,,avis ,,au ,,peuple ,,sur ,,sa ,,sant1 ,,ou ,,trait ,,des ,,maladies ,,les ,,plus ,,fr,,quentes1 ,par ,m4 ,,tissot1 ,mdecin1 ,membre des ,socits de ,londres de ,ble4 ,,nouvelle ,,dition1 augmente de la ,description de la ,cure de plusieurs ,maladies1 principalement de celles qui demandent de prompts secours4 ,,ouvrage compos en faveur des ,habitans de la ,campagne1 du ,peuple des ,villes1 de tous ceux qui ne peuvent avoir facilement les conseils des ,mdecins4 ,a ,,paris1 ,,aux ,d,,pens ,,de ,p4 ,f4 ,,didot ,,le ,,jeune1 ,quai des ,augustins1 ,s4 ,augustin4 ,m4 ,,dcc4 ,,lxii4 ,avec ,approbation1 ,privilege du ,roi4 ,se vend ,bordeaux1 chez ,louis-,guillaume ,,labottiere1 ,libraire1 ru ,st4 ,pierre1 vis--vis le ,puits de la ,samaritaine4 ,a ,,monsieur ,,le ,,marquis ,,de ,,mirabeau1 ,l',,ami ,,des ,,hommes4 ,,monsieur1 ,le motif qui vous a fait publier tant de vues de rflexions sages utiles sur la population 7l'amour pour l'humanit7 a engag ,m4 ,tissot composer cet ,ouvrage1 afin de diminuer l'effet d'une des principales causes de la dpopulation1 qui est le mauvais traitement des maladies du ,peuple4 ,le desir que j'ai que mes ,compatriotes participent la grande utilit de ce ,livre1 connu par plusieurs ditions traductions en diffrens ,pays1 m'a port en conseiller la rimpression1 y faire les changemens additions ncessaires1 pour qu'il soit d'un usage plus gnral4 ,je vous en fais hommage1 ,,monsieur1 je vous prie de recevoir ce tmoignage du profond respect que j'ai pour l',ami des ,hommes4 ,j'ai l'honneur d'tre1 ,,monsieur1 ,votre trs humble serviteur1 9999994 ,a ,,monsieur ,,tissot4 ,,monsieur1 ,ds le moment de ma naissance1 chacun de mes jours a t marqu par les bienfaits du meilleur des ,peres1 m'a donn lieu de benir la ,providence1 qui m'a fait votre fils1 celui de la plus tendre des ,meres4 ,je ne dois point mettre de bornes ma reconnoissance1 pour qu'elle soit proportionne aux obligations que je vous ai4 ,celle laquelle je suis le plus sensible est le soin confiant que vous avez pris de m'inculquer des principes vertueux de conduite1 dans un tems o ils commenoient dja ne plus entrer dans le plan de l'ducation4 ,s'il en est un dont je sois pntr autant que je dois l'tre1 c'est celui de cette bnficence gnrale1 dont vous m'avez donn l'exemple1 plus encore que le prcepte qui vous intresse si vivement au bonheur de tous les hommes1 qui vous a1 juste titre1 concili le respect l'estime de tous ceux qui vous connoissent4 ,je ne vous appartiendrois pas1 si je n'aimois pas mes semblables1 de quelque ordre qu'ils soient1 si l'envie de leur tre utile n'toit pas ma principale affaire4 ,c'est ce sentiment qui a dict cet ouvrage1 qui vous le fera recevoir avec plaisir4 ,vous partagerez ma joie1 si vous apprenez qu'il soit utile2 vous me rappellerez1 si je pouvois l'oublier1 cette vrit qu'il seroit si dangereux de perdre de vue1 que s'il en rsulte du bien1 je n'en suis que l'instrument4 ,j'ai l'honneur d'tre avec le plus respectueux le plus tendre attachement1 ,,monsieur1 ,votre trs humble trs obissant ,fils1 ,,tissot4 ,a ,lausanne1 le #a ,aot #agfa4 ,,avis4 ,cet ,ouvrage toit presque entierement compos au mois d',avril #agfj2 mais en le retouchant1 avant que de l'envoyer l',imprimeur1 j'ai fait plusieurs changemens1 dont je n'ai point pu parler dans l',introduction1 parcequ'elle toit imprime avant que ces changemens se fissent4 ,ils portent sur deux objets principaux2 les observations1 quelques explications des causes des maladies4 ,je n'avois mis d'abord aucune observation particuliere1 je n'avois donn aucune thorie3 l'ouvrage toit plus court2 mais il toit extrmement sec4 ,j'ai senti que quelques observations1 non point dtailles1 ce qui auroit trop allong1 mais simplement indiques1 seroient utiles2 ce sont des exemples parlans1 qui servent inculquer les prceptes4 ,par rapport aux explications de thorie1 il m'a paru que l'on suivroit plus volontiers une pratique1 quand on connotroit les raisons sur lesquelles elle est fonde4 ,cette esprance m'a dtermin donner ces raisons1 toutes les fois que j'ai p le faire1 sans sortir du plan de simplicit1 que la nature de cet ouvrage m'imposoit3 je suis persuad qu'il n'y a pas une phrase qui soit hors de la porte des principaux ,lecteurs auxquels cet ouvrage est destin4 ,mais l'augmentation qui vient de ces deux articles1 est peu considrable2 ce qui a allong l'ouvrage1 un tiers peut-tre au-del de sa premiere tendue1 c'est l'addition de cinq ou six chapitres1 qui n'entroient point dans ma premiere distribution1 qui me paroissent aujourd'hui aussi ncessaires que les autres4 ,je crains cependant que l'ensemble ne paroisse trop long1 je voudrois avoir eu les conseils de ceux qui le trouveront tel1 pour dterminer les retranchemens que je devois faire4 ,il y a un article important2 c'est le style1 sur lequel je dois me justifier devant ceux de mes ,lecteurs qui peuvent en juger1 qui le trouveront mauvais4 ,ce dfaut vient de plusieurs causes2 la premiere1 peut tre la principale1 est inhrente l',auteur4 ,les autres sont1 #a4 les interruptions frquentes de la composition1 occasionnes par les occupations plus pressantes de la pratique4 #b4 ,les additions dont je viens de parler4 #c4 ,le peu de tems que j'ai p donner la rvision de la copie1 avant que de l'envoyer l',imprimeur4 #d4 ,j'ai volontairement employ plusieurs rptitions de phrases de mots1 mme plusieurs phrases trs communes parmi la plus grande partie des ,habitans de ce pays1 mais qui ne sont point autorises par les regles1 toutes les fois1 que j'ai cru ces ngligences ncessaires pour me faire entendre aux ,lecteurs d'un certain ordre4 ,dans un ouvrage comme celui-ci1 la clart est le premier mrite du style4 ,l'on trouvera1 sans doute1 que dans quelques endroits il y a des directions dont le ,peuple a peu besoin1 quelques conseils dont l'excution seroit difficile pour lui4 ,je n'en disconviens point2 mais je crois avoir averti1 que je n'ai pas exclu du plan de cet ouvrage1 les personnes riches1 qui vivent toute l'anne dans des campagnes loignes du sjour des ,mdecins4 ,les endroits marqus par des guillemets 1 ou des crochets 1 sont pris1 mot mot1 dans quelque ,auteur estim4 ,le ,chapitre ,,xxix1 n'est presque que l'extrait d'un long ouvrage sur cette matiere4 ,je dclare trs expressment que les prix indiqus sont1 il est vrai1 ceux auxquels les ,apoticaires peuvent donner les remedes au paysan pauvre1 sans y perdre1 mais que ce n'est point ceux auxquels tout le monde est en droit de les exiger d'eux4 ,il n'y a point de taxe dans ce ,pays4 ,j'avertis1 en finissant1 que je n'ai donn aucun conseil1 aucun remede1 dont je n'aie vrifi l'efficacit moi-mme2 j'ose esprer qu'ils russiront1 toutes les fois qu'on les emploiera dans les circonstances avec les prcautions que j'indique1 si la maladie n'est pas incurable2 mais j'ajoute en mme-tems1 que les remedes les plus simples1 donns dans des circonstances diffrentes1 ou sans prcautions1 peuvent occasionner des maux affreux4 ,je serois vivement afflig1 si ce malheur arrivoit4 ,je me trouverai heureux1 si cet ,ouvrage peut faire1 au moins1 une partie du bien que je desire4 ,,avertissement ,sur la prsente ,edition4 ,il n'est pas de ,mdecin sensible au plaisir de faire du bien aux hommes1 qui ne voult tre ,auteur d'un ,ouvrage comme celui-ci1 qui tend au soulagement la conservation du ,peuple4 ,ds qu'il a paru1 on a t frapp de son utilit1 de la ncessit de le multiplier2 c'est ce qui en a fait publier en moins d'un an plusieurs ditions traductions en diverses ,langues3 ainsi ,m4 ,tissot devient le bienfaiteur du ,peuple des campagnes1 cette partie la plus nombreuse la plus utile de l'humanit4 ,j'ai souhait que ma ,patrie profitt du travail de cet habile ,praticien2 mais il falloit pour cela faire son ,ouvrage quelques changemens que la diffrence des ,pays rendoit ncessaires4 ,ces changemens se rduisent aux mesures1 au prix des drogues quelques termes particuliers au ,pays de l',auteur4 ,du reste1 l'ouvrage de ,m4 ,tissot est tel qu'il l'a donn4 ,pour ne rien laisser desirer dans ce ,livre1 j'ai cru devoir y faire quelques additions1 en me conformant au ,plan de l',auteur4 ,elles sont de deux especes3 #a4 ,il m'a paru qu'il y avoit quelques maladies frquentes la campagne parmi le ,peuple1 dont ,m4 ,tissot n'a point parl2 c'est sans doute parcequ'elles ne le sont point autant dans son ,pays2 mais il devenoit indispensable de les ajouter une ,edition faite pour ce ,pays-ci4 ,ces maladies sont les hydropisies gnrales du bas ventre1 les aphtes1 la coqueluche1 la suette1 l'ergot1 les engelures1 le carreau1 les crouelles1 c4 #b4 ,on trouvera encore dans cette nouvelle dition des additions d'un second genre1 qui1 sans sortir du plan de l',auteur1 augmentent l'utilit de cet ,ouvrage1 qui sont ncessaires ceux qui se serviront de ce ,livre4 ,dans le grand nombre de maladies dont ,m4 ,tissot n'a point parl1 soit parcequ'elles ne sont pas frquentes la campagne1 soit parcequ'elles exigent absolument les soins d'un ,mdecin2 il y en a quelques-unes1 qui1 lorsqu'elles se prsentent1 demandent des secours trs prompts1 qu'il seroit dangereux de diffrer jusqu' l'arrive du ,mdecin1 lorsqu'il lui faut plusieurs heures pour venir4 ,du nombre de ces maladies sont les accs d'asthme1 les attaques d'pilepsie1 le catharre suffocant1 les hmorrhagies1 l'touffement ou suffocation1 les accidens produits par la goutte remonte1 les ruptions rentres1 la suppression1 les hmorrhagies1 les poisons1 c4 ,,table ,,des ,,chapitres ,,et ,,des ,,principaux ,,articles4 ,,introduction1 pag4 xxiv ,premire cause de dpopulation4 ,les migrations1 ibid4 ,seconde cause4 ,le ,luxe la ,dbauche1 xxvij ,troisieme cause4 ,l',agriculture nglige1 xxx ,quatrieme cause4 ,mauvais traitement des maladies1 xxxij ,moyens de rendre ce ,livre utile1 xxxv ,dfinition de quelques termes1 xlij ,,chapitre ,i4 ,causes des maladies les plus frquentes parmi le ,peuple1 pag4 #a ,premiere cause4 ,excs du travail1 ibid4 ,seconde cause4 ,air froid quand on a chaud1 #b ,troisieme cause4 ,boisson froide1 quand on a chaud1 #d ,quatrieme cause4 ,inconstance des tems1 #e ,cinquieme cause4 ,l'emplacement des fumiers des ,mares1 #g ,sixieme cause4 ,l'ivrognerie1 #i ,septieme cause4 ,les alimens1 #aj ,huitieme cause4 ,la boisson1 #ab ,neuvieme cause4 ,l'emplacement des maisons1 #ac ,,chapitre ,,ii4 ,causes qui augmentent les maladies du ,peuple4 ,attentions gnrales1 #af ,premiere cause4 ,les soins qu'on prend pour faire suer1 les moyens qu'on emploie pour cela1 #ag ,danger des chambres chaudes1 #ah ,danger des choses chauffantes1 ibid4 ,seconde cause4 ,la quantit la qualit des alimens qu'on donne1 #bc ,troisieme cause4 ,les mtiques les purgatifs au commencement de la maladie1 #bg ,,chapitre ,,iii4 ,ce qu'il faut faire dans les commencemens des maladies4 ,diette des maladies aiges1 #cb ,signes qui annoncent les maladies4 ,moyens de les prvenir1 #cc ,rgime des malades1 #cf ,utilit des fruits1 #ci ,soins dans la convalescence1 #dc ,,chapitre ,,iv4 ,inflammation de poitrine1 ,symptmes de la maladie1 #ea ,usage de la saigne1 #eb ,signes d'amandement1 #ee ,crises1 symptmes qui les prcedent1 ibid4 ,danger des mtiques1 des purgatifs1 des anodins1 #eh ,suppression des crachats1 moyens d'y remdier1 #ei ,formation des abcs dans le poumon1 ou vomiques1 #fj ,danger des remedes balsamiques1 #gc ,inutilit de l'antihectique1 #ge ,l',empyeme1 #gf ,gangrene du poumon1 #gg ,squirrhe1 #gg ,,chapitre ,v4 ,de la pleursie1 #gi ,danger des remedes chauds1 #hc ,pleursies habituelles1 #hf ,le sang de bouquetin1 la suie1 le ,genipi1 #hh ,,chapitre ,,vi4 ,des maux de gorge1 #ij ,traitement qu'on doit employer1 #id ,formation de l'abcs1 #ih ,les ourles ou oreillons1 #ajb ,epidmie des maux de gorge putrides1 qui a regn ,lausanne1 #ajc ,,chapitre ,,vii4 ,des rhumes1 #aaj ,diffrens prjugs sur les rhumes1 ibid4 ,danger des boissons chauffantes1 #aag ,moyens de gurir les personnes catharreuses ou fluxionnaires1 #aah ,,chapitre ,,viii4 ,des maux de dents1 #aba ,,chapitre ,,ix4 ,de l',apoplexie1 #abi ,apoplexie sanguine1 coup de sang1 #acj ,apoplexie sreuse1 #acc ,moyens de prvenir les rechutes1 #acd ,,chapitre ,x4 ,coups de ,soleil1 #acg ,,chapitre ,,xi4 ,du ,rhumatisme1 #adf ,rhumatisme aigu1 ou avec fievre1 ibid4 ,rhumatisme chronique1 sans fievre1 #aee ,danger des remedes spiritueux gras1 #afj ,,chapitre ,,xii4 ,de la rage1 #afc ,,chapitre ,,xiii4 ,de la petite vrole1 #agd ,symptmes de cette maladie1 #age ,danger des remedes sudorifiques1 #ahd ,traitement de la petite vrole benigne1 #ahh ,usage de la saigne1 #ahh ,fievre de suppuration1 #ahi ,ncessit d'ouvrir les boutons1 #aia ,danger des remedes qui font dormir1 #aic ,,chapitre ,,xiv4 ,de la rougeole1 #aie ,moyens de remdier aux suites qu'elle laisse1 #bja ,,chapitre ,,xv4 ,de la fievre ardente ou chaude1 #bjc ,,chapitre ,,xvi4 ,des fievres putrides1 #bjg ,,chapitre ,,xvii4 ,des fievres malignes1 #baf ,danger de l'application des animaux vivans1 #bbh ,,chapitre ,,xviii4 ,des fievres d'accs1 #bbh ,fievres de ,printems1 ,fievres d',automne1 #bcj ,moyens de gurir par le ,quinquina1 #bcc ,faon de conduire pendant l'accs1 #bch ,remedes fbrifuges diffrens du ,quinquina1 #bdj ,traitement des ,fievres invtres1 #bda ,fievres pernicieuses1 #bdb ,maux priodiques1 qui sont des ,fievres dguises1 ibid4 ,prservatif dans les airs mal-sains1 #bdd ,,chapitre ,,xix4 ,des ,ersipelles1 #bde ,ersipelles habituelles1 #beb ,piqures d',animaux1 #bec ,,chapitre ,,xx4 ,des inflammations de poitrine1 des pleursies fausses bilieuses1 #bee ,fausse inflammation de poitrine1 #bef ,fausse pleuresie1 #bfj ,,chapitre ,,xxi4 ,des coliques1 #bfc ,colique inflammatoire1 #bfd ,colique bilieuse1 #bfi ,colique d'indigestion1 #bgc ,colique venteuse1 #bgd ,coliques aprs le froid1 #bgf ,,chapitre ,,xxii4 ,du ,miserere du cholera morbus1 #bgh ,miserere1 ou passion iliaque1 ibid4 ,cholera morbus1 ou trousse-galant1 #bhc ,,chapitre ,,xxiii4 ,de la ,diarhe1 #bhh ,,chapitre ,,xxiv4 ,de la ,dyssenterie1 ou ,flux de sang1 #bia ,symptmes de la maladie1 #bic ,remedes1 #bid ,usage des fruits1 #big ,danger de plusieurs remedes1 #cjj ,,chapitre ,,xxv4 ,de la ,galle1 #cjc ,,chapitre ,,xxvi4 ,avis pour les ,femmes1 #cjh ,les regles1 ibid4 ,les ples-couleurs1 ibid4 ,suppression des regles1 #cab ,cessation des regles1 ibid4 ,grossesse1 #cag ,accidens dans la grossesse1 #cah ,couches1 #cai ,suite de ,couches1 #cbb ,pertes1 #cbc ,inflammation de matrice1 ibid4 ,suppression des lochies1 #cbd ,fievre de lait1 ibid4 ,lait rpandu1 ibid4 ,maladies du sein4 ,poil4 ,cancer1 #cbf ,,chapitre ,,xxvii4 ,avis pour les ,enfans1 #cbf ,premiere cause de leurs maux4 ,le ,meconium1 #cbh ,seconde cause4 ,le lait aigri1 #cbi ,danger de l'huile1 #cbi ,drangemens de la transpiration4 ,moyens de l'entretenir4 ,lavage l'eau froide1 #ccb ,troisieme cause4 ,la sortie des dents1 #cce ,quatrieme cause4 ,les vers1 #ccf ,convulsions1 #cda ,soins ncessaires pour les rendre robustes1 #cdb ,,chapitre ,,xxviii4 ,secours pour les noys1 #cdf ,,chapitre ,,xxix4 ,des corps arrts entre la bouche l'estomac1 #cee ,,chapitre ,,xxx4 ,maladies chirurgicales1 #cgh ,des ,brlures1 #cgi ,des ,plaies1 #chj ,des meurtrissures1 #chf ,des chtes1 #cic ,des entorses ou foulures1 #cie ,des ,ulceres1 #cig ,des ,membres gels1 #dja ,des ,hernies1 #djf ,des ,furoncles ou ,clous1 #daj ,des ,panaris1 #dab ,des verrues1 #dag ,des cors1 #dai ,,additions1 #dbj ,anasarque1 ,bouffissure1 ou ,hydropisie gnrale1 #dbj ,aphtes1 #dbh ,ascite1 ou ,hydropisie du bas ventre1 #dcd ,accs d',asthme1 #dcg ,carreau1 #ddc ,catharre suffocant1 #ddf ,colique nphretique inflammation des reins1 #ddh ,coqueluche1 #dej ,dartres maladies de la peau1 #dec ,ecrouelles1 ou humeurs froides1 #dee ,enflure des jambes1 des mains1 #dfa ,engelure1 #dfd ,epilepsie1 ou ,mal-caduc1 #dff ,epreintes ou ,tenesme1 #dga ,eruptions rentres4 ,ecoulemens supprims1 #dgb ,etouffement4 ,suffocation1 #dge ,goutte remonte1 #dgf ,hmorrhagies en gnral1 #dgh ,crachement de sang1 #dha ,hemorrhodes fluentes non fluentes1 #dhb ,pissement de sang1 #dhd ,saignement de nez1 ibid4 ,vomissement de sang1 #dhe ,hmorrhagies supprimes1 #dhf ,jaunisse1 #dhg ,inflammation en gnral1 #dhi ,incontinence d'urine4 ,diabete1 #dib ,maladies pidmiques1 #dic ,suette1 #dic ,ergot1 #die ,ophtalmie4 ,inflammation des yeux1 #dih ,poisons4 ,coliques1 #dii ,vomissement1 #ejc ,,des ,,remedes de ,prcaution1 #ejd ,de la ,saigne1 #eje ,des ,purgations1 #eac ,remarques sur quelques autres remedes1 #ebj ,des ,charlatans des ,mages1 #ebc ,,questions auxquelles il est absolument ncessaire de savoir rpondre1 quand on va consulter un ,mdecin1 #edc ,questions communes1 #edd ,questions relatives aux ,femmes1 #ede ,questions relatives aux ,enfans1 #edf ,,table des ,remedes1 avec des ,notes pour se servir du ,remede auquel elles se rapportent1 #edh ,,prix des ,drogues recommandes dans cet ,ouvrage1 #efi ,fin de la ,table des ,chapitres4 ,,fautes ,d',,impression ,qu'il est ncessaire de corriger avant de se servir de l',ouvrage4 ,page #abb1 ligne #be3 mettez un point aprs quelquefois1 effacez celui qui est avant4 ,page #abh1 ligne #bj3 j'en ai3 mettez j'ai4 ,page #afc1 ligne #bj3 quoiqu'il n'ait1 mettez quand il n'a4 ,page #agh1 ligne #ah3 qui1 effacez 4 ,page #bac1 ligne #bg3 ,n4 #h1 mettez ,n4 #aj4 ,page #bgg1 ligne #b3 troisieme1 ajoutez jour4 ,page #dci1 ligne #ai3 fluide1 effacez la virgule1 mettez-la aprs agit4 ,page #dda1 ligne #i3 ,n4 #i1 mettez ,n4 #aa4 ,page #dee1 ligne #h3 d'iris1 mettez de ris4 ,page #dfd1 ligne #be3 sur la peau1 mettez la surpeau4 ,page #dgi1 ligne #ba3 ,n4 #e1 effacez #e4 ,page #ejj1 ligne #e3 ,n4 #bj1 mettez ,n4 #bb4 ,,introduction4 ,la diminution du nombre des habitans dans la plpart des ,etats de l',europe1 est une vrit de fait1 qui frappe tout le monde1 dont on se plaint par-tout1 que les dnombremens dmontrent4 ,cette dpopulation se remarque principalement dans les campagnes4 ,elle a plusieurs causes2 je me croirois heureux1 si je pouvois contribuer remdier une des principales1 qui est la mauvaise mthode employe dans les campagnes pour traiter les malades2 c'est-l mon unique objet3 mais l'on me permettra d'indiquer les autres causes concourantes4 ,on peut les rduire deux classes gnrales4 ,il sort plus de monde des campagnes qu'autrefois1 l'on peuple moins par-tout4 ,il y a plusieurs especes d'migration3 l'on sort pour se mettre dans les troupes de terre de mer1 ou pour prendre diffrens tats hors de son pays2 on se fait domestique1 commerant1 c4 ,le service1 tant de terre que de mer1 nuit la population1 de plusieurs faons4 ,premierement il ne rentre pas autant d'hommes qu'il en sort2 les combats1 les dangers les fatigues de la guerre1 les affaires particulieres1 les mauvaises nourritures1 les excs dans le boire le manger1 la dbauche les maladies qui en sont les suites1 le mal du pays2 les maladies pidmiques pestilentielles ou contagieuses1 causes par l'air pernicieux de ,flandres1 de ,hollande1 d',italie1 de ,hongrie1 les longues croisieres1 les voyages aux ,indes ,orientales ,occidentales1 en ,guine1 c4 en emportent un grand nombre4 ,la dsertion d'ailleurs1 dont ils craignent les suites en rentrant chez eux1 en oblige plusieurs s'expatrier pour toujours4 ,d'autres1 au sortir du service1 embrassent des tablissemens1 dont le service leur a fourni l'occasion1 qui les loignent de tout retour4 ,en second lieu1 en supposant mme qu'ils revinssent tous1 le pays souffriroit galement de leur absence1 parcequ'ils sont absens dans le tems de la plus grande aptitude la population2 parceque1 quand ils reviennent1 ils ont perdu cette aptitude par l'ge1 les infirmits1 les dbauches2 parceque souvent1 s'ils se marient1 leurs enfans1 victimes des drglemens paternels1 sont foibles1 languissans1 maladifs1 meurent jeunes1 ou vivent incapables d'tre utiles la socit2 enfin1 parceque le got du libertinage qu'ils ont contract en empche plusieurs de se marier4 ,mais quoique ces inconveniens soient rels trs connus1 cependant1 comme le nombre de ceux qui peuvent sortir de cette faon est born1 qu'il est mme peu considrable1 relativement au nombre des habitans que le pays devroit avoir1 que cette expatriation a peut-tre t ncessaire dans un tems1 pourroit le redevenir si les autres causes de dpeuplement finissoient1 c'est1 sans doute1 la moins fcheuse1 la derniere qui demandera quelque considration4 ,l'expatriation1 qui a pour objet le changement d'tat1 est encore plus considrable ou plus nombreuse2 elle a ses inconvniens particuliers qui sont en grand nombre1 malheureusement c'est une pidmie1 dont les ravages vont en croissant2 par une raison simple3 c'est que le succs d'un seul en dtermine cent aller courir les mmes hazards1 que peut-tre quatre-vingt-dix-huit choueront4 ,l'on est frapp du bien1 l'on ignore le mal4 ,je suppose qu'il soit parti1 il y a dix ans1 cent personnes pour aller ce qu'on appelle chercher fortune2 au bout de six mois ils toient tous oublis1 except de leurs parents3 qu'il en soit revenu un cette anne avec quelques biens au-dessus de son patrimoine1 ou qu'il y en ait un qui ait une place o il y ait peu travailler1 tout le pays en est instruit1 s'en occupe2 une foule de jeunes gens sont sduits partent1 parceque personne ne pense que des quatre-vingt-dix-neuf1 qui toient partis avec lui1 la moiti a pri2 une partie est misrable1 le reste est de retour1 sans avoir gagn autre chose que l'incapacit de s'occuper utilement dans son pays dans sa premiere vocation3 ayant priv le pays d'un grand nombre de cultivateurs1 qui1 en faisant valoir les terres1 y auroient attir beaucoup d'argent l'aisance4 ,le petit nombre qui russit est publi2 la foule qui choue reste dans un profond oubli4 ,le mal est trs grand trs rel4 ,quel pourroit en tre le remede8 ,il suffiroit peut-tre de faire connotre le danger1 le moyen est ais3 il n'y auroit qu' tenir annuellement un registre exact de ceux qui sortent1 au bout de six1 huit1 dix ans1 en publier la liste avec le succs de leur voyage4 ,je suis tromp1 ou1 au bout d'un certain nombre d'annes1 l'on ne verroit pas autant de gens quitter leur lieu natal1 dans lequel ils peuvent vivre heureux en travaillant1 pour aller dans les pays trangers chercher des tablissemens1 dont les listes que je propose leur dmontreroient l'incertitude1 combien l'tat qu'ils auroient eu dans leur patrie est prfrable celui qu'ils ont eu4 ,l'on ne partiroit qu'avec des avantages presque srs2 il sortiroit beaucoup moins de gens2 trouvant moins de concurrens1 ils russiroient mieux2 trouvant moins de leurs compatriotes hors de chez eux1 ils y reviendroient plus souvent2 par-l mme il resteroit plus d'habitans au pays1 il en rentreroit davantage1 ils y rapporteroient plus d'argent4 ,le pays seroit plus peupl1 plus riche plus heureux1 parceque le bonheur d'un peuple1 qui vit sur un sol fertile1 dpend beaucoup de la population1 un peu des richesses pcuniaires4 ,non-seulement l'on sort beaucoup du pays1 par-l mme il y a moins de gens pour le peupler2 mais ceux qui y restent1 peuplent1 nombre gal1 moins qu'autrefois2 ou1 ce qui revient au mme1 parmi le mme nombre de personnes1 il y a moins de mariages2 le mme nombre de mariages fournit moins de baptmes4 ,je n'entre point dans le dtail des preuves2 il ne faut que regarder autour de soi pour en tre convaincu4 ,quelles en sont les causes8 ,il y en a deux principales2 le luxe la dbauche1 qui nuisent la population par plusieurs endroits4 ,le luxe oblige le riche qui veut figurer1 l'homme revenus mdiocres1 mais son gal au moins tout autre gard1 qui veut l'imiter1 craindre une nombreuse famille1 dont l'ducation consumeroit des revenus consacrs aux dpenses d'apparat2 d'ailleurs s'il falloit partager son bien entre plusieurs enfans1 ils en auroient tous trs peu1 seroient hors d'tat de soutenir le train des peres4 ,quand le mrite est apprci par la dpense extrieure1 l'on doit ncessairement tcher de se mettre1 de laisser ses enfans1 dans une situation propre soutenir cette dpense4 ,de-l peu de mariages quand on n'est pas riche2 peu d'enfans quand on est mari4 ,le luxe nuit d'une autre faon4 ,la vie drgle qu'il a introduite1 affoiblit la sant1 ruine le temprament1 la propagation s'en ressent ncessairement4 ,la gnration qui passe1 compte des familles de plus de vingt enfans2 celle qui vit1 ne compte pas vingt germains3 malheureusement ce raisonnement contraire la population1 se fait jusques dans les villages2 on n'y est plus convaincu1 que le nombre des enfans fait la richesse du cultivateur1 celle qui vient ne connotra plus les freres4 ,un troisieme inconvnient du luxe2 c'est que le riche se retire des campagnes pour vivre en ville1 qu'il augmente son domestique1 en le tirant de la campagne2 cette augmentation de domestiques est prjudiciable aux campagnes qu'elle prive de cultivateurs1 la population3 ces domestiques n'tant pas l'ordinaire1 occups suffisamment1 ils prennent le got de la vie oisive2 ils deviennent incapables de reprendre le labeur de la campagne1 pour lequel ils toient ns2 tant privs de cette ressource1 ils ne se marient pas1 soit parcequ'ils craignent d'avoir des enfans1 soit par libertinage1 parceque beaucoup de matres ne veulent pas de gens maris2 ou ils se marient tard1 ainsi il nait moins de citoyens4 ,l'oisivet les affoiblit par elle-mme1 les conduit la dbauche1 qui les affoiblit encore davantage2 ils n'auront jamais que peu d'enfans mal sains1 qui ne seront point en tat de fournir des bras aux terres2 ou qui1 levs dans les villes1 ne voudront pas aller la campagne4 ,ceux qui se conduisent le plus sagement1 qui conservent des moeurs1 qui font quelques pargnes1 accoutums la vie de la ville1 craignant la peine de celle des champs1 dont ils ignorent d'ailleurs la conduite1 veulent devenir petits marchands ou artisans1 c'est une perte pour le peuplement1 parcequ'un nombre de laboureurs cre plus d'enfans qu'un nombre gal de citadins1 que1 sur un nombre donn1 il meurt plus d'enfans la ville qu' la campagne4 ,les mmes maux ont lieu pour les domestiques du sexe4 ,aprs dix ou douze ans de service1 les servantes de la ville ne peuvent pas redevenir de bonnes campagnardes2 celles qui embrassent cet tat1 succombent bientt ce travail1 pour lequel elles ne sont plus faites4 ,si l'on revoit une femme marie la campagne1 un an aprs qu'elle a quitt la ville1 il est ais de remarquer combien ce genre de vie l'a vieillie2 souvent la premiere couche1 dans laquelle elles n'ont pas tous les soins que leur dlicatesse exigeroit1 est l'cueil de leur sant2 elles restent dans un tat de langueur1 de foiblesse1 de dprissement2 elles n'ont plus d'enfans2 elles deviennent1 elles rendent leurs maris des membres inutiles l'augmentation du peuple4 ,les avortemens1 les enfans dpayss aprs une grossesse cache1 l'impossibilit de trouver des pouseurs1 sont souvent les effets de leur libertinage4 ,il est craindre que ces maux n'aillent en croissant depuis que1 manque de sujets1 ou par des vues d'oeconomie1 on commence prendre pour domestiques des enfans1 dont les moeurs le temprament ne sont point forms1 se ruinent d'un pas gal par le sjour de la ville1 la fainantise1 le mauvais exemple les mauvaises compagnies4 ,il resteroit1 sans doute1 bien des choses dire sur ces importans objets2 mais outre que je ne veux point trop allonger cet ouvrage1 que beaucoup d'autres occupations ne me laissent point de tems pour tout ce qui n'est pas ,mdecine1 je craindrois de sortir de mon sujet3 tout ce que j'ai dit jusqu' prsent en fait partie1 puisqu'en donnant au peuple des avis sur sa sant1 il falloit lui indiquer les causes qui la corrompent2 mais ce que je pourrois dire de plus1 parotroit peut-tre tranger4 ,je n'ajoute qu'un mot4 ,ne pourroit-on pas1 pour remdier des maux qu'il est impossible de prvenir1 choisir quelque canton du pays1 dans lequel on chercheroit1 par des rcompenses1 #a4 arrter tous ses habitans2 #b4 les encourager par d'autres rcompenses1 une population plus abondante4 ,ils n'en sortiroient point2 ainsi ils n'iroient pas s'exposer tous les maux dont j'ai parl2 on ne s'y marieroit point des trangers qui pourroient y apporter le dsordre2 ainsi vraisemblablement ce quartier1 au bout d'un certain tems1 seroit trop peupl1 pourroit fournir des colonies pour les autres4 ,une cause plus puissante que celles que l'on a rapportes1 a produit jusqu' ce moment en ,france1 la dpopulation2 c'est la dcadence de l'agriculture1 les habitans de la campagne fuyant la milice3 les corves1 les impts1 attirs la ville par l'intrt1 la paresse le libertinage1 ont laiss les campagnes presque dsertes4 ,ceux qui y sont rests1 n'tant point encourags au travail1 ou ne suffisant pas pour ce qu'il y a faire1 se sont contents de cultiver ce qu'il leur falloit absolument pour subsister2 ils ont gard le clibat1 ou se sont maris tard2 ou1 l'exemple des habitans des villes1 ils ont refus l',etat1 leur femme1 la nature1 ce qu'ils leur devoient4 ,la terre prive de cultivateurs par cette expatriation cette inaction1 n'a point rapport1 la dpopulation des campagnes a augment tous les jours1 parceque la mesure de la subsistance est celle de la population1 que l'agriculture peut seule multiplier les subsistances4 ,une seule comparaison fera sentir l'importance la vrit de ces principes1 ceux qui n'en ont pas vu le dveloppement la dmonstration dans les ouvrages de l'ami des hommes4 ,un ancien ,romain1 toujours prt retourner labourer son champ1 vivoit lui sa famille d'un arpent de terre3 un sauvage qui ne seme ni ne laboure1 consume seul le gibier que cinquante arpens de terre peuvent nourrir2 consquemment ,tullus ,hostilius avec mille arpens de terre1 pouvoit avoir cinq mille sujets2 tandis qu'un chef de ,sauvage1 born au mme territoire1 auroit peine vingt hommes3 telle est la disproportion immense que l'agriculture peut tablir dans la population2 c'en sont ici les deux extrmits4 ,un ,etat se dpeuple en proportion de ce qu'il s'loigne de l'une se rapproche de l'autre4 ,on voit videmment1 que s'il y a quelque part augmentation de subsistances1 il y aura bientt augmentation de population1 qui1 son tour1 facilitera encore l'augmentation de la subsistance4 ,dans un tel pays1 il y aura abondance d'hommes1 qui1 aprs avoir fourni le nombre ncessaire au service des armes1 au commerce1 la ,religion1 aux arts1 aux professions de toute espece1 c4 donnera encore des colonies qui iront porter au loin le nom le bonheur de leur ,nation3 il y aura abondance de choses1 dont le supperflu sera transport chez l'tranger1 pour en avoir d'autres que le pays ne fournit point2 l'excdent de l'change1 donn en argent1 rendra la ,nation riche1 par-l redoutable ses voisins heureuse4 ,l'agriculture en vigueur peut produire tant d'avantages1 ce siecle aura la gloire de l'avoir renouvelle en favorisant les ,agriculteurs1 en les encourageant1 en tablissant les socits d'agriculture4 ,je passe enfin la quatrieme cause de dpopulation2 c'est la faon dont le peuple est conduit dans les campagnes quand il est malade4 ,j'en ai t pntr de douleur plusieurs fois4 ,j'ai t tmoin1 que des maladies qui auroient t trs legeres1 devenoient mortelles par le traitement3 je suis convaincu1 que cette cause fait seule autant de ravages que les prcdentes2 elle mrite bien1 sans doute1 toute l'attention des ,mdecins1 dont la vocation est de travailler la conservation de l'humanit4 ,pendant que nous donnons nos soins sa partie la plus brillante dans les villes1 sa moiti la plus nombreuse la plus utile prit misrablement dans les campagnes1 ou par des maux particuliers1 ou par des pidmies gnrales1 qui1 depuis quelques annes1 paroissent dans diffrens villages1 y font des ravages considrables4 ,cette rflexion affligeante m'a dtermin donner ce petit ,ouvrage1 qui est uniquement destin pour ceux que leur loignement des ,mdecins met dans le cas d'tre privs de leurs secours4 ,je ne dtaillerai point ici mon plan1 qui est fort simple2 je me contente de dire1 que j'ai donn tous mes soins le rendre le plus utile qu'il m'a t possible2 j'ose esprer que1 si je n'ai pas montr tout le bien qu'on peut faire1 au moins j'ai fait connotre les traitemens pernicieux qu'il faut viter4 ,je suis intimement convaincu qu'on peut faire mieux que moi2 mais ceux qui seroient en tat1 ne l'entreprennent pas3 j'ai plus de courage1 j'espere que les gens qui pensent1 me sauront quelque gr d'avoir donn un ,ouvrage1 dont la composition est rebutante par sa facilit mme1 par les dtails minutieux qu'il exige1 par la ncessit de ne dire que les choses les plus connues1 par l'impossibilit d'y traiter aucune matiere fond1 ou d'y dvelopper aucune vue nouvelle utile2 c'est le travail d'un ,pasteur1 qui criroit un catchisme pour de petits enfans4 ,je n'ignore pas cependant1 que l'on a dja quelques ouvrages destins pour les malades de la campagne1 qui sont privs de secours2 mais les uns1 quoique faits dans un bon but1 produisent un mauvais effet3 de cette espece sont tous les recueils de remedes1 sans description de maladie1 par-l mme sans aucune regle sre pour l'application2 tels1 par exemple1 que le fameux recueil de ,madame ,,fouquet1 quelques autres dans le mme got4 ,les autres se rapprochent du plan du mien2 mais plusieurs ont embrass trop de maladies1 par-l mme sont devenus trop volumineux2 d'autres ont t trop courts sur chaque article3 d'ailleurs ils n'ont point insist assez sur les causes des maladies1 sur le rgime gnral1 les mauvais traitemens les signes des maladies2 leurs recettes ne sont point gnralement aussi simples aussi aises prparer qu'elles doivent l'tre2 enfin ils paroissent la plpart s'tre ennuys de cet ouvrage vraiment triste1 l'avoir expdi trop promptement4 ,il n'y en a que deux1 que je dois nommer avec respect1 qui1 s'tant propos un plan fort semblable au mien1 l'ont rempli avec une supriorit qui mrite toute la reconnoissance du public4 ,l'un est ,m4 ,,rosen1 premier ,mdecin du ,royaume de ,suede1 qui1 depuis quelques annes1 s'est servi de son crdit pour faire le plus grand bien aux peuples4 ,il a fait retrancher dans les almanachs1 ces contes ridicules1 ces avantures extraordinaires1 ces conseils d'astrologie pernicieux1 qui1 en ,suede1 comme ici1 ne servent qu' entretenir l'ignorance1 la crdulit1 la superstition1 les prjugs les plus faux sur la sant1 les maladies les remedes2 il a pris la peine de composer sur les maladies populaires des traits simples1 qu'il a substitus ces tas de sottises3 mais ces petits ouvrages1 qui paroissent annuellement dans chaque almanach1 n'ont point encore t traduits du ,suedois1 par-l mme1 je n'ai pu en tirer aucun parti4 ,l'autre est ,m4 le ,baron de ,,swieten1 premier ,mdecin de ,leurs ,majests ,impriales1 qui a bien voulu se donner les soins de faire1 il y a deux ans1 pour les armes1 ce que je fais aujourd'hui pour les campagnes4 ,quoique mon ouvrage ft en grande partie compos quand le sien m'est parvenu1 j'en ai pris diffrens morceaux2 si nos vues eussent t prcisment les mmes1 j'aurois cru rendre un plus grand service en cherchant rpandre son livre1 qu'en en publiant un nouveau2 mais comme il n'a rien dit sur plusieurs articles que je traite fort au long1 qu'il a trait de plusieurs maladies qui n'entrent pas dans mon plan2 qu'il ne dit rien de quelques autres1 dont je suis oblig de traiter3 nos deux ouvrages1 sans parler de la supriorit du sien1 sont trs diffrens relativement au fond des maladies2 mais dans les maladies que nous examinons l'un l'autre1 je me fais une gloire d'tre presque toujours dans ses principes4 ,cet ,ouvrage n'est point fait pour les vrais ,mdecins2 mais peut tre1 outre mes amis1 quelques-uns le liront4 ,je leur demande une grace1 c'est de vouloir bien entrer dans l'esprit de l',auteur1 ne point le juger comme ,mdecin d'aprs ce livre3 je les avertis mme ici1 qu'ils feront mieux d'en quitter la lecture1 qui ne doit rien leur apprendre4 ,ceux qui lisent pour critiquer1 trouveront un plus vaste champ dans les autres brochures que j'ai publies4 ,il n'est pas juste qu'un ,ouvrage1 qui n'a de but que l'utilit de mes compatriottes1 me procure du dsagrment3 l'on doit tre exempt de la critique1 quand on a eu le courage d'entreprendre un travail qui ne peut mriter aucun loge4 ,aprs ces gnralits1 je dois entrer dans quelques dtails sur les moyens qui me paroissent les plus propres faciliter les bons effets que j'espere de mes soins4 ,je donnerai ensuite l'explication de quelques termes dont j'ai t oblig de me servir1 qui ne sont peut-tre pas gnralement connus4 ,le titre d'avis au peuple1 n'est point l'effet d'une illusion qui me persuade que ce livre va devenir une piece de mnage dans la maison de chaque paysan4 ,les dix-neuf vingtiemes ne sauront1 sans doute1 jamais qu'il existe2 plusieurs ne sauroient pas le lire2 un plus grand nombre1 quelque simple qu'il soit1 ne le comprendroit pas3 mais je le destine aux personnes intelligentes charitables qui vivent dans les campagnes1 qui1 par une espece de vocation de la ,providence1 sont appelles aider de leurs conseils tout le peuple qui les environne4 ,l'on sent aisment que j'ai en vue premierement1 ,messieurs les ,curs3 il n'y a point de village1 de hameau1 de maison foraine dans tout le pays1 qui n'ait droit la bienfaisance d'un d'entr'eux2 je sais qu'il en est un grand nombre1 qui1 touchs du triste sort de leurs ouailles malades1 effrays des horreurs de leur situation1 ont desir cent fois d'tre mme de pouvoir leur donner des soins pour le corps1 dans le tems mme qu'ils les disposent se prparer la mort1 ou tirer parti de la maladie1 pour vivre dans la suite plus saintement4 ,je me fliciterai si ces ,ecclsiastiques respectables trouvent ici quelques secours1 qui puissent leur aider satisfaire leurs intentions bienfaisantes4 ,le respect1 l'amour de leur troupeau1 leur vocation de frquentes visites dans les maisons1 le devoir qui leur est impos de dtruire les prjugs fcheux la superstition1 leur charit1 leurs lumieres1 la facilit que leurs connoissances physiques leur donnent saisir toutes les vrits de ce petit ,ouvrage1 sont autant de raisons qui me persuadent qu'ils auront toute l'influence possible sur la rforme qu'il est souhaiter de faire dans la ,mdecine du peuple4 ,j'ose en second lieu1 compter sur les ,seigneurs de ,paroisse1 dont les conseils1 extrmement respects par leurs paroissiens1 sont si propres dcrditer une mauvaise mthode1 en accrditer une nouvelle1 dont ils saisiront aisment tous les avantages4 ,les frquents exemples que j'ai vu de la facilit avec laquelle ils entroient dans le plan d'un ,cur1 l'empressement qu'ils ont faire soulager les malades de leurs villages1 la gnrosit avec laquelle ils pourvoient leurs besoins1 me font esprer1 en jugeant de ceux que je ne connois point1 par ceux que je connois1 qu'ils saisiront avec empressement un nouveau moyen de faire du bien dans leur voisinage4 ,la vraie charit sent1 que1 manque de lumieres1 elle peut nuire1 cette crainte la tient en suspens2 mais elle saisit avidemment toutes les lueurs qui peuvent la diriger4 ,en troisieme lieu1 les personnes riches ou au moins aises1 que leur got1 leurs emplois1 ou la nature de leurs fonds fixent la campagne1 o elles se rjouissent en faisant du bien1 seront charmes d'avoir quelques directions dans l'emploi de leurs soins charitables4 ,dans tous les villages o il y a quelques membres des trois classes que je viens d'indiquer1 ils sont presque toujours informs trs promptement des maladies du lieu1 parcequ'on s'adresse eux pour du bouillon1 de la thriaque1 du vin1 des biscuits1 en un mot pour tout ce dont on croit que les malades ont besoin4 ,a l'aide de quelques questions aux assistans1 ou d'une visite au malade1 ils jugeront au moins du genre de la maladie2 par une sage direction1 ils prviendront une foule de malheurs4 ,ils donneront du nitre1 au lieu de thriaque2 de l'orge ou du petit lait1 au lieu de bouillon2 ils ordonneront des lavemens ou des bains de pied1 au lieu de vin2 des grus l'eau1 au lieu de biscuits4 ,l'on ne croira qu'au bout de quelques annes le bien qui peut rsulter de ces attentions si aises souvent rptes4 ,l'on aura d'abord un peu de peine changer une vieille habitude2 mais quand elle sera dtruite1 la bonne s'enracinera tout aussi fortement1 j'espere que personne ne fera d'efforts pour la dtruire4 ,il est inutile de dire que je fonde plus d'esprance sur les soins des dames1 que sur ceux de leurs poux1 de leurs peres1 ou de leurs freres3 une charit plus active2 une patience plus soutenue2 une vie moins ambulante2 une sagacit que j'ai admire chez plusieurs la ville la campagne1 qui fait qu'elles observent avec une grande exactitude1 qu'elles dmlent les causes caches des symptomes1 avec une facilit qui feroit honneur aux meilleurs ,praticiens2 enfin un don marqu pour s'attirer la confiance du malade1 sont autant de caracteres1 qui tablissent leur vocation2 il y en a un grand nombre1 qui la remplissent avec un zele digne des plus grands loges1 qui devroient servir de modeles4 ,les ,matres d'cole doivent encore tre tous supposs avoir un degr d'intelligence suffisant1 pour tirer parti de cet ouvrage2 je suis persuad qu'ils pourroient faire un trs grand bien4 ,je voudrois que1 non seulement ils cherchassent connotre la maladie1 c'est la seule chose un peu difficile1 je crois l'avoir applanie autant qu'on le peut2 mais encore qu'ils apprissent appliquer les remedes4 ,un trs grand nombre rasent3 j'en ai vu qui saignoient1 qui donnoient des lavemens avec beaucoup d'adresse2 tous apprendroient aisment le faire1 il ne seroit peut-tre pas hors de place d'introduire l'usage d'exiger1 dans leurs examens1 qu'ils sussent saigner4 ,ces talens1 celui de juger du degr de la fievre1 d'appliquer les vsicatoires de les panser1 seroient du plus grand usage dans les lieux o ils demeurent4 ,leurs coles1 souvent peu nombreuses1 ne les occupent qu'un petit nombre d'heures par jour1 la plpart n'ont point de domaines cultiver2 quel meilleur usage pourroient-ils faire de leur loisir1 que de l'employer au soulagement des malades8 ,leurs oprations pourroient tre taxes un prix assez modique1 pour n'incommoder personne2 ce petit revenant bon rendroit leur situation encore plus douce3 outre que cette distraction les prserveroit d'tre entrans quelquefois1 par facilit par dsoeuvrement1 prendre le got de la boisson4 ,il y auroit encore un avantage les accoutumer cette espece de pratique1 c'est que1 soignant les malades1 ayant l'habitude d'crire1 ils seroient mme1 dans les cas graves1 de consulter ceux dont on croiroit avoir besoin4 ,je ne doute point que parmi les laboureurs mmes1 il ne s'en trouve plusieurs tels que j'en connois1 qui1 remplis de sens1 de jugement1 de bonne volont1 liront avec plaisir ce livre1 le saisiront en rpandront avec empressement les maximes4 ,enfin1 j'espere que plusieurs ,chirurgiens1 rpandus dans les campagnes1 qui exercent la ,mdecine dans leur voisinage1 voudront le lire1 entreront dans les principes que j'y tablis1 en adopteront les conseils1 quoiqu'un peu diffrens peut-tre de ceux qu'ils ont suivis jusqu' prsent4 ,ils sentiront qu'on peut apprendre tout ge1 de tout le monde2 ils ne se feront pas de peine de rformer quelques-unes de leurs ides1 dans une science1 qui1 proprement1 n'est pas la leur1 l'tude de laquelle ils ne se sont jamais livrs1 sur celles d'un homme qui s'en est uniquement occup1 qui a eu plusieurs secours qui leur manquent4 ,les sages-femmes pourront aussi rendre leurs soins plus efficaces1 ds qu'elles voudront bien s'clairer4 ,il seroit souhaiter que gnralement elles le fussent davantage1 sur l'art mme qu'elles exercent3 les exemples de maux qu'on auroit vits avec plus d'habilet1 sont assez frquens pour faire desirer qu'on pt les prvenir2 cela ne seroit pas impossible3 rien ne l'est1 quand ceux qui ont l'autorit1 veulent fortement2 mais il faudroit qu'ils fussent instruits du mal1 il est trs pressant4 ,j'ai donn les recettes des remedes les plus simples1 j'ai indiqu la faon de les prparer1 avec assez de dtail pour esprer que personne ne sera embarrass cet gard2 mais qu'on ne croie point que cette simplicit nuit l'utilit1 qu'ils sont moins efficaces3 je dclare que ce sont les mmes dont je me sers dans la ville1 pour les malades les plus opulens4 ,cette simplicit est fonde en nature3 le mlange d'un grand nombre de drogues est ridicule4 ,si elles ont les mmes vertus1 pourquoi les mler8 ,il vaut bien mieux se borner celle qui est la plus efficace4 ,si elles ont des vertus diffrentes1 l'effet de l'une dtruit l'effet de l'autre1 le remede devient inutile4 ,je n'ai donn aucun conseil1 dont l'excution ne ft aise trs pratiquable4 ,l'on trouvera cependant1 que quelques-uns sont peu faits pour le gros du peuple1 je n'en disconviens pas2 mais je les ai mis1 parceque je n'ai point perdu de vue les personnes1 qui1 sans tre peuple1 vivent la campagne1 qui ne peuvent pas toujours se procurer un ,mdecin1 aussi-tot1 aussi souvent1 ou aussi long-tems qu'elles le voudroient4 ,un grand nombre des remedes se tire uniquement de la campagne1 peut s'y prparer2 mais il y en a cependant qui doivent se prendre chez les ,apoticaires4 ,j'ai marqu les prix auxquels je suis persuad que tous les ,apoticaires du pays les donneront au paysan peu riche2 1 en les marquant1 je ne l'ai point fait pour viter qu'on ne les lui ft payer trop cher2 je n'avois point cette crainte1 mais pour que1 voyant la modicit du prix1 il ne craignt point d'aller l'emplette4 ,il aura presque toujours la dose de remede ncessaire chaque maladie1 pour moins d'argent qu'il n'en mettoit acheter de la viande1 du vin1 des biscuits1 d'autres choses qui le tuoient4 ,si le prix des remedes1 tout modique qu'il est1 excdoit ses facults1 sans doute les bourses des communes des pauvres y suppleroient2 enfin il y a dans beaucoup de pays des maisons de ,seigneurs1 de particuliers qui font annuellement une certaine dpense charitable en remedes2 sans l'augmenter1 je ne leur demanderai que d'en changer l'objet1 de vouloir bien distribuer les remedes indiqus ici1 au lieu de ceux qu'ils distribuoient auparavant4 ,l'on objectera encore1 que la plpart des campagnes sont trs loignes des villes1 que le paysan n'est pas porte1 par-l mme1 de se procurer d'abord ce dont il a besoin4 ,je rponds1 qu'il y a effectivement plusieurs villages trs loigns des villes o il y a des ,apoticaires2 mais si l'on en excepte certains endroits des montagnes1 il y en a peu qui soient plus de trois ou quatre lieues de quelque petite ville1 o il se trouve toujours quelque ,chirurgien1 ou quelque ,marchand qui vend des drogues4 ,ce n'a peut-tre pas t1 jusques prsent1 celles que j'indique2 mais ils s'en fourniront ds qu'ils pourront en esprer le dbit2 ce sera pour eux une nouvelle branche de commerce4 ,j'ai eu soin d'indiquer le tems que chaque remede pouvoit se garder sans risque4 ,il y en a d'un usage trs frquent1 dont les ,matres d'cole pourroient eux-mmes avoir une certaine provision4 ,je suppose aussi1 s'ils veulent bien entrer dans mes vues1 qu'ils seront munis des instrumens ncessaires aux soins qu'ils rendront4 ,s'il s'en trouve pour qui des lancettes1 un instrument propre ventouser1 une seringue1 7qui peut tre remplace par des vessies17 fussent une emplette trop considrable1 les communes pourroient la faire1 les instrumens passeroient au successeur4 ,il ne faut pas esprer que tous puissent ou veuillent apprendre en faire usage2 mais un seul peut suffire aux besoins de quelques villages voisins1 sans que ses devoirs en souffrent4 ,l'exemple journalier de gens qui viennent me consulter du-dehors1 sans pouvoir rpondre aux questions que je leur fais1 les plaintes de plusieurs ,mdecins cet gard1 m'ont engag donner le dernier chapitre4 ,je finirai celui-ci par quelques remarques1 propres faciliter l'intelligence de quelques termes qu'il a fallu employer dans l'ouvrage4 ,le pouls bat ordinairement chez une personne bien portante1 depuis l'ge de dix-huit ou vingt ans1 jusques soixante-dix1 entre soixante soixante-dix fois par minutes3 il se rallentit un peu quelquefois1 chez les vieillards2 chez les enfans1 il bat plus vite3 jusques trois ou quatre ans1 cette diffrence va au moins un tiers2 elle diminue ensuite peu--peu4 ,une personne intelligente1 qui aura touch souvent son pouls1 souvent celui des autres1 jugera assez exactement du degr de fievre d'un malade4 ,si le pouls n'est que d'un tiers plus vite1 elle n'est pas extrmement forte3 elle est forte quand cette augmentation est d'une moiti2 trs dangereuse1 l'on peut presque dire mortelle1 quand on est parvenu au point d'avoir deux battemens au lieu d'un4 ,il ne faut pas juger du pouls seulement par la vitesse1 mais encore par la force ou la foiblesse1 la duret ou la molesse1 la rgularit ou l'irrgularit4 ,il n'y a pas besoin de dfinir le pouls fort le pouls foible3 le fort est presque toujours d'un bon augure2 1 s'il l'est trop1 on peut l'affoiblir3 le foible est souvent fcheux4 ,si le pouls1 en frappant le doigt1 fait sentir un coup sec1 comme si l'artere toit de bois ou de quelque mtal1 on l'appelle dur2 l'oppos s'appelle mou2 le dernier vaut gnralement mieux4 ,si le pouls est fort mou1 encore qu'il soit vite1 on doit conserver beaucoup d'esprances4 ,s'il est fort dur1 cela indique ordinairement une inflammation1 demande la saigne le rgime rafraichissant4 ,s'il est petit1 vite dur1 le danger est trs grand4 ,l'on appelle pouls rgulier1 celui dont tous les battemens sont des distances gales1 dont il ne manque point de battemens1 7s'il en manque il est intermittent17 dont tous les battemens se ressemblent1 de faon qu'il n'y en a pas alternativement un fort un foible4 ,tant que le pouls est bon1 que la respiration n'est pas embarrasse1 que le cerveau ne parot pas fortement attaqu1 que le malade prend les remedes1 qu'ils produisent l'effet qu'on en attend1 qu'il conserve des forces1 qu'il sent son tat1 l'on doit esprer de le gurir3 quand tous1 ou le plus grand nombre de ces caracteres manquent1 il est dans un pressant danger4 ,il est souvent question de la transpiration arrte4 ,l'on appelle transpiration1 cette humeur qui sort continuellement par les pores de la peau1 qui1 quoiqu'elle soit peu visible1 est cependant trs considrable2 puisque1 si une personne bien portante a mang ou bu huit liv4 dans un jour1 il n'en sort pas quatre par les selles ou par les urines1 que le reste se dissipe par la transpiration insensible4 ,l'on sent aisment1 que si une telle vacuation vient s'arrter1 si cette humeur1 qui devoit sortir par la peau1 se jette sur quelque partie intrieure1 il peut en rsulter des maux fcheux3 c'est une des causes les plus frquentes des maladies4 ,je n'ajoute qu'un mot2 toutes ces directions sont destines uniquement pour ceux qui ne peuvent point avoir de ,mdecin4 ,je suis bien loign de croire1 qu'elles puissent en tenir lieu1 mme dans les maladies que j'ai traites le plus au long1 au moment o il arrive1 elles doivent tre mises de ct4 ,la confiance doit tre nulle ou entiere2 sur elle sont fonds les succs3 c'est au ,mdecin juger du mal1 choisir les remedes2 l'on doit sentir le peu de convenance qu'il y a1 lui proposer d'en employer quelques autres prfrablement ceux qu'il conseille1 uniquement parcequ'ils ont russi chez un autre malade1 dans un cas qu'on croit peu prs semblable3 c'est proposer un cordonnier de faire un soulier pour un pied1 sur le modele d'un autre1 plutt que sur la mesure qu'il a prise4 ,,avis ,,au ,,peuple ,,sur ,,sa ,,sant4 ,,chapitre ,,premier4 ,causes communes des ,maladies du ,peuple4 4 #a4 ,les causes des maladies les plus frquentes parmi les gens de la campagne sont #a4 l'excs du travail pendant long-tems4 ,quelquefois ils tombent tout d'un coup dans l'puisement1 dans un tat de langueur1 dont ils se gurissent rarement3 plus souvent ils sont attaqus de quelque maladie inflammatoire1 comme esquinancie1 pleursie1 inflammation de poitrine4 ,il y a deux moyens de prvenir ces maladies2 l'un est1 d'viter la cause qui les produit1 mais souvent il est impossible3 l'autre1 est1 lorsqu'on est oblig ces excs1 de diminuer leurs effets par un grand usage de quelque boisson rafraichissante1 surtout par du petit lait1 ou du lait de beure 7de la battue71 ou par de l'eau1 dans chaque pinte de laquelle on met un verre de vinaigre1 ou mme de jus de raisins encore verds1 de groseilles1 de cerises3 cette boisson salutaire agrable rafraichit soutient les forces4 ,si on n'a pas pris ces prcautions1 ou qu'elles n'aient point t suffisantes pour empcher l'effet des excs1 il en rsulte ou des maladies inflammatoires ou l'puisement qui ayant1 dans ce cas l1 pour cause un dessechement gnral des parties solides du corps un paississement du sang1 se rapproche par l des maladies inflammatoires4 ,les symptomes ni la cure ne sont cependant pas les mmes2 j'ai vu guerir l'puisement par l'usage du petit lait1 ensuite des bains tiedes1 enfin du lait de vache4 ,dans ce cas1 les remedes chauffans1 les nourritures trop succulentes tuent4 4 #b4 ,une seconde cause trs ordinaire de maladie1 c'est de se reposer dans un endroit froid1 ayant extrmement chaud1 ou de se coucher sur la terre humide mme sur celle qui parot seche dont il s'leve continuellement une humidit froide3 l'on arrte1 tout coup1 la transpiration2 cette humeur1 se rejettant sur quelque partie intrieure1 occasionne plusieurs maladies trs violentes2 surtout des esquinancies1 des ,rhumatismes1 des inflammations de poitrine1 des pleursies des coliques inflammatoires#a4 ,l'on est toujours matre de prvenir le mal en vitant la cause1 qui est une de celles qui tuent le plus de gens3 mais quand il est fait1 ds qu'on commence sentir les premiers symptomes de maladie1 ce qui n'arrive quelquefois qu'au bout de plusieurs jours1 il faut sur-le-champ se faire saigner1 mettre les jambes dans de l'eau mdiocrement chaude1 se frotter prs du feu avec des linges secs chauds1 boire abondamment de l'infusion tiede ,n4 #a4 ,ces secours prviennent souvent la maladie1 qui devient au contraire plus facheuse1 si l'on cherche se faire suer par des choses chaudes4 #a ,il arrive aussi que le sang1 qui dans de grandes chaleurs pendant de violens travaux du corps est pouss dans de petits vaisseaux1 o il ne pnetre pas quand la circulation n'est pas trs acclere1 s'y trouve arrt par l'effet du froid1 donne lieu des inflammations dans ces parties4 4 #c4 ,une troisieme cause2 c'est l'eau froide1 qu'on boit quand on a fort chaud3 cette cause agit comme la prcdente2 mais ses suites facheuses sont ordinairement plus promptes plus violentes4 ,j'en ai vu les plus terribles exemples2 des esquinancies1 des inflammations de poitrine les plus fortes1 des coliques1 des inflammations du foie1 de toutes les parties contenues dans le ventre1 avec un gonflement prodigieux1 des vomissemens1 des suppressions d'urine des angoisses inexprimables4 ,les meilleurs remedes sont1 une ample saigne ds le commencement du mal1 une abondance d'eau tiede1 laquelle on joint une cinquieme partie de lait1 ou la tisane ,n4 #b1 ou les laits d'amandes ,n4 #d1 le tout bu tiede2 des fomentations d'eau tiede1 sur la gorge1 la poitrine1 le ventre2 des lavemens d'eau tiede d'un peu de lait4 ,dans ce cas1 dans le prcdent1 un demi bain tiede1 aprs la saigne1 a quelquefois soulag trs promptement4 4 #d4 ,il est bien tonnant1 que les laboureurs se livrent si souvent cette mauvaise coutume1 dont ils connoissent le danger1 mme pour leurs btes4 ,il n'y en a point1 qui n'empche ses chevaux de boire quand ils ont chaud1 surtout s'ils doivent se reposer3 il sait que1 s'il les laissoit boire1 peut-tre ils en creveroient2 mais il ne craint point de s'exposer au mme danger4 ,ce n'est pas1 au reste1 le seul exemple1 dans lequel il paroisse faire plus de cas de la sant de ses btes que de la sienne4 4 #e4 ,une quatrieme cause1 qui influe sur tout le monde1 mais plus cependant sur le laboureur1 c'est l'inconstance des tems4 ,nous passons tout--coup1 quelquefois plusieurs fois par jour1 du chaud au froid1 du froid au chaud1 d'une faon plus marque plus prompte que dans le plus grand nombre des autres pays4 ,c'est l ce qui rend les maladies catharales rhumatismales si frquentes4 ,la grande prcaution qu'on doit avoir1 c'est d'tre ordinairement un peu plus vtu que la saison ne l'exige1 de prendre les habits d'hiver de bonne heure en automme1 de ne pas se presser de les quitter au printems4 ,les ouvriers prudens1 qui se dshabillent pendant le tems du travail1 ont soin de remettre leurs habits le soir en se retirant#b4 ,ceux qui1 par ngligence1 se contentent de les remporter perchs sur leurs outils1 s'en trouvent quelquefois trs mal#c4 #b ,les variations dans la temprature de l'air1 ou les changemens du chaud au froid l'humide1 qui sont trs frquens subits dans ce pays-ci1 doivent faire suivre aux ,ouvriers de tout genre le conseil que l'on donne ici sur les habillemens3 cela est encore plus important dans les lieux o des rivieres1 des bois1 des montagnes entretiennent une humidit considrable1 o les soires sont froides humides en tout tems4 #c ,il y a beaucoup d'endroits dans ce royaume o l'air est trs mal sain1 soit parcequ'il y a beaucoup d'eau qui tant sans mouvement1 se corrompt1 infecte l'air d'exhalaisons putrides2 soit parceque des montagnes ou des bois y entretiennent l'humidit1 empchent que l'air ne se renouvelle1 mettent ces lieux l'abri des vents salutaires du ,nord de l',est1 qui pourroient dissiper les exhalaisons l'humidit4 4 #f4 ,ces variations promptes amenent souvent des ondes de pluie1 mme de pluie froide1 au milieu du jour le plus chaud2 l'ouvrier1 baign dans une sueur chaude1 est tout coup tremp dans l'eau fraiche2 ce qui occasionne les mmes maux1 que le passage prompt du chaud au froid1 exige les mmes remedes4 ,si le soleil1 ou un air chaud1 revient d'abord1 il n'y a pas un grand mal2 si le froid dure1 souvent plusieurs en sont incommods4 ,un voyageur est quelquefois mouill en route1 sans pouvoir l'empcher2 le mal n'est pas fort grand1 moyennant1 qu'en arrivant1 il quitte ses habits3 mais j'ai v des pleursies mortelles1 pour avoir nglig cette prcaution4 ,quand on a eu le corps ou les jambes mouills1 il n'y a rien de plus utile1 que de se laver avec de l'eau tiede1 ou du moins de se frotter devant le feu avec des linges secs fort chauds4 ,quand il n'y a eu que les jambes mouilles un bain tiede de jambes est trs utile4 ,j'ai gueri radicalement des personnes sujettes avoir des coliques violentes1 toutes les fois qu'elles avoient eu les pieds mouills1 en leur donnant ce conseil4 ,le bain est encore plus efficace1 si l'on fait fondre dans l'eau un peu de savon4 4 #g4 ,la cinquieme cause laquelle on ne pense gueres1 qui produit en effet des accidens moins violens1 mais qui nuit cependant trs rellement1 c'est l'usage ordinaire1 dans presque tous les villages1 d'avoir les courtines ou fumiers prcisment dessous les fentres2 il s'en exhale continuellement des vapeurs corrompues1 qui1 la longue1 ne peuvent que nuire contribuer produire des maladies putrides4 ,ceux qui sont accoutums cette odeur1 ne s'en apperoivent plus2 mais la cause n'en agit pas moins3 ceux qui n'y sont pas accoutums1 jugent de toute la force de l'impression4 4 #h4 ,il y a des villages dans lesquels1 aprs que les courtines ou fumiers sont enleves1 on conserve des mares dans la mme place4 ,l'effet en est encore plus dangereux2 parceque cette eau pourrie1 qui croupit pendant toutes les chaleurs1 laisse exhaler ses vapeurs avec plus de facilit1 plus abondamment que les fumiers4 ,etant all ,pully le grand en #agei1 l'occasion d'une fievre putride pidmique1 qui y faisoit des ravages1 je sentois1 en traversant le village1 l'infection de ces mares1 je ne pus pas douter qu'elles ne fussent la principale cause de cette maladie1 d'une semblable1 qui y avoit regn cinq ans auparavant4 ,le village est d'ailleurs dans une exposition saine4 ,il seroit souhaiter qu'on prvnt ces accidens en renonant aux mares1 ou du moins en les loignant1 ainsi que les fumiers1 le plus qu'il est possible du lieu que l'on habite o l'on couche4 ,l'on peut joindre cette cause1 le peu de soin que le paysan a d'airer sa chambre4 ,l'on sait qu'un air trop renferm1 occasionne les fievres malignes les plus facheuses2 le paysan ne respire jamais chez lui1 qu'un air de cette espece4 ,il y a de trs petites chambres1 qui renferment jour nuit1 le pere1 la mere1 sept ou huit enfans quelques animaux1 qui ne s'ouvrent jamais pendant six mois de l'anne1 trs rarement pendant les six autres4 ,j'ai trouv l'air si mauvais1 dans plusieurs de ces chambres1 que je suis persuad1 que si ceux qui les habitent n'alloient pas souvent au grand air1 ils priroient tous en peu de tems3 on y voit presque partout de la moisissure qui est un indice de corruption4 ,il est ais de prvenir les maux que cette cause produit1 en faisant deux croises opposes1 ou une seule1 mais qui se trouvt vis--vis la porte1 en ouvrant journellement les fentres4 ,cette prcaution1 si simple1 auroit les plus heureux effets4 4 #i4 ,je mets1 pour sixieme cause1 l'ivrognerie1 qui ne produit pas les pidmies1 mais qui tue1 dans tous les tems1 partout4 ,les misrables qui s'y livrent sont sujets de frquentes inflammations de poitrine1 pleursies1 qui souvent les emportent la fleur de l'ge3 s'ils rchappent quelquefois de ces maladies violentes1 ils tombent long-tems avant l'ge de la vieillesse1 dans toutes ses infirmits1 surtout dans l'asthme1 qui les conduit l'hydropisie de poitrine4 ,leurs corps1 uss par les excs1 ne rpondent point l'action des remedes1 les maladies de langueur qui dpendent de cette cause sont presque toujours incurables4 ,heureusement la socit ne perd rien1 en perdant ces sujets qui la dshonorent1 dont l'ame abrutie est1 en quelque faon1 morte long-tems avant leur corps4 4 #aj4 ,les alimens sont aussi souvent une cause de maladie pour le peuple2 cela arrive1 #a4 quand les grains1 mal mrs1 ou recueillis encore humides dans les ts facheux1 ont acquis une mauvaise qualit3 heureusement cela est rare1 l'on peut diminuer le danger par quelques prcautions1 telles que celles de laver de secher exactement la graine1 de mler un peu de vin la pte en la ptrissant1 de la laisser lever un peu plus long-tems1 de faire cuire davantage le pain4 #b4 ,les graines les plus belles les mieux recueillies1 s'alterent trs souvent dans la maison du paysan1 ou parcequ'il ne se donne pas les soins qu'il devroit se donner1 ou parcequ'il n'a pas d'endroit propre les conserver1 mme d'un t l'autre4 ,il m'est trs souvent arriv1 en entrant dans quelqu'une de ces maisons1 d'tre frapp d'une odeur de graine mal conserve4 ,il y a des moyens aiss connus de parer cela avec un peu de soin2 mais je n'entrerai l-dessus dans aucun dtail1 il suffit de faire sentir1 que la graine tant notre principale nourriture1 la sant souffre ncessairement1 quand elle n'est pas bonne4 #c4 ,avec de bonne graine1 on fait souvent de mauvais pain1 en ne le laissant pas assez lever1 en le cuisant trop peu1 en le gardant trop longtems dans des lieux humides4 ,tous ces dfauts ont des suites facheuses1 pour tous ceux qui en mangent1 mais d'une faon plus marque chez les enfans les gens qui sont malades1 sujets l'tre1 ou qui sont convalescens#d4 #d ,on a vu plusieurs fois dans quelques ,provinces de ,france des maladies ,epidmiques accompagnes des symptomes les plus terribles causes par l'usage du seigle ergot2 voyez le supplment l'article des maladies ,epidmiques1 ou la table le mot ,ergot4 ,il y a quelques autres causes de maladies1 tires des alimens1 mais moins facheuses ou moins gnrales1 dans lesquelles il est impossible d'entrer#e4 ,je finirai par cette remarque gnrale2 c'est que l'attention que le paysan a de manger lentement1 de mcher avec beaucoup de soin1 diminue infiniment les dangers d'un mauvais rgime2 je suis convaincu1 que c'est une des plus grandes causes de la sant dont il jouit4 ,il faut y ajouter l'exercice qu'il prend2 le long sjour qu'il fait au grand air1 o il passe les trois quarts de sa vie1 1 ce qui est aussi un avantage trs considrable1 l'heureuse habitude de se coucher de trs bonne heure1 de se lever de grand matin4 ,il seroit souhaiter1 qu' tous ces gards1 peut-tre bien d'autres1 les gens de la campagne servissent de modele ceux des villes4 #e ,la mauvaise qualit de l'eau est encore une cause ordinaire des maladies dans les campagnes1 o les eaux sont mauvaises par le terrein dans lequel elles se trouvent1 comme lorsqu'elles coulent reposent sur des bancs de coquilles1 ou elles le deviennent par le voisinage ou l'gout des fumiers des mares4 ,lorsque l'on a de l'eau trouble1 il suffit le plus souvent de la laisser en repos pour qu'elle s'claircisse en dposant2 si cela n'arrive pas1 ou si on a de l'eau limoneuse1 bourbeuse1 il n'y a qu' la jetter dans un vaisseau rempli moiti de sable fin1 ou1 son dfaut1 de craie1 l'y agiter remuer violemment pendant quelques minutes4 ,quand l'agitation sera cesse1 le sable en retombant au fond du vaisseau y entranera les salets que l'eau tient suspendues3 ou ce qui est encore mieux trs facile1 on peut approcher deux tonneaux1 dont l'un sera beaucoup plus lev que l'autre1 le plus lev sera rempli de sable moiti1 on y mettra l'eau trouble1 bourbeuse1 limoneuse1 elle se filtrera travers ce sable1 sortira claire par une ouverture pratique au fond du tonneau1 tombera dans celui qui est plus bas1 qui servira de rservoir4 ,lorsque l'on a de l'eau seleniteuse1 c'est ce qu'on nomme ordinairement de l'eau dure1 parceque le savon s'y fond difficilement1 que les semences farineuses les legumes y deviennent dures au lieu de s'amollir1 il faut exposer cette eau au soleil1 ou la faire bouillir1 y mettre quelques lgumes ou du pain grill ou non grill4 ,quand on a de l'eau corrompue1 on peut la garder jusqu' ce qu'elle ait repris son tat naturel qui succedera la putrfaction2 si on ne peut attendre1 on y fera fondre un peu de sel marin1 on y mlera du vinaigre1 ou on y fera cuire quelque plante aromatique4 ,il arrive fort souvent que les eaux des puits publics sont infectes par un limon qui est au fond1 par des animaux qui y tombent s'y putrefient4 ,il faut viter de boire l'eau de neige aussitt qu'elle est tombe1 il parot que c'est cette eau qui cause les goitres aux ,habitans de quelques montagnes1 des coliques beaucoup de personnes4 ,l'eau tant d'un usage si frquent1 on doit tre attentif en avoir de bonne3 la mauvaise est1 aprs l'air1 la cause la plus commune des maladies1 celle qui en produit davantage de plus facheuses1 elle cause souvent des ,epidmies4 4 #aa4 ,l'on ne doit point omettre1 dans le dnombrement des causes des maladies du peuple1 la construction de leurs maisons1 dont un grand nombre sont1 ou appuyes contre un terrein lev1 ou un peu creuses en terre4 ,l'une ou l'autre de ces situations les rend humides2 ceux qui les habitent en sont incommods1 s'ils ont quelques provisions1 elles se gtent deviennent une nouvelle source de maladies4 ,le ,manoeuvre robuste ne sent pas d'abord les influences de cette habitation marecageuse2 mais elles agissent la longue1 j'en ai vu surtout les mauvais effets les plus sensibles sur les femmes en couche les enfans4 ,il seroit fort ais de remedier cet inconvnient1 en levant le sol de la maison de quelques pouces au-dessus du niveau du voisinage1 par une couche de sable1 de petits cailloux1 de brique pile1 de charbon1 ou d'autres choses semblables1 en vitant de btir contre un terrain plus lev4 ,cet objet mriteroit peut-tre l'attention de la police2 j'exhorte fortement tous ceux qui btissent prendre les prcautions ncessaires cet gard4 ,une autre attention1 qui couteroit encore moins1 c'est de tourner leur maison au midi oriental1 c'est l'exposition1 toutes choses d'ailleurs gales1 la plus salutaire la plus avantageuse3 cependant je l'ai vue trs souvent nglige1 sans qu'on pt assigner la moindre raison pour ne l'avoir pas choisie4 ,ces conseils parotront peu importans aux trois quarts du public4 ,j'avertis qu'ils sont plus de consquence qu'on ne pense1 tant de causes contribuent dtruire les hommes1 qu'il ne faut ngliger aucun des moyens qui peuvent contribuer leur conservation#f4 #f ,le frquent usage que le peuple fait du vin1 de la bierre1 du cidre1 doit faire regarder ces diffrentes boissons comme des causes communes des maladies1 lorsque ces liqueurs deviennent nuisibles au corps humain par des qualits qu'elles ont reues de la nature ou de l'art2 mais souvent il ne peut les connotre1 d'autres fois son gout est plus fort que sa raison3 ainsi c'est la ,police gnrale empcher la vente du vin1 de la bierre1 du cidre1 lorsqu'ils peuvent causer des maladies4 ,,chapitre ,,ii4 ,causes qui augmentent les ,maladies du ,peuple4 ,attentions gnrales avoir4 4 #ab4 ,les causes1 que j'ai dtailles dans le premier chapitre1 produisent les maladies2 le mauvais rgime1 que le peuple observe quand il en est attaqu1 les rend beaucoup plus facheuses1 beaucoup plus souvent mortelles4 ,il est imbu d'un prjug1 qui coute toutes les annes la vie1 dans ce pays1 beaucoup de ceux qui sont attaqus de maladies aiges1 qui n'ont point de ,medecin2 c'est que toutes les maladies se gurissent par la sueur1 que1 pour procurer la sueur1 il faut prendre beaucoup de choses chaudes chauffantes1 se tenir dans un endroit trs chaud1 tre excessivement couvert4 ,ce sont des erreurs funestes la population de l'tat2 l'on ne peut trop inculquer aux gens de la campagne1 qu'en cherchant se faire suer au commencement de la maladie1 ils se tuent4 ,j'ai vu des cas dans lesquels les soins qu'on s'toit donns pour forcer cette sueur1 avoient procur la mort du malade1 aussi videmment que si on lui avoit cass la tte d'un coup de pistolet4 ,la sueur emmene ce qu'il y a de plus liquide dans le sang2 elle le laisse plus sec1 plus pais1 plus inflammatoire2 comme dans toutes les maladies aiges1 except un trs petit nombre qui sont trs rares1 il est dja trop pais1 la sueur augmente videmment le mal4 ,bien loin d'ter l'eau du sang1 l'on doit chercher lui en donner4 ,il n'y a point de paysan1 qui ne dise1 quand il a une pleursie1 ou une inflammation de poitrine1 que son sang est trop pais1 qu'il ne peut pas circuler4 ,en le voyant dans le vase1 il le trouve noir1 sec1 brul4 ,comment le sens commun ne lui dit-il pas1 que1 bien loin de faire sortir l'eau d'un tel sang par les sueurs1 il faut y en ajouter8 4 #ac4 ,mais quand il seroit aussi vrai1 qu'il l'est peu1 que la sueur est utile au commencement des maladies1 les moyens qu'on emploie pour la procurer1 n'en seroient pas moins mortels4 ,ces moyens sont1 #a4 d'touffer le malade par la chaleur de l'air des couvertures4 ,l'on redouble de soins1 pour empcher qu'il n'entre de l'air1 qui1 par l mme1 est bientt extrmement corrompu2 l'on procure une telle chaleur1 par le poids des couvertures1 que ces deux causes seules sont capables de produire1 dans un homme sain1 la fievre la plus ardente1 une inflammation de poitrine4 ,plus d'une fois je me suis senti saisi en entrant dans ces chambres1 d'une difficult de respirer1 que je dissipois en faisant ouvrir4 ,les gens instruits devroient se faire un plaisir de faire comprendre au peuple1 dans les frquentes occasions qui s'en prsentent1 que l'air nous tant plus ncessaire1 que l'eau ne l'est au poisson1 ds qu'il cesse d'tre pur1 notre sant souffre ncessairement2 rien ne le corrompt plus promptement1 que les vapeurs qui sortent du corps de plusieurs personnes1 renfermes dans une petite chambre qu'on n'aire point4 ,il n'y a qu' vouloir ouvrir les yeux1 pour sentir le danger de cette conduite4 ,si l'on donne de l'air frais ces pauvres malades1 qu'on les dcouvre1 on voit sur-le-champ la fievre1 l'oppression1 l'angoisse1 les rveries1 diminuer4 4 #ad4 #b4 ,on ne leur donne que des choses chaudes1 surtout de la thriaque1 du vin1 du faltran ou des vulneraires de suisse 7dont la plupart des herbes ou fleurs sont dangereuses ds qu'il y a de la fievre7 du safran1 qui est encore plus dangereux4 ,dans toutes les maladies fievreuses1 il faut rafraichir tenir le ventre libre4 ,tous ces remedes chauffent resserrent3 l'on peut juger quel mauvais effet ils produisent4 ,un homme bien portant1 tomberoit infailliblement dans une fievre inflammatoire1 s'il prenoit la quantit de vin1 de thriaque1 de faltran1 que le paysan prend quelquefois1 lorsqu'il est dja attaqu d'une de ces maladies4 ,comment pourroit-il n'en pas mourir8 ,aussi il en meurt1 quelquefois avec une promptitude tonnante4 ,malheureusement1 chacun peut en voir autour de soi de terribles frquens exemples4 4 #ae4 ,l'on me dira peut-tre1 que souvent les maladies se guerissent par la sueur1 que l'exprience doit guider4 ,je rponds1 que la sueur guerit1 il est vrai1 quelques maladies ds le commencement1 comme ces points qu'on appelle fausses pleursies1 quelques douleurs de rhumatisme1 quelques fluxions3 mais c'est seulement quand ces maladies dpendent d'une transpiration arrte1 que la douleur se dclare tout de suite1 que1 sur-le-champ1 avant que la fievre ait paissi les humeurs enflamm quelque partie1 on donne quelque boisson chaude1 comme du faltran du miel1 qui1 en rtablissant la transpiration1 enleve la cause du mal#g4 ,la sueur est aussi utile dans les maladies1 quand force de boire1 on en a dtruit les causes3 elle sert entraner avec elle1 une partie des humeurs qui causent les maladies1 aprs que les plus grossieres ont pass par les selles par les urines1 emmener cette quantit d'eau qu'on avoit t oblig de mettre dans le sang1 qui y est devenue superflue4 ,il est1 cette poque extrmement important1 de ne pas l'empcher volontairement ou par imprudence2 il y auroit souvent autant de danger le faire1 qu'il y en a vouloir faire suer dans les commencemens2 cette sueur1 si on l'arrte1 se rejettant sur quelque partie intrieure produit souvent une nouvelle maladie plus dangereuse que la premiere4 ,il faut donc tre aussi attentif ne pas arrter imprudemment la sueur1 qui vient naturellement la fin des maladies1 qu' ne pas l'exciter au commencement3 celle-l est presque toujours utile2 celle-ci presque toujours dangereuse4 ,d'ailleurs1 si elle toit ncessaire1 on s'y prendroit trs mal pour la faire venir1 puisqu'en chauffant si fort les malades1 on allume une fievre prodigieuse2 on les met en feu1 la peau reste extrmement seche4 ,l'eau tiede est le meilleur des sudorifiques4 ,si les malades suent abondamment par un effort de la nature seule pendant un ou deux jours1 cela leur procure un soulagement de quelques heures3 bientt ces sueurs finissent1 on croit alors reconnotre la ncessit de l'exciter de nouveau pour augmenter le soulagement1 on ritere les mmes remedes sans qu'ils rappellent les sueurs4 ,on double les doses1 on augmente l'inflammation2 le malade meurt dans des angoisses horribles1 avec une inflammation gnrale4 ,l'on attribue la mort ce qu'il n'a pas su assez1 pendant qu'elle dpend rellement de ce qu'il a trop su au commencement1 de ce qu'il a pris des remedes sudorifiques du vin4 ,il y a long-tems qu'un habile ,medecin ,suisse a averti ses compatriotes1 que le vin leur toit mortel dans les fievres4 ,je le ritere2 mais je crains fort que ce ne soit avec aussi peu de succs4 ,le paysan1 qui naturellement n'aime pas le vin rouge1 le boit en maladie par prfrence2 c'est un grand mal1 parceque le vin rouge empche les selles plus que le vin blanc1 n'aide pas autant les urines1 augmente l'paississement du sang1 qui est dja trop considrable4 #g ,alors mme1 il faut viter de produire un trop grand mouvement dans le sang1 qui empcheroit plus qu'il n'aideroit la sueur4 4 #af4 ,l'on augmente encore leurs maux1 par les alimens qu'on donne trop tt ou en trop grande quantit1 ou de mauvaise nature4 ,la maladie affoiblit ncessairement1 la folle crainte1 que l'on a que le malade ne meure de foiblesse1 porte lui donner des alimens1 qui1 en augmentant sa maladie1 le tuent en augmentant ou en redonnant la fievre4 ,cette crainte que l'on a que ce dfaut de nourriture ne donne la mort1 est absolument chimerique2 jamais cette cause n'a tu aucun fievreux4 ,ils peuvent tre plusieurs semaines l'eau1 n'en sont que plus forts au bout de ce terme2 au lieu qu'en cherchant les nourrir1 bien loin de les fortifier1 la nourriture augmente la maladie1 par-l-mme le malade est plus foible4 4 #ag4 ,ds qu'il y a de la fievre1 l'estomac ne digere plus2 tout ce qu'on avale se corrompt1 devient une source de pourriture1 qui n'ajoute rien aux forces du malade1 mais qui augmente beaucoup celles de la maladie2 ainsi1 tout ce qu'on prend devient un vrai poison1 qui dtruit les forces3 mille exemples le prouvent4 ,on voit ces pauvres malheureux1 qu'on oblige prendre de la nourriture1 perdre leurs forces1 tomber dans l'angoisse dans les rveries1 mesure qu'ils avalent4 4 #ah4 ,on leur fait du mal1 non-seulement par la quantit de la nourriture1 mais aussi par sa qualit4 ,on leur fait avaller des bouillons de viande les plus forts1 des oeufs1 des biscuits1 de la viande1 s'il leur reste la force de la mcher4 ,il faut absolument que les malades succombent sous le poids de ces choses donnes mal--propos4 ,si l'on donne un homme sain de la viande corrompue1 des oeufs pourris1 du bouillon gt1 il est attaqu par des accidens violens1 comme s'il avoit pris du poison1 c'en est rellement2 il a des vomissemens1 des angoisses1 une diarrhe horrible1 de la fievre1 du dlire1 le pourpre4 ,quand on donne ces alimens en bon tat un fivreux1 la chaleur les matieres corrompues qui sont dja dans son estomac1 les ont bien-tt pourris1 au bout de quelques heures ils produisent tous les effets dont je viens de parler4 ,qu'on juge s'ils peuvent convenir4 4 #ai4 ,c'est une vrit tablie par le plus grand ,mdecin1 il y a plus de deux mille ans1 constate par ses successeurs1 que tant qu'un malade a de mauvais levains dans l'estomac1 plus on lui donne d'alimens1 plus on l'affoiblit4 ,ces alimens1 gts par les matieres infectes qu'ils trouvent1 sont incapables de nourrir1 deviennent un nouveau germe de maladie3 aussi ceux qui savent observer1 remarquent constamment1 que quand un fivreux a pris ce qu'on appelle un bon bouillon1 il a plus de fievre1 il est par-l mme plus foible4 ,donner un bouillon la viande bien frais1 un homme qui a beaucoup de fievre ou des matieres corrompues dans l'estomac1 c'est prcisment lui rendre le mme service que si on lui donnoit deux ou trois heures pltard un bouillon corrompu4 4 #bj4 ,je dois le dire3 ce prjug mortel1 qu'il faut soutenir les malades par de la nourriture1 est encore trop rpandu parmi les personnes mme que leurs talens leur ducation devroient soustraire des erreurs aussi grossieres que celles-l4 ,il seroit bienheureux pour le genre humain1 le terme de ses jours seroit en gnral bien plus long1 si l'on pouvoit lui persuader cette vrit si bien dmontre en mdecine2 c'est que les seules choses qui puissent fortifier un malade1 sont celles qui peuvent affoiblir la maladie4 ,mais l'opinitret est inconcevable cet gard2 elle est un second flau attach la maladie1 plus fcheux qu'elle4 ,de vingt malades qui prissent dans les campagnes1 il y en a souvent plus des deux tiers qui auroient guri1 si1 mis simplement dans un endroit o ils fussent l'abri des injures de l'air1 ils eussent eu de l'eau frache en abondance2 mais les soins mal entendus dont je viens de parler1 n'en laissent rchaper aucun4 4 #ba4 ,ce qu'il y a de plus horrible dans cet acharnement chauffer1 dessecher nourrir les malades1 c'est qu'il est totalement oppos ce que la nature indique4 ,le feu1 l'ardeur dont ils se plaignent1 la scheresse de la peau1 des lvres1 de la langue1 de la gorge2 la rougeur des urines1 l'ardeur qu'ils ont pour les choses rafrachissantes1 le plaisir1 le bien que leur fait l'air frais1 sont des signes qui nous crient haute voix1 que nous devons les rafrachir par toutes sortes de moyens4 ,leur langue sale1 qui prouve que l'estomac est dans le mme tat1 leur dgot1 leur envie de vomir1 leur horreur pour les alimens1 surtout pour la viande1 la puanteur de leur haleine1 celle des vents qu'ils rendent par haut par bas1 souvent celle de leurs selles1 prouvent que tout leur intrieur est plein de matieres corrompues1 qui corromproient tous les alimens qu'on y mettroit2 que tout ce qu'il y a faire1 c'est de dlayer ces matieres par des torrens de boissons rafrachissantes1 qui les disposent tre vacues aisment4 ,je le redis1 je souhaite qu'on y fasse attention1 tant qu'on a un got d'amertume ou de pourriture1 qu'on a du dgot1 ou que l'haleine est mauvaise1 qu'on a de la chaleur de la fievre1 que les selles sont puantes les urines rouges1 la viande1 le bouillon la viande1 les oeufs1 tout ce dans quoi l'une ou l'autre de ces choses entrent1 la thriaque1 le vin pur1 toutes les choses chaudes1 sont de vrais poisons4 4 #bb4 ,je parotrai peut-tre outr au public1 quelques ,mdecins2 mais les ,mdecins clairs1 les vrais ,mdecins1 ceux qui observent les effets de chaque chose1 trouveront au contraire que bien loin d'outrer1 j'expose foiblement leur sentiment1 qui est celui de tous les bons ,mdecins depuis plus de deux mille ans2 celui que la raison approuve1 que l'exprience confirme tous les jours4 ,les erreurs que je viens de combattre cotent des millions d'hommes l',europe4 4 #bc4 ,il ne faut pas omettre que1 lors mme que le malade a le bonheur de ne pas mourir1 malgr tout ce qu'il a fait pour cela1 le mal n'est pas fini1 les effets des alimens des remedes chauffans sont de lui laisser le germe de quelque maladie de langueur1 qui1 se fortifiant peu peu1 clate au bout de quelque tems1 lui fait acheter1 par de longues souffrances1 la mort qu'il desire4 4 #bd4 ,je dois encore montrer le danger d'une autre pratique2 c'est de purger un malade1 ou de lui donner l'mtique ds les commencemens de la maladie4 ,l'on fait par-l des maux infinis4 ,il y a des cas dans lesquels les vacuans1 au commencement du mal1 conviennent2 ils seront indiqus dans d'autres chapitres3 mais tant qu'on ne les connot pas1 il faut tablir comme une regle gnrale1 que ces remedes sont nuisibles2 ce qui est vrai le plus souvent1 toujours quand les maladies sont inflammatoires4 4 #be4 ,l'on espere1 par leurs secours d'enlever les embarras de l'estomac1 la cause des envies de vomir1 de la mauvaise bouche1 de la soif1 du mal-aise1 de diminuer le levain de la fievre4 ,l'on se trompe le plus souvent2 parceque les causes de ces accidens ne sont point ordinairement de nature cder ces vacuations4 ,la tenacit des ordures qui sont sur la langue1 doit nous faire juger de celles qui tapissent l'estomac les intestins4 ,l'on a beau la laver1 la gargariser1 la racler2 tout est inutile3 ce n'est qu'aprs avoir fait boire le malade pendant plusieurs jours1 avoir diminu la chaleur1 la fievre1 la viscosit des humeurs1 qu'on peut enlever ce sdiment1 qui se dtache mme peu peu de lui-mme2 le mauvais got se dissipe1 la langue redevient belle1 la soif cesse4 ,l'histoire de l'estomac1 est la mme que celle de la langue2 aucun secours ne peut le nettoyer dans les commencemens4 ,en donnant beaucoup de remedes dlayans rafraichissans1 il se nettoie lui-mme2 les envies de vomir1 les rapports1 l'inquitude passent naturellement sans purgatif4 4 #bf4 ,non-seulement on ne fait point de bien par ces remedes1 mais on fait un mal trs considrable1 en appliquant des remedes acres irritans1 qui augmentent la douleur l'inflammation2 qui attirent les humeurs sur ces parties1 o il y en a dja trop2 qui n'vacuent point la cause de la maladie1 parcequ'elle n'est pas prte tre vacue1 qu'elle n'est pas mre2 mais qui vacuent ce qu'il y a de plus liquide dans le sang qui par-l mme reste plus pais2 qui vacuent la partie utile1 laissent la nuisible4 4 #bg4 ,l'mtique1 surtout donn dans une maladie inflammatoire1 mme inconsidrment dans toutes les maladies aiges1 avant que d'avoir diminu les humeurs par la saigne1 les avoir dlayes par d'abondantes boissons1 produit les plus grands maux2 les inflammations de l'estomac1 des poulmons1 du foie2 les suffocations1 les phrnsies4 ,les purgatifs occasionnent quelquefois une inflammation gnrale des boyaux1 qui conduit la mort4 ,il n'y a point de ces cas dont l'tourderie1 l'imprudence l'ignorance ne m'aient fait voir quelques exemples4 ,l'effet de ces remedes1 dans ces circonstances1 est le mme que celui du sel du poivre1 qu'on mettroit sur une langue sche1 enflamme sale1 pour l'humecter la nettoyer4 4 #bh4 ,il n'y a personne qui1 avec du bon sens1 ne soit en tat de sentir la vrit de tout ce que j'ai dit dans ce chapitre2 il y auroit de la prudence1 pour ceux mmes qui ne sentiroient pas la solidit de ces avis1 ne pas les braver1 ne pas les heurter trop hardiment4 ,il s'agit d'un objet important2 dans une matiere qui leur est trangere1 ils doivent1 sans doute1 quelque dfrence aux avis des gens qui en ont fait l'tude de toute leur vie4 ,ce n'est pas moi que je veux qu'on coute1 ce sont les plus grands ,mdecins1 dont je ne suis dans ce cas que le foible organe4 ,quel intrt avons-nous tous dfendre aux malades de manger1 de s'touffer1 de boire des choses chaudes qui enflamment leur fievre8 ,quel avantage peut-il nous en revenir1 de nous opposer au fatal torrent qui les entrane8 ,quelle raison peut persuader que des milliers de gens1 pleins de gnie1 de savoir1 d'exprience1 qui passent leur vie au milieu des malades1 uniquement occups les soigner observer tout ce qui leur arrive1 se font illusion se trompent sur l'effet des alimens1 du rgime1 des remedes8 ,peut-il entrer dans des ttes senses1 qu'une garde qui conseille un bouillon1 un oeuf1 un biscuit1 mrite plus d'tre crue1 qu'un ,mdecin qui les dfend8 ,il n'y a rien de plus dsagrable pour celui-ci1 que d'tre oblig de disputer continuellement pour ces miseres1 de craindre toujours que des soins mortellement officieux ne dtruisent1 par des alimens qui augmentent toutes les causes du mal1 l'effet de tous les remedes qu'il emploie pour les combattre1 n'enveniment la plaie mesure qu'il la panse4 ,plus on aime un malade1 plus on veut le faire manger2 c'est l'assassiner par tendresse4 ,,chapitre ,,iii4 ,ce qu'il faut faire dans les commencemens des maladies4 ,diete des maladies aigus4 4 #bi4 ,j'ai fait voir les dangers du rgime1 des principaux remedes qu'on emploie gnralement parmi le peuple4 ,je dois indiquer actuellement ce qu'on peut faire1 sans aucun risque1 dans les commencemens des maladies aiges quelconques1 le rgime gnral qui convient toutes4 ,ceux qui auront envie de tirer quelque fruit de ce ,trait1 doivent faire attention ce chapitre1 parceque dans le reste de l'ouvrage1 pour viter les rptitions1 je ne parlerai du rgime1 que quand la maladie en exigera un diffrent de celui que je dtaillerai actuellement2 quand je dirai qu'il faut mettre un malade au rgime1 cela signifiera qu'il faut le traiter de la faon prescrite dans ce chapitre2 l'on fera ce que je vais indiquer relativement l'air1 aux alimens1 la boisson1 aux lavemens1 except quand je prescrirai expressment autre chose1 comme d'autres ptisanes1 ou d'autres lavemens4 4 #cj4 ,la plpart des maladies 7j'entens toujours aiges ou fivreuses7 s'annoncent souvent1 quelques semaines1 ordinairement quelques jours l'avance1 par quelques drangemens dans la sant1 comme un leger engourdissement1 un peu moins d'agilit1 moins d'apptit1 un peu de pesanteur d'estomac1 plus de facilit se fatiguer1 quelques embarras de tte1 un sommeil plus pesant1 mais moins tranquille1 qui ne rpare pas les forces comme auparavant1 moins de gaiet1 quelquefois un peu d'embarras dans la poitrine1 un pouls moins rgulier1 une disposition au froid1 plus de facilit suer1 quelquefois la cessation des sueurs ordinaires4 ,l'on peut cette poque prvenir ou1 au moins1 diminuer considrablement les maux les plus fcheux1 par des attentions aises1 que je rduis quatre4 #a4 ,renoncer tout travail violent2 mais continuer cependant un exercice trs doux4 #b4 ,se rduire trs peu1 ou point d'alimens solides2 renoncer surtout entirement la viande1 au bouillon1 aux oeufs au vin4 #c4 ,boire abondamment1 c'est--dire1 une couple de pintes par jour1 par petits verres1 de demi-heure en demi-heure1 de la ptisane 7,n4 #a1 ou #b471 mme de l'eau tiede1 sur chaque pinte de laquelle on mettra un demi verre de vinaigre4 ,il n'y a personne qui ce secours puisse manquer4 ,si l'on n'avoit pas de vinaigre1 on boiroit l'eau tiede pure1 l'on mettroit sur chaque pinte quinze ou vingt grains de sel de cuisine4 ,ceux qui auroient du miel1 feroient trs bien d'en mettre deux ou trois cuilleres dans l'eau4 ,l'on pourroit aussi employer avec succs une infusion de fleurs de sureau ou de tilleul4 ,le petit lait bien clair1 peut galement servir4 #d4 ,prendre des lavemens4 ,en suivant cette mthode1 on a souvent coup racine aux maladies les plus graves2 lorsqu'on ne peut pas les empcher de parotre1 au moins on les rend plus douces1 l'on diminue beaucoup le danger4 4 #ca4 ,malheureusement l'on suit une mthode toute contraire2 quand on sent ces drangemens1 l'on se borne ne manger que de la viande1 des oeufs1 du bouillon1 l'on renonce aux lgumes aux fruits1 qui seroient si utiles2 l'on boit1 pour se fortifier l'estomac chasser les vents1 du vin ou quelques liqueurs1 qui ne fortifient que la fievre1 ne chassent que les restes de la sant4 ,l'on empche par-l toutes les vacuations2 l'on ne dtrempe point les matieres qui occasionnent la maladie2 on ne les rend point propres tre vacues2 au contraire1 elles deviennent plus acres plus difficiles tre emmenes2 au lieu que la quantit d'une boisson dlayante rafrachissante1 dtrempe dtache toutes les matieres trangeres2 elle dlaie le sang2 au bout de quelques jours1 tout ce qu'il y avoit de nuisible s'vacue par les selles1 par les urines1 ou par la sueur4 4 #cb4 ,quand la maladie a fait de plus grands progrs1 que le malade est dja saisi par ce froid plus ou moins violent1 qui prcede presque toutes les maladies1 qui est ordinairement accompagn d'un accablement total de douleurs dans tout l'extrieur du corps1 il faut ou le mettre au lit1 s'il ne peut pas rester debout2 ou qu'il se tienne tranquillement assis un peu plus couvert que de coutume1 qu'il boive tous les quarts-d'heure un petit verre chaud1 de la boisson 7,n4 #a1 #b72 ou si elle manque1 de quelqu'une de celle dont je viens de parler4 4 #cc4 ,les malades veulent qu'on les couvre beaucoup pendant le froid2 il faut tre extrmement attentif les dcouvrir ds qu'il diminue1 afin que quand la chaleur commence1 ils n'aient rien de plus que les couvertures ordinaires2 il seroit mme souhaiter qu'ils en eussent moins4 ,les paysans couchent sur un lit de plume1 sous des couvertures de laine qui sont ordinairement d'un poids immense4 ,la chaleur que donne la plume est trs fcheuse pour les fivreux2 cependant comme ils y sont accotums1 on peut tolrer cette coutume pendant une partie de l'anne2 mais pendant les chaleurs1 ou toutes les fois que la fievre est extrmement forte1 ils doivent coucher sur la paillasse1 ils en seront infiniment mieux1 rejetter les couvertures de laine trop paisses1 pour ne se couvrir que de draps1 de couvertures de laine moins lourdes1 ou mme de quelqu'autre chose moins chaude4 ,l'on ne peut croire1 comme moi1 que quand l'on en a t tmoin combien l'on soulage le malade en lui tant son lit de plumes2 le mal prend sur le champ une nouvelle face4 4 #cd4 ,ds que la chaleur est venue1 que la fievre est bien dclare1 l'on doit pourvoir au rgime du malade4 #a4 ,il faut avoir soin que l'air de la chambre ne s'chauffe pas trop2 qu'il y ait le moins de monde1 qu'on y fasse le moins de bruit possible2 que personne ne parle au malade sans ncessit4 ,il n'y a rien qui augmente plus la fievre fasse plus rver1 que la multitude des gens qui sont au tour du malade1 qui font du bruit4 ,il faut1 quand il a t la selle ou qu'il a urin1 emporter ces excrmens le plutt possible4 ,il faut ncessairement ouvrir les fentres soir matin1 au moins un quart-d'heure chaque fois1 ouvrir en mme-tems une porte1 afin que l'air se renouvelle4 ,mais1 comme il ne faut pas qu'il y ait un courant d'air sur le malade1 on tirera1 dans le mme-tems1 les rideaux de son lit2 s'il n'en avoit point1 on en fait dans le moment1 en mettant au tour de lui des chaises1 avec quelques habits qui le garantissent4 ,si la saison est extrmement rigoureuse1 il suffit de l'ouvrir une fois le jour4 ,il est aussi trs utile de brler du genievre ou autre bois aromatique2 ou bien1 on jettera un peu de vinaigre sur une pelle rouge2 cette fume corrige la putridit de l'air4 ,dans les grandes chaleurs1 quand l'air de la chambre est brlant1 que le malade en est fort incommod1 on peut arroser de tems en tems le plancher1 mettre dans la chambre quelques grosses branches de saule1 ou d'aulne1 ou de fresne1 qui trempent dans des seaux d'eau4 4 #ce4 #b4 ,par rapport la nourriture du malade1 il ne prendra rien du tout de solide2 mais on peut lui prparer1 par tout en tout tems1 la nourriture suivante1 qui est une des plus saines1 1 sans contredit1 la plus simple4 ,prenez une demi-livre de pain1 la grosseur d'une noisette de beurre1 ou mme point1 un pot d'eau2 faites cuire le tout jusqu' ce que le pain soit presque entierement dfait3 on le passe1 l'on en donne un demi-septier au malade1 de trois en trois1 ou de quatre en quatre heures1 et mme plus rarement1 si la fievre toit extrmement forte4 ,ceux qui ont des gruaux1 de l'orge1 des pois1 des feves1 de l'aveine1 du ris peuvent en prendre1 cuits de la mme faon1 avec quelques grains de sel#h4 #h ,on donne1 ici1 des bouillons de viande3 on ne peut trop recommander de les faire legers avec le veau1 le poulet2 mais il seroit encore mieux d'user de ce que l'on prescrit dans ce livre4 4 #cf4 ,l'on peut aussi leur permettre1 au lieu de ces especes de soupe1 des fruits d't cruds1 en hiver des pommes cuites1 ou des prunes des cerises seches que l'on fera cuire4 ,les gens instruits ne seront pas surpris de voir ordonner les fruits dans les maladies aiges2 ils en voient les succs tous les jours4 ,ce conseil ne rvoltera que ceux qui sont encore trop imbus des anciens prjugs2 mais1 en rflechissant1 ils sentiront que ces fruits1 qui desalterent1 rafrachissent1 abbattent la fievre1 corrigent la bile corrompue chauffe1 entretiennent la libert du ventre1 font couler les urines1 sont l'aliment le plus convenable pour les fievreux4 ,aussi ils les desirent ardemment2 j'en ai vu plusieurs qui ne s'toient guris1 qu'en mangeant en cachette une grande quantit de ces fruits qu'ils desiroient ardemment1 qu'on leur refusoit4 ,ceux qui ne sentiront pas ces raisons1 peuvent au moins hazarder un essai sur ma parole2 leur propre exprience les convaincra bientt de l'utilit de cette espece d'aliment4 ,l'on peut donc hardiment donner1 dans toutes les fievres continues1 des cerises1 des griottes1 des fraises1 des raisins de mars1 des framboises1 des mres2 mais il faut que tous ces fruits soient trs mrs4 ,les pommes1 les poires1 les prunes sont moins fondantes1 moins remplies de jus1 conviennent moins4 ,il y a cependant quelques especes de poires1 extrmement aqueuses1 qu'on peut employer#i3 on peut aussi prendre un peu de jus de prunes bien mres1 avec de l'eau4 ,j'ai vu cette boisson dsaltrer un malade1 mieux qu'aucune autre4 ,l'attention qu'on doit avoir1 c'est de n'en pas prendre une grosse quantit la fois1 sans quoi l'estomac seroit surcharg1 le malade souffriroit2 mais si l'on en prend souvent peu1 il n'y a rien de plus salutaire4 ,ceux que leur situation met mme d'avoir des oranges douces ou des citrons1 peuvent galement en manger les coeurs avec succs2 il faut rejetter l'corce qui chauffe4 #i ,comme les diffrentes especes de beurr1 de bon-chrtien1 le doyenn1 le ,s4 ,germain1 la virgouleuse1 la royale d't1 la bergamote1 l'angleterre4 4 #cg4 #c4 ,il faut faire usage d'une boisson qui desaltere1 abatte la fivre1 dlaie1 relche aide les vacuations par les selles1 les urines la transpiration4 ,toutes celles dont j'ai parl1 runissent toutes ces qualits4 ,l'on peut aussi mettre un verre1 ou un verre demi1 du jus des fruits dont je viens de parler1 dans une pinte d'eau4 4 #ch4 ,les malades doivent beaucoup boire4 ,il seroit souhaiter qu'ils bussent au moins deux ou trois pintes par jour1 souvent peu la fois2 c'est--dire un verre chaque quart d'heure4 ,il faut que la boisson ait perdu le grand froid4 4 #ci4 #d4 ,si le malade ne va pas tous les jours deux fois la selle1 si les urines ne sont pas abondantes1 ou si elles sont rouges1 si le malade rve1 si la fievre est forte1 le mal de tte de reins considrable1 le ventre douloureux1 les envies de dormir frquentes1 il faut donner un lavement 7,n4 #e471 au moins une fois par jour4 ,le peuple n'aime pas ce remede2 il n'y en a cependant point de plus utile dans les maladies violentes1 surtout dans les cas que je viens d'indiquer2 un lavement soulage ordinairement plus1 que si on buvoit sept ou huit fois la mme quantit de liqueur4 ,l'usage des lavemens dans les diffrentes maladies1 sera dtermin en parlant de chacune4 ,mais il ne faut jamais les donner dans le moment o le malade a une sueur qui le soulage4 4 #dj4 #e4 ,tant que le malade en aura la force1 il faut qu'il se tienne tous les jours hors du lit une heure1 plus s'il peut2 mais au moins une demi-heure3 cela diminue la fievre1 le mal de tte1 les rveries4 ,il faut viter de lever le malade pendant qu'il auroit une sueur de nature le soulager2 mais ces sueurs ne viennent jamais que sur la fin des maux1 aprs que le malade a eu beaucoup d'autres vacuations4 4 #da4 #f4 ,on lui raccommodera son lit tous les jours1 pendant qu'il sera lev1 l'on changera les linges1 tant du lit que du malade1 le plus souvent qu'on le pourra4 ,un prjug pernicieux tablit une pratique contraire1 qui est trs dangereuse4 ,on craint de sortir le malade du lit1 on le laisse dans des linges pourris1 chargs de corruption1 qui par-l non-seulement entretiennent la maladie1 mais peuvent mme lui donner un caractere de malignit4 ,je le ritere1 rien n'entretient la fievre les rveries1 comme de ne point sortir du lit de ne point changer de linge2 j'ai fait cesser1 par ce double moyen sans autre secours1 des rveries qui duroient depuis douze jours sans interruption4 ,l'on dit que le malade est trop foible1 c'est une mauvaise raison3 il faut qu'un malade soit presque mourant pour ne pas soutenir cette opration1 qui1 lors mme qu'il l'prouve pour le moment1 augmente ses forces diminue aussi-tt ses maux4 ,un avantage que les malades retirent du sjour hors du lit1 c'est que les urines coulent plus abondamment avec facilit4 ,l'on en voit quelquefois qui n'urinent point du tout1 si on ne les sort pas du lit4 ,il y a un grand nombre de maladies aiges que ce seul rgime gurit radicalement1 il les adoucit toutes4 ,si on ne l'emploie pas1 les remedes sont le plus souvent inutiles4 ,il seroit souhaiter que le peuple st que l'on ne peut pas brusquer les maladies2 que chacune doit avoir un certain cours1 que l'usage des remedes violens qu'il aime employer1 peut bien les abreger en tuant le malade3 mais cet usage ne gurit jamais plus vte1 au contraire il rend la maladie plus fcheuse1 plus longue1 plus opinitre1 laisse souvent des suites qui font languir toute sa vie celui qui a t trait avec des remedes violens4 4 #db4 ,ce n'est pas assez de bien conduire la maladie1 il faut encore soigner la convalescence1 qui est toujours un tat de foiblesse1 par-l mme de langueur4 ,le mme prjug qui tue les malades en les forant manger1 s'tend sur la convalescence1 la rend fcheuse longue3 on produit des rechtes quelquefois mortelles1 souvent des maux chroniques1 en faisant manger les convalescens trop1 ou trop tt4 ,a mesure que la fievre diminue1 on peut insensiblement augmenter la quantit de nourriture2 mais tant qu'il en reste1 il convient de s'en tenir aux alimens que j'ai indiqus4 ,ds qu'elle est finie1 on peut passer des alimens diffrens1 prendre un peu de viande1 mais il faut qu'elle soit tendre1 du poisson1 un peu de bouillon1 quelques oeufs1 du vin avec de l'eau1 du pain tremp dans le vin3 ces alimens sont utiles1 servent rparer les forces quand on en use modrment4 ,ils retardent la gurison ds qu'on en prend un peu trop2 parceque l'estomac extrmement affoibli par la maladie par les remedes1 n'est capable que d'une trs petite digestion1 si on lui donne au-del de ses forces1 tout ce qu'on prend ne se digere point1 mais se corrompt4 ,il survient de frquens retours de fievre1 un abattement continuel1 des maux de tte1 un assoupissement sans pouvoir dormir1 des douleurs des chaleurs dans les bras dans les jambes1 de l'inquitude1 de la mauvaise humeur1 des vomissemens1 des diarrhes1 des obstructions4 4 #dc4 ,l'on prvient tous ces maux en se contentant de trs peu d'alimens4 ,je le ritere1 si l'on veut fortifier un convalescent1 il faut lui donner peu3 ce n'est pas ce qu'on avale qui nourrit1 ce n'est que ce qu'on digere4 ,le convalescent qui avale peu1 le digere est nourri2 celui qui avale beaucoup ne le digere pas1 bien loin d'tre nourri fortifi1 il prit peu peu4 4 #dd4 ,il faut1 #a4 que les convalescens1 comme les malades1 prennent trs peu d'alimens la fois1 frquemment4 #b4 ,qu'ils ne prennent jamais qu'une sorte d'aliment dans un repas1 qu'ils n'en changent pas trop souvent4 #c4 ,qu'ils mchent avec beaucoup de soin tout ce qu'ils prennent de solide4 #d4 ,qu'ils diminuent la quantit de boisson3 la meilleure1 pour le gnral1 est de l'eau avec un quart ou un tiers de vin blanc4 #e4 ,qu'ils se promenent le plus souvent qu'ils pourront pied1 en voiture1 cheval3 ils auront attention1 surtout les premieres sorties1 de faire leur promenade dans des endroits qui soient l'abri du vent qui ne soient pas humides4 ,ce dernier exercice est le plus salutaire de tous4 ,les trois quarts des gens de la campagne sont mme de se procurer cet avantage sans qu'il leur en cote rien2 ils ont grand tort de le ngliger4 ,ceux qui voudront en user1 doivent le faire avant leur plus grand repas1 qui doit tre celui du milieu du jour1 jamais aprs4 ,l'exercice pris avant le repas1 fortifie les organes de la digestion1 qui ensuite se fait mieux3 si on le prend aprs1 il la trouble4 #f4 ,comme ordinairement les convalescens sont moins bien le soir1 ils doivent rentrer chez eux avant le coucher du soleil1 lorsqu'il s'leve un vent froid ou humide4 ,il faut qu' ces heures ils prennent trs peu d'alimens3 leur sommeil en sera plus tranquille1 les reparera mieux4 #g4 ,ils ne doivent rester au lit que sept ou huit heures4 #h4 ,l'enflure des jambes qui survient presque tous1 n'est pas dangereuse1 se dissipe d'elle-mme quand ils sont sobres qu'ils prennent du mouvement4 #i4 ,il n'est pas ncessaire qu'ils aillent tous les jours la selle2 mais il ne faut pas qu'ils soient resserrs plus de deux ou trois jours2 si cela arrivoit1 il faudroit leur donner un lavement le troisieme jour1 mme plutt si l'on voyoit que la constipation leur occasionnt de la chaleur1 des gonflemens1 de l'inquitude1 des maux de tte4 #aj4 ,s'il leur reste beaucoup de foiblesse1 si l'estomac est drang1 s'ils ont de tems en tems un peu de fievre1 ils prendront trois prises par jour du remede 7,n4 #ad47 qui rtablit les digestions1 rappelle les forces chasse la fievre4 #aa4 ,il ne faut pas qu'ils reprennent trop tt le travail2 cette mauvaise coutume empche journellement plusieurs paysans de se remettre jamais parfaitement bien1 de reprendre leurs premieres forces3 pour n'avoir pas su se reposer pendant quelques jours1 ils ne redeviendront jamais aussi robustes ouvriers qu'ils l'toient auparavant1 ce travail prcoce leur fera perdre dans la suite1 chaque semaine de leur vie1 plus de tems qu'ils n'en ont gagn une seule fois4 ,je vois tous les jours des laboureurs1 des vignerons1 des manoeuvres languissans2 presque tous datent le commencement de leur langueur depuis quelque maladie aige1 qui1 par le manque de mnagement dans la convalescence1 n'a pas t bien gurie3 un repos de sept ou huit jours de plus leur auroit pargn toutes ces infirmits2 mais c'est ce qu'on a peine leur faire comprendre4 ,le peuple1 dans ce cas dans beaucoup d'autres1 ne sait calculer que pour le jour1 n'tend point ses vues au lendemain2 il ne sait faire aucun sacrifice l'avenir2 il en faut cependant pour se le rendre favorable4 ,,chapitre ,,iv4 ,inflammation de ,poitrine4 4 #de4 ,l'inflammation de poitrine1 ou ,peripneumonie1 ou ,fluxion de poitrine1 est une inflammation du poulmon1 plus ordinairement d'un seul de ses cts4 ,les signes qui la font connotre sont1 un frisson plus ou moins long1 pendant lequel le malade est quelquefois fort inquiet angoiss1 symptome essentiel1 qui m'a servi plus d'une fois distinguer cette maladie coup sr1 ds son premier moment2 la chaleur qui suit le frisson1 qui1 pendant quelques heures1 est souvent mle de retour de froid2 le pouls est vite1 assez fort1 mdiocrement plein1 dur1 regl quand le mal est mdiocre2 petit1 mol1 irrgulier quand la maladie est trs grave2 un sentiment legerement douloureux dans l'un des cts de la poitrine2 quelquefois1 une espece de serrement sur le coeur2 quelquefois1 des douleurs dans tout le corps1 surtout le long des reins2 de l'oppression1 au moins le plus souvent1 car quelquefois il y en a peu2 la ncessit d'tre presque toujours couch sur le dos1 ne pouvant l'tre que trs rarement sur les cts2 une toux1 quelquefois seche1 alors elle est plus douloureuse1 d'autres fois accompagne de crachats plus ou moins pleins de sang1 souvent de sang pur2 une douleur ou au moins une pesanteur de tte1 souvent des rveries1 presque toujours le visage rouge2 d'autres fois de la pleur un air tonn ds le commencement1 ce qui est d'un facheux prsage2 les levres1 la langue1 le palais1 la peau seches2 l'haleine chaude1 les urines peu abondantes rouges dans les commencemens1 plus abondantes moins rouges dposant beaucoup de sediment dans la suite2 frquemment de l'altration2 quelquefois des envies de vomir1 dans le commencement1 qui1 en en imposant gens peu instruits1 ont souvent port donner un mtique1 qui est mortel1 surtout cette poque2 une chaleur universelle1 un redoublement presque tous les soirs1 pendant lequel la toux est plus aigre1 les crachats moins abondans4 ,les meilleurs crachats sont ceux qui ne sont ni trop liquides ni trop durs2 mais d'une consistance mdiocre1 ressemblant ce qu'on crache sur la fin d'un rhume1 mais plus jaunes1 mls d'un peu de sang1 qui diminue peu peu1 disparot ordinairement avant le septieme jour4 ,quelquefois l'inflammation monte le long de la trache artre1 occasionne au malade une suffocation un sentiment douloureux1 quand il avale1 qui lui persuade qu'il a un mal de gorge4 4 #df4 ,quand le mal est trs violent1 ou quand il le devient2 le malade ne peut respirer qu'assis4 ,le pouls devient trs petit trs vite2 le visage devient livide1 la langue noire1 les yeux s'garent1 le malade a une angoisse inexprimable1 il s'agite continuellement dans son lit2 quelquefois un bras est dans une espece de paralysie2 les rveries ne le quittent point1 il ne peut ni veiller ni dormir2 la peau de la poitrine du col se couvrent quelquefois1 surtout quand l'air est touff le mal extrme violent1 de taches livides1 plus ou moins considrables2 les forces s'puisent1 la difficult de respirer augmente d'un moment l'autre2 le malade tombe dans une lthargie1 meurt bientt1 d'une mort affreuse assez commune dans les campagnes par l'effet des remedes chauffans1 qu'on emploie dans ce cas4 ,l'on a vu l'usage de ces remedes augmenter la maladie un tel point1 que le coeur se fendoit1 comme l'ouverture du cadavre l'a prouv4 ,si la maladie attaque tout--coup avec violence1 si le froid dure plusieurs heures1 s'il est suivi d'une chaleur brulante1 si le cerveau s'embarrasse ds le commencement1 si le malade a une petite diarrhe avec tenesme1 s'il craint le lit1 s'il sue trop1 ou s'il a la peau extrmement aride1 si son caractere parot chang1 s'il a beaucoup de peine cracher1 la maladie est trs dangereuse4 4 #dg4 ,il faut d'abord mettre le malade au rgime1 avoir soin qu'il ne boive jamais trop froid4 ,sa boisson doit tre la ptisane d'orge ,n4 #b1 ou le lait d'amande ,n4 #d1 ou celle ,n4 #g4 ,les jus d'herbes1 qui entrent dans cette derniere1 sont un excellent remede dans ce cas2 parcequ'ils fondent puissamment ce sang pais qui forme l'inflammation4 ,pendant que la fievre est extrmement violente1 que le malade ne crache pas suffisamment1 qu'il rve1 qu'il a trs mal la tte1 ou qu'il crache le sang pur1 il faut donner le lavement ,n4 #e1 trois fois1 ou au moins deux fois dans vingt-quatre heures4 ,mais le remede principal c'est la saigne4 ,ds que le froid a fini1 il faut tirer tout la fois douze onces de sang du bras1 mme1 si le malade est jeune robuste1 quatorze ou seize4 ,cette forte saigne soulage plus1 que si on tiroit vingt-quatre onces en trois fois4 4 #dh4 ,quand la maladie est telle qu'elle est dcrite 4 #de1 cette saigne soulage considrablement le malade1 pendant quelques heures2 mais le mal revient1 pour prvenir cela1 il faut1 moins que tout n'aille extrmement bien1 riterer la saigne au bout de quatre heures1 tirer encore douze onces de sang4 ,souvent cela suffit4 ,mais si au bout de huit ou dix heures1 la maladie paroissoit se ranimer1 il faudroit riterer une troisieme1 mme une quatrieme fois4 ,mais en employant les autres secours ncessaires1 j'ai rarement eu besoin de cette quatrieme saigne1 frquemment je m'en tiens aux deux premieres4 ,s'il y a plusieurs jours que la maladie a commenc1 si la fievre est encore forte1 la respiration difficile1 si le malade ne crache pas1 ou s'il crache trop de sang1 il faut1 sans s'embarrasser du jour1 faire une saigne1 ft-ce le dixieme4 ,le sang dans cette maladie1 dans toutes les autres maladies inflammatoires1 est extrmement pais2 1 presque d'abord qu'on l'a tir1 il se forme dessus1 cette peau blanche1 coriace1 que chacun connot1 qu'on appelle croute pleurtique4 ,l'on regarde comme un bien1 lorsque dans chaque saigne1 elle devient moins dure moins paisse que dans les prcdentes4 ,cela est gnralement vrai1 si en mme tems le malade se trouve mieux2 mais si l'on ne faisoit attention qu'au sang seul1 on se tromperoit souvent4 ,il arrive mme1 que dans l'inflammation de poitrine la plus violente1 cette croute ne se forme point2 ce qu'on regarde comme un signe trs dangereux4 ,il y a d'ailleurs1 cet gard plusieurs bisarreries1 qui dpendent des plus petites circonstances3 ainsi il ne faut point se fonder uniquement sur cette croute1 pour regler les saignes2 1 en gnral1 il ne faut pas trop croire que l'tat du sang dans la palette1 puisse nous faire juger avec certitude de son vritable tat dans le corps4 4 #di4 ,quand le malade est dans l'tat dcrit 74 #df47 non seulement la saigne ne sert rien2 mais quelquefois mme elle est nuisible1 par le prompt affoiblissement dans lequel elle jette2 1 en gnral1 dans ce cas1 tous les remedes sont inutiles2 c'est toujours une trs mauvaise marque1 dans cette maladie1 quand la saigne ne soulage pas1 ou quand il y a des circonstances qui obligent la menager4 4 #ej4 ,tous les jours l'on mettra les jambes1 une demi heure1 dans un bain d'eau tiede1 en envelopant exactement le malade1 afin que le froid n'arrte pas la transpiration que le bain favorise4 4 #ea4 ,de deux en deux heures1 il prendra une tasse de la potion ,n4 #h1 qui facilite toutes les vacuations1 principalement les crachats4 4 #eb4 ,quand l'oppression est considrable1 la toux seche1 l'on fait respirer au malade la vapeur de l'eau bouillante1 dans laquelle on a mis un peu de vinaigre4 ,pour cela on s'y prend de deux faons2 ou en mettant sous le visage du malade1 qui doit tre assis1 un vase rempli de cette eau chaude1 en envelopant la tte du malade1 le vase avec un linge qui retient la vapeur2 ou en lui tenant devant la bouche1 une ponge trempe dans cette mme liqueur bouillante4 ,la seconde mthode est moins efficace1 mais elle fatigue moins le malade4 ,quand le mal est trs pressant1 on emploie au lieu d'eau1 le vinaigre pur2 souvent cette vapeur a sauv des malades1 qui paroissoient au bord du tombeau3 mais il faut qu'elle soit continue pendant plusieurs heures4 4 #ec4 ,l'on applique aussi avec succs1 sur la gorge sur la poitrine1 les remedes ,n4 #i4 4 #ed4 ,quand la fievre est extrmement forte1 il faut donner toutes les heures1 une cuillere de la potion ,n4 #aj2 mais sans que cela fasse rien diminuer de la quantit des autres boissons qu'on peut prendre immdiatement aprs1 ou auxquelles on peut la mler4 4 #ee4 ,tant que le mal empire1 ou reste dans le mme tat1 il faut continuer les mmes secours2 mais si le troisieme 7ce qui est rare71 le quatrieme1 le cinquieme jour1 le mal prend une tournure plus favorable1 si les redoublemens sont moins violens1 la toux moins forte1 les crachats moins sanglans1 la respiration plus aise1 la tte plus dgage1 la langue un peu moins seche1 les urines moins rouges1 plus abondantes2 il suffit alors de se tenir au regime1 de prendre un lavement tous les soirs4 ,souvent le redoublement du quatrieme jour est le plus fort4 4 #ef4 ,la maladie acheve de se dissiper par les crachats2 souvent par les urines1 qui1 le sept1 ou le neuf1 ou le onzieme jour1 quelquefois dans les jours intermediaires1 commencent dposer un sdiment d'un blanc roux trs abondant1 quelquefois un vrai pus4 ,ensuite il survient des sueurs1 qui alors sont favorables autant qu'elles toient nuisibles au commencement4 ,quelques heures avant que les vacuations dont je parle viennent1 il survient quelquefois diffrens accidens trs effrayans1 comme de l'angoisse1 des palpitations1 de l'irrgularit dans le pouls1 plus d'oppression1 des mouvemens convulsifs1 7c'est ce qu'on appelle l'tat critique72 mais ils ne sont pas dangereux1 moyennant qu'on ne fasse rien mal--propos4 ,ces accidens dpendent de l'humeur purulente qui se dplace1 circule dans les humeurs1 irrite diffrentes parties1 jusqu' ce que l'vacuation ait commenc2 alors tous les accidens finissent1 ordinairement le sommeil revient4 ,mais je dois insister sur la ncessit de la prudence dans ces circonstances4 ,quelquefois c'est la foiblesse1 d'autres fois les convulsions1 ou quelques autres accidens1 qui effraient4 ,si l'on fait1 comme il arrive tous les jours1 la sottise d'ordonner des remedes particuliers pour ces accidens1 comme des cordiaux spiritueux1 de la thriaque1 des confections1 du castor1 de la rue1 l'on trouble la nature dans ses oprations2 la crise ne se fait point2 la matiere qui devoit s'vacuer1 ou par les selles1 ou par les urines1 ou par la sueur1 ne s'vacue point2 mais elle se dpose sur quelque partie interne ou externe4 ,si c'est sur une partie interne1 le malade meurt d'abord1 ou il se forme une nouvelle maladie plus facheuse1 moins guerissable que la premiere4 ,si c'est sur l'extrieur du corps1 le malheur est moins grand1 il faut1 ds qu'on s'en apperoit1 mettre sur cette partie des cataplasmes molliens1 qui l'amenent maturit1 l'ouvrir ds qu'on le peut4 4 #eg4 ,pour prvenir ces accidens1 il faut quand les symptomes effrayans1 dont j'ai parl surviennent1 ne rien changer du tout au traitement1 except qu'on doit donner le lavement mollient ,n4 #e1 appliquer de deux en deux heures1 une flannelle trempe dans l'eau tiede1 qui couvre tout le ventre1 fasse presque tout le tour du corps1 derriere les reins4 ,l'on peut aussi augmenter un peu la quantit de la boisson1 diminuer celle de la nourriture pendant tout le tems que cet tat violent dure4 4 #eh4 ,je n'ai point parl d'mtique1 ni de purgatifs2 parcequ'ils sont tout--fait contraires dans cette maladie4 ,les anodins1 ou remedes propres faire dormir1 sont aussi gnralement mauvais4 ,il y a quelques cas cependant1 dans lesquels ils peuvent tre utiles2 mais ils sont si difficiles connotre1 qu'on ne doit jamais se les permettre1 quand on n'a pas un ,medecin4 ,j'ai vu plusieurs malades1 que ces remedes pris mal--propos1 ont jetts dans une tisie incurable4 ,lorsque tout a bien t1 ordinairement le malade est trs bien le quatorzieme jour2 alors on peut1 s'il a appetit1 le mettre au regime des convalescens 4 #db4 ,s'il a encore du dgot1 la bouche mauvaise1 la tte pesante1 on doit le purger avec la potion ,n4 #aa4 4 #ei4 ,il survient quelquefois des saignemens de nez1 mme aprs plusieurs saignes1 qui sont trs favorables1 soulagent ordinairement beaucoup plus que les saignes4 ,on doit s'attendre ces saignemens1 lorsqu'aprs les saignes1 le malade est mieux plusieurs gards1 qu'il reste encore un grand mal de tte1 avec les yeux vifs le nez rouge4 ,il ne faut rien faire pour les arrter2 ce qui seroit trs dangereux4 ,ils s'arrtent d'eux-mmes4 ,d'autres fois1 mais plus rarement1 la maladie se dissipe par une diarrhe1 legerement douloureuse1 de matieres bilieuses4 4 #fj4 ,si les crachats se suppriment tout--coup sans qu'il survienne aucune autre vacuation1 l'oppression l'angoisse reviennent d'abord1 le danger est pressant4 ,si la maladie n'est pas fort avance1 si le malade est robuste1 s'il n'a pas t beaucoup saign1 s'il y avoit encore du sang dans les crachats1 si le pouls est fort ou dur1 il faut sur-le-champ saigner1 faire respirer continuellement la vapeur d'eau chaude de vinaigre1 faire boire beaucoup de la ptisane ,n4 #b1 plus chaude qu' l'ordinaire4 ,si les circonstances sont opposes2 au lieu de la saigne1 il faut appliquer deux vesicatoires aux jambes1 faire boire beaucoup de la ptisane ,n4 #ab4 ,les causes qui produisent le plus souvent cette suppression des crachats1 sont #a4 un refroidissement subit2 #b4 l'air trop chaud2 #c4 les remedes trop chauffans2 #d4 les sueurs trop abondantes2 #e4 un purgatif pris mal propos2 #f4 quelque passion trop vive4 4 #fa4 ,quand on n'a pas saign suffisamment1 ou assez tt1 quelquefois mme1 comme je l'ai vu1 quand on a si fort affoibli le malade1 par trop de saignes1 que les vacuations par les selles1 les urines1 les crachats1 la transpiration1 ne sont pas bien faites2 quand ces vacuations ont t dranges par quelqu'autre cause1 ou que la maladie n'a pas t bien traite1 les vaisseaux enflamms ne se dbarrassent pas de l'humeur qui les engorge2 mais il arrive1 dans le poulmon1 ce que chacun voit arriver tous les jours sur la peau4 ,si une tumeur inflammatoire ne se rsout pas1 si elle ne se dissipe pas insensiblement1 elle devient abcs4 ,il en est de mme du poulmon2 si l'inflammation ne se dissipe pas1 elle se change en abcs1 qu'on appelle vomique2 cet abcs1 comme ceux qu'on voit l'extrieur1 reste souvent enferm long-tems dans son sac1 sans que ce sac se creve que le pus s'panche4 4 #fb4 ,si l'inflammation n'toit pas extrmement profonde dans le poulmon1 qu'elle s'tendt jusques sa surface1 c'est--dire prs des ctes1 le sac creve l'extrieur du poulmon1 le pus se rpand dans la cavit de la poitrine1 entre le poulmon1 les ctes le diaphragme 7c'est cette membrane qui spare la poitrine du ventre74 ,quand l'inflammation est plus profonde1 alors l'abcs se creve dans l'intrieur mme du poulmon4 ,si l'ouverture est petite1 de faon qu'il ne puisse sortir que peu de pus la fois1 si la quantit totale du pus n'est pas considrable1 si le malade est encore fort1 il crache ce pus se trouve soulag4 ,mais si la vomique est considrable1 ou si l'ouverture est grande1 qu'il se rpande une grande quantit de pus la fois1 ou si le malade est trs foible1 il meurt dans le moment o la vomique s'ouvre1 cela quelquefois lorsqu'on s'y attend le moins4 ,j'ai vu un malade mourir1 en portant une cuilleree de soupe sa bouche2 un autre en se mouchant4 ,il n'y avoit aucun symptome1 qui pt faire croire leur mort plus prochaine dans ce moment que quelques heures auparavant4 ,le pus sort ordinairement par la bouche1 aprs la mort2 les cadavres sont trs promptement corrompus4 ,l'on appelle vomique couverte1 celle qui n'a pas perc2 ouverte celle qui est rompue4 ,il est important de traiter exactement cette matiere1 parceque ces vomiques tuent beaucoup de gens dans les campagnes1 sans qu'on souponne mme dequoi ils meurent4 ,j'en ai eu un exemple1 il n'y a que quelques jours1 chez un ,regent de village4 ,il avoit une vomique couverte1 trs considrable dans le poulmon gauche1 qui toit la suite d'une inflammation de poitrine mal conduite dans les commencemens4 ,il me parut qu'il ne pouvoit pas vivre vingt-quatre heures2 il mourut en effet dans des angoisses inexprimables4 ,j'ai lieu de croire1 qu'il mourut quand la vomique creva2 il sortit beaucoup de pus de sa bouche aprs sa mort4 4 #fc4 ,l'on ne peut ni voir1 ni toucher1 ce qu'il y a dans la poitrine2 c'est ce qui fait que souvent l'on n'a pas connu les vomiques4 ,les signes suivans font prsumer qu'elles se forment4 ,les vacuations qui sont ncessaires pour la guerison n'ont pas eu lieu dans les quatorze premiers jours4 ,au bout de ces quatorze jours1 le malade n'est pas gueri1 ni mme considrablement soulag2 mais au contraire1 la fievre continue d'tre assez forte1 avec un pouls toujours vite1 ordinairement mol foible1 quelquefois cependant assez dur1 souvent ondoyant2 la respiration est encore gne1 avec de petits frissons de tems en tems1 un redoublement de fievre le soir1 les joues rouges1 les levres seches1 de l'altration4 ,l'augmentation de ces mmes symptomes1 annonce que le pus est tout form2 la toux est plus continue2 elle redouble au moindre mouvement1 ou ds que le malade a pris quelque nourriture2 il ne peut se coucher que du ct malade1 souvent il ne peut point se coucher du tout2 mais il est oblig d'tre tout le jour assis1 quelquefois mme sans oser s'appuyer sur les reins1 crainte d'augmenter la toux l'oppression2 il ne peut point dormir2 il a une fievre continue1 souvent des intermittences dans le pouls4 ,non-seulement la fievre augmente tous les soirs2 mais la plus petite dose d'alimens1 le plus leger mouvement1 un peu de toux1 une legere agitation de l'ame1 un peu de chaleur dans la chambre1 un bouillon un peu trop fort ou un peu trop sal1 augmentent dans le moment la vitesse du pouls4 ,le malade est inquiet1 il a des momens d'angoisse terribles1 accompagns suivis de sueurs sur la poitrine1 surtout au visage4 ,il sue pendant la nuit2 ses urines sont rougetres1 quelquefois cumeuses1 d'autres fois huileuses4 ,il lui monte tout coup des feux au visage2 il a ordinairement un gout horrible dans la bouche1 chez les uns1 de vieux fromage1 chez les autres1 d'oeufs pourris ou de viande corrompue3 ils maigrissent considrablement4 ,il y en a que rien ne dsaltere1 ils ont la bouche la langue seches1 la voix foible rauque1 les yeux enfoncs1 souvent quelque chose d'un peu gar dans la vue2 ils ont un dgout gnral2 s'ils desirent certains alimens avant que de les voir1 ils les rebutent ds qu'on les leur offre2 les forces se perdent4 ,outre ces symptomes1 l'on remarque quelquefois1 du ct malade1 une trs legere enflure1 un changement de couleur presqu'insensible4 ,si la vomique est place tout fait au bas du poulmon1 dans la partie intrieure1 c'est--dire1 prs du milieu de la poitrine1 on peut sentir1 dans quelques sujets1 du gonflement1 en pressant le creux de l'estomac1 surtout quand le malade tousse4 4 #fd4 ,quand une vomique est forme1 tant qu'elle ne se vuide pas1 tous les accidens que j'ai dtaills augmentent1 la vomique s'tend2 tout le ct du poulmon malade devient quelquefois un sac de pus2 le ct sain est comprim2 le malade meurt suffoqu1 aprs des angoisses terribles1 avec le poulmon plein de pus1 sans en avoir jamais crach4 ,il est important1 pour viter ces malheurs1 de procurer la rupture de la vomique1 ds que l'on est sr qu'elle existe2 comme il vaut mieux qu'elle se rompe dans le poulmon1 parcequ'alors on peut la cracher1 que dans la cavit de la poitrine1 par les raisons que je dtaillerai plus bas1 il faut faire en sorte que cette rupture se fasse intrieurement4 4 #fe4 ,les moyens les plus efficaces pour cela1 sont #a4 de faire respirer continuellement au malade la vapeur d'eau chaude4 #b4 ,quand on a1 par ce moyen1 ramolli la partie du sac de l'abcs1 o l'on souhaite que la rupture se fasse1 on donne au malade une grande quantit de liquide1 d'un liquide fort mollient2 comme ptisane d'orge1 lait d'amande1 bouillon gras1 eau lait4 ,par l on tient l'estomac toujours plein1 la rsistance au poulmon tant considrable de ce ct1 les matieres se portent naturellement du ct de la trache artre1 ou conduit de l'air1 o il y a moins de rsistance4 ,d'ailleurs1 cette plnitude de l'estomac contribue exciter la toux2 ce qui est un bien4 #c4 ,on cherche faire tousser le malade1 en lui faisant flairer du vinaigre chaud1 ou en injectant1 dans la gorge1 au moyen d'une petite seringue1 telle que les enfans en font partout avec du sureau1 un peu d'eau ou de vinaigre4 #d4 ,on le fait crier1 lire1 rire2 tous ces moyens contribuent faire rompre l'abcs1 aussi bien que le suivant4 #e4 ,on le met dans une voiture qui le secoue1 mais aprs avoir eu le soin de lui faire prendre beaucoup des boissons que je viens d'indiquer4 ,les secousses dcident quelquefois tout--coup cette rupture4 4 #ff4 ,j'ai vu1 il y a quelques annes1 une servante de campagne1 qui aprs une inflammation de poitrine1 restoit languissante1 sans qu'on souponnt son mal2 s'tant mise sur une charrette1 qui alloit chercher du foin1 la roue heurta violemment contre un arbre2 elle s'vanouit1 au mme instant1 rendit beaucoup de pus4 ,elle continuoit en cracher2 c'est alors que je fus instruit de son mal1 de ce qui lui toit arriv4 ,elle guerit trs bien4 ,un ,officier de ce pays1 servant en ,piemont1 languissoit depuis quelques mois1 venoit chez lui pour essayer de se remettre1 sans l'esperer beaucoup4 ,en entrant au pays1 par la route de ,s4 ,bernard1 tant oblig de faire quelques pas pied1 il fit une chute1 resta vanoui pendant plus d'un quart d'heure1 rendit une grande quantit de pus1 se trouva dans le moment mme extrmement soulag4 ,je lui ordonnai un regime1 des remedes1 il se rtablit parfaitement1 dut peut-tre la vie cet accident4 #f4 ,on fait prendre de deux en deux heures une cuillere soupe de la potion ,n4 #h4 4 #fg4 ,plusieurs malades ont un vanouissement au moment o la vomique s'ouvre4 ,on peut leur faire flairer un peu de vinaigre4 4 #fh4 ,si le malade n'toit pas trop affoibli avant la rupture de l'abcs1 si le pus est blanc1 bien conditionn1 si la fievre diminue1 si l'angoisse1 l'oppression1 les sueurs finissent1 si la toux est moins violente1 si le malade a plus d'aisance dans sa situation1 s'il recouvre le sommeil1 l'appetit1 si ses forces reviennent1 si la quantit des crachats diminue journellement par degrs1 si les urines redeviennent meilleures2 l'on doit esprer1 qu'en employant les secours que je vais prescrire1 le malade se guerira radicalement4 4 #fi4 ,mais1 au contraire1 quand les forces sont puises avant la rupture1 que la matiere est trop claire1 brune1 verte1 jaune1 sanglante1 puante2 que le pouls reste vte foible2 que l'apptit1 les forces1 le sommeil ne reviennent pas1 l'on ne doit point esprer de gurison1 les meilleurs remedes sont inutiles3 l'on doit cependant les tenter4 4 #gj4 ,ces remedes sont3 #a4 ,si la matiere paroit paisse1 gluante1 qu'elle ait de la peine se dtacher1 il faut donner de deux en deux heures1 une cuillere soupe de la potion ,n4 #h1 boire entre deux1 de demi-heure en demi-heure1 une tasse de la boisson ,n4 #ac4 ,l'on prend de quatre heures en quatre heures1 un peu de crme d'orge1 ou de ris4 #b4 ,quand la matiere n'a pas besoin de ces remedes pour tre vacue1 on ne les emploie pas1 mais on continue la mme nourriture qu'on mle avec parties gales de lait1 ou laquelle1 ce qui est beaucoup plus efficace1 on substitue la mme quantit de lait frachement tir d'une bonne vache1 qui dans ce cas fait la seule nourriture du malade4 #c4 ,on lui donne quatre fois par jour1 de deux en deux heures1 en commenant de bon matin1 une prise de la poudre ,n4 #ad1 dlaye dans un peu d'eau1 ou rduite en bol avec un peu de syrop ou de miel4 ,sa boisson ordinaire est1 ou un lait d'amande1 ou une ptisane d'orge1 ou de l'eau avec un quart de lait4 #d4 ,il faut se promener tous les jours cheval1 en voiture1 en charrette1 suivant que les forces les circonstances le permettent4 ,mais de tous ces exercices1 celui du trot du cheval est sans comparaison le plus utile le plus la porte de tout le monde4 4 #ga4 ,le peuple1 peu instruit1 ne regarde comme remde1 que ce qu'on avale4 ,il a peu de foi au rgime aux autres secours dittiques2 il regardera l'exercice du cheval comme inutile4 ,c'est une erreur dangereuse1 dont je voudrois le dsabuser4 ,ce secours est le plus efficace de tous2 celui sans lequel on ne doit point esprer de gurir ce mal1 quand il est grave2 celui qui peut presque le gurir seul1 moyennant qu'on ne prenne point d'alimens contraires2 enfin on l'a regard1 avec raison1 comme le vrai spcifique de cette maladie4 4 #gb4 #e4 ,les influences de l'air sont plus considrables dans cette maladie que dans aucune autre2 ainsi l'on doit chercher le rendre bon dans la chambre du malade4 ,pour cela il faut l'airer trs souvent1 la parfumer de tems en tems1 mais trs legerement1 avec un peu de vinaigre1 y mettre dans la saison le plus d'herbes1 de fleurs1 de fruits qu'il sera possible4 ,si l'on a le malheur d'tre dans un air mal-sain1 il y a peu d'espoir de gurir1 moins qu'on n'en change4 4 #gc4 ,il y a des malades qui se sont guris de ces maladies1 les uns en ne prenant quoi que ce soit que du petit lait de beure1 7de la battue72 les autres1 des melons des concombres1 ou des fruits d't de toute espece4 ,mais je conseille de s'en tenir la mthode que je viens d'indiquer1 comme la plus sre4 4 #gd4 ,il suffit que le malade aille la selle de deux1 ou mme de trois jours l'un3 ainsi il ne faut pas prodiguer les lavemens1 ils pourroient procurer une diarrhe qui seroit trs craindre4 ,quand le pus diminue1 que le malade se trouve mieux tous gards1 c'est une preuve que la plaie se nettoie se cicatrise peu peu4 ,si la suppuration continue tre abondante1 si le pus parot moins beau1 si la fievre revient tous les soirs1 il est craindre que la plaie1 au lieu de se cicatriser1 ne dgnere en ulcere2 ce qui est trs fcheux4 ,le malade tombe alors dans l'tisie confirme1 meurt au bout de quelques mois4 4 #ge4 ,je ne connois point de meilleur remede1 dans ce cas1 que la continuation des mmes 4 #gj4 sur-tout le cheval4 ,on peut1 dans quelque cas1 employer les parfums d'eau chaude avec les herbes vulnraires un peu d'huile de trbenthine ,n4 #ae4 ,je les ai vu russir2 mais le plus sr est de consulter un ,mdecin1 qui examine s'il n'y a point quelque complication qui met obstacle la gurison4 ,si la toux empche le malade de dormir1 on peut lui donner le soir deux ou trois cuilleres soupe du remede ,n4 #af1 dans un verre de lait d'amande ou de ptisane d'orge4 4 #gf4 ,les mmes causes qui suppriment tout--coup les crachats dans l'inflammation de poitrine1 peuvent aussi arrter l'expectoration commence d'une vomique2 alors le malade tombe dans l'oppression1 l'angoisse1 la fievre1 la foiblesse4 ,il faut remdier sur le champ cet tat par la vapeur de l'eau chaude1 une cuillere de la potion ,n4 #h1 toutes les heures2 une grande quantit de ptisane ,n4 #ab1 de l'exercice4 ,ds que l'expectoration revient1 la fievre les autres accidens cessent4 ,j'ai vu cette suppression1 chez des sujets robustes1 occasionner promptement une inflammation au tour de la vomique1 qui m'obligeoit faire une saigne1 aprs laquelle le crachement revenoit d'abord4 4 #gg4 ,il arrive souvent que la vomique se nettoie entierement2 les crachats tarissent presque tout fait1 le malade est bien1 il se croit guri2 bien-tt le mal-aise1 l'oppression1 la toux1 la fievre recommencent2 il vuide une nouvelle vomique1 crache pendant quelques jours1 se remet4 ,au bout de quelque tems la mme scene reparoit1 cette alternative de bien de mal dure souvent pendant des mois des annes3 ce cas a lieu quand la vomique se nettoie peu peu que ses parois se rapprochent sans se cicatriser1 alors il suinte insensiblement une nouvelle matiere4 ,pendant quelques jours1 le malade n'en est point incommod2 mais ds qu'il y en a une certaine quantit1 il est mal jusqu' ce que l'vacuation soit faite4 ,l'on voit des gens1 avec ce mal1 jouir en apparence d'une assez bonne sant4 ,on peut le regarder comme une espece de cautere intrieur qui se nettoie de lui-mme de tems en tems1 chez les uns souvent1 chez les autres rarement1 avec lequel on peut vivre assez long-tems4 ,quand il a dur un certain tems1 il est incurable4 ,dans les commencemens il cede au lait1 l'exercice du cheval1 l'usage du remede ,n4 #ad4 4 #gh4 ,l'on sera surpris que je ne parle point1 dans le traitement d'un abcs au poulmon1 de l'tisie ou phtysie qui en est la suite1 des remedes qu'on appelle balsamiques1 qu'on emploie si frquemment1 comme la trbenthine1 le baume du ,prou1 celui de la ,mecque1 l'encens1 le mastic1 la myrrhe1 le storax1 le baume de soufre4 ,j'en dirai un mot1 parcequ'il est autant de mon objet de dtruire les prjugs favorables aux mauvais remedes1 que d'accrditer les bons4 ,je dis donc que si je n'ai point employ ces remedes1 c'est que je suis convaincu que les effets en sont gnralement fcheux dans ces cas2 que je vois tous les jours qu'ils font un mal trs rel2 qu'ils retardent la gurison1 que souvent ils rendent mortelle une maladie trs gurissable4 ,ils ne se digerent point2 ils obstruent les petits vaisseaux du poulmon1 qu'il faudroit dsobstruer2 ils occasionnent videmment1 moins que la dose ne soit extrmement petite1 de la chaleur de l'oppression4 ,j'ai vu plusieurs fois1 aussi clairement qu'il toit possible1 que des pilules dans lesquelles entroient la myrrhe1 la trbenthine le baume du ,prou1 occasionnoient1 au bout d'une heure1 de l'agitation dans le pouls1 de la rougeur1 de l'altration de l'oppression4 ,enfin l'on pourroit dmontrer toute personne non prvenue1 que ces remedes sont rellement nuisibles dans ce cas2 je souhaite ardemment qu'on se dsabuse sur leur compte1 qu'ils perdent cette rputation qu'ils ont malheureusement usurpe4 ,je sais qu'un grand nombre de trs habiles gens les emploient journellement dans ces maladies2 mais ils les quitteront ds qu'ils se donneront la peine d'observer leurs effets1 indpendamment de ceux des autres remedes auxquels ils les mlent1 qui en corrigent le danger4 ,j'ai vu un malade qu'un ,chirurgien tranger1 qui demeuroit ,orbe1 avoit voulu gurir d'une tisie1 en lui faisant prendre du lard fondu1 qui avoit augment le mal4 ,ce conseil parot absurde1 il l'est3 cependant les balsamiques qu'on ordonne ne se digerent peut-tre gueres mieux que le lard4 ,la poudre ,n4 #ad tient tout ce que les balsamiques promettent2 elle n'a aucun de leurs inconvniens1 elle a toutes les qualits qu'on leur prte2 mais il ne faut pas la donner dans le tems qu'il y a encore inflammation1 ou qu'elle survient de nouveau1 il ne faut mler aucun autre aliment au lait4 ,ce fameux remede nomm l'antihectique1 n'a point non-plus1 dans ces cas1 les vertus qu'on lui suppose4 ,je m'en sers trs souvent dans quelques toux opinitres des enfans avec le lait1 alors il est trs utile3 mais j'en ai rarement vu des effets sensibles chez les grandes personnes1 dans ces cas je craindrois qu'il ne ft du mal4 4 #gi4 ,si au lieu de crver intrieurement1 la vomique creve extrieurement1 le pus s'panche dans la poitrine4 ,l'on connot que cela est arriv par le sentiment du malade1 qui s'apperoit d'un mouvement singulier1 accompagn assez ordinairement d'une dfaillance2 l'oppression l'angoisse finissent sur le champ1 la fievre diminue2 la toux continue cependant ordinairement1 mais moins violente sans aucune expectoration4 ,l'amandement ne dure pas long-tems1 parceque le pus augmentant tous les jours devenant plus cre1 le poulmon se trouve gn1 irrit1 rong2 la difficult de respirer1 la fievre1 la chaleur1 la soif1 l'insomnie1 le dgot1 la maigreur reviennent avec plusieurs autres accidens qu'il est inutile de dtailler ici1 sur-tout de frquentes foiblesses4 ,le malade doit tre au rgime1 qui retarde le progrs du mal aussi long-tems qu'il est possible1 mais il n'y a point de remede1 que d'ouvrir la poitrine entre deux ctes1 pour vacuer par ce moyen ce pus1 arrter les desordres qu'il occasionne1 c'est ce qu'on appelle l'opration de l',empyeme4 ,je n'en parlerai pas1 parcequ'elle ne doit tre faite que par d'habiles gens1 ce n'est pas pour eux que j'cris4 ,j'avertis seulement qu'elle est moins douloureuse qu'effrayante1 que si l'on attend trop long-tems la faire1 elle devient inutile1 le malade meurt misrablement4 4 #hj4 ,l'on voit tous les jours que les inflammations extrieures se gangrennent4 ,la mme chose arrive au poulmon1 quand la fievre est excessive1 l'inflammation naturellement trs violente1 ou qu'on l'augmente par des remedes chauds4 ,une angoisse insoutenable1 une trs grande foiblesse1 des dfaillances frquentes1 le froid des extrmits1 une eau livide puante1 qui sort au lieu de crachat1 quelquefois des plaques noirtres sur la poitrine1 font connotre ce triste tat4 ,j'ai vu dans un cas de cette espece1 chez un homme qui avoit t attaqu de cette maladie aprs une marche force pied1 qui l'on avoit donn un vin avec des aromates pour le faire suer1 l'haleine si horriblement puante1 que sa femme eut plusieurs foiblesses en le servant2 je ne trouvai plus de pouls ni de raison1 je ne lui ordonnai rien4 ,il mourut une heure aprs1 au commencement du troisieme jour4 4 #ha4 ,l',inflammation peut aussi se durcir1 il se forme alors ce qu'on appelle un squirrhe2 c'est une tumeur fort dure1 qui ne fait pas de douleur4 ,on connot que cela arrive1 quand la maladie ne se termine d'aucune des faons dont j'ai parl2 que cependant la fievre les autres accidens se dissipent2 mais que la respiration reste toujours un peu gne2 que cependant le malade conserve un sentiment incommode dans un ct de la poitrine1 qu'il a de tems en tems une toux sche qui augmente aprs l'exercice aprs le repas4 ,ce mal ne se gurit que bien rarement2 mais on voit des gens qui en sont atteints qui vivent longues annes1 sans de grands maux4 ,ils doivent viter toutes les occasions d'chauffement qui pourroient aisment procurer une nouvelle inflammation au tour de cette tumeur1 les suites en seroient trs dangereuses4 4 #hb4 ,les remedes les plus propres dtruire ce mal1 dont j'ai vu quelques bons effets1 sont le petit lait ,n4 #ag1 les pilules ,n4 #ah4 ,l'on prend vingt pilules1 une pinte de petit lait tous les matins pendant long-tems1 l'on respire de tems en tems la vapeur de l'eau chaude4 4 #hc4 ,le poulmon1 dans l'tat naturel de parfaite sant1 touche la membrane qui tapisse l'intrieur de la poitrine1 mais qui ne lui est pas attache4 ,il arrive souvent1 aprs l'inflammation de poitrine1 la pleursie1 dans d'autres cas1 que ces deux parties se colent l'une l'autre1 ne se dtachent jamais2 mais c'est peine un mal4 ,on l'ignore ordinairement1 parceque la sant n'en est point drange1 l'on ne fait jamais rien pour y remdier4 ,j'ai vu cependant quelques cas dans lesquels cette adhrence nuisoit videmment4 ,,chapitre ,v4 ,de la ,pleursie4 4 #hd4 ,la pleursie1 qu'on reconnot principalement ces quatre caracteres2 une forte fivre1 de la peine respirer1 de la toux1 une vive douleur dans l'enceinte de la poitrine2 la pleursie1 dis-je1 n'est point une maladie diffrente de la pripneumonie dont je viens de parler2 ainsi je n'ai presque rien en dire de particulier4 4 #he4 ,la cause en est1 tout comme de la premiere1 une inflammation du poulmon2 mais une inflammation peut-tre plus extrieure4 ,la seule diffrence considrable dans les symptmes1 c'est que la pleursie est accompagne d'une douleur trs vive que l'on sent sur les ctes1 que l'on appelle ordinairement point4 ,cette douleur se fait sentir indiffremment sur toutes les parties de la poitrine1 mais plus ordinairement sur les ctes sous les mammelles1 peut-tre plus souvent du ct droit4 ,la douleur redouble quand on tousse quand on inspire1 c'est--dire1 quand on tire l'air2 la crainte de l'augmenter1 fait que quelques malades s'empchant machinalement1 autant qu'ils le peuvent1 de tousser de respirer1 empirent leur tat en arrtant le sang dans le poulmon1 qui bien-tt en est rempli2 l'inflammation devient gnrale1 le sang se porte la tte1 le visage devient livide1 le malade suffoque tombe dans l'tat dcrit 4 #df4 ,quelquefois la douleur est si violente1 que si la toux est forte en mme-tems1 que les malades ne puissent pas l'arrter1 ils ont des convulsions4 ,je l'ai vu plusieurs fois2 mais presque toujours chez des femmes qui sont d'ailleurs beaucoup moins sujettes que les hommes cette maladie tous les maux inflammatoires4 ,je dois avertir ici que si elles en sont attaques dans le tems de leurs regles1 cela ne doit ni empcher les saignes ritres1 ni rien changer du tout au traitement4 ,l'on voit par-l que la pleursie n'est qu'une inflammation de poitrine1 accompagne d'une vive douleur4 4 #hf4 ,je sais que quelquefois l'inflammation du poulmon se communique cette membrane qui tapisse intrieurement la poitrine1 qu'on appelle la pleure1 de-l aux muscles ou chairs qui sont sur les ctes2 mais cela n'est pas ordinaire4 4 #hg4 ,le printems est la saison qui produit le plus de pleursies#aj4 ,le mal commence par un frisson ordinairement trs fort1 suivi de chaleur1 de toux1 d'oppression1 quelquefois d'un sentiment de resserrement dans toute la poitrine1 de mal de tte1 de rougeur de joues1 d'envies de vomir4 ,le point ne se fait pas toujours sentir d'abord2 souvent ce n'est qu'aprs plusieurs heures1 quelquefois le second mme le troisieme jour4 ,le malade sent quelquefois deux points2 mais il est rare qu'ils soient galement forts1 le plus leger disparoit bien-tt3 d'autrefois le point change de place2 ce qui est un bien si le premier se dissipe parfaitement1 un mal s'ils subsistent tous deux4 ,le pouls est ordinairement trs dur dans cette maladie2 mais dans le cas fcheux du 4 #he1 il devient mol petit4 ,il vient souvent des crachats tels que dans l'inflammation de poitrine1 ds les commencemens1 d'autrefois il n'en vient point du tout3 c'est ce qu'on appelle pleursie sche1 qui n'est pas rare4 ,quelquefois le malade tousse peu ou point3 il se couche souvent plus aisment sur le ct malade que sur le sain4 ,la marche de la maladie est la mme que dans la maladie prcdente4 ,comment seroit-elle diffrente1 les moyens de gurison les mmes8 ,il survient souvent des saignemens de nez trs considrables1 qui soulagent beaucoup2 mais il en survient quelquefois d'une espece de sang corrompu1 quand le malade est trs mal1 qui annoncent la mort4 #aj ,ces ,pleursies sont trs communes ici lorsque les vents de ,nord1 d',est1 de ,nord-,est regnent long-tems de suite dans l'hiver1 les vents de ,sud1 d',est1 de ,sud-,est dans l't4 4 #hh4 ,cette maladie est frquemment produite par la boisson froide1 que l'on prend ayant fort chaud1 alors elle est quelquefois si violente1 qu'on l'a vue tuer le malade en trois heures4 ,un jeune homme mourut au pied de la fontaine mme o il s'toit dsaltr4 ,il n'est pas rare que les pleursies tuent en trois jours4 ,le point disparot quelquefois1 le malade se plaint moins2 mais en mme-tems son visage change devient ple triste1 ses yeux se troublent1 le pouls s'affoiblit1 c'est un transport de l'humeur au cerveau2 ce cas est presque toujours mortel4 ,il n'y a point de maladie dans laquelle les symptmes critiques soient plus violens plus marqus que dans celle-ci3 il est bon d'en tre averti pour ne pas trop s'effrayer4 ,la gurison survient souvent au moment o l'on attendoit la mort4 4 #hi4 ,cette maladie est une des plus frquentes des plus meurtrieres1 tant par elle-mme1 que dans nos campagnes par le mauvais traitement4 ,le prjug qui veut que toutes les maladies se gurissent par les sueurs1 regle tout le traitement de la pleursie2 ds qu'un malade a un point1 sur-le-champ on met en oeuvre tous les remedes chauds4 ,cette funeste erreur tue plus de gens que la poudre canon1 elle est d'autant plus fcheuse1 que la maladie est plus violente4 ,dans celle-ci il n'y a pas un moment perdre1 tout dpend des premieres heures4 4 #ij4 ,le traitement est prcisment le mme1 tous gards1 que dans la pripneumonie1 parceque1 je le rpete1 c'est la mme maladie2 ainsi les saignes1 les boissons mollientes dlayantes1 les vapeurs1 les lavemens1 la potion ,n4 #h1 les cataplasmes molliens les autres topiques ,n4 #i1 sont les vrais remedes2 peut-tre ces derniers sont-ils encore plus efficaces dans ce cas1 l'on doit en appliquer continuellement sur l'endroit o le point se fait sentir4 ,la premiere saigne1 surtout si elle est considrable1 diminue presque toujours le point1 souvent le dissipe entierement2 mais il revient ordinairement au bout de quelques heures1 ou dans le mme endroit1 ou quelquefois ailleurs1 ce qui est assez favorable1 surtout si la douleur qui se faisoit d'abord sentir sous la mammelle1 se jette aux paules1 au dos1 l'omoplate1 la nuque4 ,quand la douleur ne diminue point1 ou peu2 ou1 si aprs avoir diminu1 elle revient aussi violente que la premiere1 surtout si elle revient dans le mme endroit1 si la violence des autres symptmes dure1 il faut ritrer la saigne2 mais si la diminution du point subsiste1 s'il ne revient que foiblement1 de tems en tems1 ou dans les parties dont je viens de parler2 si la frquence ou la duret du pouls tous les autres symptmes ont diminu1 on peut quelquefois s'en passer4 ,il est cependant plus prudent1 dans un sujet fort robuste1 de la faire2 elle ne peut point faire de mal1 on court de grands risques en l'omettant4 ,dans les cas graves1 on la ritere frquemment1 moins qu'on ne trouve quelque obstacle dans la constitution du malade1 ou dans son ge1 ou dans quelques autres circonstances4 ,si ds le commencement1 le pouls n'est que peu frquent peu dur1 s'il n'est pas extrmement fort1 si le mal de tte le point sont supportables1 si la toux n'est pas trop violente1 si le malade crache1 on peut se passer de la saigne4 ,l'usage des autres remedes est prcisment le mme que dans le chapitre prcdent1 qu'il faut consulter depuis 4 #ej jusqu'au 4 #fb4 4 #ia4 ,quand le mal n'est pas fort grave1 j'ai guri souvent en peu de jours par une seule saigne une grande quantit d'infusion de fleurs de sureau prpare comme du th1 laquelle on ajoutoit du miel4 ,c'est dans des cas de cette espece qu'on a vu russir quelquefois le faltran1 ou les vulneraires de ,suisse infuss comme du th dans de l'eau1 avec du miel mme de l'huile2 mais la boisson prcdente que j'indique est fort prferer4 ,la boisson qu'on fait avec parties gales d'eau de vin1 laquelle on ajoute beaucoup de thriaque1 du poivre1 de la canelle c4 tue toutes les annes plusieurs paysans4 4 #ib4 ,dans les pleursies seches1 dans lesquelles le point1 la fievre1 le mal de tte sont trs forts1 le pouls trs dur1 trs plein1 avec une secheresse prodigieuse de la peau1 de la langue2 il faut faire les saignes trs prs les unes des autres4 ,elles emportent souvent la maladie sans aucune autre vacuation4 4 #ic4 ,la pleursie se termine1 tout comme l'inflammation plus profonde1 par quelque vacuation1 par un abcs1 par la gangrene1 ou par un endurcissement2 elle laisse trs frquemment des adhrences4 ,la gangrene se manifeste quelquefois ds le troisieme jour1 sans avoir t prcde par de grandes douleurs4 ,le cadavre1 dans ce cas1 noircit souvent beaucoup1 surtout dans le voisinage du mal2 le peuple superstitieux attribue la maladie quelque cause surnaturelle1 ou en tire quelque prsage facheux pour les restans4 ,ce cas est un effet tout naturel1 tout simple1 ne peut pas tre autrement4 ,le traitement chaud produit ordinairement ce malheur4 ,je l'ai vu chez un homme la fleur de l'ge1 qui avoit pris de la thriaque avec de l'eau de cerise1 du faltran au vin4 4 #id4 ,il se forme des vomiques1 mais leur situation leur donne plus de facilit s'ouvrir en dehors1 de l rsulte plus souvent l'empyeme1 4 #gi4 ,pour prvenir cet accident1 il est trs bien de placer1 ds le commencement de la maladie1 l'endroit le plus douloureux1 une petite empltre1 qui tienne exactement1 parceque si la pleursie dgnere en abcs1 l'amas du pus se fera de ce ct-l4 ,lors donc que l'on connotra qu'il se forme un abcs1 7voyez 4 #fc7 on rongera1 par un caustique leger1 l'endroit qu'on aura marqu1 ds qu'il sera ouvert1 on aura soin d'y entretenir la suppuration4 ,on peut alors avoir un espoir fond1 que l'amas du pus prendra son cours par cet endroit o il trouvera moins de resistance1 qu'il sortira2 car l'amas de matiere s'arrte souvent entre la pleure1 les parties qui y sont adhrentes4 ,il n'y a dire1 de l'endurcissement ou squirrhe de l'adhrence1 que ce que j'en ai dit 4 #ha1 #hb4 4 #ie4 ,l'on remarque que quelques personnes1 qui ont eu une attaque de cette maladie1 ont souvent des rechtes1 surtout les ivrognes4 ,j'en ai vu un qui les comptoit par douzaines4 ,quelques saignes1 de tems en tems1 pourroient prvenir ces retours frquens1 qui1 joints l'ivrognerie1 les rendent languissans stupides la fleur de l'ge4 ,ils tombent dans une espece d'asthme1 de-l dans l'hydropisie2 triste fin1 digne de leur vie4 ,ceux qui peuvent s'astreindre quelques soins1 peuvent aussi les prvenir sans saignes1 par un regime raffraichissant1 en se privant de tems en tems de viande de vin2 en buvant du petit lait1 ou d'une des boissons ,n4 #a1 #b1 #d1 en prenant quelques bains de pied tiedes1 surtout dans les saisons dans lesquelles ces maux ont accoutum de revenir4 4 #if4 ,il y a des remedes trs usits dans cette maladie parmi le paysan1 vants par quelques ,medecins2 le sang de bouquetin1 la suie dans un oeuf#aa4 ,je ne nie point1 que bien des gens n'aient t gueris aprs l'usage de ces remedes2 mais il n'en est pas moins vrai1 qu'ils sont dangereux2 ainsi il est prudent de ne jamais les employer1 puisqu'il y a beaucoup de probabilit qu'ils feront un peu de mal1 une certitude qu'ils ne peuvent point faire de bien4 ,on doit penser de mme du genipi1 ou absinthe des ,alpes1 qui s'est aussi acquis beaucoup de rputation4 ,il est ais d'en dterminer l'usage4 ,le genipi1 est puissamment amer2 il chauffe fait suer4 ,l'on ne doit donc jamais l'employer dans une pleursie1 tant que les vaisseaux sont pleins1 le pouls dur1 la fievre forte1 le sang enflamm4 ,dans tous ces cas il augmenteroit le mal2 mais sur la fin de la maladie1 quand les vaisseaux sont dsemplis1 le sang dlay1 la fievre diminue1 alors on peut s'en servir1 en se souvenant toujours qu'il est chaud1 qu'il faut l'employer sobrement4 #aa ,les fientes ou excrmens de cheval1 de mulet1 de poule1 de coq4 ,le poivre les autres pices aromates dans de l'eau ou du vin4 ,,chapitre ,,vi4 ,des maux de gorge1 ou ,esquinancies4 4 #ig4 ,la gorge est sujette plusieurs maladies4 ,l'une des plus frquentes des plus dangereuses1 c'est l'inflammation1 qu'on appelle ordinairement ,esquinancie2 qui est la mme maladie1 que l'inflammation de poitrine2 mais dans une partie diffrente2 ce qui fait que les symptomes sont fort diffrens4 ,ils varient mme suivant les diffrentes parties de la gorge qui sont enflammes4 4 #ih4 ,les symptomes gnraux de l'inflammation la gorge sont1 le frisson1 la chaleur1 la fievre1 le mal de tte1 les urines rouges1 la difficult1 quelquefois l'impossibilit d'avaler quoi que ce soit4 ,mais si les parties les plus voisines de la glotte1 c'est--dire1 de l'entre du canal de la respiration1 sont attaques1 il est trs difficile de respirer4 ,le malade sent de l'angoisse1 des suffocations2 le mal gagne quelquefois la glotte1 la trache-artere1 le poulmon1 la maladie est promptement mortelle4 ,l'inflammation des autres parties est moins dangereuse1 elle l'est d'autant moins1 que le mal est plus extrieur4 ,quand l'inflammation est gnrale1 qu'elle occupe toutes ces parties1 de plus1 les amigdales1 la luette1 la base de la langue2 c'est une des maladies les plus dangereuses1 les plus horribles4 ,le visage est enfl enflamm2 tout l'intrieur de la gorge l'est galement2 le malade n'avale quoi que ce soit2 il respire avec une peine une angoisse1 qui1 jointes l'engorgement du cerveau1 le jettent dans une espece de dlire furieux2 la langue enfle sort de la bouche2 les narines sont dilates pour respirer2 tout le col1 jusques au-dessus de la poitrine1 est d'un gonflement prodigieux2 le pouls est frquent trs foible1 souvent intermittent2 le malade n'a point de forces1 meurt ordinairement le second ou le troisieme jour4 4 #ii4 ,quelquefois le mal quitte les parties intrieures1 se jette l'extrieur2 la peau du col de la poitrine rougit devient douloureuse1 le malade se sent mieux4 ,d'autres fois le mal quitte la gorge1 mais c'est pour se porter au cerveau1 ou sur le poulmon4 ,l'un l'autre de ces deux derniers cas sont mortels1 quand on n'a pas sur-le-champ de trs bons secours1 qui sont mme trs souvent inutiles4 4 #ajj4 ,l'espece la plus frquente est celle qui attaque les amigdales la luette4 ,le mal commence ordinairement par une des amigdales1 qui devient grosse1 rouge1 douloureuse1 ne permet d'avaler qu'avec une trs grande peine4 ,quelquefois le mal se borne un seul ct2 mais plus ordinairement il passe la luette1 de l1 l'autre amigdale4 ,si le mal n'est pas grave1 la premiere est ordinairement mieux1 quand la seconde est attaque4 ,lorsqu'elles le sont toutes deux ensemble1 la douleur le malaise sont trs considrables1 le malade ne peut avaler qu'avec la plus grande peine2 la sensibilit est si grande1 que j'ai vu des femmes avoir des convulsions4 ,l'on est mme quelquefois plusieurs heures sans pouvoir rien prendre2 tout le dessus de la bouche1 le fonds du palais1 un peu de la base de la langue sont legerement rouges4 ,plusieurs malades avalent le liquide plus difficilement que le solide1 parceque le liquide a besoin de plus d'action de la part des muscles pour tre dirig4 ,la salive est encore plus pnible que les autres liquides2 parcequ'elle est un peu visqueuse1 coule moins aisment4 ,cette difficult l'avaler1 jointe la quantit qu'il s'en forme1 produit ce crachement presque continuel1 qui incommode beaucoup quelques malades2 d'autant plus que l'intrieur des joues1 les cts le bout de la langue1 les levres s'corchent souvent4 ,cela les empche aussi de dormir2 mais ce n'est pas un mal2 le sommeil est peu utile dans les maladies fievreuses4 ,j'ai vu souvent que ceux qui avoient cru leur gorge presqu'entierement guerie le soir1 y avoient trs mal aprs quelques heures de sommeil4 ,la fievre1 dans cette espece1 est quelquefois trs forte1 le frisson dure souvent plusieurs heures2 il est suivi d'une chaleur considrable1 d'un violent mal de tte1 accompagn quelquefois d'assoupissement4 ,il y a ordinairement assez de fievre le soir2 mais quelquefois trs peu1 mme point le matin4 ,un leger commencement de mal de gorge prcede souvent le frisson2 mais plus ordinairement1 il ne se manifeste qu'aprs1 en mme tems que la chaleur4 ,le col est quelquefois un peu enfl1 plusieurs malades se plaignent d'une douleur assez vive dans l'oreille1 du ct le plus malade4 ,j'ai rarement vu qu'on en et dans les deux4 4 #aja4 ,ou l'inflammation se dissipe peu peu1 ou il se forme un abcs dans la partie qui toit la plus attaque4 ,il n'est jamais arriv1 au moins je l'ignore1 que cette espece bien conduite se termint par la gangrene1 ou par le durcissement2 mais j'ai t tmoin1 que l'un l'autre arrivent1 quand on veut forcer les sueurs dans le commencement par des remedes chauds4 ,il est aussi trs rare qu'il se fasse ces transports facheux sur le poulmon1 comme dans l'espece des 4 #ih1 #ii4 ,il est vrai qu'il n'arrive pas frquemment non plus que le mal se jette au-dehors1 comme dans la mme espece4 4 #ajb4 ,le traitement de l'esquinancie est1 aussi bien que celui de toutes les autres maladies inflammatoires1 le mme que celui de l'inflammation de poitrine4 ,l'on met d'abord au regime 4 #bi2 dans l'espece 74 #ih7 il faut faire quatre ou cinq saignes dans peu d'heures1 quelquefois on est oblig d'y revenir4 ,quand elle est au degr le plus considrable1 tous les remedes sont le plus souvent inutiles2 mais il faut les tenter4 ,l'on doit donner autant qu'il est possible1 des boissons ,n4 #b #d4 ,mais comme souvent la quantit qu'ils en peuvent avaler1 est trs petite1 il faut donner des lavemens ,n4 #e1 de trois en trois heures1 mettre trois fois par jour1 pendant une demi heure1 les jambes dans l'eau tiede4 4 #ajc4 ,les ventouses scarifies1 appliques autour du col1 aprs deux ou trois saignes1 sont souvent extrmement utiles4 ,dans des cas presque dsesprs1 quand le col est extrmement gonfl1 une ou deux incisions profondes1 faites avec un rasoir1 sur cette enflure extrieure1 ont sauv le malade4 4 #ajd4 ,dans l'espece 74 #ajj7 il faut trs souvent en venir la saigne2 il ne faut jamais l'omettre quand on trouve le pouls dur plein4 ,il est trs important de la faire d'abord2 c'est le seul moyen de prvenir l'abcs1 qui se forme avec une grande facilit1 si l'on la diffre seulement de quelques heures4 ,quelquefois il faut la riterer4 ,il est rarement ncessaire d'en faire trois4 ,souvent le mal est assez leger pour pouvoir gurir sans saignes1 moyennant beaucoup de menagement2 mais ceux qui ne sont ni matres de leurs tems1 ni en situation d'tre soigns1 doivent1 sans hsiter1 faire d'abord une saigne1 qui emporte souvent le mal2 surtout1 si aprs l'avoir faite1 le malade boit beaucoup d'infusion ,n4 #b4 ,il suffit1 dans cette espece1 de prendre un bain de jambes1 un lavement par jour4 ,on prend l'un le matin1 l'autre le soir4 ,outre les remedes gnraux de l'inflammation1 on en applique de particuliers sur le mal1 dans l'une l'autre espece4 ,les meilleurs sont1 #a4 des cataplasmes molliens ,n4 #i4 sur tout le col4 ,l'on vante beaucoup le cataplasme de nid d'hirondelles4 ,je ne le blme pas2 mais il est certainement moins efficace que tous ceux que j'indique4 #b4 ,des gargarismes ,n4 #ai4 ,l'on peut en faire plusieurs1 qui ont -peu-prs les mmes proprits1 la mme efficace4 ,ceux que j'indique1 sont ceux qui m'ont le mieux russi2 ils sont trs simples4 #c4 ,la vapeur de l'eau chaude1 comme dans le 4 #eb2 l'on doit riterer la vapeur1 cinq ou six fois jour2 avoir toujours un cataplasme1 se gargariser trs souvent4 ,il y a des personnes1 sans parler des enfans1 qui ne savent pas se gargariser2 la douleur rend mme la chose difficile4 ,alors1 au lieu de gargarismes1 on peut injecter la mme liqueur ,n4 #ai1 avec une petite seringue4 ,l'injection va bien plus avant que le gargarisme1 elle fait souvent cracher une quantit considrable de matieres glaireuses1 paissies au fond de la gorge2 ce qui soulage sensiblement le malade4 ,il faut les ritrer souvent4 ,l'on peut commodment employer cet usage1 une de ces petites seringues de sureau1 que tous les enfans de village savent faire4 4 #aje4 ,quand le mal peut se guerir sans suppuration1 la fievre1 le mal de tte1 la chaleur dans la gorge1 la douleur en avalant1 commencent diminuer ds le quatrieme jour2 quelquefois dja le troisieme1 souvent seulement le cinquieme1 cette diminution augmente grands pas2 au bout de deux1 trois ou quatre jours1 le malade est trs bien4 ,il y en a cependant quelques-uns1 qui conservent une trs legere douleur1 seulement d'un ct1 pendant quatre ou cinq jours1 mais sans fievre1 sans mal-aise4 4 #ajf4 ,quelquefois la fievre1 ses accidens diminuent aprs la saigne les autres remedes1 sans qu'il survienne d'amandement dans la gorge1 ni de signes de suppuration4 ,dans ces cas1 il faut insister principalement sur les gargarismes les vapeurs 4 #ajd2 si l'on peut avoir un ,chirurgien un peu adroit1 il faut qu'il fasse une scarification sur les amigdales malades4 ,il en sort une certaine quantit de sang1 ce remede soulage trs promptement presque tous ceux qui l'emploient4 4 #ajg4 ,si l'inflammation ne se rsout pas1 mais qu'il se forme un abcs1 ce qui arrive presque toujours si l'on a nglig les commencemens du mal2 alors les accidens de la fievre continuent1 quoiqu'un peu moins fortement aprs le quatrieme jour2 la gorge reste rouge1 mais cependant d'un rouge un peu moins vif2 l'on conserve une douleur1 mais plus sourde accompagne quelquefois de pulsations2 d'autres fois il n'y en a point1 ce dont il est bon d'tre averti2 le pouls devient ordinairement un peu plus mol1 le cinquieme ou le sixieme jour1 quelquefois plutt1 l'abcs est prt s'ouvrir4 ,on le connot par une petite tumeur blanche molle1 quand on ouvre la bouche1 qui paroit ordinairement au centre de l'inflammation4 ,l'abcs se creve de lui-mme1 ou s'il ne s'ouvre pas1 il faut l'ouvrir2 ce qu'on fait en assujettissant fortement une lancette au bout d'un petit bton1 l'enveloppant toute1 except la pointe de la longueur d'un quart ou d'un tiers de pouce1 avec un linge doux4 ,l'on perce l'abcs avec la pointe de cette lancette4 ,au moment o l'abcs s'ouvre1 la bouche est inonde d'un pus d'un gout d'une odeur insoutenables4 ,il faut se gargariser avec le gargarisme dtersif ,n4 #ai4 ,l'on est quelquefois surpris de la quantit de pus qui sort de l'abcs4 ,il ne s'en forme ordinairement qu'un3 j'en ai cependant vu quelquefois deux4 4 #ajh4 ,il arrive1 ce cas n'est mme pas rare1 que le pus ne s'amasse pas prcisment dans l'endroit o paroissoit la forte inflammation1 mais dans quelque partie plus cache2 de faon que la facilit d'avaler revient presqu'entierement1 la fievre diminue1 le malade dort4 ,l'on se persuade que l'on est gueri1 qu'il ne reste que les incommodits de la convalescence4 ,quand on n'est pas ,medecin ou ,chirurgien1 il est ais de s'y tromper4 ,voici les signes qui peuvent faire juger qu'il y a un abcs4 ,une inquitude1 un mal-aise gnral1 une douleur dans toute la bouche1 quelques frissons de tems en tems1 souvent des chaleurs vives passageres1 un pouls assez mou sans tre naturel1 un sentiment d'paisseur de pesanteur dans la langue1 de petits boutons blancs sur les gencives1 sur l'intrieur des joues1 sur l'intrieur l'extrieur des levres1 un gout une odeur dsagrables4 4 #aji4 ,dans ces cas1 il faut tenir souvent dans la bouche du lait1 ou de l'eau1 tiedes2 recevoir la vapeur d'eau chaude1 mettre autour du col des molliens2 tous ces secours disposent l'abcs s'ouvrir4 ,il faut aussi chercher avec le doigt l'endroit o il est2 alors le ,chirurgien peut aisment l'ouvrir4 ,il m'est arriv une fois qu'il s'en pera un sous mon doigt1 sans que je fisse aucun effort pour cela4 ,on peut injecter de l'eau tiede par la bouche1 ou par les narines1 un peu fortement2 cela occasionne quelquefois une espece de toux1 ou des efforts qui le font ouvrir4 ,j'en ai vu s'ouvrir en riant4 ,l'on ne doit au reste point tre inquiet de l'venement4 ,je ne sache point d'exemple1 qu'on soit mort d'une esquinancie1 ds que la suppuration est forme1 ni peut-tre mme1 ds qu'elle a commenc se former4 4 #aaj4 ,les glaires1 dont la gorge est remplie1 l'inflammation mme de cette partie1 qui1 en irritant1 produit le mme effet que quand on porte le doigt1 ou quelqu'autre corps1 au fond de la gorge1 font que le malade se plaint d'envies continuelles de vomir4 ,il faut tre sur ses gardes1 ne pas croire que ce mal de coeur vienne d'embarras d'estomac1 exige un mtique4 ,ce seroit une grande faute1 souvent1 que d'en donner un2 il peut1 quand l'inflammation est forte1 la rendre mortelle2 ou l'on est oblig de faire une saigne pendant qu'il agit1 pour diminuer sa violence2 cette imprudence laisse souvent le malade1 lors mme qu'il guerit1 dans un tat de langueur pendant long-tems4 ,il y a cependant quelques maux de gorge avec fievre1 dans lesquels on peut faire vomir2 mais c'est quand il n'y a point d'inflammation1 ou quand on l'a dissipe1 qu'il reste des matieres putrides dans les premieres voies4 ,j'en parlerai4 4 #aaa4 ,l'on voit souvent1 dans ce pays1 une maladie diffrente des maux de gorge dont je viens de parler1 mais qui1 comme eux1 fait qu'on avalle difficilement4 ,on l'appelle en franois les oreillons1 assez gnralement1 les ourles4 ,c'est un engorgement des glandes qui servent former la salive1 surtout des deux grosses1 qui sont entre l'oreille la machoire1 qu'on appelle parotides1 des deux qui sont dessous la machoire1 qu'on appelle maxillaires3 elles se gonflent considrablement1 empchent non-seulement d'avaler1 mais mme d'ouvrir la bouche2 parceque les mouvemens sont trs douloureux4 ,les enfans y sont beaucoup plus exposs que les grandes personnes4 ,comme ordinairement il n'y a pas de fievre1 il ne faut point de remede4 ,il suffit de tenir les parties malades l'abri du grand air1 d'y appliquer1 si l'on veut1 quelque cataplasme2 de diminuer beaucoup la quantit de ses alimens1 de se priver de viande de vin1 de faire un usage abondant de quelque liqueur chaude1 qui dlaie les humeurs rtablisse la transpiration4 ,je me gueris de ce mal1 il y a sept ans1 en ne buvant1 pendant quatre jours1 que du th de melisse1 auquel je joignis un quart de lait1 trs peu de pain4 ,le mme regime m'a gueri souvent de legers maux de gorge4 4 #aab4 ,il y a eu ici1 ce printems1 une quantit tonnante de maux de gorge1 de deux especes4 ,les uns1 dont je ne dirai rien1 toient des maux de gorge ordinaires1 tels que je les ai dcrits4 ,sans avoir rien de particulier1 ils ont t frquens parmi les adultes1 ont trs bien gueri par la mthode que j'ai propose4 ,les autres1 dont je dirai quelque chose1 parceque je sais qu'ils ont regn dans quelques villages1 qu'ils y ont fait du ravage1 attaquoient aussi les adultes1 mais surtout les enfans1 depuis l'ge d'un an1 mme au dessous1 jusques douze ou treize4 ,les premiers symptomes toient1 comme dans les maux ordinaires1 le frisson1 la chaleur1 l'abbattement1 le mal de tte1 le mal de gorge3 mais ce qui les distinguoit2 c'est #a4 que1 souvent les malades avoient de la toux1 un peu d'oppression4 #b4 ,le pouls toit plus vite1 mais moins dur moins fort1 qu'il ne l'est ordinairement dans les maux de gorge4 #c4 ,ils avoient une chaleur acre1 seche1 une grande inquitude4 #d4 ,ils crachoient moins qu'on ne crache ordinairement dans le mal de gorge1 avoient la langue trs seche4 #e4 ,quoiqu'ils eussent de la peine avaler1 cependant ce n'est pas ce qui les incommodoit le plus1 ils pouvoient boire suffisamment4 #f4 ,le gonflement la rougeur des amigdales1 de la luette1 du fond du palais1 n'tant que peu considrables1 mais les glandes parotides maxillaires1 surtout les premieres1 tant extrmement gonfles1 enflammes1 la douleur dont ils se plaignoient le plus1 toit cette douleur extrieure4 #g4 ,quand le mal toit grave1 tout le col se gonfloit2 quelquefois mme les vaisseaux qui rapportent le sang du cerveau tant gns1 les malades avoient de l'assoupissement du dlire4 #h4 ,les redoublemens de la fievre toient assez irreguliers4 #i4 ,les urines n'toient pas aussi enflammes que dans les autres maux de gorge4 #aj4 ,la saigne les autres remedes ne les soulageoient pas aussi promptement1 le mal toit plus long4 #aa4 ,il ne venoit pas suppuration1 comme les autres especes1 mais quelquefois les amigdales s'ulceroient4 #ab4 ,presque tous les enfans1 un trs grand nombre d'adultes poussoient1 ou ds le premier jour1 ou seulement les jours suivans1 jusques au sixieme1 une bullition1 qui1 chez quelques-uns1 ressembloit assez la rougeole2 mais d'une couleur moins vive1 sans aucune levation4 ,elle commenoit au visage1 au bras1 de-l aux jambes1 aux cuisses1 au corps1 se retiroit peu--peu1 au bout de deux ou trois jours1 dans le mme ordre qu'elle avoit observ en poussant4 ,d'autres1 en trs petit nombre 7je n'en ai vu que cinq71 prouvoient tous des accidens plus graves avant l'ruption1 poussoient le vrai pourpre ou milliaire blanc4 #ac4 ,quand ces bullitions avoient pouss1 ils se trouvoient ordinairement mieux4 ,la derniere duroit quatre1 cinq1 ou six jours1 se terminoit souvent par des sueurs4 ,ceux qui ne les ont pas eues1 c'est le cas de plusieurs adultes1 n'ont pu se guerir que par des sueurs abondantes sur la fin3 car au commencement elles toient inutiles1 mme nuisibles4 #ad4 ,j'ai vu quelques personnes1 chez lesquelles le mal de gorge s'est dissip entierement1 sans qu'il et rien pouss1 sans suer2 mais qui restoient dans une inquitude dans une angoisse trs fortes1 avec un pouls vite petit4 ,je leur ordonnois une boisson sudorifique3 alors l'ruption1 ou les sueurs venant1 elles se trouvoient bien4 #ae4 ,soit qu'elles aient eu l'bullition ou qu'ils ne l'aient pas eue1 tous ont perdu la premiere peau par grandes cailles1 dans tout le corps2 tant ce venin1 qui devoit s'vacuer par la peau1 avoit d'cret4 #af4 ,un grand nombre prouvoient un changement singulier dans la voix1 diffrent de celui des maux de gorge ordinaires2 l'intrieur des narines toit extrmement sec4 ,l'on a eu plus de peine se remettre qu'aprs les maux de gorge ordinaires2 si l'on se ngligeoit dans la convalescence1 surtout si l'on s'exposoit trop tt au froid1 il survenoit une rechte1 ou diffrens accidens1 tels que de l'oppression1 un gonflement de ventre1 diffrentes enflures1 de la langueur1 du dgout1 des coulemens derriere les oreilles1 de la toux1 de l'enrouere4 #ag4 ,j'ai t appell pour des enfans1 mme quelques jeunes gens1 qui1 au bout de quelques semaines toient tombs dans une enflure gnrale de tout le corps1 avec une forte oppression1 une diminution considrable dans les urines1 qui toient rouges troubles2 ils toient aussi dans un tat singulier d'indiffrence pour tout4 ,je les ai tous gueris avec des vesicatoires1 la poudre ,n4 #bd4 ,ce remede commenoit par les faire vomir2 il survenoit ensuite des urines1 surtout des sueurs abondantes1 qui les guerissoient4 ,deux seuls1 d'un mauvais temperamment1 un peu rachitiques ou nous1 aprs avoir t rtablis pendant quelques jours1 sont retombs1 ont pri4 4 #aac4 ,chez les adultes1 j'ai employ la saigne1 les rafraichissans1 tant qu'il y avoit inflammation2 ensuite il falloit vacuer les premieres voies1 aprs cela faire suer doucement4 ,les poudres ,n4 #bd ont souvent produit1 avec grand succs1 l'un l'autre effet4 ,dans d'autres cas1 j'ai employ l'ipcacuana ,n4 #cd4 ,dans quelques sujets1 il n'y avoit pas de symptomes inflammatoires1 le mal dpendoit uniquement d'embarras putrides dans les premieres voies2 quelques malades mme rendoient des vers3 alors je n'ai point fait de saignes2 mais le remede vomitif produisoit1 dans le commencement1 un excellent effet1 tous les symptomes diminuoient sensiblement2 la sueur survenoit naturellement1 le malade guerissoit au bout de quelques jours4 ,il y a eu quelques endroits1 dans lesquels il n'y avoit aucun caractere d'inflammation1 o il ne falloit aucune saigne2 celles qu'on faisoit russissoient mal4 ,je n'ai point fait saigner d'enfans4 ,les vesicatoires1 aprs l'vacuation des premieres voies1 beaucoup de dlayans1 toient leurs remedes4 ,une simple infusion de sureau de tilleul a fait beaucoup de bien ceux qui en ont b abondamment4 ,je sais qu'il est mort1 dans quelques villages1 un grand nombre de malades1 avec une enflure de col prodigieuse4 ,il en est aussi mort quelques uns en ville2 entr'autres une fille de vingt ans1 qui n'avoit pris que des sudorifiques chauds1 du vin rouge1 qui mourut ds le quatrieme jour1 avec des suffocations violentes1 perdant beaucoup de sang par le nez4 ,du grand nombre que j'ai v1 il n'en est mort que deux4 ,l'un toit une petite fille de dix mois2 elle avoit eu l'bullition qui rentra tout--coup4 ,ce fut alors qu'on m'appella4 ,il s'toit fait un dpt sur la poitrine2 rien ne put la sauver4 ,l'autre toit un garon robuste1 de dix-sept dix-huit ans1 chez lequel la maladie s'annona d'abord assez violemment4 ,elle se calma cependant2 la fievre tant presque entierement finie1 les sueurs qui commenoient venir1 l'auroient gueri2 mais il ne voulut jamais les soutenir1 se mettoit chaque instant nud4 ,il se fit tout--coup un dpt sur le poulmon1 qui l'emporta trente heures aprs4 ,je n'ai jamais vu mourir avec une peau aussi seche4 ,le vomitif chez lui n'avoit fait que peu d'effet1 avoit procur une diarrhe4 ,sa mauvaise faon de se conduire paroit avoir t la cause de sa mort4 ,c'est un exemple4 4 #aad4 ,je me suis tendu sur cette maladie1 parcequ'il pourroit arriver qu'elle se rpandt dans d'autres endroits#ab2 il est utile qu'on soit prvenu de ses caracteres1 du traitement1 qui a autant de rapport avec celui des fievres putrides1 dont je parlerai plus bas1 qu'avec celui des maladies inflammatoires1 dont j'ai parl4 ,dans quelques personnes1 le mal de gorge a t un symptome de fievre putride1 plutt que la maladie principale4 #ab ,cette description convient la maladie connue en ,france en ,angleterre1 o elle a t pidmique1 sous le nom de mal de gorge malin1 ulcer ou gangreneux3 ,huxham qui l'a si bien dcrite1 la regarde comme une fievre maligne pestilentielle4 4 #aae4 ,les maux de gorge sont1 pour bien des personnes1 une maladie habituelle1 qui revient toutes les annes1 mme plus souvent4 ,on les prvient par les mmes moyens que j'ai indiqus 4 #ie1 pour prvenir les pleursies habituelles#ac4 #ac ,et en garantissant du froid le cou la tte pendant le jour surtout la nuit4 ,,chapitre ,,vii4 ,des ,rhumes4 4 #aaf4 ,il regne plusieurs prjugs sur les rhumes1 qui tous peuvent avoir des consquences facheuses4 ,le premier c'est qu'un rhume n'est jamais dangereux4 ,cette erreur cote tous les jours la vie plusieurs personnes4 ,je m'en suis dja plaint il y a sept ans2 j'ai vu ds-lors une foule de nouveaux exemples1 qui n'ont que trop justifi mes plaintes4 ,l'on ne meurt effectivement pas d'un rhume1 tant qu'il n'est que rhume2 mais quand on le nglige1 il jette dans des maladies de poitrine1 qui tuent4 ,les rhumes emportent plus de gens que la peste1 rpondit un trs habile ,medecin1 qui avoit beaucoup vu1 un de ses amis qui lui disoit1 je me porte bien1 je n'ai qu'un rhume4 ,un second prjug1 c'est que les rhumes ne veulent point de remedes1 que plus on en fait1 plus ils durent4 ,cela peut tre vrai1 vu la mauvaise faon dont on les traite2 mais c'est un principe faux en soi4 ,les rhumes ont leurs remedes tout comme les autres maux1 se guerissent avec plus ou moins de facilit1 suivant qu'ils sont mieux ou moins bien conduits4 4 #aag4 ,une troisieme erreur2 c'est que1 non-seulement on ne les regarde pas comme dangereux1 mais on les croit mme salutaires4 ,il vaut mieux1 sans doute1 avoir un rhume1 qu'une maladie plus facheuse2 mais il vaudroit beaucoup mieux n'en avoir aucune4 ,tout ce qu'on peut raisonnablement dire2 c'est que quand une transpiration arrte devient cause de maladie1 il est heureux qu'elle produise un rhume1 plutt que quelque maladie trs grave1 comme il arrive souvent2 mais il seroit prfrer1 que ni la cause1 ni l'effet1 n'eussent exist4 ,un rhume prouve toujours un drangement dans les fonctions de notre corps1 une cause de maladie2 il est une maladie relle1 qui1 quand elle est violente1 porte une atteinte sensible toute la machine4 ,les rhumes affoiblissent considrablement la poitrine2 la sant en est tt ou tard altre4 ,les personnes souvent enrhumes1 ne sont jamais robustes1 tombent souvent dans la langueur4 ,et la facilit s'enrhumer est une preuve de la facilit avec laquelle la transpiration se drange1 le poulmon s'engorge1 ce qui est toujours dangereux4 4 #aah4 ,l'on conviendra de la fausset de ces prjugs1 en examinant la nature des rhumes1 qui ne sont autre chose que les maladies que je viens de dcrire1 mais dans un degr fort leger4 ,un rhume est vritablement presque toujours1 une maladie inflammatoire2 c'est une legere inflammation du poulmon1 ou de la gorge1 ou d'une membrane qui garnit intrieurement les narines l'intrieur de quelques cavits qui se trouvent dans les os de la joue du front2 cavits1 qui toutes communiquent avec le nez2 de faon que quand l'inflammation a attaqu une partie de cette membrane1 elle se communique aisment aux autres4 4 #aai4 ,il est presque inutile de dcrire les symptomes du rhume2 il suffira de faire remarquer #a4 que la principale cause des rhumes est la mme que celle qui produit le plus ordinairement les maladies dont j'ai parl2 c'est--dire1 la transpiration arrte4 #b4 ,que quand ces maladies regnent1 il y a en mme-tems beaucoup de rhumes4 #c4 ,que les symptmes qui annoncent un rhume violent1 ressemblent beaucoup ceux qui prcedent ces maladies4 ,l'on a rarement de gros rhumes sans frisson sans fievre1 quelquefois mme elle dure plusieurs jours4 ,l'on tousse1 la toux reste seche pendant quelque tems1 ensuite il vient des crachats qui diminuent la toux1 l'oppression4 ,c'est alors qu'on peut dire que le rhume est mr4 ,l'on a souvent de legers points1 mais passagers1 un peu de mal de gorge4 ,quand les narines sont le siege du mal1 ce qu'on appelle fort mal propos rhume de cerveau1 on a souvent un mal de tte trs violent4 ,le mal de tte dpend souvent de l'irritation de la membrane qui tapisse les cavits de l'os du front1 ou ,sinus maxillaires4 ,l'on ne mouche1 dans les commencemens1 qu'une eau fort claire1 fort cre2 ensuite1 mesure que l'inflammation diminue1 elle s'paissit1 l'on mouche une matiere semblable celle qu'on crache4 ,l'on perd ordinairement l'odorat1 le gout1 l'appetit4 4 #abj4 ,les rhumes n'ont point de dure fixe4 ,ceux de cerveau durent ordinairement trs peu de jours2 ceux de poitrine sont plus longs4 ,il y en a cependant beaucoup qui se dissipent au bout de quatre cinq jours4 ,s'ils durent trop long tems1 ils nuisent2 #a4 parceque la toux violente drange toute la machine1 surtout qu'elle porte le sang la tte4 #b4 ,en privant du sommeil1 qui est presque toujours diminu par un rhume4 #c4 ,en tant l'appetit1 en troublant la digestion2 ce qui affoiblit ncessairement4 #d4 ,en affoiblissant le poulmon mme1 par les secousses continuelles qu'il reoit2 de faon que1 peu peu1 toutes les humeurs s'y jettant1 comme sur la partie la plus foible1 il reste une toux continuelle2 il est toujours surcharg d'humeurs1 qui1 s'y paississant1 gnent la respiration1 oppressent donnent une fievre lente2 le corps ne se nourrit pas2 le malade tombe dans la foiblesse1 le dperissement1 l'insomnie1 l'angoisse1 meurt souvent assez promptement4 4 #aba4 ,puisque le rhume est une maladie de la mme espece que les esquinancies1 les peripneumonies1 les inflammations de poitrine2 le traitement doit tre de la mme espece4 ,si le rhume est fort1 il faut faire une saigne au bras1 ce qui l'abrege beaucoup2 elle est convenable toutes les fois que le malade est sanguin1 qu'il a une forte toux1 un grand mal de tte4 ,l'on doit faire un usage abondant des ptisanes ,n4 #a1 #b1 #d4 ,il est utile de prendre tous les soirs1 des bains de pied en se couchant4 ,en un mot1 si l'on met le malade au rgime 4 #bi1 on le guerit trs promptement4 4 #abb4 ,mais souvent le mal est si leger1 qu'on ne croit pas devoir y faire des remedes2 sans remede1 on guerit aisment1 en se privant pendant quelques jours de viande1 d'oeufs1 de bouillon1 de vin1 de tout ce qui est acre1 gras ou pesant2 en vivant de pain1 de legume1 d'eau1 surtout en soupant peu ou point1 en buvant1 si l'on est altr1 une simple ptisane d'orge1 ou une infusion de sureau1 laquelle on peut joindre un quart ou un tiers de lait4 ,les bains de pied1 la poudre ,n4 #bj1 contribuent faire dormir4 ,l'on peut aussi1 sans danger1 prendre quelques tasses d'infusion de fleurs de coquelicot ou pavot rouge1 faite comme du th4 ,quand il n'y a plus de fievre1 de chaleur1 d'inflammation2 que le malade a t la diete pendant quelques jours1 qu'il s'est bien dlay2 si la toux l'insomnie continuent1 on peut donner le soir une pilule de stirax1 ou une prise de thriaque1 avec un peu d'infusion de fleurs de sureau1 en sortant d'un bain de pied2 alors ces remedes1 en calmant la toux1 en rtablissant la transpiration1 guerissent souvent dans une nuit3 mais j'en ai vu de mauvais effets1 quand on les donnoit trop tt1 il faut toujours1 quand on les prend1 n'avoir que trs peu soup1 que le soup soit digr4 4 #abc4 ,il y a un trs grand nombre de remedes vants pour les rhumes1 des ptisanes de pommes1 de reglisse1 de figues1 de raisins secs1 de bourache1 de lierre terrestre1 de veronique1 d'hysope1 d'orties4 ,je ne veux rien leur ter de leur prix3 elles peuvent toutes avoir t utiles2 ceux qui en ont v russir une dans un cas1 la croient la plus excellente de toutes4 ,c'est une erreur4 ,ce n'est point sur un seul cas qu'on doit dcider2 c'est ceux qui en voient journellement un grand nombre1 qui observent attentivement l'effet des diffrens remedes1 juger de ceux qui conviennent le plus gnralement2 ce sont ceux que j'ai indiqus4 ,je sais qu'un th de queues de cerises1 qui est une boisson assez agrable1 a guri un rhume fort invtr4 ,dans les rhumes de cerveau1 la vapeur de l'eau chaude toute simple1 ou dans laquelle on a mis des fleurs de sureau1 ou quelques autres herbes un peu aromatiques1 procurent ordinairement un soulagement trs prompt4 ,elle fait aussi du bien dans les rhumes de poitrine 7voyez 4 #eb74 ,l'on toit fort en usage d'employer le blanc de baleine2 mais c'est une huile trs indigeste2 les huiles ne conviennent que trs rarement dans les rhumes4 ,d'ailleurs le blanc de baleine est presque toujours rance2 ainsi il vaut mieux le bannir4 4 #abd4 ,ceux qui ne diminuent point la quantit des alimens1 qui boivent de grandes quantits d'eau chaude1 ruinent leur sant4 ,ils ne font plus de digestion1 la toux devient stomachale sans cesser d'tre pectorale2 ils courent risque de tomber dans l'tat dcrit 4 #abj1 ,n4 #d4 ,les eaux-de-vie brles1 les vins aromatiss1 font les plus grands maux pris dans les commencemens1 l'on feroit mieux de n'en jamais prendre4 ,si l'on en a vu quelques bons effets1 ce n'est que sur la fin1 quand la maladie toit entretenue uniquement par la foiblesse des organes4 ,dans ce cas1 il faut quitter les relachans1 prendre tous les jours quelques prises de la poudre ,n4 #ad1 avec un peu de vin1 si les humeurs paroissoient se jetter trop sur le poulmon1 appliquer des vesicatoires aux gras des jambes4 4 #abe4 ,les liqueurs conviennent si peu1 que souvent une trs petite quantit ranime un rhume qui finissoit4 ,il y a mme des personnes qui n'en boivent jamais sans s'enrhumer1 cela n'est point tonnant4 ,elles occasionnent une trs legere inflammation de poitrine1 qui est un rhume4 ,il ne faut pas1 dans cette maladie1 s'exposer sans ncessit un grand froid2 mais il faut galement se garder de trop de chaleur4 ,ceux qui s'enferment dans des chambres fort chaudes1 ne gurissent point3 comment y gurir8 ces chambres1 indpendamment du danger qu'on court en les quittant1 enrhument comme les liqueurs1 en produisant une legere inflammation de poitrine4 4 #abf4 ,les personnes sujettes aux frquens rhumes1 celles qu'on appelle catharreuses1 croient devoir se tenir fort au chaud4 ,c'est une erreur qui acheve de ruiner leur sant4 ,cette disposition vient de deux causes2 ou de ce que la transpiration se drange aisment1 ou quelquefois de la foiblesse d'estomac1 ou de celle du poulmon1 qui demandent des remedes particuliers4 ,quand le mal vient de ce que la transpiration se drange aisment1 plus elles se tiennent au chaud1 plus elles se font suer1 plus le mal augmente4 ,cet air continuellement tiede1 affoiblit tout le corps1 sur-tout le poulmon2 les humeurs s'y jettent toujours plus4 ,la peau sans cesse baigne par une petite sueur1 se relche1 s'amollit1 devient incapable de faire ses fonctions2 la moindre chose arrte alors toute transpiration1 il nat une foule de maux de langueurs4 ,ils redoublent de prcaution pour se prserver de l'air froid1 tous leurs soins sont autant de moyens efficaces pour rendre leur sant plus foible2 cela d'autant plus surement1 que la crainte de l'air assujettit ncessairement une vie sdentaire qui augmente tous leurs maux1 auxquels les boissons chaudes1 dont ils font usage1 mettent le comble4 ,ils n'ont qu'un moyen de gurir2 c'est de se familiariser avec l'air1 de fuir les chambres chaudes1 de diminuer peu peu leurs vtemens1 de coucher au froid1 de ne rien manger de ne rien boire qui ne soit froid1 les boissons mme la glace leur sont salutaires2 de prendre beaucoup d'exercice2 enfin si le mal est invtr1 de faire usage pendant long-tems de la poudre ,n4 #ad1 des bains froids4 ,cette mthode russit aussi trs bien pour ceux chez qui le mal dpend primitivement d'une foiblesse d'estomac ou de poulmon1 au bout d'un certain tems ces trois causes se runissent toujours4 4 #abg4 ,l'on est plus en usage1 il est vrai1 la ville qu' la campagne1 de tenir souvent la bouche diffrentes tablettes1 ptes1 c4 ,je n'en exclus point l'usage2 mais il n'y a rien d'aussi efficace que le jus de rglisse1 moyennant qu'on le prenne dose suffisante1 il procure un vrai soulagement4 ,j'en ai pris moi-mme une once demie dans un jour1 j'en ressentis les bons effets d'une faon marque4 ,,chapitre ,,viii4 ,des maux de ,dents4 4 #abh4 ,les maux de dents qui sont quelquefois si longs si violens1 qu'ils occasionnent des insomnies opinitres1 beaucoup de fievre1 des rveries1 des inflammations1 des abcs1 des ulceres1 des caries1 des convulsions1 des syncopes1 dpendent de trois causes principales4 #a4 ,de la carie des dents4 #b4 ,de l'inflammation du nerf des dents1 ou de la membrane qui les enveloppe2 ce qui entrane celle de la gencive4 #c4 ,d'une humeur catharrale1 froide1 qui se jette sur ces parties4 4 #abi4 ,dans le premier cas1 la carie ayant mis le nerf nud1 l'air1 les alimens1 les boissons1 l'humeur mme de la carie l'irritent1 cette irritation produit des douleurs plus ou moins violentes4 ,quand la dent est extrmement gte1 il n'y a point de remede que de l'arracher1 sans quoi les douleurs continuent1 l'haleine devient puante1 la gencive se perd1 les autres dents1 souvent mme la machoire se carient3 d'ailleurs elle empche l'usage des dents voisines1 qui se couvrent de tartre1 prissent4 ,quand le mal est moins considrable1 on peut quelquefois en arrter les progrs en brlant la dent avec un fer chaud1 ou en la plombant si elle en est susceptible4 ,l'on se sert aussi de diffrentes liqueurs1 mme d'eau forte d'esprit de vitriol2 mais ces remedes sont extrmement dangereux doivent tre bannis4 ,si l'on craint les oprations que je viens d'indiquer1 on peut se servir d'essence de grofle1 dans laquelle on trempe un coton qu'on applique sur la carie2 ce qui soulage souvent pour assez longtems4 ,l'on emploie aussi une teinture d'opium applique de la mme faon4 ,on peut mler ces deux remedes ensemble doses gales4 ,j'ai russi plusieurs fois avec la liqueur minrale anodine d',hoffman2 elle parot pendant quelques instans augmenter la douleur2 mais le soulagement vient ordinairement aprs qu'on a crach quelquefois4 ,un gargarisme fait avec l'argentine bouillie dans de l'eau1 soulage souvent les douleurs qui viennent de carie1 plusieurs personnes dans ce cas se sont bien trouves d'en faire un usage habituel4 ,ce remede ne peut point nuire2 il est mme utile pour les gencives4 ,d'autres se soulagent en frottant tout le visage avec du miel4 4 #acj4 ,la seconde cause1 c'est l'inflammation du nerf dans l'intrieur1 ou de la membrane l'extrieur de la dent2 on la connot par le tempramment1 l'ge1 le genre de vie du malade4 ,ceux qui sont jeunes1 sanguins1 qui s'chauffent beaucoup1 ou par le travail1 ou par les alimens les boissons1 ou par les veilles1 ou par d'autres excs1 ceux qui toient accotums quelques hmorragies1 ou naturelles1 ou artificielles1 qui ne les ont plus1 y sont trs exposs4 ,la douleur vient ordinairement promptement1 souvent aprs quelque cause d'chauffement4 ,le pouls est fort plein1 le visage assez rouge1 la bouche extrmement chaude2 l'on a souvent beaucoup de fievre un violent mal de tte1 la gencive s'enflamme1 se gonfle1 quelquefois il s'y forme un abcs1 d'autrefois il arrive que l'humeur se jette l'extrieur1 la joue enfle la douleur diminue4 ,quand la joue enfle1 mais sans que la douleur diminue1 c'est alors une augmentation1 non pas un changement de mal4 ,dans cette espece1 il faut employer le traitement des maladies inflammatoires1 recourir la saigne1 qui ordinairement soulage sur-le-champ4 ,aprs la saigne1 on emploie le rgime rafrachissant1 les bains de pied1 les lavemens2 on se gargarise avec l'eau d'orge1 l'eau le lait2 on applique sur la joue des cataplasmes molliens4 ,s'il survient un abcs1 on le fait meurir en tenant presque continuellement dans la bouche du lait chaud1 ou des figues cuites dans du lait2 ds qu'il parot mr1 on le fait ouvrir1 ce qui est ais point douloureux4 ,quelquefois le mal1 quoiqu'il dpende de cette cause1 n'est pas si violent2 mais il dure fort long-tems1 revient ds qu'on s'est chauff1 ds qu'on est au lit1 ds qu'on prend quelque mets chauffant1 quelque liqueur1 du vin1 du caff4 ,il faut dans ces cas faire une saigne1 sans laquelle les autres remedes sont inutiles1 prendre quelques soirs de suite des bains de pied tiedes1 une prise de la poudre ,n4 #bj4 ,la privation totale de vin celle de viande1 surtout le soir1 ont guri plusieurs personnes qui avoient des maux de dents trs opinitres4 ,tous les remedes chauds dans cette espece sont pernicieux1 souvent l'opium1 la thriaque1 les pilules de styrax1 bien loin de produire l'effet qu'on en attend1 ont empir les douleurs4 4 #aca4 ,quand le mal dpend d'une transpiration arrte1 qui se jette sur les mmes parties1 le mal est ordinairement1 quoiqu'aussi douloureux1 accompagn de symptmes moins violens4 ,le pouls n'est ni fort1 ni plein1 ni frquent1 la bouche est moins chaude1 l'on enfle moins4 ,dans ces cas il faut purger avec la poudre ,n4 #ba2 ce qui gurit quelquefois radicalement des maux trs invtrs4 ,ensuite on peut faire usage de la ptisane des bois ,n4 #ga2 elle a guri des maux de dents qui avoient rsist d'autres cures pendant plusieurs annes2 mais elle seroit pernicieuse dans l'autre espece4 ,les vesicatoires la nuque ou ailleurs1 il n'importe trop o1 ont fait souvent un trs bon effet1 en dtournant l'humeur en rtablissant la transpiration4 ,enfin l'on peut employer avec le plus grand succs dans cette espece1 surtout aprs la purgation1 les pilules de styrax1 l'opium1 la thriaque4 ,les remedes cres1 comme le tabac ficel ou en corde1 la racine de piretre en faisant saliver1 vacuent une partie de l'humeur qui cause la maladie diminuent la douleur4 ,la fume de tabac gurit aussi quelquefois dans cette espece1 soit en faisant cracher1 soit parcequ'elle a quelque chose d'anodin qui participe des vertus de l'opium4 4 #acb4 ,comme cette cause est souvent l'effet d'une foiblesse d'estomac1 il arrive tous les jours qu'on voit des personnes dont le mal augmente mesure qu'elles prennent des rafrachissans4 ,l'augmentation du mal fait qu'elles doublent la dose du remede1 les douleurs croissent proportion4 ,il faut ncessairement quitter cette mthode1 employer les remedes stomachiques propres rtablir la transpiration4 ,la poudre ,n4 #ad a produit souvent d'excellens effets1 quand je l'ai ordonne dans ces cas1 elle ne manque jamais d'emporter trs promptement les maux de dents1 qui reviennent priodiquement certains jours certaines heures4 ,j'ai guri quelques personnes en leur conseillant l'usage du vin1 dont elles ne buvoient point4 4 #acc4 ,outre les maux de dents qui dpendent des trois causes principales que j'ai indiques1 qui sont les plus frquens3 il y en a de trs longs de trs cruels1 qui sont occasionns par une acret gnrale de la masse du sang1 qui ne se gurissent que par les remedes propres corriger cette cret4 ,quand elle est de nature scorbutique1 le raifort sauvage1 7la poivre71 le cresson1 le beccabunga1 7la fava71 l'oseille1 l'alleluya la dtruisent4 ,si elle est d'une nature diffrente1 elle demande d'autres remedes2 mais le plan de cet ouvrage ne permet point d'entrer dans ces dtails4 ,comme le mal est long1 il donne le tems d'aller consulter4 ,la goutte le rhumatisme se jettent quelquefois sur les dents1 occasionnent les douleurs les plus cruelles1 qu'il faut traiter comme les maladies dont elles dpendent4 4 #acd4 ,l'on comprend par ce qu'on vient de dire1 ce que c'est que cette bisarrerie imaginaire qu'on attribue aux maux de dents1 parcequ'un remede qui a soulag l'un1 ne soulage pas l'autre4 ,cela vient de ce que ces remedes sont toujours ordonns sans connoissance de cause1 qu'on ne fait point attention la nature du mal2 qu'on traite une douleur de carie1 comme une douleur d'inflammation2 celle-ci comme une douleur de fluxion froide1 cette derniere comme une douleur cause par l'cret scorbutique4 ,ainsi il n'est point tonnant que l'on choue4 ,les ,mdecins eux-mmes ne donnent peut-tre pas toujours assez d'attention la nature du mal1 lorsqu'ils la connoissent1 ils se bornent trop des remedes foibles incapables de produire l'effet ncessaire4 ,si le mal est de nature inflammatoire1 rien ne peut le soulager que la saigne4 ,il en est des maux de dents comme de tous les autres1 ils dpendent de plusieurs causes1 si l'on ne combat pas cette cause par les remedes1 bien loin de gurir1 l'on augmente le mal4 ,j'ai guri de violens maux de dents de la machoire infrieure1 en appliquant une empltre compose de farine1 de blanc d'oeuf1 d'eau-de-vie de mastic1 l'angle de cette machoire1 dans l'endroit o l'on sent battre l'artere4 ,j'ai aussi soulag des maux de tte extrmement violens1 en appliquant la mme empltre sur l'artere des tempes4 ,,chapitre ,,ix4 ,de l',apoplexie4 4 #ace4 ,tout le monde connot l'apoplexie1 qui est une perte subite de tous les sens1 de tous les mouvemens volontaires1 pendant laquelle le pouls se conserve1 la respiration est gne4 ,je m'tendrai peu sur cette maladie1 qui n'est pas frquente dans les campagnes1 dont j'ai parl fort au long dans une lettre ,monsieur de ,,haller1 qui vient de parotre4 4 #acf4 ,l'on en distingue ordinairement deux especes2 l'apoplexie sanguine1 l'apoplexie sreuse4 ,elles dpendent l'une l'autre1 de ce que les vaisseaux du cerveau s'engorgent1 qu'alors ils empchent les fonctions des nerfs4 ,toute la diffrence qu'il y a entre l'une l'autre1 c'est que la premiere a lieu chez les personnes qui sont fortes1 robustes1 qui ont un vrai sang1 pesant1 pais1 inflammatoire1 qui en ont beaucoup3 c'est alors une vraie maladie inflammatoire4 ,l'autre attaque les personnes moins robustes1 dont le sang est plus aqueux1 plutt visqueux que dense ou pais1 dont les vaisseaux sont lches1 qui ont beaucoup d'humeurs4 4 #acg4 ,quand la premiere est son plus haut degr2 c'est ce qu'on appelle coup de sang1 ou apoplexie foudroyante1 elle tue dans la minute4 ,ce cas n'est pas susceptible de remede4 ,quand le mal est moins violent1 qu'on trouve le malade avec un pouls fort1 plein1 lev1 le visage rouge1 enfl1 le col gonfl1 la respiration gne bruyante1 ne sentant rien1 n'ayant d'autre mouvement1 que quelques efforts pour vomir1 il n'y en a mme pas toujours1 il faut sur-le-champ1 #a4 dcouvrir entierement la tte du malade1 lui couvrir trs peu le reste du corps1 lui procurer un air trs frais1 lui desserrer entierement le col4 #b4 ,le mettre autant qu'il est possible2 la tte haute les pieds pendans4 #c4 ,lui faire une saigne au bras1 par une trs grosse ouverture1 de douze seize onces1 suivant la force avec laquelle le sang vient4 ,on la riterera jusques trois quatre fois1 si les circonstances le demandent1 ou au bras ou au pied4 #d4 ,donner un lavement avec la dcoction des premieres herbes mollientes qui se prsenteront1 quatre cuilleres d'huile1 une cuillere de sel4 ,on le riterera de trois en trois heures4 #e4 ,s'il est possible1 lui faire avaler beaucoup d'eau1 sur chaque pot de laquelle on auroit mis trois dragmes de nitre4 #f4 ,ds que la violence du pouls a diminu1 que la respiration est moins embarrasse1 le visage moins enflamm1 il faut faire prendre la dcoction ,n4 #bb2 ou1 si l'on ne pouvoit pas l'avoir tems1 trois quarts d'once1 ou une once de crme de tartre1 beaucoup de petit lait2 remede qui m'a trs bien russi dans un cas1 o je n'en avois point d'autre4 #g4 ,eviter toute liqueur spiritueuse1 vin1 eaux distilles1 soit en boisson1 en application1 ou mme en senteur4 ,l'on ne doit toucher1 irriter1 remuer le malade1 que le moins qu'il est possible2 en un mot on doit viter1 tout ce qui peut agiter4 ,ce conseil est absolument contraire aux usages communs2 mais il est cependant fond en raison1 confirm par l'exprience1 absolument ncessaire4 ,en effet tout le mal vient de ce que le sang se porte en trop grande quantit1 avec trop de force au cerveau1 qui tant comprim empche tout mouvement des nerfs4 ,pour rtablir ces mouvemens1 il faut donc dbarrasser le cerveau1 en diminuant la force du sang2 mais les liqueurs1 les vins1 les esprits1 les sels volatils1 l'agitation1 les frictions l'augmentent1 par-l mme1 elles augmentent l'embarras du cerveau la maladie2 au lieu que tout ce qui calme la circulation1 contribue rappeller plutt le mouvement4 #h4 ,on doit lier fortement les cuisses sous le jarret2 par-l on empche le sang de revenir des jambes1 il s'en porte moins la tte4 ,si le malade parot peu peu1 mesure qu'il prend des remedes1 passer dans un tat moins violent1 l'on peut esprer4 ,si aprs les premieres vacuations gnrales1 son tat empire2 il est tout--fait mal4 4 #ach4 ,quand il se gurit1 l'usage des sens revient2 mais il reste souvent un peu de dlire pendant quelque tems1 presque toujours une paralysie sur la langue1 un bras1 une jambe1 les muscles du mme ct du visage4 ,cette paralysie se guerit quelquefois peu peu1 par des purgations rafraichissantes de tems en tems1 une diete trs peu nourrissante4 ,tous les remedes chauds sont extrmement nuisibles1 peuvent occasionner une nouvelle attaque4 ,l'metique pourroit tre mortel1 l'a t plus d'une fois4 ,l'on doit absolument l'viter2 il ne faut pas mme aider1 par de l'eau tiede1 les efforts que le malade fait pour vomir4 ,ils ne dpendent point des matieres qui sont dans l'estomac1 mais de l'embarras du cerveau2 plus ils sont considrables1 plus cet embarras augmente2 parceque1 pendant qu'ils ont lieu1 le sang ne peut pas revenir de la tte1 par-l-mme le cerveau en est surcharg4 4 #aci4 ,l'autre espece a les mmes symptomes2 except que le pouls n'est ni si lev1 ni si fort2 que le visage est moins rouge1 quelquefois mme ple2 la respiration paroit moins gne1 il y a quelquefois plus de facilit plus d'abondance dans les vomissemens4 ,comme elle attaque des personnes moins sanguines1 moins fortes1 moins chauffes1 la saigne n'est souvent point ncessaire4 ,il n'est au moins jamais ncessaire de la ritrer2 si le pouls est peu plein point dur1 elle pourroit tre nuisible4 ,il faut au reste #a4 situer le malade comme dans l'autre espece1 quoique cela soit un peu moins ncessaire4 #b4 ,lui donner un lavement2 mais sans huile1 avec le double de sel1 la grosseur d'un petit oeuf de savon2 ou avec quatre ou cinq tiges de gratiole1 ou herbe au pauvre homme4 #c4 ,on purge avec la poudre ,n4 #ba4 #d4 ,l'on peut1 pour boisson1 donner une forte infusion de melisse1 ritrer deux fois par jour le lavement4 #e4 ,purger derechef le troisieme jour4 #f4 ,appliquer d'abord au gras des jambes des vesicatoires4 #g4 ,si la nature paroit vouloir se dgager par les sueurs1 on doit l'aider2 j'ai vu souvent qu'un th de chardon bnit produisoit trs bien cet effet4 ,si l'on prend ce parti1 il faut soutenir la sueur1 sans bouger s'il est possible pendant plusieurs jours3 il est arriv alors qu'au bout de neuf jours1 le malade toit dlivr de toute paralysie1 qui survient ordinairement aprs cette apoplexie tout comme aprs l'autre4 4 #adj4 ,les apoplexies sont sujettes des rechtes2 chaque nouvelle attaque est plus dangereuse que la prcdente1 ainsi il est extrmement important de chercher les prvenir4 ,on prvient l'une l'autre espece par une diete severe1 en retranchant beaucoup de la quantit ordinaire des alimens2 la prcaution la plus essentielle1 pour quiconque a eu une attaque1 c'est de renoncer au souper4 ,ceux qui ont eu une attaque de la premiere espece1 doivent tre encore plus exacts que les autres2 ils doivent se priver de tout ce qui est succulent1 aromatique1 cre2 du vin1 des liqueurs1 du caff4 ,ils doivent faire un grand usage des jardinages1 des fruits1 des acides2 manger peu de viande1 point de noire2 prendre toutes les semaines deux ou trois prises de la poudre ,n4 #bc1 le matin jeun1 dans un verre d'eau2 se purger deux ou trois fois par an1 avec la potion ,n4 #bb2 prendre journellement de l'exercice2 viter les chambres trop chaudes1 l'ardeur du soleil2 se coucher de bonheur1 se lever matin2 n'tre jamais plus de huit heures au lit2 si l'on remarque qu'il se forme beaucoup de sang1 qu'il se porte la tte1 il faut sans hsiter1 faire une saigne1 se mettre perdant quelques jours1 une diete totale1 sans aucun aliment solide4 ,les bains chauds sont pernicieux dans ces cas4 ,dans l'autre espece1 4 #aci1 au lieu de se purger avec le remede ,n4 #bb1 il faut se purger avec le ,n4 #ba4 4 #ada4 ,les mmes secours propres prvenir une rechte1 peuvent empcher une premiere attaque1 si on les emploie tems2 car quoique l'attaque d'apoplexie soit trs prompte1 cependant la maladie s'annonce plusieurs semaines1 quelquefois plusieurs mois1 mme des annes1 l'avance2 par des vertiges1 des pesanteurs de tte1 de legers embarras de langue1 des paralysies momentanes1 tantt d'une partie1 tantt d'une autre2 quelquefois des dgots des envies de vomir1 sans qu'on puisse souponner aucun embarras dans les premieres voies1 ou aucune autre cause dans l'estomac ou dans le voisinage2 un changement difficile dcrire1 dans la physionomie2 des douleurs vives passageres prs du coeur2 une diminution dans les forces1 sans cause sensible2 quelques autres signes1 qui marquent que les humeurs se portent trop la tte1 que les fonctions du cerveau sont gnes4 ,il y a des personnes qui sont sujettes des attaques1 qui dpendent de la mme cause que l'apoplexie1 qu'on peut regarder comme de trs legeres apoplexies1 dont on soutient plusieurs attaques1 qui ne drangent que trs peu la sant4 ,tout--coup le sang se porte la tte1 le malade est tourdi1 il perd toutes ses forces1 il a quelquefois des nauses1 sans cependant que la connoissance1 le sentiment le mouvement se perdent tout--fait4 ,la tranquillit1 une saigne1 des lavemens dissipent l'accs3 on en prvient les retours par le rgime ordonn 4 #adj4 sur-tout par un usage abondant de la poudre ,n4 #bc4 ,a la fin1 un de ces accs dgnere en apoplexie mortelle2 mais on peut la retarder trs long-tems1 par un rgime exact1 en vitant toutes les passions fortes1 sur tout la colere4 ,,chapitre ,x4 ,des coups de ,soleil4 4 #adb4 ,l'on appelle coup de ,soleil1 les maux qui rsultent d'une trop forte action du soleil sur la tte3 c'est la mme chose que insolation4 ,si l'on fait attention que le bois1 la pierre1 les mtaux1 exposs l'action du soleil1 s'chauffent1 mme dans les climats temprs1 au point qu'on ne peut pas les toucher sans se brler1 on comprendra tout le danger qu'on court1 si la tte est expose une telle chaleur4 ,les vaisseaux se desschent1 le sang s'paissit2 il se forme une vritable inflammation1 qui quelquefois1 tue en trs peu de tems4 ,c'est un coup de soleil qui tua ,manasss1 mari de ,judith2 car comme il toit auprs de ceux qui lioient les gerbes aux champs1 la chaleur lui donna sur la tte1 il tomba malade1 il se mit au lit1 il mourut4 ,les signes qui caractrisent un coup de soleil1 sont le sjour dans un endroit o il donnoit fortement2 un violent mal de tte1 avec la peau chaude1 extrmement sche2 les yeux rouges secs1 ne pouvant ni rester ouverts1 ni soutenir la lumiere2 quelquefois un mouvement continuel dans la paupiere1 du soulagement par l'application de quelque liqueur fraiche2 souvent une impossibilit de dormir2 d'autres fois un grand assoupissement1 mais accompagn de rveils violens3 une fivre trs forte2 un abbatement un dgot total2 quelquefois beaucoup d'altration1 d'autres fois point2 la peau du visage est souvent brle4 4 #adc4 ,l'on est expos aux coups de soleil dans deux saisons de l'anne1 ou au printems1 ou dans les grandes chaleurs2 mais ils sont bien diffrens dans leurs effets4 ,au printems1 les gens de la campagne1 les ouvriers1 y sont peu sujets2 ce sont les gens de la ville1 les personnes dlicates1 qui ont pris peu de mouvement pendant l'hiver1 qui ont acquis beaucoup d'humeurs4 ,si dans ces circonstances elles vont au soleil1 comme il a dja une certaine force2 que par le genre de vie qu'elles ont men1 les humeurs sont dja plus disposes se porter la tte2 que le fraicheur du terrein1 sur-tout quand il a pl1 fait qu'on ne se rchauffe pas aussi aisment les pieds1 il agit sur leur tte comme un vsicatoire1 il dtermine une plus grande quantit d'humeur2 ce qui procure de violens maux de tte1 accompagns souvent d'lancemens vifs frquens1 de douleur dans les yeux2 mais ce mal est rarement dangereux4 ,les gens de la campagne1 les personnes de la ville1 qui n'ont point discontinu l'exercice pendant l'hiver1 ne craignent point ces soleils de printems4 ,les coups de soleil en t sont bien plus fcheux1 ils attaquent les ouvriers ou les voyageurs1 qui sont long-tems exposs l'ardeur3 c'est alors que le mal est port son plus haut dgr1 que les malades meurent souvent sur la place4 ,dans les pays chauds1 cette cause tue plusieurs personnes dans les rues1 fait de grands ravages dans les armes en marche4 ,l'on en voit1 dans les pays temprs1 de tristes effets4 ,aprs avoir march tout le jour au soleil1 un homme tomba en lthargie1 au bout de quelques heures mourut avec des symptomes de rage4 ,j'ai vu un couvreur1 un jour trs chaud1 se plaindre son camarade d'un violent mal de tte1 qui augmentoit de minute en minute4 ,au moment o il voulut se retirer1 il tomba mort1 fut prcipit4 ,cette cause produit trs frquemment dans les campagnes1 des phrnsies trs dangereuses1 que le peuple appelle fivres chaudes4 ,l'on en voit plusieurs toutes les annes4 4 #add4 ,l'effet du soleil est encore plus dangereux1 si l'on y est expos pendant le sommeil4 ,deux faucheurs s'endormirent sur un tas de foin la tte nue2 ayant t rveills par les autres1 ils chancelerent1 prononcerent quelques mots qui n'avoient point de bon sens1 moururent4 ,quand l'effet du vin celui du soleil se runissent1 ils tuent trs promptement1 il n'y a pas d'annes1 qu'on ne trouve morts dans les chemins des paysans1 qui1 tant ivres1 vont tomber dans quelques coins1 o ils prissent par une apoplexie vineuse solaire4 ,ceux qui rchappent1 conservent souvent toute leur vie des maux de tte1 mme quelque lger drangement dans les ides4 ,j'ai vu qu'aprs quelques jours de violens maux de tte1 le mal se jettoit sur les paupieres1 qui restoient longtems rouges fort tendues1 sans qu'on pt les ouvrir4 ,l'on a vu des personnes1 chez lesquelles un coup de soleil occasionnoit un dlire continuel1 sans fivre1 sans qu'ils se plaignissent d'un mal de tte4 ,quelquefois la goutte sereine en a t la suite2 il est fort commun de voir des personnes1 chez lesquelles un long sjour au soleil1 laisse une impression dans l'oeil qui leur fait appercevoir diffrens corps voltigeants en l'air1 qui troublent la vision4 4 #ade4 ,chez les enfans fort jeunes1 qui ne sont jamais exposs si long-tems une si violente ardeur1 mais sur lesquels une petite cause agit1 le mal se manifeste1 ou par un assoupissement profond1 qui dure plusieurs jours1 ou par des rveries continuelles1 mles de fureur de frayeur1 presque comme quand ils ont eu quelque violente peur1 par des mouvemens convulsifs1 par des maux de tte qui redoublent par accs1 leur font pousser de hauts cris1 par des vomissemens continuels4 ,j'ai vu des enfans qui1 aprs un coup de soleil1 ont conserv long-tems une petite toux4 4 #adf4 ,les vieillards qui s'exposent souvent imprudemment au soleil1 ne savent pas tout le danger qu'ils courent4 ,on a vu un homme qui1 s'tant tenu dessein fort long-tems au soleil1 le jour libre d'une fivre tierce1 et une attaque d'apoplexie qui l'emporta le lendemain4 ,lors mme que le mal n'est pas prompt1 cependant cette habitude dispose certainement l'apoplexie aux maux de tte4 ,un des plus lgers effets du soleil sur la tte1 c'est de procurer un rhume de cerveau1 un mal de gorge1 un enroument1 un gonflement des glandes du col1 une scheresse dans les yeux1 qui se fait quelquefois sentir long-tems4 4 #adg4 ,l'effet de la trop violente chaleur du feu1 est le mme que celui du soleil4 ,un homme s'tant endormi la tte contre le feu1 mourut apoplectique dans ce sommeil4 4 #adh4 ,l'action d'un soleil trop fort ne nuit pas seulement lorsqu'elle tombe sur la tte1 mais elle nuit aussi aux autres parties2 ceux qui y restent exposs en prservant la tte1 essuient des douleurs violentes1 un sentiment de chaleur1 une roideur considrable dans ces parties qui ont t dessches1 comme aux jambes1 aux genoux1 aux cuisses1 aux reins1 aux bras2 quelquefois il leur survient de la fivre4 4 #adi4 ,en examinant une personne malade d'un coup de soleil1 il faut faire attention s'il n'y a point d'autres causes concourantes4 ,un voyageur1 un manoeuvre1 sont souvent autant affects par la fatigue de la route ou du travail1 que par le soleil4 4 #aej4 ,il est trs important de traiter d'abord les coups de soleil4 ,si on les nglige1 ceux mmes qui auroient t aiss gurir1 deviennent trs fcheux4 ,on les traite1 comme toutes les maladies prcdentes1 par les saignes les rafraichissans de toute espece1 en boissons1 en lavemens1 en applications1 en bains4 ,si le mal est pressant1 il faut commencer par une trs forte saigne1 la ritrer4 ,il fallut saigner neuf fois ,louis ,,xiv1 pour le sauver en #afeh1 aprs un coup de soleil qu'il reut la chasse4 ,aprs la saigne1 on met les jambes dans l'eau tide2 c'est un des remedes qui soulagent le plus promptement1 j'ai vu le mal de tte se dissiper revenir1 proportion du nombre de la longueur des bains de jambes4 ,il faut quand le mal est grave1 en venir au demi-bain1 mme au bain entier2 mais il ne doit tre que tide1 non plus que les bains de pied1 l'eau chaude seroit trs nuisible4 ,les lavemens faits avec une dcoction d'herbes mollientes quelconques1 produisent aussi un trs bon effet4 ,il faut boire abondamment du lait d'amande ,n4 #d1 de la limonade faite avec le jus de citron dans de l'eau1 7c'est la meilleure boisson dans ce cas7 ou de l'eau du vinaigre1 qui supple trs bien la limonade2 ce qui est encore plus efficace1 du petit lait trs clair1 avec un peu de vinaigre4 ,toutes ces boissons peuvent tre bes fraiches2 le remede ,n4 #ca est trs efficace1 on en prend cinq ou six verres par jour4 ,l'on applique sur le front1 sur les tempes1 sur toute la tte mme1 des linges tremps dans l'eau fraiche1 un peu de vinaigre rosat2 ce qui peut tenir lieu de tous les autres remedes employs dans ce cas4 ,ceux qu'on vante le plus1 sont les jus de pourpier1 de laitue1 d'artichaud sauvage1 de verveine4 4 #aea4 ,les bains froids ont quelquefois guri des cas presque dsesprs4 ,un homme de vingt ans1 ayant t fort long-tems expos un soleil brlant1 rvoit violemment sans fivre1 toit vritablement maniaque4 ,aprs plusieurs saignes1 on le jetta dans un bain froid1 qu'on ritra souvent1 en mme tems on lui jettoit de l'eau froide sur la tte3 ces secours le gurirent peu peu4 ,un ,officier qui avoit couru la poste pendant plusieurs jours de suite par les grandes chaleurs1 eut1 en descendant de cheval1 un vanouissement qui rsista tous les remedes ordinaires4 ,on le sauva en le faisant plonger dans un bain d'eau glace4 ,l'on ne doit jamais employer le bain froid dans ces cas1 qu'aprs les saignes4 4 #aeb4 ,il est certain1 que si l'on est tranquille1 on recevra plus aisment un coup de soleil1 qu'en se donnant du mouvement2 l'usage des chapeaux blancs1 ou de quelques feuilles de papier sous un chapeau noir1 contribue sensiblement prvenir les mauvais effets d'un soleil mdiocre2 mais il est inutile contre un trs fort4 ,,chapitre ,,xi4 ,du ,rhumatisme4 4 #aec4 ,le ,rhumatisme est1 ou avec fivre1 ou sans fivre4 ,le premier est une maladie de la mme espece que celles dont j'ai parl2 une inflammation qui est annonce par une fivre violente1 avec frisson1 chaleur1 pouls dur1 mal de tte3 l'on sent mme quelquefois un froid extraordinaire1 avec un mal-aise gnral1 plusieurs jours avant que la fivre se dclare4 ,le second jour1 le troisime1 quelquefois mme le premier1 le malade est saisi par une douleur violente dans quelques parties du corps1 sur tout aux articulations qui en empche absolument le mouvement1 qui est bientt accompagne de chaleur1 de rougeur1 de gonflement dans la partie4 ,le genou est souvent la premiere partie attaque2 quelquefois tous deux le sont ensemble4 ,il arrive souvent que la fivre diminue1 quand la douleur est fixe2 d'autres fois elle persiste plusieurs jours1 redouble tous les soirs4 ,la douleur diminue au bout de quelques jours dans une partie1 en attaque une autre4 ,du genou elle va au pied1 la hanche1 aux reins1 aux paules1 au coude1 au poignet1 la nuque1 souvent dans les parties moyennes4 ,quelquefois une partie se dgage tout--fait1 quand l'autre est attaque2 d'autrefois plusieurs1 mme1 comme je l'ai vu1 toutes les articulations sont attaques en mme tems1 alors l'tat du malade est affreux2 il est incapable d'aucun mouvement1 il craint le secours de tous ceux qui voudroient l'aider1 parcequ'on ne peut pas le toucher sans le faire souffrir4 ,il ne peut pas soutenir le poids des couvertures1 qu'on est oblig d'appuyer sur des cerceaux2 le mouvement qu'on imprime au plancher en marchant dans la chambre1 redouble ses douleurs4 ,les endroits o les douleurs sont ordinairement les plus cruelles les plus opinitres1 sont les reins1 les hanches la nuque4 4 #aed4 ,le mal se jette aussi souvent sur la peau de la tte1 les douleurs sont excessives4 ,je l'ai vu attaquer les paupieres les dents avec une violence qu'on ne peut pas dcrire4 ,tant que le mal est extrieur1 quelque douloureux qu'il soit1 si le malade est bien conduit1 il n'y a pas un grand danger2 mais si par quelque accident1 par quelque faute1 ou par quelque cause cache1 le mal se jette sur quelque partie intrieure1 il est extrmement dangereux4 ,s'il attaque le cerveau1 il occasionne un dlire phrntique2 en se jettant sur le poulmon1 il suffoque2 s'il attaque l'estomac ou les entrailles1 il produit des douleurs inouies1 occasionnes par l'inflammation de ces parties1 qui1 si elle est forte1 tue promptement4 ,je vis il y a deux ans un homme robuste1 qui1 quand on m'appella1 avoit dja la gangrene dans les boyaux1 dont le mal avoit commenc par un rhumatisme aux bras un genou4 ,on avoit voulu le dissiper en le faisant suer avec des choses chaudes2 il avoit effectivement beaucoup su1 mais l'humeur inflammatoire se jetta sur les intestins2 l'inflammation dgnra en gangrene1 aprs trente six heures de douleurs les plus aigus1 il mourut deux heures aprs que je l'eus vu4 4 #aee4 ,souvent le mal est moins violent1 la fievre est peu forte2 elle cesse entierement ds que les douleurs commencent1 les douleurs n'attaquent qu'une ou deux parties4 4 #aef4 ,si le mal reste long-tems fix sur une articulation1 le mouvement en reste gn pour toute la vie4 ,j'ai vu une personne qui un rhumatisme la nuque1 a laiss un torticolis qu'elle garde depuis vingt ans1 un pauvre jeune homme qui avoit perdu le mouvement d'une hanche des deux genoux3 il ne pouvoit tre ni debout1 ni assis1 il n'avoit que peu d'attitudes possibles dans le lit4 4 #aeg4 ,la cause la plus ordinaire du rhumatisme1 c'est la transpiration arrte4 ,il est lui-mme une maladie inflammatoire1 il veut tre trait comme tel4 4 #aeh4 ,ds que le mal est dclar1 l'on donne un lavement ,n4 #e2 une heure aprs1 on fait une saigne de douze onces au bras4 ,l'on se met au rgime1 l'on boit abondamment de la ptisane ,n4 #b1 du lait d'amande ,n4 #d4 ,dans les campagnes1 o les laits d'amande sont trop couteux pour le peuple1 on peut leur donner du petit lait extrmement clair1 adouci avec un peu de miel4 ,j'ai vu un rhumatisme trs grave1 guri aprs deux saignes1 sans autre remede ni aliment1 pendant treize jours4 ,le petit lait peut aussi servir avec succs pour les lavemens4 4 #aei4 ,si le mal ne diminue pas considrablement aprs la premiere saigne1 il faut la ritrer au bout de quelques heures4 ,j'en ai fait faire quatre dans les deux premiers jours1 quelques jours aprs une cinquime2 mais ordinairement aprs la seconde1 la duret du pouls diminue1 lors mme que les douleurs continuent galement fortes1 le malade est cependant moins inquiet4 ,il faut ritrer tous les jours le lavement1 mme deux fois1 si chaque lavement n'vacue que peu1 si le malade souffre de grands maux de tte4 ,dans les cas excessivement douloureux1 le malade ne peut pas se mettre dans l'attitude ncessaire pour les prendre2 alors il faut rendre les boissons aussi relchantes qu'il est possible1 lui donner soir matin une prise de crme de tartre ,n4 #bc4 ,ce remede joint au petit lait1 pris pendant long-tems1 a guri deux personnes1 qui je l'avois conseill1 de douleurs de rhumatisme1 qui1 depuis plusieurs annes1 revenoient trs frquemment avec un peu de fievre4 ,les pommes les pruneaux cuits1 les fruits d't bien mrs1 sont les meilleurs alimens4 ,l'on pargne beaucoup de douleurs aux malades1 en tenant toujours une alaise sous leur dos1 une autre sous leurs cuisses1 qui servent les remuer4 ,quand ils ont les mains libres1 une corde attache au ciel du lit1 termine par un morceau de bois qui est attach en travers1 ou par quelque autre poigne1 leur est extrmement utile pour s'aider eux-mmes4 4 #afj4 ,quand il n'y a plus de fievre1 que le pouls n'a plus de duret1 je purge avec succs1 avec la potion ,n4 #bb2 si elle procure au malade cinq ou six selles1 il se trouve ordinairement trs soulag3 l'on ritere avec succs le surlendemain1 quelques jours aprs4 ,quand les douleurs sont excessives1 elles ne souffrent aucune application2 mais on peut employer les bains de vapeurs1 qui1 moyennant qu'on les fasse souvent long-tems1 soulagent trs efficacement4 ,quand il est possible1 il faut employer continuellement quelqu'une des applications mollientes ,n4 #i4 ,un demi-bain ou un bain entier tiede1 dans lequel le malade reste une heure1 aprs les saignes suffisantes plusieurs lavemens1 soulage infiniment4 ,j'ai vu un malade y entrer avec les douleurs les plus aigus1 des hanches d'un genou2 il souffrit encore cruellement dans le bain en le quittant2 une heure aprs tre rentr au lit1 il sua pendant trente-six heures1 plus qu'on ne peut le croire1 fut guri4 ,mais le bain ne doit jamais prcder les saignes1 ou au moins quelqu'autre vacuation1 il augmenteroit le mal4 ,les douleurs redoublent ordinairement pendant la nuit1 l'on donne des remedes pour faire dormir1 mais fort mal--propos4 ,ils augmentent trs rellement la cause du mal1 dtruisent l'effet des remedes2 souvent mme ils augmentent la douleur1 bien loin de la calmer4 ,ils conviennent si peu1 que le sommeil mme1 qui vient naturellement dans les commencemens de cette maladie1 est charge aux malades4 ,ils ont au moment o ils s'endorment1 de violens tressaillemens ou soubresaults qui les rveillent douloureusement2 ou s'ils dorment quelques momens1 les douleurs sont plus fortes au rveil4 4 #afa4 ,le rhumatisme se termine1 ou par les selles1 ou par des urines troubles1 paisses1 qui dposent abondamment un sdiment jauntre1 ou par des sueurs1 il est rare que cette derniere vacuation n'ait pas lieu sur la fin de la maladie4 ,on l'aide en buvant de l'infusion de fleurs de sureau4 ,mais dans les commencemens les sueurs sont pernicieuses4 ,il arrive aussi1 mais plus rarement1 que les rhumatismes se terminent par le dpt d'une matiere acre sur les jambes1 o elle forme d'abord des vessies qui s'ouvrent et dgnerent en ulceres1 si on les ferme trop tt1 les douleurs reviennent4 ,d'autrefois il se forme un abcs dans la partie mme malade1 ou dans le voisinage4 ,j'ai vu un vigneron chez qui1 aprs de violens maux de reins1 il se forma un abcs au haut de la cuisse1 qu'il laissa empirer4 ,quand je le vis1 l'abcs toit monstrueux4 ,je le fis ouvrir1 il en sortit tout la fois plus de trois pots de pus2 mais il mourut au bout de quelque tems4 ,une autre crise de rhumatisme1 c'est une espece de galle qui survient dans le voisinage des parties souffrantes4 ,ds que l'ruption est faite1 les douleurs se dissipent2 mais les boutons durent quelquefois plusieurs semaines4 4 #afb4 ,je n'ai jamais vu que les douleurs durassent avec quelque violence plus de quatorze jours dans cette espece de rhumatisme2 mais il reste dans les parties1 de la foiblesse1 de l'engourdissement1 de l'enflure1 il faut plusieurs semaines1 quelquefois des mois1 surtout si la maladie a attaqu en ,automne1 avant que le malade reprenne toutes ses forces4 ,j'en ai vu qui aprs un rhumatisme trs douloureux1 conservoient un sentiment de lassitude trs incommode1 qui ne cessa qu'aprs une ruption abondante1 sur toute la peau1 de petites vessies pleines d'eau dont plusieurs s'ouvrirent1 quelques-unes se scherent4 4 #afc4 ,l'on peut hter le retour des forces dans les parties affoiblies1 par des frictions qu'on fait soir matin avec un morceau de flanelle1 ou de quelqu'autre toffe de laine1 en prenant de l'exercice en se conformant exactement aux conseils donns l'article de la convalescence4 ,on prvient cette maladie par les moyens que j'ai indiqus au 4 #ie1 en parlant des pleursies4 4 #afd4 ,quelquefois le rhumatisme avec fievre attaque des personnes qui ne sont pas aussi sanguines1 ou dont le sang n'est pas aussi dispos l'inflammation1 dont les chairs sont plus molles qui ont plus d'cret dans les humeurs que d'paississement4 ,la saigne est moins ncessaire pour eux1 quoique la fievre soit trs forte1 mais il faut des purgatifs1 aprs qu'ils sont vacus1 des vsicatoires qui soulagent souvent ds qu'ils commencent agir1 mais qu'il ne faut jamais employer quand la maladie est accompagne d'un pouls dur4 ,la poudre ,n4 #bd1 russit aussi trs bien dans ce cas4 4 #afe4 ,il y a une autre espece de rhumatisme1 qu'on appelle chronique4 ,il a quelques caracteres qui le distinguent4 #a4 ,il est ordinairement sans fievre4 #b4 ,il dure trs long-tems4 #c4 ,il n'attaque pas ordinairement autant de parties la fois que l'autre4 ,souvent l'on n'apperoit aucun changement dans la partie malade1 qui n'est ni plus chaude1 ni plus rouge1 ni plus enfle2 quelquefois l'un ou l'autre de ces accidens a lieu4 ,le premier rhumatisme attaque des personnes fortes1 robustes1 vigoureuses2 cette espece attaque plutt les personnes d'un certain ge1 ou les personnes languissantes4 ,la douleur abandonne elle-mme1 ou mal conduite1 dure quelquefois plusieurs mois1 mme des annes4 ,elle est surtout extrmement opinitre quand elle se jette la tte1 aux reins1 7les paysans dans ce cas l'appellent ,maclet71 ou la hanche le long de la cuisse2 c'est ce qu'on appelle ,sciatique4 ,il n'y a point de partie que cette douleur n'attaque4 ,quelquefois elle se fixe sur une trs petite partie1 comme dans un coin de la tte1 l'angle de la machoire1 sur l'extrmit d'un doigt1 un genou1 sur une cte1 sur un sein o elle occasionne assez frquemment des douleurs1 qui font craindre la malade un cancer4 ,elle se jette aussi sur les parties intrieures3 sur le poulmon1 elle occasionne des toux trs opinitres1 qui enfin dgnerent en des maux de poitrine trs graves3 sur l'estomac les boyaux1 des douleurs de coliques horribles3 sur la vessie1 des maux si semblables ceux que produit la pierre1 que des gens qui ne manquoient ni de connoissance1 ni d'exprience1 y ont t tromps plus d'une fois4 4 #aff4 ,le traitement est un peu diffrent du prcdent3 cependant si la douleur est trs violente1 que le malade soit robuste1 une saigne ds le commencement fait un trs bon effet4 ,on dlaie le malade en lui faisant boire une ptisane trs forte de racine de bardane ,n4 #be4 ,on le purge1 on peut employer avec succs la poudre ,n4 #ba4 ,c'est dans cette espece qu'on a employ quelquefois utilement un remede qui a acquis quelque rputation1 surtout dans les campagnes4 ,on le tire de ,geneve1 je ne sais pourquoi1 sous le nom d'opiate pour le rhumatisme2 ce n'est autre chose que l'lectuaire caryocostin1 tel qu'on le trouve chez tous les ,apotiquaires4 ,mais j'avertis qu'il a fait du mal quand on s'en est servi dans la premiere espece1 mme dans celle-ci1 quand on l'a employ pour des personnes foibles1 maigres1 chauffes1 sans avoir fait prcder les dlayans1 ou quand on l'a employ trop long-tems4 ,il laisse dans une foiblesse dont on ne peut pas se dlivrer3 il est compos d'aromates trs chauds de purgatifs cres4 4 #afg4 ,quand on a essay les remedes gnraux1 si le mal subsiste1 il faut faire usage1 pendant long-tems1 des remedes propres rtablir la transpiration4 ,les pilules ,n4 #ah1 une forte infusion de sureau ont souvent russi2 quand on a long-tems dlay1 qu'il n'y a point de fievre1 que l'estomac fait bien ses fonctions1 que le malade n'est point resserr1 qu'il n'est pas d'un tempramment sec1 que la partie malade n'est pas enflamme1 l'on peut donner hardiment la poudre ,n4 #bd1 le soir en se couchant1 avec une tasse ou deux de th de feuilles de chardon bnit1 la grosseur d'une noisette de thriaque2 ce remede jette dans des sueurs abondantes1 qui emportent souvent le mal4 ,on peut le rendre plus efficace1 en enveloppant toute la partie dans une flanelle trempe dans la dcoction ,n4 #bf4 4 #afh4 ,de toutes les douleurs1 la sciatique est une des plus opinitres4 ,j'ai vu les plus grands effets de l'application de sept ou huit ventouses sur la partie souffrante1 j'ai guri par ce seul secours1 en peu d'heures1 des sciatiques qui avoient rsist plusieurs annes de remede4 ,les vsicatoires1 ou les empltres quelconques qui occasionnent une suppuration dans cette partie1 contribuent aussi souvent la gurison1 mais moins efficacement que les ventouses4 ,il faut les ritrer plusieurs fois4 ,l'application d'une toile ou d'un taffetas cirs verts sur la partie malade1 la fait transpirer abondamment1 vacuent par-l l'humeur cre qui occasionnoit la douleur4 ,quelquefois mme l'une l'autre de ces applications1 mais surtout le taffetas qui s'applique plus exactement1 dont le cirage est diffrent1 font lever des vessies comme les vsicatoires4 ,une empltre de chaux vive de miel ptris ensemble1 a guri des sciatiques opinitres4 ,l'huile d'oeuf1 qui n'est point une vraie huile1 a guri quelques personnes en en frottant fortement la partie malade4 ,souvent les seules frictions soulagent4 ,l'on fait avec succs un seton au bas de la cuisse4 ,enfin des douleurs qui n'avoient cd aucun de ces remedes1 ont t guries par une brlure artificielle4 4 #afi4 ,les bains chauds de ,bourbonne1 de ,plombieres1 d',aix1 plusieurs autres sont souvent d'une trs grande efficacit4 ,je suis pourtant persuad qu'il n'y a point de douleur de rhumatisme qu'on ne puisse gurir sans leurs secours4 ,le peuple leur substitue le bain de marc1 qui gurit quelques personnes en faisant beaucoup suer4 ,les bains froids sont le meilleur remde pour en prserver2 mais on ne peut pas toujours les prendre4 ,plusieurs circonstances en rendent l'usage absolument impossible pour quelques personnes4 ,celles qui sont sujettes cette espece de rhumatisme1 feront trs bien de se frotter tous les matins1 tout le corps s'ils peuvent1 mais sur-tout les parties souffrantes1 avec une flanelle4 ,ce secours entretient la transpiration mieux qu'aucun autre2 quelquefois mme il l'augmente trop4 ,il est aussi trs utile d'avoir toute la peau couverte pendant l'hiver1 immdiatement avec de la laine4 ,aprs un rhumatisme violent1 on doit viter1 pendant long-tems1 l'air froid humide1 qui occasionneroit une rechte4 4 #agj4 ,l'on emploie souvent pour le rhumatisme des remedes trs nuisibles qui font tous les jours de trs grands maux2 tels sont les remedes spiritueux1 l'eau-de-vie1 l'eau d'arquebusade3 ou ils rendent la douleur plus opinitre plus fixe en durcissant la peau1 ou ils obligent l'humeur se jetter sur quelqu'autre partie1 l'on a des exemples de gens morts promptement pour avoir appliqu de l'esprit de vin sur des douleurs de rhumatisme4 ,d'autrefois l'humeur n'ayant point d'issue par la peau1 se jette sur l'os l'artere4 ,il est arriv ici un fait singulier dont on pourroit profiter4 ,une femme frottoit le soir son mari1 qui avoit un rhumatisme trs douloureux au bras1 avec de l'esprit de vin4 ,un heureux accident dtruisit le mal qu'elle lui auroit fait4 ,en approchant la chandelle1 le feu prit l'esprit de vin2 la partie malade fut brule4 ,on pansa la brulure2 les douleurs de rhumatisme finirent entierement4 ,les onguens cres gras produisent aussi de trs mauvais effets1 sont galemens dangereux4 ,l'on a vu des caries1 aprs l'usage d'un remede connu sous le nom de baume de trebenthine soufr4 ,en #agej1 je fus consult1 trois jours avant sa mort1 pour une femme1 qui souffroit depuis longtems des douleurs aiges4 ,on lui avoit fait diffrens remedes1 entr'autres elle avoit pris beaucoup d'une ptisane1 dans laquelle entroit l'antimoine avec quelques purgatifs1 on l'avoit frotte avec un baume gras spiritueux4 ,la fievre1 les douleurs1 le dessechement avoient augment2 les os des cuisses des bras s'toient caris2 dans les mouvemens ncessaires pour la secourir1 elle s'toit cass1 sans sortir de son lit1 les deux cuisses1 un bras4 ,un exemple aussi effrayant doit faire sentir le danger des remedes administrs inconsidrment1 mme dans les maux qui paroissent les moins graves par eux-mmes4 ,je dois encore avertir1 qu'il y a des douleurs de rhumatismes1 qui ne veulent aucune application1 que presque tous les remedes irritent4 ,l'on doit se contenter de garantir la partie1 des impressions de l'air4 4 #aga4 ,si la dure de la douleur1 fixe dans le mme endroit1 occasionne un commencement de roideur l'article qui en est affect1 il faut deux fois le jour exposer la partie la vapeur d'eau chaude2 la bien essuyer aprs avec des linges chauffs2 la frotter legerement1 l'enduire ensuite d'onguent d'althea4 ,la douche jointe cette vapeur1 augmente beaucoup son efficacit4 ,j'ai fait faire1 pour un cas de cette espece1 une machine de fer blanc1 trs simple1 qui runit la vapeur la douche4 4 #agb4 ,les enfans sont sujets des douleurs si violentes si gnrales qu'on ne peut les toucher1 dans aucun endroit1 sans leur faire jetter des cris violens4 ,il ne faut pas s'y mprendre1 ni traiter ce mal comme rhumatisme2 il dpend des vers1 se dissipe quand ils ont rendu4 ,,chapitre ,,xii4 ,de la ,rage4 4 #agc4 ,les hommes peuvent devenir enrags sans aucune morsure2 mais ce cas est extrmement rare4 ,il arrive souvent que la rage se dclare dans un chien1 il en mord d'autres2 plusieurs deviennent enrags4 ,les autres animaux1 les hommes eux-mmes sont mordus2 cette morsure produit quelquefois la rage2 car il ne faut point croire que cela arrive toujours4 4 #agd4 ,si un chien1 gai auparavant1 est en mme tems triste hargneux1 s'il a du dgot1 quelque chose d'extraordinaire dans les yeux1 une inquitude qui se manifeste par ses dmarches1 on doit craindre qu'il ne devienne enrag2 l'on doit1 ds cet instant1 l'attacher2 le tuer1 ds que le mal sera tout--fait dclar4 ,il seroit mme plus prudent de le tuer d'abord1 quand il n'a mordu personne4 ,bientt les symptomes augmentent4 ,son aversion pour les alimens1 surtout liquides1 devient plus forte2 il ne connot plus son matre1 sa voix se change1 il ne veut plus qu'on l'aborde1 mord ceux qui veulent le faire1 il s'loigne de sa demeure1 marchant la tte la queue baisses1 la langue demi pendante1 charge d'cume1 7ce qui arrive au reste assez ordinairement tous les chiens74 ,les autres le fuient4 ,quelquefois il se contente de mordre ce qui se trouve prs de lui2 d'autres fois plus furieux1 il se jette droite gauche sur tous les hommes les animaux qu'il apperoit4 ,il fuit avec horreur toutes les eaux qu'il rencontre4 ,enfin il tombe par puisement2 quelquefois il se releve1 se traine encore quelques instans1 prit ordinairement le troisieme1 ou au plus tard1 le quatrieme jour de son vasion4 4 #age4 ,quand quelqu'un a t mordu1 la plaie se referme aussi aisment que si elle n'toit point vnimeuse2 mais au bout de quelque tems1 plus ou moins1 depuis trois semaines1 jusques trois mois1 le plus souvent six semaines2 on commence sentir1 dans l'endroit o toit la plaie1 une douleur sourde4 ,la cicatrice se gonfle1 rougit1 se r'ouvre1 laisse couler une humeur cre1 puante1 rougetre4 ,dans le mme tems le malade sent de la tristesse1 de la nonchalance1 un engourdissement gnral1 un froid presque continuel1 de la peine respirer1 une angoisse qui ne le quitte point1 des douleurs dans les boyaux2 le pouls est foible irrgulier2 le sommeil agit1 inquiet1 troubl par des rves1 des sursauts1 des frayeurs4 ,les selles sont souvent dranges2 il survient d'un moment l'autre1 de petites sueurs froides2 l'on prouve quelquefois une legere douleur dans la gorge4 ,c'est-l le premier degr de la rage2 ce que quelques ,medecins appellent la rage mue4 4 #agf4 ,le second degr1 la rage confirme1 ou rage blanche1 est accompagn des symptomes suivans4 ,le malade est press par une soif ardente1 il souffre en buvant4 ,bientt il hait la boisson1 particulierement l'eau2 quelques heures aprs1 il l'abhore2 cette horreur est si forte1 que l'approche de l'eau prs de ses levres1 sa vue1 son nom mme1 ou celui de toute autre boisson2 la vue des choses qui par leur transparence ont quelque rapport avec l'eau1 comme la lumiere1 lui occasionne une angoisse extrme1 quelquefois des convulsions4 ,ils avalent cependant1 mais violemment1 un peu de viande ou de pain1 quelquefois de la soupe2 plusieurs mme1 les boissons qu'on leur offre1 comme remede1 moyennant que ce ne soit pas de l'eau1 ou qu'en mme tems on ne leur parle pas d'eau4 ,l'urine s'paissit s'enflamme2 quelquefois elle se supprime4 ,la voix devient rauque1 ou ils la perdent presqu'entierement2 mais ce qu'on dit de leurs aboiemens1 semblables ceux des chiens1 sont des contes ridicules1 superstitieux1 dnus de tout fondement1 aussi bien que plusieurs autres fables1 dont on a charg l'histoire de cette maladie4 ,l'aboiement des chiens leur fait peine4 ,ils ont des momens de dlire1 mls quelquefois de fureur4 ,c'est dans ces momens qu'ils crachent autour d'eux1 qu'ils cherchent mme mordre1 qu'ils ont mordu quelquefois4 ,le regard est fixe un peu furieux2 le visage souvent rouge4 ,ordinairement ces infortuns sentent venir l'accs1 conjurent les assistans d'tre sur leur garde4 ,plusieurs n'ont jamais cette envie de mordre4 ,les angoisses les douleurs qu'ils ressentent sont inconcevables4 ,ils desirent ardemment la mort3 quelques-uns se sont tus eux-mmes1 quand ils en ont eu les moyens4 4 #agg4 ,c'est la salive1 et la salive seule1 que le venin s'allie4 ,voil ce qui fait1 #a4 que si les plaies sont faites au travers des habits1 elles sont moins dangereuses que celles qui ont atteint immdiatement la peau4 #b4 ,que les animaux1 qui ont beaucoup de laine1 ou de poil pais1 sont souvent prservs du venin2 parceque1 dans ces deux cas1 les habits1 le poil1 la laine ont essuy les dents4 #c4 ,les plaies que fait un animal1 d'abord aprs en avoir dja mordu beaucoup d'autres1 sont moins dangereuses que les premieres2 parceque sa salive est puise4 #d4 ,s'il mord le visage1 ou le col1 le danger est plus grand1 le mal se dveloppe plus promptement2 parceque la salive est plutt infecte4 ,dans des cas de cette espece1 on a vu la rage se dclarer le troisieme jour4 #e4 ,plus la rage est avance1 plus les morsures sont dangereuses4 ,l'on comprend1 par ce que je viens de dire1 pourquoi de plusieurs personnes1 qui ont t mordues par le mme animal1 les unes deviennent enrages non pas les autres4 4 #agh4 ,l'on vante une foule de remedes pour la rage2 sur-tout dans ce pays1 la racine d'glantier ou rosier sauvage1 cueillie dans certains tems1 sous des aspects de la lune favorables1 seche avec plusieurs prcautions4 ,ailleurs c'est la poudre de ,paulmier1 celle des coquilles d'oeufs calcines1 celle d'hpatique terrestre mle avec un tiers de poivre1 remede long-tems vant en ,angleterre2 celle d'caille d'huitre1 de verveine1 d'origan1 le bain de mer1 la clef de ,s4 ,hubert4 ,la mort d'une foule d'enrags1 qui les avoient presque tous pris1 la certitude qu'ils n'ont jamais guri qui que ce soit1 quand la rage toit manifeste1 en ont dmontr l'inutilit toute l',europe4 ,il est certain1 qu'avant l'an #agcj1 il n'toit rchap aucun malade1 de ceux chez qui la maladie avoit commenc se dclarer1 que tous les remedes leur toient inutiles4 ,quand on leur donnoit les remedes avant le mal1 les uns enrageoient1 les autres n'enrageoient pas4 ,il en toit de mme de ceux qui ne prenoient point de remedes4 ,ainsi les remedes ne servoient rien4 ,depuis cette poque1 on a eu le bonheur d'en dcouvrir un sr1 qui est le ,mercure quelques autres4 4 #agi4 ,il faut dtruire le venin1 le ,mercure produit cet effet2 il en est le contrepoison4 ,le venin occasionne une irritation gnrale des nerfs4 ,on la calme par des antispasmodiques2 ainsi le ,mercure les antispasmodiques1 font tout ce qu'il y a faire dans cette maladie4 ,l'on a actuellement plusieurs exemples de gens vritablement enrags1 guris par ces heureux secours2 ceux qui ont le malheur d'tre mordus doivent tre persuads qu'en prenant les prcautions ncessaires ils sont entierement l'abri de la maladie4 ,ceux mme chez qui elle s'est dja manifeste doivent employer ces mmes secours avec une entiere confiance4 ,d'abord aprs la morsure1 si elle est dans les chairs1 si l'on peut le faire sans danger1 il faut couper tout ce qui a t touch4 ,anciennement on la brloit avec un fer rouge1 car les scarifications sont assez inutiles4 ,l'on doit laver long-tems la plaie avec de l'eau tiede1 lgrement sale2 ensuite on en frotte les bords les environs1 deux pouces de distance1 avec un demi-quart d'once de l'onguent ,n4 #bg1 on la panse deux fois par jour avec un onguent fort doux comme ,n4 #bh1 pour former une suppuration2 mais l'on ne se sert de l'onguent ,n4 #bg1 qu'une fois par jour4 ,par rapport au rgime1 il faut diminuer la quantit des alimens1 sur-tout de la viande1 se svrer de vin1 de liqueurs1 d'piceries1 de choses chaudes quelconques2 ne boire qu'une ptisane d'orge de fleurs de tilleul2 se tenir le ventre libre2 mettre tous les jours les jambes dans l'eau tiede4 ,l'on peut prendre1 de trois en trois jours1 une prise du remede ,n4 #bi1 qui est tout la fois compos de ,mercure1 qui dtruit le venin1 de ,musc1 qui empche les spasmes4 ,j'avoue cependant que je compte peu sur le ,mercure donn sous cette forme3 les frictions sont bien plus efficaces2 elles suffiront toujours1 j'espere1 pour prvenir le mal4 ,mais s'il toit dja dclar1 que le malade ft robuste sanguin1 il faudroit ordonner #a4 une trs ample saigne1 qu'on ritere jusques deux1 trois1 quatre fois1 si les circonstances paroissent le demander4 #b4 ,un bain tiede1 s'il est possible d'y faire entrer le malade1 le ritrer une1 mme deux fois par jour4 #c4 ,lui donner tous les jours deux1 ou mme trois lavemens molliens ,n4 #e4 #d4 ,frotter la plaie r'ouverte ses environs avec la pomade ,n4 #bg1 deux fois par jour4 #e4 ,frotter d'huile tout le membre mordu1 le laisser envelopp d'une flanelle huile4 #f4 ,prendre1 de trois en trois heures1 une prise du remede ,n4 #bi1 avec quelques tasses d'infusions de tilleul de sureau4 #g4 ,prendre tous les soirs le remede ,n4 #cj1 mme le ritrer le matin1 si le malade n'est pas tranquille1 boire par-dessus de la mme infusion4 #h4 ,s'il y a des grands soulvemens de coeur1 de l'amertume dans la bouche1 on peut donner la poudre ,n4 #cd1 qui fait rendre beaucoup de glaires de bile4 #i4 ,il est fort peu question de la nourriture du malade4 ,s'il en veut1 on peut lui donner des pannades1 du bouillon1 du pain1 des soupes farineuses1 du lait4 4 #ahj4 ,en faisant usage de ces remedes1 on verra tous les symptomes disparotre peu--peu1 enfin la sant se rtablir tout--fait2 mais si le malade reste long-tems foible craintif1 l'on fera usage de la poudre ,n4 #ad1 trois fois par jour4 4 #aha4 ,l'on a vu un garon1 chez lequel la rage avoit commenc se manifester1 tre trs bien guri1 en frottant le voisinage de la plaie avec de l'huile d'olive1 dans laquelle on avoit dissous du camphre de l'opium1 en lui faisant faire quelques frictions avec la pommade ,n4 #bg1 en lui faisant avaler de l'eau de ,luce 7c'est une liqueur spiritueuse antispasmodique7 avec un peu de vin4 ,ce remede1 dont on peut prendre une cuillere caff de quatre en quatre heures1 calme l'agitation1 occasionne une sueur abondante1 fait disparotre tous les symptomes4 4 #ahb4 ,on gurit les chiens en les frottant avec des doses de pommade triples de celles qu'on emploie pour les hommes1 en leur donnant le bol ,n4 #cb2 mais il faut employer ces remedes ds qu'ils sont mordus4 ,quand la rage est dclare1 il y auroit trop de danger1 il faut incessamment les tuer3 l'on peut tenter cependant1 si1 en leur jettant le bol1 ils l'avaleront4 ,ds qu'ils sont mordus1 il faut les tenir enferms1 ne les relcher qu'au bout de trois ou quatre mois4 4 #ahc4 ,l'on a sur la morsure des chiens1 un prjug dangereux faux1 c'est que1 si un chien qui a mordu quelqu'un sans tre enrag1 le devient une fois1 la personne mordue le deviendra en mme tems4 ,une telle ide est aussi ridicule1 que si l'on disoit que quand deux personnes ont couch dans le mme lit1 si l'une prend au bout de dix ou douze ans1 la gale ou la petite vrole1 ou quelque autre maladie contagieuse1 l'autre la prendra aussi4 ,de deux choses l'une3 ou le chien qui mord1 est dans un commencement de rage2 dans ce cas1 elle sera manifeste au bout de quelques jours1 l'on doit dire qu'on a t mordu par un chien enrag3 ou il n'en a absolument aucun principe2 dans ce second cas1 je demande tout homme sens1 s'il peut la donner8 ,personne ne donne ce qu'il n'a pas4 ,cette ide baroque fait faire une action dangereuse ceux qui en sont imbus2 ils se servent du droit que la loi leur accorde de faire tuer le chien1 par-l ils restent dans l'incertitude sur son tat sur leur sort2 incertitude effrayante1 qui peut avoir des suites fcheuses1 indpendantes de tout venin4 ,le parti qu'on doit prendre1 c'est de faire enfermer le chien sous ses yeux1 afin de s'assurer s'il est enrag1 ou s'il ne l'est pas4 4 #ahd4 ,il n'est plus ncessaire aujourd'hui de montrer l'horreur1 la barbarie le crime de cette mthode1 qui touffoit1 il n'y a pas si long-tems1 les malades entre les couvertures4 ,elle est prohibe dans plusieurs pays1 sans doute1 elle seroit punie1 au moins elle devroit l'tre1 dans ceux mme o elle ne l'est pas encore4 ,une autre barbarie1 dont il faut esprer aussi qu'on ne verra plus d'exemples1 c'est l'abandon de ces misrables1 sans aucun secours3 abandon odieux1 lors mme qu'on n'auroit pas d'esprance de les sauver1 qui seroit criminel aujourd'hui1 qu'on peut leur donner des secours efficaces4 ,je le ritere1 les malades n'ont trs souvent aucune envie de mordre3 lors mme qu'ils sont ports cela1 ils craignent de le faire1 avertissent qu'on s'loigne d'eux2 ainsi il n'y a aucun danger courir1 ou lorsqu'il y en a1 il est trs ais de le prvenir par quelques prcautions4 ,,chapitre ,,xiii4 ,de la petite ,vrole4 4 #ahe4 ,la petite vrole est la plus gnrale de toutes les maladies1 puisque de cent personnes il n'y en a que quatre ou cinq qui en soient exemptes4 ,il est vrai1 que si elle attaque tout le monde1 elle n'attaque qu'une fois2 quand on l'a eue1 on en est l'abri pour toujours3 c'est en mme tems une des plus meurtrieres2 si elle est souvent la plus douce des maladies1 elle est d'autres fois la plus horrible aprs la peste4 ,il est dmontr1 qu'en combinant les ravages des mauvaises des bnignes1 cette maladie tue la septime partie de ceux qu'elle attaque4 4 #ahf4 ,on l'a ordinairement tant encore jeune4 ,il est rare qu'elle n'attaque qu'une personne dans un endroit4 ,le plus souvent elle est pidmique1 saisit une grande partie de ceux qui ne l'ont pas eue4 ,elle finit au bout de quelques semaines ou de quelques mois1 ne reparot dans le mme endroit1 qu'au bout de quatre1 cinq1 ou six ans4 4 #ahg4 ,le mal s'annonce souvent1 trois ou quatre jours avant la fievre1 par un lger abattement1 moins de vivacit1 de gaiet2 une facilit suer1 moins d'aptit1 le visage un peu chang1 les yeux battus4 ,cependant chez les enfans d'un tempramment lent phlgmatique1 j'ai vu qu'une lgere agitation dans le sang1 avant que le frisson et paru1 leur donnoit une vivacit1 une gaiet1 un coloris qu'ils n'avoient jamais eu4 ,il survient des alternatives de froid de chaud1 enfin un frisson bien marqu1 qui dure une1 deux1 trois1 quatre heures1 qui est suivi d'une chaleur trs forte1 accompagne de maux de tte1 de maux de reins1 de vomissemens1 ou au moins d'envie de vomir4 ,cet tat dure pendant quelques heures2 la fievre diminue un peu1 par une sueur qui est quelquefois trs abondante2 le malade se trouve mieux1 mais cependant accabl1 engourdi1 trs dgot1 avec mal de tte de reins1 un penchant au sommeil1 sur-tout s'il est jeune4 ,la fievre ne finit pas entierement2 au bout de quelques heures1 ordinairement sur le soir1 elle reparot avec tous ses accidens1 se termine de la mme faon4 ,cet tat dure trois ou quatre jours2 au bout de ce tems1 rarement plus tard1 les premiers boutons paroissent parmi la sueur qui termine le redoublement4 ,j'ai ordinairement vu les premiers au visage1 ensuite aux mains1 l'avant-bras1 au col1 au haut de la poitrine4 ,ds que cette ruption est commence1 la fievre finit presqu'entierement4 ,l'on continue transpirer2 le nombre des boutons augmente1 il en vient au dos1 aux flancs1 au ventre1 aux cuisses1 aux jambes aux pieds2 quelquefois mme il en pousse abondamment sous la plante des pieds1 o1 en grossissant1 ils occasionnent frquemment de trs grandes douleurs1 cause de la duret de la surpeau dans cette partie4 ,souvent le premier le second jour de l'ruption1 il y a encore un trs leger mouvement de fievre sur le soir1 vers la fin duquel il sort beaucoup de boutons4 ,quand la fivre finit entierement aprs la premiere ruption1 l'on ne doit pas attendre une petite vrole abondante2 car si l'ruption est ou doit tre trs abondante1 la fievre ne cesse pas tout--fait1 mais il en reste toujours un peu1 elle redouble tous les soirs4 ,les boutons naissans sont une trs petite tache rouge assez ressemblante la morsure d'une puce1 mais marque au milieu d'un petit point blanc lev1 qui grossit peu peu1 la rougeur s'tend au tour4 ,ils deviennent plus blancs mesure qu'ils grossissent1 ordinairement le sixieme jour aprs leur sortie ils sont leur plus haut point de grandeur1 remplis de pus4 ,il y en a qui sont aussi gros qu'un pois1 mme plus2 mais ce n'est pas le plus grand nombre4 ,ds ce moment ils commencent jaunir1 schent tombent en cailles brunes dix ou onze jours aprs leur sortie4 ,comme ils sont venus en diffrens tems1 ils mrissent1 schent tombent ingalement4 ,le visage est quelquefois net pendant qu'il y a encore des boutons qui ne sont pas mrs aux jambes2 ceux surtout de la plante des pieds durent trs long-tems4 4 #ahh4 ,la peau est ncessairement tendue par les boutons1 ds qu'il y en une certaine quantit1 tous les intervalles sont rouges1 luisans1 la peau trs enfle4 ,le visage est la premiere partie qui enfle1 parceque c'est celle o les boutons sont parvenus le plutt leur grosseur1 l'enflure est quelquefois si considrable qu'il est monstrueux1 aussi-bien que le col les yeux1 qui sont absolument ferms4 ,le visage dsenfle proportion que le desschement se fait1 alors les mains enflent prodigieusement1 ensuite les jambes1 parceque le gonflement est la suite du plus haut dgr de la grosseur des boutons1 que ce degr a lieu successivement dans ces diffrentes parties4 4 #ahi4 ,quand on a beaucoup de boutons1 la fivre se releve dans le tems de la suppuration1 cela n'est point tonnant1 un seul furoncle ou clou donne la fievre2 comment des centaines ou des milliers de ces petits abcs ne la donneroient-ils pas8 ,et cette fivre est le priode le plus dangereux de la maladie1 ce qui tombe entre le neuvieme le treizieme jour2 car plusieurs circonstances varient le tems de la maturit4 ,le malade cette poque a de la chaleur1 de la soif1 des douleurs1 de la peine trouver une attitude favorable4 ,si le mal est considrable1 il ne dort point1 il a des rveries1 de l'oppression1 de l'assoupissement2 quand il meurt1 il meurt suffoqu ou lthargique1 souvent tous les deux la fois4 ,le pouls1 dans cette fivre1 est quelquefois d'une vtesse tonnante1 l'enflre des poignets fait qu'il parot dans quelques sujets trs petit4 ,le tems du plus grand danger1 c'est quand le visage1 la tte1 le col sont extrmement enfls4 ,ds que ces parties commencent dsenfler1 que les crotes du visage commencent scher1 que la peau se fltrit1 le pouls devient un peu moins frquent1 le danger diminue4 ,quand il n'y a que trs peu de boutons1 cette seconde fivre est si legere1 qu'il faut tre attentif pour s'en appercevoir1 elle n'est pas dangereuse4 4 #aij4 ,outre tous ces symptmes1 il y en a quelques autres qui demandent aussi beaucoup d'attention4 ,l'un1 c'est le mal de gorge1 dont plusieurs malades sont atteints ds que la fivre est un peu forte4 ,il dure deux ou trois jours1 gne quand on veut avaler2 mme quand la maladie est extrmement grave1 il en empche absolument4 ,on l'attribue ordinairement aux boutons qui poussent dans la gorge4 ,c'est une erreur1 ces boutons sont presque toujours une chimere4 ,il nat le plus souvent avant le temps de l'ruption4 ,si le mal est leger1 il finit quand elle est faite2 quand il reparot dans le courant de la maladie1 il est toujours proportionn au dgr de la fivre2 ainsi il ne dpend point des boutons1 mais de l'inflammation1 s'il est de dure1 il est presque toujours suivi du second symptme1 qui est la salivation1 c'est--dire le crachement d'une grande quantit de salive4 ,elle a rarement lieu1 quand la maladie est trs legere1 ou le malade trs jeune2 elle manque rarement quand la maladie est considrable1 que le malade a plus de sept ou huit ans4 ,elle est prodigieuse quand la petite vrole est trs abondante le malade adulte4 ,dans ce cas elle est continuelle1 elle ne laisse aucun repos au malade l'incommode l'excs1 d'autant plus qu'au bout de quelques jours les lvres1 l'intrieur des joues1 la langue1 le palais sont entirement corchs4 ,quelqu'incommode que soit cette vacuation1 elle est trs salutaire4 ,les petits enfans y sont moins sujets1 quelques-uns en change ont la diarrhe2 mais j'ai vu que cette vacuation est beaucoup plus rare chez eux1 que la salivation chez les adultes4 ,les enfans jusqu' l'ge de cinq ou six ans1 sont sujets aux convulsions avant la sortie des boutons2 elles ne sont point dangereuses1 moins qu'elles ne soient accompagnes d'autres symptmes violens fcheux4 ,celles qui surviennent1 ou quand l'ruption dja faite rentre tout--coup1 ou dans le tems de la fievre de suppuration1 sont beaucoup plus craindre4 ,il survient souvent des saignemens de nez1 les premiers jours de la maladie1 qui sont extrmement utiles1 qui diminuent ordinairement le mal de tte4 ,les petits enfans y sont moins sujets2 ils en ont cependant quelquefois1 j'ai v des assoupissemens considrables finir d'abord aprs le saignement4 4 #aia4 ,l'on distingue ordinairement la petite vrole en deux especes1 la confluente la discrette1 cette division est dans la nature4 ,mais comme le traitement de l'une1 est le mme que celui de l'autre1 qu'il ne faut que proportionner la dose des remedes au danger1 pour ne pas entrer dans des dtails trop longs trop difficiles saisir pour la plpart des lecteurs1 aussi bien que tout ce qui regarde les petites vroles malignes2 je me bornerai la description que j'ai donne1 qui contient les symptmes essentiels communs l'une l'autre espece4 ,je me contente d'ajouter que l'on doit s'attendre une petite vrole trs abondante1 si ds le commencement le malade est attaqu brusquement par plusieurs symptmes violens1 sur-tout si les yeux sont extrmement vifs1 les vomissemens continus1 les maux de reins forts1 s'il a en mme-tems beaucoup d'angoisse d'inquitudes1 si les enfans ont beaucoup d'assoupissement1 si l'ruption se fait ds le troisieme jour1 quelquefois mme ds le second2 car plus l'ruption est prompte dans cette maladie1 plus la maladie est dangereuse4 ,au contraire1 plus l'ruption est tardive mieux c'est1 moins que ce retard ne ft caus par une trs grande foiblesse4 4 #aib4 ,la maladie est quelquefois si legere1 que l'ruption se fait presque sans qu'on ait souponn que l'enfant ft malade1 la suite rpond au commencement4 ,les boutons passent1 grossissent1 suppurent mrissent sans que le malade garde le lit1 dorme moins1 ait moins d'apptit4 ,il est trs commun dans les campagnes de voir des enfans1 ce n'est presque que les enfans qui l'ont si legere1 passer en plein air tout le tems de leur maladie1 courant mangeant comme en sant4 ,ceux mmes qui l'ont eue un peu plus grave1 sortent ordinairement ds que l'ruption est entierement finie1 se livrent sans mnagement la voracit de leur apptit4 ,nonobstant ce peu de soin1 plusieurs se gurissent parfaitement2 mais ce n'est cependant point un exemple qu'on doive suivre1 parcequ'un grand nombre prouve des suites trs fcheuses1 l'on m'a amen une foule de ces enfans1 qui1 aprs avoir eu de ces petites vroles heureuses mais mal soignes1 toient tombs dans des infirmits de diffrentes especes1 qu'il est trs difficile de dtruire4 4 #aic4 ,c'est encore ici une de ces maladies dont le mauvais traitement1 sur-tout l'envie de faire suer1 a augment le danger pendant long-tems1 l'augmente encore parmi le peuple1 sur-tout dans les campagnes4 ,l'on voit que l'ruption se fait pendant que le malade sue1 qu'il se trouve mieux quand l'ruption est faite2 l'on conclut qu'en htant cette ruption1 l'on contribue au soulagement du malade1 l'on imagine qu'en augmentant la quantit de la sueur des boutons1 le sang se dpure mieux de tout le venin4 ,ce sont des erreurs funestes dont de tristes exemples prouvent tous les jours le danger4 ,quand le venin a pass dans le sang1 il faut un certain tems pour qu'il produise son effet2 alors le sang tant gt par le venin qui y est entr par celui qui s'est form1 la nature fait effort pour s'en dbarrasser1 et le jetter la peau1 prcisment dans le moment o tout est dispos pour cela4 ,ordinairement cet effort est suffisant1 fort souvent mme trs violent1 trs rarement trop foible4 ,l'on voit par-l1 que quand l'effort est suffisant1 il ne faut point l'augmenter par des remedes chauds1 qui le rendroient trop violent dangereux4 ,quand il est dja trop violent1 l'augmenter1 c'est le rendre mortel4 ,les cas o il est trop foible sont trs rares1 surtout dans les campagnes1 trs difficiles juger2 aussi il faut tre trs rserv sur l'usage des remedes chauds1 qui sont meurtriers dans cette maladie4 ,le vin1 la thriaque1 la confection1 l'air chaud1 les couvertures pesantes1 font prir annuellement des milliers d'enfans1 qui auroient t guris si on ne leur avoit donn que de l'eau tiede2 toutes les personnes qui s'intressent la conservation de ceux qui sont atteints de cette maladie1 doivent soigneusement empcher qu'ils ne fassent aucun usage de ces drogues1 qui1 lors mme qu'elles ne rendent pas la maladie mortelle1 la rendent cruelle accompagne des suites les plus funestes4 ,le prjug est enracin1 il se dtruira difficilement2 mais je ne souhaite que de faire ouvrir les yeux sur le succs de la mthode chaude1 sur celui de celle que je vais proposer2 le jugement alors ne restera pas long-tems suspendu4 ,je dois mme dire1 que j'ai trouv parmi le peuple de la ville plus de docilit cet gard1 surtout dans la derniere pidmie1 que je n'aurois os l'esprer4 ,non-seulement ceux qui me consultoient ds le commencement1 observoient avec assez d'exactitude le rgime rafraichissant que je leur conseillois2 mais mme leurs voisins l'employoient1 quand leurs enfans toient attaqus1 ayant t souvent appell aprs plusieurs jours de maladie1 j'ai vu avec plaisir1 dans plusieurs maisons1 qu'on n'avoit donn aucun remede chaud1 qu'on avoit eu grand soin de rafraichir l'air4 ,j'ai lieu d'esprer que cette mthode sera bientt gnrale ici2 ce qui l'accreditera1 c'est que cette pidmie1 quoiqu'aussi nombreuse1 a t moins meurtriere que les prcdentes4 4 #aid4 ,ds que la maladie commence1 ce qu'on souponne si l'on trouve les signes que j'ai dcrits plus haut1 si le malade ne l'a pas eue1 si elle est actuellement dans le lieu1 on le met trs exactement au rgime1 4 #bi-db1 on lui donne soir matin un bain de jambes tiede2 c'est le remede le plus propre diminuer le nombre des boutons la tte1 faciliter l'ruption dans le reste du corps4 ,les lavemens contribuent aussi beaucoup abattre le mal de tte1 diminuer les envies de vomir les vomissemens1 qui incommodent beaucoup le malade1 mais qu'on cherche trs mal--propos arrter par la confection ou la thriaque2 dont il est plus dangereux encore de vouloir emporter la cause1 avec un mtique ou un purgatif1 qui sont des remedes pernicieux dans les commencemens de cette maladie4 ,si la fievre est legere1 les bains de pieds du premier jour1 le premier lavement suffisent2 alors on se contente du rgime1 l'on peut mme au lieu des ptisanes ,n4 #a1 #b1 #d1 ne donner l'enfant que du lait coup avec les deux tiers1 ou la moiti1 de th de sureau1 ou de tilleul1 ou mme1 s'il n'a point du tout de fievre1 de melisse2 enfin1 s'ils craignent tous ces gouts1 avec de l'eau de fontaine4 ,on peut joindre cela quelques pommes cuites1 s'ils ont faim1 quelques tranches de pain2 mais il ne leur faut ni viande1 ni bouillon la viande1 ni oeufs1 ni vin2 parcequ'une observation ritre a prouv que les enfans1 qui avoient pris de ces nourritures1 toient plus mal se remettoient plus lentement que les autres4 ,l'on peut aussi cette poque1 leur donner pour toute boisson du petit lait1 dont j'ai vu souvent de trs bons effets2 ou de la battue4 ,quand la maladie n'est pas forte1 elle se gurit parfaitement sans aucun autre secours sans aucun autre remede4 ,il faut seulement avoir soin de purger1 ds que les boutons du visage sont en partie secs1 avec le remede ,n4 #aa1 de ritrer la mme purgation six jours aprs4 ,ils ne doivent manger de la viande1 qu'aprs cette derniere purgation1 mais aprs la premiere on peut leur donner des legumes ou jardinages1 du pain assez pour qu'ils ne souffrent pas de la faim4 4 #aie4 ,quand la fievre est forte1 le pouls dur1 le mal de tte de reins violens1 il faut sur-le-champ faire une saigne au bras2 donner deux heures aprs un lavement1 si la fievre continue1 ritrer la saigne4 ,j'en ai fait faire jusques quatre les deux premiers jours1 des gens qui n'avoient pas dix-huit ans4 ,la saigne est surtout ncessaire1 quand avec un pouls dur plein1 il y a assoupissement ou rveries4 ,l'on donne1 tant que la fievre est trop forte1 deux1 trois1 mme quatre lavemens par jour1 deux bains de pieds4 ,on sort le malade du lit1 on le tient sur une chaise aussi long-tems que l'on peut4 ,on change souvent l'air de la chambre2 s'il est trop chaud1 comme cela arrive souvent en t1 on emploie pour le rafraichir1 les moyens dcrits 74 #cd74 ,le malade ne boit que des ptisanes ,n4 #b1 ou #d2 si cela ne modre pas suffisamment la fievre1 on donne la potion ,n4 #aj4 ,aprs l'ruption1 la fievre tant moins forte1 on diminue la quantit des secours1 mme si elle cessoit entierement1 on se conduiroit comme 4 #aid4 4 #aif4 ,quand aprs quelques jours de calme1 la suppuration renouvelle la fievre1 il faut1 la saigne aux bains de pieds prs1 se conduire comme dans le 4 prcdent4 ,l'on doit surtout avoir soin d'entretenir le ventre trs libre2 pour cela1 on peut mettre dans les lavemens une once de catholicon1 ou simplement les faire de petit lait1 avec du miel1 de l'huile du sel4 ,donner trois fois par jour dans la matine1 deux heures de distance l'un de l'autre1 trois verres de la ptisane ,n4 #ca4 ,purger de deux jours l'un avec la potion ,n4 #bb3 mais ce jour-l on ne prendra pas celle ,n4 #ca4 ,prodiguer1 si le mal est violent1 le remede ,n4 #aj4 ,sortir le malade du lit1 le tenir lev1 dans une chambre bien aire1 jour nuit jusques ce que la fievre ait baiss4 ,plusieurs personnes s'tonneront de ce conseil2 cependant c'est celui qui m'a paru souvent le plus efficace1 sans lequel les autres sont inutiles4 ,comment dormira le malade1 dira-t-on8 ,il n'est pas ncessaire qu'il dorme cette poque2 au contraire1 le sommeil lui nuiroit3 d'ailleurs il ne peut pas dormir2 la salivation qui est continuelle l'en empche1 il est trs important de l'entretenir2 on la facilite en injectant souvent dans la gorge de l'eau mielle4 ,il est aussi trs utile d'en injecter dans les narines1 de les ntoyer souvent des croutes qui s'y amassent4 ,ces attentions diminuent non-seulement le mal-aise du malade1 mais elles contribuent mme trs efficacement la gurison4 ,si le visage le col sont fort enfls1 on met des cataplasmes molliens la plante des pieds2 si cela ne suffit pas1 l'on y applique des sinapismes ,n4 #ce4 ,ils occasionnent quelquefois des douleurs excessives la plante des pieds2 mais mesure que ces douleurs augmentent1 la tte le col se dgagent4 4 #aig4 ,les paupieres s'enflent1 quand la maladie est grave1 au point de couvrir les yeux qui restent ferms pendant plusieurs jours4 ,il ne faut rien faire que de les arroser souvent avec un peu de lait d'eau tiede4 ,ces prcautions qu'on prend de les frotter avec du safran1 une piece d'or1 de l'eau rose1 sont aussi inutiles que puriles4 ,ce qui contribue le plus prvenir la rougeur des yeux1 aprs la maladie1 en gnral toutes les autres suites1 c'est de se contenter1 pendant long tems1 de trs peu d'alimens1 surtout de ne prendre ni viande ni vin4 ,dans les petites vroles mauvaises1 chez les petits enfans1 les yeux se ferment ds le commencement de l'ruption4 4 #aih4 ,un secours extrmement efficace1 qui n'avoit t employ pendant long-tems que comme un moyen de conserver le visage1 mais qui a les plus grandes influences sur la conservation de la vie1 c'est d'ouvrir les boutons1 non-seulement au visage1 mais par tout le corps4 ,en les ouvrant trs soigneusement au visage1 premierement1 on prvient le sjour du pus1 par l on empche qu'il ne ronge1 ne laisse des cicatrices1 des creux profonds1 ou d'autres dfigurations de cette espece2 en second lieu1 en donnant ainsi issue au venin1 l'on empche qu'il ne repasse dans le sang1 par-l on enleve une des grandes causes du danger1 l'on dtend la peau2 l'enflure du visage1 celle du col1 diminuent mesure qu'on ouvre1 l'on facilite ainsi le retour du sang du cerveau2 ce qui est un avantage trs grand4 ,il faut ouvrir successivement par tout1 mesure que les boutons sont mrs4 ,le moment de le faire1 c'est quand ils sont tout--fait blancs1 qu'ils commencent jaunir tant soit peu1 que le cercle rouge qui les entoure a entierement pli4 ,on ouvre avec des ciseaux trs pointus1 ce qui n'est absolument point douloureux pour le malade2 quand on en a coup une certaine quantit1 on applique plusieurs fois une ponge trempe dans l'eau tiede1 pour enlever ce pus qui se forme aisment en croutes4 ,mais comme les boutons vuids se remplissent aisment1 il faut ritrer l'ouverture au bout de quelques heures1 y revenir quelquefois cinq ou six fois de suite4 ,ces soins parotront minutieux1 ne deviendront sans doute jamais une pratique gnrale1 mais je rpete qu'ils sont beaucoup plus importans qu'on ne l'imagine1 que dans une fievre de suppuration fort grave1 une ouverture gnrale1 exacte1 ritre1 est le remede le plus efficace1 parcequ'elle te les deux causes du danger1 qui sont le pus la tension de la peau4 4 #aii4 ,je n'ai point parl1 dans le traitement1 des remedes anodins ou propres faire dormir1 qu'on emploie gnralement1 mais que je n'emploie presque jamais1 dont j'ai prouv tout le danger1 dans cette mme lettre ,m4 ,,haller1 dont j'ai dja parl3 ainsi par-tout o l'on n'a point de ,mdecin1 on doit viter avec le plus grand soin1 la thriaque1 le laudanum1 le syrop de pavot blanc1 celui mme de pavot rouge1 celui de karab1 les pilules de styrax ou de cynoglosse1 en un mot tout ce qui peut faire dormir4 ,on doit sur-tout les bannir absolument dans le tems de la seconde fievre1 pendant laquelle le sommeil mme naturel est dangereux4 ,un cas dans lequel il est permis quelquefois de les employer1 c'est pour les enfans foibles ou sujets aux convulsions1 chez lesquels l'ruption se fait avec peine2 mais1 je le rpete1 il faut tre circonspect dans l'usage de ces remedes1 qui sont mortels1 quand les vaisseaux sont pleins1 quand il y a de l'inflammation1 de la fievre1 quand la peau est tendue1 quand le malade a des rveries1 ou de l'oppression1 quand il convient que le ventre soit libre1 que les urines coulent abondamment1 qu'on salive beaucoup4 4 #bjj4 ,si l'ruption commence rentroit tout--coup1 il faudroit bien se garder de donner des remedes sudorifiques1 chauds1 spiritueux1 volatils2 mais il faut donner beaucoup du remede ,n4 #ab1 qu'on boira chaudement1 et appliquer des vsicatoires aux gras des jambes4 ,ce cas est fcheux1 les diffrentes circonstances qui l'accompagnent1 peuvent exiger quelques secours1 dans le dtail desquels je ne puis pas entrer ici4 ,quelquefois une saigne fait reparotre l'ruption sur le champ4 4 #bja4 ,la meilleure prparation1 pour disposer les enfans avoir heureuse cette maladie1 c'est d'empcher qu'ils ne mangent trop1 sur-tout de ne leur donner que peu de viande1 point de sal1 point de vin4 4 #bjb4 ,le seul moyen sr d'en loigner tout le danger1 c'est de l'inoculer3 mais ce moyen salutaire1 qu'on doit regarder comme une grace particuliere de la ,providence1 ne peut tre l'usage du peuple1 que dans les pays o l'on a fond des hpitaux pour l'inoculation4 ,,chapitre ,,xiv4 ,de la ,rougeole4 4 #bjc4 ,la rougeole1 laquelle les hommes sont aussi gnralement assujetis qu' la petite vrole1 est une maladie -peu-prs de la mme espece1 mais moins meurtriere1 quoique dans quelques pays elle fasse d'assez grands ravages4 ,dans celui-ci1 l'on meurt plus rarement de la maladie1 que de ses suites4 ,quelquefois il y a en mme tems pidmie de petite vrole de rougeole dans le mme endroit2 plus souvent cependant1 j'ai vu qu'elles rgnoient dans des annes diffrentes4 ,il arrive aussi1 que les deux maladies se mlent1 l'une survient l'autre avant qu'elle soit finie2 ce qui est dangereux4 4 #bjd4 ,chez quelques malades1 le mal s'annonce plusieurs jours l'avance1 par une petite toux frquente seche1 sans aucun autre mal4 ,plus ordinairement elle s'annonce par un mal-aise gnral1 des alternatives de frissons de chaleur1 un mal de tte violent chez les adultes1 un assoupissement chez les enfans1 un mal de gorge trs fort1 1 ce qui caractrise la maladie1 une rougeur une chaleur considrables dans les yeux1 accompagnes d'un gonflement des paupieres1 d'un coulement de larmes extrmement cres1 d'une si grande sensibilit1 qu'ils ne peuvent pas soutenir la lumiere2 des ternmens trs frquens1 un coulement par le nez1 de la mme matiere qui coule des yeux4 ,la chaleur la fievre augmentent1 le malade a de la toux1 de l'oppression1 de l'angoisse1 des envies de vomir continuelles1 de violentes douleurs dans les reins2 quelquefois la diarrhe1 alors les vomissemens sont moins considrables4 ,d'autres fois un peu de sueur1 mais moins abondamment que dans la petite vrole2 la langue est blanche1 la soif est souvent ardente2 les accidens sont gnralement plus violens1 qu'avant les petites vroles bnignes4 ,enfin le quatrime1 ou le cinquime jour1 quelquefois sur la fin du troisime1 l'ruption se fait trs promptement1 trs abondamment sur tout le visage1 qui1 dans peu d'heures1 est couvert de taches1 donc chacune ressemble une morsure de puce1 mais d'un rouge plus fonc1 dont plusieurs se runissant1 forment des plaques rouges1 plus ou moins larges2 qui enflammant la peau1 produisent une enflre sensible au visage1 quelquefois mme les yeux sont ferms4 ,chaque petite tache est un peu leve1 sur tout au visage1 o l'on s'en apperoit l'oeil au doigt4 ,dans le reste du corps1 cette lvation n'est presque sensible que par la rudesse qu'elle donne la peau4 ,aprs avoir commenc par le visage1 l'ruption se continue sur la poitrine1 le dos1 les bras1 les cuisses1 les jambes4 ,elle est ordinairement trs abondante sur la poitrine sur le dos2 il arrive mme quelquefois1 qu'on trouve des plaques rouges sur la poitrine1 avant qu'il se soit fait aucune ruption sur le visage4 ,le malade a souvent1 comme dans les petites vroles1 des saignemens de nez abondans1 qui emportent le mal de tte1 d'yeux de gorge4 ,quand la maladie est fort douce1 presque tous les accidens diminuent aprs l'ruption1 comme dans la petite vrole2 mais ordinairement le changement en bien1 n'est pas aussi sensible que dans cette premiere maladie4 ,les vomissemens cessent1 il est vrai1 presqu'entierement1 mais la fievre1 la toux1 le mal de tte continuent2 j'ai vu quelquefois1 qu'un vomissement de matieres bilieuses1 un ou deux jours aprs l'ruption1 soulageoit beaucoup plus que l'ruption mme4 ,le troisime ou le quatrime jour de l'ruption1 la rougeur diminue1 les taches ou boutons se desschent1 tombent en petites cailles2 la peau mme intermdiaire tombe de la mme maniere1 se trouve remplace par une nouvelle1 qui s'est forme dessous4 ,le neuvime jour1 quand la maladie est alle vite2 le onzime1 quand elle a t fort lente1 il ne reste aucun vestige de rougeur1 la peau est d'abord trs bien racommode4 4 #bje4 ,mais le malade n'est pas guri1 moins que pendant le tems de la maladie1 ou d'abord aprs1 il n'ait eu quelqu'vacuation considrable1 comme les vomissemens dont j'ai parl tout l'heure1 ou une diarrhe bilieuse1 ou des urines1 ou des sueurs abondantes2 car1 quand il survient quelqu'une de ces vacuations1 la fievre disparot1 le malade reprend des forces1 se gurit entierement4 ,quelquefois aussi1 sans aucune de ces vacuations1 la transpiration insensible dissipe les restes du venin1 le malade se porte trs bien2 mais d'autres fois1 ce venin1 s'il ne s'vacue pas entierement1 se jette sur le poulmon1 y produit une lgere inflammation2 l'oppression1 la toux1 l'angoisse1 la fievre reviennent1 le malade est dans un grand danger4 ,souvent l'orage est moins violent2 mais il est long1 il reste des toux trs opinitres1 qui ont plusieurs caracteres de coqueluches4 ,en #ageh1 il y eut ici une pidmie de rougeoles extrmement nombreuse3 presque tous ceux qui l'eurent1 qui ne furent pas extrmement bien soigns1 eurent aussi cette toux1 qui toit trs forte trs rebelle4 4 #bjf4 ,quoique ce soit-l la marche de la maladie abandonne elle-mme1 ou mal soigne1 sur-tout traite par un rgime chaud2 quand on a soin de modrer la fievre dans les commencemens1 de dlayer1 d'entretenir les vacuations1 ces mauvaises suites sont extrmement rares4 4 #bjg4 ,la faon de traiter cette maladie est la mme que pour la petite vrole4 #a4 ,si la fievre est forte1 le pouls dur1 l'oppression violente1 tous les symptomes graves1 on fait une ou deux saignes4 #b4 ,l'on donne des lavemens des bains de jambes2 la violence du mal en regle la quantit4 #c4 ,les ptisanes ,n4 #b ou #d1 ou un th de sureau ou de tilleul1 auquel on mle une cinquime partie de lait4 #d4 ,les parfums d'eau chaude4 #e4 ,ds que les rougeurs commencent plir1 on purge avec la potion ,n4 #bb4 #f4 ,on tient le malade au rgime1 aprs cette purgation1 encore une couple de jours1 ensuite on le met celui des convalescens4 #g4 ,s'il survient1 dans le tems que l'ruption doit se faire1 des accidens semblables ceux qui surviennent dans la petite vrole1 on y remdie de la mme maniere4 4 #bjh4 ,quand on n'a pas suivi cette mthode1 que les accidens dcrits 4 #bje surviennent1 il faut traiter la maladie comme une inflammation commenante1 faire tout ce qui vient d'tre dit 4 #bjg4 ,si le mal n'est pas violent1 l'on peut se passer de la saigne4 ,s'il y a long-tems qu'il dure dans des enfans gras1 chargs d'humeurs1 lents1 ples1 il faut joindre aux mmes secours1 sans saignes1 la potion ,n4 #h1 les vsicatoires aux jambes4 4 #bji4 ,il arrive souvent que l'loignement des secours les fait ngliger1 il se forme une vritable suppuration dans le poulmon1 avec une fievre lente4 ,j'ai vu plusieurs enfans dans des villages1 prir de cette faon4 ,alors cet tat est de la mme nature que celui dcrit 4 #fc #gg1 finit de mme1 souvent par une diarrhe trs peu douloureuse1 quelquefois puante1 qui emmene la malade4 ,dans ces cas il faut employer tous les secours prescrits 4 #gj1 art4 #b1 #c1 #d1 la poudre ,n4 #ad1 le lait l'exercice4 ,mais il est si difficile de faire prendre la poudre aux enfans1 qu'il faut quelquefois se borner au lait1 j'ai vu souvent que dans ces cas il oproit seul des gurisons trs difficiles4 ,j'avertis que jamais il n'opere aussi efficacement que quand on le prend seul sans aucun autre aliment1 qu'il est trs important de ne lui en associer aucun qui ait le plus petit dgr d'aigreur4 ,les personnes aises peuvent prendre en mme-tems avec succs pour leur boisson1 les eaux de ,passy1 de ,forges1 de ,selter1 ou quelques autres trs legeres1 qui n'ont que trs peu de minral4 ,on les emploie galement avec succs dans tous les cas dans lesquels la cure dont je parle est ncessaire4 4 #baj4 ,quelquefois il reste une toux fort sche1 avec beaucoup de chaleur dans la poitrine dans tout le corps1 de l'altration1 la langue sche la peau aussi extrmement sche4 ,j'ai guri cet tat1 en faisant respirer la vapeur d'eau chaude1 en faisant prendre des bains tiedes1 en ne donnant1 pendant plusieurs jours1 que de l'eau du lait4 ,je ritre1 avant que de finir1 que le venin de la rougeole est extrmement cre4 ,il parot avoir quelque rapport avec l'humeur bilieuse1 qui produit les rsipelles1 par-l mme cette maladie demande des soins1 sans quoi il est craindre qu'elle n'ait des suites fcheuses4 ,j'ai vu depuis peu une jeune fille qui avoit un peu langui depuis une rougeole essuye il y a trois ans1 chez laquelle il avoit enfin form une ulcration au col2 le lait coup avec la salse pareille l'a rtablie4 4 #baa4 ,l'on a inocul la rougeole dans les pas o elle est trs mauvaise1 cette mthode auroit aussi de grands avantages dans celui-ci2 mais il en est comme de l'inoculation de la petite vrole1 elle ne peut tre utile au peuple qu'au moyen d'un hpital4 ,,chapitre ,,xv4 ,de la ,fivre ardente1 ou chaude4 4 #bab4 ,presque toutes les maladies dont j'ai parl jusqu' prsent1 sont produites par l'inflammation du sang1 jointe l'inflammation particuliere de quelque partie1 ou quelque venin qui doit s'vacuer4 ,quand le sang s'enflamme sans qu'il y ait aucune partie particulierement attaque1 il produit cette fivre1 qu'on appelle fivre ardente ou chaude4 4 #bac4 ,les signes qui la font connotre sont la duret du pouls sa plnitude plus considrables dans cette maladie que dans aucune autre1 une chaleur trs forte1 une grande soif1 une scheresse extraordinaire des yeux1 des narines1 des lvres1 de la langue1 de la gorge1 un violent mal de tte1 quelquefois des rveries dans le tems du redoublement1 qui est considrable tous les soirs2 la respiration un peu gne1 sur-tout dans le tems du redoublement1 avec une toux de tems en tems1 sans point dans la poitrine sans crachats1 le ventre resserr1 les urines rouges chaudes1 peu abondantes2 quelques tressaillemens ou soubresauts1 surtout quand le malade s'endort1 peu ou point de bon sommeil1 mais presque toujours une espece d'assoupissement qui rend les malades assez peu sensibles ce qui se passe au tour d'eux leur propre tat2 quelquefois un peu de sueur1 mais l'ordinaire la peau trs sche2 de la foiblesse2 peu ou point de got d'odorat4 4 #bad4 ,cette maladie est produite comme toutes les maladies inflammatoires par les causes qui paississent le sang en augmentent le mouvement1 comme l'excs du travail1 la trop grande chaleur1 les veilles1 l'abus du vin ou des liqueurs1 un air trop long-tems sec1 des excs en tout genre1 des alimens chauffans4 4 #bae4 ,l'on doit mettre d'abord le malade au rgime 4 #bi1 mme ne donner des alimens que de huit en huit heures1 quelquefois mme seulement deux fois par jour4 ,l'on pourroit dans les cas graves s'en passer tout--fait4 ,l'on ritere les saignes jusqu' ce que le pouls s'amollisse4 ,la premiere doit tre considrable4 ,on en fait une seconde quatre heures aprs4 ,si le pouls s'amollit1 on peut suspendre n'y revenir que quand il prendroit assez de duret pour faire craindre de nouveau le danger2 mais s'il continue tre fort dur1 on fait dans le mme jour la troisieme saigne1 qui souvent est la derniere4 ,on donne deux mme trois lavemens par jour ,n4 #e4 ,on baigne deux fois par jour les jambes dans l'eau tide2 on lave en mme-tems les mains avec la mme eau2 on met des linges ou des flanelles trempes dedans1 sur la poitrine sur le ventre1 l'on fait boire trs rgulirement le lait d'amande ,n4 #d1 la ptisane ,n4 #g2 le pauvre peut se tenir cette derniere1 mais il faut en boire prodigieusement4 ,aprs les saignes1 l'air frais la quantit de boisson font le salut du malade4 ,si aprs les saignes1 la fivre continuoit tre trs forte1 il faut l'abattre en donnant de la potion ,n4 #aj1 une tasse toutes les heures1 jusqu' ce qu'elle ait diminu1 ensuite de trois en trois heures1 jusqu' ce qu'elle soit trs modre4 4 #baf4 ,il survient souvent dans cette maladie des saignemens de nez1 qui sont trs salutaires4 ,les premiers signes d'amandement sont l'amollissement du pouls1 qui ne perd cependant tout--fait sa duret1 que quand la maladie est entirement termine2 la diminution du mal de tte1 l'augmentation des urines1 la diminution dans leur rougeur1 un commencement d'humidit sur la langue4 ,tous ces signes favorables vont en augmentant1 entre le neuf le quatorze il survient ordinairement souvent aprs quelques heures d'orages1 des selles beaucoup plus abondantes1 une grande quantit d'urine qui dpose un sdiment d'un blanc roux au-dessus duquel l'urine reste trs claire d'une couleur naturelle1 des sueurs plus ou moins abondantes4 ,en mme-tems les narines la bouche s'humectent2 cette crote sche brune qui couvroit la langue que rien ne pouvoit enlever1 se dissipe d'elle mme4 ,le got revient1 la soif diminue1 la clart des ides renat1 l'assoupissement se dissipe1 le sommeil les forces reviennent4 ,a cette poque il faut donner la potion ,n4 #bb1 mettre le malade au rgime des convalescens4 ,on peut au bout de huit ou dix jours redonner la mme potion4 ,chez quelques malades1 les urines ne dposent jamais2 mais ils gurissent trs bien sans cela4 4 #bag4 ,on juge que le mal empire1 si le pouls reste dur perd sa force1 si le cerveau est plus embarrass1 la respiration plus gne2 les yeux1 le nez1 les lvres1 la langue plus secs1 la voix plus change4 ,si ces symptmes se joignent le gonflement du ventre1 la diminution des urines1 un dlire continuel1 l'angoisse1 l'garement des yeux1 le mal est presque desespr1 le malade n'a plus que quelques heures vivre1 quand ses mains ses doigts sont continuellement en mouvement1 comme pour chercher quelque chose sur ses draps2 c'est ce qu'on appelle chasser aux mouches4 ,,chapitre ,,xvi4 ,des ,fivres putrides4 4 #bah4 ,aprs avoir parl des maladies fivreuses qui dpendent de l'inflammation du sang1 je parlerai de celles que produisent les matieres corrompues qui croupissent dans l'estomac1 dans les boyaux1 dans les visceres du bas ventre1 ou qui ont dja pass dans le sang1 qu'on appelle fivres putrides1 ou quelquefois fivres bilieuses1 quand la bile parot avoir le plus de part la maladie4 4 #bai4 ,cette maladie s'annonce souvent plusieurs jours l'avance par un grand abattement1 une pesanteur de tte1 des douleurs de reins de genoux1 la bouche mauvaise le matin1 peu d'apptit1 un sommeil inquiet2 quelquefois un mal de tte excessif pendant plusieurs jours1 sans aucun autre symptme4 ,ensuite il survient un frisson suivi d'une chaleur cre sche1 le pouls qui est petit vte pendant le frisson1 s'leve pendant la chaleur1 est souvent trs fort1 mais il n'a pas la mme duret que dans les maladies prcdentes1 moins que la fivre putride ne soit complique avec une fivre inflammatoire2 ce qui arrive quelquefois4 ,pendant ce tems-l le mal de tte est ordinairement trs violent1 le malade a presque toujours des nauses1 mme quelquefois des vomissemens2 de l'altration1 des rapports dsagrables1 la bouche amere2 il urine peu4 ,cette chaleur dure plusieurs heures1 souvent toute la nuit2 elle diminue un peu le matin2 le pouls1 toujours fivreux1 l'est alors un peu moins2 le malade souffre moins2 mais il est trs abattu4 ,la langue est blanche1 sale1 les dents se salissent1 l'haleine a une mauvaise odeur4 ,la couleur1 la qualit1 la consistence des urines varient beaucoup4 ,quelques malades sont resserrs1 d'autres font frquemment de petites selles1 qui ne les soulagent point4 ,la peau est quelquefois seche1 d'autres fois il y a de sa transpiration1 mais qui ne fait aucun bien4 ,la fievre redouble tous les jours1 souvent des heures irrgulieres4 ,outre le grand redoublement qu'on observe chez tous les malades1 il y en a souvent des petits chez quelques-uns4 4 #bbj4 ,quand le mal est abandonn lui-mme1 ou mal soign1 ou plus fort que les remedes1 ce qui n'est pas rare1 la fievre augmente1 les redoublemens deviennent plus longs1 plus frquens1 irrguliers2 il n'y a point de bons momens2 le ventre se tend comme un ballon1 ce qu'on appelle metorisme2 les rveries surviennent2 le malade ne sent plus ses besoins1 se salit dans son lit2 il refuse les secours1 parle continuellement1 il a le pouls vite1 petit1 irregulier4 ,il parot quelquefois de petites taches1 d'un brun livide1 sur la peau1 surtout du col1 du dos1 de la poitrine4 ,toutes les matieres qui sortent du corps du malade1 ont une odeur trs puante2 il survient des mouvemens convulsifs1 surtout au visage2 il ne se couche que sur le dos1 tombe insensiblement vers les pieds du lit2 il chasse aux mouches4 ,le pouls devient si petit si vite1 qu'on ne peut qu' peine le sentir1 point le compter4 ,l'angoisse parot inexprimable2 il coule une sueur de dtresse2 la poitrine s'emplit1 l'on meurt misrablement4 4 #bba4 ,quand la maladie est moins violente1 ou qu'elle est bien traite1 que les remedes russissent2 le mal reste quelques jours dans l'tat dcrit 74 #bai7 sans empirer sans diminuer2 alors il ne survient aucun des symptomes 74 #bbj72 mais au contraire tous les symptomes diminuent4 ,les redoublemens sont moins longs1 moins violens2 le mal de tte plus supportable2 les selles sont moins frquentes1 plus abondantes soulagent2 les urines coulent abondamment1 quoiqu'elles continuent varier2 il revient un peu de sommeil1 il est plus tranquille2 la langue se ntoie1 chaque jour la sant revient4 4 #bbb4 ,cette maladie n'a pas de terme fixe1 ni pour gurir ni pour tuer4 ,quand elle est trs violente1 ou mal conduite1 elle tue quelquefois le neuvieme jour4 ,souvent l'on en meurt du dix-huitieme au vingtieme2 quelquefois seulement environ le quarantieme1 aprs avoir eu des alternatives de mieux de pire4 ,la maladie1 quand elle est legere1 est quelquefois gurie au bout de peu de jours1 aprs les premieres vacuations4 ,il y a des malades qui ne sont hors de danger qu'au bout de six semaines1 mme pltard2 mais il est vrai que ces maladies si longues1 dpendent souvent1 en grande partie1 du traitement2 qu'ordinairement le cours en doit tre dcid entre le quatorzieme le trentieme jour4 4 #bbc4 ,pour gurir les fievres de cette espece1 #a4 ,s'il y a inflammation1 ce qu'on connot par la force la duret du pouls par le temperamment du malade1 s'il est fort robuste1 ou s'il est chauff par quelqu'une des causes marques 74 #bad71 il faut faire une saigne1 mme1 s'il est ncessaire1 une seconde quelques heures aprs4 ,mais j'avertis que trs souvent il n'y a point d'inflammation1 qu'alors la saigne seroit nuisible4 #b4 ,on met le malade au rgime 74 #bi-db71 quoiqu'il ait le ventre libre1 quelquefois mme un peu de diarrhe1 il faut galement donner tous les jours un lavement4 ,la boisson ordinaire est de la limonade1 ou la ptisane ,n4 #c4 #c4 ,quand il a bu1 deux jours1 abondamment de cette ptisane1 s'il a encore la bouche trs mauvaise de fortes envies de vomir1 on lui donne la poudre ,n4 #cc1 dlaye dans un demi pot d'eau tiede1 dont il boit un verre tous les demi quarts-d'heure4 ,mais comme ce remede fait vomir1 il ne faut le prendre que quand on est sr qu'il n'y a aucune circonstance qui doive en empcher l'usage2 ces circonstances seront indiques dans le chapitre des remedes de prcaution 4 #dda suiv4 ,si1 ds les premiers verres1 le malade commenoit vomir abondamment1 on ne lui en donneroit plus l'on se contenteroit de lui faire boire1 une trs grande quantit d'eau tiede4 ,s'il ne vomit pas1 ou s'il ne vomit que peu1 on continue4 ,ceux qui craindroient ce remede1 qui est ce qu'on appelle ordinairement l'mtique1 pourroient prendre celui ,n4 #cd en buvant aussi beaucoup d'eau tiede1 quand il opreroit2 mais le premier est prfrer dans les cas graves4 ,l'on ne doit au reste jamais employer ni l'un ni l'autre quand il y a inflammation2 ce seroit alors donner un vrai poison2 mme si la fievre est trs forte1 quoique sans inflammation1 l'on ne doit pas s'en servir4 ,le moment de les placer1 c'est aprs le redoublement1 quand la fivre a beaucoup baiss4 ,ordinairement aprs avoir fait vomir1 le remde ,n4 #cc purge2 le ,n4 #cd opre plus rarement cet effet4 ,ds que les vomissemens ont fini1 on recommence la ptisane1 il faut bien se garder de donner du bouillon au malade1 sous prtexte qu'il est purg4 ,les jours suivans on continue comme les premiers2 mais comme il est important de tenir le ventre libre1 il faut prendre tous les jours la ptisane ,n4 #ca4 ,ceux pour qui elle seroit trop dispendieuse1 y suppleront en mettant tous les jours le quart de la poudre ,n4 #cc1 dans cinq ou six tasses d'eau1 dont ils prendroient une tasse toutes les deux heures1 en commenant de grand matin4 ,mais si la fivre toit trs forte1 le ,n4 #ca doit tre prfr4 #d4 ,aprs l'effet de l'mtique1 si la fivre continue1 si les selles restent puantes1 si le ventre est un peu tendu1 si les urines ne coulent pas abondamment1 il faut donner1 de deux en deux heures1 une tasse de la potion ,n4 #aj1 qui arrte la putridit abbat la fivre4 ,quand le mal est trs pressant1 on peut en donner toutes les heures4 #e4 ,quand malgr ces secours1 la fivre continue1 que le cerveau n'est pas net1 que le malade a de violens maux de tte ou de l'inquitude1 il faut mettre au gras des jambes les empltres vsicatoires ,n4 #ce1 les laisser suppurer le plus long-tems qu'il sera possible4 #f4 ,quand la fivre est trs forte1 il faut absolument retrancher toute nourriture4 #g4 ,quand on ne peut pas donner l'mtique1 l'on doit donner le matin1 deux jours de suite1 trois prises de la poudre ,n4 #bc1 une heure de distance l'une de l'autre3 ce remede procure quelques selles bilieuses qui abbattent beaucoup la fivre diminuent considrablement la violence de tout le reste de la maladie4 ,on l'emploie avec succs dans les cas o la fivre trop forte empche l'mtique1 l'on doit se borner ce remede toutes les fois qu'on est incertain si les circonstances du mal permettent le vomissement1 dont on peut d'ailleurs se passer dans un trs grand nombre de cas4 #h4 ,quand le mal a beaucoup diminu1 que les redoublemens sont foibles que le malade est quelques heures sans fivre1 on doit discontinuer l'usage journalier des boissons purgatives2 mais l'on continue celui de la ptisane1 l'on fait trs bien de donner1 de deux en deux jours1 deux prises de la poudre ,n4 #bc qui prvient trs bien toutes les suites facheuses de la maladie4 #i4 ,si la fievre a fini pendant la plus grande partie du jour1 si la langue est bonne1 si le malade a t bien purg1 qu'il reste cependant un accs de fievre tous les jours1 il faut donner la poudre ,n4 #ad quatre prises entre la fin d'un accs le commencement d'un autre3 l'on continue quelques jours sur ce pied4 ,ceux qui ne seroient pas en tat de se procurer ce remede1 pourroient y suppler par la boisson amere ,n4 #cf2 dont ils prendroient quatre verres distances gales entre les accs4 #aj4 ,comme les organes qui servent la digestion1 ont t extrmement fatigus dans cette maladie1 il est trs important de se menager long tems1 pour la quantit la qualit des alimens2 de prendre de l'exercice ds que les forces le permettent1 sans quoi1 l'on pourroit tomber dans quelque maladie de langueur4 ,,chapitre ,,xvii4 ,des ,fievres malignes4 4 #bbd4 ,l'on appelle fivres malignes1 celles dans lesquelles le danger est plus grand que les symptomes ne sont effrayans4 ,elles font du mal sans qu'on les croie dangereuses4 ,c'est1 comme on l'a fort bien dit1 un chien qui mord sans aboyer4 4 #bbe4 ,le caractere distinctif des fievres malignes1 c'est la perte totale des forces ds le commencement4 ,elles dpendent d'une corruption des humeurs1 qui est pernicieuse au principe des forces1 dont la destruction est prcisment la cause du peu de violence des accidens2 parcequ'aucun organe n'est plus en tat de faire une dfense vigoureuse1 contre la cause de la maladie4 ,si au moment o deux armes vont se battre1 on enleve l'une presque toutes ses armes1 le combat sera peu violent1 peu bruyant1 horriblement meurtrier4 ,le spectateur1 qui1 sans s'appercevoir de ce dsarmement1 ne jugeroit du carnage qui se fait que par le bruit1 seroit extrmement tromp4 ,le nombre des morts sera prodigieux3 il l'eut t beaucoup moins1 le bruit plus grand1 si les combattans avoient t arms de part d'autre4 4 #bbf4 ,les causes de cette maladie sont3 un long usage des viandes1 sans lgumes1 sans fruits1 sans acides2 des alimens mal conditionns1 comme le pain fait avec de mauvaises graines2 des viandes corrompues 7huit personnes mangerent du poisson gt2 elles furent toutes attaques d'une fievre maligne1 il en prit cinq1 malgr les soins des plus habiles ,mdecins72 la disette2 un air trop chaud trop humide1 un air surtout qui runit ces deux qualits2 aussi ces maladies sont frquentes dans les annes chaudes1 au bord des tangs des marais3 un air enferm1 surtout s'il est habit par plusieurs personnes2 un principe singulier de corruption dans l'air2 les chagrins4 4 #bbg4 ,les symptomes des fievres malignes sont1 je l'ai dja dit1 une perte totale des forces1 sans aucune cause prcdente sensible1 qui ait pu les dtruire2 en mme tems un abbattement de l'ame1 qui devient presqu'insensible tout1 mme la maladie2 un changement prompt dans le visage1 sur-tout dans les yeux2 de petits frissons qui1 en vingt-quatre heures1 se renouvellent plusieurs fois1 avec de petits accs de chaleur2 quelquefois un grand mal de tte de reins1 d'autrefois il n'y a point de douleur4 ,des especes de dfaillance1 ds le commencement du mal1 ce qui est toujours fcheux2 point de bon sommeil1 souvent un demi-assoupissement2 une rverie lgere sourde1 qui se manifeste sur-tout par l'air extraordinaire tonn du malade1 qui parot s'occuper profondment de quelque chose1 qui ne pense rien4 ,quelques malades ont cependant des rveries violentes4 ,un sentiment de pesanteur1 d'autrefois de serrement dans le voisinage du creux de l'estomac4 ,le malade parot avoir beaucoup d'angoisse4 ,il a quelquefois de lgers mouvemens convulsifs1 dans le visage1 dans les mains1 mme dans les bras les jambes2 les sens paroissent s'engourdir4 ,j'ai vu plusieurs malades perdre les cinq sens2 quelques-uns ont guri4 ,la voix s'altere1 s'affoiblit2 quelquefois elle se perd entierement4 ,il n'est point rare de voir des malades1 qui ne voient1 n'entendent1 ni ne parlent4 ,quelques-uns ont une douleur fixe dans quelque partie du bas-ventre4 ,elle dpend d'un engorgement1 qui finit souvent par la gangrene2 aussi ce symptome est trs fcheux4 ,la langue est quelquefois trs peu change2 d'autrefois1 charge d'un sdiment d'un jaune brun2 plus rarement seche que dans les autres especes de fievre2 quelquefois cependant elle ressemble exactement une langue long-tems fume4 ,le ventre reste quelquefois trs mol2 d'autrefois il est tendu4 ,le pouls est foible2 quelquefois assez rgulier2 toujours plus vite que dans l'tat naturel2 quelquefois mme trs vite2 je l'ai toujours trouv tel1 quand le ventre toit tendu4 ,la peau n'est souvent1 ni froide1 ni chaude1 ni seche1 ni humide2 elle se couvre souvent de taches ptchiales1 7ce sont de petites taches d'un rouge livide7 sur tout au col1 autour des paules1 au dos2 d'autrefois ce sont de plus grandes taches brunes1 comme aprs des coups de bton4 ,les urines sont presque toujours crues1 c'est--dire1 moins colores qu' l'ordinaire4 ,j'en ai vu qu'on ne pouvoit point l'oeil distinguer du lait4 ,il y a quelquefois une diarrhe noire ftide1 qui est mortelle1 si elle ne soulage pas4 ,il se forme chez quelques malades1 des ulceres livides1 dans l'intrieur de la bouche dans le palais2 d'autrefois il se fait des dpts1 dans les glandes qui sont aux aines1 sous les aisselles1 entre les oreilles la machoire2 ou il se forme une gangrene dans quelque partie1 aux pieds1 aux mains1 au dos4 ,les forces se perdent entierement2 le cerveau s'embarrasse tout--fait4 ,le malade tendu sur son dos1 meurt souvent avec des convulsions1 une sueur prodigieuse1 la poitrine embarrasse4 ,quelquefois ce sont des hmorragies qui tuent3 elles sont presque toujours mortelles dans cette maladie4 ,il y a dans cette fievre1 comme dans toutes les autres1 un redoublement le soir4 4 #bbh4 ,le terme de ces maladies est1 comme celui des fievres putrides1 trs irrgulier4 ,l'on meurt quelquefois le septime ou le huitime jour2 plus ordinairement entre le douzime le quinzime2 souvent au bout de cinq ou six semaines3 cela dpend de la force de la maladie4 ,il y en a dont les commencemens sont tout--fait lents1 pendant les premiers jours1 le malade1 avec beaucoup de foiblesse1 un air trs chang1 se croit peine malade4 ,il en est du terme de la gurison1 comme de celui de la mort4 ,il y a des malades hors de danger au bout de quinze jours1 mme plutt1 d'autres seulement au bout de quelques semaines4 ,les signes qui annoncent une gurison sont3 un peu plus de force dans le poulx2 des urines plus cuites1 moins d'abbattement de dcouragement1 le cerveau plus net1 une chaleur gale1 une sueur chaude1 mdiocrement abondante1 sans angoisse1 le retour des sens perdus pendant la maladie1 quoique ce ne soit point un mal quand le malade devient sourd1 si en mme-tems les autres symptmes s'amandent4 ,cette maladie laisse ordinairement beaucoup de foiblesse1 il faut long-tems1 avant que les malades aient repris entirement leurs forces4 4 #bbi4 ,il est plus important1 dans cette maladie1 soit pour le malade1 soit pour les assistans1 que dans aucune autre1 de rafrachir de purifier l'air4 ,il faut souvent bruler du vinaigre dans la chambre1 avoir presque toujours une fentre ouverte4 ,la diette doit tre legere aigre4 ,on peut donner du jus d'oseille2 mettre du jus de citron dans les farineux2 manger des fruits aigres1 comme griottes1 groseilles1 merises1 pour ceux qui sont en tat1 citrons1 oranges1 grenades4 ,l'on doit aussi changer les linges le plus souvent possible4 ,la saigne est rarement ncessaire1 les exceptions ne peuvent tre dtermines srement qu'en voyant le malade4 ,les lavemens sont souvent trs peu ncessaires1 quelquefois dangereux4 ,la boisson ordinaire doit tre une ptisane d'orge rendue aigre avec l'esprit acide ,n4 #aj1 dont on met deux gros sur une pinte1 ou de la limonade4 ,il est important d'vacuer les premieres voies1 o il y a ordinairement une quantit de matieres corrompues4 ,pour cela l'on donne la poudre ,n4 #cd1 ordinairement1 aprs son effet1 le malade est mieux au moins pendant quelques heures4 ,il est trs important de donner ce remede dans les commencemens2 mais quand on l'a nglig1 on peut le donner plus tard1 moyennant qu'il ne soit point survenu d'inflammation particuliere1 qu'il reste encore un peu de force au malade4 ,je l'ai donn1 avec un succs marqu1 le vingtieme jour4 ,aprs avoir enlev par ce remde une grande partie des matieres qui contribuent entretenir la fivre1 l'on fait prendre1 de deux jours l'un1 tant que la maladie dure1 quelquefois mme tous les jours1 une prise de crme de tartre de rhubarbe ,n4 #cg4 ,ce remede vacue les matieres corrompues1 prvient la corruption des autres1 chasse les vers qui sont trs frquens dans ces maladies1 que le malade rend quelquefois par en haut par en bas1 qui ont souvent beaucoup de part aux accidens bisarres qu'on observe3 enfin il fortifie les intestins2 sans arrter les vacuations ncessaires1 il modere la diarrhe quand elle est nuisible4 ,si avec la diarrhe la peau est sche1 qu'en arrtant la diarrhe on veuille aider la transpiration1 on peut1 au lieu de rhubarbe1 mler la crme de tartre de l'ipecacuana ,n4 #ch1 qui1 donn petites doses frquemment1 arrte la diarrhe chasse le venin la peau4 ,les remedes ,n4 #cg #ch se prennent le matin2 deux heures aprs il faut commencer la potion ,n4 #ci1 la continuer rgulirement de trois en trois heures1 jusqu' ce qu'on l'interrompe pour redonner l'un des remedes ,n4 #cg ou #ch1 on la recommence ensuite jusqu' ce que le malade soit beaucoup mieux4 ,si les forces toient extrmement abattues1 que le malade eut des foiblesses frquentes des angoisses1 il faudroit donner avec chaque prise de potion un bol ,n4 #dj4 ,si la diarrhe toit trs forte1 on joindroit une ou deux fois par jour ce bol1 vingt grains1 ou la grosseur d'une petite fve de diascordium2 ou1 si l'on n'en avoit point1 de thriaque4 ,quand1 malgr ces secours1 le malade reste dans son tat de foiblesse d'insensibilit1 il faut appliquer de grands vsicatoires au gras des jambes ou la nuque3 quelquefois mme1 quand il y a beaucoup d'assoupissement ou d'embarras de cerveau1 on les met avec grand succs sur toute la tte4 ,on les fait suppurer abondamment2 s'ils se schent au bout de quelques jours1 on en remet d'autres4 ,il faut entretenir long-tems un coulement4 ,ds que le mal est assez amand1 pour que le malade soit quelques heures avec trs peu ou point de fivre1 il faut profiter de cet intervalle pour donner six1 ou au moins cinq prises du remde ,n4 #ad1 ritrer la mme dose le lendemain1 ce qui arrte les accs4 ,on continue ensuite en donner deux doses pendant quelques jours4 ,ds qu'il n'y a plus de fivre1 on met le malade au rgime des convalescens 4 #db2 si les forces ne reviennent pas1 on lui donne avec succs pour les rtablir plus vte1 deux prises par jour1 une jeun1 l'autre douze heures aprs1 de la thriaque des pauvres ,n4 #da1 qu'il seroit souhaiter qu'on introduist dans toutes les apoticaireries1 comme un excellent stomachique fort prfrer cet gard l'autre thriaque1 qui est une composition ridicule1 chere souvent dangereuse4 ,il est vrai que celle des pauvres ne fait pas dormir2 mais quand on veut procurer du sommeil1 il y a beaucoup d'autres remdes qui valent mieux que la thriaque4 ,ceux qui ne craindront pas la dpense1 au lieu du remde ,n4 #da1 continueront prendre tous les jours1 pendant quelques semaines1 trois prises du ,n4 #ad4 4 #bcj4 ,l'on a dans les campagnes1 sur le traitement de ces fivres1 un prjug qu'il faut dtruire1 non-seulement parcequ'il est faux ridicule1 mais encore parcequ'il est dangereux4 ,l'on imagine que des animaux peuvent attirer le venin2 pour cela on met ou des poules1 ou des pigeons1 ou des chats1 ou des cochons de lait aux pieds ou sur la tte du malade1 aprs les avoir ouverts en vie4 ,on les retire quelques heures aprs corrompus rpandans une odeur horrible2 on se persuade que c'est le venin dont ils sont chargs4 ,c'est une erreur1 ils puent non point parcequ'ils ont tir le venin1 mais parcequ'ils se sont pourris par l'humidit par la chaleur1 ils n'ont que l'odeur qu'ils auroient si on les avoit mis dans tout autre endroit que le corps du malade1 galement chaud humide4 ,bien loin d'ter le venin1 ils augmentent la corruption1 il n'y auroit qu' appliquer plusieurs de ces animaux sur un corps sain1 dans le lit1 le laisser long-tems dans cet air1 pour lui donner une fivre maligne4 ,dans le mme but1 on attache un mouton au pied du lit pendant plusieurs heures2 ce qui n'est pas aussi dangereux1 quoique ce soit toujours un mal1 parceque plus il y a d'animaux dans la chambre1 plutt l'air est corrompu1 mais cela est tout aussi peu sens4 ,il est bien certain que les animaux qui environnent le malade1 respirent le venin qui sort de son corps2 mais ils n'en font pas sortir3 au contraire1 en contribuant aussi corrompre l'air1 ils augmentent la maladie4 ,du faux principe1 on tire une fausse consquence2 l'on dit que si le mouton meurt1 le malade gurira3 ordinairement le mouton ne meurt pas1 quelquefois cependant le malade gurit1 d'autrefois ils meurent tous les deux4 4 #bca4 ,souvent la cause qui produit les fivres malignes1 s'allie avec d'autres maladies1 en augmente extrmement le danger3 elle se mle1 par exemple1 avec le venin de la petite vrole celui de la rougeole4 ,on le connot par la runion des accidens qui caractrisent la malignit avec les symptmes de ces maladies4 ,ces cas sont extrmement dangereux2 ils demandent toute l'attention d'un ,mdecin1 il n'est pas possible d'en prescrire ici le traitement1 qui dpend1 en gnral1 de la combinaison du traitement des deux maladies2 mais la malignit demande ordinairement le plus d'attention4 ,,chapitre ,,xviii4 ,des ,fivres d'accs4 4 #bcb4 ,les fivres d'accs1 que le peuple appelle fivres tremblantes1 sont celles qui1 aprs un accs de quelques heures1 diminuent sensiblement ainsi que les symptmes1 cessent enfin absolument1 de faon cependant que l'accs revient ensuite4 ,il y en a toujours beaucoup dans tous les lieux o l'on respire un air marcageux4 4 #bcc4 ,il y en a de plusieurs especes4 ,elles tirent leurs noms de l'ordre dans lequel les accs reviennent4 ,si l'accs revient tous les jours1 c'est ou une vraie quotidienne1 ou une double tierce4 ,on peut les distinguer l'une de l'autre1 en ce que dans la quotidienne les accs sont longs se ressemblent tous4 ,elle n'est pas frquente4 ,dans la double tierce ils sont moins longs1 il y en a alternativement un plus leger un plus fort4 ,dans la fivre tierce1 les accs reviennent de deux jours l'un4 ,dans la quarte1 seulement le quatrieme jour1 le malade a deux jours de bons4 ,les autres especes sont trs rares4 ,j'ai vu une vritable quinte2 une vritable septimane1 qui revenoit tous les dimanches4 4 #bcd4 ,le premier accs de fivre intermittente1 attaque souvent dans le tems qu'on se croit le mieux portant4 ,d'autres fois1 il est prcd par un sentiment de froid d'engourdissement1 qui dure quelques jours avant que l'accs se dclare4 ,il commence par des billemens1 des lassitudes1 une foiblesse1 des froids1 des frissons1 des tremblemens2 par la pleur des extrmits1 par des nauses1 quelquefois par un vomissement4 ,le pouls est vte1 foible petit1 la soif assez grande4 ,au bout d'une heure ou deux1 rarement trois ou quatre1 il survient une chaleur qui augmente insensiblement1 devient extrme4 ,alors le corps devient rouge1 l'anxit diminue1 le pouls est plus fort plus grand1 la soif est excessive1 le malade se plaint d'un mal de tte violent d'une douleur dans tous les membres1 enfin l'on tombe dans une sueur gnrale de quelques heures4 ,tous les symptmes1 dont on vient de parler1 diminuent1 souvent le sommeil survient4 ,aprs ce sommeil1 le malade se rveille souvent sans fivre2 il ne lui reste alors qu'une lassitude de la foiblesse4 ,quelquefois le pouls1 entre les accs1 est dans son tat naturel1 souvent il reste un peu plus vte qu'en sant1 ne reprend sa premiere lenteur que quelques jours aprs le dernier accs4 ,un des symptmes qui caractrise le plus particulierement les fivres d'accs1 c'est la nature des urines que le malade rend sur la fin de l'accs4 ,elles sont rougetres1 elles dposent un sdiment qui ressemble exactement de la brique pile4 ,quelquefois elles sont cumeuses1 il se forme au-dessus une pellicule qui s'attache aux cts du verre4 4 #bce4 ,la dure de chaque accs n'est point fixe1 elle varie suivant l'espece de la fivre plusieurs autres circonstances4 ,l'accs revient quelquefois prcisment la mme heure2 d'autre fois chaque accs avance d'une1 deux1 trois heures2 quelquefois ils retardent d'autant4 ,l'on a cru remarquer que les fivres dont les accs anticipoient1 se terminoient plutt que les autres2 mais ce n'est point une rgle gnrale4 4 #bcf4 ,l'on distingue les fivres d'accs1 en fivres de printems ou d'automne4 ,l'on appelle fivres de printems1 celles qui rgnent depuis le mois de ,fvrier jusqu' la fin de ,juin2 fivres d'automne1 celles qui rgnent depuis le mois de ,juillet jusqu'au mois de ,janvier4 ,leurs caracteres essentiels sont les mmes4 ,ce ne sont point proprement des maladies diffrentes2 mais les circonstances qui les accompagnent mritent quelqu'attention4 ,les circonstances dpendent de la saison de la constitution des corps dans ces saisons4 ,les fivres de printems sont quelquefois jointes une disposition inflammatoire2 parceque c'est la disposition des corps dans ce tems l2 comme tous les jours la saison devient plus favorable1 elles sont ordinairement assez courtes4 ,celles d'automne sont souvent mles d'un principe de putridit1 comme la saison devient fcheuse1 elles sont plus opinitres4 4 #bcg4 ,les fivres d'automne commencent trs rarement en ,juillet1 beaucoup plus souvent en ,aot1 leur longueur a rpandu cette frayeur qu'on a des fivres qui commencent dans ce mois2 mais le prjug a cru que leur danger venoit des influences du mois d',aot3 c'est une misrable erreur1 il vaut mieux qu'elles commencent en ,aot que dans les mois suivans1 parcequ'elles sont d'autant plus opinitres1 qu'elles paroissent pltard4 ,ces fivres s'annoncent quelquefois comme des fivres putrides1 ce n'est qu'au bout de quelques jours qu'elles se rglent en fivres d'accs2 mais il n'y a pas de danger s'y tromper1 employer le traitement marqu pour les fivres putrides4 ,le sdiment couleur de brique1 sur-tout la pellicule au-dessus des urines1 sont ordinaires dans les fivres d'automne1 manquent souvent dans celles de printems4 ,dans celles-ci les urines sont d'ordinaire moins rouges1 tirent plutt sur le jaune2 il se forme dans le milieu une espece de nuage4 ,elles dposent un sdiment blanc1 qui est d'un bon augure4 4 #bch4 ,ordinairement les fivres d'accs ne sont pas mortelles4 ,celles de printems se dissipent mme souvent sans aucun remede aprs quelques accs4 ,il n'en est pas de mme de celles d'automne1 qui durent trs long-tems1 mme quelquefois jusqu'au printems1 si on les laisse sans remede1 ou si on ne les traite pas bien4 ,les fivres quartes sont toujours plus rebelles que les tierces2 ce sont celles que les malades gardent quelquefois pendant des annes4 ,dans les pays marcageux1 quand on a la fivre1 non-seulement elle est trs longue1 mais elle a de frquentes rcidives4 4 #bci4 ,quelques accs de fievre ne sont pas extrmement nuisibles4 ,il arrive mme quelquefois1 qu'ils produisent quelque changement favorable dans la sant1 dtruisent quelques maladies de langueur4 ,mais on se trompe en les regardant gnralement comme salutaires4 ,s'ils durent long-tems1 s'ils sont longs violens1 ils affoiblissent tout le corps1 ils drangent toutes les fonctions1 surtout les digestions2 ils rendent les humeurs cres1 jettent dans plusieurs maladies chroniques1 entre autres la jaunisse1 l'hydropisie1 l'asthme1 les fivres lentes4 ,quelquefois les vieillards et les gens trs foibles meurent dans l'accs2 c'est toujours dans le tems du froid4 4 #bdj4 ,l'on a un remede immanquable pour la guerison de ces fivres2 c'est le ,kina ou ,kinkina2 ainsi l'on est toujours sr de les dissiper1 il n'y a de difficult que celle de savoir1 s'il n'y a point d'autre cause de maladie complique avec la fievre4 ,s'il y en a1 il faut les dtruire par leurs remedes particuliers4 4 #bda4 ,dans les fivres de printems1 si les accs ne sont pas violens1 si le malade est bien entre les accs1 que son apptit1 ses forces1 son sommeil1 ne se perdent pas1 il ne faut rien faire du tout1 que mettre le malade au rgime des convalescens4 4 #db1 #de4 ,c'est celui qui convient dans toutes les fievres d'accs2 parceque si on les mettoit au rgime des maladies aiges1 on les affoibliroit inutilement2 si l'on ne retranchoit rien de leurs alimens1 comme il ne se fait point de digestion pendant tout le tems de l'accs1 que l'estomac est toujours un peu affoibli1 il se formeroit des crudits qui entretiendroient la fivre4 ,l'on doit ne point prendre d'alimens solides au moins deux heures avant l'accs4 ,si la fivre revient1 aprs le sixieme ou le septieme1 que le malade ne paroisse avoir aucun besoin de purger1 ce qu'on apprendra connotre dans le chapitre des remedes de prcaution 4 #daf1 on lui donne le quinquina1 qui est la poudre ,n4 #ad4 ,si la fivre est quotidienne1 ou double tierce1 on en donne trois quarts d'once1 ou six prises1 entre deux accs2 comme l'on n'a que dix ou douze1 tout au plus quatorze ou quinze heures1 il ne faut mettre qu'une heure demie d'intervalle entre chaque prise4 ,on peut placer un seul bouillon1 dans tout ce tems-l1 entre deux prises4 ,quand la fivre est tierce1 il faut en donner une once1 ou huit prises4 ,on en prend une de trois en trois heures4 ,quand elle est quarte1 j'en donne une once demie de la mme faon4 ,il est inutile de vouloir arrter les accs avec de moindres doses4 ,c'est en les donnant trop petites qu'on choue si souvent1 l'on croit le remede inutile2 au lieu qu'il ne l'est que par la faute de ceux qui l'emploient4 ,il faut que la derniere prise soit donne deux heures avant l'accs4 ,souvent aprs ces doses de kina1 l'accs manque2 mais soit qu'il manque1 ou qu'il revienne1 il faut aprs que son tems est pass1 en redonner la mme quantit1 qui emporte certainement le second accs4 ,on continue ensuite1 pendant six jours1 de donner la moiti de cette dose1 entre le tems qu'auroient rempli ces accs1 s'ils toient venus2 pendant tout ce tems-l le malade prend le plus d'exercice qu'il peut4 4 #bdb4 ,si les accs sont trs forts1 le mal de tte trs violent1 le visage rouge1 le pouls plein dur2 s'il y a de la toux2 si lors mme que l'accs est pass1 le pouls conserve de la duret2 si les urines sont ardentes1 la langue fort seche1 il faut saigner faire boire beaucoup de ptisane d'orge ,n4 #c4 ,ces deux remedes mettent ordinairement dans l'tat dcrit 4 #bda4 ,l'on peut donner1 dans un jour libre1 trois ou quatre prises de la poudre ,n4 #bc4 ensuite l'on abandonne la maladie pendant quelques accs4 ,si elle ne finit pas1 on vient au quinquina4 ,si le malade1 hors mme des accs1 avoit la bouche mauvaise1 du dgot1 des maux de reins1 des douleurs de genou2 on pourroit le purger1 avant que de lui donner le quinquina1 avec la poudre ,n4 #ba ou la potion ,n4 #bb4 4 #bdc4 ,dans les fivres d'automne1 si elles s'annoncent continues -peu-prs comme les fivres putrides1 on fait prendre abondamment de la ptisane d'orge ,n4 #c2 au bout de deux ou trois jours1 si les signes d'embarras dans l'estomac continuent1 on donne le remede ,n4 #cc ou celui ,n4 #cdad4 ,aprs ce remede si les signes de putridit continuent encore1 on purge avec plusieurs prises de la poudre ,n4 #bc1 ou1 les gens robustes1 avec celle ,n4 #ba2 quand la fivre est tout--fait regle1 on donne le quinquina comme 4 #bda4 ,mais comme les fivres d'automne sont plus opinitres1 aprs l'avoir discontinu huit jours1 quoiqu'il ne soit revenu aucun accs1 il faut le redonner encore pendant huit autres jours1 trois prises par jour2 surtout si la fivre toit quarte2 mme dans cette espece1 je l'ai souvent fait prendre six fois1 de huit en huit jours4 ,le peuple aura de la peine se soumettre cette cure1 qui est couteuse par le prix du quinquina2 mais je n'ai pas cru que cela dt m'empcher de l'indiquer comme la seule qui soit certaine1 car rien ne peut remplacer le quinquina2 c'est le seul remede sr1 c'est le seul innocent dans tous les cas4 ,l'on a t imbu pendant long-tems de prjugs contraires4 ,l'on croyoit qu'il gtoit l'estomac2 pour prvenir cela1 on donnoit manger une heure aprs4 ,bien loin de gter l'estomac1 c'est le remede du monde qui le fortifie le rtablit le mieux2 c'est une coutume nuisible1 quand on est oblig de le donner souvent1 que de manger une heure aprs4 ,l'on croyoit qu'il laissoit des obstructions1 qu'il conduisoit l'hydropisie4 ,ce qui obstrue conduit l'hydropisie1 c'est la longueur de la fivre4 ,non-seulement le quinquina empche ce malheur1 mais lorsqu'il est arriv1 parcequ'on ne s'en est pas servi1 son usage gurit cette maladie4 ,en un mot1 s'il y a quelque maladie jointe la fivre1 quelquefois cela empche l'effet du quinquina sans le rendre nuisible4 ,mais quand la fievre est seule1 il a toujours fait1 fera toujours1 tout le bien possible4 ,je parlerai ailleurs des moyens qui peuvent y suppler quoiqu'imparfaitement4 #ad ,voyez1 4 #bbc1 les cas dans lesquels on doit employer ce second remede1 prfrablement au premier4 4 #bdd4 ,ds qu'on a commenc le quinquina1 il faut bien se garder de se purger1 la purgation redonneroit la fivre4 4 #bde4 ,la saigne n'est jamais1 ou presque jamais1 ncessaire dans la fivre quarte1 qui attaque en automne plutt qu'au printems2 avec des symptmes de putridit1 plutt que d'inflammation4 4 #bdf4 ,le malade doit1 une couple d'heures avant que l'accs commence1 boire tous les quarts d'heures1 un petit verre tiede1 de th de sureau1 adouci avec du miel1 se promener doucement2 cela le dispose un peu de moiteur1 qui rend le froid1 par l mme1 tout l'accs plus doux4 ,il continue la mme boisson pendant tout le tems du froid2 quand la chaleur est venue1 il peut1 ou la continuer1 ou lui substituer celle ,n4 #b1 qui est plus rafraichissante2 mais il n'est plus ncessaire de boire tiede2 il suffit de ne pas boire trop froid4 ,quand la sueur est finie1 on essuie bien le malade1 il peut se lever4 ,si l'accs toit fort long1 on pourroit donner1 pendant la sueur1 un peu de gruau1 ou quelque autre aliment semblable 4 #ce4 4 #bdg4 ,quelquefois la premiere dose1 mme les premieres doses de quinquina purgent4 ,ce n'est pas un mal2 mais1 pendant qu'il purge1 il n'arrte ordinairement pas la fivre2 ainsi il faut regarder ces doses comme perdues cet gard1 en redonner d'autres1 qui cessent de purger1 arrtent les accs4 ,si la diarrhe continuoit1 on le suspendroit un jour1 pour donner un demi quart d'once de rhubarbe2 ensuite on le recommenceroit2 si la diarrhe persistoit1 on mleroit chaque prise de quinquina1 quinze grains de thiraque4 ,mais ce n'est que dans ce cas qu'on doit le mler2 toutes les autres choses auxquelles on l'associe affoiblissent sa vertu4 4 #bdh4 ,avant que l'on connt l'usage du quinquina1 l'on se servoit des autres amers1 qui ont aussi beaucoup de qualits4 ,l'on trouvera ,n4 #db1 trois remedes de cette espece1 qui sont trs bons1 dont j'ai souvent prouv l'efficacit2 mais d'autres fois1 j'ai t oblig de les abandonner pour venir au quinquina4 ,la limaille de fer1 qui entre dans la composition ,n4 #db1 est trs febrifuge dans certains cas4 ,j'ai guri avec ce remede1 au milieu de l'hiver #agec1 d'une fivre quarte1 un malade que je n'avois pas p dterminer prendre du quinquina4 ,il est vrai qu'il toit extrmement docile pour le rgime2 au plus fort de l'hiver1 il montoit tous les jours cheval1 prenoit d'autres exercices en plein air1 jusques ce qu'il comment transpirer abondamment4 4 #bdi4 ,un autre moyen ais dont je me suis servi souvent1 avec un succs entier1 contre les fivres tierces2 mais qui ne m'a russi que deux fois dans les quartes2 c'est de faire suer abondamment le malade1 dans le tems que l'accs doit venir4 ,pour cela il boit1 trois ou quatre heures avant l'accs1 l'infusion de sureau miele1 une heure avant le moment du frisson il se met au lit1 on lui donne1 aussi chaud qu'il peut le boire1 le remede ,n4 #dc4 ,j'en ai aussi guri quelques-unes1 tierces quartes1 en #agea #ageb1 en donnant de quatre en quatre heures entre les accs1 la poudre ,n4 #dd2 mais outre qu'elle m'a manqu plusieurs fois1 qu'elle ne gurissoit point aussi promptement1 elle affoiblissoit les malades2 elle leur drangeoit l'estomac2 deux fois1 quoiqu'elle et guri la fivre1 je fus oblig de recourir au quinquina1 pour rtablir entirement la sant4 ,mais comme ces moyens sont peu coteux russissent souvent1 j'ai cru devoir les indiquer4 4 #bej4 ,l'on vante une quantit d'autres remdes pour les fivres4 ,aucun n'est aussi efficace que ceux que je viens d'indiquer4 ,plusieurs sont dangereux2 ainsi il est prudent de ne pas s'en servir4 ,un quinquina choisi fraichement prpar1 est fort prfrer4 4 #bea4 ,j'ai vu souvent des paysans qui avoient une fivre d'accs depuis plusieurs mois1 qui avoient employ beaucoup de mauvais remedes1 n'avoient observ aucun rgime4 ,je me suis trs bien trouv de leur donner le remede ,n4 #cc ou #cd2 ensuite1 pendant quelques jours1 celui ,n4 #cg2 aprs cela on leur donne le quinquina 7voyez 4 #bda72 ou les autres fbrifuges 7voyez 4 #bdh1 #bdi71 aprs quoi on les met1 pendant quelque tems1 l'usage de la thriaque des pauvres 7voyez 4 #bbi71 afin de rtablir les digestions qui sont tout--fait dranges4 4 #beb4 ,il y a quelques fivres d'accs1 qu'on appelle pernicieuses1 dont chaque accs est accompagn des plus violens symptmes3 le pouls est petit irrgulier2 le malade excessivement abattu1 s'vanouissant frquemment1 ayant des angoisses inexprimables1 des convulsions1 un assoupissement profond1 un dlire continuel1 des envies d'aller la selle ou d'uriner1 continues inutiles4 ,le mal est trs pressant2 le malade peut mourir ds le troisieme accs1 passe rarement le sixieme1 s'il n'est pas bien conduit4 ,il n'y a pas un moment perdre2 il n'y a qu'un parti prendre1 c'est de lui donner incessamment le quinquina1 comme 4 #bda1 afin de supprimer les accs suivans4 4 #bec4 ,la mme cause qui produit ces fivres d'accs1 occasionne souvent des maladies qui reviennent priodiquement la mme heure1 sans frisson1 sans chaleur1 souvent sans vitesse dans le pouls3 ces maux suivent presque toujours l'ordre des fivres quotidiennes1 ou tierces2 plus rarement celui des quartes4 ,j'ai vu des vomissemens des envies de vomir trs violentes avec une angoisse inexprimable1 des oppressions trs fortes1 des coliques les plus cruelles1 des palpitations effrayantes1 des maux de dents excessifs1 des maux de tte1 trs frquemment des douleurs inouies sur un oeil1 la paupiere1 le sourcil la temple du mme ct1 avec une rougeur de l'oeil un larmoiement continuel4 ,j'ai mme vu deux fois un gonflement si prodigieux1 que l'oeil sortoit de plus d'un pouce de la tte couvert par la paupiere1 qui elle-mme toit extrmement enfle4 ,tous ces maux commencent trs rgulirement une certaine heure1 durent peu prs le tems d'un accs1 finissent sans aucune vacuation sensible1 pour revenir prcisment pareille heure le lendemain ou le surlendemain4 ,il n'y a qu'un remede2 c'est le quinquina donn comme 4 #bda4 ,rien ne soulage pendant l'accs1 tous les remedes1 except le quinquina1 n'arrtent point le mal4 ,j'ai guri avec ce remede1 de ces maux1 sur-tout de ceux des yeux qui sont trs frequens1 qui duroient depuis plusieurs semaines1 pour lesquels on avoit employ inutilement saignes1 purgatifs1 bains1 eaux une foule d'autres remedes4 ,si l'on donne une dose suffisante1 le premier accs est trs leger2 le second manque1 je n'ai point vu de rechute comme quand il y a eu de la fivre4 4 #bed4 ,dans les endroits o la nature de l'air rend ces fivres frquentes1 l'on doit brler souvent dans les chambres1 sur-tout dans celles o l'on couche1 quelques herbes ou quelques bois aromatiques1 mcher tous les jours des grains de genivre1 employer pour boisson une infusion fermente de cette mme graine4 ,ces deux remedes sont d'une trs grande efficacit pour raccommoder les estomacs les plus foibles1 pour prvenir les obstructions1 pour entretenir la transpiration2 comme ce sont-l les causes qui entretiennent le plus opinitrement ces fivres1 rien n'en prservera plus srement que ces secours1 qui sont si faciles4 ,,chapitre ,,xix4 ,des ,ersipelles4 ,piquures d',animaux4 4 #bee4 ,l'rsipelle1 que le peuple appelle le violet1 est quelquefois une maladie trs legere1 qui parot sur la peau1 sans que le malade ait eu aucune indisposition4 ,elle attaque ordinairement le visage1 ou les jambes4 ,la peau se tend1 devient rude rouge2 mais la rougeur disparot1 si l'on presse avec le doigt1 reparot ds qu'on le retire4 ,le malade sent dans la partie une chaleur brlante qui l'inquiette1 quelquefois l'empche de dormir4 ,le mal augmente pendant deux ou trois jours1 reste dans son plus haut priode un jour ou deux1 diminue4 ,la peau malade tombe en grosses cailles1 tout est fini4 4 #bef4 ,d'autrefois c'est une maladie plus grave1 qui commence par un frisson trs fort1 suivi d'une chaleur brlante1 d'un mal de tte violent1 de maux de coeur ou envies de vomir1 qui ne cessent que quand l'rsipelle parot1 ce qui n'arrive quelquefois que le second1 ou mme le troisieme jour4 ,alors la fivre diminue les maux de coeur finissent1 mais souvent il reste un peu de fivre du dgot pendant tout le tems que l'rsipelle augmente4 ,quand elle attaque le visage1 le mal de tte continue1 jusqu' ce qu'elle soit sur son dclin1 la paupiere se gonfle1 l'oeil se ferme1 le malade n'a aucun moment de tranquillit4 ,souvent le mal passe d'une joue l'autre1 se rpand successivement sur le front1 le col1 la nuque2 alors la maladie dure plus long-tems qu' l'ordinaire4 ,souvent mme1 si la maladie est forte1 la fivre subsiste1 le cerveau s'engorge1 le malade rve1 son tat est trs dangereux1 et quelquefois s'il n'est pas trs bien secouru il succombe1 sur-tout quand l'ge se joint la maladie4 ,une rsipelle trs forte sur le col1 occasionne une esquinancie qui peut tre trs fcheuse4 ,quand elle attaque la jambe1 toute la jambe enfle1 l'irritation se communique mme la cuisse4 ,ds que l'rsipelle est un peu forte1 elle est couverte de petites pustules1 pleines d'une eau claire1 comme celles qui surviennent une brlure1 qui ensuite schent s'caillent4 ,j'ai vu quelquefois1 sur-tout quand l'rsipelle attaquoit le visage1 que l'humeur qui sortoit de ces pustules1 toit extrmement visqueuse formoit des crotes paisses qui ressembloient presque aux crotes de lait des petits enfans1 restoient plusieurs jours avant que de tomber4 ,quand l'rsipelle est violente1 elle dure quelquefois huit1 dix1 douze jours dans le mme tat1 enfin elle se dissipe par une sueur abondante1 qui est quelquefois annonce par un mal-aise accompagn de frisson d'un peu d'angoisse qui dure quelques heures4 ,pendant tout le tems de la maladie1 toute la peau est trs sche1 mme l'intrieur de la bouche4 4 #beg4 ,il est rare que l'rsipelle suppure4 ,quand cela arrive1 c'est toujours une mauvaise suppuration qui dgnere en ulcere2 mais il y a quelquefois des pidmies d'rsipelles malignes qui se gangrennent aisment4 4 #beh4 ,l'rsipelle change souvent de place2 elle se retire tout--coup3 le malade est mal son aise2 il a des envies de vomir1 de l'angoisse2 l'rsipelle reparot ailleurs1 il est gueri4 ,mais si au lieu de reparotre sur une autre partie de la peau1 l'humeur se jette sur le cerveau ou la poitrine2 le malade prit en peu d'heures1 ces changemens funestes arrivent quelquefois sans qu'il soit possible de l'attribuer aucune erreur du malade ou du ,mdecin4 ,quand le transport se fait sur le cerveau1 le malade tombe d'abord dans les rveries avec un visage allum des yeux trs vifs2 il devient bien-tt phrntique1 meurt lthargique4 ,si le poulmon est attaqu1 l'oppression1 l'angoisse1 la chaleur sont inexprimables4 ,l'humeur se jette aussi sur la gorge1 produit une esquinancie promptement mortelle4 4 #bei4 ,il y a des personnes pour qui l'rsipelle est une maladie habituelle4 ,si elle attaque souvent le visage1 c'est ordinairement le mme ct1 l'oeil en est la fin considrablement affoibli4 4 #bfj4 ,l'rsipelle dpend de deux causes2 d'une humeur cre ordinairement bilieuse1 rpandue dans le sang1 de ce que cette humeur ne s'vacue pas bien par la transpiration4 4 #bfa4 ,quand le mal est lger1 tel qu'il est dcrit 4 #bee1 il suffit d'entretenir une transpiration abondante1 sans chauffer4 ,il n'y a rien de tel dans ces cas-l1 que le rgime un usage abondant de nitre de sureau4 ,ainsi l'on se prive de viande1 d'oeufs de vin2 l'on vit d'un peu de lgumes de fruits2 l'on boit beaucoup d'infusion de sureau1 l'on prend1 de trois en trois heures1 demi gros de nitre2 ou1 ce qui revient au mme1 on en mle trois gros la quantit d'infusion de sureau qu'on peut boire dans un jour4 ,l'on peut aussi mettre le nitre en bol1 avec de la conserve de sureau4 ,ces remedes entretiennent la libert du ventre1 augmentent les urines la transpiration4 4 #bfb4 ,quand le mal est plus grave1 si la fivre est trs forte1 le pouls en mme-tems fort ou dur1 il faut faire une saigne2 mais dans cette maladie1 il ne faut jamais la faire abondante2 il vaut mieux1 suppos qu'on n'ait pas tir assez de sang1 en faire ensuite une seconde4 ,aprs la saigne1 on met au rgime 4 #bi2 on donne des lavemens jusqu' ce que la fivre ait diminu sensiblement1 l'on fait boire abondamment de la ptisane ,n4 #c4 ,quand la fivre a un peu diminu1 on purge avec le remede ,n4 #bb2 ou en donnant tous les matins quelques prises de crme de tartre ,n4 #bc4 ,il faut absolument purger pour vacuer la bile croupissante1 qui est ordinairement la cause premiere de ces rsipelles violentes4 ,l'on est mme quelquefois oblig1 si le mal est long1 le dgot opinitre1 la bouche mauvaise1 la langue sale1 s'il n'y a que peu de fivre1 point de crainte d'inflammation1 de donner les remedes ,n4 #cc ou #cd1 qui1 par les secousses qu'ils occasionnent1 dissipent ces embarras mieux que les purgatifs4 ,aprs ces vacuations1 ordinairement le mal diminue1 mais il faut quelquefois y revenir le lendemain1 ou le surlendemain1 sur-tout si le mal est la tte4 ,les purgatifs sont le vrai remede de cette maladie1 quand elle occupe cette partie2 en emportant la cause du mal1 ils le diminuent1 ils en prviennent les suites fcheuses4 ,il est trs utile1 quand le mal est la tte1 de baigner souvent les jambes dans l'eau tiede4 ,l'on peut mme appliquer la plante des pieds des sinapismes4 ,j'ai vu ce remede attirer sur les jambes1 au bout de quatre heures1 une rsipelle qui couvroit le nez les yeux4 ,quand le mal commence se dissiper par la sueur1 il faut l'aider par le th de sureau le nitre 7voyez 4 #bfa74 ,il est utile d'entretenir la transpiration pendant quelques jours4 4 #bfc4 ,les meilleures applications qu'on puisse employer sont1 #a4 l'herbe robert 7geranium robertianum71 ou le cerfeuil1 ou le persil1 ou la fleur de sureau4 ,souvent mme1 si le mal est leger1 il suffit d'y mettre un linge fort doux1 que quelques personnes poudrent de farine sche4 #b4 ,des flanelles trempes dans une forte dcoction de sureau1 appliques tides1 sont trs utiles dans les grandes inflammations1 si on les renouvelle souvent4 ,j'ai soulag promptement par ce remede1 il n'y a que peu de semaines1 les douleurs horribles d'un feu saint ,antoine1 qui est une espece d'rsipelle1 mais cruelle1 qui a des caracteres singuliers4 #c4 ,l'on emploie aussi1 avec grand succs1 l'empltre d'mail ,n4 #de1 la poudre d'mail indique dans le mme ,n4 ,les farines1 cette poudre1 les autres poudres vantes dans cette maladie1 conviennent surtout quand il suinte1 des petites vessies1 une eau qu'il est bon d'absorber par l'application de ces poudres1 sans quoi elle pourroit corcher1 mme ulcrer la partie4 ,toutes les empltres dans lesquelles il entre des graisses ou rsines1 sont trs dangereuses4 ,elles ont souvent produit la rentre de l'rsipelle1 son ulcration1 la gangrenne4 ,si les personnes sujettes cette maladie1 appliquent quelque empltre de cette espece sur la peau1 lors mme qu'elle est la plus saine1 il survient d'abord une rsipelle4 4 #bfd4 ,quand l'humeur d'rsipelle rentre1 se jette sur le cerveau1 sur la gorge1 sur le poulmon1 il faut faire une saigne1 appliquer des vsicatoires aux jambes1 faire boire abondamment du th de sureau nitr4 4 #bfe4 ,les personnes sujettes aux rsipelles habituelles qui reviennent souvent1 doivent s'imposer la loi d'viter le lait1 la crme1 tous les alimens gras visqueux1 les ptes1 les viandes noires1 les aromates1 les vins pais fumeux2 la vie sdentaire1 les passions vives1 sur-tout la colere2 1 s'il est possible1 le chagrin4 ,elles doivent vivre principalement d'herbages1 de fruits1 de choses un peu aigres qui tiennent le ventre libre2 boire de l'eau quelques vins blancs legers1 sur-tout faire usage souvent de la crme de tartre4 ,ces attentions sont importantes1 parcequ'outre le danger de ces frquentes rsipelles1 elles dnotent un leger vice dans le foie dans la vsicule du fiel1 qui1 si on le nglige1 devient enfin trs grave4 ,des eaux legerement purgatives leur sont trs utiles1 aussi-bien que le jus des plantes chicoraces1 une pinte de petit lait bien clair1 dont ils feront trs bien de boire tous les matins pendant cinq ou six mois de l't4 ,il est encore plus efficace1 s'ils prennent en mme-tems de la crme de tartre1 s'ils y mettent du miel4 ,piqures d',animaux4 4 #bff4 ,comme les piqures d',animaux produisent souvent une espece d'rsipelle1 j'en dirai un mot4 ,nous n'avons de serpens venimeux dans ce pays1 que les viperes4 ,nous n'avons point de scorpions1 qui sont peu venimeux4 ,les crapauds ne le sont pas4 ,ainsi les seules piqures auxquelles on soit expos1 sont celles d'abeilles1 de gupes1 de frelons1 de cousins1 de demoiselles1 qui quelquefois procurent beaucoup de douleurs2 une enflre une rougeur rsipellateuses trs considrable1 qui1 si elle est au visage1 ferme quelquefois absolument les yeux2 de la fivre1 des maux de tte1 des insomnies1 des maux de coeur2 si les douleurs sont violentes1 des vanouissemens des convulsions1 sans que jamais ces accidens aient des suites funestes4 ,ils passent au bout de quelques jours sans aucun secours4 ,mais on peut les prvenir2 ou au moins les diminuer les abrger1 #a4 en retirant d'abord l'aiguillon de l'animal1 s'il est rest4 #b4 ,en appliquant continuellement quelqu'une des applications indiques 4 #bfc1 surtout l'infusion de sureau1 dans laquelle on dlaie un peu de thriaque2 ou en appliquant un cataplasme de mie de pain1 de lait de miel4 #c4 ,en faisant prendre quelques bains de pied4 #d4 ,en diminuant les alimens1 sur-tout le soir1 en buvant de l'infusion de fleur de sureau nitre4 ,l'huile applique d'abord1 empche quelquefois l'enflure de parotre1 par-l prvient le mal4 ,,chapitre ,,xx4 ,des inflammations de ,poitrine1 des ,pleursies fausses bilieuses4 4 #bfg4 ,l'inflammation de poitrine la pleursie qu'on appelle bilieuses1 sont la mme maladie4 ,c'est proprement une fivre putride1 avec un engorgement du poulmon1 qui est1 ou sans douleur1 alors on l'appelle peripneumonie putride ou bilieuse2 ou avec cette douleur de ct qu'on nomme point1 on l'appelle pleursie4 4 #bfh4 ,les signes qui distinguent ces maladies1 des maladies inflammatoires du mme nom1 que j'ai dcrites ,chap4 ,,iv ,v1 sont un pouls moins dur1 moins fort1 plus vite1 sans qu'il y ait les symptomes qui le rendent tel mme dans les maladies inflammatoires 7voyez 4 #df #he74 ,la bouche est mauvaise amere1 la chaleur cre seche2 le malade a un sentiment de pesanteur de malaise1 dans les environs de l'estomac2 il a le teint moins rouge1 mais un peu jaune2 il a l'air dfait1 les urines ressemblent celles des fivres putrides1 non point celles des fivres inflammatoires4 ,il y a trs souvent une petite diarrhe bilieuse trs ftide4 ,la peau est ordinairement trs seche2 les crachats moins pais1 moins rouges1 mais plus jaunes1 que dans l'espece inflammatoire4 4 #bfi4 ,le traitement est le mme que celui des fivres putrides 4 #bab4 ,s'il paroit y avoir un peu d'inflammation1 on la dtruit par une saigne4 ,on donne la ptisane d'orge ,n4 #c1 des lavemens2 ds qu'il n'y a plus d'inflammation1 la potion mtique purgative ,n4 #cc4 ,ensuite on peut repurger au bout de quelques jours1 avec le remede ,n4 #bb4 ,la poudre ,n4 #bd russit aussi trs bien comme vomitif4 ,et si la fivre devient trs forte1 il faut donner beaucoup de la potion ,n4 #aj4 ,ces maladies sont souvent pidmiques1 comme les fivres putrides simples4 ,il y en eut une nombreuse pidmie ici en #agec2 le traitement que je viens de proposer russit trs bien4 ,les vsicatoires aux jambes sont trs utiles1 quand l'oppression ne diminue pas aprs les vacuations gnrales4 4 #bgj4 ,la fausse inflammation de poitrine est un engorgement du poulmon1 produit par des matieres extrmement tenaces1 glaireuses1 adhrentes1 non point par un vrai sang inflammatoire1 ou par une humeur putride bilieuse4 4 #bga4 ,cette maladie attaque plus au printems que dans une autre saison4 ,les vieillards1 les enfans foibles mal constitus1 les femmes languissantes1 les hommes foibles particulierement ceux qui sont uss par la boisson1 sont les personnes qui en sont trs frquemment attaques2 surtout si elles ont pris peu de mouvement1 pendant l'hyver2 si elles ont vcu d'alimens visqueux1 farineux1 gras2 comme ptes1 chataignes bouillies1 fromages4 ,toutes leurs humeurs ont pris un caractere d'paississement visqueux2 elles circulent avec peine2 quand au printems1 la chaleur ou l'exercice augmente le mouvement tout--coup1 les humeurs qui trouvent un engorgement dans le poulmon l'augmentent4 ,cette partie se remplit1 le malade meurt4 4 #bgb4 ,l'on reconnot cette maladie1 #a4 quand les circonstances1 dont j'ai parl1 ont prced4 #b4 ,par les symptomes qui la prcedent4 ,le malade1 plusieurs jours l'avance1 a un peu de toux1 une legere oppression quand il se donne du mouvement1 un peu d'inquitude1 quelquefois un peu de mauvaise humeur2 le visage est plus rouge qu'il ne devroit tre1 il a du penchant au sommeil1 dort mal4 #c4 ,quand cet tat a dur quelques jours1 il survient un frisson plus long que violent2 ensuite une chaleur peu forte1 mais accompagne de beaucoup d'inquitude d'oppression4 ,le malade ne peut pas tenir au lit2 il va vient dans la chambre quoique trs abattu2 le pouls est foible assez vite2 les urines ne sont quelquefois que peu changes2 d'autres fois en petite quantit assez rouges2 il ne tousse pas beaucoup1 ne crache qu'avec peine4 ,le visage est ordinairement trs rouge mme livide1 il ne peut ni veiller ni dormir2 il a des momens de rveries2 dans d'autre l'esprit est libre4 ,quelquefois1 surtout chez les vieillards1 cet tat finit tout--coup par un vanouissement mortel4 ,d'autres fois l'oppression l'angoisse augmentent2 le malade ne peut respirer qu'assis1 avec un travail cruel2 le cerveau s'embarrasse tout--fait1 le pouls est trs vite trs petit4 ,cet tat dure quelques heures1 finit aussi tout--coup4 4 #bgc4 ,cette maladie est trs dangereuse2 premierement1 parcequ'elle attaque des sujets dont le tempramment n'a pas de ressources3 en second lieu1 parcequ'elle est prompte2 car on meurt quelquefois ds le troisieme jour1 on passe rarement le septieme3 pendant que la cause du mal demanderoit de longs secours4 ,d'ailleurs1 s'il y a des raisons pour employer un remede1 il y en a souvent d'autres qui l'empchent1 tout ce qu'on peut faire se rduit ceci3 #a4 ,si le malade a encore beaucoup de vigueur1 s'il n'est pas d'un ge trop avanc1 si le pouls a de la duret1 en mme tems de la force1 si le tems est sec1 que le vent du nord domine1 on doit faire une saigne raisonnable2 mais si la plpart de ces circonstances manquoient1 elle seroit trs nuisible4 ,s'il falloit faire une regle gnrale1 il vaudroit mieux bannir la saigne que de l'employer4 #b4 ,l'on dbarrasse l'estomac les intestins1 des matieres glaireuses qu'ils contiennent2 les remedes qui russissent le mieux1 sont le remede ,n4 #cd1 quand il y a des symptomes qui indiquent un grand besoin de vomir1 ou celui ,n4 #bd1 qui1 aprs avoir fait vomir1 purge par les selles1 fait uriner1 brise les glaires qui causent la maladie1 augmente la transpiration4 ,quand on craint le vomissement on donne la potion ,n4 #aa4 ,il faut tre circonspect avec les vieillards2 ils peuvent mourir pendant que le remede agit4 #c4 ,l'on fait boire1 ds le commencement du mal1 beaucoup de ptisane ,n4 #be1 qui est la meilleure boisson dans cette maladie1 ou de celle ,n4 #ab1 chaque livre de laquelle on ajoute une demi dragme de nitre4 #d4 ,on donne de deux en deux heures1 une tasse de la potion ,n4 #h4 #e4 ,l'on applique des vsicatoires aux gras des jambes4 ,quand on n'est pas sr de sa marche1 il faut s'en tenir ces trois derniers remedes1 qui ont souvent suffi dans des cas assez graves1 qui ne peuvent point nuire4 4 #bgd4 ,quand cette maladie attaque les vieillards1 quoiqu'ils gurissent en partie1 cependant ils ne se remettent pas toujours entierement2 si l'on ne prend pas des prcautions1 ils tombent aisment dans l'hydropisie de poitrine4 4 #bge4 ,la fausse pleursie est une maladie qui n'intresse point le poulmon1 mais seulement la peau les muscles qui couvrent les ctes4 ,c'est une humeur rhumatismale1 qui se jette sur ces parties1 qui1 y produisant des douleurs trs vives1 qui ressemblent celle qu'on appelle point2 a fait donner ce nom la maladie4 ,on croit ordinairement parmi le peuple1 mme parmi beaucoup de gens d'un autre ordre1 qu'une fausse pleursie est plus dangereuse qu'une vritable2 c'est une erreur4 ,elle est souvent prcde d'un frisson1 presque toujours accompagne d'un peu de fivre1 d'une petite toux1 d'une legere difficult de respirer1 qui nait1 aussi bien que la toux1 de ce que le malade1 souffrant dans les mouvemens de la respiration1 les diminue autant qu'il peut2 ce qui fait qu'il s'amasse un peu trop de sang dans le poulmon4 ,mais il n'a ni l'angoisse1 ni les autres symptomes des vraies pleursies4 ,la douleur s'tend chez quelques malades1 presque sur toute la poitrine1 jusques la nuque4 ,l'on ne peut pas se coucher sur le ct malade4 ,cette maladie n'a pas plus de danger qu'un rhumatisme1 except dans deux cas4 #a4 ,quand la douleur est si forte1 que le malade fait des efforts pour ne pas respirer2 ce qui produit un engorgement dans le poulmon4 #b4 ,quand cette humeur1 comme toute autre humeur rhumatismale1 se jette sur quelque partie intrieure4 4 #bgf4 ,il faut la traiter tout comme le rhumatisme 7voyez 4 #aeg1 #aeh1 #aei74 ,aprs la saigne1 ou les saignes1 un vsicatoire sur l'endroit malade produit souvent un trs bon effet3 c'est vritablement l'espece de pleursie dans laquelle il convient4 4 #bgg4 ,ce mal cede quelquefois la premiere saigne1 souvent il se termine le troisieme1 le quatrieme1 ou le cinquieme jour1 par une sueur abondante3 rarement il passe le septieme4 ,quelquefois il nat tout--coup1 aprs une transpiration arrte2 si ds ce moment avant que la fivre ait paru1 ait eu le tems d'enflammer le sang2 on donne une infusion de faltran ou vulnraires de ,suisse1 il gurit trs promptement1 en rtablissant la transpiration4 ,ce sont des cas semblables1 ou celui 4 #ia1 qui ont acquis ce remede la rputation qu'il a contre cette maladie2 rputation funeste1 toutes les annes1 plusieurs paysans1 qui tromps par une fausse ressemblance1 emploient hardiment ce remede dans les vraies inflammations4 ,,chapitre ,,xxi4 ,des ,coliques4 4 #bgh4 ,l'on donne ordinairement le nom de colique toutes les douleurs qu'on sent dans le ventre4 ,je n'entens ici1 par ce mot1 que les douleurs qui attaquent l'estomac ou les boyaux4 ,elles peuvent dpendre d'un trs grand nombre de causes3 la plpart sont des maladies chroniques3 plus frquentes parmi les gens dsoeuvrs des villes1 ou les artisans sdentaires1 que parmi le peuple des campagnes4 ,ainsi je ne parlerai que du petit nombre d'especes1 qui sont les plus communes dans les villages4 ,j'ai prouv plus haut1 que1 dans quelques maladies1 on tuoit en cherchant faire suer4 ,on tue dans les coliques1 en voulant toujours chasser les vents1 avec des liqueurs spiritueuses4 ,colique inflammatoire4 4 #bgi4 ,l'espece de colique la plus violente1 la plus dangereuse1 c'est celle qui dpend de l'inflammation de l'estomac1 ou des intestins4 ,elle commence le plus souvent1 sans frisson1 par une douleur violente dans le ventre3 la douleur augmente par degrs2 le pouls devient vte dur1 le malade sent une chaleur brulante dans tout le ventre2 quelquefois il a une diarrhe aqueuse1 d'autre fois il est plutt resserr1 avec des vomissemens1 ce qui est trs facheux2 le visage devient rouge1 le ventre se tend1 on ne peut pas le toucher sans augmenter cruellement les douleurs du malade1 qui a1 outre les douleurs1 une inquitude extrme4 ,l'altration est trs grande1 la boisson n'tanche point la soif4 ,la douleur s'tend souvent jusques aux reins1 o elle est trs vive4 ,le malade urine peu2 les urines sont brulantes rouges3 il n'a pas un instant de sommeil1 quelquefois il a des momens de rveries4 ,si l'on n'arrte pas le mal1 aprs que les douleurs sont parvenues au plus haut point1 le malade commence se plaindre moins2 le pouls moins fort1 moins dur2 mais plus vte2 le visage perd de sa rougeur2 bientt il plit1 le tour des yeux devient livide2 le malade tombe dans une rverie sourde2 il perd entierement ses forces2 le visage1 les mains1 les pieds1 tout le corps1 except le ventre1 se refroidissent2 la peau du ventre devient bleutre1 il survient des foiblesses1 le malade prit4 ,quand le mal attaque l'estomac1 les symptmes sont les mmes2 mais la douleur se fait sentir plus haut1 au creux de l'estomac2 l'on vomit presque tout ce qu'on prend1 l'angoisse est horrible1 les rveries viennent promptement4 ,cette maladie tue en trs peu de jours4 4 #bhj4 ,la seule faon de la gurir1 c'est #a4 de faire une trs grande saigne du bras2 elle diminue presque sur-le-champ la frocit des douleurs1 elle calme les vomissemens2 elle rend d'ailleurs les autres remedes beaucoup plus efficaces4 ,souvent il faut la ritrer deux heures aprs4 #b4 ,on donne toutes les deux heures1 soit qu'il y ait diarrhe1 soit qu'il n'y en ait point1 un lavement fait avec une dcoction de mauve de l'huile1 ou avec une dcoction d'orge de l'huile4 #c4 ,on fait boire au malade beaucoup de lait d'amande ,n4 #d1 ou d'une ptisane de fleurs de mauve ou de celle d'orge4 #d4 ,l'on tient continuellement sur le ventre des flanelles trempes dans de l'eau tiede1 on les change toutes les heures1 mme plus souvent2 elles sont sches presque d'abord4 #e4 ,si le mal s'opinitre1 on met le malade dans un bain tide1 dont j'ai vu les plus grands effets4 4 #bha4 ,cette maladie est quelquefois l'effet d'une inflammation gnrale du sang1 elle est produite1 comme les autres maladies inflammatoires1 par des travaux forcs1 une grande chaleur1 des alimens ou des boissons chauffantes2 mais souvent aussi elle est la suite des autres coliques mal traites1 qui n'auroient point t inflammatoires1 mais qui le deviennent1 j'ai vu nombre de fois ces coliques natre aprs les remedes chauds 7voyez-en un exemple 4 #aed74 4 #bhb4 ,il n'y a que quelques semaines1 que j'avois guri une femme d'une colique assez forte4 ,dix jours aprs1 les douleurs revinrent violemment dans la nuit3 elle crut que ce n'toit que des vents1 prit beaucoup d'eau de noix4 ,les douleurs devinrent inouies1 elle me demanda de grand matin2 le pouls toit fort1 vite1 dur2 le ventre tendu1 les reins souffroient beaucoup1 les urines toient presque entierement supprimes2 elle n'en rendoit que quelques gouttes qui toient ardentes1 avec des douleurs trs fortes2 elle alloit trs souvent sur la chaise1 presque pour rien4 ,l'angoisse1 la chaleur1 l'altration1 la scheresse de la langue toient effrayantes2 son tat1 qui toit l'effet de la liqueur qu'elle avoit prise1 me fit craindre pour elle4 ,une saigne de quatorze onces calma un peu toutes les douleurs2 elle prit plusieurs lavemens1 elle but quelques pots d'orgeat en peu d'heures4 ,ces secours adoucirent un peu le mal2 en continuant la boisson les lavemens1 la diarrhe diminua1 le mal de reins finit1 il vint beaucoup d'urines qui se troublerent1 dposerent2 elle guerit4 ,je suis persuad que si la saigne avoit t faite deux heures plus tard1 la liqueur lui auroit cot la vie4 ,pendant que le mal dure1 il ne faut donner aucun aliment1 l'on ne doit jamais ngliger les restes de douleurs1 crainte qu'il ne se forme une duret ou squirrhe1 qui occasionneroit les maux chroniques les plus fcheux4 4 #bhc4 ,on doit croire qu'il se forme un abcs dans la partie enflamme1 quand la violence des douleurs diminue1 qu'il reste une douleur sourde1 un mal-aise gnral1 peu d'apptit1 des frissons frquens1 que le malade ne reprend pas les forces4 ,l'on ne doit donner1 dans ce cas2 que les boissons indiques dans ce chapitre1 quelques bouillons farineux4 ,la rupture de l'abcs est quelquefois indique par une petite dfaillance1 suivie d'une cessation de pesanteur dans la partie malade1 quand le pus s'panche dans l'intestin1 le malade a quelquefois des envies de vomir1 un peu de vertige1 le pus parot dans les premieres selles4 ,il reste alors un ulcere dans l'intrieur du boyau1 qui peut conduire une fivre lente la mort1 que j'ai guri en faisant vivre uniquement de lait crm1 coup avec un tiers d'eau1 en donnant1 de deux jours l'un1 un lavement avec parties gales d'eau de lait1 un peu de miel4 ,quand l'abcs creve en dehors de l'intestin1 que le pus s'panche dans le ventre1 c'est un cas trs grave1 qui demande des secours que je ne puis pas dtailler ici4 ,colique bilieuse4 4 #bhd4 ,la colique bilieuse se manifeste par des douleurs trs aiges2 mais elle est assez rarement accompagne de fivre1 moins qu'elle n'ait dja dur un jour ou deux4 ,lors mme qu'il y en a1 le pouls1 quoique vte1 n'est pas fort1 ni trs dur2 le ventre n'est ni tendu1 ni brlant1 comme dans la colique prcdente2 les urines coulent mieux1 sont moins rouges2 la chaleur intrieure la soif sont assez pressantes2 la bouche est amere2 les vomissemens ou la diarrhe1 quand l'un ou l'autre existent1 vacuent des matieres jaunes2 souvent la tte tourne4 4 #bhe4 ,on gurit #a4 par des lavemens de petit lait de miel2 ou1 si l'on n'a pas de petit lait1 par celui du ,n4 #e4 #b4 ,en faisant boire de grandes quantits de ce mme petit lait1 ou d'une ptisane faite avec la racine de chiendent un peu de jus de citron2 ou1 si l'on n'en a point1 un peu de vinaigre de miel4 #c4 ,en donnant d'heure en heure une tasse du remede ,n4 #ca2 ou1 si on ne l'a pas1 une demi-dragme de crme de tartre4 #d4 ,les fomentations d'eau tide le demi bain1 sont aussi trs favorables4 #e4 ,si dans un sujet fort robuste1 les douleurs toient aiges le pouls fort tendu1 il faudroit saigner1 pour prvenir l'inflammation4 #f4 ,l'on ne donnera de nourriture que quelques bouillons d'herbes1 surtout d'oseille4 #g4 ,aprs avoir beaucoup dlay1 si la fivre ne survient pas1 si la douleur continue1 si les vacuations ne sont pas considrables1 il faut donner un purgatif4 ,celui ,n4 #df1 est trs convenable4 4 #bhf4 ,cette colique est habituelle pour plusieurs personnes2 on la prvient par l'usage habituel de la poudre ,n4 #bc1 en vitant le grand usage des viandes1 les choses chaudes1 les graisses le lait4 ,coliques d',indigestion4 ,indigestions4 4 #bhg4 ,j'appelle de ce nom toutes les coliques qui sont produites ou par trop d'alimens pris la fois1 ou par des amas faits la longue chez les personnes qui ne digerent pas parfaitement1 ou par des mlanges nuisibles1 comme des aigres du lait1 ou par des alimens malsains en eux-mmes1 ou mal conditionns4 ,on connot cette espece1 par ce qui a prcd1 par des douleurs qui sont accompagnes de beaucoup de mal-aises qui viennent peu--peu1 qui ne sont pas aussi fixes que dans les especes prcdentes1 qui sont sans fivre1 sans chaleur1 sans altration1 mais accompagnes de vertiges ou tourdissemens1 d'efforts pour vomir1 de pleur plutt que de rougeur4 4 #bhh4 ,elles ne sont jamais dangereuses1 moins qu'on ne les rende telles par beaucoup de soins mal entendus4 ,il n'y a qu'une seule chose faire2 c'est d'aider les vacuations par beaucoup de boisson tide4 ,il y en a plusieurs galement bonnes2 l'eau tide1 ou pure1 ou un peu sucre1 ou un peu sale1 du th de fleurs de camomille peu charg1 celui de sureau1 de mlisse1 du th ordinaire2 il importe peu lequel1 pourvu qu'on boive beaucoup4 ,alors les matieres s'vacuent ou par les vomissemens1 ou par une diarrhe abondante4 ,plus ces vacuations sont promptes ou copieuses1 plutt le malade est soulag4 ,si le ventre est fort rempli1 qu'il ne se fasse pas de dbouchement1 il faut donner des lavemens avec de l'eau tiede du sel4 ,l'on aide aussi le dgagement des matieres1 en faisant frotter fortement le ventre avec des linges chauds4 ,quelquefois les matieres nuisent moins par leur quantit que par leur qualit2 alors le mal se dissipe sans vacuation1 quand cette matiere irritante est noye dans beaucoup d'eau4 ,si les douleurs commencent par l'estomac1 elles deviennent moins vives1 le malade est moins angoiss1 ds que les matieres ont pass dans les boyaux1 qui sont moins sensibles4 ,aprs les vacuations abondantes la cessation des douleurs1 il reste souvent la bouche un got d'oeufs pourris2 il faut donner quelques prises de poudre ,n4 #bc1 beaucoup d'eau frache4 ,l'essentiel1 c'est de ne prendre aucune nourriture1 qu'on ne soit parfaitement bien4 4 #bhi4 ,l'on a la fureur de donner d'abord de la confection1 de la thriaque1 de l'eau d'anis1 de celle de genievre1 du vin rouge pour arrter les vacuations4 ,il n'y a pas de pratique plus dtestable4 ,ces vacuations sont la seule chose qui peut gurir le malade2 les arrter1 c'est ter la planche celui qui se noie2 si l'on russit1 on le jette dans quelque fivre putride1 ou dans quelque maladie de langueur1 moins que la nature plus sage1 ne surmonte les obstacles qu'on lui oppose1 ne renouvelle les vacuations au bout de quelques jours4 4 #bij4 ,quelquefois l'on a une indigestion1 sans douleur de colique bien marque1 mais avec de violens efforts pour vomir1 une angoisse inexprimable1 des dfaillances1 des sueurs froides4 ,souvent mme le mal ne s'annonce que par une dfaillance qui saisit le malade tout--coup3 il perd l'usage de tous ses sens2 le visage est ple1 dfait2 il a quelques hoquets plutt que des efforts pour vomir2 ce qui1 joint la petitesse du pouls1 ce que la respiration n'est pas embarrasse1 ce que le mal a attaqu aprs un repas1 ce que l'on sent l'estomac tendu1 fait distinguer ce mal d'une vritable apoplexie4 ,s'il est parvenu ce degr1 il tue quelquefois en peu d'heures4 ,il faut commencer par donner un lavement cre1 avec du sel du savon2 on fait avaler1 autant qu'il est possible1 d'eau sale2 si cela est inutile1 on fait fondre la poudre ,n4 #cc1 dans trois tasses d'eau4 ,on en donne d'abord la moiti2 si au bout d'un quart-d'heure elle n'opere pas1 on donne le reste4 ,ordinairement la connoissance commence revenir d'abord que le malade a commenc vomir4 ,colique venteuse4 4 #bia4 ,tous nos alimens toutes nos boissons contiennent beaucoup d'air1 plus cependant les uns que les autres2 s'ils ne se digerent pas assez vte1 ou si la digestion en est mauvaise2 ce qui fait qu'il se dveloppe plus de cet air2 s'ils en contiennent une trs grande quantit1 ou si les intestins se serrant dans quelque point de leur longueur1 empchent que cet air ne se distribue galement2 ce qui fait qu'il s'en amasse beaucoup dans quelques endroits2 alors l'estomac les boyaux sont tendus par ces vents1 cette tension produit des douleurs qu'on appelle colique venteuse4 ,cette espece se trouve assez rarement seule2 mais elle se joint souvent aux autres especes dont elle est l'effet1 sur-tout la prcdente1 elle contribue beaucoup en augmenter les symptmes4 ,on la connot par les causes qui ont prcd2 parcequ'il n'y a ni fivre1 ni chaleur1 ni altration2 parceque le ventre est gros sans duret1 qu'il est ingalement gros1 parcequ'il se forme des poches de vents1 tantt dans un endroit1 tantt dans un autre2 parcequ'en frottant le ventre du malade1 on fait remuer les vents1 ce qui le soulage1 que quand il en rend par en haut ou par en bas1 il est encore plus soulag4 4 #bib4 ,quand elle est jointe une autre1 elle ne demande point de traitement particulier2 elle se dissipe par les remedes qui dissipent la colique principale4 ,quelquefois elle est seule1 elle dpend d'alimens ou de boissons pleines d'air1 comme le mot ou vin mut ou prompt1 la biere1 quelques fruits1 quelques lgumes4 ,on la gurit par un lavement1 en frottant le ventre avec des linges chauds1 en buvant quelque boisson un peu aromatique1 surtout du th de camomille1 auquel on peut joindre un peu de confection stomachique1 ou mme de thriaque4 ,quand les douleurs ont presque fini1 si l'on n'a ni chaleur ni fivre1 si l'on sent l'estomac affoibli1 on peut alors 7mais c'est presque le seul cas de colique o on le puisse72 donner un peu de vin aromatique1 ou un peu de quelque liqueur stomachique4 4 #bic4 ,quand on est sujet de frquentes douleurs de coliques2 c'est une preuve que les digestions ne se font pas bien1 l'on doit y remdier1 sans quoi la sant se drange1 l'on tombe dans des maux fcheux4 ,coliques aprs le froid4 4 #bid4 ,quand on a eu trs froid1 surtout aux pieds1 l'on est quelquefois attaqu1 peu d'heures aprs1 de violentes coliques dans lesquelles les remedes chauds spiritueux sont trs nuisibles1 mais qui se gurissent aisment en frottant les jambes avec des linges chauds1 en les trempant ensuite dans l'eau tide pendant long tems1 en faisant boire beaucoup de th lger de camomille ou de sureau4 ,la gurison sera encore plus prompte1 si le malade se met au lit1 peut un peu suer1 sur-tout aux jambes4 ,si les douleurs toient trs fortes1 on donneroit des lavemens4 ,une femme s'tant trempe les jambes dans une source assez frache1 aprs avoir march pendant un tems fort chaud1 fut d'abord attaque d'une colique trs violente4 ,on lui donna des choses chaudes1 le mal empira2 on la purgea1 le mal empira2 on m'appelle le troisieme jour1 peu d'heures avant sa mort4 ,il faut dans ces cas-l1 si la douleur est excessive1 saigner1 donner un lavement d'eau tide1 tenir les jambes plusieurs heures d'abord la vapeur de l'eau chaude1 ensuite de l'eau tide2 faire boire abondamment d'une infusion de fleurs de tilleul avec un peu de lait1 donner ensuite un grain d'opium2 si le mal ne cdoit pas1 mettre aux jambes des vsicatoires dont j'ai vu de grands effets4 4 #bie4 ,on voit1 par ce chapitre1 qu'il faut tre extrmement en garde contre les choses chaudes spiritueuses dans les coliques2 que ces remedes peuvent non-seulement les empirer1 mais mme les rendre mortelles4 ,l'on doit donc n'en jamais donner2 quand on ne sait pas dmler la cause de la colique1 je conseille de s'en tenir ces trois secours qui ne peuvent nuire aucune espece1 peuvent gurir toutes celles qui ne sont pas extrmement fortes3 #a4 ,des lavemens ritrs4 #b4 ,une grande quantit d'eau tide1 ou du th de sureau en boisson4 #c4 ,des fomentations sur le bas ventre2 celles d'eau tide sont prfrer toutes les autres4 4 #bif4 ,je n'ai rien dit des huiles1 parcequ'elles ne conviennent que dans trs peu d'especes de coliques1 point du tout dans celles dont j'ai parl2 ainsi j'en dconseille tout--fait l'usage1 qui peut nuire plusieurs gards4 ,,chapitre ,,xxii4 ,du ,miserere1 ou passion iliaque1 du ,cholera morbus1 ou trousse galant4 4 #big4 ,ces maladies emportent plusieurs personnes dans les campagnes1 sans qu'on sache de quoi elles sont mortes2 la superstition attribue la mort aux poisons donns1 ou aux sortileges4 4 #bih4 ,le ,miserere est la maladie la plus cruelle4 ,si les intestins se ferment dans quelqu'endroit par quelque cause que ce soit1 tous les alimens sont arrts2 il arrive alors que le mouvement continuel qu'on remarque dans les boyaux1 pour pousser tout vers le fondement1 se fait dans un sens contraire1 pousse tout vers la bouche4 ,le mal commence quelquefois aprs quelques jours de constipation2 d'autrefois1 sans qu'elle ait prcd1 par des douleurs dans quelque partie du ventre1 surtout autour du nombril1 qui augmentant peu peu1 deviennent enfin trs violentes3 en mme-tems le malade est angoiss3 l'on sent1 chez quelques-uns1 une tumeur dure1 qui fait le tour du ventre comme une corde2 on entend des vents1 il en sort quelques-uns par en haut1 ils sont suivis d'envie de vomir2 bientt il survient quelques vomissemens1 qui vont en augmentant1 jusques ce que le malade rende tout ce qu'il prend1 avec un surcroit de douleurs inouies4 ,il ne rend d'abord que les derniers alimens1 quelques matieres jaunes1 les boissons qu'il prend3 ensuite les matieres deviennent puantes1 ftides4 ,quand le mal est trs avanc1 elles ont une odeur qu'on appelle d'excrmens1 mais qui ressemble plutt celle de cadavre corrompu4 ,quelquefois aussi1 si l'on a pris des lavemens qui eussent une odeur forte1 on la retrouve dans ce qui est vomi2 mais je n'ai jamais vu vomir ni de vrais excrmens1 ni la matiere des lavemens1 ni moins encore1 des suppositoires introduits par le fondement4 ,s'il faut croire que cela est arriv il est bien difficile de comprendre comment4 ,pendant tout ce tems-l il n'y a pas une seule selle2 le ventre se tend1 les urines quelquefois sont supprimes1 d'autre fois sont troubles puantes4 ,le pouls1 d'abord assez dur1 devient vte petit2 les forces se perdent entierement2 les malades rvent1 le hocquet survient1 quelquefois ensuite des convulsions4 ,les extrmits se refroidissent1 le malade meurt trs promptement4 4 #bii4 ,comme cette maladie est accompagne du plus grand danger1 l'on doit1 sans attendre un moment1 commencer les remedes ds qu'on souponne le mal4 ,la plus petite faute est mortelle2 l'on a vu les liqueurs chaudes tuer au bout de peu d'heures4 ,j'ai t appell le second jour de la maladie1 pour une jeune personne1 qui avoit pris beaucoup de thriaque1 rien ne put mme la soulager4 ,elle mourut au commencement du troisieme jour4 ,le mal doit tre trait prcisment comme les coliques inflammatoires2 surtout1 l'on doit dbuter par une trs forte saigne4 ,il faut multiplier les bains1 la seule diffrence qu'il y a entre cette maladie la colique inflammatoire1 c'est que1 dans ce cas1 il n'y a point de selles1 mais des vomissemens continuels4 ,il faut #a4 faire une forte saigne4 #b4 ,donner des lavemens laxatifs 7on les fait avec une dcoction d'orge l'on y ajoute cinq ou six onces d'huile73 #c4 ,chercher modrer les efforts des vomissemens1 en donnant de deux en deux heures1 une cuillere de la potion ,n4 #dg4 #d4 ,rendre les boissons un peu purgatives2 il n'y a rien de mieux que le petit lait ,n4 #dh1 si on peut l'avoir d'abord2 si-non1 on donne le petit lait pur avec du miel1 les boissons marques 4 #bhj4 #e4 ,aprs la saigne1 les bains1 beaucoup de lavemens1 les fomentations1 on peut1 si rien n'a russi1 donner un lavement de fume de tabac4 ,il en sera reparl en traitant des noys4 4 #cff4 ,j'ai guri un homme en le faisant entrer dans le bain1 immdiatement aprs la saigne1 en lui donnant un purgatif en entrant au bain4 4 #cjj4 ,si les douleurs diminuent avant que le malade ait entierement perdu ses forces3 si en mme-tems le pouls va mieux2 s'il vomit moins1 si les matieres paroissent moins corrompues2 si le malade sent quelque remuement dans son ventre1 s'il rend quelques matieres par les selles1 si en mme tems il se trouve plus fort1 on peut compter sur sa gurison3 mais sans cela il meurt bien vte4 ,souvent1 une heure avant la mort1 les douleurs paroissent se calmer2 il survient une vacuation prodigieuse par les selles1 de matieres extrmement ftides2 le malade a des foiblesses1 une sueur froide1 meurt4 4 #cja4 ,c'est cette maladie1 que le peuple attribue ce que les boyaux sont nous1 dans laquelle il fait avaler des bales de plomb1 ou de grosses quantits de mercure4 ,ce noeud des intestins1 est une chimere impossible4 ,cette maladie dpend d'un grand nombre de causes1 qu'on a dcouvertes1 en ouvrant les cadavres de ceux qui en sont morts3 sage mthode1 extrmement propre enrichir la ,medecine1 qu'il seroit propos qu'on pratiqut plus gnralement1 dont1 bien loin de se faire une peine1 on devroit se faire un devoir3 parceque c'en est un1 que de contribuer perfectionner une science laquelle le bonheur des hommes est attach4 ,je ne dtaillerai point ces causes3 mais quelles qu'elles soient1 l'usage d'avaler des bales du mercure1 est toujours pernicieux2 il aggrave la maladie1 met un obstacle insurmontable la gurison4 ,il y a un misrr qui est un accident des hernies1 j'en parlerai ailleurs4 ,trousse galant4 4 #cjb4 ,le trousse galant ou cholera morbus est une vacuation prompte1 abondante1 douloureuse1 par les vomissemens par les selles4 ,il commence par des vents1 des gonflemens1 de legeres douleurs dans le bas ventre1 un grand abattement2 ensuite il survient des vacuations abondantes1 ou par les selles1 ou par les vomissemens2 quand une de ces vacuations a commenc1 l'autre suit de bien prs4 ,les matieres sont jaunes1 vertes1 brunes1 blanches1 noires3 les douleurs fortes dans le bas ventre1 le pouls presque toujours fivreux est quelquefois fort dans le commencement1 mais il ne tarde pas s'affoiblir1 par la prodigieuse vacuation qui se fait4 ,il y a des malades1 qui ont jusques cent selles dans quelques heures4 ,le malade maigrit vue2 au bout de trois ou quatre heures1 si le mal est violent1 il est mconnoissable4 ,ds qu'il y a eu beaucoup d'vacuations1 il est fatigu par des crampes dans les jambes1 dans les cuisses1 dans les bras1 qui sont aussi douloureuses que le mal de ventre4 ,quand le mal ne peut point tre adouci1 le hoquet1 les convulsions1 le froid des extrmits surviennent2 les dfaillances se succedent continuellement1 une tue le malade1 ou il meurt dans les convulsions4 4 #cjc4 ,cette maladie1 qui dpend toujours d'une bile devenue excessivement cre1 a lieu ordinairement la fin du mois de ,juillet dans le mois d',aot1 surtout s'il a fait de grandes chaleurs s'il n'y a pas eu des fruits d't4 4 #cjd4 ,quelque violente que soit cette maladie1 elle est moins dangereuse1 mme moins cruelle que la prcdente2 beaucoup de gens en gurissent4 ,l'on doit #a4 chercher noyer cette bile cre1 par des torrens de la boisson la plus adoucissante1 parceque l'irritation est si grande1 que tout ce qui a la plus petite cret nuiroit4 ,ainsi on donnera continuellement au malade1 en boisson en lavement1 ou de l'eau d'orge1 ou des laits d'amandes1 ou de l'eau avec une huitieme partie de lait1 remede qui m'a trs bien russi1 ou une trs legere ptisane de pain1 qui se fait1 en cuisant une livre de pain roti1 avec trois ou quatre pots d'eau1 pendant une demi heure4 ,l'on prfre le pain d'aveine4 ,l'on grille aussi avec succs du bled1 qu'on pile1 dont on fait une legere ptisane4 ,un bouillon fait avec un poulet1 ou une livre de chair maigre de veau1 cuits pendant une heure1 avec trois pots d'eau1 est trs bon dans ce cas4 ,l'on emploie avec succs le petit lait1 dans les endroits o l'on peut en avoir1 le petit lait de beurre 7la battue7 est la meilleure de toutes les boissons4 ,mais il faut ncessairement en donner une grande quantit3 les lavemens doivent tre donns de deux en deux heures4 #b4 ,si le malade toit robuste sanguin1 que le pouls ft fort dans les commencemens1 les douleurs extrmement violentes1 une ou deux saignes faites d'abord1 diminuent la violence du mal1 donnent plus de loisir pour les autres remedes4 ,j'ai vu les vomissemens finir1 presqu'entierement1 aprs la premiere saigne4 #c4 ,la furie du mal s'arrte un peu1 au bout de cinq ou six heures2 mais il ne faut point1 pendant ce calme1 se relcher pour les remedes3 car il revient bientt aprs avec beaucoup de force4 ,ce retour ne change rien au traitement4 ,ordinairement le bain tiede soulage pendant qu'on est dedans2 mais quoique les douleurs reviennent bientt aprs1 ce n'est point une raison pour le ngliger1 d'autant plus1 que quelquefois1 il procure un soulagement plus long4 ,on doit y tenir le malade long-tems1 profiter de ce tems pour lui faire prendre sept ou huit verres du remede ,n4 #ca1 ce qui m'a russi trs bien3 les vomissemens s'arrterent1 au sortir du bain1 le malade eut plusieurs selles prodigieuses1 qui diminuerent considrablement la force du mal4 #d4 ,si l'on se laisse effrayer par la quantit des vacuations1 qu'on veuille les arrter trop-tt1 par la thriaque1 de l'eau de menthe1 du syrop de pavot blanc1 de l'opium1 du mithridate2 il arrive de deux choses l'une1 ou l'on aigrit le mal1 comme je l'ai vu arriver2 ou si l'on russit arrter les vacuations1 on jette le malade dans un tat plus dangereux4 ,j'ai t oblig de donner un purgatif1 qui rappella le cholera1 un homme1 qu'un remede compos de thriaque1 de mithridate1 d'huile avoit jett dans une fivre violente accompagne d'un dlire furieux4 ,l'on ne doit employer ces remedes1 que quand la petitesse du pouls1 l'affoiblissement considrable1 les crampes violentes continues1 la foiblesse mme des efforts pour vomir1 font craindre que le malade ne succombe4 ,dans ces cas1 il faut donner1 tous les demi quarts d'heures1 une cuillere du remede ,n4 #di en continuant les dlayans4 ,aprs la premiere heure1 l'on n'en donne plus1 que d'heure en heure1 encore huit prises4 ,mais je ritre qu'on ne doit point venir trop-tt ce remede4 4 #cje4 ,si le malade doit gurir1 peu--peu les douleurs les vacuations diminuent1 l'altration est moindre1 le pouls reste trs vte1 mais il devient rgulier2 il y a des instans d'assoupissemens1 car le bon sommeil se fait attendre long tems4 ,il faut persister dans les mmes secours1 mais un peu moins frquemment4 ,on peut venir donner quelques bouillons farineux2 quand les vacuations sont finies1 qu'il ne reste plus de douleurs1 mais une grande foiblesse1 beaucoup de sensibilit1 on peut donner des oeufs frais1 peu ou point cuits1 pendant quelques jours1 les mmes bouillons2 ensuite on met au rgime des convalescens2 l'usage de la poudre ,n4 #ad1 hte beaucoup la convalescence4 ,,chapitre ,,xxiii4 ,de la ,diarrhe4 4 #cjf4 ,chacun connot la diarrhe1 que le peuple appelle dvoiement1 cours de ventre1 mme souvent colique4 ,il y en a de longues invteres1 qui dpendent de quelque vice essentiel1 dans la constitution4 ,je n'en parlerai pas4 ,celles qui attaquent tout--coup1 sans aucun mal prcdent1 si ce n'est quelquefois un peu de dgot1 de pesanteur dans les reins dans les genoux2 qui ne sont accompagnes ni de douleurs fortes1 ni de fivres1 7souvent mme il n'y a point de douleur du tout71 sont plutt un bien qu'un mal4 ,elles vacuent des matieres amasses ds long-tems1 corrompues1 qui1 si elles ne s'vacuoient pas1 produiroient quelque maladie4 ,bien loin d'affoiblir1 ces diarrhes rendent plus fort1 plus leger1 plus dispos4 4 #cjg4 ,il faut bien se garder de les arrter2 elles finissent ordinairement d'elles-mmes1 quand toutes les matieres nuisibles sont vacues4 ,elles ne demandent aucun remede1 il faut seulement diminuer considrablement la quantit des alimens1 se priver de viande1 d'oeufs1 de vin2 ne vivre que de quelques soupes1 de quelques legumes1 ou d'un peu de fruit1 crud ou cuit2 boire plus qu' l'ordinaire4 ,une ptisane de capillaire est trs suffisante dans ce cas4 ,il ne faut ni thriaque1 ni confection1 ni autres drogues de cette espece4 4 #cjh4 ,s'il arrive qu'aprs cinq ou six jours1 le mal dure encore1 qu'il affoiblisse le malade1 que les douleurs deviennent un peu trop fortes1 surtout si les envies d'aller la selle devenoient plus frquentes1 alors il faudroit l'arrter4 ,pour cela on mettroit le malade tout--fait au rgime2 si la diarrhe toit accompagne d'un grand dgot1 de soulevemens de coeur1 d'ordures sur la langue1 de mauvais got la bouche1 on lui donneroit la poudre ,n4 #cd4 ,si ces accidens ne se trouvoient pas1 on lui donneroit celle ,n4 #ej3 pendant trois heures1 on lui feroit prendre toutes les demi heures1 une tasse de bouillon foible4 ,si la diarrhe1 arrte par ce remede1 revenoit au bout de quelques jours2 ce seroit une preuve qu'il y a quelque matiere tenace1 qui n'a pas encore t vacue4 ,il faudroit en ce cas1 purger avec un des remedes ,n4 #ba1 #bb1 #df1 ensuite donner jeun1 pendant deux matins1 la moiti de la poudre ,n4 #ej4 ,le soir du jour que le malade a pris le remede ,n4 #cd1 ou celui ,n4 #ej1 ou qu'il a t purg1 on peut lui donner une prise de thriaque4 4 #cji4 ,souvent on nglige les diarrhes pendant long-tems1 sans observer mme aucun rgime2 elles se perptuent affoiblissent entierement le malade4 ,il faut1 dans ces cas l1 commencer par le remede ,n4 #cd2 ensuite1 on donne de deux jours l'un1 quatre fois de suite1 celui ,n4 #ej3 pendant tout ce tems-l1 le malade ne vit que de panades 7voyez 4 #ce71 ou de ris cuit au bouillon4 ,l'on met avec succs1 sur l'estomac1 une empltre stomachique1 ou une flanelle1 souvent trempe dans une dcoction d'herbes fortes1 cuites avec du vin4 ,il faut viter le froid l'humidit4 ,,chapitre ,,xxiv4 ,de la ,dyssenterie4 4 #caj4 ,la dyssenterie est un flux de ventre1 accompagn d'un mal-aise gnral1 de fortes tranches1 d'envies frquentes d'aller la selle4 ,ordinairement il y a un peu de sang dans les selles2 mais cela n'arrive pas toujours1 n'est point ncessaire pour constituer la dyssenterie3 celle o il n'y en a point1 n'est pas moins dangereuse que l'autre4 4 #caa4 ,la dyssenterie est ordinairement pidmique2 elle commence quelquefois la fin de ,juillet1 plus souvent au mois d',aot1 finit quand les geles commencent4 ,les grandes chaleurs rendent le sang la bile cres2 tant qu'elles durent1 la transpiration se fait2 mais ds qu'elles diminuent1 surtout le soir le matin1 elle se fait moins bien1 d'autant plus que les humeurs ont acquis de l'paississement2 alors cette humeur cre arrte se rejette sur les intestins1 les irrite2 les douleurs les vacuations surviennent4 ,cette dyssenterie est de tous les tems de tous les pas4 ,si cette cause il s'en joint d'autres1 sur-tout la runion d'un grand nombre de gens dans un endroit trop serr1 tel que les hpitaux1 les camps1 les prisons1 cela porte dans les humeurs un principe de malignit1 qui1 s'alliant la cause de la dyssenterie1 rend cette maladie plus fcheuse4 4 #cab4 ,le mal commence par un froid gnral qui dure quelques heures1 plutt que par un frisson2 le malade s'affoiblit1 il souffre des douleurs vives dans le ventre1 qui quelquefois durent plusieurs heures avant que les vacuations viennent4 ,l'on a des vertiges1 des envies de vomir2 l'on plit2 le pouls n'est cependant que peu ou point fivreux2 mais ordinairement petit4 ,enfin les selles surviennent1 les premieres ne sont souvent que des matieres liquides jauntres2 mais bientt elles ne sont mles que de glaires1 ces glaires souvent teintes de sang4 ,leurs couleurs varient1 elles sont brunes1 vertes1 noires1 plus ou moins liquides1 foetides4 ,les douleurs augmentent avant chaque selle1 les selles deviennent trs frquentes4 ,l'on en a jusqu' huit1 dix1 douze1 quinze par heures2 alors le fondement s'irrite1 le tenesme 7qui est une envie d'aller la selle1 quoiqu'il n'y ait point de matiere71 se joint la dyssenterie1 occasionne une chte du fondement4 ,l'tat du malade est trs cruel4 ,l'on rend quelquefois des vers1 des glaires paissies qui ressemblent des morceaux d'intestins1 quelquefois des grumeaux de sang4 ,si le mal devient trs fcheux1 les boyaux s'enflamment2 il se forme des suppurations1 des gangrennes2 l'on rend du pus1 des eaux noires puantes2 le hoquet survient1 le malade rve1 son pouls s'affoiblit2 il tombe dans des sueurs froides dans des dfaillances qui finissent par la mort4 ,quelquefois il survient une espece de phrnsie ou dlire violent1 avant le dernier moment4 ,j'ai vu chez deux sujets1 un symptme assez rare2 c'est une impossibilit d'avaler1 trois jours avant la mort4 ,mais le mal n'est pas ordinairement de cette violence2 les selles ne sont pas si frquentes2 cela va de vingt-cinq quarante dans le jour4 ,les matieres sont mles de moins de choses trangeres1 de peu de sang4 ,le malade conserve quelques forces2 peu--peu les selles diminuent1 le sang disparot1 les matieres s'paississent1 l'apptit le sommeil reviennent1 le malade se remet4 ,il y a beaucoup de malades qui n'ont point de fivre point d'altration1 qui est peut-tre moins ordinaire dans cette maladie1 que dans une diarrhe ordinaire4 ,les urines sont quelquefois peu abondantes1 plusieurs malades ont des envies d'uriner inutiles4 4 #cac4 ,le grand remede de cette maladie1 c'est l'mtique4 ,le remede ,n4 #cc1 quand il n'y a point de raison de ne pas l'employer1 pris ds les commencemens1 emporte souvent le mal d'abord1 toujours l'abrge beaucoup4 ,le remede ,n4 #cd1 n'est pas moins efficace dans cette maladie2 il en a t regard long tems comme le spcifique4 ,il ne l'est pas1 mais il est trs utile4 ,si aprs qu'ils ont produit leur effet1 les selles sont moins frquentes1 c'est une trs bonne marque4 ,si elles ne diminuent point1 il est craindre que la maladie ne soit longue opinitre4 ,l'on met le malade au rgime1 l'on vite avec grand soin surtout toute viande1 jusqu' l'entiere gurison de la maladie4 ,la ptisane ,n4 #c1 est la meilleure boisson4 ,le lendemain de l'mtique1 on lui donne le remede ,n4 #ej1 en deux prises4 ,on le laisse un jour sans autre remede que la ptisane2 on ritere la rhubarbe2 alors ordinairement la force du mal est passe2 on continue la diette pendant quelques jours1 l'on met le malade au rgime des convalescens4 4 #cad4 ,quelquefois la dyssenterie s'annonce avec une fivre inflammatoire1 un pouls fivreux1 dur1 plein1 un violent mal de tte de reins1 le ventre tendu4 ,dans ces cas1 il faut faire une saigne1 donner tous les jours trois1 mme quatre lavemens ,n4 #f1 ou plus1 boire beaucoup de la ptisane ,n4 #c4 ,quand toute crainte d'inflammation est absolument passe1 on vient au traitement marqu dans le paragraphe prcdent4 ,j'ai guri plusieurs dyssenteriques1 en ne leur ordonnant pour tout remede1 qu'une tasse d'eau tiede tous les quarts-d'heure2 il vaudroit mieux s'en tenir ce remede1 qui ne peut tre qu'utile1 que d'en employer d'autres dont on ignore les effets1 qui en produisent souvent de trs dangereux4 4 #cae4 ,il arrive aussi que la dyssenterie se joint une fivre putride2 ce qui oblige donner1 aprs l'mtique1 les purgatifs ,n4 #bb ou #df1 plusieurs doses du ,n4 #bc1 avant que d'en venir la rhubarbe4 ,le ,n4 #ca est excellent dans ce cas4 ,en #agee1 il y eut ici1 en automne1 quand l'pidmie nombreuse de fivres putrides commena cesser1 un grand nombre de dyssenteries1 qui avoient beaucoup de rapport avec ces fivres4 ,je commenai par le remede ,n4 #cc1 ensuite je donnai le ,n4 #ca4 ,je ne fis prendre la rhubarbe qu' trs peu de malades sur la fin de la maladie4 ,presque tous furent guris au bout de quatre ou cinq jours4 ,un petit nombre1 qui je n'avois pas p donner l'mtique1 ou qui avoient quelque complication1 languirent assez long temps2 mais sans danger4 4 #caf4 ,quand la dyssenterie est complique avec des symptmes de malignit 7voyez 4 #bbg471 l'on emploie1 avec succs1 aprs le remede ,n4 #cd1 ceux ,n4 #cg #ci4 4 #cag4 ,quand le mal a dja dur plusieurs jours1 sans remede ou avec de mauvais remedes1 il faut se conduire tout comme s'il commenoit1 moins qu'il ne ft survenu des accidens trangers la maladie4 4 #cah4 ,cette maladie a quelquefois des rechtes au bout de quelques jours2 elles sont presque toutes occasionnes ou par le manque de diette1 ou par l'air froid1 ou par l'chauffement4 ,on les prvient en vitant ces causes2 on les gurit en se mettant au rgime en prenant une prise du remede ,n4 #ej4 ,si sans aucune cause sensible1 le mal revenoit1 s'annonoit comme une nouvelle maladie1 il faudrait la traiter comme telle4 4 #cai4 ,quelquefois elle est complique avec une fivre d'accs2 il faut gurir premierement la dyssenterie1 et ensuite la fivre4 ,si cependant les accs de fivre toient violens1 on donneroit le quinquina 7voyez 4 #bda74 4 #cbj4 ,un prjug pernicieux1 dont l'on est encore gnralement imbu1 c'est que les fruits sont nuisibles dans la dyssenterie1 qu'ils la procurent1 qu'ils l'augmentent4 ,il n'y a peut-tre point de prjug plus faux4 ,les mauvais fruits1 les fruits mal mrs dans les mauvaises annes1 peuvent occasionner des coliques1 quelquefois des diarrhes1 plus souvent des constipations1 des maladies des nerfs de la peau2 jamais la dyssenterie pidmique4 ,les fruits mrs de quelques especes qu'ils soient1 surtout ceux d't1 sont le vrai prservatif de cette maladie4 ,le plus grand mal qu'ils puissent faire1 c'est1 en fondant les humeurs1 sur-tout la bile paissie s'il y en a1 dont ils sont le vrai dissolvant1 d'occasionner une diarrhe2 mais cette diarrhe mme mettroit l'abri de cette dyssenterie4 ,l'anne derniere la prcdente ont t extrmement abondantes en fruits2 point de dyssenterie4 ,on croit mme remarquer qu'elle est plus rare moins fcheuse qu'autrefois2 l'on ne peut assurment l'attribuer1 si le fait est vrai1 qu'aux nombreuses plantations d'arbres1 qui ont rendu les fruits extrmement communs4 ,toutes les fois que j'ai vu des dyssenteries1 j'ai mang moins de viande beaucoup de fruits2 je n'en ai jamais eu la plus legere attaque4 ,plusieurs ,mdecins suivent la mme mthode4 ,j'ai vu onze malades dans une maison2 neuf furent dociles1 mangerent des fruits2 ils gurirent4 ,la grand'-mere un enfant1 qu'elle aimoit mieux que les autres1 prirent4 ,elle conduisit d'abord l'enfant sa mode1 avec du vin brl1 de l'huile1 quelques aromates point de fruit2 il mourut4 ,elle se conduisit de la mme faon1 eut le mme sort4 ,dans une campagne prs de ,berne1 en #agej1 dans le tems que la dyssenterie faisoit beaucoup de ravages1 que l'on dfendoit svrement les fruits2 de onze personnes qui composoient la maison1 dix mangerent beaucoup de prunes1 ne furent point attaques4 ,le cocher1 seul docile au prjug1 s'en abstint soigneusement1 eut une dyssenterie terrible4 ,cette maladie dtruisoit un rgiment ,suisse1 qui se trouvoit en garnison dans les ,provinces mridionales de ,france2 les ,capitaines acheterent le fruit de plusieurs arpens de vignes3 l'on y portoit les soldats malades2 l'on cueilloit du raisin pour ceux qui ne pouvoient pas tre ports2 les sains ne mangeoient rien autre chose4 ,il n'en mourut pas un seul1 il n'y en eut plus d'attaqus4 ,un ,ministre toit attaqu d'une dyssenterie1 que les remedes qu'il prenoit ne gurissoient point2 il vit par hasard des groseilles rouges2 il en eut envie1 il en mangea trois livres depuis sept heures du matin jusqu' neuf3 il fut dja mieux ce jour-l1 entirement guri le lendemain4 ,je pourrois accumuler un grand nombre de faits pareils3 ceux-l suffiront pour convaincre les plus incrdules1 il m'a paru important de le faire4 ,loin de s'interdire les fruits quand la dyssenterie rgne1 l'on peut en manger davantage4 ,les ,directeurs de la ,police1 loin de les prohiber1 doivent en faire fournir les marchs2 c'est une vrit que les gens instruits ne rvoquent plus en doute nulle part4 ,l'exprience la dmontre1 elle est fonde en raison1 puisque les fruits remdient toutes les causes des dyssenteries4 4 #cba4 ,il est extrmement important que les malades aillent la selle dans des endroits part1 parceque les excrmens sont trs contagieux2 s'ils vont sur des bassins1 on doit les sortir trs promptement de la chambre1 dans laquelle on doit renouveller continuellement l'air1 brler beaucoup de vinaigre4 ,il est aussi trs ncessaire de changer souvent les linges2 sans ces prcautions1 la maladie devient plus mauvaise1 elle attaque ceux qui habitent la mme maison4 ,il seroit fort souhaiter qu'on pt convaincre le peuple de ces vrits4 ,monsieur ,,boerhaave conseilloit1 quand la dyssenterie toit pidmique1 de mettre de l'eau-de-vie dans toute l'eau qu'on boit4 4 #cbb4 ,je ne sais par quelle fatalit il n'y a point de maladie pour laquelle on conseille un plus grand nombre de remedes diffrens2 il n'y a personne qui ne vante le sien1 qui ne l'leve au-dessus des autres1 qui ne promette hardiment de gurir en quelques heures une maladie longue1 dont il n'a aucune ide juste1 avec un remede dont il ignore parfaitement les effets4 ,le malade souffrant1 inquiet1 impatient1 prend de toutes mains1 s'empoisonne par peur1 par ennui1 ou par complaisance4 ,de ces diffrens remedes1 il y en a qui ne sont qu'indiffrens1 d'autres sont pernicieux4 ,je n'entreprendrai point de rapporter ceux-mmes que je connois2 mais aprs avoir ritr que la seule vritable mthode est celle que j'ai indique1 qui a pour but d'vacuer les matieres2 que celles qui ne vont pas ce but1 sont mauvaises1 je me borne avertir que la pire de tous1 c'est celle qui est la plus gnralement suivie1 qui consiste arrter les vacuations par des remedes adstringens1 ou ceux qu'on tire de l'opium2 mthode mortelle1 qui tue1 toutes les annes1 un grand nombre de personnes1 qui en jette d'autres dans des maux incurables4 ,en empchant l'vacuation de ces matieres1 en renfermant le loup dans la bergerie1 il arrive ou que cette matiere irrite les intestins1 les enflamme1 de l'inflammation naissent les douleurs horribles1 la vraie colique inflammatoire1 ensuite ou la gangrenne la mort1 ou un squirrhe1 qui dgnere en cancer 7j'ai vu ce cas horrible72 ou un abcs1 la suppuration1 un ulcere2 ou elle se jette ailleurs1 produit des squirrhes au foie1 des asthmes1 l'apoplexie1 l'pilepsie ou mal-caduc1 des douleurs de rhumatismes horribles1 des maux d'yeux des maux de peau incurables4 ,telles sont les suites de tous les remedes adstringens1 de ceux qu'on donne pour faire dormir2 thriaque1 mithridate1 diascordium1 quand on les donne trop tt4 ,j'ai t appell pour un rhumatisme cruel1 qui avoit succed immdiatement un mlange de thriaque d'eau de plantain donn le second jour d'une dyssenterie4 ,ceux qui ordonnent ces remedes1 en ignorent sans doute les consquences2 il suffira j'espere de les leur avoir fait connoitre4 4 #cbc4 ,l'abus des purgatifs a aussi ses dangers4 ,l'on dtermine toutes les humeurs se jetter sur les parties malades2 le corps s'puise1 les digestions ne se font plus1 les boyaux s'affoiblissent2 quelquefois mme il s'y fait de legeres ulcerations2 il nait des diarrhes presqu'incurables1 qui tuent aprs plusieurs annes de souffrances4 4 #cbd4 ,si les vacuations sont excessives1 le mal long1 on tombe dans l'hydropisie2 mais en l'attaquant d'abord1 on peut la dissiper4 ,,chapitre ,,xxv4 ,la ,galle4 4 #cbe4 ,la galle est une maladie contagieuse par l'attouchement de la personne1 ou des habits2 mais non point par l'air2 ainsi en vitant ces moyens d'infection1 on peut tre sr de ne pas la prendre4 ,quoique toutes les parties du corps puissent en tre attaques1 la galle se montre d'ordinaire1 d'abord aux mains1 principalement entre les doigts4 ,il paroit au commencement1 une ou deux pustules1 qui sont remplies d'une espece d'eau claire1 qui donnent des dmangeaisons trs incommodes4 ,si on perce ces pustules en les grattant1 l'eau qui en dcoule1 communique le mal aux parties voisines4 ,dans le commencement1 on ne peut gueres distinguer la galle1 moins qu'on ne soit bien au fait de ce mal2 mais dans son progrs1 les pustules augmentent en nombre1 en grandeur4 ,lorsqu'on les ouvre en les grattant1 il s'y forme des croutes dgotantes1 le mal gagne toute la superficie du corps4 ,si elles durent long-tems1 elles forment de petits ulceres1 elles sont en mme-tems trs contagieuses4 4 #cbf4 ,le mauvais rgime1 surtout l'abus du sal des fruits mal mrs2 la malpropret occasionnent cette maladie4 ,quand elle paroit chez une personne1 sans qu'on puisse souponner qu'elle l'a gagne par contagion1 il faut commencer par lui retrancher absolument le sal1 les choses aigres1 les graisses1 les piceries4 ,on lui fait boire une ptisane de racine de chicore amere1 ou celle ,n4 #be1 dont on prend cinq ou six verres par jour2 on purge avec le ,n4 #ba1 ou avec une once de sel de ,sedlitz4 ,on continue le rgime3 on repurge au bout de six ou sept jours2 ensuite on frotte toutes les parties malades1 les environs1 le matin jeun1 avec le quart de l'onguent ,n4 #ea4 ,le lendemain1 le surlendemain1 le quatrieme jour1 on frotte de nouveau3 ensuite on emploie une seconde dose d'onguent1 en frottant seulement de deux jours l'un4 ,il est rare que ces remedes n'emportent pas le mal2 mais quelquefois1 il revient4 ,il faut repurger1 revenir l'onguent1 dont j'ai prouv1 dont j'prouve tous les jours les bons effets4 ,si le mal est gagn par contagion1 l'on peut hardiment employer l'onguent ds qu'on s'en apperoit1 sans l'avoir fait prceder d'aucun purgatif4 ,mais au contraire1 quand on a nglig long-tems le mal1 qu'il est parvenu un degr considrable1 il faut que le malade ait t long-tems au rgime que j'ai indiqu1 qu'il ait t purg avant que d'en venir l'onguent2 dans ces cas1 j'ai toujours commenc par l'onguent ,n4 #bg1 dont on emploie le demi quart tous les matins4 ,souvent mme je n'emploie point l'autre1 j'ai toujours trouv ce dernier tout aussi sr1 mais un peu plus lent4 4 #cbg4 ,pendant qu'on prend des remedes1 il faut viter le froid l'humidit1 sur-tout quand on fait usage du remede ,n4 #bg1 dans lequel il entre du mercure1 qui pourroit1 si l'on ngligeoit ces prcautions1 occasionner de l'enflure la gorge1 aux gencives1 mme une salivation4 ,cet onguent a un avantage sur l'autre1 c'est qu'il n'a point d'odeur1 qu'on peut mme lui donner une odeur agrable2 mais il est trs difficile de dguiser celle de l'autre4 ,il faut aussi changer souvent de linge2 mais il faut viter de changer d'habit2 parceque1 les habits s'infectant1 ceux qu'on a port pourroient redonner la galle1 quand on les reprendroit aprs tre guri4 ,il faut parfumer de soufre les chemises1 culotes1 bas1 avant qu'on les mette2 mais cette fumigation doit se faire en plein air4 4 #cbh4 ,quand cette maladie dure trs long-tems1 elle puise le malade par l'insomnie1 l'inquitude1 des dmangeaisons1 quelquefois la fivre4 ,le malade maigrit extrmement4 ,dans ces cas1 il faut1 aprs un purgatif doux1 ordonner quelques bains tiedes4 ,on met le malade au rgime des convalescens1 en mme-tems on lui fait prendre1 soir matin1 la poudre ,n4 #eb1 pendant quinze jours4 ,souvent la maladie est rebelle1 il faut varier les remedes suivant les circonstances2 dtail dans lequel je ne puis pas entrer4 4 #cbi4 ,aprs quelques purgatifs1 des bains soufrs1 tels que ceux d',yverdun1 gurissent trs souvent4 ,et les simples bains froids de rivieres ou de lac1 ont emport des galles trs rebelles4 ,il n'y a rien qui entretienne plus long-tems la galle1 que l'abus des eaux chaudes4 4 #ccj4 ,je ritre1 qu'on ne doit jamais employer tourdiment l'onguent ,n4 #ea1 ou les autres remedes qui font disparotre la galle4 ,il n'y a point de maux qu'on n'ait vu suivre la trop prompte gurison de cette maladie par des remedes extrieurs1 employs avant que d'avoir vacu un peu diminu l'cret des humeurs4 ,,chapitre ,,xxvi4 ,avis pour les ,femmes4 4 #cca4 ,les femmes sont sujettes toutes les maladies que je viens de dcrire1 leur sexe les expose quelques autres qui dpendent de quatre causes principales2 les regles1 les grossesses1 les couches1 les suites de couches4 ,je ne pense point traiter ici de toutes ces maladies2 elles exigeroient un volume plus gros que celui-ci1 je suis oblig de me borner des avis gnraux1 sur ces quatre objets4 4 #ccb4 ,la nature1 qui destinoit les femmes lever le genre humain dans leur sein1 les a assujetties un coulement de sang priodique1 qui est la source d'o l'enfant tirera un jour sa subsistance4 ,cette vacuation commence gnralement dans ce pays entre quatorze seize ans4 ,souvent1 avant qu'elle paroisse1 les jeunes filles sont pendant long-tems dans un tat de langueur1 qu'on appelle chlorose1 oppilation1 ples couleurs2 quand elle tarde trop venir1 elles tombent dans des maladies trs graves1 fort souvent mortelles4 ,mais on attribue cependant1 fort mal--propos1 cette cause1 tous les maux auxquels le sexe est sujet2 ils dpendent d'une autre1 dont les oppilations mmes ne sont souvent que l'effet2 c'est la foiblesse qui lui est naturelle ncessaire4 ,les fibres des femmes1 destines ceder1 quand elles seront tendues par tout le volume de l'enfant1 de ses accompagnemens1 volume souvent trs considerable1 devoient tre moins roides1 moins fortes1 plus lches que celles des hommes2 par-l-mme la circulation se fait chez elles avec moins de force2 le sang est moins pais1 plus aqueux2 les humeurs ont plus de panchant croupir dans les visceres1 former des engorgemens4 ,l'on prviendroit les maux auxquels cette constitution peut conduire1 en aidant la foiblesse des mouvemens naturels1 par les mouvemens trangers1 que fournit l'exercice3 mais ce secours1 qui seroit plus ncessaire aux femmes qu'aux hommes1 leur manque3 on les applique aux ouvrages du menage1 qui exercent beaucoup moins que ceux auxquels la vocation des hommes les appelle4 ,elles se donnent peu de mouvement2 la disposition naturelle s'accroit1 elle devient alors maladive3 le sang ne circule pas2 il perd ses qualits2 les humeurs croupissent par tout2 aucune fonction ne se fait bien4 ,elles commencent languir1 quelquefois trs jeunes1 plusieurs annes avant qu'il soit question des regles4 ,la langueur les rend paresseuses2 le mouvement les fatigue un peu1 elles n'en prennent point4 ,il seroit le remede de ce mal commenant2 mais le remede est un peu difficile prendre1 elles le rejettent1 le mal augmente4 ,l'apptit se drange comme les autres fonctions3 elles en ont peu2 les alimens ordinaires ne le reveillent point1 elles se livrent des fantaisies1 qui achevent de ruiner l'estomac1 les digestions1 la sant4 ,quelques annes s'coulent1 le tems des regles approche1 elles ne paroissent point3 premierement1 parceque la sant est trop affoiblie pour tablir cette nouvelle fonction1 dans le tems que toutes les autres languissent3 secondement1 parcequ'elles ne sont point ncessaires4 ,elles sont destines vacuer1 hors de la grossesse1 le sang superflu que la femme est destine produire1 afin qu'elle ne fournisse pas de son ncessaire l'enfant2 il se passe bien du tems avant que ce sang superflu existe chez les filles languissantes4 ,cependant le mal augmente1 parceque toute maladie1 qui ne gurit pas1 fait des progrs journaliers3 on l'attribue la suppression2 on se trompe3 la maladie ne vient point toujours de la suppression2 la suppression vient de la maladie4 ,cela est si vrai1 que lors mme que cette vacuation arrive1 si la foiblesse subsiste1 les malades n'en sont pas mieux1 au contraire2 souvent l'on voit de jeunes garons1 qui ayant reu de la nature une constitution1 de leurs parens une ducation fminines1 ont les mmes maux que les jeunes filles oppiles4 ,les filles de la campagne1 qui menent souvent le genre de vie des hommes1 sont moins sujettes ce mal que celles de la ville4 4 #ccc4 ,qu'on ne s'y trompe donc point3 tous les maux des jeunes filles ne viennent point du manque des regles2 mais il y en a1 qui en viennent rellement4 ,c'est quand une jeune fille forte1 robuste1 bien portante1 qui il reste peu crotre1 qui a beaucoup de sang1 n'a point cette vacuation dans l'ge marqu2 alors ce superflu de sang occasionne mille maux1 beaucoup plus violens que ceux qui dpendent de la cause prcdente4 ,les filles de la campagne sont plus sujettes cette espece d'oppilation1 que celles de la ville2 c'est ce qui procure ces maladies singulieres qui paroissent surnaturelles au peuple2 que1 par l-mme1 il attribue aux sortileges4 4 #ccd4 ,les regles venues1 elles se suppriment souvent1 il n'y a aucune maladie quelconque1 que cette suppression n'ait produite4 ,elles se suppriment souvent1 dans le cas du 4 #ccb1 par la continuation de la maladie1 qui avoit mis obstacle leur arrive2 trs souvent par d'autres causes1 telles que le froid1 l'humidit1 une passion trop forte1 une peur violente1 des alimens trop froids1 ou indigestes1 ou trop chauds1 un exercice port trop loin1 les veilles4 ,les accidens que ces suppressions occasionnent1 sont quelquefois plus violens1 que ceux qui prcedent la premiere venue4 4 #cce4 ,ces mmes regles peuvent tre trop abondantes1 elles jettent dans des maladies trs graves2 mais je n'en parlerai pas4 4 #ccf4 ,enfin1 lors mmes qu'elles sont les plus rgulieres1 aprs avoir dur un certain nombre d'annes 7il est rare que cela aille trente-cinq71 elles finissent naturellement ncessairement entre quarante cinq cinquante ans1 quelquefois mme plutt1 rarement pltard1 l'poque de cette cessation est ordinairement fcheuse pour les femmes qui ont eu ou qui ont des maladies dpendantes du drangement des regles4 4 #ccg4 ,jusqu' prsent l'on ne voit que les maux que cette vacuation procure4 ,il n'en est pas moins vrai que quand elle se fait bien rgulierement1 elle contribue beaucoup la sant du sexe1 dont l'objet principal doit donc tre de l'entretenir dans un bon ordre4 ,l'on prvient les maux 4 #ccb1 en vitant les causes qui les produisent1 #a4 en faisant prendre beaucoup de mouvement aux jeunes filles1 surtout ds que l'on remarque la plus legere atteinte du mal4 #b4 ,en ayant l'oeil sur elles1 pour qu'elles ne mangent point de choses contraires1 non-seulement en alimens1 mais en toutes autres choses1 puisqu'il y a peu de corps dans la nature qui n'aient t l'objet de leur bisarre fantaisie4 ,les alimens gras1 pteux1 farineux1 aigres1 aqueux1 leur sont nuisibles4 ,les ths d'herbes qu'on leur fait souvent boire pour les gurir1 suffiroient pour leur procurer la maladie4 ,si on veut leur faire boire des infusions de quelques herbes1 qu'elles boivent froid4 ,la meilleure boisson pour elles1 c'est l'eau de ,forges l'eau minerale ferrugineuse4 #c4 ,il faut viter les remedes chauds1 cres1 destins uniquement forcer les regles4 ,ils font quelquefois des maux affreux1 ne font jamais de bien4 ,ils sont surtout d'autant plus pernicieux1 que la malade est plus jeune4 #d4 ,si cependant le mal empire1 il faut leur ordonner quelques remedes1 non point des purgatifs1 des dlayans1 des bouillons d'herbes1 des sels1 je ne sais combien d'autres choses nuisibles2 mais la limaille de fer1 qui est le vrai remede de ces maux4 ,il faut prendre la limaille de vrai fer1 non point celle d'acier1 faire attention qu'elle ne soit point rouille2 ds qu'elle l'est1 elle n'a presque plus aucune efficacit4 ,dans les commencemens du mal1 pour les jeunes filles1 il suffit d'en donner quinze ou vingt grains par jour1 en y joignant l'exercice une diette convenable4 ,quand le mal est plus grave la malade moins jeune1 on peut aller hardiment jusqu' un quart d'once4 ,on fait bien de joindre la limaille quelques amers1 ou quelques aromates2 voyez les recettes ,n4 #ec1 #ed1 #ef4 ,quand on se propose de dterminer les rgles1 on peut employer le ,n4 #ed1 qui russit ordinairement4 4 #cch4 ,pendant que l'on prend ce remede1 il ne faut prendre aucune des choses que j'ai dfendues dans les 4 prcdens1 l'on doit en aider l'effet par le mouvement4 ,celui des voitures un peu rudes qui secouent1 est trs salutaire3 celui de la danse l'est aussi beaucoup1 moyennant qu'il ne soit pas port jusqu' l'excs4 4 #cci4 ,quand le mal a des rechutes1 on se conduit tout comme si c'toit une premiere attaque4 ,mais le cas du 4 #cbg1 demande une conduite trs diffrente4 ,la saigne1 qui est pernicieuse dans la premiere espece1 dont l'usage jette plusieurs jeunes filles dans une langueur incurable1 a souvent emport cette espece dans le moment4 ,les bains de pied tiedes1 les poudres ,n4 #bj1 le petit lait1 ont souvent russi2 mais il faut souvent des soins appropris chaque cas particulier3 c'est pourquoi on doit consulter un ,mdecin4 4 #cdj4 ,quand les rgles cessent par l'ge 74 #ccf71 si elles cessent tout--coup1 si elles toient abondantes auparavant1 il faut ncessairement faire une saigne1 la ritrer tous les six1 ou mme tous les quatre1 ou tous les trois mois4 ,diminuer la quantit des alimens1 sur-tout de la viande du vin2 augmenter l'exercice2 prendre souvent1 le matin jeun1 la poudre ,n4 #bc1 qui est excellente dans ce cas4 ,si cette cessation est annonce1 ou accompagne1 comme il arrive souvent1 de pertes abondantes1 la saigne n'est pas aussi ncessaire2 mais le rgime la poudre ,n4 #bc le sont beaucoup2 il faut y joindre1 de tems-en-tems1 la purgation ,n4 #bb4 ,les remedes adstringens donns cette poque1 occasionnent des cancers de matrice4 ,il prit plusieurs femmes cet ge1 parcequ'il est trs ais de leur faire du mal2 ce qui doit les rendre trs prudentes sur tous les remedes qu'elles font2 mais aussi il arrive souvent que leur constitution change leur avantage2 leurs fibres deviennent plus fortes2 elles se trouvent plus robustes1 plusieurs petites infirmits finissent1 elles jouissent ensuite d'une vieillesse trs heureuse4 ,le rgime que je viens d'indiquer1 la poudre ,n4 #bc1 la boisson ,n4 #ca1 conviennent beaucoup dans presque toutes les pertes habituelles 7je parle des femmes du peuple7 quelqu'ge que ce soit4 4 #cda4 ,je finis cet article par un avis gnral4 ,si les femmes savoient combien il leur importe de se mnager pendant le tems des rgles1 il n'y en a pas une qui1 ds la premiere fois jusqu' la derniere1 n'observt un rgime trs scrupuleux2 voyez 4 #ccd4 ,leur conduite cette poque dcide de leur sant1 l'on peut dire de leur bonheur ou de leur malheur1 1 souvent de celui des personnes avec qui elles ont vivre4 ,plus elles sont jeunes dlicates1 plus il leur importe de se mnager4 ,je sais que la robuste campagnarde se mnage peu1 ne s'en trouve pas toujours mal2 mais je pourrois cependant produire une longue liste de celles qui se sont jettes1 par leur imprudence1 dans les situations les plus tristes4 ,l'importance de la matiere1 fait que cet article est d'une longueur disproportionne celle de l'ouvrage4 ,grossesse4 4 #cdb4 ,les grossesses sont gnralement beaucoup plus heureuses dans les campagnes qu' la ville4 ,les paysanes sont cependant aussi sujettes aux maux de coeur aux vomissemens le matin1 aux maux de tte aux maux de dents4 ,ces maux cedent la saigne1 qui est presque le seul remede dont elles aient besoin4 4 #cdc4 ,quelquefois aprs avoir port des fardeaux trop pesans1 avoir fait des travaux violens1 avoir soutenu des cahotemens trop forts1 avoir fait quelque chte1 elles sont attaques de violentes douleurs de reins1 qui se rpandent jusques sur les cuisses1 aboutissent tout--fait au bas du ventre4 ,le danger de se blesser est trs grand4 ,il faut pour prvenir cet accident1 qu'elles se mettent sur le champ au lit1 qu'elles se couchent sur la paillasse si elles n'ont point de matelas1 la plume est trs mauvaise dans ce cas2 qu'on leur fasse une ample saigne2 qu'elles restent plusieurs jours dans cette situation1 ne bougeant ne parlant presque point2 ne prenant ni viande1 ni bouillon1 ni oeufs1 mais vivant uniquement de quelques soupes farineuses2 prenant1 de deux en deux heures1 la moiti de la poudre ,n4 #bj1 ne buvant que de la ptisane ,n4 #b4 ,il y a des femmes robustes1 sanguines1 qui sont sujettes se blesser une certaine poque3 elles prviennent cet accident1 en se faisant saigner quelques jours avant cette poque1 en observant un rgime tel que je viens de l'indiquer4 ,mais cette mthode ne vaudroit rien pour les femmes dlicates de la ville1 qui se blessent par une toute autre cause4 ,couches4 4 #cdd4 ,l'on remarque qu'il prit plus de femme la campagne1 dans le tems de l'accouchement1 cela par le manque des bons secours l'abondance des mauvais2 qu'il en meurt plus en ville1 aprs les couches1 par une suite de la mauvaise sant4 ,le besoin de sages-femmes un peu claires1 dans la plus grande partie du pays1 est un malheur trop prouv1 qui a les suites les plus horribles1 qui demanderoit toute l'attention de la police4 ,les fautes qui se commettent dans le tems des accouchemens sont sans nombre1 trop souvent sans remede4 ,il faudroit un livre exprs1 comme on en a donn dans quelques pays1 pour donner les moyens propres les prvenir1 il faudroit avoir form des sages-femmes capables de les comprendre4 ,tout cela sort du plan que je me suis propos4 ,j'indiquerai seulement une des causes qui font le plus de mal2 c'est l'usage des choses chaudes que l'on donne ds que l'accouchement est pnible ou lent2 castor1 teinture de castor1 safran1 sauge1 rhue1 sabine1 huile d'ambre1 vin1 thriaque1 vin brl avec des aromates1 caff1 eau-de-vie4 ,toutes ces choses sont de vrais poisons qui1 bien loin de hter l'accouchement1 le rendent plus difficile1 en enflammant la matrice qui ne peut plus se contracter1 les parties qui servent de passage1 qui par-l mme se gonflent1 rtrcissent les voies1 ne peuvent plus prter4 ,d'autrefois il survient une hmorrhagie1 qui tue en peu d'heures4 4 #cde4 ,l'on sauveroit un grand nombre de meres d'enfans1 par une mthode directement contraire4 ,ds qu'une femme bien portante avant ses couches1 robuste1 bien faite1 se trouveroit en travail1 que le travail parotroit douloureux difficile1 bien loin d'encourager la femme des efforts prcoces qui perdent tout1 de les aider par les remedes destructifs dont je viens de parler1 il faut leur ordonner une saigne du bras1 qui prviendra l'engorgement l'inflammation1 calmera les douleurs1 relchera les parties1 tout se disposera mieux4 ,l'on ne doit pas donner d'autre nourriture1 qu'un peu de panade toutes les trois heures1 de l'eau pane autant que la malade en veut4 ,on donne1 de quatre en quatre heures1 un lavement avec une dcoction de mauve un peu d'huile2 dans l'intervalle on fait mettre sur un vase plein d'eau chaude pour recevoir la vapeur2 l'on frotte le passage avec un peu de beure1 l'on tient sur le ventre des fomentations d'eau chaude2 ce sont les plus efficaces4 ,en suivant cette route1 non-seulement les sages-femmes ne font point de mal2 mais elles laissent la nature le tems de faire du bien2 un grand nombre d'accouchemens qui paroissoient difficiles1 se terminent heureusement1 l'on a au moins le tems d'aller chercher des secours2 d'ailleurs les suites des couches sont heureuses4 ,au lieu qu'en suivant la mthode chauffante1 lors mme que l'accouchement est fait1 la mere l'enfant ont si cruellement souffert1 qu'ils prissent souvent l'un l'autre4 4 #cdf4 ,je sais que ces moyens sont insuffisans1 lorsque la situation de l'enfant est mauvaise1 ou qu'il y a quelque vice de conformation chez la mere2 mais au moins ils empchent l'augmentation du mal2 1 comme je l'ai dit1 laissent le tems de recourir aux chirurgiens-accoucheurs1 ou quelques sages-femmes un peu moins mal instruites4 ,je ritere encore que les sages-femmes doivent bien se garder de presser les femmes faire des efforts qui leur font un mal infini1 qui peuvent rendre fcheux l'accouchement1 qui1 avec un peu de patience1 eut t le plus heureux4 ,l'on craint la foiblesse dans laquelle les malades paroissent tre1 on imagine qu'elles n'auront pas la force d'accoucher1 c'est la raison dont on s'autorise pour leur donner des cordiaux2 mais cette raison est chimrique4 ,l'on ne perd pas si promptement les forces2 les douleurs legeres abattent1 mais mesure qu'elles augmentent1 les forces se relevent ne manquent jamais1 quand il n'y a point d'accident tranger4 ,suites de ,couches4 4 #cdg4 ,les suites de couche les plus frquentes dans les campagnes1 sont #a4 les pertes excessives4 #b4 ,l'inflammation de matrice4 #c4 ,la suppression subite des ,lochies1 c'est le nom qu'on donne l'vacuation de la matrice qui suit ordinairement la couche4 #d4 ,les ravages du lait4 ,les lochies trop abondantes doivent tre traites par les moyens 4 #cdc2 si la perte est excessive1 l'on applique sur le ventre1 les reins1 les cuisses1 des linges tremps dans un mlange de parties gales d'eau de vinaigre1 qu'on change ds qu'ils commencent tre secs1 qu'on quitte ds que la perte commence diminuer4 4 #cdh4 ,l'inflammation se manifeste par les douleurs dans tout le bas du ventre1 la tension de tout le ventre1 l'augmentation des douleurs quand on le touche1 une espece de tache rouge qui monte au milieu du ventre jusqu'au nombril1 qui1 quand le mal empire1 devient noire1 ce qui est toujours mortel2 une foiblesse tonnante1 le visage prodigieusement chang1 un lger dlire1 une fivre continue avec un pouls foible dur1 quelquefois des vomissemens continuels1 souvent le hoquet1 une perte trs peu1 abondante d'une eau rousse1 puante1 cre1 des envies frquentes d'aller la selle1 des ardeurs1 quelquefois une suppression d'urine4 4 #cdi4 ,ce mal trs grave souvent mortel1 doit tre trait comme les maladies inflammatoires4 ,il faut surtout aprs la saigne donner frquemment des lavemens d'eau tide1 en injecter dans la matrice1 en appliquer continuellement sur le ventre1 boire abondamment ou de la ptisane d'orge toute simple1 sur chaque pot de laquelle on met un demi-quart d'once de nitre1 ou des laits d'amandes ,n4 #d4 4 #cej4 ,la suppression totale des lochies1 qui occasionne les maladies les plus violentes1 se traite prcisment de la mme faon4 ,si l'on donne quelques remedes chauds pour en forcer la sortie1 l'on te dans le moment toute esprance de gurison4 4 #cea4 ,si la fivre de lait est trs forte1 la ptisane d'orge 4 #cdi1 les lavemens1 avec une diette trs legere1 uniquement de panade ou de quelqu'autre farineux trs clair1 la dissipent4 4 #ceb4 ,les femmes dlicates1 qui ne sont pas soignes comme il seroit ncessaire1 ou celles que la ncessit oblige travailler trop tt1 sont exposes plusieurs accidens1 qui dpendent souvent de ce que la transpiration l'vacuation des lochies ne se faisant pas bien1 la sparation du lait dans les mammelles tant trouble1 il se forme ce qu'on appelle des dpts laiteux1 qui sont toujours trs fcheux1 surtout quand ils se font sur quelque partie intrieure4 ,il s'en fait frquemment sur les cuisses4 ,dans ce cas1 il faut faire usage de la ptisane ,n4 #eg1 appliquer sur la tumeur les cataplasmes ,n4 #eh4 ,ces deux remedes dissipent insensiblement le mal1 s'il peut se dissiper sans suppuration4 ,si cela n'est pas possible1 qu'il se forme du pus1 un chirurgien ouvre l'abcs1 le traite comme un autre4 4 #cec4 ,si le lait se durcit dans le sein1 il est de la plus grande importance de dissiper incessamment cette grosseur1 sans quoi elle se durcit devient squirrhe1 de squirrhe1 souvent au bout d'un certain tems1 cancer2 c'est--dire1 la plus cruelle des maladies4 ,l'on prvient cet horrible mal1 en remdiant ces petites tumeurs ds le commencement4 ,il n'y a rien de plus efficace pour cela que les remedes ,n4 #eg #eh3 mais il est toujours prudent de consulter4 ,ds qu'il y a une duret invtre exempte de douleur1 il ne faut faire aucune application quelconque2 toutes sont nuisibles3 celles qui sont grasses1 irritantes1 rsineuses1 spiritueuses1 changent promptement le squirrhe en cancer4 ,quand le cancer est manifest1 toutes les applications sont aussi galement nuisibles1 except celles ,n4 #ei4 ,le cancer a t long-tems incurable4 ,depuis quelques annes1 l'on en a guri quelques-uns avec le remede ,n4 #ee2 mais il n'est pas infaillible4 ,l'on doit cependant toujours l'essayer4 4 #ced4 ,les bouts des mammelles des nourrices s'corchent souvent1 les font cruellement souffrir4 ,un des meilleurs remedes1 c'est la pommade la plus simple1 un mlange d'huile de cire fondus ensemble1 ou l'onguent ,n4 #fe4 ,et si le mal est opinitre1 il faut purger1 ce qui russit ordinairement4 ,,chapitre ,,xxvii4 ,avis pour les enfans4 4 #cee4 ,les maladies des enfans1 tout ce qui regarde leur conduite sont des objets qui ont t gnralement trop ngligs1 par les ,medecins2 l'on en confioit la direction aux personnes les moins propres s'en charger4 ,leur sant est cependant bien importante2 il faut les conserver1 si l'on veut avoir des hommes2 leur mdecine est susceptible d'un assez grand degr de perfection4 ,elle a un avantage sur celle des adultes1 c'est que l'on ne trouve pas des complications de maux aussi frquentes4 ,l'on dit qu'ils ne savent pas se faire entendre2 cela est vrai jusques un certain point2 mais cela ne l'est pas exactement4 ,il est vrai qu'ils ne parlent pas notre langage2 mais ils en ont un1 qu'il faut tudier4 ,chaque maladie a proprement le sien1 qu'un ,medecin attentif apprend2 il doit donner tous ses soins comprendre celui des enfans1 en profiter pour perfectionner les moyens de les rendre sains vigoureux1 de les gurir des diffrens maux auxquels ils sont exposs4 ,je ne me propose point de remplir cette tche actuellement2 mais j'indiquerai les principales causes de leurs maux1 la faon gnrale de les traiter4 ,je leur pargnerai au moins par-l1 une partie du mal qu'on leur fait1 l'pargne des maux artificiels est un des grands buts de cet ouvrage4 4 #cef4 ,l'estomac les intestins de l'enfant1 sont remplis1 quand il vient au monde1 d'une matiere noire1 mdiocrement paisse assez gluante1 qu'on appelle meconium4 ,il faut que cette matiere sorte1 avant que l'enfant prenne du lait2 sans quoi elle le corromproit1 devenant elle-mme extrmement cre1 il en rsulteroit une double source de maux1 auxquels l'enfant ne rsisteroit point4 ,la maladie qui les tue cet ge1 c'est les convulsions4 ,leurs nerfs sont extrmement sensibles1 ds que quelque chose les irrite1 les convulsions naissent4 ,l'on prvient le mal en tant la cause4 ,on ne leur donne point de lait les vingt-quatre premieres heures2 mais on leur fait boire de l'eau dans laquelle on met un peu de sucre ou de miel2 ce qui dlaie ce meconium1 en facilite l'vacuation2 mais pour tre plus sr qu'elle s'opere1 il faut leur donner une once de syrop de chicore compos1 qu'on dlaie avec un peu d'eau1 qu'on leur fait boire dans l'espace de quatre ou cinq heures4 ,cette pratique a les plus grands avantages1 il est souhaiter qu'elle devienne gnrale4 ,le syrop que j'indique est prfrer de beaucoup tous les autres1 surtout l'huile d'amandes douces4 ,s'ils avoient besoin de quelque aliment1 il n'y a point d'inconvnient leur donner un peu de biscuit dans l'eau1 comme on fait ordinairement1 ou un peu de panade trs claire4 4 #ceg4 ,quoiqu'ils aient t bien vacus d'abord aprs leur naissance1 trs souvent le lait s'aigrit1 produit des coliques violentes1 des convulsions1 la diarrhe1 la mort4 ,il n'y a que deux choses faire2 vacuer ces matieres1 leur donner des absorbans4 ,le syrop de chicore est encore dans ce cas1 le meilleur remede4 ,on donne ensuite1 trois prises par jour de la poudre ,n4 #fj1 on leur fait boire un th de mlisse de tilleul4 ,l'on est dans l'usage de donner aux enfans beaucoup d'huile d'amandes douces ds qu'ils ont quelques tranches1 c'est une habitude pernicieuse1 dont les consquences sont trs dangereuses4 ,il est vrai que l'huile appaise quelquefois d'abord les douleurs1 en envelopant les acides1 en moussant la sensibilit des nerfs2 mais c'est un remede palliatif1 qui1 loin d'enlever la cause1 l'augmente1 aussi le mal revient bientt2 plus on donne d'huile1 plus l'enfant devient sujet aux tranches4 ,j'en ai guri1 sans autre remede1 que la privation de l'huile1 qui leur affoiblit l'estomac2 par l-mme1 le lait se digere moins bien1 moins vte1 s'aigrit plus aisment4 ,cet affoiblissement que l'estomac reoit cette poque1 a quelquefois des influences sur le temprament de l'enfant pour le reste de ses jours4 ,il importe aux enfans d'avoir le ventre trs libre1 il est certain que trs souvent l'huile les resserre1 en diminuant les forces des intestins3 il n'y a personne qui ne puisse remarquer ces inconvniens2 on continue cependant l'ordonner1 dans un but contraire3 telle est la force du prjug1 dans ce cas dans tant d'autres4 ,on est dans l'ide que tel remede doit produire tel effet2 il a beau ne le produire jamais1 la prvention subsiste1 l'on attribue son efficacit de trop petites doses4 ,on les double2 le mauvais effet augmente1 ne fait point finir l'aveuglement4 ,l'abus de l'huile dispose aussi la noueure ou rachitis1 enfin il devient souvent la cause premiere des maladies de peau1 qui sont extrmement difficiles gurir4 ,ainsi l'on ne doit l'employer que trs rarement1 on l'ordonne toujours trs mal propos1 dans les coliques qui viennent d'un principe d'aigreur dans l'estomac1 ou les intestins4 ,les enfans sont ordinairement plus sujets ces coliques pendant les premiers mois3 ensuite elles diminuent1 parceque leur estomac se fortifie4 ,on les soulage en leur donnant des lavemens avec une dcoction de fleurs de camomille1 la grosseur d'une noisette de savon4 ,une flanelle trempe dans une dcoction de camomille avec un peu de thriaque1 applique chaude sur l'estomac le ventre1 les soulage aussi beaucoup4 ,un des plus srs moyens de dissiper ces coliques1 qui viennent de ce que le lait ne se digere pas1 c'est de leur donner autant de mouvement qu'il est possible1 vu leur ge4 ,on ne peut pas toujours leur donner des lavemens2 cela auroit son danger4 ,chacun connoit la mthode d'y suppler par des suppositoires1 avec quelques ctes de plantes1 ou du savon1 ou du miel cuit4 4 #ceh4 ,tout le corps de l'enfant qui nait1 est couvert d'une crasse1 qui vient de la liqueur dans laquelle il a vcu4 ,il est important de le nettoyer d'abord1 il n'y a rien d'aussi bon1 que le mlange d'un tiers de vin avec deux tiers d'eau4 ,on peut ritrer quelques jours de suite2 mais c'est une trs mauvaise coutume1 que de continuer les laver ainsi tiedement4 ,la base de la sant1 c'est la rgularit avec laquelle se fait la transpiration2 pour obtenir cette regularit1 il faut fortifier la peau1 les lavages tiedes l'affoiblissent4 ,on augmente encore le mal en y mettant du beurre4 ,quand la peau a la force ncessaire elle fait toujours ses fonctions1 la transpiration ne se drange pas tous les changemens de tems4 ,pour parvenir ce point important1 il faut laver les enfans1 peu de jours aprs leur naissance1 avec de l'eau froide1 telle qu'on l'apporte de la fontaine4 ,on se sert d'une ponge1 l'on commence par le visage1 les oreilles1 le derriere de la tte1 7on vite la fontanelle71 le col1 les reins1 tout le corps1 les cuisses1 les jambes1 les bras1 en un mot partout4 ,cette mthode usite il y a tant de siecles1 pratique de nos jours1 par plusieurs peuples qui s'en trouvent trs bien1 parotra rvoltante nombre de meres2 elles croiront tuer leurs enfans1 elles n'auront point le courage1 surtout de rsister aux cris qu'ils font souvent pendant les premieres fois qu'on les lave4 ,mais si elles les aiment vritablement1 elles ne peuvent pas leur donner une marque plus relle de cette tendresse1 qu'en surmontant1 en leur faveur1 cette rpugnance4 ,les enfans les plus foibles sont ceux qui en ont le plus besoin2 ceux qui sont trs robustes peuvent s'en passer1 l'on ne peut croire1 qu'aprs l'avoir vu souvent1 combien cette mthode contribue leur donner promptement des forces4 ,j'ai le plaisir de voir1 depuis que j'ai cherch l'introduire ici que plusieurs meres1 les plus tendres les plus raisonnables1 l'ont employe avec les plus grands succs4 ,les sages femmes qui en ont t les excuteurs la rpandent1 si elle peut devenir gnrale1 je suis pleinement persuad1 qu'en conservant un trs grand nombre d'enfans1 elle contribuera arrter les progrs de la dpopulation4 ,il faut les laver trs rgulierement tous les jours1 quelque tems1 quelque saison qu'il fasse2 dans la belle saison1 les plonger dans des seaux1 dans des bassins de fontaine1 dans des ruisseaux1 dans des rivieres4 ,aprs quelques jours de pleurs1 ils s'accoutument tous si bien cet exercice1 qu'il devient un de leurs plaisirs1 qu'ils rient pendant toute l'opration4 ,le premier avantage de cette mthode1 c'est comme je l'ai dit1 d'entretenir la transpiration1 de rendre moins sensible aux impressions de l'air1 mais de ce premier avantage1 il rsulte1 qu'on les prserve d'un grand nombre de maux1 surtout de la noueure1 des obstructions1 des maladies de la peau1 des convulsions2 on leur assure une sant ferme robuste4 4 #cei4 ,mais il ne faut pas dtruire le bien qu'on leur fait en les lavant1 par la mauvaise habitude de les tenir trop au chaud2 il n'y en a point de plus pernicieuse1 qui tue plus d'enfans1 il faut les accoutumer tre trs peu habills1 tant le jour que la nuit1 avoir surtout la tte trs peu couverte1 point du tout1 depuis l'ge de deux ans2 viter qu'ils ne soient dans des chambres trop chaudes1 les faire vivre au grand air1 soit l't soit l'hyver1 le plus qu'il est possible4 ,les enfans levs au chaud1 sont souvent enrhums1 foibles1 ples1 languissans1 bouffis1 tristes1 meurent1 ou tombent dans la noueure c4 ,ceux qu'on leve1 l'eau froide sont l'oppos4 4 #cfj4 ,je crois devoir ajouter1 que l'enfance n'est pas le seul tems de la vie1 dans le quel les bains froids soient utiles4 ,je les ai employs1 avec un succs marqu1 pour des personnes de tout ge2 il y a deux especes de maladies1 plus frquentes1 il est vrai1 la ville qu' la campagne1 dans lesquelles ils russissent trs bien2 c'est dans les foiblesses de nerfs1 quand la transpiration se fait mal1 qu'on craint l'air1 qu'on est fluxionnaire1 foible1 languissant4 ,le bain froid rtablit la transpiration1 redonne de la force aux nerfs1 dissipe par l1 tous les drangemens que ces deux causes occasionnoient dans l'oeconomie animale4 ,on doit les prendre avant diner4 ,mais autant les bains froids sont utiles1 autant l'usage habituel des bains chauds est pernicieux2 ils disposent l'apoplexie1 l'hydropisie1 aux vapeurs1 l'on voit les villes o l'usage en est frquent1 dsoles par toutes ces maladies4 4 #cfa4 ,la sortie des dents coute souvent beaucoup aux enfans1 quelques-uns succombent aux maux qu'elles occasionnent4 ,l'on doit cette poque1 si elle est douloureuse1 #a4 leur tenir le ventre libre par des lavemens1 faits avec une dcoction de mauve sans y rien ajouter2 mais ils ne sont point ncessaires si l'enfant a en mme-tems la diarrhe4 #b4 ,leur diminuer un peu la quantit des alimens2 par deux raisons2 l'une1 c'est que l'estomac est foible2 l'autre1 c'est qu'il y a quelquefois un peu de fivre4 #c4 ,leur augmenter un peu la quantit de la boisson2 la meilleure pour eux1 c'est sans contredit1 l'infusion des fleurs de tilleul1 qu'on blanchit avec un peu de lait4 #d4 ,on leur frotte souvent les gencives1 avec un mlange d'autant de miel que de mucilage de pepins de coins1 on leur donne mcher une racine d'althea1 ou de reglisse4 ,c'est souvent dans le tems de la sortie des dents que les enfans se nouent4 4 #cfb4 ,le meconium1 l'aigreur du lait1 les dents1 sont trois grandes causes des maladies des enfans3 il y en a une quatrieme1 les vers1 qui leur fait aussi trs souvent du mal2 mais qui n'est point cependant1 beaucoup prs1 la cause gnrale de leurs maux1 comme on est gnralement port le croire1 ds qu'on voit un enfant1 de plus de deux ans malade4 ,il y a un grand nombre de symptomes1 qui font juger qu'un enfant a des vers4 ,il n'y en a qu'un seul1 c'est leur sortie par haut ou par bas1 qui le dmontre videmment4 ,il y a d'ailleurs1 cet gard1 beaucoup de varits2 quelques enfans ayant beaucoup de vers1 sans en tre incommods2 d'autres tant rellement malades avec un petit nombre4 ,les vers nuisent1 #a4 en obstruant les intestins1 en comprimant les parties voisines par leur volume4 #b4 ,en suant le chile destin nourrir le malade1 le privant par-l mme de sa subsistance4 #c4 ,en irritant les intestins mme en les rongeant4 ,les signes qui les font connotre sont1 de legeres coliques2 une abondance de salive jeun2 une odeur dsagrable1 d'une espece singuliere1 dans l'haleine1 surtout le matin2 des dmangeaisons dans les narines1 qui font qu'ils les grattent souvent2 un apptit trs irrgulier1 ayant quelquefois un appetit vorace1 d'autrefois point du tout2 des maux de coeur1 des vomissemens2 quelquefois de la constipation2 plus souvent une diarrhe de matieres mal cuites1 le ventre assez gros1 le reste du corps maigre4 ,une soif1 que la boisson ne diminue pas2 souvent beaucoup de foiblesse2 de la tristesse2 le visage est assez ordinairement mauvais1 change d'un quart d'heure l'autre2 les yeux sont souvent teints1 entours d'un cercle livide3 on en voit souvent le blanc pendant le tems du sommeil1 qui est quelquefois accompagn de rves effrayans1 de sursauts continuels1 de grincemens de dents4 ,quelques enfans sont dans l'impossibilit d'tre un seul moment tranquilles4 ,les urines sont souvent blanches1 je les ai vues comme du lait4 ,ils ont des palpitations1 des vanouissemens1 des convulsions1 des assoupissemens longs profonds1 des sueurs froides tout--coup2 des fivres1 qui ont des caracteres de malignit2 des pertes de la vue de la voix1 qui durent long-tems4 ,des paralysies ou des mains1 ou des bras1 ou des jambes4 ,les gencives sont en mauvais tat1 comme ronges4 ,ils ont souvent le hoquet1 un pouls petit irrgulier1 des rveries1 ce qui est un des symptomes les moins quivoques1 frquemment une petite toux seche2 souvent une espece de mucosit1 dans les selles2 quelquefois de trs longues violentes coliques1 qui se terminent par un abcs l'extrieur du ventre1 dont il sort des vers4 4 #cfc4 ,l'on a une foule de remedes pour les vers4 ,la grenette1 ou semen contra1 ou poudre aux vers1 qui est un des plus ordinaires1 est trs bon4 ,l'on se sert aussi1 avec succs1 de celui ,n4 #fa4 ,la poudre ,n4 #ad1 est un des meilleurs4 ,la fleur de soufre1 le jus de cresson1 les acides1 l'eau de miel1 ont souvent russi4 ,mais les trois premiers que j'ai indiqus1 suivis d'un purgatif1 sont les meilleurs4 ,l'on trouvera ,n4 #fb1 un remede purgatif1 qu'on peut faire prendre aisment aux enfans les plus difficiles4 ,quand malgr ces remedes1 les vers subsistent1 il convient de consulter quelqu'un pour en employer de plus efficaces2 ce qui est trs important2 puisque1 quoique peut-tre la moiti des enfans ait des vers1 que plusieurs se portent trs bien1 il y en a cependant1 que les vers tuent trs rellement1 aprs leur avoir fait des maux cruels pendant plusieurs annes4 ,cette disposition avoir des vers1 prouve toujours des digestions imparfaites2 ainsi1 il faut viter de donner aux enfans1 qui sont dans ce cas1 des choses difficiles digrer4 ,il faut surtout bien se garder de leur donner comme remede1 des huiles1 qui1 suppos mme qu'elles dtruisissent quelques vers d'abord1 augmentent la cause qui en laisse reproduire de nouveaux4 ,un long usage de limaille de fer1 est ce qui dtruit le mieux cette disposition vermineuse4 4 #cfd4 ,les convulsions sont une des maladies les plus frquentes des enfans4 ,l'on sera surpris que je n'en parle pas particulierement2 mais si l'on fait attention1 qu'elles dpendent presque toujours1 ou du meconium1 ou des aigres1 ou des dents1 ou des vers1 on comprendra1 qu'en traitant ces quatre articles1 j'ai trait des convulsions1 qu'on ne gurit qu'en combattant la cause qui les produit4 ,la plus frquente de ces causes1 c'est les mauvaises matieres qui irritent l'estomac ou les intestins1 qui sont le produit du trop d'alimens1 ou des alimens indigestes1 qu'on a donns aux enfans1 dont une grande partie prit par cette cause4 ,vouloir calmer le mal en les faisant encore manger1 c'est jetter de l'huile sur le feu4 ,il ne faut que les purger doucement2 tous les remedes qui ne produisent point cet effet sont nuisibles2 il n'y a rien de si pernicieux1 que plusieurs remedes chauds1 qu'on emploie indistinctement dans toutes les convulsions1 qui tuent d'autant plus surement les enfans1 qu'ils sont plus jeunes2 tel est surtout l'huile d'ambre jaune ou d'agathe1 qu'on emploie trs souvent4 ,la thriaque les autres prparations de ce genre nuisent aussi au moins aux neuf dixiemes des enfans auxquels on les donne3 en gnral les remedes tirs de l'opium1 qui souvent cependant leur sont d'une absolue ncessit1 ne doivent tre ordonns que trs sobrement1 parcequ'ils dtruisent l'estomac1 jettent dans la constipation1 qui est pernicieuse aux enfans1 moussant le sentiment1 laissent former sourdement des engorgemens1 qu'une plus grande sensibilit auroit fait connotre ds leur commencement4 ,il y en a qui ont reu une constitution trs susceptible de convulsions1 qui en sont attaqus pour la plus legere cause4 ,cet tat demande une trs srieuse attention2 si on le nglige1 il peut dgnrer en maladies trs fcheuses4 ,il est trs ais de l'empirer par des remedes mal indiqus2 ainsi l'on doit tre circonspect4 ,les bains froids la poudre ,n4 #ad1 sont trs efficaces4 4 #cfe4 ,je finirai par cet avis gnral4 ,l'on peut prserver les enfans d'un trs grand nombre de maux1 les rendre sains robustes1 #a4 ,en vitant de leur donner trop manger1 les rglant pour les heures du manger2 ce qui est possible1 mme ds leur bas-ge1 quand la mere ou la nourrice le veulent4 ,en ne leur donnant pas des nourritures trop fortes pour leur estomac1 surtout en vitant les mlanges4 ,je ne sais par quelle tendresse pernicieuse insense l'on croit que le comble du bonheur pour les enfans1 c'est de beaucoup manger4 ,l'on s'imagine que plus ils mangent1 plus ils se fortifient3 il n'y a point de prjug qui dtruise plus d'enfans4 ,ces alimens qu'ils ne digerent pas1 ruinent leur estomac1 produisent des obstructions1 les affoiblissent1 les jettent dans une fivre lente qui les conduit la mort4 ,les mlanges ou les alimens indigestes1 ont les mmes inconvniens4 ,il faut1 dit-on1 accotumer leur estomac tout2 c'est une sottise4 ,il faut leur faire l'estomac bon1 alors ils supporteront tout1 on ne le rend point bon en leur causant de frquentes indigestions4 ,pour rendre un poulain robuste1 on le laisse quatre ans sans en exiger aucun travail2 alors il est capable des plus pnibles1 sans en tre incommod4 ,si1 pour l'accotumer la fatigue1 on l'avoit1 ds sa naissance1 oblig porter des fardeaux au-dessus de ses forces1 il n'auroit jamais t qu'une rosse incapable d'aucun travail4 ,c'est l'histoire de l'estomac4 ,j'ajouterai une observation trs importante2 c'est que le travail prcoce1 auquel l'enfant du paysan est astreint1 est un mal rel pour le pays4 ,par-l mme que les familles sont moins nombreuses1 que plusieurs enfans sont tirs trs jeunes de la maison paternelle1 ceux qui restent sont obligs de travailler1 mme des ouvrages pnibles1 dans un ge o ils ne devroient tre occups que des jeux de l'enfance4 ,ils s'usent avant l'ge2 ils ne deviennent pas aussi forts qu'ils auroient p l'tre2 leur corps ne se dveloppe pas autant qu'il auroit fait sans ces fatigues prmatures2 l'on voit runies des physionomies de vingt ans1 des tailles de douze ou treize2 souvent mme ils succombent ces travaux forcs1 ils tombent dans une espece de consomption de desschement qui les tue4 #b4 ,il faut les laver ou les baigner l'eau froide4 #c4 ,leur donner le plus de mouvement qu'il est possible1 ds qu'ils ont quelques semaines2 car les premiers jours de leur vie paroissent consacrs par la nature un repos presque total1 le trop de mouvement pourroit avoir1 dans cet ge si tendre1 des suites funestes4 ,mais ds que les organes ont pris un peu de consistance1 plus on leur donne de mouvement1 moyennant qu'on ne prenne rien sur le tems de leur sommeil1 qui doit tre trs long1 plus on leur fait de bien2 en allant par dgrs1 on les accotume trs vte sans danger des exercices assez forts4 ,l'exercice qu'ils prennent dans des voitures un peu rudes1 ou par le moyen de quelques autres machines destines leur usage1 leur est plus salutaire que celui qu'ils prennent aux bras1 parcequ'ils sont dans une meilleure attitude1 en t on les chauffe moins1 ce qui est important1 la chaleur la sueur tant des causes de noueure4 #d4 ,les faire vivre au grand air4 ,si les enfans ont le malheur d'avoir t ngligs1 qu'ils paroissent foibles1 maigres1 languissans1 obstrus1 nous 7ce qu'on appelle rachitique1 ou tre en chartre71 ces quatre secours les tirent souvent de cet tat1 moyennant qu'on n'attende pas trop tard4 #e4 ,s'ils ont quelque coulement naturel par la peau1 ou quelque ruption1 il faut bien se garder de les arrter par quelques remedes gras ou adstringens4 ,il n'y a pas d'annes qu'on ne voie plusieurs enfans que des imprudences de ce genre tuent1 ou jettent dans les maux de langueur les plus cruels4 ,j'ai vu les exemples les plus fcheux des remedes extrieurs employs pour la rache les crotes de lait1 qui1 quelques horribles qu'elles paroissent1 ne sont jamais dangereuses1 moyennant qu'on n'applique rien dessus sans l'avis d'une personne entendue4 ,,chapitre ,,xxviii4 ,secours pour les ,noys#ae4 #ae ,le malheur d'un jeune homme noy en se baignant le premier jour des bains1 dtermina publier ce chapitre sparment4 ,peu de jours aprs un ouvrier alloit prouver le mme sort2 mais il fut heureusement retir plus vte que le premier1 qui avoit t environ trente minutes sous l'eau1 on le gurit en suivant une partie des conseils indiqus dans cette instruction1 dont plusieurs habitans avoient des exemplaires4 4 #cff4 ,lorsqu'un noy a t plus d'un quart-d'heure sous l'eau l'on ne doit pas avoir de grandes esprances de le r'animer2 il suffit souvent d'y avoir t deux ou trois minutes1 pour tre absolument mort4 ,cependant plusieurs circonstances pouvant avoir prolong la vie au-del du terme ordinaire1 l'on doit toujours essayer de leur donner les secours les plus efficaces1 il faut dans ce cas ne pas se lasser trop tt4 ,ce n'est souvent qu'au bout de deux ou trois heures qu'ils donnent quelques marques non quivoques de vie4 4 #cfg4 ,l'on a trouv quelquefois de l'eau dans l'estomac des noys1 plus souvent il n'y en a point2 d'ailleurs la plus grande quantit qu'on y en ait jamais trouv1 n'excede pas ce qu'on peut en boire sans s'incommoder2 ainsi ce n'est point l la cause de la mort4 ,il n'est pas ais de dire comment ils peuvent avaler cette eau4 ,ce qui les tue1 c'est l'eau qui passe dans le poulmon1 qui y est porte dans les mouvemens qu'ils font ncessairement involontairement pour respirer lorsqu'ils sont sous l'eau2 car il n'entre absolument point d'eau dans l'estomac ou dans le poulmon de ceux qu'on met sous l'eau aprs leur mort2 ce qui sert fonder un jugement dans plusieurs cas criminels4 ,cette eau intimement mle avec l'air qui est dans le poulmon1 forme une cume visqueuse1 sans ressort1 qui empche absolument les fonctions du poulmon2 par-l non-seulement le malade est suffoqu1 mais de plus le sang ne pouvant pas revenir de la tte1 les vaisseaux du cerveau se remplissent1 l'apoplexie se joint la suffocation4 4 #cfh4 ,le but qu'on doit avoir1 c'est de dgorger le poulmon le cerveau1 de ranimer la circulation teinte4 ,l'on doit #a4 dpouiller le patient de tous ses habits mouills1 le frotter fortement avec un linge sec2 le mettre1 s'il est possible1 dans un lit chaud1 continuer les frictions4 #b4 ,une personne saine robuste doit souffler dans ses poulmons de l'air chaud1 de la fume de tabac si l'on peut en avoir1 par le moyen de quelque tuyau de pipe1 de paille ou d'entonnoir1 de chalumeau c4 qu'on introduit dans la bouche4 ,cet air souffl avec force1 si l'on bouche en mme-tems les narines1 pnetre dans le poulmon1 rarfie par sa chaleur l'air1 qui1 ml l'eau1 forme l'cume2 il se dgage de cette eau1 il reprend du ressort1 dilate le poulmon1 s'il reste encore un principe de vie1 la circulation recommence dans ce moment4 #c4 ,dans le mme-tems1 si l'on a un ,chirurgien un peu adroit1 il ouvre la veine jugulaire ou grosse veine du col1 laisse couler huit1 dix1 douze onces de sang4 ,cette saigne fait du bien de plusieurs faons3 premierement comme saigne1 elle rtablit la circulation2 parceque c'est l'effet constant de la saigne dans les vanouissemens qui dpendent d'une circulation suffoque2 en second lieu1 c'est celle qui1 dans ce cas1 soulage le plus promptement l'engorgement de la tte du poulmon2 en troisieme lieu1 c'est quelquefois la seule qui fournisse du sang2 celle du pied n'en donne point1 ou presque jamais2 celle du bras rarement2 celle de la jugulaire en donne presque toujours4 #d4 ,on introduit le plus vte qu'on peut1 en aussi grande quantit possible1 de la fume de tabac dans les intestins par le fondement4 ,l'on a des machines trs commodes destines cet usage2 mais elles sont trs rares4 ,on peut y suppler par plusieurs moyens prompts2 l'un1 par lequel on a sauv une femme1 consiste introduire dans le fondement1 le tuyau d'une pipe allume2 on enveloppe le fourneau d'un papier perc de plusieurs trous1 on le met dans la bouche1 on souffle de toutes ses forces2 la cinquieme gorge1 on entendit dans le ventre de la femme1 un grouillement considrable2 elle rendit de l'eau par la bouche1 un moment aprs la connoissance lui revint4 ,l'on peut aussi allumer deux pipes dont on abbouche les fourneaux2 on met le tuyau de l'une dans le fondement1 on souffle par celui de l'autre4 ,l'on peut encore introduire une vapeur quelconque1 en mettant une canule ou un autre tuyau dans le fondement2 on le lie fortement une vessie2 cette vessie tient par son autre bout un gros entonnoir de fer blanc1 sous lequel brle le tabac4 ,ce moyen m'a russi dans d'autres cas o le besoin me le fit imaginer4 #e4 ,l'on fait sentir au malade les eaux fortes les plus volatiles2 on lui souffle dans le nez de la poudre de quelque herbe forte1 sche1 comme de sauge1 de romarin1 de rhue1 de mente1 surtout de marjolaine1 ou de tabac trs sec1 ou quelque fume des mmes herbes4 ,il convient au reste de n'employer ces derniers secours1 qu'aprs la saigne2 ils sont plus efficaces plus srs4 #f4 ,tant que le malade ne donne aucun signe de vie1 il n'avalera pas1 il est inutile mme dangereux de lui mettre dans la bouche beaucoup de liquides2 il suffit d'y mettre quelques gouttes de quelque liqueur irritante qui ranime4 ,mais ds qu'il a repris quelque mouvement1 il faut lui donner dans l'espace d'une heure cinq ou six cuilleres soupe d'oxymel scillitique1 dlay avec de l'eau tide1 ou si l'on n'avoit pas ce remede1 on y suppleroit par une forte infusion de chardon bnit1 ou de sauge1 ou de camomille adoucie avec du miel4 ,quelques personnes recommandent les remedes vomitifs2 mais ils ne sont pas sans inconvnient4 #g4 ,quoique le malade donne quelques signes de vie1 il ne faut pas discontinuer les secours2 car quelquefois ils meurent aprs ces premiers mouvemens4 #h4 ,lors mme qu'ils sont entierement rappells la vie1 il reste de l'oppression1 de la toux1 de la fivre1 en un mot une maladie4 ,il faut quelquefois saigner au bras1 ensuite on leur donne beaucoup de ptisane d'orge1 ou1 si elle manque1 du th de sureau4 4 #cfi4 ,aprs avoir indiqu les secours ncessaires1 je dirai un mot de quelques autres4 ,on enveloppe dans des peaux de mouton1 ou de veau1 ou de chiens1 qu'on corche sur-le-champ2 ces secours ont quelquefois ranim la chaleur2 mais ils sont plus lents1 ne sont pas plus efficaces que la chaleur d'un lit bien chauff1 parfum de sucre1 que les frictions avec des flanelles chaudes4 ,la mthode de les rouler dans un tonneau est dangereuse1 fait perdre un tems prcieux4 ,celle de les pendre par les pieds1 est aussi accompagne de danger1 ne peut avoir aucun usage4 ,cette cume1 qui cause la mort1 est trop adhrente pour s'vacuer par son propre poids2 c'est cependant le seul secours qu'on pourroit retirer de la suspension1 qui augmente l'engorgement de la tte du poulmon4 4 #cgj4 ,il y a quelques annes qu'on sauva une fille de dix huit ans1 7on ignore si elle avoit t sous l'eau peu de tems ou quelques heures7 qui toit sans mouvement1 glace1 insensible1 les yeux ferms1 la bouche bante1 le teint livide1 le visage bouffi1 tout le corps enfl1 charg d'eau1 en tendant sur un lit quatre doigts de cendres1 promptement chauffes dans des chaudieres1 en la couchant toute nue sur ces cendres1 en la couvrant avec d'autres cendres aussi chauffes2 en lui mettant sur la tte un bonnet1 autour du col un bas qui en toient remplis2 en mettant par-dessus le tout des couvertures4 ,au bout de demi heure le pouls revint1 elle reprit la voix1 cria3 je gele1 je gele4 ,on lui donna un peu d'eau on la laissa huit heures ensevelie sous les cendres4 ,elle en sortit sans aucun autre mal qu'une lassitude1 qui se dissipa le troisieme jour4 ,ce remede doit certainement tre efficace1 n'est pas ngliger2 mais il ne doit pas faire ngliger les autres4 ,du sable ml avec du sel1 ou du sel seul auroient la mme efficacit4 ,dans ce moment on vient de ressusciter deux petits canards qui s'toient noys1 par un bain de cendres chaudes4 ,celui de fumier peut aussi tre utile4 ,je viens d'apprendre1 par un tmoin oculaire1 trs digne de foi1 trs clair1 qu'il contribua efficacement rappeller la vie1 un homme qui avoit t certainement six heures sous l'eau4 4 #cga4 ,je finirai par un article qui se trouve dans un petit ouvrage imprim ,paris1 il y a vingt ans1 par ordre du ,roi2 auquel il n'y a sans doute aucune personne qui ne souscrive4 ,quoique le peuple soit assez gnralement port la compassion1 quoiqu'il souhaitt de donner des secours aux noys1 souvent il ne le fait pas1 parcequ'il ne l'ose4 ,il s'est imagin qu'il s'exposeroit aux poursuites de la ,justice4 ,il est donc essentiel qu'on sache1 on ne sauroit trop le redire1 pour dtruire le prjug o l'on est1 que les ,magistrats n'ont jamais prtendu empcher1 qu'on tentt tout ce qui peut tre tent1 en faveur des malheureux qui viennent d'tre tirs de l'eau4 ,ce n'est que quand leur mort est trs certaine1 que des raisons exigent que la ,justice s'empare de leurs cadavres4 ,,chapitre ,,xxix4 ,des corps arrts entre la bouche l'estomac4 4 #cgb4 ,du fond de la bouche1 les alimens passent dans un canal plus troit1 qu'on appelle l'oesophage1 qui1 en suivant l'pine du dos1 va aboutir l'estomac4 ,il arrive souvent que plusieurs corps sont arrts dans ce canal1 sans pouvoir ni descendre1 ni remonter2 soit parcequ'ils sont trop gros1 soit parcequ'ils se trouvent avoir quelques pointes1 qui1 s'enfonant dans les parois de l'oesophage1 les empchent de faire aucun mouvement4 4 #cgc4 ,il rsulte de cet arrt1 des accidens trs graves2 qui font1 souvent une douleur trs vive dans la partie2 d'autres fois un sentiment incommode1 plutt que douloureux2 quelquefois des soulevemens de coeur inutiles2 une angoisse extraordinaire2 si l'arrt est tel que la glotte soit bouche1 ou la trache artre comprime1 le malade ne peut pas respirer2 il a des suffocations horribles1 le sang ne pouvant pas revenir de la tte1 il devient rouge1 livide2 le visage1 le col1 se gonflent1 l'oppression augmente1 il prit trs promptement4 ,quand la respiration n'est pas arrte ou gne1 si le passage n'est pas entierement bouch1 que le malade puisse avaler quelque chose1 il vit trs bien2 la maladie est alors une maladie particuliere de l'oesophage2 mais si le passage est absolument ferm1 qu'on ne puisse point le dboucher pendant plusieurs jours1 il en rsulte une mort cruelle4 4 #cgd4 ,le danger ne dpend pas autant de la nature du corps qu'on avale1 que de sa grosseur relativement au passage1 de l'endroit o il s'arrte1 de la faon dont il s'arrte2 souvent les alimens tuent1 pendant que les corps les moins faits pour tre avals1 n'occasionnent pas de grands maux4 ,un enfant de six jours1 avala une drage sucre qui s'arrta2 il mourut d'abord4 ,un homme sentoit qu'un morceau de mouton s'toit arrt2 pour n'effrayer personne1 il sortit de table4 ,un moment aprs on veut savoir o il est1 on le trouve mort4 ,un second prit par un morceau de gteau2 un troisieme par un morceau de couenne de jambon2 un quatrieme par un oeuf1 qu'il avaloit par dfi4 ,une chataigne1 qu'un enfant avaloit entiere1 le tua4 ,un second prit promptement touff 7car c'est toujours d'touffement qu'on prit si vite71 par une poire qu'il avoit jette en l'air1 reue dans sa bouche4 ,une poire a aussi tu une femme4 ,un morceau de tendon1 7ce qu'on appelle ordinairement nerf7 resta arrt huit jours1 sans que le malade pt rien prendre4 ,au bout de ce tems1 il tomba dans l'estomac1 dgag par la pourriture2 mais le malade mourut bientt aprs1 tu par l'inflammation1 la gangrene la foiblesse4 4 #cge4 ,quand un corps est arrt1 il y a deux moyens de le dgager2 il faut ou le retirer1 ou le pousser4 ,le plus sr est toujours de le retirer2 mais ce n'est pas toujours le plus ais2 comme les efforts qu'on fait1 fatiguent beaucoup le malade1 ont quelquefois des suites facheuses2 que d'ailleurs le mal est souvent extrmement pressant1 il convient de pousser1 si cela est plus ais1 s'il n'y a point d'inconvniens faire entrer les corps arrts dans l'estomac4 ,les corps qu'on peut pousser sans risque1 sont tous les alimens ordinaires1 le pain1 les viandes1 les gteaux1 les fruits1 les legumes1 les morceaux de boyaux4 ,l'on peut aussi pousser le cuir4 ,ce n'est pas que de trs gros morceaux de certains alimens1 ne soient presque indigestibles2 mais il est rare qu'ils soient mortels4 4 #cgf4 ,les corps qu'on doit chercher retirer1 quoique cela soit beaucoup plus pnible que de les pousser1 sont tous ceux dont l'effet pourroit tre trs dangereux1 mme mortel1 si on les avaloit4 ,de cette classe sont tous les corps indigestibles3 le liege1 les paquets de linge1 les gros noyaux de fruits2 les os1 les bois1 les verres1 les pierres1 les mtaux2 surtout si au danger de l'indigestibilit1 se joignent ceux qui rsultent de la figure de ces corps4 ,ainsi l'on doit retirer1 principalement1 les pingles1 les guilles1 les arrtes1 les os pointus1 les fragmens de verre1 les ciseaux1 les canifs1 les bagues1 les boucles4 ,il n'y a aucun de ces corps qui n'ait t aval2 les accidens qui en rsultent le plus ordinairement1 sont de violentes douleurs dans l'estomac1 les intestins2 des inflammations1 des suppurations1 des abcs1 des ulceres1 la fivre lente1 la gangrene1 des coliques de miserr1 des abcs extrieurs1 par lesquels ces corps ressortent1 souvent aprs beaucoup de maux1 une mort cruelle4 4 #cgg4 ,quand les corps ne sont que peu avancs1 qu'ils se trouvent l'entre de l'oesophage1 on peut essayer de les retirer avec les doigts1 ce qui russit souvent4 ,s'ils sont plus avancs1 il faut se servir de pincettes2 les ,chirurgiens en ont de plusieurs especes4 ,l'on en a1 dont quelques fumeurs se servent1 qui seroient trs commodes pour cela4 ,l'on peut en faire trs promptement avec deux morceaux de bois4 ,ce moyen est peu utile1 si le corps est fort avanc dans l'oesophage1 si c'est un corps flexible1 qui soit exactement appliqu1 remplisse tout le canal4 4 #cgh4 ,mais quand les doigts ou les pincettes chouent1 ou ne peuvent pas tre employs1 il faut se servir des crochets4 ,on en fait dans le moment1 avec un fil de fer un peu fort1 qu'on courbe par le bout2 on l'introduit plat1 pour s'assurer de cette direction1 on fait1 au bout par lequel on le tient1 un autre crochet1 ou une anse dans le mme sens2 ce qui sert en mme-tems1 l'assurer la main par un fil3 moyen qu'on devroit employer dans ce cas1 pour tous les instrumens1 afin d'viter les malheurs arrivs plus d'une fois1 quand ces instrumens chapent4 ,aprs que le crochet a pass l'obstacle1 ce qui est presque toujours possible1 on le retourne1 il accroche le corps qu'on amene en le retirant4 ,le crochet est aussi trs commode1 quand un corps un peu flexible1 comme une pingle1 ou une arrte1 se sont mis en travers de l'oesophage2 alors ce crochet1 les prenant par le milieu1 les courbe1 les dgage4 ,s'ils toient trs fragiles1 il serviroit les casser2 alors1 si les fragmens ne se dgageoient pas1 on pourroit les retirer par quelqu'un des autres moyens4 4 #cgi4 ,quand ce sont des corps minces1 qui n'occupent qu'une partie du passage1 qui pourroient aisment1 ou chapper au crochet1 ou par leur rsistance le redresser1 on se sert d'anneaux4 ,on en fait de solides2 ou de flexibles4 ,on en fait de solides avec un fil de fer1 ou un cordon de quelques fils d'archal trs minces4 ,pour cela on plie ces fils en cercle par le milieu1 o on ne les rapproche pas2 mais on y laisse un anneau d'un doigt de diametre2 on rapproche les branches l'une de l'autre1 on introduit l'anneau dans l'oesophage4 ,on cherche engager le corps1 alors on le ramene4 ,on en fait aussi de trs flexibles avec de la laine1 des fils1 des soies1 de petites ficelles1 qu'il convient de cirer1 afin qu'ils aient un peu plus de consistance2 on les attache fortement un manche ou de fil de fer1 ou de baleine1 ou de bois flexible2 on les introduit1 on cherche engager le corps1 on le retire4 ,on met souvent plusieurs de ces anneaux de fils1 passs l'un dans l'autre1 afin d'engager plus surement le corps1 qui entrera dans l'un1 s'il chappe l'autre4 ,cette espece d'anneau a un avantage1 c'est que1 quand on a engag le corps1 on peut alors1 en tournant le manche1 le serrer si fortement1 dans l'anneau ainsi tordu1 qu'on est le matre de le remuer en tout sens2 ce qui est un avantage trs considrable1 dans un grand nombre de cas4 4 #chj4 ,un quatrieme moyen1 c'est l'ponge4 ,la proprit qu'elle a de se gonfler en s'humectant1 fonde son usage dans ce cas4 ,si un corps est arrt sans remplir toute la cavit de l'oesophage1 on fait passer une ponge1 par le vuide qui reste1 au-del de ce corps2 elle se gonfle bientt dans cet endroit humide1 l'on peut mme en hter le gonflement1 en faisant avaler quelques gouttes d'eau2 alors1 en la retirant au moyen du manche qui a servi l'introduire1 comme elle est trop grosse pour ressortir par le mme endroit par lequel elle toit entre1 elle entraine avec elle le corps qui lui fait obstacle1 par-l elle dbouche le gosier4 ,comme l'ponge seche peut se resserrer1 on a quelquefois profit de ce moyen pour en faire passer un morceau assez gros par un fort petit espace4 ,on la resserre1 en l'entourant fortement1 avec un fil ou un ruban1 qu'on peut desserrer trs aisment1 retirer quand l'ponge a pass4 ,on l'assujettit aussi dans un morceau de baleine1 fendu en quatre un bout1 qui ayant beaucoup de ressort1 resserre sur l'ponge2 on accommode la baleine de faon qu'elle ne puisse pas blesser2 l'ponge est galement attache un cordon trs fort1 afin qu'aprs l'avoir dgage de la baleine1 le ,chirurgien puisse la retirer4 ,on s'est aussi servi de l'ponge d'une autre faon4 ,quand il n'y a pas de place pour la faire passer1 parceque le corps remplit tout le canal1 que ce corps n'est point accroch1 mais seulement engag par la petitesse du passage1 on introduit un morceau d'ponge un peu gros dans l'oesophage1 jusques prs du corps aval2 alors cette ponge se gonfle1 elle dilate le canal en dessus du corps1 on la retire un peu1 mais trs peu1 le corps tant moins press en dessus qu'en dessous1 quelquefois le resserrement de la partie infrieure de l'oesophage1 peut le faire remonter2 ds qu'un premier dgagement est fait1 le reste s'opere aisment4 4 #cha4 ,enfin quand tous ces moyens sont inutiles1 il en reste un autre1 c'est de faire vomir le malade2 mais ce remede ne peut gueres tre utile que pour les corps engags4 ,dans les cas o ils seroient accrochs ou plants1 il pourroit faire du mal4 ,si l'on peut avaler1 on fait vomir en donnant le remede ,n4 #h1 ou un remede mtique4 ,l'on a dgag1 par ce moyen1 un os arrt depuis vingt-quatre heures4 ,quand on ne le peut pas1 on doit essayer si l'irritation d'une plume promene dans le fond de la gorge produira cet effet2 ce qui n'arrivera pas si le corps comprime fortement tout l'oesophage2 en ce cas1 il faut donner un lavement de tabac4 ,un homme avala un gros morceau de poulmon de veau1 qui s'arrta au milieu de l'oesophage bouchoit exactement le passage4 ,un ,chirurgien essaya inutilement un trs grand nombre de moyens4 ,un second voyant leur inutilit1 le malade ayant le visage noir tumfi1 les yeux pour ainsi dire hors de la tte1 tombant dans des syncopes frquentes avec des mouvemens convulsifs1 il lui fit donner en lavement la dcoction d'une once de tabac en corde2 ce remede procura un vomissement violent1 qui fit rejetter le corps tranger1 qui alloit causer la mort du malade4 ,un sixieme moyen1 que je ne crois point qu'on ait employ1 mais qui pourroit tre trs utile dans plusieurs cas1 quand les corps avals ne sont pas trop durs1 qu'ils sont fort gros1 ce seroit de fixer un tire-boure solidement un manche flexible1 un fil cir1 afin qu'on pt le retirer1 suppos qu'il quittt le bton1 il seroit ais1 sur tout si le corps n'toit pas extrmement bas1 d'y planter le tire boure1 de le retirer par ce moyen4 ,l'on a vu une pine fixe dans la gorge1 dgage rejette en riant4 4 #chb4 ,dans le cas du 4 #cge1 quand il convient de pousser les corps1 on emploie ou des porreaux1 qui ont l'avantage de se trouver par-tout1 mais qui sont sujets se casser1 ou une bougie huile tant soit peu chauffe1 afin qu'elle soit flexible1 ou une baleine1 ou un fil de fer1 dont on paissit dans le moment un des bouts avec du plomb fondu1 ce qui est trs vite fait4 ,l'on peut employer1 avec le mme succs1 quelques btons de bois flexible1 comme le bouleau1 le coudrier1 le frne1 le saule1 une sonde flexible1 une baguette de plomb4 ,tous ces corps doivent tre trs unis polis1 afin qu'ils n'occasionnent point d'irritation4 ,quelquefois dans cette vue on les enveloppe avec un boyau mince de mouton4 ,l'on attache quelquefois au bout une ponge1 qui remplissant tout le canal1 entraine tous les obstacles qu'elle rencontre4 ,l'on fait aussi quelquefois dans ces cas1 avaler de gros corps1 comme de la mie ou de la croute de pain1 un navet1 une tige de laitue1 une bale1 dans l'esprance qu'ils entraineront l'obstacle2 mais ce sont des moyens bien foibles1 si on les fait avaler sans les avoir assujettis un fil1 il est craindre que1 s'arrtant eux-mmes1 ils ne doublent le mal4 ,il est arriv quelquefois1 fort heureusement1 que les corps qu'on vouloit pousser s'engageoient dans la bougie1 ou dans le porreau dont on se servoit pour les pousser1 ressortoient avec3 mais cela n'arrive qu'aux corps pointus4 4 #chc4 ,s'il est impossible de retirer les corps 4 #cgf1 tous ceux qu'il est dangereux d'avaler1 il faut alors1 de deux maux choisir le moindre1 courir les risques de les pousser1 plutt que de laisser prir horriblement le malade en peu de momens4 ,l'on doit d'autant moins balancer prendre ce parti1 qu'un grand nombre d'exemples prouvent1 que1 s'il est arriv souvent de grands maux1 aprs avoir aval ces corps1 mme une mort cruelle1 d'autrefois ils n'ont occasionn que peu ou point d'accidens4 4 #chd4 ,il arrive quand ces corps ont t avals1 de quatre choses l'une2 ou ils ressortent avec les excrmens au bout de peu de tems1 sans avoir occasionn presque aucun mal1 ou cette sortie ne se fait que long-tems aprs1 est prcde par beaucoup de douleurs4 ,l'on a vu ressortir peu de jours aprs1 sans avoir souffert1 un os de jambe de poule1 un noyau de pche1 un couvercle de bote de thriaque1 des pingles1 des aiguilles1 des monnoies de toute espece1 une petite flte longue de quatre pouces1 elle causa de vives douleurs pendant trois jours1 sortit heureusement2 des couteaux1 des rasoirs1 une boucle de souliers4 ,j'ai vu il n'y a que peu de jours1 un enfant de deux ans demi1 qui avala un clou long de plus d'un pouce1 dont la tte avoit plus de trois lignes de largeur2 il s'arrta quelques momens au col1 mais il passa pendant qu'on vint me chercher1 ressortit pendant la nuit1 avec une selle1 sans avoir occasionn aucun accident4 ,plus rcemment encore1 un os entier d'aleron de poulet n'a occasionn qu'un peu de douleur d'estomac pendant trois ou quatre jours4 ,quelquefois ces corps restent plus long-tems1 ne ressortent qu'au bout de plusieurs mois1 mme des annes1 sans avoir cependant fait aucun mal4 4 #che4 ,l'vnement n'est pas toujours si heureux2 quelquefois ils ressortent naturellement1 mais ce n'est qu'aprs avoir fait souffrir les douleurs les plus vives dans l'estomac les boyaux4 ,il arrive quelquefois que ces corps1 aprs avoir parcouru tous les intestins1 sont arrts au fondement1 occasionnent de fcheux accidens1 mais auxquels un chirurgien adroit peut presque toujours remdier1 s'il est possible de les couper1 comme des os minces1 des machoires de poissons1 des pingles1 ils sortent alors avec beaucoup de facilit4 4 #chf4 ,une seconde terminaison1 c'est quand ces corps ne ressortent point1 mails occasionnent des accidens fcheux qui tuent le malade1 il y a beaucoup de ces cas4 ,une ,demoiselle ayant avall des pingles qu'elle tenoit dans sa bouche1 une partie ressortit par les selles2 mais l'autre partie pera les intestins1 mme le ventre avec des douleurs inouies2 la malade prit au bout de trois semaines4 ,un homme avala une aiguille1 elle pera l'estomac1 pntra dans le foie1 fit prir le malade en consomption4 ,l'on mange tous les jours des noyaux1 mais on a des exemples de gens chez lesquels il s'en est fait des amas1 qui sont devenus cause de mort aprs beaucoup de douleurs4 4 #chg4 ,le troisieme cas1 c'est quand ces corps ressortent avec les urines4 ,ces cas sont rares2 l'on en a cependant quelques exemples4 ,une pingle de moyenne grandeur1 ressortit en urinant trois jours aprs1 l'on a rendu1 par la mme voie1 un petit os1 des noyaux de cerises1 de prunes1 mme un de pche4 4 #chh4 ,enfin le quatrieme cas1 c'est quand ils percent l'estomac ou les boyaux1 qu'ils vont jusqu' la peau1 occasionnent un abcs1 se font jour eux-mmes1 ou sont tirs en ouvrant l'abcs4 ,ils sont souvent trs long-tems faire ce trajet4 ,quelquefois les douleurs sont continues1 d'autres fois le malade souffre pendant quelque tems1 les douleurs cessent recommencent4 ,l'abcs se forme ou sur l'estomac1 ou dans d'autres parties du ventre2 quelquefois mme ces corps1 aprs avoir perc les intestins1 font des routes singulieres1 vont ressortir loin du ventre4 ,une aiguille avalle ressortit au bout de quatre ans la jambe4 4 #chi4 ,tous ces exemples1 une foule d'autres1 de morts cruelles aprs des corps avals1 prouvent la ncessit d'tre sur ses gardes cet gard1 dposent contre l'imprudence horrible1 j'oserois dire criminelle1 de s'amuser de jeux qui peuvent occasionner ces malheurs1 ou mme de tenir dans la bouche des corps1 qui chappans1 deviennent cause de mort4 ,peut-on1 sans frmir1 mettre dans la bouche des aiguilles des pingles1 quand on pense aux maux horribles la mort cruelle qu'elles peuvent occasionner8 4 #cij4 ,l'on a vu plus haut1 que quelquefois les corps arrts touffoient le malade2 d'autrefois on ne peut pas les faire passer1 mais ils restent dans l'oesophage1 sans que le malade meure1 au moins d'abord4 ,cela arrive quand ils sont situs de faon qu'ils ne compriment pas la trache artere1 qu'ils n'empchent pas le passage des alimens2 ce qui ne peut gueres arriver qu'aux corps pointus4 ,ces corps ainsi arrts1 quelquefois occasionnent sans beaucoup de violence1 une petite suppuration qui les dgage2 ils ressortent par la bouche1 ou tombent dans1 l'estomac4 ,d'autrefois ils occasionnent une inflammation prodigieuse qui tue le malade2 ou si la matiere de l'abcs se porte en dehors1 il se forme une tumeur l'extrieur du col2 on l'ouvre1 le corps ressort par-l4 ,d'autres enfin se font une route qu'ils parcourent avec peu ou point de douleurs1 ils vont ressortir derriere le col sur la poitrine1 l'paule1 enfin en diffrens endroits4 4 #cia4 ,quelques personnes tonnes des marches singulieres de ces corps1 qui1 par leur volume1 surtout par leur figure1 paroissent ne pouvoir s'introduire dans le corps qu'en le dtruisant1 souhaiteront qu'on leur explique comment o ces corps font leur route2 l'on me permettra en leur faveur une courte digression2 elle est peut-tre d'autant moins hors de mon plan1 qu'en faisant disparotre le merveilleux de la chose1 elle fera tomber le prjug superstitieux qui a souvent attribu aux sortilges des faits de cette espece1 qui s'expliquent avec beaucoup de facilit4 ,cette mme raison est une de celles qui m'ont dtermin tendre autant ce chapitre4 ,l'on trouve sous la peau1 dans quelqu'endroit qu'on l'ouvre1 une membrane compose de deux lames1 spares l'une l'autre par de petites cellules qui communiquent toutes les unes aux autres1 qui sont remplies plus ou moins de graisse4 ,il n'y a aucune graisse dans tout le corps1 qui ne soit renferme dans cette membrane1 qu'on appelle membrane graisseuse4 ,non-seulement elle se trouve sous la peau1 mais de-l1 en se repliant de diffrentes faons1 elle se rpand dans tout le corps1 elle spare tous les muscles1 elle fait partie de l'estomac1 des boyaux1 de la vessie1 de tous les visceres1 c'est elle qui forme ce qu'on appelle la coeffe1 ou dans les animaux1 penne2 elle fournit une enveloppe aux veines1 aux arteres1 aux nerfs4 ,dans quelques endroits elle est trs paisse remplie de beaucoup de graisse2 dans d'autres elle est extrmement mince dnue de graisse2 par tout elle est prive de tout sentiment4 ,on pourroit se la reprsenter comme une couverture pique1 dont le coton est ingalement distribu2 dans quelques endroits il y en a beaucoup2 dans d'autres il n'y en a point1 les deux doubles se touchent4 ,c'est dans cette membrane que se font les mouvemens de ces corps trangers1 comme la communication est gnrale1 il n'est point tonnant qu'ils aillent d'un endroit un autre trs loign1 en parcourant de trs longs chemins4 ,les officiers les soldats sentent trs frquemment des bales qu'on n'a pas p faire sortir1 faire des trajets considrables4 ,la communication gnrale entre toutes les parties de cette membrane1 est dmontre par un fait qui se ritere tous les jours contre les loix de la ,police1 les bouchers font une petite incision la peau d'un veau1 laquelle ils appliquent un soufflet2 ils soufflent fortement1 il n'y a pas une partie de tout le veau qui ne se ressente de ce gonflement artificiel4 ,des sclrats se sont servis de cette indigne manoeuvre1 pour rendre monstrueux des enfans qu'ils faisoient voir ensuite pour de l'argent4 ,c'est dans cette membrane que les eaux des hydropiques sont ordinairement panches1 dans laquelle elles suivent les mouvemens que leur imprime la pesanteur4 ,l'on demandera2 cette membrane tant traverse en diffrens endroits par des nerfs1 des veines1 des arteres1 c4 qui sont des parties dont les blessures occasionneroient ncessairement des accidens fcheux2 comment n'en arrive-t-il pas8 ,je rpons #a4 que ces accidens arrivent quelquefois4 #b4 ,qu'ils doivent cependant arriver rarement1 parceque toutes ces parties qui traversent la membrane graisseuse1 tant plus durs que la graisse1 ces corps doivent presque ncessairement1 quand ils les rencontrent1 tre dtourns vers les graisses qui les entourent1 o la rsistance est beaucoup moins considrable1 cela d'autant plus srement1 que ces corps sont toujours cilindriques4 4 #cib4 ,a tous les secours que j'ai indiqus jusqu' prsent1 je dois ajouter encore quelques conseils gnraux4 #a4 ,il est souvent utile mme ncessaire de faire une ample saigne du bras1 surtout quand la respiration est extrmement gne1 ou quand l'on ne peut pas russir d'abord dplacer le corps2 parcequ'alors la saigne prvient l'inflammation que produiroient les irritations frquentes4 ,il peut arriver que la saigne1 qui jette toutes les parties dans le relchement1 opere sur-le-champ le dgagement du corps4 #b4 ,quand on voit que toutes les tentatives1 pour retirer ou pour pousser1 sont inutiles1 il faut les cesser2 parceque l'inflammation qu'on occasionneroit1 seroit aussi fcheuse que le mal mme1 que l'on a des exemples de gens morts cause de cette inflammation1 quoique le corps et t dplac4 #c4 ,pendant qu'on fait ces tentatives1 il faut faire avaler souvent au malade1 ou injecter avec un canal courbe qui aille plus loin que la glotte1 quelque liqueur fort molliente1 comme de l'eau tiede1 ou pure1 ou mle avec du lait1 ou une dcoction d'orge1 de mauve1 de son4 ,il en rsulte ce double avantage2 c'est que l'on adoucit par-l les parties irrites1 ce qui retarde l'inflammation2 en second lieu souvent une injection faite avec force1 russit mieux pour dgager un corps charnu1 que toutes les tentatives avec des instrumens4 #d4 ,quand on est oblig de laisser dans la gorge un corps arrt1 il faut conduire le malade tout comme s'il avoit une maladie inflammatoire2 le saigner1 le mettre au rgime2 lui envelopper tout le col avec des cataplasmes molliens4 ,il convient d'employer la mme mthode1 quoique le corps soit dplac1 si l'on a lieu de croire qu'il y a de l'inflammation dans l'oesophage4 #e4 ,quelquefois un peu de mouvement dgage mieux que les instrumens4 ,l'on sait qu'un coup de poing derriere l'pine1 a souvent dgag des corps fortement arrts1 j'ai deux exemples que les malades qui avoient des pingles arrtes1 tant monts cheval1 pour aller1 de la campagne1 chercher du secours dans la ville voisine1 sentirent le corps se dgager aprs une heure de marche2 l'un le cracha2 l'autre l'avala sans mauvaise suite4 #f4 ,quand le danger de suffocation est pressant1 que la saigne est insuffisante1 qu'on n'a point d'esprance de dgager promptement le col1 que la mort est proche1 si l'on ne rend pas la respiration au malade2 il faut1 sur-le-champ1 faire la bronchotomie2 c'est--dire ouvrir la trache artere2 ce qui n'est ni difficile pour un ,chirurgien un peu entendu1 ni fort douloureux4 #g4 ,quand le corps arrt passe dans l'estomac1 il faut d'abord mettre le malade un rgime trs doux1 viter tous les alimens cres1 irritans1 chauds2 le vin1 les liqueurs2 ne prendre que peu d'alimens la fois2 n'en point prendre de solides1 qu'aprs les avoir extrmement mchs4 ,le meilleur rgime seroit de vivre de soupes farineuses1 de quelques lgumes1 d'eau de lait2 ce qui vaut beaucoup mieux que l'usage des huiles4 4 #cic4 ,l'auteur de la nature a pourvu ce qu'en mangeant1 rien ne passt par la glotte1 dans la trache artere2 ce malheur arrive cependant quelquefois4 ,il survient dans le moment une toux continue violente1 une douleur aige1 une suffocation2 tout le sang se porte la tte2 le malade est angoiss agit par des mouvemens violens involontaires1 il meurt quelquefois sur-le-champ4 ,un grenadier hongrois1 cordonnier de son mtier1 travailloit mangeoit en mme-tems1 il tomba de sa chaise sans dire un seul mot2 ses camarades appellerent du secours1 des ,chirurgiens arriverent aussi tt2 il ne donna1 malgr plusieurs secours1 aucun signe de vie4 ,on trouva dans le cadavre un morceau de viande de boeuf fort gros qui toit enfonc dans la trache artere1 qu'il bouchoit si exactement1 qu'elle ne pouvoit laisser passer le moindre air au poulmon4 4 #cid4 ,il faut frapper frquemment sur l'pine du dos1 occasionner quelques efforts pour vomir1 faire ternuer avec du poivre blanc1 du muguet1 de la sauge1 des tabacs cphaliques quelconques1 qu'on souffle fortement dans les narines4 ,un pois jett en badinant dans la bouche1 entra dans la trache artere1 ressortit en faisant vomir avec de l'huile4 ,un petit os fut chass en faisant ternuer avec de la poudre de muguet4 ,enfin si ces secours ne russissent pas d'abord1 il faut1 sans hsiter1 faire la bronchotomie 7voyez le 4 prcdent ,n4 #f474 ,l'on a retir par ce moyen des os1 une fve1 une arrete1 sauv par-l les malades4 4 #cie4 ,l'on tente tout1 quand il s'agit de la vie humaine4 ,dans le cas o un corps ne pourroit ni tre dgag de l'oesophage1 ni y rester sans tuer promptement le malade1 l'on a propos de faire une incision l'oesophage mme1 par laquelle on le tireroit1 d'employer le mme moyen lorsqu'un corps tomb dans l'estomac1 seroit de nature occasionneroit des accidens propres tuer promptement le malade4 ,quand l'oesophage est ferm1 on nourrit par des lavemens de bouillon4 ,,chapitre ,,xxx4 ,maladies chirurgicales4 ,des brulures1 des ,plaies1 des ,meurtrissures1 des ,ulceres1 des ,membres gels1 des ,hernies1 des ,clous1 des ,panaris1 des ,verrues des ,cors4 4 #cif4 ,les paysans sont exposs par leurs travaux1 plusieurs accidens extrieurs2 coupures1 meurtrissures c4 qui1 quelques graves qu'ils soient1 se termineroient presque toujours aisment1 cela par une suite de la nature du sang1 qui a ordinairement beaucoup moins d'cret que dans les villes2 mais un traitement pernicieux rend souvent facheux les maux les plus legers en eux-mmes2 j'ai vu un si grand nombre de ces malheurs1 qu'il me paroit ncessaire d'indiquer ici le traitement qui convient ces maux externes1 quand ils n'exigent pas ncessairement la main du ,chirurgien4 ,je dirai aussi un mot de quelques maladies extrieures1 qui dpendent cependant d'une cause interne4 ,des ,brulures4 4 #cig4 ,quand la brulure est trs legere1 qu'il n'y a point de vessie leve1 il suffit d'y mettre une compresse trempe dans l'eau fraiche1 de la changer tous les quarts d'heures1 jusques ce qu'on ne sente plus de douleur4 ,quand il s'est lev une vessie1 il faut y faire une trs petite ouverture1 qui laisse couler l'humeur1 l'on applique dessus une compresse de linge trs fin1 enduite de la pommade ,n4 #fc1 qu'on change deux fois par jour4 ,si la peau est brule les chairs mmes endommages1 il faut se servir de la mme pommade2 mais au lieu d'une compresse1 il faut se servir de charpie1 qui s'applique plus exactement2 par dessus la charpie1 on met une simple toile cire1 que chacun peut aisment prparer1 ,n4 #fd1 ou1 si l'on veut1 un sparadrap1 ,n4 #fe4 ,mais indpendamment de ces secours extrieurs1 qui sont les plus efficaces qu'on puisse employer2 quand la brulure est trs forte trs enflamme1 qu'on craint les progrs les suites de cette inflammation1 il faut employer les mmes remedes que dans les fortes inflammations4 ,l'on doit faire une saigne1 mettre au rgime2 ne faire boire que les ptisanes ,n4 #b ou #d1 donner tous les jours deux lavemens simples4 ,quand le mal est proche de sa fin1 qu'il ne reste plus qu'une trs petite plaie1 il suffit d'appliquer le sparadrap ,n4 #fe4 ,des ,plaies4 4 #cih4 ,si une plaie a pntr dans l'intrieur des cavits1 a bless quelque partie contenue dans la poitrine dans le ventre2 si sans pntrer dans les cavits1 elle a ouvert quelque grosse artere2 si elle a bless quelque nerf1 ce qui occasionne des accidens beaucoup plus violens qu'ils ne devroient tre sans cela2 si elle est alle jusques l'os1 qu'il ait souffert2 enfin s'il survient quelque symptme extraordinaire1 il faut ncessairement appeller un ,chirurgien4 ,mais quand la plaie n'est accompagne d'aucune de ces circonstances1 qu'elle n'intresse que la peau1 les graisses1 les chairs1 des petits vaisseaux1 l'on peut la panser aisment sans secours1 parcequ'ordinairement tout se rduit la prserver des impressions de l'air1 donner cependant issue au pus4 4 #cii4 ,si le sang ne sort d'aucun vaisseau considrable1 mais coule -peu-prs galement de tous les points de la plaie1 on peut hardiment le laisser couler1 pendant qu'on prpare promptement de la charpie4 ,quand elle est prte1 on en met ce qu'on peut dans la plaie1 sans la presser1 ce qui seroit trs facheux1 auroit les mmes inconvniens que les tentes les bourdonnets2 on la couvre avec une compresse huile avec un peu d'huile d'olive1 ou la toile cire ,n4 #fd1 je prfere la compresse pour les premiers pansemens2 l'on soutient le tout avec une bande large de deux doigts1 longue proportionnellement au volume de la partie qu'il faut bander1 qu'on serre assez pour qu'elle ne se drange pas2 assez peu1 pour qu'elle n'occasionne aucune inflammation4 ,on laisse cet appareil vingt-quatre heures2 les plaies tant d'autant plutt guries1 qu'on les panse moins souvent4 ,alors on te la charpie qu'on peut ter aisment2 s'il y en a qui se soit attache par le dessechement du sang1 on la laisse1 l'on se contente d'en remettre un peu de nouvelle1 le reste du pansement se fait comme la premiere fois4 ,au bout de vingt-quatre heures1 on trouve ordinairement la premiere charpie dtache1 la plaie commence suppurer4 ,on continue y mettre un peu de charpie1 point serre1 d'appliquer la toile cire4 ,quand la plaie est devenue tout--fait superficiele1 il suffit d'appliquer la toile cire1 ou le sparadrap ,n4 #fe1 sans charpie4 ,les personnes qui ont quelque prdilection pour les huiles impregnes des vertus de quelques plantes1 peuvent1 si cela augmente leur confiance1 employer celles de millepertuis1 de trefle1 de lis1 de camomille1 de balsamines1 de roses rouges4 4 #djj4 ,quand la plaie est considrable1 on doit s'attendre qu'elle s'enflammera1 avant que la suppuration1 qui alors paroit plus tard1 ait p s'tablir1 que cette inflammation sera accompagne de douleurs1 fivre1 quelquefois de rveries2 il faut dans ce cas1 au lieu de la compresse ou de la toile cire1 appliquer un cataplasme de mie de pain de lait1 dans lequel on met un peu d'huile1 afin qu'il ne s'attache pas2 on le change1 sans toucher la plaie1 deux mme trois fois par jour4 4 #dja4 ,s'il y avoit quelque vaisseau un peu gros ouvert1 il faudroit appliquer dessus un morceau d'agaric de chne1 ,n4 #ff1 dont on devroit avoir par-tout4 ,on le contient en appliquant dessus beaucoup de charpie1 en couvrant le tout avec une grosse compresse1 un bandage un peu plus serr qu' l'ordinaire4 ,si cela ne suffisoit pas1 que la plaie ft un bras1 ou une jambe1 il faudroit faire une forte ligature1 en dessus de la plaie1 avec un tourniquet1 qui se fait dans le moment1 avec un cheveau de fil1 ou de chanvre1 qu'on passe autour du bras en forme d'anneau2 on introduit entre deux une piece de bois paisse d'un pouce1 longue de quatre ou cinq1 en tournant cette piece de bois1 on serre autant que l'on veut2 tout comme le paysan serre un tonneau1 ou une piece de bois sur sa charette1 avec la chane le levier ou garrot4 ,mais il faut avoir soin2 #a4 d'arranger l'cheveau de faon qu'il conserve une largeur de deux pouces2 #b4 de ne pas serrer assez fort pour occasionner une inflammation1 qui dgnereroit bientt en gangrene4 4 #djb4 ,tous les loges prodigus une quantit d'onguens1 sont une pure charlatannerie2 l'art ne contribue pas le moins du monde la guerison des plaies2 c'est la nature qui fait tout2 tout ce que nous pouvons1 c'est d'loigner les obstacles qui s'opposent la runion4 ,pour cela1 s'il y a quelque corps tranger dans la plaie1 comme fer1 plomb1 bois1 verre1 morceaux d'habits de linge1 il faut les ter1 si l'on peut le faire avec beaucoup de facilit1 si-non1 il faut s'adresser un bon ,chirurgien1 qui dcide quel parti l'on doit prendre4 ,ensuite on panse comme je l'ai dit4 ,bien loin d'tre utiles1 il y a beaucoup d'onguens qui pourroient faire beaucoup de mal2 les seuls cas dans lesquels on doit en employer1 c'est quand il y a dans la plaie quelques vices1 qu'il faut dtruire par des secours particuliers2 mais une plaie fraiche1 dans un homme sain1 n'en veut point d'autres que ceux que je viens d'indiquer1 ceux du rgime4 ,les applications spiritueuses sont ordinairement nuisibles4 ,quand les plaies sont la tte1 au lieu de la compresse huile1 ou du sparadrap1 on couvre la plaie avec une empltre de btoine1 ou si l'on n'en a point1 on trempe la compresse dans du vin chaud4 4 #djc4 ,comme les accidens qu'on a craindre1 sont ceux de l'inflammation1 les secours qu'on doit employer1 sont ceux qui dtruisent cette maladie2 la saigne1 le rgime1 les rafraichissans1 les lavemens4 ,quand la plaie est trs legere1 il suffit de ne rien prendre d'chauffant2 sur-tout il faut retrancher l'usage du vin de la viande4 ,quand elle est considrable1 qu'on craint l'inflammation1 il faut ncessairement faire une saigne1 ordonner un repos total1 mettre au rgime3 quelquefois mme1 il faut ritrer la saigne4 ,ces secours sont sur-tout indispensablement ncessaires1 quand la blessure a attaqu quelque partie intrieure2 il n'y a pas de remede plus sr1 qu'une diette extrmement legere4 ,des malades jugs ne devoir vivre que quelques heures1 aprs des plaies de la poitrine1 du bas-ventre1 des reins1 ont t complettement guris1 en ne vivant1 pendant plusieurs semaines1 que de ptisane d'orge1 ou d'autres ptisanes farineuses1 sans sel1 sans bouillon1 sans aucun remede quelconque1 sur-tout sans onguents4 4 #djd4 ,les baumes les plantes vulnraires si vants1 sont trs nuisibles1 pris intrieurement1 parceque leur usage donne la fievre qu'il faut l'abattre4 4 #dje4 ,autant la saigne1 faite modrment1 est utile1 autant son excs est nuisible4 ,les grandes blessures sont ordinairement accompagnes d'une hmorrhagie considrable1 qui puise dja le malade1 souvent la vitesse du pouls est une suite de cette hmorrhagie4 ,si1 dans ces circonstances1 l'on ordonne encore des saignes1 l'on dtruit totalement les forces2 les humeurs croupissent1 se corrompent2 la gangrene survient1 le malade meurt misrablement1 au bout de deux ou trois jours1 par une suite des saignes1 non pas de la blessure4 ,le ,chirurgien se glorifie de dix1 douze1 quinze saignes1 prouve que la blessure toit ncessairement mortelle1 puisque tant de sang rpandu1 n'a pas pu sauver le malade2 pendant que c'est rellement cette profusion qui l'a tu4 ,les plaisirs de l'amour sont mortels aux blesss4 ,des ,meurtrissures4 4 #djf4 ,l'on appelle meurtrissure ou contusion1 cassein1 parmi le peuple1 l'effet du coup d'un corps non tranchant1 sur le corps de l'homme ou d'un animal2 soit qu'il soit jett contre l'homme1 comme quand on reoit un coup de pierre ou de bton2 soit que l'homme soit port contre lui1 comme dans une chte2 soit enfin que l'on se trouve serr entre deux corps1 comme quand le doigt est pris entre la porte le montant1 ou tout le corps froiss entre une voiture une muraille4 ,les meurtrissures sont encore plus frquentes la campagne que les plaies1 ordinairement plus dangereuses2 d'autant plus que souvent on ne peut pas juger exactement de tout le mal1 que le dsordre qui se manifeste d'abord1 n'est qu'une petite partie du mal rel2 souvent mme il ne s'en manifeste point d'abord1 il ne se dclare que quand il n'est plus tems d'y remdier4 ,il n'y a que quelques semaines1 qu'un ,tonnelier vint me consulter2 sa respiration1 sa physionomie1 la vitesse1 la petitesse le peu de rgularit de son pouls1 me firent d'abord juger qu'il y avoit du pus dans la poitrine4 ,il alloit venoit cependant encore1 travailloit mme quelques fonctions de son mtier4 ,il avoit fait une chte en remuant des tonneaux1 tout le poids de son corps avoit port sur le ct droit de la poitrine4 ,il ne sentit cependant presque rien d'abord2 mais quelques jours aprs1 il commena avoir une douleur sourde dans cette partie1 qui continua amena la gne dans la respiration1 la foiblesse1 le mauvais sommeil1 le manque d'apptit4 ,je lui ordonnai le repos2 je lui dfendis la viande le vin1 je lui conseillai la ptisane d'orge1 avec un peu de miel1 bue abondamment4 ,il ne suivit exactement que le dernier conseil4 ,quelques jours aprs1 l'ayant rencontr1 il me dit qu'il se trouvoit mieux4 ,dans la mme semaine1 je ss qu'on l'avoit trouv mort dans son lit3 l'abcs s'toit surement rompu1 l'avoit touff4 ,un jeune homme1 emport par un cheval1 fut froiss contre la porte d'une curie1 sans ressentir d'abord aucun mal4 ,au bout d'une douzaine de jours1 il eut les malaises qu'on a au commencement d'une fievre3 l'on crut qu'il avoit une fievre putride1 il fut trs mal trait pendant plus d'un mois4 ,enfin une consultation dcida qu'il y avoit du pus dans la poitrine2 on l'envoya chez lui1 l'opration de l'empyeme put heureusement le gurir4 ,j'ai cit ces deux exemples1 pour prouver le danger qu'il y a ngliger les coups violens4 ,ces deux malades auroient vit vraisemblablement1 l'un1 la mort1 l'autre1 une maladie longue cruelle1 s'ils avoient pris1 d'abord aprs l'accident1 les prcautions ncessaires dans ces cas4 4 #djg4 ,quand une partie est meurtrie1 il arrive de deux choses l'une1 ordinairement toutes deux la fois1 sur-tout si la meurtrissure est un peu considrable2 ou les petits vaisseaux de la partie meurtrie sont briss1 le sang qu'ils contenoient s'panche dans le voisinage2 ou1 sans panchement1 ces vaisseaux perdent leur force1 1 n'aidant plus la circulation1 le sang croupit4 ,dans l'un l'autre cas1 si la nature1 ou seule1 ou aide1 n'y remdie pas1 il survient une inflammation1 suppuration de mauvaise espece1 pourriture1 gangrene1 sans parler des accidens qui dpendent de la meurtrissure de quelque partie particuliere1 comme nerf1 gros vaisseau1 os4 ,l'on comprend aussi tous les dangers de la meurtrissure1 quand elle a attaqu quelque partie intrieure1 que le sang s'est panch1 ou que la circulation ne se fait plus dans quelque partie importante la vie3 c'est-l la cause de la mort subite des personnes qui ont fait quelque chte violente1 ou reu quelques corps pesants sur la tte1 ou quelques coups1 sans qu'il paroisse aucun mal extrieurement4 ,l'on a plusieurs exemples de morts subites aprs un coup de poing sur le creux de l'estomac1 qui occasionnoit la rupture de la ratte3 c'est parceque les chtes occasionnent une legere meurtrissure gnrale1 tant intrieure qu'extrieure1 qu'elles ont quelquefois des suites si fcheuses1 sur-tout pour les vieillards1 chez lesquels la nature1 dja affoiblie1 ne rtablit point les dsordres2 aussi l'on en voit plusieurs1 qui1 ayant joui d'une excellente sant1 la perdent au moment d'une chte1 qui paroit d'abord ne leur faire aucun mal1 languissent continuellement jusques leur mort1 que ces accidens accelerent presque toujours4 4 #djh4 ,il y a pour les meurtrissures1 des remedes internes externes4 ,quand le mal est leger1 qu'il n'y a point eu de secousse gnrale1 qui ait pu occasionner des meurtrissures intrieurement1 les remedes externes suffisent4 ,ils doivent tre propres #a4 rsoudre ce sang panch1 qu'on voit d'une maniere si marque1 qui1 de noir qu'il est un peu aprs la contusion1 devient successivement brun1 jaune1 gristre1 mesure que la grosseur diminue3 elle disparot enfin totalement1 la peau reprend sa couleur1 sans que ce sang soit sorti extrieurement2 mais peu--peu il se dissout1 il est repomp par les vaisseaux4 #b4 ,a redonner un peu de force aux vaisseaux4 ,le meilleur1 c'est le vinaigre1 ml1 s'il est fort1 avec le double d'eau tiede4 ,dans ce mlange1 on trempe des linges1 qui servent envelopper la partie meurtrie1 qu'on change toutes les deux heures1 pendant le premier jour4 ,l'on applique aussi1 avec grand succs1 le persil1 le cerfeuil1 l'artichaud sauvage1 legerement concasss2 ces remedes sont prfrer au vinaigre1 quand il y a1 en mme tems1 plaie meurtrissure3 l'on peut aussi appliquer les cataplasmes ,n4 #fg4 4 #dji4 ,l'on est dans l'usage d'employer d'abord les liqueurs spiritueuses1 telles que l'eau de vie1 l'eau d'arquebusade2 mais un long abus ne doit pas faire loi4 ,ces liqueurs qui paississent le sang1 au lieu de le dissoudre1 sont rellement nuisibles1 quoiqu'on les emploie quelquefois impunment dans les cas trs legers4 ,souvent1 en dterminant ce sang panch vers les entre-deux des muscles1 ou mme en l'empchant de s'pancher1 en le figeant dans les vaisseaux meurtris1 elles paroissent gurir3 mais ce n'est qu'en concentrant le mal1 qui se reproduit sous une forme fcheuse1 au bout de quelques mois4 ,j'ai vu de tristes exemples de ce cas2 ainsi l'on ne doit jamais employer les remedes de cette espece1 le vinaigre doit les remplacer4 ,l'on peut1 tout au plus1 quand on juge que tout le sang panch est dissout repomp1 mler un tiers d'eau d'arquebusade au vinaigre1 afin de redonner un peu de force aux parties affoiblies4 4 #daj4 ,c'est une mthode encore plus pernicieuse1 d'appliquer des empltres composes de graisses1 de rsines1 de gommes1 de terres1 c4 ,le plus vant est toujours nuisible2 l'on a plusieurs exemples de contusions1 extrmement legeres1 qui auroient t guries en quatre jours1 si on en avoit remis tout le soin la nature1 que des empltres1 appliqus par des ignorans1 ont fait dgnrer en gangrene4 4 #daa4 ,l'on ne doit jamais ouvrir ces sacs de sang coagul1 qu'on apperoit sous la peau1 moins de quelque raison pressante2 parceque1 quelques gros qu'ils soient1 ils se dissipent peu peu2 au lieu qu'en les ouvrant1 ils laissent quelquefois une ulcration dangereuse4 4 #dab4 ,le traitement intrieur est prcisment le mme1 que celui des plaies4 ,mais dans ce cas1 la meilleure boisson1 c'est le remede ,n4 #a1 auquel on joint une dragme de nitre par pinte4 ,quand quelqu'un a fait une violente chte1 qu'il a perdu connoissance1 ou qu'il est fort tourdi2 que le sang sort par les narines1 ou par les oreilles1 qu'il est fort oppress1 ou qu'il a le ventre fort tendu1 ce qui dnote panchement de sang dans la tte1 la poitrine1 ou le bas ventre1 il faut sur-le-champ1 en commenant par la saigne1 employer tous les secours1 4 #djc1 donner au malade le moins de mouvement qu'il est possible4 ,il faut surtout viter de le secouer1 ou de l'agiter1 dans la vue de rappeller le sentiment2 c'est exactement le tuer1 en augmentant l'panchement4 ,il faut fomenter tout le corps avec quelqu'une des dcoctions indiques4 ,quand le mal est la tte1 il faut les faire avec de l'eau du vin1 au lieu de vinaigre4 ,l'on a vu des chtes accompagnes de blessure de fracture du crne1 avec les accidens les plus graves1 se gurir par ces secours internes1 sans autres secours externes1 que des fomentations aromatiques4 ,un homme de ,pully-petit vint me consulter1 il y a quelques mois pour son pere1 qui avoit fait une chute de dessus un arbre3 il toit depuis vingt-quatre heures sans sentiment1 sans connoissance1 sans autre mouvement que des efforts frquens pour vomir2 il perdoit du sang par le nez les oreilles2 il n'y avoit point de mal extrieur1 ni la tte ni ailleurs4 ,heureusement on ne lui avoit rien fait4 ,je lui conseillai une ample saigne1 beaucoup de petit lait miell1 en boisson en lavement2 on excuta ponctuellement l'ordonnance4 ,quinze jours aprs le pere vint ,lausanne1 qui est quatre lieues de ,pully-petit1 me dit qu'il se portoit trs bien4 ,il convient1 dans toutes les contusions considrables1 de purger avec quelque purgatif rafraichissant2 comme ,ns4 #aa1 #bb1 #ca1 #df4 ,le remede ,n4 #bc1 le petit lait miell sont excellens par la mme raison4 4 #dac4 ,dans ces circonstances1 le vin1 les liqueurs1 tout ce qui anime1 tue2 ainsi il ne faut point s'impatienter de ce que les malades sont sans connoissance sans sentiment4 ,l'usage de la trbenthine peut faire plus de mal1 que de bien4 ,si elle a t utile quelquefois1 c'est en purgeant un malade1 qui1 peut-tre en avoit besoin4 ,le blanc de baleine1 le sang dragon1 les yeux d'crevisses1 les graisses quelconques1 sont des remedes au moins inutiles1 dangereux1 si le cas est grave1 soit par le mal rel qu'ils font1 soit par le bien qu'ils empchent de faire4 4 #dad4 ,quand un vieillard a fait une chute1 ce qui est d'autant plus dangereux1 qu'il est plus g plus replet1 quoiqu'il ne paroisse point incommod1 il faut1 s'il est sanguin1 encore vigoureux1 lui faire une petite saigne de trois ou quatre onces2 lui donner tout de suite quelques tasses d'une boisson un peu aromatique1 qu'il boit chaude1 comme de la melisse avec du miel1 le faire promener doucement4 ,il faut qu'il diminue un peu la quantit de ses alimens1 pendant quelques jours1 que deux fois par jour1 il ritre sa boisson2 qu'il continue regulierement un petit exercice4 4 #dae4 ,les entorses1 ou foulures1 qui arrivent trs frquemment1 sont une espece de meurtrissure1 occasionne par le violent frottement des os1 contre les parties voisines2 quand les os se remettent d'abord leur place1 le mal ne doit tre trait1 que comme contusion2 s'ils ne se remettent pas1 il faut la main d'un ,chirurgien4 ,le meilleur remede1 c'est la compresse de vinaigre d'eau1 le parfait repos1 jusques ce que toute la contusion soit dissipe1 qu'on soit sr qu'il n'y a point d'inflammation craindre4 ,alors on fait bien de joindre au vinaigre1 un peu d'eau de vie1 ou d'eau d'arquebusade2 l'on doit porter la partie 7c'est presque toujours le pied7 bande assez long-tems2 sans quoi1 elle fait souvent de faux mouvemens1 ou elle reoit de nouvelles entorses1 qui l'affoiblissent journellement davantage2 si l'on nglige trop long-tems ce mal commenant1 la force ne revient jamais en entier3 souvent il survient une legere enflure pour toute la vie4 ,quand le mal est extrmement leger1 le bain d'eau froide est bon4 ,si on ne le fait pas dans le premier moment1 ou si la contusion est forte1 il est nuisible4 ,la mthode de rouler le pied nud sur quelque corps rond1 est insuffisante quand les os ne sont pas parfaitement replacs1 nuisible quand il y a contusion4 ,il arrive tous les jours que les paysans s'adressent des ignorans ou des gens de mauvaise foi1 qui trouvent1 ou veulent trouver1 un drangement des os1 l o il n'y en a point2 qui1 par la violence avec laquelle ils manient ces parties1 ou par les empltres dont ils les couvrent1 y attirent une inflammation dangereuse1 changent en mal trs grave1 la crainte d'un mal trs leger4 ,ce sont ces mmes gens1 qui ont cr des maladies impossibles2 telles que l'estomac les reins ouverts4 ,mais ces grands mots effraient1 ils dupent plus aisment4 ,des ,ulceres4 4 #daf4 ,quand les ulceres dpendent d'une corruption gnrale de la masse du sang1 on ne peut les gurir1 qu'en dtruisant la cause1 qui les entretient2 c'est mme une imprudence1 que de vouloir les fermer par des remedes extrieurs1 un malheur1 que de russir4 ,mais le plus souvent les ulceres1 la campagne1 sont les restes de quelque plaie1 de quelque meurtrissure1 ou de quelques tumeurs mal traites surtout panses avec des remedes trop cres ou trop spiritueux4 ,les huiles rances1 sont aussi une des causes1 qui changent en ulceres rebelles1 les plaies les plus simples2 ainsi l'on doit les viter1 les ,apoticaires doivent avoir cette attention2 quand ils prparent des onguens gras1 qu'il convient de prparer souvent2 parcequ'une grosse provision est rancie avant que d'tre dbite1 quoiqu'on et employ de l'huile trs fraiche en la prparant4 4 #dag4 ,ce qui distingue les ulceres des plaies1 c'est la duret la secheresse de leurs bords1 la nature de l'humeur qui en dcoule1 qui1 au lieu d'tre un vrai pus1 est une liqueur moins paisse1 moins blanche1 qui exhale quelquefois une mauvaise odeur1 si cre1 que souvent1 si elle touche la peau du voisinage1 elle y produit de la rougeur1 de l'inflammation1 des boutons1 des especes de dartres1 mme de nouvelles ulcerations4 4 #dah4 ,les ulceres qui durent trop long-tems1 qui sont tendus1 ou qui fluent beaucoup1 minent le malade le jettent dans une fivre lente1 qui le tue4 ,quand un ulcere a dur long-tems1 il est trs dangereux de le tarir1 l'on ne doit jamais le faire1 qu'en supplant cette vacuation1 qui est presque devenue naturelle1 par quelqu'autre2 comme les purgations de tems en tems4 ,l'on voit tous les jours des morts subites1 ou des maladies cruelles1 aprs avoir arrt tout--coup ces coulemens1 qui duroient depuis long tems2 quand quelque ,charlatan1 7tous ceux qui font cette promesse mritent ce nom7 promet de gurir1 en peu de jours1 un ulcere invter1 il prouve qu'il est un ignorant dangereux2 qui1 s'il russissoit1 rendroit un office mortel4 ,l'on en voit qui appliquent des remedes extrmement rongeans1 mme arsenicaux2 mais l'on voit aussi la mort la plus violente tre la suite de ces applications dangereuses4 4 #dai4 ,tout ce que l'art peut faire1 relativement aux ulceres1 c'est de les changer en plaies4 ,pour cela1 il faut diminuer la duret la scheresse des bords1 mme de tout l'ulcere1 en ter l'inflammation4 ,quelquefois ce vice est tel1 qu'on ne peut amollir les bords1 qu'en les scarifiant par des coups de lancette4 ,quand cela n'est pas ncessaire1 il faut appliquer sur tout l'ulcere un plumaceau enduit de l'onguent ,n4 #fh1 recouvrir1 avec une compresse plie en plusieurs doubles1 trempe dans la liqueur ,n4 #fi1 qu'on change trois fois par jour1 le plumaceau seulement deux fois4 ,comme j'ai dit que les ulceres toient souvent le produit des remedes cres spiritueux1 l'on sent qu'il faut absolument les viter dans les traitemens2 sans quoi l'on ne gurira jamais4 ,il faut1 pour avancer la gurison1 viter le sal1 le vin1 les pices1 manger peu de viande1 entretenir la libert du ventre par un rgime de legumes1 par l'usage du petit lait miell4 ,quand les ulceres sont aux jambes1 ce qui est trs ordinaire1 il est trs important1 aussi bien que dans les plaies des mmes parties1 de marcher peu1 de ne se tenir jamais debout sans marcher4 ,c'est ici un de ces cas dans lesquels je souhaite que les personnes qui ont quelque crdit sur l'esprit du peuple1 ne ngligent rien pour lui faire comprendre la ncessit de prendre quelques jours d'un repos absolu1 lui prouver que bien loin que ce soit un tems perdu1 c'est le tems de sa vie le plus chrement pay4 ,la ngligence cet gard change les plaies les plus legeres en ulceres2 les ulceres les moins fcheux1 en ulceres incurables2 il n'y a personne qui ne puisse trouver dans son voisinage1 quelque famille rduite l'hpital1 parcequ'on a nglig quelque mal de cette espece4 ,je ritre que les ulceres qui viennent de cause interne1 ou ceux qui viennent de cause externe1 mais chez une personne d'un mauvais tempramment1 demandent souvent d'autres soins4 ,des ,membres gels4 4 #dbj4 ,il arrive souvent dans les hyvers rigoureux1 que quelques personnes sont saisies par un froid si fort1 que les mains ou les pieds1 ou ces deux parties la fois gelent tout comme un morceau de viande expos l'air4 ,si l'on se laisse aller au mouvement si naturel de les rchauffer1 surtout de rchauffer les parties geles1 tout est perdu4 ,il survient des douleurs insupportables1 une gangrene incurable4 ,il n'y a plus de ressource pour les sauver1 que de leur couper les membres gangrens4 ,l'on a vu1 il n'y a que peu de tems1 ,cossonay1 le triste cas d'un homme qui eut les mains geles4 ,on lui appliqua chaudement des onguens gras2 la gangrene suivit1 l'on fut oblig de lui couper les dix doigts4 4 #dba4 ,il n'y a qu'un seul remede dans ce cas-l1 c'est de mettre les malades dans un endroit o il ne puisse pas geler2 mais o il fasse trs peu chaud1 de leur appliquer continuellement1 sur les parties geles1 de la neige si l'on en a1 sinon de les laver continuellement1 mais fort doucement1 car toute friction forte seroit dangereuse1 avec des linges tremps dans de l'eau de glace1 mesure qu'elle se fond4 ,ils s'apperoivent peu--peu que le sentiment renat2 ils prouvent une grande chaleur dans la partie1 commencent en recouvrer le mouvement2 alors on peut les porter dans un endroit un peu plus chaud1 leur donner quelques tasses de la potion ,n4 #ac1 ou de quelqu'autre de mme espece4 4 #dbb4 ,il n'y a personne qui ne puisse juger du danger de la mthode chauffante1 de l'utilit de l'eau glace1 par une exprience qui se fait tous les jours4 ,les poires1 les pommes1 les raves geles1 mises dans l'eau prte geler1 reprennent leur premier tat1 peuvent tre manges4 ,si on les met dans l'eau tiede1 ou dans un endroit chaud1 la pourriture1 qui est une gangrene1 s'en empare d'abord4 ,je joindrai ici une observation1 qui fera mieux comprendre ce traitement1 en constatera l'efficacit4 ,un homme avoit une route de dix lieues faire1 par un tems froid1 un chemin plein de neige de glace4 ,ses souliers lui manquerent2 il fit les trois dernieres lieues pieds nuds1 eut1 ds la premiere demi lieue1 des douleurs assez vives aux jambes aux pieds1 qui allerent en augmentant4 ,il arriva presque perclus des extrmits infrieures4 ,on le mit devant un grand feu1 on chauffa bien un lit1 on l'y coucha4 ,les douleurs devinrent insupportables2 il ne cessoit d'tre dans de violentes agitations1 de pousser des cris perans4 ,on demanda un ,medecin dans la nuit1 qui trouva les doigts des pieds d'une couleur noirtre1 commenant perdre le sentiment4 ,les jambes le dessus des pieds excessivement enfls1 d'un rouge pourpre1 vari de taches violettes1 souffroient encore les douleurs les plus aiges4 ,le poulx toit dur frquent1 le mal de tte trs violent4 ,le ,medecin fit apporter un seau d'eau de la riviere1 y fit ajouter de la glace2 il obligea le malade plonger les jambes dedans3 ce premier bain dura prs d'une heure2 les douleurs1 pendant ce tems l1 furent moins violentes3 une heure aprs il ordonna un second bain1 le malade s'y trouvant de nouveau soulag1 le prolongea deux heures4 ,pendant ce tems l1 on enlevoit de l'eau du seau2 l'on y remettoit de la glace de la neige4 ,les doigts des pieds1 qui toient noirs1 devinrent rouges2 les taches violettes des jambes se dissiperent1 l'enflure diminua2 les douleurs toient legeres avec intervalle4 ,l'on ritera cependant six fois3 aprs quoi il ne resta d'autre mal1 qu'une sensibilit la plante des pieds1 qui empchoit le malade de marcher4 ,on lui fit quelques fomentations aromatiques1 on lui fit boire une ptisane de salsepareille2 7celle de sureau est toute aussi bonne moins couteuse47 ,le huitieme jour il fut parfaitement guri1 s'en retourna le quinzieme jour1 pied4 4 #dbc4 ,quand le froid est trs fort1 qu'on y reste long-tems expos1 il tue2 il congele le sang1 il en dtermine une trop grande quantit au cerveau2 ainsi on meurt d'apoplexie1 cette apoplexie commence par un sommeil3 aussi le voyageur1 qui se sent assoupi1 doit redoubler d'efforts pour se tirer du danger minent auquel il est expos3 ce sommeil1 qui paroit devoir adoucir ses souffrances1 seroit pour lui le dernier sommeil4 4 #dbd4 ,les remedes1 dans ce cas1 sont les mmes que dans le cas prcdent 4 #dba1 #dbb4 ,il faut mettre le malade dans un endroit plutt froid que chaud2 le frotter avec de la neige1 ou de l'eau glace1 l'on a mme plusieurs exemples constats1 ils sont frquens dans les pas plus froids1 qu'un bain d'eau trs froide est trs salutaire4 ,l'on a rappell la vie plusieurs personnes1 qui avoient t dans la neige1 ou expos l'air pendant une forte gele cinq ou six jours1 qui ne donnoient aucun signe de vie1 pendant plusieurs heures2 ainsi il faut toujours essayer de donner du secours4 ,des ,hernies4 4 #dbe4 ,les ,hernies1 descentes1 ruptures1 que le pasan dsigne1 en disant1 qu'il est rompu1 sont quelquefois une maladie de naissance1 plus souvent l'effet des cris excessifs1 d'une toux forte1 ou d'efforts ritrs pour vomir dans la premiere enfance4 ,dans la suite1 elles sont produites tout ge1 ou par quelques maladies1 ou par des efforts violens3 elles sont beaucoup plus frquentes chez les hommes1 que chez les femmes2 l'espece la plus commune1 la seule dont je me propose de dire un mot1 c'est celle qui dpend du passage d'une partie des intestins1 ou de la coffe1 dans les bourses4 ,elle est aise connotre4 ,quand elle se trouve chez de petits enfans1 on la gurit presque toujours en faisant porter constamment un bandage1 qui ne doit tre que de triege1 avec une pelotte de linge1 de crin1 ou de son4 ,il faut en avoir au moins deux1 afin de les changer de tems-en-tems1 avoir le plus grand soin de ne jamais le mettre1 que quand l'enfant est couch sur le dos1 qu'on est sr1 que tout est bien rentr4 ,sans cette prcaution1 il feroit les plus grands maux4 ,l'on peut aider l'effet du bandage1 en appliquant sur la peau dans le pli de l'aine1 l'endroit du passage1 une empltre astringente quelconque1 comme celui pour les fractures1 ou celui dont j'ai parl4 ,l'on ne doit point laisser monter cheval les enfans1 jusques ce qu'ils soient entierement guris4 4 #dbf4 ,dans un ge plus avanc1 un bandage simplement de triege est insuffisant2 il en faut un o il y ait du fer2 1 quelque gnant qu'il paroisse d'abord1 l'on s'accoutume bien vite cet usage1 l'on n'en est plus incommod4 4 #dbg4 ,les hernies acquierent quelquefois1 un volume prodigieux2 la plus grande partie des intestins passe dans les bourses1 sans aucun symptome de maladie2 mais cela entraine une incommodit trs grande1 qui met ordinairement ces gens hors d'tat de travailler2 quand le mal est aussi considrable1 en mme tems invtr1 il y a ordinairement des obstacles1 qui empchent qu'il ne rentre tout fait2 l'usage du bandage est impossible1 ces infortuns sont condamns porter toute leur vie cette incommodit1 qu'on peut un peu soulager1 par l'usage d'un suspensoir1 adapt la taille de la hernie4 ,cette crainte d'augmentation1 est une raison bien forte pour en arrter le progrs ds les commencemens2 il y en a une encore plus forte1 c'est que les hernies sont susceptibles d'un accident1 qui est trs souvent mortel4 ,il arrive1 quand la partie des intestins1 qui est dans les bourses1 s'enflamme1 qu'alors1 acqurant plus de volume1 se trouvant extrmement comprims1 il survient des douleurs aiges2 le volume tant plus considrable1 le passage qui les avoit laiss sortir1 ne peut les laisser rentrer2 les vaisseaux mmes tant gns1 l'inflammation augmente d'un moment l'autre2 la communication entre l'estomac le fondement1 est souvent entirement intercepte2 il ne passe rien3 il survient des vomissemens continuels1 7c'est l'espece de misrr dont j'ai parl 4 #cja47 le hoquet1 le dlire1 les dfaillances1 les sueurs froides1 la mort4 4 #dbh4 ,cet accident des hernies arrive1 quand les excrmens viennent se durcir dans la partie des boyaux renferms dans les bourses2 quand le malade s'est chauff par le vin1 les liqueurs1 le rgime2 quand il a reu quelque coup sur cette partie1 ou qu'il a fait quelque chute4 4 #dbi4 ,le meilleur remede est1 #a4 ds qu'on s'apperoit de cet accident1 une trs forte saigne1 faite dans le lit1 le malade tant couch sur le dos1 la tte cependant un peu leve1 les jambes un peu flechies1 de faon que les genoux soient en l'air4 ,c'est mme l'attitude qu'ils doivent toujours conserver1 autant qu'il est possible4 ,quand le mal n'est pas trop avanc1 souvent la premiere saigne gurit radicalement1 les intestins rentrent ds qu'elle est faite4 ,d'autres fois1 cela ne russit pas aussi bien1 il faut alors ritrer la saigne4 #b4 ,on ordonne un lavement ,n4 #df4 ,il faut appliquer sur toute la tumeur1 des linges tremps dans l'eau glace1 les changer constamment tous les quarts d'heures4 ,ce remede appliqu d'abord1 a produit les plus grands effets2 mais si le mal a dur violemment plus de dix ou douze heures1 il est trop tard1 alors il convient mieux d'appliquer des flanelles trempes dans une dcoction tiede de fleurs de mauve de sureau1 les changer souvent4 #c4 ,quand ces secours ne sont pas suffisans1 il faut essayer les lavemens de fume de tabac1 qui ont souvent dgag des hernies qui rsistoient tout4 ,enfin1 si ces remedes ne russissent pas1 il faut se dterminer faire l'opration1 sans perdre un seul moment2 car ce mal tue quelquefois au bout de deux jours2 mais pour cela il faut avoir un trs bon ,chirurgien4 ,l'on a vu ici une femme1 morte depuis quelques annes1 qui entreprenoit effrontment cette opration1 tuoit les malades1 aprs les tourmens les plus cruels1 l'amputation du testicule1 que font toujours les ,charlatans1 les ,chirurgiens ignorans2 mais qu'un ,chirurgien entendu ne fait jamais dans ce cas4 ,je ne parlerai point de la faon de la faire1 parceque je ne pourrois pas m'tendre assez pour instruire un ,chirurgien qui l'ignoreroit2 qu'un ,chirurgien clair sait tout ce que je pourrois lui dire4 ,des ,furoncles ou ,clous4 4 #dcj4 ,tout le monde connot les furoncles1 ou clous1 qui font quelquefois souffrir beaucoup1 s'ils sont gros1 fort enflamms1 ou situs de faon gner les mouvemens1 ou les positions4 ,quand l'inflammation est trs considrable1 qu'il y en a plusieurs la fois1 qu'ils empchent de dormir1 il convient de se mettre un rgime rafraichissant1 de prendre quelques lavemens1 de boire beaucoup de ptisane ,n4 #b4 ,si l'inflammation est trs forte1 on applique extrieurement un cataplasme de mie de pain de lait1 ou d'oseille un peu bouillie pile4 ,si elle est moins forte1 l'on se sert de l'empltre de mucilage ou diachilon simple tendu sur de la peau4 ,le diachilon gomm est plus actif2 mais chez quelques personnes1 il augmente si fort les douleurs1 qu'elles ne peuvent pas le soutenir4 ,les furoncles1 qui reviennent souvent1 indiquent quelque vice dans le tempramment1 souvent un vice assez considrable1 dont les suites pourroient tre craindre2 ainsi il faut chercher en connotre la cause1 la dtruire4 ,c'est un dtail que je ne puis pas donner ici4 4 #dca4 ,le clou se termine ordinairement par la suppuration2 mais c'est une suppuration d'une espece singuliere4 ,il s'ouvre d'abord dans son sommet1 il en sort quelques gouttes d'un pus tel que celui de tous les abcs1 alors on dcouvre ce qu'on appelle le germe ou le bourbillon2 c'est une matiere purulente1 mais si paisse si ferme1 qu'elle a l'apparence d'un corps solide1 on la tire en entier1 sous la forme d'un petit cilindre1 comme de la moelle de sureau1 de la longueur de quelques lignes1 quelquefois mme d'un pouce au-del4 ,la sortie de ce bourbillon est suivie ordinairement de celle d'une certaine quantit de pus liquide1 panch au fond de la tumeur4 ,ds que cette vacuation est faite1 les douleurs cessent entierement1 la grosseur disparot au bout de peu de jours1 en continuant le diachilon simple1 ou l'onguent ,n4 #fe4 ,des ,panaris4 4 #dcb4 ,le danger des panaris est beaucoup plus grand qu'on ne le croit ordinairement4 ,c'est une inflammation l'extrmit d'un doigt1 qui est souvent l'effet d'un peu d'humeur extravase dans cette partie1 soit par une meurtrissure1 soit par une piquure2 d'autres fois1 il parot qu'il n'a aucune cause extrieure1 qu'il est l'effet d'un vice intrieur4 ,l'on en distingue plusieurs especes1 suivant l'endroit dans lequel l'inflammation commence2 mais la nature du mal est toujours la mme1 demande des remedes de mme espece2 ainsi les personnes qui ne sont ni ,mdecins1 ni ,chirurgiens peuvent se passer de la connoissance de ces divisions1 qui1 quoiqu'elles varient le danger1 l'opration du ,chirurgien1 n'influent point sur le traitement1 dont l'activit doit tre regle par la violence des symptomes4 4 #dcc4 ,le mal commence par une douleur sourde avec un leger battement2 sans enflure1 sans rougeur1 sans chaleur1 mais bientt la douleur1 la chaleur1 le battement deviennent insupportables4 ,la partie devient extrmement grosse rouge2 les doigts voisins1 toute la main enflent4 ,on observe1 dans quelques cas1 une fuse enfle rouge1 qui commenant la partie malade1 se continue presque jusques au coude1 il n'est pas rare1 que les malades se plaignent d'une douleur trs vive sous l'paule4 ,ils ne dorment point1 la fivre avec ses accidens1 ne tardent pas parotre4 ,si le mal est grave1 le dlire les convulsions surviennent4 ,l'inflammation du doigt se termine1 ou par la suppuration1 ou par la gangrene4 ,quand ce dernier accident arrive1 le malade est dans un danger trs pressant1 s'il n'est promptement secouru2 il a fallu1 plus d'une fois1 couper le bras1 pour sauver la vie4 ,quand la suppuration se fait1 si elle est trs profonde1 cre1 ou si les secours du ,chirurgien arrivent trop tard1 la derniere phalange du doigt est ordinairement carie1 on la perd4 ,quelque leger qu'ait t le mal1 il est rare que l'ongle ne prisse pas4 4 #dcd4 ,le traitement intrieur des panaris1 est le mme que celui des autres maladies inflammatoires4 ,il faut se mettre au rgime1 plus ou moins exactement1 proportion du degr de la fivre2 si elle est trs forte1 l'inflammation considrable1 faire une ou plusieurs saignes4 ,le traitement extrieur1 consiste diminuer l'inflammation1 amollir la peau1 donner issue au pus1 ds qu'il est form4 ,pour cela l'on trempe long-tems le doigt ds les commencemens du mal1 dans l'eau un peu plus que tiede2 on reoit aussi la vapeur de l'eau bouillante2 en faisant cela presque continuellement1 pendant le premier jour1 on est souvent parvenu dissiper entierement le mal4 ,mais malheureusement on croit que ces petits commencemens n'auront point de suites1 l'on se nglige1 jusques ce que le mal ait fait de grands progrs2 alors il faut ncessairement qu'il suppure4 ,on hte cette suppuration1 en enveloppant continuellement le doigt avec une dcoction de fleurs de mauves cuites dans du lait1 ou un cataplasme de mie de pain de lait4 ,on peut le rendre plus actif1 en y ajoutant quelques oignons de lis1 ou un peu de miel2 mais il ne faut le faire que quand l'inflammation diminue1 que la suppuration commence2 avant ce tems-l1 tous les remedes cres sont trs dangereux4 ,l'on emploie aussi cette poque1 le levain1 qui hte puissamment la suppuration4 ,le cataplasme d'oseilles1 4 #dcj1 est trs efficace4 4 #dce4 ,l'vacuation prompte du pus est trs importante2 mais c'est l'affaire du ,chirurgien1 parcequ'il ne convient point d'attendre que l'ouverture se fasse naturellement2 d'autant plus que la peau tant quelquefois extrmement dure1 le pus se rpandroit dans l'intrieur des chairs1 avant qu'elle se pert4 ,ainsi1 ds qu'on souponne que le pus est form1 il faut voir un ,chirurgien1 qui dcide du moment o l'ouverture doit se faire4 ,il vaut beaucoup mieux la faire un peu trop tt1 qu'un peu trop tard2 il vaut mieux qu'elle soit trop profonde que pas assez4 ,quand l'ouverture est faite1 on panse avec l'empltre ,n4 #fe1 tendu sur une toile1 ou avec le sparadrap ,n4 #fd1 l'on change tous les jours4 4 #dcf4 ,quand le panaris est occasionn par une humeur extravase dans le voisinage de l'ongle1 un ,chirurgien adroit en arrte trs promptement les progrs1 gurit radicalement1 par une incision1 qui donne issue cette liqueur4 ,mais quoique cette opration ne soit pas difficile1 tous les ,chirurgiens ne savent pas l'excuter2 plusieurs mme n'en ont point d'ide4 4 #dcg4 ,quelquefois il se forme des chairs fongueuses1 ou baveuses2 on les desseche en les poudrant avec un peu de minium1 ou d'alun brl4 4 #dch4 ,quand il y a carie1 il faut ncessairement voir un ,chirurgien1 aussi bien que quand il y a gangrene2 ainsi je ne parlerai point de ces deux cas4 ,j'avertis seulement1 qu'il y a trois remedes essentiels1 contre la gangrene1 le quinquina1 ,n4 #ad1 dont on donne une dragme toutes les deux heures2 les scarifications sur toute la partie gangrene2 les fomentations avec la dcoction de quinquina1 laquelle on ajoute l'esprit de soufre4 ,il est vrai que ce remede est trs cher2 mais on peut y suppler par une dcoction d'autres herbes ameres1 l'esprit de sel4 ,j'ajoute encore1 qu'il convient1 dans la plpart des cas de membres gangrens1 de ne faire l'amputation que quand la gangrene s'arrte d'elle-mme2 ce qu'on connot par un cercle trs sensible1 trs ais distinguer par les plus ignorans1 qui en marque les bornes1 fait la sparation entre le vif le mort4 ,des ,verres4 4 #dci4 ,quelquefois les verrues sont la suite d'un vice particulier de la masse du sang1 il en nat des quantits tonnantes4 ,cela arrive quelques enfans de quatre dix ans1 qui prennent trop de laitages2 ils gurissent par le changement de rgime1 les pilules ,n4 #ah4 ,d'autrefois c'est un vice accidentel de la peau1 qui dpend de quelques causes extrieures4 ,dans ce cas1 si elles incommodent par leur grosseur1 par leur situation1 par leur dure1 on peut les dtruire1 #a4 en les liant avec une soie1 ou un fil cir4 #b4 ,en les coupant avec des ciseaux ou un bistouri1 en couvrant la plaie avec un peu de diachilon gomm1 qui occasionne une petite suppuration destine dtruire la racine de la verrue4 #c4 ,en la schant par quelque application un peu corrosive1 comme le lait de feuille de pourpier1 de figuier1 de chelidoine1 de thitimale2 mais outre que ces sucs ne se trouvent qu'en t1 les personnes qui ont la peau dlicate ne doivent pas s'en servir2 ils pourroient leur occasionner une enflure considrable douloureuse4 ,un vinaigre fort1 dans lequel on a fait dissoudre autant de sel qu'il est possible1 est trs bon4 ,l'on fait aussi des empltres avec du sel ammoniac du galbanum ptris ensemble1 appliqus sur la verrue1 qui ne manquent gueres de la dtruire4 ,les corrosifs plus forts ne doivent tre employs que sous la direction d'un ,chirurgien2 il est mme plus sage1 de ne point les employer1 non plus que les brlures artificielles4 ,l'amputation est un moyen plus sr1 moins douloureux sans danger4 ,les loupes1 ds qu'elles sont un peu grosses1 qu'elles durent depuis quelque tems1 ne gurissent que par l'amputation4 ,des ,cors4 4 #ddj4 ,les cors sont toujours l'effet de souliers trop rudes ou trop troits4 ,toute la gurison consiste les amollir par plusieurs bains de pieds chauds2 les couper au sortir du bain avec un canif1 sans attaquer les parties saines1 qui sont d'autant plus sensibles qu'elles sont plus tendues2 appliquer dessus une feuille de joubarbe1 ou de lierre grimpant1 ou de pourpier1 qu'on peut tremper dans du vinaigre4 ,on peut1 au lieu de ces feuilles1 si l'on veut s'pargner la petite peine du pansement journalier1 y appliquer une empltre de diachilon simple1 ou de gomme ammoniac amollie dans le vinaigre4 ,il n'y a point d'autre moyen de prvenir les retours des cors1 que d'viter les causes qui les ont produits4 ,,additions#af ,,faites ,a ,,la ,,presente ,,dition4 #af ,voyez l',avertissement sur cette nouvelle dition4 ,anasarque1 ,bouffissure1 ,hydropisie gnrale4 4 #dda4 ,on donne ces noms la maladie dans laquelle tout le corps1 ou la plus grande partie du corps tant enfl1 on sent1 en touchant les parties enfles1 qu'elles sont molles froides1 qu'elles cedent sous le doigt1 on voit que l'impression1 ou le creux que l'on a fait en appuyant le doigt1 subsiste encore quelque tems aprs qu'on l'a retir4 ,dans cette maladie le tissu cellulaire1 qui est cette membrane qui unit enveloppe toutes les parties du corps1 contient dans les cavits ou cellules dont elle est forme1 de l'eau1 ou la srosit qui se spare du sang4 4 #ddb4 ,l'enflure commence ordinairement aux pieds1 jambes1 cuisses1 elle est toujours plus considrable dans ces parties1 proportion garde1 que dans les autres2 elle s'tend de proche en proche1 gagne en plus ou moins de tems tout le reste du corps4 ,on remarque aux reins une espece de bourlet2 le ventre grossit1 les bourses acquerrent un volume considrable2 toute1 ou presque toute la peau du corps est ple1 peu sensible1 froide1 un peu luisante2 le visage est blme1 les yeux sont languissans2 la respiration se fait difficilement1 surtout aprs le repas le soir3 le malade perd les forces l'apptit2 il tousse plus ou moins frquemment2 il est assoupi2 il ne sue point1 ou trs rarement2 son pouls est petit1 enfonc1 frquent1 ingal2 ses urines sont crues1 claires en petite quantit2 les selles sont crues1 quelquefois mles de sang1 elles changent presque tous les jours de qualit3 le malade est foible1 sent toujours de la lassitude2 sa soif est continuelle pressante2 il a souvent la langue sche1 il prouve des feux passagers2 bientt il survient de la fivre cause par l'eau qui se corrompt2 alors son haleine1 ses crachats1 ses urines rpandent une mauvaise odeur4 ,tous les accidens augmentent le soir1 sont moins forts le matin4 ,ils ne se trouvent pas toujours runis dans le mme sujet2 mais plus il y en a1 plus ils sont considrables marqus1 plus aussi la maladie est fcheuse2 tantt ses progrs sont trs lents1 tantt ils sont trs prompts1 ce qui est de mauvais augure4 4 #ddc4 ,les causes de l',anasarque sont un air humide froid1 tel que celui des lieux marcageux1 des habitations plus basses que le sol2 les alimens de mauvaise qualit1 l'excs de l'eau1 de la bierre1 de toutes boissons relachantes froides1 surtout si on les prend dans un lieu froid1 ayant fort chaud2 l'abus du vin des liqueurs spiritueuses2 un temprament pituiteux2 les obstructions des visceres du bas ventre1 des fivres intermittentes mal traites ou dans des sujets mal constitus1 l'asthme1 les vacuations excessives par les saignes1 les pertes ou hmorrhagies1 diarrhes1 dyssenteries excessives1 les purgations trop fortes ou continues trop long-tems2 les vacuations supprimes ou arrtes trop tt1 comme les hmorrhodes1 le dvoiement2 les ruptions comme dartres1 galle1 c4 que l'on a fait rentrer mal--propos4 ,toutes ces causes1 en produisant un abord considrable de la partie aqueuse du sang dans toutes les petites cavits du tissu cellulaire1 ou en empchant que lorsqu'elle y est amasse1 elle ne soit reprise par les vaisseaux qui sont destins cela2 toutes ces causes1 dis je1 donnent lieu l'anasarque4 4 #ddd4 ,il y a quelques cas o l'anasarque est facile gurir1 mais ils sont rares1 on doit gnralement regarder cette maladie1 comme une des plus funestes des plus opinitres2 cela n'tonnera point ceux qui ayant quelque connoissance de l'oeconomie animale1 verront combien il y a de parties importantes qui ne sont plus dans leur tat naturel1 de fonctions qui ne se font plus1 ou se font mal4 4 #dde4 ,on sait qu'il est trs ncessaire de consulter la nature pour gurir les maladies2 mais ce n'est qu'aprs avoir vu un grand nombre d'hydropisies1 qu'on peut se former une ide de la diffrence des mthodes qu'il faut employer pour les gurir1 le nombre des causes tant aussi grand qu'il l'est4 ,il n'est peut-tre point de cas o il soit aussi ncessaire de savoir varier les traitemens1 les tenter successivement1 insister sur les remedes qui russissent4 ,on ne s'attend point aprs cet aveu1 que nous donnions une mthode gnrale1 que nous rpondions de son succs3 heureux sont ceux qui peuvent avoir les conseils les soins d'un ,mdecin habile2 mais comme il y a bien des circonstances o le malade ne le peut point1 que cette maladie est assez commune1 nous allons exposer1 suivant le plan le but de cet ouvrage1 les moyens les plus aiss1 les moins couteux les plus utiles pour gurir1 ou du moins soulager les hydropiques4 ,si la cause n'est point incurable1 ou la maladie trs ancienne1 il y a tout lieu d'esprer de procurer l'vacuation de l'eau par le traitement qui suit4 4 #ddf4 ,il faut #a4 rgler le rgime du malade4 ,il est important qu'il soit toujours dans un air chaud sec1 qualits qu'on lui procurera avec le feu1 s'il ne les a pas naturellement1 alors il vaudroit encore mieux changer d'habitation1 du moins pour quelque tems4 ,on garantira surtout de la fracheur de la nuit1 ce qui demande souvent beaucoup de soins1 le malade se tenant sur son sant hors des couvertures4 ,il fera sa nourriture d'alimens secs1 comme du pain rassis ou dur1 grill1 de viandes ou poissons rotis grills4 ,on assaisonnera ces alimens avec un peu d'acide1 comme jus de citron1 verjus1 vinaigre1 pour prvenir ou corriger la corruption des humeurs1 qui est funeste dans les hydropisies4 ,il fera tout son possible pour s'abstenir de boire2 afin de tromper pour ainsi dire la soif1 il tiendra dans sa bouche1 se gargarisera avec quelques gouttes de liqueurs acides seules ou mles1 dans un peu d'eau2 s'il ne peut rsister la soif1 il boira le moins qu'il lui sera possible1 la meilleure boisson est celle qui fait couler les urines2 du vin pur1 principalement du blanc1 de la bierre dans lesquels on aura fait infuser quelques plantes aromatiques ameres4 ,le malade fera autant d'exercice que ses forces lui permettront1 pied1 cheval1 en voiture1 en bon air4 ,les frictions sur les parties enfles1 rptes le plus souvent qu'il se pourra1 seront trs utiles3 on les fera avec une brosse1 avec une grosse toile1 1 ce qui est prfrable1 avec de la flanelle chaude ou autre toffe de laine claire1 propre absorber l'humidit3 il seroit mme avantageux que le malade et tout le corps couvert immdiatement de cette toffe4 ,une douce compression faite par des habits troits ou des bandes1 empche que les fibres ne cedent ou ne s'tendent trop1 prvient des ruptures1 facilite le rtablissement de l'lasticit4 ,je viens aux mdicamens4 4 #ddg4 ,on fera prendre le matin au malade une cuillere du remede ,n4 #ge1 aprs lequel il survient quelquefois un vomissement1 alors il ne faut plus en donner qu'une demi-cuillere2 une simple nause en est cependant la suite la plus ordinaire4 ,les urines sont aprs cela trs abondantes1 procurent beaucoup de soulagement4 ,il est rare que ce remede purge3 si nanmoins ce cas arrive1 il ne s'ensuit aucun mal4 ,l'on continue tous les jours l'usage de ce remede1 jusqu' ce que les srosits soient vacues1 que le corps dsenfle absolument4 ,si la dose que l'on donne fait peu d'effet dans des corps robustes1 on doit l'augmenter insensiblement jusqu' ce que les urines sortent en abondance4 ,alors si l'enflure diminue1 on observera scrupuleusement ce qui a t dit l'article du rgime1 surtout au sujet de la compression1 pour prvenir la rechute favoriser la gurison2 on fera prendre au malade1 une heure avant dner avant souper1 deux onces du vin ,n4 #gg4 ,quand avec l'vacuation des eaux les accidens diminuent1 il y a beaucoup esprer2 il faut continuer le remede ,n4 #ge1 jusqu' parfaite gurison1 le vin ,n4 #gg1 encore long-tems aprs4 4 #ddh4 ,si l'anasarque succede une longue fivre intermittente1 les vacuations ne sont pas extrmement ncessaires2 mais on la gurit d'ordinaire en faisant observer au malade ce qui est dit 4 #ddf1 #ddg1 en donnant le matin jeun1 puis une heure avant le dner une heure avant le souper1 deux onces du vin ,n4 #gg4 4 #ddi4 ,on traite aussi cette maladie par les purgatifs les sudorifiques2 mais outre qu'ils russissent peu1 il y a bien des cas o ils font beaucoup de mal3 l'usage des setons1 des scarifications est encore plus dangereux2 enfin de tous les moyens que l'on connot de procurer l'vacuation de l'eau dans l'anasarque1 celui que nous avons propos est1 selon le clebre ,van ,swieten1 le plus sr le plus efficace3 il est aussi le plus ais pratiquer par ceux pour qui ce ,livre est fait4 ,s'il ne russit pas1 il faut s'adresser un ,mdecin4 ,aphtes4 4 #dej4 ,les ,aphtes sont de petites pustules blanches ou jauntres1 qui deviennent des ulceres ronds1 superficiels1 bords d'un cercle rouge1 qui occupent en plus ou moins grande quantit l'intrieur de la bouche1 le gosier1 l'oesophage1 s'tendent quelquefois1 en suivant les conduits de l'air des alimens1 jusqu'aux poulmons aux derniers intestins4 ,cette maladie est assez commune parmi les enfans les vieillards3 elle est quelquefois pidmique parmi les adultes1 dans les saisons chaudes1 humides1 les lieux marcageux4 4 #dea4 ,quelquefois les ,aphtes se dissipent sans qu'on ait besoin d'employer de remedes2 mais elles sont souvent accompagnes d'ardeur1 de douleur1 de rougeur1 d'inflammation1 de la perte du got1 d'inquitudes1 d'insomnie1 quelquefois de fivre4 ,les enfans crient ne veulent point tetter1 la suction tant douloureuse la dglutition difficile1 soit cause de la sensibilit des parties ulcres1 soit cause de leur enflure1 qui est assez ordinaire4 4 #deb4 ,si la fivre1 la douleur1 l'inflammation1 la difficult d'avaler sont considrables1 on fera une saigne du bras4 ,on donnera #a4 pour nourriture de la panade1 ou une dcoction d'orge ou de ris4 #b4 ,trs souvent quelques gorges de th de fleurs de sureau nitr4 #c4 ,quatre prises par jour du ,n4 #fj1 dans une cuillere de th de sureau4 #d4 ,tous les deux ou trois jours on purgera avec du syrop de chicore compos1 ou le ,n4 #fb4 ,ce traitement suffira presque toujours pour dissiper les ,aphtes des enfans4 4 #dec4 ,il est propos d'examiner si l'cret du lait de la nourrice1 n'est pas la cause de la maladie des enfans1 si elle n'a point de boutons1 de dartres1 d'rsipelles2 s'il n'y a ni haleine mauvaise1 ni drangemens dans les digestions qui indiquent qu'elle n'est pas parfaitement saine2 quand mme on ne dcouvriroit rien1 on peut la faire user1 pendant que l'enfant ne tette point1 de boissons dlayantes1 rafrachissantes1 adoucissantes1 d'alimens farineux4 4 #ded4 ,si le malade n'est point un enfant qui tette1 on le mettra au rgime2 on saignera dans le cas o la douleur1 l'inflammation la fivre seront considrables2 il usera des boissons ,n4 #b1 ou #d1 du gargarisme ,n4 #ai1 il sera purg avec le ,n4 #bb4 4 #dee4 ,lorsque les aphtes ne tombent point1 l'humeur qu'elles renferment devient cre rongeante1 alors il faudra faire son possible pour toucher les aphtes des enfans avec un pinceau ou un linge attach un bton1 tremps dans le ,n4 #ha1 dans du suc de sedum ou joubarbe1 ou dans l'huile d'olive chaude4 ,on fera de mme pour les autres malades4 ,si les aphtes sont accompagnes de symptmes plus fcheux1 ou viennent la suite d'une maladie1 voyez ce qui suit4 4 #def4 ,les fivres continues1 aiges1 intermittentes2 celles qui sont avec dyssenteries diarrhes1 les fivres putrides malignes1 sont assez souvent accompagnes d'aphtes1 surtout dans les pays froids humides2 si on a donn au malade des remdes chauffans1 ou qu'on lui ait fait suivre un rgime de cette nature4 ,pour l'ordinaire ces aphtes sont des pustules blanches ou vessies remplies d'une humeur cre qui souleve la surpeau dans plusieurs points de l'intrieur de la bouche1 sans intresser la peau1 puisque quand la crote blanche qui les forme vient tomber1 il n'en reste point de vestige2 ce qui tablit une diffrence entre ces aphtes celles des enfans dont on a parl ci-dessus4 4 #deg4 ,les aphtes paroissent d'abord au palais en petit nombre spares2 on est heureux si elles n'augmentent pas2 mais souvent s'tendant de proche en proche1 elles occupent toute la bouche intrieurement1 descendent mme dans la poitrine les intestins3 il survient alors de la toux1 de la difficult de respirer1 des nauses1 vomissemens1 anxits1 foiblesses1 pesanteur douleur d'estomac1 assoupissement1 difficult d'avaler1 douleurs ulceres au gosier1 hoquets1 diarrhe1 dyssenteries1 des selles noires1 sanguinolentes1 sanieuses1 qui infectent4 4 #deh4 ,souvent ces accidens prcedent amenent les aphtes2 elles ne sont pas de mauvais augure1 blanchtres jaunes2 mais quand elles sont noires ou recouvertes d'une crote dure1 paisse comme du lard1 ou excessivement blanches1 elles sont souvent funestes4 ,lorsqu'elles ont subsist quelques jours1 elles tombent par parties en diffrens tems1 quelquefois de nouvelles succedent aux premieres rendent la maladie plus longue3 si les aphtes subsistent long-tems1 il se forme autant d'ulceres1 la gangrene s'y met4 4 #dei4 ,tant que la fivre est mdiocre1 les autres symptmes modrs1 on doit regarder les aphtes comme une crise1 comme un dpt de l'humeur de la maladie1 opr par la nature1 surtout si l'on voit alors quelque diminution dans les accidens depuis l'ruption des aphtes1 il faudra l'entretenir par des boissons chaudes dlayantes ,n4 #g1 ou une dcoction de raves1 de ris1 gruaux3 on usera du gargarisme dtersif ,n4 #ai1 ou #ha4 ,lorsque les aphtes deviennent brunes ou noires1 que le pouls est foible1 petit2 qu'il y a nauses1 angoisses1 hoquets1 que les crotes sont dures paisses1 ou qu'elles subsistent long-tems1 se renouvellent2 on donnera une ou deux fois le jour une prise du ,n4 #ad1 ou ,n4 #hb1 les mmes boissons serviront de gargarismes2 on touchera les aphtes avec le ,n4 #ha1 ou avec les autres liqueurs 4 #dee1 comme il est dit dans ce 4 ,lorsque les crotes tomberont1 s'il n'y a point de dyssenterie1 on purgera avec le ,n4 #bb1 pour faire sortir de l'estomac du canal intestinal les crotes qui se dtachent encore plutt que celles de la bouche1 qui augmenteroient la corruption par leur sjour1 on usera d'une boisson adoucissante comme le petit lait1 ou les ,n4 #ab1 #ac1 qui serviront pour gargariser souvent1 si la bouche est douloureuse brlante4 ,quelquefois il survient alors une salivation considrable3 on fera usage du ,n4 #ad1 du ,n4 #ai ou #hb1 en gargarisme4 ,s'il y a de la diarrhe1 de la dyssenterie1 on mlera la boisson adoucissante ,n4 #ag1 du syrop de pavot1 ou du moins on y fera bouillir une tte de pavot1 on traitera ces maladies avec les remedes prescrits aux articles qui en parlent3 on recommandera au malade de se gargariser souvent4 4 #dfj4 ,le rgime doit tre celui des maladies aiges1 ou celui de la maladie laquelle les aphtes se seront jointes1 modifi suivant les accidens2 le meilleur aliment est une dcoction de pain1 avec du miel du vin4 ,si le passage des alimens est tellement embarrass bouch par les aphtes1 que ni les solides1 ni les fluides ne puissent passer1 on emploiera le lait coup avec l'eau1 en bains1 fomentations1 lavemens4 ,nous n'avons point parl de saigner ni de purger pendant la maladie1 parceque ces secours seroient dangereux alors2 mais il est trs avantageux qu'ils aient t mis en usage au commencement de la maladie2 cela fait souvent la diffrence des aphtes benignes ou malignes4 ,ascite1 ,hydropisie du bas ventre4 4 #dfa4 ,lorsqu'il y a dans le bas ventre de l'eau amasse en assez grande quantit pour former une enflure ou grosseur considrable1 on nomme cette maladie ,ascite1 ou hydropisie du bas ventre4 ,l'enflure commence par la partie infrieure du ventre1 d'o en augmentant elle gagne les parties suprieures infrieures4 ,quand le malade est debout ou assis1 la partie du ventre qui est au-dessous du nombril1 forme tumeur4 ,si tant couch il se tourne ou se panche seulement droite ou gauche1 la tumeur se porte se fait voir de ce ct1 le malade sent le mouvement des eaux agites leur dplacement3 lorsqu'il est couch sur le dos tendu1 si on appuie une main sur un des cts du ventre1 que l'on frappe sur l'autre ct1 avec le plat de l'autre main1 le coup se fait sentir la premiere1 on sent distinctement la fluctuation3 la peau du ventre est ple1 luisante1 molle1 elle conserve quelque tems l'impression des doigts qu'on y a appuys2 le pouls est petit1 frquent un peu dur1 les urines sont en petite quantit d'un rouge brun1 trs charges1 la soif est continuelle pressante1 tout le corps maigrit1 s'extnue presque dans la mme proportion que le ventre grossit1 la respiration devient difficile quand on est couch2 avec les progrs de la maladie1 il survient nombre d'accidens qui rendent le mal plus opinitre1 comme foiblesse1 toux1 fivre lente1 les autres rapports 4 #ddb4 ,quant aux causes de cette maladie1 on en trouvera plusieurs 4 #ddc1 elles sont les mmes dans presque toutes les hydropisies2 on y ajoutera l'anasarque1 comme cause de l'ascite4 4 #dfb4 ,quand le mal est rcent1 on le gurit assez souvent par le seul usage du remede ,n4 #ge1 donn comme il est dit 4 #ddg4 ,si dans quelques jours le flux des urines ne survient point1 que l'enflure du ventre ne diminue point1 on prendra chaque jour la ptisane ,n4 #gd1 tous les matins jeun1 le soir en se couchant une prise du ,n4 #bc2 au bout de six jours on purgera avec le ,n4 #gf1 si le malade est foible1 avec le ,n4 #ba2 on rptera la purgation six jours aprs4 ,le rgime doit tre celui qui est prescrit dans l'hydropisie gnrale ou anasarque 4 #ddf4 ,dans le cas o l'un des traitemens russira1 o les eaux s'vacueront1 on fera prendre pour redonner du ressort aux fibres relches1 le vin ,n4 #gg1 d'abord une fois le jour1 puis deux1 mme trois4 4 #dfc4 ,lorsque ces tentatives seront sans succs1 que les urines ne seront pas plus abondantes1 que le ventre ne dsenflera pas par les vacuations que procurent le ,n4 #ge les purgatifs1 il faut se hter de faire la ponction qui russit dans les ascites peu anciennes2 mais elle est dangereuse dans celles qui sont invtres2 cependant dans ces cas mme elle soulage le malade en lui rendant la facilit de respirer3 souvent cette opration que l'on employoit comme un palliatif1 a dispos la gurison parfaite1 a laiss aux remedes la libert d'agir2 c'est alors surtout que le vin ,n4 #gg1 est utile2 ainsi que tout ce qui a t prescrit dans le rgime 4 #ddf4 4 #dfd4 ,je ne parle point de la paracenthese ou ponction du ventre1 parcequ'on doit s'adresser un ,chirurgien qui sache la faire4 ,il est trs convenable de tirer autant qu'il est possible1 en une seule fois tout de suite1 toute la lymphe ou l'eau3 on peut le faire avec suret1 en serrant le ventre du malade par des bandes1 cela petit petit de plus en plus1 mesure que l'eau sort2 on vitera par-l les foiblesses les autres accidens3 si le ventre enfle de nouveau1 il faut dans ce cas rpter la ponction3 il y a des exemples de personnes guries aprs plusieurs ponctions2 au moins cette opration prolongera la vie1 la rendra supportable1 peut-tre mme mettra-t-elle le malade en tat de vaquer ses affaires pendant un assez long-tems4 ,aprs l'opration1 on ne manquera point de donner le vin ,n4 #gg1 comme il a t dit 4 #ddg4 ,asthme1 courte-haleine1 accs d',asthme4 4 #dfe4 ,l'accs de l',asthme est une difficult de respirer1 priodique1 irrguliere1 quelquefois rguliere1 accompagne d'anxits1 de sifflement ou rallement1 de pesanteur ou resserrement de la poitrine1 de violens mouvemens du diaphragme des muscles de la poitrine1 du bas ventre1 des omoplates4 ,il semble que le malade est prs d'tre suffoqu1 les urines deviennent claires abondantes2 le pouls est frquent ingal2 il y a soif1 insomnie2 il survient de la chaleur1 de la fivre1 des palpitations de coeur2 cet tat dure plusieurs heures1 quelquefois plusieurs jours4 ,mais ceux qui y sont sujets ne se trouvent pas toujours dans cet tat violent1 ils n'y rsisteroient point4 ,les poulmons sont le siege de ce mal4 4 #dff4 ,on distingue plusieurs dgrs et especes d',asthmes1 qui ont des causes1 des signes des effets particuliers2 mais nous n'entrerons dans ce dtail1 qu'autant qu'il sera ncessaire pour instruire de ce qu'il faut faire dans les momens o ceux qui ont l',asthme ont besoin d'un prompt secours2 je veux dire dans l'accs3 cette maladie tant longue ayant des intervalles o l'on peut consulter1 il faut le faire4 ,je rapporterai cependant ce qui arrive hors de l'accs1 ceux qui ont cette maladie1 afin qu'on reconnoisse plus aisment l'accs de l',asthme1 tant prvenu que ceux qui sont sujets aux accidens suivans1 le sont aussi aux accs d',asthme ou la courte-haleine4 4 #dfg4 ,chez les asthmatiques la respiration est grande1 laborieuse frquente1 surtout lorsque leur sang est agit par quelque cause1 comme l'exercice un peu fort1 les passions1 les excs dans le boire le manger3 cette difficult de respirer augmente encore lorsqu'ils montent1 qu'ils sont couchs horisontalement1 pendant la nuit1 dans les tems humides froids1 dans des chambres trs chaudes ou trs petites4 ,la situation o ils respirent plus aisment1 est celle o le corps est un peu pench en devant4 ,l',asthme est souvent accompagn de toux1 de ronflement1 d'un bruit semblable celui d'un fluide agit1 de douleurs l'intrieur l'extrieur de la poitrine4 4 #dfh4 ,dans l'accs ou attaque d',asthme1 on mettra le malade dans une situation o la moiti suprieure du corps se trouve droite1 dans un lieu o l'air du dehors ait un accs libre1 surtout l'air froid1 o il n'y ait point de feu1 d'animaux1 ou beaucoup de personnes qui l'chauffent1 il ne fera aucun mouvement qui puisse acclrer la circulation du sang1 on vitera d'exciter les passions qui agitent le sang1 font impression sur les nerfs4 ,plus la difficult de respirer est grande1 plus il faut se hter de saigner1 on rptera la saigne suivant les forces du malade1 celle des accidens1 l'opinitret du mal4 ,on ne doit point tre arrt par la petitesse la foiblesse apparentes du pouls1 la saigne faite1 il sera plus fort3 au reste1 si on a quelque crainte ce sujet1 on fera les saignes petites3 ce remede gurira seul l'accs de l'asthme1 s'il vient de plnitude1 comme cela arrive souvent1 voyez les signes de cet tat#ag2 on donnera des lavemens1 qui ne seront que moiti des lavemens ordinaires1 le malade les recevra debout3 si les lavemens simples1 comme ,n4 #f1 n'ont aucun effet1 on se servira des purgatifs4 #ag ,voyez ces signes1 art4 de la saigne1 4 #ecf4 4 #dfi4 ,lorsque le malade est d'un temprament pituiteux1 humide crache beaucoup1 que pendant l'accs on entende un rallement1 un bruit comme d'un fluide agit dans la poitrine1 qu'il crache beaucoup1 qu'il sent une douleur sourde1 une pesanteur la poitrine1 on donnera pour boisson la ptisane ,n4 #g1 ou le ,n4 #ab1 d'heure en heure une cuillere de la potion ,n4 #gb4 ,s'il y a pesanteur d'estomac1 que l'accs ait t prcd d'excs de table1 ou qu'il y ait eu des signes de bile ou d'humeurs abondantes#ah1 on fera bien de donner un vomitif ,n4 #cd1 avec les prcautions recommandes 4 sur les vomitifs1 ou du moins la potion ,n4 #aa4 #ah ,voyez ces signes1 art4 des purgations1 4 #edd4 4 #dgj4 ,lorsqu'avant pendant l'accs1 le malade a une toux frquente sche2 que dans l'accs le visage devient rouge1 que les veines se gonflent1 que le malade sent un serrement la poitrine ou la gorge1 on donnera pour boisson la ptisane ,n4 #ab1 dans l'intervalle des saignes qui seront rptes comme il a t dit1 suivant l'opinitret du mal1 ainsi que les lavemens simples purgatifs1 le malade prendra dans les accs de toux1 ou plus souvent1 s'ils sont rares1 la potion ,n4 #aj1 ou le petit lait ,n4 #ag1 par cuilleres4 ,on lui fera respirer la vapeur de l'eau chaude1 mettre les pieds dans l'eau chaude2 les frictions legeres sur les extrmits1 l'application de vessies remplies de lait sur la poitrine1 sont aussi fort utiles4 ,lorsque l'accs est trs long opinitre1 qu'il y a lieu de croire qu'il est l'effet d'une goutte remonte1 de maladies de peau1 ou ruptions rentres1 d'ulceres trop tt ferms1 on fera usage de sinapismes1 de vsicatoires1 qui dans ces cas feront bientt disparotre le mal4 4 #dga4 ,pendant le tems de l'accs d',asthme1 on doit tenir le malade au rgime1 c'est--dire ne lui donner aucune nourriture solide1 on ne lui accordera mme celles ,n4 #ce1 que dans le cas o l'accs sera long1 qu'il ne sera pas de la plus grande violence2 les viandes augmentent prolongent beaucoup l'accs4 ,on vitera de donner les boissons chaudes1 on les rendra un peu acides1 comme celles ,n4 #a1 #b4 4 #dgb4 ,pour prvenir les accs1 ou les loigner jusqu' ce qu'on puisse consulter un ,mdecin1 on vitera de faire aucun excs dans le boire1 le manger1 l'exercice1 c4 ,on se garantira du froid avec le plus grand soin1 surtout de celui qui est joint l'humidit4 ,on fera un exercice modr4 ,on prendra dans l',asthme o l'on crache beaucoup1 la poudre ,n4 #ad1 une demi-prise chaque repas1 tous les matins jeun trois pillules ,n4 #gc1 avec deux verres de #ab1 immdiatement aprs3 il faut aussi se purger de tems en tems avec le ,n4 #ba4 ,si c'est un ,asthme o on ne crache pas1 on usera tous les jours des boissons dlayantes1 on se fera saigner lorsque les premiers symptmes de plnitude#ai1 l'augmentation dans la difficult de respirer1 ou le serrement de poitrine se feront sentir3 dans les deux especes les eaux minrales chaudes prises dans leurs saisons1 la saigne faite en ,printems dans les grandes chaleurs2 les purgations en ,automne en hyver2 sont des secours trs utiles pour prvenir ou retarder les accs4 #ai ,voyez ces signes1 article de la saigne4 ,lorsqu'un ,goutteux dont la goutte est vague1 ou ne se fait pas sentir au lieu au tems ordinaires1 est attaqu de difficult de respirer1 voyez ce qui est dit article de la goutte remonte4 ,carreau4 4 #dgc4 ,on trouve souvent dans la campagne parmi le peuple1 des enfans qui ont le ventre plus gros qu'ils ne doivent l'avoir1 il est dur1 la peau est tendue2 ils sont ples1 tristes1 paresseux1 sans apptit2 ils sentent des douleurs vers le nombril1 dorment peu2 ils ont beaucoup d'ardeur1 de la soif1 souvent de la fievre le soir4 ,dans le commencement1 ils vont difficilement la selle2 mais au bout de quelque tems il survient un dvoiement2 ils dprissent vue d'oeil1 tombent en chartre1 maigrissent trs vte1 le ventre seul est fort gros4 ,le carreau vient d'obstructions d'embarras dans une ou plusieurs des parties contenues dans le bas du ventre1 ce qui souvent y a donn lieu1 sont des alimens indigestes1 visqueux1 les fruits cruds non mrs1 le laitage dans quelques constitutions auxquelles il est contraire1 les vers1 la malpropret1 la transpiration long-tems retenue1 une disposition crouelleuse1 des ruptions rentres1 ou qui n'ont pas sorti entierement4 4 #dgd4 ,pour gurir cette maladie1 il faut interdire les mauvaises nourritures leur en substituer de bonnes1 aises digrer1 point visqueuses1 ni qui s'aigrissent aisment3 les panades1 les fruits cuits1 les oeufs1 un peu de viandes blanches legeres1 les plantes ou lgumes fondantes apritives1 laitue1 chicore1 pinars1 cardes1 c4 on mettra le malade dans un lieu o l'air soit sec sain1 on lui fera faire le plus d'exercice qu'on pourra1 pied ou en voiture1 il boira un peu de bon vin vieux avec de l'eau de chiendent1 ou une eau de rhubarbe legere4 ,on lui fera des frictions sur tout le corps avec la flanelle1 on appliquera sur le ventre les topiques ,n4 #i4 4 #dge4 ,on lui fera prendre tous les jours des sucs exprims des plantes apritives ,n4 #g1 dans du petit lait1 ou au moins des dcoctions de ces mmes plantes4 ,ce remede manque rarement d'avoir son effet1 surtout si on le prend dans le ,printems2 les vertus fondantes apritives sont alors un plus haut degr dans les plantes1 que dans les autres saisons3 lorsqu'on manque de ces plantes fraches1 on doit faire des dcoctions de racines de chiendent1 d'asperges1 d'oseille1 de patience1 de chelidoine1 que l'enfant prendra de trois en trois heures par verres2 on mettra dans le premier verre du matin pris jeun1 un gros de sel de glauber1 ou de sel de duobus1 ou une prise du ,n4 #bc4 ,l'extrait de cige ,n4 #ee1 est un remede excellent1 qu'il sera ais de faire prendre aux enfans4 ,on purgera tous les dix douze jours avec la poudre ,n4 #cg1 ou le syrop de chicore compos4 ,lorsque le ventre sera dsenfl mollet1 on fera prendre quelque tems une eau minrale legere1 naturelle1 comme celles de ,passy1 de ,forges1 ou artificielle comme ,n4 #hc4 ,catharre suffocant4 4 #dgf4 ,dans cette maladie1 une des plus vives qu'il y ait1 qui attaque subitement surtout les vieillards1 les enfans1 ceux qui ont un temprament humide pituiteux1 qui est quelquefois pidmique1 la respiration se fait si difficilement1 l'oppression est si grande1 que le danger de la suffocation est des plus pressans1 que le malade meurt quelquefois dans le moment de l'attaque1 ou peu d'heures aprs4 ,je ne parle point de la suffocation cause par l'ouverture d'un abcs dans la poitrine 7voyez 4 #fd71 ni de celui qui est une suite de la paralysie des organes de la respiration2 mais seulement de catharres qui viennent d'une abondance de srosits plus ou moins acres1 qui remplissent la poitrine1 ou se jettant sur les nerfs1 les mettent en convulsion2 ou de l'humeur de la petite vrole1 de la rougeole1 ou d'une autre ruption qui n'est pas sortie1 ni n'a pas t vacue entirement1 qui se porte sur les organes de la respiration2 ou d'une grande quantit de sang qui remplit plus qu'il ne faut les vaisseaux de la poitrine1 ou s'y coagule1 toutes choses qui interceptent la respiration4 4 #dgg4 ,dans le catharre suffoquant1 outre la difficult de respirer1 il y a douleur de poitrine1 sentiment de pesanteur1 voix entrecoupe1 sueur surtout au visage1 gonflement des vaisseaux de la tte1 anxits ou angoisses2 agitation continuelle1 effort pour tousser1 ronflement1 sifflement ou rallement1 les battemens du pouls sont foibles1 loigns1 quelquefois frquens1 souvent ingaux4 ,le malade est sans force1 il sue1 une pituite visqueuse ou une cume lui sort de la bouche2 il faut1 sans perdre un moment1 le saigner une1 deux trois fois1 jusqu' ce que la respiration devienne plus facile1 dans les intervalles des saignes1 on lui donnera des lavemens d'abord simples1 puis purgatifs1 il mettra ses pieds dans l'eau chaude1 on lui fera des frictions sur les extrmits infrieures avec la flanelle4 4 #dgh4 ,lorsque ces secours ne suffisent pas1 si le malade est pituiteux1 sujet aux catharres1 aux fluxions1 ou qu'il ait eu quelque maladie de peau maltraite1 ou une ruption rentre ou qui n'a pas sorti suffisamment1 on lui fera prendre un vomitif ,n4 #cd1 ou un purgatif ,n4 #ba1 on appliquera une empltre vsicatoire ,n4 #ce1 au bras ou la nuque4 ,si c'est un enfant1 aussi tt aprs la premiere saigne1 on appliquera l'empltre vsicatoire2 on donnera toutes les demi-heures une cuillere de la potion ,n4 #h1 dans les intervalles1 la ptisane ,n4 #b4 ,lorsque la violence des accidens diminue2 mais que les crachats sortent rarement en petite quantit visqueux1 que l'on entend un rallement dans la poitrine1 on donnera de trois en trois heures une cuillere du ,n4 #h1 auquel on ajoutera hypecacuana1 iris de ,florence ,kermes minral1 de chaque trois grains4 ,quand le catharre traine en longueur1 on doit suivre le rgime 4 #ce suiv4 en ajoutant seulement un peu de vin ou d'lixir de proprit1 comme cordiaux ncessaires pour ranimer les forces4 ,colique nphrtique4 4 #dgi4 ,la douleur est aige fixe dans les reins leurs environs2 elle se fait sentir continuellement1 ou par intervalles dans tout le trajet oblique que font les vaisseaux destins conduire l'urine depuis les reins jusqu' sa sortie4 ,chez les hommes1 les testicules se retirent1 il y a douleur3 chez les femmes1 la douleur est dans l'aine4 ,au commencement1 les urines sont en petite quantit1 claires1 puis elles sont sanglantes charges de gravier4 ,il y a nause1 vomissemens1 douleur d'estomac1 dfaillances1 sueurs1 constipation1 envie d'uriner3 on sent de l'engourdissement la jambe du ct o est la douleur2 la fivre survient1 elle est irrguliere le pouls ingal4 4 #dhj4 ,les moyens de calmer cette colique1 sont les saignes rptes deux1 trois fois en douze heures1 plus si le mal est toujours le mme3 les lavemens frquens ,n4 #f1 la ptisane ,n4 #a1 ou le petit lait ,n4 #ag2 la poudre ,n4 #bj2 du savon en pilules1 ou fondu dans la ptisane1 jusqu' trois gros par jour2 les fomentations sur les reins ,n4 #i1 les demi-bains1 les bains o le malade restera long-tems4 ,on aura soin de ne pas le laisser coucher sur la plume1 dans un lit o ses reins soient trop chauffs3 on donnera deux trois onces de syrop diacode par demi-cuilleres dans le jour1 si les douleurs sont excessives avec convulsions4 ,cette colique tant sujette retour1 on consultera un ,mdecin pour la prvenir4 4 #dha4 ,on suivra le mme traitement dans l'inflammation des reins1 qui a tous les symptmes de la colique1 mais beaucoup plus de chaleur aux reins aux lombes1 de fivre1 des douleurs plus aiges1 des urines aqueuses ou trs rouges1 en petite quantit1 sans sdiment4 ,dans le cas o les saignes n'auront pas t faites assez tt1 o le mal sera insurmontable par sa nature2 il se formera un abcs 7voyez 4 #bhc72 alors il faut avoir recours au ,mdecin au ,chirurgien4 ,coqueluche4 4 #dhb4 ,la coqueluche est cette toux redouble1 presse1 opinitre1 qui se renouvelle des intervalles plus ou moins loigns4 ,on appelle ces accs des quintes3 la toux est tantt forte rauque1 tantt aigre glapissante1 presque continue pendant la quinte1 avec des sifflemens ou heurlemens2 la respiration se fait trs difficilement1 sur tout le mouvement qu'on appelle inspiration1 par lequel l'air entre dans la poitrine2 alors le malade est prt d'tre suffoqu4 ,il ne sort presque rien pendant la plus grande partie du tems que dure la toux1 ou tout au plus un peu de pituite claire2 mais vers la fin de la quinte le malade rejette une matiere visqueuse1 glaireuse1 si gluante qu'il faut la lui tirer de la bouche avec les doigts2 il y a des mouvemens convulsifs1 violens dans tout le corps2 le malade vomit1 surtout s'il n'y a pas long-tems qu'il a mang1 les repas sont ordinairement suivis de quintes violentes4 ,le sang s'accumule dans les vaisseaux de la tte1 les gonfle1 rend tout le visage rouge1 violet1 mme noir4 ,il y a irritation1 douleur au creux de l'estomac avant la toux aprs4 ,le plus souvent la coqueluche est sans fievre1 surtout dans les commencemens4 ,cette maladie attaque principalement les enfans1 quelquefois les adultes2 souvent elle est pidmique parmi les premiers1 quelquefois parmi les seconds4 ,elle est cause par les drangemens de la digestion1 joints la transpiration supprime4 4 #dhc4 ,lorsque le malade est un enfant qui tette1 on examinera le lait de la nourrice2 s'il n'est pas bon1 on lui en donnera une autre1 ou on le nourrira de panade1 d'eau de ris1 d'eau d'orge1 de gruaux1 de bouillons4 ,il ne mangera point de bouillie4 ,on mettra tout autre malade au rgime des convalescens1 on le garantira surtout du froid de l'humidit4 ,l'exercice est trs bon1 mais il doit tre modr1 pour ne point exciter des quintes4 ,lorsque les symptmes1 comme la toux1 la difficult de respirer1 la couleur du visage1 le temprament sec sanguin du malade1 font craindre pour sa vie1 qu'il ne se rompe des vaisseaux dans la poitrine par les efforts de la toux1 on fera bien de le saigner2 ce qui ne seroit pas ncessaire1 si les accidens toient moins grands ou moins pressans4 ,on donnera pour boisson la ptisane ,n4 #ab2 on tiendra le ventre libre1 avec des lavemens donns tous les jours ,n4 #f2 on fera vomir avec les poudres ,n4 #cc ou #cd2 puis on purgera avec le ,n4 #bb1 ou le syrop de chicore compos4 ,aprs ces vacuations1 si la coqueluche n'est pas totalement passe1 on donnera de trois en trois heures1 une cuillere de la potion ,n4 #h1 auquel on ajoutera kermes minral1 ,n4 #bd1 six grains1 autant de poudre d'iris de ,florence4 ,s'il y a insomnie1 on mettra dans la ptisane une ou deux ttes de pavot1 ou deux pinces de feuilles de coquelicot4 ,c'est un usage pernicieux1 que celui de l'huile dans la coqueluche1 voyez 4 #ceg4 ,pour rtablir les digestions2 on donnera la poudre ,n4 #ad3 si la maladie tant totalement gurie1 il reste une petite toux ou de la foiblesse1 le lait de vache coup avec une dcoction d'orge ou de ris1 les dissipera4 ,dartres4 4 #dhd4 ,on donne ce nom des pustules ou boutons de diffrentes grosseurs1 quelquefois presque imperceptibles1 spars ou runis en tas1 avec douleur demangeaison4 ,ces boutons s'tendent de proche en proche1 y portent la douleur la dmangeaison1 qui cessent quelquefois o elles avoient commenc4 ,quand on les gratte1 il en sort une eau visqueuse et cre1 qui1 en schant1 forme une crote4 ,toutes les parties du corps1 mais surtout le visage1 les cuisses1 les parties de la gnration sont sujettes ce mal1 qui le plus souvent forme des plaques assez grandes1 de diffrentes figures4 4 #dhe4 ,on saignera le malade du bras2 il fera usage de ptisane de racine de chicore amere1 ou de celle ,n4 #be2 si le mal est opinitre1 de la ptisane ,n4 #gd1 laquelle on ajoutera1 dans leurs saisons1 les jus d'herbes ,n4 #g1 du petit lait rendu laxatif avec le sel de duobus1 ou la crme de tartre ,n4 #bc1 alternativement pendant une douzaine de jours4 ,ce mal n'empchant point de vaquer ses affaires1 il est inutile de prescrire au peuple d'autres remedes qui ne seroient pas faits4 ,on purgera avec le ,n4 #ba1 tous les huit jours4 ,il faut se garantir du froid1 de l'humidit1 ne point manger d'alimens sals cres1 boire peu de vin1 se nourrir de lait1 d'alimens farineux1 de lgumes1 de fruits4 4 #dhf4 ,les topiques font souvent du mal dans les dartres4 ,en gnral1 il faut s'en abstenir jusqu' ce qu'on ait pris pendant quelque tems des remedes internes2 alors on se contentera1 dans les dartres rongeantes1 vives douloureuses1 d'appliquer une toile trempe dans un jaune d'oeuf dlay avec une eau de safran1 ou de morelle1 ou de cige3 les dartres sches peuvent tre humectes avec de la salive1 ou de l'eau de sel marin1 ou de l'eau avec un peu de vinaigre3 on les couvrira du sparadrap ,n4 #fd3 si la dartre est maligne ou rebelle1 on appliquera le ,n4 #ea4 ,on peut substituer ce traitement1 celui qui est marqu 4 #bfa suiv4 ,on emploiera les mmes remedes dans les cas d'bullitions1 chauboulures1 boutons1 rougeurs au visage4 ,ecrouelles1 ,humeurs froides4 4 #dhg4 ,les crouelles sont des tumeurs situes sous la peau2 elles sont fort long-tems sans douleur1 sans chaleur1 ordinairement mobiles1 lisses unies2 tantt cedant un peu1 seulement pour un moment1 l'impression des doigts1 tantt trs dures4 ,ces tumeurs sont des glandes grossies enfles par le sjour de la lymphe1 qui est l'humeur qui s'y prpare s'y conserve4 ,toutes les glandes sont le siege de cette maladie4 ,les causes de cette maladie1 sont un vice hrditaire de la lymphe qui produit son paississement1 le virus vrolique des peres meres1 la mauvaise nourriture de quelque genre que ce soit1 lait1 eau1 fruits non mrs1 c4 le froid1 surtout s'il frappe les glandes du cou2 c'est pourquoi ces glandes sont le plus souvent attaques dans les enfans de la campagne1 qui ordinairement n'ont point le cou couvert3 les coups contusions des glandes1 qui dtruisent leur organisation2 la mauvaise conformation de ces glandes4 ,les tumeurs crouelleuses sont d'abord petites1 paroissent dans peu d'endroits1 ne changent point la couleur de la peau2 le plus souvent les glandes du col1 des aisselles1 sont les premieres affectes2 mais de quelque ct qu'elles commencent1 si on n'y remdie ds qu'elles se manifestent1 elles s'tendent toutes les glandes dont elles sont proches1 ensuite l'humeur crouelleuse gagne celles qui sont rpandues par tout le corps1 internes externes1 toutes les articulations4 4 #dhh4 ,cette maladie est ordinairement trs longue1 difficile gurir1 surtout si elle est hrditaire1 ou dans un sujet foible mal constitu1 dans les adultes2 mais il y a beaucoup esperer1 si elle se trouve dans des enfans1 depuis peu de tems1 dans des sujets bien constitus1 qui ont peu de glandes crouelleuses1 qui n'ont point encore atteint l'ge de pubert1 tems o la nature est souvent venue bout de les dissiper sans aucun secours4 ,c'est pourquoi il importe de faire de bonne-heure tout ce qu'il est possible pour gurir une maladie si opinitre1 qui d'ailleurs peut avoir des suites trs funestes1 si elle subsiste long-tems4 ,le traitement de cette maladie est trs long2 le malade comme le ,mdecin doivent s'armer de patience1 ne s'attendre qu' des progrs presque insensibles4 4 #dhi4 ,si le malade est d'un temprament sanguin1 dans l'tat dcrit 4 #ecg1 il sera saign3 s'il est dans celui qui est dcrit 4 #edd1 il sera purg avec la potion ,n4 #df1 ou la poudre ,n4 #ba2 ou mme on le fera vomir avec un des remedes ,n4 #cc ou #cd2 puis on le mettra l'usage de la ptisane laxative ,n4 #gi1 dont il prendra deux verres le matin1 deux heures de distance1 un le soir4 ,on ajoutera dans le ,printems l',et1 chaque verre de cette boisson1 deux onces des sucs de plantes fondantes ,n4 #g2 on fera prendre tous les matins jeun1 deux pilules ,n4 #hj1 ou l'extrait de cige ,n4 #ee1 on purgera tous les douze jours avec la poudre ,n4 #ba4 4 #dij4 ,cette maladie tant fort longue1 il faut1 au bout de quelque tems changer de mdicamens1 tant cause du malade qui prendroit du dgot1 peut-tre de l'aversion1 que parceque le corps s'habituant aux remedes1 ils ont beaucoup moins d'effet4 ,ainsi on pourra substituer la ptisane1 deux bouillons par jour faits avec le veau1 les racines de patience1 chicore sauvage1 oseille1 fraisier1 pissenlit1 polypode4 ,un moment avant de retirer le pot du feu1 on ajoutera une demi-poigne de quatre des plantes suivantes1 bourrache1 buglose1 chicore sauvage1 aigremoine1 cresson1 poire1 pourpier1 laitue1 pimprenelle1 ortie1 cerfeuil2 on fera fondre un gros de sel de glauber dans chaque2 on prparera de la mme faon un apozeme1 en retranchant le veau1 l'usage sera le mme4 ,on pourra aussi faire boire de tems en tems1 pendant une huitaine de jours1 la ptisane des bois ,n4 #ga2 ou du petit lait1 en y mlant les jus d'herbes ci-dessus1 ou les y faisant infuser1 ou en y faisant fondre quelque sel1 comme de glauber1 de duobus1 de sedlitz1 terre folie de tartre4 ,on peut substituer aux pilules celles ,n4 #ah1 en observant1 quelque remede qu'on donne1 de purger tous les dix douze jours avec la poudre ,n4 #ba1 ou autre purgatif4 ,si l'estomac du malade se drange1 on donnera la poudre ,n4 #ad2 s'il vient du dvoiement1 on purgera avec le ,n4 #ej1 en s'abstenant pendant quelques jours des autres remedes4 ,ceux qui se trouveront prs de la mer1 doivent boire de cette eau environ une chopine par jour2 c'est un trs bon fondant4 ,l'usage des eaux thermales ou chaudes1 savoneuses1 sulphureuses1 comme celles de ,bareges1 de ,cauterets1 de ,bourbonne1 de ,balaruc1 de ,bourbon1 c4 ne peut tre trop recommand ceux qui en sont proches4 4 #dia4 ,on appliquera sur les tumeurs crouelleuses1 les empltres de vigo cum mercurio1 de ranis cum mercurio1 de savon1 de cige1 diabotanum1 diachilum1 cum gummi2 mais s'ils causent de la dmangeaison1 chaleur ou inflammation1 il faut les ter4 4 #dib4 ,on doit favoriser l'action des remedes par le rgime2 souvent on lui doit la gurison des maladies chroniques ou longues2 un air pur1 serein1 sec2 les lieux levs2 l'exercice pied1 cheval1 en voiture un peu rude2 le ventre libre naturellement1 ou par l'effet des remedes ou des lavemens2 une nourriture saine1 aise digrer1 prise avec modration2 du pain bien cuit1 des viandes rties1 grilles2 des fruits cuits2 les eaux legeres1 douces1 du vin vieux bon2 un sommeil modr2 la tranquillit de l'ame1 le contentement1 la gaiet1 la dissipation prtent des forces la nature1 pour vaincre le mal conjointement avec les remedes4 4 #dib4 ,lorsque l'on a traiter des crouelles devenues rouges1 douloureuses enflammes d'elles-mmes1 ou par des topiques trop actifs1 on saignera une ou deux fois2 on mettra au rgime 4 #bi2 on emploiera les topiques molliens ,n4 #i1 le ,n4 #ei1 ou l'empltre de mucilages1 jusqu' ce qu'on ait calm dissip l'inflammation4 4 #dic4 ,quand1 la suite de l'inflammation qu'on n'a pas pu rsoudre1 ou sans inflammation sensible sans qu'on s'en soit apperu1 il s'est fait une suppuration dans la tumeur3 ds que l'on en sera certain1 on appliquera des cataplasmes1 de pulpes d'oseille1 d'oignon de lys1 de vieux levain1 de basilicum1 d'escargots1 jusqu' ce que la glande paroisse parfaitement fondue2 si elle ne s'ouvre pas d'elle-mme l'extrieur1 on l'ouvrira avec la pierre cauterre ou avec le fer1 de peur que le pus ne fasse du ravage intrieurement1 en cariant les os1 dtruisant les chairs voisines2 mais il faut ds-lors avoir recours un bon chirurgien4 ,lorsque la tumeur est ouverte ou suppure1 il en sort une matiere purulente1 visqueuse1 blanchtre ou jaune1 sans mauvaise odeur4 ,on pressera un peu la tumeur dans tous les sens1 pour qu'il ne reste point de pus2 on injectera une legere infusion de cigu pour nettoyer la plaie1 aprs quoi il faut appliquer un plumaceau enduit de l'onguent ,n4 #fh1 recouvrir avec une compresse plie en plusieurs doubles1 trempe dans la liqueur ,n4 #fi3 on change le plumaceau deux fois le jour1 la compresse trois fois4 ,s'il survient des callosits1 des chairs fongueuses2 s'il y a des fistules1 carie1 on doit avoir recours au ,chirurgien1 qui agira suivant l'tat du mal4 ,enflure des ,jambes4 4 #did4 ,les pieds les jambes ont plus de grosseur qu'ils ne doivent en avoir compars au reste du corps1 ils sont dans l'tat dcrit 4 #dda4 ,il y a engourdissement difficult dans le mouvement de ces parties2 je ne parle point de l'enflure des jambes1 qui prcede accompagne l'anasarque1 l'ascite2 on ne peut la gurir qu'en dissipant ces maladies4 ,on voit trs souvent des jambes enfles la suite des fivres intermittentes continues1 de l'asthme1 des rsipelles1 de la dyssenterie1 du dvoiement1 de la plpart des longues maladies aiges ou chroniques1 des grandes vacuations1 des longues veilles4 ,les ,femmes grosses1 celles dont les regles sont supprimes1 ou beaucoup diminues1 ou prtes finir1 y sont fort sujettes4 ,dans tous ces cas1 l'enflure est ordinairement sans danger2 souvent elle se dissipe pendant la nuit1 recommence le matin pour augmenter jusqu'au soir4 4 #die4 ,l'enflure des jambes diminue souvent sans faire aucun remede1 mesure que la convalescence s'affermit1 que les forces reviennent aprs l'accouchement l'apparition des regles4 ,si cela n'arrive pas1 il faut faire un peu plus d'exercice1 employer les frictions avec la flanelle chaude1 les fomentations aromatiques spiritueuses1 des sachets de sel1 de cendres1 des bandes qui serrent un peu3 on prendra des alimens secs1 on boira peu1 seulement du vin vieux pur4 ,on donnera matin soir1 une prise du ,n4 #bj1 dans une tasse d'infusion de fleurs de sureau2 si les digestions ne se font pas parfaitement bien1 on donnera une prise de ,n4 #ad4 ,enfin cela ne suffisant pas1 on aura recours la potion ,n4 #h1 dont on prendra deux ou trois cuilleres par jour4 ,il y a des personnes trs grasses1 de grands mangeurs ou buveurs1 des gens gs1 hommes femmes1 qui ont presque toujours les jambes enfles4 ,le plus souvent il seroit difficile de l'empcher1 quelquefois dangereux4 4 #dif4 ,il se fait quelquefois des crevasses1 des ouvertures1 par lesquelles il sort une eau1 rousse cre2 cette vacuation peut tre utile2 mais ces plaies sont souvent long tems sans se fermer3 la gangrene mme s'y met quelquefois4 ,le malade doit se tenir couch1 ou au moins la jambe doit tre soutenue horisontalement1 tenue chaudement3 sa nourriture sera celle des convalescens4 ,il sera purg de tems en tems avec la poudre ,n4 #ba4 ,il prendra une fois le jour une prise du ,n4 #ad3 on mettra sur la jambe un plumaceau couvert de l'onguent ,n4 #fc4 ,les mains le visage enflent aussi dans les mmes cas que les jambes1 mais beaucoup plus rarement1 se gurissent plus promptement3 s'il y a gangrene1 on appellera un ,chirurgien4 ,engelures4 4 #dig4 ,il vient aux doigts des mains1 des pieds1 aux oreilles1 aux talons1 aux levres1 au nez1 des enfans surtout1 principalement en ,hiver1 quand ces extrmits sont exposes au froid1 passent subitement du chaud au froid1 du froid au chaud1 une enflure ou un gonflement qui dans les commencemens paroit blanc avec peu de chaleur de douleur2 mais si l'on expose le mal au froid1 il est bien-tt accompagn de rougeur1 douleur1 chaleur1 demangeaison1 picotement1 difficult de remuer les parties attaques1 ou engourdissement4 ,souvent ces tumeurs se gurissent sans remedes3 mais quelquefois1 ou par la nature du mal1 ou par la mauvaise mthode qu'on aura suivie1 soit en les exposant au feu1 soit en y appliquant des topiques irritans2 quelquefois1 dis-je1 la rougeur1 la chaleur augmentent1 l'enflure s'enflamme1 devient livide1 il s'amasse une srosit cre1 qui forme1 sous la surpeau1 des cloches ou vessies1 qui aprs avoir rong la surpeau1 parot au-dehors2 ces gersures ou crevasses dgnerent souvent en ulceres1 dont il ne sort d'abord qu'une srosit1 ensuite une espece de pus sreux en assez grande abondance4 4 #dih4 ,ceux qui ont des engelures1 ou qui y sont sujets1 doivent apporter toute leur attention se garantir du froid1 surtout en dfendre les parties affectes1 ou sujettes l'tre4 ,il faut viter de passer subitement du froid au chaud1 du chaud au froid4 ,lorsque les engelures ne seront encore que des tumeurs blanches1 ou peu douloureuses peu enflammes1 on fera mettre la partie malade dans une dcoction de plantes aromatiques1 comme sauge1 romarin1 lavande1 c4 faite dans le vin rouge2 on rptera ce bain une ou deux fois le jour1 ou la fomentation aromatique ,n4 #fg2 l'urine1 le savon1 la lessive de sarment peuvent servir au mme usage4 ,on couvrira l'engelure avec les empltres de mucilages1 de savon1 de ,nuremberg1 ou la toile prpare ,n4 #fd4 ,lorsqu'il survient aux engelures douleur1 rougeur1 demangeaison considrable inflammation1 on appliquera les topiques ,n4 #i1 ou ceux ,n4 #eh1 #ei1 ou le baume tranquille2 on ne fera point agir la partie malade2 on usera des boissons dlayantes rafraichissantes ,n4 #a1 #b4 4 #dii4 ,si les engelures se crevent ou se fendent1 si elles rendent du pus dgnerent en ulceres1 on emploiera les fomentations ou bains ci-dessus2 on lavera l'ulcere avec une infusion de cigu2 on appliquera un plumaceau enduit de l'onguent ,n4 #fh1 ou celui de cruse1 on recouvrira avec la toile ,n4 #fd4 ,les eaux minrales chaudes peuvent tre employes en bains fomentations rptes dans tous les tats des engelures4 ,si les accidens des engelures toient au point qu'ils causassent de la fivre1 il faudroit saigner une ou deux fois1 mettre le malade au rgime 4 #cj4 ,lorsqu'il y a des os caris ou de la gangrene1 il faut avoir recours au ,chirurgien4 ,epilepsie1 ,mal-caduc1 tomber du ,haut-mal4 4 #ejj4 ,je ne parlerai de cette maladie1 que pour faire connotre ce qu'on appelle accs ou attaque d'pilepsie1 pour dire ce qu'il faut faire alors4 ,il n'y a point de maladie plus difficile gurir1 trs souvent elle est incurable4 ,ceux qui en sont atteints1 doivent consulter les plus habiles ,mdecins ds qu'ils s'en apperoivent1 les accs ne fussent-ils que trs legers4 ,l'pilepsie attaque plus les hommes que les femmes1 plutt avant l'ge de pubert qu'aprs4 4 #eja4 ,les accs se reconnoissent facilement aux signes suivans3 ,une personne tombe subitement prive de sentiment de connoissance1 avec des convulsions violentes de toutes les parties du corps1 ou de quelques-unes seulement4 ,elle se roule par terre avec des tremblemens des pieds1 des bras1 de la tte2 elle tient les poings ferms1 se frappe la poitrine1 le ventre1 donne de la tte1 des pieds des mains contre la terre1 tous les corps qu'elle rencontre2 la plpart jettent un grand cri en tombant2 la peau du front1 celle de la tte1 qui est couverte de cheveux1 sont agites2 les cheveux se dressent1 les sourcils sont dans un mouvement continuel1 ils se froncent2 les yeux sont fixes hagards1 ils sortent de l'orbite2 les paupieres sont dans l'agitation1 elles s'ouvrent ferment alternativement2 les globes des yeux roulent1 ils se tournent de faon ne laisser voir que le blanc2 tous les muscles de la face tant dans un mouvement perptuel1 expriment les diffrentes passions2 les lvres se resserrent1 s'allongent2 la bouche s'agrandit2 la machoire infrieure s'loigne de la suprieure1 jusqu' se dboter2 la langue s'enfle1 s'allonge hors de la bouche1 elle est souvent serre entre les dents1 coupe1 le grincement de dents se fait entendre2 tantt la tte se tourne1 s'agite en tous sens1 tantt elle demeure immobile1 droite ou penche en devant1 en arriere1 sur les cts4 ,les parties internes sont galement agites de convulsions2 les symptmes suivants en sont des preuves4 ,il y a dans l'accs1 vomissemens1 rots1 borborigmes1 coulement des urines1 des excrmens1 de la semence2 oppression1 soupirs1 palpitations de coeur1 salivation abondante1 ronflement ou siflement1 difficult de respirer2 le sang circulant trs difficilement1 ou tant arrt dans le poulmon1 toutes les veines qui sont apparentes grossissent1 surtout celles du cou1 de la langue du front2 le visage rougit1 s'enfle1 devient livide mme noir2 ce qui rend le spectacle encore plus horrible1 on voit sortir par la bouche les narines1 une cume trs visqueuse1 sanglante assez souvent1 parceque le malade a bless sa langue avec les dents4 ,la sortie de l'cume termine ordinairement l'accs3 ds-lors tous les autres accidens diminuent1 la respiration devient libre1 quoique toujours bruyante2 il survient un profond assoupissement qui est plus ou moins long2 lorsque le malade s'veille1 il est las1 foible1 triste2 il ne se ressouvient point du tout de tout ce qui s'est pass pendant l'accs1 mais seulement de ce qu'il faisoit immdiatement avant4 ,au commencement de l'attaque1 le pouls est frquent petit2 vers le milieu1 il est fort1 plein1 dur2 sur la fin1 il est trs foible1 rare presque insensible2 en tout tems il est ingal4 4 #ejb4 ,tous les pileptiques n'ont pas dans l'accs tous les symptmes que nous venons de rapporter2 il y en a en qui ces symptmes sont de la derniere violence1 d'autres qui les ont bien moins forts4 ,les accs sont aussi plus ou moins longs1 plus ou moins frquens3 on ne sauroit dire combien il y a de varit dans cette maladie4 ,nous avons donn la description des accs violens1 parceque c'est ceux-l seuls dans lesquels on prit1 ou qui produisent de grands drangemens1 laissent des impressions fcheuses1 ou enfin qui sont si frquens1 qu'on a craindre l'apoplexie1 qu'on est oblig de porter du secours3 on n'emploie point de remede dans les autres4 ,voici les prcautions qu'on doit prendre dans tous les accs1 ce qu'on doit faire dans ceux qui sont trs violens4 4 #ejc4 ,on tendra le malade sur le dos1 la tte la poitrine un peu levs1 dans un lieu air clair4 ,pour viter qu'il ne se frappe ne se blesse1 on le tiendra1 en laissant cependant un peu de libert pour les mouvemens convulsifs2 les empcher tout--fait1 seroit un moyen de les redoubler4 ,on garantira la langue d'tre mordue1 dans les convulsions de la machoire1 en mettant entre les dents un tampon de linge ou de peau1 ou un morceau de liege1 auxquels on attachera un fil pour le retirer1 s'il entroit dans la bouche4 ,on fera des frictions sur le corps les membres1 on donnera1 s'il est possible1 des lavemens avec le sel marin ou les purgatifs1 comme le sen1 la gratiole ou herbe pauvre-homme1 le vin mtique1 c4 ,on essaiera les ligatures des extrmits2 on fera sentir de mauvaises odeurs1 des odeurs fortes spiritueuses4 ,on fera mettre les pieds dans l'eau4 ,si le malade a le visage plomb ou noir1 si ses membres se tordent1 s'il est prt d'tre suffoqu1 il faut faire une ou deux saignes du pied4 ,la saigne1 dit-on sans preuves1 rend la maladie plus opinitre2 mais dans plusieurs maux invitables1 il faut choisir le moindre1 dans ce cas c'est un moyen d'empcher la rupture des vaisseaux1 l'apoplexie1 les inflammations1 la gangrene1 les fractures des membres1 c4 ,s'il y a des foiblesses1 on donnera du vin ou quelque autre cordial1 on fera respirer du vinaigre1 ou des eaux spiritueuses des odeurs fortes4 ,epreintes1 ou ,tenesme4 4 #ejd4 ,on donne ces noms aux envies continuelles1 ou du moins trs frquentes1 d'aller la selle1 qui ne sont point suivies des vacuations1 ou dans lesquelles on ne rend que des glaires1 ou une mucosit1 quelquefois du sang mme du pus4 ,les preintes sont le symptme de plusieurs maladies1 comme la diarrhe1 la dyssenterie1 la pierre de la vessie1 les vers1 les hmorrhodes1 l'abcs au fondement4 ,en gurissant ces maux les preintes se dissiperont1 mais elles sont quelquefois maladie principale4 ,alors il faudra prendre plusieurs fois le jour le lavement ,n4 #f1 ou celui de tripes1 dans lequel on aura ajout deux ttes de pavot1 faire des fomentations avec le lait1 les dcoctions des plantes mollientes1 les infusions de la cige1 de fleurs de sureau1 la vapeur de l'eau chaude1 les linimens avec le cerat1 le populeum1 le baume tranquille4 ,on prendra pour boisson du petit lait1 des eaux de ris1 d'orge1 la ptisane ,n4 #b1 ou le lait d'amandes ,n4 #d4 ,on purgera avec le ,n4 #ca1 ou le ,n4 #cg4 ,eruptions rentres1 ,ecoulemens supprims4 4 #eje4 ,on voit tous les jours dans le peuple des exemples du danger qui accompagne la rentre des ruptions la suppression des coulemens qui duroient depuis quelque tems2 il n'est presque point de maladie que ces accidens ne produisent2 elles deviennent trs difficiles gurir1 parcequ'on ne demande le plus souvent du secours que lorsqu'elles sont invtres1 qu'on fait trop peu d'attention ces deux genres de causes1 qu'on les attribue des choses beaucoup plus rcentes2 c'est pourquoi dans presque toutes les maladies1 il faut demander si le malade n'toit point sujet quelque coulement1 n'a point eu quelque maladie de peau4 4 #ejf4 ,lorsque quelque ruption1 comme crotes de lait1 galles1 rougeole1 petite vrole1 dartres1 rsypelles1 boutons1 abcs1 suintemens aux oreilles1 au nez2 sueurs abondantes aux aisselles1 aux pieds1 la tte2 en un mot1 toute ruption ou coulement habituel1 lors1 dis je1 que ces ruptions rentrent avant que toute l'humeur que la nature prparoit chasser par-l soit sortie1 que ces coulemens s'arrtent1 soit que la nature n'ait plus assez de force pour continuer l'ruption l'coulement1 ou que par un mauvais rgime1 ou des remedes faits mal--propos1 on la repousse1 on l'arrte2 ce qui sortoit par ces moyens1 se jette sur quelque partie interne du corps1 elle y produit souvent des desordres irrparables1 avant qu'on s'en soit apperu4 ,de-l les phtisies ou suppurations au poulmon si frquentes1 les convulsions dans les enfans les adultes1 l'pilepsie1 l'asthme1 la difficult de respirer1 les coliques1 les douleurs vagues1 les dpts dans toutes les parties du corps4 4 #ejg4 ,il faut avertir tous ceux qui ont quelque ruption ou coulement2 de le favoriser1 de ne rien faire qui puisse l'arrter2 si aprs que cela sera arriv naturellement1 4 #dah1 ils se sentent quelque mal1 de demander du secours2 alors il faudra se tenir chaudement pour favoriser le retour de l'ruption1 l'coulement ou la transpiration2 boire abondamment du th de sureau avec le nitre2 prendre deux prises par jour de la thriaque des pauvres1 suivre les traitemens marqus aux articles rsypelles dartres2 se purger souvent1 user d'alimens farineux1 faire des frictions1 employer les bains de pieds1 faire sa boisson ordinaire de la ptisane ,n4 #ga seule1 ou coupe avec du lait2 de celles ,n4 #be1 #gd1 #gi2 se mettre au lait de vache ou de chevre4 ,si le danger est prochain1 on appliquera des sinapismes1 ou une empltre vsicatoire1 le plus prs du mal qu'on pourra1 la nuque1 entre les paules1 aux bras1 aux jambes1 aux pieds1 ou la partie qui toit le siege du mal1 si cela est possible4 ,dans le cas de galle rentre1 le plus sr est de la redonner4 ,lorsque tous les remedes seront insuffisans1 on emploiera les sinapismes vsicatoires comme ci-dessus4 ,etouffement1 ,suffocation4 4 #ejh4 ,on voit tous les jours des gens sans respiration1 sans pouls1 sans mouvement1 sans sentiment1 ples1 froids1 prts tre suffoqus pour avoir respir la vapeur du vin dans des celiers1 celle du charbon allum dans des chambres o l'air n'a pas assez de communication avec celui du dehors pour se renouveller1 celle des cloaques autres endroits o l'on remue des immondices1 fumiers1 eaux croupies1 c4 ou qui ont t long-tems ferms4 ,il faut se hter de faire respirer l'air libre1 faire sentir mme avaler quelque liqueur forte1 spiritueuse1 ou un peu de vinaigre1 secouer un peu1 jetter de l'eau froide sur le visage1 souffler dans la bouche en serrant le nez4 ,si cela ne les rappelle pas1 il faut saigner au plutt du bras1 puis du pied1 donner des lavemens cres avec du tabac1 de la gratiole1 ou herbe au pauvre homme1 faire des frictions1 exciter le vomissement en chatouillant le gosier avec une plume1 envelopper trs chaudement les parties froides4 ,toutes les fois que l'on est oblig d'ouvrir un cloaque qui est rest long-tems ferm1 il faut viter de recevoir la premiere vapeur qui en sortira3 elle est mortelle2 lorsqu'il est ouvert1 il faut y jetter de la paille enflamme plusieurs reprises avant d'y entrer4 ,goutte remonte4 4 #eji4 ,quoique cette maladie ne soit pas commune parmi le peuple2 cependant comme on l'y rencontre quelquefois1 qu'il est des cas o elle demande les secours les plus prompts1 il est propos de savoir ce qu'il faut faire alors4 ,lorsqu'une personne qui a la goutte aux pieds ou aux mains1 ou quelque autre articulation1 a une goutte vague1 c'est--dire qui se fait sentir tantt dans une partie1 tantt dans une autre2 ou qui est sujette avoir dans certain tems des accs1 se trouve presque subitement attaque de lthargie1 apoplexie1 mal de gorge1 asthme1 catharre suffoquant1 douleur d'estomac1 nphrtique1 colique1 ou autre maladie2 car il n'est presque point de parties du corps sur lesquelles l'humeur de la goutte ne se jette1 elle y occasionne alors des accidens d'autant plus fcheux1 auxquels on doit d'autant plus se hter de porter remede que la partie affecte est plus ncessaire la vie4 4 #eaj4 ,il faut #a4 si l'on a le tems1 faire mettre les pieds dans l'eau chaude plusieurs fois le jour4 #b4 ,faire des frictions trs frquentes4 #c4 ,saigner du pied4 #d4 ,appliquer des sinapismes ,n4 #ce4 ,on appliquera le sinapisme la partie qui toit anciennement le siege de la goutte2 si elle toit fixe auparavant sur quelque partie interne1 ou qu'elle ft vague1 on le mettra aux pieds1 moins qu'il n'y ait un danger pressant pour la vie2 dans ce cas on l'appliqueroit le plus prs que l'on pourroit de la partie attaque1 afin de soulager promptement1 aprs quoi le sinapisme appliqu aux mains1 aux pieds ou la partie anciennement attaque1 y rappelleroit la goutte4 ,on connotra que la goutte a quitt le lieu o elle toit par la cessation des douleurs1 des accidens des symptmes qui auront donn lieu d'employer les remedes par le renouvellement de la douleur1 rougeur1 tumeur la partie anciennement affecte1 ou laquelle on l'aura attire par les sinapismes4 ,pendant le tems des accidens1 on tiendra le malade au rgime2 on lui donnera pour boisson un th de sureau fort nitr1 deux ou trois fois le jour une prise de thriaque ,n4 #da1 dlaye dans le th4 ,il faut garantir le malade du froid1 tenir bien chaudement la partie o l'on veut que la goutte revienne4 ,hemorragies4 4 #eaa4 ,on nomme hmorragie1 la sortie du sang par quelque partie du corps que ce soit1 en plus ou moins grande quantit4 ,la cause est externe1 lorsqu'un coup1 une blessure1 un effort1 un vomitif1 ou autre cause qui agit extrieurement1 l'a produit2 autrement elle est interne4 ,le plus souvent les hmorragies s'arrtent d'elles-mmes sans secours trangers2 il est mme propos de ne point arrter qu'au bout d'un certain tems les hmorragies du nez1 de la matrice1 des hmorrhodes2 ces vacuations sont souvent salutaires1 tant ordinairement produites par la nature pour se dbarrasser d'une trop grande quantit de sang2 mais lorsqu'elles sont trop abondantes1 qu'elles durent trop long tems1 que les retours sont trop frquens2 lorsque le pouls commence tre vaillant2 lorsque le visage les lvres sont ples les extrmits froides1 il faut diminuer l'coulement l'arrter par dgrs4 ,quant aux hmorragies de la poitrine ou crachement de sang1 pissement de sang1 vomissement de sang1 on ne doit pas diffrer faire les remedes4 ,je ne parle point ici des hmorragies qui surviennent dans les fivres aiges1 surtout quand on n'a pas saign suffisamment1 ou qu'on use des remedes chauffans1 ni de celles qui arrivent dans la fluxion de poitrine1 dyssenterie1 les plaies externes1 c4 il en est parl dans ces articles2 il n'y a que le cas o elles sont extrmes dans ces maladies1 o on doive les arrter par les moyens que je rapporterai4 4 #eab4 ,dans toutes les hmorragies1 on mettra le malade au rgime2 on lui donnera des boissons adoucissantes1 dlayantes1 rafrachissantes comme le petit lait1 les ptisanes ,n4 #a1 #b1 #d1 des dcoctions de ris1 de gruaux2 elles seront au plus tides4 ,si le malade est jeune fort chauff1 le lait d'amandes ,n4 #d2 la poudre ,n4 #bj1 deux ou trois fois le jour2 s'il prend des alimens1 ce sera des crmes de ris1 d'orge1 de gruaux autres farineux2 on tiendra le ventre libre par des lavemens simples2 l'air que respirera le malade sera temper1 ou mme un peu au-dessous4 ,il gardera le lit2 il ne fera que le moins de mouvement qu'il pourra2 on vitera tout ce qui peut frapper vivement ses sens exciter quelque passion1 on purgera avec le ,n4 #ca4 ,pour peu que l'hmorragie dure1 il faut employer la saigne1 que l'on rptera suivant l'abondance la frquence de l'hmorragie1 observant l'tat du malade que l'on saignera plusieurs fois coup-sur-coup2 s'il est dans l'tat dcrit 4 #ecg2 si l'hmorragie actuelle a succed une hmorragie habituelle supprime1 seulement dans les cas excessifs2 s'il est foible1 languissant1 d'une mauvaise sant2 si l'hmorragie est si considrable qu'il y ait des foiblesses danger minent pour la vie1 on donnera l'eau de ,rabel depuis un gros jusqu' deux gros1 sur une pinte de ptisane4 4 #eac4 ,lorsque les hmorragies seront cessees1 on demandera un ,mdecin les moyens de les prvenir1 ce mal tant trs sujet retour4 ,dans le cas o une hmorragie actuelle aura succed une habituelle supprime1 il est propos1 si l'coulement supprim toit des hmorrhodes ou de la matrice1 de faire la saigne au pied1 moins que ce ne ft une femme donc les regles dussent cesser 4 #cdj4 ,le crachement1 le vomissement de sang1 les hmorrhodes fluantes ou non1 arrivent assez souvent chez les femmes grosses1 il est alors propos de faire une saigne du bras4 ,nous ne dirons dans les articles des hmorragies particulieres que ce qui leur est propre1 ainsi il faudra toujours relire ces gnralits4 ,crachement de sang4 4 #ead4 ,le sang sort par la bouche1 en toussant1 seul1 ou ml avec des crachats2 il est d'un beau rouge1 souvent cumeux4 ,il y a chaleur1 douleur1 picotement l'intrieur de la poitrine1 difficult de respirer1 toux plus ou moins frquente2 le sang vient alors de vaisseaux ouverts dans les poulmons1 il faut d'autant plus se hter d'arrter l'hmorragie1 qu'elle est abondante frquente4 ,il n'est pas ncessaire de laisser sortir autant de sang que dans quelques autres hmorrhagies4 ,la saigne rpte coup-sur-coup1 est le moyen le plus sr3 on se conduira du reste comme il est dit 4 #eab suiv4 ,le malade se tiendra au lit sur son sant1 dans une chambre o l'air soit modrment sec chaud2 les excs de chaud froid1 de sec d'humide1 sont trs nuisibles1 ainsi que le passage de l'un l'autre2 il ne parlera point1 voyez 4 #eab4 ,le crachement de sang tant cess1 on fera usage du lait coup avec une infusion legere de vulnraire ,suisse1 de sanicle1 ou d'ortie morte4 ,hmorrhodes4 4 #eae4 ,on a donn ce nom au gonflement des vaisseaux sanguins1 qui se trouvent au bord de l'anus ou du fondement4 ,les hmorrhodes forment une ou plusieurs tumeurs plus ou moins grosses4 ,quand elles sont caches dans l'intestin1 qu'elles ne paroissent qu'en allant la selle1 on les nomme internes2 on les appelle externes1 lorsqu'elles sont apparentes ne rentrent point4 ,les hmorrhodes sont ordinairement prcdes de pesanteur1 de douleur dans le bas ventre1 de maux de tte1 accompagnes d'preintes1 de douleurs plus ou moins vives1 quelquefois d'inflammation1 surtout quand on marche beaucoup1 qu'on va cheval1 qu'on suit un rgime chauffant4 ,deux causes principalement donnent lieu cette incommodit4 #a4 ,l'obstruction du foie1 tout ce qui empche la circulation libre du sang dans le bas ventre4 ,alors le malade est jaune1 constip1 digere mal2 dans ce cas1 on suivra ce qui est dit au mot jaunisse4 #b4 ,un sang trop pais1 trop abondant1 trop chauff par quelque cause que ce soit2 temprament ou rgime1 voyez 4 #ecg1 ,n4 #a2 il faut alors se faire saigner1 user de la ptisane ,n4 #b1 de la poudre ,n4 #bj4 ,ces remedes deviennent indispensables pour prvenir les fistules ulceres1 quand l'on est oblig de marcher beaucoup ou de monter cheval3 quand il y a inflammation dans le cas o les hmorrhodes sont externes1 on emploiera les topiques ,n4 #ai3 le baume tranquille1 l'onguent populeum1 le crat ,n4 #fd1 les lavemens adoucissans en petite quantit la fois4 ,les hmorrodes que nous venons de dcrire se nomment aveugles2 mais trs souvent elles se crevent rpandent le sang en plus ou moins grande quantit2 on les appelle alors hmorrhodes ouvertes4 ,cette vacuation est presque toujours salutaire dissipe le mal2 mais si elle est excessive ou trop frquente1 voyez les signes 4 #eaa4 ,on fera ce qui est prescrit 4 #eab4 ,pissement de ,sang4 4 #eaf4 ,il sort du sang par la voie des urines1 avec ou sans douleur2 il est pur ou ml avec l'urine2 il est fluide ou en grumeaux4 ,il y a trs peu de cas o on ne doive chercher arrter cette hmorrhagie2 si on excepte quelques vieillards auxquels elle est habituelle ou priodique1 auxquels elle est salutaire1 puisqu'ils se trouvent soulags par-l de pesanteur de douleur dans le bas ventre2 il faut dans les autres cas chercher arrter cette hmorragie par les moyens prescrits 4 #eab4 ,si cet accident survient aprs la suppression des regles ou des hmorrhodes habituelles1 il faut de tems en tems1 surtout quand on sent de la douleur dans le bas-ventre1 quand on a des signes de plnitude 4 #ecg1 se faire saigner ou appliquer des sangsues aux hmorrhodes4 ,saignement de ,nez4 4 #eag4 ,le saignement de nez qui vient soit d'une cause externe1 soit d'une cause interne1 s'arrte ordinairement de lui-mme4 ,il est trs ordinaire aux jeunes gens1 surtout ceux qui sont sanguins dans l'tat 4 #ecg2 alors il leur est trs salutaire les prserve de maladies inflammatoires3 il n'y a que quelques cas rares o il est si abondant1 o il a des retours si frquens1 qu'on est oblig de le faire cesser1 voyez 4 #eaa4 ,on peut appliquer dans le tems de l'hmorrhagie des bandes aux bras aux cuisses3 si elle s'arrte1 on relchera les bandes successivement2 de faon qu'on mette un quart d'heure d'intervalle entre chaque bande qu'on relche4 ,ce moyen tant insuffisant1 on appliquera la nuque1 au front1 aux tempes1 aux poignets1 aux mains des linges imbibs de vinaigre4 ,si ces tentatives ne russissent point1 on emploiera les moyens prescrits 4 #eab4 ,vomissement de ,sang4 4 #eah4 ,on rejette1 par le vomissement1 du sang seul1 ou ml avec les alimens1 fluide ou en grumeaux1 souvent noir1 quelquefois trs ftide1 sans toux4 ,il y a douleur1 pesanteur d'estomac1 dfaillances1 inquitudes1 nauses1 les selles sont ordinairement mles de sang4 ,il faut arrter cette hmorrhagie par les moyens prescrits 4 #eab4 on ajoutera aux boissons les sucs d'ortie1 de millefeuille4 ,le vomissement cess1 il est propos de donner la potion ,n4 #ca1 pour vacuer le sang qui se corrompt dans les intestins4 ,cette hmorrhagie n'est pas rare dans les femmes dont les regles sont supprimes ou retardes1 alors la saigne du pied est ncessaire4 ,hmorragies supprimes4 4 #eai4 ,les hmorrhagies on coulemens sanguins1 surtout ceux qui sont habituels tant arrts plutt qu'ils n'auroient d l'tre1 soit par la nature1 soit par les remedes1 soit par la faute du malade1 donnent lieu beaucoup de maladies des plus fcheuses4 ,on voit tous les jours aprs les suppressions des regles1 du saignemens de nez1 des hmorrodes1 survenir des inflammations au cerveau1 la gorge1 la poitrine1 au bas ventre1 des hmorrhagies excessives2 c'est pourquoi il est ncessaire de questionner les malades sur ce sujet3 s'ils sont dans le cas de la suppression1 on doit saigner promptement coup sur coup1 chercher faire reparotre les hmorrhodes par les sangsues1 les frictions1 les lavemens de pieds2 les regles1 par les moyens conseills 4 #ccg4 ,c'est rendre un trs grand service ceux qui ont quelques coulemens sanguins habituels de les avertir1 que dans le cas de leurs suppressions1 lorsqu'ils ne se rtablissent pas bientt1 il faut de tems en tems se faire saigner1 surtout s'ils se sentent dans l'tat de plnitude 4 #ecg4 ,jaunisse4 4 #ebj4 ,cette maladie existe chez ceux qui ont une couleur jaune plus ou moins fonce rpandue sur tout le corps1 principalement remarquable ce qu'on nomme le blanc de l'oeil1 un got d'amertume dans la bouche1 du dgot1 des urines jaunes qui teignent les linges qu'on y trempe comme feroit une teinture de saffran1 des selles blanchtres ou noires1 des vomissemens bilieux4 ,lorsque la jaunisse a t prcde de douleurs vives surtout au foie1 d'inflammation de cette partie1 de passions violentes1 de mouvemens convulsifs1 de purgatifs1 d'mtiques trs violens1 de poisons1 de colique bilieuse1 on mettra le malade au rgime2 on lui donnera la poudre ,n4 #bj quatre fois le jour1 pour boisson beaucoup de petit lait1 de lait d'amandes1 des ptisanes ,n4 #a1 #b4 ,on fera prendre frquemment le lavement ,n4 #f4 ,on purgera avec le ,n4 #df1 de trois en trois jours4 ,si la jaunisse se trouve dans une personne qui a fait excs ou us long-tems de boissons trs aigres1 fort acides1 astringentes1 de liqueurs fortes spiritueuses2 on fera usage pendant trs long tems du petit lait1 de lait d'amandes1 d'eau de veau2 on purgera de tems en tems4 ,si la jaunisse est venue la suite des fievres intermittentes1 ou d'autres maladies aiges ou chroniques1 on donnera frquemment un purgatif doux comme ,n4 #df1 la boisson sera le ,n4 #c4 ,on a parl de la jaunisse des filles1 ou ples couleurs1 4 #ccb4 4 #eba4 ,souvent la jaunisse est cause par des obstructions dans les vaisseaux de la bile2 si cette maladie est ancienne1 elle est trs difficile gurir4 ,l'hypocondre se tend1 le foie se durcit en tout ou en partie1 il y a pesanteur1 serrement la rgion du foie1 souvent une douleur sourde1 quelquefois des lancemens surtout aprs un exercice un peu fort1 aprs le repas1 principalement quand on a beaucoup mang pris des choses chauffantes1 on se couche difficilement sur le ct droit1 l'apptit se perd1 la bouche devient amere4 ,voyez les autres symptmes 4 #ebj4 ,lorsque la maladie est venue par degrs1 il faut beaucoup de tems de remedes pour la dtruire4 ,on saignera le malade une fois1 ou mme deux s'il est fort sanguin1 ou dans le cas 4 #ecg2 on le mettra l'usage du petit lait ,n4 #ag1 des pilules ,n4 #ah1 de la poudre ,n4 #bc4 ,on purgera avec le ,n4 #df1 on emploiera dans leurs saisons les sucs de plantes1 on les ordonnera1 comme il est dit 4 #dhi1 #dij1 avec le petit lait dans des bouillons1 en aposemes1 en ptisanes4 ,les eaux de ,vichy1 de ,plombieres1 de ,balaruc1 seront trs utiles dans cette maladie4 ,inflammations4 4 #ebb4 ,on a trait dans cet ouvrage de plusieurs maladies inflammatoires les plus frquentes2 il n'est pas moins ncessaire de savoir ce qu'il faut faire dans toutes les autres inflammations2 leur progrs est si rapide1 le mal si difficile rparer1 que ds le moment o il y a quelques signes d'inflammations internes1 lorsqu'on ne peut avoir aussitt le ,mdecin1 on doit1 en attendant1 agir pour soulager le malade1 cela est d'autant plus ais1 qu'on se trompe difficilement sur l'existence de la maladie1 que les secours sont presque toujours prs des malades4 ,toute inflammation interne est accompagne des symptmes suivans3 une fievre aige continuelle1 des douleurs plus ou moins vives1 suivant la sensibilit de la partie malade1 qui augmentent beaucoup lorsqu'on la touche2 beaucoup de chaleur cette partie2 le pouls est dur1 frquent1 pour l'ordinaire1 petit ingal1 il y a souvent une tumeur1 les urines sont trs rouges claires4 ,le malade se plaint de maux de tte1 de frissons1 de soif1 d'insomnie1 d'anxit1 de foiblesse2 il sent dans le lieu du mal des battemens qui rpondent aux battemens du pouls3 il y a des symptmes particuliers qui caractrisent pour l'ordinaire le lieu de l'inflammation2 la douleur1 la chaleur y sont trs grandes1 font que le malade l'indique assez exactement3 si la gorge est attaque1 voyez 4 #ig3 si c'est la poitrine1 voyez 4 #de1 #ed3 si c'est l'estomac ou les intestins1 voyez 4 #bgi3 si c'est la matrice1 voyez 4 #cdh3 si ce sont les reins1 voyez 4 #dgi4 ,ce ne sont pas-l les seules inflammations internes que l'on ait occasion de voir1 presque toutes les parties du corps peuvent tre attaques de ce mal4 4 #ebc4 ,mais quelque soit le lieu de l'inflammation1 on doit suivre peu de chose prs la mme conduite dans le traitement1 on ne peut pas employer des remedes plus puissans dans toutes les inflammations1 que ceux dont nous allons parler4 ,on mettra le malade au rgime 4 #cj2 sa boisson sera le ,n4 #a1 #b1 dont il prendra un verre toutes les demi-heures2 on saignera le plutt qu'il sera possible1 coup sur coup1 deux1 trois fois en douze heures1 plus1 si le mal est opinitre ne diminue pas beaucoup4 ,on fera prendre les lavemens ,n4 #e1 #f1 tous les trois ou quatre heures2 on appliquera les topiques ,n4 #ai1 sur la partie qui est douloureuse brlante1 on les renouvellera souvent4 ,lorsque ces secours ont calm le mal1 on doit tenir encore trois ou quatre jours le malade au rgime1 crainte de rechte4 ,s'ils sont insuffisans par la nature du mal1 ou employs trop tard1 il se forme un abcs dans la partie malade1 ou la gangrene s'y met4 ,voyez 4 #fj1 #hj1 #bhc4 ,incontinence d'urine4 ,diabetes4 4 #ebd4 ,les urines sortent involontairement sans se faire sentir3 cette incommodit est continuelle ou intermittente4 ,les enfans1 les vieillards1 les femmes grosses1 celles qui ont t blesses dans l'accouchement1 y sont sujettes4 ,il n'y a presque point de gurison esprer dans les cas de paralysie ou de relchement excessif2 si la maladie est ancienne1 voyez un ,mdecin2 si on a t bless on doit voir un ,chirurgien4 4 #ebe4 ,les urines qui sont si abondantes1 qu'elles semblent surpasser la boisson qu'on a prise1 qui ressemblent ce que l'on a bu1 qui sont cres1 claires1 un peu huileuses1 font une autre maladie appelle diabetes4 ,il y a envie d'uriner continuelle1 foiblesse1 chaleur interne1 scheresse1 fievre lente4 ,on doit remdier ces maux le plutt qu'il est possible3 on donnera des purgatifs doux rpts ,n4 #aa1 #cg1 des boissons un peu adstringentes1 telles que l'eau o l'on a teint un fer ou une brique rouge2 les vins trs hauts en couleur2 le cachou1 le mastic1 la dose d'un gros dans une pinte d'eau rduite chopine2 la poudre ,n4 #ad4 ,maladies ,epidmiques4 ,la ,suete4 4 #ebf4 ,cette maladie se dclare ordinairement la nuit3 les malades1 en se rveillant1 se trouvent dans des sueurs abondantes1 une chaleur trs grande un accablement universel1 il y a douleur de tte1 d'estomac1 difficult de respirer1 soif ardente1 angoisse1 dmangeaison1 le visage tout le reste du corps sont rouges enflamms1 les yeux sont tincelans1 la langue est blanche1 le pouls est frquent1 plein1 dur4 ,vers le troisieme ou quatrieme jour1 la fievre augmente1 il survient du dlire1 qui trs souvent est suivi d'une ruption miliaire gnrale plus ou moins nombreuse2 quelquefois ce sont des taches rouges si presses1 qu'on croit voir une rsypelle sur tout le corps4 ,lorsque la maladie est plus avance1 il paroit encore des taches pourpres semblables des morsures de puces2 d'autres fois il s'leve sur le col1 le devant de la poitrine du bas ventre1 de petites pustules transparentes remplies d'une humeur corrosive1 qui sont d'un mauvais augure4 ,cette maladie inflammatoire emporte la plus grande partie de ceux qu'elle attaque dans les campagnes1 parcequ'on augmente encore l'inflammation par le rgime les remedes chauffans1 tandis qu'on doit employer les remedes le rgime rafrachissans1 sinon la gangrene se met dans les parties internes1 ou des vaisseaux s'y rompent1 le malade prit ordinairement du quatrieme au cinquieme jour de sa maladie4 4 #ebg4 ,il faut mettre au rgime ds le moment o la maladie s'annonce1 faire une saigne ample que l'on rptera de trois en trois heures1 jusqu' ce que la fivre1 la duret du pouls1 l'ardeur1 la sueur soient beaucoup diminus2 on donnera quatre lavemens par jour4 ,le malade doit boire toutes les demi heures un verre de petit lait1 dans lequel on mettra quatre fois le jour une prise du ,n4 #bc4 ,lorsque les symptmes seront en partie dissips1 on donnera le ,n4 #cc pour vacuer l'estomac1 aprs quoi on donnera tous les jours1 pour entretenir le ventre libre1 le ,n4 #ca2 ou on mettra trois grains du ,n4 #cc1 dans une pinte de petit lait1 pour boisson ordinaire1 au lieu du petit lait simple2 en suivant ce traitement1 on gurira presque tous les malades4 ,lorsque la fivre sera cesse1 on se conduira comme il est dit 4 #bbc4 ,il n'est pas de maladies dans lesquelles il soit plus ncessaire d'observer ce qui est recommand 4 #cc1 #cd1 il ne peut tre que trs utile1 lorsque la foiblesse n'est pas extrme1 de tenir le malade hors du lit1 tous les jours une heure ou deux soir matin4 ,ergot4 4 #ebh4 ,on voit trs souvent regner dans les campagnes des fivres malignes putrides1 occasionnes par la mauvaise nourriture1 mais il est un mal encore plus terrible1 produit par cette cause c'est la gangrene1 qui dans le ,berry1 le ,blaisois1 la ,sologne est pidmique lorsque l'on y mange du seigle ergot1 ou qui a l'ergot2 cette altration du seigle qui n'est pas rare dans les annes humides1 paroit tre l'effet d'une piquure d'insectes1 qui forme sur le grain une petite corne ou un ergot2 d'autres la regardent comme une maladie du seigle2 quoi qu'il en soit1 voici les accidens qui arrivent beaucoup de ceux qui ont mang pendant quelque tems du seigle ergot2 ils sont stupides ou hebts1 dans une espece d'engourdissement1 leur ventre devient gonfl tendu1 ils maigrissent1 ils sont jaunes si foibles1 qu'ils ne peuvent se soutenir1 ils ressentent de trs grandes douleurs dans les jambes jusqu'au bout des pieds1 quelquefois dans les bras2 la jambe ou le bras s'engourdissent1 deviennent violets1 la peau est froide la gangrene paroit aux doigts des pieds ou des mains1 elle commence au centre de la partie malade1 car si on ouvre l'endroit o il y a douleur1 on y trouve la gangrene qui ne paroit la peau que lorsque tout le corps en est infect2 si l'on ne remedie promptement1 le mal s'tend et tue le malade en peu de tems2 souvent les membres se dtchent l'articulation tombent sans qu'il arrive d'hmorragie2 quand le mal a t ce point1 il est rare que l'on recouvre une sant parfaite4 ,il s'leve dans diffrens endroits du corps de petites pustules ou vessies qui se remplissent d'une eau approchante du pus trs clair1 le pouls est concentr ou petit1 souvent difficile sentir1 le sang que l'on tire est couenneux4 4 #ebi4 ,on doit recommander aux gens qui sont dans le cas d'avoir ce mal1 de demander du secours aussitt qu'ils se sentent attaqus4 ,on fait ds-lors une ou deux saignes1 elles diminuent les douleurs les dissipent quelquefois tout--fait2 on enveloppe la partie malade dans un linge tremp dans de l'eau de vie du beurre frais1 jusqu' ce que la chaleur revienne1 ce qui arrive ordinairement au bout de deux jours1 alors on frotte cette partie avec un baume compos de trois livres d'huile d'olives1 trois demi-septiers de vins1 une de trbenthine1 une demi livre de cire jaune1 deux onces de santal rouge2 on purge ensuite1 la cure est termine3 s'il y a un commencement de gangrene1 les os les nerfs n'tant point encore endommags1 on l'arrtera en trois ou quatre jours avec une eau compose de quatre onces d'alun calcin1 trois onces de vitriol romain1 trois onces de sel1 le tout dans deux pintes d'eau rduites une2 l'escare se fait aussi promptement qu'avec un bistouri1 aprs quoi on panse avec le baume ci-dessus jusqu' parfaite gurison4 ,lorsque les doigts des pieds des mains sont gts morts1 l'eau ci-dessus les dcouvre les dtache dans les jointures1 il faut alors les sparer sans attendre que la nature du mal1 le fasse1 panser comme ci-dessus2 dans tous les tats on fera usage avec beaucoup d'avantage du ,n4 #ad4 ,ophtalmie1 inflammation des ,yeux4 4 #ecj4 ,dans cette maladie1 la partie de l'oeil1 qui est ordinairement blanche1 devient rouge1 enflamme1 brulante1 avec douleur picotement1 l'oeil grossit1 il en sort une liqueur paisse1 ou il est trs sec1 la lumiere les corps brillans lui font mal4 ,quand le malade est un enfant1 on lui lave souvent les yeux avec une infusion de sureau ou de safran1 ou l'eau dans laquelle on a mis un peu de vinaigre2 on le purge deux ou trois fois2 si c'est un adulte1 la saigne est souvent ncessaire presque toujours trs utile2 quand le mal vient de trop de sang1 voyez les signes 4 #ecd2 alors la saigne est le remede4 ,mais si le malade est dans l'tat dcrit 4 #edd1 la purgation est souvent aussi efficace que la saigne dans le prcdent pour dissiper le mal2 la boisson sera la ptisane ,n4 #a1 #b4 ,il est propos de se tenir au rgime des convalescens1 de ne point s'exposer au grand air1 surtout s'il fait froid ou humide1 s'il y a du vent2 on prendra garde que pendant la nuit l'air froid ne donne sur l'oeil4 ,poisons4 4 #eca4 ,on appelle poisons tour ce qui tant pris intrieurement ou appliqu l'extrieur1 produit un tel effet sur le corps humain1 que l'on craint les maladies ou la mort1 ou des impressions qui subsistent toute la vie4 ,le nombre des poisons est trop grand pour les nommer ici tous1 d'ailleurs c'est souvent la dose qui les rend tels4 ,les symptomes de poison1 sont les nauses1 les vomissemens1 la foiblesse1 les dfaillances1 le vertige1 le tremblement1 les convulsions1 le hoquet1 les douleurs vives de l'estomac des intestins1 le gonflement1 la tension du bas ventre1 les taches noires sur tout le corps1 l'engourdissement1 la perte de la vue1 la lthargie1 les sueurs froides1 les extrmits1 le pouls serr1 dur1 frquent1 ingal1 quelquefois petit peine sensible4 ,lorsqu'il n'y a que peu de tems que le poison a t aval1 il faut essayer de le faire sortir par en haut1 par le vomissement que l'on excitera en chatouillant le gosier1 ou en faisant boire de l'eau chaude mle avec de l'huile ou du beurre4 ,s'il y a plusieurs heures1 le poison peut tre descendu dans les intestins3 on employera alors les lavemens addoucissans1 ensuite les lavemens purgatifs faits avec les dcoctions ,n4 #aa1 #bb2 on fera boire beaucoup d'eau de veau ou de poulet1 de petit lait1 de dcoction de ris1 d'orge1 de gruaux1 de miel1 de graine de lin1 des mulsions3 lorsque le poison est assoupissant comme l'opium ses prparations1 la cige1 le solanum1 la jusquiame2 on mlera la boisson un acide1 le verjus1 le jus de citron1 de limon1 ou le vinaigre qui est trs bon facile trouver4 ,si les symptomes font craindre l'inflammation de quelque partie ou l'apoplexie1 il est ncessaire de faire une ou deux saignes4 ,lorsque le poison pris est du sublim corrosif on donnera le ,n4 #gj4 4 #ecb4 ,on doit mettre au nombre des personnes empoisones celles qui ont la maladie appelle colique de peintres ou de plombiers1 mais l'exprience a appris qu'il y avoit un traitement suivre dans cette occasion bien diffrent de celui que l'on observe dans les autres cas de poison2 le plomb1 le cuivre1 leurs prparations1 avals ou respirs#bj long-tems1 l'usage de la bierre1 du cidre1 des vins trs aigres sont les causes les plus communes1 de cette colique4 ,les boissons aigres celles qui toient adoucies avec de la litharge ont fait voir cette cruelle maladie dans les campagnes1 les premieres l'y ont rendu quelquefois pidmique3 quoiqu'elle ne doive pas tre compte au nombre de celles qui sont frquentes1 le mal est si pressant si funeste quand on n'y remedie pas de bonne-heure1 les moyens de secourir le malade si diffrens de ce que l'on peut imaginer1 que l'on a cru devoir faire connotre cette maladie les moyens de la gurir2 on sent une douleur gravative la rgion de l'estomac1 cette douleur devient ensuite fort vive poignante1 occupe toute l'tendue du bas ventre1 se rpand dans la poitrine1 les paules1 les lombes et l'pine du dos1 il survient des envies de vomir1 des vomissemens mme1 le ventre est souvent constip plutt retir vers l'pine du dos enfonc que prominent ou saillant en devant1 cette colique a cela de particulier1 qu'une paralysie saisit par degrs les extrmits suprieures1 quelquefois les infrieures proportion que les douleurs diminuent1 il survient souvent des convulsions des accs d'pilepsie1 la plpart des malades n'ont point de fivre1 ou s'ils en ont1 elle ressemble plutt une fievre lente qu' une fivre aige4 #bj ,un ,jardinier ayant employ de vieux bois d'un treillage peint en verd chauffer le four o l'on cuisoit le pain1 faire le feu pour cuire le potage autres nourritures1 bruler dans un pole dont on levoit le couvercle pour mettre le bois1 qui chauffoit une chambre basse habite tout le jour par les personnes de la maison4 ,la ceruse le verd de gris qui furent reus dans l'estomac avec les nourritures dans la poitrine par la respiration produisirent plusieurs coliques de cette nature4 4 #ecc4 ,on donnera #a4 un lavement fait avec une dcoction de quatre gros de sen trois onces de vin mtique trouble4 #b4 ,sept ou huit heures aprs on fera prendre un autre lavement de parties gales d'huile de noix de vin4 #c4 ,le lendemain on donnera le vomitif ,n4 #cd4 #d4 ,le soir aprs l'opration du vomitif on fait prendre un calmant compos d'un demi gros mme un gros de thriaque un grain de laudanum4 #e4 ,le jour suivant on rptera le lavement on purgera le lendemain1 avec une potion compose de trois onces de sen infuss pendant douze heures dans un verre d'eau bouillante1 de deux onces de syrop de nerprun4 #f4 ,on rptera le soir le calmant4 #g4 ,on donne pour boisson la ptisane des bois ,n4 #ga4 #h4 ,s'il y a des douleurs1 si le malade est menac de paralysie1 par l'engourdissement ou difficult dans le mouvement1 on donnera des cordiaux comme l'lixir de proprit1 celui de ,garus1 la thriaque ,n4 #da1 la confection hiacinthe1 si ces remedes n'operent point la gurison en huit jours au plus tard1 on recommencera le mme traitement4 ,vomissement4 4 #ecd4 ,tout le monde connot le vomissement qui est un mouvement convulsif de l'estomac1 par lequel ce qui s'y trouve en est chass par la bouche2 le plus souvent il est salutaire1 parcequ'il est produit par des amas d'humeurs qui causeroient des maladies si elles restoient dans le corps1 c'est pourquoi lorsqu'il y a vomissement1 ou seulement nauses1 on doit le faciliter en faisant boire beaucoup d'eau tiede4 ,lorsqu'aprs le vomissement il reste encore des nauses de l'amertume dans la bouche1 la langue est charge1 voyez ce qu'il faut faire 4 #ede4 ,,des ,,remedes ,,de ,,pr,,caution#ba4 #ba ,ici recommence l'ouvrage de ,m4 ,tissot4 4 #ece4 ,j'ai indiqu dans quelques endroits de cet ouvrage1 les moyens de prvenir les mauvais effets de plusieurs causes de maladie1 d'empcher le retour des maux habituels2 j'ajouterai ici quelques observations1 sur l'usage des principaux remedes1 qu'on emploie comme des prservatifs gnraux1 assez rgulierement dans de certains tems1 presque toujours uniquement par habitude1 sans savoir si l'on a tort ou raison4 ,ce n'est point cependant une chose indiffrente que l'usage des remedes4 ,il est ridicule1 dangereux1 criminel mme1 de les ngliger1 quand ils sont ncessaires2 mais il l'est aussi d'en prendre sans ncessit4 ,un remede pris propos1 quand il y a dans la machine1 quelque drangement1 qui occasionneroit dans peu une maladie1 l'a souvent prvenue2 mais ce mme remede1 donn une personne bien portante1 s'il ne la rend pas malade d'abord1 lui laisse au moins plus de disposition aux maladies4 ,et l'on n'a que trop d'exemples de gens1 qui1 ayant malheureusement du got pour les remedes1 ont ruin leur sant1 quelque robuste qu'elle ft1 par l'abus de ces dons que la ,providence a faits aux hommes pour la rtablir2 abus qui1 lors mme qu'il ne dtruit pas la sant1 fait que1 dans la maladie1 ce corps1 qui les remedes sont devenus familiers1 n'en ressent presque plus les effets1 est priv1 par-l du secours qu'il en auroit reu1 s'il ne s'en toit servi que dans le besoin4 ,de la ,saigne4 4 #ecf4 ,la saigne n'est ncessaire que dans quatre cas2 #a4 quand il y a trop de sang4 #b4 ,quand il y a inflammation4 #c4 ,quand il est survenu1 ou qu'il va survenir1 dans le corps1 quelque cause qui produiroit bientt l'inflammation1 ou quelqu'autre accident1 si l'on ne dsemplissoit relchoit pas les vaisseaux par la saigne4 ,c'est pour cela qu'on saigne aprs les plaies1 les contusions2 qu'on saigne une femme grosse1 si elle a une toux violente2 qu'on saigne1 par prcaution1 dans plusieurs autres cas4 #d4 ,quelquefois pour appaiser une douleur excessive1 qui ne dpend point cependant de trop de sang1 ou d'un sang enflamm1 mais qu'on calme un peu par la saigne1 afin d'avoir le tems de dtruire la cause par d'autres remedes4 ,mais comme l'on peut faire rentrer ces dernieres raisons1 dans les premieres2 on peut tablir1 que le trop de sang1 un sang enflamm sont les deux seules causes ncessaires de la saigne4 4 #ecg4 ,l'on connoit l'inflammation du sang1 par les symptomes qui accompagnent les maladies que cette cause produit4 ,j'en ai parl1 j'ai en mme tems dtermin l'usage de saigne dans ces cas4 ,j'indiquerai ici les symptomes qui font connotre qu'on a trop de sang4 ,c'est #a4 le genre de vie qu'on mne4 ,si l'on mange beaucoup1 si l'on mange des alimens succulens1 surtout beaucoup de viande1 si l'on boit des vins nourrissans1 si en mme-tems l'on digere bien1 si l'on se donne peu de mouvement1 si l'on dort beaucoup1 si l'on n'est sujet aucune vacuation abondante on doit croire qu'on a beaucoup de sang4 ,l'on voit que toutes ces causes se trouvent rarement chez le paysan1 si l'on en excepte la diminution de mouvement pendant quelques semaines de l'hiver1 qui peut effectivement contribuer former plus de sang qu' l'ordinaire4 ,il ne vit1 le plus souvent1 que de pain1 de vgtaux1 d'eau2 choses peu nourrissantes4 ,une livre de pain1 ne fait peut-tre pas plus de sang1 chez la mme personne1 qu'une once de viande1 quoique le prjug gnral tablisse le contraire4 #b4 ,la cessation de quelque hmorrhagie laquelle on toit accoutum4 #c4 ,un pouls plein fort2 des veines bien marques dans un sujet qui n'est pas maigre4 ,un teint assez rouge4 #e4 ,un engourdissement extraordinaire2 un sommeil plus profond1 plus long1 moins tranquille qu' l'ordinaire2 une facilit non accoutume se lasser aprs quelque mouvement ou quelque travail2 un peu d'oppression en marchant4 #f4 ,des palpitations1 accompagnes quelquefois d'un abattement total1 mme d'une legere dfaillance1 surtout quand on est dans des endroits chauds1 ou qu'on a pris beaucoup de mouvement1 #g4 ,des vertiges1 surtout quand on baisse qu'on releve tout--coup la tte1 aprs le sommeil4 #h4 ,des maux de tte frquens auxquels on n'est point sujet1 qui ne paroissent point dpendre du drangement des digestions4 #i4 ,un sentiment de chaleur1 assez gnralement rpandu par tout le corps4 #aj4 ,une espece de dmangeaison piquante gnrale ds qu'on a un peu chaud4 #aa4 ,des hmorragies frquentes1 qui soulagent4 ,mais il faut bien se garder de dcider sur un seul de ces symptomes2 il faut le concours de plusieurs1 s'assurer qu'ils ne dpendent point de quelque cause trs diffrente1 toute oppose au trop de sang4 ,quand par ces symptomes1 on s'est assur que ce trop existe rellement1 on fait alors1 avec grand succs1 une saigne ou mme deux4 ,il est gal dans quelle partie on la fait4 4 #ech4 ,quand ces circonstances ne se trouvent pas1 la saigne n'est pas ncessaire4 ,et l'on ne doit jamais la faire dans les cas suivans1 moins qu'il n'y ait des raisons particulieres1 trs fortes1 dont les seuls ,medecins peuvent juger4 #a4 ,quand l'ge est trs avanc1 ou qu'on est dans la premiere enfance4 #b4 ,quand la personne est naturellement d'un temprament foible1 ou qu'elle a t affoiblie par des maladies1 ou par quelqu'autre accident4 #c4 ,quand le pouls est petit1 mol1 foible1 intermittent1 que la peau est ple4 #d4 ,quand les extrmits du corps sont souvent froides1 enfles avec mollesse4 #e4 ,quand on mange peu depuis long-tems1 ou des alimens peu succulens1 qu'on dissipe beaucoup4 #f4 ,quand on a1 depuis long-tems1 l'estomac drang1 que la digestion se fait mal1 que par-l mme il se forme peu de sang4 #g4 ,quand on a quelque vacuation considrable1 par des hmorrhagies quelconques1 ou la diarrhe1 les urines1 les sueurs4 ,quand les crises d'une maladie sont dja faites par quelqu'une de ces voies4 #h4 ,quand on est ds long-tems dans une maladie de langueur1 qu'on a beaucoup d'obstructions1 qui empchent la formation du sang4 #i4 ,quand on est puis1 quelle qu'en soit la cause4 #aj4 ,quand le sang est ple dissout4 4 #eci4 ,dans tous ces cas1 dans quelques autres moins frquens1 une seule saigne1 jette souvent dans un tat absolument incurable1 les maux qu'elle fait ne se rparent point4 ,il n'est que trop ais d'en trouver des exemples4 ,dans quelque tat que ce soit1 quelque robuste que soit le sujet1 si la saigne n'est pas ncessaire1 elle nuit4 ,les saignes riteres1 affoiblissent1 nervent1 vieillissent2 diminuent la force de la circulation1 par l engraissent d'abord2 ensuite en affoiblissant trop1 en dtruisant enfin les digestions1 jettent dans l'hydropisie4 ,elles drangent la transpiration1 par-l1 rendent catharreux4 ,elles affoiblissent le genre nerveux1 par-l1 rendent sujets aux vapeurs1 l'hypocondrie1 tous les maux de nerfs4 ,l'on n'apperoit point d'abord le mauvais effet d'une saigne2 au contraire1 quand elle n'est pas assez considrable pour affoiblir sensiblement1 elle paroit donner du bien tre2 mais1 je le rpte1 il n'en est pas moins vrai1 que quand elle n'est pas ncessaire1 elle est nuisible1 qu'on ne doit jamais se faire saigner par jeu4 ,l'on a beau dire1 que quelques jours aprs l'on a plus de sang1 c'est--dire1 l'on est plus pesant qu'auparavant1 qu'ainsi le sang est bien vite rpar4 ,le fait est vrai2 mais ce fait mme1 cette augmentation de poids aprs la saigne1 dpose contr'elle2 c'est une preuve que les vacuations naturelles se sont moins bien faites1 qu'il est rest dans le corps des humeurs1 qui dvoient en sortir4 ,l'on a bien la mme quantit de sang au-del2 mais ce n'est point un sang bien travaill2 cela est si vrai1 que1 si la chose toit autrement1 si quelques jours aprs la saigne on avoit une plus grosse quantit de sang semblable1 on pourroit dmontrer1 que quelques saignes jetteroient ncessairement un homme robuste dans une maladie inflammatoire4 4 #edj4 ,la quantit de sang qu'on doit tirer dans une saigne de prcaution1 un homme fait1 est de dix onces4 4 #eda4 ,les personnes sujettes faire trop de sang1 doivent viter avec soin toutes les causes qui peuvent l'augmenter 7voyez 4 #ecg ,n4 #a74 ,et quand elles sentent que le mal commence1 elles doivent se mettre une diete trs frugale1 de legumes1 de fruits1 de pain d'eau2 prendre quelques bains de pied tiedes1 faire usage1 soir matin1 de la poudre ,n4 #bj2 boire de la ptisane ,n4 #a2 peu dormir1 prendre beaucoup d'exercice4 ,en prenant ces prcautions1 ou elles pourront se passer de la saigne1 ou1 si elles sont galement obliges de la faire1 elles en augmenteront elles en prolongeront l'effet4 ,ces mmes moyens servent aussi loigner tout le danger qu'il peut y avoir omettre une saigne l'poque ordinaire1 quand l'habitude en est dja invtere4 4 #edb4 ,l'on voit1 en frmissant1 que quelques personnes sont saignes1 dix-huit1 vingt1 vingt-quatre fois dans deux jours2 d'autres quelques centaines de fois dans quelques mois4 ,ces observations prouvent1 coup sr1 toujours l'ignorance du ,medecin ou du ,chirurgien2 si le malade en rchappe on doit admirer les ressources de la ,nature1 qui ne succombe pas sous tant de coups meurtriers4 4 #edc4 ,l'on a dans les campagnes1 un prjug trs faux2 c'est que la premiere saigne sauve la vie4 ,il n'y a pour se convaincre de sa fausset1 qu' vouloir regarder1 l'on verra tous les jours le contraire1 plusieurs personnes mourir aprs la premiere saigne qu'on leur fait4 ,si ce principe toit vrai1 il seroit impossible que personne mourut de sa premiere maladie1 ce qui arrive journellement4 ,il est important de dtruire cette prvention1 parcequ'elle a des influences facheuses4 ,la foi qu'on a cette saigne1 fait qu'on veut la garder pour les grands dangers1 on la differe tant que le malade n'est pas fort mal1 dans l'esprance que si l'on peut s'en passer1 on la conservera pour une autre occasion4 ,cependant le mal empire1 on saigne1 mais trop tard1 j'ai l'exemple de plusieurs malades1 qu'on a laiss mourir1 afin de rserver la premiere saigne pour un cas plus important4 ,des ,purgations4 4 #edd4 ,l'on purge ou par le vomissement1 ou par les selles4 ,cette derniere voie est beaucoup plus naturelle que la premiere1 qui ne se fait que par un mouvement violent extraordinaire4 ,il y a cependant quelques cas qui exigent le vomissement2 mais except ces cas-l1 7j'en ai dja indiqu quelques-uns71 il faut se contenter des remedes qui purgent par les selles4 4 #ede4 ,les signes qui font connotre qu'on a besoin de purger1 sont #a4 un mauvais got la bouche le matin1 surtout un got amer1 la langue1 les dents sales4 ,des raports dsagrables1 des vents1 des gonflemens4 #b4 ,des envies de vomir jeun1 mme quelquefois dans le reste du jour1 suppos qu'elles ne dpendent point d'une grossesse1 ou de quelqu'autre maladie1 dans laquelle les purgatifs seroient inutiles ou nuisibles4 #c4 ,des vomissemens de matieres ameres ou corrompues4 #d4 ,un sentiment de pesanteur dans l'estomac1 aux reins1 aux genoux4 #e4 ,un manque d'appetit1 qui s'accrot peu peu1 sans fivre1 qui dgnere en dgot1 quelquefois fait trouver un mauvais got ce qu'on mange4 #f4 ,un manque de forces1 accompagn quelquefois d'inquitude1 de mauvaise humeur1 de tristesse4 #g4 ,des maux d'estomac1 souvent des maux de tte ou des vertiges1 quelquefois des assoupissemens qui augmentent aprs le repas4 #h4 ,des coliques1 de l'irrgularit dans les selles1 qui sont quelquefois trop abondantes trop liquides pendant plusieurs jours1 aprs lesquels il survient une constipation opinitre4 #i4 ,le pouls moins rgl moins fort qu' l'ordinaire1 quelquefois intermittent4 4 #edf4 ,quand ces symptmes1 ou quelques-uns de ces symptmes font connotre le besoin de purger chez une personne qui n'est attaque d'aucune maladie dcide 7car je ne parle point de purgatifs dans ce cas71 on peut lui donner quelque remede propre produire cet effet4 ,le mauvais got les raports continuels1 les envies frquentes de vomir1 les vomissemens mme1 la tristesse indiquent qu'un remede mtique sera utile2 mais quand ces accidens n'ont pas lieu1 il faut s'en tenir aux purgatifs1 qui sont particulierement indiqus par les maux de reins1 les coliques1 la pesanteur dans les genoux4 4 #edg4 ,l'on ne doit point purger ni donner l'mtique #a4 toutes les fois que les maladies viennent de foiblesse ou d'puisement4 #b4 ,quand il y a une scheresse gnrale1 un grand chauffement1 de l'inflammation1 une forte fivre4 #c4 ,quand la nature est occupe de quelqu'autre vacuation salutaire4 ,ainsi on ne purge point pendant des sueurs critiques1 pendant les regles1 pendant un accs de goutte4 #d4 ,dans des obstructions invtres1 que les purgatifs ne peuvent pas dtruire1 qu'ils augmentent4 #e4 ,quand les nerfs sont extrmement affoiblis4 4 #edh4 ,l'on ne doit point non-plus donner l'mtique dans tous les cas dont je viens de parler2 mais comme il produit des effets diffrens des purgatifs1 il y a d'autres cas dans lesquels on peut purger1 non-pas faire vomir4 ,ces cas sont #a4 une grande quantit de sang 7voyez 4 #ecg72 parceque pendant les efforts qu'on fait pour vomir1 la circulation se fait beaucoup plus fortement1 les vaisseaux de la tte de la poitrine se remplissant extrmement de sang1 pourroient se rompre2 ce qui tueroit sur le champ1 comme il est arriv plus d'une fois4 ,on ne doit point1 #b4 par la mme raison1 l'ordonner ceux qui sont sujets des saignemens de nez1 des crachemens ou des vomissemens de sang1 aux femmes qui ont des pertes4 #c4 ,il nuiroit ceux qui ont des hernies4 #d4 ,aux femmes grosses4 4 #edi4 ,les purgatifs souvent ritrs1 ont les mmes inconvniens que les frquentes saignes4 ,ils ruinent les digestions1 l'estomac ne fait plus ses fonctions1 les intestins deviennent paresseux1 l'on est sujet des coliques trs violentes4 ,le corps ne se nourrit pas1 la transpiration se drange1 il survient des fluxions1 des maux de nerfs1 une langueur gnrale1 l'on vieillit long-tems avant le tems4 ,l'on fait un tort irrparable la sant des enfans par les purgatifs pris mal--propos4 ,ils les empchent d'acqurir toutes leurs forces2 souvent ils drangent leur cre1 ils ruinent les dents1 jettent les jeunes filles dans les oppilations1 quand elles en sont dja atteintes1 ils les rendent plus opinitres4 ,c'est un prjug trop gnralement reu1 qu'il faut purger quand on n'a pas d'apptit4 ,cela est faux trs souvent1 la plpart des causes qui dtruisent l'apptit ne peuvent point tre enleves par la purgation2 il y en a plusieurs qu'elle augmente4 ,les personnes dans l'estomac desquelles il se forme beaucoup de glaires1 croient se gurir par les purgatifs1 qui paroissent en effet les soulager d'abord2 mais c'est un soulagement passager trompeur4 ,ces glaires viennent de la foiblesse de l'estomac1 les purgatifs l'augmentent2 ainsi quoiqu'ils enlevent une partie des glaires formes1 il y en a au bout de quelques jours plus qu'auparavant2 en ritrant les purgatifs1 le mal est bientt incurable1 la sant perdue4 ,l'on gurit par des remedes tout opposs4 ,ceux du ,n4 #ad1 #cf1 sont trs utiles4 ,l'usage des stomachiques prpars avec l'eau-de-vie1 l'esprit de vin1 l'eau de crise1 est toujours dangereux1 malgr le soulagement que ces remedes procurent d'abord dans quelques maux d'estomac1 ils dtruisent rellement peu peu cet organe1 l'on voit tous ceux qui s'accotument aux liqueurs1 tout comme les grands buveurs1 finir par ne faire aucune digestion1 mourir hydropiques4 4 #eej4 ,l'on peut souvent se passer d'mtique ou de purgatifs1 lors mme qu'ils paroissent ncessaires1 en se retranchant un repas par jour pendant quelque tems2 en se privant de tous les alimens nourrissans1 surtout de ceux qui sont gras2 en buvant beaucoup d'eau frache1 en prenant plus d'exercice qu' l'ordinaire4 ,ces moyens servent surmonter1 sans purgation1 les diffrens mal-aises qu'on prouve souvent l'poque o l'on avoit accotum de se purger4 4 #eea4 ,les remedes ,n4 #cc #cd1 sont les mtiques les plus srs4 ,la poudre ,n4 #ba1 est un bon purgatif1 quand il n'y a point de fivre4 ,les doses marques conviennent pour un homme fait1 d'un temprament vigoureux4 ,il s'en trouve cependant quelquefois pour qui ces doses seroient insuffisantes1 on peut les augmenter d'un tiers1 ou d'un quart2 mais si alors elles n'operent pas1 il faut bien se garder de doubler de tripler comme on le fait quelquefois sans russir purger1 au risque de tuer le malade1 comme il est arriv souvent4 ,l'on doit1 dans ces cas1 donner de grandes doses de petit lait miell1 ou d'eau tiede1 dans un pot de laquelle on met une once1 ou une once demie de sel de cuisine1 on boit cette dose petits coups en se promenant4 ,les montagnards qui ne vivent presque que de lait1 ont des fibres si peu sensibles1 qu'il faut pour les purger1 des doses qui tueroient tous les paysans de la plaine4 ,il y a dans les montagnes du ,valais1 des hommes qui prennent tout la fois jusqu' vingt1 mme vingt-quatre grains de verre d'antimoine1 dont un grain ou deux suffiroient pour empoisonner des personnes ordinaires4 4 #eeb4 ,quand on est command par une maladie pressante1 on purge en tout tems toute heure4 ,quand on est peu prs matre du tems1 il faut viter les saisons extrmes2 c'est--dire les trs grandes chaleurs1 ou les trs grands froids1 se purger le matin1 afin que les remedes ne trouvent pas d'embarras dans l'estomac4 ,toute autre considration1 relativement aux astres ou la ,lune1 est ridicule dnue de tout fondement4 ,le peuple redoute les remedes pendant la canicule2 si c'toit par la raison de la chaleur1 il seroit pardonnable2 mais c'est par un prjug astrologique d'autant plus ridicule aujourd'hui1 que les jours caniculaires sont loigns de trente-six jours de ceux auxquels on donne ce nom4 4 #eec4 ,quand on veut prendre un mtique1 ou se purger1 il faut s'y prparer au moins vingt-quatre heures d'avance1 en ne prenant que peu d'alimens1 en buvant quelques verres d'eau tide1 ou de quelque th d'herbes4 ,aprs avoir pris l'mtique1 il ne faut boire que quand il commence agir2 mais alors il faut avaler des torrens d'eau tiede1 ou ce qui vaut mieux1 de th de camomille extrmement leger4 ,aprs les purgations1 on est en usage de prendre du bouillon pendant qu'elles agissent4 ,de l'eau tiede sucre ou mielle1 ou un th de fleurs de chicore seroient quelquefois plus convenables4 4 #eed4 ,comme l'estomac souffre toutes les fois qu'on prend l'un ou l'autre de ces remedes1 il faut se mnager pendant quelques jours1 aprs les avoir pris1 tant pour la quantit que pour la qualit des alimens4 4 #eee4 ,je ne parlerai point de quelques autres remedes de prcaution1 bouillons1 petit lait1 eaux1 c4 ils ont peu d'usage parmi le peuple4 ,je me bornerai cette remarque gnrale2 c'est que quand on prend ces remedes1 il faut avoir un rgime assortissant qui concoure au mme effet4 ,on prend ordinairement le petit lait pour se rafrachir1 l'on s'interdit1 pendant qu'on le boit1 les lgumes1 les fruits1 la salade2 l'on ne prend que les meilleures viandes1 des jardinages au bouillon1 des oeufs2 c'est dtruire par les alimens qui chauffent1 le bien qu'on attend du petit lait qui rafrachit4 ,l'on veut se rafrachir par des bouillons1 l'on y met des crevisses1 qui chauffent puissamment1 ou du cresson1 qui chauffe aussi2 c'est manquer son but4 ,heureusement dans ce cas1 une erreur en rpare souvent une autre1 ces bouillons1 qui ne sont pas rafrachissans1 font beaucoup de bien1 parceque la cause des accidens ne demandoit pas des rafrachissans1 comme on l'avoit cru4 ,la mdecine du public1 qui malheureusement n'est que trop suivie1 est remplie de pareilles erreurs4 ,j'en citerai encore une1 parceque j'en ai vu de funestes suites4 ,beaucoup de gens croient le poivre rafrachissant1 quoique leur odorat1 leur got leur raison leur disent le contraire2 c'est l'aromate le plus chauffant4 4 #eef4 ,le prservatif le plus sr1 le plus la porte de tout le monde1 c'est d'viter tous les excs1 surtout ceux dans le manger dans le boire4 ,l'on mange gnralement plus qu'il ne faut pour se bien porter pour avoir toutes les forces dont on est capable2 mais l'habitude est prise1 il est difficile de la draciner4 ,on devroit au moins s'imposer la loi de ne manger que par faim1 jamais par raison2 parcequ'il n'y a jamais de raison manger par raison4 ,une personne sobre est capable de travaux1 je dirois mme d'excs en diffrens genres1 dont les gens qui mangent plus1 sont absolument incapables4 ,la seule sobrit gurit des maux presqu'incurables1 rtablit les sants les plus ruines4 ,,des ,,charlatans ,,et ,,des ,,maiges4 4 #eeg4 ,il me reste parler d'un fleau1 qui fait plus de ravages1 que tous les maux que j'ai dcrits1 qui1 tant qu'il subsistera1 rendra inutiles toutes les prcautions qu'on prendra pour la conservation du peuple2 ce sont les ,charlatans4 ,j'en distinguerai de deux especes2 les ,charlatans passans1 ces faux ,medecins de villages1 tant mles que femelles1 connus dans quelques pays sous le nom de ,mages1 qui le dpeuplent sourdement4 ,les premiers1 sans visiter des malades1 dbitent des remedes dont quelques uns ne sont qu'extrieurs1 souvent ne font point de mal2 mais les intrieurs sont quelquefois pernicieux4 ,j'en ai vu les effets les plus cruels2 il ne passe point de ces misrables1 dont l'entre au pays ne coute la vie quelqu'un de ses habitans4 ,ils nuisent encore d'une autre faon2 en emportant une grande quantit d'argent comptant1 en enlevant annuellement1 quelques milliers de francs1 cette partie des habitans1 pour qui l'argent est le plus prcieux4 ,j'ai vu1 avec douleur1 le laboureur l'artisan1 dnus des secours les plus ncessaires la vie1 emprunter1 de quoi acheter cherement le poison destin combler leur misere1 en aggravant leurs maux1 souvent en les jettant dans des maux de langueur1 qui rduisent toute une famille la mendicit4 4 #eeh4 ,un homme ignorant1 fourbe1 menteur1 impudent1 sduira toujours le peuple grossier crdule1 incapable de juger de rien1 de rien apprcier1 qui sera ternellement la dupe de quiconque aura la bassesse de chercher blouir ses sens1 qui1 par-l mme1 sera friponn par les ,charlatans1 tant qu'on les tolerera4 ,mais le ,magistrat1 son tuteur1 son protecteur1 son pere1 ne devroit-il pas le soustraire ce danger1 en prohibant sverement l'entre de ce pays1 o les hommes sont prcieux2 l'argent rare1 des hommes pernicieux1 qui dtruisent les uns1 emportent l'autre1 sans pouvoir jamais y faire le plus petit bien4 ,des raisons aussi fortes peuvent-elles permettre de diffrer plus long tems leur exil1 puisqu'il n'y a pas la plus petite raison de les admettre4 4 #eei4 ,les ,mages1 n'emportent pas1 il est vrai1 l'argent du pays1 comme les ,charlatans passans2 mais le ravage qu'ils font parmi les hommes1 est continuel1 par-l mme immense2 chaque jour de l'anne est marqu par le nombre de leurs victimes4 ,sans aucune connoissance quelconque1 sans aucune exprience1 arms de trois ou quatre remedes1 dont ils ignorent aussi profondement la nature1 que celle des maladies dans lesquelles ils les emploient1 qui1 tant presque tous violens1 sont vritablement un glaive dans la main d'un furieux1 ils empirent les maux les plus legers1 rendent coup sr mortels ceux qui sont un peu plus forts1 mais qui se seroient guris1 si on les et abandonns la nature2 plus forte raison1 s'ils avoient t bien traits4 4 #efj4 ,le ,brigand1 qui assassine au milieu d'un grand chemin1 laisse au moins la double ressource1 de se dfendre1 d'tre secouru2 mais l'empoisonneur1 qui surprend la confiance du malade1 le tue1 est cent fois plus dangereux1 aussi punissable4 ,l'on signale les bandes de voleurs2 qui s'introduisent dans le pays3 il seroit souhaiter qu'on et un rle de tous ces faux ,medecins de l'un de l'autre sexe1 qu'on en publit la description la plus exacte1 accompagne de la liste de leurs exploits sanglans4 ,l'on inspireroit peut-tre par-l1 une frayeur salutaire au peuple1 qui ne s'exposeroit plus tre la victime innocente de ces bourreaux4 4 #efa4 ,son aveuglement sur cette double espece d'tres malfaisans1 est inconcevable4 ,celui qu'il a en faveur des ,charlatans1 l'est cependant moins2 parceque ne les connoissant pas1 il peut leur supposer une partie des talens des connoissances qu'ils s'arrogent4 ,il faut donc l'avertir1 on ne peut trop le lui redire1 que1 malgr l'appareil pompeux dont quelques uns se parent1 ce sont toujours des hommes vils1 qui1 incapables de gagner leur vie par aucun travail honnte1 ont fond leur subsistance sur leur propre impudence son imbcille crdulit2 qu'ils sont dnus de toute connoissance quelconque2 que leurs titres leurs patentes sont sans aucune autorit1 parceque1 par un misrable abus1 ces actes sont devenus une denre de commerce1 qu'on obtient trs vil prix1 tout comme le surtout galonn qu'ils achetent la friperie2 que leurs certificats de cure sont chimeriques ou faux1 qu'enfin1 quand sur le nombre prodigieux de gens qui prennent leurs remedes1 il y en auroit quelques uns de guris1 il est presque physiquement impossible que cela n'arrive pas1 il n'en seroit pas moins vrai1 que c'est une espece destructive4 ,un coup d'pe dans la poitrine1 en perant un abcs1 sauva un homme1 que ce mal auroit tu2 les coups d'pe n'en sont pas moins mortels4 ,il n'est point tonnant mme1 que ces gens l 7je dis la mme chose des ,mages71 qui tuent des milliers de gens1 que la nature seule1 ou aide des secours de la ,medecine1 auroit sauvs1 gurissent1 de tems en tems1 un malade qui a t entre les mains des plus habiles ,medecins4 ,souvent les malades de l'ordre de ceux qui vont consulter les gens de cet acabit1 soit qu'ils ne veuillent pas s'astreindre au traitement qu'exige leur maladie1 soit que1 rebut par leur peu de docilit1 le ,medecin ne leur continue pas ses conseils1 vont chercher des gens qui leur promettent une gurison prompte1 hazardent des remedes qui en tuent plusieurs1 en gurissent un1 qui se trouve la force de rsister1 un peu plus vite que ne l'auroit fait un ,medecin4 ,il ne seroit que trop ais de se procurer1 dans toutes les ,paroisses1 des catalogues qui mettroient sous les yeux1 la vrit de toutes ces propositions4 4 #efb4 ,le crdit de ce ,charlatan de foire1 que cinq ou six cens paysans entourent1 grands yeux ouverts1 gueule bante1 qui se trouvent fort heureux qu'il veuille bien leur friponner leur ncessaire1 en leur vendant1 quinze ou vingt fois au-del de sa valeur1 un remede1 dont la plus grande qualit seroit d'tre inutile2 son crdit1 dis-je1 tomberoit bientt1 si l'on pouvoit persuader chacun de ses auditeurs1 ce qui est exactement vrai1 qu' un peu de souplesse prs dans la main1 il en fait tout autant que lui2 que1 s'il peut acqurir son impudence1 il aura dans un moment la mme rputation1 mritera la mme confiance4 4 #efc4 ,si le peuple raisonnoit1 il seroit ais de le dsabuser2 mais ceux qui le conduisent doivent raisonner pour lui4 ,j'ai dja prouv le ridicule de sa confiance aux ,charlatans proprement dits4 ,celle qu'il a pour les ,mages est encore plus insense4 ,l'art le plus vil s'apprend2 l'on n'est savetier1 l'on ne raccommode de vieux morceaux de cuir1 que quand on a fait un apprentissage2 l'on n'en fera point pour l'art le plus ncessaire1 le plus utile1 le plus beau4 ,l'on ne confie une montre pour la raccommoder1 qu' celui qui a pass bien des annes tudier comment elle est faite1 quelles sont les causes qui la font bien aller1 qui la drangent2 l'on confiera le soin de raccommoder la plus compose1 la plus dlicate la plus prcieuse des machines1 des gens qui n'ont pas la plus petite notion de sa structure1 des causes de ses mouvemens1 de celles de ses drangemens1 des instrumens qui peuvent la rtablir4 ,qu'un soldat chass de son rgiment1 cause de ses coquineries1 ou qui a desert par libertinage1 qu'un banqueroutier1 qu'un ecclsiastique fltri1 qu'un barbier ivrogne1 qu'une foule d'autres personnages aussi vils1 viennent afficher qu'ils remontent les bijoux dans la perfection2 s'ils ne sont pas connus1 si l'on ne voit pas de leur ouvrage1 si l'on n'a pas des tmoignages authentiques de leur probit de leur habilet1 personne ne leur confiera pour quatre sols de pierres fausses2 ils mourront de faim4 ,mais qu'au lieu de se faire ,jouailliers1 ils s'affichent ,mdecins1 on achetera trs cherement le plaisir de leur confier sa vie1 dont ils ne tarderont pas empoisonner les restes4 4 #efd4 ,les plus grands ,mdecins1 ces hommes rares1 qui1 ns avec les plus heureux talens1 ont clair leur esprit ds leur plus tendre enfance1 qui ont cultiv ensuite avec soin toutes les parties de la physique1 qui ont sacrifi les plus beaux momens de leur vie une tude suivie assidue du corps humain1 de ses fonctions1 des causes qui peuvent les empcher1 de tous les remedes1 qui auront surmont le dsagrment de vivre dans les hpitaux1 parmi des milliers de malades1 qui auront runi leurs propres observations1 celles de tous les tems de tous les lieux2 ces hommes rares1 dis-je1 ne se trouvent pas mme tels qu'ils voudroient tre1 pour se charger du prcieux dpt de la sant humaine3 on le remettra des hommes grossiers1 ns sans talens1 levs sans culture2 qui souvent ne savent pas mme lire1 qui ignorent tout ce qui a quelque rapport la mdecine1 aussi profondement que les moeurs des ,sauvages asiatiques2 qui n'ont veill que pour boire1 qui souvent ne font cet horrible mtier que pour fournir leur boisson1 ne l'exercent que dans le vin2 qui ne se sont fait ,medecins que parcequ'ils toient incapables d'tre quelque chose6 ,une telle conduite parotra1 tout homme sens1 le comble de l'extravagance4 ,si l'on entroit dans l'examen des remedes qu'ils emploient1 si on les comparoit aux besoins du malade qui ils les ordonnent1 on seroit saisi d'horreur1 l'on gemiroit sur le sort de cette infortune partie du genre humain1 dont la vie1 si importante l',etat1 est misrablement confie aux plus meurtriers des tres4 4 #efe4 ,quelques-uns d'eux1 sentant bien le danger de l'objection tire du manque d'tudes1 ont cherch la prvenir1 en rpandant parmi le peuple1 un prjug qui n'est que trop accredit aujourd'hui2 c'est que leurs talens pour la medecine1 sont un don surnaturel1 fort suprieur par l mme1 toutes les connoissances humaines4 ,ce n'est point moi montrer l'indcence1 le crime1 l'irreligion d'une telle fourberie2 ce seroit empiter sur les droits de ,messieurs les ,pasteurs2 mais qu'il me soit permis de les avertir1 que cette branche de superstition ayant les suites les plus cruelles1 mrite toute leur attention2 en gnral1 il seroit d'autant plus souhaiter1 qu'on combattt la superstition1 qu'un esprit imbu de prjugs faux1 n'est pas propre recevoir une doctrine vritable4 ,il y a des sclerats1 qui esprant de s'accrditer par la crainte autant que par l'esprance1 ont pouss l'horreur jusques laisser douter1 s'ils tenoient leur puissance du ,ciel ou de l',enfer4 ,voil les hommes qui disposent de la vie des autres4 4 #eff4 ,un fait que j'ai dja indiqu1 qu'on n'expliquera jamais1 c'est l'empressement du paysan se procurer les meilleurs secours pour ses btes malades4 ,quelque loign que soit le ,medecin veterinaire1 ou l'homme qu'on croit tel1 7car malheureusement il n'y en a point dans ce pays7 s'il a beaucoup de rputation1 il va le consulter1 ou le fait venir tout prix4 ,quelque couteux que soient les remedes qu'il indique1 s'ils passent pour les meilleurs1 il se les procure4 ,mais ds qu'il s'agit de lui1 de sa femme1 de ses enfans1 il se passe de secours1 ou se contente de ceux qui s'offrent sous sa main1 quelque pernicieux qu'ils soient1 sans en tre moins couteux2 car c'est une injustice criante1 que les sommes extorques par quelques ,mages1 ou aux patiens1 ou1 plus souvent leurs hritiers4 4 #efg4 ,je ne m'tendrai pas plus long-tems sur cette matiere1 l'amour de l'humanit m'a forc en dire quelque chose2 elle mriteroit d'tre traite plus au long1 elle est de la plus grande consquence4 ,il n'y a que les ,medecins qui pussent se tranquilliser sur cet horrible abus1 s'ils n'toient anims que par des vues d'intrts2 puisque les ,mages diminuent le nombre des consultans du peuple1 qui ne sont pour eux qu'une occupation pnible4 ,mais quel est le ,medecin assez vil1 pour vouloir acheter quelques heures de tranquillit un prix aussi cher aussi odieux4 4 #efh4 ,j'ai montr le mal1 je souhaiterois de pouvoir indiquer des remedes srs1 mais cela est difficile4 ,le premier1 c'est peut-tre d'avoir fait connotre le danger4 ,le second1 sans contredit le plus efficace1 est celui dont j'ai dja parl2 n'admettre aucun ,charlatan passant1 chasser tous les ,mages4 ,un troisieme moyen1 ce seroit des instructions pastorales sur cette objet4 ,la conduite du peuple cet gard est un vrai suicide1 il seroit important de l'en convaincre4 ,mais l'inefficacit des exhortations rflechies les plus fortes sur tant d'autres articles1 ne fait-elle point craindre le mme sort pour celles ci4 ,l'usage a dcid qu'il n'y a aujourd'hui de vice1 qui exclut du titre de la considration d'honnte homme1 que le vol ouvert caractris2 cela par cette raison simple1 c'est que nous tenons nos biens plus qu' toute autre chose2 l'homicide mme est honnte dans un trs grand nombre de cas2 peut-on esprer de persuader qu'il y a du crime confier sa sant des empoisonneurs1 sous l'esprance de gurison4 ,un remede plus sr1 ce seroit de faire sentir au peuple1 ce qui est fort ais1 qu'il lui en coutera moins pour tre bien soign1 que pour l'tre mal4 ,l'appas du bon march le ramenera beaucoup plus surement que l'aversion du crime4 ,le quatrieme1 qui ne seroit surement pas inutile1 ce seroit de retrancher des almanachs ces regles de medecine astrologique1 qui contribuent continuellement entretenir des prjugs dangereux dans une science1 dans laquelle les plus petites erreurs sont funestes4 ,que de paysans morts pour avoir differ1 rejett1 ou mal plac une saigne dans une maladie aige1 parceque l'almanach le vouloit ainsi4 ,n'est-il point craindre1 pour le dire en passant1 que la mme cause ne nuise leur oeconomie2 qu'en consultant la ,lune1 qui n'a aucune influence1 ils ne ngligent les attentions relatives aux autres circonstances1 qui en ont beaucoup4 ,un cinquieme remede1 seroit l'tablissement d'hpitaux pour les malades1 dans les diffrentes villes du pays4 ,il y a un grand nombre de moyens aiss1 pour les fonder les entretenir1 presque sans nouvelles dpenses1 les avantages qui en rsulteroient seroient immenses2 d'ailleurs1 quelque considrables que fussent les dpenses1 en est-il de plus importantes8 ,elles sont sans doute de devoir2 l'on ne tarderoit pas s'appercevoir qu'elles rapportent un intrt rel1 plus fort qu'on ne pourroit l'esperer d'aucun autre emploi de l'argent4 ,il faut1 ou admettre que le peuple est inutile dans un ,etat1 ou convenir qu'il faut pourvoir aux soins de sa conservation4 ,un ,anglois respectable1 qui1 aprs avoir tout v avec beaucoup de soin1 s'est occup profondement utilement des moyens d'augmenter les richesses le bonheur de ses compatriotes1 se plaint1 en ,angleterre1 le pays du monde o les hpitaux sont le plus multiplis1 que le peuple malade n'est pas assez secouru4 ,que doit-ce tre dans les pays o il n'y en a point8 ,les secours de ,chirurgie de ,medecine trop abondans dans les ,villes1 ne sont point assez rpandus dans les campagnes2 les paysans sont sujets des maladies assez simples2 mais qui1 faute de soins1 dgnerent en une langueur mortelle4 ,enfin1 si l'on ne peut pas remedier aux abus1 7ceux qui regardent les ,charlatans ne sont pas les seuls1 l'on ne donne pas ce nom tous ceux qui le mriteroient71 il seroit sans doute avantageux de dtruire tout ,art medecinal4 ,quand les bons ,medecins ne peuvent pas faire autant de bien1 que les mauvais peuvent faire de mal1 il y a un avantage rel n'en pas avoir4 ,je le dis avec conviction1 l'anarchie en ,medecine est la plus dangereuse de toutes4 ,libre de toute regle1 sans loix1 cette science est un flau d'autant plus affreux1 qu'il frappe sans cesse2 si l'on ne peut pas rparer le dsordre1 il faut1 ou dfendre1 sous de rigoureuse peines1 l'exercice d'un art qui devient si funeste1 ou1 si les constitutions d'un ,etat ne permettoient pas ce moyen violent1 ordonner1 comme dans les grandes calamits1 des prieres publiques dans tous les ,temples4 4 #efi4 ,un autre abus1 moins dangereux que ceux dont je viens de parler1 qui ne laisse pas cependant de faire des maux rels1 qui au moins1 sort beaucoup d'argent du pays1 mais dont le peuple est moins la victime que les gens aiss1 c'est l'imbecille aveuglement1 avec lequel on s'en laisse imposer par les pompeuses annonces de quelque remede universel1 qu'on tire dispendieusement de l'tranger4 ,les personnes au-dessus du commun peuple1 ne courent pas au ,charlatan1 parcequ'elles croiroient s'avilir en se mlant la foule2 mais si ce mme ,charlatan1 au lieu de venir1 s'toit tenu dans quelque ville trangere2 si1 au lieu de faire afficher ses placards aux coins des rues1 il les avoit fait insrer dans les mercures ou dans les gazettes2 si1 au lieu de vendre ses remedes lui-mme1 il avoit tabli des bureaux dans chaque ville2 si1 au lieu de les vendre vingt fois au-dessus de leur valeur1 il avoit encore doubl ce prix2 au lieu de vendre au peuple1 il auroit vendu aux ,habitans aiss des villes4 ,telle personne1 sense tout autre gard1 qui hsitera de confier sa sant des ,medecins dignes d'une entiere confiance1 hazardera1 par une folie inconcevable1 le remede le plus dangereux1 sur la foi d'un placard imposteur1 publi par un homme aussi vil que le ,charlatan qu'il mprise parcequ'il fait jouer du cors de chasse sous sa fentre1 qui n'en differe cependant1 que par les circonstances que je viens d'indiquer4 ,il n'y a presque pas d'anne qu'il ne s'accrdite quelqu'un de ces remedes1 dont les ravages sont plus ou moins grands1 proportion de leur plus ou moins de vogue4 ,peu heureusement1 en ont eu autant que les poudres d'un nomm ,ailhaud1 habitant d',aix en ,provence1 indigne du nom de ,medecin1 qui a inond l',europe1 pendant quelques annes1 d'un purgatif cre1 dont le souvenir ne s'teindra que quand toutes ses victimes auront fini4 ,je soigne1 depuis long-tems1 plusieurs malades1 dont j'adoucis les maux1 sans esperer de les gurir jamais1 qui ne doivent les tristes jours qu'ils coulent1 qu' l'usage de ces poudres4 ,un ,medecin franois1 aussi clebre par ses talens ses connoissances1 que recommandable par son caractere1 a publi quelques-unes des sinistres catastrophes que leur usage avoit occasionnes4 ,si on recueilloit ces observations dans tous les endroits o l'on a employ la drogue1 on formeroit un volume qui effraieroit4 4 #egj4 ,heureusement tous les remedes qu'on dbite ne sont ni aussi employs1 ni aussi dangereux2 mais l'on doit juger toutes ces affiches sur ce principe1 je n'en connois point de plus vrai en ,physique en ,medecine2 c'est que1 quiconque annonce un remede universel1 est un imposteur1 qu'un tel remede est impossible1 contradictoire4 ,je n'entrerai point dans des dtails de preuves2 mais j'en appelle hardiment tout homme sens1 qui voudra bien rflechir un moment sur les diffrentes causes des maladies1 sur l'opposition de ces causes1 sur l'absurdit de vouloir combattre toutes ces causes avec le mme remede4 ,quand on sera bien rempli de ce principe1 on ne s'en laissera plus imposer par des tissus de sophismes1 destins prouver que toutes les maladies viennent d'une cause1 que cette cause est de nature ceder au remede vant4 ,on comprendra d'abord qu'une telle assertion est le comble de la fourberie ou de l'ignorance2 l'on dcouvrira bientt o est le sophisme4 ,peut-on esperer de gurir une hydropisie1 qui vient de ce que les fibres sont trop lches1 le sang trop dissous1 avec les remedes qu'on emploie pour gurir une maladie inflammatoire1 dans laquelle les fibres sont trop roides le sang trop paissi4 ,parcourez les annonces publiques1 vous trouverez dans toutes des vertus aussi contradictoires2 ceux qui les font seroient sans doute punissables juridiquement4 4 #ega4 ,je souhaite qu'on fasse une rflexion1 qui se prsente naturellement4 ,je n'ai trait que d'un petit nombre de maladies1 ce sont presque toutes des maladies aiges2 je puis assurer qu'aucun ,medecin clair1 n'a jamais employ moins de remedes2 cependant j'en indique prs de soixante dix1 je ne saurois lequel retrancher1 si j'y tois oblig4 ,comment peut-on esperer1 que l'on gurira avec un seul remede1 dix vingt fois plus de maladies que je n'en indique4 4 #egb4 ,j'ajouterai une observation trs importante1 qui se seroit sans doute presente plusieurs lecteurs2 c'est que les diffrentes causes des maladies1 leurs divers caracteres1 les diffrences qui dpendent des changemens ncessaires qui arrivent pendant leur dure1 les complications dont elles sont susceptibles1 les varits qui dpendent des pidmies1 des saisons1 des sexes1 de plusieurs autres circonstances1 obligent trs souvent faire des changemens dans les remedes2 ce qui prouve combien il est dangereux d'en ordonner sans des connoissances plus nettes1 que celles qu'ont ordinairement les personnes qui ne sont pas ,medecins2 la circonspection doit1 dans ces cas1 tre proportionne l'intrt qu'on prend au malade1 la charit dont on est anim4 4 #egc4 ,les mmes considrations1 ne font-elles pas sentir la ncessit d'une entiere docilit1 de la part du malade des assistans4 ,l'histoire des maladies1 qui ont leurs tems limits pour natre1 se dvelopper1 rester dans leur force1 dcrotre1 ne dmontre-t-elle pas1 la ncessit de la continuation des mmes remedes1 aussi long-tems que le caractere de la maladie est le mme1 le danger d'en changer frquemment1 par la seule raison1 que celui qu'on a ne soulage pas dans le moment4 ,rien ne nuit plus au malade1 que cette instabilit4 ,l'on doit1 aprs avoir examin les indications que fournit la maladie1 choisir le remede le plus propre en combattre la cause1 en continuer l'usage1 tant qu'il ne survient aucune circonstance nouvelle qui oblige le changer1 moins qu'on ne reconnoisse videmment qu'on s'est tromp4 ,mais s'imaginer qu'un remede est inutile1 parcequ'il ne dtruit pas la maladie au gr de notre impatience1 le rejetter pour en prendre un autre1 c'est casser sa montre parceque l'guille emploie douze heures faire le tour du cadran4 ,les ,medecins font quelque attention aux urines des malades2 mais c'est une ignorance crasse1 que de croire1 le comble de la fourberie1 que de persuader1 que leur seule inspection suffit pour juger des symptmes1 de la cause1 des remedes d'une maladie4 ,le seul bon sens le dmontre1 je n'en dtaillerai point les preuves4 ,,questions ,auxquelles il est absolument ncessaire de savoir rpondre quand on va consulter un ,mdecin4 4 #egd4 ,il faut beaucoup d'attention d'habitude pour bien juger de l'tat d'un malade qu'on ne voit pas1 lors mme qu'on est instruit aussi exactement qu'on peut l'tre de loin4 ,mais cette difficult est fort augmente1 mme change en impossibilit1 quand l'information n'est pas exacte4 ,il m'arrive souvent qu'aprs avoir questionn des paysans1 qui viennent du dehors1 je n'ose rien leur ordonner1 parcequ'ils n'ont pas p m'instruire assez pour me mettre mme de juger de la maladie4 ,c'est pour prvoir cet inconvnient1 que je joins ici une liste des questions auxquelles il faut pouvoir rpondre4 ,questions communes4 ,quel ge a le malade8 ,jouissoit-il d'une bonne sant8 ,quel toit son genre de vie8 ,depuis quand est-il malade8 ,comment a commenc son mal8 ,a-t-il de la fivre8 ,son pouls est-il dur ou mou8 ,est-ce qu'il a encore des forces1 ou est-il foible8 ,se tient-il tout le jour au lit1 ou se leve-t-il8 ,son tat est-il le mme toutes les heures du jour8 ,est-il inquiet ou tranquille8 ,a-t-il chaud ou froid8 ,a-t-il des douleurs de tte1 de gorge1 de poitrine1 d'estomac1 de ventre1 de reins1 de membres8 ,a-t-il la langue sche1 de l'altration1 mauvais got la bouche1 des envies de vomir1 du dgot ou de l'apptit8 ,va-t-il du ventre souvent1 ou rarement8 ,comment sont ses selles8 ,urine-t-il beaucoup8 ,comment sont ses urines8 ,est-ce qu'il sue8 ,est-ce qu'il crache8 ,dort-il8 ,respire-t-il aisment8 ,quel rgime suit-il8 ,quels remedes a-t-il employs8 ,quel effet ont-ils produit8 ,est-ce qu'il n'a jamais eu la mme maladie8 ,etoit-il sujet quelque hmorrhagie8 ,a-t-il eu quelque maladie de peau8 4 #ege4 ,il se trouve dans les maladies des femmes des enfans1 des circonstances particulieres2 ainsi quand on consulte pour eux1 il faut pouvoir rpondre non seulement aux questions ci-dessus communes tous les malades2 mais aussi celles qui leur sont propres4 ,questions relatives aux femmes4 ,a-t-elle ses regles1 sont-elles rgulieres8 ,est-elle enceinte8 ,depuis quand8 ,est-elle en couche8 ,la couche a-t-elle t heureuse8 ,la malade perd-elle suffisamment8 ,est-ce qu'elle a du lait8 ,nourrit-elle elle-mme8 ,n'est-elle point sujette aux pertes blanches8 ,questions relatives aux enfans4 ,quel est trs exactement son ge8 ,combien a-t-il de dents8 ,souffre-t-il lorsqu'elles percent8 ,n'est-il point nou8 ,est-ce qu'il a eu la petite vrole8 ,rend-il des vers8 ,son ventre est-il gros8 ,son sommeil est-il tranquille8 ,outre ces questions gnrales pour toutes les maladies1 il faut pouvoir rpondre celles qui ont un rapport plus prcis avec le mal actuel4 ,dans l'esquinancie1 par exemple1 il faut tre instruit exactement de l'tat de la gorge4 ,dans les maux de poitrine1 il faut pouvoir rendre raison des douleurs1 de la toux1 de l'oppression1 des crachats4 ,je n'entrerai pas dans un plus long dtail2 il ne faut que du bon sens pour saisir tout ce plan2 quoique les questions paroissent nombreuses1 il sera toujours trs ais d'crire les rponses dans aussi peu d'espace que les questions en occupent4 ,il seroit souhaiter que les personnes de tout ordre1 qui crivent pour consulter1 voulussent bien1 dans leurs lettres1 observer un plan peu prs semblable2 elles se procureroient souvent par l des rponses plus satisfaisantes1 s'pargneroient la peine d'crire de nouvelles lettres1 pour servir d'claircissement aux premieres4 ,le succs des remedes dpend de l'exacte connoissance de la maladie2 cette connoissance1 de l'information qu'on donne au ,mdecin4 ,,table ,,des ,,remedes1 ,avec des notes que je prie de lire avant que de se servir du remede auquel elles se rapportent4 ,je me suis servi1 pour dterminer les doses des remedes1 de livres1 onces1 demi-onces1 c4 ,je parle par-tout de la livre de seize onces1 ou livre marchande1 des onces marchandes4 ,le ,grain est la pesanteur d'un grain d'orge de moyenne grosseur4 ,vingt-quatre grains font un ,scrupule2 trois scrupules1 ou soixante douze grains1 font un ,gros ou une dragme4 ,huit ,gros font une ,once4 ,seize ,onces font une ,livre4 ,la ,pinte pese deux livres4 ,la ,chopine pese une livre4 ,le ,demi-septier1 huit onces4 ,la ,goutte est la plus petite partie qu'on peut verser d'une liqueur4 ,la ,cuillere est ce que contient une cuiller ordinaire bouche2 on l'value une demi-once4 ,le ,verre contient deux onces1 ou deux onces demie4 ,j'ai marqu par tout les doses pour un homme adulte1 depuis dix-huit ans jusqu' soixante4 ,depuis douze jusqu' dix-huit1 les deux tiers de la dose suffiront assez gnralement4 ,au-dessous de douze jusqu' sept huit ans1 la moiti4 ,l'on diminue ensuite proportionnellement4 ,l'on ne donne pas plus d'un demi-quart de la dose un enfant de quelques mois4 ,mais les tempramens mettent dans tout ceci beaucoup de diffrence4 ,il seroit souhaiter que chacun observt cet gard s'il lui faut pour le purger1 des doses fortes1 ou des doses foibles4 ,n4 #a4 ,prenez une poigne de fleurs de sureau1 mettez-les dans une cuelle de terre2 ajoutez-y deux onces de miel une once demie de bon vinaigre2 versez sur le tout un pot d'eau bouillante2 remuez un peu le tout avec une cuiller pour faire fondre le miel2 couvrez l'cuelle1 quand la liqueur est froide1 passez par un linge4 ,n4 #b4 ,prenez deux onces d'orge ou d'aveine1 faites bouillir avec cinq chopines d'eau1 jusqu' ce que le grain soit bien ouvert2 jettez sur la fin de la coction une dragme demie de nitre4 ,passez par un linge1 aprs quoi ajoutez une once demie de miel une once de vinaigre4 ,avant de prparer la ptisane1 il faut jetter sur le grain qu'on veut employer de l'eau bouillante2 laissez un quart d'heure au feu2 jettez cette eau1 faites la ptisane2 c'est non-seulement pour laver le grain1 mais pour en emporter une partie extractive qui est dans l'corce1 qui donne un mauvais got4 ,on n'aura pas cela faire si on se sert de grain mond4 ,on peut substituer des gruaux1 du ris4 ,n4 #c4 ,faites la ptisane d'orge comme ,n4 #b4 ,au lieu de nitre1 faites bouillir avec l'orge1 ds le commencement1 un quart d'once de crme de tartre4 ,coulez n'ajoutez rien4 ,n4 #d4 ,prenez trois onces d'amandes1 une once de graine de courge ou de melon2 pilez-les dans un mortier1 en y ajoutant peu peu une chopine d'eau4 ,passez par un linge4 ,repilez le rsidu avec une chopine de nouvelle eau1 ritrez de cette faon jusqu' ce que vous ayez employ une pinte chopine d'eau1 qu'on peut encore faire repasser sur le marc4 ,n4 #e4 ,prenez deux poignes d'herbe fleurs de mauve1 hachez-les1 broyez les un peu avec les mains2 jettez dessus une chopine d'eau bouillante4 ,passez par un linge1 ajoutez la colature une once de miel4 ,quand on a des mauves1 il faut les prfrer4 ,si elles manquent1 on peut y suppler par la mercurielle1 la paritaire1 l'althea1 le passerose ou rose tremiere1 les laitues1 les pinars4 ,il y a quelques personnes qui n'vacuent aucun lavement1 except ceux d'eau tiede1 sans aucune addition1 elles ne doivent point en employer d'autres4 ,il faut donner les lavemens tides1 non pas chauds4 ,n4 #f4 ,une chopine de la dcoction d'orge1 dans laquelle on fait bouillir une poigne de fleurs de mauves ou de passeroses1 qui est la grande mauve4 ,n4 #g4 ,prenez un pot de la ptisane d'orge1 ajoutez-y trois onces de jus exprim de trois ou quatre des feuilles tiges des plantes suivantes3 buglose1 bourrache1 laiteron1 pissenlit1 tussilage1 ou pas d'ne1 chicore sauvage1 seneon1 artichaud sauvage1 scolopendre1 cerfeuil4 ,pour prparer ces jus1 on prend les herbes bien fraches jeunes si l'on peut2 on les pile dans un mortier de marbre1 ou de fer2 on exprime le jus par un linge2 on le laisse reposer pendant quelques heures dans une cuelle2 quand il est clairci1 on spare le plus clair en versant doucement1 on laisse la lie4 ,n4 #h4 ,une once d'oximel scillitique1 cinq onces d'une forte infusion de sureau4 ,si cette potion n'a pas l'effet qu'on desire1 on peut substituer la potion ,n4 #gb4 ,les prparations de scille sont cheres2 mais il n'y a point de remede aussi efficace dans les cas o on les recommande d'ailleurs on ne les continue pas long-tems en grande dose4 ,l'oximel se conserve plus d'un an dans un endroit sec temper4 ,n4 #i4 ,l'on peut employer diffrentes applications mollientes1 qui ont -peu-prs les mmes vertus2 telles que #a4 les flanelles trempes dans une dcoction de fleurs de mauves4 #b4 ,des sachets remplis de ces mmes fleurs de mauve1 de celles de bonhomme1 de sureau1 de pavot rouge1 de camomille1 cuits dans de l'eau ou du lait4 #c4 ,des cataplasmes de ces mmes fleurs cuites dans de l'eau du lait4 #d4 ,des vessies moiti remplies d'eau chaude de lait1 ou de la dcoction molliente4 #e4 ,un cataplasme de mie de pain de lait1 ou une bouillie d'orge ou de ris extrmement cuits4 #f4 ,dans la pleursie 4 #ij1 l'on frotte quelquefois la partie malade avec l'onguent d'alchea4 ,on fera bien d'ajouter aux cataplasmes un peu d'huile1 ou quelques jaunes d'oeufs1 pour les empcher de se secher promptement4 ,n4 #aj4 ,esprit de soufre ou de vitriol1 une once2 sirop de violette1 six onces4 ,ceux pour qui la dpense du sirop de violette seroit trop considrable1 peuvent se contenter d'une dcoction d'orge un peu paisse4 ,n4 #aa4 ,deux onces de manne1 demi-once de sel de sedlitz1 fondus dans quatre onces d'eau chaude1 coulez4 ,on peut substituer au sel de sedlitz1 un autre sel neutre1 comme sel d'epsom1 de saignette1 ou bien deux gros des sels de glauber1 vegetal de duobus4 ,l'on peut aussi1 si la manne est trop chere1 employer un quart d'once de sen demi-dragme de nitre4 ,on verse dessus un verre de dcoction de mauve bouillante1 on passe4 ,mais le premier remede vaut mieux4 ,la manne se conserve plus d'un an4 ,n4 #ab4 ,de fleurs de sureau1 une poigne2 d'hysope1 une demi-poigne3 versez dessus trois chopines d'eau bouillante2 dlayez dans la colature trois onces de miel4 ,n4 #ac4 ,c'est le mme remede1 sans l'hysope qu'on remplace en mettant plus de sureau4 ,n4 #ad4 ,du meilleur ,quinquina une once1 partagez-le en huit prises4 ,il se conserve long-tems1 moyennant qu'il ne soit pas pil4 ,rien ne peut en tenir lieu4 ,n4 #ae4 ,des fleurs de millepertuis1 de sureau1 de melilot1 de chacune quelques pinces3 mettez-les au fond d'un pot1 avec demi-once d'huile de trbenthine1 jettez dessus de l'eau bouillante4 ,l'huile de trbenthine se conserve plus d'un an4 ,n4 #af4 ,sirop de pavot rouge4 ,se conserve plus d'un an4 ,n4 #ag4 ,du petit lait trs clair2 dans chaque chopine on dlaie une once de miel4 ,n4 #ah4 ,du savon blanc1 six dragmes2 d'extrait de dent de lion1 une dragme demie2 de gomme ammoniac1 demi-dragme2 ce qu'il faut de sirop de capillaire4 ,faites des pilules de trois grains4 ,une once dure huit jours4 ,n4 #ai4 ,l'on peut faire des gargarismes avec une dcoction1 ou plutt infusion de pervenche1 ou de fleurs de roses rouges1 ou de passe-roses4 ,sur chaque chopine on ajoute deux onces de vinaigre1 autant de miel1 l'on se gargarise chaudement4 ,le gargarisme dtersif 4 #ajg1 est une legere infusion des sommits de sauge1 deux onces de miel1 par chopine4 ,n4 #bj4 ,une once de nitre partage en seize prises4 ,n4 #ba4 ,de jalap1 de sen1 de crme de tartre1 de chacun trente grains1 rduits en poudre bien mls4 ,on peut substituer #dj grains de la poudre cornachine4 ,n4 #bb4 ,faites bouillir pendant un instant une once de pulpe de tamarins2 quatre onces d'eau1 une demi-dragme de nitre2 ajoutez-y deux onces de manne1 coulez4 ,ceux qui ne pourront mettre le prix aux tamarins1 peuvent leur substituer la crme de tartre dont la dose soit une once4 ,les trs pauvres gens peuvent employer1 au lieu de cette potion1 celle avec le senn1 dont il est parl note ,n4 #aa2 mais il faudroit boire ensuite beaucoup de petit lait1 ou de ptisane de mauve4 ,n4 #bc4 ,crme de tartre3 l'once partage en huit prises4 ,n4 #bd4 ,kermes minral1 ou poudre des chartreux3 la dose est un grain4 ,n4 #be4 ,trois onces de racine de bardane ou glouteron4 ,faites bouillir pendant demi-heure1 avec demi-dragme de nitre une pinte d'eau4 ,coulez4 ,n4 #bf4 ,prenez des herbes indiques dans le ,n4 #i1 art4 #b1 de chacune une demi-poigne1 une demi-once de savon blanc rap2 versez dessus un demi-pot d'eau bouillante1 un verre de vin4 ,coulez en exprimant fortement4 ,n4 #bg4 ,de ,mercure crud bien purifi1 une once2 de trbenthine de ,venise1 demi-dragme2 de graisse de porc trs frache1 deux onces4 ,on rduit le tout en onguent4 ,ce remede se doit prendre chez les ,apoticaires4 ,n4 #bh4 ,onguent basilicum1 ou suppuratif4 ,n4 #bi4 ,de cinnabre naturel1 de cinnabre factice1 de chacun vingt-quatre grains2 de musc1 seize grains4 ,le tout rduit en poudre exactement ml4 ,voyez ce qui est dit du cinnabre1 4 #agi4 ,le ,n4 #cj est plus efficace que le musc1 on peut employer1 au lieu de l'inutile cinnabre1 l'utile mercure argentin4 ,n4 #cj4 ,une dragme de racine de serpentaire de ,virginie2 dix grains de camphre2 autant d'assa-foetida2 un grain d'opium2 ce qu'il faut de conserve de sureau pour en faire un bol4 ,dans le cas o on s'en serviroit au lieu de musc1 qui entre dans le ,n4 #bi1 il faudroit retrancher le grain d'opium1 except une fois ou deux par jour4 ,on donneroit le mercure argentin dans la matine1 entre les bols1 deux doses par jour1 dont chacune contient quinze grains de mercure4 ,n4 #ca4 ,de tamarins1 trois onces4 ,versez dessus une chopine d'eau bouillante2 faites cuire une ou deux minutes4 ,passez par un linge4 ,n4 #cb4 ,sept grains de turbith minral2 ce qu'il faut de mie de pain pour en faire un bol4 ,ce remede fait vomir abondamment baver les chiens4 ,il a opr plusieurs gurisons quand la rage toit dja dclare4 ,on le donne trois jours conscutifs1 ensuite deux fois par semaine1 pendant quinze jours4 ,n4 #cc4 ,six grains de tartre mtique4 ,la force de ce remede varie suivant la faon dont il est prpar4 ,il y en a qui trois grains produit autant d'effet que d'autre six grains2 c'est pourquoi il est propos de l'acheter d',apoticaires habiles1 qui connoissent instruisent de sa force4 ,lorsqu'on ne connot pas l'mtique dont on se sert1 on en peut mettre six grains dans une pinte d'eau1 la donner par petits verres2 si les premiers verres font vomir violemment1 on y ajoutera un tiers d'eau1 lorsque le malade aura vomi quatre cinq fois1 on ne lui en donnera plus4 ,voyez 4 #bbc1 #bij4 ,on s'abstiendra de donner les vomitifs ceux qui en ayant dja pris1 ont fait des efforts sans vomir2 ceux qui sont sujets aux crachement vomissement de sang1 aux pertes1 qui ont la poitrine foible ou attaque1 ou des descentes2 aux femmes qui ont leurs regles1 sont grosses1 ou nouvellement accouches4 ,n4 #cd4 ,trente-cinq grains d'ypecacuana4 ,on peut aller jusqu' quarante-cinq cinquante4 ,n4 #ce4 ,empltre vsicatoire ordinaire4 ,l'on se sert aussi de levain1 qu'on ptrit avec des cantharides tant soit peu de vinaigre4 ,on met demi-once de cantharides pour une once de levain1 ce qui fait un vsicatoire trs fort4 ,l'on prpare les sinapismes avec la moutarde le levain1 ou la pulpe de figues sches1 un peu de vinaigre4 ,l'on peut mettre autant de moutarde que de levain4 ,pour les enfans qui ont la peau dlicate1 le vieux levain ptri avec quelques gouttes de vinaigre1 fait l'effet du sinapisme4 ,n4 #cf4 ,prenez des sommits de petit chne ou germandre1 de petite centaure1 d'absinthe de camomille1 de chacune une poigne4 ,versez dessus un pot d'eau2 laissez refroidir4 ,passez par un linge en exprimant4 ,n4 #cg4 ,quarante grains de rhubarbe1 autant de crme de tartre4 ,la rhubarbe se conserve deux ans dans un endroit sec froid4 ,n4 #ch4 ,trois dragmes de crme de tartre1 une dragme d'ypecacuana1 partags en six prises4 ,n4 #ci4 ,de mixture simple#bb 7mixtura simplex71 un once2 d'esprit de vitriol1 demi-once4 ,mlez2 la dose est de deux cuilleres caff1 dans une tasse de la boisson ordinaire4 #bb ,a son dfaut1 de l'eau hriacale1 ou de l'eau camphre4 ,n4 #dj4 ,demi-dragme de racine de serpentaire de virginie2 dix grains de camphre2 ce qui faut de rob de sureau pour faire un bol4 ,s'il y avoit diarrhe trop forte1 on substitueroit le diascordium au rob de sureau4 ,n4 #da4 ,la ,thriaque des pauvres4 ,elle est connue de tous les ,apoticaires1 quoiqu'ils ne la tiennent pas tous4 ,la prise est d'un quart d'once4 ,elle seroit plus efficace si on la prparoit de la faon suivante4 ,de racine d'aristoloche ronde1 de racine d'helenium ou aune1 de mirrhe de conserve de genievre1 de chacune parties gales1 en ajoutant ce qu'il faudroit de sirop d'corce d'oranges1 pour qu'elle ne ft pas trop paisse4 ,n4 #db4 ,le premier des trois remedes1 est celui ,n4 #cf4 ,le second4 ,prenez de petite centaure1 d'absinthe1 de mirrhe1 le tout en poudre1 de conserve de genievre1 de chacun parties gales2 de sirop d'absinthe1 ce qu'il faut pour faire un opiate pais4 ,la prise est d'un quart d'once4 ,on les prend dans le mme ordre que les prises de quinquina4 ,le troisieme4 ,prenez de racine de calamus aromaticus1 de celle d'aune1 de chacune deux onces2 de petite centaure1 une poigne2 de limaille de fer qui ne soit point rouille1 deux onces2 de vin vieux blanc1 trois chopines4 ,l'on pile grossierement les racines1 on hache l'herbe1 on met le tout dans une bouteille large col1 sur des cendres1 sur un fourneau1 derriere une plaque1 afin qu'il soit toujours chaud2 on laisse infuser pendant vingt-quatre heures1 en remuant cinq ou six fois2 on le laisse reposer on passe4 ,la dose est d'une tasse1 de quatre en quatre heures1 quatre fois par jour1 une heure avant le repas4 ,n4 #dc4 ,un quart d'once de crme de tartre1 une poigne de camomille commune1 douze onces d'eau4 ,faites bouillir pendant demi-heure4 ,coulez4 ,n4 #dd4 ,sel ammoniac4 ,la prise est de deux scrupules1 jusqu' une dragme4 ,on peut mettre le sel en bol avec un peu de conserve1 ou rob de sureau4 ,mais je ritere que les fivreux qui ont l'estomac sensible1 ne soutiennent point ce remede1 non-plus que plusieurs autres sels1 qui leur causent un mal-aise tonnant1 mme de l'angoisse4 ,n4 #de4 ,poudre4 ,prenez des fleurs de camomille de sureau1 de chaque une poigne1 piles grossierement2 de fine farine ou d'amidon1 trois onces2 de cruse d'mail1 de chacun demi once4 ,mlez exactement le tout4 ,l'on peut1 ou appliquer immdiatement cette poudre sur le mal1 ou la renfermer dans un sachet de linge trs fin4 ,la premiere mthode est plus efficace4 ,empltre4 ,prenez d'onguent nutritum fait avec de l'huile trs frache1 deux onces2 de cire blanche1 trois quarts d'once2 d'mail1 un quart d'once4 ,l'on fait fondre la cire2 quand elle est fondue1 on y ajoute le nutritum1 dans lequel on a exactement ml l'mail rduit en poudre fine1 l'on remue avec un morceau de fer1 jusqu' ce que le tout soit bien mlang refroidi4 ,on en tend ce qu'il faut sur un linge4 ,on peut aussi mler un quart d'once d'mail1 deux onces de beurre de saturne1 ce qui fait un onguent au lieu d'une empltre4 ,il y en a autant qu'il en faut pour gurir une rsipelle4 ,n4 #df4 ,une once de sel de sedlitz1 deux onces de tamarins4 ,versez dessus huit onces d'eau bouillante2 remuez1 pour dlayer les tamarins4 ,coulez1 pour boire en deux prises1 en mettant demi-heure d'intervalle entre l'une l'autre4 ,n4 #dg4 ,de laudanum liquide de ,sydenham1 quatre-vingt gouttes2 d'eau de mlisse1 deux onces demie4 ,si la premiere ou la seconde dose arrtent ou diminuent considrablement les vomissemens1 on ne donne pas les autres4 ,n4 #dh4 ,faites fondre trois onces de manne vingt grains de nitre1 dans vingt onces ou six verres de petit lait4 ,n4 #di4 ,deux onces de sirop de pavot blanc1 autant d'eau de sureau4 ,si l'on n'a pas de l'eau de sureau1 on prend de celle de fontaine4 ,n4 #ej4 ,une dragme de rhubarbe en poudre4 ,n4 #ea4 ,de soufre pil1 une once2 de sel ammoniac1 une dragme2 de graisse de porc frache1 deux onces4 ,mlez exactement le tout dans un mortier4 ,n4 #eb4 ,deux dragmes d'antimoine crud1 exactement pil2 autant de nitre4 ,on les mle exactement4 ,on partage en huit prises4 ,ce remede occasionneroit des coliques quelques personnes qui auroient l'estomac dlicat2 mais il n'incommode point les robustes campagnards1 il gurit quelques maladies de la peau qui avoient rsist aux autres remedes4 ,il augmente la transpiration2 les ,palefreniers qui pansent les chevaux auxquels on a donn l'antimoine1 s'en apperoivent d'abord en les trillant1 par la quantit de crasse qu'ils trouvent4 ,cette augmentation de transpiration chez les chevaux1 et quelquefois prodigieuse2 c'est par-l que l'antimoine leur est utile dans plusieurs cas4 ,n4 #ec4 ,les remedes de ce ,n1 des ,n4 #ed #ef1 sont destins aux maladies qui dpendent des oppilations ou obstructions1 de la suppression des regles4 ,le #ed est particulirement destin les rappeller4 ,les ,n4 #ec #ef sont plus convenables1 quand on ne fait pas attention la suppression1 ou qu'elle n'a pas lieu4 ,prenez de limaille de fer de sucre1 de chacun une once2 d'anis en poudre1 une demi-once4 ,partagez en vingt-quatre doses4 ,on en prendra une trois fois par jour1 une heure avant que de manger4 ,ce remede1 que les gens riches peuvent rendre encore plus agrable1 en employant la canelle au lieu d'anis1 contient peu de fer2 mais cette dose suffit dans un mal commenant1 mme une prise ou deux par jour suffisent pour une fort jeune fille4 ,quand on le veut plus fort1 il faut doubler la dose du fer4 ,je ritere1 crainte de ne l'avoir pas assez dit1 qu'il faut viter le fer rouill2 c'est la rouille qui gte l'estomac1 au lieu que la limaille non rouille1 est le plus puissant stomachique1 dans les cas o les fortifians conviennent4 ,n4 #ed4 ,deux onces de limaille de fer2 une poigne de rhue1 autant de marrube blanc2 un quart d'once de racine d'hellebore noir1 trois chopines de vin4 ,prparez comme le vin du ,n4 #db4 ,une tasse trois fois par jour1 une heure avant que de manger4 ,j'avertis encore que dans les personnes languissantes ds long-tems1 il faut travailler rtablir la sant1 non-pas pousser les rgles2 ce qui est pernicieux4 ,elles reviennent quand la malade est mieux2 leur retour suit celui de la sant1 ne doit1 ni ne peut souvent le prcder4 ,n4 #ee4 ,d'extrait de cige ordinaire1 une once4 ,faites-en des pilules de deux grains1 en y ajoutant ce qu'il faut de l'herbe de cige en poudre4 ,l'on commence par une pilule soir matin1 l'on augmente peu peu4 ,il y a des malades qui sont parvenus en prendre deux dragmes par jour4 ,m4 ,,storck1 l'un des ,mdecins de ,,ll4 ,,mm4 ,impriales1 aprs avoir essay ce remede sur lui-mme1 a renouvell l'usage de la grande cige en mdecine1 il y a six ans2 l'on doit lui en avoir une trs grande obligation4 ,en y joignant l'application ,n4 #ei1 non-seulement il a guri entre ses mains des cancers confirms1 mais quelques autres maladies1 qui1 jusqu' prsent1 toient presque incurables4 ,il y a un trs grand nombre de cures opres par ce remede4 ,entre mes mains1 il a calm une fois les douleurs1 jamais guri2 mais comme nulle part il n'a fait aucun mal1 on doit toujours l'essayer4 ,ne seroit-il que calmant8 l'on boit par dessus chaque prise1 un verre de quelque boisson tiede adoucissante4 ,voyez les ,observations sur l'usage interne de la ,cigue1 chez ,,didot1 #agfb4 ,n4 #ef4 ,de limaille de fer1 deux onces2 de poudre de rhue d'anis1 de chacune demi-once2 de miel1 ce qu'il faut pour former un opiate assez pais4 ,un demi-quart d'once trois fois par jour4 ,n4 #eg4 ,une once de racine de chiendent1 autant de celle de chicore4 ,faites bouillir pendant un quart-d'heure avec une chopine d'eau4 ,faites fondre demi-once de sel de sedlitz1 deux onces de manne4 ,passez1 pour en boire un verre de demi-heure en demi-heure4 ,on ritere au bout de deux ou trois jours4 ,n4 #eh4 ,un cataplasme de mie de pain1 de fleurs de camomille de lait1 auquel on ajoute du savon1 de faon que chaque cataplasme en contienne un demi-quart d'once4 ,je me sers aussi avec succs1 quand la situation des femmes ne permet pas les soins rguliers qu'exige ce cataplasme1 qu'il faut changer de trois en trois heures1 de l'empltre de cige1 qui se trouve dans toutes les ,apotiquaireries4 ,n4 #ei4 ,d'herbe de cige seche1 ce qu'il en faut4 ,mettez-la entre deux linges clairs1 faites-en une espece de petit matelat fort souple4 ,laissez le cuire pendant quelques momens dans l'eau4 ,exprimez appliquez4 ,on le rchauffe toutes les deux heures dans la mme eau4 ,les fomentations avec le savon1 la lessive de sel alkali de tartre1 sont trs bonnes dans le mme cas4 ,n4 #fj4 ,des yeux d'crevisses vrais1 ou de magnsie blanche vritable1 deux dragmes1 partagez en huit prises4 ,on donnera ces poudres dans une cuillere d'eau ou de lait1 avant que l'enfant tette4 ,n4 #fa4 ,d'extrait aqueux de noix1 deux dragmes2 faites-le dissoudre dans demi-once d'eau de canelle4 ,on en donnera cinquante gouttes par jour un enfant de deux ans4 ,quand la dose est finie1 on le purge4 ,pour faire l'extrait1 on prend les noix avant qu'elles soient mures1 dans le mme-tems dans lequel on les cueille pour les confire4 ,n4 #fb4 ,de rsine de ,jalap1 deux grains4 ,broyez-la long-tems avec douze ou quinze grains de sucre1 ensuite avec trois ou quatre amandes4 ,joignez-y peu--peu deux cuilleres d'eau4 ,passez par un linge fort clair1 comme un lait d'amande4 ,ajoutez une cuillere caff de sirop de capillaire4 ,ce remede n'est point dsagrable1 on peut le donner aux enfans de deux ans4 ,s'ils sont plus gs1 il faudroit ajouter un grain ou deux de la rsine de ,jalap4 ,pour les enfans au dessous de deux ans1 il vaut mieux s'en tenir au sirop de chicore1 la manne4 ,n4 #fc4 ,une once de nutritum2 un jaune d'oeuf1 s'il est petit2 la moiti1 s'il est gros4 ,mlez exactement4 ,l'on peut faire d'abord un nutritum1 en broyant long-temps dans un mortier1 deux dragmes de cruse1 demi-once de vinaigre1 trois cuilleres d'huile d'olive4 ,n4 #fd4 ,faites fondre quatre onces de cire blanche1 ajoutez-y deux cuilleres d'huile1 si c'est en hiver4 ,en t1 il n'en faut point1 ou1 tout au plus1 une demi-cuillere4 ,trempez dedans des pieces de linge1 qui ne soit pas trop us1 laissez-les scher4 ,cette toile est trs commode pour tous les pansemens4 ,quand elle est salie par le pus1 il suffit de la jetter dans l'eau froide1 de l'y remuer1 de l'essuyer de la laisser scher4 ,elle peut servir pour un grand nombre de pansemens4 ,n4 #fe4 ,c'est aussi une toile prpare comme l'autre2 mais au lieu de cire simple1 on emploie l'empltre suivante3 ,d'huile rosat1 une livre2 de minium1 demi-livre2 de vinaigre1 quatre onces4 ,faites cuire jusqu' ce qu'il ait -peu-prs consistance d'empltre4 ,fondez-y une once demie de cire jaune1 jettez-y deux dragmes de camphre4 ,mlez bien4 ,retirez du feu2 versez dans des canons de papier1 de quelle grosseur vous voudrez4 ,pour faire le sparadrap1 il faut le refondre avec un peu d'huile4 ,c'est exactement l'onguent de ,nuremberg1 qui est le meilleur de tous les onguens de mnage4 ,voici la recette de l'onguent de la ,chabauderie1 ou plutt ,chambauderie1 fameux dans plusieurs familles4 ,de cire jaune1 d'empltre de trois drogues 7c'est -peu-prs celui de ,nuremberg71 de diachilon compos1 d'huile d'olive1 de chacun un quart de livre4 ,faites fondre le tout dans un pot de terre4 ,retirez du feu1 remuez jusqu' ce qu'il soit refroidi4 ,n4 #ff4 ,cueillez en automne1 pendant le beau tems1 de l'agaric de chne 7c'est une espece de champignon qui crot sur cet arbre74 ,il a quatre parties qui se prsentent successivement3 #a4 ,la peau qu'on peut jetter4 #b4 ,la partie qui suit la peau1 qui est la meilleure4 ,on la bat avec un marteau jusqu' ce qu'elle devienne douce molle2 c'est-l toute sa prparation1 l'on en applique un morceau convenable sur les vaisseaux ouverts4 ,il les resserre1 empche l'hmorrhagie1 tombe ordinairement au bout de deux jours4 #c4 ,la troisieme1 qui peut suffire pour arrter le sang dans les petits vaisseaux2 la quatrieme1 qu'on peut employer reduite en poudre4 ,ce remede connu il y a long-tems de quelques personnes1 n'est commun que depuis neuf ans4 ,il a eu partout les mmes succs1 j'en ai vu les effets les plus heureux4 ,il pargne les tourmens qu'occasionnent les autres moyens d'arrter le sang2 c'est une des heureuses dcouvertes qu'on pt faire en chirurgie4 ,l'on voit que chaque paysan peut s'en procurer avec plus de facilit que le plus habile ,chirurgien4 ,m4 ,,brossard1 ,chirurgien franois qui l'a fait connotre1 prfere celui qui crot sur les parties des chnes o l'on a coup de grosses branches4 ,n4 #fg4 ,quatre onces de mie de pain1 une poigne de fleurs de sureau2 autant de celles de camomille de millepertuis4 ,cuisez-les en cataplasme avec autant d'eau que de vinaigre4 ,si l'on prfere les fomentations1 l'on peut prendre les mmes herbes1 ou quelques poignes de faltran2 on jette dessus demi pot d'eau bouillante2 on laisse infuser4 ,l'on y ajoute chopine de vinaigre1 l'on trempe dedans des flanelles ou d'autres toffes de laine qu'on applique sur le mal4 ,pour les fomentations aromatiques du 4 #dab1 prenez d'herbes de btoine1 de rhue1 de fleurs de romarin ou de lavande1 de roses rouges1 de chacune une poigne demie4 ,faites cuire pendant un quart-d'heure dans un pot couvert1 avec trois chopines de vin blanc vieux4 ,coulez exprimez fortement4 ,on s'en sert comme des prcdentes4 ,n4 #fh4 ,l'empltre diapalme4 ,n4 #fi4 ,deux parties d'eau1 une partie de vinaigre de litharge1 ou de vinaigre de ,saturne4 ,n4 #gj4 ,prenez sel alkali de tartre1 un gros2 faites fondre dans une chopine d'eau2 ajoutez une once de miel4 ,pour boisson par verres1 de demi-heure en demi-heure4 ,n4 #ga4 ,prenez bois de gayac rp1 de sassaffras concass1 de chaque une once4 ,sept huit feuilles de noyer4 ,versez dessus trois pintes d'eau bouillante1 laissez infuser deux jours dans un vase bien ferm4 ,passez4 ,conservez dans un lieu frais1 que le vaisseau soit bien ferm4 ,au dfaut de ces bois1 on se servira des bois de buis de genievre coups en petits morceaux1 on en mettra le double de la dose4 ,n4 #gb4 ,prenez oximel scillitique vinaigre scillitique1 de chaque trois onces2 gomme ammoniac1 deux gros4 ,pour une potion prendre par cuilleres4 ,s'il se trouve des personnes qui ne puissent prendre cette potion1 qu'elle fasse vomir1 on donnera la poudre suivante3 ,prenez poudre d'oignon de scille1 un gros2 poudre de racine de dompte-venin ou asclepias1 un demi-gros4 ,mlez4 ,on en donnera six grains1 quatre fois le jour1 dans une cuillere de vin1 ou en bol avec du miel4 ,n4 #gc4 ,prenez savon de ,venise ou autre1 pourvu qu'il ne soit pas color1 gomme ammoniac1 cloportes1 oignon de scille1 de chaque une demi-once3 faites avec du sirop de capillaire1 des pilules de dix grains4 ,n4 #gd4 ,prenez racines de chiendent1 d'arrte-boeuf1 de chardon-roland1 de chaque une demi-once2 racine de grande chlidoine ou claire1 trois gros4 ,faites bouillir dans trois chopines d'eau2 rduire une pinte4 ,passez1 faites fondre sel de duobus sel de nitre1 de chaque un gros4 ,n4 #ge4 ,prenez scille1 une demi-once4 ,faites infuser dans une pinte de bon vin blanc4 ,n4 #gf4 ,prenez de l'corce intrieure de sureau qui est verte1 une poigne2 faites bouillir dans une pinte d'eau autant de lait2 faites rduire moiti1 qu'on partagera en deux pour deux jours diffrens1 laissant un1 deux ou trois jours d'intervalle suivant l'tat du malade3 on fera prendre cette dcoction par verres1 jeun1 d'heure en heure4 ,n4 #gg4 ,prenez sommits d'absinthe ordinaire1 deux onces1 racines de calamus1 ou jonc odorant1 de gentiane d'impratoire1 de chaque une once2 baies de laurier1 une once demie2 de celles de genievre1 trois onces2 semences de daucus de crete1 une once4 ,coupez4 ,ecrasez le tout ensemble4 ,faites infuser pendant vingt-quatre heures1 dans huit livres d'hydromel ou de bon vin1 une chaleur douce dans un vaisseau bien ferm4 ,n4 #gi4 ,prenez racine de patience sauvage nettoye coupe par morceaux1 deux onces4 ,faites bouillir dans trois chopines d'eau rduire une pinte4 ,passez ajoutez deux gros de sel de glauber4 ,n4 #hj4 ,prenez panace mercurielle1 thiops martial1 encens1 de chaque un demi-gros2 kerms minral1 deux scrupules2 cloportes en poudre1 un gros4 ,faites avec un sirop1 des pilules de cinq grains4 ,n4 #ha4 ,prenez miel rosat1 une demi-once2 esprit de sel marin1 vingt gouttes4 ,mlez4 ,n4 #hb4 ,prenez corce de quinquina concasse1 une once2 contrayerva deux gros4 ,faites bouillir dans pinte chopine d'eau1 rduire une pinte4 ,passez4 ,ajoutez un gros de nitre4 ,n4 #hc4 ,prenez demi-once de limaille d'acier bien lave4 ,faites infuser vingt-quatre heures dans le vin blanc4 ,passez par un linge pli en deux1 versez dans un vase qui contienne six pintes d'eau de riviere2 conservez cette eau dans un lieu frais4 ,elle servira pour boisson1 au dfaut des eaux minrales ferrugineuses naturelles4 ,,prix ,,des ,,drogues ,,recommand,,es ,,dans ,,cet ,,ouvrage4 thiops ,martial1 de ,lemery4 ,prparation du fer1 #a liv4 #e sols l'once4 ,agaric de ,chne1 #a liv4 #aj sols l'once4 ,antimoine crud4 ,minral1 #d sols la livre4 ,assa-foetida4 ,gomme rsine1 #h sols l'once4 ,baume d',arcoeus4 ,prparation compose1 #f sols l'once4 ,baume tranquille4 ,prparation compose1 #h sols la livre4 ,beurre de ,saturne4 ,prparation de ,plomb1 #f sols l'once4 ,calamus aromaticus4 ,roseau aromatique4 ,racine1 #c sols l'once4 ,camphre1 huile essentielle fige de lauriers1 #h sols l'once4 ,cantharides1 ,mouches puantes qui mangent le ,peuplier le ,fresne4 ,exposez la vapeur du vinaigre pour les tuer2 faites scher2 enfermez dans un vase de terre1 conservez dans un lieu sec4 ,cruse4 ,prparation du ,plomb dissous par le vinaigre1 #aj sols la livre4 ,cerat de ,galien4 ,prparation d'huile de cire1 #b sols l'once4 ,cinnabre artificiel4 ,prparation de soufre de ,mercure1 #i sols l'once4 ,contrayerva4 ,racine1 #e sols l'once4 ,crme de tartre4 ,sel acide1 #a sol l'once4 ,diagrede4 ,extrait de scammone1 #c sols le gros4 ,eau de chaux1 #aj sols la pinte4 ,eau de ,mlisse simple1 #a livre la pinte4 ,eau distille de ,canelle1 #aj sols l'once4 ,email prpar1 #d sols l'once4 ,empltre de ,cigue1 #ej sols la livre4 ,empltre de ,nuremberg1 #c liv4 la livre4 ,empltre vsicatoire1 #b liv4 la livre4 ,encens ,oliban4 ,gomme-rsine1 #d sols l'once4 ,esprit de ,sel marin1 #aj sols l'once4 ,esprit de soufre1 acide tir du soufre1 #aj sols l'once4 ,esprit de vitriol1 acide tir du vitriol1 #h sols l'once4 ,gayac rap4 ,bois rsineux1 #aj sols la livre4 ,gomme ammoniac4 ,gomme rsine1 #h sols l'once4 ,huile de trbenthine1 #b liv4 la livre4 ,jalap4 ,racine1 #e sols l'once4 ,ipecacuanha4 ,racine1 #a liv4 l'once4 ,iris1 ou ,flambe de ,florence4 ,racine1 #c sols l'once4 ,kerms minral4 ,prparation d'antimoine1 #a liv4 le gros4 ,laudanum liquide de ,sydenham4 ,prparation d'opium avec le vin1 #a liv4 l'once4 ,limaille de fer4 ,prparation du fer1 #h sols la livre4 ,litharge4 ,prparation du plomb1 #g sols la livre4 ,manne ordinaire4 ,suc du ,fresne1 #d sols l'once4 ,magnsie blanche1 #a liv4 l'once4 ,mercure crud1 #d liv4 la livre4 ,miel blanc1 #ab sols la livre4 ,minium4 ,prparation du plomb1 #aj sols la livre4 ,musc4 ,substance animale d'une odeur forte1 #d liv4 le gros4 ,onguent basilicum ou suppuratif1 #a liv4 #aj sols la livre4 ,onguent nutritum1 #b liv4 la livre4 ,opium4 ,suc de pavot tranger1 #af sols l'once4 ,oximel scillitique4 ,prparation o entrent le vinaigre1 le miel la scille1 #a sol l'once4 ,panace mercurielle1 #b liv4 #aj sols l'once4 ,poudre contre les vers1 ou semen contra1 #e sols l'once4 ,poudre cornachine ou de tribus4 ,compos de parties gales de tartre1 jalap diagrede1 #b sols le gros4 ,poudre de cloportes4 ,cloportes sechs mis en poudre1 conservs schement1 #h sols l'once4 ,quinquina4 ,ecorce d'arbre1 #f liv4 la livre4 ,rsine de ,jalap blanche1 #a liv4 le gros4 ,rhubarbe4 ,racine d'une plante1 #ae liv4 la livre4 ,rob de ,sureau4 ,suc des ,baies de ,sureau paissi1 #a liv4 l'once4 ,saffran4 ,etamines de la plante1 #h sols l'once4 ,santal4 ,bois1 #d sols l'once4 ,sassafras4 ,bois1 #ae sols la livre4 ,savon blanc1 #ab sols la livre4 ,sel ,ammoniac1 #e sols l'once4 ,sel d',epsom1 #ab sols4 ,sel de ,glauber1 #b liv4 la livre4 ,sel de ,nitre1 #a livre4 ,sel ,vgtal1 #b livres4 ,sel de ,sedlitz1 #f livres4 ,sel de ,duobus1 #b livres4 ,sen4 ,feuilles follecules d'un arbrisseau1 #c liv4 la livre4 ,serpentaire de ,virginie4 ,racine1 #e sols l'once4 ,soufre4 ,minral1 #ab sols la livre4 ,syrop de ,capillaire1 #b liv4 #h sols la livre4 ,syrop de ,chicore compos de rhubarbe1 #e sols l'once4 ,syrop ,diacode1 ou de ,pavot blanc1 #d sols l'once4 ,syrop de ,nerprun1 #b liv4 la livre4 ,syrop de ,pavot rouge1 #b liv4 #aj sols la livre4 ,syrop de ,violette1 #b liv4 #aj sols la livre4 ,tamarins4 ,fruits1 #bj liv4 la livre4 ,tartre mtique1 ou stibi4 ,prparation d'antimoine1 #ab sols l'once4 ,tartre vitriol4 ,sel neutre1 #c sols l'once4 ,thriaque1 #f liv4 la livre4 ,turbith minral4 ,prparation de mercure1 #c liv4 l'once4 ,vin mtique troubl1 #c sols l'once4 ,vinaigre de ,saturne1 #e sols l'once4 ,vinaigre scillitique1 #c sols l'once4 ,yeux d'crevisses prpars1 #e sols l'once4 ,,fin4 ,,approbation4 ,j'ai lu1 par ordre de ,monseigneur le ,chancelier1 un ,livre1 imprim ,lausanne1 ayant pour titre3 ,avis au ,peuple sur sa ,sant1 par ,m4 ,,tissot2 je n'ai rien trouv dans cet ,ouvrage qui puisse empcher de le dbiter1 mme de l'imprimer en ,france4 ,a ,paris1 ce #c ,dcembre #agfa4 ,,macquart1 ,censeur ,royal4 ,,privilege ,,du ,,roi4 ,,louis1 par la grace de ,dieu1 ,roi de ,france de ,navarre3 ,a nos ams faux ,conseillers1 les ,gens tenans nos ,cours de ,parlement1 ,matres des ,requtes ordinaires de notre ,htel1 ,grand-,conseil1 ,prvt de ,paris1 ,baillifs1 ,snchaux1 leurs ,lieutenans ,civils1 autres nos ,justiciers qu'il appartiendra3 ,,salut4 ,notre am ,,marie-,,jacques ,,barois1 ,libraire ,paris1 ,nous a fait exposer qu'il dsireroit faire rimprimer donner au ,public un ,livre qui a pour titre3 ,avis au ,peuple sur la ,sant1 par ,m4 ,,tissot2 s'il ,nous plaisoit lui accorder nos ,lettres de ,permission pour ce ncessaires4 ,a ,,ces ,,causes1 ,voulant favorablement traiter l',exposant1 ,nous lui avons permis permettons par ces ,prsentes de faire rimprimer ledit ,livre1 autant de fois que bon lui semblera1 de le vendre1 faire vendre dbiter par tout notre ,royaume1 pendant le tems de trois annes conscutives1 compter du jour de la date des ,prsentes4 ,faisons dfenses tous ,imprimeurs1 ,libraires1 autres personnes1 de quelque qualit condition qu'elles soient1 d'en introduire de rimpression trangere dans aucun lieu de notre obissance4 ,a la charge que ces ,prsentes seront enrgistres tout au long sur le ,registre de la ,communaut des ,imprimeurs ,libraires de ,paris1 dans trois mois de la date d'icelles3 que la rimpression dudit ,livre sera faite dans notre ,royaume1 non ailleurs1 en bon papier beaux caracteres1 conformment la feuille imprime1 attache pour modele sous le contrescel des ,prsentes2 que l',imptrant se conformera en tout aux ,rglemens de la ,librairie1 notamment celui du #aj ,avril #agbe2 qu'avant de l'exposer en vente1 l',imprim qui aura servi de copie l'impression du ,livre sera remis dans le mme tat o l',approbation y aura t donne1 s mains de notre trs cher fal ,chevalier1 ,chancelier de ,france le ,sieur ,,de ,,lamoignon1 qu'il en sera ensuite remis deux ,exemplaires dans notre ,bibliotheque publique1 un dans celle de notre ,chteau du ,louvre1 un dans celle de notre trs cher fal ,chevalier1 ,chancelier de ,france1 le ,sieur ,,de ,,lamoignon1 un dans celle de notre trs cher fal ,chevalier1 ,garde des ,sceaux de ,france le ,sieur ,,berryer1 le tout peine de nullit des ,prsentes4 ,du contenu desquelles ,vous mandons enjoignons de faire jouir ledit ,exposant1 ses ayans causes1 pleinement paisiblement1 sans souffrir qu'il leur soit fait aucun trouble ou empchement4 ,voulons qu' la copie des ,prsentes1 qui sera imprime tout au long1 au commencement ou la fin dudit ,livre1 foi soit ajote comme l'original4 ,commandons au premier notre ,huissier ou ,sergent1 sur ce requis1 de faire1 pour l'excution d'icelles1 tous ,actes requis ncessaires1 sans demander autre permission1 nonobstant clameur de ,haro1 ,charte ,normande1 ,lettres ce contraires4 ,,car tel est notre plaisir4 ,,donn ,paris1 le treizieme jour du mois de ,janvier1 l'an de grace mil sept cent soixante-deux1 de notre ,regne le quarante-septieme4 ,par le ,roi1 en son ,conseil4 ,sign1 ,,lebegue4 ,j'ai cd mon droit au prsent ,privilege ,monsieur ,,pierre-,,fran,,ois ,,didot1 le jeune4 ,a ,paris1 ce #ai ,janvier #agfb4 ,,barrois4 ,registr sur le ,registre ,,xv de la ,chambre ,royale ,syndicale des ,libraires ,imprimeurs de ,paris1 ,n4 #ech1 fol4 #beg1 conformment au ,rglement de #agbc4 ,a ,paris ce #ag ,fvrier #agfb4 ,registr ensemble la ,cession1 jointe audit ,privilege1 ce #ag ,fvrier #agfb4 ,,vincent1 ,adjoint4 ,,catalogue ,,des ,,livres ,,nouveaux ,qui se trouvent chez ,,didot le jeune4 ,ant4 ,storck1 ,medici ,viennensis1 de ,cicut tractatus4 ,parisiis4 #agfa4 in-#ab4 #a l4 #af s4 --,le mme en ,franois4 ,paris4 #agfa1 in-#ab4 #a l4 #af s4 ,observations nouvelles sur l'usage interne de la ,cige2 seconde ,partie ,supplment1 aux quels on a ajout un ,mmoire nouveau sur l',histoire de la ,cige1 la ,figure de cette ,plante1 les ,cures opres en ,france jusqu' ce jour4 ,paris4 #agfb4 in-#ab4 #b l4 #aj s4 ,trait de l',asthme1 traduit de l',anglois de ,floyer1 par ,m4 ,jault4 ,paris4 #agfa4 in-#ab4 #b l4 #aj s4 ,ant4 de ,haen1 ,ratio medendi in ,nosocomio practico4 ,parisiis4 #agfa4 #b vol4 in-#ab4 #e l4 --,volumen subsequens sub ,prlo4 ,collection d',observations sur l',anatomie1 la ,chirurgie la ,mdecine pratique3 ,ouvrage priodique extrait principalement des ,ouvrages trangers4 ,paris1 #agfa4 in-#ab4 #c vol4 brochs4 #d l4 #aj s4 --,le quatrieme ,volume sous ,presse4 ,essais ,observations ,physiques ,littraires de la ,socit d',edimbourg3 ,ouvrage traduit de l',anglois1 par ,m4 ,demours4 ,paris4 #agfa4 in-#ab4 ,figures4 #c l4 --,le second ,volume sous ,presse4 ,trait de ,chymie traduit du latin de ,vallerius4 ,tome ,i4 in-#ab avec ,figures4 ,sous ,presse4 ,recherches sur la valeur des ,monnoies sur le prix des ,grains1 avant aprs le ,concile de ,francfort1 par ,m4 ,dupr de ,saint-,maur4 in-#ab sous ,presse4 ,mmoires pour servir l',histoire des ,egaremens de l',esprit humain1 par rapport la ,religion ,chretienne1 ou ,dictionnaire des ,hrsies1 des ,erreurs des ,schismes1 c4 ,paris4 #agfb4 #b vol4 in-#h4 #i l4 ,livres nouvellement aquis4 ,dictionnaire ,gographique portatif des quatre parties du ,monde1 traduit de l',anglois de ,laurent ,echard1 par ,m4 l',abb ,vosgien3 nouvelle dition considrablement augmente4 ,paris4 #agei4 in-#h4 #d l4 #aj s4 ,dictionnaire ,historique portatif1 contenant l',histoire des grands ,hommes des ,personnes illustres1 c4 par ,m4 l',abb l',advocat3 nouvelle dition augmente de plus d'un quart4 ,paris4 #agfa4 #b vol4 in-#h4 #aj l4 #aj s4 ,manuel ,lexique1 ou ,dictionnaire portatif des ,mots ,franois dont la signification n'est pas familiere tout le ,monde1 par ,m4 ,l'abb ,prevost4 ,par4 #agee4 #b vol4 in-#h4 #i l4 ,dictionnaire ,botanique ,pharmaceutique1 contenant les principales proprits des ,minraux1 des ,vgtaux des ,animaux en ,mdecine4 ,paris1 #agei4 in-#h4 #d l4 #aj s4 ,dictionnaire ,franois-,latin1 par le ,pere le ,brun4 ,paris4 #agfj4 in-#d4 #ae l4 ,dictionnaire ,thologique portatif4 ,paris4 #agef4 in-#h4 #d l4 #aj s4 ,dictionnaire portatif des ,conciles4 ,par4 #ageh4 in-#h4 #d l4 #aj s4 ,l',agronome ,dictionnaire portatif du ,cultivateur1 contenant les ,connoissances ncessaires pour gouverner les ,biens de ,campagne1 conserver la ,sant1 c4 ,par4 #agfj4 in-#h4 #b vol4 #i l4 ,dictionnaire des ,rimes1 par ,richelet4 ,par4 #agfa4 in-#h4 #g l4 ,roberti ,stephani ,thesaurus ,lingu latin4 ,basile4 #agdj4 #d volumes in-fol4 #gj l4 ,histoire des ,chevaliers de ,malthe1 par l',abb de ,vertot4 ,paris4 #agfa4 #g volumes in-#ab4 #ag l4 #aj s4 --,on vend sparment les ,tomes ,,vi ,,vii4 #e l4 ,etudes convenables aux ,demoiselles3 nouv4 ,edition4 ,par4 #agfb4 #b volumes in-#ab4 #e l4 ,coutume de ,paris1 par ,ferriere4 ,par4 #agfb4 #b vol4 in-#ab4 #e l4 ,o,euvres de ,montesquieu3 nouvelle dition1 revue1 corrige considrablement augmente par l',auteur4 ,paris4 #ageh4 #c volumes in-#d4 #cf l4 --,les mmes1 en #g volumes in-#ab4 #ag l4 ,on vend sparment1 ,l',esprit des ,loix4 #d vol4 in-#ab4 #aj l4 ,les ,lettres ,persannes4 in-#ab4 #b l4 #aj s4 ,considrations sur les causes de la grandeur des ,romains de leur dcadence4 in-#ab4 #b l4 #aj s4 ,le ,temple de ,gnide l',essai sur le ,got4 in-#ab4 #b l4 --,le mme in-#h4 avec ,figures4 #b l4 #aj s4 --,le mme traduit en ,italien4 in-#h4 ,fig4 #c l4 ,la ,mdecine la ,chirurgie des ,pauvres contenant des ,remedes choisis1 faciles prparer sans dpense1 c4 nouv4 dition4 ,paris #ageh4 in-#ab4 #b l4 #aj s4 ,abrg de l',histoire des ,plantes ,usuelles1 par ,chomel4 nouv4 dition1 revue corrige4 ,paris4 #agfa4 #c vol4 in-#ab4 #g l4 ,l'on trouve chez le mme ,libraire toutes sortes de ,livres anciens nouveaux1 tant de ,france que des ,pas ,etrangers1 principalement en ,mdecine1 ,anatomie1 ,chirurgie1 ,histoire naturelle1 c4 ,ses ,livres sont marqus l',amiable1 toute l',anne4 ,note sur la version lectronique ,la transcription conserve l'orthographe de l'original1 avec ses incohrences 7par exemple3 longtems_/long tems_/long-tems_/long-temps1 cige_/cigu_/cigue1 fivre_/fievre1 parot_/paroit1 etc474 ,les corrections signales en errata et les coquilles videntes ont t corriges4 ,l'original prsente la fin du 4 #ebf un crochet fermant de fin de citation1 sans crochet ouvrant correspondant4 ,on a reprsent entre caractres souligns les expressions soulignes dans l'original1 soit par une typographie en italique1 soit par l'usage de caractres droits dans un passage entirement en italique4