4 ,accepteriez-vous l'offre ainsi faite verbalement par l'ange de la mort8 ,le plus humble d'entre nous1 l'accepterait-il1 croyez-vous8 ,cependant1 de fait1 dans la pratique1 nous essayons de la saisir au vol1 chacun de nous dans une certaine mesure1 beaucoup parmi nous la saisissent dans sa plnitude d'horreur4 ,chaque homme l'accepte qui dsire faire son chemin dans la vie1 sans savoir ce que c'est que la vie2 qui comprend seulement qu'il lui faut acqurir plus de chevaux et plus de valets1 et plus de fortune1 et plus d'honneurs et non pas plus d'me personnelle4 ,celui-l seul avance dans la vie dont le cur devient plus tendre1 le sang plus chaud1 le cerveau plus vif1 et dont l'esprit s'en va entrant dans la vivante paix#acg4 ,et les hommes qui ont cette vie en eux sont les vrais matres ou rois de la terre1 eux et eux seuls4 ,toutes les autres royauts pour autant qu'elles sont vraies ne sont que le rsultat et la traduction des leurs dans la ralit4 ,si moins que cela1 elles sont ou des royauts de thtre1 de coteuses parades1 ornes vrai dire de joyaux vritables1 et non de clinquants1 mais quand mme pas autre chose que les joujoux des nations2 ou bien alors elles ne sont pas des royauts du tout1 mais des tyrannies ou rien que la rsultante concrte et effective de la folie nationale2 pour laquelle raison j'ai dit d'elles ailleurs#ach3 ,les gouvernements visibles sont le jouet de certaines nations1 la maladie d'autres1 le harnais de certaines1 et le fardeau du plus grand nombre4 #dc4 ,mais je n'ai pas de mots pour l'tonnement que j'prouve quand j'entends encore parler de ,royaut1 mme par des hommes rflchis1 comme si les nations gouvernes taient une proprit individuelle et pouvaient se vendre et s'acheter1 ou tre acquises autrement1 comme des moutons de la chair desquels le roi doit se nourrir1 et dont il doit recueillir la toison2 comme si l'pithte indigne d',achille pour les mauvais rois3 ,mangeurs de peuple#aci--tait le titre ternel et appropri de tous les monarques1 et si l'extension du territoire d'un roi signifiait la mme chose que l'agrandissement des terres d'un particulier4 ,les rois qui pensent ainsi1 aussi puissants qu'ils soient1 ne peuvent pas plus tre les vrais rois de la nation que les taons ne sont les rois d'un cheval2 ils le sucent1 et peuvent le rendre furieux1 mais ne le conduisent pas4 ,eux et leurs cours1 et leurs armes1 sont seulement1 si on pouvait voir clair1 une grande espce de moustiques de marais avec une trompe baonnettes et une fanfare mlodieuse et bien style dans l'air de l't2 le crpuscule pouvant d'ailleurs tre parfois embelli1 mais difficilement assaini1 par ces nuages tincelants de bataillons d'insectes4 ,les vrais rois1 pendant ce temps-l1 gouvernent tranquillement1 si du tout ils gouvernent1 et dtestent gouverner2 un trop grand nombre d'entre eux font il gran rifiuto#adj2 et s'ils ne le font pas1 la foule1 sitt qu'ils paraissent lui devenir utiles1 est assez sre de faire d'eux son gran rifiuto4 #dd4 ,cependant le roi visible peut aussi en tre un vritable1 si jamais vient le jour o il veuille estimer son royaume d'aprs sa force vraie et non d'aprs ses limites gographiques4 ,il importe peu que la ,trent vous arrache un chanteau ici ou que le ,rhin vous enveloppe un chteau de moins l#ada4 ,mais il importe vous1 roi des hommes1 que vous puissiez vraiment dire cet homme3 ,va et qu'il aille1 et cet autre3 ,viens et qu'il vienne#adb4 ,que vous puissiez diriger votre peuple1 comme vous le pouvez pour les eaux de la ,trent1 et il importe que vous sachiez bien pourquoi vous leur dites d'aller ici ou l4 ,il vous importe1 roi des hommes1 de savoir si votre peuple vous hait et meurt par vous1 ou vous aime et vit par vous4 ,vous pouvez mieux mesurer votre royaume par multitudes que par milles et compter des degrs de latitude d'amour non pas partant mais se rapprochant d'un quateur merveilleusement chaud et infini#adc4 #de4 ,mesurer6--que dis-je2 vous ne pouvez pas mesurer4 ,qui mesurera la distance entre le pouvoir de ceux qui font et enseignent#add1 et sont les plus grands dans les royaumes de la terre comme du ciel1 et le pouvoir de ceux qui dfont et consument1 dont le pouvoir dans sa plnitude n'est rien que le pouvoir du ver et de la rouille4 trange6 de penser comment les ,rois-,vers amassent des trsors pour le ver et les ,rois-,rouille qui sont la force de leurs peuples comme la rouille l'armure1 entassent des trsors pour la rouille1 et les ,rois-,voleurs des trsors pour le voleur#ade2 mais combien peu de rois ont jamais entass des trsors qui n'avaient pas besoin d'tre gards1 des trsors tels que plus ils auraient de voleurs1 mieux cela serait4 ,vtements brods1 seulement pour tre dchirs2 casque et glaive faits pour tre ternis1 joyaux et or pour tre dissips3--il y a trois sortes de rois qui ont amass ces trsors-l4 ,supposez qu'un jour survnt une quatrime sorte de roi qui aurait lu dans quelque obscur crit de jadis1 qu'il existe une quatrime sorte de trsors que les joyaux et les richesses ne peuvent galer et qui ne peuvent non plus tre estims au poids de l'or4 ,une toile devenue belle pour avoir t tisse par la navette d',athna1 une armure forge dans un feu divin par une force vulcanienne1 un or qu'on ne peut extraire que du rouge cur du soleil mme quand il se couche derrire les rochers de ,delphes2--toffe pleine d'images brodes au cur de son tissu2 impntrable armure2 or potable#adf6--les trois grands anges#adg de la ,conduite1 du ,travail et de la ,pense1 nous appelant encore et attendant au seuil de nos portes1 pour nous mener par leur pouvoir ail1 et nous guider avec leurs yeux infaillibles1 travers le chemin qu'aucun oiseau ne connat et que l'il du vautour n'a pas vu#adh4 ,supposez qu'un jour surviennent des rois qui auraient entendu et cru cette parole et la fin ramass et dcouvert des trsors de--,sagesse--pour leurs peuples4 #df4 ,songez quelle chose surprenante cela serait1 tant donn l'tat prsent de la sagesse publique6 ,que nous conduisions nos paysans l'exercice du livre au lieu de l'exercice de la baonnette6 ,que nous recrutions1 instruisions1 entretenions en leur assurant leur solde1 sous un haut commandement capable1 des armes de penseurs au lieu d'armes de meurtriers6 donner son divertissement la nation dans les salles de lectures1 aussi bien que sur les champs de tir1 donner aussi bien des prix pour avoir vis juste une ide que pour avoir mis de plomb dans une cible4 ,quelle ide absurde cela parat1 si toutefois on a le courage de l'exprimer1 que la fortune des capitalistes des nations civilises doive un jour venir en aide la littrature et non la guerre4 ,donnez-moi un peu de patience1 le temps que je vous lise une seule phrase du seul livre qui puisse vraiment tre appel un livre que j'aie encore crit jusqu'ici1 celui qui restera 7si quoi que ce soit en reste7 le plus srement et le plus longtemps1 de toute mon uvre#adi4 ,une forme terrible de l'action de la richesse en ,europe consiste en ceci que c'est uniquement l'argent des capitalistes qui soutient les guerres injustes4 ,les guerres justes ne demandent pas tant d'argent1 parce que la plupart des hommes qui les font les font gratis1 mais pour une guerre injuste il faut acheter les mes et les corps des hommes1 et en plus leur fournir l'outillage de guerre le plus perfectionn1 ce qui fait qu'une telle guerre exige le maximum de dpenses2 sans parler de ce que cotent la peur basse1 les soupons et les colres entre nations qui ne trouvent pas dans toute leurs multitudes assez de douceur et de loyaut pour s'acheter une heure de tranquillit d'esprit4 ,ainsi l'heure qu'il est1 la ,france et l',angleterre s'achtent l'une l'autre dix millions de livres sterlings de consternation par an#aej1 une moisson remarquablement lgre1 moiti pines1 moiti feuilles de tremble1 seme1 rcolte et engrange par la science des modernes conomistes1 qui enseignent la convoitise au lieu de la vrit4 ,les frais de toute guerre injuste tant couverts1 sinon par le pillage de l'ennemi1 au moins par les prts des capitalistes1 ces prts sont ensuite rembourss par les impts qui frappent le peuple1 lequel1 semble-t-il1 n'avait pas d'intrts dans l'affaire puisque c'est l'intrt des capitalistes qui est la cause primordiale de la guerre2 toutefois la cause vritable est la convoitise de la nation qui la rend incapable de fidlit1 de franchise et de justice et cause ainsi en temps voulu se propre perte et le chtiment des individus#aea4 #dh4 ,notez-le1 la ,france et l',angleterre s'achtent littralement de la terreur panique1 l'une l'autre2 elles achtent chacune pour dix millions de livres de terreur par an4 ,maintenant supposez qu'au lieu d'acheter chaque anne ces dix millions de panique elles se dcident a vivre en paix toutes deux et acheter annuellement pour dix millions d'instruction2 et que chacune d'elles emploie ces dix millions de livres annuels fonder des bibliothques royales1 des muses royaux1 des jardins et des lieux de repos royaux4 ,cela ne serait-il pas quelque peu mieux pour la ,france et l',angleterre8 ,il se passera encore longtemps avant que cela n'arrive4 ,cependant j'espre qu'il ne se passera pas longtemps avant que des bibliothques royales ou nationales soient fondes dans chaque ville importante1 contenant une collection royale de livres4 ,la mme collection dans chacune d'elles de livres choisis1 les meilleurs en chaque genre1 dits pour cette collection nationale avec le plus de soin possible2 le texte imprim toujours sur des pages de mmes dimensions1 grandes marges1 et diviss en volumes agrables1 lgers la main1 beaux et solides et irrprochables comme modles du travail du relieur2 et ces grandes bibliothques seront accessibles toute personne propre et range1 toutes les heures du jour et du soir1 des prescriptions svres tant dictes pour faire observer scrupuleusement ces conditions de propret et de bon ordre4 #ej4 ,je pourrais faire avec vous d'autres plans pour des galeries artistiques1 et pour des muses d'histoire naturelle1 et pour beaucoup de choses prcieuses1 de choses1 mon avis1 ncessaires4--,mais ce projet de bibliothques est le plus simple et le plus urgent et fera ses preuves comme tonique de premier ordre pour ce que nous appelons notre constitution britannique1 qui est depuis peu devenue hydropique et a une mauvaise soif et une mauvaise faim et a grand besoin d'une nourriture plus saine4 ,vous avez russi faire rapporter dans ce but ses lois sur les grains2 voyez si vous ne pourriez pas dans le mme but encore faire voter des lois sur les grains1 qui nous donneraient un pain meilleur2 pain fait avec cette vieille graine arabe magique1 le ,ssame1 qui ouvre les portes2--les portes non des trsors des voleurs1 mais des trsors des ,rois#aeb4 ,,appendice 7,note du #cj47 ,pour ce qui est de ce fait que le loyer augmente par la mort des pauvres1 vous pouvez en trouver la preuve dans la prface du rapport adress au ,conseil ,priv par l'inspecteur des ,services sanitaires1 rapport qui vient de paratre2 cette prface contient des propositions de nature1 il me semble1 causer quelque moi1 et relativement auxquelles vous me permettrez de noter les points suivants3 ,il y a aujourd'hui au sujet de la proprit du terrain deux thories courantes et en conflit3 toutes deux fausses4 ,la premire consiste dire que1 d'institution divine1 a toujours exist et doit continuer exister un certain nombre de personnes hrditairement sacres1 auxquelles toute la terre1 l'air et l'eau du monde appartiennent titre de proprit personnelle2 desquelles terre1 air et eau ces personnes peuvent1 leur gr1 permettre ou dfendre au reste du genre humain d'user pour se nourrir1 pour respirer et pour boire4 ,cette thorie ne sera plus trs longtemps soutenable4 ,la thorie oppose est qu'un partage de toutes les terres de l'univers entre tous les proltaires de l'univers lverait immdiatement les dits proltaires au rang de personnages sacrs1 qu'alors les maisons se btiraient d'elles-mmes et le bl pousserait tout seul et que chacun pourrait vivre sans avoir faire aucun travail pour gagner sa vie4 ,cette thorie paratrait galement insoutenable le jour o elle serait mise en pratique4 ,il faudra cependant de rudes expriences et de plus rudes catastrophes1 avant que l'opinion publique soit convaincue qu'aucune loi1 quoi qu'elle concerne1 moins que toute autre une loi concernant la terre 7qu'elle prtende maintenir la proprit ou procder au partage1 la louer cher ou bon march7 ne serait1 en fin de compte1 de la moindre utilit au peuple1 aussi longtemps que la lutte gnrale pour la vie1 et pour les moyens de vivre1 restera une lutte de concurrence brutale4 ,cette lutte dans une nation sans principes prendra une forme ou une autre1 mais toujours implacable1 quelles que soient les lois que vous lui opposiez4 ,ainsi1 par exemple1 ce serait une rforme tout fait bienfaisante pour l',angleterre1 si on pouvait la faire accepter1 que des limites maxima soient assignes aux revenus1 selon les classes2 et que le revenu de chaque seigneur lui soit vers comme un salaire fixe ou une pension que lui ferait la nation1 au lieu d'tre arrache en sommes variables ses tenanciers pressurs sa discrtion4 ,mais si vous pouviez faire passer demain une telle loi1 et si1 ce qui en serait le complment ncessaire1 vous pouviez prendre1 comme unit de ces revenus fixs par la loi1 un certain poids de pain de bonne qualit qui correspondrait une certaine somme d'argent1 douze mois ne s'couleraient pas sans qu'un autre cours se ft tacitement tabli1 et que le pouvoir reform de la richesse accumule ait fait de nouveau valoir ses droits1 en quelque autre article ou quelque autre valeur fictive4 ,il n'y a qu'un remde la misre du peuple1 c'est l'ducation du peuple1 dirige de manire rendre l'homme rflchi1 pitoyable et juste4 ,on peut en effet concevoir beaucoup de lois qui peu peu amlioreraient et fortifieraient le temprament de la nation1 mais1 pour la plupart1 elles sont telles qu'il faudrait que le temprament de la nation pt tre amlior avant d'tre en tat de les supporter4 ,un peuple pendant sa jeunesse peut trs bien recevoir quelque secours des lois1 ainsi qu'un enfant faible d'une gouttire1 mais une fois vieux il ne peut plus par ce moyen remdier la dviation de son pine dorsale4 ,d'ailleurs la question foncire1 si grave qu'elle soit devenue1 n'est que secondaire2 distribuez la terre comme vous voudrez1 la question principale reste entire3 ,qui la bchera8 ,qui de nous1 en un mot1 devra faire pour les autres la besogne rude et sale1 et quel prix8 ,et qui devra faire la besogne agrable et facile et quel prix8 ,qui ne devra faire aucune besogne du tout et quel prix8 ,et d'tranges questions de morale et de religion se lient celles-l4 ,dans quelle mesure est-il permis de sucer une partie de l'me d'un grand nombre de personnes pour unir les quantits psychiques ainsi extraites et en faire une me trs belle ou idale8 ,si nous avions faire du sang au lieu d'me 7et la chose pourrait la lettre se faire comme cela a dj t essay sur des enfants7 de faon qu'il ft possible1 en retirant une certaine quantit de sang des bras d'un nombre donn d'hommes du peuple1 et en l'introduisant tout en une seule personne1 de faire un gentilhomme au sang plus azur1 la chose se pratiquerait certainement1 mais en cachette1 je crois4 ,mais aujourd'hui1 parce que c'est du cerveau et de l'me que nous enlevons1 et non du sang visible1 nous pouvons nous livrer cette opration tout fait ouvertement1 et nous nous nourrissons1 nous les gentilshommes1 la faon des belettes1 de la proie la plus dlicate2 c'est--dire que nous gardons un certain nombre de manants bcher et bcher1 abrutis sous tous les rapports1 de faon que nous1 nourris gratis1 puissions avoir toute la vie spirituelle et sentimentale pour nous4 ,sans doute il y a beaucoup dire en faveur de ceci4 ,un gentleman anglais1 autrichien1 ou italien1 bien n et bien lev 7et plus forte raison une dame7 est un beau produit1 suprieur la plupart des statues2 tant beau de couleur aussi bien que de forme et ayant une cervelle en plus2 c'est un glorieux spectacle que le contempler1 une merveille que s'entretenir avec lui et vous ne pouvez l'obtenir1 ainsi qu'une pyramide ou qu'une glise1 que par le sacrifice d'une grande cotisation de vies4 ,et il est peut-tre mieux d'lever une belle crature humaine qu'un beau dme ou un beau clocher et plus dlicieux de lever respectueusement les yeux vers un tre si au-dessus de nous que vers un mur2 seulement la belle crature humaine aura quelques devoirs remplir en retour1 devoirs de beffroi et de rempart vivants dont nous allons parler dans un instant#aec4 ,note #bb3 ,cette pigraphe1 qui ne figurait pas dans les premires ditions de ,ssame et les ,lys1 projette comme un rayon supplmentaire qui ne vient toucher que la dernire phrase de la confrence 7voir page #abe71 mais illumine rtrospectivement tout ce qui a prcd4 ,ayant donn sa confrence le titre symbolique de ,ssame 7,ssame des ,mille-et-une-,nuits--la parole magique qui ouvre le porte de la caverne des voleurs1--tant l'allgorie de la lecture qui nous ouvre la porte de ces trsors o est enferme la plus prcieuse sagesse des hommes3 les livres71 ,ruskin s'est amus reprendre le mot ,ssame en lui-mme et1 sans plus s'occuper des deux sens qu'il a ici 7ssame dans ,ali-,baba1 et la lecture71 insister sur son sens original 7la graine de ssame7 et l'embellir d'une citation de ,lucien qui fait en sorte jeu de mots en faisant vivement apparatre sous la signification conventionnelle que le mot a chez le conteur oriental et chez ,ruskin1 son sens primordial4 ,en ralit1 ,ruskin hausse ainsi d'un degr la signification symbolique de son titre puisque la citation de ,lucien nous rappelle que ,ssame tait dj dtourn de sa signification dans les ,mille et une ,nuits et qu'ainsi le sens qu'il a comme titre de la confrence de ,ruskin est une allgorie d'allgorie4 ,cette citation pose nettement ds le dbut les trois sens du mot ,ssame1 la lecture qui ouvre les portes de la sagesse1 le mot magique d',ali-,baba et la graine enchante4 ,ds le dbut ,ruskin expose ainsi ses trois thmes et la fin de la confrence il les mlera inextricablement dans la dernire phrase o sera rappele dans l'accord final la tonalit du dbut 7ssame graine71 phrase qui empruntera ces trois thmes 7ou plutt cinq1 les deux autres tant ceux des ,trsors des ,rois pris dans le sens symbolique de livres1 puis se rapportant aux ,rois et leurs diffrentes sortes de trsors1 nouveau thme introduit vers la fin de la confrence7 une richesse et une plnitude extraordinaires4 ,sur la citation de ,lucien elle-mme la ,library ,edition donne un commentaire qui ne me semblerait exact que si cette citation servait d'pigraphe aux ,jardins des ,reines et non aux ,trsors des ,rois4 ,en revanche elle note 7et ceci est trs intressant7 l'admiration de ,ruskin 7dont tmoigne une note au crayon sur une copie du livre71 pour un passage des ,oiseaux d',aristophane o la ,huppe dcrivant la vie simple des oiseaux dit qu'ils n'ont pas besoin d'argent et se nourrissent de ssame4 ,je crois simplement que ,ruskin1 un peu par cette idoltrie dont j'ai souvent parl1 se complaisait ainsi aller adorer un mot dans tous les beaux passages des grands auteurs o il figure4 ,l'idoltre notre contemporain1 auquel j'ai souvent compar ,ruskin1 met ainsi quelquefois jusqu' cinq pigraphes en tte d'une mme pice4 ,ruskin en a bien mis successivement jusqu' cinq en tte de ,ssame et s'il a opt en dernier lieu pour celle de ,lucien1 c'est sans doute parce qu'tant plus loigne que les autres du sentiment de sa confrence1 elle tait par l mme plus neuve1 plus dcorative1 et1 en rajeunissant le sens du mot ,ssame1 en clairait bien les divers symboles4 ,nul doute d'ailleurs qu'elle ne l'ait amen rapprocher des trsors de la sagesse le charme d'une vie frugale et donner ses conseils de sagesse individuelle l'tendue de maximes pour le bonheur social4 ,cette dernire intention se prcise vers le milieu de la confrence4 ,mais c'est le charme prcisment de l'uvre de ,ruskin qu'il ait entre les ides d'un mme livre1 et entre les divers livres des liens qu'il ne montre pas1 qu'il laisse peine apparatre un instant et qu'il a d'ailleurs peut-tre tisss aprs coup1 mais jamais artificiels cependant puisqu'ils sont toujours tirs de la substance toujours identique elle-mme de sa pense4 ,les proccupations multiples mais constantes de cette pense1 voil ce qui assure ces livres une unit plus relle que l'unit de composition1 gnralement absente1 il faut bien le dire4 ,je vois que1 dans la note place la fin de la confrence1 j'ai cru pouvoir noter jusqu' #g thmes dans la dernire phrase4 ,en ralit ,ruskin y range l'une ct de l'autre1 mle1 fait manuvrer et resplendir ensemble toutes les principales ides--ou images--qui ont apparu1 avec quelque dsordre au long de sa confrence4 ,c'est son procd4 ,il passe d'une ide l'autre sans aucun ordre apparent4 ,mais en ralit la fantaisie qui le mne suit ses affinits profondes qui lui imposent malgr lui une logique suprieure4 ,si bien qu' la fin il se trouve avoir obi une sorte de plan secret qui1 dvoil la fin1 impose rtrospectivement l'ensemble une sorte d'ordre et le fait apercevoir magnifiquement tag jusqu' cette apothose finale4 ,d'ailleurs1 si le dsordre est le mme dans tous ses livres1 le mme geste de rassembler la fin ses rnes et de feindre d'avoir contenu et guid ses coursiers n'existe pas dans tous4 ,aussi bien ne faudrait-il pas voir l plus qu'un jeu4 7,note du ,traducteur47 ,note #bc3 ,pense trs frquente chez ,ruskin4 ,cf4 ,st-,mark's ,rest3 ,maintenant que ma vie touche son dclin il n'est pas un jour qui passe sans augmenter mon doute sur le bien fond des mpris1 etc41 et mon dsir anxieux de dcouvrir1 etc4 7,st-,mark's ,rest3 ,the ,shrine of the ,slaves7--et un peu partout dans son uvre4 7,note du ,traducteur47 ,note #bd3 ,cf4 ,on the old ,road1 tome ,ier1 #aff 7note du ,traducteur74 ,du reste ,ruskin lui-mme dans ,on the old ,road renvoie ce passage de ,ssame et les ,lys4 ,note #be3 ,lycidas #ga 7rfrence fournie par la ,library ,edition74 ,note #bf3 ,remarquez une certaine analogie de forme avec la ,bible d',amiens1 ,,ii1 #af4 7,n4 du ,trad47 ,note #bg3 ,cf4 la mme ide dans le ,matre de la ,mer1 de ,m4 de ,vog1 7,note du ,traducteur47 ,note #bh3 ,voir plus bas la note #a 7,note #bi7 de la page #fi4 7,note du ,traducteur47 ,note #bi3 ,cf4 ,vous pouvez observer comme un caractre trs frquent de la sagesse avise de l'esprit protestant clrical1 qu'il suppose instinctivement que le dsir du pouvoir et d'une situation n'est pas seulement universel dans le clerg1 mais est toujours purement goste dans ses motifs4 ,l'ide qu'il soit possible de rechercher une influence pour l'usage bienfaisant qu'on peut en faire ne se prsente pas une seule fois dans les pages d'un historien ecclsiastique d'poque rcente4 7,la ,bible d',amiens1 ,,iii1 #cc 7,note du ,traducteur47 ,note #cj3 ,et cependant le fait constamment observ que beaucoup de gens d'extraction modeste1 mais distingus par le talent1 sont snobs1 signifie simplement qu'ils quittent la socit d'autres gens de talent pour rechercher celle d'hommes ignorants et insenss bien souvent1 qu'ils sont heureux de voir et avec qui ils sont heureux d'tre vus4 7,note du ,traducteur47 ,note #ca3 ,cette ide nous parat trs belle en ralit1 parce que nous sentons l'utilit spirituelle dont elle va tre ,ruskin et que les amis ne sont ici que des signes1 et qu' travers ces amis qu'on ne peut choisir1 nous sentons dj prs d'apparatre les amis qu'on peut choisir1 ceux qui sont le personnage principal de cette confrence3 les livres1 qui1 comme l'actrice en renom1 l'toile qui ne parat pas au ,ier acte1 n'ont pas encore fait leur entre4 ,et dans ce raisonnement spcieux et pourtant juste1 il est permis de reconnatre1 conduit du reste si naturellement par ce disciple et ce frre de ,platon qu'tait ,ruskin1 comme un raisonnement platonicien4 ,mais encore1 ,critias1 tu ne peux choisir tes amis comme il te plat1 etc4 ,mais ici1 comme du reste trs souvent chez les ,grecs qui ont dit toutes les choses vraies1 mais n'ont pas cherch les vrais chemins plus cachs qui y mnent1 la comparaison n'est pas probante4 ,car on peut avoir telle situation dans la vie qui permette de choisir les amis qu'on veut 7situation dans la vie laquelle il faut naturellement que l'intelligence et le charme soient joints1 sans cela les gens que l'on pourrait mme choisir1 on ne pourrait les avoir au sens exact du mot pour amis74 ,mais enfin ces choses-l peuvent se trouver runies2 je ne dis pas qu'elles le soient frquemment1 mais il suffit que j'en puisse trouver auprs de moi quelques exemples4 ,or1 mme pour ces tres privilgis1 les amis qu'ils pourront choisir comme ils le voudront ne sauront en aucune faon tenir lieu des livres 7ce qui prouve bien que les livres ne sont pas seulement des amis qu'on peut choisir aussi sages que l'on veut7 parce qu'en ralit ce qui diffre essentiellement entre un livre et une personne ce n'est pas la plus ou moins grande sagesse qu'il y a dans l'une ou dans l'autre1 mais la manire dont nous communiquons avec eux4 ,notre mode de communication avec les personnes implique une dperdition des forces actives de l'me que concentrent et exaltent au contraire ce merveilleux miracle de la lecture qui est la communication au sein de la solitude4 ,quand on lit1 on reoit une autre pense1 et cependant on est seul1 on est en plein travail de pense1 en pleine aspiration1 en pleine activit personnelle3 on reoit les ides d'un autre1 en esprit1 c'est--dire en vrit1 on peut donc s'unir elles1 on est cet autre et pourtant on ne fait que dvelopper son moi avec plus de varit que si on pensait seul1 on est pouss par autrui sur ses propres voies4 ,dans la conversation1 mme en laissant de ct les influences morales1 sociales1 etc41 que cre la prsence de l'interlocuteur1 la communication a lieu par l'intermdiaire des sons1 le choc spirituel est affaibli1 l'inspiration1 la pense profonde1 impossible1 ,bien plus la pense1 en devenant pense parle1 se fausse1 comme le prouve l'infriorit d'crivain de ceux qui se complaisent et excellent trop dans la conversation4 7,malgr les illustres exceptions que l'on peut citer1 malgr le tmoignage d'un ,emerson lui-mme1 qui lui attribue une vritable vertu inspiratrice1 on peut dire qu'en gnral la conversation nous met sur le chemin des expressions brillantes ou de purs raisonnements1 presque jamais d'une impression profonde47 ,donc la gracieuse raison donne par ,ruskin l'impossibilit de choisir ses amis1 la possibilit de choisir ses livres n'est pas la vraie4 ,ce n'est qu'une raison contingente1 la vraie raison est une diffrence essentielle entre les deux modes de communication4 ,encore une fois le champ ou choisir ses amis peut ne pas tre restreint4 ,il est vrai que1 dans ces cas-l1 il est cependant restreint aux vivants4 ,mais si tous les morts taient vivants ils ne pourraient causer avec nous que de la mme manire que font les vivants4 ,et une conversation avec ,platon serait encore une conversation1 c'est--dire un exercice infiniment plus superficiel que la lecture1 la valeur des choses coutes ou lues tant de moindre importance que l'tat spirituel qu'elles peuvent crer en nous et qui ne peut tre profond que dans la solitude ou dans cette solitude peuple qu'est la lecture4 7,note du traducteur47 ,note #cb3 ,naturellement cette distinction subsiste dans la thorie que nous esquissions tout l'heure4 ,un homme ne peut nous inspirer que si nous l'entendons dans la solitude1 c'est--dire si nous le lisons1 mais encore faut-il qu'il ait t lui-mme inspir4 ,la solitude nous permet seulement de nous mettre dans l'tat o lui-mme se trouvait1 tat qui ne pouvait se produire si le livre tait un livre parl2 on ne peut pas plus lire qu'crire en parlant4 ,en relisant cette phrase de ,ruskin3 un livre est une chose non parle1 mais crite1 je sens que je l'ai moins contredit que je ne croyais le faire4 ,mais il reste en tous cas que si le livre est une chose non parle mais crite1 c'est aussi une chose lue et non coute dans une conversation1 et qui ne peut en consquence tre assimile un ami4 ,si ,ruskin ne l'a pas dit1 c'est que c'est un des aspects originaux de son gnie d'unir l'insistance qui approfondit d'un ,carlyle1 la simplicit sereine et enveloppe 7et non inquite et dveloppe71 le sourire1 le ct esthtique des ,grecs4 ,il n'a pas essay d'analyser l'tat d'me original du lecteur4 7,note du traducteur47 ,note #cc3 ,perptuer est l pour la symtrie4 ,mais1 en ralit1 ce n'est plus la mme voix qui s'agit de perptuer4 ,si c'tait simplement le mme genre de voix1--rien que des paroles parles1--les perptuer serait aussi frivole que les transmettre ou les multiplier4 7,note du traducteur47 ,note #cd3 ,je ne connaissais pas ce passage des ,trsors des ,rois quand j'crivais dans la ,prface de la ,bible d',amiens3 ,ruskin fut un de ces hommes4444 avertis de la prsence auprs d'eux d'une ralit ternelle1 instinctivement perue par l'inspiration1444 laquelle ils consacrent pour lui donner quelque valeur leur vie phmre4 ,de tels hommes1 attentifs et anxieux devant l'univers dchiffrer1 sont avertis des parties de la ralit sur lesquelles leurs dons spciaux leur dpartissent une lumire particulire1 par une sorte de dmon qui les guide1 etc4 ,le don spcial pour ,ruskin1 etc4 ,le pote tant pour ,ruskin444 une sorte de scribe crivant sous la dicte de la nature une partie plus ou moins importante de son secret1 le premier devoir de l'artiste est de ne rien ajouter de son cr au message divin4 ,or ce passage des ,trsors des ,rois vrifie en quelque sorte ce que je disais alors de ,ruskin2 puisque pour regarder sa pense 7on ne peut voir qu'avec quelque chose d'analogue ce qui est regard1 si la lumire n'tait pas dans l'il1 a dit ,gthe1 l'il ne verrait pas la lumire1 le monde pour tomber sous la pense du savant doit tre de la pense7 je m'tais trouv prendre une ide si analogue une ide de lui1 un verre si pur que pntrerait aisment sa lumire2 puisque entre ma contemplation et sa pense j'avais introduit si peu de matire trangre1 opaque et rfractaire4 7,note du traducteur47 ,note #ce3 ,saint ,jacques1 ,,iv1 #ad3 ,car qu'est-ce que votre vie1 ce n'est qu'une vapeur qui parat pour peu de temps et qui s'vanouit ensuite4 ,comparez avec deux belles adaptations du mme verset1 #a dans les ,sept ,lampes de l',architecture3 ,et puisque notre vie1 mettre les choses au mieux1 ne doit tre qu'une vapeur qui parat pour peu de temps et s'vanouit ensuite1 qu'elle apparaisse au moins comme un nuage dans les hauteurs du ciel1 non comme l'obscurit qui s'paissit au-dessus de la fournaise et des rvolutions de la roue4 7,lampe de ,vie1 fin72 #b dans la #c;e confrence de ,ssame 7,the mystery of life and its arts73 ,si1 autrefois1 le peu d'influence que j'avais tait d en partie l'enthousiasme avec lequel je pouvais contempler les nuages du ciel et leurs couleurs1 aujourd'hui cette influence je ne veux plus la devoir qu'au srieux avec lequel je serai capable de dessiner la forme et de rendre la beaut de cette autre espce de brillant nuage dont il a t crit3 ,qu'est-ce que votre vie3 ce n'est qu'une vapeur qui parat pour peu de temps1 puis s'vanouit 7 #if74 7,note du traducteur47 ,note #cf3 ,notez soigneusement cette phrase et comparez avec ,the queen of the air1 #ajf4 7,note de l'auteur47 ,voici le passage auquel renvoie ,ruskin3 ,nous voici loin de l'architecture d',abbeville4 ,j'ai mis ici deux assertions2 la premire donnait comme base l'art la nature morale2 la seconde1 la nature morale1 la guerre4 ,je dois maintenant rendre plus claires--et prouver--ces deux affirmations4 ,d'abord1 en ce qui concerne la nature morale considre comme la base de l'art4 ,sans doute le don artistique et la bont du caractre sont deux choses distinctes2 un homme bon n'est pas ncessairement un peintre1 et une vision de coloriste n'implique pas de valeur morale4 ,mais le grand art implique l'union de ces deux pouvoirs3 il n'est que l'expression1 par un temprament dou1 d'une me pure4 ,s'il n'y a pas de don1 il n'y a pas d'art du tout1 et s'il n'y a pas d'me--bien plus1 pas d'me droite--l'art est infrieur1 ft-il habile4 ,le contraire de cette assertion 7un contraire qui finirait peut-tre par se rencontrer avec elle1 si on prolongeait les deux penses non pas jusqu' l'infini1 mais jusqu' une certaine hauteur7 a t exprim avec beaucoup de grce par ,whistler dans son ,ten o'clock4--,se rappeler aussi le passage des ,stones of ,venice sur une archivolte de ,saint-,marc dessine par un artiste inconnu3 ,j'ai foi que l'homme qui a dessin cette archivolte et s'en est enchant a vcu heureux1 sage et saint4 ,note #cg3 ,cette faon singulire d'user du pronom est trs frquente chez ,ruskin4 ,ex43 ,bible d',amiens 7,,iv1 #bc73 ,ceux-ci sont les deux seuls tombeaux de bronze de ses grands hommes qui subsistent en ,france4 ,de mme dans le sous-titre de la ,bible d',amiens3 ,esquisses de l'histoire de la ,chrtient pour les garons et les filles qui ont t tenus sur ses fonts baptismaux4 ,dans la ,couronne d',olivier ,sauvage3 ,ces chasses qui ralisent dans la personne de ses pauvres ce que leur matre1 etc41 etc4 7,note du traducteur47 ,note #ch3 ,c'est en obissant une pense de ce genre que le pre de ,stuart ,mill lui fit commencer le grec trois ans1 et lire avant l'ge de huit ans tout ,hrodote1 la ,cyropdie et les ,mmorables1 les ,vies de ,diogne ,laerce1 une partie de ,lucien1 ,isocrate et six dialogues de ,platon1 dont le ,thtte4 ,il me mit ainsi1 dit ,stuart ,mill1 en avance d'un quart de sicle sur mes contemporains4 cette manire de concevoir la vie on peut opposer le bel ,essai de ,taine1 o il montre que ce sont les heures de flnerie qui sont les plus fcondes pour l'esprit4 ,et en allant jusqu' l'autre excs on peut trouver charmant et mme potique1 sinon profitable pour l'esprit 7qui sait1 d'ailleurs1 s'il ne pourrait pas l'tre71 le genre de vie si bien dcrit par ,george ,eliot dans une page d',adam ,bede4 ,mme l'oisivet est active maintenant1 curieuse du muses1 de littrature priodique1 mme des thories scientifiques avec aide du microscope4 ,le vieux ,loisir tait un personnage tout diffrent2 il ne lisait qu'une innocente gazette prive d'articles de fond444 ,il vivait principalement la campagne1 au milieu d'agrables rsidences de famille4 ,il aimait flner au parfum de l'abricotier1 s'tendre sous les ombrages4 ,il ne connaissait rien des assembles religieuses de la semaine et n'en pensait pas plus mal du sermon du dimanche qui le laissait dormir depuis le texte jusqu' la bndiction444 ,il avait une conscience facile444 pouvant supporter une forte quantit de bire ou de porto2 les doutes1 les scrupules et les aspirations ne l'avaient pas rendu dlicat444 ,bon vieux ,loisir1 ne soyez point svre pour lui1 etc4 7,adam ,bede1 traduction d',albert ,durade1 tome ,,ii1 pages #cdj et #cda47 7,note du traducteur47 ,note #ci3 ,pascal dit3 ,quelle vanit que la peinture qui attire l'admiration par la ressemblance des choses dont on n'admire pas les originaux6 ,ne pourrait-on pas dire ici 7et plus justement encore un peu plus bas1 #ae la mtaphore3 ,il est vers dans l'armorial des mots1 il connat les mots de vieille race1 les alliances qu'ils ont contractes1 ceux qui sont reus1 etc473 ,quelle vanit que la mtaphore quand elle attire l'admiration par la ressemblance des choses dont on n'admire pas les originaux4 ,quelle vanit que la mtaphore quand elle donne de la dignit l'ide prcisment l'aide des fausses grandeurs dont nous nions la dignit4 ,ruskin dit3 ,voulez-vous aller bavarder avec votre femme de chambre ou votre garon d'curie quand vous pouvez vous entretenir avec des rois et des reines4 ,mais en ralit1 et si cela n'tait pas une mtaphore1 ,ruskin ne trouverait pas du tout qu'il vaut mieux causer avec un roi qu'avec une servante7a74 ,ainsi les mots rois1 noblesse1 pour ne citer que ceux qui se rapportent exactement au passage en question1 sont employs1 par des crivains qui savent le nant de ces choses1 pour donner une ide plus de grandeur 7grandeur que ces choses ne peuvent pourtant pas donner puisqu'elles ne la possdent pas en ralit74 ,je trouve dans ,mterlinck 7l'volution du ,mystre1 dans le ,temple ,enseveli7 une remarque du mme genre que la mienne 7avec la profondeur et la beaut en plus1 cela va sans dire73 ,demandons-nous1 dit-il1 si l'heure n'est pas venue de faire une rvision srieuse des beauts1 des images1 des symboles1 des sentiments1 dont nous usons encore pour amplifier le spectacle du monde4 ,il est certain que la plupart d'entre eux n'ont plus que des rapports prcaires avec les penses de notre existence relle1 et s'ils nous retiennent encore c'est plutt titre de souvenirs innocents et gracieux d'un pass plus crdule et plus proche de l'enfance de l'homme4 7,or7 il n'est pas indiffrent de vivre au milieu d'images fausses1 alors mme que nous savons qu'elles sont fausses4 ,les images trompeuses finissent par prendre la place des ides justes qu'elles reprsentent1 etc44 merveille1 mais maintenant ouvrons au hasard n'importe lequel des derniers volumes de ,mterlinck 7je dis des derniers1 car pour la premire partie de son uvre il reconnat volontiers qu'il y a sacrifi un idal de beaut prim7 et nous avanons au milieu de ,reines irrites1 de ,princesses endormies 7je cite de mmoire et peut-tre inexactement71 de ,nymphes captives1 de ,rois dchus1 de seul ,prince authentique dont la noblesse remonte celle des ,dieux mmes4--,en ralit pourtant ,mterlinck ne mrite pas en cela les mmes reproches que ,ruskin4 ,car ces mtaphores cherchent plutt caractriser une beaut qu' lui fournir des titres qui imposent notre imagination4 ,quand ,ruskin dit du ,lys que c'est la fleur mme de l',annonciation il n'a rien dit qui nous fasse mieux sentir la beaut du ,lys1 il veut seulement nous le faire rvrer4 ,quand ,mterlinck dit3 ,cependant1 dans une touffe de rayons1 le grand ,lys blanc1 vieux seigneur des jardins1 le seul prince authentique parmi toute la roture sortie du potager444 calice invariable aux six ptales d'argent1 dont la noblesse remonte celle des ,dieux mmes1 le ,lys immmorial dresse son sceptre antique1 inviol1 auguste1 qui cre autour de lui une zne de chastet1 de silence1 de lumire1 il consacre au lys les phrases les plus splendides sans doute que depuis l'vangile il ait inspires1 les plus rellement belles1 empreintes de la ralit la plus vivante1 la plus observe1 la plus approfondie4 ,toutes les beauts les plus singulires du ,lys sont ici jamais dgages du plaisir confus que donne sa vue4 ,sans doute la noblesse du ,lys y figure 7comme dans notre esprit d'ailleurs quand nous le voyons1 historique1 mystique1 hraldique1 au milieu du potager71 mais dans une touffe de rayons au milieu des autres fleurs1 en pleine ralit4 ,et les images les plus nobles1 celle du sceptre1 par exemple1 sont tires de ce qu'il y a de plus caractristique dans sa forme4 ,pourtant 7car on pourrait l'infini suivre ces deux esprits dans leurs concidences1 leurs diversions1 leurs entrecroisements7 le nom de ,mterlinck venait ncessairement ici et c'est en somme sur son nom que devrait tre prch le sermon que ces pages de ,ruskin inspirent4 ,si1 dans le passage de ,fleurs dmodes que j'ai cit sur le ,lys1 il s'carte de ,ruskin aprs l'avoir rencontr 7page sur le ,lys de ,the ,queen of air que j'ai cite page #bhe de la traduction de la ,bible d',amiens71 voil qu' dix lignes de distance je les retrouve assez prs l'un de l'autre pour qu'on sente le perptuel ctoiement 7ignor de ,mterlinck est-il besoin de le dire1 et sans que son originalit absolue en doive prouver la plus lgre diminution74 ,quelques pages plus haut1 dans les ,fleurs dmodes3 ,considrez aussi tout ce qui manquerait la voix de la flicit humaine444 si depuis des sicles les fleurs n'avaient aliment la langue que nous parlons444 ,tout le vocabulaire1 toutes les impressions de l'amour sont imprgnes de leur haleine1 etc44 ,dans un sentiment d'ailleurs tout diffrent 7et mon avis bien moins rare et bien moins pur71 ,ruskin dit1 dans la mme phrase que celle laquelle je faisais allusion3 ,considrez ce que chacune de ces fleurs 7les ,drosid7 a t pour l'esprit de l'homme1 d'abord dans leur noblesse1 etc41 etc41 si bien qu'il est impossible de mesurer leur influence pour le bien1 au moyen-ge1 etc44 ,mais puisque nous voici revenus ,ruskin ne le quittons plus1 ou plutt demandons l'uvre1 sinon la doctrine de ,m4 ,mterlinck1 une justification de cet irrationnel que nous relevions chez ,ruskin1 propos de sa mtaphore3 ,vous bavardez avec votre valet d'curie quand les rois vous attendent4 ,h bien1 quand nous avons lu les derniers livres de ,m4 ,mterlinck1 si sages1 fondant uniquement la beaut sur l'intelligence et sur la sincrit1 tout nourris d'une pense si forte1 si originale1 si nous nous demandons ce que nous y avons trouv de plus beau1 ce sera telle phrase qui ne reflte aucune grande pense1 ne nous en dcouvre et ne nous en rvle aucune1 telle phrase purement singulire et sans signification spirituelle intressante4 ,ainsi par exemple plus que d'autres phrases habites par une grande et neuve pense qui ne suffira pas les rendre belles--nous aimerons celle-ci 7,m4 ,mterlinck veut exprimer cette ide trs ordinaire qu'il y a quelquefois une justice accidentelle73 comme il se peut qu'une flche1 lance par un aveugle dans une foule1 atteigne par hasard un parricide4 ,l'ide n'est pas videmment une des plus profondes qu'ait eues ,m4 ,mterlinck4 ,mais l'espce de tableau de ,thierry ,bouts ou de ,breughel qu'elle peint devant nos yeux est admirable1 bien que d'une beaut irrationnelle4 ,qu'y a-t-il de plus beau dans la vie des abeilles3 peut-tre une certaine couleur azure des belles heures de l't4 ,dans la ,vie des ,abeilles encore1 dans le ,temple ,enseveli1 ce qui reste le lus prcieux sont tels tableaux o apparat le ,sage qui fit aimer l'auteur les abeilles et les fleurs dmodes1 ou bien l'ouvrier qui contemple le soleil du haut des remparts1 et qui accentuent pour nous la parent1 avec son anctre ,mantouan1 du ,virgile des ,flandres4 ,mterlinck a ajout un admirable philosophe au merveilleux crivain qu'il tait4 ,mais et mme si1 comme je le crois1 cet crivain est devenu encore plus grand1 son ami le philosophe n'y a t pour rien4 ,on sent trs bien que ce n'est pas parce que le penseur s'est dvelopp que l'crivain a grandi4 ,conclusion3 la beaut du style est au fond irrationnelle4 ,nous avons donc fait ,ruskin une querelle injuste1 mais non vaine puisqu'elle nous a permis de dcouvrir pourquoi il avait au fond raison4 7,note du traducteur47 7a7 ,ruskin moins que tout autre4 ,les biographes de ,ruskin1 dit l'homme qui a le mieux parl de ,ruskin et qui l'a fait connaitre en ,france1 ,m4 ,robert de la ,sizeranne1 dans la ,prface qu'il a crite pour la belle traduction des ,pierres de ,venise de ,m,me ,p4 ,grmieux1 les biographes de ,ruskin savent que ce n'est pas dans les salons qu'il faut aller chercher sur lui des souvenirs personnels1 mais chez444 des maons1 des charpentiers1 des bouquinistes1 des bedeaux et des gondoliers4 ,m4 ,ugo ,ojetti a retrouv et publi les lettres de ,ruskin son gondolier4 ,note #dj3 ,voir plus bas la note de la page #gh sur cet emploi du prnom chez ,ruskin4 ,note #da3 ,en ralit la place que nous dsirons occuper dans la socit des morts ne nous donne nullement le droit de dsirer en occuper une dans la socit des vivants4 ,la vertu de ceci devrait nous dtacher de cela4 ,et si la lecture et l'admiration ne nous dtachent pas de l'ambition 7je ne parle bien entendu que de l'ambition vulgaire1 celle que ,ruskin appelle dsir d'avoir une bonne situation dans le monde et dans la vie71 c'est un sophisme de dire que nous nous sommes acquis par les premires le droit de sacrifier la seconde4 ,un homme n'a pas plus de titres tre reu dans la bonne socit ou du moins dsirer l'tre1 parce qu'il est plus intelligent et plus cultiv4 ,c'est l un de ces sophismes que la vanit des gens intelligents va chercher dans l'arsenal de leur intelligence pour justifier leurs penchants les plus vils4 ,cela reviendrait dire que d'tre devenu plus intelligent1 cre des droits l'tre moins4 ,tout simplement diverses personnes se ctoient au sein de chacun de nous1 et la vie de plus d'un homme suprieur n'est souvent que la coexistence d'un philosophe et d'un snob4 ,en ralit il y a bien peu de philosophes et d'artistes qui soient absolument dtachs de l'ambition et du respect du pouvoir1 des gens place4 ,et chez ceux qui sont plus dlicats ou plus rassasis1 le snobisme se substitue l'ambition et au respect du pouvoir1 comme la superstition s'lve sur la ruine des croyances religieuses4 ,la nature morale n'y gagne rien4 ,d'un philosophe mondain ou d'un philosophe intimid par un ministre1 c'est encore le second qui est le plus innocent4 7,note du traducteur47 ,note #db3 ,cf4 ,emerson3 ,il en est d'un bon livre comme d'une bonne socit4 ,introduisez un tre vil parmi des tres suprieurs--cela ne servira rien2 il n'est pas1 il ne deviendra pas leur gal2 chaque socit1 se protge elle-mme2 la compagnie peut se rassurer1 cet intrus dont le corps est ici pourtant1 n'est pas devenu un membre de la socit4 7,note du traducteur47 ,note #dc3 ,cette ide choque en nous un lieu commun trs rpandu et qui est d'ailleurs peut-tre aussi vrai que ce paradoxe4 ,mais faisons bnficier ,ruskin de sa thorie et ne nous tonnons pas que cet homme plus sage que nous pense autrement que nous4 ,note #dd3 ,cf4 la ,bible d',amiens4 ,c'est en se rfrant elles qu'il doit tre entendu1 compris s'il est possible--jug--par notre amour d'abord1 etc4 7,,iii1 #c74 7,note du traducteur47 ,note #de3 ,mais cette sorte de brume1 qui enveloppe la splendeur des beaux livres comme celle des belles matines est une brume naturelle1 l'haleine en quelque sorte du gnie1 qu'il exhale sans le savoir1 et non un voile artificiel dont il entourerait volontairement son uvre pour la cacher au vulgaire4 ,quand ,ruskin dit3 ,il veut savoir si vous en tes digne1 c'est une simple figure4 ,car donner sa pense une forme brillante1 plus accessible et plus sduisante pour le public1 la diminue1 et fait l'crivain facile1 l'crivain de second ordre4 ,mais envelopper sa pense pour ne la laisser saisir que de ceux qui prendraient la peine de lever le voile1 fait l'crivain difficile qui est aussi un crivain de second ordre4 ,l'crivain de premier ordre est celui qui emploie les mots mmes que lui dicte une ncessit intrieure1 la vision de sa pense a laquelle il ne peut rien changer1--et sans se demander si ces mots plairont au vulgaire ou l'carteront4 ,parfois le grand crivain sent qu'au lieu de ces phrases au fond desquelles tremble une lueur incertaine que tant de regards n'apercevront pas1 il pourrait 7rien qu'en juxtaposant et en exhibant les mtaux charmants qu'il fait fondre sans piti et disparatre pour composer ce sombre mail71 se faire reconnatre grand homme par la foule1 et1 ce qui est une tentation plus diabolique1 par tels de ses amis qui nient son gnie1 bien plus par sa matresse4 ,alors il fera un livre de second ordre avec tout ce qui est tu dans un beau livre et qui compose sa noble atmosphre de silence1 ce merveilleux vernis qui brille du sacrifice de tout ce qu'on n'a pas dit4 ,au lieu d'crire l'ducation sentimentale il crira ,fort comme la ,mort4 ,et ce n'est pas le dsir d'crire plutt l'ducation ,sentimentale qui doit le faire renoncer toutes ces vaines beauts1 ce n'est aucune considration trangre son uvre1 aucun raisonnement o il dise3 je4 ,il n'est que le lieu o se forment ces penses qui lisent elles-mmes tout moment1 fabriquent et retouchent la forme ncessaire et unique o elles vont s'incarner4 7,note du traducteur47 ,note #df3 ,il ne faut pas voir l un caprice du penseur qui terait au contraire de la profondeur sa pense3 mais ce fait1 que comprendre tant1 en quelque sorte1 comme on l'a dit1 galer1 comprendre une pense profonde1 c'est avoir soi-mme1 au moment o on la comprend1 une pense profonde2 et cela exige quelque effort1 une vritable descente au cur de soi-mme1 en laissant loin derrire soi1 aprs les avoir traverses1 les quelques nues de pense phmre travers lesquelles nous nous contentons ordinairement de regarder les choses4 ,cet effort1 seuls le dsir et l'amour nous donnent la force de l'accomplir4 ,les seuls livres qu'on assimile bien sont ceux qu'on lit un vritable apptit1 aprs avoir pein pour se les procurer tant on avait besoin d'eux4 7,note du traducteur47 ,note #dg3 ,quelquefois ,ruskin donne des conseils profonds sans dire la raison qui les lui fait donner comme un mdecin ne peut pas expliquer toute la physiologie son malade pour justifier une prescription qui au malade semblera arbitraire et qu'un autre mdecin1 si on le lui rapporte1 jugera admirable4 7,note du traducteur47 ,note #dh3 ,de mme dans la ,bible d',amiens 7chapitre ,,ii1 #a71 nous voyons ,ruskin nous demander de rattacher d'importantes ides une division purement formelle et arithmtique 7il dit il est vrai formelle et arithmtique au premier abord mais elle ne l'est pas qu'au premier abord et le reste toujours74 ,dans ce mme chapitre ,,ii il rattache 7#cj1 #ca7 toutes ses ides sur les ,francs ,saliens des tymologies qui sont forcment fantaisistes puisqu'elles sont nombreuses4 ,si l'une tait exacte 7ce qui d'ailleurs n'est pas probable7 les autres seraient forcment exclues4 ,enfin toujours dans ce mme chapitre ,,ii il dit3 ,fere ,ancos devenant assez vite dans le langage parl ,francos2 une drivation certes ne pas accepter1 mais cause de l'ide qu'elle donna de l'arme1 elle vaut que vous y prtiez attention4 7,note du traducteur47 ,note #di3 ,ici encore la mtaphore donne l'ide de la dignit prcisment l'aide des choses dont ,ruskin ne reconnaissait certainement pas la dignit4 ,l'armorial lui tait probablement assez indiffrent1 et le genre de personnes qui savent au juste si telle personne est reue ou n'est pas reue--,madame de ,beausant la recevait1 il me semble444--,dans ses raouts6 rpondit la vicomtesse 7,balzac3 ,gobsek7--1 qui savent de chacun quelle a t l'illustration de sa race et de ses alliances1 ne devait pas ses yeux possder une science bien enviable4 ,qu'une personne soit de bon sang ou de sang obscur1 voil qui a peu d'importance aux yeux d'un penseur4 ,or c'est l'ide que cela a au contraire un grand prix que fait implicitement appel l'image de ,ruskin3 il distingue d'un coup d'il les mots de bonne ligne et de vieux sang1 etc41 de sorte que le plaisir que de telles images donnent au lecteur 7et d'abord l'auteur7 est ralit base d'insincrit intellectuelle4 7,note du traducteur47 ,note #ej3 ,une personne que je connais dit quelquefois son fils3 ,cela me serait bien gal que tu pouses une femme qui ne saurait pas ce que c'est que ,ruskin1 mais je ne pourrais pas supporter que tu pouses une femme qui dirait3 tramvay 7au lieu de prononcer tramouay47 7,note du traducteur47 ,note #ea3 ,comparez3 ,j'tais ravi lorsqu' l'exemple de certains peintres dont la palette est trs sommaire et l'uvre cependant riche en expressions1 je me flattais d'avoir tir quelque relief ou quelque couleur d'un mot trs simple en lui-mme1 souvent le plus usuel et le plus us1 parfaitement terne le prendre isolment4 ,notre langue444 mme en son fonds moyen et dans ses limites ordinaires m'apparaissait comme inpuisable en ressources4 ,je la comparais un sol excellent1 tout born qu'il est1 qu'on peut indfiniment exploiter dans sa profondeur1 sans avoir besoin de l'tendre1 propre donner tout ce qu'on veut de lui1 la condition qu'on y creuse4 7,fromentin1 ,un t dans le ,sahara1 prface de la troisime dition47 ,et sans doute c'est vrai4 ,mais ce n'est certes pas la langue si terne et si peu faite1 si sche et si pauvre1 si peu artiste pour tout dire1 de cet homme distingu entre tous1 qui servira d'un bien bel exemple ce sage prcepte4 7,note du traducteur47 ,note #eb3 ,voir ,bible d',amiens1 ,,iv1 #be4 ,note #ec3 ,allusion l'tymologie de camlon3 4 ,note #ed3 ,,ii ,pierre1 ,,iii1 #e1 #g4 7,note de l'auteur47 ,tenus en rserve pour le feu1 au jour du jugement et de la destruction des impies4 7,note du traducteur47 ,note #ee3 ,notez la ressemblance frappante avec ,aratra ,pentelici1 ,,ii1 #cfd3 ,cette ide1 qui est celle de la plupart des ,anglais religieux1 que la ,parole de ,dieu1 par qui les cieux furent crs jadis1 ainsi que la terre1 tire de l'eau et subsistant dans l'eau 7allusion ,st ,pierre1 #b1 ,,iii1 #e71--que la ,parole de ,dieu qui s'adressa aux ,prophtes1 et s'adresse encore jamais tous ceux qui veulent l'entendre 7ainsi qu' beaucoup de ceux qui ne le veulent pas7 7allusion ,ezchiel1 ,,ii1 #e1 #g7--;et qui1 appele le ,fidle et le ,vritable 7allusion l',apocalypse1 ,,xix1 #aa7 doit prcder1 le jour du jugement1 les armes du ciel 7allusion l',apocalypse1 ,,xix1 #ad7--peut tre relie pour notre plaisir en maroquin et tre promene ici et l dans la poche d'une jeune dame avec des signets pour marquer les passages auxquels elle donne sa pleine approbation4 7,note du traducteur47 ,note #ef3 ,ruskin1 qui a si bien et si souvent montr que l'artiste1 dans ce qu'il crit ou dans ce qu'il peint1 rvle infailliblement ses faiblesses1 ses affectations1 ses dfauts 7et en effet l'uvre d'art n'est-elle pas pour le rythme cach--d'autant plus vital que nous ne le percevons pas nous-mmes--de notre me1 semblable ces tracs sphygmographiques o s'inscrivent automatiquement les pulsations de notre sang87 ,ruskin aurait d voir que si l'crivain obit dans le choix de ses mots un souci d'rudition 7qui fera bientt place une ostentation d'rudition vulgaire et l'affectation la plus banale et la plus insupportable1 comme il arrive chez nos plus mdiocres chroniqueurs qui1 dans le moindre conte1 croient devoir montrer qu'ils savent qu'au ,x,v,i,ie sicle le mot tonn avait une grande force et qu'mu veut dire remu71 ce sera ce souci d'rudition--si intressant qu'il puisse tre1 mais d'ailleurs jamais plus qu'intressant--qui sera reflt1 qui s'inscrira dans son livre4 ,un crivain curieux cesse par cela mme d'tre un grand crivain4 ,chez un ,sainte-,beuve le perptuel draillement de l'expression1 qui sort tout moment de la voie directe et de l'acception courante1 est charmant1 mais donne tout de suite la mesure--si tendue d'ailleurs qu'elle soit--d'un talent malgr tout de second ordre4 ,mais que dire du simple rajeunissement du mot1 en le ramenant sa signification ancienne4 ,il s'apprend si facilement qu'il devient vite un procd mcanique et le rgal de tous ceux qui ne savent pas crire4 ,certaines distinctions de ce genre sont aussi ridicules1 tant aussi peu personnelles1 que certaines vulgarits4 ,employer tel mot dans son sens ancien devient1 dans le genre srieux1 la marque d'un esprit sans invention et sans got aussi bien que dans le genre plaisant faire suivre une locution d'argot des mots3 comme parle ,mgr d',hulst4 ,tout cela est du mcanisme1 c'est--dire le contraire de l'art4 ,un crivain d'un grand talent se plat en ce moment employer constamment par quoi au lieu de par lesquelles1 et cela est juste1 mais ce qui ne l'est pas1 c'est de croire qu'il y a du mrite et du charme cela4 ,et cette croyance1 navement tale dans la complaisance avec quoi il en use1 risque de faire bientt dater impitoyablement ses livres du millsime o l'on s'est avis de cette rnovation grammaticale et de les dmoder assez vite4 ,cela n'empche pas naturellement qu'un grand crivain1 et ici ,ruskin a bien raison1 doit savoir fond son dictionnaire1 et pouvoir suivre un mot travers les ges chez tous les grands crivains qui l'ont employ4 ,un jour qu' l',acadmie ,cousin lisait un essai envoy pour le concours d'loquence1 il se rebiffa devant un mot3 ,qu'est-ce que ce nologisme8 ,la voil bien l'affreuse langue de notre poque4 ,voil un mot que jamais un crivain du ,x,v,i,ie sicle n'et employ4 ,tout le monde se taisait quand ,victor ,hugo1 se retournant avec calme vers l'appariteur3 ,mon ami1 veuillez aller chercher dans la bibliothque le ,voyage en ,laponie de ,regnard1 tome ,,iii de ses uvres compltes4 ,et ,victor ,hugo1 l'ouvrant tout droit une certaine page1 y montre l'expression conteste4 7,je lis cette anecdote dans le ,victor ,hugo ,guernesey de ,m4 ,stapfer1 ,revue de ,paris1 du #ae septembre #aijd74 ,ce qui montre qu'un homme de gnie peut tre rudit 7et ce qui vient du reste1 d'un tout autre ct1 rejoindre l'ide si intressante de ,fernand ,gregh dans son beau livre sur ,victor ,hugo1 que le gnie de ,victor ,hugo n'tait que le grandissement de son talent par le travail74 ,d'ailleurs la simple lecture de l'uvre de ,victor ,hugo donne bien cette impression d'un crivain connaissant admirablement sa langue4 tout moment les termes techniques de chaque art sont pris dans leur sens exact4 ,dans la seule pice3 l',arc de ,triomphe1 je me rappelle3 ,sur les monuments qu'on rvre ,le temps jette un charme svre ,de leur faade leur chevet444 ,c'est le temps qui creuse une ride ,dans un claveau trop indigent444 ,quand ma pense ainsi vieillissant ton attique 444 ,se refuse enfin lasse porter l'archivolte4 ,quant aux expressions employes dans toute leur force antique1 entoures de toute leur gloire latine1 le vers qui termine une des plus belles pices des ,contemplations3 ,ni l'importunit des sinistres oiseaux peut s'enorgueillir de l'anctre glorieux dont il descend en droite ligne 7importunique volucres74 ,si je me suis attard cet exemple d',hugo c'est pour montrer qu'en effet un grand crivain sait son dictionnaire et ses grands crivains avant d'crire4 ,mais en crivant il ne pense plus eux1 mais ce qu'il veut exprimer et choisit les mots qui l'expriment le mieux1 avec le plus de force1 de couleur et d'harmonie4 ,il les choisit dans un vocabulaire excellent1 parce que c'est celui qui1 dans sa mmoire1 est sa disposition1 ses tudes ayant solidement tabli la proprit de chaque terme4 ,mais il n'y pense pas quand il crit4 ,son rudition se subordonne son gnie4 ,il ne s'arrte pas avec complaisance 3 ,c'est le temps qui creuse une ride ,dans un claveau trop indigent4 ,car dj il s'lance vers une pense plus belle3 ,qui sur l'angle d'un marbre aride ,passe son pouce intelligent4 et l'on sait qu'emport toujours vers des beauts plus hautes il arrivera bientt 3 ,rve l'artiste grec qui versa de sa main ,quelque chose de beau comme un sourire humain ,sur le profil des propyles4 ,sa langue1 si savante et si riche qu'elle soit1 n'est que le clavier sur lequel il improvise4 ,et comme il ne pense pas la raret du terme pendant qu'il crit1 son uvre ne porte pas la trace1 la tare1 d'une affectation4--,quant aux manires de dire qui ne nous appartiennent pas en propre1 elles ne sont encore une fois1 chez les disciples mmes de l'crivain qui les mit la mode1 que la preuve de l'absence d'originalit4 ,et au bout de quelques annes1 aucun littrateur mme mdiocre n'en voulant plus1 elles rebondissent de chronique en chronique jusqu' ne plus servir qu' donner un vernis littraire des couplets de revues ou des rclames de fabricants4 ,ainsi des si j'ose dire de ,m4 ,jules ,lematre1 des oh combien6 de ,m4 ,paul ,bourget qui purent avoir et peuvent garder dans leurs uvres personnelles et comme prises la source1 leur saveur et leur vertu passagre1 mais qui suffisent rendre curant chez tout autre mme un article de politique1 et si retardataires que soient gnralement les directeurs de journaux en fait de modes littraires1 le faire refuser4 7,note du traducteur47 ,note #eg3 ,cf4 la ,bible d',amiens3 ,sans but1 dirons-nous aussi1 lecteurs vieux et jeunes1 de passage ou domicilis4 7,i1 #e47 7,note du traducteur47 ,note #eh3 ,s4 ,mathieu1 ,,xvi1 #ai4 7,note du traducteur47 ,note #ei3 ,cf4 la ,bible d',amiens1 ,,iv1 #c3 ,pour lui le texte tout simplement et franchement cru3 ,l o deux ou trois sont assembls en mon nom1 et ,,iii1 #ej3 ,les ,ier1 ,v,i,i,ie1 ,v,i,ie1 ,x,ve psaumes bien appris et crus1 etc41 et aussi1 ,,ii1 #bh3 ,leur franchise1 si vous lisez le mot comme un savant et un chrtien1 etc4 7,note du traducteur47 ,note #fj3 ,cf43 ,vous tes surpris d'entendre parler d',horace comme d'une personne pieuse4 ,il nous semble toujours quand il emploie le mot ,jupiter que c'est qu'il lui manquait un dactyle4 7,val d',arno1 ,,ix1 #bah1 etc474 ,vous croyez que tous les vers ont t crits comme exercice et que ,minerve n'est qu'un mot commode pour mettre comme avant-dernier dans un hexamtre et ,jupiter comme dernier4 7,the ,queen of the air1 ,i1 #dg1 #dh47 7,note du traducteur47 ,note #fa3 ,i ,s4 ,pierre1 ,v1 #c1 ,paissez le troupeau de ,dieu qui vous est commis1 veillant sur lui1 non pour un gain dshonnte1 mais par affection1 non comme ayant la domination sur les hritages du ,seigneur1 mais en vous rendant les modles du troupeau4 ,les vques dont parle ,ruskin renversant donc exactement le modle propos par ,s4 ,pierre4 7,note du traducteur47 ,note #fb3 ,quand deux triangles ont un angle gal compris entre deux ctes gaux1 les deux autres angles et le troisime ct concident aussi4 ,de mme quand on a pu faire concider certains points gnrateurs de deux esprits1 d'autres concidences en dcouleront3 on pourra ne les observer qu'ensuite1 mais elles taient enfermes dans la vrit premire4 ,quand aprs cela nous faisons le tour des deux esprits nous les apercevons qui nous ont devancs et sont alles se ranger d'elles-mmes la place que nous leur avions assigne4 7,c'est ainsi qu'un astronome voit pour la premire fois1 quand il a un tlescope assez puissant1 une toile dont il avait pralablement dmontr l'existence et la place par le simple calcul74 ,plus modestement 7671 j'avais1 dans la ,prface de la ,bible d',amiens1 compar ,ruskin un moderne idoltre dont je prise infiniment le talent et l'esprit1 et j'avais relev entre eux quelques points de concidence1 d'ailleurs bien faciles apercevoir4 ,voici que ,ruskin m'en offre de nouveaux1 qui vrifient mon dire1 et en me montrant qu'ils passent par les mmes points1 confirme qu'ils suivent 7un peu1 et pas longtemps1 les esprits ne sont pas si gomtriques7 la mme ligne4 ,oui un vque signifie une personne qui voit1 voil une phrase que tous ceux de mes amis qui connaissent le pote et l'essayiste idoltre dont je veux parler1 diront presque involontairement de la voix forte1 avec l'accent qui souligne et qui martle1 qui chez lui sont si originaux3 ,un vque est une personne qui voit4 ,on l'entend dire cela1 car1 comme ,ruskin 7trahit sua quemque voluptas7 il s'enivre de trouver au fond de chaque mot son sens cach1 antique et savoureux4 ,un mot est pour lui la gourde pleine de souvenirs dont parle ,baudelaire4 ,en dehors mme de la beaut de la phrase o il est plac 7et c'est l que pourrait commencer le danger71 il le vnre4 ,et si on mconnat ce qu'il contient 7en l'employant faux7 il crie au sacrilge 7et en cela il a raison74 ,il s'tonne de la vertu secrte qu'il y a dans un mot1 il s'en merveille2 en prononant ce mot dans la conversation la plus familire1 il le remarque1 le fait remarquer1 le rpte1 se rcrie4 ,par l il donne aux choses les plus simples une dignit1 une grce1 un intrt1 une vie1 qui font que ceux qui l'ont approch prfrent presque toutes les autres sa conversation4 ,mais au point de vue de l'art on voit que serait le danger pour un crivain moins dou que lui2 les mots sont en effet beaux en eux-mmes1 mais nous ne sommes pour rien dans leur beaut4 ,il n'y a pas plus de mrite pour un musicien employer un mi qu'un sol2 or1 quand nous crivons nous devons considrer les mots la fois comme des uvres d'art1 dont il faut que nous comprenions la signification profonde et respections le pass glorieux1 et comme de simples notes qui ne prendront de valeur4 7par rapport nous7 que par la place que nous leur donnerons et par les rapports de raison ou de sentiment que nous mettrons entre elles4 7,note du traducteur47 ,note #fc3 ,cf4 ,bible d',amiens1 ,,iv1 #bf3 ,telles qu'elles sont ces six lignes latines expriment au mieux l'entier devoir d'un vque en commenant par son office pastoral3 nourrir mon troupeau1 qui pavit populum4 7,note du traducteur47 ,note #fd3 ,comparez avec la #ac;e lettre de ,temps et ,mares4 7,note de l'auteur47 ,note #fe3 ,prenez donc garde vous-mmes et tout le troupeau sur lequel le ,saint-,esprit vous a tablis vques pour patre l'glise de ,dieu qu'il a acquise par son propre sang1 car je sais qu'il entrera parmi vous des loups ravissants1 etc4 7,actes1 ,,xx1 #bh et #bi47 7,note du traducteur47 ,note #ff3 ,st ,jean1 ,,iii1 #h4 ,note #fg3 ,st ,jean1 ,,iii1 #h et #i4 ,je trouve des allusions ce passage de ,st ,jean dans ,on the old ,road1 ,,iii1 #bgd1 dans ,on the old ,road1 ,,ii1 #cd3 ,alors je ne peux pas ne pas me demander dans quelle mesure il y a connexit entre pneuma1 la vapeur1 et d'autres forces pneumatiques dont il est question dans cette vieille littrature religieuse444 quelle connexit1 dis-je1 entre ce moderne spiritus avec son inspiration rgle par des soupapes1 et ce spiritus plus ancien au souffle chaud duquel les hommes avaient coutume de penser qu'ils pouvaient tre ns4--,et dans ,the ,queen of the air1 ,,iii1 #ee3 ,quel sens prcis nous devons attacher ces quatre vents de l'esprit dont le souffle pouvait donner la vie aux ossements desschs1 ou pourquoi la prsence du pouvoir vital dpendrait de l'action chimique de l'air444 nous n'avons pas besoin de le savoir444 ,ce que nous savons d'une faon certaine1 c'est que les tats de la vie et les tats de la mort sont diffrents et les premiers plus dsirables que les seconds et attingibles par l'effort1 si nous comprenons que n de l'esprit signifie avoir le souffle du ciel dans notre chair et son pouvoir dans nos curs4-- un autre point de vue ,ruskin ici1 comme tout l'heure dans ,ssame1 comme plus tard1--et trs souvent--dans la ,bible d',amiens1 nous interdit avec un cela ne vous regarde pas transcendantal1 les questions d'origine et d'essence1 et nous invite au contraire nous occuper des questions de fait1 du fait moral et spirituel4--,et voici que la mdecine contemporaine semble sur le point de nous dire elle aussi 7elle1 partie pourtant d'un point si diffrent1 si loigne1 si oppos71 que nous sommes ns de l'esprit et qu'il continue rgler notre respiration 7voir les travaux de ,brugelmann sur l'asthme71 notre digestion 7voir ,dubois1 de ,berne1 les ,psychonvroses et ses autres ouvrages7 la coordination de nos mouvements 7voir ,isolement et ,psychothrapie par les ,drs ,camus et ,pagniez1 prface du professeur ,djerine74 ,quand vous m'aurez en dissquant un mort montr l'me1 j'y croirai1 disaient volontiers les mdecins il y a vingt ans4 ,maintenant1 non pas dans les cadavres 7qui dans la sage thorie d',ezchiel ne sont justement des cadavres que parce qu'ils n'ont plus d'me 7,ezchiel1 ,,xxxvii1 #a-ab71 mais dans le corps vivant1 c'est chaque pas1 c'est dans chaque trouble fonctionnel1 qu'ils sentent la prsence1 l'action de l'me1 et pour gurir le corps1 c'est l'me qu'ils s'adressent4 ,les mdecins disaient il n'y a pas longtemps 7et les littrateurs attards le rptent encore7 qu'un pessimiste c'est un homme qui a un mauvais estomac4 ,aujourd'hui le ,dr ,dubois imprime en toutes lettres qu'un homme qui a un mauvais estomac c'est un pessimiste4 ,et ce n'est plus son estomac qu'il faut gurir si l'on veut changer sa philosophie1 c'est sa philosophie qu'il faut changer si l'on veut gurir son estomac4 ,il est entendu que nous laissons ici de ct les questions mtaphysiques d'origine et d'essence4 ,le matrialisme absolu et le pur idalisme sont galement obligs de distinguer l'me du corps4 ,pour l'idalisme le corps est un moindre esprit1 de l'esprit encore1 mais obscurci4 ,pour le matrialisme l'me est encore de la matire1 mais plus complique1 plus subtile4 ,la distinction subsiste en tous cas pour la commodit du langage1 mme si l'une et l'autre philosophie sont obliges1 pour expliquer l'action rciproque de l'me et du corps1 d'identifier leur nature4 7,note du traducteur47 ,note #fh3 ,allusion ,i ,corinthiens1 ,,viii1 #a ,la connaissance bouffit1 la charit difie4 ,cf4 ce verset cit dans ,stones of ,venice4 ,,ii1 #b1 ,,xxx4 7,note du traducteur47 ,note #fi3 ,cf4 ,prterita un protestant qui ne se fie qu' soi pour interprter tous les sentiments possibles des hommes et des anges1 et cet autre1 ,turin1 qui prchait quinze vieilles femmes qu'elles taient1 ,turin1 les seuls enfants de ,dieu4 7,note du traducteur47 ,note #gj3 ,mais les actes cependant ne suffisent pas3 ,avec sa main droite le ,christ nous bnit1 mais nous bnit sous condition3 ,fais ceci et tu vivras1 ou plutt dans un sens plus strict3 ,sois ceci et tu vivras4 ,montrer de la piti n'est rien1 tre pur en action n'est rien1 tu dois tre pur aussi dans ton cur4 7,bible d',amiens1 ,,iv1 #ed74 ,le texte de ,ssame et celui de la ,bible d',amiens ne me paraissent pas d'ailleurs inconciliables4 ,ce qui doit tre bon1 c'est l'tre mme4 ,or un dsir de bont1 suivi d'un acte mauvais1 ne peut pas suffire constituer la bont de l'tre1 car l'acte mauvais est alors caus par quelque chose de mauvais qui est en nous4 ,voil pour ,ssame4 ,et pour la ,bible d',amiens3 ,mais l'acte bon ne doit pas tre diffrent de notre moi profond1 il ne doit pas tre bon d'une manire purement formelle4 ,il doit exprimer la bont de l'tre4 7,note du traducteur47 ,note #ga3 ,cf4 ,bible d',amiens1 ,,iv1 #ef1 #ei4 ,je ne sais ni ne tiens savoir quelle poque la thorie de la justification par la ,foi se trouve fixe1 etc42 elle reste aujourd'hui le plus mprisable des empltres populaires mis sur chaque dchirure de la conscience1 etc444 ,si vous devez croire que quoi que vous commettiez d'insens ou d'indigne1 cela pourra1 grce vos doctrines1 tre raccommod et pardonn1 moins vous croirez en un monde spirituel et surtout moins vous en parlerez1 mieux cela sera4 7,note du traducteur47 ,note #gb3 ,cf4 la ,bible d',amiens1 ,,iii1 #da4 7,note du traducteur47 ,note #gc3 ,allusion probable ,s4 ,jude1 ,,xii4 ,ceux-l sont des nues sans eau4 ,cf4 ,on the old ,road1 et ,unto this last3 ,les nuages sont le rservoir de la pluie et s'ils ne donnent pas de pluie1 etc41 #gd4 7,note du traducteur47 ,note #gd3 ,s4 ,luc1 ,,ii1 #eb3 ,malheur vous1 ,docteurs de la ,loi6 parce que vous avez pris la clef de la science2 vous n'tes pas entrs vous-mmes et vous avez empch d'entrer ceux qui le voulaient4 ,ce verset de ,s4 ,luc est ainsi expliqu par ,renan3 ,les pharisiens excluent les hommes du royaume de ,dieu par leur casuistique mticuleuse qui en rend l'entre trop difficile1 et dcourage les simples4 7,vie de ,jsus1 page #cej des premires ditions1 note #c47 7,note du traducteur47 ,note #ge3 ,tel qui donne libralement devient plus riche1 ,et tel qui pargne l'excs ne fait que s'appauvrir4 ,l'me bienfaisante sera rassasie ,et celui qui arrose sera lui-mme arros4 7,proverbe1 ,,xi1 #bd1 #be74 7,note du traducteur47 ,note #gf3 ,allusion aux versets de saint ,mathieu qui resteront tout jamais le plus amusant portrait du matre de maison exagrment formaliste1 de celui dont les invits disent avec raison3 ,il est terrible4 ,voici ce passage3 ,le ,roi entrant pour voir ceux qui taient table1 il aperut un homme qui n'avait pas revtu d'habit de noce4 ,il lui dit3 ,mon ami1 comment es-tu entr ici sans avoir un habit de noce8 ,cet homme garda le silence1 alors le ,roi dit aux serviteurs3 ,liez-lui les pieds et les mains et jetez-le dans les tnbres du dehors1 o il y aura des pleurs et des grincements de dents4 ,car il y a beaucoup d'appels et peu d'lus4 7,s4 ,mathieu ,,xxii1 #ab1 #ac1 #ad47 7,note du traducteur47 ,note #gg3 ,l'ducation moderne consiste la plupart du temps rendre chacun capable de penser de travers sur tous les sujets imaginables qui ont de l'importance pour lui4 7,note de l'auteur47 ,note #gh3 ,de tels passages paraissent aux petits esprits l'uvre d'un petit esprit2 les grands esprits au contraire reconnatront que c'est1 en morale1 la conclusion laquelle aboutissent tous les grands esprits4 ,seulement ils pourront regretter 7pour les autres7 que ,ruskin s'explique aussi peu et donne cette forme un peu bourgeoise et un peu courte des vrits qui pourraient tre prsentes moins prosaquement4 ,cf4 7pour cette manire d'exposer une vrit en la rapetissant volontairement1 en lui donnant une apparence offensive de lieu commun dmod7 ,bible d',amiens1 ,,iv1 #ei3 ,toutes les cratures humaines qui ont des affections ardentes1 le sens commun et l'empire sur soi-mme1 ont t et sont naturellement morales444 un homme bon et sage diffre d'un homme mchant et idiot1 comme un bon chien d'un chien hargneux4 ,ruskin1 quand il crit1 ne tient jamais compte de ,mme ,bovary1 qui peut le lire4 ,ou plutt il aime la choquer et lui paratre mdiocre4 7,note du traducteur47 ,note #gi3 ,le ,library ,edition indique comme rfrence3 ,emerson3 ,to ,rhea4 ,note #hj3 ,dans ,henry ,,viii4 ,note #ha3 ,caphe1 ternellement tendu en croix en travers du chemin1 pour avoir conseill aux ,juifs la crucifixion de ,jsus4 ,selon ,dante son beau-pre ,ananias et tous ceux qui assistaient au conseil o fut rsolu le supplice de ,jsus subissent la mme peine4 7,note du traducteur47 ,note #hb3 ,nicolas ,,iii 7,jean-,gaetan ,orsini71 que ,dante aperoit les pieds flambants hors d'un trou au fond duquel il est plong1 la tte en bas4 ,nicolas ,,iii entendant la voix de ,dante croit d'abord que c'est ,boniface ,,viii4 ,mais ,virgile ordonne ,dante de le dtromper1 ,nicolas ,,iii avoue alors ,dante qu'il fut simoniaque et ,dante lui rpond3 ,or a1 dis-moi quel trsor ,notre ,seigneur voulut-il de ,s4 ,pierre1 avant de mettre les clefs en son pouvoir8 ,il ne lui demande rien1 sinon3 ,suis-moi4 ,ni ,pierre1 ni les autres n'enlevrent ,matthias son or et son argent4444 ,reste donc l1 car tu es justement puni1 et garde bien ta richesse mal acquise444 ,et n'tait que me retient encore le respect des clefs souveraines que tu tins dans la douce vie1 ,j'userais de paroles encore plus svres444 ,il vous a vus1 pasteurs1 l'vangliste1 lorsqu'il aperut celle qui est assise sur les eaux se prostituant aux rois4 ,ah6 ,constantin1 de quels maux fut la source1 non ta conversion1 mais la dot que reut de toi le premier pape opulent4 ,ces paroles 7que je cite d'aprs la traduction de la ,divine ,comdie par ,brizeux7 plurent ,virgile4 ,il ne semble pas qu'elles produisirent le mme effet ,nicolas ,,iii1 car tandis que je lui chantais ces notes1 dit ,dante1 soit colre ou conscience qui le mordit1 il secouait fortement les pieds4 7,note du traducteur47 ,note #hc3 ,jrmie1 ,,iv1 #c4 7,note du traducteur47 ,note #hd3 ,comparez #ac1 ,ci-dessus4 7,note de l'auteur47 ,note #he3 ,voir plus bas la note dans la #b;e partie de ,ssame 7,des jardins des ,reines71 page #bab4 ,note #hf3 ,et c'est encor ,seigneur le meilleur tmoignage ,que nous puissions donner de notre dignit ,que cet ardent sanglot qui roule d'ge en ge1 etc4 7,baudelaire1 les ,phares47 7,note du traducteur47 ,note #hg3 ,cf4 dans l'admirable ,livre de mon ami d',anatole ,france3 la bonne heure1 m'criais-je1 voil l'clat des passions4 ,les passions il n'en faut pas mdire4 ,tout ce qui se fait de grand en ce monde se fait par elles4 ,ma fille444 ayez des passions fortes1 laissez-les grandir et croissez avec elles4 ,et si plus tard vous devenez leur matresse inflexible1 leur force sera votre force et leur grandeur votre beaut4 ,les passions1 c'est toute la richesse morale de l'homme4 7,note du traducteur47 ,note #hh3 ,cf4 ,bible d',amiens3 ,un monastre sans art1 sans lettres et sans piti4 7,note du traducteur47 ,note #hi3 ,i ,s4 ,pierre1 #ab4 7,note du traducteur47 ,note #ij3 ,allusion l'anantissement de la ,pologne 7#ahfd47 7,note du traducteur47 ,note #ia3 ,la ,library ,edition nous apprend qu'il y a ici une allusion l'intrt 7dont font foi les ,journaux d'octobre et novembre #fd7 soulev cette anne mme 7#ahfd7 dans le public par l'assassinat de ,m4 ,briggs sur la ligne du ,north ,london4 ,matthew ,arnold plaisante sur la dmoralisation de notre classe cause par la tragdie de ,bow 7dans sa prface de #ahfe l',essai sur la critique74 7,note du traducteur47 ,note #ib3 ,allusion1 dit la ,library ,edition1 la guerre de ,scession et l'interruption du trafic du coton cause par le blocus des ports du ,sud4 7,note du traducteur47 ,note #ic3 ,allusion1 selon la mme dition1 aux guerres de #ahdj et #ahef causes par l'opposition de la ,chine au trafic de l'opium4 ,note #id3 ,voir la note la fin de la confrence4 ,je l'ai fait imprimer en gros caractres parce que1 depuis qu'elle a t crite1 le cours des vnements l'a peut-tre rendue plus digne d'attention4 7,note de l'auteur47 ,note #ie3 ,malheureusement la ,library ,edition ne nous indique pas quel fait contemporain ceci est une allusion47,note du traducteur47 ,note #if3 ,le nouvel ambassadeur que l',angleterre venait d'envoyer en ,russie1 l'anne mme des massacres de ,pologne1 qui est aussi l'anne o a t prononce cette confrence1 ,la ,library ,edition nous donne le nom de cet ambassadeur3 ,sir ,andrew ,buchanam4 7,note du traducteur47 ,note #ig3 ,allusion ,timothe1 ,,vi1 #aj1 passage auquel ,ruskin fait souvent allusion4 ,notamment dans ,on the old ,road1 ,,iii1 #aeb2 dans ,stones of ,venice1 ,i1 ,v1 #ij3 ,l'amour de l'argent1 le pch de ,judas et d',ananias1 est assurment la racine de tout mal parce qu'il endurcit le cur1 mais la convoitise qui est idoltrie 7allusion ,colossiens1 ,,iii1 #e71 le pch d',achab44 qui cause bien plus de maux1 mais est moins incompatible avec le christianisme4 ,dans ,unto ,this ,last l'allusion est faite presque de la mme manire que dans notre texte de ,ssame3 ,les crits que 7en paroles7 nous dclarons divins1 non seulement dnoncent l'amour de l'argent comme la source de tout mal1 etc41 etc41 et nous ne nous en mettons pas moins tudier la science de devenir riche comme le chemin le plus court pour arriver au bonheur de la nation4 ,sur le pch d',ananias1 voir notamment ,ssame1 ,,iii1 ,the mystery of ,life1 #ace1 et ,on the old ,road1 ,,ii1 #gb 7,the ,cestas of ,aglaia47 7,note du traducteur47 ,note #ih3 ,cf4 ,s4 ,luc1 ,x1 #cj et suivants4 ,note #ii3 ,allusion probable mais vague ,rois1 ,,xii1 #ad1 discours que tient ,roboam1 contrairement aux conseils des vieillards1 mais conforme au conseil des jeunes gens qui lui avaient dit3 ,dis-leur3 mon pre vous a chtis avec des fouets1 mais moi je vous chtierai avec des fouets garnis de pointes4 7,note du traducteur47 ,note #ajj3 ,cf4 ,munera ,pulveris1 #fe4 7,note de l'auteur47 ,note #aja3 ,nous connatrions plus de nous-mmes et du ,christianisme si nous tions plus souvent soumis cette preuve4 7,bible d',amiens1 ,,iii74 7,note du traducteur47 ,note #ajb3 ,allusion la multiplication des pains grce laquelle ,jsus rassasia cinq mille hommes avec cinq pains4 ,st ,jean1 ,,vi4 7,note du traducteur47 ,note #ajc3 ,le pain que je vous propose ,sert aux anges d'aliment ,dieu lui-mme le compose ,de la fleur de son froment4 ,c'est ce pain si dlectable ,que ne mange pas sa table ,le monde que vous suivez4 ,je l'offre qui veut me suivre4 ,approchez4 ,voulez-vous vivre8 ,prenez1 mangez1 et vivez6 7,racine1 cantique ,,iv7 7,note du traducteur47 ,note #ajd3 ,depuis que ceci a t crit1 la rponse a t faite1 topique3 ,non4 ,nous avons abandonn le champ des dcouvertes ,arctiques aux nations continentales comme tant nous-mmes trop pauvres pour payer des vaisseaux4 7,note de l'auteur47 ,note #aje3 ,peut-tre allusion ,s4 ,luc1 ,,ix1 #eh2 voir plus bas la note de la page #bbd et particulirement la citation de la ,couronne d',olivier ,sauvage3 ,ces chasses gardes qui ralisent la lettre ou plutt en fait dans la personne de ses pauvres ce que leur matre rpondit ses disciples3 que les renards avaient des abris1 mais que lui n'en avait point4--,l'expression elle-mme est des ,psaumes 7,,lxiii1 #aa73 ,ils seront dtruits par l'pe2 ils seront la proie des renards4 7,note du traducteur47 ,note #ajf3 ,la ,library ,edition nous apprend que ce fossile tait l'archoptryx4 7,note du traducteur47 ,note #ajg3 ,je livre le fait la publicit sans l'autorisation du ,professeur ,owen1 autorisation que1 bien entendu1 il n'aurait pu dcemment m'accorder si je la lui avais demande1 mais je considre comme si important que le public soit instruit de cette affaire que je fais ce qui me semble mon devoir1 quoique ce soit mal lev4 7,note de l'auteur47 ,note #ajh3 ,cf4 ,time and ,tide by ,weare and ,tyne1 ,lettre #d4 ,note #aji3 ,ceci tait le vrai but de votre libre change3 tous les changes pour moi4 ,vous trouvez maintenant que grce la concurrence les autres peuples peuvent tenir le march aussi bien que vous et maintenant vous demandez de nouveau la protection4 ,pauvres petits6 7,note de l'auteur47 ,note #aaj3 ,allusion aux aventures de ,nigel3 ,quand il tait ainsi occup il abandonnait le poste extrieur de son tablissement commercial deux robustes apprentis voix de stentor qui ne cessaient de crier3 ,de quoi avez-vous besoin8 ,de quoi avez-vous besoin8 sans manquer de joindre ces paroles un pompeux loge des objets qu'ils avaient vendre4 ,cet usage de s'adresser aux passants pour les inviter acheter ne subsiste plus aujourd'hui1 ce que nous croyons1 que dans ,monmouthstreet1 etc4 7,aventures de ,nigel1 chapitre ,ier1 p4 #dj1 de la traduction franaise1 dition ,gosselin47 7,note du traducteur47 ,note #aaa3 ,comparez3 ,les plus grands trsors d'art que l',europe possde actuellement sont des morceaux de vieux pltres sur des murs en ruines o les lzards se cachent et se chauffent et dont peu d'autres cratures vivantes approchent jamais2 et les restes dchirs de toiles ternies dans les coins perdus des glises1 etc4 ,un grand nombre de fresques et de plafonds de ,vronse et de ,tintoret au ,palais ducal ont t rduits1 par la ngligence des hommes1 cette condition4 ,malheureusement comme aucun d'eux n'est sans rputation1 ils ont attir l'attention des autorits vnitiennes et des acadmiciens4 ,il est de rgle que les corps publics qui ne veulent pas payer cinq livres pour protger un tableau en paient cinquante pour le repeindre4 ,et quand je fus ,venise1 en #ahdf1 il y avait deux oprations rparatrices qui se poursuivaient simultanment dans les deux difices qui renferment les plus merveilleux tableaux de la ville444 ,des seaux taient placs par terre dans la ,scuola ,san ,rocco chaque averse pour recevoir la pluie qui traversait les plafonds de ,tintoret1 pendant qu'au ,palais ducal les ,vronse taient par terre pour tre repeints2 et je vis moi-mme repeindre le ventre d'un cheval blanc de ,vronse l'aide d'une brosse place l'extrmit d'un bton de cinq mtres de long et tremp dans un pot peinture de btiments1 etc4 7,stones of ,venice1 ,,ii1 ,,viii1 #ach et #aci47 7,note du traducteur47 ,note #aab3 ,comparez3 ,et moi qui vous parle de l'utilit de la guerre1 je devrais vritablement tre le dernier vous parler de cette faon si je me fiais ma seule exprience4 ,voici pourquoi3 j'ai consacr une grande partie de ma vie des recherches sur la peinture vnitienne et ces tudes ont eu pour rsultat de me faire adopter l'un de ses reprsentants comme le plus grand de tous les peintres4 ,je me suis fait cette conviction sous un plafond couvert de ses peintures2 et parmi ces peintures trois des plus belles n'offraient plus que des morceaux dchiquets1 mls aux lattes du plafond crev par trois obus autrichiens4 ,or1 sans doute tous les confrenciers ne pourraient pas vous dire qu'ils ont vu trois de leurs tableaux prfrs mis en lambeaux par des obus4 ,et devant un pareil spectacle quel est le confrencier qui vous dirait comme moi que cependant la guerre est le fondement de tout grand art8 7,la ,couronne d',olivier ,sauvage1 ,i,i,ie confrence3 la guerre74 ,mais la rfrence exacte parat tre ,stones of ,venice1 ,,ii1 ,,vii1 #abc4 7,note du traducteur47 ,note #aac3 ,les quatre premires ditions portaient3 ,tous les ,titiens2 partir de #ahga ces mots sont remplacs par toutes les plus belles peintures4 ,la ,library ,edition1 qui signale cette variante1 en conclut avec finesse et un peu spcieusement que l'admiration de ,ruskin pour le ,titien avait quelque peu diminu4 ,nous avons1 vrai dire1 des tmoignages plus prcis que celui que donne la ,library ,edition de la rvolution qui eut lieu dans le got de ,ruskin et qui renversa la hirarchie de ses admirations4 ,nous n'avons pas la place malheureusement de donner ici aucune indication sur cette crise esthtique qui dnoua chez ,ruskin la crise religieuse et calma ses plus grands doutes en lui montrant que les peintres croyants comme ,giotto taient suprieurs aux peintres incroyants comme ,titien4 7,note du traducteur47 ,note #aad3 ,je voulais dire que les plus beaux lieux du monde1 la ,suisse1 l',italie1 l',allemagne du ,sud1 etc41 sont assurment les cathdrales vritables1 les lieux ou rvrer et ou prier1 et que nous nous soucions seulement de les traverser toute vitesse et de manger leurs endroits les plus sacrs4 7,note de l'auteur47 ,note #aae3 ,cf4 ,prterita3 ,depuis que j'ai compos et mdit l pour la dernire fois1 que d'embellissements sont survenus444 ,ensuite chaque jour d'exposition vint un flot de gens qui prenaient le sentier et qui le salissaient avec des cendres de cigare pour le reste de la semaine4 ,puis ce furent les chemins de fer1 les voyous amens par les trains de plaisir qui renversaient les palissades1 faisaient peur aux vaches et cassaient autant de branches fleuries qu'ils pouvaient en attraper444 etc41 etc4 ,enfin1 cette anne une palissade de six pieds de haut a t place de l'autre ct et les promeneurs marchent l'un derrire l'autre1 s'offrent telle notion de l'air1 de la campagne et du paysage qu'ils peuvent1 entre ce mur et la palissade1 chacun avec un mauvais cigare devant lui1 un second derrire et un troisime dans la bouche4 7,note du traducteur47 ,note #aaf3 ,oui1 ,chamonix est une demeure dsole pour moi4 ,je n'y retournerai plus1 je crois4 ,je pourrais viter la foule en hiver1 mais que les glaciers m'aient trahi444 c'en est trop6 ,faites1 s'il vous plat1 mes amitis la grosse pierre qui est sous ,breven un quart de mille au-dessus du village1 moins qu'ils ne l'aient dtruite pour leurs htels4 7,lettre cite par ,m4 de la ,sizeranne47 ,comparez aussi avec ,the ,queen of ,air 7,prface73 ,ce #a;er jour de mai #ahfi je me retrouve crivant l o mon uvre fut commence1 il y a #ce ans1 en vue des neiges des ,alpes suprieures4 ,depuis ce temps1 d'tranges calamits ont fondu sur les spectacles que j'ai le plus aims et tch de faire aimer aux autres4 ,la lumire444 l'air444 l'eau sont souills4 ,ce matin1 sur le lac de ,genve un demi-mille1 je pouvais peine voir le plat de ma rame #b mtres de profondeur4 la place d'un petit rocher de marbre1 dernier pied du ,jura descendant dans l'eau bleue1 toujours couvert de fleurs roses de saponaires1 on a construit une rocaille artificielle avec cette inscription sur ses pierres rapportes3 ,aux botanistes ,le club jurassique4 ,ah6 matres de la science moderne1 rendez-moi mon ,athne1 faites-la sortir de vos fioles1 et enfermez-y sous scells1 s'il se peut une fois encore1 ,asmode6 ,enseignez-nous seulement--ceci qui est tout ce que l'homme a besoin de savoir--que l'air lui a t donn pour sa vie1 et la pluie pour sa soif et pour son baptme1 et le feu pour sa chaleur et le soleil pour sa vue1 et la terre pour sa nourriture1--et pour son ,repos4 ,j'ai rsum ce dernier passage d'aprs ,m4 de la ,sizeranne4 ,m4 de la ,sizeranne crit ici repos avec un petit r4 ,je prfre rtablir la majuscule qui est dans ,ruskin4 ,ainsi la majest soudaine1 on comprend de quel repos il s'agit4 ,peut-tre pourtant pourrait-on soutenir qu'il ne s'agit pas ici du repos de la tombe4 ,on pourrait s'appuyer pour cela sur la ,prface de ,the crown of wild olive4 ,l'herbe cependant fut-elle cre verte pour vous servir seulement de linceul et non pour vous servir de lit8 et n'y aura-t-il jamais de repos pour vous au-dessus d'elle1 mais seulement au-dessous8 ,malgr ce doute qui me vient et que j'avoue1 je crois qu'il s'agit ici1 surtout cause de la majuscule et de l'importance donne au mot final de la prface1 du repos de la tombe4 7,note du traducteur47 ,note #aag3 ,ruskin fait ici allusion ce passage de ,s4 ,mathieu 7,,xxi1 #c et suivants1 ou ,isae1 ,v1 #b1 le passage est identique73 ,il y avait un homme1 matre de maison1 qui planta une vigne4 ,il l'entoura d'une haie1 y creusa un pressoir et btit une tour pour qu'on pt de l surveiller la vigne4 ,ruskin a fait allusion ces versets dans ,lectures of ,architecture and ,painting1 #ai1 quand1 numrant tous les passages de la ,bible o nous sont montres des tours1 il nous dit3 ,vous vous rappelez ce propritaire qui construisit une tour dans son vignoble4 ,dans le passage de ,lectures of ,architecture and ,painting ,ruskin veut montrer 7 propos de la valeur religieuse de l'architecture gothique7 que1 dans la ,bible1 les tours n'ont jamais un caractre religieux et sont seulement construites par orgueil1 plaisir1 ou dans un but de dfense4 7,note du traducteur47 ,note #aah3 ,cf4 ,time and ,tide1 #df4 ,note #aai3 ,voir plus loin des sentiments de joie purs et surtout comparez avec ,arrows of the ,chace 7passage cit par ,m4 ,bardoux73 ,buvons et mangeons1 car nous mourrons demain1 disait le fermier latin et il nous a laiss d'ternels monuments de sagesse humaine et de chant joyeux4 ,travaillons et soyons justes1 car demain nous mourrons et aprs la mort viendra le jugement1 disaient ,holbein et ,durer1 et ils nous ont laiss d'ternels souvenirs du travail humain et de la crainte attriste de la divinit4 ,rjouissons-nous et soyons heureux1 car demain nous mourrons et nous serons avec ,dieu1 disaient ,fra ,anglico et ,giotto2 et ils nous ont laiss d'ternels monuments de la royaut des cieux1 divinement lambrisse4 ,fumons des pipes1 gagnons de l'argent1 lisons de mauvais romans1 marchons dans l'air empest1 disons avec sentiment que nous sommes bien las1 car demain nous mourrons et nous serons changs en pipes1 voil ce que disent les hommes d'aujourd'hui4--,on sait que buvons et mangeons car nous mourrons demain est une citation d',isae1 ,,xxii1 #ac4 ,quant au passage tout entier1 tant d'ides essentielles ,ruskin s'y laissent deviner1 quand elles ne s'y montrent pas1 que pour ne pas accumuler les abstractions1 je renonce les isoler4 ,je me contente de renvoyer le lecteur la note de la page #baa oui1 mais quel roi et la longue note des pages #bab et #bac4 7,note du traducteur47 ,note #abj3 ,l'entrefilet entier est en effet imprim en rouge dans le texte anglais4 ,nous aurions voulu pouvoir faire de mme ici1 afin de conserver l'aspect singulier que ces pages ont dans l'original4 ,mais des difficults matrielles d'excution nous en ont empch4 7,note du traducteur47 ,note #aba3 ,cf4 ,stones of ,venice un message qui fut un jour crit dans le sang et un son qui remplira un jour les votes du ciel 7,stones of ,venice1 ,i1 ,,iv1 ,,lxxi71 et ,the crown of wild olive1 ch4 ,,ii1 #ei1 lorsque le monde entier se tatoue de rouge avec son propre sang au lieu de vermillon4 7,note du traducteur47 ,note #abb3 ,une des choses que nous devons nous acharner obtenir pour le bien de toutes les classes dans nos programmes futurs1 c'est que dans aucune1 on ne porte d'habillement remis neuf4 ,voir la prface4 7,note de l'auteur47 ,note #abc3 ,cette expression abrge de la pnalit encourus par le travail infructueux concide d'une manire curieuse dans la forme avec certain passage que quelques-uns d'entre nous se rappellent peut-tre 7a74 ,il sera peut-tre bon de produire ct de ce rcit un autre article que j'ai gard dans mes tiroirs1 dcoup dans un ,morning ,post qui date peu prs du mme moment1 mars #ahfe 7b73 ,les salons de ,mme ,c4441 qui faisait les honneurs avec une grce et une lgance parfaitement imites1 taient encombrs de princes1 de ducs1 de marquis et de comtes1 en fait du mme public masculin que celui qu'on rencontre aux runions de la princesse ,metternich et de ,mme ,drouyn de ,lhuys4 ,il y avait quelques pairs d',angleterre et quelques membres du parlement et ils paraissaient jouir de ce spectacle joyeux et indcent4 ,au second tage1 les tables du souper taient charges de tous les mets dlicats de la saison4 ,afin que nos lecteurs puissent se faire une ide de la chre exquise du demi-monde parisien1 je copie le menu du souper qui fut servi tous les convives 7environ #bjj7 assis1 #d heures3 ,yquem suprieur1 ,johannisberg1 ,lafitte1 ,tokai1 ,champagne1 des crs les plus nobles1 furent servis avec abondance le matin4 ,aprs le souper1 la danse fut reprise avec un surcrot d'entrain et le bal se termina par une chane diabolique et un cancan d'enfer #g heures du matin 7service du matin73 ,avant que les frais gazons n'apparaissent aux paupires entr'ouvertes du matin 7c74 ,voici le menu3 ,consomm de volaille la ,bagration2 #af hors-d'uvres varis2 ,bouches la ,talleyran1 ,saumons froids sauce ,ravigote1 ,filets de buf en ,bellevue1 ,timbale milanaise4 ,chaud froid de gibier4 ,dindes truffes4 ,pats de foie gras4 ,buisson d'crevisses4 ,geles blanches aux fruits4 ,gateaux ,mancini1 parisiens et parisiennes4 ,fromages glacs4 ,ananas4 ,dessert4 7,note de l'auteur47 7a7 ,ruskin veut parler ici des versets de ,s4 ,luc1 ,,xi1 #aa et ,s4 ,mathieu1 ,,vii1 #i3 ,quel est le pre d'entre vous qui donne son fils une pierre quand il lui demande du pain8 ,comparez avec cette autre belle interprtation des mmes versets dans la ,couronne d',olivier ,sauvage1 ,i1 le ,travail3 ,il est manifeste que ,dieu entend que toute parole bonne et tout travail utile soient faits pour rien4 ,baruch1 l'crivain public1 ne gagna pas1 je gage1 un sou la ligne copier pour ,jrmie son second rouleau1 et saint tienne n'eut pas les moluments d'un vque pour son long sermon aux ,pharisiens3 il n'eut que des pierres4 ,car c'est l le payement naturel du pre terrestre4 ,qu'un enfant de ce monde travaille pour le bien du monde1 honntement1 de toute sa tte et de tout son cur et vienne lui1 disant3 ,donne-moi un peu de pain1 juste ce qu'il faut pour vivre1 le pre terrestre lui rpondra3 ,non1 mon enfant1 pas de pain1 une pierre1 si tu veux ou autant que tu en voudras1 pour te faire taire4 ,mais les travailleurs manuels ne sont pas aussi malheureux que tout ceci le laisserait entendre4 ,le plus qui puisse vous arriver vous1 c'est de cesser des cailloux1 non d'tre lapids1 etc4 7,note du traducteur47 7b7 ,dans la ,couronne d',olive ,sauvage ,ruskin a rapproch de mme deux entrefilets presque pareils ceux-ci et d'o se dgage le mme enseignement3 ,je vais d'abord pour commencer vous l'exposer lumineusement en vous lisant tout bonnement deux entrefilets que j'ai dcoups en djeunant1 dans deux journaux placs sur ma table le mme jour1 #be novembre #ahfd4 ,le passage concernant le ,russe opulent ,paris est assez banal at1 qui plus est1 stupide 7car ce n'est rien pour un riche de payer #ae francs pour une couple de pches en dehors de l'poque ordinaire de ces fruits74 ,cependant1 les deux faits-divers parus le mme jour valent d'tre placs cte cte4 ,un de ces hommes est actuellement dans nos murs4 ,c'est un ,russe1 et1 avec votre permission1 nous l'appellerons comte ,teufelskine4 ,dans sa faon de s'habiller1 il est sublime2 l'art joue son rle dans cette mise o l'harmonie des couleurs est respecte1 et o1 dans d'heureux contrastes1 sa rvle le chiar'-oscuro4 ,ses manires sont empreintes de dignit--peut-tre mme apathiques2 rien ne trouble la calme srnit de cet extrieur placide4 ,notre ami1 un jour1 djeunait chez ,bignon4 ,quand arriva l'addition1 il y lut3 ,deux pches1 #ae francs4 ,il paya4 ,les pches sont rares1 je prsume8 se borna-t-il remarquer4 ,non1 ,monsieur1 rpliqua le garon1 mais les ,teufelskines le sont4 7,telegraph1 #be novembre #ahfd47 ,hier matin1 huit heures1 une femme1 passant prs d'un tas de fumier1 dans la cour pave qui longe l'hospice rcemment construit dans ,shadwell ,gap ,high-,street1 ,shadwell1 fit remarquer un constable du quartier un homme accroupi sur le tas de fumier1 lui disant qu'elle craignait qu'il ne ft mort4 ,ses craintes se trouvrent justifies4 ,la mort du malheureux paraissait remonter plusieurs heures4 ,il tait mort de froid et d'humidit1 et la pluie avait fouett le cadavre toute la nuit4 ,le dfunt tait chiffonnier4 ,il tait tomb dans la plus effroyable pauvret1 misrablement vtu1 la ventre vide4 ,la police l'avait plusieurs reprises chass de cette cour depuis le lever jusqu'au coucher du soleil1 lui disant de rentrer chez lui4 ,il avait choisi l'endroit la plus dsert afin d'y mourir misrablement4 ,on trouva dans ses poches un sou et quelques os4 ,il pouvait avoir entre cinquante et soixante uns4 ,l'inspecteur ,roberts1 de la division ,k1 a ordonn de faire une enqute chez les logeurs afin de s'assurer1 si possible de l'identit du malheureux4 7,morning ,post1 #be novembre #ahfd47 7,la ,couronne d',olivier ,sauvage1 ,i1 le ,travail47 7,note du traducteur47 7c7 ,citation de ,lycidas de ,milton4 7,note de l'auteur47 ,note #abd3 ,je vous prie de noter ce fait1 d'y rflchir1 et de considrer comment il se fait qu'une pauvre vieille aura honte de prendre au pays un shilling par semaine1 tandis que personne n'a honte de prendre une rente de mille livres par an4 7,note de l'auteur47 ,note #abe3 ,je me rjouis sincrement de voir fonder un journal comme le ,pall ,mall ,gazette1 car le pouvoir de la presse dans les mains d'hommes d'une haute culture1 d'une situation indpendante1 et bien intentionns1 peut en effet mriter tous les loges qu'on lui a tant dcerns jusqu'ici4 ,son directeur me pardonnera donc1 je n'en doute pas1 si1 raison mme de mon respect pour le journal1 je ne laisse pas passer sans observation un article paru dans son troisime numro1 page #e1 dont chaque mot tait erron1 de cette erreur profonde o peut seul atteindre un honnte homme qui ds le dbut a pris un mauvais tournant de pense et le suit1 indiffrent aux consquences4 ,il contenait la fin ce passage noter3 ,le pain de l'affliction et l'eau de l'affliction 7a71 oui et la couchette et les couvertures de l'affliction1 sont l'extrme maximum de ce que la loi devrait donner aux indigents simplement comme indigents4 ,je ne fais que mettre ct de ces lignes reprsentatives de l'esprit conservateur anglais en #ahfe1 une partie du message qui ordonna ,isae d'lever sa voix comme une trompette 7b7 et de dclarer aux conservateurs de son temps 7c73 ,vous jenez pour faire des procs et des querelles et pour frapper du poing avec mchancet4 ,est-ce le jene que j'ai choisi1 qui est de partager ton pain avec celui qui a faim et de faire venir dans ta maison las affligs qui sont errants4 7d7 ,l'erreur mentale que l'auteur avait prise pour point de dpart1 ainsi qu'il l'a constat un peu en avant1 tait ceci3 ,confondre l'office des fonctionnaires chargs des distributions de secours aux pauvres1 avec celui des personnes charges de ces distributions dans une institution charitable est une grande et dangereuse erreur4 ,cette phrase est si exactement et si extraordinairement fausse qu'il nous faut en renverser le sens dans nos esprits avant de songer nous occuper d'aucun problme actuel de misre sociale4 ,comprendre que les fonctionnaires chargs des secours aux pauvres sont les aumniers de la ,nation et devraient en distribuer les offrandes avec une grce et une libralit plus grandes et plus gnreuses que celles permises la charit individuelle1 autant que la sagesse et le pouvoir collectif d'une ,nation peuvent tre supposs plus grands que ceux d'une seule personne1--ceci est la base de toute loi sur le pauprisme4--,depuis que ceci a t crit1 le ,pall ,mall ,gazette est devenu--comme les autres--un simple journal de parti1 mais il est bien crit et1 somme toute1 fait plus de bien que de mal 7e74 7a7 ,allusion1 ,rois1 ,,xxii1 #bg1 bien que l'expression pain de l'affliction rappelle plutt les ,psaumes 7#abg1 #b47 7b7 ,crie plein gosier1 ne te retiens pas1 lve ta voix comme une trompette et annonce mon peuple1 etc4 7,isae1 #eh1 #a47 7c7 ,phrase essentiellement ruskinienne4 ,pour s'en rendre compte3 #a en ce qui concerne les premiers mots3 ,je ne fais que mettre ct de ces lignes du ,pall ,mall ,gazette le message d',isae1 comparer avec la ,bible d',amiens1 ,,iii1 #dh1 note3 en regard de ce morceau ditorial de la presse thologique moderne en ,angleterre1 je placerai simplement les #d;e1 #f;e et #ac;e versets de l'ptre de ,s4 ,paul aux ,romains1 etc4--2 avec ,unto ,this ,last 7,prface7 #e1 note3 ces paroles diaboliques 7d',adam ,smith dans la ,richesse des ,nations7 j'opposerai seulement les plus belles paroles des ,vnitiens dcouvertes par moi dans leur plus belle glise 7,autour de ce temple1 etc474 ,cette rfrence l'autorit de la ,bible pour trancher un problme d'conomie politique est1 comme je l'ai montr ailleurs1 le tmoignage d'une des plus originales dispositions d'esprit de ,ruskin qui est d'attribuer la littrature et l'art 7la ,bible tant ici qu'un beau livre7 une sorte de valeur scientifique et inversement de traiter la science comme un art1 ce qui fait que pour ,ruskin il n'y a pas1 quand il s'agit de science1 supriorit des temps modernes1 sur l'antiquit1 pas plus qu'il ne doit en effet y en avoir quand il s'agit d'art4 ,il y a l aussi1 notre avis1 un peu d'idoltrie et l'amusement d'un rudit qui s'amusa chercher des recettes de cuisine dans ,homre et des renseignements d'ornithologie dans ,carparccio4 ,notons encore que1 dans le chapitre ,interprtations de la ,bible d',amiens1 par exemple1 cette confrontation du prsent au pass est invertie 7,confrontation du pass au prsent7 se relevant plus du premier procd que sa saveur d'anachronisme3 ,dans les bas-reliefs d',amiens la ,grossiret compare une femme dansant le cancan1 la ,rbellion aux voyous qui claquent des doigts devant un prtre2 propos du ,dsespoir3 le suicide n'est pas considr comme hroque ni sentimental au ,x,i,i,ie sicle et il n'y a pas de morgue gothique au bord de la ,somme1 etc4 ,ce qui nous amne #b comparer les derniers mots de la phrase 7message d',isae aux conservateurs de son temps7 tous ces anachronismes1 mais plus particulirement la ,bible d',amiens1 ,,ii1 #da 7un des soldats francs de ,clovis discuta sa prtention avec une telle confiance d'tre soutenu par l'opinion publique du ,ve sicle et ,unto ,this ,last1 ,,iii1 #db1 un marchand ,juif 7le roi ,salomon7 qui avait fait une des fortunes les plus considrables de son temps4 7,note du traducteur47 7d7 ,isae1 ,,lviii1 #d et #g4 7,note du traducteur47 7e7 ,et maintenant il a cess d'exister sous ce nom4 ,il est devenu le ,westminster ,gazette4 7,note du traducteur47 ,note #abf3 ,opra de ,balfe1 compositeur de musique irlandais1 n en #ahjh1 mort en #ahgj4 ,balfe a compos de nombreuses partitions3 ,le ,sige de la ,rochelle #ahce1 ,manon ,lescaut #ahcf1 ,jane ,grey #ahcg1 ,falstaff #ahch1 le ,puits d'amour #ahdc1 la ,gipsy #ahdd1 les #d fils ,aymon #ahdd1 etc41 etc4 ,satanella est de #ahei4 7,note du traducteur47 ,note #abg3 ,cf4 plus haut #af1 l'adjectif anglais plac d'une faon analogue en symtrie avec l'adjectif latin4 7,note du traducteur47 ,note #abh3 ,s4 ,luc1 ,,xvi1 #bj4 ,il y avait aussi un pauvre nomm ,lazare1 qui tait couch la porte de ce riche et tait couvert d'ulcres4 ,comparez1 sur ,lazare et les pauvres d'aujourd'hui1 la ,couronne d',olivier sauvage1 ,i1 #cj4 7,note du traducteur47 ,note #abi3 ,vous avez toujours les braves et bons dans la vie4 ,ceux-l ont aussi besoin d'tre aids1 quoique vous paraissiez croire qu'ils n'ont qu' aider les autres4 ,ceux-l aussi rclament qu'on pense eux et qu'on se souvienne d'eux4 7,lectures on ,art1 ,,ii1 #eh47 7,note du traducteur47 ,note #acj3 ,et ds les plus bas degrs de l'chelle du travail4 ,du travail le plus humble nat un plaisir1 humble sans doute comme la tige1 qui l'a port1 sans couleurs varies et qui pourtant n'est pas sans charmer la vie qu'il embellit4 ,ce plaisir-l est satisfaction de soi1 plaisir se trouver avec les autres1 optimisme4 ,de ce plaisir-l dans la littrature de tous les temps il y a1 avant tout1 deux immortels exemples4 ,le premier c'est l'histoire d',aristarque et de ses parents dans les ,mmorables de ,xnophon3 ,en ce moment1 j'en suis sr1 tu ne peux aimer tes parentes et elles ne peuvent t'aimer4 ,toi parce que tu les regardes comme une gne pour toi1 elles parce qu'elles voient bien qu'elles te gnent4 ,de cela il est craindre444 que la reconnaissance du pass ne soit amoindrie4 ,mais si tu leur imposes une tche1 tu les aimeras en voyant qu'elles te sont utiles et elles te chriront leur tour en s'apercevant qu'elles te contentent2 le souvenir du pass vous sera plus agrable1 votre reconnaissance s'en augmentera4 ,vous deviendrez ainsi meilleurs amis et meilleurs parents4 ,aussitt dit1 on acheta de la laine444 la gaiet avait succd la tristesse1 etc4 7,mmorables1 chapitre ,,vii47 ,l'autre exemple est donn par la fin de ,candide1 trop clbre pour qu'il soit besoin de la citer4 ,c'est d'ailleurs encore la pense qu'exprime la dernire phrase de ,candide3 ,tout cela est bien1 dit ,candide1 mais il faut cultiver notre jardin4--,je me souviens encore de la faon dont le matre le plus admirable que j'aie connu1 l'homme qui a en la plus grande influence sur ma pense1 ,m4 ,darlu1 aujourd'hui ,inspecteur gnral de l',universit1 comparait ce chapitre des ,mmorables le chapitre de la ,bible de l',humanit sur ,hercule4 7,note du traducteur47 ,note #aca3 ,allusion cet trange passage d',ezchiel3 ,il me dit3 ,fils de l',homme1 perce la paroi1 et quand j'eus perc la paroi il se trouva une porte444 ,j'entrai donc et voici toutes sortes de figures de reptiles et de btes et tous les dieux infmes de la maison d',isral taient peints sur la paroi444 et #gj hommes444 assistaient et se tenaient devant elles444 et chacun avait un encensoir la main d'o montait en haut une paisse nue de parfum4 ,alors il me dit3 ,fils de l',homme n'as-tu pas vu ce que les anciens de la maison d',isral font dans les tnbres1 chacun dans son cabinet peint1 etc4 7,ezchiel1 ,,viii1 #f-ah47 7,note du traducteur47 ,note #acb3 ,turner4 ,voir1 sur ce dessin1 sur son pathtique et sa signification1 ,modern ,painters1 partie ,v1 ch4 ,i1 #ag1 et chapitre ,,xviii1 #b4 7,note du traducteur47 ,note #acc3 ,c'est dans ,isae 7,prophtie contre le roi de ,babylone7 7,,xiv1 #i1 #aj7 que le spulcre a rveill les ,trpasss3 ,il a fait lever de leurs siges tous les principaux de la terre1 tous les rois des nations4 ,ils prendront tous la parole et diront 7au roi de ,babylone73 ,tu as t aussi affaibli que nous1 tu as t rendu semblable nous1 on t'a fait descendre de ta magnificence dans le spulcre avec le bruit de tes instruments1 etc4 7,note du traducteur47 ,note #acd3 ,sans doute1 et pourtant si nous prenons la vie de tant de grands crivains1 de tant d'artistes1 reconnaissons que bien peu ont entirement nglig l'autre avancement dans la vie1 dans ses atours4 ,combien peu1 pour ne prendre que cet exemple1 ont ddaign d'entrer l',acadmie ,franaise ou telle autre forme de pouvoir1 de prestige4 ,tel pote1 plong dans la vie elle-mme tant qu'il crit1 sitt la chaleur de l'inspiration tombe est dj revenu l'avancement dans la vie1 dans les atours de la vie et de sa main tremblante encore d'avoir voulu suivre au vol la vitesse de sa pense1 il inscrit la premire page du pome qui plane si haut au-dessus de toutes les contingences et de sa propre vie1 le nom de la ,reine bienveillante qui il le ddie1 afin de faire connatre le rang social qu'il occupe1 combien il est avanc dans la vie4 ,il tient ce que les humbles mortels le sachent et les autres reines aussi1 afin que les hommes le respectent et que les reines le recherchent1 et que tous parfassent ainsi son avancement dans la vie4 ,peut-tre ce pote vous dira-t-il que s'il dine chez cette ,reine et ensuite lui ddie son livre1 c'est parce qu'ayant conscience de l'minente dignit de l'homme de lettres1 il veut lui faire dans la socit la place qu'il doit y avoir1 gale celle des ,rois4 ,pour un peu1 l'en croire1 il se dvoue1 il immole ses gots1 son talent1 ses devoirs de citoyen de la ,rpublique des lettres4 ,pourtant1 si vous lui disiez que tel de ses confrres veut bien se charger de ce rle et qu'il pourra dsormais dans l'inlgance et dans l'obscurit travailler sans se soucier des ,reines1 peut-tre se rendrait-il compte alors que c'tait en ralit plutt sa propre grandeur qu' celle de l'homme de lettres qu'il se dvouait et que les conqutes de son confrre ne lui remplaceraient nullement les siennes propres4 ,d'ailleurs l'homme de lettres charg d'honneurs est-il plus grand qu'un autre1 mme aux yeux frivoles de la postrit8 ,c'est fort douteux et un homme de lettres ddaigneux de toute influence1 de tout honneur1 de toute situation mondaine1 comme ,flaubert1 ne nous apparat-il pas comme plus grand que l'acadmicien son ami1 ,maxime du ,camp8 ,certes le dsir d'avancer dans la vie1 le snobisme1 est le plus grand strilisant de l'inspiration1 le plus grand amortisseur de l'originalit1 le plus grand destructeur du talent4 ,j'ai montr autrefois qu' cause de cela il est le vice le plus grave pour l'homme de lettres1 celui que sa morale instinctive1 c'est--dire l'instinct de conservation de son talent1 lui reprsente comme le plus coupable1 dont il a le plus de remords1 bien plus 7que la dbauche1 par exemple1 qui lui est bien moins funeste1 l'ordre et l'chelle des vices tant dans une certaine mesure renverss pour l'homme de lettres4 ,et cependant le gnie se joue mme de cette morale artistique4 ,que de snobs de gnie ont continu comme ,balzac crire des chefs-d'uvre4 ,que d'asctes impuissants n'ont pu tirer d'une vie admirable et solitaire dix pages originales4 7,note du traducteur47 ,note #ace3 ,le symbole matriel de ceci est l'offre de l'artrio-sclrose faite tous es jours aux arthritiques par le dmon de la bonne chre4 ,mais ici encore1 pour la sant comme pour le gnie1 le temprament est plus fort que le rgime4 7,note du traducteur47 ,note #acf3 ,cercle de l',enfer de ,dante1 qui tire son nom de ,can4 ,voir l',enfer1 chants ,v et ,,xxxii4 7,note du traducteur47 ,note #acg3 4 7,note de l'auteur47 ,et l'affection de la chair c'est la mort1 tandis que l'affection de l'esprit c'est la ,vie et la ,paix4 7,romains1 ,,viii1 #f47 7,note du traducteur47 ,note #ach3 ,munera ,pulveris ,v ,government1 #abb4 7,note du traducteur47 ,note #aci3 ,sur cette pithte voir ,lectures on ,art1 ,,iv1 #aaf1 et comparez avec l'expression des ,psaumes1 ,,xiv1 #d3 ils mangent mon peuple comme du pain1 que ,ruskin cite dans ,the two ,paths1 #agi4 7,note du traducteur47 ,note #adj3 ,allusion ,dante1 ,enfer1 ,,iii1 #fj4 7,note du traducteur47 ,note #ada3 ,allusion la huitime scne de la #are partie d',henri ,,iv1 de ,shakespeare3 ,hotspur1 le doigt sur la carte3 ,il me semble que ma portion1 au nord de ,burton ici--n'est pas gale la vtre4--,voyez comme cette rivire vient sur moi tortueusement--et me retranche du meilleur de mon territoire--une norme demi-lune1 un monstrueux morceau4--,je ferai barrer le courant cet endroit1--et la coquette1 l'argentine ,trent coulera par ici--dans un nouveau canal uniforme et direct3 elle ne serpentera plus avec une si profonde chancrure--pour me drober ce riche domaine4--,glendower3 ,elle ne serpentera plus6 elle serpentera1 il le faut2 vous voyez bien4--,mortimer3 ,oui1 mais remarquez comme elle poursuit sen cours et revient sur moi1 en sens inverse pour votre ddommagement4--,elle supprime d'un ct autant de terrain--qu'elle vous en prend de l'autre4--,worcester3 ,oui1 mais on peut ici la barrer peu de frais1 etc41 etc41 ,et enfin ,glendower3 ,allons1 on vous changera le cours de la ,trent4 7,note du traducteur47 ,note #adb3 ,c'est le centenier de ,capharnam qui dit ,jsus3 ,j'ai des soldats sous mes ordres et je dis l'un3 ,va et il va1 l'autre3 ,viens et il vient1 mon serviteur3 ,fais cela1 et il le fait4 7,s4 ,mathieu1 ,,viii1 #i47 7,note du traducteur47 ,note #adc3 ,comparez3 ,l'homme est bien plus rellement le soleil du monde1 que n'est le soleil4 ,la flamme de son cur merveilleux est la seule lumire digne d'tre mesure4 ,l o il est sont les tropiques2 l o il n'est pas le monde des glaces4 7,modern ,painters1 ,v1 p4 #bbe1 cit par ,m4 ,bardoux1 dans son ouvrage sur ,ruskin47 7,note du traducteur47 ,note #add3 ,s'il n'y avait que font et enseignent1 la rfrence la plus littrale semblerait tre3 ,actes1 ,i1 #a3 les choses que ,jsus a faites et enseignes1 mais le contexte indique qu'il s'agit bien plutt de ,mathieu1 ,v1 #ai3 ,celui donc qui aura viol ces commandements et qui aura ainsi enseign les hommes sera estim le plus petit dans le royaume des cieux1 mais celui qui les aura observes et enseignes1 celui-l sera estim grand dans le royaume des cieux1 et dans les royaumes de la terre1 ajoute ,ruskin4 7,note du traducteur47 ,note #ade3 ,allusion ,st ,mathieu1 ,,vi1 #ai-bj3 ,ne vous amasser pas des trsors sur la terre1 o les vers et la rouille gtent tout et o les larrons percent et drobent4 ,mans amassez-vous des trsors dans le ciel o les vers ni la rouille ne gte rien1 et o les larrons ne percent ni ne drobent4 7,note du traducteur47 ,note #adf3 ,la ,library ,edition nous apprend que c'est l le terme usit en alchimie pour signifier l'or dissous dans l'acide nitro-hydrochlorique1 lequel tait suppos contenir l'lixir de vie4 7,note du traducteur47 ,note #adg3 ,minerve1 ,vulcain1 ,apollon 7voir ,on the old ,road1 tome ,,ii1 #cf74 7,note du traducteur47 ,note #adh3 ,job1 ,,xxviii1 #g4 7,note du traducteur47 ,note #adi3 ,ruskin veut parler de ,unto this last4 ,dans la prface d',unto this last1 ,ruskin dit de mme3 ,je crois que ces essais contiennent ce que j'ai crit de meilleur1 c'est--dire de plus vrai et de plus justement exprim4 ,le dernier 7,ad ,valorem7 qui m'a cot le plus de peine ne sera probablement jamais surpasse par aucun autre de mes crits futurs4 ,dans ,fors ,clavigera1 ,unto this last est ainsi rattach l'ensemble de son uvre3 vingt ans j'crivis ,peintres modernes1 trente ans1 les ,pierres de ,venise1 quarante ans1 ,unto this last1 cinquante ans1 les ,leons inaugurales d',oxford1 et1 si je finis jamais ,fors ,clavigera1 l'tat d'esprit dans lequel je me trouvais soixante ans sera fix4 ,les ,peintres modernes enseignrent l'affinit de toute la nature infinie avec le cur de l'homme2 montrrent le rocher1 la vague et l'herbe comme un lment ncessaire de sa vie spirituelle4 ,ce dont je vous conjure aujourd'hui1 d'orner la terre et de la garder1 n'est que le complment1 la suite logique de ce que j'enseignais alors4 ,les ,pierres de ,venise enseignrent les lois de l'art de btir et comment la beaut de toute uvre1 de tout difice humain dpend de la vie heureuse de son ouvrier4 ,unto this last enseigna les lois de cette vie mme et la montra comme dpendante du ,soleil de justice4 ,fors ,clavigera1 ,,iv1 ,lettre ,,lxxviii1 cite par ,m4 ,brunhes4 7,note du traducteur47 ,note #aej3 ,comparez3 ,les crosses et balles anglaises et franaises1 y compris celles dont nous ne nous servons pas1 cotent1 je suppose1 environ #ge millions par an chaque nation 7la ,couronne d',olivier ,sauvage1 ,i1 le ,travail74 ,comparez encore 7la ,couronne d',olivier ,sauvage1 ,,ii1 #bei1 cit par ,m4 de la ,sizeranne73 ,supposez qu'un de mes voisins m'ait appel pour me consulter sur l'ameublement de son salon4 ,je commence regarder autour de moi et trouver que les murs sont un peu nus2 je pense que tel ou tel papier serait dsirable pour les murs1 peut-tre une petite fresque ici et l sur le plafond et un rideau ou deux de damas aux fentres4 ,ah6 dit mon commettant1 des rideaux de damas1 certainement6 ,tout cela est fort beau1 mais vous savez1 je ne peux me payer de telles choses1 en ce moment6--,pourtant le monde vous attribue de splendides revenus6--,ah6 oui1 dit mon ami1 mais vous savez qu' prsent je suis oblig de dpenser presque tout en piges d'acier6--,en piges d'acier6 ,et pourquoi8--,comment6 pour ce quidam1 de l'autre ct du mur1 vous savez2 nous sommes de trs bons amis1 des amis excellents1 mais nous sommes obligs de conserver des traquenards des deux cts du mur2 nous ne pourrions pas vivre en de bons termes sans eux et sans nos piges fusil4 ,le pire est que nous sommes des gars assez ingnieux tous les deux et qu'il ne se passe pas de jour sans que nous inventions une nouvelle trappe ou un nouveau canon de fusil1 etc4 ,nous dpensons environ #ae millions par an chacun dans nos piges--en comptant tout1 et je ne vois gure comment nous pourrions faire moins4 ,voil une faon de vivre d'un haut comique pour deux particuliers6 mais pour deux nations1 cela ne me semble pas entirement comique4 ,bedlam serait comique peut-tre1 s'il ne contenait qu'un seul fou1 et votre pantomime de ,nol est comique lorsqu'il y a un seul clown1 mais lorsque le monde entier devient clown et se tatoue lui-mme en rouge avec son propre sang la place de vermillon1 il y a l quelque chose d'autre que de comique1 je pense4 ,comparez ce dernier morceau le #cc ci-dessus3 ,supposez qu'un gentleman dont le revenu est inconnu1 mais dont nous pouvons conjecturer la fortune par ce fait qu'il dpense deux mille livres par an pour ses valets de pied et les murs de son parc1 etc4 7,note du traducteur47 ,note #aea3 ,unto this last1 ,,iv1 ad valorem1 #gf1 note4 7,note du traducteur47 ,note #aeb3 ,sur cette dernire phrase et pour la dcomposition des cinq thmes qui s'y mlent 7et1 sans mme trop subtiliser1 on arrive aisment jusqu' sept1 en comptant les lois sur les grains1 et le pain meilleur7 ,voir la note page #fa4 7,note du traducteur47 ,note #aec3 ,la ,library ,edition fournit du sens de ces mots dans un instant 7presently7 une explication qui me semble trs juste et trs naturelle1 mais dont on ne s'avise pas gnralement1 parce que tout ce passage est plac en appendice1 la fin des ,trsors des ,rois4 ,or1 il n'est qu'une note du #cj1 imprim cause de son importance aprs la confrence4 ,de sorte que ce presently1 dit la ,library ,edition1 se rapporte aux #db et suivants4 7,note du traducteur47 ,i,ie ,,conf,,rence ,,les ,,lys ,,des ,,jardins ,,des ,,reines ,mademoiselle ,suzette ,lemaire cette traduction est offerte1 comme un respectueux hommage1 par son admirateur et son ami4 ,m4 ,p4 ,i,ie ,,conf,,rence ,,les ,,lys ,,des ,,jardins ,,des ,,reines ,sois heureux1 dsert altr2 que la solitude se rjouisse et fleurisse comme le lys2 et des lieux arides du ,jourdain jailliront des forts sauvages4 7,isae1 ,,xxxv1 #a1 ,version des ,septante7#aed4 #ea4 ,il sera peut-tre bon comme cette confrence est la suite d'une autre donne prcdemment1 que je vous expose rapidement quelle a t1 dans les deux1 mon intention gnrale4 ,les questions qui ont t spcialement proposes votre attention dans la premire1 savoir3 ,comment et ,ce que il faut lire1 dcoulent d'une autre beaucoup plus profonde1 que c'tait mon but d'arriver vous faire vous poser vous-mmes3 ,pourquoi il faut lire4 ,je voudrais que vous arriviez sentir avec moi que1 quelques avantages que nous donne aujourd'hui la diffusion de l'ducation et du livre1 nous n'en pourrons faire un usage utile que quand nous aurons clairement saisi o l'instruction doit nous conduire et ce que la lecture doit nous enseigner4 ,je voudrais que vous vissiez qu'une ducation morale bien dirige et tout la fois des lectures bien choisies mnent la possession d'un pouvoir sur les mal-levs et sur les illettrs1 lequel pouvoir est1 dans sa mesure1 au vritable sens du mot1 royal2 confrant en effet la plus pure royaut qui puisse exister chez les hommes3 trop d'autres royauts 7qu'elles soient reconnaissables des insignes visibles ou un pouvoir matriel7 n'tant que spectrales ou tyranniques2 spectrales1 c'est--dire de simples aspects et ombres de royaut1 creux comme la mort1 et qui ne portent que l'apparence d'une couronne royale#aee2 ou encore tyranniques1 c'est--dire substituant leur propre vouloir la loi de justice et d'amour par laquelle gouvernent tous les vrais rois4 #eb4 ,il n'y a donc1 je le rpte--et comme je dsire laisser cette ide en vous1 je commence par elle1 et je finirai par elle--qu'une seule vraie sorte de royaut2 une sorte ncessaire et ternelle1 qu'elle soit couronne ou non3 savoir1 la royaut qui consiste dans un tat de moralit plus puissante1 dans un tat de rflexion plus vraie que ceux des autres2 vous rendant capable1 par l1 de les diriger1 ou de les lever4 ,notez ce mot tat1 nous avons pris l'habitude de l'employer d'une manire trop lche4 ,il signifie littralement la station 7action de se tenir debout7 et la stabilit d'une chose et vous avez sa pleine force dans son driv3 statue--7la chose immuable74 ,la majest d'un roi#aef et le droit de son royaume a tre appel un tat reposent donc sur leur immuabilit tous deux3 sans frmissement1 sans oscillation d'quilibre2 tablis et trnant sur les fondations d'une loi ternelle que rien ne peut altrer ni renverser4 #ec4 ,convaincu que toute littrature et toute ducation est profitable seulement dans la mesure o elles tendent affermir ce pouvoir calme1 bienfaisant et1 cause de cela1 royal1 sur nous-mmes d'abord1 et travers nous1 sur tout ce qui nous entoure--je vais maintenant vous demander de me suivre un peu plus loin et de considrer quelle part 7ou quelle sorte spciale7 de cette autorit royale dcoulant d'une noble ducation peut juste titre tre possde par les femmes2 et dans quelle mesure elles sont1 elles aussi1 appeles un vritable pouvoir de reines--non pas dans leur foyer seulement1 mais sur tout ce qui est dans leur sphre4 ,et dans quel sens1 si elles comprenaient et exeraient comme il le faut cette royale ou gracieuse influence1 l'ordre et la beaut produits par un pouvoir aussi bienfaisant nous justifieraient de dire en parlant des territoires sur lesquels chacune d'elles rgnerait3 les ,jardins des ,reines4 #ed4 ,et ici1 ds le dbut1 nous rencontrons une question beaucoup plus profonde qui1 si trange que cela puisse paratre1 demeure pourtant incertaine pour beaucoup d'entre nous1 en dpit de son importance infinie4 ,nous ne pouvons pas dterminer ce que doit tre le pouvoir de reine des femmes avant de nous tre mis d'accord sur ce que doit tre leur pouvoir ordinaire4 ,nous ne pouvons pas nous demander comment l'ducation pourra les rendre capables de remplir des devoirs plus tendus avant de nous tre mis d'accord sur ce que peut tre leur vrai devoir de tous les jours4 ,et il n'y a jamais eu d'poque o l'on ait tenu de plus absurdes propos et laiss passer plus de songes creux sur cette question--question vitale pour le bonheur de toute socit4 ,les rapports de la nature fminine avec la masculine1 leur capacit diffrente d'intelligence et de vertu1 voil un sujet sur lequel les opinions semblent loin d'tre d'accord4 ,nous entendons parler de la mission et des droits de la femme1 comme s'ils pouvaient jamais tre spars de la mission et des droits de l'homme--comme si elle et son seigneur taient des cratures dont la nature ft entirement distincte et les revendications inconciliables4 ,ce qui est au moins faux4 ,mais peut-tre plus absurdement fausse 7car je veux anticiper par l sur ce que j'espre prouver plus loin7 est l'ide que la femme est seulement l'ombre et le reflet docile de son seigneur1 lui devant une irraisonne et servile obissance1 et dont la faiblesse s'appuie la supriorit de sa force d'me4 ,ceci1 dis-je1 est la plus absurde de toutes les erreurs concernant celle qui a t cre pour venir en aide l'homme4 ,comme s'il pouvait tre aid efficacement par une ombre1 ou dignement par une esclave6 #ee4 ,voyons maintenant si nous ne pouvons pas arriver une ide claire et harmonieuse 7elle sera harmonieuse si elle est vraie7 de ce que l'intelligence et la vertu fminines sont1 dans leur essence et dans leur rle1 par rapport celles de l'homme2 et comment les relations o elles se trouvent1 franchement acceptes1 aident et accroissent la vigueur et l'honneur et l'autorit des deux4 ,et ici je dois rpter une chose que j'ai dite dans la prcdente confrence3 savoir que le premier bnfice de l'instruction tait de nous mettre en tat de consulter les hommes les plus sages et les plus grands sur tous les points difficiles et qui mritent rflexion4 ,que faire un usage raisonnable des livres1 c'tait aller eux pour leur demander assistance2 leur faire appel quand notre propre connaissance et puissance de pense nous trahit2 pour tre amens par eux jusqu' une plus large vue--une conception plus pure--que la ntre propre1 et1 pour recevoir d'eux la jurisprudence des tribunaux et cours de tous les temps au lieu de notre solitaire et inconsistante opinion4 ,faisons cela maintenant4 ,voyons si les plus grands1 les plus sages1 les plus purs de cur des hommes de toutes les poques sont tombs d'accord dans une certaine mesure sur le point qui nous intresse4 coutons le tmoignage qu'ils ont laiss sur ce qu'ils ont tenu pour la vraie dignit de la femme1 et pour le genre de secours dont elle doit tre l'homme4 #ef4 ,et d'abord prenons ,shakespeare4 ,notons d'abord1 pour commencer1 que1 d'une manire gnrale1 ,shakespeare n'a pas de hros2 il n'a que des hrones4 ,je ne vois pas1 dans toutes ses pices1 un seul caractre compltement hroque1 except l'esquisse assez sommaire de ,henri ,v1 exagre pour les besoins de la scne2 et celle plus sommaire encore de ,valentine dans les ,deux ,gentilshommes de ,vrone4 ,dans les pices travailles et parfaites vous n'avez pas de hros4 ,othello aurait pu en tre un1 si sa simplicit n'avait t si grande que de se laisser devenir la proie des plus basses machinations qui se trament autour de lui2 mais il est le seul caractre qui du moins approche de l'hrosme4 ,coriolan1 ,csar1 ,antoine se tiennent debout dans leur force fle et tombent entrans par leurs vanits2--,hamlet est indolent et s'endort dans la spculation#aeg2 ,romo est un enfant sans patience2 le ,marchand de ,venise se soumet languissamment la fortune adverse2 ,kent1 dans le roi ,lear1 est entirement noble de cur1 mais trop rude et trop primitif pour tre d'une utilit vritable au moment critique et il tombe au rang d'un simple domestique4 ,orlando1 non moins noble1 est toutefois dans son dsespoir le jouet du hasard1 et il est conduit1 rconforte1 sauv par ,rosalinde4 ,tandis qu'il n'y a gure de pice dans laquelle nous ne voyions une femme parfaite1 inbranlable dans un grave espoir et un infaillible dessein2 ,cordelia1 ,desdemone1 ,isabelle1 ,hermione1 ,imogne1 la reine ,catherine1 ,perdita1 ,sylvia1 ,viola1 ,rosalinde1 ,hlne et la dernire et peut-tre la plus aimable1 ,virgilie1 sont sans dfauts2 conues sur le plus haut modle hroque d'humanit4 #eg4 ,puis en second lieu observez ceci4 ,les catastrophes#aeh1 dans chaque pice1 ont toujours pour cause la folie d'un homme2 elles ne sont rachetes1 si elles le sont1 que par la sagesse et la vertu d'une femme1 et si celle-ci fait dfaut1 elles ne sont pas rachetes4 ,la catastrophe o sombre le ,roi ,lear est due son propre manque de jugement1 son impatiente vanit1 sa mprise sur les caractres de ses enfants4 ,la vertu de sa seule vraie fille l'aurait sauv des outrages des autres1 s'il ne l'avait lui-mme chasse loin de lui4 ,et1 cela tant1 elle le sauve presque4 ,d',othello#aei je n'ai pas besoin de vous retracer l'histoire2--ni l'unique faiblesse de si puissant amour2 ni l'infriorit de son sens critique celui mme du personnage fminin de second plan dans la pice1 cette milie qui meurt en lanant contre son erreur cette dclaration sauvage3 ,oh la brute homicide6 ,qu'est-ce qu'un tel fou avait faire d'une si bonne femme8 ,dans ,romo et ,juliette1 l'habile et courageux stratagme de la femme aboutit une issue dsastreuse par l'insoucieuse impatience de son mari4 ,dans le ,conte d',hiver1 et dans ,cymbeline1 le bonheur et l'existence de deux maisons princires1 le premier perdu depuis de longues annes1 la seconde mise en pril de mort par la folie et l'enttement des maris1 sont rachets la fin par la royale patience et la sagesse des femmes4 ,dans ,mesure pour ,mesure1 la honteuse injustice du juge et la honteuse lchet du frre sont opposes la victorieuse vracit et l'adamantine puret d'une femme4 ,dans ,coriolan le conseil de la mre1 mis en pratique temps1 et sauv son fils de tout mal2 l'oubli momentan o il le laisse est sa perte2 la prire de sa mre1 exauce la fin1 le sauve1 non1 vrai dire1 de la mort1 mais de la maldiction de vivre en destructeur de son pays4 ,et que dirais-je de ,julia1 fidle malgr l'inconstance d'un amant qui n'est qu'un enfant mchant8--d',hlne1 fidle aussi malgr l'impertinence et les injures d'un jeune fou8--de la patience d',hro1 de l'amour de ,batrice et de la sagesse paisiblement dvoue de l'ignorante enfant#afj qui apparat au milieu de l'impuissance1 de l'aveuglement et de la soif de vengeance des hommes1 comme un doux ange1 apportant le courage et le salut par sa prsence et djouant les pires ruses du crime par ce qu'on s'imagine le plus manquer aux femmes1 la prcision et l'exactitude de pense4 #eh4 ,observez1 ensuite1 que1 parmi toutes les principales figures des pices de ,shakespeare1 il n'y a qu'une femme faible--,ophlie2 et c'est parce qu'elle manque ,hamlet au moment critique et n'est pas1 et ne peut pas tre1 par sa nature1 un guide pour lui quand il en a besoin1 que survient l'amre catastrophe4 ,enfin1 bien qu'il y ait trois types mchants parmi les principales figures de femmes--,lady ,macbeth1 ,regan et ,goneril--nous sentons tout de suite qu'elles sont de terribles exceptions aux lois ordinaires de la vie2 et1 l encore1 nfastes dans leur influence en proportion mme de ce qu'elles ont abandonn du pouvoir d'action bienfaisante de la femme4 ,tel est1 grands traits1 le tmoignage de ,shakespeare sur la place et le caractre des femmes dans la vie humaine4 ,il les reprsente comme des conseillres infailliblement fidles et sages--comme des exemples incorruptiblement justes et purs--toujours puissants pour sanctifier1 mme quand elles ne peuvent pas sauver4 #ei4 ,non pas qu'il lui soit1 en aucune manire1 comparable dans la connaissance de la nature de l'homme1--encore moins dans l'intelligence des causes et du cours de la destine1--mais seulement parce qu'il est l'crivain qui nous a ouvert le plus large aperu sur les conditions et la mentalit moyenne de la socit moderne1 je vous demande de recevoir maintenant le tmoignage de ,walter ,scott#afa4 ,je mets de ct ses premiers crits purement romantiques en prose comme sans valeur2 et quoique ses premires posies romantiques soient trs belles1 leur tmoignage n'a pas plus de poids que l'idal d'un enfant4 ,mais ses vraies uvres1 qui sont des tudes prises sur la vie cossaise1 portent en elles un tmoignage vridique2 et dans toute la srie de celles-l il y a seulement trois caractres d'hommes qui atteignent au type hroque#afb4--;,dandie ,dinmont#afc1 ,bob ,boy#afd et ,claverhouse2 de ceux-ci1 l'un est un fermier des frontires2 l'autre un maraudeur2 le troisime1 le soldat d'une mauvaise cause4 ,et ils n'atteignent au type idal de l'hrosme que par leur courage et leur foi1 unis une puissance intellectuelle vigoureuse mais inculte ou qu'ils appliquent de travers2 tandis que ses caractres de jeunes gens sont les nobles jouets d'un sort fantasque et c'est seulement grce l'aide 7ou aux hasards7 de ce sort qu'ils survivent1 sans les vaincre1 aux preuves qu'ils endurent passivement4 ,d'un caractre disciplin1 ou constant1 ardemment attach un dessein sagement conu1 ou en lutte contre les manifestations du mal ennemi1 nettement dfi et rsolument vaincu1 il n'y a pas trace dans ses crations de jeunes hommes4 ,tandis que dans ses types de femmes1 dans les caractres d',ellen ,douglas1 de ,flora ,mac ,ivor1 de ,rose ,bradwardine#afe1 de ,catherine ,seyton#aff1 de ,diane ,vernon#afg1 de ,lilia ,redgauntlet#afh1 d',alice ,bridgenorth#afi1 d',alice ,lee et de ,jeanie ,deans#agj1 avec d'infinies varits de grce1 de tendresse et de puissance intellectuelle1 nous trouvons toujours un sens infaillible de dignit et de justice2 un esprit de sacrifice inaccessible la crainte1 prompt1 infatigable1 se dvouant la simple apparence du devoir1 plus forte raison l'appel d'un devoir vritable2 et1 enfin1 la patiente sagesse des affections longtemps contenues qui fait infiniment plus que protger leurs objets contre une erreur passagre2 peu peu elle faonne1 anime et exalte les caractres des amants indignes1 si bien qu' la fin de l'histoire nous sommes tout juste capables1 et pas plus1 d'avoir la patience d'couter leurs succs immrits4 ,de sorte que toujours1 avec ,scott comme avec ,shakespeare1 c'est la femme qui protge1 enseigne et guide le jeune homme2 et jamais1 en aucun cas1 ce n'est le jeune homme qui protge ou instruit sa matresse4 #fj4 ,prenez maintenant1 quoique plus brivement1 de plus graves tmoignages--ceux des grands ,italiens et des ,grecs4 ,vous connaissez bien le plan du grand pome de ,dante--c'est un pome d'amour qu'il adresse sa ,dame morte2--un chant de bndiction celle qui a veill sur son me4 ,s'inclinant seulement jusqu' la piti1 jamais l'amour1 elle le sauve pourtant de la destruction1--le sauve de l'enfer4 ,il va se perdre1 pour l'ternit1 dans son dsespoir2 elle descend du ciel son aide1 et1 pendant toute la dure de l'ascension au ,paradis1 est son matre1 se faisant pour lui l'interprte des vrits les plus ardues1 divines et humaines2 et1 en ajoutant les rprimandes aux rprimandes1 le conduit d'toile en toile#aga4 ,je n'insisterai pas sur la conception de ,dante2 si je commenais1 je ne pourrais finir2 d'ailleurs vous pourriez penser qu'elle n'est que le rve arbitraire--et isol--d'un cur de pote4 ,aussi je veux plutt vous lire quelques vers d'un ouvrage srement compos par un chevalier de ,pise en l'honneur de sa dame vivante1 pleinement caractristiques de la sensibilit des hommes les plus nobles du ,x,i,i,ie sicle ou du commencement du ,x,i,ve1 conserv entre tant d'autres semblables tmoignages de l'honneur et de l'amour chevaleresques que ,dante ,rossetti a recueillis pour nous chez les anciens potes italiens3 ,car voyez6 ta loi ordonne ,que mon amour soit manifestement ,de te servir et honorer3 ,et ainsi fais-je2 et ma joie est parfaite1 ,d'tre accept pour le serviteur de ta rgle#agb4 peine reu1 je suis dans le ravissement ,depuis que ma volont est ainsi dresse servir1 fleur de joie1 ton excellence4 ,ni jamais1 semble-t-il1 rien ne pourra plus veiller ,une peine ou un regret4 ,mais en toi prend son appui chacune de mes penses et de mes sensations ,parce que de toi toutes les vertus jaillissent ,comme d'une fontaine4 ,ce qu'il y a dans les dons que tu fais1 c'est la meilleure et la plus profitable sagesse ,avec l'honneur sans dfaillance4 ,en toi chaque souverain bien habite sparment ,remplissant la perfection de ton empire4 ,dame1 depuis que j'ai reu ta plaisante image dans mon cur1 ,ma vie s'est isole ,dans une brillante lumire1 au pays de vrit4 ,elle qui jusqu'alors1 vrai dire1 ,avait ttonn au milieu des ombres d'un lieu obscur ,et pendant tant d'heures et de jours ,avait peine gard le souvenir du bien4 ,mais maintenant mon servage ,t'appartient1 et je suis plein de joie et de repos4 ,c'est un homme que de la bte sauvage ,tu as tir1 depuis que par ton amour je vis4 #fa4 ,vous pensez peut-tre qu'un chevalier grec n'aurait pas plac la femme aussi haut que cet amant chrtien4 ,sa soumission spirituelle ses lois n'aurait pas t sans doute aussi absolue2 mais pour ce qui est de leurs caractres1 c'est seulement parce que vous n'auriez pu me suivre aussi aisment1 que je n'ai pas pris les femmes de l'antiquit grecque au lieu de celles de ,shakespeare2 et par exemple comme suprme idal1 comme type de la beaut et de la foi humaines1 le simple cur de mre et d'pouse1 d',andromaque2 la sagesse divine et pourtant rejete de ,cassandre2 la bont enjoue et la simplicit d'une existence de princesse1 chez l'heureuse ,nausicaa2 la calme vie de mnagre de ,pnlope pendant qu'elle pie au loin la mer2 la pit patiente1 intrpide et le dvouement sans espoir de la sur et de la fille chez ,antigone2 la tte incline d',iphignie silencieuse comme un agneau2 et enfin l'attente de la rsurrection#agc rendue sensible l'me grecque quand revint de son propre tombeau cette ,alceste qui1 pour sauver son poux1 traversa sereinement l'amertume de la mort4 #fb4 ,maintenant je pourrais accumuler devant vous tmoignages sur tmoignages1 si j'en avais le temps4 ,je prendrais ,chaucer et je vous montrerais pourquoi il crivit une lgende des ,bonnes ,femmes#agd2 mais non une lgende de ,bons ,hommes4 ,je prendrais ,spencer et vous montrerais comment ses feriques#age chevaliers sont quelquefois tromps1 et quelquefois vaincus2 mais l'me d',una n'est jamais obscurcie et l'pe de ,brintomart n'est jamais brise4 ,bien plus1 je pourrais remonter en arrire jusqu' l'enseignement mythique des plus anciens ges et vous montrer comment le grand peuple--dont il avait t crit que c'est par une de ses ,princesses que serait lev le ,lgislateur de toute la terre#agf1 et non par une femme de sa race1--comment ce grand peuple gyptien1 le plus sage de tous les peuples#agg1 donna l',esprit de la ,sagesse la forme d'une ,femme2 et dans sa main1 comme symbole1 la navette de la fileuse2 et comment le nom et la forme de cet esprit1 adopt1 ador et obi par les ,grecs1 devint cette ,athna au rameau d'olivier et au bouclier de nuages1 la foi en qui vous devez1 en descendant jusqu' ce jour1 tout ce que vous tenez pour le plus prcieux en art1 en littrature1 ou en modles de vertu nationale4 #fc4 ,mais je ne veux pas m'garer dans ces rgions lointaines et mythiques2 je veux seulement vous demander d'accorder sa lgitime valeur au tmoignage de ces grands potes et des grands hommes du monde entier1 d'accord1 comme vous le voyez1 sur ce sujet4 ,je veux vous demander si l'on peut supposer que ces hommes1 dans les uvres capitales de leurs vies1 n'ont fait que jouer avec des ides purement fictives et fausses sur les relations de l'homme et de la femme2 que dis-je8 bien pires que fictives ou fausses2 car une chose peut tre imaginaire et cependant dsirable1 si toutefois elle est possible1 mais cela1 leur idal de la femme1 n'est1 d'aprs notre habituelle conception des relations du mariage1 rien moins que dsirable4 ,la femme1 disons-nous1 ne doit ni nous guider1 ni seulement penser par elle-mme4 ,l'homme doit tre toujours le plus sage2 c'est lui d'tre la pense1 la loi1 c'est lui qui l'emporte par la connaissance1 et par la sagesse1 comme par la puissance4 #fd4 ,n'est-il pas de quelque importance de nous faire une opinion sur cette question8 ,sont-ce tous ces grands hommes qui se trompent ou nous8 ,shakespeare et ,eschyle1 ,dante et ,homre ne font-ils qu'habiller des poupes pour nous2 ou1 pire que des poupes1 des visions hors nature dont la ralisation1 si elle tait possible1 amnerait l'anarchie dans tous les foyers et ruinerait l'affection dans tous les curs8 ,mais1 si vous pouvez supposer cela1 consultez enfin l'vidence des faits1 telle que nous la fournit le cur humain lui-mme4 ,dans tous les ges chrtiens qui ont t remarquables par la puret ou par le progrs1 il y eut l'absolue dvotion d'une fanatique obissance voue par l'amant sa matresse1 ,je dis obissance2 non pas seulement un enthousiasme et un culte purement imaginatifs2 mais une entire soumission1 recevant de la femme aime1 si jeune soit-elle1 non seulement l'encouragement1 la louange et la rcompense du labeur1 mais1 dans tout choix difficile faire ou toute question ardue trancher1 la direction de tout labeur4 ,cette chevalerie aux abus et la dgradation de laquelle nous pouvons faire remonter la responsabilit de tout ce qui s'est produit depuis de cruel dans la guerre1 d'injuste dans la paix1 de corrompu et de bas dans les relations domestiques2 dont l'originale puret et la puissance organisrent la dfense de la foi1 de la loi et de l'amour2 cette chevalerie1 dis-je1 donnait comme base sa conception d'une vie d'honneur la soumission du jeune chevalier aux ordres--mme si ces ordres taient dicts par un caprice--de sa dame4 ,et cela1 parce que ceux qui la fondrent savaient que la premire et indispensable impulsion d'un cur vraiment instruit et chevaleresque se trouve dans une aveugle obissance sa dame2 que l o cette vraie foi et cet esclavage ne sont pas1 seront toutes les passions perverses et malfaisantes2 et que dans cette obissance ravie l'unique amour de sa jeunesse est pour tout homme la sanctification de sa force et la continuit de ses desseins4 ,et cela non qu'une telle obissance reste tutlaire ou honorable1 si elle est rendue celle qui en est indigne2 mais parce qu'il devrait tre impossible un jeune homme vraiment noble--et qu'il lui est1 de fait1 impossible s'il a t form au bien--d'aimer une femme aux doux avis de qui il ne pourrait se fier1 ou dont les ordres suppliants pourraient le laisser hsitant leur obir4 #fe4 ,je n'argumenterai pas davantage l-dessus1 car j'estime que c'est la fois votre exprience qu'il faut laissera connatre de ce qui fut et votre cur1 de ce qui doit tre4 ,vous ne pensez certainement pas que la coutume pour le chevalier de se faire agrafer son armure par la main mme de sa dame tait le simple caprice d'une mode romanesque4 ,c'est le symbole d'une vrit ternelle--que l'armure de l'me ne tient jamais bien au cur si ce n'est pas une main de femme qui l'a attache4 ,et c'est seulement si elle l'a attach trop lche que l'honneur de l'homme flchit4 ,ne connaissez-vous pas ces vers charmants8 ,je voudrais les voir sus par toutes les jeunes femmes d',angleterre3 ,ah6 la femme prodigue--elle qui pouvait sa douce personne mettre son prix ,sachant qu'il n'avait pas choisir1 mais payer1 ,comment a-t-elle vendu au rabais le ,paradis6 ,comment a-t-elle donn pour rien son prsent sans prix1 ,comment a-t-elle pill le pain et gaspill le vin1 ,qui1 consomms l'un et l'autre avec une sage conomie1 ,de brutes auraient fait des hommes1 et d'hommes des dieux#agh4 #ff4 ,tout ceci1 concernant les relations des amants1 je crois que vous l'accepterez volontiers4 ,mais ce dont nous doutons trop souvent1 c'est qu'il soit bon de continuer ces relations pendant toute la dure de la vie4 ,nous pensons qu'elles conviennent entre amant et matresse1 non entre mari et femme4 ,cela revient dire que nous pensons qu'un respectueux et tendre hommage est d celle de l'affection de qui nous ne sommes pas encore srs1 et dont nous ne discernons que partiellement et vaguement le caractre2 et que le respect et l'hommage doit disparatre quand l'affection1 tout entire1 sans restriction est devenue ntre1 et quand le caractre a t par nous si bien pntr et prouv que nous ne craignons pas de lui confier le bonheur de notre vie4 ,ne voyez-vous pas ce que ce raisonnement a de vil autant que d'absurde8 ,ne sentez-vous pas que le mariage1 partout o il y a vraiment mariage1 n'est rien que le sceau et la conscration du passage d'un phmre un indestructible dvouement et d'un inconstant un ternel amour8 #fg4 ,mais comment1 demanderez-vous1 l'ide d'un rle de guide pour la femme est-elle conciliable avec l'entire soumission fminine8 ,simplement en ce que ce rle est de guider vers le but et non de le dterminer4 ,laissez-moi vous montrer comment ces deux pouvoirs me paraissent devoir tre distingus l'un de l'autre4 ,nous sommes absurdes et d'une absurdit sans excuse quand nous parlons de la supriorit d'un sexe sur l'autre1 comme s'ils pouvaient tre compars en des choses similaires4 ,chacun possde ce que l'autre n'a pas2 chacun complte l'autre et est complt par lui2 en rien ils ne sont semblables1 et le bonheur et la perfection de chacun a pour condition que l'un rclame et reoive de l'autre ce que seul il peut lui donner4 #fh4 ,voici maintenant leurs caractres distinctifs4 ,le pouvoir de l'homme consiste agir1 aller de l'avant1 protger4 ,il est essentiellement l'tre d'action1 de progrs1 le crateur1 le dcouvreur1 le dfenseur4 ,son intelligence est tourne la spculation et l'invention1 son nergie aux aventures1 la guerre et la conqute1 partout o la guerre est juste et la conqute ncessaire4 ,mais la puissance de la femme est de rgner1 non de combattre1 et son intelligence n'est ni inventive ni cratrice1 mais tout entire d'aimable ordonnance1 d'arrangement et de dcision4 ,elle peroit les qualits des choses1 leurs aspirations1 leur juste place4 ,sa grande fonction est la louange4 ,elle reste en dehors de la lutte1 mais avec une justice infaillible dcerne la couronne de la lutte4 ,par son office et sa place1 elle est protge du danger et de la tentation4 ,l'homme1 dans son rude labeur en plein monde1 trouve sur son chemin les prils et les preuves de toute sorte2 lui donc les dfaillances1 les fautes1 l'invitable erreur1 lui d'tre bless ou vaincu1 souvent gar1 et toujours endurci4 ,mais il garde la femme de tout cela4 ,au dedans de sa maison qu'elle gouverne1 moins qu'elle n'aille les chercher1 il n'y a pas de raison qu'entre ni danger1 ni tentation1 ni cause d'erreur ou de faute4 ,en ceci consiste essentiellement le foyer qu'il est le lieu de la paix1 le refuge non seulement contre toute injustice1 mais contre tout effroi1 doute et dsunion4 ,pour autant qu'il n'est pas tout cela1 il n'est pas le foyer2 si les anxits de la vie du dehors pntrent jusqu' lui1 si la socit frivole du dehors1 compose d'inconnus1 d'indiffrents ou d'ennemis1 reoit du mari ou de la femme la permission de franchir son seuil1 il cesse d'tre le foyer4 ,il n'est plus alors qu'une partie de ce monde du dehors que vous avez couverte d'un toit1 et o vous avez allum un feu4 ,mais dans la mesure o il est une place sacre1 un temple vestalien1 un temple du cur sur qui veillent les ,dieux ,domestiques devant la face desquels ne peuvent paratre que ceux qu'ils peuvent recevoir avec amour1 pour autant qu'il est cela1 que le toit et le feu ne sont que les emblmes d'une ombre et d'une flamme plus nobles1 l'ombre du rocher sur une terre aride#agi et la lumire du phare sur une mer dmonte2 pour autant il justifie son nom et mrite sa gloire de ,foyer4 ,et partout o va une vraie pouse1 le foyer est toujours autour d'elle4 ,il peut n'y avoir au-dessus de sa tte que les toiles2 il peut n'y avoir ses pieds d'autre feu que le ver luisant dans l'herbe humide de la nuit2 le foyer n'en est pas moins partout o elle est2 et pour une femme noble il s'tend loin autour d'elle1 plus prcieux que s'il tait lambriss de cdre#ahj ou peint de vermillon1 rpandent au loin sa calme lumire1 pour ceux qui sans lui n'auraient pas de foyer4 #fi4 ,telle1 donc1 je crois tre1 et ne voulez-vous pas reconnatre qu'elle l'est en effet1 la vraie place et le vrai rle de la femme4 ,mais ne voyez-vous pas que1 pour les remplir1 elle doit--autant qu'on peut user d'un pareil terme pour une crature humaine1--tre incapable d'erreur8 ,aussi loin qu'elle rgne1 tout doit tre juste1 ou rien ne l'est4 ,elle doit tre patiemment1 incorruptiblement bonne2 instinctivement1 infailliblement sage--sage non en vue du dveloppement d'elle-mme1 mais du renoncement elle-mme3 sage1 non pour se mettre au-dessus de son mari1 mais pour ne jamais faiblir son cot2 sage non avec l'troitesse d'un orgueil insolent et sec1 mais avec la douceur passionne d'un dvouement modeste1 infiniment variable parce qu'il peut s'appliquer tout--la vraie mobilit de la femme4 ,dans son sens profond ,la ,donna e mobile#aha1 mais non pas ,qual pim'al vento2 elle n'est pas non plus variable comme l'ombre faite par le tremble lger et frissonnant#ahb1 mais variable comme la lumire1 que multiplie sa pure et sereine rfraction afin qu'elle puisse s'emparer de la couleur de tout ce qu'elle touche et l'exalter4 #gj4 ,j'ai essay jusqu'ici de vous montrer quelle devrait tre la place et quel le rle de la femme4 ,nous devons maintenant aborder un second point3 quel est le genre d'ducation qui la rendra capable de les remplir4 ,et si vous trouvez vraie la conception de son office et de sa dignit que je vous ai expose1 il ne sera pas difficile de tracer le plan de l'ducation qui la prparera l'un et l'lvera jusqu' l'autre4 ,le premier de nos devoirs envers elle1--aucune personne raisonnable ne peut en douter--est de lui assurer une ducation et des exercices physiques qui affermissent sa sant et perfectionnent sa beaut2 le type le plus lev de cette beaut tant impossible atteindre sans la splendeur de l'activit physique et d'une force dlicate4 ,perfectionner sa beaut1 dis-je1 et en accrotre le pouvoir2 elle ne peut tre trop puissante ni rpandre trop loin sa lumire sacre2 seulement rappelez-vous que la libert des mouvements du corps est impuissante produire la beaut sans une libert correspondante du cur4 ,il est deux passages d'un pote#ahc qui se distingue1 il me semble1 entre tous--non par sa puissance1 mais par son exquise vrit1 et qui vous montreront la source et vous dcriront en peu de mots tout l'accomplissement de la beaut fminine4 ,je vais vous lire les strophes introductrices1 mais la dernire est la seule sur laquelle je tienne appeler spcialement votre attention3 ,trois ans elle crt sous le soleil et l'onde4 ,alors ,nature dit3 ,une plus aimable fleur ,sur terre ne fut jamais seme2 ,cette enfant pour moi-mme je prendrai2 ,elle sera mienne1 et je formerai ,une dame issue de moi seule4 ,moi-mme pour ma chrie je serai la fois la loi et l'impulsion2 et avec moi ,la fillette1 dans le rocher et dans la plaine1 ,dans la terre et le ciel1 dans la clairire et le bocage1 ,sentira veiller sur elle un pouvoir ,tantt excitateur et tantt rprimant4 ,les flottants nuages leur majest prteront elle1 pour elle le saule se courbe2 ,ni elle ne manquera de discerner ,mme dans le mouvement de la tempte ,la grce qui moulera ses formes de jeune fille ,par une silencieuse sympathie2 ,et des sentiments vitaux de joie lveront sa forme jusqu' une royale stature1 ,gonfleront son sein virginal2 ,de telles penses ,lucie je donnerai ,pendant qu'elle et moi ensemble nous vivrons ,ici dans cet heureux vallon4 ,des sentiments vitaux de joie1 remarquez-le4 ,il y a de mortels sentiments de joie2 mais ceux qui sont naturels sont vitaux1 ncessaires la vraie vie4 ,et ils seront des sentiments de joie1 s'ils sont vitaux4 ,ne croyez pas pouvoir rendre une jeune fille gracieuse1 si vous ne la rendez pas heureuse4 ,il n'y a pas une contrainte impose aux bons sentiments naturels d'une jeune fille--il n'y a pas d'obstacle mis ses instincts d'amour ou d'effort--qui ne reste indlbilement crit sur ses traits1 avec une duret qui est d'autant plus pnible qu'elle te leur clat aux yeux de l'innocence et son charme au front de la vertu4 #ga4 ,voil pour les moyens2 maintenant notez bien la fin4 ,empruntez au mme pote une parfaite description de la beaut de la femme4 ,une contenance en laquelle se rencontrent ,de doux souvenirs1 des promesses aussi douces4 ,le charme parfait d'une contenance de femme peut consister seulement en cette paix majestueuse qui est fonde sur le souvenir des annes heureuses et utiles1 pleines de doux souvenirs2 et de son union avec cette jeunesse peut-tre plus mouvante qui contient encore le germe de tant de renouvellements et de tant de promesses1 au cur toujours ouvert1 modeste la fois et brillante de l'espoir de choses meilleures acqurir et donner4 ,il n'y a pas de vieillesse tant que subsistent ces promesses4 #gb4 ,ainsi donc1 vous avez premirement modeler son enveloppe physique1 et ensuite1 quand la force qu'elle acquerra vous le permettra1 remplir et ptrir son esprit avec toutes les connaissances et toutes les penses qui pourront tendre affermir son instinct naturel de la justice et affiner son sens inn de l'amour4 ,toutes les connaissances devront lui tre donnes qui la rendront plus capable de comprendre l'uvre de l'homme et mme d'y aider2 et cependant elles devront lui tre donnes non en tant que connaissances--non comme si cela lui tait ou pouvait lui tre un but que de connatre2 il n'en est d'autre pour elle que sentir et juger2 il n'est aucunement important en tant que ce pourrait tre une raison d'orgueil ou d'une plus grande perfection en elle1 qu'elle sache plusieurs langues ou une seule2 mais il l'est infiniment1 qu'elle soit capable de montrer de la bont un tranger1 et de comprendre la douceur des paroles d'un tranger4 ,il n'est aucunement important pour sa propre valeur ou dignit qu'elle soit verse dans telle ou telle science2 mais il l'est infiniment qu'elle puisse tre leve dans des habitudes de pense exactes2 qu'elle puisse comprendre la signification1 la ncessit et la beaut des lois naturelles2 et suivre au moins un des sentiers des recherches scientifiques jusqu'au seuil de cette amre ,valle d',humiliation#ahd1 dans laquelle seuls les plus sages et les plus courageux des hommes peuvent descendre1 se tenant eux-mmes pour d'ternels enfants1 ramassent des galets sur une grve infinie#ahe4 ,il est de peu de consquence qu'elle sache la situation gographique d'un plus ou moins grand nombre de villes1 ou la date de plus ou moins d'vnements1 ou les noms de plus ou moins de personnages clbres2--ce n'est pas le but de l'ducation de convertir la femme en dictionnaire2 mais il est profondment ncessaire qu'on lui ait appris pntrer avec sa personnalit entire dans l'histoire qu'elle lit2 garder de ses passages une peinture vraiment vivante1 dans sa brillante imagination2 saisir avec sa finesse instinctive le pathtique des faits eux-mmes et le tragique de leur enchanement que l'historien fait disparatre trop souvent sous des raisonnements qui les clipsent et par la manire dont il prend soin de les disposer2--c'est son rle elle de suivre la trace l'quit voile des divines rcompenses et de dbrouiller du regard1 travers les tnbres1 l'cheveau du fil de feu qui unit la faute au chtiment4 ,mais par-dessus tout1 on devra lui apprendre tendre les limites de sa sympathie cette histoire qui se fait pour toujours tandis que s'coulent les moments o paisiblement elle respire2 et aux malheurs de notre temps qui1 s'ils n'taient pas1 comme il le faut1 pleures par elle1 ne pourraient plus revivre un jour4 ,elle doit s'exercer elle-mme imaginer quel en serait l'effet sur son me et sur sa conduite1 si elle tait chaque jour mise en prsence de la souffrance qui n'est pas moins relle parce qu'elle est cache sa vue4 ,on devra lui apprendre mesurer un peu le nant du petit monde o elle vit et aime1 par rapport au monde o ,dieu vit et aime#ahf2 et solennellement on devra lui apprendre s'efforcer que ses penses religieuses ne s'affaiblissent pas en proportion du nombre de ceux qu'elles embrassent et que sa prire ne soit pas moins ardente que si elle implorait le soulagement d'un mal immdiat pour son mari ou son enfant1 quand elle la dit pour les multitudes de ceux qui n'ont personne pour les aimer1 quand c'est la prire pour ceux qui sont dsols et accabls#ahg4 #gc4 ,jusqu'ici1 je le crois1 j'ai rencontr votre assentiment2 peut-tre ne serez-vous plus avec moi dans ce que je crois d'une imprieuse ncessit de vous dire4 ,il est une science dangereuse pour les femmes--une science qu'on doit les mettre en garde de toucher d'une main profane--celle de la thologie4 trange1 et lamentablement trange6 que pendant qu'elles sont assez modestes pour douter de leurs capacits et s'arrter sur le seuil de sciences o chaque pas est assur et s'appuie sur des dmonstrations1 elles plongent la tte la premire1 et sans un soupon de leur incomptence1 dans cette science devant laquelle les plus grands hommes ont trembl1 o se sont gars les plus sages4 trange1 de les voir complaisamment et orgueilleusement entasser tout ce qu'il y a de vices et de sottise en elles1 d'arrogance1 d'impertinence et d'aveugle incomprhension1 pour en faire un seul amer paquet de myrrhe sacre4 trange1 pour des cratures nes pour tre l',amour visible1 que1 l o elles peuvent le moins connatre1 elles commencent avant tout par condamner et pensent se recommander elles-mmes auprs de leur ,matre1 en se hissant sur les degrs de ,son trne de ,juge pour le partager avec ,lui4 ,plus trange que tout1 qu'elles se croient guides par l',esprit du ,consolateur dans des habitudes d'esprit devenues chez elles de purs lments de dsolation pour leur foyer et qu'elles osent convertir les ,dieux hospitaliers du ,christianisme en de vilaines idoles de leur fabrication2 poupes spirituelles qu'elles attiferont selon leur caprice1 et desquelles leurs maris se dtourneront avec une mprisante tristesse de peur d'tre couverts d'imprcations s'ils les brisaient4 #gd4 ,je crois donc1 part cette exception1 qu'une ducation de jeune fille comporte1 comme classes et comme programmes1 peu prs les mmes tudes qu'une ducation de jeune homme1 mais diriges dans un esprit entirement diffrent4 ,une femme1 quel que soit son rang dans la vie1 devrait savoir tout ce que son mari aura vraisemblablement savoir1 mais elle doit le savoir d'une autre manire4 ,lui doit possder les principes1 et pouvoir approfondir sans cesse1 l ou elle n'aura que des notions gnrales et d'un usage quotidien et pratique4 ,non qu'il ne puisse tre souvent plus sage pour les hommes d'apprendre les choses selon cette mthode en quelque sorte fminine1 pour les besoins de chaque jour1 et d'aller chercher de prfrence les instruments de discipline et de formation de leurs esprits dans les tudes spciales qui1 plus tard1 pourront leur servir dans leur profession4 ,mais d'une manire gnrale un homme devrait savoir toute langue ou toute science qu'il apprend1 fond2--tandis qu'une femme devrait savoir de la mme langue ou science seulement ce qu'il lui faut pour tre capable de sympathiser avec les joies de son mari et avec celles de ses meilleurs amis4 #ge4 ,cependant1 remarquez-le1 elle ne doit toucher aucune tude qu'avec une exactitude exquise4 ,il y a une immense diffrence entre des connaissances lmentaires et des connaissances superficielles1 entre un ferme commencement et un infirme essai de tout embrasser4 ,une femme aidera toujours son mari par ce qu'elle sait1 si peu de chose qu'elle sache2 mais par ce qu'elle sait moiti ou de travers1 elle ne fera que l'agacer4 ,et en ralit s'il devait y avoir quelque diffrence entre une ducation de fille et une de garon1 je dirais que des deux la jeune fille devrait tre dirige plus tt1 comme son intelligence mrit plus vite1 vers les sujets profonds et graves2 que le genre de littrature qui lui convient est non pas plus frivole1 mais au contraire moins dtermin en vue d'ajouter des qualits de patience et de srieux ses dons naturels de piquante pntration de pense et de vivacit d'esprit2 et aussi de la maintenir une altitude et dans une puret de pense trs grandes4 ,je n'entre maintenant dans aucune question de choix de livres4 ,assurons-nous seulement qu'ils ne tombent pas en tas sur ses genoux du paquet du cabinet de lecture1 humides encore de la dernire et lgre cume de la fontaine de la folie4 #gf4 ,ni mme de la fontaine de l'esprit2 car1 pour ce qui concerne cette tentation maladive de lire des romans1 ce n'est pas tant ce qu'il y a de mauvais dans le roman lui-mme que nous devons craindre que l'intrt qu'il excite4 ,le roman le plus faible n'est pas aussi malsain pour le cerveau que les basses formes de la littrature religieuse exalte1 et le plus mauvais roman est moins corrupteur que la fausse histoire1 la fausse philosophie et les faux crits politiques4 ,mais le meilleur roman devient dangereux1 si1 par l'excitation qu'il provoque1 il rend inintressant le cours ordinaire de la vie1 et dveloppe la soif morbide de connatre sans profit pour nous des scnes dans lesquelles nous ne serons jamais appels jouer un rle4 #gg4 ,je parle des bons romans seulement2 et notre moderne littrature est particulirement riche en de tels romans1 dans tous les genres4 ,bien lus1 en effet1 ces livres sont d'une utilit relle1 n'tant rien moins que des traits d'anatomie et de chimie morales2 des tudes de la nature humaine considre dans ses lments4 ,mais j'attache une mince importance cette fonction2 ils ne sont presque jamais lus assez srieusement pour qu'il leur soit permis de la remplir4 ,le plus qu'ils puissent faire habituellement pour leurs lectrices est d'accrotre quelque peu la douceur chez les charitables et l'amertume chez les envieuses2 car chacune trouvera dans un roman un aliment pour ses dispositions innes4 ,celles qui sont naturellement orgueilleuses et jalouses apprendront de ,thackeray mpriser l'humanit2 celles qui sont naturellement bonnes1 la plaindre2 et celles qui sont naturellement lgres1 en rire4 ,de mme les romans peuvent nous rendre un trs grand service spirituel1 en faisant vivre devant nous une vrit humaine que nous avions jusque-l obscurment conue2 mais la tentation du pittoresque dans la composition est si grande que1 souvent1 les meilleurs auteurs de fictions ne peuvent y rsister2 et le tableau qu'ils nous donnent des choses est si forc1 ne montre tellement qu'un ct des choses que sa vivacit mme est plutt un mal qu'un bien4 #gh4 ,sans pour cela prtendre le moins du monde essayer ici de dterminer quel point la lecture des romans doit tre permise1 laissez-moi du moins vous affirmer trs clairement ceci1 que1--quels que soient les ouvrages qu'on lise1 que ce soit des romans1 de la posie ou de l'histoire--ils devront tre choisis non parce qu'on n'y trouve rien de mal1 mais pour ce qu'ils contiennent de bien4 ,le mal que le hasard a pu parpiller1 et l1 ou cacher dans un livre puissant ne fera jamais de mal une noble fille#ahh2 mais le vide d'un auteur l'oppresse et son aimable nullit l'abaisse4 ,mais si elle peut avoir accs dans une bonne bibliothque de livres anciens et classiques1 il n'y a plus besoin de choix du tout4 ,mettez la revue et le roman du jour hors du chemin de votre fille2 lchez-la en libert dans la vieille bibliothque les jours de pluie1 et laissez-l'y seule4 ,elle saura trouver ce qui est bon pour elle2 vous ne le pourriez pas3 car c'est prcisment la diffrence entre la formation d'un caractre de fille et de garon4--,vous pouvez tailler un garon et lui donner la forme que vous voulez#ahi1 comme vous feriez d'une rose1 ou le forger avec le marteau1 s'il est d'une meilleure sorte1 comme vous feriez pour une pice de bronze4 ,mais vous ne pouvez jamais donner par le marteau une jeune fille quelque forme que ce soit4 ,elle crot comme fait une fleur--sans soleil1 elle se fanera2 elle dclinera sur sa tige1 comme un narcisse1 si vous ne lui donnez pas assez d'air2 elle peut tomber et souiller sa tte dans la poussire si vous la laissez sans appui certains moments de sa vie2 mais vous ne l'enchanerez jamais2 il faut qu'elle prenne sa gracieuse forme elle1 son chemin elle1 si elle doit en prendre aucun1 et d'me et de corps1 il faut qu'elle ait toujours3 ,son allure lgre et libre de femme d'intrieur ,et ses pas d'une libert virginale#aij4 ,lchez-la1 dis-je1 dans la bibliothque comme vous feriez d'un faon dans la campagne4 ,il connat les herbes nuisibles vingt fois mieux que vous1 et les bonnes aussi2 et broutera quelques herbes amres et piquantes1 bonnes pour lui 7ce dont vous n'auriez pas eu le plus lger soupon74 #gi4 ,pour ce qui est de l'art1 mettez les plus beaux modles sous ses yeux1 et faites en sorte que1 dans tous les arts auxquels elle se livrera1 son savoir soit si exact et si approfondi qu'elle soit encore plus capable de comprendre que d'excuter4 ,les plus beaux modles1 ai-je dit2 j'entends par l les plus vrais1 les plus simples et les plus utiles4 ,faites attention ces pithtes3 elles conviennent tous les arts4 ,faites-en l'preuve pour la musique1 o vous devez penser qu'elles s'appliquent le moins4 ,j'ai dit les plus vrais1 ceux o les notes serrent de plus prs et expriment le plus fidlement la signification des paroles1 ou le caractre de l'motion voulue2 les plus simples aussi1 ceux o le sens et l'intention mlodique sont rendus avec aussi peu de notes et aussi significatives que possibles2 les plus utiles enfin3 cette musique qui fait les fortes paroles plus belles1 qui les fait chanter dans nos mmoires chacune dans la gloire unique de sa sonorit1 et qui nous les appuie le plus prs du cur pour l'heure o nous aurons besoin d'elles4 #hj4 ,et ce n'est pas seulement pour les programmes et le plan1 mais c'est surtout pour l'esprit des tudes1 qu'il faut vous appliquer rendre l'ducation d'une fille aussi srieuse que celle d'un garon4 ,vous levez vos filles comme si elles taient destines tre des objets d'tagres1 et ensuite vous vous plaignez de leur frivolit4 ,ne les traitez pas moins bien que leurs frres2 faites appel chez elles aux mmes grands instincts vertueux2 elles aussi apprenez que le courage et la vrit sont les piliers de leur tre2 pensez-vous qu'elles ne rpondront pas cet appel1 braves et vraies comme elles sont1 mme cette heure o vous savez qu'il n'est gure d'cole de filles dans ce royaume chrtien o le courage et la sincrit des enfants ne soit tenue pour une chose moiti moins importante que leur manire d'entrer dans une chambre1 et o toutes les ides de la socit touchant le mode de leur tablissement dans la vie n'est qu'une peste contagieuse de couardise et d'imposture--de couardise parce que vous n'osez pas les laisser vivre1 ou aimer1 autrement qu'au gr de leurs voisins1 et d'imposture1 parce que vous mettez pour servir les fins de votre orgueil vous1 tout l'clat des pires vanits de ce monde sous les yeux de vos filles1 au moment mme o tout le bonheur de leur existence venir dpend de leur force de rsistance se laisser blouir4 #ha4 ,et donnez-leur enfin non seulement de nobles prceptes1 mais de nobles prcepteurs4 ,vous prenez quelque peu garde avant d'envoyer votre fils au collge l'espce d'homme que peut tre son professeur1 et quelque espce d'homme qu'il soit1 vous lui donnez du moins pleine autorit sur votre fils et lui tmoignez vous-mme certain respect2 s'il vient dner chez vous1 vous ne le mettez pas une petite table2 vous savez aussi que1 au collge1 le matre immdiat de votre enfant est sous la direction d'un plus haut matre1 pour lequel vous avez le plus entier respect4 ,vous ne traitez pas le doyen de ,christ ,church ou le ,directeur de la ,trinit comme vos infrieurs4 ,mais quels matres donnez-vous vos filles et quel respect tmoignez-vous ces matres que vous avez choisis8 ,pensez-vous qu'une fillette estimera que sa conduite personnelle1 et le dveloppement de son esprit soient choses d'une grande importance quand vous confiez l'entire formation de son tre moral et intellectuel une personne que vous laissez traiter par vos domestiques avec moins d'gards que votre femme de charge 7comme si le soin de l'me de votre enfant tait une charge moins importante que celui des confitures et de l'picerie7 et qui vous-mme pensez confrer un honneur en lui permettant quelquefois le soir de venir s'asseoir au salon#aia8 #hb4 ,tel est donc le rle de la littrature1 considre en tant qu'elle peut tre une aide pour elle1--tel le rle de l'art4 ,mais il est encore une autre aide sans laquelle elle ne peut rien1 une aide1 qui1 elle seule1 a fait quelquefois plus que toutes les autres influences--l'aide de la sauvage et belle nature4 coutez ceci1 sur l'ducation de ,jeanne d',arc4 ,l'ducation de cette pauvre fille fut humble au regard de l'esprit du jour2 fut ineffablement haute au regard d'une philosophie plus pure et mauvaise pour notre poque1 seulement parce qu'elle est trop leve pour elle444 ,aprs ses avantages spirituels1 elle fut redevable surtout aux avantages de sa situation4 ,la fontaine de ,domrmy tait l'ore d'une immense fort1 et celle-ci tait hante un tel point par les fes que le cur tait oblig d'aller dire la messe l une fois l'an1 seules fins de les contenir dans de dcentes bornes444 ,mais les forts de ,domrmy--elles taient les gloires de la contre1 parce qu'en elles sjournaient de mystrieux pouvoirs et d'antiques secrets qui planaient sur elle en une puissance tragique2 il y avait l des abbayes avec leurs verrires semblables aux temples mauresques des ,hindous qui exeraient leurs prrogatives princires jusqu'en ,touraine et dans les dites germaniques4 ,elles avaient leurs douces sonneries de cloches qui peraient les forts bien des lieues le matin et le soir et chacune avait sa rveuse lgende4 ,assez peu nombreuses et assez dissmines taient ces abbayes1 pour ne troubler aucun degr la profonde solitude de la rgion2 pourtant assez nombreuses pour dployer un rseau ou une tente de chrtienne saintet sur ce qui et paru sans cela un dsert paen#aib4 ,maintenant1 vous ne pouvez pas1 il est vrai1 avoir ici1 en ,angleterre1 des bois de dix-huit milles de rayon du centre la lisire2 mais vous pourriez peut-tre tout de mme garder une fe ou deux pour vos enfants1 si vous aviez envie d'en garder4 ,mais en avez-vous rellement envie8 ,supposez que vous eussiez chacun1 derrire votre maison1 un jardin assez grand pour y faire jouer vos enfants1 avec juste assez de pelouse pour avoir la place de courir--pas davantage2 supposez que vous ne puissiez pas changer d'habitation1 mais que1 si vous le vouliez1 vous puissiez doubler votre revenu1 ou le quadrupler1 en creusant un puits charbon au milieu de la pelouse1 et en convertissant les corbeilles de fleurs en monceaux de coke4 ,le feriez-vous8 ,j'espre que non4 ,je peux vous dire que vous auriez grand tort si vous le faisiez1 mme si cela augmentait votre revenu dans la proportion de quatre soixante4 #hc4 ,et pourtant c'est cela que vous tes en train de faire de toute l',angleterre4 ,le pays entier n'est qu'un petit jardin1 pas plus grand qu'il ne faut pour que vos enfants courent sur ses pelouses1 si vous voulez les laisser tous y courir4 ,et ce petit jardin vous en ferez un haut fourneau1 et le remplirez de monceaux de cendres1 si vous pouvez1 et ce seront vos enfants1 non pas vous1 qui souffriront de cela4 ,car toutes les fes ne seront point bannies2 il y a des fes de la fournaise aussi bien que des fes des bois1 et leurs premiers prsents semblent tre les flches aigus des puissants1 mais leurs derniers prsents sont des charbons de genivre#aic4 #hd4 ,et cependant je ne puis pas--bien qu'il n'y ait aucune partie de mon sujet que je sente plus profondment--imprimer ceci en vous2 car nous faisons si peu usage du pouvoir de la nature pendant que nous l'avons que nous sentirons peine ce que nous aurons perdu4 ,tenez1 sur l'autre rive de la ,mersey1 vous avez votre ,snowdon1 et votre ,menai ,straits1 et ce puissant roc de granit derrire les landes d',anglesey1 splendide avec sa crte couronne de bruyres1 et son pied plant dans la mer profonde1 jadis considr comme sacr--divin promontoire1 regardant l',occident2 le ,holy ,head ou ,head land1 capable encore de nous inspirer une crainte religieuse quand ses phares dardent les premiers leurs feux rouges travers la tempte4 ,voil les montagnes1 voil les baies et les les bleues qui1 chez les ,grecs1 eussent t toujours chries1 toujours puissantes dans leur influence sur la destine de l'esprit national4 ,ce ,snowdon est votre ,parnasse2 mais o sont ses ,muses8 ,cette montagne de ,holy head est votre le d'gine2 mais o est son temple de ,minerve8 #he4 ,vous dirai-je ce que la ,minerve chrtienne a accompli l'ombre du ,parnasse jusqu'en l'an #ahdh8 ,voici une petite notice sur une cole galloise la page #bfa du rapport sur le pays de ,galles1 publi par le ,comit du ,conseil de l',instruction publique4 ,il s'agit d'une cole situe auprs d'une ville de #e4jjj habitants3 ,j'examinai alors une classe plus nombreuse1 dont la plupart des lves taient entres rcemment l'cole4 ,trois fillettes dclarrent1 plusieurs reprises1 qu'elles n'avaient jamais entendu parler de ,dieu 7deux sur six pensaient que le ,christ tait actuellement sur terre72 trois ne savaient rien de la ,crucifixion4 ,quatre sur sept ne connaissaient pas les noms des mois1 ni le nombre des jours de l'anne4 ,elles n'avaient encore aucune notion de l'addition pass deux et deux1 ou trois et trois1 leurs esprits taient absolument vides4 ,oh6 vous1 femmes d',angleterre6 depuis la princesse de ce pays de ,galles jusqu' la plus simple d'entre vous1 ne croyez pas que vos propres enfants pourront entrer en possession de leur part dans le vrai ,bercail de repos tant que ceux-ci seront disperss sur les montagnes comme des brebis qui n'ont point de berger#aid4 ,et ne croyez pas que vos filles pourront tre leves la connaissance vritable de leur propre beaut humaine1 tant que les lieux charmants que ,dieu fit la fois pour tre leurs salles d'tudes et leurs cours de rcration resteront dsols et souills4 ,vous ne pourrez pas les baptiser efficacement dans vos fonts baptismaux profonds d'un pouce1 si vous ne les baptisez aussi dans les douces eaux que le grand ,lgislateur#aie a fait jaillir jamais des rochers de votre pays natal1--ces eaux qu'un paen et adores pour leur puret1 et que vous n'adorez que quand vous les avez pollues4 ,vous ne pouvez pas conduire vos enfants aux pieds de vos troits autels taills la hache dans vos glises1 tandis que les autels de sombre azur qui s'lvent jusque dans le ciel1 ces montagnes o un paen aurait vu les pouvoirs du ciel reposer sur chaque nuage qui les couronne1 restent pour vous sans ddicace1 autels levs non 1 mais par un ,dieu inconnu#aif4 #hf4 ,voil donc ce qui est de la nature1 ce qui est de l'enseignement de la femme1 voil pour ses fonctions domestiques et pour son caractre de reine4 ,nous arrivons maintenant notre dernire et plus importante question4 ,en quoi consiste son rle de reine l'gard de l'tat8 ,gnralement nous vivons sous cette impression que les devoirs de l'homme sont publics et ceux de la femme privs4 ,mais il n'en est pas tout fait ainsi4 ,tout homme a remplir une tche--ou une obligation--personnelle1 qui concerne son propre home1 et une tche ou obligation1 publique1 qui n'est que l'expansion de l'autre1 et qui concerne l'tat4 ,de mme toute femme a sa tche1 ou obligation1 personnelle1 qui concerne son propre home1 et une tche1 ou obligation publique1 qui n'est que l'expansion de celle-ci4 ,or1 la tche de l'homme1 relativement son propre home1 est1 comme nous l'avons dit1 d'en assurer le maintien1 le progrs1 la dfense1 celle de la femme d'en assurer l'ordre1 le charme confortable et la beaut4 largissons ces deux fonctions4 ,le devoir de l'homme comme membre de la communaut est d'aider au maintien de l'tat1 sa grandeur1 sa dfense4 ,le devoir de la femme comme membre de la communaut est d'aider une sorte d'ordre dans l'tat1 de douceur confortable et lui donner une parure de beaut4 ,ce que l'homme est sa propre porte1 la dfendant1 s'il est besoin1 contre l'insulte et le pillage1 cela aussi1 et s'y dvouant non dans une moindre mais dans une plus large mesure1 il doit l'tre aux portes de son pays1 abandonnant son home1 s'il est besoin1 mme au pillard1 pour aller accomplir le devoir plus haut qui lui incombe4 ,et de mme1 ce que la femme est l'intrieur1 derrire ses portes1 c'est--dire le centre d'harmonie1 le baume de dtresse et le miroir de beaut3 cela elle doit l'tre aussi en dehors de ses portes1 quand l'harmonie est plus difficile1 la dtresse plus immdiate1 la beaut plus rare4 ,et de mme qu'au cur de l'homme est toujours cach un instinct pour tous ses vrais devoirs1 un instinct qui ne peut tre touff1 mais seulement fauss et corrompu si vous le dtournez de son but vritable3--de mme qu'il y a cet instinct profond de l'amour1 qui1 justement disciplin1 maintient toutes les saintets de la vie1 et1 faussement dirig1 les mine toutes2 et doit faire l'un ou l'autre2--ainsi est-il dans le cur humain un inextinguible instinct1 l'amour du pouvoir1 qui1 justement dirig1 maintient toute la majest de la loi et de la vie1 et1 mal dirig1 les dtruit4 #hg4 ,profondment enracin dans la plus intime vie du cur de l'homme1 et du cur de la femme1 ,dieu l'a mis l et l'y garde4 ,vainement autant qu' tort1 vous blmez et rebutez le dsir du pouvoir6 ,la volont cleste et l'intrt humain sont que vous le dsiriez de toutes vos forces4 ,mais quel pouvoir#aig8 ,ceci est toute la question4 ,pouvoir de dtruire8 la force du lion et l'haleine du dragon8 ,non certes4 ,pouvoir de gurir de racheter1 de guider1 de protger4 ,pouvoir du sceptre et du bouclier2 le pouvoir de la main royale qui gurit en touchant1 qui enchane l'ennemi et dlivre le captif2 le trne qui est fond sur le roc de ,justice1 et qu'on descend seulement par les marches de la ,piti#aih4 ,ne convoiterez-vous pas un tel pouvoir1 n'aspirerez-vous pas un trne comme celui-l et ne plus tre seulement des mnagres1 mais des reines8 #hh4 ,il y a dj longtemps que les femmes d',angleterre se sont arrog1 dans toutes les classes1 un titre qui jadis n'appartenait qu' la noblesse1 et ayant une fois pris l'habitude de se faire donner le simple titre de gentille femme 7gentlewoman71 qui correspond celui de gentilhomme 7gentleman71 insistrent pour avoir le privilge de prendre le titre de ,dame 7,lady7#aii1 qui exactement correspond au seul titre de ,seigneur 7,lord74 ,je ne les blme pas de cela#bjj2 mais seulement des motifs troits qui les poussent cela4 ,je voudrais qu'elles dsirent et revendiquent le titre de ,lady1 pourvu qu'elles revendiquent non pas simplement le titre1 mais la charge et les devoirs qui sont signifis par lui4 ,lady vent dire3 ,qui donne du pain ou qui donne des pains#bja et ,lord signifie qui assure le maintien des lois et les deux titres se rfrent1 non la loi qui est maintenue dans la maison1 non au pain qui est donn dans la maison mais la loi qui est maintenue pour les multitudes2 et au pain qui est rompu pour les multitudes4 ,si bien qu'un ,seigneur 7,lord7 n'a droit lgalement son titre qu'autant qu'il maintient la justice du ,seigneur des ,seigneurs2 et une dame 7,lady7 n'a droit lgalement son titre qu'autant qu'elle prte aux pauvres1 reprsentants de son ,matre1 cette aide qu'un jour des femmes1 qui ,l'assistrent de leurs biens1 reurent la permission d'tendre ce ,matre ,lui-mme--et autant qu'elle se fait connatre comme ,lui-mme1 en rompant le pain#bjb4 #hi4 ,et cette bienfaisante et lgale ,domination1 le pouvoir du ,dominus1 du ,seigneur de la ,maison1 et de la ,domina1 ou ,dame de la maison1 est grand et vnrable1 non par le nombre de ceux qui l'ont transmis en ligne directe1 mais par le nombre de ceux sur lesquels il tend son empire2 il est toujours l'objet d'une vnration religieuse partout o sa dynastie est fonde sur ses services et son ambition proportionne ses bienfaits4 ,votre imagination se plat la pense que vous soyez de nobles dames1 avec une suite de vassaux4 ,qu'il en soit ainsi2 vous ne sauriez tre trop noble1 et votre suite ne saurait tre trop nombreuse2 mais voyez ce que cette suite soit de vassaux que vous serviez et nourrissiez1 pas seulement d'esclaves qui vous servent et nourrissent1 et ce que la multitude qui vous obit soit la multitude de ceux que vous avez dlivrs1 et non rduits en captivit4 #ij4 ,et ceci1 qui est vrai d'une humble domination1 de la domination domestique1 est galement vrai de la domination de la reine2 cette trs haute dignit vous est accessible1 si vous voulez accepter aussi ces trs hauts devoirs4 ,rex et ,regina--,roi et ,reine--,bien-,faisants1 7,right-doers7#bjc2 ils diffrent seulement de ,lady et de ,lord en ceci que leur pouvoir est le plus haut aussi bien sur l'esprit que sur le corps2 qu'ils ne font pas que nourrir et vtir1 mais dirigent et enseignent4 ,h bien1 que vous en ayez ou non conscience1 vous avez toutes1 dans plus d'un cur1 des trnes1 avec une couronne qu'on ne dpose pas2 reines vous devez toujours tre#bjd1 reines pour vos fiancs1 reines pour vos maris et vos fils2 reines d'un plus haut mystre pour le monde plus distant de vous qui s'incline et s'inclinera toujours devant la couronne de myrte et le sceptre sans tache de la ,femme4 ,mais1 hlas6 trop souvent vous tes de paresseuses et insouciantes reines1 jalouses de votre majest dans les plus petites choses1 pendant que vous l'abdiquez dans les grandes2 et laissant le dsordre et la violence faire librement leur uvre parmi les hommes1 au mpris de ce pouvoir que vous avez reu directement en prsent du ,prince de toute ,paix et que celles d'entre vous qui sont mauvaises trahissent1 pendant que celles qui sont bonnes l'oublient4 #ia4 ,prince de la ,paix#bje4 ,pensez ce nom4 ,quand les rois gouvernent en ce nom1 et les nobles1 et les juges de la terre1 eux aussi1 dans leur troit domaine et leur humaine mesure1 en reoivent le pouvoir4 ,il n'est pas d'autres monarques que ceux-l2 toute autre monarchie que la leur est anarchie#bjf4 ,ceux qui gouvernent vraiment ,dei gratia sont tous princes1 oui1 princes et princesses de la ,paix4 ,il n'y a pas une guerre dans le monde1 non1 pas une injustice1 dont vous1 femmes1 ne soyez responsables2 responsables non de l'avoir provoque1 mais de ne pas l'avoir empche4 ,les hommes1 par nature1 sont enclins combattre2 ils combattront pour n'importe quelle cause ou pour aucune4 ,c'est vous de choisir leur cause pour eux1 et de les retenir quand il n'y a pas de cause dfendre4 ,il n'y a pas de souffrance1 pas d'injustice1 pas de misre sur la terre1 dont vous ne soyez coupables4 ,les hommes peuvent supporter la vue de ces choses1 mais vous ne devriez pas pouvoir la supporter4 ,les hommes peuvent fouler tout cela aux pieds sans rien ressentir1 car la lutte est leur lot1 et l'homme est pauvre de sympathie et avare d'esprance2 vous seules pouvez sentir la profondeur de la peine et deviner le chemin de la gurison4 ,au lieu de vous efforcer cette tche1 vous vous en dtournez2 vous vous enfermez derrire les murs de vos parcs et les portes de vos jardins2 et vous vous contentez de savoir qu'au del il y a tout un monde inculte2 un monde dont vous n'osez pas pntrer les secrets1 et dont vous n'osez pas concevoir la souffrance4 #ib4 ,je vous avoue que c'est l1 pour moi1 le plus confondant de tous les phnomnes que nous prsente l'humanit4 ,je ne suis pas surpris des abmes1 o1 quand elle est dtourne de ce qui fait son honneur1 peut tomber l'humanit4 ,je ne m'tonne pas de la mort de l'avare1 dont les mains1 en se relchant1 laissent pleuvoir l'or4 ,je ne m'tonne pas de la vie du dbauch1 un linceul enroul autour de ses pieds4 ,je ne m'tonne pas du meurtre commis par un seul bras sur une seule victime1 dans l'obscurit du chemin de fer1 ou l'ombre des roseaux du marais4 ,je ne m'tonne mme pas du meurtre aux myriades de mains1 du meurtre des multitudes1 accompli comme une action d'clat1 en plein jour1 par la frnsie des nations1 ni des incalculables et inimaginables forfaits amoncels de l'enfer au ciel par leurs prtres et leurs rois4 ,mais ce qui m'tonne toujours--oh6 combien cela m'tonne6--c'est de voir parmi vous la femme tendre et dlicate1 son enfant sur son sein1 doue d'un pouvoir--si seulement elle voulait l'exercer1 sur l'enfant et sur le pre1--plus pur que les souffles du ciel et plus fort que les vagues de la mer--que dis-je1 d'un infini de bndiction que son poux ne voudrait pas cder contre la terre elle-mme1 quand mme elle serait faite d'une seule topaze massive et parfaite#bjg--;de voir cette femme abdiquer une telle majest pour jouer la prsance avec la voisine de la porte en face4 ,oui cela m'tonne--oh6 m'tonne--de la voir le matin1 dans toute la fracheur de son me innocente1 descendre dans son jardin1 jouer avec la frange de ses fleurs protges1 et relever leurs ttes penches1 un sourire heureux au visage et sans nuage au front1 parce qu'un petit mur entoure sa place de paix1 et cependant elle sait1 dans son cur1 si elle voulait seulement chercher savoir1 qu'au del de ce petit mur couvert de roses1 l'herbe inculte1 jusqu' l'horizon1 est arrache jusqu' la racine par l'agonie des hommes et qu'elle est battue par les flots montants de leur sang rpandu4 #ic4 ,avez-vous jamais song au sens profond qui est cach1 ou du moins que nous pouvons lire1 si nous le voulons faire1 dans notre coutume de jeter des fleurs devant ceux que nous estimons les plus heureux8 ,pensez-vous que ce soit seulement pour les abuser de l'esprance que toujours le bonheur tombera ainsi en pluie leurs pieds8 ,que partout o ils passeront1 ils fouleront une herbe au suave parfum1 et que le sol rude s'adoucira pour eux1 sous l'paisseur des roses8 ,dans la mesure o ils croiront cela1 ils auront marcher sur des herbes amres et sur des pines1 et la seule douceur sous leurs pas sera celle de la neige4 ,mais ce n'est pas ce qu'on se proposait de leur dire2 cette vieille coutume comportait un sens meilleur4 ,le sentier que suit une femme bonne est certes jonch de fleurs2 mais elles viendront derrire ses pas1 non devant eux3 ,ses pieds ont touch les prairies et les marguerites en sont restes roses#bjh4 #id4 ,vous pensez que c'est l seulement une rverie d'amant2--fausse et vaine#bji6 ,et si elle tait vraie8 ,peut-tre pensez-vous que ceci aussi est une rverie de pote3 ,mme la lgre campanule relve sa tte ,qui rebondit sous ses pas ariens#baj4 ,mais c'est peu de dire d'une femme qu'elle ne dtruit pas l o elle pose le pied4 ,il faut qu'elle ranime2 les campanules doivent fleurir et non s'affaisser quand elle passe4 ,vous pensez que je me jette dans de folles hyperboles4 ,pardon2 pas le moins du monde et je veux vraiment dire ce que je dis ici en un anglais tranquille1 parlant rsolument et sincrement4 ,vous avez entendu dire 7et je crois qu'il y a plus qu'une fiction dans ces paroles1 mais admettons qu'elles ne soient qu'une fiction7 que les fleurs ne fleurissent bien que dans le jardin de celui qui les aime4 ,je sais que vous aimeriez que ce ft vrai2 vous penseriez que c'est une plaisante magie que de pouvoir panouir plus richement la floraison de vos fleurs rien qu'en laissant tomber sur elles un regard de bont2 mieux encore1 si votre regard avait le pouvoir non seulement de les rjouir1 mais de les protger2 si vous pouviez ordonner la noire nielle de rebrousser chemin et la chenille annele d'pargner1--si vous pouviez ordonner la rose de tomber pendant la scheresse1 et dire au vent du sud au temps des frimas3 ,viens1 ,vent du sud1 et souffle sur mon jardin1 que tous ses parfums d'aromates s'exhalent#baa1 ce serait une grande chose1 pensez-vous8 ,et ne pensez-vous pas que ce serait une chose plus grande encore1 que tout cela 7et beaucoup plus que tout cela7 vous puissiez le faire pour des fleurs plus belles que celles-l--des fleurs qui pourraient vous bnir de les avoir bnies1 et qui vous aimeraient de les avoir aimes2 des fleurs qui ont des penses comme les vtres1 des vies comme les vtres1 et qui1 sauves une fois1 seraient sauves pour toujours4 ,est-ce l un faible pouvoir8 ,au loin1 parmi les landes et les rochers1--au loin dans l'obscurit des rues terribles1 gisent ces faibles fleurettes1 leurs fraches feuilles dchires1 leurs tiges brises2 ne descendrez vous jamais auprs d'elles pour les bien arranger dans leurs petites corbeilles odorantes1 pour les abriter1 toutes tremblantes1 du vent cruel8 ,les matins succderont-ils aux matins1 pour nous1 mais non pour elles8 ,l'aube se lvera-t-elle seulement pour regarder au loin les frntiques ,danses de la mort#bab2 et ne se lvera-t-elle jamais pour rafrachir de son souffle ces touffes vivantes de violette sauvage1 et de chvrefeuille1 et de rose2 ni pour vous appeler1 par la fentre 7ne vous donnant pas le nom de la ,dame du pote anglais1 mais le nom de la grande ,mathilde de ,dante#bac1 qui1 sur le bord de l'heureux ,lth1 se tenait debout1 tressant les fleurs avec les fleurs en guirlandes71 disant3 ,viens dans le jardin1 ,maud1 ,car cette noire chauve-souris1 la nuit1 s'est envole ,et les parfums du chvrefeuille flottent au loin ,et le musc des roses s'exhale#bad4 ,ne descendrez-vous pas parmi elles8 parmi ces douces choses vivantes1 dont le jeune courage1 jailli de la terre avec1 sur lui1 la couleur profonde du ciel1 s'lance1 dans la vigueur des pis joyeux#bae1 et dont la puret1 lave de la poussire1 va s'ouvrant1 bouton par bouton1 en la fleur de promesse2--et encore elles se tournent vers vous1 et pour vous le pied d'alouette chuchote3 ,j'entends1 j'entends6--et le lys soupire3 ,j'attends#baf4 #ie4 ,avez-vous remarqu que j'ai pass deux lignes quand je vous ai lu la premire stance et pensez-vous que je les aie oublies8 coutez-les maintenant3 ,viens dans le jardin1 ,maud1 ,car cette noire chauve-souris1 la nuit1 s'est envole1 ,viens dans le jardin1 ,maud1 ,je suis sur la porte1 tout seul4 ,qui est-ce1 pensez-vous1 qui se tient ainsi sur la porte de ce si doux jardin1 seul1 et vous attendant8 ,avez-vous jamais entendu parler non d'une ,maud1 mais d'une ,madeleine1 qui1 descendant son jardin1 l'aurore1 trouva quelqu'un qui attendait sur la porte1 quelqu'un qu'elle supposa tre le jardinier#bag8 ,ne l'avez-vous pas cherch souvent1 ,lui1 cherch en vain1 toute la nuit1 cherch en vain la porte de cet ancien jardin o l'pe flamboyante est plante#bah8 ,l ,il n'est jamais2 mais la porte de ce jardin-ci ,il attend toujours--il attend de vous prendre par la main1 prt descendre voir avec vous les fruits de la valle1 voir si la vigne a fleuri1 et si la grenade a bourgeonn4 ,l vous verrez avec ,lui les petites vrilles de la vigne que sa main conduit2 l vous verrez#bai clater les grenades o sa main a cach la graine couleur de sang1 et plus encore3 vous verrez les troupes des anges gardiens1 en remuant leurs ailes1 carter les oiseaux affams des sentiers o ,il a sem1 et1 s'appelant l'un l'autre travers les ranges des vignes1 dire3 ,emparons-nous des renards#bbj1 des petits renards qui pillent nos vignes1 parce que nos vignes ont de tendres grappes de raisins4 ,oh6 reines que vous tes1-- reines6--dans les collines et les calmes forts vertes de ce pays qui est le vtre1 les renards auront-ils des tanires et les oiseaux de l'air des nids2 et dans vos cits faudra-t-il que les pierres aient crier contre vous qu'elles sont les seuls oreillers o le ,fils de l',homme peut reposer sa tte8 ,note #aed3 ,la version habituelle est3 ,le dsert et le lieu aride se rjouiront et la solitude sera dans l'allgresse et fleurira comme une rose4 ,comparez ,modern ,painters1 vol4 ,,iv1 ch4 ,,vii1 #d3 ,il faut que la cruaut des temptes frappe les montagnes1 que la ronce et les pines croissent sur elles2 mais elles les frappent de faon amener leurs rochers aux formes les plus belles2 et elles croissent de faon que le dsert fleurisse comme la rose4 ,et aussi ,fors ,clavigera1 vol4 ,,iv 7ce dernier passage cit par ,m4 ,bardoux73 ,l'histoire de la valle aux roses n'est pas rvolue4 ,les montagnes et les collines rompront le silence1 clateront en chansons2 et autour d'elle1 le dsert se rjouira et fleurira comme la rose4 7,note du traducteur47 ,note #aee3 ,milton1 ,paradis perdu1 ,i,ie chant1 vers #fgc 7je transcris cette rfrence du ,bulletin de l',union pour l'action morale qui m'est trs aimablement communiqu par ,m4 ,lucien ,fontaine 7,bulletin des #a;er et #ae dcembre #ahie74 ,note #aef3 ,state en anglais signifie aussi majest4 ,ruskin dit3 a kings majesty or state4 ,note #aeg3 ,comparez ,mterlinck3 ,ne parlons pas du pre de ,cordelia1 dont l'inconscience par trop manifeste ne sera conteste par personne2 mais ,hamlet1 le penseur1 est-il sage8 ,voit-il les crimes d',elseneur d'assez haut8 7,il les aperoit des sommets de l'intelligence1 mais non des sommets de la bont47 ,que serait-il advenu s'il avait contempl les forfaits d',elseneur des hauteurs d'o ,marc-,aurle et ,fnelon les eussent contempls8 ,vous imaginez-vous une me puissante et souveraine au lieu de celle de ,hamlet1 et que la tragdie suive son cours jusqu' la fin8 ,hamlet pense beaucoup mais n'est gure sage4 7,la ,sagesse et la ,destine47 7,note du traducteur47 ,note #aeh3 ,comparez les acteurs s'lancent1 tenant en main dj leur catastrophe4 7,comtesse ,mathieu de ,noailles1 article sur la ,lueur sur la cime47 7,note du traducteur47 ,note #aei3 ,sa navet et sa crdulit de demi-barbare4 7,mterlinck47 ,note #afj3 ,marchand de ,venise1 ,,iii1 #b4 ,note #afa3 ,comparez ,fors ,clavigera1 lettre #ib3 ,walter ,scott est sans comparaison possible la plus grande puissance spirituelle en ,europe depuis ,shakespeare4 ,comparez la haute estime o ,scott est galement tenu par ,carlyle1 par ,gthe1 par ,emerson4 7,note du traducteur47 ,note #afb3 ,j'aurais d1 pour rendre cette affirmation pleinement intelligible1 indiquer les diffrentes faiblesses qui abaissent l'idal des autres grands caractres masculins1 l'gosme et l'troitesse d'esprit chez ,redgauntlet1 la mdiocrit d'enthousiasme religieux chez ,edouard ,glendinning 7i7 et d'autres analogues2 et j'aurais d faire observer qu'il a parfois esquiss l'arrire-plan des caractres vraiment parfaits--trois d'entre eux 7acceptons joyeusement cette marque de courtoisie adresse l',angleterre et ses soldats7 sont des officiers anglais3 ,le colonel ,gardiner 7ii71 le colonel ,talbot et le colonel ,mannering 7iii74 7,note de l'auteur47 7i7 ,personnage du ,monastre4 ,sur le ,monastre voir ,fiction1 ,fair and ,foul 7publi dans ,on the ,old ,road71 #bf1 #aac1 #aad1 #aag et surtout ,,iii et aussi la belle lettre #ib dans ,fors ,clavigera4 7,note du traducteur47 7ii7 ,ce personnage de ,wawerley est cit dans le mme ouvrage 7,fiction1 ,fair and ,foul7 #aac4 7,note du traducteur47 7iii7 ,voir le mme ouvrage #aji et #aai4 7,note du traducteur47 ,note #afc3 ,dandie ,dinmont1 personnage de ,guy ,mannering4 ,voir le mme ouvrage1 #i1 #aj1 #bc1 #aad1 etc4 7,note du traducteur47 ,note #afd3 ,sur ,rob ,roy1 voir le mme ouvrage1 #bb1 #bd1 #bi1 #cj1 #ca1 #ig1 #aad4 7,note du traducteur47 ,note #afe3 ,sur ,rose ,bradwardine 7personnage de ,wawerley71 voir ,fiction1 ,fair and ,foul #bj4 7,note du traducteur47 ,note #aff3 ,sur ,catherine ,seyton 7personnage de l',abb71 voir le mme ouvrage1 #ba4 7,note du traducteur47 ,note #afg3 ,sur ,diane ,vernon 7personnage de ,rob ,roy 71 voir le mme ouvrage1 #bb4 7,note du traducteur47 ,note #afh3 ,sur ,redgauntlet1 voir le mme ouvrage1 passim4 ,note #afi3 ,sur ce prnom d',alice1 voir mme ouvrage1 #ai1 note #e 7,alice ,bridgenorth est un personnage de ,peveril du ,pic1 ,alice ,lee de ,woodstock74 7,note du traducteur47 ,note #agj3 ,sur ,jenny ,deans1 voir le mme ouvrage1 #aac4 7,note du traducteur47 ,note #aga3 ,sur cette ascension de ,dante la suite de ,batrice1 voir ,lucie ,flix-,faure1 les ,femmes dans l'uvre de ,dante1 pp4 #bbf-bhj4 7,note du traducteur47 ,note #agb3 ,rien ne vaut la douceur de son autorit4 7,baudelaire47 7,note du traducteur47 ,note #agc3 ,les mots la rsurrection d',alceste se trouvent plusieurs fois dans ,ruskin4 ,cf4 ,the ,queen of the air1 ,,iii1 #ib1 ,pleasures of ,england1 ,,iv4 7,note du traducteur47 ,note #agd3 ,ouvrage de ,chaucer imite des ,hrodes d',ovide et des hagiographies chrtiennes4 ,dix-neuf hrones devaient prendre place dans cet ouvrage qui1 rest incomplet1 n'en comprend que neuf4 7,note du traducteur47 ,note #age3 ,allusions la ,fairy queen de ,spencer 7#aehi-aeif74 ,le chevalier de la ,croix-,rouge notamment est d'abord par les enchantements d',archimagus spar d',una4 7,note du traducteur47 ,note #agf3 ,mose1 ,cf4 ,exode1 ,,ii4 7,note du traducteur47 ,note #agg3 ,cf4 ,bible d',amiens3 ,l'gypte fut pour tous les peuples la mre de la gomtrie1 de l'astronomie1 de l'architecture et de la chevalerie444 ,elle fut l'ducatrice de ,mose et l'htesse du ,christ 7,,iii1 #bg7 et le beau morceau sur l'gypte artistique et guerrire dans la ,couronne d',olivier sauvage1 ,,ii1 la ,guerre4 7,note du traducteur47 ,note #agh3 ,coventry ,patmore4 ,vous ne pourrez jamais le lire assez souvent ni assez attentivement2 autant que je sache il est le seul pote vivant qui toujours fortifie et pure2 les autres quelquefois assombrissent et presque toujours dprimant et dcouragent les imaginations dont ils se sont facilement empars4 7,note de l'auteur47 ,note #agi3 ,allusion ,isae1 ,,xxxii1 #b4 7,note du traducteur47 ,note #ahj3 ,allusion ,jrmie1 ,,xxii1 #ad3 ,malheur qui dit3 ,je me btirai une grande maison et des tages bien ars1 et qui s'y perce des fentres1 qui la lambrisse de cdre1 et qui la peint de vermillon4 7,note du traducteur47 ,note #aha3 ,rigoletto4 7,note du traducteur47 ,note #ahb3 ,walter ,scott 7,marmion1 #f;e chant1 stance #cj74 ,rfrence du ,bulletin de l',union pour l'action morale1 n du #a;er janvier #ahif4 7,note du traducteur47 ,note #ahc3 ,wordsworth4 ,ces mots exquise vrit appliqus ,wordsworth sont comments par ,ruskin lui-mme dans ,fiction1 ,fair and ,foul1 #hj 7,on the old ,road1 #c;e volume47 7,note du traducteur47 ,note #ahd3 ,cf41 dans la ,bible1 la ,valle de ,bndiction 7,,ii ,chroniques1 ,,xx1 #bf71 la valle de ,destruction 7,joel1 ,,ii1 #ad1 etc474 ,mais l'allusion est ici bien plus directe1 la valle symbolique que doit traverser ,chrtien1 dans le ,pilgrims progress du chaudronnier ,bunyam4 ,tout est allgorie 7un homme perfide1 ,sagesse mondaine1 un homme secourable1 vangliste1 tentent de perdre et de sauver ,chrtien1 tandis que ,maniable s'embourbe dans le marais du ,dcouragement1 etc47 dans ce livre auquel ,ruskin fait souvent allusion4 7,note du traducteur47 ,note #ahe3 ,allusion au ,paradis reconquis de ,milton3 ,comme des enfants ramassent des galets sur la grve4 ,d'o 7nous dit la ,library ,edition1 cette parole de ,newton qu'il n'tait qu'un enfant jouant sur le rivage de la mer et s'amusant aprs un galet d'un autre galet1 des coquillages aprs les coquillages1 tandis que le grand ocan de vrit s'tendait au loin1 inaccessible4 7,note du traducteur47 ,note #ahf3 ,allusion ,tennyson3 ,dieu qui toujours vit et aime4 7,note du traducteur47 ,note #ahg3 ,prayer book4 ,note #ahh3 ,ces prceptes1 ,ruskin ne les a peut-tre trouvs que dans son intelligence1 ils sont plus mouvants pour nous qui les avons vu vivre1 qui les avons recueillis sacrs et vivants ayant travers des gnrations en passant d'une pense une autre pense 7de la pense de la mre ducatrice la fille duque7 ou ils s'incorporaient1 s'assimilaient1 dirigeant et modifiant les fonctions de la vie spirituelle4 ,nous les avons recueillis dans le cur infiniment pur1 dans l'intelligence infiniment noble de femmes qui avaient t leves d'aprs eux par des mres trop pures aussi pour craindre le mal pour elles-mmes ou pour leurs filles1 trop leves d'esprit pour ne pas craindre la frivolit4 ,il y eut ainsi1 un certain moment1 dans certaines familles de la bourgeoisie franaise1 une sorte d'ardente religion de l'intelligence transmise leurs filles par des mres qui ne redoutaient pour elle qu'un contact dangereux1 celui de la vulgarit4 ,des mots crus que pouvait renfermer ,molire1 des situations hardies que pouvait renfermer ,george ,sand1 on n'en avait cure1 la mre sachant que sa fille n'y songerait mme pas4 ,l'absence de pudibonderie n'tait que la sainte confiance d'un cur inaccessible aux curiosits malsaines1 qui ne se disait mme pas qu'il y tait inaccessible1 car il ne pouvait les concevoir4 ,par de telles mres1 des femmes furent leves dont la puissance intellectuelle et la grandeur morale ne furent jamais dpasses4 ,on ne peut s'empcher de le dire en retrouvant1 en reconnaissant ici ces mots bnis qui avaient dirig leur jeunesse1 cart d'elles la frivolit1 entretenu en elles1 avec une simplicit dlicieuse1 le feu sacr4 7,note du traducteur47 ,note #ahi3 ,m4 de ,montesquieu disait d'un jeune artiste qui1 depuis1 l'avait pay d'ingratitude3 ,moi qui l'ai taill comme un if6 ,note #aij3 ,wordsworth4 ,je crois que j'ai donn dans une note de la traduction de la ,bible d',amiens des extraits 7 propos de la cathdrale de ,chartres7 du chapitre de ,val d',arno intitul3 ,franchise4 la fin de ce chapitre ,ruskin cite ces vers de ,wordsworth et associe l'idal fminin qu'ils voquent la ,libertas de la cathdrale de ,chartres1 la ,dbonnairet de ,westminster1 la ,diana ,vernon de ,scott1 ,antigone et ,alceste1 pour les opposer toutes une moderne danseuse de cancan1 la ,libert selon ,stuart ,mill et ,victor ,hugo4 7,note du traducteur47 ,note #aia3 ,nous avons convenu avec la marquise que1 chaque fois que je serais de trop au salon1 elle me dirait3 ,je crois que la pendule retarde4 7,lettre de ,mlle de ,saint-,geneix1 dans le marquis de ,villemer1 cit de mmoire47 ,mais la marquise de ,villemer tait intelligente et bonne4 ,je connais en revanche des gens qui se croient trs lgants et d'une culture raffine1 qui ont pri le professeur de franais de leur fille1 personne tout fait remarquable1 de passer par l'escalier de service dans l'aprs-midi pour ne pas rencontrer les visites4 7,note du traducteur47 ,note #aib3 ,jeanne d',arc1 d'aprs l'histoire de ,france de ,m4 ,michelet4 uvres de ,quincey1 vol4 ,,iii1 p4 #bag4 7,note de l'auteur47 ,note #aic3 ,psaume ,,cxx4 7,note du traducteur47 ,note #aid3 ,i ,rois1 #bb1 #ag1 dont on peut rapprocher1 mais en moins complte ressemblance avec le texte de ,ruskin1 ,nombres1 ,,xxvii1 #ag4 ,le texte des ,rois est reproduit dans saint ,mathieu1 ,,ix1 #cf4 7,note du traducteur47 ,note #aie3 ,exode1 ,,xxvii1 #f4 7,note du traducteur47 ,note #aif3 ,actes1 ,,xvii1 #bc4 7,note du traducteur47 ,note #aig3 ,comparez ,lectures on ,art1 #ci3 ,vexilla regis prodeunt4 ,oui1 mais de quel roi8 ,il y a deux oriflammes2 laquelle planterons-nous sur les plus lointaines les1--celle qui flotte dans les flammes du ciel1 ou celle qui pend en son vil tissu d'or terrestre8 7,note du traducteur47 ,note #aih3 ,allusion probable ,i ,psaumes1 #hi1 #ae1 et peut-tre aussi ,isae1 ,,xvi1 #e4 7,note du traducteur47 ,note #aii3 ,je voudrais qu'on institut1 pour la jeunesse anglaise d'une certaine classe1 un vritable ordre de chevalerie dans lequel jeunes gens et jeunes filles un ge donn seraient admis1 bon escient1 au rang de chevalier et de dame2 rang accessible seulement aprs un examen dcisif1 une preuve qui porterait la fois sur le caractre et sur le talent3 et d'o l'on serait dchu si l'on tait convaincu1 par ses pairs1 d'une action dshonorante4 ,une telle institution serait parfaitement possible1 et avec elle tous les nobles rsultats qu'elle comporte1 chez une nation qui aimerait l'honneur4 ,le fait qu'elle ne soit pas possible chez nous1 ne peut en rien discrditer ce projet4 7,note de l'auteur47 ,note #bjj3 ,au cours de ,ssame et les ,lys 7et nous ne pouvions pas le noter chaque fois7 nous voyons ainsi ,ruskin faire souvent semblant d'accorder quelque chose au mal1 de concder aux faiblesses humaines4 ,loin de mpriser les sensations1 il trouvera que plutt nous n'en avons pas assez 7 #bg71 que les formes de la joie sont plus importantes encore que celles du devoir 7 #cf74 la page prcdente1 il exaltait la soif du pouvoir4 ,et tout l'heure il va dire que jamais une femme ne souhaitera assez tre grande dame et n'aura jamais d'assez nombreux vassaux4 ,mais ds qu'il s'explique1 la concession se trouve retire3 il fallait seulement s'entendre sur le sens des mots4 ,du moment que les passions signifient l'amour de la vrit1 et l'ambition mondaine la charit1 le plus svre mdecin de notre me1 peut nous en permettre l'usage4 ,en ralit1 ce qui est dfendu par une morale reste dfendu par toutes les autres1 parce que ce qui est dfendu c'est ce qui est nuisible et qu'il ne dpend pas du mdecin de l'me d'en changer la constitution4 ,les apparences seules sont renouveles et le rgime tout au plus aromatis au parfum des choses dfendues4 ,une morale du plaisir est au fond une morale de devoir4 ,le nom seul nous est concd4 7,je ne parle ici qu' propos de ,ruskin1 bien entendu1 et ne prtends pas mconnatre la profonde diversit des morales1 malgr l'identit des rgimes qu'elles nous prescrivent1 et ce qu'elles gardent chacune de diffrent et qu'elles tiennent de leur origine1 utilitaire1 mystique1 etc174 ,mais ou peut se demander si la meilleure manire d'habituer un malade prendre du lait est d'y mler une goutte de cognac1 et n'est pas plutt de lui apprendre tout de suite aimer le got mme du lait4 ,ici cette conception flatteuse pour l'amour-propre du devoir social manque en ralit son but4 ,quand une femme dsire tre lady1 elle ne se soucie pas de l'tymologie du mot1 mais des privilges mondains qui y sont attachs4 ,et si elle tait une lady dans le sens que dit ,ruskin1 c'est--dire si elle souhaitait seulement tre femme de bien1 elle ne souhaiterait pas 7ou1 en elle1 ce ne serait pas la mme personne qui le souhaiterait7 tre appele lady4--7,je ne parle pas de celles qui1 de tous temps1 ont t ladies4 ,chez celles-l1 la volont d'tre appeles lady correspond quelque chose d'absolument naturel et lgitime1 et aussi tranger au snobisme que la volont d'un gnral d'tre appel mon gnral74 ,lui donner ce petit appt du titre de lady pour l'aider faire le bien1 c'est cultiver son amour-propre pour accrotre sa charit1 c'est--dire quelque chose de contradictoire1 comme nous avons dj vu ,ruskin nous autoriser tre ambitieux pourvu que nous soyons d'abord philosophes4 ,une philosophie ou une charit qui le snobisme sert de seuil ou de terme1 voil une philosophie et une charit qui ne se conoivent pas bien clairement4 ,sans doute je force ici1 et bien grossirement1 la pense de ,ruskin4 ,et sans doute le mot lady n'a pas ici son sens strict4 ,mais enfin malgr tout il en garde quelque chose 7il est un peu un de ces mots masqus contre lesquels ,ruskin nous met en garde et ne se met pas assez en garde lui-mme7 et introduit dans la pense du lecteur ces gracieuses confusions ou se plaisent aussi certains crivains franais quand ils mlent1--en parlant comme de choses analogues--la noblesse du talent1 la noblesse de la naissance et du caractre4 ,la noblesse de la naissance1 cela veut dire tre duc1 etc4 ,et sans doute dans l'ordre des grandeurs de la chair et comme facteur social1 et pour tous les sentiments que cela met en jeu444 chez les autres1 cela est important4 ,mais c'est un pur calembour de rapprocher cela de la noblesse au sens spirituel2 il est fort utile de se rendre compte du sens des mots1 de ne pas tout mler et1 de tant d'ides confondues1 de ne pas faire sortir une prtendue aristocratie de l'intelligence qui emprunte l'aristocratie de naissance son systme de filiation par le sang1 non par l'esprit1 pour l'appliquer la noblesse de l'esprit et finalement fait un noble 7dans tous les sens du mot qui en ralit alors n'en a plus alors aucun7 du neveu de ,michelet4 7,inutile de dire que j'ignore s'il existe un neveu de ,michelet et que j'ai pris ce grand nom au hasard47 7,note du traducteur47 ,note #bja3 ,breadgiver ou ,loaf giver4 ,bread est le pain4 ,loaf c'est un pain1 une miche1 c'est--dire le pain avec la forme que lui donne le boulanger4 7,note du traducteur47 ,note #bjb3 ,saint ,luc1 ,,xxiv1 #cj-ce4 ,comparez une autre application du mme texte dans ,lectures on ,art3 ,et l'art chrtien ne sera de nouveau possible que quand il444 se fera reconnatre1 comme fit son ,matre1 en rompant le pain 7,lectures ou ,art1 ,,iv1 #af74 ,il est vrai que l',index de ,lectures on ,art donne comme rfrence ce passage3 ,actes1 ,,ii1 #db4 ,mais en se reportant l'un et l'autre texte1 le lecteur verra que la rfrence au texte de saint ,luc1 pour tre moins littrale1 est plus exacte en esprit4 7,note du traducteur47 ,note #bjc3 ,rapprochez la ,bible d',amiens sur ,david3 ,roi et ,prophte1 symbole de toute ,royaut divinement bienfaisante 7,divinely right doing7 7,bible d',amiens1 ,,iv1 #cb71 et la ,couronne d',olivier sauvage3 ,lui 7le roi7 dont la royaut signifie seulement que sa fonction est d'tre envers chacun bienfaisant 7right doing7 7,,iii1 la ,guerre74 7,note du traducteur47 ,note #bjd3 ,comparez la ,couronne d',olivier sauvage3 ,la vritable pouse dans la maison de son mari est une servante4 ,c'est dans son cur qu'elle est reine4 7,note du traducteur47 ,note #bje3 ,isae1 ,,ix1 #e1 ,ruskin fait souvent allusion ce verset1 notamment3 ,bible d',amiens1 ,,iv1 #eb1 ,unto this last1 #dd1 la ,couronne d',olivier sauvage1 #ca4 7,note du traducteur47 ,note #bjf3 ,j'emprunte cette allitration1 qui rend assez bien le rule et mis-rule du texte1 l',union pour l'action morale 7,bulletin du #ae fvrier #ahif74 ,note #bjg3 ,allusion cette rponse d',othello ,emilia3 ,si elle avait t fidle--quand le ciel m'aurait offert un autre univers--form d'une seule topaze massive et pure--je ne l'aurais pas cde en change4 7,othello1 scne ,,xvi47 7,note du traducteur47 ,note #bjh3 ,tennyson1 ,maud4 7,note du traducteur47 ,note #bji3 ,tennyson1 nous dit la ,library ,edition1 se montra piqu de cette interprtation4 ,le jour mme1 dit-il ,thomas ,wilson1 o j'crivis cela1 je vis les marguerites toutes roses ,maidens ,croft et j'avais envie d'en envoyer une ,ruskin avec cette suscription3 un mensonge pathtique4 ,sur ces derniers mots1 voir la note page #bbb4 7,note du traducteur47 ,note #baj3 ,cit de la description d',ellen ,douglas dans la ,dame du ,lac de ,walter ,scott1 nous dit la ,library ,edition4 7,note du traducteur47 ,note #baa3 ,cantique des ,cantiques1 ,,iv1 #af4 ,note #bab3 ,voir la note de la page #ach4 7,note de l'auteur47 ,note #bac3 ,et l m'apparut444 une ,dame seule1 laquelle s'en allait chantant1 et cueillant l'une aprs l'autre les fleurs dont sa route tait maille4 ,comme une femme en dansant tourne terre sur elle-mme et les pieds serrs1 mettant peine un pied devant l'autre1 ainsi sur les petites fleurs vermeilles et jaunes1 elle se tourna vers moi1 semblable une vierge qui baisse ses yeux modestes4 7,divine ,comdie1 ,purgatoire1 chant ,,xxviii74 ,selon ,mme ,lucie ,flix-,faure ,goyau1 ,shelley1 qui cite un fragment de la rencontre avec ,mathilde1 dans sa correspondance1 s'est peut-tre souvenu des pages lgers de ,mathilde sur le sol embaum pour voquer la dame du ,jardin1 dans le pome de la ,sensitive1 celle dont le pied semblait avoir compassion de l'herbe qu'il foulait4 7,lucie ,flix-,faure1 les ,femmes de l'uvre de ,dante1 page #bah47 ,voir donc assembls ,dante1 ,tennyson1 ,ruskin et ,shelley4 7,note du traducteur47 ,note #bad3 ,tennyson1 ,maud4 ,note #bae3 ,l',union pour l'action morale dit avec l'essor d'un clocher bni1 ce qui est trs acceptable2 j'invoque en faveur du sens que j'ai adopt1 non d'ailleurs sans hsitation1 l'autorit de ,m4 de la ,sizeranne4 7,cf4 ,la ,religion de la ,beaut1 p4 #adh47 7,note du traducteur47 ,note #baf3 ,ces vers de ,maud sont cits par ,ruskin comme exemple exquis de mensonge pathtique dans le chapitre de ,modern ,painters qui porte ce titre 7volume ,,iii74 7,note du traducteur47 ,note #bag3 ,cantique des ,cantiques1 ,,ii1 #ae4 7,note du traducteur47 ,note #bah3 ,saint ,jean1 ,,xx1 #ae4 ,ruskin a fait des mmes versets un bel usage dans ,fors ,clavigera3 ,rappelez-vous seulement des jours o le ,sauveur des hommes apparut aux yeux humains1 se levant du tombeau pour rendre manifeste son immortalit4 ,vous pensiez sans doute qu'il tait apparu dans sa gloire1 d'une surnaturelle et inconcevable beaut8 ,il apparut si simple dans son aspect1 dans ses vtements1 que celle qui1 de toute la terre1 pouvait le mieux le reconnatre1 l'apercevant travers ses larmes1 ne le reconnut pas4 ,elle le prit pour le jardinier4 7,fors ,clavigera1 lettre ,,xii74 ,comparez ,victor ,hugo1 la fin de ,satan3 ,madeleine croira que c'est le jardinier4 7,note du traducteur47 ,note #bai3 ,gense1 ,,iii1 #bd4 ,voir une belle application de ce texte dans ,modern ,painters3 ,et il mit l'orient du jardin un chrubin l'pe flamboyante4--,ces flammes sont-elles inextinguibles et vraiment ne peut-on plus passer travers les portes qui gardent le chemin8 ,ou plutt n'est-ce pas que nous ne dsirons plus y entrer8444 ,tant que nous aimerons mieux combattre notre prochain que nos fautes1 etc42 en vrit l'pe flamboyante se mettra en travers de tout chemin et les portes de l',eden resteront fermes1 jusqu'au jour o nous aurons rentr au fourreau les pointes plus enflammes encore de nos passions1 etc4 7,modern ,painters1 partie ,,vi1 #ea47 7,note du traducteur47 ,note #bbj3 ,allusion saint ,luc1 ,,ix1 #eh3 ,mais ,jsus lui rpondit3 ,les renards ont des tanires et les oiseaux du ciel des nids1 mais le ,fils de l',homme n'a pas o reposer sa tte4 ,comparez avec la ,couronne d',olivier sauvage3 ces ,chasses gardes grce auxquelles444 a t ralis mot mot ou plutt en fait dans la personne de ,ses pauvres ce que leur ,matre disait de lui-mme1 que les renards et les oiseaux avaient des demeures1 mais que ,lui n'en avait point4 7,confrence ,i1 ,le ,travail47 7,sur le mme verset encore1 voir ,eagles ,nest47 ,avec cette ingniosit merveilleuse qui1 commentant les vangiles l'aide de l'histoire et de la gographie 7histoire et gographie d'ailleurs forcment un peu hypothtiques71 il donne aux moindres paroles du ,christ un tel relief de vie et semble les mouler exactement sur des circonstances et des lieux d'une ralit indiscutable1 mais qui parfois risque par l-mme d'en restreindre un peu le sens et la porte1 ,renan1 dont il peut tre intressant d'opposer ici la glose celle de ,ruskin1 croit voir dans ce verset de saint ,luc comme un signe que ,jsus commenait prouver quelque lassitude de sa vie vagabonde4 7,vie de ,jsus1 page #cbd des premires ditions47 ,il semble qu'il y ait dans une telle interprtation1 retenu sans doute par un sentiment exquis de la mesure et une sorte de pudeur sacre1 le germe de cette ironie spciale qui se plat traduire1 sous une forme terre terre et actuelle1 des paroles sacres ou seulement classiques4 ,l'uvre de ,renan est sans doute une grande uvre1 une uvre de gnie4 ,mais par moments on n'aurait pas beaucoup faire pour voir s'y esquisser comme une sort de ,belle ,hlne du ,christianisme4 7,note du traducteur47