,,maurice ,,maet]l9ck ,,la ,,mort ,,p>is ,,biblio?,,que-,,*>p5ti] ,,eug,,ne ,,fasquelle1 ,,diteur #aa1 ,,rue ,,de ,,gr5elle1 #aa #aiac ,t\s droits de reproduction1 de traduction et d'adaptation rs]vs p\r t\s pays4 ,copyright by ,,eug,,ne ,,fasquelle1 #aiac ,,ouvrages ,,de ,,maurice ,,maet]l9ck ,,la ,,sagesse ,,et ,,la ,,de/9,e 7#ej;e mille74 7,fasquelle1 dit47 #c fr4 #ej ,,la ,,vie ,,des ,,abeilles 7#fa;e mille74 7,fasquelle1 dit47 #c fr4 #ej ,,le ,,temple ,,enseveli 7#bd;e mille74 7,fasquelle47 #c fr4 #ej ,,le ,,d\ble ,,j>d9 7#ah;e mille74 7,fasquelle1 dit47 #c fr4 #ej ,l',,intellig5ce ,,des ,,fleurs 7#bi;e mille74 7,fasquelle1 dit47 #c fr4 #ej ,,le ,,tr,,sor ,,des ,,humbles 7#fd;e dition74 7,m]cure de ,france7 #c fr4 #ej ,,joyzelle1 pice en #e actes 7#aj;e mille74 7,fasquelle1 dit47 #c fr4 #ej ,,monna ,,vanna1 pice en #c actes 7#cf;e mille74 7,fasquelle1 dit47 #b fr4 ,,monna ,,vanna1 drame lyrique en #d actes et #e tableaux4 ,musique de ,h5ry ,fvri]4 7#f;e mille74 7,fasquelle1 dit47 #a fr4 ,l',,oiseau ,,bleu1 ferie en #e actes et #aj tableaux 7#cj;e mille74 7,fasquelle1 dit47 #c fr4 #ej ,,la ,,trag,,die ,,de ,,macbe?1 de ,william ,%akespe>e4 ,traduction n\velle avec une ,introduction et des ,notes 7#d;e mille7 #c fr4 #ej ,,?,,atre4 7,lacomblez1 diteur ,bruxelles1 ,belgique7 #c vol4 #c fr4 #ej ,,s]res ,,*audes 7posies74 7,lacomblez1 dit47 #c fr4 ,l',,ornem5t ,,des ,,noces ,,spirituelles1 de ,ruysbroeck l',admirable1 traduit du flam& et prcd d'une ,introduction4 7,lacomblez1 dit47 #e fr4 ,,les ,,disciples ,a ,,sa,s ,,et ,,les ,,fragm5ts ,,de ,,novalis1 traduits de l'allem& et prcds d'une ,introduction4 7,lacomblez1 dit47 #e fr4 ,,album ,,de ,,d\ze ,,*ansons4 7,/ock1 dit47 puis4 ,,il ,a ,t ,,tir ,,de ,,cet ,,ouvrage3 #bj exemplaires numrots sur papi] du ,japon2 #ajj exemplaires numrots sur papi] de ,holl&e4 ,,la ,,mort ,,*apitre ,,premi] ,,notre ,,inju/ice ,,env]s ,,la ,,mort ,i ,on l'a dit admirablem5t3 ,la mort6 c'e/ encore elle seule qu'il faut consult] sur la vie1 et non je ne sais quel av5ir et quelle survivance o n\s ne s]ons pas4 ,elle e/ notre propre f9 et t\t se passe dans un int]valle d'elle n\s4 ,qu'on ne me p>le pas de ces prolongem5ts illusoires qui ont sur n\s le pre/ige enfant9 du nombre2 qu'on ne me p>le pas1 moi qui m\rrai t\t enti]1 des socits et des peuples4 ,il n'y a de ralit1 il n'y a de dure vritable qu'entre un b]ceau et une tombe4 ,le re/e e/ grossissem5t1 spectacle1 optique va9e6 ,ils m'appell5t un matre cause de je ne sais quel pre/ige de ma p>ole et de mes p5ses1 mais je suis un enfant p]du devant la mort6#a4 #a ,m>ie ,l5ru4 ,les ,affran*is1 acte ,,iii1 scne ,,iv4 ,,ii ,voil o n\s en sommes4 ,il n'y a p\r n\s1 dans notre vie et dans notre univ]s qu'un vnem5t qui compte1 c'e/ notre mort4 ,elle e/ le po9t o se runit et conspire contre notre bonheur1 t\t ce qui *appe notre vigilance4 ,plus nos p5ses s'v]tu5t s'en c>t]1 plus elles se ress]r5t aut\r d'elle4 ,plus n\s la r$\tons1 plus elle e/ r$\table1 c> elle ne se n\rrit que de nos cra9tes4 ,qui *]*e l'oubli] en comble sa mmoire1 qui t5te de la fuir ne r5contre plus qu'elle4 ,elle (fusque t\t de son ombre4 ,mais si n\s y p5sons sans cesse1 c'e/ notre insu et sans appr5dre la connatre4 ,n\s contraignons notre att5tion lui t\rn] le dos1 au lieu d'all] elle visage lev4 ,n\s puisons1 en loign] notre volont1 t\tes les =ces qui p\rrai5t l'affront]4 ,n\s la livrons aux ma9s obscures de l'in/9ct et ne lui accordons pas une heure de notre intellig5ce4 ,e/-il tonnant que l'ide de la mort1 qui devrait tre la plus p>faite et la plus lum9euse de nos ides1 tant la plus assidue et la plus 9vitable de t\tes1 en demeure la plus infirme et la seule arrire8 ,comm5t connatrions-n\s l'unique puissance que n\s ne reg>dons jamais en face8 ,comm5t aurait-elle pr(it de cl>ts qui ne s'allum5t que p\r la fuir8 ,p\r sond] ses abmes1 n\s att5dons les m9utes les plus dbiles1 les plus saccages de la vie4 ,n\s ne p5sons elle que lorsque n\s n'avons plus la =ce1 je ne dis pas de p5s]1 mais de respir]4 ,un homme d'un autre sicle1 rev5ant p>mi n\s1 ne reconnatrait pas sans pe9e1 au fond d'une me d'auj\rd'hui1 l'image de ses dieux1 de son devoir1 de son am\r ou de son univ]s2 mais la figure de la mort1 qu& t\t e/ *ang aut\r d'elle1 et que mme ce qui la compose et dont elle dp5d s'e/ van\i1 il la retr\v]ait presque intacte1 telle qu'elle fut bau*e p> nos pres1 il y a des c5ta9es1 voire des milli]s d'annes4 ,notre intellig5ce dev5ue si h>die1 si active1 n'y a po9t travaill1 n'y a1 p\r a9si dire1 fait aucune ret\*e4 ,si n\s ne croyons plus aux supplices des damns1 t\tes les cellules vitales du plus incrdule d'entre n\s baign5t encore dans l'effroyable my/re du ,*ol des ,hbreux1 de l',_hs des paens ou de l'enf] *rti54 ,s'il n'e/ plus clair de flammes trop prcises1 le prcipice s'ouvre t\j\rs au b\t de l'exi/5ce et mo9s connu n'en e/ que plus r$\table4 ,aussi1 qu& se dta*e l'heure qui p5dait sur n\s et v]s laquelle n\s n'osions pas lev] les yeux1 t\t n\s manque la fois4 ,les deux ou trois p5ses inc]ta9es sur lesquelles n\s comptions n\s appuy]1 sans les avoir exam9es1 cd5t comme des roseaux s\s le poids des d]nires m9utes4 ,n\s *]*ons va9em5t un refuge p>mi des rflexions qui s'affol5t ou n\s sont trangres et ne connaiss5t pas les *em9s de notre coeur4 ,p]sonne ne n\s att5d sur le d]ni] rivage o ri5 n'e/ prt1 o ri5 n'e/ demeur deb\t que l'p\vante4 ,,iii ,il n'e/ pas digne d'un *rti5 7aj\tons d'un homme71 dit quelque "p ,bossuet1 le gr& pote du tombeau1 il n'e/ pas digne d'un *rti5 de ne s'v]tu] contre la mort qu'au mom5t qu'elle se prs5te p\r l'enlev]4 ,il s]ait salutaire que *acun de n\s en prp>t l'ide dans la cl>t des j\rs et dans la =ce de son intellig5ce et apprt s'y t5ir4 ,il dirait la mort3 ,je ne sais qui tu es1 s9on je s]ais ton matre2 mais aux j\rs o mes yeux y voyai5t plus haut qu'auj\rd'hui1 j'ai appris ce que tu n'es pas2 c'e/ assez p\r que tu ne devi5nes pas le mi54 ,il port]ait a9si1 grav dans la mmoire1 une image pr\ve contre laquelle ne prvaudrai5t po9t les d]nires angoisses et o s'irai5t rassur] les reg>ds assaillis de fantmes4 ,au lieu de l'effrayante prire des agonisants1 qui e/ la prire des abmes1 il dirait sa propre prire1 celle des sommets de sa vie o s]ai5t runies1 comme des anges de paix1 les p5ses les plus nettes1 les plus lucides de son exi/5ce4 ,n'e/-ce pas la prire p> excell5ce8 ,qu'e/-ce1 au fond1 qu'une vritable et digne prire1 s9on l'ef=t le plus ard5t et le plus ds9tress p\r atte9dre et saisir l'inconnu8 ,,iv ,il y a longtemps1 disait ,napolon1 que les mdec9s et les prtres r5d5t la mort d\l\reuse4 ,pompa mortis magis t]ret quam mors ipsa1 selon le mot de ,bacon4 ,appr5ons donc la reg>d] telle qu'elle e/ en soi1 c'e/--dire dgage des horreurs de la matire et dp\ille des t]reurs de l'imag9ation4 ,*assons d'abord t\t ce qui la prcde et qui n'e/ pas elle4 ,n\s lui imputons a9si les tortures de la d]nire maladie3 et ce n'e/ pas ju/e4 ,les maladies n'ont ri5 de commun avec ce qui les t]m9e4 ,elles app>ti5n5t la vie et non po9t la mort4 ,n\s oublions facilem5t les plus cruelles s\ffrances qui n\s r5d5t la sant1 et le premi] soleil de la convalesc5ce efface les plus insupportables s\v5irs de la *ambre d'am]tume4 ,mais que vi5ne la mort1 l'in/ant on l'accable de t\t le mal fait avant elle4 ,pas une l>me qui ne soit retr\ve et qu'on ne lui repro*e1 pas un cri de d\leur qui ne devi5ne un cri d'accusation4 ,elle porte seule le poids des erreurs de la nature ou de l'ignorance de la sci5ce qui ont inutilem5t prolong des supplices au nom desquels on la maudit p>ce qu'elle y met un t]me4 ,v ,en effet1 si les maladies app>ti5n5t la nature ou la vie1 l'agonie1 qui semble propre la mort1 e/ t\t entire aux ma9s des hommes4 ,or1 ce que n\s r$\tons le plus1 c'e/ l'abom9able lutte de la f91 et surt\t la suprme1 la t]rible seconde de rupture que n\s v]rons peut-tre s'avanc] durant de longues heures impuissantes1 et qui t\t d'un c\p n\s prcipit]a1 nus1 ds>ms1 ab&onns de t\s et dp\ills de t\t1 dans un inconnu qui e/ le lieu des seules p\vantes inv9cibles qu'ait jamais pr\ves l'me huma9e4 ,il y a d\ble inju/ice imput] la mort les supplices de cette seconde4 ,n\s v]rons plus lo9 de quelle faon un homme d'auj\rd'hui1 s'il veut re/] fidle ses p5ses1 doit se reprs5t] l'inconnu o elle n\s jette4 ,occupons-n\s ici du d]ni] combat4 ,a mesure que progresse la sci5ce1 se prolonge l'agonie qui e/ le mom5t le plus affreux1 et1 t\t au mo9s p\r ceux qui y assi/5t 7c> s\v5t la s5sibilit de celui qui e/ aux abois de la mort1 selon l'expression de ,bossuet1 dj trs m\sse1 ne p]oit plus que la rumeur lo9ta9e des s\ffrances qu'elle p>at endur]71 le sommet le plus aigu de la d\leur et de l'horreur huma9es4 ,t\s les mdec9s e/im5t que le premi] de leurs devoirs e/ de m5] aussi lo9 que possible les convulsions les plus atroces de l'agonie la plus dsespre4 ,qui donc1 au *evet d'un m\rant1 n'a v\lu v+t fois et n'a jamais os se jet] leurs pi$s p\r leur dem&] grce8 ,ils sont ple9s d'une telle c]titude1 et le devoir auquel ils obiss5t1 laisse si peu de place au mo9dre d\te1 que la piti et la raison1 aveugles p> les l>mes1 rprim5t leurs rvoltes et recul5t devant une loi que t\s reconnaiss5t et vnr5t comme la plus haute loi de la consci5ce huma9e4 ,,vi ,un j\r ce prjug n\s p>atra b>b>e4 ,ses rac9es plong5t aux cra9tes inav\es qu'ont laisses dans le coeur des religions mortes depuis longtemps dans la raison des hommes4 ,c'e/ p\rquoi les mdec9s agiss5t comme s'ils tai5t conva9cus qu'il n'e/ po9t de torture connue qui ne soit prfrable celles qui n\s att5d5t dans l'inconnu4 ,ils sembl5t p]suads que t\te m9ute gagne p>mi les s\ffrances les plus intolrables e/ drobe des s\ffrances incomp>ablem5t plus r$\tables que rs]v5t aux hommes les my/res d'outre-tombe2 et de deux maux1 p\r vit] celui qu'ils sav5t imag9aire1 *oisiss5t le seul rel4 ,au surplus1 s'ils ret>d5t a9si la f9 d'un supplice1 laquelle e/1 comme le dit le bon ,snque1 ce que ce supplice a de meilleur1 ils ne font que cd] l'erreur unanime qui r5=ce *aque j\r le c]cle o elle s'enf]me2 la prolongation de l'agonie accroissant l'horreur de la mort1 et l'horreur de la mort exigeant la prolongation de l'agonie4 ,,vii ,de leur ct1 ils dis5t ou p\rrai5t dire qu'en l'tat prs5t de la sci5ce1 deux ou trois cas excepts1 il n'y a jamais c]titude de mort4 ,ne pas s\t5ir la vie jusqu'aux d]nires limites1 ft-ce au prix de t\rm5ts ins\t5ables1 c'e/ peut-tre tu]4 ,sans d\te n'y a-t-il pas une *ance sur c5t mille que le malade r*appe4 ,il n'importe1 si cette *ance exi/e1 qui ne donn]a dans la plup>t des cas que quelques j\rs1 ou t\t au plus quelques mois d'une vie qui ne s]a plus la vraie vie1 mais bi5 plutt1 comme disait le lat91 une mort t5due1 ces c5t mille t\rm5ts inutiles n'auront pas t va9s4 ,une seule heure drobe la mort vaut t\te une exi/5ce de tortures4 ,ici sont en prs5ce deux valeurs qui ne se peuv5t comp>]2 et1 si l'on ent5d les pes] dans la mme balance1 il faut entass] sur le plateau qu'on voit t\t ce qui n\s re/e1 c'e/--dire t\tes les d\leurs imag9ables1 c> l'heure dcisive c'e/ le seul poids qui compte et qui soit assez l\rd p\r faire remont] de quelques lignes l'autre plateau qui plonge dans ce qu'on ne voit pas et que *>ge l'paisse tnbre d'un autre monde4 ,,viii ,accrue de tant d'horreurs trangres1 l'horreur de la mort devi5t telle que1 sans raisonn]1 n\s leur donnons raison4 ,il e/ p\rtant un po9t sur lequel ils comm5c5t de cd] et se mettre d'accord4 ,ils cons5t5t peu peu1 lorsqu'il ne re/e plus d'espoir1 s9on endormir1 du mo9s ass\pir les suprmes angoisses4 ,nagures1 aucun d'eux ne l'et os faire2 et encore auj\rd'hui1 beauc\p hsit5t1 compt5t en av>es et g\tte g\tte la clm5ce et la paix qu'ils dti5n5t et devrai5t prodigu]1 apprh5dant d'affaiblir les d]nires rsi/ances1 c'e/--dire les plus inutiles et les plus pnibles sursauts de la vie qui ne veut pas cd] la place au repos qui s'avance4 ,il ne m'app>ti5t pas de dcid] si leur piti p\rrait tre plus audacieuse4 ,il suffit de con/at] une fois de plus que t\t cela ne reg>de pas la mort4 ,cela se passe en avant et au-dess\s d'elle4 ,ce n'e/ pas l'arrive de la mort1 c'e/ le d"p de la vie qui e/ p\vantable4 ,ce n'e/ pas sur la mort1 mais sur la vie que n\s devons agir4 ,ce n'e/ pas la mort qui attaque la vie2 c'e/ la vie qui rsi/e injurieusem5t la mort4 ,les maux1 de t\tes p>ts1 acc\r5t son appro*e1 mais non son appel2 et s'ils se ramass5t aut\r d'elle1 ils ne v5ai5t pas avec elle4 ,accusez-v\s le sommeil de la fatigue qui v\s accable si v\s ne lui cdez po9t8 ,t\tes ces luttes1 ces att5tes1 ces alt]natives1 ces maldictions tragiques se tr\v5t encore sur le v]sant o n\s n\s accro*ons et non po9t de l'autre ct4 ,elles sont d'ailleurs accid5telles et provisoires et n'man5t que de notre ignorance4 ,t\t ce que n\s savons ne n\s s]t qu' m\rir plus d\l\reusem5t que les animaux qui ne sav5t ri54 ,un j\r vi5dra o la sci5ce se ret\rn]a contre son erreur et n'hsit]a plus acc\rcir nos disgrces4 ,un j\r vi5dra o elle os]a et agira c\p sr2 o la vie assagie s'en ira sil5cieusem5t son heure1 sa*ant son t]me atte9t1 comme elle se retire sil5cieusem5t *aque soir1 sa*ant sa t*e faite4 ,il n'y aura1 qu& le mdec9 et le malade auront appris ce qu'ils doiv5t appr5dre1 aucune raison physique ou mtaphysique p\r que la v5ue de la mort ne soit pas aussi bi5faisante que celle du sommeil4 ,peut-tre mme1 n'y ayant plus ri5 mnag]1 s]a-t-il possible de l'ent\r] d'ivresses plus pr(ondes et de songes plus beaux4 ,en t\t cas1 et ds auj\rd'hui1 disculpe de ce qui la prcde1 il s]a plus facile de l'envisag] sans cra9te et d'claircir ce qui la suit4 ,,ix ,telle que n\s n\s la reprs5tons d'habitude1 deux effrois se dress5t d]rire elle3 le premi] sans visage et sans =me1 qui envahit t\t l'espace de notre esprit2 l'autre plus prcis1 plus rduit1 mais presque aussi puissant1 qui frappe t\s nos s5s4 ,occupons-n\s d'abord de celui-ci4 ,de mme que n\s imputons la mort t\s les maux qui la prcd5t1 n\s joignons l'effroi qu'elle inspire t\t ce qui se passe d]rire elle1 lui faisant au d"p mme inju/ice qu' l'arrive4 ,e/-ce elle qui creuse nos tombeaux et n\s ordonne d'y g>d] ce qui e/ fait p\r disp>atre8 ,si n\s ne p\vons song] sans horreur ce qu'y devi5t l'tre aim1 e/-ce elle ou n\s qui l'y avons mis8 ,p>ce qu'elle emporte l'esprit en un lieu que n\s ignorons1 lui repro*]ons-n\s ce que n\s faisons de la dp\ille qu'elle n\s ab&onne8 ,elle desc5d p>mi n\s p\r dplac] une vie ou en *ang] la =me2 jugeons-la sur ce qu'elle fait et non po9t sur ce que n\s faisons avant qu'elle ne vi5ne ou lorsqu'elle n'e/ plus l4 ,et dj elle e/ lo9 qu& comm5ce l'effrayant travail que n\s n\s ef=ons de faire dur] le plus longtemps possible1 p]suads1 dirait-on1 qu'il e/ notre seule assurance contre l'oubli4 ,je sais bi5 que d'un autre po9t de vue que l'huma9 ce travail e/ =t innoc5t2 et que1 reg>de d'assez haut1 la *air qui se dcompose n'e/ pas plus rpugnante qu'une fleur qui se fane ou une pi]re qui s'effrite4 ,mais enf91 il abuse nos s5s1 tonne notre mmoire1 abat notre c\rage2 alors qu'il s]ait si facile d'vit] la malfaisante preuve4 ,purifi p> le feu1 le s\v5ir vit dans l'azur comme une belle ide2 et la mort n'e/ plus qu'une naissance immortelle dans un b]ceau de flammes4 ,c'e/ ce qu'ont bi5 compris les peuples les plus sages et les plus heureux de l'hi/oire4 ,ce qui se passe dans nos tombes empoisonne nos p5ses en mme temps que nos corps4 ,la figure de la mort1 dans l'imag9ation des hommes1 dp5d avant t\t de la =me de la spulture2 et les rites funraires ne rgl5t pas seulem5t le sort de ceux qui p>t5t1 mais encore le bonheur de ceux qui demeur5t1 c> ils dress5t t\t au fond de la vie la gr&e image sur laquelle vi5n5t s'apais] ou se dsespr] leurs yeux4 ,x ,il n'e/ donc qu'un seul effroi propre la mort3 celui de l'inconnu o elle n\s prcipite4 ,en l'affrontant1 ne n\s att>dons pas c>t] de notre esprit t\t ce qu'y ont laiss les religions positives4 ,rappelons-n\s seulem5t que ce n'e/ pas n\s de pr\v] qu'elles ne sont po9t pr\ves2 mais elles d'tablir qu'elles sont vraies4 ,or il n'en e/ pas une qui n\s apporte une preuve devant laquelle puisse s'incl9] une intellig5ce de bonne foi4 ,encore ne suffirait-il pas qu'elle se pt incl9]2 il faudrait1 p\r que l'homme pt lgitimem5t croire et born] a9si sa re*]*e inf9ie1 que la preuve ft irrsi/ible4 ,le ,dieu que n\s (fre la meilleure et la plus puissante d'entre elles1 n\s a donn notre raison p\r n\s en s]vir dans sa loyaut et sa plnitude2 c'e/--dire p\r t*] d'atte9dre1 avant t\t1 en t\tes *oses1 ce qui lui p>at tre la vrit4 ,peut-il exig] que n\s acceptions malgr elle une croyance dont les plus sages et les plus ard5ts df5seurs ne ni5t pas1 du po9t de vue huma91 l'inc]titude8 ,il ne n\s propose qu'une hi/oire des plus d\teuses1 qui1 mme sci5tifiquem5t tablie1 ne s]ait qu'une belle leon de morale et qu'tay5t des prophties et des miracles non mo9s inc]ta9s4 ,faut-il rappel] ici que ,pascal1 p\r df5dre cette croyance dj *ancelante alors qu'elle semblait son apoge1 a va9em5t t5t une dmon/ration dont l'aspect suffirait dtruire les d]ni]s re/es de foi dans une me hsitante8 ,si une seule des preuves habituelles que n\s (fr5t les ?ologi5s et qu'il connaissait mieux que nul autre1 en ayant fait l'tude exclusive des d]nires annes de sa vie1 si une seule de ces preuves avait pu rsi/] l'exam51 son gnie1 l'un des trois ou quatre gnies les plus pr(onds et les plus lucides qu'ait possds l'humanit1 lui et donn une =ce sans d\te irrsi/ible4 ,mais il ne s'att>de pas ces argum5ts dont il s5t trop la faiblesse2 il les c>te avec dda91 il tire gloire et une sorte de joie de leur inanit3 ,qui blm]a donc les *rti5s de ne p\voir r5dre raison de leur crance1 eux qui pr(ess5t une religion dont ils ne peuv5t r5dre raison8 ,ils dcl>5t en l'exposant au monde que c'e/ une sottise1 /ultitiam2 et puis v\s v\s plaignez de ce qu'ils ne la pr\v5t pas6 ,s'ils la pr\vai5t1 ils ne ti5drai5t pas p>ole2 c'e/ en manquant de preuves qu'ils ne manqu5t pas de s5s4 ,son argum5t unique1 le seul auquel il se raccro*e et consacre t\tes les puissances de son gnie1 c'e/ la condition mme de l'homme dans l'univ]s1 mlange inconcevable de gr&eur et de misre1 qui ne peut s'expliqu] que p> le my/re de la *ute orig9elle2 c> l'homme e/ plus inconcevable sans ce my/re que ce my/re n'e/ inconcevable l'homme4 ,il e/ donc rduit tablir la vracit des critures p> un argum5t tir de ces critures mmes qui sont en "q2 et1 ce qui e/ plus grave1 expliqu] un l>ge et gr& my/re inconte/able1 p> un my/re troit1 petit et b>b>e1 qui ne repose que sur la lg5de qu'il s'agit de pr\v]4 ,et1 soit dit en passant1 c'e/ *ose trs fune/e que de remplac] un my/re p> un my/re mo9dre4 ,dans la hir>*ie de l'inconnu1 l'humanit monte t\j\rs du plus petit au plus gr&4 ,au contraire1 desc5dre du plus gr& au plus petit1 c'e/ ret\rn] la sauvag]ie primitive o l'on va jusqu' remplac] l'inf9i p> un fti*e ou une amulette4 ,la gr&eur de l'homme se mesure celle des my/res qu'il cultive ou devant lesquels il s'arrte4 ,p\r rev5ir ,pascal1 il s5t donc que t\t crole1 et1 dans la dr\te de la raison huma9e1 il n\s propose enf9 le mon/rueux p>i qui e/ l'aveu suprme de la faillite et du dsespoir de sa foi4 ,dieu1 dit-il1 c'e/--dire son ,dieu et la religion *rti5ne avec t\s ses prceptes et t\tes ses consqu5ces1 ,dieu exi/e ou n'exi/e pas4 ,n\s ne p\vons1 p> argum5ts huma9s1 pr\v] qu'il exi/e ou qu'il n'exi/e pas4 ,s'il y a un ,dieu1 il e/ inf9im5t incomprh5sible1 puisque n'ayant ni p>ties ni bornes1 il n'a nul rapport n\s4 ,n\s sommes donc incapables de connatre ni ce qu'il e/ ni s'il e/4 ,il e/ ou n'e/ pas4 ,mais de quel ct p5*]ons-n\s8 ,la raison n'y peut ri5 dt]m9]4 ,il y a un *aos inf9i qui n\s sp>e4 ,il se j\e un jeu l'extrmit de cette di/ance inf9ie1 o il arriv]a croix ou pile4 ,que gag]ez-v\s8 ,p> raison1 v\s ne p\vez faire ni l'un ni l'autre2 p> raison1 v\s ne p\vez df5dre nul des deux4 ,le ju/e s]ait de ne po9t p>i]4--,oui1 mais il faut p>i]3 cela n'e/ pas volontaire1 v\s tes emb>qu4 ,ne pas p>i] que ,dieu exi/e1 c'e/ p>i] qu'il n'exi/e pas1 de quoi il v\s punira t]nellem5t4 ,que risquez-v\s donc p>i]1 t\t has>d1 qu'il exi/e8 ,s'il n'e/ pas1 v\s p]dez quelques pauvres plaisirs1 quelques misrables aises de cette vie1 puisque vos petits sacrifices ne s]ont pas rcomp5ss2 s'il exi/e1 v\s gagnez une t]nit de bonheurs indicibles4--,il e/ vrai1 mais malgr t\t1 je suis fait d'une telle sorte que je ne puis croire4--,qu' cela ne ti5ne1 suivez la manire p> o ont comm5c ceux qui croi5t et qui d'abord ne croyai5t pas non plus3 ,c'e/ en faisant t\t comme s'ils croyai5t1 en pr5ant de l'eau bnite1 en faisant dire des messes1 etc4 ,naturellem5t1 mme cela v\s f]a croire et v\s abtira4--,mais c'e/ ce que je cra9s4--,et p\rquoi8 qu'avez-v\s p]dre8 ,prs de trois sicles d'apologtique n'ont pas aj\t un argum5t valable cette page t]rible et dsespre de ,pascal4 ,c'e/ donc l t\t ce qu'a tr\v l'intellig5ce huma9e p\r n\s =c] de croire4 ,si le ,dieu qui exige notre foi ne veut pas que n\s n\s dcidions d'aprs notre raison1 d'aprs quoi donc faut-il que se fasse notre *oix8 ,d'aprs l'usage8 d'aprs les has>ds de la race ou de la naissance2 d'aprs on ne sait quelle pile ou face e/htique ou s5tim5tale8 ,ou bi5 a-t-il mis en n\s une autre facult plus haute et plus sre devant laquelle doive cd] l'ent5dem5t8 ,o se tr\ve-t-elle8 ,quel e/ son nom8 ,si ce ,dieu n\s punit p\r n'avoir pas aveuglm5t suivi une foi qui ne s'impose pas irrsi/iblem5t l'intellig5ce qu'il n\s a donne1 s'il n\s *tie p\r n'avoir pas fait devant la gr&e nigme qu'il n\s impose un *oix que rpr\ve ce qu'il a mis en n\s de meilleur et de plus semblable lui-mme1 n\s n'avons plus ri5 rpondre2 n\s sommes les dupes d'un jeu cruel et incomprh5sible1 n\s sommes les victimes d'un effroyable pige et d'une imm5se inju/ice2 et quels que soi5t les supplices dont celle-ci n\s accable1 ils s]ont mo9s intolrables que l't]nelle prs5ce de celui qui en e/ l'auteur4 ,,*apitre ,,ii ,l',,an,,antissem5t ,i ,n\s voici devant l'abme4 ,il e/ vide de t\s les songes dont l'avai5t peupl nos pres4 ,ils croyai5t savoir ce qui s'y tr\ve2 n\s savons seulem5t ce qui ne s'y tr\ve po9t4 ,il s'e/ t5du de t\t ce que n\s avons appris ignor]4 ,en att5dant qu'une c]titude sci5tifique y int]rompe les tnbres--c> l'homme a le droit d'espr] ce qu'il ne conoit pas encore1--le seul po9t qui n\s intresse1 p>ce qu'il se tr\ve dans le petit c]cle que trace au plus noir de la nuit notre intellig5ce actuelle1 e/ de savoir si l'inconnu o n\s allons n\s s]a oui ou non r$\table4 ,hors des religions1 quatre solutions1 sans plus1 sont imag9ables3 l'anantissem5t total1 la survivance avec notre consci5ce d'auj\rd'hui1 la survivance sans aucune espce de consci5ce1 enf9 la survivance dans la consci5ce univ]selle ou avec une consci5ce qui ne soit pas la mme que celle dont n\s j\issons en ce monde4 ,l'anantissem5t total e/ impossible4 ,n\s sommes prisonni]s d'un inf9i sans issue o ri5 ne prit1 o t\t se disp]se1 mais o ri5 ne se p]d4 ,ni un corps ni une p5se ne peuv5t tomb] hors de l'univ]s1 hors du temps et de l'espace4 ,pas un atome de notre *air1 pas une vibration de nos n]fs n'iront o ils ne s]ai5t plus1 puisqu'il n'e/ pas de lieu o ri5 n'e/ plus4 ,la cl>t d'une toile te9te depuis des millions d'annes erre encore dans l'!r o nos yeux la r5contr]ont peut-tre ce soir1 t&is qu'elle p\rsuit sa r\te sans t]me4 ,il en e/ a9si de t\t ce que n\s voyons comme de t\t ce que n\s ne voyons po9t4 ,p\r p\voir anantir une *ose1 c'e/--dire la jet] au nant1 il faudrait que le nant pt exi/]2 et s'il exi/e1 s\s quelque =me que ce soit1 il n'e/ plus le nant4 ,ds que n\s t5tons de l'analys]1 de le df9ir ou de le compr5dre1 les expressions et les p5ses n\s manqu5t ou crent ce qu'elles s'v]tu5t ni]4 ,il e/ aussi contraire la nature de notre raison et vraisemblablem5t de t\te raison imag9able1 de concevoir le nant que de concevoir des limites l'inf9i4 ,il n'e/ au surplus qu'un inf9i ngatif1 une sorte d'inf9i de tnbres oppos celui que notre intellig5ce s'ef=ce d'clair]1 ou plutt1 il n'e/ qu'un nom d'enfant dont elle a baptis ce qu'elle n'avait pas t5t d'embrass]2 c> n\s appelons nant t\t ce qui *appe nos s5s ou notre raison et exi/e notre insu4 ,mais1 dira-t-on peut-tre1 si l'anantissem5t de t\s les mondes et de t\tes *oses e/ impossible1 il e/ mo9s c]ta9 que leur mort le soit2 et p\r n\s1 quelle diffr5ce entre le nant et la mort t]nelle8 ,ici encore notre imag9ation et les mots n\s induis5t en erreur4 ,non plus que le nant1 n\s ne p\vons concevoir la mort4 ,n\s c\vrons de ce t]me les petites p>ties du nant que n\s croyons compr5dre2 mais1 en y reg>dant de prs1 n\s devons reconnatre que l'ide que n\s n\s faisons de la mort e/ trop purile p\r qu'elle puisse cont5ir la mo9dre vrit4 ,elle n'e/ pas plus haute que notre propre corps et ne peut mesur] les de/9es de l',univ]s4 ,n\s appelons mort t\t ce qui a une vie un peu diffr5te de la ntre4 ,a9si faisons-n\s p\r un monde qui n\s p>at immobile et glac1 comme la ,lune p> exemple1 p>ce que n\s sommes p]suads que t\te exi/5ce animale ou vgtale y e/ jamais te9te4 ,mais n\s avons appris depuis quelques annes que la matire la plus in]te en app>5ce e/ anime de m\vem5ts si puissants et si furieux que t\te vie animale ou vgtale n'e/ plus que sommeil et immobilit au reg>d des t\rbillons v]tig9eux et de l'n]gie incomm5surable que r5f]me une pi]re du *em94 ,!re is no room = dea?6 ,il n'y a pas de place p\r la mort6 s'crie quelque "p la gr&e ,emily ,bront4 ,mais alors mme que dans la suite inf9ie des sicles1 t\te matire devi5drait rellem5t in]te et immobile1 elle n'en subsi/]ait pas mo9s s\s une =me ou s\s une autre2 et subsi/]1 ft-ce dans l'immobilit totale1 ne s]ait en df9itive qu'une =me enf9 /able et sil5cieuse de la vie4 ,t\t ce qui meurt tombe dans la vie2 et t\t ce qui nat a le mme ge que ce qui meurt4 ,si la mort n\s portait au nant1 la naissance n\s tir]ait donc de ce mme nant8 ,p\rquoi ceci s]ait-il plus impossible que cela8 ,plus s'lve et s'accrot la p5se huma9e1 mo9s le nant et la mort devi5n5t comprh5sibles4 ,en t\t cas1 et c'e/ ce qui importe ici1 si le nant tait possible1 ne p\vant tre quoi que ce soit1 il ne saurait tre r$\table4 ,,*apitre ,,iii ,,la ,,survivance ,,de ,,la ,,consci5ce ,i ,vi5t ensuite la survivance avec notre consci5ce actuelle4 ,j'ai abord cette "q dans un essai sur l',immortalit1 dont je reproduirai quelques passages ess5tiels1 me bornant les tay] de considrations n\velles4 ,de quoi donc se compose ce s5tim5t du moi qui fait de *acun de n\s le c5tre de l',univ]s1 le seul po9t qui importe dans l'espace et le temps8 ,e/-il =m de s5sations de notre corps ou de p5ses indp5dantes de celui-ci8 ,notre corps aurait-il consci5ce de lui-mme sans notre p5se1 et d'autre "p1 notre p5se sans notre corps1 que s]ait-elle8 ,n\s connaissons des corps sans p5se1 mais non po9t de p5se sans corps4 ,une intellig5ce qui n'aurait aucun s5s1 aucun organe p\r la crer et l'alim5t]1 il e/ peu prs c]ta9 qu'elle exi/e2 mais il e/ impossible d'imag9] que la ntre puisse exi/] a9si t\t en demeurant p>eille celle qui tirait de notre s5sibilit t\t ce qui l'animait4 ,ce moi1 tel que n\s le concevons qu& n\s songeons aux suites de sa de/ruction1 n'e/ donc ni notre esprit ni notre corps1 puisque n\s reconnaissons qu'ils sont l'un et l'autre des flots qui s'c\l5t et se r5\vell5t sans cesse4 ,e/-ce un po9t immuable qui ne saurait tre la =me ni la sub/ance1 t\j\rs en volution1 ni la vie1 cause ou effet de la =me et de la sub/ance8 ,en vrit1 il n\s e/ impossible de le saisir ou de le df9ir1 de dire o il rside4 ,lorsqu'on veut remont] jusqu' sa d]nire s\rce1 on ne tr\ve gure qu'une suite de s\v5irs1 une srie d'ides d'ailleurs confuses et v>iables1 se ratta*ant au mme in/9ct de vivre2 un ensemble d'habitudes de notre s5sibilit et de ractions consci5tes ou inconsci5tes contre les phnomnes environnants4 ,en somme1 le po9t le plus fixe de cette nbuleuse e/ notre mmoire1 qui semble d'autre "p une facult assez extrieure1 assez accessoire1 en t\t cas1 une des plus fragiles de notre c]veau1 une de celles qui disp>aiss5t le plus promptem5t au mo9dre tr\ble de notre sant4 ,cela mme1 a dit trs ju/em5t un pote anglais1 qui dem&e gr&s cris l't]nit1 e/ ce qui prira en moi4 ,,ii ,il n'importe2 ce moi si inc]ta91 si insaisissable1 si fugitif et si prcaire1 e/ tellem5t le c5tre de notre tre1 n\s intresse si exclusivem5t1 que t\tes les ralits s'effac5t devant ce fantme4 ,il n\s e/ indiffr5t que1 durant l't]nit1 notre corps ou sa sub/ance connaisse t\s les bonheurs et t\tes les gloires1 subisse les trans=mations les plus magnifiques et les plus dlicieuses1 devi5ne fleur1 p>fum1 beaut1 cl>t1 !r1 toile2--et il e/ c]ta9 qu'il les devi5t et que ce n'e/ po9t dans nos cimetires mais dans l'espace1 la lumire et la vie que n\s devons *]*] nos morts1--il n\s e/ p>eillem5t indiffr5t que notre intellig5ce s'pan\isse jusqu' se ml] l'exi/5ce des mondes1 la compr5dre et la dom9]4 ,n\s sommes p]suads que t\t cela ne n\s t\*]a po9t1 ne n\s f]a aucun plaisir1 ne n\s arriv]a pas1 mo9s que cette mmoire de quelques faits1 presque t\j\rs insignifiants1 ne n\s accompagne et ne soit tmo9 de ces bonheurs inimag9ables4 ,il m'e/ gal1 se dit ce moi born et b ne ri5 compr5dre1 il m'e/ gal que les p>ties les plus hautes1 les plus libres1 les plus belles de mon esprit soi5t t]nellem5t vivantes et lum9euses dans les suprmes allgresses2 elles ne sont plus moi1 je ne les connais plus4 ,la mort a tran* le rseau de n]fs ou de s\v5irs qui les ratta*ait je ne sais quel c5tre o se tr\ve le po9t que je s5s tre t\t moi-mme4 ,dlies a9si et flottant dans l'espace et le temps1 leur sort m'e/ aussi trang] que celui des plus lo9ta9es toiles4 ,t\t ce qui advi5t n'exi/e p\r moi qu' la condition que je le puisse ram5] cet tre my/rieux1 qui e/ je ne sais o et prcism5t nulle "p et que je promne comme un miroir p> ce monde dont les phnomnes ne pr5n5t corps qu'autant qu'ils s'y soi5t reflts4 ,,iii ,a9si1 notre dsir d'immortalit se dtruit en se =mulant1 att5du que c'e/ sur une des p>ties accessoires et des plus fugaces de notre vie totale1 que n\s fondons t\t l'intrt de notre survivance4 ,il n\s semble que si notre exi/5ce ne se cont9ue pas avec la plup>t des misres1 des petitesses et des dfauts qui la c>actris5t1 ri5 ne la di/+u]a de celle des autres tres2 qu'elle devi5dra une g\tte d'ignorance dans l'ocan de l'inconnu1 et que ds lors1 t\t ce qui s'en suivra ne n\s reg>de plus4 ,quelle immortalit peut-on promettre aux hommes qui presque ncessairem5t la conoiv5t a9si8 ,qu'y faire8 n\s dit un in/9ct puril mais pr(ond4 ,t\te immortalit qui ne trane pas trav]s l't]nit1 comme le b\let du =at que n\s fmes1 cette biz>re consci5ce =me durant quelques annes de m\vem5t1 t\te immortalit qui ne porte pas ce signe indlbile de notre id5tit1 e/ p\r n\s comme si elle n'tait po9t4 ,la plup>t des religions l'ont bi5 compris1 qui ont t5u compte de cet in/9ct qui dsire et dtruit en mme temps la survie4 ,c'e/ a9si que l'glise ca?olique1 remontant jusqu'aux esprances les plus primitives1 n\s g>antit non seulem5t le ma9ti5 intgral de notre moi t]re/re1 mais mme la rsurrection dans notre propre *air4 ,voil le c5tre de l'nigme4 ,cette petite consci5ce1 ce s5tim5t d'un moi spcial1 presque enfant9 et en t\t cas extraord9airem5t born1 infirmit probable de notre intellig5ce actuelle1 exig] qu'il n\s accompagne dans l'inf9i des temps p\r que n\s compr5ions celui-ci1 que n\s en j\issions1 n'e/-ce pas v\loir p]cevoir un objet l'aide d'un organe qui n'e/ pas de/9 cette p]ception8 ,n'e/-ce pas dem&] que notre ma9 dc\vre la lumire ou que notre oeil soit s5sible aux p>fums8 ,n'e/-ce pas1 d'autre "p1 agir comme un malade qui1 p\r se retr\v]1 tre sr qu'il e/ bi5 lui-mme1 croirait qu'il e/ ncessaire de cont9u] sa maladie dans la sant et dans la suite illimite des j\rs8 ,la comp>aison e/ d'ailleurs plus exacte que ne l'e/ d'habitude une comp>aison4 ,reprs5tez-v\s un aveugle en mme temps p>alytique et s\rd4 ,il e/ en cet tat depuis sa naissance et vi5t d'atte9dre sa tr5time anne4 ,qu'auront brod les heures sur le tissu sans images de cette pauvre vie8 ,le malheureux doit avoir recueilli au fond de sa mmoire1 dfaut d'autres s\v5irs1 quelques *tives s5sations de *aud et de froid1 de fatigue et de repos1 de d\leurs physiques plus ou mo9s vives1 de soif et de faim4 ,il e/ probable que t\tes les joies huma9es1 t\tes les esprances et t\s les songes de l'idal et de nos p>adis1 se rduiront p\r lui au bi5-tre confus qui suit l'apaisem5t d'une d\leur4 ,voil donc la seule armature possible de cette consci5ce et de ce moi4 ,l'intellig5ce n'ayant jamais t sollicite du dehors1 dormira pr(ondm5t en s'ignorant elle-mme4 ,nanmo9s1 le misrable aura sa petite vie quoi il ti5dra p> des li5s aussi troits1 aussi ard5ts que le plus heureux des hommes4 ,il r$\t]a la mort2 et l'ide d'entr] dans l't]nit sans y emport] les motions et les s\v5irs de son grabat1 de ses tnbres et de son sil5ce1 le plong]a dans le dsespoir o n\s plonge la p5se d'ab&onn] p\r les glaces et la nuit de la tombe une vie de gloire1 de lumire et d'am\r4 ,,iv ,supposons qu'un miracle anime t\t c\p ses yeux et ses oreilles1 lui rvle1 p> la f5tre ouv]te au *evet de son lit1 l'aurore sur la campagne1 le *ant des oiseaux dans les arbres1 le murmure du v5t dans les feuilles et de l'eau sur les rives1 l'appel transp>5t des voix huma9es p>mi les coll9es mat9ales4 ,supposons encore que le mme miracle1 a*evant son oeuvre1 lui donne l'usage de ses membres4 ,il se lve1 il t5d les bras ce prodige qui p\r lui n'a pas encore de vraisemblance ni de nom3 la lumire6 ,il ouvre la porte1 *ancelle p>mi les bl\issem5ts et t\t son corps se fond en t\tes ces m]veilles4 ,il entre dans une vie indicible1 dans un ciel qu'aucun rve n'avait su press5tir2 et1 p> un caprice =t admissible en ces sortes de gurisons1 la sant en l'introduisant dans cette exi/5ce inconcevable et in9telligible1 efface en lui t\t s\v5ir des j\rs passs4 ,quel s]a l'tat de ce moi1 de ce foy] c5tral1 rceptacle de t\tes nos s5sations1 lieu o conv]ge t\t ce qui app>ti5t en propre notre vie1 po9t suprme1 po9t gotique de notre tre1 si l'on peut has>d] ce nologisme8 ,la mmoire abolie1 retr\v]a-t-il en lui quelques traces de l'homme antrieur8 ,une =ce n\velle1 l'intellig5ce1 s'veillant et dployant s\da9 une activit in\e1 quel rapport cette intellig5ce g>d]a-t-elle avec le g]me in]te et sombre d'o elle s'e/ leve8 ,a quels angles de son pass se raccro*]a-t-il p\r se cont9u]8 ,subsi/]a-t-il en lui quelque s5tim5t ou quelque in/9ct1 indp5dant de la mmoire1 de l'intellig5ce et de je ne sais quelles autres facults1 qui lui f]a reconnatre que c'e/ bi5 en lui que vi5t d'clat] le miracle librateur1 que c'e/ bi5 sa vie et non celle de son vois91 trans=me1 mconnaissable1 mais sub/antiellem5t id5tique1 qui1 sortie des tnbres et du sil5ce1 se prolonge dans la lumire et l'h>monie8 ,p\vons-n\s imag9] le ds>roi1 les flux et reflux de cette consci5ce affole8 ,savons-n\s de quelle faon le moi d'hi] s'unira au moi d'auj\rd'hui1 et comm5t le po9t gotique1 le po9t s5sible de la p]sonnalit1 le seul que n\s t5ions cons]v] intact1 se comport]a dans ces dlires et ces b\lev]sem5ts8 ,essayons d'abord de rpondre avec une prcision suffisante cette "q qui e/ du doma9e de notre vie actuelle et visible2 et si n\s ne p\vons le faire1 comm5t espr] de rs\dre l'autre problme qui se dresse devant t\t homme l'in/ant de la mort8 ,v ,ce po9t s5sible o se rsume t\t le problme1 c> il e/ le seul en "q2 et la rs]ve de ce qui le conc]ne1 l'immortalit e/ c]ta9e1 ce po9t my/rieux1 auquel1 en prs5ce de la mort1 n\s atta*ons un tel prix1 il e/ assez trange que n\s le p]dions t\t mom5t dans la vie1 sans pr\v] la mo9dre inquitude4 ,non seulem5t *aque nuit il s'anantit dans notre sommeil1 mais mme l'tat de veille1 il e/ la m]ci d'une f\le d'accid5ts4 ,une blessure1 un *oc1 une indisposition1 quelques v]res d'alcool1 un peu d'opium1 un peu de fume suffit l'altr]4 ,mme qu& ri5 ne le tr\ble1 il n'e/ pas con/amm5t s5sible4 ,il faut s\v5t un ef=t1 un ret\r sur n\s-mmes p\r le ressaisir1 p\r pr5dre consci5ce que tel ou tel vnem5t n\s advi5t4 ,a la mo9dre di/raction1 un bonheur passe ct de n\s sans n\s t\*]1 sans n\s livr] le plaisir qu'il r5f]me4 ,on dirait que les fonctions de cet organe p> quoi n\s gtons la vie et la rapportons n\s-mmes1 sont int]mitt5tes1 et que la prs5ce de notre moi1 except dans la d\leur1 n'e/ qu'une suite rapide et p]ptuelle de dp>ts et de ret\rs4 ,ce qui n\s tranquillise1 c'e/ qu'au rveil1 aprs la blessure1 le *oc1 la di/raction1 n\s n\s croyons srs de le retr\v] intact1 au lieu que n\s n\s p]suadons1 tant n\s le s5tons fragile1 qu'il doit jamais disp>atre dans l'effroyable sec\sse qui sp>e la vie de la mort4 ,,vi ,une premire vrit1 en en att5dant d'autres que l'av5ir dvoil]a sans d\te1 c'e/ qu'en ces que/ions de vie ou de mort1 notre imag9ation e/ demeure bi5 enfant9e4 ,presque p>t\t ailleurs1 elle prcde la raison2 mais ici elle s'att>de encore aux jeux des premi]s ges4 ,elle s'ent\re des rves et des dsirs b>b>es dont elle b]ait les cra9tes et les esprances de l'homme des cav]nes4 ,elle dem&e des *oses impossibles1 p>ce qu'elles sont trop petites4 ,elle rclame des privilges qui1 obt5us1 s]ai5t plus r$\tables que les plus normes dsa/res dont n\s m5ace le nant4 ,p\vons-n\s p5s] sans frmir une t]nit enf]me t\t entire en notre infime consci5ce actuelle8 ,et voyez comme en t\t ceci n\s obissons aux caprices illogiques de celle qu'on appelait autrefois la folle du logis4 ,qui de n\s1 s'il s'endormait ce soir avec la c]titude sci5tifique et exprim5tale de se rveill] dans c5t ans1 tel qu'il e/ auj\rd'hui et dans son corps intact1 mme la condition de p]dre t\t s\v5ir de sa vie antrieure 7ces s\v5irs ne s]ai5t-ils pas inutiles871 qui de n\s n'accueill]ait ce sommeil sculaire avec la mme confiance que le d\x et bref sommeil de *aque nuit8 ,il n'y aurait cep5dant entre la mort vritable et ce sommeil que la diffr5ce de ce rveil att>d d'un sicle1 rveil aussi trang] celui qui s'tait endormi que le s]ait la naissance d'un enfant po/hume4 ,ou bi51 supposez1 dit peu prs ,s*op5hau] quelqu'un qui ne veut pas admettre une immortalit o il n'emport]ait po9t sa consci5ce1 supposez que p\r v\s arra*] quelque insupportable d\leur1 on v\s g>antisse le rveil et le ret\r la consci5ce aprs un sommeil totalem5t inconsci5t de trois mois8--,je l'accept]ais volonti]s4--,mais si1 les trois mois c\ls1 on v\s oubliait1 et qu'on ne v\s rveillt qu'au b\t de dix mille ans1 qu'en sauriez-v\s8 ,et le sommeil comm5c1 que v\s importe qu'il dure trois mois ou t\j\rs8 ,,vii ,considrons donc que t\t ce qui compose notre consci5ce vi5t d'abord de notre corps4 ,notre p5se ne fait qu'organis] ce qui lui e/ f\rni p> nos s5s2 et les images et les mots1--qui ne sont au fond que des images-- l'aide desquels elle s'ef=ce de s'arra*] ces s5s et de ni] leur royaut lui sont encore prts p> eux4 ,comm5t cette p5se p\rrait-elle demeur] ce qu'elle tait1 qu& il ne lui re/]a ri5 de ce qui la =mait8 ,lorsqu'elle n'aura plus de corps1 qu'emport]a-t-elle dans l'inf9i p\r s'y reconnatre1 elle qui ne se connaissait que grce ce corps8 ,quelques s\v5irs d'une vie commune8 ,e/-ce que ces s\v5irs1 qui dj s'effaai5t en ce monde1 suffiront la sp>] jamais du re/e de l'univ]s1 dans l'espace sans bornes et le temps sans limites8 ,mais1 dira-t-on1 dans notre moi il n'y a pas seulem5t ce qu'y dc\vre notre intellig5ce4 ,il y a en n\s beauc\p de *oses que nos s5s n'y ont pas mises2 il s'y ca*e un tre suprieur celui que n\s connaissons4 ,c'e/ probable1 voire c]ta92 la "p de l'inconsci5t1 c'e/--dire de ce qui reprs5te l',univ]s1 e/ norme et prpondrante4 ,mais comm5t le moi que n\s connaissons et dont seule n\s importe la de/9e1 reconnatra-t-il t\tes ces *oses et cet tre suprieur qu'il n'a jamais connus8 ,que f]a-t-il en prs5ce de cet trang]8 ,si l'on me dit que cet trang] c'e/ moi-mme1 je veux bi5 l'accord]2 mais ce qui sur cette t]re ress5tait et mesurait mes joies et mes d\leurs et faisait natre les quelques s\v5irs et p5ses qui me re/5t1 tait-ce cet inconnu immobile et invisible qui exi/ait en moi sans que je m'en d\tasse1 comme je vais probablem5t vivre en lui sans qu'il s'occupe d'une prs5ce qui ne lui apport]a que la misrable mmoire d'une *ose qui n'e/ plus8 ,ma9t5ant qu'il a pris ma place en dtruisant p\r acqurir une plus va/e consci5ce t\t ce qui =mait ma petite consci5ce d'ici-bas1 n'e/-ce pas une autre vie qui comm5ce1 dont les bonheurs ou les malheurs pass]ont p>-dessus ma tte sans effleur] de leurs ailes n\velles ce que je me s5s tre auj\rd'hui8 ,,viii ,enf91 comm5t expliqu] qu'en cette consci5ce qui devrait n\s survivre1 l'inf9i qui prcde notre naissance n'ait pas laiss de trace8 ,n'avions-n\s aucune consci5ce dans cet inf9i1 ou l'aurions-n\s p]due en v5ant sur t]re2 et la cata/rophe qui fait t\te la t]reur de la mort se s]ait-elle produite l'in/ant de notre naissance8 ,on ne saurait ni] que cet inf9i ait sur n\s les mmes droits que celui qui suit notre dcs4 ,n\s sommes les enfants du premi] comme du second et n\s p>ticipons ncessairem5t des deux4 ,si v\s s\t5ez que v\s s]ez t\j\rs1 v\s devez admettre que v\s tes depuis t\j\rs2 on ne peut imag9] l'un sans tre =c d'imag9] l'autre4 ,si ri5 ne f9it1 ri5 ne comm5ce1 att5du que ce comm5cem5t s]ait la f9 de quelque *ose4 ,or1 bi5 que j'exi/e depuis t\j\rs1 je n'ai aucune consci5ce de mon exi/5ce antrieure1 t&is qu'il me faudra port] jusqu'aux horizons sans bornes des sicles sans f91 la petite consci5ce acquise durant le mom5t qui s'c\le entre ma naissance et ma mort4 ,mon moi vritable1 qui va dev5ir t]nel1 ne dat]ait donc que de mon c\rt passage sur cette t]re2 t\te l't]nit antrieure1 qui vaut exactem5t celle qui suivra1 puisque c'e/ la mme1 ne compt]ait donc pas et s]ait jete au nant8 ,d'o vi5t ce privilge trange accord quelques j\rs insignifiants sur une plante sans importance8--,p>ce qu'en cette t]nit antrieure n\s n'avions aucune consci5ce8--,qu'en savons-n\s8 ,cela semble bi5 improbable4 ,p\rquoi cette acquisition de consci5ce s]ait-elle un phnomne unique dans une t]nit qui eut sa disposition d'innombrables milli>ds de has>ds1 p>mi lesquels1-- mo9s de mettre un t]me l'inf9i des sicles1--il e/ impossible de concevoir que les milli]s de concid5ces qui =mr5t ma consci5ce actuelle ne se r5contrr5t pas ma9tes fois4 ,ds qu'on plonge le reg>d dans les my/res de cette t]nit o t\t ce qui arrive doit tre arriv1 il semble au contraire bi5 plus croyable que n\s ayons eu des consci5ces sans nombre que n\s voile notre vie d'auj\rd'hui4 ,si ces consci5ces ont exi/1 et si1 notre mort1 une consci5ce doit survivre1 les autres doiv5t survivre aussi1 c> il n'y a pas de raison p\r octroy] celle que n\s avons acquise ici-bas1 une faveur aussi exorbitante4 ,et si t\tes surviv5t et se rveill5t en mme temps1 que devi5dra1 subm]ge dans ces exi/5ces t]nelles1 une petite consci5ce de quelques m9utes t]re/res8 ,au surplus1 alors mme qu'elle oubli]ait t\tes ses exi/5ces antrieures1 qu'y devi5drait-elle p>mi les assauts1 l'afflux et les apports sans f9 de son t]nit po/hume2 lot m9uscule et friable que rong]ai5t sans trve deux ocans illimits8 ,elle ne s'y ma9ti5drait1 *tive et si prcaire1 qu' la condition de ne plus ri5 acqurir1 de demeur] jamais close1 isole et borne1 impntrable et ins5sible t\t1 au milieu des my/res in\s1 des trsors et des spectacles fabuleux qu'il lui faudrait t]nellem5t p>c\rir sans plus ri5 voir ni ent5dre2 et ce s]ait bi5 la pire mort et le pire de/9 qui puss5t n\s atte9dre4 ,de t\tes faons n\s voil donc p\sss v]s les hypo?ses de la consci5ce univ]selle ou de la consci5ce modifie que n\s allons exam9]4 ,,*apitre ,,iv ,l',,hypo?,,se ,,?,,osophique ,i ,mais1 avant d'abord] ces que/ions1 il convi5drait1 peut-tre1 d'tudi] deux solutions intressantes1 s9on n\velles1 du mo9s r5\veles1 du problme de la survivance p]sonnelle4 ,j'ent5ds p>l] des ?ories no-?osophiques et no-spirites1 qui sont les seules1 je p5se1 qu'on puisse srieusem5t discut]4 ,la premire e/ presque aussi vieille que l'homme2 mais un m\vem5t d'op9ion1 assez int5se en c]ta9s pays1 a rajeuni et remis en lumire la doctr9e de la rinc>nation ou de la transmigration des mes4 ,on ne saurait ni] que de t\tes les hypo?ses religieuses1 la rinc>nation e/ la plus plausible et celle qui *oque le mo9s notre raison4 ,elle a p\r elle1 ce qui n'e/ pas ngligeable1 l'appui des religions les plus anci5nes et les plus univ]selles1 celles qui ont inconte/ablem5t f\rni l'humanit la plus gr&e somme de sagesse et dont n\s n'avons pas encore puis les vrits et les my/res4 ,en ralit1 t\te l',asie1 d'o n\s vi5t presque t\t ce que n\s savons1 a t\j\rs cru et croit encore la transmigration des mes4 ,il n'e/ pas1 dit =t ju/em5t ,annie ,besant1 l'aptre rem>quable de la ,?osophie n\velle1 il n'e/ pas une doctr9e philosophique qui ait d]rire elle un pass aussi magnifique1 aussi *>g d'intellectualit que la doctr9e de la rinc>nation4 ,il n'en e/ pas qui1 autant qu'elle1 ait p\r elle le poids de l'op9ion des hommes les plus sages2 il n'en e/ pas1 comme l'a dcl> ,max ,mll]1 sur laquelle se soi5t aussi compltem5t accords les plus gr&s philosophes de l'humanit4 ,t\t cela e/ p>faitem5t exact4 ,mais1 p\r emport] auj\rd'hui nos dfiantes convictions1 il faudrait d'autres preuves4 ,j'en ai va9em5t *]* une seule p>mi les meilleurs crits de nos mod]nes ?osophes4 ,t\t se borne des affirmations rxres et premptoires qui flott5t dans le vide4 ,le gr&1 le pr9cipal et1 p\r t\t dire1 le seul argum5t qu'ils invoqu5t n'e/ qu'un argum5t s5tim5tal4 ,ils s\ti5n5t que leur doctr9e o l'esprit1 dans ses vies successives1 se purifie et s'lve plus ou mo9s rapidem5t selon ses ef=ts et ses mrites1 e/ la seule qui satisfasse l'irrsi/ible in/9ct de ju/ice que n\s portons en n\s4 ,ils ont raison1 et1 ce po9t de vue1 leur ju/ice d'outre-tombe e/ incomp>ablem5t suprieure celle du ciel b>b>e et du mon/rueux enf] des *rti5s o sont t]nellem5t rcomp5ses ou punies des fautes ou des v]tus le plus s\v5t puriles1 9vitables ou =tuites4 ,mais ce n'e/ l1 je le rpte1 qu'un argum5t s5tim5tal1 qui1 dans l'*elle des preuves1 n'a qu'une valeur m9ime4 ,,ii ,on peut reconnatre que c]ta9es de leurs hypo?ses sont assez +nieuses2 et ce qu'ils dis5t du rle des ,coques1 p> exemple1 ou des lm5tals1 dans les phnomnes spirites1 vaut peu prs nos maladroites explications fluidiques ou n]veuses4 ,peut-tre1 sans d\te mme1 ont-ils raison qu& ils s\ti5n5t que t\t aut\r de n\s e/ ple9 de =mes et de types vivants et div]s1 intellig5ts et innombrables1 aussi diffr5ts entre eux qu'un br9 d'h]be et un tigre1 et qu'un tigre et un homme1 qui n\s c\doi5t sans cesse et trav]s lesquels n\s passons sans n\s en ap]cevoir4 ,n\s allons de l'un l'autre extrme4 ,si t\tes les religions ont surpeupl le monde d'tres invisibles1 n\s l'avons peut-tre trop compltem5t dpeupl1 et il e/ =t possible qu'on reconnaisse un j\r que l'erreur n'tait pas du ct que l'on croit4 ,comme le dit =t bi5 ,sir ,william ,crookes1 dans une page curieuse3 ,il n'e/ pas improbable qu'il exi/e d'autres tres p\rvus de s5s dont les organes ne correspond5t pas avec les rayons de lumire auxquels notre oeil e/ s5sible1 mais qui soi5t capables de p]cevoir d'autres vibrations qui n\s laiss5t indiffr5ts4 ,de tels tres vivrai5t en ralit dans un monde qui ne s]ait pas semblable au ntre4 ,figurez-v\s1 p> exemple1 quelle ide n\s n\s f]ions des objets qui n\s ent\r5t1 si nos yeux1 au lieu d'tre s5sibles la lumire du j\r1 ne l'tai5t qu'aux vibrations lectriques et magntiques4 ,le v]re et le cri/al devi5drai5t alors des corps opaques1 les mtaux s]ai5t plus ou mo9s transp>5ts1 et un fil tlgraphique susp5du dans l'air p>atrait un tr\ long et troit1 trav]sant un corps d'une solidit impntrable4 ,une ma*9e lectro-dynamique en action ressembl]ait un inc5die1 t&is qu'un aimant ralis]ait le rve des my/iques du moy5 ge et devi5drait une lampe p]ptuelle1 brlant sans se consum] et sans qu'il faille l'alim5t] de quelque manire que ce soit4 ,t\t cela1 et tant d'autres *oses qu'ils affirm5t1 s]ait1 s9on acceptable1 t\t le mo9s digne d'att5tion1 si ces suppositions tai5t prs5tes p\r ce qu'elles sont1 c'e/--dire de trs anci5nes hypo?ses qui remont5t aux premi]s ges de la ?ologie et de la mtaphysique huma9es2 mais ds qu'on les trans=me en affirmations catgoriques et doctr9ales1 elles devi5n5t promptem5t insupportables4 ,ils n\s promett5t1 d'autre "p1 qu'en ex]ant notre esprit1 en raff9ant nos s5s1 en subtilisant notre corps1 n\s p\rrons vivre avec ceux que n\s appelons morts et avec les tres suprieurs qui n\s ent\r5t4 ,le t\t ne semble pas m5] gr&'*ose et repose sur des bases bi5 fragiles1 sur des preuves trop vagues tires du sommeil hypnotique1 des press5tim5ts1 de la mdiumnit1 des phantasmes1 etc4 ,il e/ assez surpr5ant que ceux d'entre eux qui s'appell5t ,clairvoyants1 qui prt5d5t tre en communication avec ce monde de ds9c>ns et avec d'autres mondes plus pro*es de la div9it1 ne n\s apport5t ri5 de probant4 ,n\s dem&ons autre *ose que les ?ories arbitraires de la triade immortelle1 des trois mondes1 du corps a/ral1 de l'atome p]man5t ou du ,kama-,loka4 ,puisque leur s5sibilit e/ plus aigu1 leur p]ception plus subtile1 leur intuition spirituelle plus pntrante que la ntre1 p\rquoi ne p\ss5t-ils pas leurs inve/igations du ct des phnomnes encore trop p>s1 conte/s mais acceptables de la mmoire prnatale1 p> exemple1 que je cite1 au has>d1 entre tant d'autres4 ,n\s ne dem&ons pas mieux que de n\s laiss] conva9cre1 c> t\t ce qui aj\te quelque *ose l'importance1 l't5due1 la dure de l'homme doit tre accueilli avec satisfaction#b4 #b ,p\r connatre l'exacte vrit sur le m\vem5t et les premires manife/ations no-?osophiques1 lire le trs rem>quable rapport rdig1 aprs une imp>tiale mais rig\reuse enqute1 p> le ,dr ,hodgson1 spcialem5t envoy aux ,indes p> la ,s4 ,p4 ,r4 ,il y dvoile magi/ralem5t les fraudes vid5tes et s\v5t grossires de la clbre ,mme ,blavatsky et de t\t l'tat-major no-?osophique4 7,proce$+s1 t4 ,,iii4 ,hodgson's ,report on ,ph5om5a connect$ ) ,!osophy1 p4 #bja-djj47 ,,*apitre ,v ,l',,hypo?,,se ,n,o-,,spirite ,,les ,,app>itions ,i ,en dehors de la ?osophie1 des re*]*es purem5t sci5tifiques ont t faites dans ces rgions dconc]tantes de la survivance et de la rinc>nation4 ,le no-spiritisme1 ou psy*isme ou spiritualisme exprim5tal1 e/ n en ,amrique en #ahgj4 ,sir ,william ,crookes1 l'homme de gnie qui ouvrit la plup>t des r\tes au b\t desquelles on dc\vrit avec /upfaction des proprits et des tats inconnus de la matire1 ds l'anne suivante organisait les premires expri5ces rig\reusem5t sci5tifiques2 et dj1 en #ahgc-gd1 obt5ait avec l'aide du mdium ,miss ,cook1 des phnomnes de matrialisation qu'on n'a gure dpasss4 ,mais c'e/ surt\t de la fondation de la ,society = ,psy*ical ,rese>* 7,s4 ,p4 ,r471 que date le vritable essor de la n\velle sci5ce4 ,cette socit cre ,londres il y a v+t-huit ans1 s\s les auspices des plus illu/res savants de l',anglet]re1 a entrepris1 comme on sait1 une tude m?odique et rig\reuse de t\s les faits de psy*ologie et de s5sibilit supra-normales4 ,cette tude ou cette enqute1 dirige p> ,gurney1 ,my]s et ,podmore1 et cont9ue p> leurs successeurs1 e/ un *ef-d'oeuvre de pati5ce et de consci5ce sci5tifiques4 ,aucun fait n'y e/ admis qui ne soit corrobor p> des tmoignages irrcusables1 des preuves crites1 des concordances conva9cantes2 en un mot1 on ne peut gure conte/] la vracit matrielle de la plup>t d'entre eux1 mo9s de dni] d'avance et de p>ti pris t\te valeur probante au tmoignage huma9 et de r5dre impossible t\te conviction1 t\te c]titude qui y pr5d sa s\rce#c4 ,p>mi ces manife/ations surnormales1 tlpa?ie1 tl]gie1 prvisions1 etc41 n\s ne reti5drons que celles qui se rapport5t la vie d'outre-tombe4 ,on peut les divis] en deux catgories3 #a les app>itions relles1 objectives et spontanes ou manife/ations directes2 #b les manife/ations obt5ues p> l'int]mdiaire de mdiums1 qu'il s'agisse d'app>itions provoques1 que n\s c>t]ons p\r l'in/ant cause de leur c>actre s\v5t suspect#d1 ou de communications avec les morts p> le langage ou l'criture automatique4 ,n\s n\s arrt]ons un mom5t ces communications extraord9aires4 ,elles ont t longuem5t tudies p> des hommes tels que ,my]s1 le docteur ,hodgson1 ,sir ,oliv] ,lodge1 le philosophe ,william ,james1 le pre du ,pragmatisme2 elles les ont pr(ondm5t impressionns et presque conva9cus1 et mrit5t donc de ret5ir notre att5tion4 #c ,la rigueur de ces enqutes e/ telle que la ,s4 ,p4 ,r4 se tr\ve sans cesse en butte aux attaques de la presse spirite qui l'appelle c\ramm5t3 ,socit p\r la suppression des faits1 ,p\r la gnralisation des accusations d'impo/ure1 ,p\r le dc\ragem5t des s5sitifs1 et p\r le rejet de t\te rvlation du g5re de celles qui1 disait-on1 s'impos5t l'humanit1 du haut des rgions de la lumire et de la connaissance4 #d ,il s]ait cep5dant inju/e d'affirm] que t\tes ces app>itions sont suspectes4 ,il e/1 p> exemple1 impossible de conte/] la ralit de la clbre ,katie ,k+1 le d\ble de ,miss ,cook1 dont un homme comme ,william ,crookes tudia et contrla svrem5t1 durant trois ans1 les faits et ge/es4 ,mais au po9t de vue des preuves de la survivance1 et bi5 que ,katie ,k+ se donnt p\r une morte rev5ue sur t]re af9 d'expi] c]ta9es fautes1 ses manife/ations ont mo9s de valeur que les communications obt5ues depuis4 ,en t\t cas1 elles n'apport5t aucune rvlation sur l'exi/5ce d'outre-tombe2 et ,katie1 si jeune1 si vivante1 dont on p\vait compt] les pulsations1 dont on ent5dait battre le coeur1 qu'on a photographie1 qui di/ribuait aux assi/ants les b\cles de sa *evelure1 qui rpondait t\tes les que/ions1 n'a pas dit un mot au sujet des secrets de l'autre monde4 ,p\r ce qui conc]ne les manife/ations de la premire catgorie1 il e/ naturellem5t impossible de rapport] ici1 mme trs sommairem5t1 les plus frappantes d'entre elles1 et je r5voie le lecteur aux collections des ,proce$+s4 ,il suffira de rappel] que de nombreuses app>itions de dfunts ont t con/ates et tudies p> des savants comme ,sir ,w4 ,crookes1 ,r4 ,wallace1 ,r4 ,dale-,ow51 ,aksak(1 ,paul ,gibi]1 etc4 ,gurney1 l'un des classiques de cette sci5ce n\velle1 cite deux c5t tr5te et un cas de ce g5re2 et depuis1 le ,j\rnal de la ,s4 ,p4 ,r4 et les revues spciales n'ont cess d'en enregi/r] de n\veaux4 ,il p>at donc tabli1 autant qu'un fait peut l'tre1 qu'une =me spirituelle ou n]veuse1 une image1 un reflet att>d de l'exi/5ce1 e/ capable de subsi/] durant quelque temps1 de se dgag] du corps1 de lui survivre1 de fran*ir en un cl9 d'oeil d'normes di/ances1 de se manife/] aux vivants et1 p>fois1 de communiqu] avec eux4 ,au re/e1 il faut reconnatre que ces app>itions sont trs brves4 ,elles n'ont lieu qu'au mom5t prcis de la mort ou la suiv5t de prs4 ,elles ne sembl5t pas avoir la mo9dre consci5ce d'une vie n\velle ou supra-t]re/re et diffr5te de celle du corps dont elles man5t4 ,au contraire1 leur n]gie spirituelle1 l'in/ant qu'elle devrait tre t\te pure puisqu'elle e/ db>rasse de la matire1 p>at =t infrieure ce qu'elle tait lorsque la matire l'enveloppait4 ,ces phantasmes1 plus ou mo9s ahuris1 frquemm5t t\rm5ts de s\cis insignifiants1 bi5 qu'ils vi5n5t d'un autre monde1 ne n\s ont jamais apport1 sur ce monde dont ils ont fran*i le seuil prodigieux1 une seule rvlation topique4 ,bi5tt ils s'vapor5t et disp>aiss5t p\r t\j\rs4 ,sont-ils les premires lueurs d'une autre exi/5ce ou les d]nires de celle-ci8 ,les morts us5t-ils a9si1 faute de mieux1 du suprme li5 qui les unit et les r5d p]ceptibles nos s5s8 ,cont9u5t-ils ensuite vivre aut\r de n\s1 mais ne p>vi5n5t-ils plus1 malgr leurs ef=ts1 se faire connatre ni n\s donn] une ide de leur prs5ce p>ce que n\s n'avons pas l'organe ncessaire p\r les p]cevoir2 de mme que t\s nos ef=ts ne russirai5t po9t donn] un aveugle-n la mo9dre notion de la lumire et des c\leurs8 ,n\s n'en savons ri52 et n\s ignorons encore si1 de t\s ces phnomnes inconte/ables1 il e/ p]mis de tir] quelque conclusion4 ,ils ne pr5drai5t vraim5t d'importance que s'il tait possible de con/at] ou de provoqu] des app>itions d'tres dont la mort remontt un c]ta9 nombre d'annes4 ,on aurait enf9 la preuve matrielle1 t\j\rs lude1 que l'esprit ne dp5d pas du corps1 qu'il e/ cause et non pas effet1 qu'il peut subsi/]1 se n\rrir1 fonctionn] sans organes4 ,la plus gr&e "q que se soit pose l'humanit s]ait a9si1 s9on rsolue1 du mo9s db>rasse de quelques tnbres2 et du c\p1 la survivance p]sonnelle1 t\t en demeurant captive des my/res de l'orig9e et de la f91 devi5drait df5dable4 ,mais n\s n'en sommes pas l4 ,en att5dant1 il e/ curieux de con/at] qu'il y a rellem5t des rev5ants1 des spectres et des fantmes4 ,une fois de plus la sci5ce vi5t confirm] ici une croyance gnrale de l'humanit et n\s appr5dre qu'une croyance de ce g5re1 si absurde que d'abord elle p>aisse1 mrite t\j\rs d'tre exam9e avec so94 ,,*apitre ,,vi ,,les ,,communications ,,avec ,,les ,,morts ,i ,les spirites communiqu5t1 ou croi5t communiqu] avec les morts1 p> ce qu'ils appell5t la p>ole et l'criture automatiques4 ,celles-ci s'obti5n5t p> l'int]mdiaire d'un mdium#e en tat d'extase ou plutt de trance ou entranc1 p\r n\s s]vir du vocabulaire de la n\velle sci5ce4 ,cet tat n'e/ pas le sommeil hypnotique1 ne semble pas une manife/ation hy/rique et s'allie s\v5t1 comme *ez le mdium ,pip]1 la plus p>faite sant1 au plus complet quilibre intellectuel et physique4 ,c'e/ plutt l'm]g5ce1 plus ou mo9s facultative1 de l'une des p]sonnalits ou consci5ces secondes ou sublim9ales du sujet2 ou encore1 si l'on admet la ?orie spirite1 sa prise de possession1 son invasion psy*ique1 dit ,my]s1 p> des =ces d'un autre monde4 ,*ez le sujet entranc1 la consci5ce et la p]sonnalit normales sont entirem5t abolies1 et il rpond automatiquem5t1 p>fois p> la p>ole1 plus s\v5t p> l'criture1 aux que/ions qu'on lui pose4 ,il arrive qu'il p>le et crive en mme temps2 la voix tant prise p> un esprit et la ma9 p> un autre1 qui mn5t deux conv]sations indp5dantes4 ,plus r>em5t1 la voix et les deux ma9s sont simultanm5t possdes1 et l'on a trois communications diffr5tes4 ,il e/ vid5t que de p>eilles manife/ations prt5t aux fraudes et aux simulations de t\t g5re2 et la mfiance e/ d'abord inv9cible4 ,mais il en e/ qui se prs5t5t ent\res de telles g>anties de bonne foi et de s9crit1 si s\v5t1 si longuem5t et si rig\reusem5t contrles p> des savants d'un c>actre1 d'une autorit inconte/s et d'un scepticisme d'abord intraitable1 qu'il devi5t difficile de n\rrir un d]ni] s\pon#f4 ,je ne puis malheureusem5t entr] ici dans les dtails de c]ta9es de ces sances purem5t sci5tifiques1 celles de ,mme ,pip]1 p> exemple1 le clbre mdium avec lequel ,my]s1 le docteur ,hodgson1 le pr(esseur ,newbold1 de l',univ]sit de ,p5sylvanie1 ,sir ,oliv] ,lodge et ,william ,james travaillr5t durant nombre d'annes4 ,d'autre "p1 c'e/ prcism5t l'accumulation1 les concid5ces1 la nature anormale de ces dtails qui peu peu font natre et aff]miss5t la conviction qu'on se tr\ve devant un phnomne entirem5t n\veau1 invraisemblable mais au!ntique et qu'il e/ p>fois difficile de class] p>mi les phnomnes exclusivem5t t]re/res4 ,il faudrait consacr] ces communications une tude spciale qui dbord]ait le cadre de cet essai2 je me born]ai donc r5voy] ceux qui s]ai5t curieux d'en savoir davantage1 au livre de ,sir ,oliv] ,lodge3 ,! ,survival ( ,man1 rcemm5t traduit en franais s\s ce titre3 ,la ,survivance huma9e2 et surt\t aux v+t-c9q gros volumes des ,proce$+s ,s4 ,p4 ,r41 p>ticulirem5t aux dcl>ations et comm5taires de ,william ,james au sujet des sances ,pip]-,hodgson 7tome ,,xxiii71 a9si qu'au tome ,,xiii1 o ,hodgson exam9e et analyse les faits et argum5ts qu'on peut invoqu] p\r ou contre l'int]v5tion des morts2 et enf91 l'ouvrage capital de ,my]s3 ,human ,p]sonality4 #e ,ceux qui abord5t l'tude de ces manife/ations surnormales1 se dem&5t gnralem5t3 p\rquoi des mdiums1 p\rquoi ces int]mdiaires s\v5t suspects1 t\j\rs insuffisants8--,p>ce que jusqu'ici1 on n'a pas tr\v le moy5 de s'en pass]4 ,si l'on admet la ?orie spirite1 les esprits ds9c>ns qui de t\tes p>ts n\s ent\r5t et sont sp>s de n\s p> la cloison tan*e et my/rieuse de la mort1 *]*5t1 p\r communiqu] avec n\s1 la ligne de mo9dre rsi/ance entre les deux mondes2 et la tr\v5t dans le mdium1 sans qu'on sa*e p\rquoi1 de mme qu'on ignore p\r quelles raisons un c\rant lectrique passe le long d'un fil de cuivre et se tr\ve arrt p> un godet de v]re ou de porcela9e4 ,si1 d'autre "p1 on admet la ?orie tlpa?ique1 qui e/ la plus probable1 on con/ate que les p5ses1 les int5tions ou les sugge/ions1 dans la plup>t des cas1 ne se transmett5t pas de subconsci5t subconsci5t4 ,il faut un organisme en mme temps rcepteur et transmetteur2 cet organisme se r5contre dans le mdium4 ,p\rquoi8 ,encore une fois1 on n'en sait absolum5t ri51 de mme qu'on ne sait pas p\rquoi tel corps ou tel ag5cem5t de corps e/ affect p> les ondes conc5triques dans la tlgraphie sans fil1 t&is que tel autre n'y e/ pas s5sible4 ,on ttonne ici1 comme d'ailleurs on ttonne presque p>t\t1 dans le doma9e obscur des faits inconte/s mais inexplicables4 ,ceux qui v\drai5t avoir sur la ?orie de la mdiumnit des notions plus prcises1 liront avec fruit l'admirable disc\rs prononc le #bi janvi] #ahig1 p> ,william ,crookes1 en qualit de prsid5t de la ,s4 ,p4 ,r4 #f ,ces que/ions de fraude et de simulation sont naturellem5t les premires qui se pos5t qu& on aborde l'tude de ces phnomnes4 ,il suffit de s'tre quelque peu famili>is avec la vie1 les habitudes1 les procds des trois ou quatre gr&s mdiums dont n\s allons p>l]1 p\r que le mo9dre s\pon ne v\s effleure mme plus4 ,de t\tes les explications imag9ables1 celle qui n'invoqu]ait que l'impo/ure et la sup]*]ie s]ait1 sans contr$it1 la plus extraord9aire et la mo9s vraisemblable4 ,on peut1 du re/e1 se r5dre compte1 en lisant le rapport de ,ri*>d ,hodgson1 ,obs]vations ( c]ta9 ph5om5a ( trance 7,proce$+s1 tome ,,viii2 et le rapport de ,j4-,h4 ,hyslop1 tome ,,xiii71 des prcautions prises1 allant jusqu' l'emploi de dtectives spciaux1 p\r s'assur] que ,mme ,pip]1 p> exemple1 ne p\vait1 normalem5t et huma9em5t1 avoir aucune connaissance des faits qu'elle rvlait4 ,je le rpte1 ds qu'on a pris pi$ dans cette tude1 les s\pons se dissip5t sans laiss] de traces1 et l'on e/ bi5tt conva9cu que ce n'e/ pas du ct de la fraude que se tr\ve le mot de l'nigme4 ,t\tes les manife/ations de la p]sonnalit muette1 my/rieuse et opprime qui se ca*e en *acun de n\s subiss5t t\r t\r la mme preuve2 et celles qui se rapport5t la baguette div9atoire1 p\r n'en pas cit] d'autres1 pass5t en ce mom5t p> la mme crise d'incrdulit4 ,il n'y a pas c9quante ans1 la plup>t des phnomnes hypnotiques1 auj\rd'hui sci5tifiquem5t classs1 tai5t galem5t t5us p\r frauduleux4 ,il semble que l'homme rpugne reconnatre qu'il recle bi5 plus de *oses qu'il ne l'imag9ait4 ,,ii ,les mdiums entrancs sont envahis ou possds p> div]s esprits famili]s auxquels on donne1 dans la n\velle sci5ce1 le nom assez impropre et amphibologique de ,contrles4 ,a9si1 ,mme ,pip] e/ successivem5t visite p> ,ph9uit1 ,george ,pelham ou ,p4 ,g41 ,imprator1 ,doctor et ,rector4 ,mme ,?ompson1 autre mdium trs clbre1 e/ surt\t habite p> ,nelly1 t&is que des p]sonnages plus illu/res et plus graves s'emp>5t du cl]gyman ,/a9ton ,moses4 ,*acun de ces esprits g>de jusqu'au b\t un c>actre bi5 tran*1 qui ne se dm5t pas1 et qui d'ailleurs n'a le plus s\v5t aucun rapport avec celui du mdium4 ,p>mi eux1 ,ph9uit et ,nelly sont inconte/ablem5t les plus sympa?iques1 les plus orig9aux1 les plus vivants1 les plus actifs et surt\t les plus loquaces4 ,ils c5tralis5t en quelque sorte les communications1 ils vont1 vi5n5t1 font les empresss1 et si1 dans l'assi/ance1 quelqu'un dsire se mettre en rapports avec l'me d'un p>5t1 d'un ami dcd1 ils vol5t la re*]*e de celle-ci1 la retr\v5t dans la f\le invisible1 la ramn5t1 annonc5t sa prs5ce1 p>l5t en son nom1 transmett5t et1 p\r a9si dire1 traduis5t les dem&es et les rponses2 c> il semble qu'il soit trs difficile aux morts de communiqu] avec les vivants1 qu'il leur faille des aptitudes spciales et un conc\rs de circon/ances extraord9aires4 ,n'exam9ons pas encore ce qu'ils ont n\s rvl]2 mais1 les voir s'agit] a9si p>mi la multitude de leurs frres et soeurs ds9c>ns1 ils n\s donn5t1 de l'autre monde1 une premire impression qui n'e/ gure rassurante1 et l'on se dit que nos morts d'auj\rd'hui ressembl5t trangem5t ceux qu',ulysse voquait1 il y a trois mille ans1 dans la nuit cimmri5ne2 ples et va9es ombres eff>es1 inconsi/antes1 puriles1 et frappes de /upeur1 p>eilles des songes1 plus nombreuses que les feuilles tombes de l'automne et qui trembl5t comme elles aux s\ffles inconnus des gr&s espaces de l'autre monde4 ,elles n'ont mme plus assez de vie p\r tre malheureuses et p>aiss5t tran]1 on ne sait o1 une exi/5ce prcaire et dsoeuvre1 err] sans b1 rd] aut\r de n\s1 sommeill] ou bav>d] entre elles des petites affaires de la t]re2 et qu& une fissure se produit dans leur nuit1 acc\rir1 s'empress] de t\tes p>ts1 comme des t\rbillons d'oiseaux affams1 avides de lumire et d'une voix huma9e2 et l'on se rappelle malgr soi les s9i/res p>oles du fantme d',a*ille1 m]geant de l'rbe1 dans l',odysse3 ,ne me p>le po9t de la mort1 ,ulysse6 ,j'aim]ais mieux tre un lab\reur et s]vir1 p\r un salaire1 un homme pauvre et p\vant pe9e se n\rrir1 que de comm&] t\s les morts qui ne sont plus6 ,,iii ,ces morts d'auj\rd'hui1 qu'ont-ils n\s dire8 ,il e/ d'abord rem>quable qu'ils p>aiss5t s'intress] aux vnem5ts d'ici-bas beauc\p plus qu' ceux du monde o ils se tr\v5t4 ,ils sembl5t avant t\t jal\x d'tablir leur id5tit1 de pr\v] qu'ils exi/5t encore1 qu'ils n\s reconnaiss5t1 qu'ils sav5t t\t2 et1 p\r n\s en conva9cre1 avec une prcision1 une p]spicacit et une prolixit extraord9aires1 ils entr5t dans les dtails les plus m9utieux1 les plus oublis4 ,ils sont aussi extrmem5t habiles dml] la p>5t complique de celui qui les int]roge1 d'une p]sonne prs5te la sance ou mme d'un inconnu qui entre dans la salle4 ,ils rappell5t les petites infirmits de celui-ci1 les maladies de celui-l1 les manies ou les aptitudes d'un troisime4 ,ils p]oiv5t les vnem5ts di/ance1 ils voi5t1 p> exemple1 et dcriv5t leurs auditeurs de ,londres1 un pisode insignifiant qui se dr\le au ,canada4 ,en un mot1 ils dis5t et font peu prs t\tes les *oses dconc]tantes et inexplicables qu'on obti5t p>fois d'un mdium de premi] ordre2 peut-tre mme vont-ils un peu plus lo91 mais de t\t cela n'mane po9t je ne sais quelle odeur1 quelle lueur d'outre-mort qu'on n\s avait promise et que n\s att5dions4 ,on dira que les mdiums ne sont visits que p> des esprits infrieurs1 incapables de s'arra*] aux s\cis t]re/res et de s'lev] des ides plus va/es et plus hautes4 ,il e/ possible1 et sans d\te avons-n\s tort de croire qu'un esprit dp\ill de son corps soit subitem5t trans=m et devi5ne1 en un in/ant1 l'gal de ce que n\s imag9ons2 mais ne p\rrai5t-ils t\t au mo9s n\s appr5dre o ils se tr\v5t1 ce qu'ils pr\v5t1 ce qu'ils font8 ,,iv ,depuis les expri5ces dont n\s p>lons1 il semble que la mort elle-mme ait v\lu rpondre l'objection2 en effet1 ,my]s1 le docteur ,hodgson et le pr(esseur ,william ,james qui1 si s\v5t et durant de longues heures passionnes1 int]rogr5t les mdiums ,pip] et ,?ompson et obligr5t ceux qui ne sont plus p>l] p> leur b\*e1 les voici1 leur t\r1 p>mi les ombres1 de l'autre ct du rideau de tnbres4 ,eux du mo9s sav5t exactem5t ce qu'il faut faire p\r v5ir jusqu' n\s1 ce qu'il faut rvl] p\r apais] l'inquitude et la curiosit des hommes4 ,my]s notamm5t1 le plus ard5t1 le plus conva9cu1 le plus impati5t du voile qui le sp>ait des ralits t]nelles1 a =mellem5t promis ceux qui cont9u5t son oeuvre de faire l-bas1 dans l'inconnu1 t\s les ef=ts imag9ables af9 de leur prt] une aide dcisive4 ,il ti5t p>ole4 ,un mois aprs sa mort1 ,sir ,oliv] ,lodge1 int]rogeant ,mme ,?ompson entrance1 ,nelly1 l'esprit famili] de celle-ci1 dcl>e t\t c\p qu'elle a vu ,my]s1 qu'il n'e/ pas encore bi5 veill1 mais qu'il compte v5ir1 v]s neuf heures du soir1 communiqu] avec son vieil ami de la ,socit ,psy*ique4 ,on susp5d la sance1 on la repr5d huit heures et demie1 et l'on obti5t enf9 la communication ,my]s4 ,on le reconnat1 ds les premi]s mots1 c'e/ bi5 lui2 il n'a pas *ang4 ,fidle sa manie t]re/re1 il insi/e t\t de suite sur la ncessit de pr5dre des notes4 ,mais il semble ahuri4 ,on lui p>le de la ,socit des ,re*]*es ,psy*iques1 unique s\ci de sa vie4 ,il ne s'en s\vi5t plus4 ,puis la mmoire r5at peu peu2 et ce sont de vritables pot9s d'outre-tombe1 au sujet de la prsid5ce de la socit1 de l'article ncrologique du ,times1 de lettres qu'on devait publi]1 etc4 ,il se pla9t qu'on ne lui laisse pas de repos1 de t\s les co9s de l',anglet]re1 on l'int]pelle1 on veut communiqu] avec lui4 ,appelez ,my]s1 am5ez ,my]s6 ,il lui faudrait le temps de se ressaisir1 de rfl*ir4 ,il se pla9t aussi de la difficult faire pass] sa p5se trav]s les mdiums3 ils la traduis5t comme un coli] qui fait sa premire v]sion de ,virgile4 ,quant sa situation prs5te1 il a *]* son *em9 comme trav]s des ruelles1 avant de savoir qu'il tait mort4 ,il lui semblait qu'il s'g>ait dans une ville inconnue2 et qu& il ap]cevait des g5s qu'il savait dcds1 il croyait n'avoir que des visions4 ,c'e/1 p>mi bi5 d'autres bav>dages qui ne sont pas plus significatifs1 peu prs t\t ce que donna le contrle ou la p]sonnification ,my]s1 dont on avait espr mieux4 ,cette communication et plusieurs autres qui ressuscit5t1 d'une faon frappante1 p>at-il1 les habitudes1 la manire de p5s]1 de p>l] et le c>actre de ,my]s1 aurai5t quelque valeur si aucun de ceux p> qui et qui elles fur5t faites n'avait connu celui-ci qu& il tait encore au nombre des vivants4 ,telles qu'elles se prs5t5t1 elles ne sont =t probablem5t que des rm9isc5ces d'une p]sonnalit secondaire du mdium ou d'inconsci5tes sugge/ions de l'int]rogateur ou des assi/ants4 ,v ,une communication plus importante et plus tr\blante1 cause des noms qui s'y ratta*5t1 e/ celle que l'on dsigne s\s le nom3 ,mrs4 ,pip]'s ,hodgson ,control4 ,le pr(esseur ,william ,james lui consacre dans le ,tome ,,xxiii des ,proce$+s un rapport de plus de c5t v+t pages4 ,le docteur ,hodgson avait t1 de son vivant1 le secrtaire de la bran*e amrica9e de la ,s4 ,p4 ,r4 dont ,william ,james tait vice-prsid5t4 ,durant de longues annes1 il s'tait consacr au mdium ,pip]1 travaillant avec lui trois fois p> sema9e1 et accumulant a9si1 au sujet des phnomnes po/humes1 une masse norme de docum5ts dont on n'a pas encore puis les ri*esses4 ,comme ,my]s1 il avait promis de rev5ir aprs sa mort2 et1 de c>actre jovial1 il avait plus d'une fois affirm ,mme ,pip] que1 lorsqu'il la visit]ait son t\r1 ayant plus d'expri5ce que les autres esprits1 les sances pr5drai5t une t\rnure plus dcisive1 et que l'affaire s]ait *aude4 ,il rev9t en effet huit j\rs aprs son dcs et se manife/a p> l'criture automatique 7c'e/ le mode de communication le plus habituel du mdium ,pip]7 durant plusieurs sances auxquelles assi/ait ,william ,james4 ,je v\drais donn] une ide de ce rapport4 ,mais1 comme le fait trs ju/em5t rem>qu] le clbre pr(esseur de l',univ]sit d',h>w>d1 le compte r5du /nographique d'une sance de ce g5re en altre dj compltem5t la physionomie4 ,on y re*]*e en va9 l'motion pr\ve se tr\v] a9si en face d'un tre invisible mais vivant qui non seulem5t rpond vos que/ions1 mais devance vos p5ses1 compr5d demi-mot1 saisit une allusion et y oppose une autre allusion grave ou riante4 ,la vie du mort1 qui durant une heure trange1 v\s avait p\r a9si dire environn et pntr1 semble s'te9dre une seconde fois4 ,la /nographie1 dp\ille de t\te motion1 f\rnit sans nul d\te les meilleurs lm5ts d'une conclusion logique2 mais il n'e/ pas c]ta9 qu'ici1 comme en bi5 d'autres cas o prdom9e l'inconnu1 la logique soit la seule r\te qui conduise la vrit4 ,qu& j'entrepris1 dit ,william ,james1 de collationn] cette srie de sances et de faire le prs5t rapport1 je prvoyais que mon v]dict s]ait dt]m9 p> la pure logique4 ,je p5sais que tels m5us incid5ts devai5t1 d'une faon dcisive1 valoir p\r ou contre la survivance de l'esprit4 ,mais me reg>d] moi-mme pes] les donnes du problme1 je me conva9cs que l'exacte logique ne j\e ici qu'un rle prp>atoire dans l'laboration de nos conclusions2 et que le d]ni] mot1 s'il en e/ un1 doit tre prononc p> notre s5s gnral des probabilits dramatiques1 s5s qui va et vi5t de l'une l'autre hypo?se1--t\t au mo9s dans mon cas1--d'une manire plutt illogique4 ,si l'on s'atta*e aux dtails1 on en tir]a une conclusion anti-spirite2 si l'on envisage la signification de l'ensemble1 on p5*]a peut-tre v]s l'int]prtation spirite#g4 #g ,proce$+s1 t4 ,,xxiii1 p4 #cc4 ,et1 la f9 de son travail1 il conclut en ces t]mes3 ,quant moi1 j'ai l'impression qu'il y avait probablem5t l une volont extrieure2 c'e/--dire qu'en v]tu de mes connaissances acquises au sujet de l'ensemble de ces phnomnes1 je d\te que l'tat de rve de ,mme ,pip]1 mme en y aj\tant les facults tlpa?iques1 puisse expliqu] t\s les rsultats obt5us4 ,mais lorsqu'on me dem&e si la volont de communiqu] e/ celle d',hodgson ou de quelque esprit imitateur d',hodgson1 je demeure indcis et j'att5ds d'autres faits1 qui peut-tre ne n\s mn]ont pas une conclusion nette avant une c9quanta9e ou une c5ta9e d'annes#h4 #h ,proce$+s1 t4 ,,xxiii1 p4 #abj4 ,on voit que ,william ,james e/ assez branl2 et il y a1 dans son rapport1 c]ta9s endroits o il p>at l'tre encore davantage et o il dit =mellem5t que les esprits ont a f+] 9 ! pie1 mot mot1 un doigt dans le pt4 ,ces hsitations d'un homme qui a r5\vel notre psy*ologie et qui possdait un c]veau aussi m]veilleusem5t organis et quilibr que celui de notre ,ta9e1 p> exemple1 sont significatives4 ,docteur en mdec9e et pr(esseur de philosophie1 trs sceptique et scrupuleusem5t fidle aux m?odes exprim5tales1 il avait trois et quatre fois qualit p\r m5] bi5 de telles expri5ces4 ,il n'e/ pas "q de se laiss] branl] son t\r p> le pre/ige de ces hsitations2 mais elles montr5t1 en t\t cas1 qu'il s'agit l d'un problme srieux1 le plus grave peut-tre1 si les donnes en tai5t indiscutables1 que n\s ayons eu rs\dre depuis l'avnem5t du ,*ri/2 et qu'il ne suffit pas1 p\r s'en db>rass]1 d'un haussem5t d'paules ou d'un clat de rire4 ,,vi ,je suis =c1 faute de place1 de r5voy] au texte mme des ,proce$+s1 ceux qui v\drai5t se faire1 sur le cas ,pip]-,hodgson1 une op9ion p]sonnelle4 ,ce cas1 du re/e1 e/ lo9 d'tre l'un des plus frappants2 il faudrait plutt le class]1 n'tait la qualit des int]locuteurs1 p>mi les russites moy5nes de la srie ,pip]4 ,hodgson1 selon l'inv>iable c\tume des esprits1 ti5t d'abord se faire reconnatre2 et l'9vitable et fa/idieux dfil des petites rm9isc5ces recomm5ce v+t fois de suite et remplit des pages et des pages4 ,comme d'habitude1 en p>eille occurr5ce1 les s\v5irs communs l'int]rogateur et l'esprit qui e/ c5s rpondre1 sont voqus dans leurs dtails les plus circon/ancis1 les plus insignifiants1 les plus ca*s aussi1 avec une avidit1 une exactitude1 une vivacit surpr5antes4 ,et rem>quez que le mort qui p>le puise t\s ces dtails1 avec une facilit invraisemblable1 et de prfr5ce1 dirait-on1 mme les trsors les plus oublis et les plus inconsci5ts de la mmoire du vivant qui l'c\te4 ,il ne fait grce de ri52 il se raccro*e t\t avec une satisfaction purile et une ardeur anxieuse1 mo9s p\r p]suad] aux autres que p\r se pr\v] soi-mme qu'il exi/e t\j\rs4 ,et l'ob/9ation de ce pauvre tre invisible qui s'v]tue se manife/] trav]s les portes1 jusqu'ici sans fissures1 qui n\s sp>5t de nos de/9es t]nelles1 e/ la fois ridicule et tragique4--,te rappelles-tu1 ,william1 qu'tant la campagne1 *ez un tel1 n\s avons1 avec les enfants1 j\ tels et tels jeux1 et qu'tant dans telle pice1 o se tr\vai5t tels et tels meubles1 j'ai dit ceci et cela8--,en effet1 ,hodgson1 je me rappelle4--,bonne preuve1 n'e/-ce pas1 ,william8--,excell5te1 ,hodgson6 ,et a9si de suite1 indf9im5t4 ,p>fois1 un incid5t plus significatif et qui semble dpass] la simple transmission de p5se sublim9ale4 ,on s'occupe1 p> exemple1 d'un m>iage manqu1 qui fut t\j\rs ent\r d'un gr& my/re1 mme p\r les amis les plus intimes d',hodgson4--,te rappelles-tu1 ,william1 une doctoresse de ,new-,york1 membre de notre socit8--,non1 je ne m'en s\vi5s pas2 mais qu'y a-t-il son sujet8--,son m>i s'appelait ,blair1 je crois4--,veux-tu p>l] de ,mme ,blair-,?aw8--,ju/em5t6 ,dem&e donc ,mme ,?aw si1 un dn]1 je ne lui ai pas p>l de la demoiselle en "q8--,james crit ,mme ,?aw1 qui dcl>e qu'en effet1 il y a une qu9za9e d'annes1 ,hodgson lui avait p>l d'une jeune fille dont il avait dem& la ma91 qu'on lui avait du re/e refuse4 ,mme ,?aw et le docteur ,newbold tai5t les seules p]sonnes au monde qui connuss5t ce dtail4 ,mais rev5ons aux sances qui cont9u5t4 ,on y discute1 entre autres po9ts1 la situation f9ancire de la bran*e amrica9e de la ,s4 ,p4 ,r41 situation qui1 la mort du secrtaire ou plutt du factotum ,hodgson1 n'tait gure brillante4 ,et voici1 spectacle assez trange1 div]s membres de l'association qui exam95t1 avec leur secrtaire dfunt1 les affaires de la socit4 ,faut-il diss\dre8 fusionn]8 envoy] en ,anglet]re les matriaux accumuls1 dont la plup>t app>ti5n5t ,hodgson8 ,on consulte le mort1 il rpond1 donne de sages avis1 semble p>faitem5t au c\rant de t\tes les complications1 de t\tes les p]plexits4 ,un j\r1 du vivant d',hodgson1 la socit se tr\vant en dficit1 un donateur anonyme envoie la somme ncessaire p\r la remettre d'aplomb4 ,hodgson1 sur t]re1 ignorait quel tait le donateur2 mais ,hodgson1 s\s t]re1 le dc\vre p>mi les assi/ants1 l'int]pelle et le rem]cie publiquem5t4 ,ailleurs1 ,hodgson1 comme t\s les esprits1 se pla9t de l'extrme difficult qu'il pr\ve transmettre sa p5se trav]s l'organisme trang] du mdium4 ,je suis1 dit-il1 comme un aveugle qui *]*e son *apeau4 ,mais qu&1 aprs tant d'hi/oires oiseuses1 ,william ,james lui pose enf9 les que/ions ess5tielles qui n\s brl5t les lvres3 ,hodgson1 qu'z-tu n\s dire au sujet de l'autre vie8 le mort devi5t vasif et ne *]*e plus que des *appatoires3 ,ce n'e/ pas une vague fantaisie1 mais une ralit1 rpond-il4--,hodgson1 insi/e ,mme ,william ,james1 vivez-v\s comme n\s1 comme les hommes8--,que dit-elle8 fait l'esprit1 qui fe9t de n'avoir pas compris4--,vivez-v\s comme n\s8 rpte ,william ,james4--,avez-v\s des vtem5ts1 des maisons8 aj\te sa femme4--,oui1 oui1 des maisons1 mais pas de vtem5ts4 ,non1 c'e/ absurde6 ,att5dez un mom5t1 il faut que je m'en aille4--,mais tu revi5dras8--,oui4--,il e/ all repr5dre hale9e1 rem>que un autre esprit nomm ,rector1 qui int]vi5t subitem5t4 ,il n'tait peut-tre pas inutile de reproduire ici la physionomie et l'allure gnrales d'une de ces sances qu'on peut considr] comme exemplaire4 ,j'y aj\t]ai1 p\r donn] une ide des po9ts extrmes qu'il e/ possible d'atte9dre1 le fait suivant1 rapport et contrl p> ,sir ,oliv] ,lodge4 ,il remet ,mme ,pip] entrance une montre d'or que vi5t de lui envoy] un de ses oncles et qui avait app>t5u un autre oncle mort depuis plus de v+t ans4 ,en possession de cette montre1 ,mme ,pip]1 ou plutt ,ph9uit1 l'un de ses esprits famili]s1 rvle1 au b\t de quelque temps1 une f\le de dtails relatifs l'enfance de ce d]ni] oncle1 remontant plus de soixante-six ans1 et naturellem5t ignors de ,sir ,oliv] ,lodge4 ,peu aprs1 l'oncle survivant1 qui n'habite pas la mme ville1 confirme p> lettre l'exactitude de la plup>t de ces dtails qu'il avait compltem5t oublis1 et qui ne lui ont t remis en mmoire que p> les rvlations mmes du mdium2 t&is que ceux dont il ne peut retr\v] nul s\v5ir1 sont po/rieurem5t dcl>s con=mes la vrit p> un troisime oncle1 un vieux capita9e au long c\rs1 habitant la ,corn\ailles1 et du re/e ignorant p\r quelles raisons on lui pose d'aussi biz>res que/ions4 ,je ne cite pas ce fait p>ce qu'il a une valeur exceptionnelle ou dcisive2 mais simplem5t1 je le rpte1 titre d'exemple1 c> avec celui de ,mme ,?aw1 m5tionn plus haut1 il m>que assez exactem5t les po9ts extrmes o1 grce l'int]v5tion des esprits1 on a1 jusqu' ce j\r1 pntr dans l'inconnu4 ,il convi5t d'aj\t] que les cas o l'on dpasse aussi manife/em5t les limites prsumes de la tlpa?ie la plus t5due1 sont assez r>es4 ,,vii ,ma9t5ant1 que p5s] de t\t ceci8 ,faut-il avec ,my]s1 ,newbold1 ,hyslop1 ,hodgson et tant d'autres qui ont longuem5t tudi le problme1 conclure l'inconte/able int]v5tion de =ces et d'intellig5ces qui revi5n5t de l'autre rive du gr& fleuve que l'on croyait infran*issable8 ,faut-il reconnatre avec eux qu'il e/ des cas de plus en plus nombreux o il n'e/ plus possible d'hsit] entre l'hypo?se tlpa?ique et l'hypo?se spirite8 ,je ne le crois pas4 ,je n'ai nul p>ti pris1-- quoi bon en avoir dans ces my/res8--aucune rpugnance admettre la survivance et l'int]v5tion des morts2 mais il e/ sage et ncessaire1 avant de quitt] le plan t]re/re1 d'puis] t\tes les suppositions1 t\tes les explications qu'on y peut dc\vrir4 ,n\s avons opt] entre deux inconnus1 deux miracles1 si l'on veut1 dont l'un e/ situ dans le monde que n\s habitons et l'autre dans une rgion qu' tort ou raison n\s croyons sp>e de n\s p> des espaces sans nom1 qu'aucun tre1 vivant ou mort1 n'a trav]ss jusqu' ce j\r4 ,il e/ donc naturel que n\s demeurions *ez n\s1 dans notre monde1 tant que n\s y p\rrons t5ir1 tant que n\s n'en s]ons pas impitoyablem5t expulss p> une srie de faits irrsi/ibles et irrcusables1 issus de l'abme vois94 ,la survivance d'un esprit n'e/ pas plus invraisemblable que les prodigieuses facults que n\s sommes obligs d'attribu] aux mdiums si n\s les enlevons aux morts2 mais l'exi/5ce du mdium1 au reb\rs de celle de l'esprit1 e/ inconte/able2 c'e/ donc l'esprit ou ceux qui s'en rclam5t1 de pr\v] d'abord qu'il exi/e4 ,les phnomnes extraord9aires dont n\s v5ons de p>l]3 transmission de p5se d'inconsci5t inconsci5t1 vision di/ance1 clairvoyance sublim9ale1 se produis5t-ils qu& les morts ne sont pas en scne1 qu& les expri5ces se font exclusivem5t entre p]sonnages vivants8 ,on ne saurait1 de bonne foi1 le conte/]4 ,sans d\te1 on n'a jamais obt5u entre vivants des sries de communications ou de rvlations p>eilles celles des gr&s mdiums spirites3 ,pip]1 ,?ompson et ,/a9ton ,moses1 ni ri5 qui1 s\s le rapport de la cont9uit et de la p]spicacit1 puisse leur tre comp>4 ,mais si la qualit des phnomnes ne supporte pas la comp>aison1 il e/ indniable que leur nature intime e/ id5tique4 ,il e/ logique d'en infr] que ce n'e/ pas la s\rce d'inspiration1 mais la valeur propre1 la s5sibilit1 la puissance du mdium qui en e/ la vritable cause4 ,du re/e1 ,j4-,g4 ,pidd+ton1 qui a consacr ,mme ,?ompson une tude trs docum5te1 a nettem5t con/at *ez elle1 alors qu'elle n'tait pas entrance et qu'il n'tait nullem5t "q d'esprits1 des manife/ations infrieures1 il e/ vrai1 mais absolum5t analogues celles o les morts sont mls#i4 ,il plat ces mdiums1 de trs bonne foi d'ailleurs et probablem5t leur insu1 de donn] leurs facults subconsci5tes1 leurs p]sonnalits secondaires1 ou d'accept]1 p\r celles-ci1 des noms qui fur5t ports p> des tres passs de l'autre ct du my/re2 c'e/ affaire de vocabulaire ou de nom5clature qui n'enlve ou n'aj\te ri5 la signification intr9sque des faits4 ,or1 en exam9ant ces faits1 quelque tranges et vraim5t in\s que soi5t c]ta9s d'entre eux1 je n'en r5contre pas un seul qui sorte fran*em5t de ce monde ou vi5ne indubitablem5t de l'autre4 ,ce sont1 si l'on veut1 de prodigieux incid5ts de frontire2 mais on ne peut pas affirm] que la frontire ait t viole4 ,dans l'hi/oire de la montre de ,sir ,oliv] ,lodge1 p> exemple1 qui e/ une des plus c>actri/iques et des plus avances1 il faut attribu] au mdium des facults qui n'ont plus ri5 d'huma94 ,il doit1 soit p> vision di/ance1 transmission de p5se de subconsci5t subconsci5t ou clairvoyance sublim9ale1 se mettre en rapport avec les deux frres survivants du possesseur dcd de la montre2 et dans l'inconsci5t de ces deux frres lo9ta9s et que p]sonne n'a prv5us1 il lui faut retr\v] une f\le de circon/ances oublies p> eux-mmes1 et sur quoi se sont accumules la p\ssire et les tnbres de soixante-six annes4 ,il e/ c]ta9 qu'un phnomne de ce g5re fait craqu] t\s les cadres de l'imag9ation1 et qu'on lui refus]ait sa crance si d'abord il n'tait c]tifi et contrl p> un homme de la valeur de ,sir ,oliv] ,lodge et si1 p> surcrot1 il ne faisait p>tie d'un gr\pe de faits quival5ts1 qui montr5t bi5 qu'il ne s'agit po9t l d'un miracle absolum5t unique ou d'un inesprable conc\rs de concid5ces sans secondes4 ,il s'y agit simplem5t de vision di/ance1 de clairvoyance sublim9ale et de tlpa?ie p\sses la d]nire puissance2 et ces trois manife/ations des pr(ondeurs inexplores de l'homme sont auj\rd'hui sci5tifiquem5t con/ates et classes2 ce n'e/ pas dire qu'elles soi5t expliques1 mais ceci e/ une autre "q4 ,qu&1 propos d'lectricit1 on p>le de positif1 de ngatif1 d'induction1 de pot5tiel et de rsi/ance1 on met galem5t des mots conv5tionnels sur des faits ou des phnomnes dont on ignore entirem5t l'ess5ce intime2 et il faut bi5 qu'on s'en cont5te en att5dant mieux4 ,il n'y a1 j'y insi/e1 de ces manife/ations extraord9aires celles que n\s (fre un mdium qui ne p>le pas au nom des morts1 qu'une diffr5ce du plus au mo9s1 une diffr5ce d't5due ou de degr et nullem5t une diffr5ce spcifique4 #i ,voir sur ces faits qui n\s entran]ai5t trop lo91 ,j4-,g4 ,pidd+ton3 ,ph5om5a 9 ,mrs4 ,?ompson's ,trance1 ,proce$+s1 tome ,,xviii1 p4 #ahj et suivantes2 et tome ,,xxiii1 p4 #bhf et suivantes1 l'tude du pr(esseur ,a4-,c4 ,pig\ sur la ,cross correspond5ce sans l'int]v5tion des esprits4 ,,viii ,il faudrait1 p\r que l'preuve ft plus dcisive1 que p]sonne1 ni le mdium1 ni les tmo9s1 n'et jamais connu l'exi/5ce de celui dont le mort rvle le pass2 c'e/--dire que t\t li5 vivant ft supprim4 ,je ne crois pas que le fait se soit produit jusqu' ce j\r1 ni mme qu'il soit possible2 en t\t cas1 le contrle en devi5drait =t malais4 ,quoi qu'il en soit1 le docteur ,hodgson1 qui a consacr une p>tie de sa vie re*]*] des phnomnes spcifiques1 o les bornes de la puissance mdiumnique fuss5t nettem5t outrepasses1 croit les avoir dc\v]ts dans c]ta9s cas1 p>mi lesquels1--les autres tant peu prs de mme nature1--je ne cit]ai que l'un des plus frappants#aj4 ,en d'excell5tes sances1 assi/ du mdium ,pip]1 il communique avec div]s amis dcds qui lui rappell5t une f\le de s\v5irs communs4 ,le mdium1 les esprits et lui-mme sembl5t m]veilleusem5t disposs1 et les rvlations sont abondantes1 exactes et faciles4 ,dans cette atmosphre extrmem5t favorable1 il e/ mis en rapport avec l'me d'un de ses meilleurs amis1 mort il y a un an1 et qu'il nomme simplem5t3 ,a4 ,a41 qu'il a connu plus intimem5t que la plup>t des esprits qui l'ont prcd1 au reb\rs de ceux-ci1 t\t en tablissant son id5tit d'une faon indubitable1 ne f\rnit que des rponses incohr5tes4 ,or ,a41 dans les d]nires annes de sa vie1 avait s\ff]t de tr\bles crbraux qui conf9ai5t l'alination m5tale proprem5t dite4 #aj ,proce$+s1 tome ,,xiii1 p4 #cdi-ej et #cge4 ,le mme phnomne p>at se reproduire *aque fois que des tr\bles semblables ont prcd la mort1 a9si qu'en cas de suicide4 ,si l'on se ti5t uniquem5t l'explication tlpa?ique1 fait obs]v] le savant amrica91 si l'on prt5d que t\tes les p>oles des ds9c>ns ne sont que des sugge/ions de mon subconsci5t1 il e/ incomprh5sible qu'aprs avoir obt5u des rsultats satisfaisants avec des morts que j'avais mo9s connus et mo9s aims que ,a41 avec lesquels j'avais p> consqu5t bi5 mo9s de s\v5irs communs1 je ne tire de ce d]ni]1 dans les mmes sances1 que des rponses incohr5tes4 ,il faut donc croire que mon subconsci5t n'e/ pas seul en scne et qu'il a devant lui une p]sonnalit bi5 vivante1 bi5 relle qui se tr\ve encore dans l'tat d'esprit o elle tait au mom5t de la mort1 y demeure indp5dante1 n'y subit aucune influ5ce1 n'c\te nullem5t ce que je lui suggre mon insu1 et tire de son propre fonds ce qu'elle me rvle4 ,l'argum5t n'e/ pas ngligeable1 mais il n'aurait ple9e valeur que s'il tait c]ta9 qu'aucun de ceux qui assi/ai5t la sance n'et connu la folie de ,a42 s9on l'on peut s\t5ir que l'ide de folie ayant pntr dans le subconsci5t de l'un d'eux1 elle y agit en consqu5ce et donne aux rponses suggres un t\r con=me l'tat d'esprit qu'elle prsume *ez le mort4 ,,ix ,a vrai dire1 en t5dant a9si l'extrme la puissance des mdiums1 n\s n\s munissons d'explications qui prvi5n5t presque t\t1 b>r5t t\tes les r\tes et enlv5t peu prs compltem5t aux esprits la facult de se manife/] de la manire qu'ils p>aiss5t avoir *oisie4 ,mais p\rquoi *oisiss5t-ils cette manire-l8 ,p\rquoi se re/reign5t-ils a9si8 ,p\rquoi se cantonn5t-ils aussi ob/9m5t dans l'troite b&e de t]ra9 que la mmoire occupe aux conf9s des deux mondes1 et d'o ne peuv5t n\s v5ir que des tmoignages indcis ou suspects8 ,ils n'ont donc po9t d'autres issues ni d'autres horizons8 ,p\rquoi s'att>d5t-ils vgt] aut\r de n\s dans leur petit pass1 alors que db>rasss de la *air ils devrai5t p\voir err] librem5t dans les t5dues vi]ges de l'espace et du temps8 ,ignor5t-ils encore que ce n'e/ pas p>mi n\s mais *ez eux1 de l'autre ct de la tombe1 qu'ils tr\v]ont le signe qui n\s atte/]a qu'ils surviv5t8 ,p\rquoi s'en revi5n5t-ils les ma9s et les p>oles vides8 ,e/-ce l ce qu'on tr\ve qu& on baigne mme l'inf9i8 ,t\t e/-il nu1 sans =me et sans lumire p> del notre d]nire heure8 ,s'il en e/ a9si1 qu'ils le dis5t2 et le tmoignage des tnbres aura du mo9s une gr&eur qui manque trop ces faons de procureur et ces procds de juge d'in/ruction4 ,a quoi bon m\rir si t\tes les petitesses de la vie cont9u5t8 ,e/-ce vraim5t la pe9e d'avoir pass p> les dfils effrayants qui db\*5t dans les *amps t]nels1 p\r n\s rappel] que notre gr&-oncle portait le nom de ,pi]re et que ,paul1 notre c\s9 g]ma91 tait afflig de v>ices et d'une maladie d'e/omac8 ,a ce compte1 j'aim]ais mieux p\r ceux que j'aime1 la solitude augu/e et glace du nant4 ,s'il leur e/ difficile1 comme ils s'en plaign5t1 de se faire ent5dre trav]s un organisme trang] et pr(ondm5t endormi1 ils n\s dis5t sur le pass assez de *oses m9utieuses et prcises p\r n\s pr\v] qu'ils en p\rrai5t rvl] d'analogues1 s9on sur l'av5ir qu'ils ne connaiss5t peut-tre pas encore1 du mo9s sur de mo9dres secrets qui n\s ent\r5t de t\tes p>ts et que seul notre corps n\s emp*e d'appro*]4 ,il y a mille *oses1 gr&es ou petites et de n\s ignores1 qu'on doit ap]cevoir lorsque des yeux infirmes n'arrt5t plus le reg>d4 ,c'e/ dans ces rgions dont un ri5 n\s sp>e1 et non po9t p>mi d'imbciles ragots d'autrefois qu'ils tr\v]ai5t enf9 la vritable et claire preuve qu'ils p>aiss5t *]*] avec tant de passion4 ,sans exig] un gr& miracle1 il semble cep5dant qu'on ait le droit d'att5dre d'une intellig5ce que plus ri5 ne contra9t1 d'autres propos que ceux qu'elle vitait qu& elle tait encore s\mise la matire4 ,,*apitre ,,vii ,,la ,,correspondance ,,crois,e ,i ,on en tait l qu&1 ces d]nires annes1 les mdiums1 les spirites ou plutt les esprits eux-mmes1 p>at-il1--c> on ne sait au ju/e qui l'on a affaire1--peut-tre mcont5ts de n'tre pas plus nettem5t reconnus et compris1 af9 de pr\v] plus efficacem5t leur exi/5ce1 imag9r5t ce qu'on a appel la correspondance croise1 ou ,cross correspond5ce4 ,ici1 la situation e/ ret\rne2 il ne s'agit plus d'esprits div]s et plus ou mo9s nombreux qui se rvl5t p> l'int]mdiaire d'un mme mdium1 mais d'un esprit unique qui se manife/e presque simultanm5t trav]s plusieurs mdiums s\v5t =t loigns les uns des autres1 et sans ent5te pralable entre ceux-ci4 ,*acun de ces messages1 pris isolm5t1 e/ le plus s\v5t in9telligible1 et ne rvle un s5s que lorsqu'il e/ laborieusem5t comb9 avec t\s les autres4 ,comme le dit ,sir ,oliv] ,lodge1 ,le b de ces ef=ts +nieux et compliqus e/1 clairem5t1 de pr\v] que ces phnomnes sont l'oeuvre de quelque intellig5ce bi5 df9ie1 di/9cte de celle de l'un quelconque des automati/es4 ,la transmission p> fragm5ts d'un message ou d'une allusion littraire qui s]a in9telligible p\r *acun des criva9s pris sp>m5t exclut la possibilit d'une communication tlpa?ique entre eux4 ,a9si1 on c>te ou l'on essaye d'c>t] celle1 de t\tes les hypo?ses semi-normales1 que les membres de la ,s4 ,p4 ,r4 ont considre comme la plus tr\blante et la plus difficile lim9]4 ,ces ef=ts ont encore un autre objet3 ils t5d5t videmm5t pr\v]1 dans la mesure du possible1 p> la sub/ance et la qualit du message1 que celui-ci e/ c>actri/ique de la p]sonnalit p>ticulire de qui semble man] la communication1 et de nulle autre#aa4 #aa ,la survivance huma9e4 ,trad4 du ,dr ,h4 ,b\rbon1 p4 #bee4 ,l'expri5ce n'en e/ qu'au db2 et les d]ni]s volumes des ,proce$+s lui sont consacrs4 ,bi5 que la masse de docum5ts recueillis soit dj considrable1 il n'e/ pas encore possible d'en tir] une conclusion2 en t\t cas1 quoi qu'en dis5t les spirites1 la suspicion tlpa?ique ne semble nullem5t c>te4 ,c'e/ un ex]cice littraire assez biz>re et1 intellectuellem5t1 trs suprieur aux manife/ations habituelles des mdiums2 mais il n'y a1 jusqu'ici1 aucune raison d'en situ] le my/re dans l'autre monde plutt qu'en celui-ci4 ,on a v\lu y voir la preuve que s't5d quelque "p1 dans le temps ou l'espace1 ou bi5 hors de ceux-ci1 une sorte d'imm5se rs]voir cosmique de connaissances o vont librem5t puis] les esprits4 ,mais ce rs]voir1 s'il exi/e1 ce qui e/ =t possible1 ri5 ne n\s dit que ce ne soi5t pas plutt les vivants que les morts qui s'y r5d5t4 ,il e/ bi5 trange que ceux-ci1 s'ils ont vraim5t accs l'incomm5surable trsor1 n'en rapport5t qu'une espce de puzzle purilem5t +nieux4 ,il doit cep5dant s'y entass] des myriades de connaissances et d'acquisitions oublies et p]dues1 accumules depuis des millnaires en des abmes o notre p5se al\rdie p> le corps ne peut plus pntr]1 mais que ri5 ne p>at f]m] aux inve/igations d'activits plus subtiles et plus libres4 ,ils sont videmm5t ent\rs de my/res innombrables1 de vrits ins\ponnes et =midables qui surplomb5t de t\tes p>ts4 ,la plus petite rvlation a/ronomique ou biologique1 le mo9dre secret d'autrefois1 p> exemple celui de la trempe du cuivre que possdr5t les anci5s1 un dtail ar*ologique1 un pome1 une /atue1 un remde retr\v1 un lambeau de l'une de ces sci5ces inconnues qui fleurir5t en gypte ou dans l',atlantide1 s]ait un argum5t autrem5t premptoire que des c5ta9es de rm9isc5ces plus ou mo9s littraires4 ,p\rquoi n\s p>l5t-ils si r>em5t de l'av5ir1 et p\r quelles raisons1 lorsqu'ils s'y av5tur5t1 se tromp5t-ils avec une rgul>it dc\rageante8 ,il semble cep5dant1 qu'aux reg>ds d'un tre dlivr du corps et du temps1 les annes1 qu'elles soi5t passes ou futures1 doiv5t s'tal] t\tes sur le mme plan#ab4 ,on peut donc dire que l'+niosit de la preuve se ret\rne contre elle4 ,en somme1 comme dans les autres t5tatives1 et notamm5t celles du fameux mdium ,/a9ton ,moses1 c'e/ la mme impuissance c>actri/ique n\s apport] ne ft-ce qu'une p>celle de n'importe quelle vrit ou connaissance dont on ne tr\v]ait pas trace dans un c]veau vivant1 ou dans un livre crit sur cette t]re4 ,et cep5dant1 il n'e/ pas admissible qu'il n'exi/e po9t quelque "p d'autres vrits ou d'autres connaissances que celles que n\s possdons ici-bas4 ,le cas de ce ,/a9ton ,moses1 dont n\s v5ons de prononc] le nom1 e/1 s\s ce rapport1 trs frappant4 ,/a9ton ,moses tait un cl]gyman amrica91 dogmatique1 consci5cieux1 et1 l'tat normal1 son in/ruction1 au dire de ,my]s1 ne dpassait pas celle d'un matre d'cole ord9aire4 ,mais pe9e se tr\vait-il entranc1 que c]ta9s esprits de l'antiquit ou du moy5 ge1 qui ne sont gure connus que des rudits1 entre autres sa9t ,hippolyte1 vque d',o/ie1 ,plot91 ,a?nodore1 prcepteur de ,tibre1 et surt\t ,grocyn1 ami d'rasme1 pr5ai5t possession de sa p]sonne et se manife/ai5t p> son int]mdiaire4 ,or1 ,grocyn1 p> exemple1 donna sur rasme div]s r5seignem5ts qu'on crut d'abord recueillis dans l'autre monde1 mais qui fur5t po/rieurem5t retr\vs en des livres oublis1 mais nanmo9s accessibles4 ,d'autre "p1 la probit de ,/a9ton ,moses ne fut jamais mise en d\te p> ceux qui le connur5t2 il e/ donc p]mis de le croire lorsqu'il affirme n'avoir pas lu les livres en "q4 ,ici encore1 le my/re1 p\r inexplicable qu'il soit1 semble bi5 se ca*] au milieu de n\s4 ,c'e/ de la rm9isc5ce inconsci5te1 si l'on veut1 de la sugge/ion di/ance1 de la lecture sublim9ale2 mais non plus que dans la correspondance croise1 il n'e/ indisp5sable d'avoir rec\rs aux morts et de les faire entr] t\te =ce dans l'nigme2 celle-ci1 vue du ct de la tombe o n\s sommes1 e/ dj suffisamm5t paisse et passionnante4 ,au surplus1 n'insi/ons pas davantage sur cette correspondance croise4 ,n'oublions pas qu'il s'agit d'une expri5ce pe9e comm5ce1 et que les morts ont l'air de compr5dre assez pniblem5t les exig5ces des vivants4 #ab ,on tr\ve cep5dant1 dans cet ordre d'ide1 deux ou trois faits assez tr\blants1 notamm5t1 dans une runion provoque p> ,william ,/ead1 la prdiction du meurtre du roi ,alex&re et de la re9e ,draga1 avec les dtails les plus circon/ancis4 ,on fit de cette prdiction un procs-v]bal sign d'une tr5ta9e de tmo9s2 et ,/ead alla le l5dema9 suppli] le m9i/re de ,s]bie ,londres1 de prv5ir le roi du dang] qui le m5aait4 ,quelques mois aprs1 l'vnem5t s'accomplissait tel qu'il avait t annonc4 ,mais la prcognition n'exige pas ncessairem5t l'int]v5tion des morts2 et puis1 *aque fait de ce g5re1 avant d'tre df9itivem5t accept1 dem&]ait une longue et m9utieuse tude4 ,,ii ,les spirites propos de cette expri5ce1 comme des autres1 rpt5t volonti]s3 ,si v\s n'admettez pas l'int]v5tion des esprits1 la plup>t de ces phnomnes sont absolum5t inexplicables4 ,d'accord1 aussi ne prt5dons-n\s po9t les expliqu]2 c> presque ri5 n'e/ explicable sur cette t]re1 mais simplem5t les attribu] l'incomprh5sible puissance des mdiums1 qui n'e/ pas plus invraisemblable que la survivance des morts1 et a l'avantage de ne pas sortir de la sphre que n\s occupons et de s'app>5t] un gr& nombre de faits analogues qui se pass5t entre p]sonnages vivants4 ,ces s+ulires facults ne n\s dconc]t5t que p>ce qu'elles sont encore sporadiques et qu'il y a =t peu de temps qu'on les a sci5tifiquem5t con/ates4 ,au fond1 elles ne sont pas plus m]veilleuses que celles dont n\s n\s s]vons *aque j\r sans n\s m]veill]3 notre mmoire1 p> exemple1 notre p5se1 notre imag9ation1 que sais-je8 ,elles font p>tie du gr& miracle que n\s sommes2 et le miracle admis1 ce n'e/ pas tant son t5due que ses limites qui doiv5t n\s tonn]4 ,nanmo9s1 et p\r clore ce *apitre1 je ne suis po9t du t\t d'avis qu'il faille rejet]1 p\r n'y plus rev5ir1 l'hypo?se spirite2 ce s]ait inju/e et prmatur4 ,jusqu'ici1 t\t demeure en susp5s4 ,on peut dire que les *oses en sont encore peu prs au po9t que m>quait ,sir ,william ,crookes1 en #ahgd1 dans un article du ,qu>t]ly ,j\rnal ( ,sci5ces3 ,la diffr5ce entre les p>tisans de la =ce psy*ique et ceux du spiritualisme 7ou spiritisme7 consi/e en ceci3--que n\s s\t5ons qu'on n'a encore pr\v que d'une manire insuffisante qu'il exi/e un ag5t de direction autre que l'intellig5ce du mdium1 et qu'on n'a donn aucune espce de preuve que ce sont les esprits des morts2 t&is que les spirites accept5t1 comme article de foi1 que ce sont les esprits des morts qui sont les seuls ag5ts de t\s les phnomnes4 ,a9si la controv]se se rduit une pure "q de fait1 qui ne p\rra se rs\dre que p> une laborieuse suite d'expri5ces et p> la runion d'un gr& nombre de faits psy*ologiques4 ,ce s]a l le premi] devoir qu'aura remplir la socit de psy*ologie qui s'organise en ce mom5t4 ,en att5dant1 c'e/ dj beauc\p que de rig\reuses re*]*es sci5tifiques n'ai5t pas dtruit de fond en comble une ?orie qui b\lev]se aussi radicalem5t l'ide que n\s n\s faisions de la mort4 ,n\s v]rons plus lo9 p\r quelles raisons1 au po9t de vue de nos de/9es d'outre-tombe1 il n'y aurait pas lieu de s'att>d] trop longtemps aut\r de ces app>itions ou de ces rvlations1 alors mme qu'elles s]ai5t rellem5t inconte/ables et topiques4 ,elles ne sembl]ai5t1 t\t pr5dre1 que les manife/ations incohr5tes et prcaires d'un tat transitoire4 ,elles pr\v]ai5t au plus1 s'il fallait les admettre1 qu'un reflet de n\s-mmes1 une arrire-vibration n]veuse1 un faisceau d'motions1 une silh\ette spirituelle1 une image falote et dsemp>e ou1 plus exactem5t1 une sorte de mmoire trononne ou drac9e1 peut1 aprs notre mort1 s'att>d] et flott] dans un vide o ri5 ne l'alim5te plus1 o elle s'anmie et s'te9t peu peu1 mais qu'un fluide spcial1 man d'un mdium extraord9aire1 p>vi5t galvanis] p> mom5ts4 ,peut-tre exi/e-t-elle objectivem5t1 peut-tre ne subsi/e et ne se ravive-t-elle que dans le s\v5ir de c]ta9es sympa?ies4 ,il s]ait en somme assez vraisemblable que la mmoire qui n\s reprs5te p5dant t\te notre vie1 cont9ut de le faire durant quelques sema9es ou mme quelques annes aprs notre dcs4 ,a9si s'expliqu]ait le c>actre vasif et dcevant de ces esprits qui1 n'ayant qu'une exi/5ce mnmonique1 ne peuv5t naturellem5t s'intress] qu'aux *oses de leur ressort4 ,de l leur n]gie agaante et maniaque se cramponn] aux mo9dres faits1 leur hbtude somnol5te1 leur incurie1 leur ignorance incomprh5sibles1 et t\tes les biz>r]ies misrables que n\s avons plus d'une fois rem>ques4 ,mais1 je le rpte1 il e/ bi5 plus simple d'attribu] ces biz>r]ies au c>actre spcial et aux difficults encore mal connues des communications tlpa?iques4 ,les sugge/ions inconsci5tes du plus intellig5t de ceux qui pr5n5t "p l'expri5ce1 passant p> l'int]mdiaire obscur du mdium1 s'y altr5t1 s'y disjoign5t1 s'y dp\ill5t de leurs pr9cipales v]tus4 ,il se peut qu'elles s'g>5t et s'ins9u5t en c]ta9s reco9s oublis que ne visite plus l'intellig5ce et en rapport5t des tr\vailles plus ou mo9s surpr5antes2 mais la qualit intellectuelle de l'ensemble s]a t\j\rs infrieure ce que donn]ait une p5se consci5te4 ,du re/e1 encore une fois1 il n'e/ pas l'heure de conclure4 ,ne p]dons pas de vue qu'il s'agit d'une sci5ce ne d'hi] et qui *]*e ttons ses outils1 ses s5ti]s1 ses m?odes et son b dans une nuit plus obscure que celle de la t]re4 ,ce n'e/ pas en tr5te ans que se btit le pont le plus h>di qu'on ait entrepris de jet] sur le fleuve de la mort4 ,la plup>t des sci5ces ont d]rire elles des sicles d'ef=ts +rats et d'inc]titudes /riles2 et p>mi les plus jeunes1 il en e/ peu1 je p5se1 qui puiss5t montr] comme celle-ci1 ds les premires heures1 les promesses d'une moisson qui n'e/ peut-tre po9t celle qu'elle croyait avoir seme2 mais o dj s'annonc5t bi5 des fruits inconnus et curieux#ac4 #ac ,il faudrait1 p\r puis] cette "q de la survivance et des communications avec les morts1 p>l] des rc5tes re*]*es du ,dr ,hyslop faites avec l'aide des mdiums ,smead et ,*5[e? 7,communications avec ,william ,james74 ,il faudrait galem5t m5tionn] le fameux bureau de ,julia1 et surt\t les extraord9aires sances de ,mme ,wri$t1 le mdium trompette1 qui non seulem5t obti5t des communications o les morts p>l5t des langues qu'elle-mme ignore compltem5t1 mais provoque des app>itions qu'on dit extrmem5t tr\blantes4 ,il faudrait enf9 exam9] les faits exposs p> le ,pr(4 ,porro1 le ,dr ,v5zano1 ,m4 ,rozanne et bi5 d'autres *oses2 c> dj l'expri5ce et la littrature spirites entass5t volumes sur volumes4 ,mais je n'ai pas eu l'int5tion ni la prt5tion de faire une tude complte du spiritisme sci5tifique4 ,j'ai t5u simplem5t ne ri5 omettre d'ess5tiel1 et donn] une ide gnrale mais exacte de cette atmosphre d'outre-tombe1 qu'aucun fait rellem5t n\veau et dcisif n'e/ v5u b\lev]s] depuis les manife/ations dont n\s avons p>l4 ,,*apitre ,,viii ,,la ,r,,inc>nation ,i ,voil p\r la survivance proprem5t dite4 ,mais c]ta9s spirites vont plus lo9 et t5t5t de pr\v] sci5tifiquem5t la pal+nsie et la transmigration des mes4 ,je passe leurs argum5ts d'ordre moral ou s5tim5tal1 et ceux qu'ils tr\v5t dans les rm9isc5ces prnatales d'hommes illu/res ou autres4 ,ces rm9isc5ces1 s\v5t tr\blantes1 il e/ vrai1 sont encore trop r>es1 trop sporadiques1 si l'on peut dire2 et ne fur5t pas t\j\rs suffisamm5t contrles1 p\r qu'il soit prud5t d'en faire tat4 ,je ne m'arrte pas davantage aux preuves tires des aptitudes innes du gnie ou de c]ta9s enfants prodiges1 aptitudes assez inexplicables1 mais qu'on peut nanmo9s attribu] des lois inconnues de l'hrdit4 ,je me cont5t]ai de rappel] sommairem5t les rsultats de quelques expri5ces assez dconc]tantes du colonel de ,ro*as4 ,le colonel de ,ro*as1 il convi5t de le faire t\t d'abord rem>qu]1 e/ un savant qui ne *]*e que la vrit objective avec une rigueur et une probit sci5tifiques qui ne fur5t jamais mises en d\te4 ,il endort c]ta9s sujets exceptionnels et l'aide de passes longitud9ales leur fait remont] t\t le c\rs de leur exi/5ce4 ,il les ramne a9si successivem5t la jeunesse1 l'adolesc5ce et jusqu'aux extrmes limites de l'enfance4 ,a *acune de ces tapes hypnotiques1 le sujet retr\ve la consci5ce1 le c>actre et l'tat d'esprit qu'il avait l'tape correspondante de sa vie4 ,il retrav]se les mmes vnem5ts1 leurs bonheurs et leurs pe9es4 ,s'il a t malade1 il repasse p> sa maladie1 sa convalesc5ce et sa gurison4 ,s'il s'agit1 p> exemple1 d'une femme qui fut mre1 elle r$evi5t grosse et pr\ve n\veau les angoisses et les d\leurs de l'acc\*em5t4 ,ram5 l'ge o il appr5ait crire1 le sujet crit comme un enfant1 et l'on peut confront] son criture celle de ses cahi]s d'coli]4 ,c'e/ dj bi5 extraord9aire1 mais1 comme le dit le colonel de ,ro*as3 ,jusqu' prs5t n\s avons m>* sur un t]ra9 f]me2 n\s avons obs]v un phnomne physiologique difficilem5t explicable1 mais que des expri5ces et des vrifications nombreuses p]mett5t de considr] comme c]ta94 ,n\s entrons ma9t5ant dans une rgion o n\s att5d5t de plus surpr5antes nigmes4 ,pr5ons1 p\r prcis]1 un des cas les plus simples4 ,le sujet e/ une jeune fille de #ah ans1 nomme ,josph9e4 ,elle habite ,voiron1 dans l',isre4 ,la voici ram5e p> des passes longitud9ales l'tat de t\t petit enfant allait p> sa mre4 ,les passes cont9u5t et le conte de fes se p\rsuit4 ,josph9e ne peut plus p>l]2 et c'e/ le gr& sil5ce de l'enfance auquel semble succd] un autre sil5ce plus my/rieux encore4 ,josph9e ne rpond plus que p> signes2 elle n'e/ pas encore ne1 elle flotte dans le noir4 ,on insi/e1 le sommeil devi5t plus pais2 et t\t c\p1 du fond de ce sommeil1 s'lve la voix d'un autre tre1 une voix inatt5due et inconnue1 une voix de vieill>d b\rru1 mfiant et mcont5t4 ,on l'int]roge4 ,d'abord1 il refuse de rpondre1 disant qu'il e/ l1 puisqu'il p>le1 qu'il ne voit ri5 et qu'il e/ dans le noir4 ,on r$\ble les passes1 on gagne peu peu sa confiance4 ,il s'appelle ,jean-,claude ,b\rdon2 il e/ vieux1 c\* dans son lit et malade depuis longtemps4 ,il fait le rcit de sa vie4 ,il e/ n ,*ampv5t1 dans la commune de ,polliat1 en #ahab4 ,il a t l'cole jusqu' #ah ans1 il a fait son s]vice militaire au #g;e d'artill]ie ,besanon1 et il raconte ses quipes t&is que la jeune fille endormie fait le ge/e de fris] une m\/a*e imag9aire4 ,de ret\r au pays1 il ne se m>ie pas1 mais pr5d une matresse4 ,il vieillit solitaire 7j'abrge71 et meurt #gj ans1 aprs une longue maladie4 ,ma9t5ant1 c'e/ le mort qui p>le2 et ses rvlations d'outre-tombe ne sont pas s5sationnelles1 ce qui1 du re/e1 n'e/ pas une raison suffisante p\r d\t] de leur ralit4 ,il se s5t sortir de son corps2 mais il y re/e atta* p5dant un temps assez long4 ,son corps fluidique d'abord diffus repr5d une =me plus compacte4 ,il vit dans l'obscurit qui lui e/ pnible1 mais il ne s\ffre pas4 ,enf9 les tnbres o il e/ plong sont sillonnes de quelques lueurs4 ,il a l'ide de se rinc>n] et s'appro*e de celle qui doit tre sa mre 7c'e/--dire la mre de ,josph9e74 ,il l'ent\re jusqu' ce que l'enfant vi5ne au monde1 et alors1 entre peu peu dans le corps de cet enfant4 ,jusque v]s la septime anne1 il y avait aut\r de ce corps une sorte de br\ill>d flottant o il voyait beauc\p de *oses qu'il n'a plus revues depuis4 ,il s'agit prs5t de remont] au del de ,jean-,claude4 ,une magntisation de prs de trois qu>ts d'heure1 sans s'att>d] aucune tape1 ramne le vieill>d mort l'tat de t\t petit enfant4 ,n\veau sil5ce1 n\veaux limbes2 puis1 t\t c\p1 autre voix et p]sonnage inatt5du4 ,cette fois1 c'e/ une vieille femme qui a t trs m*ante2 aussi s\ffre-t-elle beauc\p4 7,elle e/ morte p\r le mom5t1 c> dans ce monde r5v]s1 on pr5d les vies reb\rs et elles comm5c5t naturellem5t p> la f947 ,elle e/ dans des tnbres paisses1 ent\re de mauvais esprits4 ,elle p>le d'une voix faible1 mais rpond t\j\rs d'une faon prcise aux que/ions qu'on lui pose1 au lieu d'ergot] t\t in/ant1 comme le faisait ,jean-,claude4 ,elle s'appelle ,philomne ,c>t]on4 ,en appr(ondissant encore le sommeil1 aj\te le colonel de ,ro*as que je cite ici textuellem5t1 je provoque les manife/ations de ,philomne vivante4 ,elle ne s\ffre plus1 p>at trs calme1 rpond t\j\rs trs nettem5t et d'un ton sec4 ,elle sait qu'elle n'e/ pas aime dans le pays1 mais p]sonne n'y p]dra ri5 et elle saura bi5 se v5g] l'occasion4 ,elle e/ ne en #agjb2 elle s'appelait ,philomne ,*>pigny qu& elle tait fille2 son gr&-pre mat]nel s'appelait ,pi]re ,ma*on et habitait ,ozan4 ,elle s'tait m>ie en #agcb1 ,*evr\x1 avec un nomm ,c>t]on1 dont elle a eu deux enfants qu'elle a p]dus4 ,avant son inc>nation1 ,philomne avait t une petite fille1 morte en bas ge4 ,aup>avant1 elle avait t un homme qui avait tu2 c'e/ p\r cela qu'elle a beauc\p s\ff]t dans le noir1 mme aprs sa vie de petite fille o elle n'avait pas eu le temps de faire du mal1 af9 d'expi] son crime4 ,je n'ai pas jug utile de p\ss] plus lo9 le sommeil1 p>ce que le sujet p>aissait puis et faisait mal voir dans ses crises4 ,mais1 d'autre "p1 j'ai fait une obs]vation qui t5drait pr\v] que les rvlations de ces mdiums repos5t sur une ralit objective4 ,a ,voiron1 j'ai p\r spectatrice habituelle de mes expri5ces une jeune fille d'esprit trs pos1 trs rfl*i1 et nullem5t sugge/ible1 ,mlle ,l\ise1 qui possde un trs haut degr la proprit 7relativem5t commune un degr mo9dre7 de p]cevoir les effluves huma9s et1 p> suite1 le corps fluidique4 ,qu& ,josph9e ravive la mmoire de son pass1 on obs]ve aut\r d'elle une aura lum9euse p]ue p> ,l\ise4 ,or1 aux yeux de ,l\ise1 cette aura devi5t sombre qu& ,josph9e se tr\ve dans la phase qui sp>e deux exi/5ces4 ,dans t\s les cas1 ,josph9e ragit vivem5t qu& je t\*e des po9ts de l'espace o ,l\ise me dit p]cevoir l'aura1 qu'elle soit lum9euse ou sombre4 ,,ii ,j'ai t5u reproduire peu prs 9 ext5so le procs-v]bal d'une de ces expri5ces1 p>ce que les p>tisans de la pal+nsie y tr\v5t le seul argum5t apprciable qu'ils possd5t4 ,le colonel de ,ro*as les a plus d'une fois r5\veles sur diffr5ts sujets2 p>mi ceux-ci1 je ne cit]ai qu'une jeune fille3 ,m>ie ,mayo1 dont l'hi/oire e/ plus complique que celle de ,josph9e1 et dont les rinc>nations successives n\s font remont] jusqu'au ,x,v,i,ie sicle et n\s transport5t brusquem5t ,v]sailles1 au milieu des p]sonnages hi/oriques qui volu5t aut\r du gr& roi4 ,aj\tons que le colonel de ,ro*as n'e/ pas le seul magntiseur qui ait obt5u des rvlations de ce g5re4 ,il e/ p]mis de les class] dornavant p>mi les faits acquis de l'hypnotisme4 ,je ne m5tionne que les si5nes p>ce qu'elles (fr5t1 t\s les po9ts de vue1 les plus srieuses g>anties4 ,que pr\v5t-elles8 ,il faut d'abord1 comme dans t\tes les que/ions de cet ordre1 se mfi] du mdium4 ,il e/ ent5du que t\s les mdiums sont1 de p> la nature mme de leurs facults1 encl9s la simulation1 la sup]*]ie4 ,je sais que le colonel de ,ro*as1 comme le ,dr ,ri*et1 comme ,lombroso1 comme t\s ceux qui ont affaire aux mdiums1 fut p>fois my/ifi4 ,ce sont l mcomptes inhr5ts aux int]mdiaires p> lesquels on e/ bi5 =c de pass]2 et les expri5ces de ce g5re n'auront jamais la valeur sci5tifique de celles qu'on fait dans un laboratoire de physique ou de *imie4 ,mais ce n'e/ pas une raison p\r leur dni]1 a priori1 t\te espce d'intrt4 ,en fait1 la simulation et la sup]*]ie sont-elles possibles ici8 videmm5t1 bi5 que les expri5ces soi5t trs rig\reusem5t contrles4 ,si complique qu'elle soit1 le sujet peut avoir appris sa leon et vit] adroitem5t les piges qu'on lui t5d4 ,la meilleure g>antie1 c'e/1 en d]nire analyse1 sa bonne foi et sa moralit1 que seuls les exprim5tateurs sont mme d'pr\v] et de connatre2 il faut donc leur faire confiance sur ce po9t4 ,ils pr5n5t d'ailleurs t\tes les prcautions ncessaires p\r que la simulation devi5ne trs difficile4 ,aprs avoir fait remont] au sujet le c\rs de sa vie1 p> des passes transv]sales1 on l'oblige de r$esc5dre ce mme c\rs2 et les mmes vnem5ts se dr\l5t en s5s inv]se4 ,les preuves et les contre-preuves rptes1 donn5t t\j\rs des rsultats id5tiques2 et jamais le mdium n'hsite et ne s'g>e dans le ddale des noms1 des dates et des faits#ad4 #ad ,notons1 p\r ne ri5 ca*] et mettre s\s les yeux t\tes les pices du procs1 que le colonel de ,ro*as1 aprs enqute1 a con/at que sur plusieurs po9ts1 les rvlations des sujets1 relatives leurs vies antrieures tai5t inexactes4 ,les rcits faits p> eux tai5t de plus ple9s d'ana*ronismes1 qui rvlai5t l'introduction de s\v5irs normaux dans des sugge/ions d'orig9e inconnue4 ,il n'en re/e pas mo9s un fait p>faitem5t c]ta91 c'e/ celui de visions se produisant avec les mmes c>actres *ez un assez gr& nombre de g5s inconnus les uns aux autres4 ,il faudrait du re/e que ces mdiums--d'intellig5ce gnralem5t mdiocre1--dev9ss5t subitem5t des potes de gnie1 p\r crer a9si1 de t\tes pices1 une srie de c>actres absolum5t diffr5ts les uns des autres1 o t\t se ti5t3 ge/e1 voix1 humeur1 morale1 p5ses1 s5sibilit2 et t\j\rs prts rpondre1 con=mm5t leur nature la plus intime1 aux que/ions les plus imprvues4 ,on a dit que t\t homme e/ un ,%akespe>e dans ses rves2 mais ici1 ne s'agit-il pas de rves qui p> leur con/ance ressembl5t trangem5t la ralit8 ,je crois donc qu'il e/ p]mis1 jusqu' preuve contraire1 d'c>t] la simulation4 ,on p\rrait encore object]1 comme on l'a fait propos des fantmes de ,my]s1 l'insignifiance de leurs rvlations d'outre-tombe4 ,j'y v]rais plutt un argum5t en faveur de leur bonne foi4 ,a ceux dont l'imag9ation e/ assez ri*e p\r crer les m]veilleux p]sonnages que n\s voyons vivre dans leur sommeil1 il ne s]ait sans d\te pas bi5 difficile d'inv5t]1 au sujet de l'autre monde1 quelques dtails fantaisi/es mais plausibles4 ,pas un n'y songe4 ,ils sont *rti5s1 ils ont donc au plus pr(ond d'eux-mmes la t]reur atavique de l'enf]1 l'effroi du purgatoire1 et la vision d'un p>adis ple9 d'anges et de palmes4 ,ils n'y font jamais allusion4 ,bi5 qu'ils ignor5t le plus s\v5t les ?ories de la rinc>nation1 ils se con=m5t /rictem5t l'hypo?se ?osophique ou no-spirite et1 inconsciemm5t fidles celle-ci1 ils ne prcis5t pas2 ils p>l5t vaguem5t de l'obscurit1 du noir o ils se tr\v5t4 ,ils ne dis5t ri51 p>ce qu'ils ne sav5t ri54 ,il leur e/ app>emm5t impossible de r5dre compte d'un tat qui ne s'e/ pas encore clairci4 ,en effet1 il e/ =t probable1 si n\s admettons l'hypo?se de la rinc>nation et de l'volution d'outre-tombe1 que la nature1 ici comme ailleurs1 ne procde po9t p> bonds4 ,il n'y a aucune raison spciale p\r qu'elle en fasse un prodigieux et inimag9able entre la vie et la mort4 ,il n'y a pas le c\p de ?tre qu'on e/1 avant rflexion1 assez port dem&]4 ,l'esprit e/ d'abord dconc]t d'avoir p]du son corps et t\tes ses habitudes2 il ne se ressaisit que peu peu4 ,il repr5d consci5ce l5tem5t4 ,cette consci5ce1 p> la suite1 se purifie1 s'lve1 s't5d graduellem5t et indf9im5t1 jusqu' ce que1 gagnant d'autres sphres1 le pr9cipe de vie qui l'anime ne se rinc>ne plus et p]de t\t contact avec n\s4 ,a9si s'expliqu]ait que n\s n'ayons jamais que des rvlations infrieures et lm5taires4 ,t\t ce qui conc]ne cette premire phase de la survivance e/ assez vraisemblable1 mme p\r ceux qui n'admett5t pas la rinc>nation4 ,du re/e1 n\s v]rons plus lo9 que les solutions qu'on y croit tr\v]1 dplac5t simplem5t la "q et sont insuffisantes et provisoires4 ,,iii ,v5ons l'objection la plus srieuse3 celle de la sugge/ion4 ,le colonel de ,ro*as affirme que lui et t\s les autres exprim5tateurs qui se sont livrs cette tude ont non seulem5t vit t\t ce qui p\vait mettre le sujet sur une voie dt]m9e1 mais ont s\v5t *]* en va9 l'g>] p> des sugge/ions diffr5tes4 ,j'en suis conva9cu1 il ne saurait tre "q de sugge/ion volontaire4 ,mais ne savons-n\s pas qu'en ces doma9es1 la sugge/ion inconsci5te et involontaire e/ s\v5t plus puissante et efficace que l'autre8 ,dans l'expri5ce banale et assez purile de la table t\rnante1 p> exemple1 qui n'e/ en somme que de la tlpa?ie primitive et lm5taire1 c'e/ presque t\j\rs la sugge/ion inconsci5te d'un oprateur ou d'un simple assi/ant qui dicte les rponses#ae4 ,il faudrait donc t\t d'abord s'assur] que ni le magntiseur1 ni les assi/ants1 ni le sujet lui-mme1 n'ont jamais ent5du p>l] d'aucun des p]sonnages rinc>ns4 ,il suffira1 dira-t-on1 de pr5dre dans les contre-preuves un autre oprateur et d'autres assi/ants qui ignor5t les rvlations antrieures4--,oui1 mais le sujet ne les ignore po9t2 et il se peut que la premire sugge/ion ait t si pr(onde qu'elle demeure jamais grave dans l'inconsci5t1 et reproduise indf9im5t les mmes inc>nations1 dans le mme ordre4 #ae ,qu'on me p]mette de cit]1 ce propos1 un fait p]sonnel4 ,un soir1 l'abbaye de ,sa9t-,w&rille1 o je passe mes ts1 des htes rcemm5t arrivs s'amusr5t faire t\rn] un guridon4 ,je fumais paisiblem5t dans un co9 du salon1 assez lo9 de la petite table1 ne pr5ant aucun intrt ce qui se passait aut\r d'elle et p5sant t\t autre *ose4 ,aprs s'tre fait pri] comme il si$1 la table rpondit qu'elle reclait l'esprit d'un mo9e du ,x,v,i,ie sicle1 ent]r dans la gal]ie e/ du clotre1 s\s une dalle qui portait la date de #afic4 ,aprs le d"p du mo9e qui1 t\t c\p1 sans raison app>5te1 refusa de p\rsuivre l'entreti51 il n\s prit fantaisie d'all]1 une lampe la ma91 la re*]*e de la tombe4 ,n\s f9mes p> dc\vrir1 au b\t de la gal]ie ori5tale1 une pi]re funraire1 en trs mauvais tat1 brise1 ue1 crase1 effrite1 sur laquelle on p\vait d*iffr] avec pe9e1 en l'exam9ant de trs prs1 l'inscription3 ,a4 ,d4 #afic4 ,or1 au mom5t de la rponse du mo9e1 il n'y avait au salon que mes htes et moi4 ,aucun d'eux ne connaissait l'abbaye2 ils y tai5t arrivs le soir mme1 quelques m9utes avant le dn] et1 aprs le repas1 la nuit tant compltem5t tombe1 avai5t remis au l5dema9 la visite du clotre et des ru9es4 ,la rvlation1 mo9s de croire aux ,coques ou aux lm5tals des ?osophes1 ne p\vait donc v5ir que de moi4 ,je croyais cep5dant absolum5t ignor] l'exi/5ce de cette pi]re tombale1 une des mo9s lisibles entre une v+ta9e d'autres1 t\tes du ,x,v,i,ie sicle qui pav5t cette p>tie du clotre4 ,t\t ceci ne veut pas dire que les phnomnes de la sugge/ion ne soi5t pas1 eux aussi1 sur*>gs de my/res2 mais c'e/ l une autre "q4 ,on le voit1 p\r l'in/ant1 le problme e/ presque insoluble et le contrle impraticable4 ,en att5dant1 puisqu'il faut *oisir de la rinc>nation ou de la sugge/ion1 il convi5t de se t5ir d'abord celle-ci1 selon les pr9cipes que n\s avons suivis dans les expri5ces de p>ole et d'criture automatiques4 ,entre deux inconnus1 le bon s5s et la prud5ce ordonn5t d'all] d'abord celui qui conf9e c]ta9s faits plus s\v5t con/ats et o se retr\v5t quelques lueurs familires4 puisons le my/re de notre vie avant d'y r5onc] en faveur de celui de notre mort4 ,dans t\te l't5due de ces contres c\v]tes de fondrires1 il importe1 jusqu' n\velles preuves1 de ne po9t s'c>t] de cette rgle inflexible3 il y a transmission de p5se1 ds qu'il n'e/ pas absolum5t et matriellem5t impossible que le sujet ou quelque p]sonne de l'assi/ance ait connaissance du fait en "q2 que cette connaissance soit consci5te ou non1 oublie ou prs5te4 ,cette g>antie mme e/ insuffisante1 c> il e/ encore possible1 comme n\s l'avons vu dans l'expri5ce de la montre de ,sir ,oliv] ,lodge1 que quelqu'un qui n'assi/e pas la sance1 qui en e/ mme =t loign1 mis en communication d'une faon inconnue avec le mdium1 le sugge/ionne di/ance et son insu4 ,enf91 p\r t\t prvoir1 avant que d'admettre l'entre en scne de la mort1 il s]ait ncessaire de s'assur] que la mmoire atavique ne j\e pas un rle inatt5du4 ,un homme ne peut-il1 p> exemple1 g>d] lat5t au plus pr(ond de son tre1 le s\v5ir d'vnem5ts qui se rapport5t l'enfance d'un asc5dant qu'il n'a jamais vu1 et les communiqu] au mdium p> sugge/ion inconsci5te8 ,ce n'e/ pas invraisemblable4 ,n\s portons en n\s t\t le pass1 t\te l'expri5ce de nos anctres2 p\rquoi1 si l'on p\vait magiquem5t clair] les prodigieux trsors de la mmoire subconsci5te1 n'y retr\v]ait-on pas les vnem5ts et les faits1 s\rces de cette expri5ce8 ,avant de n\s t\rn] v]s l'inconnu d'outre-tombe1 vidons jusqu'au fond t\tes les possibilits de l'inconnu t]re/re4 ,il e/ au surplus rem>quable mais inconte/able1 que1 malgr la rigueur de cette loi qui semble exclure t\te autre explication1 malgr l't5due presque sans limites et probablem5t excessive1 donne au doma9e de la sugge/ion1 il re/e nanmo9s quelques faits p\r lesquels il faudra peut-tre song] autre *ose4 ,mais rev5ons la rinc>nation1 et reconnaissons1 en passant1 qu'il e/ =t regrettable que les argum5ts des ?osophes et des no-spirites ne soi5t pas premptoires2 c> il n'y eut jamais croyance plus belle1 plus ju/e1 plus pure1 plus morale1 plus fconde1 plus consolante et1 jusqu' un c]ta9 po9t1 plus vraisemblable que la leur4 ,seule1 avec sa doctr9e des expiations et des purifications successives1 elle r5d compte de t\tes les 9galits physiques et intellectuelles1 de t\tes les iniquits sociales1 de t\tes les inju/ices abom9ables du de/94 ,mais la qualit d'une croyance n'en atte/e pas la vrit4 ,bi5 qu'elle soit la religion de six c5t millions d'hommes1 la plus pro*e des my/rieuses orig9es1 la seule qui ne soit pas odieuse et la mo9s absurde de t\tes1 il lui faudra faire ce que ne fir5t pas les autres3 n\s apport] d'irrcusables tmoignages2 et ce qu'elle n\s a donn jusqu'ici n'e/ que la premire ombre d'un comm5cem5t de preuve4 ,,iv ,et puis1 ce ne s]ait pas encore la f9 de l'nigme4 ,en pr9cipe1 la rinc>nation e/1 tt ou t>d1 9vitable1 puisque ri5 ne peut se p]dre ni s'immobilis]4 ,ce qui n'e/ nullem5t dmontr1 et demeur]a peut-tre indmontrable1 c'e/ la rinc>nation de l'individu enti] et id5tique1 malgr l'abolition de la mmoire4 ,que lui importe du re/e cette rinc>nation s'il ignore qu'il e/ t\j\rs lui-mme8 ,t\s les problmes de la survivance consci5te se r$ress5t2 et t\t e/ recomm5c]4 ,mme sci5tifiquem5t tablie1 la doctr9e de la rinc>nation1 t\t comme celle de la survivance1 ne mettrait pas un t]me nos que/ions4 ,elle ne rpond ni aux premires ni aux d]nires1 celles de l'orig9e et de la f91 les seules ess5tielles4 ,elle les dplace simplem5t1 les recule de quelques sicles1 de quelques millnaires1 esprant peut-tre de les p]dre ou de les oubli] dans le sil5ce et l'espace4 ,mais elles revi5n5t du fond des plus prodigieux inf9is2 et ne se cont5t5t pas d'une solution dilatoire4 ,assurm5t1 il m'intresse d'appr5dre ce qui m'att5d1 ce qui m'arriv]a immdiatem5t aprs ma mort2 v\s me dites3 l'homme dans ses inc>nations successives expi]a p> la d\leur1 se purifi]a1 p\r s'lev] de sphre en sphre jusqu' ce qu'il ret\rne au pr9cipe div9 d'o il e/ sorti4 ,je le veux croire1 bi5 que t\t cela porte encore le sceau assez suspect de notre petite t]re et de ses vieilles religions2 je le veux croire1 mais aprs8 ,ce qui m'importe1 ce n'e/ pas ce qui s]a quelque temps1 mais t\j\rs2 et votre pr9cipe div9 ne me semble po9t du t\t inf9i ni df9itif4 ,il me p>at mme =t infrieur celui que j'imag9e sans votre aide4 ,or1 ft-elle fonde sur des milli]s de faits1 une religion qui amo9drit le ,dieu que conoit ma p5se la plus haute1 ne saurait subjugu] ma consci5ce4 ,votre inf9i ou votre ,dieu1 t\t en tant encore plus in9telligible que le mi51 e/ cep5dant mo9s gr&4 ,si je r5tre en lui1 c'e/ que j'en tais sorti2 si j'en ai pu sortir1 c'e/ qu'il n'e/ pas inf9i2 et s'il n'e/ pas inf9i1 qu'e/-il donc8 ,il faut accept] l'un ou l'autre3 ou il me purifie p>ce que je suis hors de lui et il n'e/ pas inf9i2 ou1 tant inf9i1 s'il me purifie1 il y avait en lui quelque *ose d'impur1 puisque c'e/ une p>tie de lui-mme qu'il purifie en moi4 ,au surplus1 comm5t admettre que ce ,dieu qui exi/e depuis t\j\rs1 qui a d]rire lui le mme inf9i de millnaires que devant soi1 n'ait pas encore tr\v le temps de se purifi] et de t]m9] ses preuves8 ,ce qu'il n'a pu faire dans l't]nit antrieure au mom5t o je suis1 il ne le p\rra faire dans l't]nit po/rieure1 c> les deux sont gales4 ,et la mme "q se pose en ce qui me conc]ne4 ,mon pr9cipe de vie1 comme le si51 exi/e de t\te t]nit1 c> ma sortie du nant s]ait plus inexplicable que mon exi/5ce sans comm5cem5t4 ,j'ai ncessairem5t eu1 d'innombrables reprises1 occasion de m'inc>n]2 et je l'ai probablem5t fait1 att5du qu'il n'e/ gure vraisemblable que cette ide ne me soit v5ue qu'hi]4 ,t\tes les *ances d'arriv] o je t5ds me fur5t donc (f]tes dans le pass2 et t\tes celles que je r5contr]ai dans l'av5ir n'aj\t]ont ri5 un nombre qui dj tait inf9i4 ,il y a peu de *ose rpondre ces int]rogations qui surgiss5t de p>t\t ds qu'on atte9t l'une d'elles du b\t de la p5se4 ,en att5dant1 j'aime mieux savoir que je ne sais ri5 que de me n\rrir d'affirmations illusoires et inconciliables4 ,j'aime mieux me t5ir un inf9i dont l'incomprh5sible e/ sans limites1 que de me re/re9dre un ,dieu dont l'incomprh5sible e/ born de t\tes p>ts4 ,ri5 ne v\s =ce p>l] de votre ,dieu1 mais si v\s entrepr5ez de le faire1 il e/ ncessaire que vos explications soi5t suprieures au sil5ce qu'elles romp5t4 ,v ,il e/ vrai que les spirites sci5tifiques ne se has>d5t pas jusqu' ce ,dieu2 mais alors1 troitem5t s]rs entre les deux gr&es nigmes de l'orig9e et de la f91 ils n'ont presque ri5 n\s dire4 ,ils suiv5t nos morts durant quelques in/ants1 dans un monde o les in/ants ne compt5t plus2 et puis les ab&onn5t dans les tnbres4 ,je ne le leur repro*e po9t1 puisqu'il s'agit ici de *oses que probablem5t n\s ne saurons pas encore lorsque n\s croirons t\t savoir4 ,je ne leur dem&e pas de me rvl] le secret de l',univ]s1 c> je ne crois pas1 comme un enfant1 que ce secret puisse t5ir en trois mots1 ni pntr] dans mon c]veau sans le faire clat]4 ,je suis mme p]suad que des tres qui s]ai5t plusieurs millions de fois plus intellig5ts que le plus intellig5t d'entre n\s1 ne le possd]ai5t pas encore2 ce secret devant tre aussi inf9i1 aussi insondable1 aussi 9puisable que l',univ]s mme4 ,il n'en re/e pas mo9s que cette impuissance dpass] de quelques annes la vie d'outre-tombe1 enlve beauc\p l'intrt de leurs expri5ces et de leurs rvlations2 ce n'e/1 au mieux1 qu'un peu de temps gagn1 et nullem5t dans ces jeux sur le seuil que se fixe notre sort4 ,je passe volonti]s sur ce qui m'advi5dra dans le petit int]valle que ces rvlations occup5t1 comme je passe dj sur ce qui m'adv9t dans la vie2 l n'e/ po9t mon de/9 ni mon port4 ,je ne d\te pas que les faits rapports ne soi5t vrais et pr\vs2 mais ce qui e/ encore bi5 plus indubitable1 c'e/ que les morts1 s'ils surviv5t1 n'ont pas gr&'*ose n\s appr5dre1 soit qu'au mom5t o ils peuv5t n\s p>l]1 ils n'ai5t encore ri5 n\s dire2 soit qu'au mom5t o ils aurai5t quelque *ose n\s rvl]1 ils ne le puiss5t plus faire1 s'loign5t jamais et n\s p]d5t de vue dans l'imm5sit qu'ils explor5t4 ,,*apitre ,,ix ,,le ,,sort ,,de ,,la ,,consci5ce ,i ,essayons1 en n\s passant de leur aide inc]ta9e1 d'all] seuls p> del le tombeau4 ,il semble donc1 p\r rev5ir l'hypo?se que n\s exam9ions avant ces digressions ncessaires1 que la survivance avec notre consci5ce actuelle soit peu prs aussi impossible et incomprh5sible que l'anantissem5t4 ,au surplus1 ft-elle admissible1 elle ne saurait tre r$\table4 ,il e/ c]ta9 que le corps disp>aissant1 t\tes les s\ffrances physiques disp>atront en mme temps1 c> on ne peut imag9] un esprit s\ffrant dans un corps qu'il n'a plus4 ,avec elles s'en ira du mme pas t\t ce que n\s appelons s\ffrances spirituelles ou morales1 vu que t\tes1 les bi5 exam9]1 naiss5t des habitudes et des atta*em5ts de nos s5s4 ,notre esprit ress5t le contre-c\p des s\ffrances de notre corps ou des corps qui ent\r5t celui-ci2 il ne peut s\ffrir en lui-mme ni p> lui-mme4 ,affections mconnues1 am\rs brises1 dceptions1 impuissances1 dsespoirs1 trahisons1 humiliations p]sonnelles1 aussi bi5 que les *agr9s et la p]te de ceux qu'il aime1 n'acquir5t l'aiguillon qui l'atte9t qu'en passant au trav]s du corps qu'il anime4 ,hormis sa d\leur propre1 qui e/ la d\leur de ne po9t connatre1 libr de sa *air1 il ne p\rrait s\ffrir qu'au s\v5ir de celle-ci4 ,il e/ possible qu'il s'attri/e encore aux pe9es de ceux qu'il a laisss sur cette t]re4 ,mais aux reg>ds de qui ne compte plus les j\rs1 ces pe9es sembl]ont si brves qu'il n'en saisira pas la dure2 et1 sa*ant ce qu'elles sont1 et sa*ant o elles mn5t1 il n'en v]ra plus la rigueur4 ,l'esprit e/ ins5sible t\t ce qui n'e/ pas le bonheur4 ,il n'e/ fait que p\r la joie inf9ie qui e/ la joie de connatre et de compr5dre4 ,il ne peut s'afflig] qu'en ap]cevant ses limites2 mais ap]cevoir ses limites1 qu& on n'e/ plus li p> l'espace et le temps1 c'e/ dj les outrepass]4 ,,ii ,ma9t5ant1 il s'agit de savoir si cet esprit1 l'abri de t\te d\leur1 demeur]a lui-mme1 se s5tira et se reconnatra au se9 de l'inf9i et jusqu' quel po9t il importe qu'il s'y reconnaisse4 ,n\s voil devant les problmes de la survivance sans consci5ce ou de la survivance avec une consci5ce diffr5te de celle d'auj\rd'hui4 ,la survivance sans consci5ce semble d'abord la plus probable4 ,au po9t de vue des maux ou des bi5s qui n\s att5d5t de l'autre ct de la tombe1 elle quivaut l'anantissem5t4 ,il e/ donc loisible1 ceux qui prfr5t la solution la plus facile et la plus con=me l'tat prs5t de la p5se huma9e1 de born] l leur inquitude4 ,ils n'ont ri5 r$\t]2 c> t\te cra9te1 s'il en re/ait quelqu'une1 bi5 exam9e1 se fleurirait d'espoirs4 ,le corps se diss\t et ne peut plus s\ffrir2 la p5se1 sp>e de la s\rce des joies et des pe9es1 s'te9t1 se disp]se et se p]d dans l'obscurit sans limites2 et c'e/ le gr& repos si s\v5t implor1 le sommeil sans mesure1 sans rveil et sans rve4 ,mais ce n'e/ l qu'une solution qui b]ce la p>esse4 ,ceux qui p>l5t de survivance sans consci5ce1 si on les p\sse1 on s'ap]oit qu'ils n'ent5d5t que leur consci5ce actuelle2 c> l'homme n'en conoit po9t d'autre1 et n\s v5ons de voir qu'il e/ peu prs impossible qu'une telle consci5ce se ma9ti5ne dans l'inf9i4 ,a mo9s qu'ils ne veuill5t ni] t\te espce de consci5ce1 mme celle de l',univ]s dans laquelle tomb]a la leur4 ,mais c'e/ tran*] bi5 promptem5t et bi5 aveuglm5t1 d'un c\p d'pe dans la nuit1 la "q la plus haute et la plus my/rieuse qui se puisse dress] dans le c]veau d'un homme4 ,,iii ,il e/ vid5t que du fond de notre p5se borne de t\tes p>ts1 n\s ne p\rrons jamais n\s faire la mo9dre ide de la consci5ce de l'inf9i4 ,il y a mme entre les deux t]mes3 consci5ce et inf9i1 une ant9omie ess5tielle4 ,qui dit consci5ce1 ent5d ce qu'il peut concevoir de plus df9i dans le f9i2 la consci5ce c'e/ proprem5t le f9i qui se ramasse sur lui-mme p\r reconnatre et tt] ses limites les plus troites1 af9 d'en j\ir le plus troitem5t possible4 ,d'autre "p1 il n\s e/ impossible de sp>] l'ide d'intellig5ce de l'ide de consci5ce4 ,t\te intellig5ce qui ne p>at pas apte se trans=m] en consci5ce devi5t p\r n\s un phnomne my/rieux auquel n\s donnons des noms plus my/rieux encore1 p\r ne pas av\] que n\s n'y compr5ons plus ri54 ,or1 sur notre petite t]re qui n'e/ qu'un po9t dans l'espace1 n\s voyons qu' t\s les degrs de la vie 7rappelons1 p> exemple1 les comb9aisons et les organismes m]veilleux du monde des insectes7 se dp5se une somme d'intellig5ce telle que notre intellig5ce huma9e ne peut mme pas song] l'valu]4 ,t\t ce qui exi/e1 et l'homme t\t le premi]1 puise sans cesse mme ce rs]voir 9puisable4 ,n\s sommes donc inv9ciblem5t ports n\s dem&] si cette intellig5ce univ]selle n'e/ pas l'manation d'une consci5ce inf9ie1 ou ne doit pas1 tt ou t>d1 en labor] une4 ,et n\s voil ballotts entre deux impossibilits irrductibles4 ,le plus probable1 c'e/ qu'ici encore n\s jugeons t\t des pla9es basses de notre an?ropomorphisme4 ,au sommet de notre m9uscule vie1 n\s n'ap]cevons que l'intellig5ce et la consci5ce1 extrme po9te de la p5se2 et n\s en infrons qu'aux sommets de t\tes les vies1 il ne saurait y avoir autre *ose qu'intellig5ce et consci5ce2 alors qu'elles n'occup5t peut-tre1 dans la hir>*ie des possibilits spirituelles ou autres1 qu'une place infrieure4 ,,iv ,la survivance absolum5t dnue de consci5ce ne s]ait donc possible que si l'on niait la consci5ce de l',univ]s4 ,ds qu'on admet celle-ci1 s\s quelque =me que ce soit1 n\s y devons pr5dre "p2 et la "q se confond jusqu' un c]ta9 po9t avec celle de la consci5ce plus ou mo9s modifie4 ,il n'y a1 p\r l'in/ant1 nul espoir de la rs\dre2 mais il e/ p]mis d'en tt] les tnbres dont l'paisseur n'e/ peut-tre pas gale sur t\s les po9ts4 ,ici comm5ce la ple9e m]4 ,ici comm5ce l'admirable av5ture1 la seule qui soit gale la curiosit huma9e1 la seule qui s'lve aussi haut que son plus haut dsir4 ,acc\tumons-n\s considr] la mort comme une =me de vie que n\s ne compr5ons pas encore2 appr5ons la voir du mme oeil que la naissance1 et l'att5te bi5heureuse qui salue celle-ci suivra bi5tt notre p5se p\r s'asseoir avec elle sur les m>*es du tombeau4 ,supposez que l'enfant1 dans le se9 de sa mre1 soit d\ de quelque consci5ce2 que des jumeaux1 p> exemple1 y puiss5t d'une faon obscure1 *ang] leurs impressions et se communiqu] leurs cra9tes et leurs esprances4 ,n'ayant jamais connu que les tides ombres mat]nelles1 ils ne s'y s5tirai5t pas l'troit ni malheureux4 ,ils n'aurai5t probablem5t d'autre ide que de prolong] le plus longtemps possible cette vie d'abondance sans s\cis et de sommeil sans surprises4 ,mais si1 comme n\s savons que n\s devons m\rir1 ils n'ignorai5t pas qu'ils doiv5t natre1 c'e/--dire quitt] brusquem5t l'abri de ces d\ces tnbres1 ab&onn] sans ret\r cette exi/5ce captive mais paisible1 p\r tre prcipits dans un monde absolum5t diffr5t1 inimag9able et sans bornes1 quelles ne s]ai5t po9t leurs inquitudes et leurs p\vantes6 ,il n'y a cep5dant aucune raison p\r que nos inquitudes et nos p\vantes soi5t plus ju/ifies et mo9s ridicules4 ,le c>actre1 l'esprit1 les int5tions1 la bi5veillance ou l'indiffr5ce de l'inconnu auquel n\s sommes s\mis1 ne se trans=m5t po9t de notre naissance notre mort4 ,n\s demeurons t\j\rs dans le mme inf9i1 dans le mme ,univ]s4 ,il e/ t\t fait raisonnable et lgitime de se p]suad] que la tombe n'e/ pas plus r$\table que le b]ceau4 ,il s]ait mme lgitime et raisonnable de n'accept] le b]ceau qu'en faveur de la tombe4 ,si1 avant que de natre1 il n\s tait p]mis de *oisir entre le gr& repos du nant et une vie que ne t]m9]ait po9t l'heure magnifique de la mort1 qui de n\s1 sa*ant ce qu'il devrait savoir1 admettrait l'inquitant inconnu d'une exi/5ce qui n'ab\tirait pas au rassurant my/re de sa f98 ,qui de n\s s\hait]ait desc5dre en un monde qui ne lui appr5dra que peu de *ose1 s'il ne savait qu'il e/ ncessaire d'y entr] p\r tre mme d'en sortir et d'en appr5dre davantage8 ,le meilleur de la vie1 c'e/ qu'elle n\s prp>e cette heure2 c'e/ qu'elle e/ l'unique *em9 qui n\s mne l'issue ferique et dans cet incomp>able my/re o malheurs et s\ffrances ne s]ont plus possibles1 puisque n\s aurons p]du l'organe qui les laborait2 o le pire qui n\s puisse adv5ir1 c'e/ le sommeil sans rves que n\s comptons au nombre des plus gr&s bi5faits de la t]re1 o enf9 il e/ presque inimag9able qu'une p5se ne survive p\r se ml] la sub/ance de l',univ]s2 c'e/--dire l'inf9i qui1 s'il n'e/ pas une m] d'indiffr5ce1 ne saurait tre qu'un ocan de joie4 ,v ,avant de sond] cet ocan1 faisons rem>qu] ceux qui aspir5t ma9t5ir leur moi1 qu'ils exig5t les s\ffrances qu'ils r$\t5t4 ,qui dit moi1 dit limites4 ,le moi ne peut subsi/] qu'autant qu'il soit sp> de ce qui l'ent\re4 ,plus le moi s]a =t1 plus ses limites s]ont troites et plus s]a nette la sp>ation4 ,plus aussi elle s]a pnible1 c> l'esprit1 s'il demeure tel que n\s le connaissons1--et n\s ne sommes pas mme de l'imag9] diffr5t1--n'aura pas plus tt vu ses limites qu'il les v\dra fran*ir2 et plus il se s5tira sp>1 plus il aura dsir de se jo9dre ce qui e/ hors de lui4 ,il y aura donc lutte t]nelle entre son exi/5ce et ses aspirations4 ,et vraim5t il n'aurait de ri5 s]vi de natre et de m\rir p\r n'ab\tir qu' ces combats sans issue4 ,n'e/-ce pas encore une preuve que notre moi1 tel que n\s le concevons1 ne saurait subsi/] dans l'inf9i o il faut qu'il aille puisqu'il ne peut all] ailleurs8 ,il importe donc de n\s dgag] d'imag9ations qui n'man5t que de notre corps1 comme les vapeurs qui n\s voil5t le j\r n'man5t que des lieux bas4 ,pascal l'a dit une fois p\r t\tes3 ,le peu que n\s avons d'tre n\s ca*e la vue de l'inf9i4 ,,vi ,d'autre "p1--c> il faut t\t dire1 remu] les tnbres contraires que l'on croit le plus pro*es de la vrit et n'avoir aucune prfr5ce1--d'autre "p1 on peut accord] ceux qui ti5n5t demeur] eux-mmes1 qu'il suffirait qu'un ri5 leur survct p\r les recomm5c] au se9 d'un inf9i dont leur corps ne les sp>e plus4 ,s'il p>at impossible que quelque *ose1 m\vem5t1 vibration1 radiation1 s'arrte ou disp>aisse1 p\rquoi donc la p5se se p]drait-elle8 ,il en subsi/]a sans d\te plus d'une assez puissante p\r amorc] le moi n\veau1 p\r se n\rrir et s'accrotre de t\t ce qu'elle tr\v]a dans ce milieu qui n'aura plus de fond1 comme l'autre moi1 sur cette t]re1 se n\rrissait et s'accroissait de t\t ce qu'il y r5contrait4 ,puisque n\s avons su acqurir notre consci5ce prs5te1 p\rquoi n\s s]ait-il impossible d'en acqurir une autre8 ,c> ce moi qui n\s e/ si *] et que n\s croyons possd]1 il ne s'e/ pas fait en un j\r2 ce qu'il e/ prs5t1 il ne l'tait pas l'heure de notre naissance4 ,il y e/ entr bi5 plus de has>d que de volont et bi5 plus de sub/ance trangre qu'il ne s'y tr\vait de sub/ance inne4 ,il n'e/ qu'une longue suite d'acquisitions et de trans=mations dont n\s ne t5ons compte qu' p>tir de l'veil de notre mmoire2 et son noyau dont n\s ignorons la nature e/ peut-tre plus immatriel et mo9s consi/ant qu'une p5se4 ,si le milieu n\veau o n\s entrons au sortir du se9 de notre mre n\s trans=me tel po9t qu'il n'y a p\r a9si dire aucun rapport entre l'embryon que n\s avons t et l'homme que n\s sommes dev5us1 n'e/-il pas p5s] que le milieu bi5 plus n\veau1 plus inconnu1 plus va/e et plus fcond o n\s repntrons au sortir de la vie1 n\s trans=m]a davantage8 ,on peut voir dans ce qui n\s arrive ici une figure de ce qui n\s att5d ailleurs2 et =t bi5 admettre que notre tre spirituel1 dlivr de son corps1 s'il ne se mle pas d'emble l'inf9i1 s'y dveloppe peu peu1 y *oisisse sa sub/ance et1 n'tant plus entrav p> l'espace et le temps1 ne f9isse po9t de gr&ir4 ,il e/ =t possible que nos plus hauts dsirs d'auj\rd'hui devi5n5t la loi de notre croissance future4 ,il e/ =t possible que nos meilleures p5ses n\s accueill5t sur l'autre rive1 et que la qualit de notre intellig5ce dt]m9e celle de l'inf9i qui se cri/allise aut\r d'elle4 ,t\tes les hypo?ses sont p]mises et t\tes les que/ions1 p\rvu qu'elles int]rog5t le bonheur2 c> le malheur ne peut plus n\s rpondre4 ,il ne tr\ve plus place dans l'imag9ation huma9e qui explore m?odiquem5t l'av5ir4 ,et quelle que soit la =ce qui n\s survive et prside notre exi/5ce dans l'autre monde1 cette exi/5ce1 suppos] le pire1 ne saurait tre mo9s gr&e ni mo9s heureuse que celle de ce j\r4 ,elle n'aura d'autre c>rire que l'inf9i2 et l'inf9i n'e/ ri51 s'il n'e/ po9t la flicit4 ,en t\t cas1 il semble assez c]ta9 que n\s passons ici le seul mom5t troit1 av>e1 obscur et d\l\reux de notre de/9e4 ,,vii ,n\s avons dit que la d\leur propre de l'esprit e/ la d\leur de ne pas connatre ou de ne pas compr5dre1 qui r5f]me la d\leur de ne pas p\voir2 c> qui connat les causes suprmes1 n'tant plus p>alys p> la matire1 se confond et agit avec elles2 et qui compr5d f9it p> appr\v]1 s9on l',univ]s s]ait une erreur1 ce qui n'e/ pas possible2 une erreur inf9ie n'tant pas concevable4 ,je ne crois pas qu'on puisse imag9] une autre d\leur de la p5se pure4 ,la seule qui avant rflexion p>aisse admissible et qui ne s]ait en t\t cas qu'phmre1 natrait au spectacle des pe9es et des misres qui demeur5t sur la t]re quitte4 ,mais cette d\leur1 au fond1 ne s]ait qu'un aspect et un mom5t insignifiant de la d\leur de ne pas p\voir ou de ne pas compr5dre4 ,quant celle-ci1 bi5 qu'elle se tr\ve non seulem5t hors du doma9e de notre intellig5ce1 mais encore d'infran*issables di/ances de notre imag9ation1 on en peut dire qu'elle ne s]ait intolrable que si elle tait sans espoir2 il faudrait que l',univ]s r5ont se connatre ou admt en lui un objet qui y demeurt jamais trang]4 ,ou la p5se n'ap]cevra pas ses limites et1 p>tant1 n'en s\ffrira po9t1 ou elle les outrepass]a mesure qu'elle les ap]cevra2 c>1 comm5t l',univ]s aurait-il des p>ties t]nellem5t condamnes ne po9t faire p>tie de lui-mme et de sa connaissance8 ,en sorte qu'on ne compr5d po9t que le t\rm5t de ne pas compr5dre1 suppos] qu'il exi/e un in/ant1 ne f9isse p> se confondre avec l'tat de l'inf9i1 qui1 s'il n'e/ pas le bonheur tel que n\s l'ent5dons1 ne saurait tre qu'une indiffr5ce plus haute et plus pure que la joie4 ,,*apitre ,x ,,les ,,deux ,,aspects ,,de ,l',,inf9i ,i ,portons-y nos p5ses4 ,le problme dborde l'humanit et embrasse t\tes *oses4 ,on peut1 je crois1 envisag] l'inf9i s\s deux aspects bi5 di/9cts4 ,voyons le premi] de ceux-ci4 ,n\s sommes plongs dans un ,univ]s qui n'a pas plus de limites dans le temps que dans l'espace4 ,il ne peut avanc] ni recul]4 ,il n'a pas d'orig9e4 ,il n'a jamais comm5c comme il ne f9ira jamais4 ,il a d]rire lui autant de myriades d'annes qu'il en dc\vre devant lui4 ,il e/ depuis t\j\rs au c5tre sans bornes des j\rs4 ,il ne saurait avoir un b1 c> s'il en avait un1 il l'et atte9t dans l'inf9i des ans qui n\s prcde2 d'ailleurs ce b se tr\v]ait hors de lui1 et s'il y avait quelque *ose hors de lui il s]ait born p> cette *ose et cess]ait d'tre l'inf9i4 ,il ne va pas v]s quelque *ose1 c> il y s]ait arriv2 p> consqu5t1 t\t ce que font les mondes dans son se91 t\t ce que n\s y faisons n\s-mmes1 ne peut avoir sur lui nulle influ5ce4 ,t\t ce qu'il f]a1 il l'a fait4 ,t\t ce qu'il n'a pas fait1 c'e/ qu'il ne le p\rra jamais faire4 ,s'il n'a pas de p5se1 il n'en acqu]ra po9t4 ,s'il en a une1 elle e/ depuis t\j\rs son apoge et y demeur]a1 immuable1 immobile4 ,il e/ aussi jeune qu'il le fut et aussi vieux qu'il le s]a4 ,il a t5t dans le pass t\s les ef=ts et t\tes les expri5ces qu'il t5t]a dans l'av5ir2 et1 t\tes les comb9aisons possibles tant puises depuis ce que n\s ne p\vons mme pas appel] l'orig9e1 il ne semble pas que ce qui n'a pas eu lieu dans l't]nit qui s't5d avant notre naissance se puisse produire dans celle qui suivra notre mort4 ,s'il n'a pas pris consci5ce1 il ne la pr5dra jamais1 s'il ne sait ce qu'il veut1 il l'ignor]a sans espoir1 sa*ant t\t ou ne sa*ant ri5 et se tr\vant aussi prs de sa f9 que de son comm5cem5t4 ,c'e/ la p5se la plus noire que puisse atte9dre l'homme4 ,je ne crois pas qu'on l'ait jusqu'ici suffisamm5t appr(ondie4 ,si elle tait vraim5t irrfutable1--et l'on peut s\t5ir qu'elle l'e/1--si elle r5f]mait rellem5t le mot suprme de la gr&e nigme1 il s]ait presque impossible de vivre dans son ombre4 ,seule la c]titude que nos conceptions du temps et de l'espace sont illusoires et absurdes1 peut clair] l'abme o sombr]ait t\te esprance4 ,,ii ,cet ,univ]s a9si conu s]ait s9on intelligible1 du mo9s acceptable notre raison2 mais en lui flott5t des milli>ds de mondes borns p> l'espace et le temps4 ,ils naiss5t1 meur5t et r5aiss5t4 ,ils font p>tie du t\t1 et l'on voit donc qu'il y a des p>ties de ce qui n'a comm5cem5t ni f91 qui comm5c5t et f9iss5t4 ,n\s ne connaissons mme que ces p>ties1 et elles sont en nombre tellem5t inf9i qu' nos yeux elles occup5t t\t l'inf9i4 ,ce qui ne va nulle "p e/ ple9 de ce qui semble all] v]s quelque *ose4 ,ce qui sait ce qu'il veut depuis t\j\rs ou jamais ne l'appr5dra1 p>at faire t]nellem5t des expri5ces plus ou mo9s malheureuses4 ,o veut-il en v5ir1 lui qui e/ arriv8 ,t\t ce que n\s dc\vrons dans ce qui ne saurait avoir un b a l'air d'en p\rsuivre un avec une ardeur inconcevable2 et l'esprit qui anime ce que n\s voyons dans ce qui devrait t\t savoir et se possd] p>at t\t ignor] et se *]*] sans trve4 ,a9si t\t ce qui tombe s\s nos s5s dans l'inf9i contr>ie ce que notre raison e/ oblige de lui prt]4 ,a mesure que n\s l'appr(ondissons1 n\s compr5ons davantage la pr(ondeur de notre incomprh5sion1 et plus n\s n\s ef=ons de pntr] les deux incomprh5sibles qui s'affront5t1 plus ils se contr$is5t4 ,,iii ,que devi5drons-n\s dans t\t cet in9telligible8 ,quitt]ons-n\s le f9i que n\s habitons p\r tre engl\tis dans l'un ou l'autre inf9i8 ,en d'autres t]mes1 f9irons-n\s p> n\s confondre avec l'inf9i que conoit notre raison ou demeur]ons-n\s t]nellem5t dans celui que voi5t nos yeux1 c'e/--dire en des mondes sans nombre1 *angeants et phmres8 ,ne sortirons-n\s jamais de ces mondes qui sembl5t devoir t]nellem5t m\rir et r5atre1 p\r entr] enf9 dans ce qui de t\te t]nit n'a pu natre ni m\rir et exi/e sans av5ir comme sans pass8 *app]ons-n\s quelque j\r1 avec t\t ce qui n\s environne1 aux expri5ces malheureuses1 p\r pntr] enf9 dans la paix1 la sagesse1 la consci5ce immuable et sans limite1 ou dans l'inconsci5ce sans espoir8 ,aurons-n\s le sort que prvoi5t nos s5s ou celui qu'exige notre intellig5ce8 ,ou bi5 s5s et intellig5ce ne sont-ils qu'illusions1 petits outils1 va9es armes d'une heure qui ne fur5t jamais de/9s scrut] ou brav] l',univ]s8 ,s'il y a vraim5t contradiction1 e/-il sage de s'y arrt] et de jug] impossible ce que n\s ne compr5ons po9t1 vu que n\s ne compr5ons presque ri58 ,la vrit n'e/-elle pas d'incomm5surables di/ances de ces contr>its qui n\s p>aiss5t normes et irrductibles1 et sans d\te n'ont pas plus d'importance que la pluie qui tombe sur la m]8 ,,iv ,mais mme notre pauvre ent5dem5t de ce j\r1 la contradiction entre l'inf9i de notre raison et celui de nos s5s e/ peut-tre plus app>5te que relle4 ,qu& n\s disons que dans un ,univ]s qui exi/e de t\te t]nit1 t\tes les expri5ces1 t\tes les comb9aisons possibles ont t faites1 qu& n\s affirmons qu'il n'y a nulle *ance p\r qu'ait lieu dans l'innombrable av5ir ce qui n'eut pas lieu dans l'innombrable pass1 notre imag9ation accorde peut-tre l'inf9i du temps une prpondrance qu'il ne peut possd]4 ,en vrit1 t\t ce que conti5t l'inf9i doit tre aussi inf9i que le temps dont il dispose2 et les has>ds1 r5contres et comb9aisons qui s'y tr\v5t n'ont pas t puiss dans l't]nit qui n\s a prcds1 non plus qu'ils ne saurai5t l'tre en celle qui n\s suivra4 ,l'inf9i du temps n'e/ pas plus va/e que l'inf9i de la sub/ance de l',univ]s4 ,les vnem5ts1 les =ces1 les *ances1 les causes1 les effets1 les phnomnes1 les mlanges1 les comb9aisons1 les concid5ces1 les h>monies1 les unions1 les possibilits1 les vies1 y sont reprs5ts p> des numros innombrables qui rempliss5t entirem5t un abme sans fond ni bords o ils sont agits depuis ce que n\s appelons l'orig9e d'un monde qui n'eut pas d'orig9e2 o ils s]ont remus jusqu' la f9 d'un monde qui n'aura pas de f9444 ,il n'y a donc po9t d'apoge1 d'immobile ni d'immuable4 ,il e/ probable que l',univ]s se *]*e et se dc\vre *aque j\r1 qu'il n'a pas pris entirem5t consci5ce et ignore encore ce qu'il veut4 ,il e/ possible que son idal soit encore voil p> l'ombre de son imm5sit2 il e/ galem5t possible que les expri5ces et les has>ds se p\rsuiv5t en des mondes inimag9ables1 au prix desquels t\s ceux que n\s voyons p> les nuits toiles ne sont qu'une p9ce de p\dre d'or1 au creux de l',ocan4 ,enf91 si l'un e/ vrai1 il l'e/ galem5t que n\s-mmes ou ce qu'il en demeur]a1 il n'importe1 pr(it]ons quelque j\r de ces expri5ces et de ces has>ds4 ,ce qui n'adv9t pas encore1 peut s\da9 surv5ir2 et le meilleur tat1 a9si que la sagesse suprme qui le reconnatront et le sauront fix]1 sont peut-tre prts jaillir du *oc des circon/ances4 ,il ne s]ait nullem5t tonnant que la consci5ce de l',univ]s1 p\r se =m]1 n'et pas encore r5contr le conc\rs de *ances ncessaires1 et que la p5se huma9e appuyt l'une de ces *ances dcisives4 ,il y a l un espoir4 ,si petit que p>aisse l'homme et sa p5se1 il a exactem5t la valeur des plus normes =ces qu'ils puiss5t imag9]1 vu que ri5 n'e/ gr& ni petit dans ce qui n'a po9t de mesure2 et notre corps atte9drait la taille de t\s les mondes qu'ap]oiv5t nos yeux1 qu'il aurait au reg>d de l',univ]s le mme poids et la mme importance qu'auj\rd'hui4 ,seule la p5se occupe peut-tre dans l'inf9i un espace que les comp>aisons ne rduis5t pas ri54 ,v ,au re/e1 s'il faut t\t dire1 quitte se contr$ire sans cesse et sans pudeur dans les tnbres2 et p\r en rev5ir la premire hypo?se1 cette ide de progrs possible1 il e/ =t probable que c'e/ encore une de ces maladies puriles de notre c]veau qui n\s emp*5t de voir ce qui e/4 ,il e/ t\t aussi vraisemblable1 n\s l'avons con/at plus haut1 qu'il n'y eut1 qu'il n'y aura jamais aucun progrs1 puisqu'il ne saurait y avoir de b4 ,t\t au plus p\rra-t-il se produire quelques comb9aisons phmres qui1 nos pauvres yeux1 sembl]ont plus heureuses ou plus belles que d'autres4 ,c'e/ a9si que n\s tr\vons que l'or e/ plus beau que la b\e de la rue1 ou la fleur d'un magnifique j>d9 plus heureuse que le caill\ au fond de l'g\t2 mais t\t cela1 videmm5t1 n'a aucune importance1 ne rpond aucune ralit et ne pr\ve pas gr&'*ose4 ,plus on y rfl*it1 plus s'affirme l'infirmit de notre intellig5ce qui ne p>vi5t pas concili] l'ide le progrs et mme l'ide d'expri5ces avec l'ide suprme de l'inf9i4 ,bi5 que1 s\s nos yeux1 la nature se rpte sans cesse et reproduise sans se lass]1 depuis des milli]s d'annes1 les mmes arbres et les mmes animaux1 n\s n'arrivons pas compr5dre p\rquoi l',univ]s recomm5ce indf9im5t des expri5ces qui fur5t faites des milli>ds de fois4 ,il e/ 9vitable que dans les innombrables comb9aisons qui se fir5t et se font dans le temps sans limites et l'espace sans rives1 il y eut1 il y a encore des millions de plantes et p> consqu5t des millions d'humanits exactem5t semblables la ntre1 ct de myriades d'autres qui en diffr5t plus ou mo9s4 ,ne n\s disons pas qu'il faudrait un inimag9able conc\rs de circon/ances p\r reproduire un globe en t\t p>eil notre t]re4 ,ne p]dons pas de vue que n\s sommes dans l'inf9i2 et que ce conc\rs inimag9able doit ncessairem5t avoir lieu dans l'innombrable que l'on ne peut imag9]4 ,s'il faut des milli]s de milli>ds de cas p\r que deux traits concid5t1 ces milli]s de milli>ds n'encombr]ont pas plus l'inf9i que ne f]ait un cas unique4 ,mettez un nombre inf9i de mondes dans un nombre inf9i de circon/ances inf9im5t div]ses1 il s'en prs5t]a t\j\rs un nombre inf9i p\r lesquels ces circon/ances se tr\v]ont p>eilles2 s9on n\s pos]ions des bornes notre ide de l',univ]s qui du c\p devi5drait encore plus incomprh5sible4 ,ds que n\s insi/ons suffisamm5t sur cette p5se1 n\s arrivons ncessairem5t de telles conclusions4 ,si jusqu'ici elles ne n\s frappr5t po9t1 c'e/ que n\s n'allons jamais au b\t de notre imag9ation2 or1 le b\t de notre imag9ation n'e/ que le comm5cem5t de la ralit et ne n\s donne qu'un petit ,univ]s purem5t huma9 qui1 si va/e qu'il p>aisse1 danse comme une pomme sur la m]1 dans l',univ]s rel4 ,je le rpte1 si n\s n'admettons pas que des milli]s de mondes1 en t\t semblables au ntre1 malgr des milli>ds de *ances contraires1 ont t\j\rs exi/ et exi/5t encore auj\rd'hui1 n\s sapons p> les fondem5ts la seule conception possible de l',univ]s ou de l'inf9i4 ,,vi ,or1 ces millions d'humanits exactem5t p>eilles1 qui depuis t\j\rs s\ffr5t ce que n\s avons s\ff]t et ce que n\s s\ffrons1 comm5t se fait-il que n\s n'en pr(itions en ri51 que t\tes leurs expri5ces1 t\tes leurs coles1 n'ai5t eu aucune influ5ce sur nos dbuts et que t\t soit sans cesse refaire et recomm5c]8 ,on le voit1 les deux hypo?ses se balanc5t4 ,il e/ bon d'acqurir peu peu l'habitude de ne ri5 compr5dre4 ,il n\s re/e la facult de *oisir la mo9s noire ou de n\s p]suad] que les tnbres de l'autre ne se tr\v5t que dans notre c]veau4 ,comme l'a dit l'trange visionnaire ,william ,blake1 ,il n'e/ pas possible la p5se de connatre plus gr& qu'elle-mme4 ,aj\tons qu'il ne lui e/ pas possible de connatre autre *ose qu'elle-mme4 ,ce que n\s ignorons s]ait suffisant p\r recrer le monde2 et ce que n\s savons ne peut prolong] d'un in/ant la vie d'une m\*e4 ,qui sait si notre pr9cipal tort n'e/ pas de croire qu'une intellig5ce1 ft-ce une intellig5ce des millions de fois plus va/e que la ntre1 dirige l',univ]s8 ,c'e/ peut-tre une =ce d'une t\t autre mature2 une =ce qui diffre autant de celle dont se glorifie notre c]veau1 que l'lectricit1 p> exemple1 diffre du v5t qui s\ffle sur la r\te4 ,c'e/ p\rquoi il e/ assez probable que notre p5se1 si puissante qu'elle devi5ne1 ttonn]a t\j\rs dans le my/re4 ,s'il e/ c]ta9 que t\t ce qui se tr\ve en n\s doit se tr\v] dans la nature1 puisque t\t n\s vi5t d'elle1 si la p5se et t\tes les logiques qu'elle a mises au po9t culm9ant de notre tre1 dirig5t ou sembl5t dirig] t\s les actes de notre vie1 il ne s'ensuit nullem5t qu'il n'y ait pas dans l',univ]s une =ce trs suprieure la p5se1 une =ce n'ayant avec celle-ci aucun rapport imag9able1 qui anime et g\v]ne t\tes *oses selon d'autres lois1 et dont on ne tr\ve en n\s que des traces presque insaisissables1 de mme qu'on ne tr\ve dans les plantes ou les m9raux que des traces presque insaisissables de p5se4 ,en t\t cas1 il n'y a pas l de quoi p]dre c\rage4 ,c'e/ ncessairem5t l'illusion huma9e du mal1 du laid1 de l'inutile et de l'impossible qui a tort4 ,il faut att5dre non po9t que l',univ]s se trans=me1 mais que notre intellig5ce s'pan\isse ou pr5ne "p l'autre =ce2 et entret5ir notre confiance en un monde qui ignore nos notions de b et de progrs p>ce qu'il a sans d\te des ides dont n\s n'avons nulle ide et qui1 au surplus1 ne saurait se v\loir du mal lui-mme4 ,,vii ,ce sont l spculations assez va9es1 dira-t-on volonti]s4 ,qu'importe au fond l'ide que n\s n\s faisons de ces *oses qui app>ti5n5t l'inconnaissable2 puisque l'inconnaissable1 fussions-n\s mille fois plus intellig5ts1 n\s tant jamais f]m1 l'ide que n\s n\s en faisons n'aura jamais aucune valeur4 ,il e/ vrai2 mais il y a des degrs dans l'ignorance de l'inconnaissable1 et *acun de ces degrs m>que une conqute de l'intellig5ce4 ,apprci] de plus en plus compltem5t l't5due de ce qu'il ignore e/ t\t ce que le savoir de l'homme peut espr]4 ,notre ide de l'inconnaissable fut et s]a t\j\rs sans valeur1 je l'accorde1 mais elle n'en e/ et n'en demeur]a pas mo9s l'ide la plus importante de l'espce huma9e4 ,t\te notre morale1 t\t ce qu'il y a de plus pr(ond et de plus noble dans notre exi/5ce fut t\j\rs fond sur cette ide sans valeur vritable4 ,auj\rd'hui comme hi]1 encore qu'il soit possible de reconnatre plus clairem5t qu'elle ne saurait avoir de relle valeur1 si incomplte1 si relative qu'elle demeure1 il e/ ncessaire de la port] aussi haut1 aussi lo9 que l'on peut4 ,elle seule cre la seule atmosphre o puisse vivre le meilleur de n\s-mmes4 ,oui1 c'e/ l'inconnaissable o n\s n'entr]ons po9t2 mais ce n'e/ pas une raison p\r se dire3 ,je f]me t\tes les portes et t\tes les f5tres2 je ne m'occupe plus de ri5 que des *oses dont mon intellig5ce de t\s les j\rs peut faire entirem5t le t\r4 ,ces *oses seules auront le droit d'agir sur mes actes et sur mes p5ses4 ,o irions-n\s a9si8 ,de quelles *oses mon intellig5ce peut-elle faire le t\r8 ,en e/-il une en ce monde qui ne ti5ne t\t l'inconcevable8 ,puisqu'il n'y a nul moy5 d'lim9] celui-ci1 il e/ raisonnable et salutaire d'en tir] le meilleur p>ti possible et p\r cela de l'imag9] aussi prodigieusem5t va/e que l'on peut4 ,le plus grave repro*e qu'on puisse faire aux religions positives et notamm5t au *ri/ianisme1 c'e/ qu'elles ont trop s\v5t1 s9on en ?orie1 t\t au mo9s en pratique1 favoris ce rtrcissem5t du my/re de l',univ]s4 ,en l't5dant1 n\s t5dons l'espace o se m\vra notre p5se4 ,il e/ p\r n\s ce que n\s le faisons2 =mons-le donc de t\t ce que n\s p\vons atte9dre l'horizon de n\s-mmes4 ,quant lui1 n\s ne l'atte9drons jamais1 c'e/ ent5du2 mais n\s avons bi5 plus de *ance de n\s en rappro*] en lui faisant face1 en allant o il n\s attire1 qu'en lui t\rnant le dos p\r rev5ir o n\s savons bi5 qu'il n'e/ plus4 ,ce n'e/ pas en dim9uant nos p5ses que n\s dim9u]ons la di/ance qui n\s sp>e des d]nires vrits2 c'e/ en les gr&issant le plus possible que n\s avons la c]titude de n\s tromp] le mo9s possible4 ,et plus s'lve notre ide de l'inf9i1 plus s'allge et se purifie l'atmosphre spirituelle dans laquelle n\s vivons1 plus s'amplifie et s'appr(ondit l'horizon sur lequel se dta*5t nos p5ses et nos s5tim5ts qui se n\rriss5t de cet horizon qu'ils anim5t4 ,p]ptuellem5t difi] des ides qui requir5t le suprme ef=t de nos facults1 a dit ,h]b]t ,sp5c]1 et p]ptuellem5t reconnatre que ces ides doiv5t tre ab&onnes comme imag9ations futiles1 n\s montre mieux que ne le f]ait t\t autre moy51 la gr&eur de ce que n\s t5tons va9em5t de saisir4 ,en *]*ant cont9uellem5t connatre et en tant cont9uellem5t rejet en arrire avec la conviction de plus en plus pr(onde de l'impossibilit de connatre1 n\s entret5ons vivante la consci5ce que c'e/ la fois notre plus haute sagesse et notre plus haut devoir de reg>d] comme ,inconnaissable ce p> quoi exi/5t t\tes *oses4 ,,viii ,quelle que soit la vrit d]nire1 que n\s admettions l'inf9i ab/rait1 absolu et p>fait1 l'inf9i immobile1 immuable1 arriv et qui sait t\t1 o t5d notre raison2 ou que n\s prfrions celui que n\s (fre le tmoignage1 ici-bas irrcusable de nos s5s1 l'inf9i qui se *]*e1 volue et ne s'e/ pas encore fix2 ce qu'avant t\t il n\s importe d'y prvoir1 c'e/ notre sort qui1 d'ailleurs1 dans l'un et l'autre cas1 doit se confondre avec cet inf9i mme4 ,,*apitre ,,xi ,,notre ,,sort ,,dans ,,ces ,,inf9is ,i ,le premi] inf9i1 l'inf9i idal e/ le plus con=me aux exig5ces de notre raison1 ce qui n'e/ pas une raison p\r lui donn] la prfr5ce4 ,il n\s e/ impossible de prvoir ce que n\s y devi5drons1 puisqu'il semble exclure t\t dev5ir4 ,il ne n\s re/e donc qu' int]rog] le second1 celui que n\s voyons et imag9ons dans le temps et l'espace4 ,au surplus1 il se peut qu'il prcde le premi]4 ,quelque absolue que soit notre conception de l',univ]s1 n\s avons vu qu'on peut t\j\rs admettre que ce qui n'eut pas lieu dans l't]nit d'avant1 advi5dra dans celle d'aprs n\s2 et que ri51 s9on d'innombrables has>ds1 ne s'oppose ce que l',univ]s1 s'il ne la possde pas encore1 n'acquire enf9 la consci5ce intgrale qui le fixe son apoge4 ,,ii ,n\s voici dans l'inf9i de ces mondes1 dans l'inf9i /ellaire1 dans l'inf9i des cieux qui n\s masque assurm5t autre *ose1 mais ne saurait tre une illusion totale4 ,il ne n\s p>at peupl que d'objets1 plantes1 soleils1 toiles1 nbuleuses1 atomes1 fluides impondrables qui s'agit5t1 s'uniss5t et se sp>5t1 se rep\ss5t et s'attir5t1 s'affaiss5t et s'pan\iss5t1 se dplac5t sans cesse et n'arriv5t jamais1 mesur5t l'espace dans ce qui n'a pas de borne et comput5t les heures dans ce qui n'a pas de t]me4 ,en un mot1 n\s voici dans un inf9i qui p>at avoir peu prs le mme c>actre1 les mmes habitudes que cette puissance au se9 de laquelle n\s respirons et que sur notre t]re n\s appelons la nature ou la vie4 ,qu'y devi5drons-n\s8 ,il n'e/ pas va9 de se le dem&]1 alors mme que n\s n\s y ml]ions aprs avoir p]du t\te consci5ce1 t\te notion du moi1 alors mme que n\s n'y s]ions plus qu'un peu de sub/ance sans nom1 me ou matire1 on ne le saurait dire1 en susp5s dans l'abme galem5t sans nom qui remplace l'espace et le temps4 ,il n'e/ pas va9 de se le dem&]1 c> c'e/ de l'hi/oire des mondes ou de l',univ]s qu'il s'agit2 et cette hi/oire1 bi5 plus que celle de notre petite exi/5ce1 e/ notre propre et gr&e hi/oire1 o peut-tre quelque *ose de n\s-mmes ou d'incomp>ablem5t meilleur et plus va/e que n\s1 f9ira p> n\s retr\v] quelque j\r4 ,,iii ,y s]ons-n\s malheureux8 ,n\s ne sommes gure rassurs lorsque n\s songeons aux habitudes de la nature et considrons que n\s faisons p>tie d'un ,univ]s qui n'a pas encore rassembl sa sagesse4 ,n\s avons vu1 il e/ vrai1 qu'heur et malheur n'exi/5t que p> rapport notre corps1 et qu'ayant p]du l'organe des s\ffrances1 n\s ne retr\v]ons plus aucune des d\leurs de la t]re4 ,mais l ne se borne po9t l'inquitude2 et notre p5se devant laquelle s'arrt5t t\tes nos d\leurs d'autrefois1 r\lant1 dsemp>e1 de mondes en mondes1 inconnue elle-mme dans de l'inconnaissable qui se *]*e sans espoir1 ne connatra-t-elle pas ici l'effroyable torture dont n\s avons dj p>l et qui1 sans d\te1 e/ la d]nire que l'imag9ation puisse t\*] de l'aile8 ,enf91 qu& il n'y aurait plus ri5 de notre corps et notre p5se1 il re/]ait la matire et l'esprit 7ou du mo9s l'n]gie videmm5t unique laquelle n\s donnons ce d\ble nom7 qui les composr5t et dont le sort ne n\s doit pas tre plus indiffr5t que notre propre sort2 c>1 rptons-le1 p>tir de notre mort1 l'av5ture de l',univ]s devi5t notre av5ture4 ,ne n\s disons donc po9t3 ,qu'importe1 n\s n'y s]ons plus4 ,n\s y s]ons t\j\rs1 puisque t\t y s]a4 ,,iv ,ce t\t dont n\s s]ons1 en un monde qui se *]*e t\j\rs1 cont9u]a-t-il d'tre en proie des expri5ces n\velles1 incessantes et peut-tre pnibles8 ,puisque la p>tie que n\s y fmes s'y tr\va malheureuse1 p\rquoi la p>tie que n\s y s]ons y aurait-elle meilleure *ance8 ,qui n\s assure que ces comb9aisons et ces essais1 qui ne f9iront po9t1 ne s]ont pas plus d\l\reux1 plus maladroits et plus fune/es que ceux dont n\s sortons1 et comm5t expliqu] que ceux-ci ai5t pu se produire aprs tant de millions d'autres qui aurai5t d ouvrir les yeux du gnie de l'inf9i8 ,on a beau se p]suad]1 comme le veut la sagesse h9d\e1 que nos d\leurs ne sont qu'illusions et app>5ces1 il n'en e/ pas mo9s vrai qu'elles n\s r5d5t trs rellem5t malheureux4 ,l',univ]s a-t-il ailleurs une consci5ce plus complte1 une p5se plus ju/e et plus s]e9e que sur cette t]re ou dans les mondes que n\s ap]cevons8 ,et s'il e/ vrai qu'il ait atte9t en quelque autre lieu cette p5se meilleure1 p\rquoi celle qui prside aux de/9es de notre t]re n'en pr(ite-t-elle po9t8 ,aucune communication ne s]ait-elle possible entre des mondes qui doiv5t tre ns de la mme ide et s'y tr\v5t plongs8 ,quel s]ait le my/re de cet isolem5t8 ,faut-il croire que la t]re m>que l'tape la plus avance et l'expri5ce la plus favorise8 ,qu'aurait donc fait la p5se de l',univ]s et contre quelles tnbres lui aurait-il fallu lutt] p\r n'en tre que l8 ,mais1 d'un autre ct1 ces tnbres ou ces ob/acles1 qui ne natrai5t que d'elle-mme1 ne p\vant surgir de nulle autre "p1 euss5t-ils pu l'arrt]8 ,qui donc aurait pos l'inf9i ces problmes insolubles1 et de quel endroit plus recul et plus pr(ond que lui-mme s]ai5t-ils sortis8 ,il faut p\rtant que quelqu'un sa*e ce qu'ils dem&5t2 et comme d]rire l'inf9i ne peut se tr\v] p]sonne qui ne soit l'inf9i mme1 il e/ impossible d'imag9] une mauvaise volont dans une volont qui ne laisse aut\r d'elle aucun po9t qu'elle n'occupe t\t enti]4 ,ou bi51 les expri5ces comm5ces dans les a/res se cont9u5t-elles mcaniquem5t1 en v]tu de la =ce acquise1 sans g>d leur inutilit et leurs consqu5ces pitoyables1 selon la c\tume de la nature qui ignore notre p>cimonie et gaspille les toiles dans l'espace comme les sem5ces sur la t]re1 sa*ant que ri5 ne se peut p]dre8 ,ou encore1 t\te la "q de notre repos et de notre bonheur1 comme celle de la de/9e des mondes1 se rduit-elle savoir si l'inf9i des t5tatives et des comb9aisons e/ ou n'e/ pas gal celui de l't]nit8 ,ou enf91 p\r en v5ir au plus probable1 e/-ce n\s qui n\s trompons1 ignorons t\t1 ne voyons ri5 et e/imons imp>fait ce qui peut-tre e/ sans dfaut2 n\s qui ne sommes qu'un infime fragm5t de l'intellig5ce que n\s jugeons l'aide des petits dbris de p5se qu'elle a bi5 v\lu n\s prt]8 ,v ,comm5t p\rrions-n\s rpondre1 comm5t nos p5ses et nos reg>ds pntr]ai5t-ils l'inf9i et l'invisible1 n\s qui ne compr5ons et ne voyons mme pas la *ose p> laquelle n\s voyons et qui e/ la s\rce de t\tes nos p5ses8 ,en effet1 a9si qu'on l'a fait trs ju/em5t obs]v]1 l'homme ne voit pas la lumire elle-mme4 ,il ne voit que la matire ou plutt la petite p>tie des gr&s mondes qu'il connat s\s le nom de matire1 t\*e p> la lumire4 ,il n'ap]oit les imm5ses rayons qui p>c\r5t les cieux qu' l'in/ant qu'ils sont arrts p> un objet con=me l'un de ceux que son oeil e/ acc\tum de voir sur cette t]re2 s9on t\t l'espace peupl de soleils innombrables et d'une puissance sans limites1 au lieu d'tre l'abme d'absolues tnbres qui absorbe et te9t les faisceaux de cl>ts qui de t\tes p>ts le trav]s5t1 ne s]ait qu'un prodigieux1 un ins\t5able ocan de fulgurations4 ,et si n\s ne voyons pas la lumire1 du mo9s en croyons-n\s connatre quelques traits ou quelques reflets2 mais n\s ignorons absolum5t t\t de ce qui1 sans d\te1 e/ la seule loi ess5tielle de l',univ]s3 la gravitation4 ,qu'e/-ce donc que cette =ce1 de t\tes la plus puissante et la mo9s visible1 insaisissable1 sans =me1 sans c\leur1 sans temprature1 sans consi/ance1 sans saveur et sans voix1 mais si =midable qu'elle susp5d et meut dans l'espace t\s les mondes que n\s voyons et t\s ceux que n\s n'ap]cevrons jamais8 ,plus rapide1 plus subtile1 plus spirituelle que la p5se1 elle rgne tel po9t sur t\t ce qui exi/e1 de l'inf9im5t gr& l'inf9im5t petit1 qu'il n'e/ pas un gra9 de sable sur notre t]re1 une g\tte de sang dans nos ve9es1 qui1 pntr1 travaill1 anim p> elle1 n'agisse t\t in/ant sur la plus lo9ta9e plante du d]ni] sy/me solaire que n\s n\s ef=ons d'imag9] p> del les bornes de notre imag9ation4 ,voici longtemps que le mot fameux de ,%akespe>e3 ,il y a plus de *oses sur t]re et dans les cieux que n'en peut rv] notre philosophie1 e/ t\t fait insuffisant4 ,il n'y a pas plus de *oses que n'en peut rv] ou imag9] notre philosophie2 il n'y a que des *oses qu'elle ne peut rv]1 il n'y a que de l'inimag9able2 et si n\s ne voyons mme pas la lumire1 qui e/ la seule *ose que n\s croyions voir1 on peut dire qu'il n'y a t\t aut\r de n\s que de l'invisible4 ,n\s n\s agitons dans l'illusion de voir et de connatre ce qui e/ /rictem5t indisp5sable notre petite vie4 ,t\t le re/e1 qui e/ peu prs t\t1 nos organes n\s en df5d5t non seulem5t l'accs1 la vision ou la p]ception1 mais n\s int]dis5t mme de s\ponn] ce qu'il e/1 comme ils n\s emp*]ai5t d'y ri5 compr5dre si une intellig5ce d'un autre ordre s'avisait de n\s le rvl] ou de n\s l'expliqu]4 ,le nombre et le volume des my/res e/ aussi illimit que l',univ]s4 ,si l'humanit se rappro*ait un j\r de ceux qui lui sembl5t auj\rd'hui les plus gr&s et les plus inaccessibles2 p> exemple1 l'orig9e et le b de la vie2 d]rire ceux-ci1 comme des montagnes t]nelles1 elle en v]rait immdiatem5t surgir d'autres qui s]ai5t aussi gr&s et aussi insondables2 et a9si indf9im5t4 ,p> rapport ce qu'il faudrait savoir p\r t5ir la cl de ce monde1 elle se tr\v]ait t\j\rs au mme po9t d'ignorance c5trale4 ,il en irait encore de mme si n\s possdions une intellig5ce plusieurs millions de fois plus va/e et plus pntrante que la ntre4 ,t\t ce que dc\vrirait sa puissance miraculeusem5t accrue r5contr]ait des limites non mo9s infran*issables qu' prs5t4 ,t\t e/ sans bornes dans ce qui n'a pas de bornes4 ,n\s s]ons les prisonni]s t]nels de l'inf9i4 ,il n\s e/ donc impossible d'apprci] en quoi que ce soit1 ft-ce sur le plus petit po9t imag9able1 l'tat prs5t de l',univ]s1 et de dire1 tant que n\s s]ons hommes1 s'il suit une ligne droite ou s'il dcrit un c]cle sans mesure1 s'il devi5t plus sage ou plus ins5s1 s'il s'avance v]s l't]nit qui n'aura pas de f9 ou revi5t sur ses pas v]s celle qui n'a pas eu de comm5cem5t4 ,t\t ce qui n\s e/ accord dans notre m9uscule ence9te1 c'e/ de n\s y v]tu] v]s ce qui n\s p>at tre le mieux et d'y demeur] hroquem5t conva9cus que ri5 de ce que n\s y faisons ne s'y peut p]dre4 ,,vi ,mais que t\tes ces que/ions insolubles ne n\s p\ss5t pas v]s la cra9te4 ,au po9t de vue de notre av5ir d'outre-tombe1 il n'e/ nullem5t ncessaire que n\s ayons rponse t\t4 ,que l',univ]s ait tr\v sa consci5ce1 la tr\ve un j\r ou la *]*e t]nellem5t1 il ne saurait exi/] p\r tre malheureux et s\ffrir1 non plus dans son ensemble que dans une seule de ses p>ties2 peu importe que celle-ci soit invisible ou incomm5surable1 att5du que le plus petit e/ aussi gr& que le plus gr& dans ce qui n'a t]me ni mesure4 ,tortur] un po9t1 c'e/ mme *ose que tortur] les mondes2 et s'il torture les mondes1 c'e/ sa propre sub/ance qu'il torture4 ,son sort mme1 o n\s pr5ons place1 n\s protge2 c> n\s ne sommes que de l'inf9i4 ,il ti5t en n\s comme n\s t5ons en lui4 ,son s\ffle e/ notre s\ffle1 son b e/ notre b et n\s portons en n\s t\s ses my/res4 ,n\s y p>ticipons de t\tes p>ts4 ,il n'y a ri5 en n\s qui lui *appe2 il n'y a ri5 en lui qui ne n\s app>ti5ne4 ,il n\s prolonge1 n\s remplit1 n\s trav]se de t\s cts4 ,dans l'espace et le temps1 et dans ce qui1 p> del l'espace et le temps1 n'a pas encore de nom1 n\s le reprs5tons et le rsumons t\t enti] avec t\tes ses proprits et t\t son av5ir2 et si son imm5sit n\s effraie1 n\s sommes aussi effrayants que lui-mme4 ,si donc n\s devions y s\ffrir1 nos s\ffrances n'y s]ai5t qu'phmres1 et ri5 n'importe qui n'e/ pas t]nel4 ,il e/ possible1 bi5 qu'assez incomprh5sible1 que des p>ties se tromp5t et s'g>5t2 mais il e/ impossible que la d\leur soit une de ses lois durables et ncessaires2 c> il aurait port cette loi contre lui-mme4 ,aussi bi5 e/-il et doit-il tre sa propre loi et son unique matre2 s9on la loi ou le matre auquel il devrait obir s]ait seul l',univ]s1 et le c5tre d'un mot que n\s prononons sans p\voir en saisir l't5due s]ait simplem5t dplac4 ,s'il e/ malheureux1 c'e/ qu'il veut son malheur2 s'il veut son malheur1 il e/ f\1 et s'il n\s p>at f\1 c'e/ que notre raison fonctionne au reb\rs de t\t et des seules lois possibles puisqu'elles sont t]nelles2 ou1 plus humblem5t1 c'e/ qu'elle juge ce qu'elle ne compr5d po9t4 ,,vii ,il faut donc que t\t f9isse ou peut-tre que t\t soit dj1 s9on dans le bonheur1 du mo9s dans un tat exempt de t\te s\ffrance1 de t\te inquitude1 de t\t malheur durable2 et qu'e/-ce au fond que notre bonheur sur cette t]re1 s9on l'abs5ce de d\leur1 d'inquitude et de malheur8 ,mais il e/ puril de p>l] de bonheur et de malheur qu& il s'agit de l'inf9i4 ,l'ide que n\s avons du bonheur et du malheur e/ si spciale1 si huma9e1 si fragile1 qu'elle ne dpasse pas notre taille et tombe en p\ssire ds que n\s la sortons de sa petite sphre4 ,elle provi5t entirem5t de quelques has>ds de nos n]fs qui sont faits p\r apprci] de m9imes incid5ts1 mais aurai5t pu s5tir t\t au reb\rs et se rj\ir de ce qui les pe9e4 ,je ne sais si l'on se rappelle la saisissante page de ,sir ,william ,crookes1 o l'illu/re savant dmontre qu'aux yeux d'un homme microscopique1 presque t\t ce que n\s t5ons p\r lois ess5tielles de la nature se tr\v]ait dm5ti2 t&is que des =ces que n\s ignorons peu prs1 telles que la t5sion sup]ficielle1 la capill>it1 les m\vem5ts ,br[ni5s1 devi5drai5t prpondrantes4 ,il se promn]ait1 p> exemple1 sur une feuille de *\1 l'heure de la rose1 et la voyant con/elle d'normes globes de cri/al1 il en conclurait que l'eau e/ un corps solide qui s'arrondit et monte dans les airs4 ,a quelques pas de l1 s'appro*ant d'une m>e1 il con/at]ait que ce mme corps1 au lieu de s'lev]1 p>at s'incl9] p>tir du bord1 en une imm5se c\rbe concave4 ,s'il essayait1 avec l'aide de ses amis1 d'y jet] une de ces normes b>res d'aci] que n\s appelons aiguilles1 il v]rait celle-ci creus] la surface du liquide une sorte de lit et y flott] tranquillem5t4 ,il tir]ait naturellem5t de ces expri5ces et de mille autres qu'il p\rrait faire1 des ?ories diamtralem5t contraires celles sur quoi repose t\te notre vie4 ,il en irait de mme dans l'hypo?se de ,william ,james1 o il s'agit d'altrations possibles dans le s5s de la dure4 ,supposons-n\s capables1 dans l'espace d'une seconde1 de not] di/9ctem5t dix mille vnem5ts au lieu de dix1 comme auj\rd'hui2 si notre vie ne devait cont5ir que le mme nombre d'impressions1 elle p\rrait tre mille fois plus c\rte4 ,n\s vivrions mo9s d'un mois et1 p> expri5ce p]sonnelle1 ne saurions ri5 du *angem5t des saisons4 ,si n\s tions ns en hiv]1 n\s croirions l't comme n\s croyons ma9t5ant aux *aleurs de la priode c>bonifre4 ,les m\vem5ts des tres organiss s]ai5t si l5ts que n\s ne les v]rions pas et ne les connatrions que p> induction4 ,le soleil demeur]ait immobile dans les cieux1 la lune n'aurait pas de phases et a9si de suite4 ,r5v]sons ma9t5ant l'hypo?se et supposons un tre n'ayant que la millime p>tie des s5sations que n\s avons dans un temps donn2 il vivrait mille fois plus longtemps que n\s4 ,les ts et les hiv]s lui sembl]ai5t des qu>ts d'heure4 ,les *ampignons et les autres plantes croissance rapide surgirai5t si brusquem5t qu'elles lui app>atrai5t comme des productions in/antanes2 les plantes annuelles s'lv]ai5t et tomb]ai5t1 sans rel*e1 p>eilles aux b\illons d'une s\rce m9rale4 ,les m\vem5ts des animaux s]ai5t aussi invisibles que le sont1 p\r n\s1 les m\vem5ts des balles et des b\lets2 le soleil trav]s]ait le ciel comme un mtore en laissant d]rire lui une trane de flammes1 etc4 ,qui n\s dit que ri5 de p>eil n'exi/e dans le monde animal8 ,,viii ,n\s ne croyons voir sur notre tte que cata/rophes1 morts1 t\rm5ts et dsa/res1 n\s frissonnons la seule p5se des gr&s froids et des =midables et noires solitudes int]plantaires et n\s n\s imag9ons que les mondes qui r\l5t dans l'espace sont aussi malheureux que n\s p>ce qu'ils se glac5t1 se dsagrg5t1 se heurt5t et se consum5t en d'indicibles flammes4 ,n\s en infrons que le gnie de l',univ]s e/ un tyran atroce1 en proie une mon/rueuse dm5ce1 qui ne se complat qu'au supplice de soi-mme et de t\t ce qu'il porte4 ,a des millions d'toiles1 qui sont plusieurs milli]s de fois plus gr&es que notre soleil1 des nbuleuses dont aucun *iffre1 aucun mot de nos langues ne peut exprim] la nature et les dim5sions1 n\s prtons notre s5sibilit d'un in/ant1 le petit ag5cem5t phmre de nos n]fs2 et n\s sommes conva9cus que la vie doit tre impossible ou p\vantable en ces mondes1 p>ce que n\s y aurions trop *aud ou trop froid4 ,il s]ait bi5 plus sage de n\s dire qu'il et suffi d'un ri51 de quelques papilles de plus ou de mo9s sur notre pid]me1 de quelques ramifications dplaces dans l'oeil et l'oreille1 p\r que la temprature1 le sil5ce et les tnbres de l'espace dev9ss5t un pr9temps dlicieux1 une musique in\e1 une lumire div9e4 ,ri5 n'e/ trop m]veilleux p\r tre vrai1 a dit ,f>aday4 ,il s]ait bi5 plus raisonnable de n\s p]suad] que les cata/rophes que n\s y croyons voir sont la vie mme1 la joie et l'une ou l'autre de ces imm5ses ftes de la matire et de l'esprit1 auxquelles la mort1 c>tant enf9 nos deux ennemies1 l'heure et la di/ance1 n\s p]mettra bi5tt de pr5dre "p4 ,a *aque monde qui se diss\t1 s'te9t1 s'miette1 se consume ou qu'un autre monde r5contre et pulvrise1 c'e/ une expri5ce magnifique qui comm5ce1 un espoir m]veilleux qui s'appro*e1 et peut-tre un bonheur inconnu puis mme l'9puisable inatt5du4 ,qu'importe qu'ils gl5t ou s'embras5t1 se ramass5t ou se disp]s5t1 se p\rsuiv5t ou se fui5t2 la matire et l'esprit1 qu& ils ne sont plus runis p> le mme has>d misrable qui les joignit en n\s1 se doiv5t rj\ir de t\t ce qui advi5t2 c> t\t n'e/ que naissance et r5aissance1 d"p dans l'inconnu peupl d'admirables promesses et peut-tre press5tim5t de quelque ineffable arrive444 ,,*apitre ,,xii ,,conclusions ,i ,af9 de g>d] de t\t ceci une image plus vive et un s\v5ir plus prcis1 embrassons d'un d]ni] c\p d'oeil le *em9 p>c\ru4 ,n\s avons c>t1 p\r les motifs que n\s avons dits1 les solutions religieuses et l'anantissem5t total4 ,l'anantissem5t e/ matriellem5t impossible2 les solutions religieuses occup5t une citadelle sans portes ni f5tres o la raison huma9e ne pntre po9t4 ,vi5t ensuite l'hypo?se de la survivance de notre moi1 dlivr de son corps1 mais g>dant ple9e et intacte consci5ce de son id5tit4 ,n\s avons vu que cette hypo?se1 en ses /rictes limites1 n'e/ que =t peu probable et mdiocrem5t dsirable1 bi5 que1 p> l'ab&on du corps1 s\rce de t\s nos maux1 elle semble mo9s r$\table que notre exi/5ce actuelle4 ,d'autre "p1 ds qu'on essaye de l't5dre ou de l'lev]1 af9 qu'elle p>aisse mo9s b>b>e ou mo9s nave1 on rejo9t l'hypo?se de la consci5ce univ]selle ou de la consci5ce modifie1 qui1 avec celle de la survivance sans aucune espce de consci5ce1 f]me le *amp t\tes les suppositions et puise ce que l'imag9ation peut prvoir4 ,la survivance sans aucune espce de consci5ce quivaudrait p\r n\s l'anantissem5t pur et simple et1 p> consqu5t1 ne s]ait pas plus r$\table que celui-ci1 c'e/--dire qu'un sommeil sans rve et sans rveil4 ,l'hypo?se e/1 sans contr$it1 plus acceptable que celle de l'anantissem5t1 mais prjuge de faon trs tmraire les que/ions de la consci5ce univ]selle et de la consci5ce modifie4 ,,ii ,avant de rpondre celles-ci1 il faut *oisir son ,univ]s1 c> n\s avons le *oix4 ,il s'agit de savoir de quelle manire n\s envisag]ons l'inf9i4 ,s]a-ce l'inf9i immobile1 immuable1 de t\te t]nit p>fait et son apoge et l',univ]s sans b que doit1 l'extrme po9te de nos p5ses1 concevoir notre raison8 ,croyons-n\s qu' notre mort1 l'illusion de m\vem5t et de progrs que n\s voyons du fond de cette vie s'van\ira brusquem5t8 ,il e/ 9vitable1 alors1 qu' l'in/ant de notre d]ni] s\pir1 n\s s]ons absorbs dans ce que1 faute de mieux1 n\s appelons la consci5ce univ]selle4 ,au contraire1 sommes-n\s p]suads que la mort n\s rvl]a que l'illusion ne se tr\ve pas dans nos s5s1 mais dans notre raison1 et qu'en un monde inconte/ablem5t vivant1 malgr l't]nit antrieure notre naissance1 t\tes les expri5ces n'ont pas t faites1 c'e/--dire que le m\vem5t et l'volution cont9u5t et ne s'arrt]ont nulle "p ni jamais2 il n\s faudra ds lors admettre la consci5ce modifie ou progressive4 ,les deux aspects1 au fond1 sont galem5t in9telligibles1 mais df5dables1 et1 bi5 qu'inconciliables1 s'accord5t sur un po9t1 savoir que la d\leur sans t]me et le malheur sans esprance en sont galem5t et jamais exclus4 ,,iii ,l'hypo?se de la consci5ce modifie n'exige pas la p]te de la petite consci5ce acquise dans notre corps2 mais elle r5d celle-ci presque ngligeable1 la jette1 la noie et la diss\t dans l'inf9i4 ,il e/ naturellem5t impossible d'tay] cette hypo?se de preuves satisfaisantes2 mais il n'e/ pas facile de la ru9] comme les prcd5tes4 ,s'il tait p]mis de p>l] de vraisemblance1 qu& notre seule vrit e/ que n\s ne voyons pas la vrit1 elle e/ la plus vraisemblable des hypo?ses d'att5te1 et ouvre de magnifiques portes aux rves les plus plausibles1 les plus v>is et les plus sduisants4 ,notre moi1 notre me1 notre esprit1 ou quel que soit le nom dont n\s appell]ons ce qui n\s survivra p\r demeur] n\s-mmes1 retr\v]a-t-il au sortir de notre corps les innombrables vies qu'il doit avoir vcues depuis les millnaires qui n'eur5t pas de comm5cem5t8 ,cont9u]a-t-il de s'accrotre en s'assimilant t\t ce qu'il r5contr]a dans l'inf9i1 durant des millnaires qui n'auront pas de f98 ,s'att>d]a-t-il quelque temps aut\r de notre t]re1 y m5ant1 dans des rgions invisibles notre oeil1 une exi/5ce de plus en plus haute et heureuse1 comme le veul5t les ?osophes et les spirites8 ,ira-t-il v]s d'autres sy/mes plantaires1 migr]a-t-il en d'autres mondes dont nos s5s ne s\ponn5t mme pas l'exi/5ce8 ,t\t semble p]mis dans ce gr& songe1 hormis ce qui p\rrait en arrt] l'essor4 ,nanmo9s1 ds qu'il s'av5ture trop lo9 dans les espaces d'outre-tombe1 il se heurte d'tranges ob/acles et s'y brise les ailes4 ,si n\s admettons que notre moi ne demeure pas t]nellem5t tel qu'il tait l'in/ant de notre mort1 n\s ne p\vons plus imag9] qu' un mom5t donn il s'arrte1 cesse de s't5dre et de s'lev]1 atteigne sa p]fection et sa plnitude1 p\r n'tre plus qu'une sorte d'pave immuable en susp5s dans l't]nit et une *ose f9ie dans t\t ce qui ne f9ira jamais4 ,ce s]ait bi5 la seule et vritable mort2 et d'autant plus affreuse qu'elle mettrait un t]me une vie et une intellig5ce sans gales1 ct desquelles celles que n\s possdons ici-bas ne ps]ai5t mme pas ce que pse une g\tte d'eau en face de l',ocan ou un gra9 de sable en contrepoids d'une *ane de montagnes4 ,en un mot1 ou n\s croyons que notre volution s'arrt]a un j\r2 et c'e/ une f9 incomprh5sible et une sorte de mort inconcevable2 ou n\s admettons qu'elle n'aura pas de t]me1 et ds lors1 tant inf9ie1 elle pr5d t\s les c>actres de l'inf9i et doit se p]dre et se confondre en lui4 ,c'e/ du re/e quoi ab\tiss5t la ?osophie1 le spiritisme et t\tes les religions o l'homme1 dans son bonheur suprme1 e/ absorb p> ,dieu4 ,et c'e/ encore une f9 incomprh5sible1 mais du mo9s c'e/ la vie4 ,et puis1 incomprh5sible p\r incomprh5sible1 aprs avoir fait t\t ce qui e/ huma9em5t possible p\r compr5dre l'une ou l'autre nigme1 jetons-n\s de prfr5ce dans la plus va/e et p>tant la plus vraisemblable1 celle qui conti5t t\tes les autres et aprs laquelle il ne re/e plus ri54 ,s9on les que/ions se r$ress5t *aque tape et les rponses sont t\j\rs diffres4 ,et que/ions et rponses n\s mn5t au mme abme 9vitable4 ,puisqu'il faut tt ou t>d l'abord]1 p\rquoi n'y pas all] t\t de suite8 ,t\t ce qui n\s arrive dans l'int]valle1 n\s intresse sans nul d\te1 mais ne n\s reti5t pas1 n'tant pas t]nel4 ,,iv ,n\s voici donc devant le my/re de la consci5ce univ]selle4 ,bi5 que n\s soyons incapables de compr5dre l'acte d'un inf9i qui se repli]ait sur soi p\r se s5tir1 p> consqu5t se df9ir et se sp>] d'autre *ose1 ce n'e/ pas une raison suffisante p\r le dcl>] impossible2 c>1 si n\s rejetions t\tes les ralits et impossibilits que n\s ne compr5ons po9t1 il ne n\s re/]ait plus de quoi vivre4 ,si cette consci5ce exi/e s\s cette =me dont n\s avons l'ide1 il e/ vid5t que n\s n\s y tr\v]ons et y pr5drons "p4 ,s'il y a consci5ce en quelque lieu1 ou quelque *ose qui remplace la consci5ce1 n\s s]ons dans cette consci5ce ou cette *ose1 puisque n\s ne p\vons tre ailleurs4 ,et cette consci5ce ou cette *ose o n\s n\s tr\v]ons1 ne p\vant tre malheureuse1 puisqu'il e/ impossible que l'inf9i n'exi/e que p\r son malheur1 n\s n'y s]ons pas malheureux non plus4 ,enf91 si l'inf9i o n\s s]ons lancs n'a aucune espce de consci5ce ni ri5 qui en ti5ne lieu1 c'e/ que la consci5ce ou ce qui la p\rrait remplac]1 n'e/ pas indisp5sable au bonheur t]nel4 ,v ,voil1 je p5se1 peu prs1 ce qu'il e/ p]mis d'affirm]1 p\r l'in/ant1 l'me inquite devant l'espace insondable o la mort va bi5tt la jet]4 ,elle y peut espr] t\t ce qu'elle y rvait2 elle y cra9dra peut-tre mo9s ce qu'elle y r$\tait4 ,si elle prfre demeur] dans l'att5te et n'admettre aucune des hypo?ses que j'ai exposes de mon mieux et sans p>ti pris1 il semble cep5dant difficile de ne pas accueillir1 t\t au mo9s1 cette gr&e assurance que l'on retr\ve au fond de *acune d'elles3 savoir que l'inf9i ne saurait n\s v\loir du mal1 att5du que s'il t\rm5tait t]nellem5t le mo9dre d'entre n\s1 il t\rm5t]ait quelque *ose qu'il ne peut arra*] de soi1 et p>tant t\t lui-mme4 ,je n'ai ri5 aj\t t\t ce qu'on savait4 ,j'ai simplem5t t5t de sp>] ce qui peut tre vrai de ce qui c]ta9em5t ne l'e/ po9t2 c>1 si l'on ignore o se tr\ve la vrit1 on appr5d nanmo9s connatre o elle ne se tr\ve pas4 ,et peut-tre1 en re*]*ant cette intr\vable vrit1 aurons-n\s acc\tum nos yeux p]c]1 en la reg>dant fixem5t1 l'p\vante de la d]nire heure4 ,il re/e sans nul d\te1 dire bi5 des *oses que d'autres diront avec plus de =ce et d'clat4 ,mais n'esprons pas que quelqu'un prononce sur cette t]re le mot qui mette un t]me nos inc]titudes4 ,il e/ au contraire =t probable que p]sonne en ce monde1 ni peut-tre dans l'autre1 ne dc\vrira le gr& secret de l',univ]s4 ,et1 p\r peu qu'on rfl*isse1 il e/ trs heureux qu'il en soit a9si4 ,n\s avons non seulem5t n\s rsign] vivre dans l'incomprh5sible1 mais n\s rj\ir de n'en p\voir sortir4 ,s'il n'y avait plus de que/ions insolubles ni d'nigmes impntrables1 l'inf9i ne s]ait pas inf9i2 et c'e/ alors qu'il faudrait jamais maudire le sort qui n\s aurait mis dans un ,univ]s proportionn notre intellig5ce4 ,t\t ce qui exi/e ne s]ait plus qu'une prison sans issues1 un mal et une erreur irrp>ables4 ,l'inconnu et l'inconnaissable sont et s]ont peut-tre t\j\rs ncessaires notre bonheur4 ,en t\t cas1 je ne s\hait]ais pas mon pire ennemi1 sa p5se ft-elle mille fois plus haute et plus puissante que la mi5ne1 d'tre t]nellem5t condamn habit] un monde dont il aurait surpris un secret ess5tiel et auquel1 tant homme1 il aurait comm5c compr5dre quelque *ose4 ,,table ,,des ,,*apitres ,notre inju/ice env]s la mort #a ,l'anantissem5t #cc ,la survivance de la consci5ce #ci ,l'hypo?se ?osophique #fg ,l'hypo?se no-spirite4 ,les app>itions #gg ,les communications avec les morts #he ,la correspondance croise #aca ,la rinc>nation #adg ,le sort de la consci5ce #agi ,les deux aspects de l'inf9i #bjc ,notre sort dans ces inf9is #bbi ,conclusions #beg ,b--#hhdd4--,l4-,impr4 run41 #g1 rue ,sa9t-,b5ot1 ,p>is4