,,trois ,,/ations ,,de ,,psy*o?,,rapie ,,p> ,,maurice ,,b>r,s ,,p>is ,,librairie ,,acad,,mique ,,didi] ,,p]r9 ,,et ,cie1 ,,libraires-,,diteurs #ce1 ,,quai ,,des ,,gr&s-,,augu/9s1 #ce #ahia ,t\s droits rs]vs4 ,,du ,m,,me ,,auteur 99 ,s\s l'oeil des ,b>b>es4 #a vol4 9999 ,un ,homme libre1 #c;e dition1 #a vol4 999999 ,le ,j>d9 de ,brnice4 #d;e dition1 #a vol4 ,exam5 de ces trois volumes 7p>atra en septembre74 ,huit j\rs *ez ,m4 ,r5an4 #b;e dition4 #a bro*ure 9-#cb4 ,trois /ations de psy*o?rapie4 #a bro*ure 9-#cb4 ,,p\r ,,p>aitre ,,pro*a9em5t ,les ,ex]cices spirituels d',ignace de ,loyola1 avec une prface de ,maurice ,b>rs4 ,,mile ,,col9--,,imp4 ,,de ,,lagny ,a ma mre4 ,,traitem5t ,,de ,l',,ame ,ces trois essais sont tirs des dossi]s o j'ai liass les notes dont fur5t composs ces ,traits de la culture du moi auxquels c]ta9s esprits ont donn leur sympa?ie4 ,voici en quelque sorte des m>g9alia de ,brnice1 de l',homme libre et des ,b>b>es4 ,cette ,visite ,lon>d de ,v9ci p\rra cont5t] ceux qui gt5t tel *apitre de l',homme libre sur une j\rne que je passai ,milan444--,dans la ,visite ,lat\r de ,sa9t-,qu5t91 le pa/elli/e1 je mets en relief l'incapacit qu'eut cet a*>n obs]vateur se compos] une vue gnrale de l'humanit1 dont il portraictura tant de fragm5ts2 et quelques lecteurs p5s]ont peut-tre ,*>les ,m>t9s du ,j>d9 de ,brnice4 ,*re et t5dre ,brnice6 ,qu& je l'aimais1 n'ai-je pas vcu en plus troite h>monie avec l'me du monde qu'aucun de ces curieux insatiables qui mn5t leur m9utieuse enqute trav]s les temps et les pays8444--,dans le troisime essai enf91 dans ces considrations sur le cosmopolitisme1 o quelques-uns me sauront gr d'avoir utilis l'incomp>able mmoire de ,mademoiselle ,ba%kirtseff1 on tr\v]a quelque lumire sur une confusion1 =t la mode d'auj\rd'hui1 entre la s5sibilit de nos dlicats et le s5tim5t religieux4 ,bi5 que nos no-ca?oliques ne soi5t que des esprits vagues auxquels il ne convi5t pas de prt] plus d'importance qu' la tasse de ? o ils se noi]ont1 il e/ du mo9s exact que c]ta9 pessimisme s5tim5tal et c]ta9es exaltations religieuses tmoign5t d'une mme qualit d'me4 ,on le voit1 ces essais sont des complm5ts de notre p5se2 non pas des r$ites1 t\tefois4 ,ils ne font po9t d\ble emploi avec les ouvrages que je rappelle1 mais en s\lign5t la m?ode4 ,psy*ologie1 scepticisme1 dira-t-on4 ,en vrit je n'ai pas plus de droit au titre de psy*ologue1 qui suppos]ait la curiosit et la sci5ce de l'me huma9e t\t entire1 qu' l'appellation de sceptique1 qui implique le refus de t\te affirmation4 ,si des p]sonnes raisonnables me suiv5t dans les trois pl]9ages o cet opuscule les convie1 elles reconnatront que je n'tudie que c]ta9s tats d'me1 assez p>ticuli]s1 mais o je suis compt5t1 et elles aj\t]ont que je ne me cont5te pas de dcrire des /ations1 mais encore que j'y ?orise1 af9 de rglem5t] les intresss aprs avoir clair les curieux4 ,a9si se ju/ifie mon titre ,essais de psy*o?rapie4 ,on tr\v]a ici l'indication du traitem5t le plus conv5able1 selon notre m?ode1--qui e/ l'exaltation du ,moi1-- c]ta9es p>ticul>its de l'me mod]ne4 ,c'e/ ici de la psy*o?rapie4 99 99 99 99 99 ,v\s traitez l'me1 dis5t les lecteurs 7ceux-ci =t gays1 ceux-l craignant qu'on ne les amuse gure71 mais quelle e/ votre ?rapeutique8 ,je me suis surpris en invoqu] le bnfice dans une page de ,s\s l'oeil des ,b>b>es4 ,c'tait une prire ard5te1 une des plus s9cres1 je l'affirme1 qui soit sortie de l'angoisse familire tant de jeunes g5s de notre poque4 444 ,le voeu1 disais-je1 que je dc\vre en moi e/ d'un ami1 avec qui m'isol] et me pla9dre1 et tel que je ne le pr5drais pas en grippe4 ,j'aurais pass ma j\rne tant bi5 que mal sur les besognes4 ,le soir1 t\s soirs1 sans app>eil1 j'irais lui4 ,dans la cellule de notre amiti f]me au monde1 il me dev9]ait2 et jamais sa curiosit ou son indiffr5ce ne me f]ai5t tressaillir4 ,je s]ais s9cre2 lui1 affectueux et grave4 ,il s]ait plus qu'un confid5t1 un confesseur4 ,je lui tr\v]ais de l'autorit1 ce s]ait mon ami1 et1 p\r t\t dire1 il s]ait mes cts moi-mme plus vieux444 ,mais voici l'ess5tiel o je vise dans ces consultations3 444 ,si mon c]veau trop sillonn p> le mal se refusait compr5dre1 et1 cette supposition e/ plus tri/e encore1 si je mprisais la vrit p> orgueil de malade1 lui sans m*ante p>ole modifi]ait son traitem5t4 ,c> il s]ait mo9s un morali/e qu'un complice clairvoyant de mon cret4 ,il m'admir]ait p\r des raisons qu'il saurait me faire p>tag]2 c'e/ qu& la fi]t me manque qu'il faut violemm5t me sec\rir et me mettre un ,dieu dans les bras1 p\r que du mo9s le prtexte de ma lassitude soit noble4 ,le voil dans cette d]nire ligne1 le vritable traitem5t qui convi5t nos jeunes contempora9s c>actriss p> l'n]gie de leurs dda9s et p> leur impuissance agir4 ,eh6 c]tes1 je le sais bi5 que1 s\s c\leur d'tre analy/es1 n\s ne sommes que des nihili/es1 des mes s*es1 des c]veaux incapables de s5tir efficacem5t et avec suite1 organiss uniquem5t p\r la ngation4 ,mais que s]t-il qu'on n\s rpte3 ,ne soyez pas tels que v\s tes1 n'usez pas de l'me que vos pres v\s fir5t6 ,c'e/ encore en donnant leur ry?me naturel et1 sans provocation1 une allure t\j\rs fire nos s5tim5ts que n\s en tir]ons agrm5t et honneur4 ,j'ai donc p\ss leur ple9e int5sit les images o se reconnatront la plup>t des jeunes g5s mod]nes1 analy/e qui s'pie soi-mme1 curieux qui se passionne p\r tr\v] les mobiles de t\s actes1 cosmopolite errant trav]s la culture huma9e4 ,comme je l'av\e dans le d]ni] essai1 m'tant propos de leur donn] du ton1 je leur prs5te non leur hi/oire1 mais leur lg5de1 compose de telle sorte qu'elle les ennoblisse leurs propres yeux4 ,en vrit1 petits lycens1 tudiants1 jeunes g>ons isols en prov9ce1 et v\s aussi1 filles de v+t ans1 qui n'avez les uns et les autres que du dgt p\r l'ord9aire d'une vie que v\s semblez d'ailleurs impuissants modifi]1 qu& je v\s prte l'me du ,v9ci1 de nos gr&s analy/es mod]nes et de la dlicieuse ,m>ie ,ba%kirtseff1 n'e/-ce pas un ,dieu que je v\s mets sur les bras1--p\r que du mo9s le prtexte de votre lassitude soit noble4 ,ces petits essais1 dans mon esprit1 ce sont1 p\r des mod]nes1 des consolations la manire de celles que le plus prcieux de nos matres1 ,snque1 adressait1 avec une extrme lgance1 aux raff9s si las de son poque4 ,et p\r m'en t5ir au mmoire qui clt ce livret1 n'aurai-je pas conc\ru utilem5t la direction spirituelle des temps qui sont pro*es1 si je puis conva9cre tant de jeunes femmes dsoeuvres1 voyageuses et drac9es de t\t devoir1 que la lg5de d'une cosmopolite les dpe9t8 ,aucune morale ne leur r5drait les v]tus surannes de la re9e ,b]! qui filait son l91 mais peut-tre n\s faire leur complice saurons-n\s les conva9cre de j\ir sans hypocrisie des conditions n\velles de la vie mod]ne4 ,*re vie mod]ne1 si mal l'aise dans les =mules et les prjugs hrditaires1 vivons-la avec ardeur1 avec clairvoyance aussi1 av\ons-en t\tes les nuances1 et que diable6 elle f9ira bi5 p> dgag] d'elle-mme une morale et des devoirs n\veaux4 ,,trois ,,/ations ,,de ,,psy*o?,,rapie ,,une ,,visite ,a ,l,,on>d ,,de ,,v9ci ,aux analy/es du ,moi4 ,milan n\s t\*e entre t\tes les villes1 p>ce qu'elle fut le lieu d'lection de ,lon>d de ,v9ci1 et p>ce que ,/5dhal l'adora1 jusqu' v\loir que sur sa tombe on crivt simplem5t3 ,citoy5 milanais4 ,mais de ,/5dhal1 il faudrait p>l] depuis ce tri/e port de ,civita-,vec*ia1 o p5dant tr5te annes il s'ennuya1 vieux beau apoplectique qui n'avait d'autre di/raction qu'une caus]ie1 le soir1 entre huit et neuf1 dans la b\tique de l'unique libraire4 ,je veux rapport] de ,milan une visite que je vi5s d'y faire ,lon>d de ,v9ci4 ,non pas que l'oeuvre de ,lon>d1 qui ne fut jamais considrable1 soit ici abondante4 ,des manuscrits1 des esquisses1 cette admirable fresque de la ,cne--dont la beaut semble plaire ,dieu mme1 puisqu'elle n'e/ pas abolie1 en dpit des militaires qui l'caillr5t et des pe9tres qui la ret\*r5t3 voil t\t ce que l'on peut tudi] de ce gr& arti/e ,milan1 si l'on y aj\te1 tmoignages prcieux1 trsor r>e1 la plup>t des oeuvres excutes s\s son influ5ce p> ses lves4 ,mais cette gloire de ,v9ci1 qui n\s (fre un des sujets les plus tr\blants sur lesquels puiss5t rv] les ambitieux et les e/htici5s1 quelques traits de crayon lui suffis5t p\r l'affirm]4 ,n\s entrevoyons pe9e ce qu'il fit et ce qu'il v\lut2 il faut p\rtant que n\s le saluions comme un des pr9ces de l'art4 ,ce pe9tre exceptionnel e/ compris p> la p5se mieux encore que p> les yeux4 ,et c'e/ ,milan1 o il a tant mdit1 qu'on e/ le mieux plac p\r rv] de lui4 ,dans les indications de ses ,livres de dess9s1 et s\s les repe9ts de la ,cne1 n\s dev9ons la beaut qu'il *]*ait1 auj\rd'hui envahie d'ombre2 comme s\s le gnie infrieur de ses disciples n\s retr\vons la direction d'art qu'il enseigna4 99 99 99 99 99 ,intellig5ce unique p> sa puissance et p> la l>geur de sa curiosit1 ,v9ci app>at la fois un gr& mditatif et un gr& sducteur4 ,ses tudes univ]selles et pr(ondes ne l'accap>ai5t pas1 il fut encore un magnifique cavali]2 d'une psy*ologie dsabuse et f9e1 il voluait avec aisance dans la vie dcorative de son sicle pittoresque4 ,que des dons aussi opposs se soi5t tr\vs dans un mme homme1 et p\sss une telle p]fection1 voil qui dconc]te les catgories o n\s sommes habitus rang] les tempram5ts6 ,et cette dualit claire le s\rire de t\tes les figures qu'il a laisses1 ce s\rire que le temps emplit *aque j\r d'une nuit plus pr(onde1 mais qui p>ut1 ds son closion1 inexplicable6 ,il y peignait sa propre complexit1 son me habile t\t la fois la sci5ce et la sduction4 ,je ne saurais pas tr\v] d'pi?tes p\r v\s exprim] ce conflit qui fait le gnie my/rieux du ,v9ci et que tant d'arti/es1 tant de p5seurs et tant d'amants ont int]rog1 l',ambrosi5ne et au ,brra1 sur les petites lignes du visage de ses femmes4 ,j'aime mieux transcrire ce que me disait1 avec une int5sit incroyable1 une de ces mes 7jeune fille1 jeune homme87 aux *eveux dr\ls1 me s5suelle p\rtant1 avec des lvres1 de gr&s yeux et t\te une joie div9e qui montait de son visage--ce que me rptait une autre esquisse1 femme adorable1 baissant les paupires avec une gravit presque ironique--ce que t\tes me fir5t ent5dre3 ,p>ce que n\s connaissons les lois de la vie et la m>*e des passions1 aucune de vos agitations ne n\s tonne1 ri5 de vos insultes ne n\s blesse1 ri5 de vos s]m5ts d't]nit ne n\s tr\ble444 ,et cette clairvoyance ne n\s apporte aucune tri/esse1 c> c'e/ un plaisir p>fait que d'tre p]ptuellem5t curieux avec m?ode444 ,mais n\s s\rions de voir la pe9e que tu pr5ds p\r dev9] ce qui m'intresse4 ,voil ce que dit1 je l'ai bi5 ent5du1 le s\rire de ,lon>d4 ,c'e/ ce que ,goe! rpt]a plus t>d4 ,c'e/1 avec des diffr5ces sans nombre de sicle et de race1 l'impression que n\s laiss5t les deux ,fau/4 ,ri5 qui soit plus purem5t intellectuel4 ,comm5t ,ta9e a-t-il pu p>l]1 propos de ,lon>d1 de p5ses picuri5nes1 lic5cieuses8 ,quelquefois1 dit-il1 *ez le ,v9ci1 on tr\ve un bel adolesc5t ambigu1 au corps de femme1 svelte et tordu avec une coquett]ie voluptueuse1 p>eil aux &rogynes de l'poque impriale444 ,confondant et multipliant1 p> un s+uli] mlange1 la beaut des deux sexes1 il se p]d dans les rv]ies et dans les re*]*es des ges de dcad5ce et d'immoralit444 ,ici assurm5t1 ,ta9e1 comme il lui arrive s\v5t dans ses tudes d'art1 a dt\rn ses yeux de l'oeuvre de ,lon>d p\r suivre le dveloppem5t de sa propre p5se4 ,emport p> cette imag9ation philosophique et p> cette logique qui font sa puissance1 ce gr& hi/ori5 des passions intellectuelles a p\ss jusqu'aux d]nires consqu5ces possibles la curiosit de ,lon>d4 ,sans d\te1 re/re9te la m?ode de ,lon>d1 la div9ation de ,ta9e a vu ju/e4 ,oui1 cette re*]*e des s5sations exquises et pr(ondes1 qu'enseignait le ,v9ci1 mn]a la plup>t des hommes des rv]ies ambigus4 ,voyez1 dans les muses de ,milan1 ces figures de ,m>co d',oggione1 de ,ces>e da ,se/o2 elles ma9ti5n5t avec pe9e leur s\rire2 je s5s une polissonn]ie1 fleur des lvres1 s\s ces jolis visages4 ,et ce portrait de jeune fille1 de petite fille 7p> un lve du ,v9ci76 ,cette enfant e/ trop f9e1 trop pure1 elle en devi5t provocante6 ,mais c'e/ qu'elle n'e/ pas de la gr&e race des femmes du ,matre2 s\s son front troit1 dlicieusem5t clair de p]les1 elle n'a que des p5ses mdiocres4 ,je le sais1 qu'une telle me1 mal df5due p> son faible c]veau contre les exig5ces du dsir1 dut connatre d'tranges tr\bles1 qu& ,lon>d lui enseignait1 avec tant d'lgance1 la curiosit du n\veau et le dda9 de la vie commune4 ,le pur ,lu9i lui-mme1 dans le ve/ibule du ,brra1 n\s montre une jeune fille aux paupires r\gies1 d'une lassitude et d'une ardeur o la femme devi5t effrayante4 ,mais1 ,m4 ,ta9e ne le voit-il pas1 *ez ,lon>d comme *ez ,goe!1 ces dang]euses aspirations demeur5t intellectuelles4 ,ses exig5ces et ses indp5dances se satisfont dans le doma9e de la p5se1 sans se t\rn] v]s des ralisations voluptueuses4 ,*ez ,lon>d l'intellig5ce aurait pu se rvolt]2 jamais les n]fs4 ,les contempora9s de ce pr(ond p5seur le savai5t bi54 ,lomazzo l'appelle un ,h]ms1 un ,prom?e3 il leur app>at l'homme qui sait le secret des *oses4 ,il savait les lois de la vie4 ,cela clate dans son *ef-d'oeuvre4 ,comme elle aura t tudie cette figure de ,jsus qui e/ le c5tre de la ,cne6 ,c'e/ qu'elle e/ aussi1 p\r quelques-uns1 le c5tre de la consci5ce huma9e4 ,je veux dire que cette figure que n\s voyons l t\te t\rne sur soi-mme1 t\te proccupe de la vie intrieure1 e/ le type p>fait de l'analy/e du ,moi3 c'e/ l'esprit vivant uniquem5t dans son monde intrieur1 indiffr5t la vie qui s'agite aut\r de lui4 ,qu'un homme du qu9zime sicle1 dans une de ces c\rs s5suelles et dbordantes d',italie1 ait pu crer une telle beaut psy*ique1 voil qui e/ prodigieux6 ,il n'y arriva pas du premi] trait4 ,il faut voir au ,brra l'tude au crayon r\ge qu'il fit p\r cette tte de ,jsus4 ,l1 pas de dd\blem5t de la p]sonnalit4 ,bont tri/e1 p>don1 s\mission1 rsignation1 sans fi]t intrieure1 ce me semble4 ,ce ,jsus de l'esquisse e/ presque un frre de l'aptre ,jean qu'on voit dans la ,cne1 et qui n'e/1 lui1 qu'une vi]ge1 ri5 qu'un simple4 ,mais dans la fresque df9itive1 ,jsus e/ =tifi3 ce haut intellectuel e/ ent\r de sots1 de braves g5s et de canailles1 dont les attitudes viol5tes syn?tis5t admirablem5t les s5tim5ts du commun des hommes1 et il leur dit3 ,la trahison me vi5dra de v\s1 de v\s1 mes amis4 ,mais cela ne m'(fre ri5 d'tonnant1 c> je compr5ds les t5tations auxquelles succomb]a le c\pable1 et p> l mme je l'excuse4 ,d'ailleurs1 p\r que j'aie l'occasion d'tre hroque1 ceci tait ncessaire2 la gr&eur morale tant faite des bas traitem5ts qu'elle surmonte4 ,cep5dant les ma9s de ce hros sembl5t av\] une c]ta9e lassitude4 ,un troit paysage bleutre et voluptueux1 entrevu dans une f5tre1 d]rire la tte de cette haute victime 7victime de soi-mme1 m>tyr p> sa propre volont71 vi5t n\s rappel] que la vie p\rtant peut tre libre1 s5suelle et facile4 ,ces hommes avec leur passion1 ce sage avec sa gr&eur surhuma9e et dont l'quilibre inquite1 n\s attri/5t galem5t4 ,ah6 qui donc saura n\s faire connatre l'exi/5ce comme un rve lg]6 99 99 99 99 99 ,c'e/ un colori/e lum9eux que ,lon>d1 et les cratures qu'il pe9t sont les plus ravissantes qu'on puisse imag9]4 ,p\rquoi donc1 en le quittant1 suis-je saisi d'une telle tri/esse8 ,c'e/ que ri5 ne n\s comprime plus que de suivre le travail secret d'un analy/e2 on voit que sa vie e/ un malaise1 un frmissem5t p]ptuel4 ,les gr&s pe9tres de ,v5ise fur5t heureux1 c> ils peignai5t d'abondance1 sans disput] avec eux-mmes4 ,mais quelle angoisse1 celle de l'arti/e qui se divise en deux hommes1 de telle sorte qu' mesure que l'un cre1 l'autre e/ l qui juge l'oeuvre en tra9 de natre6 ,et *acun d'eux1 adorant l'autre1 se dit3 ,s'il allait n'tre pas satisfait6 ,j'ai s\v5t p5s l'affligeante motion dont palpitait assurm5t la ,batrice qu&1 au ,p>adis1 elle app>ut ,dante4 ,on sait que cet illu/re pote avait *]* sa matresse en ,enf]1 au ,purgatoire2 enf91 il la retr\vait2 il tait p]du de respect1 de cra9te aussi3 c> de faible femme n'tait-elle pas dev5ue une bi5heureuse et la compagne des p]sonnes div9es8 ,elle1 cep5dant1 dans la gloire qui l'enveloppait1 avait sa fra*e poitr9e gonfle d'une angoisse plus insupportable encore1 c> elle p5sait3 ,s'il allait me tr\v] mo9s belle6 ,cette imag9ation m'aide assez compr5dre la vie ard5te d'un de ces analy/es *ez qui l'me1 comme n\s avons dit1 e/ d\ble4 ,c'e/ p]ptuellem5t en eux le drame du ,dante r5contrant la ,batrice4 ,leur s\rire e/ lass et un peu ddaigneux1 comme le s\rire du ,v9ci3 lass p> ces viol5tes motions intrieures2 ddaigneux avec indulg5ce p>ce que la vie extrieure leur p>at une petite *ose auprs des pr(ondeurs de leur tre que sans trve ils considr5t4 ,,une ,,j\rn,e ,,*ez ,,maurice ,,lat\r ,,de ,,sa9t-,,qu5t9 ,aux psy*ologues sy/mes4 ,j'ai pass la j\rne dans ces trois petites salles1 solitaires et froides1 du muse de ,sa9t-,qu5t91 o sont runis la plup>t des pa/els de ,maurice-,qu5t9 de ,la ,t\r4 ,nul endroit o n\s puissions s]r] de plus prs ce que fur5t1 en ralit1 ces filles de l',opra1 ces publici/es1 ces femmes si t5dres1 t\s ces causeurs orig9aux de qui la lg5de n\s laisse prs du coeur des images dlicieuses1 mais trop vagues4 ,la ,t\r eut la passion de r5dre la nature1 sans l'embellir ni l'exagr]1 et l'occasion de portraictur] beauc\p des figures fameuses dans ce dix-huitime sicle4 ,ses crayons fixai5t non seulem5t les cont\rs1 les traits de naissance1 mais la physionomie1 cette p\ssire des *agr9s et des flicits qui re/e aux plis d'un visage froiss p> la vie4 ,voil1 en vrit1 une des *apelles o peuv5t mdit] le plus abondamm5t les dvots de l'me huma9e6 ,ils n'y tr\v]ont pas seulem5t des images illu/res ou saisissantes2 ce muse vaut surt\t comme l'expression la plus complte de cette passion vive dont sont possds quelques esprits p\r c\t]1 reg>d] et compr5dre les autres hommes4 ,je ti5s l'oeuvre de ,la ,t\r p\r le tmoignage le plus p>fait que n\s possdions de la curiosit psy*ologique4 99 99 99 99 99 ,la ,t\r eut1 un degr incroyable1 le gt de dev9] et d'exprim] la faon p>ticulire qu'a *aque homme de re*]*] le bonheur4 ,qu'un ,v9ci1 de sa ,joconde son ,sa9t-,jean1 s'enfivre p\r n\s indiqu] son rve irralisable6 ,la ,t\r1 dans ces quatre-v+t-sept pa/els que j'exam9e1 se propose uniquem5t de n\s faire voir les mes les plus intressantes qu'il a r5contres et d'y port] la lumire4 ,au muse de ,sa9t-,qu5t91 on m'ent5d1 ce n'e/ pas le mti] du gr& arti/e qui m'arrte1 mais j'admire qu'un homme ait enf]m sa vie dans la seule curiosit de compr5dre quelques v>its de l'me huma9e4 ,les crayons d'un ,sa9te-,beuve vont mo9s lo9 dans l'analyse4 ,emb>rasss d'anecdotes1 compliqus des gts de l'auteur lui-mme1 les ,portraits du ,lundi ne val5t pas1 comme tmoignages sur l'humanit morte1 ces pa/els de ,la ,t\r1 o ri5 n'exi/e qui ne soit significatif4 ,ces #hg visages qui1 de t\s ces murs1 me reg>d5t1 il leur a sorti leurs secrets fleur de peau4 ,le pli de leurs lvres1 le poids de leurs paupires1 t\te cette atmosphre du visage que notre in/9ct saisit p\r aim] ou har un homme mais qui n'a pas de nom1 m'app>aiss5t1 mis en valeur dans ses pa/els avec une prodigieuse sret de psy*ologue4 ,ces morts1 embrums auj\rd'hui p> tant de qu]elles1 ,la ,t\r me les montre sans voiles1 prisonni]s p\r jamais s\s ces glaces4 ,il me les explique4 ,ma*9alem5t1 aux m>ges du catalogue1 j'ai pris quelques notes qu'il me dictait444 ,voil ,r\sseau1 et j'ai crit3 ,tracassi]1 cra9tif1 mlange de jal\sie et de dda91 mais dda9 trs p>ticuli]1 dda9 qui blme et salit t\t4 ,et1 p\rtant1 qui ne l'aim]ait1 ce ,jean-,jacques1 avec sa jeune figure de laquais dvor de s5sualit et de *agr96 ,voici d',alemb]t3 ,assez en bois444 ,je m'explique qu'il ait support si c\rageusem5t les traits mme po/humes de mademoiselle de ,lesp9asse1 et je compr5ds aussi qu'elle1 si t5dre1 ait os le mnag] si peu3 p> tempram5t1 il devait s\ffrir mo9s qu'aucun autre1 c> il avait des dispositions naturelles au dv\em5t4 ,et madame ,fav>t3 ,c'e/ la sottise de la spcialisation3 sotte1 irrmdiablem5t sotte1 ne p\vant exprim] qu'un p]sonnage troit1 qu'elle porte d'ailleurs son int5sit4 ,et ,l\is ,,xv3 ,un homme de ce temps dj1 comme n\s en voyons au c]cle1 dans le monde444 ,quel abme entre ce galant homme1 d'lgance si f9e1 et ses prdcesseurs1 que notre imag9ation ne peut se reprs5t]6 ,et la ,cam>go3 ,mademoiselle ,cam>go6 la plus jolie figure1 assurm5t1 de t\te cette gal]ie3 elle fut jeune et vig\reuse1 elle faisait voir de la f9esse sur un fond de gravit voluptueuse444 ,la jolie fille1 telle que je l'imag9e dix-sept ans1 qu& le comte de ,cl]mont-,tonn]re l'enleva1 la paya et en fit sa matresse6 ,a9si je p>c\rais ces salles o ,la ,t\r a augm5t l'humanit de v+t figures intressantes4 ,et peu peu1 de t\s ces trang]s une tri/esse tomba sur moi1 si pntrante bi5tt qu'elle m'incommoda4 ,je ne v\lus pas en voir davantage4 ,etait-ce quelque regret de t\tes ces beauts qui1 p\r j\ir d'elles1 ne n\s laiss5t que la p\ssire d'un pa/el8 ,ou encore1 le mlancolique contra/e de ces dp\illes de b\doirs classes auj\rd'hui adm9i/rativem5t8 ,non1 ce qui m'attri/ait1 c'tait la philosophie mme de ,la ,t\r1 cette faon d'ent5dre la vie laquelle son gnie me faisait p>ticip]4 99 99 99 99 99 ,je le s5tis bi5 ce j\r-l3 p]ptuelle curiosit1 c'e/ mort sans cesse r5\vele dans l'esprit4 ,l'motion que me donne telle me mise l s\s v]re p> ,la ,t\r e/ balaye au cadre suivant2 c'e/ mort et naissance en moi *aque pas4 ,a9si en e/-il de t\s ceux qui trav]s5t la vie en purs analy/es4 ,devant leur comprh5sion1 que ri5 ne fixe1 t\tes les mes s'lv5t p\r tomb] aussitt1 triomphatrices d'un j\r4 ,ils accueill5t t\t et n'adopt5t ri52 ils ne li5t que des amitis d'un soir et ress5t5t1 *aque t\rnant de leur curiosit1 la tri/esse confuse du voyageur quittant un beau pays4 ,c'e/ la mort de nos am\rs de la veille qui dblaie notre me p\r de n\velles am\rs4 ,on rapporte du premi] des analy/es de ce temps1 de ,m4 ,ta9e1 un mot hauta9 dont la c&eur claire nettem5t ce vritable c>nage qu'e/1 dans l'ordre intellectuel1 la vie de ces infatigables conqurants d'mes4 ,ce matre r5contre-t-il un homme intressant p> sa =ce naturelle1 p> l'expri5ce acquise ou p> ses s+ul>its1 il l'entrane l'c>t1 le presse de que/ions1 le sollicite de t\tes p>ts jusqu' ce qu'il en ait vrifi les limites1 puis s'c>tant3 ,je l'ai puis6 p5se-t-il4 ,il a connu1 lui aussi1 cette dess*ante ardeur psy*ologique1 le vieill>d ,simon1 de qui p>l5t les vangiles1 celui qui1 tant entr en relations avec l',enfant ,jsus et l'ayant att5tivem5t obs]v1 s'cria du mme ton que ,ta9e3 ,ma9t5ant que je v\s ai vu1 ,seigneur1 v\s p\vez m\rir6 ,ce ,simon1 avec un gr& s5s des ncessits de son poque1 prvoyait le drame du ,calvaire et1 trs r5seign sur les p]sonnalits de la ,jude1 il dsirait connatre les prt5dants possibles ce gr& rle4 ,les rdacteurs des ,evangiles1 dans un b facile compr5dre1 dnaturr5t lgrem5t ses p>oles2 de ce curieux1 ils fir5t un adorateur du ,*ri/4 ,en cela1 du re/e1 ils commir5t plutt une erreur qu'une habilet2 l'illusion dans laquelle ils donnr5t e/ commune t\s les hommes de p>ti que n\s appro*ons p\r mieux les tudi]2 n\s n\s prtions1 ils crur5t que n\s n\s donnions4 ,mais o voit-on que ,simon ait embrass les n\velles doctr9es8 ,il fit caus] l'illu/re initiateur1 et l'ayant compris3 ,ma9t5ant que je v\s ai vu1 conclut-il1 v\s p\vez m\rir1 ,seigneur4 ,c'e/--dire qu'il engageait ,jsus suivre sa ,passion1 mais se rcusait d'y p>ticip]4 99 99 99 99 99 ,aucune passion1 mais les compr5dre t\tes6 c'e/ la =mule des analy/es4 ,esprits va/es et mornes1 ils voqu5t l'imag9ation ces pla9es d'eaux o se refltai5t en fuyant les voluptueuses galres de ,cloptre4 ,mais possd] les furtives images de t\tes les s\ffrances et de t\s les bonheurs1 cela valut-il jamais p\r remplir nos j\rs une seule fivre m\vante8 ,c]tes1 avec quelque habitude des ge/es et des =mules conv5ues1 v\s dc\vrirez une =te v>it de c>actres qui p\rront v\s di/raire4 ,le monde des arts et les c\loirs de la politique1 les salons et la rue1 la ,b\rse et le ,palais1 autant de ?tres o1 sans gr& ef=t1 se procur]a un bon fauteuil d'or*e/re celui qui sait utilis] les lib]ts de #aghi4 ,mais quoi6 des potes nafs1 des p5seurs1 des habiles sans gnrosit et des sots prt5tieux dfil5t au b\t de ma lorgnette amuse6 mon coeur disp]s s'attri/e ce panorama1 comme il fit dans les salons de ,la ,t\r4 ,des figures6 des figures6 ,ah6 qui me dlivr]a de tant de figures8444 ,ici l'analy/e mprise un peu ma rapide satit et me raille3 --,si tant de visages m>qus p> la vie ne v\s suffis5t pas1 dit-il1 joignez-y le petit ,b>a qui fut hi/orique en montrant son d]rire4 --,ah6 le d]rire du petit ,b>a6 lui rpondrai-je1 combi5 je l'aim]ais si je p\vais p>ticip] l'hrosme dont il e/ le ge/e6 ,se passionn] autant que n'importe quel passionn1 tel s]ait le bonheur pr(ond4 ,en va9 v\drions-n\s born] notre jeune in/9ct au rle d'obs]vateur6 ,amusem5t d'pid]me6 ,s\s ce masque de curiosit di/raite1 je vois l'analy/e qui bille4 ,puissances inv9cibles du dsir et du rve6 s'crie ,ta9e1 on a beau les ref\l]1 elles ne t>iss5t pas4 ,la vie n'e/ qu'un spectacle1 disait l'analy/e1 et il la reg>dait pass] des hautes f5tres de sa t\r1 mais *aque belle fivre1 en s'loignant1 lui laissait un de ces regrets qui1 accumuls1 rompront la digue3 l'analy/e un j\r se laisse envahir p> son rve4 ,pas plus que ,ta9e et les autres1 ,la ,t\r n'y a *app4 ,cet obs]vateur m9utieux se proccupa de sy/matis] le monde4 ,il philosopha sur son art d'abord1 puis sur l'organisation des socits2 et dans son dsir d'embrass] l'univ]s1 il en v9t rgl] le c\rs des a/res4 ,sa manie tait de dgag] l'h>monie qui g\v]ne les *oses2 c'e/ le d]ni] mot des obs]vateurs2 ils veul5t ordonn] cette masse d'objets p>ticuli]s dont ils se sont fait des images prcises4 ,de telles passions1 dbrides dans des mes qui longtemps se raidiss5t1 p\ss5t s\v5t jusqu' la folie4 ,le pan?isme de ,la ,t\r (fre au mo9s des biz>r]ies4 ,on n\s montre cet obs]vateur m9utieux qui dans ses prom5ades s'adresse aux arbres et1 les s]rant dans ses bras1 leur dit3 ,bi5tt1 mon *] ami1 tu s]as bon *auff] les pauvres4 ,dans son rve mtaphysique1 p\r aid] l'incessante trans=mation de la matire et p>ce qu'il tait conva9cu de l'unit de sub/ance1 il dvora p>fois ses excrm5ts4 ,c'tai5t l de f*euses m?odes4 ,la ,t\r n'tait pas d\ p\r saisir cette me du monde qu'il entrevoyait4 ,ce m]veilleux physionomi/e prtait l'univ]s une figure insuffisante4 ,je ne m'en tonne pas1 ayant vu ce muse de ,sa9t-,qu5t9 son portrait pe9t p> ,p]roneau4 ,la ,t\r1 crivais-je aux m>ges du catalogue1 fait l'insol5t1 mais ne dom9e pas2 c'e/ un valet qui obs]ve les invits1 ce n'e/ pas ,sa9t-,simon4 ,p5se exprime trop durem5t6 ,mais on ent5dra qu'il ne s'agit ici que de hir>*ie intellectuelle4 ,je veux dire que ,la ,t\r n'tait pas de =ce matris] les objets qu'il avait la passion d'obs]v]4 ,a ,sa9t-,qu5t9 t\j\rs1 on le voit pe9t p> lui-mme3 ,ce qui frappe t\t d'abord dans cette tte de ,pic>d agile1 c'e/ qu'un tel homme devait tre m]veilleusem5t d\ p\r t\s les arts manuels4 ,il voit les *oses p> le dehors1 il excelle saisir leur ag5cem5t4 ,c]tes il se proccupe des p5ses et des affections de l'me1 c> il voit combi5 elles modifi5t les physionomies1 mais il n'a pas l'am\r de l'me4 ,il ne s'meut pas des passions qu'il pie4 ,son pan?isme naquit de sa con/atation qu'il e/ une =te h>monie s\s l'app>5te div]sit des *oses1 mais nullem5t d'une rvlation intrieure1 d'un in/9ct religieux4 ,ce descripteur jamais ne fut un intuitif4 ,les esprits de cette race ignor5t que le seul inv5taire vraim5t complet de l'univ]s1 c'e/ une ard5te prire d'am\r4 99 99 99 99 99 ,obs]v]1 pr5dre des notes1 les rassembl] sy/matiquem5t1 t\te cette froide comprh5sion p> l'extrieur n\s mne mo9s lo9 que ne f]ai5t c9q m9utes d'am\r4 ,n\s ne pntrons le secret des mes que dans l'ivresse de p>tag] leurs passions mmes4 ,c'e/ la m?ode o se rejoign5t les gr&s analy/es et les purs in/9ctifs4 ,mi*elet mal r5seign sur l',inde vdique1 les ,irani5s1 les ,egypti5s1 les ,juifs1 les enveloppe d'un tel nimbe d'am\r qu'ils sont mieux clairs 7dans sa ,bible de l'humanit7 que p> t\s les savants mmoires des rudits spciali/es4 ,de mme p\r ad\cir l'agonie de son amant1 je me fie plus aux so9s dlicats d'une matresse qui voit la plaie avec les yeux de sa t5dresse qu' t\te la sci5ce des hygini/es4 ,et encore1 s'il s'agit de compr5dre la direction de l'univ]s et la vie qui emporte t\s les tres1 seuls v]ront lo9 les passionns4 ,un j\r que la ,poja1 fille jeune et t\te nue dansait le tango sur la table branlante d'un mauvais lieu d',&al\sie1 ses se9s frmissai5t mo9s que les coeurs des matelots ivres qui p\r c5t s\s l'allai5t possd]4 ,or1 je le vis1 ces hommes grossi]s1 en cet in/ant1 communiai5t avec cette femme et avec la vie univ]selle d'une faon plus troite que ne fir5t jamais les hommes de sy/mes1 et de celle que dvorai5t leurs yeux enflamms1 ils se faisai5t une image incomp>ablem5t plus vivante qu'aucun des *efs-d'oeuvre d'obs]vation susp5dus p> ,la ,t\r dans les froides salles de ,sa9t-,qu5t94 ,,la ,l,,g5de ,d',,une ,,cosmopolite ,aux ,no-,ca?oliques4 ,c]ta9s lieux fameux dans l'hi/oire de la s5sibilit huma9e port5t nos mes au del de nos propres motions et n\s communiqu5t les fivres qui les remplir5t un j\r4 ,telle la plage d',els5eur o l'obscur ,hamlet lam5tait la mort de son pre et ses *agr9s p]sonnels1 telles les *ambres trop troites d',auxonne1 de ,dle et de ,seurres o le jeune ,bonap>te essayait en critures dclamatoires son gnie qui1 si les trnes n'avai5t pas t vacants1 n\s et donn un ,byron4 ,ce sont l des /ations idologiques aussi puissantes sur l'imag9ation que telles /ations !rmales sur des tempram5ts dt]m9s1 et les pl]9ages ca?oliques1 d'un ordre analogue1 font voir m]veilleusem5t que cette m?ode d'exaltation intellectuelle runit t\tes les conditions p\r t\rn] en passions la curiosit et le respect4 ,mais *aque gnration se *oisit ses lieux de dvotion prfrs1 et c'e/ mme dans ces lections que se rvl5t les v>iations de la s5sibilit4 ,qui de nos jeunes g5s les plus rc5ts song]ait s'm\voir devant la maison close de l'av5ue d',eylau o s'teignit une gloire ret5tissante6 ,nos jeunes ans1 tel ,m4 ,catulle ,m5ds ou encore ,m4 ,camille ,pelletan1 doiv5t n\s pla9dre de cette froideur1 et1 malgr t\te leur comprh5sion1 ils suspect]ont notre bonne foi1 si j'aj\te qu'indiffr5ts la d]nire demeure de ,victor ,hugo1 n\s sommes mus p> c]ta9 petit htel du qu>ti] ,monceau6 ,c]tes1 le s5s de la mesure n\s g>de d'oppos] notre gt leur culte2 simplem5t1 n\s sommes de ces dvots qui s'meuv5t dans une *apelle troite mieux qu' l'glise ca?drale4 ,au #fa de la rue de ,prony vcut quelques annes et m\rut mademoiselle ,m>ie ,ba%kirtseff1 bi5 faite p\r passionn] ce milli] d'esprits comprh5sifs et dgts dont le ton attirant et irritant depuis quelques annes intresse la critique4 ,leur trait pr9cipal e/ peut-tre que1 froisss p> t\te 9lgance1 ils sont cep5dant plus s\cieux d'?ique que d'e/htique2 ils aim5t1 p\r t\t dire1 la vie intrieure des tres plus que leur pittoresque extrieur4 ,la monographie qu'a laisse cette jeune fille et qu'on a publie s\s le titre de ,j\rnal de ,m>ie ,ba%kirtseff les satisfait mieux qu'aucune composition de nos criva9s de mti]4 ,je ne ref]ai pas la biographie de mademoiselle ,m>ie ,ba%kirtseff1 d'autant mieux connue que c'e/ des dtails de sa vie que ses fidles n\rriss5t leur culte4 ,cette jeune fille1 en effet1 en dpit de ses succs de pe9tre1 en dpit de sa mort cruelle v+t-six ans1 en dpit mme de ses dons d'criva91 les passionne uniquem5t p> la s5sibilit p>ticulire dont elle vivifia les mo9dres circon/ances de sa vie4 ,nulle exi/5ce qui (fre une plus in/ructive collection de ces traits de clairvoyance et d'ardeur morale si =t la mode des intellectuels d'auj\rd'hui4 ,(f]t p> une jeune fille et prcism5t p> une fille p>e de ce *>me russe1 brutal et raff9 qui1 seul1 n\s meut cette heure1 un tel tat d'me devait acqurir sur des jeunes g5s un pre/ige p>ticuli]1 et1 en vrit1 il leur inspire ce s5tim5t vois9 de l'am\r1 sans lequel il n'e/ pas de fconde mditation4 ,sans d\te1 cette faon de concevoir la vie qu'expose mademoiselle ,ba%kirtseff1 v+t autres l'ont affi*e4 ,mais avai5t-ils de cette enfant lue la s\plesse1 la spontanx et t\te la sve vivifiante8 ,a aucun des plis de sa robe1 je ne retr\ve cette p\ssire de biblio?ques dont les plus vivants de nos contempora9s sont enlaidis4 ,et telle e/ la =ce dont une beaut s9cre dispose p\r n\s rvl] le s5s de nos propres s5tim5ts que nulle "p je n'ai mieux appro* la =mule des mes de dema9 que dans la petite maison de la rue de ,prony4 ,j'y allais p> ce c\rt *em9 que la jeune fille elle-mme p>c\rut tant de fois1 alors qu'elle visitait ,ba/i5 ,lepage m\rant dans cette maison de la rue ,leg5dre o1 p> une r5contre qui me t\*e1 j'ai succd au bon pe9tre qu'elle aima comme un frre4 ,la mre inconsole de celle que n\s rappelons m'a dit comm5t ,ba/i5 ,lepage1 appr5ant la fatale n\velle1 ca*a ses pleurs contre les c\ss9s o lui-mme n'avait plus que trois mois att5dre la mort4 ,mademoiselle ,ba%kirtseff fut victime de ces miasmes t]ribles qui vol5t p>s dans ,p>is2 j'ai vu sur son bureau ,kant et ,fi*te ouv]ts des pages passionnantes dont la mort int]rompit p\r elle la logique4 ,ses livres1 ses tableaux1 quelques m5us objets d'un usage famili]1 et son image t\s les ges font de ce petit htel un t\*ant oratoire o la pit mat]nelle cont9ue s]vir1 comme elle fit p\r la jeune vivante1 l'me lgante et d'inf9ie ress\rce qui s'e/ efface4 ,l'htel de la rue de ,prony1 la villa de ,nice ple9e des roses qu'elle aimait et le tombeau du cimetire de ,passy1 c'e/ madame ,ba%kirtseff qu'il app>ti5t de les ma9t5ir1 mais cette m\vante jeune fille1 n\s sommes quelques-uns de sa race spirituelle qui la ma9t5ons dans notre imag9ation et1 s'il e/ p]mis1 prs de notre coeur4 ,or1 aprs six annes1 qu& elle a pris dans la mort un recul suffisant1 ne convi5t-il pas que1 p\r p>faire cette figure exceptionnelle et p\r en dgag] t\te la valeur symbolique1 n\s lui organisions sa ,lg5de8 ,et t\t d'abord1 admettrons-n\s que le petit htel de la rue de ,prony fasse un cadre satisfaisant la plus inquite des cosmopolites8 ,qu& n\s la *rissons p\r son ardeur1 p\r ses dgts et p\r sa comprh5sion1 e/-ce p>mi ses toiles1 e/-ce mme dans notre ,p>is que notre rv]ie l'voque8 ,nullem5t4 ,voir en elle un pe9tre ou une ,p>isi5ne1 c'e/ trangem5t la rduire4 ,sans d\te1 ces tableaux que madame ,ba%kirtseff a refuss aux sollicitations de tant d'trang]s--des ,amrica9s surt\t1 passionns plus qu'aucun p\r cette trange jeune fille--font voir un gr& s5s de la nature et beauc\p de bont4 ,on le con/ate d'ailleurs t\te ligne de son ,j\rnal1 sa clairvoyance des insuffisances de la nature n'excluait pas *ez elle la piti2 sa susceptibilit de dlicate ne l'emp*a jamais de p]cevoir ce qu'il y a d'immortel dans les plus humbles fragm5ts de l'univ]s4 ,elle possdait le don prcieux d'tre pntre p> la d\ce lumire qu'il y a dans le reg>d des *i5s int]rogeant leur bon matre4 ,mais prcism5t s\rions qu'elle ait prt de l'importance au tal5t1 elle qui possdait la *ose ess5tielle et si r>e3 une intellig5ce indulg5te4 ,et s'il faut la gt] de ce qu'elle ne mprisait pas t\s ces g5s de l'ateli] ,julian o elle tudiait la pe9ture1 s'il e/ vrai qu'elle se dim9u]ait et n\s irrit]ait en montrant leur g>d les mmes s5tim5ts qu'en ont1 p\r d'insuffisantes raisons1 des notables mal cultivs1 du mo9s1 affirmons que le gt qu'elle leur montra tait comprh5sion1 mais non pas id5tit4 ,elle les apprciait1 mais en se g>dant4 ,c'e/ p\rquoi n\s ne v\drons pas1 s\s pe9e de d=m] sa physionomie1 l'in/all] dans notre mmoire comme une arti/e pe9tre4 ,prcaution ess5tielle6 et t\tefois je d\te1 tant cette jeune fille se donnait ses en?\siasmes1 qu'elle ait jamais pris une consci5ce nette de cette diffr5ce que ses admirateurs sont bi5 =cs d'tablir entre elle et nos meilleurs ouvri]s d'art4 ,p> quelle dlicieuse navet s'att>dait-elle rivalis] avec mademoiselle ,breslau8 ,en vrit1 il et t =t opportun qu'on indiqut mademoiselle ,ba%kirtseff la doctr9e qu'elle tait autorise pratiqu]1 la doctr9e du suffisant dda96 ,le suffisant dda9 et enseign ,m>ie ,ba%kirtseff considr] les pe9tres1 les criva9s1 les arti/es1 simplem5t p>ce qu'ils ress5t5t des motions qu'elle pr\vait elle-mme4 ,c'e/ p\r cette qualit de leur s5sibilit qu'ils mrit5t qu'on les classe avec honneur4 ,quant au don qu'ils possd5t de traduire et de fix] leurs s5tim5ts avec des c\leurs1 des phrases ou du m>bre1 cela les dsigne comme des utilits agrables1 ncessaires dans t\te maison rellem5t bi5 monte1 mais ne peut1 en aucun cas1 les plac] dans la hir>*ie plus haut que les mes de leur qualit4 ,or1 telle e/1 p\r sa pr(ondeur et son t5due1 la qualit d'me de mademoiselle ,ba%kirtseff que nos tal5ts les plus fts ne sont ses cts que petites fltes prs d'une p>tition complte4 ,p>ce qu'en cette me1 t\te jeune et t\te faible qu'elle fut1 ret5tissait aprs t\t la s5sibilit huma9e1 je dis qu'aucune de nos meilleures fltes ne p\rrait l'exprim] entire et qu'elle les possdait t\tes4 ,elle eut dans sa petitesse le s5s de l'univ]sel4 ,n'ayons pas cette grossiret de la confondre avec des spciali/es1 fuss5t-ils1 d'ailleurs1 d'excell5ts ouvri]s pe9tres4 ,c'e/ encore au nom du suffisant dda91 dont elle tait t\t anime bi5 qu'elle en et mal consci5ce1 que je ne puis comprim] sa mmoire dans ,p>is4 ,sans d\te1 elle dsira la notorit passagre et bruyante que donne notre ville2 je ne le lui repro*e pas2 mme ce s]ait manqu] de comprh5sion qu'insi/] sur l'enfantillage du dsir qu'elle av\ait p\r des mdailles au salon1 de la rclame dans le ,fig>o1 et de la vogue dans les maisons o l'on dne4 ,cela satisfaisait sa conception mom5tane de la vie4 ,c'tai5t les conditions de l'exi/5ce qu'elle dsirait p\r l'in/ant4 ,n'e/-ce pas un des traits de cette s5sibilit ard5te dont n\s rvrons en elle un des types les plus complets1 de ne v\loir ri5 laiss] sans y p>ticip]8 ,p>is mritait assurm5t d'tre une des /ations de sa s5sibilit1 et c'e/ cela seulem5t qu'il lui fut4 ,m4 ,!uriet1 qui a dit ce que possde le public du ,j\rnal de ,m>ie ,ba%kirtseff1 a insi/ de prfr5ce sur ces annes d'ateli]1 de conc\rs1 et t\s ces petits s\cis p>isi5s2 n\s projetons de publi] 9 ext5so ce ,j\rnal1 et il n\s donn]a de ,m>ie ,ba%kirtseff v+t attitudes p\r une que n\s lui vmes d'abord4 ,m>ie ,ba%kirtseff avait1 en effet1 t\te jeune1 amalgam c9q ou six mes d'exception dans sa poitr9e trop dlicate et dj meurtrie4 ,qu& elle m\rut dans cet ateli] de la rue de ,prony1 elle possdait dans son c]veau les livres de quatre peuples1 dans ses yeux t\s les muses et les plus beaux paysages1 dans son coeur la coquett]ie et l'en?\siasme4 ,t\te jeune pl]9e qui *]*e trav]s l',europe une fivre dont on ne se lasse po9t1 ,m>ie ,ba%kirtseff n\s laisse son s\v5ir *rir1 sa lg5de amplifi]1 comme la plus m\vante reprs5tation de la s5sibilit cosmopolite4 ,v\s p\vez v\s voqu] ,goe!1 d'aprs une gravure allem&e1 t5du s\s un bel arbre1 dans un abondant paysage de la fra*e patrie g]ma9e2 ,byron qui galope sur le sable jaune du ,lido1 au long de l',adriatique dsole2 ,balzac1 dans une *ambre sombre au milieu du ,p>is nocturne1 et qui s'*auffe m?odiquem5t de s\cis d'arg5t et de gr&iose sociologie2 mais de ,m>ie ,ba%kirtseff1 quelle image1 quelles moeurs1 quelle patrie8 ,cette cosmopolite qui n'a ni son ciel1 ni sa t]re1 ni sa socit1 c'e/ une drac9e4 ,dans le brviaire des idologues1 p\r exprim] son bohmianisme moral1 si trangem5t compliqu de dlicatesses1 faudra-t-il pas que p> un trait un peu grossi]1 mais significatif1 n\s l'inscrivions s\s le vocable de ,notre-,dame du sleep+-c>8 99 99 99 99 99 ,et p\rtant mademoiselle ,ba%kirtseff1 t&is qu'elle mne de prairie en prairie l'lgant tr\peau de ses curiosits et bi5 vite puise les beauts qui l'avai5t attire1 n\s livre deux ou trois images o l'on peut pr(it]4 ,assurm5t1 elles ne val5t pas plus que des photographies in/antanes4 ,n\s ne prt5dons pas saisir une des attitudes mom5tanes de cette incon/ante1 la donn] comme son portrait et n\s en cont5t]4 ,mais ces in/antans f\rniss5t des compositions de lieu1 comme dit ,loyola1 notre gt p\r la mditation4 ,c]ta9s in/ants de sa dlicate bohme me sont p>ticulirem5t significatifs4 ,s\s nos yeux mi-clos1 l'+nieuse complaisance que n\s avons v\e cette jeune fille n\s la reprs5te1 qui nat la pub]t dans un bi5 de la ,petite ,russie4 ,pla9es sacres p\r n\s qui ne les visitmes que d'imag9ation6 ,s\s les br\ill>ds qu'y met notre ignorance1 elles font battre de tri/esse et d'impati5t am\r nos coeurs4 ,dans ce l-bas se =me la beaut o1 j'en suis sr1 s'pan\ira ce s5tim5t in=me qui n\s remplit t\s1 jeunes g5s1 en qui les torr5ts de la mtaphysique allem&e ont bris les comp>tim5ts lat9s4 ,l-bas1 c'e/ o mademoiselle ,ba%kirtseff reut comme les *oses du monde les plus naturelles cette vigueur d'esprit et de s5sualit qui n\s re/itu]ont le s5s de l'am\r1 n\s autres de qui les pres ne savai5t plus que compr5dre4 ,mon imag9ation l'voque encore qui frqu5te les villes d'eaux de ,bohme1 v]doyantes et ple9es d'une musique qui1 le soir1 assombrissait les mes sans am\r4 ,puis elle fut ,nice1 fr+ante s\s le soleil et portant au corsage des anmones1 des mimosas mls aux br9s de tam>is4 ,mais ces cadres1 trs suffisants p\r emprisonn] jamais dans notre s\v5ir tant de jeunes trangres lgantes et romanesques1 ne saurai5t cont5ir celle qui fut en outre passionne de ,sp9osa4 ,si mademoiselle ,ba%kirtseff doit tre dite cosmopolite1 c'e/ mo9s encore p\r sa vie errante que p\r son intellig5ce4 ,elle put bi5 se prt] aux hiv]s du littoral1 aux pr9temps de ,p>is1 la saison de ,londres2 elle s'accommodait de t\tes les moeurs 7c> il y a dans nos mod]nes cosmopolites ce que l'ducation classique n\s dit d',alcibiade qui fut ,sp>te le plus au/re des hommes et *ez les ,p]ses plus mol qu'aucun voluptueux71 mais rapide possd] le suprme ton de *aque milieu1 ,m>ie jamais ne s'en satisfit3 elle s'puisait de dsir v]s la fivre du l5dema91 dont les frissons lui devai5t tre galem5t mdiocres et va9s4 ,de l son p]ptuel vagabondage1 fait du dsir que son me ft la somme des en?\siasmes et aggrav de l'insuffisance de t\tes les motions o elle avait p>ticip2 de l aussi notre conviction raisonne qu'aprs t\t la ville o cette jeunesse inquite et magnifique se ft tr\ve la mo9s dp\rvue1 c'e/ la cit t]nelle1 la ville ca?olique1 la capitale1 ,rome4 ,rome1 en effet1 malgr son c>actre m95t1 e/ mo9s un lieu p>ticuli] que le plus complet abrg de la culture europenne4 ,elle e/ faite des plus graves fragm5ts de l'humanit4 ,m>ie ,ba%kirtseff1 lgante et n]veuse1 et qui n'avait que v+t ans1 ne p\vait c]tes s'id5tifi] ce colossal ,pan?on1 mais elle s'y s5tait l'aise p>ce que cette atmosphre lui (frait un peu de t\tes les p\ssires qui1 trav]s le monde1 avai5t dlicieusem5t dess* sa b\*e de jeune pl]9e4 ,elle n'y tait prive d'aucune des ardeurs qui l'usai5t1 mais faisai5t p\r elle t\t le prix de la vie4 ,oui1 ,rome qui fut t\s les sicles le coeur de l',europe e/ encore telle du po9t p>ticuli] d'o n\s l'envisageons1 et s'il faut notre imag9ation un lieu idal o plac] cette jeune cosmopolite qui reprs5te p\r n\s la s5sibilit la plus mod]ne1 c'e/ encore ,rome que n\s lisons4 ,aucun des frissons qui agit5t l'humanit n'e/ abs5t de ,rome4 ,j'accorde qu'ils n'y sont pas t\j\rs aiss di/+u]4 ,avec sa =ce de cohsion1 cette re9e impose tant de traits disp>ates une h>monie qui dr\te et accable nos esprits amuss4 ,mais en faisant l'unit avec t\tes ces p>celles de l'esprit huma91 elle le gr&it s+ulirem5t4 ,t\t ici pr5d sa ple9e int5sit et1 bnfice de l'h>monie1 t\t ici porte avec soi sa cause4 ,c'e/ au po9t que l'on p\rrait dire qu' ,rome *aque m\vem5t de l'me se prs5te mo9s s\s une =me individuelle que s\s =me de loi4 ,l seulem5t1 le cosmopolite met leur plan les notions qu'il a recueillies trav]s la civilisation europenne4 ,c]ta9s de mes soirs roma9s1 enivr de cette =te ducation1 je fus t5t de croire que les plus amples fragm5ts de l'univ]s civilis ne valai5t que comme dtails agr&is de la fresque huma9e que ,rome n\s prs5te4 ,l'art de se s]vir des hommes1 l'art de j\ir des *oses1 l'art de dc\vrir le div9 dans le monde1 qui sont1 n'e/-ce pas1 les trois amusem5ts1 le jeu complet d'un civilis1 ,rome les enseigne1 et d'une matrise incomp>able6 #a ,e/-ce la mlancolie des s\v5irs1 ses trsors d'art entasss ou les intrts religieux1 mais ,rome prs5te une v>it de nations1 un mlange de socits1 un conc\rs de politici5s1 d'ari/ocrates et d'arti/es1 en mme temps qu'une div]sit de luxe1 de posies et de d\leurs telle que1 p\r pntr] les coeurs r>es1 les gr&es intrigues et l'hi/oire des peuples1 p\r appr5dre se s]vir de la socit1 nul sj\r ne prvaudra contre celui-ci1 si l'on obs]ve d'autre "p qu'aucun des hommes suprieurs runis l n'y vi5t p\r se di/raire de soi-mme1 mais que *acun au contraire e/ enfonc plus avant dans sa noble manie p> la gravit incomp>able de cette ville4 #b ,la beaut des *oses1 d'autre "p1 c'e/ ,rome seule qu'on s'en fait une complte ducation1 p>ce que lo9 de surgir au milieu du monde1 comme ces fleurs sans analogues que sont les arts de ,flor5ce1 de ,v5ise et de ,fl&res1 les gal]ies de ,rome sont composes des plus ri*es *antillons de la s5sibilit occid5tale4 ,en dcorant ses htels familiaux des oeuvres de t\tes les poques et pays classiques1 ,rome re/itue l'art son vritable s5s4 ,l'oeuvre d'art1 en effet1 se propose de rsum] dans une =mule ess5tielle et avec une motion communicative des tats psy*iques et de n\s y faire p>ticip]1 p\r n\s ddommag] que n\s n'ayons pas la puissance ou l'occasion de les vivre4 ,ds lors cette ville1--de laquelle j'indiqu]ais aism5t la faiblesse1 qui e/ t\t de mme de ne voir dans la nature que la dignit huma9e1--en appelant t\s les arts l'ducation de l'homme fait l'homme du mo9s plus complet4 ,peut-tre1 ce que je dis du c>actre d'univ]salit de l'art ,rome1 object]a-t-on que ,mi*el-,ange semble bi5 exprim] le gnie p>ticuli] de cette ville avec autant d'troitesse que ,tiepolo la fte mlancolique de ,v5ise1--,sodoma l'ard5te passion de la ville o sa9te ,ca!r9e eut ses extases1--,botticelli la grce crbrale de ,flor5ce--et ,watteau le gnie indulg5t et exquis du vrai ,p>is des ,p>isi5s4 ,mais prcism5t de ce fait qu'on v\drait me prs5t] comme une contradiction1 je tire mon meilleur argum5t4 ,il e/ vrai que ,mi*el-,ange e/ si p>ticuli] qu'on le confond avec le gnie de ,rome mme2 or1 ce que nul ne conte/]a1 c'e/ qu'il exprime t\te la puissance d'tre9dre de la s5sibilit huma9e4 ,ses sybilles ne sont pas comme les filles de ,watteau1 de ,botticelli1 de ,sodoma1 de ,tiepolo1 l'humanit raff9ant droite ou gau*e1 elles sont t\t l'homme p\ssant plus avant ses v]tus1 l'homme plus virilis4 #c ,au re/e1 les glises1 quel qu'ait t le gt de ,m>ie ,ba%kirtseff p\r les salons et p\r l'art1 demeur5t le vritable r5dez-v\s de qui voyage avec le s\ci des *oses psy*iques4 ,c'e/ encore l que1 jusqu' cette heure1 l'humanit a le mieux tmoign sa re*]*e du div91 et p> cette antique conscration elles attir5t ceux-l mmes de nos mod]nes qui ont p]du le s5s des dogmes4 ,or quelle ville oppos]ait ses basiliques ,rome8 ,notre-,dame et la ,sa9te-,*apelle1 la ca?drale de ,cologne1 ,sa9t-,m>c de ,v5ise1 ,sa9te-,sophie de ,con/ant9ople1 dans leur clatante div]sit app>aiss5t *acune comme la fivre my/ique p>ticulire au pays qui les leva4 ,mais ,rome rassemble t\tes ces fivres p\r en faire une =ce h>monieuse1 et1 appuye sur trois c5t quatre-v+t-neuf glises1 elle fait voir notre imag9ation la *rti5t entire1 l',eglise4 ,le ca?olicisme6 ,voil o t5d5t et s'expliqu5t t\s les m\vem5ts de notre coeur1 qui n'e/ obscur et mal l'aise que p\r avoir accueilli les fivres de c9q ou six peuples4 ,c'e/ tiraill p> elles que le cosmopolite1 t\j\rs incompltem5t satisfait1 erre trav]s l',europe2 il les satisf]ait dans la capitale o conv]g5t t\tes les nations4 ,t&is que sonnait le beffroi de ,bruges1 ,m>ie ,ba%kirtseff1 qui v5ait de visit] les ,meml+1 se s5tait1 j'imag9e1 un peu bgu9e et une "p d'elle demeurait inoccupe2 de mme1 p> un l\rd soleil de pr9temps si1 quittant le caf ,quadri1 elle prit le frais aux votes de sa9t ,m>c1 elle s'y s5tit dom9e d'un rve s5suel d',ori5t et une "p d'elle s\pirait encore4 ,j'ai connu ces insuffisances des plus nobles /ations1 mais un soir de mai1 v]s les c9q heures1 s\s le *ne de ,san ,on(rio o le ,tasse s5tit sa pit1 complique des dlicatesses de l'hrosme et de la volupt1 s'exalt] jusqu' la folie1 je v\lus bais] cette t]re roma9e1 c> je compris que de ceux qui l'ont f\le1 j'ai hrit t\tes mes *res faons de s\ffrir et de j\ir4 ,qu' sa9t ,pi]re d'autres discut5t ces froids espaces et cette pompe ar*itecturale1 p\r moi j'y di/+uais seulem5t les confessionnaux qui tapiss5t cette imm5se ence9te et o l'on p>le t\tes les langues4 ,c'e/ ici le po9t ma?matique o t\s les s\pirs civiliss se confond5t p\r =m] la s5sibilit *rti5ne4 ,tant d'motions qui fur5t apportes s\s cette c\pole des po9ts extrmes de la *rti5t1 en se ralisant dans une me1 la =m]ai5t la mo9s m>que de p>ticul>its qu'on puisse imag9] et la plus capable de s'accommod] sans froissem5t des milieux les plus div]s4 ,l'me qui s]ait faite de t\s les p*s1 inquitudes et scrupules qui v9r5t ici *]*] la paix1 s]ait exactem5t celle que n\s n\s reprs5tons s\s le nom de s5sibilit cosmopolite4 ,p\r moi1 jamais je ne fran*is ce seuil fameux sans qu'une motion d'tre au po9t le plus s5sible de l'humanit m'incl9t m'ag5\ill]4 ,l seulem5t1 p>mi ces directeurs de consci5ces polyglottes1 j'eusse pu tr\v] quelqu'un qui p>lt ma langue4 ,l seulem5t et t *ez elle ,m>ie ,ba%kirtseff1 notre soeur1 si belle1 p>ce qu'elle tait ard5te de t\tes les inquitudes de t\s les peuples4 99 99 99 99 99 ,m>ie ,ba%kirtseff se ft tonne qu'on confondt son cosmopolitisme avec le s5tim5t des ca?oliques1 et ceux-ci de mme se p\rrai5t *oqu]4 ,*ez les uns et *ez les autres1 ne s]ait-ce pas connaissance insuffisante des beso9s qui les anim5t8 ,ces g5s qui r5onc5t t\t et ces g5s qui dsir5t t\t sont bi5 faits p\r s'ent5dre4 ,les uns et les autres1 en effet1 ne se satisfont de ri52 ils ont un degr t\rm5tant le s5s du prcaire1 le dsir de la p]fection4 ,oui1 cosmopolites et ca?oliques sont de la mme famille1 et simplem5t n\s devons n\s tonn] qu' une mme poque on puisse m5] p> des s5ti]s si diffr5ts la mme p\rsuite du div94 ,af9 que mademoiselle ,ba%kirtseff t\*t en quels po9ts ses s5tim5ts s'accordai5t avec le plus exalt ca?olicisme1 et p\r illu/r] d'une anecdote roma9e le tableau que je trace de la v]tu surhuma9e de cette ville1 j'eusse aim lui propos] un idal de ds9tressem5t auquel elle tait bi5 digne d'atte9dre4 ,connaissez-v\s l'hi/oire d',alex&r9e d',alopu et d',alb]t de la ,f]ronays1 telle que n\s la raconte le ,rcit d'une soeur et dont n\s sommes quelques-uns demeur] aussi mus que du ,j\rnal de ,m>ie ,ba%kirtseff1 c> ce sont l deux monographies d'une s5sibilit hroque embellies p> le romanesque de la beaut et de la mort4 ,mademoiselle ,ba%kirtseff1 qui tait t\te remplie d'une ardeur un peu nave p\r les rap9s et p\r le dessus du pani] p>isi51 m'et sans d\te int]rompu aux premi]s mots que je lui eusse dit d'un livre1 rs]v p\r l'ord9aire aux jeunes femmes un peu timores de prov9ce4 ,ne s\riez pas1 lui rpliqu]ais-je1 le gt que j'ai p\r ,alb]t de ,la ,f]ronays "p des mmes proccupations qui m'attir5t v]s v\s4 ,l'trange importance que v\s attribuez au tal5t6 ,et qu&1 les jug] de notre po9t de vue d'cole1 il s]ait pr\v que leur langue e/ t]ne et leur vocabulaire banal1 en voil un bel emp*em5t ma viol5te sympa?ie6 ,je les aime p>ce qu'ils ont eu de l'exaltation ds9tresse4 ,ils ont pr\v l'am\r pur dont ,leibnitz a donn une df9ition que je veux rapport]1 c>1 avec leur s*]esse1 ces esprits1 tels encore ,comte et ,sp9osa1 pass5t s+ulirem5t les g5tillesses des arti/es4 ,l'am\r pur1 dit-il1 c'e/ d'tre port tr\v] du plaisir dans les p]fections ou dans la flicit de l'objet1 et p> consqu5t tr\v] de la d\leur dans ce qui peut tre contraire ces flicits4 ,cet am\r a proprem5t p\r objet les sub/ances susceptibles de la flicit1 mais on en tr\ve quelque image l'g>d des objets qui ont des p]fections1 sans les s5tir1 comme s]ait1 p> exemple1 un beau tableau4 ,celui qui tr\ve du plaisir le contempl] et qui tr\v]ait de la d\leur le voir gt1 qu& il app>ti5drait mme un autre1 l'aim]ait p\r a9si dire d'un am\r ds9tress1 ce que ne s]ait pas celui qui aurait seulem5t en vue de gagn] et de v5dre ou de s'attir] de l'applaudissem5t en le faisant voir4 ,alb]t de la ,f]ronays p\ssa l'am\r jusqu' (frir ,dieu sa vie p\r qu',alex&r9e d',alopu1 une prote/ante qu'il aimait1 connt la vraie religion4 ,peu aprs1 il m\rut1 et1 auprs du lit de leurs brves am\rs1 dev5u p> l'int5sit de son voeu d'idali/e son lit de mort1 une p>celle de l'ho/ie qui allait tre son viatique fut la premire communion de sa jeune amante4 ,combi5 il m'humilie dj cet homme s+uli] assez ds9tress p\r s\hait] la mort entre les bras de celle qui l'enivre1 af9 qu'elle soit encore ennoblie p> la possession de la vrit2 mais1 o je suis glac de dgt env]s moi-mme1 c'e/ qu& je vois celle qui prit sur les lvres refroidies du mort un don si =t de mpris] les *oses prissables qu'elle s'leva jusqu' dire3 ,lorsque j'ai t dp\ille de t\t1 c'e/ alors que mon bonheur et mes dlices et mon am\r ont comm5c4 ,le voil ce s5tim5t du prcaire et cet lan v]s la p]fection1 p> quoi sont emports1 aussi =t que les ca?oliques1 ces cosmopolites qui se press5t de pays en pays1 de passions en passions1 en?\sia/es et jamais possds1 r5onant *aque j\r et dsirant t\j\rs1 les yeux fivreux et les ma9s sans prise1 p>ce qu'aucune des =mes passagres qui empliss5t l'univ]s ne leur livre le non-prissable1 le div94 ,hauta9 idalisme o communi5t1 sans se reconnatre1 le cosmopolite qui ne veut plus ni ciel ni patrie1 ni foy]1 et le ca?olique qui r5ie mme d'tre de cette t]re4 ,nul lieu ne les cont5t]a1 hors ,rome o veill5t les ,sybilles de ,mi*el ,ange1 dont les yeux graves font voir une me gtant le plaisir am] d'ador] ce qui ne meurt pas1 au milieu de t\t ce qui passe4 ,a notre cosmopolitisme1 notre dilettantisme1 notre *] nihilisme enf91 p\r dire le mot qui rsume le mieux notre drac9em5t moral1 la gr&e ville ca?olique re/itue leur s5s complet1 en mme temps qu'elle leur donne une haute allure4 ,a sa lueur nos dgts et notre ardeur m'app>aiss5t ce qu'ils sont en ralit1 un s5tim5t religieux4 ,mademoiselle ,ba%kirtseff fut emporte p> une inju/e mort avant d'avoir pr(it de l'ducation de ,rome4 ,il faut p\rtant lui en assur] le bnfice dans la lg5de que n\s lui organisons4 ,p>is1 p> sa coquett]ie et sa bonne grce1 ,londres1 p> l'hospitalit solide et digne de ses c]cles et de ses petites maisons1 ,v5ise1 p> sa fivre romantique1 se font accept] du premi] abord4 ,mais ,rome e/ une acquisition si l\rde qu'une me de v+t ans dfaille4 ,cette ville-l1 t\t pure de vulg>it1 n'e/ pas une jolie matresse qui accueille et c>esse nos habitudes1 c'e/ une imprieuse qui froisse et rompt en n\s ce qu'elle e/ime indigne4 ,plus t>d ,m>ie ,ba%kirtseff s'y ft plu2 qu'y ft-elle dev5ue8 ,sans qu'on puisse en d\t]1 son bohmianisme1 qui n'tait d'abord que l'agitation d'une petite p]sonne de race jeune et s5suelle1 et que ,p>is trans=ma jusqu' tre un s5tim5t ds9tress1 la re*]*e du beau1 ,rome l'et lev au po9t qu'il ft dev5u le mal famili] aux gr&s idali/es qui se lass5t de t\t p>ce que seule la p]fection les satisf]ait4 ,honor soit-il1 ce s5tim5t du prcaire qu'eut avec tant d'int5sit cette petite fille2 n\s avons eu raison d'y mdit]4 ,il n\s fait p>ticip] ces mpris suprieurs que ress5t5t p\r la ralit1 p\r leur moi actuel1 t\s les hommes s\cieux de l'univ]s qu'ils r5f]m5t en puissance et du moi suprieur qu'ils ne sont pas encore4 ,ma9t5ant que je lui ai con/itu t\te sa valeur lg5daire1 celle que je saluais du nom bassem5t mod]ne de ,notre-,dame du ,sleep+-c> n\s app>at une reprs5tation de la =ce t]nelle qui fait surgir des hros dans *aque gnration1 et1 p\r qu'elle n\s soit de bon conseil1 cultivons sa mmoire s\s le vocable hauta9 de ,notre-,dame qui n'tes jamais satisfaite4 ,,table ,,des ,,mati,,res ,traitem5t de l'me ,,ix ,une visite ,lon>d de ,v9ci4 7,hommage aux analy/es du moi74 #a ,une visite ,lat\r de ,sa9t-,qu5t94 7,hommage aux psy*ologues74 #ae ,la lg5de d'une cosmopolite4 7,hommage aux no-ca?oliques74 #cc ,,mile ,,col94--,imp4 de ,lagny