,,les ,,dieux ,,et ,,les ,,demi-,,dieux ,,de ,,la ,,pe9ture ,,p> ,,mm4 ,,?,,ophile ,,gauti]1 ,,ars,,ne ,,h\ssaye ,,et ,,paul ,,de ,,sa9t-,,victor ,,illu/rations ,,p> ,m4 ,,calamatta ,,p>is ,,morizot1 ,,libraire-,,diteur ,,rua ,,pav,e ,,sa9t-,,&r-,,des-,,arts1 #e #ahfd ,figure #a3 ,lda4 ,lon>d de ,v9ci ,,table ,introduction ,lon>d de ,v9ci ,fr ,giovanni da ,fiesole ,heml+ ,raphal ,corrge ,mi*el-,ange ,giorgione ,titi5 ,paul ,vronse ,holbe9 ,rub5s ,van ,dyck ,rembr&t ,don ,diego ,velasquez de ,silva ,e/eban ,b>tolome ,murillo ,nicolas ,p\ss9 ,eu/a*e ,le ,sueur ,david ,prudhon ,eugne ,delacroix ,sir ,jo%ua ,reynolds ,william ,hog>? ,,introduction ,ce livre n'e/ pas une hi/oire complte de l'art1--aucune hi/oire n'e/ complte1--*acun des noms illu/res qui en rempliss5t les pages et ncessit un gros volume4 ,on a v\lu seulem5t dress] un trne d'or aux d\ze gr&s dieux1 aux olympi5s de la pe9ture et sur les m>*es d'ivoire de ces trnes1 pos] un degr plus ou mo9s lev les demi-dieux qui mrit5t d'tre admis dans ce ciel d'un azur lum9eux4 ,t\s ont *]* le beau et l'ont tr\v p> des r\tes div]ses2 peut-tre nul d'entre eux1 si gr& qu'il soit1 n'a donn son rve t\t enti]1 c> devant les ef=ts de l'arti/e1 l'idal recule jusque dans l'absolu4 ,si l'idal n'tait pas au-dessus de t\te ralisation1 il cess]ait d'tre l'idal et de luire comme une toile au b\t de cette p]spective sans f9 qu'on n'atte9dra pas plus qu'on ne s\lv]a le voile sacr d',isis3 c'e/ l prcism5t ce qui fait la gloire et la supriorit de l'art2 d]rire ses types les plus purs1 les plus nobles1 les plus div9s on s5t un type plus pur1 plus noble1 plus div9 encore qui se fait dev9] comme un visage rayonnant trav]s la demi-transp>5ce d'un voile4 ,la =me montre et ca*e la fois l'ide1 quelque p]fection qu'elle atteigne2 elle a ses bonheurs et ses trahisons1 elle a aussi ses impossibilits4 ,p\r s'lev] l'expression du beau1 elle ne possde que les lignes et les c\leurs f\rnies p> la nature1 c> l'inv5tion d'une =me mme dans la *imre ne saurait se concevoir4 ,c'e/ donc la figure de l'homme1 qui e/ l'univ]s arriv se compr5dre1 dont l'art se s]vira p\r =mul] son concept1 en relevant1 en l'purant1 en la dgageant de l'accid5tel et du p>ticuli]4 ,les ,grecs l'avai5t div9ise avec leur religion an?ropomorphique4 ,v5us au monde1 dans la jeunesse de l'humanit1 en ple9e fra*eur et en ple9e lumire1 eux-mmes beaux1 intellig5ts1 s]e9s1 ils s'tai5t appro*s du type suprme dont ils tai5t vois9s encore4 ,leur posie1 leur ar*itecture1 leur /atuaire1 sont re/es les plus brillants tmoignages du gnie huma94 ,il devait en tre de mme de leur pe9ture dont malheureusem5t les sicles jal\x ont effac jusqu'au plus lg] ve/ige4 ,sans nul d\te ,apelles galait ,phidias4 ,puis v9r5t les cataclysmes de la b>b>ie et les tnbres pr(ondes du moy5 ge1 et l'ide du beau se p]dit p\r rep>atre la ,r5aissance1 cette seconde aurore du monde avec les manuscrits grecs et les m>bres antiques retr\vs s\s les dcombres des civilisations ensevelies4 ,du premi] c\p1 le gr& ,lon>d de ,v9ci rinv5ta t\s les arts p]dus et cra une =mule du beau si r>e1 si exquise1 si p>faite qu'on ne l'a jamais dpasse4 ,mi*el-,ange sans connatre ,phidias1 dont p\rtant les *efs-d'uvre exi/ai5t intacts encore sur les frontons d',ict9us1 sut tre aussi gr& que lui et mit le beau dans le t]rible4 ,raphal1 baptisant l'art grec1 ressuscita1 avec ses madones1 la ,vnus de ,clomne plus belle et t\j\rs vi]ge2 ,corrge fit s\rire l'idal et le baigna my/rieusem5t dans les transp>5ces arg5tes de son clair-obscur1 ,titi5 le dora de sa c\leur d'ambre1 ,rub5s l'emp\rpra de ses tons flamboyants1 ,paul ,vronse l'habilla de ses ri*es broc>ts ramags1 ,rembr&t l'ent\ra de ses ombres fauves et le fit brill] comme un microcosme1 au fond de ses tnbres magiques1 ,van ,dyck lui prta une lgance ari/ocratique1 ,p\ss9 lui donna la philosophie1 ,le ,sueur la grce t5dre et la mlancolie religieuse1 ,david la rigueur classique1 ,prudhon le *>me voluptueux1 ,reynolds le sat9 et la fra*eur de la sant anglaise1 ,hog>? infidle ses ?ories sur la ligne c\rbe1 la roideur purita9e et britannique trop proccupe de morale4 ,*aque pays1 depuis cette glorieuse poque1 t5dit t\j\rs v]s ce noble b4 ,en ,espagne1 ,velasquez1 p> le c>actre1 dgagea le beau du rel2 ,murillo l'ap]ut dans une vision cle/e et osa le faire desc5dre sur la t]re4 ,bi5 avant1 l',ange de ,fiesole l'avait dess9 sur le fond d'or de l'art go?ique2 ,holbe9 l'avait fix p> son dess9 d'une exactitude si nave et si savante1 ,heml+ l'enlum9ait de ses tons f9s et purs dans ses tableaux pieusem5t lg5daires4 ,t\s ces gr&s arti/es ont reprs5t une face de l'idal que nul ne peut voir t\t enti]1 et cela suffit leur gloire4 ,d'autres po9ts de vue se rvl]ont peut-tre avec le temps1 et le beau de l'av5ir se f]a entrevoir s\s d'autres masques1 dposs t\r t\r2 c> il faut l'tre9dre comme ,prote d'une tre9te bi5 vig\reuse1 p\r le =c] se montr] s\s sa vritable =me4 ,aprs une longue lutte1 p>fois le gnie vi5t b\t de dompt] ce fuyant adv]saire4 ,il c\rt son *evalet1 il saisit sa palette1 il reg>de1 mais dj le modle a disp>u4 ,heureusem5t il p>vi5t en esquiss] de mmoire quelques traits sur la toile1 et les sicles tonns admir5t cette glorieuse image qui n'e/ p\rtant qu'une ombre et qu'un reflet4 ,dans ce livre1 on a essay p> une figure *oisie1 qui accompagne *aque lg5de de pe9tre1 d'exprim] et de rsum] l'idal qu'il p\rsuivait1 la =me favorite o sa p5se et son am\r s'inc>nai5t le plus frquemm5t1 et qui fait reconnatre son uvre1 comme une tte grave sur l'onyx d'un ca*et1 dsigne1 sans mme qu'on ouvre la lettre1 la ma9 qui l'a crite4 ,figure #b3 ,roxane--,pe9t p> ,sodoma ,l,,on>d ,,de ,,v9ci ,les ,grecs avai5t atte9t le beau en t\te *ose1 et le ro*] sacr de l',acropole1 *>g de temples et de sculptures1 re/a deb\t comme l'autel du gnie huma9 au milieu des solitudes et des ru9es qu'avai5t faites la b>b>ie plus que le temps1 mais ignor en quelque sorte1 et donnant des leons p]dues4 ,sans v\loir tre inju/e env]s les ef=ts et les t5tatives des civilisations po/rieures1 on peut dire qu'une longue nuit suivit ce j\r clatant1 et que le s5s du beau disp>ut p5dant bi5 des sicles dans les cataclysmes d'empires et le *aos du moy5 ge4 ,la sculpture et la pe9ture1 entranes p> la *ute du poly?isme1 s'clips5t totalem5t2 treize sicles s'c\l5t depuis l'avnem5t de ,jsus-,*ri/ jusqu' ,&r ,taffi et ,cimabu1 qui ne font gure que reproduire les vieux poncifs byzant9s2 il faut encore c5t ou deux c5ts ans p\r sortir de l'imag]ie fonds d'or1 et de la sculpture enfant9e1 digne des ,*9ois et des sauvages4 ,mais enf9 arrive ce m]veilleux seizime sicle1 o l'esprit de l'homme se rveille en sursaut1 comme d'un long rve1 et repr5d possession de lui-mme4 ,ce fut un mom5t ple9 de grce et de *>me1 et qu'exprime on ne peut mieux le mot ,r5aissance1 employ p\r dsign] cette poque climatrique3 aprs les longues et opaques tnbres1 hantes de cau*em>s1 de t]reurs et d'angoisses1 se levait enf9 l'aurore n\velle4 ,la beaut1 oublie si longtemps1 app>aissait radieuse et en*antait le monde de son jeune clat4 ,quelques manuscrits d*iffrs trav]s la go?ique criture des mo9es1 quelques fragm5ts de m>bres antiques sortis de t]re comme p> miracle avai5t suffi p\r opr] cette rvolution4 ,ces lampes de la vie1 que1 suivant le beau v]s de ,lucrce1 des c\reurs se remett5t l'un l'autre1 s'tai5t rallumes l't9celle antique1 et brillai5t joyeusem5t dans des ma9s qui ne devai5t plus les laiss] te9dre4 ,un de ceux dont la lampe jeta le plus vif rayon1 ce fut ,lon>d de ,v9ci4 ,sa flamme1 bi5 que voile p> la fume noire du temps1 luit encore comme une toile2 et qu& un des tableaux du matre se tr\ve dans une gal]ie1 quelque sombre et rembruni qu'il soit1 elle en e/ t\t claire4 ,lon>d de ,v9ci1 enfant naturel d'un mess] ,pietro1 notaire de la rpublique1 naquit en #adeb1 dans un petit *teau1 dont les ru9es exi/5t encore non lo9 de ,flor5ce1 prs du lac ,fucec*io1 au milieu d'un horizon *>mant4 ,t\t devait tre joie1 grce et s\rire p\r cet enfant de l'am\r1 qui dev9t bi5tt le plus beau des hommes3 la ,nature1 comme rev5diquant p\r elle seule son plus p>fait ouvrage1 ne v\lut pas qu'il et de famille lgitime1 et sans appel] les fes son b]ceau1--elles y v9r5t d'elles-mmes1--le d\a de t\s les dons imag9ables4 ,on et dit que1 p> une sorte d'am\r-propre1 elle se ju/ifiait a9si de ses avortem5ts et de ses bau*es imp>faites#a4 ,contrairem5t la loi ord9aire1 ,lon>d de ,v9ci ne connut ni les luttes1 ni les difficults des comm5cem5ts3 l'admiration le prit t\t jeune et ne le quitta plus4 ,il m\rut entre les bras d'un roi1 et1 si l'rudition mod]ne a conte/ cette lg5de1 elle e/ tellem5t vraisemblable comme c\ronnem5t de cette vie heureuse et honore1 que t\t le monde y dut croire4 ,enfant1 ses premi]s dess9s excitr5t la surprise et l'incrdulit4 ,mis l'cole du ,v]roc*io1 bon sculpteur et bon pe9tre1 il y fit preuve d'une supriorit si prcoce1 que l'lve fut bi5tt le matre3 on sait qu'il peignit dans un tableau de son pr(esseur une tte d'ange si belle1 d'un gt si r>e et si neuf1 qu'elle effaait t\t le re/e de l'uvre1 et prsageait l',italie une gloire sans rivale4 ,en effet1 nul n'e/ suprieur ,lon>d1 ni ,raphal1 ni ,mi*el-,ange1 ni ,corrge3 on a pu s'asseoir ct de lui sur son sommet1 mais qui jamais a mont plus haut8 ,notez qu'il e/ le premi] en date1 et qu'il m5a t\t de suite l'art un degr de p]fection qui n'a pas t dpass depuis4 ,cette gloire semble suffisante p\r un homme1 et p\rtant la pe9ture n'tait qu'une des aptitudes du ,v9ci3 galem5t d\ dans t\s les s5s1 il et pu faire aussi bi5 t\te autre *ose4 ,c'tait un gnie univ]sel1 encyclopdique2 il possdait t\tes les connaissances de son temps1 et1 qualit plus r>e1 il voyait directem5t la nature4 ,p\r bi5 se r5dre compte du gnie de ,lon>d1 il faut se dire qu'il travaillait en quelque sorte sans modle et inv5tait mesure de sa production4 ,c'tait mme l sa plus gr&e j\issance2 il ne t5ait pas comme c]ta9s pe9tres multipli] ses uvres4 ,il se cont5tait en t\tes *oses d'avoir atte9t le b1 et une fois l'idal ralis1 il ab&onnait ou ddaignait4 ,il tait homme faire des tudes imm5ses p\r un seul tableau1 sauf ne plus s'en s]vir aprs et pass] d'autres ex]cices4 ,sa curiosit satisfaite1 ri5 ne l'amusait plus4 ,le modle fait1 l'preuve tire1 il brisait le m\le1 il avait le s5s de l'exquis1 du r>e1 de l'absolu4 ,*aque tableau n'tait qu'une expri5ce heureuse1 un desid]atum accompli qu'il tr\vait inutile de r5\vel]4 ,dans *aque voie de l'art1 il a laiss sa trace ineffaable1 et son pi$ se voit empre9t sur t\tes les hautes cimes1 mais il semble n'y tre mont que p\r le plaisir de l'asc5sion3 il en r$esc5d aussitt et va ailleurs4 ,il ne p>at pas avoir le desse9 de s'illu/r] ou de s'enri*ir p> une supriorit acquise1 mais de se pr\v] seulem5t lui-mme qu'il e/ suprieur4 ,a9si il a fait le plus beau portrait1 le plus beau tableau1 la plus belle fresque1 le plus beau c>ton3 c'e/ assez2 et il p5se autre *ose1 model] un *eval gigantesque1 faire le canal du ,naviglio1 =tifi] des villes1 tr\v] des eng9s de gu]re1 inv5t] des scaph&res1 des ma*9es vol]1 et autres imag9ations plus ou mo9s *imriques4 ,il s\ponne presque la vapeur1 il press5t le ballon1 il fabrique des oiseaux qui vol5t et des animaux qui m>*5t4 ,il j\e d'une lyre d'arg5t en =me de tte de *eval dont il e/ le facteur1 et se compose une criture reb\rs1 de droite gau*e1 qu'on ne peut lire que dans un miroir1 *iffre dont t\s les secrets n'ont pas encore t pntrs encore2 il tudie l'anatomie1 non pas comme ,mi*el-,ange1 p\r en faire p>ade1 mais p\r la savoir1 et dess9e d'admirables myologies dont il ne se s]t pas1 c> nulles figures ne sont plus enveloppes que les si5nes4 ,outre l'arti/e1 il conti5t un philosophe presque gal ,bacon1 ennemi de la scola/ique1 ne croyant qu' l'expri5ce et dem&ant la seule nature la solution de ses d\tes4 ,il fait t\t1 jusqu' ses enduits et ses c\leurs2 avec cela1 v\s v\s tromp]iez trangem5t1 si v\s v\s imag9iez une sorte de pdant rogne1 ou d'al*imi/e h]mtique s\fflant dans un ateli] *ang en laboratoire3 p]sonne ne fut plus huma91 plus aimable1 plus sduisant que ,lon>d de ,v9ci2 il avait l'esprit1 la grce1 l'adresse1 la =ce ce po9t qu'il pliait en deux un f] de *eval1 et avec cela une beaut p>faite1 une beaut d',apollon4 ,il tait si d\x1 si t5dre1 si sympa?ique1 si li de cur la nature1 si compatissant aux mo9dres s\ffrances1 qu'il a*etait des oiseaux en cage p\r les r5dre la lib]t1 t\t joyeux de les voir mont] p]dum5t dans l'azur2 qualit r>e en ce temps froce et rude1 o1 lo9 d'avoir piti des animaux1 on tait presque indiffr5t p\r la vie huma9e4 ,lon>d aimait les *evaux2 il tait excell5t cuy]1 et sur les montures les plus rebelles et les plus fr+antes1 il se plaisait des sauts de haies et de fosss1 des voiles et des c\rbettes qui remplissai5t les spectateurs d'admiration et d'p\vante4 ,mais ce n'e/ que de l'arti/e que n\s avons n\s occup]4 ,quelque gr& qu'il soit1 le pe9tre *ez ,lon>d n'e/ qu'un des cts de l'homme4 ,l'art ne l'absorba pas t\t enti]2 il lutta avec lui et re/a le plus =t1 sans avoir le j>ret dess*1 comme ,jacob dans son combat contre l'ange4 ,quelles fur5t ses ress\rces8 ,on ne le sait1 mais on voit jusqu' tr5te ans ,lon>d m5] gr& tra9 ,flor5ce1 il avait *evaux1 dome/iques1 beaux habits1 t\s les luxes du temps4 ,la =tune1 aveugle d'ord9aire1 avait t son b&eau p\r lui1 et le favorisait comme s'il en tait indigne4 ,jamais le malheur1 comme n\s l'avons dit1 n'osa appro*] cette belle vie et lui faire pay] sa gloire4 ,t\t en m5ant une exi/5ce spl5dide1 il peignait trav]s beauc\p d'occupations et de fantaisies1 c> son esprit multiple se portait p>t\t avec ardeur1 ne ddaignant mme pas des plaisant]ies de physici51 comme de comb9] des gaz infects et de gonfl] des vessies dont la dilatation =ait les assi/ants s'enfuir de la salle4 ,sa premire manire rappelle encore celle du ,v]roc*io1 son matre2 il r5d la nature p> un moy5 emprunt1 mais dj l'acc5t orig9al e/ reconnaissable4 ,cette manire e/ plus ar*aque1 plus s*e de dess91 plus claire de ton1 mo9s puissante de model que celle qu'il adopt]a plus t>d1 lorsqu'il p\rra r5dre la nature avec son s5tim5t propre et sans moy5 int]mdiaire4 ,ce qui c>actrise1 en effet1 ,lon>d1 c'e/ l'tude con/ante1 att5tive1 appr(ondie1 intime de la nature1 non pas la faon brutale des rali/es d'auj\rd'hui1 mais avec une dlicatesse1 une pati5ce1 une comprh5sion et un *oix m]veilleux4 ,il e/ la fois vrai et fantasque1 exact et visionnaire1 il mle ensemble la ralit et le rve dans une proportion surpr5ante4 ,ses ouvrages v\s fasc95t p> une sorte de p\voir magique2 ils viv5t d'une vie pr(onde et my/rieuse1 presque al>mante1 quoique depuis longtemps la c>bonisation des c\leurs leur ait t t\te possibilit d'illusion4 ,on sait l'hi/oire de ce b\cli] dem& p> un paysan de ,v9ci1 et sur lequel ,lon>d devait pe9dre quelque emblme effrayant4 ,p5dant plusieurs mois1 on vit notre arti/e la *asse de c\leuvres1 de reptiles1 de lz>ds1 de crapauds1 de *auves-s\ris1 l'aide desquels il composa un mon/re hybride d'une gr&e vraisemblance zoologique et d'un effet t]rible2 v\s p5sez bi5 que le paysan n'eut pas son b\cli]1 qui fut v5du trois c5ts ducats ,galz1 duc de ,milan4 ,ces tudes s]vir5t probablem5t ,lon>d p\r le masque de ,mduse1 qu'on voit au muse de ,flor5ce3 aut\r de la tte c\pe et d'une pleur exsangue s'entortille hideusem5t la v]te *evelure1 dont *aque cr9 siffle et se tord4 ,les reptiles ont plus d'importance que le visage1 dess9 en racc\rci1 comme p\r drob] l'il les convulsions de la mort2 c> ,lon>d n'aimait pas les expressions extrmes1 et p>tageait l-dessus les ides de l'art antique4 ,mais cela sans d\te l'amusait de faire voir comme il peignait bi5 les s]p5ts4 ,l',enfant au b]ceau qu'on voit ,bologne1 les ,sa9tes ,madele9es des palais ,pitti et ,aldobr&9i1 les ,sa9tes ,familles4 ,hrodiades et ,ttes de sa9t ,jean-,bapti/e1 dont s'enorgueilliss5t quelques gal]ies1 ne sont pas encore t\t fait de ,lon>d1 quoiqu'on ne puisse gure mettre en d\te leur au!nticit3 ce ne fut que plus t>d1 sa seconde poque1 qu'il tr\va sa manire absolue et df9itive4 ,l'idal du ,v9ci1 quoiqu'il ait la puret1 la grce et la p]fection de l'antique1 e/ t\t mod]ne p> le s5tim5t1 il exprime des f9esses1 des suavits et des lgances inconnues aux anci5s3 les belles ttes grecques1 dans leur irrpro*able correction1 sont s]e9es seulem5t2 celles du ,v9ci sont d\ces1 mais d'une d\ceur p>ticulire1 qui vi5t plutt d'une indulg5te supriorit que d'une faiblesse d'me2 il semble que des esprits d'une autre nature que la ntre n\s reg>d5t comme trav]s les tr\s d'un masque p> ces yeux c]cls d'ombres1 avec un air de t5dre commisration qui n'e/ pas sans quelque malice4 ,et quel s\rire il fait j\] sur ces lvres flexibles1 qui se p]d5t dans des commissures vel\tes1 spirituellem5t tordues p> la volupt et l'ironie6 ,nul n'a pu encore d*iffr] l'nigme de son expression3 il raille et attire1 refuse et promet1 enivre et r5d p5sif4 ,a-t-il rellem5t voltig sur des b\*es huma9es1 ou e/-il pris aux sph9x moqueurs qui g>d5t le palais du ,beau8 ,plus t>d1 ,corrge le retr\v]a ce s\rire2 mais1 en lui donnant plus d'am\r1 il lui t]a son my/re4 ,ludovic le ,maure appela ,lon>d de ,v9ci ,milan4 ,notre arti/e russit beauc\p cette c\r2 sans avoir ri5 de s]vile dans l'humeur1 il aimait le fa/e1 l'lgance1 la politesse4 ,les palais des rois ou des pr9ces tai5t son milieu naturel4 ,dis]t1 excell5t musici51 ordonnateur de ftes ple9 d'imag9ation1 re*]* dans ses habits1 galant1 la mode le prit s\s son aile1 quoique homme de gnie1 et il obt9t l les mmes succs qu' ,flor5ce4 ,il fit le portrait des deux matresses du pr9ce1 ,ccile ,gal]ani et ,lucrce ,crivelli1 que ,/5dhal croit reconnatre dans le portrait de femme du ,l\vre en corsage r\ge galonn d'or1 et qu'on nomme vulgairem5t la belle ,f]ronnire1 cause du diamant qu'elle porte au front4 ,il comm5a model] p\r la /atue que/re de ,ludovic un *eval aussi gr& que le *eval de ,troie1 et dans la fonte duquel devai5t entr] deux c5t mille livres de mtal2 excuta ses m]veilleux travaux d'hydraulique1 et prp>a1 p\r le rfectoire de ,sa9te-,m>ie des ,grces1 le c>ton de la ,cne1 dont il peignit d'abord les ttes sp>m5t1 en manire d'tude1 l'huile et au pa/el4 ,arm d'un petit album1 il p>c\rait les rues de ,milan1 les prom5ades1 les m>*s1 et surt\t le ,borghetto1 espce de c\r des miracles o se rassemblait la canaille1 *]*ant un type de coqu9 p\r son ,judas1 dont la tte re/a longtemps en blanc sur la muraille1 c> il ne tr\vait pas de physionomie assez p]fide1 assez basse1 assez sclrate1 p\r l'aptre apo/at qui v5dit au prix d'arg5t son ,dieu1 son matre1 et son ami4 ,il r5contra enf9 ce qu'il v\lait1 et l'uvre fut t]m9e aprs plusieurs ab&ons et reprises4 ,le travail de ,lon>d tait t\t intellectuel2 il ne peignait que lorsqu'il voyait son ide bi5 nette1 et ne laissait ri5 au has>d du p9ceau2 on le voyait s\v5t acc\rir du b\t de la ville1 donn] deux ou trois t\*es sa pe9ture et se retir]4 ,d'autres fois seulem5t1 il la reg>dait en sil5ce et n'y t\*ait pas4 ,selon lui1 ce n'tai5t pas les j\rs o il travaillait le mo9s4 ,la ,cne n'e/ pas une fresque1 malheureusem5t1 c> elle aurait encore presque t\t son clat1 comme celle de ,montorfano1 place en face4 ,elle e/ pe9te avec des c\leurs l'huile1 dgraisses p> un procd p>ticuli] de l'inv5tion de ,lon>d1 sur un enduit peu solide3 aucun outrage ne lui a t p>gn1 et cep5dant son ombre seule suffit p\r clips] t\s les *efs-d'uvre4 ,n\s avons eu le bonheur de voir ,milan la ,cne de ,lon>d4 ,qu'on n\s p]mette de reproduire ici la page crite dans notre voyage d',italie1 s\s l'impression immdiate de l'uvre div9e4 ,il e/ inutile d'en v>i] purilem5t les mots1 elle conti5t t\te notre p5se sur ,lon>d4 ,la ,cne de ,lon>d de ,v9ci occupe le mur du fond du rfectoire4 ,l'autre p>oi e/ c\v]te p> un ,calvaire de ,montorfano1 dat de #adie4 ,il y a quelque tal5t dans cette pe9ture4 ,mais qui peut se s\t5ir devant ,lon>d de ,v9ci8 ,c]tes1 l'tat de dgradation o se tr\ve ce *ef-d'uvre du gnie huma9 e/ jamais regrettable1 p\rtant il ne lui nuit pas autant qu'on p\rrait croire4 ,lon>d de ,v9ci e/ p> excell5ce le pe9tre du my/rieux1 de l'ineffable1 du crpusculaire2 sa pe9ture a l'air d'une musique en mode m9eur4 ,ses ombres sont des voiles qu'il entr'ouvre ou qu'il paissit p\r faire dev9] une p5se secrte4 ,ses tons s'amortiss5t comme les c\leurs des objets au clair de lune1 ses cont\rs s'envelopp5t et se noi5t comme d]rire une gaze noire1 et le temps1 qui te aux autres pe9tres1 aj\te celui-ci en r5=ant les h>monieuses tnbres o il aime se plong]4 ,la premire impression que fait cette fresque m]veilleuse ti5t du rve3 t\te trace d'art a disp>u2 elle semble flott] la surface du mur1 qui l'absorbe comme une vapeur lgre4 ,c'e/ l'ombre d'une pe9ture1 le spectre d'un *ef-d'uvre qui revi5t4 ,l'effet e/ peut-tre plus sol5nel et plus religieux que si le tableau mme tait vivant3 le corps a disp>u1 mais l'me survit t\t entire4 ,le ,*ri/ occupe le milieu de la table1 ayant sa droite sa9t ,jean1 l'aptre bi5-aim4 ,sa9t ,jean1 dans l'attitude d'adoration1 l'il att5tif et d\x1 la b\*e entr\v]te1 le visage sil5cieux1 se p5*e respectueusem5t1 mais affectueusem5t1 comme le cur appuy sur le matre div94 ,lon>d a fait aux aptres des figures rudes1 =tem5t acc5tues2 c> les aptres tai5t t\s p*eurs1 manuvri]s et g5s du peuple4 ,ils indiqu5t1 p> l'n]gie de leurs traits1 p> la puissance de leurs muscles1 qu'ils sont l'glise naissante4 ,jean1 avec sa figure fm99e1 ses traits purs1 sa c>nation d'un ton f9 et dlicat1 semble plutt app>t5ir l'ange qu' l'homme2 il e/ plus ari5 que t]re/re1 plus potique que dogmatique1 plus am\reux encore que croyant2 il symbolise le passage de la nature huma9e la nature div9e4 ,le ,*ri/ porte empre9te sur son visage la d\ceur ineffable de la victime volontaire2 l'azur du p>adis luit dans ses yeux1 et les p>oles de paix et de consolation tomb5t de ses lvres comme la manne cle/e dans le ds]t4 ,le bleu t5dre de sa prunelle et la te9te mate de sa peau1 dont un reflet semble avoir color le ple ,*>les ,i] de van ,dyck1 rvl5t les s\ffrances de la croix intrieure porte avec une rsignation conva9cue4 ,il accepte rsolm5t son sort1 et ne se dt\rne po9t de l'ponge de fiel dans ce d]ni] et libre repas4 ,on s5t un hros t\t moral et dont l'me fait la =ce1 dans cette figure d'une incomp>able suavit3 le port de la tte1 la f9esse de la peau1 les atta*es dlicatem5t robu/es1 le jet pur des doigts1 t\t dnote une nature ari/ocratique au milieu des faces plbi5nes et ru/iques de ses compagnons4 ,jsus-,*ri/ e/ le fils de ,dieu2 mais il e/ aussi de la race des rois de ,juda4 une religion tonte spirituelle ne fallait-il pas un rvlateur d\x1 lgant et beau1 dont les petits enfants puss5t s'appro*] sans effroi8 la place de ,jsus1 assoyez ,socrate celle cne suprme1 le c>actre *ang]a aussitt3 l'un dem&]a qu'on sacrifie un coq ,esculape2 l'autre s'(frira lui-mme p\r ho/ie1 et la beaut de l'art grec s]ait ici va9cue p> la srnit de l'art *rti54 ,notre muse du ,l\vre e/ ri*e en pe9tures de ,v9ci1 ce matre r>e qui un petit nombre de *efs-d'uvre ont suffi p\r conqurir le premi] rang4 ,peu de gal]ies en runiss5t autant et d'une telle au!nticit4 ,c'e/ en va9 que le muse de ,madrid se flatte de possd] la ,joconde2 l'orig9al e/ bi5 *ez n\s4 ,la ,vi]ge aux ro*]s1 dont la gravure e/ si connue1 app>ti5t la seconde manire de ,lon>d et peut en tre considre comme le type2 le model e/ p\rsuivi avec un so9 que n'ont pas les pe9tres auxquels l'bau*oir n'e/ pas famili]4 ,la rondeur des corps obt5ue p> la dgradation des te9tes1 l'exactitude des ombres et la p>cimonieuse rs]ve de la lumire1 trahit dans ce tableau sans p>eil des habitudes de sculpteur4 ,on sait que ,lon>d l'tait1 et il disait s\v5t3 ,ce n'e/ qu'en modelant que le pe9tre peut tr\v] la sci5ce des ombres4 ,on a cons]v longtemps des figures de t]re dont il s'aidait p\r son travail4 ,l'aspect de la ,vi]ge aux ro*]s e/ s+uli]1 my/rieux et *>mant4 ,une espce de grotte basaltique abrite le div9 gr\pe pos sur la rive d'une s\rce qui laisse transp>atre trav]s son eau limpide les caill\x de son lit4 ,l'arcade de la grotte dc\vre un paysage ro*eux clair-sem d'arbres grles et que trav]se une rivire au bord de laquelle s'lve un village3 t\t cela d'une c\leur indf9issable comme celle des contres *imriques que l'on p>c\rt en rve1 et m]veilleusem5t propre faire ressortir les figures4 ,quel adorable type que celui de la ,madone6 ,il e/ t\t p>ticuli] ,lon>d et ne rappelle en ri5 les vi]ges de ,prug9 ni celles de ,raphal3 le haut de la tte e/ sphrique1 le front dvelopp2 l'ovale des j\es s'am5uise p\r se clore p> un m5ton d'une c\rbe dlicate2 les yeux1 aux paupires baisses1 se c]cl5t de pnombres2 le nez1 quoique f91 n'e/ pas rectiligne avec le front1 comme celui des /atues grecques2 ses n>9es se dc\p5t et ses ailes frmiss5t comme si la respiration les faisait palpit]4 ,la b\*e1 un peu gr&e1 a ce s\rire vague1 nigmatique et dlicieux que le ,v9ci donne ses figures de femmes2 une lgre malice s'y mle l'expression de la puret et de la bont4 ,les *eveux longs1 dlis1 soyeux1 desc5d5t en m*es crespeles sur des j\es baignes d'ombres et de demi-te9tes et les accompagn5t avec une grce incomp>able4 ,c'e/ la beaut lomb>de idalise p> une excution admirable1 dont le seul dfaut s]ait peut-tre une p]fection trop absolue4 ,et quelles ma9s6 surt\t celle qui1 t5due en avant1 prs5te les doigts en racc\rci4 ,m4 ,+res seul a pu r5\vel] ce t\r de =ce dans la figure de la ,musique c\ronnant ,*]ub9i4 ,l'aju/em5t des drap]ies e/ de ce gt exquis et prcieux qui c>actrise le ,v9ci4 ,une agrafe en =me de mdaillon reti5t sur la poitr9e les b\ts du manteau que les bras relv5t en leur imprimant des plis ple9s de noblesse et d'lgance4 ,l'ange qui montre du doigt l',enfant ,jsus au petit sa9t ,jean e/ la tte la plus suave1 la plus f9e et la plus fire que jamais le p9ceau ait fixe sur la toile4 ,elle app>ti5t1 si l'on peut s'exprim] a9si1 la plus haute ari/ocratie cle/e4 ,on dirait un page de gr&e naissance habitu pos] le pi$ sur les m>*es du trne4 ,une *evelure annele et b\cle foisonne aut\r de sa tte1 d'un dess9 si pur et si dlicat qu'il dpasse la beaut fm99e et donne l'ide d'un type suprieur t\t ce que l'homme peut rv]2 ses yeux ne sont pas t\rns v]s le gr\pe qu'il dsigne1 c> il n'a pas beso9 de reg>d] p\r voir1 et il n'aurait pas d'ailes aux paules qu'on ne se tromp]ait pas sur sa nature4 ,une indiffr5ce div9e se pe9t sur sa figure *>mante1 qui daigne pe9e s\rire du co9 des lvres4 ,il accomplit la commission donne p> l't]nel avec une srnit impassible4 ,assurm5t aucune vi]ge1 aucune femme n'eut un plus beau visage2 mais l'esprit le plus mle1 l'intellig5ce la plus dom9atrice brill5t dans ces yeux noirs fixs vaguem5t sur le spectateur *]*ant pntr] leur my/re4 ,on sait combi5 il e/ difficile de pe9dre des enfants4 ,les =mes peu arrtes du premi] ge se prt5t malaism5t l'expression de l'art4 ,lon>d de ,v9ci1 dans le petit sa9t ,jean de la ,vi]ge aux ro*]s1 a rsolu ce problme avec sa supriorit acc\tume4 ,la position ramasse de l'enfant1 qui prs5te plusieurs portions de son corps en racc\rci1 e/ ple9e de grce1 d'une grce *]*e et r>e comme t\t ce que fait le sublime arti/e1 mais cep5dant naturelle4 ,il e/ impossible de ri5 voir de plus f9em5t model que cette tte aux j\es rebondies tr\es de fossettes1 que ces petits bras ronds et potels1 que ce torse grassem5t trav]s de plis1 et que ces jambes demi replies sur le gazon4 ,l'ombre s'avance v]s la lumire p> des dgradations d'une dlicatesse inf9ie et donne un relief extraord9aire la figure4 demi envelopp d'une gaze claire1 le div9 ,bamb9o s'ag5\ille en joignant les ma9s1 comme s'il avait dj consci5ce de sa mission et compr5ait le ge/e que le petit sa9t ,jean rpte d'aprs l'ange4 ,quant au coloris1 si1 en s'enfumant1 il a p]du sa valeur propre1 il a g>d une h>monie prfrable1 p\r les dlicats1 la fra*eur et l'clat des nuances4 ,les tons se sont amortis dans un rapport si p>fait1 qu'il en rsulte une sorte de te9te neutre1 ab/raite1 idale1 my/rieuse1 qui revt les =mes comme d'un voile cle/e et les loigne des ralits t]re/res4 ,n\s tr\vons un autre aspect de ,lon>d dans la ,vi]ge assise sur les g5\x de sa9te ,anne4 ,ici l'ombre e/ mo9s grise et mo9s violtre2 le pe9tre n'a sans d\te pas employ p\r ce tableau le noir de son inv5tion qui a tant rep\ss dans ses autres pe9tures4 ,la c\leur e/ re/e plus blonde et plus *aude4 ,au milieu d'un paysage entreml de ro*]s et de petits arbres dont les feuilles se compt5t1 sa9te ,anne ti5t sur ses g5\x la ,vi]ge1 qui se p5*e avec un m\vem5t adorable v]s le petit ,jsus4 ,l',enfant lut9e son agneau qu'il tire d\cem5t p> l'oreille1 action purile et *>mante qui ne dtruit en ri5 la noblesse de la composition et lui te t\te froideur4 ,quelques jolies rides c\p5t le front de sa9te ,anne et ray5t ses j\es1 mais ne lui enlv5t pas sa beaut1 c> ,lon>d de ,v9ci rpugne aux ides tri/es1 et il ne v\drait pas afflig] l'il p> le spectacle de la dcrpitude4 ,la tte de la ,vi]ge1 prise un peu en dess\s1 a des f9esses exquises de lignes2 elle irradie la grce virg9ale et la passion mat]nelle2 les yeux sont presque noys1 et la b\*e1 demi-s\riante1 a cette indf9issable expression dont ,lon>d a g>d le secret4 ,elle e/ pe9te1 comme le re/e du tableau1 avec un fl\1 une morbidezza que l'arti/e lui et peut-tre enlevs en la f9issant davantage4 ,une tradition veut que ce tableau ait t pe9t d'aprs le c>ton de ,lon>d et sur son dess9 p> ,b]n>d9o ,lu9i4 ,c'e/ possible2 mais1 c\p sr1 le p9ceau du matre a pass p> l4 ,n\s n'en v\lons d'autres preuves que les uvres de ,lu9i lui-mme1 quelques *>mantes qu'elles soi5t d'ailleurs4 ,puisque n\s en sommes aux sa9tes familles de ,lon>d1 transcrivons ici une page de ,h5ry ,beyle sur la ,madone1 qui se tr\ve ,sa9t-,pt]sb\rg1 la plus f9e p]le en*sse dans la gal]ie de l',ermitage4 ,ce qui arrte devant ce tableau1 c'e/ la manire de ,raphal employe p> un gnie t\t diffr5t4 ,ce n'e/ pas que ,lon>d ait song imit] quelqu'un1 t\t son c>actre s'y oppose2 mais1 en *]*ant le sublime de la grce et de la maje/1 il se r5contra t\t naturellem5t avec le pe9tre d',urb94 ,s'il avait t en lui de *]*] l'expression des passions pr(ondes et d'tudi] l'antique1 je ne d\te pas qu'il n'et reproduit ,raphal en enti]2 seulem5t il lui et t suprieur p> le clair-obscur4 ,dans l'tat des *oses1 cette ,sa9te ,famille de ,sa9t-,pt]sb\rg e/1 mon s5s1 ce que ,lon>d a jamais fait de plus beau4 ,ce qui la di/+ue des madones de ,raphal1 outre la diffr5ce extrme d'expression1 c'e/ que t\tes les p>ties sont trop t]m9es4 ,il manque un peu de facilit et d'amnit dans l'excution matrielle4 ,c'tait la faute du temps4 ,raphal lui-mme a t surpass p> le ,corrge4 ,il faut que ,v9ci apprcit lui-mme son ouvrage1 c> il y plaa son *iffre1 les trois lettres ,d4 ,l4 ,v4 entrelaces ensemble1 signature dont on ne connat qu'un autre exemple dans le tableau de ,m4 ,sanvitali1 ,p>me4 ,quant la p>tie morale de la ,madone de l',ermitage1 ce qui frappe d'abord1 c'e/ la maje/ et une beaut sublime2 mais si1 dans le /yle1 ,lon>d s'e/ rappro* de ,raphal1 jamais il ne s'en e/ loign davantage p\r l'expression4 ,m>ie e/ vue de face1 elle reg>de son fils avec fi]t4 ,c'e/ une des figures les plus gr&ioses qu'on ait attribues la mre du ,sauveur4 ,l'enfant1 ple9 de gaiet et de =ce1 j\e avec sa mre2 d]rire elle1 la gau*e du spectateur1 e/ une jeune femme occupe lire4 ,dans le tableau1 cette figure1 ple9e de dignit1 pr5d le nom de sa9te ,ca!r9e1 mais c'e/ probablem5t le portrait de la belle-sur de ,lon ,x4 ,du ct oppos e/ un sa9t ,joseph1 la tte la plus orig9ale du tableau4 ,sa9t ,joseph s\rit l'enfant et lui fait une petite m9e affecte de la grce la plus p>faite4 ,cette ide e/ t\t entire ,lon>d4 ,il tait bi5 lo9 de son sicle de song] mettre une figure gaie dans un sujet sacr1 et c'e/ en quoi il fut le prcurseur du ,corrge4 ,l'expression sublime de ce sa9t ,joseph tempre la maje/ du re/e1 et c>te t\te ide de l\rdeur et d'ennui4 ,cette tte s+ulire se retr\ve s\v5t *ez les imitateurs du ,v9ci3 p> exemple1 dans un tableau de ,lu9i1 au muse ,brra4 ,*ose biz>re6 ,lon>d de ,v9ci1 qui possdait une si pr(onde sci5ce anatomique1 ne peignit presque jamais de figure nue4 ,n\s n'en connaissons1 p\r notre "p1 d'autre exemple que la ,lda1 dont la tte1 dess9e p> ,calamatta et grave s\s sa direction1 accompagne cet article4 ,elle e/ deb\t1 dans une pose quilibre avec une eury?mie digne des plus belles /atues grecques1 auxquelles cep5dant elle ne ressemble pas1 c> le ,v9ci1 orig9al en t\t1 puisait la beaut sa s\rce mme1 dans la nature4 ,aux pi$s de la ,lda1 nobles et purs comme s'ils tai5t taills dans du m>bre de ,p>os1 j\5t1 p>mi les coquilles de leurs ufs briss1 les gracieux enfants du cygne div92 la jeune femme a cette expression de gaiet railleuse et suprieure qui e/ comme le ca*et de ,lon>d2 ses yeux ptillants de malice ri5t entre leurs paupires lgrem5t brides2 la b\*e se retr\sse v]s les co9s1 creusant des fossettes aux j\es1 avec des s9uosits si molles1 si voluptueuses et en mme temps si f9es1 qu'elles en sont presque p]fides4 ,m4 ,baudry a su mettre un reflet de ce s\rire dans sa dlicieuse petite ,lda1 si rem>que qu& elle p>ut au ,salon1 et son tableau en tait t\t illum94 ,le seul repro*e qu'on puisse adress] cette *>mante figure1 c'e/ une p]fection p\sse trop lo91 un f9i de p9ceau qui s5t encore les premi]s ef=ts de l'art se *]*ant lui-mme4 ,lon>d1 dans le ,sa9t ,jean-,bapti/e qui se tr\ve au muse du ,l\vre1 n\s semble avoir abus de ce s\rire2 d'un fond d'ombres tnbreuses1 la figure du sa9t se dgage demi2 un de ses doigts montre le ciel2 mais son masque1 effm9 jusqu' faire d\t] de son sexe1 e/ si s>donique1 si rus1 si ple9 de rtic5ces et de my/res1 qu'il v\s inquite et v\s inspire de vagues s\pons sur son or?odoxie4 ,on dirait un de ces dieux d*us de ,h5ri ,he9e qui1 p\r vivre1 ont pris de l'emploi dans la religion n\velle4 ,il montre le ciel1 mais il s'en moque1 et semble rire de la crdulit des spectateurs4 ,lui1 il sait la doctr9e secrte1 et ne croit nullem5t au ,*ri/ qu'il annonce2 t\tefois il fait p\r le vulgaire le ge/e conv5u et met les g5s d'esprit dans la confid5ce p> son s\rire diabolique4 ,n\s concevons que l'on ait accus ,lon>d d'avoir une religion p>ticulire1 une philosophie occulte peu en rapport avec la foi gnrale4 ,il suffisait d'une figure comme le ,sa9t ,jean-,bapti/e p\r motiv] de tels s\pons4 ,a?e8 c]tes ,lon>d ne le fut pas2 pan?i/e8 peut-tre1 mais sans le savoir2 il m\rut dans les s5tim5ts d'un bon ca?olique1 avec t\s les sacrem5ts de l'glise1 comme on le voit p> une lettre de ,franois ,melzi1 son lve1 qui l'avait suivi en ,france4 ,une sorte de fatalit semble s'tre atta*e p\rsuivre les gr&es uvres de ,lon>d4 ,le *eval gigantesque auquel il avait travaill p5dant plus de seize annes a t dtruit2 de la ,cne il ne re/e plus que l'ombre1 mais une telle ombre fait plir bi5 des soleils6 ,lu9i1 ,sala1 ,melzi1 ,beltraflio et d'autres ont pe9t1 dans la manire du ,v9ci1 une f\le d',hrodiades1 de madones et de ,madele9es qui1 sur les catalogues1 port5t le nom du matre1 et p>fois ne sont pas indignes d'un tel honneur2 n\s-mme1 ,burgos1 dans la sacri/ie de la ca?drale1 n\s avons vu une ,madele9e inonde de longs *eveux soyeux et f9s1 ombre de demi-te9tes admirablem5t mnages1 qu'on attribuait1 non sans vraisemblance1 ,lon>d1 mais qui n'tait pas de lui1 c> le sublime p>esseux a peu produit4 quoi bon1 lorsqu'on a atte9t la p]fection1 se rpt] inutilem5t8 ,comm5t croire t\tes ces uvres8 ,lon>d mit quatre ans faire le portrait de la ,monna ,lisa1 qu'il ne reg>da jamais comme f9i2 il se pressait si peu que1 p5dant son sj\r ,rome1 ayant reu une comm&e de ,lon ,x1 il comm5a p> di/ill] des plantes p\r compos] un v]nis de/9 au tableau qu'il devait faire1 et ne fit pas1 selon son habitude2 il lui suffisait de s'tre pr\v lui-mme1 p> quelques uvres1 qu'il tait un gr& pe9tre4 ,peut-tre mme tirait-il plus vanit de ses tal5ts d'+nieur1 d'hydraulici5 et de compositeur de musique4 ,qui s'imag9]ait que ce beau ,lon>d1 si lgant1 si noble1 si r>e1 si exquis1 possdt au suprme degr le don de la c>icature8 ,en ce g5re1 comme en t\t autre1 il a du premi] c\p atte9t la p]fection4 ,avec quelle =ce comique1 quelle raill]ie magi/rale1 quelle puissance grotesque il dc\vre l'angle s+uli]1 le dtail c>actri/ique1 le ct exorbitant1 le tic imprieux de *aque physionomie6 ,comme il fait sortir le mon/re ca* dans t\t homme1 et comme d'un c\p de crayon p>eil un c\p de griffe il dta*e le visage p\r laiss] voir le masque ca* dess\s6 ,il amne les passions1 les vices1 les folies1 les ridicules la peau et les fait saillir p> quelque prodigieuse exagration anatomique4 ,ses c>icatures1 qu'il ramassait dans les rues de ,milan sur un calep91 ou qu'il griffonnait de mmoire sur les m>ges de ses manuscrits1 ont t recueillies et graves p> ,c>lo ,giuseppe ,g]li3 elles ont un c>actre biz>re et gr&iose1 une sorte de jovialit t]rible2 un peu plus ces masc>ons burlesques s]ai5t effrayants1 tant les os1 les muscles1 les ve9es s'acc5tu5t avec une puissante dif=mit1 les m*oires infrieures avanc5t d'un pi$1 les nez se c\rb5t comme des becs1 les orbites se creus5t en votes pr(ondes o batt5t comme des ailes de *auve-s\ris les paupires flasques1 les lvres se pliss5t ou se r5v]s5t1 montrant les g5cives d5tes ou hrisses de crocs4 ,les pommettes prs5t5t des anfractuosits de ro*]1 le pr(il s'gueule ou s'br*e1 ouvrant ou dim9uant son angle facial avec une incroyable puissance de ridiculisation4 ,d]rire une vague app>5ce huma9e dfile la hideuse mnag]ie des be/ialits et des vices3 le mufle1 le museau1 la hure1 le gr\91 le bec de livre prt5t des masques dif=mes la m*ancet1 la g\rm&ise1 la luxure1 la p>esse1 l'idiotisme2 mais ce qu'il y a de m]veilleux1 c'e/ que *acune de ces ttes si pittoresquem5t mon/rueuses1 encadre de quelque feuillage ou de quelque volute d'ornem5t1 f]ait un sup]be masc>on cra*ant l'eau d'une fonta9e1 m*ant un m>teau de porte1 ouvrant son rictus la clef d'une vote4 ,une puissance =midable torture ces cont\rs1 creuse ces cavits1 fait saillir ces muscles1 amne du fond des *airs ces muscles la peau1 accuse le squelette trav]s l'enveloppe1 exagre les pl?ores ou les maigreurs dans un b c>icatural2 c'e/ la jovialit cruelle mais irrsi/ible d'entranem5t d'un dieu jeune et beau qui se moque de la dif=mit huma9e4 ,on dirait que l'arti/e a v\lu faire une espce de c\rs de tratologie ent5du dans le s5s l>ge de ,ge(froy de ,sa9t-,hilaire1 et pr\v] la beaut p> la laideur1 la norme p> le dsordre4 ,la c>icature1 telle que les mod]nes l'ont ent5due1 n'a aucun rapport avec ces dess9s dont la fantaisie a t\j\rs p\r po9t de d"p la plus pr(onde sci5ce et qui sont en quelque sorte une arabesque anatomique ayant des muscles p\r r9ceaux4 ,ce sont l des jeux de ,titan auxquels ne saurai5t s'amus]1 malgr t\te leur valeur1 ni ,hog>?1 ni ,cruik%ank1 ni ,gav>ni1 ni ,daumi]1 c> le ,v9ci e/ aussi prodigieux1 dans ces croquis faits avec la griffe du lion trempe dans l'encre1 que dans ses pe9tures les plus a*eves4 ,s'il l'et v\lu1 ,lon>d de ,v9ci et pu tre ,mi*el-,ange1 comme il et t ,raphal2 il fut lui1 c'e/ assez4 ,la grce le sduisait plus que la =ce1 quoiqu'il ft capable d'tre =t3 son c>ton de la bataille d',anghi]a balana celui de ,mi*el-,ange2 malheureusem5t il disp>ut dans les tr\bles de ,flor5ce1 et il n'en re/e qu'un fragm5t grav p> ,edel9ck d'aprs un dess9 de ,rub5s4 ,assurm5t ,rub5s e/ un gr& matre1 mais jamais gnie ne fut plus contraire celui de ,lon>d1 et dans l'e/ampe on s5t que le pe9tre d',anv]s a fait ronfl] les cont\rs la flam&e1 al\rdi les cr\pes des *evaux1 et vulg>is sa faon les figures tranges des cavali]s4 ,la d\ceur1 la srnit1 la grce1 une grce fire et t5dre la fois1 telles fur5t les qualits dom9antes de ,lon>d4 ,il inv5ta ou plutt tr\va dans la nature une beaut aussi p>faite que la beaut grecque1 mais sans aucun rapport avec elle4 ,c'e/ le seul arti/e qui ait pu tre beau sans tre antique4 ,en cela consi/e son mrite suprme2 c> t\s ceux qui ont ignor ces types t]nels1 ces canons de l'idal1 ou qui s'en loign5t1 re/5t enta*s de b>b>ie ou m>*5t la dcad5ce4 ,lon>d de ,v9ci a g>d la f9esse go?ique en l'animant d'un esprit t\t mod]ne4 ,comme n\s l'avons dj dit ailleurs1 c> si ,virgile e/ l'auteur de ,dante1 ,lon>d e/ notre pe9tre1 les figures du ,v9ci sembl5t v5ir des sphres suprieures se mir] dans une glace ou plutt dans un miroir d'aci] bruni o leur reflet re/e t]nellem5t fix p> un secret p>eil celui du dagu]rotype4 ,on les a dj vues1 mais ce n'e/ pas sur cette t]re1 dans quelque exi/5ce antrieure peut-tre dont elles v\s font s\v5ir vaguem5t4 ,comm5t expliqu] d'une autre manire le *>me s+uli]1 presque magique1 qu'ex]ce le portrait de ,monna ,lisa sur les natures les mo9s en?\sia/es6 ,e/-ce sa beaut8 bi5 des figures de ,raphal et d'autres pe9tres sont plus correctes4 ,elle n'e/ mme plus jeune1 et son ge doit tre l'ge aim de ,balzac1 tr5te ans2 trav]s les f9esses c>essantes du model on dev9e dj quelque fatigue1 et le doigt de la vie a laiss son empre9te sur cette j\e de p*e mre4 ,le co/ume1 p> la c>bonisation des c\leurs1 e/ dev5u presque celui d'une veuve3 un crpe desc5d avec les *eveux le long du visage1 mais le reg>d sagace1 pr(ond1 vel\t1 ple9 de promesse1 v\s attire irrsi/iblem5t et v\s enivre1 t&is que la b\*e s9ueuse1 s]p5t9e1 retr\sse aux co9s1 s\s des pnombres violtres1 se raille de v\s avec tant de d\ceur1 de grce et de supriorit1 qu'on se s5t t\t timide comme un coli] devant une du*esse4 ,aussi cette tte aux ombres violettes1 qu'on entrevoit comme trav]s une gaze noire1 arrte-t-elle p5dant des heures la rv]ie acc\de aux g>de-f\s des muses et p\rsuit-elle le s\v5ir connue un motif de symphonie4 ,s\s la =me exprime1 on s5t une p5se vague1 inf9ie1 inexprimable1 comme une ide musicale2 on e/ mu1 tr\bl2 des images dj vues v\s pass5t devant les yeux1 des voix dont on croit reconnatre le timbre v\s *u*ot5t l'oreille de lang\reuses confid5ces2 les dsirs rprims1 les esprances qui dsesprai5t s'agit5t d\l\reusem5t dans une ombre mle de rayons1 et v\s dc\vrez que vos mlancolies vi5n5t de ce que la ,joconde accueillit1 il y a trois c5ts ans1 l'aveu de votre am\r avec ce s\rire railleur qu'elle g>de encore auj\rd'hui4 ,p5dant que la ,monna ,lisa del ,giocondo posait1 et elle posa longtemps1 c> ,lon>d n'tait pas homme se dp*] avec un tel modle1 des virtuoses excutai5t des conc]tos dans l'ateli]4 ,le matre p> la musique et les joyeux propos v\lait ret5ir sur ces belles lvres le s\rire prt s'envol] p\r le fix] jamais sur sa toile4 ,ne tr\vez-v\s pas qu'il y a dans le portrait de la ,joconde1 sans v\loir j\] sur les tons et les notes1 comme un *o d'impression musicale8 l'effet e/ d\x1 voil1 t5dre1 ple9 de my/re et d'h>monie1 et le s\v5ir de cette adorable figure v\s p\rsuit comme un de ces motifs de ,moz>t que l'me se *ante t\t bas p\r se consol] d'un malheur inconnu4 ,t\s ces dieux de la pe9ture s'emp>5t a9si de notre me et y j\5t t\t jamais la div9e musique1 *o du monde radieux1 surhuma9 o n\s voyons app>atre le ,beau4 ,note #a3 ,en publiant ces tudes sur les dieux de la pe9ture1 notre int5tion n'e/ pas d'crire les biographies des gr&s matres de l'art4 ,leur vie physique e/ p>t\t1 et n\s ne v\lons pas copi] des anecdotes connues de t\t le monde1 d'aprs ,vas>i1 ,lomazzo1 ,bald9ucci1 l'abb ,lanzi1 ,felibi51 ,co*91 de ,piles1 ,decamps1 ,reynolds2 n\s v\lons seulem5t analys] dans leur uvre ces arti/es suprmes1 et retr\v] la r\te p> laquelle ils ont *]* le beau4 ,,fr ,,giovanni ,,da ,,fiesole ,il e/ un pe9tre qui app>at au seuil de la ,r5aissance1 comme l'ange de l',annonciation de la pe9ture1 la flamme au front1 le lis la ma91 messag] de div9s my/res4 ,l'art l'a canonis comme l'glise1 en le surnommant l',anglique2 il a allum sur sa mmoire l'aurole2 il a plac son uvre sur un autel4 ,ce ,sa9t de la pe9ture e/ le bi5heureux ,fr ,giovanni da ,fiesole2 il e/ p\r elle ce que sa9te ,ccile e/ p\r la musique3 un idal1 une transfiguration1 une toile4 ,fr ,beato ,angelico da ,fiesole se nommait ,guido dans le sicle1 suivant cette belle et pr(onde expression mona/ique qui tire entre le monde et le clotre1 la dm>cation du ds]t1 le rivage de l't]nit2 il y a de l'horoscope et du c\ronnem5t dans la con/ellation de ces noms si purs gr\ps sur le front du sa9t arti/e4 ,presque t\s les gr&s pe9tres de l',italie ont du re/e des noms ou des surnoms qui s'accord5t leur gnie1 et l'accompagn5t1 en quelque sorte1 comme des in/rum5ts d'h>monie et de consonance4 ,leon>do da ,v9ci1 ce son voil de mlodie nocturne ne convi5t-il pas au my/rieux musici5 des srnades du clair-obscur8 ,t9toretto1 n'ent5dez-v\s pas gr9c] la fanf>e rauque et /rid5te de la c\leur vhm5te8 ,buon>otti dta*e en relief1 d'un clatant c\p de ciseau1 sur le m>bre la gr&iose orig9alit qu'il dsigne4 ,allegri petille comme un s\rire ivre de volupt joyeuse sur la mmoire du div9 ,corrge4 ,l',albane6 le j>d9 d',armide t\t enti] s\pire dans cette note de flte pa/orale4 ,on p\rrait p>c\rir jusqu'au b\t la gamme de ces aff9its2 mais pr5ons g>de3 le symbolisme du son a la pr(ondeur illusoire du coquillage m>itime3 l'oreille qui s'y colle croit c\t] la voix de la m]2 elle n'ent5d que son propre b\rdonnem5t4 ,il e/ des vies de sa9tet et d'humilit qui mont5t invisibles1 v]s le ciel1 comme des fumes d'enc5s4 ,celle d',angelico n'a laiss dans les lg5des mmes de son ordre qu'une vague odeur de vnration4 ,quelques s\v5irs de v]tus et d'extases compos5t t\te son hi/oire4 ,le clotre e/ le ve/ibule de l't]nit2 il p>ticipe de son sil5ce et de son my/re4 ,ce fut en #achg1 l'ge de v+t ans1 qu'il entra dans le c\v5t des dom9ica9s de ,fiesole4 ,on ne sait ri5 de ses premires annes2 mais il e/ probable que sa jeunesse ne fut p\r lui que le noviciat de la vie religieuse2 il naquit prtre2 sa robe de mo9e fut sans c\ture comme celle du ,*ri/4 ,dieu a deux manires d'appel] lui les mes qu'il se rs]ve3 la vocation et la conv]sion4 ,la conv]sion a quelque *ose du rapt et de l'enlvem5t2 elle s'embusque sur le *em9 de ,damas1 elle attaque1 elle f\droie1 elle r5v]se1 elle dp\ille le vieil homme avec la viol5ce d'un d*irem5t1 mais l'me qu'elle a va9cue emporte dans sa vie n\velle l'incurable plaie du s\v5ir4 ,les fantmes nus des volupts roma9es p\rsuiv5t sa9t ,jrme au ds]t2 ils se gliss5t jusque dans le lit de sable1 o le vieil ascte r\le son corps meurtri4 ,la vocation1 au contraire1 a la d\ce fatalit d'une attraction4 ,les tres qu'elle a *oisis sembl5t prolong] en s'veillant la vie un ravissem5t antrieur4 ,ils la trav]s5t dans un tat de somnambulisme cle/e4 ,des ailes invisibles veill5t sur le sommeil de leurs s5s2 des pes de flammes s'int]pos5t entre les ombres du monde et la srnit de leur cur4 ,leur puret native ressemble cette flamme du diamant aussi inaccessible aux s\illures que celle des toiles1 et qui e/ la sub/ance mme de la pi]re qu'elle fait rayonn]4 ,dans l'hi/oire de la pe9ture1 ,fr ,angelico prs5te peut-tre l'unique phnomne de cette innoc5ce immacule applique aux =mes d'un art t]re/re4 ,fr ,b>tolomeo1 lui aussi1 fut un mo9e et un sa9t4 ,son uvre passe p\r une des plus graves et des plus pr(ondes expressions du gnie ca?olique4 ,un j\r1 cep5dant1 il peignit p\r l'glise du c\v5t de ,sa9t-,m>c un sa9t ,sba/i5 qui1 pe9e expos1 tr\bla la *a/et du sanctuaire4 ,le jeune m>tyr r5voyait les fl*es de son supplice en effluves de volupt au cur des femmes pro/]nes devant lui4 ,sa *apelle dev9t un srail de rves et de dsirs pr(anes2 la prire s'y noyait dans le s\pir1 l'ag5\illem5t y languissait de mollesse4 ,on fut =c d'enlev] bi5 vite l'image idoltre2 elle tidissait l'enc5s1 elle corrompait l'autel4 ,le ,frate n'tait c]tes pas complice de sa t5tation d'arti/e1 lui1 un des p\rvoyeurs de cet effrayant auto-da-f pla/ique allum p> ,savon>ole1 o la ,r5aissance1 dans un accs de my/icisme indi51 se jeta sur un b*] de tableaux et de /atues1 et faillit brl] t\t entire4 ,mais il avait trav]s la vie et ses passions2 il avait appris l'art l'cole semi-paenne de ,lon>d2 le clotre n'tait pas son b]ceau1 mais son refuge1 et il y apportait malgr lui les s\v5irs et les reflets de son passage trav]s le monde4 ,ce rappro*em5t n'e/ qu'un exemple pris au has>d2 en tudiant l'un aprs l'autre les matres les plus asctiques de l'art *rti51 n\s surpr5drions en *acun d'eux le po9t qui le ratta*e la t]re4 ,dans ces premires messes de la pe9ture qui se clbr5t l'ombre des ca?drales et des basiliques1 ,angelico seul a consacr et transsub/anti la =me en l'levant v]s le ciel4 ,lui seul a accompli le my/re du corps fait me sans macration et sans fltrissure4 quoi attribu] ce miracle1 si ce n'e/ la c&eur d'une nature sans ta*e1 qui purifiait la matire en la refltant4 ,quelques hi/ori5s donn5t p\r matre ,fiesole1 ,gh]>do ,/>n9a1 l'initiateur de l',espagne au /yle itali52 mais ri5 ne confirme cette conjecture inc]ta9e4 ,j'ai s\s les yeux deux petits tableaux de ,/>n9a dont le coloris fonc et la famili>it tudesque ne rappell5t nullem5t la manire idale et lgre du pe9tre anglique4 ,la tradition la plus sre e/ qu'un frre de son c\v5t lui enseigna l'art t\t clau/ral de la m9iature1 et qu'il dbuta p> pe9dre des missels1 des livres d'heures1 jusqu' des vignettes de reliquaires et de ci]ge pascal4 ,la pe9ture1 au moy5 ge1 s'tait rfugie dans le manuscrit sacr1 comme dans la *rysalide de sa =mation4 ,elle y att5dait l'heure du rveil1 au milieu des rves d'azur et d'or de la fantaisie ca?olique4 ,elle prludait ses imm5ses crations p> de dlicats opuscules4 ,fiesole sortit pe9tre de ce naf appr5tissage1 mais il transporta1 dans ses tableaux en dtrempe1 le zle1 la cl>t1 la scrupuleuse m9utie de la m9iature2 il g>da les colorations limpides1 et la sa9te simplicit de son p9ceau qui j\e avec les mo9dres dtails du sujet1 comme la ma9 d'un enfant avec les m\*es et les br9s d'h]bes4 ,il n'app>ti5t pas son sicle2 il plane sur son cole1 il ne m>*e pas avec elle3 il y app>at entre ,masaccio et ,ghirl&ajo1 sans leur donn] la ma94 ,t&is qu'aut\r de lui les arti/es flor5t9s se pass5t en c\rant le flambeau h>di du naturalisme1 lui cont9ue pe9dre la lueur de l'a/re my/ique qui brilla sur ,assise1 cette cr*e de l'art *rti54 cette poque1 l'cole flor5t9e prp>e tumultueusem5t la te*nique de la ,r5aissance4 ,t\t e/ re*]*es1 inv5tions1 dc\v]tes1 activit inquite1 *anges h]mtiques1 dans cet ateli] de la =me en travail4 ,la pe9ture tre9t la sculpture et ressort en relief de cet n]gique embrassem5t2 le dess9 imite les s9uosits de l'orfvr]ie et en reproduit les artes2 le gomtre taille avec son compas le crayon de l'arti/e1 et lui rvle les lois de la pr(ondeur et de la di/ance4 ,paolo ,ucello vi5t de s\lev] le ciel d'or byzant91 et de dc\vrir les horizons en*ants de la p]spective2 ,masol9o de ,panicale m\le son model sur les saillies du bronze1 et le trempe h>dim5t dans le clair-obscur3 ,masaccio rsume t\s ces progrs dans un admirable /yle3 il dompte le racc\rci1 tre9t le nu1 l>git la c\leur et fonde l'aplomb des figures2 ,filippo ,lippi dploie les magnifiques exagrations du gr&iose et de l'hrosme pla/ique4 ,seul au milieu des agitations de l'art1 ivre des premi]s secrets de la nature1 ,fr ,angelico re/e dans sa cellule1 fidle1 comme des vux1 aux *a/es procds de l'cole ombri5ne3 il la p]ptue en la p]fectionnant2 il e/ p\r a9si dire1 la ve/ale de son toile vacillante aux gr&s s\ffles d'un sicle n\veau4 ,le ,c\ronnem5t de la ,vi]ge1 de ,fiesole1 que possde le ,muse du ,l\vre1 e/ une de ses plus pures m]veilles4 ,arrtons-n\s un mom5t devant ce tableau1 comme devant la rosace c5trale de son uvre4 ,le ,*ri/1 assis sur un trne damass d'or1 pose la c\ronne du ciel sur la tte voile de la ,vi]ge4 ,m>ie1 ag5\ille1 croise sur sa poitr9e ses ma9s immobiles4 ,son pr(il faible et m9ce comme un relief d'ho/ie1 transp>at de lucidit4 ,elle ti5t pe9e la m>*e du trne p> la frange de sa robe diaphane1 dont le pli fuyant dcrit la c\rbe des gnuflexions extatiques4 ,t\t en elle exprime l'adoration ass\vie1 recueillie1 muette1 plonge dans sa plnitude connue dans un sommeil4 ,le ,*ri/ respl5dit de paix et de gravit2 son ge/e immuable plane sur l'inf9i du temps4 ,on s5t que le pe9tre n'a pas v\lu reprs5t] dans le ,c\ronnem5t de la ,vi]ge une crmonie phmre du ,ciel1 mais une des app>itions fixes de la vision des lus1 un des my/res p]man5ts de l't]nit4 ,sur les grad9s p>allles qui ent\r5t le trne1 abond5t les anges des ,*urs et des ,hir>*ies4 ,les uns s\ffl5t dans ces longues trompettes d'or p]p5diculaires1 dont l'imag9ation croit ent5dre les sons purs1 f9s1 clairs1 prolongs de sphre en sphre en rpons de d\ceur et de psalmodie2 les autres j\5t de la viole1 du psaltrion1 de la ci?>e ou d'autres in/rum5ts de gloire et de l\ange1 dont la =me inconnue semble exprim] l'ineffable son4 ,fr ,angelico e/ en famille au milieu des anges2 il les connat t\s1 depuis l'enfant ail qui jon*e de sa tte rieuse la nimbe des ,assomptions1 jusqu'au ,sraph9 brlant qui pr5d feu la prs5ce de ,dieu et se consume d'ardeur devant sa face4 ,comm5t aurait-il tr\v1 sans une surnaturelle intuition1 ces ttes ravissantes qui figur5t l'aspiration1 l'lan1 la prire1 et corporis5t les p>fums de l'me dans leurs armes les plus subtils1 dans leurs plus sil5cieuses manations8 ,les anges de ,raphal p>atrai5t l\rds auprs de ces cratures ari5nes1 dont le sexe cle/e flotte entre la vi]ge et l'adolesc5t4 ,*acun d'eux a son c>actre et sa physionomie di/9cte1 si l'on peut appel] de ces mots huma9s les nuances du bonheur4 ,il en e/ un qui emb\*e sa trompette en gonflant ses j\es roses1 avec l'allgresse d'un phbe grec sonnant un triomphe4 ,d'autres rv5t1 s'tonn5t1 admir5t1 ou s\ri5t navem5t la beaut du p>adis4 ,au-dess\s des *urs angliques se gr\p5t les patri>*es1 les sa9ts1 les docteurs1 les m>tyrs2 ranges clatantes de tuniques1 de robes1 de *asubles1 de scapulaires1 de camails1 d'o sort5t des ttes rayonnantes de batitude4 ,la procession ab\tit un vque spl5dide b>be byzant9e1 qui tale1 comme l'env]gure de son extase1 une va/e *ape1 o la ,passion1 pe9te dans l't(fe1 se dr\le en v]sets d'c>late4 ,a9si drap dans l'vangile1 g5\x sur le p>vis1 la crosse en ma91 la mitre en tte1 dans l'attitude du pontificat triomphant1 il fixe en ple9 le sacre de la ,vi]ge4 ,v\s diriez un mage ca?olique adorant le ,soleil de ju/ice et de vrit4 ,mais c'e/ au gr\pe des sa9tes que l'anglique p9ceau a rs]v ses plus d\ces c>esses4 ,il en e/ une--celle qui ti5t un agneau dans ses bras tranquilles--d'une beaut si translucide1 d'une grce si vap\reuse1 que l'on croit voir cette femme qui app>ut dans la lune1 au pote de la ,div9e ,comdie comme une p]le sur un front blanc4 ,elle prie et elle rve1 att5tive au *oral des anges4 ,sa b\*e s'entr'ouvre am\reusem5t connue p\r aspir] l'ho/ie d'une communion invisible2 ses yeux dorm5t dans leur lumire1 son visage baigne dans sa flicit2 on dirait que l'me extravase a rp&u sa f]veur sur ses j\es diaphanes4 ,les anci5s p>l5t d'un v5t tiss1 la robe rose qui languit sur elle semble faite avec de la pudeur4 ,auprs d'elle1 sa9te ,ca!r9e1 appuye sur sa r\e et comme pe9e rveille de son m>tyre1 reg>de curieusem5t la blonde extatique4 ,elle semble la que/ionn] sur les *oses du ciel1 et engag] avec elle une de ces conv]sations angliques qui1 selon ,sw$5borg1 s'engag5t et se p\rsuiv5t p> la seule palpitation des paupires4 ,d]rire1 une jeune re9e lance1 p\r mieux voir1 son d\x pr(il sur un c\ m9ce comme l'atta*e d'une fleur4 l'air prcieux de sa jolie tte1 v\s diriez qu'elle reprs5te1 au milieu de ces effusions et de ces ardeurs1 l'lgance de la sa9tet1 l'ari/ocratie du p>adis4 ,la premire impression de ce tableau sraphique e/ t\te d'en*antem5t4 ,l'il respire dlicieusem5t la puret de ces d\ces figures3 elle lui arrive comme le p>fum des palmes et des lis d'une flore inconnue4 ,mais fixez-en l'ensemble p> les yeux de l'me1 et bi5tt le *>me t\t-puissant de foi qu'il recle produira sur v\s l'effet d'une rvlation4 ,les dogmes ca?oliques se dgag]ont de ces ttes ?ologiques de prtres et de docteurs1 frappes du reflet de la vrit qu'elles reoiv5t2 les spiritualits religieuses exprimes p> ces =mes psy*iques d'anges et de sa9tes--veilleuses transp>5tes des feux invisibles--v\s pntr]ont de leurs suaves influ5ces2 les rayonnem5ts des ti>es1 des mitres1 des c\ronnes1 des auroles1 des ors m]veilleux et vagues qui jon*5t ces vtem5ts sublimes1 pr5dront s\s votre reg>d la spl5deur du ciel toil1 et v\s v\s s5tirez emport1 p> c]cles d'asc5sions ins5sibles1 jusqu' cette rgion de s\ffles1 de battem5ts d'ailes1 de spl5deurs dansantes1 de lueurs vocales1 de phosphoresc5ces mlodieuses1 d'app>itions et de disp>itions enflammes1 o ,dante1 cet aigle du my/icisme1 a pu seul ravir la p>ole4 ,un des pre/iges de la pe9ture de ,fiesole e/ sa c\leur1 dont la puret radieuse n'a d'quival5t dans la manire d'aucun autre arti/e4 ,n'y *]*ez ni les jeux des reflets1 ni les pre/iges des ombres1 ni les illusions de la *air1 mais je ne sais quelle suavit virg9ale4 ,il pe9t t\j\rs la dtrempe2 l'outrem] e/ la base et comme le firmam5t de ses tableaux2 les roses et les ors y abond5t4 ,les te9tes y sembl5t s\ffles plutt qu'appliques4 ,l'effet e/ d'un indicible en*antem5t4 ,si l'on me dem&ait le secret de cette c\leur cle/e1 j'irais le *]*] dans les tab]nacles qu'habitait son me1 et je recompos]ais sa palette sur l'autel mme de son sac]doce4 ,la vie religieuse projette aut\r d'elle une nimbe d'clats et de rayonnem5ts4 ,l'glise n'e/ pas seulem5t un difice1 c'e/ un climat sacr qui rfl*it la nature au miroir ard5t du symbole1 p\r en faire jaillir une flamme plus digne d'tre (f]te son ,crateur4 ,elle a l'o/5soir p\r soleil1 les ci]ges p\r toiles1 la fume des enc5soirs p\r atmosphre4 ,la lumire se transfigure au feu du vitrail1 comme l'me au creuset de la foi avant d'entr] dans son ence9te4 ,les montagnes de diamants de ses *asses1 les fleurs sidrales de ses reliquaires1 les arbres enflamms de ses c&labres1 idalis5t la nature en la rappelant4 ,un cycle de ftes triomphales1 revtues des blan*eurs du l91 des embrasem5ts de la p\rpre et des orfrois du broc>t1 y figure la rvolution du ,soleil my/ique1 p>c\rant les signes de son zodiaque t]nel4 ,les vases de ses sacrifices emprunt5t un clat surnaturel la lucidit de leur mtal1 aux reflets des flambeaux qui les illum95t1 aux ge/es my/rieux et l5ts des prtres qui les lv5t ou qui les abaiss5t4 ,le calice rayonne1 la patne miroite1 le ciboire clate1 les burettes sc9till5t4 ,les *ants liturgiques r\l5t dans leurs /rophes des flots de pi]r]ies m]veilleuses2 le bryl1 le s>donyx1 la s>do9e1 incessamm5t nomms p> l',apocalypse et p> les ,prophtes1 jett5t des feux bl\issants dans l'imag9ation des fidles4 ,qu& le ,*ri/1 inc>n dans l',eu*>i/ie1 s'lve entre les ma9s du prtre la cime de l'autel flamboyant et vaporeux1 il y app>at1 comme ,dieu au ds]t1 trav]s un buisson ard5t4 ,fiesole vivait dans l'glise3 ce fut de ses spl5deurs qu'il composa sa palette4 ,le j\r de son ateli] vi5t du p>adis4 ,l'art1 p\r ,angelico1 cont9uait la prire2 c'e/ assez dire qu'il remplit sa vie4 ,vas>i s'tonnait1 en #aeej1 du nombre prodigieux de pe9tures qu'il avait laisses ,flor5ce4 ,la plup>t ont disp>u1 et cep5dant celles qui re/5t tmoign5t d'une assiduit t\te mona/ique au travail4 ,le c\v5t de ,sa9t-,m>c1 qu'il habita aprs celui de ,fiesole1 e/ encore rempli de ses fresques2 il en a c\v]t les dortoirs1 les corridors1 les cellules4 ,il a1 p\r a9si dire1 emp>adis le mona/re1 en dr\lant sur ses murailles le ciel qu'il avait en lui4 ,entre tant de *efs-d'uvre1 notre prfr5ce s]ait peut-tre p\r l',annonciation1 qui dcore la gal]ie suprieure4 ,m>ie1 incl9e en avant1 c\te la p>ole de l'ange dans l'attitude de la rsignation qui se livre4 ,son visage e/ empre9t d'une mlancolie p5sive1 ses yeux reg>d5t p> del l'ange lui-mme1 dans l'av5ir qu'il lui annonce4 ,on s5t qu'elle y voit po9dre la croix du ,calvaire1 et que le my/re de l',inc>nation s'accomplit dans son se9 en le d*irant4 ,les muses de ,flor5ce r5f]m5t un gr& nombre des tableaux de ,fiesole1 mais il faut le *]*] surt\t l',acadmie des beaux-arts1 qui cons]ve huit gr&s tableaux en tr5te-c9q comp>tim5ts reprs5tant la vie de ,jsus-,*ri/3 ils dcorai5t autrefois les volets de la sacri/ie de la *apelle de la ,nunziata4 ,c'e/ l qu'on peut admir]1 dans t\t l'ensemble de son gnie1 l'arti/e bi5heureux dont l'excution mme a la beaut d'une v]tu4 ,je n'hsite pas1 p\r ma "p1 y reconnatre les types de dess9 les plus lgants et les plus purs que l'art itali5 ait produits avant ,raphal4 ,la composition des gr\pes et des scnes n'affecte pas la symtrie pdantesque des ,byzant9s2 sa paix n'e/ po9t une l?>gie1 sa l5teur n'a ri5 d'immobile2 ses p]sonnages s'ent5d5t p> signes1 p\r a9si dire1 mais p> signes d'une f9esse exquise1 plus expressive que la p>ole4 ,les figures s'lanc5t sans roideur1 et entrelac5t les inflexions d'un m\vem5t t\j\rs *oisi et bi5v5u aux lignes dlies des =mes ogivales4 ,leurs drap]ies suiv5t le cont\r du ge/e et de la pose1 mais avec le lo9ta91 le vague et le flottant du voile4 ,ne leur dem&ez pas de pr(anes c>esses1 ni de matriels embrassem5ts2 le pe9tre t\*e au corps avec les ma9s vi]ges du prtre3 il l'abrge1 il l'effile1 il l'van\it1 il n'en exprime que la tte3 on s5t qu'il v\drait le vaporis] et donn] son bu/e1 au moy5 du tissu idal dont il l'enveloppe1 l'innoc5ce de la tige d'une fleur ou le my/re d'une nue4 ,cette glorification qui devance les mtamorphoses de l't]nit1 ,fiesole l'accomplit surt\t p> cette c\leur dont n\s avons dj signal la c&ide spl5deur4 ,il la rp& sur ses c>nations en te9tes blondes et claires dont le fondu ne peut se comp>] qu'au tr\ble de ces tons dors qui naiss5t et expir5t confusm5t la rac9e des jeunes *evelures4 ,presque t\j\rs il c]ne l'iris des yeux d'un c]cle noir excessivem5t f91 ce qui donne au reg>d une inexprimable t5dresse4 ,les fonds de ses tableaux ont cet aspect my/ique que l'cole ombri5ne prte la nature4 ,angelico donne ses paysages des horizons de p>abole2 il y creuse des valles rmitiques1 il y lve des montagnes o ,jsus p\rrait enseign]1 il y dess9e des s5ti]s que l'on dirait frays p> les s&ales des ana*ortes1 et qui sembl5t conduire aux grottes des ,pres du ,ds]t4 ,comme ,giotto1 il cisle en clair les feuilles de ses arbres1 et donne leur svelte tige l'lancem5t d'une aspiration v]s le ,ciel2 comme lui encore1 il pr(ile1 dans ses p]spectives1 des difices d'une dlicatesse fanta/ique1 qui sembl5t exprim] p> la tnuit et de leurs lignes le dta*em5t de la t]re et la vanit des uvres de l'homme4 ,mais la m]veille de cet vangile hi/ori1 c'e/ l'me qui le compr5d1 l'imag9ation qui le dev9e1 et qui semble avoir p\r les *oses div9es le don d'empre9te d'un sa9t ,suaire2 c'e/ la succession d'ides innocemm5t sublimes qui s'y dploie sans ef=t1 avec l'effusion d'une belle me4 ,fiesole a du gnie ple9 les ma9s1 p>ce qu'il a de la sa9tet ple9 le cur2 son inspiration n'e/ que la seconde vue de sa foi4 ,quelle surpr5ante ide que celle d'avoir reprs5t la ,cne s\s la =me d'une communion3 le ,*ri/1 sacrificateur de son sacrifice1 clbrant sa propre messe1 et di/ribuant aux aptres1 de sa ma9 de *air1 le pa9 qui l'inc>ne et le multiplie6 ,les scnes de la ,passion sont pe9tes comme de la ma9 d'un /igmatis4 ,on sait qu'il fondait en l>mes *aque fois qu'il avait les retrac]1 et qu'on le surprit s\v5t dfaillant d'angoisse et de d\leur au pi$ du tableau comm5c4 ,mais il n'e/ pas seulem5t le voyant1 il e/ encore le pote de l'vangile4 la reproduction textuelle du livre sacr il aj\te presque t\j\rs des p>aphrases d'une grce ou d'une mlancolie pntrantes4 ,a9si1 dans la desc5te de ,jsus aux limbes1 il reprs5t]a les sa9ts de l'anci5ne loi se pressant en f\le au-devant du ,sauveur arm de l't5d>d de sa victoire sur la mort4 ,une m9ce cloison sp>e les limbes de l'enf]2 une me--on dirait celle d'une femme1 tant elle e/ svelte et frle--e/ acc\rue au bruit4 ,elle s'lance1 elle crie grce1 elle v\drait bris] le mur qui la sp>e du p>don1 de la dlivrance1 du ciel peut-tre6 ,oh6 si le ,*ri/ p\vait l'ent5dre6 mais un dmon la reti5t dans son tre9te1 la pauvre me se dbat t\te palpitante2 elle r5v]se en arrire sa tte p]due4 ,il y a dans le jet frmissant de cette figure un s5tim5t de la damnation morale--de celle que sa9te ,?rse plaignait sublimem5t de ne p\voir aim]--plus poignant que t\tes les tortures de l'enf] dantesque4 ,dans ses ,jugem5ts d]ni]s#b--son motif de prdilection--il se passe entre les mes lues et leurs anges g>di5s des scnes de reconnaissance ravie1 d'expansions +nues1 de c>esses sonorales1 d'entrelacem5ts ails1 de bais]s fondus1 d'tre9tes insolubles1 qui v\s rvl5t t\tes les volupts des cieux4 ,n'e/-ce pas encore une ide de gnie que celle de figur] t\j\rs l'enfant ,jsus planant sur les g5\x de sa mre1 qui ne le t\*e jamais1 et le b]ce les ma9s jo9tes4 ,ce qui n\s frappe encore dans l'uvre de ,fiesole1 c'e/ une impuissance absolue reproduire les m\vem5ts et les expressions du mal4 ,les enf]s de ses ,jugem5ts sont d'adorables c>icatures de sa9te ignorance et de purile bont4 ,les damns font des m9es d'une contrition t\*ante2 les dmons ont beau dress] leurs cornes et f5dre leur b\*e jusqu'aux oreilles1 ils n'en sont pas mo9s au fond de bons diables qui ne dem&5t qu' s'att5drir4 ,ne p\vant les faire t]ribles1 ,angelico les fait gras4 ,l'obsit devait tre la suprme laideur p\r le matre des mortifications et des lancem5ts de la =me4 ,en somme1 ils rappell5t assez ces types j\fflus et v5trus de mo9es luxurieux que le moy5 ge acc\plait drisoirem5t aux g>g\illes de ses g\ttires4 ,les in/rum5ts de torture dont ils p\rsuiv5t les rpr\vs1 au milieu de m9ces flammes de ci]ges1 sembl5t les plus anod9s du monde4 ,ce sont des s]p5ts d\x comme des lz>ds1 des f\ets p>eils des discipl9es de dvotes1 des *anes aux anneaux de rosaire4 ,la t5dresse du p9ceau qui c>esse ces jolis supplices en dim9ue encore la t]reur4 ,cep5dant1 les anges1 assis sur les nues1 les reg>d5t d'un air de piti ineffable4 ,ils se conti5n5t p\r ne pas pleur]3 une seule de leurs l>mes te9drait l't9celle de ces d\x enf]s4 ,de mme1 dans ses ,passions et dans ses ,m>tyres1 le bi5heureux ne donne jamais aux figures des p]scuteurs le c>actre de l'impnit5ce f9ale4 ,ils font les m*ants2 mais t\t espoir n'e/ pas p]du3 peut-tre se conv]tiront-ils un j\r4 ,bi5 de plus *>mant1 comme exemple de cette incorrigible mansutude1 que le ,massacre des ,innoc5ts1 de l',acadmie de ,flor5ce4 ,de jeunes b\rreaux1 s]rs comme des pages dans leurs cottes de mailles1 gorgill5t les ,innoc5ts dans les bras de leurs mres4 ,un c>nage de b\tons de roses o la rose1 ce sang des fleurs1 c\l]ait flots1 ne s]ait pas plus gracieusem5t cruel4 ,les petits enfants sont bi5 sages1 et laiss5t c\p] leurs ttes blondes sans cri] et sans faire la m\e4 ,les mres se dbatt5t bi5 un peu1 mais d'un air si pos1 p> ge/es si tranquilles6 ,il en e/ une qui s'esquive pas m5us de la bag>re1 en ca*ant son n\rrisson dans le pli de son manteau bleu4 ,p\rvu que l'enfant ne se rveille pas6 l'trange placidit de cette scne de meurtre1 v\s diriez une rptition j\e p> les anges1 dans le ciel en fte1 de la tragdie de l'vangile4 ,on p\rrait pr5dre ,hrode1 qui reg>de de sa t]rasse1 maje/ueux et calme1 p\r ,dieu le pre1 contemplant1 du haut de son trne1 les jeux de ses ,*rub9s4 ,imp]fection sublime6 gau*]ie t\*ante d'une ma9 virg9ale qui ne savait que bnir6 ,on s\rit d'abord1 bi5tt on admire4 ,cette puret p>faite v\s bl\it comme un phnomne du monde spirituel4 ,on se dem&e de quelle argile e/ ptrie la nature des sa9ts1 et si le ,ciel n'envoie pas des anges sur la t]re4 ,en dehors de ses innombrables tableaux de petite dim5sion1 ,fiesole a laiss des fresques qui dmontr5t une haute aptitude aux gr&es conceptions de la pe9ture monum5tale4 ,le pape ,nicolas ,v l'appela ,rome s\s son pontificat1 et le *>gea de dcor] au ,vatican la *apelle qui porte son nom4 ,il y peignit la vie de sa9t ti5ne et de sa9t ,laur5t dans un /yle au/re et d\x1 augu/e et naf qui agr&it1 sans les altr]1 les types de ses compositions habituelles4 ,le mme pape lui fit pe9dre fresque la *apelle del ,sacram5to1 qui fut plus t>d dtruite p> ,paul ,,iii4 ,l'anne mme de sa mort1 en #adee1 il bau*ait sur la vote d'une *apelle de la ca?drale d',orvieto des figures de prophtes qui ont1 depuis1 t t]m9es p> ,luca da ,cortona4 ,n\s n'avons ri5 dit de la vie d',angelico2 il n'a pas d'hi/oire1 il n'a qu'une lg5de3 ce fut une vi]ge faite homme1 l',imitation de ,jsus-,*ri/ s\s =me huma9e4 ,l'arti/e disp>aissait t\t enti] s\s l'humilit du mo9e4 ,p\r lui1 la pe9ture n'tait qu'une des fonctions de l\ange et de prire de la vie clau/rale4 ,il ne s'enorgueillissait pas plus des *efs-d'uvre de son p9ceau1 que le cnobite de la natte de joncs tresse s\s le palmi] de sa cellule4 ,il n'entrepr5ait aucun tableau sans la p]mission de son prieur1 et jamais il ne v\lut en recevoir de prix3 il aurait cru trafiqu] des dons de son ,dieu en v5dant ses inspirations4 ,p5dant son sj\r ,rome1 le pape ,nicolas ,v v\lut le nomm] l'ar*ev* de ,flor5ce4 ,angelico le supplia de le laiss] dans son clotre4 ,il dsigna lui-mme p\r le remplac] un religieux de son c\v5t1 qui fut depuis sa9t ,anton94 ,il peignit jusqu' son d]ni] j\r1 crant p> milli]s les sa9ts1 les aptres1 les sraph9s1 les m>tyrs1 avec la fcondit bnie de ces patri>*es de la ,bible qui eng5drai5t des tribus sacres4 ,sa vie fut une *elle de ,jacob dresse v]s le ,ciel2 il en peupla d'anges *aque degr1 comme p\r les envoy] ,dieu au-devant de lui1 en messag]s d'(fr&e et d'aspiration4 ,si ,dante l'avait suivi1 au lieu de le prcd]1 dans quelle nuance limpide de son ,p>adis il aurait en*ss l'me du sa9t arti/e6 ,quelle canonisation d'effets de lumire et de sc9tillem5ts toils il aurait faite au colori/e du ,ciel6 ,l'art ca?olique avait donn en ,fiesole son en?\sia/e et suprme ef=t2 il s'arrta aprs l'avoir produit4 ,son plus pur disciple1 le croissant de cet a/re virg9al1 e/ ,b5ozzo ,gozzoli1 le pe9tre du ,campo ,santo4 ,aut\r de sa tradition se gr\pr5t encore ,dom5ico di ,mi*el9o1 ,zanobio ,/rozzi et quelque autres3 ple con/ellation qu'absorbe bi5tt l'clatant soleil du seizime sicle4 ,plus t>d1 la ,r5aissance1 dans ses int]valles de pit1 v9t s'ag5\ill] p>fois1 comme un prie-,dieu1 devant l'uvre du pe9tre anglique2 elle en rapporta quelques t9celles des premires f]veurs de l'art itali54 ,son d]ni] reflet vi5t expir] en *a/es s\rires sur les lvres des ,vi]ges de ,raphal2 il s'y e/ te9t p\r jamais4 ,on rallume les flammes de la t]re1 on ne rallume pas les toiles te9tes4 ,note #b3 ,entre les ,jugem5ts d]ni]s si s\v5t rpts p> ,fiesole1 n\s cit]ons ceux du muse de l',acadmie des beaux-arts de ,flor5ce1 du muse de ,b]l91 et celui qui faisait p>tie de la gal]ie du c>d9al ,fes*4 ,,heml+ ,heml+ n'a pas d'hi/oire4 ,pe9tre des lg5des *rti5nes1 il e/ lui-mme une lg5de4 ,on peut dire qu'il a trav]s la vie1 invisible et anonyme comme un ange4 ,son nom mme e/ re/ vague1 comme s'il n'avait t transmis que p> un *o4--,l',allemagne l'appelle ,heml+1 la ,belgique dit ,meml+1 quelques-uns criv5t ,hemmel+1 d'autres prononc5t ,memmel9ck4--,la tradition le p\rsuit comme un tre ail qui *appe la preuve et qui ne se rvle que p> ses miracles4 ,on croit qu'il fut pe9tre de ,*>les le ,tmraire2 on prsume qu'il accompagna en ,italie son matre ,rogi]2 il en e/ qui le font m\rir en ,espagne1 la ,*>treuse de ,miraflores4 ,ve/iges indcis et presque effacs4 ,l'arti/e my/ique a si peu pes sur la t]re qu'elle n'a po9t cons]v sa trace4--,la tradition la mo9s d\teuse le reprs5te bless la bataille de ,murat et se tranant p> les *em9s au milieu d'un pre hiv] jusqu' ,bruges1 son pays natal1 o il fut admis l'hpital de ,sa9t-,jean4 ,son long sj\r dans cette maison des pauvres et des malades e/ le seul fait avr de sa furtive exi/5ce4 ,ce fut l que1 p\r reconnatre l'hospitalit des mo9es1 il peignit la ,*sse de sa9te ,ursule et quelques-uns de ses plus dlicats *efs-d'uvre--,tel ce ,*ri/ des lg5des qui1 s\s la figure d'un m5diant1 frappe aux portes1 la nuit1 p\r pr\v] la *>it des hommes4--,le mat9 il se transfigure1 et laisse la maison qui l'a reu ple9e de sa lumire4 ,ce fut donc p5dant sa convalesc5ce que ,heml+ composa ces div9es pe9tures4 ,elles trahiss5t l'influ5ce de cet tat p>ticuli] de la vie4 ,qui n'a ress5ti ou obs]v les phnomnes qui accompagn5t la convalesc5ce6 ,le corps1 attnu p> la s\ffrance1 se spiritualise en quelque sorte2 sa trame grossire pr5d la f9esse et la posie d'un voile2 ses organes se raff95t en se ravivant2 le pas e/ plus lg]1 le reg>d plus lucide1 l'odorat plus exquis1 l'oreille plus subtile3 les n]fs frmiss5t lgrem5t des s5sations qui nagure ne les aurai5t pas effleurs4 ,d'une autre "p1 l'me1 *appe des ombres de la mort1 r5at la vie avec une innoc5ce enfant9e4 ,de la tombe1 dont il a effleur les premi]s degrs1 le malade l'apporte une mlancolie religieuse mle la joie de l'exi/5ce reconquise4 ,ce monde qu'il a cru quitt] lui app>at color des te9tes de l'd54 ,l'att5drissem5t qu'il pr\ve en le revoyant l'idalise ses yeux4 ,il fait d\x1 p\r lui1 dans les c\leurs1 comme dans l'air1 comme dans les bruits4 ,il j\it de la lumire comme le premi] homme dut admir] la premire aurore4 ,le repos l'initie aux dlices de la contemplation4 ,le *ant d'un oiseau1 la pla9te d'une s\rce1 la grce d'une fleur1 le vol d'un insecte1 la =me d'un nuage1 le plong5t dans une s]e9e rv]ie4 ,les visages aims ou compatissants qui ont ent\r son lit de d\leur se revt5t d'une anglique expression2 les indiffr5ts mme lui sembl5t sympa?iques2 son me leur prte la bi5veillance dont elle e/ remplie3 il r5tre dans le monde et dans la nature avec la reconnaissance d'un exil auquel on a r\v]t sa patrie4 ,l'uvre entire d',heml+ e/ empre9te de cette d\ce influ5ce4 ,la convalesc5ce semble l'tat normal de ce pur gnie4 ,ses sveltes figures sont1 p\r a9si dire1 purifies du corps4 ,la d\leur a pass sur leurs *a/es =mes1 non p\r les fltrir1 mais p\r les allg]4 ,il les pure et il les macre p\r mieux rvl] leur me1 comme on am9cit l'albtre des lampes p\r que la flamme reluise trav]s4 ,leurs airs de tte n'exprim5t que des joies surnaturelles ou des p5ses idales4 ,leurs drap]ies c\lantes et diaphanes rappell5t ces vtem5ts de cl>t que l'criture promet aux lus4 ,les paysages qui les encadr5t ml5t les te9tes dores de l'automne l'azur du ciel des visions4 ,un sil5ce my/ique rgne dans ses tableaux4 ,n'y *]*ez ni les effets du contra/e1 ni les m\vem5ts de la passion1 ni les spl5deurs de la beaut matrielle3 t\t y e/ calme1 recueillem5t1 ab/raction de la t]re et vie intrieure4 ,dante n'emploie p\r pe9dre son ,p>adis que des te9tes et des dgradations de lumire2 ,heml+ compose sa pe9ture des nuances les plus cle/es de la sa9tet et de la v]tu4 ,les matres s'expliqu5t et se comm5t5t p> leurs uvres4--,arrtons-n\s devant cette ,*sse de sa9te ,ursule1 qui1 p> sa beaut et sa =me mme1 peut pass] p\r le monum5t d',heml+4--,la lg5de de sa9te ,ursule et des onze mille vi]ges e/ un des plus gracieux romans *rti5s du moy5 ge4 ,on dirait la vie des sa9tes crite p> une fe4 ,il y a de la *eval]ie et de la ferie dans cette croisade de vi]ges comm&e p> la fille d'un roi1 qui1 du fond de l',irl&e1 s'a*em9e v]s ,rome1 y reoit le baptme et s'y dv\e au m>tyre4 ,sa9t ,cyriaque1 un pape imag9aire1 accueille et baptise ces amazones de la foi1 et desc5d du trne de sa9t ,pi]re p\r se faire l'aumni] de leur *a/e arme4 ,guides p> lui1 les onze mille vi]ges revi5n5t m\rir ,cologne s\s les fl*es et les ha*es des ,huns4 ,l'art *rti5 a s\v5t reproduit les av5tures de cette *eval]ie fm99e4 ,heml+ en a fait un pome qu'on p\rrait appel] l',odysse du m>tyre4 ,la *sse de ,bruges1 comme beauc\p de reliquaires de l'poque1 a la /ructure d'une maison go?ique4 ,sur ses p>ois1 divises en quatre comp>tim5ts1 le pe9tre a reprs5t les pisodes du voyage d',ursule et de ses compagnes4 ,les deux pignons encadr5t les images de la ,vi]ge et de la sa9te4 ,sur le toit1 il a pe9t son c\ronnem5t au milieu de la c\r cle/e4 ,c'e/ d'abord le db>quem5t d',ursule ,cologne1 la tte de son arme virg9ale4 ,elle desc5d du l\rd navire1 s\t5ue p> ses compagnes4 ,la tr\pe sacre dfile dj p> la porte de la ville1 qui dc\pe sur le clair du ciel les nefs de ses glises et le clo*] de sa ca?drale4 ,on croit voir entr] dans la ,jrusalem cle/e les vi]ges qui suiv5t l',agneau p>t\t o il va4--,les madones de l',italie p>atrai5t s5suelles auprs de ces sa9tes du ,nord4 ,la froideur p>ticulire leur race s'illum9e d'une puret div9e2 c'e/ de la neige mle de la lumire4 ,leur beaut n'a ri5 de pla/ique3 les j\es sont rondes1 les pommettes saillantes2 les fronts ont cette l>geur qui dfigur]ait les desses paennes1 mais qui convi5t des sa9tes4--,l'art *rti5 fait rgn] le front sur le corps2 il l'lve comme une ogive sur ce temple du ,sa9t-,esprit4--,le *>me des vi]ges d',heml+ e/ d'une qualit presque incorporelle1 leurs yeux clairs ont la fixit di/raite de l'extase2 leurs tailles dlies s'lanc5t avec la rectitude des gr&s lis2 leurs ge/es et leur ma9ti5 respir5t une mode/ie sol5nelle4 ,ri5 n'gale la biz>re lgance de leurs co/umes et de leurs coiffures4 ,ces sa9tes1 qui vont au m>tyre1 sembl5t des fes p>tant p\r un bal sur la bruyre ou sur la nue4 ,le second tableau n\s les montre entasses dans le vaisseau qui aborde ,ble4 ,leurs ttes blondes et c&ides1 que la virg9it confond dans une *>mante ressemblance1 app>aiss5t s]res l'une contre l'autre1 comme des fruits au fond d'une corbeille4 ,la re9e s'lance de cette agglomration de beauts1 p>eille aux ,vi]ges des ,assomptions planant sur un b\quet de ttes d'anges4 ,dans le tableau suivant1 l'arti/e a reprs5t la jeune phalange arrivant ,rome4 ,le pape s'avance p\r la recevoir s\s le pri/yle d'une glise4 ,sa physionomie et son attitude sont empre9tes de la gravit de l'piscopal4 ,ce n'e/ po9t le pontife royal et magnifique de la ,r5aissance2 c'e/ le rigide reprs5tant de l'or?odoxie et du dogme4 ,je ne me figure pas autrem5t ce pape flam& qui1 entrant au ,vatican aprs ,lon ,x1 se signait la vue des /atues antiques4 ,les c>d9aux qui l'ent\r5t n'ont ri5 non plus de l'altire lgance des pr9ces de la c\r roma9e4 ,vraies ttes ?ologiques1 blan*ies dans les mditations de la foi1 on dirait les b\rgme/res et les *ev9s de l'glise4--,ursule1 ag5\ille et voile1 met ses ma9s jo9tes dans la ma9 du pape1 et la f]veur de son ge/e e/ telle1 qu'on s5t qu'elle y dpose son cur et son me4 ,sa d\ce figure1 h>dim5t fixe sur le visage du vieill>d1 respire l'exaltation du sacrifice accept4 ,elle se livre1 en sa p]sonne1 au ,dieu des m>tyrs4 ,d]rire elle s'aligne le ravissant cortge de ses surs4 ,leurs physionomies dociles et placides reflt5t1 avec d'imp]ceptibles v>iantes1 la rsignation de leur re9e4 ,l'expression d',ursule va s'attnuant de figure en figure1 comme un cri d'en?\siasme qui se rp]cute d'*o en *o1 affaibli1 mais non altr4 ,il dcrot1 il s'amo9drit1 il s'efface444 le d]ni] n'e/ plus qu'un s\pir4 ,le pape1 suivant la lg5de1 v\lut guid] lui-mme les onze milles vi]ges au m>tyre2 il se fit le ptre de ce tr\peau virg9al p\r le conduire la mort4 ,le pe9tre l'a reprs5t1 dans le tableau suivant1 assis entre deux c>d9aux1 dans la b>que qui va desc5dre le ,rh94 sa droite sig5t des vques p5sifs comme sur les bancs d'un concile2 sa gau*e pri5t les sa9tes incl9es sur la pr\e du navire1 comme sur le bord d'un prie-,dieu4 ,cette simple scne pr5d1 s\s le p9ceau d',heml+1 la maje/ d'un symbole4 ,le bateau s'agr&it aux proportions de l'glise4 ,on croit voir la b>que de ,pi]re p>lant p\r l't]nit4 ,le m>tyre des onze mille vi]ges remplit les deux d]ni]s comp>tim5ts de la *sse4 ,ce sont les plus faibles au po9t de vue de l'art1 mais les plus t\*ants aux yeux de l'esprit4 ,heml+ ne sait exprim] ni la viol5ce ni la ha9e4 ,sa ma91 si habile exprim] les mo9dres nuances de la t5dresse et de la piti1 devi5t comme celle de ,fiesole d'une gau*]ie *>mante lorsqu'elle veut reproduire les m\vem5ts du mal4 ,cette belle inaptitude que n\s avons dj signale dans le gnie du pe9tre anglique1 e/ le privilge de presque t\s les matres des premires coles4 ,heml+1 comme ,fiesole1 ne sait que bnir4 ,son d\x gnie rpugne aux expressions de la cruaut et aux angoisses de l'agonie matrielle4 ,dans le premi] tableau1 deux ar*]s tir5t l'arbalte sur le colombi] de sa9tes gr\pes1 dans le vaisseau1 aut\r de leur re9e4 ,les unes reoiv5t le trait de la mort avec ravissem5t1 et comme elles recevrai5t l'ho/ie du viatique4 ,d'autres se pm5t ou se ca*5t la tte dans leurs ma9s1 avec de gracieux m\vem5ts d'enfants effrays4 ,plus lo91 ,ursule1 vise b\t portant p> l'arc d'un soldat1 att5d la fl*e mortelle1 la b\*e ouv]te et les bras t5dus1 dans un recueillem5t qui ressemble au sommeil extatique des /igmatises4 ,des ,b>b>es1 en habits de ,s>ras9s1 gr\ps sur le devant de leur t5te1 les voi5t m\rir avec la jovialit dbonnaire de b\rgeois flam&s reg>dant des arbaltri]s tir] l'oiseau1 un j\r de k]messe4 ,on peut rang] la *sse de sa9te ,ursule1 p>mi les m]veilles de la ma9 huma9e3 la dlicatesse du p9ceau gaie l'idalit de la p5se4 ,ces deux c5ts figur9es1 dont les plus gr&es ont un pi$ et les plus petites six lignes de hauteur1 sont d'une f9esse radieuse1 qui n'a d'analogie que dans la manire de ,fiesole4 ,c'e/ un mlange ineffable d'clat et de suavit1 l'ardeur du vitrail tempre p> la transp>5ce de la m9iature4 ,en crant ce monde surnaturel1 ,heml+ l'a envelopp de son atmosphre4 ,les m>9es1 les paysages1 les villes que trav]se le *a/e cortge se colore du reflet de son innoc5ce4 ,t\t y e/ simple1 lum9eux1 c&ide4 ,les fleuves r\l5t des eaux de cri/al2 les navires rappell5t l'ar*e primitive2 les montagnes ont quelque *ose d'ari5 et d'immacul2 les difices sembl5t con/ruits p\r la clture et p\r la prire4 ,jamais le monde n'a t contempl p> un reg>d si bi5veillant et si d\x4 ,t\t se transfigure s\s son p9ceau1 les visages1 les corps1 les vtem5ts1 les difices1 les eaux1 les arbres et l'air mme4 ,en voquant dans ses tableaux les vi]ges et les sa9ts1 ,heml+ semble faire desc5dre avec eux le p>adis sur la t]re4 ,figure #c3 ,la ,=n>9a d'aprs ,raphal ,,rapha,l ,la ,vi]ge e/ la div9it de l'art itali54 ,on peupl]ait des mondes avec les madones de ses six coles4 ,c'e/ le ,miracle des roses de la pe9ture que cette multiplication m]veilleuse du type unique de la ,virg9it-,mre a9si reproduite s\s des milli]s de =mes div]ses4 ,depuis dix-huit c5ts ans la ,vi]ge voyage1 p\r a9si dire1 trav]s les enveloppes *angeantes de la beaut t]re/re1 p>eille ces mes du ciel indi5 qui1 dans le cycle inf9i de leurs mtempsycoses1 pr5n5t1 essay5t et rejett5t1 comme des vtem5ts progressifs1 t\tes les spl5deurs et t\tes les grces de la nature1 depuis l'toile jusqu' la gazelle1 depuis la femme jusqu' la fleur4 ,ce s]ait un curieux pl]9age faire que de suivre l'it9raire de la ,madone dans le monde de l'art4 ,sa plus antique image1 rcemm5t dc\v]te dans une crypte des catacombes1 n\s la montre s\s les traits sillonns et durs d'une p>que *rti5ne4 ,grossire et gr&iose bau*e que l'on dirait raye dans la pi]re p> le p\ce sanglant d'un m>tyr6 ,elle sue l'am]tume1 elle respire la mort2 elle s'h>monise avec l'horreur sacre du labyr9! spulcral2 elle y prside du fond de son abrupte *apelle aux deuils1 aux lam5tations1 aux funrailles de l'glise4 ,ce type primitif se trans=me pe9e1 lorsque l'glise dlivre fait sortir la ,vi]ge avec elle du spulcre et l'in/alle sol5nellem5t s\s le ple9 c9tre des basiliques4 ,seulem5t sa vieillesse s'arrte1 se momifie1 s'endurcit et devi5t de l't]nit4 ,la ,vi]ge byzant9e n'a pas d'ge2 sa face impassible1 prise dans les l9am5ts rigides de la mosaque comme dans la df9ition d'un dogme inv>iable1 n'exprime que l'inflexibilit de la foi4 ,jamais un s\rire ne descelle ses lvres d'mail1 jamais un reg>d d'am\r ou de *>it n'att5drit ses yeux lapidaires4 ,entre elle et le fidle ag5\ill sur les pavs de l'glise1 aucun autre rapport que celui d'une adoration lo9ta9e4 ,la duret mme de la matire sur laquelle elle e/ empre9te1 la spl5deur sombre et complique des ors vitrifis qui l'embot5t1 la magnific5ce my/rieuse de sa dalmatique1 lui donn5t l'air d'une de ces impratrices de ,byzance con/elles d'agates1 fleuronnes de cabo*ons1 incru/es d'maux1 qui sigeai5t inaccessibles et placides au c5tre d'une c\r biz>re et d'une ?ologique tiquette4 ,giovanni ,cimabu1 le rude prcurseur de la ,r5aissance1 humanise un peu1 mais sans l'embellir1 cette ,vi]ge t]rible2 elle g>de dans ses fresques et dans ses tableaux le pr(il aigu1 les angles ronds1 les yeux hag>ds1 les pi$s et les g5\x en po9te1 la physionomie *agr9e et morne de son effigie ori5tale4 ,giotto1 enf91 la revt de grce et de jeunesse2 il la dgage du m\le crasant du ple9 c9tre et la modle sur la =me svelte de l'ogive2 il lance sa taille1 il arrondit ses cont\rs1 il claire ses yeux1 il rp& sur ses traits la vie de l'expression1 la pudeur du coloris et la lumire du s\rire2 il la dlivre des maigres tre9tes de la robe tombante et l'enveloppe des c>esses et des claircies du voile4 p>tir de ce mom5t1 la ,madone itali5ne e/ cre2 la ,vi]ge app>at la t]re s\s une =me digne de sa beaut morale4 ,p5dant un sicle encore1 les coles de ,flor5ce1 de ,si5ne et de l',ombrie reproduis5t et int]prt5t1 selon le gnie de leurs pe9tres1 ce portrait d'am\r d'un art juvnil3 de ,giotto ,p9turri*io1 la ,vi]ge ne cesse de crotre en grce1 en noblesse1 en amnit2 cep5dant son type accompli et df9itif n'e/ pas tr\v encore4 ,les images que trac5t d'elle ces matres primitifs ralis5t plutt l'idal de la foi que celui de l'art4 ,l'anglique pudeur qui prside leurs conceptions ressemble la lune du ciel visible1 son div9 emblme2 elle e/ompe ou elle m\sse les lignes pla/iques et les cont\rs extrieurs4 ,dans la plup>t de ces tableaux1 ,m>ie n\s app>at comme une me div9e pe9e enveloppe des app>5ces d'un corps spirituel4 ,ce n'e/ plus une femme1 ce n'e/ plus une mre1 c'e/ une ess5ce de virg9it cont5ue dans une =me plus vague que l'opale et plus fragile que l'albtre4 ,cette macration surnaturelle l'efface du monde extrieur2 elle dlie t\s les li5s t]re/res qui la ratta*ai5t aux enfants des hommes4 ,la ,vi]ge de ,fiesole1 p> exemple1 avec sa tnuit subtile et sa coloration d'ho/ie claire p> un ci]ge1 n'(fre aucune prise au reg>d huma94 ,les frles l9am5ts qui la dess95t sembl5t plutt les initiales d'un my/re sacr que les dlimitations d'une sub/ance4 ,d'autres1 p>mi ces pe9tres des premi]s temps de la ,r5aissance1 tomb5t dans l'excs contraire3 ils donn5t la ,vi]ge le type local de leur ville ou de leur prov9ce2 ils l'affubl5t de leur co/ume1 ils lui font pr5dre droit de b\rgeoisie p>mi ses jeunes filles et ses matrones4 ,privaut t\*ante1 mais purile1 que les grces de l'art enfant peuv5t seules ennoblir4 ,il tait rs]v ,raphal d'accomplir la ,madone1 effleure ou bau*e seulem5t jusqu' lui1 d'accord] en elle les sublimits religieuses du ca?olicisme aux plus p>faites h>monies de la beaut physique1 et de la faire plan]1 en quelque sorte1 dans une assomption pondre1 gale di/ance du ciel et de la t]re1 d'un idal trop my/ique ou d'une ralit trop vulgaire4 ,mme aprs ses travaux piques du ,vatican1 on peut dire que la ,vi]ge e/ re/e sa cration suprme4 ,ce fut sur elle qu'il porta t\t l'ef=t et t\s les progrs de son art4 ,ses ,madones ressembl5t ces ,heures qu'il a pe9tes plus robu/es ou plus dlicates1 selon qu'elles s'loign5t ou s'avois95t du soleil2 elles r$\bl5t de =ce1 d'expression et de plnitude1 mesure qu'elles appro*5t du midi de son gnie1 de ce midi qui n'eut pas de c\*ant4 ,de la ,vi]ge ,conde/abili de ,pr\se la ,madone de ,sa9t-,sixte1 ,m>ie p>c\rt dans son uvre t\t un firmam5t de beaut4 ,suivons cette gravitation idale1 dmlons au milieu des mille images div]ses dont il a revtue4 ,celle que l'glise appelle l'toile du mat91 l'a/re di/9ctif qui m>que *aque con/ellation n\velle4 ,la ,belle ,j>d9ire peut compt]1 p> le s5tim5t1 s9on p> la date1 p>mi les plus jeunes ,vi]ges de ,raphal4 ,pe9te en #aejg ,pr\se1 au mom5t o il allait quitt] ,flor5ce p\r v5ir ,rome pr5dre possession de t\t son gnie1 cette anglique idylle e/ comme un ex voto reconnaissant du div9 jeune homme l'cole de l',ombrie1 o s'tait =me son enfance4 ,sur le po9t d'ab&onn] p\r jamais les naves traditions de l'art my/ique1 il semble qu'il ait v\lu les rsum] dans une fleur de grce et de sa9tet4 ,m>ie1 assise au milieu des *amps1 s]re entre ses bras le ,fils de ,dieu1 deb\t sur son pi$ nu qui se dess9e *a/em5t sur l'h]be4 ,elle incl9e sur lui ses gr&s yeux limpides recueillis s\s le voile baiss des paupires4 ,cette contemplation e/ si pieuse1 si +nue et si d\ce1 qu'elle ti5t de la tranquillit du reflet1 et que l'image du div9 ,enfant semble se rfl*ir dans leur ple azur1 comme dans la cl>t d'une belle eau dormante4 ,comm5t dire la c&eur de ce visage ovale et pur comme une p]le p>faite1 la noble c\pe de ce front si d\cem5t bomb1 la mollesse d'or s\ffl de ces blonds *eveux onds et n\s en tresses nglig5tes1 l'exquise =mation du nez1 la f9esse presque invisible des s\rcils1 la c\rbe +nue des lvres1 p>eilles au calice d'une fleur entr'ouv]te2 la sa9te mode/ie de cette robe unie1 au corsage r\ge1 aut\r de laquelle le manteau bleu de la tradition flotte et se dploie comme un morceau de ciel6 ,quel *>me ineffable dans la pose de l',enfant ,jsus dressant v]s sa mre sa tte ravie et nave6 ,le spectateur croit retr\v] sa propre impression dans l'extase du petit sa9t ,jean1 g5\x devant le gr\pe mat]nel6 ,le jeune ,prcurseur s'appuie sur une croix ru/ique qu'il vi5t de faire avec deux joncs enlacs2 mais ,m>ie ne compr5d pas encore ce navrant symbole1 et la croix enfant9e n'attri/e pas plus la cle/e glogue que la h\lette d'un pa/eur4 ,aut\r de la sa9te ,famille s'arrondit1 comme une t]re/re aurole1 un de ces my/iques paysages o il semble que ,raphal ait v\lu purifi] la t]re1 et lui r5dre quelque *ose de l'innoc5ce de l'd54 ,le lis *ant p> les psaumes1 la rose au cur virg9al1 la mauve1 qui recle une v]tu secrte dans ses humbles feuilles1 croiss5t et fleuriss5t aux pi$s de ,m>ie4 ,plus lo9 s'lanc5t deux de ces arbres sveltes1 m9ces1 monds1 dont la cime1 pe9e g>nie de quelques feuilles transp>5tes1 veille en l'me1 p> une relation my/rieuse1 l'ide de jeunes ttes moissonnes p> des ciseaux sacrs4 ,dans le fond1 au se9 de coll9es arrondies et bleutres1 on ap]oit une petite ville aux toits en po9te et au campanile lanc4 ,ri5 n'indique les travaux et les agitations de l'activit huma9e dans cette cit t\te symbolique et t\te spirituelle4 ,l1 sans d\te1 on n'ent5d d'autre bruit que le *ant des hymnes et le son de l'orgue2 l se promn5t p> les rues claires des hommes vtus de blanc qui port5t des palmes2 l se p5*5t aux f5tres tailles en ogives des ttes extatiques1 p>eilles celles qui se montr5t1 embrases de c\leurs f]v5tes1 aux vitraux des vieilles ca?drales4 ,figure #d3 ,muse4 ,pe9t p> ,raphal ,t\t e/ pr9temps1 fra*eur1 jeunesse1 prmices de gnie1 vnu/ de /yle1 dans cette d\ce pe9ture2 elle e/ traite selon cette manire pure et prcieuse laquelle il semble que les vieux matres ai5t atta* une v]tu morale4 ,la pleur dore de son coloris rp& sur elle je ne sais quelle cl>t d'aurore3 on dirait la rv]bration lo9ta9e du fond d'or van\i des anci5nes coles4 ,les poses1 les drap]ies1 les ge/es1 les airs de tte de la gr&e manire raphalesque1 comm5c5t s'y rvl]1 mais seulem5t l'tat de prludes et de d\ces promesses4 ,cette jeune ,vi]ge1 demi ru/ique1 assise p>mi les plantes et les fleurs de la solitude1 ,raphal l'emmn]a ,rome avec lui4 ,elle va s'y dvelopp]1 s'y amplifi]1 s'y gr&ir2 elle va s'ent\r] d'anges1 de sa9ts1 de donataires1 de lampes1 de rideaux1 de colonnes1 d'ar*itectures magnifiques2 elle va rgn] du haut des cieux entr'ouv]ts sur des compositions gr&ioses inspires p> les ftes de l'glise triomphante2 mais1 quels que doiv5t tre ses accroissem5ts de =ce et de maje/1 elle n'en re/e pas mo9s1 dans ce tableau1 s9on la plus belle1 du mo9s la plus jeune et la plus aimable de ses madones4 ,de la ,belle ,j>d9ire la ,vi]ge au ,voile1 quelle trans=mation dj et quelle diffr5ce6 ,le matre a vu ,rome1 et son /yle se ress5t des influ5ces de la ville t]nelle4 ,si la ,vi]ge a g>d le c&ide ovale et la blonde mode/ie de ses surs anes1 le ge/e de son bras1 qui s\lve le voile du lit de ,jsus1 celui de sa ma9 pose sur l'paule du petit sa9t ,jean1 la molle effusion de son ag5\illem5t1 dvelopp5t les belles lignes de la /atuaire antique4 ,sa robe1 trans=me en drap]ie1 embrasse avec de *a/es c>esses les =mes qu'elle suivait pe9e autrefois4 ,son front porte le diadme de la royaut cle/e1 et le voile qui s'en pan*e affecte des plis d'une imposante lgance4 ,dans le fond se dress5t les murs p5dants et la vote cr\le d'une ru9e roma9e1 et cette p]spective d'antiquit sublime rpond de lo91 comme une h>monie1 au gr\pe qu'elle encadre4 ,la ,vi]ge la ,*aise1 portrait idalis d'une jeune patrici5ne de ,flor5ce1 se ress5t de son orig9e4 ,elle semble faite p\r trn] sur sa belle seggiola aux colonnettes ciseles1 dans une de ces glises de m>bre et d'or du seizime sicle1 qui sont comme les salons du p>adis4 ,elle e/ peut-tre la plus populaire de t\tes les madones de ,raphal2 elle r5\velle1 en les sanctifiant dans l',italie ca?olique1 les miracles de sduction de cette ,vnus de ,guide dont la ,grce paenne dev9t am\reuse4 ,ce qui la di/+ue entre t\tes ses surs1 c'e/ la grce3 ,ave1 ,m>ia1 gratia pl5a4 ,une grce demi-cle/e1 demi-monda9e1 o la puret de la vi]ge1 la t5dresse de la mre et l'amabilit de la femme1 se mlang5t avec des nuances et des h>monies de p]le dans un p>fait ovale de beaut4 ,la noble f9esse de ses traits1 la cl>t s]e9e de ses beaux yeux bi5veillants1 l'lgance du voile qui s'enr\le aut\r de ses tempes1 l'aju/em5t exquis du fi*u brod qui voile ses paules et r$\ble de plis aut\r de sa poitr9e1 la tranquille tre9te de ses bras croiss aut\r de l',enfant1 t\t en elle respire une c\rtoisie div9e1 une amnit accessible et je ne sais quelle surnaturelle di/9ction de gr&e dame cle/e4 ,elle fait p5s] ces sa9tes itali5nes de la ,div9e ,comdie qui cons]v5t1 jusque dans le feu des toiles et des auroles1 l'air f9 et spirituel de la civilisation toscane et l'acc5t du beau pays o le si rsonne4 ,quelle d\ce affabilit dans le m\vem5t de sa belle tte qui se ret\rne v]s le spectateur comme p\r l'clair] de sa plnitude6 ,on dirait qu'elle vi5t de cd] aux angliques in/ances qui dcidr5t ,batrix se dvoil] ,dante3 ,volgi1 ,beatrice1 volgi li oc*i santi2 ,era la sua canzone2 al tuo f$ele ,*e p] v$]ti ha mossi passi tanti4 ,p] grazia fa noi grazia *e disvele ,a lui la bocca tua1 s *e disc]na ,la seconda bellezza *e tu cele4 ,t\rne1 ,batrix1 t\rne tes yeux sa9ts1--a9si *antait leur canzone1--v]s ton fidle qui a fait tant de pas p\r le voir6 ,de grce1 fais-n\s la grce de lui dvoil] ta b\*e1 af9 qu'il di/+ue la seconde beaut que tu ca*es4 ,la ,vi]ge de la maison d',albe1 pe9te dans la mme anne peut-tre1 reluit1 entre les autres madones de ,raphal1 comme une l>me p>mi des p]les4 ,assise sur le gazon d'un frais paysage1 elle contemple avec une mlancolie rveuse la croix de roseau que le petit sa9t ,jean1 g5\x1 vi5t de prs5t] son fils4 ,sa ma9 pose sur l'paule du ,prcurseur semble l'invit] dt\rn] le fatal prsage2 mais ,jsus a dj saisi la croix prophtique1 et fixe sur elle des yeux rsigns4 ,raphal n'aborde jamais qu'avec pudeur l'ide de la mort2 aussi l'motion de cette scne muette e/-elle effleure plutt qu'exprime4 ,elle circule avec la lgret du press5tim5t trav]s les ge/es1 les airs de tte et les attitudes sympa?iques de la jeune famille4 ,le ,calvaire vi5t de lui app>atre1 mais comme l'ide de la mort app>at la jeunesse1 voile1 d\ce1 indi/9cte1 presque efface p> l'loignem5t4 ,il n'y a qu'un nuage en l'air2 il monte au-dessus de la tte de l',enfant ,jsus2 et il e/ si faible et si pur1 que l'imag9ation lui donne le s5s d'un phnomne symbolique4 ,on dirait qu'il vi5t de pr5dre l'empre9te de cette ombre de tri/esse qui voile les visages de la sa9te ,famille1 p\r la dissip] dans le ,ciel4 ,les c>esses de l'excution dissimul5t encore ce vague fond de deuil4 ,jamais ,raphal n'a pe9t d'enfants plus gracieux1 de ,vi]ge plus juvnile1 de campagne plus ombreuse et plus pacifique2 jamais son dess9 n'a dploy de plus attiques lgances4 ,v\s diriez le ,/abat ,mat] recl s\s la =me exquise d'un beau sonnet de ,ptr>que4 ,jusqu'ici n\s sommes re/s dans le cycle t]re/re des ,vi]ges de ,raphal2 mais il e/ une autre sphre purem5t idale1 au se9 de laquelle il s'e/ plu transport] s\v5t la ,mre de ,dieu4 ,l1 ,m>ie n'app>ti5t plus la t]re3 elle ne lui app>at qu' trav]s les incalculables di/ances de son ,assomption4 ,elle ne se dta*e plus sur d'humbles fonds de campagne ou d'intrieur dome/ique1 mais sur l'azur t]nel1 o pleuv5t les rayons1 o neig5t les ttes d'anges4 ,elle ne s'assoit plus p>mi les fleurs de la prairie ou sur la *aise taille p> la ha*e de ,joseph2 elle plane sur des nues1 elle rgne sur des trnes d'une magnific5ce biblique et d'une ar*itecture triomphale4 ,sa famille huma9e a fait place la c\r des bi5heureux et des anges4 ,son visage s'claire et se transfigure2 les s\rires fm99s et mat]nels s'effac5t de ses lvres3 la srnit immuable1 la paix t]nelle1 la flicit impassible1 sont les seuls s5tim5ts qu'exprim5t dsormais ses traits agr&is4 ,la ,vi]ge aux ,c&labres e/ la premire en date de cette srie suprieure4 ,calme1 gr&iose1 presque svre1 elle brille entre les deux flambeaux de ses angliques acolytes1 comme une toile fixe de beaut4 ,ses yeux s'abaiss5t lgrem5t1 sans d\te p\r exauc] d'en haut une adoration lo9ta9e1 et sur l'incl9aison seule de ces yeux sublimes l'esprit mesure la hauteur idale o l'a transporte le gnie du pe9tre4 ,l',enfant glorieux et joyeux qui j\e sur son se9 ne di/rait pas son recueillem5t sol5nel2 on s5t qu'il ne ti5t plus elle p> les li5s de sang de la mat]nit t]re/re1 mais p> les li5s plus subtils d'une filiation t\te my/ique4 ,de mme1 les deux anges qui port5t les c&labres ne s\ri5t ici ni ,jsus1 ni la ,madone3 ils p>aiss5t absorbs p> le s5tim5t de leur propre gloire4 ,on dirait que1 runis p\r une crmonie de la c\r cle/e1 *acun des p]sonnages cont9ue sa surnaturelle exi/5ce1 et re/e isol1 au se9 mme d'une action commune1 dans sa sphre d'extase et de dignit4 ,plus imposante encore1 la ,vi]ge au ,poisson =me1 avec l'enfant maje/ueux que ses ma9s s\lv5t1 un gr\pe t\t augu/e et t\t idal qui rappelle la sculpture plutt que la vie4 ,elle reoit les adorations du jeune ,tobie que l'ange lui prs5te avec la noble froideur d'une /atue sacre donnant audi5ce aux fidles1 du fond d'un sanctuaire4 ,la nave timidit de l'adolesc5t1 l'ardeur de l'ange qui l'entrane v]s sa re9e avec un radieux en?\siasme1 rehauss5t1 p> le contra/e1 cette rs]ve fire et presque imprieuse4 ,sursum corda6 montons plus haut encore1 jusqu' cette cime extrme du sublime o plane la ,madone de sa9t ,sixte1 la d]nire ,vi]ge de ,raphal4 ,les rideaux symboliques de l'app>ition vi5n5t de s'entr'ouvrir4 ,m>ie1 porte sur des nuages et t5ant l',enfant dans ses bras1 app>at sol5nellem5t la t]re4 ,un voile1 tremp dans la p\rpre des nues1 c]ne les blonds b&eaux de son front royal et r$esc5d sur ses paules avec la palpitation d'une gr&e aile4 ,sa robe bleue1 *asse p> le v5t1 imprime sa dm>*e susp5due les lignes flottantes de l'exi/5ce ?re4 ,ses yeux sont fixes1 srieux1 vaguem5t g>s2 sa physionomie respire un tr\ble ineffable4 ,p> quels mots huma9s expliqu] ce my/re d'motion et de ravissem5t8 ,e/-ce l'enivrem5t des flicits cle/es1 ou la rvlation subite de sa gloire8 ,n'e/-ce pas plutt l'effroi sacr de son div9 ,fils8 ,on dirait qu'elle vi5t de compr5dre p\r la premire fois que l'enfant qu'elle porte e/ le ,dieu des colres en mme temps que le ,dieu des misricordes1 et qu'elle tremble p\r la t]re en le prs5tant devant elle4 ,l',enfant semble ju/ifi] cette saillie p\vante4 ,ce n'e/ plus l'humble n\veau-n de ,be?lem1 ni le d\x bamb9o des j>d9s de ,naz>e?2 c'e/ le ,trs-,haut1 le ,t\t-,puissant1 l't]nel1 cond5s dans un corps puril et r5du plus gr&iose encore p> cette rduction de sub/ance4 ,le ,*ri/ v5geur de ,mi*el-,ange e/ mo9s effrayant peut-tre que cet enfant jupitri54 ,ses *eveux p>s et hrisss comme des flammes1 l'obliquit t]rible de ses yeux p5sifs1 la /ructure puissante de son corps compacte et ramass comme un abrg de la =ce1 le ge/e olympi5 de sa ma9 t5due sur sa jambe robu/e1 la c\leur de feu presque fonce1 tant elle e/ pr(onde1 qui l'enveloppe comme d'un my/rieux hle d'aurole1 t\t en lui excite la cra9te1 le respect1 le tremblem5t religieux4 ,au-dess\s de la ,vi]ge1 sa9te ,b>be ag5\ille sur les nues1 les ma9s croises1 le pi$ susp5du1 oscillante et flottante dans la drap]ie orange qui l'enlace de ses longues b&es d'arc-en-ciel1 abaisse v]s la t]re sa belle tte blonde dont le ton ard5t semble exprim] la f]veur4 ,l'aju/em5t1 le t\r1 l'attitude de cette adorable figure1 peuv5t compt] p>mi les m]veilles de l'art accompli4 ,c'e/ la ,grce *rti5ne inc>ne s\s la =me d'une des ,*>its de la ,grce1 la drap]ie de ,phidias enfle et s\leve p> les brises du ciel1 la beaut de la ,desse et la pudeur de la ,vi]ge s'unissant et se confondant dans un *ef-d'uvre pla/ique4 ,en face de sa9te ,b>be1 sa9t ,sixte1 drap dans sa *ape1 dresse v]s la ,vi]ge sa tte *auve1 qu'ombrage la b>be ori5tale d'un ,pre de l'glise2 au bas du tableau1 deux petits anges acc\ds sur une balu/rade att5d5t et reg>d5t sans tonnem5t1 sans surprise1 avec l'ins\ciance familire d'enfants de la maison cle/e4 ,c'e/ un prodige que ce tableau2 on peut dire qu'il en prs5te les signes extrieurs4 ,comm& ,raphal p> les bndict9s de ,plaisance1 p\r s]vir de bannire aux processions du c\v5t1 il fut pe9t d'un jet1 sans bau*e1 et comme improvis sur la toile4 ,on n'a retr\v trace1 en effet1 ni de ses tudes ni de ses esquisses4 ,d'ailleurs1 il suffit de l'entrevoir p\r tre frapp de cette spontanx cratrice3 aucun ef=t1 aucune ret\*e1 aucun artifice1 mais p>t\t une excution la fois +nue et sublime2 et les rehauts de l'ombre et les magies du clair-obscur1 c>ts1 comme des lm5ts pr(anes1 de la vision virg9ale4 ,les lignes du dess9 s]p5t5t la faon des ve9es de la vie1 s\s la transp>5te coloration des figures2 cep5dant ces figures sort5t de la toile avec un relief tonnant4 ,le coloris sobre1 limpide1 gal1 compos plutt que ml de te9tes blondes1 r\ges et roses1 qui s'assortiss5t sans se confondre1 a l'clat ard5t et d\x de ces soires extraord9aires1 dont les crpuscules sont des phnomnes4 ,on n'y s5t nulle "p l'empre9te de la t\*e1 la m>que du p9ceau1 le ve/ige de la ma9 huma9e2 il ti5t la fois de la cl>t de la fresque et de la lgret du pa/el2 il semble avoir c\l des s\rces de la lumire p\r revtir les tres div9s qui vi5n5t d'en desc5dre4 ce monde de l'inf9i qu'il n\s rvle1 ,raphal ravit la fois la div9it de ses types et le j\r incorruptible qui les claire4 ,cette toile sacre e/ le d]ni] voile du sanctuaire3 l f9it la beaut visible4 ,d]rire1 il n'y a plus ri51 ri5 que la ,beaut t]nelle1 ri5 que cet t]nel fm99 dont p>le ,g!1 et qu'il a pos la f9 de son pome1 comme le mot suprme de la vie3 ,das ewig ,weibli*e4 ,figure #e3 ,dana d'aprs ,corrge ,,corr,,ge ,il se =me1 on ne sait comm5t1 aut\r des arti/es clbres1 une lg5de qu'il e/ bi5 difficile de ram5] l'hi/oire1 mme qu& sa fausset en e/ depuis longtemps reconnue4 ,en ent5dant prononc] ce nom du ,corrge1 on ne peut s'emp*] de recevoir une impression tri/e1 et de song] avec mlancolie la f9 misrable de ce gr& homme4 ,on maudit un peu les mo9es qui lui payr5t un *ef-d'uvre en monnaie de billon dont le poids1 c> il n'tait pas assez ri*e p\r l\] une voiture ou un *eval1 le fatigua tellem5t sur la r\te1 qu'il en prit une fluxion de poitr9e1 et m\rut peu de j\rs aprs4 ,c'e/ une *ose d\ce de consol]1 p> une t>dive admiration1 l'ombre d'un gnie malheureux p5dant son sj\r sur la t]re1 et sa gloire1 ent\re de ces ombres1 rayonne avec plus de spl5deur4 ,cette op9ion1 *ose biz>re1 fut celle de g5s contempora9s du pe9tre1 ou du mo9s assez rappro*s de l'poque o il vivait p\r avoir su la vrit1 s'ils avai5t v\lu se donn] la pe9e de la *]*]2 mais ce roman plaisait davantage4 ,corrge ne fut pas si pauvre qu'on le prt5d2 son pre tait un honnte m>*& qui possdait quelque aisance et le fit bi5 lev]4 ,giovanni ,b]ni1 de ,plaisance1 et ,m>a/oni1 de ,modne1 l'in/ruisir5t dans les lettres1 et il eut p\r matre de philosophie ,g4 ,b4 ,lomb>di1 de ,corrge1 clbre mdec91 qui avait t dj pr(esseur ,bologne et ,f]r>e4 ,cela n'a ri5 qui s5te la misre4 v+t-six ans il p\sa une jeune fille de son pays1 ge de qu9ze ans1 ,girolama ,m]l9i1 dont il eut quatre enfants1 trois filles1 dont deux m\rur5t en bas ge1 et un fils1 ,pomponio1 qu'il de/9a la pe9ture4 ,voil donc la nombreuse famille que l'in=tun ,corrge avait tant de pe9e n\rrir et p\r laquelle il s'extnuait de travail considrablem5t rduite4 ,deux enfants ne sont pas une telle *>ge qu'on ne puisse la support]1 mme sans avoir le tal5t de l'auteur de l',antiope et du ,m>iage de sa9te ,ca!r9e4 ,le ,c>teggio de ,tirabos*i conti5t plusieurs actes relatifs des maisons et des proprits du ,corrge4 ,sa femme1 en outre1 lui avait apport une belle dot4 ,c]tes1 il ne m5a pas l'exi/5ce pr9cire d'un ,raphal1 d'un ,mi*el-,ange ou d'un ,titi51 re*]*s des emp]eurs1 des papes et des c>d9aux1 mais il ne connut jamais l'troite pauvret1 et la ncessit ne le =a pas l'av>ice comme on le prt5d4 ,jamais1 au contraire1 arti/e ne mit plus de luxe dans l'excution matrielle4 ,t\tes ses pe9tures sont sur cuivre1 sur panneau de cdre ou sur toile de *oix2 il y prodigue les c\leurs les plus *res1 l'outrem]1 les laques1 les v]ts ri*es2 il les empte sans mnagem5t et n'p>gne ri5 p\r assur] la cons]vation de ses tableaux4 ,quoiqu'il ait le p9ceau facile1 il y revi5t1 les repr5d1 les fait s*] au soleil1 et ne livre son uvre que lorsqu'il la croit p>faite1 consci5ce que n'eur5t pas t\j\rs des matres en gr&e rputation et qui1 de l\able1 devi5drait admirable1 si le ,corrge et t effectivem5t aussi dnu de ress\rces qu'on le reprs5te4 ,les travaux ne lui manqur5t pas2 ds sa plus t5dre jeunesse1 c> il eut le tal5t prcoce1 on le voit *>g de comm&es2 on lui donna pe9dre la c\pole de l'glise ,sa9t-,jean1 et ensuite le dme de ,p>me1 ouvrages considrables assez bi5 pays4 ,p\r la c\pole1 il reut quatre c5t soixante-d\ze ducats d'or1 et p\r le dme1 trois c5t c9quante4 ,il eut de la ,nuit1 qu>ante sequ9s d'or1 du ,sa9t ,jrme1 qu>ante-sept1 *ose digne de rem>que1 il ne travailla gure p\r les s\v]a9s2 on ne cite de lui que deux tableaux faits p\r le duc de ,mant\e2 mais sans valoir ,rome1 ,flor5ce ou ,v5ise1 ,p>me (frait l'arti/e des moy5s suffisants p\r se dvelopp] et une sphre conv5able d'activit4 ,peut-tre mme y fut-il plus libre1 mo9s influ5c dans son orig9alit1 qu'il ne l'et t dans un de ces gr&s c5tres d'art1 o des modles illu/res entran5t l'imitation et o il e/ difficile de ne pas cd] aux sductions du /yle en vogue4 ,il fut1 ,p>me1 matre s\v]a9 et fondateur d'cole1 et la lettre d',annibal ,l\is ,c>ra*e e/ c]tes enta*e d'exagration4 ,je m'indigne et je pleure eu d$ans de moi-mme1 qu& je p5se l'in=tune de ce pauvre ,anto9e3 un si gr& homme1 si c'e/ un homme et non pas un ange revtu d'un corps1 se p]dre de la sorte dans un pays o il tait mconnu et o il aurait d tre port aux toiles1 et y f9ir p> une mort misrable6 ,mais il importe peu1 en somme1 que ,corrge ait t ri*e ou pauvre1 heureux ou malheureux1 av>e ou prodigue4 ,dans le milieu o il se tr\vait1 il a ple9em5t exprim son idal1 un idal n\veau1 et il a inscrit sa signature dans un de ces c]cles d'toiles qui ent\r5t les dieux de l'art4 ,antonio ,allegri naquit ,corrge1 d'o lui vi5t son surnom1 v]s l'an #adid1 la date n'e/ pas bi5 c]ta9e1 de ,pellegr9o ,allegri et de ,b]n>d9a ,piazzoli4 ,selon la tradition du pays1 il reut les premi]s lm5ts de l'art de son oncle ,laur5t1 et ensuite il frqu5ta ,modne l'cole de ,francesco ,bian*i1 dit le ,fr>i4 ,il apprit en mme temps model] en t]re1 et il travailla avec ,beg>elli ce gr\pe de la ,pit1 dans l'glise de ,sa9te-,m>gu]ite1 dont les trois plus belles figures lui sont attribues4 ,de ,modne on le faisait all] ,mant\e *ez ,&rea ,mantegna1 mais1 comme on l'a dc\v]t depuis1 le ,mantgne e/ mort en #aejf1 ce qui dtruit cette supposition1 matriellem5t du mo9s1 c> un arti/e n'a pas beso9 d'tre vivant p\r =m] des disciples3 ses uvres enseign5t sa place1 et s\v5t d'une faon plus loqu5te que n'aurai5t pu le faire ses p>oles4 ,aussi admettons-n\s trs-bi5 ,mantegna comme un des matres du ,corrge1 quoique les dates s'oppos5t un enseignem5t direct4 ,corrge s'inspira de ,mantegna avec la lib]t du gnie1 en p]fectionnant ce dont il s'emp>ait1 et en le mlant1 p> un amalgame intime1 ses qualits naturelles4 ,c'e/ un r>e bonheur de tr\v] dans ce monde de la =me qui semble limit1 et dont le corps huma9 e/ le ?me t]nel1 une inflexion p>ticulire1 une ligne inconnue encore1 un *>me rvl p\r la premire fois4 ,ce bonheur1 ,corrge l'a eu au plus haut degr4 ,il a su dgag] de la femme et de l'enfant une grce qu'on ne s\ponnait pas1 grce t5dre1 am\reuse et s\riante1 et qu'on ne saurait mieux dsign] que p> le nom mme du pe9tre1 t\rn en pi?te3 grce corrgi5ne4 ,ri5 n'en donne l'ide1 ni avant ni aprs4 ,ce n'e/ pas la grce my/rieuse1 pr(onde1 presque inquitante et surnaturelle de ,lon>d de ,v9ci1 ni la grce calme1 virg9ale et cle/e de ,raphal2 c'e/ une volupt indf9issable1 une c>esse p]ptuelle1 une sduction irrsi/ible1 o il n'y a ri5 de lascif cep5dant2 la nudit mme1 *ez ,corrge1 a la c&eur +nue de l'enfance2 comme ve avant d'avoir p*1 elle ignore qu'elle e/ sans voiles4 ,n\s insi/ons sur cette grce1 p>ce qu'elle e/ le c>actre di/9ctif de l'arti/e1 le *>me qui attire lui les mes et les reli5t4 ,mais il ne faudrait pas s'imag9] que ,corrge soit un pe9tre exclusivem5t proccup du joli1 de l'aimable et du riant2 il y a en lui un arti/e dont les audaces et les fi]ts musculaires rivalis5t avec ,mi*el-,ange2 et p\r s'en conva9cre il suffit de reg>d] la c\pole de ,sa9t-,jean et le dme de ,p>me4 ,ce suave et dlicieux ,corrge possde l'in/ruction pittoresque la plus solide et sait fond la gomtrie et la p]spective1 ce qui lui p]met d'excut] ma?matiquem5t ces racc\rcis dont la h>diesse tonne4 ,cette sci5ce cre le /yle de son dess91 en v>iant l'inf9i les m\vem5ts et les po9ts de vue4 ,lorsque la plup>t des pe9tres se cont5t5t de r5dre les figures comme elles s'(fr5t hauteur d'il1 ,corrge pr5d t\j\rs ses ttes de bas en haut ou de haut en bas2 elles plafonn5t ou se p5*5t1 les lignes desc5d5t ou remont5t avec des flexions et des s9uosits inatt5dues1 qui rvl5t dans le cont\r des aspects d'une n\veaut trange et *>mante2 il en e/ de mme des corps1 dont cette sci5ce de racc\rci et de p]spective dgage des attitudes1 des =mes et des pr(ils1 que ni le crayon1 ni le p9ceau n'ont exprims encore4 ,l'habitude de model] en t]re donne au ,corrge ce s5tim5t p>fait du relief qu'on admire *ez lui4 ,les figures ne sont pas enf]mes dans un trait rigide2 elles sont pe9tes1 p\r a9si dire1 en ronde bosse1 se dess9ant p> la lumire et l'ombre1 en faisant saillir leurs milieux4 ,comme les objets dans l'atmosphre1 elles nag5t dans des cont\rs fluides1 effums1 vaporeux1 qui les baign5t1 les envelopp5t et laiss5t t\rn] aut\r d'elles4 ,le p9ceau1 dans sa ma91 e/ une sorte d'bau*oir modelant p> masses et p\rsuivant trav]s la pte comme trav]s l'argile les rondeurs des =mes4 ,s\v5t mme il pe9t d'aprs une maquette de t]re1 p\r se mieux r5dre compte des racc\rcis et de la projection des ombres1 procd qu'employait le div9 ,lon>d4 ,on a cons]v quelques-unes des figur9es qui lui s]vir5t qu& il travaillait aux fresques du ,dme1 et qui expliqu5t1 p> leur susp5sion1 ces attitudes impossibles imag9] ou copi] d'aprs nature4 ,seulem5t1 t\t ce savoir e/ revtu de grce2 jamais l'ef=t ne s'y fait s5tir1 mme dans les outrances et les t\rs de =ce2 une h>monie div9e l'enveloppe comme une s\ple et lgre drap]ie qui flotte aut\r d'un beau corps4 ,un critique itali5 appelle ,corrge un ,lon>d cl>ifi4 ,cette obs]vation ne manque pas de ju/esse4 ,le pe9tre de ,p>me comme le pe9tre de ,milan conduit l'ombre la lumire p> des dgradations d'une dlicatesse inf9ie1 mais la qualit de cette ombre n'e/ pas la mme4 ,noire ou violette1 ou t\t au mo9s neutre de ton *ez le ,v9ci1 l'ombre *ez le ,corrge e/ arg5te1 transp>5te1 illum9e de reflets1 et p\rrait s]vir de lumire d'autres pe9tres2 l'arti/e a p\ss jusqu'aux d]ni]s pre/iges la magie du clair-obscur1 magie dont il e/ en quelque sorte l'inv5teur1 c>1 avant lui1 la palette ne connaissait pas ces m]veilleuses ress\rces4 ,mais ces lueurs de l'ombre1 ces cl>ts de l'obscur n'enlv5t ri5 la solidit des corps4 ,elles j\5t leur surface et ne les pntr5t pas4 ,elles ont mme une int5sit relative qui laisse t\te leur valeur aux p>ties t\*es p> le j\r4 ,le ton local des objets s'y p\rsuit et s'y retr\ve1 mais sans attir] l'il4 ,les blan*eurs des *airs ne sont pas ctoyes de ces zones bi/res ou c\leur de bois qui trop s\v5t reprs5t5t l'ombre dans des tableaux admirables d'ailleurs et remplis de qualits sublimes4 ,cette homognx p>faite des p>ties claires et des p>ties sombres donne aux figures de ,corrge une r>e puissance de relief2 elles se dta*5t d'un bloc du fond t5du d]rire elles et vi5n5t l'il avec les app>5ces de la vie comme les objets ap]u dans un miroir4 ,aux appro*es du crpuscule1 lorsque les toiles des gal]ies s'teign5t les unes aprs les autres et ne prs5t5t plus que des ta*es confuses1 les tableaux du ,corrge g>d5t la lumire et sembl5t s'clair] eux-mmes2 les p]sonnages pr5n5t une vie int5se et my/rieuse2 on dirait qu'ils vont sortir du cadre comme ces figures des tableaux vivants1 qu& l'effet e/ produit1 et qu'il faut pr5dre de n\velles poses p\r un autre gr\pe4 ,comme sur les hautes montagnes le soleil luit encore lorsque depuis longtemps la nuit baigne la valle1 le j\r ab&onne avec pe9e ces hauts sommets de l'art4 ,on a dit que le ,corrge tait tri/e1 mlancolique1 rong d'inquitude et avait le travail pnible4 ,cette humeur atrabilaire ne semble pas s'accord] avec cette pe9ture aimable comme un s\rire1 fra*e comme un b\quet o sont runies1 p\r le plaisir des yeux1 les grces de la femme1 l'+nuit de l'enfance se j\ant p>mi les fleurs et les ri*es attributs1 sur des fonds de paysages ou d'ar*itecture embellis de t\t ce que peut rv] une imag9ation riante4 ,mais l'uvre d'un arti/e n'e/ pas t\j\rs le reflet de son me2 c'en e/ s\v5t le desid]atum4 ,watteau1 le pe9tre des ftes galantes1 qui conduit avec un fr\-fr\ de soie et un b\rdonnem5t de guit>e son t]nelle masc>ade itali5ne et qui emb>que si joyeusem5t p\r ,cy?re les pl]9s d'am\r aux camails orns de coquilles1 n'tait-il pas1 dans la vie prive1 d'une tri/esse funbre et obsd p> un essaim de papillons noirs8 ,cep5dant n\s p5sons que le ,corrge tait heureux4 ,sa pe9ture e/ trop sa9e1 trop bi5 portante1 trop gaie1 p\r qu'il n'et pas lui-mme la sant morale2 il devait travaill] d'une manire tranquille1 prompte et libre1 comme un matre qui dom9e ses moy5s d'expression1 et d'avance a rsolu les difficults4 ,la grce n'tait p\r lui qu'un jeu1 c> il avait la =ce et la sci5ce2 mais qu'il ft tri/e ou joyeux1 c'e/ l vraim5t une "q psy*ologique peu importante4 ,corrge alla-t-il ou n'alla-t-il pas ,rome8 ,problme obscur longtemps1 et qui s'e/ rsolu p> la ngative d'aprs les re*]*es de la critique mod]ne qui1 cette fois1 donne raison ,vas>i4 ,ce gr& matre ne sortit jamais de la ,lomb>die4 ,e/-il beso9 p\r avoir du tal5t d'ab&onn] sa patrie1 de rompre ces filam5ts qui v\s atta*5t au sol natal1 de quitt] cette atmosphre o l'on a bu les premires gorges de la vie1 de rompre cette h>monie de la crature et du milieu1 de r5onc] ces aspects famili]s ds l'enfance1 ce naf tonnem5t des *oses1 cet bl\issem5t de la lumire1 cette sympa?ie p\r des types p>ticuli]s1 qui sont comme la physionomie et le visage de la mre sacre1 alma p>5s8 ,ce dpaysem5t ne tr\ble-t-il pas les aptitudes naturelles et les orig9alits pr(ondes fruit du climat1 de l'air ambiant1 du c>actre gologique et de la conc5tration mme de l'intellig5ce dans un c]cle troit1 mais bi5 connu8 ,un ciel plus *aud1 une cl>t plus int5se1 une coloration div]se1 des cont\rs plus arrts1 un co/ume diffr5t1 des types d'une tranget saisissante1 un idal plac ailleurs1 des modes de /yle peuv5t faire dvi] l'organisation la mo9s susceptible de s'g>]4 ,n\s p\vons donc reg>d] comme un bonheur que ,corrge n'ait jamais visit ,rome4 ,d'ailleurs1 un gnie comme le si5 il suffit du mo9dre indice p\r dev9] t\t et s'appropri] ce qui e/ assimilable sa nature sans en altr] l'ess5ce4 ,il y avait *ez ,beg>elli des pltres et des surm\lages qui disp5sai5t notre arti/e sd5taire d'tudi] les m>bres antiques2 il avait pu voir ,mant\e et ,p>me des tableaux de ,raphal et dire3 ,moi aussi je suis pe9tre6 et p\r les altitudes gr&ioses1 les musculatures savantes1 le /yle outr et fi]1 il ne doit ri5 ,mi*el-,ange1 le ,jugem5t d]ni] de la *apelle ,sixt9e1 n'ayant t pe9t qu'en #aeda1 sept ans aprs la mort de ,corrge4 ,p>is et ,dresde possd5t en gr&e p>tie l'uvre du gr& matre lomb>d1 du mo9s ce qui peut se dta*] de lui1 c> lorsqu'on n'a pas vu ses fresques on ne le connat pas t\t enti]4 ,on en peut dire autant de presque t\s les illu/res matres itali5s dont la pe9ture murale a g>d le meilleur4 ,qu& on entre dans ce salon c>r qui e/ comme la ,tribune du ,l\vre1 le reg>d e/ inv9ciblem5t attir p> l',antiope1 un de ces *efs-d'uvre qui sembl5t un rve de posie fig dans un miroir magique1 une fugitive po/ulation de l'me r5due t]nelle p> le gnie4 ,devant cette m]veille *acun croit que le tableau a t fait p\r lui4 ,on s'imag9e que p]sonne1 hors v\s1 n'en a compris le vrai s5s1 la porte intime4 ,ce beau corps dor de lumire1 rafra*i d'ombres bleutres1 t5du si mollem5t sur le gazon de vel\rs o il s'pan\it dans sa blan*eur comme un lis huma91 avec des s\plesses1 des lassitudes et des ab&ons faire desc5dre les immortels de l',olympe1 e/ une des plus miraculeuses crations de l'art4 ,que ,jupit] a bi5 fait de quitt] sa rev*e ,junon p\r v5ir admir]1 s\s le dguisem5t d'un satyre1 cette beaut dont ,vnus mme s]ait jal\se6 ,n\s pr(itons1 n\s autres pauvres huma9s1 de l'audace du dieu qui s\lve le voile et dc\vre ces blancs trsors1 ce torse de m>bre s\ple et *aud1 baign p> les moiteurs de la vie1 palpitant au s\ffle rguli] du sommeil1 att5dri d'un rve voluptueux4 ,et le satyre1 comme il e/ noble et beau6 comme il cons]ve1 malgr les pi$s de b\c1 l'ari/ocratie olympi5ne6 ,comme on s5t bi5 que ce n'e/ pas l un de ces vulgaires gipans moiti dieux1 moiti btes1 populace de la my?ologie1 qui p\rsuiv5t les nymphes1 trav]s les bois1 de leur salacit importune6 ,auprs d',antiope1 l',am\r dort d'un sommeil hypocrite1 prt v5ir en aide au dieu si p> has>d la jeune vi]ge rsi/ait4 ,le ,m>iage de sa9te ,ca!r9e n'e/ pas mo9s tonnant4 ,c'e/ encore un ,dieu qui p\se une fille de la t]re1 mais ici le m>iage e/ t\t spirituel4 ,le petit ,jsus1 assis sur les g5\x de sa div9e mre1 passe avec un srieux enfant9 l'anneau de fianailles au doigt que lui t5d d'un air de mode/ie *>mant et r\gissant de pudeur la belle sa9te en habits de noces4 ,elle s]a fidle son bamb9 d'p\x cette belle vi]ge qui p\r les filles doit dev5ir la patronne du clibat2 fidle jusque dans les supplices et la mort c>1 prs d'elle1 on voit la r\e aux d5ts d'aci] qui s]a son lit nuptial4 ,le tmo9 de son m>iage e/ un jeune sa9t ,sba/i51 d'une beaut anglique1 t5ant en ma91 comme un faisceau de palmes1 les fl*es retires de son corps4 ,au fond1 s'bau*5t vaguem5t des scnes de m>tyres1 des b\rreaux se ruant au c>nage6 ,le type de la sa9te e/ p>ticuli] au ,corrge2 elle a1 dans sa beaut1 un air d'enfance1 une c&eur qui se fait srieuse et qui s\rirait si volonti]s6 ,ses yeux se baiss5t virg9alem5t1 mais les co9s de sa b\*e remont5t2 elle conti5t cette joie intime qu'ont t\tes les figures du pe9tre6 ,la ma9 de la sa9te e/ bais] sur la toile comme une ma9 de re9e un j\r de gala4 ,quelle blan*eur1 quelle f9esse de pulpe1 quelle lgance de port et quelle fi]t patrici5ne6 ,*aque doigt de cette ma9 e/ comme une p]sonne1 il a sa vie p>ticulire1 sa signifiance spciale1 sa physionomie reconnaissable2 sp>s de la paume on les reconnatrait p>t\t ces m]veilleux doigts de sa9te ,ca!r9e6 ,c'e/ ,dresde que se tr\ve ce pre/igieux tableau si improprem5t appel la ,nuit du ,c>rge1 et auquel le nom d',aurore convi5drait mieux4 ,ri5 dans cette toile radieuse ne fait v5ir l'ide des tnbres2 l'aube se lve d]rire les montagnes lo9ta9es qu'on entrevoit trav]s la porte de l'table1 con/ruite en *>p5tes appuyes aux ru9es d'un anci5 difice2 et t\t ce tableau e/ clair p> la lumire surnaturelle qui mane du corps de l',enfant ,jsus4 ,ce n\veau-n jette un tel clat dans le giron de ,m>ie1 qu'il illum9e comme le soleil les objets qui l'ent\r5t4 ,le visage de la ,vi]ge1 am\reusem5t p5* v]s lui1 en reoit des reflets arg5ts d'une transp>5ce et d'une fra*eur idales4 ,un s\rire de mre heureuse fait ondul] sa ligne rose dans une blan*eur de nacre1 de lait et d'opale1 o les longs cils de ses yeux baisss trac5t pe9e une ombre lgre4 ,t\*e p> cette cl>t cle/e1 l'humble paille de la cr*e brille comme les fils d'or d'une aurole4 ,la cl>t rejaillit sur la jolie b]gre qui apporte une c\ple de t\rt]elles dans un pani] et fait un ge/e d'admiration nave devant le n\rrisson div92 elle claire le jeune ptre qui1 une ma9 sur le bord de la cr*e et l'autre sur le dos d'un gr& *i51 lve extatiquem5t la tte et semble d'un il visionnaire contempl] le gr\pe des anges se balanant dans son nuage au plafond de l'table2 et enf91 elle arrive jusqu' ce vieux pa/eur de /ructure h]culenne t5ant un bton p>eil une massue ou un arbre drac9 et se grattant la tte d'un air emb>rass comme un manant en prs5ce d'un roi4 ,on ne saurait imag9] avec quel art miraculeux cette lumire1 p>tant d'un foy] unique1 e/ conduite1 dgrade et fondue du c5tre jusqu'au bord du tableau4 ,t\tes ces figures y baign5t comme dans une atmosphre de p>adis4 ,jamais colori/e ne se j\a plus magi/ralem5t d'une difficult si gr&e1 et ce n'e/ pas un va9 t\r de =ce1 c'e/ l'expression russie d'une ide t\te *>mante1 t\te potique et ple9e de t5dresse qui ne p\vait v5ir qu' l'heureux gnie de ,corrge4 ,ce faible1 ce petit1 ce bamb9o1 vagissant sur la paille et jetant dj dans l'table cette lueur dont l'irradiation clair]a le monde6 ,la ,vi]ge ne s'en tonne pas1 n'en voit ri5 peut-tre2--t\t enfant respl5dit p\r sa mre6--et d'une c>esse passionne1 lui faisant de ses bras un b]ceau1 elle le s]re contre son cur4 ,au co9 v]s le sommet du tableau1 les anges allgrem5t voltig5t dans ces poses plafonnes et racc\rcies qu'affectionne le ,corrge et qui n't5t ri5 leur grce cle/e4 ,ils se s\ti5n5t p> leur lgret mme et p\rrai5t oubli] d'agit] leurs ailes sans cra9dre p\r cela de tomb]4 ,les nuages flocons bleutres ne leur s]v5t nullem5t de po9t d'appui1 mais leur =m5t une atmosphre et les sp>5t des p]sonnages huma9s4 ,au second plan1 sa9t ,joseph empoigne l'ne la cr9ire p\r l'am5] v]s la cr*e4 ,plus lo91 deux jeunes g>ons tir5t le buf p> les cornes4 ,ne faut-il pas que la cration muette ait ses deux tmo9s la nativit du ,sauveur6 ,bonnes et d\ces btes att5dries dans leur me obscure qui r*auff]ont l'enfant de leur s\ffle4 ,ce dtail famili] et t5dre1 de pur naturalisme1 donne la scne un air de vie relle sans nuire au ct div94 ,ri5 de t5du1 ri5 de gu9d1 po9t de fausse gr&eur1 p>t\t la grce la plus aimable4 ,la ,madele9e de ,corrge ne ressemble pas ces spectres hag>ds1 d*>ns1 livides1 n'ayant plus ri5 de la femme1 que les pe9tres espagnols1 f>\*em5t ca?oliques1 log5t dans les tr\s de la pi]re et la cav]ne de la maigreur1 p\r n\s s]vir d'une expression de la ,bible4 ,son t5dre gnie rpugn]ait ces reprs5tations hideuses de poitr9es dva/es1 d'paules osseuses sillonnes c\ps de discipl9e2 de masques blaf>ds aux paupires r\gies faisant pleuvoir d'int>issables l>mes sur l'ivoire d'un crne4 ,des b>b>ies propres frapp] les imag9ations grossires lui f]ai5t horreur4 ,la pnit5ce qu'il impose la p*]esse rep5tie n'e/ pas si rude4 ,d'abord il lui laisse sa beaut1 une beaut plus p>faite que celle qu'elle eut jamais sans d\te2 ensuite il ne la revt pas d'un rude sayon en poil de *vre ou d'une natte en sp>t]ie4 ,le ds]t o il la conf9e e/ un bois ou plutt un bocage plus propice l'am\r qu' la mortification4 ,il n'e/ p]sonne1 mme p>mi les tres les mo9s s5sibles la posie de l'art1 qui ne se soit arrt t\t rveur devant cette ,madele9e et n'en ait g>d un long s\v5ir1 soit qu'il ne l'ait vue qu'en gravure1 soit qu'il connaisse l'orig9al du muse de ,dresde4 ,enveloppe d'une drap]ie bleue qui laisse nu son bu/e1 la ,madele9e allonge son beau corps1 dont on dev9e s\s l't(fe les suaves ondulations1 sur un pais gazon maill de fleurettes4 ,une ma9 noye dans ses *eveux blonds1 elle s'appuie sur le c\de et de l'autre ma9 elle s\ti5t un livre ouv]t4 ,comme elle e/ c\*e plat v5tre1 ses beaux se9s1 d'une f]me rondeur1 pos5t sur les pages du livre comme des fruits de m>bre4 ,sa poitr9e1 son col1 son *>mant visage p5* sont illum9s de t\tes les magies du clair-obscur4 ,les pages du volume leur envoi5t un clair de blan*eur qui arg5te d\cem5t les tons d'ambre de l'ombre et l'or ruisselant des *eveux4 ,au fond1 les v]dures ass\pies des arbres v]s5t le calme1 le sil5ce et la fra*eur4 ,jamais lit plus moelleux1 retraite plus discrte et plus pr(onde ne fur5t prp>s la rv]ie4 ,sans la buire de p>fums place ct d'elle1 cette belle figure s]ait aussi bi5 une muse de la solitude1 une p5si]osa qu'une ,madele9e4 ,que lit-elle a9si8 les critures8 ,non2 plutt quelque beau pome1 ou quelque t5dre trait my/ique o l'am\r div9 emploie le langage bridant et passionn de l'am\r t]re/re4 ,la suavit d'excution1 la morbidezza de p9ceau ne saurai5t all] plus lo94 ,n\s d\tons que1 mme au temps de ses plus jolis p*s1 la ,madele9e ait t si sduisante4 ,ce qu'il y a de s+uli] *ez ,corrge1 c'e/ la rapidit de l'volution accomplie dans sa trop c\rte exi/5ce 7qu>ante ans pe9e74 ,il semble qu'il ait trav]s une priode imm5se de l'art4 ,ses premires uvres ont encore quelque *ose de la symtrie et de la s*]esse go?ique2 elles rappell5t un peu fr ,b>?olomeo1 avant que le pe9tre mo9e et ass\pli son /yle p> l'tude de ,raphal4 ,on peut voir la gal]ie de ,dresde un tableau app>t5ant cette premire priode3 une ,vi]ge ent\re d'anges et bnissant du haut de sa gloire quatre sa9ts en adoration3 sa9t ,franois1 sa9t ,anto9e de ,pad\e1 sa9t ,jean-,bapti/e et sa9te ,ca!r9e1 trs-beau sans d\te1 mais qui semble app>t5ir une poque bi5 antrieure aux ouvrages o ,corrge accuse dcisivem5t son orig9alit4 ,dans les d]nires uvres1 la p]fection e/ atte9te2 au del1 il n'y a plus de progrs possible1 le manirisme va p>atre1 et la dcad5ce comm5c]2 ce s]a le rgne de pe9tres prodigieusem5t habiles1 mais remplaant l'tude p> la pratique et le gnie p> la facilit4 ,un des plus tonnants tableaux de ,corrge1 et il semble tel ct de la ,nuit1 c'e/ le cadre qu'on devrait appel] le ,j\r1 tant la lumire y rayonne pure et brillante1 et qu'on dsigne s\s le nom de la ,madone au sa9t ,georges1 p>ce que ce sa9t *evali] y occupe une place importante4 ,cette admirable pe9ture fut faite1 d'aprs ,vas>i1 p\r la confrrie de ,sa9t ,pi]re m>tyr4 ,primitivem5t elle s'encadrait dans deux colonnes d'ordre ionique1 surmontes d'un fronton qui se reliait l'ar*itecture fe9te1 s]vant de fond aux figures1 disposition qui devait tre plus favorable qu'un vulgaire cadre d'or4 ,ce tableau e/ sur bois2 sa gr&e dim5sion l'a fait trait] dans une manire plus l>ge que les ouvrages de *evalet et qui se rappro*e de la fresque1 mais en cons]vant t\te la fleur1 t\t le vel\t et t\t le *>me de l'huile4 ,la ,vi]ge1 assise sur un trne support p> deux petits anges d'or1 occupe le c5tre de la composition1 qu'elle dom9e2 d]rire elle1 l'ouv]ture d'une arcade laisse voir un paysage vague et bleutre4 ,e/-ce la t]re1 e/-ce le p>adis8 on ne sait2 mais le lieu o la dame du ciel donne audi5ce ses fidles e/ magnifique2 sur la corni*e demi-circulaire1 des enfants1 en ronde-bosse1 s\ti5n5t des guirl&es de fruits et de fleurs1 des m>bres r>es pav5t le sol4 ,jamais l'art n'a produit un type plus lgant1 plus fi]1 plus noble et plus m>tialem5t beau que le sa9t ,georges1 ce *evali] errant de la ,lg5de dore1 ce ,p]se *rti5 qui dlivra la re9e de ,lydie du mon/re dont elle devait tre la victime4 ,il e/ camp sup]bem5t une ma9 sur la han*e1 le pi$ sur la tte du dragon va9cu1 dans une attitude de ddaigneux triomphe2 son corps n]veux et robu/e e/ revtu d'une cuirasse qui modle les =mes du torse2 des espces de cnmides antiques m\l5t ses jambes2 quant la tte1 t\rne demi sur l'paule1 c> sa9t ,georges se prs5te presque de dos1 elle e/ ds>me et b\cle de *eveux soyeux et c\rts4 ,on ne saurait avoir plus gr& air et plus haute m9e1 et il n'e/ pas surpr5ant que plusieurs ordres de *eval]ie ai5t pris le sa9t gu]ri] p\r patron4 ,div9e purilit1 des anges enfants j\5t avec les armes du sa9t2 l'un trane de t\t son ef=t la gr&e pe trop l\rde p\r ses petites ma9s2 l'autre s\lve gr&'pe9e le pesant casque2 tels les ,am\rs aux pi$s de ,m>s2 on s'y tromp]ait aism5t1 tant les anges sont beaux1 tant le sa9t e/ fi]6 ,un peu en arrire de sa9t ,georges1 sa9t ,gm9i51 vque et patron de ,modne1 (fre la ,vi]ge le modle en relief de l'glise qu'il lui consacre et qu'un *rub91 d'une grce cle/e1 l'aide s\t5ir4 ,le petit ,jsus1 p> un dlicieux m\vem5t de curiosit enfant9e1 t5d les ma9s v]s la mignonne glise qu'il pr5d p\r un j\j\4 ,vis--vis du gr\pe1 et lui faisant symtrie1 on voit sa9t ,jean-,bapti/e et sa9t ,pi]re le ,dom9ica94 ,sa9t ,jean-,bapti/e e/ reprs5t s\s la figure d'un jeune g>on de seize ou dix-sept ans2 il a p\r vtem5t une sorte de sayon f5du sur le ct1 et du doigt il dsigne ,jsus dont il a t le prcurseur4 ,un s\rire la ,corrge1 ce s\rire s9ueux qui retr\sse les commissures des lvres1 arrondit les j\es et r5d les yeux obliques p> le dplacem5t des lignes1 donne une expression trange son masque4 ,s\s la dvotion du sa9t il y a comme une malice de faune2 il e/ re/ un peu de l'halluc9ation du ds]t sur ce visage1 riant avec des yeux f\s2 d'ailleurs1 il e/ beau comme ,ganymde1 ce jeune sa9t demi-nu6 ,d]rire lui sa9t ,pi]re le ,dom9ica9 prs5te1 en joignant ses maigres doigts contracts n]veusem5t dans un spasme d'extase1 une tte macre1 bate1 dlirante1 illum9e p> le has*is* du jene et l'bl\issem5t de la vision4 ,la cle/e volupt des mortifications rayonne sur sa face blme2 aucune figure1 mme celle des mo9es de ,zurb>an1 n'exprime ce degr l'ardeur1 la foi1 l'am\r1 n\s dirions presque la s5sualit de la pnit5ce1 la volupt my/ique du sacrifice4 ,la tte de la madone e/ d'une beaut enivrante4 ,sans cess] d'tre virg9ale elle e/ p\rtant plus fm99e qu'aucun arti/e ait jamais os la reprs5t]2 elle a t\tes les t5dresses huma9es dans son s\rire div92 c'e/ la mre heureuse dont on adore le fils et qui laisse voir navem5t sa joie4 ,p\r les sa9ts c'e/ un dieu1 mais p\r elle c'e/ t\j\rs un enfant2 ,jsus n'e/ pas dev5u le ,*ri/4 ,comme n\s l'avons dit1 le ton gnral du tableau e/ mat1 t5ant un peu de la fresque ou de la dtrempe2 mais dans cette vive lumire p\rtant1 le clair de lune de ,corrge jette ses ombres et ses reflets arg5ts1 baigne les cont\rs et les e/ompes d'une moelleuse vapeur sans ri5 t] au gr& /yle et l'aspect sup]be4 ,le ,sa9t ,jrme de ,p>me e/ encore une bi5 admirable *ose2 la =ce et la grce de ,corrge s'y tr\v5t dans le mme cadre4 ,le sa9t dploie dans ses musculatures1 mises nu p> la maigreur de l'ana*orte1 une vigueur t\te mi*elangesque2 il e/ gr&iose1 trange et f>\*e2 les ongles de ses pi$s se c\rb5t comme les griffes de son lion4 ,mais que la ,madele9e ag5\ille de l'autre ct baise avec une humilit am\reuse et *>mante le petit pi$ rose de l'enfant ,jsus assis sur les g5\x de sa mre et qui un gr& ange1 beau comme un phbe grec1 montre un livre ou un papi] de musique6 ,n\s ne p\vons dcrire une une t\tes les v>iations que le ,corrge a brodes sur cet 9puisable ?me de la ,madone et de l',enfant ,jsus4 ,n\s cit]ons le tableau dsign s\s cette lg5de3 ,quem g5uit adoravit4 ,la ,vi]ge1 ag5\ille dans une attitude de pr(ond ravissem5t1 adore son enfant qu'elle a pos1 avec un peu de paille1 sur le pli de son manteau2 elle a les bras colls au corps p> la t5sion de l't(fe et ses ma9s ouv]tes sort5t de la drap]ie1 faisant un ge/e d'ineffable batitude4 ,il e/ impossible de pe9dre d'une faon plus t5dre et plus *rti5ne l'humilit de celle qui se glorifiait d'tre la s]vante de ,dieu1 ancilla ,dom9i4 ,la mre mortelle s'abme devant la div9it du fils4 ,la ,madone dite della ,scodella 7la ,vi]ge l'cuelle7 reprs5te un pisode de la fuite en gypte4 ,la sa9te famille a fait halte s\s un palmi] dont sa9t ,joseph c\rbe les bran*es p\r cueillir des dattes4 ,des anges invisibles p\r les sa9ts voyageurs l'aid5t dans cette besogne2 la ,vi]ge1 t5ant l'enfant ,jsus dans son giron1 recueille avec une cuelle l'eau d'une s\rce jaillissante4 ,un peu en arrire1 demi masqu p> des br\ssailles1 un enfant c\ronn de fleurs1 qu'on p\rrait pr5dre p\r un petit gnie tellurique1 lve sa tte tonne et cra9tive l'aspect de l',enfant ,jsus4 ,on dirait qu'il dev9e1 dans ce frle n\rrisson1 le ,dieu qui doit *ass] les dieux4 ,quelle dlicieuse *ose encore que cette ,vi]ge endormie s\s un palmi]6 comme son *a/e corps s'ab&onne an sommeil avec une gracieuse fatigue1 protgeant encore son petit ,jsus6 ,rassur p> l'immobilit de la mre et de l'enfant1 p>mi l'h]be1 un lap9 s'avance1 et reg>de curieux4 ,il bro*e des bab9es1 dresse les oreilles1 press5tant le surnaturel avec le sr et pr(ond in/9ct de l'animal4 ,ri5 de plus *>mant que ces naves famili>its de ,corrge1 introduisant un dtail de nature dans un sujet sacr4 ,cette gaiet t5dre te t\te froideur4 ,dans cette autre ,sa9te ,famille o le petit ,jsus1 sur les g5\x de sa mre1 du fond de l'humble ateli] de ,naz>e?1 fait le ge/e de bnir le monde1 sa9t ,joseph1 c\rb sur un tabli1 rabote une plan*e en ouvri] laborieux4 ,la ralit se mle au div9 avec une mesure p>faite4 ,quoi de plus t\*ant que le futur sauveur des hommes dans cette b\tique de m5uis]ie et de *>p5te6 ,dsignons seulem5t l',incoronata qui n\s montre le ,*ri/ dev5u gr&1 et posant sur le front de sa mre un diadme d'toiles4 ,mais arrtons-n\s plus longtemps devant cette ,madone qui de ses doigts blancs presse son beau se9 sur les lvres de l'enfant ,jsus avec une mat]nit si virg9ale6 ,n\s n'avons encore esquiss ,corrge que s\s un aspect2 n\s n'avons ri5 dit de ses tableaux my?ologiques1 *efs-d'uvre o l'art antique s'att5drit de t\tes les grces1 de t\tes les volupts et de t\tes les dlicatesses de l'art mod]ne1 o le clair-obscur enveloppe de ses my/res transp>5ts des *airs s\ples et modeles comme des m>bres grecs4 ,la ,vnus aile qui se p5*e demi dans l'ducation de l',am\r1 auquel ,m]cure montre lire1 vaut la ,vnus de ,cnide2 sa blan*eur dore1 se dta*ant de cont\rs vagues avec le puissant relief de la vie1 n'a ri5 envi] au ,p>os ni au ,p5tlique1 ,bi5 que sa beaut v\s tr\ble p> cette volupt secrte insp>able du ,corrge1 elle e/ *a/e cep5dant2 ce n'e/ pas la ,vnus adorablem5t puise de ,g!1 mais la ,vnus ,uranie1 celle qui exalte l'esprit p> l'am\r et l'entrane v]s les hautes sphres comme le font compr5dre les ailes palpitant ses paules4 ,le ,m]cure a t\te la beaut fire et svelte d'un jeune dieu hellnique1 et l'enfant ,am\r e/ bi5 le fils de sa mre4 ,la ,lda avec son triple sujet1 o le cygne div9 attaque1 triomphe et s'envole1 exprime l'extase de l'am\r d'une faon si t5dre1 si voluptueuse et si ard5te1 que le pieux ,l\is d',orlans en fit effac] la tte1 repe9te depuis trs-heureusem5t p> ,s*les+]4 ,io pme s\s l'tre9te de ce nuage qui r5f]me ,jupit]1 eut un sort p>eil1 et ,prudhon lui r$onna de son plus moelleux p9ceau ce pr(il demi-p]du1 cet il noy1 cette j\e colore d'une vapeur rose1 ces *eveux dn\s sur la nuque et cette beaut qu'une ma9 brutale avait fait disp>atre1 comme si un *ef-d'uvre n'tait pas t\j\rs pur6 ,prudhon devait bi5 cela au gr& matre de ,p>me1 lui qui e/ n d'un reflet et d'un s\rire du ,corrge4 ,la ,dana de la gal]ie ,borghse1 plus heureuse1 a cons]v son adorable tte si dlicieusem5t enfant9e1 qui reg>de d'un air de curieuse surprise la pluie blonde tomb] sur son lit1 sans se d\t] que cet or e/ un dieu monnay4 ,si la tte e/ d'un enfant1 le corps e/ d'une jeune fille aux cont\rs arrondis et p>faits4 ,corrge emploie s\v5t ce piquant contra/e3 innoc5ce de visage1 volupt d'attitude2 l'me ne semble pas avoir consci5ce des sductions de la =me4 ,cep5dant un gr& am\r1 p>eil l'ros grec1 se glisse v]s la c\*e de ,dana comme p\r prp>] le triomphe du matre des dieux1 t&is que de petits ,am\rs1 sur une pi]re1 aiguis5t des fl*es4 ,dans cette m]veilleuse toile1 la grce1 le *>me1 la c\leur1 sembl5t avoir dit leur d]ni] mot4 ,une monda9e abbesse d'un de ces c\v5ts d',italie1 dont la clture n'tait pas si /ricte que l'art n'y pt entr]1 fit pe9dre ,corrge une salle appele la ,*ambre de ,sa9t ,paul1 o il reprs5ta une suite de sujets my?ologiques4 ,au fond de la salle on voit ,diane1 gr&e1 svelte1 lgre1 le croissant au front1 l'arc la ma91 entr'ouvrant un voile1 et deb\t sur un *> que tran5t des *evaux dont on n'ap]oit que la cr\pe4 ,sur les murailles1 un treillage fe9t1 o s'enlac5t des v]dures sombres et des fleurs1 se dc\pe en lunettes et encadre des gr\pes d'enfants j\ant avec des attributs de *asse1 *i5s1 trompes1 javelots1 d'une v>it de pose et d'int5tion 9puisable4 ,le s\bassem5t de ce treillage e/ orn de figures en grisaille telles que les ,grces1 les p>ques1 les ve/ales sacrifiant1 un satyre sonnant du cornet b\qu91 ,junon1 t\te nue1 susp5due entre le ciel et la t]re1 une enclume aux pi$s1 comme ,homre la dpe9t au qu9zime livre de l',illiade1 une femme portant un enfant1 ,m9]ve casque1 un flambeau la ma91 et autres sujets bi5 pr(anes p\r un clotre4 ,mais l'abbesse de ,sa9t-,paul1 donna ,giovanna di ,piaz5za1 qui comm&a ces admirables pe9tures1 tait abbesse vie1 ne relevait pas de l'vque1 avait juridiction sur des t]res et des *teaux1 vivait sans clture et presque sculirem5t4 ,grces lui soi5t r5dues d'avoir lgu aux sicles un tel *ef-d'uvre6 ,corrge1 dit-on1 p\r le *oix des motifs et l'rudition my?ologique1 fut guid dans son travail p> ,giorgio ,anselmi1 clbre littrateur1 qui avait une fille *ez les religieuses4 ,arrivons enf9 ces tonnantes c\poles de l'glise ,sa9t-,jean et du dme de ,p>me1 qui font de ,corrge le prdcesseur et le rival de ,mi*el-,ange4 ,dans ces sublimes pe9tures1 la sci5ce du racc\rci1 qu'il peut dire inv5te p> ce gr& matre1 a t1 du premi] c\p1 p\sse aux d]nires limites4 ,avant ,corrge1 on divisait en comp>tim5ts le plafond dcor]1 et l'on y peignait des figures semblables celles des tableaux4 ,avec sa sci5ce pr(onde d'anatomie et de dess91 son habilet de modeleur qui lui p]mettait de ptrir des maquettes en t]re ou en cire p\r se r5dre compte des m\vem5ts asc5sionnels1 ,corrge fit h>dim5t plafonn] ses p]sonnages et les reprs5ta de bas en haut1 comme doiv5t app>atre des figures volantes ou s\t5ues une plus ou mo9s gr&e di/ance du sol p> des membres d'ar*itecture1 corni*es1 arcades1 p5d5tifs1 tympans1 pntrations1 lunettes4 ,c'tait une rvolution et une rvlation dans l'art qui ouvrait la =me des horizons inf9is et *angeait1 p\r a9si dire1 la face du dess94 ,la p]spective du corps huma9 tait tr\ve1 et non-seulem5t la p]spective l9aire1 mais encore la p]spective ari5ne avec ses dgradations et ses fuites vaporeuses4 ,la c\pole de l'glise ,sa9t-,jean a p\r sujet l'asc5sion de ,notre-,seigneur v]s son ,pre4 ,le ,sauveur remonte1 trav]s une atmosphre d'or1 au se9 de l't]nel1 dans un m\vem5t de racc\rci d'une h>diesse inconcevable qui semble p]c] la c\pole disp>ue4 ,des essaims d'anges voltig5t div]ses pr(ondeurs dans l'air lum9eux comme des nuages qui flott5t p> leur lgret1 =mant cortge au triomphe du ,sauveur4 ,ces anges1 p\r la plup>t1 sont vus p> la plante des pi$s1 et n'occup5t1 quoiqu'ils p>aiss5t droits et de gr&eur naturelle sur la c\rbe de la vote1 qu'une place =t re/re9te4 ,leur dim5sion app>5te n'e/ qu'un pre/ige de p]spective4 ,ces positions tranges1 ces racc\rcis viol5ts1 ces aspects si contraires aux po9ts de vue habituels ne les emp*5t pas d'tre d'une beaut idale1 cle/e1 au-dessus du rve huma94 ,dans les p5d5tifs1 le pe9tre a plac les quatre vangli/es1 figures du /yle le plus gr&iose et le plus maje/ueux1 et d'une sublimit que p]sonne n'a dpasse encore4 ,*aque figure repose1 comme sur un socle1 sur un nuage que s\ti5t un gr& ange d'une beaut incomp>able2 deux anges plus jeunes s'acc\d5t sur les n]vures des p5d5tifs avec des poses d'une grce sup]be4 ,la fresque du dme de ,p>me reprs5te l'assomption de la ,vi]ge2 un sujet presque id5tique1 sauf la figure pr9cipale1 et que ,corrge a trait avec la n\veaut la plus fconde4 ,dans le bas de la c\pole1 prs de la corni*e1 des gr\pes d'aptres en adoration reg>d5t s'lev] au ciel la mre du ,sauveur dj bi5 lo9 de la t]re1 et des anges ?urifraires ranim5t la flamme des cassolettes4 ,la ,vi]ge1 lgre comme une vapeur1 s'enlve dans un t\rbillon de drap]ies volantes1 p>mi des palpitations d'ailes1 des pluies de rayons1 des nuages d'anges j\ant de la h>pe1 du ?orbe et de la viole d'am\r1 agitant des enc5soirs1 et s'empressant comme des pages aut\r de la ,re9e du p>adis4 ,cette c\pole e/ vraim5t le ciel ouv]t4 ,malheureusem5t1 ,p>me n'e/ gure sur la ligne des t\ri/es4 ,le tr\peau admiratif suit l'it9raire oblig1 ,flor5ce1 ,rome et ,naples1 et les deux sublimes fresques du ,corrge s'effac5t l5tem5t dans l'ab&on et dans l'oubli4 ,la gloire1 qui a ses caprices1 oubliant que ,corrge a gal ,mi*el-,ange p\r la sci5ce et la =ce du dess91 en a fait le type de la grce t5dre--une "p assez belle--et de l'irrsi/ible sduction4 ,qui n'aime pas ,corrge n'a pas d'me1 prt5d ,/5dhal1 passablem5t sec lui-mme cep5dant4 ,n\s sommes de cet avis4 ,on peut admir] davantage d'autres matres1 mais comme l',alg>otti devant le ,sa9t ,jrme1 en p5sant au ,corrge1 n\s disons t\t bas dans notre cur ,tu solo mi piaci6 ,toi seul me plais6 ,figure #f3 ve d'aprs ,mi*el-,ange ,,mi*el-,,ange ,la vie de ,mi*el-,ange1 c'e/ l'hi/oire de ses crations4 ,ce qui le r5d1 en effet1 presque autant que son multiple et effrayant gnie1 le vrai modle1 le type s\v]a9 du gr& arti/e1 c'e/ cette absorption complte et cont9ue de sa p5se dans la mise en uvre du gr&iose et du beau4 ,t\tes ses heures1 t\tes ses =ces1 t\t son am\r1 t\tes les sollicitudes de sa longue exi/5ce1 t\s les rves1 t\tes les ambitions de son intellig5ce1 t\t en lui vit d'une seule et mme me3 l'art seul e/ p\r lui l'in/rum5t1 le moy5 et le b2 mais ce n'e/ pas l'art dans sa matrialit1 l'art sans vise suprieure et sans philosophie3 ,mi*el-,ange voit le culte dans le temple1 s5t ,dieu dans la nature2 et1 comme d'un nimbe cle/e1 t\tes ses crations sont c\ronnes d'idal4 ,s\s ce rapport1 les recueillem5ts1 les aspirations de sa noble p5se1 cond5ss en sonnets et en cantilnes2 ces lyriques s\pirs1 qu'on a s\v5t ddaigns1 au milieu du spl5dide bagage de sa gloire1 ont une valeur d'int]prtation que n\s n\s g>d]ons de nglig]4 ,ses posies montr5t en lui les deux s\cis div9s1 les deux proccupations t]nelles et sublimes3 ,dieu et l'idal6 ,dieu et l'idal1 voil le secret de son immortalit4 ,l'antique maison des comtes de ,canosse avait longtemps t5u un rang illu/re ,reggio1 et plus t>d en ,toscane4 ,un comte ,boniface de ,canosse avait t seigneur de ,mant\e4 ,plusieurs de ses desc5dants1 v5us ,flor5ce1 y occupr5t successivem5t les gr&es *>ges de l'tat4 ,la plup>t d'entre eux avai5t port le nom de ,buon>roti1 et ce nom1 de la sorte inscrit honorablem5t dans les fa/es de la rpublique1 f9it p> se sub/itu] entirem5t celui des anctres4 ,or1 la =tune de cette famille n'tait plus au niveau de son illu/ration1 et ,ludovic1 fils de ,buon>roti de ,simoni1 ne cons]vant des gr&eurs de sa race qu'un orgueil intraitable et une au/re fi]t1 remplissait les mode/es fonctions de pode/at de ,caprse et ,*9si1 lorsque ,francesca di ,n]i1 sa femme1 lui donna au *teau de ,caprse1 le #f m>s #adgd1 l'enfant qui fut ,mi*el-,ange4 ,les p>ticul>its m]veilleuses n'ont pas manqu p\r les *roniqueurs dans cette gr&e naissance4 ,francesca di ,n]i1 aux d]ni]s temps de sa grossesse voyageant *eval1 avait t violemm5t jete s\s les pi$s de sa monture1 sans qu'un accid5t f*eux s'en ft suivi4 ,on s'e/ plu avoir dans ce fait une sollicitude t\te spciale du ciel1 comme on tr\va plus t>d1 dans le nom d'ar*ange du n\veau-n1 une prde/9ation p\r l'immortalit4 ,les fonctions du pode/at expirant alors1 la famille rev9t ,flor5ce1 et l'enfant fut plac en n\rrice ,settignano1 b\rg vois9 de la ville1 o se tr\vai5t les bi5s des ,buon>roti4 ,la n\rrice tait fille1 sur1 femme de tailleurs de pi]res2 d'o ,mi*el-,ange se plaisait dire qu'il n'y avait ri5 d'tonnant ce qu'il et tant de gt p\r la pi]re1 ayant suc cet am\r au se9 de sa n\rrice4 ,mais le patrici5 de race antique ne devait pas voir sans prote/ation son fils t\rn] v]s les arts t\tes les ambitions de sa jeune p5se4 ,il en v\lait faire un lettr1 un p]sonnage1 un pode/at sans d\te4 ,l'enfant fut donc envoy de bonne heure *ez ,franois d',urb9o1 grammairi5 r5omm4 ,malheureusem5t1 les dess9s1 les croquis1 les po*ades au *>bon1 au crayon1 la plume1 le captivai5t bi5 plus que la grammaire4 ,il appr5ait trs-peu1 et dess9ait dj d'une faon surpr5ante4 ,les deux frres ,ghirl&ajo1 ,dom9ique et ,david1 t5ai5t alors cole de pe9ture ,flor5ce4 ,un de leurs plus jeunes lves1 ,franois ,granacci1 suivait aussi les leons de ,franois d',urb9o4 ,mi*el-,ange eut promptem5t dev9 un ami4 ,granacci comm5a p> lui procur] en secret des modles1 et le conduisit bi5tt dans l'ateli] mme de ses matres4 ,l1 ,mi*el-,ange donna de telles preuves de sa supriorit1 que son pre dut enf9 cd]1 contre-cur t\tefois1 au c\rant de cette irrsi/ible vocation4 ,l'enfant1 g de quatorze ans1 fut plac p\r trois ans en appr5tissage dans l'ateli] o l'entranait l'in/9ct de son gnie2 mais ses matres1 lo9 de lui dem&] aucune rtribution1 cons5tir5t1 au contraire1 lui accord] d'anne en anne une rmunration progressive de six1 huit et dix flor9s4 ,ds lors1 en effet1 ,mi*el-,ange avait plutt donn] qu' recevoir des exemples4 ,on cite quelques faits qui en sont des preuves surabondantes4 ,tantt1 c'e/ l'uvre de ses matres eux-mmes qu'il corrige en leur abs5ce1 et les matres admir5t2 tantt c'e/ une rem>quable e/ampe d'un ,holl&ais clbre1 ,m>t9 ,%n1 un ,sa9t ,anto9e flagell p> des dmons1 qu'il copie la plume1 qu'il modifie d'une ma9 puissante1 qu'il enri*it d'une c\leur fanta/ique1 qu'il complte1 qu'il r5d plus trange et plus saisissante encore p> des inv5tions magi/rales1 au po9t d'en faire un *ef-d'uvre4 ,un autre j\r enf91 c'e/ une copie qu'il re/itue en place du modle3 la copie vaut l'uvre orig9ale2 une c\*e de fume donne la toile neuve l'aspect et l'h>monie des vieilles pe9tures1 elles matres s'y tromp5t2 et ,mi*el-,ange se dit sans d\te qu'il n'a plus ri5 appr5dre des leons de ceux-l1 qu'il n'tudi]a dsormais que les immortels *efs-d'uvre et la sublime nature4--,en lui le gr& pe9tre e/ tr\v4 ,dom9ique ,ghirl&ajo avait1 du re/e1 non sans un dpit jal\x1 mais qui n'excluait pas la fran*ise1 fait la ju/e "p de *acun4 ,l'enfant1 s'tait-il cri1 en sait plus que n\s t\s6 ,laur5t de ,mdicis1 dit le ,magnifique1 pote et homme d'tat suprieur1 protecteur clair des lettres et des arts1 g\v]nait alors ,flor5ce avec un r>e gnie4 ,ses gr&es manires1 son loqu5ce entranante1 cette c\r de nobles esprits qu'il avait su se crer1 et la prosprit matrielle assure p> ses habiles ef=ts sa patrie glorieuse encore1 faisai5t presque oubli] la lib]t p]due4 ,quelques gr&s curs s\pirai5t dans l'ombre2 mais ,savon>ola1 l'imptueux aptre1 de sa voix prophtique et sup]be1 tonnait seul1 au nom des antiques murs1 contre les corruptions du prs5t ass]vi2 et1 les *anes ca*es s\s des fleurs ne blessant trop p]sonne1 la cit supportait sans se pla9dre un j\g que le s\v]a9 savait allg] propos4 ,flor5ce tait gr&e du mo9s p> l'esprit4 ,cette gr&eur semblait lui suffire4 ,or1 p>mi les tablissem5ts de ,laur5t qui1 de son temps1 ex]cr5t une l>ge influ5ce sur le dveloppem5t des beaux-arts1 il faut signal] surt\t l'cole de pe9ture et de sculpture qu'il avait fonde dans son propre palais1 s\s la direction de matre ,b]toldi1 sculpteur r5omm4 ,les j>d9s du pr9ce s]vai5t d'ateli]s aux /atuaires2 des pr(usions de m>bres dgrossis1 de m]veilleux modles ou de prcieux dbris de l'antique1 appelai5t les jeunes arti/es l'uvre1 ou leur prodiguai5t les meilleures leons4 ,mi*el-,ange et son ami ,granacci s'tai5t av5turs dans ce muse en action4 ,mi*el-,ange1 ptrissant1 ds le premi] j\r1 la glaise au gr de son gnie1 tonnant bi5tt de ses t]res cuites le pr(esseur lui-mme1 n'hsita pas davantage s'attaqu] au m>bre1 et1 le ciseau en ma91 comme il s'tait dev9 pe9tre1 il se s5tit sculpteur4 ,un j\r donc1 il lui prit fantaisie de copi] une tte de faune1 fragm5t incomplet et mutil de l'antique4 ,le jeune audacieux recon/itue l'ensemble en lui donnant une expression trange et naturelle la fois4 ,le vieux faune revit2 son front rid s'anime1 et sa face s'pan\it dans un clat de rire grimaant et joyeux4--,au d]ni] c\p de ciseau1 un tmo9 tait surv5u2 il contemplait l'uvre improvise p> l'enfant2 il admirait dj4 ,mais1 dit enf9 le n\veau v5u1 c'e/ bi5 un vieux faune que v\s avez v\lu faire8--,app>emm5t1 reprit l'arti/e tonn4--,eh bi56 jeune homme1 o donc avez-v\s vu des vieill>ds qui ri5t et laiss5t voir une b\*e orne de t\tes ses d5ts8 ,laur5t de ,mdicis 7c> c'tait lui7 s'loigna alors sans en dire plus long1 et ,mi*el-,ange aussitt de bris] deux d5ts son faune2 puis1 v\lant une vrit plus complte encore1 il creusa la g5cive p\r imit] l'alvole d'o la d5t tait tombe4--,laur5t1 rev5u sur ses pas1 fut alors si frapp de cette +niosit rapide et m]veilleuse1 il tr\va d'ailleurs de telles promesses dans ce morceau1 o le s5tim5t de l'antique1 traduit plus qu'imit1 vivait dans une inspiration t\te mod]ne et dans un m\vem5t ple9em5t orig9al1 qu'il adopta aussitt p> la p5se t\t le glorieux av5ir entrevu4 ,il emm5a donc avec lui ,mi*el-,ange1 l'tablit dans son palais comme un membre de la famille1 et l'admit *aque j\r sa table1 dans les conditions d'une honorable galit1 sans p]mettre qu'on fit dsormais nulle diffr5ce entre l'arti/e et ses propres enfants4 dat] de ce j\r1 le vieux ,buon>roti comm5a p5s] que son fils n'inflig]ait peut-tre pas au nom de l'antique race des comtes de ,canosse l'indigne d*ance dont il avait cru ce nom m5ac4 ,laur5t avait d'ailleurs t5du jusqu'au pre la faveur dont il ent\rait le fils1 et1 en dem&ant au rigide patrici5 qu'il laisst ,mi*el-,ange la c\r1 il lui avait accord p\r lui-mme une place mode/e1 il e/ vrai1 mais qui suffisait ses dsirs4 ,t\tefois1 la prosprit avait fait aussi des jal\x au jeune et dj clbre arti/e4 ,il avait eu des rivaux qui ne cons5tai5t pas encore l'accept] p\r ce qu'il devait tre1 l'accept] p\r le suz]a9 de l'art4 ,un j\r qu'ils tudiai5t plusieurs les admirables pe9tures que le ,masaccio v5ait d'a*ev] dans la *apelle del ,c>m9e1 sur un mot vif peut-tre du jeune ,mi*el-,ange1 un de ses cam>ades1 robu/e et brutal compagnon1 ,torregiano de ,torrigiani1 lui assna po+ f]m au milieu du visage un c\p si viol5t1 que l'os en fut bris et les c>tilages crass4 ,on emporta ,mi*el-,ange sans connaissance au palais4 ,il devait g>d] t\te sa vie la trace de cette odieuse brutalit1 qui ne demeura pas1 du re/e1 impunie3 ,torregiano fut *ass p\r quelque temps de ,flor5ce4 ,la c\r du ,mdicis tait1 n\s l'avons dit1 une sorte d'acadmie lgante1 o les lettrs et les potes1 aussi bi5 que les arti/es1 recevai5t la plus gracieuse hospitalit4 ,p>mi les plus clbres1 et entre beauc\p d'autres1 on rem>quait ,m>sile ,fic91 ,pic de la ,mir&ole1 bi5 jeune encore1 et surt\t ,ange ,politi51 le plus illu/re littrateur de son temps1 que ,laur5t avait *>g de l'ducation de ses fils4 ,politi5 avait promptem5t apprci les promesses de gnie de ,mi*el-,ange4 ,il lui prodiguait les conseils et les hautes leons4 ,on peut suppos] que1 dans l'intimit du pote savant1 le jeune arti/e complta avec bonheur son in/ruction1 mal comm5ce *ez le grammairi5 ,franois4 ,on ne voit pas1 en effet1 dans quelle autre priode de sa vie il et tudi fond les lettres1 la my?ologie1 et surt\t les sa9tes critures1 l',anci5 et le ,n\veau ,te/am5t1 dont son p9ceau devait plus t>d si savamm5t traduire les immortelles pages4 ,s\s la dicte de ,politi51 p\r a9si dire1 il excuta alors1 en demi-relief1 le ,rapt de ,djanire et le ,combat des ,c5taures4 ,c'tait en se rappelant cette uvre1 qui lui rvla lui-mme t\te sa puissance de /atuaire1 que ,mi*el-,ange se repro*ait plus t>d d'avoir fait autre *ose que de la sculpture4 ,sa mode/ie ne v\lait pas compr5dre qu'il avait trois royaumes remplir de sa gloire4 ,l'heureux sj\r de ,mi*el-,ange dans la famili>it de ,laur5t de ,mdicis et de son glorieux ent\rage avait dur trois ans4 ,la mort du pr9ce v9t t\t c\p int]rompre cette noble vie d'art et d'tude4 ,laur5t expira1 jeune encore1 entre les bras de ses amis les plus *]s1 ,politi5 et ,pic de la ,mir&ole4 ,il v\lut aussi1 p\r bi5 m\rir1 recevoir le svre adieu de ,savon>ola lui-mme1 dont il avait t\j\rs support sans colre les f\droyantes c5sures4 ,pi]re de ,mdicis1 l'an des fils de ,laur5t1 avait succd son pre4 ,il se s5tait aussi du p5*ant p\r ,mi*el-,ange1 mais il subissait les captations du gnie sans tre digne de le compr5dre4 ,au dire des *roniqueurs1 son affection se p>tageait1 avec une galit peu intellig5te1 entre l'arti/e dj matre et un c]ta9 bretteur espagnol1 gr&1 beau1 bi5 fait1 bi5 dc\pl1 dont les mrites corporels *>mai5t le jeune pr9ce autant au mo9s qu'aurai5t fait des *efs-d'uvre4 ,mi*el-,ange tr\vait sans d\te les sympa?ies de son second protecteur1 en de telles conditions1 peu flatteuses4 ,pi]re d'ailleurs1 oublieux des exemples de son illu/re pre1 ne prodiguait plus les blocs n\veaux v5us de ,c>r>e ou les antiques dbris de ,p>os3 ri5 taill]1 ri5 tudi] dsormais dans la maison des ,mdicis4 ,un j\r cep5dant1 le jeune pr9ce s'avisa de song] que la ma9 de ,mi*el-,ange tait puissante ptrir la matire et m\l] des colosses4 ,c'tait en dcembre2 p5dant la nuit1 la neige avait c\v]t d'une c\*e paisse les c\rs du palais4 ,on vi5t *]*] ,mi*el-,ange1 et le n\veau s\v]a9 de ,flor5ce lui ordonne d'rig] sa gloire une imm5se /atue de neige4 ,l'arti/e comprit qu'il fallait *]*] ailleurs des enc\ragem5ts et du travail2 il fit donc1 la dem&e du prieur de ,sa9t-,esprit1 temple r5omm dans ,flor5ce1 un *ri/ en bois presque aussi gr& que nature4 ,le prieur fut en?\siasm de l'uvre et de l'arti/e4 ,mi*el-,ange dev9t le comm5sal du mona/re2 il dut peut-tre cette heureuse circon/ance une des r>es p]fections de son tal5t4 ,le prieur s'occupait d'anatomie3 ,mi*el-,ange s'associa ses travaux avec une ardeur sans gale4 ,ple9 de l'am\r de la sci5ce et de l'art1 il tudia pniblem5t le cadavre1 il *]*a passionnm5t la vrit du dess9 dans la ralit mme de la nature2 et ce fut de ce mom5t qu'il arriva cette audace suprme1 cette c]titude absolue du trait1 qui lui p]mettait de faire t\s les croquis de ses tableaux1 non pas au crayon1 mais la plume4 ,or1 le crayon a le droit d'hsit] quelquefois1 s'il supporte une correction facile1 le trait de plume1 on le sait1 e/ df9itif1 on n'y corrige ri51 et ceux-l seuls s'y has>d5t qui m>*5t c\p sur dans leur art1 traant d'une ma9 rsolue la ligne irrvocable4 ,cep5dant ,flor5ce se lassait d'un despotisme sans gloire4 ,pi]re avait cont9u1 exagr les p\voirs absolus de son pre2 il n'imitait ri5 de sa gr&eur4 ,les signes prcurseurs des *utes de pr9ces se manife/ai5t de t\tes p>ts4 ,ces press5tim5ts populaires1 ces vagues prophties1 ces prdictions contagieuses qui s'emp>5t sup]/itieusem5t de la p5se publique1 et les nobles t\t bas1 et le peuple demi-voix1 et ,savon>ola voix haute1 t\t murmurait1 annonait1 proclamait l'affran*issem5t futur4 ,une lite rpublica9e s'exaltait aux gr&s s\v5irs2 un peuple libre allait r5atre aux nobles esprances4 ,et alors1 prvoyant les orages1 s5tant combi5 ses tudes et son art avai5t beso9 de calme1 ,mi*el-,ange jugea prud5t de s'loign]4 ,il p>tit donc p\r ,v5ise1 o il ne tr\va ni accueil ni travail2 de l1 p\r ,bologne1 que g\v]nait assez rudem5t ,jean ,b5tivoglio4 ,en ce temps1 les trang]s ne devai5t pas entr] dans la ville sans s'tre fait appos]1 sur l'ongle du p\ce1 un ca*et de cire r\ge4 ,mi*el-,ange tait en contrav5tion avec cette loi1 qu'il ignorait sans d\te2 il se vil donc traduit devant le juge et condamn une am5de de c9quante livres bolonaises4 ,or1 cette condamnation n'ayant pas consult les mode/es dim5sions de son petit pcule1 il allait immdiatem5t subir l'hospitalit =ce de la prison1 si un g5tilhomme de l'assi/ance1 ,jean-,franois ,aldovr&i1 qui peut-tre avait dj ent5du p>l] de son prcoce tal5t1 n'et rpondu p\r lui et fait r=m] la pe9e4 ,mess] ,aldovr&i ne s'en t9t pas ce beau procd3 il sut va9cre les premi]s refus de l'arti/e1 et lui fit1 avec grce1 accept] sa maison et sa table4 ,l1 ,mi*el-,ange se fit une vie selon ses gts d'tude3 il donnait le j\r l'art2 le soir1 il lisait haute voix1 devant son hte1 ,ptr>que1 ,boccace et surt\t ,dante4 ,le digne g5tilhomme bolonais tr\va mme un travail assez important p\r son protg4 ,mi*el-,ange eut excut]1 p\r l'glise de ,sa9t-,dom9ique1 une /atue de sa9t ,ptrone et un ange de demi-gr&eur ag5\ill devant l'autel4 ,ces deux m>bres fur5t promptem5t a*evs1 puis inaugurs la satisfaction de t\s1 en exceptant t\tefois un sculpteur bolonais qui avait longtemps espr tre *>g de cette t*e4 ,celui-ci prt5dit qu'on l'avait indignem5t fru/r au pr(it d'un trang]1 et fit mme savoir ,mi*el-,ange qu'il lui prp>ait un mauvais p>ti p\r le j\r o il le r5contr]ait propos4 ,mi*el-,ange ne se s5tit pas suffisamm5t en sret dans un pays o1 p\r une seule protection1 il devait tr\v] t\tes sortes de ha9es1 surt\t s'il s'ef=ait de sculpt] ou de pe9dre2 il songea donc r5tr] dans sa patrie4 ,l1 du re/e1 les press5tim5ts populaires n'avai5t pas t>d se ralis]4 ,flor5ce insurge1 sans lutte et presque sans ef=t1 v5ait de *ass] ,pi]re de ,mdicis et ses frres4 ,savon>ola1 l'aptre rpublica91 rgnait p> l'en?\siasme et g\v]nait p> la p>ole4 ,un calme au/re succdait dj aux premi]s orages4 ,mi*el-,ange ne dut pas se dplaire au milieu de cette atmosphre d'indp5dance2 mais le g\v]nem5t avait sauveg>d] t\t d'abord des intrts plus pressants que ceux de l'art1 et les gr&s travaux allai5t encore se faire att5dre4 ,t\tefois l'inactivit tait1 p\r le noble arti/e1 un insupportable f>deau2 il fut bi5tt la t*e4 ,c'e/ en ce temps qu'il sculpta un ,am\r endormi1 dont on sait l'hi/oire4 ,la /atue1 mise d'abord en t]re et p>e1 p\r a9si dire1 d'une vtu/ artificielle1 fut envoye ,rome1 o on la v5dit1 comme antique1 au c>d9al de ,sa9t-,georges4 ,la sup]*]ie s'bruita1 et le c>d9al1 irrit d'avoir t pris p\r dupe1 envoya un de ses g5til%ommes ,flor5ce p\r s'assur] de la fraude4 ,mi*el-,ange ne s'en df5dit pas2 et1 p\r pr\v] au contraire que lui seul p\vait avoir le droit d'une telle audace1 il dess9a d'un trait cette ma9 clbre dont la h>diesse semblait donn] la /atue le contre-se+ du gnie4 ,le g5tilhomme1 dom9 p> cette fire fran*ise1 proposa s\da9 l'arti/e de l'emm5] ,rome1 en lui promettant la protection du c>d9al4 ,mi*el-,ange accepta2 mais il n'eut pas beauc\p se l\] de son n\veau patron1 et ne fit ri5 p\r lui4 ,ce n'e/ pas cep5dant dire que le vaillant arti/e dt re/] sans ouvrage4 ,il fit d'abord1 p\r un g5tilhomme di/+u1 ,jacques ,galli1 ce m]veilleux ,bac*us qui devait plus t>d enri*ir le muse de ,flor5ce1 et qui suffit alors tablir sa r5omme dans ,rome4 ,aprs le ,bac*us1 il dut excut]1 p\r le mme1 un n\veau ,cupidon1 et bi5tt ensuite il entrait de pla9-pi$ dans sa gloire en livrant l'admiration gnrale le magnifique gr\pe de ,notre-,dame de ,piti1 p\r qui l'en?\siasme et l'loge dur5t inv5t] de n\velles =mules4 ,condivi1 le respectueux lve et le biographe passionn de ,mi*el-,ange1 n\s a transmis quelques p>oles du matre qui expliqu5t sa p5se t\t entire sur celle cration1 et qui tmoign5t aussi combi5 la foi1 combi5 l'am\r div91 combi5 les aspirations leves d'un glorieux spiritualisme sublimifiai5t1 p\r a9si dire1 l'me des arti/es s\v]a9s1 qu& leur ma9 domptait et transfigurait la matire4 ,condivi dem&ait aprs beauc\p d'autres1 son matre1 p\rquoi1 sans s\ci de l'ge et sans calcul des annes1 il avait prodigu tant de jeunesse et de fra*eur au front de la ,vi]ge4 ,cette critique e/ ma gloire1 rep>tait ,mi*el-,ange2 la *a/et fait l't]nel pr9temps des vi]ges1 et l'inspiration d'en haut e/ glorieusem5t visible dans mon uvre1 puisqu'il m'e/ donn d'y manife/] a9si la puret virg9ale de la mre de ,dieu4 ,j'ai fait t\t autrem5t p\r son fils1 p>ce qu'il a v\lu revtir t\te l'infirmit de la nature huma9e4 ,tu ne dois donc pas t'tonn] que j'aie donn ,m>ie l'immortalit d'une virg9ale jeunesse1 t&is que le ,*ri/1 volontairem5t s\mis aux lois du temps1 porte1 comme t\t homme1 les traces de l'ge4 ,la mre s'lve au-dessus de l'humanit1 t&is que le fils s'y confond et s'y plonge4 ,des so9s dome/iques rappelr5t ,mi*el-,ange ,flor5ce4 ,sa rputation lui avait prp>1 dans sa patrie1 un digne et sympa?ique accueil4 ,on le reg>dait dj comme le premi] des mod]nes et le rival des anci5s4 ,il n'avait pas v+t-six ans4 ,on lui donna bi5tt un va/e bloc de m>bre que nul n'avait os attaqu] depuis ,simon de ,fiesole1 qui1 c5t ans aup>avant1 avait en va9 essay d'en tir] une colossale figure4 ,mi*el-,ange y tr\va1 c\ps de ciseau1 un admirable ,david1 et la gigantesque /atue fut place la porte du palais de la ,seigneurie4 ,le m>bre ne lui suffisant dj plus1 il se famili>isa avec le bronze2 il c\la1 en ce temps1 plusieurs rem>quables ouvrages2 il peignit aussi quelques tableaux1 p>mi lesquels une ,sa9te ,famille1 qu'on admire ,flor5ce4 ,mais ce fut surt\t le c>ton de la ,gu]re de ,pise1 compos p\r les pe9tures excut] dans la salle du gr& conseil de la ,seigneurie1 qui crasa t\te rivalit et montra1 en ,mi*el-,ange1 la puissance du dess9 suprieure t\t ce que le monde des arts avait jamais pu ou devait jamais glorifi]4 ,ce dess9 fut fait p\r une sorte de conc\rs ouv]t entre ,mi*el-,ange et ,v9ci4 ,l'uvre du gr& ,lon>d1 suivant ,b5v5uto ,cell9i1 tait sublime1 mais celle du div9 ,buon>roti fut le d]ni] mot de l'art1 et ni les anci5s ni les mod]nes n'ont jamais ri5 fait qui pt atte9dre celle hauteur4 ,tant que ces c>tons exi/r5t1 aj\te le m]veilleux ciseleur1 ils fur5t l'tude de t\s les jeunes pe9tres d'av5ir et l'cole du monde4 ,c'e/ l1 en effet1 que le d\x gnie de ,raphal b l'audace et la =ce la c\pe du gant ,mi*el-,ange2 et l'en?\siasme de t\s les criva9s du temps1 acclamant d'une seule voix ce prodige1 confirme suffisamm5t p\r n\s le dire de ,b5v5uto4 ,malheureusem5t1 l'envie guetta patiemm5t le *ef-d'uvre4 ,le j\r o les ,mdicis r5trai5t ,flor5ce1 au milieu du tumulte et de l'meute1 l'envieux1 un homme qui n'tait pas sans mrite p\rtant1 mais qui ne v\lait et ne savait pas admir]1 qui1 ne p\vant pas tre au premi] rang1 ne se rsignait pas m>*] au second1 l'envieux ,baccio ,b&9elli1 un l*e indigne de son propre tal5t1 se glissait furtivem5t jusqu'au palais de la ,seigneurie1 rampait sans bruit dans l'ombre jusqu'au dess9 sublime1 et1 d'un c\teau impie1 l>ron sacrilge de la gloire d'autrui1 ha*ait en morceaux l'admiration de ses contempora9s4 ,l'imptueux ,jules ,,ii v5ait de mont] sur le trne pontifical4 ,il avait connu ,mi*el-,ange ,flor5ce3 ces deux =tes1 rudes et fires natures devai5t se conv5ir1 p>ce qu'elles p\vai5t se compr5dre4 ,les s\v]a9s d'une irrsi/ible volont aim5t surt\t qui leur rsi/e4 ,cette r>et les tonne2 cette audace leur va4 ,le pape fit v5ir le sculpteur prs de lui4 ,le gnie de l'art mettait propos en prs5ce deux p5ses qui se complaisai5t remu] de gr&es *oses2 ce fut1 entre ces deux hommes1 un vritable assaut d'imm5ses projets et de plans gigantesques4 ,d'un s\ffle ils difiai5t des colosses2 d'un mot ils crai5t des =ts de /atues dans d'impossibles glises4 ,c'tait si beau1 que ce fut trop beau2 il en fallut rabattre4 ,quelle que ft sa puissance1 et bi5 qu'il eut trois fois du gnie1 ,mi*el-,ange n'avait que deux bras2 son me et anim trois mondes1 mais sa ma9 tr\vait des limites qu'ignorait sa p5se4 ,enf91 dans le *aos de projets spl5dides1 il fallait comm5c] p> un comm5cem5t4 ,le comm5cem5t que v\lut le pontife1 ce fut son tombeau4 ,un tombeau tel qu'aucun s\v]a9 de la t]re n'ose en rv] un p>eil1 dit-il ,mi*el-,ange1 un tombeau digne de ,jules ,,ii et de ,buon>roti4--,ce s]a *]1 fit l'arti/e aprs avoir rfl*i et vu gr&ir dans son inspiration t\te une pope de m>bre p\r le pan?on d'un seul homme4--,combi5 donc8--,c5t mille cus au mo9s4--,deux c5t mille1 et l'uvre6 ,et ,mi*el-,ange indique l>ges traits comm5t il compr5d le tombeau d'un gr& pape4 ,la base du monum5t1 massif isol1 en =me de p>alllogramme1 aura dix-huit brasses de long et d\ze de l>ge4 ,aux quatre faces1 quatre esclaves deb\t et en*ans4 ,entre eux1 des victoires places dans des ni*es f\lant du pi$ des va9cus4 ,au-dessus d'une corni*e qui c\ronn]a cet ordre1 huit figures de prophtes et de v]tus s]ont maje/ueusem5t assises4 ,au milieu d'elles1 le s>cophage du pontife4 ,sur le t\t enf91 une haute pyramide1 et1 son sommet1 un ange deb\t portant le globe dans sa ma94 ,en t\t1 qu>ante /atues1 sans compt] les emblmes1 les figur9es1 les bas-reliefs pisodiques et les dtails d'ornem5t4 ,voil le rve dont ,mi*el-,ange peut faire une ralit4 l'uvre6 l'uvre6 s'crie encore le pontife en?\siasm4 ,mi*el-,ange1 voil de l'or1 donne-moi du m>bre6 ,aux c>rires6 puise ,c>r>e6 ,s\vi5s-toi de ma gloire4 ,va6 ,mi*el-,ange p>tit1 fut aux c>rires1 s'attaqua aux ro*]s1 v5tra la montagne1 c\vrit le sol de colossales ru9es1 amoncela les normes dcombres1 entassa les sup]bes dbris4 ,son gnie et sa =ce se j\ai5t des rbellions de la pi]re4 ,une seule de ses ides suffit le pe9dre3 un roc gant se p5*ait en surplomb sur la m]2 taill] la montagne en /atue1 donn] au roc une figure et la vie de l'art1 cela devait sduire le pre des colosses4 ,la lutte tait sa taille2 il y songea rellem5t4 ,le temps seul lui manqua p\r se mesur] a9si avec la nature4 ,les envois de m>bre le prcdai5t ,rome2 il en emb>rassait les places publiques4 ,jules ,,ii1 que l'arti/e avait fanatis p> les premires indications du projet1 ,jules ,,ii le rappelait en hte4 ,les dess9s que lui prs5ta ,mi*el-,ange a*evr5t de conqurir le pape3 il v\lut que l'arti/e s'in/allt prs de lui4 ,un pont fut jet d'une f5tre l'autre1 p\r qu' t\t heure du j\r l'impati5ce du pontife put surexcit] l'ardeur du /atuaire4 ,les deux insatiables esprits en v9r5t alors se dem&] quel s]ait l'emplacem5t du va/e mausole4 ,s\s le pontifical de ,nicolas ,v1 il avait t "q de rebtir l'glise de ,sa9t-,pi]re4 ,mi*el-,ange proposa son h>di patron d'y log] sa tombe4 ,le pape saisit au vol cette ambitieuse p5se2 il v\lut lui-mme repr5dre p> le pi$ la cration de la basilique n\velle1 et le tombeau passa bi5tt au second plan1 dans les eng\em5ts aussi ard5ts que mobiles du pontife4 ,or1 l'envie piait la faveur dont ,mi*el-,ange avait eu quelque temps l'heureux monopole4 ,bramante1 l'ar*itecte favori de ,jules ,,ii1 ,bramante1 depuis quelque temps nglig1 saisit avec bonheur cette occasion d'imprim] une div]sion aux sympa?ies de son matre4 ,il prconisa assidm5t l'glise con/ruire1 discrdita la p5se du tombeau4 ,mi*el-,ange ne vit plus v5ir l'hte illu/re dans l'ateli] encombr4 ,l'arg5t aussi fut ailleurs1 et les ouvri]s re/s sans salaire1 et les m>bres qui n'tai5t pas pays1 comm5cr5t pes] l\rdem5t au /atuaire oubli4 ,il v\lut s'expliqu] et se pla9dre4 ,sans plus se s\ci] que d'habitude de l'tiquette et des valets1 il m>*a donc droit au cab9et de travail o ,jules ,,ii le recevait d'ord9aire2 mais un camri] lui b>ra le passage4 ,l'orgueilleux arti/e s'arrta en f\droyant du reg>d les c\rtisans1 qui croyai5t p\voir rire4 ,qu& votre matre me dem&]a1 dit-il firem5t1 un secrtaire du pontife1 v\s lui direz que ,mi*el-,ange e/ abs5t4 ,de ret\r *ez lui1 il donna ordre de v5dre t\t ce qu'il ne p\vait emport]1 et p>tit sur l'heure mme p\r ,flor5ce4 ,mais ,jules ,,ii ne l'ent5dait pas de la sorte4 ,t\tes les gloires du sicle tai5t1 selon lui1 le fief de sa p5se4 ,le gnie de ,mi*el-,ange lui app>t5ait comme le plus orgueilleux fleuron de la ti>e4 ,il dp*e donc c\rri] sur c\rri]1 un d'abord1 puis deux1 puis trois1 jusqu' six4 ,il faut qu'on lui ramne son sculpteur s\mis et vivant2 mais ,mi*el-,ange tait aussi de la trempe des ,jules ,,ii4 ,c'tait fi]t p\r fi]t1 audace contre audace4 ,qu& les g5s du pontife v\lur5t s'emp>] de lui1 il leur montra ses armes4 ,viol5ces ni prires1 ri5 ne put le fl*ir4 ,le pape puisa trois mois en va9es ngociations4 ,des m5aces contre l'arti/e il avait pass aux m5aces contre la ,rpublique4 ,il adressa la ,seigneurie trois brefs comm9atoires p\r qu'on lui r5voyt son glorieux rfractaire4 ,la ,seigneurie avait peur2 ,sod]9i1 le gonfaloni] p]ptuel1 ami de ,mi*el-,ange1 le suppliait ma9s jo9tes de ne pas br\ill] son g\v]nem5t avec le vhm5t et sup]be pontife4 ,les prires de ,sod]9i tai5t aussi impuissantes que les viol5ces crites de ,jules ,,ii4 ,ri5 n'y fit4 ,buon>roti1 p\ss b\t1 dcl>a qu'il irait plutt *ez le ,turc1 o on l'appelait p\r jet] quelque *ose comme un pont gigantesque de ,con/ant9ople ,p]a2 mais qu'il ne savait pas oubli] une insulte1 qu'il avait t insult1 et qu'il ne se s\mettrait pas4 ,cep5dant ,sod]9i f9it p> tr\v] un moy5 de le rappro*] de ,jules ,,ii sans que le ret\r et l'air d'une s\mission4 ,il confra son intraitable ami le titre d'ambassadeur et l'envoya1 au nom de la ,seigneurie1 port] l'hommage de la ,rpublique au pape4 ,le pape tait alors ,bologne1 o il v5ait de pntr] p> les armes4 la vue de ,mi*el-,ange1 il s'emporta sans se contra9dre4 ,a9si1 tu devais v5ir n\s1 s'cria-t-il1 et tu z att5du que n\s v9ssions toi4 ,le c>d9al ,sod]9i v\lut excus] ,mi*el-,ange1 en rejetant son tort sur le peu de savoir-vivre des arti/es4 ,mais alors ce fut une autre affaire4 ,la colre du pape *angea d'objet4 ,tu injuries mon /atuaire2 je ne l'aurais pas fait1 moi1 dit-il au prlat4 ,mais1 aj\ta-t-il1 c'e/ toi qui es l'ignorant1 et1 s'il y a ici un imbcile1 ce n'e/ pas ,mi*el-,ange4 ,va-t'en6 ,on voit que le pontife et le rebelle n'avai5t pas beauc\p faire p\r r$ev5ir les meilleurs amis du monde4 ,le pape avait d'ailleurs beso9 de ,mi*el-,ange1 bi5 plus que ,mi*el-,ange n'avait beso9 du pape4 ,le va9queur de ,bologne avait l'int5tion d'y laiss] sa /atue en s\v5ir de la victoire2 p> quel autre et-il v\lu se voir c\l] en bronze et traduire en gant8--,l'arti/e se mit l'uvre1 et le pontife1 avant de ret\rn] ,rome1 put voir une premire bau*e4 ,un livre dans ma ma98 dit-il au /atuaire4--,non1 ce n'e/ pas cela4 ,je suis ici p> l'pe4 ,mi*el-,ange comprit4 ,quelques j\rs aprs1 le pontife rev9t encore4 ,la /atue gigantesque avait une ma9 t5due devant elle2 l'action en tait vhm5te3 ,e/-ce que cette ma9-l donn]ait la bndiction1 p> has>d8--,elle dit au peuple de ,bologne d'tre sage1 rep>tit ,mi*el-,ange4--,bi56 fit le pape1 tu m'z compris4 ,et il fit promettre au /atuaire de le v5ir rejo9dre ,rome1 sans ret>d1 ds que la /atue s]ait deb\t sur son pide/al4 ,au b\t de seize mois1 la /atue tait faite2 mais elle ne devait pas longtemps m5ac] la ville conquise2 et le peuple1 devant elle1 ne se t9t pas plus sage4 ,elle fut brise qu& les ,b5tivogli1 *asss p> ,jules ,,ii1 p>v9r5t r5tr] dans ,bologne1--le bronze fut fondu1 et on en fit une pice d'artill]ie1 qu'en l'honneur du pape on baptisa la ,juli5ne4 ,de ret\r ,rome1 ,mi*el-,ange allait tr\v] des emb*es n\velles4 ,il s'att5dait repr5dre le gr& travail du tombeau2 mais ,bramante en dcidait autrem5t dans les conciliabules de l'envie4 ,bramante enviait1 il e/ vrai1 son ennemi1 mo9s les dons de la gloire que la faveur du pape et les lucratives comm&es2 mais1 quel que ft son motif1 il avait prp> son pige avec beauc\p d'art4 ,il t5ait en rs]ve ,raphal1 son p>5t1 p\r en faire propos un rival dang]eux en pe9ture2 et il *]*a longtemps quelle r$\table preuve il p\vait faire inflig] au /atuaire tant jal\se6 ,celui-ci n'avait jamais pe9t fresque4 ,bramante s'ef=a de p]suad] au pontife que ri5 ne s]ait plus beau que la gr&e vote de la *apelle ,sixt9e c\v]te de pe9tures2 que la fresque seule conv5ait ce travail1 et qu'il y fallait sans t>d] employ] ,mi*el-,ange4 ,jules ,,ii croyait qu'on ne peut faire au gnie trop de hauta9s dfis4--,notre ,corneille1 dont l'me habitait aussi les hauteurs sublimes1 a dit depuis1 dans un v]s magnifique3 ,il e/ beau de t5t] des *oses in\es4 ,le pape devait s\ffl] quelque *ose dans le s5s de ce v]s l'oreille de celui qu'il aimait d'un cur rudem5t pat]nel4 ,or1 ,mi*el-,ange1 qui dev9ait le pige1 rsi/a longtemps de t\t son p\voir2 mais enf91 accabl p> d'imprieuses supplications1 il se laissa va9cre1 il promit2 il osa reg>d] en face la gigantesque entreprise4 ,et peut-tre1 en sondant sa =ce1 put-il encore s\rire des projets de ,bramante1 misrable avorton de la ha9e4 ,il ne p]dit pas de longs j\rs c\l] sa peur4 ,il fit aussitt v5ir de ,flor5ce quelques pe9tres habiles qui pratiquai5t la fresque1 p\r tudi] leurs procds et se faire aid] dans sa t*e4 ,mais1 aprs les avoir vus travaill] quelque temps1 matre du secret de leur art1 et plus confiant en lui dsormais qu'en p]sonne1 il les congdia t\s ensemble1 et fit effac] t\t ce qu'ils avai5t comm5c4 ,alors c'e/ le gnie huma9 dans t\te la gr&eur de son rle et de sa cration4 ,il s'enf]me seul dans la *apelle1 il en refuse l'entre t\t le monde1 au pape lui-mme1 aussi bi5 qu' ses humbles lves4 ,il g*e le morti]1 il enduit la vote1 il prp>e ses c\*es1 il broie ses c\leurs2 il e/ maon1 *imi/e1 broyeur1 prp>ateur et pe9tre4 ,il e/ pote aussi1 c> il e/ le gant ,mi*el-,ange1 et de sa brosse inv9cible il crit sur la fresque le plus va/e pome de pe9ture qui saisira jamais le reg>d1 le pome de l'humanit sanctifie en ,dieu4 ,n\s n'essay]ons pas de dcrire cette mise en scne sublime de la ,bible1 gale en gr&eur et en maje/ au texte lui-mme4--,qui dcrirait en quelques pages un monde8 ,la /upeur de l',italie entire1 dans ce gr& sicle1 le plus gr& de l'hi/oire de l'art1 e/ le seul loge la hauteur de l'uvre4 ,il faut se born] dire que l'homme et ,dieu se t\*5t dans cette composition une et puissante1 et que l'homme s'lve sans que ,dieu desc5de4 ,lorsqu'au b\t de v+t mois seulem5t ,jules ,,ii1 ne p\vant plus y t5ir et v\lant (fici] dans la ,sixt9e le j\r de la ,t\ssa9t1 fit1 malgr ,mi*el-,ange1 jet] bas t\s les *afaudages et livra le *ef-d'uvre l'admiration haletante de la ,rome des arts1 ce ne fut qu'une acclamation1 un seul cri de surprise4 ,l'envie dut faire sil5ce et m*] son fiel2 l'admiration se tut aussi1 ne tr\vant plus que dire4 ,l',italie s'mut1 ,raphal lui-mme se fit lve et rev9t l'cole3 son sicle l'y suivit2 t&is que le gr& vieill>d ,jules ,,ii appelait ,mi*el-,ange son fils et le s]rait noblem5t sur son cur4 dat] de ce j\r1 ,mi*el-,ange m>*e sans rival dans sa =ce et sa gloire4 ,*ez lui1 la ma91 le gnie et le cur sont gaux en puissance4 ,il e/1 plus que t\t autre1 crateur et matre4 ,plus que le div9 ,raphal1 plus que le gr& ,lon>d1 il a cette gr&eur et cette div9it du gnie3 ri5 ne lui pse4 ,la cration1 c'e/ p\r lui1 comme p\r ,dieu mme1 un ef=t sans fatigue1 un acte sans ef=t1 et1 p\r a9si p>l]1 l'ex]cice d'une fonction naturelle4 ,aussi1 au gr et quelquefois au caprice des puissants de la t]re1 sa volont pr5d t\tes les expressions de l'art4--,c'e/ qu'il ne faut pas voir en lui seulem5t un p5seur qui *]*e fix]1 s\s une =me plus ou mo9s prcise1 son rve plus ou mo9s russi2 ce n'e/ pas non plus l'arti/e prud5t qui mdite avec une sage l5teur1 p\r savoir quelle ide suffisamm5t mrie il va prt] son art1 son in/rum5t1 son faire4 ,non1 ni cela1 ni cela4 ,mi*el-,ange1 c'e/ une me gr&iose ayant son s]vice trois idiomes clatants1 t\s trois p\r elle galem5t famili]s1 dociles1 ass\plis4--,le p9ceau1 le ciseau ou l'qu]re1 qu'importe8 que sa foi vive au front radieux de la /atue1 dans les =mes h>dies d'une imm5se pe9ture1 ou dans les masses maje/ueuses d'un temple1 que lui fait lui8 ,sculpteur1 il aura du m>bre et son ciseau2 pe9tre1 son p9ceau et sa toile2 ar*itecte1 de la pi]re et l'espace1 l'espace l>ge al5t\r1--illimit dans le ciel1 o il peut susp5dre la hauteur qu'il lui plat la c\pole1 le dme et la croix4 ,et puis1 p\r celui-ci1 la loi commune du repos n'exi/e pas4 ,suivons-le un mom5t dans l'au/re demeure d'o sort5t les *efs-d'uvre4 ,il y vit solitaire1 sobre et sil5cieux comme un ana*orte4 ,il a tremp dans un v9 robu/e le pa9 qui suffit son repas4 ,il e/ deb\t2 il rve2 il contemple le bloc in=me et le f\ille du reg>d p\r y *]*] quelque *ose que lui seul peut voir1 p\r y *]*]1 p\r y s5tir une me4 ,oh6 qu'on ne tr\ble pas ces r>es in/ants d'une inaction qui dompte la matire1 qui comm&e la vie4 ,son rve a*ev1 l',h]cule du m>bre1 le ,vulca9 du bronze1 le ptrisseur de dieux1 va eng5dr] c\ps de m>teau1 incru/] c\ps de ciseau l'immortalit dans la pi]re4 ,voyez-le dans ses colres f\gueuses1 dans ses fureurs fcondes6 il attaque l'augu/e ,c>r>e avec un a*>nem5t qui fait peur4 ,il frappe1 il brise1 il fait vol] au lo9 les l>ges clats4 ,il a dj m\ss les angles rebelles1 dgrossi1 dim9u1 rduit1 pulvris la masse brute et sup]be4 ,v\s diriez d'un iconocla/e ins5s qui s'en pr5d follem5t aux pans du roc impassible4 ,mais le roc e/ va9cu1 le ,titan a tr\v son matre1 ,jupit] a t]rass ,bri>e4 ,la masse va se fondre1 s'annihil]1 s'van\ir1 plus ri56--,non6 t\t n'a pas disp>u2 du nuage de p\dre et de dbris jaillit dj une altire figure4 ,la /atue se dresse1 elle e/ deb\t1 la voil6 elle a l'tranget d'une explosion s\da9e1 quelque *ose de spontan1 d'abrupt1 d'imprieux1 d'irrsi/ible l'gal d'un dfi3 elle a l'audace et la =ce1--comme son pre2 elle a le prime-saut et la gr&eur1--comme son pre6 ,a9si v5ue d'un seul jet1 sortie t\t arme d'une seule p5se1 tonne d'tre1 elle e/4 ,elle veut vivre1 elle vit1 et1 comme un reflet de race1 son front qui flamboie elle porte un rayon sacr1--le sceau du gnie6 ,telle e/1 t\t entire1 ensemble ou dtail1 l'uvre sculpturale du fi] ,buon>roti4 ,sa pe9ture1 n\s l'avons vu1 a les mmes audaces et la mme puissance4 ,et plus t>d1 qu& on v\dra faire de lui le maon des immortelles btisses1 ses moy5s s]ont aussi h>dis que ses ides s]ont gr&es4 ,dans l'int]valle enf91 entre deux *efs-d'uvre1 il appelle au fond de sa solitude l'au/re posie4 ,sur le croquis d'une /atue d]rire un plan d'glise1 au co9 d'un c>ton de ses mles pe9tures1 il crit1 en mle langage1 un sonnet qui se s\vi5t de ,dante1 une lgie d'am\r qui glorifie le cur1 une pieuse /ance qui monte jusqu' ,dieu4 ,voil sa vie2 telle e/ sa t*e augu/e s\s le ciel4 ,et *aque j\r qui nat ressemble celui qui s'te9t4 ,*aque j\r1 ds l'aube1 il ent5d dans son me une voix qui murmure3 ,allons1 pe9tre1 tes fresques6 ,allons1 /atuaire1 au m>bre6 ,allons1 ar*itecte va9queur1 au pome de pi]re6 ,allons1 *rti51 p5seur1 pote6 amant *a/e et my/ique6 voici la nuit v5ue4 ,t\t se tait2 les plus ard5ts mme entre les plus jeunes1 t\s tes rivaux d'autrefois1 t\s tes lves d'auj\rd'hui1 ont laiss d'une ma9 fatigue s'*app] le p9ceau4 ,le m>teau fait sil5ce au po+ du /atuaire4 ,le maon dort2 la pi]re elle-mme se repose2 ,rome sommeille4 ,mi*el-,ange avait atte9t sa tr5te-neuvime anne4 ,il s'tait remis aux /atues du tombeau4 ,il y travaillait avec passion1 lorsque ,jules ,,ii m\rut4 ,il semblait que1 prcism5t alors1 la gr&e entreprise dt tre pieusem5t cont9ue4 ,mais ,lon ,x1 qui allait rgn] p\r la gloire de tant d'autres bi5 plus que p\r celle de ,mi*el-,ange1 ,lon ,x en dcidait autrem5t4 ,le gnie de ,raphal rpondait d'ailleurs aux aspirations de ,lon1 comme l'audace de ,mi*el-,ange avait violemm5t *>m les ambitions f\gueuses de ,jules4 ,el si le pe9tre de la ,sixt9e et eu encore quelque *ose faire p\r s'assur] son rang suprme1 il lui et fallu tri/em5t aj\rn] sa gloire4 ,le n\veau pape1 qui devait donn] son nom au plus gr& sicle des arts1 ne v\lait cep5dant po9t priv] son rgne d'un si m]veilleux conc\rs4 ,mais il ne ma9t9t pas le gr& arti/e son lgitime tat de matre sans rival4 ,aussi1 songeant donn] sa patrie un s\v5ir digne d'elle1 lorsqu'il envoya ,mi*el-,ange prp>] ,flor5ce les plans de la faade de ,sa9t-,laur5t1 le pontife ouvrit-il la lice t\s les prt5dants4 ,les projets d',anto9e ,san ,gallo1 de ,baccio d',agnolo1 des deux ,sansov9i1 de ,raphal lui-mme1 pur5t se produire la fois2 et ce ne fut qu' son crasante supriorit que le plan de ,mi*el-,ange dut d'tre prfr4 ,sur le t]ra9 des belles *oses1 il tait donc t\j\rs le premi]2 malheureusem5t1 il n'avait ri5 de ce qu'il fallait p\r lutt] aussi1 avec quelque avantage1 dans la nuit de l'intrigue4 ,ses va9cus ne se rsignai5t pas sans pe9e1 et *]*ai5t t\j\rs pr5dre1 p> les armes honteuses de l'envie1 la revan*e de leurs dfaites dans l'art4 ,mi*el-,ange tait p>ti p\r ,c>r>e2 il y exploitait dj les m>bres ncessaires la con/ruction projete1 lorsqu'on p]suada ,lon ,x qu'on tr\v]ait ,s>avezza1 en ,toscane1 des m>bres galem5t beaux et d'extraction plus facile4 ,prtant l'au/re et rigide ,buon>roti les calculs misrables de leur propre cupidit1 les jal\x ins9uai5t que ,c>r>e n'tait p> lui prfr qu'en raison prcism5t des gr&es dp5ses qu'y ncessitait l'exploitation1 et il re/ait s\s-ent5du que ces dp5ses p]mettai5t l'ar*itecte de ralis] sans contrle d'normes bnfices4 ,le noble arti/e1 sans se d\t] mme de ces ma*9ations honteuses1 reut l'ordre de quitt] ,c>r>e1 et de se r5dre ,s>avezza4 ,il obx regret2 p]dant de la sorte1 p\r son in/allation aux n\velles c>rires1 un temps que ri5 ne peut pay]1 qu& il s'agit des travaux d'un tel homme4--,les facilits tant promises ne se ralisr5t pas4 ,s>avezza tait encore plus pnible f\ill] que ,c>r>e4 ,la muse consolait sans d\te l'arti/e au milieu des ennuis d'une besogne +rate4 ,il dut aussi1 dans sa solitude1 ress]r] son intime comm]ce avec les potes de sa prdilection4 ,il relisait ,ptr>que2 il retr\vait sans livre1 au fond de sa va/e mmoire1 t\te la ,div9e ,comdie1 qu'il savait depuis longtemps p> cur t\t entire4 ,et c'e/ peut-tre alors que1 dem&ant ,dante le secret de t]reur que devai5t rvl] plus t>d t\s les yeux les pe9tures du ,jugem5t d]ni]1 c'e/ peut-tre alors qu'il traduisit1 dans son dess9 sup]be1 presque t\tes les pages du pome sacr4 ,malheureusem5t1 cette int]prtation d'un gnie p> l'autre ne devait pas arriv] jusqu' n\s4 ,l'ouvrage enti] prit dans une trav]se fatale1 avec t\s les bagages d'un ri*e ,flor5t91 ,antonio ,montanti1 qui ,mi*el-,ange l'avait confi4 ,l'admiration des contempora9s p\r ces dess9s n\s dit assez quelle p]te c'e/ l4 ,en ce temps 7#aeba7 m\rut ,lon ,x4 ,huit ans s'tai5t passs sans qu'il et t donn ,mi*el-,ange de mettre la ma9 une de ces gr&es *oses qu'il savait faire4 ,les fondations de ,sa9t-,laur5t de ,flor5ce avai5t seules t comm5ces2 l'arg5t manqua1 et la con/ruction re/a ina*eve4 ,un beau projet1 qui tait aussi une noble rp>ation1 avait p\rtant vivem5t sduit la p5se de ,mi*el-,ange4 ,l',acadmie de ,flor5ce1 p5dant le d]ni] sj\r qu'avait fait l'arti/e dans sa ville1 adressa ,lon ,x une longue supplique p\r que le pontife1 int]v5ant auprs de ,rav5ne1 obt9t que les c5dres de ,dante ,alighi]i fuss5t re/itues sa patrie rep5tante4 ,p>mi les noms illu/res qui figur5t sur cette pice1 on di/+ue entre t\s celui de ,mi*el-,ange4 ,la note suivante prcde la glorieuse signature3 ,moi1 ,mi*el-,ange ,buon>roti1 adressant ,sa ,sa9tet la mme prire1 je m'(fre excut] p\r le ,,div9 pote ,alighi]i un tombeau conv5able1 dans un lieu honor de notre cit4 ,on aime cette respectueuse et fidle admiration d'un arti/e comme ,mi*el-,ange p\r un pote comme ,dante2 mais on regrette que ,lon ,x1 si digne cep5dant de compr5dre t\t ce qu'il y avait de gr&eur dans la r5contre de ces deux noms1 n'ait pas saisi avec empressem5t l'occasion d'associ] le si5 au mme s\v5ir4 ,adri5 ,,vi1 qui succda ,lon ,x1 tait un ,allem& rigide1 un savant morose1 quelque peu iconocla/e dans l'me4 ,il fut bi5 p\r quelque *ose dans le tribut d'imm5ses regrets que le monde des arts paya la mort de ,lon ,x4 ,une seule de ses fantaisies suffit le pe9dre3 il eut l'ide f>\*e de faire gratt] les pe9tures de la ,sixt9e1 p>ce qu'il y tr\vait trop de nudits1 et que le plafond1 ple9 de vivantes figures1 ressemblait1 selon lui1 mo9s la vote d'un temple qu' une salle de ba94 ,qu'on juge des sublimes fureurs de ,mi*el-,ange4 ,si sa pit respectait le pontife1 son ju/e orgueil devait avoir gr&'pe9e ne pas v\] aux gmonies le b>b>e4 ,d'autres s\cis v9r5t encore1 en ce temps1 l'assaillir4 ,les hriti]s de ,jules ,,ii exigeai5t que le tombeau de leur glorieux oncle s'a*evt1 mais ils ne v\lai5t pas donn] d'arg5t1 prt5dant que1 de son vivant1 le pontife avait pay bi5 plus de travail que n'en avait fait ,mi*el-,ange4 ,ils passai5t dj des injonctions la m5ace1 et le gr& arti/e pr\vait encore plus d'indignation que de cra9te2 heureusem5t un n\veau ,mdicis1 le c>d9al ,jules1 allait mont] son t\r sur le trne pontifical s\s le nom de ,clm5t ,,vii4 ,clm5t ,,vii avait hte de possd] t\t lui le temps et le gnie de ,mi*el-,ange4 ,aussi se fit-il int]mdiaire et arbitre entre l'arti/e et le duc d',urb91 le plus intraitable des hriti]s de ,jules ,,ii4 ,s\s de tels auspices1 une n\velle conv5tion fut arrte4 ,le projet primitif du gr& tombeau fut amo9dri1 et1 sur le plan n\veau1 ,mi*el-,ange dut l'a*ev] dans un dlai raisonnable4 ,le pape1 en att5dant1 l'envoya immdiatem5t ,flor5ce p\r y con/ruire la biblio?que de ,sa9t-,laur5t et la n\velle sacri/ie de l'glise du mme nom4 ,mi*el-,ange se mit l'uvre2 il a*eva ce monum5t1 qui passe p\r une de ses plus belles crations ar*itecturales1 et o plus t>d il devait se surpass] encore en difiant les magnifiques tombeaux de ,juli5 et de ,laur5t de ,mdicis4 ,p\r se rappel] au s\v5ir de ,rome1 p\r donn] satisfaction aux impati5ces de ,clm5t ,,vii1 au milieu de ses travaux d'ar*itecture1 il excuta un ,*ri/ embrassant sa croix1 l'un des plus admirables *efs-d'uvre de son ciseau4 ,cet ouvrage1 envoy au pape1 fut plac dans l'glise de la ,m9]ve1 o l'admiration ne se lassa jamais devant lui4 ,cep5dant le j\r des gr&es calamits tait pro*e4 ,en #aeab1 avec l'aide puissante de ,jules ,,ii1 le gonfaloni] ,sod]9i1 reprs5tant de la =me rpublica9e1 avait t r5v]s1 et l'autorit des ,mdicis rtablie ,flor5ce4 ,c'tait l que la ti>e tait alle *]*] le c>d9al ,jean1 fils de ,laur5t le ,magnifique1 p\r en faire ,lon ,x1 et plus t>d le c>d9al ,jules1 fils de ,juli5 ,i]1 p\r en faire ,clm5t ,,vii4 ,en ce temps1 en #aebg1 le jeune ,hippolyte1 fils de ,juli5 ,,ii1 et ,alex&re1 bt>d d'un ,mdicis quelconque1 on ne sait trop lequel1 reprs5tai5t le nom des ,mdicis au p\voir4 ,les c>d9aux ,cibo et de ,cortone g\v]nai5t p\r eux ,flor5ce4 ,les vieux rpublica9s supportai5t impatiemm5t le j\g2 une explosion tait t\j\rs imm95te2 aussi1 lorsque l'arme du conntable de ,b\rbon1 avide de sang et de dp\illes1 se prcipita sur la ville t]nelle1 ,flor5ce s'arma contre ses matres1 t\t en prp>ant contre l'trang] sa df5se4 la n\velle de la prise de ,rome1 les deux vieux c>d9aux et les jeunes ,mdicis fuyai5t en hte2 le g\v]nem5t rpublica9 se rorganisait presque sans lutte1 et le peuple exalt (frait le s]m5t de la mort la lib]t reconquise4 ,mi*el-,ange ne p\vait pas s\/raire son gr& cur la contagion du patriotique en?\siasme4 ,lorsque ,clm5t ,,vii1 plus oublieux de son affront que de sa ha9e1 s'empressa de dt\rn] sur ,flor5ce l'avalan*e de b>b>ie qui s'tait abattue sur ,rome1 l'ar*itecte des monum5ts sup]bes1 trans=m en /ratgi/e1 et nomm commissaire gnral des =tifications1 avait dj f\rni au gnie militaire des plans de df5se1 re/aur les remp>ts1 ent\r ,san ,m9iato de travaux de gu]re1 habilem5t g>anti t\s les po9ts d'attaque les plus exposs4 ,ses travaux fur5t cep5dant critiqus2 on lui refusa les moy5s de les p\rsuivre en ins9uant qu'il s'exagrait le dang]4 ,les *roniqueurs rem>qu5t ici que le plus vif de ses agresseurs dans la qu]elle expia cruellem5t cette inju/ice passionne4 ,au ret\r des ,mdicis1 celui-l fut le premi] dont on tran*a la tte4 ,quoi qu'il en ft1 ,mi*el-,ange qui s5tait v5ir la trahison et qui avait os le dire2 ,mi*el-,ange1 indign qu'on l'accust de pusillanimit p>ce qu'il voyait clair dans les hommes et reg>dait rsolum5t dans les *oses1 sortit une nuit p> une des portes que son titre lui p\vait faire ouvrir1 et fut ca*] ,v5ise son ress5tim5t et sa d\leur4 ,mais qu& le dang] fut dev5u visible1 mme p\r les mo9s clairvoyants1 la ,seigneurie comm5a regrett] son +nieur4 ,t\t le monde comprit et appr\va les projets qu'on avait honnis d'abord1 et plusieurs envoys dur5t all]1 de la "p du g\v]nem5t1 faire am5de honorable auprs du b\deur sublime4 ,il rsi/a longtemps4 ,il rpondit1 avec une humilit sup]be1 qu'il y avait sans d\te au p\voir des hommes bi5 plus capables que lui de dcid] t\tes ces gr&es que/ions sur lesquelles son avis n'avait pu prvaloir2 mais lorsque1 cessant de lui p>l] au nom de tel ou tel magi/rat1 au nom d'un conseil ou d'un homme1 on lui dit que c'tait la patrie qui avait beso9 de lui1 la patrie qui rclamait son gnie1 il p5sa sans d\te que la patrie ne doit pas suppli]1 qu'elle veut tre obie des plus ti]s1 qu'elle peut comm&] aux plus gr&s3 il rev9t ,flor5ce4 ,alors on s'ef=a de lui faire oubli] les premires entraves qu'on avait imposes d'abord sa direction suprme2 on accepta t\te sa volont2 on l'honora lui-mme des titres les plus levs4 ,on le nomma prieur honorifique4 ,il fut *>g d'a*ev] promptem5t la *apelle spulcrale de ,sa9t-,laur5t et les tombeaux des ,mdicis4 ,ces tombeaux sont encore des plus gr&s p>mi les *efs-d'uvre du matre4 ,la figure de ,laur5t1 c'e/ la vie dans la p5se2 celle de ,juli51 c'e/ la vie dans l'action4 ,l'un a t nomm le p5si]oso3 l'me e/ visible dans le m>bre2 l'autre n'a pas de nom3 elle va agir4 ,les deux figures de l',aurore et de la ,nuit complt5t le contra/e4 ,la ,vi]ge et son fils1 gr\pe ina*ev1 re/e nanmo9s digne de l'ensemble et vit aussi dans les rgions sublimes4 ,mi*el-,ange savait1 avant t\s et plus que t\s1 combi5 la /atuaire1 si ess5tiellem5t tangible et saisissable1 a beso9 de s'lev] p> l'idal2 combi5 le m>bre glac1 si semblable la mort dans sa pleur rigide1 a beso9 de s'anim] p> le s5tim5t1 de puis] la vie dans la p5se4 ,aussi1 jamais sculpture n'atte9dra un plus haut degr l'idal et la vie1 le /yle et l'orig9alit1--t\te gr&eur6 ,de ret\r ,rome1 il se remit avec ardeur travaill] au mausole de ,jules ,,ii2 se con=mant1 comme n\s l'avons dit1 un plan n\veau1 mo9s va/e que le premi]1 et o d'autres /atuaires devai5t l'aid] p\r p>tie1 il a*eva1 dans l'espace d'une anne1 le tombeau tel qu'on le voit auj\rd'hui dans l'glise de ,sa9t-,pi]re-aux-,li5s4 ,nul n'ignore que c'e/ l qu'on admire la puissance sculpturale de ,mi*el-,ange1 spl5didem5t visible et comme p]sonnifie dans la /atue de ,mose4 ,l'tranget sup]be1 la maje/ fulgurante de cette figure1--pose sublime et comme 9branlable1 altitude olympi5ne1 ge/e de demi-dieu1 front inspir1 baign de gnie1 inond de gr&eur et1 p\r a9si p>l]1 respl5dissant de victoire4 ,t\t1 et ce reg>d qui semble comm&] la t]re1 et jusqu' ces deux cornes naissantes1 ces deux cornes de b\c1 qui traduis5t littralem5t l',apocalypse2 t\t1 et mme l'excs dans la =ce1 l'exubrance dans le relief1 dans l'acc5t1 dans l'n]gie1 dans l'audace1 t\t ce qui mme a t signal comme imp]fection ou dfaut1 t\t e/1 p>t\t1 sign ,mi*el-,ange2 t\t crase les uvres du pass et dfie l'av5ir4 ,cep5dant ,clm5t ,,vii tait mort1 aprs avoir montr au pe9tre1 comme un repos p\r le /atuaire1 les deux p>ois latrales de la *apelle ,sixt9e c\vrir encore de gigantesques pe9tures4 ,on a judicieusem5t rem>qu que1 durant cette gr&e vie d'un arti/e sans gal1 *aque rgne de pontife recevait de lui sa date sublime p> un *ef-d'uvre n\veau4 ,la m>*e t\j\rs asc5dante de sa gloire arrivait cette fois un apoge que nul n'atte9dra dsormais1 et que lui-mme ne p\vait dpass]1 puisque ,dieu n'a pas abdiqu p\r l'homme4--,paul ,,iii1 succdant ,clm5t ,,vii1 livra p\r l'uvre projete la ,sixt9e l'arti/e4 ,mi*el-,ange aborde enf9 cette page du ,jugem5t d]ni]1 qui et dem& t\t autre une vie entire1 o lui1 le gant au vol d'aigle1 il mit neuf ple9es annes de la si5ne4 ,ce s]ait c]ta9em5t folie n\s d'essay] de dcrire ici ce rve de ,titan1 ce *aos sublime1 ce pome de la =me et de la =ce1 cette ,div9e ,comdie en action1 o ,mi*el-,ange p\se avec un filial am\r1 avec un respectueux orgueil1 la p5se de son gr& aeul ,dante4--tonnem5ts1 /upeurs1 peurs1 frissons et t]reurs1 t\tes les motions crasantes tomb5t p\r a9si dire1 p> avalan*e1 de ces gr&es images4 ,l'me qui reg>de comm5ce p> la surprise p\r all] s'abm] dans l'p\vante4 ,aussi1 cela se s5t et ne se raconte pas4 ,d'ailleurs1 comme n\s l'avons dit1 ,dante n'a-t-il pas d'avance expliqu ,mi*el-,ange8 ,on p5se bi5 qu'au milieu de l'admiration gnrale la critique ne cons5tit pas encore se taire4 ,l'envie ne se dessaisit jamais de la d]nire poigne de b\e qu'elle de/9e au triomphateur4 ,mi*el-,ange c\ta1 impassible1 t\t ce bruit d'en bas et s\rit4 ,cep5dant1 qu& l'inju/ice lui p>ut trop criante1 il p5sa qu'un *tim5t lui tait d1 et1 p> un procd famili] au pote de l',enf]1 il donnait quelque damn bi5 affreux la figure de l'imprud5t qui l'avait outrag4 ,or1 c'tait l un arrt irrvocable comme la mort2 et ,paul ,,iii1 un j\r invoqu comme arbitre1 dcl>a lui-mme qu'il n'y p\vait ri51 tant il connaissait ,mi*el-,ange4 ,ce pontife1 du re/e1 n'avait pas laiss les conseils de l'envie pntr] et altr] ses sympa?ies p\r l'arti/e4 ,la ,sixt9e a*eve1 il avait v\lu1 lui aussi1 crer sa *apelle2 il avait donc encore livr ,mi*el-,ange les votes de la ,paul9e4 ,ces pe9tures1 o ,mi*el-,ange vivait p\rtant encore t\t enti]1 s'clipsr5t dans l'vnem5t triomphal1 dans l'effet croissant t\j\rs qu'avait produit le ,jugem5t d]ni]4 ,une autre imm5se t*e appelait d'ailleurs ,mi*el-,ange1 et les pe9tures de la *apelle ,paul9e fur5t le d]ni] ef=t de son p9ceau4 ,aprs le ,mose1 aprs le ,jugem5t1 prt complt] sa gloire et son immortel dfi t\te r5omme passe ou future1 il allait mettre la ma9 de son gnie la basilique de ,sa9t-,pi]re1 p\r qu' peu prs au mme temps1 pe9tre1 /atuaire et ar*itecte1 il et ralis trois prodiges4--,il avait alors soixante-dix ans2 mais p\r ce type de =ce c'tait encore l'ge de la maturit fconde4 ,comme dans ses uvres1 il avait dans sa robu/e nature ce que l'homme a le mo9s1 le droit de la dure4 ,depuis la mort de ,bramante1 la direction des con/ructions de ,sa9t-,pi]re avait t livre t\tes sortes d'inc]titudes4 ,n\s ne f]ons pas1 aprs tant d'autres1 l'hi/orique de ces travaux1 o le nom de ,raphal se r5contre aprs celui de ,bramante1 et avant celui de ,mi*el-,ange4 ,le d]ni] des ar*itectes alors clbres1 ,san ,gallo1 v5ait son t\r de m\rir3 le pape exigea imprieusem5t que ,mi*el-,ange portt la lumire dans le *aos de projets et de dtails o la p5se de ,bramante s'tait dj p]due4 ,le vieux et au/re gnie pratiquait la ju/ice p\r t\s4 ,il r5dait hommage la conception primitive de ,bramante2 mais il con/atait que la puissance de ralisation avait manqu plusieurs fois lui comme ses successeurs4 ,or1 s5tant bi5 sa =ce1 et sr d'excut] t\j\rs le plan qu'aurait adopt sa p5se1 il ne mit pas1 comme d'autres1 son orgueil t\ff] la trace de la premire inspiration4 ,dans le projet auquel il s'arrta1 il se rappro*a au contraire des conditions de gr&eur et de simplicit qu'on avait trop oublies depuis longtemps4 ,alors1 avec une ardeur juvnile1 on le voit en peu de j\rs excut] en bois t\s les modles de dtail ou d'ensemble4 ,t\t s'anime de son zle1 il ravive la fois t\s les travaux1 il appuie et consolide les bases qui n'euss5t jamais support leur f>deau2 et l'difice gr&it dans sa =ce et dans sa maje/1 s\s le reg>d du glorieux octognaire4--,p5dant dix-sept ans1 en effet1 ,mi*el-,ange donna t\te sa vie de *aque j\r1 la p5se de t\te son me la cration sans rivale2 et ,rome vit enf9 la va/e c\pole dom9]1 comme un diadme t]nel1 v+t sicles1 reprs5ts dans son se9 p> c5t gnrations de *efs-d'uvre4 ,p5dant ces dix-sept ans1 ,mi*el-,ange n'avait v\lu recevoir aucun traitem5t4 ,c'tait p\r lui-mme1 p5sait-il sans d\te1 c'tait p\r son nom qu'il travaillait4 ,c'tait sa propre gloire qu'il difiait le plus gr&iose des monum5ts o l'homme ait fait habit] ,dieu4 ,c]tes1 il avait enf9 cette fois acquis le droit d'un sa9t et maje/ueux repos3 il ne se reposa p\rtant pas4 ,beauc\p de ses uvres d'ar*itecture sont de la mme poque4 ,il avait donn les plans du ,capitole2 une aile entire du palais fut excute s\s sa direction mme4 ,et non-seulem5t ,jules ,,iii1 successeur de ,paul ,,iii1 malgr les intrigues1 malgr les ins9uations des jal\x1 avait confirm au gr& vieill>d les p\voirs suprmes dans les travaux de ,sa9t-,pi]re2 mais1 p\r sa propre maison de campagne1 le n\veau pontife avait exig que t\s les plans fuss5t faits p> ,mi*el-,ange4 ,les dess9s du palais ,f>nse lui fur5t aussi dem&s alors2 au mme temps1 le roi de ,france et le gr&-duc de ,flor5ce le disputai5t1 p> leurs pressantes sollicitations1 aux sympa?ies jal\ses du pape et de ,rome entire4 ,v5ise le rclamait aussi1 non p\r lui dem&] des ouvrages1 mais seulem5t p\r s'honor] elle-mme1 en lui (frant une hospitalit digne de son nom4 ,mi*el-,ange s'excusa sur son ge1 sur ses infirmits1 sur la ncessit de sa prs5ce ,sa9t-,pi]re1 et refusa mode/em5t t\tes ces honorables avances4 ,sa patrie t5ait p\rtant t\j\rs une gr&e place dans son cur3 ,flor5ce1 ayant =m le projet d'lev] une glise somptueuse sa9t ,jean1 patron des ,flor5t9s1 n'en appela pas en va9 son patriotisme et son gnie4 ,il se mit l'uvre avec cette vivacit sup]be qui ne l'ab&onna jamais1 et en peu de j\rs il eut excut c9q projets diffr5ts1 gradus suivant les dp5ses qu'ils p\vai5t exig]4 ,les ,flor5t9s1 appels *oisir1 se dcidr5t p\r le plus magnifique2 et ,mi*el-,ange1 reconnaissant1 leur assura1 avec un ju/e orgueil p\r lui-mme1 qu'en ralisant son plan ,flor5ce possd]ait un temple tel que les ,grecs et les ,roma9s n'aurai5t jamais eu ri5 d'gal4 ,les malheurs de ,flor5ce n\s ont privs de ce d]ni] et glorieux spcim5 du gnie de ,mi*el-,ange4 ,l'arg5t manqua ds les premires con/ructions1 et les travaux fur5t jamais arrts4 ,cette vie ple9e de j\rs et de gloire appro*ait p\rtant de sa f92 depuis longues annes dj le vieill>d sublime avait s5ti plan] sur son me t\tes les tri/esses de cette solitude inf9ie qui se fait aut\r de ce qui dure4 ,se rappelant peut-tre et s'appliquant lui-mme ce v]s de ,dante3 ,ds]t et dsol comme *ose t]nelle1 il att5dait ma9t5ant1 d'un front rassrn1 le bais] mat]nel de la mort2 il s\riait aux mlancolies de la tombe2 et sa gr&e joie1 c'tait de travaill] avec pit1 avec f]veur1 au m>bre s\s lequel il v\lait dormir4 ,il avait1 dans sa belle vieillesse1 cons]v t\j\rs une vigueur r>e4 ,cette vigueur baissa t\t c\p2 il fut atte9t d'une fivre irrgulire qui dgnra bi5tt en langueur4 ,s5tant sa f9 pro*a9e1 il fit v5ir son neveu ,lon>d ,buon>roti1 et lui dicta1 en quelques lignes1 sa volont d]nire4 ,il ab&onnait1 disait-il1 son me ,dieu1 son corps la t]re1 son bi5 ses pro*es2 puis1 laissant enf9 retomb] sans vie cette l>ge ma9 qui avait cr tant de *oses1 le #ag fvri] #aefd1 l'ge de quatre-v+t-dix ans accomplis1 il r5dit ,dieu son me ple9e de foi1 d'esprance et d'am\r4 ,mi*el-,ange repose au milieu des funbres gr&eurs de l'glise de ,santa-,croce1 pan?on de ,flor5ce1 o manque seul le gr& ,alighi]i4 ,la vie de ,mi*el-,ange e/ crite1 date p> date1 dans l'hi/orique de ses travaux4 ,on voit1 en le suivant pas pas dans ses crations successives1 combi5 l'art fut1 p\r lui1 t\te une de/9e bi5 remplie2 pas un mom5t de tideur en son culte passionn2 sa vie1 ce sont ses uvres4 ,disons p\rtant ici un mot de l'homme mme4 ,il avait la tte va/e1 ronde1 puissamm5t con=me4 ,le front spacieux et c>r4 ,les tempes et l'arcade de l'il en saillie4 ,le s\rcil peu t\ffu1 les yeux moy5s1 d'un ton brun1 m\*et de jaune et de bleu2 le nez l>ge1 et g>dant1 dans son crasem5t1 l'empre9te du c\p de po+ brutal de ,torregiani2 la lvre m9ce et le m5ton dlicat4--,le bas du visage n'avait aucune de ces vultuosits paisses1 aucun de ces reliefs *>nus qui1 dans les =tes natures1 accus5t les apptits t]re/res2 t\te la puissance de cette tte n]gique et r>e vivait dans les sommets1 dans le front1 dans le crne1 dans la solide vote qu'habite le c]veau4--,il avait de l>ges paules2 le corps robu/e1 bi5 fait1 sec1 muscl1 n]veux2 le tempram5t vig\reux et sa91 une complexion t\te preuve4 ,on peut dire qu'il ne fut jamais malade2 un accid5t grave1 une *ute qu'il fit en visitant un *afaud dans les travaux de ,sa9t-,pi]re1 et sur ses vieux j\rs1 les d\leurs de la gravelle1 le =cr5t seuls int]rompre deux fois les rudes besognes de l'art4 ,il avait vcu t\j\rs comme un sage1 p>fois mme1 dans le =t de ses travaux1 comme un ana*orte1 se n\rrissant1 le plus s\v5t alors1 de pa9 et d'un peu de v9 gnreux4 ,qu& la =tune lui eut prodigu ses faveurs1 il fut bon1 sec\rable1 att5tionn aux autres1 rude ou ins\ciant p\r lui-mme4 ,ascanio mio1 disait-il ,c&ivi1 son lve1 quoique ri*e1 j'ai1 ma foi1 vcu comme un pauvre6 et pe9e s'en tait-il ap]u4 ,il dormait peu2 s\v5t il ne se d%abillait mme pas4 ,le travail de nuit n'tait qu'un jeu p\r cette organisation prodigieuse4 ,cette au/rit1 cette simplicit1 cette philosophie /oque1 qui lui faisait accomplir son uvre et mpris] sa gloire1 il l'avait tr\ve dans l'am\r de l'art1 dans un p5*ant sans ef=t1 dans sa nature mme2 mais il l'avait aussi complte dans sa v]tu4 ,il ne fit jamais une action mauvaise4 ,le vice1 la l*et1 la bassesse1 et aussi le /upide orgueil de l'ignorance1 pur5t seuls suscit] ses gnreuses colres4 ,il n'eut pas1 il e/ vrai1 gr& mrite n'envi] p]sonne2 qui p\vait-il envi]8 ,mais il fut loyal p\r t\s1 imp>tial p\r ses rivaux1 ju/e p\r ses ennemis4 ,les jal\x du second rang1 plus1 c]tes1 que ,raphal lui-mme1 v\lur5t1 dans la gloire de ce d]ni]1 faire oubli] un mom5t celle de ,mi*el-,ange3 ,mi*el-,ange n'en r5dit pas mo9s tmoignage au gnie de ,raphal4 ,bramante employa sa vie et son crdit gn] l'essor du jeune rival que lui envoyait ,flor5ce4 ,mi*el-,ange se plut t\j\rs reconnatre la beaut du plan primitif que ,bramante avait conu p\r ,sa9t-,pi]re4 ,ri5 de plus t\*ant que son atta*em5t fidle et ses inconsolables regrets p\r son vieux s]viteur ,urb92 on sait comme il le pleura1 comme il se dsesprait de ne l'avoir pas prcd dans la tombe4 ,la mort d'un frre bi5-aim avait t aussi quelque temps aup>avant p\r lui une amre d\leur4--,ses actes de gnrosit p\r les petits1 de dv\em5t aux plus humbles1 gal5t seuls sa hauta9e raideur vis--vis des puissants de la t]re4 ,de ces d]ni]s1 beauc\p aurai5t pu dire1 et avai5t durem5t appris1 s'il avait l'me d'un c\rtisan1 s'il savait humblem5t c\rb] le front1 ou support] un outrage4 ,il se s5tait gr&2 il avait lui-mme le respect de sa gr&eur1 et eut a9si t\j\rs le secret1 comme le droit1 d'impos] ce respect aux autres4 ,sa rep>tie1 suivant l'occasion1 sortait du fond de son cur1 ou tombait du haut de son orgueil4 ,on aime le voir se rvl] lui-mme dans ces deux mots de dialogue3 ,qu& je s]ai mort1 disait-il son vieil ,urb91 que devi5dras-tu1 mon pauvre ami8--,il me faudra bi5 *]*] un autre matre444--,et tu crois que je le s\ffrirai8 ti5s6 voil deux mille cus444--,voici le contra/e3 ,le pape ,paul ,,iv se plaignait des nudits du ,jugem5t d]ni]1 et fit dem&] ,mi*el-,ange de les voil]4 ,allez dire au pape1 rpondit le rude matre1 qu'il s'occupe un peu mo9s de r=m] mes pe9tures1 *ose facile1 et que je f]ai qu& je v\drai2 mais qu'il songe un peu plus r=m] les hommes1 ce qui e/ sa t*e1 et n'e/ pas ais4 ,ses ides sur l'art tai5t aussi leves1 aussi fires que son excution tait puissante4 ,il aimait1 de passion1 le beau en t\tes *oses3 un beau *eval1 un beau *i51 une belle fleur1 un arbre maje/ueux1 une montagne gr&iose2 t\t ce qui e/ beau dans l'art et beau dans la nature le *>mait1 le saisissait1 l'inspirait4 ,il *]*ait la beaut trav]s la cration1 comme la m\*e *]*e son d\x nect> en volant du calice de la rose aux grappes du m>ronni] en fleur1 du b\ton du lis au *aton du cdre4 ,il prisait p>-dessus t\t l'orig9alit2 il et sans d\te conseill t\t arti/e de faire mo9s bi5 suivant sa propre nature que mieux dans l'ornire d'un autre4 ,celui qui s'habitue suivre1 disait-il1 n'ira jamais devant4--,il avait du trait dans l'pigramme1 et y et c]ta9em5t excell si son cur ne l'et arrt propos4 ,la vanit des mdiocres l'irritait bi5 quelquefois1 mais il f9issait p> en rire1 et1 en t\t cas1 il lui rs]vait p\r *tim5t une raill]ie innoc5te4 ,un pe9tre ignorant1 ,bugi>d9i1 lui dem&ait son avis sur un portrait3 ,ah6 trs-bi51 fit ,mi*el-,ange1 mais v\s lui avez plac l'il au milieu de la tempe1 c'e/ du n\veau4 ,le pe9tre rsi/e et prt5d que son portrait e/ l'image exacte du modle3 ,c'e/ possible1 repr5d alors ngligemm5t ,mi*el-,ange1 ce s]a la faute de la nature4 ,il r5contre un j\r un enfant au visage idalem5t beau1 et lui dem&e son nom4 ,c'tait le fils du pe9tre bolonais ,francia1 qui n'avait jamais eu le don de *>m] le pe9tre de la ,sixt9e4 ,ah6 ma foi1 mon g>on1 dit le matre l'enfant1 ton pre fait dcidm5t bi5 mieux en ralit qu'en pe9ture4--,on regrettait enf9 devant lui qu'il ne se ft pas m>i et qu'il dt m\rir sans po/rit4 ,j'ai eu l'art p\r p\se1 rpondit-il1 et c'e/ encore trop d'avoir eu celle-l dans ma vie4 ,ma po/rit1 c'e/ mon uvre2 elle me suffit bi54 ,ghib]ti a laiss un va/e patrimo9e et de nombreux enfants4 ,qui saurait auj\rd'hui son nom s'il n'et pas fait les portes de bronze du bapti/re de ,sa9t-,jean de ,flor5ce8 ,le patrimo9e e/ dissip1 les enfants sont morts2 le monum5t e/ deb\t6 ,une seule passion1 n\s l'avons indiqu1 v9t illum9] son me1 et la remplit1 jusqu' la mort1 du d\l\reux bonheur d'aim]4 ,ses posies sont la *a/e et mlancolique confid5ce de durables ardeurs p\r un objet digne d'un tel homme4 ,on connat le nom et l'hi/oire de ,vittoria ,colonna1 fille de ,fabricio ,colonna1 le plus gr& capita9e de son temps1 m>ie trs-jeune ,f]n& d',avaloz1 m>quis de ,pescaire1 qui devait se faire aussi un nom fameux p> une vie c\rte1 mais bi5 remplie4 ,vittoria1 rayonnante de beaut et de posie1 avait tr\v dans cette union t\tes les joies du cur et t\t le pre/ige des belles r5ommes4 ,ivresses fugitives6 ,le m>quis de ,pescaire succomba t\t c\p1 au milieu mme de ces r>es flicits3 de nombreuses blessures et les fatigues de la gu]re avai5t rapidem5t mri1 p\r la mort1 son hroque jeunesse4 ,vittoria tait alors aussi clbre p> son esprit que p> sa beaut4 ,t\t ce qu'il y avait de plus illu/re sollicita bi5tt sa ma92 mais elle rep\ssa t\tes les adorations1 s'enf]ma dans la solitude1 et v\a son gnie t\t enti] la gloire de son p\x1 au s\v5ir de leur am\r bris4 ,ses posies1 ple9es de *>me et de cur1 d\l\reux s\pirs d'un regret sans f91 va/es aspirations d'une immortelle esprance1 se rp&ir5t bi5tt p\r consol] et ravir t\tes les mes t5dres1 t\s les curs pr\vs4 ,c'e/ p> ces posies que ,mi*el-,ange s5tit l'am\r envahir sa vie2 c'e/ ,vittoria ,colonna que sa gr&e me tr\va seule la hauteur de l'idal sublime et du fantme ador de ses rves4 ,la pudique fidlit de ,vittoria p\r son mort bi5-aim ne put s'eff>\*] de cette flamme1 si pure que les anges en euss5t t volonti]s complices4 ,et1 mesure que l'au/re d\leur de la noble veuve gagna en pr(ondeur ce qu'elle p]dait en cuisante am]tume1 un d\x comm]ce de posie1 une fire intimit de gnie1 l'hym5 ?r de deux mes1 rappro*a le gr& ar*ange de la pe9ture et la muse sraphique dont il vivait pris4 ,l'inspiration de ,vittoria se retr\ve dans les plus potiques des uvres religieuses de ,mi*el-,ange4 ,ce s\ffle de femme a pass comme une brise bi5faisante sur la p5se au/re du rude ,toscan p\r l'att5drir et la sanctifi]4 ,la mort de ,vittoria1 son illu/re dame1 sa ,batrix1 son d\x gnie visible1 fut p\r lui l'inconsolable dsespoir4 ,ses l>mes ne fur5t pas p]dues p\r la po/rit3 un s\pir de la muse les cri/allisa en beaux v]s4 ,il n\s re/e ici dire encore quelque *ose de ,mi*el-,ange pote4 ,mais1 p> ce qu'on connat dj de son me1 on sait1 ds prs5t1 v]s quelles rgions du spiritualisme1 de l'am\r et de la pit1 l'aile de l'aigle dut dirig] son essor4 ,mi*el-,ange adorait ,dante et savait p> cur la ,div9e ,comdie2 il s'tait enivr des magnific5ces des sa9tes critures2 il sav\rait ,ptr>que aux heures de t5dresse1 et s\v5t aussi l'loqu5ce indompte de ,savon>ola avait rpondu t\tes les secrtes rvoltes de son noble cur4 ,il avait connu1 il avait aim le prophte de ,flor5ce2 et de ce qu'il aimait1 ,mi*el-,ange g>dait long s\v5ir4 ,c'e/ donc en ce milieu de posie et d'lvation contemplative qu'il n\rrit d'une moelle sacre1 qu'il abreuva d'enivrem5ts suprmes la sublime faim1 la div9e soif de sa muse4 ,n\s n'essay]ons pas de r5dre1 dans la pleur et dans la faiblesse de la traduction1 quelques-unes de ces belles et si nobles p5ses qui mritr5t ,mi*el-,ange la quatrime c\ronne dont ,condivi1 son biographe1 v\lait qu'on dcort son front4 ,on tr\ve dans ses sonnets1 dans ses pigrammes ou /ances et dans ses canzone quatre inspirations galem5t trs-rem>quables1 quatre am\rs1 quatre cultes3 celui de l'art1 celui de ,vittoria ,colonna1 celui de ,dante et celui de ,dieu4 ,,giorgione ,le p9ceau de ,lon>d de ,v9ci et la palette de ,giorgione1 disait an matre2 mais ne sont-ils pas1 l'un comme l'autre1 le miracle de l'art8 ,giorgione v\lait tre ,v5ise ce que ,lon>d de ,v9ci avait t ,flor5ce et ,milan4 ,comme ,lon>d de ,v9ci1 il tait n *eval]esque1 d\ de l'intellig5ce s\v]a9e4 ,il avait la beaut et le *>me1 la =ce et la grce1 l'autorit et la magnific5ce4 ,lui aussi1 il proclama l'art affran*i2 les coles go?iques fur5t f]mes2 il dcrta que le seul matre tant la nature1 la seule inspiration tait le beau4 ,la foi en l',art levait son glise ct de la foi en ,dieu4 =ce de travail1 les pe9tres primitifs teignai5t dans leurs uvres ce rayon du gnie qui1 *ez les matres1 donne aux figures pe9tes je ne sais quelle me qui e/ dj la vie4 ,l'uvre de ,bell9i et de son cole n\s m]veille p> la pati5ce2 l'uvre de ,giorgione et de son cole n\s transporte p> ses miracles4 ,l-bas1 ce n'e/ qu'une uvre d'art2 ici1 c'e/ une uvre de vie2 l-bas1 n\s n\s tonnons devant le labeur de l'ateli]2 ici1 n\s sommes surpris p> ce don in\ de cration3 le labeur se ca*e s\s des prodiges de puissance4 ,giorgione et ses disciples1 t\t en cont5ant leurs =ces1 ont rp&u t\tes les =tunes de l'art comme des enfants prodigues4 ,quelquefois mme le fleuve envahit ses rives2 mais avant l'arrive de ,vronse et de ,t9toret il ne dbord]a pas4 ,les trois ,itali5s1 les trois inspirateurs qui fur5t le mieux d\s1 sont ,lon>d de ,v9ci1 ,raphal et ,giorgione2 il y a du ,dieu dans ces trois hommes4 ,voyez-les leur soleil levant1 ils se dp5s5t en ftes et en am\rs2 on ne sait pas o ils tudi5t1 tant la vie les appelle t\tes ses aspirations4 ,l'ateli] e/ bruyant1 on y fait des armes1 on y j\e du violon1 on y dit des v]s4 ,les matresses vi5n5t1 les ,violantes et les ,=n>9es2 elles aussi vont donn] la vie au p9ceau1 c> elles ne pos]ont pas p\r l'am\r de ,dieu1 mais p\r l'am\r de l',am\r4 ,et combi5 d'ateli]s vois9s o on ne s'amuse pas1 o on travaille gravem5t1 et o on ne tr\ve ni la ligne loqu5te ni la c\leur div9e6 ,c'e/ qu'il y a dans l'art les initis1 ceux-l qui sav5t t\t sans avoir ri5 appris1 je me trompe1 s'ils sav5t t\t1 c'e/ qu'ils ont eu le don de lire1 livre ouv]t1 le livre de la vie1 l o les autres s'puis5t l',a1 ,b1 ,c4 ,giorgione1 cet autre ,ario/e1 qui crivait ses pomes avec un p9ceau d'or1 t\t en vivant cur ouv]t1 t\t en jetant sa jeunesse aux av5tures et sa vie aux femmes1 g>da t\j\rs dans son uvre1 comme dans un tab]nacle1 cette fleur d'intimit qu'il avait cueillie dans le j>d9 des vieux matres1 et qui rp& un si *a/e et si sympa?ique p>fum dans l'me du spectateur4 ,cette fleur-l1 ,titi5 la cueillit aussi1 mais elle s'e/ fane dans ses ma9s4 ,vronse1 qui fut ,titi5 ce que ,titi5 fut ,giorgione1 tait trop la surface p\r s'inquit] des voix intrieures1 des posies ca*es1 des pomes invisibles4 ,on ne connat pas ,giorgione si on n'a pas un peu c\ru le monde4 ,on ne le retr\ve gure ,v5ise1 o ,titi5 v\s bl\it *aque pas2 mais qu& on s'e/ enivr du soleil de ,titi51 on *]*e ,giorgione1 cette aurore dj dore1 mais g>dant ces belles te9tes roses qui se fond5t si h>monieusem5t sur la palette du ciel qu& le soleil les c>esse4 ,giorgione voyait de plus lo9 et de plus haut que ,titi54 ,il reg>dait1 p>-dessus les exemples de ,bell9i1 les exemples de ,lon>d de ,v9ci et du ,corrge4 ,il ne v\lut imit] ni l'un1 ni l'autre2 mais t\t en g>dant sa =te orig9alit1 il tudia le m]veilleux clair-obscur de ,lon>d de ,v9ci4 ,il ne re*]*a pas comme ce gr& matre la posie des ombres1 mais c'e/ s\v5t p> le mme travail qu'il arriva la posie de la lumire4 ,l o ,v9ci songe1 ,giorgione p>le4 ,le matre de ,milan se rfugie dans les solitudes my/rieuses de l'art3 le matre de ,v5ise aime les ftes bruyantes du p9ceau1 mais des deux cts le cur bat au mme s5tim5t1 devant la posie de la ,nature4 ,p>eillem5t il y a un monde et un trait d'union entre ,corrge et ,giorgione4 ,si ,corrge enseigne la grce fondante et le *>me pntrant1 ,giorgione montre ces beaux airs huma9s que ne comprime plus la peur du p*1 ces libres expressions1 ces pan\issem5ts de l'me sur la figure1 qui sont aussi la m>que de la beaut dans l'art4 ,giorgione vivait comme il peignait3 il jetait l'or ple9es ma9s1--les j\rs o il en avait1--sur les pas de sa matresse4 ,les j\rs o il n'avait pas d'arg5t1 il ne se croyait pas plus pauvre p\r cela4 ,il n'et jamais1 dans sa fi]t1 sign les ptres de ,titi5 ,*>les-,qu9t4 ,il disait qu'un pe9tre tait roi *ez lui4 ,le duc de ,p>me lui dp*a un g5tilhomme p\r l'am5] sa c\r1 o t\tes les dames v\lai5t tre pe9tes p> lui4 ,l'ambassadeur tr\va le pe9tre de ,ca/el-,franco le p9ceau la ma9 devant une de ces ftes giorgionesques qui sont comme la premire preuve1 plus f]me et plus *aude1 des ftes galantes de ,watteau4--,v\s allez p>tir avec moi1 dit le g5tilhomme4--,dema91 dit ,giorgione4 ,l'ambassadeur att5dit4 ,le l5dema9 il fallut att5dre encore1 puis le surl5dema91 puis t\te une sema9e4 ,et comme le g5tilhomme se f*a3 ,comm5t v\lez-v\s1 lui dit ,giorgione1 que je quitte ma c\r p\r all] celle d'un autre8 ,giorgione1 comme ,lon>d de ,v9ci1 ne se disait jamais va9cu4 ,p\r lui la pe9ture tait l'art p> excell5ce4 ,il disait3 ,je btis des palais1 je sculpte1 j'cris des pomes et je *ante comme un musici54 ,selon ,vas>i1 dans le temps o le ,v]ru*io excutait son *eval de bronze1 ,giorgione se r5contra avec plusieurs arti/es qui prt5dai5t que la sculpture avait sur la pe9ture l'avantage de montr] une figure de t\s les cts1 p\rvu qu'en t\rnant aut\r d'elle on *anget le po9t de vue4 ,giorgione1 au contraire1 s\t5ait que la pe9ture p\vait (frir t\s les aspects d'un corps et les faire embrass] d'un seul c\p d'il sans qu'on et beso9 de *ang] de place4 ,il s'engagea mme reprs5t] une figure que l'on v]rait des quatre cts la fois4 ,les pauvres sculpteurs se mir5t la c]velle l'env]s p\r compr5dre comm5t ,giorgione se tir]ait d'une semblable entreprise4 ,il peignit un homme nu1 dont les paules sont t\rnes v]s les spectateurs4 ,une fonta9e limpide rfl*it son visage1 t&is qu'un miroir et une brillante armure reproduis5t ses deux pr(ils3 uvre *>mante et capricieuse qui ju/ifia les prt5tions du gr& arti/e4 ,comme ,lon>d de ,v9ci1 ,giorgione a t\t t5t4 ,selon la tradition1 ,giorgione a aim ,violante aussi2 mais c'e/ une autre femme1 une patrici5ne1 dev5ue sa matresse1 qui lui donna l'am\r et la mort4 ,elle se passionna s\s ses yeux p\r un de ses disciples1 ,pietro ,luzzo1 de ,feltre1 un beau g>on qu'il avait admis ses ftes de t\s les j\rs4 ,sa matresse p>tit avec le disciple2 elle rev9t une fois comme p\r mieux ass]vir ce pauvre cur dj dans l'enf]4 ,elle rep>tit et ne rev9t plus4 ,t\t ses colres jal\ses1 ,giorgione v\lut j\] le dda92 mais cette femme tait son me1 il m\rut4 ,qui donc a crit ce beau sonnet sur la vie de ,giorgione et sur l'ombre aime qui errait avec lui8 ,j'ai pe9t dans le monde1 et il fut si gr& le bruit ,de ma r5omme dans cette contre et dans cette autre1 ,que ma gloire gale celle de ,zeuxis et d',apelles1 ,et que t\t rivage loign ret5tit de mon nom4 ,dans mon jeune ge1 je quittai ailes dployes ,le nid pat]nel p\r all] acqurir des grces n\velles2 ,de l1 je m'envolai au ciel1 p>mi les toiles d'or1 ,o j'ai une *ambre meilleure et une demeure sre4 ,ici1 entre les mes t]nelles et div9es4 ,je pr5d1 p\r les imit]1 des ides plus belles1 ,ornes de grces et ard5tes de lumires4 ,et je cont9ue le travail de mon p9ceau1 ,et je vais err] avec l'ombre aime p>mi les vivants1 ,t&is que je pr5ds des =mes div9es dans le ciel4 ,giorgione et ,titi51 ns la mme heure1 eur5t le mme ciel1 le mme matre1 presque le mme p9ceau et peut-tre la mme matresse4 ,mais ,giorgione1 qui m5aait d'ent]r] t\te sa gnration p> sa =ce h]culenne1 m\rut comme un enfant d'une trahison de femme1 t&is que ,titi51 svelte et ple en sa jeunesse1 trav]sa les passions sans y laiss] sa =ce4 ,giorgione avait un cur vaillant et t5dre1 un cur d'or2 ,titi5 avait un cur de bronze4 ,*am=t disait3 ,il faut que le cur se brise ou se bronze4 ,giorgione eut le cur bris l o ,titi5 eut le cur bronz1 si l'on me p]met ce jeu de mots qui pe9t si ju/e4 ,l'art et l'am\r ont t t\te la vie de ,giorgione4 ,des sa jeunesse il a reprs5t1 dans son paysage de ,ca/elfranco1 avec le *teau sur le second plan et ses belles montagnes bleues l'horizon1 il a reprs5t trois jeunes filles qu'il aimait1 comme on aime l'aube avec les rv]ies embrumes encore1--comme on aime avant la passion1 ce soleil qui dvore les d]nires visions du mat94--,ces trois belles filles1 qui ont t\t la fois le type des ,trvisanes et des ,vniti5nes1 *eveux onduleux et dors1 ovale mollem5t arrondi1 reg>ds navem5t am\reux1 sont pe9tes t\tes nues s\s les frais rideaux de la rame4 ,et a9si elles sont mtamorphoses en ces trois ,grces qui se s\mett5t au jugem5t de ,p>is4 ,p>is1 c'e/ un peu ,giorgione4 ,il les reg>de si longtemps qu'il ne songe plus donn] sa pomme4 ,ce curieux tableau1 de la premire manire du pe9tre1 indique encore l'ateli] de ,bell9i p> quelques timidits de cont\r2 mais quelle m]veille dj p> les horizons1 le ciel1 les arbres6 ,le matre se rvle p>t\t4 ,les figures mme1 t\tes discrtes encore et comme en*anes dans leur pudeur1 ont un *>me t\t giorgionesque4 ,le beau ,p>is e/ beau3 il a raison de g>d] la pomme4 ,giorgione s'e/ pe9t plus d'une fois4 ,on peut tudi] ,v5ise et ,muni* sa tte n]gique et d\ce1 =te et t5dre4 ,l'intellig5ce a l>gi ce front sup]be1 l'am\r a tempr p> un s\rire cette lvre fire4 ,c'e/ la beaut1 mais la beaut imprieuse qui n'e/ pas comprise p> les femmes4 ,ce n'e/ pas le miroir coquette qui1 comme le miroir1 n'a qu'une surface polie4 ,giorgione1 p> son aspect rude et mditatif1 f]ait peur une petite-matresse2 mais une vraie femme s'y pr5drait p> le cur et p> l'me4 ,figure #g3 ,flore d'aprs ,titi5 ,,titi5 ,e ,tizian *e onora ,non m5 ,c&or1 *e quei ,v5ezia e ,urb9o4 ,,ario/o4 ,il designo di ,mi*el ,angelo1 ,el colori/o di ,titiano4 ,,le ,,t9toret4 ,titi5 dtrna ,giorgione1 mais ce ne fut qu'aprs lui avoir pris ses armes4 ,il avait d'abord traduit mot mot la nature comme son matre ,bell9i1 mais1 en voyant un portrait de ,giorgione1 ses yeux s'ouvrir5t la vraie lumire1 comme lorsque le soleil rp& la vie l o l'aube ple encore ne donne pas l'acc5t s\v]a94 ,vas>i con/ate que le premi] portrait de ,titi51 si ,titi5 ne l'et pas sign1 et t infailliblem5t attribu au ,giorgione4 ,non-seulem5t il prit la manire de ,giorgione p\r les portraits1 mais il la prit aussi p\r les fresques4 ,giorgione avait pe9t ,v5ise la faade de l'entrept des ,allem&s1 sur le ,gr& ,canal2 ,titi51 p> la protection de ,b>bigo1 fut appel pe9dre la faade sur la ,m]c]ia4 ,qu& son travail fut dc\v]t1 des patrici5s1 de ceux-l qui avai5t salu le rgne de ,giorgione1 lui dir5t1 la premire r5contre1 qu'il v5ait de se surpass] dans la faade de la ,m]c]ia2 ce quoi rpondit ,giorgione3 ,ce n'e/ pas moi qui ai pe9t cette faade1 c'e/ un jeune homme de ,cador4--,v\s v\lez n\s tromp]1 reprir5t les amis de ,giorgione1 il n'y a que v\s ,v5ise p\r pe9dre avec cette belle lib]t de t\*e et cet clat de coloris4--,ce ,cador91 p\rsuivit ,giorgione1 a pris mes p9ceaux et ma c\leur1 aussi vais-je me crois] les bras4 ,et ,giorgione r5tra *ez lui1 bless au vif4 ,il fut quelque temps sans v\loir pe9dre1 disant qu'il v\lait bi5 que ,titi5 lui ressemblt1 mais qu'il ne v\lait pas ressembl] ,titi54 ,je ne *]*]ai pas avec l'abb ,lanzi si ,titi5 *oisissait ses c\leurs ailleurs que *ez les m>*&s de ,v5ise1 qui tai5t des fripons4 ,pass]i a beau me dire que beauc\p de pe9tures de son temps tai5t rapidem5t altres1 p>ce que les m>*&s de ,v5ise v5dai5t de mauvaises c\leurs2 j'aime mieux reconnatre qu'avec leur s5tim5t et leur sci5ce du coloris1 les pe9tres de ,v5ise avai5t raison de pr5dre le fond blanc p\r po9t de d"p 7c> ils avai5t c\tume d'empltr] leurs panneaux47 ,sur ce fond blanc1 les te9tes rp&ues p5dant la composition avai5t une fleur de vie1 une transp>5ce idale1 un clat magique que les empalem5ts les plus savants ne produis5t jamais sur un fond neutre4 ,rub5s reconnaissait cette loi1 seulem5t il peignait sur fond r\ge4 ,ce n'e/ jamais d'ailleurs p> le mme *em9 que deux colori/es se r5contr5t2 que de fois1 p\r arriv] au b1 ou e/ p>ti d'un po9t oppos6 ,c'tait =ce de m>i] ses c\leurs que ,titi5 tait colori/e1 t&is que ,rub5s avait l'am\r des c\leurs vi]ges2 aussi les copi/es pati5ts ont-ils plus heureusem5t pa/i* le pe9tre de ,v5ise que le pe9tre d',anv]s4 ,je dirai t\j\rs au premi] reg>d si tel tableau app>ti5t l'uvre de ,rub5s2 il m'arriv]a comme t\t le monde1 comme aux ,vniti5s eux-mmes1 de me tromp] devant une copie de ,titi54 ,et p\rtant1 comme ,zanetti1 j'ai longtemps mdit devant les *efs-d'uvre bl\issants de ce p9ceau d'or4 ,on a dit que ,titi5 tait un naturali/e1 on dit auj\rd'hui un rali/e4 ,auj\rd'hui comme autrefois1 on se trompe4 ,il tait trop arti/e1 trop d\1 trop crateur1 trop giorgonesque p\r tomb] dans l'imitation s]vile4 ,comme t\s les matres1 il adorait la nature1 mais il y rp&ait le rayonnem5t de l'art4 ,p> exemple1 il esquiva les te9tes heurtes1 les ombres =tes1 les reliefs accuss#c4 ,p\r donn] plus de fra*eur et plus de volupt ses c>nations1 il rp&ait la vie ple9e ma92 mais c'tait surt\t aux yeux et la b\*e qu'il donnait l'me de sa palette4 ,en voyant un de ses *efs-d'uvre1 on s5t que la vrit l'inspirait2 mais p\rtant si on tudie le jeu des lumires et des ombres1 on s'ap]oit qu'il peignait s\s le jeu des lumires et des ombres de son esprit4 ,la vrit doit tre acc5tue2 c'e/ le triomphe de l'art de rp&re sur elle l'artifice et l'illusion p\r lui donn] plus de =ce et plus de relief4 ,titi5 ne veut pas1 d'ailleurs1 surpr5dre p> les effets viol5ts3 il e/ h>monieux et s\riant2 ses miracles sont des miracles de lumire2 il a pris un rayon au soleil et il le rp& sur ses tableaux avec la magie du prisme4 ,il a horreur des t\rs de =ce2 il ne veut pas1 comme les matamores de la pe9ture1 m>i] les c\leurs ennemies1 ou plutt viol] les te9tes pudiques p> les te9tes c>lates4 ,sa maxime1 c'e/ la passion et non la viol5ce2 il ne veut pas que l'arti/e teigne son beau feu dans les dtails1 mais il recomm&e au p9ceau le plus emport les c>esses non*alantes1 surt\t qu& le pe9tre donne la fleur de vie1 le duvet de p*e1 le m>bre1 l'or et la p\rpre au corps de la femme4 ,il y a beauc\p de lg5des sur la ,violante1 qui1 au muse du ,l\vre1 rp& ses *eveux rayonnants1 ces beaux *eveux que la nuit n'te9t pas4 ,selon quelques hi/ori5s1 c'e/ ,lav9ia1 la fille de ,titi54 ,n\s sommes am\reux f\ de ,violante1 la fille du ,titi51 et n\s avons dj fait deux fois le voyage d',espagne p\r mettre un bais] sur sa belle b\*e entr'ouv]te comme une gr5ade mre4 ,malheureusem5t elle a les bras trop occups s\t5ir sur un plat d'arg5t la tte de sa9t ,jean-,bapti/e1 et n'a pu se jet] notre c\ comme elle en avait envie1 on le voyait ses yeux4 ,c'e/ *>mant2 mais p\rquoi ,m4 ,?ophile ,gauti]1 qui sait si bi5 son hi/oire de l'art1 dit-il de ,violante la fille du ,titi58 ,qu& ,violante posait *eveux p>s et se9s nus dans l'ateli] du ,titi51 roi de ,v5ise1 ,titi5 avait tr5te ans4 ,selon quelques autres hi/ori5s1 c'e/ la matresse de ,titi52 selon la tradition vniti5ne1 ,violante fut aussi la matresse du ,giorgione4 ,la plus vraie tradition1 c'e/ quelque belle fille qui p]ptue ,violante1 comme si le ,matre des matres se complaisait t\j\rs ce masque radieux4 ,v5ise avant de voir les tableaux pe9ts on les voit dj p> les tableaux vivants4 ,p\rquoi ne p>l]ais-je pas de cette ,violante aprs la lettre 7comme si ,dieu n'tait qu'un disciple de ,titi57 que j'ai r5contre un mat9 sur la ,giudecca1 en rev5ant de ,san ,giorgio ,maggiore8 ,oui1 dans une gondole rafale1 je vis app>atre une belle fille de v+t ans1 d'un clat in\1 d'une jeunesse exubrante4 ,la sant a aussi sa posie4 ,je reconnus du premi] reg>d la ,flora de ,titi51 la fille de ,palme le ,vieux2 elle avait un b\quet la ma91 bi5 mo9s clatant1 bi5 mo9s pan\i que ses v+t ans4 ,elle se p5*ait non*alamm5t sur la ,giudecca p\r voir sa beaut1 t\t en sec\ant sur ses lvres les fleurs dj fltries de son b\quet4 ,le gondoli] qui la conduisait la place ,sa9t-,m>c la reg>dait avec passion3 il *antait demi-voix les notes biz>res des bac*anales du ,lido4 ,c'tait un beau gondoli]1 vtu de haillons1 mais dans le /yle vniti54 ,on ne saurait avoir une ide de sa grce ram] sans l'avoir vu l'uvre4 ,la belle l'c\tait avec le *>me d'un vague s\v5ir d'am\r4 ,aprs avoir vu le portrait vivant de ,violante1 je v\lus revoir son portrait pe9t4 ,e/-elle mo9s vivante dans l'uvre de ,titi51 s\s sa c\leur de vie8 ,on y reconnat la t\*e du matre1 mais le plus s\v5t1 il n'y donnait que le d]ni] c\p de p9ceau1--le plus difficile1 celui qui rvle le gnie4--,voici1 selon ,lanzi1 la raison de t\tes ces ,violantes attribues ,titi53 ,son ateli] tait un sanctuaire impntrable4 ,lorsque ce gr& matre sortait1 il laissait ouv]te la porte de son ateli]1 af9 que ses lves puss5t copi] furtivem5t les tableaux qu'il y laissait4 ,au b\t de quelque temps il tr\vait plusieurs de ces copies v5dre1 il les a*etait et les ret\*ait2 de sorte que ces copies dev5ai5t les orig9aux4 ,il lui arrivait mme de les sign]4 ,aprs cette affirmation de ,lanzi1 hi/ori5 digne de foi1 on peut dire avec ,?ophile ,gauti]3 ,hormis les sept ou huit muses royaux ou pr9ci]s o la gnalogie des tableaux se cons]ve depuis qu'il sont sortis de la ma9 du pe9tre1 t\tes les toiles que l'on attribue aux gr&s pe9tres itali5s ne sont que d'anci5nes copies4 ,cep5dant t\s les gr&s pe9tres itali5s ont t si f]tiles1 surt\t les ,vniti5s6 ,les deux ,bell9i peignai5t encore quatre-v+t-dix ans2 ,mantegna1 ,palma et ,t9toretto tai5t vaillamm5t l'uvre quatre-v+ts ans4 ,p\r ,titi51 t\t le monde sait qu'il m\rut quatre-v+t-dix-neuf ans4 ,et il m\rut de la pe/e6 ,p\r connatre ,lav9ia1 je traduis peu prs mot mot l'abb ,giuseppe ,cador9 qui a tudi cette grave "q dans son 9-qu>to3 dell' ,amore dei ,v5eziani p] il ,tiziano#d4 ,lav9ia naquit ,v5ise1 aprs ses frres1 sans d\te v]s #aecj4 ,on n'a aucun r5seignem5t sur son ducation1 mais c]ta9em5t elle devait tre srieuse1 c> un jeune homme illu/re et bi5 lev avait mis sur elle la p5se de l'obt5ir en m>iage4 ,son pre l'aimait t5drem5t et tellem5t qu'il croyait revoir peut-tre en elle la jeune fille regrette qui lui fut enleve p> la mort1 la fleur de ses ans1 et qui avait t t5ue sur les fonts baptismaux p> ,francesco ,zuccati1 le clbre mosa/e4 ,lav9ia tait belle de =me et gracieuse en ses manires4 ,titi5 peignit plusieurs fois en div]ses attitudes cette aimable figure4 ,tantt de face et en vtem5t noir1 avec un colli] de p]les prcieuses au c\1 ce9te aux flancs d'une ce9ture d'or et dans la ma9 un v5tail de plumes1 pe9ture qui illu/re la gal]ie royale de ,dresde2 tantt il l'a reprs5te s\levant une lgante cassette1 comme on la voit dans la royale gal]ie de ,p>is4 ,ple9 dame e/ le c>actre de la tte1 laquelle donne du brio le coloris le plus p>fait et le plus naturel1 la grce et l'lgance des m\vem5ts1 la vivacit de l'expression et la correction du dess9#e4 ,n\s allons voir comm5t ,titi5 colloqua sa fille un m>i3 ,le pe9tre ayant dans ces travaux donn l'essor son s5tim5t pat]nel1 v\lut1 en excell5t pre qu'il tait1 colloqu] sa fille en un honorable m>iage4 ,le #bj m>s #aeee1 p> les actes de ,giovanni ,aless&r9o1 notaire de ,cadore1 fut fait le contrat avec ,comelio1 fils de ,m>co ,s>c9elli et de ,colliope1 nobles de ,s]ravale4 ,titi5 assigna ,lav9ia une dot considrable p\r ce temps1 de deux mille quatre c5ts ducats1 et ce devoir fut en t\t po9t rempli p> le pe9tre4 ,le m>iage fut fcond puisqu'il donna la lumire six enfants4 ,mais le ciel v\lut1 aprs l'acc\*em5t du d]ni] de ceux-ci1 appel] ,lav9ia au repos t]nel1 laissant plongs dans la d\leur1 le m>i1 le pre et les enfants2 ce malheur arriva environ v]s #aefa4 ,si le bon ,titi5 avait d'abord1 dans ses pe9tures1 montr sa joie p\r cette fille1 plus t>d1 dans un autre travail1 il exprime l'am]tume de sa d\leur4 ,on voit1 dans ce tableau1 le pe9tre dj vieux se t5ant t\t afflig aux pi$s de sa fille ence9te4 ,il lui t\*e la ce9ture comme s'il v\lait dire3 ,voil la cause de ton fatal de/96 ,elle1 occupe des plus graves p5ses1 des d\leurs qui la ti5n5t en travail1 comme affaisse et manquant d'hale9e1 elle appuie un bras sur une cassette qui montre1 ca* dans l'intrieur1 un crne huma9 d*>n4 ,la pe9ture e/ vraim5t m\vante4 ,mais cet trange symbole exprime trop trangem5t le malheur familial4 ,p\r pay] la dot de sa fille#f1 ,titi5 crivit ,*>les-,qu9t1 se recomm&ant sa libralit p\r obt5ir la p5sion de deux c5ts scudi concde sur la ,*ambre de ,milan et la p5sion de c9q c5ts scudi p\r la naturalisation en ,espagne de son fils ,orazio4 ,si cette grce lui fut accorde1 on l'ignore2 ce qui e/ hors de d\te1 c'e/ que ,titi5 fit honneur au contrat nuptial4 ,le #ai ju9 #aeee1 il compta ,s>c9elli une "p de la dot en scudi d'or4 ,en #aeef il donna le surplus en un colli] de p]les et d'or et en d5i]s4 ,le contrat de dot comme le reu exi/5t en orig9aux s ma9s du docteur ,pietro ,c>nieluti de ,s]ravalle4 ,l'abb ,cador9 se trompe et va se contr$ire t\t l'heure1 qu& il affirm]a l'exi/5ce de la matresse de ,titi54 ,si ,violante e/ la matresse de ,titi51 ce n'e/ pas ,lav9ia que n\s admirons1 ce n'e/ pas ,lav9ia qui n\s passionne au ,muse du ,l\vre1 ,flor5ce et p>t\t4 ,d'ailleurs1 il e/ pr\v que ,titi5 peignait ses ,violante et ses ,flora avant l'pan\issem5t de la beaut de ,lav9ia4 ,il les peignait1 il e/ vrai1 jusqu'en ses d]nires annes1 mais dans la posie du s\v5ir et comme p\r ressaisir sa jeunesse4 ,et aussi p>ce que cette adorable figure--symbole des volupts vniti5nes--lui tait t\j\rs paye ple9es ma9s4 ,mais tudions mot mot les rvlations de notre curieux hi/ori54 ,je n'affirm]ai pas que ,titi5 n'a pas aim1 c> l'am\r1 a dit le pote1 pr5d possession de t\tes les mes nobles4 ,titi5 fut trs-noble1 mais il ne me p>at pas qu'il ft capable d'tre dprav dans ses affections1 comme le dit m*amm5t le ,c>pani dans les ,,lettres ,,maj]ianes4 ,a-t-il donc eu entre les ma9s t\tes les preuves p\r le jug] a9si8 ,l'ass]tion e/ *ose aise1 la s\t5ir e/ plus difficile4 ,lorsque les criva9s contempora9s de ,vecellio et mme la langue lic5cieuse et mdisante de l',art9 en font sil5ce et le l\5t plutt de sa rs]ve dans ses transports avec les femmes 7,lettre de #aeec71 ce sont des songes de malade que de l'imag9] livr aux plaisirs jusqu' l'g>em5t#g4 ,c'tait la c\tume de ce sicle =tun qu'on et une amie ou relle ou imag9aire4 ,les v]s insipides des pdants ptr>quesques en sont la preuve4 ,ils honorai5t leur amie avec des noms mo9s dvots qu'ils ne sont prs5t1 mais plus hroques1 tels que ceux de ,violante1 de ,cornlie1 de ,dlie1 de ,lav9ie#h1 la manire des potes qui sub/itu5t aux noms vritables ceux de ,lesbie et d',irne4 ,je has>de celle op9ion que s\s le nom de ,violante il faut voir celui de la femme de ,titi51 l'poque de son m>iage n'tant pas loigne de celle o il l'a pe9te dans les ,bac*anales p\r le duc ,alphonse de ,f]r>e4 ,mon ide p>atra biz>re1 mais cep5dant elle e/ plus vraisemblable que t\tes les raisons spcieuses qui s\ti5n5t qu'elle tait fille de ,palma le ,vieux#i4 ,l'illogique abb1 aprs avoir reconnu la prs5ce relle de ,violante1 essaye de pr\v] qu'elle n'e/ pas fille de ,palma le ,vieux4 ,aprs beauc\p de preuves /riles1 il revi5t cette tradition1 mais une condition1 c'e/ que ,violante fut la fois la femme et la matresse de ,titi52 c'e/--dire qu'il aurait aim ,violante1 fille de ,palma1 et comme amante et comme p\se4 ,il ne faudrait voir dans ,violante matresse et femme qu'une seule et mme p]sonne4 ,tel e/ le s5s de la phrase ambigu3 ,e *e doppio fosse l'affetto4 ,et aprs beauc\p d'autres contradictions1 l'abb ,giuseppe1 qui tr\ve le t]ra9 glissant1 f9it p> cette op9ion tmraire et or?odoxe3 ,si la ,violante enflamma notre arti/e aprs la mort de sa femme1 je dirai que cet am\r me p>at avoir t plutt platonique qu'am\reux4 ,p\rquoi1 monsieur l'abb8 ,le portrait de ,violante n'e/ pas un portrait de fantaisie1 donc ,violante a exi/4 ,alex&re ,dumas1 qui a trs-bi5 mis en scne ,titi51 s'e/ tromp1 lui aussi1 qu& il a dit de ,violante3 ,la fille de ,titi54 ,c]tes1 l'am\r qui a inspir le pe9tre dans ce portrait n'e/ pas l'am\r pat]nel1 c'e/ la volupt qui a guid sa ma9 comme p\r l'apo?ose de la beaut corporelle4 ,p> l'esprit1 ,giorgione dpassait ,titi5 d'une belle c\de4 ,je p>le ici de ce6 esprit du cur#aj qui acc5tue le c>actre et donne l'arti/e je ne sais quoi de div93 ,lon>d de ,v9ci1--,raphal1--,mi*el-,ange4--,titi51 si fi] devant lui-mme1 croyait aux gr&s de la t]re1 et s'humiliait devant eux jusqu' se pro/]n] dans la p\ssire de leurs pi$s#aa4 ,je lisais ses lettres1 ,v5ise1 avec un vrai *agr9#ab4 ,si ,*>les-,qu9t ramassait le p9ceau du ,titi51 ,titi5 n'en tait pas plus fi] p\r cela4 ,voyez3 ,,titi5 ,,vecelli1 ,,pe9tre1 ,l',,inv9cible ,,emp]eur ,,*>les-,,qu9t #aeea4 ,pr9ce inv9cible6 si la fausse n\velle de ma mort a caus du *agr9 ,votre ,maje/1 j'en ai reu la consolation d'avoir encore une plus gr&e c]titude que ,votre ,gr&eur se rappelle mon dv\em5t p\r son s]vice2 ce qui me r5d la vie d\blem5t *re4 ,j'adresse ,dieu mes humbles prires1 af9 qu'il me cons]ve la vie1 s9on longtemps1 du mo9s assez p\r me donn] le temps d'a*ev] l'ouvrage que j'ai comm5c p\r ,votre ,maje/3 il e/ assez avanc p\r p\voir p>atre devant ,votre ,gr&eur dans le mois de septembre pro*a93 je m'incl9e1 en att5dant1 en t\te humilit1 en me recomm&ant avec rvr5ce ses bonnes grces4 ,cette seconde lettre dpasse la premire2 on dirait le ,r5>d qui p>le au ,corbeau3 ,,au ,,pr9ce ,d',,espagne ,,roi ,d',,anglet]re #aeea4 ,pr9ce srnissime1 j'ai reu de votre ambassadeur d',autri*e un don plus digne de votre gr&eur que de mes petits mrites2 il m'a t bi5 *]1 mais il me l'a t d'autant plus que c'e/ une gr&e ri*esse p\r un dbiteur d'tre l'oblig d'un aussi gr& s\v]a94 ,je v\drais1 p> reconnaissance1 p\voir faire l'image de mon cur1 dj dv\ depuis longtemps ,votre ,altesse1 af9 qu'elle pt voir1 dans la p>tie la plus p>faite de moi-mme1 sa ressemblance et sa valeur4 ,mais1 cela m'tant impossible1 je mets t\s mes so9s t]m9] la fable de ,vnus et ,adonis dans un tableau d'une =me semblable celui de ,dana que possde dj ,votre ,maje/2 j'espre envoy] bi5tt celui-ci ,votre ,altesse1 puisqu'il e/ trs-avanc4 ,je me prp>e travaill] aux autres1 af9 de les lui consacr]1 en regrettant que mon t]ra9 /rile ne puisse pas produire des fruits plus nobles et plus dignes d'elle4 ,je f9irai en priant ,dieu d'accord] une longue flicit ,votre ,altesse1 et de me faire encore une fois la grce de la voir et de lui bais] humblem5t les pi$s4 ,aprs avoir fait p9ceau de vel\rs aux maje/s1 ,titi5 s'occupe des seigneurs et des c\rtisans3 ,,au ,,tr,s-,,illu/re ,,segneur ,d4 ,,jean ,b,n,,vides #aj septembre #aeeb4 ,je ne sais si monseigneur ,d4 ,jean ,bnvides s]a dev5u si fi]1 cause du n\veau royaume qui augm5te la gr&eur de son roi1 qu'il ne veuille plus reconnatre les lettres1 ni la pe9ture du ,titi51 qu'il honorait de son amiti depuis si longtemps4 ,je crois au contraire qu'il v]ra celle-ci avec plaisir1 a9si que celles que je lui crirai1 et qu'il s'en rj\ira1 p>ce qu'un seigneur naturellem5t noble et trs-huma9 p> croyance1 comme l'e/ ,votre ,seigneurie1 n'en e/ que plus digne et aime ses s]viteurs avec d'autant plus de raison que son autorit et sa faveur s'accroiss5t avec le p\voir d'tre utile aux autres4 ,j'espre donc que ma p]sonne et mes affaires l'pr\v]ont plus que jamais4 ,enf91 je mets ma plus gr&e esprance dans le gr& roi d',anglet]re p> le moy5 de mon bon seigneur et aimable ,bnvides1 p>ce que je sais qu'il me veut du bi5 et peut m'tre utile4 ,je fais p>tir1 dans le mom5t1 la posie de ,vnus et ,adonis1 dans laquelle ,votre ,seigneurie v]ra quelle expression et quel am\r je sais mettre dans les ouvrages que je fais p\r ,sa ,maje/4 ,s\s peu de temps j'env]rai encore deux autres tableaux1 qui ne plairont pas mo9s que celui-ci2 ils s]ai5t dj t]m9s1 si je n'en avais t emp* p> la pe9ture de la ,tr9it que j'ai faite p\r ,sa ,maje/ l',emp]eur4 ,j'aurai bi5tt t]m9 aussi1 comme c'e/ mon devoir1 un sujet de dvotion p\r ,sa ,maje/ la re9e1 laquelle je l'env]rai bi5tt4 ,n'ayant plus ri5 v\s m>qu]1 je me recomm&e vos bonnes grces1 en v\s baisant les ma9s1 d'o je suis4 ,mais ,titi5 aime mieux s'adress] au bon ,dieu qu' ses sa9ts3 ,,au ,,roi ,d',,anglet]re ,maje/ sacre6 mon gnie1 accompagn du tableau de ,vnus et ,adonis1 lequel1 je l'espre1 s]a vu p> ,votre ,gr&eur avec la mme satisfaction qu'elle avait c\tume de tmoign] son s]viteur ,titi51 qui vi5t se rj\ir avec ,votre ,maje/ du n\veau royaume que ,dieu lui a accord4 ,j'ai mis les figures de manire qu'elles soi5t opposes celles de la ,dana1 af9 que l'app>tem5t dans lequel elles s]ont places en soit plus agrable4 ,j'aurai bi5tt l'honneur d'envoy] ,votre ,maje/ la fable de ,p]se et ,&romde1 qui aura une manire d'tre vue diffr5te des deux autres4 ,il en s]a a9si de ,mde et ,jason1 que j'espre faire p>tir avec l'aide de ,dieu4 ,j'y jo9drai un tableau de dvotion auquel je travaille depuis dix ans1 dans lequel j'espre que ,votre ,srnit v]ra t\te la =ce de l'art dont e/ capable votre s]viteur ,titi54 ,cep5dant il prie le n\veau gr& roi d',anglet]re de daign] se rappel] que son pe9tre indigne vit dans l'espoir d'tre le s]viteur d'un si gr& et si bon matre1 esprant avoir acquis de la mme manire les bonnes grces de la re9e trs-*rti5ne1 son augu/e p\se4 ,que ,dieu cons]ve la re9e avec ,votre ,maje/ p5dant plusieurs sicles1 af9 que les peuples1 g\v]ns et rgis p> vos sa9tes et pieuses volonts1 se cons]v5t heureux6 ,et ma9t5ant ,titi5 tr\ve que son encre n'a pas assez de v]tu3 on lui doit de l'arg5t et on ne le paye pas4 ,c'e/ une vieille habitude de roi d'tre magnifique et de ne pas pay]3 ,,sa ,,maje/ ,,philippe ,,ii1 ,,madrid ,v5ise1 #e aot #aeed4 ,la ,cne de ,notre-,seigneur1 promise depuis longtemps ,votre ,sacre ,maje/1 e/ t]m9e1 p> la grce de ,dieu1 aprs un travail de sept ans4 ,j'y ai presque travaill cont9uellem5t1 avec le dsir de laiss] ,votre ,maje/1 dans mes d]nires annes1 le plus gr& tmoignage que puisse jamais produire mon trs-anci5 dv\em5t p\r elle4 ,plaise ,dieu que cet ouvrage p>aisse tel votre jugem5t exquis1 af9 que l'on voie que j'ai fait du mo9s t\s mes ef=ts p\r le satisfaire6 ,je consign]ai1 un de ces j\rs1 ce tableau p\r ,votre ,maje/1 dans les ma9s de son secrtaire ,g>zia ,ern&o1 a9si que v\s l'avez ordonn4 ,je supplie en att5dant votre clm5ce inf9ie1 af9 que1 si mes longs s]vices ont pu jamais lui tre agrables en quelque *ose1 elle daigne me faire la grce d'ordonn] que je ne sois plus aussi longtemps fatigu p> vos ag5ts p\r retir] mes appo9tem5ts soit d',espagne ou de la *ambre de ,milan1 et pass] dsormais plus tranquillem5t ce peu de j\rs qui me re/e consacr] votre s]vice4 ,alors1 libre de mille so9s cont9uels p\r me procur] le peu d'alim5ts que j'en retire1 je p\rrais employ] t\t mon temps travaill] p\r ,votre ,maje/1 sans en p]dre la plus gr&e p>tie1 comme je suis oblig de le faire1 crire et l vos div]s *>gs d'affaire2 ce qui m'occasionne beauc\p de dp5ses s\v5t va9cs1 p\r avoir ce peu d'arg5t que je puis pe9e retir] depuis tant de temps4 ,je puis assur] votre clm5ce que1 si ,votre ,maje/ connaissait ma pe9e1 votre piti inf9ie aurait compassion de moi1 et qu'elle v\drait m'en donn] quelques m>ques4 ,quoique1 p> une bont p>ticulire1 ,votre ,maje/ donne les ordres de me pay]1 jamais on ne le fait selon ses int5tions et selon la =me usite4 ,voil la cause p\r laquelle je suis oblig de rec\rir humblem5t aux pi$s de mon ca?olique s\v]a91 en suppliant sa pit de p\rvoir mon in=tune2 et1 ne v\lant pas le fatigu] plus longtemps de mes pla9tes1 je lui baise les ma9s4 ,,titi54 ,pauvre ,titi56 ,aprs t\t1 peut-tre cette lettre n'e/-elle pas si m5songre que n\s le croyons2 qui sait si les ri*esses que ,vas>i et les vieux hi/ori5s accord5t au roi des colori/es tai5t de vraies ri*esses8 ,il payait avec un colli] de p]les la dot de sa fille et habitait une petite maison sur une des rives les plus ab&onnes de ,v5ise1 une maison qu'il v\lut t\j\rs acqurir et dont il ne fut jamais que le locataire4 ,je crois que ,titi5 a trav]s t\tes les =tunes1 mme les mauvaises4 ,qu& il peignit le fameux tableau de ,sa9t ,pi]re le ,m>tyr1 il tait clbre et n'tait pas ri*e4 ,se plaignant s\v5t avec ,pietro ,aret9o1 dont les crits sont si r5omms1 ce fidle ami1 t*ant de le s]vir1 employait sa plume publi] son savoir et le faire connatre dans les c\rs des plus gr&s pr9ces4 ,en #aecj1 qu& ,*>les-,qu9t alla ,bologne p\r tre c\ronn p> les ma9s du pape ,clm5t ,,vii1 l',art9--il tait pay p\r cela--sut si bi5 faire valoir le mrite du ,titi5 p> ses livres et p> ses disc\rs1 que l'emp]eur le fit v5ir la c\r4 ,il n'y fut pas plutt arriv1 qu'il comm5a faire le portrait de l'emp]eur1 qui en fut tellem5t satisfait1 qu'il combla le ,titi5 de bi5s et d'honneurs4 ,et le vieil hi/ori5 aj\te3 ,lorsque le pape ,paul ,,iii alla ,f]r>e en l'an #aedc1 le ,titi5 fit son portrait1 et ds ce temps-l il aurait t ,rome1 comme le pape le s\haitait1 mais tant engag avec ,franois de la ,rovre1 duc d',urb91 il diffra le voyage p\r all] ,urb94 ,enf91 ayant t appel ,rome en #aedh1 il fit1 p\r la seconde fois1 le portrait de ,paul ,,iii1 et le reprs5ta assis et s'entret5ant avec le duc ,octave et le c>d9al ,f>nse4 ,ce fut alors qu'il peignit cette belle ,dana que ,mi*el-,ange admira si =t1 av\ant que1 p\r la beaut des c\leurs1 la pe9ture ne p\vait all] plus lo94 ,et ,mi*el-,ange eut tort de s'cri]3 ,ah6 s'il savait dess9]6 ,titi5 avait le dess9 de son coloris1 comme ,mi*el-,ange avait le coloris de son dess94 ,le pape l'honora de plusieurs prs5ts1 et donna son fils ,pomponio un bnfice considrable1 et mme lui (frit l'v* de ,c5$a4 ,le pape v\lut aussi donn] au ,titi5 l'(fice de ,fratel del ,piombo1 vacant p> la mort de fr ,seba/i51 p\r l'engag] demeur] ,rome2 mais il rem]cia le pape1 dsirant ret\rn] en son pays p\r y f9ir ses j\rs dans le repos et dans la compagnie de ses amis1 dont le ,sansov9o tait des premi]s4 ,c'e/ ici que se j\e la fameuse scne du p9ceau ramass p> ,*>les-,qu9t4 ,sur la f9 de la mme anne1 il ne put se disp5s] d'all] la c\r de l'emp]eur1 auquel il porta quelques-uns de ses ouvrages1 et le peignit p\r la troisime fois4 ,ce fut alors qu'en travaillant1 on dit qu'il lui tomba un p9ceau de la ma91 et que l'emp]eur l'ayant ramass1 le ,titi5 se pro/]na aussitt p\r le recevoir en disant ces mmes p>oles3 ,sire1 non m]ita cotante honore un s]vo suo4 ,ce quoi l'emp]eur rep>tit3 ,e degno ,titiano ess]e s]vilo da ,ces>e4 ,ce ne fut pas t\t3 l'emp]eur lui ayant ordonn de faire plusieurs portraits des hommes illu/res de la maison d',autri*e1 p\r en compos] une espce de frise aut\r d'une *ambre1 il v\lut que le ,titi5 y ft aussi reprs5t4 ,p\r obir ce pr9ce1 il se peignit lui-mme1 et p> mode/ie plaa son portrait dans un endroit le mo9s en vue4 ,*>les-,qu9t1 p\r rcomp5s] avec plus d'honneur le mrite de ,titi5 et laiss] la po/rit des m>ques de l'e/ime p>ticulire qu'il en faisait1 l'ennoblit avec t\te sa famille et ses desc5dants2 il lui donna le titre de comte palat91 et n'oublia ri5 de t\tes les grces et faveurs qu'il p\vait lui faire4 ,il donna son fils ,pomponio un canonicat dans l'glise de ,milan1 et ,horace1 son autre fils1 une p5sion considrable4 ,mais c'tait la priode suprme4 ,le soleil va desc5dre et te9dre ses rayons4 ,la vieillesse arrive avec sa neige sur les *eveux d'or1 avec sa mlancolie d\ce encore1 avec ses horizons nocturnes4 ,les fils de ,titi5 vont mang] leur bl en h]be4 ,*>les-,qu9t ne revi5dra plus et oubli]a de pay] les p5sions4 ,les lves de ,titi51 ,p>is ,bordone entre autres1 disput5t dj la gloire du matre4 ,on sait qu'il signe des tableaux qu'il ne pe9t pas et qu'il pe9t des tableaux qu'il ne signe pas4 ,l'heure du dcl9 a sonn son glas funbre4 ,c'e/ alors1 j'imag9e1 que ,titi5 quitte son palais o il recevait le roi de ,france1 p\r habit] cette petite maison--la maison de ,titi5--qu'on montre auj\rd'hui aux trang]s4 son d]ni] j\r1 il avait cons]v t\te la v]deur de ses v+t ans4 ,j'ai vu l',acadmie des ,beaux-,arts son premi] et son d]ni] tableau1 qui sont placs dans la mme salle comme deux pages curieuses de son hi/oire4 ,le croira-t-on8 le tableau le plus h>di1 le plus vivant1 le plus lum9eux1 c'e/ le d]ni]2 je dirai mme que p\r moi c'e/ le plus beau tableau de ce pe9tre sculaire4 ,a9si du gnie de ,rembr&t1 qui comm5a avec la sagesse et la pati5ce1 qui f9it p> les lib]ts et les h>diesses de la vraie furia4 ,le miracle de la c\leur1 c'e/ mo9s encore ,titi5 que ,giorgione4 ,mais t\t ,titi5 n'e/ pas dans ,giorgione4 ,en tudiant avec sollicitude l'uvre des ,vniti5s1 on reconnatra bi5tt que ,titi5 a presque dvor trois matres3 ,zucati1 ,bell9i et ,giorgione4 ,s'il a effac ,zucati1 a-t-il atte9t la suavit de ,bell9i1 la posie de ,giorgione8 ,la ,madele9e de ,titi5 gale-t-elle la ,madone de ,bell9i8 ,la clbre ,assomption1 qui e/ trop huma9e p\r tre div9e1 vaut-elle cette =te page de la ,bible1 le ,mose enfant8 ,la passion p\r la palette ne dom9a po9t ,giorgione au po9t de l'bl\ir sur l'horizon1 comme il arriva p\r ,titi54 ,sa symphonie e/ mo9s bruyante1 mais plus leve4 ,dans le ,mose enfant1 dans ses fresques gr&ioses et *>mantes1 dans ses m]veilleux tableaux1 il n'a mis en opposition qu'un petit nombre de c\leurs t\j\rs admirablem5t rompues p> les ombres2 aussi son h>monie e/-elle plus svre dans son clat que celle de ,titi54 ,c'e/ ,giorgione qui reconnut le premi] que l'arc-en-ciel du pe9tre e/ compos de r\ge1 de jaune et de bleu2 le r\ge qui donne du relief aux objets1 le jaune1 qui pr5d les rayons de la lumire1 et le bleu1 si favorable aux gr&es nappes d'ombre4 ,titi5 j\a de ces trois c\leurs fran*es sur t\te la gamme de l'h>monie1 avec un art miraculeux4 ,mais il sub/itua s\v5t le noir au jeune avec la mme magie4 ,rub5s lui-mme1 ,rub5s1 qui avait tudi les secrets de ,titi5 et les secrets de l'arc-en-ciel1 ne s'leva pas cette musique des yeux1 p>ce qu'il sacrifia presque t\j\rs une des trois c\leurs matresses sans croire qu'a9si il dtruisait l'quilibre des tons2 ,rub5s bl\it comme ,titi51 mais il ne m>ie jamais ses c\leurs avec cette pr(onde et voluptueuse intimit qui e/ comme le ,cantique des cantiques de la palette4 ,note #c3 ,selon ,m5gs1 qui p>le un peu dans la ,babel allem&e1 ,titi5 eut le gnie de donn] la mme grce1 la mme cl>t de ton et la mme dignit de c\leur l'ombre et aux demi-te9tes qu'aux clairs4 ,aussi1 sait-il admirablem5t bi5 di/+u] la transp>5ce d'une peau f9e et diaphane p> la v>it des demi-te9tes1 l'humidit sangu9e p> un il bleutre1 une peau grossire p> un mlange de jaune et de noir1 et une peau grasse p> le jaune et le r\ge mls ensemble4 ,il reconnut que ce qui e/ transp>5t e/ d'une c\leur plus indcise que ce qui e/ opaque1 et que la lumire s'arrte et se repose sur ce qui n'e/ pas transp>5t4 ,note #d3 ,les prcieux docum5ts sur ,titi5 qui se tr\vai5t dans la famille de ,lav9ia ont t disp]ss et l4 ,on les retr\ve p> fragm5ts ou p> lambeaux *ez les docteurs ,c>nieluti1 ,taddeo ,jacobi1 ,aless&ro ,vecelli1 colonel ,soldati1 *evali] ,kon]1 et l'abb ,luigi ,celotti4 ,p> la mort des desc5dants de ,lav9ia s'e/ te9te la race de ,titi51 et les autres ,vecelli provi5n5t ou d'une autre s\*e ou d'une ligne collatrale des aeux de ,titi54 ,note #e3 ,ce tableau fut digne de la passion des plus fameux inciseurs1 et l'on en connat les admirables reproductions4 ,les nombreuses rptitions en pe9ture1 ou orig9aux ou copies1 en ont accru encore la clbrit4 ,f9alem5t1 il plut ,vecellio de la reprs5t] s\s la figure de ,sir+e enleve p> ,pan1 p5se1 la vrit1 capricieuse1 et aut\r de laquelle on p\rrait philosoph]1 mais je ne sais avec quel fruit4 ,vecellio aura eu sa raison4 ,malicieux e/ l'esprit de ce satyre1 et l'in=tune jeune fille montre cet effroi qui e/ l'indice de la pudeur et de la surprise1 mais qui la r5d plus belle et plus intressante4 ,cette pe9ture exi/e dans la gal]ie ,b>b>igo1 et c'e/ une de celles qui1 aprs la ,madele9e1 la ,vnus1 la ,notre-,dame au ,bamb9o1 attire soi l'att5tion4 ,l'abb ,giuseppe ,cador94 ,note #f3 ,les fils de ,lav9ia survcur5t et eur5t en don de ,pomponio1 leur oncle1 t\s les bi5s qui1 sur les t]ritoires de ,s]ravalle et de ,conegliano tai5t possds p> ,titi51 except en cette d]nire cit une petite maison dans le b\rg de ,sa9t-,anto9e4 ,p> la suite du temps1 cette desc5dance dev9t mo9dre4 ,la noble famille ,filom5a hrita des bi5s de celle de ,s>c9elli1 mais la race des ,filom5a s'tant te9te aussi1 p> la mort d'une dame1 arrive il n'y a pas beauc\p d'annes1 le palais de ,lav9ia v9t en la possession de la famille ,c>nieluti1 p> laquelle il e/ habit4 ,note #g3 ,boc*]9i en a t]nis la mmoire1 la belle ,violante1 en l\ant le portrait qui se tr\ve dans la gal]ie ,s]ra1 ,v5ise1 avec les v]s suivants--mot mot--en idiome vniti53 ,ici e/ cette ,viola ou ,violante ,que aussi ,titi5 lui v\lut donn] du nez la bonne odeur4 ,du re/e je m'en tais1 ,c> il ne fut pas un voluptueux amant4 ,note #h3 ,selon l'inscription de la gravure de ,holl>3 ,joann9a ,vecellia ,pictressa1 filia prima ,titiani1 il sembl]ait que ,titi5 aurait eu une autre fille pe9tre2 mais cette inscription e/ un m5songe1 c>1 en tudiant la figure de l'e/ampe et la confrontant avec celle des autres graveurs1 ce n'e/ po9t une autre que ,lav9ia qui s\lve des fruits sur un bass94 ,note #i3 ,v4 ,/ di ,milano1 di ,pietro ,v]ri1 t4 ,v1 page #bji1 la note4 dition de ,milan1 9-#af1 #ahcj4 ,note #aj3 ,titi5 tait r5omm p> ses saillies t\tes vniti5nes4 ,on citait ses mots jusqu'en ses d]ni]s j\rs4 ,on lui rapporta que ,p>is ,bordone tr\vait dans le sa9t ,pi]re m>tyr ses *aires trop r\ges3 ,ils ne sont si r\ges que p> sa colre de voir tant de pe9tres qui n'ont pas de sang dans les ve9es critiqu] les *efs-d'uvre4 ,note #aa3 ,titi5 s'incl9ait mme devant ,art94 ,il le peignait p\r tre proclam gr& arti/e4 ,t9toret n'eut pas les mmes mnagem5ts3 un j\r il alla *ez le pote et lui prit mesure avec un pi/olet3 ,pi]re ,art91 v\s avez trois de mes pi/olets de haut1 lui dit-il4 ,le pe9tre tait bi5 nomm ,robu/i4 ,note #ab3 ,ces lettres curieuses1 tr\vaille r>issime1 sont des pages trop vivantes de l'hi/oire de l'art p\r ne pas les imprim] ici4 ,figure #h3 ,portrait d'aprs ,paul ,vronse ,,paul ,v,,ron,,se ,la pe9ture de l'me avait fait son temps4 ,la pe9ture de ,paul ,vronse1 c'e/ la pe9ture des yeux3 c'e/ la premire page du c>naval de ,v5ise4 ,paul ,vronse fut le plus m]veilleux des improvisateurs2 il y a de lui des tableaux dans t\s les muses et dans t\s les palais4 ,combi5 les trang]s ont-ils a*et de ses toiles ,v5ise8 et combi5 la ville des doges en possde-t-elle encore8 ,c'e/ l'inf9i4 ,si ,dieu lui et ordonn de crer un monde1 il ne l'eut pas fait en donnant la vie ,adam et ve1 il et1 dans sa j\rne1 mis au j\r--et dans quel j\r lum9eux6--d'innombrables cratures2 mais c'et t\j\rs t le mme homme et la mme femme1 un ,vniti5 et une ,vniti5ne2 pr9ces ou ptres1 gr&es dames ou paysannes1 il eut t\j\rs acc5tu le mme type et donn le mme ton4 ,il y a des arti/es que l'espace effraye1 ,paul ,vronse tr\vait t\j\rs sa toile trop petite2 il y avait en lui une telle effloresc5ce que la place manquait ses crations3 les hommes1 les femmes1 les enfants1 les fe/9s1 les palais1 t\t tombait de son p9ceau comme p> magie4 ,et quelle magnific5ce dans les t(fes1 dans l'ar*itecture1 dans les ornem5ts6 ,paul ,vronse ouvre la troisime priode de l'art vniti54 ,si j'avais pe9dre le tableau des pe9tres radieux de ce beau pays1 je *oisirais un triptyque1 comme ceux des pe9tres primitifs4 ,sur le panneau c5tral j'inscrirais en lettres de feu3 sicle d'or2 le premi] volet1 je le consacr]ais au sicle d'arg5t1 et le d]ni] au sicle d'alliage4 ,dans le premi] volet1 au-dess\s des matres mosa/es1 qui sont l'enfance lum9euse de l'art1 dans les horizons p]dus j'indiqu]ais les pe9tres primitifs dom9s p> ,giotto1 ,jean de ,v5ise1 ,m>t9ello1 ,pi]ano1 ,semtecolo2 je gr\p]ais aut\r de ,giovanni ,bell9i1 le pe9tre ineffable1 ,s*iavoni1 qui drobait les anges ,dieu et les emp>adisait dans son uvre2 ,c>lo ,crivelli1 le mle p9ceau2 ,g5tile ,bell9i1 t\*e virg9ale2 ,montegna1 un am\reux de la nature1 qui1 le premi]1 ouvrit les yeux aux pe9tres vniti5s sur les pompeux paysages de la ,br5ta2 le ,squ>cione1 qui peignit de beaux tableaux p> la ma9 de ses lves2 ,vittore ,c>paccio1 qui rp&ait son me sur ses figures2 ,b5$etto ,diana et ,girolamo de ,santa ,croce1 aubes dj lum9euses de ,giorgione2 ,giam-,batti/a ,cima1 de ,conegliano1 qui rvle la nature p> la vrit des airs de tte2 ,pellegr9o1 ma9 div9e2 ,montagnana1 p9ceau h>monieux2 le correct et savant ,francesca da ,ponti2 ,b>tolomeo1 qui composait ses tableaux avec des feuilles d'or autant qu'avec des c\leurs2 ,&rea di ,murano1 qui ca*e sa s*]esse p> c]ta9s airs de /yle antique2 les ,viv>9i1 les clatants colori/es1 les pe9tres pieux et savants2 ,c>lo ,crivelli1 le ,prug9 exagr de ,v5ise2 le svelte et lgant ,m>co ,basati2 enf9 quelques figures mo9s dignes de l'hi/oire et que l'oubli a voiles dans les demi-te9tes4 ,sur le panneau c5tral n\s voyons app>atre quatre gr\pes t\t rayonnants4 ,c'e/ d'abord ,giorgione la t\*e h>die et dore2 ,pietro ,luz9o1 son lve et son rival1 qui de la pe9ture cavalire tait tomb dans l'art des grotesques1 qui enleva la matresse de son matre et le tua p> le *agr92 ,sba/i5 del ,piombo1 autre disciple de ,giorgione1 qui1 la mort de ,raphal1 fut salu1 en face de ,jules ,roma91 le premi] pe9tre de l',italie2 ,giovanni d',ud9e1 qui eut un in/ant la palette de ,giorgione et le p9ceau de ,raphal2 ,francesco il ,moro1 qui avait la ma9 p\r excut] qu& ,jules ,roma9 ou t\t autre v\lait bi5 p5s] p\r lui2 ,lor5zo ,lotto1 qui temprait son p9ceau vhm5t p> le jeu des demi-te9tes1 qui m\rait les ma9s jo9tes devant une image de la ,vi]ge de sa cration1 digne des figures de ,lon>d de ,v9ci2 ,palma le ,vieux1 le pre de ,violante1 le matre de ,bonifacio1 ,palma1 qui avait l'air de ca*] son p9ceau dans ses adorables ttes de ,vi]ges inspires p> la beaut de sa fille1 avant qu'elle et r5contr ,tiziano2 le rude et d\x ,rocco ,m>coni2 ,brusasorci1 le pote pique1 qui avait pris une palette au lieu d'une plume2 ,p>is ,bordone1 ple9 de grces et de s\rires2 le robu/e1 le *>mant1 le passionn ,pord5one1 qui rivalisa avec ,tiziano le p9ceau la ma9 et l'pe au ct4 ,c'e/ ensuite le gr\pe de ,tiziano1 le gr& matre2 ,nicolo di ,/efano1 ,francesco1 ,orazio1 ,fabrizio1 ,ces>e1 ,tommaso et ,m>co ,vicelli2 ,tizianello et ,girolamo di ,tiziano1 t\s de la famille du roi des colori/es1 font c]cle aut\r de lui1 a9si que ,bonifacio1 l'ombre de son corps2 ,campagnola l'rudit2 ,calislo ,piazza1 qui signait ses tableaux ,tiziano sans (f5s] p]sonne1 pas mme ,tiziano4 ,au troisime gr\pe1 on voit rayonn] sur un fond d'outrem] un peu c5dr la figure aux te9tes v9euses du vhm5t et dlicat ,t9toretto1 qui1 *ass de l'ateli] du jal\x ,tiziano1 avait crit sur le mur de sa pauvre *ambre3 ,le dess9 de ,mi*el-,ange et le coloris de ,titi52 ,t9toretto1 qui et t un des plus gr&s pe9tres1 si1 dans beauc\p de ses tableaux1 il ne se ft tr\v indigne de ,t9toretto4 ,prs de lui app>at ,dom5ico ,t9toretto1 qui suivit les traces de son pre1 comme ,ascagne suivit celles d'ne2 ,m>ia ,t9toretto1 l'ange de la maison1 qui fut belle p> le cur1 p> la figure et p> le gnie1 la joie et la d\leur de son pre1 qui avait s\ri son b]ceau et qui pleura t\tes ses l>mes sur son c]cueil4 ,t\t prs de ,t9toretto1 saluez1 dans cette cl>t d\teuse1 mais d'un effet magique1 cette ar*e de ,no o ce gnie in/9ctif1 qui se nomme ,bassano1 s'amuse comme un enfant avec t\s les animaux antdiluvi5s4 ,il e/ ent\r de ses quatre fils1 t\s m>qus du mme air de tte1 de ,jacopo ,apollonio et de ,jacquo ,guadagn9i1 qui le rappell5t de lo92 d',antonio ,luzz>9i1 ce noble ,vniti5 qui le reproduisit jusqu' l'illusion4 ,voici le quatrime gr\pe1 qui se dta*e sur un fond transp>5t devant un palais sveltes colonnes1 portiques maje/ueux1 o l'on clbre quelque pieux fe/9 avec une magnific5ce t\te paenne4 ,reconnaissez-v\s ce gr& seigneur de la pe9ture son riant air de tte1 l'lgance de ses m\vem5ts1 la spl5deur ?trale de son co/ume8 ,c'e/ ,paolo ,vronse2 il s'appuie non*alamm5t sur son frre ,b5$etto1 le pe9tre des ornem5ts et de la p]spective1 il entrane sa suite ses deux fils3 ,c>lo et ,gabriele1 qui ne fur5t que des enfants de gr& homme2 ,p>asio et del ,friso1 qui ont eu aussi une "p d'hritage2 enf9 t\s les imitateurs s]viles4 ,n\s sommes au deuxime volet2 nos yeux1 bl\is p> tant d'clat1 tant de magie1 tant de rayonnem5t1 ne di/+u5t pas d'abord ces te9tes grises t\ffes p> l'ombre4 ,cep5dant n\s voyons app>atre ,jacopo ,palma1 le matre des maniri/es1 celui-l qui fut le d]ni] du sicle d'or et le premi] du sicle d'alliage1 ce p9ceau magique1 cette palette de fe1 ce gnie indcis qui allait de ,raphal ,vronse1 de ,mi*el-,ange ,t9toret1 gr& matre1 si les tableaux de ces quatre matres n'exi/ai5t plus4 ,on voit aussi dans l'ombre se dess9] vaguem5t ,bos*9i1 qui peignait comme un matamore se bal2 ,corona le gr&iose2 ,v9c5tio1 le pe9tre hi/ori5 de la rpublique2 ,p]&a1 le pote2 ,malombra1 le portraiti/e2 le d\x et gracieux ,pilotto4 ,plus lo9 encore1 on ap]oit la secte des tnbreux qui v9r5t1 au dix-septime sicle1 apport] ,v5ise le /yle de ,c>avaggio1 comme ,triva1 ,s>ac9i1 ,/rozza1 ,b]ev5si1 ,ric*i4 ,l'il e/ attir p> un gr\pe qui rappelle au premi] aspect le beau rgne de la pe9ture vniti5ne4 ,c'e/ ,cont>9o1 ,tib]io ,t9elli1 le lum9eux et dlicat ,f>abosco1 ,belleti1 ,c>lo ,ridolfi1 ,vec*ia4 ,mais voil que l'ombre se d*ire comme la brume au soleil levant2 quelle e/ cette figure radieuse8 ,n'e/-ce pas encore ,titi5 ou ,vronse8 ,c'e/ ,v>ot>i le ,pad\an4 ,quelle grce et quelle n]gie6 quel am\r du beau romanesque6 ,c>1 le beau absolu n'e/ plus l4 ,comme l',ario/e battrait des ma9s6 ,les femmes de ,titi5 et de ,vronse n'ont pas cette ds9volture hroque et cette fra*eur saisissante4 ,mais o e/ le dess98 ,le ,pad\an e/ ent\r de ses lves ,scalig]1 ,rossi et ,c>pioni2 il laisse un peu de place ,lib]i dans le gai cortge de ses am\reuses c\ronnes de roses2 au f>\*e et puissant ,piazetta1 qui t9celle dans l'ombre2 ,canaletti1 le paysagi/e de ce pays o il n'y a pas un co9 de t]re2 l'imptueux et s\riant ,tiepolo1 qui fut le d]ni] ,vniti51 p>ce que ,rosalba tait une femme4 ,que de figures dignes de mmoire j'ai noyes dans le lo9ta9 nuageux de ce tableau6 ,et p\rtant1 j'ai entass ,plion sur ,ossa1 confusion sur confusion4 ,la r5omme e/ une p>esseuse qui se cont5te de prononc] et l un beau nom et qui r$it t\j\rs le mme4 ,que de potes et d'arti/es qui ont eu le gnie et qui n'ont pas eu la gloire6 ,ds mon arrive ,v5ise j'ai p5s que l'idal tait une inv5tion du ,nord2 le ,midi n'e/ jamais va9cu p> l'art4 ,v5ise1 ni ,bell9i1 ni ,giorgione1 ni ,titi51 ni ,vronse n'ont surpass dans leurs madones ou leurs c\rtisanes la beaut des filles de l',adriatique4 ,les matres vniti5s1 comme les matres flam&s1 ont reproduit avec tant de vivante vrit l'uvre de ,dieu1 qu' *aque pas1 ,anv]s ou ,v5ise1 on croit r5contr] un tableau ou un portrait4 ,on s'arrte t\t m]veill1 on croit d'abord salu] le pe9tre--,rub5s ou ,vronse--c'e/ ,dieu qu'on salue4 ,mais ,v5ise semble tre encore auj\rd'hui l'ateli] de ,paul ,vronse4 ,le premi] tableau qui frappa mes yeux1 qu& je db>quai dans la ville des ,doges1 fut un tableau vivant du pe9tre des ,noces de ,cana4 ,c'tai5t quatre jeunes filles blondes1--brunes reflets dors1--des filles du peuple vives et p>esseuses1 la fois *]*ant le soleil et le gondoli]4 ,*aque fille du peuple1 ,v5ise1 a deux amants p>eillem5t aims3 le soleil et le gondoli]2 le rgne de l'un comm5ce qu& l'autre f9it le si54 ,en voyant pass] dans leur non*alance de re9e et leur ds9volture de c\rtisane ces belles filles lies p\r tre belles et non p\r le travail1 j'admirais t\r t\r ,dieu dans son uvre et ,paul ,vronse p> le s\v5ir4 ,elles allai5t pe9e vtues de l'air du temps4 ,elles n'ont ni bonnet1 ni *apeau1 ni aucune de ces horribles inv5tions des femmes du ,nord qui ont peur de s'enrhum]4 ,leurs *eveux abondants sont pe9e ret5us p> un peigne dor4 ,il y a t\j\rs quelque t\ffe rebelle qui s'*appe bruyamm5t comme une g]be d'or4 ,leur robe e/ pe9e agrafe2 leur corsage orgueilleux rappelle celui de la matresse du ,titi5 au muse du ,l\vre2 il n'e/ pas beauc\p plus voil4 ,elles se drap5t en *lamyde avec une maje/ ori5tale dans un *le de c5t s\s4 ,quelquefois elles se drap5t sur la tte comme les ,espagnoles4 ,elles tran5t avec beauc\p de grce des mules de bois ou de m>oqu9 d'une jolie c\pe1 haut talon#ac4 ,elles sont t\tes colori/es2 elles *]*5t les c\leurs amies ou les oppositions h>monieuses4 ,il semble qu'elles ai5t t l'ateli] des pe9tres vniti5s du sicle d'or4 ,c'e/ bi5 le mme effet viol5t1 le mme am\r des te9tes ard5tes1 le mme /yle t(f1 n'atteignant que et l au sublime1 mais clatant t\j\rs en magnific5ces ?trales2 le /yle de ,vronse ,v5ise1 de ,rub5s ,anv]s1 de ,giordono ,naples et de ,delacroix ,p>is4 ,cicron n'et pas aim les femmes de ,v5ise1 mais ,pl9e les et adores4 ,titi51 le roi des colori/es mme en face de ,rub5s1 mme en face de ,vronse1 ne reconnaissait que trois c\leurs1 le blanc1 le r\ge et le noir2 il y tr\vait ses ciels1 ses ,violantes1 ses doges1 ses arbres et ses rayons4 ,les femmes du peuple1 ,v5ise1 n'aim5t que ces trois c\leurs2 elles y tr\v5t t\te la palette de leur coquett]ie4 ,elles j\5t de ces trois c\leurs comme le paon j\e de sa queue et comme la ,p>isi5ne j\e de son v5tail4 ,le soleil a*ve et signe le tableau4 ,comme a si bi5 dit le prsid5t de ,brosses1 on p\rrait appel] ,sa9t-,sba/i5 l'cole de ,paul ,vronse4 ,on y voit la gradation de son gnie1 de ses div]s ouvrages et de t\tes ses manires4 ,le plafond de la sacri/ie1 reprs5tant le ,c\ronnem5t de la ,vi]ge1 p> o il a comm5c n'e/ qu'un comm5cem5t4 ,les plus belles pe9tures qu'il ait faites ,sa9t-,sba/i5 sont le plafond de l'glise1 reprs5tant l',hi/oire d',e/h]2 les portes de l'orgue1 reprs5tant au dehors la ,purification et la ,gurison du p>alytique2 le tableau reprs5tant ,sa9t-,sba/i5 devant le tyran1 celui de ,sa9t-,sba/i5 li un tronc d'arbre2 dans le rfectoire3 le ,gr& ,fe/9 de ,jsus-,*ri/ *ez ,simon le lpreux1 et surt\t le ,m>tyre de sa9t ,m>c et de sa9t ,m>cellian1 ouvrage trs-bi5 compos1 o t\t se rapporte au sujet1 *ose r>e dans les ordonnances de ,paul1 qui n'a pas mieux connu l'unit d'action que le co/ume4 ,quant ses quatre gr&s fe/9s1 le premi] de t\s1 sans contr$it1 e/ celui des ,noces de ,cana1 pe9t dans le rfectoire de ,sa9t-,georges2 celui *ez le ph>isi51 qui tait ci-devant aux ,s]vites1 et qui e/ prs5t ,v]sailles1 dans le gr& salon d',h]cule2 puis celui *ez le lvite1 pe9t l'glise des ,sa9ts-,jean-et-,paul2 et enf9 celui que l'on voit ici ,sa9t-,sba/i51 qui e/ le mo9dre des quatre4 ,paul ,vronse s'e/ beauc\p copi lui-mme dans t\s ses ouvrages1 mais surt\t dans ses quatre fe/9s4 ,enf9 ,san ,giorgio1 dans le fond du rfectoire1 les ,noces de ,cana de ,paul ,vronse1 tableau non-seulem5t de la premire classe1 mais des premi]s de cette classe4 ,on peut le mettre en comp>aison avec la bataille de ,con/ant9 contre le tyran ,max5ce1 pe9te au ,vatican1 p> ,raphal et p> ,jules ,roma91 soit p\r la gr&eur de la composition1 soit p\r le nombre inf9i des p]sonnages1 soit p\r l'extrme beaut de l'excution4 ,il y a bi5 plus de feu1 plus de dess91 plus de sci5ce1 plus de fidlit de co/ume que dans la bataille de ,con/ant92 mais dans celui-ci1 quelle ri*esse6 quel coloris1 quelle h>monie dans les c\leurs6 quelle vrit dans les t(fes6 quelle ordonnance et quelle ma*9e tonnante dans t\te la composition6 ,l'un de ces tableaux e/ une action vive1 et l'autre e/ un spectacle4 ,il semble dans celui-ci qu'on aille pass] t\t au trav]s des portiques1 et que la f\le des g5s qui y sont assembls v\s fass5t compagnie#ad4 ,p\rquoi t\s les pe9tres vniti5s sont-ils colori/es8 ,c'e/ que t\s ont eu en naissant le spectacle de la c\leur dans ses oppositions les plus vives4 ,ni ,rome1 ni ,flor5ce ne produis5t de p>eils effets2 les te9tes y sont plus fondues1 les aspects mo9s saisissants4 ,v5ise1 ri5 n'e/ tranquille2 la cit semble flott] d\cem5t sur les vagues1 le ciel pr5d les tons les plus div]s1 le m\vem5t du port1 les gondoles qui vont et vi5n5t1 les silh\ettes moresques et byzant9es1 les m>bres et les pe9tures des palais1 les jupes r\ges des femmes du peuple1 les *les brods d'or des patrici5nes1 les co/umes v>is de t\tes les nations1 qui1 au seizime sicle1 se donnai5t r5dez-v\s ,v5ise1 comme un /eeple-*ase du luxe1 =mai5t le tableau le plus clatant qui ft au monde4 ,et je ne p>le pas de l'bl\issant c>naval de ,v5ise6 ,les pe9tres vniti5s sont t\s colori/es p> une autre raison3 ils n'ont pas reg>d dans la vie avec les yeux de l'me2 ils n'ont pas ouv]t les portes d'or de l'invisible et de l'inf9i2 ils se sont cont5ts de s\rire au monde prissable sans press5tir le monde immortel4 ,ils ont cueilli la fleur de la vie sans s'ap]cevoir que dans le calice il y avait une l>me du ciel4 ,c'e/ la faute de la bruyante et folle ,v5ise o la mditation n'avait pas un refuge4 ,qu'il y a lo9 des rv]ies am\reuses du ,corrge aux nymphes *>nelles de ,titi5 qui peignait au milieu de ses amis1 de ses disciples1 de ses matresses4 ,avec ,corrge qui vivait seul1 la volupt e/ t\te en flammes1 mais elle a des ailes2 avec ,titi51 c'e/ une femme c\*e qui entr'ouvre un rideau4 ,v5ise n'a jamais ress5ti les inquitudes de la p5se2 elle a aim ,dieu sans s'lev] jusqu' lui2 elle s'e/ enivre de la beaut rayonnante de ses femmes et des grappes dores de la ,lomb>die4 ,la m]1 qui lui apportait1 comme une esclave jamais docile1 t\s les trsors de l',asie1 t\t le luxe et t\t l'esprit de l',europe1 la m]1 aux heures de tempte ou de calme1 ne lui a jamais apport les sol5nelles mditations qui font les rveurs et les potes4 ,v5ise n'a lu1 p\r a9si dire1 que le roman de la vie2 elle c\tait les folles *ansons du banquet qu& la philosophie lui v\lait enseign] ses pres vrits1 ou bi5 elle attirait la philosophie au banquet1 et lui v]sait1 p> la ma9 d'une belle fille aux se9s nus1 le meilleur v9 de ,*ypre qui et voyag sur la m]4 ,l'abb ,lanzi1 ce beau rhtorici5 des arts pla/iques1 convi5t que dans t\te la rpublique de ,v5ise1 t]re et m]1 bois et vagues1 palais et *aumires1 jusqu'aux pigeons de la place ,sa9t-,m>c1 t\t a un acc5t plus vif qu'ailleurs3 le soleil plus am\reux1 a dit un pote1 y colorant mieux la nature que dans les autres pays4 ,mais l'abb ,lanzi dcide du premi] c\p que le climat ne cre pas les colori/es4 ,les ,flam&s et les ,holl&ais1 qui viv5t s\s un ciel si froid1 sont d'aussi beaux colori/es que les ,vniti5s4 ,si l'abb ,lanzi et voyag en ,fl&re et en ,holl&e1 il n'aurait pas rsolu si lgrem5t cette "q t\j\rs jug]4 ,comme ,v5ise1 et p> d'autres effets1 la ,fl&re et la ,holl&e ont un acc5t plus vif au reg>d que les autres pays2 le ciel y e/ noir ou blanc1 ou la lumire clate ou l'ombre acc5tue les objets2 la t]re e/ r\ge ou brune1 qu& elle n'e/ pas revtue de cette admirable robe v]te t\t emp]le de rose4 ,les maisons de briques1 les toits d'ardoises1 les arbres luxuriants dc\p5t vif leur silh\ette sur les prairies1 sur les tangs1 sur les canaux2 les paysans1 des colori/es sans le savoir1 s'habill5t de la9e r\ge2 les tr\peaux de bufs et de va*es se dta*5t en vigueur sur l'h]be claire p> leurs poils r\x ta*ets ou zbrs de blanc et de noir4 ,d'ailleurs1 ,am/]dam et ,anv]s1 comme ,v5ise1 tai5t1 au sicle des pe9tres1 des ports de m] o passai5t les quatre p>ties du monde1 tableau t\j\rs clatant de l'imprvu4 ,les yeux des arti/es n'avai5t pas le temps de s'habitu] aux te9tes effaces de l'habitude2 les aspects n\veaux rveillai5t les reg>ds des arti/es et passionnai5t leur p9ceau3 les ports de m] sont t\s colori/es3--,rembr&t1 ,rub5s et ,vronse1--,am/]dam1 ,anv]s et ,v5ise4 ,cet en*anteur1 dont le p9ceau tait la baguette des fes1 ne se reposait jamais4 ,il ne se reposa que dans la mort4 ,on sait comm5t il peignit sa ,famille de ,d>ius4 ,ses amis1 effrays de son labeur surhuma91 le conduisir5t en p>tie de campagne dans une des belles villas qui se mir5t sur la ,br5ta4 ,l au mo9s1 disai5t-ils1 il se crois]a les bras1 et vivra de la vie des arbres et des fleurs4 tes-v\s cont5ts de moi8 dem&a ,vronse ses amis aprs huit j\rs de f> ni5te4--,oui1 n\s sommes cont5ts1 c> te voil rev5u toi4 ,tu s]ais mort la pe9e si n\s ne t'avions arra* ton ateli]4 ,or1 t\t en j\ant avec ses amis1 t\r t\r gai convive1 bon musici51 intrpide *asseur1 il avait pe9t1 dans ses mat9es1 p5dant que t\t le monde dormait1 ce beau tableau de la ,famille de ,d>ius1 qu'il laissa comme s\v5ir ses htes4 ,v5ise1 t\te ple9e de ses *efs-d'uvre1 a-t-elle religieusem5t g>d le s\v5ir de ,paul ,vronse8 ,auj\rd'hui enf9 on a taill le m>bre du tombeau de ,titi51 mais on oublie ,paul ,vronse dans ,sa9t-,sba/i51 o l'araigne file sil5cieusem5t sa toile sur les uvres du gr& colori/e4 ,j'ai pass t\t seul une aprs-midi devant ces pe9tures radieuses4 ,il m'a pris peu peu une pr(onde tri/esse la p5se qu'il tait l1 seul1 dans la d\ble nuit de la tombe1 celui qui avait vcu en si bruyante et si joyeuse compagnie1 celui qui avait si longtemps drob an soleil ses rayons et sa gaiet4 ,mais l'me de ,paul ,vronse e/ t\te dans son uvre4 tudiez ses fe/9s2 c'e/ l qu'il a vcu1 c'e/ l qu'il vit t\j\rs4 ,comme ces palais1 son ateli] tait peupl de patrici5s1 de potes1 d'arti/es et de femmes romanesques t\r t\r madones et c\rtisanes1 ,vi]ges et desses4 ,ces beaux *i5s1 ces ri*es t(fes1 ces ngrillons1 ces c\pes1 ces fruits1 ces fleurs1 t\t ce qui e/ le luxe des yeux1 c'tait son luxe4 ,je me trompe1 il avait un autre luxe3 le luxe des enfants4 ,sa femme tait belle et il l'adorait avec l'me de l'arti/e et de l'amant4 ,aussi1 qu& il m\rut avant l'heure1 on pronona cette oraison funbre3 ,p\rquoi e/-il mort3 t\t le monde l'aimait et il tait heureux6 ,ce j\r-l on aurait pu inscrire sur son tombeau3 ,ci-gt le gr& art vniti54 ,note #ac3 ,elles sont d'assez belle taille cep5dant p\r ne pas rappel] les v]s de ,juvnal3 ,virg9e ,pygmaea nullis ad'uta co?urnis1 ,breviorque videtur ,note #ad3 ,paul ,vronse a reprs5t au naturel les plus fameux pe9tres vniti5s excutant un conc]t4 ,au-devant du tableau1 dans le vide de l'intrieur du tricl9ium1 le ,titi5 j\e de la basse2 p\r lui1 il j\e de la viole3 le ,t9toret du violon1 et le ,bassan de la flte1 ,vronse a v\lu faire allusion au feu brillant de son p9ceau1 la pr(onde sci5ce et l'excution l5te et sage du ,titi51 la rapidit du ,t9toret et la suavit du ,bassan4 ,rem>quez l'att5tion que donne ,paul ,vronse un homme qui vi5t lui p>l]1 et la susp5sion de son ar*et4 ,une gr&e figure deb\t t5ant une c\pe la ma91 vtue d'une t(fe l'ori5tale1 blan*e et v]te1 e/ celle de ,b5$etto1 son frre4 ,figure #i3 ,anne de ,boleyn d'aprs ,holbe9 ,,holbe9 ,rub5s1 qui jugeait en matre1 disait de ,holbe93 ,c'e/ le pe9tre de la vrit qui p>le et qui p5se4 ,en effet1 ,holbe9 pr5ait la nature face face et ne dposait son p9ceau qu'aprs l'avoir va9cue2 c> ce n'tait pas seulem5t la nature visible qu'il jetait vaillamm5t sur la toile ou le panneau1 c'tait l'me de la nature4 ,qu& on passe devant un portrait d',holbe91 s\s l'corce s\v5t rude des hommes de son temps on voit transp>atre1 comme le ciel trav]s les nues1 les ides et les passions du seizime sicle4 ,*ez ce gr& pe9tre l'art n'e/ pas le beau m5songe de la vrit1 c'e/ la vrit brle-p\rpo9t4 ,*ez ,rembr&t le ralisme a des mirages de posie jusque dans ses brutalits2 le matre de ,leyde1 enivr p> sa palette1 t\*e d'une ma9 triomphante la gamme des tons2 il j\e de la lumire avec tant d'am\r1 qu'il dpasse les jeux de la lumire2 il arrive l'idal1 =ce de vrit1 comme d'autres y vont en fuyant la vrit4 ,holbe9 a mo9s de gnie que ,rembr&t2 il ne se passionne pas2 la raison le met en g>de contre t\s les cueils2 son soleil ne bride pas2 mais il n'y a pas de ta*es son soleil4 ,si j'ai p>l de la raison d',holbe91 ce n'e/ pas p\r lui ni] la posie2 il tait l'ami de ce railleur philosophe qui crivait l'loge de la folie1 et il traduisait lui-mme ce *ef-d'uvre avec la po9te vive et lum9euse d'un graveur famili] au miracle de l'esprit4 ,qu& il peignit ses fameuses fresques3 la ,danse de la ,vie1 et la ,danse de la ,mort sur les murs de la ,poissonn]ie1 et sur les murs du cimetire ,ble il tait emport p> ces belles inspirations qu'ont fcond les potes du moy5 ge en ,france et les potes mod]nes en ,allemagne4 ,si on *]*e la filiation ou les analogies1 on tr\ve qu'il n'y a pas lo9 de ,holbe9 ,matsys1 comme il n'y avait pas lo9 de ,matsys ,van ,eyck4 ,c'e/ le mme pr9cipe *ez ces trois pe9tres3 ils sacrifi5t t\t la figure huma9e1 comme plus t>d les pe9tres bruyants sacrifi]ont la figure huma9e aux accessoires#ae4 ,holbe9 e/ n ,augsb\rg en #adgh2 il t5ait ce m]veilleux qu9zime sicle1 qui a cr presque t\s les gr&s pe9tres1 ,lon>d de ,v9ci1 ,raphal1 ,mi*el-,ange1 ,giorgione1 ,titi51 ,corrge1 ,alb]t ,dr]4 ,le pre d',holbe9 tait pe9tre lui-mme2 il eut deux frres qui peignir5t aussi2 mais il e/ seul de sa race1 puisqu'il e/ le seul ,holbe9 qui et du gnie4 ,qu& rasme vit ,holbe9 ,ble1 il jugea du premi] c\p d'il que ce gr& arti/e n'tait pas sur un ?tre digne de lui2 en effet1 ,holbe9 avait conquis1 p> ses premires uvres1 les plus curieuses s9on les plus capitales1 t\te la r5omme que peut donn] un p>eil pays4 ,mais ce ne fut pas la seule raison qui porta rasme conseill] l',anglet]re ,holbe92 rasme tait entr familirem5t de gnie gnie dans l'intrieur du pe9tre de ,ble3 s'il avait tr\v la sagesse de ,socrate en son ami1 il avait tr\v en sa femme la m*ancet de ,xan?ippe4 ,l'orage grondait t\j\rs de la cuis9e jusqu' l'ateli]2 la femme repro*ait au m>i ce pauvre mti] de pe9tre1 qui ne lui donnait ni bij\x1 ni d5telle1 elle1 qui aurait pu p\s] un m>*& d'or4 ,un des frres de ,holbe91 le clair de lune de ce soleil un peu tide1 habitait ,ble4 ,il se nommait ,sigismond1 un nom pe9e crit dans l'hi/oire de l'art4 ,holbe9 le pria de veill] sur sa femme1 disant3 ,je lui laisse t\t ce que j'ai auj\rd'hui1 mais je pr5ds p\r moi dema94 ,dema9 c'tait le meilleur lot1 c'tait la vraie =tune2 mais qu& il eut les ma9s ple9es d'or1 il les ouvrit p\r sa femme4 ,il arriva ,londres avec une lettre de recomm&ation ,?omas ,morus2 cette lettre de recomm&ation1 c'tait t\t simplem5t le portrait d'rasme que le pe9tre prs5ta au *anceli]4 ,c'e/ mon ami6 s'cria ,?omas ,morus en voyant le portrait4 ,et1 ne p\vant embrass] la pe9ture1 il embrassa le pe9tre4 ,puisque c'e/ v\s qui avez fait un p>eil *ef-d'uvre1 v\s tes v\s-mme mon ami3 ma maison e/ la vtre1 mes g5s sont vos g5s1 v\s aurez t\j\rs une place ma table1 mais avec la lib]t d'all] dn] o il v\s plaira1 ma b\rse la ma94 ,holbe9 prit pi$ l'htel du *anceli]2 un des salons t\t peupl de *efs-d'uvre fut son ateli]3 il y recevait ses n\veaux amis1 il y recevait les amis du *anceli]2 mais comme il g>dait ses vives allures et qu'il avait ses heures de misan?ropie1 il f]mait sa porte t\t le monde1 mme ,?omas ,morus1 tantt aimant le bruit1 tantt aimant le sil5ce4 ,il tait de t\tes les ftes du *anceli] qui lui avait donn les habits les plus magnifiques4 ,les blan*es ladies1 qui se has>dai5t jusque devant son *evalet1 ou qu'il c\rtisait au milieu des ftes1 le consolai5t sans d\te un peu de l'abs5ce de sa femme4 ,ce beau tra9 de vie dura trois annes2 ,holbe9 avait pe9t p\r le *anceli] un c]ta9 nombre de portraits et une petite rptition de la ,dame de la ,vie4 ,?omas ,morus invita le roi d',anglet]re un gr& fe/91 o ,holbe9 ne fut pas oubli4 ,au sortir de table1 le *anceli] conduisit ,h5ri ,,viii dans sa gal]ie1 o l'uvre d',holbe9 tait mieux claire que les autres pe9tures4 ,le roi1 frapp de la vrit des figures d',holbe91 qui reprs5tai5t t\tes des hommes de sa c\r1 dem&a qui avait pu faire de si belles *oses2 le *anceli] lui indiqua le portrait d',holbe91 et comme le roi avait dj rem>qu le pe9tre p5dant le dn]1 il le *]*a des yeux1 alla droit lui et le complim5ta4 ,aprs quoi il dit ,?omas ,morus que son pe9tre ord9aire tait le pe9tre d'un roi4 ,sire1 lui dit le *anceli]1 t\s ces portraits1 je v\lais v\s les (frir4--,non1 dit ,h5ri ,,viii1 g>dez les portraits et donnez-moi le pe9tre4 ,ce fut dans cette royale priode qu',holbe9 peignit le beau portrait en pi$ du roi1 celui du pr9ce d\>d1 celui des pr9cesses ,m>ie et lisabe?1 celui des m9i/res1 et1 entre autres1 ,cromwell1 ,?omas ,morus et l'ar*evque de ,cantorbry4 ,il reproduisit plusieurs fois le portrait du *anceli]1 tantt seul1 tantt avec sa femme et ses enfants4 ,l'or tombait de son p9ceau1 et comme plus t>d ,van ,dyck la c\r de ,*>les ,i]1 il vivait en gr& seigneur1 aimant mieux tre ri*e au j\r le j\r que de ?sauris]4 ,sa fi]t naturelle prit encore un c>actre plus absolu4 ,un j\r qu'il s'tait enf]m dans son ateli]1 il lui arriva une av5ture que je veux laiss] cont] navem5t p> un de ses r>es hi/ori5s3 ,un des premi]s comtes d',anglet]re v\lut le voir travaill]4 ,holbe9 s'excusa polim5t2 mais le seigneur1 croyant qu'on devait t\t son rang1 p]si/a et v\lut =c] la porte4 ,l'arti/e1 irrit1 jeta le comte du haut de l'escali] en bas1 et se r5f]ma d'abord dans son app>tem5t2 mais1 p\r *app] la fureur du seigneur et de sa suite1 il se sauva p> une f5tre dans une petite c\r1 et fut se jet] aux pi$s du roi1 en lui dem&ant sa grce sans dire son crime4 ,il l'obt9t du mon>que1 qui lui m>qua sa surprise4 ,lorsque ,holbe9 lui eut racont1 ce qui s'tait pass1 il lui dit de ne pas p>atre que cette affaire ne fut t]m9e4 ,on apporta bi5tt le seigneur anglais t\t meurtri et ensanglant3 il fit pla9te au roi1 qui *]*a le calm]1 en excusant la vivacit de son pe9tre4 ,le comte1 piqu alors1 ne mnagea po9t ses t]mes2 et le roi1 peu acc\tum se voir manqu] de respect1 lui dit3 ,monsieur1 je v\s df5ds sur votre vie d'att5t] celle de mon pe9tre4 ,la diffr5ce qu'il y a entre v\s deux e/ si gr&e1 que de sept paysans1 je peux faire sept comtes comme v\s1 mais de sept comtes je ne p\rrais jamais faire un ,holbe94 ,la f]met du roi et quelques autres m5aces fir5t peur au seigneur anglais1 qui dem&a p>don au roi et promit sur sa tte de ne tir] aucune v5geance de l'outrage que lui avait fait ,holbe94 ceux qui aim5t les curiosits hi/oriques je rappell]ai qu'un autre gr& pe9tre allem&1 ,alb]t ,dr]1 qui m\rut l'ge o m\rut ,holbe91 et qui1 comme ,holbe91 fut m>i une ,xan?ippe qui l'obligea1 plus d'une fois1 c\rir le monde1 avait fait avec l'emp]eur ,maximili5 la premire dition de cette lg5de4 ,on sait1 en effet1 qu'un j\r1 dess9ant sur une muraille1 il avait t\tes les pe9es du monde se t5ir sur la po9te des pi$s4 ,maximili5 dit un g5tilhomme de lui s]vir d'*elle p\r un in/ant4 ,le g5tilhomme reprs5ta humblem5t qu'il tait prt obir1 mais qu'il tr\vait cette position trop humiliante1 et que c'tait avilir la noblesse que de la faire s]vir de m>*epi$4--,alb]t ,dr]1 rpondit l',emp]eur1 e/ plus noble que v\s p> ses tal5ts2 d'un paysan je puis faire un noble1 mais d'un noble je ne p\rrai jamais faire un tel arti/e4 ,et1 sur-le-*amp1 ,maximili5 ennoblit ,alb]t ,dr]4 ,holbe9 m\rut de la pe/e comme ,titi54 ,il m\rut ,londres1 pe9e g de c9quante-six ans1 mais combl de gloire et de bi5s1 dit le naf ,descamps4 ,combl de gloire1 voil qui e/ beau2 mais quoi bon t\s ces bi5s aprs lui1 puisqu'il ne lui re/ait pas mme un enfant p\r les recueillir4 ,s&r>d raconte une conv]sation entre ,rub5s et plusieurs pe9tres sur le gnie de ,holbe93 ,rub5s tant v5u voir ,hon/ror/ ,utre*t et p\rsuivant son *em9 jusqu' ,am/]dam1 il fut accompagn de plusieurs arti/es holl&ais4 ,comme on p>lait en *em9 des ouvrages des habiles g5s1 ,holbe9 entre autres1 ,rub5s en fit l'loge et conseilla de bi5 reg>d] la ,danse des ,morts de ce pe9tre1 soit devant la fresque mme1 soit p> les gravures de ,/im]s4 ,le gr& pe9tre d',anv]s confessa qu'il avait1 dans sa jeunesse1 dess9 t\tes les figures de la ,danse des ,morts4 ,rub5s avait raison2 *aque matre e/ une cole2 *aque matre rp& un rayon sur les r\tes nocturnes o s'g>5t les esprits mdiocres1 o1 seules1 les intellig5ces d\es se retr\v5t4 ,le gnie de ,holbe9 fut reconnu p> les ,itali5s comme p> les ,flam&s4 ,qu& ,zucc>o1 qui tait v5u l'appel du roi d',anglet]re1 vit les portraits d',holbe91 il fit clat] sa surprise et s'cria que t\tes ces figures du pe9tre de ,ble ne plirai5t pas devant ,raphal ni devant ,titi54--loge trop itali54-- ,holbe9 tait plus v>i qu'il ne semble au premi] abord4 ,quoiqu'il peignt de la ma9 gau*e1 il tait libre et vif2 t\t tait triomphant dans sa ma91 le p9ceau1 le crayon et la plume4 ,il peignait fresque1 la g\a*e1 l'huile4 ,dans ses j\rs de pati5ce1 c'tait un m]veilleux m9iaturi/e de l'cole d',heml+4 ,il aimait les symboles1 il aimait les contra/es4 ,aprs avoir pe9t la ,danse des ,vivants et la ,danse des ,morts1 il cra ces deux belles pages qui sont presque aussi clbres3 les ,triomphes de la ,ri*esse et les ,misres de la ,pauvret1 o il y a des rehauts d'or travaills avec l'art de l'orfvr]ie4 ,son gnie tait famili] avec t\s les g5res4 ,la pe9ture religieuse lui doit huit pages loqu5tes de la ,passion de ,jsus-,*ri/4 ,t\tefois1 il n'avait pas le /yle de l'hi/oire ni dans la composition ni dans les drap]ies2 il mettait son orgueil g>d] son c>actre tudesque4 ,qu& on lui p>lait de l'antiquit1 cette f5tre ouv]te sur le beau1 il se rejetait sur la nature1 disant qu'il ne fallait pas all] si lo9 p\r voir les modles4 ,c'tait l'op9ion de ,rembr&t4 ,sans d\te ils avai5t raison t\s les deux1 puisqu'ils ont bi5 fait ce qu'ils ont fait1 puisqu'ils ont cr leur momie et qu'ils viv5t aprs plusieurs sicles p> des crations qu'ils ont animes de leur me4 ,allez au ,l\vre ou dans t\t autre gr& muse1 arrtez-v\s devant les figures de ,rembr&t ou d',holbe91 voyez du mme reg>d celles des curieux qui s'y arrt5t1 et1 aprs avoir tudi les unes et les autres1 dites-moi quelles sont les plus vivantes p\r votre esprit1 tant il e/ vrai que les gr&s arti/es1 comm5taires huma9s des m]veilles de la cration1 cont9u5t l'uvre de ,dieu4 ,*ez ,holbe91 quoiqu'il soit t\j\rs colori/e1 le dess9 dom9e la c\leur4 ,dans sa premire manire il e/ sec et dur comme s'il gravait avec son p9ceau2 il a peur de la ligne ondoyante1 qui e/ le gnie de ses contempora9s1 ,corrge et ,titi54 ,il e/ trop correct1 il e/ trop exact p\r t5t] les mirages de l'art1 aussi re/e-t-il le plus s\v5t froid dans la vrit2 il ne voit pas que la nature e/ mo9s prcise que lui1 p>ce qu'elle e/ plus libre4 ,mais dans sa seconde manire1 un sang plus gnreux c\rt en lui1 un vif rayon tombe sur sa palette jusque-l tide et morne4 ,ses portraits sont plus vivants4 ,il avait peur de la pte1 il y g>e son p9ceau et y tr\ve plus de transp>5ce et plus d'clat4 ,il avait1 comme p> miracle1 donn des reliefs en ple9e lumire1 il s'av5ture dans les demi-te9tes et accuse les ombres4 ,il y a t\t un monde entre ,holbe91 du muse du ,l\vre1 et ,holbe91 de la gal]ie de ,hampton-,c\rt4 ,au muse du ,l\vre1 c'e/ la mme note grave et froide2 ,hampton-,c\rt1 il v>ie sa gamme2 s'il ne se passionne pas t\t fait1 son ry?me a plus de m\vem5t et de *aleur4 ,voyez plutt sa ,madele9e au tombeau du ,*ri/1 le ,b\ffon d',h5ri ,,viii1 ,bataille de ,pavie1 la ,revue de ,franois ,i] et d',h5ri ,,viii4 ,c'e/ donc ,londres et ,ble qu'il faut tudi] ,holbe94 ,londres1 p\r les portraits et les tableaux1 ,ble1 p\r les fresques4 ,ble1 la ,danse des ,morts et la ,danse des ,vivants montr5t le pe9tre du pass1 le pe9tre lg5daire dans le cortge des visions du moy5 ge4 ,londres1 c'e/ l'hi/ori5 du seizime sicle1 hi/ori5 exact et svre1 qui dit la vrit mme aux rois1 puisqu'il les pe9t comme ils sont et non comme ils v\drai5t tre4 ,comme t\s les gr&s matres1 ,holbe9 a cela de beau qu'il a sign sa page dans l'hi/oire4 ,un hi/ori5 qui crirait les vnem5ts du seizime sicle sans consult] ,holbe91 se priv]ait de prcieux docum5ts4 ,l'homme d',holbe9 e/ bi5 l'homme de ce temps-l4 ,holbe9 e/ le plus savant des pe9tres nafs2 au premi] aspect on croit qu'il n'a que le secret du pass2 mais si on l'tudie de prs1 on reconnat que l'art n'a pas de secret p\r lui2 il sait t\t fond2 il a mdit sur la pe9ture comme son ami rasme sur la folie huma9e1--j'allais dire la philosophie4 ,note #ae3 ,je ne d\te pas qu',holbe9 n'ait vu ses dbuts des tableaux de ,matsys4 ,j'en ai la preuve dans sa pe9ture d'abord1 mais surt\t dans la visite qu'il lui fit ,anv]s son premi] voyage en ,anglet]re4 ,figure #aj3 ,la fille de ,rub5s4 ,pe9t p> ,rub5s ,,rub5s ,rub5s e/ un gnie pique comme ,homre et ,zeuxis1 comme ,dante et ,mi*el-,ange4 ,ce qu'a dit ,cicron d',homre1 ce qu'a dit ,ari/ote de ,zeuxis peut quelquefois s'appliqu] au s\v]a9 arti/e des ,fl&res4 ,oui1 celui-l aussi avait les yeux et les ailes de l'aigle2 il prfrait le surhuma9 vraisemblable au vrai cl\ sur le sol2 avec les hommes il faisait des dieux1 p>ce qu'il savait voir la nature trav]s les spl5deurs du monde idal#af4 ,l'art e/ l'image du monde3 il a ses luttes et ses sommeils1 ses aspirations et ses dsespoirs4 ,il e/ ptrifi qu& il ne *ange pas1 a dit madame de ,/al4 ,l'art se r5\velle p> les conqutes mod]nes ou p> les dc\v]tes anci5nes1 deux va/es horizons qui l'appell5t t\j\rs4 ,mais le plus s\v5t le gnie1 n'e/-ce pas le don de rp&re la vie et la jeunesse sur des ides et des =mes dj connues8 ,quiconque e/ n =t1 quiconque e/ l'inspir des ,dieux vi5t ram5] le pr9temps dans le monde de l'art4 ,rub5s e/ app>u l'heure de la dcad5ce p\r la pe9ture4 ,l',italie n'avait plus que des matres secondaires2 les ,c>ra*e croyai5t succd] ,mi*el-,ange1 l',albane s'imag9ait cont9u] l'uvre du ,v9ci1 le ,guide prononait devant ses tableaux le div9 nom de ,raphal4 ,une d]nire et glorieuse priode allait p\rtant s'annonc] comme la sve d'aot4 ,rub5s1 ,murillo1 ,p\ss91 ,rembr&t1 ,claude ,lorra91 devai5t faire la gloire du dix-septime sicle2 mais ,rub5s dom9e t\s ces matres p> le c>actre gr&iose de ses crations1 p> les =mes magi/rales de son gnie4 ,d'o v5ait-il1 ce gnie ard5t et av5tureux qui semait la vie ple9es ma9s8 ,e/-il l'hriti] suprme des ,flam&s1 ou1 comme tant d'autres1 ,rub5s e/-il le fils de ses uvres8 ,qu'il n\s soit p]mis de jet] un reg>d rapide sur les sicles dj p>c\rus4 ,dans la premire priode de la pe9ture go?ique1 le s5tim5t du beau idal se rvle et l1 mais trav]s de sombres nuages4 ,l'cole de ,van ,eyck ennoblit la ralit p> l'clat du coloris1 p> le s5tim5t de l'art1 qui1 lui seul1 e/ dj quelquefois le beau2 d'ailleurs1 avant la sci5ce p>faite1 les pe9tres primitifs avai5t l'expression nave1 la simplicit pittoresque et s\v5t sublime1 la svrit ad\cie p> le calme2 mais ce n'tait pas l',idal tr\v p> ,raphal comme p> ,phidias4 ,en va91 dans le sicle qui suivit1 les lvres t\rm5tes de cette soif ard5te du ,beau qui dvore tant de nobles curs1 les pe9tres des ,pays-,bas allr5t dem&] ,rome1 ,flor5ce et ,v5ise le secret des uvres monum5tales1 le secret de ce rayon qui tombe de si haut p\r illum9] d'une lumire t\te div9e la page immortelle d'un arti/e2 ils russir5t imit] les lignes et les nuances1 mais songr5t-ils que c'e/ dans l'me que le pe9tre1 s'il e/ d\1 doit puis] la vie intrieure de son uvre8 ,il faut bi5 av\] qu'il y eut dgnresc5ce dans l'cole flam&e et holl&aise aprs ,heml+ et ,lucas de ,leyde4 ,on vit s'pan\ir plus d'uvres rem>quables1 on ne signa presque plus de pages immortelles4 ,le gnie avait s\t5u ces deux matres dans les hauteurs inaccessibles2 ils ne s'tai5t pas cont5ts de pe9dre1 ils avai5t p5s4 ,a9si ,heml+ tait un pote et un hi/ori54 ,quelle savante navet6 quelle posie sublime en ces tableaux o il reprs5te dans les lo9ta9s les vnem5ts qui ont prcd ou qui vont suivre l'action pr9cipale6 ,lucas de ,leyde tait un pote et un philosophe4 ,il traduisait la ,bible avec un pr(ond s5tim5t biblique et l'int]prtait librem5t comme un p5seur4 ,comme les matres de ,cologne1 comme les ,van ,eyck1 comme ,matsys1 ,heml+ et ,lucas de ,leyde peignai5t d'aprs leur imag9ation et non d'aprs celle des pe9tres trang]s4 ,van ,orley1 ,cocxie1 ,mabuse1 ,s*oorel1 ,hemsk]ke1 ,franc ,floris1 ,otto ,v5ius sont de gr&s arti/es proccups de la ligne itali5ne1 mais non du s5tim5t de ,raphal ni de la gr&iosit de ,mi*el-,ange1 ni de la posie robu/e du ,titi54 ,ils se cont5tai5t de leur drob] un c]ta9 air de famille qui frappait les yeux2 mais le cur1 mais la p5se ne les v\lai5t pas reconnatre p\r des frres ou des fils de ces gr&s matres4 ,rub5s app>ut1 qui sec\a d'une ma9 libre et fire les mauvaises traditions qui allai5t ru9] l'art des ,pays-,bas4 ,ce gr& pe9tre recueillit l'hritage de ses devanci]s1 mais il l'agr&it encore p> des conqutes h>dies et inespres4 ,rub5s tait emport p> une ard5te et orageuse imag9ation jusqu'aux dbau*es de la p5se et de la palette4 ,avait-il compris que les ,fl&res1 dj trop b]ces p> les volupts matrielles1 les ,fl&res depuis longtemps endurcies p> la religion de l'or1 ne s]ai5t dsormais mues que p> les pages gr& fracas1 les drames *rti5s o ruisselle le sang1 les sauvages ripailles de la k]messe1 les alti]s t\rbillons de la fte de village1 les allgories clatantes1 le fa/e bruyants des gr&s seigneurs et la beaut luxuriante des gr&es dames8 ,ou bi51 en crant ce pompeux pome de la *air1 du m\vem5t et du bruit1 o la nature s'lve si haut qu'elle p>vi5t jusqu' voil] le ciel1 ,rub5s obissait-il sa nature t\te paenne8 ,au seul nom de ,rub5s1 une vie clatante se dr\le fa/ueusem5t s\s les yeux4 ,on voit app>atre le palais colonnes et c>iatides4 ,la sculpture dploie sur la faade t\tes ses m]veilles pan\ies1 ses pampres ruisselants1 ses grappes d',am\rs lascifs1 ses *imres audacieuses4 ,le reg>d va de la surprise l'bl\issem5t4 ,dans les c\rs de ce palais1 devant ce p]ron c\v]t de /atues1 les *evaux piaff5t et h5niss5t d'impati5ce2 sont-ce des quipages de pr9ces et d'ar*iducs8 c'e/ l'quipage de ,rub5s lui-mme1 qui va desc5dre de son ateli] p\r all] la c\r4 ,mais la vraie c\r n'e/-elle pas *ez lui8 ,n'e/-ce pas dans son ateli] que se r5contr5t t\s les gr&s seigneurs et t\s les gr&s arti/es8 ,n'e/-ce pas dans son ateli] que sont rp&ues d'une ma9 prodigue t\tes les sa9tes et folles ri*esses cres p\r les yeux3 les belles femmes qui pos5t en ,madele9es1 en c\rtisanes1 en naades2 les t(fes de vel\rs et de soie1 d'or et d'arg5t2 les tapiss]ies feriques1 les tableaux de matres1 les armes ciseles1 les miroirs de ,v5ise1 les gir&oles de ,murano1 les livres images8 ,la ,grce a hsit entre les d\ze patries d',homre1 la ,belgique et l',allemagne rev5diqu5t ,rub5s p>mi leurs illu/res enfants4 ,rub5s e/ n ,cologne1 mais ,rub5s e/ flam& p> l'orig9e comme p> le gnie4 ,en effet1 il tait le fils d'un *ev9 d',anv]s que les proscriptions religieuses avai5t *ass de son pays4 ,d'ailleurs1 il n'avait pas huit ans1 il n'tait pas encore n p\r l'art qu& il suivit ,anv]s sa famille1 qui rev9t habit] son anci5ne maison1 ds que le duc de ,p>me eut remis la ville d',anv]s s\s la dom9ation espagnole4 ,pi]re-,paul ,rub5s naquit donc ,cologne#ag le #bi ju9 #aegg1 dans la mme maison o soixante-c9q ans plus t>d1 p> un de ces hauts caprices de la de/9e1 ,m>ie de ,mdicis1 jamais immortelle p> la palette de ,rub5s1 m\rait ab&onne1 presque sans pa94 ,qui ne s'e/ arrt t\t mu et t\t p5sif devant cette maison jamais clbre dans la comdie huma9e6 ,rub5s tait fils de ,jean ,rub5s1 pr(esseur en droit1 et de ,m>ie ,pipel+s4 ,son aeul tait orig9aire de la ,/yrie4 ,son pre1 qui le de/9ait aux belles-lettres1 lui fit aim] la langue lat9e4 pe9e tait-il entr srieusem5t dans l'tude1 que ,m>gu]ite de ,ligne1 comtesse de ,lela+1 le prit *ez elle en qualit de page4 ,la dame aimait les beaux adolesc5ts2 ,rub5s avait une figure *>mante1 d\ce1 p5sive et spirituelle4 ,le gnie tumultueux qui enflamma sa vie ne rayonnait pas encore sur son front4 ,il p>at mme que les s\p]s lic5cieux de la comtesse de ,lela+ ne fur5t pas longtemps du gt de ,rub5s1 c> il v9t un j\r t\t r\gissant appuy] son front sur le se9 de sa mre en lui confiant qu'il ne v\lait plus ret\rn] dans un htel o l'on vivait comme dans un cab>et4 ,mon pauvre enfant1 ton pre e/ mort2 o iras-tu sans appui8--,*ez ,tobie ,v]haegt4--,tobie ,v]haegt8--,oui4 ,c'e/ un paysagi/e que j'ai vu *ez la comtesse4 ,rub5s ne fut pas pe9tre en naissant1 comme tant d'autres qui appr5n5t dess9] avant d'appr5dre crire2 qu& il prit un p9ceau1 il s'imag9a qu'il tait n paysagi/e4 ,les =tes natures se mett5t presque t\j\rs en r\te sans connatre encore leur *em94 ,tobie ,v]haegt tait un arti/e orig9al1 qui reproduisait la nature avec un c]ta9 c>actre de gr&eur1 sans t\tefois ab&onn] le s5tim5t naf des paysagi/es du ,brabant2 ,rub5s n'eut pas lieu de se rep5tir des tudes qu'il avait faites avec cet excell5t arti/e4 ,ce fut surt\t avec lui qu'il apprit la sci5ce des tons ari5s2 il reconnut bi5tt que ce n'tai5t pas seulem5t des ciels et des rivires1 des prairies et des montagnes1 des fleurs et des =ts qui devai5t tomb] du *aos de sa palette1 mais des hommes et des femmes1 des p5ses et des s5tim5ts4 ,il entra l'ateli] d',adam ,van ,oort1 gnie av5tureux dont la h>diesse sduisit de prime abord le jeune homme4 ,adam ,van ,oort tait n ,anv]s4 ,son pre1 pe9tre et ar*itecte1 fut son matre4 ,il puisa t\t son gnie dans les traditions nationales2 il v\lut tre fran*em5t de son pays1 comme ,abraham ,janss5s1 que n\s allons voir app>atre4 ,la bonne ville d',anv]s n'avait plus de murs depuis que la gu]re avait pr(an ses glises1 depuis que les gr&s seigneurs avai5t banni l'humble v]tu du foy]1 depuis que les gr&es dames enseignai5t l'am\r leurs pages4 ,adam ,van ,oort1 trop tt aveugl p> son gnie1 n'tudia bi5tt que dans les tav]nes enfumes1 au milieu des filles de joie et des pots de v94 ,rub5s avait t attir son ateli] p> un in/9ct secret p\r ces dbau*es de *air et de pampre1 mais surt\t p>ce que t\s les tal5ts en g]me tai5t disciples d',adam ,van ,oort1 tmo9 ,jorda5s1 ,sba/i5 ,franck et ,van ,bal54 ,au temps o clata le gnie de ,rub5s1 les ,pays-,bas comptai5t encore1 sans p>l] des ,franck1 des ,breughel et d',adam ,van ,oort1 plus d'un gr& arti/e1 comme ,gasp>d de ,cray]1 ,jacques ,jorda5s1 ,otto ,v5ius4 ,,ii ,otto ,v5ius1 qui aprs ,coexie et ,floris fut le ,raphal flam&1 v5ait d'arriv] ,anv]s avec une gr&e r5omme4 ,c'tait un savant hi/ori51 un f]v5t arti/e1 un pe9tre pris du /yle3 ,rub5s alla lui4 ,on admire l'art dans les tableaux d',otto ,v5ius1 mais on n'y tr\ve pas l'expression intime de la nature4 ,t\t en quittant les rgions du simple et du vrai1 il ne s'lve pas l'idal4 ,il a plus d'ampleur1 plus d'clat1 plus de v>it que ses devanci]s2 c'e/ bi5 la prface de ,rub5s1 mais on *]*e encore qu& on a longtemps tudi son uvre4 ,sa9te simplicit flam&e1 o es-tu8 ,c'en e/ fait de toi1 n\s ne le retr\v]ons plus dans les gr&es pages4 ,sneyd]s lui-mme donn]a ses btes le c>actre pique#ah4 l'ateli] d',otto ,v5ius1 ,rub5s eut d'abord un rival srieux dans ,nicolas de ,liemack]1 surnomm ,roose1 qui avait l'in/9ct des gr&es compositions4 ,rub5s admira sans jal\sie son tal5t gr\p] les figures1 le gt savant de son dess91 la h>diesse de son coloris4 ,plus t>d1 ,rub5s1 dj reconnu le plus gr& pe9tre de son sicle1 demeura fidle cette admiration p\r ,roose4 ,il fut appel ,g&1 o s'tait tabli son condisciple1 p\r pe9dre au retable d'un autel la *ute des anges rebelles4 ,messieurs1 dit-il aux membres de la confrrie1 qu& on possde une rose si belle1 on peut bi5 se pass] de fleurs trangres4 ,le pe9tre de ,g& se montra digne de ces p>oles2 sa ,*ute des ,anges rebelles p\rrait sans affront port] la signature de ,rub5s4 ,t\t en reconnaissant la sci5ce et le /yle d',otto ,v5ius1 ,rub5s1 dj pntr du naturalisme flam&1 eut le bon esprit de ne pas sacrifi] ce n\veau matre les uvres robu/es et orig9ales d',adam ,van ,oort4 ,otto ,v5ius1 mme dans ses h>diesses1 avait des timidits aux yeux de ,rub5s1 mme dans son ampleur il avait de la s*]esse1 mme dans son clat il tait brumeux4 ,et puis ,otto ,v5ius avait le tort de t\s les rudits1 dans les arts comme dans les lettres3 il peignait trop de p> tel pe9tre vniti5 ou tel pe9tre bolonais1 comme un savant qui indique ses auteurs *aque page4 ,rub5s s5tait en lui-mme trop de s\rces vives jaillissantes dj p\r all] puis] d'une ma9 timide aux s\rces trangres4 ,rub5s quitta son d]ni] matre pe9e g de v+t-trois ans1 soit qu'il craignt de trop subir l'influ5ce d',otto ,v5ius1 soit que celui-ci lui conseillt de voyag]4 ,rub5s eut encore un matre1 matre s\v]a9 dont il faut p>l] ici4 ,ce gr& matre1 ce fut son temps1 ce seizime sicle t\t ple9 des f\gues1 des colres1 des orages de la gu]re civile et de la fureur religieuse4 ,dieu sme le gnie dans le sang des rvolutions2 aprs les gr&es actions vi5n5t les gr&s arti/es4 ,dieu dispose le tableau1 le pe9tre n'a plus qu' le fix] sur la toile4 ,les uns ont la nature p\r s\v]a9 matre1 ils viv5t dans son sil5ce loqu5t et dans ses joies agre/es1 dans la posie de ses mtamorphoses et de ses horizons3 c'e/ ,claude ,lorra91 c'e/ ,ruysdal4 ,les autres1 comme ,o/ade ou ,metzu1 ont p\r s\v]a9 matre le gnie du foy]1 p>ce qu'ils ont vcu les pi$s dans l'tre1 l'il di/rait p> le roman famili] de l'intrieur4 ,ceux-ci1 ,raphal ou ,lesueur1 ont p\r les guid] le ,dieu qui p>le en eux-mmes1 le div9 s5tim5t qui fleurit dans leur me4 ,ceux-l1 ,mi*el-,ange ou ,rub5s1 ont emprunt la f\gue1 le bruit1 la fureur et l'clat de leurs compositions aux rvolutions qui les ont b]cs4 ,aprs avoir quitt ,otto ,v5ius et avant de p>tir p\r l',italie1 ,rub5s1 peut-tre inc]ta9 encore sur son gnie1 passa quelque temps c\rir le monde4 ,il bau*a les portraits de ses amis1 t\s g5til%ommes flam&s ou espagnols4 ,alb]t et ,isabelle accueillir5t la c\r ce jeune pe9tre1 dj g5tilhomme p>le tal5t comme p> la naissance4 ,selon ,s&r>t1 ,rub5s n'alla en ,italie que *>g d'une mission p> l'ar*iduc d',autri*e p\r le duc de ,mant\e1 ,v9c5t de ,gonzague4 ,ce qui e/ hors de d\te1 c'e/ que ,rub5s demeura prs de huit ans la c\r du duc de ,mant\e4 ,mais1 beauc\p plus arti/e que c\rtisan4 t\te heure et en t\t lieu il ne cessait d'tudi] tantt les anci5s potes1 tantt la nature qui passait devant ses yeux1 tantt l'uvre des gr&s matres4 ,il peignait d'ailleurs une gal]ie p\r le duc de ,mant\e4 ,un j\r qu'il reprs5tait le combat de ,turnus et d'ne1 il rcitait haute voix1 p\r anim] son gnie1 ces v]s de ,virgile3 ,ille etiam patriis agm5 ciet444 ,le duc1 qui l'avait c\t1 entra en riant et lui p>la lat91 croyant qu'il n'ent5dait pas cette langue4 ,mais quelle fut sa surprise1 lorsque le pe9tre lui rpondit1 en /yle digne du sicle d'or6 ,il comprit surt\t alors qu'il avait dans son palais un g5tilhomme accompli qui p\vait le s]vir p> son esprit comme p> son tal5t4 ,il lui donna bi5tt une mission p\r ,philippe ,,iii1 roi d',espagne4 ,la mission du pe9tre fut sans d\te de faire des portraits1 c> il peignit ,madrid le roi et t\te sa c\r2 seulem5t les c5t mille pia/res qu'il y gagna fur5t bi5 p\r lui et non p\r son seigneur et matre4 ,rub5s fut si hautem5t r5omm ,madrid1 que le duc de ,bragance1 qui allait dev5ir roi de ,portugal1 crivant un seigneur de la c\r1 le supplia d'am5] avec lui l'ambassadeur du duc de ,mant\e ,villaviciosa1 o le duc faisait sa rsid5ce et mritait dj le surnom de protecteur des sci5ces et des arts4 ,rub5s1 n p\r la pompe des rois1 n p\r le luxe et le fracas1 prit la r\te de ,villaviciosa avec un tra9 considrable1 qui mit en rumeur t\te la prov9ce4 ,la re9e de ,saba allant visit] ,salomon n'tala gure plus de fa/e et de spl5deur4 ,le duc de ,bragance1 dit ,descamps1 effray de la dp5se qu'un tel hte p\rrait occasionn]1 dp*a un g5tilhomme au-devant de l'arti/e1 qui n'tait plus qu' une j\rne de sa c\r1 p\r le pri] de remettre sa visite un autre temps4 ,ce complim5t tait accompagn d'une b\rse de c9quante pi/oles1 p\r ddommag] ,rub5s de sa dp5se et des heures qu'il avait p]dues4 ,rub5s rpondit qu'il ne recevrait pas ce prs5t et qu'il visit]ait le duc de ,bragance4 ,je ne suis po9t v5u pe9dre1 mais p\r m'amus] p5dant une sema9e ,villaviciosa4 ,que v\lez-v\s que je fasse de c9quante pi/oles8 ,j'en ai apport mille p\r les dp5s] p5dant mon sj\r4 pe9e de ret\r ,mant\e1 le duc1 qui v\lait avoir une imm5se gal]ie due ,rub5s1 l'envoya copi] ,rome les tableaux des gr&s matres4 ,jusque-l cep5dant ,rub5s1 qui avait quitt les ,fl&res p\r all] s'enivr] de lumire devant l'cole de ,v5ise1 n'avait pu tudi] les matres de la c\leur itali5ne4 ,de ,rome il alla ,v5ise4 ,qu& il se vit en face des ,titi51 des ,t9toret et des ,vronse1 il s5tit plus que jamais qu'il tait n pe9tre et jura de ne plus p>pill] son gnie dans les plaisirs frivoles des c\rs4 ,il quitta peu peu son royal protecteur p\r tudi] en t\te lib]t les anci5nes coles d',italie4 ,il n'avait pas pris le temps de vivre seul dans les rayonnantes extases de la p5se4 ,il vcut dsormais seul1 trav]sant comme un vieux pl]9 ,v5ise1 ,rome1 ,gnes1 ,flor5ce4 ,l'art tait dev5u son dieu2 il ne l'avait aim d'abord que p> caprice2 son culte dev5ait plus grave4 ,ce qui a*eva surt\t de mrir son esprit1 ce qui v9t l'heure dcisive donn] son gnie un c>actre plus sol5nel1 ce fut la mort de sa mre4 la premire n\velle de la maladie1 il tait p>ti en t\te hte1 mais il n'arriva que p\r pleur] sur un tombeau4 ,sa d\leur fut si pr(onde1 qu'il se retira dans l'abbaye de ,sa9t-,mi*el d',anv]s1 presque dcid n'en jamais sortir4 ,l'am\r btit sur la mort3 l'anne mme o il s'ag5\illa tant de fois sur une tombe aime1 il dev9t follem5t pris de cette belle ,isabelle ,br&t dont il a laiss tant de portraits4 ,t\t am\reux qu'il ft cep5dant1 il v\lait d'abord ret\rn] ,mant\e4 ,en va9 l'ar*iduc ,alb]t lui fit dire qu'il ne s\ffrirait qu'avec pe9e que ,mant\e enlevt la ,fl&re espagnole son prcieux ornem5t4 ,mais qu& ,isabelle ,br&i lui dit ces simples p>oles en le reg>dant avec une nave t5dresse3 ,v\s p>tirez8 il demeura4 ,en p\sant ,isabelle1 il ralisa un des mille rves de sa jeunesse4 ,sa femme tait belle1 il en fit une re9e3 il ne la mit po9t dans une maison1 mais dans un palais3 il lui donna des *evaux et des laquais1 les plus l*es t(fes1 les plus r>es p>ures4 ,si la *ambre d',isabelle semblait l'uvre des fes1 l'ateli] de ,rub5s tait l'uvre d'un arti/e a*ev3 c'tait un cab9et en rotonde clair p> en haut1 orn de vases de porphyre et d'agate les plus m]veilleusem5t sculpts1 de bu/es antiques et mod]nes du plus haut /yle4 ,t\tes les coles de pe9ture avai5t l leur reprs5tant dans quelque uvre prcieuse4 ,cette collection envie p> t\s les pr9ces1 ,rub5s la cda plus t>d1 bi5 regret1 au duc de ,buck+ham1 qui1 en lui comptant soixante mille flor9s1 croyait bi5 qu'il ne la payait pas2 mais le duc lui donna son amiti1 qui fut 9puisable4 ,quoiqu'il vcut comme un pr9ce1 ,rub5s vivait heureux4 ,il avait le luxe1 mais il avait la lib]t4 ,et puis1 s'il travaillait1 c'tait avec la religion de l'art2 ses loisirs tai5t ceux d'un esprit intellig5t qui s'en va but9] comme l'abeille g\rm&e sur t\tes les fleurs de la sci5ce4 ,en un mot1 son temps tait lui1 voil t\t le secret4 ,l'or tombait de sa palette comme p> en*antem5t3 ses mo9dres bau*es tai5t re*]*es dans les quatre royaumes de l'art4 ,il compr5ait si bi5 que le temps e/ une ri*esse qui passe1 qu'il ne v\lait pas p]dre une heure4 ,il dormait peu2 il c\rait beauc\p pi$ ou *eval1 tantt le monde1 tantt les bois4 ,il avait son lecteur ord9aire3 il ne saisissait jamais sa palette sans que celui-ci vnt avec deux ou trois auteurs1 tantt sacrs1 tantt pr(anes4 ,il n'avait pas beso9 d'ailleurs de la sci5ce des autres2 t\s les potes lui tai5t famili]s2 il p>lait sept langues et connaissait fond t\tes les ?ologies et t\tes les hi/oires#ai4 ,cep5dant peu peu la p>esse v9t saisir cet esprit clatant4 ,comme l'am\r de l'or et du luxe ne s'altrait pas *ez lui1 il *oisit sept huit de ses lves et les mit l'uvre1 non p\r eux1 mais p\r lui4 ,il dev9t p\r a9si dire un trs-intellig5t *ef d'or*e/re4 ,il avait une e/rade dans son ateli]1 il y montait avec des livres1 il traait quelques lignes et comm&ait haute voix4 ,comme il avait *oisi les tal5ts les plus v>is1 les sept ou huit lves p\vai5t travaill] au mme tableau2 l'un traitait le nu1 l'autre la drap]ie1 celui-ci le paysage1 celui-l les animaux1 enf9 le matre v5ait son t\r p> a*ev] l'uvre4 ,en quelques c\ps de palette il avait l'art de rp&re la vie et d'imprim] son /yle4 ,il p\vait sign] en t\te consci5ce1 c'tait bi5 l'uvre de ,rub5s2 il avait donn l'inspiration1 il avait trac le d]ni] mot4 ,cep5dant quelques-uns des lves se confir5t un j\r que ,rub5s avait t\t l'arg5t et t\te la gloire4 ,de l rvolte ouv]te4 ,ils rp&ir5t le bruit que sans le sec\rs de ses disciples ,rub5s s]ait un pauvre paysagi/e1 un mauvais pe9tre de k]messe et un plus mauvais pe9tre d'animaux4 ,rub5s rpondit la critique1 comme t\s les gr&s arti/es1 p> de n\veaux *efs-d'uvre4 ,en quelques sema9es il peignit une k]messe clatante1 des animaux et des paysages d'une gr&e manire et d'un gr& effet4 ,ceux qui s'tai5t le plus a*>ns contre sa gloire ne se t9r5t pas p\r battus2 ,abraham ,jeanss5s entre autres1 tmraire dans sa fureur de combattre1 osa propos] ,rub5s un dfi de pe9ture4 ,rub5s se cont5ta de lui rpondre3 ,qu& v\s s]ez ma taille1 j'accept]ai le dfi4 ,,iii ,la re9e ,m>ie de ,mdicis avait appris de bonne heure1 p> tradition de famille1 que les beaux-arts autant que les belles actions immortalis5t un nom royal4 ,le gnie de la /atuaire1 de la pe9ture et de la posie n'a-t-il pas rp&u plus d'clat sur les gr&es figures de l'hi/oire que l'hi/oire elle-mme8 ,en #afbj1 ,rub5s tait seul le gr& arti/e qui p>ut digne ,m>ie de ,mdicis d'imprim] sur la toile l't]nit de sa gloire4 ,rub5s fut donc *oisi p> elle p\r pe9dre le clbre pome pique du ,luxemb\rg1 pome en v+t-quatre *ants1 comme ceux d',homre4 ,rub5s1 p\rquoi ne pas le dire8 s'e/ montr dans cette uvre mo9s gr& arti/e que pr(ond c\rtisan2 c> on peut conte/] le gt de ses allgories1 roman hi/orique1 hi/oire romanesque1 o le sacr c\doie le pr(ane dans un petit c]cle1 qui pr5d des airs de gr&eur p> la seule magie du p9ceau4 ,il faut dire aussi que l'inspiration n'tait pas favorable au gnie4 ,la vie de ,m>ie de ,mdicis n'a (f]t qu'une page potique l'hi/oire3 cette page1 ,rub5s ne l'a pas vue2 c'e/ celle o1 p> l'+ratitude de ,ri*elieu1 la re9e-mre alla m\rir de misre ,cologne1 dans la maison mme o tait n ,rub5s4 ,s'e/-elle rappel son lit de mort le pome m5teur du gr& pe9tre1 qui avait ent\r son b]ceau de de/9s et de gnies prdisant p\r elle un av5ir spl5dide4 ,w9ckelmann admire beauc\p trop les allgories de ,rub5s4 ,rub5s a *]* reprs5t] ,h5ri ,,iv comme un va9queur huma9 et pacifique1 qui tmoigna de l'indulg5ce et de la bont mme env]s ceux qui s'tai5t r5dus c\pables de rbellion et de lse-maje/4 ,il reprs5ta son hros s\s la figure de ,jupit]1 qui ordonne aux dieux de punir les vices et de les plong] dans l'abme4 ,apollon et ,m9]ve dco*5t leurs fl*es sur ces vices1 reprs5ts p> les figures allgoriques de mon/res qui tomb5t tumultueusem5t p> t]re4 ,m>s en fureur veut t\t dtruire2 mais ,vnus1 comme emblme de l',am\r1 reti5t d\cem5t le bras du dieu de la gu]re4 ,l'expression de ,vnus e/ si gr&e qu'on croit ent5dre cette desse adress] ces p>oles ,m>s3 ,que la colre ne v\s emporte pas contre les vices2 ils sont assez punis4 ,et ,w9ckelmann s'v]tue pntr] des int5tions pr(ondes l o ,rub5s n'a song qu' des effets de palette4 ,je reconnais avec ,w9ckelmann que la pe9ture t5d son empire sur les ides1 sur le monde de l'me comme sur le monde qui frappe les yeux4 ,n\s sommes g\v]ns p> des allgories2 la religion et la philosophie ne sont peuples que de symboles4 ,les arts surt\t viv5t p> le symbole1 mais je n'aime pas les nigmes dans l'art4 ,je ne puis admettre avec ,platon que la posie soit nigmatique4 ,homre1 le gr& matre1 ne rp& jamais d'ombres sur ses ides2 il e/ clair comme le ciel du mat94 ,dans ses tableaux immortels1 l'allgorie app>at sans nuages1 fire et belle comme la vrit4 ,n'e/-ce pas un tableau t\t fait que cette allgorie des ,prires3 ,appr5ez1 ,a*ille6 que les ,prires sont filles de ,jupit]2 elles sont dev5ues c\rbes =ce de se pro/]n]2 l'inquitude et les rides pr(ondes sont graves sur leur visage2 elles =m5t le cortge de la desse ,at4 ,cette desse passe d'un air fi] et ddaigneux1 et1 p>c\rant d'un pi$ lg] t\t l'univ]s1 elle afflige et t\rm5te les huma9s2 elle t*e d'vit] les ,prires qui la p\rsuiv5t sans cesse1 et qui s'occup5t gurir les plaies qu'elle a faites4 ,ces filles de ,jupit]1 ,a*ille6 v]s5t leurs bi5faits sur celui qui les honore4 ,il y a1 dans t\tes les allgories antiques1 une gr&eur et une simplicit qui fait leur lumire2 les allgories mod]nes1 plus +nieuses que gr&es1 sont s\v5t confuses1 presque jamais simples4 ,si les anci5s avai5t pe9dre la mort d'une jeune fille1 ils la reprs5tai5t enleve dans les bras de l',aurore1 symbole d'une grce adorable qu'ils devai5t leur posie pan?i/e1 et non pas1 comme a dit ,v9ckelmann1 plus savant que pote1 la c\tume d'inhum] les enfants la po9te du j\r4 ,or1 dem&ez un symbole aux pe9tres mod]nes sur la mort d'une jeune fille6 ,rub5s a t =c de ne pr5dre aux anci5s1 lui qui tait un gnie de premi] ordre1 que des allgories surannes2 ce qu'il fallait ce fi] p9ceau1 ce pote pique1 ce savant arti/e1 c'tait l'allgorie r5f]mant dans sa figure sublime le s5s my/rieux de la fable1 et non le symbole des v]tus et des vices4 ,la gal]ie du ,luxemb\rg de ,rub5s e/ un pome qui ne vaut gure mieux que la ,h5riade1 excution "p1 c> ,voltaire pote pique n'a ni v]ve ni c\leur4 ,mais1 si ,rub5s n'a *]* que des prtextes p\r dploy] t\tes les h>diesses de son p9ceau et t\t le luxe de sa palette1 applaudissons ce *ef-d'uvre clatant1 s9on pr(ond4 ,rub5s v9t a*ev] ce *ef-d'uvre ,p>is1 o la re9e l'avait plus d'une fois appel4 ,m>ie de ,mdicis prit un vrai plaisir le voir pe9dre1 c> il c\vrait une gr&e toile comme p> magie4 ,il fut ret5u en ,france p> t\te la c\r qui v\lait pos] devant lui4 ,sa c>rire diplomatique comm5a son ret\r en ,fl&re4 ,il connaissait les hommes de longue date p> l'tude des passions2 il tait gr& physionomi/e2 il jugeait vite et jugeait bi54 ,son gr& il pntrant1 quoique enivr de lumire1 allait au fond des curs4 ,l'infante ,isabelle eut de graves entreti5s avec lui sur la situation des ,pays-,bas4 ,elle comprit que c'tait le seul homme de haute intellig5ce qui ft sa c\r2 elle ne le nomma po9t ambassadeur1 mais elle lui confia la mission d'all] en ,espagne confr] avec le roi sur les dang]s d'une gu]re plus longue en ,brabant4 ,il fut accueilli la c\r d',espagne p> le roi1 p> le duc d',oliv>s et le m>quis de ,sp9ola1 comme un ambassadeur en titre4 ,il fit mieux que de pe9dre l'tat des ,fl&res1 il donna d'excell5ts conseils p\r l'av5ir4 ,le roi d',espagne lui donna comme preuve de son cont5tem5t six *evaux &al\s1 un diamant de prix et la *>ge de secrtaire du conseil priv avec la survivance de cette *>ge p\r son fils4 pe9e de ret\r en ,fl&re1 ,isabelle l'envoya en ,holl&e1 t\j\rs avec la mission d'arriv] la paix4 ,la ngociation allait arriv] bonne f91 qu& m\rut le pr9ce de ,nassau4 ,ce fut alors que le roi d',espagne confia ,rub5s la mission d'all] en ,anglet]re1 t\j\rs dans le mme b4 ,le pe9tre passa en ,gr&e-,bretagne comme un simple voyageur2 il visita son anci5 ami le duc de ,buck+ham1 et dem&a tre prs5t au roi4 ,il fut accueilli la c\r avec t\te sorte de bonne grce4 ,il dplora la gu]re entre l',espagne et l',anglet]re4 ,qui sait8 dit-il avec un s\rire1 peut-tre le roi d',espagne et le roi d',anglet]re ne s]ai5t pas f*s de cons5tir la paix8--,qui sait8 dit le roi dev5u p5sif4 ,rub5s comprit que le mom5t tait favorable2 il dplia ses lettres de crance et dem&a la paix au nom du roi son matre4 ,*>les ,i]1 p\r donn] cet ambassadeur extraord9aire une preuve de haute e/ime1 lui passa au c\ l'in/ant mme le cordon de son ordre4 ,peu de j\rs aprs il le cra *evali] en ple9 p>lem5t et lui remit l'pe qui v5ait de lui s]vir p\r la crmonie4 ,rub5s n'tait pas aux t]mes de ses missions diplomatiques2 n\s ne le suivrons pas plus longtemps dans cette rgion fatale au gnie1 c> le gnie aime la solitude qui inspire4 ,il regretta bi5tt lui-mme de s'tre un peu trop att>d dans ces vanits de c\r qui dvorai5t le meilleur de son temps1 mais qui du mo9s l'avai5t dt\rn peu peu de sa d\leur la mort de sa femme4 ,il prit la f9 la f]me rsolution de vivre dsormais p\r l'art et p\r lui-mme4 ,il se r5f]ma ,anv]s dans cette royale maison peuple de s\v5irs o il avait pass ses plus belles heures2 mais il n'y retr\va ni sa jeunesse ni l'amie de sa jeunesse4 ,il n'eut pas la =ce de vivre seul4 ,il y avait ,anv]s une jeune fille d'une r>e beaut1 ,hlne ,=mann1 qui comptait seize ans pe9e2 il l'p\sa1 t\t en reconnaissant la folie d'un p>eil hymne4 ,c'tait d'ailleurs une belle folie qui et entran les plus raisonnables4 ,rub5s a immortalis ,hlne ,=mann comme ,isabelle ,br&t4 ,depuis son second m>iage jusqu' sa mort1 il peignit t\tes ses vi]ges sur le modle de sa jeune femme4 ,il y a au muse de ,muni* deux portraits de ,rub5s pe9ts p> lui-mme4 ,dans le premi]1 il s'e/ reprs5t dans t\t l'clat de sa luxuriante jeunesse1 donnant la ma9 ,isabelle ,br&t2 dans le second1 c'e/ un homme dj mr1 qui se promne avec une femme et un enfant2 cette autre femme1 c'e/ ,hlne ,=mann4 ,dans la fameuse ,desc5te de ,croix1 la ,vi]ge et la ,madele9e ne rappell5t-elles pas la nature et l'expression de ces deux femmes de ,rub5s8 ,rub5s1 frapp de la g\tte1 m\rut l'ge de soixante-deux ans et onze mois1 le #cj mai #afdj1 laissant ses deux fils et sa fille un nom glorieux et une gr&e =tune4 ,il m\rut vaillamm5t1 le p9ceau la ma94 ,son gnie lui tait demeur fidle compagnon2 jamais gr& arti/e n'avait cr tant d'uvres immortelles4 ,il fut ent]r dans l'glise ,sa9t-,jacques d',anv]s1 d]rire le *ur4 ,ses funrailles fur5t celles d'un pr9ce4 ,on porta devant son c]cueil une c\ronne d'or sur un c>reau de vel\rs noir4 ,la noblesse1 le cl]g1 les arti/es1 les g5s du peuple1 v9r5t en f\le salu] cette c\ronne et s'ag5\ill] devant son c]cueil#bj2 mais c'tait au dix-neuvime sicle qu'il tait rs]v d'lev] une /atue ,rub5s en ple9e place d',anv]s1 comme p\r un roi4 ,quel roi os]ait lui disput] la place#ba8 ,,iv ,rub5s peignait comme ,homre et ,?ocrite *antai5t2 il avait la gr&iosit dans le gnie4 ,les luxuriantes et naves ,flam&es lui rappelai5t les =mes hroques des femmes de ,sp>te1 de ,lacdmone et de ,syracuse4 ,il e/ d'un gr& aspect comme la m]1 les temptes et les montagnes4 ,il passe rapide comme la f\dre1 sans s'arrt] aux ciselures ni aux mosaques4 ,s\s son p9ceau la m] jaillit t\t entire et non vague p> vague1 les montagnes s'lv5t p> gr&es lignes et non p> ro*]s et p> t\ffes d'h]bes4 ,rub5s1 quelque tableau qu'il fit1 cons]vait1 mme son insu1 ce /yle d'app>at qu'il avait emprunt l'cole de ,v5ise1 mais surt\t ,paul ,vronse4 ,il faut bi5 av\] qu'il y a un peu de m\vem5t ?tral dans son tal5t2 il n'e/ pas jusqu'au paysage qu'il n'ait trop anim p> la mise en scne4 ,a9si1 *ez lui1 la nature e/ t\j\rs aux prises avec l'orage ou la tempte2 il p>vi5t sans cesse altr] cette nave et sublime simplicit dont ,dieu l'a revtue4 ,dans les nues1 il jette un arc-en-ciel2 sur la prairie1 il prcipite une cascade2 dans la =t1 il *asse un c\p de v5t4 ,comme l'a rem>qu ,reynolds1 t\t e/ en h>monie *ez ,rub5s4 ,s'il et t plus p>fait1 ses ouvrages n'aurai5t pas eu cette p]fection d'ensemble qu'on y tr\ve4 ,p> exemple1 s'il avait mis plus de puret et de correction dans le dess91 son manque de simplicit dans la composition1 dans la c\leur et dans le jet des drap]ies1 n\s frapp]ait davantage2 mais la ri*esse de sa composition et l'h>monie de sa palette bl\iss5t tel po9t la vue1 qu'on s'incl9e devant ses dfauts comme devant ses beauts4 ,il y a trois espces d'h>monie3 la premire a p\r exemple la ,transfiguration2 c'e/ la manire roma9e2 les c\leurs en sont =tes et fires4 ,la seconde e/ la manire milanaise2 elle e/ produite p> la rupture des c\leurs#bb4 ,avant les ,holl&ais1 ,lon>d de ,v9ci a enseign l'art de ca*] sa palette1 semblable au gr& criva9 qui ne dt\rne jamais l'att5tion du sujet p\r l'attir] sur lui-mme4 ,la troisime manire a p\r exemple les ,vniti5s et les ,anv]sois4 ,c'e/ l'alliance des c\leurs fires et t5dres dans un ensemble clatant4 ,rub5s e/ le vrai reprs5tant de cette manire4 ,il peignait d'un seul c\p1 en traits de feu2 de l le *>me t\t virg9al de son coloris4 ,il savait trop bi5 qu'il p]drait cette magie en fatiguant ses c\leurs4 ,quoique le gnie de ,rub5s ft surt\t dans sa palette1 il avait aussi l'art de ca*] sa palette1 comme ,lon>d de ,v9ci4 ,quelle fra*eur de ton6 quel clat6 quelle n]gie6 ,c'e/ le rayon qui j\e sur la rose4 ,rub5s e/ t\j\rs h>monieux comme un b\quet de fleurs dans ses b\quets de *airs#bc2 il allie m]veilleusem5t les c\leurs fires aux c\leurs t5dres4 ,il a l'art de les di/ribu]1 de les fondre et de les r5dre amies4 ,rub5s e/ une des plus puissantes individualits qui ai5t m>qu dans les arts4 ,sa gr&e figure e/ empre9te du c>actre olympi54 ,non-seulem5t il a rgn s\v]a9em5t dans les ,fl&res1 mais il a p>tag la c\ronne des plus radieux arti/es4 ,il a quelquefois saisi la grce adorable de ,raphal et la gr&iosit t]rible de ,mi*el-,ange1 l'n]gie robu/e de ,titi5 et la suavit voluptueuse du ,corrge4 ,il a lutt avec la nature et n'a pas t va9cu p> elle4 ,ri5 n'arrtait ce fi] et vaillant p9ceau1 qui passait1 victorieux t\j\rs1 de l'allgorie au b\quet de fleurs1 de l'hi/oire sacre la k]messe1 du portrait au paysage#bd4 ,c'e/ surt\t dans la ,monte an ,calvaire1 dans les gr&es pages allgoriques1 dans l',adoration des ,mages#be1 que le gnie de ,rub5s clate jusqu' la fureur4 ,quelle =ce orgueilleuse6 quelle sublimit6 quelle spl5deur et quelle magnific5ce6 ,la ,desc5te de croix1 ce miracle de la ca?drale d',anv]s o l'on va comme un pl]9age d'art de t\s les co9s du globe1 e/ la page o ,rub5s a fondu le plus h>monieusem5t t\tes les ri*esses de sa palette1 t\te la fi]t de sa ma91 t\t le s5tim5t de son me4 ,jamais on n'a t plus expressif et plus d\l\reux1 jamais cette page sublime du pome de la ,passion n'a t traduite p> un art plus div92 la ,vi]ge n'e/ plus une femme1 c'e/ la mre de ,dieu2 ,jsus n'e/ plus un homme1 c'e/ le ,fils de ,dieu4 ,quoique la c\leur clate sur cette toile comme dans t\tes les uvres de ,rub5s1 elle n'y t\ffe pas la ligne et le s5tim5t4 ,rub5s e/ l t\t enti]4 ,et l du mo9s on s5t bi5 que la ma9 pr(ane d'un lve n'e/ pas v5ue refroidir l'inspiration du matre4 ,ce gr& gnie1 qui v\lait tre le d]ni] mot de l',italie et de la ,fl&re1 a un peu abus de ses =ces2 il a pris quelquefois la fureur p\r l'inspiration ou la v]ve4 ,dans sa f\gueuse n]gie1 il a et l dpass le b1 c> t\t ce tumulte1 t\t ce fracas1 t\tes ces spl5deurs1 frapp5t s\v5t plus les yeux que la p5se4 ,ne s'adress5t-elles pas aussi quelques-unes des uvres de ,rub5s1 ces p>oles de ,%akespe>e3 ,une fable conte p> un f\1 ple9e de r$ondances et de gr&s mots#bf8 ,avec un peu mo9s d'clat et un peu plus de potique gr&eur1 qu'et-il manqu ,rub5s8 ,au lieu d'ador] ,v5ise le /yle un peu ?tral des colori/es1 que n'a-t-il ador ,rome la ligne loqu5te des dess9ateurs8 ,comme ,mi*el-,ange1 ,rub5s fut le pe9tre du m\vem5t2 il aimait le m\vem5t jusqu'au dsordre3 aussi ses attitudes sont-elles un peu outres dans leur n]gie4 ,la *aleur et l'en?\siasme l'entranai5t trop lo91 mme dans la pe9ture hroque1 hormis p\rtant dans ces admirables *efs-d'uvre1 la ,*ute des ,anges rebelles et le ,combat des ,amazones4 ,ses hommes sont t\j\rs des hommes p> la =ce et p> la gr&eur2 mais1 dans sa manire trop l>ge et trop puissante1 les femmes qu'il cre ne sont plus assez des femmes4 ,rub5s a dignem5t lutt avec ,mi*el-,ange dans son ,jugem5t d]ni]2 il n'atte9t pas la sauvage mlancolie ni la sci5ce de dess9 du pe9tre de la *apelle ,sixt9e2 mais ,rub5s1 avec la posie du symbole1 avec la magie du clair-obscur et t\tes les pompes du coloris1 s'lve la hauteur de ,mi*el-,ange4 ,les critiques1 qui ne veul5t jamais de ta*es au soleil1 repro*5t ,rub5s de n'avoir ri5 compris cette ligne svre1 idal du sculpteur antique reconquis p> ,raphal1 de ne pas s'tre passionn p\r le cont\r pur1 si correct et si expressif d',euphranor1--,euphranor1 qui reprs5tait la fois dans ,p>is le juge des desses1 l'amant d',hlne et le va9queur d',a*ille1 sans les ress\rces d'un beau coloris1 avec la ligne seule1 qui e/ une langue complte4 ,rub5s a t\t compris1 mais il a dit que la c\leur aussi tait une langue complte4 ,qu& donc accept]a-t-on le gnie avec ses dons div9s et ses imp]fections huma9es8 ,nos dfauts sont les ombres de nos v]tus4 ,ce qui a surt\t frapp ,rub5s1 c'e/ l'clat et la gr&iosit4 ,comme ,mi*el-,ange1 il a oubli que les ,grces ne sont pas des ,amazones4 ,mais qu'importe1 s'il e/ arriv victorieusem5t jusqu'au sommet de l'art8 ,t\t en ngligeant trop les leons des matres de l'antiquit1 il a saisi la nature des beauts qu'eux-mmes1 peut-tre1 n'avai5t pas dc\v]tes4 ,le gnie n'e/-il pas s\v5t le don de voir l'uvre de ,dieu s\s un aspect n\veau8 ,le c>actre du gnie huma9 e/ d'tonn] p> des beauts et non pas d'tre sans dfaut4 ,saluons sans critique celui qui1 comme ,dieu1 crait son monde en six j\rs4 ,il avait la rapidit de la f\dre1 non p\r dtruire1 mais p\r rp&re la vie dans ses tableaux#bg4 ,saluons ,rub5s1 incl9ons-n\s devant son sceptre1 c> celui-l fut un roi1 le roi glorieux des ,fl&res4 ,quel e/ celui qui1 en s'levant sur son trne1 p\rrait atte9dre sa taille8 ,note #af3 ,cep5dant ,rub5s1 t\t imprgn de naturalisme1 peut-tre son insu1 c> la nature tait *ez lui plus =te encore que la sci5ce1 a trop *>g ses figures de *air4 ,zeuxis1 d'aprs l'exemple d',homre1 donnait ses femmes une c]ta9e =me hroque2 mais il possdait au mme degr la =ce et la grce4 ,aussi1 t\t hroques qu'elles fuss5t1 ses femmes tai5t t\j\rs des femmes1 et mme1 selon les tmoignages de l'antiquit1 les plus belles de la ,grce4 ,?ocrite a cr son ,hlne d'aprs ces maje/ueux modles4 ,note #ag3 ,il naquit ,cologne et m\rut ,anv]s1 comme p\r t\*] la fois au b]ceau et la tombe de l'art flam&4 ,h4 ,,=t\l4 ,note #ah3 ,bi5 que ,sneyd]s ait tudi comme ,van ,dyck s\s ,van ,bal51 on peut dire qu'il fut son matre lui-mme1 c> ,van ,bal5 lui enseignait la pe9ture hi/orique1 lorsqu'un j\r il reconnut qu'il n'tait pas n p\r pe9dre des hommes1 mais p\r pe9dre des btes4 ,il dbuta p> une *asse au c]f qui fit sa =tune4 ,jusque-l on n'avait jamais reprs5t avec tant d'clat et tant de vie les meutes ard5tes et les *evaux p]dus4 ,philippe ,,iii ayant vu ce tableau v\lut avoir v+t *asses de ,sneyd]s2 l'ar*iduc ,alb]t le nomma son premi] pe9tre1 et ,rub5s1 l'emp]eur de la pe9ture1 l'appela p\r pe9dre les animaux et les fruits de ses tableaux1 dcl>ant qu'il saurait bi5 le pay] en monnaie d'arti/e4 ,en effet1 ,rub5s peignit presque t\tes les figures des tableaux de ,sneyd]s4 ,ces uvres faites deux sembl5t1 p> leur admirable h>monie1 app>t5ir au mme matre2 c'e/ que ,rub5s et ,sneyd]s avai5t la mme t\*e libre et fire1 ri*e et v>ie1 la mme c\leur f]me1 *aude et dore4 ,sneyd]s vivait sans d\te familirem5t avec les animaux2 il les a prs5ts dans leurs passions1 dans leurs fureurs1 dans leurs l>mes4 ,quelle vrit nave et saisissante6 ,ses combats de *i5s et de sangli]s1 ses duels de lions et de tigres1 respir5t une n]gie sauvage qui v\s monte la tte4 ,ses =ts rp&5t je ne sais quelle amre et v]te odeur qui rvle un paysagi/e vivem5t pris de la nature4 ,il a laiss quelques figures1 entre autres son portrait1 qui tmoign5t que sans ,rub5s il aurait pu faire un tableau complet4 ,il avait accept la collaboration de ,jorda5s et de quelques autres aux conditions faites p> ,rub5s4 ,mais p\rtant ses plus beaux sont ceux dont ,rub5s a pe9t les figures1 tmo9 celui de l'anci5 ar*ev* de ,bruges1 o une femme ence9te t\*e des fruits avec plus d'avidit encore qu've1 sa premire mre4 ,on ne saurait dire o e/ le *ef-d'uvre4 ,les fruits sont admirables3 la rose la plus fra*e a r\l sur eux ses p]les embaumes1 le soleil le plus d\x les a dors et emp\rprs2 mais cette femme qui les t\*e e/ si vivante1 que dj on voit jaillir le lait de ses mamelles fcondes4 ,sneyd]s ne quitta po9t ,anv]s4 ,il y tait n en #aegi1 il y m\rut en #afeg4 ,dans ses portraits gravs on le reprs5te entre un *i5 qui le reg>de avec intellig5ce et une hure de sangli]4 ,sneyd]s porte un beau front et une b>be inculte4 ,note #ai3 ,il a comm5c plus d'un livre1 il a crit un ouvrage sur la ,pe9ture et les c\leurs1 qui n'e/ po9t imprim1 quoi qu'en dis5t l'abb ,ponce de ,lon et le ,dictionnaire de ,morri1 qui ont confondu avec le manuscrit de ,rub5s un livre intitul3 ,rub5ius1 de ,re ,ve/i>ia 7de l',art de pe9dre les drap]ies71 ,conv]sations de de ,piles1 page #baf1 et ,abrg des vies des ,pe9tres1 page #cia4 ,il a aussi p>u dans les j\rnaux une lettre sur ce sujet1 crite d',anv]s le #ae septembre #agfi4 ,note #bj3 ,entre autres pitaphes1 on a rem>que celle du *evali] ,bull>t3 ,ipsa suos ,iris1 ddit ipsa ,aurora colores1 ,nox umbras1 ,titan lum9a cl>a tiui4 ,das te ,rub5ius vitam1 m5temque figuris4 ,et p] te vivit lum51 et urubra1 color2 ,quid te1 ,rub5i1 nigro mors fun]e volvit8 ,vivit1 victa tuo1 picta colore rubet4 ,c'e/ surt\t la mode/e glise ,sa9t-,jacques que doiv5t se r5dre en pieux pl]9age les admirateurs du gr& pe9tre d',anv]s4 ,l se tr\v5t son tombeau1 son portrait et l'un de ses *efs-d'uvre4 ,le tombeau1 dess9 d'aprs ,rub5s lui-mme1 remplit une petite *apelle d]rire le *ur de l'glise4 ,son corps repose au c5tre de cette *apelle1 s\s une va/e pi]re tumulaire que f\l5t aux pi$s les dvots et les t\ri/es1 et qu'on a sur*>ge d'une longue inscription lat9e o sont rappels en /yle lapidaire t\s les noms1 titres et mrites du dfunt1 t&is qu'il suffisait d'inscrire ce seul mot3 ,rub5s4 ,le tableau qui orne l'autel prs5te1 s\s prtexte d'une ,sa9te ,famille1 t\te la famille du pe9tre4 ,sa9t ,george le gu]ri] e/ ,rub5s lui-mme1 sa9t ,jrme son pre1 le ,temps son gr&-pre1 un ange son fils1 ,m>! et ,madele9e ses deux femmes4 ,quant la ,vi]ge1 on croit que c'e/ une demoiselle ,lund51 qui lui s]vit de modle en plusieurs occasions1 et qu'on appelait communm5t le *apeau de paille1 depuis que ,rub5s l'avait pe9te avec la coiffure qu'indique ce surnom4 ,cette prt5due ,sa9te ,famille1 qui1 p> le nombre des p]sonnages1 sort beauc\p des dim5sions ord9aires1 e/ un tableau magnifique1 d'une composition +nieuse et facile1 d'une c\leur incomp>able1 d'un effet ravissant et d'une cons]vation p>faite4 ,de t\tes les uvres de ,rub5s que j'ai vues dans les ,fl&res1 en ,france1 en ,anglet]re1 en ,italie1 en ,espagne1 je n'en connais pas de suprieure cette simple runion de portraits4 ,cep5dant ,rub5s ne mit que dix-sept j\rs la pe9dre4 ,c'tait qu9ze ans avant sa mort1 arrive en #afdj4 ,l4 ,,vi>dot4 ,note #ba3 ,au muse d',anv]s on montre sa *aise1--un trne--cons]ve s\s v]re vieux meuble que son s\v5ir a r5du sacr4 ,elle e/ g>nie en cuir et pique de cl\s dors1 avec des dorures en relief1 comme sur les reliures4 ,elle annonce un gr& tat4 ,on a mis sur le sige une c\ronne d'immortelles fltries1 symbole d'immortalit mo9s solide que la si5ne4 ,c'e/ sur cette *aise que le m]veilleux colori/e s'e/ assis4 ,p\rquoi n'y fait-on pas asseoir t\s les jeunes pe9tres laurats1 comme ,montpelli] on fait endoss] t\s les docteurs en mdec9e la prt5due robe de ,rabelais8 ,le contact de la vieille relique leur donn]ait peut-tre1 s9on le gnie de ,rub5s1 du mo9s le respect de l'art1 qui e/ dj du tal5t4 ,d4 ,,nis>d4 ,note #bb3 ,expression des anci5s4 ,on les rompt jusqu' ce qu'il y ait une h>monie gnrale dans les tons1 sans qu'on y rem>que ri5 qui rappelle la palette du pe9tre4 ,,reynolds4 ,note #bc3 ,ses *airs1 on l'a dit1 ressembl5t la c\leur v]meille des doigts de la ma9 qu& on les ti5t v]s le soleil4 ,note #bd3 ,il exi/e de =t beaux paysages de ,rub5s3 j'en ai vu un t\t c\v]t de va*es que ,sneyd]s seul aurait os] sign avec ,rub5s4 ,le gr& pe9tre se faisant paysagi/e *]*ait t\j\rs anim] la nature p> quelque idylle flam&e1 comme une f5aison tr\ble p> l'orage1 une =t p5dant la *asse1 des p*eurs sur le lac4 ,les deux gr&s paysages du palais ,pitti sont des *efs-d'uvre o il a imprim l'art et la vie4 ,note #be3 ,quelques critiques prfr5t l',adoration des ,mages1 mme l',assomption de la ,vi]ge et la ,desc5te de croix4 ,la ,vi]ge e/ droite1 t\rne v]s la gau*e1 o se ti5n5t les mages4 ,il y a un de ces mages qui dpasse t\te imag9ation1 et je n'ai jamais vu dans aucun tableau une figure si trange et si maje/ueuse4 ,il e/ deb\t1 le corps de pr(il1 la tte presque de face et un peu incl9e4 ,il e/ envelopp d'un manteau c>late1 c\leur de f\niaise1 avec quelques toiles d'or4 ,l't(fe de cette drap]ie e/ paisse et l\rde1 et fait quelques gr&s plis svres4 ,un des pans trane sur le sol1 mais on voit cep5dant les jambes nues du colosse et les pi$s aux vig\reuses articulations1 *ausss de s&ales n\es la *eville p> des co?urnes4 ,la tte e/ effrayante1 un crne nu et f]me comme le roc2 s\s la cav]ne des s\rcils1 qui s'avanc5t comme des br\ssailles au bord d'un prcipice1 un reg>d p]ant et inflexible2 un nez d'aigle et une cascade de b>be blan*e qui b\illonne jusque sur sa poitr9e4 ,oh6 le beau ,jupit] ,olympi5 p\r branl] le monde a la seule ride de son front6 ,le ,mose de ,mi*el-,ange n'e/ pas si t]rible que le mage de ,rub5s4 ,t4 ,,?or4 ,au palais ,pitti1 un des tableaux qui m'ont le plus frapp e/ la clbre allgorie1 ,m>s p>tant p\r la gu]re4 ,rub5s donne a9si l'explication de son uvre dans une de ses lettres3 ,le pr9cipal p]sonnage e/ ,m>s1 qui sort du temple de ,janus4 ,le dieu des combats1 arm de l'pe sanglante et du b\cli]1 m5ace les peuples des plus gr&s dsa/res2 il rsi/e aux in/ances de ,vnus qui1 accompagne des ,am\rs1 s'ef=ce de le ret5ir p> de t5dres c>esses4 ,la furie ,alecto1 le flambeau la ma91 entra9e ,m>s aux combats2 elle e/ prcde de deux mon/res1 qui dsign5t la pe/e et la fam9e1 compagnes insp>ables de la gu]re1 etc4 ,mais la prose du pe9tre n'a pas l'loqu5ce de sa palette2 ,homre seul tait digne d'expliqu] ce tableau qui v\s attire et v\s p\vante1 o l'on ent5d les bruits de la gu]re1 o l'on voit les palpitations du beau se9 de ,vnus4 ,c'e/ l'art1 c'e/ la vie4 ,note #bf3 ,a tale told by an idiot1 full ( s\nd & fury1 signify+ no?+4 ,note #bg3 ,c'tait la vie qui faisait battre son cur plutt que sa vie qui entranait son imag9ation2 aussi ses hyp]boles habitai5t t\j\rs la t]re4 ,un c]ta9 acc5t huma9 semble tre ncessaire p\r donn] l'app>5ce de la vie4 ,la reprs5tation de nos p>eils dans le ,jugem5t d]ni] de ,mi*el-,ange1 ou dans la ,*ute des ,damns de ,rub5s1 n\s inspire plus d'horreur que si ces tres tai5t pe9ts s\s les =mes imag9aires que ,milton leur prte4 ,dans les rgions de la fiction et de l'allgorie1 cette vrit de reprs5tation e/ d'autant plus ess5tielle1 qu'elle porte les images l'esprit avec plus de =ce2 p> exemple1 les satyres1 les ,silnes et les faunes de ,rub5s sembl5t avoir exi/ en effet1 tellem5t ils p>aiss5t tre vrais en t\t ce qui con/itue les passions s5suelles1 effrnes et mauvaises de la nature huma9e qu& elle e/ prive d'intellig5ce4 ,,van ,,geel4 ,,van ,,dyck ,ce qui =me le c>actre de l'cole de ,rub5s1 c'e/ la sant1 c'e/ la =ce1 c'e/ l'exubrance4 ,dans son ateli]1 les disciples sont taills en ,h]cule2 ils sec\5t leurs *eveux dors comme un lion sec\e sa cr9ire2 un sang gnreux c\le dans leurs ve9es et les colore comme le v9 qui va jaillir de la grappe emp\rpre4 ,reynolds rapporte ces p>oles sur ,rub5s3 ,on a dit qu'il tait envoy du ciel p\r appr5dre aux hommes l'art de pe9dre4 ,comme ,raphal1 ,rub5s veilla le gnie de ses disciples p> la h>diesse4 ,qu& il les faisait pe9dre dans ses tableaux3 ,allez1 disait-il1 n'oubliez pas que le disciple qui pe9t mal accuse son matre4 ,quelle belle1 fconde et glorieuse poque p\r ,anv]s1 que le rgne de ,rub5s6 ,cette ville1 comme une mre heureuse1 susp5dait son se9 des enfants sublimes1 non-seulem5t dans la pe9ture1 mais encore dans la /atuaire et dans la gravure4 ,lucas ,vor/]man naissait temps p\r grav] s\s les yeux de ,rub5s la ,desc5te de ,croix1 la ,*ute des ,anges rebelles et le ,combat des ,amazones4 ,l'cole flam&e s'tait condamne1 p> son pr9cipe1 desc5dre t\j\rs de l'idal au rel1 de la posie la vrit4 ,si cette t5dance fut fatale aux gr&es pages produites ,bruges1 ,anv]s et ,bruxelles1 ne peut-on pas affirm] qu'elle fut favorable l'uvre de ,van ,dyck8 ,en effet1 si le naturalisme doit rgn] en t\te =ce et en t\te lib]t1 n'e/-ce pas dans le portrait1 p\rvu que le pe9tre sa*e1 comme ,van ,dyck1 y rp&re la lumire du soleil et la lumire de l'intellig5ce8 ,les portraits sont la plus sre page de l'hi/oire2 p\r tudi] les c>actres et les passions d'une poque1 je conseill]ais plutt une gal]ie de portraits qu'une biblio?que2 depuis quatre sicles1 il s'e/ cr peu peu une gal]ie de portraits o l'on retr\ve t\tes les gr&es physionomies qui ont dom9 le monde n\veau4 ,le pe9tre a pu se tromp]1 mais il e/ plus fidle encore que le plus fidle hi/ori54 ,si cette tte qu'il v\s montre e/ celle d'un roi quelconque1 roi p> l'hrosme1 le gnie1 la naissance1 v\s v]rez peu peu brill] sur son front ou dans son reg>d l'aurole de cette royaut4 ,l'me de t\t homme =t passe sans cesse sur sa figure2 il a beau faire p\r la masqu]1 elle se fait j\r et l son insu4 ,mais1 p\r saisir cette me au passage1 p\r la fix] sur la toile p> la magie de la c\leur1 il ne faut ri5 mo9s qu'un matre s\v]a9 de premi] ordre1 ,titi51 ,van ,dyck1 ,velasquez1 ,rembr&t1 ,raphal1 qui ait le don de la cration4 ,p\r un p>eil crateur de l'cole de ,dieu1 que de portraiti/es in9tellig5ts qui copi5t l'enveloppe matrielle sans s\ci de la p5se qui habile le front6 ,le temps1 qui dvore t\t1 n'a pas atte9t l'uvre de ,van ,dyck2 ses portraits ont cons]v t\te leur lumire et t\te leur fra*eur2 peut-tre mme le temps a-t-il rp&u sur ces toiles immortelles cette h>monieuse p\ssire1 cette magique trame qui donne aux vieilles pe9tures l'aspect my/rieux d'uvres consacres o l'on ne reconnatrait pas la ma9 des hommes4 ,anto9e ,van ,dyck1 orig9aire de ,bois-le-,duc1 naquit ,anv]s en la d]nire anne du seizime sicle4 ,selon ,h\braek51 son pre tait pe9tre sur v]re et sa mre excellait brod] au petit po9t4 ,dj la pe9ture sur v]re tait en ple9e dcad5ce1 on n'levait plus de ca?drales1 le prote/antisme ru9ait la sculpture et la pe9ture go?ique2 sans d\te l'art de brod] au petit po9t contribua plus lev] ,van ,dyck que l'art dj p]du du pe9tre-v]ri]4 ,van ,dyck eut d'abord son pre p\r matre2 mais celui-ci1 reconnaissant bi5tt qu'on ne p\vait faire un pe9tre sur toile avec les pr9cipes de la pe9ture sur v]re1 conduisit son fils *ez ,van ,bal51 qui tait son ami4 ,van ,bal5 avait fait le voyage de ,rome et de ,v5ise2 il avait tudi t\tes les traditions2 il tait savant arti/e autant que bon pe9tre4 ,un disciple intellig5t comme ,van ,dyck p\vait sortir de son ateli] avec un tal5t a*ev4 ,mais ,van ,dyck avait vu des tableaux de ,rub5s2 ses yeux1 ,van ,bal5 tait un pe9tre digne de r5omme1 mais ,rub5s tait le roi de la pe9ture4 ,il alla frapp] sa porte3 ,qui va l8--,un enfant4 ,rub5s reconnut le mme j\r que c'tait un enfant de gnie4 ,il ne t>da pas le faire pe9dre dans ses tableaux4 ,il arriva mme que ,van ,dyck peignit de gr&es pages signes ,rub5s1 quoique le matre y et pe9e donn quelques t\*es4 ,dans l'illu/re ,desc5te de croix1 la j\e et le m5ton de la ,vi]ge sont de la ma9 de ,van ,dyck2 mais ici ,rub5s n'avait pas song se s]vir du tal5t de son lve4 ,voici l'anecdote1 qui app>ti5t l'hi/oire de l'art4 ,rub5s sortait t\s les j\rs v]s quatre heures p\r se prom5] pi$ ou *eval4 ,son dome/ique le trahissait1 comme cela arrive t\j\rs1 c'e/--dire que1 moy5nant un tribut annuel1 il ouvrait la porte du cab9et de ,rub5s t\s ses disciples1 qui tudiai5t dans un ateli] du vois9age4 ,ils allai5t a9si pr5dre une bonne leon1 c> ils voyai5t1 p> les bau*es1 comm5t ce fi] gnie se mettait l'uvre4 ,depuis longtemps ils n'avai5t pas pntr dans le cab9et2 cep5dant ils savai5t que ,rub5s avait promis un *ef-d'uvre p\r ,notre-,dame d',anv]s4 ,un soir1 la curiosit fut plus vive et plus bruyante que de c\tume4 ,jorda5s et ,diep5becke se prcipitr5t en avant1 p\sss p> les autres1 ds que la porte du cab9et fut ouv]te4 ,on voit p> l que les coles de pe9ture r5f]mai5t1 comme auj\rd'hui1 t\tes les folies de la jeunesse4 ,diep5becke ne put s'arrt] temps2 il tomba sur la ,vi]ge1 lui enlevant le bras1 la j\e et le m5ton4 ,t\t le monde se reg>da avec t]reur4 ,on v\lait fuir1 c> ,rub5s avait la colre d'un ,jupit] ,olympi54 ,van ,hoeck prit la p>ole3 ,mes *]s cam>ades1 il faut1 sans p]dre de temps1 risqu] le t\t p\r le t\t2 n\s avons encore environ trois heures de j\r1 que le plus digne d'entre n\s 7ce n'e/ pas moi7 pr5ne la palette et essaye de rp>] ce qui e/ effac4 ,je donne ma voix ,van ,dyck4 ,a9si p>la ,van ,hoeck4 ,van ,dyck eut t\tes les voix1 mo9s la si5ne4 ,cep5dant1 soit p\r obir ses amis1 soit p> press5tim5t du triomphe1 il se mit hroquem5t l'uvre4 ,le l5dema91 ,rub5s convia t\t l'ateli] au spectacle de sa ,desc5te de croix4 ,pas un de ses lves ne le suivit sans plir2 ,van ,dyck tait t\t dfaillant4 ,rub5s p>lait de son gnie avec un naf orgueil2 il expliqua ses disciples t\tes les beauts de l'uvre n\velle4 ,arriv la ,vi]ge3 ,voil1 dit-il t\t c\p1 un bras et une tte qui ne sont pas ce que j'ai fait hi] de mo9s bi54 ,rub5s apprit1 on ne dit pas comm5t1 ce qui s'tait pass4 ,il y a ici deux v]sions3 selon les uns1 il effaa t\t et ordonna ,van ,dyck de voyag]2 selon les autres1 il respecta les c\ps de p9ceau de ,van ,dyck et lui dit qu'il tait le vice-roi de la pe9ture flam&e4 ,on peut bi5 admettre1 p\r l'am\r de la vrit1 que ,rub5s fut jal\x de ,van ,dyck2 t\s les dom9ateurs dans les arts ont t jal\x2 mais on n'admettra jamais qu'un homme d'esprit comme ,rub5s1 un diplomate a*ev1 ait laiss p]c] sa jal\sie p> la v5geance4 ,s'il faut en croire les conteurs d'anecdotes1 ,rub5s tait jal\x de ,van ,dyck p\r une autre raison4 ,ils assur5t que le jeune pe9tre tait aim d',isabelle ,br&t4 ,van ,dyck1 sans avoir la beaut adore p> les ,grecs1 avait peut-tre1 avec sa physionomie fire et t5dre1 *eval]esque et am\reuse1 la beaut idale de son pays et de son sicle2 c>1 il faut le dire1 la beaut *ange de c>actre selon les sicles et les pays#bh4 ,comme ces passions-l ne sont crites que sur le v5t ou pe9tes sur les flots1 on ne peut ri5 affirm] ici1 mais on ne peut pas ni] non plus4 ,ce qui e/ hors de d\te1 c'e/ que ,van ,dyck quitta son matre v]s ce temps-l2 mais leurs adieux fur5t ceux de deux frres d'armes1 et non de deux ennemis4 ,van ,dyck (frit ,rub5s1 comme m>que de haute et pr(onde reconnaissance1 ses tableaux qu'il aimait le plus1 un ,ecce ,homo1 un ,*ri/ au j>d9 des ,olivi]s et un portrait d',isabelle ,br&t4 ,peut-tre ce portrait fut-il fait avec passion2 mais ce qui donna peu de crance au bruit dj rp&u que ,van ,dyck adorait cette femme1 c'e/ que ,rub5s plaa lui-mme ce portrait dans son salon et le montra comme un *ef-d'uvre t\s les visiteurs comme t\s ses amis4 ,si v\s n'alliez pas voyag]1 dit ,rub5s ,van ,dyck1 je v\s conduirais dans mon cab9et et je v\s dirais3 ,*oisissez4 ,mais quoi bon v\s donn] des tableaux1 puisque v\s allez en ,italie1 le pays des *efs-d'uvre2 j'aime mieux v\s (frir le meilleur *eval de mon curie4 ,van ,dyck p>tit2 son pre1 sa mre et c5t amis le conduisir5t sur la r\te4 ,quoique son *eval ft impati5t de dvor] l'espace1 il se ret\rnait t\te seconde p\r voir les d]ni]s signes d'adieu de sa mre1 qui avait v\lu all] plus lo9 que ses amis4 ,enf9 il ne vit plus que la fl*e de la ca?drale d',anv]s4 ,moi aussi1 dit-il avec un sa9t en?\siasme1 je f]ai un j\r ma ,desc5te de croix4 pe9e eut-il fait deux lieues que1 voyant un village1 il y fit halte p\r boire une p9te de bire4 ,il remonta *eval1 mais la de/9e l'att5dait l4 ,une jeune fille1 une paysanne1 plus fra*e1 plus blan*e et plus rose que t\tes ses visions de v+t ans1 app>at sur le seuil du cab>et et lui dit1 avec un s\rire qui montrait des d5ts blan*es comme celles d'un jeune l\p3 ,et le c\p de l'tri]1 monseigneur8 ,van ,dyck reti5t la bride de son f\gueux compagnon de voyage4 ,le c\p de l'tri]8 dit-il2 je ne p>tirai pas4 ,il mit pi$ t]re p\r admir] de plus prs cette nave beaut1 si clatante et si inatt5due1 qui devait tre son troisime matre4 ,elle tait presque vtue de l'air du temps2 elle allait pi$s nus1 jupe c\rte1 brassire mal agrafe1 *eveux au v5t1 gorge au soleil4 ,van ,dyck r5tra au cab>et4 ,o alliez-v\s1 monseigneur8--,en ,italie2 mais si v\s v\lez je n'irai pas si lo94 ,en effet1 qu'allait-il faire en ,italie8 ,voir les femmes de ,raphal et de ,titi54 ,sont-elles donc plus belles que ne l'tait cette meunire de ,sav5!m8 ,dans la vie et dans le tal5t de ,van ,dyck1 le cur devait j\] un plus gr& rle que la tte4 ,t\te paysanne qu'elle ft1 cette meunire de ,sav5!m ralisait l'idal de ,van ,dyck4 ,puisqu'il avait tr\v son idal1 il ne v\lait pas quitt] le pays4 ,il s'in/alla bravem5t dans la famille de sa matresse4 ,a9si ,van ,dyck1 dj clbre1 habitu aux belles manires1 n avec l'in/9ct des gr&eurs1 se cont5ta p\r ateli] de quelque hang> ru/ique l'ombre d'un m\l91 comme plus t>d ,rembr&t4 ,sa matresse1 v\lant se faire p>donn] l-haut leurs joies am\reuses1 le pria de pe9dre p\r l'glise p>oissiale deux tableaux religieux4 ,sans d\te la passion de ,van ,dyck tait srieuse1 puisqu'il obx sa matresse4 ,t\t autre1 sa place1 se ft cont5t de pe9dre deux fois la belle meunire1 une fois p\r elle et une fois p\r lui1 aprs quoi il et cont9u sa r\te en riant de l'av5ture2 mais ,van ,dyck tait aussi f]v5t am\reux que f]v5t arti/e4 ,il peignit les deux tableaux p\r l'glise de ,sav5!m4 ,le premi] reprs5tait ,sa9t ,m>t9 donnant la moiti de son manteau au pauvre4 ,le sa9t ,m>t9 tait ,van ,dyck4 ,comme il s'tait reprs5t *eval1 il avait pe9t son compagnon de voyage1 qui1 quoique pturant comme un vrai *eval de meuni]1 n'avait ri5 p]du de ses allures hroques4 ,dans le second tableau1 la ,famille de la ,vi]ge1 il reprs5ta le vieux meuni]1 la vieille meunire et leur fille4 ,t\s ceux qui ont vu ce tableau assur5t que la paysanne y ju/ifie assez1 p> sa beaut1 les att5tions du jeune pe9tre4 ,c'e/ ,descamps qui p>le a9si#bi4 ,cep5dant le bruit s'tait rp&u de ,sav5!m jusqu' ,bruxelles1 de ,bruxelles jusqu' ,anv]s1 qu'un jeune pe9tre p>tant p\r ,rome s'tait arrt en r\te p\r les beaux yeux d'une meunire de v+t ans qui lui inspirait des *efs-d'uvre4 ,rub5s crut reconnatre ,van ,dyck2 il se mit en r\te p\r ,sav5!m4 son arrive1 il ent5dit h5nir le *eval qu'il avait donn son disciple4 ,il surprit ,van ,dyck sur les m>*es du m\l91 non*alamm5t c\* aux pi$s de sa matresse4 ,je croyais1 lui dit-il en s\riant1 que v\s v\s s]iez dsormais pass de matre8 ,van ,dyck s'tait dj jet au c\ de ,rub5s4 ,et ,rome et ,flor5ce1 et ,v5ise1 et ,raphal1 et ,mi*el-,ange1 et ,titi58--,je p>tirai dema91 rpondit ,van ,dyck avec un s\da9 en?\siasme4 ,il p>tit4 ,ce roman de sa vie se dn\e cette page4 ,ses hi/ori5s ne dis5t pas s'il se consola bi5tt4 ,que dev9t la jolie meunire1 sa plus fra*e inspiration8 ,un autre v9t-il essuy] ses l>mes8 ,elle tait faite p\r aim]3 elle se consola4 ,van ,dyck alla droit ,v5ise2 il tudia avec passion les tons dors1 les airs de tte et les drap]ies de ,titi51 mais sans p]dre de vue la nature2 il corrigeait la vrit p> l'art1 sans jamais t\ff] la vrit s\s les ornem5ts4 ,de ,v5ise il alla ,gnes1 o il s'arrta longtemps4 ,de ,gnes il alla ,rome1 o le c>d9al de ,b5tivoglio l'avait appel p\r son portrait4 ,il y avait alors ,rome une colonie de pe9tres flam&s qui avai5t abdiqu leur gnie primitif1 c'e/--dire la sve1 l'clat et l'exubrance1 p\r copi] s]vilem5t les matres itali5s4 ,van ,dyck croyait d'abord tr\v] des amis p>mi ses compatriotes2 mais t\s le dcrir5t avec viol5ce1 qu& ils reconnur5t dans ses portraits la t\*e h>die et lum9euse de ,rub5s4 ,ils ne v\lai5t pas admettre1 ces ,flam&s italianiss qui avai5t r5i le gnie national p\r l'imitation s]vile1 qu'un pe9tre flam& n\rri aux pr9cipes robu/es de l'cole flam&e arrivt ,rome avec un tal5t qui pt faire ombre au leur4 ,peut-tre ,van-,dyck se ft-il fait p>donn]1 s'il et cons5ti m5] en leur compagnie la vie folle et dsordonne des cab>ets et des lupan>s2 mais il avait pris l'cole de ,rub5s de plus nobles habitudes4 ,la colonie flam&e organisa contre lui une cabale si puissante1 qu'il ab&onna1 presque son arrive1 la cit t]nelle4 ,il passa en ,sicile o il fit1 entre autres portraits1 celui de ,philib]t de ,savoie2 de ,pal]me il ret\rna ,gnes2 enf91 de ,gnes il rev9t ,anv]s1 o il retr\va des ,flam&s plus ,flam&s que ceux de ,rome4 ,seul1 aprs ,rub5s1 il vit inscrire son nom en maje/ueux c>actres sur les tables de la corporation de ,sa9t-,luc4 ,cep5dant1 malgr les tmoignages de ,rub5s1 il lui fallut longtemps encore lutt] avec passion p\r faire connatre son gnie4 ,selon ,descamps les *ano9es de ,c\rtray lui dem&r5t un tableau d'autel4 ,van ,dyck peignit un ,*ri/ en croix d'un beau c>actre4 ,il appela les *ano9es qu& son tableau fut dans l'glise1 comptant sur leur admiration2 mais le *apitre t\t enti]1 reg>da le tableau et le pe9tre avec mpris4 ,quel b>b\illage6 quel b>b\illeur6 ,van ,dyck v\lut df5dre son tableau2 mais les *ano9es prir5t t\s en mme temps la p>ole4 ,il rsulta de t\te leur loqu5ce que le ,*ri/ en croix n'tait qu'une ignoble masc>ade4 ,van ,dyck re/a seul avec un m5uisi] et quelques sacri/a9s2 ces hommes crur5t le consol]1 en lui conseillant d'emport] son tableau et en l'assurant que t\t ne s]ait pas p]du1 que sa toile p\vait tre employe faire des p>av5ts4 ,mais ,van ,dyck connaissait sa =ce2 il ordonna firem5t au m5uisi] de plac] son tableau4 ,le l5dema91 il ret\rna *ez les *ano9es et leur dit qu'ils avai5t mal vu son ,*ri/4 ,t\s lui rpondir5t qu'ils ne v\lai5t pas le voir une seconde fois2 ils le payr5t p\r vit] le sc&ale1 mais ce fut avec tant de mauvaise grce1 que l'arti/e en fut pr(ondm5t indign4 ,cep5dant quelques connaisseurs1 passant p> ,c\rtray1 dir5t hautem5t que le ,*ri/ en croix de ,van ,dyck tait un *ef-d'uvre4 ,le bruit s'en rp&it de pro*e en pro*e2 on v9t en f\le l'admir]3 alors ,van ,dyck publia l'av5ture4 ,on traita d'ignorants les *ano9es1 pi?te trop modre1 dit le naf ,descamps entre p>5?se4 ,les *ano9es convoqur5t un *apitre1 dans le desse9 de rp>] leur tort4 ,sance t5ante1 ils crivir5t ,van ,dyck p\r le pri] de leur pe9dre d'autres tableaux4 ,van ,dyck leur rpondit3 ,v\s avez assez de b>b\illeurs dans ,c\rtray et aux environs2 p\r moi1 j'ai pris la rsolution de ne pe9dre dsormais que p\r des hommes et non p\r des nes4 ,on prt5d1 aj\te ,descamps1 que ce d]ni] mot =malisa un peu le *apitre#cj4 ,selon ,h\brack51 ,rub5s (frit alors sa fille ane ,van ,dyck4 ,van ,dyck refusa la fille1 p>ce qu'il aimait encore passionnm5t la mre4 ,l'imag9ation des conteurs d'anecdotes e/ sans d\te p\r beauc\p dans cette hi/oire4 ,van ,dyck ne fit gure qu'une halte ,anv]s3 ,rub5s y pr5ait trop de place au soleil des autres4 ,il p>tit p\r ,la ,haye1 o le pr9ce d',orange1 ,frdric de ,nassau1 ne le paya pas en monnaie de religieux4 ,il fut log la c\r et y peignit plus de v+t portraits de pr9ces1 de ducs1 d'ambassadeurs4 ,de ,la ,haye il passa en ,anglet]re et d',anglet]re en ,france1 plus t\rm5t alors p> l'am\r du ga9 que p> l'am\r de l'art4 ,mais il tait crit que mille ob/acles se jett]ai5t s\s la r\e de sa =tune2 ,londres et ,p>is1 il passa comme un inconnu1 sans r5contr] p]sonne qui se s\cit de son tal5t4 ,il fut =c1 le croira-t-on8 de rev5ir ,anv]s pe9dre encore p\r les religieux4 ,heureusem5t que l'ordre des ,capuc9s lui fut plus hospitali] que l'ordre des ,augu/9s4 ,les mauvais j\rs allai5t cep5dant f9ir p\r lui4 pe9e avait-il quitt l',anglet]re que plusieurs des portraits qu'il avait pe9ts la c\r du pr9ce d',orange passr5t la c\r de ,londres4 ,*>les ,i] s'en?\siasma du beau c>actre des portraits de ,van ,dyck2 il lui envoya un ambassadeur4 ,mais ,van ,dyck n'oubliant pas qu' son premi] voyage la ,gr&e-,bretagne lui avait t inhospitalire1 jura d'abord de n'y jamais ret\rn]4 ,cep5dant le *evali] ,digby l'emm5a ,londres et le prs5ta au roi4 ,*>les ,i] l'accueillit avec autant de bonne grce et de dfr5ce que si c'et t ,rub5s4 ,il lui donna son portrait g>ni de diamants1 susp5du une *ane d'or2 il le cra ensuite *evali] du ,ba91 et1 v\lant que l',anglet]re ft sa seconde patrie1 il lui assura une p5sion considrable et lui donna deux logem5ts1 un d'hiv] et un d't4 ,il lui dit que t\te sa c\r se f]ait pe9dre p> lui et taxa lui-mme le prix des portraits3 c5t livres /]l+ p\r les portraits en pi$ et c9quante livres /]l+ p\r les portraits mi-corps4 ,ce fut le bon temps de sa vie4 ,comme ,rub5s1 il eut une royaut1 la plus haute et la plus d\ce1 celle de p]ptu] l'uvre de ,dieu4 ,les plus belles femmes de la ,gr&e-,bretagne v5ai5t1 comme une fte1 pos] devant sa palette1 t\te *>ge p\r elles de roses immortelles4 ,les blondes *evelures se rp&ai5t p\r lui en g]bes ruisselantes2 les fra*es paules plus blan*es que la cime des ,alpes1 se dc\vrai5t devant son p9ceau4 ,comme le m>*al de ,ri*elieu1 il p\vait se dire un peu le m>i de t\tes les femmes4 ,qu& la belle pr9cesse de ,brignolles1 moiti nue1 posait si complaisamm5t dans son ateli]1 qu& ,dyck peignait d'une ma9 t\te agite cette gorge bl\issante1 qui tait le *ef-d'uvre de la nature1 ne p5sait-il pas que le gr& matre avait cr cette gorge p\r lui8 ,van ,dyck vcut en famili>it intime avec ,*>les ,i]4 ,il tait insatiable2 il cotait au roi plus *] qu'un premi] m9i/re4 ,un j\r que ,*>les ,i] posait devant le pe9tre 7peut-tre p\r cet admirable portrait que la gravure a immortalis71 le roi1 qui v5ait de p>l] au duc de ,norfolk du mauvais tat de ses f9ances1 se t\rna v]s ,van ,dyck et lui dit en riant3 ,et v\s1 *evali]1 savez-v\s ce que c'e/ que d'avoir beso9 de c9q ou six mille gu9es8--,oui1 oui1 sire2 un arti/e qui ti5t table ouv]te ses amis et b\rse ouv]te ses matresses ne s5t que trop s\v5t le vide de son c(fre-=t#ca4 ,van ,dyck s'tait jet dans d'effroyables dp5ses2 il enri*issait ses matresses et ses dome/iques1 mais il ru9ait peu peu son tal5t et sa sant4 ,dans ses fureurs de luxe1 il ne fit po9t btir un palais comme ,rub5s1 il fit btir un laboratoire1 c> il tait tomb dans le pre/ige des al*imi/es3 t\t l'or qu'il avait cr comme p> magie avec son p9ceau1 il le vit bi5tt s'vapor] p> le creuset4 ,c'tait son ami1 le duc de ,buck+ham1 qui l'avait entran la folie du gr&-uvre4 ,l'orgueilleux favori de ,*>les ,i]1 voyant qu'il avait presque ru9 ,van ,dyck1 v\lut rp>] ses torts1 d'ailleurs involontaires4 ,il l'arra*a ses matresses et le m>ia la fille de "l ,ru?v51 seigneur cossais4 ,c'tait une des plus belles femmes de l',anglet]re1 mais elle ne lui apporta en dot que son nom illu/re et sa beaut dj clbre4 ,van ,dyck1 pe9e m>i1 ramassa les dbris de sa =tune et p>tit p\r ,anv]s1 esprant enf9 y tre accueilli avec en?\siasme4 ,mais dcidm5t sa gloire n'tait pas l4 ,une seconde fois il fit le voyage de ,p>is2 on lui avait dit qu'il y rtablirait sa =tune en peignant la gal]ie du ,l\vre1 mais le ,p\ss9 tait arriv avant lui4 ,une seconde fois il quitta la ,france inhospitalire2 il ret\rna en ,anglet]re1 mais c'en tait fait de lui2 il avait abus de ses =ces3 jeune encore1 il n'avait plus ni sve ni c\rage4 ,il tomba malade et ne se releva po9t4 ,sa femme lui avait donn une fille2 cette fille tant morte deux ou trois ans1 ce fut un d]ni] c\p p\r son cur4 ,il m\rut1 sans trop de regrets1 qu>ante-deux ans1 avec la funbre et sa9te esprance d'all] repos] o dj reposait sa fille1 dans l'glise ,sa9t-,paul4 ,m>ie ,ru?v5 se rem>ia1 mais ne lui survcut gure#cb4 ,van ,dyck n'a t que le ,virgile de ,rub5s3 mo9s de gnie et plus de *>me1 mo9s de gr&iosit et plus de noblesse1 mo9s en?\sia/e et plus p>fait4 ,il faut dire qu'il e/ mort jeune et qu'il a jet sa vie l'av5ture1 t\j\rs am\reux1 p>lant t\j\rs f\4 ,du re/e1 n'tait le p>ti pris de t\j\rs mettre l'lve l'ombre du matre1 on aurait s\v5t p\r ,van ,dyck1 devant ses gr&es compositions1 la mme f]veur que p\r ,rub5s4 ceux qui lui refus5t le gnie on peut rpondre p> son fameux tableau de ,sa9t ,m>t91 excut v+t ans dans le pauvre village de ,sav5!m1 o il tait seul1 sans matre et sans tradition4 ,il a laiss en ,italie des pages admirables qui ne pliss5t pas devant celles de ,titi54 ,il avait1 comme ,rub5s1 la posie de la c\leur2 son acc5t e/ mo9s vif1 mais il e/ plus h>monieux encore2 son clair-obscur e/ le triomphe de l'art1 puisque l'art ne s'y montre pas4 ,ce qu'il faut surt\t admir] en ,van ,dyck1 c'e/ sa t\*e f]me1 l>ge et fondue1 qui n'exclut pas un f9i m]veilleux4 ,on compr5d d'autant mo9s cette p]fection1 qu'il peignait une tte du premi] c\p et de la mme palette4 ,la plup>t du temps1 il comm5ait un portrait le mat91 il ret5ait le modle dn] et t]m9ait dans la soire4 ,on voit que ceux qui posai5t ne s'ennuyai5t pas *ez lui4 ,en effet1 ,van ,dyck avait sa disposition des comdi5s1 des jongleurs1 des musici5s1 des danseuses1 t\t ce qui fait du bruit1 t\t ce qui jette de l'clat#cc4 ,en exagrant les ombres et les lumires avec la h>diesse du matre1 ,van ,dyck arrivait t\j\rs un effet gr& et simple4 ,il ne pr5ait la nature que ce que dem&e la vrit2 il y aj\tait la pompe de l'art4 ,ses ttes ont un tel relief1 un tel degr de vie1 qu'on oublie presque1 en les voyant1 que ce sont des portraits4 ,van ,dyck1 comme portraiti/e1 e/ la hauteur de ,raphal1 d',holbe91 de ,velasquez et de ,rembr&t4 ,la vie clate dans t\s ses portraits2 il saisissait la vrit au mom5t o l'me rayonne sur la figure2 de l cette fleur d'idal1 mme dans la prcision4 ,du re/e1 qu& l'me ne p>lait pas sur la figure1 ,van ,dyck faisait c\rir la si5ne au b\t de son p9ceau2 aussi retr\ve-t-on quelquefois son air de tte dans sa gal]ie p\rtant si vante4 ,van ,dyck e/ peut-tre le pe9tre qui a le plus navem5t compris le beau idal de son sicle2 ses portraits lum9eux1 frapps du reflet de cette aube n\velle qui se levait sur le monde1 ont t\s1 avec leur fi]t intellig5te1 un acc5t de posie espagnole et romanesque4 ,on peut dire aussi qu'ils rappell5t les hros du ,tasse1 qui sont plus am\reux que sangu9aires2 t\s sont m>qus d'un c]ta9 acc5t *eval]esque4 ,on s5t que le roman de leur vie a trav]s leur cur4 ,aussi les portraits de ,van ,dyck1 outre qu'ils sont des *efs-d'uvre1 sont encore anims p> leur air de tte4 ,ceux-l ont t\j\rs une famille4 ,que de fois mme un portrait d'aeul a t dcro* de la place d'honneur p\r un portrait pe9t p> ,van ,dyck6 ,titi5 seul e/ peut-tre suprieur ,van ,dyck comme portraiti/e2 il e/ plus svre et plus magi/ral4 ,il faut dire que ,van ,dyck ne peignait que des ,flam&s et des ,anglais1 t&is que ,titi5 peignait des ,itali5s3 si le pe9tre d',anv]s tr\vait plus de motifs p\r sa palette1 le pe9tre de ,v5ise tr\vait naturellem5t plus de vigueur et plus de c>actre#cd4 ,si ,van ,dyck a eu beauc\p d'imitateurs1 il a eu peu d'lves4 ,on ne cite gure1 p>mi ceux qui ont tudi dans son ateli]1 que ,f\*i]1 de ,b]g-op-,zoom1 qui imita t\r t\r ,van ,dyck1 ,t9toret et ,brauw]2 ,hanneman1 de ,la ,haye1 qui avait saisi la t\*e de son matre aprs quatre ou c9q leons seulem5t2 ,reyn1 de ,dunk]que1 qui aidait le gr& portraiti/e dans les aju/em5ts2 ,boek1 de ,delft1 qui fut re*]* dans t\tes les c\rs d',europe4 ,il avait une telle rapidit de p9ceau1 que ,*>les ,i]1 se faisant pe9dre p> lui1 s'cria3 ,p>bleu1 ,boek1 je crois que v\s pe9driez *eval et en c\rant la po/e4 ,quoique ,gonzalez ,coques ft lve de ,david ,rika]t1 on peut dire que son vrai matre fut ,van ,dyck4 ,dans quelques-uns de ses portraits1 c'e/ la mme fi]t1 le mme gt et presque la mme t\*e4 ,mais le vrai disciple de ,van ,dyck fut ,lely qui lui succda dans les bonnes grces de la c\r d',anglet]re4 ,il avait comme ,van ,dyck une table de d\ze c\v]ts et un conc]t de d\ze musici5s p5dant ses repas4 ,mais il ne se ru9a pas comme ,van ,dyck1 p>ce qu'il eut mo9s de matresses et qu'il ne donna pas dans les folies de l'al*imie4 ,il e/ beauc\p mo9s ri*e dans la po/rit2 cep5dant ,lely e/ un vrai portraiti/e1 ple9 de t\rnure et d'clat4 ,il a t t\r t\r pe9tre ord9aire de ,*>les ,i]1 de ,cromwell et de ,*>les ,,ii4 ,il m\rut subitem5t1 empoisonn1 dit un de ses hi/ori5s1 p> les succs de ,knell] la c\r de ,londres2 empoisonn1 dit un autre1 avec plus de raison1 p> une mprise de son mdec94 ,van ,dyck f]me le cycle des gr&s pe9tres de son pays4 ,la nature des ,fl&res s'e/ puise en enfants sublimes4 ,le gnie du ,nord va s'exil] plus lo9 dans les brumes2 il va fleurir ,leyde1 ,h>lem1 ,am/]dam4 ,l'cole de ,rub5s se disp]se et s'te9t peu peu4 ,aprs cette moisson spl5dide1 n\s retr\vons et l quelques v]tes p\sses2 aprs cette lumire clatante1 n\s ap]cevons1 s\s la nuit qui tombe1 les traces du soleil qui disp>at3 le c\*ant cons]ve quelque temps encore ses te9tes de p\rpre et de flamme1 peu peu on ne voit plus que des toiles au ciel de l'art4 ,mais dema9 le soleil va se lev] en ,holl&e et s'appell]a ,rembr&t4 ,note #bh3 ,en ,france1 le beau idal des raff9s ne ressemblait gure au beau idal de la c\r de ,l\is ,,xiv4 ,quelle di/ance entre ,botr\ et ,rac9e1 qui t\s deux ont t jugs beaux6 ,quel rapport exi/e-t-il entre les jolis c\reurs de ruelles de #agdj et les ples rveurs de #ahdj8 ,le masque se modifie selon les passions d'une poque2 aussi1 au ,x,v,i,i,ie sicle1 on avait ,vanloo et ,la ,t\r2 c5t ans aprs n\s avions ,delacroix et ,s*eff]4 ,note #bi3 ,la ,famille de la ,vi]ge a disp>u depuis plus d'un sicle de l'glise de ,sav5!m2 le ,sa9t ,m>t9 avait disp>u aussi en faveur du ,l\vre2 mais1 en #ahae1 ,sav5!m a revu son *ef-d'uvre4 ,note #cj3 ,van ,dyck n'eut jamais se l\] des communauts religieuses4 ,il avait pe9t un ,sa9t ,augu/9 p\r les ,augu/9s d',anv]s2 qu& il s'agit de le pay]1 ils lui dcl>r5t qu'il avait mal habill leur sa9t1 qu'ils le v\lai5t vtu de noir et non vtu de blanc4 ,van ,dyck1 dans l'espoir d'tre pay1 *angea l'habit du sa9t2 mais les religieux lui dir5t alors qu'ils n'avai5t pas d'arg5t4 ,cep5dant1 has>da timidem5t l'un d'eux1 si v\s n\s donniez un ,*ri/ de votre ma91 n\s tr\v]ions de quoi v\s pay] le ,sa9t ,augu/94 ,van ,dyck leur donna le ,*ri/ p\r tre pay du sa9t4 ,note #ca3 ,la re9e ,m>gu]ite de ,b\rbon1 fille de ,h5ri ,,iv1 posait un j\r devant lui4 ,comme il s'arrtait longtemps aux ma9s de la pr9cesse 7il excellait pe9dre les extrmits71 elle lui dem&a d'un air enj\ p\rquoi il c>essait plus ses ma9s que sa tte3 ,madame1 c'e/ que j'espre de ces belles ma9s une rcomp5se digne de celle qui les porte4 ,descamps cite cette rponse comme une rponse heureuse4 ,n\s esprons1 p\r l'honneur de ,van ,dyck1 que c'e/ encore l une anecdote btie sur le v5t4 ,un autre mot de ,van ,dyck pr\v]ait un peu de sans-faon dans son c>actre4 ,on lui repro*ait de pe9dre qu>ante ans plus ngligemm5t qu' v+t3 ,autrefois1 rpondit-il1 j'ai travaill p\r ma r5omme2 auj\rd'hui je travaille p\r ma =tune4 ,note #cb3 ,le roi l'avait t\j\rs beauc\p aim1 malgr sa soif de l'or et ses prodigalits2 p5dant la maladie du pe9tre1 il promit trois c5ts gu9es son mdec9 s'il gurissait ,van ,dyck4 ,note #cc3 ,le pe9tre ,van ,dyck1 ru9eux pur la rputation bi5 mrite qu'il s'e/ acquise dans son art1 tait p>v5u p> la libralit de plusieurs pr9ces1 et p> les sommes considrables qu'il tirait de ses tableaux1 un degr d'opul5ce que ceux qui cultiv5t la pe9ture1 mme avec le plus gr& succs1 n'ont pas connu3 il avait une tr\pe de comdi5s1 de musici5s1 et un quipage de *asse lui4 ,il vivait en gr& seigneur et se faisait pay] de mme4 ,l',,ann,e ,,litt,,raire4 ,note #cd3 ,jo%u ,reynolds1 le gr& portraiti/e anglais1 le salue connue le premi] pe9tre de portraits4 ,le m>quis d',arg5s le salue comme le premi] pe9tre du monde4 ,figure #aa3 ,vnus4 ,pe9t p> ,rembr&t ,,rembr&t ,la vie et la c\leur clat5t dans ,rub5s2 dans ,rembr&t1 ce qui clate1 c'e/ la p5se et la lumire4 ,rub5s e/ un plus bl\issant arti/e1 ses pomes sont des m]veilles qui enivr5t les yeux2 ,rembr&t e/ plus mditatif2 il veut surpr5dre l'esprit t\t en tonnant le reg>d4 ,on peut dire que1 comme nation1 la ,holl&e naquit de la ,r=me4 ,en va9 ,philippe ,,ii v\lut t\ff] s\s son pi$ les sem5ces prospres4 ,qu& la raison a pntr dans l'esprit d'un peuple1 les =ces brutales ne font que la rp&re et la sem] encore4 ,en va9 ,philippe ,,ii mit en uvre l'inquisition2 non-seulem5t avec l'inquisition il p]dit la foi ca?olique1 mais encore la ,holl&e4 ,aprs qu9ze annes de luttes et de supplices1 l'hrosme et la raison triomphr5t1 les ,bataves se dcl>r5t affran*is du j\g4 ,leur rpublique ne t>da pas s'lev] au rang des premi]s royaumes4 ,on ne saurait trop admir] ce peuple p]du sur la m]1 luttant sans cesse contre l',espagne et contre la m] elle-mme4 ,la lib]t enfante des prodiges1 qu& elle e/ fconde p> l'am\r de la patrie4 ,l'hi/oire de la philosophie ira consult] l'uvre de ,rembr&t comme l'un de ses docum5ts les plus prcieux4 ,un rayon de lib]t c\ronne les ttes de ce gr& matre4 ,ces hommes-l respir5t firem5t sur la t]re comme dans un royaume qui leur app>ti5t2 ils ont t\s leur "p de royaut2 ils ont p]du1 il e/ vrai1 les visions extatiques qui entran5t l'me aux pi$s de ,dieu1 mais ils sont dlivrs des *anes de la papaut et des cra9tes de l'inquisition4 ,la ,holl&e n'a jamais t rig\reusem5t papi/e2 la ,r=me l'a tr\ve t\te r=me4 ,c'e/ v]s le nord que l'aube s'e/ leve4 ,la scola/ique seule1 la scola/ique1 ce ds]t inhabitable p\r la raison fcondante1 mais p>sem de lo9 en lo9 de v]tes oasis1 avait lutt et l contre l'envahissem5t des papi/es4 ,ce que ,dante et ,ptr>que fur5t p\r la posie1 ,lon>d de ,v9ci1 ,mi*el-,ange et ,raphal p\r les arts1 ,bacon et ,desc>tes p\r la philosophie1 ,cop]nic et ,galile p\r l'a/ronomie1 ,colomb et ,gama p\r la sci5ce du globe1 ,lu!r le fut p\r la religion4 ,or si ,rembr&t a eu un matre1 ce fut ,lu!r4 ,rembr&t avait trs-srieusem5t foi en ,lu!r4 ,c'tait p\r lui mi r=mateur comme ,mahomet1 ,jsus-,*ri/ et ,mose4 ,il p5sait que le ca?olicisme1 p> ses pompes et ses volupts1 n'tait plus qu'une autre my?ologie4 ,dieu1 l'image invisible1 tait ca* p> les images des sa9ts4 ,rembr&t r5dait grce ,lu!r1 qui avait indiqu aux ,holl&ais les premi]s rayons du j\r n\veau1 qui leur avait inspir l'esprit de rvolte1 qui avait fait de ses frres des hommes libres et =ts4 ,dieu e/ avec eux1 mais ils os5t respir] et s'pan\ir s\s le ciel qui leur s\rit4 ,l'esclave s'e/ fait homme4 ,quel m]veilleux temps p\r la raison1 p\r les p5seurs1 p\r les philosophes6 ,c'e/ une priode exubrante de gnie3 ,agrippa1 ,bacon1 ,*]bury1 ,desc>tes1 ,sp9oza1 ,gass5di1 ,pascal1 ,locke1 ,leibnitz1 ,wolf4 ,mais la philosophie passait p> le m>tyre p\r arriv] la gloire4 ,on brlait vifs1 ,bruno ,rome en #afjj1 ,van9i ,t\l\se en #afai2 on allait bi5tt brl] ,kuhlmann ,mosc\2 les autres m\rai5t de faim ou d'ennui dans l'exil4 ,rembr&t fut un pe9tre philosophe qui tudia l'art et la vie dans la nature et dans la cration1 peu ou po9t dans les livres et dans les muses4 ,il ne dev9t pas1 comme on le p5se trop1 un gr& pe9tre sans le savoir2 il disait trs-bi5 que celui qui imite ,homre n'imite pas l',iliade4 ,il ddaignait de dev5ir illu/re dans le *em9 de ses devanci]s3 il v\lait mont] sur l'pre montagne p> un po9t inconnu4 ,il tudia les pr9cipes et la philosophie des arts3 *ez les ,itali5s1 c'e/ l'imag9ation et le s5tim5t qui les emport5t jusqu'au gnie2 *ez ,rembr&t1 c'e/ la p5se et l'analyse4 ,les ,itali5s sont plus loqu5ts1 ,rembr&t e/ plus pr(ond#ce4 ,rembr&t#cf naquit le #ae ju9 ou le #ae juillet #afjf1 tr5te ans aprs ,rub5s1 entre les villages de ,ley]dorp et de ,k\k]ck1 prs de la ville de ,leyde1 de ,h]mann ,g]retz et de ,cornlie ,van ,zuitbroeck4 ,t\t le monde sait que son pre tait meuni]#cg sur les bords du ,rh93 de l le surnom de ,van ,rh94 ,comme le pre de ,breughel le ,drle 7ces exemples sont trop r>es p\r ne pas s'y arrt]71 le meuni] de ,leyde v\lut que son fils ft un savant ou un arti/e4 ,il l'envoya tudi] le lat9 ,leyde4 ,aprs quelques annes d'tudes presque /riles1 le jeune homme1 qui n'aimait ni l'cole ni les pdants1 obt9t de son pre qu'il s]ait pe9tre et non po9t savant4 ,dj il avait pr\v p> ses dess9s *>bonns sur t\s les murs de la maison pat]nelle1 crayonns sur t\s ses livres1 qu'il tait n p\r l'art4 ,le meuni] plaa son fils *ez un pe9tre sans gnie1 ,jakob ,van ,zwaan5burg1 qui lui enseigna du mo9s l'alphabet de la pe9ture2 aprs trois ans passs l'ateli] de ,jakob ,van ,zwaan5burg1 ,rembr&t alla ,am/]dam dem&] des leons ,la/man d'abord1 ,p9as ensuite4 ,dans la ,description de la ville de ,leyde1 ,simon ,leev5 veut que ,george ,van ,s*oot5 ait t le vrai matre de ,rembr&t4 ,ce n'e/ pas trop la pe9e de discut] sur ce po9t3 ,rembr&t n'a eu qu'un matre1 ce fut ,rembr&t4 ,en effet1 bi5tt fatigu de t\tes ces leons contradictoires qu'il avait subies sans trop se pla9dre ,leyde et ,am/]dam1 il rev9t au m\l9 de son pre1 dcl>ant qu'il n'aurait plus d'autre ateli]4 ,il aimait cette t\r lgante aux ailes rapides ou p>esseuses2 il compr5ait que p\r les hommes d'une =te trempe la nature e/ seule loqu5te4 ,ce fut donc dans cet ateli] qu'il comm5a drob] au ciel cette lumire magique qui e/ l'me de sa pe9ture4 ,celui qui dev9t av>e jusqu'au ridicule fut d'abord un arti/e am\reux de son art1 sans song] l'or qui tomb]ait bi5tt de sa palette4 ,il peignait p\r pe9dre1 sans autre passion4 l'ge o tant d'autres se ht5t d'attir] les yeux sur leur tal5t1 il tr\vait de la volupt vivre seul lo9 de t\s1 adonn aux lois au/res de l'art4 ,mais un homme de gnie e/-il seul en face de l'uvre de ,dieu8 ,n'e/-ce pas plutt les hommes qui lui font la solitude8 ,p5dant qu'il tudiait p> les yeux et p> la p5se1 tantt errant sur les rives embrumes du ,rh9 en contemplation devant les trames invisibles du drame t]nel1 tantt dans l'intrieur du meuni]1 s'amusant des jeux-de la lumire sur les rudes et fran*es figures de sa famille1 tantt1 la palette en ma91 rp&ant la vie avec clat1 les pe9tres de ,leyde et d',am/]dam1 qui avai5t dev9 son gnie1 le proclamai5t d'avance comme une n\velle toile au ciel de l'art4 ,rembr&t ne croyait pas encore lui-mme1 p>eil aux matres srieux1 qui considr5t le gnie avec respect et avec effroi4 ,un pe9tre1 on ne dit pas son nom1 voyant un de ses tableaux#ch1 lui conseilla d'all] le v5dre la ,haye1 p\r lui pr\v] que son tal5t s]ait apprci4 ,rembr&t alla la ,haye pi$1 son tableau s\s le bras1 d\tant encore de ses =ces4 ,il se prs5ta *ez un amateur1 qui lui (frit premire vue c5t flor9s4 ,rembr&t prit avec surprise les c5t flor9s et ret\rna en t\te hte au m\l9 racont] sa =tune4 ,ds ce j\r1 il faut bi5 le dire1 l'am\r de l'arg5t v9t pass] dans ses rves d'arti/e4 ,sa famille tait pauvre4 ,sans d\te il enviait un peu le sort des beaux g5til%ommes de ,leyde1 qui v5ai5t se prom5] s\s son m\l9 en p\rpo9t de vel\rs1 coiffs d'un feutre plumes1 portant des armes d'or et d'arg5t4 ,peut-tre songea-t-il sec\rir son pre et sa mre1 donn] l'un le repos1 l'autre quelque d5telle ou t(fe de prix1 peut-tre aussi aima-t-il d'abord l'arg5t p\r l'arg5t4 ,p\rtant il tait dj ri*e p> les tableaux qu'il allait faire qu& il p\sa une jeune paysanne de ,r>ep ou de ,ransdorp1 qui n'avait ri5 que sa beaut1 sa fra*eur et sa gaiet4 ,ce n'e/ po9t l le m>iage d'un av>e4 ,aprs avoir pe9t trois portraits p\r laiss] au m\l91--son portrait1 celui de sa mre et celui de sa femme1--il alla s'tablir ,am/]dam2 il y ouvrit bi5tt un ateli] sil5cieux o *aque lve avait un cab9et4 ,sa manire d'enseign] tait n\velle ,am/]dam3 devant l'coli] qui n'avait pas encore dess91 il plaait un modle vivant et lui disait3 ,voil ton matre1 tire-toi de l comme tu p\rras4 ,il cons]va t\j\rs ses allures et son langage ru/iques4 ,en va9 il se c\vrait d'armures et de *apeaux plumes1 l'alti] paysan des bords du ,rh9 ne se masquait jamais ou se trahissait t\j\rs4 ,il faut qu'ici-bas *acun ait sa folie2 c'e/ une loi div9e qui frappe t]nellem5t l'humanit4 ,rembr&t eut donc la folie de l'arg5t4 ,cette folie1 qui n'eut d'abord que des airs de caprice et de biz>r]ie1 dev9t peu peu sombre et srieuse4 ,on a t5t de rvoqu] en d\te l'av>ice de ,rembr&t2 p> am\r du p>adoxe1 on a mme v\lu pr\v] qu'il tait prodigue comme le sont presque t\s les arti/es4 ,on s'e/ appuy sur l'autorit de ,h\braek51 qui affirme n'avoir jamais ent5du dire que ,rembr&t et laiss un gr& bi54 ,mais ,h\braek5 lui-mme1 p>lant des repas de ,rembr&t et du prix de ses tableaux1 ne montre que trop ses contradictions4 ,en effet1 selon lui1 le gr& pe9tre de ,leyde dnait assis sur un escabeau1 tantt avec un h>5g sal1 tantt avec un fromage4 ,on peut jug]1 d'aprs les portraits et les tableaux qu'il a laisss de sa femme et de son intrieur1 qu'il n'avait de luxe que dans son tal5t4 ,il fuyait le monde avec effroi2 en va9 le b\rgme/re ,six *]*ait lui pr\v] qu'il tait n p\r les honneurs1 qu'une gloire telle que la si5ne p]dait se t5ir ca*e dans l'ombre de l'intrieur2 il amassait l'or avec volupt1 il p]si/ait ne s'amus] qu'en la compagnie des g5s du peuple1 plus m]veill d'un trait naf ou spirituel1 p>ti du cur ou du cab>et1 que des disc\rs loqu5ts appris dans les livres4 ,il tait du peuple1 il ne respirait la lib]t qu'avec le peuple4 ,on lui a fait un repro*e de sa faon de vivre4 ,si son tal5t tait t\s1 sa vie tait lui-mme2 il ne devait compte que de son tal5t4 ,on lui a repro* de n'avoir pas v\lu sortir de son pays4 ,t\s ses contempora9s regrettai5t de ne pas le voir faire un pl]9age en ,italie4 ,ce repro*e n'e/ pas inju/e comme l'autre1 il e/ ridicule#ci4 ,e/-ce qu'en saluant le gnie de ,rembr&t on a le droit de le v\loir plus p>fait1 qu& ,lon>d de ,v9ci1 ,mi*el-,ange1 ,raphal1 ,corrge et ,titi5 avai5t p\r a9si dire f]m t\t espoir aux pe9tres futurs8 ,rembr&t avait v\lu arriv] au gnie sans s'appuy] sur le gnie des autres4 ,il avait runi sur les murs de son ateli] des armures1 des turbans1 des t(fes p]sanes1 des armes de prix1 des pi]res prcieuses3 ,ce sont l mes antiques1 disait-il4 ,esprit biz>re et libre1 il n'tait esclave de qui que ce ft1 pas mme de sa passion p\r l'or4 ,un j\r qu'il peignait une famille noble dans un seul tableau1 on v9t lui annonc] la mort d'un s+e qu'il aimait beauc\p4 ,il ne peut cont5ir sa d\leur2 il s'irrite contre le sort1 il dit que c'en e/ fait de lui4 ,t\t en sanglotant1 il trace gr&s traits la figure du s+e sur le tableau de famille4 ,on lui fait des remontrances1 on lui dit que son s+e e/ dplac au milieu de graves p]sonnages2 t\te la famille s'indigne et lui ordonne d'effac] l'animal4 ,il cont9ue pleur] et pe9dre son s+e4 ,le *ef de la famille lui dem&e d'un ton svre si c'e/ le portrait des si5s ou d'un s+e qu'il prt5d faire4 ,c'e/ le portrait du s+e1 rpond ,rembr&t4--,eh bi5 donc6 v\s g>d]ez le tableau4--,j'y compte bi51 rplique le pe9tre#dj4 ,il riait lui-mme de sa folie p\r l'arg5t4 ,il ne se f*ait pas qu& d'autres1 en riai5t4 ,a9si1 on raconte que ses lves ont pe9t des pices de monnaie sur des c>tes rp&ues1 comme p> mg>de1 dans l'ateli]4 ,rembr&t s'y laissait pr5dre1 et t5dait la ma9 avec une avidit comique et furieuse4 ,cep5dant1 p\r ass\vir sa passion1 il p]dait t\te noblesse2 il avait un fils2 il l'obligeait v5dre ses e/ampes1 comme s'il les lui eut drobes2 il le condamnait all] dans les v5tes publiques sur5*rir sur ses tableaux3 s+ulire et tri/e ducation du fils d'un homme de gnie6 ,il j\ait comme ,tni]s1 comme beauc\p d'autres1 la comdie de la mort p\r ranim] le zle des amateurs1 ou bi5 il simulait un long voyage3 il p>lait de s'exil] aux ,gr&es-,indes1 ou bi5 encore il *angeait quelques traits une gravure p\r la v5dre ceux qui dj l'avai5t a*ete4 ,a9si vivait cet homme si orig9al et si =t1 le vrai roi de la ,holl&e1 comme ,rub5s e/ le vrai roi de la ,fl&re4 ,on a quelque pe9e se reprs5t] un p>eil gnie1 p]du1 p\r a9si dire1 dans une m9e d'or1 vivant dans son intrieur et trang] aux joies de l'intrieur4 ,van ,dyck dem&ait la =tune l'al*imie1 ,rembr&t dem&ait l'or l'or lui-mme4 ,ironie de l'esprit s\v]a9 qui avait laiss tomb] sur eux un rayon de sa gloire6 ,dans la vie de *aque gr& arti/e1 on p\rrait tr\v] l'am\r de l'or4 ,zeuxis ne faisait-il pas pay] t\s les curieux qui v5ai5t voir la fameuse ,hlne#da8 ,,ii ,rembr&t travailla jusqu' son d]ni] j\r1 en #afgd2 il m\rut1 comme on voit1 g de soixante-huit ans1 laissant un fils1 ,titus ,rembr&t1 qui n'hrita po9t de son gnie4 ,du m\l9 de son pre au tombeau1 la vie de ,rembr&t ne fut gure v>ie4 ,il vivait enf]m en lui-mme1 bl\i de ses uvres1 p>c\rant le monde inconnu qu'il avait dc\v]t dans l'art4 ,sans d\te1 enivr de gloire et d'or1 il ne retr\va pas ,am/]dam un seul des beaux j\rs que ,dieu lui avait donns v+t ans dans le potique m\l9 aux ailes lgres qui tait sa salle d'or*e/re au gr& drame de la cration2 mais1 dans sa simplicit nave1 sa femme lui fut t\j\rs aimable4 ,il respirait aut\r d'elle le p>fum d\cem5t agre/e des prairies de la maison natale4 ,*ez ,rembr&t1 le /yle c'e/ l'homme4 ,la p5se de ,buffon s'appliqu]ait plus volonti]s aux pe9tres qu'aux potes4 ,il y a dans la tte de ,rembr&t quelque *ose de sombre et de lum9eux1 d'abrupt et de fi]1 de naf et de ddaigneux1 une ligne d\teuse1 mais une c\leur spl5dide4 ,il e/ t(f comme son tal5t2 il aime les *anes d'or1 les p5dants d'oreilles1 les pi]res prcieuses1 les d5telles et les guipures1 le vel\rs et la soie1 t\t ce qui sduit les yeux4 ,il e/ le plus s\v5t coiff d'une toque de vel\rs qui rp& l'ombre sur son front3 cette ombre1 c'e/ la p5se4 ,il portait ses m\/a*es un peu sauvages et ses *eveux b\cls#db1 laissant la nature t\s ses droits comme dans ses tableaux4 ,rembr&t e/ l'une des plus robu/es individualits qui ai5t pass dans le monde des arts4 ,on peut dire qu'il n'e/ pas mme de son pays4 ,il e/ gr& ct de ,rub5s et ne le rappelle jamais4 ,?ophile ,?or1 qui a tudi sur le vif ces deux matres s\v]a9s1 les oppose avec beauc\p de vrit3 ,il n'y a pas dans t\tes les coles deux pe9tres qui diffr5t plus l'un de l'autre que ,rembr&t et ,rub5s2 ce sont prcism5t les contraires3 l'un e/ pe9tre conc5tr1 l'autre e/ un pe9tre tal2 l'un *]*e la simplicit c>actri/ique1 l'autre une somptuosit ambitieuse2 l'un mnage ses effets1 l'autre les prodigue aux quatre co9s de ses toiles2 l'un e/ t\t en d$ans1 l'autre t\t en dehors2 l'un e/ my/rieux1 pr(ond1 insaisissable1 et v\s fait repli] sur v\s-mme3 t\te pe9ture de ,rembr&t1 mme connue d'avance p> des descriptions ou des e/ampes1 cause t\j\rs1 qu& on la voit p\r la premire fois1 une indf9issable surprise2 ce n'e/ jamais ce quoi on s'att5dait2 on ne sait que dire2 on se tait et on rfl*it2--l'autre e/ expansif1 entranant1 irrsi/ible1 et v\s fait pan\ir3 t\te pe9ture de ,rub5s communique la joie1 la sant1 une exubrance extrieure de la vie4 ,devant ,rembr&t on se recueille1 devant ,rub5s on s'exalte4 ,gr&s magici5s t\s les deux1 mais p> des procdes absolum5t inv]ses1 ils sont l'un l'autre ce que sont *ez les ,itali5s le ,v9ci et le ,vronse4 ,p\r qui connat fond ,rembr&t1 ce n'e/ po9t un p>adoxe de dire qu'il a c]ta9es qualits du ,v9ci2 que son t\rm5t1 comme celui de ,lon>d1 e/ l'expression de la physionomie intime2 que ce c>actre significatif il l'a *]*1 tr\v et grav sur les types du ,nord1 comme ,lon>d sur les beaux types de l',italie4 ,p> ce ct-l1 inconte/ablem5t1 il a quelque *ose du pe9tre de la ,joconde4 ,ses analogues dans l'cole itali5ne1 on en peut conv5ir volonti]s1 sont cep5dant plutt ,corrge1 ,giorgione et ,titi51 que ,lon>d1 de mme que1 dans l'cole espagnole1 celui qui se rappro*e le plus de lui1 c'e/ ,velasquez4 ,quant ,rub5s1 il e/ le frre de ,paul ,vronse1 sauf aussi la diffr5ce des types4 ,leurs in/9cts1 leurs m?odes1 leurs rsultats1--leurs gnies1--sont les mmes4 ,on n'a jamais rem>qu que ,rembr&t et ,rub5s n'ont eu aucune relation ensemble1 quoique contempora9s2 c>1 s'il y avait tr5te ans de di/ance entre leurs ges1 ,rembr&t cep5dant conquit la clbrit presque ds son arrive ,am/]dam en #afej1 ou du mo9s ds #afeb1 aprs la ,leon d'anatomie1 et ,rub5s ne m\rut qu'en #afdj4 ,les deux matres qui n'tai5t pas bi5 lo9 l'un de l'autre1 d',am/]dam ,anv]s1 aurai5t pu se connatre4 ,il y avait une circulation assez frqu5te de l'cole d',anv]s celle d',am/]dam et rciproquem5t4 ,jean ,lyv5sz entre autres1 le condisciple1 l'ami et le sectateur de ,rembr&t1 a aussi tudi s\s l'influ5ce de ,rub5s4 ,il ne p>ait pas t\tefois que le matre flam& et le matre holl&ais ai5t *ang aucun tmoignage de sympa?ie4 ,rembr&t1 il e/ vrai1 dans sa prcieuse collection1 avait un c>ton d'esquisses de ,rub5s et un *oix de gravures d'aprs ,rub5s1 p>mi ses uvres de ,raphal1 de ,mi*el-,ange et des autres gr&s arti/es2 mais ,rub5s qui possdait p\rtant quelques ,holl&ais ct de ses ,vronse et de ses ,titi51 n'avait pas le mo9dre croquis de ,rembr&t4 ,peut-tre le ,flam& semi-italianis l'e/imait-il pas sa ju/e valeur son naf et sauvage compre des ,prov9ces affran*ies4 ,si la pe9ture n'et t dc\v]te1 ,rembr&t l'aurait inv5te4 ,v5u aprs la priode des *efs-d'uvre itali5s et flam&s1 un homme mo9s =t se fut cont5t d'expliqu]1 p\r a9si dire1 quelque matre connu4 ,il v\lut son t\r possd] la clef d'or du gnie4 ,la vrit fut sa religion1 la lumire sa posie4 ,il fut vrai et rayonnant4 ,h>di dans son art jusqu' l'insol5ce1 il avait banni les rgles consacres p> l'exemple des matres1 il peignit sa fantaisie1 tantt comm5ant p> o les autres f9iss5t1 tantt f9issant p> o les autres comm5c5t4 ,ses portraits magiques ont un si gr& relief p>ce qu'il semblait plutt model] que pe9dre4 ,on cite de lui une tte o le nez tait presque aussi saillant que celui du modle4 ,cette faon de faire n'tait pas du gt de t\t le monde2 ,rembr&t s'en emb>rasse =t peu2 il dit un j\r quelqu'un qui appro*a de trs-prs p\r voir ce qu'il peignait3 ,un tableau n'e/ pas fait p\r tre flair2 l'odeur de la c\leur e/ malsa9e4 ,il disait aussi ceux qui lui repro*ai5t de faire de la pe9ture raboteuse3 ,je suis pe9tre et non te9turi]4 ,ces deux mots sont deux leons immortelles4 ,p> son admirable sci5ce du clair-obscur1 il a produit dans *acun de ses tableaux quelque effet clatant4 ,il tait si sr de son p9ceau et de sa palette1 qu'il plaait *aque ton sa vraie place1 d'un seul c\p1 sans tre oblig d'y rev5ir et de le f\dre avec d'autres4 ,de l cette fleur si fra*e de coloris4 ,il se cont5tait1 p\r ad\cir les te9tes et li] les lumires aux ombres1 de quelques glacis lg]s qui faisai5t l'h>monie sans altr] la virg9it des c\leurs4 ,t\t p5seur qu'il ft1 il tait s\v5t sans lvation4 ,quelques-uns de ses tableaux d'hi/oire ne sont que de suprmes masc>ades3 c'tait ,vronse et ,basan en ,holl&e4 ,cep5dant il ne faudrait pas ici prononc] un jugem5t absolu3 a9si la ,desc5te de ,croix1 ,tobie pro/]n devant l'ange1 la ,rsurrection de ,laz>e1 le ,triomphe de ,m>do*e1 l',adoration des ,mages1 ,jsus ,emmas1 sont de srieux *efs-d'uvre anims de lueurs exquises1 clairs et l d'un rayon div94 =ce de vrit1 ,rembr&t devi5t sublime comme d'autres =ce d'lvation et d'idal4 ,j'ai vu ,v5ise#dc une ,madele9e de ce matre qui e/ un *ef-d'uvre d'expression et qui contra/e s+ulirem5t avec t\tes les ,madele9es des matres itali5s4 ,c'e/ une belle et simple ,holl&aise2 mais p\r ce sublime pote n'y a-t-il pas des modles dans t\s les pays8 ,si elle n'e/ pas belle p> la gr&eur des lignes1 elle e/ belle p> la d\leur et p> le rep5tir 7d\leur et rep5tir de la premire fille v5ue2 mais p\rquoi faire t\j\rs de ,madele9e une femme trop illum9e des spl5deurs du ,*ri/1 un pote p> le cur1 une ,sapho *rti5ne *antant ses p*s plutt qu'elle ne les pleure87 ,cette ,madele9e de ,rembr&t1 on voit bi5 qu'avant de lev] les yeux au ciel elle a aim les hommes de la t]re2 on voit bi5 qu'elle a pleur de joie avant de rp&re ces belles l>mes que le gnie a cri/allises4 ,elle n'e/ pas nue comme ses surs2 on la voit mi-corps et de face1 habille en ,holl&aise2 elle montre une ma9 admirable comme les faisait ,rembr&t en ses j\rs de bonne volont#dd4 ,elle vit encore de la vie huma9e p> le cur qui e/ l'orage de la crature2 t\tes les passions qui l'ont agite sur la m] des dang]s sont pe9e ass\pies dans son se94 ,la ,vnus du muse du ,l\vre p\rrait s]vir de p5dant cette ,madele9e4 ,c'e/ t\j\rs une ,holl&aise habille des pi$s la tte 7,rembr&t habillait mme les anges74 ,elle e/ belle p> l'clat de la vie1 p> la sve et p> la =ce2 elle e/ mme belle1 si on peut p>l] a9si1 p> la beaut4 ,dieu n'en a pas cr de plus victorieuses dans t\te la ,holl&e4 ,elle a un ,am\r auprs d'elle2 on lui en donn]ait v+t sans puis] ses lvres ard5tes et sav\reuses4 ,dans la re*]*e du beau1 il n'y a pas seulem5t la svrit de la ligue et la grce du cont\r4 ,le vase d'or le mieux sculpt n'e/-il pas celui de l'autel d'o s'*appe un jet des flammes div9es8 ,l'hi/oire de ,prom?e drobant le feu du ciel n'e/ encore qu'une sublime allgorie4 ,la beaut se =me de div]s lm5ts1 p>ce qu'elle e/ la beaut pla/ique1 la beaut morale et la beaut intellectuelle1 p>ce que l'arti/e a d t\r t\r c>ess] avec la mme f]veur les muscles d',h]cule1 les lvres sav\reuses de ,vnus ou de ,madele9e#de1 la tri/esse potique de ,psy* et le front p5sif de ,m9]ve4 ,rembr&t c>essait t\r t\r le front de ,m9]ve et les lvres sav\reuses de ,madele9e ou de ,vnus4 ,sa beaut idale1 c'tait la p5se et le rayonnem5t3 l'homme qui p5se1 la femme qui s'pan\it4 ,ce gr& pe9tre aimait trop p]dum5t les jeux de la lumire dans l'obscurit4 ,muni*1 il a un ,crucifiem5t p> un temps orageux1 une ,mise au tombeau s\s une sombre vote1 une ,rsurrection au milieu de la nuit1 une ,nativit devant une lampe1 une ,asc5sion qu'illum95t les rayonnem5ts du ,*ri/2 mais ces effets de clair-obscur1 ces magiques oppositions de j\r et de nuit1 ne font pas t\t le gnie du pe9tre4 ,ceux qui ni5t son expression et son /yle1 s'ils tai5t demeurs contemplatifs devant ces uvres tranges1 aurai5t s5ti que son gnie ne triomphait pas seulem5t p> la magie de l'excution4 ,son me n'e/-elle pas visible dans sa c\leur8 ,il y a t\j\rs s\s un masque brutal1 un pr(ond s5tim5t huma94 ,il e/ lo9 de l'idal *rti51 des figures dta*es des fonds d'or du ,giotto ou des paysages au/res du ,prug92 mais il a sa foi comme les arti/es les plus pieux du moy5 ge et de la ,r5aissance4 ,il aime la nature s\s quelque face qu'elle se prs5te4 ,elle e/ horrible2 qu'importe6 c'e/ la nature1 une *ose sa9te et sacre4 ,s'il a p]du la posie de l'esprit1 n'a-t-il pas celle du cur8 ,il prote/e p> l'clat et l'exubrance contre la tombe entr'ouv]te o les *rti5s n\s ent]r5t mme dans la vie4 ,le pan?isme doit reconnatre ,rembr&t p\r son pe9tre s\v]a94 ,aprs l'idal antique1 aprs l'idal *rti51 il tr\va l'idal t]re/re1 l'idal de la raison qui voit p> l'il simple4 ,dans l'uvre de ,rembr&t on dirait qu'il a v\lu supprim] le ciel2 il a pris du limon ses pi$s1 et1 comme un autre crateur1 il a sculpt la p]sonnalit huma9e avec respect et avec am\r#df4 ,oui1 il y a lo9 de l aux fonds d'or des ,byzant9s qui fuyai5t la t]re et craignai5t d'y mettre le pi$6 ,c'e/ un n\veau monde1 un monde dans les tnbres3 la lumire de ,rembr&t n'e/-elle pas celle qui jaillit des tnbres8 ,c'e/ l'aube encore d\teuse d'un j\r n\veau qui s]a clair p> les orages du d\te4 ,quel pome ple9 de t]reur et de my/re6 ,la p5se huma9e qui se reconnat libre et va se bris] aux temptes futures6 ,les sombres philosophes de ,rembr&t1 ceux qu'il a anims de ses rves et de ceux de ,lu!r1 sont plus tri/es que les m>tyrs de ,ribeira4 ,ils ont l'av5ir1 ils y vont librem5t1 ils sont matres du monde2 mais que tr\v]ont-ils dans l'av5ir et que leur rs]ve le monde8 ,ils ont bris leurs *anes2 mais c'tai5t des *anes d'am\r1 des *anes de lis et de roses tombes du rivage sacr4 ,les philosophes de ,rembr&t1 t\s ns du prote/antisme1 sembl5t se dire tri/em5t3 ,je suis libre1 mais je ne suis qu'un homme4 ,je puis all]1 mais o vais-je8 ,rembr&t tr\va presque en mme temps son gnie de portraiti/e1 de graveur et de paysagi/e4 v+t-c9q ans1 il avait t\te sa =ce2 depuis cet ge jusqu' sa mort1 il *angea et l sa manire1 mais t\t en cons]vant sa *aude et vig\reuse empre9te4 ,soit que son travail ft trs-tudi1 soit qu'il peignt avec la rapidit de la f\dre1 soit qu'il crt un philosophe ou une paysanne1 un intrieur holl&ais ou un tableau biblique1 c'tait t\j\rs le mme gnie viril1 solide1 clatant4 ,rembr&t fut aussi gr& colori/e dans la gravure que dans la pe9ture4 ,sa po9te1 c'tait encore son p9ceau t\t baign d'ombre et de lumire4 ,on reconnat la mme t\*e et le mme esprit4 ,il n'a pas plus imit les graveurs ses devanci]s qu'il n'avait fait des pe9tres2 aussi e/-il plus vig\reux et plus *aud#dg4 ,on peut h>dim5t p>l] des te9tes de sa po9te4 ,ses desc5tes de croix1 ses portraits1 ses sujets religieux et pr(anes1 ses paysages1 sont d'un effet magique p> l'expression1 l'n]gie et la c\leur4 ,on peut admir] ,rembr&t dans t\s les muses d',europe1 mais c'e/ la ,haye et ,am/]dam qu'il faut all] salu] son gnie4 ,la ,leon d'anatomie#dh et la ,ronde de nuit 7qui e/ une ronde de j\r71 sont l'expression la plus vive et la plus loqu5te de ses deux manires4 v+t-c9q ans1 il peignit la ,leon d'anatomie avec la sci5ce1 la sobrit1 la prcision1 la t\*e ca*e d'un matre qui n'a plus ri5 appr5dre de l'art4 ,c'e/ un *ef-d'uvre dont nul dtail ne trahit une ma9 de v+t-c9q ans4 ,plus de d\ze ans aprs1 le jeune homme s'tait fait homme1 il peignit la ,ronde de nuit4 ,alors il dploya t\te la f\gue1 t\te la tmrit1 t\te l'exubrance de la jeunesse4 ,il rebr\ssa *em9 l'ge o tant d'autres cont9u5t m>*] devant eux4 ,il ressaisit sa jeunesse et la jeta t\t t9celante1 ple9e de vie fconde1 audacieuse1 comme un lion qui sec\e sa cr9ire4 ,corrge et ,velasquez euss5t t bl\is devant ce *ef-d'uvre t\t rayonnant4 ,rembr&t e/ un pote sombre1 trange1 h>di1 biz>re1 romanesque4 ,il j\e ses drames sur un fond noir2 il aime le my/rieux jusqu' la fantasmagorie4 ,c'e/ un pote n de son temps1 comme ,%akespe>e#di4 ,il aime mieux les h>diesses ins5ses que les beauts connues4 ,la vie tombait de sa palette comme le bl s\s la faux1 comme l'eau jaillit du ro*]1 comme la lumire ruisselle du soleil4 ,il pr5ait la nature corps corps et luttait avec elle en intrpide4 ,il osait tre trivial1 presque mon/rueux4 ,la posie e/ p>t\t p\r le pote4 ,il ne reculait devant aucune laideur vivante2 mais s\s sa ma9 fconde t\t pr5ait une expression fantasque et gr&iose4 ,oui1 celui-l a son idal et son /yle dans le monde de l'art4 ,il e/ vrai de po9t en po9t1 mais avec un acc5t loqu5t4 ,oui1 il a son idal famili]1 visible dans le c>actre =midable de sa pe9ture1 dans la pr(ondeur p5sive de ses ttes1 dans la biz>r]ie de ses aju/em5ts1 qui ne sont d'aucun temps ni d'aucun pays1 dans ses effets de clair-obscur1 dans sa t\*e magi/rale c\ronne de *audes vapeurs d'or et d'arg5t1 dans sa manire h>die de di/ribu] l'ombre et la lumire4 ,w9ckelmann1 qui pleurait d'admiration devant l',apollon du ,belvdre1 demeurait rveur t\t un j\r devant un tableau de ,rembr&t4 ,le gnie de ce gr& arti/e e/ presque inexplicable2 il e/ la fois brutal et dlicat1 heurt et h>monieux1 f>\*e et t5dre4 ,quel *aos1 mais quelle lumire6 quel tumulte1 mais quelle gravit6 quelle cr9ire flamboyante de lion1 mais quels s\rires de paix6 ,quel am\r voluptueux des tnbres et des rayons6 quelle audace aveugle et quelle sagesse raisonne6 quelle modration dans la =ce6 ,il e/ f\gueux jusqu' la furie1 orig9al jusqu' l'extravagance2 mais comme au milieu de t\tes ces fantaisies et de t\tes ces tmrits il demeure en ple9e vrit1 le pi$ cl\ sur la t]re1 dans sa fi]t ddaigneuse et sauvage6 ,rembr&t a gal la puissance de la nature2 comme elle1 il a rp&u d'une ma9 l>ge et fconde la vie sur ses uvres4 ,il n'a pas imit p> l'imitation1 mais p> la cration2 il s'e/ lev jusqu'au prodige4 ,ne p\rrait-on pas comp>] ,rembr&t un comdi5 qui arrive l'improvi/e sur le ?tre1 affubl d'un co/ume invraisemblable1 comme p\r j\] la comdie8 ,on le tr\ve si orig9al1 si franc1 si biz>re1 qu'on s\rit et qu'on se promet de rire beauc\p de sa comdie4 ,mais peu peu sa figure s'claire d'un rayon magique1 on l'c\te1 on ne rit plus3 ce n'e/ pas la comdie1 c'e/ le drame qu'il j\e1 un drame sombre et gai1 le drame huma91 comme ,%akespe>e4 ,il e/ si loqu5t dans ses haillons1 si trivial s\s sa toque de vel\rs1 si potique et si pittoresque dans son franc p>l] t\t sem d'images bibliques et plbi5nes1 qu'il v\s tonne1 v\s transporte et v\s donne le v]tige4 ,l'inspiration1 c'e/ le rayon sacr qui "p du se9 de ,dieu et qui va frapp] le cur ou l'esprit des potes et des arti/es4 ,ce rayon a trav]s les brumes du pays de ,leyde p\r illum9] ,rembr&t et son uvre4 ,comme ,mi*el-,ange1 ,rembr&t1 le ,mi*el-,ange de la ,holl&e1 a pntr dans le monde des p5seurs2 mais1 au lieu de lev] ses yeux bl\is v]s les cimes inaccessibles1 il e/ demeur religieusem5t atta* la t]re1 sa vraie patrie4 ,note #ce3 ,les ,fl&res ont autant s]vi l'art que l',italie2 ,raphal n'a pas cr un pe9tre et en a dsespr mille3 *ez lui1 c'e/ le monde connu1 c'e/ le d]ni] mot1 c'e/ le c\ronnem5t de l'uvre2 *ez ,rembr&t1 l'intrpide et magique colori/e1 c'e/ encore le comm5cem5t du monde4 ,note #cf3 ce prnom ,rembr&t si l'on aj\te1 selon la c\tume holl&aise1 le nom pat]nel ,h]mans-zoon 7,h]mansz p> abrviation7 et le nom topographique van ,rijn1 on a le nom complet1 consign1 sauf les v>iantes d'or?ographe1 dans les actes et les crits du temps3 ,,rembr&t ,,h]mansz ,,van ,,rijn4--,w4 ,,b]g]4 ,note #cg3 ,cette famille de meuni]s du ,rh9 tait =t l'aise et trs-honorable4 ,meuni]s1 bateli]s1 b\lang]s1 sont1 en ce pays-l1 de bons b\rgeois1 ayant pignon sur rue1 voiles au v5t sur les canaux1 et du pa9 sur la plan*e2 ri*es s\v5t1 et quelquefois intresss dans les oprations des pays d'outre-quateur2 mls1 comme t\t le monde en ,holl&e1 aux adm9i/rations municipales et aux affaires publiques3 donnant de l'ducation leurs enfants et les t5ant la hauteur des classes les plus leves--,w4 ,,b]g]4 ,note #ch3 ,on croit qu'il reprs5tait la ,femme adultre4 ,v]s le mme temps1 il peignit une ,fuite en gypte dans un admirable paysage1 d'un gr& effet jusque-l inconnu4 ,note #ci3 ,rembr&t aurait t un plus gr& pe9tre si ,rome avait t sa patrie ou s'il en avait fait le voyage2 il n'a d son tal5t qu' la nature et son in/9ct1 et il aurait appris tr\v]1 sans se mpr5dre1 le beau dont il s'e/ t\j\rs c>t4 ,s'il en a quelquefois appro*1 'a t mo9s p> rflexion que p> has>d4 ,,descamps4 ,note #dj3 ,la vie de ,rembr&t e/ seme de pages pittoresques4 ,il avait une s]vante extrmem5t babill>de3 aprs avoir pe9t son portrait1 il l'exposa une f5tre o elle faisait s\v5t de longues conv]sations4 ,les vois9s prir5t le tableau p\r la s]vante mme1 et v9r5t aussitt dans le desse9 de disc\rir avec elle2 mais tonns de lui p>l] p5dant plusieurs heures1 sans qu'elle rpondit un seul mot1 ils tr\vr5t ce sil5ce =t s+uli] et s'ap]ur5t enf9 de leur erreur4 ,c'e/ t\j\rs l'hi/oire des oiseaux qui allai5t becquet] les rais9s du pe9tre grec4 ,note #da3 ,on sait qu'elle fut surnomme la c\rtisane1 p>ce que t\t le monde la voyait p\r de l'arg5t4 ,note #db3 ,dans la gravure d',eis51 il e/ encadr entre un portrait d'ami et un philosophe qui mdite dans le demi-j\r4 ,on voit d'un ct sa palette1 de l'autre sa po9te sur une eau-=te bau*e4 ,qui n'a vu l'eau-=te o il s'e/ gaiem5t reprs5t lui-mme avec sa femme8 ,note #dc3 ,c\v5t de ,sa9te-,m>ie du ,salut4 ,note #dd3 ,il s5tait si bi5 son incapacit dess9] les ma9s1 qu'il les ca*ait le plus qu'il p\vait4 ,a9si p>le ,descamps4 ,c'e/ d'une gr&e inju/ice1 qu& ,rembr&t faisait un portrait1 c'tait le plus s\v5t en t\te hte4 ,p\rquoi se ft-il att>d en peignant des ma9s inutiles8 ,s'il ca*ait les ma9s1 c'tait p> p>esse et non p> impuissance4 ,du re/e1 ,descamps se contr$it1 selon sa c\tume3 ,j'ai vu de ses tableaux o quelques traces de brosse qu'on ne di/+ue pas trop de prs reprs5t5t1 une c]ta9e di/ance1 des ma9s peu dcides1 mais qui font autant d'effet que si le pe9tre y eut mis plus de sollicitude4 ,note #de3 ,cette ,vnus n'e/ pas le portrait de sa femme1 mais la rappelle4 ,du re/e1 sa femme posait habituellem5t p\r ses ,vnus et ses ,madele9e4 ,note #df3 ,les c9quante portraits qu'il a laisss de lui-mme ne pr\v5t-ils pas t\t son zle proclam] l'uvre du ,crateur1 la royaut de l'homme8 ,c'tait l sa religion4 ,du re/e1 qu& il met en scne la sublime tragdie du *ri/ianisme1 n'a-t-il pas une loqu5ce t\te biblique8 ,note #dg3 ,rembr&t n'a jamais v\lu grav] devant p]sonne2 son secret tait un trsor et il tait av>e4 ,on n'a jamais dev9 de quelle manire il comm5ait et f9issait ses plan*es2 t\t ce qu'on a su1 c'e/ qu' pe9e avait-il fait le trait et donn quelques ombres qu'il faisait tir] un nombre d'preuves4 ,il mettait de n\veau le v]nis sur sa plan*e et en augm5tait le travail2 cela se faisait jusqu' trois ou quatre fois4 ,lorsque la plan*e tait ue1 il b>bait les fonds et *angeait les effets1 en sorte que la p>tie qui avait t ombre dev5ait claire3 cette d]nire transposition n'a pas t\j\rs russi2 les preuves de quelques-unes en sont grises1 appro*ant de la manire noire4 ,il ne calquait gure ses dess9s1 de peur d'en refroidir l'esprit4 ,,descamps4 ,note #dh3 ,la ,leon d'anatomie reprs5te le docteur ,tulp devant un cadavre baign d'ombre et de lumire1 ent\r de sept p]sonnages di/+us qui l'c\t5t avec une att5tion suprme4 ,bi5 n'e/ plus simple1 ri5 n'e/ plus saisissant4 ,ce corps blanc comme le m>bre des tombeaux1 ces hommes vtus de noir1 b>be blonde1 figure intellig5te1 se grav5t p\r jamais dans l'esprit4 ,la ,ronde de nuit e/ une simple convocation de la g>de civique p\r recevoir le pr9ce d',orange4 ,le tamb\r surpr5d ces bons ,holl&ais4 ,p\r anim] cette scne1 ,rembr&t a *oisi l'in/ant o ils s'lanc5t demi habills1 l'un b\lonnant son p\rpo9t1 celui-ci mettant ses gants4 ,c'e/ le triomphe du m\vem5t et du dsordre4 ,p>mi les *efs-d'uvre de ,rembr&t il faut cit] aussi sa ,desc5te de croix1 la ,rsurrection de ,laz>e1 les ,v5deurs *asss du temple1 l',adoration des ,mages1 la ,mort de la ,vi]ge4 ,note #di3 ,un gnie pntrant1 le sorci] holl&ais ,rembr&t1 qui sut t\t dev9]1 dans son tableau lugubre1 date de la gr&e joie du trait de ,we/pbalie 7#afdh71 a p>l mieux que t\s les politiques1 t\s les hi/ori5s 7le ,*ri/ ,emmas que n\s avons au ,l\vre74 ,on oublie la pe9ture4 ,on ent5d un s\pir4 ,s\pir pr(ond1 et tir de si lo96 ,les pleurs de dix millions de veuves y sont entrs1 et cette mlodie funbre flotte et pleure dans l'il du pauvre homme1 qui rompt le pa9 du peuple4--,il e/ bi5 ent5du que la tradition du moy5 ge e/ f9ie et oublie1 dj c5t lieues de ce tableau4 ,une autre *ose dj e/ la place1 un ocan dans la petite toile4 ,et quoi8444--,l'me mod]ne4--,la m]veille1 dans cette uvre pr(onde d'att5drissem5t et de piti1 c'e/ qu'il n'y a ri5 p\r l'esprance4 ,seigneur1 dit-il1 multipliez ce pa96444 ,ils si sont affams6 ,mais il ne l'att5d gure1 et t\t indique ici que la faim dur]a4--,ce misrable poisson sec qu'apporte le fivreux hteli] n'y f]a pas gr&'*ose4 ,c'e/ la maison du jene1 et la table de la fam9e4 ,dess\s rit1 gr9ce et gronde un affreux dogue1 le diable1 si l'on veut1 une bte robu/e1 aussi =te1 aussi grasse que ces pauvres g5s-l sont maigres4 ,il a sujet de rire1 c>ie monde lui app>ti5t4--,,mi*elet4 ,figure #ab3 ,portrait4 ,pe9t p> ,velasquez ,,don ,,diego ,,velasquez ,,de ,,silva ,de t\s les gr&s matres1 don ,diego ,velasquez de ,silva e/ peut-tre le mo9s rellem5t connu1 quoique sa rputation soit univ]selle et inconte/e4 ,l',espagne jal\se a g>d l'uvre presque t\t enti] de son pe9tre favori1 et les autres muses n'en possd5t que des fragm5ts d'une importance mdiocre et s\v5t d'une au!nticit d\teuse4 ,ses tableaux sont re/s au palais de ,madrid1 l',escurial1 au ,prado et autres rsid5ces royales1 accro*s au cl\ mme o on les avait susp5dus d'abord1 p\r v5ir1 longues annes aprs1 pr5dre place immuablem5t au ,muse royal4 ,autrefois1 un voyage en ,espagne tait *ose difficile et prilleuse2 la *ane des ,pyrnes de sa haute arte sp>ait bi5 vritablem5t la ,france de la ,pn9sule4 ,le mot de ,l\is ,,xiv n'tait pas dev5u encore une vrit4 ,il fallait faire une r\te longue et mal trace1 dos de mulet1 en galre ou dans quelque l\rd co*e aux durs c\ss9s1 entre une d\ble haie de croix s9i/res indiquant des meurtres ou des accid5ts1 n'ayant p\r gte que des v5tas1 c\pe-gorges nullem5t p]fectionns depuis don ,qui*otte1 et plus hospitalires aux btes qu'aux p]sonnes4 ,r>es tai5t les voyageurs qui fran*issai5t les monts1 mo9s qu'ils n'y fuss5t =cs p> de srieux motifs de position1 d'intrigue ou de diplomatie4 ,p>mi ceux-l on comptait peu d'amateurs de pe9ture4 pe9e jetai5t-ils sur les toiles du matre1 trop pr(ondm5t espagnol p\r tre gt premire vue des trang]s1 ce reg>d vague1 di/rait1 banalem5t admiratif de l'homme qui n'y ent5d ri5 et a bi5 d'autres *oses en tte4 ,cep5dant ,velasquez1 p\r a9si dire ignor de l',europe1 n'en voyait pas mo9s son nom cit ct de ,titi51 de ,vronse1 de ,rub5s1 de ,rembr&t et de t\s les rois de la c\leur4 ,il rayonnait tranquillem5t dans sa gloire lo9ta9e1 rvr sur p>ole comme ces mon>ques invisibles leurs sujets et dont la maje/ e/ faite de my/re4 ,on peut ma9t5ant admir] ,velasquez sur place4 ,il e/ plus facile auj\rd'hui d'all] ,madrid qu'autrefois ,cor9!1 et ce n'e/ pas p> va9 am\r-propre de t\ri/e que n\s n\s prvaudrons1 p\r p>l] du gr& matre1 de deux voyages faits en ,espagne une poque o une telle entreprise (frait encore quelque dang]4 ,sans imit] sir ,david ,wilkie qui1 dans son fanatisme1 analysait *aque j\r un p\ce c>r du tableau des ,borra*os1 n\s avons soigneusem5t tudi le gr& don ,diego ,velasquez de ,silva au ,museo real1 o se tr\v5t runies ses uvres les plus clbres2 les ,m59es1 les ,=ges de ,vulca91 la ,r$dition de ,brda ou tableau des lances1 les ,filleuses1 les ,buveurs1 les portraits que/res de ,philippe ,,iii1 de ,philippe ,,iv1 de da ,isabelle de ,b\rbon1 de ,m>gu]ite d',autri*e1 de l'infant d',espagne1 du comte-duc d',oliv>s et autres toiles de la plus ri*e c\leur et du c>actre le plus orig9al4 ,avant de comm5c] la description et la critique de ces *efs-d'uvre1 il s]ait bon1 p\r n'y plus rev5ir1 d'esquiss] en quelques traits la physionomie biographique de ce matre s\v]a94 ,l'exact ,cean-,b]mudez n\s s]vira de guide4 ,don ,diego ,velasquez de ,silva1 qu'il vaudrait mieux appel] ,d4 ,diego ,rodriguez de ,silva y ,velasquez1 puisque son pre se nommait ,juan ,rodriguez et sa mre da ,g]onima ,velasquez1 naquit ,sville1 en #aeii1 et non en #aeid1 comme le dit ,palom9o4 ,il fut baptis le #f ju9 l'glise ,sa9t-,pi]re1 a9si que les regi/res de la p>oisse en font foi4 ,ses anctres pat]nels1 v5us de ,portugal1 s'tai5t tablis dans cette ville1 et ses p>5ts le de/9r5t l'tude du lat9 et de la philosophie2 mais1 rem>quant *ez l'enfant1 qui c\vrait de bons-hommes les m>ges de ses livres et de ses cahi]s1 une incl9ation dcide p\r le dess91 ils le mir5t l'ateli] d',h]r]a le ,vieux4 ,c'tait un t]rible homme que cet ,h]r]a6 ,homme de gnie aprs t\t1 mais d'un gnie viol5t1 biz>re et froce4 ,une f\gue effrne d'excution suffisait pe9e aux emportem5ts de sa p5se4 ,il dess9ait avec des morceaux de *>bon atta*s an b\t d'un appui-ma9 et faisait lanc] p> une vieille s]vante des baquets de c\leur contre une toile4 ,de ce *aos il tirait son uvre1 peignant avec des balais1 des ponges1 des dos de cuill]s1 la lame du c\teau palette1 t\t ce qui lui tombait s\s la ma92 s\v5t avec le p\ce1 comme s'il modelait dans l'argile4 ,cette faon sauvage tait n\velle ,sville1 dont les pe9tres *]*ai5t la grce et le f9i1 mais elle s'imposait p> sa trucul5ce magi/rale4 ,il exi/e la gal]ie du ,l\vre un sup]be *antillon d',h]r]a3 c'e/ un sa9t ,basile prsidant un concile d'vques et de mo9es2 on dirait ,satan h>anguant le ,p&monium1 tant les figures sont f>\*es1 s9i/res1 et diaboliques4 ,une m*ancet inf]nale crispe ces ttes convulses et le ,sa9t-,esprit qui sec\e ses ailes eff>es au-dessus du sa9t a l'air du corbeau d',od9 ou d'un oiseau de proie qui veut lui mang] la c]velle2 t\t cela e/ enlev avec une rage de brosse inimag9able et semble comme flamboyant d'un reflet d'auto-da-f4 ct de ce frntique1 le ,c>avage1 l',espagnolet et ,salvator sont des pe9tres l'eau de rose4 ,le c>actre rpondait au gnie4 ,le p>oxysme de la fureur tait l'tat habituel d',h]r]a4 ,les lves p\vants fuyai5t1 quelque dsir qu'ils euss5t de ses savantes leons2 d'autres leur succdai5t qui bi5tt n'y p\vai5t t5ir4 ,l'ateli] re/ait ds]t et ne cont5ait plus que l'arti/e dmoniaque s'escrimant contre ses tableaux comme s'il et eu affaire des ennemis mortels4 ,son fils se sauva emportant l'p>gne pat]nelle1 et ne se crut en sret qu' ,rome4 ,sa fille se fit religieuse4 ,on p5se bi5 que ,velasquez ne put se plaire bi5 longtemps s\s une tyrannie p>eille1 et quoique le matre ft gr& dess9ateur1 savant anatomi/e1 comme il le fit bi5 voir dans son ,jugem5t d]ni] de l'glise ,sa9t-,b]n>d ,sville1 ple9 d'inv5tion1 de gnie et de feu1 il passa s\s la direction de ,pa*eco1 mo9s gr& arti/e sans d\te1 mais dont l'humeur aimable conv5ait mieux son tempram5t paisible et d\x4 ,pa*eco1 qui tait littrateur autant que pe9tre1 et qui a crit un livre e/im sur l'art de la pe9ture1 lui apprit les prceptes et les rgles et t\t ce que peut enseign] un bon pr(esseur4 ,cep5dant1 le jeune ,velasquez1 t\t en pr(itant des leons de son n\veau matre1 se disait que le meilleur enseignem5t e/ encore celui que donne la nature1 et1 ds lors1 il fit vu de ne jamais ri5 dess9] ou pe9dre qu'il n'et l'objet devant les yeux1 c'e/--dire de travaill] t\j\rs d'aprs le vif1 ad vivum4 ,aussi avait-il sans cesse prs de lui un jeune g>on appr5ti1 qui lui s]vait de modle en div]ses actions et po/ures1 soit riant1 soit pleurant1 dans les altitudes les plus difficiles1 et il fit1 d'aprs lui1 beauc\p de ttes au crayon noir avec rehauts de crayon blanc sur papi] bleu1 a9si que d'aprs d'autres p]sonnes4 ,p> cette tude p]si/ante1 il arriva excell] si bi5 dans les ttes que peu d',itali5s l'galr5t4 ,ses rivaux mmes en conv5ai5t et disai5t que l se bornait son mrite4 quoi il rpondait avec une noble fi]t3 ,ils me font beauc\p d'honneur1 c> moi je ne connais p]sonne qui sa*e bi5 pe9dre une tte4 ,en ce temps-l1 les arti/es ne *]*ai5t plus l'idal potique ou religieux4 ,c'tait le rgne des naturali/es 7n\s dirions auj\rd'hui rali/es74 ,c>avage1 le ,gu]*91 le ,calabrse se cont5tai5t de r5dre avec une n]gie int5se le modle qu'ils avai5t devant les yeux2 mais comme c'tai5t1 aprs t\t1 de gr&s pe9tres1 p> la =ce du r5du1 la viol5ce de l'effet1 la s+ul>it du type1 ils arrivai5t malgr eux une sorte d'idal1 c> la nature prise au has>d ne prs5te pas cet aspect clatant et sombre4 ,elle n'(fre pas1 mo9s qu'on ne la mette s\s un j\r p>ticuli]1 ces vives lumires1 ces int5ses tnbres4 ,il y a dans les tableaux les plus vrais de ces matres le *oix de l'effet1 l'angle d'incid5ce1 l'outrance du r5du qui font mont] la ralit jusqu' l'art4 ,velasquez p>tageait ces pr9cipes4 ,son gnie exact1 lucide et ma?matique avait beso9 de c]titude1 et quelle meilleure pi]re de t\*e que la nature t\j\rs consulte et copie8 ,avec elle1 po9t d'erreurs1 po9t de fausse r\te4 ,si elle ne possde pas le beau absolu1 elle conti5t le vrai1 et c'e/ assez4 ,aussi le jeune arti/e1 qui devait dev5ir un si gr& matre1 ne donne-t-il jamais un c\p de crayon sans l'aide et le contrle de cette infaillible in/itutrice4 ,quelquefois il arrive aux jeunes lves qui se sont att>ds dans l'tude du dess9 de ne p\voir se r5dre matres du p9ceau et de la palette4 ,cet art du coloris leur re/e longtemps de difficile accs4 ,quelques-uns y *\5t entirem5t et font dire de leurs tableaux qu'on prfr]ait des c>tons ou des grisailles4 ,aussi1 p\r s'ex]c]1 ,velasquez peignait-il des fruits1 des lgumes1 des citr\illes1 du poisson1 du gibi] et autres sujets de nature morte1 gr\ps de manire =m] ce que les ,espagnols appell5t un bodegon4 ,ces tudes ne semblai5t pas au-dess\s de lui au jeune matre2 il y apportait dj cette simplicit s\v]a9e et cette l>geur gr&iose qui =m5t le fond de sa manire ddaigneuse de t\t dtail inutile4 ,a9si traits1 ces fruits aurai5t pu tre poss dans un plat d'or1 sur une crd5ce royale2 ces victuailles1 d'un srieux hi/orique1 figur] aux noces de ,cana et remplac] les mets que ,paul ,vronse a oubli de s]vir ses convives4 ,ces modles1 d'une immobilit complaisante1 se prtai5t plus ce g5re d'tudes ayant p\r b de s'assimil] la c\leur et de s'assur] le libre maniem5t de la brosse1 que le corps huma9 avec sa /ructure complique et pr(onde1 ses trpidations de vie et ses reflets de passions intrieures1 ce qui ne veut pas dire que ,velasquez ngliget le nu1 cette base de t\t art pla/ique4 ,son ,*ri/ en croix1 pass du c\v5t de ,sa9t-,placide au ,muse royal1 ses ,=ges de ,vulca9 et sa ,tunique de ,joseph1 montr5t assez qu'il savait faire autre *ose que des ttes et des toiles4 ,s'il ne *]*e pas la beaut comme les gr&s arti/es d',italie1 ,velasquez ne p\rsuit pas la laideur idale comme les rali/es de nos j\rs3 il accepte fran*em5t la nature telle qu'elle e/1 et il la r5d dans sa vrit absolue avec une vie1 une illusion et une puissance magiques1 belle1 triviale ou laide1 mais t\j\rs releve p> le c>actre et l'effet4 ,comme le soleil qui claire indiffremm5t t\s les objets de ses rayons1 faisant d'un tas de paille un monceau d'or1 d'une g\tte d'eau un diamant1 d'un haillon une p\rpre1 ,velasquez pan*e sa radieuse c\leur sur t\tes *oses et1 sans les *ang]1 leur donne une valeur ine/imable4 ,t\*e p> ce p9ceau1 vraie baguette de fe1 la laideur elle-mme devi5t belle2 un na9 dif=me1 au nez cam>d1 la face crase et vieillotte1 v\s fait autant de plaisir reg>d] qu'une ,vnus ou qu'un ,apollon4 ,lorsque ,velasquez r5contre la beaut1 comme il sait l'exprim] sans fade galant]ie1 mais en lui cons]vant sa fleur1 son vel\t1 sa grce1 son *>me et en l'augm5tant d'un attrait my/rieux1 d'une =ce dlicate et suprme6 ,faites pos] devant lui la ,p]fection1 il la pe9dra avec une aisance de g5tilhomme et ne s]a pas va9cu p> elle4 ,ri5 de ce qui exi/e ne saurait dsormais mettre sa brosse en dfaut4 ,grce ces =tes tudes il f]a les rois1 les re9es1 les infants galopant sur les g5ets d',espagne en co/ume de *asse ou de gala1 aussi bi5 que les na9s1 les philosophes et les ivrognes2 la tte ple et dlicate1 dont la blan*eur blaf>de se colore pe9e du sang d'azur 7sangre azul7 des races royales dgnres1 ne lui cot]a pas plus de pe9e que la trogne hle et v9euse du s\d>d1 ou le te9t sordide du m5diant2 sa brosse r5dra l'orfroi des broc>ts con/ells de pi]r]ies1 comme les rugosits du haillon de toile4 ,ce luxe ne lui cot]a pas plus que celle misre2 il ne s'tonn]a pas de l'un1 il ne mpris]a pas l'autre2 son aise dans le palais comme dans la *aumire2 fidle la nature1 il s]a p>t\t *ez lui4 ,p\r se rompre la ma91 il lit ensuite des figures vtues1 des sujets famili]s et dome/iques la manire de ,david ,tni]s1 des bambo*ades dans le gt des pe9tres flam&s et holl&ais4 ,ces tableaux1 malgr leur mrite p> l'imitation trop exacte1 trop littrale et trop m9utieuse de la nature1 avai5t un peu de s*]esse et de duret4 cette priode1 qui =me la premire manire de ,velasquez1 peuv5t se rapport] l',aguador de ,sville qui e/ au muse de ,madrid1 une ,nativit1 app>t5ant jadis au comte d',aguila1 et quelques autres toiles dont on a p]du la trace4 ,t\t en travaillant1 il pr(itait de la conv]sation des lettrs et des potes qui frqu5tai5t alors son matre ,pa*eco2 il ent5dait leurs disc\rs en?\sia/es1 leurs raisonnem5ts philosophiques1 leurs diss]tations rudites sur les beaux-arts1 et il appr5ait1 dans cette acadmie du bon gt1 ce qu'un pe9tre doit savoir p\r tre autre *ose qu'un pratici5 vulgaire4 ,il lisait aussi les bons livres dont tait compose la biblio?que de l'arti/e-littrateur1 et il se prp>ait sa =tune future4 ,velasquez passa c9q ans dans cette cole1 qu'on p\vait vraim5t appel] une acadmie des beaux-arts1 et ,pa*eco fut si cont5t de la d\ceur de c>actre1 de la rgul>it de murs et des brillantes dispositions que montrait son lve1 qu'il lui donna en m>iage sa fille da ,juana4 ,il v5ait en ce temps-l ,sville beauc\p de pe9tures de ,fl&re1 d',italie et de ,madrid1 dont le jeune arti/e se fit un sujet d'tude1 mais aucunes ne lui fir5t autant d'impression que celles de don ,luis de ,tri/an4 ,il tr\vait *ez ce matre un coloris analogue sa propre manire de voir1 une gr&e vivacit de conception et une faon de dgrad] les te9tes qui le satisfaisait compltem5t2 ds lors il se dcl>a l'admirateur de ,tri/an1 copia ses toiles et quitta1 p\r un faire gras1 l>ge et s\ple1 le /yle un peu sec qu'il avait suivi jusque-l et qu'il t5ait de ,pa*eco4 dat] de cette poque1 il tait entr en possession de son orig9alit1 il possdait la plnitude de son tal5t2 c'tait dj le ,velasquez que la po/rit devait reg>d] bon droit comme un des s\v]a9s de la pe9ture4 ,arriv ce po9t1 il eut le dsir de voir ,madrid1 et1 au pr9temps de l'anne #afbb1 il p>tit de ,sville4 ,il tr\va dans la capitale un accueil cordial et une protection efficace *ez ses compatriotes1 don ,luis et don ,mel*or de ,alcaz>1 et surt\t *ez don ,juan de ,fonseca y ,figu]oa1 amateur di/+u qui peignait p\r son agrm5t et lui facilita les moy5s d'tudi] les *efs-d'uvre des collections de ,madrid1 du ,prado et de l',escurial4 ,fonseca v\lait procur] son protg les portraits des p]sonnes royales2 mais1 quelque mal qu'il se donnt1 quoique bi5 en c\r1 o il avait une *>ge1 et frre du m>quis d',orellana1 il n'y put1 cette fois1 p>v5ir4 ,cep5dant ,velasquez peignit le portrait du clbre pote don ,luis de ,gongora1 que ,pa*eco l'avait *>g de faire1 et regagna ,sville1 laissant ,madrid un protecteur qui remuait p\r lui ciel et t]re4 ,l'anne suivante1 il rev9t ,madrid en v]tu d'une lettre du comte-duc d',oliv>s1 m9i/re d'tat et favori de ,philippe ,,iv1 qui lui accordait c9quante ducats p\r frais de r\te4 ,son beau-pre l'accompagna p\r tre tmo9 d'une gloire qu'il press5tait4 ,ils reur5t l'hospitalit dans la maison de ,fonseca1 dont ,velasquez lit aussitt le portrait2--ce portrait1 un *ef-d'uvre qui dcida la =tune du pe9tre1 fut port au palais et1 en une heure1 vu du roi1 de la famille royale1 des gr&s de s]vice1 et l\ de t\s1 mais p>ticulirem5t de ,sa ,maje/1 qui prit ,velasquez son s]vice en qualit de pe9tre1 avec v+t ducats d'appo9tem5ts p> mois4 ,notre arti/e1 entr en fonctions1 fit1 sur l'ordre du roi1 le portrait du c>d9al infant1 bi5 qu'il et prfr pe9dre le roi lui-mme1 ret5u alors p> de graves occupations4 ,malgr la difficult d'obt5ir des sances1 il a*eva1 le #cj aot de la mme anne1 le portrait du mon>que dont il devait1 tant de fois retrac] la face ple4 ,le succs de cette admirable pe9ture fut tel que le comte-duc d',oliv>s dcl>a publiquem5t que p]sonne n'avait jamais si bi5 russi le roi1 encore que ,b>?olom et ,v9c5t ,c>du*o1 ,caxes et ,n>di s'y fuss5t essays4 ,comme ,alex&re1 qui ne v\lut plus tre pe9t p> d'autres qu',apelles1 ,philippe ,,iv donna le privilge de reproduire son effigie royale au seul ,velasquez4 ,dans ce portrait le roi e/ reprs5t *eval1 arm1 le bton de comm&em5t la ma91 avec une fi]t d'attitude et une maje/ d'expression incomp>ables4 ,on p]mit l'arti/e d'expos] son tableau dans la calle ,mayor1 en face de ,sa9t-,philippe du ,roi1 un j\r de fte1 de sorte qu'il ft vu et admir de t\t le peuple4 ,les pe9tres faillir5t crev] d'envie1 mais p]sonne n'c\ta leurs critiques intresses1 et les potes composr5t une multitude de sonnets en l'honneur de ,velasquez4 ,on a cons]v celui que rima ,pa*eco1 son beau-pre4 ,de plus en plus *>m1 le roi lui ordonna de s'tablir ,madrid1 d'y faire v5ir sa famille1 et lui accorda p\r le voyage une indemnit de trois c5ts ducats2 il lui fit1 en outre de ses appo9tem5ts m5suels1 une p5sion de trois c5ts ducats1 ses ouvrages pays "p et lui accorda l'usage gratuit du mdec9 et du *irurgi5 de la c\r4 ,accap> t\t jeune p> ce f9 connaisseur1 ,velasquez ne travailla presque que p\r son royal ,mcne1 dans le palais mme o il avait un ateli]1 dont le mon>que possdait une clef d\ble af9 de v5ir visit]1 qu& cela lui plaisait1 son pe9tre bi5-aim4 ,cette longue faveur se ma9t9t jusqu' la mort de l'arti/e1 sans caprice1 int]mitt5ce1 +ratitude ou fatigue4 ,velasquez avait alors de v+t-trois v+t-quatre ans1 et il en vcut soixante et un4 ,il fut pe9tre du roi1 huissi] de *ambre1 m>*al des logis1 *evali] de ,santiago2 mais ces *>ges et ces honneurs ne nuisir5t en ri5 son tal5t4 ,son p9ceau cons]va t\te sa fran*ise et sa puissance4 ,l'arti/e1 s\s les yeux du roi1 sut se prs]v] de la froideur (ficielle et manife/] librem5t son gnie4 ,jamais la c\r ne lui fit oubli] la nature4 ,cet am\r de la nature ne l'emp*ait pas d'tudi] les *efs-d'uvre de l'art et d'en discut] la ?orie4 ,il tait en correspondance rgle avec ,rub5s1 et qu& le gr& pe9tre d',anv]s v9t ,madrid ce fut ,velasquez qui lui en fit les honneurs3 les deux matres visitr5t ensemble les tableaux des rsid5ces royales et les disc\rs de ,rub5s ne tir5t que r5\vel] le dsir qu'avait le p5sionnaire de ,philippe ,,iv1 de visit] l',italie1 ce rve de sa jeunesse4 ,ri5 approvisionn d'arg5t1 de lettres de recomm&ation1 accrdit comme un ambassadeur1 ,velasquez p>tit de ,b>celone le #aj aot #afbi1 et aborda ,v5ise o les pe9tures de ,titi51 de ,t9toret1 de ,vronse1 lui fir5t une vive impression4 ,t\t le temps de son sj\r il ne cessa de dess9] et de copi] d'aprs ces matres1 p>ticulirem5t d'aprs le ,crucifiem5t1 de ,t9toret1 dont il reproduisit un tableau qu'il donna au roi1 son ret\r4 ,rome1 le pape ,urba9 ,,viii lui accorda un logem5t au ,vatican et lui fit (frir la clef de c]ta9es pices rs]ves p\r qu'il put travaill] en t\te lib]t4 ,avec t\te l'ardeur d'un lve1 ,velasquez copia au crayon et au p9ceau une gr&e p>tie du ,jugem5t univ]sel1 des ,prophtes et des ,sibylles1 de ,mi*el-,ange1 dans la *apelle ,sixt9e1 et diffr5tes figures et gr\pes de la ,?ologie1 de l'cole d',a?nes1 du ,p>nasse et de l',inc5die du ,borgo et autres fresques de ,raphal4 ,p5dant son sj\r ,rome1 ,velasquez1 outre ces utiles tudes1 peignit son propre portrait qu'il envoya son beau-pre1 la ,=ge de ,vulca9 et la ,tunique de ,joseph4 ,il eut bi5 v\lu re/] encore1 mais ,philippe ,,iv ne p\vait pas se pass] plus longtemps de son pe9tre et le rappelait1 et il ret\rna en ,espagne v]s le comm5cem5t de #afca1 aprs avoir embrass ,joseph ,rib]a en passant ,naples o il fit le portrait de la re9e de ,hongrie4 ,ce voyage ne *angea en ri5 sa manire2 il sut admir] les gr&s matres1 pr(it] de leurs leons muettes sans leur sacrifi] son orig9alit4 ,*ose s+ulire p\r un arti/e espagnol et bon ca?olique1 comme il l'tait sans d\te1 ,velasquez ne s'e/ pas adonn la pe9ture religieuse2 on ne connat de lui qu'un trs-petit nombre de tableaux de sa9tet4 ,le my/icisme n'allait pas cette nature robu/e et positive3 la t]re lui suffisait2 peut-tre se ft-elle g>e dans le ciel o ,murillo se j\ait d'un essor si libre et si facile trav]s les gloires1 les auroles et les guirl&es de petits sraph9s4 ,velasquez n'aimait pas pe9dre de pratique2 et comme les anges ne posr5t pas devant lui1 il ne put faire leur portrait4 ,il s'en ddommagea en faisant vivre jamais dans ses cadres les hommes et les femmes de son temps4 ,mais c'tait l une prfr5ce et non une impuissance4 ,p\r s'en conva9cre1 il suffit de reg>d] le magnifique ,*ri/ en croix pass du c\v5t de ,sa9t-,placide au muse de ,madrid3 une figure pale la *evelure p5dante projetant sur son masque l'ombre de la c\ronne d'p9es1 et se dta*ant1 raye de p\rpre1 d'un fond d'paisses tnbres4 ,ri5 de plus m\vant et de plus s9i/re que ce corps exsangue1 d'une beaut d\l\reuse1 t5dant ses bras morts sur ces nues sombres1 comme un *ri/ d'ivoire jauni sur son fond de vel\rs noir4 ,p> cette simplicit t]rible1 ,velasquez1 dans ce tableau1 s'e/ lev au plus haut pa?tique4 ,le ,c\ronnem5t de la ,vi]ge1 sans tre d'un pr(ond s5tim5t religieux1 a t\te la noblesse et la gravit que rclame le sujet4 demi ag5\ills sur des nuages1 le ,pre t]nel et ,jsus-,*ri/ ti5n5t une c\ronne susp5due au-dessus de la ,vi]ge qui monte v]s eux sur une nue s\t5ue p> des ttes de *rub9s4 ,dom9ant t\t le gr\pe1 le ,sa9t-,esprit s\ffle son effluve lum9euse et complte la ,tr9it4 ,la tte de la ,vi]ge e/ d'une beaut huma9e1 il e/ vrai1 mais si r>e et si p>faite qu'elle peut bi5 pass] p\r cle/e4 ,le ,*ri/ et ,jhovah sont pe9ts d'une faon si magi/rale1 dans une attitude si digne et si srieuse et d'une si spl5dide c\leur1 qu'on oublie qu'ils ressembl5t peut-tre un peu trop des hommes4 ,dans la ,visite de sa9t ,anto9e sa9t ,paul l',ermite1 ,velasquez1 d'aprs une lib]t encore p]mise alors1 a reprs5t son sujet s\s trois aspects div]s4 la droite du tableau on voit sa9t ,anto9e qui frappe la porte de l'ermitage que le sa9t s'e/ creus dans le roc4 ,au milieu1 les deux vnrables p]sonnages1 aprs s'tre difis dans une pieuse conv]sation1 att5d5t la ration quotidi5ne1 que le corbeau apporte d\ble cette fois1 puisque le sa9t a un hte hb]g]4 gau*e1 sa9t ,anto9e ent]re sa9t ,paul avec l'aide de deux lions1 tranges et miraculeux fossoyeurs qui creus5t le sable de leurs ongles4 ,le paysage a l'pret svre et gr&iose d'un paysage hi/orique du ,p\ss91 et les figures s'y dess95t avec une s+ulire puissance de relief4 ,p> son tempram5t rali/e ,velasquez ne compr5ait gure l'antiquit ni la my?ologie2 il l'vita comme la pe9ture religieuse4 ,il n'avait pas vu les dieux de l',olympe et n'avait pas le secret de les faire desc5dre son ateli]4 ,la ,=ge de ,vulca91 malgr la my?ologie de son titre1 n'a ri5 qui rappelle l'idalit antique4 ,apollon vi5t tr\v] ,vulca9 sa =ge et l'av]tir de sa msav5ture conjugale4 ,cette dnonciation de m\*>d olympi5 et solaire qui ri5 n'*appe ne fait pas gr& honneur au frre de ,diane1 et le pauvre dieu =g]on1 t\t noir de limaille1 dess9e en l'c\tant une assez laide grimace4 ,les cyclopes dress5t l'oreille1 susp5dant leur travail1 t\t rj\is d'ailleurs de l'in=tune de leur matre4 ,ri5 n'e/ mo9s grec et mo9s homrique assurm5t4 ,mais quelles *airs jeunes1 s\ples et vivantes que celles de l',apollon demi drap de son manteau de p\rpre6 quelle vrit dans l'altitude de ,vulca9 et le ge/e des cyclopes6 quelle pittoresque r5contre de la lumire blan*e du j\r et du reflet r\ge de la =ge6 quelle sci5ce de model et de c\leur6 quelle inimitable =ce de r5du1 quels torses et quels dos6 et comme ceux qui prt5dai5t que ,velasquez ne savait pas pe9dre le nu devai5t re/] confus devant cette m]veilleuse toile6 ,argus et ,m]cure e/ un tableau compos1 sans tre beauc\p plus grec1 avec beauc\p de s5tim5t pittoresque et d'effet4 ,argus1 va9cu p> les sons de la flte de ,m]cure1 s'e/ endormi enf94 ,son corps1 adoss un t]tre1 flotte dans le sommeil1 ses bras ballants p5d5t t]re et son attitude affaisse indique une somnol5ce surnaturelle4 ,ne croyez pas que ,velasquez lui ait donn les c5t yeux et la =me hroque du pr9ce argi5 qu'on nommait ,panopts p>ce qu'il voyait t\t4 ,il en fait t\t bonnem5t un jeune b]g] espagnol vtu d'une s\qu5ille2 mais comme il dort et que le m\vem5t de ,m]cure1 se s\levant demi et s'appro*ant avec prcaution p\r lui c\p] la tte e/ admirablem5t saisi6 ,quel acc5t froce pr5n5t sur le ciel orageux les deux ailes du ptase dont e/ coiff ,m]cure et qui sembl5t les ailes d'un oiseau de proie s'abattant sur sa victime6 ,io1 s\s la =me de gnisse o ,jupit] l'a ca*e1 att5d que ,m]cure l'emmne avec une impassibilit bov9e4 ,oubliez les noms my?ologiques et ne voyez l qu'un vol de btail1 et v\s aurez un *ef-d'uvre de l'art4 ,le tableau connu s\s le nom de las ,hil&]as 7les ,fileuses7 e/ une toile de g5re gr&ie aux proportions hi/oriques4 ,des dames de la c\r visit5t une fabrique de tapiss]ie comme on le f]ait ma9t5ant de la manufacture des ,gobel9s4 ,ce sujet1 si simple qu'il ne semble pas mme (frir matire pe9ture1 e/ dispos p> ,velasquez de la manire la plus +nieuse4 ,les premi]s plans1 baigns d'une ombre lgre et transp>5te1 montr5t une sorte d'ateli] o travaill5t des ouvrires qui1 p\r tre plus l'aise1 n'ont g>d que leur jupon et leur *emise1 comme en us5t encore les cig>r]as la manut5tion des tabacs1 ,sville4 ,dans l'angle1 gau*e1 une jeune fille relve avec un ge/e ple9 de naturel le pan d'un rideau r\ge2 au milieu1 une vieille fait m\voir du pi$ un r\et2 droite1 une jeune ouvrire1 t\rnant v]s le spectateur une paule que laisse dc\v]t la *emise glisse1 dvide di/raitem5t un *eveau de la9e1 c> son att5tion e/ occupe p> la prs5ce de ces p]sonnes de haut p>age4 ,il e/ impossible de pe9dre des *airs plus s\ples1 plus fra*es et plus vivantes que ce dos et cette nuque o se tord5t des *eveux bruns4 ,on y dev9e jusqu' la moiteur p]le produite p> la *aleur d',espagne4 ,au fond1 l'ateli] s'ouvre sur une gal]ie que g>niss5t les hautes et basses lisses exposes4 ,une tapiss]ie1 reprs5tant un sujet allgorique1 occupe les reg>ds des visiteurs2 t\t le j\r mnag au re/e du tableau illum9e d'une vive lumire cette p>tie de la toile et produit un effet vraim5t magique4 ,on entr]ait dans le cadre comme dans une *ambre relle1 tant la p]spective ari5ne e/ bi5 obs]ve1 tant l'air circule aut\r des p]sonnages1 les sp>ant les uns des autres et les mettant leur plan rciproque4 ,c'e/ l un des mrites de ,velasquez2 il n'oublie jamais l'atmosphre ambiante1 et p]sonne mieux que lui n'a pe9t l'air1 cet lm5t insaisissable4 ,nulle "p cette qualit n'e/ plus visible que dans le clbre tableau des ,mn9es1 que ,luca ,giordano appelait la ?ologie de la pe9ture1 p\r m>qu] que l tai5t la vrit1 le dogme1 l'or?odoxie1 et que s'en loign] c'tait dev5ir un hrsi>que de l'art4 ,en effet1 devant ce cadre1 l'illusion e/ complte1 t\te trace de travail a disp>u2 il semble qu'on voie la scne mme reproduite p> une glace2 les ,mn9es reprs5t5t1 comme on sait1 ,velasquez en tra9 de faire le portrait de l'infante da ,m>gu]ite4 ,il e/ son *evalet1 dont la toile ne montre au spectateur que son env]s2 p\r di/raire la petite infante1 immobile sons sa raide p>ure1 les ,mn9es lui font la conv]sation1 et l'une d'elles lui (fre boire dans un buc>o ou vase des ,indes1 qui a la proprit de t5ir l'eau fra*e4 ,la dame qui (fre le buc>o e/ da ,m>ia ,agu/9a1 m59e de la re9e et fille de don ,diego ,sanni5to2 celle qui p>le1 da ,isabel de ,velasco1 fille du comte de ,fu5salida4 ,au premi] plan1 ,nicolasito ,p]tusano et ,m>i ,borbola1 na9s de c\r1 lut95t un gr& *i5 qui se laisse faire2 un peu en arrire du gr\pe pr9cipal1 plus v]s le fond de l'app>tem5t1 on voit da ,m>ia d',ulloa1 dame d'honneur1 et un g>de1 et t\t au b\t1 une porte ouv]te sur un escali] laisse ap]cevoir dans une vive lumire ,josef ,nieto1 apos5tador de la re9e4 ,t\t dans ce cadre e/ pe9t d'aprs nature1 jusqu'aux tableaux qui orn5t les p>ois de la gal]ie et au miroir qui reflte le roi et la re9e assis en face1 contre la p>oi de la *ambre1 que le pe9tre a d abattre p\r en montr] l'intrieur4 ,a9si leur image1 s9on leur p]sonne1 assi/e la scne4 ,la *ambre noire1 dont ,velasquez d'ailleurs se s]vait beauc\p1 ne donn]ait pas une p]spective plus exacte1 une dgradation de te9tes mieux suivie1 une lumire aussi d\ce et aussi fondue1 une impression plus =te de nature4 ,en face des ,mn9es1 on e/ t5t de dire3 ,o donc e/ le tableau8 ,en exam9ant ce *ef-d'uvre en dtail1 v\s ap]cevrez sur le p\rpo9t noir de ,velasquez une croix r\ge de =me p>ticulire2 c'e/ celle de *evali] de ,sa9t-,jacques4 ,il exi/e sur cette croix une petite lg5de qui n'e/ peut-tre pas plus vraie que l'hi/oriette de ,*>les-,qu9t ramassant le p9ceau du ,titi51 et de ,franois ,i] recevant le d]ni] s\pir de ,lon>d de ,v9ci1 mais elle e/ la =me syn?tique de l'admiration gnrale1 et1 ce ju/e titre1 elle a sa valeur4 ,qu& ,velasquez eut a*ev sa toile1 le roi lui dit qu'il y manquait une *ose ess5tielle1 et passant au p\ce la palette1 et pr5ant un p9ceau1 comme p\r donn] la t\*e suprme1 il traa sur la poitr9e du pe9tre1 reprs5t dans le tableau1 cette croix de c9abre qu'on y voit encore auj\rd'hui4 ,c]tes1 c'tait une gracieuse et noble faon de rcomp5s] le tal5t1 et le roi se montrait a9si digne de l'arti/e4 ,p> malheur1 sans infirm] t\t fait la lg5de1 des re*]*es savantes prs5t5t les *oses s\s un autre j\r4 ,philippe ,,iv1 en effet1 p> cdule royale date du ,bu5-,retiro1 le #ab ju9 #afeh1 accorda l'habit de *evali] ,velasquez1 qui se prs5ta au conseil de l'ordre avec sa gnalogie1 p\r faire ses preuves1 dont l'insuffisance ncessita une disp5se que le roi obt9t du pape ,alex&re ,,vii1 aprs quoi ,velasquez fut reu et prit l'habit dans l'glise des religieuses de la ,c>bon]a4 ,les ,buveurs1 plus connus s\s le nom de los ,borra*os 7les ivrognes71 sont une des m]veilles de la pe9ture4 ,c'e/ une sorte de bac*anale1 sans my?ologie et ent5due la faon rali/e4 ,un jeune drle1 nu jusqu' la ce9ture1 c\ronn de pampres1 ayant un tonneau p\r trne1 coiffe d'une guirl&e en feuilles de vignes comme s'il lui confrait un ordre de *eval]ie ba*ique1 un s\d>d dvotem5t ag5\ill devant lui2 ses pi$s s'arrondit une cru*e l>ge panse et r\le une c\pe vide4 ,un gaill>d demi-nu aussi et t5ant un v]re la ma9 s'acc\de non*alamm5t1 sur un t]tre d]rire le prses de la crmonie4 ,au co91 gau*e1 un autre p]sonnage assis t]re enveloppe am\reusem5t de ses bras une j>re qui n'e/ pas ple9e d'eau1 c\p sr2 ces deux confrres ont t\s deux la c\ronne de pampres2 ils sont reu comme bib]ons mrites dans l'ordre de la dive b\teille4 ,d]rire le s\d>d se ti5n5t trois po/ulants qu'il s]ait bi5 inju/e de ne pas admettre2 c> ils ont l'air de francs ivrognes et de p>faites canailles2 arms d'cuelles et de gobelets ils sont t\t prts (fici]4 ,plus lo91 un gueux dgu5ill et dont la s\qu5ille laisse voir une poitr9e sans l+e1 contemple la scne avec extase et la ma9 sur son cur2 il e/ un peu dlabr p\r se ml] ces nobles seigneurs1 mais il a tant de zle1 une soif si inext+uible6 ,au fond1 un m5diant1 voyant des g5s rassembls1 pr(ile de l'occasion et1 s\levant son feutre ava*i1 t5d la ma9 p\r qut] une aumne4 ,ce n'e/ pas l1 comme on p\rrait se l'imag9]1 un simple tableau de *evalet la manire flam&e1 les figures sont de gr&eur naturelle et ont la proportion qu'on nomme hi/orique4 ,ce sujet vulgaire a sembl ,velasquez aussi important que le triomphe de ,bac*us1 l'ivresse de ,silne1 la danse des ,mnades1 ou t\te autre fiction prise de l'antiquit2 il avait mme p\r lui l'avantage d'tre vrai4 ,il y a donc mis1 avec un srieux pr(ond1 t\t son art1 t\te sa sci5ce et t\t son gnie4 ,le torse du jeune g>on1 dont la blan*eur contra/e avec la te9te bi/re des visages qui l'ent\r5t1 =me la composition le plus heureux c5tre de lumire2 aucun p9ceau ne fit *airs plus s\ples1 mieux modeles et si vivantes2 l'il a la molle hbtude et la b\*e le vague s\rire de l'ivresse4 ,quant aux ttes des autres compagnons hales1 tannes1 fauves1 comme du cuir de ,cord\e1 montrant de longues d5ts d'un apptit froce1 faisant luire dans des pattes d'oie de rides le reg>d m\ill des convoitises ba*iques1 elles rappell5t les types c>actriss de la ,tuna1 cette bohme espagnole si amusante1 si pittoresque et si ardemm5t colore4 ,l',espagne1 malgr son am\r du fa/e1 son tiquette et son orgueil1 n'a jamais eu le mpris du haillon2 dans son art s\v5t d'un spiritualisme si ?r les gueux ont t\j\rs t les bi5v5us4 ,il y a t\te une littrature pic>esque consacre retrac] les exploits et les av5tures des pauvres diables la re*]*e d'un dn] problmatique2 ,r9conete et ,cortadillo des n\velles exemplaires de ,c]vantes1 ,guzman d',alf>a*e1 ,laz>ille de ,tormes1 ,el gran ,tacao reprs5t5t t\t un monde famlique1 dgu5ill et has>deux1 d'une amusante misre4 ,dans ce pays si fi]1 nul dda9 p\r la pauvret4 ,aprs t\t1 ce compagnon au feutre r\ssi tombant sur les yeux1 au manteau d'amad\ d*iquet1 qui de sa ma9 ca*e gratte sa poitr9e e/ peut-tre un g5tilhomme1 un desc5dant de ,plage1 un *rti5 de la vieille ro*e4 ,son galion a *\2 il a t captif en ,alg]1 bless dans les ,fl&res1 sa requte a t rep\sse p> la c\r4 ,qui n'a pas ses malheurs6 ,murillo lui-mme le suave1 le vaporeux1 l'anglique1 ne ddaigne pas les loques du petit p\illeux et de cet enfant *]*ant sa v]m9e au soleil1 il fait un *ef-d'uvre6 ,velasquez bi5 qu'il et son ateli] au palais p>c\rait les qu>ti]s p]dus et s'il tr\vait au ,ra/ro ou ailleurs un gr$9 f>\*em5t dgu5ill1 un m5diant sup]bem5t crasseux1 s\qu5ille effilo*e1 b>be inculte1 il le peignait avec le mme am\r1 la mme mae/ria que s'il et eu p\r modle un roi ou un infant1 sauf crire dans le co9 du cadre p\r donn] un air philosophique la *ose1 sope ou ,mnippe4 ,les na9s avec leurs dif=me laideur1 ne le rebutai5t pas2 il leur prtait la beaut de l'art et les revtait de sa puissante c\leur comme d'un manteau royal2 il acceptait mme les phnomnes de la nature1 les mon/ruosits montr] en foire4 ,el nio de ,vallecas 7l'enfant de ,vallecas7 e/ un de ces t\rs de =ce auxquels se plaisait ,velasquez4 ,c'tait un enfant prodige1 d'une gr&eur tonnante p\r son ge et n avec t\tes ses d5ts2 aussi ,velasquez1 dans son tableau1 l'a-t-il reprs5t la b\*e ouv]te p\r laiss] voir cette d5ture prmature1 objet de la curiosit publique4 ,eh bi56 ce phnomne e/ un m]veille de vie1 de c\leur et de relief2 ces biz>r]ies plaisai5t aux pe9tres naturali/es2 ,rib]a ne fit-il pas le portrait d'une femme b>be8 ,cep5dant ce n'tait pas la cli5tle illu/re qui manquait ,velasquez4 ,il suffisait pe9e aux rois1 aux re9es1 aux infants et aux infantes1 aux papes1 aux pr9ces1 aux m9i/res et aux gr&s dsireux d'avoir un portrait de sa ma94 ,la ,r$dition de ,brda1 plus connue s\s le nom de tableau des lances1 mle dans la proportion la plus exacte la ralit la gr&eur4 ,la vrit p\sse jusqu'au portrait1 n'y dim9ue en ri5 la fi]t du /yle hi/orique4 ,un va/e ciel ar de lumire et de vapeur1 ri*em5t pe9t en ple9e ple d'outrem]1 fond son azur avec les lo9ta9s bleutres d'une imm5se campagne o luis5t des nappes d'eau tranes p> des luisants arg5ts4 et l des fumes d'inc5die mont5t du sol et vont rejo9dre les nuages du ciel en t\rbillons fantasques4 ,au premi] plan1 de *aque ct1 se masse un gr\pe nombreux3 ici les tr\pes flam&es2 l1 les tr\pes espagnoles laissant libre p\r l'entrevue du gnral va9cu et du gnral va9queur un espace dont ,velasquez a fait une tr\e lum9euse1 une fuite v]s les pr(ondeurs o brill5t les rgim5ts et les enseignes indiqus en quelques t\*es savantes4 ,le m>quis de ,sp9ola1 tte nue1 le *apeau et le bton de comm&em5t la ma91 revtu de son armure noire damasqu9e d'or1 accueille avec une c\rtoisie *eval]esque1 affable et presque c>essante1 comme cela se pratique entre ennemis gnreux et faits p\r s'e/im]1 le g\v]neur de ,brda1 qui s'incl9e et lui (fre les clefs de la ville dans une attitude noblem5t humilie4 ,des drapeaux c>tels de blanc et d'azur dont le veut t\rm5te les plis romp5t heureusem5t les lignes droites des lances t5ues hautes p> les ,espagnols4 ,le *eval du m>quis se prs5tant presque en racc\rci du ct de la cr\pe en ret\rnant la tte1 e/ d'une habile inv5tion p\r dissimul] la symtrie militaire1 si peu favorable la pe9ture4 ,on ne saurait r5dre p> des p>oles la fi]t *eval]esque et la gr&esse espagnole qui di/+u5t les ttes des (fici]s =mant l'tat-major du gnral4 ,elles exprim5t la joie calme du triomphe1 le tranquille orgueil de race1 l'habitude des gr&s vnem5ts4 ,ces p]sonnages n'aurai5t pas beso9 de faire leurs preuves p\r tre admis dans les ordres de ,santiago et de ,calatrava4 ,ils s]ai5t reu sur la m9e1 tant ils sont naturellem5t hidalgos4 ,leurs longs *eveux1 leurs m\/a*es retr\sses1 leur royale taille en po9te1 leurs gorg]9s d'aci]1 leurs corselets ou leurs ju/es de buffle en font d'avance des portraits d'anctres susp5dre1 blasonns d'armoiries au co9 de la toile1 dans la gal]ie des *teaux4 ,p]sonne n'a su1 comme ,velasquez1 pe9dre le g5tilhomme avec une famili>it sup]be et p\r a9si dire d'gal gal4 ,ce n'e/ po9t un pauvre arti/e emb>rass qui ne voit ses modles qu'au mom5t de la pose et n'a jamais vcu avec eux4 ,il les suit dans les intimits des app>tem5ts royaux1 aux gr&es *asses1 aux crmonies d'app>at4 ,il connat leur port1 leur ge/e1 leur attitude1 leur physionomie2 lui-mme e/ un des favoris du roi 7privados del rey74 ,comme eux et mme plus qu'eux1 il a les gr&es et les petites entres4 ,la noblesse d',espagne ayant ,velasquez p\r portraiti/e1 ne p\vait pas dire comme le lion de la fable3 ,ah6 si les lions savai5t pe9dre4 ,velasquez se place naturellem5t entre ,titi5 et ,van ,dyck comme pe9tre de portraits4 ,sa c\leur e/ d'une h>monie pr(onde et solide1 d'une ri*esse sans faux luxe et qui n'a pas beso9 d'bl\ir4 ,sa magnific5ce e/ celle des vieilles =tunes hrditaires4 ,elle e/ tranquille1 gale1 intime4 ,po9t de gr&s tapages de r\ges1 de v]ts et de bleus1 po9t de sc9tillem5t neuf1 po9t de fanfrelu*es brillantes4 ,t\t e/ rompu1 amorti1 mais d'un ton *aud comme de l'or anci5 ou d'un ton gris comme l'arg5t mal d'une vaisselle de famille4 ,les *oses voyantes et cri>des sont bonnes p\r les p>v5us et don ,diego ,velasquez de ,silva e/ trop bon g5tilhomme p\r se faire rem>qu] de la sorte1 et aussi1 disons-le1 trop excell5t pe9tre4 ,quoique naturali/e1 il apporte dans son art une l>geur hauta9e1 un dda9 du dtail inutile1 une ent5te du sacrifice qui montr5t bi5 le matre s\v]a94 ,ces sacrifices n'tai5t pas t\j\rs ceux qu'un autre pe9tre aurait faits4 ,velasquez *oisit p\r le mettre en vid5ce ce qui p>fois semblait devoir tre laiss dans l'ombre4 ,il te9t et il allume avec un caprice app>5t1 mais l'effet lui donne t\j\rs raison4 ,sa ju/esse de c\p d'il tait telle1 qu'en prt5dant ne faire que copi]1 il am5ait l'me la peau et peignait en mme temps l'homme intrieur et l'homme extrieur4 ,ses portraits racont5t mieux que t\s les *roniqueurs les ,mmoires secrets de la c\r d',espagne4 ,qu'il les reprs5te en habit de gala1 *evau*ant des g5ets1 en co/ume de *asse1 une arquebuse la ma91 un lvri] aux pi$s1 on reconnat dans ces figures blaf>des de rois1 de re9es et d'infants la face ple1 la lvre r\ge1 au m5ton massif1 la dgnresc5ce de ,*>les-,qu9t et l'abt>dissem5t des dyna/ies puises4 ,quoique pe9tre de c\r1 il ne les a pas flatts ses royaux modles6 ,cep5dant1 malgr l'hbtation du type1 la qualit de ces hauts p]sonnages ne saurait tre d\teuse4 ,ce n'e/ pas qu'il ne st pe9dre le gnie2 le portrait du comte-duc d',oliv>s1 si noble1 si imprieux et si ple9 d'autorit le pr\ve d'une faon irrcusable4 ,ne p\vant prt] de la flamme ces tri/es sires1 il leur donnait la maje/ froide1 la dignit ennuye1 le ge/e et la pose d'tiquette1 et il enveloppait le t\t dans sa c\leur magnifique2 c'tait bi5 pay] la protection de son ami c\ronn4 ,m4 ,paul de ,sa9t-,victor a nomm quelque "p ,victor ,hugo le gr& d',espagne de la posie2 qu'il n\s p]mette1 en dt\rnant un peu son mot1 d'appel] ,velasquez le gr& d',espagne de la pe9ture4 ,nulle qualification ne saurait mieux lui conv5ir4 ,comme n\s l'avons dit1 ,velasquez tait m>*al des logis de la c\r1 et ce fut lui qui fut *>g de prp>] les logem5ts du roi dans le voyage que ,philippe ,,iv fit ,iran1 p\r remettre l'infante da ,m>ia ,t]esa au roi de ,france1 ,l\is ,,xiv1 qui la devait p\s]4 ,ce fut encore lui qui fit dress] et orn]1 dans l'le des ,faisans1 le pavillon o l'entrevue des deux rois eut lieu4 ,velasquez se di/+ua p>mi la f\le des c\rtisans p> la dignit de sa p]sonne1 l'lgance1 la ri*esse et le bon gt de ses co/umes1 sur lesquels il plaait avec art les diamants et les joyaux1 prs5ts des s\v]a9s2 mais1 son ret\r ,madrid1 il tomba malade de fatigue et m\rut le #g aot #affj4 ,sa veuve da ,juana ,pa*eco ne lui survcut que de sept j\rs et fut ent]re prs de lui1 dans la p>oisse de ,sa9t-,jean4 ,les funrailles de ,velasquez avai5t t spl5dides2 de gr&s p]sonnages1 les *evali]s des ordres militaires1 la maison du roi1 les arti/es y assi/ai5t tri/es et s\cieux1 comme s'ils s5tai5t qu'avec ,velasquez ils ent]rai5t l'art espagnol4 ,figure #ac3 ,l',assomption d'aprs ,murillo ,,e/eban ,,b>tolome ,,murillo ,murillo e/ avec ,velasquez l'expression complte de l'art espagnol la fois rali/e et my/ique3 ,velasquez ne reprs5ta que les hommes1 ,murillo peignit les anges4 l'un la t]re1 l'autre le ciel4 ,*acun prit son empire et y rgna en s\v]a94 ,la rputation de ,murillo e/ plus rp&ue que celle du pe9tre de ,philippe ,,iv2 cela vi5t de ce que son uvre ne fut pas absorb t\t enti] p> un royal patron qui le g>da jal\sem5t2 il n'avait pas d'ateli] au palais1 ne possdait aucune *>ge de c\r et n'tait dcor d'aucun ordre de *eval]ie4 ,sa position mo9s leve1 mais aussi mo9s circonscrite1 le mettait en rapport direct avec le public1 dont il acceptait les comm&es1 et qu'il avait pe9e satisfaire avec un travail a*>n qui absorba sa vie4 ,sans d\te1 il laissa s\v5t c\rir trop vite sa brosse expditive et ne put apport] le mme so9 t\s ses tableaux2 mais la ncessit1 qui a ses inconvni5ts1 a aussi ses avantages3 elle =ce l'arti/e mettre t\t son tal5t dehors1 et dveloppe *ez lui des ress\rces inconnues4 ,p\r le pe9tre1 elle multiplie les *ances d'av5ir et de clbrit p> le nombre de toiles qui vont1 se rp&ant trav]s l',europe1 dans les muses et les gal]ies4 ,si l'admiration e/ due au matre dont l'uvre se compose de quelques morceaux r>es1 exquis1 a*evs1 m>qus du sceau de la p]fection1 il y a cep5dant lieu d'admir] plus encore l'arti/e fcond qui1 avec la pr(usion du gnie1 sme d'une ma9 facile les belles *oses comme si elles ne lui cotai5t ri54 ,c'e/ l le cas de ,murillo4 ,dress] le catalogue de ses uvres s]ait une t*e difficile1 s9on impossible4 ,la li/e seule de ses *efs-d'uvre e/ encore bi5 longue4 ,l'hi/oire de la vie de ,murillo n'(fre pas d'incid5ts dramatiques et se peut racont] en quelques lignes4 ,il naquit ,sville o il fut baptis en la p>oisse de ,sa9te-,m>ie-,magdele9e1 le #a;er janvi] #ajah1 et non dans la ville de ,pilas1 comme le croyait ,palom9o1 dont l'erreur v5ait sans d\te de ce que la femme de ,murillo tait de cette ville et y possdait quelque bi54 ,son pre s'appelait ,gasp> ,e/eban ,murillo1 et sa mre ,m>ia ,p]ez4 ,comme t\s les asc5dants de cette famille avai5t port le nom d',e/eban1 on p5se que c'tait l le nom gnrique de la race4 ,l'in/9ct de la pe9ture se manife/a de bonne heure *ez ,e/eban4 ,l'arti/e p]ait s\s l'enfant1 et qu& il eut l'ge conv5able1 son pre le mit l'ateli] de ,juan del ,ca/illo p\r qu'il y apprt son art4 ,comme ce ,ca/illo tait bon dess9ateur1 il lui fit faire de ce ct de =tes tudes et ensuite il lui transmit son coloris sec qui t5ait un peu de l'cole flor5t9e1 introduite ,sville p> ,luis de ,v>gas1 ,p$ro de ,villegas1 et autres pr(esseurs4 ,tels fur5t les comm5cem5ts de ,murillo1 dont les progrs rapides tonnr5t son matre1 c> il tait m]veilleusem5t d\ et prde/9 p\r la pe9ture4 ,comme ,juan de ,ca/illo s'tait tabli ,cadix1 ,murillo comm5a pe9dre seul1 p\r la foire1 t\t ce dont le *>geai5t les m>*&s de tableaux4 ,il acquit dans ce travail une gr&e pratique et un coloris plus agrable quoique manir4 ,on cons]vait ,sville trois de ses tableaux faits cette poque3 le premi] dans un angle du clotre du collge de ,reg9a1 l'autre dans un co9 du gr& clotre du c\v5t de ,sa9t-,franois1 et le troisime sur l'autel de la *apelle de ,notre-,dame du ,rosaire1 au collge de ,sa9t-,?omas4 ,il n'avait que v+t-quatre ans qu& passa p> ,sville le pe9tre ,p$ro de ,moya1 allant de ,londres ,gr5ade avec le gr& gt et le beau coloris qu'il avait appris de ,van ,dyck4 ,e/eban admira =t cette l>geur de /yle et cette suavit de manire qu'il se proposa d'imit]4 ,mais ,p$ro de ,moya ne fit pas long sj\r ,sville1 et le jeune arti/e retomba dans ses inc]titudes1 hsitant sur la voie qu'il devait suivre p\r dev5ir un gr& matre4 ,il v\lait all] ,londres1 mais il apprit que ,van ,dyck v5ait de m\rir4 ,l',italie s'(frait son imag9ation avec t\tes les ri*esses d'art et l'enseignem5t de ses *efs-d'uvre1 mais c'tai5t l des voyages longs et coteux qu'il ne p\vait rv] d'entrepr5dre1 manquant de protecteurs et de ress\rces pcuniaires4 la f9 il tr\va un moy5 t]me que son c\rage et sa rsolution lui donnr5t la =ce d'excut]4 ,il a*eta une pice de toile1 la c\pa en morceaux qu'il imprima lui-mme et peignit dessus des sujets de sa9tet qu'il v5dit aux pacotilleurs en assez gr& nombre ,sville1 qui faisai5t ce comm]ce avec les ,indes4--,si p>fois dans quelque glise d',amrique le voyageur surpris s'arrte devant un tableau d'autel1 devant une madone dont la tte sublime se dta*e d'une composition hte1 p>mi des p]sonnages pe9ts d'une brosse sommaire1 c'e/1 sans d\te1 un ,murillo inconnu1 un des morceaux de la pice de toile illum9 d'un clair de gnie4 ,arriv ,madrid1 il alla voir son compatriote ,velasquez et lui dit les motifs qui l'avai5t fait p>tir de ,sville et son dsir de se p]fectionn] dans l'tude de la pe9ture4 ,velasquez1 que sa haute position ne r5dait ni orgueilleux ni inaccessible1 accueillit ,murillo m]veille1 lui ouvrit les collections du roi et lui procura la p]mission de copi] l',escurial les tableaux qui lui plairai5t4 ,le jeune arti/e en pr(ita et passa deux annes tudi]1 dess9] et pe9dre d'aprs les uvres de ,titi51 ,rub5s1 ,van ,dyck1 ,rib]a et ,velasquez4 ,p> le rsultat on peut dev9] le travail et l'application qu'y put apport] l'lve en tra9 de dev5ir un matre4 ,de ret\r ,sville1 en #afde1 il tonna les arti/es p> les tableaux qu'il peignit l'anne suivante p\r le petit clotre de ,sa9t-,franois2 on ne compr5ait pas o et avec qui il avait pu pr5dre ce /yle neuf1 magi/ral et inconnu1 dont il n'exi/ait ni modle ni matre4 ,il fit voir dans ses pe9tures les trois pr(esseurs qu'il s'tai5t propos d'imit] ,madrid3 la ,cuis9e des ,anges rappelle ,rib]a1 la ,mort de sa9te ,claire1 ,van ,dyck1 le ,san ,diego avec les pauvres1 ,velasquez2 mais avec un acc5t d'orig9alit irrcusable4 ,ce travail lui acquit une rputation inconte/e et lui valut de nombreuses comm&es publiques et p>ticulires4 ,du premi] c\p il tait pass *ef de l'cole de ,sville1 et cette position1 nul ne la lui a prise encore2 avec la gloire1 l'aisance lui v9t1 et il put song] s'tablir4 ,il p\sa da ,batrix de ,cabr]a y ,sotomayor de la ville de ,pilas1 p>ti en t\s po9ts conv5able3 ce m>iage se fit en #afdh4 dat] de cette poque1 soit p> suite de l'extrme facilit que lui donna une pratique cont9ue1 soit p> dsir de complaire au public1 il *angea son /yle s\t5u et =t p\r une manire plus fran*e1 plus t5dre et plus agrable mme aux yeux des connaisseurs1 dans laquelle il peignit les pr9cipales et les plus e/imes des toiles de sa ma9 qu'on admire ,sville4 ,tels sont le ,sa9t ,l&re et le ,sa9t ,isidore1 plus gr&s que nature1 en habits pontificaux1 assis et placs dans la gr&e sacri/ie de la ca?drale4 ,d'un manuscrit du temps il rsulte que le ,sa9t ,l&re e/ le portrait du lic5ci ,alonzo de ,h]r]a1 *ef de *ur1 et le ,sa9t ,isidore1 celui du lic5ci ,juan ,lopez ,talavan4 ,ces tableaux fur5t pe9ts en #afee1 sur la comm&e de l'ar*idiacre de ,c>mona don ,juan ,f$]igui1 qui en fit don au *apitre4--,c'e/ de l'anne suivante que date le fameux ,sa9t ,anto9e de ,pad\e1 le *ef-d'uvre de ,murillo peut-tre1 plac sur l'autel du bapti/re de la ca?drale4 ,n\s avons vu ,sville cette m]veilleuse toile que le duc de ,well+ton1 p5dant les gu]res d',espagne1 (frit au fi] *apitre1 qui refusa1 de c\vrir entirem5t d'onces d'or1 si on v\lait la lui laiss] emport]4 ,cela devait faire une somme norme1 c> le tableau e/ trs-gr&4 ,honneur aux braves *ano9es p\r avoir plus e/im un *ef-d'uvre qu'un monceau de mtal6 ,qu'on n\s p]mette d'emprunt] notre ,voyage en ,espagne ces quelques lignes crites s\s l'impression du mom5t3 ,jamais la magie de la pe9ture n'a t p\sse plus lo94 ,le sa9t en extase e/ g5\x au milieu de sa cellule1 dont t\s les pauvres dtails sont r5dus avec cette ralit vig\reuse qui c>actrise l'cole espagnole4 trav]s la porte entr'ouv]te on ap]oit un de ces longs clotres blancs1 si favorables la rv]ie4 ,le haut du tableau1 noy d'une lumire blonde1 transp>5te1 vaporeuse1 e/ occup p> des gr\pes d'anges j\ant d'in/rum5ts de musique1 d'une beaut vraim5t idale4 ,attir p> la =ce de la prire1 l',enfant ,jsus desc5d de nue en nue et va se plac] entre les bras du sa9t p]sonnage1 dont la tte e/ baign d'effluves rayonnantes1 et se r5v]se dans un spasme de volupt cle/e4 ,n\s mettons ce tableau div9 au-dessus de la ,sa9te lisabe? de ,hongrie pansant un teigneux1 qu'on voit l',acadmie royale de ,madrid1 au-dessus du ,mose1 au-dessus de t\tes les ,vi]ges et de t\s les ,enfants ,jsus du matre1 si beaux1 si purs qu'ils soi5t4 ,qui n'a pas vu le ,sa9t ,anto9e de ,pad\e ne connat pas le d]ni] mot du pe9tre de ,sville4 ,c'e/ comme ceux qui s'imag95t connatre ,rub5s et qui n'ont pas vu la ,madele9e d',anv]s6 ,il n'y a ri5 d'exagr dans cette impression si vive4 ,murillo a montr l qu'il tait l'gal des plus gr&s4 ,avec un seul p]sonnage il remplit ce va/e cadre1 comme s'il et eu sa disposition des gr\pes nombreux4 ,la pieuse halluc9ation du sa9t devi5t s5sible p\r le spectateur2 ce qu'il rve1 on le voit1 les cieux s'ouvr5t p\r v\s comme p\r lui4 ,les murs de l'humble cellule disp>aiss5t1 et dans l'atmosphre arg5te et bleutre de la vision s'agit5t1 comme des ondes lum9euses1 des tres ails vraim5t surnaturels1 d'une immatrialit qu'on ne croirait pas la pe9ture susceptible de r5dre4 ,le petit ,jsus e/ adorable de navet enfant9e et c>essante4 ,il t5d1 comme un n\rrisson sa mre1 ses jolis bras ronds au sa9t ,anto9e extasi1 mais on s5t bi5 que ce n'e/ pas un enfant ord9aire4 ,la lumire incre brille dans sa *air dlicate ptrie avec les lis et les roses du p>adis4 ,ce tableau d'un my/icisme si ?r v\s enivre comme une fume d'enc5s4 ,cette facilit de traduire le m]veilleux d'une manire s5sible se fait rem>qu] dans les tableaux qu'il peignit en #affe1 aux frais du f]v5t prb5d1 don ,ju/9o ,neve1 p\r l'glise de ,sa9te-,m>ie-la-,blan*e4 ,ces deux toiles qui s'aju/ai5t sans d\te dans des tympans1 sont arrondies la p>tie suprieure et n\s les avons vues l',acadmie royale de ,madrid4 ,la premire reprs5te la vision du patrici5 roma9 et de sa femme t\*ant l'dification de ,sa9te-,m>ie-,majeure1 ,rome2 la seconde1 les p\x racontant leur vision au pape4 ,dans une salle d'ar*itecture sobre et t\te baigne d'ombre dont un pan c\p laisse disc]n] le ciel gris du soir au-dessus d'un vague paysage1 le patrici5 roma9 et sa femme se sont endormis d'un sommeil surnaturel1 c> ils sont t\t habills et n'ont pas eu le temps de gagn] leur lit4 ,le m>i dort acc\d une table rec\v]te d'un tapis r\ge1 o sont jets ngligemm5t un livre et un b\t de l+e blanc2 sa tte repose sur sa ma91 grave et recueillie1 illum9e p> le reflet de la vision4 ,on compr5d1 quoique ses paupires soi5t f]mes1 qu'il voit avec l'il de l'me1 une app>ition cle/e4 ,son p\rpo9t de c\leur sombre1 sa sim>re noire dont il reti5t les plis de sa ma9 re/e libre s'teign5t en tons savamm5t amortis p\r faire valoir le visage4 ,un peu plus v]s le fond de la pice sa femme sommeille1 la tte au bord du lit et la j\e sur un m\*oir1 dans une pose gracieusem5t affaisse4 ,elle a un corsage m>ron g>ni d'paulettes crevs1 laissant pass] une man*e bleue et sur le bord de sa jupe d'un r\ge glac de laque repose un petit *i5 de la ,havane1 inconsci5t de ce qui se passe4 ,au pi$ d'un pila/re1 une corbeille de travail conti5t des t(fes roses et blan*es4 ,ri5 de plus calme1 de plus sil5cieux1 de plus dormant que t\te cette p>tie du tableau qu'on p\rrait nomm] t]re/re cause de sa ralit nave et presque familire1 mais dans la p>tie suprieure1 v]s la gau*e1 rayonne dans t\t son clat la vision rvlatrice4 ,la vi]ge ent\re d'une aurole et supporte p> de lg]s nuages imprgns de lumire1 desc5d avec l',enfant ,jsus1 et de sa ma9 t5due v]s la campagne semble dsign] la place o doit s'lev] la future glise4 ,ce gr\pe ari5 e/ d'une grce et d'une c\leur surpr5ante1 idale sans p\r cela cess] d'tre vraie4 ,on ne saurait trop admir] l'art avec lequel ,murillo a su remplir au moy5 de trois p]sonnages seulem5t cette toile d'une dim5sion considrable o il n'a ri5 admis qui n'ait rig\reusem5t trait au sujet4 ,la composition du second tableau n'e/ pas mo9s +nieuse4 ,au premi] plan1 gau*e1 sur un trne exhauss p> une e/rade et surmont d'un dais en vel\rs cramoisi1 on voit le pape ,lib]io pos de pr(il et1 dans la demi-te9te1 qui c\te avec une pose admirative le rcit de la vision que lui font les p\x4 ,prs de lui1 une table tapis de vel\rs violet crp9 d'or1 sur laquelle sont poses une sonnette et une buire1 =me un vig\reux rep\ssoir4 ,la lumire glisse d]rire le pape et tombe sur la dame vtue d'une robe rose1 glace de paille1 d'une c\leur dlicieuse6 ,p\r v5ir *ez ,sa ,sa9tet1 la femme du patrici5 a mis ses habits de gala2 un fil de p]les orne son col1 une coiffure gracieuse relve sa beaut plus &al\se peut-tre que roma9e mais d'un *>me incomp>able4 ,ag5\ille prs de son m>i elle semble confirm] le rcit de la vision4 ,le patrici5 en ju/aucorps de vel\rs tann1 en manteau noir1 la toque la ma91 un g5\ pli1 explique comm5t la sa9te ,vi]ge lui e/ app>ue et lui a indiqu l'endroit o doit se fond] le n\veau temple4 ,entre le pape et ce gr\pe1 sur un fond d'ar*itecture trs-clair1 on ap]oit un vieux prlat camail blanc et robe blan*e1 s'aidant de sa bquille et aju/ant des besicles son nez p\r ne ri5 p]dre de la scne2 un mo9e brun e/ plac d]rire lui et le fait valoir p> l'opposition4 ,ce n'e/ pas l t\t le tableau1 a9si qu'on p\rrait le croire2 connue dans ces plans o l'on prs5te la c\pe d'un difice1 ,murillo a tran* le mur de la salle qui r5f]me l'action pr9cipale et sp> p> une lgante colonne l'action secondaire4 ,au dehors de la salle on ap]oit la campagne o se dr\le la procession montant jusqu' la place c\v]te de neige que la ,vi]ge montre du haut du ciel et qui dsigne l'emplacem5t du temple4 ,on admire beauc\p la p]fection avec laquelle e/ r5due la dgradation successive des p]sonnages mesure qu'ils s'loign5t du spectateur et que leur d\ble file s'enfonce l'horizon du tableau4 ,l'clat du ciel pulvrul5t de lumire e/ r5du avec une int5sit de *aleur qui fait ressortir encore le miracle de la neige non fondue p> cet t ard5t4 ,on admettait encore ces d\bles actions dans le mme tableau que depuis un art plus svre a proscrites3 elles ne n\s *oqu5t nullem5t p\r notre compte1 surt\t lorsque l'arti/e sait1 comme ,murillo1 les juxtapos] sans les confondre ni les isol] trop absolum5t4 ,ici1 la procession se subordonne au sujet pr9cipal dont elle e/ la consqu5ce1 et se ti5t discrtem5t au second et au troisime plan4 ,le foy] du tableau e/ la dame roma9e avec sa tte *>mante et sa robe rayonnante de lumire rose2 elle attire d'abord les yeux qui se report5t v]s son p\x p\r all] ensuite au pape et suivre1 qu& ils ont t\t vu1 la f\le processionnelle jusqu' ce qu'elle se p]de dans le lo9ta94 ,dans cette mme glise de ,m>ie la ,blan*e1 ,murillo avait pe9t deux autres tableaux1 de =me c9tre1 placs dans les autres nefs et t\j\rs aux frais de don ,ju/9o ,neve1 une ,conception1 du ct de l'vangile et une ,foi1 du ct de l'ptre4 ,le tableau connu s\s ce nom biz>re1 la ,cuis9e des ,anges1 qui faisait p>tie de la collection du m>*al ,s\lt1 et qu'on admire ma9t5ant au muse du ,l\vre1 e/ un exemple de plus de la facilit qu'avait ,murillo de mlang] sans discordance le miraculeux au rel4 ,sa foi vive le s]vait en cela2 il n'apportait aucune critique l'introduction du div9 dans le positif4 ,la =me oblongue de la toile a oblig l'arti/e divis] sa composition en trois gr\pes pr9cipaux1 habilem5t relis les uns aux autres4 ,on sait l'anecdote1 ou1 p\r p>l] plus religieusem5t1 le miracle biz>re reprs5t dans cette pe9ture4 ,la ca?olique ,espagne1 o le so9 de l'me fait si bi5 oubli] le corps1 a t de t\t temps le pays de la faim4 ,*ez les monda9s mme1 l'trang] s'tonne d'une sobrit qui s]ait ailleurs le jene le plus au/re4 ,les contes rabelaisi5s1 sur les repues fran*es des mo9es1 n'y sont gure de mise4 ,aussi les frres du c\v5t o ,murillo a plac sa scne manquai5t le plus s\v5t des *oses ncessaires la vie4 ,le sa9t4441--son nom n\s *appe1--se mettait en prire1 et1 s\lev p> les ailes de l'extase1 se t5ait g5\x en l'air1 comme sa9te ,madele9e dans la ,baume1 implorant la piti cle/e p\r la communaut famlique4 ,des anges desc5dai5t1 apportant des provisions aux pauvres mo9es4 ,avec sa foi pr(onde et srieuse1 ,murillo n'a pas cra9t de trait] t\te cette p>tie de sa composition de la faon la plus relle1 ou1 comme on dirait auj\rd'hui2 la plus rali/e4 ,deux gr&s anges1 aux ailes azures et roses1 dont le duvet frissonne encore des s\ffles du p>adis1 port5t1 l'un un l\rd cabas de victuailles1 l'autre un qu>ti] de vi&e qu'on croirait dta* l'in/ant d'un tal de b\*]4 ,d'autres anges1 m>mitons div9s1 la gr&e surprise du cuis9i]1 pil5t l'ail dans le morti]1 raviv5t le feu du f\rneau1 veill5t sur la olla podrida1 rang5t les assiettes1 font reluire les vases de cuivre avec une grce nave et noble que ,murillo seul tait capable de r5dre4 ,au premi] plan1 des *rub9s ti5n5t une corbeille remplie de concombres1 d'oignons1 de tomates1 de pim5ts r\ges et de t\s ces lgumes des pays *auds dont n\s admirions les c\leurs vives aux talages des m>*s p5dant notre voyage en ,espagne4 l'angle de la toile brill5t des bass9es1 des polons1 des cass]oles1 t\te une batt]ie de cuis9e r5dre jal\x cet art holl&ais qui se mire dans un *audron1 mais pe9te avec une l>geur hi/orique et magi/rale4 l'autre b\t du tableau1 un mo9e1 le suprieur du c\v5t sans d\te1 introduit avec prcaution un hidalgo1 *evali] de ,sa9t-,jacques et de ,calatrava1 qu'il veut r5dre tmo9 du miracle4 ,d]rire le *evali] s'avance un p]sonnage dont la tte ressemble beauc\p celle de ,murillo et qui p\rrait tre le pe9tre lui-mme4 ,ces trois ttes1 celle du mo9e surt\t1 sont m]veilleuses4 ,elles viv5t1 elles sort5t de la toile et v\s racont5t p> leurs types pr(ondm5t espagnols t\te une croyance1 t\t un pays1 t\te une civilisation4 ,la ,nativit de la ,vi]ge e/ un tableau *>mant1 d'une famili>it pieuse et t5dre qui arrte le s\rire sur les lvres des incrdules1 s'il p\vait s'en tr\v] devant un cadre de ,murillo4 ,c'e/ t\j\rs ce mlange ais du surnaturel et du vrai1 ce rapport facile du ciel et de la t]re qui di/+u5t le matre de ,sville des autres pe9tres religieux4 ,au c5tre de la composition1 comme un b\quet de fleurs illum9 d'un rayon de soleil1 la petite ,vi]ge nage en ple9e lumire2 une vieille matrone1 la tia1 comme dis5t les ,espagnols1 s\ti5t le b]ceau avec un ge/e c>essant4 ,p\r reg>d] la frle crature1 une belle fille vtue de lilas1 de v]t t5dre et de jaune paille se p5*e curieusem5t et montre un bras blanc1 sat91 f\ett au c\de d'une t\*e v]meille2 mais ce qu'il y a de plus m]veilleux dans le gr\pe1 c'e/ un ange adolesc5t1 model avec ri51 une vapeur rose glace d'arg5t qui incl9e coquettem5t la plus adorable tte faite de trois c\ps de p9ceau1 et appuie contre sa poitr9e une ma9 longue et f9e noye dans les plis de l't(fe comme dans les ptales d'une fleur4 ,prs de la *aise place la gau*e du spectateur1 on rem>que un petit *i51 un bi*on de la ,havane1 longs poils soyeux1 blanc comme neige1 de race pure et digne d'tre port dans le man*on d'une m>quise4 ,paul ,vronse ne manque jamais de ml] un lvri] ses compositions4 ,murillo1 qu& les conv5ances ne s'y oppos5t pas trop1 aime y faire j\] ou dormir un bi*on havanais4 ,ces petits dtails famili]s emp*5t l'ennui4 ,au-dessus du b]ceau de la ,vi]ge enfant plane une gloire d'anges rp&ue dans la *ambre comme une fume lum9euse dont les flocons s]ai5t de dlicieuses ttes s\riantes4 ,au fond1 dans la pnombre1 on di/+ue vaguem5t le lit c\rt9es o repose l'acc\*e4 ,il e/ impossible de ri5 voir de plus frais1 de plus t5dre1 de plus aimable que cette pe9ture brosse avec la h>diesse lgre d'un tal5t sr de lui-mme et r5dant sans ef=t les ides *>mantes qui lui vi5n5t4 ,il y a sur cette toile heureuse comme un s\rire de grce &al\se4 ,et que dire de cette m]veille qu'on appelle t\t simplem5t la ,vi]ge de ,murillo1 et qui s'pan\it comme un lis de blan*eur et de puret dans le gr& salon c>r du ,l\vre1 au milieu de ce b\quet de *efs-d'uvre *oisis p>mi les plus belles fleurs de l'art4 ,la ,vi]ge1 le pi$ sur le croissant de la lune1 vtue d'une tunique blan*e comme la lumire1 drape d'un manteau bleu qui semble un pan du ciel1 s'lve dans les spl5deurs de l',assomption1 lgre1 immatrielle1 colore de rose comme une vapeur de l'aurore1 accompagne de *rub9s qui s'gay5t et voltig5t aut\r d'elle1 nacrs1 v]meils1 transp>5ts1 dans t\tes les poses que peuv5t pr5dre des tres ari5s devant qui cde l'impalpable !r4 ,avec la ,sa9te lisabe? de ,hongrie1 n\s r$esc5dons dans la ralit la plus triviale4 ,des anges n\s passons aux teigneux1 mais l'art comme la *>it *rti5ne ne se dgte de ri54 ,t\t ce qu'il t\*e devi5t pur1 noble1 div91 et1 avec ce sujet rebutant1 ,murillo a fait un *ef-d'uvre4 ,la pieuse re9e a la tte enveloppe d'une sorte de voile blanc qui encadre le pur ovale de son visage de plis asctiques et s'arrange sur la poitr9e en guimpe de religieuse4 la c\r1 autant qu'elle le peut1 elle mne la vie du clotre1 mais sur le voile demi-mona/ique sc9tille une mignonne c\ronne qui dsigne la re9e et s'arrondit une aurole qui dsigne la sa9te4 ,deb\t1 au seuil du palais1 elle accueille sa cli5tle de pauvres1 de malades1 d'infirmes3 c'e/ l'heure du pansem5t4 ,sur un escabeau pose un l>ge bass9 d'arg5t rempli d'eau v]s lequel se p5*e un pauvre enfant dont les gu5illes insuffisantes laiss5t voir l'paule maigre et le torse s\ffreteux4 ,il prs5te son crne damass de crotes1 saigneux1 dnud p> la teigne1 aux belles ma9s royales de la sa9te1 blan*es comme des ho/ies1 qui pong5t ces plaies immondes avec une prcaution respectueuse1 c> ce petit misrable1 c'e/ peut-tre ,jsus-,*ri/ lui-mme4 ,mais1 p\r tre sa9te1 on n'en e/ pas mo9s re9e1 on n'en e/ pas mo9s femme2 femme dlicate et *>mante1 avec des av]sions1 des rpugnances1 des dgts4 ,l'aspect hideux de ces ulcres1 leur odeur ftide1 inspir5t sa9te lisabe? une horreur qu'elle combat victorieusem5t4 ,son visage cle/e exprime la rvolte de la nature et le triomphe de la *>it4 ,cette d\ble expression si fm99e et si *rti5ne e/ un trait de gnie de ,murillo4 ,un pe9tre mo9s s9crem5t ca?olique que lui ne l'aurait pas tr\ve4 ,une tte de cette sublimit efface t\tes les misres et t\tes les laideurs4 ,deux jeunes filles accompagn5t la re9e et l'assi/5t dans ses pieuses occupations4 ,l'une d'elles ti5t un plateau *>g de buires1 de botes d'ongu5t1 de *>pie4 ,l'autre p5*e une aiguire de v]meil p\r r5\vel] l'eau du bass9 d'arg5t4 ,ri5 d'assez beau p\r les pauvres6 ,sur la premire m>*e du p]ron e/ assise une vieille femme en baillons1 dont le pr(il br* se dc\pe avec une s+ulire h>diesse sur le vel\rs violet de la robe que porte la re9e4 ,au premi] plan1 t\t prs du cadre1 un m5diant raju/e des l+es aut\r de sa jambe1 t&is qu'au fond un e/ropi se hte et arrive appuy sur ses bquilles4 ,au d]ni] plan1 trav]s une ar*itecture la ,vronse1 on ap]oit la re9e et ses femmes qui s]v5t des pauvres attabls4 ,laz>e e/ le bi5v5u dans ce palais hospitali]4 ,comme on le voit1 *ez les arti/es espagnols le spiritualisme le plus ?r n'emp*e nullem5t le ralisme1 et le mme p9ceau qui vi5t de faire rayonn] l'extase dans l'aurole1 d'ouvrir le ciel et d'en montr] les pr(ondeurs peuples d'anges1 n'a pas honte de pe9dre un petit m5diant *]*ant sa v]m9e dans un b\ge4 ,n'a-t-il pas une me1 ce p\illeux de ,murillo8 ,qu'un rayon de soleil glisse sur le mur qui l'abrite et lui envoie un reflet1 et il vaudra t\tes les ples imitations de l'antiquit4 ,il exi/e ,sville un hpital de la ,*>it o repose le fameux don ,juan de ,m>ana1 qui n'e/ pas un p]sonnage fabuleux1 comme on p\rrait le croire1 s\s cette inscription3 ,ci-gt le pire homme qui fut jamais4 ,on y voit encore plusieurs toiles trs-importantes de ,murillo1 quoique la ,pisc9e de ,jri*o et le ,ret\r de l'enfant prodigue soi5t passs dans la gal]ie du m>*al ,s\lt4 ,la ,multiplication des pa9s et ,mose frappant le ro*]1 va/es toiles animes d'une multitude de figures1 le ,sa9t ,jean de ,dieu portant un mort n'ont pas quitt la place qu'ils occupai5t1 mais l',ange qui dlivre sa9t ,pi]re de la prison1 ,abraham adorant les trois anges1 ,sa9te lisabe? de ,hongrie1 sont alls orn] des muses ou des gal]ies4 ,le ,sa9t ,jean de ,dieu1 succombant s\s la *>ge du cadavre auquel il va donn] la spulture et que le dmon s'amuse r5dre plus l\rd p\r lui faire pice1 e/ d'un effet fanta/ique et puissant4 ,la magie du clair-obscur aj\te la t]reur de la scne et fait rayonn] le bel ange acc\ru au sec\rs du sa9t cras s\s le faix de cette croix lugubre4 ,murillo1 malgr la suavit de son /yle1 la grce de son p9ceau1 la fra*eur de son coloris1 sait tre t]rible qu& il le faut4 ,l'horreur ne l'effraye pas plus que la trivialit4 ,il n'e/ beso9 d'autre preuve1 p\r qui n'a pas vu le ,sa9t ,jean de ,dieu1 que le ,sa9t ,bonav5ture rev5ant aprs sa mort a*ev] ses mmoires1 un des plus tranges tableaux du muse espagnol1 rapport p> le b>on ,taylor et le pe9tre ,dauzats4 ,dans cette pe9ture1 ,murillo lutte de posie s9i/re avec le sombre ,valdes ,lal1 dont les tableaux1 la ,mort et les ,deux cadavres1 font frissonn] t\s ceux qui visit5t l'hpital de la ,*>it4 ,ce fantme aux yeux atones1 la pleur livide1 dont la ma9 crit en ttonnant sur un p>*em9 mo9s jaune qu'elle1 produit un effet qu'on n'oublie plus et v\s donne la s5sation de l'autre monde4 ,n\s m>quons cette note1 bi5 qu'elle soit r>e *ez ,murillo1 mais elle e/ trop pr(ondm5t espagnole et ca?olique p\r l'omettre4 ,*aque gr& pe9tre a son /yle de madone o il inc>ne en l'purant son rve de beaut4 ,la ,vi]ge1 comme ,murillo la reprs5te1 e/ une jolie ,&al\se1 idalise sans d\te1 mais dont on r5contr]ait encore auj\rd'hui des modles la ,cri/9a ou la prom5ade del ,duque2 ce n'e/ pas un repro*e1 c> ri5 n'e/ plus *>mant qu'une femme de ,sville avec ses veux ple9s de lumire1 son te9t clatant et ses lvres v]meilles4 ,il ne faut pas gr& travail un pe9tre de gnie p\r en faire une crature t\t fait cle/e et p\r emp*] cette beaut d'tre trop aimable1 trop gracieuse1 trop sduisante en un mot1 il suffit d'une paupire mode/em5t baisse et d'un pli dvoil ram5 propos4 ,d'autrefois c'e/ une expression de pit f]v5te1 extatique1 qui met son rayon dans ces beaux yeux noirs levs v]s le ciel1 et qui fait de la femme une sa9te et de la mre une vi]ge4 ,l',enfant ,jsus e/ trait p> ,murillo avec une adoration c>essante1 et il tr\ve p\r le pe9dre des tons qui ne sembl5t pas app>t5ir la palette t]re/re4 trav]s les grces1 les s\rires et les navets de l'enfance1 il lui cons]ve t\j\rs le reg>d d'un dieu4 ,on voit t\t de suite que ce frais n\rrisson1 deb\t sur les g5\x de sa mre1 n'e/ pas de notre race1 et que la =me huma9e l'enveloppe comme un voile transp>5t4 ,qu'il soit montr aux b]g]s1 vtus de peaux de btes et suivis de leurs *i5s fauves1 qu'il accueille le petit sa9t ,jean qui lui t5d les bras1 qu'il fasse aboy] le *i5 du logis aprs l'oiseau qu'il ca*e dans sa ma9 ou qu'il s'endorme sur la croix1 futur in/rum5t de son supplice1 il a t\j\rs un rayonnem5t qui dnonce le ,fils de ,dieu4 ,quelle p5se mlancolique et prcoce dans ce ,jsus au m\ton et quelle grce noble dans le ,sa9t ,jean et ,jsus6 ,le fils de ,m>ie fait boire1 dans un coquillage rempli d'eau1 avec une bont affable1 son petit compagnon pntr de reconnaissance2 on dirait un enfant de roi qui s'intresse un humble ami4 ,l',annonciation1 du muse de ,madrid1 e/ une pure m]veille de c\leur4 ,la sa9te ,vi]ge et l'ange ag5\ill devant elle ont p\r fond un *ur d'anges aussi lum9eux que le soleil1 et sur ce fond1 comme un lancem5t /ellaire1 rayonne le ,sa9t-,esprit1 plus vif1 plus blanc1 plus t9celant encore1 cl>t ayant p\r ombre la cl>t4 ,t\tes les glises et t\s les c\v5ts de ,sville regorgeai5t des *efs-d'uvre de ,murillo2 on re/e effray lire dans ,can-,b]mudez la li/e de ces toiles innombrables4 ,il y en a dans la ca?drale1 la p>oisse ,sa9t-,&r1 ,sa9t-,?omas1 la ,re9e-des-,anges1 ,sa9t-,franois1 ,sa9te-,m>ie-la-,blan*e1 la ,m]c$-,calzada1 aux ,capuc9s1 la ,*>it1 aux ,vnrables1 au palais de l',ar*ev*1 la ,*>treuse1 sans compt] les uvres dissm9es dans les glises de ,c>mona1 de ,cord\e1 de ,gr5ade1 de ,rioseco1 de ,madrid1 de ,vitoria1 dans le palais neuf1 ,sa9t-,ildefonse et l',escurial4 ,une facilit si prodigieuse1 une fcondit si int>issable confond5t l'imag9ation4 ,ces uvres a*eves1 ,murillo se r5dit ,cadix af9 de pe9dre un m>iage de sa9te ,ca!r9e1 composition importante p\r le gr& autel des ,capuc9s de cette ville4 ,p5dant ce travail il fit de son *afaudage une *ute qui le blessa assez grivem5t et l'obligea de ret\rn] ,sville1 o il passa le re/e de sa vie t\j\rs s\ffrant4 ,il demeurait alors prs de la p>oisse de ,sa9te-,croix1 et s\v5t1 dit-on1 il re/ait1 dans cette glise1 de longues heures en prire devant la clbre ,desc5te de croix de ,p$ro ,campaa1 et comme le sacri/a9 lui dem&ait un j\r p\rquoi il re/ait si longtemps dans cette *apelle1 il rpondit3 ,j'att5ds que ces sa9ts p]sonnages ai5t a*ev de desc5dre ,notre-,seigneur de la croix4 ,peu de temps aprs son tat s'aggrava2 il reut les sacrem5ts et m\rut1 le #c avril #afhb1 entre les bras de son ami et disciple don ,p$ro ,nunez de ,villavic5cio1 *evali] de l'ordre de ,sa9t-,jean4 ,il fut ent]r dans cette mme *apelle dont n\s p>lions t\t l'heure1 s\s le tableau de la ,desc5te de croix qu'il admirait tant6 ,murillo tait d'un c>actre aimable et bi5veillant2 il s'intressait ses lves et ne leur ca*ait ri5 des secrets de son art4 ,il fonda une acadmie de pe9ture ,sville4 ,p\r l'tablir1 il sut apprivois] l'orgueil f>\*e de ,valds ,lal1 faire taire l'envie de ,franois ,h]r]a le jeune et des autres arti/es de la ville et les dt]m9] second] ses ef=ts de leur arg5t et de leur expri5ce4 ,c'e/ a9si qu'il con/itua l'cole de ,sville reconnaissable son /yle aimable et naturel1 son coloris d'une *aleur fra*e1 ses cont\rs grassem5t noys1 ses gracieux types de femmes et d'enfants o s\rit la g5tillesse &al\se4 ,quant lui1 malgr ses imitateurs1 il re/a inimitable2 qu'on v\lt copi] sa manire froide1 sa manire *aude ou sa manire vaporeuse1 c> les ,espagnols dsign5t a9si les trois /yles qu'il mlange s\v5t dans le mme tableau2 ce qu'on ne copia jamais1 ce fut son gnie4 ,figure #ad3 ,cne4 ,pe9t p> ,p\ss9 ,,nicolas ,,p\ss9 ,et ego 9 ,arcadia6 ,telle e/1 p\r l't]nit1 la vritable pitaphe du ,p\ss91 qui le pe9t t\t enti]1 et mieux que le beau quatra9 de ,bellori1 inscrit sur sa tombe dans l'glise de ,sa9t-,laur5t#ej4 ,oui1 il a vcu dans l',arcadie1 mais dans une ,arcadie qu'il a lui-mme cre1 calme1 apaise1 gr&iose1 et t\te ple9e du s\ffle des dieux4 ,l'uvre du ,p\ss91 posie visible et tangible1 c'e/ la nature in]te1 conquise p> la p5se cratrice2 c'e/ l'uvre des ,grecs cont9ue et complte p> une transposition d'une audace trange1 c> ce s\rire huma9 qu'ils avai5t su impos] leur ar*itecture1 le pe9tre des ,&elys le donne aux va/es frondaisons1 aux solitudes1 aux l>ges aspects des campagnes sil5cieuses4 quelle contre sont-ils emprunts ces asiles v]doyants c\ps de gr&es masses d'arbres1 ombrags de *nes c5t5aires1 surplombs de montagnes tranquilles o le gant ,polyphme rve assis sur le sommet des rocs1 o ,diogne jette sa tasse en voyant un b]g] boire dans le creux de sa ma91 o voyag5t1 dans l'ivresse de leur joie1 le faune1 le satyre1 l'enfant qui porte un syr9x1 l'hamadryade *evele8 nulle contre relle qu'ait claire en effet le soleil de ,dieu1 c>1 p>eil t\s les gr&s inv5teurs1 ,p\ss9 a cr son monde qui n'app>ti5t qu' lui1 et qui p\rtant e/ plus vrai que la vrit1 puisqu'il a reu une exi/5ce immortelle4 ,ce monde1 c'e/ une ,grce1 sans d\te1 une patrie de hros et de dieux1 o1 au pi$ de l'arbre mu dont les rameaux s'ouvr5t comme des bras tutlaires1 les nymphes aux drap]ies flottantes n\rriss5t ,jupit] enfant du miel des abeilles et du lait de la *vre ,amal?e que vi5t de traire le corybante c\ronn de feuillages4 ,c'e/ une ,grce1 mais non pas la ,grce gographique borne p> l',ullyrie et la ,msie1 p> la ,?race et p> une ce9ture de m]s2 c'e/ une de ces t]res idales o le navigateur n'abord]a jamais sans d\te1 mais o les mes des p5seurs voyag]ont et demeur]ont p5dant l't]nit4 ,comme ,vigneul de ,m>ville dem&ait un j\r au ,p\ss9 p> quelle voie il tait arriv la p]fection1 le gr& homme rpondit mode/em5t3 ,je n'ai ri5 nglig4 ,rponse +nue et *>mante1 mais qui pr\ve quel po9t le ,p\ss9 se connaissait peu lui-mme et connaissait peu la porte de son uvre4 quoi lui euss5t s]vi ses pr(ondes tudes d'anatomie1 de drap]ie1 de paysage2 sa religion p\r ,raphal1 sa longue intimit avec les *efs-d'uvre antiques2 quelle utilit et-il retir de ses va/es re*]*es1 que lui importait enf9 de connatre les mo9dres dtails des feuillages et d'avoir mesur l',ant9os1 s'il n'avait eu en lui son univ]s qui v\lait vivre et qu'il lui fallut bi5 ralis] s\s l'imprieuse obsession de son gnie6 ,que le ,p\ss9 n'ait vu aucun des pays o il place la scne de ses compositions m]veilleuses1 que la ,jude lui soit re/e inconnue comme la ,grce et qu'il les ait rves t\tes les deux trav]s l'imposante au/rit de la campagne de ,rome1 ce s]ait c]tes un des plus gr&s bonheurs de cette vie privilgie1 si le has>d entrait p\r quelque *ose dans de telles exi/5ces1 et si le doigt de ,dieu n'en avait d'avance rgl t\tes les phases p\r r5dre possible l'closion des uvres qui caus]ont jamais l'tonnem5t et l'admiration de l'humanit4 ,qu& on l'envisage1 cette vie si simple1 si au/rem5t v\e connatre et crer1 on voit que ri5 n'y et pu tre *ang impunm5t1 et qu'elle obx une logique inv9cible4 ,p\ss9 devait tre sd5taire et non voyageur1 puisque le monde qu'il avait pe9dre tait en lui2 il fallait qu'il naqut pauvre p\r que le luxe et la vie bruyante ne fuss5t pas un ob/acle entre lui et l'idale rgion de la posie2 enf9 ne devait-il pas vivre comme il vcut1 t\j\rs bless1 s\ffrant du corps1 mais l'me s]e9e et vivace1 p\r ne ri5 donn] aux am\rs matriels1 aux bl\issem5ts de la c\leur1 t\t ce que suscite en n\s la furie du sang1 et p\r p\voir se livr] t\t enti] aux s]e9es et pures volupts de la p5se8 ,p\ss91 on le sait1 naquit g5tilhomme et d'une famille qui s'tait appauvrie au s]vice de nos rois4 ,ce dtail n'e/ pas sans importance1 c> ,p\ss91 de/9 tre non pas un brillant ouvri] de l'art1 mais un initiateur1 un pote agissant1 devait natre avec ce dda9 de la ri*esse et des bi5s positifs qui ne saurait s'associ] avec une naissance vile4 ,ses comm5cem5ts sont difficiles et pnibles1 exempts p\rtant de t\te inc]titude2 ses croquis crayonns sur les m>ges de ses cahi]s d'coli] tai5t dj des croquis du ,p\ss91 et ,qu9t9 ,v>9 n'eut pas beso9 d'un gr& ef=t d'imag9ation p\r dev9] une vocation qui s'affirmait elle-mme4 ,t\tefois1 ,p\ss91 contr>i dans ses projets1 dut quitt] en fugitif la maison pat]nelle4 ,arriv ,p>is1 il dem&e des leons des matres qui ne p\vai5t ri5 lui appr5dre1 ri51 ou bi5 peu de *ose1 ,georges ,lallemant1 de ,nancy1 qui dess9ait des tapiss]ies hi/ories1 ,f]d9& ,elle1 v5u de ,mal9es p\r pe9dre le portrait4 ,mais il n'tait pas rs]v ces arti/es mdiocres d'tre les in/ituteurs du ,p\ss94 ,un jeune g5tilhomme du ,poit\1 dont il dev9t l'ami1 lui fit connatre un ma?matici5 du roi1 ,c\rtois1 qui possdait des dess9s de ,raphal et de ,jules ,roma91 et une collection de gravures de ,m>c-,anto9e4 ,la vue de ces gravures fut la rvlation qu'att5dait ,p\ss94 ,ds lors il n'a plus qu'une ide1 all] ,rome4 ,alors1 comme auj\rd'hui1 t\t *em9 y conduisait2 mais le *em9 qui y mne les arti/es pauvres fut1 de t\t temps1 le plus long et le plus difficile de t\s4 ,il fallait d'abord vivre4 ,le jeune seigneur poitev9 qui1 le premi]1 avait enc\rag et sec\ru ,p\ss91 tant rappel prs de sa mre1 emmne son ami dans l'espoir qu'il s]a employ comme pe9tre1 mais la dame ignorante veut ploy] ce gnie des occupations dome/iques4 ,cette fois encore ,p\ss9 s'enfuit1 n'emportant que sa misre1 t\t bris1 va se refaire *ez ses p>5ts1 aux ,&elys1 et1 son ret\r1 "p enf9 p\r ,rome v]s #afbc4 ,cette fois1 il ne peut all] que jusqu' ,flor5ce4 ,il regagne ,p>is1 se loge au collge de ,laon1 et fait la connaissance de ,philippe de ,*ampagne1 puis celle du cavali] ,m>9i4 vnem5t important dans la vie du ,p\ss96 ,que ,m>9i1 si clbre alors et t\t vivant portant son lauri]1 ait trop sacrifi l'emphase1 aux concetti1 t\t le faux luxe potique d'alors1--qu'il faut p\rtant prfr] la platitude1--c'e/ ce qui ne saurait faire auj\rd'hui l'ombre d'un d\te4 ,mais le ,p\ss91 esprit grave1 pr(ondm5t s5s1 ne risquait pas d'tre envahi p> le cl9quant du pote itali51 et1 en lui lisant son ,adonis1 ,m>9 lui rvlait un monde1 le vrai monde de la posie1 ces dieux grecs clatant d'am\r1 de jeunesse et de =ce1 cette patrie en*ante1 ces les heureuses1 ces porteurs de lyres et de ?yrses sans lesquels1 en fait d'art1 il n'y a pas de salut4 ,cette illu/ration du pome d',adonis 7c> ,p\ss9 fit de m]veilleux dess9s p\r l'uvre de son ami7 devait avoir sur le pe9tre des ,&elys une influ5ce dcisive1 c>1 en ralit1 ce pre de l'cole franaise1 ce pe9tre de sujets sacrs1 cet mule p>fois heureux de ,raphal1 ne peignit jamais que des hros4 ,c'e/ ce que lui repro*r5t amrem5t ses ennemis de ,france qu& il eut a*ev1 p\r les ,jsuites1 son ,m>tyre de sa9t ,franois ,xavi]4 ,dans ce tableau1 disai5t-ils1 le ,*ri/ avait plus l'air d'un ,jupit] ,tonnant que d'un ,dieu de misricorde4 ,critique trs-ju/e1 que le ,p\ss9 ne v\lut pas accept]4 ,l'art e/ paen1 et dans ses *efs-d'uvre les plus levs ne peut all] plus lo9 que la reprs5tation idale de l'homme4 ,mais f9issons vite avec la biographie2 celle du ,p\ss9 n'e/ ri51 et p\r apprci] dignem5t ses ouvrages immortels1 il faudrait p\voir crire des volumes4 ,qu& les uns *]*5t p\r moy5 d'expression la ligne ab/raite1 les autres l'h>monie enivrante de la c\leur1 qu& ceux-ci dem&5t leur effet la disposition ?trale des p]sonnages1 ceux-l dans la vrit des attitudes ou l'expression des ttes1 ,p\ss9 osa se propos] comme b1 la p]fection1 v\loir m5] de front t\tes les p>ties de son art1 montr] l'homme dans la nature1 lui calme et t]nelle comme elle2 elle e/ div9e et p5sante comme lui2 et1 p> un ef=t in\ de gnie et d'am\r 7mais cet ef=t ne s'arrta pas et prit t\te sa vie71 il put se montr] fidle ce programme surhuma96 ,ret5u ,p>is p> la promesse qu'il avait faite la communaut des ,orfvres de ,p>is de pe9dre p\r elle une ,mort de la ,vi]ge1 ,p\ss9 ne put p>tir avec ,m>9i p\r ,rome1 o il arriva seulem5t au pr9temps de #afbd1 au mom5t o le pote d',adonis s'en allait ,naples p\r y m\rir4 ,m>9i avait recomm& le ,p\ss9 son vieil ami le c>d9al ,b>b]9i2 mais celui-ci fut =c lui-mme de quitt] ,rome p\r une lgation1 et laissa le pe9tre entirem5t livr sa pauvret et sa solitude4 ,amres n\rrices1 bonnes p\rtant au p5seur1 qui elles donn5t l'pre1 l'inexorable lib]t4 ,la solitude6 quelle fut complte p\r le ,p\ss91 qui ne tr\va pas mme des frres de sa p5se et de son dsir6 ,ni ,gu]*91 ni ,val5t91 ni ,manfr$i1 ni ,ribeira1 et t\te la f>\*e po/rit du ,c>avage1 ni l',albane et le ,guide1 enivrs de leur rve *>mant1 ne savai5t le mot que *]*ait ,p\ss94 qui donc le dem&]a-t-il8 ,pas mme ,raphal ou ,mi*el-,ange1 mais l'antique1 s\rce de t\te inspiration hauta9e et libre4 ,t&is que ,claude ,lorra91 ,/ella et ,val5t9 se gr\p5t aut\r de lui1 il se lie avec un sculpteur flam&1 ,franois ,duquesnoy1 et eux deux ils m\l5t des antiques1 vivant du produit de ce travail qui1 en mme temps1 leur donnait la sci5ce1 l'intellig5ce de t\t4 ,puis1 avec l',alg>de1 ,p\ss9 mesure la ,niob1 le ,laocoon1 l',h]cule ,commode1 l',ant9os4 ,en mme temps1 il tudiait la nature dans la campagne de ,rome1 simple1 lum9euse1 gr&iose1 la fois enflamme et calme1 o il semble que les ,cs>s enfuis laiss5t tran] un reflet de la p\rpre impriale4 ,t\t occup des gr&s effets de masses d'arbres1 des v]dures1 des accid5ts de lumire1 cep5dant il ramassait et apportait dans son m\*oir1 p\r en savoir t\s les dtails1 des pi]res1 les plus humbles m\sses1 et1 sur son *em91 esquissait les poses1 les attitudes1 les expressions div]ses des passants1 la fois appr5ant1 dev9ant t\t et se dev9ant lui-mme1 contemplant l'homme1 la t]re1 le ciel1 et s'armant de t\tes pices p\r crer c\p sr des uvres o s]ait p>t\t l'idale beaut4 ,en effet1 ds son ret\r ,rome1 le c>d9al ,b>b]9i songe au ,p\ss91 et celui-ci1 du premi] c\p1 lui donne1 quoi8 cette m]veilleuse cration d'un gnie son apoge1 la ,mort de ,g]manicus4 ,puis ce *ef-d'uvre succd5t sans int]ruption la ,prise de ,jrusalem p> ,titus1 la ,pe/e des ,phili/9s1 le ,sa9t rasme de ,sa9t-,pi]re1 les tableaux des ,sacrem5ts1 pe9ts p\r le *evali] del ,pozzo6 ,calme1 heureux1 m>i la sur de ,gasp>d ,dughet1 qui avait soign sa sant *ancelante1 en ple9e possession de sa gloire1 ent\r de t\t ce qu'il aimait1 des antiques et des ,raphal1 compris p> quelques amis *]s et prcieux1 ,p\ss9 ne dsirait ri5 tant que de re/] ,rome4 ,on sait p\rtant comm5t le dsir de ,l\is ,,xiii fit de lui un pe9tre du roi et l'appela en ,france1 o il fut si malheureux malgr la faveur du roi et les dlices de la petite maison dans le j>d9 des ,tuil]ies4 ,la comm&e du tableau de la ,cne1 sujet r$\table1 o il avait lutt] avec ,lon>d de ,v9ci1 l'amiti de ,m4 de ,*antel\p et de ,m4 des ,noy]s1 le bruit fait aut\r de son nom1 sa gloire gr&issante enf91 le consolai5t mal de son temps dp5s dess9] des c>tons p\r les tapiss]ies et des f]s de reliures4 ,ses dmls avec ,feuquires1 ,simon ,v\et et ,lem]ci]1 propos de la dcoration de la gr&e gal]ie du ,l\vre1 l'a*evr5t4 ,il ne t>da pas sollicit] la p]mission d'all] *]*] sa femme malade ,rome p\r la ram5] ,p>is4 ,il n'y devait jamais rev5ir1 malgr ses promesses et malgr les esprances qu'il laissait concevoir ce sujet4 ,bi5tt la mort de ,ri*elieu et celle de ,l\is ,,xiii lui r5dir5t t\te sa lib]t2 mais lors mme que ces gr&s vnem5ts ne fuss5t pas v5us dgag] sa p>ole1 il e/ d\teux que ,p\ss9 ft jamais rev5u en ,france4 ,gnie trop franais1 c'e/--dire trop ple9 de bon s5s1 de ju/esse et de logique p\r p\voir se plaire dans la ,france d'alors1 arti/e trop am\reux de la pure beaut p\r tre un s]viteur commode des s\v]a9s2 sa vraie patrie tait sa petite maison du monte ,p9cio1 entre les ,dughet et les ,/ella et devant la nature inspiratrice6 ,en quittant la ,france1 il se v5gea de ses ennemis mieux qu'il ne l'avait fait dans ses lettres magi/rales1 et p\r t\ff] les calomnies1 rpondre aux injures1 affirm] sa gloire1 peignit cette page loqu5te1 le ,triomphe de la ,vrit4 ,triomphe t\t ab/rait et moral1 c> p5dant sa longue1 ob/9e et brillante c>rire jusqu'au j\r o la mort le pr5d soixante et onze ans1 le #ai novembre #affe1 ,p\ss9 ne fut rellem5t compris que de lui-mme6 ,c'e/ piti de le voir df5dre ses tableaux pi$ pi$1 expliqu] dans ses lettres ,m4 de ,*antel\p que sa n\velle srie des ,sacrem5ts excute p\r ce seigneur1 vaut au mo9s les tableaux pe9ts primitivem5t sur les mmes sujets p\r le comm&eur del ,pozzo2 et enf9 *]*] une ju/ification p\r les uvres de son gnie4 ,c'e/ piti et c'e/ ju/ice1 c> t\t arti/e qui n'e/ pas mconnu n'a pas t un crateur1 et nul mieux que ,p\ss9 ne mrita ce nom plus gr& que t\s les mots huma9s4 ,en effet1 mme aprs ,rub5s1 mme aprs ,raphal1 il e/1 si l'on veut p>l] d'une faon ess5tielle1 le seul crateur de la pe9ture d'hi/oire4 ,seul il a eu le c\rage1 l'pre volont1 le dta*em5t suprme de t\t subordonn]a l'ide qu'il veut r5dre2 il ne s'e/ jamais p]mis l'ineffable volupt de pe9dre p\r pe9dre1 de s'enivr] d'un jeu de c\leur ou de drap]ie4 ,pas un pli1 pas un reg>d1 pas une attitude qui ne conc\re svrem5t l'effet gnral4 ,il suffit1 disait-il1 d'une demi-figure de trop p\r gt] un tableau1 et sa re*]*e d'une dom9ante1 son application la pe9ture des modes dori51 phrygi51 lydi51 ionique1 explique t\t l'homme4 *app] la matire1 tre t\t me et p5se dans un art pla/ique et matriel1 tel fut le problme insondable qu'il se proposa et qu'il rsolut1 de sorte que l'accomplissem5t de l'impossible fut sa vie de t\tes les heures et son travail quotidi54 ,voyez1 la composition e/ irrpro*able1 mesure1 ry?mique1 le dess9 e/ pur1 exquis2 la c\leur sobre1 sans pauvret1 vit dans de solides et calmes h>monies1 la nature aut\r des p]sonnages e/ vraie1 t\j\rs gr&e2 les expressions appropries au sujet conc\r5t t\tes au mme et unique effet3 devant ces tableaux si v>is1 si diffr5ts entre eux et dont la p]fection con/itue p\r a9si dire la seule p>5t1 quelle impression reoit-on8 ,une impression t\te religieuse1 et j'os]ais dire religieusem5t paenne1 c> ,p\ss9 pe9t l'homme cet tat d'en?\siasme et de gr&eur morale o il va se transfigur] en hros1 la nature ce po9t d'pan\issem5t et de gr&eur sil5cieuse o elle peut tre f\le p> les pas des dieux4 ,ses ptres sont dj des hros et ses sa9ts ne sont que des hros4 ,p\ss9 tait digne d'tre un ,grec2 mais1 que dis-je1 il le fut2 sa ,grce e/ n\s comme elle e/ lui1 elle ne s]a pas ravage comme l'autre1 les b>b>es et le temps ne p\rront dtruire ses ombrages et dess*] ses fonta9es murmurantes4 ,l',arcadie6 elle v]dit et fleurit1 demeure de nos mes2 elle e/ la rcomp5se et le refuge des esprits qui n'ont pas v\lu d'autre ri*esse et d'autre volupt que celles de la p5se4 ,le j\r o le cavali] ,m>9i prs5ta ,p\ss9 au c>d9al ,b>b]9i3 ,v\s v]rez1 lui dit-il1 un jeune homme qui a une f\gue extraord9aire4 ,f\gue qui1 tempre p> la raison1 p> l'pre tude1 p> la sobrit v\lue1 dev9t l'clatante1 la pre/igieuse fcondit dont n\s re/ons bl\is4 ,bible1 hi/oire1 my?ologie1 ,adonis1 ,vnus1 ,salomon1 ,mose1 faisant jaillir la fonta9e sacre1 la mort de ,phocion1 la clm5ce de ,coriolan1 ,g]manicus m\rant1 la ,femme adultre p>donne1 ,armide en furie piant le sommeil de ,r5aud1 que n'a pas pe9t1 comm5t1 transfigur l'infatigable gnie du ,p\ss98 quelle lg5de sacre1 quelle hi/oire1 quel rcit1 quel pome a manqu son inv5tion que ri5 n'puise8 ,quelle gr&eur1 quelle maje/ tragique dans le ,te/am5t d',eudamidas6 ,dans sa maison nue o la pauvret habite avec lui1 le gu]ri] e/ c\*1 prt r5dre le d]ni] s\pir4 ,le mdec9 g>de une ma9 appuye sur le cur du m\rant p\r savoir quel in/ant il aura cess de battre4 ct du lit1 le notaire e/ assis2 il f9it d'crire le te/am5t sublime que lui a dict ,eudamidas3 ,je lgue ma mre ,art1 p\r la n\rrir et en avoir so9 dans sa vieillesse2 ma fille ,*>ixne1 p\r la m>i] avec une dot aussi =te qu'il p\rra la lui donn]2 et cep5dant1 si l'un d'eux vi5t m\rir1 j'ent5ds que le legs revi5ne au survivant4 ,la mre du gu]ri]1 dj vieille1 in/ruite la rsignation p> de longues s\ffrances1 t\rne le dos ce cruel spectacle2 mais la jeune fille1 assise sur un escabeau sur lequel repose le pi$ de sa gr&'mre1 s'ab&onne sans rs]ve sa d\leur2 sa tte e/ pose sur son bras1 qui1 appuy sur le pi$ du lit1 retombe in]te2 t\te son attitude morne1 dsespre1 ses yeux en l>mes1 son front p5*1 le gr& dess9 de ses drap]ies rempliss5t l'me d'une religieuse piti4 ,p> une p5se hauta9e et *>mante1 la pauvre demeure o ,eudamidas expire n'a d'autres ornem5ts que son pe et son b\cli] p5dus la muraille3 le gu]ri] a le droit de *oisir p\r ses lgataires ,art et ,*>ixne6 ,qui dira la f\gue du tableau des ,sab9es1 tapage des c\leurs1 tant de p]sonnages qui c\r5t en s5s div]s1 les femmes *eveles et folles de t]reur se dbattant contre leurs ravisseurs aux m9es viol5tes et f>\*es1 l'clat des armes1 les *evaux cabrs1 les drap]ies envoles1 t\t ce tumulte que dom9e ,romulus maje/ueux et calme levant avec gravit un pan de son manteau6 ,qui dira la grce du ,mose expos sur le ,nil1 du ,mose sauv des eaux1 du tableau d'liz] et ,rbecca8 ,jeune1 nave1 +nue1 ,rebecca jette un reg>d ravi sur les prs5ts que lui (fre liz]2 aut\r d'elle1 p>mi ses compagnes si f9em5t drapes la grecque1 quelle v>it de s5tim5ts6 ,la femme envieuse acc\de immobile sur la m>gelle du puits1 les deux surs embrasses1 la curieuse qui laisse tomb] l'eau de sa cru*e1 l'indiffr5te qui s'loigne1 la jeune fille1 qui portant dj une urne sur sa tte1 se baisse p\r en s\lev] une autre1 sont d'une simplicit att5drissante et digne de l'pope4 ,ces quatorze tableaux des ,sacrem5ts o *aque composition1 recomm5ce deux fois1 affirme une p5se si robu/e1 scnes m]veilleuses1 les unes1 comme le ,baptme empruntes la vie mme du ,*ri/1 les autres reproduisant les pompes de l'glise ca?olique1 cette apo?ose en?\sia/e intitule le ,ravissem5t de sa9t ,paul1 tant d'autres tableaux de sa9tet3 le ,repos de la sa9te famille1 la ,cne1 l',app>ition de la ,vi]ge1 ,jsus gurissant les aveugles1 l',adoration des ,mages n\s montr5t le gnie du ,p\ss9 s\s ses aspects les plus pompeux et les plus svres2 mais n'e/-il pas lui davantage dans ces paysages inimitables o la campagne e/ surprise et connue t\tes les heures du j\r2 o1 ombrages1 rayons du soleil1 gr&es p]spectives1 plans tags1 ruissellem5t des eaux1 cieux inf9is1 ri5 n'a de secrets p\r lui2 o la vrit des bran*es1 du feuill1 o la p]fection dans l'excution matrielle de *aque dtail n'emp*5t jamais la gr&e t\rnure et le s5tim5t hroque8 ,dans ces campagnes1 il pe9t1 et d'une ma9 cratrice1 *o et ,n>cisse1 ,diogne1 ,polyphme1 les faunes1 les hamadryades1 ,pan et ,syrius1 ,apollon et ,daphn2 mais lors mme qu'il ne les y montre pas1 les hros et les dieux y sont prs5ts1 et leurs pi$s seuls peuv5t f\l] ces gazons olympi5s1 leurs seules ma9s peuv5t c>t] ces nobles bran*es1 sillonnes p> la f\dre ou c\rbes p> le s\ffle de ,jupit]6 ,le ,p\ss9 e/ lui surt\t dans ce tableau des ,b]g]s d',arcadie1 o d'heureux pa/eurs1 demi-nus1 c\ronns de feuillages1 promn5t leurs am\rs trav]s la riante contre ouv]te sur les montagnes neigeuses et sur les horizons inf9is4 ,t\t en eux e/ joie1 posie1 bonheur de vivre4 ,cep5dant1 au pi$ d'un b\quet d'arbres1 l'un d'eux vi5t de dc\vrir un tombeau avec celle inscription demi-efface3 ,et ego 9 ,arcadia6 ,cette joie t\t c\p assombrie1 cette voix v5ue de la tombe p\r rsonn] dans le paysage en*ant1 la subite rv]ie de ces jeunes hommes beaux comme des dieux1 la mlancolie veille sur le visage de cette b]gre-muse appuye sur son amant dans une pose noble et p5sive1 c'e/ t\te l'me du ,p\ss94 ,mais quoi6 dans son uvre imm5se1 v>ie1 innombrable1 fconde en surprises et cep5dant t\j\rs semblable elle-mme1 il n'e/ pas une page qui ne le raconte t\t enti]4 ,et le temps et-il ananti dtruit son uvre imprissable1 ne tr\v]ait-on pas t\te l'hi/oire du pote de la pe9ture ri5 qu'en reg>dant le radieux portrait o il se reprs5ta lui-mme1 tte =te1 rsolue1 rsigne1 ple1 p5sive1 aux reg>ds lum9eux s\s des s\rcils nets et droits1 au nez n]gique1 la m\/a*e m9ce1 au front puissant et droit s\s deux ondes gales de *eveux noirs8 ,naturellem5t et sans re*]*e1 il e/ drap dans son manteau comme une figure antique1 et sa belle ma9 lgante et virile e/ appuye sur le portefeuille qui conti5t ses tudes1 imposante et unique occupation de t\te sa vie4 ,sur cette tte on lit l'en?\siasme du pote1 la pati5ce de l'arti/e1 la brav\re du soldat1 la rsignation du m>tyr4 ,p\ss9 a eu dans la po/rit la d\ble apo?ose de sa pauvret et de sa gloire2 initiateur1 il a suscit p> t\t l'univ]s des fils de sa p5se1 et n\s sommes =cs de p]mettre aux peuples nos rivaux de rclam] eux aussi comme un citoy5 du monde celui qui re/e p\r n\s le matre1 le fondateur et le soldat t\j\rs militant de la glorieuse cole franaise4 ,note #ej3 ,p>ce piis lacrymis3 vivit ,puss9us 9 urna ,viv]e qui d$]at1 nescius ipse mori4 ,hic tam5 ipse silet4 ,si vis audire loqu5tem1 ,mirum e/1 9 tabulis vivit et eloquitur4 ,figure #ae3 ,muse4 ,pe9t p> ,le ,sueur ,,eu/a*e ,,le ,,sueur ,cet homme si d\x1 si rsign1 si pr(ondm5t religieux1 capable d'un am\r unique1 d'une p5se immuable1 et qui m\rut du *agr9 d'avoir p]du sa femme1 fut un rvolutionnaire en art4 ,ses contempora9s pur5t s'y tromp]1 mais non pas les s\v]a9s1 qui ne lui confir5t jamais de travaux1 non pas ,lebrun1 disant aux obsques mmes de ,le ,sueur1 que la mort v5ait de lui t] une gr&e p9e du pi$1 non pas le gr& ,p\ss91 qui t\t de suite avait reconnu en lui un frre d'inspiration et de p5se4 ,la vie de ce suave arti/e e/ de celles qui pr\v5t irrvocablem5t que l'art e/ immortel1 puisqu'il a1 comme la nature1 le don de se reproduire et de se r5\vel] jamais p> des contra/es viol5ts1 prodigieux1 inatt5dus1 o le doigt de ,dieu clate1 faisant sortir du ro*]1 frapp de mort1 la s\rce fra*e et jaillissante4 ,de la hideuse dcomposition de la matire quelque *ose s'lance2 ce quelque *ose a le p>fum div91 la c\leur exquise1 la vie ple9e de grce2 c'e/ une fleur portant en elle t\t un p>adis de joie et d'am\r4 ,a9si1 aux poques o l'art t\ff s\s la matire1 s\s les procds factices1 s\s l'imitation de l'imitation1 a cr aut\r de lui l'bl\issem5t et le dgt1 s\da9 un homme surgit1 n\veau1 inconnu1 ne devant ri5 ses prdcesseurs ni ce qui l'ent\re1 et qui rapporte dans son uvre le pur et primitif p>fum de la p5se huma9e2 cet homme1 c'e/ la ,fonta9e1 c'e/ ,p\ss91 c'e/ ,le ,sueur1 et son arrive provid5tielle blesse les yeux de ses contempora9s aussi d\l\reusem5t que le rayon du j\r filtrant p>mi les rayons des lampes et l'orgie4 ,fatalem5t1 tant les yeux des hommes sont aveugles1 n\s en v5ons t\j\rs ador] quelque brutal et grossi] c>naval qui1 fatalem5t aussi1 s'efface et tombe en p\ssire s\s le premi] reg>d de cette desse t\j\rs insulte et nue1 la sa9te ,vrit4 ,le ,sueur fut1 je le rpte1 un des rvolutionnaires1 un des initiateurs qui font le j\r dans un *aos et qui1 la place de la conv5tion t\te-puissante1 vi5n5t apport] la vie et la lumire4 ,quel fut son procd8 ,nul que l'imitation puisse reproduire1 c>1 plus s9cre1 plus idal encore que ,p\ss91 il puise dans son me les moy5s d'm\voir4 ,les v+t-deux tableaux de la ,vie de sa9t ,bruno1 pe9ts p\r le clotre des ,*>treux de ,p>is1 sont l'uvre t\j\rs jeune et triomphante de notre ,raphal1 mais d'un ,raphal plus spirituali/e1 plus dgag de la matire et qui ddaigne les pompes de l'art comme les pompes de la vie1 possdant1 comme p> une grce spciale1 la navet1 la puret ineffable1 l'int5sit du s5tim5t1 la gr&eur de conception qui prside aux crations simples4 ,reg>dez ces tableaux o t\te une pope e/ clairem5t et dlicieusem5t crite1 depuis la lg5de du frre ,raymond le ,t>tufe1 qui s]t d'introduction celle du sa9t1 jusqu' la gr&e page o sa mort e/ raconte avec tant de f]veur6 ,suivez cette srie d'une h>monie si d\ce et si imprieuse1 le recueillem5t1 la prire1 la vocation du sa9t mu p> les frissonnem5ts du monde surnaturel1 la di/ribution de ses ri*esses aux pauvres1 la prise d'habit1 la lecture du bref du pape2 quel *>me inv9cible v\s reti5t l t\j\rs plus captif1 t\j\rs plus attir dans le c]cle de l'en*antem5t sacr8 ,c'e/ celui qui dplace les montagnes et r5d possibles t\s les miracles3 une foi pr(onde6 ,foi dans l'art1 foi dans la religion1 et mme le pe9tre a eu la grce d'une sorte de crdulit enfant9e1 adorable cette poque o aprs le ,rosso1 aprs ,primatice1 aprs ,frm9et1 aprs l'clectisme monda9 et /rile de ,simon ,v\et1 il e/ si d\x de respir] cette fleur sauvage4 ,mpris de t\t ce qui e/ t]re/re1 apptit des seuls bi5s t]nels1 dta*em5t des *oses1 ardeur d'embrass] le rel inf9i1 telle e/ la seule ide exprime dans les v+t-deux tableaux de la ,vie de sa9t ,bruno1 et n'e/-ce pas un miracle v+t-deux fois r5\vel que d'avoir pu faire compr5dre l'aide d'un art fait p\r les s5s1 cet apptit qui n'e/ pas des s5s1 ce dsir extra-huma9 et hyp]physique dont le vol n\s transporte en dehors de n\s1 cette soif de l'invisible que ri5 ici-bas ne peut tromp] ni rassasi]8 ,p> quel miracle dj qu& l',italie tait encore fanatise tantt p> les excs des successeurs de ,mi*el-,ange1 tantt p> des ractions impuissantes contre sa manire1 qu& la t5tative des ,c>ra*e n'avait ab\ti qu'aux viol5ces du ,c>avage et au *imrique idalisme de ,josp91 la consci5ce un peu /rile du ,dom9iqu9 et la sy/matique suavit du ,guide1 qu& *ez n\s1 aprs les travaux sans orig9alit des ,dubreuil1 des ,ambroise ,dubois1 des ,l]amb]g et des ,jean de ,brie1 ,frm9et r5\velait l'exagration la ,mi*el-,ange et les tons noirtres du ,c>avage1 p> quel heureux don1 p> quel bi5fait du ciel ,le ,sueur avait-il tr\v en lui-mme des lm5ts p\r crer de t\tes pices un art n\veau8 ,que le gt lui indiqut1 en des sujets comme ceux qu'il avait traduire1 la ncessit d'vit] t\t tumulte1 t\te symphonie bruyante de c\leur1 t\te magnific5ce ?trale1 cela se compr5d de re/e1 mais une fois qu'il s'tait priv volontairem5t de t\t ce qui1 p\r ses contempora9s1 con/ituait la pe9ture mme1 une fois qu'il avait r5onc aux procds de l',italie comme ceux de ,rub5s1 l'affectation anatomique comme au pre/ige de la lumire colore1 qu'allait-il lui re/] p\r donn] ses tableaux la vie de l'art1 *>me qui sduit1 la beaut durable8 ,je l'ai dit1 ri5 que lui-mme et sa propre foi4 ,dgag de t\t1 il c\ta la voix sil5cieuse qui n\s p>le1 reg>da sa propre p5se1 et dans des altitudes exaltes et cep5dant tranquilles1 dans une c\leur s]e9e1 peignit son me4 ,quant aux moy5s de se traduire1 cet lve de ,simon ,v\et ne les avait dem&s qu' deux matres1 ,p\ss9 son ami1 et aussi ,raphal1 auquel t\t d'abord s'adress5t t\j\rs ceux qui *]*5t la vrit1 c> il n'appr5d qu' tre s9cre1 qu' tr\v] le beau en soi et dans la nature1 voir sur le front de l'humanit le sceau div9 dont elle e/ m>que irrmissiblem5t et qui p\r l'il fidle du p5seur1 re/e visible malgr les nuages passag]s qui l'effac5t ou le voil5t4 ,eu/a*e ,le ,sueur fut1 comme le ,p\ss91 un des fils bnis de la pauvret4 ,son pre1 mdiocre sculpteur1 orig9aire de ,montdidi]1 en ,pic>die1 ne mconnut pas ses dispositions p\r le dess9 et le conduisit *ez le pe9tre du roi1 *ez le clbre et triomphant ,simon ,v\et4 ,dj dans ce mme ateli]1 un jeune homme nomm ,pi]re ,mign>d1 un enfant nomm ,*>les ,lebrun1 v5ai5t s'initi] l'art4 ,mais comme *aque de/9e e/ semblable elle-mme1 ,lebrun tait entr *ez matre ,v\et comme plus t>d il entra p>t\t1 p> la gr&e porte4 ,la protection assure du *anceli] ,sgui] en faisait dj un p]sonnage1 t&is que ,le ,sueur tait admis obscurm5t et p> grce4 ,bi5tt l',italie1 alors le b et la t]re promise de t\s les jeunes arti/es1 enleva ,simon ,v\et ,mign>d et peu aprs ,lebrun4 ,seul1 ,le ,sueur1 dont la gr&e de/9e tait crite d'avance1 fut ret5u ,p>is p> sa bonne m>ra9e1 la ,misre4 ,oh6 combi5 n\s devons la bnir1 cette tutlaire m>tre6 ,si ,le ,sueur et p> malheur possd les quelques pi/oles qui lui manqur5t alors1 l',italie n\s pr5ait le plus orig9al1 le plus s9cre de nos pe9tres2 un simple has>d supprimait le ,sa9t ,paul pr*ant phse1 la ,vie de sa9t ,bruno1 le ,m>tyre de sa9t ,g]vais et de sa9t ,protais1 la ,desc5te de ,croix1 des *efs-d'uvre sans nombre et n\s aurions eu un pe9tre ?tral de plus1 quelque ,c>ra*e de seconde ma91 quelque ,vniti5 de conv5tion1 ou t\t au plus un gr& arti/e imposant et align comme les tragdies de ,rac9e et comme les j>d9s de le ,ntre4 ,mais un tel has>d n'e/ pas possible suppos] dans la vie des gr&s hommes2 ,dieu les mne p> la ma9 et sait o il les mne4 ,le ,sueur n'eut-il pas l'me enflamme et t5dre des potes de/9s m\rir avec les premires fleurs de la jeunesse8 ,n\s ne saurions pas n\s le figur] vieux1 non plus que ,raphal1 non plus que t\s ces tres angliques1 la fois homme et femme1 qui ont g>d en eux la d\ble nature4 ,p> la virg9it de son tal5t1 p> cette me privilgie1 c&ide1 qui lui fit retr\v] l'inspiration nave des plus beaux temps de l'art1 il mritait le prcieux privilge d'app>atre s\s la figure d'un jeune matre1 non-seulem5t p5dant son voyage mortel1 mais trav]s les ges4 ,t\j\rs comme le ,p\ss91 c> il devait y avoir plus d'une similitude dans les exi/5ces de ces deux aptres de l'art1 ce fut une circon/ance =tuite qui rvla ,le ,sueur sa vocation4 ,il suivait docilem5t les conseils de ,simon ,v\et1 qu& le m>*al de ,crqui1 rev5ant en #afcd de ses ambassades ,rome et ,v5ise1 rapporta ,p>is une ri*e collection de tableaux itali5s4 ,t&is que t\s les visiteurs c\rai5t au ,guide1 l',albane1 au ,gu]*91 ,le ,sueur se s5tait attir involontairem5t v]s d'autres tableaux placs sans honneur au fond de la salle3 c'tai5t des pe9tures de quelques matres du qu9zime sicle1 et aussi des copies de ,raphal excutes s\s ses yeux3 un ,&r del ,s>to1 un ,francia4 ,de ce mom5t1 ,le ,sueur comprit ce qui s'agitait au d$ans de lui-mme2 l'art qu'il avait rv1 celui v]s lequel s'agitai5t ses aspirations1 tait l s\s ses yeux1 vivant1 ralis4 ,il avait s\ponn la vrit2 ma9t5ant elle tait l s\s ses yeux1 brillante1 lum9euse1 inv9cible4 ,il ne faut pas croire p\rtant que l'lve de ,v\et et alors le droit d'embrass] son idal et de se dgag] des li5s o il tait g>rott2 oblig de travaill] aux tableaux de son matre de plus en plus accabl de comm&es1 il fallait qu'il se con=mt sans murmur] aux procds rapides adopts p> le pe9tre du roi1 c> on ne devait pas voir la trace de deux ma9s diffr5tes sur ces toiles si rapidem5t c\v]tes4 ,a9si1 le malheureux ,le ,sueur se s5tait *aque j\r envahir davantage p> l'imitation1 et une grave inquitude le t\rm5tait4 ,p\rrait-il en effet s'affran*ir de ces m?odes l*es1 presque mcaniques1 le j\r o1 r5du la lib]t1 il travaill]ait p\r son propre compte et t5t]ait de dgag] l'arti/e ca* en lui s\s le mode/e et docile ouvri]4 ,l'vnem5t n\s a pr\v qu'il s'al>mait en va91 mais c\p sr il y avait l un lgitime sujet d'p\vante4 ,ce qu'il appr5ait sans s'en d\t]1 l'cole de ,simon ,v\et1 c'tait l'humilit1 la rsignation *rti5ne4 ,le ,sueur avait environ v+t ans qu& se prs5ta1 p\r la premire fois1 l'occasion si ardemm5t s\haite de faire acte de p5se1 d'tre lui-mme4 ,*>g de faire huit gr&s tableaux de/9s tre excuts en tapiss]ie1 et dont les sujets devai5t tre tirs du pome de ,franois ,colonna1 dom9ica91 intitul3 le ,songe de ,polyphile1 ,v\et ab&onna compltem5t cette t*e ,le ,sueur1 qui en deux ans a*eva les huit compositions4 ,une seule n\s re/e1 et p> sa grce lgante1 p> l'heureuse disposition des figures1 laisse dev9] dj le pe9tre du ,salon de l',am\r et du ,cab9et des ,muses4 ,t\tefois1 ne n\s affligeons pas trop de la p]te de ces tableaux2 ,le ,sueur1 sans d\te1 n'tait pas encore l1 il ne devait tre lui-mme qu'aprs sa r5contre provid5tielle avec le ,p\ss94 pe9e arriv en ,france1 ce gr& homme tait en butte un dnigrem5t sy/matique1 des s>casmes implacables1 des attaques sans nombre4 ,seul1 p>mi les lves de ,simon ,v\et dtrn1 ,le ,sueur refusa de s'associ] la ha9e dont on p\rsuivait le n\veau v5u4 ,sans song] qu'il s'exposait pass] p\r un c\rtisan de la faveur royale1 ,eu/a*e ,le ,sueur osa admir] t\t haut les uvres du pe9tre des ,&elys4 ,ce /yle noble1 svre1 si c\rageusem5t pur et n\veau1 si exempt de t\te manire1 l'avait conquis et gagn du premi] c\p4 ,p\ss9 apprit p> has>d qu'un jeune homme avait os le df5dre contre t\s1 et v\lut voir ce ,caton enfant qui ne t5ait pas tre du p>ti des dieux4 ,e/-il beso9 de dire que l'esprit *>mant et c&ide de ,le ,sueur gagna t\t de suite ,p\ss91 cet homme antique4 ,une amiti grave1 fconde1 s'tablit entre eux1 et1 de la "p du matre1 fut une vritable pat]nit spirituelle4 sa voix ,le ,sueur1 enc\rag et =tifi1 sortait des langes de l'ducation1 se s5tait libre1 osait laiss] p>atre sa fi]t longtemps cont5ue4 ,qu'elles dur5t tre belles ces longues caus]ies o les deux gr&s hommes1 l'un son aurore1 l'autre dj en possession de t\t son gnie1 se confiai5t leurs projets1 leurs dsirs1 leurs communes aspirations6 ,le gr&1 l't]nel sujet de conv]sation1 on le dev9e1 c'tait l'art des anci5s4 la voix de son n\veau matre1 ,le ,sueur pntrait avec dlices dans ce monde1 sa vraie patrie1 jusqu'alors f]m p\r lui2 il ne se lassait pas de p>c\rir1 de feuillet] sans cesse les cahi]s de croquis innombrables que ,p\ss9 avait rapports de ,rome3 prcieux1 9puisable trsor1 o il s'enivrait la c\pe mme de l'idal4 ,p5dant t\te une anne1 non-seulem5t il et sans cesse sa disposition la prcieuse collection des croquis1 non-seulem5t il j\it sans cesse des conseils et des enseignem5ts du ,p\ss91 mais il eut la r>e =tune de lui voir pe9dre la ,sa9te ,cne et le ,miracle de sa9t ,franois ,xavi]4 ,lui-mme il excuta s\s les yeux du matre son tableau de rception l',acadmie de ,sa9t-,luc1 ,sa9t ,paul imposant les ma9s aux malades1 page o l'influ5ce du ,p\ss9 e/ visible1 et dont la gravure n\s a cons]v du mo9s le noble et imposant c>actre4 ,hlas6 le mom5t de la sp>ation tait v5u4 ,ces deux arti/es1 si dignes de s'apprci]1 de se dev9]1 de se complt] l'un et l'autre1 ne devai5t plus se revoir en ce monde4 ,n\s avons dit ailleurs comm5t ,p\ss91 las des intrigues1 abreuv de dgts1 quitta la ,france p\r n'y plus rev5ir4 ,compromis1 p]du p\r a9si dire p> sa dvotion l'homme de gnie insult1 ,eu/a*e ,le ,sueur re/ait seul1 v+t-c9q ans1 sans protecteur1 sans appui1 sans autres amis que ,/ella et ,philippe de ,*ampagne4 ,s'il ne suivit pas en ,italie le matre qui volontairem5t s'exilait et ret\rnait t\t meurtri sa maison du monte ,p9cio1 si ,le ,sueur demeura priv1 p\r a9si dire1 de la meilleure moiti de lui-mme1 c'e/ que l'am\r1 un de ces am\rs purs1 exclusifs1 t]nels1 comme ceux qui naiss5t dans de telles mes1 v5ait de dispos] de sa vie4 ,quelque temps aprs1 ,le ,sueur p\sait cette jeune fille1 ple9e de pit et de v]tus1 frle et s\ffrante1 pauvre comme lui4 ,hlas6 elle devait desc5dre bi5 jeune dans la tombe1 emportant bi5tt avec elle la vie de son p\x1 irrvocablem5t unie la si5ne4 ,ce beau m>iage *rti5 e/ encore un des traits qui peign5t ,le ,sueur2 en?\sia/e et p5sif comme les premi]s aptres1 il devait aim] comme eux1 m\rir comme eux1 avant d'avoir s5ti s'appesantir sur lui la froide ma9 de la vieillesse4 ,mais alors il lui re/ait encore p>c\rir treize annes de luttes et de gloire4 ,uni mademoiselle ,g\lay1 il entrait srieusem5t dans la bataille de la vie2 jusque-l1 il avait t uniquem5t occup de ses tudes1 il lui fallut alors song] son foy] et travaill] p\r le pa9 quotidi54 ,mais cette imprieuse ncessit ne devait pas le faire desc5dre au-dess\s de lui-mme4 ,quelque travail qu'il entreprt1 ,le ,sueur re/a le digne lve de ,p\ss91 et ne sut faire que des *efs-d'uvre4 ,on ne peut refus] ce nom aux vignettes qu'il fut oblig de compos] p\r la librairie1 aux frontispices de la ,doctr9e des ,murs1 des uvres de ,t]tulli51 de la ,vie du duc de ,montmor5cy1 et celui qui1 grav p\r un (fice l'usage des ,*>treux1 reprs5te une ,adoration de la ,vi]ge1 non plus qu'au portrait de la ,vi]ge s\t5ue p> des anges et la belle composition p\r la ?se de ,m4 ,claude ,baz91 de ,*ampigny4 ,dans ce d]ni] tableau1 les quatre figures qui =m5t l'encadrem5t sont d'un dess9 noble et svre qu'on admire et qu'on e/ heureux d'admir]4 ,de mme le portrait de la ,vi]ge1 tte *a/e1 sacre1 et d'une jeunesse ineffable1 laisse cette impression sa9e qu'on reoit des uvres d'art o ri5 n'e/ surprise1 emb*e p\r le spectateur1 o ce qui vi5t de l'me va directem5t l'me4 ,l1 comme dans t\tes les circon/ances de la c\rte vie d',eu/a*e ,le ,sueur1 n\s p5sons que la pauvret fut p\r lui une bonne conseillre1 une digne inspiratrice2 ces vignettes1 qui ne le cd5t comme /yle aucune pe9ture1 sont assures du mo9s d'une longue dure matrielle2 elles auront la presque t]nit de ce qui e/ typographie et gravure1 t&is que les tableaux du clotre des ,*>treux sont dj si cruellem5t mutils p> le temps et p> des re/aurations successives4 ,la gal]ie du duc de ,devon%ire1 o l'on voit de ,le ,sueur plusieurs ,sa9tes ,familles1 la ,re9e de ,saba devant ,salomon1 la ,nuit des noces de ,tobie1 le ,mose ab&onn sur les eaux1 l',ag> *asse p> ,abraham1 celles de "l ,besbor\gh1 de "l ,h\ghton1 r5f]m5t presque t\s les tableaux qu'il peignit cette poque1 t\t en m5ant f9 ces travaux p\r la librairie qui tabliss5t entre sa vie et celle de ,p\ss9 une similitude de plus1 c>1 p5dant son c\rt sj\r en ,france1 le ,raphal franais n'avait pas refus de dess9] des vignettes et mme des reliures p\r les ditions de l'imprim]ie royale4 ,enf91 l'heure de la gloire1 l'heure de la ju/ice arrivait3 le prieur des ,*>treux faisait re/aur] le petit clotre de son c\v5t1 et les pe9tures fresque re/aures p\r la premire fois eu #aejh1 ne p\vai5t subsi/] dans les arrangem5ts n\veaux2 il fut conv5u qu'on en f]ait de n\velles1 et le prieur les dem&a ,le ,sueur1 que sa gr&e pit et sa rputation d'arti/e dj gr&issante lui recomm&ai5t d\blem5t4 ,eu/a*e ,le ,sueur put donc entrepr5dre l'uvre qui1 entre t\tes1 devait l'immortalis]4 uvre de foi1 uvre de pauvret1 c> la modicit du prix dont elle fut paye aj\te encore sa sa9tet1 sa gr&eur et surt\t pr\ve que la comm&e des tableaux de la ,vie de sa9t ,bruno ne fut pas1 comme l'a cru tort ,la ,f]t1 une faveur royale4 ,il e/ des hommes qui leur de/9e sublime rs]ve la gloire de n'tre jamais rcomp5ss de leur vivant1 et de re/] des bi5faiteurs env]s qui les tats ne t5t5t mme pas de s'acquitt]4 ,le ,sueur fut un de ces hommes1 et si mode/e d'ailleurs1 qu'il prt5dait n'avoir fait que des bau*es2 sa mode/ie1 son humilit relle ne pur5t cep5dant pas ds>m] l'envie des contempora9s1 ni endormir la jal\sie de ,lebrun qui1 son ret\r d',italie1 dev9a en ,le ,sueur non pas un rival 7il n'aurait peut-tre pas eu peur d'un rival71 mais un va9queur dont les travaux devai5t prim] les si5s devant le tribunal de la po/rit4 ,ds lors comm5a entre les deux arti/es une lutte ard5te1 a*>ne1 si l'on peut donn] le nom de lutte une gu]re o ,le ,sueur ne faisait que se df5dre et ne se df5dait qu' =ce de gnie4 ,cette gu]re1 laquelle la ,france dut tant de pages m]veilleuses1 ne devait pas tre longue p\rtant en enlevant si prmaturm5t le pe9tre des ,*>treux1 la mort se pronona p\r ,*>les ,lebrun1 et comme ,lebrun l'avait d\l\reusem5t prvu l'immortalit donna raison ,eu/a*e ,le ,sueur4 ,mais disons en quelques mots quelle fut sa f9 cette noble c>rire o croyance1 vie1 travaux1 mort mme1 t\t brilla d'une si pr(onde et si sa9te unit4 ,lebrun revoyait ,p>is en triomphateur1 ft de la re9e mre1 du c>d9al ,maz>91 de ,f\quet lui-mme qui lui donnait d\ze mille livres de p5sion p\r dcor] le *teau de ,vaux4 ,il entrait de pla9-pi$ et ds le premi] j\r dans t\s ces palais qui devai5t tre t\j\rs f]ms p\r son anci5 cam>ade l'ateli] de ,simon ,v\et1 p\r son n\veau collgue l',acadmie royale de pe9ture et de sculpture4 ,l'organisation rc5te de ce corps avait port le d]ni] c\p nos coles prov9ciales1 et t&is que ,le ,sueur1 quoique si peu compris encore1 n'tait *oisi que p> une sorte de pudeur p\r faire p>tie des anci5s1 ,*>les ,lebrun promoteur ard5t de la cration n\velle obt5ait du *anceli] la prs5tation de l'homologation de l'arrt et en faisait p\r a9si dire son affaire p]sonnelle1 comme s'il et eu le press5tim5t de la tyrannique dom9ation qui devait plus t>d mettre dans ses ma9s la t\te-puissance de ,l\is ,,xiv4 ,si ,le ,sueur se s5tit mu et tr\bl ce fut1 non pas en voyant que tant d'honneurs tai5t dc]ns ,lebrun1 mais en appr5ant qu' ,rome1 ,p\ss9 l'avait enc\rag de ses loges et de son amiti4 ,si la jal\sie et pu entr] dans cette me exempte de faiblesses1 c'et t ce propos seulem5t4 ,mais ,le ,sueur tait de ceux que la d\leur inspire1 =tifie et r5d plus ard5ts au travail4 ,en quelques annes il pe9t son ,may1 le ,sa9t ,paul pr*ant phse1 qui balance le succs du ,sa9t ,&r de ,lebrun1 puis l'htel ,lamb]t o ,lebrun n'avait v\lu se *>g] que de la gal]ie d',h]cule1 dix-sept tableaux1 le ,salon de l',am\r1 le ,cab9et des ,muses et d',apollon1 les ,camaeux de l'app>tem5t des ba9s1 et div]s tableaux p\r l'abbaye de ,m>m\ti] et p\r les glises de ,sa9t-,g]vais et de ,sa9t-,g]ma9-l',aux]rois4 ,on sait qu' l'htel du prsid5t de ,?origny1 et en prs5ce du nonce du pape1 ,le ,sueur remporta une victoire complte4 ,p\r dev9]1 en ce temps o la my?ologie n'tait qu'une masc>ade1 ce que le paganisme grec r5f]me de div9 et d'idal1 ne fallait-il pas un *rti5 et un my/ique comme ,le ,sueur8 ,alors1 il ne s'arrtait plus1 peignait le j\r1 passait les nuits dess9]1 dvorait sa vie1 pris t\t enti] p> la fivre de l'art4 ,la mort de sa bi5-aime compagne le t]rassa1 et il ne put a*ev] son d]ni] plafond l'htel ,lamb]t4 ,il v\lut m\rir prs de ces *>treux qui il avait donn le plus pur de sa p5se2 il s'endormit les ma9s jo9tes entre les ma9s du gr& prieur au comm5cem5t de mai #afee4 ,en m\rant1 il laissait place libre ,lebrun qui devait rgn] et cd] le sceptre ,mign>d2 il n'y aurait pas eu de rle p\r un gnie indp5dant dans cette spl5dide et pompeuse reprs5tation qui fut la gloire de ,l\is ,,xiv4 ,p\r prote/] au nom de la p5se contre l'autocratie morale du gr& roi1 ,le ,sueur n'aurait tr\v en lui ni la pr(onde ironie de ,rac9e1 ni la ruse exquise de la ,fonta9e4 ,il n'eut pas mme une feuille de ce lauri] banal qui fut prodigu un peu plus t>d si libralem5t t\s les figurants du gr& sicle1 mais ne devons-n\s pas suppos] que cette me t5dre et blesse tr\va enf9 l'apaisem5t1 la joie inf9ie1 et ces palmes que le ciel g>de aux humbles et s9cres gnies qui ont su ddaign] t\t ici-bas1 mme le lauri]8 ,,david ,on peut dire de ,l\is ,david qu'il fut rvolutionnaire son ateli] comme au club des ,jacob9s ou la tribune de la ,conv5tion4 ,c'tait un ,sp>tiate et un ,roma9 de ,p>is4 ,il avait rapport1 en #aghj1 de son voyage au del des ,alpes1 la patrie de ,lycurgue et de ,brutus la semelle de ses s\li]s4 ,il n'a jamais compris ni l'art national ni le s5tim5t national4 ,il tait ,sp>tiate et ,roma92 il n'a jamais t ,franais1 hormis dans son exil4 ,il a presque mis en relief cette ide de l'abb ,galiani1 que l'hi/oire mod]ne n'e/ que de l'hi/oire anci5ne s\s d'autres noms4 ,buon>otti1 ce desc5dant de ,mi*el-,ange1 qui tait v5u apport] ses agitations aux flammes vives de la rvolution franaise1 disait ,david3 ,ce n'e/ pas moi qui suis le petit-fils de ,mi*el-,ange1 c'e/ toi4 ,en effet1 c'e/ un peu la mme passion p\r l'ide1 la mme vie inquite jete dans la t\rm5te des rvolutions2 mais dans sa pleur de t\*e1 ,mi*el-,ange e/ brlant encore1 son excution g>de t\te la flamme inspiratrice2 celle de ,david e/ conduite p> la raison arme d'un compas4 ,david se croyait *ef d'cole comme s'il eut inv5t l'art antique4 ,e/-ce p>ce qu'il avait prote/ contre la pe9ture franaise du dix-huitime sicle1 les ftes galantes de ,watteau1 les rm9isc5ces vniti5nes de ,ra\x1 les nymphes c\rt vtues de ,b\*]1 les drames famili]s de ,greuze8 ,david ne s'e/-il pas ap]u une seule fois qu'il n'tait que le disciple savant du ,p\ss9 et le cont9uateur de ,lebrun8 ,qui n'avait1 avant lui1 re*]* les pan\issem5ts de l'art jusqu' son orig9e8 ,w9ckelmann a eu des prcurseurs sans nombre4 ,e/-ce qu'on avait att5du la naissance de ,david p\r reconnatre que les ,grecs sont les matres p> excell5ce1 qu'ils ont crit la grammaire de l'art1 que leurs uvres sont les seules infaillibles dans t\s les sicles1 p>ce qu'elles sont cres p> la p5se et p> le /yle1 p>ce que le beau idal tait un culte *ez les arti/es d',a?nes et de ,sicyone1 comme le culte des dieux *ez les hommes1 comme le culte du soleil *ez les sauvages8 ,d'ailleurs1 en ple9 dix-huitime sicle1 avant ,david1 ,vi5 avait prote/3 or ,vi5 a t le matre de ,david4 ,c'e/ lui qui lui a enseign les s\rces vives de l'art4 ,aprs les bruyants s\p]s et les galantes orgies de ,b\*]1 il fallait bi5 retremp] sa pe9ture moiti ivre dans quelque fleuve aux rives idales1 o ,diane *ass]esse seule s'tait baigne4 ,aprs les folies du fe/9 et les *ansons des c\rtisanes1 l'enfant prodigue n'avait plus p\r plan*e de salut que la maison natale4 ,la maison natale de l'art1 c'e/ la ,grce4 ,c'e/ t\j\rs l qu'on retr\ve sa famille et qu'on tue le veau gras4 ,david n'a p>u un r=mateur qu'au del du dix-huitime sicle4 ,en de1 t\s les arti/es saluai5t ,vi5 comme le matre n\veau4 ses d]ni]s j\rs1 ,vi5 disait avec malice3 ,j'ai entr\v]t la porte2 ,david l'a p\sse4 ,c'e/ t\j\rs l'hi/oire de ,*ri/ophe ,colomb et d',amric ,vespuce4 ,seulem5t ici le n\veau monde dc\v]t avait plus de tombeaux que de =ts vi]ges4 ,au dix-huitime sicle1 on disait3 ,vi52 s\s l',empire1 on disait3 ,david2 auj\rd'hui n\s disons3 ,prudhon4 ,voil le vrai fils des ,grecs4 ,celui-l leur ressemble d'autant plus1 qu'il a mo9s v\lu les imit]4 ,david e/ n ,p>is1 en #agej1 sur le quai de la ,mgiss]ie4 ,son pre1 qui tait m]ci]1 fut tu dans un duel invraisemblable4 ,david1 n'ayant encore que neuf ans1 tomba s\s la tutelle d'un oncle qui le de/9a l'ar*itecture4 ,mais1 p\r une intellig5ce passionne1 l'ar*itecture e/ un art glacial qui passe t\t un sicle p\r excut] un rve4 ,la pe9ture1 au contraire1 c'e/ un art de feu qui1 comme ,dieu1 cre son monde en six j\rs4 ,david avait vu plus d'une fois son c\s9 ,b\*]1 le pe9tre des c\rtisanes royales2 un j\r1 il le fut tr\v] son ateli]1 et1 le voyant l'uvre1 p]du dans l'horizon bleu d'un paysage ferique1 encadrant quelque ,cy?renne au nez retr\ss1 ,david s'cria3 ,voil les pays o je veux vivre6 ,david ne se connaissait pas encore4 ,b\*] fut son premi] matre4 ,ce mauvais matre avait voyag dans la ville t]nelle sans en?\siasme p\r ,raphal ni p\r ,mi*el-,ange4 ,raphal1 c'e/ une femme2 ,mi*el-,ange1 c'e/ un mon/re4 ,l'un e/ le p>adis1 l'autre e/ l'enf]2 ce sont des pe9tres d'un autre monde2 c'e/ une langue morte qu'on ne p>le plus auj\rd'hui4 ,n\s autres1 n\s sommes les pe9tres de notre sicle2 n\s n'avons pas le s5s commun1 mais n\s sommes *>mants4--,et p\rtant6 dit ,david d'un air p5sif en reg>dant des gravures d'aprs l'antique et d'aprs la ,r5aissance4--,aprs cela1 reprit ,b\*]1 il y a prs d'ici un homme de tal5t qui s'e/ t\rn v]s les vieux en croyant que le soleil se levait p> l4 ,je crois que la lumire qui l'attire c'e/ la lampe des morts2 mais1 aprs t\t1 il a peut-tre raison4 ,et ,b\*] conduisit ,david l'ateli] de ,vi52 c> ,b\*] tait un noble arti/e1 qui croyait aux autres comme lui-mme4 ,l',envie aux yeux l\*es n'avait jamais hant sa maison4 ,le c\s9 de ,b\*] alla donc *ez ,vi5 appr5dre mpris]-- trop mpris]--la palette du pe9tre de madame de ,pompad\r4 ,il conc\rut bi5tt p\r le gr& prix de ,rome1 ce fameux gr& prix qui n'a jamais cr un pe9tre et qui en a dsespr mille4 ,il *\a4 ,p\r la premire fois1 il d\ta de ses =ces2 pauvre et seul1 il se laissa all] au dc\ragem5t1 peut-tre mme et-il ab&onn la pe9ture1 si les dieux ne lui fuss5t v5us en aide s\s la figure d'une desse de l',opra1 mademoiselle ,guim>d4 ,il conc\rut donc une seconde fois4 ,mais une seconde fois il *\a4 ,au lieu d'all] se consol] aux pi$s de ,guim>d1 il rsolut de se laiss] m\rir de faim4 ,il habitait le ,l\vre1 dans l'app>tem5t de ,s$a9e1 secrtaire de l',acadmie d'ar*itecture4 ,il s'enf]ma dans sa *ambre1 brisa son d]ni] p9ceau1 jeta ses c\leurs p> la f5tre1 se croisa les bras et s'endormit sur un fauteuil4 son rveil1 il dompta sa faim avec une =ce d'me t\te roma9e4 ,il passe a9si deux j\rs1 niant la vie v+t ans1 aux beaux j\rs de septembre1 o le pampre dvoile la grappe provocante4 ,puisqu'il nie la vie1 il nie la d\leur4 ,pas un mot1 pas un cri4 ,l'orgueil e/ l qui t\ffe ses regrets et ses pla9tes4 ,cep5dant ,s$a9e p5se qu'il n'a pas vu ,david depuis trois j\rs1 ,david qui a subi une n\velle dfaite l',acadmie4 ,il c\rt sa *ambre4 ,il tr\ve ,doy5 sur le seuil1 qui frappe la porte4 ,eh bi58--,eh bi51 savez-v\s s'il e/ l8 ils l'ont tu l',acadmie4--,david6 cria ,s$a9e de plus en plus inquiet4 ,le jeune homme1 reconnaissant la voix du vieux pote1 rpondit qu'il tait mort1 d'une voix spulcrale4 ,doy5 l'appela son t\r4 ,celui-l1 du mo9s1 m'a donn sa voix1 murmura ,david4 ,et il se trana le long du mur jusqu' la porte4 ,ils ne m'emp*]ont pas de m\rir1 et j'emport]ai l-haut leurs adieux4 ,il ouvrit la porte4 ,doy5 et ,s$a9e fur5t effrays p> celle app>ition du tombeau4 ,c'tait la ,mort aux yeux caves et aux j\es m>bres4 ,ils portr5t ,david au soleil1 et1 selon l'expression de ,s$a9e1 le sauvr5t des bras de la mort1 non sans beauc\p de luttes1 c> ,david n'en v\lait pas dmordre4 ,doy51 furieux contre ses confrres de l',acadmie1 alla les apo/roph] en ple9e sance4 ,messieurs1 s\v5ez-v\s que ce jeune homme1 un j\r1 v\s tir]a les oreilles t\s tant que v\s tes4 ,une troisime fois ,david conc\rut p\r le gr& prix2 une troisime fois il *\a4 ,mais l',acadmie1 reconnaissant son inju/ice1 lui accorda une place l'cole de ,rome4 l'ateli] de ,vieil1 quoique ,david se ft imprgn des pr9cipes de r=me1 il n'avait pas rpudi t\t fait le gt de son temps4 ,il avait pris quelque plaisir pe9dre le ,temple de ,t]psi*ore et le salon du banqui] ,p]regaux4 ,son plus fameux tableaux de conc\rs1 la ,mort des fils de ,niob1 tait dans la tradition des ,van ,loo1 ces pe9tres qui avai5t tr\v le secret d'tre *>mants sans sci5ce1 sans dess9 et sans /yle1 comme ,delille tait alors un pote sans posie1 comme madame de ,pompad\r tait une belle c\rtisane sans am\r4 ,qu& ,david p>tit p\r ,rome1 il disait avec je ne sais quel regret p\r le monde impossible de son c\s9 ,b\*]3 ,l'antique ne me sduira pas2 l'antique manque d'action et ne remue po9t4 ,et1 en effet1 aprs les premires heures d'bl\issem5t devant les murailles du ,vatican1 que fit ,david8 ,il copia avec am\r la belle scne de son compatriote ,val5t94 ,ensuite1 il peignit la ,pe/e qui e/ au laz>et de ,m>seille1 sans p>ti pris bi5 visible1 dom9 t\r t\r p> le s\v5ir de l'cole franaise et p> l'exemple des bas-reliefs antiques4 ,l',italie1 qui avait revu le soleil dans ,cimabu et les matres flor5t9s1 tait son d]ni] rayonnem5t4 ,la nuit c\vrait dj la voie sacre2 le gnie national allait desc5dre au tombeau p\r la seconde fois4 ,il n'allait plus re/] qu'un sculpteur1 ,canova1 p\r taill] un mausole l'art itali54 ,ne comptant plus sur l'av5ir1 le dieu invisible qui se repose qu& sa sema9e e/ f9ie1 on se t\rna v]s le pass1 comme si la sci5ce p\vait remplac] l'inspiration4 ,montfaucon avait dvoil l'antiquit1 ,w9ckelmann s'y ag5\illa pieusem5t1 et ,m5gs s'cria3 ,c'e/ l que sont les dieux4 ,david passa une anne ,rome sans pr5dre un p9ceau1 pris de la seule loqu5ce de la ligne1 qui e/ une langue complte1 comme le disait ,euphanor l'antique4 ,il dess9ait t\t et p>t\t3 /atues mutiles1 fragm5ts de bas-reliefs1 fresques dev5ues invisibles4 ,il dess9ait t\t1 mo9s la nature vivante4 ,aussi1 qu& il se remit pe9dre1 il ne tr\va que dans l'hi/oire anci5ne des sujets dignes de son gnie4 son ret\r ,p>is1 il exposa ,blisaire et les ,funrailles de ,patrocle1 donnant raison ces p>oles de ,b\*]3 ,les figures antiques manqu5t de m\vem5t et de vie2 elles ne remu5t pas4 ,mais t\t ,p>is s'incl9a avec respect devant ces morts illu/res sortis du tombeau s\s le s\ffle de ,david4 ,la rvolution tait faite dans l'art comme elle le fut dans l'humanit peu d'annes aprs1 qu& ,mirabeau1 ,danton et ,sa9t-,j1 ces autres ,roma9s de ,p>is1 ensevelir5t le vieux monde s\s le flot temptueux de leur loqu5ce4 ,david1 qui avait v\lu m\rir de faim1 eut un triomphe inespr4 ,l'anci5ne pe9ture franaise ne fut plus admise que sur les portes et sur les p>av5ts4 ,van ,loo disait en m\rant qu'il ne croyait plus ,satan1 ses pompes1 ses uvres4 ,les n\veaux v5us brisr5t les dieux de la veille comme des idoles surannes1 indignes d'un gr& peuple4 ,on comm5ait1 p> press5tim5t1 pr5dre au srieux le mot peuple4 ,david avait ouv]t une cole t\te jon*e de m>bres1 de mdailles et de dbris de vases trusques4 ,girodet1 ,dr\et1 ,fabre et mademoiselle ,l]\x-,laville 7l'milie des ,lettres de ,dem\/i]7 fur5t ses premi]s lves4 ,il ne t\rm5tait pas ses lves p> sa sci5ce3 il avait compris que le temps seul e/ le gr& matre2 il se cont5tait de leur dire s\v5t3 ,appr5ez faire un ,grec qui ne soit pas un ,roma91 et un ,roma9 qui ne soit pas un ,grec4 ,de la ,france1 il n'tait jamais "q4 ,ses lves aurai5t pu lui dire quelquefois3 ,matre1 v\s-mme1 v\s faites des ,grecs qui sont des ,roma9s4 ,en effet1 si ,david avait vcu avec ,lucrce et avec ,cicron1 il n'avait qu'entrevu ,aspasie et ,platon4 ,il connaissait le ,=um et non le ,sunium#ea4 ,cep5dant l',acadmie l'avait reu p> acclamation1 le roi l'avait nomm son premi] pe9tre1--le roi ,l\is ,,xvi1 dont le tribun ,david vota la mort6--,enf9 la =tune lui tait v5ue s\s la figure d'une belle fille qui avait une dot4 ,t\tes les pages de la jeunesse de ,david tai5t crites p\r m>qu] dans l'hi/oire4 ,il fut rep\ss trois fois p> l',acadmie4 ,il faillit m\rir de faim4 ,enf9 il fut port en triomphe4 ,c'tait en #aghj2 il avait envoy son ,blisaire l'exposition4 ,un j\r1 p]du dans la f\le1 il c\lait le bruit public sur son uvre4 ,t\t c\p il fut reconnu2 t\t le monde le v\lut flicit]2 les plus en?\sia/es le saisir5t et le portr5t dans leurs bras en criant de t\te leur =ce3 ,david6 ,david6 ,david6 ,il ne s'opposa po9t cette ovation2 sans d\te il la tr\vait t\te naturelle dans son naf orgueil4 ,ce qui doit l'excus] un peu1 c'e/ qu'ayant ap]u son ami ,s$a9e qui levait les bras avec des l>mes dans les yeux1 il c>ta le flot d'en?\sia/es et s'lana v]s le vieux pote4 ,la vie de ,david tait t\te de labeur4 ,m9uit le surpr5ait s\v5t remuant les dbris du monde anci54 ,il se levait presque t\j\rs avec le soleil1 et s'enf]mait dans son ateli] sans p]mettre aux oisifs d'y p]dre leur temps4 ,il y en a qui aim5t la vie deux1 il aimait la vie un4 ,j'oubliais3 il avait un ami1 c'tait son violon1--ami srieux1 qu'il n'a jamais p]mis de raill]1--ami de t\s les in/ants1 confid5t de t\tes les joies et de t\tes les d\leurs4 ,david aurait eu une autre posie s'il et s5ti l'antiquit p> l'me comme p> l'aspect visible1--contra/e ,prudhon6--,la figure de ,sapho1 l'ard5te am\reuse1 t5ta son gnie2 mais il ne vit la deuxime ,muse qu' trav]s la traduction de ,boileau3 ,heureux qui1 prs de toi1 p\r toi seule s\pire4 ,il la reprs5ta assise et inspire4 ,phaon protg p> ,vnus1 ti5t susp5due ,sapho et lui passe la ma9 sur les yeux4 ,elle laisse tomb] sa lyre d'arg5t4 ,l',am\r e/ l qui la saisit et qui *ante l'hymne ,vnus4 ,le tableau e/ savamm5t compos4 ,on applaudit la manire orig9ale dont ,david a pe9t le visage de ,sapho s\s les doigts de son amant4 ,c'e/ un *ef-d'uvre de dess94 ,mais p\rtant l'hymne de ,sapho devait passionn] t\t autrem5t ,david1 qui1 sans d\te1 n'a jamais *ant l'hymne ,vnus ou qui n'a jamais lu ,sapho4 ,il y a au ,l\vre1 dans la gal]ie franaise1 un portrait de femme1 madame ,rcami]1 qui n'a gure arrt la critique et qui symbolise le gnie de ,david4 ,c'e/ une figure o t\t e/ sacrifi la ligne4 ,le p9ceau e/ au/re jusqu' la pleur4 ,pas un ornem5t1 pas un rayon1 pas un battem5t de cur4 ,et p\rtant cette figure1 a9si te9te dans la pleur d'une t\*e glaciale1 a un attrait indicible comme la posie de l'inconnu4 ,les yeux1 enivrs des somptuosits des colori/es1 s'arrt5t l1 devant cet horizon t\t imprgn de neige1 avec un s\rire de surprise4 ,david a p\ss l'au/rit de la t\*e dans ce portrait jusqu' la fantaisie1 jusqu' la volupt1 jusqu' la passion1 comme sa9te ,?rse1 qui fuyait la t]re d'un pi$ ha9eux p\r retr\v] dans le ciel les joies c\pables de l'extase am\reuse1--ou comme ,sapho1 qui se jetait avec un frmissem5t d'am\r dans la m] ,ioni5ne o l'att5dait la mort4 ,l\is ,,xvi et son premi] pe9tre semblr5t conspir] ensemble contre la mon>*ie franaise4 ,le roi comm&a ,david un tableau d'un enseignem5t svre1 pris dans l'hi/oire roma9e1 p\r retremp] un peu t\s ces m>quis dsuvrs qui faisai5t de la tapiss]ie aux pi$s de quelque ,ariane ennuye1 et qui ne p\vai5t plus tir] l'pe que p\r df5dre le bi*on fanfrelu*e de leur matresse4 ,t\s ces br9s de muguet1 comme disait le duc de ,coigny1 qui1 depuis la bataille de ,rosba*1 avai5t abdiqu t\t s5tim5t national4 ,david rep>tit p\r ,rome et y peignit le ,s]m5t des ,horaces4 ,les ,itali5s de ,rome s'y reconnur5t sans d\te dans leurs anctres1 c> le tableau du pe9tre franais y fut bruyamm5t applaudi#eb4 ,qu& le tableau fut ,p>is1 ,m4 d',angevilli]s p>ut al>m qu'un arti/e et os dpass] la mesure du compas royal4 ,david s'cria brusquem5t3 ,eh bi56 qu'on pr5ne des ciseaux et qu'on le rogne4 ,le succs1 ,p>is1 fut ml de surprise et d'en?\siasme4 ,il y avait longtemps qu'on n'avait vu app>atre ces mles figures de l'hi/oire4 ,c'e/ encore la tragdie1 dir5t les lib]t9s4--,oui1 rpondir5t les d]ni]s encyclopdi/es1 mais c'e/ la tragdie de ,corneille4--,c'tait plutt celle de ,crbillon2 seulem5t on ne la j\ait plus en pani]s4 ,on salua ,david gr& pe9tre1 mais surt\t gr& ar*ologue#ec4 ,p\r ,david1 l'humanit n'avait pas fait un pas depuis la mort de ,socrate4 ,p\r lui1 le soleil s'tait c\* dans le tombeau de cette mort loqu5te4 ,il ne compr5ait ri5 aux spl5deurs visibles ou invisibles du *ri/ianisme4 ,la ,bible et l'vangile tai5t p\r lui deux livres de plus dans une biblio?que4 ,jsus le crucifi1 le div9 matre1 ne lui avait jamais ri5 enseign4 ,il le relguait au cal5dri]1 avec les sa9ts4 ,la du*esse de ,noailles1 croyant qu'un arti/e si srieux p\vait seul lui pe9dre un ,*ri/ digne de rappel] la ligne svre et l'onction des uvres religieuses1 lui comm&a un tableau reprs5tant un ,*ri/ c\ronn d'p9es4 ,comm5t v\lez-v\s1 madame1 que je peigne le ,*ri/8 je ne le connais pas4 ,socrate1 si v\s v\lez4 ,madame de ,noailles insi/a4 ,david promit d'obir4 ,peu de j\rs aprs1 il lui envoya un ,*ri/ s\s les traits et s\s les habits d'un soldat aux g>des franaises4 ,voltaire tait dpass6 ,et p\rtant1 au sacre de l',emp]eur1 ce fut ,david qu'on *oisit p\r le portrait de ,pie ,,vii4 ,on l'av]tit que1 selon la tradition1 il fallait que l'arti/e ft ag5\ill p\r pe9dre un pape4 ,il s'assit firem5t devant ,pie ,,vii1 l'pe au ct p\r t\t signe de respect4 ,le pape avait trop voyag p\r se pla9dre4 ,aussi ce pape de ,david e/ le premi] ,itali5 v5u vtu de p\rpre4 ,po9t d'idal et po9t de flamme intrieure4 ,ce front ne porte pas le tab]nacle de la foi4 ,peut-tre e/-ce la faute de ,pie ,,vii1 peut-tre e/-ce la faute du pe9tre1 qui1 n'ayant pas au cur la religion *rti5ne1 n'a pu donn] cette belle figure le rayonnem5t de l'aptre4 ,david tait un philosophe du ,portique1 ne croyant qu' ,socrate4 ,aussi1 qu& il peignit la ,mort de ,socrate1 il n'eut qu' se s\v5ir1 c> il lui sembla qu'il avait1 avec ,platon1 assi/ cette tragdie paenne1--tragdie sans bruit et sans l>mes visibles1 tragdie aux lignes grecques1 o la grce antique se rvle jusque dans la mort4 ,david avait d'abord pe9t ,socrate t5ant la c\pe que lui prs5tait l'esclave att5dri3 ,non1 non1 lui dit ,&r ,*ni]1 qui tait ,grec comme ,david tait ,roma91 ,socrate ne pr5dra la c\pe que lorsqu'il aura f9i de p>l]#ed4 ,david entra t\te bride dans la ,rvolution1 qui1 selon lui1 n'alla jamais assez vite ni assez lo94 ,il se signala aux ,jacob9s p> son loqu5ce brutale4 ,ses amis ,collot d',h]bois et ,m>at n'tai5t pas plus exalts4 ,il fut nomm la ,conv5tion p> la section du ,musum4 ,le pe9tre du roi habitait t\j\rs le ,l\vre4 ,ce pauvre ,l\is ,,xvi fut1 p\r a9si dire1 dcapit deux fois p> ,david4 ,au #aj aot1 comme il ne reconnaissait aucune figure amie p>mi les conv5tionnels1 il ap]ut t\t c\p son premi] pe9tre3 ,eh bi56 ,david1 lui dem&a-t-il d'une voix mue1 qu& f9issons-n\s mon portrait8--,je ne f9is pas le portrait d'un tyran1 rpondit ,david avec une cruaut sans gale dans l'hi/oire4 ,le tyran baissa la tte et ne rpliqua pas4 ,qu& ,david vota la mort du roi1 il le tua p\r la seconde fois4 ,david a t rvolutionnaire en art1 en religion et en politique4 ,qu& on re*]*e les causes de la rvolution de #aghi1 on doit ne pas p]dre de vue les tableaux de ,david4 ,t\t son uvre e/ l'expression de cette ide#ee4 ,le fameux tableau de ,brutus1 dat de #aghi1 press5tim5t de la ,rvolution1 avait d'ailleurs t comm& ,david p> le roi de ,france1 comme le ,s]m5t des ,horaces4 ,la rvolution tait dans t\s les esprits1 mme ,v]sailles3 ,rome n'e/ pas dans ,rome1 elle e/ t\te ,p>is6 ,brutus e/ une uvre secondaire1 sans motion1 p>lant sans vraie gr&eur4 ,brutus e/ l p\rtant avec sa d\leur cont5ue2 mais o tes-v\s1 filles de ,brutus1 surs dsoles8 ,je ne v\s reconnais pas dans ces m>bres antiques qui s'van\iss5t avec tant de sci5ce et tant de grce4 ,c'e/ la d\leur du ?tre et non celle du foy]4 ,et p\rtant ,david avait eu mieux qu'un modle d'ateli] p\r pe9dre la sur van\ie4 ,t\t le monde alors se v\lait montr] citoy51 mme les femmes1 mme les m>quises de la c\r4 ,une demoiselle de qualit tait v5ue1 t\te dvoile l'am\r de l'art et l'am\r de la patrie1 avec sa g\v]nante1 pos] p\r une des filles de ,brutus l'ateli] de ,david4 ,on raconte mme qu' =ce de pos] dans l'expression *]*e1 elle s'van\it srieusem5t dans les bras de sa g\v]nante4 ,monsieur6 monsieur6 elle se tr\ve mal p\r t\t de bon6--,taisez-v\s1 dit ,david voix basse1 att5dez encore2 ne voyez-v\s pas qu'elle e/ admirable a9si8 ,et il cont9ua froidem5t saisir l'expression4 ,t\t autre1 mieux inspir1 se ft prcipit aux pi$s de la jeune fille1 l'et prise avec passion dans ses bras et eut tr\v ensuite dans son s\v5ir l'expression idale4 ,mais on l'a dj trop vu1 ,david manquait de *aleur d'me4 ,cep5dant la p5se le passionnait4 ,son ,s]m5t du ,jeu de paume1 qui e/ du mme temps1 e/ t\t un pome radieux o se trahit le dsordre de l'en?\siasme1 o la p5se dom9e le flux populaire avec sa gr&e altitude4 ,il y a l du ,mi*el-,ange4 ,c'e/ le gr& hi/ori5 qui va jusqu' la prophtie4 ,en effet1 la f\dre qui frappe la *apelle royale ne crie-t-elle pas en passant3 #ba janvi] #agic6 ,la passion rvolutionnaire1 la seule passion de cet trusque rveill p>mi n\s lui inspira son *ef-d'uvre3 ,m>at assass9 dans sa baignoire4 ,ce tableau s]a beau p>t\t1 mme dans la tribune du vieux palais de ,flor5ce4 ,c'e/ la vrit dans t\te sa rudesse1 le ralisme dans t\te sa brutalit2 mais la mort e/ l qui rp& sur cette tri/e tte de ,m>at non pas seulem5t le sommeil oublieux1 mais le rayonnem5t d'une me qui s'envole et claire en passant d'un d]ni] adieu le front1 les yeux et la b\*e4 ,voil un *ef-d'uvre d'excution4 ,l'amiti a donn jusqu'au d]ni] c\p la *aleur d'me ce p9ceau presque t\j\rs te9t qui a si s\v5t trahi l'inspiration4 ,ce ,m>at mort1 si laid dans la vie1 e/ presque dev5u beau dans le miroir de l'art4 ,on s5t que le pe9tre lui tait sympa?ique4 ,et p\rtant c'e/ t\j\rs la vrit qui p>le4 ,c'e/ bi5 l cette bte froce de la bont qui aurait volonti]s supprim la moiti du monde p\r le bi5 de l'autre moiti2 qui signait un bon de guillot9e avant d'entr] dans le ba91 mais qui crivait en m\rant1 a9si que le tmoigne le tableau de ,david3 ,v\s donn]ez cet assignai cette mre de sept enfants dont le m>i e/ mort p\r la df5se de la patrie#ef4 ,aprs ,!rmidor1 ,david fut emprisonn c9q mois durant au ,luxemb\rg4 ,?ibaudeau1 ,*ni] et ,boissy d',anglas le sauvr5t de l'exil1 peut-tre de la mort4 ,son exaltation dmagogique s'tait calme en prison4 ,dans ses nuits solitaires il tait desc5du en lui-mme et s'tait jug svrem5t4 ,ah6 p\rquoi n'tait-il re/ le premi] de la rpublique des arts dans ce royal ateli]1 t\t peupl de *efs-d'uvre8 ,p\rquoi s'tait-il av5tur sur cette m] des temptes qui1 plus d'une fois avait jet sur lui des vagues de sang8 il avait d'ailleurs le press5tim5t que ,robespi]re et ,sa9t-,j avai5t enseveli la ,rvolution avec eux4 ,il se s5tait impuissant dans l'av5ir2 il ne devait plus vivre que p\r les arts1 laissant l'humanit en r\le ou en dr\te4 ,ds qu'il fut libre1 il se remit l'uvre2 il peignit les ,sab9es1 uvre de matre1 mais tableau ?tral sans tumulte1 sans motion1 quoique la p5se qui le lui inspira l'et saisi au cur3 il avait appris dans sa prison que sa femme1 qui1 on l'a dit1 n'tait plus sa femme depuis longtemps1 s'puisait en dv\em5t p\r le sauv]4 ,p\r pe9dre ce dv\em5t1 il tr\va t\t simple de la reprs5t] p>mi les ,sab9es2 t\j\rs ,roma91 mme aprs la ,rvolution1 t\j\rs fidle ce p>adoxe de l'abb ,galiani3 ,l'hi/oire mod]ne n'e/ que l'hi/oire anci5ne s\s d'autres noms4 ,david s'tait trangem5t mpris sur son tal5t en peignant ce gr& tableau4 ,c'tait mo9s du /yle que de la v]ve qu'il fallait l4 ,un peu de b>b>ie et de primitivit dans l'excution et mieux valu que cette exquise politesse des cont\rs1 des m\vem5ts et des *evelures4 =ce d'art1 l'art lui-mme e/ banni4 ,une fois libre1 ,david ne songea qu' s'oubli] lui-mme et faire oubli] ses viol5ces montagn>des4 ,mais oublia-t-il sans pe9e tant d'amis et tant d'ennemis morts sur la guillot9e1--ces ennemis politiques qui v\s dis5t du fond du tombeau3 ,n\s n\s sommes t\s tromps6 et l1 en pr5ant sa palette et en broyant ses c\leurs1 ne vit-il pas des g\ttes du sang de ,danton et de ,camille8 ,en #agie1 l'ombre de ,danton le p\rsuivant encore1 il dess9a1 avec la seule =ce du s\v5ir1 un beau portrait du gr& rvolutionnaire p\r son ami ,m4 ,sa9t-,alb94 ,ti5s1 dit ,david en contemplant la figure puissante qu'il avait retr\ve dans son cur1 c'e/ ,jupit] ,olympi5 que je te donne4 ,c'e/ peut-tre le seul portrait sign ,david qui porte1 p> le /yle1 une date rvolutionnaire4 ,il e/ vrai que les ,montagn>ds de ,david ne sont pas effrayants1 p>ce qu'il a te9t leur passion s\s la correction glaciale de son p9ceau4 ,napolon1 qui v\lait g\v]n] avec l'clat de son gnie et avec le rayonnem5t du gnie des hommes de son temps1 alla ,david comme un hi/ori5 qui devait p>l] t\s les yeux4 ,il lui donna c5t quatre-v+t mille francs p\r ses deux gr&es toiles3 la ,di/ribution des aigles et le ,c\ronnem5t1 qui sont au muse de ,v]sailles4 ,david a rpt le ,c\ronnem5t p\r que cette uvre c\rt le monde1 qu& l',emp]eur tait emprisonn ,sa9te-,hlne4 ,c'tait une loqu5te prote/ation4 ,on l'a vue expose jusqu'en ,amrique4 ,aprs avoir tant voyag1 cette toile1 v5ue ,p>is en #ahdb et mise en v5te publique1 a t adjug qu9ze c5ts francs6 flux et reflux de l'op9ion huma9e6 ,dans ce tableau du ,c\ronnem5t1 ,david1 enlev p> l'en?\siasme public1 monta jusqu'aux sommets inaccessibles de l'idal4 ,son ,napolon e/ beau de gnie1 la tte de ,josph9e a un rayonnem5t d'am\r et de jeunesse4 ,v\s avez pe9t ,josph9e plus belle qu'elle n'e/1 dit ,david un gr& dignitaire de l',empire4--,allez le lui dire1 rpondit-il brusquem5t4 ,le pape tait d'abord un simple spectateur dans cette comdie hroque du sacre4 ,il reg>dait ,napolon1 qui1 aprs s'tre c\ronn lui-mme1 va pos] la c\ronne sur le front radieux et tri/e de ,josph9e4 ,mais ,napolon dit au pe9tre3 ,je n'ai pas fait v5ir le pape de si lo9 p\r ne ri5 faire4 ,faites-lui lev] la ma9 en signe de bndiction#eg4 ,david1 exil1 vivait en ,fl&re p> le corps1 mais son esprit avait *oisi la ,grce4 ,il ranimait sa vieillesse ce soleil sans nuages de la mre patrie des arts4 ,les visions de sa jeunesse1 ,eu*>is1 ,psy*1 l',aurore1 ,vnus1 ,a*ille1 les trois ,grces1 ,apollon et ,campaspe1 v9r5t le visit] ses d]ni]s j\rs2 ou plutt ,david n'a jamais t ni jeune ni vieux4 ,son p9ceau de v+t ans n'accuse ni f\gue ni vrit2 son p9ceau de soixante-qu9ze ans n'indique ni faiblesse ni dfaillance1 tant il e/ vrai que la tte d'un arti/e e/1 comme l'a dit le pote1 un t]nel pr9temps p> des moissons et des v5danges4 ,titi5 peignait quatre-v+t-dix-neuf ans avec t\te la *aleur de ton de ses jeunes annes4 ,david1 qui en #aghi avait pe9t ,brutus comme p> press5tim5t1 peignait en #ahad les ,!rmopyles ,ce fut sa d]nire page d'hi/oire en ,france1 page loqu5te et froide comme un disc\rs de gr& matre de l',univ]sit4 ,hroque p5se sculpte sur la toile au mom5t o les allis envahissai5t la ,france1 dit ,?ophile ,?or4 ,au #i !rmidor1 il faillit suivre sur la guillot9e ,robespi]re1 dont il fut le premi] pe9tre2 la *ute de l',empire il fut exil comme l',emp]eur1 dont il tait le premi] pe9tre4 ,il n'alla pas si lo91 il se rfugia ,bruxelles4 ,va9em5t1 ,m4 de ,humboldt t5ta de l'emm5] ,b]l9 avec le titre de m9i/re des arts du roi de ,prusse2 va9em5t ses enfants1 ses amis1 ses lves1 le prir5t d'adress] une simple requte la ,re/auration p\r f\l] encore le sol natal4 ,la ,re/auration ne v\lait ni de ,david vivant ni de ,david mort4 ,elle ne voyait qu'un rgicide de plus1 dans le matre de ,gros1 de ,gr>d et de ,girodet1 dans le pe9tre de la ,mort de ,socrate4 ,qu& on tudie l'uvre de ,david1 on se pr5d regrett] qu'il n'ait pas imprim sa p5se sur le m>bre4 ,il tait n sculpteur1 avec l'am\r de la ligne et la passion de l'ide2 il n'a jamais ri5 compris aux ftes du soleil1 ses yeux ne se sont jamais enivrs de lumire4 ,il disait de la c\leur comme ,boileau disait de la rime3 ,une esclave qui ne doit qu'obir4 ,si ,m4 ,?i]s a savamm5t int]prt la p5se de ,david dans son ,salon de #ahbb1 ,m4 ,guizot1 dans son ,salon de #ahaj1 a prote/ avec une s\v]a9e raison contre cette cole de ,david4 ,qu& on tudie avec quelque sollicitude l'uvre des pe9tres du dix-huitime sicle1 on voit que l'art franais n'e/ pas arriv au /yle de ,david sans transition4 ,de t\te cette cole clbre1 qu'e/-il re/8 ,mes disciples1 disait ,david1 ont t\s la lettre du gnie3 ,girodet1 ,gur91 ,gr>d1 ,gros4 ,ce d]ni] seul a survcu1 p>ce que sa =te nature l'a emport au-dessus des leons de ,david4 ,les trois autres sont des /atuaires qui n'ont pas suivi leur vocation4 ,des lves secondaires1 qui sait auj\rd'hui les noms8 ,david tait n gr& pe9tre1 puisqu'il a reconnu ses vrais matres dans ,phidias et ,mi*el-,ange1 puisqu'il a compris qu'en vivant dans l'intimit de leurs uvres1 il arriv]ait aux lois t]nelles du beau4 ,nul pe9tre au monde n'a plus dess9 d'aprs ,phidias et ,mi*el-,ange4 ,david a cons]v jusqu' sa mort c9q volumes 9-folio d'tudes faites ,rome2 c'tait sa grammaire4 ,il l'emportait p>t\t1 il l'ouvrait t\te heure4 ,mais ,phidias et ,mi*el-,ange n'avai5t pas eu beso9 d'une grammaire1 p\r p>l] en t\te loqu5ce la langue de l'art4 ,avec la grammaire1 on cra9t de s'av5tur] dans les rgions de l'inf9i2 on a t\j\rs un pi$ sur la t]re2 on ne s'envole jamais au del des nues4 ,on fait des uvres3 on ne fait pas des *efs-d'uvre4 ,note #ea3 ,un j\r qu'il peignait le ,supplice des enfants de ,brutus1 il sortit t\t c\p mcont5t de lui1 p\r une jeune fille de ,rome v+t fois pe9te et v+t fois efface4 ,il va se prom5]1 sa*ant bi5 que la figure *]*e lui app>atra dans le s\v5ir de son voyage ,rome4 son ret\r1 la jeune fille tait pe9te4 ,qui avait os j\] ce jeu8 ,autrefois ,van ,dyck avait repe9t une figure de ,rub5s1 mais ,van ,dyck tait lui-mme un autre ,rub5s4 ,le c\pable v9t dem&] son *tim5t3 c'tait mademoiselle ,l]\x-,laville1 la muse inspiratrice de ,dem\/i]6 ,cela e/ bi5 pe9t1 dit ,david1 mais v\s m'avez fait une ,grecque4 ,note #eb3 ,david crivait au m>quis de ,bivre 7t\j\rs dc contra/es6 ,david e/ d'abord disciple de ,b\*]1 qu& lui-mme e/ un matre2 son premi] disciple e/ la matresse de ,dem\/i]1 et s'il a un ami1 cet ami c'e/ le m>quis de ,bivre671 ,david crivait donc au m>quis de ,bivre3 ,les ,roma9s se sont r5dus de bon cur1 et il y a un conc\rs de monde mon tableau presque aussi nombreux qu' la comdie du ,sducteur4 ,quel plaisir ce s]ait p\r v\s1 qui m'aimez1 d'en tre le tmo96 ,au mo9s1 je dois v\s en faire la description4 ,d'abord1 les arti/es trang]s ont comm5c1 ensuite les ,itali5s1 et1 p> les loges outrs qu'ils en ont faits1 la noblesse en a t av]tie4 ,elle s'y e/ transporte en f\le1 et l'on ne p>le plus que du pe9tre franais et des ,horaces4 ,ce mat91 j'ai r5dez-v\s avec l'ambassade de ,v5ise2 les c>d9aux veul5t voir cet animal r>e et se transport5t t\s *ez moi4 ,mais il manque mon bonheur de savoir s'il s]a bi5 expos ,p>is4 ,p\r la gr&eur de mon tableau1 j'ai outre-pass la mesure que l'on m'avait donne p\r le roi1 qui tait de dix sur dix1 mais ayant t\rn ma composition de t\tes les manires1 voyant qu'elle p]dait de son n]gie1 j'ai ab&onn de faire un tableau p\r le roi1 et je l'ai fait p\r moi4 ,on voit que dj ,david ne pr5ait pas beauc\p le roi au srieux4 ,note #ec3 ,le gt du temps1 dit ,*>les ,blanc1 ne t>da pas lui emprunt] t\tes les modifications de l'ameublem5t et du co/ume4 ,c'e/ depuis l'exposition du ,s]m5t des ,horaces que les ornem5ts antiques dev9r5t la mode4 ,on v\lut voir le mobili] de ,t>qu9 le ,sup]be1 boire dans les patres d',h]culanum1 que sais-je8 s'clair] p> les lampes de la villa ,albani4 ,les robes des femmes fur5t tailles en *lamydes1 leurs s\li]s se *angr5t en co?urnes4 ,david1 consult p> les comdi5s1 se cont5ta de leur donn] des vases trusques4 ,les comdi5s jetr5t les hauts cris4 ,la tragdie subit une rude sec\sse4 ,aucune femme n'y v\lait plus j\]4 ,j'ai t\j\rs p5s qu'on avait trop d'esprit railleur et pas assez de s5tim5t antique au dix-huitime sicle p\r pr5dre la tragdie au srieux4 ,elle n'tait admise qu'avec des babils et des jupes la franaise1 comme une savante curiosit de c>naval4 ,les ,franais ont t\j\rs aim l'ana*ronisme en littrature4 ,aussi1 depuis qu'on a re/itu la tragdie son pplum maje/ueux1 on n'a pas fait une seule uvre immortelle4 ,p>mi les lves de ,david il ne faut pas oubli] le ,ka9 ni ,talma4 ,ce fut dans l'ateli] du matre qu'ils apprir5t le /yle des m\vem5ts et le /yle des habits4 ,note #ed3 ,dans son ,salon de #ahbb1 ,m4 ,?i]s revi5t sur cette composition avec t\t le respect qu'inspire un *ef-d'uvre3 ,socrate dans sa prison1 assis sur un lit1 montre le ciel1 ce qui indique la nature de son int5tion2 reoit la c\pe1 ce qui rappelle sa condamnation2 ttonne p\r la saisir1 ce qui annonce sa proccupation philosophique et son indiffr5ce p\r la mort4 ,p\r la composition1 ce tableau e/ un *ef-d'uvre que ,p\ss9 seul1 de t\s les pe9tres mod]nes1 aurait pu tr\v]2 mais ,david1 s5tant qu'il avait s\s la ma9 un *ef-d'uvre1 s'y complut trop et oublia cette autre maxime1 qu'il faudrait inscrire a la porte de t\s las ateli]s3 ,le f9i ne f9it pas4 ,note #ee3 ,il comm5a montr] ses =ces au ,salon de #agha4 ,il y exposa ,blisaire reconnu p> un soldat qui avait s]vi s\s lui1 au mom5t o une femme lui fait l'aumne4 ,au salon de #aghc1 il rep>ut avec son tableau de rception l',acadmie3 la ,d\leur et les regrets d',&romaque sur le corps d',hector1 et le dess9 d'une frise dans le gt antique4 ,au ,salon de #aghe1 il exposa le ,s]m5t des ,horaces et une petite rptition du ,blisaire4 ,au salon de #aghg3 ,socrate au mom5t de pr5dre la cigu1 et une rptition des ,horaces que ,girodet aurait pu sign] si le disciple signait les tableaux du matre qu& il les pe9t4 ,au salon de #aghi 7la ,rvolution allait s'annonant p>t\t1 jusque dans les ateli]s73 #a ,brutus1 premi] consul1 de ret\r en sa maison aprs avoir condamn ses deux fils qui s'tai5t unis aux ,t>qu9s et avai5t conspir contre la lib]t roma9e2 des licteurs rapport5t leurs corps p\r leur donn] la spulture2 #b les ,am\rs de ,pris et d',hlne2 #c une ,ve/ale2 #d ,psy* ab&onne2 #e ,l\is ,,xvi entrant l',assemble con/ituante2 #f le ,s]m5t du ,jeu de ,paume1 dess9 la plume lav au bi/re1 uvre capitale4 ,note #ef3 ,ceux qui n'ont pas vu le tableau s'imag95t que c'e/ la reprs5tation d'un odieux spectacle4 ,en effet1 il y a l1 dans une pice nue et grise1 le c\teau ensanglant et le billot de bois1 l'critoire de plomb et la plume brise4--,cette plume plus t]rible qu'un se+ royal du moy5 ge4--,p> t]re1 le billet de ,*>lotte e/ ouv]t3 ,il suffit que je sois bi5 malheureuse p\r avoir droit votre bi5veillance4--#ae juillet #agjc4--;,deux #ac4 --,*>lotte ,m>at4 ,et comme contra/e1 au-dess\s3 ,david ,m>at4 ,eh bi51 cet odieux spectacle e/ beau dans ce *ef-d'uvre de ,david que n\s admirions t\s hi] encore1 une fte du pr9ce ,napolon1 entre un bataille d',yvon et une page antique de ,grme4 ,qu& ,robespi]re avait la dictature politique1 ,david tait le dictateur des arts4 ,note #eg3 ,david laissait le temps de compt] ses uvres4 ,il tait trop savant p\r tre fcond4 ,j'ai indiqu t\s ses tableaux jusqu' la ,rvolution2 je vais indiqu] ses uvres depuis #aghi jusqu' l',empire1 depuis l',empire jusqu' son exil1 et depuis son exil jusqu' sa mort4 ,david signa1 en #agic1 #a les ,d]ni]s mom5ts de ,lepelleti] de ,sa9t-,f>geau2 #b portrait de mademoiselle ,lepelleti]1 fille adoptive de la nation franaise2 #c ,m>at assass9 dans sa baignoire2 #d la ,mort du jeune ,b>ra2 #e portraits de ,grgoire1 de ,robespi]re1 de ,sa9t-,j1 de ,boissy d',anglas1 de ,jean ,bon ,sa9t-,&r1 de ,prieur 7de la ,m>ne71 de ,bailly1 de ,m>ie-,joseph ,*ni]4 ,au ,salon de #agie1 n\s voyons le citoy5 ,david expos] le portrait d'une ,femme et son enfant4 ,de #agie au ,salon de #ahjh1 le citoy5 ,david peignit3 #a une rptition de ,sapho et ,phaon2 #b une v>iante des ,sab9es1 avec un autre fond2 #c un portrait quatre fois rpt du ,premi] ,consul gravissant le ,sa9t-,b]n>d2 #d les portraits de madame ,v]n9hac1 de madame de ,pa/oret1 de madame de ,truda9e1 une bau*e de madame ,rcami]2 #e ,pie ,,vii et le ,c>d9al ,capr>a2 #f le portrait de ,pie ,,vii4 ,au ,salon de #ahjh1 ,david1 premi] pe9tre de l',emp]eur1 exposa3 #a le ,c\ronnem5t2 #b le portrait en pi$ de l',emp]eur2 #c les ,sab9es4 ,au ,salon de #ahaj3 #a la ,di/ribution des aigles au ,*amp de ,m>s2 #b l',emp]eur deb\t1 dans son cab9et4 ,au ,salon de #ahad3 #a les ,!rmopyles2 #b portraits des g5dres de ,david1 les gnraux ,meuni] et ,jeann91 de madame ,d>u1 de ,franais de ,nantes4 ,dans l'exil de #ahaj #ahbd1 ,david a pe9t3 #a l',am\r quittant ,psy* au lev] de l'aurore2 #b ,tlmaque et ,eu*>is2 #c la ,colre d',a*ille contre ,agamemnon2 #d ,bohmi5ne disant la bonne av5ture une jeune fille2 #e ,m>s ds>m p> ,vnus et les ,grces2 #f ,apelles peignant ,campaspe devant ,alex&re2 #g des portraits1 celui de ,david1 ceux de quelques-uns de ses compagnons d'exil1 comme ,sieys2 #h des dess9s4 ,,prudhon ,le ,monde e/ le rve de ,dieu1 a dit un philosophe4 ,ne p\rrait-on pas dire avec plus de raison3 ,dieu1 ayant cr le monde et le voyant imp>fait1 mais ne daignant pas recomm5c] son uvre1 rva un autre monde plus beau1 plus bl\issant1 plus digne de lui-mme1 n\veau p>adis t]re/re1 o la posie1 ve avant et aprs le p*1 se promne dans t\te sa beaut spl5dide8 ,l'art e/ ce rve de ,dieu4 ,l'arti/e ou le pote e/ donc une crature privilgie1 qui a la mission de ralis] cet autre monde qui n\s console du premi]4 ,l'arti/e potiquem5t d\ ne doit pas seulem5t tudi] s\s la lumire du soleil1 il doit c\t] cette voix idale qui rp& sur la nature ses pre/iges et ses en*antem5ts4 ,a-t-on jamais r5contr sur la t]re la div9e beaut des ,madones de ,raphal8 ,les masques de pltre m\ls vif atte9dront-ils jamais l'lvation des ttes de ,mi*el-,ange8 ,les pr9temps que n\s trav]sons en ,france1 en ,italie1 en ,grce1 sont-ils d\x et p>fums comme les idylles d',&r ,*ni]8 ,la nature1 t\te belle qu'elle soit1 manque un peu d'acc5t et d'h>monie2 l'art a*ve le pome imp>fait de ,dieu1 avec le vague s\v5ir du ciel d'o il e/ desc5du1 qu& l'art s'appelle ,raphal1 ,corrge ou ,prudhon4 ,au dix-septime sicle1 deux pe9tres lutt5t ardemm5t p\r arriv] la royaut de la pe9ture3 l'un n'a que son tal5t1 mais celui-ci e/ un esprit h>di1 t\j\rs sur la br*e1 prt dom9]1 prt pr5dre la place de vive =ce3 v\s avez reconnu ,lebrun4 ,l'autre a son gnie p\r lutt]1 mais celui-l e/ un esprit timide et discret1 re*]*ant avec am\r la solitude qui inspire et le sil5ce qui lve3 c'e/ un homme simple et naf1 qui aime la pe9ture et non la gloire1 qui dem&e ,dieu les joies ca*es de l'arti/e1 et non les fanf>es de la r5omme4 ,c'e/ un gr& pe9tre2 et p\rtant il e/ va9cu p> son rival1 va9cu dans la vie1 va9cu ,v]sailles1 va9cu jusqu'au j\r o le temps remet t\t le monde sa place3 v\s avez reconnu ,le ,sueur4 la f9 du dix-huitime sicle1 la mme lutte se reproduit4 ,aprs les paysages bleus et roses de ,b\*]1 qu& la pe9ture1 conduite p> ,david1 s'e/ retrempe dans le sol roma91 ne voit-on pas les app>5ces du gnie surpr5dre et frapp] t\t le monde s\s le p9ceau svre de ce matre s\v5t g>1 t&is que le vrai gnie demeure mconnu dans l'humble ateli] de ,prudhon8 ,david1 comme ,lebrun1 s'tait fait le pe9tre de son temps2 lui les sombres figures de #agic et la pompe impriale de #ahab2 lui t\t ce qui rappelle les ,roma9s qu'il veut ranim]1 les v]tus rpublica9es et les v]tus hroques3 ,joseph ,*ni] e/ son pote1 ,napolon e/ son hros1 la lib]t e/ son dieu4 ,prudhon1 comme ,le ,sueur1 inspir de plus haut1 s'tait fait le pe9tre de t\s les temps et de t\s les pays4 ,le vrai gnie n'a pas d'ge et il a le monde p\r patrie2 que lui importe lui1 ce timide et d\x ,prudhon1 t\t ce bruit qui se faisait alors8 ,saturnales de la gloire1 saturnales de la lib]t6 disait-il en f]mant sa f5tre4 ,c]tes1 comme t\t cur national1 il tait fi] de voir l'hrosme franais *oisir l',europe p\r *amp de bataille et proclam] la lib]t t\s les co9s du monde2 mais ct de ,prudhon homme1 il y avait ,prudhon arti/e3 or1 p\r l'arti/e1 il y avait s\s le soleil bi5 des *oses avant ,bonap>te ou ,sa9t-,j1 il y avait l'am\r et le beau2 il y avait ,dieu2 il y avait les enfants qui j\5t sur le se9 de leur mre1 et les am\reux qui rv5t aux pi$s de leur matresse2 il y avait l'antiquit1 cette muse t\j\rs n\velle4 ,le *amp qu'il aimait le mieux1 ce n'tait pas le *amp de bataille1 c'tait la valle bnie du ciel1 o la g]be rp& son or sur la faux2 le pr bord de saules1 o les bufs s'p>pill5t2 la vigne r\gie1 c\rbe s\s la grappe1 qu'gaye encore le *ant des v5danges4 ,ce qu'il aimait1 c'tait la nature dans sa =ce1 dans son s\rire1 dans sa d\leur1 vue p> le prisme de l'art1 qui e/ la seconde nature4 ,on peut p\ss] le p>allle plus lo94 ,lebrun et ,david avai5t tudi les matres2 ils avai5t puis d'une ma9 confiante t\tes les s\rces consacres2 ils tai5t dev5us pe9tres =ce de voir comm5t les gr&s pe9tres l'tai5t dev5us4 ,p> contra/e1 voyez ,le ,sueur et ,prudhon3 ils tudi5t seuls1 ne suiv5t aucune trace et arriv5t au gnie sans presque le savoir4 ,lebrun a t le pe9tre de ,l\is ,,xiv1 ,david a t le pe9tre de ,napolon2 ,le ,sueur et ,prudhon ont t les pe9tres de la nature t]nelle1 n'ayant d'autre inspiration que celle qui vi5t de ,dieu4 ,ds les premires annes de ,prudhon1 on voit que ce fut l un pe9tre prde/94 ,comme ,rub5s1 il s'appelait ,pi]re-,paul4 ,il e/ n en avril #agfj1 ,cluny1 presque dans le mme pays o tait n ,greuze4 ,celui-ci tait fils d'un ar*itecte1 celui-l tait fils d'un maon4 ,ri5 ne s]ait tri/e comme l'enfance de ,prudhon1 s'il n'y avait sa mre p\r rp&re l'am\r sur son b]ceau3 a9si de ,greuze4 ,prudhon tait n le treizime enfant du maon2 son pre1 f9it p> succomb] en ple9e bataille d'une vie de labeur et de sacrifice2 il m\rut la pe9e1 ne laissant sa veuve dsole que ,dieu seul p\r appui4 ,dieu prit bi5 sa "p du te/am5t2 il fit un peu de place au soleil t\s ces pauvres orphel9s4 ,ce fut surt\t sur ,prudhon que tomba sa bont2 mais donn] le gnie un homme1 e/-ce de la bont div9e8 ,n'e/-ce pas plutt le s\mettre aux plus rudes preuves8 ,n'e/-ce pas montr] le ciel l'oiseau qui a p]du ses ailes8 ,en effet1 ce fut p> un rude *em91 p> un autre calvaire1 que ,prudhon porta la croix du gnie4 ,prudhon puisa sa =ce dans les l>mes de sa mre4 ,le premi] tableau que vit ce pe9tre fut une mre dsole qui aime ses enfants1 et qui n'a s\v5t leur donn] que l'am\r de son cur et les l>mes de ses yeux4 ,prudhon vit donc s'ouvrir la r\te dans l'ombre1 la r\te du pauvre avec ses horizons sur la misre2 mais1 du mo9s1 dans ce tri/e tableau1 il y avait une mre dont la d\ce et t5dre figure se dta*ait sur une aurole div9e4 ,cette figure de mre fut t\j\rs la plus suave inspiration du pe9tre2 c'e/ dans le s\v5ir de son enfance qu'il puisa cette d\ceur ineffable et cette anglique t5dresse qui e/ l'me de son gnie4 ,de bonne heure1 ,prudhon alla l'cole des mo9es de ,cluny4 ,ds les premires leons d'criture1 le voil1 comme ,callot1 dess9ant mille pr(ils fanta/iques2 au lieu d'appr5dre crire1 il appr5d dess9]4 ,ce n'e/ po9t avec les lettres de l'alphabet qu'il exprim]a sa p5se1 qu'il p>l]a aux yeux3 au lieu de l'art +nieux *ant p> ,boileau1 il s'exprim]a avec l'art div9 de ,raphal4 ,rev5u la maison1 fuyant les jeux de son ge1 il pr5d une aiguille et sculpte la passion de ,notre-,seigneur sur une pi]re4 ,comme il a une *>mante figure1 les mo9es de l'abbaye le di/+u5t et s'atta*5t lui2 il a le privilge de les suivre p>t\t2 l'heure de l'cole1 il lui e/ p]mis de s'g>] dans les va/es dp5dances du mona/re4 ,il passe des j\rnes en contemplation devant quelque sculpture br*e1 devant quelque pe9ture o l'araigne file sa toile4 ,le monde e/ l p\r lui2 l'uvre de ,dieu n'e/ pas ce qui le surpr5d1 c> ri5 n'e/ impossible ,dieu1 c'e/ l'uvre de cette pauvre crature qui ne fait que montr] sa faiblesse ici-bas4 ,un j\r un mo9e1 voyant son coli] en extase devant une ,desc5te de croix de quelque pe9tre ignor1 lui dit1 sa*ant qu'il aime dess9]3 ,tu ne russiras pas1 toi1 c> cela e/ pe9t l'huile4 ,prudhon ne rpond pas2 il sort du mona/re et c\rt les *amps1 t\t en se dem&ant quelle e/ la manire de pe9dre l'huile4 ,et d'abord il faut de la c\leur1 il faut mille te9tes v>ies p\r reproduire ce ciel1 ces figures1 ces drap]ies et ces paysages4 ,dans la prairie1 il y a des primevres et des scabieuses2 dans le seigle ondoyant1 des coquelicots et des bluets2 sur le s5ti]1 des m>gu]ites et des glant9es4 ,voil mes c\leurs tr\ves6 s'crie ,prudhon4 ,il cueille des fleurs et des plantes1 il s'en va but9ant p>t\t2 il r5tre la maison joyeux et ri*e comme l'abeille la ru*e2 il exprime le jus de ses b\quets2 il *]*e1 il se trompe1 il essaye1 il se dsespre2 il ret\rne dans les *amps1 il rapporte une autre moisson3 la maison de sa mre e/ t\t un laboratoire4 ,on se moque de lui1 on le p\rsuit de quolibets2 que lui importe8 il e/ dans le *aos1 mais il tr\v]a la lumire4 ,en effet1 au b\t de quelques j\rs1 ,prudhon avait dc\v]t lui seul le secret de pe9dre l'huile4 ,il avait treize ans1 l'ge de ,pascal dc\vrant les ma?matiques4 ,prudhon r5tra victorieux l'abbaye1 les ma9s ple9es d'bau*es4 ,cela e/ pe9t l'huile1 dit-il au mo9e surpris de cet clair de gnie4--,comm5t z-tu donc fait1 mon enfant8--,j'ai *]*1 j'ai tr\v4 ,le mo9e p>la de ,prudhon son vque3 c'tait au beau temps o *aque gr& seigneur tait n protecteur des arts4 ,l'vque de ,mcon enleva l'enfant sa mre p\r le confi] un pe9tre de prov9ce1 ,des ,vosges1 dont le nom n'e/ arriv jusqu' n\s que p>ce qu'il eut ,prudhon p\r lve4 ,du re/e1 ce brave homme fut digne de sa mission3 il eut le bon esprit d'tre fi] de guid] le p9ceau de l'enfant2 il comprit que ce s]ait l son uvre4 ,prudhon1 libre dsormais de t\te autre tude1 prit le vol de l'aigle dans ce doma9e de l'art4 ,ce fut un disciple s\v5t rebelle aux leons du matre2 il avait ses ides lui1 il compr5ait la beaut sa manire1 il avait une c]ta9e faon de r5dre la vrit qui lui semblait plus fire et plus d\ce que la faon des autres2 aussi1 plus d'une fois1 ce fut le matre qui prit une leon4 ,prudhon passait t\t son temps dans l'ateli]2 qu& il pr5ait un j\r de repos1 c'tait p\r vol] v]s sa mre1 sa mre t\j\rs t5dre1 t\j\rs tri/e1 t\j\rs inquite2 sa mre qui voyait alors sa nombreuse c\ve ds]t] le nid et fuir1 au has>d1 la grce de ,dieu1 le sr abri de ses ailes4 ,la pauvre femme vivait de peu1 comme t\t ce qui s\ffre ici-bas2 un rayon de soleil1 le p>fum des prs et des bois1 quelques miettes d'une =tune depuis longtemps dissm9e1 l'am\r de ses enfants1 voil sa vie4 ,le j\r o ,prudhon tombait *ez elle sans se faire annonc] tait un j\r de joie2 on s'embrassait1 on pleurait1 on se consolait4 ,ce j\r-l1 le s\p] tait presque gai2 le l5dema91 avant de p>tir1 on djeunait encore ensemble1 mais le repas s'attri/ait4 ,et p\rtant ri5 n'tait plus agrable que ce frugal djeun] s]vi la f5tre p> une ma9 mat]nelle1 en reg>d des vignes r\gies4 ,mais il fallait p>tir6 ,en s'loignant1 le fils se ret\rnait t\t mu1 dj presque consol p> le tableau saisissant des belles campagnes du pays4 ,de lo91 au dt\r du s5ti]1 il voyait sa mre p5*e la f5tre1 immobile comme une /atue1 p]due dans son am\r et dans sa tri/esse4 ,prudhon se rappela t\j\rs avec un *>me ineffable ses potiques visites sa mre2 le voyage et le ret\r1 l'arrive s\da9e1 la surprise sil5cieuse1 le t5dre babil du s\p]1 le feu qui s'allumait dans l'aire1 cet aire bni1 o ,dieu1 passant sur la t]re1 et aim se repos]4 ,il se rappelait surt\t les tri/esses du d"p1 ce djeun] qui n'tait p\r lui que le signal de l'adieu1 enf91 le s5ti] s9ueux d'o il voyait encore sa mre4 ,ce fut v]s ce temps-l que1 v\lant pe9dre une figure de fantaisie1 il fut t\t d'un c\p surpris et joyeux de reconnatre sa mre1 sa mre dans l'attitude qu'elle pr5ait la f5tre4 ,c'tait un vrai portrait qui ressemblait p\r les yeux et p\r le cur3 c'tait la ligne1 c'tait le s5tim5t4 ,le pauvre ,prudhon1 ravi de son uvre et n'ayant pas de quoi a*et] un cadre1 tr\va plus simple d'encadr] au p9ceau cette figure tant aime dans la f5tre de la maison natale4 ,jusque-l ,prudhon1 g de seize ans1 n'avait aim que deux *oses3 la pe9ture et sa mre1 am\r bni du ciel1 joie sa9te et glorieuse1 dlices mat9ales d'un cur pe9e ouv]t4 ,un troisime am\r v9t t\t gt]4 ,il prit une matresse sans l'aim]1 et croyant *app] ce despotisme1 il p\sa sa matresse4 ,voil la prose qui vi5t1 avec ses s\li]s f]rs1 f\l] le v]t gazon de sa posie4 pe9e fut-il m>i d'un an qu'il compta deux enfants dans son ateli]4 ,ces enfants1 mal nipps1 ne v5ai5t pas inspir] bi5 potiquem5t leur pre2 cep5dant ils lui s]vir5t de modles p\r ces jolis gr\pes dignes des fresques de ,pompi4 ,malgr les s\cis s\v5t r\geurs et les devoirs quelquefois dess*ants de la famille1 ,prudhon demeura t5dre1 gnreux1 en?\sia/e4 ,les tats de ,b\rgogne avai5t tabli un conc\rs p\r un gr& prix de pe9ture2 ils envoyai5t t\s les ans ,rome le laurat de la prov9ce4 ,prudhon qui conc\rait tait l'uvre connue de c\tume avec une noble ardeur4 ,un j\r1 trav]s la cloison qui le sp>e de son vois91 il ent5d des sanglots3 un lve se dsesprait et s'indignait contre son inspiration4 ,prudhon s\rit d'abord1 il s'att5drit ensuite1 et1 s'oubliant lui-mme1 il dta*e une plan*e1 pntre dans la loge vois9e et a*ve la composition de son cam>ade4 ,la gnrosit lui donna plus de tal5t qu'il n'en avait eu jusque-l3 aussi son cam>ade obt9t le prix2 mais honteux de sa victoire1 il av\a qu'il la devait ,prudhon4 ,les tats de ,b\rgogne rp>r5t l'erreur3 un cri d'admiration se rp&it avec clat2 ses rivaux l'embrassr5t et le portr5t en triomphe p> t\te la ville4 ,il p>tit p\r ,rome1 laissant sa femme et ses enfants la g>de de sa mre et de ,dieu1 esprant rev5ir de la ville t]nelle1 s9on ri*e1 du mo9s avec assez de tal5t p\r le dev5ir2 il p>tit heureux de retr\v] sa lib]t1 bl\i p> cet horizon de *efs-d'uvre qu'il allait tudi]4 ,arriv ,rome1 il tr\va un ami dans ,canova2 cette amiti fut la plus belle1 la plus noble1 la plus sa9te de sa vie3 t\t s'y tr\va1 jusqu'au sacrifice3 elle consola ,prudhon de l'am\r4 ,il y a trois hommes ici1 lui dit un j\r ,canova1 dont je suis jal\x4--,je ne connais et je n'aime que v\s1 lui rpondit ,prudhon4--,et ,raphal2 et ,lon>d de ,v9ci1 et le ,corrge6 reprit ,canova2 v\s passez t\t votre temps avec eux1 v\s les c\tez1 v\s leur confiez vos rves1 v\s allez de l'un l'autre1 de celui-ci celui-l1 v\s n'avez jamais f9i d'admir] ce qu'ils dis5t4 ,si ,prudhon et c\t ,canova1 il et pass sa vie ,rome1 lo9 de la ,france qui lui fut +rate1 lo9 de sa femme qui lui fut infidle4 ,le prov]be dit que les abs5ts ont tort2 ils ont quelquefois tort de rev5ir4 ,p\r les imag9ations potiques1 les abs5ts ont raison3 le s\v5ir ne g>de en am\r que le ct *>mant2 c'e/ un miroir magique o les mauvais tableaux ne se reflt5t jamais4 ,or1 ,prudhon avait aim sa patrie et sa femme3 p> les prismes du lo9ta91 il revoyait avec un *>me inf9i les beaux paysages de la ,b\rgogne2 sa femme elle-mme avait repris1 grce l'abs5ce1 je ne sais quel attrait p]du de sa premire jeunesse4 ,et puis il avait laiss l-bas un autre am\r plus grave1 sa vieille mre qui l'att5dait p\r m\rir4 ,malgr les in/ances de ,canova1 il p>tit1 lui promettant de rev5ir bi5tt4 ,ils ne se revir5t pas1 mais ils fur5t fidles l'amiti1 fidles ce po9t1 qu'ils m\rur5t en mme temps1 comme p\r se revoir l-haut dans l'immortelle gal]ie du roi des arti/es4 ,qu& il rev9t en ,france1 sa mre v5ait de m\rir2 sa femme tait1 comme d'habitude1 d'humeur peu conjugale2 la ,france n'tait plus un royaume et n'tait pas encore une patrie2 les premires rumeurs de la ,rvolution s\fflai5t sur le pays comme un v5t d'orage2 on tait en #aghi3 c'tait l'heure de l'exil p\r les arts4 ,prudhon1 qui se rsignait t\j\rs1 se rsigna4 ,aprs avoir embrass sa femme et ses enfants1 il p>tit p\r ,p>is1 croyant qu'en t\t temps1 mme en rvolution1 c'tait encore le meilleur pays p\r *]*] =tune4 ,il arriva ,p>is en =t m9ce quipage2 il prit un gte dans un pauvre htel plus ou mo9s g>ni1 en att5dant qu'il put l\] un ateli]4 ,il ne tr\va ri5 faire1 p>tant ri5 mang]4 ,ce tra9 de vie ne p\vait le m5] bi5 lo92 il f\la aux pi$s sa fi]t2 il ouvrit b\tique1 ce pauvre gr& pe9tre2 il fit des portraits en m9iature1 il hi/oria des ttes de lettres1 des billets de conc]t1 des factures de comm]ce2 il enjoliva des c>tes d'adresse et des botes bonbons4 ,je fais1 disait-il avec un tri/e s\rire1 t\t ce qui conc]ne mon tat4 ,c'tait l un labeur ple9 d'angoisses2 il s5tait bi5 qu' ce mti] il p]dait son temps le plus prcieux1 ce temps bni du ciel que la jeunesse rp& de ses ma9s fleuries4 ,p\r se consol]1 il vivait de peu et envoyait sa famille le re/e de son ga94 =ce de portraitur] des hros de pacotille dix ou v+t francs p> tte1 il f9it1 au b\t de deux trois ans1 p> amass] un milli] d'cus1 de/9s lui p]mettre de r$ev5ir arti/e4 ,dj l'horizon se r\vrait p\r lui mo9s sombre et mo9s froid2 la gloire1 qu'il avait p]due de vue1 recomm5ait lui s\rire4 ,il repr5ait sa vie familire avec le ,corrge1 ,raphal et ,leon>d de ,v9ci2 il crivait ,canova p\r lui confi] ses d\leurs2 ,canova lui envoyait l'esprance dans ses rponses4 ,greuze aussi lui disait d'espr]2 ,greuze avait de bonne foi et de bon cur reconnu le gnie de ,prudhon4 ,celui-l1 disait-il s\v5t1 ira plus lo9 que moi 7et ,greuze croyait1 avec raison1 all] plus lo9 que ,david et ,girodet72 il enf\r*]a les deux sicles avec des bottes de sept lieues4 ,mais le milli] d'cus tait le pot au lait de ,p]rette4 ,madame ,prudhon1 appr5ant vaguem5t que son m>i comm5tait faire =tune1 se mit en r\te p\r le jo9dre avec ses enfants2 il fallut bi5 la recevoir1 il fallut bi5 vivre en communaut de cur et d'arg5t3 tant qu'il y eut de l'arg5t1 c'e/--dire p5dant trois mois1 t\t alla bi52 mais qu& la misre v9t repr5dre sa place au foy]1 t\t alla mal4 ,madame ,prudhon aimait brill]1 comme t\tes les femmes qui ne sont pas belles4 ,le pauvre pe9tre fut rduit b]c] et amus] ses enfants4 ,il en eut bi5tt six1 six b\*es impitoyables qui dem&ai5t t\j\rs4 ,s\v5t ,greuze a surpris ,prudhon bau*ant un tableau au milieu de ses six enfants1 deux sur ses g5\x1 un sur le dossi] de son fauteuil1 les autres ses pi$s4 ,il ne se plaignait po9t2 il accueillait t\s ces cris1 t\tes ces gambades1 t\s ces caprices p> ce beau s\rire de rsignation qu'il avait appris de bonne heure4 ,cep5dant le temps1 lo9 de calm] l'humeur altire et vagabonde de madame ,prudhon1 l'irrita davantage4 ,la b\rrasque s\fflait t\j\rs sur le feu2 dpite de p]dre en vieillissant les grces maussades qu'elle avait reues de la nature1 n'ayant ni la v]tu1 ni l'esprit1 ni la mat]nit p\r refuge1 elle dev9t encore plus ac>itre et plus m*ante1 t\te hrisse d'p9es1 disait ,prudhon4 ,aprs dix-huit ans d'une p>eille communaut1 il prit une rsolution viol5te3 il se sp>a de corps et de bi5s de madame ,prudhon4 ,c'tait sp>] le p>adis de l'enf]4 ,comme c'tait un galant homme1 il fit une p5sion sa femme et se v\lut *>g] de t\s les enfants4 ,le dirai-je8 le suicide l'avait s\v5t t5t2 plus d'une fois il avait t prs d'en f9ir avec t\tes ses misres4 ,il s'tait t\j\rs rsign vivre p\r ses enfants4 ,sp> de sa femme1 il respira2 le ciel lui sembla plus pur1 la nature plus s\riante et les hommes meilleurs2 il va sans dire que les femmes y gagnr5t aussi4 ,la =tune elle-mme lui fut ds ce j\r mo9s rebelle2 elle v9t plus d'une fois s9on s'asseoir1 du mo9s se repos] sa porte4 ,il n'avait pas encore sa vraie place au soleil1 mais il n'tait plus dans la nuit3 son gnie comm5ait po9dre l'horizon1 non pas encore dans un horizon sans nuages4 ,t\s les ennemis du vrai tal5t1 les mdiocrits de t\te sorte1 les avortons et les sots t5tai5t d'obscurcir ce soleil levant4 ,ceux-ci1 p>ce qu'il tait svre1 lui niai5t la grce2 ceux-l1 p>ce qu'il tait gracieux1 lui niai5t la svrit4 ,il y avait si longtemps qu'on n'avait vu en ,france un pe9tre la fois svre et gracieux6 ,malgr les envieux1 ,prudhon en tait arriv ce po9t de la r\te o t\t ce qui se fait p\r ou contre un tal5t lui aj\te de l'clat4 ,mais la gloire et la =tune arrivai5t bi5 t>d p\r un homme de gnie qui avait pli jusqu' plus de qu>ante ans dans la misre et l'obscurit1 dans les s\cis de famille et les d\leurs conjugales4 ,quoique jeune encore1 ,prudhon ne s5tait plus la jeunesse aut\r de lui2 son cur tait sombre et dva/2 c'tait le ds]t dans la nuit2 pas un rayon1 pas une fleur2 l'esprance mme1 cette h]be qui p\sse jusque sur les tombeaux1 ne v]doyait plus p\r lui4 ,mais ,dieu1 t\* sans d\te de ses l>mes et de son labeur1 lui r5dit la jeunesse4 ,il lui fut p]mis comme p> miracle1 d'espr] et de s\rire encore1 de retr\v] un long pr9temps d'am\r1 ou plutt de trav]s] un automne ple9 de fleurs et de rayons1 d'ombrages et de s5ti]s4 ,greuze tait mort2 on tait en #ahje2 sa meilleure lve1 mademoiselle ,may]1 v\lant retr\v] les grces de son matre1 alla droit l'ateli] de ,prudhon1 qui ne cons5tit qu' regret all] donn] des leons l'lve de son vieil ami4 ,cep5dant mademoiselle ,may] avait beauc\p de sduction3 c'tait une brune enj\e1 en?\sia/e1 t\j\rs s\riante1 t\j\rs passionne4 ,elle tait lo9 d'avoir la beaut que ,prudhon donnait ses figures de vi]ges ou de nymphes2 mais1 malgr son te9t basan et ses pommettes saillantes1 elle avait un attrait qui frappait les plus philosophes4 ,ses yeux et ses lvres rp&ai5t du feu2 si sa figure n'tait pas faite p> les ,grces1 on voyait que l',am\r y avait mis la ma94 ,prudhon1 plus ins5sible que t\s les autres1 ne put se df5dre de prime abord d'un c]ta9 plaisir secret la vue de cette physionomie ard5te et expressive1 que la religion de l'art ennoblissait4 ,peu peu les leons dev9r5t plus longues2 ,prudhon ne s'en d\tait po9t1 mademoiselle ,may] ne s'en plaignait po9t4 ,bi5tt l'am\r fut de la p>tie2 tantt donnant1 tantt pr5ant la leon1 l'am\r n'tait pas le plus mauvais matre4 ,enf9 le pe9tre et son colire s'aimr5t1 l'un avec une t5dresse rajeunie1 l'autre avec t\te l'ardeur des v+t ans4 ,v]s ce temps-l1 mademoiselle ,may]1 ayant p]du son pre1 se rfugia *ez ,prudhon1 ne croyant pas1 dans la puret de son cur1 qu'il y et gr& mal devant ,dieu remplac] une mauvaise femme1 qui n'avait laiss sur ses pas qu'abme et dva/ation4 ,elle avait un peu de =tune1 elle en ab&onna presque t\s les rev5us aux enfants de ,prudhon4 ,p>mi ces enfants1 il y avait une fille de v+t ans1 qui dev9t l'amie insp>able de cette seconde mre4 ,le monde1 qui ne voit jamais d'un bon il une n\velle faon d'ex]c] la v]tu *rti5ne1 surt\t qu& on brave les lois qu'il a faites1 ne tr\va pas une pigramme contre mademoiselle ,may]4 ,c'e/ qu'elle n'avait pas r\gi en entrant *ez ,prudhon1 c'e/ qu'elle avait fran*i le seuil le front haut1 le cur ple91 avec la v]tu p\r compagne4 ,la v]tu des femmes n'e/ pas t\j\rs la va9e pudeur2 quelquefois c'e/ l'humble *>it4 ,mademoiselle ,may] recueillit bi5tt plus de preuves d'e/ime que bi5 des dames de qualit m>ies p>-devant notaire et p>-devant l'glise4 ,on comprit dans le monde qu'il y avait entre elle et ,prudhon plus qu'un s]m5t et une feuille de papi] timbr4 ,on les r5contra au bal1 au conc]t1 la prom5ade1 avec la figure des g5s qui sont heureux et fi]s de vivre ensemble4 ,on allait eux1 on les ftait sans hypocrisie1 on leur dem&ait sans malice des n\velles de la jeune famille4 ,mademoiselle ,may] tait la vraie mre des enfants de ,prudhon2 c> n'e/-ce pas l'am\r qui fait la mre8 ,enf9 ce m>iage d'un n\veau g5re p>ut lgitime t\t le monde1 mme ,napolon2 a9si1 qu& les arti/es fur5t dlogs du ,l\vre1 ,prudhon et mademoiselle ,may] obt9r5t *acun un app>tem5t la ,sorbonne2 plus t>d1 le j\r o ,napolon plaa de sa ma9 royale une croix sur le cur de ,prudhon1 deux jolis tableaux anacrontiques de mademoiselle ,may] fur5t a*ets1 p> une galant]ie dlicate1 au nom de l',emp]eur4 ,prudhon fit le portrait de ,josph9e et donna des leons de pe9ture ,m>ie-,l\ise4 ,il a laiss plusieurs portraits du roi de ,rome et de ,m4 de ,talleyr&4 ,le fameux diplomate ne se lassait pas d pos] dans l'ateli] du pe9tre1 p\rvu qu'il tr\vt s'gay] avec l'esprit de mademoiselle ,may]4 ,plus d'une fois ,prudhon eut enregi/r] bi5 des mots *>mants lancs de "p et d'autre2 aussi disait-il en f9issant le portrait3 ,il n'y manque que l'esprit#eh4 ,prudhon1 arriv l5tem5t au bonheur aprs les plus rudes preuves1 se dta*a de j\r en j\r des vanits huma9es3 l'clat et le bruit l'importunai5t2 il aimait mieux le ptillem5t du feu1 le soir1 qu& la voix arg5t9e de mademoiselle ,may] arrivait son cur avec la voix de ses enfants1 que t\tes les fanf>es de la gloire4 ,il adorait la pe9ture p\r la pe9ture3 aussi1 le j\r de sa nom9ation l'in/itut1 t\t proccup p> une figure de nymphe qu'il v5ait de crer1 il conduisit un de ses amis devant la toile avec l'orgueil naf d'un enfant4 ,mais1 lui dit le visiteur1 n'avez-v\s donc pas t nomm l',in/itut8--,ah6 c'e/ vrai1 dit ,prudhon avec quelque surprise1 j'oubliais de v\s l'appr5dre4 ,son bonheur tait de ceux qui aim5t l'ombre1 le sil5ce1 la mlancolie4 ,c'tait un bonheur voil p> le s\v5ir et p> le press5tim5t4 ,selon un pote arabe1 le bonheur le plus pur e/ un ciel de pr9temps trav]s de lg]s nuages4 ,celui qui e/ s\s le ciel du bonheur ne *]*e voir que des nuages2 il les suit du nord au midi1 de l'ori5t l'occid5t1 esprant sans cesse que le ciel va dev5ir pur1 mais sans cesse l'horizon *asse d'autres nuages4 ,comme t\s les hommes1 ,prudhon1 quoique philosophe1 voyait les nuages plutt que le ciel4 ,entre l'horizon de l'av5ir et l'horizon du pass1 ,dieu1 mademoiselle ,may]1 ses enfants1 lui montrai5t en va9 l'azur o viv5t les bi5heureux3 il p]si/ait voir les nues4 ,malgr sa gaiet native1 mademoiselle ,may] aussi f9it p> se c\vrir peu peu du voile de ,prudhon4 ,il y avait prs de v+t ans que ces deux amants vivai5t des mmes ides et des mmes ardeurs4 ,v+t ans d'am\r6 ,de la gaiet foltre1 mademoiselle ,may] passa la mlancolie qui s\rit encore2 de la mlancolie la tri/esse il n'y a qu'un pas2 en fran*issant ce pas1 mademoiselle ,may]1 qui mettait de l'ardeur t\t1 alla jusqu' la dsesprance4 ,elle se mit cultiv] avec une joie funbre les ples fleurs de la mort4 ,en va9 on lui dem&ait raison de sa tri/esse4 ,elle ne rpondait pas2 s'il me fallait rpondre p\r elle1 je dirais que1 le j\r o elle vit la jeunesse qui fuyait avec les ,grces moqueuses1 un fantme v9t la visit] et lui p>l] de la tombe1 la tombe qui ensevelit les rides et les *eveux blancs4 ,ce fantme1 qui t\rm5ta les premires gnrations du dix-neuvime sicle1 n\s l'appelons le suicide4 ,il p>la longtemps de sa voix funbre mademoiselle ,may]2 il ne lui fit pas grce d'une anne2 il l'appela mademoiselle d'un air railleur1 t\t en lui p>lant de ses qu>ante ans4 ,elle eut le v]tige2 durant trois j\rs elle vcut cte cte avec la mort1 quoique ,prudhon demeurt avec elle4 ,l'abme v5ait de s'ouvrir1 elle ne put qu'y tomb]4 ,ici1 j'en suis f* p\r cette hi/oire1 qui f9irait mieux p> une page de posie1 je n'ai plus qu' reproduire une page de la ,gazette des ,tribunaux4 ,le mat9 du #f m>s #ahba1 mademoiselle ,may] tait seule dans son app>tem5t2 elle n'avait ce j\r-l vu que son mdec9 et une jeune lve4 ,la veille1 elle avait dit bonsoir ,prudhon avec des l>mes dans la voix4 ,un bruit s\rd appelle les g5s du vois9age2 on acc\rt1 on se prcipite1 on tr\ve la pauvre femme baigne dans son sang1 s\s une glace o sans d\te elle avait tudi la mort4 ,en un mot1 elle s'tait c\p la gorge avec le rasoir de ,prudhon4 ,p\rquoi faut-il le dire8 ,p\rquoi faut-il expliqu] la tri/e f9 de cette vie t\te de grce et de cur1 d'art et d'am\r8 ,prudhon ne survcut gure ce c\p t]rible1 seulem5t son agonie fut l5te4 ,jusqu'au d]ni] mom5t il t9t firem5t son p9ceau1 disant qu'il v\lait m\rir sur la br*e4 ,qu& la mort le prit1 il s'ab&onnait cette belle inspiration qu'il a laisse dans son ,*ri/ m\rant4 ,la mort e/ v5ue deux ou trois j\rs trop tt1 mais je l'att5dais1 disait-il ses amis4 ,en effet1 il avait a*et les six pi$s de t]re o il repose au ,pre-,la*aise1 vis--vis de la spulture de mademoiselle ,may]4 ,il allait s\v5t1 dans ses d]ni]s j\rs1 rv] sur ces deux tombes#ei4 ,il m\rut le #af fvri] #ahbe2 ,gricault tait mort en #ahbd4 ,en mo9s d'un an la ,france p]dit peut-tre ses deux plus gr&s pe9tres4 ,prudhon et mademoiselle ,may] ont eu le desse9 sans cesse r5aissant de faire leur portrait l'un p> l'autre3 il n'en fut ri54 ,seulem5t1 un j\r de di/raction1 seuls l'ateli]1 se reposant des uvres srieuses1 ils prir5t *acun une m*ante feuille de papi]1 et1 dans la mme sance1 ,prudhon fit un *>mant croquis de mademoiselle ,may]1 t&is que celle-ci dess9ait gr&s traits la noble et d\ce figure de son ami4 ,prudhon1 dans son croquis1 avec une simple e/ompe releve de blanc1 a saisi t\t l'attrait et t\t le feu de cette physionomie de crole4 ,il a habill sa matresse avec un co/ume de l',empire2 mais1 grce au pe9tre1 le co/ume e/ *>mant3 on voit bi5 qu'elle e/ coiffe p> lui2 ses *eveux1 s'*appant du b&eau la grecque1 retomb5t sur ses j\es en t\ffes abondantes2 ,homre n'et pas mieux coiff ,diane la *ass]esse3 t\te la grce antique e/ l4 ,malheureusem5t1 mademoiselle ,may] a affubl ,prudhon du co/ume de l',empire3 c'e/ presque de la c>icature4 ,mais elle a bi5 saisi le c>actre de cette figure qu'elle aimait jusqu' l'en?\siasme4 ,cette figure1 trs-acc5tue1 e/ tri/e1 d\ce et svre2 la p5se veille sur le front1 un s\rire ad\cit les lvres1 mais c'e/ bi5 l le s\rire de rsignation d'un cur bless qui se ca*e4 ,ce qui c>actrise surt\t ,prudhon1 c'e/ l'exquise posie3 il e/ pote autant qu'il e/ pe9tre1 c> il pe9t p\r l'me comme p\r les yeux2 t\t en retraant les plus gracieuses ondulations des =mes huma9es1 il rp& avec onction le s5tim5t qui vi5t du cur illum9] le front1 les yeux et les lvres4 ,un matriali/e disait1 en voyant une des adorables figures de femmes cres p> ,prudhon3 ,il s]ait capable de me faire croire l'immortalit de l'me#fj4 ,prudhon n'avait pas seulem5t la div9ation de l'art1 il en avait la sci5ce4 ,on se s\vi5t qu'il tr\va la c\leur1 treize ans1 dans les h]bes et dans les fleurs4 ,il ne s'e/ pas born l3 il a laiss dans ses lettres des pages dignes d'tre reproduites1 qui pr\v5t que ce n'tait pas l un de ces arti/es ignorants qui arriv5t au gnie sans savoir p\rquoi4 ,la nature donne l'exemple de la plus ri*e v>it1 et1 si elle a model le g5re huma9 sur un type semblable1 n'en a-t-elle pas modifi l'inf9i la c\leur1 les =mes et la figure8 ,et v\s v\lez que1 tmo9 j\rnali] de ses v>iations1 j'adopte p\r exprim] ce que je vois un /yle trang] leur nature 7c'tait l une pigramme contre l'cole de ,david78 ,autant vaudrait dans un tableau adopt] la mme figure et le mme s5tim5t p\r t\s les hommes1 et la mme beaut p\r t\tes les femmes4 ,je ne puis ni ne veux voir p> les yeux des autres3 leurs lunettes ne me vont po9t4 ,la lib]t1 c'e/ la =ce des arts4 ,p>ce que ,rac9e et ,corneille ont fait des *efs-d'uvre1 faut-il ne plus p>l] et ne plus crire qu'en v]s alex&r9s8 ,on a dit de ,prudhon1 ce fils du ,corrge1 qu'il tait le frre d',&r ,*ni]4 ,mais dans le gnie de ,prudhon il y a l'alliance de la grce antique et du s5tim5t *rti51 que ne connut pas ,&r ,*ni]4 ,l'imag9ation de ,prudhon voyageait au pays d',homre1 mais son cur habitait la contre que le ,*ri/ a fconde de son sang4 ,il a ses j\rs de foi o il pe9t des crucifiem5ts1 ses j\rs de *>it o il pe9t la ,famille malheureuse1 ses j\rs d'esprance o il pe9t l'me s'envolant au ciel4 ,et qu& ,prudhon e/ paen1 il l'e/ avec t\te son me4 ,prudhon a dpass ,david1 comme ,&r ,*ni] a dpass ,m>ie-,joseph ,*ni]#fa4 ,avec ,david1 on se rveille dans la ,rome politique4 ,avec ,prudhon1 on se rveille dans l'antiquit des potes3 je me trompe1 on sommeille et on rve dans l',olympe4 ,c'e/ la nuit1 c'e/ le crpuscule1 c'e/ le soleil voil4 ,les desses desc5d5t des nuages t\tes nues1 am\reuses mais pudiques4 ,non lo9 des desses1 voici les demi-desses qui symbolis5t les passions huma9es dans leurs potiques aspirations4 ,n'ent5dez-v\s pas le *ant lo9ta9 des bac*antes dans les vignes brles8 ,ne voyez-v\s pas se j\] devant v\s1 s\s les rames voluptueuses1 ces ,am\rs et ces ,zphyrs qui ondul5t dans les demi-te9tes en grappes d'or et de p\rpre8 ,quel pote et quel musici5 que ce pe9tre6 t\t *ante en lui et aut\r de lui4 ,son crayon1 c'e/ une mlodie ari5ne2 son p9ceau1 c'e/ une h>monie mat9ale4 ,note #eh3 ,prudhon avait le gnie de l'allgorie4 ,j'aime le palais diaphane1 disait-il4 ,la ville de ,p>is lui dem&a les dess9s du b]ceau p\r le roi de ,rome4 ,il e/ curieux1 auj\rd'hui1 de voir ce b]ceau o l'arti/e avait en quelque sorte prdit l'av5ir4 ,il s'lve sur quatre cornes d'abondance2 il e/ appuy sur la ,=ce et la ,ju/ice2 des abeilles d'or le p>sm5t2 ses pi$s1 un aiglon e/ prt pr5dre son vol4 ,il e/ ombrag d'un rideau de d5telles sem d'toiles4 ,deux bas-reliefs orn5t les cts3 d'un ct1 la nymphe de la ,se9e1 c\*e sur son urne1 reoit l'enfant de la ma9 des dieux2 de l'autre ct on voit le ,tibre1 et prs de lui la l\ve de ,romulus3 le dieu s\lve sa tte c\ronne de roseaux1 p\r voir l'horizon un a/re n\veau qui doit r5dre ses rives leur spl5deur antique4 ,aprs avoir pe9t le b]ceau1 il peignit l'enfant2 il le peignit dormant dans un bosquet de palmes et de lauri]s1 clair p> la gloire1 protg p> deux tiges de la fleur impriale4 ,le roi de ,rome1 mme s\s le p9ceau de ,prudhon1 e/ t\t simplem5t un joli m>mot b\ffi et g\rm& qui t5d la ma9 v]s le se9 de sa n\rrice4 ,note #ei3 ,aux amis qui assi/ai5t sa mort il disait1 avec un s\rire de rsign3 ,ne pleurez po9t1 je ne vais pas m\rir2 je vais p>tir4 ,cette lettre1 qui e/ un d]ni] adieu1 n\s le montre t5dant les liras la mort4 ,oh6 que la *ane de la vie e/ pesante6 ,seul sur la t]re1 qui m'y reli5t encore8 ,je n'y t5ais que p> les li5s du cur3 la mort a t\t dtruit4 ,ma vie e/ le nant2 l'esprance ne dissipe po9t l'horreur des tnbres qui m'environn5t4 ,elle n'e/ plus1 celle qui devait me suivre6 ,la mort que j'att5ds vi5dra-t-elle bi5tt me donn] le calme o j'aspire8 ,c'e/ ta tombe1 mon amie1 que s'atta*5t t\tes mes p5ses4 ,on le voit1 malgr son gnie1 ,prudhon crivait dans le /yle des littrateurs de l',empire2 on e/ t\j\rs de son temps p> un ct quelconque4 ,prudhon app>t5ait cette tri/e priode qui dnaturait ,ossian et ,voltaire2 mais s'il t5ait mal la plume1 qu'importe8 il tait un homme de gnie le p9ceau la ma94 ,note #fj3 ,un tableau de ,prudhon1 les ,div9its de l',olympe1 m'a (f]t le curieux spectacle d'un homme qui *]*e dans la nuit encore la lumire du tal5t4 ,dans ce tableau1 ,prudhon s'e/ pe9t lui-mme en gnie4 ,sa tte e/ belle et intellig5te2 c'e/ presque ,apollon3 sans d\te le pe9tre s'e/ flatt4 ,il n'avait alors que v+t ans2 on voit qu'il tait dom9 p> le gt de son temps2 c'e/ la c\leur de ,greuze1 c'e/ le dess9 de ,d\*]2 p\rtant il y a dj dans cette uvre le press5tim5t du gnie1 c]ta9e f9esse1 c]ta9e fra*eur1 c]ta9e grce que ,prudhon seul avait apprises ou plutt tr\ves sans autre matre que la nature4 ,il peignait alors d'un p9ceau timide1 plutt en faon de m9iature qu'en faon de croquis4 ,note #fa3 ,supprimez un in/ant ,david4 ,que va-t-il arriv]8 ,prudhon1 longtemps mconnu1 s]a salu sa premire uvre et ti5dra le sceptre4 ,les n\veaux v5us1 au lieu de copi] le bronze ou la pi]re des /atues et des bas-reliefs1 au lieu d'all] l'cole de ,socrate1 copi]ont des hommes tels que ,dieu les a faits4 ,ce s]a l'cole d',homre et de ,?ocrite4 ,n\s n'aurons pas de philosophes1 mais des potes en pe9ture4 ,prudhon ne s]a pas seulem5t un gr& pe9tre1 ce s]a un gr& matre4 ,,eug,,ne ,,delacroix ,j'ai connu ,eugne ,delacroix de lo9 et de prs4 ,je l'ai tudi dans ses uvres1 je l'ai aim dans sa vie4 ,je cons]ve prcieusem5t ses lettres1 je g>de avec religion son s\v5ir4 ,la premire fois que je l'ai vu1 c'tait un s\p] de mademoiselle ,ra*el4 ,l'amiti colora nos mes1 comme un v9 gnreux emp\rpre les c\pes4 ,il y a deux ans1 j'crivais dans ,l',arti/e1 le l5dema9 d'un dn] *ez le pe9tre de la ,b>que du ,dante3 ,eugne ,delacroix e/ t\t aussi beau convive *ez lui que *ez les autres4 ,sa table e/ exquise2 le t\r de sa table1 qui n'e/ pas gr&e1 e/ t\t un ,olympe en habits noirs de demi-dieux de l'art3 pe9tres1 sculpteurs1 potes et musici5s4 ,p> malheur1 beauc\p de demi-dieux ont des *eveux blancs4 ,la gloire aime cela4 ,comme la ,muse de l'intimit y v]se aux convives d'une ma9 familire le v9 pur des vieilles amitis t\j\rs jeunes6 ,ces fe/9s o le rti e/ t\j\rs bi5 dor1 ces heures qui rp&5t des roses comme les heures de ,raphal la ,f>ns9e1 ce qui ret\rn5t en p]les gr5es dans l'ocan de l'inf9i1 qui les retr\v]a8 ,la mort ne p]met pas aux mmes convives de rev5ir la mme table3 il faut que le /yle de l'hi/oire les grave dans le s\v5ir de ceux qui re/5t4 ,je me s\vi5s d'une de ces ftes3 ,eugne ,delacroix1 ,victor ,hugo1 ,alfr$ de ,musset1 ,pradi]1 mademoiselle ,ra*el1 madame de ,gir>d91 qui encore8 ,de t\s ces vivants immortels1 ,delacroix seul re/e deb\t ,p>is1 t\j\rs vaillant1 sans avoir blan*i d'un *eveu4 ,que les dieux ne l'appell5t qu'aprs sa j\rne faite1 ce travailleur indompt qui s]ait si dsol de p]dre ses heures de soleil6 ,hlas6 le soleil1 son matre1 celui qu'il osait pe9dre face face dans son *> de feu la gal]ie d',apollon1 le soleil revi5t indiffr5t t\s les mat9s son ateli] de ,p>is et de ,*amrosay1 mais ,eugne ,delacroix ne lui pr5d plus ses rayons4 ,la nuit t]nelle s'e/ rp&ue sur le gr& pe9tre de la lumire4 ,en quelques annes la ,france a vu tomb]1 le ciseau ou le p9ceau la ma91 d'illu/res arti/es3 ,pradi]1 ,david d',ang]s1 ,sim>t1 ,ary ,s*eff]1 ,paul ,del>o*e1 ,decamps1 ,horace ,v]net et ,eugne ,delacroix1 le plus gr& de t\s4 ,je suis rev5u de lo9 p\r les funrailles d',eugne ,delacroix4 ,j'avais vu les funrailles de ,gros1 et j'avais foi encore en cette vaillante jeunesse qui avait arra* au corbill>d le c]cueil du pe9tre de la ,pe/e de ,jaffa p\r le port] pieusem5t jusqu'au cimetire4 ,mais je n'ai pas retr\v ce noble en?\siasme4 ,les jeunes de #ahed ont auj\rd'hui les *eveux blancs1 les jeunes de #ahfe n'ont-ils donc pas v+t ans8 ,ils ont laiss l',in/itut t\t l'honneur des funrailles du plus gr& des pe9tres contempora9s1--l',in/itut reprs5t pe9e p> une d\za9e des si5s6 ,o tait donc la ,france ce j\r-l8 'a t l'hi/oire des funrailles d',alfr$ de ,musset3 un peloton de g>de nationale1 quelques acadmici5s1 de r>es amis1 trois ou quatre femmes qui pleurai5t4 ,mais la vraie d\leur de quelques hommes hors ligne n'e/-ce pas le deuil de la ,france8 ,s]ont-ils mo9s gr&s le l5dema9 ce pe9tre et ce pote de notre jeunesse8 ,les gr&s hommes politiques des gr&s j\rnaux1 qui consacr5t t\s les j\rs un premi]-,p>is p>l] de t\t et de ri51 qui se g>d]ai5t bi5 d'omettre un nuage diplomatique1 n'ont pas jug que la mort d',eugne ,delacroix ft un vnem5t digne d'tre enregi/r4 ,c'e/ p\r les natures viol5tes comme ,eugne ,delacroix que le mot gnie a t cr3 en effet1 le mot tal5t ne convi5t pas ce matre impati5t1 fivreux1 emport1 qui dit que le f9i c'e/ l'inf9i4 ,le tal5t1 c'e/ la placidit de ,gr>d ,d[2 le gnie1 c'e/ la furia de ,mi*el-,ange2 le tal5t s'applique au p9ceau qui s'puise p>a*ev] une tulipe1 comme celui de ,van ,huysum2 le gnie1 c'e/ le p9ceau qui cre des mondes1 qui dvore l'espace1 qui jette feu et flamme1 qui traduit p> la gr&eur et p> la beaut l'uvre de ,dieu4 ,c'e/ ,eugne ,delacroix4 ,eugne ,delacroix tait un pe9tre hroque4 ,il app>t5ait la gr&e famille des matres absolus1 des despotes1 des tyrans4 ,c'tait un arti/e de gr&e race1 sa ma9 tait fire1 son me rayonnait4 ,ce que j'admire en lui1 c'e/ que la sci5ce n'a pas tempr l'audace3 il *]*ait t\j\rs les av5tures comme s'il avait t\j\rs eu v+t ans2 mais n'a-t-il pas eu v+t ans t\te sa vie8 tudiez sa figure1 c'e/ le masque de l'intellig5ce4 ,ce front *]*e et se heurte aux nues2 ces *eveux1 t\j\rs noirs1 t\j\rs abondants1 m>qu5t la p]si/ante jeunesse2 ces yeux pr(onds1 ombrags de cils et de paupires1 dfi5t les rayons du soleil2 ce nez f91 bi5 atta*1 bat des n>9es avec impati5ce2 cette b\*e e/ ddaigneuse1 mais ca*e la bont4 ,les j\es sont battues et plies p> les passions du gnie4 ,l'me e/ recueillie1 mais au mo9dre *oc elle va clat] comme le tonn]re4 ,ce portrait n'a qu'un dfaut3 il reprs5te l'arti/e au repos4 ,eugne ,delacroix1 l'homme de l'action1 ne s'asseyait que p\r se mettre table4 ,il p5sait deb\t1 il p>lait deb\t1 il travaillait deb\t4 ,je me rappelle qu'il n'y avait pas un banc dans son j>d94 ,le pe9tre avait ses j\rs de rv]ie1 mais non de rv]ie oisive4 ,avant ,eugne ,delacroix1 on n'avait jamais qu'entrevu le pays radieux irrvl avant lui4 ,comme ,rembr&t1 comme ,watteau1 il a cr son monde dans les arts au temps o l'on croyait que t\s les matres avai5t dit leur d]ni] mot4 ,les gr&s sicles de l'antiquit et de la ,r5aissance ne r5atront pas avec leurs peuplades d'hommes de gnie1 mais la ,france n'e/ pas encore infconde2 ses mamelles sont t\j\rs ple9es de lait1 et plus d'une b\*e aime des dieux1 comme dit le pote1 ira y puis] la soif de l'immortalit4 ,il ne faut pas dire d',eugne ,delacroix que c'tait un colori/e1 il faut dire que c'tait le colori/e4 ,vronse avait le coloris clatant1 ,rembr&t le coloris magique1 ,eugne ,delacroix tait t\r t\r clatant et magique2 il j\ait de la c\leur comme ,pagan9i j\ait du violon1 t\j\rs matre de sa gamme et ne dtonnant jamais4 ,la critique lui conseillait d'os] faire des sacrifices et de ne pas si s\v5t t\ff] la ligne s\s le prisme2 mais dans sa lum9euse ivresse il tait si loqu5t qu'il enivrait t\t le monde1 mme la critique4 ,celui qui repro*e ,eugne ,delacroix de n'avoir pas l'am\r de la ligne e/ celui qui repro*e ,m4 ,+res de n'avoir pas l'am\r de la palette4 ,m4 ,+res a ses raisons p\r ne pas t\ff] son beau dess9 s\s la c\leur2 son loqu5ce e/ dans la ligne3 il veut dom9] p> l4 ,m4 ,+res e/ p>ti du bas-relief antique1 ,m4 ,eugne ,delacroix e/ p>ti de la passion mod]ne4 ,qu'importe1 puisqu'ils sont1 le premi] dans la rgion s]e9e1 le second dans la zone orageuse1 l'honneur de notre cole mod]ne6 ,did]ot se prom5ant avec ,*>d9 devant les tableaux du ,salon de #agfe1 disait son ami3 ,t\t cela e/ trs-bi51 mais o e/ le dmon8 ,qui de n\s n'a fait v+t fois la mme rem>que devant les uvres contempora9es3 ,t\t cela e/ trs-bi52 poses acadmiques1 tudes d'aprs nature1 sages compositions1 c\leurs gr& or*e/re2 t\t cela e/ trs-bi51 mais o e/ l'me8 ,qu& on s'appro*e d'un tableau d',eugne ,delacroix1 c'e/ l'me qui v\s saisit d'abord4 ,p\r lui1 le gr& secret n'e/ pas de faire t\t btem5t ce qu'il voit p> l'il simple1 c'e/ de rp&re sur sa toile les lumires de l'inspiration1 c'e/ d'y montr] son me t\r t\r pan\ie ou crucifie4 ,le vrai ralisme n'e/ pas de faire vrai p\r les yeux1 mais de faire vrai p\r l'esprit4 ,p\r ce gr& pe9tre de la passion1 la vie a t une lutte quotidi5ne1 la lutte du gnie contre l'op9ion4 ,qu& il tait enfant1 un f\ lui tira son horoscope4 ,sa g\v]nante l'avait conduit la prom5ade1 un homme lui pr5d la ma91 l'exam9e trait p> trait1 et dit en ho*ant la tte4 ,cet enfant devi5dra un homme clbre1 mais sa vie s]a des plus laborieuses et des plus t\rm5tes4 ,eugne ,delacroix1 qui n'avait pas oubli les p>oles du f\1 disait s\v5t3 ,voyez1 je travaille t\j\rs1 et je suis t\j\rs conte/4 ,ce f\ tait un dev94 ,eugne ,delacroix p\rtant v\lant se donn] des j\rs de p>esse1 s'tait donn une maison de campagne2 mais1 dans sa mauvaise habitude de travail1 il y avait tabli un ateli]4 ,le ri5 faire de ces mes de feu effray]ait les ouvri]s les plus robu/es1 ceux-l qui dem&5t t\j\rs le droit au travail4 ,mais l'homme de gnie e/ condamn aux travaux =cs p]ptuit4 ,quelle bonne =tune p\r celui qui l'arra*ait sa palette et le t5ait sa table deux heures durant6 c> ,eugne ,delacroix tait l'hte le plus gai1 le plus imprvu1 le plus lum9eux qu'on pt avoir4 ,de mme qu'il tait arti/e sans cess] d'tre homme du monde1 il tait homme du monde sans cess] d'tre arti/e4 ,tel tait ,rub5s1 tel tait ,van ,dyck1 tels les matres ,vniti5s4 ,il p>lait de t\t comme un homme qui a voyag non pas sur la t]re classique ou dans les =ts vi]ges1 mais p> t\s les mondes de l'imag9ation4 ,il n'e/ pas un gr& pote1 depuis ,homre jusqu' ,byron1 dont il n'ait eu l'intimit1 pas un philosophe dont il n'ait habit les *teaux de c>tes1 pas un arti/e dont il n'ait trav]s l'ateli]4 ,l'idal ne le dom9ait pas au po9t qu'il ne desc5dt des fi]s sommets aux simples actions huma9es4 ,il a vu de lo91 il a vu de prs4 ,il savait la vie4 ,il avait tudi les hommes et les *oses hors de son ateli]4 ,il y a des arti/es qui ne sont suprieurs que dans leur ateli]4 ,eugne ,delacroix tait p>t\t suprieur4 ,il et discut pi$ pi$ avec le pr9ce de ,melt]ni*4 ,l'emp]eur l'a appel aux conseils de la ville de ,p>is3 ,napolon ,,iii aurait pu l'appel] t\t autre conseil4 ,son pre tait m9i/re3 comme son pre1 il avait le s5s pratique4 ,il jugeait un homme sans appel en un cl9 d'il4 ,son esprit tait subtil ce po9t qu'il v\s compr5ait au premi] mot4 ,si v\s tiez un f*eux1 il ne v\s laissait pas a*ev]2 si v\s p>liez bi51 il v\s laissait dire1 c> il aimait l'loqu5ce p\r l'loqu5ce1 comme il aimait les roses sans l5dema94 ,il savait t\t et savait oubli]1 ce qui e/ le sublime de la sci5ce1 c> il faut au gnie les heures nocturnes3 le soleil e/ plus beau p>ce qu'il se c\*e t\s les j\rs4 ,il me faudrait prcis] comme la ,bruyre p\r dire en peu de mots t\t le *>me et t\t l'esprit de ce beau convive des dn]s p>isi5s1 qui tait t\r t\r svre comme l'art et gai comme l'esprit4 ,madame de ,ma9t5on faisait oubli] le rti1 il et fait oubli] madame de ,ma9t5on4 ,que dirai-je de la vie d',eugne ,delacroix8 il a tant vcu dans ses uvres que je me dem&e s'il a pris le temps de vivre ailleurs4 ,mais les gr&es natures viv5t p>t\t et t\j\rs4 ,elles dvor5t v+t sicles en un sicle3 elles viv5t du pass et du prs5t4 ,p\r vivre a9si1 il faut avoir t tremp dans l'aci] du ,/yx4 ,si ,eugne ,delacroix et vcu c5t ans1 on ne l'aurait pas accus d'avoir t av>e de ses j\rs comme ,font5elle qui n'osait ni rire ni pleur]1 qui t\ffait en son me t\t am\r et t\te ha9e4 ,eugne ,delacroix e/ mort dans sa d]nire motion qu& ses bras n'avai5t plus la =ce de ret5ir son me volcanique4 ,eugne ,delacroix e/ n ,sa9t-,maurice1 presque ,*>5ton1 presque ,p>is1 en la d]nire anne du dix-huitime sicle1 le #bf avril2 mais son vrai pays natal e/ ,bordeaux1 puisque c'e/ ,bordeaux1 en voyant pe9dre des camaeux1 qu'il s5tit natre un pe9tre en lui4 ,son pre1 ,*>les ,delacroix1 avait t1 t\r t\r1 conv5tionnel1 m9i/re du ,directoire et prfet de l',empire4 ,suivant les =tunes div]ses de son pre1 il eut une enfance trs-accid5te4 ,je ne sais pas si une bonne fe a prs]v son b]ceau1 mais un j\r les flammes l'ont envahi1 l'ont c>ess1 l'ont presque dvor4 ,un peu plus t>d1 il s'empoisonne avec du v]t-de-gris de/9 lav] des c>tes gographiques4 ,un peu plus t>d1 il tombe dans le port de ,m>seille1 et n'e/ sauv que p> un miracle4 ,e/-ce t\t8 ,non1 il s'trangle avec un gra9 de rais91 comme le pote antique4 ,je ne le suivrai pas au lyce1 o il r5contra ,gricault1 ni l'ateli] ,gur91 o il tudia ,rub5s4 ,je ne s\lv]ai pas d'une ma9 indiscrte le voile du pass rp&u comme un *a/e l9ceul sur les premires passions4 ,j'arrive de pla9-pi$ au ,salon de #ahbb1 o se rvla ,eugne ,delacroix pe9e g de v+t-trois ans4 ,p\r cette gr&e rvlation1 il fallait un gr& hi/ori53 en #ahbb1 ,m4 ,?i]s faisait la critique du ,salon dans le ,con/itutionnel4 ,le futur homme d'tat reconnut du premi] reg>d un pe9tre dans l'inconnu qui exposait ,dante et ,virgile aux enf]s4 ,on peut y rem>qu] ce jet de tal5t1 cet lan de la supriorit naissante qui ranime nos esprances un peu dc\rages p> le mrite trop modr de t\t le re/e4 ,le p9ceau l>ge et f]me1 la c\leur simple et vig\reuse1 quoique un peu crue4 ,l'auteur a1 outre cette imag9ation potique qui e/ commune au pe9tre comme l'criva91 cette imag9ation de l'art1 qu'on p\rrait appel] en quelque sorte l'imag9ation du dess91 et qui e/ t\t autre que la prcd5te4 ,il jette ses figures1 les gr\pe1 les plie volont avec la h>diesse de ,mi*el-,ange et la fcondit de ,rub5s4 ,je ne sais quel s\v5ir des gr&s arti/es me saisit l'aspect de ce tableau2 je retr\ve cette puissance sauvage1 ard5te1 mais naturelle1 qui cde sans ef=t son propre entranem5t4 ,je ne crois pas m'y tromp]1 ,m4 ,delacroix a reu le gnie4 ,n'e/-il pas beau de voir l'hi/ori5 faire a9si l'hi/oire du l5dema98 ,n'e/-il pas beau de voir ,m4 ,?i]s son aurore salu] ,eugne ,delacroix son premi] soleil8 ,david avait appris la ligne l'ateli] de ,b\*]4 ,eugne ,delacroix apprit le coloris l'ateli] de ,gur94 ,en sortant de l'ateli]1 ,eugne ,delacroix a os se montr] colori/e jusqu' la viol5ce4 ,t\t am\reux qu'il ft de la r5omme1 il lui fallut la pr5dre p> =ce1 comme aux j\rs de pillage4 ,v5u au soleil c\*ant de ,david1 ce soleil plus clair que brlant2 v5u qu& dj le romantisme montrait son disque embrum au-dessus des tnbres du moy5 ge1 il ne fut ni grco-roma9 ni franco-gaulois2 il fut lui1--il fut contempora9 de lui-mme1 homme de son sicle4--,p5dant que d'autres int]rogeai5t les /atues de la ,grce antique1 il peignait1 en tr\vant des l>mes dans sa palette1 la ,grce mod]ne1 o m\rait ,byron3 le ,massacre de ,scio1 c'e/ la seule hi/oire qui n\s re/e de l'hroque r5aissance de ce peuple p]du4 ,p>alllem5t ,victor ,hugo1 il faisait sa rvolution4 ,on avait ador la ligne jusqu' l'all] tudi] dans le dess9 l9aire1 il osa pr\v] p> le /yle du coloris que la ligne n'exi/ait pas4 ,supprimez la c\leur1 supprimez le rayon1 que re/]a-t-il de l'uvre de ,dieu8 ,une uvre sans /yle1 une nature sans me4 ,cette rvolution fit plir encore l'cole de ,david4 ,malheureusem5t elle mit au monde une myriade de colori/es *evels qui s'imag9r5t1 tudiant mal le matre1 que t\te l'loqu5ce de la pe9ture tait dans la palette4 ,ce fut l'invasion des b>b>es4 ,mais un peu de b>b>ie fconde les civilisations malades4 ,la queue de l'cole davidi5ne1 a dit ,m4 ,?ophile ,gauti]1 tranait alors ses d]ni]s anneaux dans la p\ssire acadmique1 et ses tableaux n'tai5t plus que de faibles copies de bas-reliefs grecs ou roma9s4 ,les tons de pltre du modle se reproduisai5t si exactem5t dans les contre-preuves pe9tes1 qu'il eut mieux valu faire fran*em5t de la grisaille comme ,m4 ,abel de ,pujol4 ,aussi1 lorsque p>ur5t la ,b>que du ,dante et le ,massacre de ,scio1 les yeux habitus ces c\leurs crpusculaires fur5t-ils s+ulirem5t (fusqus p> cette int5sit ard5te et cet clat sup]be4 ,on p\ssa des cris de hib\ devant le soleil1 et les plus comiques fureurs se donnr5t libre c>rire3 l'art tait p]du6 c'en tait fait des sa9es traditions6 ,attila appro*ant de ,rome sur son petit *eval t\s cr9s ne produisit pas plus d'horreur1 de tumulte et d'p\vante4 ,cep5dant le c\p tait port1 et *aque ,salon dim9uait le nombre des ,ore/e en proie aux ,furies1 des ,ajax insultant les dieux1 des ,a*ille supplis p> ,priam4 ,%akespe>e1 ,g!1 ,byron1 les lg5des du moy5 ge1 f\rnissai5t des ?mes neufs au pe9tre audacieux qui sec\ait le j\g de l'cole p\r n'c\t] que son gnie4 ,jamais arti/e plus f\gueux1 plus *evel1 plus ard5t1 ne reproduisit les inquitudes et les aspirations de son poque2 il en a p>tag t\tes les fivres1 t\tes les exaltations et t\s les dsespoirs2 l'esprit du dix-neuvime sicle palpitait en lui4 ,mais il en cote t\j\rs *] p\r faire une rvolution1 mme sans le v\loir1 c> ,eugne ,delacroix ne songeait pas faire cole4 ,il ne v\lait que faire triomph] sa p]sonnalit1 comme nagure ,david4 ,ce qui et bi5 tonn ses ennemis alors1 c'e/ qu'il avait dans son ateli]1 ct d'une esquisse de ,gricault et d'une copie de ,rub5s p> ,delacroix--que j'a*t]ais bi5 p\r un ,rub5s--un portrait de ,david qu'il admirait beauc\p1 un *ef-d'uvre2 c>1 ma9t5ant qu'il n'y a plus ni classiques ni romantiques1 reconnaissons que ,david fut un gr& pe9tre4 ,eugne ,delacroix admirait ,david et ne v\lait pas l'imit]1 fidle cet axiome1 que celui qui imite l',iliade n'imite pas ,homre4 ,il lui en cota *] p\r rpudi] t\t air de famille avec ses contempora9s4 ,le duc de la ,ro*ef\cauld1 int5dant des ,beaux-,arts1 t5ta de le ram5] dans les voies consacres1 mais il se cabra4 ,qui pr\ve que ce n'e/ pas moi qui vois ju/e8--,t\t le monde4--,eh bi51 t\t le monde voit faux4 ,ce ne fut qu' l',exposition de #ahee1 un ti]s de sicle aprs ces p>oles1 que le roi ,t\t le monde prit enf9 les yeux d',eugne ,delacroix4 ,mais avant ce lgitime triomphe1 la vie de ce gr& arti/e fut une lutte de t\s les j\rs4 ,priv de travaux p> le duc de la ,ro*ef\cauld1 il fut rduit faire des li?ographies1 comme ,prudhon1 tr5te ans plus tt1 qui dess9ait p\r vivre des ttes de lettres4 ,c'tait le vaillant soldat qui avive son hrosme en esc>m\*es4 ,selon ,m4 ,?ophile ,silve/re1 qui l'a pe9t en relief vig\reux3 ,la premire des deux collections1 qu'il publia de #ahbe #ahbh1 e/ une srie d'int]prtations de reliefs1 de mdailles et de pi]res graves antiques de la collection de ,m4 le duc de ,blacas4 ,ces li?ographies1 dev5ues trs-r>es1 rsum5t absolum5t le ct pratique du gnie de ,delacroix et donn5t la clef de son uvre1 dont le pr9cipe1 du re/e1 lo9 d'avoir v>i1 n'a fait que se =tifi] p> la suite4 ,il e/ bi5 c]ta9 que si les ouvrages de sa jeunesse n'gal5t pas en int5sit ceux de son ge mr1 si l',entre des ,croiss ,con/ant9ople surpasse le ,massacre de ,scio1 t\t ,delacroix e/ dans l'un comme dans l'autre tableau avec ses motions pr(ondes1 sa manire firem5t p]sonnelle1 son ca*et inimitable4 ,la seconde srie de li?ographies e/ une illu/ration de ,fau/3 ,je retr\ve dans ces images1 disait le vieux ,g!1 t\tes les impressions de ma jeunesse4 ,la rvolution de #ahcj vit natre dans son ateli] cette lib]t t\te mod]ne sortie des entrailles du peuple et non dta*e des bas-reliefs ou des fresques antiques4 ,l'heure du pe9tre allait sonn]2 on lui p]mit enf9 de m>qu] son gnie aux plafonds et aux p>ois des palais4 ,il peignit p\r ,v]sailles1 il peignit p\r les muses1 il t5dit p>t\t ses conqutes4 ,la ,*ambre des dputs1 le palais du ,luxemb\rg1 le ,l\vre1 l',htel de ville1 ont enf9 leur ,rub5s et leur ,vronse4 ,dans l'uvre d',eugne ,delacroix1 l'unit et la v>it se donn5t h>monieusem5t une ma9 amie4 ,c'e/ t\j\rs le mme p9ceau1 mais avec les belles ress\rces d'une f]tile imag9ation4 ,le pe9tre e/ 9puisable1 quel que soit l'horizon4 ,l'unit rp& sur ses ciels1 ses paysages1 ses m]s1 ses ar*itectures1 ses p]sonnages1 le mme c>actre2 la v>it rp& la vie univ]selle et tmoigne du s5tim5t de l'inf9i3 il remue t\t un monde4 ,ne soyons pas de cette cole de critiques mot mot1 qui s'a*>n5t aux dfauts lilliputi5s d'une uvre gigantesque4 ,il faut au gnie de libres allures2 les dfauts qu'un petit esprit signale avec bonheur ne font s\v5t que donn] plus de relief aux beauts1 sa pe9ture a sept dieux3 ,mi*el-,ange1 ,lon>d de ,v9ci1 ,raphal1 ,corrge1 ,titi51 ,rub5s1 ,rembr&t4 ,quel e/ le plus p>fait8 c'e/ peut-tre le plus imp>fait3 ,mi*el-,ange4 ,gr>d ,d[ e/ p>fait1 mais qu'e/-ce que ,gr>d ,d[ qu& ,rub5s e/ l8 ,eugne ,delacroix1 qui app>ti5t la gr&e famille des matres1 ne doit pas tre jug sur ses bau*es de *evalet4 ,o il faut le voir1 c'e/1 dans ses plafonds1 dans ses *efs-d'uvre du muse du ,luxemb\rg1 dans ses batailles du muse de ,v]sailles4 ,l il respire l'air vif et se montre dans sa =ce4 ,il e/ abondant1 v>i1 h>monieux1 h>di1 t\j\rs n\veau1 t\j\rs vivant4 ,il meuble ses tableaux avec magnific5ce1 il peuple les salles qu'il pe9t4 ,la nuit1 les figures doiv5t repr5dre l'entreti5 famili]4 ,le pe9tre du ,massacre de ,scio e/ dramatique comme ,%akespe>e2 comme ,%akespe>e1 c'e/ l'homme des temps n\veaux4 ,s'il a vcu dans l'antiquit p> des exi/5ces antrieures1 il ne veut pas que son s\v5ir s'y att>de trop longtemps4 ,qu& il e/ =c d'tre my?ologique1 il l'e/ avec tant de lib]t qu'il transfigure l',olympe dans l'esprit mod]ne4 ,les dieux de la fable devi5n5t nos dieux2 ils symbolis5t nos rves1 nos ides1 nos s5tim5ts4 ,il fait des desses les ,muses n\velles4 ,p\r lui1 ,m9]ve e/ la sagesse1 mais c'e/ aussi la p5se4 ,sa ,vnus n'e/ pas copie d'aprs les /atues antiques2 c'e/ la ,volupt inquite qui a trav]s les vagues furieuses4 ,a9si des autres4 ,les gr&es p]sonnalits re=m5t le monde l'image de leur me4 ,eugne ,delacroix a t5t l'univ]salit3 il a os tre pe9tre d'hi/oire1 pe9tre de batailles1 pe9tre religieux2 quoi encore8 pe9tre de fleurs4 ,il a compris t\s les pays et t\s les sicles avec le c>actre hroque et l'esprit intime de *aque gnration4 ,grec anci5 dans ses plafonds1 ,grec mod]ne dans ses tableaux d'hi/oire1 comme le ,massacre de ,scio1 paen dans sa ,sibylle ou sa ,mde1 *rti5 dans ses ,piet1 ori5tal avec ses ,croiss et ses ,fantasia1 pote avec ,virgile1 ,dante et ,byron1 romanci] avec ,walt] ,scott1 hi/ori5 ,v]sailles1 pe9tre p>t\t4 ,famili] t\s les arts1 il a pr\v que1 t\j\rs pote1 il savait t\r t\r tre musici5 p\r faire *ant] les h>monies de sa c\leur et ar*itecte p\r dcor] les palais dans le /yle consacr4 ,et comme il e/ t\j\rs fcond6 comme il jette la vie ple9es ma9s6 comme ses figures respir5t6 comme ses drap]ies s'agit5t6 comme ses accessoires font la fte des yeux6 ,j'ai dit qu',eugne ,delacroix avait1 comme t\s les gr&s matres1 cr son monde4 ,les demi-gr&s matres s'arrt5t mi-*em9 dans leurs uvres2 l l'orig9alit1 l le /yle4 ,ils ne crent leur monde qu'avec des dbris p>s des mondes connus1 noyant leur p]sonnalit dans celle des devanci]s ou des contempora9s3 cette figure e/ ,raphal1 ce torse ,mi*el-,ange1 cette drap]ie ,vronse1 ces ombres ,prudhon1 ces lumires ,eugne ,delacroix4 ,c'e/ pe9e si le pe9tre se montre un peu s\s l'habit d',arlequ94 ,il a beau dguis] ses emprunts p> le masque de l'orig9alit1 le mo9s savant sait dn\] le masque4 ,eugne ,delacroix e/ t\t un1 e/ t\t lui4 ,il ne m>*e pas dans les s\li]s d'un mort illu/re1 il ne boit pas dans le v]re d'un dieu reconnu4 ,si son v]re e/ si beau1 c'e/ qu'il boit dans son v]re1 dirait ,alfr$ de ,musset4 ,une simple rose pe9te p> ,eugne ,delacroix1 je la reconnatrais comme les plus di/raits reconnaiss5t du premi] reg>d ses figures et ses drap]ies4 ,t\t ce qu'il pe9t a son /yle2 ses roses comme ses lions1 ses palais comme ses ds]ts1 ses dieux paens comme ses dieux *rti5s4 ,on peut dire aussi que p\r lui l'ordre1 c'e/ le dsordre1 p>ce que le dsordre1 c'e/ la vie4 ,il ne mesure pas les tnbres avec un compas1 mais avec une tor*e enflamme4 ,dans son expression comme dans son dsordre1 il ne viole pas la loi du beau4 ,il a t\j\rs un air de gr&eur et un acc5t de posie qui le ma9ti5n5t dans les rgions surhuma9es4 ,il e/ le plus trange et le plus h>monieux des pe9tres2 un peu mo9s1 il ne s]ait qu'un gr& arti/e hors de sa voie2 mais comme il a fran*i victorieusem5t la ligne invisible qui sp>e le gnie du tal5t1 il a le droit de t\t os]4 ,eugne ,delacroix a v\lu p> son te/am5t la simple tombe antique sur la coll9e la plus solitaire du ,pre-,la*aise1 l o le soleil seul vi5t son c\*ant4 ,on a dit de ,p\ss9 que c'tait le philosophe des pe9tres et le pe9tre des philosophes4 ,on p\rrait grav] sur le m>bre d',eugne ,delacroix3 ,ci-git le pe9tre des potes et le pote des pe9tres4 ,,sir ,,jo%ua ,,reynolds ,reynolds possde le don de la grce2 il sait r5dre avec t\te leur dlicatesse la beaut de la femme et la fra*eur de l'enfant1 et1 comme ayant consci5ce de cette facult prcieuse1 il se plat les reprs5t]4 ,aussi1 p\r le pe9dre et le c>actris]1 mettrons-n\s s\s les yeux du lecteur un cadre o se tr\v5t runis un enfant et une femme1 le portrait de la vicomtesse ,galway et de son fils4 ,reynolds1 avec une h>diesse de gr& matre1 n'a pas plant ses modles immobiles au c5tre de la toile4 ,ils y entr5t p> le bord du cadre1 cont9uant une action comm5ce au dehors1 en laissant vide devant eux1 contrairem5t aux rgles1 un assez l>ge espace4 ,la vicomtesse1 portant sur son paule son fils g de trois ou quatre ans1 fait irruption dans le tableau qu'elle va trav]s]4 ,t\t l'heure on ne la voyait pas encore1 t\t l'heure on ne la v]ra plus4 ,elle ne pose pas1 elle passe1 et l'arti/e semble l'avoir saisie au vol4 ,c'e/ une jeune femme pe9e pan\ie1 g>dant beauc\p de la vi]ge et de l'ange1 une rose d'hi] avec un seul b\ton4 ,sa tte1 de pr(il ou plutt de trois qu>ts p]dus1 se dta*e1 comme la ve9e laiteuse d'un came de la tran*e fauve de l'agate1 d'un feuillage *audem5t r\ssi p> l'automne2 ses *eveux1 que c5dre un il de p\dre1 se relv5t la mode de l'poque1 dc\vrant leurs rac9es2 un b\t de gaze lame d'or gracieusem5t n\ en m5tonnire =me la coiffure4 ,de d]rire l'oreille1 rose et nacre comme un coquillage1 s'*appe cette longue b\cle nomme rep5tir dans le biz>re langage de la toilette du temps2 n'ayant pas reu la neige p>fume ou l'ayant sec\e1 elle e/ plus brune que les *eveux et fait admirablem5t valoir les blan*eurs d'albtre du col et les blan*eurs roses de la j\e3 des rveillons v]meils anim5t la b\*e et la n>9e de ce pr(il opal9 o les longs cils des paupires font seuls palpit] leur ombre4 ,le co/ume e/ *>mant de fra*e simplicit3 une robe de m\ssel9e blan*e1 une casaque ou p>dessus de taffetas rose4 ,p>-dessus l'paule1 la vicomtesse de ,galwey t5d son baby1 p\r le ma9t5ir1 une ma9 f9e1 diaphane1 de la plus ari/ocratique lgance1 ple9e de vie dans sa pleur patrici5ne et telle qu'un gr& colori/e comme ,reynolds p\vait seul la pe9dre4 ,l'enfant e/ une m]veille4 ,nimb d'un *apeau de paille qui lui fait une aurole comme un petit ,jsus1 il appuie le m5ton sur l'paule mat]nelle avec l'air tonn et ravi d'un enfant port4 ,une lumire sat9e lu/re son front qu'obombr5t de naissants *eveux blonds4 ,dans sa petite face v]meille et ronde1 ses yeux d'azur ressembl5t deux bluets piqus dans un b\quet de roses4 ,le re/e de la toile e/ rempli p> un fond de p>c o les r\geurs du c\*ant se ml5t1 s\s les rameaux1 aux te9tes *audes et s\rdes de la palette automnale4 ,comme on p\rrait le croire1 ,reynolds n'arrive pas cette grce dlicate p> le f9i et le blaireautage4 ,il pe9t au contraire en ple9e pte1 du premi] c\p1 avec une brosse dont le libre maniem5t app>at4 ,il e/ robu/e1 presque viol5t dans le t5dre et l'exquis4 ,presque p>t\t ses tons sont vi]ges1 plaqus h>dim5t avec la dcision rapide du gr& matre prompt saisir la nature2 les accessoires1 les fonds ti5n5t1 p\r la nglig5ce spirituelle1 de l'esquisse et du dcor4 ,nulle "p un travail de polissage n'efface la t\*e1 cette signature du gnie4 ,quel adorable portrait que celui de la pr9cesse ,sophie-,ma?ilde enfant6 ,la petite pr9cesse1 sans le mo9dre s\ci de sa dignit1 e/ c\*e plat v5tre sur l'h]be1 les g5\x ram5s1 les pi$s nus1 une ma9 appuye t]re et l'autre j\ant dans les poils soyeux d'un griffon qu'elle ti5t p> le col1 l'tranglant un peu1 et qui se laisse faire avec cette pati5ce amicale que les *i5s montr5t aux t\t petits enfants1 sans d\te p>ce qu'ils vont quatre pattes comme eux et qu'ils les pr5n5t p\r des frres4 ,une robe blan*e1 ce9ture rose1 un bonnet de m\ssel9e agrm5t d'une faveur de mme nuance que la ce9ture1 compos5t t\t le co/ume de la g5tille pr9cesse4 ,le pe9tre1 v\lant la reprs5t] avec les grces naves de l'enfance1 a df5du sans d\te t\t colifi*et1 t\t oripeau1 t\t app>at4 ,ri5 n'e/ plus *>mant que la tte1 avec son front blanc ombr sur le cont\r p> le poil follet de ces premi]s *eveux qui sembl5t le duvet d'une aurole sraphique tombe rcemm5t1 ses j\es poteles1 f\ettes de rose1 tr\es de fossettes1 et ses gr&s yeux fixes1 pr(onds1 limpides1 nageant dans la lumire bleue o l'bl\issem5t des *oses simule le rve et la p5se4 ,le portrait de la pr9cesse ,sophie-,ma?ilde ti5drait sa place ct de l'infante ,m>gu]ite de ,velasquez4 ,le tableau connu s\s le nom de l'ge d'innoc5ce e/ une n\velle preuve de l'aptitude de ,reynolds r5dre le *>me pur des enfants qui n'ont encore bu que le lait de la vie4 ,l'ge d'innoc5ce e/ reprs5t p> une petite fille de quatre ou c9q ans1 accr\pie sur ses talons1 croisant ses m5ottes grasses1 roses et s\ples1 avec un joli m\vem5t puril1 et dc\pant son pr(il *iffonn et mut9 sur un losange d'azur du ciel orageux s]vant de fond la figure4 ,les *eveux1 trav]ss d'un ruban rose ple1 sont de ce r\x anglais qui1 s\s le p9ceau de ,reynolds1 vaut le r\x vniti54 ,une m*e folle se dta*e et jette l'ombre de sa spirale alanguie sur les fra*eurs pr9tanires de la j\e que font ressortir encore les tons vig\reux placs s\s le m5ton2 c> ce n'e/ pas p> un fade mlange de lis et de roses que l'arti/e obti5t ces c>nations idales qu'on ne voit qu'en ,anglet]re1 o l'enfant e/ cultiv comme une fleur4 ,il y mle une blonde lumire1 et les blancs de ses robes sont dors comme les l+es du ,titi51 qui il ressemble encore p> le gr& gt et la ri*esse de ton des paysages qu'il donne ord9airem5t p\r fonds ses portraits4 ,n\s prfrons peut-tre l'ge d'innoc5ce1 qui e/ un tableau clbre du matre1 le portrait de miss ,boo?by enfant3 un *ef-d'uvre de simplicit1 de naturel et de c\leur4 ,c'e/ une petite fille assise1 les ma9s croises et gantes de mita9es1 au pi$ d'une *>mille laissant voir p> une tr\e un b\t de ciel au co9 du tableau4 ,elle a une robe blan*e dont la l>ge ce9ture noire =me brassire1 un haut bonnet c]cl d'un ruban noir4 ,ses *eveux1 d'un blond fauve1 sont c\ps c>rm5t sur le front baign d'une demi-te9te arg5te et transp>5te1 et deux b\cles qui s'allong5t accompagn5t les j\es2 les yeux1 de ce gris o se fond5t l'azur du ciel et le v]t glauque de la m]1 ont une expression indf9issable de quitude1 d'+nuit et de rv]ie4 ,jamais c>nations enfant9es ne fur5t r5dues p> une pte plus f9e1 plus s\ple et plus n\rrie1 p> des c\leurs si suaves et si solides en mme temps4 ,t\te la figure e/ d'une localit gris-de-p]le r*auffe d'ambre1 avive de rose1 d'une h>monie en*ant]esse4 ,la critique la plus mticuleuse ne tr\v]ait repr5dre qu'un peu de l\rdeur dans les blancs4 ,simplicity1 portrait de lady ,gatwyn enfant1 ne vaut pas celui que n\s v5ons de dcrire1 mais il a encore bi5 du *>me4 ,quel beau p>ti pris de lumire dans cette fillette vtue de blanc1 le bu/e de face et la tte de pr(il1 dont les petites ma9s j\5t avec une rose et qui s'enlve en clair sur un fond obscur orageux et *aud br\ill d'arbres et de nuages6 ,il e/ bi5 dlicieux aussi le portrait de miss ,rice1 une b]g]ette de neuf ou dix ans1 qui conduit ses m\tons dans un p>c orn de vases de m>bre1 en robe rose retr\sse et b\ffante sur un jupon de taffetas bleu1 en s\li]s de sat9 blanc t(fs de rosettes4 ,le trave/issem5t pa/oral n'te ri5 la c&eur de la petite fille t\te ravie de ce co/ume4 ,m5tionnons aussi ce cadre o1 s\s le titre de ttes d'anges1 l'arti/e a runi les enfants de lady ,londond]ry voltigeant dans un ciel bleu1 cravats d'ailes de *rub94 ,ce sont en effet des ttes cle/es1 et le tableau e/ comme une gracieuse apo?ose de l'enfance1 si belle1 si *oye et si adore en ,anglet]re4 ,n\s en avons dit assez ma9t5ant p\r dmontr] que sir ,jo%ua ,reynolds sait pe9dre le premi] ge2 arrivons ses portraits de femme4 ,un des plus s+uli]s et des plus attirants e/ celui de ,nelly ,o',bri54 ,il arrte t\t d'abord le reg>d p\r le ret5ir longtemps p> la gamme trange de tons qu'a *oisie l'arti/e p\r le pe9dre4 ,c'e/ une toile presque mono*rome ou plutt compose de te9tes neutres qui fait p5s] la ,monna ,lisa1 de ,lon>d de ,v9ci4 ,la tte1 d'une pleur arg5te1 e/ baigne d'ombres grises2 le col1 t\t en clair obscur1 a des reflets de nacre o luis5t vaguem5t les p]les d'un colli]2 la poitr9e dc\v]te reoit une lumire blan*e1 et les *airs se confond5t s\s cette lumire avec les plis b\illonnants de la gorg]ette4 ,des bracelets toils de gr5ats sombres c]cl5t aux poignets et aux biceps des bras dont le ton hsite entre le m>bre et l'ivoire4 ,il s]ait difficile de dire quelle e/ la te9te de la robe ou plutt de la drap]ie qui enveloppe le re/e du corps4 ,c'e/ une c\leur indf9issable1 un ton qu'on ne sait pas1 comme on dit3 en t]mes d'ateli]1 une prp>ation en grisaille glace de rose mauve1 de violet et de feuille-morte avec une pat9e anticipe4 ,nelly ,o',bri5 s'acc\de une sorte de mur d'appui dans lequel s'enca/re un bas-relief indi/9ctem5t bau*4 ,ce socle e/ gris fauve4 ,le fond se compose d'arbres d'un r\x s\rd1 t\ff1 ass\pi1 faisant ressortir p> leur obscurit vig\reuse la tte presque blaf>de de l'actrice4 ,l'expression de ce beau visage e/ presque inquitante4 ,une malice nigmatique t9celle dans les yeux voils d'ombre1 et les commissures des lvres sont retr\sses p> un s\rire my/rieux o l'esprit semble se moqu] de l'am\r4 ,cep5dant la volupt dom9e1 mais une volupt r$\table comme la beaut du sph9x4 ,dans un autre portrait1 qui e/ plutt une tude1 ,reynolds1 encore proccup du ,v9ci1 a reprs5t une femme portant un enfant nu sur l'paule4 ,ces deux figures1 d'une c\leur sup]be1 ont ces ombres rembrunies1 ce model f9 et ce long s\rire de faune1 avec ce reg>d pr(ond1 qui c>actris5t les r>es *efs-d'uvre du matre inimitable4 ,dans l'coli] qui ti5t des livres s\s le bras1 la *aleur int5se du ton1 la magie du clair-obscur1 la brusqu]ie des rehauts trahiss5t l'tude de ,rembr&t et de ses procds4 ,quoique ,reynolds et un vrai tempram5t de pe9tre1 il possdait cep5dant l'e/htique de son art1 et il en raisonnait les pr9cipes1 sauf les oubli] le p9ceau la ma94 ,l'influ5ce de plusieurs matres e/ visible dans sa pe9ture1 dont heureusem5t les reflets lo9ta9s n'altr5t pas l'orig9alit4 ,qu'il essaye d'imit] ,lon>d de ,v9ci1 ,rembr&t ou ,murillo1 il re/e t\j\rs ,anglais4 ,quoi de plus anglais1 p> exemple1 que le portrait de lady ,*>lotte ,sp5c] en amazone8 ,coiffe de b\cles c\rtes b\riffes p> le v5t de la c\rse1 les j\es animes1 les yeux levs v]s le ciel1 sa b\*e de c]ise entr'ouv]te1 elle c>actrise bi5 une hrone du sport4 ,une cravate de m\ssel9e po9tes brodes se n\e ngligemm5t aut\r de son col1 sa ve/e r\ge galonne d'or dc\vre un gilet de piquet blanc4 ,des gants de daim protg5t ses ma9s1 dont l'une ti5t un lgant *apeau de feutre1 et l'autre1 amicalem5t passe s\s le col du *eval1 flatte et enc\rage la bonne bte prs de laquelle elle a mis pi$ t]re1 dans une alle de la =t indique p> des troncs de htre sat9s et vel\ts de m\sse4 ,ce n'e/ pas1 proprem5t p>l] un portrait1 que/re1 c> on ne voit gure que la tte et le poitrail du *eval1 et le cadre c\pe la femme la hauteur du g5\4 ,miss lizabe? ,=/]1 avec sa coiffure en hrisson1 image de p\dre1 son il vif et mal91 son nez spirituellem5t taill au b\t p> une brusque facette1 sa l>ge coll]ette la ,mezzet91 sa robe blan*e man*es de gaze1 s]re la taille d'une ce9ture bleu noir1 e/ encore un trs-piquant portrait et se dta*e fran*em5t d'un de ces fonds sombres qu'affectionne ,reynolds4 ,un *>mant caprice a prsid l'arrangem5t de ,kitty ,fi%] en ,cloptre4 ,la *ose n'a ri5 d'antique cep5dant1 et la c\leur locale gypti5ne y e/ traite avec un sans-faon d'ana*ronisme la ,paul ,vronse4 ,la ,cloptre anglaise1 sans d\te p\r dpass] en prodigalit quelque ,anto9e de la ,*ambre des lords1 jette1 en faisant le plus gracieux m\vem5t de doigts qu'une coquette qui a une jolie ma9 puisse imag9]1 une grosse p]le dans une c\pe d'une ri*e orfvr]ie4 ,son co/ume1 t\t de fantaisie1 e/ gris et blanc1 orn de dc\pures1 de nuds et de b\tons4 ,la tte se prs5te en petit trois-qu>ts2 des s\rcils noirs surmontant des yeux d'un vague azur1 ple9s d'esprit1 de flamme et de sduction1 font valoir un te9t d'une blan*eur blonde et rose1 qui ne s'obti5drait qu'avec le maquillage p>t\t ailleurs qu'en ,anglet]re1 ce pays du beau sang4 ,il n'e/ pas beso9 de p>l] du ,samuel enfant4 ,t\t le monde connat cette dlicieuse figure ag5\ille que la gravure a r5due populaire4 ,comme portrait d'app>at1 celui de lady ,giorgiana ,sp5c] a t\tes les qualits requises3 lgance1 gr& air1 excution brillante4 ,la belle lady1 coiffe en p\f avec des plumes blan*es et roses1 f>de en r\e de c>rosse1 vtue d'une magnifique robe de c\r en sat9 blanc frang d'or1 desc5d un ri*e escali] balu/res d'un air la fois dgag et maje/ueux4 ,le ge/e de la ma9 qui *]*e la jupe p\r la relev] un peu e/ t\t *>mant et t\t fm994 ,dans le g5re qu'on p\rrait appel] hi/ori1 le portrait de mi/ress ,siddons en ,muse de la tragdie e/ =t rem>quable4 ,l'illu/re actrice en robe de broc>t1 drape d'un crpe1 e/ assise sur un trne de ?tre1 dans l'action de dclam]4 ,d]rire elle1 trav]s les ombres du fond1 on di/+ue vaguem5t des l>ves tragiques3 la ,peur et la ,piti4 ,n\s retr\vons sur une autre toile1 mais cette fois dans la famili>it de la vie dome/ique1 cette fa/ueuse lady ,giorgiana ,sp5c]1 du*esse de ,devon%ire4 ,vtue de noir1 p\dre1 dess9ant son pr(il sur un rideau de damas r\ge rebrass1 la du*esse agace du doigt sa petite fille deb\t sur ses g5\x et levant en l'air1 comme p\r se df5dre1 ses jolis bras roses et potels4 ,l'enfant e/ habille d'une robe blan*e ce9ture noire4 ,le fond se compose d'une colonne o s'enr\le le rideau1 d'un vase de m>bre et d'un appui en =me de f5tre1 fe/onn de quelques br9dilles de li]re1 et laissant voir un pan de ciel4 ,il y a dans ce portrait vie1 lumire et c\leur4 ,van ,dyck1 aprs quelques ret\*es1 p\rrait le sign]4 ,n\s avons beauc\p insi/ sur les portraits d'enfants et de femmes de ,reynolds1 p>ce qu'il n\s a sembl que l tai5t son vrai gnie et son intime orig9alit3 ce qui ne veut pas dire qu'il ne peigne aussi =t bi5 les hommes2 il ne faut1 p\r s'en conva9cre1 que jet] un c\p d'il sur le gr\pe de portraits reprs5tant ,dunn+col1 ,b>r et ,b>+1 runis aut\r d'une table v]te1 le vicomte ,al?orp1 le m>quis de ,rock+ham et le m>quis de ,ha/+s1 t\s traits d'une manire libre1 magi/rale et gr&e4 ,reynolds a pe9t aussi l'hi/oire1 mais n\s n'avons pas eu l'occasion de voir beauc\p de tableaux de sa ma9 en ce g5re4 ,le ,cymon et ,iphignie1 sujet my?ologique dont le s5s n\s *appe1 e/ une toile des plus rem>quables4 ,s\s les rameaux d'un bois que le soleil crible de ses fl*es d'or1 une nymphe s'e/ endormie dans le co/ume de l',antiope du ,corrge4 ,guid p> un ,am\r1 un jeune homme qui semble tre un *asseur s'appro*e de la belle et contemple ses *>mes avec un tr\ble ple9 d'am\r2 le torse de la nymphe c\*e e/ d'une c\leur magnifique et titianesque1 et l'effet de lumire e/ un des plus h>dis que jamais pe9tre ait risqus4 ,n\s aimons mo9s les ,grces dcorant une /atue de l',hym5 taille en ,h]ms4 ,ces ,grces1 probablem5t des portraits1 susp5d5t des guirl&es de fleurs1 et sont vtues comme les ,grces dc5tes1 mais la mode anglaise du temps1 ce qui leur te un peu de leur *>me4 ,arrtons l cette tude sur ,reynolds1 et cont5tons-n\s des spcim5s sup]bes que n\s v5ons de dcrire4 ,n\s p\rrions r5dre sans d\te notre travail plus complet1 mais ce que n\s avons dit suffit1 n\s l'esprons1 p\r c>actris] ce matre1 honneur de l'cole britannique4 ,,william ,,hog>? ,s'il a jamais exi/ un pe9tre absolum5t orig9al1 c'e/ c\p sr ,hog>?4 ,quelle que soit l'apprciation qu'on fasse de son tal5t1 on ne peut lui refus] cette qualit4 ,*ez lui1 nul s\v5ir des nobles =mes antiques1 aucun reflet des gr&s matres d',italie1 ni mme1 *ose plus tonnante1 des matres de ,fl&re et de ,holl&e1 qui1 p> la famili>it de leurs sujets et leur ralisme1 sembl]ai5t se rappro*] de son g5re4 ,de mme que ,pascal1 enfant1 inv5tait les ma?matiques1 on dirait que ,hog>? a inv5t la pe9ture sans avoir vu de tableaux1 p> la =ce intr9sque de son esprit1 et cela non pas s\s le *>me d'un pur cont\r ou d'un lum9eux *atoiem5t de c\leur obs]v dans la nature1 mais philosophiquem5t1 p\r donn] un vtem5t pla/ique des conceptions intrieures qu'il aurait pu aussi bi5 crire que pe9dre4 ,le dess9 et le coloris sont ses yeux de purs moy5s graphiques1 et1 proccup de l'ide exprim]1 il ne *]*e jamais la beaut ni la grce1 ni mme l'agrm5t4 ,cette au/rit logique1 ce ds9tressem5t de l'art dans l'art mme1 cette p\rsuite du c>actre aux dp5s de la beaut1 produis5t une individualit pr(onde4 ,l'homme physique n'e/ presque ri5 p\r ,hog>?1 l'homme moral e/ t\t1 et la socit l'emporte sur la nature4 ,mettre en jeu les passions1 faire ressortir les ridicules1 *ti] les vices aprs les avoir prom5s trav]s leurs phases de dgradation1 tel e/ le b que se propose le pe9tre1 morali/e et dont il ne s'c>t]a p\r aucun rgal de palette1 p\r aucun lazzi de brosse4 ,t\t1 dans ses tableaux1 e/ significatif1 obs]v1 v\lu4 ,le mo9dre dtail a sa porte4 ,la p5dule1 la *aise1 la table1 sont celles qui doiv5t tre l et po9t ailleurs1 et il s]ait impossible d'en meubl] une autre *ambre4 ,quant aux figures1 elles sont t\tes typiques d'une espce2 leurs traits1 *>gs exprs1 ne p]mett5t pas de s'y mpr5dre2 p>fois mme elles sont c>icaturales et grimes comme se les font les acteurs p\r c>actris] leur emploi1 et l'on p\rrait croire de c]ta9es toiles du matre qu'elles ont t pe9tes d'aprs des pices inconnues j\es p> d'excell5ts comdi5s1 plutt encore que copies directem5t d'aprs nature1 tant la mise en scne e/ savante et bi5 calcule au po9t de vue ?tral6 ,si ,hog>? se s\cie peu de la =me comme l'ent5dai5t les ,grecs1 il excelle dans l'expression et la mimique4 ,ses ge/es1 d'une ju/esse intime1 trahiss5t le m\vem5t intrieur et p>t5t du c]veau s\s l'impulsion d'un s5tim5t dt]m92 il ne les comb9e pas p\r des angles1 des rondeurs1 des contra/es ou des alt]nances de lignes4 ,tant pis1 si un vice1 une passion1 une laideur c>actrielle1 une dif=mit idiosyncratique convuls5t1 empil5t ou rav95t les traits d'une physionomie2 ,hog>? ne v\s f]a grce ni d'une ride1 ni d'un pli1 ni d'une b\ffissure1 ni d'une lividit1 ni d'une c\p]ose4 ,il ne ti5t pas plaire aux yeux1 c> ce n'e/ pas un pe9tre pittoresque1 qu'on n\s p]mette ce plonasme1 mais bi5 un essayi/e1 un philosophe1 un auteur comique qui pe9t4 ,quel hum\r1 quelle cau/icit1 quelle v]ve satirique6 ,il ne faudrait pas s'imag9] cep5dant que ,hog>? soit1 comme excutant1 un arti/e sans valeur4 ,son dess91 quoique dnu de /yle1 ne manque pas de correction1 et sa c\leur1 s\v5t opaque et t]ne1 a une c]ta9e h>monie s\rde dans ses localits grises1 p>fois brusquem5t r*auffes de r\ge4 ,les modes de l'poque1 qui affubl5t ses p]sonnages1 prs5t5t un c>actre outr d'exactitude1 dont le temps c\l fait ressortir l'ironie1 et puis1 comme il e/ ,anglais6 comme il a la saveur du pays6 comme il en possde le s5s intime et famili]6 *acune de ses toiles porte dans le plus m9ime dtail la signature britannique4 ,il ne s]a pas hors de propos1 avant de dcrire l'uvre d',hog>?1 de p>l] du portrait du pe9tre trac de sa propre ma94 ,hog>? e/ assis devant son *evalet1 la palette au p\ce1 et reg>de un panneau o l'on di/+ue une figure de ,?alie1 la craie1 avec ce recueillem5t d'un arti/e qui va attaqu] une uvre4 ,ses traits sont assez vulgaires1 mais une c]ta9e f9esse cau/ique en relve la trivialit4 ,les *eveux dj gris et c\ps ras p\r la facilit de la p]ruque1 s'arg5t5t sur les tempes4 ,un bonnet de c\leur violette1 ngligemm5t pos1 les rec\vre demi4 ,le co/ume se compose d'un habit v]t et d'une culotte r\ge4 ,au pi$ du *evalet un volume porte le titre du trait e/htique de ,hog>? sur la beaut4 ,p\r fond1 une muraille de te9te neutre4 ,le dess9 e/ l\rd1 le coloris opaque1 la t\*e appuye1 l'ensemble peu agrable4 ,p\rtant on s5t le matre dans ce petit tableau1 il donne bi5 l'ide physique et morale du pe9tre4 ,le ,mail1 ou p\r p>l] plus intelligiblem5t la prom5ade1 e/ une des r>es toiles de ,hog>? qui ne conti5n5t pas une moralit directe et se cont5t5t1 sans leon1 de reproduire le spectacle de l'activit huma9e4 ,des arbres d'un feuill bleutre qui =m5t des alles et laiss5t voir au b\t de la p]spective des t\rs semblables celles de ,we/m9/]1 ombrag5t une multitude de figur9es (frant un *antillon complet et prcieux des modes de l'poque4 ,les unes se promn5t isoles1 les autres en gr\pes4 ,celles-ci s'abord5t avec des sa9ts1 celles-l caus5t familirem5t4 ,on voit je mange des coquettes1 les entreprises des galant9s1 les feux des enfants1 l'ins\ciance des m>is ennuys d'une prom5ade conjugale2 des ,highl&]s en plaid et le jupon c\rt1 des ,hongrois en co/ume national ml5t un lm5t pittoresque aux robes pani]s et aux habits la franaise4 ,au premi] plan1 une m>*&e de bire dbite de l'ale et du port]4 ,une femme se baisse p\r remettre sa j>retire4 ,il faut que du temps de ,hog>? les femmes euss5t le g5\ bi5 glissant ou que les la/iques ne fuss5t pas inv5tes1 c> cette attitude revi5t s\v5t dans son uvre4 ,le ,mail rappelle les p>cs de ,watteau p\r le dploiem5t des toilettes fm99es1 et les places publiques de ,callot p\r le f\rmillem5t +nieux et dtaill des gr\pes1 le t\t1 bi5 ent5du1 avec un acc5t anglais trs-m>qu1 sans l'lgance ari/ocratique de l'un et le caprice pic>esque de l'autre4 ,dans le ,d"p des g>des p\r ,f9lay1 ,hog>? a racont avec une puissance comique et une v]ve b\ffonne trs-amusantes les pisodes d'un *angem5t de g>nison4 ,si les hommes ne sont pas f*s de voir s'loign] ces beaux soldats r\ges1 les femmes se montr5t inconsolables4 ,une ,ariane taille plus que rondelette s'accro*e au bras d'un ,?se p>em5ts blancs qu'une rivale tiraille de l'autre ct en faisant valoir ses droits avec =ce injures4 ,l'heureux drle a la cont5ance de ,don ,juan entre ,*>lotte et ,ma?ur9e2 seulem5t il semble plus flatt encore qu'emb>rass1 c> il n'a plus ri5 dsir] de ses deux conqutes1 et il s'en va444 p> ordre suprieur4 ,dnom5t commode aux intrigues multiples6 ,un peu en avant1 v]s l'angle du tableau1 un tamb\r bat sa caisse avec une ins\ciance philosophique des criaill]ies d'une femme entre deux ges1 quelque htesse1 sans d\te1 rclamant son du4 l'autre co91 p\r avoir trop cd l'att5drissem5t des adieux et bu plus que de raison le c\p de l'tri]1 un soldat av9 a r\l sur le bord d'une m>c1 et ses compagnons1 un peu mo9s ivres que lui1 *]*5t lui entonn] une d]nire mesure de :isky4 ,le re/e de la colonne suit un peu en dsordre d]rire le drapeau1 s'arra*ant aux bais]s p]dus1 aux enlacem5ts de bras qui ne veul5t pas se dn\]2 sur le passage de la tr\pe1 la population fm99e e/ aux f5tres1 l*ant au mo9s d'accompagn] du reg>d1 aussi lo9 que possible ce beau rgim5t qu'elle v\drait bi5 suivre1 et qui trane t\s les curs aprs lui4 ,une grosse matrone ne dissimule pas son dsespoir1 clate fran*em5t en sanglots4 ,heureusem5t1 la pro*a9e g>nison la consol]a4 ,cette scne pa?tico-burlesque e/ r5due avec une vraie puissance comique4 ,hog>? traduit sa faon le f]rum e/ quod amant du satirique lat91 et sa v]sion ne manque ni de sel ni de gaiet4 ,l'esprit e/ satisfait si les yeux ne sont pas t\j\rs cont5ts2 c'e/ le mrite et le dfaut de t\tes ses pe9tures4 ,! ,rake's progress e/ un de ces romans en huit ou dix *apitres1 o l'arti/e dmontre les inconvni5ts d'un vice1 oubliant qu'un tableau n'e/ pas un s]mon et qu'il empite a9si sur les attributions des prdicateurs et des philosophes4 ,l'art ti5t dans les sphres intellectuelles une place assez haute p\r tre un b et non pas un moy51 et c'e/ le mconnatre que de le faire s]vir exprim] d'une manire subordonne telle ou telle vrit morale4 ,l'utilit directe et pratique n'e/ pas de son ressort4 ,l'art lve l'me en lui donnant la pure s5sation du beau1 en l'arra*ant aux plaisirs matriels1 en satisfaisant aux po/ulations de ses rves1 en la rappro*ant plus ou mo9s de l'idal4 ,en ce s5s1 le torse de la ,vnus de ,milo conti5t plus de moralit que t\te l'uvre de ,hog>?2 dans sa blan*e nudit luit la spl5deur du vrai cl rayonne le plus div9 concept de la =me qu'ait jamais ralis la ma9 huma9e4 ,sans d\te1 n\s ne commettrons pas la folie de dem&] la beaut grecque au brave arti/e londoni51 mais n\s ne p\vons n\s emp*] de tr\v] qu'il s\ligne trop ses leons1 et se donne beauc\p de pe9e p\r pr\v] des vrits que p]sonne ne conte/e2 il e/ bon d'omettre quelquefois la moralit la f9 des fables et de laiss] au lecteur le so9 de conclure1 et c'e/ ce que ,hog>? ne fait jamais4 ,le progrs ou plutt la progression du lib]t9 se compose de huit tableaux3 l',hritage1 la ,toilette du dbau*1 l',orgie1 l',arre/ation1 le ,m>iage1 la ,maison de jeu1 la ,prison p\r dettes1 ,b$lam4 ,l'nonc seul des titres suffit indiqu] les phases pr9cipales et p\r a9si dire les po9ts culm9ants d'une vie de dsordre4 ,surpris p> une succession inatt5due1 le jeune homme quitte la maison honnte et tranquille o il a vcu jusqu'alors sans un regret1 sans un mot de t5dresse p\r ceux qui ont p>tag sa mauvaise =tune1 il a dj le cur gt4 ,le voil bi5tt son lev] entre les ma9s des valets1 ent\r de matres de t\tes sortes1 comme le b\rgeois g5tilhomme1 et se livrant aux re*]*es outres d'un luxe extravagant4 ,a9si p> comme l'enfant prodigue1 il va *ez les c\rtisanes qui pr(it5t de son ivresse p\r lui vol] sa b\rse et sa montre4 ,avec une telle vie1 ne soyez pas tonn si dans le tableau suivant les records1 des lettres de *ange prote/es aux ma9s1 le font desc5dre de sa *aise porteurs1 et si p\r leur *app] il se m>ie avec une vieille d\airire2 un homme ru9 qui p\se une femme en ru9es1 c'e/ une union bi5 assortie4 ,p\r *app] aux t5dresses surannes de madame1 monsieur c\rt les maisons de jeu1 p>pillant sur le tapis v]t les gu9es1 prix de son m>iage infme et ridicule2 il p]d1 bi5 ent5du1 c> les ds sont pips1 les c>tes biseautes1 et le c]cle se compose de grecs1 de filles p]dues1 de *evali]s d'indu/rie et de spadass9s4 ,de la maison de jeu la prison de ,fleet il n'y a qu'un pas et ce pas e/ bi5tt fait1 et de ,fleet-prison ,b$lam1 c'e/--dire du dsespoir la folie1 la p5te e/ glissante4 ,cette srie qui fonda la rputation de ,hog>? a plutt un mrite philosophique que pittoresque4 ,l'arti/e n'e/ pas encore bi5 matre de ses moy5s d'excution2 il crit ses ides avec le p9ceau4 ,plus t>d dans le ,m>iage la mode1 il les pe9dra4 ,ces tableaux r5f]m5t les plus curieux dtails de murs1 et il s]ait facile1 leur aide1 de re/itu] dans un roman la socit de l'poque4 ,au lev] du lib]t9 assi/5t des matres d'armes1 de boxe1 de danse et de musique1 de la t\rnure la plus c>actri/ique3 un jockey apporte un vase d'arg5t1 prix d'une c\rse gagne p> le *eval du jeune dissipateur4 ,une longue b&elette de papi] cont5ant la li/e des prs5ts faits ,f>9elli1 le clbre *anteur1 p5d du dos d'un fauteuil jusqu' t]re1 att5dant une n\velle signature4 ,des portraits de coqs clbres sont app5dus la tapiss]ie4 ,on voit que notre jeune homme e/ dev5u bi5 vile un sportsman accompli1 et qu'il galope fond de tra9 sur le turf de la dissipation4 ,l'orgie a lieu la tav]ne de la ,rose1 un endroit clbre alors p\r ces sortes de p>ties4 ,il rgne un c]ta9 luxe dans la salle4 ,la table1 les *aises et les buffets sont en bois de mahogoni4 ,les portraits des d\ze ,cs>s1 une gr&e c>te1 cont5ant les deux hmisphres1 avec cette inscription3 ,totus mundus1 des glaces de ,v5ise1 des appliques et des tor*res dcor5t les murailles4 ,il y a longtemps que le fe/9 dure1 c> les convives sembl5t =t *auffs4 ,une fille monte sur une *aise met1 avec une b\gie1 le feu la mappemonde dans un joyeux dlire de de/ruction1 comme si la mission de la c\rtisane tait de saccag] l'univ]s4 ,dj les glaces ont vol en clats au *oc des v]res et des b\teilles4 ,acc\de la table1 une des bac*antes lance une fuse de v9 de ,*ampagne au visage d'une de ses compagnes4 ,une autre happe mme un bol de pun* dont elle v]se la moiti dans sa gorge4 ,quant notre dissipateur1 la cravate dn\e1 la ve/e ouv]te1 les j>retires dfaites1 en proie l'hbtem5t d'une ivresse malsa9e1 il *avire sur son sige et se laisse dp\ill] de sa b\rse1 de sa montre et de son m\*oir p> deux nymphes aux doigts agiles1 qui font semblant de le c>ess]4 ,un laquais apporte un imm5se plat de cuivre1 dess]t de la dbau*e1 dans lequel doit tre s]vie nue1 au milieu de la table1 une c\rtisane dj db>rasse de son corps de bale9e et qui s'apprte tir] ses bas3 des bas d'azur co9s d'or1 dont ,hog>?1 t\j\rs morali/e1 mme qu& il en a le mo9s l'air1 a malicieusem5t rompu quelques mailles p\r montr] la misre et la p>esse s\s le faux luxe4 ,dans la prison p\r dettes1 le lib]t91 b\t de ress\rces1 a eu l'ide de rec\rir la littrature4 ,il a fait une pice de ?tre p\r ,hay-,m>ket ou ,cov5t-,g>d51 et la lettre du directeur1 qui la refuse avec en?\siasme1 gt t\t ouv]te ct du prisonni]4--,n'e/-ce pas l une plaisante et satirique imag9ation8 trav]s cette hi/oire1 ,hog>? a fait circul] adroitem5t un intrt s5tim5tal et b\rgeois bi5 fait p\r t\*] les mes t5dres4 ,la pauvre fille trompe1 et ne p\vant plus ca*] sa faute1 que n\s voyons au premi] tableau indignem5t ab&onne1 re/e fidle de cur ce mauvais sujet4 ,qu& il e/ arrt dans sa *aise p> les records1 c'e/ elle qui les apaise en leur (frant la b\rse qui conti5t ses mode/es conomies4 ,on l'ap]oit encore1 son enfant dans les bras1 la grille de l'glise o se fait ce tri/e m>iage4 ,elle app>at dans la prison comme un ange consolateur1 faisant contra/e avec la vieille p\se trans=me en mgre4 ,qu& de *ute en *ute son anci5 amant e/ tomb ,b$lam1 elle prodigue la folie des so9s qui n'ont mme pas la rcomp5se d'tre compris4 ,quoique ,hog>? ait crit une analyse de la beaut et diss]t philosophiquem5t sur la grce de la ligne c\rbe ou plutt s]p5t9e1 son p5*ant naturel l'entrane v]s la c>icature1 et il semble se rj\ir avec une v]ve diaboliquem5t satirique au milieu des mon/rueuses hideurs qu'il voque4 ,p\r la faire entr] dans la dure tte de l'humanit1 il p\sse la leon jusqu'aux d]nires limites de l'outrance1 et c'e/ en cela qu'il e/ un matre4 ,la plate copie de la ralit ne donna jamais ce titre4 ,ses tableaux au nombre de quatre1 reprs5tant des scnes d'lection1 sont excessivem5t curieux1 et cons]v5t de biz>res dtails de murs que l'hi/oire nglige dans sa non*alance altire4 ,le premi] n\s montre le ,rgal aux lecteurs4 ,la vieille corruption y app>at avec t\te sa navet be/iale3 une salle de tav]ne e/ le lieu du banquet4 ,les lecteurs1 gorgs de vi&e1 crevs de boisson1 se press5t aut\r d'une table *>ge de brocs1 de victuailles et de cadeaux4 ,l'amphitryon-c&idat1 oblig de rpondre t\s les toa/s1 se r5v]se sur sa *aise1 gonfl1 apoplectique1 le visage vultueux1 t5dant le bras la saigne et dans un tal pitoyable4 ,au fond1 une virago grimpe sur une *aise scie gr&s c\ps d'ar*et les cordes d'un m*ant violon2 dans un co91 des commres us5t de t\s leurs moy5s de sduction p\r entran] un lecteur inc]ta94 ,sur le devant1 un ag5t du c&idat panse le crne d'un homme abm dans la bag>re et qui ti5t s\s son pi$ un papi] o sont crits ces mots dont le s5s allusif n\s *appe3 ,give u our elev5 days4 ,p>mi d'autres pap]asses p>pills prs de lui1 figure drisoirem5t l'acte contre la corruption lectorale4 ,non lo9 de l1 un p]sonnage t\rnure ignoble ti5t la ma9 un m&at dat du #a;er avril #afed1 et a9si conu3 ,je promets de pay] ,abel ,squat la somme de c9quante livres1 six mois aprs ce j\r2 valeur reue3 ,,ri*>d ,,slim4 ,v\s voyez comme on obs]ve l'dit4 ,t\t fait au premi] plan1 un petit g>on remplit de g9 un tonnelet qui s]a bi5tt t>i p> l'inext+uible soif des volants4 ,dans le second tableau1 qu'on p\rrait appel] la ,prp>ation des votes1 des colporteurs juifs (fr5t des m>*&ises2 un ptissi] c\pe des galettes et le c&idat ti5t sa b\rse ouv]te p\r pay] les a*ats des lecteurs4 ,au second plan1 des hommes agit5t les m&ats qu'ils ont reu4 ,t\t au fond1 des meuti]s assig5t le bureau de p]ception des impts et on leur tire des c\ps de fusils p> la f5tre4 ,devant la tav]ne de ,porto-,bello1 deux gaill>ds fum5t et boiv5t1 aux dp5s du c&idat1 prs d'un lion *imrique en bois ou en c>ton1 qui1 avec un effroyable rictus1 ti5t1 entre ses crocs1 une fleur de lis qu'il semble v\loir aval]4 ,du balcon de la tav]ne se p5*5t v]s la rue1 p\r reg>d] cet amusant spectacle1 deux femmes d'une attitude gracieuse et d'une c\leur *>mante3 deux fleurs que l'arti/e a jetes l =t propos p\r dlass] l'il de t\tes ces laideurs que ,poli*9elle p>odie en posant sur la panc>te de sa b>aque comme c&idat p\r ,guzzl$[n4 ,le troisime cadre1 intitul ! ,poll+ 7le vote71 p\sse jusqu'au p>oxysme ce comique froce dont les ,anglais tir5t des effets si *>gs1 et que1 littrairem5t1 ,swift possdait au plus haut degr4 ,hog>? s'en e/ donn ici cur joie avec une abs5ce de gt =midable4 ,il n'a recul devant ri51 et cette tribune au vote e/ aussi lugubrem5t c>icaturale que la cave des momies dans la t\r ,sa9t-,mi*el1 ,bordeaux4 ,on a convoqu le ban et l'arrire-ban des lecteurs2 les man*ots1 les boiteux1 les p>alytiques1 les malades mme1 arra*s de leur grabat dans des c\v]tures1 vi5n5t agonis] la tribune et dpos] leur vote au milieu d'un rle4 ,il y a l des figures effrayantes1 cadavreuses1 spectrales2 des tres hybrides1 moiti *air1 moiti bois1 *afauds de pot5ces1 agitant des moignons4 ,n'e/-il pas mort1 ce corps in]te la face livide1 aux traits convulss qu'on hisse le long des grad9s8 ,n'e/-on pas all le *]*] dans la tombe1 p>mi les v]s1 p\r faire nombre8 ,au quatrime tableau1 le c&idat a triomph4 ,on le porte sur une *aise comme sur un pavois1 trne *ancelant1 dont les oscillations l'al>m5t4 ,son *apeau e/ dj tomb t]re1 et sa gloire rc5te p\rrait bi5 pr5dre un ba9 de fange4 ,des saltimbanques1 montreurs de btes1 se rang5t p\r laiss] pass] le triomphateur4 ,une laie et ses quatre co*ons1 effrays du tumulte se prcipit5t dans l'g\t o l'lu risque de les all] rejo9dre1 c> des hommes arms de flaux attaqu5t le cortge1 la gr&e frayeur d'une jeune femme qu'on ap]oit au-dessus d'une t]rasse et qui sa dugne fait respir] des sels2 au fond1 la tr\pe victorieuse agite des btons et balance un drapeau la devise true blue 7les vrais bleus74 ,esprons que l'honorable ,rob]t ,slim r5tr]a vivant *ez lui4 ,dans ! ,h>lot's ,progress 7les ,av5tures d'une ,fille de joie71 ,hog>? pr5d1 la desc5te du co*e d',york%ire1 l'innoc5te jeune fille que le ,m9otaure de la dbau*e doit dvor]2 et il la conduit plus lo9 que la mort1 c> il la montre dans son c]cueil1 objet de curiosits pr(anes1 et ne comm&ant mme pas le respect qu'inspire aux plus endurcis ce lugubre spectacle4 ,l'un des tableaux de cette srie n\s fait voir cette n\velle paysanne p]v]tie p>mi les spl5deurs du vice lgant2 elle e/ ri*em5t vtue1 elle habite un app>tem5t somptueux4 ,un homme entre deux ges1 d'app>5ce opul5te1 djeune prs d'elle une petite table2 mais la fantasque crature a donn un c\p de pi$ au guridon1 et le plateau se r5v]se avec un gr& fracas de porcela9e et d'arg5t]ie4 ,un petit groom ngre1 portant une ?ire1 s'arrte /upfait de cette quipe1 et un sapaj\ coiff d'un bonnet se sauve en glapissant d'effroi4 ,ce tapage a un motif2 il s]t dt\rn] l'att5tion de milord protecteur et dissimul] la fuite d'un amant =t en dsordre1 qui se sauve son pe s\s le bras1 les j>retires dn\es1 t&is que ses s\li]s sont emports p> une s\brette exp]te protg] les galants4 la plan*e suivante1 le *tim5t comm5ce dj2 il ne se fait jamais att5dre longtemps *ez ,hog>?4 la suite de quelque dml avec la police1 l'hrone de ce roman pictural trop vridique a t enleve et mise dans une maison de pnit5ce4 ,elle n'a encore desc5du que le premi] *elon de la dcad5ce4 ,elle porte un coquet tabli] de taffetas r\ge sur une jupe de damas jaune fleurs2 une fan*on de d5telles se n\e s\s son m5ton2 un colli] de p]les ent\re encore son col1 et c'e/ avec des gants longs qu'elle s\lve contre cur le maillet de/9 teill] le *anvre pos devant elle sur un billot2 mais il n'y a pas faire la p>esseuse ou la dlicate4 ,un surveillant1 arm d'une crava*e1 fait un ge/e m5aant accompagn d'une grimace significative4 ,ranges en file1 c9q ou six malheureuses1 div]s tals de dgradation1 s'occup5t non*alamm5t du mme travail4 ,au co91 sur le devant1 une fille ratta*e son bas l>gem5t toil de tr\s1 et une autre p\rsuit dans son corsage un ennemi dont elle tire une v5geance espagnole4 ,s\s le rapport de l'ide et de la composition1 il n'y a ri5 critiqu] dans ces pe9tures1 mais elles sont beauc\p mo9s satisfaisantes envisages au po9t de vue de l'art4 ,le dess9 en e/ l\rd1 et la c\leur1 peut-tre bonne autrefois1 s'e/ altre et rembrunie de manire r5dre c]ta9s dtails difficilem5t p]ceptibles4 ,elles ont aussi le dfaut1 comme beauc\p d'autres du pe9tre1 de prs5t] des p]sonnages vils et des scnes d'abjection1 ce qui fit accus] ,hog>? de ne p\voir pe9dre les g5s comme il faut1 p> manque de di/9ction1 de grce et d'lgance4 ,s5sible ce repro*e1 il pr\va qu'il n'tait pas fond en faisant p>atre cette srie intitule le ,m>iage la mode1 ce qui e/ son *ef-d'uvre4 ,le sujet tait pris1 cette fois1 dans la vie du monde1 et l'arti/e y dmontra victorieusem5t que1 lui aussi1 p\vait tre1 lorsque cela lui plaisait1 un arti/e fa%ionable1 ou1 comme on dit auj\rd'hui1 de high life4 ,cette suite1 compose de six tableaux1 e/ d'une cons]vation p>faite1 due1 sans d\te1 aux glaces qui les protg5t4 ,n\s allons analys] l'une aprs l'autre *acune de ces toiles1 o un vif s5tim5t d'art se mle l'int5tion morale et la pe9ture curieuse des murs d'une poque4 ,un gr& seigneur1 ayant beso9 de r$or] son blason1 a bi5 v\lu condesc5dre l'union de son fils avec la fille d'un ri*e ald]man de ,londres1 dsireux d'un titre4 ,la comdie ou1 si v\s l'aimez mieux1 le drame s'ouvre p> la signature du contrat1 qui en =me l'exposition4 ,n\s sommes *ez le trs-honorable "l ,squ&]field1 dans un ri*e salon orn avec un fa/ueux mauvais gt4 ,un portrait1 *am>r d'ordres trang]s1 se prlasse1 au milieu d'un t\rbillon de drap]ies volantes que des v5ts contraires sembl5t se disput]1 dans une pose emphatiquem5t ridicule4 ,un canon dont le b\let e/ visible lui "p entre les jambes4 ,au plafond1 on di/+ue en p]spective ,ph>aon se noyant au passage de la m] ,r\ge4 ,les tableaux qui tapiss5t les murailles sont d'un *oix biz>re et f>\*e1 d'o un esprit sup]/itieux tir]ait aism5t des prsages fune/es4 ,ce sont3 ,david va9queur de ,golia?1 ,prom?e et le ,vaut\r1 le ,massacre des ,innoc5ts1 ,judi? et ,holoph]ne1 ,sa9t ,sba/i5 p]c de fl*es1 ,can tuant ,abel1 ,sa9t ,laur5t sur le gril4 ,les appliques des b\gies reprs5t5t des ttes de ,mduse surmontes de c\ronnes comtales4 trav]s la f5tre1 on ap]oit un htel en con/ruction1 mais dj en ru9e d]rire ses *afaudages4 ,l'ignorance op9itre du "l s'y rvle p> le porte faux des colonnes et autres bvues d'ar*itecture grossires4 ,l'ald]man1 assis prs d'une table au milieu du salon1 le nez *evau* de besicles1 ti5t le contrat de m>iage2 son caissi] prs5te au "l une leve d'hypo?ques obt5ue des cranci]s1 et1 sur le tapis1 s'entass5t les gu9es et les billets de banque1 c> ce n'e/ qu' prix d'or que l'alti] seigneur cons5t une p>eille msalliance4 ,sup]bem5t vtu d'un habit nac>at dont les brod]ies font disp>atre le vel\rs1 coiff d'une maje/ueuse p]ruque blan*e1 une ma9 au jabot1 il dsigne de l'autre un arbre gnalogique des plus t\ffus dont la rac9e plonge dans le v5tre de ,guillaume1 duc de ,norm&ie4 ,quelques bran*es c\pes s'en dta*5t1 sans d\te p\r dsign] les prt5dants que l'illu/re famille ddaigne ou ne reconnat pas4 ,son pi$ g\tteux emmaillot de l+es repose sur un tab\ret1 ses bquilles armories s'appui5t son fauteuil1 d]rire lequel s'lve un dais somm d'une c\ronne de comte aux po9tes burlesquem5t exagres4 ,le "l e/ un de ces hommes infatus de leur noblesse qui dis5t t\t propos3 ma race1 mon titre1 mon blason4 l'autre b\t de la *ambre1 sur une espce de sopha1 les futurs1 ddaignant de s'occup] de ces dtails matriels1 sont assis l'un ct de l'autre1 mais ils ne sembl5t pas bi5 violemm5t pris4 ,ils se t\rn5t presque le dos4 ,le m>i1 jeune fat de con/itution *tive1 portant au col comme une m\*e malsa9e la ta*e noire de la maladie orig9elle1 allonge ses maigres jambes dans des bas de soie blancs co9s d'or1 ouvre en dehors comme un danseur les po9tes de ses s\li]s talons r\ges1 et puise avec des grces de m>quis franais une prise de tabac d',espagne1 t\t en ret\rnant la tte p\r jet] un c\p d'il de satisfaction la glace4 ,il e/ difficile de r5dre d'une faon plus spirituelle1 plus lgante et plus vraie le dlabrem5t ari/ocratique et l'n]vation prcoce d'une nature di/+ue1 et de mieux faire s5tir le g5tilhomme s\s le lib]t9 u de dbau*es4 ,son te9t ple1 sa poitr9e troite1 ses ma9s maigres et blan*es1 ses jambes en fuseaux1 ne manqu5t pas de grce s\s ce vel\rs1 ces brod]ies et ces d5telles1 et p]sonne1 en voyant le vicomte de ,squ&]field1 n'lv]a de d\te sur sa qualit4 ,la jeune fille en robe de sat9 blanc bro*e d'or1 sans p\dre1 coiffe de d5telles et de fleurs1 c\te en j\ant1 p\r se donn] une cont5ance1 avec les b\ts d'un m\*oir pass dans une bague1 les galant]ies que lui *u*ote l'oreille le conseill] ,silv]-,tongue 7langue d'arg5t71 un lgi/e galant91 qui j\]a un gr& rle dans le roman du m>iage la mode4 ,cette figure de femme e/ une des plus jolies qu'ait pe9tes ,hog>?1 qui ne sacrifie pas s\v5t aux grces4 ,elle a de la jeunesse1 du *>me1 la beaut du diable et une c]ta9e fra*eur plbi5ne4 ,c'e/ un meurtre d'unir cette crature ple9e de vie ce frle cadavre musqu4 ,sa gau*]ie1 la faon timide dont elle s'assoit sur le bord du sopha sont intressantes4 ,v]s l'angle du tableau1 au premi] plan1 deux *i5s en*ans1 l'un de race et e/amp d'une c\ronne1 l'autre d'orig9e vulgaire1 se sp>5t autant que leur laisse le p]met4 ,au second tableau1 le m>iage e/ fait1 on p\rrait mme dire qu'il comm5ce se dfaire4 la suite d'une soire qui s'e/ prolonge jusqu'au mat91 les invits p>tis1 les deux p\x1 fatigus et billant qui mieux mieux1 se sont jets sur des fauteuils *aque co9 de la *em9e1 o s'cr\le un feu de *>bon prs de s'te9dre4 ,le comte1 il peut port] ce titre ma9t5ant1 c> son pre e/ all rejo9dre ses illu/res aeux1 le comte1 le *apeau sur la tte1 la ve/e ouv]te1 le l+e b\ffant1 les ma9s enfonces dans les g\ssets1 s'affaisse s\s l'hbtem5t de l'ivresse2 il n'a po9t pass la soire avec sa femme1 il revi5t d'une orgie ou mme d'un lieu pire encore1 c> un griffon1 innocemm5t dlateur1 lui tire demi de la po*e un bonnet de femme *iffonn4 ,l'pe du comte1 casse dans le f\rreau1 gt sur le tapis et dcle une nuit orageuse4 ,madame1 en jupe de soie rose-mauve1 en corset de taffetas blanc1 un b\t de m\ssel9e coquettem5t t\rn aut\r de la tte1 comme une p]sonne qui s'e/ mise son aise1 tire ses bras avec un joli m\vem5t fm99 ple9 de lassitude voluptueuse2 elle ti5t1 dans une de ses petites ma9s crispes au-dessus de sa tte1 un objet qu'il n'e/ pas facile de dt]m9]2 une bonbonnire ou plutt une bote portrait4 ,ses paupires1 ensables de sommeil1 se f]m5t sur un reg>d ddaigneux lanc son m>i4 ,prs d'elle un guridon supporte un plateau avec des tasses4 ,plus lo91 une *aise r5v]se les quatre f]s en l'air1 des c>tes j\] p>pilles1 des tuis d'in/rum5ts1 des papi]s de musique1 le trait de ,hoyle sur le :i/1 tmoign5t que la comtesse n'a pas att5du seule son m>i4 ,dans le second salon1 qu'on ap]oit trav]s une haie en arcade supporte p> des colonnes de m>bre1 un dome/ique somnol5t arrange les *aises prs des tables de jeu4 ,des tableaux reprs5tant des aptres et des sa9ts orn5t les murailles2 mais dans un co91 un cadre voil de rideaux v]ts mal tirs qui laiss5t voir le pi$ d'une nudit my?ologique1 trahit les p5*ants lic5cieux du matre1 de mme que l'trange p5dule place dans le premi] salon1 prs de la *em9e1 atte/e son gt b>oque4 ,un *at y dom9e gravem5t un cadran support p> un s+e faisant la grimace au c5tre d'un buisson t\ffu de r9ceaux o nag5t des poissons de ,*9e4 ,des bibelots de mauvais *oix1 /atuettes1 magots1 idoles1 poti*es *>g5t le manteau de la *em9e2 un bu/e antique nez de rapport1 prside ce petit monde de figur9es mon/rueuses1 et1 d]rire lui1 dans un c>tel1 un ,am\r moqueur j\e d'une musette dont les tuyaux font les cornes4 ,si le comte n'e/ pas encore enrl dans le rgim5t jaune du ,m9otaure1 cela ne l>d]a gure4 ,ce n'e/ pas une maison bi5 ordonne que celle o le mat9 voit les b\gies fum] en s'teignant sur les lu/res et les *&eli]s4 ,le vieil int5dant fidle1 croyant de bonne heure tr\v] son matre jeun1 e/ v5u1 arm d'une liasse de notes1 prs5t] ses comptes et t*] d'obt5ir une rduction de dp5ses2 mais le ple g5tilhomme1 bris p> les fatigues nocturnes1 n'e/ pas en tat de l'ent5dre1 et le pauvre s]viteur afflig se retire en haussant les paules avec un ge/e de piti impuissante4 ,il faut ab&onn] dsormais cette belle =tune au torr5t de la ru9e4 ,ici ,hog>? mrite t\t fait le nom de pe9tre qu'on lui refuse p>fois et =t inju/em5t4 ,la figure du jeune comte ananti dans son fauteuil a une valeur d'excution trs-rem>quable4 ,la tte ple1 extnue1 morbide1 trahissant les rvolte de la nature contre les exig5ces de la dbau*e1 se dta*e du *ambranle gristre de la *em9e avec une prodigieuse f9esse de ton4 ,le model du masque o il s'agissait de cons]v] l'app>5ce de la jeunesse et de la di/9ction trav]s la snilit et l'hbtem5t prcoces du lib]t9age e/ d'une ju/esse vraim5t m]veilleuse4 ,quant au *apeau plumes1 au l+e1 l'habit1 aux dtails du vtem5t1 il faudrait all] jusqu' ,meissonni] p\r r5contr] quelque *ose d'gal en f]met1 en prcision1 en c\leur1 et encore l'avantage s]ait-il du ct du pe9tre anglais1 c> *acune de ces t\*es1 outre qu'elle r5d absolum5t la nature1 exprime le c>actre du p]sonnage et conc\rt l'effet4 ,la femme e/ d'une c\leur *>mante4 ,ri5 de plus dlicat que le mauve ple de sa jupe se fondant avec les blan*eurs du corset4 ,la tte1 dans son nuage de m\ssel9e1 nuance sa fatigue d'une animation rose qu'un f9 colori/e p\vait seule tr\v] sur sa palette4 ,le fond e/ trait de la faon la plus magi/rale comme p]spective ari5ne et l9aire4 ,le ton en e/ sobre1 tranquille et *aud2 aucun dtail n'y papillote et n'y tire l'il2 et cep5dant ils ne sont pas sacrifis1 c> t\s ont leur signification et doiv5t tre lus clairem5t4 ,c'e/ un tableau excell5t et qui subirait sans y p]dre les plus r$\tables vois9ages4 ,on voit que ,hog>? t5ait pr\v] qu'il tait capable d'tre autre *ose qu'un humori/e en c>icature et qu'il p\vait pe9dre avec art des sujets relativem5t levs4 ,voici les deux premi]s *apitres du roman ou les deux premi]s actes de la comdie qui bi5tt va t\rn] au drame aprs un int]mde s9i/rem5t b\ffon4 ,le troisime tableau de la srie porte ce titre3 ,! ,visit to ! quack doctor1 que l'on p\rrait traduire la ,visite au *>latan4 ,figurez-v\s un cab9et de mdec91 un laboratoire de *imi/e1 un ateli] de mcanici5 fondant ensemble leurs caph>nams3 ttes de mort1 cornues1 alambics1 squelettes1 prp>ations d'anatomie1 mon/ruosits1 r\es d5ts1 app>eils d'une complication biz>re1 bocaux1 fioles1 b\qu9s1 pap]asses1 et t\t ce qui peut meubl] l'antre d'un ,fau/ de contreb&e4 ,le docteur1 en p]ruque 9-folio1 deb\t prs d'une table sur laquelle pose un crne v]micul de tr\s1 signature d'un remde pire que la maladie1 nettoie d'un air gogu5>d les v]res de ses besicles et p>at s'apprt]1 en ricanant d'un rire de faune1 quelque scabreux exam5 mdical4 ,sur un fauteuil1 un p]sonnage que sa physionomie lgamm5t dlabre et la m\*e noire de son c\ font t\t de suite reconnatre p\r le comte1 s'tale sans le mo9dre emb>ras et comme habitu de p>eilles msav5tures4 ,il montre au *>latan une petite bote de pilules qui probablem5t n'ont pas produit gr& effet4 ,non lo9 du comte e/ deb\t1 l'air timide et s\ffrant1 une jeune fille de quatorze ou qu9ze ans au plus3 d'une ma9 elle ti5t aussi une bote et de l'autre elle porte un m\*oir ses yeux4 ,elle e/ jolie2 ses traits d\x et f9s cons]v5t encore un reflet de c&eur enfant9e1 mais elle a dj p]du l'innoc5ce4 ,sa mise e/ plus ri*e qu'il ne convi5t son ge4 ,un camail de vel\rs bleu passem5t d'or c\vre ses paules4 ,une robe de broc>t ramages laisse voir sa jupe de m\ssel9e2 une montre p5d sa ce9ture2 la fan*on de d5telles qui ent\re son dlicat visage e/ sans d\te de/9e remplac] le bonnet que le *i5 griffon1 dans le tableau prcd5t1 lirait de la po*e du comte4 ,mais que signifie cette femme ou plutt cette mgre au visage con/ell de m\*es1 la poitr9e tat\e des lettres ,f4 ,g41 mise d'une faon voyante et cossue1 en va/e jupe noire b\ffante sur laquelle se dc\pe un c\rt tabli] de taffetas r\ge2 qui1 arme d'un c\teau ouv]t1 semble m5ac] le comte =t peu al>m1 du re/e1 de ses injures8 ,e/-ce une ,fillon anglaise df5dant l'honneur de sa maison contre une pratique dont elle aurait se pla9dre8 ,n\s ne saurions le dire4 ,les comm5tateurs prt5d5t que les lettres ,f4 ,c4 dsign5t ,fanny ,cox1 la fille d'un crieur avec qui ,hog>? avait eu des dmls4 ,d'autres voi5t un ,e dans l',f et indiqu5t un nom diffr5t2 mais au fond1 t\t cela importe peu4 ,ce qu'il y a de sr1 c'e/ que la jeune fille e/ *>mante1 le comte ple9 de ds9volture1 le docteur rus1 spirituel et moqueur comme un masque de ,voltaire1 et que les innombrables accessoires dont le fond du tableau e/ encombr re/5t leur plan1 disc]nables p\rtant dans leur pnombre1 discrets mais ne sacrifiant aucun dlai6 c>actri/ique1 rsultat qu'un matre seul p\vait obt5ir et que ,hog>?1 s\v5t mo9s bi5 inspir1 n'atte9t pas t\j\rs4 ,dans le quatrime tableau1 ,hog>? n\s fait assi/] une mat9e musicale *ez la comtesse4 ,le jeune mnage mne t\j\rs gr& tra91 malgr les reprs5tations de l'int5dant fidle4 ,madame e/ sa toilette devant une table *>ge d'un miroir et de t\t l'ars5al de la coquett]ie2 son co/ume se compose d'une robe de sat9 jaune =t dcollete1 sur laquelle e/ jet un peignoir4 ,un p]ruqui]1 dont les traits (fr5t l'exagration c>icaturale du type franais tel que l',anglet]re le compr5ait au sicle d]ni]1 met des papillotes la comtesse1 qui c\te1 sans se proccup] beauc\p du conc]t1 les propos galants du conseill] ,silv]-,tongue1 dev5u l'ami de la maison1 c> son portrait figure effrontm5t p>mi les tableaux app5dus la muraille4 ,silv]-,tongue propose la comtesse un billet de bal masqu4 ,on voit que le mnage e/ en ple9 dsordre1 et que1 depuis la scne du contrat1 le galant homme de loi a fait bi5 du *em94 ,sur le devant du tableau1 un clbre soprani/e du temps1 le signor ,c>e/9i1 dont l'embonpo9t colossal fait p5s] celui de ,labla*e1 *ante un morceau qu'accompagne un j\eur de flte allem&1 trs en vogue alors4 ,c>e/9i e/ vtu d'une faon magnifique1 t\t brod d'or1 t\t inond de d5telles1 des bagues t\s les doigts2 il a un air d'assurance et de satisfaction1 une fatuit non*alante qui s5t5t le virtuose gt p> le succs4 ,une dame habille de blanc1 les bras t5dus comme p\r pr5dre les notes au vol1 se livre des pmoisons admiratives les plus ridicules du monde4 ,encore un peu1 elle va donn] du nez en t]re4 ,heureusem5t1 un ngre en livre v]te la sec\e de son extase p\r lui (frir une tasse de *ocolat4 ,sur le p>quet1 au premi] plan1 un petit ngre ramasse un lot de curiosits a*etes la v5te aux en*res4 ,p>mi ces bibelots de mauvais gt1 figure une /atuette d',acton dj c]f p> la tte4 ,le symbole e/ transp>5t4 ,des c>tes d'invitation1 des billets d'excuses gis5t confusm5t t]re1 et r5seign5t sur les habitudes de la maison4 ,il faut rem>qu] aussi que la scne ne se passe pas au salon1 mais dans une *ambre c\*] dont le fond e/ occup p> un lit de p>ade surmont d'une c\ronne de comte1 ce qui indique une imitation des murs franaises4 ,aucun dtail n'e/ insignifiant dans ,hog>?4 ,le c9quime tableau pr\ve d'une manire tragique et s9i/re quels rsultats peut ab\tir une union mal assortie4 ,on n'a pas oubli le billet de bal masqu que ,silv]-,tongue prs5te lady ,squ&]field dans la scne prcd5te4 ,grce aux facilits du dguisem5t1 le c\ple adultre s'e/ esquiv du bal4 ,un bagno1 honteux asile des am\rs furtives ou crim9elles1 leur a f\rni son abri has>deux4 ,le lieu e/ assez s9i/re d'aspect1 et il faut t\t l'emportem5t de la passion p\r ne pas frmir en mettant le pi$ sur le seuil4 ,une vieille tapiss]ie d',arras reprs5tant le massacre des ,innoc5ts1 figur avec une b>b>ie go?ique1 rec\vre les murailles2 le portrait d'une c\rtisane clbre y e/ cl\ d'une faon si trange que les jambes d'un satellite d',hrode1 se bifurquant s\s le cadre1 sembl5t app>t5ir la donzelle4 ,l'ombre des p9cettes adosses au *ambranle d'une *em9e enleve avec le mur que l'arti/e a d abattre idalem5t p\r faire plong] le reg>d du spectateur dans ce tri/e rduit1 s'allonge sur le plan*]1 dess9ant la silh\ette d'un vague spectre4 ,prs d'un fagot de/9 aux feux impromptu que ncessite l'arrive des c\ples1 gt le corset de la comtesse4 ,faut-il voir1 dans ce rappro*em5t du fagot et du corset1 une allusion injurieuse aux *>mes de la jeune lady1 a9si que le prt5d5t c]ta9s comm5tateurs8 ,n\s prfrons y lire la hte et le tr\ble d'un r5dez-v\s dang]eux4 ,une cr9ol9e c]cles d'aci]1 exactem5t p>eille celles que les femmes port5t de nos j\rs1 ballonne non lo9 de l4 ,sur une *aise tran5t un dom9o et un masque4 ,dans l'angle1 des rideaux de s]ge entr'ouv]ts trahiss5t le dsordre d'un lit quitt brusquem5t4 ,voil une plantation de dcor qui ne promet ri5 de bon4 ,aussi la scne e/-elle digne du fond qui l'encadre4 ,"l ,squ&]field1 sans d\te prv5u p> quelque lettre anonyme ou quelque dome/ique *ass1 a suivi les amants1 att5du le flagrant dlit et =c la porte4 ,un combat s'en e/ suivi entre le m>i et l'amant1 combat fune/e au pauvre comte qui1 le jabot ta* de sang1 la pleur de la mort sur la figure1 laissant gliss] son pe de ses doigts in]tes1 *ancelle et va tomb] p\r ne se relev] jamais4 ,la c\pable1 p]due1 nu-pi$s1 en manteau de nuit et en *emise1 se trane aux g5\x du comte qui ne l'ent5d dj plus1 criant grce et m]ci6 ,au fond1 dans la baie d'une f5tre guillot9e1 s'en*sse avec un racc\rci lugubrem5t grotesque1 la fuite du conseill] ,silv]-,tongue1 en co/ume adamique4 ,ri5 de plus effrayant que cette tte eff>e1 livide1 spectrale1 jetant p>-dessus l'paule un reg>d de suprme horreur l'asile de la dbau*e dev5u le ?tre du crime4 ,l'assass9at commis1 le c\pable vad1 la ju/ice au pi$ l5t qui n'ab&onne jamais le crim9el1 arrive1 sa lant]ne la ma91 s\s la figure de deux ag5ts de police1 l'un gras et l'autre maigre4 ,il y a une vraie t]reur dans cette toile aux tons sombres encore rembrunis p> le temps4 ,les figures s'en dta*5t vagues1 blaf>des et t]ribles comme des fantmes4 ,v\s croyez peut-tre le drame f9i et la leon suffisante8 ,nullem5t2 il y a encore un acte intitul la ,mort de la comtesse4 ,aprs cette tragique av5ture et le sc&aleux clat qui s'en e/ suivi1 ,lady ,squ&]field1 dev5ue veuve1 a d se rfugi] dans la maison pat]nelle1 *ez l'ald]man1 au se9 de la ,cit4 ,p> la f5tre entr'ouv]te1 on ap]oit le pont de ,londres t\t c\v]t de maisons1 comme il tait alors4 ,l'intrieur de la *ambre contra/e avec les lgants salons o se passai5t les premires scnes du drame4 ,quelques grossires images colles au mur1 un rteli] de pipes communes1 quelques livres d'ari?mtique1 de jurisprud5ce et de comm]ce1 s'paul5t les uns contre les autres sur les tablettes des encoignures =mant l'ameublem5t4 ,la table e/ encore c\v]te des dbris d'un djeun] plus que frugal3 un uf la coque t5u en quilibre au milieu d'un tas de sel1 moy5 auquel ,*ri/ophe n'avait pas song1 une tte de veau qu'emporte un *i51 pr(itant du tr\ble produit p> la cata/rophe1 voil t\t4 ,ce n'e/ pas misre1 mais av>ice4 ,au milieu de la *ambre1 r5v]se sur son fauteuil1 son corsage dfait comme une p]sonne qui suffoque1 le visage masqu d'une pleur exsangue1 le nez dj tir1 l'il vitreux1 la comtesse exhale son d]ni] s\pir4 ,une vieille dome/ique s\lve entre ses bras1 p\r le bais] suprme1 le fruit malsa9 de cette tri/e union1 un pauvre enfant de quatre c9q ans1 blaf>d1 scr(uleux1 ra*itique1 m>qu du /igmate noir1 comme son pre4 ,ses petites jupes1 demi-s\leves1 laiss5t voir les brodequ9s or?opdiques1 tuteurs de ses jambes n\es4 ,l'ald]man arra*e au doigt de la comtesse un anneau que sa ma9 roidie p> la mort reti5drait peut-tre plus t>d4 ,c'e/ une valeur qu'il e/ inutile d'ensevelir avec la dfunte4 ,un peu en arrire de ce gr\pe1 un apo?icaire aux =mes trapues sec\e p> sa cravate une espce de valet imbcile1 jocrisse de la dome/icit1 enseveli dans une s\qu5ille trop gr&e p\r lui1 qui lui desc5d jusqu'aux talons4 ,quelle bvue1 quelle faute peut avoir commis cet animal8 ,reg>dez cette fiole de laudanum jete t]re aux pi$s de la comtesse4 ,c'e/ le valet qui l'e/ all *]*]4 ,arme de ce poison1 lady ,squ&]field s'e/ db>rasse d'une vie insupportable dsormais4 ,si v\s v\lez savoir la cause de cette rsolution dsespre1 baissez-v\s et lisez cette feuille volante tombe prs de la fiole4 ,c'e/ la cause ct de l'effet4 ,ce can>d a tu la comtesse4 ,une pot5ce lui s]t de vignette4 ,l'imprim conti5t le disc\rs prononc sur l'*afaud p> le conseill] ,silv]-,tongue1 que cette fois sa langue d'arg5t n'a pu disculp]4 ,le mdec91 appel trop t>d1 s'esquive sil5cieusem5t4 ,la ,facult n'aime pas se tr\v] en face de la mort4 ,ce tableau e/ un des meilleurs de ,hog>?4 ,la figure de la comtesse expirante effraye p> la vrit de l'agonie physique1 s\s laquelle transp>at l'agonie morale1 plus d\l\reuse encore4 ,hog>? a t\* l presque au sublime1 et le p9ceau n'a pas fait dfaut l'ide4 ,les autres p]sonnages sont t\s admirablem5t c>actriss1 et les fonds t\*s avec une sobrit *aude digne de ,tni]s ou d',o/ade4 ,n\s avons analys longuem5t cette suite4 ,elle e/1 comme p5se et comme excution1 l'uvre la plus p>faite de ,hog>?4 ,l'arti/e s'y montre l'gal du philosophe4 ,ce n'e/ pas t\t ,hog>?1 mais c'e/ assez p\r que1 dsormais1 aucun tableau du matre ne v\s appr5ne ri5 de n\veau sur lui1 pas mme ses tableaux d'hi/oire1 g5re qui n'tait pas le si51 et dans lequel il ne s'e/ heureusem5t pas ob/94 ,le mrite de ,hog>? e/ d'avoir t intimem5t et pr(ondm5t ,anglais1 ,anglais jusque dans la moelle de ses os4 ,il a tir son art de son temps1 *ose difficile1 et nul arti/e n'a fait preuve d'une orig9alit plus absolue dans ses dfauts comme dans ses qualits4 ,,f9