,,maurice ,,maet]l9ck ,,les ,,s5ti]s ,,dans ,,la ,,montagne ,,qu9zi,,me ,,mille ,,p>is ,,biblio?,,que-,,*>p5ti] ,,eug,,ne ,,fasquelle1 ,,diteur #aa1 ,,rue ,,de ,,gr5elle1 #aa #aiai ,t\s droits rs]vs4 ,copyright 9 ! ,unit$ ,/ates ( ,am]ica by ,dodd1 ,mead & ,co1 ,inc41 #aiai4 ,all rights res]v$4 ,,ouvrages ,,de ,,maurice ,,maet]l9ck ,,eug,,ne ,,fasquelle1 diteur ,,dans ,,la ,,biblio?,,que ,,*>p5ti] ,a #c ,,fr4 #ej ,,le ,,volume ,la ,sagesse et la ,de/9e 7#fi;e mille7 #a vol4 ,la ,vie des ,abeilles 7#hc;e mille7 #a vol4 ,le ,temple ,enseveli 7#bh;e mille7 #a vol4 ,le ,d\ble ,j>d9 7#bb;e mille7 #a vol4 ,l',intellig5ce des ,fleurs 7#cf;e mille7 #a vol4 ,la ,mort 7#ej;e mille7 #a vol4 ,les ,dbris de la ,gu]re 7#ag;e mille7 #a vol4 ,l',hte ,inconnu 7#bc;e mille7 #a vol4 ,,?,,tre ,?tre1 ,tome ,i4--,la ,pr9cesse ,male9e1 ,l',intruse1 ,les ,aveugles #c fr4 #ej ,tome ,,ii4--,pellz et ,mlis&e 7#ahib71 ,allad9e et ,palomides 7#ahid71 ,intrieur 7#ahid71 ,la ,mort de ,t9tagiles 7#ahid7 #c fr4 #ej ,tome ,,iii4--,aglava9e et ,slysette 7#ahif71 ,ariane et ,b>be-bleue 7#aija71 ,soeur ,batrice 7#aija7 #c fr4 #ej ,joyzelle1 pice en #e actes 7#ac;e mille7 #c fr4 #ej ,monna ,vanna1 pice en #c actes 7#ab;e mille7 #b fr4 ,monna ,vanna1 drame lyrique en #d actes et #e tableaux1 livret 7musique de ,h5ry ,fvri]7 7#i;e mille7 #a fr4 ,l',oiseau ,bleu1 ferie en #f actes et #ab tableaux 7#dj;e ,mille7 #c fr4 #ej ,la ,tragdie de ,macbe?1 de ,w4 ,%akespe>e4 ,traduction n\velle avec une ,introduction et des ,notes 7#f;e mille7 #c fr4 #ej ,m>ie-,magdele9e1 drame en #c actes 7#f;e mille7 #c fr4 #ej ,,*ez ,,div]s ,,diteurs ,le ,trsor des ,humbles 7#if;e dition74 7,m]cure de ,france7 #c fr4 #ej ,s]res ,*audes 7posies74 7,lacomblez1 dit47 #c fr4 ,l',ornem5t des ,noces spirituelles1 de ,ruysbroeck l',admirable1 traduit du flam& et prcd d'une ,introduction4 7,lacomblez1 dit47 #e fr4 ,les ,disciples ,sas et les ,fragm5ts de ,novalis1 traduits de l'allem& et prcds d'une ,introduction4 7,lacomblez1 dit47 #e fr4 ,album de d\ze ,*ansons4 7,/ock1 dit47 puis4 ,,il ,a ,t ,,tir ,,de ,,cet ,,ouvrage #bj exemplaires numrots sur papi] du ,japon2 #hj exemplaires numrots sur papi] de ,holl&e ,,les ,,s5ti]s ,,dans ,,la ,,montagne ,i ,,la ,,puissance ,,des ,,morts ,dans un petit livre qui e/ une sorte d'trange *ef-d'oeuvre3 la ,ville en*ante1 une romancire anglaise1 ,mrs ,oliphant1 n\s montre les morts d'une ville de prov9ce qui t\t c\p1 indigns de la conduite et des moeurs de ceux qui habit5t la cit qu'ils fondr5t1 se rvolt5t1 envahiss5t les maisons1 les rues et les places publiques1 et s\s la pression de leur multitude innombrable1 t\te-puissante quoique invisible1 ref\l5t les vivants1 les p\ss5t hors des portes1 et faisant bonne g>de1 ne leur p]mett5t de r5tr] dans leurs murs qu'aprs qu'un trait de paix et de pnit5ce a purifi les coeurs1 rp> les sc&ales et assur un av5ir plus digne4 ,il y a sans nul d\te s\s cette fiction1 qui n\s semble p\sse un peu lo91 p>ce que n\s ne voyons que les ralits matrielles et phmres1 une gr&e vrit4 ,les morts viv5t et se meuv5t p>mi n\s beauc\p plus rellem5t et plus efficacem5t que ne le saurait pe9dre l'imag9ation la plus av5tureuse4 ,il e/ =t d\teux qu'ils re/5t dans leurs tombes4 ,il p>at mme de plus en plus c]ta9 qu'ils ne s'y laissr5t jamais r5f]m]4 ,il n'y a s\s les dalles o n\s les croyons prisonni]s qu'un peu de c5dres qui ne leur app>ti5n5t plus qu'ils ont ab&onnes sans regrets et dont1 probablem5t1 ils ne daign5t plus se s\v5ir4 ,t\t ce qui fut eux-mmes demeure p>mi n\s4 ,s\s quelle =me1 de quelle faon8 aprs tant de milli]s1 peut-tre de millions d'annes1 n\s ne le savons pas encore1 et aucune religion n'a pu n\s le dire avec une c]titude satisfaisante1 bi5 que t\tes s'y soi5t v]tues2 mais on peut1 de c]ta9s indices1 espr] de l'appr5dre4 99 99 99 ,sans considr] davantage une vrit puissante mais confuse qu'il e/ p\r l'in/ant impossible de prcis] ou de r5dre s5sible1 t5ons-n\s ce qui n'e/ pas conte/able4 ,comme je l'ai dit ailleurs1 quelle que soit notre foi religieuse1 il e/ en t\t cas un lieu o nos morts ne peuv5t pas prir1 o ils cont9u5t d'exi/] aussi rellem5t et p>fois1 plus activem5t que lorsqu'ils tai5t dans la *air3 c'e/ en n\s que se tr\ve cette vivante demeure et ce lieu consacr qui p\r ceux que n\s avons p]dus devi5t le p>adis ou l'enf] selon que n\s n\s rappro*ons ou n\s loignons de leurs p5ses et de leurs voeux4 ,et leurs p5ses et leurs voeux sont t\j\rs plus hauts que les ntres4 ,c'e/ donc en n\s levant que n\s irons eux4 ,n\s devons faire les premi]s pas2 ils ne peuv5t plus desc5dre1 t&is qu'il n\s e/ t\j\rs possible de mont]2 c> les morts1 quels qu'ils ai5t t dans leur vie1 devi5n5t meilleurs que les meilleurs d'entre n\s4 ,les mo9s bons1 en dp\illant leur corps1 ont dp\ill ses vices1 ses petitesses1 ses faiblesses qui ab&onn5t bi5tt notre mmoire aussi2 et l'esprit seul demeure qui e/ pur en t\t homme et ne peut v\loir que le bi54 ,il n'y a pas de mauvais morts1 p>ce qu'il n'y a pas de mauvaises mes4 ,c'e/ p\rquoi1 mesure que n\s n\s purifions1 n\s r$onnons la vie ceux qui n'tai5t plus et trans=mons en ciel notre s\v5ir qu'ils habit5t4 99 99 99 ,et ce qui fut t\j\rs vrai de t\s les morts1 l'e/ bi5 davantage auj\rd'hui que les meilleurs seuls sont *oisis p\r la tombe4 ,dans la rgion que n\s croyons s\t]ra9e1 que n\s appelons le royaume des ombres et qui e/ en ralit la rgion ?re et le royaume de la lumire1 il y a eu des p]turbations aussi pr(ondes que celles que n\s avons pr\ves la surface de notre t]re4 ,les jeunes morts l'ont envahie de t\tes p>ts2 et1 depuis l'orig9e de ce monde1 ne fur5t jamais aussi nombreux1 aussi ple9s de =ce et d'ardeur4 ,alors que dans le c\rs habituel des annes1 le sj\r de ceux qui n\s quitt5t ne recueille que des exi/5ces lasses et puises1 il n'en e/ pas un seul dans cette f\le incomp>able qui1 p\r repr5dre l'expression de ,pricls1 ne soit sorti de la vie au plus =t de la gloire4 ,il n'en e/ pas un seul qui ne soit1 non pas desc5du mais mont v]s la mort1 t\t c\v]t du plus gr& sacrifice que l'homme puisse faire une ide qui ne peut pas m\rir4 ,il faudrait que t\t ce que n\s avons cru jusqu' ce j\r1 t\t ce que n\s avons t5t d'atte9dre p> del n\s-mmes1 t\t ce qui n\s a levs au po9t o n\s sommes1 t\t ce qui a surmont les mauvais j\rs et les mauvais in/9cts de la nature huma9e1 n'et t qu'illusions et m5songes1 p\r que de tels hommes1 un tel amas de mrite et de gloire1 fuss5t rellem5t anantis1 jamais disp>us1 jamais inutiles et sans voix1 jamais sans action1 sur un monde auquel ils ont donn la vie4 99 99 99 ,il e/ pe9e possible qu'il en soit a9si au po9t de vue de la survivance extrieure des morts2 mais il e/ absolum5t c]ta9 qu'il en e/ autrem5t au po9t de vue de leur survivance en n\s-mmes4 ,ici ri5 ne se p]d et p]sonne ne prit4 ,nos s\v5irs sont auj\rd'hui peupls d'une multitude de hros frapps dans la fleur de leur ge et t\te diffr5te de la ple cohorte alanguie de nagure1 presque uniquem5t compose de malades et de vieill>ds qui dj n'tai5t plus avant que de quitt] la t]re4 ,il faut n\s dire que ma9t5ant1 dans *acune de nos maisons1 dans nos villes comme dans nos campagnes dans le palais comme dans la plus sombre *aumire1 vit et rgne un jeune mort dans l'clat de sa =ce4 ,il emplit d'une gloire qu'elle n'et jamais os rv]1 la plus pauvre1 la plus noire demeure4 ,sa prs5ce con/ante1 imprieuse et 9vitable1 y rp& et y entreti5t une religion et des p5ses qu'on n'y connaissait po9t1 consacre t\t ce qui l'environne1 =ce les yeux reg>d] plus haut et l'esprit ne plus r$esc5dre1 purifie l'air qu'on y respire1 les propos qu'on y ti5t et les ides qu'on y rassemble2 et de pro*e en pro*e1 comme jamais on n'en avait eu d'exemple aussi va/e1 ennoblit1 anoblit et relve t\t un peuple4 99 99 99 ,de p>eils morts ont une puissance aussi pr(onde1 aussi fconde et mo9s prcaire que la vie4 ,il e/ t]rible que cette expri5ce ait t faite1 c> c'e/ la plus impitoyable et la premire en masses aussi normes que l'humanit ait subie2 mais prs5t que l'preuve e/ passe1 on en recueill]a bi5tt les fruits les plus inatt5dus4 ,on ne t>d]a pas voir s'l>gir les diffr5ces et div]g] les de/9es entre les nations qui ont acquis t\s ces morts et t\te cette gloire et celles qui en fur5t prives1 et l'on con/at]a avec tonnem5t que celles qui ont le plus p]du sont celles qui ont g>d leur ri*esse et leurs hommes4 ,il e/ des p]tes qui sont des ga9s ine/imables et des ga9s o se p]d l'av5ir4 ,il e/ des morts que les vivants ne saurai5t remplac] et dont la p5se fait des *oses que les corps ne peuv5t accomplir4 ,il e/ des morts dont l'lan dpasse la mort et retr\ve la vie2 et n\s sommes presque t\s cette heure les m&ataires d'un tre plus gr&1 plus noble1 plus grave1 plus sage et plus vivant que n\s4 ,avec t\s ceux qui l'accompagn5t1 il s]a notre juge1 s'il e/ vrai que les morts ps5t l'me des vivants et que de leur s5t5ce dp5d notre bonheur4 ,il s]a notre guide et notre protecteur2 c> c'e/ la premire fois depuis que l'hi/oire n\s rvle ses malheurs que l'homme s5t plan] au-dessus de sa tte et p>l] dans son coeur une telle multitude de tels morts4 ,,ii ,,messages ,d',,outre-,,tombe ,sir ,oliv] ,lodge e/ un illu/re physici5 anglais1 un des savants les plus considrables de ce temps4 ,il e/ en outre l'un des *efs les plus anci5s et les plus actifs de la clbre ,society = ,psy*ical ,rese>*1 fonde en #ahhb1 qui depuis tr5te-sept ans s'applique tudi] avec une rigueur sci5tifique irrpro*able1 t\s les phnomnes m]veilleux1 inexplicables1 occultes et surnaturels qui ont t\j\rs tr\bl et tr\bl5t encore l'humanit4 ,a ct de ses travaux sci5tifiques1 dont je ne p>le pas1 n'ayant pas qualit p\r les jug]1 il e/ l'auteur de livres extrmem5t rem>quables2 entre autres3 l',homme et l',univ]s1 l'!r de l',espace1 la ,survivance huma9e1 o les spculations mtaphysiques les plus hautes et les plus h>dies sont sans cesse contrles p> le bon s5s le plus prud5t1 le plus avis1 le plus 9branlable4 ,sir ,oliv] ,lodge1 qui e/ donc ensemble un philosophe et un savant positif et pratique1 rompu aux m?odes sci5tifiques qui ne lui p]mett5t pas aism5t de s'g>]1 qui e/ en un mot l'un des c]veaux les mieux quilibrs qu'on puisse r5contr]1 e/ conva9cu que les morts ne meur5t pas et peuv5t communiqu] avec n\s4 ,il a essay de n\s faire p>tag] cette conviction dans son livre3 la ,survivance huma9e4 ,je ne crois pas qu'il y ait compltem5t russi4 ,il n\s donne1 il e/ vrai1 un c]ta9 nombre de faits extraord9aires1 mais qui peuv5t1 la rigueur1 s'expliqu] p> l'int]v5tion inconsci5te d'intellig5ces autres que celles des morts4 ,il ne n\s apporte pas la preuve irrfragable1 comme le s]ait1 p> exemple1 la rvlation d'un incid5t1 d'un dtail1 d'une connaissance tel po9t inconnue de t\t tre vivant1 qu'elle ne p\rrait prov5ir que d'un esprit qui n'e/ plus de ce monde4 ,accordons du re/e qu'une telle preuve e/1 comme il le dit1 aussi difficile concevoir qu' f\rnir4 99 99 99 99 99 ,le plus jeune des fils de ,sir ,oliv] ,lodge1 nomm ,raymond1 n en #ahhi1 tait +nieur et s'engagea p\r la dure de la gu]re en septembre #aiad4 ,il fut envoy en ,belgique au comm5cem5t du pr9temps de #aiae1 et le #ad septembre de la mme anne1 devant ,ypres1 t&is que la compagnie qu'il comm&ait quittait une tran*e de premire ligne1 un clat d'obus le frappait au flanc gau*e2 et il m\rait quelques heures aprs4 ,c'tait1 comme n\s le montre une photographie1 un de ces jeunes et admirables soldats anglais1 types p>faits d'une humanit vig\reuse1 fra*e1 heureuse1 innoc5te et spl5dide1 dont la mort semble d'autant plus cruelle et plus incroyable qu'elle anantit plus de =ce1 d'esprances1 de beaut4 ,son pre vi5t de lui consacr] un gros volume s\s ce titre3 ,raymond1 or ,life & ,dea?2 et *ose d'abord assez dconc]tante1 ce n'e/ pas1 comme on s'y att5dait1 un livre de pla9tes1 de regrets1 de sanglots2 mais le rapport prcis1 volontairem5t impassible1 presque heureux p> mom5ts1 du savant qui ref\le sa d\leur p\r voir clair devant lui1 lutte n]giquem5t contre l'ide de la mort et reg>de se lev] l'aube d'un imm5se et trs trange espoir4 ,je ne m'arrt]ai pas la premire p>tie du volume qui s'atta*e n\s faire connatre le jeune homme4 ,on y tr\ve une qu>anta9e de lettres crites dans les tran*es1 des tmoignages de ses compagnons d'armes qui l'adorai5t1 des dtails sur sa mort1 etc4 ,ces lettres1 soit dit en passant1 sont *>mantes1 pittoresques et d'un enj\em5t dlicat et dlicieux qui ne songe qu' rassur] ceux qui sont en sret4 ,je n'ai pas le temps de m'y att>d] et ce n'e/ pas ce qui n\s intresse ici4 ,mais la seconde p>tie que ,sir ,oliv] ,lodge intitule3 ,sup]normal ,portion1 ab&onne la vie qui s'agite la surface de notre t]re1 et n\s introduit dans un monde t\t diffr5t4 ,ds les premires lignes1 l'auteur n\s rappelle sa conviction1 savoir1 et en ses propres t]mes3 que non seulem5t la p]sonnalit p]si/e aprs la mort1 mais que son exi/5ce cont9ue s'enlace la vie quotidi5ne beauc\p plus troitem5t qu'on ne se l'imag9e2 qu'il n'y a pas de vritable solution de cont9uit entre le mort et le vivant2 qu'en rponse aux dem&es urg5tes de l'affection1 des moy5s de communication peuv5t tre tablis p>-dessus ce qui semble tre un g\ffre et qu'en fait1 comme ,diotime le disait ,socrate1 dans le ,symposium1 l'am\r jette un pont sur l'abme4 ,sir ,oliv] ,lodge e/ donc p]suad que son fils quoique mort n'a pas cess d'exi/] et ne s'e/ pas loign de ceux qui l'aim5t4 ,raymond1 en effet1 onze j\rs aprs son dcs1 *]*e dj communiqu] avec son pre4 ,on sait que ces communications1 ou soi-disant communications d'outre-tombe1--ne prjugeons pas p\r l'in/ant1--se font p> l'int]mdiaire d'un mdium qui e/ ou se croit inspir ou possd p> le mort ou p> un esprit famili] qui p>le au nom du mort et rapporte ce que ce d]ni] lui rvle1 soit de vive voix1 soit p> l'criture automatique ou encore1 bi5 que trs r>em5t dans le cas qui n\s occupe1 p> les tables p>lantes4 ,mais je passe sur ces prlim9aires qui n\s entran]ai5t trop lo91 p\r arriv] t\t de suite la communication qui e/1 je p5se1 la plus tonnante de t\tes2 et peut-tre la seule qui ne soit pas explicable1 ou du mo9s qui soit le plus difficilem5t explicable1 p> l'int]v5tion des vivants4 ,v]s la f9 du mois d'aot #aiae1 c'e/--dire peu de j\rs avant sa mort1 le jeune hros1 qui se tr\vait1 comme n\s l'avons vu1 aux environs d',ypres1 avait t photographi avec les (fici]s de son bataillon1 p> un photographe ambulant4 ,le #bg septembre suivant1 au c\rs d'une sance avec le mdium ,pet]s1 l'esprit qui p>lait p> la b\*e de celui-ci1 dit t\t c\p et textuellem5t3 ,v\s avez plusieurs photographies de ce jeune homme4 ,avant son d"p1 on a fait un bon portrait de lui1 deux1--non1 trois4--,deux o il e/ seul1 et un o il se tr\ve au milieu d'un gr\pe d'autres hommes4 ,il ti5t beauc\p ce que je v\s dise cela4 ,sur l'une des preuves v\s v]rez sa canne4 ,or1 ce mom5t1 dans l'ent\rage de ,sir ,oliv] ,lodge1 on ignorait absolum5t l'exi/5ce de ce gr\pe4 ,on n'atta*a du re/e pas gr&e importance cette rvlation2 mais dans des sances subsqu5tes1 notamm5t le #c dcembre1 avant l'arrive des preuves1 avant que p]sonne les et vues1 les dtails se prcis5t4 ,d'aprs les dcl>ations de l'esprit1 il s'agit bi5 d'un gr\pe d'une d\za9e d'(fici]s1 ou peut-tre plus d'une d\za9e1 pris en ple9 air1 devant une sorte de hang>4 7,le mdium trace avec le doigt des lignes v]ticales dans l'espace47 ,les uns sont assis1 les autres deb\t1 dans le fond4 ,raymond e/ assis1 quelqu'un s'appuie sur lui4 ,plusieurs preuves ont t prises4 ,le #g dcembre1 les photographies arriv5t ,m>iemont1 rsid5ce de ,sir ,oliv] ,lodge4 ,ce sont trois preuves lgrem5t diffr5tes du mme gr\pe de v+t et un (fici]s1 sur trois rangs1 le d]ni] rang deb\t1 les deux autres assis4 ,le gr\pe e/ pris devant une sorte de hang> en plan*es1 dont le toit prs5te des lignes v]ticales trs app>5tes4 ,raymond e/ assis au premi] rang2 ses pi$s1 se tr\ve la canne dont on avait p>l dans la premire rvlation1 et1 dtail extrmem5t frappant1 dans t\t le gr\pe1 il e/ le seul sur l'paule de qui1 dans deux preuves1 quelqu'un appuie la ma91 et dans la troisime1 la jambe4 ,cette manife/ation e/ une des plus rem>quables qu'on ait obt5ues jusqu'ici1 p>ce qu'elle exclut presque entirem5t t\te +r5ce tlpa?ique1 c'e/--dire t\te communication de subconsci5t subconsci5t1 p>mi les p]sonnes prs5tes la sance1 qui t\tes ignorai5t absolum5t l'exi/5ce des photographies4 ,si l'on se refuse admettre l'int]v5tion du mort1--qui ne doit1 j'en convi5s1 tre admise qu' la d]nire extrmit1--il faut1 p\r expliqu] la rvlation1 suppos] que le subconsci5t du mdium ou de l'un des assi/ants1 trav]s les ddales et les ds]ts imm5ses de l'espace et p>mi des millions d'mes trangres1 se soit mis en rapport avec le subconsci5t d'un des (fici]s ou des p]sonnes qui avai5t vu ces preuves dont ri5 ne faisait s\ponn] l'exi/5ce4 ,c'e/ possible1 mais tellem5t has>deux1 tellem5t prodigieux1 que la survivance et l'int]v5tion du dfunt1 sembl]ai5t presque1 en l'occur5ce1 mo9s surnaturelles et plus vraisemblables4 99 99 99 99 99 ,je n'entr]ai pas dans le dtail de nombreuses sances qui prcdr5t ou suivir5t celle-ci1 et n'entrepr5drai pas non plus de les rsum]4 ,il faut1 p\r en p>tag] l'motion1 lire les procs-v]baux qui reproduis5t fidlem5t ces tranges dialogues des vivants et des morts4 ,on a l'impression que l'enfant qui n'e/ plus se rappro*e *aque j\r de la vie et s'entreti5t de plus en plus aism5t1 de plus en plus familirem5t avec t\s ceux qui l'ont aim avant les tnbres de la tombe4 ,il rappelle *acun mille petits incid5ts oublis4 ,il demeure p>mi les si5s1 comme s'il ne les avait jamais quitts4 ,il e/ t\j\rs prs5t et prt leur rpondre4 ,il se mle si bi5 t\te leur exi/5ce que p]sonne ne songe le pleur]4 ,on l'int]roge sur sa situation1 on lui dem&e o il e/1 ce qu'il e/1 ce qu'il fait4 ,il ne se fait pas pri]2 il se dcl>e d'abord tonn de l'invraisemblable ralit de ce monde n\veau4 ,il y e/ trs heureux1 il se re=me1 se cond5se1 p\r a9si dire1 et se ressaisit peu peu4 ,l'exi/5ce de l'intellig5ce et de la volont1 db>rasse du corps1 e/ plus libre1 plus lgre1 plus t5due1 plus diffuse1 mais se cont9ue peu prs p>eille ce qu'elle tait dans la *air4 ,le milieu n'e/ plus physique mais spirituel2 et c'e/ une transposition sur un autre plan plutt que la rupture1 le b\lev]sem5t de fond en comble1 les trans=mations in\es que n\s n\s plaisons imag9]4 ,aprs t\t1 n'e/-ce pas assez plausible1 et n'avons-n\s pas tort de croire que la mort *ange t\t1 du j\r au l5dema91 et qu'il y ait1 entre l'heure qui prcde le dcs et celle qui la suit1 un abme subit et inconcevable8 ,e/-ce con=me aux habitudes de la nature8 ,le pr9cipe de vie que n\s portons en n\s1 et qui sans d\te ne peut s'te9dre1 e/-il ce po9t modifi et opprim p> notre corps1 qu'au sortir de celui-ci1 il devi5ne1 en un cl9 d'oeil1 t\t fait diffr5t et mconnaissable8 ,mais il faut que j'abrge2 il faut mme1 p\r ne pas dpass] les bornes de cette tude1 que je nglige deux ou trois rvlations mo9s frappantes que celle de la photographie1 mais qui n'en sont pas mo9s assez tranges4 videmm5t1 ce n'e/ pas la premire fois que de telles manife/ations se produis5t2 mais celles-ci sont vraim5t d'une qualit plus haute que celles qui encombr5t plusieurs volumes des ,proce$+s4 ,apport5t-elles la preuve que n\s dem&ons8 ,je ne le crois pas2 mais cette preuve premptoire s]a-t-on jamais mme de n\s la f\rnir8 ,que peut faire l'esprit ds9c>n qui veut tablir qu'il cont9ue d'exi/]8 ,s'il n\s p>le des incid5ts les plus secrets1 les plus intimes d'un pass commun1 n\s lui rpondons que c'e/ n\s1 en n\s-mmes1 qui retr\vons ces s\v5irs4 ,s'il ent5d n\s conva9cre p> la description de son monde d'outre-tombe1 t\s les tableaux les plus sublimes1 les plus inatt5dus qu'il en p\rrait trac]1 ne val5t ri5 comme preuve1 n'tant pas contrlables4 ,si n\s lui dem&ons de s'atte/] p> une prdiction de l'av5ir1 il n\s av\e qu'il ne le connat pas beauc\p mieux que n\s2 ce qui e/ assez vraisemblable1 att5du qu'une telle connaissance suppos]ait une sorte d'omnisci5ce et p>tant d'omnipot5ce qui ne doit pas p\voir s'acqurir en un in/ant4 ,il ne lui re/e donc que les petites *appes1 les prcaires comm5cem5ts de preuve du g5re de ceux que n\s tr\vons ici4 ,ce n'e/ pas suffisant1 j'en convi5s1 puisque la psy*omtrie1 c'e/--dire une manife/ation de clairvoyance analogue1 entre subconsci5ces vivantes1 donne des rsultats presque aussi tonnants4 ,mais ici comme l1 ces rsultats montr5t t\t au mo9s qu'il y a aut\r de n\s des intellig5ces errantes1 dj affran*ies des lois troites et pesantes de l'espace et de la matire1 qui p>fois sav5t des *oses que n\s ne savons pas ou ne savons plus4 man5t-elles de n\s1 ne sont-elles que des manife/ations de facults encore inconnues2 ou sont-elles extrieures1 objectives et indp5dantes de n\s8 ,sont-elles seulem5t vivantes au s5s o n\s l'ent5dons p\r nos corps1 ou app>ti5n5t-elles des corps qui ne sont plus8 ,c'e/ ce que n\s ne p\vons pas encore dcid]2 mais il faut conv5ir que ds qu'on admet leur exi/5ce1 qui n'e/ plus gure conte/able1 il e/ bi5 mo9s difficile d'accept] qu'elles app>ti5n5t des morts4 ,en t\t cas1 si de telles expri5ces ne dmontr5t pas1 de faon premptoire1 que les morts peuv5t directem5t1 manife/em5t et presque matriellem5t se ml] notre exi/5ce et re/] en contact avec n\s1 elles pr\v5t qu'ils cont9u5t de vivre en n\s beauc\p plus ardemm5t1 plus pr(ondm5t1 plus p]sonnellem5t1 plus passionnm5t qu'on ne l'avait cru jusqu'ici2 et c'e/ dj bi5 plus qu'on n'osait espr]4 ,,iii ,,les ,,mauvaises ,,n\velles ,durant plus de quatre ans1 sur prs de la moiti de la t]re habitable1 ont *em9 nuit et j\r les mauvaises n\velles4 ,depuis qu'exi/e notre monde1 on ne les vit jamais se rp&re en f\les aussi d5ses1 aussi affaires1 aussi imprieuses4 ,au temps heureux de la paix1 on r5contrait et l les sombres visiteuses1 s'en allant p> monts et p> vaux1 presque t\j\rs isoles1 quelquefois deux p> deux1 r>em5t trois p> trois1 discrtes1 intimides1 s'ef=ant de pass] inap]ues et se *>geant humblem5t des plus petits messages de d\leur que leur confiait le de/94 ,ma9t5ant1 elles m>*5t la tte haute1 elles sont presque arrogantes2 et1 enfles de leur importance1 nglig5t t\s les malheurs qui ne sont pas mortels4 ,elles encombr5t les r\tes1 fran*iss5t les fleuves et les m]s1 envahiss5t les rues1 n'oubli5t pas les ruelles1 graviss5t les s5ti]s les plus pres et les plus rocailleux4 ,il n'e/ pas une masure tapie dans le faub\rg le plus obscur et le plus ignor d'une gr&e ville1 il n'e/ pas une cabane dissimule dans le repli du plus misrable village de la plus inaccessible montagne qui *appe leurs inve/igations et v]s laquelle l'une d'elles1 dta*e de la s9i/re tr\pe1 ne se hte de son petit pas press1 assur et impitoyable4 ,*acune a son b dont ri5 ne peut la dt\rn]4 ,a trav]s le temps et l'espace1 trav]s les ro*]s et les murs1 elles progress5t a9si1 ob/9es et rapides1 aveugles et s\rdes t\t ce qui v\drait les ret>d]1 ne p5sant qu' remplir leur devoir qui e/ d'annonc] au plus tt au coeur le plus s5sible et le plus ds>m la plus gr&e d\leur qui le puisse frapp]4 99 99 99 ,n\s les reg>dons pass] comme les missaires du de/94 ,elles n\s sembl5t aussi fatales que le malheur mme dont elles ne sont que les porte-voix1 et nul ne songe leur b>r] la r\te4 ,ds que l'une d'elles arrive inop9m5t p>mi n\s1 n\s quittons t\t1 n\s n\s prcipitons au-devant1 n\s n\s rassemblons aut\r d'elle4 ,une sorte de cra9te religieuse l'environne1 n\s *u*otons respectueusem5t et n\s ne n\s incl9]ions pas plus bas en prs5ce d'un envoy de ,dieu4 ,non seulem5t p]sonne n'os]ait la contr$ire1 lui donn] un conseil1 la pri] de pr5dre pati5ce1 d'accord] quelques heures de rpit1 de se ca*] dans l'ombre ou de faire un dt\r2 c'e/ qui1 au contraire1 lui (frira son zle et ses humbles s]vices4 ,les plus compatissants1 les plus pitoyables sont les plus empresss1 les plus obsquieux1 comme s'il n'y avait pas de devoir mo9s discutable ni d'acte de *>it plus mritoire que de conduire le plus directem5t et le plus promptem5t possible1 au coeur qu'elle doit atte9dre1 la noire messagre4 99 99 99 ,une fois de plus1 n\s confondons ici ce qui app>ti5t au de/9 avec ce qui n\s app>ti5t en propre4 ,le malheur tait peut-tre 9vitable2 mais une bonne p>tie des d\leurs qui le suiv5t re/e en notre p\voir4 ,c'e/ n\s de les mnag]1 de les dirig]1 de les ass]vir1 de les ds>m]1 de les ret>d]1 de les dt\rn] et p>fois mme de les arrt] net4 ,en vrit1 n\s en sommes encore ignor] presque compltem5t la psy*ologie de la d\leur1 aussi pr(onde1 aussi complexe1 aussi digne d'intrt que celle des passions auxquelles n\s avons consacr tant de loisirs4 ,dans la vie ord9aire1 il e/ vrai1 les gr&es dtresses1 si elles n'tai5t pas aussi r>es qu'on l'et s\hait1 tai5t nanmo9s trop espaces p\r qu'il ft facile de les tudi] avec suite4 ,auj\rd'hui1 hlas6 elles =m5t t\t le fond de nos mditations2 et n\s appr5ons enf9 qu'autant que l'am\r1 le bonheur ou la vanit1 elles ont leurs secrets1 leurs habitudes1 leurs illusions1 leur casui/ique1 leurs reco9s obscurs1 leurs labyr9!s et leurs abmes2 c> l'homme1 qu'il aime1 qu'il se rj\isse ou qu'il pleure1 e/ t\j\rs semblable lui-mme4 ,il n'e/ pas vrai1 comme n\s l'acceptons trop volonti]s1 que le malheur devant tre connu tt ou t>d1 le seul devoir soit de le divulgu] au plus tt2 c> il y a une gr&e diffr5ce entre un malheur encore flagrant et celui que le temps a dj amorti4 ,il n'e/ pas vrai1 comme n\s l'admettons sans conte/e1 que t\t vaille mieux que l'ignorance ou l'inc]titude et qu'il y ait une sorte de l*et ne pas annonc] aussitt1 ceux qu'elle doit att]r]1 la mauvaise n\velle que l'on connat4 ,il y a l*et1 t\t au contraire1 s'en db>rass] au plus vite et n'en po9t port] seul et secrtem5t t\t le poids aussi longtemps que possible4 ,qu& survi5t la mauvaise n\velle1 le premi] devoir e/ de l'isol]1 de l'emp*] de se rp&re1 de s'en r5dre matre1 comme d'un malfaiteur ou d'une maladie contagieuse1 de f]m] t\tes les issues1 de mont] la g>de aut\r d'elle et de la mettre dans l'impossibilit de sortir et de nuire4 ,il ne s'agit pas seulem5t1 comme le croi5t les meilleurs et les plus prud5ts d'entre n\s1 de l'introduire1 avec mille prcautions1 petits pas feutrs1 obliques et mesurs1 p> la porte de d]rire1 dans la demeure qu'elle doit dva/]2 il s'agit de lui en int]dire =mellem5t l'entre et d'avoir le c\rage de l'en*an] dans notre propre demeure qu'elle remplira de repro*es et de rcrim9ations inju/es et insupportables4 ,au lieu de n\s faire l'*o complaisant de ses cris1 ne p5sons plus qu' t\ff] sa voix4 ,*aque heure que n\s passons a9si dans un tte--tte impati5t et pnible avec l'odieuse prisonnire e/ une heure de l>mes que n\s pr5ons notre compte et que n\s p>gnons la victime du de/94 ,il e/ presque c]ta9 que la malfaisante recluse f9ira p> *app] notre vigilance2 mais ici les m9utes mmes ont leur importance et il n'e/ pas de ga91 si m9ime soit-il1 que n\s ayons le droit de nglig]4 ,l'horloge qui mesure les phases de la d\leur e/ bi5 plus exacte et plus scrupuleuse que celle qui m>que les tapes du plaisir4 ,le temps qui passe entre la mort d'un tre aim et le mom5t qu'on appr5d cette mort1 emporte autant de pe9e que de j\rs4 ,ce qui e/ cra9dre p>-dessus t\t1 c'e/ le premi] c\p du malheur2 c'e/ alors que le coeur se d*ire et reoit une blessure qui ne gurira plus4 ,mais ce c\p n'a sa =ce clatante et quelquefois mortelle que s'il frappe l'in/ant sa victime et p\r a9si dire au sortir mme de l'vnem5t4 ,t\te heure qui s'int]pose en m\sse l'aiguillon1 en brise l'efficace4 ,une mort qui remonte quelques sema9es n'a plus le mme aspect que celle qu'on annonce le j\r mme qu'elle eut lieu2 et si quelques mois la rec\vr5t1 ce n'e/ plus une mort et dj c'e/ un s\v5ir4 ,qu'ils s'c\l5t avant qu'on l'appr5ne ou aprs qu'on la connat1 les j\rs qui n\s en sp>5t agiss5t presque p>eillem5t4 ,ils loign5t d'avance des reg>ds et du coeur l'aveuglante horreur de la p]te1 ils la recul5t prv5tivem5t1 hors de porte de la folie1 dans un lo9ta9 semblable celui qu'ad\cit le regret4 ,ils =m5t une sorte de s\v5ir rtroactif qui opre dans le pass comme le vritable opr]a dans l'av5ir et apporte d'emble t\t ce que ce d]ni] et donn peu peu1 heure p> heure1 durant les longs mois qui sp>5t du premi] dsespoir1 la d\leur qui s'assagit1 se rsigne et se repr5d espr]4 ,,iv ,l',,ame ,,des ,,peuples ,dans l'admirable et t\*ant crit o ,octave ,mirbeau n\s lgue sa d]nire p5se1 le gr& ami que vi5n5t de p]dre t\s ceux qui en ce monde ont faim et soif de la ju/ice1 s'm]veille de dc\vrir aux suprmes mom5ts de sa vie combi5 l'me collective du peuple franais diffre de l'me de *acun des individus qui la compos5t4 ,il avait consacr la meilleure p>tie de son oeuvre re*]*]1 dissqu]1 mettre en aveuglante et p>fois insupportable lumire et /igmatis] avec une loqu5ce et une virul5ce qu'on n'a pas gales1 les faiblesses1 l'gsme1 les mesqu9]ies1 la sottise1 la vanit1 les bas in/9cts de lucre1 le manque de consci5ce1 de probit1 de *>it1 de dignit1 les t>es honteuses de ses compatriotes2 et voici qu' l'heure urg5te du devoir1 de ce b\rbi] qu'il avait si longtemps remu avec un pre et gnreux dgt1 s'lve t\t c\p1 comme dans une ferie1 le plus pur1 le plus noble1 le plus pati5t1 le plus frat]nel1 le plus total esprit d'hrosme et de sacrifice que la t]re ait connu1 non seulem5t aux j\rs les plus glorieux de son hi/oire1 mais aux temps mme de ses plus invraisemblables lg5des qui n'tai5t que de magnifiques rves qu'elle n'avait jamais espr de ralis]4 ,j'en p\rrais dire autant d'un autre peuple que je connais bi51 puisqu'il habite le sol o je suis n4 ,les ,belges non plus1 tels que n\s les montrait la vie de t\s les j\rs1 ne semblai5t pas n\s promettre une gr&e me4 ,ils n\s p>aissai5t borns1 troits1 assez vulgaires1 mesqu9em5t honntes1 sans idal1 sans p5ses gnreuses1 uniquem5t proccups de leur petit bi5-tre matriel1 de leurs petites qu]elles sans horizon2 et p\rtant1 lorsque sonna p\r eux la mme heure du devoir1 plus m5aante1 plus =midable que celles des autres peuples1 p>ce qu'elle les prcdait t\tes dans un effroyable my/re2 ayant t\t gagn] et ri5 p]dre1 =s l'honneur1 s'ils se montrai5t infidles la p>ole donne1 ds le premi] appel de leur consci5ce rveille dans un c\p de f\dre1 sans hsitation1 sans un reg>d sur ce qu'ils allai5t affront] et subir1 d'un lan unanime et irrsi/ible1 ils tonnr5t l'univ]s p> un *oix qu'aucun peuple n'avait fait et sauvr5t le monde t\t en sa*ant qu'eux-mmes ne p\vai5t pas tre sauvs2 ce qui e/ bi5 le plus beau sacrifice que les hros et les m>tyrs qui semblai5t jusqu' ce j\r les pr(essionnels du sublime puiss5t accomplir sur cette t]re4 ,d'autre "p1 ceux d'entre n\s qui avai5t eu l'occasion de frqu5t] des ,allem&s1 avai5t sj\rn en ,allemagne et croyai5t en connatre les moeurs et la littrature1 il p>aissait inconte/able que le ,bav>ois1 le ,saxon1 le ,hanovri51 l'habitant des bords du ,rh91 malgr c]ta9es fautes d'ducation plutt que de c>actre1 qui n\s *oquai5t un peu1 possdait des qualits1 notamm5t une bonhomie1 un srieux1 une application au travail1 une con/ance1 une rsignation1 une simplicit familiale1 un s5tim5t du devoir1 une faon d'accept] consci5cieusem5t la vie1 que n\s avions t\j\rs ignors ou que n\s a*evions de p]dre4 ,aussi1 en dpit des av]tissem5ts de l'hi/oire1 fmes-n\s frapps de /upeur et d'abord incrdules au rcit des premires atrocits1 non pas accid5telles1 comme en t\te gu]re1 mais v\lues1 prmdites1 sy/matiques et allgrem5t p]ptres p> t\t un peuple qui se mettait dlibrm5t1 avec une sorte d'orgueil sadique1 au ban de l'humanit et se trans=mait t\t c\p en une horde de dmons plus r$\table et plus dva/atrice que t\tes celles que l'enf] avait jusqu' prs5t vomies sur notre plante4 99 99 99 99 99 ,n\s savions dj1 et le docteur ,gu/ave ,le ,bon n\s l'avait curieusem5t dmontr1 que l'me d'une f\le ne ressemble en ri5 aux mes qui la con/itu5t4 ,selon les *efs et les circon/ances qui la mn5t1 elle e/ p>fois plus haute1 plus ju/e1 plus gnreuse1 le plus s\v5t plus in/9ctive1 plus crdule1 plus cruelle1 plus b>b>e1 plus aveugle4 ,mais une f\le n'a qu'une me provisoire et mom5tane qui ne survit pas l'vnem5t presque t\j\rs viol5t et bref qui la fit natre1 et sa psy*ologie alatoire et fugitive ne peut gure clair] la faon dont se =me l'me pr(onde1 sculaire et p\r a9si dire immortelle d'un peuple4 99 99 99 99 99 ,il e/ assez naturel qu'un peuple ne se connaisse po9t et que ses actes le plong5t dans un tonnem5t dont il ne revi5t qu'aprs que l'hi/oire les lui a plus ou mo9s expliqus4 ,*acun des hommes qui le compos5t ne se connat pas soi-mme et connat mo9s encore les autres hommes4 ,aucun de n\s ne sait au ju/e ce qu'il e/ et ne peut rpondre de ce qu'il f]a dans une conjoncture inatt5due et un peu plus grave que celles qui =m5t le tissu habituel de l'exi/5ce4 ,n\s passons notre vie n\s int]rog] et n\s explor]2 nos actes n\s rvl5t n\s-mmes autant qu'aux autres2 et plus n\s appro*ons de notre f91 plus s'allonge l't5due de ce qui n\s re/e dc\vrir4 ,n\s ne possdons que la plus petite p>tie de n\s-mmes2 le surplus1 qui e/ presque t\t1 ne n\s app>ti5t po9t et baigne dans le pass et l'av5ir et dans d'autres my/res plus inconnus que le pass et l'av5ir4 ,ce qui e/ vrai de *acun de n\s1 l'e/ bi5 plus =te raison d'un gr& peuple compos de millions d'hommes4 ,il reprs5te un av5ir et un pass incomp>ablem5t plus t5dus que ceux d'une simple vie huma9e4 ,on admet et rpte satit que ses morts le conduis5t4 ,il e/ c]ta9 que les morts cont9u5t de vivre en lui beauc\p plus activem5t qu'on ne croit et le mn5t son insu2 de mme qu' l'autre b\t des sicles1 l'av5ir1 c'e/--dire t\s ceux qui ne sont pas encore ns et qu'il porte en soi comme ses morts1 pr5n5t ses rsolutions une "p aussi importante que ces d]ni]s4 ,mais dans son prs5t mme1 dans la m9ute o il vit et agit sur cette t]re1 outre la puissance de ceux qui ne sont plus et de ceux qui ne sont pas encore1 il y a hors de lui1 hors de l'ensemble des corps et des intellig5ces qui le con/itu5t1 une f\le de =ces et de facults qui n'y ont pas tr\v ou n'y ont pas v\lu pr5dre place1 ou qui n'y sj\rn5t pas con/amm5t1 et nanmo9s lui app>ti5n5t aussi ess5tiellem5t et le dirig5t aussi efficacem5t que celles qui s'y tr\v5t cont5ues4 ,ce que r5f]me notre corps o n\s n\s croyons circonscrits1 e/ peu de *ose au reg>d de ce qu'il ne r5f]me pas2 et c'e/ dans ce qu'il ne r5f]me pas que p>at rsid] la p>tie la plus haute et la plus puissante de notre tre4 ,n'oublions pas qu'il se confirme *aque j\r davantage que n\s ne m\rons ni ne naissons t\t enti]s1 qu'en un mot n\s ne sommes pas intgralem5t inc>ns et que1 d'autre "p1 il y a dans notre *air beauc\p plus que n\s-mmes4 ,or1 ce sont t\tes ces =ces flottantes1 bi5 plus pr(ondes et plus nombreuses que celles qui sembl5t fixes dans le corps et l'esprit1 qui compos5t l'me relle d'un peuple4 ,elles ne se montr5t pas dans les petits incid5ts de la vie quotidi5ne qui n'intress5t que l'troite et *tive enveloppe qui le c\vre2 mais elles se runiss5t1 se conc]t5t1 se passionn5t aux heures graves et tragiques o le sort t]nel e/ en jeu4 ,elles impos5t alors des dcisions qu'enregi/re l'hi/oire et dont la gr&eur1 la gnrosit et l'hrosme tonn5t ceux-l mmes qui les ont prises plus ou mo9s leur insu et s\v5t malgr eux et qui se manife/5t leurs yeux comme une rvlation d'eux-mmes1 inatt5due1 magnifique et incomprh5sible4 ,v ,,les ,m,,res ,elles ont port la gr&e d\leur de cette gu]re4 ,dans nos rues1 sur nos places1 p> les r\tes1 dans nos glises1 dans nos villes et nos villages1 dans t\tes nos maisons1 n\s c\doyons des mres qui ont p]du leur fils ou viv5t dans une angoisse plus cruelle que la c]titude de la mort4 ,essayons de compr5dre leur p]te4 ,elles sav5t ce qu'elle e/1 mais ne le dis5t pas aux hommes4 ,on leur pr5d leur fils au mom5t le plus beau de la vie1 au dcl9 de la leur4 ,qu& ils meur5t en bas ge1 il semble que l'me des enfants ne s'loigne gure et att5de1 aut\r de celle qui la mit au monde1 l'heure de rev5ir s\s une =me n\velle4 ,la mort qui visite les b]ceaux n'e/ pas la mme que celle qui rp& l'p\vante sur la t]re4 ,mais un fils qui meurt v+t ans ne revi5t po9t et ne laisse plus d'espoir4 ,il emporte avec lui t\t ce qui re/ait d'av5ir sa mre1 t\t ce qu'elle lui donna1 t\t ce qu'il promettait3 les pe9es1 les angoisses et les s\rires de la naissance et de l'enfance1 les joies de la jeunesse1 la rcomp5se et les moissons de l'ge mr1 l'aide et la paix de la vieillesse4 ,il emporte bi5 plus que lui-mme3 ce n'e/ pas sa vie seule qui f9it1 ce sont des j\rs sans nombre qui se t]m95t brusquem5t1 t\te une ligne qui s'te9t1 une f\le de visages1 de petites ma9s c>essantes1 de rires et de jeux qui tomb5t du mme c\p sur le *amp de bataille1 dis5t adieu au soleil et r5tr5t dans la t]re qu'ils n'auront pas connue4 ,t\t cela1 les yeux de nos mres l'ap]oiv5t sans qu'elles s'en r5d5t compte1 et c'e/ ce qui fait que nul d'entre n\s ne peut1 c]ta9es heures1 s\t5ir le poids et la tri/esse de leurs reg>ds4 ,p\rtant1 elles ne pleur5t pas comme celles des autres gu]res4 ,t\s leurs fils disp>aiss5t un un1 et on ne les ent5d pas se pla9dre et gmir comme jadis1 o les gr&es d\leurs1 les gr&s massacres et les gr&es cata/rophes s'enveloppai5t des clameurs et des lam5tations des femmes4 ,elles ne s'assembl5t pas sur les places publiques1 ne rcrim95t pas1 n'accus5t p]sonne1 ne se rvolt5t po9t4 ,elles raval5t leurs sanglots et cras5t leurs l>mes1 comme si elles obissai5t un mot d'ordre qu'entre elles elles se sont transmis1 sans que les hommes en ai5t eu connaissance4 ,on ne sait ce qui les s\ti5t et leur donne la =ce de support] les re/es de leur vie4 ,quelques-unes ont d'autres enfants2 et l'on compr5d qu'elles report5t sur eux l'am\r et l'av5ir que la mort a rompus4 ,beauc\p n'ont pas p]du ou t*5t retr\v] la foi aux promesses t]nelles2 et l'on compr5d encore qu'elles ne dsespr5t pas1 c> les mres des m>tyrs ne dsesprai5t pas non plus4 ,mais tant d'autres1 dont la demeure e/ jamais ds]te et dont le ciel n'e/ peupl que de ples fantmes1 g>d5t le mme espoir que celles qui espr5t t\j\rs4 ,qu'e/-ce donc qui ma9ti5t ce c\rage qui tonne nos reg>ds8 ,qu& les meilleurs1 les plus pitoyables1 les plus sages d'entre n\s r5contr5t une de ces mres qui vi5t furtivem5t de s'essuy] les yeux1 af9 que son malheur n'(f5se pas ceux qui sont heureux1 et t&is qu'ils *]*5t les mots qui1 dans l'aveuglante vrit de la plus effroyable d\leur qui puisse atte9dre un coeur1 ne sonn5t pas comme des m5songes odieux ou drisoires1 ils ne tr\v5t presque ri5 lui dire4 ,ils lui p>l5t de la ju/ice et de la beaut de la cause p\r laquelle e/ tomb le hros1 du sacrifice imm5se et ncessaire1 de la mmoire et de la reconnaissance des hommes1 du nant de la vie qui ne se mesure pas l't5due des j\rs1 mais la hauteur du devoir et de la gloire4 ,ils aj\t5t peut-tre que les morts ne meur5t po9t1 qu'il n'y a pas de morts1 que ceux qui ne sont plus viv5t plus prs de nos mes que lorsqu'ils tai5t dans la *air2 et que t\t ce que n\s aimions en eux subsi/e dans nos coeurs1 tant que notre s\v5ir l'y visite et que le ranime notre am\r444 ,mais mesure qu'ils p>l5t1 ils s5t5t le vide de ce qu'ils dis5t4 ,ils compr5n5t que t\t cela n'e/ vrai que p\r ceux que la mort n'a pas prcipits dans l'abme o les mots ne sont plus que des bruits purils1 que le plus ard5t s\v5ir ne remplace pas une *re ralit que l'on t\*e des ma9s ou des lvres1 que la p5se la plus haute ne vaut pas les alles et v5ues familires1 la prs5ce aux repas1 le bais] du mat9 et du soir1 les embrassem5ts du d"p et l'ivresse du ret\r4 ,elles le sav5t et le s5t5t mieux que n\s2 et c'e/ p\rquoi elles ne rpond5t pas nos consolations1 elles les c\t5t en sil5ce et tr\v5t en elles-mmes d'autres raisons de vivre et d'espr] que celles que n\s *]*ons leur apport] du dehors en f\illant va9em5t t\t l'horizon des c]titudes et des p5ses huma9es4 ,elles repr5n5t le f>deau de leurs j\rs sans n\s dire o elles puis5t leurs =ces1 sans n\s appr5dre le secret de leur sacrifice1 de leur rsignation et de leur hrosme4 ,,vi ,,trois ,h,,ros ,,inconnus ,le g\v]nem5t belge a publi l'anne d]nire une ,rponse au ,livre ,blanc allem& du #aj mai #aiae4 ,cette ,rponse rfute de faon premptoire et une une1 t\tes les allgations du ,livre ,blanc1 au sujet des francs-tireurs1 des agressions de la population civile et de la cruaut des femmes belges env]s les prisonni]s et les blesss allem&s4 ,elle a recueilli sur les sacs et les massacres d',&5ne1 de ,d9ant1 de ,l\va9 et d',a]s*ot1 un ensemble de tmoignages au!ntiques et accablants1 qui d'ores et dj p]mett5t l'hi/oire de prononc] son v]dict1 avec plus de c]titude que ne le f]ait le plus scrupuleux jury de c\rs d'assises4 ,des effroyables pisodes que rapport5t ces rcits de tmo9s oculaires1 je ne veux ret5ir auj\rd'hui que deux de ceux qui m>qur5t le sac d',a]s*ot2 non qu'ils soi5t plus odieux ou plus cruels que les autres2--au contraire1 ct des assass9ats sans excuse et des excutions en masse d',&5ne1 de ,d9ant1 de ,l\va91 dont ri5 ne saurait dpass] l'horreur1 ils sembl5t presque bn9s2--mais je les *oisis ju/em5t p>ce qu'ils montr5t mieux qu'en ses plus gr&s excs la psy*ologie p\r a9si dire normale de l'arme allem&e et ce qu'elle fait d'abom9able qu& elle se croit ju/e1 modre et huma9e4 ,je les *oisis surt\t1 p>ce qu'ils n\s font voir1 dans une t]rible preuve1 l'admirable et t\*ant tat d'me d'une petite cit belge1 innoc5te entre t\tes les victimes de cette gu]re1 et (fr5t nos mditations des traits d'hroque et simple sacrifice1 dont on n'a pas p>l et qu'il e/ bon de mettre en lumire1 c> ils sont aussi beaux que les plus beaux exemples des plus belles pages de ,plut>que4 99 99 99 ,a]s*ot 7prononcez3 ,ars*ot7 tait une humble et heureuse petite ville du ,brabant flam&1 une de ces mode/es agglomrations inconnues que1 comme ,dixmude1 jamais regrettable et ensevelie dans le pass1 p]sonne ne visitait1 p>ce qu'elles ne r5f]mai5t aucun monum5t rem>quable1 mais qui n'en cons]vai5t et n'en reprs5tai5t que mieux1 du fond de leur sil5ce et de leur isolem5t sans tri/esse1 la vie flam&e dans ce qu'elle a de plus spcial1 de plus intime1 de plus calme1 de plus recueilli1 de plus amne et de plus traditionnel4 ,dans ces petites villes demi campagn>des1 il n'y a gure d'indu/rie3 une ou deux malt]ies1 une m9ot]ie1 une huil]ie1 une fabrique de *icore4 ,la vie y e/ presque agricole2 et les g5s aiss viv5t du produit ou du rev5u de leurs *amps1 de leurs prs et de leurs bois4 ,t\te la sema9e1 la gr&'place1 dont les maisons sont cossues1 plus ou mo9s cubiques1 et virg9alem5t blan*es1 portes co*res ornes de cuivres t9celants1 t\te la sema9e la gr&'place e/ presque ds]te et ne s'anime que le j\r du m>* et le diman*e mat91 l'heure de la gr&'messe4 ,en un mot1 c'e/ la paix1 l'att5te des repas et du repos dans le repos1 l'exi/5ce l5te et facile2 et peut-tre le bonheur1 si le bonheur consi/e tre heureux dans un demi-sommeil sans ambitions qui dpass5t le clo*]1 sans passions trop vives et sans rves trop ard5ts4 ,c'e/ dans ce paisible sj\r d'une tranquillit immmoriale1 que la gu]re mme n'avait jusqu'ici tr\bl qu' la surface1 que le #ai aot #aiad1 #i heures du mat91 aprs la retraite des d]ni]s soldats belges1 la gr&'place e/ s\da9 envahie p> le flot d5se et int>issable des tr\pes allem&es4 ,le fils du b\rgme/re1 un enfant de qu9ze ans1 se hte de f]m] les p]si5nes de la maison pat]nelle et e/ bless la jambe p> une des balles que les va9queurs envoi5t tort et trav]s dans les f5tres1 ,a #aj heures1 le comm&ant allem& fait appel] l'htel de ville le b\rgme/re1 ,m4 ,tielemans4 ,on l'y reoit grossirem5t1 on le brutalise1 on le traite de ,s*we9hund1 c'e/--dire de *i5 mt9 de co*on1 espce d'animal qui1 app>emm5t1 ne se tr\ve qu'en ,allemagne4 ,puis1 le colonel ,/5g]1 comm&ant la #h;e brigade d'infant]ie1 et ses deux aides de camp s'in/all5t dans la maison du b\rgme/re1 sur la gr&'place2 et1 soit dit en passant1 cambriol5t immdiatem5t t\s les tiroirs de leurs app>tem5ts2 aprs quoi1 du haut du balcon1 ils assi/5t au dfil de leurs tr\pes4 ,v]s quatre heures de l'aprs-midi1 hants p> l'ide fixe d'imag9aires francs-tireurs1 des soldats pris de panique se mett5t tiraill] dans les rues4 ,le colonel1 au balcon1 e/ atte9t p> une balle allem&e et tombe4 ,un des aides de camp desc5d quatre quatre en hurlant3 ,le colonel e/ mort1 il me faut le b\rgme/re6 ,celui-ci se s5t p]du et dit sa femme3 ,ceci e/ grave p\r moi4 ,elle lui s]re la ma9 en lui disant3 ,du c\rage6 ,le b\rgme/re e/ arrt1 maltrait p> les soldats4 ,sa femme fait va9em5t rem>qu] au capita9e que son m>i et son fils ne peuv5t avoir tir puisqu'ils ne possd5t aucune arme4 a ne fait ri51 rpond le s\d>d1 il e/ responsable4 ,en outre1 aj\te-t-il1 il me faut votre fils4 ,ce fils e/ l'enfant de qu9ze ans qui vi5t d'tre bless la jambe4 ,comme il m>*e difficilem5t1 cause de sa blessure1 il e/ brutalis s\s les yeux de sa mre et conduit1 c\ps de pi$1 l'htel de ville1 prs de son pre4 ,cep5dant1 le mme capita9e1 s\t5ant t\j\rs qu'on a tir sur ses hommes1 exige que ,mme ,tielemans visite avec lui la maison de la cave aux gr5i]s4 ,il e/ oblig de con/at] que t\tes les *ambres sont vides et t\tes les f5tres f]mes4 ,durant cette p]quisition1 il ti5t con/amm5t la malheureuse femme s\s la m5ace de son revolv]4 ,la fille de celle-ci se met entre sa mre et le s9i/re p]sonnage4 ,il ne compr5d pas4 ,arrivs dans le ve/ibule1 la mre lui dit3 ,qu'allons-n\s dev5ir8--,froidem5t1 il rpond3 ,v\s s]ez fusille a9si que votre fille et vos dome/iques4 ,ma9t5ant1 comm5c5t le pillage et l'inc5die m?odiques de la ville4 ,t\tes les maisons du ct droit de la place sont en feu4 ,de temps en temps1 les soldats int]pell5t les femmes en s'criant3 ,on va v\s fusill]1 on va v\s fusill]6--,a ce mom5t1 dit textuellem5t ,mme ,tielemans dans sa dposition1 les soldats sortai5t de *ez n\s1 les bras *>gs de b\teilles de v94 ,on ouvrait les f5tres de nos app>tem5ts et t\t ce qui s'y tr\vait tait enlev4 ,je me dt\rnai p\r ne pas voir ce pillage4 ,a la lueur s9i/re des inc5dies1 mes yeux r5contrr5t mon m>i1 mon fils et mon beau-frre1 accompagns d'autres messieurs que l'on conduisait au supplice4 ,jamais je n'oubli]ai ce spectacle et le reg>d de mon m>i *]*ant une d]nire fois sa maison et se dem&ant o tai5t sa femme et sa fille2 et moi1 p\r ne pas lui enlev] son c\rage1 je ne p\vais pas lui cri]3 je suis ici6 ,les heures pass5t4 ,les femmes sont *asses de la ville et1 p> une r\te jon*e de cadavres1 m5es comme un tr\peau1 dans une prairie lo9ta9e o on les p>que jusqu'au mat94 ,les hommes sont arrts4 ,on leur lie les poignets d]rire le dos1 l'aide de fils de cuivre si cruellem5t s]rs que le sang gicle4 ,on les gr\pe et on les =ce de se c\*] sur le sol1 de faon que la tte t\*e t]re et qu'ils ne puiss5t faire aucun m\vem5t4 ,la nuit s'c\le a9si1 t&is que la ville se consume et que le pillage et l'orgie cont9u5t4 ,entre c9q et six heures du mat91 l'autorit militaire dcide de comm5c] les excutions1 et que l'un des pr9cipaux gr\pes de prisonni]s1 compos d'une c5ta9e de civils1 assi/]a la mise mort du b\rgme/re1 a9si qu' celle du fils et du frre de celui-ci4 ,un (fici] annonce au b\rgme/re que son heure e/ v5ue4 ,en ent5dant ces mots1 un citoy5 d',a]s*ot1 nomm ,claes van ,nuffel1 s'avance v]s l'(fici] et le supplie d'p>gn] la vie du *ef de la cit1 il (fre de m\rir sa place1 aj\tant qu'il e/ l'adv]saire politique du b\rgme/re1 mais qu'il e/ime qu'en ce mom5t celui-ci e/ ncessaire la ville4 ,l'(fici] rpond s*em5t3 ,non1 c'e/ le b\rgme/re qu'il n\s faut4--,le b\rgme/re se lve1 rem]cie ,m4 van ,nuffel1 aj\te qu'il m\rra tranquille1 qu'il a pass son exi/5ce faire t\t le bi5 qu'il p\vait1 qu'il n'implore pas sa grce1 mais dem&e celle de ses concitoy5s et de son fils1 un enfant de qu9ze ans1 d]nire consolation de sa mre4--,l'(fici] ricane et ne rpond pas4 ,a son t\r1 le frre du b\rgme/re dem&e grce1 non p\r soi1 mais p\r son frre et son neveu4 ,on ne l'c\te pas4 ,l'enfant se lve alors et va se plac] entre son pre et son oncle4 ,a dix mtres1 six soldats les c\*5t en j\e2 l'(fici] fait un ge/e du sabre1 et1 comme le dit la veuve de l'hroque magi/rat1 ce qu'il y avait de meilleur en ce monde avait vcu4 99 99 99 ,on plaa ensuite les autres civils p> rangs de trois1 n\s dit dans sa dposition ,m4 ,gu/ave ,nys1 tmo9 oculaire de l'horrible drame dont il faillit tre l'une des victimes4 ,celui qui avait le numro #c devait sortir du rang et s'align] d]rire les cadavres1 p\r tre fusill4 ,t\s les civils avai5t les ma9s lies d]rire le dos4 ,mon frre et moi tions vois9s2 j'eus le n #b1 mon frre ,om]1 g de v+t ans1 eut le n #c4 ,je dem&ai alors l'(fici]3 ,puis-je remplac] mon frre8 ,p\r v\s1 peu importe qui tombe s\s vos balles2 p\r ma mre qui e/ veuve1 mon frre1 qui a t]m9 ses tudes1 e/ plus utile que moi4 ,encore une fois1 il re/e ins5sible cette prire4--,que le n #c sorte du rang6--,n\s n\s embrassons1 et mon frre ,om] se jo9t aux autres4 ,ils sont une tr5ta9e1 aligns4 ,alors se passe une scne horrible3 les soldats allem&s avanc5t le long du rang1 et l5tem5t1 en tu5t trois *aque d*>ge comm&e *aque fois p> l'(fici]4 99 99 99 ,de p>eils traits pass]ai5t inap]u si l'on ne pr5ait la pe9e de les re*]*] et de les recueillir pieusem5t dans l'norme amas de drames qui durant plus de quatre ans a b\lev]s et ravag les malheureux pays que torturait l'envahisseur4 ,s'ils se fuss5t r5contrs dans l'hi/oire de la ,grce ou de ,rome1 ils aurai5t pris place p>mi les gr&es actions qui honor5t notre t]re et mrit5t de vivre jamais dans la mmoire des hommes4 ,il e/ de notre devoir de les mettre un in/ant en lumire et de grav] dans notre s\v5ir les noms de ceux qui en fur5t les hros4 ,rsums a9si1 simplem5t1 s*em5t1 comme il convi5t la vrit hi/orique1 d'aprs des dpositions faites s\s s]m5t et qu'un greffi] anonyme dp\illa de t\t ornem5t littraire ou s5tim5tal1 ils ne donn5t d'abord qu'une bi5 ple ide de l'int5sit de la tragdie et de la valeur du sacrifice4 ,il ne s'agit pas ici d'une glorieuse mort affronte dans l'ivresse de la lutte1 sur un va/e *amp de bataille4 ,il ne s'agit pas non plus d'une m5ace imprcise ou longue *ance ou d'un dang] inc]ta91 loign et peut-tre vitable4 ,il s'agit d'une mort obscure1 solitaire1 affreuse et imm95te1 au fond d'un foss2 et les six canons de fusil sont l1 braqus presque b\t portant1 qui1 sur un signe du *ef qui accepte votre (fre1 f]ont de v\s1 en un cl9 d'oeil1 un tas de *airs sanglantes et v\s env]ront dans la rgion inconnue et t]rible que l'homme r$\te d'autant plus qu'il e/ encore plus ple9 de =ces et de j\rs4 ,il n'y a pas une seconde d'int]valle ni d'espoir entre la "q et la rponse1 entre la vie et son bonheur et le nant et son horreur4 ,il n'y a pas d'enc\ragem5ts1 pas de p>oles ou de ge/es qui s\lv5t ou entran5t1 pas de rcomp5se2 en un in/ant t\t e/ donn p\r ri52 et c'e/ le sacrifice dans sa nudit1 sa puret si pure qu'on s'tonne que mme des ,allem&s n'ai5t pas t va9cus p> sa beaut4 ,il n'y avait p\r eux qu'une faon de s'en tir] sans se d%onor]2 c'tait de faire grce aux deux victimes3 ou bi51-- suppos] ce qui n'tait pas1 ce qui n'e/ jamais le cas1--qu'une mort ft absolum5t ncessaire1 il y avait une deuxime solution qui tait d'accept] l'(fre et d'excut] le m>tyr qu'ils euss5t d ador] g5\x4 ,de cette manire ils n'euss5t agi que comme les pires des b>b>es4 ,mais ils en ont tr\v une troisime que seuls1 avant eux1 les ,c>?ag9ois euss5t sans d\te inv5te et adopte4 ,ils ont du re/e dpass les plus b>b>es des b>b>es et gal l'abom9able morale punique1 dans un autre cas qui rappelle celui de ,rgulus et qui s]a le troisime trait d'hrosme civil que je veux rappel] ici4 99 99 99 ,quelques j\rs aprs les scnes que je vi5s de rapport]1 le #bc aot de la mme anne1 avai5t lieu ,d9ant des massacres en masse qui fir5t exactem5t six c5t six victimes1 p>mi lesquelles onze enfants au-dess\s de c9q ans1 v+t-huit gs de dix qu9ze ans et soixante et onze femmes4 ,ri5 ne saurait donn] une ide de l'horreur et de l'infamie de ces massacres2 et dans la longue et mon/rueuse hi/oire des hontes de la ,g]manie1 c'e/ une des pages les plus honteuses et les plus t]ribles4 ,mais je n'ai pas1 p\r l'in/ant1 l'int5tion d'en p>l]4 ,il y aurait trop dire4 ,je n'en veux auj\rd'hui dta*] qu'un pisode dont le hros de ,d9ant la ,wallonne e/ digne de pr5dre place ct de ses deux frres d',a]s*ot la ,flam&e4 ,a l'entre de ,d9ant1 prs du fameux ,ro*] ,bay>d1 gloire lg5daire de la jolie et riante petite cit1 les ,allem&s occup5t la rive droite de la ,meuse et comm5c5t la con/ruction d'un pont4 ,les ,franais1 dissimuls dans les br\ssailles et les replis de la rive gau*e tir5t sur les pontonni]s4 ,leur feu e/ assez peu n\rri2 et les ,allem&s en infr5t1 sans aucune raison1 qu'il provi5t de francs-tireurs qui du re/e n'ont jamais1 dans t\te cette campagne de ,belgique1 exi/ que dans leur imag9ation4 ,quatre-v+ts otages1 pris p>mi la population de ,d9ant1 sont ce mom5t rassembls et g>ds vue1 au pi$ du ro*]4 ,l'(fici] allem& envoie l'un d'eux1 ,m4 ,b\rdon1 greffi] adjo9t au tribunal1 sur la rive gau*e1 p\r annonc] l'ennemi que si le feu cont9ue1 t\s les otages s]ont l'in/ant fusills4 ,m4 ,b\rdon trav]se la ,meuse1 accomplit sa mission1 puis1 repassant le fleuve1 revi5t magnanimem5t se recon/itu] prisonni] et dcl>e l'(fici] qu'il a pu se conva9cre qu'il n'y a pas de francs-tireurs1 et que seuls les soldats franais de l'arme rgulire pr5n5t "p la df5se de l'autre rive4 ,quelques balles tomb5t encore1 et1 sur-le-*amp1 l'(fici] fait pass] p> les armes les quatre-v+ts otages et d'abord1 p\r le punir comme il si$ de son hroque fidlit la p>ole donne1 le malheureux greffi]1 sa femme1 sa fille et ses deux fils1 dont l'un e/ un enfant de qu9ze ans4 ,,vii ,,beaut,s ,,p]dues ,i ,s\s les ciels gris et les pluies dc\rageantes de ce juillet d'automne je songe la lumire ab&onne4 ,je l'ai laisse l-bas aux rives ma9t5ant ds]tes de la ,mdit]rane et me dem&e en va9 p\rquoi je m'en suis sp>4 ,p\rtant je fus l'un des d]ni]s lui re/] fidle4 ,t\s les autres la quitt5t v]s les premires j\rnes d'avril1 rappels p> les lg5daires s\v5irs des fallacieux pr9temps du ,nord1 sans se d\t] qu'ils p]d5t un gr& bonheur4 ,il e/ bon1 il e/ sage de fuir p>mi l'azur les mois glacs de nos hiv]s1 noirs comme des *tim5ts2 mais ces mois1 s'ils sont l-bas plus tides1 et surt\t plus lum9eux que les ntres1 ne n\s v5g5t pas assez des tnbres et des frimas du lieu natal4 ,les heures les plus claires1 les plus *audes1 y g>d]ont malgr t\t un arrire-gt de neige et de nuage2 elles sont belles mais timides1 et promptes et eff>es1 se ht5t v]s la nuit4 ,or1 il faut l'homme n du soleil1 comme t\tes *oses1 sa "p hrditaire de *aleur primitive et de cl>t totale4 ,il y a en lui d'innombrables et pr(ondes cellules qui g>d5t la mmoire des j\rs bl\issants de l'orig9e et devi5n5t malheureuses qu& elles ne peuv5t faire leur moisson de rayons4 ,l'homme peut vivre dans l'ombre mais y p]d la longue le s\rire et la confiance ncessaires4 ,en prs5ce de nos ts crpusculaires1 il devi5t indisp5sable de rtablir l'quilibre entre l'obscurit et la lumire1 et de *ass] p>fois les froids et les tnbres qui n\s envahiss5t jusqu' l'me p> de magnifiques excs de soleil4 ,,ii ,il rgne l1 quelques heures de n\s1 l'incomp>able soleil fixe que n\s ne voyons plus4 ,ceux qui s'en vont avant la mi-ju9 ne sav5t pas ce qui se passe qu& ils ne sont plus l4 ,comme s'ils avai5t att5du le d"p de tmo9s importuns et railleurs1 voici que surgiss5t de t\s cts les vritables acteurs de l'admirable ferie4 ,durant l'hiv]1 devant les htes (ficiels1 on ne j\e qu'un prologue du g5re tempr1 un peu ple1 un peu l5t1 un peu cra9tif et compass4 ,mais ma9t5ant clat5t t\t c\p sur la t]re enivre les gr&s actes lyriques4 ,le ciel ouvre ses p]spectives jusqu'aux d]nires limites de l'azur1 jusqu'aux extrmes altitudes o s'ploi5t la gloire et le bonheur de ,dieu1 et t\tes les fleurs d*ir5t les j>d9s1 les ro*]s et les pla9es p\r s'lev] et se prcipit] v]s l'abme de joie qui les aspire dans l'espace4 ,les an?mis1 dev5us f\s1 t5d5t durant six sema9es1 d'invisibles fiances1 d'normes b\quets ronds comme des b\cli]s de neige ard5te4 ,l'c>late et tumultueux manteau des b\ga9villes aveugle les maisons dont les f5tres bl\ies clign5t p>mi les flammes4 ,les roses jaunes revt5t les coll9es de voiles safrans1 les roses roses1 du beau rose innoc5t des premires pudeurs1 inond5t les valles1 comme si les div9s rs]voirs de l'aurore o s'labore la *air idale des femmes et des anges avai5t dbord sur le monde4 ,d'autres grimp5t aux arbres1 escalad5t les pili]s1 les colonnes1 les faades1 les portiques1 s'lanc5t et retomb5t1 se relv5t et se multipli5t1 se b\scul5t et se sup]pos5t1 grappes d'ivresses qui f]m5t5t1 sil5cieux essaims de ptales passionns4 ,et les p>fums innombrables1 div]s et imprieux qui c\l5t p>mi cette m] d'allgresse1 comme des fleuves qui ne se confond5t pas et dont on reconnat la s\rce *aque inspiration6 ,voici le torr5t v]t et froid du granium-rosa1 le ruissellem5t de cl\s de gir(le de l'oeillet1 la claire et loyale rivire de la lav&e1 le rs9eux b\illonnem5t de la p9de et la gr&e nappe tale et sucre aux d\ceurs presque v]tig9euses de la fleur d'orang]1 qui1 s\s l'odeur imm5se1 illimite et enf9 reconnue de l'azur1 subm]ge la campagne4 ,,iii ,je ne crois pas qu'il y ait au monde *ose plus belle que ces j>d9s et ces valles de la ,prov5ce m>itime durant les six ou sept sema9es o le pr9temps qui s'loigne mle encore ses v]dures aux premires ardeurs de l't qui s'in/alle4 ,mais ce qui donne cette miraculeuse joie de la nature une mlancolie qu'on ne retr\v]ait en nul autre lieu1 c'e/ la solitude inhuma9e et presque d\l\reuse o elle s'pan\it4 ,il y a l1 dans le ds]t1 dans le sil5ce et p\r a9si dire dans le vide1 des treilles aux t]rasses1 des t]rasses aux portiques de mille villas ab&onnes1 une mulation de beaut qui va jusqu' la s\ffrance aigu de l'ardeur1 jusqu' l'puisem5t de t\tes =ces1 de t\tes =mes1 de t\tes c\leurs4 ,il y a l une sorte de prodigieux mot d'ordre1 comme si t\tes les puissances de grce et de spl5deur que recle la nature s'tai5t coalises p\r donn] la mme m9ute1 un tmo9 que ne connaiss5t pas les hommes1 une preuve unique et dcisive de la batitude et des magnific5ces de la t]re4 ,il y a l une sorte d'att5te in\e1 sol5nelle et insupportable qui1 p>-dessus les haies1 les grilles et les murs1 guette l'appro*e d'un gr& dieu2 un sil5ce d'extase qui exige une prs5ce surnaturelle1 une impati5ce exaspre et ins5se qui de t\tes p>ts s'extravase sur les r\tes o ne passe plus que le cortge muet et transp>5t des heures4 ,,iv ,hlas6 que de beauts se p]d5t en ce monde6 ,voici de quoi n\rrir nos yeux jusqu' la mort6 ,voici de quoi cueillir des s\v5irs qui s\ti5drai5t nos mes jusqu'au tombeau6 ,voici de quoi f\rnir des milli]s de coeurs le suprme alim5t de la vie6 ,au fond1 lorsqu'on y songe1 t\t ce qu'il y a de meilleur en n\s-mme1 t\t ce qu'il y a de pur1 d'heureux et de limpide dans notre intellig5ce et dans nos s5tim5ts1 pr5d sa s\rce en quelques beaux spectacles4 ,si n\s n'avions jamais vu de belles *oses1 n\s n'aurions que de pauvres et s9i/res images p\r vtir nos ides et nos motions qui prirai5t de froid et de misre comme celles des aveugles4 ,la gr&e r\te qui s'lve des pla9es de l'exi/5ce aux sommets clairs de la consci5ce huma9e1 s]ait si morne1 si nue et si ds]te1 que nos p5ses p]drai5t bi5tt la =ce et le c\rage d'y pass]2 et l o ne pass5t plus les p5ses ne t>d5t po9t rep>atre les ronces et l'horreur de la =t b>b>e4 ,un beau spectacle que n\s aurions pu voir1 qui n\s app>t5ait1 qui semblait n\s appel] et que n\s avons fui1 ne se remplace po9t4 ,ri5 ne crot plus aux lieux o il n\s att5dait4 ,il laisse dans notre me un gr& c]cle /rile o n\s ne tr\v]ons que des p9es1 le j\r o n\s aurons beso9 de roses4 ,nos p5ses et nos actions puis5t leur n]gie et leur =me dans ce que n\s avons contempl4 ,entre le ge/e hroque1 le devoir accompli1 le sacrifice noblem5t accept et le beau paysage autrefois contempl1 il y a bi5 s\v5t des li5s plus troits et plus vivants que ceux qu'a ret5us notre mmoire4 ,plus n\s voyons de belles *oses1 plus n\s dev5ons aptes en faire de bonnes4 ,il faut1 p\r que prospre notre vie intrieure1 un magnifique amas d'admirables dp\illes4 ,,viii ,,le ,,monde ,,des ,,insectes ,i ,j4-,h4 ,fabre1 t\t le monde le sait auj\rd'hui1 e/ l'auteur d'une diza9e de volumes bi5 n\rris o1 s\s le titre de ,s\v5irs entomologiques1 il a consign les rsultats de c9quante ans d'obs]vations1 d'tudes et d'expri5ces sur les insectes qui n\s sembl5t le plus connus et le plus famili]s3 div]ses espces de gupes et d'abeilles sauvages1 quelques c\s9s1 m\*es1 sc>abes et *5illes2 en un mot1 t\tes ces petites vies vagues1 inconsci5tes1 rudim5taires et presque anonymes qui n\s ent\r5t de t\tes p>ts et sur lesquelles n\s jetons un reg>d amus1 mais qui dj p5se autre *ose1 qu& n\s ouvrons notre f5tre p\r accueillir les premires heures du pr9temps1 ou lorsque1 dans les j>d9s et les pla9es1 n\s allons n\s baign] aux j\rs bleus de l't4 99 99 99 ,on pr5d au has>d l'un des copieux volumes1 et l'on s'att5d naturellem5t y tr\v] d'abord les trs savantes et assez arides nom5clatures1 les trs mticuleuses et =t biz>res spcifications de ces va/es et p\dreuses ncropoles que =m5t presque exclusivem5t t\s les traits d'entomologie jusqu'ici p>c\rus4 ,on ouvre donc le livre1 sans ardeur et sans exig5ce2 et voici qu'immdiatem5t1 d'entre les feuillets dplis1 s'lve et se dr\le1 sans hsitation1 sans int]ruption et presque sans fl*issem5t jusqu'au b\t des quatre mille pages1 la plus extraord9aire des feries tragiques qu'il soit possible l'imag9ation huma9e1 non po9t de crer ou de concevoir1 mais d'admettre et d'acclimat] en elle4 ,en effet1 il ne s'agit pas ici d'imag9ation huma9e4 ,l'insecte n'app>ti5t pas notre monde4 ,les autres animaux1 les plantes mme1 en dpit de leur vie muette et des gr&s secrets qu'ils n\rriss5t1 ne n\s sembl5t pas totalem5t trang]s4 ,malgr t\t1 n\s s5tons en eux une c]ta9e frat]nit t]re/re4 ,ils surpr5n5t1 m]veill5t s\v5t1 mais ne b\lev]s5t po9t de fond en comble notre p5se4 ,l'insecte1 lui1 apporte quelque *ose qui n'a pas l'air d'app>t5ir aux habitudes1 la morale et la psy*ologie de notre globe4 ,on dirait qu'il vi5t d'une autre plante1 plus mon/rueuse1 plus n]gique1 plus ins5se1 plus atroce1 plus inf]nale que la ntre4 ,on le croirait n de quelque comte dsorbite et morte folle dans l'espace4 ,il a beau s'emp>] de la vie avec une autorit1 une fcondit que ri5 n'gale ici-bas1 n\s ne p\vons n\s faire l'ide qu'il e/ une p5se de cette nature dont n\s n\s flattons d'tre les enfants privilgis et probablem5t l'idal o t5d5t t\s les ef=ts de la t]re4 ,seul l'inf9im5t petit n\s dconc]te davantage2 mais l'inf9im5t petit1 qu'e/-ce au fond qu'un insecte que nos yeux ne voi5t po9t8 ,il y a sans d\te dans cet tonnem5t et cette incomprh5sion je ne sais quelle in/9ctive et pr(onde inquitude que n\s inspir5t ces exi/5ces incomp>ablem5t mieux armes1 mieux outilles que la ntre1 ces sortes de comprims d'n]gie et d'activit en qui n\s press5tons nos plus my/rieux adv]saires1 nos rivaux des d]nires heures et peut-tre nos successeurs4 ,,ii ,mais il e/ temps de pntr]1 s\s la conduite d'un admirable guide1 dans les c\lisses de notre ferie1 af9 d'en voir de prs les acteurs et les figurants1 immondes ou magnifiques1 grotesques ou s9i/res1 hroques ou p\vantables1 gniaux ou /upides1 et t\j\rs invraisemblables et in9telligibles4 ,et voici t\t d'abord1 au has>d des premires r5contres1 l'un de ces p]sonnages1 frqu5ts dans le ,midi1 o l'on peut le voir rd] aut\r de l'abondante manne que le mulet rp& avec indiffr5ce le long des *em9s blancs et des s5tes pi]reuses3 c'e/ le ,sc>abe ,sacr des gypti5s1 ou plus simplem5t le ,b\si]1 frre de nos ,gotrupes du ,nord1 et gros ,coloptre t\t de noir habill1 qui a p\r mission en ce monde de faonn] les p>ties les plus sav\reuses de la tr\vaille en une norme b\le qu'il s'agit ensuite de r\l] jusqu' la salle mang] s\t]ra9e o doit s'pan\ir l'incroyable av5ture4 ,mais le de/9 jal\x de t\t bonheur trop pur1 avant de lui cd] l'accs de ce lieu de dlices1 impose au grave et probablem5t s5t5tieux sc>abe1 des tribulations sans nombre1 que complique t\j\rs l'arrive d'un mal5contreux p>asite4 ,a pe9e donc a-t-il1 gr&s ef=ts du *ap]on et des pattes bancales1 comm5c de r\l] reculons la dlicieuse sphre1 qu'un collgue indlicat1 qui guettait la f9 du travail1 se prs5te en (frant hypocritem5t ses s]vices4 ,l'autre1 sa*ant =t bi5 que1 ici1 aide et s]vices1 au demeurant =t inutiles1 s]ont bi5tt p>tage et expropriation1 accepte sans entra9 la collaboration qui s'impose4 ,mais inv>iablem5t1 p\r bi5 m>qu] les droits respectifs1 le lgitime propritaire g>de sa place primitive1 c'e/--dire qu'il p\sse du front la b\le1 t&is que l'9vitable invit1 de l'autre ct1 la tire soi4 ,et a9si elle *em9e entre les deux compres1 p>mi d'int]m9ables pripties1 des *utes ahuries1 des culbutes grotesques1 jusqu'au lieu *oisi p\r dev5ir le rceptacle du trsor et la salle du fe/94 ,arrivs l1 le propritaire se met creus] le rfectoire1 p5dant que le pique-assiette a l'air de s'endormir innocemm5t au sommet de la pilule4 ,l'excavation s'l>git et s'appr(ondit vue d'oeil2 et bi5tt le premi] b\si] y plonge t\t enti]4 ,c'e/ l'in/ant que guettait le s\rnois auxiliaire4 ,il desc5d pre/em5t de la bi5heureuse m95ce1 et la p\ssant avec t\te l'n]gie que donne une mauvaise consci5ce1 s'ef=ce de gagn] le l>ge4 ,mais l'autre1 assez mfiant1 int]rompt un mom5t ses laborieuses f\illes1 reg>de p>-dessus bord1 voit le rapt sacrilge et bondit hors du tr\4 ,pris sur le fait1 l'effront et malhonnte associ s'v]tue donn] le *ange1 cont\rne l'orbe ine/imable1 et l'embrassant et s'arcb\tant en des ef=ts fallacieusem5t hroques1 fe9t de la ret5ir p]dum5t sur une p5te qui n'exi/e po9t4 ,on s'explique en sil5ce1 on ge/icule abondamm5t des t>ses et des m&ibules2 puis d'un commun accord1 on ramne la pelote au t]ri]4 ,il e/ jug suffisamm5t spacieux et con=table4 ,on introduit le trsor1 on f]me l'entre du corridor2 et ma9t5ant1 p>mi les tnbres propices et la tide moiteur o trne seul le magnifique globe /]coral1 s'attabl5t enf9 face face1 les deux convives rconcilis4 ,alors1 lo9 des cl>ts et des s\cis du j\r1 et dans le gr& sil5ce de l'ombre hypogenne1 comm5ce sol5nellem5t le plus fabuleux des fe/9s dont l'imag9ation du v5tre ait jamais voqu les absolues batitudes4 ,durant deux mois enti]s ils demeur5t clotrs1 et la panse *ancrant mesure l'9puisable sphre1 ar*types df9itifs et s\v]a9s symboles des dlices de la table et des liesses de la b$a9e1 ils mang5t sans discont9u]1 sans s'int]rompre une seconde ni de j\r ni de nuit2 et t&is qu'ils se gorg5t1 d]rire eux1 posm5t1 d'un m\vem5t d'horloge saisissable et con/ant1 raison de trois millimtres p> m9ute1 se dr\le et s'allonge un int]m9able cordon sans rupture qui fixe le s\v5ir et compute les heures1 les j\rs et les sema9es de la prodigieuse bombance4 ,,iii ,aprs le ,b\si]1 ce pitre de la b&e1 saluons encore dans l'ordre des ,coloptres1 le mnage modle du ,m9otaure ,typhe1 assez connu et extrmem5t dbonnaire malgr son nom t]rible4 ,la femelle creuse un imm5se t]ri] qui a s\v5t plus d'un mtre c9quante de pr(ondeur et qui se compose d'escali]s en spirales1 de pali]s1 de c\loirs et de nombreuses *ambres4 ,le mle *>ge les dblais sur la f\r*e trois d5ts qui surmonte sa tte1 et les porte l'entre de la demeure conjugale4 ,ensuite1 il va qurir dans la campagne les innoc5ts ve/iges qu'y laiss5t les brebis1 les desc5d au premi] tage de la crypte et1 l'aide de son trid5t1 se met en devoir de les m\dre2 cep5dant que la mre1 t\t au fond1 recueille la f>9e et la ptrit en normes pa9s cyl9driques qui devi5dront plus t>d la n\rriture des petits4 ,trois mois durant1 jusqu' ce que les provisions soi5t juges suffisantes1 sans aucun alim5t1 le malheureux p\x s'puise cette besogne de gant4 ,enf91 sa mission accomplie1 s5tant sa f9 pro*a9e1 p\r ne pas encombr] la maison d'un dbris misrable1 il use ses d]nires =ces sortir du t]ri]1 se trane pniblem5t et1 solitaire et rsign1 se sa*ant dsormais inutile1 s'en va m\rir au lo9 p>mi les pi]res4 ,voici1 d'autre "p1 d'assez tranges *5illes1 les ,processionnaires1 qui ne sont pas r>es1 et dont prcism5t un monme long de c9q ou six mtres1 desc5du de mes p9s p>asols1 se dr\le en ce mom5t dans les alles de mon j>d91 tapissant de soie transp>5te1 selon les c\tumes de la race1 le *em9 p>c\ru4 ,sans p>l] des app>eils mtorologiques d'une s5sibilit in\e qu'elles port5t sur l'*9e1 ces *5illes1 on le sait1 ont ceci de rem>quable qu'elles ne voyag5t qu'en b&e2 la queue leu leu1 comme les aveugles de ,breughel ou de la p>abole1 *acune d'elles suivant ob/9m5t1 indissolublem5t1 celle qui la prcde2 si bi5 que notre auteur ayant un mat9 rang la file sur le rebord d'un gr& vase de pi]re1 le circuit se tr\vant f]m1 durant huit j\rs enti]s1 durant une atroce sema9e1 p> le froid1 p> la faim1 et la lassitude sans nom1 la malheureuse tr\pe1 de sa ronde tragique1 sans rel*e1 sans repos1 sans m]ci1 p>c\rut jusqu' l'arrive de la mort le c]cle impitoyable4 ,,iv ,mais je m'ap]ois que nos hros sont inf9im5t trop nombreux et qu'il e/ impossible de s'att>d] les dcrire4 ,t\t au plus1 dans l'numration des plus considrables et des plus famili]s1 s]a-t-il p]mis d'accord] *acun d'eux une pi?te htive1 la faon du vieil ,homre4 ,cit]ai-je1 p> exemple1 le ,leucospis1 p>asite de l',abeille ,maonne1 qui1 af9 de massacr] dans leurs b]ceaux ses frres et ses soeurs1 s'arme d'un casque de corne et d'une cuirasse b>bele1 quitts aussitt aprs l'ext]m9ation1 sauveg>de d'un affreux droit d'anesse8 ,dirai-je la m]veilleuse sci5ce anatomique du ,ta*yte1 du ,c]c]is1 de l',ammophile1 du ,sphex ,langu$oci5 et de tant d'autres1 qui1 selon qu'il s'agit de p>alys] ou de tu] la proie ou l'adv]saire1 sav5t exactem5t1 sans se tromp] jamais1 quels ganglions doiv5t atte9dre le d>d ou les m&ibules8 ,p>l]ai-je de l'art de l',eumne qui trans=me sa =t]esse en un vritable muse orn de gra9s de qu>tz translucide et de coquillages2 de la magnifique mue du ,criquet ,c5dr1 de l'in/rum5t de musique du ,grillon dont l'ar*et compte c5t c9quante prismes triangulaires qui branl5t la fois les quatre tympanons de l'lytre8 ,faut-il clbr] la ferique naissance de la nymphe de l',on?ophage1 mon/re transp>5t1 mufle de taureau et qui semble sculpt dans un bloc de cri/al8 ,v\lez-v\s assi/] la sortie de t]re de la ,m\*e bleue1 la vulgaire m\*e vi&e1 fille de l'a/icot8 c\tez notre auteur3 ,elle se disloque la tte en deux moitis mobiles qui1 b\rs\fles de leur gros oeil r\ge1 t\r t\r s'loign5t et se rappro*5t4 ,dans l'int]valle surgit et disp>at1 disp>at et surgit1 une volum9euse h]nie hyal9e4 ,lorsque les deux moitis s'c>t5t1 un oeil ref\l v]s la droite et l'autre v]s la gau*e1 on dirait que l'insecte se f5d la bote crani5ne p\r en expuls] le cont5u4 ,alors la h]nie surgit1 obtuse au b\t et r5fle en grosse tte de cl\4 ,puis le front se r5f]me1 la h]nie r5tre1 ne laissant visible qu'une sorte de vague mufle4 ,en somme1 une sorte de po*e frontale1 palpitations pr(ondes d'in/ant en in/ant r5\veles1 e/ l'outil de dlivrance1 le pilon l'aide duquel le diptre n\vellem5t clos *oque le sable et le fait cr\l]4 ,a mesure1 les pattes ref\l5t en arrire les b\lis et l'insecte progresse d'autant v]s la surface4 ,v ,et les mon/res qui pass5t1 tels que ,bos* et ,callot n'en conur5t jamais6 ,la l>ve de la ,cto9e qui1 bi5 qu'elle ait des pattes s\s le v5tre1 m>*e t\j\rs sur le dos1 le ,criquet ailes bleues1 plus malheureux encore que la m\*e vi&e et ne possdant1 p\r p]=] le sol1 s'vad] de la tombe et gagn] la lumire1 qu'une vessie c]vicale1 une amp\le de glaire1 et l',empuse qui1 avec son v5tre en volute1 ses gros yeux saillants1 ses pattes g5\illres armes de c\p]ets1 sa halleb>de1 sa mitre int]m9able1 s]ait bi5 le plus diabolique fantme qu'ait port la t]re1 si ct d'elle la ,mante ,religieuse n'tait si effroyable que son seul aspect immobilise ses victimes qu& devant celles-ci elle pr5d ce que les entomologi/es ont appel la pose spectrale4 99 99 99 99 99 ,on ne peut m5tionn]1 mme en passant1 les indu/ries sans nombre et presque t\tes passionnantes qui s'ex]c5t dans le roc1 s\s t]re1 dans les murs1 sur les bran*es1 les h]bes1 les fleurs1 les fruits et jusque dans le corps des sujets tudis2 c> on tr\ve p>fois1 comme *ez les ,mlos1 une triple sup]position de p>asites2 et l'on voit l',a/icot lui-mme1 le s9i/re convive des suprmes fe/9s1 n\rrir de sa sub/ance une tr5ta9e de brig&s4 ,p>mi les ,hymnoptres qui1 dans le monde que n\s tudions1 reprs5t5t la classe la plus intellectuelle1 le gnie btisseur de notre m]veilleuse abeille dome/ique e/ c]ta9em5t gal1 en d'autres ordres d'ar*itectures1 p> celui de plus d'une abeille sauvage et solitaire2 notamm5t p> le ,mga*ile ,tailleur1 petite m\*e qui ne paie pas de m9e1 et qui fabrique1 p\r y log] ses oeufs1 des pots miel =ms d'une multitude de disques et d'ellipses taills avec une prcision ma?matique dans les feuilles de c]ta9s arbres4 ,l'espace faisant dfaut1 je ne puis1 mon gr& regret1 cit] les belles et claires pages que ,j4-,h4 ,fabre1 avec sa consci5ce habituelle1 consacre l'tude appr(ondie de cet admirable travail2 nanmo9s1 puisque l'occasion s'en prs5te1 c\tons-le lui-mme ne ft-ce qu'un in/ant et sur un seul dtail3 ,avec les pices ovales1 la "q *ange d'aspect4 ,quel guide a le ,mga*ile p\r taill] en belles ellipses la f9e t(fe du rob9i]8 quel modle idal conduit ses ciseaux8 quel mtrique lui dicte les dim5sions8 ,volonti]s1 on se figur]ait que l'insecte e/ un compas vivant1 apte trac] la c\rbe elliptique p> c]ta9e flexion du corps1 de mme que notre bras trace le c]cle en pivotant sur l'appui de l'paule4 ,un aveugle mcanisme1 simple rsultat de l'organisation1 s]ait seul en cause dans sa gomtrie4 ,cette explication me t5t]ait si les pices ovales de gr&es dim5sions n'tai5t accompagnes1 p\r en combl] les vides1 d'autres pices bi5 mo9dres1 mais p>eillem5t ovales4 ,un compas qui de lui-mme *ange de rayon et modifie le degr de c\rbure d'aprs les exig5ces d'un plan me p>at mcanisme sujet bi5 des d\tes4 ,il doit y avoir mieux que cela4 ,les pices rondes du c\v]cle n\s le dis5t4 ,si p> la seule flexion inhr5te sa /ructure1 la tailleuse de feuilles arrive dc\p] des ovales1 comm5t p>vi5t-elle dc\p] des ronds8 ,p\r le n\veau trac1 si diffr5t de configuration et d'ampleur1 admettons-n\s d'autres r\ages la ma*9e8 ,du re/e1 le vrai noeud de la difficult n'e/ pas l4 ,ces ronds s'adapt5t1 p\r la plup>t1 l'emb\*ure de l'outre avec une prcision presque rig\reuse4 ,la cellule t]m9e1 l'abeille s'envole des c5ta9es de pas plus lo91 elle va faonn] le c\v]cle4 ,elle arrive sur la feuille o doit se dc\p] la rondelle4 ,quelle image1 quel s\v5ir a-t-elle du pot qu'il s'agit de c\vrir8 ,mais aucun1 elle ne l'a jamais vu2 elle travaille s\s t]re1 dans une pr(onde obscurit4 ,t\t au plus peut-elle avoir les r5seignem5ts du t\*]1 non actuels1 bi5 ent5du1 le pot n'tant plus l1 mais passs et sans efficacit dans une oeuvre de prcision4 ,cep5dant la rondelle dc\p] doit tre d'un diamtre dt]m93 trop gr&e1 elle ne p\rrait entr]2 trop troite1 elle f]m]ait mal1 elle t\ff]ait l'oeuf en desc5dant jusqu'au miel4 ,comm5t lui donn]1 sans modle1 les ju/es dim5sions8 ,l'abeille n'hsite pas un in/ant4 ,avec la mme clrit qu'elle mettrait dta*] un lobe in=me bon p\r la clture1 elle dc\pe son disque1 et ce disque1 sans autres so9s1 se tr\ve de la gr&eur du pot4 ,explique qui v\dra cette gomtrie1 inexplicable mon avis1 mme en admettant des s\v5irs f\rnis p> le tact et la vue4 ,aj\tons que l'auteur a compt qu'il fallait1 p\r =m] les cellules d'un ,mga*ile congnre1 le ,mga*ile ,soyeux1 exactem5t mille soixante-quatre de ces ellipses et de ces disques1 qui doiv5t tre recueillis et faonns au c\rs d'une exi/5ce qui dure quelques sema9es4 ,qui donc imag9]ait que le ,p5tatome1 d'autre "p1 la pauvre et malodorante ,punaise des bois1 a inv5t p\r sortir de l'oeuf un app>eil vraim5t extraord9aire8 ,et t\t d'abord1 con/atons que cet oeuf e/ une m]veilleuse petite bote d'albtre que notre auteur dcrit a9si3 ,le microscope y reconnat une surface bur9e de fossettes semblables celles d'un d c\dre et disposes avec une dlicieuse rgul>it4 ,en haut et en bas du cyl9dre1 l>ge ce9ture d'un noir mat2 sur les flancs1 ample zone blan*e avec quatre gros po9ts noirs symtriquem5t di/ribus4 ,le c\v]cle1 ent\r de cils neigeux et c]cl de blanc au bord1 se tumfie en calotte noire avec coc>de c5trale blan*e4 ,en somme1 urne de gr& deuil p> l'opposition brusque du noir *>bon et du blanc de l'ouate4 ,la vaisselle des funrailles trusques aurait tr\v l sup]be modle4 ,la petite punaise dont le front e/ trop m\1 se coiffe1 p\r s\lev] le c\v]cle de la bote1 d'une mitre =me de trois tr+les en tridre qui se tr\ve t\j\rs au fond de l'oeuf1 au mom5t de la dlivrance4 ,ses membres tant enga9s comme ceux d'une momie1 elle n'a1 p\r actionn] ses tr+les1 que les pulsations que produit l'afflux ry?mique de son sang dans son crne et qui agiss5t la manire d'un pi/on4 ,les rivets du c\v]cle cd5t peu peu1 et1 aussitt libre1 l'insecte se db>rasse de son casque mcanique4 ,une autre espce de punaise1 le ,rduve ,masqu1 qui vit surt\t dans les cab9ets de db>ras o il se ti5t l'afft envelopp d'un flocon de p\ssire1 a inv5t un sy/me d'closion plus tonnant encore4 ,ici1 le c\v]cle de l'oeuf n'e/ pas riv1 comme *ez les ,p5tatomes1 mais simplem5t coll4 ,au mom5t de la libration1 ce c\v]cle se s\lve et l'on voit m]g] de la coquille une vsicule sphrique1 qui petit petit s'amplifie1 p>eille la bulle de savon s\ffle au b\t d'une paille4 ,de plus en plus ref\l p> l'ext5sion de cette vessie1 le c\v]cle tombe4 ,alors la bombe clate1 c'e/--dire que1 gonfle au del des limites de sa rsi/ance1 l'amp\le se d*ire au sommet4 ,cette enveloppe1 membrane d'extrme tnuit1 re/e ord9airem5t adhr5te au bord de l'orifice1 o elle =me une haute et blan*e m>gelle4 ,d'autres fois l'explosion la dta*e et la projette hors de la coquille4 ,dans ces conditions c'e/ une subtile c\pe1 demi-sphrique1 bords d*irs1 qui se prolonge dans le bas en un dlicat pdicule tortueux4 ,ma9t5ant1 comm5t se produit cette explosion miraculeuse8 ,j4-,h4 ,fabre suppose que trs l5tem5t1 mesure que l'animalcule pr5d =me et grossit1 ce rs]voir ampullaire reoit les produits du travail respiratoire accompli s\s le c\v]t de la tunique gnrale4 ,au lieu de se dissip] au dehors trav]s la coque de l'oeuf1 le gaz c>bonique1 incessant rsultat de l'oxydation vitale1 s'accumule dans cette espce de gazomtre1 le gonfle1 le di/5d et fait pression sur l'op]cule4 ,lorsque la be/iole e/ mre1 sur le po9t d'clore1 un surcrot d'activit dans la respiration a*ve le gonflem5t1 qui se prp>e peut-tre ds la premire volution du g]me4 ,enf91 cdant la p\sse croissante de l'amp\le gazeuse1 l'op]cule se descelle4 ,le p\let dans sa coque a sa *ambre air2 le jeune ,rduve a sa bombe de gaz c>bonique2 il se libre en respirant4 ,,vi ,on ne se lass]ait pas de puis] ple9es ma9s ces 9puisables trsors4 ,p\r avoir vu si frquemm5t leurs toiles s'tal] en t\s lieux1 n\s croyons1 p> exemple1 possd] des notions suffisantes sur le gnie et les m?odes de nos araignes familires4 ,il n'en e/ ri52 les ralits d'une obs]vation sci5tifique exig5t un volume enti] o s'accumul5t des rvlations dont n\s n'avions aucune ide4 ,je cit]ai simplem5t1 au has>d1 l'h>monieuse demeure arcades de l'araigne ,clo?o1 l'tonnante envole funiculaire des petits de notre araigne des j>d9s1 la clo*e plongeur de l',argyronte1 le vritable fil tlphonique qui relie la toile la patte de l'peire ca*e dans sa cabane et l'av]tit que l'agitation de ses piges provi5t de la capture d'une proie ou d'un caprice de la brise4 ,il e/ donc impossible1 mo9s de dispos] de pages illimites1 d'effleur] autrem5t que du b\t des phrases1 les miracles de l'in/9ct mat]nel1 qui d'ailleurs se confond5t avec ceux de la haute indu/rie et =m5t le c5tre lum9eux de la psy*ologie de l'insecte4 ,il faudrait de mme dispos] de plusieurs *apitres p\r donn] une ide sommaire des rites nuptiaux qui con/itu5t les plus biz>res et les plus fabuleux pisodes de ces mille et une nuits inconnues4 ,le mle de la ,can?>ide1 entre autres1 l'aide de son abdom5 et de ses po+s1 comm5ce p> battre frntiquem5t son p\se1 aprs quoi1 les bras en croix et frmissants1 il se ti5t longtemps en extase4 ,les ,osmies fiances claqu5t effroyablem5t des m&ibules1 comme s'il s'agissait plutt de s'entre-dvor]2 p> contre1 le plus gigantesque de nos papillons1 le ,gr& ,paon qui a la taille d'une *auve-s\ris1 ivre d'am\r1 voit sa b\*e si compltem5t s'atrophi] qu'elle n'e/ plus qu'un vague simulacre4 ,mais ri5 n'gale le m>iage de la saut]elle v]te dont je ne peux p>l] ici1 c> il e/ d\teux que le lat9 mme possde les mots ncessaires p\r le dcrire comme il faudrait4 ,au rsum1 les moeurs conjugales sont p\vantables1 et1 au reb\rs de ce qui se passe dans t\s les autres mondes1 c'e/ ici la femelle qui dans le c\ple reprs5te la =ce et l'intellig5ce en mme temps que la cruaut et la tyrannie qui en sont1 p>at-il1 l'9vitable consqu5ce4 ,presque t\tes les noces se t]m95t p> la mort viol5te et immdiate de l'p\x4 ,frquemm5t1 la fiance mange d'abord un c]ta9 nombre de prt5dants4 ,le type de ces unions biz>res p\rrait n\s tre f\rni p> les ,scorpions langu$oci5s1 qui port5t1 comme on sait1 des p9ces de hom>d et une longue queue munie d'un aiguillon dont la piqre e/ extrmem5t dang]euse4 ,ils prlud5t la fte p> une prom5ade s5tim5tale1 les p9ces dans les p9ces2 puis1 immobiles1 les doigts t\j\rs saisis1 se contempl5t avec batitude1 int]m9ablem5t1 et le j\r passe sur leur extase1 puis la nuit1 t&is qu'ils demeur5t face face1 ptrifis d'admiration4 ,ensuite1 les fronts se rappro*5t1 se t\*5t1 les b\*es--si l'on peut appel] b\*e l'orifice mon/rueux qui s'ouvre entre les p9ces--se joign5t dans une sorte de bais]2 aprs quoi1 l'union s'accomplit1 le mle e/ transp]c d'un aiguillon mortel et la t]rible p\se le croque et le dgu/e avec satisfaction4 ,mais la ,mante1 l'insecte extatique aux bras t\j\rs levs en attitude d'invocation suprme1 l'horrible ,mante religieuse ou ,prie-,dieu1 fait bi5 mieux3 elle mange ses p\x 7c> insatiable elle en consomme p>fois sept ou huit d'affile71 p5dant que ceux-ci la s]r5t passionnm5t contre leur coeur4 ,ses inconcevables bais]s dvor5t1 non pas mtaphoriquem5t1 mais d'une faon p\vantablem5t relle1 le malheureux lu de son me ou de son e/omac4 ,elle comm5ce p> la tte1 desc5d au ?orax et ne s'arrte qu'arrive aux pattes po/rieures juges trop coriaces4 ,elle rep\sse alors les re/es in=tuns1 t&is qu'un n\vel am\reux1 qui att5dait tranquillem5t la f9 du mon/rueux fe/91 s'avance hroquem5t p\r subir le mme sort4 ,,vii ,j4-,h4 ,fabre e/ vraim5t le rvlateur de ce monde n\veau1 c>1 si trange que p>aisse l'aveu une poque o n\s croyons connatre t\t ce qui n\s ent\re1 la plup>t de ces insectes m9utieusem5t dcrits dans les nom5clatures1 savamm5t classifis et b>b>em5t baptiss1 on ne les avait presque jamais obs]vs sur le vif1 ni int]rogs jusqu'au b\t dans t\tes les phases de leurs app>itions vasives et brves4 ,il a consacr surpr5dre leurs petits secrets qui sont le rev]s des plus gr&s my/res1 c9quante annes d'une exi/5ce solitaire1 mconnue1 pauvre1 s\v5t vois9e de la misre1 mais illum9e *aque j\r de la joie qu'apporte une vrit1 qui e/ la joie huma9e p> excell5ce4 ,petites vrits1 dira-t-on1 que celles que n\s (fr5t les moeurs d'une araigne ou d'une saut]elle4 ,il n'y a plus de petites vrits2 il n'en exi/e qu'une dont le miroir1 nos yeux inc]ta9s1 semble bris1 mais dont *aque fragm5t1 qu'il reflte l'volution d'un a/re ou le vol d'une abeille1 recle la loi suprme4 ,et ces vrits a9si dc\v]tes avai5t le bonheur de tomb] dans une p5se qui savait compr5dre ce qu'elles ne peuv5t dire qu' mots c\v]ts1 int]prt] ce qu'elles sont obliges de taire et saisir en mme temps la tremblante beaut1 presque invisible la plup>t des hommes1 qui rayonne un in/ant aut\r de t\t ce qui exi/e1 surt\t aut\r de t\t ce qui demeure encore trs prs de la nature et sort pe9e du sanctuaire des orig9es4 ,p\r faire de ces longues annales l'abondant et dlicieux *ef-d'oeuvre qu'elles sont et non po9t le monotone et glacial rp]toire de m9uscules descriptions et d'actes insignifiants qu'elles m5aai5t d'tre1 il fallait bi5 des dons div]s et p\r a9si dire ennemis4 ,a la pati5ce1 la prcision1 la m9utie sci5tifique1 l'+niosit multi=me et pratique1 l'n]gie d'un ,d>w9 en face de l'inconnu2 la facult d'exprim] ce qu'il faut1 avec ordre1 cl>t et c]titude1 le vnrable solitaire de ,srignan jo9t plusieurs de ces qualits qui ne s'acquir5t po9t1 c]ta9es de ces v]tus innes de bon pote qui font de sa prose s\ple1 sre1 bi5 qu'un peu prov9ciale1 un peu vieillotte1 un peu primaire1 une des bonnes proses de ce temps1 une de ces proses qui ont leur atmosphre propre1 o l'on respire avec reconnaissance1 avec tranquillit et qu'on ne tr\ve qu'aut\r des gr&es oeuvres4 ,il fallait enf9--et ce n'tait pas la mo9dre exig5ce de ce travail--une p5se t\j\rs prte t5ir tte t\tes les nigmes qui1 p>mi ces petits objets1 se dress5t *aque pas1 aussi dmesures que celles qui peupl5t les cieux et peut-tre plus imprieuses1 plus nombreuses1 plus tranges1 comme si la nature avait donn ici plus libre c\rs ses d]nires volonts et plus facile issue ses p5ses secrtes4 ,il n'e/ 9gal aucune de ces int]rogations sans bornes que n\s pos5t ob/9m5t t\s les habitants de ce monde m9ime o les my/res se sup]pos5t plus compacts1 plus dconc]tants qu'en nul autre4 ,il r5contre et affronte a9si1 t\r t\r1 les r$\tables que/ions de l'in/9ct et de l'intellig5ce1 de l'orig9e des espces1 de l'h>monie ou des has>ds de l'univ]s1 de la vie prodigue aux abmes de la mort2 sans compt] les problmes non mo9s va/es1 mais plus huma9s1 si l'on peut dire1 et qui1 dans l'inf9i des autres1 s'inscriv5t la porte1 s9on la disposition1 de notre intellig5ce3 la p>?nognse1 la prodigieuse gomtrie des gupes et des abeilles1 la spirale log>i?mique de l'esc>got1 le s5s ant5nal1 la =ce miraculeuse qui1 dans l'isolem5t absolu1 sans que ri5 du dehors s'y puisse introduire1 dcuple sur place le volume de l'oeuf du m9otaure et n\rrit1 durant sept neuf mois1 d'un alim5t invisible et spirituel1 non po9t la l?>gie1 mais la vie active du scorpion et des petits de la lycose et de l'araigne ,clo?o4 ,il ne t5te pas de les expliqu] l'aide d'un de ces sy/mes t\t faire1 comme le trans=misme p> exemple1 qui d'ailleurs se borne dplac] le plan des tnbres1 et qui1 p\r le dire en passant1 sort assez mutil de ces confrontations svres avec d'inconte/ables faits4 ,,viii ,en att5dant qu'un has>d ou un dieu n\s claire1 il sait g>d] en prs5ce de l'inconnu le gr& sil5ce religieux et att5tif qui rgne seul dans les meilleures mes d'auj\rd'hui4 ,a ceux qui lui dis5t3 ,ma9t5ant que v\s avez cueilli ample moisson de dtails1 v\s devriez l'analyse faire succd] la syn?se1 et gnralis]1 en une vue d'ensemble1 la g5se des in/9cts4 ,il rpond1 avec l'humble et magnifique loyaut qui illum9e t\te son oeuvre3 ,p>ce que j'ai remu quelques gra9s de sable sur le rivage1 suis-je en tat de connatre les abmes ocaniques8 ,la vie a des secrets insondables4 ,le savoir huma9 s]a ray des ar*ives du monde avant que n\s ayons le d]ni] mot d'un m\*]on4 ,le succs e/ aux bruyants1 aux affirmatifs imp]turbables2 t\t e/ admis la condition de faire un peu de bruit4 ,dp\illons ce trav]s et reconnaissons qu'en ralit n\s ne savons ri5 de ri51 s'il faut creus] fond les *oses4 ,sci5tifiquem5t1 la nature e/ une nigme sans solution df9itive p\r la curiosit de l'homme4 ,a l'hypo?se succde l'hypo?se1 les dcombres des ?ories s'amoncell5t et la vrit fuit t\j\rs4 ,savoir ignor] p\rrait bi5 tre le d]ni] mot de la sagesse4 videmm5t1 c'e/ espr] trop peu4 ,dans l'effroyable g\ffre1 dans l'entonnoir sans fond o t\rbillonn5t t\s ces faits contradictoires qui se rsolv5t en obscurit1 n\s en savons t\t ju/e autant que notre anctre des cav]nes2 mais du mo9s n\s savons que n\s ne savons pas4 ,n\s p>c\rons t\te la face noire des nigmes1 n\s essayons de calcul] leur nombre1 d'ordonn] leurs tnbres1 d'acqurir une ide de leur situation et de leur t5due4 ,c'e/ dj quelque *ose en att5dant le j\r des premires lueurs4 ,en t\t cas1 c'e/ faire en prs5ce des my/res t\t ce qu'y peut faire auj\rd'hui l'intellig5ce de bonne foi et c'e/ aussi ce qu'y fait1 avec plus de confiance qu'il n'en av\e1 l'auteur de cette incomp>able ,iliade4 ,il les reg>de att5tivem5t4 ,il puise sa vie surpr5dre leurs secrets les plus m9utieux3 il leur prp>e dans ses p5ses et dans les ntres l'espace ncessaire leurs volutions4 ,il gr&it leur taille la consci5ce de son ignorance et appr5d compr5dre plus pr(ondm5t qu'ils sont incomprh5sibles4 ,,ix ,,la ,m,,disance ,ne vois pas1 n'ent5ds pas1 ne dis pas le mal1 enseign5t les trois s+es sacrs sculpts au-dessus de la porte du temple b\ddhique de ,jysyasu ,nikko4 ,n\s disons t\s du mal les uns des autres4 ,p]sonne1 rem>que ,pascal1 ne p>le de n\s en notre prs5ce comme il en p>le en notre abs5ce4 ,l'union qui e/ entre les hommes n'e/ fonde que sur cette mutuelle tromp]ie2 et peu d'amitis subsi/]ai5t1 si *acun savait ce que dit son ami lorsqu'il n'y e/ pas1 quoiqu'il en p>le alors s9crem5t et sans passion4 ,je mets en fait que1 si t\s les hommes savai5t ce qu'ils dis5t les uns des autres1 il n'y aurait pas quatre amis dans le monde4 ,supprimez la mdisance1 v\s supprim]ez les trois qu>ts de la conv]sation1 et un sil5ce insupportable plan]a sur t\tes les runions4 ,la mdisance ou la calomnie1--il e/ bi5 difficile de sp>] les deux soeurs1 et1 au fond1 t\te mdisance e/ moiti calomnie1 att5du que n\s connaissons autrui encore mo9s que n\s-mmes1--la mdisance qui alim5te t\t ce qui dsunit les hommes et empoisonne leurs relations1 e/ nanmo9s le pr9cipal motif qui les rassemble et leur fait gt] les joies de la socit4 ,mais les ravages qu'elle ex]ce aut\r de n\s sont trop connus et ont t trop s\v5t signals1 p\r qu'il soit ncessaire d'en retrac] la pe9ture4 ,n'envisageons ici que le mal qu'elle fait celui qui s'y adonne4 ,elle l'habitue ne voir que les petits cts des tres et des *oses2 elle lui masque peu peu les gr&es lignes1 les gr&s ensembles1 les hauteurs et les pr(ondeurs o sont les seules vrits qui compt5t et qui demeur5t4 ,en ralit1 le mal que n\s tr\vons aux autres et que n\s en disons1 c'e/ en n\s qu'il se ti5t1 de n\s que n\s le tirons et sur n\s qu'il retombe4 ,n\s n'ap]cevons bi5 que les dfauts que n\s possdons ou que n\s sommes sur le po9t d'acqurir4 ,c'e/ en n\s que s'allume la mauvaise flamme dont n\s dc\vrons le reflet sur autrui4 ,*acun dpi/e dans son ent\rage le vice ou la faute qui rvle aux clairvoyants le vice ou la faute qui l'ass]vit lui-mme4 ,il n'y a pas de confession plus intime et plus +nue2 comme il n'y a pas de meilleur exam5 de consci5ce que de se dem&]3 quel e/ le mal que j'impute de prfr5ce mon pro*a98--,soyez assur que c'e/ celui que v\s p5*ez le plus commettre et que v\s voyez d'abord ce qui se passe dans les bas-fonds v]s lesquels v\s desc5dez v\s-mme4 ,qui p>le mal des autres ne mdit en somme que de soi2 et la mdisance n'e/1 au fond1 que l'hi/oire transpose ou anticipe de nos propres *utes4 99 99 99 99 99 ,n\s n\s ent\rons de t\t le mal que n\s attribuons aux victimes de nos bav>dages4 ,il pr5d corps aux dp5s de n\s-mmes1 il vit et se n\rrit du meilleur de notre sub/ance2 il s'accumule aut\r de n\s1 il peuple et encombre notre atmosphre de fantmes d'abord falots1 inconsi/ants1 dociles1 timides et phmres1 qui peu peu s'affirm5t1 se raff]miss5t1 gr&iss5t1 hauss5t la voix1 devi5n5t des entits trs relles et bi5tt imprieuses qui ne t>d5t pas donn] des ordres et s'emp>] de la direction de la plup>t de nos p5ses et de nos actes4 ,n\s sommes de mo9s en mo9s matres *ez n\s1 n\s s5tons notre c>actre s'effrit] et n\s n\s tr\vons un beau j\r enf]ms dans une sorte de c]cle en*ant qu'il e/ presque impossible de rompre1 o n\s ne savons plus si n\s diffamons nos frres p>ce que n\s dev5ons aussi mauvais qu'eux1 ou si n\s dev5ons mauvais p>ce que n\s les diffamons4 99 99 99 99 99 ,n\s devrions n\s acc\tum] jug] t\s les hommes comme n\s jugeons les hros de cette gu]re4 ,il e/ c]ta9 que si quelqu'un avait le tri/e c\rage de dnigr] ceux-ci1 il tr\v]ait dans un de leurs gr\pes presque autant de vices1 de petitesses1 ou de t>es qu'en n'importe quel gr\pe huma9 pris au has>d dans n'importe quelle ville ou village4 ,il v\s dirait qu'il s'y r5contrait des alcooliques incorrigibles1 des dbau*s sans scrupules1 des paysans grossi]s1 borns et avides1 de petits b\tiqui]s mesqu9s et rapaces1 des ouvri]s flemm>ds1 b\silleurs et c>otti]s1 des employs triqus et envieux1 des fils de famille p>esseux1 inju/es1 g/es et vaniteux4 ,il aj\t]ait que beauc\p ne fir5t leur devoir que p>ce qu'il n'y avait pas moy5 de faire autrem5t1 qu'ils allr5t malgr eux brav] une mort laquelle ils esprai5t d'*app]1 p>ce qu'ils savai5t bi5 qu'ils n'*app]ai5t pas celle qui les m5aait s'ils refusai5t d'affront] la premire4 ,il p\rrait dire t\t cela et bi5 d'autres *oses qui p>atrai5t plus ou mo9s vraies2 mais ce qui e/ bi5 plus vrai1 ce qui e/ la gr&e et magnifique vrit qui enveloppe et s\lve t\t le re/e1 c'e/ ce qu'ils ont rellem5t fait1 c'e/ qu'ils se sont t\t de mme (f]ts la mort p\r accomplir ce qu'ils considrai5t comme un devoir4 ,il n'y a pas le ni]2 si t\s ceux qui avai5t des vices1 des t>es et la volont de se s\/raire au dang]1 avai5t refus d'accept] le sacrifice1 aucune =ce au monde n'et pu les y oblig]2 c> ils reprs5tai5t une =ce au mo9s gale celle qui et t5t de les contra9dre4 ,il faut donc croire que ces t>es1 ces vices et ces volonts basses tai5t bi5 sup]ficiels et1 en t\t cas1 incomp>ablem5t mo9s pr(onds et puissants que le gr& s5tim5t qui a t\t emport4 ,et c'e/ p\rquoi1 ju/e raison1 qu& n\s p5sons ces morts ou ces hros mutils1 les petites p5ses que j'ai dites ne n\s vi5n5t mme pas l'esprit4 ,elles ne compt5t pas plus1 dans l'ensemble hroque1 que les g\ttes d'une av]se ne compt5t dans l'ocan4 ,t\t a t transport et galis p> le sacrifice1 la d\leur et la mort dans la mme beaut sans s\illure4 ,mais n'oublions pas qu'il en va peu prs de mme de t\s les hommes2 et que ces hros n'tai5t pas d'une autre nature que ce pro*a9 que n\s vilip5dons sans cesse4 ,la mort les a purifis et consacrs2 mais n\s sommes t\s1 t\s les j\rs en prs5ce du sacrifice1 de la d\leur et surt\t de la mort qui n\s purifi]a et n\s consacr]a notre t\r4 ,n\s sommes peu prs t\s s\mis aux mmes preuves qui p\r tre mo9s ramasses et mo9s clatantes1 n'en font pas mo9s appel aux mmes v]tus pr(ondes2 et si tant d'hommes pris au has>d p>mi n\s se sont montrs dignes de notre admiration1 c'e/ qu'aprs t\t n\s sommes sans d\te meilleurs que n\s ne p>aissons1 c> t&is qu'ils se tr\vai5t encore mls notre vie1 ils ne p>aissai5t pas meilleurs que n\s4 ,x ,,le ,,jeu ,paulo m9ora4--,on ne tr\v]a ici1 bi5 ent5du1 que des notes prises avant la gu]re et mises en ordre au mom5t o la victoire p]met d'oubli] un in/ant le gr& drame o se j\r5t les de/9es du g5re huma94 ,le sujet1 du re/e1 p\r frivole qu'il semble d'abord1 t\*e p>fois1 ou p>at t\*]1 des problmes qu'il n'e/ pas indc5t d'exam9]1 ne ft-ce que p\r reconnatre qu'ils sont peut-tre illusoires4 ,en outre1 il e/ malheureusem5t probable que la paix rtablie1 nos allis visit]ont en f\les trop nombreuses et trop confiantes les p>adis suspects o n\s allons pntr]4 ,je n'ai pas la prt5tion de leur s]vir de guide ou de leur appr5dre lutt] contre les fantaisies du sort2 mais il e/ possible que quelques-uns d'entre eux tr\v5t en ces lignes1 s9on d'utiles r5seignem5ts ou des conseils avantageux1 du mo9s une demi-d\za9e d'obs]vations ou de rflexions qui prcd]ont ou facilit]ont leurs propres expri5ces4 99 99 99 99 99 ,appro*ons-n\s donc une d]nire fois d'une de ces tables v]tes qui s'tal5t en ce lieu assez mal fam qu'ailleurs j'ai appel le ,temple du ,has>d4 ,auj\rd'hui1 je dirais plutt l',us9e du ,has>d1 c> voici plus d'un demi-sicle que *aque j\r1 sans rpit1 sans connatre de vacances1 de diman*es ni de ftes1 de dix heures du mat9 m9uit1 les cr\pi]s se relayant sans cesse1 on y fabrique ob/9m5t de l'ala1 on y int]roge op9itrm5t le dieu sans =me et sans visage qui recle dans son ombre la *ance et la mal*ance4 99 99 99 99 99 ,on ne sait pas encore ce qu'il e/ ni ce qu'il veut2 on n'e/ mme pas sr qu'il exi/e1 mais ne s]ait-il pas tonnant que cet imm5se ef=t1 le plus gigantesque1 le plus disp5dieux1 le plus m?odique qu'on ait jamais t5t aux bords de cet abme de tnbres1 ne s]ait-il pas surpr5ant que t\t ce travail =c51 si peu srieux1 si malsa9 et inutile qu'il p>aisse1 n'et pas produit un rsultat quelconque et ne n\s et ri5 appris sur l'nigme irritante laquelle il s'atta*e8 99 99 99 99 99 ,en t\t cas1 comme p>t\t o se r5contr5t des passions exaspres1 on peut faire aut\r de ces tables d'intressantes rem>ques et1 entre autres spectacles1 y saisir sur le vif et en racc\rcis viol5ts et brutalem5t clairs1 c]ta9s aspects de la lutte que l'homme1 durant t\te sa vie1 mne contre l'inconnu4 ,le drame qui d'habitude e/ diffus1 qui se prolonge dans l'espace et le temps et se diss\t p>mi des circon/ances qui *app5t aux reg>ds1 ici se ramasse1 se met en b\le et ti5t1 p\r a9si dire1 dans le creux de la ma92 mais p\r tre prompt1 saccad et rduit l'extrme1 demeure aussi complexe1 aussi my/rieux que ceux qui s't5d5t l'inf9i4 ,tant que la bille d'ivoire1 qui r\le et sautille aut\r de la cuvette1 n'e/ pas tombe dans sa case r\ge ou noire1 l'inconnu qui voile son *oix ou son de/9 e/ aussi impntrable que celui qui n\s drobe le *oix ou le de/9 des a/res4 ,il l'e/ mme davantage4 ,on calcule une seconde prs la m>*e des plantes2 mais nulle opration ma?matique ne peut mesur] ni prdire la c\rse de la petite b\le blan*e4 ,aussi bi51 les plus savants j\eurs y ont-ils r5onc4 ,aucun d'eux ne compte plus srieusem5t sur l'intuition1 les press5tim5ts1 la d\ble vue1 la tlpa?ie1 les =ces psy*iques ou le calcul des probabilits p\r t5t] de prvoir ou de dt]m9] la *ute d'un de/9 qui n'e/ pas plus gros qu'une noisette4 ,t\te la p>tie sci5tifique du savoir huma9 y a *\2 et t\t le ct occulte et magique de ce mme savoir y a p>eillem5t failli4 ,les ma?matici5s1 les prophtes1 les dev9s1 les sorci]s1 les s5sitifs1 les mdiums1 les psy*omtres1 les spirites qui appell5t leur aide les morts1 demeur5t aveugles1 int]dits et impuissants devant le cyl9dre aux tr5te-sept cases fatidiques4 ,ici1 le has>d rgne en matre1 et jusqu' prs5t1 bi5 que t\t se passe s\s nos yeux1 se reproduise satit et ti5ne1 je le rpte1 dans le creux de la ma91 on n'a pu fix] une seule de ses lois4 ,p\rtant1 il semble qu'il y en ait1 et des milli]s de j\eurs se sont ru9s suivre leurs app>itions ou leurs traces vasives et dcevantes4 ,pr5ons une liasse de ces p]man5ces qui se publi5t ,monte-,c>lo et donn5t *aque j\r la li/e de t\s les numros sortis l'une des tables de la r\lette ou du tr5te-et-qu>ante4 ,on sait que ces numros y sont aligns en longues colonnes p>allles1 les noirs gau*e1 les r\ges droite4 ,qu& on considre une de ces feuilles qui compt5t en gnral une diza9e de colonnes dont *acune se compose de soixante-c9q *iffres1--*iffres morts prs5t et in(f5sifs1 mais qui fur5t si dang]eux1 ont emport tant d'espoirs et peut-tre provoqu plus d'un malheur1--on rem>que qu'un quilibre assez s5sible t5d se ma9t5ir entre la r\ge et la noire4 ,le plus s\v5t les deux *ances s'affront5t1 isoles ou p> petits gr\pes3 une r\ge1 une noire2 deux noires1 trois r\ges2 trois noires1 deux r\ges1 etc4 ,lorsqu'on r5contre une srie de c9q1 six1 sept1 huit1 p>fois1 neuf1 dix1 onze1 d\ze noires conscutives1 on e/ presque assur de tr\v] non lo9 d'elle une srie comp5satrice de c9q1 six1 sept1 huit ou dix r\ges4 ,il y a l un ry?me trs rel1 une sorte de respiration ou de va-et-vi5t cad5c de la bte nigmatique que n\s appelons le has>d4 ,ce ry?me ou cet quilibre e/ du re/e confirm p> les /ati/iques f9ales de la j\rne1 o n\s voyons que sur un total de six c5ts et quelques b\les1 l'c>t de la noire la r\ge dpasse assez r>em5t deux ou trois diza9es2 cet c>t e/ encore mo9dre sur le total de la sema9e1 c'e/--dire sur prs de c9q mille b\les1 et se rduit1 en gnral1 quelques units4 99 99 99 99 99 ,la bte mon/rueuse a d'autres habitudes tranges4 ,on rem>que p> exemple qu'il n'e/ pas r>e qu'un numro sorte deux fois de suite1 et il e/ inconte/able que dans *aque sance1 deux ou trois numros sont manife/em5t favoriss1 en sorte qu'au contraire de ce qui s]ait logique1 on peut affirm] qu'un numro a d'autant plus de *ances de rep>atre qu'il e/ plus frquemm5t sorti4 ,ceci semble all] contre la loi de l'quilibre que n\s avons con/ate2 mais il faut obs]v] que cet quilibre se retr\v]a plus t>d1 qu' la f9 de la sema9e les c>ts ne s]ont plus trs gr&s et devi5dront presque nuls l'expiration du mois4 ,l'quilibre e/ plus l5t p>ce qu'il faut multipli] p> dix-huit et demi le nombre des sries p\r atte9dre les proportions des *ances simples4 ,les j\eurs not5t encore une loi qui du re/e n'e/ qu'un corollaire de l'habitude prcd5te mais a je ne sais quoi d'huma91 c'e/ que les *ances ret>dataires mett5t un plus gr& empressem5t regagn] le t]ra9 p]du1 dans le mom5t qui suit plus ou mo9s immdiatem5t une halte1 comme si elles avai5t repris leur s\ffle aprs un in/ant de repos sur un pali]4 ,aj\tons t\t de suite qu'il e/ prud5t de se mfi] de ces habitudes flottantes et de ces bau*es de lois4 ,on a vu1 p> exemple1 la r\ge1 au c\rs d'une j\rne1 l'emport] de soixante-dix p\r c5t sur la noire4 ,la noire1 d'autre "p1 on s'en s\vi5t encore ,monte-,c>lo1 e/ un j\r sortie v+t-neuf fois de suite1 et la deuxime d\za9e v+t-huit fois sans int]ruption4 ,le has>d n'a pas nos n]fs2 il n'a pas hte comme n\s de rp>] sa p]te ou d'emport] son ga94 ,il pr5d son temps1 att5d son heure et ne m>*e po9t du pas de notre vie huma9e4 99 99 99 99 99 ,les j\eurs1 d'ord9aire1 attribu5t ces habitudes ou ces fantaisies au t\r de ma9 du cr\pi]4 ,ce n'e/ gure df5dable4 ,on sait1 au demeurant1 comm5t se pass5t les *oses4 ,la bille tombe dans sa case1 le cr\pi] annonce1 p> exemple3 #ac1 noir1 impair et manque4 ,on ratisse les p]tes1 on paie les ga9s1 les j\eurs reg>niss5t le tableau1 on discute p>fois1 on *ange la monnaie1 etc42 la dure de ces oprations e/ =t 9gale1 et p5dant t\t ce temps1 le disque qui porte la bille fait des c5ta9es de t\rs4 ,le cr\pi] l'arrte enf91 saisit la bille1 imprime au disque un m\vem5t contraire celui qui l'animait et lance la bille en s5s inv]se4 ,il e/ impossible que dans de telles conditions son t\r de ma9 p>ticuli] puisse avoir une influ5ce quelconque4 ,d'ailleurs1 on rem>que facilem5t sur le graphique des p]man5ces que le *angem5t de cr\pi] n'altre pas s5siblem5t le ry?me des *ances simples4 ,ce ry?me dom9e rellem5t l'homme auquel on l'attribue4 ,ces bau*es de lois dans ce qui semble la ngation de t\te loi1 ces ef=ts du has>d p\r sortir de son propre doma9e et organis] son *aos1 ce dieu qui se nie et *]*e se dtruire de ses ma9s1 ces balbutiem5ts incomprh5sibles1 ces ef=ts maladroits p\r pr5dre la p>ole et p\r pr5dre consci5ce1 sont1 il faut en conv5ir1 assez curieux4 ,c'e/ du re/e ces ef=ts1 ces vellxs d'quilibre1 ce ry?me embryonnaire qui font l'heur et le malheur des j\eurs4 ,si le has>d tait simplem5t le has>d tel que n\s le concevons a priori1 on j\]ait n'importe quoi1 n'importe qu& et n'importe comm5t4 ,je sais bi5 que d'aprs les plus savants ?orici5s de la r\lette1 *aque c\p e/ indp5dant de t\s les autres1 comm5ce comme si ri5 ne s'tait pass avant1 comme si ri5 ne devait se pass] aprs1 comme si la table sortait de la b\tique de l'bni/e1 le cyl9dre de l'ateli] du mcanici5 et le cr\pi] des ma9s de ,dieu4 ,en ?orie1 c'e/ p>faitem5t ju/e2 mais n\s v5ons de voir qu'en fait il ne semble pas qu'il en soit a9si4 ,il p>at d'ailleurs impossible d'expliqu] p\rquoi2 les j\eurs se cont5t5t de le con/at]1 avec une t5dance dang]euse mais trs huma9e exagr] la porte et la c]titude de leurs con/atations4 ,ils pr5n5t trop volonti]s p\r des lois ce qui n'e/ qu'un amas de concid5ces aussi mobiles que les nuages4 ,il faut bi5 que les r\ges et les noires1 successivem5t sorties du nant1 se plac5t quelque "p et se gr\p5t d'une c]ta9e faon2 et s'il e/ assez surpr5ant qu' la f9 du mois leur nombre s'gale peu prs1 il s]ait non mo9s surpr5ant que l'une des c\leurs l'emportt de beauc\p sur l'autre4 ,il e/ p>faitem5t vrai qu'au premi] c\p d'oeil1 la r\ge et la noire sembl5t s'quilibr] sur les feuilles des p]man5ces2 mais il e/ galem5t vrai qu' y reg>d] de plus prs1 il n'e/ pas r>e qu'une srie de c9q ou six r\ges1 p> exemple1 int]rompue p> une ou deux noires1 recomm5ce une n\velle c>rire2 et le malheur v\dra que1 ce mom5t1 le j\eur1 la re*]*e de l'quilibre1 pont]a sur la noire et v]ra disp>atre en quelques c\ps t\t le ga9 l5tem5t et pniblem5t arra* au has>d1 av>e qu& on gagne1 et trs gnreux1 p\r la banque1 qu& on p]d4 ,il aura du re/e les mmes dceptions s'il j\e sur l'c>t1 c'e/--dire contre l'quilibre et pr\v]a trop s\v5t que ces lois1 lorsqu'il y met sa confiance1 sont crites sur l'eau1 et sembl5t graves dans l'aira9 ds qu'elles le trahiss5t4 99 99 99 99 99 ,af9 de pr(it] de ces lois sans d\te fallacieuses et en t\t cas p]fides1 et p\r se prmunir contre leurs trahisons1 il a imag9 une f\le de sy/mes +nieux qui p>fois lui p]mett5t de gagn]1 mais le plus s\v5t ne font que ret>d] sa ru9e4 ,mais avant de p>l] de ces sy/mes1 disons d'abord que n\s ne n\s occup]ons ici que des *ances simples1 r\ge ou noire1 pair ou impair1 passe ou manque4 ,elles sont dj assez compliques et pos5t des problmes qui suffirai5t puis] t\te la sagacit d'une exi/5ce huma9e4 ,quant aux *ances multiples3 en ple91 *eval1 transv]sales1 c>rs1 d\za9es1 etc41 en ?orie et en pratique1 elles *app5t t\t contrle1 t\t calcul1 t\te explication4 ,quel que soit le sy/me adopt1 le j\eur j\e t\j\rs pile ou face contre la banque4 ,il a une *ance p\r lui1 elle a une *ance p\r elle2 mais il a contre lui l'impt du zro qui1 trs bn9 en app>5ce1--puisque p\r la r\ge et la noire1 sur tr5te-six *ances1 la banque n'a qu'une demi-*ance de plus que le j\eur1--f9it p> dev5ir fatalem5t ru9eux4 ,af9 d'*app] la brutalit d'une dcision qui1 s'il plaait t\t son avoir sur la r\ge ou la noire1 t]m9]ait la p>tie d'un seul c\p1 il subdivise son enjeu1 de manire p\voir affront] un gr& nombre de *ances1 esprant que grce une progression savamm5t gradue1 il f9ira p> r5contr] une srie favorable o le ga9 l'emport]a sur la p]te4 ,c'e/ le pr9cipe de t\s les sy/mes qui ne sont jamais que des m>t+ales plus ou mo9s +nieuses1 prud5tes et compliques4 ,il n'y en a pas1 il n'y en aura jamais d'autres1 mo9s d'un miracle qui ne s'e/ pas encore produit1 d'une intuition qui voie d'avance ce que dcid]a la bille ou d'une =ce inconnue qui l'oblige de faire ce qu'on dsire4 99 99 99 99 99 ,je n'ai pas l'int5tion de pass] en revue t\s ces sy/mes qui sont innombrables et de valeur 9gale1 depuis le p>oli pur et simple1 naf et viol5t1 qui mne droit au dsa/re1 en passant p> la d',alemb]t et t\tes ses v>iantes1 les progressions desc5dantes1 les m?odes diffr5tielles1 la montante belge1 les p>olis int]mitt5ts1 la b\le de neige1 la photographie1 le jeu masse gale sur c]ta9s gr\pes de *ances simples1 qui e/ un casse-tte *9ois et dem&e1 avant l'attaque1 plusieurs j\rs d'obs]vations pati5tes2 et tant d'autres que j'oublie1 depuis les plus classiques jusqu'aux plus my/rieux1 qu'aux j\eurs novices et crdules on v5d trs *]1 s\s enveloppes ca*etes qui ne r5f]m5t que le secret de poli*9elle1 et que l'obligeance d'un j\eur rudit m'a p]mis de connatre t\s1 ou peu s'en faut4 ,on tr\v]a le dtail des plus usits dans le trait d',albigny 7les ,m>t+ales mod]nes71 la ,?orie des sy/mes gomtriques de ,ga/on ,vessilli]1 le ,trait des jeux dits de has>d d',hulmann1 la ,?orie sci5tifique n\velle des jeux de la r\lette1 tr5te-et-qu>ante1 etc41 de ,?o d',alo/1 et surt\t dans la ,revue de ,monte-,c>lo1 qui depuis sa fondation1 c'e/--dire depuis une qu9za9e d'annes1 donne une m?ode p> numro4 ,occultes ou pat5ts1 ces sy/mes (fr5t peu prs les mmes dang]s1 tant t\s fonds sur les sables m\vants de l'quilibre et de l'c>t4 ,s'ils sont trs prud5ts1 la p]te e/ m9ime1 mais le ga9 e/ encore plus petit2 s'ils sont tmraires1 le ga9 e/ gros1 mais la p]te e/ dix ou v+t fois plus grosse4 ,les meilleurs entran5t1 p\r cont9u] de df5dre une mise modique et ce qu'on lui a dj sacrifi1 risqu] sur le tapis1 un mom5t donn1 t\s les ga9s antrieurs1 que suiv5t bi5tt les sommes qu'on t5ait en rs]ve4 ,c'e/ l'9vitable revan*e de la banque1 qu'on croyait impunm5t grignot]1 qui s\da9 ouvre ses l>ges m*oires1 et comme un crocodile aveugle et somnol5t1 engl\tit d'un seul c\p bnfices et capital4 99 99 99 99 99 ,les j\eurs1 p\r se donn] du coeur1 se dis5t qu'ils ont sur la banque un avantage inconte/able4 ,ils entr5t dans le jeu1 ils attaqu5t1 comme ils veul5t1 qu& ils veul5t et se retir5t qu& il leur plat2 au lieu que la banque e/ =ce de j\] sans arrt1 d'accept] t\tes les mises1 de t5ir t\s les c\ps jusqu' la limite du maximum1 qui e/1 comme on sait1 de six mille francs p\r les *ances simples4 ,cet avantage e/ rel si le j\eur1 aprs un ga9 considrable1 s'en va et ne rep>at plus4 ,mais le ponte heureux1 plus ncessairem5t encore que celui qui n'a pas de *ance1 vi5dra se rasseoir la table en*ante1 et p]d a9si la seule arme efficace qu'il avait contre son ennemie4 ,attaqu] qu& on veut n'e/ qu'un privilge illusoire1 puisque t\t1 n'importe quel mom5t1 e/ galem5t mobile et inc]ta9 et qu'on ne sait jamais d'avance qu& rep>atra la loi prcaire et dcevante de l'quilibre4 ,aprs une longue squ5ce de noires1 on mise sur une belle srie de r\ges qui s'annonce solide1 mais pe9e a-t-on attaqu1 que la srie r5d l'me et que l'implacable noire repr5d son c\rs dva/ateur2 ou l'on fait le contraire1 on s'atta*e la noire1 et c'e/ la r\ge qui s'in/alle4 ,quel que soit l'in/ant de l'attaque1 c'e/ t\j\rs r\ge contre noire1 c'e/--dire un contre un qu'on lutte4 ,encore une fois1 le seul avantage bi5 rel1 c'e/ qu'on peut s'en all] qu& on veut2 mais quel e/ le j\eur1 qu'il p]de ou qu'il gagne1 qui sa*e s'en all] et ne plus rev5ir8 99 99 99 99 99 ,t\s ces sy/mes1 en d]nire analyse1 ne font donc que c\p] en petits morceaux le bloc crasant et brutal de la *ance4 ,ils matelass5t le has>d1 ils attnu5t la gravit de ses c\ps4 ,ils prolong5t la vie ou l'agonie du j\eur4 ,ils p]mett5t aux b\rses mode/es de pont] aussi s\v5t que le milli>daire qui se born]ait d\bl] indf9im5t ses mises1 s'il n'tait arrt p> la b>rire mortelle du maximum4 ,mais t\tes les oprations ma?matiques1 t\tes les comb9aisons de *iffres1 s'agit5t et s'v]tu5t comme des captifs aveugles entre des murs de bronze4 ,ils ont beau faire1 la p>oi r\ge1 la p>oi noire demeure inattaquable1 9branlable1 et t\t se passe l'intrieur de la prison4 99 99 99 99 99 ,e/-ce dire qu'il n'exi/e pas de m?ode qui soit df5dable et que les plus savants calculs n'ai5t pas tr\v moy5 de va9cre le has>d8 ,je ne crois pas que1 en ?orie1 les calculs1 qui n'ont ici aucun po9t d'appui1 puiss5t faire quelque j\r ce qu'ils ne fir5t pas jusqu' prs5t4 ,il n'en e/ pas mo9s vrai que1 en pratique1 on en r5contre qui lutt5t assez avantageusem5t contre la mal*ance4 ,un de mes amis1 un (fici] anglais1 p> exemple1 en possde une qu'il emploie depuis longtemps et qui donne des rsultats surpr5ants4 ,c'e/1 naturellem5t1 une progression1 dont t\te la v]tu rside en une clef +nieuse et trs simple qui semble agir comme une sorte de talisman4 ,je n'ai tr\v cette m?ode dans aucun des traits classiques ou m>rons4 ,elle a ses dang]s comme les autres1 elle a ses mom5ts difficiles1 o1 p\r sauv] le bnfice escompt et les mises antrieures1 il faut risqu] une assez =te somme4 ,mais en arrtant prudemm5t le jeu dans les squ5ces trop ob/9m5t ho/iles1 en laissant pass] l'orage1 comme elle s't5d sur un gr& nombre de *ances1 on f9it p> obt5ir le r$ressem5t ncessaire4 ,en t\t cas1 elle ne l'a jamais srieusem5t trahi jusqu'ici4 ,nanmo9s1 il ne faudrait pas croire qu'il n'y ait qu' en us] aveuglm5t1 automatiquem5t4 ,comme avec les autres sy/mes1 une c]ta9e sci5ce1 une c]ta9e expri5ce1 un c]ta9 doigt sont indisp5sables4 ,bi5 que la sci5ce et l'expri5ce soi5t ici alatoires1 fugitives et vasives1 elles ne sont nullem5t illusoires4 ,le j\eur ex]c et prud5t sait sollicit] et second] la *ance ou du mo9s ne pas la contr>i]4 ,il dev9e l'appro*e et la f9 d'une srie favorable4 ,il press5t les alt]nances et les int]mitt5ces1 et s'il ne p>vi5t pas saisir leur ry?me1 aime mieux s'ab/5ir que de les pr5dre contre-temps4 ,il se trompe plus d'une fois1 mais bi5 mo9s s\v5t que ceux qui1 fidles la trs sci5tifique ?orie de l'indp5dance absolue des c\ps1 pont5t sur n'importe quelle c\leur n'importe quel mom5t4 ,il ne se roidit pas dans sa logique1 il ne se b&e pas contre le sort1 il ne brave pas l'a*>nem5t de la =tune4 ,il ne s'ob/9e jamais4 ,il ne lutte po9t1 h>gneusem5t1 jusqu' sa d]nire pice contre une squ5ce inique1 af9 d'acqurir l'amre satisfaction de connatre le fond de sa mal*ance et de l'inju/ice du de/94 ,il n'a pas d'am\r-propre1 il n'a pas d'ide fixe ni de p5se inflexible4 ,il e/ docile1 s\ple1 complaisant4 ,sans fausse honte et en s\riant1 il ab&onne ses prt5tions et c\rtise la ve9e4 ,il revi5t sur ses pas et se rtracte qu& il si$4 ,il s'arrte1 il rep>t1 il obx1 il l\voie1 il se laisse port] p> le flot et arrive bon port2 alors que le pilote arrogant1 tmraire et ttu1 s'effondre dans l'abme4 99 99 99 99 99 ,avant t\t1 il tudie le c>actre et l'humeur de la table o il s'asseoit2 c> *aque table a sa psy*ologie1 ses habitudes1 son hi/oire1 qui v>ie de j\r j\r1 et cep5dant =me au b\t de l'anne un ensemble homogne o t\tes les erreurs passagres1 les anomalies et les inju/ices se tr\v5t rp>es4 ,il s'agit de savoir quelle page de cette hi/oire il se dispose pr5dre "p4 ,il ne le saura pas t\t de suite4 ,il aura beau consult] du co9 de l'oeil les notes et les p]man5ces des j\eurs qui l'ont prcd4 ,il faut le contact immdiat et le s\ffle du dieu qui se dissimule4 ,mais dj celui-ci tressaille1 s'anime1 pr5d =me et visage1 murmure1 indique ses int5tions1 p>le1 appr\ve ou condamne1 et la lutte tragique s'engage1 entre le j\eur trs petit et le has>d norme et t\t-puissant4 ,ma9t5ant que le combat e/ comm5c1 qu'il a fait ce qu'il a pu p\r appel] et accueillir la *ance1 il ne lui re/e plus qu' l'att5dre1 c>1 en f9 de compte1 elle demeure la suprme puissance qui juge en d]ni] ressort1 l'inconnue r$\table et 9vitable de t\te comb9aison4 ,le meilleur sy/me ne peut va9cre une dve9e anormale et impitoyable qui sans rmission v\s fait pont] sur la c\leur p]dante4 ,une telle dve9e1 sans int]mitt5ces favorables1 e/ =t r>e1 mais t\j\rs possible4 ,elle rpond du re/e aux c\ps de ve9e extraord9aires qui ne sembl5t plus frqu5ts que p>ce qu'ils attir5t davantage l'att5tion4 ,on voit1 en effet1 de temps en temps1 un j\eur1 ou plutt une j\euse1--c> ce sont presque t\j\rs les femmes qui ont ces inspirations1--s'appro*] de la table et mis] sans hsitation et d'autorit1 en ple9 ou *eval1 ou sur une transv]sale1 ou sur un c>r et gagn] c\p sur c\p1 comme si elle voyait d'avance le po9t o tomb]a la bille4 ,ces in/ants d'intuition sont t\j\rs trs brefs1 et si la j\euse insi/e et s'ob/9e1 elle rep]d bi5tt ce qu'elle a gagn4 ,il n'en e/ pas mo9s vrai qu'en obs]vant ce phnomne si net et si frappant1 on se dem&e s'il n'y a pas l quelque *ose de plus que de simples concid5ces4 ,la *ance1 t\t pr5dre1 peut-elle tre autre *ose qu'une intuition passagre et fulgurante de ce qui aura lieu et clat]a t\s les yeux1 une seconde plus t>d8 ,la case qui n'a pas encore la petite bille1 mais qui1 dans un in/ant va la happ] et la ret5ir1 n'e/-elle pas dj du prs5t et mme du pass quelque "p8 ,mais ce sont l des que/ions qui n\s entran]ai5t trop lo9 dans l'espace et le temps4 99 99 99 99 99 ,quoi qu'il en soit1 et p\r en rev5ir au sy/me dont n\s p>lions1 il me s]ait p]mis d'en divulgu] le secret que je ne le f]ais po9t4 ,sans tre un morali/e bi5 au/re1 et t\t en considrant le jeu comme un de ces maux pr(ondm5t huma9s qu'on ne p\rra jamais drac9] et qui1 malgr t\s les ef=ts1 rep>atra t\j\rs s\s une =me n\velle1 le mo9s qu'on puisse faire1 c'e/ de ne pas l'enc\rag]4 ,le j\eur1 j'ent5ds le j\eur invtr1 presque pr(essionnel1 n'e/ pas intressant4 ,c'e/ d'abord un dsoeuvr et presque t\j\rs une pave sans excuse4 ,s'il e/ ri*e1 il fait de son arg5t l'emploi le plus sot1 le plus morne qu'on puisse imag9]4 ,s'il e/ pauvre1 il e/ mo9s p>donnable encore2 il aurait mieux faire qu' sacrifi] une *imre son exi/5ce et trop s\v5t le bi5-tre et la tranquillit des si5s4 ,au fond du j\eur1 il y a d'habitude un p>esseux1 un impuissant1 un g/e sans n]gie1 avide de j\issances vulgaires et immrites1 un mcont5t et un rat4 ,le jeu e/ l'av5ture sd5taire1 ab/raite1 mesqu9e1 s*e1 s*matique et sans beaut de ceux qui ne sur5t po9t r5contr] ou faire natre les av5tures relles1 ncessaires et bi5faisantes de la vie4 ,il e/ l'activit fbrile et malsa9e de l'oisif4 ,il e/ l'ef=t inutile et dsespr des n]vs qui n'ont plus ou n'eur5t jamais le c\rage et la pati5ce de faire l'ef=t honnte1 p]svrant1 sans c\ps1 sans clat qu'exige t\te exi/5ce huma9e4 ,il y a aussi beauc\p de vanit purile dans le cas du j\eur4 ,en somme1 c'e/ un enfant qui *]*e encore sa place dans l'univ]s4 ,il ne s'e/ pas encore r5du compte de sa situation4 ,il se croit hors de pair en face du de/94 ,infatu de soi1 il att5d que l'inconnu ou l'inconnaissable fasse p\r lui ce qu'il ne fait pas p\r n'importe qui4 ,il l'att5d d'ailleurs sans raison1 uniquem5t p>ce qu'il e/ soi et que les autres n'ont pas ce privilge4 ,il e/ p\ss int]rog] sans cesse1 rapidem5t1 anxieusem5t le sort1 dans je ne sais quel va9 et prt5tieux espoir d'appr5dre se connatre ailleurs qu'en lui-mme4 ,quelle que soit la dcision de la =tune1 il y tr\v]a matire se faire valoir4 ,s'il n'a pas de *ance1 il s]a flatt d'tre spcialem5t p]scut p> elle2 s'il e/ heureux1 il s'e/im]a davantage raison des dons exceptionnels que le has>d lui octroie4 ,du re/e1 il n'a nul beso9 de croire qu'il mrite ces dons2 au contraire1 mo9s il y aura droit1 plus il en s]a fi] et leur inju/e et manife/e gratuit f]a le meilleur de la satisfaction vaniteuse qu'il en saura tir]4 99 99 99 99 99 ,il s]ait bi5 surpr5ant1 disais-je1 en comm5ant1 que cette infatigable et gigantesque enqute sur le has>d1 p\rsuivie depuis plus de c9quante ans1 n'et pas donn un rsultat quelconque4 ,je me dem&e1 la f9 de cette tude1 quel e/ ce rsultat4 ,au prix d'un gaspillage ins5s d'arg5t1 de temps1 de =ces physiques1 n]veuses et morales et de fluides peut-tre plus prcieux1 elle n\s a appris que le has>d e/ en somme le has>d1 c'e/--dire un ensemble d'effets dont n\s ignorons les causes4 ,n\s le savions dj et l'acquisition e/ assez drisoire4 ,n\s avons entrevu c]ta9s fantmes de lois ou d'habitudes1 dont quelques j\eurs sembl5t tir] un avantage d'ailleurs t\j\rs prcaire4 ,mais ces fantmes de lois qui ont l'obscure et incon/ante vellx de mettre un peu d'ordre dans le has>d1 ne sont1 comme le has>d lui-mme1 que d'inconsi/antes et phmres cond5sations de causes inconnues4 ,au total1 n\s n'avons ri5 appris1 s9on1 peut-tre1 que n\s avons tort d'atta*] ces manife/ations du de/9 plus d'importance qu'elles n'en ont4 ,il n'y a1 y reg>d] de plus prs1 au fond de t\s ces drames et de t\s ces my/res de la *ance1 que les drames et les my/res que n\s y mettons4 ,n\s lions notre sort au sort d'une petite bille qui n'en e/ pas responsable2 et p>ce que n\s la *>geons un in/ant de notre =tune1 n\s n\s imag9ons avec fatuit que des puissances morales et my/rieuses vont dirig] et t]m9] sa c\rse au bon ou au mauvais mom5t4 ,elle n'en sait ri51 et la vie de milli]s d'hommes dp5drait de sa *ute droite ou gau*e de son po9t d'arrt qu'elle n'en aurait cure4 ,elle a ses lois elle1 auxquelles il faut qu'elle obisse et qui sont si complexes que n\s n'essayons mme pas de les dbr\ill]4 ,elle n'e/ qu'une petite b\le qui *]*e honntem5t le petit tr\ r\ge ou noir o elle ira dormir et qui n'a pas gr&'*ose n\s appr5dre sur les secrets d'une *ance ou d'un de/9 qui ne se tr\ve qu'en n\s-mmes4 ,m,,ditations ,,xi ,l',,nigme ,,du ,,progr,s ,i ,cette gu]re1 qui e/ une gu]re telle qu'on n'en avait pas encore fait sur notre t]re1 n\s ramne la gr&e "q de l'av5ir de l'humanit4 ,e/-il p]mis d'espr] que celle-ci r5once un j\r d'aussi mon/rueuses folies et qu'elles devi5n5t t\t fait impossibles8 ,je ne vois cette int]rogation1 si l'on veut l'atte9dre sa s\rce1 d'autre rponse que celle que j'y ai faite ailleurs et que je rsume et complte ici3 savoir que n\s sommes engl\tis dans un univ]s qui n'a pas plus de limites dans le temps que dans l'espace1 qui n'a pas plus comm5c qu'il ne f9ira1 et qui a d]rire lui autant de myriades de myriades d'annes qu'il en dc\vre devant lui4 ,l't5due de l't]nit d'hi] et celle de l't]nit de dema9 sont id5tiques4 ,t\t ce que f]a cet univ]s1 il doit dj l'avoir fait1 att5du qu'il a eu autant d'occasions de le faire qu'il en aura jamais4 ,t\t ce qu'il n'a pas fait1 c'e/ qu'il ne le p\rra jamais faire1 puisque ri5 dans l'espace et le temps ne vi5dra s'aj\t] ce qu'il y possdait4 ,il a ncessairem5t t5t dans le pass t\s les ef=ts et t\tes les expri5ces qu'il t5t]a dans l'av5ir2 et t\t ce qui a prcd1 ayant eu les mmes *ances1 e/ =cm5t gal t\t ce qui suivra4 99 99 99 99 99 ,il e/ donc probable qu'il y eut autrefois une inf9it de mondes semblables au ntre1 comme il e/ vraisemblable qu'il y a prs5tem5t1 l'inf9i de l'espace tant comp>able celui du temps1 une inf9it de mondes p>eillem5t semblables4 ,ces concid5ces1 quelque pe9e que n\s ayons les envisag]1 doiv5t fatalem5t avoir lieu et se reproduire sans cesse dans l'innombrable et le sans bornes o n\s sommes plongs2 mo9s que l'inf9i des comb9aisons possibles ne soit aussi illimit que ceux de l'espace et du temps4 ,ici s'arrte ce que n\s sommes capables d'imag9]2 c> il n\s e/ plus facile de n\s reprs5t] l'inf9i de l'espace et du temps que celui des comb9aisons4 ,p\r n\s faire quelque ide de ce d]ni]1 il n\s faudrait connatre la sub/ance1 les lois1 les =ces1 et1 en un mot1 t\te l'nigme de t\t4 ,il n'en re/e pas mo9s que cet inf9i possible des comb9aisons e/ notre seul espoir2 s9on1 il n'y aurait plus ri5 att5dre d'un univ]s qui aurait videmm5t t\t t5t et t\t puis avant notre v5ue4 ,mais si le nombre des comb9aisons e/ rellem5t inf9i1 on peut se dire que la t]re e/ une expri5ce qui n'avait pas encore t faite2 et une expri5ce manque1 puisque le mal et la d\leur l'emport5t sur le bi5 et le bonheur4 ,si l'expri5ce e/ manque1 n\s en sommes victimes2 mais il n'e/ pas int]dit d'espr] que nos ef=ts *ang]ont quelque *ose des comb9aisons qui s]ont meilleures en d'autres lieux ou dans un autre temps4 ,si l'expri5ce e/ manque1 il n'en dc\le pas que d'autres n'ai5t po9t russi et1 en ce mom5t mme1 ne soi5t pas plus heureuses en des mondes diffr5ts4 ,il e/ mme p]mis de suppos] que dans l'inf9i de ces comb9aisons et de ces expri5ces1 les plus heureuses t5d5t se fix]1 se cri/allis] et que1 vu l'inf9it de leur nombre1 elles russiront dans l'av5ir ce qu'elles n'ont pu russir dans le pass4 ,c'e/ une lueur has>deuse2 mais je d\te qu'il s'en dc\vre d'autres qui n\s puiss5t ma9t5ir au-dessus du dsespoir4 ,,ii ,supposons un in/ant que l'expri5ce de la t]re ne soit pas manque comme elle l'e/1 que notre esprit1 qui1 depuis l'orig9e1 lutte pniblem5t contre la matire et ne remporte que quelques victoires inc]ta9es1 brves et prcaires1 soit un million de fois plus puissant et mieux arm4 ,il aurait sans d\te triomph de t\t ce qui n\s accable et n\s reti5t ici et se s]ait db>rass des *anes app>emm5t illusoires de l'espace et du temps4 ,il n'e/ pas draisonnable d'admettre que p>mi les myriades de mondes qui peupl5t l'inf9i1 il en e/ o se tr\v5t ralises ces conditions meilleures4 ,peut-tre1 au demeurant1 s]ait-il impossible d'imag9] quelque *ose qui ne soit pas quelque "p en ralit1 c> on peut =t bi5 s\t5ir que nos imag9ations ne saurai5t tre que des reflets g>s de ce qui exi/e4 ,or1 si n\s habitions un de ces mondes et que n\s vissions1 comme il n\s s]ait peut-tre loisible de le faire1 ce qui se passe en ce mom5t sur celui que n\s occupons et sur d'autres qui sont peut-tre pires et plus malheureux1 il n\s semble que n\s n'aurions ni repos ni cesse que n\s ne fussions int]v5us et n'eussions aid le r5dre meilleur1 plus sage et plus habitable4 99 99 99 99 99 ,il n'e/ d'ailleurs pas dit qu'il n'en soit pas a9si2 et que t\tes nos conqutes spirituelles1 t\t ce qui p>at c]ta9es heures n\s a*em9] v]s un av5ir mo9s affreux que le pass1 t\s les bons c\rants my/rieux qui p>c\r5t p>fois notre t]re1 t\t ce qui n\s att5d aprs la mort1 ne soit pas d l'int]v5tion d'un de ces mondes4 ,il e/ vrai que n\s ne voyons pas et ne ress5tons gure ces int]v5tions2 mais il e/ galem5t vrai que ces tres d'un monde suprieur1 tant ncessairem5t plus dp\ills de matire1 plus spiritualiss que n\s1 n\s demeur5t =cm5t invisibles4 ,dans l'inf9i du firmam5t1 n\s dc\vrons des myriades de mondes qui sont des mondes matriels comme le ntre2 et n\s ne p\vons dc\vrir que ceux-l1 att5du que t\t ce qui ne ressemble pas plus ou mo9s notre t]re1 n\s *appe 9vitablem5t4 ,mais l'espace qui n\s p>at vide entre les toiles e/ inf9im5t plus va/e que celui qu'elles occup5t2 et il s]ait assez trange qu'il ne ft pas peupl de mondes que n\s n'ap]cevons po9t2 ou plutt ne ft pas lui-mme t\t un monde que nos yeux sont incapables de saisir4 ,il e/ au surplus vraisemblable que si n\s ne voyons pas ces autres mondes1 ceux-ci1 n'tant plus matriels1 ne voi5t plus la matire1 et1 p> consqu5t1 n\s ignor5t autant que n\s les ignorons2 c> n\s p5sons1 sans d\te tort1 qu'tant visibles les uns aux autres1 n\s le sommes ncessairem5t t\s les autres tres4 ,il e/1 au contraire1 prsum] que ces tres spirituels pass5t trav]s n\s sans se d\t] de notre prs5ce et que n'tant s5sibles et att5tifs qu' ce qui mane de l'esprit1 ils ne s\ponn5t et ne dc\vr5t notre exi/5ce qu' proportion que n\s n\s rappro*ons de l'tat o ils sont4 ,,iii ,considrez la t]re son orig9e3 d'abord nbuleuse in=me qui se cond5se peu peu1 ensuite globe de feu1 rocs en fusion qui t\rbillonn5t dans l'espace durant des millions d'annes1 sans autre b que de se ramass] et de se refroidir2 inc&esc5ce inimag9able1 dont aucune de nos s\rces de *aleur ne peut n\s donn] une ide1 /rilit ess5tielle1 sci5tifique1 absolue et qui s'annonait irrmdiable et t]nelle4 ,qui et dit que de ces torr5ts de matire en bullition qui semblai5t avoir jamais dtruit t\te vie et t\t g]me de vie1 allai5t sortir t\tes les =mes de la vie1 depuis les plus normes1 les plus robu/es1 les plus rsi/antes1 les plus f\gueuses et les plus abondantes1 jusqu'aux plus tnues1 aux plus invisibles1 aux plus prcaires1 aux plus phmres1 aux plus subtiles8 ,qui surt\t et os prvoir qu'allait en natre ce qui p>at le plus trang] aux rocs et mtaux liqufis ou pteux qui =mai5t seuls la surface1 le noyau et le t\t de notre globe1 je veux dire l'intellig5ce et la consci5ce huma9e8 99 99 99 99 99 ,e/-il possible de concevoir volution et ab\tissem5t plus inatt5dus8 ,qu'e/-ce qui p\rrait n\s tonn] aprs un tel tonnem5t et que ne sommes-n\s en droit d'espr] d'un monde qui a produit ce que n\s voyons et ce que n\s sommes aprs avoir t ce qu'il fut8 ,s'il e/ p>ti d'une sorte de ngation de la vie1 de la /rilit intgrale et de pire que le nant p\r ab\tir n\s1 o n'ab\tira-t-il pas en p>tant de n\s8 ,si sa naissance et sa =mation laborr5t de tels prodiges1 quels prodiges ne n\s rs]v5t pas son exi/5ce1 sa prolongation indt]m9e et sa dissolution8 ,il y a une di/ance incomm5surable et des trans=mations inconcevables de l'effroyable et unique matire des premi]s j\rs1 la p5se huma9e de ce mom5t2 il y aura sans d\te une p>eille di/ance et des trans=mations aussi peu concevables de la p5se de ce mom5t ce qui lui succd]a dans l'inf9i des temps4 ,il semble qu'au comm5cem5t1 notre t]re ne savait que faire de sa matire et de ses =ces qui s'entre-dvorai5t4 ,dans l'imm5se vide enflamm o elle se consumait1 elle n'avait pas encore l'ombre d'un b ou d'une ide2 auj\rd'hui1 elle en a tant que nos savants us5t en va9 leur exi/5ce les re*]*] et sont dbords p> le nombre de ses comb9aisons my/rieuses et 9puisables4 ,elle ne disposait alors que d'une seule =ce1 la plus de/ructrice que n\s connaissions3 le feu4 ,si t\t e/ n du feu1 qui lui-mme ne p>aissait n que p\r dtruire1 que ne natra-t-il pas de ce qui ne p>at n que p\r produire1 eng5dr] et se multipli]8 ,si elle a su tir] un tel p>ti des laves et des c5dres ignes qui tai5t les seuls lm5ts qu'elle possdt1 quel p>ti ne tir]a-t-elle pas de t\t ce qu'elle possde enf98 ,,iv ,il e/ bon de n\s dire p>fois que n\s habitons1 s9on un univ]s1 t\t au mo9s une t]re qui n'a pas encore puis son av5ir et ses surprises et qui e/ bi5 plus prs de son comm5cem5t que de sa f94 ,elle e/ ne d'hi] et vi5t pe9e de dbr\ill] son *aos4 ,elle e/ au db de ses espoirs et de ses expri5ces4 ,n\s croyons qu'elle va v]s la mort2 au contraire1 t\t son pass n\s dmontre qu'il e/ beauc\p plus vraisemblable qu'elle s'avance v]s la vie4 ,en t\t cas1 mesure que s'c\l5t ses annes1 la quantit et surt\t la qualit de la vie qu'elle eng5dre et entreti5t augm5te et s'amliore4 ,elle ne n\s a donn que les prmices de ses miracles2 et il n'y a probablem5t pas plus de rapport de ce qu'elle e/ ce qu'elle fut qu'il n'y en a de ce qu'elle e/ ce qu'elle s]a4 ,sans d\te1 qu& clat]ont ses plus gr&es m]veilles1 n'aurons-n\s plus notre vie d'auj\rd'hui2 mais s\s une autre =me1 n\s s]ons t\j\rs l1 n\s exi/]ons t\j\rs quelque "p1 sa surface ou dans ses pr(ondeurs1 et il n'e/ pas t\t fait invraisemblable qu'un de ses d]ni]s prodiges ne n\s atteigne dans notre p\ssire1 ne n\s rveille et ne n\s ressuscite p\r n\s attribu] enf9 la "p de bonheur que n\s n'avions pas eue et n\s appr5dre que n\s avions eu tort de ne plus n\s intress]1 p> del nos tombes1 aux de/9es de cette t]re dont n\s n'avions pas cess d'tre les fils immortels4 ,,xii ,,les ,,deux ,,lobes ,un soldat m'crit1 du front1 la lettre que voici3 ,il y a des fondrires et des squelettes dans la =t4 ,j'y ai dc\v]t et admir des dieux en ru9es s\s la vgtation t\j\rs vivante et admirable3 leur me s'e/ vapore4 ,l'odeur du ,*ri/ ne me sduit gure2 j'aime mieux celle du ,b\ddha4 ,ce que j'adore en lui1 c'e/ la contradiction fondam5tale qui *]*e n\s assur] notre immortalit en n\s dmontrant notre fatal anantissem5t4 ,il enseignait dans le mme s\ffle l'illusion du ,moi et sa rinc>nation priodique2 absurdit app>5te qui implique la connaissance de la vrit la plus pr(onde1 de la nature mme de l'tre1 la fois et alt]nativem5t collective et individuelle4 ,cette dc\v]te1 qu'il n'a pas =mule1 aurait d le conduire ailleurs qu'au ,nirvna1 ce p>adis des fruits trop v]ts444 ,l'homme e/ membr de faon n'ap]cevoir qu'une moiti de l'univ]s1 et l'esprit de /ructure ord9aire ne p]oit gure qu'un hmisphre de vrit4 ,afflige d'une migra9e congnitale1 l'humanit ne p5se qu'avec une moiti de son c]veau1 avec le lobe ori5tal ou occid5tal1 antique ou mod]ne2 son esprit se mord la queue2 les ant9omies s'y p\rsuiv5t en un c]cle sans f91 que ,kant crut dc\vrir1 mais que le ,b\ddha avait t5t d'ouvrir4 ,il possdait les v]tus complm5taires2 il fut religieux et rationnel2 en mme temps qu'il rsumait le my/icisme ori5tal1 il fut le plus sci5tifique des esprits anci5s1 une poque o la sci5ce n'exi/ait pas mais se fondait dans la sagesse4 ,les mod]nes qui ont v\lu cond5s] en philosophie l'ef=t collectif et pe9e comm5c de la sci5ce1 ont piteusem5t *\1 p>ce qu'ils p5sai5t seulem5t en occid5taux1 emptrs dans la contradiction d'aspirations idali/es et de raisonnem5ts matriali/es2 t&is que la =mule du ,b\ddha p\rrait encore1 et presque sans craqu]1 cont5ir sans l'entrav] cet ef=t gigantesque4 ,depuis la mort du pr9ce-p5seur1 jusqu' l'essor de la sci5ce contempora9e1 la vritable philosophie n'a pas fait un pas en avant2 le spiritualisme arabe ou *rti51 et son ractif le matrialisme positivi/e ou sci5tifique1 sont des reculs en directions contraires1 de faux monismes qui1 pr5ant l'extrme p\r le suprme1 veul5t fix] le c5tre de gravit sur la circonfr5ce de la r\e4 ,les explorateurs d'au-del devront p>tir du c>ref\r de la syn?se religieuse et de l'analyse sci5tifique1 et entran] p> la ma9 ces soeurs rivales4 ,la vrit brille au c5tre d'un c]cle de spectateurs1 et il faut fran*ir sa flamme p\r reconnatre un frre dans l'adv]saire d'en face4 ,il faut s't5dre au c5tre de l'espace p\r p]cevoir l'id5tit de ses po9ts c>d9aux3 ,totum et ,nihil1 ,alt] et ,ego4 ,le s\ci de conv]tir autrui doit cd] au beso9 de complt] et d'quilibr] notre propre po9t de vue4 ,dans la =t sacre o des pionni]s ont pntr de t\tes p>ts et en t\s temps1 les plus h>dis doiv5t ncessairem5t se rappro*] les uns des autres4 ,mme s'ils ne peuv5t se jo9dre1 ils peuv5t s'ent5dre et s'enc\rag] mutuellem5t4 ,l'aboi le plus mode/e peut tre bi5v5u dans la solitude et le sil5ce o mrit la vrit de l'av5ir444 ,j'ai t5u recueillir cette page4 ,elle pose1 en un racc\rci rem>quable1 mais peut-tre trop prompt1 deux ou trois des gr&s problmes1 qui au fond n'en sont qu'un1 auxquels1 mo9s de r5onc] t\t1 n\s devons essay] de rpondre3 immortalit ou anantissem5t1 flux et reflux1 exi/5ce alt]nativem5t collective et individuelle1 extriorisation et intriorisation1 qui =m5t le gr& ry?me cosmique1 dont notre vie et notre mort ne sont que d'infimes pulsations4 99 99 99 99 99 ,mais rem>quons d'abord que la contradiction fondam5tale qui *]*e assur] notre immortalit en n\s dmontrant notre fatal anantissem5t1 ne se tr\ve pas dans le ,b\ddha1 et qu'il n'e/ pas exact de dire qu'il enseigne dans le mme s\ffle l'illusion du moi et sa rinc>nation priodique4 ,la doctr9e de la rinc>nation n'e/ po9t du ,b\ddha4 ,il l'avait tr\ve t\te faite1 elle exi/ait avant lui1 si pr(ondm5t enrac9e dans son peuple qu'il ne songe mme pas la conte/]4 ,au po9t de vue exotrique1 il veut seulem5t la ds>m]1 lui enlev] son aiguillon1 la r5dre in(f5sive4 ,il veut rduire la vie tel po9t qu'elle ne tr\ve plus de quoi se rinc>n]4 ,selon la doctr9e exotrique1 qui n'e/ qu'une prp>ation la vrit sotrique1 la vie n'e/ que s\ffrances et son seul b e/ la rdemption ou l'ext9ction de la s\ffrance4 ,cette ext9ction se tr\ve dans le ,nirvna1 qui n'e/ pas l'annihilation mais l'absorption de l'individu dans le ,t\t4 ,la mort ord9aire1 cause de la rinc>nation p]ptuelle du mme individu1 ne peut pas supprim] la s\ffrance4 ,il faut donc tr\v] une sorte de surmort1 qui r5de impossible t\te rinc>nation1 et cette surmort ne peut tre obt5ue que p> l'homme qui se s]a ef=c de m\rir durant t\te sa vie et aura volontairem5t c\p t\s les li5s qui le ratta*5t l'exi/5ce3 t\t am\r1 t\t espoir1 t\t dsir1 t\te possession4 ,lorsqu'au t]me de cette surmort sy/matique et volontaire1 vi5dra la mort relle1 elle ne tr\v]a plus un g]me vivant qui puisse se rinc>n]4 ,cette surmort1 a9si obt5ue1 devanc]a de plusieurs sicles ou millnaires la purification1 la rdemption f9ale et l'absorption en l'unique absolu4 ,on a dit que c'tait exactem5t le contre-pi$ de la doctr9e du ,*ri/4 ,*ez le ,b\ddha la vie ne s]ait que l'entre dans la mort2 t&is que *ez le ,*ri/1 la mort e/ l'entre dans la vie4 ,au fond1 c'e/ la mme *ose et t\t se t]m9e p> l'absorption en la div9it1 c> la doctr9e du ,*ri/ n'e/ qu'une bran*e mutile du gr& tronc de la religion mre4 ,voil la solution que n\s propose le c]veau le plus prodigieux1 le plus gr& sage de l'humanit et qui savait des *oses que n\s ne savons plus et ne retr\v]ons peut-tre jamais4 ,voil le fond de la religion d'un demi-milli>d d'hommes4 ,il n'e/ peut-tre ri5 qui soit plus prs de la d]nire vrit4 99 99 99 99 99 ,rem>quons cep5dant que le problme3 immortalit ou anantissem5t1 ne devrait pas tre pos en ces t]mes1 le mot anantissem5t ne p\vant s'employ] que mtaphoriquem5t p\r dsign] une vie que n\s ne compr5ons plus1 att5du que le nant e/ la seule *ose dont l'exi/5ce soit absolum5t impossible et l'inexi/5ce absolum5t c]ta9e4 ,quant l'immortalit1 ici encore il y a quivoque1 puisque le nant ne p\vant exi/]1 l'immortalit e/ 9vitable1 et la seule "q qui re/e rs\dre e/ de savoir si cette immortalit s]a ou non accompagne d'une prolongation quelconque de notre consci5ce actuelle4 ,mais s'il e/ probable que le problme de l'immortalit plus ou mo9s accompagn de consci5ce re/]a longtemps en susp5s1 la rponse la "q de la migra9e1 ou plutt de l'hmiplgie congnitale1 e/ sans d\te plus facile tr\v]4 ,en t\t cas1 elle demeure dans un doma9e que nos inve/igations immdiates sont mme d'explor]4 ,c'e/1 somme t\te1 une "q hi/orique et gographique4 ,il semble1 en effet1 qu'il y ait1 dans le c]veau huma91 un lobe ori5tal et un lobe occid5tal1 qui n'ont jamais fonctionn en mme temps4 ,l'un produit ici la raison1 la sci5ce et la consci5ce2 l'autre scrte l-bas l'intuition1 la religion1 la subconsci5ce4 ,l'un ne reflte que l'inf9i et l'inconnaissable2 l'autre ne s'intresse qu' ce qu'il peut limit]1 ce qu'il peut espr] de compr5dre4 ,ils reprs5t5t1 p> une image peut-tre illusoire1 la lutte entre l'idal matriel et l'idal moral de l'humanit4 ,ils ont plus d'une fois essay de se pntr]1 de se ml] et de travaill] de conc]t2 mais le lobe occid5tal1 t\t au mo9s sur l't5due la plus active de notre globe1 a jusqu'ici p>alys et presque annihil les ef=ts de l'autre4 ,n\s lui devons d'extraord9aires progrs dans t\tes les sci5ces matrielles1 mais aussi des cata/rophes telles que celles que n\s subissons auj\rd'hui et qui1 si n\s n'y pr5ons g>de1 ne s]ont pas les d]nires ni les pires4 ,il e/ temps1 semble-t-il1 de rveill] le lobe p>alys1 mais n\s l'avons tellem5t nglig que n\s ne savons plus au ju/e ce qu'il peut faire4 ,,xiii ,,espoir ,,et ,d,,sespoir ,i ,le mme soldat1 dev5u mon filleul de gu]re1 m'crit encore3 ,j'pr\ve une joie ineffable re/] l'homme moy5 et pr(ess] le vide4 ,j'ai s5ti la gr&e paix desc5dre en moi1 le j\r o je me suis rsign au sort commun1 c'e/--dire l'ignorance et la mort4 ,j'ai tr\v la vie en y r5onant1 et me s5s trs ri*e depuis que je ne suis plus ri54 ,ne me t5tez pas v]s cette subtile vanit spirituelle qui con/itue l'un des plus =midables ob/acles la d]nire libration du moi4 ,orgueilleux1 c]tes1 je le fus1 et ne le suis que trop encore1 mais n\s ne p\vons extraire des v]tus que de nos vices4 ,avec plus d'ardeur que je n'ai embrass le fantme d'une supriorit individuelle1 je t5ds les bras v]s l'galit dans l'homogne1 v]s la plnitude du vide444 ,il a raison1 mais il p5se ici avec le lobe ori5tal de son c]veau1 le lobe asiatique1 et la p5se de ce lobe ne conseille que l'inaction1 le r5oncem5t1 l'en*antem5t du ds5*ant1 comme disait ,r5an1 ou plutt la satisfaction du dsespoir4 ,il e/ c]ta9 que t\t ce que n\s voyons1 t\t ce que n\s s5tons1 t\t ce que n\s savons1 n\s engage dans ce dsespoir1 que nos mditations--surt\t celles de ce mme lobe asiatique--peuv5t du re/e r5dre trs va/e1 aussi beau et presque aussi habitable que l'espoir4 ,mais que savons-n\s1 au reg>d de ce que n\s ne savons pas8 ,n\s ignorons t\t ce qui n\s prcde et t\t ce qui n\s suit1 et1 en un mot1 le t\t de l'univ]s4 ,notre dsespoir1 qui p>at d'abord le d]ni] mot et le d]ni] ef=t de la sagesse e/ donc fond sur ce que n\s savons1 qui n'e/ ri51 t&is que l'espoir de ceux que n\s croyons mo9s sages peut se fond] sur ce que n\s ignorons1 qui e/ t\t4 ,encore qu'il s'y mle1 si n\s v\lons tre t\t fait ju/es1 plus d'une raison d'espr] que n\s ne rappell]ons pas ici2 admettons donc qu'en ce ri5 que n\s savons ne se tr\ve que le dsespoir1 et que l'espoir ne soit qu'en ce t\t que n\s ignorons4 ,mais au lieu de n'c\t] que notre lobe ori5tal qui n\s conseille d'accept] cette ignorance inactive et d'y ensevelir notre exi/5ce1 n'e/-il pas plus raisonnable de faire travaill] en mme temps notre lobe occid5tal qui *]*e dc\vrir ce t\t8 ,il e/ possible qu'il y tr\ve aussi1 en f9 de compte1 le dsespoir1 mais c'e/ peu probable1 c> on ne saurait imag9] un univ]s qui ne s]ait qu'un acte de dsespoir4 ,or1 si l'univ]s n'e/ pas un acte de dsespoir1 ri5 de ce qui s'y tr\ve n'a de raisons de dsespr]4 ,en t\t cas et en att5dant1 cette re*]*e n\s p]mettra sans d\te d'espr] aussi longtemps qu'exi/]a cet univ]s4 ,,ii ,une des plus dang]euses t5tations qui assaill5t celui qui se p5*e sur la nature et qui voit1 mesure qu'il avance1 les my/res se multipli] et s't5dre en t\s s5s1 l'inf9i1 c'e/ le dc\ragem5t devant la t*e impossible et le r5oncem5t4 ,il laisse tomb] les armes4 ,surt\t au d]ni] v]sant de la vie1 il e/ trop encl9 se rsign]1 ne pas all] plus avant1 ne plus faire d'ef=t1 s'endormir dans l' quoi bon81 ne plus ri5 appr5dre1 puisqu'il a appris qu'il ne saura jamais ri54 ,il pr\ve dj ce dsir de se r5dre m]ci1 qu& il envisage la plus humble1 la plus petite des sci5ces4 ,que s]a-ce qu& il t5t]a de les embrass] t\tes8 ,l'esprit se p]d1 a le v]tige et dem&e f]m] les yeux4 ,il ne faut pas les f]m]4 ,c'e/ la plus basse trahison que puisse commettre l'homme4 ,n\s n'avons pas autre *ose faire en cette vie qu' *]*] savoir o n\s sommes4 ,n\s ne n\s tr\vons pas d'autre raison d'tre1 n\s n'avons pas d'autre devoir4 ,ne pas savoir n'e/ qu'un dsagrm5t2 ne plus *]*] savoir e/ le malheur suprme et sans remde1 la ds]tion inexcusable4 ,p\rtant1 sans r5onc]1 il e/ bon de ne pas se n\rrir de trop petites illusions4 ,ayons t\j\rs devant les yeux c]ta9es vrits qui n\s remett5t notre place4 ,il e/ c]ta9 que n\s ne saurons jamais t\t1 et tant que n\s ne saurons pas t\t1 n\s s]ons comme si n\s ne savions ri54 ,il e/ =t possible1 comme l'ins9ue le ,rig-,vda1 que ,dieu lui-mme1 ou la cause premire ne sa*e pas t\t4 ,il e/ galem5t possible que l'univ]s n'ait encore1 en aucune de ses p>ties1 pris consci5ce de soi1 ignore d'o il vi5t et o il va1 ce qu'il fut et ce qu'il s]a1 ce qu'il a fait comme ce qu'il veut faire2 et1 d'autre "p1 il e/ probable que s'il ne l'a pas appris1 il ne l'appr5dra jamais1 att5du1 a9si que je l'ai dj dit1 qu'il n'y a aucune raison p\r qu'il puisse faire dans l'inf9i des temps qui n\s suivra ce qu'il n'a pu faire dans l'inf9i des temps qui n\s prcda4 ,s'il y a une consci5ce de l'univ]s ou un ,dieu1 il sait t\t ce qu'il doit savoir ou ne le saura jamais4 ,et s'il le sait1 p\rquoi a-t-il fait ce qu'il a fait1 qui ne peut m5] ri52 att5du qu'il n\s aurait dj m5s o il faudrait all]8 ,p\rquoi n'a-t-il pas prfr le nant ou du mo9s ce que n\s appelons le nant1 seule =me du bonheur /able1 immuable1 inconte/able et comprh5sible8 ,n\s compr5drions peut-tre1 et encore s]ait-ce bi5 difficile1 un univ]s immobile1 immuable1 t]nel1 un univ]s arriv2 n\s ne p\vons compr5dre un univ]s en m\vem5t ou dont1 t\t au mo9s1 t\tes les p>ties que n\s voyons sont sans cesse en m\vem5t et en volution trav]s l'espace et le temps1 un univ]s se prcipitant des vitesses v]tig9euses v]s un b qu'il n'atte9dra jamais puisqu'il ne l'a pas encore atte9t4 ,on peut dire1 p\r se consol]1 que t\t dsespoir ne vi5t que de l'troitesse de notre vue1 mais il convi5t d'aj\t] qu'il en e/ de mme de t\t espoir4 ,,xiv ,,macrocosme ,,et ,,microcosme ,les biologi/es con/at5t que l'embryon huma9 rcapitule--trs rapidem5t durant les premi]s mois de son volution1 plus l5tem5t dans les d]ni]s--t\tes les =mes de vie qui ont prcd l'homme sur cette t]re4 ,la ta*e arrondie qu'e/ le g]me devi5t une sphre creuse1 une sorte de sac p>oi d\ble1 qu'on appelle ,ga/rula et dont l'orifice d'invag9ation ress]r pr5d le nom de ,bla/opore4 ,c'e/ la vie protozoaire1 le db1 encore glat9eux1 de la vie animale1 laquelle succde1 la suite de trans=mations qu'il s]ait trop long d'numr]1 la vie polypenne4 ,puis1 de *aque ct de la tte1 app>aiss5t les arcs bran*iaux1 qui correspond5t aux bran*ies des poissons4 ,a la f9 du premi] mois1 les membres ne sont encore que de simples b\rgeons2 p> contre1 l'embryon e/ p\rvu d'une queue qui1 replie1 lui t\*e presque le front4 ,il a alors l'aspect d'un tt>d et vit d'une vie t\te aquatique1 baign dans le liquide amniotique qui reprs5te p\r lui l'eau dans laquelle volu5t librem5t les embryons des poissons et des batraci5s4 ,il s'agit ma9t5ant de pr5dre une rsolution et de savoir ce qu'on en f]a4 ,il se tr\ve peu prs dans la situation o se tr\vait la vie l'orig9e des espces2 et la nature1 comme p\r humili] l'homme ou s'humili] elle-mme en se remmorant ses erreurs et ses hsitations1 recomm5ce ses ttonnem5ts1 ses impairs1 ses rep5tirs et ses expri5ces rates4 ,des =mes bau*es1 comme la corde dorsale1 se rsorb5t1 les re9s primitifs disp>aiss5t p\r faire place aux re9s df9itifs qui sont gigantesques et rempliss5t la plus gr&e p>tie de la cavit pritonale4 ,gigantesque e/ aussi le foie qui envahit presque t\te la cavit viscrale1 gigantesque la tte presque aussi grosse que le re/e du corps2 et dans cette gigantesque tte se =m5t les vsicules oculaires primitives qui sont galem5t normes1 comme e/ norme la vsicule ombilicale4 ,c'e/ la priode incohr5te et mon/rueuse qui correspond l'poque de dm5ce et de gigantisme o la nature1 encore inexprim5te1 bau*ait aveuglm5t des tres inc]ta9s1 =midables1 htroclites1 dsquilibrs1 la fois oiseaux1 crocodiles1 lphants et poissons1 comme si elle n'avait pas encore pris son p>ti1 opr ses classifications1 dgag ses lois et acquis le s5s des proportions1 de la mesure et des conditions ess5tielles au ma9ti5 de la vie qu'elle crait4 99 99 99 99 99 ,voil1 en gros1 la rcapitulation qui se passe s\s nos yeux2 mais dont1 sans d\te1 beauc\p d'incid5ts n\s *app5t ou ne fix5t pas assez notre att5tion1 c> il e/ possible qu'ils reproduis5t des =mes que n\s ne connaissons pas1 qui n'ont mme pas laiss de traces gologiques1 att5du que le nombre des espces disp>ues e/ inf9im5t plus gr& que celui des espces que n\s connaissons4 ,le docteur ,hlan ,jaworski peut donc trs ju/em5t affirm] que la priode embryonnaire correspond la priode gologique4 ,et de mme que dans la gr&e volution t]re/re1 n\s voyons disp>atre peu peu les poissons cuirasss1 les mon/rueux reptiles1 les gigantesques mammifres1 dans la petite volution embryonnaire1 n\s voyons se diss\dre le re9 primitif1 la corde dorsale1 la vsicule ombilicale1 le foie dim9u]1 la disproportion de la tte au re/e du corps s'amo9drir1 en un mot la nature s'assagir1 reconnatre ses torts1 pr(it] de son expri5ce1 rp>] de son mieux ses erreurs et1 peu peu1 acqurir le s5s de l'quilibre1 de l'conomie et de la mesure4 ,entre la priode gologique qui correspond l'app>ition de l'homme sur la t]re et la naissance de l'enfant1 le docteur ,jaworski tr\ve d'autres analogies +nieuses mais un peu plus risques4 ,l'acc\*em5t e/1 en effet1 prcd d'un dluge en m9iature caus p> le d*irem5t des enveloppes foetales qui laiss5t *app] le liquide amniotique4 ,puis1 l'enfant1 au mom5t o il entre dans la vie1 connat brusquem5t une sorte de priode glaciaire4 ,il passe1 en effet1 d'un milieu o rgne une temprature de plus de tr5te-sept degrs1 l'air extrieur qui en compte pe9e seize ou dix-huit4 ,l'impression de froid e/ si t]rible qu'elle arra*e au n\veau-n son premi] cri de d\leur4 99 99 99 99 99 ,quelle e/ la signification de cette trange rcapitulation8 ,le docteur ,jaworski e/ d'avis que si la petite volution embryonnaire qui prp>e la naissance de l'homme1 rpte la gr&e volution t]re/re1 cette d]nire ne s]ait de son ct qu'une va/e priode embryonnaire qui prp>]ait une naissance qu'on ne peut pas encore imag9]4 ,je ne sais s'il russira tay] suffisamm5t cette gigantesque hypo?se4 ,s'il y p>vi5t1 il n\s aura rellem5t fait faire1 a9si qu'il le promet1 un pas dans l'ess5ce des *oses4 ,en att5dant1 p> ses travaux prp>atoires1 il n\s aura t\j\rs fait faire un autre pas trs utile1 v]s une vrit1 inconte/able1 cette fois1 qui1 p\r tre mo9s inatt5due n'a jamais t mise en lumire avec autant de pati5ce et n'e/ pas mo9s grosse de consqu5ces4 99 99 99 99 99 ,le docteur ,jaworski entrepr5d donc de dmontr] que le corps de l'homme runit en lui1 nettem5t reconnaissables1 t\s les tres vivants qui exi/5t actuellem5t sur cette t]re et qui y ont exi/ depuis l'orig9e de la vie4 ,en d'autres t]mes1 *aque tre rsume en lui t\s ceux qui l'ont prcd2 et l'homme1 le d]ni] v5u1 r5f]me l',arbre biologique t\t enti]1 tel po9t que si l'on dissociait son corps1 si l'on p\vait sp>] *acun de ses organes et les ma9t5ir isolm5t en vie1 on p>vi5drait recon/itu] t\tes les =mes exi/antes1 repeupl] la t]re de t\tes les espces qu'elle a portes1 depuis le protoplasme primitif jusqu' cette syn?se1 cet ab\tissem5t que n\s sommes4 ,on p\rrait all] plus lo9 et affirm]1 comme le font les occulti/es ori5taux1 que n\s r5f]mons galem5t en n\s1 en g]me ou l'tat d'bau*e1 t\s les tres1 t\tes les =mes qui vi5dront aprs n\s4 ,mais ici n\s quitt]ions la sci5ce proprem5t dite p\r n\s g>] dans une hypo?se naturellem5t invrifiable4 99 99 99 99 99 ,a9si donc1 ce n'e/ pas seulem5t au figur1 comme le press5tait le langage c\rant qu& il p>le de l'arbre vasculaire1 des rameaux n]veux1 de la grappe ov>i5ne1 ce n'e/ pas seulem5t p> analogie mais au pi$ de la lettre et dans t\te la rigueur sci5tifique que notre coeur n'e/ au fond qu'une mduse1 que nos re9s sont des ponges1 que nos inte/9s reprs5t5t les polypes et notre squelette les polypi]s1 que nos organes reproducteurs sont des v]s ou des mollusques1 que la colonne v]tbrale et la moelle p9ire remplac5t les *9od]mes1 t&is que les bra*iopodes et les ctnophores r5atrai5t de notre oeil1 que les reptiles se retr\v]ai5t dans notre app>eil dige/if et les oiseaux dans notre app>eil respiratoire2 et a9si de suite4 ,je le rpte1 il ne s'agit pas ici de mtaphores et de correspondances plus ou mo9s approximatives1 la/iques et plausibles1 mais de con/atations rig\reusem5t et mticuleusem5t tablies4 ,je ne puis naturellem5t v\s mettre s\s les yeux les dtails de la dmon/ration du docteur ,jaworski4 ,elle ne saurait admettre la mo9dre solution de cont9uit1 et1 trav]s les trois volumes publis jusqu'ici1 n\s mne des conclusions qu'il e/ bi5 difficile de conte/]4 ,on affirmait sans trop y croire et sans y reg>d] de trop prs que l'homme e/ un microcosme4 ,il semble bi5 pr\v auj\rd'hui que ce n'e/ pas seulem5t littrairem5t df5dable1 mais sci5tifiquem5t exact4 ,n\s sommes une colonie prhi/orique1 imm5se et innombrable1 une agglomration vivante de t\t ce qui vit1 a vcu et probablem5t vivra sur la t]re4 ,n\s ne sommes pas seulem5t les fils ou les frres des v]s1 des reptiles1 des poissons1 des batraci5s1 des oiseaux1 des mammifres ou de n'importe quel mon/re qui a s\ill ou p\vant la surface du globe2 n\s les portons en n\s1 nos organes ne sont qu'eux1 n\s en n\rrissons t\s les types1 ils n'att5d5t qu'une occasion p\r s'vad] de n\s1 rep>atre1 se recon/itu]1 se dvelopp] et n\s replong] dans la t]reur4 ,a leur propos1 aussi ju/em5t qu' propos des p5ses secrtes1 des vices et des fantmes qui n\s peupl5t1 on p\rrait rpt] le mot que le vieill>d d',em]son disait ses enfants affols p> une trange figure dans la sombre entre3 ,mes enfants1 v\s ne v]rez jamais ri5 de pire que v\s-mmes6 ,si t\tes les espces disp>aissai5t et que seul l'homme subsi/t1 aucune ne s]ait p]due et t\tes p\rrai5t r5atre de son corps1 comme si elles sortai5t de l',ar*e de ,no1 depuis le protozoaire presque invisible1 jusqu'aux =midables colosses d'avant le dluge qui l*]ai5t les toits de nos maisons4 ,il e/ donc assez probable que t\tes ces espces pr5n5t "p notre exi/5ce1 nos in/9cts1 t\s nos s5tim5ts1 t\tes nos p5ses2 et n\s voici une fois de plus ram5s aux gr&es religions de l',inde qui avai5t press5ti t\tes les vrits que n\s dc\vrons peu peu et1 il y a des milli]s d'annes1 n\s affirmai5t dj que l'homme e/ t\t et doit reconnatre son ess5ce en t\t tre vivant4 ,,xv ,l',h,r,,dit ,,et ,,la ,,pr,,exi/5ce ,il y a dans la loi de l'hrdit qui veut que les desc5dants s\ffr5t des fautes et pr(it5t des v]tus de leurs anctres des vrits qui ne sont plus conte/es4 ,elles clat5t t\s les yeux4 ,le fils d'un alcoolique port]a t\te sa vie1 de sa naissance sa mort1 dans sa *air et dans son esprit1 le poids du vice pat]nel4 ,on dirait que p> cet exemple irrcusable1 la nature a v\lu affirm] et manife/] avec o/5tation le c>actre implacable de sa loi2 comme p\r n\s faire ent5dre qu'elle ne ti5t aucun compte de nos notions du ju/e et de l'inju/e et agit selon le mme pr9cipe dans t\tes les tnbreuses circon/ances o n\s ne p\vons suivre les inextricables dt\rs de sa volont4 ,il n'y aurait que cet exemple1 qu'il suffirait m>qu] d'infamie cette volont inhuma9e4 ,il n'y a pas de loi qui rpugne davantage notre raison1 notre s5s des responsabilits1 qui altre plus pr(ondm5t notre confiance l'univ]s et l'esprit inconnu qui le dirige4 ,de t\tes les inju/ices de la vie1 voici la plus criante1 la mo9s comprh5sible4 ,n\s tr\vons des excuses ou des explications la plup>t des autres2 mais qu'un enfant qui vi5t de natre1 qui n'a pas dem& natre1 soit1 ds la premire gorge d'air qu'il aspire1 frapp d'une d*ance irrmdiable1 d'une condamnation froce1 irrvocable et de maux qu'il tran]a jusqu'au tombeau1 il n\s semble qu'aucun des tyrans les plus odieux que l'hi/oire ait maudits n'aurait os faire ce que la nature fait paisiblem5t *aque j\r4 ,mais portons-n\s vraim5t le poids de la faute des morts8 ,d'abord1 e/-il bi5 sr que les morts soi5t rellem5t morts et ne demeur5t plus en n\s8 ,il e/ c]ta9 que n\s les prolongeons1 que n\s sommes la p>tie durable de ce qu'ils fur5t4 ,n\s ne saurions ni] que n\s subissons encore leur influ5ce1 que n\s reproduisons leurs traits et leur c>actre1 que n\s les reprs5tons presque t\t enti]s1 qu'ils cont9u5t de vivre et d'agir en n\s2 il e/ donc assez naturel qu'ils cont9u5t galem5t de support] les consqu5ces d'une action ou d'une faon de vivre que leur d"p n'a pas int]rompue4 ,mais1 dira-t-on1 je n'ai pas p>ticip cette action1 cette habitude1 ce vice que je paie auj\rd'hui4 ,je n'ai pas t consult1 je n'ai pas eu l'occasion d'lev] la voix1 de ret5ir sur la p5te fatale mon pre ou mon aeul qui se p]dait4 ,je n'tais pas n1 je n'exi/ais pas encore4--,qu'en savons-n\s8--,n'y aurait-il pas1 dans l'ide que n\s n\s faisons de l'hrdit1 une erreur fondam5tale8 ,a l'un des b\ts du flau de la balance que n\s accusons d'inju/ice1 p5d l'hrdit2 mais l'autre b\t pse autre *ose dont on n'a jamais t5u compte1 c> elle n'a pas encore de nom1 qui e/ le contraire de l'hrdit1 qui plonge dans l'av5ir au lieu de sortir du pass et qu'on p\rrait appel] la prexi/5ce ou la prnatalit4 ,de mme que nos morts viv5t t\j\rs en n\s1 n\s vivons dj dans nos morts4 ,il n'y a aucune raison de croire que l'av5ir1 qui e/ ple9 de vie1 soit mo9s actif et mo9s puissant que le pass qui e/ ple9 de morts4 ,au lieu de le desc5dre1 ne faudrait-il pas remont] le c\rs des ans p\r retr\v] la s\rce de nos actes8 ,n\s ignorons de quelle faon ceux qui1 jusqu'aux d]nires gnrations1 natront de n\s1 viv5t dj en n\s2 mais il e/ c]ta9 qu'ils y viv5t4 ,quel que soit1 dans la suite des ges1 le nombre de nos desc5dants1 quelles que soi5t les trans=mations que leur fass5t subir les lm5ts1 les climats1 les t]roirs et les sicles1 ils g>d]ont intacts1 trav]s t\tes les vicissitudes1 le pr9cipe de vie qu'ils ont tir de n\s4 ,ils ne l'ont pas pris ailleurs ou ne s]ai5t pas ce qu'ils sont4 ,ils sont rellem5t sortis de n\s2 et s'ils en sont sortis1 c'e/ que d'abord ils s'y tr\vai5t4 ,que faisai5t donc en n\s ces innombrables vies accumules8 ,e/-il p]mis de prt5dre qu'elles y demeurai5t absolum5t inactives8 ,quelles tai5t leurs fonctions1 leur puissance8 ,qu'e/-ce qui les sp>ait de n\s8 ,o comm5cions-n\s1 o f9issai5t-elles8 ,a quel po9t se mlai5t aux ntres leurs p5ses et leur volont8 ,elles n'avai5t pas encore de c]veau1 direz-v\s1 comm5t p\vai5t-elles p5s] et agir en n\s8 ,il e/ vrai1 mais elles avai5t le ntre4 ,les morts sont galem5t privs de c]veau2 nanmo9s p]sonne ne conte/e qu'ils cont9u5t de p5s] et d'agir en n\s4 ,ce c]veau dont n\s sommes si fi]s1 n'e/ pas la s\rce1 mais le cond5sateur de la p5se et de la volont4 ,comme la b\teille de ,leyde ou la bob9e de ,rhumkorff1 il n'exi/e et ne s'anime que durant le temps qu'y passe ou qu'y rside le fluide lectrique de la vie4 ,il ne produit pas ce fluide1 il le recueille2 ce qui importe1 ce n'e/ po9t ses circonvolutions1 comp>ables aux fils d'une bob9e d'induction1 mais la vie qui le p>c\rt2 et que peut tre cette vie1 s9on le total de t\tes les exi/5ces que n\s accumulons en n\s1 qui ne s'teign5t pas notre mort1 comm5c5t avant notre naissance et n\s prolong5t1 en avant et en arrire1 dans l'inf9i du temps8 ,on a p>fois1 dans des tudes ou des romans1 essay de mettre en scne ces vies div]ses que n\s hb]geons2 et *acun de n\s1 s'il s'int]roge s9crem5t et pr(ondm5t1 dc\vrira en soi deux ou trois types trs nets1 qui n'ont de commun que le corps o ils sj\rn5t1 ne s'ent5d5t gure entre eux1 lutt5t sans cesse p\r avoir le dessus et s'arrang5t comme ils peuv5t af9 d'all] jusqu'au b\t d'une exi/5ce dont l'ensemble =me notre moi4 ,ce moi s]a bon ou mauvais1 rem>quable ou insignifiant1 plus ou mo9s g/e ou gnreux1 inquiet ou tranquille1 pacifique ou belliqueux1 hroque ou pusillanime1 hsitant ou dcid et entrepr5ant1 sauvage ou raff91 f\rbe ou loyal1 actif ou p>esseux1 *a/e ou lubrique1 mode/e ou vaniteux1 fi] ou obsquieux1 9gal ou con/ant1 selon l'autorit que saura pr5dre sur les autres le type qui s'emp>]a des meilleures positions du coeur ou du c]veau4 ,mais mme dans l'exi/5ce en app>5ce la plus /able1 la plus une1 la mieux quilibre1 cette autorit ne s]a jamais inconte/e ni df9itive4 ,le type dom9ant se v]ra t\j\rs discut1 attaqu1 inquit1 circonv5u1 h>cel1 contr>i1 sollicit1 tromp1 trahi et p>fois s\rnoisem5t dtrn p> un des types rivaux ou subalt]nes1 dont il ne se mfiait pas ou qu'il ne surveillait plus assez troitem5t4 ,il y a des coalitions inatt5dues1 des compromis biz>res1 des dfections regrettables1 des comptitions1 des intrigues incessantes1 de vritables c\ps d'tat1 notamm5t aux ges critiques et *aque vnem5t important2 et t\te cette tragdie intime et prodigieuse ne s'arrte un mom5t qu' l'in/ant de la mort4 ,mais encore une fois1 p\rquoi *]*] uniquem5t dans le pass et p>mi les anctres1 les acteurs de ce drame qui e/ le drame huma9 p> excell5ce8 ,qu'e/-ce qui n\s p]met de suppos] que les morts seuls y ti5n5t t\s les rles8 ,p\rquoi ceux dont n\s sommes sortis aurai5t-ils plus d'influ5ce que ceux qui sortiront de n\s8 ,les premi]s sont lo9 de notre corps1 d'insondables my/res les en sp>5t1 et leur survivance peut tre mise en d\te2 les autres habit5t notre *air et leur exi/5ce ne saurait tre conte/e4 ,n\s v5ons de voir que l'argum5t que l'on tire de l'abs5ce de t\t c]veau n'e/ pas inv9cible4 ,mais1 aj\t]a-t-on peut-tre1 comm5t v\lez-v\s que1 n'ayant pas encore vcu1 ils puiss5t avoir des habitudes1 des v]tus et des vices1 des prfr5ces et une expri5ce1 en un mot1 t\t ce qui con/itue un c>actre et ne s'acqui]t qu'au contact de la vie8 ,mais la mme objection1 dans la plup>t des cas1 p\rrait tre faite au sujet des anctres4 ,en gnral1 qu& n\s sommes sortis d'eux1 ils tai5t encore jeunes1 ils n'tai5t pas encore ce qu'ils sont dev5us et ce que n\s dev5ons d'aprs eux4 ,ils n'avai5t pas encore pris les habitudes1 la manire de p5s] ou de s5tir1 cultiv les v]tus ou les vices que n\s reproduisons4 ,le petit b\rgeois maniaque1 conome1 circonspect et mesqu9 que n\s s5tons en n\s1 tait peut-tre encore un jeune homme prodigue1 ard5t et inconsidr2 le dbau* tait peut-tre *a/e1 le voleur n'avait jamais vol et l'assass9 p\vait avoir horreur du sang4 ,t\t e/ peu prs galem5t immatriel1 et virtuel dans les deux cas2 il ne s'agit ici que de t5dances et de =ces amorphes auxquelles le c]veau que n\s t5ons des uns1 que n\s passons aux autres1 donne une =me4 ,il e/ donc =t possible que le petit b\rgeois1 le dbau*1 le voleur ou l'assass91 lo9 d'tre morts1 ne soi5t pas encore ns et pr5n5t une "p aussi active que nos anctres aux agitations et p>fois la direction de notre vie4 ,c'e/ ce qu'ont t\j\rs press5ti ou rvl1 le t5ant peut-tre d'une s\rce inconnue et plus haute1 les religions les plus anci5nes et les plus vnrables de l'humanit1 dont le *ri/ianisme et son dogme du p* orig9el ne sont qu'une rplique incomplte4 ,auj\rd'hui encore1 plus de six c5ts millions d'hommes croi5t la prexi/5ce des mes1 aux vies successives et la rinc>nation4 ,aux yeux de ces religions1 le petit b\rgeois qui n\s procra1 il y a plusieurs sicles1 e/ le mme qui1 un peu mo9s mesqu91 un peu mo9s born1 amlior p> sa vie antrieure et le passage trav]s les my/res de la mort1 att5d en n\s le mom5t de r5atre et1 en l'att5dant1 se mle nos in/9cts1 nos s5tim5ts1 nos p5ses4 ,il n'y att5d pas seul2 il n'e/ qu'une vie dans la f\le des vies qui n\s ont prcds et vi5n5t revivre en n\s2 et t\tes ces vies passes et futures =m5t l'ensemble de la ntre4 ,n\s ne discut]ons pas ici cette doctr9e des exi/5ces successives et de la rinc>nation expiatrice et purificatrice1 qui e/ l'explication la plus haute et1 jusqu' ce j\r1 la seule acceptable qu'on ait tr\ve aux inju/ices de la nature4 ,en l'tat prs5t de nos connaissances1 elle ne peut tre qu'une hypo?se magnifique ou une affirmation qu'il e/ impossible de pr\v]4 ,ne quittons pas le t]ra9 inconte/able o se tr\v5t l'hrdit et la prexi/5ce4 ,l'hrdit e/ un fait acquis1 une vrit exprim5tale1 la prexi/5ce e/ une ncessit logique4 ,on ne saurait1 en effet1 concevoir que ce qui natra de n\s1 dj n'exi/e pas en n\s1 en fait1 en pr9cipe1 en g]me1 en ess5ce ou en puissance2 et1 ds lors qu'il exi/e d'une faon probablem5t plus spirituelle que matrielle1 il e/ bi5 mo9s surpr5ant qu'il porte plus ou mo9s la responsabilit de p5ses et d'actes auxquels il ne saurait tre entirem5t trang]4 ,en t\t cas1 l'hrdit inconte/able et la prexi/5ce ncessaire n\s rappell5t une fois de plus que *acun de n\s n'e/ pas un tre unique1 isol1 p]man5t1 h]mtiquem5t clos1 indp5dant des autres et sp> de t\t dans l'espace et le temps1 mais un vase poreux plong dans l'inf9i1 une sorte de c>ref\r o se crois5t t\tes les r\tes du pass1 du prs5t et de l'av5ir1 une aub]ge au bord des *em9s t]nels1 o se runiss5t1 p\r y pass] quelques j\rs1 t\tes les vies qui =m5t notre vie4 ,n\s n\s croyons morts qu& elles quitt5t l'aub]ge1 et n\s n\s imag9ons qu'elles priss5t aussi4 ,il e/ plus vraisemblable qu'il n'en e/ ri54 ,elles ab&onn5t simplem5t l'htell]ie dlabre p\r s'in/all] dans une maison n\velle et plus habitable4 ,elles y emport5t leurs crances et leurs dettes1 y emmnag5t leurs habitudes1 leurs in/9cts1 leurs ides1 leurs passions1 leurs mrites1 leurs fautes1 leurs acquisitions et leurs s\v5irs4 ,la maison e/ *ange1 mais les htes sont les mmes et l'exi/5ce d'autrefois repr5dra son c\rs dans la demeure n\velle1 peut-tre un peu plus haute1 peut-tre un peu plus belle1 peut-tre un peu plus claire444 ,,xvi ,,la ,,gr&e ,r,v,,lation ,i ,n\s dsesprons de connatre jamais l'orig9e de l'univ]s1 son b1 ses lois1 ses int5tions1 et n\s f9issons p> d\t] qu'il en ait4 ,il s]ait plus sage de trs humblem5t n\s dire que n\s ne sommes pas mme de les concevoir4 ,il e/ probable que s'il n\s livrait dema9 la clef de son nigme1 n\s s]ions1 autant qu'un *i5 qui l'on montre la clef d'une horloge1 incapable d'en compr5dre l'usage4 ,en n\s rvlant son gr& secret1 il ne n\s appr5drait presque ri51 ou du mo9s cette rvlation n'aurait qu'une influ5ce insignifiante sur notre vie1 notre bonheur1 notre morale1 nos ef=ts et nos esprances4 ,elle plan]ait de telles hauteurs que p]sonne ne l'ap]cevrait2 t\t au plus db>rass]ait-elle le ciel de nos illusions religieuses1 ne laissant1 la place qu'elles y occupai5t1 que le vide inf9i de l'!r4 99 99 99 99 99 ,il n'e/ pas dit1 du re/e1 que n\s ne possdions pas cette rvlation4 ,il e/ =t possible que les religions de peuples disp>us1 ,lmures1 ,atlantes et beauc\p d'autres1 l'ai5t connue2 et que n\s en retr\vions les dbris dans les traditions sotriques p>v5ues jusqu' n\s4 ,il ne faut pas oubli]1 en effet1 qu' ct de l'hi/oire extrieure et sci5tifique1 exi/e une hi/oire secrte de l'humanit qui tire sa sub/ance de lg5des1 de my!s1 d'hiroglyphes1 de monum5ts tranges1 d'crits my/rieux1 du s5s ca* des livres primitifs4 ,il e/ c]ta9 que si l'imag9ation des int]prtes de cette hi/oire occulte e/ s\v5t has>deuse1 t\t ce qu'ils affirm5t n'e/ pas ddaign] et mrit]ait d'tre un j\r exam9 plus srieusem5t qu'on ne l'a fait jusqu'ici4 ,l'ess5tiel de cette rvlation sotrique e/ =t bi5 rsum p> ,m4 ,m>c ,sauni]1 disciple de ,fabre d',olivet et de ,sa9t-,yves d',alveydre1 dans son livre3 la ,lg5de des ,symboles4 ,les ,initis1 dit-il1 ont t\j\rs considr *aque cont95t comme un tre s\mis aux mmes lois que l'homme4 ,p\r eux1 les m9raux en con/itu5t l'ossature1 la flore1 la *air1 la faune1 les cellules n]veuses1 et les races huma9es1 la sub/ance grise du c]veau4 ,ce cont95t ne s]ait lui-mme qu'un organe de la t]re dont *aque homme s]ait une cellule p5sante1 et dont la totalisation des p5ses huma9es exprim]ait la p5se4 ,la t]re elle-mme ne s]ait qu'un organe du sy/me solaire considr son t\r comme individu1 et notre sy/me solaire ne s]ait lui aussi qu'un organe d'un autre tre de l'inf9i1 dont l'toile ,alpha du ,bli] manife/]ait le coeur4 ,et enf91 p> une d]nire syn?se1 on arrive au ,cosmos qui exprime la totalisation gnrale de t\t1 en un tre dont le corps e/ le monde1 et la p5se1 l'intellig5ce univ]selle1 div9ise p> les religions4 99 99 99 99 99 ,le fond de leur doctr9e e/ nettem5t volutionni/e4 ,*aque cont95t n'a fait que trans=m] son heure1 et selon son idal1 les g]mes issus des t]res hyp]borennes1 et l'homme n'e/ que le rsultat d'une volution animale4 ,ils l'emprunt5t d'ailleurs presque totalem5t aux ,h9d\s et prcd5t a9si de plusieurs milli]s d'annes les d]nires hypo?ses de notre sci5ce actuelle4 ,mais1 sans n\s att>d] dans ces sables m\vants1 allons directem5t aux s\rces claires et sres4 ,n\s possdons1 en effet1 dans les livres sacrs et secrets de l',inde1 dont n\s ne connaissons d'ailleurs qu'une infime p>tie1 une cosmogonie qu'aucune p5se europenne n'a jamais dpasse4 ,il ne s]ait pas ju/e de dire que du premi] c\p elle atteignit les d]nires limites o l'intellig5ce de l'homme puisse se has>d] sans se diss\dre dans l'inf9i1 c> elle e/ l'oeuvre de sicles dont n\s ne savons pas le nombre2 mais il e/ inconte/able qu'elle prcde t\tes les autres1 que sa naissance e/ antrieure t\t ce que n\s connaissons1 et qu' l'orig9e de t\t1 elle e/ alle au del de t\t ce que n\s avons appris et de t\t ce que n\s p\vons imag9] de plus gr&4 99 99 99 99 99 ,la premire1 p> exemple1 bi5 avant nos temps hi/oriques1 elle a su n\s donn] une ide concrte et v]tig9euse de l'inf9i du temps4 ,le livre de ,man\ n\s appr5d que d\ze mille annes des mortels ne reprs5t5t p\r les dieux qu'un j\r et une nuit2 leur anne compose de trois c5t soixante j\rs compte donc quatre millions trois c5t mille ans4 ,mille annes des dieux ne =m5t leur t\r qu'un seul j\r de ,brahma1 c'e/--dire quatre milli>ds trois c5t v+t millions d'annes huma9es1 reprs5tant la vie totale de notre globe2 et la nuit de ,brahma e/ d'gale dure4 ,trois c5t soixante de ces j\rs et nuits font une anne de ce dieu1 et c5t de ces annes con/itu5t une de ses vies1 c'e/--dire la dure de l'univ]s reprs5te p> le *iffre =midable de trois c5t onze mille et qu>ante milli>ds d'annes4 ,aprs quoi1 il recomm5ce une autre vie4 ,en ce mom5t1 n\s n'avons pas encore atte9t le midi du j\r actuel de ,brahma1 ni la moiti de la vie de notre globe t]re/re4 ,p\r complt] cette esquisse de l'imm5se *ronologie vdique1 je cont9ue de me s]vir des notes que veut bi5 me confi] mon filleul de gu]re qui possde fond cette sci5ce trop nglige4 ,on v]ra du re/e que *ronologie et cosmogonie sont ici intimem5t lies4 ,la j\rne de ,brahma 7quatre milli>ds trois c5t v+t millions d'annes7 se dcompose en quatorze vies de ,man\1 dont sept ,manvant>as et sept ,pralayas alt]natifs4 ,le mot ,manvant>a veut dire int]valle entre deux ,man\s3 l'un de ceux-ci app>at l'aurore et l'autre au crpuscule de cette priode d'activit t]re/re4 ,le ,man\ mat9al donne son nom au ,manvant>a1 et le ,man\ vespral prside au ,pralaya1 c'e/--dire la priode de dissolution1 ou de /atu quo ngatif1 mort1 sommeil ou in]tie selon le cas1 qui sp>e deux vagues de vie4 ,l'volution univ]selle e/ une *ane sans comm5cem5t ni f9 dont *aque anneau app>at et disp>at t\r t\r dans notre *amp de consci5ce4 ,brahma lui-mme ne meurt que p\r r5atre4 ,mais p\r le s\v]a9 des mondes comme p\r un a/re quelconque ou p\r le d]ni] des tres organiques1 il n'y a de mort et de dissolution qu'au po9t de vue individuel4 ,l'obscurit e/ la ranon de la lumire1 le soir comp5se le mat91 la vieillesse e/ le prix de la jeunesse et la mort le rev]s de la vie4 ,en ralit cep5dant1 t\te volution e/ cont9uelle en mme temps que discont9ue2 les ,manvant>as et ,pralayas sont la fois simultans et successifs2 *aque vie individuelle e/ eng5dre p> son d\ble lm5tal et eng5dre son d\ble rsidual4 ,t\t dcl9 de vie dans un lieu donn concide avec une croissance d'tre dans un lieu correspondant et se p\rsuit p> une r5aissance en un lieu n\veau4 ,au fond1 il n'y a pas de vie individuelle4 ,n\s sommes la fois n\s-mme et un autre1 n\s-mme et plusieurs autres1 n\s-mme et t\s les autres1 n\s-mme et l'univ]s1 n\s-mme et l'inf9i4 ,l'volution de notre globe t]re/re e/ un cycle inf9itsimal de cette volution univ]selle1 correspondant seulem5t un j\r et une nuit de ,brahma et se divise en quatorze cycles composs *acun d'un ,manvant>a et d'un ,pralaya4 ,le cycle de l'volution organique sur notre globe solidifi reprs5te une seule de ces subdivisions1 c'e/--dire que le rayon de la sphre organique n'e/ qu'un quatorzime du rayon de la sphre m9rale4 ,l'volution m9rale e/ videmm5t cont9ue1 de la =mation la dissolution du globe4 ,si1 entre les priodes d'activit gologiques1 il exi/e un ,pralaya quelconque1 celui-ci1 en dpit de l'tymologie du mot1 doit tre1 non pas une dissolution p>faitem5t inconcevable au po9t de vue logique et sci5tifique1 mais une priode d'in]tie ou de ral5tissem5t1 dont l'hypo?se e/ trs admissible1 et dont les priodes glaciaires surv5ues au c\rs mme du ,manvant>a actuel n\s (fr5t un exemple4 ,dans les cycles antrieurs de ,man\1 la t]re a pass successivem5t p> les div]s tats de cond5sation que la sci5ce considre comme igns et qui correspond5t l'volution lm5taire1 ?re1 gazeuse et liquide4 ,p5dant ces longues priodes1 la vie actuelle exi/ait en pot5tialit dans l'me de la t]re et en ralit sur d'autres globes que le ntre4 ,mais ne p\ssons pas plus lo9 cette esquisse dont la complication devi5drait inextricable4 ,rappelons simplem5t cette magnifique doctr9e de la rinc>nation qui1 t\tes les que/ions du ju/e et de l'inju/e1 immortelle torture des mortels1 e/ la rponse la plus anci5ne1 la seule dcisive et sans d\te la plus plausible2 et son corollaire1 cette loi du ,k>ma comme le dit si bi5 mon filleul1 la plus admirable des dc\v]tes morales3 elle reprs5te la lib]t ab/raite1 et suffit affran*ir la volont huma9e de t\t tre suprieur ou mme inf9i4 ,n\s sommes nos propres crateurs et les seuls matres de notre de/92 nul autre que n\s-mme ne n\s rcomp5se ou ne n\s punit2 il n'y a pas de p*1 mais seulem5t des consqu5ces2 il n'y a pas de morale1 mais seulem5t des responsabilits4 ,or1 le ,b\ddha enseignait qu'en v]tu mme de cette loi s\v]a9e1 l'individu doit r5atre p\r moissonn] ce qu'il a sem3 cette c]titude de r5aissance suffisait neutralis] l'horreur de la mort4 99 99 99 99 99 ,t\t cela n'e/-il qu'imag9aire1 rves de c]veaux plus ard5ts que les ntres1 halluc9ations d'asctes qu't\rdiss5t le jene et l'immobilit ou *os de traditions immmoriales laisses p> d'autres races ou des tres antrieurs l'homme et plus spirituels8 ,il e/ impossible de s'en r5dre compte1 mais quelle qu'en soit l'orig9e1 il e/ c]ta9 que le monum5t1 dont n\s n'avons entrevu qu'un angle de la base1 e/ prodigieux et n'a pas l'air huma94 ,t\t ce qu'on peut dire1 c'e/ que nos sci5ces mod]nes1 notamm5t l'ar*ologie1 la gologie et la biologie1 confirm5t plus qu'elles n'infirm5t l'une ou l'autre de ces rvlations4 99 99 99 99 99 ,mais l n'e/ pas1 p\r l'in/ant1 la "q4 ,admettons que l'une d'elles1 celle des livres sacrs de l',inde1 p> exemple1 soit vraie1 inconte/able et sci5tifiquem5t tablie p> nos re*]*es1 ou qu'une communication int]plantaire ou une dcl>ation d'un tre surhuma9 ne p]mette plus de d\t] de son au!nticit3 quelle influ5ce une telle rvlation aura-t-elle sur notre vie8 ,qu'y trans=m]a-t-elle1 quel lm5t n\veau apport]a-t-elle notre morale1 notre bonheur8 ,sans d\te =t peu de *ose4 ,elle pass]a trop haut1 elle ne desc5dra pas jusqu' n\s1 elle ne n\s t\*]a po9t1 n\s n\s p]drons en son imm5sit1 et1 au fond1 sa*ant t\t1 n\s ne s]ons ni plus heureux ni plus savants que lorsque n\s ne savions ri54 ,ne pas savoir ce qu'il e/ v5u faire sur cette t]re1 voil le gr& et l't]nel t\rm5t de l'homme4 ,or1 il faut bi5 se dire que la vrit vraie de l'univ]s1 si n\s l'appr5ons quelque j\r1 s]a probablem5t assez semblable l'une ou l'autre de ces rvlations qui1 ayant l'air de n\s appr5dre t\t1 ne n\s appr5n5t ri54 ,elle aura du mo9s le mme c>actre inhuma94 ,il faudra bi5 qu'elle soit aussi illimite dans l'espace et le temps1 aussi abyssale1 aussi trangre nos s5s et notre c]veau4 ,plus la rvlation s]a imm5se et haute1 plus elle aura *ance d'tre vraie2 mais plus aussi elle s'loign]a de n\s1 mo9s elle n\s intress]a4 ,n\s ne p\vons gure espr] de sortir de ce dilemme dc\rageant3 les rvlations1 les explications ou les int]prtations trop petites ne n\s satisf]ont po9t p>ce que n\s les press5tirons insuffisantes1 et celles qui s]ont trop gr&es pass]ont trop lo9 de n\s p\r n\s atte9dre4 ,,ii ,il s]ait cep5dant s\haitable que cette rvlation des livres sacrs de l',inde ft au!ntique et que notre sci5ce encore si troite1 si petite1 si timide et si incohr5te1 confirmt peu peu1 comme du re/e elle le fait *aque j\r son insu1 c]ta9s po9ts p>s dans l'imm5sit sans bornes de cette immmoriale vrit4 ,elle aurait en t\t cas1 mme si elle ne p>v5ait pas n\s atte9dre directem5t1 l'avantage d'l>gir l'inf9i notre horizon plus born qu'on ne croit2 de jalonn] cet inf9i de repres magnifiques1 de l'anim]1 de le peupl]1 de lui donn] d'admirables visages1 de le r5dre vivant1 s5sible et presque comprh5sible4 ,n\s savons t\s que n\s vivons dans l'inf9i2 mais cet inf9i p\r n\s n'e/ qu'un mot sec et nu1 un vide noir et inhabitable1 une ab/raction sans =me1 une expression morte que notre imag9ation ne ranime un mom5t qu'au prix d'un ef=t fatigant1 solitaire1 inhabile1 inassi/1 +rat et infructueux4 ,en fait1 n\s n\s t5ons cantonns dans notre monde t]re/re et dans nos petits temps hi/oriques1 et t\t au plus levons-n\s p>fois les yeux v]s les plantes de notre sy/me solaire et p\ssons-n\s notre p5se1 d'avance dc\rage1 jusqu'aux poques nbuleuses qui prcdr5t l'arrive de l'homme sur notre globe4 ,de plus en plus1 dlibrm5t1 n\s t\rnons sur n\s-mmes t\te l'activit de notre intellig5ce et1 p> une regrettable illusion d'optique1 plus elle rtrcit son *amp d'action1 plus n\s croyons qu'elle l'appr(ondit4 ,nos p5seurs et nos philosophes1 de cra9te de s'g>] comme leurs prdcesseurs1 ne s'intress5t plus qu'aux aspects1 aux problmes1 aux secrets les mo9s conte/ables2 mais s'ils sont les mo9s conte/ables1 ils sont aussi les mo9s hauts1 et l'homme1 en tant qu'animal t]re/re1 devi5t le seul objet de leurs tudes4 ,les savants1 d'autre "p1 accumul5t de petits faits1 de petites obs]vations s\s lesquelles ils t\ff5t et qu'ils n'os5t plus s\lev] ou entr'ouvrir p\r y faire circul] l'air d'une loi gnrale ou d'une hypo?se salutaire1 tant celles qu'ils has>dr5t jusqu' ce j\r fur5t successivem5t et pitoyablem5t dm5ties ou baf\es p> l'expri5ce4 ,nanmo9s1 ils ont raison d'agir comme ils font et de cont9u] leurs inve/igations1 selon leurs troites et svres m?odes2 mais il e/ p]mis de con/at] que plus ils croi5t s'appro*] d'une vrit qui fuit1 plus augm5t5t leurs inc]titudes et leur ds>roi1 plus les assises sur lesquelles ils fondai5t leur confiance leur sembl5t prcaires1 imag9aires et insuffisantes1 et mieux ils se r5d5t compte de l'incomm5surable di/ance qui les sp>e encore du mo9dre secret de la vie4 ,il semble1 comme l'a prophtis l'un des plus illu/res d'entre eux1 le physici5 anglais sir ,william ,grove1 que le j\r appro*e rapidem5t o l'on confess]a que les =ces que n\s connaissons ne sont que les manife/ations phnomnales de ralits au sujet desquelles n\s ne savons ri51 mais que les anci5s connaissai5t et auxquelles ils v\ai5t un culte4 ,,iii ,voil1 en effet1 ce qu'on ne peut s'emp*] de p5s] qu& on tudie quelque peu cette rvlation primitive1 la sagesse d'autrefois et ce qui en a dc\l4 ,l'homme a su plus qu'il ne sait4 ,il ignorait peut-tre l'norme masse de petits dtails que n\s avons obs]vs et classs et qui n\s ont p]mis de dome/iqu] c]ta9es =ces dont il ne songeait pas tir] p>ti2 mais il e/ probable qu'il en connaissait mieux que n\s la nature1 l'ess5ce et l'orig9e4 ,la haute civilisation de l'humanit que l'hi/oire1 en ttonnant1 reporte c9q ou six mille ans avant ,jsus-,*ri/1 e/ peut-tre beauc\p plus anci5ne1 et sans admettre1 comme on l'a affirm1 que les gypti5s ai5t cons]v des ar*ives a/ronomiques durant une priode de six c5t tr5te mille ans1 on peut considr] comme tabli que leurs obs]vations embrassai5t deux cycles de prcession1 deux annes sidrales1 soit c9quante et un mille sept c5t tr5te-six ans4 ,or1 eux-mmes n'tai5t pas des initiateurs1 mais des initis1 et tirai5t t\t ce qu'ils savai5t d'une s\rce plus anci5ne4 ,il en e/ de mme des ,juifs1 en ce qui conc]ne leurs livres primitifs et leur ,kabbale2 et des ,grecs1 p>mi lesquels t\s ceux qui rellem5t n\s apprir5t quelque *ose sur l'orig9e1 et la con/itution de l'univ]s et de ses lm5ts1 sur la nature de la div9it1 de la matire et de l'esprit1 tels qu',orphe1 ,hsiode1 ,py?agore1 ,anaxagore1 ,platon et les ,no-,platonici5s1 tai5t galem5t des initis1 c'e/--dire des hommes qui1 ayant pass p> l'gypte ou p> l',inde1 avai5t puis la mme s\rce unique et immmoriale4 ,nos religions prhi/oriques1 sc&9aves ou g]maniques et le druidisme celte1 celles de la ,*9e et du ,japon1 du ,mexique et du ,pr\1 malgr de nombreuses d=mations1 en drivai5t p>eillem5t2 de mme que notre gr&e mtaphysique occid5tale1 d'avant le matrialisme actuel1 dont la vue e/ un peu basse1 notamm5t les mtaphysiques de ,leibnitz1 de ,kant1 de ,s*ell+1 de ,fi*te1 de ,hegel1 s'en rappro*5t et s'y abreuv5t plus ou mo9s leur insu4 99 99 99 99 99 ,il e/ donc c]ta9 que p> les ,grecs1 p> la ,bible1 p> le ,*ri/ianisme qui en e/ un d]ni] *o1 c> l'auteur de l',apocalypse et sa9t ,paul tai5t des initis1 n\s sommes t\t imprgns de cette rvlation1 qu'il n'y en a pas1 qu'il n'y en eut jamais d'autre1 qu'elle e/ la gr&e rvlation huma9e ou surhuma9e1 et que p> consqu5t il s]ait ju/e et salutaire de l'tudi] plus att5tivem5t et plus pr(ondm5t qu'on ne l'a fait jusqu' ce j\r4 ,,iv ,o e/ la s\rce de cette rvlation8 ,n\s la situons en ,ori5t p>ce que c'e/ dans les livres sacrs de l',inde que se tr\ve presque t\t ce que n\s en connaissons4 ,mais il e/ peu prs c]ta9 qu'elle e/ d'orig9e occid5tale ou plutt hyp]borenne et remonte ces m]veilleux peuples disp>us1 les ,atlantes1 dont les d]nires colonies ,protosy!s florissai5t il y a plus de onze mille ans et dont l'exi/5ce n'e/ plus niable4 ,on n'a pas oubli la page clbre de ,platon3 ,un j\r que ,solon s'entret5ait avec les prtres de ,sas sur l'hi/oire des temps reculs1 l'un d'eux lui dit3 ,o ,solon1 v\s autres ,grecs1 v\s tes t\j\rs enfants4 ,il n'en e/ pas un seul p>mi v\s qui ne soit novice dans la sci5ce de l'antiquit4 ,v\s ignorez ce que fit la gnration de hros dont v\s tes la faible po/rit444 ,ce que je vais v\s racont] remonte neuf mille ans4 ,nos fa/es rapport5t que votre pays a rsi/ aux ef=ts d'une puissance =midable qui1 sortie de la m] ,atlantique1 avait envahi une gr&e p>tie de l',europe2 c>1 p\r lors1 cette m] tait navigable4 ,prs de ses bords tait une le1 vis--vis de l'emb\*ure que v\s nommez les colonnes d',h]cule4 ,on dit que de cette le1 plus t5due que la ,lydie et que l',asie1 il tait facile de se r5dre sur le cont95t4 ,dans cette ,atlantide1 il y avait des rois clbres p> leur puissance qui s't5dait sur les les adjac5tes et sur une p>tie du cont95t4 ,ils rgnai5t1 outre cela1 d'un ct sur la ,lydie jusqu' l'gypte1 et du ct de l',europe jusqu' la ,tyrrhnie444 ,mais il surv9t des tremblem5ts de t]re et des inondations2 et dans l'espace de v+t-quatre heures1 l',atlantide disp>ut4 ,ce passage du ,time e/ la premire lueur que l'hi/oire proprem5t dite ait projete sur l'imm5se *aos des temps antdiluvi5s4 ,les re*]*es et les dc\v]tes mod]nes l'ont confirm po9t p> po9t4 ,comme le dit ,roisel1 qui a consacr aux ,atlantes un livre rem>quable1 mo9s connu que ceux de ,scott ,elliot et de ,rudolf ,/e9]1 et qui ne p]met plus le mo9dre d\te1 il e/ pr\v que bi5 avant les sicles hi/oriques1 les ,atlantes avai5t acquis une sci5ce m]veilleuse dont l'humanit comm5ce pe9e recon/itu] les lm5ts et dont les puissantes paves se retr\v5t dans les ,gaules1 l'gypte1 la ,p]se1 les ,indes et la p>tie c5trale du cont95t amrica94 ,plus de dix mille ans avant notre re1 ils connaissai5t la prcession des qu9oxes1 les modifications si l5tes que plusieurs a/res pr\v5t dans leur c\rs et les mille secrets de la nature4 ,ils avai5t des procds dont l'indu/rie mod]ne n'a pas encore pntr les my/res4 ,il ressort de ces tudes que l'humanit n'pr\va jamais dsa/re comp>able la disp>ition de l',atlantide4 ,il lui faudra peut-tre des milli]s d'annes p\r rp>] cette p]te et remont] au niveau d'une civilisation qui avait sur l'orig9e et les m\vem5ts de l'univ]s1 sur l'n]gie de la matire1 sur les =ces inconnues de ce monde et des autres1 sur la vie d'outre-tombe1 sur l'organisation sociale et l'conomie politique1 comp>ables celle des abeilles1 des c]titudes dont n\s glanons pniblem5t les dbris disp]ss4 ,ri5 ne pr\v]ait mieux l'inutilit de l'ef=t de l'homme que cette p]te 9gale1 si l'on ne s'ef=ait d'espr] malgr t\t4 ,peuple de mtallurgi/es prodigieux qui avai5t dc\v]t la trempe du cuivre que n\s *]*ons encore1 peuple d'+nieurs fabuleux dont la gomtrie1 au dire du pr(esseur ,smy?1 comm5ait l o f9it celle d',euclide1 ils s\levai5t et transportai5t d'normes di/ances1 p> des moy5s my/rieux1 des ro*]s de qu9ze c5ts tonnes et semai5t p> le monde ces fanta/iques pi]res m\vantes1 appeles pi]res folles1 pi]res de vrit1 blocs de c9q c5t mille kilos1 si habilem5t c\*es sur un de leurs angles qu'un enfant peut les m\voir du doigt1 t&is que la p\sse de deux c5ts hommes s]ait incapable de les r5v]s] et qui1 gologiquem5t1 n'app>ti5n5t jamais au sol sur lequel elles se tr\v5t4 ,peuple d'explorateurs qui avai5t p>c\ru et colonis t\te la surface de la t]re1 peuple de savants1 de calculateurs1 d'a/ronomes2 ils sembl5t avoir t avant t\t des rationali/es et des logici5s implacables1 au c]veau p\r a9si dire mtallique1 dont les lobes latraux tai5t beauc\p plus dvelopps que les ntres4 ,ils n'appliquai5t leurs aptitudes incomp>ables qu' l'tude des sci5ces exactes2 et le seul b de leurs ef=ts tait la conqute du vrai4 ,mais l'tude de l'invisible1 et de l'inf9i1 s\s leurs puissants reg>ds devi5t elle-mme une sci5ce exacte2 et l'ide mre de leur cosmogonie1 en v]tu de laquelle t\t sort de l'ocan de la matire cosmique ou des flots sans limites de l't]nel !r p\r y r5tr] bi5tt et p\r en ressortir1 dfigure et sur*>ge de my!s innombrables p> l'imag9ation de leurs desc5dants ou de leurs colons dgnrs1 e/ la base de t\tes les religions2 et il e/ peu probable que l'homme en dc\vre jamais une qui la vaille et la puisse remplac]4 ,v ,c'e/ dans les livres sacrs de l',inde que n\s tr\vons les traces les plus sres et les plus abondantes de cette cosmogonie ou de cette rvlation4 ,il y a mo9s d'un sicle1 on ignorait peu prs totalem5t l'exi/5ce de ces livres4 ,leurs int]prtes ont pris deux r\tes diffr5tes4 ,d'un ct1 des savants1 qu'on p\rrait appel] (ficiels1 ont donn la traduction d'un c]ta9 nombre de textes qu'on p\rrait galem5t qualifi] d'(ficiels1 textes qu'ils ne compr5n5t pas t\j\rs et que leurs lecteurs compr5n5t encore mo9s4 ,de l'autre1 des initis ou soi-disant tels1 avec le conc\rs d'adeptes d'une frat]nit occulte1 ont propos1 de ces mmes textes ou d'autres plus secrets1 une int]prtation n\velle et plus impressionnante4 ,ils inspir5t encore1 tort ou raison1 quelque mfiance4 ,on doit admettre l'au!nticit et l'antiquit de c]ta9es traditions1 de c]ta9s crits primitifs et ess5tiels1 bi5 qu'il soit impossible de leur assign] une date approximative1 tant ils se p]d5t dans les brumes de la prhi/oire4 ,mais ils sont peu prs incomprh5sibles sans clefs et sans comm5taires1 et c'e/ ici que comm5c5t les d\tes et les hsitations4 ,un gr& nombre de ces comm5taires sont galem5t trs anci5s et1 leur t\r1 ont beso9 de clefs1 d'autres p>aiss5t plus rc5ts1 d'autres enf9 sembl5t contempora9s et le d"p e/ s\v5t malais entre ce qui se tr\ve en puissance dans l'orig9al et ce que les int]prtes croi5t y tr\v] ou y aj\t5t plus ou mo9s volontairem5t4 ,or1 le plus frappant1 le plus gr&iose et1 en t\t cas1 le plus clair de la doctr9e rside s\v5t dans les comm5taires4 ,il y a ensuite1 comme je vi5s de le dire1 la "q des clefs1 intimem5t lie la prcd5te4 ,ces clefs sont plus ou mo9s maniables1 s'impos5t plus ou mo9s1 p>aiss5t p>fois *imriques ou arbitraires1 ne sont livres qu'avec d'tranges prcautions1 une une et p>cimonieusem5t1 et peuv5t ouvrir plusieurs s5s sup]poss4 ,et t\t cela s'accompagne de rtic5ces biz>res1 de secrets soi-disant dang]eux ou t]ribles1 ret5us au mom5t dcisif1 de rvlations qu'on prt5d incommunicables avant bi5 des sicles4 ,des portes qu'on allait fran*ir se ref]m5t brusquem5t l'in/ant qu'on entrevoyait enf9 un horizon longtemps promis1 et d]rire *acune d'elles se ca*e un initi suprme1 un ,matre encore vivant1 g>di5 sacr des d]ni]s arcanes1 qui sait t\t mais ne veut ou ne peut ri5 dire4 ,notez1 en outre1 qu'une f\le d'illum9s plus ou mo9s intellig5ts1 de jeunes filles et de vieilles dames dsquilibres1 de nafs qui adopt5t d'emble et aveuglm5t ce qu'ils ne compr5n5t pas1 de mcont5ts1 de rats1 de vaniteux1 de r\bl>ds qui p*5t en eau tr\ble1 en un mot la t\rbe habituelle et suspecte qui s'agglomre aut\r de t\te doctr9e1 de t\te sci5ce1 de t\t phnomne un peu my/rieux1 a discrdit ces premires int]prtations sotriques1 dont la s\rce mme n'e/ pas trs claire4 ,aj\tez enf9 que l'inc5die de la fameuse biblio?que d',alex&rie1 o s'tait entasse t\te la sci5ce de l',ori5t1 l'anantissem5t1 au ,x,v,ie sicle1 s\s le rgne mongol d',akb>1 de milli]s d'oeuvres sanscrites1 la de/ruction sy/matique et impitoyable1 surt\t aux premi]s sicles de l'glise et durant le ,moy5 ,age1 de t\t ce qui se rapportait ou faisait allusion cette rvlation gnante et r$\te1 n\s ont enlev nos meilleurs moy5s de contrle4 ,les adeptes1 il e/ vrai1 affirm5t1 d'autre "p1 que les textes vritables1 a9si que les vieux comm5taires qui seuls les r5d5t comprh5sibles1 exi/5t encore dans des cryptes secrtes1 dans des biblio?ques s\t]ra9es du ,?ibet ou de l',himalaya1 aux livres plus innombrables que t\s ceux que n\s possdons en ,occid5t1 et qu'ils rep>atront dans un ge plus clair4 ,c'e/ possible1 mais en att5dant ils ne n\s sont d'aucun sec\rs4 ,,vi ,quoi qu'il en soit1 ce que n\s avons suffit tr\bl] pr(ondm5t1 et le contrle que p]mett5t les fragm5ts sauvs de l'antiquit hi/orique c>te absolum5t1 quant aux lm5ts ess5tiels1 t\t s\pon de fraude ou de my/ification plus ou mo9s rc5te4 ,au surplus1 une fraude ou une my/ification de ce g5re ne p>at gure possible et s]ait tellem5t gniale qu'il faudrait l'admir] comme un phnomne presque gal celui dont elle v\drait donn] l'illusion1 et conv5ir que jamais l'esprit de l'homme ne plongea plus avant dans l'inf9i du temps et de l'espace1 dans l'orig9e des *oses et ne s'leva de p>eilles hauteurs4 ,elle aurait pr(it1 cette rvlation1 de t\t l'acquis de la sci5ce et de la p5se d'auj\rd'hui1 qu'elle n'aurait pu1 sur le ry?me des t]nits1 sur le va-et-vi5t du t\j\rs dev5ir1 sur le cycle sans f9 et les exi/5ces priodiques du moi1 sur la naissance1 le m\vem5t et l'volution des mondes1 sur les s\ffles div9s de l'intellig5ce qui les anim5t1 sur ,maya1 l't]nelle illusion de l'ignorance1 sur la lutte p\r la vie1 la slection naturelle1 le dveloppem5t graduel et la trans=mation des a/res et des hommes1 sur les fonctions et les n]gies de l'!r1 sur la ju/ice immortelle et infaillible1 sur l'activit int]molculaire et fanta/ique de la matire1 sur la nature de l'me et sur l'exi/5ce de l'imm5se puissance innommable qui g\v]ne l'univ]s1 en un mot sur t\tes les nigmes qui n\s assaill5t et t\s les my/res qui n\s accabl5t1 n\s donn] des hypo?ses plus satisfaisantes1 plus logiques1 plus cohr5tes1 plus plausibles1 plus syn?tiques1 plus dignes de l'inf9i qu'elles *]*5t embrass] et que bi5 s\v5t elles sembl5t tre9dre4 99 99 99 99 99 ,mais1 htons-n\s de le rpt]1 il ne saurait tre srieusem5t "q de fraude1 puisque les textes ou les traditions qu'on p\rrait suspect] se tr\v5t corrobors p> d'autres textes1 les inscriptions sacres de l'gypte1 p> exemple1 que nul ne songe conte/]4 ,t\t au plus1 r5contr]a-t-on quelques passages antidats p> le zle imprud5t d'adeptes ou de comm5tateurs1 quelques int]polations qui ne font qu'enguirl&] les gr&es lignes4 ,il s'agit bi51 dans l'ensemble1 d'une rvlation qui remonte inf9im5t plus haut que t\t ce que n\s avons appel la prhi/oire1 et ds lors il e/ lgitime que notre tonnem5t n'ait plus de bornes4 ,,vii ,=t bi51 dira-t-on1 cette int]prtation de l'univ]s1 cette an?ropo-cosmognse e/ la plus haute1 la plus va/e1 la plus admirable1 la plus inattaquable qu'on ait jamais conue2 elle dborde de t\tes p>ts l'imag9ation et la p5se de l'homme2 mais sur quoi t\t cela repose-t-il8 ,il n'y a l1 en f9 de compte1 que de magnifiques hypo?ses audacieusem5t trave/ies en affirmations magi/rales1 premptoires et dogmatiques1 mais qui sont t\tes invrifiables4 ,c'e/ l'objection que j'ai faite moi-mme1 un peu htivem5t1 dans un des premi]s *apitres de la ,mort4 ,il e/1 en effet1 inconte/able que n\s ne connatrons pas de si tt1 que n\s ne connatrons peut-tre jamais la vrit sur l'orig9e et la f9 de l'univ]s ni sur t\s les autres problmes que ces affirmations rsolv5t4 ,seulem5t1 il e/ curieux de con/at] que la sci5ce1 *aque j\r1 se rappro*e1 malgr elle1 de l'une ou l'autre de ces affirmations1 et qu'elle ne peut en c>t] ou dm5tir aucune4 ,il y a telle tude du *imi/e ,crookes1 p> exemple1 sur la g5se des lm5ts qui1 son insu1 devi5t nettem5t occulti/e1 t&is que la dc\v]te de la radio-activit de la matire reproduit exactem5t la ?orie des t\rbillons de l'initi ,anaxagore4 ,il en e/ de mme1 mutatis mut&is1 du rle attribu l'!r1 d]ni] et indisp5sable po/ulat de nos savants4 ,il en e/ de mme des fonctions s\v]a9es et ess5tielles de c]ta9es gl&es m9uscules dont la mdec9e mod]ne comm5ce pe9e retr\v] l'importance et qui recl5t probablem5t les secrets primordiaux de la vie3 la gl&e ?yrode qui prside la croissance et l'intellig5ce1 la gl&e surrnale qui rg5te ce muscle inconsci5t qu'e/ le coeur et la gl&e p9ale1 la plus my/rieuse de t\tes1 qui n\s met en rapport avec les mondes inconnus4 ,il en e/ encore de mme en a/ronomie o l'insuffisance manife/e de nos soi-disant lois cosmiques1 notamm5t celle de la gravitation et de la =mation des nbuleuses1 pose une f\le de que/ions auxquelles rpond seule la cosmogonie ori5tale4 ,mais ceci dem&]ait une longue tude que je n'ai pas qualit p\r entrepr5dre4 ,au demeurant1 ri5 ne n\s oblige accept] ces affirmations comme des dogmes4 ,il ne s'agit pas ici d'une religion qui n\s impose sa foi aveugle1 son ,cr$o quia absurdum4 ,il n\s e/ p>faitem5t loisible de les considr] comme de simples hypo?ses1 d'imm5ses1 d'incomp>ables pomes antdiluvi5s1 dont la g5se de ,mose n'e/ qu'un fragm5t dfigur4 ,mais1 en tant qu'hypo?ses ou pomes1 il faut conv5ir qu'elles sont prodigieuses1 que n\s n'avons ri5 de meilleur1 ri5 de plus vraisemblable leur oppos] et1 qu'tant donne leur antiquit indiscutable1 leur orig9e prhi/orique1 elles sembl5t rellem5t surhuma9es4 ,faut-il admettre1 comme le prt5d5t les occulti/es1 qu'elles n\s vi5n5t d'tres suprieurs l'homme1 d'entits plus spirituelles vivant dans des conditions inconnues1 qui occupai5t notre t]re ou les plantes vois9es1 avant notre v5ue2 d'une civilisation lmuro-atlantenne qui a laiss en la mmoire des peuples et sur le sol de notre globe1 dans ses monum5ts mgali?iques1 des traces indlbiles8 ,c'e/ =t possible1 mais ici encore n\s sommes libres d'att5dre les confirmations de l'ar*ologie h9d\e1 gypti5ne1 *aldenne1 assyri5ne et p]sane1 qui1 sur ce po9t1 comme sur tant d'autres1 n'a pas dit son d]ni] mot4 ,,viii ,je sais bi5 que cette rvlation1 comme app>emm5t t\tes celles qu'on p\rra faire dans la suite des temps1 remonte et ab\tit l'inconnaissable1 l'insoluble my/re de la div9it1 de l'tre ou de l'exi/5ce1 et =cm5t s'arrte net devant cet inconnaissable aussi impntrable1 aussi inattaquable qu'une falaise de t\tes p>ts inf9ie et =me d'un seul bloc de diamant noir4 ,il n'y a ri5 faire1 il n'y a qu' s'arrt]2 il n'y a pas essay] de la t\rn]1 de la pr5dre rev]s2 le rev]s1 si l'on p\vait l'atte9dre1 tant ncessairem5t p>eil l'av]s1 att5du que l'inexi/5ce de t\t s]ait exactem5t aussi inexplicable1 aussi incomprh5sible que son exi/5ce4 ,il e/ vrai que dans les replis secrets de la doctr9e1 l',univ]s et t\t ce qu'il r5f]me e/ appel ,maya1 c'e/--dire l'illusion t]nelle1 et qu'a9si1 les deux my/res inconciliables s'uniss5t en un my/re plus haut dont l'intellig5ce de l'homme ne peut plus appro*]4 ,au fond1 l'nigme primitive1 le my/re primordial n'tant pas clairci1 t\t le re/e n'claire que des degrs qui mn5t de la connaissance relative l'ignorance absolue4 ,il e/ probable qu'il en s]a de mme p\r t\tes les rvlations qui s'adress5t l'intellig5ce de l'homme tant qu'il vivra sur cette plante2 c> cette intellig5ce a des limites qu'aucun ef=t ne p\rra recul]4 ,mais en att5dant1 il e/ c]ta9 que ces degrs1 qui ne mn5t ri51 l'ont nanmo9s1 d'emble et ds les premi]s j\rs1 conduite au plus haut po9t qu'elle ait atte9t1 qu'elle puisse espr] d'atte9dre4 ,l'explication la plus anci5ne embrasse du premi] c\p t\s les essais d'explications proposs jusqu'ici4 ,elle concilie le positivisme sci5tifique avec l'idalisme le plus transc5dantal1 elle admet la matire et l'esprit1 elle accorde l'impulsion mcanique des atomes et des mondes avec leur direction intellig5te4 ,elle n\s donne une div9it inconditionne1 cause sans cause de t\tes les causes1 digne de l'univ]s qu'elle e/ elle-mme et dont celles qui lui ont succd dans t\tes nos religions ne sont que des membres p>s1 mutils et mconnaissables4 ,elle n\s (fre enf91 p> sa loi de ,k>ma1 en v]tu de laquelle *aque tre porte dans ses vies successives les consqu5ces de ses actes et se purifie peu peu1 le pr9cipe moral le plus haut1 le plus ju/e1 le plus inattaquable1 le plus fcond1 le plus consolant1 le plus *>g d'espoirs qu'il soit possible de propos] l'homme4 ,il semble que t\t cela mrite qu'on l'exam9e1 qu'on la respecte et qu'on l'admire4 ,,ix ,cette admiration et ce respect n'emp*5t pas d'ailleurs que n\s ne soyons libres de *oisir1 de rejet] beauc\p de *oses ou de les rs]v] en att5dant d'autres cl>ts4 ,qu& on n\s dit1 p> exemple1 que le ,cosmos e/ guid p> une srie inf9ie de hir>*ies d'tres s5sibles1 ayant *acun une mission remplir et qui sont les ag5ts des lois k>miques et cosmiques2 qu& on aj\te que *acun de ces tres a t un homme dans un ,manvant>a prcd5t ou se prp>e le dev5ir dans le ,manvant>a actuel ou dans un ,manvant>a futur1 qu'ils sont des hommes p]fectionns ou des hommes naissants et que dans leurs sphres suprieures et mo9s matrielles1 ils ne diffr5t moralem5t des tres huma9s t]re/res qu'en ce qu'ils ne possd5t pas le s5tim5t de la p]sonnalit et de la nature motionnelle huma9e2 qu& on affirme enf9 que ce que n\s appelons la ,nature inconsci5te e/1 en ralit1 un ensemble de =ces manipules p> des tres semi-intellig5ts 7lm5tals71 dirigs p> les hauts esprits plantaires 7,dhyan-,*ohans71 dont le total =me le ,v]be manife/ du ,logos non manife/ et con/itue1 en mme temps1 l'intellig5ce de l'univ]s et sa loi immuable2 n\s p\vons r5dre hommage l'+niosit de ces spculations comme celles de milli]s d'autres qui peut-tre s]r5t la vrit de plus prs que nos meilleures et nos plus rc5tes hypo?ses sci5tifiques2 n\s sommes libres d'en pr5dre et d'en laiss] ce qui n\s plat4 ,t\t cela1 je l'accorde1 n'e/ nullem5t pr\v1 n'e/ vrifi ou ne s]a vrifiable qu'en c]ta9s dtails1 t&is que les gr&es lignes fondam5tales *app]ont probablem5t t\j\rs au contrle de notre intellig5ce ds>me4 ,mais ce que n\s devons1 je le rpte1 admir] sans rs]ve1 c'e/ le prodigieux difice spirituel qu'(fre l'ensemble de cette rvlation1 l'imm5se ef=t intellectuel qui1 ds l'aube de l'humanit1 t5ta de dbr\ill] l'insondable *aos de l'orig9e1 de la /ructure1 de la m>*e1 de la direction et de la f9 de l'univ]s1 et semble y avoir russi de faon telle que jusqu'ici on n'a ri5 tr\v qui l'gale1 ne s'en inspire ou1 s\v5t son insu1 n'y ret\rne4 ,x ,je disais1 dans la premire p>tie de cette tude1 qu'une rvlation trop haute1 ft-elle inconte/able1 n'aurait gure d'influ5ce sur notre vie1 y trans=m]ait peu de *ose1 pass]ait trop lo9 de n\s dans l'imm5sit de l'espace et ne desc5drait pas dans notre p5se et notre coeur4 ,en alla-t-il a9si de celle dont n\s p>lons1 qui e/ la seule vraim5t surhuma9e et encore acceptable et presque inattaquable que n\s ayons eue8 ,oui et non1 selon le po9t de vue o l'on se place4 ,t\t ce qu'il y a en elle de trop gr&1 except sa notion de l't]nit1 n'a pas rellem5t modifi nos ides1 n'a pas imprgn nos moeurs4 ,elle n'a mme pas atte9t pr(ondm5t les peuples qui n\s l'ont transmise et qui1 r5onant la compr5dre1 l'ont trans=me en un poly?isme an?ropomorphe1 b>b>e et mon/rueux4 ,il en e/ peu prs de mme p>t\t ailleurs4 ,t\tes les religions1 du paganisme1 en passant p> la ,*9e et le ,japon1 la ,gaule et la ,g]manie1 le ,mexique et le ,pr\1 jusqu'au *ri/ianisme avec ses v>iantes et ses surgeons1 en sont issues2 mais t\tes n'ont pu vivre et rgn] sur les hommes1 qu'en la dfigurant1 en la mutilant1 en la rapetissant la plus petite taille des mes de leur temps1 en la r5dant mconnaissable4 ,il e/ donc assez probable qu'il en irait p>eillem5t de t\te autre plus gr&e1 s'il tait possible1 et-elle t\s les c>actres d'une rvlation div9e1 directe1 au!ntique1 indubitable1 irrfutable1 irrcusable2 en un mot1 de celle que n\s att5dons encore sans os] l'espr]4 ,,xvii ,,le ,,sil5ce ,n,,cessaire ,les occulti/es ori5taux n\s affirm5t que dans les solitudes de l',himalaya et du ,?ibet1 viv5t c]ta9s ,initis1 c]ta9s ,matres1 hriti]s de la sagesse des ,fils de la ,lumire ou des ,sept ,primordiaux1 qui possd5t les sept clefs qui p]mett5t de compr5dre les textes sacrs prhi/oriques4 ,ils s]ai5t les sil5cieux dpositaires du secret de =ces int]molculaires ou int]?riques1 l'aide desquelles des races d'tres qui prcdr5t l'homme sur cette t]re transportr5t d'normes di/ances des monoli!s de plus de c9q c5t mille kilos1 qui n'ont aucun rapport avec les pi]res qui les ent\r5t1 et dont la disposition1 l'ori5tation1 a/ronomiquem5t rgle1 trahit videmm5t une int]v5tion intellig5te et mme trs savante4 ,ces monoli!s sont p>fois sculpts1 comme les fameux colosses de ,bamian1 dans l',asie c5trale1 dont l'un a #fj mtres de haut2 ou comme les c9q c5t c9quante mon/res de l',ile de ,pques1 dans la ,polynsie1 qui1 p\r le dire en passant1 demeur5t une des plus insolubles1 des plus tr\blantes nigmes de ce monde4 ,tailles dans le basalte1 c\*es ou deb\t sur des plates-=mes1 ces sculptures1 dont l'une a #bi mtres1 sont inconte/ablem5t les plus antiques effigies huma9es qu'on puisse tr\v] sur notre globe4 ,les savants (ficiels leur reconnaiss5t une orig9e antdiluvi5ne1 t&is que les traditions sotriques y voi5t les portraits de gants de la d]nire race atlantenne1 dgnre et sombre dans la sorcell]ie1 peu avant la disp>ition du my/rieux cont95t dont l',ile de ,pques ne s]ait que l'un des plus hauts sommets qui m]g5t auj\rd'hui des solitudes du ,pacifique4 ,j'ai en ce mom5t s\s les yeux les photographies de quelques-uns de ces halluc9ants colosses1 et je ne crois pas que dans nos plus l\rds cau*em>s il soit possible d'imag9] figures plus r$\tables1 plus ins5sibles1 plus impassibles1 plus t]nellem5t froces1 plus froidem5t hauta9es1 plus impitoyablem5t ddaigneuses1 plus glacialem5t t\tes-puissantes4 ,sont-ils ,slnites ou ,m>ti5s1 avec leur b\*e s]re et implacable1 leurs yeux creux comme des abmes de maldictions1 ou protubrants et c]cls de lunettes d'aviateur8 ,nullem5t simiesques1 comme on le p\rrait croire1 ils reprs5t5t plutt des entits dmoniaques et ab/raites1 tels que le ,mal1 l',9luctable et la ,fatalit4 ,ils sembl5t mo9s inhuma9s que pr- ou po/huma9s et rpond5t effroyablem5t c]ta9s s\v5irs ance/raux endormis au fond de nos moelles1 qui n\s av]tiss5t que de p>eils visages ont irrcusablem5t exi/4 99 99 99 99 99 ,mais rev5ons nos gr&s ,initis4 ,ils s]ai5t1 p>at-il1 dt5teurs de l'irrsi/ible et incomm5surable =ce sidrale1 qui e/ celle qui s\ti5t et dirige les mondes1 capable1 s'il en tait fait mauvais usage1 de dtruire en un in/ant t\te l'espce huma9e1 t\t ce qui vit sur cette t]re et la t]re mme2 mais susceptible aussi1 si elle tait sagem5t dome/ique1 d'assur] l'homme une royaut df9itive1 peut-tre l'accs d'autres toiles et1 en t\t cas1 une puissance telle que l',age d',or qui exi/a jadis1 grce l'ass]vissem5t de cette =ce1 refleurirait sur notre plante4 ,il e/ possible1 et1 p\r l'in/ant1 n\s n'avons pas l'exam9]4 ,mais que possdant1 transmis d',hirophante ,c&idat1 ou1 comme ils dis5t1 de b\*e oreille1 le secret de cette =ce et de beauc\p d'autres1 ils ne la livr5t pas et ne la mett5t po9t au s]vice de l'humanit1 c'e/ le gr& repro*e que l'on fait aux occulti/es2 et p\r t\s ceux qui ne sav5t pas que le b de l',initiation n'e/ pas la puissance et le bonheur matriels1 mais la sagesse1 l'volution et l'asc5sion de l'tre intrieur1 c'e/ la meilleure preuve qu'ils sont des my/ificateurs et des impo/eurs4 ,il se peut que1 mis au pi$ du mur1 ils se tais5t p>ce qu'ils n'ont ri5 dire2 mais l'argum5t n'e/ pas aussi premptoire que le croi5t ceux qui s'en prval5t4 ,on le v]ra peut-tre avant peu4 ,il n'e/1 en effet1 pas impossible que1 un j\r1 un has>d de la sci5ce ne mette l'un ou l'autre de nos savants dans une situation analogue celle de ces ,matres ou de ces ,initis4 ,p\r lui aussi se pos]a alors la t]rible "q du sil5ce ncessaire4 ,n\s v5ons de con/at] dans cette gu]re l'usage ins5s et dmoniaque que l'homme a fait de c]ta9es inv5tions4 ,qu'advi5dra-t-il si on lui met entre les ma9s d'autres n]gies bi5 plus =midables1 qu'on semble sur le po9t de dc\vrir et de libr]8 ,il n'e/ pas prt p\r en savoir plus qu'il n'en sait4 ,il y va du salut de l'espce4 ,l'humanit qui sort pe9e de l'enfance ou vi5t t\t ju/e d'atte9dre l'ge dang]eux de l'adolesc5ce 7elle aurait peu prs seize ou dix-sept ans d'aprs le p>alllisme hi/orique trs docum5t et trs impressionnant du docteur ,jaworski71 l'humanit a dj dpass la limite des inv5tions qu'elle peut s'assimil] ou support] sans pril de mort4 ,presque t\tes1 p>tir de la dome/ication de la vapeur et de l'apprivoisem5t encore suspect de l'lectricit1 lui ont fait incomp>ablem5t plus de mal que de bi54 ,les explosifs1 p> exemple1 qui l'ont aide con/ruire quelques r\tes1--ce que les ,roma9s d'ailleurs faisai5t aussi bi5 que n\s1-- exploit] quelques m9es1 p]c] quelques tunnels1 lui ont cot des millions de jeunes vies4 ,peut-tre e/-il temps1 non pas d'arrt] les re*]*es de la sci5ce1 mais de contrl] ses dc\v]tes et de rs]v]1 comme le fir5t sagem5t les occulti/es1 une lite d',initis rig\reusem5t pr\vs et lis p> des s]m5ts inviolables1 le secret d'n]gies trop dang]euses aut\r desquelles n\s t\rnons1 qui vont se manife/] et tomb] dans le doma9e public4 ,notre volution morale ret>de de plusieurs sicles sur notre volution sci5tifique2 et il e/ plus que probable que celle-ci1 trop htive et trop int5sive1 entrave regrettablem5t la premire4 ,il ne s]vira de ri5 d'all] en trois heures de ,p>is ,pk+1 de ,pk+ ,new-,york et de ,new-,york ,calcutta1 si ces voyages rxrs et miraculeux laiss5t l'arrive ceux qui les effectu5t dans le mme tat d'me qu'au d"p4 ,n\s n\s tr\vons t\s plus ou mo9s dans la situation de la ,russie1 qui n'a pas eu l'esprit et le coeur assez solides et assez f]mes p\r port] ce que la tte avait trop rapidem5t et trop artificiellem5t emmagas94 ,ri5 ne se rp& plus vite1 ne s'assimile plus facilem5t que les rsultats de la sci5ce2 ri51 au contraire1 n'e/ plus l5t1 plus pnible1 plus prcaire que l'volution morale2 et cep5dant1 on s'en r5d de mieux en mieux compte1 c'e/ uniquem5t de celle-ci que dp5d5t le bonheur et l'av5ir de l'homme4 ,,xviii ,,k>ma ,i ,dp\ill de ses innombrables et inextricables complications ori5tales1 qui rpond5t peut-tre des ralits mais sont invrifiables1 ,k>ma1 l'infaillible ,loi de ,rtribution1 e/ en somme ce que n\s appelons plus vaguem5t1 et sans trop y croire1 la ,ju/ice imman5te4 ,notre ,ju/ice imman5te e/ une ombre assez va9e4 ,elle se manife/e frquemm5t1 il e/ vrai1 la suite d'actes mon/rueux1 de gr&s vices1 de gr&s =faits1 de gr&es iniquits2 mais n\s avons r>em5t l'occasion de con/at] qu'elle agit dans les mille petites inju/ices1 cruauts1 dfaillances1 malhonntets1 infamies de l'exi/5ce habituelle1 quoique le poids total de ces mfaits mesqu9s1 mais incessants1 puisse tre plus l\rd que celui du crime le plus ret5tissant4 ,en t\t cas1 son action tant plus p>se1 plus diffuse1 plus l5te et plus s\v5t morale que matrielle1 *appe presque t\j\rs notre obs]vation2 et comme1 d'autre "p1 elle semble s'arrt] l'in/ant de la mort1 elle n'a presque jamais le temps d'exig] ce qui lui e/ d1 et1 gnralem5t1 arrive trop t>d au *evet d'un malade ou d'un agonisant qui a p]du consci5ce ou n'a plus le loisir d'expi]4 ,k>ma e/ donc1 si l'on veut1 la ,ju/ice imman5te2 seulem5t1 ce n'e/ plus une desse incon/ante1 inconsi/ante1 incohr5te1 impuissante1 erratique1 capricieuse1 inexacte1 oublieuse1 timide1 inatt5tive1 endormie1 vasive1 insaisissable et borne p> la tombe1 mais un ,dieu norme et 9vitable comme le ,de/91 un ,dieu qui b\*e t\tes les issues1 t\s les horizons1 t\s les int]/ices de t\tes les exi/5ces1 omniprs5t1 omnisci5t1 omnipot5t1 infaillible1 impassible et incorruptible4 ,il e/ en n\s comme n\s sommes en lui4 ,il e/ n\s-mmes4 ,il e/ plus que n\s3 il e/ ce que n\s sommes1 t\t en tant encore ce que n\s fmes et dj ce que n\s devi5drons4 ,n\s sommes petits1 vanesc5ts et phmres2 il e/ gr&1 imp]turbable1 9branlable1 t]nel4 ,ri5 ne lui *appe de ce qui n\s *appe et sans d\te n\s *app]a t\j\rs p> del la tombe4 ,pas une action1 pas une vellx1 pas une p5se1 pas l'ombre d'une int5tion1 qui ne soit pese plus rig\reusem5t qu'elle ne l'tait p> les qu>ante-deux juges po/humes qui att5dai5t l'me sur l'autre rivage dont p>le l'un des plus anci5s textes de ce monde3 le ,livre des ,morts gypti54 ,t\t e/ enregi/r1 dat1 e/im1 vrifi1 class1 mis au compte du doit ou de l'avoir1 de la rcomp5se ou de l'expiation1 au rp]toire imm5se et t]nel des cli*s a/raux4 ,il ne peut ri5 ignor] puisqu'il a pris "p t\t ce qu'il juge2 et il ne n\s juge po9t du fond de notre ignorance prs5te1 mais du haut de t\t ce que n\s appr5drons beauc\p plus t>d4 ,il n'e/ pas seulem5t notre intellig5ce et notre consci5ce d'auj\rd'hui qui s'veill5t pe9e et ne compt5t plus leurs erreurs2 il e/ ds ma9t5ant1 dj vivantes en n\s quoique inactives1 impuissantes1 muettes et aveugles1 notre intellig5ce et notre consci5ce v5ir1 alors qu'elles auront atte9t1 dans la suite des sicles1 des volutions1 des expiations et des asc5sions innombrables1 les d]ni]s sommets de la ,sagesse et de la ,clairvoyance4 ,a l'heure de notre mort1 le compte semble clos2 mais il dort simplem5t et n\s ressaisira4 ,n\s sommeill]ons peut-tre des c5ta9es1 voire des milli]s d'annes en ,dva*an1 c'e/--dire en l'tat d'inconsci5ce qui prp>e une inc>nation n\velle2 mais au rveil1 n\s retr\v]ons1 irrvocablem5t totaliss1 l'actif et le passif2 et notre ,k>ma prolong]a simplem5t la vie que n\s avons quitte4 ,il cont9u]a d'y tre n\s-mmes et d'y assi/] l'pan\issem5t des consqu5ces de nos fautes et de nos mrites et d'y voir ensuite fructifi] d'autres causes en d'autres effets1 jusqu' la consommation des temps o t\te p5se ne sur cette t]re f9it p> le p]dre de vue4 ,,ii ,k>ma1 on le voit1 e/1 en somme1 l'entit immortelle que l'homme =me p> ses actes et ses p5ses et qui le suit ou plutt l'enveloppe et l'absorbe trav]s ses vies successives et se modifie comme il se modifie sans cesse1 mais en cons]vant t\tes les empre9tes antrieures4 ,les p5ses1 dit trs ju/em5t la doctr9e1 con/ruis5t le c>actre1 les actions font l'ent\rage4 ,ce que l'homme a p5s1 il l'e/ dev5u2 ses qualits1 ses dons naturels s'atta*5t lui comme les rsultats de ses ides4 ,il e/1 en t\te vrit1 cr p> lui-mme4 ,il e/1 dans le s5s le plus complet du mot1 responsable de t\t ce qu'il e/4 ,il se tr\ve envelopp dans le filet de t\t ce qu'il a fait4 ,il ne peut ni dfaire ni dtruire le pass2 mais1 autant que les effets en sont encore v5ir1 il lui e/ possible de modifi] ceux-ci ou de les ret\rn] p> des =ces n\velles4 ,ri5 ne peut le t\*] qu'il n'ait mis en m\vem5t1 aucun mal ne peut lui tre fait qu'il ne l'ait mrit4 ,dans le dr\lem5t inf9i des t]nits1 il ne r5contr]a jamais d'autre juge que lui-mme4 ,,iii ,il e/ c]ta9 que l'ide de ce juge suprme qui e/ la consci5ce sans rupture trav]s les sicles et les millnaires1 qui e/ *acun de n\s de plus en plus clair1 de plus en plus incorruptible et infaillible1 mne la morale la plus leve1 la plus s9cre et la plus pure qu'il soit possible de concevoir et de sanctionn] ici-bas4 ,le juge et l'accus ne se tr\v5t pas face face1 ils sont l'un dans l'autre et ne =m5t qu'une seule et mme p]sonne4 ,ils ne peuv5t ri5 se ca*] et ont t\s deux le mme intrt urg5t dc\vrir la mo9dre faute1 l'ombre la plus lgre et se purifi] le plus promptem5t1 le plus compltem5t possible p\r mettre un t]me aux rinc>nations et vivre enf9 dans l'tre unique4 ,les meilleurs1 les plus sa9ts sont prs d'y p>v5ir ds cette exi/5ce2 mais dta*s de t\t1 il ne cess5t d'agir p\r le bi5 de t\s1 c> dj ils se s5t5t t\t4 ,ils vont plus lo9 que le my/ique *rti5 qui att5d une rcomp5se du dehors2 ils sont leur propre rcomp5se4 ,ils vont plus lo9 que ,m>c-,aurle1 le gr& ds5*ant1 qui cont9ue d'agir sans espr] que son action puisse pr(it] aux autres2 ils sav5t que ri5 n'e/ inutile1 que ri5 ne peut se p]dre2 c'e/ qu& ils n'ont plus aucun beso9 qu'ils travaill5t avec la plus s]e9e ardeur4 ,au reb\rs de ce qu'on croit trop gnralem5t1 cette morale1 qui conduit au repos absolu1 prconise l'activit4 c\tez ce sujet les gr&s enseignem5ts du ,bhagavad ,gita1 le ,*ant du ,seigneur1 qui e/ peut-tre1 comme le p5s5t1 non sans raison1 ses traducteurs1 le plus beau1 c'e/--dire le plus haut livre qui soit actuellem5t connu3 ,notre affaire n'e/ que l'action1 et jamais son fruit4 ,ceux-l sont pla9dre qui travaill5t p\r le fruit4 ,il faut accomplir l'action en communion avec le div91 c'e/--dire en visant le ,soi p>t\t1 en r5onant t\t atta*em5t aux *oses1 galem5t balanc entre le succs et le rev]s4 ,ce n'e/ pas en s'ab/5ant d'agir qu'on se libre de l'activit ncessaire1 ni en r5onant simplem5t l'action qu'on s'lve la p]fection4 ,il faut accomplir l'action qui convi5t1 p>ce que l'action e/ suprieure l'inaction et qu'en re/ant inactif on ne ma9ti5drait mme pas l'exi/5ce du corps4 ,le monde e/ s\t5u p> t\te action qui n'a que le sacrifice1 c'e/--dire le don volontaire de soi1 p\r objet2 c'e/ dans ce don volontaire1 sans atta*em5t aux =mes que l'homme doit accomplir l'action4 ,il faut accomplir l'action seule f9 de s]vir les autres4 ,celui qui voit l'inaction dans l'action et l'action dans l'inaction1 e/ un sage p>mi les hommes2 il e/ h>monis aux vrais pr9cipes1 quelque action qu'il fasse4 ,un tel homme1 ayant ab&onn t\t atta*em5t au fruit de l'action1 t\j\rs cont5t1 ne dp5dant de p]sonne1 bi5 que faisant des actions1 e/ comme s'il n'en faisait pas4 ,le ,sage1 donc1 heureux de t\t ce qui lui advi5t1 libr des contraires1 sans envie1 gal dans le plaisir et dans la pe9e1 dans le succs et l'insuccs1 peut agir sans tre li2 p>ce que n'tant plus atta* quoi que ce soit1 t\tes ses p5ses empre9tes de sagesse et t\s ses actes faits de sacrifices sont comme vapors444 ,n'oublions pas que ceci1 qui fait p>tie du ,mahabh>ata1 le plus gigantesque pome de la t]re1 fut crit il y a quatre ou c9q mille ans4 ,,iv ,quelle que soit la plausibilit de la doctr9e ou de la rvlation1 il e/ inconte/able que cette morale et cette ju/ification de la ju/ice e/ la plus antique en mme temps que la plus belle et la plus rassurante que l'homme ait imag9e4 ,mais elle e/ fonde sur un po/ulat que n\s sommes peut-tre trop encl9s refus] aveuglm5t4 ,elle dem&e1 en effet1 qu'on admette avant t\t que notre exi/5ce ne f9isse pas l'heure de notre mort et que l'esprit ou le s\ffle vital1 qui ne prit po9t1 *]*e un asile et rep>aisse en d'autres corps4 ,au premi] mom5t1 le po/ulat semble norme1 inacceptable2 mais1 l'exam9] de plus prs1 son aspect devi5t beauc\p mo9s trange1 mo9s arbitraire et mo9s draisonnable4 ,il e/ d'abord c]ta9 que si t\t se trans=me1 ri5 ne prit ou n'e/ ananti dans un univ]s qui n'a pas de nant et o le nant seul demeure absolum5t inconcevable4 ,ce que n\s appelons nant ne saurait donc tre qu'un autre mode d'exi/5ce1 de p]si/ance et de vie2 et si l'on ne peut admettre que le corps qui n'e/ que matire1 soit ananti dans sa sub/ance1 il e/ non mo9s difficile d'accept] que1 s'il tait anim p> un esprit1--ce qu'il n'e/ gure possible de conte/]1--cet esprit disp>aisse sans laiss] aucune trace4 ,voil le premi] po9t du po/ulat1 et le plus important1 ncessairem5t accord4 ,re/e le second3 les rinc>nations successives4 ,ici1 il e/ vrai1 n\s n'avons que des hypo?ses et des probabilits4 ,il faut bi5 que cet esprit1 cette me1 ce pr9cipe ou ce s\ffle de vie1 cette p5se1 cette sub/ance immatrielle1 peu importe le nom qu'on lui donne1 s'en aille ou rside quelque "p1 fasse ou devi5ne quelque *ose4 ,il peut err] dans l'inf9i de l'espace et du temps1 s'y diss\dre1 s'y p]dre et y disp>atre1 ou du mo9s s'y ml]1 s'y confondre avec ce qu'il y r5contre et f9alem5t tre absorb dans l'imm5se n]gie spirituelle ou vitale qui p>at anim] l'univ]s4 ,mais de t\tes les hypo?ses1 la mo9s vraisemblable n'e/ pas celle qui n\s dit qu'au sortir d'un corps dev5u inhabitable1 au lieu de s'vad] et s'g>] dans l'illimit qui l'p\vante1 il *]*e aut\r de soi un sj\r analogue celui qu'il vi5t de quitt]4 videmm5t1 ce n'e/ qu'une hypo?se2 mais1 dans notre ignorance totale et t]rible1 elle se prs5te avant t\te autre4 ,n\s n'avons p\r l'appuy] que la plus anci5ne tradition de l'humanit1 une tradition peut-tre prhuma9e et en t\t cas t\t fait gnrale2 et l'expri5ce t5d dmontr] qu'au fond de ces traditions et de ces cons5tem5ts univ]sels1 il y a presque t\j\rs une gr&e vrit et qu'il convi5t de leur accord] plus d'importance et de valeur qu'on ne l'a fait jusqu'ici4 ,v ,quant aux preuves1 ou plutt aux prodromes de comm5cem5ts de preuve1 on n'a gure que les expri5ces du colonel de ,ro*as qui1 au moy5 de passes magntiques1 e/ p>v5u faire remont] quelques mdiums exceptionnels1 non seulem5t t\t le c\rs de leur exi/5ce actuelle1 jusqu' leur petite enfance1 mais encore celui d'un c]ta9 nombre d'exi/5ces antrieures4 ,il e/ inconte/able que ces expri5ces trs srieuses1 trs sci5tifiquem5t conduites1 sont =t tr\blantes2 mais le dang] de la sugge/ion inconsci5te ou de la tlpa?ie n'en e/ pas et sans d\te n'en s]a jamais suffisamm5t c>t p\r qu'elles devi5n5t rellem5t probantes4 ,on tr\ve encore1 dans le mme ordre d'ides1 c]ta9s cas de rinc>nation1 comme celui d'une des fillettes du docteur ,samona1 relat dans le numro de juillet #aiac des ,annales des ,sci5ces psy*iques4 ,ce cas1 presque indubitable1 e/ trs curieux2 mais s'il n'e/ pas unique1 ceux qui s'en rappro*5t sont trop r>es p\r qu'on en puisse faire tat4 ,re/5t enf9 ce qu'on appelle les rm9isc5ces prnatales4 ,il arrive assez s\v5t qu'un homme transport dans un pays inconnu1 dans une ville1 un palais1 une glise1 une maison1 un j>d9 qu'il n'avait jamais visits1 y pr\ve l'trange et trs nette impression du dj vu4 ,il lui semble t\t c\p que ces paysages1 ces votes1 ces salles1 jusqu'aux meubles1 aux tableaux qu'il y r5contre1 lui sont famili]s et qu'il en reconnat t\s les atres1 t\s les reco9s1 t\s les dtails4 ,qui de n\s1 ne ft-ce qu'une fois dans sa vie1 n'a vaguem5t pr\v une impression analogue8 ,mais s\v5t les rm9isc5ces sont si nettes que celui1 en qui elles se rveill5t1 peut s]vir de guide dans la maison ou le p>c qu'il n'avait jamais p>c\ru et dcrire d'avance ce qu'on tr\v]a dans telle pice ou au dt\r de telle alle4 ,e/-ce rellem5t s\v5ir d'exi/5ces antrieures1 phnomne tlpa?ique ou mmoire ance/rale et hrditaire8 ,la mme "q se pose au sujet de c]ta9es aptitudes ou facults innes1 en v]tu desquelles on voit des enfants de gnie1 musici5s1 pe9tres1 ma?matici5s ou simples artisans1 connatre d'emble presque t\s les secrets de leur art ou de leur mti] avant de les avoir appris4 ,qui os]ait en dcid]8 ,voil peu prs t\t ce qu'on peut invoqu] en faveur de la rinc>nation4 ,ce n'e/ pas suffisant p\r emport] la balance4 ,mais t\tes les autres suppositions1 ?ories ou religions1 hors le spiritisme1 qui du re/e s'accorde p>faitem5t avec les exi/5ces successives1 ont de mo9s solides tais et mme1 dire le vrai1 n'en possd5t po9t du t\t4 ,ils aurai5t donc mauvaise grce de repro*] celle que n\s exam9ons la fragilit de ses argum5ts4 ,encore une fois1 qu'il s]ait s\haitable que t\t cela ft vrai6 ,il n'y aurait plus d'inc]titudes morales1 plus d'inquitude de la ju/ice4 ,et c'e/ si beau1 si p>fait1 que c'e/ peut-tre rel4 ,un tel rve1 fait depuis si longtemps1 depuis l'orig9e du monde1 p> tant de milli>ds d'hommes et qui1 malgr des d=mations nombreuses et pr(ondes1 fut en somme l'unique rve de l'humanit1 il e/ bi5 difficile d'admettre que d'un b\t l'autre il soit faux4 ,il n'e/ pas possible d'tablir qu'il e/ fond2 mais au reb\rs de la plup>t des religions qui en driv5t1 il n'e/ pas possible non plus de dmontr] qu'il e/ imag9aire et fabriqu de t\tes pices2 et1 dans le d\te1 p\rquoi ne s]ait-il pas p]mis la raison qu'il ne froisse jamais1 de l'accept]1 et au coeur d'espr] et d'agir comme s'il tait vrai1 en att5dant que la sci5ce le confirme ou l'infirme ou n\s en donne un autre qu'elle ne s]a peut-tre jamais mme d'labor]8 ,ce qui rebute d'abord beauc\p de ceux qui l'tudi5t1 c'e/ l'affirmation trop assure et arbitraire de mille petits dtails1 int]polations probables1 comme en t\tes religions1 d'esprits infrieurs anims d'un zle troit et maladroit4 ,mais ces dtails1 reg>ds d'un peu haut1 n'altr5t en ri5 les gr&es lignes qui demeur5t incomm5surables1 admirables et pures4 ,,vi ,du re/e1 que la rinc>nation soit admise ou rejete1 il y a srem5t survivance1 puisque la mort et le nant ne se peuv5t concevoir3 et t\t se rduit une fois de plus au problme de l'id5tit cont9ue4 ,mme dans la rinc>nation1 cette id5tit1 notre po9t de vue actuel et born1 n'aurait qu'un intrt relatif1 att5du que t\te mmoire des exi/5ces antrieures tant abolie1 elle n\s *app]ait =cm5t4 ,dem&ons-n\s1 au surplus1 si cette "q de la p]sonnalit sans solution de cont9uit a rellem5t l'importance que n\s y atta*ons2 et si cette importance n'e/ pas une erreur1 un aveuglem5t passag]s de notre gsme1 de notre intellig5ce t]re/res4 ,t\j\rs e/-il que n\s l'int]rompons et la p]dons *aque nuit sans n\s en inquit]4 ,il n\s suffit d'tre assur que n\s la retr\v]ons au rveil p\r n\s tranquillis]4 ,mais supposons que ce ne soit pas le cas et qu'un soir on n\s av]tisse que n\s ne la rcupr]ons po9t1 qu'au mat9 suivant n\s aurons oubli t\te notre exi/5ce passe et recomm5c]ons une vie n\velle sans aucun s\v5ir qui n\s ratta*e l'anci5ne4 ,aurions-n\s la mme p\vante1 le mme dsespoir que si n\s avions t prv5u que n\s ne n\s rveill]ions po9t et s]ions prcipit dans la mort8 ,je ne le crois pas1 je p5se mme que n\s en pr5drions assez allgrem5t notre p>ti4 ,peu n\s *audrait que n\s eussions p]dre la mmoire d'un pass1 ml comme t\s les passs1 de plus de maux que de bi5s1 p\rvu que la vie cont9ut4 ,ce ne s]ait plus notre vie1 elle n'aurait plus ri5 de commun avec celle de la veille2 nanmo9s n\s ne croirions pas la p]dre et n\s g>d]ions je ne sais quel espoir de retr\v] ou de reconnatre quelque *ose de n\s-mme dans l'exi/5ce v5ir4 ,n\s aurions so9 de prp>] celle-ci1 de la mettre l'abri du malheur et de la misre1 de la r5dre d'avance aussi agrable1 aussi heureuse que possible4 ,il p\rrait1 il devrait en tre de mme1 non seulem5t si n\s croyons la rinc>nation1 p>ce que le cas s]ait peu prs id5tique1 mais encore si n\s n'y croyons pas1 puisqu'une survivance quelconque e/ presque c]ta9e et que l'anantissem5t total e/ rellem5t inconcevable4 ,,vii ,peut-tre1 avec un peu de c\rage et de bonne volont1 n\s s]ait-il possible1 ds cette exi/5ce1 de reg>d] plus haut et plus lo91 de dp\ill] un in/ant cet troit et morne gsme qui ramne t\t soi1 de n\s dire que l'intellig5ce ou le bi5 que nos p5ses et nos ef=ts rp&5t dans des sphres spirituelles n'e/ pas entirem5t p]du1 mme qu& il n'e/ pas c]ta9 que le petit noyau de mesqu9es habitudes et de mdiocres s\v5irs que n\s sommes en j\isse exclusivem5t4 ,si les bonnes actions que n\s avons faites1 les int5tions ou les p5ses hautes ou simplem5t honntes que n\s avons eues1 s'atta*5t et pr(it5t une exi/5ce o n\s ne reconnatrons pas la ntre1 ce n'e/ pas une raison suffisante p\r les e/im] inutiles et leur dni] t\te valeur4 ,il e/ bon de n\s rappel] p>fois que n\s ne sommes ri5 si n\s ne sommes t\t1 et d'appr5dre ds ma9t5ant n\s intress] quelque *ose qui ne soit pas uniquem5t n\s-mme et vivre dj de la vie plus va/e1 mo9s p]sonnelle1 mo9s g/e qui bi5tt1 et sans aucun d\te1 quelle que soit notre foi1 s]a notre vie t]nelle1 la seule qui compte et la seule laquelle il soit sage de n\s prp>]4 ,,viii ,si l'on n'admet pas la rinc>nation1 ,k>ma n'en subsi/e pas mo9s2 un ,k>ma mutil1 il e/ vrai1 c\rt1 sans ampleur1 dont l'horizon e/ born p> la mort1 qui comm5ce sa besogne et fait de son mieux dans le peu de temps qu'il a devant soi2 mais mo9s ngligeable1 mo9s impuissant1 inactif et ds>m qu'on ne croit4 ,en agissant dans son troite sphre1 il n\s donne une ide assez exacte1 bi5 que =t incomplte de ce qu'il f]ait dans la gr&e que n\s lui refusons4 ,mais ceci n\s ramn]ait la "q trs discutable de la ju/ice en ce monde4 ,elle e/ peu prs insoluble1 p>ce que ses oprations dcisives1 tant intrieures et secrtes1 *app5t l'obs]vation4 ,aprs bi5 d'autres qui du re/e l'avai5t fait mieux que moi1 j'en ai p>l ailleurs1 notamm5t dans ,sagesse et ,de/9e et dans le ,my/re de la ,ju/ice2 mais1 comme dirait la sultane ,s*hrazade1 il n'y a pas d'utilit le rpt]4 ,,ix ,rev5ons donc au ,k>ma proprem5t dit1 au ,k>ma idal4 ,il rcomp5se le bi5 et punit le mal dans la suite inf9ie de nos vies4 ,mais d'abord1 se dem&]a-t-on1 qu'e/-ce que ce bi51 qu'e/-ce que ce mal1 qu'e/-ce que la pire ou la meilleure de nos petites p5ses1 de nos petites int5tions1 de nos petites actions phmres1 au reg>d de l'imm5sit sans bornes du temps et de l'espace8 ,n'y a-t-il po9t disproportion absurde entre l'normit du salaire ou du *tim5t et l'exigut de la faute ou du mrite8 ,p\rquoi ml] les mondes1 les t]nits et les dieux des *oses qui1 mon/rueuses ou admirables d'abord1 ne t>d5t pas1 mme dans les drisoires limites de notre vie1 p]dre peu peu t\te l'importance que n\s leur accordions1 s'effac]1 disp>atre dans l'oubli8 ,il e/ vrai1 mais il faut bi5 p>l] des *oses huma9es en tres huma9s et l'*elle huma9e4 ,ce que n\s appelons mal ou bi51 e/ ce qui n\s fait du mal ou du bi51 ce qui nuit ou pr(ite n\s-mme ou aux autres2 et tant que n\s vivrons sur cette t]re1 pe9e de disp>atre1 il n\s faudra bi5 y atta*] une importance qu'en eux-mmes ils n'ont po9t4 ,les plus hautes religions1 les plus altires spculations mtaphysiques1 ds qu'il s'agit de morale1 d'volution et d'av5ir huma9s1 fur5t t\j\rs obliges de se rduire aux proportions huma9es1 de dev5ir an?ropomorphes4 ,il y a l une ncessit irrductible1 en v]tu de laquelle1 malgr les horizons qui t5t5t de t\tes p>ts1 il convi5t de born] ses p5ses et ses reg>ds4 ,x ,bornons-les donc et dem&ons-n\s encore1 en demeurant cette fois dans notre sphre1 ce qu'e/ en somme ce mal que punit ,k>ma8 ,si l'on va t\t au fond des *oses1 le mal provi5t t\j\rs d'un dfaut d'intellig5ce1 d'un jugem5t erron1 incomplet1 obscurci ou born de notre gsme qui ne n\s fait voir que les avantages pro*a9s ou immdiats d'un acte nuisible n\s-mme ou aux autres1 en n\s ca*ant les consqu5ces lo9ta9es mais 9vitables qu'un tel acte f9it t\j\rs p> eng5dr]4 ,t\te l'?ique1 en d]nire analyse1 ne repose que sur l'intellig5ce2 et ce que n\s appelons coeur1 s5tim5ts1 c>actre1 n'e/ en fait que de l'intellig5ce accumule1 cri/allise1 acquise ou hrite1 dev5ue plus ou mo9s inconsci5te et trans=me en habitudes ou en in/9cts4 ,le mal que n\s faisons1 n\s ne le faisons que p> un gsme qui se trompe1 qui voit trop prs de soi les limites de son tre4 ,ds que l'intellig5ce lve le po9t de vue de cet gsme1 les limites s't5d5t1 s'l>giss5t1 f9iss5t p> disp>atre4 ,le t]rible1 l'insatiable moi qui n\s ca*e la face de l'abme p]d son c5tre d'attraction et d'avidit1 se reconnat1 se retr\ve et s'aime en t\tes *oses4 ,ne croyons pas aveuglm5t l'intellig5ce des m*ants qui russiss5t1 au bonheur dans le crime4 ,il faudrait voir l'env]s1 c'e/--dire la ralit s\v5t affreuse de ces succs2 et puis1 cette intellig5ce1 s\s =me d'habilet1 de ruse1 de dloyaut1 e/ de l'intellig5ce spcialise1 canalise dans un troit circuit et1 comme un jet d'eau trangl1 trs puissante sur un po9t2 mais non pas de l'intellig5ce vritable et gnrale1 l>ge et gnreuse4 ,ds que s'ouvre celle-ci1 il y a ncessairem5t honntet1 ju/ice1 indulg5ce1 am\r et bont1 p>ce qu'il y a horizon1 altitude1 expansion1 plnitude2 p>ce qu'il y a connaissance in/9ctive ou consci5te des proportions huma9es1 de l't]nit de l'exi/5ce et de la brivet de la vie1 de la situation de l'homme dans l'univ]s1 des my/res qui l'envelopp5t et des li5s secrets qui le ratta*5t t\t ce qu'on voit comme t\t ce qu'on ne voit pas sur la t]re et dans les cieux4 ,,xi ,k>ma punirait donc le dfaut d'intellig5ce8 ,et d'abord p\rquoi pas8 ,c'e/ le seul mal rel sur cette t]re2 et si t\s les hommes tai5t s\v]a9em5t intellig5ts1 il n'y aurait plus de malheureux4 ,mais o s]ait la ju/ice8 ,n\s possdons l'intellig5ce que la nature n\s a donne2 c'e/ elle et non po9t n\s qui devrait tre responsable4 ,ent5dons-n\s4 ,k>ma ne punit pas proprem5t p>l]2 il n\s met simplem5t1 aprs nos exi/5ces et nos sommeils successifs1 au plan o notre intellig5ce n\s avait laisss1 ent\rs de nos actes et de nos p5ses4 ,il con/ate et enregi/re4 ,il n\s pr5d tels que n\s n\s sommes faits1 n\s donne l'occasion de n\s refaire1 d'acqurir ce qui n\s manque et de n\s lev] aussi haut que les plus hauts4 ,n\s n\s lv]ons =cm5t1 mais la l5teur ou la rapidit de notre asc5sion ne dp5d que de n\s4 ,en f9 de compte1 l'inju/ice app>5te qui accorde aux uns plus d'intellig5ce qu'aux autres1 n'e/ qu'une "q de date1 une loi de croissance1 d'volution1 qui e/ la loi fondam5tale de t\tes les vies que n\s connaissons1 depuis l'infusoire jusqu'aux a/res4 ,n\s ne p\rrions n\s pla9dre que d'tre v5us plus t>d que les autres2 mais les autres leur t\r1 avec plus de raison1 p\rrai5t se pla9dre d'avoir t appels trop tt1 de n'avoir pu pr(it] t\t de suite de t\t ce qui depuis leur naissance fut acquis4 ,il et donc fallu1 p\r vit] nos rcrim9ations1 que d'emble n\s fussions t\s sur le mme plan1 que n\s fussions t\s ns en mme temps4 ,mais alors1 l'univ]s et t p>fait1 complet1 immuable2 immobile depuis le premi] mom5t de son exi/5ce et de la ntre4 ,c'et peut-tre t prfrable1 mais il n'en e/ pas1 il n'e/ sans d\te pas possible qu'il en soit a9si2 en t\t cas1 aucune mtaphysique1 aucune religion1 pas mme la premire1 la plus gr&e1 la plus haute1 mre de t\tes les autres1 n'a eu l'ide d'c>t] l'indiscutable1 l'indubitable loi du m\vem5t inf9i1 de l't]nel dev5ir2 et il faut conv5ir que t\t semble lui donn] raison4 ,il e/ probable que ri5 ne s]ait s'il en tait autrem5t2 et que quelque *ose ne peut tre qu' condition de dev5ir meilleur ou pire1 de mont] ou de desc5dre1 de se compos] p\r se dcompos] et se recompos]1 et que le m\vem5t e/ plus ess5tiel que l'tre ou la sub/ance4 ,il en e/ a9si p>ce qu'il en e/ a9si4 ,il n'y a ri5 faire1 ri5 dire1 il n'y a qu' con/at]4 ,n\s sommes dans un monde o la matire prirait et disp>atrait plutt que le m\vem5t2 ou plutt o matire1 espace1 dure1 exi/5ce et m\vem5t ne sont qu'une seule et mme *ose4 ,,xii ,mais n\s vivons aussi dans un monde o notre raison ne r5contre que l'impossible1 l'insoluble et l'incomprh5sible4 ,les int]prtations suprmes ne font que dplac] l'nigme1 p\r n\s p]mettre d'entrevoir de plus haut l'imm5sit sans bornes o n\s n\s dbattons4 ,donc1 ct des explications puriles1 qu' la suite de d=mations successives t\tes les religions ont tires de la religion s\rce1 trois hypo?ses f9ales s'(fr5t notre *oix3 d'une "p1 le nant1 l'in]tie et la mort absolus qui sont inconcevables2 d'une autre1 le has>d et ses t]nels recomm5cem5ts sans modifications1 sans espoir1 sans b et sans f91 ou qui1 s'ils mn5t quelque *ose1 mn]ai5t soit l'anantissem5t inconcevable1 soit la troisime hypo?se2 le meilleur dev5ir inf9i1 jusqu' l'absorption totale dans l'imp]fectible1 l'immuable1 l'immobile qui1 comme je l'ai dit ailleurs1 devrait dj avoir eu lieu dans l't]nit qui n\s prcde1 att5du qu'il n'y a aucune raison p\r que ce qui n'a pu se faire dans cette t]nit se puisse faire dans l't]nit v5ir1 laquelle n'e/ pas plus inf9ie1 n'a pas plus d't5due1 n'(fre pas plus de *ances et n'e/ pas d'une autre nature que l't]nit passe4 99 99 99 99 99 ,la religion mre elle-mme1 la seule qui soit encore acceptable1 r5de compte de t\t et qui ait t\t prvu1 ne sort pas de cette d]nire impasse en t5dant des milli>ds d'annes la dure d'un j\r de ,brahma1 c'e/--dire la priode d'volution1 d'expiration1 d'extriorisation et d'activit1 et un nombre gal de milli>ds d'annes la dure d'une nuit de ce dieu1 c'e/--dire la priode d'involution1 d'inspiration1 d'intriorisation1 de sommeil ou d'in]tie1 p5dant laquelle t\t e/ rabsorb dans la div9it ou l'unique absolu4 ,elle n'en sort pas davantage en multipliant ensuite ces j\rs et ces nuits p> c5t annes qui =m5t une vie et cette vie p> c5t vies qui mn5t des *iffres qui ne sont plus exprimables2 aprs quoi1 un autre univ]s recomm5ce4 ,il y aurait donc galem5t ici ou recomm5cem5t t]nel sans espoir et sans b1 ou1 si progression il y a1 p]fection f9ale et immobilit qui devrai5t dj tre atte9tes4 ,que *acun tire de t\t ceci les conclusions qu'il v\dra1 qu'il p\rra1 ou s'incl9e1 une fois de plus1 en sil5ce1 devant l',inconnaissable4 ,,f9 ,,table ,,des ,,mati,,res ,pages4 ,i4--,la puissance des morts #a ,,ii4--,messages d'outre-tombe #aa ,,iii4--,les mauvaises n\velles #bg ,,iv4--,l'me des peuples #cg ,v4--,les mres #dg ,,vi4--,trois hros inconnus #ec ,,vii4--,beauts p]dues #ga ,,viii4--,le monde des insectes #ha ,,ix4--,la mdisance #aag ,x4--,le jeu #abe ,m,,ditations ,,xi4--,l'nigme du progrs #aei ,,xii4--,les deux lobes #agc ,,xiii4--,espoir et dsespoir #ahc ,,xiv4--,macrocosme et microcosme #aia ,,xv4--,l'hrdit et la prexi/5ce #bjc ,,xvi4--,la gr&e rvlation #bag ,,xvii4--,le sil5ce ncessaire #bfc ,,xviii4--,k>ma #bga ,b--#aadd4--,l4-,imp4 run41 #g1 rue ,/-,b5ot1 ,p>is4