,,uvres ,,compl,,tes ,,de ,,laur5t ,,/]ne4 ,,n\velle ,,dition ,,avec ,,xvi ,,gravures4 ,,tome ,,quatri,,me4 ,a ,,p>is1 ,*ez ,,jean-,,fran,,ois ,,ba/i54 ,,an ,,xi4--#ahjc4 ,ce volume conti5t ,la quatrime p>tie des ,op9ions de ,tri/ram ,%&y4 ,,vie ,,et ,,op9ions ,,de ,,tri/ram ,,%&y4 ,,*apitre ,,premi]4 ,le pauvre et son *i54 ,dte/ant1 comme je l'ai dit1 de faire des my/res p\r ri51 je dis mon secret au po/illon1 ds que n\s emes quitt le pav4 ,il rpondit ma confiance1 en appuyant un gr& c\p de f\et ses *evaux3 si bi5 qu'au gr& trot de son limoni] 7son porteur galopant sur trois jambes71 n\s gagnmes en assez peu de temps ,ailly-le-haut-,clo*]1 ville jadis fameuse p> les plus beaux c>illons du monde4--,mais n\s la trav]smes sans musique2 t\s les c>illons tant drangs1 non-seulem5t l1 mais bi5 encore ailleurs4 ,illu/ration ,faisant donc t\te la dilig5ce possible1 d',ailly-le-haut-,clo*]1 je gagnai ,flixc\rt2 de ,flixc\rt1 ,pquigny1 puis enf9 ,ami5s1--,ami5s1 o la belle ,jeanneton avoit fait son appr5tissage1 mais o ,jeanneton n'toit plus1 et o p> consqu5t ri5 n'toit digne de m'arrt]4-- ,mais en arrivant la po/e1 on dtela ma *aise1 et l'on tablit mes branc>ds sur des trteaux4--,quelle e/ cette mode1 dis-je8 prt5d-on p>-l me faire all] plus vte8--,j'appris que le c\rri] d'une b]l9e qui alloit arriv]1 avoit ret5u t\s les *evaux1 et que je ne p\rrois p>tir qu'aprs que les mi5s auroi5t mang l'avo9e4 ,mais si monsieur veut desc5dre en att5dant8-- ,monsieur prfra de re/] dans sa *aise4--,mais p\r l'am\r de ,dieu1 g>on1 qu'on se dp*e4--444 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 ,je n'ai ri51 mon bon-homme1 lui dis-je4--,c'toit un vieill>d c\v]t de haillons1 qui s'toit avanc jusqu' deux pas de la portire1 son bonnet de la9e r\ge la ma94--,son ge/e et ses yeux dem&oi5t1 sa b\*e ne p>loit pas4--,il avoit un *i5 qui t5oit1 a9si que son matre1 ses yeux fixs sur moi1 et qui sembloit aussi sollicit] ma *>it4-- ,je n'ai ri51 dis-je une seconde fois4--,c'toit -la-fois un m5songe et un acte de duret4--,je r\gis de l'avoir dit4--,mais1 p5sai-je en moi-mme1 ces pauvres sont si importuns6--,celui-l ne le fut pas4--,dieu v\s cons]ve1 dit-il2--et il se retira humblem5t4 ,ho-h1 ho-h6--vte--les *evaux4--,c'toit la b]l9e qui v5oit d'arriv]4 ,les po/illons c\rur5t4 ,le bon vieill>d et son *i5 s'appro*r5t1 n'obt9r5t ri51 et se retirr5t sans murmure4 ,celui qui vi5t d'avoir un tort1 s]oit f* de r5contr] quelqu'un qui1 sa place1 ne l'auroit pas eu4 ,si les voyageurs de la b]l9e euss5t donn au pauvre1 je crois que j'en aurois s5ti quelque pe9e4--,aprs t\t1 dis-je1 ces g5s-l sont plus ri*es que moi2 et puisque444 ,bon ,dieu6 m'criai-je1 leur duret excus]oit-elle la mi5ne8 ,cette rflexion me mit mal avec moi-mme4--,je *]*ai des yeux le pauvre1 comme si j'eusse v\lu le rappell]4--,il s'toit assis sur un banc de pi]re1 son *i5 vis--vis de lui1 et la tte appuye entre les g5\x de son matre1 qui le flattoit de la ma91 sans lev] les yeux de mon ct4 ,sur le mme banc je vis un soldat1 que ses s\li]s p\dreux annonoi5t p\r un voyageur4 ,il avoit pos son havresac sur le banc1 entre le pauvre et lui1 et p>-dessus son havresac il avoit mis son pe et son *apeau4--,il s'essuyoit le front avec la ma91 et p>oissoit repr5dre hale9e p\r cont9u] sa r\te4--,son *i5 7c> il avoit aussi son *i57 toit assis p> t]re ct de lui1 reg>dant les passans d'un air fi]4 ,ce second *i5 me fit mieux rem>qu] le premi]1 qui toit noir1 =t laid et moiti pel2 et je m'tonnois que le vieill>d1 rduit la d]nire misre1 v\lt a9si p>tag] avec lui une subsi/ance r>e et s\v5t inc]ta9e4--,l'air dont ils se reg>doi5t t\s deux1 m'claira sur-le-*amp4--,o de t\s les animaux le plus aimable et le plus ju/em5t aim1 m'criai-je en moi-mme6--,c'e/ toi qui es le compagnon de l'homme1--son ami1--son frre4--,toi seul lui re/es fidle dans le malheur6--,toi seul ne ddaignes pas le pauvre444 ,si l'habitude de vivre auprs du ri*e ne t'a pas corrompu6--,ce bon vieill>d mpris1 dlaiss1 rebut p> le monde enti]1 tr\ve en toi un ami qui l'accueille1 et qui lui s\rit3--et sur le lit de paille qu'il p>tage avec toi1 sa misre lui p>ot mo9s affreuse1 il n'e/ pas seul au monde tant que tu lui re/es encore4 ,en ce mom5t une glace de la b]l9e se baissa1 et il en tomba quelques dbris de vi&es froides1 avec lesquelles les voyageurs v5oi5t de djen]4 ,les deux *i5s s'lancr5t4--,la b]l9e p>tit3 un seul *i5 fut cras4--,c'toit celui du pauvre4 ,le *i5 jetta un cri1--ce fut le d]ni]4 ,son matre s'toit prcipit sur lui4--,son matre dans le plus sombre dsespoir6 ,il ne pleuroit po9t4 ,hlas6 il ne p\voit pleur]4--,mon bon-homme1 lui criai-je4--,il ret\rna d\l\reusem5t la tte4 ,je lui jettai un cu de six francs4--,l'cu r\la ct de lui sans qu'il s'en mt en pe9e4 ,il ne me rem]cia que p> un m\vem5t de tte affectueux2 et il reprit son *i5 dans ses bras4--,hlas6 son *i5 toit mort4-- ,mon ami1 dit le soldat1 en lui t5dant la ma91 avec les six francs qu'il avoit ramasss1--ce brave g5tilhomme ,anglois v\s a donn de l'arg5t4 ,il e/ bi5heureux6 ,il e/ ri*e6--,mais t\t le monde ne l'e/ pas4--,je n'ai qu'un *i52 v\s avez p]du le vtre2--celui-ci e/ v\s4--,en mme-temps il atta*a son *i5 avec une petite corde qu'il mit dans la ma9 du pauvre1 et il s'loigna aussi-tt4 ,o monsieur le soldat1 s'cria le bon vieill>d en lui t5dant les bras6--,le soldat s'loignoit t\j\rs1 laissant le pauvre dans l'extase de la surprise et de la reconnoissance4 ,mais les bndictions du pauvre1 mais les mi5nes le suivront p> t\t4--,brave et galant homme1 m'criai-je6 ,eh6 qui suis-je auprs de toi8 ,je n'ai donn ce malheureux que de l'arg5t3 tu vi5s de lui r5dre un ami4-- ,mais1 ciel6 suis-je conf9 ,ami5s p\r le re/e de ma vie8 ,le sommeil me gagne4--,oh6 g>on6--,le g>on am5oit mes *evaux4 ,,*apitre ,,ii4 ,sommeil drang4 ,dans cette multitude de petits *agr9s auxquels un voyageur e/ sans cesse expos1 il en e/ un plus pnible mon gr que t\s les autres2 et celui-l1 mo9s que n'ayez un c\rri] qui v\s prcde1 je v\s dfie de l'vit]4--,et quel e/ ce *agr98--,le voici4 ,c'e/ que--fussiez-v\s dans la disposition la plus heureuse p\r dormir2--c\russiez-v\s dans le plus beau pays1--sur la plus belle r\te1--et dans la voiture la plus d\ce possible2--fussiez-v\s assur de p\voir dormir l'espace de v+t lieues sans ouvrir l'il une seule fois3--bi5 plus--v\s ft-il dmontr aussi clairem5t qu'une proposition d',euclide1 que v\s s]iez1 t\s g>ds1 aussi bi51 et peut-tre mieux endormi qu'veill2--l'obligation de pay]1 qui revi5t *aque po/e1 et la ncessit de f\ill] dans votre po*e1 p\r en tir]1 s\ p> s\1 trois livres qu9ze s\s1 sans compt] les guides1--s'oppos5t tellem5t l'envie que v\s auriez1 que 7qu& il iroit du salut de votre ame7 il v\s e/ impossible de dormir plus de deux lieues de suite1 ou de trois t\t au plus1 en supposant qu'il y ait po/e et demie4 ,p>bleu6 dis-je1 je vois un moy54 ,je mettrai la somme prcise dans un morceau de papi]1 et je la ti5drai dans ma ma9 p5dant t\t le *em94--,l-dessus1 je m'arrang]ai p\r dormir4--,je n'aurai1 dis-je1 autre *ose faire qu' gliss] d\cem5t mon arg5t dans le *apeau du po/illon1 sans pr(r] un seul mot4 ,bon6--,il lui faut deux s\s de plus p\r boire6--,ou bi5 il y a une pice de d\ze s\s du temps de ,l\is ,,xiv1 qui ne pass]a pas4--,ou bi51 il y a une livre et quelques s\s1 que ,monsieur r$oit de la d]nire po/e1 et que ,monsieur a oubli4--,on ne sauroit disput] en dormant1 et cette alt]cation v\s rveille4--,cep5dant1 on peut encore retr\v] son sommeil2 la p>tie animale peut pes] sur la p>tie intellectuelle1 et il y a moy5 de rev5ir de cette sec\sse4-- --,mais quoi encore8--,ciel6 v\s n'avez pay que p\r une po/e1 t&is qu'il y a po/e et demie6 ,cela v\s oblige sortir votre livre de po/e1--et l'impression en e/ si petite1 qu'il faut bi5 ouvrir les yeux1 que v\s le v\liez ou non4 ,alors monsieur le cur v\s (fre une prise de tabac1--un pauvre soldat v\s montre sa jambe e/ropie1--un ,p4 ,laur5t v\s prs5te sa b\rse1 et v\s expose la misre de son c\v5t4--,ou bi5 la prtresse de la cit]ne veut arros] vos r\es2--elles n'en ont que faire1--mais elle jette l'eau sur les r\es de d]rire1 et jure sur sa prtrise que le feu alloit y pr5dre4--,un pauvre homme qui a t\s ces po9ts discut] et considr] dans son esprit1 rveille malgr lui t\tes ses facults intellectuelles1--et qu'il retr\ve ensuite son sommeil1 s'il le peut6 ,sans un accid5t de cette espce qui m'arriva1 je passois t\t de b\t ,*antilly sans voir les curies4-- ,mais le po/illon1 affirmant d'abord1 et osant ensuite me s\t5ir en face1 que la pice de deux s\s n'toit pas bi5 m>que1--j'ouvris les yeux p\r m'en assur]3--et voyant la m>que aussi clairem5t que son nez1 je sautai de ma *aise t\t en colre1 et je visitai ,*antilly malgr moi4 ,je n'avois plus que trois po/es et demie faire4 ,mais je suis conva9cu que le meilleur pr9cipe en voyageant1 c'e/ de faire dilig5ce4 ,or1 un homme de cette humeur tr\ve peu d'objets sur sa r\te dignes de le dt\rn]1 et il ne s'arrte gure4--,c'e/ ce qui fit que je passai t\t au trav]s de ,sa9t-,d5is1 sans ret\rn] seulem5t la tte du ct de l'abbaye4--,t\s les diamans que l'on y montre sont faux4 ,ce trsor si vant n'e/ rempli que d'oripeaux ridicules3 et je ne donn]ois pas trois s\s de t\t ce qu'il r5f]me1 si ce n'e/ de la lant]ne de ,judas4--,encore e/-ce1 p>ce qu'il fait nuit1 et qu'elle p\rroit m'clair] en entrant ,p>is4 ,,*apitre ,,iii4 ,entre ,p>is4 ,clic-clac--clic-clac--clic-clac4 ,voil donc ,p>is1 dis-je1 en ouvrant de gr&s yeux6--,c'e/-l ,p>is6--diable6 ,p>is1 m'criai-je1 rptant le nom une troisime fois6 ,la premire1 la plus belle1 la plus brillante444 ,les rues sont p\rtant bi5 sales4-- ,mais je suppose qu'elles n'en sont pas mo9s belles4 ,clic-clac--clic-clac4--,quel tra9 tu fais6 ,comme s'il importoit ces bonnes g5s d'tre av]tis qu'un homme ple et vtu de noir a l'honneur d'entr] ,p>is1 v]s les neuf heures du soir1 conduit p> un po/illon en ve/e bleue avec des rev]s de calem&e r\ge6--,clic-clac--clic-clac4--,je v\drois que ton f\et444 ,mais c'e/ le gnie de la nation3 a9si claque1 claque ton aise4 ,ah6 p]sonne ne cde le haut du pav6--,mais si le haut du pav e/ le plus sale1 ft-ce dans l'cole mme de la politesse1 comm5t en agiroit-on autrem5t8--,et je te prie1 qu& allume-t-on les lant]nes8--,quoi6 jamais dans les mois d't6--,ah6 c'e/ le temps des salades4 ,on veut p>gn] l'huile4 ,mais quelle b>b>ie6 ,comm5t ce fi] co*] m\/a*es peut-il pr(r] de p>eilles ordures contre ce *eval efflanqu qui ne sauroit se rang]6--,ne vois-tu pas1 l'ami1 que la rue e/ si misrablem5t troite1 qu'une br\ette p\rroit pe9e y t\rn]8--,oh6 dans la plus belle ville de l'univ]s1 il n'y auroit pas de mal que les rues fuss5t un peu plus l>ges1 et que l'on et de quoi s'y *app] de droite ou de gau*e4 ,ciel6 que de b\tiques de traiteurs6 ,que de b\tiques de p]ruqui]s6--,il semble que t\s les cuis9i]s et b>bi]s de la t]re se soi5t donn r5dez-v\s ,p>is4 ,les premi]s auront dit3 les ,franois aim5t la bonne *re1--ils sont g\rm&s2--allons ,p>is3 n\s y aurons un rang di/+u4 ,et comme la p]ruque fait l'homme1 et que le p]ruqui] fait la p]ruque1--,s&is6 ont dit les b>bi]s1 n\s y s]ons encore mieux traits4--,n\s aurons un rang au-dessus de v\s4--,n\s s]ons au mo9s capit\ls4--,caddis6 n\s port]ons l'pe4 ,,*apitre ,,iv4 ,description de ,p>is4 ,je ne sais si c'e/ la faute des ,franois ou la ntre1 s'ils s'expliqu5t mal1 ou si n\s ne les compr5ons pas bi54--,mais qu& il n\s dis5t que qui a vu ,p>is a t\t vu1 il m'e/ vid5t qu'ils se tromp5t4--,du mo9s1 s'ils ent5d5t p>l] de ce qu'on voit la lueur des lant]nes4--,c> on ne voit ri54 ,en ple9 j\r la *ose e/ diffr5te4 ,p>is e/ p]c de mille d\ze c5ts rues4--,qu& v\s les aurez t\tes suivies1 qu& v\s aurez vu ses portes1 ses ponts1 ses places1 ses /atues2 qu& v\s aurez visit ses quatre palais et t\tes ses glises1 p>mi lesquelles v\s v\s g>d]ez d'oubli] ,sa9t-,ro* et ,sa9t-,sulpice1-- ,alors v\s aurez vu444 ,mais que s]t de v\s le dire8 ,lisez-le v\s-mme crit en ces mots sur le portique du ,l\vre3 ,non orbis g5tem1 non urbem g5s habet ullam1 ,ulla p>em4-- ,on peut le traduire a9si p\r l'intellig5ce du lecteur3 ,cette nation e/ unique p>mi les nations2 ,cette ville e/ unique p>mi les villes3 ,*ant] et rire1--rire et m\rir4-- ,il faut conv5ir que le ,franois a une manire joviale de trait] t\t ce qui e/ gr&4 ,,*apitre ,v4 ,d"p de ,p>is4 ,en prononant le mot jovial1 comme j'ai fait la f9 du d]ni] *apitre1 j'ai rveill en moi l'ide de ,splen4--,non p> aucune analogie1 ni p> aucun ordre *ronologique ou gnalogique4--,je sais qu'il n'y a pas entre ces deux mots plus de rapport et de p>5t1 qu'entre le j\r et la nuit1 ou entre t\tes autres *oses antipa?iques de leur nature4--,mais de mme qu'un habile politique t*e d'entret5ir une heureuse h>monie p>mi les hommes1 a9si un habile criva9 travaille rappro*] les mots les plus opposs1 p\vant t\t mom5t se tr\v] dans le cas de les employ] ensemble4 ,a9si donc1 t\t vnem5t1 aprs avoir p>l de l'humeur joviale des ,franois1 j'cris ici en gros c>actres3 ,,spl,,en4 ,en p>tant de ,*antilly1 j'ai dcl> que le meilleur pr9cipe en voyageant toit de faire dilig5ce2--mais ceci e/ purem5t une affaire d'op9ion1 et je n'ai prt5du ram5] p]sonne mon s5tim5t4--,d'ailleurs1 l'expri5ce me manquoit alors1 et je ne savois pas t\s les inconvni5s qu'il y avoit all] si gr& tra94--,auj\rd'hui j'ab&onne mon sy/me1 et le laisse qui v\dra le pr5dre4--,il a drang ma dige/ion1 et m'a valu une di>rhe bilieuse1 qui m'a ram5 au tri/e tat d'o j'tois pe9e sorti4--,c'e/ p\r le c\p que je dcampe1 et que je me sauve sur les bords de la ,g>onne4-- ,quant ces g5s-ci1 leur gnie1-- leurs manires1-- leurs c\tumes1 leurs lois1--leur religion1 leur g\v]nem5t1--leurs manufactures1--leur comm]ce1--leurs f9ances1 leurs ress\rces et les ressorts ca*s qui les font m\voir1--quoique j'aie pass deux j\rs et trois nuits p>mi eux1 quoique j'aie tudi et mdit cette matire avec t\te l'att5tion dont je suis capable1--n'att5dez pas que je v\s en dise un seul mot4 --,allons1 allons6 ,il faut que je p>te4--,la r\te e/ pave1--les po/es sont c\rtes1 les j\rs sont longs1--il n'e/ pas plus de midi3--je s]ai ,fonta9ebleau avant le roi4-- ,mais1 ,monsieur1 e/-ce que le roi va ,fonta9ebleau8--,non pas que je sa*e4 ,,*apitre ,,vi4 ,comm5t m'y pr5dre8 ,s'il exi/e dans le monde une pla9te absurde et ridicule1 surt\t dans la b\*e d'un voyageur1 c'e/ celle que j'ent5ds faire t\s les j\rs1 que la po/e ne va pas en ,france aussi vte qu'en ,anglet]re3--t&is que1 t\t bi5 considr1 elle y va beauc\p plus vte4--,en effet1 si l'on calcule la pesanteur des voitures franoises1 avec l'norme quantit des bagages dont on les *>ge dessus1 devant et d]rire1--si l'on considre ensuite les petites h>idelles qui les tran5t1 et le peu que ces h>idelles ont mang]1--il y a de quoi s'tonn] que l'on avance de quelques pas4 ,le traitem5t des *evaux en ,france e/ indigne d'un peuple *rti51 et p\r moi1 il m'e/ dmontr qu'un *eval de po/e de ce pays-l ne s]oit pas en tat de faire un pas1 sans la v]tu t\te-puissante de deux mots n]giques1 qu'on ne cesse de lui rpt] avec une complaisance infatigable4--,il tr\ve dans ces deux mots autant de sub/ance que dans un picot9 d'avo9e4--,enf91 c'e/ une ress\rce prcieuse1 et une ress\rce qui ne cote ri54--,c'e/ p\r cela mme1 que je meurs d'envie de l'appr5dre au lecteur4 --,mais c'e/ ici la "q4--,qu& on donne une recette1 elle doit tre claire et intelligible2 autrem5t elle e/ inutile4 ,et cep5dant si je m'exprime trop au naturel1 je m'expose tre d*ir belles d5ts dans le public1 p> ceux mmes d'entre les g5s d'glise qui p\rroi5t en avoir ri entre leurs rideaux4 --,comm5t m'y pr5dre8--,c'e/ en va9 que j'y songe4--,mon imag9ation ne me f\rnit ri54--,comm5t gliss] sur la prononciation de deux mots si tranges8 ,comm5t les am5] de manire ce que le lecteur n'en p]de ri51 et de manire1 en mme-temps1 ce que l'oreille la plus dlicate n'en soit pas blesse8-- ,ma plume m'entrane1--mon encre me brle les doigts2--je vais essay]4 ,et ensuite444 ,ensuite6 je cra9s qu'il n'arrive pis4 ,je cra9s que l'encre ne brle le papi]4 --,non4--,je n'os]ai jamais4-- ,mais si v\s dsirez de savoir comm5t l'abbesse des ,&\illettes et une novice de son c\v5t se tirr5t d'affaire en semblable r5contre1--promettez-moi seulem5t un peu d'indulg5ce1 et je v\s la racont]ai sans le mo9dre scrupule4 ,,*apitre ,,vii4 ,hi/oire de l'abbesse des ,&\illettes4 ,l'abbesse des ,&\illettes1 dont le c\v5t e/ situ dans ces montagnes qui sp>5t la ,b\rgogne de la ,savoie1 comme on peut le voir dans les n\velles c>tes de l'acadmie des sci5ces de ,p>is1--l'abbesse des ,&\illettes se tr\voit en dang] d'un an*ylose au g5\1 la s9ovie s'en tant dess*e p> son assiduit de trop longues mat9es4 ,va9em5t elle avoit t5t t\s les remdes4--,premirem5t des prires et des actions de graces ,dieu4--,puis des neuva9es1 d'abord t\s les sa9ts indi/9ctem5t1 ensuite *aque sa9t dont le g5\ avoit t an*ylos avant le si54--,les neuva9es n'oprant pas1 elle avoit eu rec\rs t\tes les reliques du c\v5t1 et pr9cipalem5t l'os de la cuisse du boiteux de ,ly/ra4--,on appliquoit t\r t\r *aque relique sur le mal2 on passoit dessus le rosaire en croix1 et enveloppoit le t\t avec le voile de madame1 qui se mettoit au lit dans ce sa9t app>eil4 ,enf91 lasse de tant d'essais inutiles1 madame s'toit livr au bras sculi]4--,il falloit voir combi5 d'huiles et de graisses molli5tes1--combi5 de fom5tations ad\cissantes et rsolutives1--combi5 de frictions anod9es6--,tantt des cataplasmes de mauve1 de guimauve et de bonh5ry1 auxquels on aj\toit des oignons de lys et du sngr2--tantt la vapeur de c]ta9s bois1 dont on dirigeoit la fume sur la cuisse de madame1 qui t5oit dessus son scapulaire en croix2--tantt enf9 des dcoctions de *icore sauvage1 de cresson d'eau1 de c]feuil1 de co*laria et de myrrhe4-- ,mais t\s les remdes fur5t sans effet1 et la facult dcida enf9 que l'on essay]oit des eaux !rmales de ,b\rbon4--,on obt9t au pralable du rvr5d pre visiteur les p]missions ncessaires1 et t\t fut ordonn p\r le voyage4 ,m>gu]ite1 novice d'environ dix-sept ans1 qui1 p\r avoir tremp son doigt trop frquemm5t dans les cataplasmes b\illans de madame l'abbesse1 avoit gagn un mal d'av5ture1 ,m>gu]ite1 dis-je1 avoit inspir tant d'intrt que1 sans s'inquit] d'une vieille religieuse p]due de sciatique1 et que les ba9s de ,b\rbon auroi5t peut-tre gurie radicalem5t1 la petite novice fut *oisie p\r compagne de voyage4 ,une vieille cal*e1 d\ble de vel\rs d',utre*t v]d1 et app>t5ant madame l'abbesse1 revit le soleil aprs v+t ans d'obscurit4--,le j>d9i] du c\v5t fut cr muleti]1 et fit sortir les deux vieilles mules p\r leur rogn] les cr9s de la queue4--,deux surs conv]ses s'employr5t l'une repr5dre les tr\s de la d\blure1 l'autre rec\dre les bords du galon jaune que la d5t du temps avoit rongs4--,le g>on j>d9i] repassa le *apeau du muleti] dans de la lie de v9 *aud2--et un tailleur v]s dans le ple9-*ant1 s'assit s\s un auv5t1 en face de l'abbaye1 p\r assortir quatre d\za9es de sonnettes p\r les h>nois1 sifflant un air *aque sonnette1 mesure qu'il l'atta*oit avec une c\rroie4 ,le m>*al et le *>ron des ,&\illettes t9r5t conseil sur les r\es1 et ds le l5dema9 sept heures du mat91 t\t fut rp>1 t\t se tr\va prt1 et fut r5du la porte du c\v5t4--,deux files de malheureux y toi5t rassembles une heure aup>avant4 ,l'abbesse des ,&\illettes1 s\t5ue p> ,m>gu]ite1 sa novice1 s'avana l5tem5t v]s la cal*e1 t\tes deux vtues en blanc1 avec leurs rosaires noirs p5dant sur leur poitr9e4 ,il y avoit dans ce contra/e de c\leurs1 je ne sais quoi de mode/e et de solemnel4 ,elles montr5t dans la cal*e4--,les religieuses1 dans le mme uni=me 7d\x emblme de l'innoc5ce67 se t9r5t leurs f5tres1 et qu& l'abbesse et ,m>gu]ite levr5t les yeux sur elles1 *acune1 la pauvre religieuse la sciatique excepte1--*acune relevant le b\t de son voile avec sa ma9 de lys1 envoya le d]ni] bais] et le d]ni] adieu4--,la bonne abbesse et ,m>gu]ite croisr5t sa9tem5t leurs ma9s sur leur poitr9e1--levr5t les yeux au ciel1--les portr5t sur les religieuses1--et ce d\ble reg>d v\loit dire3 ,dieu v\s bnisse1 mes *res surs6 ,je dcl>e que cette hi/oire m'intresse4--,j'aurois v\lu tre l4-- ,le j>d9i]1 que dsormais j'appell]ai muleti]1 toit un bon compagnon trapu1 c>r1 de joyeuse humeur1 aimant jas]1 et surt\t boire4--,les p\rquoi et les comm5t de la vie ne le tr\bloi5t nullem5t4--,il avoit sacrifi un mois de ses gages p\r se procur] une outre1 ou tonneau de cuir qu'il avoit rempli du meilleur v9 de l'endroit1 plac d]rire la cal*e1 et c\v]t d'une grosse casaque brune1 p\r le g>antir du soleil4 ,le f\et rsonne1--les mules s'branl5t1--on "p1--on e/ p>ti4-- ,il faisoit *aud4--,le muleti] qui ne craignoit pas de se fatigu]1 alloit et v5oit sans cesse aut\r de la voiture1 r>em5t sur sa mule1 et presque t\j\rs pi$4--,il avoit combattre l'occasion et le p5*ant4--,il n'en falloit pas tant p\r le faire succomb]4--,bref1 il tomba si s\v5t sur l'arrire-g>de des quipages1 il fit tant d'alles et de v5ues1 qu'avant la moiti de la j\rne t\t le v9 de l'outre s'toit enfui1 sans qu'il s'en ft p]du une seule g\tte4 ,l'homme e/ un animal d'habitude4--,il avoit fait t\t le j\r une *aleur t\ffante2--la soire toit dlicieuse1--le v9 du pays excell5t4 ,le cteau de ,b\rgogne qui le produisoit toit esc>p4--,au pi$ de ce cteau1 la porte d'une cabane fra*e1 p5doit un petit b\*on sduisant1 dont la vue rveilloit le dsir4--,a trav]s le feuillage murmuroit un d\x bruit qui sembloit dire3 ,v5ez1 v5ez beau muleti]4 ,muleti] altr1 entrez ici4 ,le muleti] toit enfant d',adam4 ,ce seul mot le dsigne assez4--,il donna un bon c\p de f\et *acune de ses mules1 en reg>dant l'abbesse et ,m>gu]ite1 comme p\r leur dire me voil4--,il donna un second c\p de f\et1 comme p\r dire ses mules allez t\j\rs4--,et s'*appant p> d]rire1 il se glissa dans le cab>et qui toit au pi$ de la montagne4 ,le muleti]1 tel que je l'ai dpe9t1 toit un bon vivant1 sans s\cis1 sans affaires1 songeant peu au l5dema91 et ne se s\ciant gure de ce qui avoit t avant lui1 ou de ce qui s]oit aprs4--,p\rvu qu'il et avec du v91 un visage qui p>l]1 il toit cont5t4--,il entra aussi-tt en conv]sation2 et t\t en buvant *op9e1 il se mit racont] l'aub]gi/e comme quoi il toit j>d9i] en *ef du c\v5t des ,&\illettes1 etc4--et comm5t1 p> amiti p\r madame l'abbesse et p\r mademoiselle ,m>gu]ite1 laquelle n'toit encore qu' son noviciat1 il les avoit am5es depuis les frontires de la ,savoie4--,comm5t madame avoit gagn une enflure au g5\ p> l'excs de sa dvotion2--et comm5t1 lui j>d9i]1 avoit f\rni une lgion d'h]bes p\r ad\cir cette tumeur2 mais le t\t en va92--et que1 si les eaux de ,b\rbon ne gurissoi5t pas cette jambe1 madame p\rroit bi5 boit] de l'autre avant qu'il ft peu4-- ,t&is que le muleti] bro*oit a9si son hi/oire1 il en oublioit l'hrone1--et avec elle1 la petite novice1--et avec la novice1 les deux mules2 ce qui toit pis que t\t le re/e4 ,or1 les mules sont des animaux qui n'ont pas t assez bi5 traits p> leurs p>5s1 p\r se croire t5ues la reconnoissance env]s le public4--,prives d'une facult commune aux hommes1 aux femmes et aux autres btes1 ne p\vant s'acquitt] env]s la nature1 ni se r5dre utiles aux gnrations v5ir1--elles s]v5t la gnration prs5te du pis qu'elles peuv5t2 allant1 v5ant1 tranant1 montant1 desc5dant1 plus s\v5t leur fantaisie qu' celle de leur conducteur4--,c'e/ ce que les philosophes et les morali/es n'ont jamais bi5 considr2 et comm5t le pauvre muleti]1 du fond de son cab>et1 s'en s]oit-il d\t8--,il n'y songea pas le mo9s du monde4--,mais il e/ temps que n\s y songions p\r lui4 ,laissons-le donc au milieu de son lm5t1 le plus heureux et le plus ins\ciant des mortels2 et occupons-n\s un mom5t des mules1 de l'abbesse et de la d\ce ,m>gu]ite4 ,p> la v]tu des deux d]ni]s c\ps de f\et1 les deux mules suivant tranquillem5t leur *em91 avoi5t -peu-prs atte9t la moiti de la montagne1 qu& la plus ge1 qui toit maligne comme un vieux diable1 jetant un c\p-d'il p> d]rire au b\t d'un angle1 n'ap]ut po9t de muleti]4 ,p> ma figue1 dit-elle en jurant1 je n'irai pas plus lo94--,et si je fais un pas de plus1 dit l'autre1 je cons5s qu'il fasse un tamb\r de ma peau4-- ,les deux mules s'arrtr5t d'un commun accord4-- ,,*apitre ,,viii4 ,suite de l'hi/oire de l'abbesse des ,&\illettes4 ,allons1 allons1 dit l'abbesse4--,hue6 hue6 cria ,m>gu]ite4-- ,k't--,k't--,k't--dit l'abbesse4-- ,dia-hue6--,dia-hue6 dit ,m>gu]ite1 avanant ses d\ces lvres1 et les ramassant en plis comme une b\rse4-- ,pan-pan-pan6 s'cria l'abbesse des ,&\illettes1 en frappant du b\t de sa canne pomme d'or contre le fond de la cal*e4-- ,la vieille mule fit un pet4 ,,*apitre ,,ix4 ,suite de l',hi/oire de l',abbesse des ,&\illettes4 ,n\s sommes p]dues1 mon enfant1 dit l'abbesse ,m>gu]ite4--,n\s pass]ons la nuit ici4--,n\s s]ons voles4--,n\s s]ons violes4-- ,oh6 dit ,m>gu]ite1 il e/ trs-sr que n\s s]ons violes4-- ,sa9te ,m>ie1 s'cria l'abbesse1 7sans aj\t] l'int]jection 17 eh6 qu'toit-ce qu'un an*ylose6 ,p\rquoi ai-je quitt le c\v5t des ,&\illettes8--,vi]ge sa9te1 p\rquoi n'z-tu pas p]mis que ta s]vante desc5dt impollue dans la tombe8-- ,o mon doigt1 mon doigt6 s'cria ,m>gu]ite1 pr5ant feu au mot de s]vante6--,p\rquoi ne me suis-je pas cont5te de le f\rr] ici et l1 et enf9 p> t\t ailleurs que dans ce dfil8-- ,dfil1 mon enfant1 s'cria l'abbesse6-- ,dfil1 ma *re mre1 dit la novice4-- ,la frayeur leur avoit t\rn la tte4 ,l'une ne savoit ce qu'elle disoit1 ni l'autre ce qu'elle rpondoit4 ,o ma virg9it1 ma virg9it1 s'crioit l'abbesse6-- ,virg9it--g9it1 disoit la novice en sanglottant4-- ,,*apitre ,x4 ,suite de l',hi/oire de l',abbesse des ,&\illettes4 ,ma *re mre1 dit enf9 la novice rev5ant un peu elle1--on m'a p>l de deux c]ta9s mots1 qui sont d'une n]gie t\te puissante4 ,p> leur v]tu1 il n'e/ po9t de *eval1 d'ne1 ni de mulet1 qui1 bon gr1 malgr1 n'escalade la plus haute montagne4 ,quelque rtif1 quelque ob/9 qu'il soit1 pe9e les a-t-il ent5dus1 qu'il obx4--,ce sont des mots magiques1 s'cria l'abbesse saisie d'horreur4--,non1 dit froidem5t ,m>gu]ite2 mais ce sont des mots que l'on ne sauroit prononc] sans p*4--,quels sont-ils1 dit l'abbesse en l'int]rompant8--,ils sont crim9els au plus haut degr1 rpondit ,m>gu]ite2 ce sont des p*s mortels3--si n\s sommes violes1 et que n\s m\rions sans avoir reu l'absolution de ces deux vila9s mots1 c'e/ fait de n\s4--,mais1 dit l'abbesse des ,&\illettes1 ne p\vez-v\s me les dire8--,oh6 ma *re mre1 dit la novice1 il e/ impossible de les prononc]4--,il y auroit de quoi faire mont] au visage t\t le sang que l'on auroit dans le corps4--,mais au mo9s1 dit l'abbesse1 v\s p\vez bi5 me les gliss] dans l'oreille4-- ,dieu t\t-puissant6 n'z-tu pas quelque ange g>di5 que tu puisses envoy] dans ce cab>et au bas de la montagne8 ,t\s tes esprits gnreux et bi5faisans sont-ils occups8 ,n'e/-il dans la nature aucun ag5t que tu puisses employ]8 aucun frisson qui1 se glissant le long de l'artre qui le conduiroit au cur1 iroit rveill] le muleti] qui s'oublie au milieu des pots8--,nul d\x in/rum5t ne lui rappell]a-t-il l'ide de l'abbesse1 de ,m>gu]ite1 et de leurs rosaires noirs8-- ,eveille1 veille-toi1 muleti]6--,mais il e/ trop t>d2 les horribles mots sont prononcs4 ,jeune et belle lectrice1 v\s brlez de les appr5dre6--,mais comm5t os]ai-je v\s les dire8--,o v\s6 muse *a/e1 qui savez p>l] de t\tes les *oses exi/antes sans s\ill] vos lvres1 in/ruisez-moi1 sec\rez-moi4 ,,*apitre ,,xi4 ,f9 de l',hi/oire de l',abbesse des ,&\illettes4 ,t\s les p*s quelconques1 dit l'abbesse1 7dev5ue casui/e p> la dtresse o elle se tr\voit7--t\s les p*s1 ma *re fille1 sont p>tags en deux classes2 mortels et vniels4--,telle e/ la division tablie p> le sa9t directeur de notre c\v5t2 et il n'y en a pas d'autre4--,or1 un p* vniel tant dj p> lui-mme le plus lg] et le mo9dre de t\s1--il e/ c]ta9 que si v\s le sp>ez en deux1 pr5ant une moiti et laissant l'autre1--ou si v\s le p>tagez l'amiable entre une autre p]sonne et v\s1--ce p*1 qui toit dj peu de *ose1 se rduira bi5tt ri54 ,or1 je ne vois aucun p* dire b\ c5t fois1 mille fois de suite2 de mme qu'il n'y a ri5 de malhonnte prononc] la seconde syllabe isole1 ft-ce depuis les mat9es jusqu'aux vpres4--,a9si1 ma *re fille1 cont9ua l'abbesse des ,&\illettes1 je dirai b\1 tu me rpondras1 je repr5drai2 et a9si de suite alt]nativem5t4--,et comme il n'y a pas plus de mal dire f\ qu' dire b\1--tu entonn]as f\1 et moi j'a*ev]ai le mot en guise de rpons1 comme aux v]sets de nos complies4----,l'abbesse t\ssa1 donna le ton1 ,m>gu]ite suivit2 et il en rsulta le plus trange duo dont les fa/es mona/iques ai5t jamais fait m5tion4 ,b\--b\--b\--b\1 disoit l'abbesse4-- ,il n'e/ p]sonne un peu in/ruite qui ne sa*e ce que rpondoit ,m>gu]ite4 ,f\--f\--f\--f\1 disoit ,m>gu]ite4-- ,je lis dans vos yeux1 mademoiselle1 qu'au beso9 v\s auriez pu a*ev] le mot p\r l'abbesse4 ,a pe9e l'abbesse et ,m>gu]ite eur5t-elles comm5c leur psalmodie1 que les deux mules1 croyant reconnotre une musique qui leur toit familire1 remur5t la queue1 mais sans avanc] d'un pas4--,la recette opre1 dit la novice4--,il faut recomm5c]1 dit l'abbesse2--et le duo reprit444 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 --,l'abbesse--b--b--b--b-- --,m>gu]ite g--g--g--g-- ,plus vte1 dit ,m>gu]ite4 --,m>gu]ite--f--f--f--f4 --,l'abbesse--t--t--t--t4 ,plus vte encore1 dit ,m>gu]ite2--f-f-f-f-f4 --,l',abbesse--t-t-t-t-t4 ,encore plus vte1--pre/issim1 ma *re mre444 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 ,o ciel6 je n'en puis plus1 dit l'abbesse t\te ess\ffle4 ,le ,seigneur ait piti de n\s6--les maudites btes ne n\s ent5d5t pas1 dit ,m>gu]ite en s\pirant4--,mais le diable n\s a ent5dues1 dit l'abbesse des ,&\illettes4 ,,*apitre ,,xii4 ,ballet4 ,bon ,dieu6 quelle t5due de pays j'ai p>c\rue6 de combi5 de degrs je me suis rappro* d'un soleil plus *aud6--que de belles villes j'ai trav]ses1--p5dant le temps1 madame1 que v\s avez mis lire et comm5t] cette hi/oire6 ,j'ai vu ,fonta9ebleau1 ,s5s1 ,joigny1 ,aux]re2--et ,dijon1 capitale de la ,b\rgogne1 et ,*lons sur ,sane2 et ,mcon1 capitale du ,mconais1 et peut-tre v+t autres villes et villages qui se tr\v5t sur la r\te de ,p>is ,lyon2--mais je ne suis plus en tat de v\s en p>l]1 que des villes de la lune4--,a9si1 quelque *ose que je fasse1 voil un *apitre1 et peut-tre deux entirem5t p]dus4 --,sans m5tir1 ,tri/ram1 votre hi/oire des ,&\illettes e/ orig9ale4-- ,aj\tez1 madame1 qu'elle a di/rait votre att5tion p\r ce qui va suivre4--,si c'et t quelque pieuse mditation sur la croix1--quelque trait sur la paix1 l'humilit1 la religion *rti5ne1--si j'avois crit sur le mpris des *oses t]re/res1 sur l'alim5t cle/e de l'ame1 ce pa9 des lus et des sages1 cette sa9tet1 cette contemplation1 dont l'esprit de l'homme1 une fois sp> de son corps1 doit se n\rrir jamais2--je conois1 madame1 que v\s m'auriez vu f9ir1 avec plus de plaisir1 et recomm5c] avec plus d'intrt4 ,au lieu que cette abbesse444 ,je v\drois n'en avoir jamais p>l4--,mais le mal e/ fait2 et comme je n'efface jamais ri51 voyons si je tr\v]ai quelque expdi5t p\r v\s t] cette ide de la tte444 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 --,avec votre p]mission1 madame1444 je cra9s que v\s ne soyiez assise dessus4--,c'e/ mon bonnet et ma m>otte que je *]*e4-- ,votre m>otte1 ,tri/ram6--il y a plus d'une heure que v\s la t5ez4-- ,oui6--en ce cas1 madame1 laissez-moi faire deux ou trois cabrioles1 dans] la fricasse1 et *ant] lanturlu2--et je revi5s v\s plus sage et plus pos que jamais4 ,,*apitre ,,xiii4 ,aux]re4 ,t\t ce qu'il y a v\s dire sur ,fonta9ebleau1 en cas que v\s le dem&iez1 c'e/ qu'il e/ situ au milieu d'une va/e =t1 qu9ze lieues au sud de ,p>is4--,la ville a un c]ta9 air de gr&eur2 le *teau e/ antique et noble4--,le roi a c\tume d'y pass] les automnes avec t\te sa c\r1 p\r le plaisir de la *asse4 ,l1 t\t ,anglois d'une c]ta9e faon1 et surt\t1 milord1 s'il e/ fait comme v\s 7p\rvu qu'il ait deux ou trois c\reurs7 peut pr5dre sa "p de ce div]tissem5t1 avec la seule att5tion de ne pas c\rir plus vte que le roi4 ,il y a p\rtant deux raisons p\r que v\s ne rptiez pas bi5 haut ce que je vi5s de v\s dire4 ,l'une1 c'e/ que cela p\rroit faire r5*rir les *evaux de *asse en ,anglet]re4-- ,l'autre1 c'e/ qu'il n'y a pas un mot de vrai4 ,cont9uons4-- ,a l'g>d de ,s5s1 on peut l'expdi] en un seul mot3 ,c'e/ un sige ar*ipiscopal4 ,quant ,joigny1 je crois que le mo9s que l'on puisse en dire e/ le mieux4 ,mais p\r ,aux]re6--je p\rrois en p>l] jusqu' dema94 ,je n'en f9irois pas si je v\lois4--,lorsque je fis mon gr& t\r de l',europe1 s\s la conduite de mon pre1 qui ne v\lut s'en fi] qu' lui-mme p\r m'accompagn]1 et qui se fit suivre de mon oncle ,tobie1 de ,trim et d',obadiah1 et de presque t\te la famille1 except de ma mre2--n\s n\s arrtmes ,aux]re deux j\rs enti]s4--,mais1 monsieur1 p\rquoi madame votre mre ne fut-elle pas du voyage8--,monsieur1 c'e/ qu'elle avoit entrepris de tricot] p\r mon pre un gr& pantalon de la9e grise1 et qu'elle avoit cur d'a*ev] sa t*e4-- ,mon pre qui faisoit la si5ne de tir] p>ti des *oses les plus +rates1 et qui tr\voit p>t\t faire son pr(it1 m'en a laiss de re/e dire sur ,aux]re4--,dans t\s ses voyages1 mais pr9cipalem5t dans celui dont je p>le1 il suivoit une r\te si diffr5te de celles que t\s les autres voyageurs avoi5t p>c\rues avant lui2--il voyoit les rois et les c\rs1 et t\te leur magnific5ce1 s\s un po9t de vue si orig9al2--ses rem>ques sur les c>actres1 les murs et les c\tumes des pays que n\s trav]sions1 toi5t si opposes celles de t\s les autres hommes1 et p>ticulirem5t celles de mon oncle ,tobie et du caporal1 p\r ne ri5 dire des mi5nes1--les has>ds et les accid5s qui n\s arrivoi5t1 ou que les sy/mes et son op9itret n\s attiroi5t j\rnellem5t1 toi5t d'un g5re si v>i1 si trange1 si tragi-comique2--en un mot1 l'ensemble de ses av5tures et de ses rflexions1 =me un t\t si diffr5t de t\t ce qu'on a jamais vu dans aucun rcit de voyageur1--que ce s]a ma faute1 et uniquem5t ma faute1 si les voyages de mon pre ne sont pas lus et relus p> t\t voyageur et t\t amateur de voyages1 tant qu'il y aura des voyages et des voyageurs4 ,mais ce ri*e ballot ne doit pas s'ouvrir encore4 ,je ne veux en tir] que ce qui m'e/ ncessaire p\r dbr\ill] le my/re de notre sj\r ,aux]re4--,je vois l'impati5ce du lecteur1 et je m'empresse de la satisfaire4 --,frre ,tobie1 dit mon pre1 v\lez-v\s1 en att5dant le dn]1 que n\s allions voir ces messieurs dont monsieur ,sgui] a p>l avec tant d'loge8--,j'irai voir qui v\s v\drez1 dit mon oncle ,tobie1 dont la complaisance toit 9puisable4--,mais ces messieurs sont des momies1 reprit mon pre4--,e/-il ncessaire de se ras]1 dit mon oncle ,tobie8--,non1 p>bleu6 frre1 s'cria mon pre1--au contraire1 une longue b>be n\s donn]a un air de famille t\t--fait conv5able4-- ,l-dessus n\s n\s mmes en m>*e1 mon oncle ,tobie1 appuy sur le caporal1 et =mant l'arrire-g>de1 et n\s n\s a*em9mes v]s l'abbaye de ,/4-,g]ma94 --,t\t ce que n\s voyons1 dit mon pre au sacri/a91 qui toit un jeune frre de l'ordre de ,/4-,b5ot1 e/ vraim5t trs-beau1 et trs-ri*e1 et trs-magnifique4--,mais ce n'e/ pas l le b de notre curiosit4 ,n\s v\drions voir ces corps desquels monsieur ,sgui] a donn au public une description si exacte4 ,le mo9e s'incl9a1 et pr5ant dans la sacri/ie une tor*e consacre cet usage1 il n\s conduisit au tombeau de ,/4-,hrhald4--,voici1 dit le sacri/a91 en posant la ma9 sur la tombe1--voici un pr9ce clbre de la maison de ,bavire1 qui1 s\s les rgnes successifs de ,*>lemagne1 de ,l\is le ,dbonnaire et de ,*>les le ,*auve1 j\it d'une gr&e autorit dans le g\v]nem5t4 ,il contribua1 plus que p]sonne1 rtablir p>t\t l'ordre et la discipl9e4--,il faut donc1 dit mon oncle ,tobie1 qu'il ait t aussi gr& dans le *amp de ,m>s que dans le cab9et4 ,c'toit1 c\p sr1 quelque preux et vaillant *evali]4--,c'toit un mo9e1 dit le sacri/a94 ,mon oncle ,tobie et ,trim se reg>dr5t p\r *]*] quelque consolation dans les yeux de l'un de l'autre2--ils n'en tr\vr5t po9t4--,mon pre frappa des deux ma9s sur ses cuisses2 c'toit son ge/e ord9aire qu& il voyoit ou qu'il ent5doit quelque *ose de trs-plaisant4--,il ne p\voit s\ffrir les mo9es1 ni t\t ce qui y avoit rapport2 mais la rponse du sacri/a9 portant plus -plomb sur mon oncle ,tobie et sur ,trim que sur lui1 ce fut p\r lui un triomphe relatif qui le mit de la plus belle humeur du monde4 --,et comm5t1 je v\s prie1 appelez-v\s ce g5tilhomme-ci1 dem&a mon pre en riant8--,cette tombe1 dit le jeune bndict91 en baissant les yeux1 conti5t les os de ,/e4-,maxime1 qui v9t de ,rav5ne exprs p\r t\*] le corps444--,de ,/e4-,maxime1 dit mon pre1 c\pant la p>ole au sacri/a96--,ce sont1 aj\ta mon pre1 les deux plus gr&s sa9ts de t\t le m>tyrologe4--,excusez-moi1 dit le sacri/a92--c'toit p\r t\*] les os de ,/4-,g]ma91 fondateur de l'abbaye4--,et qu'e/-ce qu'elle gagna p>-l1 dit mon oncle ,tobie8--,p>bleu6 dit mon pre1 ce qu'une femme gagne ord9airem5t qu& elle va en pl]9age4--,elle gagna le m>tyre1 rpliqua le jeune bndict91 en s'incl9ant jusqu' t]re1 et disant ce peu de mots d'un ton de voix -la-fois si mode/e et si assur1 que mon pre en fut ds>m p\r un mom5t4--,on croit1 cont9ua le bndict91 que ,/e4-,maxime repose dans cette tombe depuis quatre c5ts ans2 et il n'y en a que deux c5ts qu'elle e/ canonise4--,on e/ long-temps faire son *em91 frre ,tobie1 dit mon pre1 dans cette arme de m>tyres4--,hlas6 dit ,trim6 dans quelque corps que ce soit1 qu& un pauvre diable n'a pas le moy5 d'a*et]444 ,pauvre ,sa9te-,maxime1 dit mon oncle ,tobie demi-voix1 en s'loignant de sa tombe6--,elle toit1 cont9ua le sacri/a91 une des plus belles et une des plus gr&es dames de ,france et d',italie4--,mais qui diable e/ ent]r-l1 ct d'elle1 dit mon pre1 montrant du b\t de sa canne une gr&e tombe prs de laquelle il passoit8--,c'e/ ,/4-,prosp]1 monsieur1 rpondit le sacri/a94--,pe/e6 dit mon pre1 ,/4-,prosp] e/ =t bi5 plac l4--,et quelle e/ l'hi/oire de ,/4-,prosp]1 cont9ua-t-il8--,/4-,prosp]1 rpliqua le sacri/a91 toit vque4--,p> le ciel6 s'cria mon pre en l'int]rompant1 je m'en d\tois4--,/4-,prosp]6 l'heureux nom6--,comm5t ,/4-,prosp] et-il manqu d'tre vque ou c>d9al8--,il tira son j\rnal de sa po*e1 le sacri/a9 t5ant sa tor*e p\r l'clair]1 et il crivit ,/4-,prosp]1 comme un n\vel appui son sy/me sur les noms de baptme4--,et j'os]ai dire que1 vu le ds9tressem5t qu'il apportoit dans la re*]*e de la vrit1 il auroit tr\v un trsor dans le tombeau de ,/4-,prosp]1 qu'il ne se s]oit pas cru si ri*e4 ,c'toit la visite la plus heureuse1 la plus utile qu'on et jamais r5due la mort4 ,enf91 mon pre fut si *>m de sa dc\v]te1 qu'il se dcida sur-le-*amp pass] un j\r de plus ,aux]re4 ,je v]rai dema9 le re/e de ces bonnes g5s1 dit mon pre1 comme n\s trav]sions la place4--,et p5dant ce temps-l1 frre ,%&y1 dit mon oncle ,tobie1 le caporal et moi n\s visit]ons les remp>ts4 ,,*apitre ,,xiv4 ,je ne sais plus o j'en suis4 ,me voici p\r le c\p dans un labyr9! t\t--fait inextricable4--,dans l'un 7c'e/ celui que j'cris ma9t5ant7 j'en suis dehors depuis long-temps4--,dans l'autre 7c'e/ celui que je dois crire un j\r7 je n'en suis pas encore t\t--fait sorti4-- ,il y a en t\tes *oses un c]ta9 degr de p]fection2 et en v\lant all] au-del1 je me suis mis dans une situation o jamais voyageur ne s'e/ tr\v avant moi4--,c> en ce mme in/ant je suis sur la place d',aux]re1 avec mon pre et mon oncle ,tobie1 regagnant l'aub]ge et le dn]4--,j'entre en mme-temps dans la ville de ,lyon1 avec ma *aise de po/e rompue en mille pices2--et p\r complt] l'extravagance1 je me tr\ve 7t\j\rs au mme in/ant7 sur les bords de la ,g>onne1 dans un joli pavillon bti p> ,pr+ello1 que monsieur ,salignac m'a prt1 et dans lequel j'cris cette rapsodie4 --,laissez-moi me recueillir un peu1 et repr5dre ensuite le fil de mon voyage4 ,,*apitre ,,xv4 ,lyon4 ,aprs t\t1 dis-je1 j'en suis bi5 aise2--c'toit au mom5t o j'entrois pi$ dans la ville de ,lyon1 suivant pas l5ts une *>rette qui portoit ple-mle mon bagage et les dbris de ma *aise4--,oui1 cont9uai-je1 je suis *>m qu'elle soit rompue1 et j'y vois un pr(it t\t clair4--,il ne m'en cot]a pas plus de sept francs p\r desc5dre p> eau jusqu' ,avignon1 ce qui m'avanc]a de qu>ante lieues3 l1 dis-je1 en cont9uant mon calcul conomique1 il me s]a facile de l\] deux mules1 ou mme deux nes si je l'aime mieux1 7d'autant que je ne suis connu de p]sonne7--et je trav]s]ai les pla9es du ,langu$oc presque p\r ri54 ,il e/ clair que l'accid5t de ma *aise me vaudra au mo9s quatre c5ts livres1 et du plaisir6--du plaisir p\r deux fois autant4--,avec quelle rapidit1 cont9uai-je1 en frappant des ma9s1 je vais desc5dre le ,rhne1 laissant le ,viv>ais droite et le ,dauph9 gau*e6 la vtesse du fleuve me laiss]a voir pe9e les anci5nes villes de ,vi5ne1 de ,val5ce et de ,vivi]s4 ,quelle n\velle flamme ptill]a dans mes esprits1 lorsque j'arra*]ai une grappe p\rpre sur les cteaux de l',h]mitage et de ,cte-rotie1 en passant au pi$ de ces vignobles6 et comme mon sang se tr\v]a rafra*i et ranim l'aspect de ces anci5s *teaux1 sems sur les bords du ,rhne1--de ces *teaux fameux1 d'o p>toi5t jadis de c\rtois *evali]s p\r r$ress] les torts et protg] la beaut6 qu& je v]rai ces g\ffres1 ces ro*]s1 ces montagnes1 ces cat>actes1 et t\t ce desordre de la nature1 dont elle-mme s'ent\re au milieu de ses plus beaux ouvrages6 ,a mesure que je faisois ces rflexions1 il me sembloit que ma *aise qui1 au mom5t de son naufrage1 avoit encore assez belle app>5ce1 dim9uoit ins5siblem5t de valeur4--,la pe9ture avoit p]du sa fra*eur1 et la dorure son lu/re2--et le t\t ensemble me p>oissoit si pauvre1 si mesqu91 si pitoyable1 en un mot si =t au dess\s de la cal*e mme de l'abbesse des ,&\illettes1--que1 j'ouvrois dj la b\*e p\r donn] ma *aise t\s les diables444 qu& un petit selli] qui trav]soit la rue pas prcipits1 v9t me dem&] d'un air effront3 ,si monsieur ne v\loit pas faire raccommod] sa *aise4 ,non p>bleu1 dis-je d'un ton d'humeur4--,monsieur aim]oit peut-tre mieux la v5dre4--,oh6 de t\t mon cur1 lui dis-je2--il y a du f] p\r qu>ante francs1 les glaces peuv5t valoir autant1 et je v\s donne le re/e p>-dessus le m>*4 ,que d'arg5t cette *aise m'aura rapport1 dis-je1 p5dant qu'il me comptoit la somme6 ,c'e/ ma m?ode ord9aire d'enregi/r] les petits accid5s de la vie2 je les e/ime un s\ *acun1 de quelque nature qu'ils soi5t4 ,dis1 ma *re ,j5ny1--dis ces messieurs comm5t je me suis conduit dans un accid5t de l'espce la plus accablante qui puisse arriv] un homme aussi fi] de son sexe que je le suis et qu'on doit l'tre4-- --,c'e/ assez1 me dis-tu1 en te rappro*ant de moi1 t&is que je me t5ois deb\t1 les yeux baisss1 mes j>retires la ma91 et que je rfl*issois sur l'vnem5t qui devoit avoir et qui n'avoit pas eu lieu4--,c'e/ assez1 ,tri/ram1 me dis-tu4--,j'ai vu ta bonne volont1 et je suis cont5te4-- --,un autre et v\lu s'abym] dans les entrailles de la t]re4-- ,a quelque *ose malheur e/ bon1 rpliquai-je1 et l'on ne peut tir] p>ti de t\t4 --,j'irai pass] six sema9es dans le pays de ,galles1 et j'y boirai du lait de *vre1 et mon accid5t me vaudra sept annes de vie4-- ,oh6 j'ai le plus gr& tort de me pla9dre de la =tune1 de lui repro*] ses rigueurs1 et cette f\le de petits *agr9s dont elle n'a cess de m'accabl]6--,si j'ai quelque repro*e fond lui faire1 c'e/ de ne m'avoir pas plus maltrait encore4 ,suivant ma manire de compt]1 une v+ta9e de malheurs bi5 conditionns m'auroi5t rapport plus qu'une p5sion de c5t gu9es3--or c5t gu9es ou -peu-prs1 c'e/ quoi se borne mon ambition4 ,je ne me s\cie pas d'avoir pay] les ret5ues d'une somme plus considrable4 ,,*apitre ,,xvi4 ,vexation4 ,p\r ceux qui se connoiss5t en vexations1 et qui les appell5t p> leur nom1 il ne sauroit y en avoir une pire que de pass] presque t\t un j\r ,lyon1 la ville de ,france la plus opul5te1 la plus comm]ante1 la plus ri*e en re/es prcieux de l'antiquit1--et ne p\voir la visit]1--en tre emp* p> quelque cause que ce soit1 c'e/ dj une vexation2 mais en tre emp* p> une vexation1 c'e/ ce que t\t philosophe appell]a bon droit3 vexation sur vexation4 ,j'avois pris mes deux tasses de caf au lait1 7ce qui1 p> p>5?se1 e/ excell5t p\r la consomption2 mais il faut que le caf et le lait ai5t b\illi ensemble1--autrem5t ce n'e/ que du caf et du lait47--,il toit huit heures du mat91 le bateau ne p>toit qu' midi1 et j'avois le temps de voir et de connotre ,lyon1 assez p\r en fatigu] mon ret\r les oreilles de t\s les amis que je puis avoir dans le monde4-- --,j'irai d'abord la ca?drale1 dis-je1 en reg>dant ma li/e1 et je v]rai le mcanisme m]veilleux de la fameuse horloge de ,lippius de ,ble4-- ,il faut que j'av\e ici mon ignorance4 ,de t\tes les *oses du monde1 7desquelles il y a =t peu que je compr5ne7 celle que je compr5ds le mo9s1 c'e/ la mcanique4--,mon esprit1 mon gt1 mon imag9ation1 t\t s'y refuse3 et mon c]veau e/ si entirem5t b\* p\r t\t ce qui y a rapport1 que je dcl>e solemnellem5t que je n'ai jamais pu concevoir le mcanisme d'une cage d'cureuil1 ni de la r\e d'un gagne-petit1 quoique j'aie tudi l'une plusieurs reprises avec la plus gr&e att5tion1 et que je me sois t5u auprs de l'autre des heures entires avec une pati5ce anglique4 --,n'importe1 dis-je1 je v]rai le jeu surpr5ant de cette fameuse horloge1 et c'e/ p>-l que je comm5c]ai4 ,j'irai ensuite visit] la gr&e biblio?que des ,jsuites1 et je t*]ai de voir1 s'il e/ possible1 les tr5te volumes de l',hi/oire de la ,*9e1 crite1 7non en langue t>t>e7 mais en langue *9oise1 et avec des c>actres *9ois4 ,or1 j'ent5ds t\t aussi peu la langue *9oise que le mcanisme de la sonn]ie de ,lippius2--et je laisse aux curieux expliqu] p\rquoi ces deux articles se tr\voi5t les premi]s sur ma li/e4--,c'e/ encore ici un des problmes de la nature1 une des biz>r]ies de cette dame capricieuse2--et ses vrais amateurs ont le mme intrt que moi en dev9] la s\rce4 ,qu& n\s aurons vu ces deux curiosits1 dis-je1 de manire tre ent5du du valet de place qui se t5oit d]rire moi1--il n'y aura pas de mal que n\s allions l'glise de sa9t ,irne1 p\r voir le pili] auquel ,jsus-,*ri/ fut atta*2--et n\s v]rons ensuite la maison o demeuroit ,ponce-,pilate4--,ces deux *oses-ci1 dit le valet de place1 ne se voi5t qu' la ville vois9e1-- ,vi5ne4--,tant mieux1 dis-je1 en me levant brusquem5t de ma *aise1 et me prom5ant dans ma *ambre avec des enjambes deux fois plus gr&es que mon pas ord9aire4--,je v]rai d'autant plutt le tombeau des deux amans4-- ,je p\rrois de mme laiss] dev9] aux curieux quelle fut la cause de ce m\vem5t prcipit1 et p\rquoi je fis de gr&es enjambes en prononant ces mots2 mais comme cela ne reg>de en ri5 le mcanisme de la sonn]ie1 il vaut autant p\r le lecteur que je lui explique moi-mme4 ,,*apitre ,,xvii4 ,les deux amans4 ,oh6 il y a dans la vie de l'homme une poque *>mante4--,c'e/ lorsque son c]veau tant encore t5dre et flexible1 et t\tes ses s5sations promptes et faciles1--l'hi/oire de deux amans passionns1 sp>s l'un de l'autre p> de cruels p>5s1 et p> une de/9e plus cruelle encore444 ,paul91 c'e/ l'amant2 ,paul9e1 c'e/ son amante3 ,*acun ignorant le sort de l'autre444 ,lui-- l'e/2--l'autre-- l'oue/4-- ,paul9 fait esclave p> les ,turcs1 et m5 la c\r de l'emp]eur de ,m>oc1 o la pr9cesse de ,m>oc dev5ant p]dum5t am\reuse de lui1 le reti5t v+t ans en prison1 ne p\vant va9cre sa con/ance p\r ,paul9e4-- ,elle1 7,paul9e7 p5dant t\t ce temps errant pi$s nuds1 les *eveux p>s1 sur les ro*]s et les montagnes p\r *]*] son amant3--,paul96 *] ,paul96--,et faisant r$ire son nom aux *os des coll9es et des valles3--,paul96--,paul96 ,noye dans les l>mes1 abyme dans le dsespoir1--assise la porte de *aque ville1 de *aque village3--,mon *] amant1 mon *] ,paul9 a-t-il pass l8 ,p]sonne n'a-t-il vu mon *] ,paul98 ,et p>c\rant a9si t\t ce va/e univ]s3 jusqu' ce qu'enf9 un has>d inespr les ram5ant t\s deux1 quoique p> diffr5s cts1 au mme in/ant de la nuit1 une des portes de ,lyon1 leur patrie commune1 et *acun d'eux s'criant -la-fois avec un acc5t trop bi5 connu3 ,mon *] ,paul91--ma *re ,paul9e1--vit-il1 vit-elle--encore8 ,ils se reconnoiss5t sans se voir1 ils vol5t dans les bras l'un de l'autre1 et meur5t de joie en s'embrassant4 --,il y a1 dis-je1 une poque *>mante dans la vie de t\t homme s5sible4--,c'e/ qu& une p>eille hi/oire lui plait1 le t\*e1 l'intresse davantage1 que t\s les rogatons1 bribes et fragm5s de l'antiquit1 qu'il r5contre en f\le *ez t\s les voyageurs4 ,c'toit t\t ce qui m'avoit frapp en lisant les dtails que ,spon et les autres n\s ont laisss sur la ville de ,lyon4 ,mais ce qui a*eva de me *>m]1 fut ce que je tr\vai depuis dans un autre voyageur1 7,dieu sait lequel7 qui rapporte qu'un tombeau fut rig la fidlit de ,paul9 et de ,paul9e2 et plac prs de cette mme porte qu'ils avoi5t consacre p> leur mort t\*ante4--,et sur ce tombeau1 aj\te l'auteur1 les amans vont encore auj\rd'hui voqu] leurs ombres1 et les pr5dre tmo9 de leurs s]m5s4-- ,je d\te qu'en aucun temps de ma vie j'eusse pu me s\mettre un tel g5re d'preuves2--mais ce tombeau des amans rev5oit sans cesse mon imag9ation4 ,je ne p\vois p>l] de ,lyon1 ou seulem5t y p5s]1--que dis-je8 je ne p\vois voir une t(fe de ,lyon1 sans que ce prcieux monum5t de fidlit antique me revnt l'ide4--,et j'ai s\v5t dit dans ma manire libre de m'exprim] 7peut-tre mme avec quelque irrvr5ce7 que ce tombeau1 t\t nglig qu'il toit1 me sembloit d'un aussi gr& prix que celui de la ,mecque1 et mme que la ,santa ,casa de ,lorette1 la ri*esse prs4--,je m'tois mme promis1 quoique je n'eusse aucune affaire ,lyon1 de ne pas m\rir sans avoir fait le pl]9age4-- ,a9si1 quoique sur la li/e des *oses que j'avois voir ,lyon1 cet article ft le d]ni]2 on peut voir qu'il n'toit pas le mo9s intressant p\r moi4 ,en rum9ant ce projet dans ma tte1 je fis donc dans ma *ambre une d\za9e ou deux d'enjambes plus longues que de c\tume2 je desc5dis ensuite froidem5t dans la c\r1 dans le desse9 de sortir3--,inc]ta9 si je ret\rn]ois mon aub]ge1 je dem&ai ma c>te l'hte1 je le payai2 je donnai1 de plus1 dix s\s la fille2 et je recevois les d]ni]s complim5s de monsieur le ,blanc1 qui me s\haitoit un heureux voyage1 qu& je fus arrt la porte4-- ,,*apitre ,,xviii4 ,l',ane4 ,c'toit un pauvre ne avec de gr&s pani]s sur le dos1 qui ramassoit1 comme p> *>it1 des feuilles de raves et des trognons de *\x4--,il toit indcis1--ses deux pi$s de devant sur le seuil1 et moiti engags dans la porte1--ses deux pi$s de d]rire dans la rue2--et ne sa*ant pas bi5 s'il entr]oit ou non4 ,illu/ration ,or1 un ne e/ p\r moi une espce d'animal sacr4 ,quelque press que je sois1 il m'e/ impossible de le frapp]4 ,la pati5ce avec laquelle il endure les mauvais traitem5s1 e/ crite d'une manire si naturelle sur sa physionomie et dans t\t son ma9ti56 elle plaide si puissamm5t p\r lui6--qu'elle me ds>me t\j\rs1 tellem5t que je ne saurois mme lui p>l] brutalem5t4 ,au contraire1--quelque "p que je le r5contre1 la ville ou la campagne1 la *>rette ou s\s des pani]s1 en esclavage ou en lib]t1 j'ai t\j\rs quelque *ose d'honnte lui dire3--et comme un mot en amne un autre1 s'il e/ aussi dsuvr que moi1 j'entre en conv]sation avec lui4 ,srem5t mon imag9ation n'e/ jamais plus srieusem5t occupe que lorsqu'elle m'aide traduire ses rponses d'aprs sa cont5ance4 ,et si sa cont5ance ne s'explique pas assez clairem5t1 je desc5ds au fond de mon cur et ensuite au fond du si51 p\r y tr\v] ce que1 suivant l'occasion1 il e/ naturel1 soit un homme1 soit un ne de p5s]4 --,de t\tes les espces qui sont au-dess\s de moi1 c'e/1 en vrit1 la seule avec laquelle je puisse conv]s] a9si4 ,quant aux p]roquets et aux autres oiseaux jaseurs1 je n'ai jamais un mot leur dire3 non plus qu'aux s+es1 et p> la mme raison4--,les uns p>l5t1 les autres agiss5t p> r\t9e2 et t\s me r5d5t galem5t sil5cieux4 ,bi5 plus6 mon *i5 et mon *at444 je les aime beauc\p1 et mon *i51 surt\t1 qui e/ au dsespoir de ne p\voir p>l]4--,mais quelle qu'en soit la raison1 il e/ c]ta9 que ni l'un ni l'autre ne possd5t le tal5t de la conv]sation4--,la mi5ne avec eux1 7de mme que celles de mon pre avec ma mre dans ses lits de ju/ice17 ne sauroit all] plus lo9 qu'une dem&e1 une rponse et une rplique2 une fois ces trois *oses dites1 le dialogue f9it4-- ,mais avec un ne6 je caus]ois t\te ma vie4 ,vi5s1 honnte animal1 lui dis-je1 voyant qu'il m'toit impossible de pass] entre la porte et lui1--veux-tu entr]8 ou veux-tu sortir8-- ,l'ne c\rba son c\1 et t\rna la tte du ct de la rue4-- ,eh6 bi51 rpliquai-je1 n\s att5drons ton matre une m9ute4 ,il ram5a sa tte d'un air p5sif1 et reg>da fixem5t de l'autre ct4-- ,je t'ent5ds p>faitem5t1 rpondis-je1--si tu fais un seul pas mal--propos1 tu s]as battu impitoyablem5t4 ,aprs t\t1 une m9ute n'e/ qu'une m9ute1 et elle ne s]a pas p]due1 si elle me s]t vit] la ba/onade un de mes frres4-- ,p5dant cette conv]sation il mangeoit une tige d'arti*aut1 et se tr\vant press entre son apptit d'une "p1 et l'am]tume de la plante de l'autre1 il l'avoit laiss tomb] six fois de sa b\*e1 et six fois il l'avoit ramasse4--,dieu te soit en aide1 pauvre animal1 dis-je6 tu fais l un djen] bi5 am]6 et le travail r5d t\s tes j\rs am]s1 et bi5 amre1 je crois1 e/ ta rcomp5se6--,*acun mne la vie qu'il peut2 mais dans la ti5ne1 t\t444 t\t e/ am]tume4--,ta b\*e en ce mom5t doit tre amre comme la suie444 7il avoit enf9 rejet sa tige d'arti*aut47 ,et dans le monde enti]1 peut-tre1 tu n'z pas un ami qui te donne un mac>on6 ,disant cela1 je tirai de ma po*e un cornet de mac>ons que je v5ois d'a*et]1 et je lui en donnai un4--,mais en ce mom5t o je me rappelle cette action1 mon cur me repro*e qu'elle p>toit plutt de l'ide plaisante que je me faisois de voir comm5t un ne s'y pr5droit p\r mang] un mac>on1 que d'un vritable pr9cipe de bi5veillance4 ,qu& l'ne eut mang son mac>on1 je le pressai d'entr]4--,le pauvre animal toit horriblem5t *>g2 ses jambes sembloi5t trembl] s\s lui2--il rsi/oit et portoit son poids en arrire4--,je le tirai p> son licol1--le licol se cassa dans ma ma94--,l'ne me reg>da d'un air inquiet3--,au nom du ciel ne me frappez pas6 cep5dant444 si v\s le v\lez1444 v\s le p\vez4--,moi6 te frapp]1 dis-je1 j'aim]ois mieux tre damn4 ,le mot n'toit encore prononc qu' moiti1 comme avoit t celui de l'abbesse des ,&\illettes2--a9si le p* n'toit pas consomm1 qu& un homme qui v\loit entr] fit pleuvoir une grle de c\ps sur la cr\pe de la pauvre bte1 ce qui mit f9 la crmonie4 ,au diable1 m'criai-je6 ,l'ne se prcipita p\r entr]2 et dans la viol5ce de son m\vem5t1 il me froissa rudem5t contre la muraille1 t&is qu'un b\t d'osi] qui dpassoit le tissu de son pani] accro*a la po*e de ma culotte1 et la d*ira dans la direction la plus dsa/reuse que v\s puissiez imag9]4-- ,au diable1 avois-je dit6 --,je ne m'adressois po9t l'ne1--et p\rtant ce fut peut-tre ce qui le fit entr]2--peut-tre aussi fut-ce les c\ps de bton4--,c'e/ un po9t qui n'a pas t clairci1 et que je laisse dcid] messieurs de la socit royale4--,et j'ai rapport mes culottes t\t exprs p\r les en faire juges4 ,,*apitre ,,xix4 ,le ,commis4 ,qu& t\t fut rp>1 je desc5dis une fois dans la c\r avec mon valet de place1 dans le desse9 de sortir p\r all] visit] le tombeau des deux amans et le re/e4--,mais je fus encore arrt la porte1 non p> l'ne1 mais p> celui qui l'avoit battu1 et qui p> une suite naturelle de sa victoire1 s'toit emp> du *amp de bataille4-- ,c'toit un commis de la po/e qui v5oit me dem&] six livres et quelques s\s4-- ,et propos de quoi1 lui dis-je8--,c'e/ de la "p du roi1 me dit le commis1 en levant les paules4-- ,mon bon ami1 lui dis-je1 t\t comme je suis moi1--et que v\s tes v\s444-- ,eh6 qui tes-v\s1 me dit-il8--,que v\s importe1 lui dis-je8 ,,*apitre ,,xx4 ,gr&e dispute4 ,qui que je sois1 cont9uai-je1 en m'adressant au commis1 il e/ trs-indubitable que je ne dois ri5 au roi de ,france1--si ce n'e/ bi5veillance et respect4--,c'e/ un trs-honnte homme1 et je lui s\haite t\te sorte de joie et de sant4-- ,p>donnez-moi1 reprit le commis1 v\s lui devez six livres quatre s\s1 p\r la pro*a9e po/e d'ici ,sa9t-,fons1 sur la r\te d',avignon o v\s allez2 laquelle tant une po/e royale1 v\s payez d\ble1 tant p\r les *evaux que p\r le po/illon3 autrem5t v\s en auriez t quitte p\r trois livres deux s\s4-- ,mais1 lui dis-je1 je ne vais po9t p> t]re4--,il ne ti5t qu' v\s1 dit le commis4-- ,v\s tes bi5 bon1 lui dis-je1 en faisant une pr(onde rvr5ce6 ,le commis me r5dit ma rvr5ce avec t\te la politesse et le srieux d'un homme bi5 lev4 ,jamais rvr5ce ne m'a autant dconc]t4-- ,le diable emporte la gravit de ces g5s-l1 dis-je "p6--ils ne compr5n5t non plus l'ironie que444 ,la comp>aison toit encore ct de n\s avec ses pani]s sur le dos4--,mais je n'aime pas dire des vrits trop dures4 ,au mom5t o je reg>dois l'ne1 sa bonhomie me r5dit la mi5ne1 et arrta ma langue2--je n'a*evai pas la comp>aison4 --,monsieur1 dis-je aprs m'tre un peu recueilli1--mon int5tion n'e/ pas de pr5dre la po/e4-- ,mais il ne ti5t qu' v\s1 dit-il1 p]si/ant dans sa premire rponse4--,p]sonne ne s'oppose ce que v\s pr5iez la po/e4--,ma volont1 dis-je1 s'y oppose4-- ,eh bi56 celle du roi e/ que v\s n'en payiez pas mo9s4-- ,bont du ciel1 m'criai-je6-- ,mais je voyage p> eau1--je m'emb>que sur le ,rhne midi1--mon bagage e/ dans le bateau1--je vi5s de pay] neuf francs p\r mon passage4-- ,c'e/ gal2 c'e/ t\t un1 dit le commis4-- ,bon ,dieu6 quoi6 pay] p\r la r\te que je pr5ds et p\r celle que je ne pr5ds pas6-- ,c'e/ gal1 rpondit le commis4-- ,c'e/ le diable1 dis-je4--,mais j'aime mieux tre enf]m dans dix mille ,ba/illes que de444 ,o ,anglet]re1 ,anglet]re1 m'criai-je1 en tombant g5\x1 comme je comm5ois l'apo/rophe6 tu es le pays de la lib]t et le climat du bon s5s2 tu es la plus t5dre des mres1 et la meilleure des n\rrices6-- ,le directeur de la consci5ce de madame ,leblanc surv5ant en ce mom5t1 et voyant un homme vtu de noir1 aussi ple que la mort1 p>oissant plus ple encore p> le contra/e de son habit1 et dans l'attitude d'un homme qui prie1 me dem&a si je n'avois pas beso9 des sec\rs de l'glise4-- ,hlas1 dis-je6 j'ai beso9 des sec\rs de la ju/ice1 et je vois bi5 que je ne les obti5drai jamais avec cet homme-ci4 ,,*apitre ,,xxi4 ,la paix e/ faite4 ,voyant que le commis de la po/e v\loit dcidm5t avoir ses six livres quatre sols1 t\t ce qui me re/oit faire toit de lui dire quelque *ose d'assez piquant p\r valoir -peu-prs mon arg5t4 ,voici donc comm5t je m'y pris4 ,dites-moi1 de grace1 monsieur le commis1 p> quelle c\rtoisie1 et en v]tu de quelle loi1 v\s traitez un pauvre trang] sans df5se t\t ju/em5t reb\rs d'un ,franois8-- ,j'en suis bi5 loign1 me dit-il4-- ,p>donnez-moi1 dis-je1 monsieur1 v\s avez comm5c p> d*ir] mes culottes1 et -prs5t v\s me dem&ez mes po*es4--,au lieu que si v\s aviez d'abord pris mes po*es1 et que v\s m'eussiez ensuite laiss all] sans culottes1 je n'aurois ri5 dire4-- ,mais la faon dont on me traite e/ contraire la loi de nature1--contraire la loi de raison1--contraire la loi de l'vangile4-- ,mais non pas contraire ceci1 dit-il1 en me prs5tant un papi] imprim4 ,,de ,,p> ,,le ,,roi4 ,voil1 dis-je1 un prambule t\*ant6 ,et je me mis lire444 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 444 ,j'ent5ds1 dis-je1 aprs avoir p>c\ru sa panc>te2--c'e/--dire1 qu'un homme qui "p de ,p>is en *aise de po/e1 e/ oblig de voyag] a9si t\t le re/e de sa vie1 ou de pay] l'am5de4--,excusez-moi1 dit le commis2 ce n'e/ pas l l'esprit de l'ordonnance4 ,mais que si v\s p>tez avec le projet d'all] en po/e de ,p>is ,avignon1 v\s ne p\vez *ang] d'avis ni pr5dre une autre manire de voyag]1 sans pay] au pralable aux f]mi]s des po/es plus lo9 que celle o le rep5tir v\s pr5d1 et cela e/ fond1 cont9ua-t-il1 sur ce qu'il ne faut pas que les rev5us du roi s\ffr5t de votre lgret4-- ,oh6 p> le ciel1 m'criai-je6 si on taxe la lgret en ,france1 ce que j'ai de mieux faire c'e/ de conclure avec v\s la meilleure paix que je p\rrai4 ,et la paix fut a9si faite4-- ,et si elle ne vaut ri51 comme c'e/ ,tri/ram ,%&y qui en a rdig les articles1 ,tri/ram ,%&y mrite seul d'tre p5du4 ,,*apitre ,,xxii4 ,tablettes p]dues4 ,quoique je s5tisse bi5 que t\t ce que j'avois dit au commis p\voit valoir ses six livres quatre sols1 j'tois p\rtant dt]m9 faire note de cet impt sur mes tablettes avant que de quitt] la place4--,a9si1 je mis la ma9 dans la po*e de mon habit p\r *]*] mes tablettes4--,mon av5ture peut s]vir d'avis aux voyageurs v5ir de pr5dre un peu plus g>de aux leurs444 les mi5nes n'y toi5t plus4-- ,jamais aucun voyageur dsol n'a fait p\r ses tablettes autant de tra9 et de c>illon que j'en fis p\r les mi5nes4 --,ciel6 t]re6 m]6 feu6 m'criai-je1 appelant t\s les lm5s mon sec\rs1 on m'a vol mes tablettes6--que vais-je dev5ir8--,monsieur le commis1 de grace1 mes tablettes o toi5t mes rem>ques1 ne les ai-je pas laisses *app] t&is que n\s causions ensemble8-- ,quant aux rem>ques1 dit-il1 v\s en avez laiss *app] un bon nombre de =t extraord9aires4--,bon6 dis-je1 v\s n'avez ri5 vu4--,il n'y en avoit que p\r six livres quatre s\s4--,mais les autres8--7il sec\a la tte74 ,monsieur ,leblanc1 madame ,leblanc1--n'avez-v\s pas vu mes papi]s8--,la fille1 c\rez dans ma *ambre4--,franois1 suivez-la4 ,il faut que j'aie mes tablettes4--,ce sont1 m'criai-je1 les tablettes les plus prcieuses1 les plus sages1 les plus +nieuses4--,que faut-il que je fasse8--de quel ct dois-je t\rn]8-- ,san*o ,pana1 qu& il p]dit ses provisions et son ne1 ne s'affligea pas plus amrem5t4 ,,*apitre ,,xxiii4 ,elles sont tr\ves4 ,qu& les premi]s transports fur5t passs1 et que les regi/res de ma c]velle fur5t un peu rev5us de l'horrible confusion o le *oc de tant d'accid5s runis les avoit jets1 il me rev9t en mmoire que j'avois laiss mes tablettes dans la po*e de ma *aise2 et qu'en v5dant ma *aise au selli]1 je lui avois aussi v5du mes tablettes4 99 99 99 99 99 --,ici je laisse trois lignes en blanc1 p\r que le lecteur puisse y plac] le jurem5t qui lui e/ le plus famili]4 ,quant moi1 je p5se que s'il m'e/ jamais *app un jurem5t bi5 complet1 bi5 m>qu1 ce fut en cette occasion4 9999999999999999996 m'criai-je1 a9si donc1 mes rem>ques si ple9es d'esprit1 et qui valoi5t quatre c5ts gu9es6 j'ai t les v5dre un selli] p\r quatre l\is d'or6--et1 p> le ciel6 je lui ai donn p>-dessus le m>* une *aise qui en valoit six6--encore si c'et t quelque libraire clbre1 qui1 en quittant son comm]ce1 et eu beso9 d'une *aise de po/e1 ou qui1 en le comm5ant1 et eu beso9 de mes rem>ques1 j'y aurois mo9s de regrets4--,mais un selli]6 ,franois1 m'criai-je1 mne-moi *ez lui t\t--l'heure4 ,franois mit son *apeau1 et m>*a devant moi4 ,j'tai mon *apeau en passant devant le commis1 et je suivis ,franois4 ,,*apitre ,,xxiv4 ,papillotes4 ,qu& n\s arrivmes *ez le selli]1 n\s tr\vmes sa maison f]me1 aussi bi5 que sa b\tique4--,c'toit le huit septembre1 j\r de la ,nativit de la bi5heureuse vi]ge ,m>ie1 mre de ,dieu4 ,on avoit plant le mai1 et t\t le monde y c\roit2 t\tes les musettes toi5t en l'air2--c'toit des sauts1--des cabrioles3--on dansoit1--on *antoit2--p]sonne ne s'emb>rassoit de moi ni de mes tablettes4--,je m'assis la porte sur un banc1 et je me mis philosoph] sur le malheur de ma position4--,p> un has>d plus heureux que je n'ai c\tume d'en r5contr]1 il n'y avoit pas une demi-heure que j'att5dois1 qu& la matresse entra1 p\r t] ses papillottes avant d'all] au mai4 ,il e/ bon que v\s sa*iez que les ,franoises aim5t les mais la folie1444 presque autant que leurs petits *i5s4 ,donnez-leur un mai1 n'importe en quel mois ce soit1--elles y c\rront1 elles y oubli]ont le boire1 le mang] et le dormir4--,et si n\s avions la politique1 en temps de gu]re1 de leur envoy] une c>gaison de mais1 7d'autant que le bois comm5ce dev5ir r>e en ,france7--les femmes les plant]oi5t d'abord1 ensuite hommes et femmes se mettroi5t dans] l'ent\r1 et laiss]oi5t le pays notre discrtion4 ,la femme du selli] r5tra1 comme je v\s l'ai dit1 p\r t] ses papillotes4--,la toilette e/ p\r les dames la premire occupation de la vie4 ,t\t en ouvrant la porte1 la femme du selli] ta sa coiffe1 et comm5a jett] ses papillotes3--une d'elles tomba mes pi$s2--je reconnus mon criture4-- ,o dieux6 m'criai je1 madame1 v\s avez t\tes mes rem>ques sur la tte4--,j'en suis bi5 mortifie1 dit-elle4--,il e/ bi5 heureux p\r elles1 p5sai-je1 qu'elles se soi5t arrtes la sup]ficie4 ,p\r peu qu'elles euss5t pntr plus avant1 elles auroi5t mis une cabo*e femelle1 et surt\t franoise1 dans une telle confusion1 que mieux auroit fallu p\r elle demeur] t\te l't]nit sans tre frise4-- --,t5ez1 dit-elle4--,et sans avoir la mo9dre ide de la nature de mes s\ffrances1 elle ta ses papillotes1 et les mit gravem5t l'une aprs l'autre dans mon *apeau4 ,l'une toit tortille d'une faon1 l'autre tortille de l'autre4--,et p> ma foi1 dis-je1 si elles sont jamais publies1 on v]ra bi5 un autre tortillage4 ,,*apitre ,,xxv4 ,la colique4 ,allons voir l'horloge1 dis-je1 de l'air d'un homme que les difficults n'arrt5t pas1--allons voir l',hi/oire de la ,*9e et le re/e4 ,ri5 ne sauroit prs5t m'en emp*]1--si ce n'e/ le temps1 dit ,franois2 c> il e/ prs d'onze heures4--,il n'y a qu' m>*] plus vte1 dis-je4 ,et n\s prmes le *em9 de la ca?drale4 ,dans la vrit de mon cur1 je ne puis dire que j'aie pr\v la mo9dre pe9e1 qu& un sacri/a9 que je r5contrai sur la porte1 me dit que la fameuse horloge de ,lippius toit t\te dtraque1 et qu'elle n'alloit plus depuis plusieurs annes4 ,j'en aurai plus de temps1 me dis-je moi-mme1 p\r p>c\rir l',hi/oire de la ,*9e2 et d'ailleurs1 je suis plus en tat de r5dre compte de l'horloge depuis qu'elle ne va plus1 que si elle et t dans son tat florissant4 ,a9si donc je m'a*em9ai au collge des ,jsuites4 ,il en e/ du projet que j'avois de voir cette ,hi/oire de la ,*9e1 comme de beauc\p d'autres que je p\rrois cit]1 qui ne frapp5t l'imag9ation que de lo92 c> mesure que je m'appro*ois de l'objet1 mon sang se rfroidissoit2 peu peu ma fantaisie passa1 tellem5t que je n'aurois pas donn une obole p\r la satisfaire4--,la vrit toit1 qu'il me re/oit peu de temps1 et que mon cur m'entranoit au tombeau des deux amans4--,je prie le ciel1 dis-je1 en saisissant le m>teau p\r frapp]1 que la clef de la biblio?que ne se tr\ve po9t4 ,il en arriva autrem5t2 mais la *ose rev9t au mme4 ,t\s les ,jsuites avoi5t la colique1 et une colique telle qu'ils n'en sont pas encore guris4 ,,*apitre ,,xxvi4 ,le tombeau des amans4 ,je connoissois le tombeau des amans1 comme si j'eusse demeur v+t ans ,lyon4--,je savois qu'il falloit t\rn] ma9 droite en sortant de la porte qui conduit au faub\rg de ,vse4--,j'envoyai ,franois au bateau1 af9 de p\voir r5dre l'hommage que j'avois si long-temps diffr sans tmo9 de ma foiblesse4--,j'tois transport de joie p5dant t\t le *em94 ,qu& j'ap]u la porte qui me droboit la vue du tombeau1 je s5tis mon cur embrs4 ,t5dres et fidles esprits1 m'criai-je1 en p>lant ,paul9 et ,paul9e1--long-temps1--trop long-temps j'ai t>d v]s] cette l>me sur votre tombeau4--,je vi5s444 je vi5s444 ,qu& je fus v5u1 je ne tr\vai po9t de tombeau sur lequel je pusse v]s] de l>mes4 ,que n'aurois-je pas donn p\r que mon oncle ,tobie et pu me prt] en ce mom5t son lilaburello8 ,,*apitre ,,xxvii4 ,je suis sur le pont d',avignon4 ,du tombeau des amans1--ou plutt du lieu o il devoit tre1 et o je n'en tr\vai pas ve/ige1 je volai p\r rejo9dre le bateau1 o j'eus pe9e le temps d'arriv]4--,n\s "pmes2 et ds que n\s emes p>c\ru une c5ta9e de toises1 le ,rhne et la ,sane se runir5t1 et n\s fir5t vogu] le plus agrablem5t du monde4 ,mais mon voyage sur le ,rhne a t dcrit d'avance4 ,me voici ,avignon2--et comme cette ville n'(fre ri5 d'intressant qu'une vieille maison o a demeur le duc d',ormond1 et ne me donne lieu qu' une seule rem>que qui s]a faite en peu de mots1--dans trois m9utes v\s allez me voir trav]s] le pont d',avignon1 aff\r* sur une mule1--,franois me suivant *eval avec mon porte-manteau en cr\pe1--et devant n\s1 entamant firem5t le *em91 un homme en gutres1 avec une longue c>ab9e sur l'paule et une gr&e rapire s\s le bras4 ,c'e/ celui qui n\s a l\ nos montures1 et qui sans d\te e/ bi5 aise de s'assur] de n\s et d'elles4 ,a dire vrai1 si v\s eussiez vu mes culottes qu& j'entrai dans ,avignon2 si v\s les eussiez vues1 surt\t qu& je v\lus enjamb] ma mule1 v\s n'auriez pas tr\v la prcaution de l'homme si dplace1 et v\s n'auriez pu intrieurem5t lui en savoir mauvais gr4 ,quant moi1 je tr\vai son procd t\t naturel2 et voyant bi5 que l'tat dlabr de mes culottes p\voit l'avoir port s'arm] a9si de t\tes pices1 je me promis de lui en faire cadeau qu& n\s s]ions au t]me de notre voyage4 ,mais avant d'all] plus lo91 s\ffrez que je me db>rasse de la rem>que que je v\s ai promise sur ,avignon1 et que voici3--,quoi6 p>ce que le v5t aura fait vol] le *apeau de dessus la tte d'un homme en entrant ,avignon1 cet homme se croira fond dire et s\t5ir1 qu',avignon e/ la ville de ,france la plus expose au v5t2 ri5 n'e/ plus absurde1 et p\r moi1 je ne t9s aucun compte de cet accid5t1 jusqu' ce que mon hte1 que je consultai l-dessus1 m'et assur qu'en effet ,avignon toit extrmem5t sujet aux c\ps de v5t1 et que cela mme avoit pass en prov]be4--,j'en fais la rem>que1 surt\t af9 que les savans puiss5t m'expliqu] la cause de ce phnomne2 quant la consqu5ce1 je la vis d'abord4--,ils sont t\s ,avignon1 comtes1 ducs et m>quis2 le m5u peuple e/ b>on4--,on ne sauroit s'en faire ent5dre1 p\r peu qu'il y ait de v5t4 ,oh6 l'ami1 fais-moi le plaisir de t5ir ma mule p\r un mom5t4--,il faut que j'te une de mes bottes qui me blesse le pi$4 ,l'homme se t5oit les bras croiss la porte de l'aub]ge2 et moi1 p]suad qu'il avoit quelque emploi dans la maison ou dans l'curie1 je lui mis la bride de ma mule dans la ma94 ,je raccommodai ma botte1 et qu& j'eus f9i1 je me ret\rnai p\r repr5dre ma mule1 et rem]ci] monsieur le m>quis4-- ,monsieur le m>quis toit dj r5tr4 ,,*apitre ,,xxviii4 ,pla9es sans f94 ,j'avois alors t\t le midi de la ,france1 des rives du ,rhne aux bords de la ,g>onne1 trav]s] t\t mon aise sur ma mule4 ,je dis1 t\t mon aise1 c> j'avois laiss la mort bi5 lo9 d]rire moi1 et ,dieu1 et ,dieu t\t seul1 sait quelle di/ance4 ,j'ai p\rsuivi plus d'un homme en ,france1 dit-elle1 mais jamais un tra9 si enrag4 ,cep5dant elle me p\rsuivoit t\j\rs1 t\j\rs je la fuyois2 mais je la fuyois gam5t3 elle me p\rsuivoit encore1 mais comme celui qui p\rsuit sa proie sans esprance de l'atte9dre4 ,elle s'amusoit en *em91 et *aque pas qu'elle p]doit la r5doit plus traitable4 ,eh6 p\rquoi1 m'criai-je1 me press]ois-je si =t8 ,a9si1 malgr ce que m'avoit dit le commis de la po/e1 je *angeai encore une fois mon allure2 et aprs une c\rse aussi rapide1 aussi prcipite que celle que je v5ois de faire1 je p5sai avec dlices au plaisir que j'allois avoir de trav]s] les ri*es pla9es du ,langu$oc1 aussi l5tem5t que ma mule v\drait laiss] tomb] son pi$4-- ,ri5 n'e/ plus agrable p\r un voyageur1 ni plus f*eux p\r un homme qui crit son voyage1 qu'une pla9e va/e et ri*e1 surt\t si elle ne prs5te ni pont ni gr&e rivire1 et si elle n'(fre l'il que le tableau d'une abondance monotone4--,aprs n\s avoir dit que le pays e/ sup]be1 *>mant1--que le sol e/ f]tile1 et que la nature y tale t\s ses trsors1--il lui re/e t]nellem5t sur les bras une gr&e pla9e inutile1 et dont il ne sait que faire4 ,il arriv]a enf9 quelque ville4--,foible ress\rce6 ,au sortir de la ville1 il retr\v]a une pla9e1 et puis encore une autre4-- ,quel supplice6--voyons si je vi5drai b\t de m'y faire s\/raire4-- ,,*apitre ,,xxix4 ,nannette4 ,je n'avois pas encore fait trois lieues et demie1 que l'homme au fusil comm5a reg>d] son amorce4-- ,j'avois dj fait trois pauses diffr5tes1 dont *acune m'avoit fait p]dre un demi-mille au mo9s4 ,la premire avec un m>*& de tamb\rs2 la seconde avec deux ,francisca9s2 la troisime avec une v5deuse de figues de ,prov5ce4 ,je v\lois a*et] son pani]2 le m>* fut conclu quatre sols1 et l'affaire alloit tre consomme sur-le-*amp2 mais il surv9t un cas de consci5ce4--,qu& j'eus pay les figues1 il se tr\va dans le fond du pani] deux d\za9es d'ufs rec\v]ts avec des feuilles de vignes4 ,je n'avois pas eu l'int5tion d'a*et] des ufs1 a9si je n'y avois aucun droit4 ,j'aurois pu rclam] la place qu'ils occupoi5t2 mais quoi bon cette *icanne8 j'avois bi5 assez de figues p\r mon arg5t4 ,la difficult toit que je v\lois avoir le pani]1 et que la m>*&e v\loit le g>d]4--,sans le pani] elle ne savoit que faire de ses ufs1--sans le pani]1 je n'avois que faire de mes figues2--d'autant que celles-ci toi5t dj trop mres1 et que la plup>t toi5t creves p> le ct4 ,il s'leva l-dessus une petite conte/ation1 et aprs diffr5s biais proposs1 voici le p>ti dont n\s convnmes4-- ,ah6 je dev9e444--,v\s dev9ez1 monsieur4 ,oh6 je v\s dfie1 t\t habile que v\s tes1--je dfi]ois le diable lui-mme1 7 mo9s qu'il ne se soit ml de cette affaire1 ce que je croirois assez17 de =m] une seule conjecture appro*ante de la vrit1 sur l'espce de trait que n\s conclmes p\r nos ufs et nos figues4--,v\s le saurez un j\r1 mais non pas de sitt4 ,il faut que je revi5ne bi5 vte aux am\rs de mon oncle ,tobie4 ,v\s le saurez si v\s v5ez jamais lire la relation des av5tures qui me sont arrives en trav]sant cette pla9e1--av5tures que p\r cette raison j'intitule3 ,hi/oires de la pla9e4 ,on peut croire que je ne m'y suis pas tr\v mo9s emb>rass que t\s les autres criva9s2 et que ma plume a eu une aussi rude besogne que la leur4--,cep5dant les impressions qui me re/5t de ce voyage1 et qui en ce mom5t se prs5t5t t\tes mon s\v5ir1 me dis5t que c'e/ l'poque de ma vie o j'ai t le plus occup1 et le plus utilem5t occup4--,en effet1 comme mes conv5tions avec l'homme au fusil ne fixoi5t po9t le temps o je lui r5drois sa mule1 j'avois cons]v une lib]t entire2 et ,dieu sait comme j'en pr(itois6 ,m'arrtant et causant avec t\s ceux qui n'alloi5t pas au gr& trot1 joignant ceux qui *em9oi5t devant moi1 att5dant ceux qui v5oi5t d]rire1--hlant ceux qui trav]soi5t mon *em91--arrtant t\te espce de m5dians1 pl]9s1 mo9es1 ou *anteurs de rue1--ne passant pas auprs d'une femme ju*e sur un mri] sans lui faire un complim5t sur sa jambe1 et sans lui (frir une prise de tabac p\r entr] en conv]sation2--bref1 en saisissant a9si les occasions de t\te espce que le haz>d m'(frit dans ce voyage1 je v9s b\t de peupl] ma pla9e1 et d'y vivre comme au milieu d'une ville4--,j'y eus t\j\rs une socit aussi nombreuse que v>ie2 et comme ma mule aimoit la socit autant que moi1 et qu'elle avoit t\j\rs de son ct quelque *ose dire *aque bte qu'elle r5controit1--je suis assur que n\s aurions pass un mois enti] dans ,palmall1 ou dans ,jame's ,/reet1 sans y tr\v] autant d'av5tures1 et sans voir d'aussi prs la nature huma9e4-- 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 ,o que j'aime cette fran*ise aimable1 cette vivacit foltre1 qui fait tomb] -la-fois t\s les plis du vtem5t d'une ,langu$oci5ne6--,s\s ce vtem5t je crois tr\v]1 je crois reconnotre cette innoc5ce1 cette simplicit de l'ge d'or1 de cet ge tant clbr p> nos potes4--,je m'abuse peut-tre2 mais il e/ d\x de s'abus] a9si4-- --,j'tois entre ,nismes et ,lunel4--,c'e/-l que crot le meilleur muscat de ,france2 lequel1 p> p>5?se1 app>ti5t aux honntes *ano9es de ,montpelli]4 ,ils v\s le donn5t de si bonne grace6--,malheur celui qui en auroit b leur table1 et qui p\rroit leur en envi] une seule g\tte6-- ,le soleil toit c\*4--,t\s les ouvrages toi5t f9is2--les ,nymphes avoi5t ratta* leurs *eveux2--et les b]g]s se disposoi5t p\r la danse4--,ma mule fit une po9te4--,qu'z tu1 lui dis-je8 ce n'e/ qu'un fifre et un tamb\r94--,je n'os]ois pass]1 dit-elle4--,ne vois-tu pas1 lui dis-je1 en lui donnant un c\p d'p]on1 qu'ils c\r5t la clo*e du plaisir4--,p> ,sa9t-,ignace1 dit ma mule1 en pr5ant la mme rsolution que celle de l'abbesse des ,&\illettes2--p> ,sa9t-,ignace de ,loyola1 et t\s ses suppots1 je n'irai pas plus lo94--,a la bonne heure1 dis-je1 mademoiselle4--,je ne veux de ma vie avoir ri5 dml] avec v\s et les vtres4 ,en mme-temps je sautai t]re1 et jetant une botte dans un foss1 une botte dans un autre1 att5dez-moi l1 lui dis-je1 c> je prt5ds pr5dre ma "p de la danse4 ,une jeune paysanne1 brle du soleil1 se leva et v9t moi comme je m'avanois v]s le gr\pe4--,ses *eveux *ta9s foncs1 tirant un peu sur le noir1 toi5t r5\s sur sa tte en une seule tresse4 ,il n\s faut un cavali]1 me dit-elle1 en me pr5ant les deux ma9s1 comme si je les lui eusse (f]tes4--,et un cavali] v\s aurez1 lui dis-je1 en pr5ant les si5nes mon t\r4-- ,si tu avois1 ,nannette1 t attife comme une du*esse6 ,mais ce maudit tr\ ton jupon6 ,nannette ne s'en s\cioit gure4 --,sans v\s1 dit-elle1 n\s n'aurions pu dans]4 ,en quittant une de mes ma9s1 avec cette politesse que donne la nature1 elle me conduisit avec l'autre4 ,un jeune homme boiteux1 qu',apollon avoit gratifi d'une flte1 et qui s'toit appris j\] du tamb\r91 prludoit d\cem5t en s'asseyant sur la butte4 ,ratta*ez-moi bi5 vte cette tresse1 me dit ,nannette1 en me mettant un cordon dans la ma94 ,elle me fit oubli] que j'tois trang]4--,t\te la tresse se dfit2 il y avoit sept ans que n\s n\s connoissions4-- ,le jeune homme comm5a enf9 avec le tamb\r92--la flte suivit3--n\s n\s mmes en danse4--,maudit soit ce tr\ ton jupon6 --,la sur du jeune homme1 avec la voix qu'elle avoit reue du ciel1 *antoit alt]nativem5t avec son frre4--,c'toit une ronde gasconne1 dont le refra9 toit3 ,vive la joie1 ,et n>gue du *agr94 ,les b]gres *antoi5t l'unisson1 et les b]g]s les accompagnoi5t une octave plus bas4 --,j'aurois donn un cu p\r le voir rec\su6--,nannette n'auroit pas donn deux s\s4--,vive la joie toit sur ses lvres2 vive la joie toit dans ses yeux4--,une t9celle rapide d'amiti fran*it l'espace qui n\s sp>oit2 elle me reg>doit d'un air *>mant4-- --,dieu t\t-puissant1 que ne puis-je vivre et f9ir mes j\rs a9si6--,ju/e disp5sateur de nos plaisirs et de nos pe9es1 m'criai-je1--qui emp*]oit un homme de se fix] ici au se9 du cont5tem5t8 d'y dans]1 d'y *ant]1 de t'y r5dre ses hommages1--et d'all] au ciel avec cette *>mante brune8 ,la petite capricieuse se mit alors dans] en p5*ant sa tte de ct1 et n'en fut que plus sduisante4--,il e/ temps d'all] dans] ailleurs1 dis-je4 ,a9si1 *angeant seulem5t de p>t5aires et de tons1 je dansai de ,lunel ,montpelli]1 de-l ,pznas et ,bezi]s2 je dansai t\t au trav]s de ,n>bonne1 de ,c>cassonne et de ,ca/elnaud>y2--jusqu' ce qu'enf9 je dansai t\t seul dans le pavillon de ,p]drillo1 o tirant un papi] ray af9 de p\voir all] droit1 sans digression ni p>5?se dans les am\rs de mon oncle ,tobie4 ,je comm5ai a9si3 ,,*apitre ,,xxx4 ,la ,*ose impossible4 ,oui1 je v\lois all] droit2--mais le p\rrai-je8--,dans ces pla9es riantes1 et s\s ce soleil qui invite au plaisir1 o dans ce mom5t on n'ent5d que des fltes1 musettes et *ansons1 o le peuple c\rt la v5dange en dansant1 o *aque pas que l'on fait le jugem5t e/ surpris p> l'imag9ation4--,dans ces pla9es1 dis-je1 je dfie1 malgr t\t ce qui a t dit sur les lignes droites en div]s endroits de ce livre1--je dfie le meilleur planteur de *\x1 soit qu'il plante en avant ou en arrire2 7ce qui revi5t -peu-prs au mme1 mo9s qu'il n'ait une prfr5ce secrte p\r une des deux m?odes7--je lui dfie de plant] ses *\x froidem5t1 posm5t et rgulirem5t1 un p> un1 en droite ligne1 et di/ances gales1--sans all] de gu+ois et p]dre *aque pas son alignem5t444 surt\t si ces maudits tr\s de jupes ne sont pas rec\sus4--,en ,frize-,l&e1 en ,f9l&e1 en ,isl&e1 et dans quelques autres pays que je sais bi51 la *ose s]oit peut-tre plus facile4-- --,mais dans ce beau climat1 o t\t p>le aux s5s et l'imag9ation1--o l'on e/ sans cesse matris p> ses ides1--dans ce pays1 mon *] ,eugne1--dans ce f]tile pays de romans et de *eval]ie1 o je me tr\ve en ce mom5t1 ouvrant mon critoire p\r crire les am\rs de mon oncle ,tobie1 t&is que de ma f5tre je vois dans la pla9e les t\rs et dt\rs que p>c\rt ,julie p\r retr\v] son *] ,dig1--si tu ne vi5s pas mon sec\rs1 si tu n'es pas mon guide4-- ,quelle espce d'ouvrage sortira-t-il de mes ma9s8-- ,essayons cep5dant4 ,,*apitre ,,xxxi4 ,ma m?ode en crivant4 ,il en e/ de l'am\r comme du cocuage444 --,mais quoi6--je vais comm5c] un n\veau livre1 t&is que j'ai depuis si long-temps une *ose communiqu] au lecteur6 une *ose1 qui1 si elle ne lui e/ pas communique en ce mom5t1 ne le s]a peut-tre de ma vie1 au lieu que ma comp>aison de l'am\r lui s]a explique quelque heure du j\r4--,il faut que je me db>rasse de cette *ose1 aprs quoi je comm5c]ai t\t de bon4 ,or1 voici cette *ose4 ,c'e/ que de t\tes les manires de comm5c] un livre1 qui sont ma9t5ant pratiques dans t\t le monde connu1 je suis p]suad que la mi5ne e/ la meilleure2--je suis sr du mo9s qu'elle e/ la plus religieuse2--c> j'cris d'abord la premire phrase1 et je m'ab&onne la ,provid5ce p\r la seconde4 ,c'e/ ce qui devroit gurir p\r jamais t\t critique du so9 et de la folie d'ouvrir sa porte1 et d'appell] son aide ses vois9s1 ses amis1 ses p>5s1 et le diable et son tra91 p\r exam9] avec lui comm5t une de mes phrases en suit une autre1 et comm5t le t\t se lie ensemble4-- ,je v\drois que v\s me vissiez cramponn sur le bras de mon fauteuil1 et moiti s\lev1--les yeux au plan*]1--l'air confiant1--attrapant une p5se1 s\v5t lorsqu'elle n'e/ encore qu' moiti *em9 p\r v5ir moi4-- ,je crois1 en consci5ce1 que j'en ai int]cept plus d'une1 que le ciel de/9oit quelque autre4 ,,*apitre ,,xxxii4 ,mo9s que ri54 ,j'allois encore faire une digression sur ,pope1 sur les critiques1 sur les t>tuffes4--,j'allois faire valoir ma modration1 ma bonhomie4--,j'allois ret>d] encore l'hi/oire des am\rs de mon oncle ,tobie4--,mais p> le vieux masque de vel\rs noir de ma tante ,d9a*1--ce n'e/ pas l le cas4 --,je revi5s ma comp>aison4 ,,*apitre ,,xxxiii4 ,mon oncle ,tobie rep>ot4 ,il en e/ de l'am\r comme du cocuage4--,la p>tie s\ffrante e/ au plutt la troisime1 et presque t\j\rs la d]nire p]sonne in/ruite de la maison4--,cela vi5t1 comme t\t le monde sait1 de ce que n\s avons une demi-d\za9e de mots p\r une seule *ose1 et de ce que nos impressions v>i5t suivant le lieu o elles pr5n5t naissance4--,ce qui e/ de l'am\r dans telle p>tie du corps huma91 devi5t presque de la ha9e dans telle autre1--du s5tim5t1 quelques pi$s plus haut1--et du galima?ias4--,non1 madame1 non pas l1 s'il v\s plat1--c'e/ dans la tte que je veux dire4--,tant que les *oses1 dis-je1 iront a9si1 quel fil aurons-n\s p\r n\s conduire dans ce labyr9!8 ,de t\s les tres crs et incrs qui ont jamais fait des soliloques sur ce sujet my/ique1 mon oncle ,tobie toit c]ta9em5t le mo9s propre dml] la vritable s5sation trav]s tant de s5sations diffr5tes4--,aussi s'en s]oit-il remis la ,provid5ce et au temps1 p\r dbr\ill] un tel *aos1 a9si que n\s faisons p\r les vnem5s dont n\s craignons l'issue1--si l'avis donn p> ,brigitte ,susanne1 et les manife/es rp&us p> celle-ci dans le public1 n'avoi5t la f9 =c mon oncle ,tobie pr5dre la *ose en considration4 ,,*apitre ,,xxxiv4 ,sur les buveurs d'eau4 ,les phisiologi/es anci5s et mod]nes n\s ont bi5 et dm5t expliqu d'o vi5t que les tiss]&s1 les j>d9i]s1 les gladiateurs1 et ceux dont une jambe s'e/ dess*e la suite de quelque mal au pi$1--d'o vi5t1 dis-je1 que t\s ces g5s-l ont t\j\rs quelque nymphe dont le t5dre cur brle en secret p\r eux4-- ,et bi56 un buveur d'eau1 7p\rvu qu'il le soit de pr(ession1 sans fraude ni sup]*]ie7 e/ prcism5t dans la mme catgorie4 ,non qu'au premi] c\p-d'il on y ap]oive aucune consqu5ce1 aucune logique4--,en effet1 dire qu'un ruisseau d'eau froide1 tombant g\tte g\tte dans mon e/omac1 allum]a une tor*e en l'honneur de ma ,j5ny4 ,cette proposition ne frappe p]sonne2 au contraire1 elle semble diamtralem5t oppose au c\rs ord9aire des effets et des causes4-- ,mais c'e/ ce qui montre la foiblesse et l'insuffisance de la raison huma9e4-- ,et v\s ne laissez pas1 monsieur1 de j\ir d'une p>faite sant8-- ,la plus p>faite1 madame1 que l'amiti mme puisse me dsir]4-- ,quoi1 monsieur6 ne buvant ri51 absolum5t ri5 que de l'eau6-- --,imptueux fluide6 au mom5t que tu presses contre les cluses du c]veau1 vois comme elles cd5t ta puissance6-- ,la curiosit p>ot la nage1 faisant signe ses compagnes de la suivre6 elles plong5t au milieu du c\rant4-- ,l'imag9ation s'assi$ en rvant sur la rive4--,elle suit le torr5t des yeux1 et *ange les br9s de paille et de jonc en mts de misa9e et de beau-pr4--,a pe9e la mtamorphose e/-elle faite1 que le desir1 t5ant d'une ma9 sa robe retr\sse jusqu'au g5\1 survi5t1 les voit et s'en emp>e4-- ,o v\s1 buveurs d'eau6 e/-ce donc p> le sec\rs de cette s\rce en*ant]esse que v\s avez tant de fois t\rn et ret\rn le monde votre gr8--,f\lant aux pi$s l'impuissant1 crasant son visage1--et *angeant mme quelquefois la =me et l'aspect de la nature6-- ,si j'tois ,eugne1 disoit ,yorick1 je v\drois boire plus d'eau4--,et moi aussi1 dit ,eugne1 si j'tois ,yorick4-- ,c'e/ ce qui pr\ve que t\s deux avoi5t lu leur ,long94 --,quant moi1 je suis rsolu ne lire de ma vie d'autre livre que le mi54 ,,*apitre ,,xxxv4 ,je m'embr\ille4 ,je v\drois que mon oncle ,tobie et t buveur d'eau1 on auroit compris p\rquoi1 du premi] mom5t que la veuve ,wadman le vit1 elle s5tit quelque *ose en sa faveur4-- ,quelque *ose peut-tre au-dessus de l'amiti1 au-dess\s de l'am\r1 p\rtant1--quelque *ose1--n'importe quoi1--n'importe o1--je ne donn]ois pas un seul cr9 de la queue de ma mule1 7qui fran*em5t n'en a gure p]dre7 p\r tre mis dans le secret4-- ,mais mon oncle ,tobie n'toit ri5 mo9s que buveur d'eau4 ,il ne la buvoit ni pure1 ni mle1 ni d'aucune manire1 ni en aucun lieu1--except peut-tre dans quelque po/e avanc o l'on ne p\voit avoir de meilleur liqueur4 ,peut-tre aussi dans le temps de sa blessure1 lorsque le *irurgi5 ne cessant de lui dire qu'il falloit dt5dre ses fibres1 et que la runion de la plaie s'en f]oit plus vte2--mon oncle ,tobie cons5toit en boire p\r l'am\r de la paix4 --,t\t le monde sait que dans la nature il n'y a po9t d'effet sans cause4--,et l'on sait galem5t que mon oncle ,tobie n'toit ni tiss]&1 ni j>d9i]1 ni gladiateur1 mo9s que v\s prt5diez que capita9e soit l'quival5t de gladiateur2 mais il toit simplem5t capita9e d'infant]ie4 ,d'ailleurs1 ceci e/ une explication =ce4--,n\s n'avons donc ri5 suppos] que cette malheureuse jambe4 ,mais dans la prs5te hypo?se1 elle ne n\s s]viroit qu'autant que son accid5t auroit t la suite de quelque mal au pi$2 mais la jambe de mon oncle ,tobie n'avoit maigri p> l'effet d'aucun dsordre dans le pi$4--,que dis-je8 ,la jambe de mon oncle ,tobie n'avoit pas maigri du t\t4 ,elle toit un peu roide et sans grce1 ce qui p\voit v5ir du dfaut total d'ex]cice1 o elle toit re/e1 p5dant les trois ans que mon oncle ,tobie avoit passs la ville dans la maison de mon pre2 mais elle toit =te1 n]veuse1 et au total c'toit une jambe aussi bi5 faite et d'aussi bon augure que t\te autre4-- ,je dcl>e que je ne me rappelle aucune occasion1 aucun passage du livre que j'cris1 o je me sois tr\v aussi emb>rass qu'au cas prs5t1 faire jo9dre les deux b\ts1 et faire cadr] de =ce le *apitre que j'crivois au *apitre qui devoit suivre4--,on diroit que j'ai pris plaisir rassembl] les difficults de t\te espce1 uniquem5t p\r voir comm5t je p\rrois en sortir4-- --,ins5s que tu es6 quoi6 ces dtresses 9vitables qui n'ont cess de t'afflig] comme homme et comme auteur2--ces dtresses1 ,tri/ram1 ne te suffis5t pas6 et tu veux te jett] dans de n\veaux emb>ras6-- --,n'e/-ce pas assez que tu sois endett de t\s cts8 ,n'z-tu pas dix tomb]eaux *>gs des premi]s volumes de ton ,tri/ram1 qui ne sont pas encore v5dus8 ,et n'es-tu pas presque b\t de ton esprit p\r tr\v] le moy5 de t'en dfaire8-- --,n'es-tu pas l'heure qu'il e/1 t\rm5t de ce maudit a/hme que tu z gagn en ,fl&re en pat9ant contre le v5t8--,il n'y a pas plus de deux mois1 qu' =ce de rire de la po/ure ridicule d'un c>d9al1 tu te rompis un vaisseau dans la poitr9e1 et en deux heures tu p]dis tant de sang1 qu' en croire les mdec9s1 si l'hmorrhagie et dur une fois autant1 tu en aurois p]du plus de quatre p9tes6-- ,,*apitre ,,xxxvi4 ,qu'on ne m'int]rompe plus4 ,bon ,dieu6 ne se taira-t-on jamais8 ne p\rra-t-on me laiss] racont] mon hi/oire de suite et sans dviation6--,elle e/ si dlicate1 si complique1 qu'elle peut pe9e s\t5ir la transposition d'une seule syllabe2--et v\s ne cessez de me dt\rn] mal--propos6--,il faut cep5dant bi5 que je t*e de retr\v] mon *em94-- ,mais1 de grce1 ne di/rayez plus mon att5tion4 ,,*apitre ,,xxxvii4 ,j'entre t\t de bon en matire4 ,mon oncle ,tobie et le caporal1 dans le desse9 o ils toi5t d'entr] en campagne aussitt que le re/e des allis1 s'toi5t enfuis de la ville avec tant de *aleur et de prcipitation1 p\r pr5dre possession du petit t]re9 dont n\s avons si s\v5t p>l1 qu'ils avoi5t oubli un des articles les plus ncessaires leur projet4 ,ce n'toit1 comme on peut croire1 ni une pio*e1 ni une pelle1 ni une b*e de pionni]4 --,c'toit un lit p\r se c\*]4--,tellem5t que1 comme le *teau de ,%&y n'toit pas alors meubl1 et que la petite aub]ge o m\rut le pauvre ,lefvre n'toit pas encore btie1--mon oncle ,tobie fut contra9t d'accept] un lit p\r une nuit ou deux *ez ,mi/riss ,wadman1--en att5dant que le caporal ,trim1 7qui1 aux tal5s d'un excell5t laquais1 valet-de-*ambre1 cuis9i]1 *irurgi5 et +nieur1 joignoit celui d'un excell5t tapissi]17 en et mont un dans la maison de mon oncle ,tobie1 l'aide d'un m5uisi] et d'une ou de deux c\turires4-- ,une fille d',eve4442 c> telle toit la veuve ,wadman1 et t\t ce que je compte dire de son c>actre1 c'e/ qu'elle toit3 ,femme dans t\te l't5due du mot4-- ,une fille d',eve et t mieux place c9quante lieues de-l1 *audem5t t5due dans son lit1 j\ant avec l'tui de son c\teau1 j\ant mme avec t\te autre *ose1--que les yeux tmo9s et l'esprit occup d'un homme log1 meubl1 et dfray p> elle4 ,p> t\t ailleurs ce n'e/ ri54--,une femme 7hors de *ez elle7 peut1 physiquem5t p>lant1 reg>d] un homme au gr& j\r1 et mme le voir s\s un plus gr& j\r qu'un autre4--,mais ici1 s\s quelque j\r qu'elle le vt1 elle ne p\voit s'emp*] de ml] son ide quelque *ose de sa propre *evance1 de le confondre p\r a9si dire avec son bi51--jusqu' ce que1 p> des actes rxrs de cette dang]euse comb9aison1 elle le comprt t\t--fait dans son inv5taire4 ,et alors g>e la sagesse4 --,mais ceci n'e/ pas la matire d'un sy/me1 je l'ai dcl> d'avance4--,ni d'un brviaire2 c> je ne me mle du cr$o de p]sonne que du mi54--,ce n'e/ pas une matire de fait non plus1 au mo9s que je sa*e2--mais une matire purem5t *>nelle1 et qui s]t d'introduction ce qui va suivre4 ,,*apitre ,,xxxviii4 ,adieu l'tiquette4 --,je ne p>le pas l'g>d de leur grosseur1 ni de leur f9esse1 ni de la =me de leurs g\ssets2 mais je v\s prie1 madame1--vos *emises de nuit ne diffr5t-elles pas de vos *emises de j\r en cette p>ticul>it1 aussi-bi5 qu'en plusieurs autres2--savoir1 qu'elles excd5t tellem5t les autres en longueur1 que lorsque v\s les avez mises1 elles tomb5t presqu'aussi bas au-dess\s de vos pi$s1 qu'il s'en faut que vos *emises de j\r ne desc5d5t jusqu' vos pi$s4--,c'e/ du mo9s sur ce modle que les *emises de nuit de la veuve ,wadman avoi5t t c\pes2 d'o je prsume que telle toit la mode s\s les rgnes du roi ,guillaume et de la re9e ,anne4 ,et si elle a *ang 7comme en ,italie1 o on ne porte po9t de *emise la nuit7 tant pis p\r le public4-- --,on leur donnoit alors deux aunes et demie de ,fl&re de longueur4 ,a9si en supposant la taille ord9aire d'une femme deux v]ges1 il lui en re/oit une demi-aune p\r en dispos] sa fantaisie4 ,une veuve1 qui l'e/ surt\t depuis sept ans1 tr\ve les nuits de dcembre bi5 longues et bi5 froides2 et il n'e/ ri5 dont elle ne s'avise p\r suppler la *aleur qui lui manque4--,une petite d\ceur en amne une autre2 et peu--peu1 et d'essais en essais1 ,mi/riss ,wadman s'toit =me l'habitude que voici2 l'habitude qui1 depuis deux ans1 toit dev5ue une rgle inv>iable de son c\*]4 ,aussitt que la veuve ,wadman toit au lit1 et qu'elle avoit t5du ses jambes dans t\te leur longueur1 elle appeloit ,brigitte2--et ,brigitte1 avec t\te la dc5ce conv5able1 s\levoit la c\v]ture des pi$s du lit1 pr5oit la demi-aune excd5te de laquelle n\s avons p>l1 la tiroit d\cem5t avec les deux ma9s p\r lui donn] t\te l'ext5sion possible1 et la plissoit lgrem5t dans sa longueur2--puis pr5ant sur sa man*e une grosse p+le1 dont elle t\rnoit la po9te v]s elle1--elle ratta*oit t\s les plis ensemble peu de di/ance de l'ourlet2 aprs quoi elle retr\ssoit le t\t s\s les pi$s du lit1 et s\haitoit sa matresse une bonne nuit4-- ,t\t cela s'obs]voit rgulirem5t et avec une m?ode con/ante et inv>iable4 ,seulem5t ,brigitte1 en dtr\ssant les pi$s du lit p\r s'acquitt] de son devoir1 ne consultant d'autre !rmomtre que la disposition de son humeur1--elle faisoit sa besogne deb\t1 g5\x1 ou accr\pie1--suivant les diffr5s degrs de foi1 d'esprance et de *>it1 qu'elle se s5toit cette nuit-l p\r sa matresse4--,a9si1 il n'y avoit de v>it que dans l'attitude de ,brigitte4 ,a t\t autre g>d1 l'tiquette toit sacre1 et auroit pu le disput] aux tiquettes les plus rigides de t\tes les *ambres c\*] de la *rti5t4-- ,le premi] soir1 aussitt que le caporal eut conduit mon oncle ,tobie au haut de l'escali]1 ce qu'il fit v]s les dix heures1--,mi/riss ,wadman se jeta dans son fauteuil1 et croisant son g5\ droit sur son g5\ gau*e1 ce qui lui faisoit un po9t d'appui p\r son c\de1 elle p5*a sa j\e sur la paume de sa ma91 et s'appuyant dessus1 elle rum9a jusqu' m9uit sur les deux cts de la "q4-- ,le second soir elle alla son bureau2 et ayant dit ,brigitte de lui apport] d'autres *&elles1 et de les laiss] sur la table1 elle tira son contrat de m>iage et le lut deux fois avec gr&e att5tion4-- ,et le troisime soir1 qui toit le d]ni] du sj\r de mon oncle ,tobie1 qu& ,brigitte aux pi$s du lit eut tir la *emise de nuit1 et qu'elle essaya de la ratta*] avec la grosse p+le4-- ,d'un c\p de pi$ donn des deux talons -la-fois1 mais en mme-temps du c\p de pi$ le plus naturel que l'on pt donn] dans sa position1 elle fit saut] l'p+le des doigts de ,brigitte4--,l'tiquette1 qui toit atta*e l'p+le1 tomba avec elle1 et en tombant p> t]re1 fut brise en mille atomes4 ,de t\t cela1 il toit clair que la veuve ,wadman toit am\reuse de mon oncle ,tobie4 ,,*apitre ,,xxxix4 ,am\rs de mon oncle ,tobie avec la veuve ,wadman4 ,mais la tte de mon oncle ,tobie toit alors occupe de bi5 d'autres affaires2 tellem5t qu'il n'eut pas le loisir de song] celle-ci1 jusqu' ce que la dmolition de ,dunk]que et t consomme1 et que les droits respectifs de t\tes les puissances de l',europe euss5t t rgls4 ,cela fit un armi/ice1 p\r p>l] le langage de mon oncle ,tobie1 ou1 p\r p>l] celui de ,mi/riss ,wadman1 un *mage de prs de onze ans4--,mais comme dans les cas de cette nature c'e/ t\j\rs le second c\p1 7 quelque di/ance qu'il soit du premi]7 qui tablit le combat1 j'appelle ces am\rs1 les am\rs de mon oncle ,tobie avec la veuve ,wadman1 plutt que les am\rs de la veuve ,wadman avec mon oncle ,tobie4 ,et cette di/9ction n'e/ pas imag9aire4 ,il n'en e/ pas de ceci comme de bonnet blanc et blanc bonnet1 et de t\tes autres *oses de ce g5re1 sur lesquelles on dispute t\s les j\rs au p>lem5t3--dans ce cas-ci il y a une diffr5ce dans la nature des *oses1--et 7s\ffrez que je v\s le dise1 messieurs7 une gr&e diffr5ce4 ,,*apitre ,,xl4 ,je bats la campagne4 ,au mom5t dont je p>le1 comme a9si soit que la veuve ,wadman aimoit mon oncle ,tobie1 et que mon oncle ,tobie n'aimoit pas encore la veuve ,wadman1--la veuve ,wadman n'avoit que deux p>tis pr5dre2 ou d'all] en avant et de cont9u] aim] mon oncle ,tobie1 ou de se t5ir en repos4-- --,la veuve ,wadman ne v\loit ni l'un ni l'autre4-- ,bont du ciel6--,mais j'oublie que je suis moi-mme un peu du c>actre de la veuve ,wadman4 ,c> t\tes les fois qu'il m'arrive 7ce qui avi5t quelquefois v]s les qu9oxes7 que quelque div9it *amptre m'occupe1 m'intresse1 me t\rm5te au po9t que je p]ds p\r elle le boire et le mang]2--t&is que la cruelle ne daigne pas s'in=m] si je bois ou si je mange4-- ,maldiction sur elle6 je l'envoie en ,t>t>ie1 et de la ,t>t>ie la t]re de ,feu1 et de la t]re de ,feu t\s les diables4--,bref1 il n'y a pas un reco9 en enf] o je ne place ma desse1 et o je ne la loge4-- ,mais comme le cur e/ foible1 et que les m>es de nos passions mont5t et desc5d5t dix fois p> m9ute1--je ramne bi5 vte ma div9it2 et comme je suis extrme en t\t1 je la place au beau milieu de la voie lacte4 --,o la plus brillante des toiles1--rp&s1 rp&s ton influ5ce444 ,maudite soit l'toile et son influ5ce6 p> t\t ce qui e/ hriss et en gu5illes1 m'criai-je1 en tant mon bonnet f\rr1 et le reg>dant d'un air de colre1--je ne donn]ois pas six s\s p\r en avoir d\ze de cette espce6-- ,mais c'e/ p\rtant un excell5t bonnet1 dis-je1 en le mettant sur ma tte et l'enfonant jusqu'aux oreilles2--il e/ bi5 *aud1 bi5 d\x1--surt\t si v\s c\*ez le poil avec la ma94-- ,eh6 que m'importe1 rpliquai-je1 en suis-je mo9s malheureux8--,ici ma philosophie m'ab&onne encore4 ,non1 je ne t\*]ai jamais ce pt1 7je *ange encore de mtaphore7 ni la crote1 ni la mie1--ni au-d$ans1 ni au-dehors1 ni au-dessus1--ni au-dess\s2--je le dte/e1--je le hais1--je le rpudie3--la vue seule m'en r5d malade4-- ,il e/ t\t poivre1 t\t ail1 t\t pice1 t\t sel1 t\tes drogues du diable4 ,p> le gr& ar*i-cuis9i] des cuis9i]s1 qui ne fait1 je p5se1 uvre de ses dix doigts du mat9 au soir1 et qui passe son temps inv5t] p\r n\s les ragots les plus *auffans1 je n'y t\*]ois pas p\r le monde enti]4-- ,o ,tri/ram6 ,tri/ram6 s'crie ,j5ny4 ,o ,j5ny6 ,j5ny6 lui dis-je1 et cela me conduit au qu>ante et unime *apitre4 ,,*apitre ,,xli4 ,ri54 ,non1 p\r le monde enti]1 je n'y t\*]ois pas1 lui dis-je4-- ,mon dieu6 quel po9t cette mtaphore m'a *auff l'imag9ation6 ,,*apitre ,,xlii4 ,diatribe contre l',am\r4 ,c'e/ ce qui montre1 7que la robe et l'glise en dis5t t\t ce qu'elles v\dront2--qu'elles en dis5t2444 c>1 quant p5s]1 t\t ce qui p5se1 p5se -peu-prs de mme sur cet article et sur bi5 d'autres7--c'e/ ce qui montre1 dis-je1 que l'am\r e/ c]ta9em5t1 7au mo9s alphabticalem5t p>lant7 l'affaire de la vie la plus ,a gitante1 la plus ,b iz>re1 la plus ,c onfuse1 la plus ,d iabolique2 ,et de t\tes les passions huma9es1 la passion la plus ,e xtravagante1 la plus ,f antasque1 la plus ,g rossire1 la plus ,h onteuse1 la plus ,i nconsqu5te 7le ,k manque71 et la plus ,l unatique2-- ,et en mme-temps la *ose la plus ,m israble1 la plus ,n iaise1 la plus ,o iseuse1 la plus ,p urile1 la plus ,q u9teuse1 la plus ,s uranne1 et la plus ,r idicule2 ,quoique dans la rgle l',r et d m>*] avant l',s4-- ,enf9 c'e/ une *ose telle1 que mon pre1 la f9 d'une longue diss]tation sur ce sujet1 disoit un j\r mon oncle ,tobie3 ,v\s ne sauriez jamais1 frre ,tobie1 comb9] deux ides sur cette matire sans faire un hypallage4--,eh6 bon ,dieu1 qu'e/-ce qu'un hypallage1 s'cria mon oncle ,tobie8-- ,c'e/ mettre la *>rue devant les bufs1 dit mon pre4-- ,et que peuv5t-ils faire dans cette po/ure1 s'cria mon oncle ,tobie8 ,ou bi5 all] en avant1 dit mon pre1 ou bi5 se t5ir en repos4 --,or je v\s ai dj dit que la veuve ,wadman ne v\loit faire ni l'un ni l'autre4-- --,elle se t9t cep5dant h>na*e et cap>aonne de t\t po9t1 p\r guett] une occasion favorable4 ,,*apitre ,,xliii4 ,description topographique4 ,les de/9es1 qui avoi5t c]ta9em5t prvu t\t ce qui conc]noit les am\rs de la veuve ,wadman et de mon oncle ,tobie1 avoi5t depuis la cration de la matire et du m\vem5t1 7et mme avec plus de c\rtoisie qu'elles n'ont c\tume d'en mettre en p>eil cas17 avoi5t1 dis-je1 tabli une *anes de causes et d'effets lis si troitem5t ensemble1 qu'il toit presque impossible que mon oncle ,tobie et habit et occup une autre maison et un autre j>d9 dans t\t le monde enti]1 que la maison qui t\*oit la maison1 et le j>d9 qui t\*oit au j>d9 de mi/riss ,wadman4--,ce vois9age1 jo9t la commodit d'un gros arbre creux et t\ffu1 plac dans le j>d9 de la veuve1 et sur la palissade de mon oncle ,tobie1 f\rnissoit l'aimable veuve t\tes les occasions que son gt p\r les oprations militaires p\voit dsir]4 ,elle p\voit obs]v] t\s les m\vem5s de mon oncle ,tobie1 et assi/] ses conseils de gu]re4--,et mon oncle ,tobie1 dont le cur toit sans dfiance1 ayant p]mis au caporal 7 la sollicitation de ,brigitte7 de pratiqu] en osi] une porte de communication p\r prolong] les prom5ades de mi/riss ,wadman1--mi/riss ,wadman se tr\voit matresse de p\ss] ses appro*es jusqu' la porte de la gurite1 et quelquefois mme1 7p> pure reconnoissance du procd de mon oncle ,tobie17 de =m] son attaque et d'assaillir mon oncle ,tobie au fond mme de sa gurite4 ,,*apitre ,,xliv4 ,div]ses faons de brl] une *&elle4 ,c'e/ une vrit tri/e1 mais qui n'en e/ pas mo9s con/ante4--,il e/ pr\v p> t\tes les obs]vations j\rnalires qu'un homme peut1 a9si qu'une *&elle1 tre brl p> l'un ou p> l'autre b\t2--j'ent5ds p\rvu qu'il ait une m*e suffisante1 s9on t\t e/ dit4--,j'ent5ds encore1 qu'on ne l'allum]a pas en bas2 c> comme en ce cas la flamme s'te9t ord9airem5t d'elle-mme1 t\t e/ encore dit4-- ,quant moi1 comme je ne saurois support] l'ide d'tre brl comme un sot1 si l'on me laissoit le *oix sur la manire d'tre brl1 je v\drois qu'on m'allumt p> en haut1 af9 de p\voir brl] dcemm5t jusqu' la bob*e2--c'e/--dire de la tte au cur1 du cur au foie1 du foie aux entrailles1 et de-l1 p> les ve9es et les artres ms5triques1 trav]s t\tes les s9uosits et les ins]tions latrales des inte/9s et de leur tunique1 jusqu'au boyau que l'on appelle aveugle ou ccum4 ,je v\s prie1 docteur ,slop1 dit mon oncle ,tobie1 7en l'int]rompant au mom5t qu'il prononoit le mot ccum1 le soir que ma mre acc\*a de moi17--je v\s prie1 dit mon oncle ,tobie1 appr5ez-moi ce que c'e/ que le ccum2 c> t\t vieux que je suis1 j'av\e que je ne sais pas encore o il e/ situ4 ,le ccum1 rpondit le docteur ,slop1 e/ situ entre l'ilium et le colum4-- ,dans un homme1 dit mon pre8-- ,et dans une femme aussi1 dit le docteur ,slop4-- ,je ne m'en d\tois pas1 dit mon pre4 ,,*apitre ,,xlv4 ,attaques de la veuve ,wadman4 ,et p\r s'assur] des deux sy/mes1 mi/riss ,wadman se promit de n'allum] mon oncle ,tobie ni p> en haut ni p> en bas1 mais de le brl]1 s'il toit possible1 p> les deux b\ts -la-fois1 comme la *&elle du prodigue4 ,or1 mi/riss ,wadman1 aide de ,brigitte1 auroit pu b\lev]s] p5dant sept ans enti]s1 t\s les magas9s et ars5aux1 depuis celui de ,v5ise jusqu' la t\r de ,londres4--,elle auroit pu *oisir dans t\t l'attirail de gu]re et dans t\s les u/5siles militaires de/9s1 soit l'infant]ie1 soit la caval]ie1--sans y tr\v] bl9de ni mantelet aussi propre s]vir son desse91 que l'expdi5t que le has>d1 jo9t l'inv5tion de mon oncle ,tobie1 avoit plac s\s sa ma94-- ,je ne crois pas v\s l'avoir dit2--mais je ne v\drois pas en rpondre2 il se p\rroit que si444 ,quoi qu'il en soit1 c'e/ une des *oses qu'il vaut mieux recomm5c] que de s'amus] disput] contre4 ,il y a beauc\p de *oses de ce g5re4--,v\s saurez donc que quelque ville ou =t]esse que le caporal et excut] p5dant le c\rs des campagnes de mon oncle ,tobie1 mon oncle ,tobie comm5oit p> en mettre le plan en d$ans de la gurite ma9 gau*e2 l ce plan s'atta*oit p> en haut avec deux ou trois p+les1 et re/oit flottant p> en bas1 p\r donn] la facilit de le rappro*] des yeux qu& il toit ncessaire4 ,si bi5 que ds que l'attaque fut rsolue de la "p de mi/riss ,wadman1 les moy5s en fur5t tr\vs4 ,en effet1 une fois avance jusqu' la porte de la gurite1 mi/riss ,wadman1 en t5dant la ma9 droite et glissant le pi$ gau*e p> le mme m\vem5t1 n'avoit qu' saisir la c>te ou le plan1 et l'avanc] v]s elle en allongeant le c\1 comme p\r all] sa r5contre2--mon oncle ,tobie pr5oit feu sur-le-*amp2--sa passion favorite se rveilloit2--il se htoit de pr5dre l'autre co9 de la c>te avec sa ma9 gau*e1 et du b\t de sa pipe qu'il t5oit dans sa ma9 droite1 il entamoit une dmon/ration4 ,si-tt que l'attaque en toit ce po9t1 mi/riss ,wadman1 en gnral habile1 et p> une seconde manuvre1 dont t\t le monde s5tira les raisons1 faisoit tomb] la pipe des ma9s de mon oncle ,tobie t\t le plutt possible4--,elle se s]voit p\r cela de plusieurs prtextes1 dont le plus commun toit le beso9 de dsign] plus clairem5t sur la c>te quelque r$\te ou quelque p>apet4--,mais1 soit d'une manire1 soit d'une autre1 il n'toit pas possible mon pauvre oncle ,tobie de p>c\rir plus de dix toises avec sa pipe4-- ,mon oncle ,tobie toit alors oblig de faire usage de son premi] doigt4-- ,et voyez la diffr5ce qui en rsultoit p\r l'attaque6 en prom5ant son doigt sur la c>te 7comme dans le premi] cas7 vis--vis le b\t de la pipe de mon oncle ,tobie1 la veuve ,wadman auroit p>c\ru t\tes les lignes de ,dan ,b]%abe 7si les lignes de mon oncle ,tobie se fuss5t prolonges si lo97 sans produire aucun effet4 ,le b\t de la pipe n'ayant ni artre1 ni *aleur vitale1 n'toit susceptible d'aucune s5sation1 et ne p\voit ni communiqu] la *aleur p> att\*em5t1 ni la recevoir p> sympa?ie4 ,t\t se passoit en fume4-- ,mais avec le doigt de mon oncle ,tobie1 t\t *angeoit de face4 ,la veuve1 en le suivant de prs avec le si5 trav]s t\s les petits dt\rs et les zigzags des ouvrages1--le t\*ant de temps en temps p> ct1--passant quelquefois sur l'ongle1--et quelquefois s'y accro*ant1--le r5contrant tantt droite1 tantt gau*e2--enf91 le h>celant sans cesse1 la veuve ne p\voit manqu] d'excit] au mo9s un c]ta9 je ne sais quoi4 ,ces esc>m\*es1 quoique lgres et encore assez di/antes du corps de la place1 ne laissoi5t pas que d'y conduire4 ,si au milieu de ces esc>m\*es la c>te se dta*oit et v5oit gliss] le long de la gurite1 mon oncle ,tobie1 simple comme la colombe1 posoit aussitt sa ma9 dessus et plat1 p\r cont5ir la c>te1 en cont9uant son explication2 et mi/riss ,wadman1 p> une manuvre aussi prompte que la p5se1 plaoit sa ma9 t\t ct de celle de mon oncle ,tobie4 ,p> ce moy51 elle tablissoit une communication suffisante p\r laiss] pass] et repass] t\te s5sation connue de t\te p]sonne un peu v]se dans la p>tie lm5taire et pratique de la galant]ie4 ,alors elle recomm5oit prom5] son doigt ct de celui de mon oncle ,tobie2 le jeu de ce premi] doigt am5oit celui du p\ce2--et sitt que le p\ce toit engag1 t\te la ma9 s'en mloit bi5tt4--,la ti5ne1 *] oncle ,tobie1 ne p\voit re/] en place4 ,mi/riss ,wadman1 p> les ef=ts les mieux mnags1 p> les pressions les plus quivoques1 p> les s5sations les plus lgres qu'une ma9 puisse employ] p\r en drang] une autre1 essayoit sans cesse de dplac] celle de mon oncle ,tobie1 ne ft-ce que de l'paisseur d'un *eveu4 ,p5dant t\t ce mange1 la jambe de la veuve glisse au fond de la gurite1 appuyoit contre le mollet de mon oncle ,tobie2 et la veuve ne ngligeoit ri5 p\r emp*] mon oncle ,tobie d'attribu] cette pression t\te autre cause4 ,voil la *&elle allume p> les deux b\ts2--voil mon oncle ,tobie attaqu et p\ss vig\reusem5t dans ses deux ales2--e/-il surpr5ant que son c5tre ft *aque in/ant mis en dsordre8 ,c'e/ le diable qui s'en mle1 disoit mon oncle ,tobie4 ,,*apitre ,,xlvi4 ,relique de mon oncle ,tobie4 ,on conoit aism5t que mi/riss ,wadman v>ioit ses attaques1 l'exemple de t\s les gnraux dont l'hi/oire f\rmille2 et p> les mmes motifs qu'eux3--un obs]vateur de l'ordre commun auroit eu pe9e les reconnotre p\r des attaques relles2 ou t\t au mo9s n'en auroit pas s5ti les diffr5ces2 mais ce n'e/ pas p\r ces g5s-l que j'cris4-- ,je revi5drai un j\r ces attaques2 mais ce ne s]a pas de quelques *apitres2 et alors je v]rai mettre un peu plus d'exactitude dans mes descriptions4 ,t\t ce que j'ai dire en ce mom5t sur ce sujet1 c'e/ que dans une liasse de papi]s orig9aux et de dess9s que mon pre avoit rassembls1 il y a un plan de ,b\*a9 p>faitem5t cons]v1 et que je cons]v]ai soigneusem5t1 tant que je s]ai en tat de cons]v] quelque *ose4--,sur un des co9s d'en-bas1 et ma9 droite1 on voit encore les m>ques de tabac d'un p\ce et d'un premi] doigt3 or1 il y a t\t p>i] que ce p\ce et ce premi] doigt sont ceux de la veuve ,wadman1 d'autant que le co9 oppos1 qui sans d\te toit celui de mon oncle ,tobie1 e/ sans la mo9dre ta*e4--,c'e/ assurm5t l un acte au!ntique d'une de ces attaques4 ,on ap]oit v]s le haut de la c>te les ve/iges de deux tr\s presque effacs1 mais encore visibles3 or1 ces tr\s sont videmm5t ceux des p+les qui atta*oi5t la c>te dans la gurite4 ,p> t\t ce qu'il y a de sacr1 j'e/ime plus cette prcieuse relique avec ses /igmates1 que t\tes les reliques s\v5t apocryphes qu'on montre aux badauds2--exceptant t\j\rs1 lorsque j'cris sur ces matires1 les po9tes qui entrr5t dans la *air de sa9te ,radegonde dans le ds]t2 po9tes m]veilleuses1 que les religieuses de ,cluny font voir t\s les passans1 p\r l'am\r de ,dieu4 ,,*apitre ,,xlvii4 ,hlas4 ,voil1 dit ,trim1 t\t ce que j'y peux faire4--,les =tifications sont entirem5t rases1 et le bass9 de ,dunk]que e/ de niveau avec le mle4 ,avec la p]mission de ,monsieur1 je p5se que t\t e/ f9i4--,je le p5se de mme1 rpondit mon oncle ,tobie1 avec un s\pir demi t\ff2--mais va1 ,trim1 va dans la salle *]*] les articles du trait2 ils doiv5t tre sur la table4-- ,ils y ont t p5dant plus de six sema9es1 dit le caporal2 mais ce mat9 la s]vante les a pris p\r allum] le feu4-- ,t\t e/ donc f9i1 ,trim1 dit mon oncle ,tobie6 la c\r n'a plus beso9 de nos s]vices6--,o ciel1 dit le caporal1 t\t e/ f9i6 ,en disant ces mots1 il jette sa b*e dans la br\ette avec l'air du dsespoir le plus expressif qui puisse s'imag9]2 puis se ret\rnant l5tem5t1 il ramasse sa pio*e1 sa pelle1 ses piquets1 et t\t le re/e de ses u/5siles militaires2 et il se disposoit emport] le t\t hors du b\l+r91--qu& un hlas p>tit de la gurite1 et se glissant trav]s une petite f5te du sap91 v9t frapp] son oreille du son le plus lam5table2--il s'arrta t\t c\rt4 ,non1 dit le caporal en lui-mme1 je n'en f]ai ri5 l'heure qu'il e/2--il vaut mieux att5dre dema9 mat91 avant que monsieur soit lev1 p\r que monsieur n'en voie ri54 ,le caporal prit sa b*e dans sa br\ette1 avec un peu de t]re dessus1 comme s'il et eu combl] un petit tr\ au pi$ du glacis1 mais rellem5t p\r se rappro*] de son matre et t*] de le di/raire4--,il leva une motte ou deux1 les tailla1 les faonna avec sa b*e2--enf9 il s'assit aux pi$s de mon oncle ,tobie1 et comm5a a9si4 ,illu/ration ,,*apitre ,,xlviii4 ,am\rs de ,trim4 ,n'e/-ce pas1 monsieur1 une gr&e piti8444 ,mais je cra9s que ce que je vais dire monsieur ne soit une sottise dans la b\*e d'un soldat4-- ,et p\rquoi1 ,trim1 dit mon oncle ,tobie1 un soldat s]oit-il plus exempt d'en dire qu'un homme de lettres8--,il en a mo9s d'occasions1 rpondit le caporal4 ,mon oncle ,tobie fit un signe de tte4 --,n'e/-ce donc pas une gr&e piti1 dit le caporal1 en jetant les yeux sur ,dunk]que et sur le mle1--comme ,s]vius ,sulpicius1 son ret\r d',asie et de sa trav]se d',eg9e ,mg>e1 jetoit les si5s sur ,cor9! et le ,pire4 ,n'e/-ce pas1 dis-je1 une gr&e piti1 sauf le respect de monsieur1 d'avoir dtruit de si beaux ouvrages8 ,et n'en s]oit-ce pas une t\te aussi gr&e1 de les avoir laiss subsi/]8-- ,tu z raison1 ,trim1 dans les deux cas1 dit mon oncle ,tobie4--,aussi1 p\rsuivit le caporal1 monsieur a pu rem>qu] que depuis le comm5cem5t de la dmolition jusqu' la f91 je n'ai pas une seule fois siffl1 ni *ant1 ni ri1 ni pleur1 ni p>l de nos anci5nes gu]res1 ni racont monsieur une seule hi/oire1 bonne ou mauvaise4-- ,tu es1 ,trim1 dit mon oncle ,tobie1 rempli d'excell5tes qualits2 et je ne reg>de pas comme la mo9dre 7tant conteur d'hi/oires comme tu l'es7 d'avoir su au trav]s de t\tes celles que tu m'a dites1 soit p\r me div]tir dans mes travaux1 soit p\r me di/raire dans mes *agr9s1 d'avoir su1 dis-je1 ne m'en racont] presque jamais que de bonnes4-- ,avec la p]mission de monsieur1 c'e/ qu' l'exception du roi de ,bohme et de ses sept *teaux1 il n'y en a pas une qui ne soit vraie2 c> elles me reg>d5t t\tes4 ,c'e/ ce qui fait1 ,trim1 dit mon oncle ,tobie1 que je les aime davantage4--,mais quelle e/ cette n\velle hi/oire8 tu vi5s d'excit] ma curiosit4 ,je vais1 dit le caporal1 la racont] monsieur4--,p\rvu1 dit mon oncle ,tobie1 en reg>dant tri/em5t ,dunk]que et le mle1--p\rvu que ce ne soit pas une hi/oire enj\e2 c> des hi/oires de ce g5re1 il faut que l'auditeur apporte avec lui la moiti du plaisir1--et la disposition o je me tr\ve en ce mom5t nuiroit toi1 ,trim1 et ton hi/oire4--,il n'y a1 dit le caporal1 ri5 d'enj\ dans mon hi/oire4--,je ne v\drois pas non plus1 aj\ta mon oncle ,tobie1 qu'elle ft trop tri/e4--,elle ne l'e/ pas non plus1 rpliqua le caporal2--en un mot elle convi5t p>faitem5t monsieur4--,eh bi56 je t'en rem]cie de t\t mon cur1 s'cria mon oncle ,tobie1 et tu me f]as plaisir de la comm5c]4-- ,le caporal fit la rvr5ce4--,quoi qu'il ne soit pas aussi ais que le monde l'imag9e1 d't] avec grace un bonnet de h\s>d qui n'a po9t de consi/ance1--ni mo9s difficile1 mon avis1 qu& on e/ assis p> t]re1 de faire une rvr5ce aussi remplie de respect que les rvr5ces ord9aires du caporal1--cep5dant en faisant gliss] la paulme de sa ma9 droite1 laquelle toit du ct de son matre2 en la faisant gliss]1 dis-je1 en arrire sur le gazon1 et un peu plus lo9 que son corps1 p\r donn] celle-ci plus de c\rbure1--saisissant en mme-temps son bonnet sans ef=t avec le p\ce et les deux premi]s doigts de la ma9 gau*e1 ce qui rduisoit ins5siblem5t le diamtre du bonnet1 lui faisoit p]dre sa rondeur1 et l'applatissoit presqu'entirem5t1--le caporal satisfit t\t beauc\p mieux que sa po/ure ne sembloit le promettre4--,et1 ayant cra* deux fois1 p\r *]*] la clef sur laquelle son hi/oire iroit le mieux1 et plairoit davantage son matre1--il jeta sur lui un reg>d de t5dresse qui lui fut r5du1 et il comm5a a9si4 ,hi/oire du roi de ,bohme et des sept *teaux4 ,il toit une fois un c]ta9 roi de ,bo--h4-- ,le mot ,bohme n'toit pas encore t\t--fait prononc1 que mon oncle ,tobie obligea le caporal faire halte p\r un mom5t4--,le caporal avoit comm5c son hi/oire nue tte1 ayant laiss son bonnet p> t]re depuis qu'il l'avoit t la f9 du d]ni] *apitre4-- ,l'il de la bont pie t\t4--,le caporal n'avoit pas a*ev les quatre premi]s mots de son hi/oire1 que mon oncle ,tobie avoit dj t\* son bonnet deux fois du b\t de sa canne1 comme p\r dire3 p\rquoi1 ,trim1 n'e/-il pas sur votre tte8--,trim le ramassa avec la plus respectueuse l5teur2 puis jetant un c\p-d'il humili sur la brod]ie de devant1 laquelle toit t]riblem5t t]nie1 et mme ue dans les p>ties les plus app>5tes1 il posa de n\veau son bonnet ses pi$s p\r moralis] son sujet4-- ,je t'ent5ds trop bi51 s'cria mon oncle ,tobie6 et t\t ce que tu dis-l n'e/ que trop vrai4--,mais1 ,trim1 ri5 n'e/ fait en ce monde p\r t\j\rs dur]4-- ,o mon *] ,tom6 s'cria ,trim1--qu& ces gages de ton am\r et de ton s\v5ir s]ont t\t--fait us1 que dirai-je8-- ,il n'y a1 ,trim1 rpliqua mon oncle ,tobie1 autre *ose dire que ce que je t'ai dit2 ri5 n'e/ fait en ce monde p\r t\j\rs dur]4 ,on se creus]oit la c]velle jusqu'au j\r du jugem5t1 qu'on ne tr\v]oit ri5 de mieux4 ,le caporal reconnut que mon oncle ,tobie avoit raison1 et qu'il s]oit inutile1 quelque esprit qu'on et1 de *]*] tir] de son bonnet une morale plus sa9e4 ,il mit donc son bonnet sur sa tte sans *]*] davantage2 et1 passant la ma9 sur son front p\r effac] une ride p5sive que le texte et le comm5taire y avoi5t fait natre1 il ret\rna1 avec le mme reg>d et le mme son de voix1 son hi/oire du roi de ,bohme et de ses sept *teaux4 ,suite de l'hi/oire du roi de ,bohme et de ses sept *teaux4 ,il toit une fois un c]ta9 roi de ,bohme444--,mais s\s quel rgne8 c'e/ ce que je ne saurois dire monsieur4-- ,je ne te le dem&e en aucune sorte1 s'cria mon oncle ,tobie4-- ,c'toit1 sauf le respect de monsieur1 un peu avant le temps o les gans cessr5t d'eng5dr]4--,mais en quelle anne de notre ,seigneur c'toit8444-- ,je ne donn]ois pas deux s\s p\r le savoir1 dit mon oncle ,tobie4-- ,seulem5t1 n'en dplaise monsieur1 cela donne meilleur air une hi/oire4-- ,c'e/ ton affaire1 ,trim1 de l'embellir ta mode2--et *oisis1 cont9ua mon oncle ,tobie1 *oisis dans t\t le monde enti] la date que tu v\dras1 et applique-la ton hi/oire1 c'e/ celle-l que je prfr]ai4 ,le caporal s'incl9a d'un air pntr de reconnoissance4--,en effet1 depuis la cration du monde jusqu'au dluge de ,no1--depuis le dluge jusqu' la naissance d',abraham1 depuis les patri>*es et leur pl]9age jusqu' la sortie d',egypte des ,isralites2--de-l trav]s t\tes les dyna/ies1 olympiades1 villes fondes et dtruites1 et autres poques mmorables de *aque peuple1 jusqu' la v5ue de ,jsus-,*ri/1--et de cette v5ue au mom5t o ,trim racontoit son hi/oire2--*aque sicle1 *aque anne1 *aque mois1 *aque heure1 *aque m9ute2--mon oncle ,tobie mettoit aux pi$s du caporal le va/e empire des temps et t\s ses abmes4 ,mais comme la mode/ie t\*e pe9e du b\t du doigt ce que la libralit lui prs5te les ma9s ouv]tes1 le caporal se cont5ta de ce qu'il y avoit de plus mauvais dans t\t le paquet2--et p\r que nos seigneurs du p>ti m9i/riel et de celui de l'opposition ne se mang5t pas le blanc des yeux en disputant sur l'poque *oisie p> le caporal1 je la leur dirai sans me faire pri]4 ,il prit l'anne de notre ,seigneur mil sept c5t d\ze1 qui fut celle o le duc d',ormond se comporta si mal en ,fl&re2 et il reprit a9si son expdition de ,bohme4 ,suite de l'hi/oire du roi de ,bohme et de ses sept *teaux4 ,en l'an de notre ,seigneur mil sept c5t d\ze1 il toit1 comme je le disois monsieur444-- ,a te dire vrai1 ,trim1 dit mon oncle ,tobie1 t\te autre date m'auroit plu davantage2 non-seulem5t cause de la ta*e honteuse qui s\ille notre hi/oire de cette anne-l1 qu& nos tr\pes se db&r5t1 et refusr5t de c\vrir le sige du ,quesnoy1 o ,fayel cep5dant p\ssoit les ouvrages avec une vigueur incroyable2--mais encore1 ,trim1 p\r l'intrt mme de ton hi/oire2 p>ce que s'il y a 7et ce qui t'e/ *app ce sujet m'en laisse quelque s\pon7--s'il y a1 dis-je1 quelques gans444-- ,en vrit1 monsieur1 il n'y en a qu'un4--,c'e/ t\t comme v+t1 s'cria mon oncle ,tobie6--mais alors tu aurois d te recul] de quelque sept ou huit c5ts ans1 p\r te mettre hors de la porte des critiques4 ,et je te conseille1 p\r l'honneur de ton hi/oire1 si tu dois jamais la racont] encore444-- ,si je peux l'a*ev] une bonne fois1 dit ,trim1 je jure monsieur que je ne la racont]ai de ma vie1 ni homme1 ni femme1 ni enfant4 ,a d'autres1 s'cria mon oncle ,tobie6 mais d'un ton de voix si bon1 si enc\rageant1 que le caporal reprit son hi/oire avec plus d'allgresse que jamais4-- ,suite de l'hi/oire du roi de ,bohme et de ses sept *teaux4 ,il toit1 sauf le respect de monsieur1 dit le caporal1 en levant la voix et frottant joyeusem5t les deux paumes de ses ma9s l'une contre l'autre1--il toit une fois un c]ta9 roi de ,bohme444-- ,laisse la date entirem5t1 ,trim1 dit mon oncle ,tobie1 en se p5*ant v]s le caporal1 et appuyant d\cem5t sa ma9 sur son paule p\r ad\cir la petite pe9e qu'il p\voit lui faire en l'int]rompant1--laisse la date entirem5t1 ,trim4 ,une hi/oire passe m]veille sans tant de prcision2 et mo9s qu'on n'en soit bi5 sr444--,bi5 sr1 dit le caporal1 en sec\ant la tte6--,j'en convi5s1 rpondit mon oncle ,tobie4--,il n'e/ pas ais1 ,trim1 qu'un homme comme toi et moi1 n\rri dans les armes1 qui a r>em5t reg>d devant lui plus lo9 que le b\t de son fusil1 et d]rire lui au-del de son havresac1 en sa*e beauc\p sur cette matire4 ,morbleu1 dit ,trim1 va9cu p> la manire de raisonn] de mon oncle ,tobie1 autant que p> le raisonnem5t lui-mme6--un soldat a bi5 autre *ose faire2--c>1 sans p>l] des batailles1 des m>*es1 ni du s]vice de g>nison1 n'a-t-il pas son fusil claircir1--son habit ntoy]1--ses m\/a*es cir]2 lui-mme enf9 ras] et t5ir propre1 de manire p>otre t\j\rs comme la p>ade8--,quel beso91 aj\ta le caporal1 d'un air triomphant1 quel beso91 7je le dem&e monsieur7--un soldat peut-il avoir de savoir un seul mot de gographie8-- ,tu devois dire1 *ronologie1 ,trim1 dit mon oncle ,tobie2 c> p\r la gographie1 elle e/ p\r lui d'un usage indisp5sable4 ,il faut qu'il connoisse p>faitem5t t\s les pays o son mti] l'entrane1 et les conf9s de ces pays2--il faut qu'il en connoisse *aque ville1 village1 b\rg1 hameau1 avec les r\tes1 les canaux et les *em9s creux qui y ab\tiss5t4--,s'il passe une rivire ou un ruisseau1 il faut1 ,trim1 qu' la premire vue il puisse en dire le nom1--dans quelle montagne il pr5d sa s\rce1--quel e/ son c\rs1-- quelle di/ance il e/ navigable1--o il e/ guable1 o il ne l'e/ pas4--,il faut que le sol de *aque valle lui soit aussi connu qu'au lab\reur qui la cultive1 et qu'il soit en tat1 si le cas le requi]t1 de donn] un plan exact de t\tes les pla9es et dfils1 des =ts1 des coll9es1 des bois et des m>ais1 trav]s lesquels son arme doit m>*]4--,il faut enf9 qu'il connoisse leurs produits1 leurs plantes1 leurs m9raux1 leurs eaux !rmales1 leurs animaux1 leurs saisons1 leurs climats1 leurs degrs de froid et de *aud1 leurs habitans1 leurs c\tumes1 leurs langages1 leur politique1 et mme leur religion4--,autrem5t1 caporal1 cont9ua mon oncle ,tobie1 se levant dans la gurite1 et comm5ant s'*auff] cet endroit de son disc\rs1--concevroit-on comm5t ,malbor\gh a pu faire m>*] son arme1 des bords de la ,meuse ,belb\rg1 de ,belb\rg ,k]p5ord1--7,il fut impossible au caporal de re/] assis plus long-temps7 de ,k]p5ord1 ,trim1 ,kalsak51 de ,kalsak5 ,newdorf1 de ,newdorf ,laud5b\rg1 de ,laud5b\rg ,mild5heim1 de ,mild5heim ,el*+51 d',el*+5 ,g+51 de ,g+5 ,belm]*(f51 de ,belm]*(f5 ,skell5b\rg1--o il fondit sur les retran*em5s des ennemis1 les =a pass] le ,danube1 trav]sa la ,le*1 p\ssa ses tr\pes jusques dans le cur de l'empire1--et m>*ant leur tte p> ,frib\rg1 ,hok5w]t et ,s*onevelt1 il arriva aux pla9es de ,bl5heim et d',ho*/et4--,ce gr& homme1 caporal1 malgr t\t son tal5t1 n'auroit pas fait un pas ni un seul j\r de m>*e1 sans le sec\rs de la gographie4 ,c> p\r la *ronologie1 j'av\e1 ,trim1 cont9ua mon oncle ,tobie1 en se rasseyant froidem5t dans sa gurite1 que de t\tes les sci5ces1 il me semble que c'e/ celle dont un soldat peut le mieux se disp5s]2-- mo9s que ce ne soit p\r les claircissem5s qu'il peut un j\r en retir]1 relativem5t l'poque de l'inv5tion de la p\dre2 c> les t]ribles effets de cette composition1 p>eille la f\dre et r5v]sant t\t devant elle1 l'ont r5due p\r n\s une espce d're militaire4 ,elle a si totalem5t *ang la nature de l'attaque et de la df5se1 soit p\r la gu]re de t]re1 soit p\r la gu]re de m]1 elle a tellem5t t5du les bornes de l'art et de la sci5ce militaire1 qu'on ne sauroit tre trop exact fix] le temps prcis de sa dc\v]te1 et trop soigneux re*]*] le nom de son inv5teur1 et les circon/ances qui lui ont donn naissance4 ,je suis lo9 de conte/]1 cont9ua mon oncle ,tobie1 ce dont les hi/ori5s convi5n5t2 savoir qu'en l'an de ,notre ,seigneur treize c5t quatre-v+t1 s\s le rgne de ,v9ceslas1 fils de ,*>les ,,iv1 un c]ta9 prtre1 nomm ,s*w>tz1 apprit aux ,vniti5s l'usage de la p\dre dans leurs gu]res contre les ,gnois4 ,mais il e/ c]ta9 qu'il ne fut pas le premi]2--c> si n\s en croyons dom ,pdre1 vque de ,lon444--,bon ,dieu1 dit ,trim1 qu'e/-ce que des prtres et des vques avoi5t faire de se creus] la tte p\r la p\dre canon8--,dieu le sait1 dit mon oncle ,tobie1 sa provid5ce opre le bi5 p> qui il lui plat4--,dom ,pdre donc affirme1 en sa *ronique du roi ,alphonse1 lequel subjugua ,tolde1 qu'en l'an treize c5t qu>ante-trois1 7c'e/--dire tr5te-sept avant l'autre poque17 le secret de la p\dre toit bi5 connu1 et qu'elle toit ds-lors employe avec succs1 tant p> les ,maures que p> les ,*rti5s1 non-seulem5t sur m]1 mais dans plusieurs de leurs siges les plus mmorables en ,espagne et en ,b>b>ie4--,et t\t le monde sait que le mo9e ,bacon a crit expressm5t sur la p\dre canon1 et en a gnreusem5t donn la recette au public1 plus de c5t c9quante ans avant la naissance de ,s*w>tz4--,mais1 aj\ta mon oncle ,tobie1 ce qui n\s emb>rasse bi5 davantage1 et ce qui confond t\tes nos relations1 ce sont les ,*9ois qui prt5d5t avoir connu la p\dre plusieurs c5ta9es d'annes avant ,bacon4-- ,je gage1 s'cria ,trim1 qu'il n'y a pas un mot de vrai4-- ,je croirois volonti]s qu'ils se tromp5t1 reprit mon oncle ,tobie2 du mo9s si l'on peut en jug] p> le misrable tat de leur tactique actuelle1 surt\t en ce qui reg>de les =tifications4--,les leurs ne consi/5t que dans un foss revtu d'un mur de brique1 et entirem5t dp\rvu de flancs4 ,quant ce qu'ils plac5t dans les angles1 et qu'ils n\s donn5t p\r des ba/ions1 ils sont con/ruits d'une manire si b>b>e1 qu'on les pr5droit444--p\r un de mes sept *teaux1 int]rompit le caporal4-- ,mon oncle ,tobie1 quoique emb>rass lui-mme tr\v] une comp>aison1 ne fut pas cont5t de celle de ,trim4 ,mais ,trim lui disant qu'il lui re/oit en ,bohme une demi-d\za9e de *teaux p>eils1 dont il ne savoit comm5t se dfaire4 ,mon oncle ,tobie fut si t\* de la plaisant]ie nave du caporal1 qu'il cessa sa diss]tation sur la p\dre canon1 et pria le caporal de cont9u] son hi/oire du roi de ,bohme et de ses sept *teaux4 ,suite de l'hi/oire du roi de ,bohme et de ses sept *teaux4 ,ce malheureux roi de ,bohme1 dit ,trim444-- ,il toit donc malheureux1 dit mon oncle ,tobie6 ,c> ses diss]tations sur la p\dre canon et sur les autres p>ties de l'art militaire1 l'avoi5t rudem5t embr\ill2 et quoiqu'il et pri le caporal de p\rsuivre son hi/oire1 les frqu5tes int]ruptions qu'il avoit faites ne lui avoi5t pas laiss ses ides assez prs5tes p\r expliqu] l'pi?te4-- ,il toit donc malheureux1 ,trim1 dit mon oncle ,tobie1 d'un ton pa?tique8 ,le caporal qui auroit v\lu que le mot et t\s ses synonimes fuss5t t\s les diables1 comm5a repass] dans son esprit les pr9cipaux vnem5s de l'hi/oire du roi de ,bohme1 lesquels pr\voi5t t\s que jamais homme n'avoit t plus heureux que lui4--,le pauvre caporal se tr\va alors dans un emb>ras extrme2 et ne se s\ciant pas de rtract] son pi?te1 encore mo9s de l'expliqu]1--et mo9s que t\t cela d'rig] son conte en sy/me la manire des savans1--il reg>da mon oncle ,tobie1 esprant qu'il vi5droit son sec\rs2 mais voyant que mon oncle ,tobie re/oit assis en att5dant un explication1 il hsita un mom5t et cont9ua a9si3 ,monsieur me p]mettra de lui dire que le roi de ,bohme toit malheureux1 en ce qu'aimant la navigation et t\t ce qui y a rapport1 il ne se tr\voit pas un seul port de m] dans t\te la ,bohme4-- ,et comm5t diable y en auroit-il eu1 ,trim1 s'cria mon oncle ,tobie8--,la ,bohme ne t\*ant la m] d'aucun ct1 cela ne p\voit tre autrem5t4--,cela se p\voit1 dit ,trim1 si ,dieu l'avoit v\lu4 --,mon oncle ,tobie ne p>loit jamais de l'ess5ce de ,dieu et de ses attributs1 qu'avec respect et ret5ue4-- ,je ne le crois pas1 rpliqua mon oncle ,tobie1 aprs une pause2--c> ne t\*ant la m] d'aucun ct1--ayant la ,silsie et la ,moravie l'e/1--la ,lusace et la ,haute-,saxe au nord1--la ,franconie l'oue/1 et la ,bavire au sud2--la ,bohme ne p\voit se rappro*] de la m] sans cess] d'tre ,bohme2 et la m] d'un autre ct1 ne p\voit arriv] la ,bohme sans c\vrir une gr&e p>tie de l',allemagne1 et noy] des millions de malheureux habitans qui se s]oi5t tr\vs sans df5se contre un tel dluge4--,a ,dieu ne plaise1 s'cria ,trim6--,un tel dluge1 aj\ta mon oncle ,tobie avec bont1 montr]oit un tel manque de compassion dans celui qui e/ notre pre commun1 que je p5se1 ,trim1 qu'il toit rellem5t impossible que la ,bohme et des ports de m]4 ,le caporal fit sa rvr5ce en homme intimem5t conva9cu1 et cont9ua4 ,or1 il arriva que p> une belle soire d't1 le roi de ,bohme sortit avec la re9e et ses c\rtisans4--,tu z raison1 ,trim1 dit mon oncle ,tobie1 de dire qu'il arriva2 c> le roi de ,bohme1 a9si que la re9e1 p\voi5t galem5t sortir ou re/] *ez eux4--,et c'e/ l une matire de futur cont+5t1 qui peut arriv] ou ne pas arriv]1 suivant que le has>d en ordonne4-- ,le roi ,guillaume1 dit ,trim1 avoit l-dessus une op9ion p>ticulire4 ,il p5soit qu'il ne n\s arrivoit ri5 en ce monde qui ne ft arrt de t\te t]nit4 ,aussi1 disoit-il s\v5t ses soldats3 que *aque balle avoit son billet4--,c'toit un gr& homme1 dit mon oncle ,tobie6--,et je crois prs5t1 cont9ua ,trim1 que le c\p qui me mit hors de combat ,l&5 ne fut vis mon g5\1 que p\r m't] du s]vice du roi et me mettre celui de monsieur1 o je s]ai srem5t mieux soign dans ma vieillesse4--,tu peux y compt]1 ,trim1 s'cria mon oncle ,tobie avec la d]nire vivacit4 ,le cur du matre et celui du valet toi5t galem5t sujets ces pan*em5s imprvus4--,le caporal v\lut p>l]1 il v\lut rem]ci] son matre2--les l>mes l'inondr5t1--il re/a sans p>ole1 sans m\vem5t2--il re/a les yeux fixs sur mon oncle ,tobie2 mais son visage exprimoit sa reconnoissance1 et payoit les m>ques de bont de son matre4 ,une l>me alors c\la sur la j\e de mon oncle ,tobie1 et paya l'atta*em5t du s]viteur4-- ,cette scne fut suivie d'un long sil5ce4--,trim le rompit le premi]1 et s'ef=ant de pr5dre un ton plus gai p\r t*] de di/raire son matre3--,d'ailleurs1 monsieur1 dit-il1 sans cette blessure que j'ai reue ,l&51 je n'aurois jamais t am\reux8-- ,tu z donc t am\reux1 ,trim1 dit mon oncle ,tobie en s\riant8-- ,am\reux1 dit le caporal1 p>-dessus la tte4--,et je te prie1 ,trim1 dit mon oncle ,tobie1 o1 qu& et comm5t cela s'e/-il pass8--tu ne m'en z jamais dit un mot4--,j'ose dire monsieur1 rpondit ,trim1 qu'il n'y avoit pas dans t\t le rgim5t un tamb\r ni un fils de s]g5t qui ne st cette hi/oire4--,et comm5t ne la sais-je pas encore1 dit mon oncle ,tobie8-- ,monsieur doit se rappell]1 et srem5t avec d\leur1 dit le caporal1 notre dr\te totale ,l&51 et la confusion horrible du camp et de l'arme4 ,il fallut que *acun songet soi2 et sans les rgim5s de ,wyndham1 de ,lumley et de ,galway qui c\vrir5t la retraite sur ,ne]speek51 le roi lui-mme auroit eu de la pe9e gagn] le pont4--,il fut press vivem5t1 comme monsieur le sait mieux que moi4-- ,vaillant pr9ce1 s'cria mon oncle ,tobie avec en?\siasme6 au mom5t o t\t e/ p]du1 je le vois pass] devant moi t\te bride4--,il c\rt la gau*e *]*] le re/e de la caval]ie angloise1 et revi5t avec elle p\r s\t5ir la droite1 et arra*]1 s'il en e/ encore temps1 le lauri] des ma9s de ,luxemb\rg4--,je le vois avec son *>pe flottante ranimant le c\rage de ce pauvre rgim5t de ,galway4 ,je le vois c\rant le long de la ligne1 se ret\rnant aussi-tt1 et *>geant ,conti la tte des si5s4--,brave1--brave pr9ce1 s'cria mon oncle ,tobie6 p> le ciel1 il mrite la c\ronne6--,comme un voleur mrite la corde1 s'cria ,trim4 ,mon oncle ,tobie connoissoit la loyaut du caporal1 autrem5t la comp>aison n'auroit pas t de son gt4 ,mais le caporal n'y avoit pas song en la faisant4--,au re/e1 il n'y avoit pas moy5 de rev5ir sur ses pas2 ce que le caporal avoit de mieux faire toit de cont9u] son rcit4 ,le nombre des blesss toit prodigieux2 *acun ne p5soit qu' sa propre sret4--,cep5dant1 dit mon oncle ,tobie1 ,talma% fit la retraite de l'infant]ie avec beauc\p d'ordre4--,je n'en re/ai pas mo9s sur le *amp de bataille1 dit le caporal4--,misrable g>on1 rpliqua mon oncle ,tobie6--,tellem5t qu'il toit midi du l5dema91 cont9ua le caporal1 avant que je fusse *ang et mis dans une *>rette avec tr5te ou qu>ante autres blesss1 p\r tre conduit notre hpital4 ,il n'y a aucune p>tie du corps1 sauf le respect de monsieur1 o une blessure cause une d\leur plus insupportable qu'au g5\4-- ,except l'ane1 dit mon oncle ,tobie4--,avec la p]mission de monsieur1 rpliqua le caporal1 le g5\1 mon avis1 doit tre plus s5sible1--ayant beauc\p plus de t5dons et de t\t ce qu'ils appell5t444 qu'il appell5t444-- ,c'e/ p\r cette raison1 dit mon oncle ,tobie1 que l'ane e/ inf9im5t plus s5sible2 non-seulem5t p>ce qu'elle a autant de t5dons1 et de ces autres *oses dont je ne sais pas plus le nom que toi2 mais p>ce que444-- ,ici la veuve ,wadman1 qui s'toit t5ue ca*e dans son arbre p5dant t\te la conv]sation1 ret9t son hale9e1 dta*a sa coiffe de dess\s son m5ton1 se t9t le corps en avant port sur une jambe1 et prta l'oreille plus att5tivem5t que jamais4-- ,la dispute se s\t9t amicalem5t et =ces gales p5dant quelque temps entre mon oncle ,tobie et ,trim1--jusqu' ce qu'enf9 ,trim se ress\v5ant qu'il avoit s\v5t pleur p\r les s\ffrances de son matre et jamais p\r les si5nes1 ab&onna son op9ion4 ,mais mon oncle ,tobie n'accepta pas son dsi/em5t2 cela ne pr\ve autre *ose1 ,trim1 que la bont de ton cur4 ,tellem5t qu'on ne sait pas encore si la d\leur d'une blessure l'ane e/ plus =te1 t\tes *oses gales d'ailleurs1 que la d\leur d'une blessure au g5\4-- ,ou si la d\leur d'une blessure au g5\ e/ plus =te que la d\leur d'une blessure l'ane4 ,,*apitre ,,xlix4 ,la ,bgu9e4 ,la d\leur de mon g5\1 cont9ua le caporal1 toit excessive en elle-mme1 mais les cahots de la *>rette sur un *em9 extrmem5t raboteux1 la r5doi5t encore plus vive1 et *aque pas toit la mort p\r moi2--le sang que je p]dois1 le manque de so91 la fivre que je s5tois v5ir444--,pauvre g>on6 dit mon oncle ,tobie6--,c'en toit plus1 dit le caporal1 que je n'en p\vois support]4 ,je racontois mes s\ffrances une jeune femme1 dans une maison de paysan o notre *>rette qui toit la d]nire de la ligne avoit fait halte1 et o l'on m'avoit fait entr]4--,la jeune femme avoit tir un cordial de sa po*e1 en avoit v]s quelques g\ttes sur du sucre1 et voyant que cela me ranimoit1 elle m'en avoit donn deux ou trois fois4--,je lui racontois donc la viol5ce de la d\leur que je s5tois2 elle e/ si poignante1 lui disois-je1 que j'aim]ois mieux ne jamais me relev] de ce lit que je vois dans le co9 de la *ambre1 et y m\rir tranquillem5t1 que de faire un pas de plus dans la maudite *>rette4 ,elle essaya de me conduire ce lit que je lui montrois2 mais je m'van\is dans ses bras4--,elle avoit un excell5t cur1 comme monsieur p\rra le voir1 dit le caporal en essuyant ses yeux4-- ,je croyois l'am\r une *ose joyeuse1 dit mon oncle ,tobie4-- ,n'en dplaise monsieur1 c'e/ quelquefois la *ose la plus srieuse du monde4 ,a la p]suasion de la jeune femme1 la *>rette et les autres blesss toi5t p>tis sans moi2 elle avoit assur que j'expir]ois en y r5trant4 ,tellem5t que lorsque je rev9s moi1 je me tr\vai dans une cabane tranquille et paisible1 o il n'y avoit plus que la jeune femme1 le paysan et la femme du paysan4 ,j'tois c\* en trav]s sur le lit qui toit dans le co9 de la *ambre2 ma jambe blesse reposoit sur une *aise1 et la jeune femme ct de mon lit t5oit d'une ma9 s\s mon nez le co9 de son m\*oir imbib de v9aigre1 et de l'autre m'en frottoit les tempes4 ,je la pris d'abord p\r la fille du paysan2 c> ce n'toit pas une aub]ge2--et je lui (fris une petite b\rse o il y avoit dix-huit flor9s4--,c'toit encore un gage1 cont9ua ,trim1 en essuyant ses yeux1 que ce pauvre ,tom en p>tant p\r ,lisbonne m'avoit envoy p> un soldat de recrue4 ,je n'avois jamais fait ces tri/es dtails monsieur4 ,trim essuya ses yeux une troisime fois4-- ,la jeune femme appella le vieill>d et sa femme1 et leur montra l'arg5t1 sans d\te p\r m'obt5ir d'eux un lit et t\tes les petites *oses dont je p\rrois avoir beso91 jusqu' ce que je fusse en tat d'tre transport l'hpital4--,allons1 dit-elle ensuite en s]rant la petite b\rse1 je s]ai votre banqui]2 mais comme cette *>ge ne remplira pas t\t mon temps1 je s]ai aussi votre g>de-malade4 ,a la manire dont elle me p>la1 et son habillem5t que je comm5ai reg>d] alors plus att5tivem5t1 je vis que la jeune femme ne p\voit pas tre la fille du paysan4 ,elle toit vtue de noir de la tte aux pi$s1 et ses *eveux toi5t ca*s s\s une b&e de bati/e qui s]roit son front4 ,c'toit une de ces religieuses dont monsieur sait qu'il y a un gr& nombre en ,fl&re1 et qui ne sont pas clotres4-- ,d'aprs ta description1 ,trim1 dit mon oncle ,tobie1 je juge que c'toit une jeune bgu9e4--,c'e/ une espce de religieuse qui ne se tr\ve qu'en ,fl&re et ,am/]dam4 ,elles diffr5t des religieuses ord9aires1 en ce qu'elles peuv5t quitt] le clotre p\r se m>i]4 ,leur pr(ession e/ de visit] et de soign] les malades2 j'aim]ois mieux1 je l'av\e1 que ce ft leur incl9ation4-- ,celle-ci m'a s\v5t dit1 rpliqua ,trim1 qu'elle me r5doit t\s ces so9s p\r l'am\r de ,jsus-,*ri/4--,je n'aimois pas cela4--,j'aurois v\lu que ce ft un peu p\r l'am\r de moi4--,je crois1 ,trim1 dit mon oncle ,tobie1 que n\s p\rrions bi5 avoir tort t\s les deux2 n\s le dem&]ons ce soir ,m4 ,yorick1 *ez mon frre ,%&y2 n'oublie pas1 ,trim1 de m'en faire s\v5ir4-- ,la jeune bgu9e1 cont9ua le caporal1 m'avoit pe9e dit qu'elle s]oit ma g>de-malade1 qu'elle se mit en devoir d'en remplir les fonctions4 ,elle sortit1 et au b\t de quelques m9utes qui me p>ur5t bi5 longues1 elle me rapporta des flanelles et des drogues p\r mon g5\1 qu'elle bass9a et fom5ta p5dant une c\ple d'heures2 puis elle me prp>a une cuelle de gruau p\r mon s\p]2 et qu& je l'eus prise1 elle me promit de rev5ir de gr& mat91 et me s\haita une bonne nuit4-- ,en dpit de son s\hait1 ma nuit fut bi5 mauvaise4--,la fivre fut trs-viol5te2--la figure de la bgu9e ne cessa de me t\rm5t]4--,a *aque in/ant j'aurois v\lu p>tag] le monde en deux1 et lui en donn] la moiti4--,a *aque in/ant je m'criois3 ,p\rquoi n'ai-je qu'un havresac et dix-huit flor9s p>tag] avec elle6--,tant que la nuit dura1 je vis la belle bgu9e comme un ange bi5faisant1 se t5ir prs de mon lit1 en s\lev] les rideaux1 et m'(frir des potions cordiales4 ,je ne fus tir de mon songe que p> la belle bgu9e elle-mme1 qui rev9t auprs de moi l'heure promise1 et qui me r5dit en ralit les mmes s]vices dont je v5ois de rv]4--,en vrit elle me quittoit pe9e2 et je m'acc\tumai tellem5t recevoir la vie de ses ma9s1 que je plissois et que mon cur dfailloit qu& elle sortoit de la *ambre4--,et cep5dant1 cont9ua le caporal1 en faisant la rflexion du monde la plus trange1444 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 444 je n'tois pas am\reux4--,c> p5dant les trois sema9es qu'elle fut auprs de moi1 nuit et j\r occupe pans] mon g5\1 et me r5dre t\s les so9s les plus famili]s2 je puis bi5 dire monsieur que je ne s5tis pas une seule fois ce que j'ent5ds p> am\r4-- ,cela e/ trs-s+uli]1 ,trim1 dit mon oncle ,tobie4-- ,trs-tonnant1 dit la veuve ,wadman4-- ,ri5 n'e/ cep5dant plus vrai1 dit le caporal4-- ,,*apitre ,l4 ,trim s'enflamme4 ,il n'y a p\rtant pas tant de quoi s'tonn]1 cont9ua le caporal1 voyant que mon oncle ,tobie faisoit des rflexions m5tales sur ce sujet4--,l'am\r1 monsieur le sait mieux que moi1 l'am\r e/ comme la gu]re4 ,un soldat ne peut-il pas *app] trois sema9es de suite en montant la tran*e dans la nuit du sam$i1 et cep5dant tre tu le diman*e mat98--,c'e/ prcism5t ce qui m'arriva2 avec la seule diffr5ce que ce fut le diman*e au soir2--l'am\r me v9t t\t d'un c\p2 il tomba sur moi comme une bombe1 sans me donn] presque le temps de dire3 ,dieu me bnisse4-- ,je ne croyois pas1 ,trim1 dit mon oncle ,tobie1 que l'am\r pt v5ir si brusquem5t4-- ,mais1 rpliqua ,trim1 qu& on y e/ dj prp>6-- ,je te prie1 dit mon oncle ,tobie1 raconte-moi comm5t cela t'arriva4-- ,de t\t mon cur1 dit le caporal faisant sa rvr5ce4 ,,*apitre ,,li4 ,trim succombe4 ,jusques-l1 cont9ua le caporal1 j'avois rsi/ l'am\r2 ou plutt je lui avois *app2 et j'aurois cont9u a9si jusqu'au b\t1 si la provid5ce n'en avoit dcid autrem5t4--,mais qui peut vit] sa de/9e8 ,c'toit un diman*e aprs midi1 comme je le disois monsieur4 ,le vieill>d et sa femme toi5t sortis4 ,il n'toit re/ p]sonne dans la maison ni dans la c\r2--pas un *i51 pas un *at1 pas un can>d4 ,t\t y toit tranquille et calme comme m9uit4 ,je vis entr] la belle bgu9e4 --,ma blessure comm5oit se gurir2 l'inflammation avoit disp>u1 mais il lui avoit succd une dmangeaison1 surt\t au-dessus et au-dess\s du g5\1 qui m'toit insupportable1 et qui m'emp*oit de f]m] l'il de t\te la nuit4 ,laissez-moi voir l'endroit1 dit-elle1 en s'ag5\illant t\t contre mon lit1 et s\levant le drap p\r visit] la plaie1--cela ne dem&e dit la bgu9e qu' tre un peu gratt4--,aussitt ayant ram5 la c\v]ture p>-dessus1 elle comm5a gratt] le dess\s de mon g5\ avec le premi] doigt de la ma9 droite1 qu'elle avoit passe s\s la flanelle qui enveloppoit t\t l'app>eil4 ,au b\t de c9q ou six m9utes1 je s5tis lgrem5t le b\t de son second doigt qui arrivoit1 et qui peu--peu se plaa ct de l'autre2 elle1 cont9uant t\j\rs de gratt]4--,il comm5a me v5ir en p5se que je p\rrois bi5 dev5ir am\reux4 ,je r\gis en voyant l'extrme blan*eur de sa ma94--,je puis bi5 dire monsieur que de ma vie je ne v]rai une ma9 aussi blan*e4-- ,du mo9s la mme place1 dit mon oncle ,tobie4 ,quoique ce ft la *ose du monde la plus srieuse p\r le caporal1 il ne put s'emp*] de s\rire4 ,la jeune bgu9e1 cont9ua-t-il1 voyant que de me gratt] avec deux doigts me faisoit le plus gr& bi51 comm5a me gratt] avec trois2 jusqu' ce qu'enf9 le quatrime doigt et puis le p\ce1 v9r5t se plac] ct des autres2 et alors elle me gratta avec t\te sa ma94--,je n'ose plus ri5 dire sur les ma9s depuis que monsieur m'a plaisant2 mais en vrit celle-l toit plus d\ce que du sat94-- ,vante-la tant qu'il te plaira1 ,trim1 dit mon oncle ,tobie1 je t'assure que je t'c\te avec le plus gr& plaisir4 ,le caporal rem]cia son matre2 mais n'ayant ri5 de n\veau dire sur la ma9 de la bgu9e1 il en v9t ses effets4 ,la belle bgu9e1 dit le caporal1 cont9ua de me gratt] avec t\te sa ma9 au-dess\s du g5\4--,je craignis la f9 que son zle ne vnt la fatigu]4--,bon ,dieu6 dit-elle1 j'en f]ois mille fois plus p\r l'am\r de ,jsus-,*ri/4--,en disant cela elle glissa sa ma9 p>-dess\s la flanelle jusqu'au dessus du g5\1 o j'avois s5ti aussi de la dmangeaison3 et l elle recomm5a gratt]4 ,je comm5ai alors m'ap]cevoir t\t de bon que je dev5ois am\reux4 ,comme elle cont9uoit gratt]1 je s5tis l'am\r1 qui1 de dess\s sa ma91 se rp&oit dans t\tes les p>ties de mon corps4 ,plus elle grattoit1 plus ses grattem5s toi5t prolongs1 et plus le feu s'allumoit dans mes ve9es2--jusqu' ce qu'enf9 deux ou trois grattem5s ayant dur plus long-temps que les autres1 mon am\r se tr\va son comble4 ,je saisis sa ma9444-- ,eh bi56 ,trim1 dit mon oncle ,tobie1 tu la portas tes lvres1 et tu fis ta dcl>ation8444-- ,il importe peu de savoir si les am\rs de ,trim se t]m9r5t prcism5t de la manire que mon oncle ,tobie avoit imag9e4 ,il suffit qu'on y tr\ve l'ess5ce de t\s les am\rs de roman qui ai5t jamais t crits depuis le comm5cem5t du monde4-- ,,*apitre ,,lii4 ,la veuve ,wadman *ange son plan d'attaque4 ,aussitt que le caporal eut f9i l'hi/oire de ses am\rs1 ou plutt1 ds que mon oncle ,tobie l'eut f9ie p\r lui1 ,mi/riss ,wadman sortit sans bruit de son arbre1 ratta*a sa coffe1 fran*it la petite porte de communication1 et s'avana l5tem5t v]s la gurite de mon oncle ,tobie4--,la disposition d'esprit dans laquelle ,trim avoit d mettre mon oncle ,tobie1 toit une occasion trop favorable p\r la laiss] *app]4--,l'attaque avoit t rsolue d'aprs la circon/ance2 et mon oncle ,tobie en avoit encore applani le *em91 en ordonnant au caporal d'emport] la pelle1 la b*e1 la pio*e1 les piquets1 et t\s les autres u/5siles de gu]re1 qui gisoi5t p>s sur le t]re9 o avoit t ,dunk]que4 ,au signal de mon oncle ,tobie1 le caporal avoit m>*2 t\t avoit disp>u4-- ,or1 considrez1 monsieur1 quelle sottise c'e/ d'agir d'aprs un plan1 soit en combattant1 soit en crivant1 soit en faisant t\te autre *ose1 et mme des v]s6--,c> si jamais plan1 indp5damm5t de t\tes les circon/ances1 a mrit d'tre plac1 en lettres d'or1 7au mo9s dans les ar*ives des f\s7 ce fut c]ta9em5t le plan d'attaque de la veuve ,wadman contre mon oncle ,tobie dans sa gurite1 et p> le moy5 de ses plans4--,mais le plan qui toit atta* tant celui de ,dunk]que1 et ,dunk]que ne prs5tant plus l'esprit que des ides de repos et de paix1 il en s]oit rsult un effet t\t diffr5t de celui que ,mi/riss ,wadman v\loit produire4--,d'ailleurs1 le moy5 qu'elle cont9ua sur le mme pi$ qu'aup>avant1 les petites manuvres de ses doigts et de sa ma9 dans son attaque de la gurite1 avoi5t tellem5t t surpasses p> celles des doigts et de la ma9 de la belle bgu9e dans l'hi/oire de ,trim1 que1 quoique les si5nes lui euss5t t\j\rs russi jusques-l1 elles toi5t dev5ues aussi insipides que manuvres puiss5t tre4-- ,oh6 rapportez-v\s-en aux femmes sur ce po9t4--,mi/riss ,wadman toit pe9e sortie de son arbre1 que son gnie se j\oit dj du n\veau t\r qu'avoi5t pris les circon/ances4--,elle *angea son plan d'attaque en un mom5t4 ,,*apitre ,,liii4 ,pr5ds g>de1 ,oncle ,tobie6 ,je suis comme une folle1 capita9e ,%&y1 dit ,mi/riss ,wadman1 en portant son m\*oir son il gau*e1 au mom5t qu'elle s'appro*oit de la gurite2--une paille1 un m\*]on1 je ne sais quoi m'e/ entr dans l'il4--,reg>dez1 je v\s prie2 n'e/-ce pas dans le blanc8 ,en disant cela1 ,mi/riss ,wadman s'toit glisse t\t contre mon oncle ,tobie1 et s'toit assise ct de lui sur le co9 du banc1 p\r lui donn] la facilit de reg>d] dans son il sans se lev]4--,mais reg>dez donc1 dit elle4 ,honnte ,tobie6 tu reg>dois dans son il dans t\te la simplicit de ton cur1 et avec l'innoc5ce d'un enfant qui reg>de dans une lant]ne magique4 ,ce s]oit un p* de te caus] le mo9dre mal4-- ,beauc\p de g5s reg>d5t dans l'il d'une femme sans se faire pri]2 je n'ai ri5 leur dire4-- --,mais mon oncle ,tobie1 madame1 toit plus rs]v4 ,il auroit t ct de v\s1 sur votre sopha1 dans votre b\doir1 depuis le mois de ju9 jusqu'au mois de janvi]1 ce qui compr5d les mois les plus *auds et les plus froids de l'anne1--qu'il n'auroit pas t1 au b\t de ce temps1 en tat de dire si v\s aviez les yeux noirs ou les yeux bleus4 ,la gr&e difficult toit donc d'engag] mon oncle ,tobie y reg>d]4-- ,elle fut surmonte4-- ,et je vois l mon bon oncle ,tobie1 sa pipe la ma91 dont les c5dres s'*app5t1 reg>dant1 et reg>dant2 puis se frottant les yeux1 et reg>dant encore avec deux fois plus d'att5tion et de bonhomie1 que ,galile n'en a jamais mis reg>d] les ta*es du soleil4-- ,le t\t en va94--,p> t\tes les puissances qui anim5t nos organes1 l'il gau*e de ,mi/riss ,wadman brille en ce mom5t autant que son il droit4 ,il n'y a ni paille1 ni m\*]on1 ni p\ssire1 ni ftu d'aucune espce2--il n'y a ri51 mon *] oncle1 il n'y a ri5 qu'un feu dlicieux qui s'y glisse furtivem5t1 et qui de l se rp& dans t\tes les p>ties de ton exi/5ce4 ,pr5ds g>de1 oncle ,tobie6 fuis le dang]2--loigne-toi3--si tu reg>des un mom5t de plus dans l'il de cette *>mante veuve1 tu es p]du6 ,,*apitre ,,liv4 ,il n'y voit ri54 ,un il a cela de commun avec un canon1 que ce n'e/ pas tant l'il et le canon en eux-mmes1 que le jeu de l'il et le jeu du canon1 qui les met l'un et l'autre en tat de produire de si gr&s effets4--,je ne tr\ve pas la comp>aison si mauvaise2 d'autres g5s de meilleur gt ne s]ont peut-tre pas de mon avis3 cep5dant1 comme je l'ai faite et place la tte du prs5t *apitre1 autant p\r l'usage que p\r l'ornem5t1 elle y re/]a2 et t\t ce que je dsire en ret\r1 c'e/ que v\s v\liez bi5 v\s la rappel] t\tes les fois que je p>l]ai des yeux de la veuve ,wadman4-- ,je v\s prote/e1 madame1 dit mon oncle ,tobie1 que je n'ap]ois ri5 dans votre il4 ,ce n'e/ donc pas dans le blanc1 dit ,mi/riss ,wadman8 ,mon oncle ,tobie reg>da dans la prunelle de t\te sa puissance4 ,or1 de t\s les yeux qui jamais ai5t t crs--depuis les vtres1 madame1 jusqu' ceux de ,vnus1 qui toi5t c]ta9em5t aussi fripons qu'il y en ait jamais eu1--il n'y eut jamais d'il aussi propre ravir le repos de mon oncle ,tobie1 que l'il dans lequel il reg>doit4--,ne croyez pas1 madame1 que ce ft un il coquet1 ni veill1 ni lib]t92--il n'toit ni t9celant1 ni ptulant1 ni imprieux2--ce n'toit pas un de ces yeux qui annonc5t de gr&es prt5tions1 ou une gr&e exig5ce3--un tel il n'auroit pas eu d'empire sur une ame de la trempe de celle de mon oncle ,tobie1 =me de t\t ce que la nature a de plus d\x4--,l'il de ,mi/riss ,wadman toit rempli de d\x propos et de d\ces rponses1 p>lant1 non comme une trompette bruyante1 qui tonne l'oreille sans lui plaire1 mais p>lant au cur2--ou plutt1 =mant je ne sais quels d\x sons1 semblables aux d]ni]s acc5s d'un prde/92--un il qui sembloit dire3 ,comm5t p\vez-v\s1 capita9e ,%&y1 vivre a9si sans consolation8 sans un se9 sur lequel v\s puissiez repos] votre tte1 et dans lequel v\s puissiez dpos] vos *agr9s8 ,c'toit un il444 ,mais l'am\r me gagn]a moi-mme1 si j'en dis encore un mot4 ,c'toit l'il qu'il falloit mon oncle ,tobie4 ,,*apitre ,,lv4 ,un cl\ ne *asse pas l'autre4 ,ri5 ne fait voir les c>actres de mon pre et de mon oncle ,tobie s\s un po9t-de-vue plus plaisant1 que leur diffr5te manire d'agir dans les mmes accid5s4 ,j'appelle l'am\r accid5t et non pas malheur1 dans l'op9ion o l'on sait que je suis qu'il r5d t\j\rs le cur d'un homme meilleur4--,gr& ,dieu6 comm5t devoit tre le cur de mon oncle ,tobie qu& il toit am\reux1--tant dj si p>faitem5t bon qu& il ne l'toit pas8 ,mon pre1 comme il p>ot p> quelques-uns des papi]s qu'il a laisss1 toit trs-sujet cette passion avant son m>iage4 ,mais c'toit t\j\rs avec une sorte d'impati5ce orig9ale1 et mme un peu acide2 et qu& l'accid5t lui arrivoit1 au lieu de s'y s\mettre en bon *rti51 il enrageoit1 se dm5oit1 tapoit des pi$s1 faisoit le diable quatre2 et crivoit contre l'objet de sa passion la diatribe la plus amre dont il pt s'avis]4 ,j'en ai retr\v une en v]s1 qui s'adresse je ne sais quel il qui avoit tr\bl son repos p5dant deux ou trois nuits4 ,dans le premi] transport de son ress5tim5t1 voici comme il comm5ce3 ,maudit il que l'enf] confonde6 il n p\r le malheur du monde6 ,qui mets les g5s en pire tat1 ,que pay51 turc ou r5gat6444 ,en un mot1 t\t le temps que duroit le p>oxisme1 mon pre n'avoit la b\*e qu'injures1 qu'imprcations1 et presque des maldictions4--,seulem5t il toit trop imptueux p\r suivre la m?ode d',ernulphe1 p\r suivre mme sa rs]ve4 ,mon pre qui toit de l'esprit le plus intolrant1 ne se cont5toit pas de maudire sans exception t\t ce qui s\s le ciel p\voit entret5ir ou excit] son am\r2 jamais il n'a*evoit sa litanie de maldictions sans se maudire lui-mme son t\r1 comme un des f\s et des imbcilles les plus fieffs1 disoit-il1 qui et jamais t l* dans le monde4 ,mon oncle ,tobie au contraire prit le t\t comme un agneau2 il s'assit tranquillem5t1 et laissa le poison travaill] dans ses ve9es sans rsi/ance4--,dans les d\leurs les plus aigus de sa blessure 7comme au temps de celle qu'il avoit reue l'ane7 il ne lui *appa pas une expression *agr9e ou de mcont5tem5t2 il ne s'en prit ni au ciel ni la t]re2 il ne p5sa ni ne p>la mal de qui que ce soit4 ,p5sif et solitaire1 il s'assit1 sa pipe la b\*e1 les yeux fixs sur sa jambe boiteuse1 p\ssant de temps autre quelque s\pir s5tim5tal1--qui1 ml avec les b\ffes de tabac1 ne p\voit incommod] p]sonne4 ,je le rpte1 il prit le t\t comme un agneau4-- ,a la vrit1 il commit d'abord une mprise4--,le mat9 de cette mme j\rne1 il avoit mont *eval avec mon pre1 p\r t*] de sauv] un petit bois *>mant1 que le doy5 et le *apitre de ,%&y faisoi5t abattre p\r en donn] le pr(it aux pauvres 7d'esprit1 c]ta9em5t1 c> l'arg5t en fut p>tag entre le doy5 et les *ano9es47--,le dit bois se tr\voit en vue de la maison de mon oncle ,tobie1 et lui toit du plus gr& sec\rs p\r sa description de la bataille de ,wyn5dale2--aussi avoit-il c\ru avec empressem5t p\r le sauv]4 ,il avoit t au gr& trot1--sur un *eval dur1--avec une selle incommode4--,bref1 il toit arriv que la p>tie sreuse du sang avoit pntr entre cuir et *air1 et avoit caus un apo/me aux pays bas de mon oncle ,tobie4--,lorsque ce cl\ 7c> c'en toit un7 comm5a p\ss]1 mon oncle ,tobie qui avoit peu d'expri5ce en am\r1 se p]suada que c'toit l un des symptmes et une des p>ties con/ituantes de sa passion2--mais l'apo/me v5ant crev]1 et l'am\r re/ant le mme1 mon oncle ,tobie comprit bi5 que sa blessure n'toit pas blessure sup]ficielle1 et qu'elle avoit pntr jusqu' son cur4 ,,*apitre ,,lvi4 ,confid5ce4 ,le monde r\giroit d'avoir un p5*ant v]tueux4--,mon oncle ,tobie connoissoit peu le monde2 et qu& il s'ap]ut qu'il toit am\reux1 il n'imag9a pas devoir en faire plus de my/re que si la veuve ,wadman l'avoit bless p> mg>de avec son c\teau4 ,mais qu& il auroit cru devoir taire ce secret t\t autre1 acc\tum reg>d] ,trim comme un humble ami1 et tr\vant *aque j\r de n\velles raisons p\r le trait] a9si1 cela n'auroit ri5 *ang la manire dont il lui confia l'affaire4 ,je suis am\reux1 caporal1 dit mon oncle ,tobie4 ,,*apitre ,,lvii4 ,plan de campagne4 ,am\reux1 s'cria le caporal6--monsieur se portoit si bi5 il y a deux j\rs1 qu& je lui racontois l'hi/oire du roi de ,bohme6 ,l'hi/oire du roi de ,bohme1 dit mon oncle ,tobie6444 7,il rva quelque temps7444 ,qu'e/ dev5ue son hi/oire8-- ,n\s l'avons p]due je ne sais comm5t1 dit le caporal4--,mais alors monsieur n'toit non plus am\reux que moi4--,cela me v9t1 dit mon oncle ,tobie1 lorsque tu me quittas avec la br\ette et les outils4 ,je re/ai seul avec ,mi/riss ,wadman4 ,le trait qu'elle m'a laiss e/ encore l1 aj\ta-t-il en montrant sa poitr9e4-- ,eh6 bi51 dit le caporal1 il n'y a qu' m>*]4--,monsieur sait bi5 qu'elle n'e/ non plus en tat de s\t5ir un sige que de vol]4-- ,mais comme n\s sommes vois9s1 dit mon oncle ,tobie1 ne s]oit-il pas mieux que je l'in=masse civilem5t444-- ,si j'osois1 dit le caporal1 tre d'un avis diffr5t de monsieur6 ,p>le librem5t1 dit avec bont mon oncle ,tobie4 ,eh6 bi51 dit le caporal6 sauf le respect de monsieur1 je tomb]ois brusquem5t sur elle comme un tonn]re1 p\r rpondre ses petites attaques tratresses2 et ensuite je lui p>l]ois civilem5t4--,c> si elle s'ap]oit la premire que monsieur e/ am\reux d'elle444--,dieu soit son aide1 dit mon oncle ,tobie6 en ce mom5t1 ,trim1 elle ne s'en d\te non plus que l'enfant qui n'e/ pas encore n4-- ,o mon bon oncle6-- ,il y avoit dj v+t-quatre heures que la veuve ,wadman avoit t\t dit ,brigitte1 sans omettre une seule circon/ance2 et en ce mom5t elles t5oi5t ensemble un petit conciliabule1 t\*ant c]ta9s d\tes1 c]ta9s scrupules1 relatifs l'issue de l'affaire1 et que le diable qui ne dort jamais avoit fait natre dans l'esprit de la veuve1 avant mme qu'elle n'et a*ev son ,te ,deum4-- ,si je l'p\se1 disoit la veuve ,wadman1 j'ai bi5 peur1 ,brigitte1 que le pauvre capita9e ne j\isse pas d'une bonne sant4--,il a reu une si t]rible blessure l'ane6-- ,bon1 madame1 rpliqua ,brigitte6 elle n'e/ pas si considrable que v\s p5sez4 ,d'ailleurs1 aj\ta-t-elle1 je la crois bi5 gurie4-- ,je v\drois en tre sre1 dit la veuve ,wadman2--mais uniquem5t p> rapport lui4 ,si madame le dsire1 dit ,brigitte1 j'en saurai t\t le dtail avant qu'il soit huit j\rs4--,c> t&is que le capita9e lui r5dra des so9s1 il e/ c]ta9 que monsieur ,trim me f]a sa c\r2 et c'e/ mon affaire1 aj\ta-t-elle1 de le trait] de sorte qu'il ne me ca*e ri5 de t\t ce que n\s avons intrt de savoir4 ,elles prir5t donc a9si leurs mesures2 et mon oncle ,tobie et le caporal pr5oi5t les leurs de leur ct4-- ,ma9t5ant1 dit le caporal1 en posant sa ma9 gau*e sur sa han*e1 et animant son ge/e de la ma9 droite1 avec un air qui g>antissoit presque le succs1--si monsieur veut me laiss] faire1 et me confi] la conduite de l'attaque444-- ,de t\t mon cur1 ,trim1 dit mon oncle ,tobie4 ,et comme je prvois que dans t\te cette gu]re tu me s]viras d'aide-de-camp1 voici dj une c\ronne p\r t'aid] arros] ton brevet4-- ,eh6 bi51 dit le caporal1 faisant d'abord une rvr5ce p\r son brevet1 il faut pr5dre dans le gr& c(fre les habits galonns de monsieur2--il faut raccommod] les man*es de celui qui e/ bleu et or4--,je retap]ai monsieur sa p]ruque la ,ramillies1 et j'aurai un tailleur p\r ret\rn] ses culottes d'c>late4-- ,j'aim]ois mieux celles de plu*e r\ge1 dit mon oncle ,tobie4--,monsieur n'y p5se pas1 dit le caporal4 ,,*apitre ,,lviii4 ,il n'omet ri54 ,tu mettras un peu de blanc d',espagne mon pe1 et avec une brosse444--,que monsieur ne s'emb>rasse de ri51 rpliqua le caporal4 ,,*apitre ,,lix4 ,la toilette s]a complte4 ,je repass]ai neuf les deux rasoirs de monsieur2--je raju/]ai un peu mon bonnet de h\s>d1 et je pr5drai l'uni=me du pauvre lieut5ant ,lefvre1 que monsieur m'a ordonn de port] p\r l'am\r de lui2--et aussi-tt que monsieur s]a ras1 et qu'il aura pris sa *emise1 son habit bleu et or1 et ses culottes de f9e c>late2--enf9 qu& sa toilette s]a a*eve et que t\t s]a prt1--n\s m>*]ons firem5t1 comme l'attaque d'un ba/ion4--,or1 t&is que monsieur engag]a le combat avec mi/riss ,wadman dans le salon droite1 je livr]ai bataille ,brigitte dans la cuis9e gau*e2 et au moy5 de cette disposition1 je rponds monsieur1 dit le caporal1 en faisant claqu] ses doigts au-dessus de sa tte1--je lui rponds de la victoire4-- ,je dsire que t\t cela russisse1 dit mon oncle ,tobie2 mais je dcl>e1 caporal1 que j'aim]ois mieux m>*] l'ennemi sur le rev]s d'une tran*e4-- ,une femme e/ bi5 autre *ose1 dit le caporal4--,je le suppose a9si1 dit mon oncle ,tobie4 ,,*apitre ,,lx4 ,l'ne et le calif\r*on4 ,de t\t ce que p\voit dire mon pre1 si quelque *ose toit capable de dsol] mon oncle ,tobie1 7surt\t p5dant la dure de ses am\rs7 c'toit l'usage cont9uel et p]fide que faisoit mon pre d'une expression d',hil>ion l'h]mite1 lequel en p>lant de ses jenes1 de ses veilles1 de ses flagellations1 et de t\tes les macrations pratiques dans la religion1--disoit1 7quoiqu'un peu plus gaim5t1 ce me semble1 qu'il ne conv5oit un h]mite7 qu'il employoit t\s ces moy5s p\r emp*] son ne de regimb]2 v\lant dire3 p\r rprim] l'aiguillon de la *air4-- ,mon pre toit en*ant de cette expression1 non pas seulem5t cause de son laconisme1 mais p>ce qu'elle ravaloit les dsirs et les apptits de la p>tie de n\s-mmes la plus grossire4--,il adopta donc cette mtaphore1 et il s'en s]vit con/amm5t p5dant plusieurs annes de sa vie4 ,il ne prononoit plus le mot passions1 c'toit t\j\rs ne qu'il mettoit la place4 ,si bi5 que p5dant t\t le temps que sa manie dura1 l'on p\voit dire qu'il toit t\j\rs *eval sur son ne ou sur l'ne d'un autre4 ,ici1 messieurs1 je v\s prie d'obs]v] la diffr5ce de l'ne de mon pre mon dada1 ou1 si v\s v\lez1 mon calif\r*on2 le t\t p\r qu'il ne v\s arrive jamais de les confondre dans votre esprit4 ,mon dada1 si v\s l'avez un peu obs]v1 n'e/ pas une m*ante bte2 il ne pratique de l'ne en ri51--non1 messieurs1 en ri54--,mon dada6--,eh6 c'e/ celui de t\t le monde2 c'e/ la petite niais]ie du mom5t2 c'e/ la folie du j\r3 un magot1 un papillon1 un pant91 le b\l+r9 de mon oncle ,tobie4--,mon dada6--,eh6 c'e/ celui que v\s montez v\s-mme1 madame1 qu& v\s avez un mom5t d'humeur1 de vapeurs1 d'ennui de votre m>i2--en un mot1 c'e/ l'animal le plus utile que je connoisse2 et je ne sais pas ce que le monde devi5droit sans lui4-- ,mais l'ne de mon pre1 messieurs6--montez-le1 je v\s prie1 montez le2--de grace1 montez-le2--ou plutt1 messieurs1 ne le montez pas4--,c'e/ un animal concupisc5t2 et malheur celui qui ne l'emp*e pas de regimb]4 ,,*apitre ,,lxi4 ,coq--l'ne4 ,ds que mon pre eut appris l'am\r de mon oncle ,tobie3--,eh bi51 mon *] ,tobie1 lui dit-il en le revoyant1 comm5t va ton ne8 ,mon oncle ,tobie1 plus occup de sa blessure que de la mtaphore d',hil>ion1 s'imag9a que mon pre1 p> une sollicitude t\te frat]nelle1 lui dem&oit des n\velles de son a9e4 ,une imag9ation proccupe1 v\s le savez1 messieurs1 n'a pas mo9s de p\voir sur le son des mots que sur la =me des *oses2 et un homme dans cette disposition1 ent5d mo9s la *ose qu'on lui dit que celle quoi il p5se4 ,cep5dant la "q tonna mon oncle ,tobie1--d'autant qu'il ap]ut les co9s des lvres de ma mre demi-relevs1 et t\t son visage dispos au s\rire4 ,le docteur ,slop avoit aussi je ne sais quoi de mal9 rp&u sur sa physionomie4--,enf91 mon pre lui-mme1 en faisant cette "q1 n'avoit po9t ce reg>d de l'amiti qui int]roge la s\ffrance4-- ,un autre que mon oncle ,tobie n'auroit pas rpondu1 ou auroit rpondu avec emb>ras4-- ,mon a9e1 frre ,%&y1 rpondit mon oncle ,tobie1 va beauc\p mieux4 ,a ce mot1 t\t le monde clata de rire1 hors mon pre1 qui avoit beauc\p espr de son ne1 et qui1 f* de la mprise de mon oncle ,tobie1 auroit bi5 v\lu rev5ir la *>ge4 ,mais mon pauvre oncle ,tobie avoit l'air si dconc]t1 si emb>rass1 que si v\s eussiez t l1 madame1 avec le cur que je v\s connois1 v\s s]iez v5ue son sec\rs4--,c'e/ ce que fit ma mre4 ,t\t le monde1 dit ma mre1 assure que v\s tes am\reux1 frre ,tobie2 et n\s esprons que cela e/ vrai4-- ,je suis am\reux1 ma sur1 rpliqua mon oncle ,tobie2 et plus mme1 je crois1 qu'on ne l'e/ communm5t4--,ouais6 dit mon pre4--,et depuis qu& le savez-v\s1 dit ma mre8-- ,depuis que mon cl\ a p]c1 dit mon oncle ,tobie4 ,cette rponse mit mon pre de bonne humeur2 et il entreprit encore une fois mon pauvre oncle ,tobie4 ,,*apitre ,,lxii4 ,les deux am\rs4 ,les anci5s1 dit mon pre1 ont reconnu1 frre ,tobie1 deux sortes d'am\r1 trs-di/9ctes l'une de l'autre1 suivant la p>tie du corps o elles pr5n5t naissance1 la c]velle ou le foie4 ,a9si1 qu& un homme devi5t am\reux1 il doit considr] o e/ le sige du mal4-- ,et qu'importe1 frre ,%&y1 rpliqua mon oncle ,tobie1--qu'importe d'o l'am\r vi5ne1 qu& on ne veut que se m>i]1 aim] sa femme1 et lui faire quelques enfans8-- ,quelques enfans1 s'cria mon pre1 en sautant de sa *aise les yeux fixs sur ma mre1 et passant brusquem5t entre son fauteuil et celui du docteur ,slop6--,quelques enfans1 s'cria mon pre1 en rptant les mots de mon oncle ,tobie1 et cont9uant se prom5] avec agitation6 ,ce n'e/ pas1 frre ,tobie1 dit mon pre en rev5ant lui1 et se rasseyant d]rire le fauteuil de mon oncle ,tobie1--ce n'e/ pas que je fusse f* de t'en voir une v+ta9e2 au contraire1 j'en s]ois *>m2 et j'aim]ois *acun d'eux1 ,tobie1 autant que si j'tois son pre4 ,mon oncle ,tobie passa sa ma9 d]rire sa *aise1 sans tre ap]u1 p\r s]r] celle de mon pre4-- ,mon pre prit la ma9 de mon oncle ,tobie4-- ,bi5 plus1 mon *] frre1 cont9ua mon pre1--=m comme tu l'es de t\t ce qu'il y a de plus d\x dans la nature huma9e1 ayant si peu de ses asprits1 c'e/ une piti que la t]re ne soit pas t\te peuple d'habitans qui te ressembl5t4--,et si j'tois mon>que d',asie1 aj\ta mon pre1 en s'*auffant p\r ce n\veau projet1 je t'oblig]ois 7p\rvu que la *ose ne ft pas au-dessus de tes =ces1 et ne dess*t pas trop promptem5t ton humide radical1--p\rvu enf9 que cet ex]cice ne ft aucun tort ton imag9ation ni ta mmoire1 ce qui arrive qu& on s'y livre inconsidrm5t7 oui1 frre ,tobie1 je te procur]ois les plus belles femmes de mon empire1 et je t'oblig]ois1 nol5s et vol5s1 de me faire un sujet t\s les mois4-- ,t\s les mois1 dit ma mre1 en pr5ant une prise de tabac6-- ,je ne v\drois pas1 dit mon oncle ,tobie1 faire un enfant1 nol5s et vol5s1 ce qui signifie1 je crois1 que je le v\lusse ou non1 p\r plaire au plus gr& pr9ce de la t]re4-- ,j'av\e1 dit mon pre1 qu'il y auroit de ma "p un peu de cruaut t'y contra9dre4--,mais c'e/ une supposition que j'ai faite1 frre ,tobie1 p\r te montr] que ce n'e/ pas sur ton projet de faire des enfans 7en cas que tu en sois capable7 mais sur les sy/mes que tu z sur l'am\r et le m>iage1 que je veux te r$ress]4 ,mais1 dit ,yorick1 il y a beauc\p de raison et de bons s5s dans l'op9ion que le capita9e ,%&y se =me de l'am\r2 et dans les heures p]dues de ma vie1 dont je r5drai compte un j\r2 j'ai lu beauc\p de potes et de rhteurs1 desquels je n'aurois jamais pu en extraire autant4-- ,je v\drois1 ,yorick1 dit mon pre1 que v\s eussiez lu ,platon1 il v\s auroit appris qu'il y a deux am\rs4--,je sais1 dit ,yorick1 qu'il y avoit deux religions p>mi les anci5s2 l'une p\r le peuple1 et l'autre p\r les savans4 ,mais je p5se qu'un seul am\r p\voit suffire aux uns et aux autres4--,po9t du t\t1 dit mon pre1 et p> les mmes raisons2--c> de ces deux am\rs1 suivant le comm5taire de ,fic9us sur ,velasius1 l'un e/ spirituel1 l'autre e/ matriel4 ,le premi] e/ le plus anci51 n'a po9t eu de mre1 et n'a ri5 dml] avec ,vnus2 le second e/ eng5dr de ,jupit] et de ,dion4-- ,de grace1 frre1 dit mon oncle ,tobie1 qu'e/-ce qu'un homme qui croit en ,dieu a beso9 de t\t cela8 ,mon pre ne s'arrta po9t lui rpondre1 de cra9te de p]dre le fil de son disc\rs4 ,ce d]ni]1 cont9ua-t-il1 p>ticipe entirem5t de la nature de ,vnus4 ,le premi] e/ la *ane d'or qui lie le ciel la t]re1 c'e/ lui qui n\s excite l'am\r hroque1 lequel r5f]me et fait natre le dsir de la philosophie et de la vrit2 le second excite seulem5t le dsir4-- ,je crois1 dit mon oncle ,tobie1 que la procration des enfans e/ bi5 aussi utile au monde1 que la dc\v]te des moy5s de dt]m9] les longitudes en m]4-- ,il e/ c]ta91 dit ma mre1 que l'am\r entreti5t la paix dans le monde4-- ,et qu'il la dtruit dans les familles1 s'cria mon pre4-- ,c'e/ lui qui peuple la t]re1 dit ma mre4-- ,et qui dpeuple le ciel1 dit mon pre4-- ,c'e/ la virg9it1 dit ,slop d'un air triomphant1 qui peuple le p>adis4-- ,propos de nonne1 rpliqua mon pre4-- ,,*apitre ,,lxiii4 ,*acun va se c\*]4 ,mon pre1 dans t\tes ses disputes1 avoit un g5re d'esc>m\*e si tran*ant1 si aigre1 si peu mnag1--p\ssant droite1 sabrant gau*e1 et tombant sur t\t le monde indi/9ctem5t1--que s'il y avoit v+t p]sonnes dans un c]cle1 en mo9s d'une demi-heure il toit sr de les avoir t\tes contre lui2 ce qui ne contribuoit pas peu le laiss] a9si sans allis1 c'e/ que s'il y avoit un po/e t\t--fait int5able1 c'e/-l qu'il alloit se jet]4--,mais il faut lui r5dre ju/ice4 ,une fois qu'il y toit tabli1 il s'y df5doit si vaillamm5t1 que t\t brave et galant homme ne l'en voyoit *ass] qu'avec pe9e4 ,aussi ,yorick en l'attaquant1 ce qui lui arrivoit s\v5t1 se g>doit bi5 d'employ] t\te sa =ce4-- ,mais la rem>que du docteur ,slop sur les vi]ges1 la f9 du d]ni] *apitre1 avoit rang ,yorick du ct de mon pre2 et il comm5oit dsol] le pauvre docteur p> l'numration de t\s les c\v5s de la *rti5t1--qu& le caporal ,trim entra dans la salle1 et raconta mon oncle ,tobie que ses culottes d'c>late ne p\rroi5t s]vir1 comme ils l'avoi5t projet1 p\r l'attaque de la veuve ,wadman1 att5du que le tailleur1 en les dc\sant1 s'toit ap]u qu'elles avoi5t dj t ret\rnes4 ,eh bi56 qu'il les ret\rne encore1 dit brusquem5t mon pre2 c> on les ret\rn]a encore plus d'une fois avant que l'affaire soit f9ie4--,elles n'en val5t pas la faon1 dit le caporal4--,alors1 frre1 dit mon pre1 il faut ncessairem5t que v\s en comm&iez d'autres4 ,c> quoique je sa*e1 cont9ua-t-il1 en s'adressant la compagnie1 que la veuve ,wadman aime mon frre ,tobie depuis longtemps1 et qu'elle a mis en usage t\te l'adresse et t\s les artifices d'une femme p\r s'en faire aim]1--ma9t5ant qu'elle l'a enrl1 sa passion n'e/ plus aussi vive4 ,elle a obt5u ce qu'elle v\loit4-- ,s\s ce rapport1 cont9ua mon pre2 s\s ce rapport1 auquel je suis p]suad que ,platon n'a jamais p5s1 v\s voyez que l'am\r e/ mo9s un s5tim5t qu'un tat1 une condition1 et qu'on s'y engage 7-peu-prs1 diroit mon frre ,tobie1 comme dans un rgim5t74--,or1 ds qu'un homme e/ aggrg un corps1 soit qu'il aime le s]vice ou non1 il se comporte comme s'il l'aimoit1 et *]*e p>t\t se montr] homme de c\rage4 ,cette hypo?se1 comme t\tes celles de mon pre1 toit assez plausible2 et mon oncle ,tobie n'avoit qu'une seule objection y faire4 ,trim se t5oit prt le second]2 mais mon pre n'avoit pas encore tir sa conclusion4 ,c'e/ p\rquoi1 cont9ua mon pre1 repr5ant sa supposition1 quoique t\t le monde sa*e que mi/riss ,wadman et mon frre ,tobie se plais5t l'un l'autre1 et se convi5n5t rciproquem5t1--quoique je ne connoisse dans la nature aucun ob/acle qui puisse emp*] les violons de j\] ds ce soir1--je rpondrois que ce ne s]a pas d'un an que leurs in/rum5s se mettront l'unisson4-- ,je cra9s que n\s n'ayions mal pris nos mesures1 dit mon oncle ,tobie1 en reg>dant ,trim1 comme p\r lui dem&] son avis4-- ,je gag]ois1 dit ,trim1 mon bonnet de h\s>d4--7,son bonnet de h\s>d1 comme je v\s l'ai dit1 toit son enjeu ord9aire2 mais ayant t raju/ et presque remis neuf p\r l'attaque projete1 l'enjeu dev5oit plus important4--7 ,je gag]ois1 avec la p]mission de monsieur1 mon bonnet de h\s>d contre un s*ell+444 si j'osois1 cont9ua ,trim1 faisant une rvr5ce1 gag] contre monsieur4-- ,il n'y a po9t de mal cela1 dit mon pre2 c> en disant que tu gag]ois ton bonnet1 t\t ce que tu ent5ds p>-l1 c'e/ que tu crois444 ,qu'e/-ce que tu crois8-- ,je crois que la veuve ,wadman1 sauf le respect de monsieur1 n'e/ pas en tat de t5ir dix j\rs4-- ,et o diantre1 s'cria ,slop1 d'un air gogu5>d1 o diantre1 l'ami1 z-tu si bi5 appris connotre les femmes8-- ,dans mes am\rs avec une religieuse1 dit ,trim4--,ce n'toit qu'une bgu9e1 dit mon oncle ,tobie4 ,le docteur ,slop toit trop en colre p\r c\t] cette di/9ction2 et mon pre pr(itant de l'occasion p\r tomb] sur les religieuses d'e/oc et de taille1 en les traitant de folles1 le docteur ,slop ne put y t5ir4--,mon oncle ,tobie avoit encore quelques mesures pr5dre p\r ses culottes1 et ,yorick p\r la seconde p>tie de son pro*a9 s]mon2 t\te la compagnie se sp>a4 ,et comme il re/oit une demi-heure avant le temps de se mettre au lit1 mon pre qui toit demeur seul1 dem&a une plume1 de l'encre et du papi]1 et se mit crire p\r mon oncle ,tobie l'in/ruction suivante en =me de lettre4 ,mon *] frre ,tobie4 ,ce que je vais te dire a rapport la nature des femmes1 et la manire de leur faire l'am\r4 ,et peut-tre e/-il heureux p\r toi 7quoiqu'il ne le soit pas autant p\r moi7 que l'occasion se soit (f]te1 et que je me sois tr\v capable de t'crire quelques in/ructions sur ce sujet4-- ,si c'et t le bon plaisir de celui qui di/ribue nos lots1 et qu'il t'et dp>ti plus de connoissances qu' moi1 j'aurois t *>m que tu te fusses assis ma place1 et que cette plume ft entre tes ma9s2--mais puisque c'e/ moi t'in/ruire1 et que madame ,%&y e/ l auprs de moi1 se disposant se mettre au lit1--je vais jet] ensemble et sans ordre sur le papi] des ides et des prceptes conc]nant le m>iage1 tels qu'ils me vi5dront l'esprit1 et que je croirai qu'ils p\rront tre d'usage p\r toi2 v\lant en cela te donn] un gage de mon amiti1 et ne d\tant pas1 mon *] ,tobie1 de la reconnoissance avec laquelle tu le recevras4-- --,en premi] lieu1 l'g>d de ce qui conc]ne la religion dans cette affaire--7quoique le feu qui me monte au visage me fasse ap]cevoir que je r\gis en te p>lant sur ce sujet2--quoique je sa*e1 en dpit de ta mode/ie qui n\s le laiss]oit ignor]1 que tu ne ngliges aucune de ses pieuses pratiques71 il en e/ une cep5dant que je v\drois te recomm&] d'une manire plus p>ticulire1 p\r que tu ne l'oubliasses po9t1 du mo9s p5dant t\t le temps que dur]ont tes am\rs4--,cette pratique1 frre ,tobie1 c'e/ de ne jamais te prs5t] *ez celle qui e/ l'objet de tes p\rsuites1 soit le mat91 soit le soir1 sans te recomm&] aup>avant la protection du ,dieu t\t puissant1 p\r qu'il te prs]ve de t\t malheur4-- ,tu te ras]as la tte1 et tu la lav]as t\s les quatre ou c9q j\rs1 et mme plus s\v5t1 si tu le peux1 de peur qu'en tant ta p]ruque dans un mom5t de di/raction1 elle ne di/+ue combi5 de tes *eveux sont tombs s\s la ma9 du temps1 et combi5 s\s celle de ,trim4-- ,il faut1 autant que tu le p\rras1 loign] de son imag9ation t\te ide de tte *auve4-- --,mets-toi bi5 dans l'esprit1 ,tobie1 et suis cette maxime comme sre3 ,t\tes les femmes sont timides4--,et il e/ heureux qu'elles le soi5t2 autrem5t1 qui v\droit avoir affaire avec elles8-- --,que tes culottes ne soi5t ni trop troites ni trop l>ges1 et ne ressembl5t pas ces gr&es culottes de nos anctres4 ,un ju/e m$ium prvi5t t\s les comm5taires4-- ,quelque *ose que tu aies dire1 soit que tu aies peu ou beauc\p p>l]1 modre t\j\rs le son de ta voix4 ,le sil5ce et t\t ce qui en appro*e grave dans la mmoire les my/res de la nuit4 ,c'e/ p\rquoi1 si tu peux l'vit]1 ne laisse jamais tomb] la pelle ni les p9cettes4-- ,dans tes conv]sations avec elle1 vite t\te plaisant]ie et t\te raill]ie2 et autant que tu p\rras1 ne lui laisse lire aucun livre jovial4 ,il y a quelques traits de dvotion que tu peux lui p]mettre1 7quoique j'aimasse mieux qu'elle ne les lt po9t17 mais ne s\ffre pas qu'elle lise ,rabelais1 ,sc>ron1 ou ,dom-,qui*otte4 ,t\s ces livres excit5t le rire2 et tu sais1 *] ,tobie1 que ri5 n'e/ plus srieux que les f9s du m>iage4-- --,atta*e t\j\rs une p+le ton jabot avant d'entr] *ez elle4-- ,si elle te p]met de t'asseoir sur le mme sopha1 et qu'elle te donne la facilit de pos] ta ma9 sur la si5ne1 rsi/e cette t5tation4--,tu ne saurois t\*] sa ma91 sans que la temprature de la ti5ne lui fasse dev9] ce qui se passe en toi4 ,laisse-l t\j\rs dans l'indcision sur ce po9t et sur beauc\p d'autres4--,en te conduisant a9si1 tu auras au mo9s sa curiosit p\r toi2 et si ta belle n'e/ pas encore entirem5t s\mise1 et que ton ne cont9ue regimb]1 7ce qui e/ =t probable7 tu te f]as tir] quelques onces de sang au-dess\s des oreilles1 suivant la pratique des anci5s ,scy!s1 qui gurissoi5t p> ce moy5 les apptits les plus dsordonns de nos s5s4 ,avic5ne e/ d'avis que l'on se frotte ensuite avec de l'extrait d'ellbore1 aprs les vacuations et purgations conv5ables2--et je p5s]ois assez comme lui4 ,mais surt\t ne mange que peu1 ou po9t de b\c ni de c]f2--et ab/i5s-toi soigneusem5t1 c'e/--dire1 autant que tu le p\rras1 de paons1 de grues1 de f\lques1 de plongeons1 et de p\les d'eau4 ,p\r ta boisson1 je n'ai pas beso9 de te dire que ce doit tre une infusion de v]ve9e et d'h]be hana1 de laquelle ,eli5 rapporte des effets surpr5ans4--,mais si ton e/oma* en s\ffroit1 tu devrois en discont9u] l'usage1 et vivre de concombres1 de melons1 de p\rpi] et de laitue4-- ,il ne se prs5te pas p\r le mom5t autre *ose te dire4 ,a mo9s que la gu]re v5ant se dcl>]444 ,a9si1 mon *] ,tobie1 je desire que t\t aille p\r le mieux2 ,et je suis ton affectionn frre1 ,gau?i] ,,%&y4 ,,*apitre ,,lxiv4 ,les tr\s de s]rure4 ,a l'heure mme o mon pre crivoit son in/ruction frat]nelle1 mon oncle ,tobie et le caporal de leur ct disposoi5t t\t p\r l'attaque4 ,comme ils avoi5t r5onc faire ret\rn] les culottes d'c>late1 au mo9s p\r le mom5t1 ri5 ne p\voit les engag] remettre leur visite plus t>d qu'au l5dema9 mat94 ,la rsolution fut prise en consqu5ce1 et le d"p fix onze heures4 ,allons1 ma *re1 dit mon pre ma mre1 il convi5t1 qu'en bon frre et en bonne sur1 n\s n\s r5dions *ez mon frre ,tobie1 p\r protg] et favoris] son attaque4 ,il y avoit dj quelque temps que le caporal et lui toi5t habills1 qu& mon pre et ma mre arrivr5t2 et l'horloge v5ant sonn] onze heures1 c'toit le mom5t de se mettre en m>*e4 ,mon pre n'eut que le temps de gliss] sa lettre d'in/ruction dans la po*e d'habit de mon oncle ,tobie1 et il se joignit ma mre p\r lui s\hait] un heureux succs4 ,je v\drois1 dit ma mre1 les voir p> le tr\ de la s]rure4--,mais uniquem5t p> curiosit4-- ,appelez *aque *ose p> son nom1 dit mon pre2--et reg>dez ensuite p> le tr\ de la s]rure tant qu'il v\s plaira4 ,,*apitre ,,lxv4 ,jugem5t tmraire4 ,je pr5ds tmo9 t\tes les puissances du temps et du has>d qui sans cesse n\s arrt5t dans notre c>rire1 que mon esprit toit b\t1 et que je ne savois comm5t p\rsuivre l'hi/oire des am\rs de mon oncle ,tobie1 lorsque ma mre1 p> curiosit1 disoit-elle1 7mon pre lui s\ponnoit un autre motif17 dsira p\voir les reg>d] p> le tr\ de la s]rure4 ,appelez *aque *ose p> son nom1 dit mon pre2 et reg>dez ensuite p> le tr\ de la s]rure tant qu'il v\s plaira4 ,c'toit uniquem5t la f]m5tation de cette humeur un peu acide1 qui entroit dans le tempram5t de mon pre1 et de laquelle j'ai s\v5t p>l1 qui donna lieu une p>eille ins9uation de sa "p4 ,cep5dant comme il toit naturellem5t franc et gnreux1 et t\j\rs ouv]t la conviction1 il eut pe9e l* le d]ni] mot de cette rplique peu obligeante1 que sa consci5ce lui en fit un repro*e4 ,ma mre avoit en ce mom5t son bras gau*e conjugalem5t pass dans le bras droit de mon pre1 de telle sorte que sa ma9 appuyoit sur la si5ne4--,elle leva les doigts et les laissa retomb]4 ,on auroit pu difficilem5t prononc] si c'toit l un c\p ou une c>esse2--le casui/e le plus habile auroit t bi5 emb>rass dcid] si ce ge/e signifioit un repro*e ou un aveu4 ,mon pre qui toit rempli de s5sibilit de la tte aux pi$s1 n'y vit que l'expression d'une femme timide et faussem5t accuse4--,les repro*es de sa consci5ce r$\blr5t2--il dt\rna la tte4--,ma mre p5sa que son corps alloit suivre1 et que son projet toit de repr5dre le *em9 de sa maison2 aussitt en croisant sa jambe droite p>-dessus sa gau*e qui ne b\gea pas1 elle se tr\va en face de mon pre1 qui1 en ram5ant sa tte1 r5contra subitem5t les yeux de ma mre4-- --,n\velle confusion6-- ,t\t dtruisoit le premi] s\pon qu'il avoit =m4--,t\t augm5toit ses remords4 ,un cri/al m9ce1 bleu1 calme et brillant1 sans ta*e1 sans eau1 et tellem5t tranquille1 qu'on auroit pu app]cevoir jusqu'au fond la mo9dre p>ticule ou la mo9dre expression de desir1 s'il en et exi/ *ez ma mre2--mais il n'y en avoit pas le plus lg] ve/ige4 ,et je ne sais comm5t il arrive que moi1 son fils1 =m de son sang1 je me tr\ve si encl9 la bagatelle1 surt\t v]s les qu9oxes de pr9temps et d'automne4-- ,ma mre1 madame1 n'toit telle en aucune saison de l'anne1 ni p> nature1 ni p> ducation1 ni p> imitation4 ,un sang d\x et sage circuloit paisiblem5t dans ses ve9es1 en t\t temps1 le j\r et la nuit1 dans les occasions mme les plus critiques4 ,son imag9ation calme et paisible n'toit po9t *auffe p> ces pratiques asctiques1 p> ces lectures my/iques1 qui n'ayant aucun s5s en elles-mmes1 =c5t l'esprit se repli] dans la nature p\r leur en tr\v] un4 ,et quant mon pre1 il toit si lo9 de *]*] enflamm] ses ides l-dessus1 que son plus gr& so9 toit d'loign] de sa tte t\te image ou propos de ce g5re4 ,au re/e1 la nature avoit fait t\s les frais de la sagesse de ma mre1 et r5du sup]flues les prcautions de mon pre4 ,et mon pre le savoit6--,et mon pre n'en cont9uoit pas mo9s ses prcautions6--,et moi1 ,tri/ram ,%&y1 me voil assis en gillet brun et en pant\fles jaunes1 sans p]ruque ni bonnet1 ce d\ze aot mil sept c5t soixante six1 accomplissant une de ses prdictions les plus tragi-comiques2 savoir que je ne p5s]ois ni n'agirois en ri5 comme les autres enfans des hommes4-- ,la mprise de mon pre v9t de ce qu'il attaqua le motif de ma mre1 au lieu de l'action elle-mme2 c> c]ta9em5t les tr\s de s]rures ne sont pas de/9s s]vir de lorgnettes2 et en considrant l'action de ma mre comme t5dant ni] une vrit reconnue1 et faire qu'un tr\ de s]rure ne ft pas un tr\ de s]rure1 l'action alors toit une violation de la nature des *oses1 et comme telle assez crim9elle4 ,c'e/ p\rquoi1 n'en dplaise aux prdicateurs1 les tr\s de s]rure sont l'occasion de plus de p*s1 je dis mme de p*s normes1 que t\s les autres tr\s du monde4 ,c'e/ ce qui me ramne aux am\rs de mon oncle ,tobie4 ,,*apitre ,,lxvi4 ,p>ure de mon ,oncle ,tobie4 ,quoique le caporal et t5u p>ole en retapant de son mieux la gr&e p]ruque la ,ramillies de mon oncle ,tobie1 il avoit eu trop peu de temps1 et t\s ses so9s n'avoi5t produit qu'un effet assez m9ce4 ,cette fameuse p]ruque avoit pass plusieurs annes applatie dans le fond d'une vieille armoire2 et comme les mauvais plis ne s'effac5t pas aism5t1 et que l'usage des b\ts de *&elle n'e/ pas t\j\rs sr1 l'entreprise du caporal n'toit pas une *ose aussi facile qu'on p\rroit le croire4 ,il s'employoit p\rtant de son mieux2--il pomadoit1--il crpoit1--il retapoit1--puis se reculoit d'un air joyeux1 et les deux bras t5dus v]s la p]ruque1 comme p\r l'engag] pr5dre un meilleur air4--,mais le t\t en va92 elle frisoit en dpit du caporal1 p> t\t o le caporal ne v\loit pas qu'elle frist2 et qu& une b\cle ou deux auroi5t pu l'embellir1 *aque *eveu s'applatissoit comme s'il et t tremp dans l'eau b\illante4 ,la desse du ,splen elle-mme n'auroit pu la voir sans s\rire4 ,telle toit la p]ruque de mon oncle ,tobie1--ou plutt telle elle auroit p>u sur t\t autre front que le si54 ,mais le front de mon oncle ,tobie toit le sige aimable de la d\ceur et de la bont2 et ce *>me se rp&oit sur t\t ce qui l'environnoit4--,d'ailleurs1 monsieur1 la nature avoit dans t\te sa p]sonne trac le mot g5tilhomme en si beaux c>actres1 que jusqu' son *apeau bord en vieux po9t d',espagne t\t t]ni1 et surmont d'une l>ge coc>de de taffetas frip2--ce *apeau1 dis-je1 qui en lui-mme ne valoit pas quatre sols1 acquroit de l'importance1 ds qu'il toit sur la tte de mon oncle ,tobie4 ,on et dit qu'une ,fe elle-mme l'avoit compos de sa ma91 p\r mieux all] l'air de son visage4 ,ri5 n'auroit mieux pr\v ce que j'avance1 que l'habit bleu et or de mon oncle ,tobie1 si1 quelques g>ds1 la proportion n'toit pas ncessaire la grce2 mais depuis qu9ze ou seize ans qu'il toit fait1 depuis que l'inactivit de mon oncle ,tobie 7dont les prom5ades toi5t presque bornes son b\l+r917 avoit d\bl son embonpo9t1--son habit bleu et or toit dev5u si misrablem5t troit1 que ce n'toit qu'avec la plus gr&e pe9e que le caporal avoit pu l'y faire entr]2 et le raccommodage des man*es n'avoit s]vi de ri52--il toit cep5dant galonn en ple91 et sur t\tes les c\tures1 et devant et d]rire1 comme au temps du roi ,guillaume2 et p\r f9ir la description1 il jetoit tant d'clat au soleil1 il avoit un air si mtallique et si gu]ri]1 que si le projet de mon oncle ,tobie et t d'attaqu] la veuve en armure1 il auroit pu lui-mme s'y mpr5dre4 ,quant aux culottes d'c>late1 on sait que le tailleur les avoit dc\sues et les avoit ab&onnes4 ,on auroit pu la rigueur s'en accommod]1 mais c'toit assez que le soir d'aup>avant on les et dcl>es incapables de s]vir1 et comme il n'y avoit po9t d'alt]native dans la g>d]obe de mon oncle ,tobie1 mon oncle ,tobie sortit en culottes de plu*e r\ge4-- ,le caporal avoit endoss l'uni=me du pauvre ,lefvre4 ,il avoit retr\ss ses *eveux s\s son bonnet de h\s>d1 lequel1 comme on sait1 avoit t remis presque neuf4--,il suivoit son matre trois pas de di/ance4--,sa *emise1 r5fle son jabot et aut\r de ses poignets1 annonoit l'orgueil de son anci5ne pr(ession2 et son bton1 susp5du p> un petit cordon de cuir noir1 dont les deux b\ts r5\s ensemble f9issoi5t p> un gl&1 balanoit au-dess\s de son poignet gau*e4--,mon oncle ,tobie portoit sa canne comme une halleb>de4 ,vraim5t1 dit mon pre en lui-mme1 ils ont assez bon air4 ,,*apitre ,,lxvii4 ,il tremble4 ,mon oncle ,tobie ret\rna la tte plus de dix fois1 p\r voir si le caporal se t5oit prt le s\t5ir2 et autant de fois le caporal fit un petit m\l9et de son bton1 non pas d'un air avantageux1 mais avec l'acc5t le plus d\x du plus respectueux enc\ragem5t1 comme p\r dire son matre3 ne craignez ri54 ,son matre se m\roit de peur4-- ,il ne savoit pas di/+u]1 a9si que mon pre le lui avoit repro*1 le bon ct d'une femme de son mauvais ct4 ,aussi n'avoit-il jamais t son aise auprs d'aucune d'elles2--sauf dans les mom5s d'affliction4 ,c> alors sa piti toit extrme2 et le *evali] le plus c\rtois de la *eval]ie errante n'auroit pas fait plus de *em9 que mon oncle ,tobie1 t\t boiteux qu'il toit1 p\r essuy] une l>me de l'il d'une femme4--,et cep5dant1 except l'occasion o ,mi/riss ,wadman avoit abus de sa bonne foi1 il n'avoit jamais os arrt] ses reg>ds sur l'il d'aucune femme4 ,il disoit s\v5t mon pre1 dans l'admirable simplicit de son cur1 que fix] une femme1 c'toit presque 7s9on t\t--fait7 la mme *ose que de lui t5ir un propos obscne4 --,et qu& cela s]oit1 disoit mon pre4 ,,*apitre ,,lxviii4 ,il hsite4 ,elle ne peut pas1 caporal1 dit mon oncle ,tobie1 faisant halte qu& ils fur5t v+t pas de la porte de ,mi/riss ,wadman1--elle ne peut pas s'en (f5s]4-- ,non plus1 dit le caporal1 que la veuve du ,juif ,lisbonne ne s'(f5sa de la visite de mon frre ,?omas4-- ,et comm5t la prit-elle1 dit mon oncle ,tobie1 se ret\rnant v]s le caporal8-- ,monsieur connot1 rpliqua le caporal1 les malheurs de ,tom2 mais ceci n'y a aucun rapport3 s9on que le pauvre ,tom n'avoit pas p\s la veuve1 ou si ,dieu et p]mis qu'aprs leur m>iage ils n'euss5t mis dans leurs saucisses que de la *air de porc1 le malheureux n'auroit pas t enlev dans son lit et tran l'inquisition4--,c'e/ une p\vantable *ose que l'inquisition1 aj\ta le caporal2 qu& une fois un pauvre homme y e/ r5f]m1 monsieur sait bi5 que c'e/ p\r sa vie4-- ,hlas6 oui1 dit mon oncle ,tobie d'un air rveur1 et les yeux fixs sur la porte de la veuve ,wadman4-- ,et qu'y a-t-il d'aussi affreux qu'une t]nelle prison8--,qu'y a-t-il d'aussi d\x que la lib]t8--,ri5 au monde1 ,trim1 dit mon oncle ,tobie t\j\rs d'un air rveur4 ,tant qu'un homme e/ libre1 s'cria le caporal444 ,et en mme-temps il fit avec son bton le m\l9et p>-dessus sa tte1 -peu-prs en cette manire3 ,illu/ration --,un million de syllogismes les plus subtils de mon pre1 n'en auroit pas dit davantage en faveur du clibat4 --,mon oncle ,tobie jeta un reg>d p5sif v]s sa *aumire et son b\l+r94-- ,le caporal1 avec sa baguette1 avoit imprudemm5t voqu l'esprit de calcul2 il se dp*a de le conjur]1 en p\rsuivant son hi/oire en manire d'exorcisme1 lequel ne se tr\ve dans aucun rituel que je connoisse4 ,,*apitre ,,lxix4 ,am\rs de ,tom et de la ,juive4 ,la place de ,tom lui valoit de l'arg5t1 et lui donnoit peu de besogne4--,le climat de ,lisbonne e/ *aud4--,c'e/ ce qui lui donna la fantaisie de se m>i]4 ,or1 il arriva v]s ce temps-l qu'un ,juif1 qui v5doit des saucisses dans la mme rue o ,tom demeuroit1 tomba malade d'une rt5tion d'ur9e1 et m\rut4 ,sa veuve re/a en possession d'une b\tique bi5 a*al&e2 et1 comme ,lisbonne1 a9si qu'ailleurs1 *acun e/ p\r soi1 ,tom p5sa qu'il n'y auroit po9t de mal d'all] se prs5t] la veuve1 p\r lui (frir d'aid] cont9u] son comm]ce4 ,tom en consqu5ce1 se dcida l'all] tr\v]4--,il p5sa d'abord comm5t il se f]oit annonc] *ez elle4--,la manire la plus simple toit de fe9dre d'y all] a*et] une aune de saucisses2 ce fut celle qu'il *oisit4 ,et voici comme il raisonnoit3 ,si je suis mal reu1 il ne m'en cot]a jamais qu'une aune de saucisses1 et le malheur n'e/ pas gr&4--,si au contraire les *oses t\rn5t bi51 je puis gagn]1 non-seulem5t une aune1 mais une b\tique entire de saucisses1 et une femme p>-dessus le m>*4 ,t\te la maison1 du plus gr& jusqu'au plus petit1 s\haita ,tom un heureux succs1 et il p>tit4--,sauf le respect de monsieur1 je m'imag9e le voir en ve/e et culottes de baz91 le *apeau sur l'oreille1--m>*ant lgrem5t dans la rue1 agitant sa canne en l'air1--s\riant et abordant d'un air gai t\s ceux qu'il r5controit4--,mais1 hlas6 ,tom1 tu ne s\ris plus2 tu ne s\riras plus1 s'cria le caporal en dt\rnant la tte1 les yeux fixs t]re1 comme s'il et apo/roph son frre au fond de son ca*ot4---- ,pauvre g>on1 dit mon oncle ,tobie1 d'un air t\*6-- ,je puis bi5 dire monsieur1 dit le caporal1 que c'toit le meilleur g>on1 et le plus honnte qu'on et jamais vu4-- ,il te ressembloit donc1 ,trim1 rpliqua vivem5t mon oncle ,tobie6 ,le caporal r\git jusqu'au b\t des doigts4--,l'emb>ras de l'homme mode/e qui s'ent5d l\]1--la reconnoissance d'un s]viteur affectionn que son matre exalte1--la d\leur d'un frre s5sible au s\v5ir d'un frre malheureux1--t\t cela se peignit -la-fois sur le visage du caporal1 et les l>mes c\lr5t le long de ses j\es4 ,ce spectacle mut mon oncle ,tobie4 ,il prit le caporal p> son habit1 qui avoit t celui de ,lefvre1 et s'appuya sur lui1 en app>5ce1 p\r s\lag] sa jambe boiteuse1 mais rellem5t p\r donn] au caporal une n\velle m>que de bont4--,il re/a en sil5ce une m9ute et demie2 ensuite1 il retira sa ma91 et le caporal s'incl9ant1 reprit l'hi/oire de son frre ,tom et de la veuve du juif4 ,,*apitre ,,lxx4 ,la ngresse4 ,lorsque ,tom arriva la b\tique1 il n'y tr\va qu'une pauvre ngresse1 occupe *ass] les m\*es avec une t\ffe de plumes blan*es qu'elle avoit atta*es au b\t d'un bton4 ,mais1 t\t en les *assant1 elle pr5oit g>de de les bless]4--,t\*ant tableau1 s'cria mon oncle ,tobie6 la malheureuse avoit beauc\p s\ff]t2 et elle avoit appris compatir4-- ,c'toit1 sauf le respect de monsieur1 une excell5te crature aussi bi5 qu'une excell5te ouvrire4 ,il y a1 cont9ua ,trim1 dans l'hi/oire de cette pauvre malheureuse1 des circon/ances qui att5driroi5t un cur de ro*e2 et dans quelqu'une de nos soires d'hiv]1 qu& monsieur s]a dispos les ent5dre1 je les racont]ai monsieur1 avec le re/e de l'hi/oire de ,tom1 dont elles font p>tie4-- ,ne l'oublie donc pas1 ,trim1 dit mon oncle ,tobie4-- ,mais1 monsieur1 dit le caporal1 avec un air de d\te1 un ngre a-t-il une ame8-- ,je suis peu v]s1 caporal1 dit mon oncle ,tobie1 dans les *oses de cette nature4 ,mais je suppose que ,dieu n'auroit pas v\lu laiss] un ngre sans ame1 plutt que toi ou que moi4-- ,ce s]oit une affreuse inju/ice1 dit le caporal4-- ,assurm5t1 dit mon oncle ,tobie4-- ,p\rquoi donc1 os]ois-je dem&] monsieur1 traite-t-on plus mal une s]vante noire qu'une blan*e8-- ,je ne puis t'en donn] aucune raison1 dit mon oncle ,tobie4-- ,c'e/ sans d\te qu'elle n'a po9t d'amis1 dit le caporal en sec\ant la tte1 ni p]sonne p\r pr5dre sa df5se4-- ,trim1 dit mon oncle ,tobie1 c'e/-l ce qui devroit lui assur]1 a9si qu' ses frres1 notre protection4--,c'e/ le has>d de la gu]re qui les a mis en notre p\voir1 qui a plac la v]ge dans nos ma9s4--,o elle s]a ensuite1 le ciel le sait2 mais en quelques ma9s qu'elle tombe1 ,trim1 le brave homme n'en us]a pas d'une manire b>b>e4-- ,le ciel l'en prs]ve1 dit le caporal6-- ,am51 rpondit mon oncle ,tobie1 en posant la ma9 sur son cur4-- ,le caporal reprit son hi/oire p\r la cont9u]2 mais avec une espce d'emb>ras1 dont le lecteur ne dev9e peut-tre pas la cause4-- ,p> t\tes ces transitions s\da9es1 et la plup>t t\*antes1 dont le caporal avoit entre-ml son rcit1 il avoit p]du la clef sur laquelle il l'avoit comm5c4 ,son projet avoit t de di/raire son matre1 et son matre s'att5drissoit4 ,deux fois il t\ssa1 deux fois il essaya de se remettre sans p\voir y p>v5ir2 enf9 il rappela ses esprits1 replaa sa ma9 gau*e sur sa han*e1 le c\de relev en arc d'un air va9queur2 et cons]vant la lib]t de son bras droit1 p\r aid] son dbit p> ses ge/es1 il se rappro*a autant qu'il put du ton qu'il avoit p]du4--,et dans cette attitude1 il cont9ua son hi/oire4 ,,*apitre ,,lxxi4 ,les saucisses4 ,tom qui n'avoit ri5 dml] avec la ngresse1 passa dans la *ambre qui toit au-del de la b\tique p\r p>l] la veuve du juif--de son am\r444 et de son aulne de saucisses4--,c'toit1 comme je l'ai dit monsieur1 un g>on honnte et de joyeuse humeur1 et il portoit ce c>actre crit sur t\te sa p]sonne4 ,il prit donc une *aise1 il se plaa prs d'elle et contre la table1 et s'assit sans plus de crmonie1 mais avec la plus gr&e politesse4 ,p\r un galant1 c'e/ la plus sotte *ose du monde1 s'il m'e/ p]mis de le dire monsieur1 que de dbut] auprs d'une femme qui fait des saucisses4--,en effet1 quelle fleurette lui cont]8--,tom dbuta gravem5t1 en dem&ant d'abord la veuve comm5t se faisoi5t les saucisses1--quelle espce de vi&e1 quelles h]bes1 quelles pices y entroi5t4--,ensuite1 d'un ton un peu plus gai1 avec quels boyaux1--si les plus gros toi5t les meilleurs1--s'ils ne crevoi5t jamais1--etc48 ,ayant seulem5t l'att5tion de re/] plutt en arrire que de trop s'avanc]1 et de ne ri5 risqu] sans tre -peu-prs assur du succs4-- ,c'e/ p\r avoir nglig cette prcaution1 ,trim1 dit mon oncle ,tobie en s'appuyant sur l'paule du caporal1 que le comte de la ,motte p]dit la bataille de ,wyn5dale4 ,il s'avana imprudemm5t dans le bois2 et sans cela ,lille ne s]oit pas tomb dans nos ma9s1 non plus que ,g& et ,bruges1 qui suivir5t son exemple4 ,l'anne toit si avance1 cont9ua mon oncle ,tobie1 et la saison dev9t si mauvaise1 que si les *oses n'avoi5t pas t\rn comme elles fir5t1 nos tr\pes auroi5t pri en ple9e campagne4-- ,mais1 dit ,trim1 ne s]oit-ce pas que les batailles1 a9si que les m>iages1 sont crites dans le ciel8 ,mon oncle ,tobie rva4 ,sa religion l'engageoit dire d'une faon4--,sa haute ide de l'art militaire le p\ssoit dire d'une autre4--,ne p\vant les accord] ensemble1 mon oncle ,tobie prfra de ne ri5 dire2 et le caporal a*eva son hi/oire4 ,tom1 s'ap]cevant qu'il gagnoit un peu de t]re91 et que t\t ce qu'il avoit dit sur les saucisses avoit t bi5 reu de la belle1 se has>da lui (frir de l'aid] un peu4 ,d'abord il prit l'entonnoir1 et le t9t1 p5dant que la veuve avec son p\ce faisoit entr] la vi&e dans le boyau2 ensuite il c\pa des atta*es de longueur conv5able1 et les t9t dans sa ma9 p5dant qu'elle les pr5oit une une2--aprs cela il les mit dans la b\*e de la veuve1 o elle p\voit les pr5dre selon le beso92--enf91 peu--peu il en v9t li] les saucisses son t\r1 t&is que la veuve en t5oit le b\t dans ses d5ts4 ,or1 monsieur saura qu'une veuve t*e t\j\rs de *oisir son second m>i entirem5t diffr5t du premi]4--,si bi5 que l'affaire toit d'-moiti rgle dans l'esprit de la juive1 avant que ,tom et p>l de ri54 ,elle feignit p\rtant de v\loir se df5dre1 et se saisit d'une saucisse1 mais ,tom l'in/ant se saisit d'une autre444 ,monsieur compr5d bi5 que la veuve ne fut pas la plus =te4 ,elle signa la capitulation1 ,tom la ratifia1 et l'affaire fut f9ie4 ,,*apitre ,,lxxii4 ,contre-m>*e4 ,t\tes les femmes1 cont9ua ,trim1 en comm5tant son hi/oire1 depuis la premire jusqu' la d]nire1 aim5t la plaisant]ie4 ,la difficult e/ de savoir celle qui leur convi5t2 et p\r le connotre1 il n'y a d'autre moy5 que de faire quelques essais2 de mme qu'avec une pice d'artill]ie on lve ou on rabaisse la culasse1 jusqu' ce qu'on donne dans le blanc4 ,je gte cette comp>aison1 dit mon oncle ,tobie1 encore plus que la *ose mme4 ,p>ce que monsieur1 dit le caporal1 aime mieux la gloire que le plaisir4-- ,j'espre1 ,trim1 rpondit mon oncle ,tobie1 que j'aime l'humanit au-dessus de t\t2--et comme la sci5ce des armes t5d videmm5t au bonheur et au repos des hommes1--et que la bran*e1 surt\t de cet art1 dans laquelle n\s n\s sommes ex]cs ensemble au b\l+r91 n'a p\r b que d'arrt] les entreprises de l'ambition1 et de retran*] la vie et la =tune du plus foible1 contre l'invasion et le pillage du plus =t2--t\tes les fois que le tamb\r se f]a ent5dre1 je me flatte1 caporal1 que l'un et l'autre n\s aimons trop l'humanit et nos frres1 p\r ne pas n\s arm] et vol] leur sec\rs4-- ,en disant ces mots1 mon oncle ,tobie se ret\rna1 et m>*a firem5t comme la tte de sa compagnie4--,et le fidle caporal1 portant son bton l'paule et frappant de la ma9 sur le pan de son habit p\r m>*] en seconde ligne d]rire son matre1 le long de l'av5ue qui les ram5oit *ez eux4-- ,que diantre se passe-t-il dans leurs deux cabo*es1 s'cria mon pre ma mre8 ,sur ma p>ole ils assig5t mi/riss ,wadman en =me2 et ils font le t\r de sa maison p\r m>qu] la ligne de circonvallation4-- ,j'ose dire1 rpliqua ma mre444 ,mais un mom5t1 mon *] monsieur4 ,ce que ma mre osa dire1 ce que mon pre osa lui rpondre1 enf9 leurs dem&es1 leurs rponses et leurs rpliques1 s]ont c]ta9em5t lues1 relues1 discutes1 comm5tes1 p>aphrases p> la po/rit2--mais dans un *apitre "p4 ,je dis3 p> la po/rit1 et je le rpte4--,qu'a fait mon livre p\r ne pas surnag] sur l'abyme des temps avec l',eloge de la ,folie1 le ,comte du ,tonneau1 et tant d'autres8 ,mais p\rquoi jet] de si lo9 les yeux sur l'av5ir8--,ah6 f]mons-les bi5 plutt4--,le temps vole et dtruit t\t4--,*acune des lettres que je trace1 me dit avec quelle rapidit la vie suit ma plume4--,nos j\rnes et nos heures1 7plus prcieuses1 ma *re ,j5ny1 que ces rubis qui brill5t ton c\7 s'envol5t sur nos ttes comme ces nuages lg]s1 que *asse l'aquilon et qui ne revi5n5t plus4--,t\t disp>ot1--t\t se dtruit4--,ces *eveux que tu pr5ds so9 d'arrang] sur ton front2444 reg>de1444 ils blan*iss5t s\s ta ma94--,et *aque bais] que je te donne en te quittant1 *aque abs5ce qui le suit1 e/ le prlude de cette sp>ation t]nelle qui n\s att5d bi5tt4-- ,ciel6 ciel6 pr5ds piti de ma ,j5ny1--pr5ds piti de celui qui l'aime4-- ,,*apitre ,,lxxiii4 ,le qu'en dira-t-on4 ,mais que p5s]a le monde de cette exclamation8--,t\t ce qu'il v\dra4 ,,*apitre ,,lxxiv4 ,l',att5te4 ,ma mre1 t\j\rs le bras gau*e pass dans le bras droit de mon pre1 toit arrive avec lui jusqu' l'angle fatal de la vieille muraille du j>d91 o le docteur ,slop devoit un j\r tre r5v]s p> ,obadiah mont sur un *eval de c>osse2 lequel angle toit directem5t en face de la maison de ,mi/riss ,wadman4--,l1 mon pre1 jetant un c\p-d'il p> d]rire1 ap]ut mon oncle ,tobie et le caporal qui n'toi5t plus qu' dix pas de la porte4 ,il se ret\rna aussitt4 ,arrtons-n\s un mom5t1 dit mon pre2 et voyons un peu de quel air mon frre ,tobie et son valet ,trim f]ont leur premire entre4 ,cela ne n\s ret>d]a pas d'une m9ute4--,qu& ce s]oit de dix1 dit ma mre6--,non pas d'une demi-m9ute1 dit mon pre4 ,c'toit prcism5t l'in/ant o le caporal entamoit l'hi/oire de son frre ,tom et de la veuve du ,juif4--,l'hi/oire comm5a1--cont9ua1--elle eut des pisodes1--on rev9t sur ses pas1--on cont9ua1--on p\rsuivit1--l'hi/oire ne f9issoit pas2--le lecteur l'a tr\ve bi5 longue4-- ,le ciel ait piti de mon pre6 il jura c9quante fois2 *aque attitude n\velle le dsesproit4 ,il donna le bton du caporal1 et ses m\l9ets1 et t\tes ces g5tillesses1 autant de diables qu'il en crut de disposs accept] le cadeau4-- ,qu& l'issue des vnem5s p>eils ceux qui t5oi5t mon pre dans l'att5te1 re/e a9si susp5due dans les ma9s des de/9es1 l'esprit a1 p> bonheur1 trois espces de situations p>c\rir2 sans quoi il lui s]oit impossible de t5ir jusqu'au b\t4 ,le premi] mom5t e/ donn la curiosit1--le second ju/ifi] cette curiosit4--,quant aux troisime1 quatrime1 c9quime1 et ct]a1 jusqu'au j\r du jugem5t4--,ils sont de l'empire du po9t d'honneur4 ,je sais que beauc\p de morali/es mett5t le t\t sur le compte de la pati5ce4 ,mais cette v]tu a1 ce me semble1 un dp>tem5t suffisant1 et dans lequel elle peut s'ex]c]1 sans v5ir usurp] le peu de places dmanteles que l'honneur a cons]ves sur la t]re4-- ,mon pre1 l'aide de ces trois auxiliaires1 att5dit du mieux qu'il put la f9 de l'hi/oire de ,trim4 ,il t9t bon p5dant le pangyrique1 que mon oncle ,tobie dbita sur la pr(ession des armes dans le *apitre d'aprs2 mais voyant ensuite qu'au lieu de m>*] v]s la maison de madame ,wadman1 t\s deux1 aprs s'tre ret\rns1 repr5oi5t le *em9 diamtralem5t oppos1 et confondoi5t a9si son att5te1--p\r le c\p mon pre ne put y t5ir2 et il clata brusquem5t1 en v]tu de cette disposition d'humeur acidule1 qui1 dans c]ta9es occasions1 di/+uoit entirem5t son c>actre de celui des autres hommes4 ,,*apitre ,,lxxv4 ,le premi] ,diman*e du mois4 ,que diantre se passe-t-il dans leurs cabo*es1 s'cria mon pre8-- ,j'ose dire1 rpondit ma mre1 qu'ils font des =tifications4 ,quoi6 sur le t]re9 de ,mi/riss ,wadman1 s'cria mon pre en reculant d'un pas6-- ,je suppose que non1 dit ma mre4-- ,je v\drois1 dit mon pre en levant la voix1 que la sci5ce des =tifications ft t\s les diables1 avec t\tes leurs fadaises de sapes1 de m9es1 de bl9des1 de gabions1 de cunettes1 et de fausses brayes4-- ,ce sont des fadaises1 dit ma mre4 ,or ma mre1 tolrante1 7comme je v\drois que le fuss5t c]ta9s p]sonnages du cl]g1 m'en et-il cot mon gillet brun et mes pant\fles jaunes7--ma mre1 dis-je1 toit t\j\rs de l'avis de mon pre1 quoique la plup>t du temps elle n'en comprt pas un mot1 et qu'elle n'et pas la premire ide du s5s des mots et des t]mes de l'art1 sur lesquels il faisoit r\l] l'op9ion ou le sy/me du mom5t4 ,elle se cont5toit d'accomplir la lettre les promesses que son p>ra9 et sa m>ra9e avoi5t faites p\r elle1 mais ri5 de plus4 ,elle se s]oit s]vi d'un mot ou d'un v]be p5dant v+t ans1 et l'auroit employ dans t\s ses temps et dans t\s ses modes1 sans s'emb>rass] le mo9s du monde d'en dem&] la signification4 ,j'ai dj dit que cette ins\ciance dsoloit mon pre2 c'toit p\r lui une s\rce t]nelle de *agr9s3 la contradiction la plus op9itre lui auroit t mo9s s5sible4 ,c'toit ce qui tordoit le c\ leurs meilleurs dialogues ds la premire phrase4--,ma mre ne connoissoit ri5 aux cunettes ni aux fausses brayes2 elle fut de l'avis de mon pre4 ,ce sont des fadaises1 dit ma mre4-- ,oh6 surt\t les cunettes1 s'cria mon pre4 ,il crut avoir dit un bon mot4--,il j\it de son triomphe et p\rsuivit4 ,non que ce soit1 proprem5t p>l]1 le t]re9 de la veuve ,wadman1 dit mon pre1 en se repr5ant un peu2 c> elle n'en a que l'usufruit4-- ,cela fait une gr&e diffr5ce1 dit ma mre4-- ,aux yeux des sots1 rpliqua mon pre4-- ,a mo9s qu'il ne leur arrive d'avoir des enfans1 dit ma mre4-- ,mais aup>avant1 dit mon pre1 il faut qu'elle p]suade mon frre ,tobie de lui en faire4-- ,sans d\te1 monsieur ,%&y1 dit ma mre4-- ,si elle y p>vi5t1 dit mon pre1--que le ciel ait piti d'eux6-- ,am51 dit ma mre1 piano6-- ,am51 s'cria mon pre1 =tissim6-- ,am51 rpta ma mre2 mais avec une cad5ce1 un s\pir1 un acc5t de piti1 qui pntra jusqu'au cur de mon pre1 et ramollit t\tes ses fibres4 ,il prit son almana*2444 mais avant qu'il l'et ouv]t1 la procession d',yorick1 v5ant sortir de l'glise1 claircit une p>tie de ses d\tes2 et ma mre a*eva de les lev]1 en lui disant que c'toit le premi] diman*e du mois4--,il remit son almana* dans sa po*e4-- ,le premi] "l de la trsor]ie1 occup tr\v] des moy5s et des expdi5s1 ne s]oit pas r5tr *ez lui d'un air plus emb>rass4 ,,*apitre ,,lxxvi4 ,repr5ons hale9e4 ,aprs un *apitre comme celui qu'on vi5t de voir1 et surt\t aprs la manire dont il f9it1 il faut ncessairem5t insr] quatre ou c9q pages de matires htrognes1 p\r ma9t5ir une ju/e balance entre la sagesse et la folie4 ,sans cette prcaution1 un livre ne vivroit pas au-del de l'anne4--,mais une digression l\rde et tranante n'e/ pas ce qu'il faut4 ,il vaudroit autant all] son gr& *em94--,une digression1 dans une circon/ance comme celle-ci1 doit tre lgre1 enj\e1 et sur un sujet qui le soit aussi4--,ce n'e/ pas t\t1 il faut que le calif\r*on et celui qui le monte1 ne s'y montr5t qu' la drobe4-- ,la difficult e/ de tr\v] des ag5s conv5ables la nature de ce s]vice4 ,l'imag9ation e/ capricieuse2--l'esprit ne veut pas tre re*]*3--quoique la plaisant]ie soit une bonne fille1 elle ne vi5t pas t\j\rs qu& on l'appelle4 ,il sembl]oit que la meilleure faon p\r un auteur ft de dire ses prires2 mais si elles ne s]v5t qu' lui rappel] ses infirmits et ses dfauts1 tant de corps que d'esprit1 il se tr\v]a plus bte aprs que devant1 7quoique meilleur1 religieusem5t p>lant47 ,quant moi1 il n'y a pas un moy5 s\s le ciel1 du g5re physique ou du g5re moral1 qui ne me soit v5u l'esprit1 et dont je n'aie essay4 ,quelquefois m'adressant mon ame1 et disputant avec elle sur les moy5s d't5dre ses facults4-- ,je ne les augm5tois pas d'une ligne4 ,alors1 *angeant de sy/me1 j'ai essay ce que p\rroi5t faire sur le corps la temprance1 la sobrit et la *a/et4--,elles sont bonnes en elles-mmes1 disois-je1 elles sont bonnes dans le s5s absolu et dans le s5s relatif2 elles sont bonnes p\r la sant1 bonnes p\r le bonheur dans ce monde-ci et dans l'autre4-- ,enf91 elles sont bonnes p\r t\t1444 except p\r ce qui me manque4--,l1 elles ne s]v5t ri5 qu' laiss] l'esprit comme elles l'ont tr\v4--,quant aux v]tus ?ologales1--la foi et l'esprance p\rroi5t peut-tre donn] un peu de v]ve2--mais p\r cette v]tu fade qu'on appelle *>it1 elle v\s te ce que ses surs v\s avoi5t donn4-- ,dans les occasions ord9aires1 je n'ai ri5 tr\v qui m'ait mieux russi1 que la m?ode dont je vais v\s faire "p4-- --,c]ta9em5t1 si la logique n'e/ pas une sci5ce frivole1 et si je ne suis pas aveugl p> mon am\r-propre1--c]ta9em5t dis-je1 il y a quelque *ose en moi qui ti5t du vrai gnie2 et ce qui me le p]suade1 c'e/ de voir combi5 je suis trang] la jal\sie et l'envie3 ce symptme ne sauroit tre quivoque4--,jamais je n'ai fait une dc\v]te1 que j'aie cru propre p]fectionn] l'art d'crire1 que je ne me sois empress de la publi]1 dsirant s9crem5t que t\t le monde pt crire aussi-bi5 que moi4-- ,c'e/ ce qu'on f]a1 qu& on v\dra s'y donn] aussi peu de pe9e4 ,,*apitre ,,lxxvii4 ,dem&ez ma blan*isseuse4 ,je dis donc que dans les occasions ord9aires1--c'e/--dire1 qu& je me tr\ve /upide1 que mes ides s'enfant5t psamm5t1 et se dbr\ill5t avec pe9e4-- ,ou que je me tr\ve1 je ne sais comm5t1 dans une ve9e de lic5ce et de lib]t9age1 et que je fais de va9s ef=ts p\r en sortir4-- ,dans t\s ces cas et autres semblables1 je ne dispute pas un mom5t avec ma plume4--,si une prise de tabac1 si un t\r ou deux p> la *ambre ne me suffis5t pas1--je pr5ds mon rasoir1 j'en essaie le tran*ant sur la paume de ma ma91 je me savonne le m5ton1 et sans plus de crmonie je me fais la b>be2 et si p> malheur je laisse un poil1 j'ai so9 du mo9s que ce n'en soit pas un blanc4--,cela fait1 je passe ma *emise1 je *ange d'habit1 je mets ma p]ruque1 je pr5ds ma bague de topaze2 en un mot1 je m'habille de la tte aux pi$s4-- ,or1 il faut que le diable s'en mle1 si je n'y gagne ri54--,c> considrez1 monsieur1 que t\t le monde v\lant tre prs5t qu& on le rase1 7quoiqu'il n'y ait aucune rgle sans exception7 et p]sonne ne v\lant se ras] sans miroir1 cra9te d'accid5t1--cette situation1 comme t\te autre1 laisse ncessairem5t des impressions p>ticulires sur le c]veau4-- ,oui1 je le ma9ti5s4 ,les ides d'un homme dont la b>be e/ =te1 devi5n5t sept fois plus nettes et plus fra*es s\s le rasoir2--et si cet homme p\voit1 sans inconvni5t1 se ras] du mat9 au soir1 ses ides p>vi5droi5t au plus haut degr du sublime4--,je ne sais comm5t ,homre a pu si bi5 crire avec une b>be de capuc92--mais comme son tal5t contr$it mon sy/me1 je ne veux pas m'y arrt]1 et je ret\rne ma toilette4 ,l\is de ,sorbonne dit que la toilette n'e/ qu'une affaire de corps2 mais il se trompe4 ,l'ame et le corps ne sauroi5t se sp>]2 un homme ne sauroit s'habill]1 sans que ses ides se port5t sur son habillem5t2 et s'il se met en g5tilhomme1 ses ides s'ennobliss5t2 de sorte qu'il n'a qu' pr5dre la plume et se pe9dre dans son /yle4 ,a9si1 messieurs1 qu& v\s v\drez savoir si ce que j'cris peut se lire1 et si ri5 n'a sali ma plume1 voyez le mmoire de ma blan*isseuse2 c'e/ comme si v\s lisiez mon livre4--,il y a un c]ta9 mois o je suis en tat de pr\v] que j'ai sali tr5te et une *emises4 ,on ne sauroit p\ss] la propret plus lo94--,eh bi56 j'ai t plus maudit1 plus vex1 plus critiqu1 p\r ce que j'ai crit dans ce mois-l1 que p> t\t ce que j'ai crit dans le re/e de l'anne4 ,mais je n'avois pas montr ces messieurs les mmoires de ma blan*isseuse4 ,,*apitre ,,lxxviii4 ,les ,critiques4 ,au re/e1 ne pr5ez pas ceci p\r une digression2 je ne fais encore que m'y prp>]1 en att5dant le soixante-dix-neuvime *apitre2 et je puis employ] celui-ci ce qu'il me plaira4--,voyons2--j'ai v+t sujets p\r un3--je p\rrois crire mon *apitre des b\tonnires1--ou mon *apitre des fi1 qui doit le suivre immdiatem5t4-- ,ou mon *apitre des nuds1 s\s le bon plaisir du cl]g2 mais t\t cela p\rroit mal t\rn] p\r moi4 ,ce que j'ai de mieux faire1 c'e/ de suivre la m?ode de quelques savans1 et de me faire moi-mme des objections contre ce que j'ai crit2 quoique je dcl>e d'avance que je ne sais pas plus que mes pant\fles comm5t y rpondre4 ,o que de critiques vont pleuvoir sur mon livre6 ,c'e/ une satyre enrage1 dira quelqu'un1 aussi noire que l'encre dont l'auteur se s]t1 et digne en t\t de ,!rsite4--,c'e/ un libelle atroce1 et t\s les blan*issages et savonnages du monde n'y font ri54--,d'ailleurs1 plus le drle e/ dgu5ill1 plus les s>casmes vi5n5t en f\le au b\t de sa plume4 ,a cela je n'ai qu'une rponse prte1 au mo9s p\r le mom5t4--,c'e/ que l'ar*evque de ,bnv5t composa son indc5t roman de ,gala?e en habit violet1 ve/e et culottes violettes2 ce qui pr\ve que l'habit ne fait pas t\t4-- ,mais1 dit le critique1 v\s ne p\vez pas ni] que la recette du rasoir que v\s indiquez n'ait un gr& dfaut1--le manque d'univ]salit4 ,la loi inv>iable de la nature r5d ce secret inutile t\te une moiti du g5re huma94-- ,t\t ce que je puis dire l-dessus1 c'e/ que les criva9s femelles1 ,angloises et ,franoises1 f]ont bi5 d'all] sans b>be4-- ,quant aux ,espagnoles1 elles iront comme elles v\dront4 ,,*apitre ,,lxxix4 ,elle e/ faite4 ,le voici enf9 arriv ce soixante-dix-neuvime *apitre6--que produira-t-il8 ,ri51--qu'une tri/e rflexion sur la vtesse avec laquelle nos plaisirs n\s *app5t en ce monde4 ,c>1 l'g>d de ma digression1--je dcl>e la face du ciel qu'elle e/ faite4-- ,rev5ons mon oncle ,tobie4 ,,*apitre ,,lxxx4 ,il frappe la porte4 ,qu& mon oncle ,tobie et le caporal fur5t arrivs au b\t de l'av5ue1 ils s'app]ur5t qu'ils t\rnoi5t le dos la maison de la veuve2 ils fir5t volte-face1 et m>*r5t droit la porte de ,mi/riss ,wadman4-- ,monsieur peut m'en croire et m>*] en assurance1 dit le caporal1 qui porta la ma9 son bonnet1 en passant devant son matre p\r all] frapp] la porte4 ,mon oncle ,tobie1 dm5tant en ce mom5t sa manire inv>iable de trait] son fidle dome/ique1 ne lui rpondit ri54--,la vrit toit qu'il n'avoit pas encore bi5 rdig t\tes ses ides4 ,il auroit dsir une autre confr5ce avec ,trim4 ,et t&is que le caporal montoit les trois m>*es qui toi5t devant la porte1 mon oncle ,tobie cra*a deux fois4--,a *aque fois le caporal s'arrta p> une sorte d'in/9ct2--il re/a une m9ute le m>teau de la porte susp5du dans sa ma92--il hsitoit sans savoir p\rquoi4-- ,cep5dant ,brigitte1 morfondue =ce d'att5dre1 faisoit s5t9elle en d$ans1 le p\ce et le premi] doigt appuys sur le loquet4 ,mi/riss ,wadman1 assise d]rire le rideau de sa f5tre1 ret5oit son s\ffle1 et guettoit leur appro*e4--,on lisoit dans ses yeux le prsage de sa dfaite4 ,trim1 dit mon oncle ,tobie6--,mais comme il ouvroit la b\*e1 la m9ute expira1 et ,trim laissa tomb] le m>teau4 ,mon oncle ,tobie1 voyant qu'il ne p\voit plus recul]1 se mit siffl] son lilla-burello4 ,,*apitre ,,lxxxi4 ,on ouvre4 ,brigitte avoit1 comme n\s l'avons dit1 le premi] doigt et le p\ce sur le loquet2 et le caporal ne fut pas oblig de frapp] aussi long-temps que votre tailleur1 milord1 que v\s faites peut-tre s\v5t att5dre4--,mais je p\vois ne pas all] *]*] ma comp>aison si lo92 c>1 je s\ssign1 reconnois devoir mon tailleur au mo9s une gu9e2 et je m'tonne s\v5t de la pati5ce du m>aud4--,ceci au re/e n'intresse p]sonne4 ,mais il faut conv5ir que c'e/ une cruelle *ose que d'tre endett4 ,il semble que ce soit une fatalit p\r le trsor de quelques pauvres diables1 au mo9s de ceux de notre famille4 ,l'conomie ne p>vi5t po9t reli] leurs c(fres avec ses c]cles de f]4 ,quant moi1 je suis sr qu'il n'y a aucun pr9ce1 prlat1 pape1 ni pot5tat1 petit ou gr&1 qui desire plus que moi dans son cur de remplir fidlem5t ses engagem5s1 ou qui pr5ne plus de moy5s p\r y p>v5ir4--,je ne donne jamais plus d'une demi-gu9e2--je ne me promne po9t en bottes1 de cra9te de les us]3--je n'a*te pas un cure-d5t2--et je ne dp5se pas un s*ell+ p> an en tabatires2--et quant aux six mois que je passe la campagne1 j'y mne un si petit tra91 que ,jean-,jacques1 avec t\te sa modration1 ne sauroit atte9dre ma p>cimonie2--c> je n'ai *ez moi ni homme1 ni g>on1 ni *eval1 ni va*e1 ni *i51 ni *at1 ni ri5 qui mange ou qui boive4 ,je ne me p]mets qu'une pauvre et *tive ve/ale1 seulem5t p\r entret5ir mon feu2 et la pauvre fille e/ en vrit aussi sobre que je puisse le desir]4 ,mais si1 d'aprs cela1 v\s me croyez philosophe1--je ne donn]ois pas1 mes bonnes g5s1 une obole de votre jugem5t4 ,la vraie philosophie1 messieurs444 ,mais ce n'e/ pas ici le mom5t d'en raisonn]4 ,voil mon oncle ,tobie qui f9it de siffl] son lilla-burello2--s\ffrez que j'entre avec lui *ez ,mi/riss ,wadman4 ,,*apitre ,,lxxxii4 ,,*apitre ,,lxxxiii4 ,,*apitre ,,lxxxiv4 ,v\s l'allez voir4 99 99 99 99 99 99 99 99 99 99 99 99 99 99 99 99 99 99 99 99 99 99 99-- --99 99 99 99 99 99 99 99 99 99 99 99 99 99 99 99 99 99 99 99444 ,je vais v\s le montr]1 madame1 dit mon oncle ,tobie4-- ,mi/riss ,wadman r\git1--reg>da v]s la porte1--plit1--r\git encore lgrem5t1--puis reprit son te9t naturel1 et f9it p> r\gir plus =t que jamais4--,ce que je traduis a9si p\r l'am\r du lecteur3 ,bon ,dieu1 je n'y reg>d]ai pas6 ,que diroit le monde1 si j'y reg>dois6 ,je m'van\irai si j'y reg>de4 ,je v\drois p\voir y reg>d]2 ,il ne sauroit y avoir de p* y reg>d]4 --,j'y reg>d]ai4-- ,t&is que l'imag9ation de ,mi/riss ,wadman travailloit a9si1 mon oncle ,tobie s'toit lev du sopha1 et avoit t ouvrir la porte l'autre b\t de la salle1 p\r donn] ses ordres ,trim dans le passage4-- 99 99 99 99 99 99 99 99 99 99 99 99 99 99 99 99--,je crois1 dit mon oncle ,tobie1 qu'elle e/ dans le gr5i]4--,je l'y ai vue encore ce mat91 rpondit ,trim4--,eh6 bi51 ,trim1 c\rs-y promptem5t1 dit mon oncle ,tobie1 et rapporte-la moi dans la salle4--,bon ,dieu1 dit le caporal6 ,le caporal toit lo9 d'appr\v] un tel ordre1 et ne le remplit pas mo9s avec joie4--,il n'toit pas matre de son approbation1 il l'toit de son obissance4--,il mit son bonnet sur sa tte1 et p>tit aussi vte que son g5\ put le p]mettre2 mon oncle ,tobie r5tra dans la salle1 et fut se rasseoir sur le sopha4 ,v\s mettrez le doigt dessus1 dit mon oncle ,tobie4--,sa9te ,vi]ge1 je n'y t\*]ai pas1 dit en elle-mme ,mi/riss ,wadman6 ,ceci dem&e une n\velle traduction2 et n\s montre combi5 d'erreurs les mots n\s induis5t4 ,il faut t\j\rs remont] leur s\rce p\r les ent5dre4 ,or1 p\r claircir le br\ill>d qui rgne sur les trois d]nires pages1 j'ai beso9 d'tre moi-mme aussi clair qu'il me s]a possible4-- ,frottez-v\s le front p> trois fois1 mes bons amis2--t\ssez1--cra*ez1--m\*ez-v\s2--bon 6--t]nuez1 mes enfans2-- m]veille1 ,dieu v\s bnisse6 ,ma9t5ant1 aidez-moi si v\s le p\vez4 ,,*apitre ,,lxxxv4 ,la ,revue4 ,comme il y a c9quante motifs diffr5s1 tant de l'ordre civil que de l'ordre religieux1 p\r lesquels une femme peut pr5dre un m>i1 elle comm5ce p> les considr] et les pes] soigneusem5t t\s ensemble2 ensuite elle les di/+ue1 les sp>e1 et *]*e dml] dans son esprit lequel de t\s ces motifs e/ le si54 ,ensuite1 p> propos1 enqutes1 raisonnem5s1 inductions1 elle *]*e s'assur] si elle a *oisi le bon4 ,enf91 elle essaie1 elle pr\ve1 elle veut voir si elle ne s'e/ pas trompe4-- ,l'allgorie de ,slawk5b]gius sur ce sujet1 au comm5cem5t de sa troisime dcade1 e/ si orig9ale1 et mon respect p\r les dames e/ si pr(ond1 que jamais je n'os]ai la leur dire2 et c'e/ dommage1 c> elles en riroi5t4 ,elle arrte le premi] ne1 dit ,slawk5b]gius1 et le ti5t p> le lic\1 de cra9te qu'il ne lui *appe2 puis elle plonge sa ma9 jusqu'au fond du pani] p\r y *]*]444 et quoi8--,ma foi1 dit ,slawk5b]gius1 ce n'e/ pas le moy5 de l'appr5dre que de m'int]rompre4-- ,je n'ai ri51 ma bonne dame1 dit l'ne2 je porte des b\teilles vides4 ,et moi de vieilles gu5illes1 dit le second4 ,ta *>ge vaut un peu mieux1 dit-elle au troisime1 tu portes des pant\fles et de vieilles culottes4-- ,elle passe a9si en revue le quatrime1 le c9quime ne1 et t\t le re/e de la file l'un aprs l'autre1 jusqu' ce qu'elle ait tr\v celui qui porte ce qu'elle *]*e4--,alors elle r5v]se le pani]1--tale la m>*&ise1--reg>de1--l'exam9e1--la mesure1--l't5d1--la m\ille1--la s*e1--la t\rne1--la ret\rne1--1 et puis l'emporte4 --,mais p\r l'am\r de ,dieu1 quelle m>*&ise8 ,t\tes les puissances de la t]re1 rpond ,slawk5b]gius1 ne me f]oi5t pas dire mon secret4 ,,*apitre ,,lxxxvi4 ,pre/ige du dmon4 ,n\s vivons dans un monde o t\t e/ nigme et my/re2 a9si1 n\s y sommes acc\tums4 ,autrem5t1 il sembl]oit trange que la nature1 qui fait *aque *ose si con=me sa de/9ation1--qui ne se trompe jamais ou presque jamais1 mo9s qu'elle n'ait le projet de s'amus]1--qui dispose si bi5 les =mes et les proprits de la matire qu'elle emploie1 soit qu'elle en veuille faire une *>rue1 un vilebrequ9 ou une p]ruque2--qui modle *aque crature1 ft-ce un oison1 de manire qu'il ne lui manque ri52--il sembl]oit trange1 dis-je1 que cette nature1 si habile en t\te autre *ose1 ne ft que des bal\rdises qu& il s'agit d'une affaire aussi simple que celle d'assortir un homme et une femme4 ,cela vi5droit-il du *oix de l'argile1 qui se gte s\v5t au feu8 d'o il rsulte qu'un homme a trop d'un ct ce qui lui manque de l'autre1 et p*e p> trop ou p> trop peu de *aleur4--,cette gr&e ouvrire donn]oit-elle trop peu d'att5tion ces petits dtails platoniques de la moiti de l'espce p\r laquelle elle a fabriqu l'autre8--,peut-tre aussi que s\v5t elle ne sait pas quelle espce de m>i on lui dem&e4 ,mais laissons ces hypo?ses2 n\s en raisonn]ons aprs s\p]4-- ,il suffit que l'obs]vation en elle-mme1 et les raisonnem5s auxquels elle donne lieu1 lo9 de ri5 expliqu]1 ne s]v5t qu' t\t embr\ill]4 ,en effet1 considr] att5tivem5t mon oncle ,tobie1 y avoit-il jamais eu quelqu'un mieux taill p\r le m>iage8 ,la nature l'avoit ptri de son argile la plus pure et la plus d\ce2--elle avoit rempli ses vaisseaux de lait2--elle avoit anim ses p\mons du s\ffle le plus pur2--t\t en lui toit bon1 huma91 gnreux4--,la vrit et la confiance habitoi5t dans son cur1 dont t\tes les av5ues toi5t une communication t\j\rs ouv]te1 t\j\rs active des s]vices les plus obligeans1 des bi5faits les plus t5dres4--,enf9 la nature1 en le comblant de ses dons1 n'avoit po9t oubli p\r quelles f9s le m>iage toit in/itu4--,en consqu5ce444 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 --444-- ,et la blessure de mon oncle ,tobie n'avoit po9t annull la donation4-- ,cep5dant ce d]ni] article avoit je ne sais quoi de l\*e et d'apocryphe4 ,or le diable qui1 comme on sait1 e/ l'ennemi de la foi1 avoit lev ce sujet quelques scrupules dans l'esprit de ,mi/riss ,wadman2 et d'un autre ct 7en vrai diable qu'il toit7 il avoit *ang aux yeux de la veuve les autres v]tus de mon oncle ,tobie en b\teilles vides1 en vieilles gu5illes1 en pant\fles et en vieilles culottes4-- ,,*apitre ,,lxxxvii4 ,ne t'en fie qu' toi seul4 ,mi/riss ,brigitte avoit engag t\t le petit fonds d'honneur que peut avoir une s\brette1 qu'elle sauroit t\t le dtail de l'affaire avant qu'il ft huit j\rs2 et elle se fondoit sur une supposition qui toit en soi trs-probable4 ,trim1 avoit-elle dit1 ne manqu]a pas de me faire sa c\r1 t&is que le capita9e f]a la si5ne madame2 et je le trait]ai de sorte qu'il me dira t\t4 ,l'amiti a deux vtem5s2 l'un de dessus et l'autre de dess\s4 ,brigitte s]voit les intrts de sa matresse avec l'un1 et faisoit la *ose qui lui plaisoit le plus avec l'autre4 ,le diable lui-mme n'auroit pas eu plus beau jeu qu'elle a s'assur] de la blessure de mon oncle ,tobie4-- ,p\r ,mi/riss ,wadman1 elle n'avoit qu'un moy51 mais il toit sr4 ,de sorte que 7sans rejett] l'(fre de ,brigitte1 ni mpris] ses tal5s7 elle se dt]m9a j\] son jeu elle-mme4 ,elle n'avoit pas beso9 de t\t son tal5t4 ,un enfant auroit tromp mon oncle ,tobie au jeu4 ,il connoissoit pe9e les c>tes1--et laissoit voir son jeu tant qu'on v\loit4--,le pauvre homme v9t se livr] lui-mme la veuve en se plaant sur son sopha1 mais tellem5t sans df5se et sans dfiance1 qu'un cur gnreux auroit r\gi d'en abus]4 ,mais quittons la mtaphore4 ,,*apitre ,,lxxxviii4 ,m>ie4 ,ma foi quittons l'hi/oire aussi1 s'il v\s plat4 ,c> quoique j'aie eu la plus gr&e hte d'arriv] cet endroit de mon ouvrage2 quoique je l'aie annonc et que je le reg>de encore comme le morceau le plus exquis que j'aie donn] au public1 ma9t5ant que m'y voil1 je v\drois que quelqu'un prt la plume et a*evt l'hi/oire ma place4 ,je vois t\tes les difficults qui se prs5t5t1 et je s5s la foiblesse de mon tal5t4-- ,j'ai p\rtant une petite ress\rce4--,c'e/ que l'on m'a tir cette sema9e v+t-quatre onces de sang1 cause d'une fivre t]rible dont j'ai t attaqu en comm5ant ce *apitre2 de sorte qu'il me re/e quelques esprance que ma c]velle se tr\vant plus dgage1 mes vaisseaux mo9s t5dus444 ,dans t\s les cas1 une invocation ne sauroit nuire4 ,je m'ab&onne donc entirem5t celui que j'invoque2 c'e/ lui m'inspir] ou m'inject] ce qu'il croira de meilleur4 ,,invocation4 ,aimable et d\x gnie1 qui conduisis jadis la plume de mon ami ,c]vantes2--toi qui te glissois p> sa jal\sie1 et qui1 p> ta prs5ce1 *angeois en un beau j\r le crpuscule de sa retraite2--toi qui v]sois le nect> des dieux ce *>mant auteur qu'ils avoi5t anim de leur esprit2--toi enf9 qui le c\vris de tes ales p5dant qu'il traoit le portrait de ,san*o et de son av5tureux matre1--et qui veillas con/amm5t p\r le df5dre contre la pauvret et les autres misres de cette vie2--c\te-moi1 je t'en conjure6 reg>de1--vois ces culottes1--ce sont les seules que je possde2 et cette d*irure me fut faite ,lyon p> un ne4 ,vois mes *emises1--en quel tat elles sont6 une p>tie en e/ re/e en ,lomb>die2 je n'en ai rapport que les dbris2 je n'en avois que six1 et une maudite blan*isseuse de ,milan m'en a rogn c9q2 elle croyoit avoir ses raisons1-- la bonne heure4-- ,cep5dant malgr ces accid5s1 malgr un f\rreau de pi/olet qui me fut vol ,si5ne2 malgr deux ufs que l'on m'a fait pay] c9q paules1 l'un ,raddicoss9i1 et l'autre ,cap\e1 je ne tr\ve pas qu'un voyage de ,france et d',italie soit une *ose aussi effrayante que beauc\p de g5s v\droi5t le p]suad]4 ,il y a p>-ci p>-l un peu de mal1 mais ce n'e/ pas trop a*et] le plaisir de p>c\rir ces campagnes riantes1 que la nature semble tal] devant v\s p\r le plaisir de vos yeux4--,il e/ ridicule de p5s] que l'on v\s prs5t]a p\r ri5 des voitures1 que l'on expose tre brises p> v\s et p\r v\s4--,ce sont les deux sols que v\s donnez cet homme qui graisse vos r\es1 qui le mett5t en tat d'avoir du beurre sur son pa94--,n\s sommes en vrit trop exigeans4 ,eh quoi6 p\r tr5te ou qu>ante sols que l'on v\s dem&]a de trop p\r votre s\p] et votre lit1 votre philosophie s]a dconc]te6 ,qu'e/-ce donc qu'un s*ell+ et quelques sols6 ,payez1--p\r l'am\r de ,dieu et p\r le vtre2 payez1--et payez les deux ma9s ouv]tes1 plutt que de laiss] le mcont5tem5t s'asseoir sur le front de votre belle htesse et de ses demoiselles1 qui se ti5dront d'un air afflig sur la porte de l'aub]ge au mom5t de votre d"p4--,d'ailleurs1 mon *] monsieur1 le bais] frat]nel que *acune d'elles v\s auroit donn1 ne valoit-il pas mieux que vos v+t sols8-- mon gr du mo9s4-- ,p5dant mes voyages j'avois la tte remplie des am\rs de mon oncle ,tobie4 ,c'toit comme si j'eusse t am\reux moi-mme4--,j'tois dans un tat p>fait de bont et de bi5veillance2 *aque m\vem5t de ma *aise je s5tois en moi la vibration dlicieuse de la plus d\ce h>monie4 ,il m'toit indiffr5t que la r\te ft unie ou raboteuse2 t\t ce que je voyois1 t\t ce que j'ent5dois1 t\*oit t\j\rs quelque ressort secret de s5tim5t ou de plaisir4-- ,un soir2--c'toit les plus d\x sons que j'eusse jamais ent5dus4--,je baissai ma glace p\r les mieux ent5dre4 ,c'e/ ,m>ie#a1 me dit le po/illon1 obs]vant que j'c\tois4--,pauvre ,m>ie1 cont9ua-t-il1 en se p5*ant de ct1 p>ce que son corps m'emp*oit de la voir6 ,elle e/ assise sur un banc1 j\ant son hymne du soir sur son *alumeau1 et sa petite *vre ct d'elle4 #a ,dans la traduction du ,voyage ,s5tim5tal1 le traducteur a *ang le nom de ,m>ie en celui de ,juliette2 il a transport la scne de ,m\l9s ,amboise4 ,on a cons]v la pauvre ,m>ie son nom et son pays1 que ,/]ne appelle dans son ,voyage ,s5tim5tal1 la plus d\ce p>tie de la ,france4 7,note de l'diteur74 ,en me p>lant de ,m>ie1 le po/illon avoit l'air si t\*1 le son mme de sa voix annonoit un cur si compatissant1 que je me promis de lui donn] une pice de v+t-quatre s\s en arrivant ,m\l9s4-- ,et qui e/ la pauvre ,m>ie1 lui dis-je8-- ,l'am\r et la piti de t\s les villages d'al5t\r1 dit le po/illon4--,il y a trois ans que le soleil ne luit plus p\r cette fille si belle1 si aimable1 si spirituelle4--,sa raison e/ g>e4--,pauvre ,m>ie1 rpta-t-il1 tu mritois un meilleur sort6 ,devois-tu voir a9si tes bans arrts p> les intrigues du vicaire de ta p>oisse8 ,il alloit cont9u]1 qu& ,m>ie1 aprs un mom5t de sil5ce1 reprit son *alumeau1 et recomm5a son air4--,c'toit les mmes sons2 p\rtant ils toi5t dix fois plus d\x4--,c'e/ l'hymne de la ,vi]ge1 dit le jeune homme2 c'e/ celle qu'elle *ante t\s les soirs4 ,mais d'o la sait-elle8 ,mais qui lui a montr j\] du *alumeau8 ,c'e/ ce que n\s ne savons pas2 n\s croyons que le ciel qui la protge lui a mnag cette foible consolation4--,depuis qu'elle n'a plus l'usage de sa raison1 c'e/ la seule qui lui re/e4 ,elle ne quitte jamais son *alumeau2 et j\r et nuit elle j\e cette prire que v\s ent5dez4 ,le po/illon me raconta t\t cela d'un air si honnte1 avec une loqu5ce si naturelle1 que malgr moi1 je crus app]cevoir en lui quelque *ose au-dessus de son tat2 et j'aurois v\lu savoir sa propre hi/oire1 si la pauvre ,m>ie ne s'toit pas entirem5t emp>e de moi4-- ,cep5dant n\s appro*ions du banc o ,m>ie toit assise4 ,elle toit vtue de blanc2 ses *eveux relevs en deux tresses1 et ratta*s s\s un rseau de soie1 avec quelques feuilles d'olivi] places sur le ct d'une manire assez biz>re4--,elle toit belle2 et si j'ai jamais pr\v dans t\te sa =ce la d\leur d'un cur honnte1 ce fut en voyant la pauvre ,m>ie4 ,le ciel ait piti d'elle1 dit le po/illon6 pauvre fille6 ,on a fait dire plus de c5t messes dans t\tes les p>oisses et t\s les c\v5s d'al5t\r2 mais sans effet4--,comme sa raison lui revi5t p> petits int]valles1 n\s esprons encore qu' la f9 la sa9te ,vi]ge la gurira4 ,mais ses p>5s1 qui en sav5t plus que n\s1 sont t\t--fait sans esprance1 et croi5t que sa raison e/ p]due p\r t\j\rs4 ,comme le po/illon p>loit1 ,m>ie fit une cad5ce si mlancolique1 si t5dre1 si pla9tive1--que je m'lanai de ma *aise p\r c\rir elle1 je me tr\vai assis entre elle et sa *vre1 avant d'tre rev5u de mon extase4 ,m>ie me fixa att5tivem5t1--puis reg>da sa *vre1--et puis rev9t moi1--et puis sa *vre1--et cont9ua a9si p5dant quelque temps4 ,eh bi56 ,m>ie1 lui dis-je d\cem5t1 quelle ressemblance tr\vez-v\s8 ,je supplie le c&ide lecteur de croire que je ne fis cette "q1 que d'aprs l'humble conviction o je suis1 que l'homme n'e/ pas si loign de l'animal qu'on le p5se4--,je le supplie de croire surt\t1 que1 p\r t\t l'esprit de ,rabelais1 je n'aurois pas v\lu laiss] *app] une plaisant]ie dplace en la vnrable prs5ce de la misre4--,et cep5dant1--mon cur m'a repro* cette "q faite ,m>ie1 qu& je me la suis rappele4--,il me l'a repro*e si vivem5t1 que j'ai jur de ne vivre dsormais que p\r la sagesse1 et de ne prononc] le re/e de mes j\rs que de graves s5t5ces4--,et jamais1 jamais1 quelque ge que je p>vi5ne1 il ne m'*app]a de dire une plaisant]ie devant homme1 femme1 ni enfant4 --,quant en crire6--oh6 je crois que j'ai fait une rs]ve exprs2 j'en pr5ds le public p\r juge4 ,adieu1 ,m>ie1--adieu1 pauvre in=tune4--,un temps vi5dra1 mais non pas auj\rd'hui1 que je p\rrai ent5dre tes malheurs de ta propre b\*e444 ,je me trompois4--,en ce mom5t mme elle prit son *alumeau1 et m'apprit une suite de malheurs et de dtails si t\*ans1 que je regagnai ma *aise d'un pas inc]ta9 et *ancelant1 sans avoir la =ce de l'c\t] davantage4-- --,il y a1 ma foi1 ,m\l9s une excell5te aub]ge4--,arrtez-v\s y cep5dant le mo9s que v\s p\rrez4 ,,*apitre ,,lxxxix4 ,qu& n\s s]ons la f9 de ce *apitre1 et non pas plutt1 n\s revi5drons sur nos pas p\r repr5dre ces deux *apitres en blanc1 qui me font saign] le cur depuis une demi-heure4--,mais aup>avant1 s\ffrez que j'te une de mes pant\fles jaunes1 et que je la lance de t\te ma =ce l'autre b\t de ma *ambre1 en dcl>ant3 ,qu'il e/ trs-inc]ta9 que ce que je vais crire ressemble ce que j'ai dj crit4-- ,c'e/ -peu-prs comme l'cume du *eval de ,protogne4 ,je jette ma pant\fle comme il jeta son ponge4--,il en arrive ce qui peut4--,d'ailleurs1 messieurs1 je reg>de avec respect un *apitre en blanc4 ,je songe qu'il y en a d'inf9im5t plus mauvais2--je rem>que que la satyre ne peut tr\v] y mordre4-- ,e/-ce p\r cela que v\s en avez saut deux sans les remplir8 ,non4 ,ici1 je m'att5ds tre trait de sot1 de f\1 d'imbcille1 recevoir les pi?tes les plus injurieuses1 les plus mprisantes2 mais je les p>donne mes critiques4 ,p\voi5t-ils prvoir en effet que j'tois dans la ncessit =ce d'crire mon quatre-v+t-neuvime *apitre avant le quatre-v+t-deuxime8 ,a9si1 je ne me f*e po9t contre ces messieurs4 ,t\t ce que je dsire1 c'e/ que ceci puisse s]vir de leon1 et qu' l'av5ir on laisse les g5s cont] leurs hi/oires leur mode4 ,,*apitre #hb4 ,dcl>ation d'am\r4 ,le caporal avoit pe9e laiss tomb] le m>teau1 que la porte s'ouvrit2 et mon oncle ,tobie fit son entre dans la salle si brusquem5t1 que mi/riss ,wadman n'eut que le temps de sortir de d]rire le rideau1 de pos] une bible sur la table1 et de faire deux ou trois pas au-devant de lui4 ,mon oncle ,tobie salua mi/riss ,wadman1 de la manire dont les hommes saluoi5t les femmes en l'an de notre ,seigneur mil sept c5t treize4--,ensuite il se releva1 et1 m>*ant de front avec elle1 il la conduisit jusqu'au sopha2--et non pas aprs qu'elle fut assise1 ni avant qu'elle s'asst1 mais p5dant qu'elle s'asseyoit1 il lui dit en trois mots1 qu'il toit am\reux4--,on ne p\voit assurm5t press] davantage une dcl>ation4-- ,mi/riss ,wadman baissa les yeux sans affectation1 et reg>da quelque temps une reprise qu'elle v5oit de faire son tabli]1 en att5dant ce qui alloit suivre4--,mais mon oncle ,tobie toit absolum5t sans tal5t p\r l'amplification2 et1 de t\tes les matires1 l'am\r toit celle o il toit le mo9s v]s4 ,qu& il eut dit une fois la veuve ,wadman qu'il toit am\reux1 il s'en t9t-l1 et att5dit paisiblem5t que la *ose oprt4-- ,mon oncle ,tobie n'a jamais compris ce que mon pre v\loit dire p>-l4 ,p\r moi1 je n'en p>le que p\r combattre une erreur que je sais tre extrmem5t rp&ue1--surt\t en ,france1 o l'on e/ presque aussi p]suad que de la prs5ce relle1 que p>l] d'am\r1 c'e/ le faire4 --,je dem&ois un j\r un c]ta9 m>quis1 comm5t il s'y pr5droit p\r faire du p\d+ avec la mme recette8-- ,mais p\rsuivons4--,mi/riss ,wadman s'assit1 en att5dant que mon oncle ,tobie cont9ut2 et re/a a9si quelques m9utes1 jusqu' ce qu'enf9 le sil5ce de "p et d'autre1 dev5ant en quelque sorte indc5t1 elle se rappro*a un peu de lui1 leva les yeux en r\gissant demi1 et ramassa le gant1--ou1 si v\s l'aimez mieux1 elle reprit le disc\rs1 et rpondit a9si mon oncle ,tobie4 ,les so9s et les inquitudes de l'tat du m>iage1 dit mi/riss ,wadman1--sont s\v5t extrmes4--,je les suppose tels1 dit mon oncle ,tobie4--,et qu& on e/ aussi son aise que v\s1 cont9ua mi/riss ,wadman1--aussi heureux1 capita9e ,%&y1 et p> v\s-mme1 et p> vos amis1 et p> vos amusem5s1--je ne conois pas en vrit quelles raisons peuv5t v\s engag] *ang] d'tat4-- ,ces raisons1 dit mon oncle ,tobie1 se tr\v5t t\t au long dans un livre de prires4 ,jusques-l mon oncle ,tobie s'avanoit avec ordre1 t5ant la ple9e m]1 et laissant mi/riss ,wadman l\voy] sur le golphe4-- ,quant aux enfans1 dit mi/riss ,wadman1 quoique ce soit peut-tre la f9 pr9cipale du sacrem5t1 et sans d\te le dsir naturel de t\s les p>5s1--cep5dant il faut conv5ir que les pe9es qu'ils n\s caus5t sont assures1 et les consolations qu'ils n\s promett5t inc]ta9es4--,eh6 comm5t1 mon *] monsieur1 n\s pai5t-ils de t\s les maux d'une grossesse8 ,quelle comp5sation ses vives et t5dres al>mes1 peut espr] la mre s\ffrante et foible qui les met au monde8--,je dcl>e1 dit mon oncle ,tobie1 mu de piti1 je dcl>e que je n'en connois aucune1 si ce n'e/ le plaisir de faire une *ose agrable ,dieu4-- ,babiole1 dit la veuve ,wadman6-- ,,*apitre #hc4 ,proposition de m>iage4 ,or1 il y a une inf9it de notes1 de tons1 de dialectes1 de *ants1 d'airs1 de m9es et d'acc5s1 dans lesquels le mot babiole peut tre prononc1--t\j\rs sur un sujet du g5re de celui-ci1 et t\j\rs avec des s5s aussi diffr5s l'un de l'autre que le j\r l'e/ de la nuit2--il y a1 dis-je1 tant de v>its dans la prononciation de ce mot1 que les casui/es 7c> ils en font une affaire de consci5ce7 n'en compt5t pas mo9s de v+t mille1 qui peuv5t tre ou innoc5tes ou crim9elles4 ,la manire dont mi/riss ,wadman pronona babiole1 fit mont] le feu aux j\es mode/es de mon oncle ,tobie4 ,il s5tit qu'il avoit dit une sottise1 quoiqu'il ne st pas trop laquelle4 ,il s'arrta t\t c\rt1 et sans discut] davantage les pe9es et les plaisirs du m>iage1 il posa la ma9 sur son cur1 et (frit la veuve de les pr5dre tels qu'ils toi5t1 et de les p>tag] avec elle4-- ,qu& mon oncle ,tobie eut fait sa proposition1 il crut en avoir assez dit2 il jeta les yeux sur la bible que mi/riss ,wadman avoit pose sur sa table2 il l'ouvrit ma*9alem5t1 et tombant 7le *] homme7 sur le passage1 qui1 de t\s les passages de l'criture1 p\voit l'intress] davantage1--sur le sige de ,jri*o2--il se mit le lire d'un b\t l'autre1 laissant opr] sa proposition de m>iage1 comme il avoit fait sa dcl>ation d'am\r4-- --,or1 sa proposition n'opra ni comme a/r+5t1 ni comme l'opium1 ou le qu9qu9a1 ou le m]cure1 ou la manne1 ou t\te autre drogue dont la nature a fait prs5t l'homme4--,elle n'opra pas du t\t2--et cela p> la raison que quelqu'autre *ose avoit dj opr4 ,babill>d que je suis6 je c\rs t\j\rs au-devant de mon sujet2--j'anticipe t\s les vnem5s2--mais me voici dans la *aleur de l'action1 il faut all]4 ,,*apitre ,,xc4 ,au fait4 ,il e/ trs-naturel un trang] qui va de ,londres ,edimb\rg1 de s'in=m] avant de p>tir quelle di/ance e/ ,york1 qui fait -peu-prs la moiti du *em94 ,on ne s'tonn]a mme pas s'il p\sse ses que/ions plus lo91 et s'il dem&e des dtails sur la =ce1 la gr&eur1 la population1 et les ress\rces de cette ville1 p> laquelle il doit ncessairem5t pass]4 ,de mme il toit naturel la veuve ,wadman1 dont le premi] m>i toit afflig d'une sciatique cont9uelle1 de desir] connotre quelle di/ance l'ane se tr\ve de la han*e1 et si elle avoit plus gagn] qu' p]dre entre la blessure de mon oncle ,tobie et la sciatique de son premi] m>i4-- ,en consqu5ce elle avoit lu l'anatomie de ,drake d'un b\t l'autre2 elle avoit p>c\ru le trait de ,w>ton sur la moelle alonge2 et avoit mme emprunt l'ouvrage de ,graaf sur les os et sur les muscles2 mais t\t cela sans fruit4 ,elle avoit fait des raisonnem5s p]te de vue1--pos des pr9cipes1--tir des consqu5ces1--elle avoit t\j\rs *\ la conclusion4 ,p\r mieux s'claircir1 elle avoit dem& deux fois au docteur ,slop si le pauvre capita9e ,%&y avoit quelque esprance de gurison4 ,il e/ guri1 disoit le docteur ,slop4-- ,quoi6 t\t--fait8-- ,t\t--fait1 madame4-- ,mais qu'ent5dez-v\s p> guri1 disoit la veuve ,wadman8 ,le docteur ,slop toit le plus pauvre homme du monde p\r les df9itions2 a9si elle ne put tir] de lui aucune connoissance c]ta9e4--,il ne lui re/oit plus qu'une ress\rce1 c'toit de s'adress] mon oncle ,tobie lui-mme4 ,il y a p\r les que/ions de cette nature un acc5t d'humanit qui endort le s\pon2 et je suis presque sr que ce fut cet acc5t que le s]p5t employa dans sa conv]sation avec ,eve4 ,c> la prop5sion qu'a le sexe se laiss] tromp]1 ne sauroit tre si gr&e1 que notre bonne mre et eu l'effront]ie de caquet] avec le diable1 si le diable n'y et pas mis de l'adresse4-- ,mais il y a un acc5t d'humanit1--comm5t le dcrirai-je8 ,c'e/ un acc5t qui c\vre t\t d'un voile1 et qui donne le droit de faire des que/ions1 avec autant de dtails et de p>ticul>its qu'un *irurgi54-- ,n'y avoit-il po9t de rel*e8--,en s\ffroit-il mo9s au lit8--,se c\*oit-il galem5t sur les deux cts8--,p\voit-il mont] *eval8--,le m\vem5t lui toit-il contraire8--etc4-- ,t\t cela toit dit si t5drem5t1 t\t cela toit si bi5 dirig v]s le cur de mon oncle ,tobie1 que *acune de ces rem>ques y pntroit dix fois plus avant que sa blessure elle-mme n'avoit jamais fait4--,mais qu& ,mi/riss ,wadman prit la r\te de ,namur p\r arriv] l'ane de mon oncle ,tobie2--qu& elle le conduisit l'attaque de la po9te de la contresc>pe avance1--et bi5tt l'pe la ma91 ple-mle avec les ,holl&ois1 s'emp>ant de la contre-g>de du ba/ion de ,sa9t-,ro*2--lorsqu'enf91 avec le son de voix le plus t5dre1 elle le sortit t\t sanglant de la tran*e1 le t5ant p> la ma91 et s'essuyant les yeux t&is qu'on le ram5oit dans sa t5te444--ciel6 t]re6 m]6 t\t s'anima en lui1--les s\rces de la nature s'levr5t au-dessus de leur niveau1--l'ange de la piti s'assit ct de lui sur le sopha1 son cur toit embrs1--il regrettoit de n'en avoir pas mille1 p\r les mettre t\s aux pi$s de ,mi/riss ,wadman4-- ,il y a des explications qui veul5t tre prcises2 et ,mi/riss ,wadman ne p\voit s\ffrir les rponses vagues4-- ,et en quel endroit1 mon *] monsieur1 dit-elle1 retes-v\s cette maudite blessure8 ,en faisant cette "q1 ses yeux se portr5t sur les culottes de plu*e r\ge de mon oncle ,tobie1 et la hauteur de la ce9ture1---peu-prs v]s la rgion de l'ane2 s'att5dant1 avec assez de vraisemblance1 que mon oncle ,tobie1 p\r tre plus prcis dans sa rponse1 alloit lui dsign] la place avec son doigt4 ,il en arriva autrem5t2 c> mon oncle ,tobie1 qui avoit reu sa blessure devant la porte ,sa9t-,nicolas1 dans une des trav]ses de la tran*e1 vis--vis l'angle saillant du demi-ba/ion de ,sa9t-,ro*1--et qui p5dant trois ans1 avoit tudi cette position sur la gr&e c>te de ,namur1--toit p>v5u p\voir volont fi*] une p+le sur la motte mme de t]re o il avoit reu l'clat de pi]re4 ,ce fut l ce qui frappa sur le *amp le s5sorium de mon oncle ,tobie4 ,il se rappela en mme-temps sa gr&e c>te de la ville et citadelle de ,namur et de ses environs1 qu'il avoit a*ete et colle sur toile l'aide du caporal p5dant sa longue maladie4--,il se ress\v9t que depuis sa convalesc5ce il l'avoit place dans son gr5i] avec quelques autres meubles militaires444 ,je vais v\s le montr]1 madame1 dit mon oncle ,tobie4 --,il dp*a le caporal p\r all] *]*] sa c>te4 ,mon oncle ,tobie1 avec les ciseaux de ,mi/riss ,wadman1 mesura tr5te toises depuis le ret\r de l'angle devant la porte ,sa9t-,nicolas1 et posa le doigt de la veuve sur l'endroit fatal1 avec une mode/ie si virg9ale1 que la desse de la dc5ce 7si elle se tr\va l1 s9on ce fut son image7 que la desse1 dis-je1 de la dc5ce admira tant de ret5ue1 et passant son doigt sur ses yeux1 fit signe la veuve de ne pas relev] la mprise de mon oncle ,tobie4 ,malheureuse6 trois fois malheureuse madame ,wadman6-- ,il n'y avoit qu'une apo/rophe qui pt sauv] la langueur de la f9 de ce *apitre4--,mais une apo/rophe dans un mom5t si critique1 ne s]oit-elle pas une insulte dguise8--,ciel6 plutt que de faire la plus lgre insulte une femme dans la dtresse1 je donn]ois ce *apitre et t\t l'ouvrage au diable1--p\rv que mes damns de critiques1 qui mont5t la g>de sa porte1 n'allass5t pas s'en emp>]4 ,,*apitre ,,xci4 ,qu'on l'emporte4 ,la c>te de mon oncle ,tobie fut reporte dans la cuis9e4 ,,*apitre ,,xcii4 ,aye1 aye1 aye ,brigitte4 ,et voil la ,meuse1 et ceci e/ la ,sambre1 dit le caporal1 en montrant de la ma9 droite1 et appuyant sa ma9 gau*e sur l'paule de ,brigitte1 mais non pas sur l'paule qui toit de son ct4--,et cela1 dit-il1 c'e/ la ville de ,namur1 et ceci la citadelle4--,l toi5t les ,franois1 et ici j'tois avec monsieur2--et c'e/ dans cette maudite tran*e1 mademoiselle ,brigitte1 dit le caporal en pr5ant sa ma91 qu'il reut la blessure qui lui fracassa la p>tie que voici4 ,en disant ces mots1 il appuya lgrem5t sur la p>tie qu'il dsignoit1 le dos de la ma9 de ,brigitte1 qu'il laissa aussitt retomb]4-- ,n\s p5sions1 monsieur ,trim1 dit ,brigitte1 que le c\p avoit port plus au milieu4-- ,mon ,dieu1 dit le caporal6 n\s aurions t p]dus sans ress\rce4-- ,et ma pauvre matresse aussi1 dit ,brigitte4 ,le caporal l'embrassa p\r t\te rponse4 ,allons1 allons1 dit ,brigitte1 n\s savons ce que n\s savons4 ,en mme-temps1 t5dant sa ma9 gau*e horisontalem5t1 elle fit pass] et repass] dessus plusieurs reprises les doigts de sa ma9 droite1 ce qui ne p\voit se faire que sur un corps absolum5t plat et sans la mo9dre protubrance4--,cela e/ faux1 entirem5t faux1 s'cria le caporal1 sans lui donn] le temps d'a*ev]4-- ,c'e/ un fait1 dit ,brigitte2 et n\s avons sur cela des tmoignages srs4-- ,sur mon honneur1 dit le caporal1 posant sa ma9 sur sa poitr9e1 et r\gissant p> l'effet d'un ju/e ress5tim5t1--c'e/ une hi/oire1 mademoiselle ,brigitte1 aussi fausse que l'enf]4--,ce n'e/ pas1 dit ,brigitte1 en l'int]rompant1 que ma matresse ou moi y mettions la mo9dre importance2 mais comme *acun le si5 n'e/ pas trop1 on e/ bi5 aise1 qu& on se m>ie1 de tr\v] quelqu'un qui il ne manque ri54 ,le caporal crut sans d\te qu'une p>tie du repro*e tomboit sur lui2 c> il s'en ju/ifia aussitt1 et v5gea en mme-temps son matre de la manire la plus complette4--,mais aussi p\rquoi mademoiselle ,brigitte avoit-elle comm5c p> un jeu de ma94 ,,*apitre ,,xciii4 ,il n'e/ po9t d't]nelles d\leurs4 ,de mme que dans une mat9e d'avril on ne sait s\v5t s'il faut att5dre la pluie ou le soleil1--de mme ,brigitte ne sut si elle devoit rire ou pleur]4-- ,elle prit un gros r\leau qu'elle tr\va s\s sa ma94--,la disproportion de cette arme la fit rire4 ,elle posa le r\leau1 et se mit pleur]4 ,et si une seule de ses l>mes et t mle d'am]tume1 le cur honnte du caporal la lui auroit vivem5t repro*e4 ,mais le caporal connoissoit les femmes trois fois mieux que son matre1 et il s'toit conduit suivant ses pr9cipes4 ,je sais1 mademoiselle ,brigitte1 dit le caporal1 en lui donnant le bais] le plus respectueux1 je sais que tu es naturellem5t bonne et mode/e2 et tu z d'ailleurs tant de noblesse et de gnrosit1 que si je te connois bi51 tu ne v\drois pas bless] un insecte1 et encore mo9s l'honneur d'un si digne et si galant homme que mon matre1 qu& tu s]ois sre d'tre comtesse4--,mais1 ma *re ,brigitte1 on t'aura conseille1 et tu auras t trompe1--comme il arrive s\v5t aux femmes de l'tre1 qu& elles se sacrifi5t p\r d'autres4-- ,la rflexion du caporal fit v]s] quelques l>mes ,brigitte4 ,dis-moi donc1 ma *re ,brigitte1 cont9ua le caporal en pr5ant sa ma91 qui p5doit son ct sans m\vem5t1 et en lui donnant un second bais]1--qui t'a pu donn] un s\pon aussi faux8 ,brigitte sanglotta encore un mom5t2--et puis elle ouvrit ses yeux1 que le caporal essuya avec le bas de son tabli]4--,enf9 elle lui ouvrit son cur1 et lui raconta t\t4-- ,,*apitre ,,xciv4 ,discrtion de ,trim4 ,mon oncle ,tobie et le caporal avoi5t p\ss leurs oprations2 *acun de leur ct1 p5dant presque t\te la campagne1 avec aussi peu de communication entre eux1 et avec une p>faite ignorance de leurs m>*es respectives1 que s'ils euss5t t sp>s p> la ,meuse ou la ,sambre4 ,mon oncle ,tobie se prs5toit t\s les j\rs *ez ,mi/riss ,wadman1 tantt avec son habit r\ge et arg5t1 tantt avec son habit bleu et or2 et dans cet quipage il s\t5oit des attaques sans f9 de la "p de la veuve1 sans s'app]cevoir seulem5t que ce fuss5t des attaques2 a9si il n'avoit ri5 communiqu]4 ,mais ,trim avoit pris la place d'assaut2 ce qui lui donnoit un avantage inf9i1 et il auroit eu beauc\p dire2 mais la nature de ses avantages1 et la manire dont il les avoit remports1 dem&oi5t un hi/ori5 plus prcis que ,trim n'auroit os l'tre4--,et quelque pris qu'il ft de la gloire1 il auroit mieux aim re/] t\te sa vie la tte nue et dp\ille de lauri]s1 que de bless] un seul mom5t la mode/ie de son matre4-- ,o le meilleur et le plus honnte des s]viteurs6 mais je crois l'avoir dj apo/roph4--,il ne me re/e plus que ton apo?ose faire1 et je la f]ois l'in/ant mme1 si je ne craignois de faire s\ffrir ta mode/ie4 ,,*apitre ,,xcv4 ,t\t se dc\vre4 ,un soir mon oncle ,tobie1 aprs avoir pos sa pipe sur la table1 comptoit en lui-mme1 et sur le b\t de ses doigts1 en comm5ant p> le p\ce1 t\tes les p]fections de ,mi/riss ,wadman une p> une4--,mais soit qu'il en omt t\j\rs quelqu'une1 soit qu'il en comptt d'autres deux fois1 il s'embr\illoit tellem5t dans son calcul1 qu'il ne p\voit all] au-del du troisime doigt2 ce qui le mettoit dans un emb>ras extrme4 ,trim1 dit-il1 en repr5ant sa pipe1 apporte-moi1 je te prie1 une plume et de l'encre4 ,trim apporta aussi du papi]4-- ,pr5ds-en une gr&e feuille1 ,trim1 dit mon oncle ,tobie1 lui faisant signe en mme-temps avec sa pipe d'avanc] une *aise1 et de s'asseoir prs de la table4--,le caporal obx1 plaa le papi] devant lui1--prit une plume et la trempa dans le cornet4-- ,elle a mille v]tus1 ,trim1 dit mon oncle ,tobie4-- ,monsieur veut-il que je les crive t\tes1 dit le caporal8-- ,mais il faut les pr5dre p> ordre1 rpliqua mon oncle ,tobie4--,de t\tes ces v]tus1 ,trim1 celle qui me t\*e davantage1 et qui me g>antit t\tes les autres1 c'e/ la t\rnure compatissante et l'humanit s+ulire de son c>actre4--,je prote/e1 aj\ta mon oncle ,tobie1 levant les yeux1 et fixant la corni*e de son app>tem5t1 je prote/e1 ,trim1 que qu& je s]ois mille fois son frre1 elle ne m'auroit pas fait des que/ions plus t\*antes et plus rptes sur ma blessure2 quoique la vrit depuis quelque temps elle ne m'en p>le plus4-- ,le caporal laissa pass] la prote/ation de son matre1 et se cont5ta de t\ss] une fois ou deux4 ,il trempa une seconde fois sa plume dans le cornet2 et mon oncle ,tobie lui montrant du b\t de sa pipe l'extrmit suprieure du co9 gau*e de sa feuille de papi]1--le caporal crivit en gros c>actres3 ,,humanit4 ,ds qu'il eut trac ce mot1 caporal1 dit mon oncle ,tobie1 combi5 de fois1 je te prie1 ,brigitte s'e/-elle in=me de la blessure que tu z reue au g5\ la bataille de ,l&58-- ,pas une fois1 dit le caporal4-- ,caporal1 dit mon oncle ,tobie1 d'un ton aussi triomphant que la bont de son naturel p\voit le p]mettre1--cela seul te montre la diffr5ce du c>actre de la matresse et de la suivante4--,si les has>ds de la gu]re m'avoi5t valu une blessure p>eille la ti5ne1 ,mi/riss ,wadman m'en auroit dj dem& *aque circon/ance plus de c5t fois4--,en ce cas1 dit ,trim1 il faut qu'elle ait fait rpt] plus de mille fois monsieur les dtails de sa blessure l'ane4--,p\rquoi1 ,trim1 dit mon oncle ,tobie1 la d\leur tant la mme aux deux endroits1 la compassion doit tre gale4-- ,bont du ciel6 dit le caporal1 qu'e/-ce que la compassion d'une femme peut avoir dml] avec une blessure au g5\8 ,celui de monsieur s'en s]oit all en mille esquilles la bataille de ,l&51 que ,mi/riss ,wadman ne s'en s]oit non plus inquite1 que mademoiselle ,brigitte ne s'e/ inquite du mi54-- ,et la raison1 dit mon oncle ,tobie1 se levant moiti de sa *aise1 et s'appuyant sur la table avec ses deux poignets8--,c'e/1 monsieur1 dit le caporal1 en baissant la voix1 7mais articulant trs-di/9ctem5t7 que le g5\ e/ une gr&e di/ance du corps de la place2 au lieu que l'ane1 comme monsieur le sait trs-bi51 e/ place exactem5t sur la c\rt9e4 ,mon oncle ,tobie se rassit en p\ssant un long s\pir1--mais si bas1 qu' pe9e p\voit-il s'ent5dre trav]s la table4 ,le caporal s'toit avanc trop lo9 p\r recul]2 il dit le re/e son matre en trois mots4 ,mon oncle ,tobie posa sa pipe sur la table1 aussi d\cem5t que s'il et t fil d'une toile d'araigne4 ,allons tr\v] mon frre ,%&y1 dit mon oncle ,tobie4 ,,*apitre ,,xcvi4 ,mon ,pre e/ indign4 ,t&is que mon oncle ,tobie et le caporal sont sur le *em9 du *teau de ,%&y1 il convi5t d'appr5dre au lecteur que ,mi/riss ,wadman1 quelque temps aup>avant1 avoit fait sa confid5ce ma mre1 et que ,brigitte1 qui avoit port] le d\ble f>deau du secret de sa matresse et du si51 s'toit heureusem5t db>rasse de l'un et de l'autre en faveur de ,suzanne d]rire le mur du j>d94 ,ma mre ne vit ri5 dans t\t cela qui mritt de faire tant de bruit4--,mais ,suzanne avoit t\tes les qualits requises p\r divulgu] un secret de famille4 ,elle fit ent5dre celui-ci p> signe ,jona?an2 et ,jona?an tr\va aussi le moy5 de le faire compr5dre la cuis9ire1 p5dant que celle-ci prp>oit des queues de m\ton2 la cuis9ire le v5dit au po/illon avec quelques rogatons du s\p]1 moy5nant quatre pat>ds2 et celui-ci le troqua contre la fille de j\rne1 p\r la mme valeur -peu-prs4--,et quoique le m>* se ft conclu dans le gr5i] fo91 la r5omme s'en toit saisie1 et l'avoit fait ret5tir sur le tot de sa maison avec la trompette d'aira94 ,en un mot1 il n'y eut pas de commre dans t\t le village de ,%&y1 ni c9q milles la ronde1 qui ne st les difficults du sige qu'avoit entrepris mon oncle ,tobie1 et les articles secrets qui ret>doi5t la capitulation4 ,il ne se passoit aucun vnem5t dans le monde1 qui ne f\rnt mon pre le sujet d'une hypo?se4 ,aussi jamais homme ne crucifia la vrit comme lui4--,on v5oit ju/em5t de lui appr5dre t\s les dtails qu'il avoit ignors jusques-l1 au mom5t que mon oncle ,tobie se mit en m>*e p\r l'all] tr\v]4 ,au rcit de l'affront fait son frre1 il prit feu2 et1 sans g>d p\r ma mre qui toit-l prs5te1 il s'ef=a de dmontr] ,yorick1 que non-seulem5t les femmes avoi5t le diable au corps1 et toi5t t\tes lib]t9es au fond de l'ame2--mais encore que1 depuis la premire *ute d',adam jusqu' celle de mon oncle ,tobie inclusivem5t1 t\s les maux et t\s les dsordres arrivs en ce monde1 de quelque g5re ou nature qu'ils puss5t tre1 avoi5t t\j\rs p\r pr9cipe1 av\ ou ca*1 ce mme apptit drgl d'un sexe p\r l'autre4 ,yorick s'ef=oit d'ad\cir l'hypo?se rig\reuse de mon pre1 qu& mon oncle ,tobie fit son entre dans la *ambre4--,la bi5veillance et le p>don toi5t crits sur son visage4--,cette vue ne fit que rallum] la bile de mon pre2 et comme il n'toit pas dlicat sur le *oix de ses expressions qu& il toit en colre1 aussitt que mon oncle ,tobie se fut assis prs du feu1 et qu'il eut rempli sa pipe1 mon pre clata en ces t]mes4 ,,*apitre ,,xcvii et d]ni]4 ,la ,femme et la ,va*e4 ,t\t ce bagage1 dira-t-on1 e/ ncessaire p\r cont9u] l'espce d'une crature aussi gr&e1 aussi sublime1 aussi div9e que l'homme6 ,je le sais1--j'en convi5s1--je suis lo9 de le ni]2--mais un philosophe dit h>dim5t sa p5se2 quant moi1 je p]si/e croire et s\t5ir que c'e/ une piti qu'il faille que notre race se p]ptue p> les moy5s d'une passion qui ravale t\tes nos facults1 fait *\] notre sagesse1 et anantit t\tes les oprations et les comb9aisons de notre ame4--,d'une passion1 ma *re1 cont9ua mon pre en s'adressant ma mre1 qui runit et assimile les sages avec les f\s2 et qui n\s fait sortir de nos cav]nes et de nos retraites plutt comme des satyres et des animaux1 que comme des hommes4 ,je sais que l'on me dira1 cont9ua mon pre1 employant la prolepsie1 qu'en lui-mme et dp\ill de ses accessoires1 ce beso9 e/ comme la faim1 la soif1 le sommeil1 et ne peut tre reg>d comme bon ni comme mauvais1 comme honteux ni autrem5t4--,mais p\rquoi donc la dlicatesse de ,diogne et de ,platon s'en e/-elle si =t rvolte8 ,p\rquoi n'osons-n\s n\s y livr] que dans les tnbres8 ,p\rquoi ses my/res1 ses prp>ations1 ses in/rum5s1 enf9 t\t ce qui y a rapport1 ne peut-il tre dcemm5t exprim p> aucun langage1 aucune traduction1 aucune priphrase quelconque8 ,l'action de tu] un homme et de le dtruire1 cont9ua mon pre1 en haussant la voix et s'adressant mon oncle ,tobie1--cette action1 v\s le savez1 passe p\r glorieuse4 ,les armes que n\s y employons sont honorables2 n\s les portons firem5t sur l'paule2 n\s les laissons p5dre orgueilleusem5t notre ct2 n\s les dorons2 n\s les gravons2 n\s les cizelons2 n\s les enri*issons4--,eh quoi6 n\s prodiguons des ornem5s la culasse mme d'un coqu9 de canon4 ,mon oncle ,tobie posa sa pipe p\r t*] d'obt5ir une meilleure pi?te2 et ,yorick se levoit p\r battre en ru9e t\te l'hypo?se de mon pre4-- ,qu& ,obadiah entra brusquem5t dans la salle1 se plaignant amrem5t1 et dem&ant gr&s cris qu'on v\lt bi5 l'ent5dre sur-le-*amp4 ,voici l'av5ture4 ,mon pre1 soit p> les anci5nes c\tumes de l'endroit1 soit comme possesseur de dixmes considrables1 toit oblig d'entret5ir un taureau p\r le s]vice de la p>oisse2 or ,obadiah avoit m5 sa va*e r5dre une visite audit taureau1 je ne sais quel j\r de l't prcd5t4-- ,je dis1 je ne sais quel j\r2 mais le has>d avoit v\lu que ce ft le mme o il avoit p\s la s]vante de mon pre2 a9si une poque s]voit rappel] l'autre4 ,donc qu& la femme d',obadiah acc\*a1 ,obadiah r5dit graces ,dieu4-- --,a prs5t1 dit ,obadiah1 j'aurai bi5tt un veau4 ,et t\s les j\rs ,obadiah r5doit visite sa va*e4-- ,elle f]a veau lundi ou m>di1--ou m]cr$i au plus t>d4 ,la va*e ne fit po9t de veau4 ,ce s]a donc p\r la sema9e pro*a9e2 ma va*e t>de furieusem5t long-temps6 --,jusqu' la f9 de la sixime sema9e les s\pons d',obadiah1 qui toit bon homme1 tombr5t sur le taureau4 ,a dire la vrit1 comme la p>oisse toit =t t5due1 la vigueur du taureau de mon pre n'toit pas proportionne son dp>tem5t4 ,il avoit cep5dant1 je ne sais comm5t1 obt5u la confiance publique2 et comme il s'acquittoit de son devoir avec beauc\p de gravit1 mon pre en avoit la plus haute op9ion4 ,sauf le respect que je dois monsieur1 dit ,obadiah1 t\t le monde dit ici que c'e/ la faute de son taureau4-- ,la va*e ne s]oit-elle pas /rile1 dit mon pre1 en se t\rnant v]s le docteur ,slop8-- ,cela s]oit sans exemple1 dit le docteur ,slop4--,mais il s]oit possible que sa femme ft acc\*e avant t]me4--,dis-moi1 l'ami1 aj\ta le docteur ,slop1 ton enfant a-t-il des *eveux sur la tte8-- ,comme moi1 dit ,obadiah4--,il y avoit trois sema9es que le coqu9 n'avoit t ras4 --,ouais1 dit le docteur ,slop6 ,eh bi56 ne voil-t-il pas1 s'cria mon pre1 mon taureau1 frre ,tobie1 mon pauvre taureau1 qui e/ aussi bon taureau qu'il y en ait jamais eu1 et qui au temps jadis et t le fait de la belle ,europe8--,mon taureau1 qui1 s'il et eu deux jambes de mo9s1 auroit p tre reu docteur1 ce m>aud-l1 plutt que de s'en pr5dre sa femme444-- ,mon ,dieu1 dit ma mre6 qu'e/-ce donc que t\te cette hi/oire8-- ,celle d'une femme qui acc\*e trop-tt1 dit ,yorick1 et d'une va*e qui acc\*e trop t>d2 et une des meilleures en ce g5re que j'aie jamais ent5dues4 ,f9 du ,tome quatrime4 ,,table ,,des ,,*apitres ,cont5us dans ce ,volume4 ,*ap4 ,i4 ,le pauvre et son *i54 ,page #a ,*ap4 ,,ii4 ,sommeil drang4 #f ,*ap4 ,,iii4 ,entre ,p>is4 #aj ,*ap4 ,,iv4 ,description de ,p>is4 #ab ,*ap4 ,v4 ,d"p de ,p>is4 #ac ,*ap4 ,,vi4 ,comm5t m'y pr5dre8 #ae ,*ap4 ,,vii4 ,hi/oire de l'abbesse des ,&\illettes4 #ag ,*ap4 ,,viii4 ,suite de l',hi/oire de l'abbesse des ,&\illettes4 #be ,*ap4 ,,ix4 ,suite de l',hi/oire de l'abbesse des ,&\illettes4 ibid4 ,*ap4 ,x4 ,suite de l',hi/oire de l'abbesse des ,&\illettes4 #bg ,*ap4 ,,xi4 ,f9 de l',hi/oire de l'abbesse des ,&\illettes4 #bi ,*ap4 ,,xii4 ,ballet4 #ca ,*ap4 ,,xiii4 ,aux]re4 #cc ,*ap4 ,,xiv4 ,je ne sais plus o j'en suis4 #dj ,*ap4 ,,xv4 ,lyon4 #da ,*ap4 ,,xvi4 ,vexation4 #dd ,*ap4 ,,xvii4 ,les deux amans4 #dg ,*ap4 ,,xviii4 ,l',ane4 #ea ,*ap4 ,,xix4 ,le ,commis4 #ef ,*ap4 ,,xx4 ,gr&e dispute4 #eg ,*ap4 ,,xxi4 ,la paix e/ faite4 #ei ,*ap4 ,,xxii4 ,tablettes p]dues4 #fb ,*ap4 ,,xxiii4 ,elles sont tr\ves4 #fc ,*ap4 ,,xxiv4 ,papillotes4 #fe ,*ap4 ,,xxv4 ,la colique4 #fg ,*ap4 ,,xxvi4 ,le tombeau des amans4 #fi ,*ap4 ,,xxvii4 ,je suis sur le pont d',avignon4 #gj ,*ap4 ,,xxviii4 ,pla9es sans f94 #gb ,*ap4 ,,xxix4 ,jeannette4 #gd ,*ap4 ,,xxx4 ,la *ose impossible4 #ha ,*ap4 ,,xxxi4 ,ma m?ode en crivant4 #hc ,*ap4 ,,xxxii4 ,mo9s que ri54 #hd ,*ap4 ,,xxxiii4 ,mon oncle ,tobie rep>ot4 #he ,*ap4 ,,xxxiv4 ,sur les buveurs d'eau4 #hf ,*ap4 ,,xxxv4 ,je m'embr\ille4 #hh ,*ap4 ,,xxxvi4 ,qu'on ne m'int]rompe plus4 #ia ,*ap4 ,,xxxvii4 ,j'entre t\t de bon en matire4 #ib ,*ap4 ,,xxxviii4 ,adieu l'tiquette4 #id ,*ap4 ,,xxxix4 ,am\rs de mon oncle ,tobie avec la veuve ,wadman4 #ih ,*ap4 ,,xl4 ,je bats la campagne4 #ii ,*ap4 ,,xli4 ,ri54 #aja ,*ap4 ,,xlii4 ,diatribe contre l'am\r4 #ajb ,*ap4 ,,xliii4 ,description topographique4 #ajd ,*ap4 ,,xliv4 ,div]ses faons de brl] une *&elle4 #aje ,*ap4 ,,xlv4 ,attaques de la veuve ,wadman4 #ajg ,*ap4 ,,xlvi4 ,relique de mon oncle ,tobie4 #aab ,*ap4 ,,xlvii4 ,hlas4 #aac ,*ap4 ,,xlviii4 ,am\rs de ,trim4 #aae ,*ap4 ,,xlix4 ,la ,bgu9e4 #acf ,*ap4 ,l4 ,trim s'enflamme4 #ada ,*ap4 ,,li4 ,trim succombe4 #adb ,*ap4 ,,lii4 ,la veuve ,wadman *ange son plan d'attaque4 #adf ,*ap4 ,,liii4 ,pr5ds g>de1 oncle ,tobie6 #adh ,*ap4 ,,liv4 ,il n'y voit ri54 #aej ,*ap4 ,,lv4 ,un cl\ ne *asse pas l'autre4 #aeb ,*ap4 ,,lvi4 ,confid5ce4 #aee ,*ap4 ,,lvii4 ,plan de campagne4 #aef ,*ap4 ,,lviii4 ,il n'omet ri54 #aei ,*ap4 ,,lix4 ,la toilette s]a complte4 #afj ,*ap4 ,,lx4 ,l'ne et le calif\r*on4 #afa ,*ap4 ,,lxi4 ,coq--l'ne4 #afc ,*ap4 ,,lxii4 ,les deux am\rs4 #afe ,*ap4 ,,lxiii4 ,*acun va se c\*]4 #afi ,*ap4 ,,lxiv4 ,les tr\s de s]rure4 #agh ,*ap4 ,,lxv4 ,jugem5t tmraire4 #agi ,*ap4 ,,lxvi4 ,p>ure de mon ,oncle ,tobie4 #ahc ,*ap4 ,,lxvii4 ,il tremble4 #ahf ,*ap4 ,,lxviii4 ,il hsite4 #ahh ,*ap4 ,,lxix4 ,am\rs de ,tom et de la ,juive4 #aia ,*ap4 ,,lxx4 ,la ngresse4 #aib ,*ap4 ,,lxxi4 ,les saucisses4 #aie ,*ap4 ,,lxxii4 ,contre-m>*e4 #aih ,*ap4 ,,lxxiii4 ,le qu'en dira-t-on4 #bja ,*ap4 ,,lxxiv4 ,l',att5te4 ibid4 ,*ap4 ,,lxxv4 ,le premi] ,diman*e du mois4 #bjc ,*ap4 ,,lxxvi4 ,repr5ons hale9e4 #bjf ,*ap4 ,,lxxvii4 ,dem&ez ma blan*isseuse4 #bji ,*ap4 ,,lxxviii4 ,les ,critiques4 #baa ,*ap4 ,,lxxix4 ,elle e/ faite4 #bac ,*ap4 ,,lxxx4 ,il frappe la porte4 ibid4 ,*ap4 ,,lxxxi4 ,on ouvre4 #bae ,*ap4 ,,lxxxii4 #bag ,*ap4 ,,lxxxiii4 ibid4 ,*ap4 ,,lxxxiv4 ,v\s l'allez voir4 #bah ,*ap4 ,,lxxxv4 ,la ,revue4 #bbj ,*ap4 ,,lxxxvi4 ,pre/ige du dmon4 #bbb ,*ap4 ,,lxxxvii4 ,ne t'en fie qu' toi seul4 #bbd ,*ap4 ,,lxxxviii4 ,m>ie4 #bbf ,*ap4 ,,lxxxix4 #bcc #hb ,dcl>ation d'am\r4 #bce #hc ,proposition de m>iage4 #bch ,*ap4 ,,xc4 ,au fait4 #bdj ,*ap4 ,,xci4 ,qu'on l'emporte4 #bde ,*ap4 ,,xcii4 ,aye1 aye1 aye ,brigitte4 ibid4 ,*ap4 ,,xciii4 ,il n'e/ po9t d't]nelles d\leurs4 #bdg ,*ap4 ,,xciv4 ,discrtion de ,trim4 #bdi ,*ap4 ,,xcv4 ,t\t se dc\vre4 #bej ,*ap4 ,,xcvi4 ,mon ,pre e/ indign4 #bed ,*ap4 ,,xcvii et d]ni]4 ,la ,femme et la ,va*e4 #bef ,f9 de la ,table du ,tome quatrime4 ,note du transcripteur ,on a cons]v l'or?ographe de l'orig9al1 avec ses incohr5ces 7p> ex4 dsir_/desir1 jet]_/jett]1 abme_/abyme1 a9e_/ane1 etc474 ,les erreurs clairem5t introduites p> le typographe ont t corriges4 ,les passages en italique sont indiqus entre c>actres s\ligns4