,au lecteur3 ,voir les ,note de ,transcription et ,table des ,matires en f9 de livre4 ,,les ,,p>tis ,,politiques ,,en ,,prov9ce4 ,,imp4 ,e4 ,d,,zairs1 ,a ,,blois4 ,,les ,,p>tis ,,politiques ,,en ,,prov9ce1 ,p> ,p4 ,scudo4 ,illu/ration ,,p>is1 ,,lequi51 ,,libraire1 ,,quai ,,des ,,augu/9s1 #dg4 ,,mdcccxxxviii4 ,a ,,la ,,soci,t ,,acad,,mique ,,de ,,nantes4 ,en tmoignage ,d'une vive reconnaissance4 ,scudo4 ,i4 ,,introduction4 ,expirant s\s les dbris de la socit antique1 le dix-huitime sicle lgua son successeur l'imprieux devoir de tr\v] aux nations dlaisses une n\velle moralit4 ,la rvolution de #hi brill]a dans l'av5ir1 comme une va/e pope de l'esprit huma94 ,ce fut le cri lugubre d'un monde corrompu succombant s\s les c\ps d'une gnration n\velle1 qui s'emp>ait de la vie avec une impitoyable fureur2 ce fut l'acclamation spontane et magnifique d'un peuple malheureux1 qui s'*appait des ba/illes de la fodalit2 ce fut l'horrible immolation d'une ca/e sociale qui avait absorb en elle seule la puissance et la ri*esse de la nation2 enf91 ce fut l'app>ition du pr9cipe de l'galit1 dpos p> ,jsus dans la consci5ce du g5re huma91 qui1 p]ant l'enveloppe de la foi1 se con/ituait une vrit de l'intellig5ce4 ,dans le petit nombre de lois fondam5tales de l'esprit huma91 il y en a une qui les dom9e t\tes3 c'e/ le dogmatisme de la volont4 ,la volont de l'homme e/ une puissance primitive1 qui ne se s\met qu' un pr9cipe suprieur2 jamais elle n'accorde une simple volont comme elle1 le droit de la comm&]1 si cette d]nire ne puise ce droit dans une s\rce imp]sonnelle4 ,deux volonts individuelles sont deux units d'une mme nature1 qui ne peuv5t faire nombre1 p>ce que l'une ne saurait se subordonn] l'autre4 ,si dans les c\ps dont on l'accable1 le soldat autri*i5 croyait voir l'effet de la volont du caporal qui les lui adm9i/re1 il l'gorg]ait l'in/ant mme2 mais sa*ant que le caporal n'e/ qu'un misrable in/rum5t1 il remonte le fleuve de la hir>*ie sociale1 et va *]*] la cause de son supplice jusque sur le trne de l'empire1 o sa raison trbu*e et s'anantit3 l'hi/oire de l'humanit confirme ce pr9cipe4 ,cep5dant la socit s]ait-elle possible avec ce t\rbillon de volonts individuelles1 si un li5 ne les runissait p\r en =m] un t\t h>monieux8 videmm5t non4 ,quel s]a donc ce v]be my/rieux qui tablira l'ordre dans le *aos8 ,ici se p>tag5t les philosophes1 et se multipli5t les sy/mes4 ,p\r qu'une volont surgisse du se9 de ses gales et vi5ne leur impos] sa loi1 il faut de t\te ncessit qu'elle soit appuye de l'une des deux puissances qui seules1 en ce monde1 dom95t les volonts individuelles3 de ,dieu ou de l'humanit4 ,dieu et l'humanit1 s\rces sacres d'o s'p&5t les pr9cipes des socits2 fleuves imm5ses aux c\rs desquels doit se retremp] la volont qui prt5d rgir les nations4 ,lorsque cette volont mane de ,dieu1 c'e/ un tuteur vigilant qui ne livre la lib]t aux peuples qu' mesure qu'ils avanc5t dans le progrs2 mais si elle s'*appe de l'acclamation des masses1 alors elle e/ le vu intellig5t des hommes mancips4 ,dans le premi] cas1 elle s'appelle royaut1 dans le second1 s\v]a9et nationale4 ,il e/ de l'ess5ce de t\t vritable pr9cipe d'tre imp]sonnel1 et d'app>t5ir aux lois gnrales de la raison2 et comme tel1 il tr\ve t\j\rs une respectueuse obissance4 ,mais aussitt que ce pr9cipe quitte les rgions leves o il a t conu1 et qu'il tombe dans la p]sonnalit1 en p]dant sa puret orig9elle1 il p]d aussi sa =ce sociale2 il s'inc>ne alors1 il s'individualise1 il s'abt>dit s\s la volont mesqu9e d'un homme ou d'une ca/e1 et il prit comme un fait isol4 ,or1 la volont individuelle qui a reu le baptme de ,dieu ou de l'humanit1 se dp\ille de son c>actre huma91 elle quitte la t]re et monte1 comme le ,*ri/1 au sj\r des pr9cipes2 c'e/ ce titre qu'il lui e/ possible de g\v]n] les hommes4 ,que si1 p> la succession des temps1 elle manquait sa haute de/9e1 alors elle devra s'att5dre la rsi/ance des autres volonts1 qui ne v]ront plus en elle qu'une =ce individuelle1 sans mission et sans droit4 ,ici il faut prvoir une "q qu'on ne manqu]a pas de n\s faire4 ,comm5t ,dieu manife/e-t-il son approbation8 ,comm5t transmet-il son p\voir la volont p>ticulire8 ,admettriez-v\s la rvlation8 ,n\s rpondrons ces objections en exposant nos ides sur la royaut4 ,en remontant aussi lo9 que possible le c\rs des affections de l'homme1 on tr\ve au fond de son intime nature un s5tim5t primitif si vivace1 qu'il survit t\tes les cata/rophes de l'me1 et qu'aucune =me politique ne saurait l'anantir3 c'e/ le s5tim5t pat]nel4 ,le s5tim5t pat]nel e/ un dlicieux am\r de soi-mme1 rev]s sur l'image qui doit n\s transmettre l'av5ir1 et qui circule dans nos ve9es avec la vie4 ,ri5 ne lui e/ antrieur1 si ce n'e/ la cause suprme qui n\s devons t\t4 ,en effet1 la famille e/ une monade sociale1 place sur la t]re comme un po9t dans l'espace1 une note fondam5tale de l'h>monie du monde4 ,mon>*ie1 rpublique1 tyrannie1 t\t passe et repasse au-dessus de cette unit inde/ructible1 qui survit aux orages de l'humanit comme le d]ni] mot d'une my/rieuse ,provid5ce4 ,c'e/ l1 c'e/ au se9 de la famille que naquit et se dveloppa la magi/rature pat]nelle1 premi] g]me de l'autorit morale4 ,je dis premi] g]me de l'autorit morale1 c> ce n'e/ ni la =ce1 ni la ri*esse1 ni l'ass5tim5t de ses gaux que le pre doit son p\voir dans la famille2 il le doit un s5tim5t qu'il n'a pas cr1 une cause qui lui e/ suprieure4 ,mais quel e/ donc l'tre =t qui donna l'homme cette d\ce affection p\r sa progniture1 orig9e premire de t\te autorit8 ,la nature1 dit le philosophe2 ,dieu1 lui rpond le *rti53 qu'importe6 v\s conv5ez au mo9s que l'homme a puis l'autorit morale hors de sa volont1 je n'en dem&e pas davantage4 ,la magi/rature pat]nelle tait ncessaire4 ,il fallait aux enfants jeunes1 faibles et inexprim5ts1 une autorit =te et bi5veillante1 qui les guidt trav]s les phnomnes du monde1 et les initit avec prud5ce aux my/res de la vie4 ,tant que le pre usa de son p\voir dans l'intrt de ses enfants et p\r le bonheur de la communaut1 il tait ju/e1 puisqu'il tait indisp5sable2 aussi sa volont tait-elle religieusem5t excute1 c> elle avait la sa9tet d'un pr9cipe4 ,mais lorsqu'oubliant sa mission tutlaire1 le pre v\lut t\ff] s\s sa tyrannique p]sonnalit l'indp5dance2 de ses enfants1 le fils an1 mancip p> l'ge et la raison1 se posa en face de son pre et lui dit3 ,ton autorit absolue expire devant ma lib]t2 et je suis libre puisque je me suffis moi-mme4 ,je t'ai obi comme pre1 comme magi/rat *>g de s\t5ir ma faiblesse2 mais homme et ton gal1 je te rsi/e4 ,et assis aut\r de l'tre pat]nel1 le fils prit "p au conseil de la famille4 ,voil l'orig9e de l'ari/ocratie1 qui fut le premi] acc5t de la lib]t4 ,la royaut antique1 dans sa vnrable maje/1 a t\s les c>actres de la magi/rature pat]nelle2 elle en e/ inconte/ablem5t le dveloppem5t rguli] et naturel4 ,v\s la voyez avec son sceptre pa/oral1 le front ce9t d'une c\ronne my/ique1 c\v]te d'un manteau sacr1 se retir] dans un tab]nacle1 comme une p>ole div9e4 ,elle e/ simple et absolue1 et jamais elle ne s'inquite de l'ass5tim5t des peuples1 qu'elle dirige de sa puissante ma94 ,elle les g\v]ne sans contrle1 c> elle s\ffre et prvoit p\r eux2 elle e/ l'expression des murs naves de cet ge recul2 c'e/ la sci5ce des vieux j\rs1 c'e/ le temps et son expri5ce guidant les pas inc]ta9s des nations4 ,d'ailleurs la royaut tait la seule =me sociale que pt concevoir alors l'intellig5ce des peuples2 elle tait la ralisation extrieure d'un beso9 de l'esprit1 elle tait l'expression de l'unit4 ,or1 l'unit e/ le b t]nel auquel t5d l'esprit huma94 ,il la veut en t\tes *oses et t\tes les poques de la vie2 seulem5t *ez l'homme simple elle n'e/ qu'une ide1 *ez le philosophe elle =me un sy/me4 ,les progrs des peuples a9si que ceux de l'individu peuv5t se mesur] la gr&eur de l'unit qu'ils se sont faite4 ,dans la haute antiquit l'homme voyait les bornes du monde l o s'arrtait l'horizon2 et ,dieu circonscrivait la p]sonnalit huma9e1 comme la vigne enlace de ses flexibles rameaux l'orme de nos campagnes4 ,plus t>d1 en brisant l'gsme de son intellig5ce1 il y laissa pntr] des phnomnes ignors2 avec les connaissances de l'homme1 s'agr&it aussi l'ide de la nature et de son auteur2 et ,dieu1 ador jusqu'alors s\s la =me d'une nymphe ou d'un roseau1 fut replac p> le progrs sur le trne de l'univ]s4 ,d'abord il confond t\t dans une va/e unit2 puis il la fractionne en mille autres p> l'abus de l'analyse2 et enf9 il recon/ruit le t\t p> la puissance de sa raison4 ,ignorant1 il e/ sup]/itieux2 l'analyse le r5d a?e2 p> la sci5ce1 il devi5t religieux comme ,newton4 ,c'e/ a9si que s\s les symboles d'or de la nature se ca*5t les my/res de la de/9e huma9e2 my/res qui ne se dvoil5t l'humanit qu' mesure qu'elle avance dans l'av5ir4 ,si l'art1 si la religion1 si t\tes les crations spontanes ou rfl*ies de l'esprit huma9 tmoign5t de ce beso9 d'unit1 ce tmoignage clate plus encore dans l'organisation politique4 ,la socit primitive1 telle que n\s la voyons s'pan\ir en ,ori5t1 e/ une ext5sion de la famille et ri5 de plus2 et la royaut e/ fille de l'autorit pat]nelle4 ,les subtiles comb9aisons sont indignes du s5s commun de l'hi/oire4 ,les rvolutions sociales qui1 au se9 de la famille1 avai5t arrt l'empitem5t g/e de l'autorit pat]nelle1 se r5\velr5t plus t>d aut\r de la royaut1 qu& celle-ci oublia sa mission provid5tielle4 ,hritire du p\voir du pre de famille1 la royaut tait le rsultat de l'accroissem5t de l'humanit1 et de la trans=mation de la famille en la tribu4 ,tant qu'elle re/a dans les limites de son autorit lgitime1 et qu'elle prsida avec am\r l'mancipation des peuples1 sa volont ne r5contra jamais un ob/acle2 mais lorsqu'elle v\lut rsi/] au progrs1 et refus] la lib]t ceux qui la rclamai5t et qui la mritai5t1 ceux-ci lui t9r5t le mme langage que le fils avait t5u son pre1 et s'opposr5t l'ext5sion de son autorit4 ,la royaut fit alors ce qu'avait fait le pre de famille1 ce que font t\s les p\voirs qu& ils voi5t expir] le j\r de la dom9ation3 elle employa la =ce4 ,a la =ce on opposa la =ce2 et1 va9cue dans ce conflit de volonts individuelles1 la royaut fut oblige d'admettre au p>tage de la s\v]a9et ceux-l mmes qu'elle v5ait de combattre4 ,cette seconde ari/ocratie fut un n\veau progrs de la lib]t4 ,c'e/ un fait inconte/able3 l'ari/ocratie a t la mre de la lib]t sociale4 ,les droits que l'ari/ocratie exigea de la puissance royale fur5t ceux que plus t>d les peuples rclamr5t de l'ari/ocratie elle-mme2 p>t\t o l'ari/ocratie n'a pu clore et re/re9dre la volont g/e de la royaut1 l rgne un pr(ond despotisme4 ,voyez l',ori5t4 ,mais cette n\velle ari/ocratie1 qui p>tage actuellem5t avec la royaut les droits de la s\v]a9et politique1 comm5t se conduira-t-elle son t\r avec ceux qui plus t>d vi5dront aussi frapp] la porte de l'tat1 et dem&] leur mancipation8 ,s]a-t-elle assez ju/e p\r leur t5dre une ma9 frat]nelle1 et p\r les introduire sans rsi/ance dans la lgalit8 ,non2 elle v\dra galem5t se p]ptu] au p\voir1 et elle ne r5onc]a la j\issance de ses privilges qu'aprs avoir t va9cue p> la majorit4 ,c'e/ p> une suite de semblables rvolutions1 c'e/ en l>gissant successivem5t le c]cle du progrs1 c'e/ en passant de la royaut pure une petite ari/ocratie1 de celle-ci une plus gr&e1 que l'humanit *em9e dans l'hi/oire1 jusqu' ce que la rsi/ance de ceux qui dom95t dev5ant trop =te1 il arrive une de ces gr&es cata/rophes sociales1 qui b\lev]s5t et r5\vell5t t\t4 ,le dix-huitime sicle a t un gr& tribun1 dont la magnifique p>ole ret5tira lo9 dans l'av5ir2 mais il fut trop passionn p\r avoir t imp>tial4 ,saisi d'une ha9e pr(onde contre une socit avilie qu'il v\lait recon/itu]1 il tudia l'hi/oire avec un cur c\rr\c et un esprit aveugl p> de mesqu9es proccupations4 ,p\r lui1 t\t ce qui s'tait accompli depuis la *ute du paganisme n'avait t que le pillage du monde civilis p> la b>b>ie2 il ne voyait dans la fodalit que le rgne de la =ce et la ngation de la moralit huma9e2 aussi trav]sa-t-il le moy5-ge l'me remplie d'un s5tim5t de t]reur et de dgt1 et il c\rut bi5 vite se jet] dans les bras de la radieuse antiquit4 pris d'un am\r ard5t p\r ses turbul5tes dmocraties1 il se plaisait la lecture de leurs annales comme celles d'un pome hroque4 ,plut>que et ses gr&s hommes fut le livre *ri du dix-huitime sicle4 ,il p>c\rut ces pages vnrables de la belle humanit avec un plaisir indicible2 puis1 il tira imprudemm5t ces l>ges physionomies du cadre social qui les cont5ait et les expliquait1 et il se les (frit comme des symboles dignes de son adoration4 ,la ,grce et ses vives populations1 ,rome1 ses conqutes et ses sanglants orages1 lui p>ur5t cont5ir l'expression la plus leve de la lib]t huma9e4 ,il ne s'ap]ut pas1 tant il tait fasc9 p> les beauts de l'art antique1 que1 dans cette ,a?nes1 si glorieuse et si belle1 la volont sociale manait exclusivem5t de l'ari/ocratie de la cit6 il ne vit pas1 dis-je1 que1 s\s cette population s\v]a9e et absolue1 qui jugeait en d]ni] ressort t\tes les gr&es que/ions de la patrie1 gmissait un monde d'in=tuns esclaves1 livrs comme de vils animaux aux caprices du citoy56 ,oui1 il ignorait que ce sup]be ,a?ni51 qui allait sur la place publique applaudir ,dmo/hnes1 avait1 dans sa maison1 dans ses t]res1 comme un seigneur fodal1 c5t malheureux occups lab\r] ses *amps1 et prp>] son dn]4 ,enf9 le dix-huitime sicle mconnut cette pr(onde vrit3 que la civilisation antique ne t\*ait que la sup]ficie de la socit2 que l'homme y tait t\j\rs immol au citoy52 qu'il n'y tait libre qu'autant qu'il p>tageait la s\v]a9et1 et que cette s\v]a9et tait t\t entire dans les ma9s d'une faible m9orit4 ,de cette fausse apprciation de la m>*e de l'humanit1 il rsulte deux faits qui c>actris5t le dix-huitime sicle1 et qui ont eu sur la rvolution de #hi une influ5ce rem>quable4 ,du mom5t o les philosophes fur5t conva9cus que la lib]t avait atte9t1 il y a deux mille ans1 sa plus l>ge porte2 et que le progrs1 p\vant de la *ute de la socit antique1 s'tait arrt sur les lvres loqu5tes de l'art grec et roma91 ils dur5t tre =cm5t p]suads que p\r raviv] le corps social1 il n'y avait que deux moy5s possibles3 dblay] le sol de l',europe de t\t ce qu'y avait apport le t\rbillon des peuples du ,nord1 ram5] ensuite les nations mod]nes aux =mes svres de l'antique dmocratie4 ,l'influ5ce d'un po9t de vue hi/orique sur les affaires de la vie e/ si gr&e1 qu'en laissant *app] le s5s de l'esprit social de l'antiquit1 le dix-huitime sicle fut contra9t de mconnatre la gr&e loi progressive du g5re huma94 ,la "q a9si pose1 il dut t\t entrepr5dre p\r dp\ill] nos vieilles nations *rti5nes de leur enveloppe sculaire1 et croire qu'une fois mise nu1 il s]ait facile de les c\vrir d'un pallion grec ou d'une toge roma9e4 ,il ne p\vait d\t] un seul in/ant de la maturit des masses recevoir la s\v]a9et politique1 puisqu'il tait malheureusem5t conva9cu qu',a?nes1 ,sp>te et ,rome avai5t t1 il y a deux mille ans1 de pures dmocraties4 ,voil la gr&e erreur de la philosophie du d]ni] sicle1 erreur dont n\s v]rons les rsultats dans la suite4 ,la rvolution de #hi1 fidle en t\t po9t aux doctr9es philosophiques du dix-huitime sicle1 dplaa la s\rce de la s\v]a9et1 et la fit surgir de la volont des masses4 ,les hommes sont gaux devant la loi de ,dieu1 avait dit le ,*ri/2 les hommes doiv5t tre gaux devant la loi des hommes1 lui rpond ,mirabeau dix-huit c5ts ans aprs2 et au bruit de cette ineffable p>ole1 l'ari/ocratie franaise s'enfuit p\r jamais dans les entrailles de la nation4 ,c'e/ a9si qu' trav]s les sicles1 qui pass5t comme des ombres lgres1 se complt5t les p5ses civilisatrices4 ,*aque peuple p>at son t\r sur la scne du monde1 o1 p> la b\*e de ses sages et de ses arti/es1 il =mule le progrs4 ,d'abord1 l'assemble con/ituante porte sa ma9 vig\reuse sur t\tes les p>ties de la vieille socit1 et db>rasse le sol de cette f\le de droits fodaux que rpr\vait la raison4 ,puis avec une admirable intellig5ce1 elle se saisit de t\tes les bran*es de l'adm9i/ration publique1 et jette sur la ,france un rseau de lois qui port5t en t\t lieu la vie et l'unit4 ,cette re/auration des lois organiques2 cette simplification des r\ages adm9i/ratifs2 cet esprit d'unit1 rp&u sur t\te la surface du pays2 cette rhabilitation de l'homme et de ses droits civils2 cette ju/ice di/ributive1 gale p\r t\s et p\r *acun3 voil l'uvre immortelle de la ,con/ituante1 uvre depuis long-temps prp>e p> les progrs de l'esprit huma94 ,n\s l'avons dj dit2 deux seuls pr9cipes peuv5t lgitimem5t g\v]n] le monde3 le pr9cipe primordial de la tutelle grave dans le cur de l'homme1 qui du pre de famille passa la royaut1 de celle-ci une ari/ocratie1 et a9si de suite1 comme le filet d'eau qui1 du sommet des hautes montagnes1 tombe de cascade en cascade et va se p]dre l'ocan2 et celui de la s\v]a9et nationale4 ,ces deux pr9cipes sont exclusifs1 et ils arriv5t des poques diffr5tes4 ,quel que soit celui de ces deux pr9cipes qui con/itue la socit1 elle se compose t\j\rs de deux p>ties3 la p>tie morale o rside le g\v]nem5t et la consci5ce du corps politique1 et la p>tie infrieure et vgtative o se dbatt5t les individualits4 ,on peut amlior] la seconde1 simplifi] ses relations avec l'tat1 la mettre en h>monie avec les n\veaux beso9s sans t\*] la p>tie morale1 sans dplac] la s\v]a9et3 ces m\vem5ts arriv5t trs frquemm5t dans la socit matrielle1 et port5t dans l'hi/oire le nom de rvolution politique4 ,l'assemble con/ituante v5ait d'accomplir la plus gr&e rvolution politique des temps mod]nes1 et de rorganis] en t\tes ses p>ties la socit matrielle4 ,il s'agissait de savoir ma9t5ant si la raison des masses tait arrive ce po9t de maturit indisp5sable1 p\r prsid] ses propres de/9es2 s'il tait temps de remettre au peuple sa robe virile8 ,cela n'tait pas d\teux p\r l'assemble con/ituante1 et d'une voix qui tr\bla le monde1 elle proclama la s\v]a9et des peuples4 ,il re/ait ralis] ce pr9cipe1 l'aff]mir dans la socit4 ,en face d'une mon>*ie aussi vieille que la nation1 ple9e de respect p\r un roi simple et honnte homme1 la ma9 de l'assemble hsita l'a*vem5t de son uvre2 elle eut l'incroyable simplicit de confi] une royaut de dix sicles la g>de de la s\v]a9et du peuple1 rappro*ant a9si deux pr9cipes inconciliables1 dont l'un ne doit la vie qu' la mort de l'autre4 ,ici e/ la faute1 ici se voit la fatale influ5ce de la proccupation hi/orique du dix-huitime sicle4 ,a trois c5ts ans d'int]valle1 l'assemble con/ituante commet la mme erreur que le concile de ,con/ance1 qui1 aprs avoir r=m l'glise en son *ef et dans ses membres1 s'avise de rs]v] au pape le droit de convoqu] le concile6 dfaisant d'une ma9 ce qu'il avait fait de l'autre4 ,l'in=tun ,l\is ,,xvi1 tromp p> la dignit m5songre que lui avait cons]ve la con/itution de #ia1 *]*e de t\tes p>ts l'autorit qui e/ insp>able de la royaut1 et il ne tr\ve que rsi/ance et mpris4 ,ab&onn de t\s les si5s1 assis sur un trne solitaire comme une victime expiatoire1 il ent5d grond] la voix =midable des factions qui lui imput5t les crimes qui sont le rsultat 9vitable du pacte social qu'on lui a impos1 et il paie de sa tte l'erreur de l'assemble con/ituante4 ,a sa mort1 la confusion s'emp>e des *oses4 ,il se fait un horrible mlange de t\tes les vrits sociales4 ,les peuples se prcipit5t dans un g\ffre de fange et s'gorg5t sur le cadavre de la royaut4 ,l'esprit huma91 priv t\t--c\p de sa foi antique1 c\rt comme un dmon d*an t\tes les ab]rations2 il r5v]se t\t ce qui s'oppose ses fureurs1 et1 la tor*e du fanatisme la ma91 il salit les pages de l'hi/oire de l'humanit des plus dgtantes bac*anales4 ,deux p>tis surgiss5t de ce *aos mmorable1 qui1 comme les gnies du bi5 et du mal1 se disput5t l'empire du monde4 ,l'un1 compos des plus nobles intellig5ces1 fils des progrs du temps1 n\rri de l'hi/oire et de la philosophie des nations2 =t p> son loqu5te p>ole qu'anime un pr(ond am\r de la patrie2 mlange de grce et d'lvation1 de =ce et d'atticisme1 il rsume dans son bataillon sacr t\te la civilisation franaise4 ,les ,girond9s1 gnreux va9queurs d'une ari/ocratie sculaire1 prt5t une oreille att5tive aux cris des va9cus1 et ne veul5t pas qu'on les ab&onne la rage de la basse dmocratie4 ,ils sav5t bi5 que le sang v]s p> les factions enfante des m>tyrs1 et qu'on n'efface pas une vieille socit d'un c\p d'ponge4 mes naves et s9cres1 ils veul5t que t\tes les voix de la patrie se gr\p5t aut\r de la s\v]a9et nationale1 et que la rvolution se ratta*e la *ane du pass4 ,po9t de ha*e1 po9t de proscription1 paix1 misricorde1 galit et ju/ice p\r t\tes les classes1 p\r t\s les individus6 ,mais1 illu/res et jamais dplorables victimes de leur propre faiblesse1 ils succomb5t faute d'n]gie et de prvoyance s\s les c\ps d'une faction sangu9aire qui1 s'lanant du bas-fond de la socit1 vi5t plong] ses griffes de f] dans le se9 de la ,france4 ,la ,montagne1 t]rible expression de l'gsme dmocratique1 sanglante rvlation de nos misres1 mmorable enseignem5t qui doit n\s appr5dre que d'horreurs on peut commettre au nom des plus sa9tes vrits6 ramas d'ignobles coli]s1 misrables phraseurs ns de la p\ssire scola/ique du dix-huitime sicle1 ils n'aurai5t pas su adm9i/r] un village en respectant l'humanit4 ,sans connaissance du pass1 sans intellig5ce des beso9s de l'av5ir1 ils pr5n5t p\r symbole d'un sicle d'indu/rie1 les sales gu5illes des misrables2 et ils v\drai5t t\ff] tr5te millions d'hommes s\s des =mules lacdmoni5nes4 c\tez-les1 dans leur langage orduri] et b\ffon2 ils n'ont que des insultes p\r leurs victimes1 et que des ab/ractions de collge p\r ceux qui leur dem&5t la paix et le bonheur6 ,oh6 les sublimes lgislateurs6 qui rpond5t c\p de guillot9e la mo9dre objection qu'on leur fait6 ,oui1 la ,montagne s]a t\j\rs l'excration des nobles curs et des esprits levs2 elle e/ l'immortel pr9cipe de la s\v]a9et nationale ce que la ,sa9t-,b>?lemy fut au *ri/ianisme1 la pr(anation d'une vrit de l'esprit huma94 ,ne des erreurs du dix-huitime sicle sur l'antiquit1 la ,montagne immola des milli]s de victimes avec des phrases de rhteur2 elle gorgea la lib]t1 et la livra la volont d'un soldat heureux4 ,l'empire ne *ange ri5 la "q des pr9cipes4 ,p\voir rvolutionnaire et sans lgalit1 il runit1 d'une ma9 vig\reuse et habile1 les lm5ts fcondants de la rvolution de #hi4 ,il organise la socit matrielle jusqu'alors si maltraite1 arme la cit d'une =ce ncessaire p\r la g>antir des intrts individuels1 et il va sur les *amps de bataille df5dre la ,france n\velle contre l',europe mon>*ique4 ,en #ahad1 la maison de ,b\rbon remonte sur le trne de ses anctres1 et avec elle le pr9cipe primordial de la tutelle4 ,elle se ressaisit de la s\v]a9et inhr5te la vritable royaut2 et1 si elle juge propos d'accord] aux beso9s des temps quelques lib]ts1 c'e/ comme une concession de sa t\te-puissance quelle p\rra absorb]1 qu& elle le jug]a bon4 ,cette absorption qu'elle essaya l't\ffa en #ahcj4 ,la rvolution de juillet1 en r5v]sant la re/auration1 a v\lu repr5dre la royaut le pr9cipe de la s\v]a9et et le replac] dans la nation4 ,les hommes qui depuis qu9ze ans avai5t manuvr dans le c]cle de la ,*>te royale de #ahad1 et qui avai5t fait la mon>*ie lgitime cette facile1 cette grammaticale opposition2 ces hommes1 dis-je1 fur5t bi5 effrays la vue de la victoire populaire qu'ils tai5t lo9 d'avoir prvue2 et1 satisfaits de la proscription de la bran*e ane1 ils s'empressr5t de ramass] pice pice les mille fragm5ts du g\v]nem5t dtruit1 et1 s\fflant de leurs petits p\mons sur ce tas de brisures1 ils s'en fir5t un ordre social t\t ju/e assez gr& p\r les hb]g]1 laissant le peuple va9queur aboy] la porte4 ,ce livre n'e/ po9t un pamphlet4 ,philosophe1 n\s *]*ons dans l'tude de l'hi/oire dc\vrir ces gr&s pr9cipes qui sont la base des socits4 ,n\s n'ignorons pas qu'entre ces poques mmorables1 o l'homme1 dp\ill de ses vieilles croyances1 *]*e recon/ruire le monde sa n\velle image1 il y a des mom5ts t]ribles d'hsitation et de s\ffrance1 de =ce et de faiblesse1 p5dant lesquels l'humanit1 ds]tant les temples d'une voix qui expire1 s'avance l5tem5t dans l'av5ir2 et que s\v5t elle revi5t se p5*] d\l\reusem5t sur les dbris du pass qu'elle inonde de ses l>mes4 ,les g\v]nem5ts1 qui alors s'emp>5t de la socit matrielle p\r donn] le temps la p5se de prp>] sa n\velle demeure1 sont trs utiles2 mais leur exi/5ce e/ atta*e la dure des beso9s qui les avai5t appels4 ,la ,*>te de #ahcj n'a aucun de ces c>actres de gr&eur et d'unit qui dcl5t une in/itution =te3 c'e/ une halte de la socit matrielle qui1 dans l'inc]titude du *em9 qu'elle doit suivre1 att5d le ret\r de ses claireurs p\r cont9u] son voyage4 ,on compr5d le b de ce livre4 ,c'e/ l'tude d'un homme indp5dant qui1 sans aucune proccupation politique1 *]*e pntr] dans la vie intime de ces fractions sociales qui compos5t une nation1 y saisir le trait qui les c>actrise1 et pr5dre acte des lm5ts qu'elles dpos5t dans la moralit d'un peuple4 ,l'auteur a v\lu trac] un page de l'hi/oire de son temps3 ,la critique lui appr5dra s'il a russi dans ses ef=ts4 ,,ii4 ,,de ,,la ,,france4 ,au se9 de la famille europenne1 p>mi ces nations qui naquir5t des dp\illes de l'empire roma91 et que la voix du *ri/ianisme arra*a la b>b>ie1 il e/ un peuple =t et puissant1 indomptable la gu]re1 actif1 laborieux dans la paix1 gai1 spirituel1 la physionomie d\ce1 vive et lgre1 aux =mes sveltes1 lgantes1 l'abord facile et communicatif1 au p>l] bref et s5t5cieux3 c'e/ le peuple franais4 ,la nature1 qui semble ne livr] l'humanit ses innombrables arcanes qu' mesure que celle-ci se r5d digne de les compr5dre1 ti5t encore ca* nos yeux avides le my/re de l'individualit des peuples4 ,gr&e e/ la proccupation du sage1 lorsqu'en jetant les yeux sur cette t]re1 il voit ces milli]s de nations1 filles d'un mme dieu1 t\tes m>ques au front du sceau de la mme famille1 et *acune di/+ue p> un trait p>ticuli]2 t\tes s\mises aux mmes pe9es1 aux mmes beso9s1 naissant dans la d\leur1 m\rant dans la d\leur1 et *acune p>c\rant un s5ti] unique dans la vie1 et *acune laissant un pass qui lui e/ propre6 ,ce n'e/ pas seulem5t un peuple qui diffre d'un peuple1 c'e/ la ca/e qui se dess9e dans un peuple1 c'e/ la famille dans la ca/e1 c'e/ l'individu dans la famille1 c'e/ l'individu qui diffre de l'individu4 ,quelle e/ donc la cause suprme qui tira de l'unit primitive de la cration1 cette clatante v>it8 ,quel e/ celui qui du type t]nel de la race huma9e1 fit surgir ces insaisissables physionomies qui frapp5t et v\s tonn5t8 ,comm5t sur cette face d'homme si simple a-t-on su crire tant d'incroyables *oses1 cosi dolci acc5ti1 cosi orribili favelle6 ,les phnomnes du monde qui envelopp5t et pntr5t l'homme de t\tes p>ts1 ont d modifi] sa flexible nature2 mais leur influ5ce a t plutt physique que morale4 ,ce n'e/ pas dans la langue de ,monton de ,montesquieu que n\s tr\v]ons le pr9cipe qui con/itue la nationalit2 c'e/ p> les ides qu'un homme diffre d'un homme1 et c'e/ p> les ides qu'une socit se di/+ue d'une autre socit4 ,lorsque deux intellig5ces s'abreuv5t la mme s\rce1 que deux curs vibr5t l'unisson1 que deux mes v]s5t dans la mme c\pe et leurs joies et leurs d\leurs2 alors il y a paix1 il y a h>monie1 il y a socit4 ,un peuple e/ une runion d'individus qui p5dant des sicles ont vcu de la mme ide1 respir s\s le mme ciel1 pleur sur la mme t]re1 pri le mme dieu4 ,otez ces peuples la p5se commune qui les su/5te et le temps p5dant lequel ils s'en sont n\rris1 et il n'y a pas de raison p\r qu'un ,turc ne soit un ,anglais1 qu'un ,franais ne soit un ,*9ois4 ,les nations sont filles du temps et de la communaut de s\v5irs4 ,c'e/ p> les s\v5irs que viv5t les peuples1 et qu'ils n\rriss5t l'am\r de leur indp5dance4 ,c'e/ contre les s\v5irs que se bris5t les conqurants et les despotes2 c'e/ rompre cette *ane de la p5se nationale que t5d5t leurs ef=ts1 et c'e/ sa rsi/ance que n\s devons la gloire de l'humanit4 ,on n'emporte pas la patrie s\s la semelle de ses s\li]s1 a dit ,danton3 ce mot e/ admirable de vrit4 ,non1 on n'emporte pas la patrie6 ,la patrie n'e/ ni dans la ri*esse1 ni dans la puissance1 ni dans les ab/ractions des philosophes4 ,elle e/ dans les lieux qui v\s ont vu natre1 dans la *aumire o v\s avez t b]c1 dans le ruisseau qui s]p5te au bas de la coll9e1 dans le *ant mat]nel4 ,elle e/ dans ces ineffables s\v5irs des premi]s j\rs de la vie qui se grav5t en v\s1 s'atta*5t en v\s1 se font *air1 se font os1 gr&iss5t et meur5t avec v\s1 et v\s suiv5t depuis l'*afaud jusque sur le trne du monde4 ,l'esprit huma9 peut s't5dre1 p>c\rir l'imm5sit de l'espace1 all] s'asseoir ct mme de ,dieu2 l'individu ne p\rra jamais quitt] le co9 de t]re o il essaya ses premi]s pas1 o il v]sa ses premires l>mes1 c> il y ti5t p> le fil des s\v5irs4 ,homme6 p> ta p5se1 tu peux tre le citoy5 du monde2 p> tes s\v5irs1 tu n'es qu'un faible roseau qui ne saurait vivre lo9 des bords qui baign5t tes rac9es4 ,o ,provid5ce1 que tu es belle6 ,la raison ne se laisse born] ni p> une pi]re1 ni p> un poteau2 elle s'indigne de t\t ce qui e/ mal1 du kn\t dont on frappe le ,russe1 comme de l'oppression de l'esclave indi51 s\s la ma9 rpublica9e de l'pici] de l',amrique4 ,les s\v5irs1 au contraire1 sont arrts p> t\te *ose1 p> une haie1 p> un foss2 ils ti5n5t une feuille1 un arbre2 ils s'p&5t aut\r de v\s1 se multipli5t en mille rameaux1 s'imprim5t sur t\s les objets4 ,c'e/ le fauteuil de votre aeul1 c'e/ la gr&e alle du *teau1 c'e/ la m\sse qui crot sur un vieux mur1 c'e/ un bais] de mon amie d'enfance4 ,l'humanit e/ une p> la raison1 elle e/ multiple p> les s\v5irs2 la sci5ce e/ une1 p>ce qu'elle e/ fille de la raison2 mais la posie e/ v>ie comme la nature1 p>ce qu'elle nat dans le cur de l'homme d\x1 b]ceau des s\v5irs2 la posie e/ intraduisible1 c> elle e/ l'expression intime de l'individualit2 mais une vrit ma?matique e/ ,p>is ce qu'elle e/ ,philadelphie4 ,en t\t temps et en t\t lieu1 qu'e/-ce que l'ari/ocratie8 des s\v5irs que se transmett5t c9q ou six gnrations de familles2 qu'e/-ce qu'une famille8 encore des s\v5irs4 ,aussi la puissance de/ructive de la rvolution fut-elle oblige de s'arrt] devant les s\v5irs2 elle a pu enlev] la noblesse sa prpondrance politique1 mais il lui a t impossible d'anantir l'ari/ocratie3 il aurait fallu effac] l'hi/oire de ,france4 ,jamais le ,portugais ne v\drait faire p>tie de la mon>*ie espagnole2 aucune r=me politique ou religieuse n'te9dra la ha9e que les ,irl&ais port5t leurs conqurants2 et le g\v]nem5t autri*i5 s]ait aussi libral qu'il e/ cruel et oppresseur1 que l',italie n'en s]ait pas mo9s son plus implacable ennemi4 ,c'e/ que les s\v5irs sont une s\rce int>issable dans laquelle les peuples retremp5t leur individualit2 c'e/ que les s\v5irs sont l'humanit1 ce que l'attraction e/ au sy/me du monde4 ,l'att5tion de l'homme e/ faible et circonscrite dans sa puissance2 et t\tes les sci5ces sociales ont proclam que de la division du travail1 dp5dait la p]fection dans les arts et la ri*esse des nations4 ,si la p5se huma9e se divise en facults ayant *acune sa sphre d'action1 si dans la socit *aque individu se v\e une indu/rie p>ticulire1 dans l'humanit *aque peuple a sa mission et sa spcialit dans l'uvre du progrs4 ,l'intellig5ce se divise en deux gr&es p>ties3 celle de la conception1 et de la ralisation4 ,pass] du monde de l'ab/raction celui de la ralisation1 trav]s] ces ,!rmopyles de la raison1 dta*] l'ide du vague qui l'enveloppe1 la dp\ill] de t\t c>actre dogmatique1 et la ralis] sans sec\sses et sans orages1 c'e/ l'uvre de l'arti/e1 c'e/ t\te la civilisation4 ,c]ta9s hommes sont propres la conception1 c]ta9s autres la ralisation2 r>em5t la mme tte runit ces deux avantages3 il en e/ de mme p>mi les peuples4 ,la ,grce1 p> exemple1 fut dans la haute antiquit la nation ralisatrice p> excell5ce4 ,c'e/ dans son se9 que naquir5t les plus gr&es vrits sociales2 elle les c\va avec am\r et les livra l'humanit1 belles et puissantes4 ,la ,grce ne cra presque ri52 elle reut de l',asie le g]me de t\tes *oses4 ,mais il fallait ce g]me1 p\r fructifi]1 l'intellig5ce des peuples hellniques4 ,ce ne sont pas les bataillons d',alex&re qui ont conquis l',asie1 c'e/ l'esprit de la ,grce2 c'e/ lui qui brisa la ti>e du gr& roi4 ,rome succda la ,grce1 dans la propag&e sociale4 ,celle-ci expirait s\s le despotisme des rois macdoni5s4 ,rome prit dans sa ma9 t\te la civilisation antique1 et y grava son image4 ,les rpubliques de la ,grce tai5t intellig5tes1 mais leur moralit tait p>tielle et locale4 ,rome rsuma dans sa puissante syn?se ces fractions de vrits1 dont elle tira ce droit italique qui1 mis au b\t de son pe1 dev9t la loi du monde4 ,enf91 un cri de l'humanit s\ffrante enfanta le *ri/ianisme qui1 d*irant l'enveloppe patrici5ne du droit roma91 appela t\tes les nations la table d'un seul et vrai ,dieu4 ,soit qu'on remonte la race gauloise1 soit qu'on s'arrte aprs l'assimilation des ,francs dans le peuple conquis1 ce qui t\j\rs di/+ue la nation franaise1 c'e/ une gr&e brav\re1 une fa/ueuse intrpidit1 l'am\r de la gu]re et le mpris de ses dang]s4 ,va9e1 bruyante1 p\r apais] sa s5sibilit n]veuse et occup] son excessive mobilit1 il faut qu'elle piaffe1 qu'elle agisse1 qu'elle br&isse sa gr&e pe1 qu'elle s\lve s\s ses pas des t\rbillons de p\ssire1 et qu'elle se jette tte baisse dans la mle des combats4 ,ne lui dem&ez ni trop de discipl9e ni trop d'obissance2 fire1 raisonneuse1 elle remplit les camps du bruit de ses p>oles1 frmit s\s la ma9 de ses capita9es et s'*appe des rangs4 ,ce ne sont pas les dp\illes de l'ennemi qu'elle *]*e dans les combats2 c'e/ la gloire6 ,ce ne sont pas des conqutes qu'elle veut1 mais des trophes6 ,p\r elle1 t\t n'e/ pas de va9cre1 mais de va9cre avec honneur1 avec clat2 elle mprise les ruses de la gu]re1 la sci5ce de la cons]vation2 elle aime le c\rage qui s'immole1 la =ce qui brise et r5v]se4 ,aussi affectionne-t-elle les combats s+uli]s1 les luttes individuelles1 les c\rses vagabondes1 les gu]res av5tureuses4 ,voyez ce fi] ,gaulois nu jusqu' la ce9ture1 faisant p>ade de sa l>ge poitr9e1 montrant ses bras n]veux1 se balanant comme un palmi] sur ses han*es saillantes1 s'avanc]1 a9si ds>m1 contre une =t de piques roma9es8 ,ri5 n'e/ *ang en lui1 et tr5te sicles aprs il dira la bataille de ,font5oy3 ,c'e/ a v\s de tir] les premi]s1 messieurs les ,anglais6 ,les gu]res entreprises p> la ,france ont un c>actre de gnrosit nave qu'on ne r5contre nulle "p4 ,au mo9dre mot elle c\rt aux armes1 et ne s'inquite ni du b de la gu]re ni de l'avantage qu'elle en p\rra tir]4 ,il lui suffit qu'il y ait des c\ps de lance donn] et des lauri]s cueillir4 ,il n'y a pas de rivage qu'elle n'ait fran*i1 pas un p\ce de t]re qu'elle n'ait f\l s\s ses pas1 et cep5dant1 jamais elle n'a pu cons]v] une conqute hors du c]cle de sa nationalit4 ,v+t fois elle fut matresse de l',italie1 et v+t fois elle en a t *asse p> un ennemi mo9s brave et mo9s gnreux3 c'e/ qu'elle manque de suite dans ses plans2 c'e/ que ses ides sont rapides comme la f\dre1 et que sa tte tant le passage des progrs de l'humanit1 elle n'a pas la con/ance des peuples ret>dataires2 c'e/ que trop proccupe de l'ide gnrale1 elle nglige le fait p>ticuli]4 ,mais aussi1 c'e/ dans sa moralit que gt sa vritable puissance4 ,que lui import5t les conqutes matrielles1 elle qui dom9e p> la sympa?ie qu'elle inspire8 ,elle n'a qu' dire un mot1 et les nations s'agit5t et se gr\p5t aut\r d'elle comme une arme en bataille6 ,la riante physionomie du ,franais1 sa pntrante p>ole1 sa vivacit1 sa lucide intellig5ce1 son c\rage1 son ds9tressem5t1 son am\r p\r le fa/e1 les femmes et les plaisirs2 t\te cette allure de bon compagnon sont des qualits qui lui atta*5t les peuples et lui donn5t un c>actre p>ticuli]4 ,on sait combi5 les ,gaulois aimai5t se vtir d't(fes rayes1 aux c\leurs vives et tran*antes1 se p>] d*ans1 d'anneaux et de colli]s d'or2 ce gt s'e/ p]ptu dans la nation4 ,ds le treizime sicle1 il avait frapp l'emp]eur ,frdric ,,ii2 il s]vit de ?me aux prdicateurs de t\t le moy5-ge2 il fut raill p> les satiriques et mis en scne p> ,molire2 cep5dant il vit encore et vivra t\j\rs4 ,c'e/ qu'il e/ un des lm5ts fondam5taux de la p]sonnalit franaise4 ,le gt exquis de ce peuple p\r l'lgance du co/ume1 sa r>e dlicatesse dans le *oix et la di/ribution des ornem5ts1 sont connus de l',europe1 et auj\rd'hui les modes p>isi5nes sont celles du monde4 ,le ,franais e/ va92 il veut brill]1 plaire1 j\] un rle2 de l son aimable frivolit et l'att5tion presque fm99e qu'il met orn] sa p]sonne de c5t colifi*ets4 ,ce n'e/ pas la valeur intr9sque des objets qui le sduit1 c'e/ leur valeur relative2 ce n'e/ pas p> la ri*esse des habits qu'il se di/+ue1 mais p> leur lgance2 t\t e/ =me en lui1 t\t e/ valeur de conv5tion4 ,de l drive galem5t son p5*ant trs rem>quable1 p\r la socit des femmes4 ,la femme mancipe p> le *ri/ianisme n'a jamais t vritablem5t libre qu'en ,france4 ,il e/ vrai qu'en ,france on l'a d%rite de t\t droit politique1 mais en revan*e on lui a donn la royaut de la famille4 ,la femme e/ l'lm5t fondam5tal et primitif de la socit4 ,p>t\t o elle e/ esclave rgne le despotisme2 p>t\t o les lois ou les murs l'lv5t au rang de l'homme1 l exi/e une c]ta9e lib]t4 ,la femme e/ t\te actuelle1 ses pe9es et ses plaisirs sont in/antans2 le pass lui *appe comme une ombre lgre1 et elle ne compr5d l'av5ir que du j\r o ,dieu la r5d mre4 ,c'e/ p> le cur qu'elle juge le monde1 et ses reg>ds s'arrt5t presque t\j\rs la surface des *oses4 ,aussi aime-t-elle l'clat et le m\vem5t extrieur2 aussi veut-elle que p\r lui plaire1 l'homme se trans=me en valeur sociale1 qu'il montise son intellig5ce1 qu'il desc5de de son moi g/e1 et qu'il traduise sa capacit en faits utiles et palpables4 ,elle ne compr5d ri5 l'ab/raction et ne s'intresse qu' la ralit2 elle aime la puissance1 mais la puissance qui se manife/e2 elle re*]*e la =ce1 mais celle qui sait va9cre4 ,t\t se coordonne aut\r de la femme1 et le c]cle trac p> le bas de sa robe1 e/ le premi] c]cle de la lgalit4 ,l'homme ou le peuple qui vit moralem5t avec la femme subit infailliblem5t son influ5ce1 qui e/ t\te favorable au dveloppem5t de ses facults sociales4 ,il y a long-temps qu'on p>le en ,europe de la politesse franaise2 et qu'e/-ce que la politesse1 si ce n'e/ la civilisation4 ,dans le code de la politesse franaise au dix-huitime sicle1 il y a t\te la rvolution de #hi2 c> la politesse n'e/ autre *ose que la loi de l'galit huma9e rduite aux proportions de la vie ord9aire2 aussi il n'y a ri5 dans la politesse qui ne soit dans la morale4 ,le peuple franais1 qui a tant de condesc5dance et de respect p\r la femme1 e/ galem5t celui qui a le mieux compris la sci5ce de la vie2 il possdait la lib]t bi5 avant qu'on songet aux con/itutions politiques et la pondration des p\voirs4 ,la socit franaise e/ trs rem>quable dans ses lois intrieures et dans ses m9utieuses prescriptions2 c'e/ l'analyse p>faite de l'activit huma9e4 ,l1 t\t e/ prvu1 t\t e/ class2 pas un acte de la volont1 pas une dm>*e qui ne soit juge p> un code svre1 connu et admis de t\s4 ,un salon franais e/ le type d'une socit bi5 ordonne2 il y rgne une gr&e unit dans les manires et dans le co/ume4 ,pas une *aise qui ne soit sur la ligne trace p> la matresse de la maison1 pas un b\t de cravate qui fasse saillie1 pas une pose qui ne soit celle de t\t le monde1 pas une p>ole qui tr\ble l'h>monie gnrale4 ,t\tefois1 cette rig\reuse uni=mit dans les actes extrieurs1 e/ accompagne de la plus p>faite galit4 ,une fois le seuil de la porte fran*i1 v\s tes l'gal de t\t le monde1 du duc1 du pr9ce1 trait avec les mmes g>ds et la mme di/9ction4 ,v\s p\vez t\t dire alors1 exprim] t\tes vos ides1 p>ce que la puissance qui v\s c\te et que v\s cotoyez s'ent\re de la politesse p\r rappro*] les rangs et ad\cir les di/9ctions2 c> c'e/ surt\t l'unit qui c>actrise la socit franaise4 ,murs1 langage1 co/ume1 habitations1 etc41 t\t y e/ s\mis2 et v\s ne p\vez v\s en c>t] sans tre frapp p> le ridicule1 arme t\te franaise1 p>ce que le ridicule e/ fils de l'unit sociale4 ,aussi le ,franais e/-il avant t\t imitateur2 il veut faire ce que fait t\t le monde2 r>em5t il ose s'c>t] du gr\pe de la majorit4 ,il se polit1 il s'efface1 il e/ clair1 il e/ aimable1 p>ce qu'il veut qu'on le compr5ne et qu'on l'aime4 ,en littrature1 en pe9ture1 dans les arts1 dans les murs1 dans la politique1 il ne v\dra que ce qui e/ l>ge1 ce qui convi5t t\s les hommes1 ce qui e/ social4 ,cette ptulance1 ce beso9 d'agir1 d'all]1 d'occup] le monde de sa p]sonne et de ses actes2 cette abs5ce de t\t my/re dans les faits les plus intimes de la consci5ce2 ce p5*ant irrsi/ible p>l] haut1 t\t dire1 t\t av\]1 et livr] son me aux reg>ds de la f\le2 cet am\r p\r la p>ure1 les femmes et les plaisirs qui c>actris5t la nation franaise de t\s les sicles1 sont la manife/ation clatante d'une facult de l'esprit huma91 de la facult de l'arti/e1 le ralisateur p> excell5ce4 ,l'esprit de la ,france e/ d'une r>e et n]gique simplicit4 ,n'entrant pas trs avant dans les my/res de la connaissance absolue1 craignant de s'g>] dans les pr(ondeurs de l'tre1 il re/e sur les bords du monde positif2 t\j\rs jeune1 il aime les joies de la t]re1 le soleil et la nature4 ,ses conceptions manqu5t peut-tre de =ce2 il n'a pas le vol audacieux de la spontanx1 mais il e/ clair et indu/rieux4 ,il ne se ti5t pas comme l'esprit g]manique dans des cimes inaccessibles1 il n'app>at pas s\s de my/rieuses inc>nations2 il e/ facile et sympa?ique4 ,a pe9e l'ide y e/-elle close1 qu'elle re*]*e les applaudissem5ts de la f\le4 ,il lui faut de blan*es ma9s1 de d\x reg>ds qui l'appr\v5t et l'enc\rag5t4 m9emm5t nave1 elle a foi en sa puissance et en sa de/9e2 elle aime se communiqu]1 se faire compr5dre1 s'ent5dre rpt] p> l'*o des masses4 ,c'e/ surt\t l'tonnante rapidit avec laquelle il passe de la conception la ralisation1 de la ?orie la pratique1 qui c>actrise l'esprit franais4 ,aucun peuple de nos j\rs n'a le bras aussi prs de l'intellect4 ,entre l'ab/raction et la =me1 entre la p5se et l'art1 c'e/--dire entre le ciel et la t]re1 il n'y a p\r lui qu'un c\rt passage qu'il fran*it en un bond6 ,la sci5ce1 dans son incessante curiosit1 a-t-elle s\lev le voile d'une vrit n\velle8 ,la ,france dem&e aussitt3 ,a quoi bon cela8 ,si la rponse n'e/ pas claire1 si le rsultat qu'on peut en att5dre n'e/ pas pro*a91 la ,france s\rit et passe outre4 ,ce qu'elle conoit auj\rd'hui1 elle le =mule dema94 ,on p\rrait divis] l',europe en trois p>ties3 le ,nord1 y compris l',anglet]re1 s]ait l'ab/raction2 le ,midi1 c'e/--dire1 l',espagne1 l',italie et la ,grce1 la posie2 et la ,france =m]ait le sa9t-esprit de cette tr9it sociale1 le bon s5s pratique1 organe conciliateur qui se ti5t sur la gr&e r\te de la civilisation1 qui prte une oreille ,dieu et l'autre l'humanit4 ,la p5se franaise e/ une p]ptuelle affirmation1 p>ce que c'e/ la p5se de la vie4 ,elle aime caus] et p>tag] sa foi4 ,ne lui confiez ri51 elle le divulgu]ait aussitt2 il faut qu'elle dise et =mule t\t4 ,depuis la *ute de l'empire roma91 pas une vrit ne s'e/ assise dans la socit sans sa p>ticipation1 c'e/ elle qui a raff]mi la papaut1 qui a t son bras sculi] et le s\ti5 de sa r$\table hir>*ie4 ,elle a fait les croisades1 cr la *eval]ie1 les ordres militaires2 c'e/ en ,france que la fodalit p\ssa ses vig\reuses rac9es2 c'e/ en ,france que l'ar*itecture go?ique dploya d'abord sa magnific5ce1 et c'e/ la ,france qu'app>ti5t t\te la posie du moy5-ge4 ,a t\tes les gr&es poques de l'hi/oire1 la ,france s'e/ leve comme un seul homme p\r propag] le progrs6 ,au onzime sicle1 elle fit de la propag&e ca?olique2 au dix-septime1 elle pr*a la mon>*ie2 au dix-huitime1 elle dmocratisa le monde4 ,t\j\rs logique1 t\j\rs consqu5te1 aux acc5ts de sa9t ,b]n>d1 elle entrane l',occid5t au tombeau du ,*ri/2 du cogito de ,desc>tes1 elle tire1 l'tat1 c'e/ moi6 de ,l\is ,,xiv2 et du contrat social de ,r\sseau1 la rvolution de #hi4 ,l'ide n'a c\rs en ,europe qu'aprs avoir t frappe au co9 de la moralit franaise1 et en avoir reu sa valeur comm]ciale4 ,lorsque ,lu!r s'insurgea contre la mon>*ie ca?olique1 c'e/ la ,france qui fut le ?tre de cet immortel combat4 ,la papaut savait bi5 que si la ,france acceptait la r=me1 c'en tait fait de son exi/5ce3 aussi l'treignit-elle de t\tes ses =ces4 ,philippe ,,ii et lisabe? d',anglet]re1 ces deux reprs5tants du pass et de l'av5ir1 se disputr5t la ,france comme le gage c]ta9 de la conqute du monde2 et si la papaut exi/e encore1 c'e/ que la ,france e/ re/e ca?olique4 ,l',anglet]re1 qui depuis tant de sicles b\illonne dans son le comme dans une imm5se *audire1 qui depuis deux c5ts ans e/ en possession de sa tr9it con/itutionnelle1 l',anglet]re n'a ri5 fait p\r l'humanit4 ,close dans son moi solitaire1 elle absorbe t\t ce qu'elle rp& et s'engraisse de sa propre sub/ance4 ,elle a fait dix rvolutions1 tu un roi1 cr une rpublique2 eh bi56 l',europe n'en a pas mme s\rcill1 p>ce que l',europe compr5ait que l',anglet]re n'avait ri5 de sympa?ique1 et que1 r5f]me dans son gsme national1 elle ne possdait ri5 de ce qui fait palpit] le cur des peuples1 ri5 de social4 ,mais que la ,france s'avise de l'imit]1 et v\s v]rez t\s les rois de l',europe la c]n] comme une bte froce4 ,c'e/ que la p5se franaise a la puissance de gnralis]2 c'e/ que le plus petit gra9 qui tombe dans son se9 gr&it1 devi5t *ne imm5se1 et c\vre le monde de son ombrage2 c'e/ que la ,france e/ huma9e1 sociale et veut la propag&e4 ,oui1 la ,france veut la propag&e6 ,t\s les gr&s p\voirs qui l'ont g\v]ne ont fait de la propag&e2 sans la propag&e1 le ,franais e/ le d]ni] peuple de l',europe4 ,sans physionomie1 sans orig9alit1 sans pr(ondeur1 il n'e/ =t que p> son c>actre reprs5tatif4 ,croyez-v\s que c'e/ p\r avoir ergot sur quelques articles de la ,*>te que les ,manuel1 les ,foy1 les ,b5jam9 ,con/ant sont admirs de l',europe8 ,c'e/ p>ce qu'ils df5dai5t la lib]t de l'esprit huma94 ,voyez la langue o s'empre9t le c>actre national6 de ,ville-,h>du9 ,*teaubri& elle ne s'e/ pas c>te d'un degr de sa =me primitive4 ,les mots ont r\l avec les sicles1 et ont subi leurs modifications1 mais l'esprit en e/ re/ t\j\rs le mme2 claire1 transp>5te1 la p5se c\le s\s la phrase comme le poisson s\s une onde limpide2 t\t le monde l'y voit circul]2 sans dt\rs1 sans my/re1 comme la p5se franaise1 elle croit en sa puissance1 elle affirme t\j\rs4 ,po9t de proposition possible sans conclusion1 sans un fait1 sans une ralisation3 le v]be1 t\t ct du nom1 comme l'action de la conception1 comme l'art de l'ab/raction4 ,huma9e1 sociale1 t\t le monde la sait1 t\t le monde la p>le2 langue m9emm5t populaire1 le sub/antif y prcde l'adjectif1 comme la sub/ance prcde la modification1 comme le peuple prexi/e l'ari/ocratie2 vive causeuse1 c'e/ la langue des affaires et de la vie4 ,fille de presque t\s les dialectes de l',europe1 elle a vu le j\r en mme temps que la socit mod]ne3 elle a gr&i avec elle4 ,au d\zime sicle1 elle e/ nave comme les croisades2 au seizime1 moqueuse et mordante comme la r=me2 au dix-septime1 =te et maje/ueuse comme la mon>*ie de ,l\is ,,xiv2 et au dix-huitime1 audacieuse1 agressive comme la rvolution de #hi4 ,c'e/ surt\t sa prose qui e/ admirable1 ri5 ne lui e/ comp>able2 et la prose1 c'e/ l'esprit1 la =ce d'une langue1 le signe infaillible auquel on reconnat les progrs d'un peuple4 ,enf91 la langue franaise e/ une langue dmocratique et de propag&e1 telle qu'il la fallait un peuple social et gnralisateur1 qui de nos j\rs e/ la tte du monde civilis4 ,,iii4 ,,du ,,p>ti ,,royali/e4 ,un sicle irrvr5cieux1 un sicle sup]be branla de son rire insultant la foi antique des peuples4 ,la ,france fut b\lev]se1 ses vieilles in/itutions livres aux caprices de la f\le1 et une royaut aussi anci5ne que la nation baigna de son sang innoc5t le billot des crim9els1 qui dev9t l'autel du monde rgnr4 ,t\t disp>ut du sol de la patrie4 ,les passions s'*appr5t avec un p\vantable fracas du se9 des peuples1 comme les v5ts de la cav]ne d',eole1 et emportr5t dans leur sublime orage1 murs1 croyances et scurit4 ,une n\velle gnration1 dlirante de lib]t1 rompit la *ane des temps1 r5ia le pass1 plongea sa ma9 audacieuse dans les entrailles de l'tat1 effaa t\te di/9ction sociale1 disp]sa la famille1 jeta aux v5ts les c5dres de ses pres1 et1 comme le fossoyeur dans un temps d'pidmie1 elle s'assit en riant sur la *>rette qui tranait la voirie ses innombrables victimes6 puis la rvolution s'lance sur l',europe fodale1 et p5dant qu>ante ans l'ass]vit ses lois4 ,enf91 les peuples1 fatigus du despotisme d'un hros rpublica91 qui avait *auss les brodequ9s d'or de ,*>lemagne1 romp5t les rangs1 et laiss5t tomb] ce colosse qui1 p>ce que sa tte t\*ait au ciel1 avait oubli qu'il tait mont sur les paules des nations4 ,la maison des ,b\rbons rev9t rgn] sur la ,france4 ,t\t p\r elle avait *ang d'aspect1 lois1 murs1 langage1 jusqu'au palais de ses anctres4 ,la vieille ,france n'tait plus1 on ignorait mme qu'il exi/t une po/rit de ,l\is ,,xiv4 ,la nation tait divise en deux camps =midables2 l'un nombreux et va9cu1 mais aprs c9quante ans de victoires2 l'autre faible et s\ffrant1 mais appuy d'un million de bayonnettes trangres2 c'e/ entre ces deux p>tis qu'app>ut ,l\is ,,xviii1 la *>te la ma91 les sommant d'oubli] t\t ce qui s'tait pass1 et de fondre dans un h>monieux ensemble la socit n\velle4 ,il tait de l'intrt des migrs d'accept] cette transaction1 et de reconnatre les *angem5ts faits si d\l\reusem5t p> la rvolution2 de se ml] dans les rangs de la nation et de r*auff] leurs vieux os son s\ffle puissant4 ,mais le royali/e inflexible recula devant cette fusion2 t\rdi p> le bruit discordant de tant de voix inconnues1 il s'enfuit p\vant et c\rt s'enf]m] dans son vieux ca/el1 o1 s\s l'tre seigneurial1 il se pro/]ne devant ,dieu et son roi1 les uniques symboles de sa croyance4 ,cep5dant1 l'esprit innovateur de #hi m>*ait en avant2 il se faisait j\r p> t\tes fissures de la mon>*ie lgitime2 il frappait de son f\et t\t ce qui s'opposait son passage3 il fallait ou se faire le compagnon de son voyage1 ou prir s\s les r\es de son *>4 ,mais le royali/e1 plong dans la contemplation de ses vieilles ides1 n'ent5dait pas la rvolution qui grondait au dehors et qui faisait rsonn] son sabre imprial sur le pav des cits4 ,9branlable dans ses s5tim5ts1 il dt\rnait les yeux d'un sicle inconcevable2 il se s]rait contre l'autel sacr de la famille1 et il ab&onnait ,ilion en proie ses va9queurs4 ,mais son fils1 ne p\vant rsi/] aux illusions de son ge et de son poque1 se t5ait sur le seuil de la maison pat]nelle1 d'o il contemplait le m\vem5t du sicle2 et prt se ml] la f\le joyeuse qui passe1 il s'arrte la voix languissante de son pre qui lui dit3 ,o mon fils6 o vas-tu6444 ,lorsque dans le se9 de l'humanit clate une de ces rvolutions que ncessite la m>*e des ides1 la gnration contempora9e1 celle qui ralise le progrs1 e/ r>em5t aussi pure que le pr9cipe dont elle e/ l'expression4 ,t\j\rs la p5se gnrale e/ torture dans le cur de l'homme1 t\j\rs la liqueur se ress5t de la corruption du vase4 ,ce n'e/ que bi5 long-temps aprs1 lorsque la socit a tan* le sang de ses blessures1 que se fait s5tir le bi5 de la r=me1 et que les actions s'h>monis5t avec les doctr9es4 ,la gnration rvolutionnaire de #hi1 anime d'abord d'un s5tim5t noble et ju/e1 v\lut db>rass] l'tat d'abus intolrables1 sans port] atte9te aux exi/5ces individuelles1 sans t\*] aux bases fondam5tales de t\t corps politique4 ,mais irrite p> la rsi/ance des vieux intrts1 enflamme p> une prompte victoire1 elle dpassa le b qu'elle s'tait propos4 ,entrane p> son lan1 enorgueillie de sa n\velle puissance1 elle v\lut t\t refaire1 t\t *ang]4 ,dp\ille de t\t pr9cipe1 sans ri5 de fixe dans la consci5ce p\r rsi/] au torr5t1 la gnration de #hi fut l'colire imbcille de t\s les sophi/es1 l'esclave de t\s les f\rbes qui v\lur5t la comm&]4 ,elle se laissa gorg] p> la ,montagne1 avilir p> le directoire1 cas]n] p> ,napolon4 ,elle avait proclam la lib]t1 jur de ma9t5ir dix ou d\ze con/itutions1 dtruit la noblesse1 tu la royaut1 proscrit les prtres ca?oliques2 on d*ira ses con/itutions1 on l'emp*a d'crire et de p5s]1 on lui imposa un n\veau roi1 une n\velle noblesse1 de n\veaux prtres2 on la fit all] la messe4 ,fltrie p> t\s les g\v]nem5ts1 elle tomba de *ute en *ute dans la plus vile abjection2 on en fit de la *air guillot9e1 de la *air canon2 elle se vautra dans les anti*ambres de t\s les gueux enri*is1 de t\s les fripons *apps au gibet2 et de nos j\rs encore ses re/es impurs saliss5t le palais de la royaut n\velle6 ,dans ce mmorable naufrage de la socit franaise1 dans cette imm5se dr\te o *aque soldat1 ayant p]du son drapeau1 errait au has>d et expirait isol1 il e/ beau de voir le royali/e f]me dans ses s5tim5ts politiques1 9branlable dans ses croyances religieuses1 ne se laiss] abattre ni p> l'exil1 ni p> la spoliation1 ni p> la misre2 croire la royaut malgr les succs de la rpublique1 croire au ca?olicisme malgr les philosophes et les jacob9s1 croire la lgitimit malgr sa *ute de t\s les trnes de l',europe2 ne se laiss] dc\rag] ni p> les victoires de la ,conv5tion1 ni p> les conqutes de l'empire2 reg>d] sans fl*ir les antiques dyna/ies se pro/]n] aux pi$s d'un plbi51 et se disput] l'honneur de lui bais] ses bottes impriales2 rsi/] aux appas du gnie et de la gloire2 et1 malgr tant de rev]s1 s'atta*] p\r jamais au culte du malheur1 au culte d'une famille in=tune6 ,cela e/ beau1 cela e/ admirable1 et le s]a t]nellem5t6 ,eh6 qui le nie8 ,le p>ti royali/e n'a jamais compris son poque2 il s'e/ heurt en ins5s contre d'insurmontables ob/acles2 avec plus de clairvoyance et mo9s d'enttem5t1 il aurait t\t concili3 ses croyances et ses intrts1 le bonheur du pays et la consolidation de la lgitimit4 ,cela e/ inconte/able1 en le considrant comme p>ti politique2 mais comme homme1 que la pose du royali/e e/ noble1 que son reg>d e/ d\x et f]me1 au milieu de ce dbordem5t1 dans cette orgie des passions populaires1 dans ce ple-mle1 dans cet avortem5t de tant de sy/mes1 de tant de religions1 de tant de r=mes6 ,l'esprit du philosophe s'arrte avec bonheur sur cette physionomie du royali/e1 si calme1 si s\ffrante1 si dv\e1 si ple9e de foi et d'am\r1 qui refuse un m5songe qu& un m5songe peut la sauv]2 qui rsi/e l'clat des faux dieux1 aux p>oles captieuses des faux prophtes1 aux sductions de la victoire et de la prosprit2 et qui s\ffre et meurt p\r ,jsus et p\r ses rois6 ,comp>ez le royali/e ces hommes de l'empire1 ces soldats rpublica9s qui immolr5t la rpublique2 et qui1 aprs s'tre gorgs des dp\illes du monde1 trahir5t le hros qui les tira de la b\e1 et qui c\vrit leur nudit d'un manteau ducal6 il y en eut jusqu' trois qui s'immortalisr5t le suivre sur son le solitaire2 t\t le re/e se c\*a plat-v5tre devant la lgitimit4 ,l'un s'en fit le suisse1 un autre le b$eau1 un autre le g5d>me2 t\s r5ir5t la rvolution et ses pr9cipes4 ,puis ils ab&onnr5t la re/auration2 et auj\rd'hui ils font de l'ari/ocratie en mauvais franais1 au bruit des clats de rire et des sifflets de l',europe6 ,comp>ez et jugez6 ,*ez t\s les peuples du monde1 il a t\j\rs exi/ une classe d'individus qui1 p> leurs ri*esses1 leur gloire ou celle de leurs anctres1 se di/+uai5t de la masse nationale1 et con/ituai5t quelquefois un corps nombreux et puissant4 ,les socits ne se fond5t et ne se consolid5t que p> la brav\re et le gnie de quelques hommes1 dont le nom et les travaux pass5t la po/rit4 ,ri5 ne se fait de gr& sans le peuple2 mais il faut une ma9 qui le guide et qui conomise sa puissance4 ,or1 p\r que la socit tr\ve des hommes qui se v\5t son salut1 de ces hommes qui s'enfonc5t dans la mle des combats et se brl5t le po+ au brasi] de ,porc5na1 il faut qu'elle les honore1 qu'elle les salue1 qu'elle les dsigne du doigt et leur dise3 ,votre gloire rejaillira sur vos pro*es2 aprs v\s1 vos enfants s]ont illu/res et honors4 ,il n'y aurait pas de socit possible sans ce s5tim5t de cons]vation qui e/ au fond de notre cur4 ,l'homme1 ce fragile et passag] symbole d'une p5se t]nelle1 veut re/] sur la t]re le plus long-temps possible2 il veut y laiss] au mo9s la trace de ses pas4 ,l'espoir de l'immortalit de l'me1 l'am\r de la pat]nit ne sont qu'un dveloppem5t de ce s5tim5t social4 ,on ne creuse pas un foss1 on ne plante pas un arbre1 que ce ne soit en vue du bonheur de sa po/rit4 ,otez l'homme ce s5tim5t1 et v\s p>alysez ses =ces1 v\s anantissez ses facults1 v\s n'en faites qu'un g/e qui br\te et digre1 jusqu' ce qu'il r5de la b\e1 ce que la b\e lui a prt4 ,qui dit socit1 dit cons]vation1 dit hritage1 dans t\s les sicles et dans t\s les pays4 ,il e/ donc naturel que le gnral1 que le magi/rat intgre1 que le gr& capita9e dsire laiss] sa po/rit son nom1 son illu/ration et les avantages qui en driv5t4 ,que dis-je8 il le v\drait1 qu'il ne p\rrait pas leur ravir ce prcieux hritage4 ,l'esprit huma9 rep\sse un p>eil infanticide4 ,les individus1 comme les peuples1 rpond5t des actions de leurs anctres4 ,le pass pse sur *acun de n\s1 il n\s lve ou n\s crase4 ,quoi que v\s en disiez1 v\s ne p\vez reg>d] sans frmir le fils innoc5t d'un assass92 et malgr notre galit1 prs5tez la ,france les enfants du m>*al ,ney et ceux d'un g\jat1 et v\s v]rez devant qui s'incl9]a la f\le4 ,dans la vie t\t s'en*ane1 t\t se succde2 *aque j\r1 *aque heure influe mme sur notre c\rte exi/5ce individuelle4 ,que d'hommes succomb5t s\s une page de leur propre hi/oire6 ,que de nobles c>actres ne peuv5t s\lev] le poids accablant de trois lignes de leur pass1 et s'enfonc5t sur la t]re qui les porte4 ,que s]ait la socit sans cette solid>it8 un *aos p\vantable1 une meute d'individualits1 sans affection1 sans am\r4 ,aussi les tmoignages de l'hi/oire sont-ils nombreux et irrcusables4 ,en ,grce1 ,rome1 au moy5-ge1 p>t\t il a exi/ une classe noble1 place haut dans l'e/ime du pays1 compose des hommes les plus ri*es1 les plus illu/res et les plus capables4 ,l1 v5ai5t se gr\p] t\s les s\v5irs de la patrie1 t\tes les gloires2 c'e/ de l que sortai5t les gr&s capita9es1 les gr&s hommes d'tat4 ,les b>b>es eux-mmes avai5t des familles d'lite1 d'o ils tirai5t les *efs1 qui les conduisir5t la conqute du monde4 ,la sci5ce g\v]nem5tale des temps mod]nes doit consi/] bi5 rorganis] cette phalange1 la pos] d'une ma9 f]me au c5tre de la socit2 pr5dre g>de surt\t que1 comme un corps opaque1 elle n'int]cepte au peuple les rayons de l'tat1 et l'tat la =ce du peuple4 ,composez-la de nobles curs1 de =tes ttes1 r5dez son appro*e facile au mrite quel qu'il soit1 de t\s les rangs1 de t\tes les =tunes4 ,l'glise ca?olique elle-mme ne fut-elle pas oblige de div9is] ses *efs et d'en faire des sa9ts8 ,organisez donc1 organisez1 o v\s s]ez dbords p> une olig>*ie de br\illons et de f9anci]s1 qui pr5dront la place de la v]tu et du tal5t4 ,ne v\s laissez pas effray] p> les aboyeurs ignorants1 p> l'envieuse mdiocrit1 p> la gu5ille littraire qui hait t\t ce qui n'e/ pas c\v]t de sa fange1 t\t ce qui n'a pas sa fureur et ses vices4 ,avant la rvolution de #hi1 la noblesse franaise tait l'ari/ocratie la plus illu/re de l',europe4 ,le nom de *acun de ses membres rappelait une gloire de la patrie1 et son hi/oire tait celle de la nation4 ,aprs avoir t brise p> ,ri*elieu1 elle se s]ra aut\r de la royaut comme les lvites aut\r du tab]nacle1 et se laissa ensevelir s\s les ru9es du temple4 ,on l'a beauc\p calomnie depuis qu>ante ans2 et cela n'a ri5 qui n\s tonne1 c'e/ le sort de t\s les va9cus4 ,mais n\s croyons que le temps de sa rhabilitation e/ enf9 arriv4 ,la noblesse franaise se di/+ua t\j\rs p> sa r>e lgance1 ses bonnes manires et son urbanit4 ,et c'e/ p\r cela1 dit ,*>les-,qu9t1 qu'on aime p>t\t le *evali] franais4 ,c'e/ la seule ari/ocratie qui ait su us] de la puissance1 sans jo9dre l'insulte au privilge1 et qui ait eu p\r pr9cipe con/ant d'tre plus polie1 plus aimable1 plus empresse env]s les infrieurs1 qu'env]s les pr9ces et les rois4 ,la porte de ses palais tait t\j\rs ouv]te au mrite qui honorait l'esprit huma92 ses salons tai5t de vritables rpubliques1 o1 s\s une noble discipl9e1 rgnait la plus p>faite lib]t4 ,c'e/ dans ces salons dors1 au milieu d'une socit clatante d'esprit et de beaut1 que le philosophe v5ait pr*] ses doctr9es sociales1 et prp>] la rvolution qui devait engl\tir la mon>*ie et ses df5seurs4 ,la littrature franaise doit la noblesse sa puret2 la c\r de ,l\is ,,xiv fut une s\rce int>issable o les gr&s criva9s allai5t puis] la sci5ce de la vie et cette analyse du cur huma9 qu'on n'a pas surpasse4 ,de nos j\rs1 le p>ti royali/e e/ =m des dbris de la noblesse franaise1 de t\s ceux qui vivai5t des abus et de la munific5ce de l'anci5ne mon>*ie1 et de ce gr\pe d'ames pieuses et s9cres qui croi5t la lgitimit d'une race royale au g\v]nem5t d'un pays1 comme la rvlation de ,dieu4 ,deux lm5ts =m5t la base de la moralit de ce p>ti politique3 l'lm5t ari/ocratique1 et l'lm5t religieux4 ,la noblesse franaise a p>faitem5t compris qu'une des pr9cipales causes de la *ute de la royaut1 ce fut la gu]re que les philosophes du dix-huitime sicle fir5t au ca?olicisme4 ,voltaire1 ce gr& capita9e1 avait bi5 ap]u le ct faible de la socit fodale1 et il s5tit qu'on ne p\vait entr] dans le donjon qu'en enfonant les portes de l'glise4 ,aussi s'arma-t-il de t\tes pices p\r ce sige mmorable2 posies piques1 tragdies1 contes1 v]s et prose1 t\t lui fut bon2 et il n'y a que des imbcilles qui puiss5t repro*] cette gr&e intellig5ce ses raill]ies1 ses citations tronques1 ses traits acrs1 et t\s les /ratagmes d'un habile gnral4 ,le b de la gu]re1 c'e/ de va9cre2 et il n'y a que les enfants qui1 avant de se battre1 se dis5t3 ,tu ne me frapp]as ni la tte ni au v5tre6 ,l'ide fondam5tale du p>ti lgitimi/e1 l'ide qui eng5dre la cit1 c'e/ la famille4 ,la famille antique avait un g\v]nem5t despotique1 le *ef en tait le tyran1 ses femmes et ses enfants tai5t des esclaves4 ,le *ri/ianisme comm5a la rvolution du monde en recon/ruisant la famille2 il en simplifia les lois1 en purifia le sanctuaire en y jetant le p>fum de sa sa9te morale2 il re/reignit l'autorit du *ef1 donna la lib]t la femme et aux enfants1 les gr\pa aut\r de leur pre1 et lui en fit une c\ronne1 symbole de son autorit con/itutionnelle4 ,le lgitimi/e voit dans la famille *rti5ne le type sacr et immuable de t\te organisation sociale2 dans la royaut1 l'image de l'autorit pat]nelle2 dans les enfants1 celle des peuples4 ,le droit au g\v]nem5t d'un pays qu'une dyna/ie tire des entrailles du pass1 n'e/ pas une va9e fiction inv5te p> des rhteurs4 ,le temps1 cette s\rce primitive de t\t droit1 sanctifie t\t ce qu'il t\*e et pntre4 ,la volont individuelle qui ne peut ri5 p> elle-mme1 peut t\t1 ds-lors que le temps l'a m>que au front du signe de son baptme4 ,elle se dp\ille p> l de sa p]sonnalit1 elle s'pure1 gr&it1 s'lve la dignit de pr9cipe1 et comme tel1 elle reoit l'hommage de l'humanit4 ,il manque un sicle ma dyna/ie1 disait ,napolon4 ,c'e/ a9si que p5s5t t\s les usurpateurs4 ,dans les fables de l'antiquit1 n\s voyons le lgislateur faire lgitim] ses r=mes p> un oracle1 et retremp] sa volont individuelle dans celle des dieux4 ,la posie doit une p>tie de sa =ce ce qu'elle e/ le fruit de l'inspiration1 et que l'inspiration e/ un acte involontaire4 ,dans la nature1 dans les arts1 t\t ce qui e/ gr& et beau1 a un c>actre idal1 c'e/--dire d'imp]sonnalit4 ,le s5tim5t qui n\s fait rsi/] la dom9ation de la volont individuelle e/ si =tem5t enrac9 en n\s1 que dans le langage des conv5ances1 l'individualit e/ oblige de se ca*] s\s le signe de la pluralit1 n\s2 et dans la conv]sation1 on e/ s\v5t oblig d'attribu] un autre un fait1 un mot qui1 dit en notre propre nom1 p]drait t\t son effet4 ,la navet elle-mme doit son *>me inexprimable son indp5dance de la volont4 ,comme la religion1 comme l'am\r1 comme la naissance des fleuves et le dveloppem5t des gr&s hommes1 la loi sociale aime le my/re et se refuse l'analyse4 ,un seul ,dieu rgit le monde2 un seul homme g\v]ne la famille2 un seul roi doit comm&] la nation3 voil la p5se ca?olique dans sa n]veuse simplicit1 telle que la conoit le p>ti lgitimi/e4 ,ce p>ti e/ trs consqu5t et trs logique2 il va au fond de son ide1 t\t en lui respire l'unit1 l'ordre1 le privilge1 la di/9ction1 la limite4 ,dans ses doctr9es1 le p>ticuli] dom9e le gnral1 l'individu la famille1 la famille la ca/e1 la ca/e la nation1 et la nation dom9e l'humanit4 ,il mprise les ?ories1 il ne connat que des affections1 mais vives et pr(ondes4 ,c'e/ l'homme individuel qu'il tudie1 c'e/ lui qu'il s'atta*e1 sa gloire1 ses malheurs2 il le suit pas pas1 il c\te ses s\pirs1 il note ses palpitations1 il le t\rne et le ret\rne2 il trace son image avec t\s ses tics c>actri/iques1 avec le signe mat]nel4 ,v\s p\vez compt] sur sa gratitude2 s]vez-le bi51 et il v\s combl]a de ses bonts2 il v\s attir]a dans sa vie intime2 v\s y s]ez *oy1 c>ess2 v\s aurez la meilleure place de son foy] et de sa table4 ,re/ez fidle ses pr9cipes et malgr les rvolutions1 il s]a con/ant dans son amiti p\r v\s4 ,*ose rem>quable6 ce qui di/+ue le p>ti lgitimi/e du p>ti rpublica91 tel qu'il exi/e depuis #hi1 c'e/ une ide plus sociale1 c'e/ un s5tim5t plus vrai de l'humanit1 c'e/ une plus ju/e apprciation des beso9s de l'homme1 c'e/ une *>it plus expansive et plus indulg5te6 ,on ne croirait pas que le rpublicanisme1 qui veut la rhabilitation de l'individualit1 considre la socit comme une s*e ab/raction1 sur laquelle il cl\e les citoy5s comme sur un lit de ,procu/e6 ,il tran*e1 il c\pe1 il rogne t\t ce qui en dpasse sans se s\ci] des cris que jett5t les victimes4 ,ce n'e/ pas la cit qui e/ faite p\r l'homme1 c'e/ l'homme qu'il ptrit p\r la cit4 ,dans la vie intrieure1 le rpublica9 se roidit1 il crispe sa face1 il comprime la manife/ation des affections d\ces2 il cra9t les supriorits1 il les jal\se1 il les heurte et il les presse dans sa rpublique1 o elles t\ff5t faute d'air et de lib]t4 ,aussi1 voyez l'tonnant phnomne6 t\s les hommes rem>quables de la rvolution s'*appr5t de la rpublique et v9r5t se rfugi] dans la mon>*ie6 ,ceux-l mmes qui devai5t leur gr&eur aux luttes des factions s'incl9r5t aux pi$s de la royaut4 ,p\rquoi cela8 c'e/ que le royali/e aime l'individualit1 c'e/ qu'il la c>esse et qu'il se range p\r la laiss] pass]1 c'e/ qu'il la salue de ses acclamations4 ,s'il e/ impossible de concevoir une nation sans supriorits sociales2 si1 malgr la plus ombrageuse galit1 il se =me t\j\rs une indigne olig>*ie qui usurpe la rcomp5se du c\rage et de la v]tu2 il faut l'av\]1 il n'y a que deux sortes de noblesse tolrables dans un tat bi5 ordonn3 celle que donne le mrite p]sonnel1 et celle qui rsulte de l'illu/ration de la famille4 ,l'homme capable1 l'homme suprieur a bi5tt compris la vie2 ft-il le fils d'un *iffonni]1 il a bi5tt fran*i l'exi/5ce animale p\r s'lev] la vie de l'intellig5ce1 ce dvorant apptit des nobles *oses4 ,au contraire1 quelles que soi5t l =tune et l'in/ruction de l'homme mdiocre1 jamais il ne p\rra ass\plir son esprit et pr5dre gt aux mille dtails d'une exi/5ce leve1 s'il ne l'a reu au se9 de la famille1 s'il ne l'a suc dans les bais]s de sa mre4 ,ri5 ne peut suppler aux div9es inspirations de la maison pat]nelle1 si ce n'e/ l'esprit4 ,l'homme d'un mrite ord9aire1 qu'on a lev dans la bonne compagnie1 et qui on a inspir le s5tim5t des *oses honntes1 se fait aism5t p>donn] sa mdiocrit1 qu'il sait ca*] s\s des =mes polies4 ,il a contract l'habitude de comprim] ses passions devant le monde2 il devi5t l'homme agrable qu'on voit avec plaisir1 et avec qui on aime pass] une heure de la j\rne4 ,sans tre pote1 musici51 pe9tre1 il aime assez les arts p\r compr5dre leurs *efs-d'uvre et s'lev] aux s5tim5ts qu'ils exprim5t4 ,enf91 il a puis dans sa premire ducation cet am\r de la famille1 ce culte des aeux1 ce respect p\r leur mmoire1 ce gt dlicat1 qui se rp&5t sur t\te sa p]sonne1 et qui s'y grav5t comme un tat\age ineffaable4 ,telles sont les qualits qui di/+u5t les lgitimi/es1 du re/e de la population franaise4 ,malgr la rvolution1 le p>ti royali/e e/ encore trs ri*e1 et sa ri*esse e/ presque t\te t]ritoriale4 ,comme t\tes les ari/ocraties1 il aime le sol2 soit p>ce qu'il e/ la s\rce de sa puissance1 soit p>ce que de t\t temps il a t le signe de la capacit sociale1 soit p>ce qu'il lui donne les moy5s d'ex]c] un noble patronage4 ,le royali/e ne se livre pas aux *ances de l'indu/rie2 il vit de ses rev5us et passe les trois qu>ts de l'anne la campagne4 ,depuis les vnem5ts de juillet1 il s'occupe surt\t d'agriculture4 ,p5dant la re/auration1 les royali/es s'tai5t rangs aut\r de l'autorit et lui s]vai5t de remp>t contre les libraux4 ,dans les petites villes de prov9ce1 dans les *efs-lieux de prfecture1 il y avait des ftes1 des bals1 des runions1 beauc\p de plaisirs4 ,depuis la d]nire rvolution1 il n'y a plus de socit en prov9ce4 ,si v\s en exceptez le prfet1 le gnral1 le receveur gnral et quelques autres fonctionnaires qui1 une ou deux fois p> mois1 ouvr5t leur salon et reoiv5t leurs subordonns1 v\s ne tr\v]ez en prov9ce d'autre socit que celle du p>ti lgitimi/e4 ,ce n'e/ pas que les =tunes manqu5t dans le re/e de la population2 dans les villes de fabrique et de comm]ce1 dans les ports de m]1 il y a beauc\p d'aisance1 de gr&es ri*esses1 contre lesquelles il s]ait impossible aux royali/es de lutt]2 cep5dant1 il y a peu de runions4 ,tel royali/e vit plus honorablem5t avec dix mille livres de r5te que tel comm]ant avec c9quante mille6 ,p\rquoi donc8 c'e/ qu'il e/ presque aussi difficile de savoir bi5 dp5s] sa =tune que de l'acqurir2 c'e/ que la vie a ses pr9cipes qui provi5n5t de c]ta9es ides1 de c]ta9es habitudes1 qui sont trangres la b\rgeoisie4 ,lorsque le s5tim5t de l'individualit ari/ocratique n'e/ pas p\ss jusqu'au mpris des autres hommes1 il lve l'me1 il la vivifie1 il lui inspire une noble fi]t qui lui fait faire de gr&es *oses4 ,le long usage d'une =tune hrditaire acc\tume l'esprit une position leve et aux devoirs qu'elle impose4 ,on y contracte des beso9s d'un ordre suprieur2 on s'acc\tume des j\issances d'lite1 des plaisirs *oisis2 et l'habitude de se voir au-dessus des autres v\s en te la surprise et l'insol5ce4 ,on connat le prov]be6 ,telles sont aussi les qualits des lgitimi/es4 ,ils sont ri*es1 ils sont acc\tums l'tre1 et ils us5t noblem5t de leur =tune4 ,ils ont des loisirs qu'ils consacr5t aux plaisirs de la socit2 ils aim5t l'tude1 ils aim5t les arts4 ,ils sont trs unis1 ils viv5t beauc\p en famille1 et1 dans les relations p>ticulires1 ils ont ces s5tim5ts *aleureux1 ce dv\em5t1 ces affections vives et con/antes qui les di/+u5t comme p>ti politique4 ,fi]s1 arrogants mme env]s ceux qu'ils s\ponn5t leur tre contraires1 ils sont bons1 faciles1 affables1 huma9s p\r leurs dome/iques1 leurs f]mi]s1 et p\r t\s ceux qui se gr\p5t aut\r de leur exi/5ce et qui accept5t leur patronage4 ,allez aux environs d'une gr&e proprit1 causez avec les habitants de la campagne1 et v\s saurez de suite si c'e/ un royali/e ou un homme de l'empire qui habite le *teau6 ,n\s avons recueilli cet g>d des faits tonnants6 ,les enfants sont levs dans un respect religieux p\r l'autorit pat]nelle et p\r t\s les degrs de la p>5t4 ,on leur appr5d de bonne heure aim] la vieillesse et lui r5dre les hommages qui lui sont dus1 comme une image de la lgitimit sociale4 ,l'in/ruction qu'on leur donne e/ svre et v>ie2 on les =ce l'tude des langues vivantes1 p>ce que les malheurs de la rvolution leur ont appris quelle en tait l'utilit4 ,ils aim5t surt\t l'tude de l'hi/oire1 p>ce que l'hi/oire e/ le culte du pass1 base de leur religion politique4 ,en gnral1 en prov9ce1 il n'y a po9t de vie1 po9t d'lan1 po9t d'idal hors de la socit des royali/es4 ,le pe9tre1 le musici51 l'arti/e en t\t g5re1 ne peut espr] russir qu'auprs d'eux2 seuls ils compr5n5t la vie lgante et la vie de l'intellig5ce1 et seuls ils sav5t apprci] les uvres qui s]v5t l'embellir4 ,que veut auj\rd'hui le p>ti lgitimi/e8 ,le ret\r de la bran*e ane des ,b\rbons et la reconnaissance de son droit au g\v]nem5t du pays1 avec t\tes les lib]ts1 t\tes les concessions que r5d5t ncessaires les progrs du sicle et de la nation4 ,ces vux sont-ils s9cres8 ,en masse1 les p>tis sont t\j\rs vrais4 ,on le voit1 ce p>ti a s+ulirem5t modifi ses doctr9es depuis #ahcj6 ,la lgitimit n'e/ plus un droit div92 n'e/ plus une famille *oisie p> la ma9 de ,dieu p\r g\v]n] un peuple jusqu' la consommation des sicles2 c'e/ un pr9cipe d'ordre et de cons]vation proclam et reconnu de t\s p\r la prosprit gnrale et le bonheur de *acun4 ,ce n'e/ plus un pr9cipe inv>iable1 t]nel1 fatal dans sa volont3 lo9 de l1 il se prte aux circon/ances1 il se prte aux murs1 il m>*e avec le temps1 il progresse avec l'humanit4 ,au fond1 ce n'e/ autre *ose que le pr9cipe de la s\v]a9et nationale4 ,c'e/ a9si que les individus1 les p>tis et les nations tir5t de leurs blessures le baume qui les gurit et les rgnre2 c'e/ a9si que l'esprit huma91 comme le phnix1 tr\ve la vie dans la mort4 ,en rsumant en peu de mots les ides mises dans ce *apitre1 en pr5ant un un t\s les p>tis qui depuis #hi divis5t la ,france1 en exam9ant les actes dont ils se glorifi5t1 n\s ne craignons pas d'assur] que les royali/es1 considrs comme individus1 sont s\v5t dignes de l'admiration du philosophe4 ,f]mes dans leur foi1 au milieu de l'incrdulit gnrale2 fidles leurs s]m5ts1 une poque de m5songes et de r\s2 gnreux1 huma9s1 *>itables1 dans un sicle d'gsme et de f9anci]s2 polis1 lgants1 honntes1 en face d'une dmocratie tran*ante et sauvage2 in/ruits1 aimant les arts1 s\s la prpondrance d'une b\rgeoisie l\rde et grossire1 les royali/es =m5t la classe la plus claire1 la plus sociable et la plus avance de la socit franaise4 ,p\rquoi donc ce p>ti ne p>vi5drait-il conqurir la ,france au pr(it de ses ides8 ,a notre avis1 deux lm5ts de sa moralit s'y oppos5t4 ,p> son c>actre ari/ocratique1 il s'isole trop de la nation et contr>ie la t5dance de notre poque v]s l'galit politique2 p> son lm5t ca?olique1 il e/ contraire la m>*e de l'esprit huma91 qui v\lant la lgalit de t\tes les croyances1 a r5onc p\r t\j\rs la tutelle du prtre4 ,,iv4 ,,de ,,la ,,b\rgeoisie4 ,dans les sicles primitifs de l'humanit1 la t]re tait le p>tage de quelques tres qui les premi]s en avai5t pris possession4 ,guids p> l'gsme1 ces patri>*es1 ces hros con/itur5t la socit au pr(it de leur famille1 et tracr5t aut\r de la proprit un c]cle fatal qu'il n'tait pas p]mis de fran*ir4 ,cep5dant les hommes se multiplir5t1 et mesure qu'ils arrivai5t la vie1 ils frappai5t aux portes de la socit qu'ils tr\vai5t closes4 ,rep\sss p> la =ce1 ces hommes s'agglomrr5t en dehors de la proprit1 et dev9r5t les in/rum5ts de la puissance1 les j\ets de ses caprices4 ,puis quelques esclaves1 mancips p> la reconnaissance de leur matre1 s'assir5t ct du *teau seigneurial1 et l'aide d'un pcul qu'avait amass leur svre conomie1 ils posr5t les fondem5ts d'une socit n\velle1 qui1 s'agr&issant de sicle en sicle1 f9it p> envelopp] le donjon des patrici5s4 ,la b\rgeoisie franaise e/ la plus jeune de l',europe4 ,au d\zime sicle1 s'pan\ir5t au milieu des municipes roma9s ces belles rpubliques itali5nes qui cont5ai5t une population active1 d'une r>e aptitude aux affaires positives de la vie4 ,ri5 n'e/ comp>able la b\rgeoisie itali5ne du moy5-ge6 elle possdait deux faces de la p5se huma9e1 qu'on voit r>em5t runies ensemble3 la f9esse g/e du m>*& et l'in/9ct de l'idal4 ,malgr les nombreux sy/mes qui se sont ex]cs n\s expliqu] la naissance des communes franaises1 et le dveloppem5t de la classe moy5ne s\s la tutelle de nos rois1 il e/ inconte/able que la b\rgeoisie de nos j\rs ne date que du dix-huitime sicle4 ,un des plus beaux c>actres des temps mod]nes1 ,mme ,roll&1 n\s a laiss1 dans ses immortels ,mmoires1 crits en att5dant la guillot9e1 une pe9ture simple et vraie des murs et des beso9s de la b\rgeoisie avant la rvolution4 ,au dix-huitime sicle1 la classe moy5ne tait arrive cet tat de maturit sociale qui la r5d importune la m9orit satisfaite4 ,elle avait de l'aisance1 des lumires2 t\tes les illu/rations tai5t dans ses rangs4 ,laborieuse1 conome1 mode/e1 sans luxe et sans dettes1 elle n'tait ri5 dans la socit lgale4 ,la mon>*ie franaise tait fille du ca?olicisme2 on ne p\vait t\*] l'une sans t\*] l'autre2 l'impeccabilit des pontifes avait consacr l'irresponsabilit des rois4 ,p\r born] la volont royale1 il fallait d'abord branl] l'infaillibilit papale2 on ne p\vait proclam] la s\v]a9et des nations sans proclam] celle des consci5ces4 ,la b\rgeoisie avait des *efs trop habiles p\r s'y tromp]2 elle attaqua l'glise4 ,p\r qu'une rvolution politique soit utile1 il faut qu'elle ne dpasse pas les lumires de ceux qui la sollicit5t4 ,la lib]t ne doit satisfaire que des beso9s imprieux et lgitimes1 et non pas excit] de c\pables dsirs4 ,qu'importe au b>b>e la lib]t de la presse8 qu'importe l'ouvri] pauvre et ignorant le droit d'tre envoy la *ambre des dputs8 ,tant que la rvolution fut guide p> la ma9 de la classe moy5ne1 elle re/a pure et sa9te4 ,mais aprs la *ute des girond9s1 ces illu/res reprs5tants de la b\rgeoisie du dix-huitime sicle1 la ,france dev9t le va/e *>ni] des b\rreaux de la ,montagne4 ,ce qui de nos j\rs fait le fond de la classe moy5ne1 c'e/ la gnration rvolutionnaire de #hi4 leve au milieu des meutes1 dans le tumulte des camps1 prive de l'inapprciable ducation de la famille1 ayant trav]s une des poques les plus orageuses de l'hi/oire1 fatigue de sa longue c\rse1 sature de doctr9es sociales1 elle veut le repos4 ,va9em5t v\s lui criez de pr5dre hale9e et de se remettre en r\te2 elle veut j\ir enf9 du bi5-tre si *rem5t acquis4 ,elle a vu tant de *angem5ts1 tant d'innovations2 on lui a donn tant de con/itutions1 tant de prfaces sociales1 que la tte lui en t\rne4 ,elle veut s'arrt]1 pos] la ma9 sur quelque *ose de solide qui rsi/e l'orage4 ,d'ailleurs1 la classe moy5ne fait comme l'ari/ocratie1 elle condamne les moy5s dont elle s'e/ s]vie p\r arriv] l'mancipation politique2 elle proclame l'ordre1 c'e/--dire le respect de ses privilges4 ,dans l'imm5se ateli] social de la rvolution de #hi1 la classe moy5ne n'a pris que deux lm5ts3 la mon>*ie et la s\v]a9et nationale4 ,depuis c9quante ans1 n\s sommes g\v]ns p> les p>tis extrmes de la socit4 ,d'abord la basse dmocratie s'emp>e de la rvolution de #hi et jette la ,france dgu5ille aux pi$s de ,napolon2 l'empire exalte les passions gu]rires et c\rbe la nation s\s le despotisme du sabre2 puis la re/auration n\s amne ses capuc9s et ses talons r\ges4 ,mais cette gr&e masse de citoy5s laborieux1 cette masse active1 intellig5te1 la =ce des peuples2 cette classe moy5ne1 honnte1 conome1 paisible1 c5tre de l'humanit o t\t ab\tit1 d'o t\t drive2 cette b\rgeoisie1 fille de la lib]t1 compose de t\s les tal5ts1 de t\tes les capacits1 de t\tes les indu/ries1 qui aime l'ordre et la paix2 cette b\rgeoisie franaise qui donna le j\r la philosophie du dix-huitime sicle1 qu& aura-t-elle un g\v]nem5t digne d'elle8 ,n'e/-il pas temps de se dp\ill] de la vanit des conqutes1 de ref\l] ses passions ha9euses et dom9atrices1 p\r r5tr] dans la vritable nationalit8 ,n'e/-il pas temps qu'un p\voir vritablem5t national et modrateur plante son t5d>d au cur de la patrie1 et n\s dlivre une bonne fois de l'ari/ocratie fodale et des rv]ies d'une poigne de factieux de v+t ans8 ,telle a t la p5se des hommes de #ahcj1 de ceux qui se sont gr\ps aut\r de la royaut n\velle1 et qui l'ont escorte dans sa pnible mission4 ,cette p5se e/ gr&e1 ju/e1 et l'hi/oire honor]a le nom de ceux qui l'ont ap]ue1 et qui ont eu le c\rage de la df5dre4 ,la b\rgeoisie avait t opprime p> t\s les p\voirs qui ont pes sur la ,france4 ,elle avait en horreur #ic1 dont elle avait t la victime2 elle avait ab&onn l'empire1 qui l'avait ru9e p> ses gu]res2 elle v5ait de r5v]s] la re/auration1 qui v\lait la ram5] la fodalit4 ,il tait donc m9emm5t politique1 m9emm5t sage que le g\v]nem5t de #ahcj *]*t l'appui de la b\rgeoisie1 et se fit l'expression de ses beso9s4 ,d'ailleurs la nation tait divise en plusieurs p>tis1 t\s anims de passions vhm5tes et exclusives1 dont aucune n'avait la majorit4 ,la b\rgeoisie tait la base commune de ces individualits sociales4 ,elle p>tageait leurs nobles dsirs1 qu'elle temprait p> son bon s5s et son am\r de la paix4 ,avec les rpublica9s1 elle v\lait la lib]t2 avec les bonap>ti/es1 la gloire de la ,france2 et avec les royali/es1 une magi/rature hrditaire4 ,en la pr5ant p\r l'lm5t fondam5tal du n\vel ordre de *oses1 on p\vait espr] de calm] t\s les p>tis1 de les dom9] p> une =ce imposante1 et de mettre un t]me aux rvolutions du monde4 ,il n'y a de durable que ce qui e/ vrai4 ,t\t fait moral1 dont on exagre les proportions1 gr&it un mom5t p\r prir aussitt4 ,si v\s v\s tiez s]vi de la b\rgeoisie p\r faire la police de l'intrieur1 p\r disp]s] les meutes et punir les factions2 si v\s en aviez fait une g>de cons]vatrice de la proprit1 et des vrits sociales reconnues de t\s1 v\s en auriez fait une phalange inv9cible4 ,mais v\s avez remu ses passions1 v\s avez excit ses cupides dsirs2 v\s lui avez donn de l'ambition1 v\s l'avez s\leve contre le peuple2 v\s lui avez fait peur en lui faisant accroire qu'on en v\lait sa =tune2 v\s avez arm sa poltronn]ie d'un fusil1 et l'avez lance sur la place publique4 ,puis v\s l'avez *am>re de cordons1 et v\s avez s\ff]t qu'elle humilit la nation p> sa c\>dise et son ignorance4 ,voil la faute1 faute imm5se6 ,quelles que soi5t les amres dceptions qu'ait fait pr\v] aux curs gnreux la rvolution de #ahcj1 il e/ facile de df5dre la royaut de juillet dans son action intrieure4 ,on peut l\] la ju/esse de son c\p d'il dans l'tude des beso9s de la nation1 sa vigueur dans la rpression des dsordres1 sa modration aprs ses nombreuses victoires sur les factions armes p\r sa ru9e1 la con/ance de ses pr9cipes au milieu des hurlem5ts des p>tis et du sang des meutes4 ,mais comm5t appr\v] le rle qu'on a fait j\] la ,france1 l'g>d de l',europe6 ,comm5t ne pas s'indign] ce l*e ab&on de l'amiti des peuples6 ,comm5t ne pas fltrir des p>oles les plus ac]bes l'ignoble poltronn]ie du g\v]nem5t d'une nation gr&e et libre1 qui s'ag5\ille devant le plus petit pa*a de la sa9te-alliance6 qui s\ffre sans mot dire qu'on gorge ses allis1 qui f]me l'oreille aux cris de ces in=tuns implorant son sec\rs1 et qu'il laisse expir] en maudissant le nom de la ,france6 ,que dire d'un g\v]nem5t qui supporte les plus sanglants outrages1 qui on cra*e au visage1 qui s'essuie sans pr(r] une pla9te1 et qui f9it p> se faire le dlateur de la lib]t et le sbire du despotisme6 ,non1 depuis deux c5ts ans1 aucune dyna/ie1 aucun g\v]nem5t n'e/ arriv au p\voir dans des circon/ances plus favorables4 ,l\is ,,xiv arra*a la ,france au b\rbi] de la fronde2 ,l\is ,,xv la reut puise p> les gu]res et le fa/e de son aeul2 et son successeur la tr\va ru9e p> ,l\is ,,xv et ses ruffiants1 et grosse d'une rvolution qui lui cota la vie4 ,puis ,napolon la ramassa dans la fange o l'avait laisse tomb] le ,directoire1 et il la lgue aux ,b\rbons c\v]te d'un million de soldats trang]s4 ,v\s seuls1 hommes de juillet1 avez reu la ,france =te1 ri*e1 glorieuse et libre1 et t\te prte faire la loi au monde1 si elle avait eu des *efs dignes de son c\rage4 ,mais v\s avez ref\l son ardeur sublime2 v\s avez ridiculis les nobles passions2 v\s avez s\ffl dans son me gnreuse votre hale9e empoisonne1 et v\s l'avez remplie d'un froid mortel1 d'un gsme dgtant1 d'une l*e s5sualit qui s\lve le cur et attri/e la p5se6 ,t\tefois1 pr5ez-y g>de6 ce n'e/ pas impunm5t qu'on s'c>te des pr9cipes sur lesquels repose l'individualit des peuples4 ,de nos j\rs1 la ,france e/ le v]be de l'esprit huma91 et l'organe des progrs du monde2 c'e/ ce titre qu'elle e/ gr&e et =te4 ,en c\tant s]vilem5t la b\rgeoisie1 v\s avez fait de la rvolution sociale de #ahcj une misrable priptie de mnage2 v\s avez mutil un fait gnral2 v\s avez isol la ,france de ses allis naturels1 et v\s avez compromis son indp5dance4 ,mais g>dez-v\s cep5dant de v\s fi] la b\rgeoisie4 ,dans une gu]re malheureuse1 elle r5tr]ait dans son *oppe et v\s ab&onn]ait l'ennemi4 ,rappelez-v\s bi5 que la b\rgeoisie puissante la ,conv5tion1 laissa prir la ,gironde1 et qu'elle livra la patrie au c\teau des ,montagn>ds4 ,lorsqu'une p5se app>at au monde1 elle a1 comme l'individu1 comme la nation en qui elle se dveloppe1 son enfance1 sa pub]t et sa vieillesse4 ,dans l'hi/oire de l'esprit huma91 ces trois poques de la vie d'une ide correspond5t la posie1 la prose et la sci5ce2 et dans celle de l'humanit1 au peuple1 la b\rgeoisie1 l'ari/ocratie4 ,la b\rgeoisie e/ l'anneau int]mdiaire des deux po9ts extrmes de la civilisation4 ,la p5se e/ une dans sa s\rce1 mais elle subit t\tes les modifications de la vie extrieure4 ,consquemm5t1 *aque individu1 *aque nation1 *aque classe doit puis] dans les faits qui l'ent\r5t1 un g5re d'esprit p>ticuli]4 ,or1 qu'e/-ce qui c>actrise la b\rgeoisie8 le travail1 l'ordre1 l'conomie m9utieuse1 l'am\r des dtails1 et cette grosse f9esse qui ne va ni trs haut1 ni trs bas1 qui s'ex]ce l'apprciation des intrts p]sonnels1 et que vulgairem5t on appelle bon s5s4 ,vivant t\j\rs sur le mme po9t1 s'agitant dans une sphre troite1 puisant son exi/5ce comb9] des faits presque imp]ceptibles1 les ides du b\rgeois ne dpass5t pas les objets avec lesquels il vit4 ,il ent5d assez bi5 l'conomie de sa famille1 la police de ses rues1 l'adm9i/ration de sa commune1 balay] le devant de sa b\tique et faire la *>it sur le pali] de sa porte2 mais il s'lve difficilem5t jusqu'au g\v]nem5t d'un gr& empire1 jusqu' la dignit d'une gr&e nation2 le b\rgeois e/ l'homme de la localit1 de la commune1 et ri5 de plus4 ,emancipe de hi]1 la b\rgeoisie n'a plus les s5tim5ts du peuple1 sa gnrosit1 son c\rage1 sa foi nave1 cette noble posie du cur qui s\lve le monde1 et fait des miracles2 et cep5dant elle n'a pas encore l'lgance1 l'lvation1 la culture1 le calme et l'unit d'esprit qui di/+u5t l'ari/ocratie4 ,presse entre ces deux puissances1 la b\rgeoisie ne possde ni l'ignorance s\mise et respectueuse de la premire1 ni les lumires et l'urbanit de la seconde4 ,p>v5ue la proprit p> un travail op9itre et une conomie de t\s les j\rs1 la classe moy5ne actuelle ne compr5d ni le dv\em5t et la sympa?ie du peuple1 ni la *>it protectrice de l'ari/ocratie4 ,timide1 s\ponneuse1 elle ne voit que le fait matriel2 elle se ti5t t]re t]re1 cra9t le m\vem5t1 et ne se has>de m>*] que lorsqu'elle e/ sre du t]ra9 sur lequel elle se pose4 ,avec le g\v]nem5t de l'ari/ocratie1 v\s avez le culte du pass et un vif s5tim5t de nationalit2 avec celui du peuple1 une incessante aspiration l'av5ir1 le m\vem5t1 le progrs1 la vie2 mais la b\rgeoisie n'e/ que l'expression /ationnaire du prs5t4 ,la b\rgeoisie franaise e/ ne d'hi]2 elle a encore les pi$s ple9s de fange et les ma9s ensanglantes1 que dj elle trne du haut de son *oppe dlabre et se dem&e3 qu'e/-ce que le peuple8 ,on p\rrait croire qu'ayant t opprime p> la noblesse1 la classe moy5ne a d appr5dre dans ses propres malheurs compatir aux malheurs des autres2 qu'ayant combattu avec le peuple1 elle v\dra p>tag] avec lui la lib]t conquise2 qu'elle s]a d\ce1 affable1 sans prt5tion1 sans morgue1 et p>donn]a facilem5t des fautes dont elle a donn l'exemple6 ,mais telle n'e/ pas la m>*e t]nelle du cur huma94 ,la classe moy5ne qui1 en attaquant le g\v]nem5t de la m9orit nobiliaire1 avait fait un appel n]gique t\s les intrts1 et qui avait pris p\r cri de ralliem5t3 ,lib]t gnrale6 aprs le combat1 d'une ma9 lib]ticide1 elle rep\ssa hors de la cit lgale le peuple qui la suivait en *antant victoire6 et elle traa aut\r de sa p]sonnalit g/e un c]cle impo/eur1 en disant3 ,ici f9it la rvolution1 ici s'arrte le m\vem5t6 ,voyez-la1 elle s'isole de la nation6 elle cra9t la f\le1 le hle populaire6 elle se d&9e et se p]*e sur ses sabots1 comme le c\rtisan sur ses talons r\ges6 elle se grime1 elle l*e ces phrases g\v]nem5tales3 ,il faut un fre9 au peuple6 ,t\t le monde ne peut pas comm&]6 ,*acun doit re/] sa place6 ,int]rogez le meuni] enri*i1 il ne sait plus ce que c'e/ qu'un m\l92 l'pici] ne connat plus le prix du sucre2 celui-ci ne voit pas son vois91 p>ce qu'il doit sa =tune un sac de bl1 et que l'autre doit la si5ne une f\rne de pa94 ,l'ignorance de la petite b\rgeoisie e/ un fait qui frappe t\s les trang]s4 ,il e/ r>e de tr\v] un m>*& p>lant sa langue1 et encore plus qui l'crive sans les fautes les plus grossires4 ,a table d'hte1 en dilig5ce1 au spectacle1 dans c]ta9s salons1 v\s r5contrez des hommes c\v]ts d'un bel habit1 s+eant les bonnes manires1 s'exprimant avec politesse2 v\s croyez p\voir *ang] quelques ides2 mais v\s tes tir de votre illusion p> un de ces c\ps qui accus5t une civilisation incomplte1 et qui v\s jett5t dans un t\t autre monde que celui o v\s v\s croyez4 ,c'e/ surt\t dans l'hi/oire que cette ignorance e/ incroyable4 ,si on excepte ,napolon1 dix d\ze gnraux1 quelques orateurs de la rvolution1 quelques rois conqurants1 la b\rgeoisie actuelle ne sait pas une syllabe de l'hi/oire de la patrie2 et si l'hi/oire ne consi/ait que dans une s*e nom5clature de noms et de dates1 le mal de l'ignor] ne s]ait pas gr&4 ,mais la connaissance vritable de l'hi/oire a une influ5ce incalculable sur la moralit des peuples2 elle lve la p5se1 elle v\s fait assi/] aux drames de l'humanit1 elle inspire le respect du pass4 ,en voyant t\j\rs les mmes passions1 les mmes cata/rophes se reproduire de sicle en sicle1 on se pntre de cette ide1 que1 malgr la p]fectibilit de l'esprit huma91 il y a en lui quelque *ose d't]nel1 quelque *ose d'inaltrable1 que ri5 ne saurait modifi]4 ,ignor] ce qui s'e/ pass avant n\s1 vivre t\t enti] sur les six pi$s de t]re que n\s f\lons1 c'e/ de la be/ialit1 c'e/ le propre du vulgaire1 qui puise dans cette ignorance un alim5t ses passions dsordonnes4 ,aussi1 mo9s un peuple connat l'hi/oire1 plus il e/ cruel dans ses rvolutions4 ,ce que la b\rgeoisie actuelle compr5d encore mo9s que l'hi/oire1 ce sont les arts4 ,depuis qu9ze ans1 on a fait des ef=ts incroyables p\r remu] cette masse de l\rds pici]s et p\r lui donn] un peu de m\vem5t social4 ,la gravure a multipli les *efs-d'uvre1 la librairie s'e/ puise en ditions bon m>*1 le nombre des ?tres s'e/ accru2 eh bi56 ces ef=ts sont re/s presque impuissants4 ,la classe moy5ne e/ p]suade que les arts ne sont bons qu' amus] l'oisive opul5ce1 qu' r*auff] une vie blase p> les plaisirs1 ou bi5 qu' corrompre la jeunesse et s]vir de c\pable alim5t ses dsordres4 ,en ceci1 elle se trompe comme en bi5 d'autres *oses4 ,les arts1 dont le b e/ la pe9ture de nos passions et la reproduction des m]veilles de la nature1 apport5t ceux qui les cultiv5t et les aim5t1 l'homme isol1 au b\tiqui]1 l'homme spcial1 des ides plus l>ges1 des s5tim5ts plus nobles4 ,ils inject5t dans son me eng\rdie un sang plus pur et plus gnreux2 ils vont le tr\v] dans sa mans>de1 dans son tr\1 dans son fumi]2 ils le sec\5t1 ils l'arra*5t la vie locale1 son gsme2 ils agr&iss5t son esprit1 ils *auff5t son cur4 ,alors l'exi/5ce pr5d un t\t autre aspect4 ,nos s5sations s'pur5t1 nos beso9s s'ennobliss5t1 l'homme compr5d mieux l'homme1 ses joies et ses d\leurs2 sa s5sibilit s'aiguise1 ses murs se simplifi5t et s'amlior5t4 ,au lieu d'all] au cab>et mang] son arg5t et p]dre la sant1 il se plat dans sa famille4 ,l1 on se di/rait lire quelques pages d'un bon livre1 *ant] une romance1 et on se n\rrit d'motions d\ces1 l'me s'pan\it aux ides d'ordre et de lib]t4 ,en appr5ant analys] le mcanisme des socits1 on compr5d combi5 il e/ difficile de g\v]n] les hommes4 ,alors n\s sommes plus ju/es p\r ceux qui se v\5t ce pnible m9i/re2 n\s dev5ons mo9s exigeants et plus s\mis aux lois de t\t corps politique4 ,dans l'tude de l'hi/oire1 n\s acqurons l'ide consolante du progrs de l'humanit1 et dans l'tude des arts et de la nature1 celle de l'ineffable gr&eur de ,dieu4 ,voil ce qui manque la classe moy5ne de nos j\rs4 ,son intellig5ce e/ t\te positive1 ses j\issances grossires1 ses beso9s t\t matriels3 elle mne une exi/5ce l\rde et monotone2 p\r elle1 la vie e/ sans posie et sans lgance4 ,quoique ri*e1 elle aime peu la socit2 une ou deux fois p> an1 elle donn]a un dn]1 un bal2 alors1 on ouvre t\tes les portes1 on balaie t\tes les *ambres1 on frotte1 on nettoie1 on f\rbit t\t1 on tale la vaisselle1 son l+e1 ses h>des2 on fait une folle pr(usion de vi&es1 de v9s et de liqueurs2 puis1 la j\rne f9ie et l'am\r-propre satisfait1 on remet t\t sa place2 on f]me les portes1 les jal\sies1 et durant le re/e de l'anne1 on re/e clos *ez soi1 comme l'esc>got dans sa coquille4 ,qu'on ne dise pas que ce sont les dfauts de la b\rgeoisie de t\s les temps et de t\s les pays1 on s]ait dans l'erreur3 en ,allemagne1 en ,italie1 en ,anglet]re1 la classe active1 laborieuse1 e/ aussi celle qui a le plus d'in/ruction4 ,dans ces pays1 on n'e/ pas autoris tre un ign>e et un bal\rd p>ce qu'on v5d de la toile4 ,le patriotisme1 les s5tim5ts levs ne sont pas exclus de la b\tique3 allez ,vi5ne1 ,b]l91 ,dubl91 ,londres1 et v\s tr\v]ez des tailleurs1 des cordonni]s1 des b\lang]s qui connatront l'hi/oire de leur pays1 qui auront un esprit cultiv1 qui sauront la musique et qui v\s prs5t]ont un mmoire crit correctem5t4 ,du mo9s1 si avec ce manque d'ducation1 si avec cette abs5ce de bonnes manires et de sociabilit1 la b\rgeoisie franaise avait de la bonhomie et de la simplicit2 si elle usait avec modration de son autorit1 si elle tait facile1 indulg5te2 mais lo9 de l6 ,il n'y a pas de noblesse au monde plus orgueilleuse1 plus insol5te que cette ari/ocratie du comptoir6 ,avec ses ma9s calleuses1 elle rep\sse impitoyablem5t t\t ce qui *]*e s'gal] elle4 ,humble1 s]vile1 l*em5t complaisante avec les =ts et les puissants1 elle e/ hauta9e1 fire1 cruelle mme avec les faibles4 ,le peuple1 et surt\t le paysan franais1 e/ ple9 de respect et de s\mission p\r les intellig5ces suprieures la si5ne2 le b\rgeois1 au contraire1 mprise t\tes les puissances morales2 il n'admire que la =ce et la ri*esse2 il s\rit niaisem5t la vue d'un pote1 d'un pe9tre1 d'un musici52 il les traite de f\s1 et il ne peut compr5dre comm5t un tat occupe et rcomp5se ces hommes inutiles4 ,il faut vivre dans les prov9ces p\r se faire une ide de la torpeur de la classe moy5ne6 t\t ce qu'il y a de vie1 de posie et d'lans gnreux lui e/ compltem5t trang]4 ,aussi1 les hommes d'intellig5ce1 les mdec9s1 les avocats1 les arti/es en t\t g5re lui sont-ils t\t--fait ho/iles2 c> ils m\rrai5t de faim s'ils n'avai5t p\r les s\t5ir et les compr5dre le peuple et le p>ti royali/e4 ,cep5dant1 dans cette l\rde intellig5ce de la b\rgeoisie1 dans ce cur sans am\r1 au milieu de ces passions ha9euses1 de ces s5tim5ts g/es et sans dignit1 s\s cette enveloppe grossire1 s\s ces =mes communes1 vit un lm5t de lib]t d'une incroyable puissance3 c'e/ la ha9e du ca?olicisme4 ,sans n\s p]dre dans d'int]m9ables que/ions ?ologiques1 sans discut] ici les pr9cipes sur lesquels repose la hir>*ie roma9e1 sans v\loir ni] le bi5 qu'elle a pu faire dans un autre temps1 disons-le hautem5t1 la r=me de ,lu!r e/ une gr&e poque p\r la lib]t des peuples2 sa p>ole fit une l>ge br*e au dogmatisme du moy5-ge1 p> o s'introduisit enf9 la lumire de la raison4 ,mais c'e/ surt\t aux philosophes du dix-huitime sicle qu'app>ti5t la gloire imprissable d'avoir a*ev cette uvre d'mancipation4 ,ni l'+rat ,bonap>te1 ni ,*teaubri&1 ni la re/auration1 ni tr5te ans d'une gu]re furibonde1 n'ont pu affaiblir l'influ5ce du dix-huitime sicle4 ,voltaire1 qu'on a tant maudit1 ,voltaire qu'on a pris corps corps1 ,voltaire vit t\j\rs au milieu des populations2 il les anime t\j\rs de sa mordante satire1 il leur communique son rire irrsi/ible4 ,c'e/ l'esprit de ,voltaire qui a fait l'opposition de nos qu9ze d]nires annes2 c'e/ lui qui p\rsuivait la re/auration jusque s\s la mtre de l'vque1 et c'e/ l'esprit de ,voltaire qui r5dra impossible le ret\r de la dom9ation clricale4 ,cette b\rgeoisie1 si s\ple1 si humble s\s la ma9 du p\voir1 e/ ple9e de passions aussitt qu'on lui p>le de t5tatives faites en faveur des prtres4 ,on p\rrait peut-tre susp5dre la *>te et proclam] la dictature1 qu'elle laiss]ait faire mom5tanm5t2 mais jamais elle ne cons5tira c\rb] la tte s\s la hir>*ie roma9e4 ,la ha9e qu'elle porte au cl]g ca?olique e/ pr(onde2 c'e/ un lm5t suprme qui conti5t t\te la gr&e rvolution de #hi4 ,n\s le r$isons1 la b\rgeoisie n'a pas fait un pas hors du dix-huitime sicle2 elle en a t\tes les ha9es et t\s les prjugs4 ,voltaire1 ,r\sseau1 ,did]ot sont aussi jeunes en prov9ce qu'ils l'tai5t il y a c9quante ans4 ,en cela1 n\s croyons que l'in/9ct de la classe moy5ne la s]t m]veilleusem5t4 ,la lutte e/ f9ie dans la haute sphre de l'intellig5ce1 mais non pas dans les murs2 malgr les c\ps que lui a ports la rvolution et le texte de la *>te1 le cl]g ca?olique ne se ti5t pas p\r battu2 c'e/ un ennemi irrconciliable de la lib]t de consci5ce qu'il faut con/amm5t surveill]4 ,dans les dp>tem5ts1 il e/ t\t aussi intolrant qu'il lui e/ p]mis de l'tre2 il m9e ce qu'il n'ose attaqu] de front2 s]vile adulateur des adv]saires des ides n\velles1 il c>te1 il calomnie t\s ceux qui s'oppos5t ses t5tatives d'envahissem5t4 ,aussi1 la b\rgeoisie ne s'y trompe pas6 elle laisse faire et dire le g\v]nem5t et quelques hommes avancs qui travaill5t une rconciliation2 quant elle1 elle se ti5t s\s les armes4 ,tel e/ le tableau rig\reux1 mais fidle1 de la b\rgeoisie franaise de nos j\rs4 ,t\tefois le progrs a pntr dans cette classe1 comme dans le re/e de la socit4 ,le fils de ce m>*& enri*i a reu une bonne ducation1 il a t n\rri dans des ides d'indp5dance et de lib]t4 ,il a l'expri5ce de nos malheurs2 sa tte s'e/ =tifie nos orages1 le sicle l'a port dans ses entrailles4 ,la jeunesse de la classe moy5ne a des s5tim5ts plus nobles1 des beso9s plus levs que la famille qui lui donna le j\r2 elle sait alli] la dignit au travail1 l'lvation des ides aux tracass]ies des affaires dome/iques2 elle compr5d mieux la vie1 surt\t la vie d'un gr& peuple4 ,que la dyna/ie de juillet y pr5ne g>de1 cette jeune b\rgeoisie ne s]a pas facile intimid]6 elle n'a pas d'en?\siasme p\r la mon>*ie2 elle la df5dra tant qu'elle la tr\v]a fidle au pr9cipe de la s\v]a9et nationale1 mais pas au-del4 ,cette jeunesse e/ un lm5t de succs p\r un g\v]nem5t qui saura la compr5dre1 et une pi]re d'att5te d'un meilleur av5ir4 ,v ,,du ,,p>ti ,r,,publica94 ,le pr9cipe fondam5tal de t\te socit c'e/ l'h>monie1 c'e/ la fusion des individualits en un t\t homogne1 d'o rsulte l'ordre et le repos4 ,l'unit sociale e/ un beso9 si imprieux de la raison1 que les lgislateurs de t\s les peuples ont *]* l'obt5ir1 mme aux dp5s de la lib]t de l'homme4 ,on abusa de ce pr9cipe comme dans ce monde on abuse de t\t1 et l'unit se *angea en un despotisme intolrable4 ,ce n'e/ qu'aprs des sicles d'une expri5ce bi5 d\l\reuse1 que l'humanit comprit enf9 qu'on p\vait avoir l'ordre sans l'esclavage1 et que le repos de la socit n'exigeait pas le sacrifice absolu de l'indp5dance des citoy5s4 ,mais si l'unit e/ l'lm5t fondam5tal des socits huma9es1 la lib]t e/ une flamme que ,dieu alluma dans notre cur1 comme sur un autel sacr4 ,la comb9aison de ces deux lm5ts =me le gr& art du lgislateur4 ,qu& l'unit se trans=me en despotisme1 la lib]t s'*appe p> les fissures du corps politique1 et en dvore les fondem5ts4 ,n\s l'avons dj dit1 la volont de l'homme e/ une puissance s\v]a9e1 qui n'a de suprieurs que ,dieu et l'humanit4 ,aucun autre p\voir ne saurait lui faire c\rb] la tte1 s'il n'a t sanctifi ces s\rces t]nelles de t\t droit4 ,elle e/ si orgueilleuse1 si peu obissante1 que t\s les lgislateurs ne se sont occups qu' la fl*ir1 qu' l'humili]1 qu' la s\mettre au j\g de la sociabilit4 ,lorsque ,jsus app>ut au monde1 l'homme avait cruellem5t abus de sa volont4 ,il s'tait imm5sm5t gr&i1 sa tte t\*ait au ciel1 il avait t\t f\l s\s ses pas1 et les nations n'tai5t qu'un tr\peau de victimes1 s]vant de pture c9q ou six mille mon/res4 ,le *ri/ianisme se p5*a v]s la t]re2 il pleura sur tant de misres1 il se c\vrit de c5dres1 il se frappa la poitr9e1 il pr*a l'humilit1 l'abngation1 le sacrifice de la p]sonnalit au devoir1 de la dom9ation l'am\r4 ,il expliqua l'orig9e de l'homme1 et il tr\va dans son orgueil la cause de sa *ute et de son incroyable avilissem5t4 ,il montra le roi du monde1 naissant dans une cr*e1 vivant pauvre1 p]scut et subissant la mort ignom9ieuse des esclaves4 ,au bruit de ces tonnantes p>oles1 la volont trbu*e sur son pide/al2 l'empire roma9 tombe avec un fracas p\vantable1 et le g5re huma9 e/ rgnr p> quelques p*eurs en gu5illes4 ,des dbris de l'empire roma91 il s'leva un ordre social1 compltem5t trang] la civilisation antique1 et dont la vig\reuse con/itution a dur jusqu' nos j\rs4 ,du haut de la *aire apo/olique1 le ca?olicisme h>angua ces b&es innombrables de b>b>es qui s'tai5t p>tag les dp\illes de la ville t]nelle3 il se les atta*a p> sa puissante p>ole1 et les fit asseoir sur le sol de l',europe dva/e4 ,peu peu la =ce brutale des peuplades du ,nord s'ass\plit s\s la ma9 rationnelle du cl]g2 un rayon de lumire pntra ces esprits sauvages1 qui f9ir5t p> s'ag5\ill] devant le symbole du ,*ri/4 ,alors une tonnante hir>*ie organisa l'humanit2 l'homme s'atta*a l'homme1 le s]f au seigneur1 le seigneur au suz]a92 les nations se s\mir5t au li5 fodal1 et la volont individuelle disp>ut d]rire l'autorit de l'glise4 ,le dix-huitime sicle1 qui ne v\lait ri5 devoir au ca?olicisme1 trav]sa le moy5-ge sans y jet] un reg>d1 et c\rut jusqu' l'antiquit p\r y *]*] le type de la n\velle socit qu'il v\lait fond]4 ,dans l'introduction de cet ouvrage1 n\s avons dj dmontr dans quelles erreurs tombr5t ces gr&s philosophes2 et comm5t1 p> une fatale proccupation1 ils laissr5t *app] le mot de l'antique sagesse4 ,ils considrr5t l'homme trav]s une m5teuse ab/raction2 ils le dp\illr5t de t\s les lm5ts n\veaux qu'il avait reu de qu9ze sicles d'hi/oire2 et1 l'levant une hauteur dmesure1 ils le fir5t p>l] comme l'auteur du ,trait des ,s5sations anime sa /atue4 ,sduits p> leurs propres fictions1 ils supposr5t l'exi/5ce d'une socit absolum5t de la mme manire que ,condillac suppose la raison4 ,la gnration librale de #aghi se divisait en deux bran*es bi5 di/9ctes3 l'une qui se ratta*ait l'hi/oire de la patrie1 et qui acceptait en p>tie l'hritage du *ri/ianisme2 l'autre qui1 croyant l'humanit p]v]tie p> les in/itutions fodales1 v\lait lui enlev] son enveloppe sculaire1 et croyait p\voir la ram5] un tat d'innoc5ce primitive1 qui n'a jamais exi/ que dans les fictions des potes4 ,la premire v\lait greff] le progrs sur le vieil difice de la mon>*ie2 la seconde prt5dait pass] la *>rue sur le sol lgal4 ,ces deux bran*es de la gnration du dix-huitime sicle se p>tagr5t la rvolution s\s le nom de ,girond9s et de ,montagn>ds4 ,t\t progrs de l'esprit huma9 e/ provoqu p> un beso91 p> une d\leur sociale2 aucune amlioration n'a d son orig9e une pure philan?ropie4 ,c'e/ la faiblesse de la royaut1 qui aida l'mancipation des communes franaises2 c'e/ l'intrt bi5 ent5du du propritaire qui fit disp>atre l'esclavage4 ,qu& le mal e/ extirp1 alors on sanctifie le mdec91 et on lui attribue une int5tion morale qui tait lo9 de sa p5se4 ,la rvolution de #hi v\lait surt\t abolir les privilges de l'ari/ocratie1 et re/re9dre l'autorit royale qui protgeait ces abus4 ,p\r arriv] cette f91 il fallait s\lev] la masse d'ides qui sanctionnai5t ces usurpations1 rveill] la volont endormie p> l'glise1 et faire un appel l'individualit4 ,l'individualit e/ une =ce r$\table1 excell5te p\r l'attaque et la conqute1 mais qu'il e/ bi5 difficile d'arrt]1 une fois lance dans la c>rire4 ,ce n'e/ qu'aux deux extrmits de l'*elle du monde1 qu'elle peut j\ir ple9em5t de l'ex]cice de son indp5dance4 ,dans l'enfance des socits1 et leur plus haut po9t de p]fection1 t\te l'poque int]mdiaire e/ remplie d'une srie d'vnem5ts1 qui lui ont t plus ou mo9s favorables4 ,imbus des erreurs du dix-huitime sicle sur la m>*e de l'esprit huma91 les rpublica9s de #ic ont recul le progrs social1 au po9t o l'avait laiss l'antiquit4 ,qu& le rpublica9 arra*e son ide du sanctuaire p\r l'(frir l'adoration des hommes1 il ne se dem&e pas si elle peut les cont5ir t\s2 il la pose t]re1 et s'avance h>dim5t l'accomplissem5t de son uvre4 pris d'une s*e ab/raction1 il n'c\te pas les cris des malheureux qu'il broie s\s sa massue2 les yeux t\j\rs fixs v]s son toile polaire1 il ne pr5d g>de ni l'orage qui se prp>e1 ni aux cueils dont il e/ m5ac2 il jette la m] ce qui gne son esquif1 et il file trav]s l',ocan la re*]*e du n\veau monde4 ,si on lui rsi/e1 il dresse des *afauds2 il t\ff]ait des nations entires dans son affreuse unit1 qu'il se croirait un bi5faiteur de l'humanit4 ,p\r lui1 la socit e/ une conception faite priori1 une va/e ma*9e dont il comb9e les =ces1 dont il engra9e les r\es4 ,cela fait1 il y met le citoy51 il le =ce se t5ir dans la position qui convi5t la symtrie de son uvre1 c\pant1 tran*ant t\t ce qui fait saillie1 t\t ce qui dpasse les limites qu'il lui a plu de trac]4 ,il pr5d l'homme1 il le ptrit d'une ma9 rude1 il le b]ce au bruit des temptes populaires2 il l'exalte1 il gonfle ses n>9es de l'am\r de lui-mme1 puis il le promne trav]s la f\le sans cri]1 g>e6 ,rempli de sa haute dignit d'homme1 t\t enti] son culte1 il se croit oblig de rep\ss] lo9 de lui les affections d\ces1 les s5tim5ts bi5veillants qui font le *>me de la vie4 ,avant t\t1 il e/ citoy52 ensuite il e/ pre et fils4 ,aussi ,sa9t-,j disait-il logiquem5t3 ,la rpublique doit tre assise sur l'ins5sibilit4 ,s\s la mon>*ie ca?olique1 il y avait un pr9cipe de subord9ation1 qui ne peut exi/] ni dans la mon>*ie con/itutionnelle1 ni dans aucune rpublique mod]ne4 ,le roi tait consacr p> la religion2 son autorit manait de la volont de ,dieu2 elle tait appuye p> le culte de l'glise1 et p> les croyances des citoy5s4 ,il y avait un s5tim5t honnte1 humble1 qui subordonnait les ides aux affections4 ,au contraire1 le rpublica9 qui se repose sur sa raison et ses droits1 "p de sa propre e/ime p\r arriv] celle de la socit1 de son propre am\r1 p\r ab\tir l'am\r de ses concitoy5s2 c> il e/ le premi] anneau de la *ane politique4 ,l'galit tant la base de sa morale1 il doit se considr] comme la mesure p>faite de t\t ce qui e/ du bi5 et du mal1 il doit se croire le type de l'humanit4 ,la soif de l'galit absolue1 qui au premi] abord *>me mme les esprits rfl*is1 dess*e l'me de t\t pr9cipe d'am\r1 et jette la p]turbation dans nos s5tim5ts les plus d\x et les plus *>itables4 ,au fond de cette galit1 il y a la ha9e de t\t ce qui n\s dom9e1 de t\t ce qui n\s e/ suprieur1 de t\t ce qui n\s dpasse4 ,n\s dsirons mo9s l'lvation des classes qui sont au-dess\s de n\s que l'abaissem5t de celles qui sont au-dessus1 v]tus1 tal5ts1 beaut1 gloire1 t\t n\s al>me1 t\t n\s irrite2 l'galit n'e/ que l'exaltation de n\s-mme1 l'adoration de notre p]sonnalit1 la ngation de la vie et du progrs2 c> la vie individuelle1 comme la vie collective1 n'e/ qu'une incessante aspiration l'idal4 ,e/-il ri5 de comp>able l'inquisition des dmocraties8 ,auj\rd'hui elles emprisonn5t le sage qui les civilise1 dema9 elles cass5t le bras qui les a sauves de l'ennemi1 aprs-dema9 elles c\l5t du plomb dans la b\*e d'un gr& orateur6 ,v\s n'aj\t]ez pas une corde aux sept cordes de la lyre nationale2 v\s port]ez des gu5illes1 v\s *ass]ez le pote qui *ant]a l'h>monie des sphres et la gloire des gr&s hommes3 voil le cat*isme des rpubliques4 ,sa9t-,j signalait comme ennemis de la rpublique franaise les nobles1 les prtres1 les mdec9s1 les avocats1 etc4 ,la rpublique n'a pas beso9 de savants1 disait-on1 en envoyant ,lavoisi] la guillot9e6 ,c'e/ que les dmocraties sont /ationnaires1 ennemies de t\t progrs1 de t\te innovation1 p>ce qu'elles craign5t l'ari/ocratie de l'intellig5ce4 ,la passion de l'galit absolue p\sse les esprits une affreuse insubord9ation contre les s5s communs2 et l'obissance1 la mode/ie1 l'am\r sont t\ffs p> le m5songe du bi5 public4 ,a l'poque de la rvolution franaise1 la fivre de l'galit avait tellem5t corrompu la raison1 qu'on v\lut dpossd] ,homre de son t]nelle royaut1 et n\s faire accroire peut-tre que ses div9s pomes tai5t l'uvre d'une socit de sans-culottes6 ,l'galit devant la loi e/ l'une des plus belles conqutes de l'esprit huma92 mais l'galit absolue e/ une mon/rueuse rv]ie de quelques f\s1 de quelques b\rreaux sophi/es qui v\drai5t pass] le niveau sur l'humanit1 af9 que ri5 ne pt s'lev] au-dessus d'eux1 et p>tag] l'autorit qu'ils aurai5t usurpe4 ,sans prjug] ici de l'av5ir de cette ?orie1 n\s affirmons que de nos j\rs elle communique l'homme une fausse gr&eur1 qu'elle le remplit d'un insupportable orgueil1 qu'elle le dp\ille des affections d\ces1 bi5veillantes1 sociables1 qu'elle le s\lve contre les murs de son temps4 ,le p>ti rpublica9 de nos j\rs e/ l'hriti] direct des doctr9es de la ,montagne2 #ic e/ p\r lui une re sociale qu'il ne cesse de bnir et de glorifi]2 c'e/ une faction aussi t5ace1 aussi entte1 aussi dcrpite que le vieux p>ti royali/e2 seulem5t1 elle e/ mo9s morale4 ,p5dant la re/auration1 le p>ti rpublica9 a9si que celui de ,napolon1 se ca*a dans les rangs pais de l'opposition con/itutionnelle1 o il contribua puissamm5t la *ute de la bran*e ane des ,b\rbons4 ,aprs la rvolution de juillet1 il essaya ses =ces et prit une attitude trs r$\table4 ,t\te la puissance de ce p>ti e/ conc5tre dans la capitale2 en prov9ce il n'a aucune consi/ance4 ,quelques jeunes g5s1 quelques mauvais avocats1 quelques vieux soldats de l'empire1 quelques ouvri]s dissips1 voil les lm5ts qui l'alim5t5t3 c'e/ un employ *ass de son bureau1 un coli] p>esseux1 c'e/ un pr(esseur sans place1 un breteur1 un vil suppt de cab>et et de mauvais lieu qui1 c\v]ts de mpris et de dettes1 affi*5t l'op9ion rpublica9e4 ,c'e/ un ramassis d'ignobles fanf>ons1 d'intellig5ces avortes1 sans pr9cipes et sans murs1 qui ne connaiss5t que la =ce1 et s'imag95t qu'on r=me un peuple c\ps de g\rd9s4 ,a les ent5dre1 il fallait pass] la brosse sur t\tes les in/itutions1 proscrire les nobles1 f]m] les salons1 ouvrir les clubs1 endoss] la c>magnole1 et s'ag5\ill] aux pi$s de ,robespi]re1 ,c\?on1 ,/4-,j1 cette dgtante tr9it du sans-culottisme6 ,mais enf91 on sut c\t] l'hi/oire2 on comprit que #ic avait t le tombeau de la lib]t1 et que les misrables disciples de la ,montagne n\s amn]ai5t ses orgies et ses proscriptions1 mo9s sa gloire4 ,honneur donc l'esprit de la ,france6 honneur au g\v]nem5t de juillet qui1 p> sa vigueur a balay cette b\e1 qui a rep\ss cette horde dans sa tanire et prs]v la civilisation de ses plus cruels ennemis4 ,en tuant la faction rpublica9e1 la mon>*ie de #ahcj a bi5 mrit du progrs et de l'humanit4 ,depuis un demi-sicle1 dix d\ze g\v]nem5ts ont jon* la ,france de leurs dbris1 et p> leur *ute successive1 ils ont branl les croyances politiques de la nation4 ,au milieu de tant d'orages1 de tant d'in=tunes et de dceptions1 une f\le d'esprits s5ss1 d'hommes gnreux et purs1 ne sa*ant plus quel nom se confi]1 s\s quelle =me s'abrit]1 quel ,dieu se v\]1 se sont atta*s au sol de la patrie1 son bonheur1 son indp5dance4 ,dsabuss des pr9cipes trop absolus des factions et de leurs fa/ueux programmes1 ne v\lant ni des turpitudes de la rpublique1 ni du despotisme de l'empire1 ni des prtres de la re/auration1 ils dem&5t avant t\t la lib]t1 l'ordre et la prosprit de la ,france4 ,ils ne voi5t dans les *>tes1 dans les con/itutions dont on abuse la crdulit des peuples1 que des =mes politiques plus ou mo9s bonnes1 plus ou mo9s durables4 ,ils n'ont de fanatisme p\r aucune dyna/ie1 p\r aucun pr9ce1 p\r aucun tribun2 au contraire1 ils v\drai5t purg] la scne politique de ce gr\pe de fripons qui1 depuis si long-temps1 s]v5t t\s les rgimes1 ador5t t\s les fti*es et vol5t dans t\tes les b\rses4 ,voil l'op9ion vritablem5t nationale1 que les c\rtisans de la mon>*ie de juillet confond5t avec le p>ti rpublica94 ,cette op9ion e/ puissante dans les prov9ces2 elle se recrute dans t\s les p>tis1 elle compte dans ses rangs presque t\tes les capacits de la nation3 n\s croyons qu'elle e/ l'expression s9cre de l'av5ir de la ,france4 ,elle n'a po9t de pass qui la fasse r\gir2 elle n'a ni fautes1 ni crimes se repro*]4 ,elle accepte t\tes les conqutes de la civilisation1 ne rep\sse aucun dveloppem5t de l'esprit huma94 ,elle n'attaque ni la proprit1 ni la famille1 ni la religion1 ni les murs2 elle aime les arts1 la politesse1 les bonnes manires2 et elle ne croit pas du t\t qu'il soit ncessaire d'avoir les ma9s sales p\r tre un bon citoy54 ,elle n'a po9t de rpugnance contre la n\velle mon>*ie2 au contraire1 elle appr\ve t\t ce qu'elle a fait p\r le ma9ti5 de l'ordre1 mais elle se mfie de ses intrts purem5t dyna/iques4 ,il e/ inconte/able aux yeux du s5s commun que1 d'aprs le pr9cipe de la majorit1 le p\voir fond en #ahcj e/ le g\v]nem5t le plus lgal que n\s ayons depuis #hi4 ,il e/ impossible cet g>d de ni] l'au!nticit du vu national4 ,les royali/es1 qui plac5t la s\rce de la s\v]a9et au-dessus de la volont des masses1 ont pu1 sans inconsqu5ce et sans manqu] la logique des factions1 faire la gu]re la n\velle dyna/ie4 ,mais1 en pr5ant les armes contre la ,*>te de #ahcj1 le p>ti rpublica9 a non-seulem5t commis un crime1 mais il a fait une dm>*e irrationnelle qui l'a p]du sans ret\r4 ,a pe9e clos1 le n\veau g\v]nem5t fut attaqu p> t\s les dissid5ts qui v\lai5t sa *ute et ses dp\illes4 ,comme individualit politique1 la mon>*ie s'e/ df5due1 a9si le veut la loi de t\s les tres2 comme symbole social1 elle a fait un appel ses p>tisans qui sont v5us protg] l'uvre de leurs ma9s4 ,la nation a fait preuve d'une haute moralit en s'atta*ant la mon>*ie con/itutionnelle1 qui depuis qu9ze ans tait le plus vif de ses dsirs4 ,en cdant aux factions1 elle aurait abdiqu son indp5dance et s]ait dev5ue la rise de l',europe4 ,traqu p> ses nombreux ennemis1 le g\v]nem5t a t oblig de rompre les factions1 et d'oppos] leurs pr9cipes dissolvants des lm5ts d'ordre et de travail4 ,sa conduite dans l'intrieur de la ,france a t n]gique1 sage et digne des plus gr&s loges4 ,mais ce que l'op9ion nationale ne peut p>donn] la royaut n\velle1 c'e/ la manire dont elle s'e/ pose vis--vis de l',europe4 ,p\r se faire p>donn] son orig9e rvolutionnaire et se faire admettre dans le c]cle des g\v]nem5ts de bonne compagnie1 elle a sacrifi les sympa?ies de la nation4 ,quelques j\rs aprs #ahcj1 elle ploya le g5\ devant l',europe mon>*ique1 qui lui donna le c\p d'pe du *evali] p\r la purg] de sa roture1 et lui p]mit ensuite de s'asseoir aux banquets des rois4 ,lorsque ,casimir ,pri] criait de t\te la =ce de ses p\mons3 ,v\s n'aurez pas la gu]re6 il savait bi5 ce qu'il disait4 ,la ,france e/ la premire nation du monde1 mo9s p> la gr&eur de son t]ritoire1 sa ri*esse et son indu/rie1 que p> ses murs et les qualits sociales de son esprit4 ,sa p5se multiple rfl*it t\tes les p5ses europennes1 t\s les peuples ont les yeux sur elle2 elle ne peut jet] un cri qu'ils n'acc\r5t son appel1 t\s les curs s\ffr5t de ses maux1 t\s les visages rayonn5t de son bonheur4 ,sa =ce e/ dans la sympa?ie qu'elle inspire4 ,tromp] cette sympa?ie1 manqu] ce m&at reu de la consci5ce des peuples1 c'e/ se dgrad]1 c'e/ abdiqu] sa propre gr&eur4 ,sans v\loir une folle propag&e et se faire le r$resseur de t\s les torts1 l'op9ion nationale eut bi5 vite compris que le g\v]nem5t de juillet avait failli sa mission1 qu'il avait ds]t une cause sociale p\r des arrangem5ts politiques1 et qu'il avait abaiss la rvolution de #ahcj la taille de la b\rgeoisie1 dont il s'tait fait l'g/e reprs5tant4 ,voil les griefs de l'op9ion nationale contre le g\v]nem5t de juillet2 voil le ct faible de la mon>*ie n\velle4 ,quant au vieux p>ti rpublica91 il e/ mort sans ret\r4 ,en prov9ce1 il n'a plus que quelques hommes sans porte et sans consi/ance4 ,il a fait son temps2 il a noblem5t accompli sa mission2 il a dtruit la fodalit2 il a fait table rase et prp> le t]ra9 p\r l'av5ir4 ,l f9it son uvre4 ,non-seulem5t il e/ mort comme p>ti politique1 mais encore comme fraction morale de la socit franaise4 ,il ne laisse aprs lui ni murs1 ni traditions4 ,,vi4 ,,du ,,cl]g ,,ca?olique4 ,l'homme *em9e dans la vie entre son cur et son esprit qui se disput5t la possession de sa volont4 ,tiraill p> ces deux puissances1 tantt il cde aux sugge/ions de l'une1 tantt aux lumires de l'autre2 s\v5t il m>*e indcis1 escort p> ces deux guides1 jusqu' ce qu'il succombe de lassitude s\s la v]ge du plus vig\reux4 ,l'esprit e/ progressif1 et jusqu' la consommation des sicles1 il aj\t]a la somme de ses connaissances2 le cur ne p\rra jamais sortir de la sphre qu'une ma9 t\te-puissante lui a trace4 ,le *ri/ianisme =me une poque unique dans l'hi/oire du progrs4 ,avant lui1 le monde tait dj vieux6 ,l'esprit huma9 n'en p\vait plus2 il s'tait puis l'analyse de t\tes les que/ions2 la raison succombait s\s le poids accablant des sy/mes div]s2 mille sectes se disputai5t la croyance des peuples2 la socit roma9e tait sans foi1 le ciel sans unit et sans idal2 p>t\t l'an>*ie1 p>t\t la dissolution4--,alors p>ut ,jsus6 ,il prom5a ses reg>ds aut\r de lui1 il consulta t\s les sicles1 il c\ta t\tes les nations1 il exam9a t\tes les doctr9es4 ,puis1 se repliant sur lui-mme1 et fondant t\tes les vrits connues dans le creuset de sa div9e p5se1 il donna au monde sa p>ole d'am\r6 ,comme t\tes les religions possibles1 le *ri/ianisme se compose de deux lm5ts3 de ?ologie et de morale4 ,la ?ologie1 c'e/ la *>p5te d'une religion1 c'e/ la ma*9e du drame1 c'e/ l'explication qu'un sicle se donne du monde et de son auteur2 la morale1 c'e/ la sub/ance1 c'e/ le fonds commun de t\te croyance4 ,aussi les religions ne diffr5t-elles que p> leur ?ologie2 et cela se conoit aism5t1 puisque la =me d'une religion *ange selon les peuples1 les temps et les lumires4 ,l'organisation extrieure du ca?olicisme1 son g\v]nem5t1 sa discipl9e1 sont l'uvre des successeurs de ,jsus qui1 en hommes habiles1 se sont con=ms aux beso9s des peuples qu'ils v\lai5t rgnr]2 sa morale app>ti5t l'humanit4 ,il e/ vid5t que la ?ologie du *ri/ianisme e/ f9ie p\r jamais1 et qu'elle ne p\rra se relev] du c\p que lui a port le dix-huitime sicle2 mais sa morale s]a t]nelle1 et l'vangile e/ le te/am5t du cur huma94 ,le cl]g ca?olique a laiss pass] une belle occasion1 une occasion unique de rcupr] sa puissance morale et de se rhabilit] aux yeux des peuples prv5us3 c'e/ la re/auration4 ,n\s l'avons dit plusieurs fois dans cet ouvrage1 il tait impossible d'arriv] une r=me sociale sans attaqu] le ca?olicisme1 qui1 p> sa hir>*ie et sa discipl9e1 tait t\te la =ce de l'autorit politique4 ,aussi1 les philosophes du dix-huitime sicle ne s'y sont pas tromps1 et ils ont frapp l o tait l'ob/acle4 ,je conois m]veille que le p>ti royali/e1 qui reg>de la rvolution de #hi comme une dplorable cata/rophe1 se soit d*an contre les gr&s criva9s du sicle d]ni]2 c'e/ p>faitem5t logique4 ,mais du mom5t qu'on veut la rvolution et ses rsultats1 il e/ absurde de condamn] les moy5s qui seuls ont pu la faire clore4 ,sans d\te1 le dix-huitime sicle n'a pas exam9 la "q d'un po9t de vue assez lev et il n'a pas eu l'imp>tialit hi/orique de notre poque2 mais qu& on fait la gu]re on veut la victoire1 et l'on ne s'amuse pas dem&] son ennemi la p]mission de le tu]4 ,n\s qui sommes va9queurs1 n\s p\vons tre ju/es et gnreux env]s le ca?olicisme abattu2 mais le dix-huitime sicle a d agir comme il l'a fait p\r la lib]t du monde4 ,l'gsme social de la ,montagne1 inc>n dans la p]sonne de ,napolon1 succomba s\s le poids de l',europe indigne4 ,le pass et l'av5ir tai5t en prs5ce1 remplis l'un p\r l'autre d'une ha9e furibonde4 ,c'tait l un beau mom5t p\r le ca?olicisme tant calomni6 ,il p\vait alors1 en s'int]posant entre les deux pr9cipes1 j\] le rle d'un sublime pacificateur2 lev] sa voix sculaire au-dessus des passions contempora9es1 rprim] le dsir de v5geance de l'ari/ocratie triomphante1 dtruire la rpugnance du peuple p\r une dyna/ie qu'il ne connaissait que p> sa rsi/ance aux gr&s faits de la rvolution1 p]suad] la royaut de bas] son p\voir sur les progrs accomplis1 conva9cre la nation que le dpt de la magi/rature suprme entre les ma9s d'une illu/re et antique famille tait la plus sre g>antie de la lib]t1 et dev5ir a9si le cim5t de la socit n\velle4 ,au lieu de cela1 qu'a-t-il fait8 ,il s'e/ fait l'in/rum5t d'un p>ti politique2 il s'e/ fait l'aptre d'une raction sangu9aire et lib]ticide2 du haut de la *aire apo/olique1 il a pr* la ha9e d'un sicle gr& et glorieux2 il a s\ill son sacr c>actre en se faisant l'organe des passions avides et dsorganisatrices2 il a fait un pamphlet de l'vangile2 et1 p\r satisfaire son intolrance et son ambition1 il a prcipit la bran*e ane des ,b\rbons dans un abme de misres4 ,les ordonnances de ,*>les ,x sont sorties du confessionnal du cl]g3 il e/ un ob/acle inv9cible une troisime re/auration4 ,la rvolution de #ahcj brisa p\r la seconde fois la puissance politique du cl]g1 et mit un t]me ses folles esprances4 ,la n\velle ,*>te proclama un fait3 ,que la religion ca?olique tait la religion de la majorit des ,franais4 ,c'tait sagem5t agir1 que de ne pas entr] dans la discussion des dogmes1 et de respect] les croyances de t\s les citoy5s4 ,un code politique ne doit s'lev] ni la mtaphysique1 ni desc5dre au cat*isme4 ,et c'e/ une ju/ice qu'on doit r5dre la ,*>te actuelle1 qu'elle n'a fait que reconnatre et lgitim] les =ces sociales qu'elle tr\va exi/antes4 ,le g\v]nem5t de juillet1 pntr de l'esprit modr de notre loi fondam5tale1 rsi/a avec vigueur l'intolrance de l'an>*ie1 et il protgea les prtres et les temples ca?oliques1 contre les passions de la basse et ignorante dmocratie4 ,s'il avait t assez faible p\r cd] l'impulsion qu'on v\lait lui donn]1 il aurait s\lev contre lui les fanatiques1 bless les croyances s9cres des mes pieuses1 et relev l'importance du cl]g4 ,au contraire1 p> la sagesse de ses mesures1 il a ma9t5u l'ordre1 il a ref\l les prtres dans l'intrieur de leurs glises1 et l'indiffr5ce gnrale e/ v5ue les punir de leur fune/e ambition4 ,depuis quelques annes1 il se j\e une petite comdie l'usage des simples1 qui n'e/ pas sans intrt4 ,c'e/ ce qu'on appelle la recrudesc5ce de la foi1 ou la r5aissance du culte ca?olique4 ,les j\rnaux lgitimi/es emb\*5t t\s les mat9s la trompette pique1 p\r n\s annonc] l'appro*e d'un sicle mon>*ique et religieux2 on c\rt en f\le aux s]mons de l'abb ,lacordaire et autres gr&s conv]tisseurs2 on badigeonne les glises1 on btit des sa9tes *apelles1 des c\v5ts2 on publie des revues ca?oliques1 on fait des pomes ca?oliques1 des opras ca?oliques1 des romances ca?oliques2 seulem5t on ne fait pas de miracles1 et le plus gr& de t\s s]ait de n\s faire accroire que t\t ceci n'e/ pas une comdie4 ,les prov9ces suiv5t l'impulsion4 ,les c\v5ts se relv5t s\s un prtexte ou s\s un autre2 de nombreuses maisons d'ducation s'tabliss5t s\s la direction des prtres ou de leurs adhr5ts2 de t\s cts on ent5d dire3 ,on revi5t aux bons pr9cipes1 on revi5t aux bonnes murs6 ,le g\v]nem5t n'e/ pas trang] ce m\vem5t1 qu'il croit prov5ir du fond de la socit4 ,n\s croyons qu'il se trompe1 et que t\t ceci n'e/ qu'une petite raction de bonne compagnie1 comme il y en a si frquemm5t en ,france4 ,il faut n'tre pas sorti de ,p>is p\r pr5dre au srieux ce b\rdonnem5t de quelques cot]ies4 ,sans d\te1 quelques esprits levs1 indigns du misrable rle qu'on fait j\] la religion1 dans le va/e m\vem5t de notre poque1 v\drai5t l>gir l'glise1 et en faire le c5tre des progrs de l'av5ir4 ,aut\r de ces hommes d'lite1 se gr\p5t beauc\p de jeunes arti/es en?\sia/es des gr&s monum5ts que n\s a laisss le moy5-ge2 et un plus gr& nombre encore d'intellig5ces timores1 qui r$\t5t les *angem5ts1 qui p5s5t que l'on a trop calomni le cl]g1 et qui espr5t p> la pati5ce et la modration1 le ram5] de meilleurs s5tim5ts p\r nos lib]ts4 ,ces vux sont nobles1 et n\s s]ions les premi]s y s\scrire1 s'il n\s tait p]mis de croire qu'une socit peut vivre p> le m5songe4 ,mais p\r se faire une ide de ce que n\s p\vons att5dre de ce cl]g1 il n'y a qu' exam9] sa conduite dans les pays de l',europe o il e/ encore en possession de l'autorit4 ,voyez-le en ,espagne2 va-t-il au-devant d'une rvolution 9vitable p\r en modr] les dveloppem5ts1 et s'en faire le tuteur clair8 ,non1 il alim5te la gu]re civile4 ,en ,portugal1 il se fait le protecteur d'un misrable1 d'un assass94 ,voyez-le en ,italie1 o il brille de t\te sa gloire6 ,c\v]t de t\s les vices et de t\tes les ignom9ies1 p>esseux1 ignorant1 luxurieux1 abom9able corrupteur du peuple le plus intellig5t de l',europe1 il ne vit que de la misre publique1 il n'exi/e que p> l'oppression de sa patrie4 ,et la papaut1 qu'a-t-elle dit du massacre des ,grecs1 de l'immolation de la ,pologne8 ,elle a vu rp&re gr&s flots le sang de ,jsus-,*ri/ p> un peuple b>b>e2 elle a vu des villes en c5dres1 des prtres massacrs1 t\te une gr&e nation *rti5ne dcime p> un cruel conqurant1 sans s\rcill]1 sans pr(r] une p>ole consolatrice1 sans lev] sa voix pat]nelle p\r condamn] tant d'assass9ats politiques1 tant d'abom9ations6 ,assise sur son trne apo/olique1 sil5cieuse s\s sa triple c\ronne1 elle a laiss se dr\l] ce drame mmorable1 se rj\issant de la *ute de la lib]t et du triomphe du despotisme6 ,si le cl]g franais avait le mo9dre s5tim5t de sa position1 s'il s'tait laiss pntr] p> la plus petite ide de progrs1 il le f]ait voir dans la p>tie vitale de son m9i/re1 dans la prdication4 ,c'e/ p> la prdication que le *ri/ianisme e/ arriv la conqute du monde2 c'e/ p> la prdication qu'il s'e/ mis en contact avec t\s les peuples de la t]re4 ,eh bi56 c\tez un peu les prdicateurs franais2 que dis5t-ils une gr&e nation1 intellig5te1 indu/rieuse8 ils lui p>l5t du diable et de ses t5tations2 que dis5t-ils cette jeunesse ard5te1 gnreuse1 avide de t\t connatre8 ils l'entreti5n5t de la malice du s]p5t et de la vanit de la sci5ce2 comm5t se pos5t-ils en face de ce prodigieux m\vem5t de l'esprit huma91 de cet am\r des arts qui pntre dans t\tes les classes1 qui les rappro*e et les purge des t5dances ha9euses et c\pables8 ils df5d5t aux filles de dans]1 de *ant]1 de dess9]6 ,comm5t v\lez-v\s qu'avec un p>eil langage et de tels pr9cipes le cl]g puisse acqurir de l'influ5ce2 il languit s\s le poids du ridicule et de l'indiffr5ce4 ,p\rquoi ne desc5d-il des sublimes niais]ies de la ?ologie1 p\r pntr] dans le cur de la socit1 dans la famille8 ,p\rquoi s'ob/9e-t-il se clore dans l'troite prison du p* ca?olique8 ,qu'il se plonge donc dans les mille d\leurs de la vie du sicle1 qu'il en tan*e le sang qui c\le de t\tes p>ts1 qu'il en glorifie les v]tus2 qu'il se fasse homme de *air et d'os comme n\s1 qu'il boive la c\pe de nos malheurs1 qu'il devi5ne citoy51 qu'il s'arme d'une noble indignation contre les oppresseurs des peuples1 soit qu'on les tr\ve dans les salons de l'ari/ocratie ou dans le t\rbillon sanglant des meutes2 qu'il embrasse enf9 la lib]t1 la lib]t sa9te qui l'clair]a de son flambeau et le protg]a de son bras inv9cible3 c'e/ l'unique moy5 de salut qui lui re/e4 ,la prov9ce1 avec son bon s5s1 ne s'e/ laiss m\voir ni p> les hurlem5ts de l'an>*ie1 ni p> la religiosit de quelques badauds de ,p>is2 elle ne veut ni d'un g\v]nem5t de sans-culottes1 ni de celui des capuc9s2 elle m>*e con/amm5t sur la gr&e r\te sociale de #hi1 travaillant1 s'in/ruisant1 dsirant l'ordre et une lib]t progressive2 elle reg>de d'un il svre le cl]g ca?olique dont elle r$\te l'influ5ce2 elle le laiss]a en paix tant qu'il re/]a dans les bornes de son m9i/re moral2 mais il peut s'att5dre une vig\reuse rsi/ance du j\r o il v\dra dom9]4 ,le g\v]nem5t de juillet f]a bi5 de p]svr] dans son sy/me de modration3 qu'il rep\sse t\j\rs avec vigueur les t5tatives intolrantes de la dmocratie4 ,si le ca?olicisme doit se rgnr]1 ce que n\s croyons dsormais impossible1 ce devra tre l'uvre des ides et de l'av5ir4 ,un g\v]nem5t doit protg] les symboles qu'on lui a confis4 ,,vii4 ,,de ,,la ,,litt,,rature4 ,ce qui c>actrise l'homme primitif et simple1 c'e/ une vive et tran*ante individualit1 c'e/ un gr& am\r de sa p]sonne1 c'e/ un ddaigneux mpris p\r t\t phnomne qui ne "p po9t de lui et qui n'ab\tit pas lui4 ,clos dans l'troite ence9te de son moi1 roi solitaire de sa consci5ce1 il ignore t\t1 il vit dans une nave batitude1 il pr5d les faits qui t\rbillonn5t aut\r de lui p\r une modification de sa propre sub/ance1 p\r un dveloppem5t de sa p]sonnalit4 ,t\t respire1 t\t se meut1 t\t aime1 s\ffre et pleure1 et la va/e nature n'e/ p\r l'homme primitif que le reflet de son image4 ,cep5dant il faut qu'il sorte de son en*antem5t1 il faut qu'il s'arra*e sa propre contemplation1 il faut qu'il s'veille1 qu'il m>*e1 qu'il desc5de du trne de l'absolu1 qu'il se range dans la *ane des tres1 qu'il reconnaisse sa dp5dance et sa misre4 ,p> quel moy5 s'accomplira cette pal+nsie8 ,p> la s\ffrance4--,la s\ffrance frappe la porte de l'aveugle p]sonnalit2 elle pntre dans cet obscur sanctuaire1 l'*auffe de son ardeur1 l'claire de sa sa9te lumire1 brise l'gsme en mille clats1 et jette l'homme dans le se9 de l'humanit4 ,alors un cri imm5se remplit le monde6 cri fatal que p\ssa l'homme son rveil la vie1 et qui s'*appa des lvres m\rantes de ,jsus-,*ri/6 ,l'homme e/ *ass du p>adis2 il n'e/ plus n\rri p> la manne du ,seigneur2 il n'e/ plus c\v]t de son innoc5ce2 il vivra de son labeur dans l'espace et dans le temps4 ,il faut ab&onn] le j>d9 cle/e et ses t]nelles batitudes2 il c\rt1 il c\rt1 p\rsuivi p> l'ange la flamboyante pe1 et il tombe sur la t]re dsole4 ,de ce j\r naquit l'art1 l'art fils de la d\leur4 ,quel que soit le po9t de vue s\s lequel on envisage l'orig9e de l'homme1 il y a d y avoir un mom5t suprme1 un mom5t de rveil et d'pan\issem5t o1 sec\ant les ombres qui enveloppai5t son me encore ple9e de srnit1 il dut compr5dre o et qui il tait4 ,en t5dant les ma9s hors de son individualit1 il dut se s5tir t\*] p> des phnomnes dont il ignorait entirem5t l'exi/5ce4 ,il fut sans d\te bi5 tonn1 bi5 surpris1 l'homme1 dans son aveugle fi]t1 de se voir arrt p> un fait extrieur1 lui qui croyait le monde une ext5sion de sa p]sonnalit6 ,cep5dant il fallut avanc]1 il fallut va9cre l'ob/acle1 il fallut en pr5dre acte1 et l'inscrire dans l'esprit huma9 comme un premi] lm5t de la sci5ce4 ,qu'e/-ce donc que la sci5ce8 ,le rveil du moi1 et la gu]re de l'humanit contre la nature4 ,le bonheur absolu1 le bonheur p>fait n'e/ pas possible sur la t]re4 ,c'e/ une de ces va/es ides comme celle de ,dieu et de la beaut1 que l'esprit conoit1 dont il a consci5ce1 qu'il c>esse de ses dsirs1 qu'il voit brill] au lo9 dans l'horizon2 ide complte1 consolante2 d\x rve du cur v]s lequel il aspire sans cesse1 dont il implore la ralisation4 ,aussi1 le bonheur n'a-t-il pas d'expression extrieure2 il e/ la paisible satisfaction de nos dsirs1 l'accomplissem5t in/antan de nos vux2 il se s]re1 il se rsume aut\r de la consci5ce1 comme un fleuve h>monieux c\le dans un lit gal et facile4 ,l'me alors remplit t\t son vase1 sans dbord]1 sans que ri5 altre la limpidit de sa surface4 ,mais aussitt que le mo9dre s\ffle vi5t tr\bl] cette transp>5ce1 alors les eaux s'amoncell5t1 l'orage clate1 le cur huma9 s'lance de son trne solitaire et vi5t dpos] dans l'art le cri de sa d\leur4 ,c'e/ p>ce que je puis p]dre mon amante que je *]*e fix] les traits de son image2 c'e/ p>ce qu'elle e/ infidle mon am\r que je *ante ma pe9e2 c'e/ p>ce qu'on lui a ravi ,euridice qu',orphe v]se des pleurs et fait ret5tir sa lyre jusqu'au fond des enf]s2 c'e/ p>ce que l'homme e/ faible qu'il se met en socit2 c'e/ p>ce que son me e/ vide qu'il se pro/]ne devant un ,dieu t\t-puissant4 ,dans l'imm5se pope de l'art1 je ne tr\ve pas un mot qui ne soit un cri de nos misres1 un tmoignage de nos s\ffrances4 ,posie1 musique1 pe9ture1 hi/oire1 ordre social1 religion1 t\t e/ l'expression de notre dp5dance et du beso9 que n\s avons de remplac] une ralit qui n\s manque p> les fictions de l'esprit2 c> p\rquoi crire1 p\rquoi pe9dre1 *ant]1 qu& on e/ cont5t et qu'on se suffit8 ,le bonheur ne se dit pas1 il se s5t1 et les nations heureuses n'ont pas d'hi/oire4 ,le rire mme n'e/ que le masque du bonheur2 c'e/ une ruse de la s\ffrance1 un m5songe qu'elle inv5te p\r *app] au ridicule1 la p]scution de la socit4 ,les gr&s comiques des nations1 tel qu',ari/ophane1 ,c]vantes1 ,bocace1 ,rabelais1 ,molire1 ,voltaire1 et tant d'autres gnies immortels1 ont t d'habiles hommes de gu]re qui1 assigeant la lgalit1 l'ont endormie p> des fe/9s et des f>ces4 ,il fallait s'humili]1 faire des gambades1 faire des t\rs p\r s'appro*] de la puissance2 il fallait arm] ,arlequ9 d'une batte de f] p\r en frapp] les tyrans2 enf91 il fallait rire p\r ca*] ses l>mes4 ,si le bonheur p>fait p\vait exi/]1 t\t s]ait sil5ce1 t\t s]ait repos2 il s]ait la ngation de la vie4 ,la re*]*e du s\v]a9 bi51 qui n'e/ autre *ose que celle du bonheur p>fait1 a conduit ceux qui en ont le plus appro*1 quelques philosophes de la ,grce et les sages de l',ori5t1 la pure contemplation1 l'immobilit4 ,du mom5t que l'homme agit1 qu'il m>*e1 qu'il p>le1 qu'il *ante1 qu'il rit1 qu'il prie2 c'e/ qu'il e/ incomplet1 c'e/ qu'il y a du vide dans son me1 c'e/ qu'il s\ffre4 ,la vie e/ un combat1 une aspiration incessante v]s un idal qui n\s *appe mesure que n\s avanons4 ,l'affirmation mme de notre bonheur e/ un tmoignage irrcusable de notre faiblesse1 de notre dfaillance2 c>1 si n\s tions compltem5t heureux1 n\s n'pr\v]ions pas le beso9 de le dire4 ,rire1 *ant]1 dans]1 joie1 plaisirs1 t\t ce qui clate1 brille et t\rbillonne dans le b\ge que n\s habitons1 n'e/ qu'un ple reflet du vrai bonheur1 qui s]t clair] nos misres4 ,l'humanit e/ progressive1 p>ce qu'elle n'e/ pas heureuse1 p>ce qu'elle e/ imp>faite3 ,dieu seul e/ heureux1 p>ce qu'il n'aspire ri51 p>ce qu'il e/ p>fait4 ,la p5se n'e/ ap]cevable que p> la =me4 ,son ess5ce e/ un my/re qu'il ne n\s e/ pas p]mis de pntr]4 ,aussitt qu'une ide surgit du se9 des peuples1 aussitt se fait s5tir l'irrsi/ible beso9 de la fix]4 ,mais fix] une ide1 c'e/ la manife/] au monde s\s une =me s5sible1 c'e/ la prcis] p> le symbole2 et manife/] l'ide p> la =me1 c'e/ la desc5dre des rgions leves de l'ab/raction p\r la transport] dans la ralit extrieure4 ,qu'on y rfl*isse bi56 =mul] une ide1 la dta*] du vague qui l'enveloppe1 la dp\ill] du dogmatisme de la pure raison1 et l'inscrire dans la sci5ce de l'humanit1 ce n'e/ pas l'acte d'un simple manuvre3 au contraire1 c'e/ la mission du lgislateur1 c'e/ la mission de l'arti/e4 ,ri5 n'e/ plus difficile1 en effet1 que de tr\v] la =me conv5able et prcise d'une p5se qui bondit dans votre se9 et v\s dem&e la vie6 ,obsd comme p> un ,dieu qui s'inc>ne dans votre faible nature1 bris a9si que la femme p> les d\leurs de l'enfantem5t1 v\s *]*ez p>t\t la ma9 dlicate qui v\s dlivre du pesant f>deau qui v\s accable4 ,et si t\t--c\p v\s ap]cevez votre p5se dpose s\s une ligne claire et diaphane1 alors v\s v\s criez avec effusion et bonheur3 ,ah6 c'e/ cela6 oui1 c'e/ bi5 cela6 ,lorsque l'ari/ocratie europenne remit la ,france d*ire entre les ma9s de la lgitimit1 les gu]res g/es de l'empire avai5t affaiss et eng\rdi l'esprit de la nation4 ,mais qu& la re/auration1 fidle son m&at ?ocratique1 c\vrit d'insultants dda9s les re/es immortels de nos gr&es armes1 un cri s\rd et pla9tif se fit ent5dre du fond de la nation indigne4 ,un s]rem5t de cur1 un s5tim5t vague de s\ffrance indf9ie1 s'emp>r5t de t\s les citoy5s1 et attri/r5t les mes qui avai5t t\j\rs vcu p\r la patrie1 son bonheur et sa gloire4 ,t\t le monde *]*ait le mot de sa d\leur1 p]sonne ne le tr\vait4 ,t\t--c\p app>ut le gr& arti/e1 qui *anta le ,vieux ,drapeau et les ,s\v5irs du peuple6444 ,ah6 c'e/ bi5 cela6 dit la voix radieuse de la ,france4 ,oui1 on insulte notre gloire1 notre rvolution4 ,vive ,brang]1 le pote de la nation4 ,voil l'art1 voil l'arti/e4 ,abrit] l'ide s\s une =me claire et prcise1 qui la r5de accessible la gnralit des intellig5ces1 avons-n\s dit1 c'e/ accomplir l'uvre de l'arti/e1 qui1 p> cette trans=mation1 se pose entre deux gr&es portions de l'humanit1 et leur s]t d'organe conciliateur4 ,c>1 que s]ait l'ide sans la =me qui la conti5t8 que s]ait la volont sans l'acte extrieur qui la manife/e8 que s]ait la lib]t sans les in/itutions qui la df9iss5t et la prcis5t8 que s]ait la religion sans le temple1 sans le culte1 sans la prire8 que s]ait ,dieu1 p\r n\s1 sans le monde o clat5t sa t\te-puissance et sa misricorde8 ,compr5drions-n\s les indicibles s\ffrances de ton cur mat]nel1 div9e ,m>ie6 si ,raphal1 si ,p]golse n'avai5t recueilli tes sa9tes l>mes dans des vases d'or1 immortels comme ta d\leur8 ,oui1 c'e/ la =me cre p> l'arti/e qui t]nise les motions et les p5ses de l'humanit4 ,et qu'e/-ce que la =me8 ,nos actions1 nos p>oles1 la socit1 la vie1 un reg>d1 un s\pir1 un temple1 t\t ce qui e/ produit1 enfant p> l'homme4 ,t\tes les ?ogonies des peuples primitifs ont *ant le gr& duel de l'esprit contre la matire1 et de l'homme contre la nature2 et les philosophes de t\s les temps se sont ap]u que de la conception ab/raite de l'ide sa ralisation dans le monde1 il y avait un int]valle difficile fran*ir1 qui s\v5t dev5ait un prcipice4 ,si v\s re/ez en-dea de ce dfil1 v\s p\vez faire d'admirables ?ories1 mais qui n'auront qu'une valeur spculative4 ,si v\s v\s arrtez en *em91 alors clat5t d'p\vantables rvolutions qui bris5t et b\lev]s5t2 si1 au contraire1 v\s passez sans sec\sse et sans dang]1 alors v\s ralisez l'ide d'une manire calme et sre1 et v\s clairez le monde4 ,reg>dez cet illu/re p5seur qui1 du fond de sa retraite1 et rfugi dans les replis de sa consci5ce1 mdite p\r le bonheur du g5re huma94 ,v\s le voyez pes] navem5t dans la balance de sa raison et de la ju/ice1 les droits de *acun et la lib]t de t\s2 inscrire dans son code moral1 article p> article1 la ha9e du mal1 l'am\r du bi51 la punition du vice et la rcomp5se de la v]tu4 ,cela fait1 et =t des gr&es vrits qu'il a dc\v]tes1 il fait reli] sa con/itution1 met son habit de fte1 et se prs5te la socit p\r la rgnr]4 ,la socit se s\lve et crie3 ,a l'innovateur6 l'an>*i/e6 ,qu'e/-ce dire8 le philosophe e/-il un f\1 ou bi5 la socit n'e/-elle qu'un compos d'tres dpravs8 ,non2 le philosophe e/ un sage qui a vu le bi5 de la raison1 et qui a v\lu le ralis]2 mais1 ab/rait qu'il tait dans la pure spculation1 il ignorait le monde et ses lois1 et a d succomb]4 ,la socit1 au contraire1 c\rbe s\s la s5sation1 r\ille p> le temps1 ne voit que ce qui e/1 et rep\sse ce qui ne peut la modifi] qu'en la tr\blant4 ,p\r russir1 il fallait au philosophe une plus gr&e connaissance du monde1 et la socit une moralit plus leve4 ,cette d\ble nature1 ce li5 conciliateur1 c'e/ l'arti/e4 ,l'arti/e assi/e aux dbats de l'esprit huma91 il reoit des ma9s de la philosophie les doctr9es qu'elle a cres1 et il les ralise4 ,l'arti/e e/ un tre d\ble1 moiti homme et moiti ange1 dont les pi$s t\*5t la t]re et la tte aux cieux4 ,il suit donc de l1 que l'art n'e/ qu'une traduction1 une int]prtation de l'ide4 ,l'art ne cre po9t l'ide1 il la reoit de son sicle2 son mrite consi/e bi5 la saisir1 bi5 la compr5dre1 la =mul]1 la traduire au vulgaire1 la p]ptu] dans l'av5ir4 ,dans une poque donne1 il n'y a qu'une ide mre1 que les arts traduis5t en leurs diffr5ts langages2 c'e/ ce qui fait le c>actre1 l'unit d'un sicle4 ,pr5ez ,rac9e1 pr5ez ,molire1 ,lulli1 ,lebrun1 ,mans>d1 ,b\lle1 etc41 etc41 v\s n'y v]rez que l'ide maje/ueuse et rgulire de la mon>*ie *rti5ne1 reproduite de c5t manires div]ses4 ,entre ,raphal et le ,tasse1 a9si que entre ,victor ,hugo et ,may]-,be]1 il n'y a de diffr5ce que le langage4 ,l'ide fondam5tale e/ la mme1 et ne leur app>ti5t pas2 ils ne sont que des traducteurs4 ,la plus gr&e gloire de l'art1 c'e/ de compr5dre l'ide qui travaille son sicle1 et de l'aid] la ralis]4 ,a l'orig9e des sicles1 lorsque l'esprit huma9 tait dans sa premire navet1 l'art tait aussi simple que les beso9s de l'homme1 et sa mission consi/ait p\rvoir aux grossi]s apptits de la vie matrielle4 ,plus t>d1 qu& les hommes pur5t se rappro*] et s'asseoir en socit1 l'art se spcialisa comme les misres de l'humanit1 et se divisa en deux gr&s rameaux4 ,l'un qui se ratta*ait la vie matrielle1 l'autre la vie morale2 l'un qui pr5ait so9 des s\ffrances du corps1 l'autre de celles de l'me4 ,la runion de ces deux rameaux =me le gr& tronc de la sci5ce4 ,les nombreux beso9s de l'homme se divis5t en deux va/es catgories3 ceux d'imprieuse ncessit1 qui sont de t\s les temps et de t\s les peuples2 et ceux qui naiss5t la suite des gr&es j\issances1 enfants *tifs du caprice et de la fantaisie4 ,l'art a donc aussi deux missions3 de s\lag] nos gr&es et svres d\leurs1 nes avec n\s et qui ne n\s ab&onn5t qu' la mort2 puis de se faire l'*o de nos mille dsirs qui v>i5t avec les murs1 et qui sont aussi nombreux que les sables de la m]4 ,en re/reignant cette ide une seule nation et un seul pisode de l'art1 la littrature1 n\s en concluons qu'elle doit aussi se divis] en deux p>ties4 ,la premire proclame d'une voix =te et sonore1 les gr&es d\leurs de la majorit s\ffrante2 la seconde idalise les vagues dsirs de la m9orit blase2 la premire re*]*e les applaudissem5ts des masses et de la po/rit2 la seconde se cont5te des murmures phmres d'une cot]ie passagre4 ,mais l'art a de plus une mission sociale qu'il e/ important de df9ir4 ,en t\t temps1 la socit se divise en deux p>ties =t di/9ctes3 celle qui fait la loi1 et celle p\r qui elle e/ faite4 ,aussitt qu'une fraction sociale arrive la proprit1 l'aisance1 elle p>ticipe la s\v]a9et1 elle se retran*e d]rire la loi p\r df5dre sa position n\velle2 qu'e/-ce donc que la loi8 l'expression de la p>tie satisfaite de la nation4 ,je suis cont5t1 je df5ds que l'on me tr\ble1 voil le langage de la loi4 ,la p>tie de la socit qu'on n'a pas consulte p\r crer la loi1 c'e/--dire la majorit s\ffrante qui n'a ri51 veut aussi amlior] son sort2 mais elle e/ presque t\j\rs dom9e p> les privilges qui t\ff5t ses pla9tes et rep\ss5t ses prt5tions4 ,alors1 si elle a le s5tim5t de sa =ce1 elle assige l'tat et *ange la con/itution4 ,au contraire1 si elle e/ intimide p> l'autorit1 elle s'adresse l'art qui =mule ses griefs et donne une voix sa d\leur4 ,ici comm5ce la lutte de l'art et de la loi1 de la s\ffrance et du cont5tem5t1 de la misre et de la ri*esse1 de la dmocratie et de l'ari/ocratie2 drame immortel1 qui fait le fond de l'hi/oire de l'humanit4 ,l'art social n'e/ que l'action ref\le1 l'ide d'un fait1 l'image d'une ralit abs5te4 ,ce n'e/ pas en prs5ce de la ralit que je songe ses fictions1 ce n'e/ pas dans les bras de la j\issance que je *]*e la reprs5tation d'un bonheur que je possde4 ,l'art d'un peuple1 c'e/ l'expression de ses regrets et de ses dsirs4 ,les gr&s sicles de l'art social succd5t presque t\j\rs la p]te de la lib]t4 ,c'e/ s\s le j\g des rois macdoni5s1 que la ,grce lve sa voix magnifique2 c'e/ s\s le despotisme d',augu/e1 et aprs la disp>ition de la lib]t roma9e1 que vi5t l'ge d'or de la littrature lat9e2 c'e/ aprs la *ute des rpubliques1 s\s le rgne des ,mdicis et des autres petits tyrans de l',italie1 que celle de ce peuple in=tun tonne l',europe2 c'e/ s\s le g\v]nem5t sombre et monacal de ,philippe ,,ii1 que l',espagne enfante son ?tre et ,don ,qui*otte2 enf9 c'e/ s\s ,l\is ,,xiv1 aprs la victoire df9itive de l'unit mon>*ique sur l'indp5dance fodale1 que la ,france voit natre ce sicle de gnies m]veilleux1 dont les uvres f]ont t\j\rs la gloire de l'esprit huma94 ,s'il e/ bi5 pr\v que l'art social n'e/ que l'action ref\le1 l'expression des beso9s d'une poque1 il s'ensuit que du mom5t qu'on peut atte9dre la ralit1 on ab&onne la fiction4 ,les peuples esclaves se plais5t *ant] les v]tus gu]rires de leurs aeux2 les b>b>es s'exagr5t le bonheur du luxe et de la civilisation2 ceux qui viv5t dans les ds]ts arides aim5t les images qui peign5t la v]dure1 une s\rce fra*e1 une pluie fcondante2 l'habitant des villes aime les glogues1 et t\t ce qui retrace la paix des *amps1 et vice v]sa4 ,s\s un g\v]nem5t despotique1 la mo9dre allusion la lib]t1 obti5t un succs prodigieux2 mais qu& arrive la lib]t1 ces ombres disp>aiss5t4 ,l'apologue e/ n en ,ori5t dans le monde de la tyrannie2 l il fallait la vrit1 une livre de c\rtisan2 p\r n\s ce n'e/ qu'un jeu d'esprit4 ,p\rquoi le ?tre tombe-t-il de t\tes p>ts en ,europe8 ,c'e/ que la presse et la tribune dont il t5ait lieu1 l'ont r5du inutile4 ,de nos j\rs1 l'loqu5ce mme de ,mirabeau s]ait intempe/ive2 a9si disp>aiss5t une f\le de =mes de la p5se4 ,qu& l'art n'e/ plus l'expression des beso9s d'un peuple1 alors il tombe en discrdit et fait place une autre =me4 ,savez-v\s qu& une religion e/ f9ie8 ,lorsque les peuples n'y tr\v5t plus la solution des d\tes qui les accabl5t4 ,c'e/ a9si que disp>ut la littrature pr(ane1 aprs le triomphe du *ri/ianisme2 c'e/ a9si qu'aprs la rvolution de ,lu!r1 les langues jeunes et ri*es de l',europe rgnre1 t\ffr5t le v]be de la mon>*ie ca?olique4 ,a9si *em9e l'humanit1 entre l'art et la loi4 ,celle-ci1 expression g/e de la m9orit satisfaite1 celui-l de la majorit s\ffrante4 ,il arrive des poques o la loi va9cue dans ce duel t]nel1 ouvre ses portes une portion de la majorit2 ce sont des in/ants de repos et de rconciliation1 de joie et de bonheur dans la vie des nations4 ,l'art n'ayant alors plus d'ob/acle actuel qui l'occupe1 s'lance dans l'idal1 et *ante un sublime hosanna6 ,et lorsque le temple de la lgalit se ref]me et rep\sse de n\veau le progrs1 l'art desc5d des hautes rgions o il se contemplait1 et recomm5ce la lutte4 ,n\s rev5ons au sujet spcial de ce *apitre4 ,lorsqu'aprs les longs travaux de la r5aissance1 il fut donn aux peuples mod]nes de lire sans difficult dans le livre de la sci5ce antique1 ils jetr5t un tel cri de ravissem5t en voyant ces m]veilles de l'esprit huma91 qu'il c\vrit t\t--c\p les sons encore faibles de la muse nationale4 ,saisis d'une pieuse admiration1 ils se pro/]nr5t devant les uvres immortelles de la civilisation grecque et roma9e1 v\r5t au mpris t\t ce qui n'atteignait pas cette idale p]fection4 ,alors disp>ur5t de la mmoire des contempora9s ces naves popes1 ces *ants de gu]re et d'am\r qui1 s\s une =me grossire1 mais s+ulirem5t pittoresque1 racontai5t l'hi/oire de la patrie4 ,p\sse p> le s5tim5t d'une s]vile imitation1 la littrature de l',europe se dp\illa alors de son individualit qui la r5dait *re aux peuples dont elle peignait les murs2 elle ne fut plus un langage accessible t\s1 compris de t\s2 elle se fit le frivole amusem5t des classes leves2 elle cessa d'tre le dpositaire fidle des s5tim5ts et des s\v5irs de la nation1 p\r dev5ir un amusem5t de c\r et d'acadmie4 ,la ,france1 comme t\j\rs1 s'emp>a de ce m\vem5t de l'esprit huma92 elle le prcisa et lui donna une =me sociale4 ,ri*elieu1 qui avait va9cu l'ari/ocratie t]ritoriale1 et ,l\is ,,xiv qui1 aprs les tr\bles de la fronde1 v\lait ram5] l'unit mon>*ique les lm5ts p>s de la fodalit1 favorisr5t de t\t leur p\voir une littrature qui1 int]rompant la *ane des s\v5irs1 livrait la nation ds>me entre les ma9s de la royaut4 ,alors naquit le gr& sicle6 alors surgir5t ces beaux gnies qui donnr5t la langue la pompe1 la maje/ et la discipl9e de la c\r6 ,l'art1 comme la socit1 fut divis en catgories bi5 tran*es1 qu'on s\mit la hir>*ie la plus rig\reuse4 ,on m>qua t\t1 on *iffra t\t2 on compta vos pas1 on mesura vos p>oles1 on v\s disait3 ,voici comme il faut pleur]2 voil comme il faut rire4 ,t\t fut digne1 svre1 royal1 et la littrature franaise se c\vrit de la =ce et de l'uni=mit de la mon>*ie de ,l\is ,,xiv4 ,l'antiquit fut comprise1 imite avec un r>e bonheur1 et quelquefois surpasse4 ,la langue s'pura1 et rejeta une f\le d'idiotismes n]giques qu'elle tr\vait dsormais trop vulgaires1 comme la royaut avait ref\l hors de son c]cle magique1 ces hommes vig\reux qui avai5t le tort de se rappel] leur anci5ne indp5dance4 ,p>t\t ret5tissai5t les noms de ,rome et de la ,grce1 d',homre et de ,virgile4 ,mais la littrature n'avait plus ri5 de national1 elle avait p]du l'individualit puissante que peut seule lui donn] la sympa?ie populaire4 ,les s\v5irs dang]eux t\ffs1 la nation ab&onne p> l'art plia s\s le j\g du p\voir absolu1 et la mon>*ie de ,l\is ,,xiv fut consolide4 ,les hommes ne prvoi5t pas t\tes les consqu5ces des pr9cipes qu'ils pos5t2 ils disc]n5t assez bi5 ce qui s]t leur ambition mom5tane1 mais leur vue ne s't5d gure au-del4 ,la rvolution tait faite2 la royaut avait absorb t\tes les lib]ts2 l'art avait br\ill t\s les s\v5irs dang]eux1 et l'antiquit possdait exclusivem5t l'admiration de l'esprit huma94 ,eh bi56 qu'arriva-t-il8 ,le dix-huitime sicle1 fi] du magnifique hritage que lui avait lgu le dix-septime1 exagrant t\tes les doctr9es qu'il en avait reues1 se plongea avec avidit dans l'hi/oire des peuples anci5s4 ,il s'inspira aux s\rces du paganisme1 aux murs d',a?nes1 de ,sp>te et de ,rome1 et1 =t de t\t ce qu'il y avait vu de gr&eur1 de posie et de lib]t1 il rev9t ple9 d'en?\siasme1 s'attaqu] au ca?olicisme et la mon>*ie4 ,la mon>*ie fut t\rdie du *oc6 ,sans rac9es dans le pass1 ayant elle-mme aid tran*] le fil des s\v5irs nationaux sur lesquels elle aurait pu s'appuy]1 elle succomba s\s les c\ps de la philosophie1 et le trne de ,l\is ,,xiv fut bris p> le pr9cipe littraire qui avait s]vi l'difi]4 ,la rvolution de #hi se fit s\s l'inspiration de l'antiquit4 ,le sicle de ,l\is ,,xiv1 s'levant comme une va/e muraille entre la ,france fodale et la ,france mon>*ique1 avait ca* au dix-huitime sicle t\t le pass de la nation2 et comme l'esprit procde t\j\rs p> dductions et que la gnration de #hi v\lait la r=me de la socit1 elle se jeta =cm5t dans les bras de l'antiquit1 et lui emprunta ses =mules sociales4 ,s'il avait exi/ une littrature vritablem5t nationale1 ple9e de noms et de s\v5irs1 sature de ce vieil esprit gaulois si malicieux et si vrai2 une littrature =tem5t individuelle1 populaire1 passionne1 se ratta*ant aux poques glorieuses de la patrie1 empre9te de cet exquis bon s5s pratique qui e/ le propre de l'intellig5ce franaise2 alors la gnration de #hi aurait tempr son ardeur rvolutionnaire dans cette s\rce sacre2 elle aurait t mo9s tmraire dans la dmolition de l'difice mon>*ique2 elle n'aurait pas v\lu dp\ill] un vieux peuple *rti5 de son enveloppe sculaire2 elle n'aurait pas t5t de re/aur] p\r la nation la plus claire du dix-huitime sicle1 les in/itutions du gros village de ,sp>te2 elle n'aurait pas t jusqu' la sanglante p>odie de #ic1 et aurait compris que p\r faire une uvre durable1 il fallait ratta*] la vieille civilisation la lib]t n\velle4 ,le rgne de l'imitation classique dura jusqu' la f9 de l'empire4 ,en rev5ant sur le sol de la ,france1 la maison de ,b\rbon avait r$\t] t\s les lm5ts de la socit telle que l'avai5t faite les vnem5ts4 ,elle comprit =t bi5 qu'elle n'avait p\r elle que de vieux s\v5irs1 et que c'tait sur eux qu'il fallait pos] les bases de sa re/auration4 ,mais l'empire1 mais la rvolution1 mais la philosophie du dix-huitime sicle1 tai5t les rsultats du dix-septime et de son admiration trop exclusive p\r l'antiquit4 ,il fallait donc dtruire ce culte idoltre1 il fallait ram5] les esprits l'tude des s\rces nationales1 il fallait saut] pi$s jo9ts p>-dessus le gr& sicle1 ce sicle mon>*ique et religieux1 et all] se rajeunir au s\ffle de la vieille ,france2 et1 *ose tonnante6 il fallait que la po/rit de ,l\is ,,xiv maudt son gnie et sa gloire p\r se ma9t5ir sur le trne de ses pres4 ,c'e/ alors que comm5a ce gr& m\vem5t des intellig5ces v]s les tudes hi/oriques6 c'e/ alors qu'on se mit f\ill] le moy5-ge1 dblay] ses monum5ts1 int]rog] ses my/res et son incroyable organisation sociale2 c'e/ alors qu'on comprit les gigantesques crations de la p5se ca?olique1 et t\t ce qu'il y avait d'orig9alit et de puissance dans ces mal9s fabliaux1 dans ces *roniques naves1 dans ces gr&s criva9s franais des quatorzime1 qu9zime et seizime sicles1 qui n\s avai5t t ca*s p> le l>ge manteau royal du rgne de ,l\is ,,xiv4 ,t\t prit un n\vel aspect4 ,une jeunesse active db>rassa la raison des prjugs scolaires dont on l'avait si long-temps obscurcie4 ,une critique l>ge1 sans p]sonnalit1 ouv]te t\tes les s5sations1 pesa dans son imp>tialit les littratures de l',europe1 et les jugea d'aprs les temps1 les lieux et les peuples qu'elles reprs5tai5t4 ,le ,dante1 ,%akespe>1 ,s*ill]1 ,g!1 ,walt] ,scott1 depuis la haute comdie d'un peuple indp5dant1 jusqu'au hros des nations esclaves1 ,poli*9elle1 t\t fut apprci sa ju/e valeur2 et l'art et la lib]t1 cessant d'tre l'*o de la p5se antique1 se ratta*r5t enf9 au pr9cipe vivifiant de la nationalit4 ,les rvolutions politiques ne se font que p> le peuple4 ,il faut ses passions n]giques et ds9tresses p\r r5v]s] un fait exi/ant4 ,aussi1 dans t\te p]turbation sociale1 il y a un lm5t populaire qui survit l'orage1 comme une d]nire vague de la m] agite2 c>1 bi5 que les masses ai5t un b commun1 la de/ruction de ce qui e/1 cep5dant *aque individu a une passion secrte qui l'aiguillonne et qu'il se propose de satisfaire4 ,la gr&e difficult des rvolutions aprs la victoire1 c'e/ d'arrt] cet lm5t populaire1 c'e/ de le cont5ir et de lui trac] un lit dans la n\velle socit4 ,s'il dborde1 il amne l'an>*ie2 si on le comprime avec rigueur1 la rvolution rtrograde et p]d sa moralit4 ,or1 la passion e/ aux m\vem5ts littraires ce que le peuple e/ aux m\vem5ts politiques4 ,il faut la rveill] de son ass\pissem5t2 il faut s'en s]vir1 p>ce qu'elle e/ la s\rce des uvres puissantes et durables2 mais1 aprs le premi] lan1 il faut se ht] de la s\mettre au contrle des murs et de la raison4 ,il y a trois in/ants bi5 m>qus dans la vie d'une ide3 celui de sa naissance1 o1 ple9e de jeunesse et de posie1 elle s'*appe de l'intellig5ce et vi5t s'asseoir dans le monde positif1 sans v\loir dplac] celles qui l'ont prcde2 en second lieu1 la rsi/ance qu'elle pr\ve de la "p des vieilles ides qui1 dj en possession des croyances de la socit1 v\drai5t s'y ma9t5ir exclusivem5t2 et enf91 le mom5t de sa victoire1 o1 donnant un dm5ti la modration que d'abord elle avait affi*e1 elle veut son t\r la dom9ation absolue4 ,dans la rvolution franaise1 ces trois poques correspond5t l',assemble con/ituante1 la lgislative et la ,conv5tion nationale4 ,au comm5cem5t du dix-neuvime sicle1 l'cole classique n'tait plus qu'une =me vide1 un masque grimaant qui c\vrait un squelette4 ,une d\za9e de mdiocrits bav>des se tranai5t sur l'ornire trace p> les dix-septime et dix-huitime sicles1 et donnai5t leurs rapsodies sans valeur p\r la qu9tess5ce du bon gt4 ,cette po/rit ra*itique des gr&s criva9s de ,l\is ,,xiv arrtait au passage t\tes les gloires naissantes1 t\s ceux qui1 ple9s de jeunesse et d'av5ir1 ne s'incl9ai5t pas devant les dieux re9ts du ,p>nasse homrique4 ,except deux rvolutionnaires1 madame de ,/al et ,*teaubri&1 qui passr5t en fraude1 t\t le re/e tait sans orig9alit et sans vie4 ,en face d'une telle rivale1 qui ne se s\t5ait que p> le pre/ige du pass et l'appui de l'autorit1 l'cole romantique dbuta1 comme la ,con/ituante1 p> une magnifique proclamation des droits de l'esprit huma94 ,d'abord1 elle ne v\lut que rev5diqu] sa place au foy] commun2 mais t\t aussitt elle prt5dit tre la seule expression du vrai et du beau2 elle fit un appel la passion1 et1 ouvrant les c5t portes du cur1 elle dit t\s les s5tim5ts qui s'y tr\vai5t captifs3 ,dployez vos ailes1 allez1 voyez et crez4 ,alors ce fut un beau mom5t6 t\s les visages rayonnai5t1 t\tes les mes s'pan\issai5t au s\ffle de l'esprance4 ,la royaut scola/ique fut r5v]se1 ses symboles f\ls aux pi$s3 plus d'entraves1 plus de /upides classifications2 la lib]t dans les uvres de la p5se comme dans la socit4 ,l'art se dp\ille t\t--c\p de son fa/e et de sa morgue2 il ds]te les salons de l'ari/ocratie1 il d*ire le code de l'unit classique2 libre1 v>i1 ple9 de misricorde1 il va *]*] dans la *aumire la l>me populaire1 dans l'*oppe le rire pantagrulique du b\rgeois1 la grce et la f9esse dans l'anti*ambre du c\rtisan4 ,pr(ond1 moral1 multiple comme la de/9e de l'homme1 o se runiss5t les te9tes les plus tran*es1 il p>c\rt les places publiques1 s'ins9ue dans les masses1 n\s raconte les dsirs1 les pleurs de cette pauvre humanit si faible1 si =te1 si gr&e1 si petite1 si gaie1 si tri/e1 et t\t cela dans le mme j\r1 dans la mme heure1 dans le mme in/ant6 ,mais aprs ses prfaces et ses fa/ueuses con/itutions2 aprs avoir t\t dtruit1 t\t ni et t\t promis2 aprs avoir heureusem5t fran*i les deux premires priodes de la p5se rvolutionnaire1 l'cole n\velle fut entrane au dsordre1 l'an>*ie1 t]me fatal de t\t gr& m\vem5t4 ,voyant sa rivale succomb] s\s le poids de ses mille prceptes1 elle p5sa qu'il n'y avait d'av5ir que dans la spontanx4 ,ne v\s emb>rassez ni des ,grecs1 ni des ,roma9s1 ni de ,rac9e1 ni de ,voltaire1 dit-elle la jeunesse2 le pass e/ u1 il faut du n\veau une socit n\velle2 laissez l ,boileau1 ,la ,h>pe et les innombrables lgislateurs d'une littrature qui n'en peut plus et qui expire2 consultez votre gnie1 et laissez-v\s all] l'inspiration du ciel4 ,alors *acun se mit crire1 *acun eut son type1 son g5re1 son /yle lui1 qui n'tait compris que de lui4 ,on retr\ssa ses *eveux1 on dc\vrit son front1 on se laissa p\ss] la b>be1 on prit une attitude sup]be1 et l'on se dit3 ,moi1 je suis le dieu de la posie hroque6 toi1 celui du drame6 etc4 ,puis l'imag9ation1 ab&onne elle-mme1 c\rt1 effrne1 cumante1 b\lev]sant t\t de son s\ffle de feu1 le ciel1 la t]re1 les dieux et les dmons4 ,t\t p>le1 t\t agit1 t\t se c\doie1 dans ce p&monium1 dans cette va/e orgie de l'esprit1 les rois et les gueux1 les anges et les b\rreaux4 ,ce fur5t des cris1 des gmissem5ts1 des rires froces1 des hurlem5ts inf]naux2 alors ce fut la passion ignoble1 puise1 dgtante1 sle1 se tranant dans la fange2 ce fut le #ic de la littrature4 ,le va/e m\vem5t littraire de la re/auration se subdivisait en trois t5dances p>ticulires1 qui1 runies ensemble1 compltai5t l'expression de la ,france1 et p> consqu5t1 de l',europe4 ,la premire1 que j'appell]ai pan?i/e1 avait p\r *ef ,v4 ,hugo2 la seconde1 ca?olique et religieuse1 tait reprs5te p> ,lam>t9e2 et la troisime1 purem5t nationale1 tait dirige p> ,brang]4 ,d]rire ces trois gr&s potes m>*ait un nombre inf9i d'hommes de tal5ts1 qui leur s]vai5t de rapsodes1 et qui rp&ai5t en petite monnaie la sub/ance de leurs ides4 ,ces trois t5dances1 ces trois c\rants de la p5se franaise1 n'tai5t pas le fait des trois hommes qui les dirigeai5t2 non1 c> ils avai5t surgi avec le sicle qui n\s entrane4 ,v4 ,hugo prta sa voix magnifique cette haute imp>tialit qui c>actrise notre poque1 ce beso9 irrsi/ible de l'esprit huma9 de se rp&re au dehors1 de fran*ir la b>rire de la nationalit1 d'int]rog] t\s les peuples et t\s les ges2 cette fivre qui n\s p\sse quitt] notre ,europe bav>de et prosaque p\r c\rir le monde et les ds]ts1 et p\r all] retremp] la posie dans les feux de l',ori5t qui1 accr\pi et sil5cieux devant l'av5ir1 n\s ca*e encore l'hi/oire primitive de l'humanit4 ,lam>t9e se fit le t5dre consolateur des mes pieuses1 timides et sa9tes qui1 brises p> la tempte rvolutionnaire et l'incrdulit1 *]*ai5t un refuge dans le se9 de ,jsus-,*ri/4 ,quant ,brang]1 il m>*a sur la gr&e r\te sociale de #hi1 il se fit le b>de immortel de cette classe moy5ne1 fille de la philosophie du #ah;e sicle2 il *anta ses d\leurs et ses esprances1 et la conduisit victorieuse jusqu' la rvolution de #ahcj4 ,a9si donc1 ces trois gr&s criva9s1 avec l'arme de leurs disciples1 sont les int]prtes de trois t5dances sociales qui1 runies ensemble1 =m5t la base de la moralit du dix-neuvime sicle4 ,ils ne sont =ts1 ils n'ont tr\v d'*o dans la nation que p>ce qu'ils sont sa p>ole vivante1 et c'e/ ce titre qu'ils intress]ont l'av5ir4 ,ces faits confirm5t ple9em5t nos ides sur l'art1 qui n'e/ et ne peut tre que l'expression des s\ffrances et des dsirs d'un peuple4 ,l'art p\r l'art e/ une mon/ruosit1 la ngation de la volont et de la moralit1 l'intronisation de l'gsme dans ce qu'il y a de plus pur et de plus sa9t1 dans la p5se de l'homme4 ,qu'il le veuille ou qu'il ne le veuille pas1 qu'il en ait consci5ce ou non1 l'arti/e obx t\j\rs aux impulsions de son temps et en retrace l'image4 ,homre1 ,virgile1 le ,tasse1 ,rac9e1 aussi bi5 que ,voltaire1 ,lam>t9e1 ,hugo et ,brang]1 sont des tmoignages immortels de leur poque1 des pages du pass2 voil p\rquoi l'art e/ de l'hi/oire4 ,mme dans ses productions les plus capricieuses et les plus naves1 l'esprit huma9 e/ s\mis cette loi1 et p\r qui sait lire dans les uvres de l'art1 il voit la r5aissance dans une salire de ,b5v5uto ,cell9i1 aussi bi5 que dans un tableau de ,raphal2 et le dix-neuvime sicle aussi bi5 dans une symphonie de ,bee?ov5 que dans une c>icature de ,*>let4 ,sans d\te1 si l'arti/e subit l'influ5ce de ses contempora9s1 c'e/ sa manire4 ,il puise1 il e/ vrai1 dans son sicle les s5tim5ts et les passions qui l'inspir5t2 mais il les dgage de la fange qui les enveloppe1 il les purifie et les lve l'tat d'ides3 c'e/ a9si qu'ils p>vi5n5t la po/rit4 ,aussi1 dans une uvre d'art1 il y a deux lm5ts3 ce qui e/ gnral1 et ce qui e/ p>ticuli]1 l'lm5t t]nel et l'lm5t local4 ,le m\vem5t littraire de la re/auration fut l'art1 ce qu'avait t la socit la gr&e rvolution de #hi3 la de/ruction des vieilles classifications1 et le rveil de la spontanx4 ,l'esprit huma9 e/ de sa nature p>faitem5t logique1 il va t\j\rs jusqu'au b\t de l'ide qui le proccupe4 ,il tait donc impossible1 qu'aprs la tempte qui b\lev]sa la cit et la recon/ruisit sur de n\velles bases1 l'art re/t ce qu'il tait avant cet ouragan4 ,il fallait de t\te ncessit que la p5se sociale se compltt1 et que la littrature rpondt aux beso9s d'un peuple n\veau3 la rvolution littraire fut le complm5t fatal de la rvolution politique4 ,aussi leur m>*e et leur progression fur5t-elles presque id5tiques4 ,gnreuse et modre son db1 l'cole romantique ne dem&ait que la lib]t de vivre1 et s'incl9ait avec respect devant les monum5ts du pass4 ,mais cela ne dura gure1 et bi5tt on la vit sec\] le j\g de t\te tradition1 port] la ha*e sur l'image des dieux adors1 et jon*] le sol de leurs dbris4 ,alors ce ne fut plus qu'une meute de polissons de v+t ans insultant la pudeur publique et au s5s commun1 p> les enfantem5ts mon/rueux d'une p5se furibonde et sans contrle4 ,cette littrature dgu5ille et sans ret5ue fut l'art1 ce que le sans-culottisme avait t la socit civile1 un m5songe la morale et la t5dance grave et civilisatrice du dix-neuvime sicle4 ,en effet1 a-t-on jamais m5ti plus effrontm5t un sicle de lumires6 ,c'e/ en face d'une socit grave qui veut la lib]t et le repos2 c'e/ en face d'une nation s5se lasse de tr\bles et de gu]res civiles1 qui exige de l'ordre dans les murs et dans les lois1 qu'une poigne d'n]gumnes n\s peign5t leurs orgies1 leurs po*ades de bas lieu1 leurs flibu/i]s1 leurs empoisonneurs6 ,y a-t-il un dissipateur1 un jeune homme *app de la maison pat]nelle1 *ass p\r son inconduite d'une adm9i/ration1 d'un ateli]1 d'un rgim5t1 sans spcialit1 sans in/ruction1 incapable d'aucune occupation honnte1 livr la dbau*e1 la p>esse et la misre1 il se fait criva94 ,il fait des romans1 des n\velles1 des vaudevilles1 des feuilletons1 et rg5te la socit qui n'a pas v\lu de lui4 ,il n\s donne ses beso9s cyniques1 ses murs crapuleuses1 sa vie dsordonne1 son exaltation d'ivrogne1 p\r la pe9ture d'un gr& peuple rempli de bon s5s et de probit6 ,que signifie la littrature actuelle8 ,e/-elle l'expression avance des masses que comprime la lgalit politique1 e/-elle le cri de quelque noble d\leur crase p> la ma9 calleuse de la b\rgeoisie qui n\s g\v]ne1 ou plutt la voix accusatrice de la lib]t europenne1 immole l'intrt des rois8 non3 c'e/ l'enfant du caprice et de l'irrflexion4 ,elle n'a ni b1 ni ensemble1 elle erre au has>d sans dieu et sans autel2 c'e/ une arme sans discipl9e1 une cohue d'individualits p\ssant des h\rras t\rdissants4 ,oui1 sa*ez-le bi56 ,v\s n'tes que les obscurs hi/oriographes de quelques cot]ies p>isi5nes et des passions factices d'une gr&e ville depuis long-temps en rvolution4 ,v\s tes l'*o t>dif d'un pass sanglant et horrible4 ,votre gloire phmre qu'on exalte dans c]ta9s j\rnaux et dans c]ta9es c\lisses de la capitale1 n'a pu support] le gr& j\r4 ,la prov9ce dont v\s v\s tes tant moqus1 la prov9ce n'a pas v\lu de v\s2 son r>e bon s5s que v\s qualifiez de btise1 a su rep\ss] les doctr9es r*auffes de la ,montagne1 et la =me littraire qui en faisait le p5dant4 ,elle e/ re/e fidle au pr9cipe social de #hi1 et aux gr&s criva9s qui honor5t la nation4 ,vos uvres avortes qui rempliss5t les cab9ets de lecture et qui sont l'alim5t corrupteur de quelques femmelettes1 de quelques niais oisifs1 n'ont pu pntr] dans la biblio?que des hommes clairs qui ont du calme et de la porte dans l'esprit4 ,mais consolons-n\s1 la raction a comm5c dans t\tes les p>ties de la p5se publique4 ,t\t le monde s5t prs5t qu'il y a assez de dcombres1 assez de ru9es1 et que le progrs n'ayant plus ri5 qui le gne1 peut facilem5t se mettre l'uvre4 ,l'art a9si que la socit e/ une table rase1 o il n'y a plus ri5 effac]4 ,l'cole dite romantique a fait son temps1 elle a accompli sa mission1 elle a complt la gr&e rvolution sociale de #hi1 elle a proclam la lib]t dans les productions de l'esprit1 comme la d]nire l'avait introduite dans la vie politique4 ,sa*ons lui gr de ses ef=ts1 reconnaissons l'utilit de son labeur1 mais dposons le m\squet de l'insurrection1 et j\issons de la lib]t conquise4 ,une gnration d'esprits graves s'lve1 qui veut s'arra*] cette atmosphre de temptes et d'orages1 et qui compr5d qu'on ne peut dsormais arriv] au progrs que p> une pati5ce laborieuse4 ,en facilitant l'mancipation intellectuelle des prov9ces1 en l>gissant le c]cle de la vie communale1 ,p>is se dgorg]a de cette population imm5se de mauvais criva9s1 de ces tr\peaux de rep\ssantes mdiocrits qui emb>rass5t t\tes les voies1 et ass\rdiss5t le g\v]nem5t des cris de leur indig5ce4 ,ces hommes1 rebuts de t\tes les indu/ries et de t\tes les spcialits1 acc\rus des quatre-v+t-six dp>tem5ts1 misrables1 p>esseux1 c\v]ts de dettes1 s'y con/itu5t les organes de l'op9ion publique1 et les morali/es de la nation4 ,=mant des espces de b&es de c&otti]i1 t\j\rs au s]vice du plus (frant1 ils n'ont de consci5ce que celle du libraire ou du j\rnal qui les paie4 ,ce sont eux qui1 sans autre mrite qu'une pauvre facilit faire des phrases1 jug5t le pe9tre1 le sculpteur1 le musici51 se font les disp5sateurs de la gloire1 et peupl5t la ,france de ces livres sans vrit1 avortons o l'indc5ce le dispute l'ineptie4 ,dsormais1 il faut que les criva9s consci5cieux ab&onn5t la position exceptionnelle qu'ils se sont faite1 qu'ils s'encadr5t dans la socit1 qu'ils se ml5t la vie relle1 qu'ils devi5n5t citoy5s4 ,la vie d'arti/e1 mot aussi n\veau que le fait qu'il exprime1 e/ une insulte la gravit de nos murs et la m>*e du sicle4 ,on n'e/ po9t un gr& arti/e1 p>ce qu'on vit en concub9age avec une figurante de l',opra1 et qu'on mange qu>ante mille francs p> an6 ,il e/ indigne d'un g\v]nem5t qui se respecte1 de combl] de di/9ctions de pitoyables dramaturges1 de mauvais romanci]s1 des paillasses littraires1 et cela1 p>ce qu'ils aboi5t dans les j\rnaux4 ,il faut absolum5t que l'art ab&onne les sublimes niais]ies de conv5tion dont il se n\rrit depuis v+t ans1 il faut que la littrature cesse d'tre une littrature exclusivem5t p>isi5ne1 et qu'elle devi5ne celle de la ,france4 ,qu& les arti/es et les criva9s auront compris que ce n'e/ pas dans la vie oisive de la capitale qu'on puise les gr&es ides2 qu& ils s]ont p]suads que la rgul>it dans les actions de l'homme1 e/ une s\rce fconde de hautes p5ses et de s5tim5ts vrais2 qu& ils s]ont conva9cus surt\t1 que les prov9ces et l',europe ne sont pas dupes des clbrits phmres enfantes p> la cam>ad]ie et la complaisance vnale des j\rnaux1 et qu'il faut des uvres durables p\r mrit] leur e/ime2 alors n\s aurons une littrature nationale1 alors n\s aurons l'ordre dans les consci5ces et dans l'tat1 alors n\s aurons une lib]t =te1 et un imm5se av5ir de gloire et de bonheur4 ,,viii4 ,,conclusion4 ,n\s sommes arriv au b que n\s n\s tions propos4 ,n\s avons jet un c\p d'il rapide sur l'ensemble de la ,france2 n\s avons *]* df9ir les lm5ts dont se compose la socit actuelle2 n\s n\s sommes ef=c de pntr] ces individualits collectives qu'on appelle p>tis politiques1 d'en sond] les my/res1 d'y tudi] le mcanisme de la vie intime1 et d'en con/at] les trans=mations4 ,n\s croyons avoir pr\v3 #ao que l'esprit de la ,france e/ ess5tiellem5t =mulateur1 et qu'il n'e/ =t que p> sa facult reprs5tative2 #bo que le p>ti lgitimi/e e/ mort p\r t\j\rs comme p\voir politique1 mais qu'il a et qu'il cons]v]a long-temps une gr&e puissance morale2 et qu' t\t pr5dre1 il e/ encore la fraction la plus intellig5te1 la plus sociable1 la plus avance de la socit franaise2 #co que la b\rgeoisie actuelle1 g]me des futures classes moy5nes1 n'e/ pas la hauteur de la mission que les de/9s lui ont faite2 qu'excell5te et c\rageuse dans le ma9ti5 de l'ordre matriel1 elle e/ dp\rvue de l'ducation et de la haute moralit ncessaires au g\v]nem5t d'une gr&e nation1 et qu'elle a fauss le rle de la ,france dans le drame europen2 #do que le vieux p>ti rpublica9 e/ va9cu1 mort sans ret\r1 et qu'il ne laisse aprs lui ni po/rit1 ni murs1 ni s\v5irs1 ni regrets2 mais qu'il s'lve sa place une jeune dmocratie1 intellig5te et calme1 qui donn]a bi5 de la besogne la mon>*ie de juillet2 #eo que le cl]g ca?olique n'e/ pas du t\t rsign aux faits accomplis1 qu'il fait son possible p\r ressaisir une influ5ce qu'il n'aura plus1 et que les ef=ts du g\v]nem5t et de quelques esprits levs1 p\r ram5] la vie du sicle ce vieux tuteur de la socit europenne1 s]ont infructueux1 p>ce qu'on ne ranime pas un cadavre2 #fo que le m\vem5t littraire1 connu s\s le nom de romantisme1 s'e/ tu p> ses propres excs1 mais qu'il fut utile1 indisp5sable mme2 qu'il a bris les anci5nes =mules1 remu un nombre considrable de mots et d'ides1 et qu'il a prp> les voies aux hommes de gnie4 ,voil la sub/ance de notre livre2 n\s y aj\t]ons quelques rflexions4 ,les tres collectifs1 comme les tres naturels1 ne peuv5t se faire l'ide d\l\reuse que le temps modifie t\t1 et qu'ils sont les premi]s subir cette loi t]nelle des *oses4 ,aussi1 p5dant que t\t *ange1 que t\t se trans=me1 ils p]si/5t se dire invulnrables1 et ni] leur annulation2 n'e/-ce pas le c>actre de la vieillesse1 qui aime mieux croire la dtrioration du monde1 qu' sa propre dcrpitude8 ,p> exemple1 on se pla9t1 depuis quelques annes1 de l'eng\rdissem5t de l'esprit public1 et de l'indiffr5ce de la nation en matire politique4 ,ni les passions factices de la presse1 ni les prom5ades s5tim5tales de quelques dputs1 n'ont tr\v d'*o au milieu de nos populations calmes et ddaigneuses4 ,la nation s]ait-elle rellem5t endormie1 et aurait-elle l*em5t ab&onn le so9 de son indp5dance et de sa lib]t8 ,assurm5t1 non4 ,la civilisation1 qui n'a pas une m>*e m?odique1 ne suit pas t\j\rs la r\te que lui trac5t ses claireurs2 s\v5t mme elle p>at se plaire tromp] compltem5t leur att5te4 ,a9si1 aucun des vieux p>tis politiques qui se sont unis p\r r5v]s] la re/auration1 et qui depuis #hi se p>tag5t la ,france1 n'e/ auj\rd'hui l'expression de ses vux et de ses intrts2 leurs doctr9es p>tielles et agressives ne sont plus en h>monie avec le m\vem5t prononc d'organisation qui t\rm5te t\tes les ttes4 ,on confond le travail paisible1 mais efficace1 d'une gnration qui s'lve1 avec le sil5ce de la mort4 ,il e/ vid5t que1 depuis la rvolution de juillet1 la nation n'e/ plus dans la situation morale o elle se tr\vait avant les trois gr&es j\rnes4 ,s\mise alors un p\voir qui contr>iait t\tes ses t5dances1 elle dut t\t entrepr5dre p\r l'anantir4 ,l'opposition tait gnrale1 t\t le monde aidait au m\vem5t1 *acun y tait utile2 c> p\r r5v]s] il faut plus de c\rage que d'intellig5ce2 mais aprs la victoire1 la "q *angea de face4 ,un g\v]nem5t n\veau s'in/itua1 qui rpondait peu prs aux beso9s de la majorit victorieuse4 ,la b\rgeoisie1 qui avait fait la =ce de l'opposition des qu9ze d]nires annes1 et d]rire laquelle s'tai5t ca*es les fractions rpublica9e et bonap>ti/e1 v\lut s'arrt]1 us] de la puissance qu'elle v5ait de conqurir si pniblem5t1 organis] l'tat comme elle l'ent5dait1 et j\ir enf9 d'un bonheur qu'elle p\rsuivait depuis #hi4 ,les m9orits1 dues dans leur att5te1 se f*r5t2 elles accusr5t la b\rgeoisie d'gsme1 elles h>angur5t le peuple1 promir5t le sicle d'or si on v\lait les suivre2 et voyant que leur loqu5ce re/ait sans effet1 elles prir5t les armes et t5tr5t la gu]re civile4 ,elles fur5t va9cues1 *asses de la place publique c\p de crosse de fusil p> la b\rgeoisie1 qui l'in/9ct de la cons]vation donna du c\rage4 ,malgr leurs nombreux rev]s1 les factions ne se t9r5t pas p\r battues2 elles envahir5t la presse et la *ambre1 essayr5t d'obt5ir p> la ruse et les voies lgales1 ce qu'elles n'avai5t pu acqurir p> la =ce2 mais le pays re/a s\rd leurs p>oles1 et les laissa pr*] dans le ds]t4 ,c'e/ alors qu'elles se mir5t accus] la nation de somnol5ce1 et proclam] qu'elle tait morte la vie politique6 ,c'tait naf1 mais ce n'tait c]tes pas adroit4 ,la presse s'e/ trangem5t trompe6 ,p>ce qu'avec sa critique ac]be et agressive1 elle avait s]vi la ha9e univ]selle contre une dyna/ie incorrigible2 p>ce que la crdulit gnrale lui avait laiss faire et dfaire des rputations2 p>ce qu'avec une demi-d\za9e de phrases sonores et creuses1 elle avait g\v]n le pays p5dant qu9ze ans et ex]c une dictature presqu'absolue sur l'inexpri5ce de la nation2 elle eut la simplicit de croire qu'il en s]ait t\j\rs de mme1 et qu'aprs la rvolution de juillet elle p\rrait cont9u] vivre1 des grossires banalits qui l'ont su/5te p5dant t\te la re/auration6 ce qui se passe depuis c9q ans a d compltem5t la dsabus]4 ,a prs5t1 il faut autre *ose que des dclamations p\r remu] les esprits4 ,avec une royaut intellig5te qui s'ent\re de t\tes les gr&es capacits de la nation1 l'opposition devi5t difficile2 il faut des faits positifs1 des ides n\velles1 des tudes spciales et pr(ondes p\r combattre une adm9i/ration qui se recrute dans les hommes les plus clairs et les plus capables4 ,aussi1 depuis #ahcj1 l'opposition en gnral a-t-elle t presque t\j\rs battue p> le g\v]nem5t4 ,t&is qu'elle l'attaquait p> des s\v5irs1 p> de vieilles passions1 il se df5dait p> de hautes raisons d'tat1 puises dans les circon/ances imprieuses o il se tr\vait2 p5dant qu'elle faisait du drame1 il faisait de l'ordre2 t&is qu'elle p\ssait l'an>*ie1 il m>*ait au progrs2 c'e/ ce qui l'a consolid4 ,la nation ne s'y e/ pas trompe3 malgr les lans piques de la presse et de la tribune1 elle a p>faitem5t compris que le g\v]nem5t tait le vritable df5seur de ses intrts1 et l'int]prte de la civilisation4 ,le g\v]nem5t e/ dev5u populaire2 il e/ de bon ton de le df5dre1 d'expliqu] ses mesures1 de l'excus]2 t&is que l'opposition vulgaire e/ tombe dans l'avilissem5t3 c'e/ l un pas imm5se dans la moralit franaise6 ,et puis1 l'avnem5t de la b\rgeoisie au p\voir e/ un fait qui p> lui-mme1 doit attnu] la puissance de la presse1 surt\t de la presse p>isi5ne4 ,la b\rgeoisie ne lit gure1 et il faut autre *ose que de beaux disc\rs et des ides philosophiques p\r l'influ5c]2 elle se dfie volonti]s de t\t ce qui e/ ab/rait2 son esprit1 rompu aux dtails de la vie pratique1 s'lve r>em5t la conception d'un plan gnral1 jusqu' la cime des *oses4 ,elle ne croit qu' ce qu'elle palpe1 et p\r elle1 le monde f9it l o se t]m9e l'horizon4 ,d'ailleurs l'mancipation de la b\rgeoisie doit am5] ncessairem5t l'mancipation morale des prov9ces2 et ce d]ni] fait port]a un c\p t]rible l'omnipot5ce de la presse de la capitale4 ,en effet1 il e/ inconte/able que depuis #ahcj la prov9ce semble s'anim] d'une vie n\velle4 ,le p\voir et les p>tis a*>ns sa p]te1 ont t\r--t\r invoqu son assi/ance2 rveille de son long ass\pissem5t p> les cris des combattants1 elle s'e/ empresse de donn] la royaut de juillet l'appui imm5se de son ass5tim5t1 et les m9orits factieuses fur5t va9cues faute de proslytes4 ,rep\ss de ,p>is1 le flot de l'an>*ie dborda dans des contres encore vi]ges de ses ravages1 o il fut compltem5t absorb4 ,oui1 qu'on le sa*e bi51 p>mi les causes qui depuis six ans ont contribu l'aff]missem5t de la mon>*ie con/itutionnelle1 une des plus efficaces c'e/ la rsi/ance n]gique de la prov9ce aux prdications fallacieuses des n\veaux prophtes2 son bon s5s l'a prs]ve des doctr9es p]v]ses1 et des mille folies qui ont agit la capitale4 ,fi]s de leur c\rage et de leur con/ance aux pr9cipes d'une lib]t cons]vatrice1 les dp>tem5ts sembl5t v\loir sec\] la pesante tutelle dont on les accable depuis si long-temps1 et prlud] une exi/5ce plus l>ge et plus intellig5te4 ,dj il s'lve de t\te "p des in/itutions locales1 des ateli]s1 des socits littraires et musicales qui1 sans avoir encore une gr&e porte1 ont au mo9s le mrite de propag] le gt des *oses leves1 de faire connatre les *efs-d'uvre des gr&s arti/es1 et de s\lag] ,p>is d'une p>tie de cette masse de sang1 qui bi5 des fois a failli l't\ff]4 ,enc\rages p> la r>e sagacit de la royaut1 qui compr5d t\te l'utilit de cette disp]sion de la vie sociale1 et p\sses en avant p> les n\veaux intrts que vi5n5t de crer les lois communale et dp>tem5tale1 les prov9ces s'agit5t1 se proccup5t des gr&es que/ions adm9i/ratives1 et t5d5t t\tes se crer des c5tres d'activit locale1 qui auront un j\r les plus heureux rsultats4 ,voil1 ce n\s semble1 les causes nombreuses qui milit5t contre l'influ5ce exclusive de la presse p>isi5ne2 et dj n\s voyons la preuve de ce fait1 dans l'indp5dance que montr5t les dp>tem5ts dans le *oix de leurs dputs4 ,une des gr&es misres de l'humanit1 c'e/ de ne savoir jamais apprci] le mom5t actuel de son exi/5ce2 c'e/ de lanc] son esprit ou trop en avant1 ou de le laiss] err] d]rire elle2 c'e/ de regrett]1 d'espr]1 de rire ou de pleur] t\j\rs1 sans repos1 sans savoir j\ir paisiblem5t du beau j\r qui l'claire1 et du bonheur qu'elle r5contre4 ,de l ces voix graves1 ces gnies moroses qui s'lv5t p\r maudire les gnrations contempora9es et le sicle qui les porte4 ,c]tes1 le ntre n'a pas t gt p> les pangyriques2 les ,jrmies n'ont pas failli son in/ruction2 c'e/ un mti] si commode que t\t le monde s'e/ mis le faire4 ,p>mi les grosses banalits qu'on imprime t\s les j\rs contre ce pauvre dix-neuvime sicle1 on rem>que surt\t celles d'a?isme et d'immoralit4 ,incrdule1 et p\rquoi8 ,p>ce qu'il ne va plus confesse1 p>ce qu'il ne croit plus au my/re de la ,sa9te-,tr9it1 ni l'infaillibilit du pape2 p>ce qu'il ne veut plus ni de la dom9ation du prtre1 ni de la tyrannie des ca/es1 et qu'il ne s'ag5\ille plus devant de creux fti*es et de vieilles lg5des2 p>ce qu'il se s5t assez =t p\r ador] ,dieu face face1 et qu'il n'a plus beso9 de c\ps de tonn]re ni de buissons enflamms p\r croire l'exi/5ce d'un tre suprme1 type ineffable de t\te beaut1 de t\te ju/ice et de t\te gr&eur2 on oublie donc que l'humanit a appris lire1 et qu'elle n'a plus beso9 de ,mose p\r compr5dre les tables de ,s9a4 ,qu'on me cite un sicle qui ait eu une ide plus leve1 plus rationnelle1 du monde et de son auteur2 qu'on remonte le fleuve de l'hi/oire1 et qu'on me tr\ve une poque o ,dieu ait t mieux compris1 mieux s]vi1 mieux aim que de nos j\rs8 ,il y eut-il jamais une aspiration plus vive et plus gnrale l'idal1 au bonheur de t\s les hommes1 la p]fection du g5re huma98 ,vit-on jamais la socit plus grave1 plus s5se1 plus f]me dans les pr9cipes d'ordre et de lib]t1 malgr les nombreuses t5tatives des m*ants p\r l'en dt\rn]8 ,a-t-on jamais vu une plus sa9te proccupation de la misre du pauvre1 une *>it plus abondante1 plus d'g>ds p\r les classes infimes1 plus de svrit dans les murs1 plus de *a/et dans les familles8 ,a-t-il jamais exi/ un g\v]nem5t plus modr1 qui mt une plus t5dre sollicitude facilit] l'in/ruction de la jeunesse1 et rcomp5s] les tal5ts8 ,non1 jamais4 tait-on plus religieux du temps des dragonades1 de la ,sa9t-,b>?lemy1 s\s le rgne de ,franois ,i]1 ce roi *evali] qui faisait brl] les calv9i/es de son royaume p5dant qu'il s'alliait avec les ,turcs et les prote/ants de l',allemagne8 ,dieu tait-il donc mieux compris1 lorsqu'on gorgeait les populations innoc5tes du n\veau monde1 s\s le pontificat des ,borgia1 p5dant le gr& s*isme d',occid5t1 du temps de la gu]re des ,albigeois1 p5dant les croisades1 lorsqu'on pillait1 on brlait1 on assass9ait p\r la gloire du ,seigneur8 ,quoi6 un peuple qui travaille1 qui ne va plus gueusant la porte des mona/res1 qui fait t\s ses ef=ts p\r arriv] la proprit1 p>ce qu'elle e/ la s\rce des plus nobles s5tim5ts1 ce peuple e/ immoral6 ,quoi6 dis-je1 un sicle qui voit ,dieu p>t\t1 qui le bnit s\s t\tes les =mes1 qui ne l'emprisonne plus ni dans un peuple1 ni s\s un turban ou un bonnet c>r1 qui laisse *acun la lib]t de l'ador] comme il l'ent5d1 qui ne p5d plus p\r un mot1 p\r une syllabe2 un sicle d'une admirable tolrance s]ait un sicle a?e6 ,arrire donc sycophantes impies1 vos blasphmes hypocrites ne n\s impos5t pas6 ,vos jrmiades dc\pes de la bible que v\s mutilez1 sont impuissantes sur un sicle que v\s ne dte/ez que p>ce qu'il a mis un t]me vos dvotes f\rb]ies4 ,n\s valons mieux que nos pres et nos aeux4 ,les murs de la ,france en #ahcg sont incomp>ablem5t plus pures que lorsque les vques se disputai5t l'honneur d'tre les mignons des concub9es des rois trs *rti5s2 et le ,dieu d'une poque qui croit au progrs incessant de l'esprit huma91 vaut bi5 celui de l'inquisition6 ,n\s vivons dans une poque de transition4 ,la *aleur l5te mais irrsi/ible de la civilisation a pntr les vieilles entits sociales qui se dissolv5t1 et p>sm5t le sol de leur p\ssire4 ,on a beau cri] qu'on e/ ple9 de vie et qu'on a des sicles d'av5ir1 p]sonne n'y croit1 et la mort a dj frapp de sa ma9 d*>ne ces vieill>ds imbcilles qui se f>d5t et se r$ress5t1 croyant ca*] s\s ces va9s artifices les sillons inaltrables du temps4 ,si la socit actuelle n'a pas de physionomie propre2 si le g\v]nem5t de #ahcj e/ un compos de mille lm5ts div]s qui hurl5t de se voir acc\pls ensemble2 s'il a t oblig de c\vrir sa nudit des nombreuses dfroques lgues p> ses prdcesseurs2 c'e/ que la nation elle-mme n'avait po9t de =mes arrtes2 c'e/ qu'elle tait travaille p> un mal imm5se dont elle ignorait la cause2 c'e/ qu'en sa*ant trs bi5 ce qu'elle ne v\lait pas1 elle n'avait pas encore d'ides faites sur le monum5t qu'elle v\lait difi]4 ,aussi compr5ons-n\s m]veille le dsordre et la confusion qui fur5t la suite de l'immortelle victoire de juillet4 ,dans l'inc]titude gnrale1 *acun se crut appel guid] les autres2 et comme *acun n'tait que le reprs5tant d'une ide p>tielle1 il e/ vid5t qu'elle ne p\vait conv5ir t\s4 ,de l ces milli]s de prophtes1 ces clubs de lgislateurs1 ces meutes sanglantes4 ,au milieu de cet orage1 et assailli p> t\tes les m9orits dont *acune v\lait lui impos] ses lois1 le g\v]nem5t1 s'ap]cevant que la nation n'tait pas plus avance que lui1 et qu'elle n'tait po9t en tat de lui donn] des conseils1 fit un pas en arrire2 et s'appuyant sur quelques pili]s v]m\lus de la mon>*ie dtruite1 il proclama la ncessit de l'ordre qui e/ un beso9 de t\s les temps et de t\tes les socits4 ,il fut admirablem5t second1 dans cette noble mission1 p> la vieille b\rgeoisie de #hi1 dont les ides sociales tai5t depuis long-temps arrtes2 et puisque la b\rgeoisie et le g\v]nem5t v\lai5t ce qui conv5ait presque t\s1 le repos et le temps de se reconnatre1 il tait impossible qu'ils ne fuss5t va9queurs d'une poigne de factieux entts4 ,en ceci1 le g\v]nem5t a donn une gr&e preuve de sagesse4 ,il a fait un appel aux =ces exi/antes1 et il ne s'e/ pas amus att5dre1 les bras croiss1 que la socit se dbr\illt t\te seule4 ,il a accompli l'acte d'un bon adm9i/rateur1 mais voil t\t2 la "q de l'av5ir de la socit franaise e/ encore p5dante4 ,le g\v]nem5t de juillet tel qu'il exi/e1 n'e/ proprem5t p>l] que le g\v]nem5t temporaire d'une c>avane qui n'e/ pas encore arrive au b de son voyage4 ,en effet1 comm5t v\lez-v\s que la socit ait un c>actre prononc p5dant que dur]a cette dissolution des anci5nes classifications politiques8 ,e/-il possible qu'un g\v]nem5t =t et orig9al s'tablisse sur un sol ple9 de sable1 *aque j\r r5\vel p> des c\*es n\velles1 et au milieu d'une nation qui se dcompose8 ,c> la classe qui doit surgir de cette imm5se laboration1 cette classe moy5ne qui se =m]a des dbris de t\tes les vieilles fractions sociales1 et qui englob]a dans son va/e se91 nobles1 prtres1 rpublica9s1 lgitimi/es1 etc41 etc42 cette classe moy5ne1 qui dsormais doit tre la base de t\tes les nationalits1 et qui doit app>t5ir le g\v]nem5t de l'av5ir1 n'exi/e pas encore4 ,la b\rgeoisie1 dont n\s n\s sommes occup dans un *apitre spcial de cet ouvrage1 n'e/ qu'un p>ti politique plus troit1 plus g/e et plus ignorant que les autres2 la b\rgeoisie n'e/ que l'enfance de la vritable classe moy5ne4 ,n\s sommes tonn qu'un p5seur de la =ce de ,m4 ,guizot se soit mpris au po9t de p>l] de la classe moy5ne comme si elle exi/ait rellem5t4 ,il n'y a encore que des p>tis ennemis l'un de l'autre1 exclusifs1 dp\rvus d'aptitude et d'av5ir2 du mo9s1 c'e/ ce que n\s avons v\lu dmontr] dans ce livre4 ,la vritable classe moy5ne e/ dans les langes2 t\tefois elle gr&ira vite1 et son rgne n'e/ pas lo94 ,mais n\s vivons encore s\s la tutelle de la b\rgeoisie de #hi1 qui c]tes a bi5 mrit de la civilisation en dtrnant la fodalit1 mais qui e/ au b\t de sa glorieuse c>rire et qui n'en peut plus4 ,l\is-,philippe e/ le vritable reprs5tant de la b\rgeoisie2 il en a les beso9s et les sympa?ies2 il a admirablem5t bi5 compris que les re/es de cette vieille b\rgeoisie1 qui combattait ses cts ,jemmapes1 =m]ai5t encore le p>ti le plus puissant et le seul qui ft en tat de faire la police de la socit matrielle2 il s'e/ appuy sur elle1 et il en a fait une g>de cons]vatrice de l'ordre et du repos public4 ,escort de cette sage milice1 il a prs]v la ,france du rgne furibond des coli]s de la ,montagne et du ret\r de la royaut fodale4 ,en ceci1 il a t pr(ondm5t habile1 sagace1 consqu5t avec sa vie entire et les pr9cipes de la b\rgeoisie4 ,il a v\lu s9crem5t ce qu'il croyait tre le bi5 de la nation2 il l'a accompli avec un c\rage1 une suite et une modration que n'oubli]a pas l'hi/oire4 ,mais n\s croyons qu'il ne lui e/ pas donn d'all] plus lo94 ,la b\rgeoisie e/ un corps puis2 elle f]a encore p5dant quelques annes le s]vice d'invalide2 elle mont]a la g>de2 elle balai]a les rues2 mais la prpondrance politique lui *appe2 il n'y a plus en elle aucun g]me de vitalit sociale4 ,elle a fait son temps et son uvre2 elle a tu la fodalit3 il ne lui re/e plus qu' m\rir et qu' engraiss] de sa c5dre le sol duquel g]m]a la future classe moy5ne4 ,c'e/ l'hriti] prsomptif de la c\ronne de juillet1 c'e/ au duc d',orlans qu'e/ rs]v le prilleux honneur d'ouvrir le rgne de la classe moy5ne4 lev au milieu de n\s1 comme n\s n\rri la s\rce de la sci5ce populaire1 jeune1 in/ruit1 gnreux1 sans antcd5ts politiques qui l'en*an5t1 pur comme les trois gr&es j\rnes1 c'e/ vritablem5t un homme de l'av5ir6 ,c'e/ lui qu'app>ti5dra la gloire d'l>gir le c]cle de la rvolution de #ahcj1 d'en tir] les consqu5ces qu'elle conti5t et sans lesquelles elle ne peut que vgt]1 de relev] l'honneur de la ,france vis--vis de l',europe1 de lui faire p>l] un langage digne de sa gr&eur1 et d'effac] l'ignoble s\illure que lui a faite la c\>dise de la b\rgeoisie4 ,en t]m9ant cet ouvrage1 n\s pr\vons le beso9 de dire encore un mot sur une petite raction qui1 dans un co9 de la capitale1 semble s'lev] contre le dix-huitime sicle4 ,ri5 n'e/ plus digne de piti que ce qu'on appelle ,p>is une raction6 ,il y en a c5t au mo9s dans le c\rt espace d'un qu>t de sicle2 et si la prov9ce tait aussi niaise qu'on se l'imag9e1 et suivait s]vilem5t t\tes les impulsions qu'on veut lui donn]1 la ,france s]ait le d]ni] pays de l',europe4 ,rev5ez ,p>is aprs c9q ou six ans d'abs5ce1 v\s tes d\l\reusem5t surpris de ne plus tr\v] deb\t les dieux et les hommes qu'on y adorait avant votre d"p4 ,non-seulem5t ils y sont oublis1 mais leurs /atues sont r5v]ses1 mais on les nie1 on conte/e le droit qu'ils avai5t l'admiration gnrale4 ,dans les arts1 ces flux et reflux sont innombrables4 ,auj\rd'hui1 on pleure ,n\rrit1 on l'enc5se1 on le *>ge de c\ronnes1 on s'apitoie sur sa p]te irrp>able4 ,dema91 on s'ag5\ille aux pi$s de ,duprez1 on le proclame le plus gr& *anteur qui ait exi/1 et ,n\rrit n'e/ plus qu'un tal5t factice et de second ordre4 ,il ne faut pas s'imag9]1 comme on se plat le dire1 que ces ractions si frqu5tes et si irrfl*ies soi5t l'effet 9vitable d'une gr&e consommation d'ides1 d'une vie prodigieusem5t active1 le signe d'un vritable progrs2 non2 c> le plus s\v5t on e/ oblig de rev5ir sur ces en?\siasmes trop htifs4 ,c'e/ plutt la m>que d'une dplorable in/abilit2 c'e/ surt\t le produit honteux d'une critique vnale1 sans porte1 qui transgresse les devoirs de sa mission4 ,en politique1 et dans la haute sphre des ides sociales1 ces oscillations sont t\t aussi frqu5tes1 t\t aussi imprvues1 t\t aussi irrationnelles4 ,n'e/-ce pas misrable1 p> exemple1 de voir une poigne d'crivailleurs dconsidrs1 qui ne croi5t ni la ,bible1 ni au ,koran1 clabaud] d'une voix de ,t>tufe contre le dix-huitime sicle1 l'un des plus gr&s et des plus glorieux de l'hi/oire de l'esprit huma98 ,a-t-il jamais exi/ une poque comp>able celle de #agdj #agia8 ,que s]ions-n\s sans ce sicle immortel qui n\s a t\t aplani1 et n\s a lgu jusqu'aux armes avec lesquelles n\s lui livrons ce combat p>ricide8 ,n\s vivons encore de ses l>gesses2 n\s sommes obligs de c\vrir notre nudit du manteau de sa philosophie1 et n\s blasphmons contre sa mmoire1 et n\s outrageons sa tombe6 ,sans d\te1 le dix-huitime sicle n'e/ pas le d]ni] mot de la raison2 il a eu ses faiblesses et ses erreurs1 et il s]ait absurde de n\s contra9dre re/] immobiles dans le c]cle qu'il a trac4 tudions-le1 expliquons-le1 faisons mieux que lui si cela n\s e/ possible2 mais soyons reconnaissants de ce qu'il a fait p\r n\s2 admirons ses uvres et ses gr&s hommes qui ont bris les *anes de l'humanit2 ne remuons pas d'une ma9 sacrilge leurs c5dres vnres1 et rappelons-n\s que le respect du pass e/ le gage des progrs de l'av5ir4 ,,f94 ,,table4 ,i4 ,,introduction page #a ,,ii4 ,,de ,,la ,,france #bg ,,iii4 ,,du ,,p>ti ,,royali/e #ea ,,iv4 ,,de ,,la ,,b\rgeoisie #gi ,v4 ,,du ,,p>ti ,r,,publica9 #aje ,,vi4 ,,du ,,cl]g ,,ca?olique #abc ,,vii4 ,,de ,,la ,,litt,,rature #acg ,,viii4 ,,conclusion #agg ,f9 de la table4 ,note de transcription3 ,les erreurs clairem5t introduites p> le typographe ont t corriges4 ,l'acc5t circonflexe 77 dnote des c>actres en exposant4 ,les mots en italiques sont s\ligns4 ,autres corrections3 p4 #b3 p>ceque p>ce que 7p>ce que l'une ne saurait se subordonn]'''47 p4 #cb3 ausssi aussi 7''' s]ait aussi lib]al'''47 p4 #aab3 ,sa9-,j ,sa9t-,j 77,aussi ,sa9t-,j disait-il logiquem5t3'''7 p4 #aai3 dysnatiques dyna/iques 7ses intrts purem5t dyna/iques47 p4 #aba3 supme suprme 7''' le dpt de la magi/rature suprme '''47 p4 #aff3 effne effrne 7''' c\rt1 effrne1 cumante'''47 p4 #afi3 ,be?ov5 ,bee?ov5 7''' aussi bi5 dans une symphonie de ,bee?ov5'''47 p4 #ahi3 ,b>?lemi ,b>?lemy 7'''de la ,sa9t-,b>?lemy'''47