,,de ,l',,am\r ,,p> ,,de ,,/5dhal ,,dition ,,revue ,,et ,,corrig,e ,,et ,,pr,c,d,e ,d',,une ,,tude ,,sur ,,les ,o,euvres de ,/5dhal ,p> ,sa9te-,beuve ,,p>is ,,g>ni] ,,fr,,res1 ,,libraires-,,diteurs #f1 ,,rue ,,des ,,sa9ts ,p,,res1 #f ,,pr,,face#a #a ,mai #ahbf4 ,quoiqu'il traite de l'am\r1 ce petit volume n'e/ po9t un roman1 et surt\t n'e/ pas amusant comme un roman4 ,c'e/ t\t unim5t une description exacte et sci5tifique d'une sorte de folie trs r>e en ,france4 ,l'empire des conv5ances1 qui s'accrot t\s les j\rs1 plus encore p> l'effet de la cra9te du ridicule qu' cause de la puret de nos moeurs1 a fait du mot qui s]t de titre cet ouvrage une p>ole qu'on vite de prononc] t\te seule1 et qui peut mme sembl] *oquante4 ,j'ai t =c d'en faire usage1 mais l'au/rit sci5tifique du langage me met1 je p5se1 l'abri de t\t repro*e cet g>d4 99 99 99 99 99 ,je connais un ou deux secrtaires de lgation qui1 leur ret\r1 p\rront me r5dre s]vice4 ,jusque-l1 que p\rrais-je dire aux g5s qui ni5t les faits que je raconte8 ,les pri] de ne pas m'c\t]4 ,on peut repro*] de l'gotisme la =me que j'ai adopte4 ,on p]met un voyageur de dire3 ,j'tais ,new-,york1 de l je m'emb>quai p\r l',amrique du sud1 je remontai jusqu' ,santa-,f-de-,bogota4 ,les c\s9s et les m\/iques me dsolr5t p5dant la r\te1 et je fus priv1 p5dant trois j\rs1 de l'usage de l'oeil droit4 ,on n'accuse po9t ce voyageur d'aim] p>l] de soi2 on lui p>donne t\s ces je et t\s ces moi1 p>ce que c'e/ la manire la plus claire et la plus intressante de racont] ce qu'il a vu4 ,c'e/ p\r tre clair et pittoresque1 s'il le peut1 que l'auteur du prs5t voyage dans les rgions peu connues du coeur huma9 dit3 ,j'allai avec ,mme ,gh]>di aux m9es de sel de ,halle9444 ,la pr9cesse ,cresc5zi me disait ,rome444 ,un j\r1 ,b]l91 je vis le beau capita9e ,l444 ,t\tes ces petites *oses sont rellem5t arrives l'auteur1 qui a pass qu9ze ans en ,allemagne et en ,italie4 ,mais1 plus curieux que s5sible1 jamais il n'a r5contr la mo9dre av5ture1 jamais il n'a pr\v aucun s5tim5t p]sonnel qui mritt d'tre racont2 et1 si on veut lui suppos] l'orgueil de croire le contraire1 un orgueil plus gr& l'et emp* d'imprim] son coeur et le v5dre au public p\r six francs1 comme ces g5s qui1 de leur vivant1 imprim5t leurs ,mmoires4 ,en #ahbb1 lorsqu'il corrigeait les preuves de cette espce de voyage moral en ,italie et en ,allemagne1 l'auteur1 qui avait dcrit les objets le j\r o il les avait vus1 traita le manuscrit qui cont5ait la description circon/ancie de t\tes les phases de la maladie de l'me nomme am\r1 avec ce respect aveugle que montrait un savant du ,x,i,ve sicle p\r un manuscrit de ,lactance ou de ,qu9te-,curce qu'on v5ait de dt]r]4 ,qu& l'auteur r5contrait quelque passage obscur1 et1 vrai dire1 s\v5t cela lui arrivait1 il croyait t\j\rs que c'tait le moi d'auj\rd'hui qui avait tort4 ,il av\e que son respect p\r l'anci5 manuscrit e/ all jusqu' imprim] plusieurs passages qu'il ne compr5ait plus lui-mme4 ,ri5 de plus f\ p\r qui et song aux suffrages du public2 mais l'auteur1 revoyant ,p>is aprs de longs voyages1 croyait impossible d'obt5ir un succs sans faire des bassesses auprs des j\rnaux4 ,or1 qu& on fait tant que de faire des bassesses1 il faut les rs]v] p\r le premi] m9i/re4 ,ce qu'on appelle un succs tant hors de la "q1 l'auteur s'amusa publi] ses p5ses exactem5t telles qu'elles lui tai5t v5ues4 ,c'e/ a9si qu'en agissai5t jadis ces philosophes de la ,grce1 dont la sagesse pratique le ravit en admiration4 ,il faut des annes p\r pntr] dans l'intimit de la socit itali5ne4 ,peut-tre aurai-je t le d]ni] voyageur en ce pays4 ,depuis le c>bon>isme et l'invasion des ,autri*i5s1 jamais trang] ne s]a reu en ami dans les salons o rgnait une joie si folle4 ,on v]ra les monum5ts1 les rues1 les places publiques d'une ville1 jamais la socit1 l'trang] f]a t\j\rs peur2 les habitants s\ponn]ont qu'il e/ un espion1 ou cra9dront qu'il ne se moque de la bataille d',antrodoco et des bassesses indisp5sables en ce pays p\r n'tre pas p]scut p> les huit ou dix m9i/res ou favoris qui ent\r5t le pr9ce4 ,j'aimais rellem5t les habitants1 et j'ai pu voir la vrit4 ,quelquefois1 p5dant dix mois de suite1 je n'ai pas prononc un seul mot de franais1 et sans les tr\bles et le c>bon>isme1 je ne s]ais jamais r5tr en ,france4 ,la bonhomie e/ ce que je prise avant t\t4 ,malgr beauc\p de so9s p\r tre clair et lucide1 je ne puis faire des miracles2 je ne puis pas donn] des oreilles aux s\rds ni des yeux aux aveugles4 ,a9si les g5s arg5t et grosse joie1 qui ont gagn c5t mille francs dans l'anne qui a prcd le mom5t o ils ouvr5t ce livre1 doiv5t bi5 vite le f]m]1 surt\t s'ils sont banqui]s1 manufacturi]s1 respectables indu/riels1 c'e/--dire g5s ides m9emm5t positives4 ,ce livre s]ait mo9s in9telligible p\r qui aurait gagn beauc\p d'arg5t la ,b\rse ou la lot]ie4 ,un tel ga9 peut se r5contr] ct de l'habitude de pass] des heures entires dans la rv]ie1 et j\ir de l'motion que vi5t de donn] un tableau de ,prud'hon1 une phrase de ,moz>t1 ou enf9 un c]ta9 reg>d s+uli] d'une femme laquelle v\s p5sez s\v5t4 ,ce n'e/ po9t a9si que p]d5t leur temps les g5s qui pay5t deux mille ouvri]s la f9 de *aque sema9e2 leur esprit e/ t\j\rs t5du l'utile et au positif4 ,le rveur dont je p>le e/ l'homme qu'ils harai5t s'ils en avai5t le loisir2 c'e/ celui qu'ils pr5drai5t volonti]s p\r pla/ron de leurs bonnes plaisant]ies4 ,l'indu/riel millionnaire s5t confusm5t qu'un tel homme place dans son e/ime une p5se avant un sac de mille francs4 ,je rcuse ce jeune homme /udieux qui1 dans la mme anne o l'indu/riel gagnait c5t mille francs1 s'e/ donn la connaissance du grec mod]ne1 ce dont il e/ si fi]1 que dj il aspire l'arabe4 ,je prie de ne pas ouvrir ce livre t\t homme qui n'a pas t malheureux p\r des causes imag9aires trangres la vanit1 et qu'il aurait gr&e honte de voir divulgu] dans les salons4 ,je suis bi5 assur de dplaire ces femmes qui1 dans ces mmes salons1 emport5t d'assaut la considration p> une affectation de t\s les in/ants4 ,j'en ai surpris de bonne foi p\r un mom5t1 et tellem5t tonnes1 qu'en s'int]rogeant elles-mmes1 elles ne p\vai5t plus savoir si un tel s5tim5t qu'elles v5ai5t d'exprim] avait t naturel ou affect4 ,comm5t ces femmes p\rrai5t-elles jug] de la pe9ture de s5tim5ts vrais8 ,aussi cet ouvrage a-t-il t leur bte noire2 elles ont dit que l'auteur devait tre un homme infme4 ,r\gir t\t c\p1 lorsqu'on vi5t song] c]ta9es actions de sa jeunesse2 avoir fait des sottises p> t5dresse d'me et s'en afflig]1 non pas p>ce qu'on fut ridicule aux yeux du salon1 mais bi5 aux yeux d'une c]ta9e p]sonne dans ce salon2 v+t-six ans1 tre am\reux de bonne foi d'une femme qui en aime un autre1 ou bi5 encore 7mais la *ose e/ si r>e1 que j'ose pe9e l'crire de peur de retomb] dans les in9telligibles1 comme lors de la premire dition71 ou bi5 encore1 en entrant dans le salon o e/ la femme que l'on croit aim]1 ne song] qu' lire dans ses yeux ce qu'elle p5se de n\s en cet in/ant1 et n'avoir nulle ide de mettre de l'am\r dans nos propres reg>ds3 voil les antcd5ts que je dem&]ai mon lecteur4 ,c'e/ la description de beauc\p de ces s5tim5ts f9s et r>es qui a sembl obscure aux hommes ides positives4 ,comm5t faire p\r tre clair leurs yeux8 ,leur annonc] une hausse de c9quante c5times1 ou un *angem5t dans le t>if des d\anes de la ,colombie#b4 #b ,on me dit3 ,otez ce morceau1 ri5 de plus vrai2 mais g>e les indu/riels2 ils vont cri] l'ari/ocrate4--,en #ahag1 je n'ai pas cra9t les procureurs gnraux2 p\rquoi aurais-je peur des millionnaires en #ahbf8 ,les vaisseaux f\rnis au pa*a d'gypte m'ont ouv]t les yeux sur leur compte1 et je ne cra9s que ce que j'e/ime4 ,le livre qui suit explique simplem5t1 raisonnablem5t1 ma?matiquem5t1 p\r a9si dire1 les div]s s5tim5ts qui se succd5t les uns aux autres1 et dont l'ensemble s'appelle la passion de l'am\r4 ,imag9ez une figure de gomtrie assez complique1 trace avec du crayon blanc sur une gr&e ardoise3 eh bi56 je vais expliqu] cette figure de gomtrie2 mais une condition ncessaire1 c'e/ qu'il faut qu'elle exi/e dj sur l'ardoise2 je ne puis la trac] moi-mme4 ,cette impossibilit e/ ce qui r5d si difficile de faire sur l'am\r un livre qui ne soit pas un roman4 ,il faut1 p\r suivre avec intrt un exam5 philosophique de ce s5tim5t1 autre *ose que de l'esprit *ez le lecteur2 il e/ de t\te ncessit qu'il ait vu l'am\r4 ,or1 o peut-on voir une passion8 ,voil une cause d'obscurit que je ne p\rrai jamais loign]4 ,l'am\r e/ comme ce qu'on appelle au ciel la voie lacte1 un amas brillant =m p> des milli]s de petites toiles1 dont *acune e/ s\v5t une nbuleuse4 ,les livres ont n quatre ou c9q c5ts des petits s5tim5ts successifs et si difficiles reconnatre qui compos5t cette passion1 et les plus grossi]s1 et encore en se trompant s\v5t et pr5ant l'accessoire p\r le pr9cipal4 ,les meilleurs de ces livres1 tels que la ,n\velle ,hlose1 les romans de ,mme ,cott91 les ,lettres de ,mlle ,lesp9asse1 ,manon ,lescaut1 ont t crits en ,france1 pays o la plante nomme am\r a t\j\rs peur du ridicule1 e/ t\ffe p> les exig5ces de la passion nationale1 la vanit1 et n'arrive presque jamais t\te sa hauteur4 ,qu'e/ ce donc que connatre l'am\r p> les romans8 que s]ait-ce aprs l'avoir vu dcrit dans des c5ta9es de volumes rputation1 mais ne l'avoir jamais s5ti1 que *]*] dans celui-ci l'explication de cette folie8 je rpondrai comme un *o3 ,c'e/ folie4 ,pauvre jeune femme dsabuse1 v\lez-v\s j\ir encore de ce qui v\s occupa tant il y a quelques annes1 dont v\s n'ostes p>l] p]sonne1 et qui faillit v\s p]dre d'honneur8 ,c'e/ p\r v\s que j'ai refait ce livre et *]* le r5dre plus clair4 ,aprs l'avoir lu1 n'en p>lez jamais qu'avec une petite phrase de mpris1 et jetez-le dans votre biblio?que de citronni]1 d]rire les autres livres2 j'y laiss]ais mme quelques pages non c\pes4 ,ce n'e/ pas seulem5t quelques pages non c\pes qu'y laiss]a l'tre imp>fait1 qui se croit philosophe p>ce qu'il re/a t\j\rs trang] ces motions folles qui font dp5dre d'un reg>d t\t notre bonheur d'une sema9e4 ,d'autres1 arrivant l'ge mr1 mett5t t\te leur vanit oubli] qu'un j\r ils pur5t s'abaiss] au po9t de faire la c\r une femme et de s'expos] l'humiliation d'un refus2 ce livre aura leur ha9e4 ,p>mi tant de g5s d'esprit que j'ai vus condamn] cet ouvrage p> div]ses raisons1 mais t\j\rs avec colre1 les seuls qui m'ai5t sembl ridicules sont ces hommes qui ont la d\ble vanit de prt5dre avoir t\j\rs t au-dessus des faiblesses du coeur1 et t\tefois possd] assez de pntration p\r jug] a priori du degr d'exactitude d'un trait philosophique1 qui n'e/ qu'une description suivie de t\tes ces faiblesses4 ,les p]sonnages graves1 qui j\iss5t dans le monde du r5om d'hommes sages et nullem5t romanesques1 sont bi5 plus prs de compr5dre un roman1 quelque passionn qu'il soit1 qu'un livre philosophique1 o l'auteur dcrit froidem5t les div]ses phases de la maladie de l'me nomme am\r4 ,le roman les meut un peu2 mais l'g>d du trait philosophique1 ces hommes sages sont comme des aveugles qui se f]ai5t lire une description des tableaux du ,muse1 et qui dirai5t l'auteur3 ,av\ez1 monsieur1 que votre ouvrage e/ horriblem5t obscur4 ,et qu'arriv]a-t-il si ces aveugles se tr\v5t des g5s d'esprit1 depuis longtemps en possession de cette dignit1 et ayant s\v]a9em5t la prt5tion d'tre clairvoyants8 ,le pauvre auteur s]a jolim5t trait4 ,c'e/ aussi ce qui lui e/ arriv lors de la premire dition4 ,plusieurs exemplaires ont t actuellem5t brls p> la vanit furibonde de g5s de beauc\p d'esprit4 ,je ne p>le pas des injures1 non mo9s flatteuses p> leur fureur3 l'auteur a t dcl> grossi]1 immoral1 crivant p\r le peuple1 homme dang]eux1 etc4 ,dans les pays us p> la mon>*ie1 ces titres sont la rcomp5se la plus assure de qui s'avise d'crire sur la morale et ne ddie pas son livre la ,mme ,dub>ry du j\r4 ,heureuse la littrature si elle n'tait pas la mode1 et si les seules p]sonnes p\r qui elle e/ faite v\lai5t bi5 s'en occup]6 ,du temps du ,cid1 ,corneille n'tait qu'un bon homme p\r ,m4 le m>quis de ,danjeau4 ,auj\rd'hui1 t\t le monde se croit fait p\r lire ,m4 de ,lam>t9e2 tant mieux p\r son libraire2 mais tant pis et c5t fois tant pis p\r ce gr& pote4 ,de nos j\rs1 le gnie a des mnagem5ts p\r des tres auxquels il ne devrait jamais song] s\s pe9e de drog]4 ,la vie laborieuse1 active1 t\t e/imable1 t\te positive1 d'un conseill] d'tat1 d'un manufacturi] de tissus de coton ou d'un banqui] =t al]te p\r les emprunts1 e/ rcomp5se p> des millions1 et non p> des s5sations t5dres4 ,peu peu le coeur de ces messieurs s'ossifie2 le positif et l'utile sont t\t p\r eux1 et leur me se f]me celui de t\s les s5tim5ts qui a le plus gr& beso9 de loisir1 et qui r5d le plus incapable de t\te occupation raisonnable et suivie4 ,t\te cette prface n'e/ faite que p\r cri] que ce livre-ci a le malheur de ne p\voir tre compris que p> des g5s qui se sont tr\v le loisir de faire des folies4 ,beauc\p de p]sonnes se ti5dront p\r (f5ses1 et j'espre qu'elles n'iront pas plus lo94 ,,deuxi,,me ,,pr,,face#c #c ,mai #ahed4 ,je n'cris que p\r c5t lecteurs1 et de ces tres malheureux1 aimables1 *>mants1 po9t hypocrites1 po9t moraux1 auxquels je v\drais plaire2 j'en connais pe9e un ou deux4 ,de t\t ce qui m5t p\r avoir de la considration comme criva91 je n'en fais aucun cas4 ,ces belles dames l doiv5t lire le compte de leur cuis9ire et le s]monnaire la mode1 qu'il s'appelle ,massillon ou ,mme ,neck]1 p\r p\voir en p>l] avec les femmes graves qui disp5s5t la considration4 ,et qu'on le rem>que bi51 ce beau grade s'obti5t t\j\rs1 en ,france1 en se faisant le gr& prtre de quelque sottise4 ,avez-v\s t dans votre vie six mois malheureux p> am\r8 dirais-je quelqu'un qui v\drait lire ce livre4 ,ou1 si votre me n'a s5ti dans la vie d'autre malheur que celui de p5s] un procs1 ou de n'tre pas nomm dput la d]nire lection1 ou de pass] p\r avoir mo9s d'esprit qu' l'ord9aire la d]nire saison des eaux d',aix1--je cont9u]ai mes que/ions indiscrtes1 et v\s dem&]ai si v\s avez lu dans l'anne quelqu'un de ces ouvrages insol5ts qui =c5t le lecteur p5s]8 ,p> exemple1 l'mile de ,j4-,j4 ,r\sseau1 ou les six volumes de ,montaigne8 ,que si v\s n'avez jamais t malheureux p> cette faiblesse des mes =tes1 que si v\s n'avez pas l'habitude1 contre nature1 de p5s] en lisant1 ce livre-ci v\s donn]a de l'humeur contre l'auteur1 c> il v\s f]a s\ponn] qu'il exi/e un c]ta9 bonheur que v\s ne connaissez pas1 et que connaissait ,mlle de ,lesp9asse4 ,,troisi,,me ,,pr,,face ,je vi5s sollicit] l'indulg5ce du lecteur p\r la =me s+ulire de cette ,physiologie de l',am\r4 ,il y a v+t-huit ans 7en #ahdb7 que les b\lev]sem5ts qui suivir5t la *ute de ,napolon me privr5t de mon tat4 ,deux ans aup>avant1 le has>d me jeta1 immdiatem5t aprs les horreurs de la retraite de ,russie1 au milieu d'une ville aimable o je comptais bi5 pass] le re/e de mes j\rs1 ce qui m'en*antait4 ,dans l'heureuse ,lomb>die1 ,milan1 ,v5ise1 la gr&e1 o1 p\r mieux dire1 l'unique affaire de la vie1 c'e/ le plaisir4 ,l1 aucune att5tion p\r les faits et ge/es du vois92 on ne s'y proccupe de ce qui n\s arrive qu' pe9e4 ,si l'on ap]oit l'exi/5ce du vois91 on ne songe pas le har4 ,otez l'envie des occupations d'une ville de prov9ce1 en ,france1 que re/e-t-il8 ,l'abs5ce1 l'impossibilit de la cruelle envie1 =me la p>tie la plus c]ta9e de ce bonheur1 qui attire t\s les prov9ciaux ,p>is4 ,a la suite des bals masqus du c>naval de #ahbj1 qui fur5t plus brillants que de c\tume1 la socit de ,milan vit clat] c9q ou six dm>*es compltem5t folles2 bi5 que l'on soit acc\tum dans ce pays-l des *oses qui pass]ai5t p\r incroyables en ,france1 l'on s'en occupa un mois enti]4 ,le ridicule f]ait peur dans ce pays-ci des actions tellem5t b>oques2 j'ai beso9 de beauc\p d'audace seulem5t p\r os] en p>l]4 ,un soir1 qu'on raisonnait pr(ondm5t sur les effets et les causes de ces extravagances1 *ez l'aimable ,mme ,pietra ,crua1 qui1 p> extraord9aire1 ne se tr\vait mle aucune de ces folies1 je v9s p5s] qu'avant un an1 peut-tre1 il ne me re/]ait qu'un s\v5ir bi5 inc]ta9 de ces faits tranges et des causes qu'on leur attribuait4 ,je me saisis d'un programme de conc]t1 sur lequel j'crivis quelques mots au crayon4 ,on v\lut faire un ph>aon2 n\s tions tr5te assis aut\r d'une table v]te2 mais la conv]sation tait tellem5t anime1 qu'on oubliait de j\]4 ,v]s la f9 de la soire surv9t le colonel ,scotti1 un des hommes les plus aimables de l'arme itali5ne2 on lui dem&a son cont+5t de circon/ances relatives aux faits biz>res qui n\s occupai5t2 il n\s raconta1 en effet1 des *oses dont le has>d l'avait r5du le confid5t1 et qui leur donnai5t un aspect t\t n\veau4 ,je repris mon programme de conc]t1 et j'aj\tai ces n\velles circon/ances4 ,ce recueil de p>ticul>its sur l'am\r a t cont9u de la mme manire1 au crayon et sur des *iffons de papi]1 pris dans les salons o j'ent5dais racont] les anecdotes4 ,bi5tt je *]*ai une loi commune p\r reconnatre les div]s degrs4 ,deux mois aprs1 la peur d'tre pris p\r un c>bon>o me fit rev5ir ,p>is1 seulem5t p\r quelques mois1 ce que je croyais2 mais jamais je n'ai revu ,milan o j'avais pass sept annes4 ,a ,p>is je m\rais d'ennui2 j'eus l'ide de m'occup] encore de l'aimable pays d'o la peur m'avait *ass2 je runis en liasse mes morceaux de papi]1 et je fis cadeau du cahi] un libraire2 mais bi5tt une difficult surv9t2 l'imprimeur dcl>a qu'il lui tait impossible de travaill] sur des notes crites au crayon4 ,je vis bi5 qu'il tr\vait cette sorte de copie au-dess\s de sa dignit4 ,le jeune appr5ti d'imprim]ie qui me rapportait mes notes p>aissait t\t honteux du mauvais complim5t dont on l'avait *>g2 il savait crire3 je lui dictai les notes au crayon4 ,je compris aussi que la discrtion me faisait un devoir de *ang] les noms propres et surt\t d'c\rt] les anecdotes4 ,quoiqu'on ne lise gure ,milan1 ce livre1 si on l'y portait1 et pu sembl] une atroce m*ancet4 ,je publiai donc un livre malheureux4 ,j'aurai la h>diesse d'av\] qu' cette poque j'avais l'audace de mpris] le /yle lgant4 ,je voyais le jeune appr5ti t\t occup d'vit] les t]m9aisons de phrases peu sonores et les suites de mots =mant des sons b>oques4 ,en revan*e1 il ne se faisait faute de *ang] t\t b\t de *amp les circon/ances des faits difficiles exprim]3 ,voltaire1 lui-mme1 a peur des *oses difficiles dire4 ,l',essai sur l',am\r ne p\vait valoir que p> le nombre de petites nuances de s5tim5t que je priais le lecteur de vrifi] dans ses s\v5irs1 s'il tait assez heureux p\r en avoir4 ,mais il y avait bi5 pis2 j'tais alors1 comme t\j\rs1 =t peu exprim5t en *oses littraires2 le libraire auquel j'avais fait cadeau du manuscrit l'imprima sur mauvais papi] et dans un =mat ridicule4 ,aussi1 me dit-il au b\t d'un mois1 comme je lui dem&ais des n\velles du livre3 ,on peut dire qu'il e/ sacr1 c> p]sonne n'y t\*e4 ,je n'avais pas mme eu l'ide de sollicit] des articles dans les j\rnaux2 une telle *ose m'et sembl une ignom9ie4 ,aucun ouvrage1 cep5dant1 n'avait un plus pressant beso9 d'tre recomm& la pati5ce du lecteur4 ,s\s pe9e de p>atre in9telligible ds les premires pages1 il fallait port] le public accept] le mot n\veau de cri/allisation1 propos p\r exprim] vivem5t cet ensemble de folies tranges que l'on se figure comme vraies et mme comme indubitables propos de la p]sonne aime4 ,en ce temps-l1 t\t pntr1 t\t am\reux des mo9dres circon/ances que je v5ais d'obs]v] dans cette ,italie que j'adorais1 j'vitais soigneusem5t t\tes les concessions1 t\tes les amnits de /yle qui euss5t pu r5dre l',essai sur l',am\r mo9s s+ulirem5t b>oque aux yeux des g5s de lettres4 ,d'ailleurs1 je ne flattais po9t le public2 c'tait l'poque o1 t\te froisse de nos malheurs1 si gr&s et si rc5ts1 la littrature semblait n'avoir d'autre occupation que de consol] notre vanit malheureuse2 elle faisait rim] gloire avec victoire1 gu]ri]s avec lauri]s1 etc4 ,l'ennuyeuse littrature de cette poque semble ne *]*] jamais les circon/ances vraies des sujets qu'elle a l'air de trait]2 elle ne veut qu'une occasion de complim5ts p\r ce peuple esclave de la mode1 qu'un gr& homme avait appel la gr&e nation1 oubliant qu'elle n'tait gr&e qu'avec la condition de l'avoir p\r *ef4 ,le rsultat de mon ignorance des conditions du plus humble succs fut de ne tr\v] que dix-sept lecteurs de #ahbb #ahcc2 c'e/ pe9e si1 aprs v+t ans d'exi/5ce1 l',essai sur l',am\r a t compris d'une c5ta9e de curieux4 ,quelques uns ont eu la pati5ce d'obs]v] les div]ses phases de cette maladie *ez les p]sonnes atte9tes aut\r d'eux2 c>1 p\r compr5dre cette passion1 que depuis tr5te ans la peur du ridicule ca*e avec tant de so9 p>mi n\s1 il faut en p>l] comme d'une maladie2 c'e/ p> ce *em9-l que l'on peut arriv] quelquefois la gurir4 ,ce n'e/1 en effet1 qu'aprs un demi-sicle de rvolutions qui t\r t\r se sont emp>es de t\te notre att5tion2 ce n'e/1 en effet1 qu'aprs c9q *angem5ts complets dans la =me et dans les t5dances de nos g\v]nem5ts1 que la rvolution comm5ce seulem5t entr] dans nos moeurs4 ,l'am\r1 ou ce qui le remplace le plus communm5t en lui volant son nom1 l'am\r p\vait t\t en ,france s\s ,l\is ,,xv3 les femmes de la c\r faisai5t des colonels2 cette place n'tait ri5 mo9s que la plus belle du pays4 ,aprs c9quante ans1 il n'y a plus de c\r1 et les femmes les plus accrdites dans la b\rgeoisie rgnante1 ou dans l'ari/ocratie b\dante1 ne p>vi5drai5t pas faire donn] un dbit de tabac dans le mo9dre b\rg4 ,il faut bi5 l'av\]1 les femmes ne sont plus la mode2 dans nos salons si brillants1 les jeunes g5s de v+t ans affect5t de ne po9t leur adress] la p>ole2 ils aim5t bi5 mieux ent\r] le p>leur grossi] qui1 avec son acc5t de prov9ce1 traite de la "q des capacits1 et t*] d'y gliss] leur mot4 ,les jeunes g5s ri*es qui se piqu5t de p>atre frivoles1 af9 d'avoir l'air de cont9u] la bonne compagnie d'autrefois1 aim5t bi5 mieux p>l] *evaux et j\] gros jeu dans des c]cles o les femmes ne sont po9t admises4 ,le sang-froid mortel qui semble prsid] aux relations des jeunes g5s avec les femmes de v+t-c9q ans1 que l'ennui du m>iage r5d la socit1 f]a peut-tre accueillir1 p> quelques esprits sages1 cette description scrupuleusem5t exacte des phases successives de la maladie que l'on appelle am\r4 ,l'effroyable *angem5t qui n\s a prcipits dans l'ennui actuel et qui r5d in9telligible la socit de #aggh1 telle que n\s la tr\vons dans les lettres de ,did]ot ,mlle ,vol&1 sa matresse1 ou dans les ,mmoires de ,mme d'p9ay1 peut faire re*]*] lequel de nos g\v]nem5ts successifs a tu p>mi n\s la facult de s'amus]1 et n\s a rappro*s du peuple le plus tri/e de la t]re4 ,n\s ne savons pas mme copi] leur p>lem5t et l'honntet de leurs p>tis1 la seule *ose passable qu'ils ai5t inv5te4 ,en revan*e1 la plus /upide de leurs tri/es conceptions1 l'esprit de dignit1 e/ v5u remplac] p>mi n\s la gaiet franaise1 qui ne se r5contre plus gure que dans les c9q c5ts bals de la banlieue de ,p>is1 ou dans le midi de la ,france1 pass ,bordeaux4 ,mais lequel de nos g\v]nem5ts successifs n\s a valu l'affreux malheur de n\s anglis]8 ,faut-il accus] ce g\v]nem5t n]gique de #agic1 qui emp*a les trang]s de v5ir camp] sur ,montm>tre8 ce g\v]nem5t qui1 dans peu d'annes1 n\s sembl]a hroque1 et =me le digne prlude de celui qui1 s\s ,napolon1 alla port] notre nom dans t\tes les capitales de l',europe4 ,n\s oubli]ons la btise bi5 int5tionne du ,directoire1 illu/r p> les tal5ts de ,c>not et p> l'immortelle campagne de #agif-agig1 en ,italie4 ,la corruption de la c\r de ,b>ras rappelait encore la gaiet de l'anci5 rgime2 les grces de ,mme ,bonap>te montrai5t que n\s n'avions ds lors aucune prdilection p\r la maussad]ie et la morgue des ,anglais4 ,la pr(onde e/ime dont1 malgr l'esprit d'envie du faub\rg ,sa9t-,g]ma91 n\s ne pmes n\s df5dre p\r la faon de g\v]n] du premi] consul1 et les hommes du premi] mrite qui illu/rr5t la socit de ,p>is1 tels que les ,cretet1 les ,d>u1 etc41 ne p]mett5t pas de faire pes] sur l',empire la responsabilit du *angem5t notable qui s'e/ opr dans le c>actre franais p5dant cette premire moiti du ,x,i,xe sicle4 ,inutile de p\ss] plus lo9 mon exam53 le lecteur rfl*ira et saura bi5 conclure444 ,m4 ,,de ,,/5dhal#d ,,oeuvres ,,compl,,tes #d ,extrait des ,caus]ies du ,lundi1 de ,sa9te-,beuve1 tome ,,ix4--,librairie ,g>ni] frres4 ,cette fois1 ce n'e/ qu'un *apitre de l'hi/oire littraire de la ,re/auration4 ,on s'e/ =t occup depuis quelque temps du spirituel auteur1 ,m4 ,beyle1 qui s'tait dguis s\s le pseudonyme un peu teutonique de ,/5dhal#e4 ,lorsqu'il m\rut ,p>is1 le #bc m>s #ahdb1 il y eut sil5ce aut\r de lui2 regrett de quelques-uns1 il p>ut vite oubli de la plup>t4 ,dix ans pe9e c\ls1 voil t\te une gnration n\velle qui se met s'pr5dre de ses oeuvres1 le re*]*]1 l'tudi] en t\s s5s presque comme un anci51 presque comme un classique2 c'e/ aut\r de lui et de son nom comme une ,r5aissance4 ,il en et t =t tonn4 ,ceux qui ont connu p]sonnellem5t ,m4 ,beyle1 et qui ont le plus gt son esprit1 sont heureux d'avoir rep>l] de cet criva9 di/+u1 et1 s'ils le font quelquefois avec mo9s d'en?\siasme que les critiques tels que ,m4 de ,balzac1 qui ne l'ont vu qu' la f9 et qui l'ont inv5t1 ils ne sont pas disposs p\r cela lui r5dre mo9s de ju/ice et mo9s reconnatre sa "p notable d'orig9alit et d'influ5ce1 son g5re d'utilit littraire4 #e ,/e9dal e/ une ville de la ,saxe prussi5ne1 lieu natal de ,w9ckelmann4 ,il e/ probable que ,beyle y aura song en pr5ant le nom s\s lequel il dev9t un guide de l'art en ,italie4 ,il y a dans ,m4 ,beyle deux p]sonnes di/9ctes1 le critique et le romanci]2 le romanci] n'e/ v5u que plus t>d et la suite du critique3 celui-ci a comm5c ds #ahad4 ,c'e/ du critique seul que je m'occup]ai auj\rd'hui1 et il le mrite bi5 p> le c>actre s+uli]1 neuf1 piquant1 p>adoxal1 bi5 s\v5t s5s1 qu'il n\s (fre encore1 et qui frappa si vivem5t non pas le public1 mais les g5s du mti] et les esprits att5tifs de son temps4 ,h5ri ,beyle e/1 comme ,paul-,l\is ,c\ri]1 du trs petit nombre de ceux qui1 au sortir de l',empire en #ahad1 et ds le premi] j\r1 se tr\vr5t prts p\r le rgime n\veau qui s'essayait1 et il a eu cela de plus que ,c\ri] et d'autres encore1 qu'il n'tait pas un mcont5t ni un b\deur3 il s]vait l',empire avec zle2 il tait un fonctionnaire et comm5ait tre un adm9i/rateur lorsqu'il tomba de la *ute commune2 et il se retr\va l'in/ant un homme d'esprit1 ple9 d'ides et d'ap]u sur les arts1 sur les lettres1 sur le ?tre1 et empress de les inocul] aux autres4 ,beyle1 c'e/ le ,franais 7l'un des premi]s7 qui e/ sorti de *ez soi1 littrairem5t p>lant1 et qui a comp>4 ,en suivant la ,gr&e ,arme et en p>c\rant l',europe comme l'un des membres de l'tat-major civil de ,m4 ,d>u dont il tait p>5t1 il reg>dait mille *oses1 un opra de ,cim>osa ou de ,moz>t1 un tableau1 une /atue1 t\te production neuve et belle1 au gnie div]s des nations2 et t\t bas il ragissait contre la si5ne1 contre cette nation franaise dont il tait bi5 =t en croyant la jug]1 contre le gt franais qu'il prt5dait raviv] et rgnr]1 du mo9s en causant3 c'tait l tre bi5 ,franais encore4 ,*ose s+ulire6 t&is que ,m4 ,d>u1 occup des gr&es affaires et portant le dur poids de l'adm9i/ration des prov9ces conquises ou de l'approvisionnem5t des armes1 tr\vait encore le temps d'entret5ir avec ses amis littrateurs de ,p>is1 les ,pic>d et les ,&rieux1 une correspondance *>mante d'att5tion1 ple9e d'amnit et de conseils1 il y avait l t\t ct le plus lettr des commissaires des gu]res1 le mo9s classique des auditeurs du ,conseil d'tat1 ,beyle1 qui faisait provision d'obs]vations et de malices1 qui amassait t\te cette jolie rudition piquante1 imprvue1 sans m?ode1 mais assez =te et abondante1 avec laquelle il devait attaqu] bi5tt et battre en br*e le sy/me littraire rgnant4 ,c'e/ a9si1 je le rpte1 qu'il se tr\va en mesure1 ds #ahad1 une date o bi5 peu de g5s l'tai5t4 ,en musique1 en pe9ture1 en littrature1 il p]a aussitt d'une ve9e n\velle2 il fut surt\t un excitateur d'ides4 ,dans ce rle actif qu'il eut avec di/9ction p5dant une d\za9e d'annes1 je me le figure t\j\rs s\s une image4 ,aprs les gr&es gu]res europennes de conqute et d'invasion1 v9r5t les gu]res de plume et les luttes de p>ole p\r les sy/mes4 ,or1 dans cet ordre n\veau1 imag9ez un huss>d1 un hulan1 un *evau-lg] d'avant-g>de qui va s\v5t insult] l'ennemi jusque dans son retran*em5t1 mais qui aussi1 dans ses fuites et refuites1 pique d'honneur et aiguillonne la colonne amie qui *em9ait p>fois trop l5tem5t et l\rdem5t1 et la =ce d'acclr] le pas4 'a t la manoeuvre et le rle de ,beyle3 un huss>d romantique1 envelopp1 s\s son nom de ,/5dhal1 de je ne sais quel manteau sc&9ave1 n>guant d'ailleurs le sol5nel et le s5tim5tal1 brillant1 av5tureux1 taqu91 assez solide la ripo/e1 excell5t l'esc>m\*e4 ,il tait n ,gr5oble le #bc janvi] #aghc1 fils d'un avocat1 petit-fils d'un mdec91 app>t5ant la haute b\rgeoisie du pays4 ,il puisa dans sa famille des s5tim5ts de fi]t assez habituels en cette belle et gnreuse prov9ce4 ,il reut dans la maison de son gr&-pre une bonne ducation et une in/ruction trs 9gale4 ,il avait p]du sa mre sept ans1 et son pre vivait assez isol de ses enfants4 ,il apprit de ses matres du lat91 et le re/e au has>d1 comme on peut se le figur] en ces annes de tr\bles civils4 ,les potes itali5s tai5t lus dans la famille1 et il aimait mme croire que cette famille de son gr&-pre tait orig9aire d',italie4 ,a dix ans1 il fit en ca*ette une comdie en prose1 ou du mo9s un premi] acte4 ,lui aussi1 il eut sa priode de ,florian4 ,une t]rasse de la maison de son gr&-pre1 d'o l'on avait une vue magnifique sur la montagne de ,sass5age1 et qui tait le lieu de runion les soirs d't1 fut1 dit-il1 le ?tre de ses pr9cipaux plaisirs durant dix ans 7de #aghi #agii74 ,il comm5a se =m] et s'mancip] en suivant les c\rs de l'cole c5trale1 in/itution fonde en #agie p> une loi de la ,conv5tion1 et1 en gr&e p>tie1 d'aprs le plan de ,m4 ,de/utt-,tracy4 ,je nomme ,m4 de ,tracy p>ce qu'il fut un des p>ra9s intellectuels de ,beyle1 que celui-ci lui g>da t\j\rs de la reconnaissance et lui v\a1 jusqu' la f91 de l'admiration2 p>ce que l'cole philosophique de ,cabanis et de ,tracy fut la si5ne1 qu'il affi*ait au mom5t o l'on s'y att5dait le mo9s4 ,ce romantique si avanc a cela de p>ticuli]1 d'tre en contradiction et en ho/ilit avec la r5aissance littraire *rti5ne de ,*ateaubri& et avec l'ef=t spirituali/e de ,mme de ,/al2 il procde du pur et direct ,x,v,i,i,ie sicle4 ,un des trav]s de ,beyle fut mme d'y mettre de l'affectation4 ,au mom5t o il causait le mieux pe9ture1 musique2 o ,haydn le conduisait ,milton2 o il v5ait de rcit] avec s5tim5t de beaux v]s de ,dante ou de ,ptr>que1 t\t d'un c\p il se ravisait et mettait son *apeau une petite coc>de d'impit4 ,il p\ssait cette s+ul>it jusqu' la petitesse4 ,son esprit et son coeur valai5t mieux que cela4 ,sa vie a t trs bi5 raconte p> un de ses p>5ts et amis1 ,m4 ,colomb4 ,au sortir de l'cole c5trale o1 sur la f91 il avait tudi avec ardeur les ma?matiques1 ,beyle v9t p\r la premire fois ,p>is2 il avait dix-sept ans2 il y arriva le #aj novembre #agii1 ju/e le l5dema9 du #ah ,brumaire3 date mmorable et bi5 faite p\r donn] le ca*et une jeune me6 ,l'anne suivante1 ayant accompagn ,,mm4 ,d>u en ,italie1 il suivit le qu>ti] gnral et assi/a en amateur la bataille de ,m>5go4 ,excit p> ces m]veilles1 il s'ennuya de la vie de bureau1 entra comme m>*al des logis dans un rgim5t de dragons1 et y dev9t s\s-lieut5ant3 il donna sa dmission deux ans aprs1 lors de la paix d',ami5s4 ,dans l'int]valle1 et p5dant le sj\r qu'il fit en ,lomb>die1 ,milan1 ,brescia1 ,b]game1 cet ge de mo9s de v+t ans1 au milieu de ces motions de la gloire et de la jeunesse1 de ces en*antem5ts du climat1 du plaisir et de la beaut1 il a*eva son ducation vritable1 et il prit la =me intrieure qu'il ne f]a plus que dvelopp] et mrir depuis3 il eut son idal de beaux-arts1 de nature1 il eut sa patrie d'lection4 ,si son roman de la ,*>treuse de ,p>me a p>u le meilleur de ceux qu'il a composs1 et s'il saisit t\t d'abord le lecteur1 c'e/ que1 ds les premires pages1 il a r5du avec vivacit et avec me les s\v5irs de cette heure brillante4 ,c'e/ ,montaigne1 je crois1 qui a dit3 ,les hommes se font pires qu'ils ne peuv5t4 ,beyle1 ce sceptique1 ce frondeur r$\t1 tait s5sible3 ,ma s5sibilit e/ dev5ue trop vive1 crivait-il deux ans avant sa mort2 ce qui ne fait qu'effleur] les autres me blesse jusqu'au sang4 ,tel j'tais en #agii1 tel je suis encore en #ahdj3 mais j'ai appris ca*] t\t cela s\s de l'ironie imp]ceptible au vulgaire4 ,cette ironie n'tait pas si imp]ceptible qu'il le croyait2 elle tait trs m>que et con/ituait un trav]s qui b>rait bi5 de bonnes qualits1 et qui brisait mme le tal5t4 ,c'e/ l la clef de ,beyle4 ,p>lant de l'impression que cause sur place la vue du ,=um contempl du haut des ru9es du ,colise1 et se laissant all] un mom5t son en?\siasme roma91 il cra9t d'en avoir trop dit et de s'tre compromis auprs des lecteurs p>isi5s3 ,je ne p>le pas1 dit-il1 du vulgaire n p\r admir] le pa?os de ,cor9ne2 les g5s un peu dlicats ont ce malheur bi5 gr& au ,x,i,xe sicle3 qu& ils ap]oiv5t de l'exagration1 leur me n'e/ plus dispose qu' inv5t] de l'ironie4 ,a9si1 de ce qu'il y a de la dclamation vois9e de l'loqu5ce1 ,beyle se jett]a dans le contraire2 il ira mpris] ,bossuet et ce qu'il appelle ses phrases4 ,de ce qu'il y a des esprits m\tonni]s qui1 en admirant ,rac9e1 confond5t les p>ties plus faibles avec les gr&es beauts1 il s]a bi5 prs de ne pas s5tir ,a?alie4 ,de ce qu'il y a des hypocrites de croyances dans les religions1 il ne se croira jamais assez incrdule2 de ce qu'il y a des hypocrites de conv5ances dans la socit1 il ira jusqu' risqu] l'occasion l'indc5t et le cynique4 ,en t\t1 la peur d'tre dupe le ti5t en *ec et le dom9e3 voil le dfaut4 ,son orgueil s]ait au dsespoir de laiss] dev9] ses s5tim5ts4 ,mais au mom5t o ce dfaut sommeille1 en ces in/ants reposs o il r$evi5t ,itali51 ,milanais1 ou ,p>isi5 du bon temps2 qu& il se tr\ve dans un c]cle de g5s qui l'ent5d5t1 et de la bi5veillance de qui il e/ sr 7c> ce moqueur la prompte attaque avait1 notez-le1 un secret beso9 de bi5veillance71 l'esprit de ,beyle1 tranquillis du ct de son faible1 se j\e en saillies vives1 en ap]u h>dis1 heureux et gais1 et en p>lant des arts1 de leur *>me p\r l'imag9ation1 et de leur div9e influ5ce p\r la flicit des dlicats1 il laisse mme entrevoir je ne sais quoi de d\x et de t5dre dans ses s5tim5ts1 ou du mo9s l'clair d'une mlancolie rapide3 ,un salon de huit ou dix p]sonnes aimables1 a-t-il dit1 o la conv]sation e/ gaie1 anecdotique et o l'on pr5d du pun* lg] m9uit et demi#f1 e/ l'endroit du monde o je me tr\ve le mieux4 ,l1 dans mon c5tre1 j'aime inf9im5t mieux ent5dre p>l] un autre que de p>l] moi-mme2 volonti]s je tombe dans le sil5ce du bonheur1 et1 si je p>le1 ce n'e/ que p\r pay] mon billet d'entre4 #f ,il met m9uit et demi1 p>ce qu'il croit avoir obs]v qu' m9uit sonnant1 les ennuyeux ou les g5s d'habitude vid5t rgulirem5t le salon2 il ne re/e plus qu'un *oix de g5s aimables et de ceux qui se plais5t t\t de bon4 ,en cette anne de ,m>5go et qu9ze j\rs aup>avant1 il assi/a ,ivre une reprs5tation du ,matrimonio segreto1 de ,cim>osa3 ce fut un des gr&s plaisirs et une des dates de sa vie3 ,combi5 de lieues ne f]ais-je pas pi$1 crivait-il qu>ante ans plus t>d1 et combi5 de j\rs de prison ne me s\mettrais-je pas p\r ent5dre ,don ,juan ou le ,matrimonio segreto6 ,et je ne sais p\r quelle autre *ose je f]ais cet ef=t4 ,je ne le suivrai pas dans ses c\rses trav]s l',europe s\s l',empire4 ,sa correspondance qu'on doit bi5tt publi] n\s le montr]a en plus d'une occurr5ce mmorable1 et notamm5t ,mosc\1 en #ahab4 ,ayant p]du sa place avec l'appui de ,m4 ,d>u en #ahad1 il comm5a sa vie d'homme d'esprit et de cosmopolite1 ou plutt d'homme du ,midi qui revi5t ,p>is de temps en temps3 ,a la *ute de ,napolon1 dit ,beyle en tte de sa ,vie de ,ross9i1 l'criva9 des pages suivantes1 qui tr\vait de la dup]ie pass] sa jeunesse dans les ha9es politiques se mit c\rir le monde4 ,malgr le so9 qu'il prit quelquefois p\r le dissimul]1 ses quatorze ans de vie s\s le ,consulat et s\s l',empire avai5t donn ,beyle une empre9te2 il re/a m>qu au co9 de cette gr&e poque1 et c'e/ en quoi il se di/+ue de la gnration des novateurs avec lesquels il allait se ml] en les devanant p\r la plup>t4 ,il dut faire quelques sacrifices au ton du j\r et entr] plus ou mo9s en composition avec le libralisme1 bi5tt gnral et dom9ant3 il sut p\rtant se s\/raire et rsi/] l'espce d'oppression morale que cette op9ion d'alors1 en tant que celle d'un p>ti1 ex]ait sur les esprits les plus di/+us2 il sut tre indp5dant1 p5s] en t\t et m>*] de lui-mme4 ,les ,franais ont donn leur dmission en #ahad1 disait-il s\v5t avec le regret et le dc\ragem5t d'un homme qui avait vu un plus beau soleil et des j\rs plus glorieux4 ,mais le propre du ,franais n'e/-il pas de ne jamais donn] sa dmission absolue et de recomm5c] t\j\rs8 ,je pr5ds ,beyle en #ahad1 et dans le premi] volume qu'il ait publi3 ,lettres crites de ,vi5ne en ,autri*e sur le clbre compositeur ,joseph ,haydn1 suivies d'une ,vie de ,moz>t1 etc41 p> ,l\is-,alex&re-,cs> ,bombet4 ,il n'avait pas encore song son masque de ,/5dhal4 ,c'e/ une s+ul>it et un trav]s encore de ,beyle1 prov5ant de la s\rce dj indique 7la peur du ridicule71 de se trave/ir a9si plus ou mo9s en crivant4 ,il se pique de n'tre qu'un amateur4 ,dans ce volume1 la ,vie de ,moz>t e/ donne comme crite p> ,m4 ,s*li*tegroll et simplem5t traduite de l'allem&3 ce qui n'e/ vrai que jusqu' un c]ta9 po9t2 et quant aux ,lettres sur ,haydn1 qui sont en p>tie traduites et imites de l'itali5 de ,c>pani1 l'auteur ne le dit pas1 bi5 qu'il semble indiqu] dans une note qu'il a travaill sur des ,lettres orig9ales4 ,il y a de quoi se p]dre dans ce ddale de remaniem5ts1 d'emprunts et de petites ruses4 ,que de prcautions et de my/ifications1 bon ,dieu1 p\r une *ose si simple6 que de dom9os1 ds son db1 il met sur son habit d'auteur#g6 #g ,je dois la sci5ce et l'obligeance de ,m4 ,&]s1 de la ,biblio?que impriale1 la note suivante qui ne laisse ri5 dsir] p\r l'claircissem5t de l'nigme bibliographique que prs5te le premi] ouvrage de ,beyle3 ,l'ouvrage de ,beyle sur ,haydn1 publi d'abord s\s le pseudonyme de ,bombet 7#ahad71 puis s\s celui de ,/5dhal 7#ahag71 n'e/ pas une simple traduction des ,hayd9e de ,c>pani4 ,beyle a arrang ce livre de manire se l'appropri]1 et il a *]* dguis] son plagiat p> des *angem5ts1 des additions et des transpositions qui r5d5t difficile la re*]*e des passages que l'on v\drait comp>]4 ,dans ,c>pani1 les lettres sont au nombre de seize2 dans ,bombet1 il y en a v+t-deux1 p>ce que plusieurs ont t c\pes en deux et entirem5t remanies4 ,il e/ rem>qu] que1 p\r quelques-unes de ces lettres1 ,beyle a cons]v la date des lettres orig9ales1 t&is que p\r d'autres il l'a *ange4 ,ce qui e/ plus curieux1 c'e/ une note qui se tr\ve la page #bge1 o il e/ dit3 ,l'auteur a fait ce qu'il a pu p\r t] les rptitions qui tai5t sans nombre dans les ,lettres orig9ales4 ,il p>at que ,beyle a v\lu se mnag] une excuse contre le repro*e de plagiat2 mais alors p\rquoi n'a-t-il pas donn cette indication en tte du livre1 dans quelques mots s]vant de prface8 ,la ,vie de ,moz>t e/ rellem5t tire d'un ouvrage de ,s*li*tegroll1 auteur trs connu en ,allemagne1 et qu'on a eu le tort1 en ,france1 de pr5dre p\r un nom suppos4 ,outre des ouvrages relatifs la numismatique et l'ar*ologie1 ,s*li*tegroll a publi p5dant dix ans une ,ncrologie cont5ant les dtails biographiques des hommes rem>quables morts dans le c\rant de l'anne4 ,c'e/ dans le tome ,,ii de la deuxime anne 7,go?a1 #agic7 que se tr\ve l'article sur ,moz>t 7p4 #hb-aab74 ,la traduction de ,beyle e/ trs libre1 ici encore il a supprim et aj\t beauc\p de *oses4 ,il a1 en outre1 divis cette biographie en *apitres1 ce qui n'a pas lieu dans l'orig9al4 ,les quatre premi]s seulem5t conti5n5t des dtails pris dans ,s*li*tegroll2 les trois d]ni]s sont remplis d'anecdotes tires d'un ouvrage allem& que ,beyle n'indique pas1 mais qui a t traduit en franais s\s le titre suivant3 ,anecdotes sur ,w4-,g4 ,moz>t1 traduites de l'allem&1 p> ,*4-,fr4 ,cram]1 ,p>is1 #ahja2 9-#h de #fh pages4 ,t\t ce qui se tr\ve dans ,beyle1 p>tir de la page #cbi jusqu' la page #ced1 e/ pris dans cette bro*ure4 7,note de ,m4 ,&]s47 ,le livre1 d'ailleurs1 e/ trs agrable et l'un des meilleurs de ,beyle1 en ce qu'il e/ un des mo9s dc\sus4 ,l'art1 le gnie de ,haydn1 le c>actre de cette musique ri*e1 savante1 magnifique1 pittoresque1 leve1 y sont prs5ts d'une manire s5sible et intelligible t\s4 ,beyle y appr5d le premi] la ,france le nom de c]ta9s *efs d'oeuvre que notre nation mettra du temps gt]2 il exprime m]veille1 propos des ,cim>osa et des ,moz>t1 la nature d'me et la disposition qui sont le plus favorables au dveloppem5t musical4 ,en p>lant de ,vi5ne1 de ,v5ise1 il y montre la politique int]dite1 une d\ce volupt s'emp>ant des coeurs1 et la musique1 le plus dlicat des plaisirs s5suels1 v5ant remplir et *>m] les loisirs que nulle inquitude ne corrompt et que les passions seules anim5t4 ,il a les plus f9es rem>ques sur le contra/e du gnie des peuples1 sur la gaiet itali5ne oppose la gaiet franaise3 ,la gaiet itali5ne1 c'e/ de la gaiet annonant le bonheur2 p>mi n\s elle s]ait bi5 prs du mauvais ton2 ce s]ait montr] soi heureux1 et en quelque sorte occup] les autres de soi4 ,la gaiet franaise doit montr] aux c\tants qu'on n'e/ gai que p\r leur plaire444 ,la gaiet franaise exige beauc\p d'esprit2 c'e/ celle de ,le ,sage et de ,gil ,blas3 la gaiet d',italie e/ fonde sur la s5sibilit1 de manire que1 qu& ri5 ne l'gaye1 l',itali5 n'e/ po9t gai4 ,il comm5ce cette petite gu]re qu'il f]a au c>actre de notre nation1 *ez qui il veut voir t\j\rs la vanit comme ressort pr9cipal et comme trait dom9ant3 ,la nature1 dit-il1 a fait le ,franais va9 et vif plutt que gai4 ,et il aj\te3 ,la ,france produit les meilleurs gr5adi]s du monde p\r pr5dre des r$\tes la baonnette1 et les g5s les plus amusants4 ,l',italie n'a po9t de ,coll et n'a ri5 qui appro*e de la dlicieuse gaiet de la ,vrit dans le ,v94 ,j'arrte ici ,beyle et je me p]mets de rem>qu] que je ne compr5ds pas trs bi5 la suite et la liaison de ses ides4 ,que la vanit 7puisqu'il veut l'appel] a9si71 leve jusqu'au s5tim5t de l'honneur1 produise des hros1 je l'accord]ai encore2 mais que cette vanit produise la gaiet vive1 fran*e1 amusante et dlicieuse d'un ,coll ou d'un ,dsaugi]s1 c'e/ ce que je conois difficilem5t1 et t\s les ,condillac du monde ne m'expliqu]ont pas cette trans=mation d'un s5tim5t si p]sonnel en une *ose si imprvue1 si involontaire4 ,beyle abus]a a9si s\v5t d'une obs]vation vraie en la p\ssant trop lo9 et en v\lant la retr\v] p>t\t4 ,il e/ d'ailleurs trs f9 et sagace qu& il obs]ve que l'ennui *ez les ,franais1 au lieu de *]*] se consol] et s'en*ant] p> les beaux-arts1 aime mieux se di/raire et se dissip] p> la conv]sation3 mais je le retr\ve sy/matique lorsqu'il en donne p\r raison que1 dans la conv]sation1 la vanit1 qui e/ leur passion dom9ante1 tr\ve *aque in/ant l'occasion de brill]1 soit p> le fond de ce qu'on dit1 soit p> la manire de le dire4 ,la conv]sation1 aj\te-t-il1 e/ p\r eux un jeu1 une m9e d'vnem5ts4 ,cette conv]sation franaise1 telle qu'un trang] peut l'ent5dre t\s les j\rs au caf de ,foy et dans les lieux publics1 me p>at le comm]ce arm de deux vanits4 ,il faut laiss] aux peuples div]s leur gnie1 t\t en *]*ant le fcond] et l't5dre4 ,le ,franais e/ sociable1 et il l'e/ surt\t p> la p>ole2 la =me qu'il prfre e/ celle encore qu'il donne la p5se en causant1 en raisonnant1 en jugeant et en raillant3 le *ant1 la pe9ture1 la posie1 dans l'ordre de ses gts1 ne vi5n5t qu'aprs1 et les arts ont beso9 en gnral1 p\r lui plaire et p\r russir t\t fait *ez lui1 de r5contr] cette disposition premire de son esprit et de s'id5tifi] au mo9s en passant avec elle4 ,a ,vi5ne1 ,milan1 ,naples1 on s5t autrem5t3 mais ,beyle1 =ce de n\s expliqu] cette diffr5ce et d'en re*]*] les raisons1 d'en v\loir saisir le pr9cipe unique la faon de ,condillac et d',helvtius1 que fait-il autre *ose lui-mme1 s9on1 t\t en frondant le gt franais1 de raisonn] sur les beaux arts la franaise8 ,au fond1 qu& il s'ab&onne ses gts et ses in/9cts dans les arts1 ,beyle me p>at ressembl] =t au prsid5t de ,brosses3 il aime le t5dre1 le lg]1 le gracieux1 le facile dans le div91 le ,cim>osa1 le ,ross9i1 ce p> quoi ,moz>t e/ ses yeux le ,la ,fonta9e de la musique4 ,il adore l'aimable ,corrge comme l',ario/e4 ,son admiration p\r ,ptr>que e/ s9cre1 celle qu'il a p\r ,dante me p>at un peu apprise3 dans ces p>ties leves et un peu pres1 c'e/ l'intellig5ce qui av]tit en lui le s5tim5t4 ,le fond de son gt et de sa s5sibilit e/ tel qu'on le peut att5dre d'un picuri5 dlicat3 ,quelle folie1 crit-il un ami de ,p>is en #ahad1 la f9 de ses ,lettres sur ,moz>t1 quelle folie de s'indign]1 de blm]1 de se r5dre hassant1 de s'occup] de ces gr&s intrts de politique qui ne n\s intress5t po9t6 ,que le roi de la ,*9e fasse p5dre t\s les philosophes2 que la ,norwge se donne une ,con/itution1 ou sage1 ou ridicule1 qu'e/ ce que cela n\s fait8 ,quelle dup]ie ridicule de pr5dre les s\cis de la gr&eur1 et seulem5t ses s\cis6 ,ce temps que v\s p]dez en va9es discussions compte dans votre vie2 la vieillesse arrive1 vos beaux j\rs s'c\l5t3 ,amiamo1 or qu&o1 etc4 ,et il rpte le refra9 voluptueux des j>d9s d',armide4 ,un j\r ,rome1 assis sur les degrs de l'glise de ,san ,pietro 9 ,montorio1 contemplant un magnifique c\*] de soleil1 il v9t song] qu'il allait avoir c9quante ans dans trois mois1 et il s'en affligea comme d'un s\da9 malheur4 ,il p5sait t\t fait comme ce pote grec1 que bi5 ins5s e/ l'homme qui pleure la p]te de la vie1 et qui ne pleure po9t la p]te de la jeunesse#h4 ,il n'avait pas cette doctr9e au/re et plus difficile qui lve et p]fectionne l'me en vieillissant1 celle que connur5t les ,dante1 les ,milton1 les ,haydn1 les ,bee?ov51 les ,p\ss91 les ,mi*el-,ange1 et qui1 n'y voir qu'une m?ode sublime1 s]ait encore un bi5fait4 #h ,il tait assez d'avis qu'on devrait ca*] la mort comme on ca*]ait une d]nire fonction messante de la vie4 ,beyle passa ,milan et en ,italie la plus gr&e p>tie des premires annes de la ,re/auration2 il y connut ,byron1 ,pellico1 un peu ,manzoni2 il comm5a y gu]roy] p\r la cause du romantisme tel qu'il le concevait4 ,en #ahag1 il publiait l',hi/oire de la ,pe9ture en ,italie1 ddie ,napolon4 ,il exi/e de cette ,ddicace deux v]sions1 l'une o se tr\ve le nom de l'exil de ,sa9te-,hlne1 l'autre1 plus nigmatique et plus obscure1 sans le nom2 dans les deux1 ,napolon y e/ trait en mon>que t\j\rs prs5t1 et ,beyle1 en ratta*ant au plus gr& des s\v]a9s exi/ants 7comme il le dsigne7 la *ane de ses ides1 pr\vait que1 dans l'ordre littraire et des arts1 c'tait une m>*e en avant1 non une raction contre l',empire1 qu'il prt5dait t5t]4 ,dans ces volumes agrables et d'une lecture v>ie1 ,beyle p>lait de la pe9ture et de mille autres *oses1 de l'hi/oire1 du g\v]nem5t1 des moeurs4 ,on reconnat en lui t\t le contraire de ce prov9cial dont il s'e/ moqu1 et dont la plus gr&e cra9te dans un salon e/ de se tr\v] seul de son avis4 ,beyle e/ volonti]s le contre-pi$ de cet homme-l3 il e/ contr>iant plaisir4 ,il aime en t\t tre d'un avis imprvu2 il ne supporte le conv5u en ri54 ,il n'a pas plus de foi qu'il ne faut au g\v]nem5t reprs5tatif2 il ne fait pas *orus avec les philosophes contre les ,jsuites1 et1 s'il avait t1 dit-il1 la place du pape1 il ne les aurait pas supprims4 ,il a des pr(essions de ma*iavlisme qui s5t5t l'abb ,galiani1 un des hommes 7avec le ,montesquieu des ,lettres p]sanes7 de qui il relve dans le pass4 ,il faudrait d'ailleurs l'arrt] *aque pas si l'on v\lait des explications4 ,a =ce de rompre avec le traditionnel1 il br\ille et entre *oque bi5 des *oses4 ,il n'entre pas dans la raison et dans le vrai de c]ta9s prjugs qui ne sont po9t p\r cela des erreurs4 ,il y a du taqu9 de beauc\p d'esprit *ez lui1 et qui a de gr&es po9tes de bon s5s1 mais des po9tes et des p]ces seulem5t4 ,il regrette surt\t l'ge d'or de l',italie1 celui des ,laur5t-le-,magnifique et des ,lon ,x1 les jeunes et beaux c>d9aux de dix-sept ans1 et le ca?olicisme d'avant ,lu!r1 si spl5dide1 si l'aise *ez soi1 si favorable l'pan\issem5t des beaux-arts2 il a le culte du beau et l'adoration de cette contre o1 la vue de t\t ce qui en e/ digne1 on prononce avec un acc5t qui ne s'ent5d po9t ailleurs3 ,o ,dio6 com' bello6 ,a t\t mom5t il a des ret\rs plus ou mo9s (f5sifs de notre ct1 du ct de la ,france4 ,il en veut mort aux ,la ,h>pe1 t\s les pr(esseurs de littrature et de gt1 qui prcism5t corromp5t le gt1 dit-il1 et qui1 en fait de plaisirs dramatiques1 vont jusque dans l'me du spectateur fauss] la s5sation4 ,il n\s accuse d'tre sujets l'eng\em5t1 et un eng\em5t prolong1 ce qui ti5t1 selon lui1 au manque de c>actre et ce qu'on a trop de vanit p\r os] tre soi-mme4 ,il n\s repro*e d'aim] dans les arts recevoir les op9ions t\tes faites1 les recettes commodes1 et les g>d] longtemps1 mme aprs que l'utilit d'un j\r en e/ passe#i4 ,la ,h>pe fut utile en #ahjj1 qu& presque t\t le monde1 aprs la ,rvolution1 eut son ducation refaire3 e/-ce une raison p\r t]nis] les jugem5ts rapides qu'on a reu de lui8 ,il va jusqu' accus] quelque "p ce trs judicieux et trs innoc5t ,la ,h>pe qui1 dit-il1 a appris la littrature c5t mille ,franais dont il a fait de mauvais juges1 d'avoir t\ff en revan*e deux ou trois hommes de gnie1 surt\t dans la prov9ce4 ,depuis que le rgne de ,la ,h>pe a cess et que t\tes les entraves ont disp>u1 comme on n'a ri5 vu sortir1 on ne croit plus ces deux ou trois hommes de gnie t\ffs4 #i ,je ne v\drais pas faire de rappro*em5t =c2 mais il m'e/ impossible de ne pas rem>qu] que ,beyle1 dans un ordre d'ides plus lg]1 ne fait autre *ose qu'adress] aux ,franais de ces repro*es que le comte ,joseph de ,mai/re leur adressait galem5t4 ,t\s les deux1 ils ont cela de commun de dire aux ,p>isi5s bi5 des durets1 ou mme des imp]t95ces1 et de song] beauc\p l'op9ion de ,p>is4 ,on comm5ce compr5dre quel a t le rle excitant de ,beyle dans les discussions littraires de ce temps-l4 ,ce rle a p]du beauc\p de son prix auj\rd'hui4 ,en littrature comme en politique1 on e/ gnralem5t r$ev5u prud5t et sage2 c'e/ qu'on a eu beauc\p de mcomptes4 ,on opposait sans cesse ,rac9e et ,%akespe>e2 les ,%akespe>e mod]nes ne sont pas v5us1 et ,rac9e1 ,corneille1 reproduits t\t d'un c\p1 un j\r1 p> une gr&e actrice1 ont rep>u aux yeux des gnrations dj oublieuses avec je ne sais quoi de n\veau et de rajeuni4 ,cela dit1 il faut1 p\r tre ju/e1 reconnatre que le ?tre mod]ne1 pris dans son ensemble1 n'a pas t sans mrite et sans valeur littraire2 les ?ories ont failli2 un gnie dramatique seul1 qui et bi5 u de t\tes ses =ces1 aurait pu leur donn] raison1 t\t en s'en passant4 ,ce gnie1 qu'il n'app>t5ait po9t la critique de crer1 a manqu l'appel2 des tal5ts se sont prs5ts en second ordre et ont m>* assez au has>d4 ,a l'heure qu'il e/1 de gu]re lasse1 une sorte de ,concordat a t sign entre les sy/mes contraires1 et les qu]elles ?oriques sembl5t puises3 l'av5ir re/e ouv]t1 et il l'e/ avec une t5due et une ampleur d'horizon qu'il n'avait c]tes pas en #ahbj1 au mom5t o les critiques comme ,beyle gu]royai5t p\r faire place nette et p\r conqurir au tal5t t\tes ses fran*ises4 ,ju/ice e/ donc d'accept] ,beyle son mom5t et de lui t5ir compte des s]vices qu'il a pu r5dre4 ,ce qu'il a fait en musique p\r la cause de ,moz>t1 de ,cim>osa1 de ,ross9i1 contre les ,pa]1 les ,b]ton et les matres jurs de la critique musicale d'alors1 il l'a fait en littrature contre les ,dussault1 les ,duvicquet1 les ,aug]1 les critiques de l'anci5 ,j\rnal des ,dbats1 de l'anci5 ,con/itutionnel1 et les oracles de l'anci5ne ,acadmie4 ,sa plus vive campagne e/ celle qu'il m5a en deux bro*ures ayant p\r titre3 ,rac9e et ,%akespe>e 7#ahbc-ahbe74 ,qu& je dis campagne et qu& je pr5ds les t]mes de gu]re1 je ne fais que suivre exactem5t sa p5se3 c> dans son sj\r ,milan1 ds #ahah1 je vois qu'il avait prlud ce projet d'attaque en traant une c>te du ?tre des oprations1 o tait reprs5te la position respective des deux armes1 dites classique et romantique4 ,l'arme romantique1 qui avait sa tte la ,revue d'dimb\rg et qui se composait de t\s les auteurs anglais1 de t\s les auteurs espagnols1 de t\s les auteurs allem&s1 et des romantiques itali5s 7quatre corps d'arme71 sans compt] ,mme de ,/al p\r auxiliaire1 tait campe sur la rive gau*e d'un fleuve qu'il s'agissait de pass] 7le fleuve de l',admiration publique71 et dont l'arme classique occupait la rive droite2 mais je ne veux pas entr] dans un dtail trs +nieux1 qui ne s'expliqu]ait bi5 que pice en ma91 et qui de lo9 rappelle trop la c>te de ,t5dre4 ,beyle1 depuis son ret\r en ,france1 tait sur la rive droite du fleuve et1 cette date1 en pays peu prs ennemi3 il s'en tira p> de h>dies esc>m\*es4 ,dans ses bro*ures1 il combat les deux units de lieu et de temps1 qui tai5t encore rig\reusem5t recomm&es2 il s'atta*e montr] que p\r des spectateurs qui vi5n5t aprs la ,rvolution1 aprs les gu]res de l',empire2 qui n'ont pas lu ,qu9tili51 et qui ont fait la campagne de ,mosc\1 il faut des cadres diffr5ts1 et plus l>ges que ceux qui conv5ai5t la noble socit de #afgj4 ,selon la df9ition qu'il en donne1 un auteur romantique n'e/ autre qu'un auteur qui e/ ess5tiellem5t actuel et vivant1 qui se con=me ce que la socit exige son heure2 le mme auteur ne devi5t classique qu' la seconde ou la troisime gnration1 qu& il y a dj des p>ties mortes en lui4 ,a9si1 d'aprs cette vue1 ,sophocle1 ,euripide1 ,corneille et ,rac9e1 t\s les gr&s criva9s1 en leur temps1 aurai5t t aussi romantiques que ,%akespe>e l'tait l'heure o il p>ut3 ce n'e/ que depuis qu'on a prt5du rgl] sur leur patron les productions dramatiques n\velles1 qu'ils s]ai5t dev5us classiques1 ou plutt1 ce sont les g5s qui les copi5t au lieu d'ouvrir les yeux et d'imit] la nature1 qui sont classiques en ralit4 ,t\t cela tait dit vivem5t et gaiem5t4 ,la tirade1 le v]s alex&r91 la p>tie descriptive1 pique1 ou de priphrase lgante1 qui entrait dans les tragdies du j\r1 faisai5t matire sa raill]ie4 ,il en v\lait p>ticulirem5t au v]s alex&r91 qu'il prt5dait n'tre s\v5t qu'un ca*e-sottise2 il v\lait un g5re clair1 vif1 simple1 allant droit au b4 ,il ne tr\vait que la prose qui pt s'y prt]4 ,c'tai5t donc des tragdies ou drames en prose qu'il appelait de t\s ses voeux4 ,il e/ rem>qu] qu'en fait de /yle1 =ce de le v\loir limpide et naturel1 ,beyle semblait en exclure la posie1 la c\leur1 ces images et ces expressions de gnie qui revt5t la passion et qui relv5t le langage des p]sonnes dramatiques1 mme dans ,%akespe>e1--et je dirai mieux1 surt\t dans ,%akespe>e4 ,en ne v\lant que des mots c\rts1 il t>issait le dveloppem5t1 le jet1 t\tes qualits qui sont trs naturelles aussi la passion dans les mom5ts o elle s'exhale et se rp& au dehors4 ,n\s avons eu1 depuis1 ce qui tait alors l'idal p\r ,beyle1 ces drames ou tragdies en prose qui dur5t plusieurs mois1 et dont les vnem5ts se pass5t en des lieux div]s2 et p\rtant ni ,corneille ni ,rac9e n'ont encore t surpasss4 ,c'e/ qu' tel jeu la recette de la critique ne suffit pas1 et il n'e/ que le gnie qui tr\ve son art4 ,que le ,ciel n\s envoie bi5tt un homme tal5t p\r faire une telle tragdie6 s'criait ,beyle4 ,n\s cont9uons de faire le mme voeu1 avec cette diffr5ce que1 lui1 il semblait accus] du ret>d tantt le ,g\v]nem5t d'alors avec sa c5sure1 et tantt le public franais avec ses susceptibilits3 ,c'e/ cep5dant ceux-ci1 disait-il des ,franais de #ahbe1 qu'il faut plaire1 ces tres si f9s1 si lg]s1 si susceptibles1 t\j\rs aux aguets1 t\j\rs en proie une motion fugitive1 t\j\rs incapables d'un s5tim5t pr(ond4 ,ils ne croi5t ri5 qu' la mode444 ,hlas6 n\s sommes bi5 rev5us de ces prises p>tie du public p> les auteurs4 ,ce public1 tel que n\s le connaissons auj\rd'hui1 ne s]ait pas si difficile sur son plaisir3 qu'on lui (fre seulem5t quelque *ose d'un peu vrai1 d'un peu t\*ant1 d'honnte1 de naturel et de pr(ond1 soit en v]s1 soit en prose1 et v\s v]rez comme il applaudira4 ,il y a deux p>ts trs di/9ctes dans t\te cette polmique de ,beyle si le/e et si cavalirem5t m5e4 ,qu& il ne fait que se pr5dre corps corps aux adv]saires du mom5t1 ceux qui p>l5t de ,%akespe>e sans le connatre1 de ,sophocle et d',euripide sans les avoir tudis1 d',homre p\r l'avoir lu en franais1 et dont t\te l'indignation classique ab\tit surt\t df5dre leurs propres oeuvres et les pices qu'ils font j\]1 il a raison1 dix fois raison4 ,il rit trs agrablem5t de ,m4 ,aug] qui a prononc une sance publique de l',acadmie les mots de s*isme et de secte4 ,t\s les ,franais qui s'avis5t de p5s] comme les romantiques sont donc des sectaires 7ce mot e/ odieux1 dit le ,dictionnaire de l',acadmie74 ,je suis un sectaire1 s'crie ,beyle2 et il dveloppe ce ?me trs gaiem5t1 en f9issant p> oppos] la li/e de l',acadmie d'alors une contre-li/e de noms qui la plup>t sont arrivs depuis l',in/itut1 qui n'en tai5t pas encore et que p\ssait la faveur du public4 ,voil le po9t triomphant et p> o il mettait les rieurs de son ct4 ,mais ds que ,beyle expose ses plans de tragdies en prose ou de comdies1 ds qu'il s'av5ture dans l'ide d'une cration n\velle1 il montre la difficult et trahit l'emb>ras4 ,sur la comdie surt\t1 il e/ en dfaut2 il nomme trop peu ,molire1 si vivant t\j\rs et si prs5t2 ,molire1 ce classique qui a si peu vieilli1 et qui fait autant de plaisir en #ahej qu'en #afgj4 ,il n'explique pas ce dm5ti que donne l'auteur des ,femmes savantes et du ,misan?rope cette ?orie d'une mort p>tielle *ez t\s les classiques4 ,il a s5ti depuis cette lacune1 et1 dans un ,supplm5t ses bro*ures qui n'a pas t encore imprim1 il *]*e rpondre l'objection4 ,l'objection subsi/e1 et1 s\s une =me plus gnrale1 il mrite qu'on la ma9ti5ne contre lui4 ,beyle ne crot pas assez dans les ,lettres ce qui ne vieillit pas1 l't]nelle jeunesse du gnie1 cette immortalit des oeuvres qui n'e/ pas un nom1 et qui ressemble celle que ,m9]ve1 *ez ,homre1 aprs le ret\r dans ,i?aque1 a rp&ue t\t d'un c\p sur son hros4 ,quoi qu'il en soit1 l'honneur d'avoir dtruit quelques-unes des prv5tions et des r\t9es qui s'opposai5t en #ahbj t\te innovation1 mme modre1 revi5t en p>tie ,beyle et aux critiques qui1 comme lui1 ont travaill notre ducation littraire4 ,il y travaillait sa manire1 non en n\s disant des d\ceurs et des flatt]ies comme la plup>t de nos matres d'alors1 mais en n\s h>celant et en n\s piquant d'pigrammes4 ,il et cra9t1 en combattant les ,la ,h>pe1 de leur ressembl]1 et il se faisait lg]1 vif1 p]sifleur1 un pur amateur au passage1 un g5tilhomme incognito qui crit et noircit du papi] p\r son plaisir4 ,comme critique1 il n'a pas fait de livre proprem5t dit2 t\s ses crits en ce g5re ne sont gure qu'un seul et mme ouvrage qu'on peut lire presque indiffremm5t n'importe quel *apitre1 et o il disp]se t\t ce qui lui vi5t d'ides neuves et d'ap]u4 ,le gt du vrai et du naturel qu'il met en avant a s\v5t1 de sa "p1 l'air d'une gageure2 c'e/ mo9s encore un gt t\t simple qu'une revan*e1 un gant jet aux dfauts d'al5t\r dont il e/ *oqu4 ,dans le ba9 russe1 au sortir d'une tide vapeur1 on se jette dans la neige1 et de la neige on se replonge dans l'tuve4 ,le brusque passage du g5re acadmique au g5re naturel1 tel que le pratique ,beyle1 me semble assez de cette espce-l4 ,il pr5d son disciple 7c> il en a eu7 et il le s\met cette viol5te preuve3 plus d'un tempram5t s'y e/ agu]ri4 ,je n'ai po9t p>l de son livre de l',am\r1 publi d'abord en #ahbb1 ni de bi5 d'autres crits de lui qui dat5t de ces annes4 ,dans une petite bro*ure1 publie en #ahbe 7,d'un n\veau ,complot contre les ,indu/riels71 il s'leva l'un des premi]s contre l'indu/rialisme et son triomphe exagr1 contre l'espce de palme que l'cole utilitaire se dc]nait elle-mme4 ,je n'entre pas dans le po9t p>ticuli] du dbat1 et je n'exam9e po9t s'il ent5dait p>faitem5t l'ide de l'cole sa9t-simoni5ne du ,producteur qu'il avait en vue alors2 je note seulem5t qu'il rev5diquait la "p t]nelle des s5tim5ts dv\s1 des belles *oses rputes inutiles1 de ce que les ,itali5s appell5t la virt4 ,auj\rd'hui il m'a suffi de donn] quelque ide de la nature des s]vices littraires que ,beyle n\s a r5dus4 ,aux sd5taires comme moi 7et il y en avait beauc\p alors71 il a fait connatre bi5 des noms1 bi5 des p>ticul>its trangres2 il a donn des dsirs de voir et de savoir1 et a piqu la curiosit p> ses demi-mots4 ,il a jet des citations familires de ces potes div9s de l',italie qu'on e/ honteux de ne po9t savoir p> coeur2 il avait cette jolie rudition que v\lait le pr9ce de ,ligne1 et qui sait les bons endroits4 ,longtemps je n'ai d qu' lui 7et qu& je dis je1 c'e/ p> mode/ie1 je p>le au nom de bi5 du monde7 le s5tim5t itali5 vif et non sol5nel1 sans sortir de ma *ambre4 ,il a rveill et /imul tant qu'il a pu le vieux fonds franais2 il a agac et taqu9 la p>esse nationale des lves de ,fontanes1 si ,fontanes a eu des lves4 ,tel1 s'il tait s9cre1 convi5drait qu'il lui a d des aiguillons2 on pr(itait de ses pigrammes plus qu'on ne lui en savait gr4 ,il n\s a t\s sollicits1 enf91 de sortir du c]cle acadmique et trop troitem5t franais1 et de n\s mettre plus ou mo9s au fait du dehors2 il a t un critique1 non p\r le public1 mais p\r les arti/es1 mais p\r les critiques eux-mmes3 ,cosaque encore une fois1 ,cosaque qui pique en c\rant avec sa lance1 mais ,cosaque ami et auxiliaire1 dans son rle de critique1 voil ,beyle4 ,aprs le critique1 dans ,beyle1 il faudrait p>l] du romanci]2 mais il y a quelque *ose dire du rle qui e/ peut-tre le si5 avant t\t1 et de la vocation o il a le plus excell3 ,beyle e/ un guide pntrant1 agrable et sr1 en ,italie4 ,des div]s ouvrages qu'il a publis et qui sont emport] en voyage1 on peut surt\t conseill] ses ,prom5ades dans ,rome2 c'e/ exactem5t la conv]sation d'un cic]one1 homme d'esprit et de vrai gt1 qui v\s indique en t\te occasion le beau1 assez p\r que v\s le s5tiez ensuite de v\s-mme si v\s en tes digne2 qui mle ce qu'il voit ses s\v5irs1 ses anecdotes1 fait au beso9 une digression1 mais c\rte1 in/ruit et n'ennuie jamais4 ,en face de cette nature o le climat e/ le plus gr& des arti/es1 ses ,prom5ades ont le mrite de donn] la note vive1 rapide1 leve2 lisez-les en voitur9 ou sur le pont d'un bateau vapeur1 ou le soir aprs avoir vu ce que l'auteur a indiqu1 v\s y tr\vez l'impression vraie1 idale1 itali5ne ou grecque3 il a des clairs de s5sibilit naturelle et d'att5drissem5t s9cre1 qu'il sec\e vite1 mais qu'il communique4 ,les dfauts de ,beyle n'en sont plus qu& on le pr5d de la sorte l'tat de voyageur et qu'on use de lui p\r compagnon4 ,en #ahbi1 il avait dj visit ,rome six fois4 ,nomm1 aprs ,juillet #ahcj1 consul ,trie/e d'abord1 puis1 sur le refus de l'exequatur p> l',autri*e1 consul ,civita-,vec*ia1 il tait dev5u dans les d]nires annes un habitant de ,rome4 ,en ret\rnant en ,italie aprs cette ,rvolution de ,juillet1 il ne l'avait plus retr\ve t\t fait la mme3 ,l',italie1 crivait-il de ,civita-,vec*ia en dcembre #ahcd1 n'e/ plus comme je l'ai adore en #ahae2 elle e/ am\reuse d'une *ose qu'elle n'a pas4 ,les beaux-arts1 p\r lesquels seuls elle e/ faite1 ne sont plus qu'un pis-all]3 elle e/ pr(ondm5t humilie1 dans son am\r-propre excessif1 de ne pas avoir une robe lilas comme ses soeurs anes la ,france1 l',espagne1 le ,portugal4 ,mais1 si elle l'avait1 elle ne p\rrait la port]4 ,avant t\t1 il faudrait v+t ans de la v]ge de f] d'un ,frdric ,,ii p\r p5dre les assass9s et emprisonn] les voleurs4 ,il cont9ua d'aim] l',italie qui tait selon son coeur1 l',italie des arts et sans la politique4 ,il avait c\tume de dire que la politique int]v5ant t\t c\p dans une conv]sation agrable et ds9tresse1 ou dans une oeuvre littraire1 lui faisait l'effet d'un c\p de pi/olet dans un conc]t4 ,t\s ceux qui sont alls ,rome dans les annes o il tait consul ,civita-,vec*ia ont pu connatre ,beyle1 et la plup>t ont eu pr(it] de ses indications et de ses lumires2 ce n>quois et ce railleur arm d'ironie tait le plus obligeant des hommes4 ,il avait beau dire du mal des ,franais2 qu& il y avait longtemps qu'il n'en avait vu un1 et que le n\veau db>qu ,civita-,vec*ia s'adressait lui 7s'il le tr\vait homme d'esprit71 combi5 il tait heureux de se ddommag] de son ab/95ce =ce p> des conv]sations sans f96 ,il l'accompagnait ,rome et dev5ait volonti]s un cic]one en p]sonne4 ,dans un voyage que fit en ,italie le savant ,m4 ,victor ,le ,cl]c et dont tait le spirituel ,ampre1 ,beyle1 qui tait de la p>tie p\r la campagne roma9e1 gayait les autres1 *aque pas1 de ses saillies1 et excellait surt\t mettre ses doctes compagnons en rapport avec l'esprit des g5s du pays3 ,le ,ciel1 disait-il1 m'a donn le tal5t de me faire bi5 v5ir des paysans4 ,sa prompte et gaill>de accortise1 sa taille dj ronde et la ,silne1 je ne sais quel air satyresque qui relevait son propos1 t\t cela russissait m]veille auprs des v5dangeurs1 des moissonneurs1 des jeunes filles qui allai5t puis] l'eau aux fonta9es de ,tivoli comme du temps d',horace4 ,et ce mme homme qui aurait j\ au naturel dans un mime antique1 tait celui qui s5tait si bi5 le gr& et le sublime s\s la c\pole de ,sa9t-,pi]re4 ,je dis surt\t les qualits de l'homme di/+u dont je p>le2 p]sonne ne ni]a1 en effet1 qu'il n'et celles-l#aj4 #aj ,quelqu'un a dit de ,beyle3 ,c'e/ le meilleur des t\ri/es1 l'homme qui fait le mo9s l',it9raire ,jrusalem4 ,ce n'e/ pas seulem5t en ,italie que ,beyle a t un guide1 il a donn en #ahch deux volumes d'un voyage en ,france s\s le titre de ,mmoires d'un ,t\ri/e3 un commis m>*& comme il y en a peu e/ c5s avoir pris ces notes dont la suite =me un j\rnal assez v>i et amusant4 ,beyle n'y e/ plus cep5dant sur son t]ra92 on l'y s5t un peu novice sur cette t]re gauloise2 qu& il se met p>l] antiquits ou art go?ique1 on s'ap]oit qu'il vi5t1 l'anne prcd5te1 de faire un t\r de ,france avec ,m4 ,mrime1 dont il a pr(it cette fois et de qui1 sur ce po9t1 il ti5t sa leon4 ,p\rtant1 p\r qui sait lire1 il y a de jolies *oses comme p>t\t avec lui1 et des ap]u d'homme d'esprit qui font p5s]4 ,p> exemple1 sur la r\te de ,langres ,dijon1 il r5contre une petite coll9e c\v]te de bois qui1 vu le paysage d'al5t\r1 e/ d'un gr& effet et en*ante le reg>d3 ,quel effet1 se dit ,beyle1 ne f]ait pas ici le mont ,v5t\x ou la mo9dre des montagnes mprises dans les environs de la fonta9e de ,vaucluse6 ,et il cont9ue rv]1 suppos]3 ,p> malheur1 se dit-il1 il n'y a pas de hautes montagnes auprs de ,p>is3 si le ,ciel et donn ce pays un lac et une montagne passables1 la littrature franaise s]ait bi5 autrem5t pittoresque4 ,dans les beaux temps de cette littrature1 c'e/ pe9e si ,la ,bruyre1 qui a p>l de t\tes *oses1 ose dire un mot en passant de l'impression pr(onde qu'une vue comme celle de ,pau ou de ,cras en ,dauph9 laisse dans c]ta9es mes4 ,une fois sur le *apitre pittoresque1 songeant surt\t aux j>d9s anglais1 ,beyle le fait v5ir d',anglet]re comme les bonnes dilig5ces et les bateaux vapeur3 le pittoresque littraire1 il l'oublie1 n\s e/ surt\t v5u de ,suisse et de ,r\sseau2 mais ce qui e/ joli et f9 littrairem5t1 c'e/ la rem>que qui suit3 ,la premire trace d'att5tion aux *oses de la nature que j'aie tr\ve dans les livres qu'on lit1 c'e/ cette range de saules s\s laquelle se rfugie le duc de ,nem\rs1 rduit au dsespoir p> la belle df5se de la pr9cesse de ,clves4 ,mme en rectifiant et en contr$isant ces manires de dire trop exclusives1 on arrive des ides qu'on n'aurait pas eues autrem5t et en suivant le gr& *em9 battu des criva9s ord9aires4 ,sur ,did]ot1 propos de ,langres sa patrie2 sur ,ri\ffe1 en passant ,dijon o il fut prfet2 sur les bords ravissants de la ,sane en appro*ant de ,lyon2 sur l'endroit o ,r\sseau y passa la nuit la belle toile en ent5dant le rossignol2 sur cet autre endroit o probablem5t1 selon lui1 ,mme ,rol&1 avant la ,rvolution1 avait son petit doma9e1 ,mme ,rol& que ,beyle ne nomme pas et qu'il dsigne simplem5t la femme que je respecte le plus au monde2 sur ,montesquieu dont le /yle e/ une fte p\r l'esprit2 sur une f\le de sujets famili]s ou curieux1 il y a de ces ri5s qui ont du prix p\r ceux qui prfr5t un mot vif et s5ti une phrase ou mme une page l'avance prvue4 ,a la f9 du tome ,,ii1 le ,dauph9 e/ trait p> l'auteur avec une complaisance p>ticulire3 ,beyle n'e/ pas +rat p\r sa belle prov9ce2 il en rappelle t\tes les gloires1 surt\t l'illu/re ,lesdiguires1 le reprs5tant et le type du c>actre dauph9ois1 brave1 f91 et jamais dupe4 ,beyle ti5t =t ce d]ni] trait qui e/1 lui1 sa prt5tion3 ,lesdiguires1 ce f9 r5>d1 dit-il1 comme l'appelait le duc de ,savoie1 habitait ord9airem5t ,vizille1 et y btit un *teau444 ,au-dessus de la porte pr9cipale1 on voit sa /atue que/re en bronze2 c'e/ un bas-relief4 ,de lo91 les portraits de ,lesdiguires ressembl5t ceux de ,l\is ,,xiii2 mais1 en appro*ant1 la figure belle et vide du faible fils de ,h5ri ,,iv fait place la physionomie a/ucieuse et s\riante du gr& gnral dauph9ois1 qui fut d'ailleurs un des plus beaux hommes de son temps4 ,les s\v5irs de #ahae et du ret\r de l'le d',elbe y sont raconts avec dtail et avec le feu d'un contempora9 et presque d'un tmo93 le pass *eval]esque y e/ s5ti avec noblesse4 ,sur les bords de l',isre1 ap]cevant les ru9es du *teau ,bay>d3 ,ici naquit ,pi]re ,du ,t]rail1 cet homme si simple1 dit ,beyle1 qui1 comme le m>quis de ,posa de ,s*ill]1 semble app>t5ir p> l'lvation et la srnit de l'me un sicle plus avanc que celui o il vcut4 ,mais p\rquoi1 la page suivante1 en visitant le *teau de ,t5c91 ,beyle1 v5ant nomm] le c>d9al ,dubois1 t5te-t-il en deux mots une rhabilitation qui crie3 ,la ,france l'admir]ait1 dit-il de ce c>d9al1 s'il ft n gr& seigneur8 ,dubois en reg>d de ,bay>d6 ces disp>ates et ces dsaccords d'ides se f]ont bi5 plus s5tir encore qu& ,beyle v\dra crer p\r son compte des p]sonnages4 ,romanci]1 ,beyle a eu un c]ta9 succs4 ,je vi5s de relire la plup>t de ses romans4 ,le premi] en date fut ,armance ou quelques ,scnes d'un ,salon de ,p>is1 publi en #ahbg4 ,armance ne russit pas et fut peu comprise4 ,la du*esse de ,duras avait rcemm5t compos d'agrables romans ou n\velles qui avai5t t trs gts dans le gr& monde2 elle avait de plus fait lecture1 dans son salon1 d'un petit rcit non publi qui avait p\r titre ,olivi]4 ,cette lecture1 plus ou mo9s fidlem5t rapporte1 excita les imag9ations au dehors1 et il y eut une sorte de conc\rs malicieux sur le sujet qu'on supposait tre celui d',olivi]4 ,beyle1 aprs ,lat\*e1 eut le tort de s'ex]c] sur ce ?me impossible racont] et peu agrable compr5dre4 ,son ,octave1 jeune homme ri*e1 blas1 ennuy1 d'un esprit suprieur1 n\s dit-on1 mais capricieux1 inapplicable et ne sa*ant que faire s\ffrir ceux dont il s'e/ fait aim]1 ne russit qu' tre odieux et impati5tant p\r le lecteur4 ,les salons que l'auteur avait en vue n'y sont pas pe9ts avec vrit1 p> la raison trs simple que ,beyle ne les connaissait pas4 ,il y avait encore s\s la ,re/auration une ligne de dm>cation dans le gr& monde2 n'allait pas dans le faub\rg ,sa9t-,g]ma9 qui v\lait2 ceux que leur naissance n'y in/allait po9t t\t d'abord n'y tai5t pas introduits1 comme depuis1 sur la seule tiquette de leur esprit4 ,m4 de ,balzac et d'autres1 leur heure1 n'ont eu qu' dsir] p\r y tre admis3 avant #ahcj c'tait matire ngociations1 et1 mo9s d'tre d'un c]ta9 co9 politique1 on n'y p>v5ait pas4 ,beyle1 qui vivait dans des salons *>mants1 littraires et autres#aa1 a donc p>l de ceux du faub\rg ,sa9t-,g]ma9 comme on p>le d'un pays inconnu o l'on se figure des mon/res2 les p]sonnes p>ticulires qu'il a eues en vue 7dans le portrait de ,mme de ,bonnivet1 p> exemple7 ne sont nullem5t ressemblantes2 et ce roman1 nigmatique p> le fond et sans vrit dans le dtail1 n'annonait nulle inv5tion et nul gnie4 #aa ,*ez ,mme ,pa/a1 *ez ,mlle ,s*iasetti1 des ,itali5s1 celle qui fut la gr&e passion de ,victor ,jacquemont1 *ez ,mme ,ancelot1 *ez ,m4 ,cuvi]1 etc4 ,le ,r\ge et le ,noir1 intitul a9si on ne sait trop p\rquoi1 et p> un emblme qu'il faut dev9]1 devait p>atre en #ahcj1 et ne fut publi que l'anne suivante2 c'e/ du mo9s un roman qui a de l'action4 ,le premi] volume a de l'intrt1 malgr la manire et les invraisemblances4 ,l'auteur veut pe9dre les classes et les p>tis d'avant #ahcj4 ,il n\s (fre d'abord la vue d'une jolie petite ville de ,fran*e-,comt avec son maire royali/e1 homme important1 ri*e1 mdiocrem5t sot1 qui a une jolie femme simple et deux beaux enfants2 il s'agit p\r lui d'avoir un prcepteur domicile1 af9 de faire pice un rival de l'endroit dont les enfants n'en ont pas4 ,le petit prcepteur qu'on *oisit1 ,juli51 fils d'un m5uisi]1 enfant de dix-neuf ans1 qui sait le lat9 et qui tudie p\r tre prtre1 se prs5te un mat9 la grille du j>d9 de ,m4 de ,rnal 7c'e/ le nom du maire71 avec une *emise bi5 blan*e1 et portant s\s le bras une ve/e =t propre de rat9e violette4 ,il e/ reu p> ,mme de ,rnal1 un peu tonne d'abord que ce soit l le prcepteur que son m>i ait *oisi p\r ses enfants4 ,il arrive que ce petit ,juli51 tre s5sible1 passionn1 n]veux1 ambitieux1 ayant t\s les vices d'esprit d'un ,jean-,jacques enfant1 n\rrissant l'envie du pauvre contre le ri*e et du protg contre le puissant1 s'ins9ue1 se fait aim] de la mre1 ne s'atta*e en ri5 aux enfants1 et ne vise bi5tt qu' une seule *ose1 faire acte de =ce et de v5geance p> vanit et p> orgueil en t\rm5tant cette pauvre femme qu'il sduit et qu'il n'aime pas1 et en d%onorant ce m>i qu'il a en ha9e comme son suprieur4 ,il y a l une ide4 ,beyle1 au fond1 e/ un esprit ari/ocratique3 un j\r1 la vue des lections1 il s'tait dem& si cette habitude lectorale n'allait pas n\s oblig] faire la c\r aux d]nires classes comme en ,amrique3 ,en ce cas1 s'crie-t-il1 je devi5s bi5 vite ari/ocrate4 ,je ne veux faire la c\r p]sonne1 mais mo9s encore au peuple qu'au m9i/re4 ,beyle e/ donc trs frapp de cette disposition faire son *em91 qui lui semble dsormais l'unique passion s*e de la jeunesse in/ruite et pauvre1 passion qui dom9e et dt\rne son pr(it les entranem5ts mmes de l'ge3 il la p]sonnifie avec assez de vrit au db dans ,juli54 ,il avait p\r ce comm5cem5t de roman un exemple prcis1 m'assure-t-on1 dans quelqu'un de sa connaissance1 et1 tant qu'il s'y e/ t5u d'assez prs1 il a pu p>atre vrai4 ,la prompte introduction de ce jeune homme timide et honteux dans ce monde p\r lequel il n'avait pas t lev1 mais qu'il convoitait de lo92 ce t\r de vanit qui fausse en lui t\s les s5tim5ts1 et qui lui fait voir1 jusque dans la t5dresse t\*ante d'une faible femme1 bi5 mo9s cette t5dresse mme qu'une occasion (f]te p\r la prise de possession des lgances et des j\issances d'une ca/e suprieure2 cette tyrannie mprisante laquelle il arrive si vite env]s celle qu'il devrait s]vir et honor]2 l'illusion prolonge de cette fragile et intressante victime1 ,mme de ,rnal3 t\t cela e/ bi5 r5du ou du mo9s le s]ait1 si l'auteur avait un peu mo9s d'inquitude et d'pigramme dans la manire de racont]4 ,le dfaut de ,beyle comme romanci] e/ de n'tre v5u ce g5re de composition que p> la critique1 et d'aprs c]ta9es ides antrieures et prconues2 il n'a po9t reu de la nature ce tal5t l>ge et fcond d'un rcit dans lequel entr5t l'aise et se meuv5t ensuite1 selon le c\rs des *oses1 les p]sonnages tels qu'on les a crs2 il =me ses p]sonnages avec deux ou trois ides qu'il croit ju/es et surt\t piquantes1 et qu'il e/ occup t\t mom5t rappel]4 ,ce ne sont pas des tres vivants1 mais des automates +nieusem5t con/ruits2 on y voit1 presque *aque m\vem5t1 les ressorts que le mcanici5 introduit et t\*e p> le dehors4 ,dans le cas prs5t1 dans le ,r\ge et le ,noir1 ,juli51 avec les deux ou trois ides fixes que lui a donnes l'auteur1 ne p>at plus bi5tt qu'un petit mon/re odieux1 impossible1 un sclrat qui ressemble un ,robespi]re jet dans la vie civile et dans l'intrigue dome/ique3 il f9it en effet p> l'*afaud4 ,le tableau des p>tis et des cabales du temps1 que l'auteur a v\lu pe9dre1 manque aussi de cette suite et de cette modration dans le dveloppem5t qui peuv5t seules donn] ide d'un vrai tableau de moeurs4 ,le dirai-je8 avoir trop vu l',italie1 avoir trop compris le ,x,ve sicle roma9 ou flor5t91 avoir trop lu ,ma*iavel1 son ,pr9ce et sa vie de l'habile tyran ,ca/ruccio1 a nui ,beyle p\r compr5dre la ,france et p\r qu'il pt lui prs5t] de ces tableaux dans les ju/es conditions qu'elle aime et qu'elle applaudit4 ,p>faitem5t honnte homme et homme d'honneur dans son procd et ses actions1 il n'avait pas1 en crivant1 la mme mesure morale que n\s2 il voyait de l'hypocrisie l o il n'y a qu'un s5tim5t de conv5ance lgitime et une obs]vation de la nature raisonnable et honnte1 telle que n\s la v\lons retr\v] mme trav]s les passions4 ,dans les n\velles ou romans qui ont des sujets itali5s1 il a mieux russi4 ,p5dant son sj\r dans l'tat roma91 t\t en faisant des f\illes et en dt]rant des vases noirs qui ont #bgjj ans1 ce qu'ils dis5t 7je d\te l1 comme ailleurs1 aj\tait-il71 il avait mis ses conomies a*et] le droit de faire des copies dans des ar*ives de famille g>des avec une jal\sie extrme1 et d'autant plus gr&e que les possesseurs ne savai5t pas lire3 ,j'ai donc1 disait-il1 huit volumes 9-folio 7mais page crite d'un seul ct7 p>faitem5t vrais1 crits p> les contempora9s en demi-j>gon4 ,qu& je s]ai de n\veau pauvre diable1 vivant au quatrime tage1 je traduirai cela fidlem5t2 la fidlit1 suivant moi1 en fait t\t le mrite4 ,il se dem&ait s'il p\rrait intitul] ce recueil3 ,hi/oriettes roma9es1 fidlem5t traduites des rcits crits p> les contempora9s1 de #adjj #afej4 ,son scrupule 7c> il en avait comme puri/e7 tait de savoir si l'on p\vait dire hi/oriette d'un rcit tragique4 ,l',abbesse de ,ca/ro1 publie d'abord dans la ,revue des ,deux ,mondes 7fvri] et m>s #ahci71 app>t5ait probablem5t cette srie d'hi/oriettes sombres et sanglantes4 ,l'auteur ou le traducteur se plat tr\v] dans l'am\r d',hlne p\r ,jules ,branci=te un de ces am\rs passionns qui n'exi/5t plus1 selon lui1 en #ahch1 et qu'on tr\v]ait =t ridicules si on les r5contrait2 am\rs qui se n\rriss5t de gr&s sacrifices1 ne peuv5t subsi/] qu'environns de my/re1 et se tr\v5t t\j\rs vois9s des plus affreux malheurs4 ,beyle *]*e a9si dans le roman une pice l'appui de son anci5ne et con/ante ?orie1 qui lui avait fait dire3 ,l'am\r e/ une fleur dlicieuse1 mais il faut avoir le c\rage d'all] la cueillir sur les bords d'un prcipice affreux4 ,ce g5re brig& et ce g5re roma9 e/ bi5 saisi dans l',abbesse de ,ca/ro2 cep5dant on s5t que1 littrairem5t1 cela devi5t un g5re comme un autre1 et qu'il n'en faut pas abus]4 ,dans une autre n\velle de lui1 ,san ,francesco a ,ripa1 imprime depuis sa mort 7,revue des ,deux ,mondes1 #a;er juillet #ahdg71 je tr\ve encore une hi/oriette de passion roma9e1 dont la scne e/1 cette fois1 au comm5cem5t du ,x,v,i,i,ie sicle2 la jal\sie d'une jeune pr9cesse du pays s'y v5ge de la lgret d'un ,franais infidle et galant3 le rcit y e/ vif1 cru et brusqu4 ,il y a pr(usion1 la f91 de balles et de c\ps de tromblon qui tu5t l'infidle a9si que son valet de *ambre3 ils tai5t p]cs de plus de v+t balles *acun1 tant on avait peur de manqu] le matre4 ,dans le g5re plus classique de ,didon et d',ariane1 dans les romans du ton et de la c\leur de la ,pr9cesse de ,clves1 on prodigue mo9s les balles et les c\ps mortels1 on a les pla9tes du monologue1 les p5ses dlicates1 les nuances du s5tim5t2 qu& on a p\ss b\t l'un des g5res1 on passe volonti]s l'autre p\r se remettre en gt2 mais1 abus p\r abus1 un c]ta9 excs potique de t5dresse et d'effusion dans le langage e/ encore celui dont on se lasse le mo9s4 ,la ,*>treuse de ,p>me 7#ahci7 e/ de t\s les romans de ,beyle celui qui a donn quelques p]sonnes la plus gr&e ide de son tal5t dans ce g5re4 ,le db e/ ple9 de grce et d'un vrai *>me4 ,on y voit ,milan depuis #agif1 poque de la premire campagne d',italie1 jusqu'en #ahac1 la f9 des beaux j\rs de la ,c\r du pr9ce ,eugne4 ,c'e/ une ide heureuse que celle de ce jeune ,fabrice1 en?\sia/e de la gloire1 qui1 la n\velle du db>quem5t de ,napolon en #ahae1 se sauve de *ez son pre avec l'agrm5t de sa mre et de sa tante p\r all] combattre en ,france s\s les aigles rep>ues4 ,son odysse biz>re a p\rtant beauc\p de naturel2 il exi/e en anglais un livre qui a donn ,beyle son ide3 ce sont les ,mmoires d'un soldat du #ga;e rgim5t qui a assi/ la bataille de ,vittoria sans y ri5 compr5dre1 peu prs comme ,fabrice assi/e celle de ,wat]loo en se dem&ant aprs si c'e/ bi5 une bataille qu'il s'e/ tr\v et s'il peut dire qu'il se soit rellem5t battu4 ,beyle a comb9 avec les s\v5irs de sa lecture d'autres s\v5irs p]sonnels de sa jeunesse1 qu& il p>tait *eval de ,g5ve p\r assi/] la bataille de ,m>5go4 ,j'aime beauc\p ce comm5cem5t2 je n'en dirai pas autant de ce qui suit4 ,le roman e/ mo9s un roman que des ,mmoires sur la vie de ,fabrice et de sa tante1 ,mme de ,pietran]a1 dev5ue du*esse de ,sansev]9a4 ,la morale itali5ne1 dont ,beyle abuse un peu1 e/ dcidm5t trop lo9 de la ntre4 ,fabrice1 d'aprs ses dbuts et son clair d'en?\siasme en #ahae1 p\vait dev5ir un de ces ,itali5s di/+us1 de ces libraux ari/ocrates1 nobles amis d'une rgnration peut-tre impossible1 mais t5ant p> leurs voeux1 p> leurs tudes et p> la gnrosit de leurs dsirs1 ce qui n\s lve en ide et ce que n\s compr5ons 7,santa-,rosa1 ,ces>e ,balbo1 ,capponi74 ,mais ,beyle1 en posant a9si son hros1 aurait eu trop peur de retomb] dans le lieu commun d'en de des ,alpes4 ,il a fait de ,fabrice un ,itali5 de pur sang1 tel qu'il le conoit1 de/9 sans vocation dev5ir ar*evque1 bi5tt coadjuteur1 mdiocrem5t et mollem5t spirituel1 lib]t91 faible 7l*e1 on peut dire71 c\rant *aque mat9 la *asse du bonheur ou du plaisir1 am\reux d'une ,m>ietta1 comdi5ne de campagne1 s'affi*ant avec elle sans honte1 sans g>ds p\r lui-mme et p\r son tat1 sans dlicatesse p\r sa famille et p\r cette tante qui l'aime trop4 ,je sais bi5 que ,beyle a pos en pr9cipe qu'un ,itali5 pur ne ressemble en ri5 un ,franais et n'a pas de vanit1 qu'il ne fe9t pas l'am\r qu& il ne le ress5t pas1 qu'il ne *]*e ni plaire1 ni tonn]1 ni p>atre1 et qu'il se cont5te d'tre lui-mme en lib]t2 mais ce que ,fabrice e/ et p>at dans presque t\t le roman1 malgr son visage et sa jolie t\rnure1 e/ =t laid1 =t plat1 =t vulgaire2 il ne se conduit nulle "p comme un homme1 mais comme un animal livr ses apptits1 ou un enfant lib]t9 qui suit ses caprices4 ,aucune morale1 aucun pr9cipe d'honneur3 il e/ seulem5t dt]m9 ne pas simul] de l'am\r qu& il n'en a pas2 de mme qu' la f91 qu& cet am\r lui e/ v5u p\r ,cllia1 la fille du tri/e gnral ,fabio ,conti1 il y sacrifi]a t\t1 mme la dlicatesse et la reconnaissance env]s sa tante4 ,beyle1 dans ses crits antrieurs1 a donn une df9ition de l'am\r passionn qu'il attribue presque en propre l',itali5 et aux natures du ,midi3 ,fabrice e/ un p]sonnage l'appui de sa ?orie2 il le fait sortir *aque mat9 la re*]*e de cet am\r1 et ce n'e/ que t\t la f9 qu'il le lui fait pr\v]2 celui-ci alors y sacrifie t\t1 comme du re/e il faisait prcdemm5t au plaisir4 ,les jolies descriptions de paysage1 les vues si bi5 prs5tes du lac de ,cme et de ses environs1 ne saurai5t p> leur cadre et leur reflet ennoblir un p]sonnage si peu digne d'intrt1 si peu =m p\r l'honneur1 et si prt t\t faire1 mme assass9]1 p\r son utilit du mom5t et sa passion4 ,il y a un mom5t o ,fabrice tue quelqu'un1 en effet2 il e/ vrai que1 cette fois1 c'e/ son corps df5dant4 ,il se bat d'une manire assez ignoble sur la gr&e r\te avec un c]ta9 ,giletti1 comdi5 et protecteur de la ,m>ietta dont ,fabrice e/ l'ami de *oix4 ,s'il fallait discut] la vraisemblance de l'action dans le roman1 on p\rrait se dem&] comm5t il se fait que cet accid5t de gr&e r\te ait une si s+ulire influ5ce sur la de/9e future de ,fabrice2 on dem&]ait p\rquoi celui-ci1 ami 7ou qui peut se croire tel7 du pr9ce de ,p>me et de son premi] m9i/re1 coadjuteur et trs en crdit dans ce petit tat1 pr5d la fuite comme un malfaiteur1 p>ce qu'il lui e/ arriv de tu] devant tmo9s1 en se df5dant1 un comdi5 de bas tage qui l'a m5ac et attaqu le premi]4 ,la conduite de ,fabrice1 sa fuite extravagante1 et les consqu5ces que l'auteur en a tires1 s]ai5t inexplicables si l'on *]*ait1 je le rpte1 la vraisemblance et la suite dans ce roman1 qui n'e/ gure d'un b\t l'autre 7j'en excepte le comm5cem5t7 qu'une spirituelle masc>ade itali5ne4 ,les scnes de passion1 dont quelques-unes sont assez belles1 entre la du*esse tante de ,fabrice et la jeune ,cllia1 ne ra*t5t qu' demi ces impossibilits qui saut5t aux yeux et qui heurt5t le bon s5s4 ,la "p de vrit de dtail1 qui peut y tre mle1 ne me f]a jamais pr5dre ce monde-l p\r autre *ose que p\r un monde de fantaisie1 fabriqu t\t autant qu'obs]v p> un homme de beauc\p d'esprit qui fait1 sa manire1 du m>ivaudage itali54 ,l'affectation et la grimace du g5re se m>qu5t de plus en plus en avanant4 ,au sortir de cette lecture1 j'ai beso9 de relire quelque roman t\t simple et t\t uni1 d'une bonne et l>ge nature huma9e1 o les tantes ne soi5t pas prises de leurs neveux1 o les coadjuteurs ne soi5t pas aussi lib]t9s et aussi hypocrites que ,retz p\vait l'tre dans sa jeunesse1 et beauc\p mo9s spirituels2 o l'empoisonnem5t1 la tromp]ie1 les lettres anonymes1 t\tes les noirceurs1 ne soi5t pas les moy5s ord9aires et accepts comme indiffr5ts2 o1 s\s prtexte d'tre simple et de fuir l'effet1 on ne me jette pas dans des complications incroyables et dans mille ddales plus effrayants et plus tortueux que ceux de l'antique ,crte4 ,depuis que ,beyle taqu9e la ,france et les s5tim5ts que n\s portons dans notre littrature et dans notre socit1 il m'a pris plus d'une fois envie de la df5dre4 ,une de ses gr&es ?ories1 et d'aprs laquelle il a crit ensuite ses romans1 c'e/ qu'en ,france l'am\r e/ peu prs inconnu2 l'am\r digne de ce nom1 comme il l'ent5d1 l'am\r-passion et maladie1 qui1 de sa nature1 e/ quelque *ose de t\t fait "p1 comme l'e/ la cri/allisation dans le rgne m9ral 7la comp>aison e/ de lui73 mais qu& je vois ce que devi5t s\s la plume de ,beyle et dans ses rcits cet am\r-passion *ez les tres qu'il semble n\s propos] p\r exemple1 *ez ,fabrice qu& il e/ atte9t f9alem5t1 *ez l'abbesse de ,ca/ro1 *ez la pr9cesse ,campobasso1 *ez ,m9a de ,wangel 7autre n\velle de lui71 j'en revi5s aim] et honor] l'am\r la franaise1 mlange d'attrait physique sans d\te1 mais aussi de gt et d'incl9ation morale1 de galant]ie dlicate1 d'e/ime1 d'en?\siasme1 de raison mme et d'esprit1 un am\r o il re/e un peu de s5s commun1 o la socit n'e/ pas oublie entirem5t1 o le devoir n'e/ pas sacrifi l'aveugle et ignor4 ,paul9e1 dans ,corneille1 me reprs5te bi5 l'idal de cet am\r1 o il entre des s5tim5ts div]s1 et o l'lvation et l'honneur se font ent5dre4 ,on en tr\v]ait1 en desc5dant1 d'autres exemples compatibles avec l'agrm5t et une c]ta9e dc5ce dans la vie1 am\r ou liaison1 ou atta*em5t respectueux et t5dre1 peu importe le nom#ab4 ,l'am\r-passion1 tel que me l'ont pe9t dans ,mde1 dans ,phdre ou dans ,didon1 des *antres immortels1 e/ t\*ant voir grce eux1 et j'en admire le tableau3 mais cet am\r-passion1 dev5u sy/matique *ez ,beyle1 m'impati5te2 cette espce de maladie animale1 dont ,fabrice e/ l'idal la f9 de sa c>rire1 e/ =t laide et n'a ri5 d'attrayant dans sa conclusion hbte4 ,qu& on a lu cela1 on revi5t t\t naturellem5t1 ce me semble1 en fait de compositions romanesques1 au g5re franais1 ou du mo9s un g5re qui soit l>ge et ple9 dans sa ve9e2 on dem&e une "p de raison1 d'motion sa9e1 et une simplicit vritable telle que l'(fr5t l'hi/oire des ,fiancs de ,manzoni1 t\t bon roman de ,walt] ,scott1 ou une adorable et vraim5t simple n\velle de ,xavi] de ,mai/re4 ,le re/e n'e/ que l'ouvrage d'un homme d'esprit qui se fatigue comb9] et li] des p>adoxes d'analyse piquants et imprvus1 auxquels il donne des noms d'hommes2 mais les p]sonnages n'ont po9t pris vritablem5t naissance dans son imag9ation ou dans son coeur1 et ils ne viv5t pas4 #ab ,j'aime me reprs5t] cet am\r franais ou cette amiti t5dre1 dans ses div]sits de nuances1 p> les noms de ,mme de ,la ,fayette1 de ,mme de ,caylus1 de ,mme d',h\detot1 de ,mme d'p9ay1 de ,mme de ,beaumont1 de ,mme de ,cu/9e2 jamais la grce n'y e/ abs5te4 ,on voit combi5 je suis lo91 l'g>d de la ,*>treuse de ,beyle1 de p>tag] l'en?\siasme de ,m4 de ,balzac4 ,celui ci a t\t simplem5t p>l de ,beyle romanci] comme il aurait aim ce qu'on p>lt de lui-mme3 mais lui1 du mo9s1 il avait la facult de concevoir d'un jet et de faire vivre c]ta9s tres qu'il lanait ensuite dans son monde rel ou fanta/ique et qu'on n'oubliait plus4 ,il a =t l\ dans la ,*>treuse le p]sonnage du comte de ,mosca1 le m9i/re homme d'esprit d'un petit tat despotique1 et dans lequel il avait cru voir un portrait ressemblant du pr9ce de ,mett]ni*3 ,beyle n'y avait jamais p5s4 ,on ne peut d'ailleurs se ressembl] mo9s que ,beyle et ,m4 de ,balzac4 ,ce d]ni] tait aussi confiant que l'autre l'tait peu2 ,beyle tait t\j\rs en g>de contre le sot1 et craignait t\t ce qui et laiss p]c la vanit4 ,il songeait sans cesse au ridicule et n'y pas prt]1 et ,m4 de ,balzac n'en avait pas mme le s5tim5t4 ,lorsque ,m4 de ,balzac fit sur ,beyle1 propos de la ,*>treuse1 l'article insr dans les ,lettres p>isi5nes1 ,beyle1 la f9 de sa rponse date de ,civita-,vec*ia 7octobre #ahdj71 et aprs des rem]ciem5ts confus p\r cette bombe outrageuse d'loges laquelle il s'att5dait si peu1 lui disait3 ,cet article tonnant1 tel que jamais criva9 ne le reut d'un autre1 je l'ai lu1 j'ose ma9t5ant v\s l'av\]1 en clatant de rire4 ,t\tes les fois que j'arrivais une l\ange un peu =te1 et j'en r5contrais *aque pas1 je voyais la m9e que f]ai5t mes amis en le lisant#ac4 #ac ,l'anecdote qu'on va lire e/ au!ntique1 et je la ti5s d'orig9al3 ,on sait que ,balzac admirait ,beyle la folie p\r sa ,*>treuse de ,p>me et qu'il l'a l\ mort dans sa ,revue ,p>isi5ne4 ,beyle1 v]s ce temps1 rev5ait de ,rome1 de ,civita-,vec*ia1 ,p>is1 et dans le premi] mom5t1 craignant le ridicule1 il fut t\t confus d'un p>eil loge si exorbitant3 il ne savait o se ca*]4 ,cep5dant il vit ,balzac et ne lui sut pas mauvais gr d'avoir t a9si bomb>d gr& homme4 ,v]s ce temps1 ,beyle v5dait la ,revue des ,deux ,mondes une srie de n\velles itali5nes qu'il se proposait de faire et dont il n'y eut qu'une ou deux d'a*eves4 ,il reut p\r cela la somme de #c4jjj francs4 ,or1 sa mort1 on tr\va dans ses papi]s la preuve que ces #c4jjj francs avai5t t donns ou prts p> lui ,balzac qui fut a9si pay de son loge3 un s]vice d'arg5t contre un s]vice d'am\r-propre4 ,m4 ,colomb1 ami intime de ,beyle1 et qui eut mettre en ordre ses papi]s1 a lui-mme c]tifi le fait4--,et moi je n'aj\t]ai qu'un mot qui e/ celui du pote de la ,mtromanie3 ,ce mlange de gloire et de ga9 m'importune6 ,t\s deux ne diffrai5t pas mo9s p> la manire dont ils concevai5t la =me et le /yle1 ou la faon de s'exprim]4 ,sur ce po9t1 ,m4 de ,balzac croyait n'en avoir jamais fait assez4 ,dans ses ,mmoires d'un ,t\ri/e1 ,beyle1 passant dans je ne sais quelle ville de ,b\rgogne1 a dit3 ,j'ai tr\v dans ma *ambre un volume de ,m4 de ,balzac1 c'e/ l',abb ,biroteau de ,t\rs4 ,que j'admire cet auteur6 qu'il a bi5 su numr] les malheurs et petitesses de la prov9ce6 ,je v\drais un /yle plus simple3 mais1 dans ce cas1 les prov9ciaux l'a*t]ai5t-ils8 ,je suppose qu'il fait ses romans en deux temps2 d'abord raisonnablem5t1 puis il les habille en beau /yle nologique1 avec les patim5ts de l'me1 il neige dans mon coeur1 et autres belles *oses4 ,de son ct1 ,m4 de ,balzac tr\vait qu'il manquait quelque *ose au /yle de ,beyle1 et n\s le tr\vons aussi4 ,celui-ci dictait ou griffonnait comme il causait2 qu& il v\lait corrig] ou ret\*]1 il refaisait autrem5t1 et recomm5ait t\t has>d p\r la seconde ou troisime fois1 sans mieux faire ncessairem5t que la premire4 ,ce qu'il n'avait pas saisi du premi] mot1 il ne l'atteignait pas1 il ne le rp>ait pas4 ,son /yle1 en appuyant1 n'claircit pas sa p5se2 il se faisait des ides s+ulires des criva9s proprem5t dits3 ,qu& je me mets crire1 disait-il1 je ne songe plus mon beau idal littraire2 je suis assig p> des ides que j'ai beso9 de not]4 ,je suppose que ,m4 ,villema9 e/ assig p> des =mes de phrases2 et1 ce qu'on appelle un pote1 ,m4 ,delille ou ,rac9e1 p> des =mes de v]s4 ,corneille tait agit p> des =mes de rplique4 ,enf9 il se donne bi5 de la pe9e p\r s'expliqu] une *ose trs simple2 il n'tait pas de ceux qui l'image arrive dans la p5se1 ou *ez qui l'motion lyrique1 loqu5te1 clate et jaillit p> places dans un dveloppem5t naturel et h>monieux4 ,l'tude premire n'avait ri5 fait *ez lui p\r suppler ce dfaut2 il n'avait pas eu de matre1 ni ce pr(esseur de rhtorique qu'il e/ t\j\rs bon d'avoir eu1 dt-on s'insurg] plus t>d contre lui4 ,il s5tait bi51 malgr la ?orie qu'il s'tait faite1 que quelque *ose lui manquait4 ,en p>aissant mpris] le /yle1 il en tait trs proccup4 ,en critiquant a9si avec quelque fran*ise les romans de ,beyle1 je suis lo9 de le blm] de les avoir crits4 ,s'il se peut faire encore des *efs-d'oeuvre1 ce n'e/ qu'en osant d]e*ef t5t] la c>rire1 au risque de s'expos] re/] en *em9 p> bi5 des oeuvres incompltes4 ,beyle eut ce g5re de c\rage4 ,en #ahbe1 il y avait une cole ultra critique et t\te raisonneuse qui posait ceci en pr9cipe3 ,notre sicle compr5dra les *efs-d'oeuvre1 mais n'en f]a pas4 ,il y a des poques d'arti/es1 il en e/ d'autres qui ne produis5t que des g5s d'esprit1 d'inf9im5t d'esprit si v\s v\lez4 ,beyle rpondait cette ?orie dsesprante dans une lettre insre au ,globe le #ca m>s #ahbe3 ,p\r tre arti/e aprs les ,la ,h>pe1 il faut un c\rage de f]4 ,il faut encore mo9s song] aux critiques qu'un jeune (fici] de dragons1 *>geant avec sa compagnie1 ne songe l'hpital et aux blessures4 ,c'e/ le manque absolu de ce c\rage qui cl\e dans la mdiocrit t\s nos pauvres potes4 ,il faut crire p\r se faire plaisir soi-mme1 crire comme je v\s cris cette lettre2 l'ide m'en e/ v5ue1 et j'ai pris un morceau de papi]4 ,c'e/ faute de c\rage que n\s n'avons plus d'arti/es4 ,ni]ez-v\s que ,canova et ,ross9i ne soi5t de gr&s arti/es8 ,peu d'hommes ont plus mpris les critiques4 ,v]s #aghe1 il n'y avait peut-tre pas un amateur ,rome qui ne tr\vt ridicules les ouvrages de ,canova1 etc4 ,t\tes les fois que ,beyle a eu une ide1 il a donc pris un morceau de papi]1 et il a crit1 sans s'inquit] du qu'en dira-t-on1 et sans jamais m5di] d'loges3 un vrai galant homme en cela4 ,ses romans sont ce qu'ils peuv5t1 mais ils ne sont pas vulgaires2 ils sont comme sa critique1 surt\t l'usage de ceux qui en font2 ils donn5t des ides et ouvr5t bi5 des voies4 ,entre t\tes ces pi/es qui s'entre-crois5t1 peut-tre l'homme de tal5t dans le g5re tr\v]a la si5ne4 ,plusieurs criva9s dans ces d]ni]s temps1 et aprs ,m4 de ,balzac1 se sont occups de ,beyle1 de sa vie1 de son c>actre et de ses oeuvres3 ,m4 ,arn\ld ,frmy1 ,m4 ,paul9 ,limayrac1 ,m4 ,*>les ,monselet1 ont p>l de lui t\r t\r2 il y a s'in/ruire sur son compte leurs discussions et leurs spirituelles analyses2 mais s'ils me p]mett5t de le dire1 p\r jug] au net de cet esprit assez compliqu et ne se ri5 exagr] dans aucun s5s1 j'en revi5drai t\j\rs de prfr5ce1 indp5damm5t de mes propres impressions et s\v5irs1 ce que m'en diront ceux qui l'ont connu en ses bonnes annes et ses orig9es1 ce qu'en dira ,m4 ,mrime1 ,m4 ,ampre1 ce que m'en dirait ,jacquemont s'il vivait1 ceux en un mot qui l'ont beauc\p vu et gt s\s sa =me premire4--,au physique1 et sans tre petit1 il eut de bonne heure la taille =te et ramasse1 le c\ c\rt et sangu92 son visage ple9 s'encadrait de favoris et de *eveux bruns friss1 artificiels v]s la f92 le front tait beau1 le nez retr\ss et quelque peu la kalm\ck2 la lvre infrieure avanait lgrem5t et s'annonait p\r moqueuse4 ,l'oeil assez petit1 mais trs vif1 s\s une vote s\rcilire prononce1 tait =t joli dans le s\rire4 ,jeune1 il avait eu un c]ta9 r5om dans les bals de la c\r p> la beaut de sa jambe1 ce qu'on rem>quait alors4 ,il avait la ma9 petite et f9e1 dont il tait fi]4 ,il dev9t l\rd et apoplectique dans ses d]nires annes1 mais il tait =t soigneux de dissimul]1 mme ses amis1 les indices de dcad5ce4 ,il m\rut subitem5t ,p>is1 o il tait en cong1 le #bc m>s #ahdb1 g de c9quante-neuf ans4 ,en cont9uant littrairem5t avec orig9alit et avec une sorte d'inv5tion la po/rit franaise des ,*am=t1 des ,rulhire1 de ces hommes d'esprit qu'il rappelle p> plus d'un trait ou d'une malice1 ,beyle avait au fond une droiture et une sret dans les rapports intimes qu'il ne faut jamais oubli] de reconnatre qu& on lui a dit d'ailleurs ses vrits4 ,,de ,l',,am\r ,,livre ,,premi] ,,*apitre ,,premi] ,de l'am\r4 ,je *]*e me r5dre compte de cette passion dont t\s les dveloppem5ts s9cres ont un c>actre de beaut4 ,il y a quatre am\rs diffr5ts3 #a ,l'am\r-passion1 celui de la ,religieuse portugaise1 celui d',hlose p\r ,abl>d1 celui du capita9e de ,vsel1 du g5d>me de ,c5to#ad4 #ad ,les amis de ,m4 ,beyle lui ont dem& s\v5t qui tai5t ce capita9e et ce g5d>me2 il rpondait qu'il avait oubli leur hi/oire4 ,p4 ,m4 #b ,l'am\r-gt1 celui qui rgnait ,p>is v]s #agfj1 et que l'on tr\ve dans les mmoires et romans de cette poque1 dans ,crbillon1 ,lauzun1 ,duclos1 ,m>montel1 ,*am=t1 ,mme d'p9ay1 etc41 etc4 ,c'e/ un tableau o1 jusqu'aux ombres1 t\t doit tre c\leur de rose1 o il ne doit entr] ri5 de dsagrable s\s aucun prtexte et s\s pe9e de manqu] d'usage1 de bon ton1 de dlicatesse1 etc4 ,un homme bi5 n sait d'avance t\s les procds qu'il doit avoir et r5contr] dans les div]ses phases de cet am\r2 ri5 n'y tant passion et imprvu1 il a s\v5t plus de dlicatesse que l'am\r vritable1 c> il a t\j\rs beauc\p d'esprit2 c'e/ une froide et jolie m9iature comp>e un tableau des ,c>ra*es2 et1 t&is que l'am\r-passion n\s emporte au trav]s de t\s nos intrts1 l'am\r-gt sait t\j\rs s'y con=m]4 ,il e/ vrai que1 si l'on te la vanit ce pauvre am\r1 il en re/e bi5 peu de *ose2 une fois priv de vanit1 c'e/ un convalesc5t affaibli qui peut pe9e se tran]4 #c ,l'am\r physique4 ,a la *asse1 tr\v] une belle et fra*e paysanne qui fuit dans le bois4 ,t\t le monde connat l'am\r fond sur ce g5re de plaisir2 quelque sec et malheureux que soit le c>actre1 on comm5ce p> l seize ans4 #d ,l'am\r de vanit4 ,l'imm5se majorit des hommes1 surt\t en ,france1 dsire et a une femme la mode1 comme on a un joli *eval1 comme *ose ncessaire au luxe d'un jeune homme4 ,la vanit plus ou mo9s flatte1 plus ou mo9s pique1 fait natre des transports4 ,quelquefois il y a l'am\r physique1 et encore pas t\j\rs2 s\v5t il n'y a pas mme le plaisir physique4 ,une du*esse n'a jamais que tr5te ans p\r un b\rgeois1 disait la du*esse de ,*aulnes2 et les habitus de la c\r de cet homme ju/e1 le roi ,l\is de ,holl&e1 se rappell5t encore avec gaiet une jolie femme de la ,haye qui ne p\vait se rs\dre ne pas tr\v] *>mant un homme qui tait duc ou pr9ce4 ,mais1 fidle au pr9cipe mon>*ique1 ds qu'un pr9ce arrivait la c\r1 on r5voyait le duc3 elle tait comme la dcoration du corps diplomatique4 ,le cas le plus heureux de cette plate relation e/ celui o le plaisir physique e/ augm5t p> l'habitude4 ,les s\v5irs la font alors ressembl] un peu l'am\r2 il y a la pique d'am\r-propre et la tri/esse qu& on e/ quitt2 et1 les ides de roman v\s pr5ant la gorge1 on croit tre am\reux et mlancolique1 c> la vanit aspire se croire une gr&e passion4 ,ce qu'il y a de sr1 c'e/ qu' quelque g5re d'am\r que l'on doive les plaisirs1 ds qu'il y a exaltation de l'me1 ils sont vifs et leur s\v5ir entranant2 et dans cette passion1 au contraire de la plup>t des autres1 le s\v5ir de ce que l'on a p]du p>at t\j\rs au-dessus de ce qu'on peut att5dre de l'av5ir4 ,quelquefois1 dans l'am\r de vanit1 l'habitude ou le dsespoir de tr\v] mieux produit une espce d'amiti1 la mo9s aimable de t\tes les espces2 elle se vante de sa sret1 etc4#ae4 #ae ,dialogue connu de ,pont de ,veyle avec ,mme du ,deffant1 au co9 du feu4 ,le plaisir physique1 tant dans la nature1 e/ connu de t\t le monde1 mais n'a qu'un rang subordonn aux yeux des mes t5dres et passionnes4 ,si elles ont des ridicules dans le salon1 si s\v5t les g5s du monde1 p> leurs intrigues1 les r5d5t malheureuses1 en revan*e elles connaiss5t des plaisirs jamais inaccessibles aux coeurs qui ne palpit5t que p\r la vanit ou p\r l'arg5t4 ,quelques femmes v]tueuses et t5dres n'ont presque pas d'ide des plaisirs physiques2 elles s'y sont r>em5t exposes1 si l'on peut p>l] a9si1 et mme alors les transports de l'am\r-passion ont presque fait oubli] les plaisirs du corps4 ,il e/ des hommes victimes et in/rum5ts d'un orgueil inf]nal1 d'un orgueil l',alfi]i4 ,ces g5s1 qui peut-tre sont cruels1 p>ce que1 comme ,nron1 ils trembl5t t\j\rs1 jugeant t\s les hommes d'aprs leur propre coeur1 ces g5s1 dis-je1 ne peuv5t atte9dre au plaisir physique qu'autant qu'il e/ accompagn de la plus gr&e j\issance d'orgueil possible1 c'e/--dire qu'autant qu'ils ex]c5t des cruauts sur la compagne de leurs plaisirs4 ,de l les horreurs de ,ju/9e4 ,ces hommes ne tr\v5t pas mo9s le s5tim5t de la sret4 ,au re/e1 au lieu de di/+u] quatre am\rs diffr5ts1 on peut =t bi5 admettre huit ou dix nuances4 ,il y a peut-tre autant de faons de s5tir p>mi les hommes que de faons de voir2 mais ces diffr5ces dans la nom5clature ne *ang5t ri5 aux raisonnem5ts qui suiv5t4 ,t\s les am\rs qu'on peut voir ici-bas naiss5t1 viv5t et meur5t1 ou s'lv5t l'immortalit1 suivant les mmes lois#af4 #af ,ce livre e/ traduit librem5t d'un manuscrit itali5 de ,m4 ,lisio ,visconti1 jeune homme de la plus haute di/9ction1 qui vi5t de m\rir ,volt]re1 sa patrie4 ,le j\r de sa mort imprvue1 il p]mit au traducteur de publi] son essai sur l',am\r1 s'il tr\vait moy5 de le rduire une =me honnte4 ,ca/el ,fior5t9o1 #aj ju9 #ahai4 ,,*apitre ,,ii ,de la naissance de l'am\r4 ,voici ce qui se passe dans l'me3 #a ,l'admiration4 #b ,on se dit3 ,quel plaisir de lui donn] des bais]s1 d'en recevoir6 etc4 #c ,l'esprance4 ,on tudie les p]fections2 c'e/ ce mom5t qu'une femme devrait se r5dre1 p\r le plus gr& plaisir physique possible4 ,mme *ez les femmes les plus rs]ves1 les yeux r\giss5t au mom5t de l'esprance2 la passion e/ si =te1 le plaisir si vif1 qu'il se trahit p> des signes frappants4 #d ,l'am\r e/ n4 ,aim]1 c'e/ avoir du plaisir voir1 t\*]1 s5tir p> t\s les s5s1 et d'aussi prs que possible1 un objet aimable et qui n\s aime4 #e ,la premire cri/allisation#ag comm5ce4 #ag ,voir1 p\r plus ample explication de ce mot1 le ,rameau de ,salzb\rg 7fragm5t 9dit71 la f9 du volume4 ,on se plat orn] de mille p]fections une femme de l'am\r de laquelle on e/ sr2 on se dtaille t\t son bonheur avec une complaisance inf9ie4 ,cela se rduit s'exagr] une proprit sup]be1 qui vi5t de n\s tomb] du ciel1 que l'on ne connat pas1 et de la possession de laquelle on e/ assur4 ,laissez travaill] la tte d'un amant p5dant v+t-quatre heures1 et voici ce que v\s tr\v]ez4 ,aux m9es de sel de ,salzb\rg1 on jette dans les pr(ondeurs ab&onnes de la m9e un rameau d'arbre effeuill p> l'hiv]2 deux ou trois mois aprs1 on le retire c\v]t de cri/allisations brillantes3 les plus petites bran*es1 celles qui ne sont pas plus grosses que la patte d'une msange1 sont g>nies d'une inf9it de diamants mobiles et bl\issants2 on ne peut plus reconnatre le rameau primitif4 ,ce que j'appelle cri/allisation1 c'e/ l'opration de l'esprit1 qui tire de t\t ce qui se prs5te la dc\v]te que l'objet aim a de n\velles p]fections4 ,un voyageur p>le de la fra*eur des bois d'orang]s ,gnes1 sur le bord de la m]1 durant les j\rs brlants de l't3 quel plaisir de gt] cette fra*eur avec elle6 ,un de vos amis se casse le bras la *asse3 quelle d\ceur de recevoir les so9s d'une femme qu'on aime6 tre t\j\rs avec elle et la voir sans cesse v\s aimant f]ait presque bnir la d\leur2 et v\s p>tez du bras cass de votre ami p\r ne plus d\t] de l'anglique bont de votre matresse4 ,en un mot1 il suffit de p5s] une p]fection p\r la voir dans ce qu'on aime4 ,ce phnomne1 que je me p]mets d'appel] la cri/allisation1 vi5t de la nature qui n\s comm&e d'avoir du plaisir et qui n\s envoie le sang au c]veau1 du s5tim5t que les plaisirs augm5t5t avec les p]fections de l'objet aim1 et de l'ide3 elle e/ moi4 ,le sauvage n'a pas le temps d'all] au del du premi] pas4 ,il a du plaisir1 mais l'activit de son c]veau e/ employe suivre le daim qui fuit dans la =t1 et avec la *air duquel il doit rp>] ses =ces au plus vite1 s\s pe9e de tomb] s\s la ha*e de son ennemi4 ,a l'autre extrmit de la civilisation1 je ne d\te pas qu'une femme t5dre n'arrive ce po9t1 de ne tr\v] le plaisir physique qu'auprs de l'homme qu'elle aime#ah4 ,c'e/ le contraire du sauvage4 ,mais1 p>mi les nations civilises1 la femme a du loisir1 et le sauvage e/ si prs de ses affaires1 qu'il e/ oblig de trait] sa femelle comme une bte de somme4 ,si les femelles de beauc\p d'animaux sont plus heureuses1 c'e/ que la subsi/ance des mles e/ plus assure4 #ah ,si cette p>ticul>it ne se prs5te pas *ez l'homme1 c'e/ qu'il n'a pas la pudeur sacrifi] p\r un in/ant4 ,mais quittons les =ts p\r rev5ir ,p>is4 ,un homme passionn voit t\tes les p]fections dans ce qu'il aime2 cep5dant l'att5tion peut encore tre di/raite1 c> l'me se rassasie de t\t ce qui e/ uni=me1 mme du bonheur p>fait#ai4 #ai ,ce qui veut dire que la mme nuance d'exi/5ce ne donne qu'un in/ant de bonheur p>fait2 mais la manire d'tre d'un homme passionn *ange dix fois p> j\r4 ,voici ce qui survi5t p\r fix] l'att5tion3 #f ,le d\te nat4 ,aprs que dix ou d\ze reg>ds1 ou t\te autre srie d'actions qui peuv5t dur] un mom5t comme plusieurs j\rs1 ont d'abord donn et ensuite confirm les esprances1 l'amant1 rev5u de son premi] tonnem5t1 et s'tant acc\tum son bonheur1 ou guid p> la ?orie qui1 t\j\rs base sur les cas les plus frqu5ts1 ne doit s'occup] que des femmes faciles1 l'amant1 dis-je1 dem&e des assurances plus positives et veut p\ss] son bonheur4 ,on lui oppose de l'indiffr5ce#bj1 de la froideur ou mme de la colre1 s'il montre trop d'assurance2 en ,france1 une nuance d'ironie qui semble dire3 ,v\s v\s croyez plus avanc que v\s ne l'tes4 ,une femme se conduit a9si1 soit qu'elle se rveille d'un mom5t d'ivresse et obisse la pudeur1 qu'elle tremble d'avoir enfre9te1 soit simplem5t p> prud5ce ou p> coquett]ie4 #bj ,ce que les romans du ,x,v,i,ie sicle appelai5t le c\p de f\dre1 qui dcide du de/9 du hros et de sa matresse1 e/ un m\vem5t de l'me qui1 p\r avoir t gt p> un nombre inf9i de b>b\illeurs1 n'en exi/e pas mo9s dans la nature2 il provi5t de l'impossibilit de cette manoeuvre df5sive4 ,la femme qui aime tr\ve trop de bonheur dans le s5tim5t qu'elle pr\ve p\r p\voir russir fe9dre2 ennuye de la prud5ce1 elle nglige t\te prcaution et se livre en aveugle au bonheur d'aim]4 ,la dfiance r5d le c\p de f\dre impossible4 ,l'amant arrive d\t] du bonheur qu'il se promettait2 il devi5t svre sur les raisons d'espr] qu'il a cru voir4 ,il veut se rabattre sur les autres plaisirs de la vie1 il les tr\ve anantis4 ,la cra9te d'un affreux malheur le saisit1 et avec elle l'att5tion pr(onde4 #g ,seconde cri/allisation4 ,alors comm5ce la seconde cri/allisation produisant p\r diamants des confirmations cette ide3 ,elle m'aime4 ,a *aque qu>t d'heure de la nuit qui suit la naissance des d\tes1 aprs un mom5t de malheur affreux1 l'amant se dit3 ,oui1 elle m'aime2 et la cri/allisation se t\rne dc\vrir de n\veaux *>mes2 puis le d\te l'oeil hag>d s'emp>e de lui1 et l'arrte en sursaut4 ,sa poitr9e oublie de respir]2 il se dit3 ,mais e/-ce qu'elle m'aime8 ,au milieu de ces alt]natives d*irantes et dlicieuses1 le pauvre amant s5t vivem5t3 ,elle me donn]ait des plaisirs qu'elle seule au monde peut me donn]4 ,c'e/ l'vid5ce de cette vrit1 c'e/ ce *em9 sur l'extrme bord d'un prcipice affreux1 et t\*ant de l'autre ma9 le bonheur p>fait1 qui donne tant de supriorit la seconde cri/allisation sur la premire4 ,l'amant erre sans cesse entre ces trois ides3 #a ,elle a t\tes les p]fections2 #b ,elle m'aime2 #c ,comm5t faire p\r obt5ir d'elle la plus gr&e preuve d'am\r possible8 ,le mom5t le plus d*irant de l'am\r jeune encore e/ celui o il s'ap]oit qu'il a fait un faux raisonnem5t et qu'il faut dtruire t\t un pan de cri/allisation4 ,on entre en d\te de la cri/allisation elle-mme4 ,,*apitre ,,iii ,de l'esprance4 ,il suffit d'un trs petit degr d'esprance p\r caus] la naissance de l'am\r4 ,l'esprance peut ensuite manqu] au b\t de deux ou trois j\rs1 l'am\r n'en e/ pas mo9s n4 ,avec un c>actre dcid1 tmraire1 imptueux1 et une imag9ation dveloppe p> les malheurs de la vie1 ,le degr d'esprance peut tre plus petit4 ,elle peut cess] plus tt1 sans tu] l'am\r4 ,si l'amant a eu des malheurs1 s'il a le c>actre t5dre et p5sif1 s'il dsespre des autres femmes1 s'il a une admiration vive p\r celle dont il s'agit1 aucun plaisir ord9aire ne p\rra le di/raire de la seconde cri/allisation4 ,il aim]a mieux rv] la *ance la plus inc]ta9e de lui plaire un j\r que recevoir d'une femme vulgaire t\t ce qu'elle peut accord]4 ,il aurait beso9 qu' cette poque1 et non plus t>d1 notez bi51 la femme qu'il aime tut l'esprance d'une manire atroce1 et le comblt de ces mpris publics qui ne p]mett5t plus de revoir les g5s4 ,la naissance de l'am\r admet de beauc\p plus longs dlais entre t\tes ces poques4 ,elle exige beauc\p plus d'esprance1 et une esprance beauc\p plus s\t5ue1 *ez les g5s froids1 flegmatiques1 prud5ts4 ,il en e/ de mme des g5s gs4 ,ce qui assure la dure de l'am\r1 c'e/ la seconde cri/allisation1 p5dant laquelle on voit *aque in/ant qu'il s'agit d'tre aim ou de m\rir4 ,comm5t1 aprs cette conviction de t\tes les m9utes1 t\rne en habitude p> plusieurs mois d'am\r1 p\voir seulem5t s\t5ir la p5se de cess] d'aim]8 ,plus un c>actre e/ =t1 mo9s il e/ sujet l'incon/ance4 ,cette seconde cri/allisation manque presque t\t fait dans les am\rs inspires p> les femmes qui se r5d5t trop vite4 ,ds que les cri/allisations ont opr1 surt\t la seconde1 qui de beauc\p e/ la plus =te1 les yeux indiffr5ts ne reconnaiss5t plus la bran*e d'arbre3 ,c>1 #a elle e/ orne de p]fections ou de diamants qu'ils ne voi5t pas2 #b ,elle e/ orne de p]fections qui n'en sont pas p\r eux4 ,la p]fection de c]ta9s *>mes dont lui p>le un anci5 ami de sa belle1 et une c]ta9e nuance de vivacit ap]ue dans ses yeux1 sont un diamant de la cri/allisation#ba de ,del ,rosso4 ,ces ides ap]ues dans une soire le font rv] t\te une nuit4 #ba ,j'ai appel cet essai un livre d'idologie4 ,mon b a t d'indiqu] que1 quoiqu'il s'appelt l',am\r1 ce n'tait pas un roman1 et que surt\t il n'tait pas amusant comme un roman4 ,je dem&e p>don aux philosophes d'avoir pris le mot idologie3 mon int5tion n'e/ c]ta9em5t pas d'usurp] un titre qui s]ait le droit d'un autre4 ,si l'idologie e/ une description dtaille des ides et de t\tes les p>ties qui peuv5t les compos]1 le prs5t livre e/ une description dtaille et m9utieuse de t\s les s5tim5ts qui compos5t la passion nomme l'am\r4 ,ensuite je tire quelques consqu5ces de cette description1 p> exemple1 la manire de gurir l'am\r4 ,je ne connais pas de mot p\r dire1 en grec1 disc\rs sur les s5tim5ts1 comme idologie indique disc\rs sur les ides4 ,j'aurais pu me faire inv5t] un mot p> quelqu'un de mes amis savants1 mais je suis dj assez contr>i d'avoir d adopt] le mot n\veau de cri/allisation1 et il e/ =t possible que si cet essai tr\ve des lecteurs1 ils ne me pass5t pas ce mot n\veau4 ,j'av\e qu'il y aurait eu du tal5t littraire l'vit]2 je m'y suis essay1 mais sans succs4 ,sans ce mot1 qui suivant moi exprime le pr9cipal phnomne de cette folie nomme am\r1 folie cep5dant qui procure l'homme les plus gr&s plaisirs qu'il soit donn aux tres de son espce de gt] sur la t]re1 sans l'emploi de ce mot qu'il fallait sans cesse remplac] p> une priphrase =t longue1 la description que je donne de ce qui se passe dans la tte et dans le coeur de l'homme am\reux dev5ait obscure1 l\rde1 ennuyeuse1 mme p\r moi qui suis l'auteur3 qu'aurait-ce t p\r le lecteur8 ,j'engage donc le lecteur qui se s5tira trop *oqu p> ce mot de cri/allisation f]m] le livre4 ,il n'entre pas dans mes voeux1 et sans d\te =t heureusem5t p\r moi1 d'avoir beauc\p de lecteurs4 ,il me s]ait d\x de plaire beauc\p tr5te ou qu>ante p]sonnes de ,p>is que je ne v]rai jamais1 mais que j'aime la folie1 sans les connatre4 ,p> exemple1 quelque jeune ,mme ,rol&1 lisant en ca*ette quelque volume qu'elle ca*e bi5 vite1 au mo9dre bruit1 dans les tiroirs de l'tabli de son pre1 lequel e/ graveur de botes de montre4 ,une me comme celle de ,mme ,rol& me p>donn]a1 je l'espre1 non seulem5t le mot de cri/allisation employ p\r exprim] cet acte de folie1 qui n\s fait ap]cevoir t\tes les beauts1 t\s les g5res de p]fection dans la femme que n\s comm5ons aim]1 mais encore plusieurs ellipses trop h>dies4 ,il n'y a qu' pr5dre un crayon et crire entre les lignes les c9q ou six mots qui manqu5t4 ,une rep>tie imprvue qui me fait voir plus clairem5t une me t5dre1 gnreuse1 ard5te1 ou1 comme dit le vulgaire1 romanesque#bb1 et mettant au-dessus du bonheur des rois le simple plaisir de se prom5] seule avec son amant m9uit1 dans un bois c>t1 me donne aussi rv] t\te une nuit#bc4 #bb ,t\tes ses actions eur5t d'abord mes yeux cet air cle/e qui sur le *amp fait d'un homme un tre "p1 le diffr5cie de t\s les autres4 ,je croyais lire dans ses yeux cette soif d'un bonheur plus sublime1 cette mlancolie non av\e qui aspire quelque *ose de mieux que ce que n\s tr\vons ici-bas1 et qui1 dans t\tes les situations o la =tune et les rvolutions peuv5t plac] une me romanesque1 444 ,/ill prompts ! cele/ial sight1 ,= :i* we wi% to live or d>e to die4 7,ultima lett]a di ,bianca a sua madre4 ,=l1 #ahag47 #bc ,c'e/ p\r abrg] et p\voir pe9dre l'intrieur des mes que l'auteur rapporte1 en employant la =mule du je1 plusieurs s5sations qui lui sont trangres2 il n'avait ri5 de p]sonnel qui mritt d'tre cit4 ,il dira que ma matresse e/ une prude2 je dirai que la si5ne e/ une fille4 ,,*apitre ,,iv ,dans une me p>faitem5t indiffr5te--une jeune fille habitant un *teau isol au fond d'une campagne1--le plus petit tonnem5t peut am5] une petite admiration1 et1 s'il survi5t la plus lgre esprance1 elle fait natre l'am\r et la cri/allisation4 ,dans ce cas1 l'am\r plat d'abord comme amusant4 ,l'tonnem5t et l'esprance sont puissamm5t seconds p> le beso9 d'am\r et la mlancolie que l'on a seize ans4 ,on sait assez que l'inquitude de cet ge e/ une soif d'aim]1 et le propre de la soif e/ de n'tre pas excessivem5t difficile sur la nature du breuvage que le has>d lui prs5te4 ,rcapitulons les sept poques de l'am\r2 ce sont3 #a ,l'admiration2 #b ,quel plaisir1 etc42 #c ,l'esprance2 #d ,l'am\r e/ n2 #e ,premire cri/allisation2 #f ,le d\te p>at2 #g ,seconde cri/allisation4 ,il peut s'c\l] un an entre le n #a et le n #b4 ,un mois entre le n #b et le n #c2 si l'esprance ne se hte pas de v5ir1 l'on r5once ins5siblem5t au n #b comme donnant du malheur4 ,un cl9 d'oeil entre le n #c et le n #d4 ,il n'y a pas d'int]valle entre le n #d et le n #e4 ,ils ne saurai5t tre sp>s que p> l'intimit4 ,il peut s'c\l] quelques j\rs1 suivant le degr d'imptuosit et les habitudes de h>diesse du c>actre1 entre les nos #e et #f1 et il n'y a pas d'int]valle entre le #f et le #g4 ,,*apitre ,v ,l'homme n'e/ pas libre de ne pas faire ce qui lui fait plus de plaisir que t\tes les autres actions possibles#bd4 #bd ,la bonne ducation1 l'g>d des crimes1 e/ de donn] des remords qui1 prvus1 mett5t un poids dans la balance4 ,l'am\r e/ comme la fivre1 il nat et s'te9t sans que la volont y ait la mo9dre "p4 ,voil une des pr9cipales diffr5ces de l'am\r-gt et de l'am\r-passion1 et l'on ne peut s'applaudir des belles qualits de ce qu'on aime que comme d'un has>d heureux4 ,enf91 l'am\r e/ de t\s les ges3 voyez la passion de ,mme ,du ,deffant p\r le peu gracieux ,horace ,walpole4 ,l'on se s\vi5t peut-tre encore ,p>is d'un exemple plus rc5t et surt\t plus aimable4 ,je n'admets en preuve des gr&es passions que celles de leurs consqu5ces qui sont ridicules3 p> exemple1 la timidit1 preuve de l'am\r2 je ne p>le pas de la mauvaise honte au sortir du collge4 ,,*apitre ,,vi ,le rameau de ,salzb\rg4 ,la cri/allisation ne cesse presque jamais en am\r4 ,voici son hi/oire3 tant qu'on n'e/ pas bi5 avec ce qu'on aime1 il y a la cri/allisation solution imag9aire2 ce n'e/ que p> l'imag9ation que v\s tes sr que telle p]fection exi/e *ez la femme que v\s aimez4 ,aprs l'intimit1 les cra9tes sans cesse r5aissantes sont apaises p> des solutions plus relles4 ,a9si1 le bonheur n'e/ jamais uni=me que dans sa s\rce4 ,*aque j\r a une fleur diffr5te4 ,si la femme aime cde la passion qu'elle ress5t et tombe dans la faute norme de tu] la cra9te p> la vivacit de ses transports#be1 la cri/allisation cesse un in/ant2 mais1 qu& l'am\r p]d de sa vivacit1 c'e/--dire de ses cra9tes1 il acqui]t le *>me d'un enti] ab&on1 d'une confiance sans bornes1 une d\ce habitude vi5t m\ss] t\tes les pe9es de la vie et donn] aux j\issances un autre g5re d'intrt4 #be ,diane de ,poiti]s1 dans la ,pr9cesse de ,clves4 tes-v\s quitt1 la cri/allisation recomm5ce2 et *aque acte d'admiration1 la vue de *aque bonheur qu'elle peut v\s donn] et auquel v\s ne songiez plus1 se t]m9e p> cette rflexion d*irante3 ,ce bonheur si *>mant1 je ne le rev]rai jamais6 et c'e/ p> ma faute que je le p]ds6 ,que si v\s *]*ez le bonheur dans des s5sations d'un autre g5re1 votre coeur se refuse les s5tir4 ,votre imag9ation v\s pe9t bi5 la position physique1 elle v\s met bi5 sur un *eval rapide la *asse1 dans les bois du ,devon%ire#bf2 mais v\s voyez1 v\s s5tez videmm5t que v\s n'y auriez aucun plaisir4 ,voil l'erreur d'optique qui produit le c\p de pi/olet4 #bf ,c>1 si v\s p\viez v\s imag9] l un bonheur1 la cri/allisation aurait dfr votre matresse le privilge exclusif de v\s donn] ce bonheur4 ,le jeu a aussi sa cri/allisation provoque p> l'emploi faire de la somme que v\s allez gagn]4 ,les jeux de la c\r1 si regretts p> les nobles1 s\s le nom de lgitimit1 n'tai5t si atta*ants que p> la cri/allisation qu'ils provoquai5t4 ,il n'y avait pas de c\rtisan qui ne rvt la =tune rapide d'un ,luynes ou d'un ,lauzun1 et de femme aimable qui ne vt en p]spective le du* de madame de ,polignac4 ,aucun g\v]nem5t raisonnable ne peut r$onn] cette cri/allisation4 ,ri5 n'e/ anti-imag9ation comme le g\v]nem5t des tats-,unis d',amrique4 ,n\s avons vu que leurs vois9s les sauvages ne connaiss5t presque pas la cri/allisation4 ,les ,roma9s n'en avai5t gure d'ide et ne la tr\vai5t que p> l'am\r physique4 ,la ha9e a sa cri/allisation2 ds qu'on peut espr] de se v5g]1 on recomm5ce de har4 ,si t\te croyance o il y a de l'absurde ou du non-dmontr t5d t\j\rs mettre la tte du p>ti les g5s les plus absurdes1 c'e/ encore un des effets de la cri/allisation4 ,il y a cri/allisation mme en ma?matiques 7voyez les newtoni5s en #agdj7 dans les ttes qui ne peuv5t pas t\t mom5t se r5dre prs5tes t\tes les p>ties de la dmon/ration de ce qu'elles croi5t4 ,voyez en preuve la de/9e des gr&s philosophes allem&s1 dont l'immortalit1 tant de fois proclame1 ne peut jamais all] au del de tr5te ou qu>ante ans4 ,c'e/ p>ce qu'on ne peut se r5dre compte du p\rquoi de ses s5tim5ts que l'homme le plus sage e/ fanatique en musique4 ,on ne peut pas volont se pr\v] qu'on a raison contre tel contradicteur4 ,,*apitre ,,vii ,des diffr5ces entre la naissance de l'am\r dans les deux sexes4 ,les femmes s'atta*5t p> les faveurs4 ,comme les dix-neuf v+times de leurs rv]ies habituelles sont relatives l'am\r1 aprs l'intimit1 ces rv]ies se gr\p5t aut\r d'un seul objet3 elles se mett5t ju/ifi] une dm>*e si extraord9aire1 si dcisive1 si contraire t\tes les habitudes de pudeur4 ,ce travail n'exi/e pas *ez les hommes2 ensuite l'imag9ation des femmes dtaille loisir des in/ants si dlicieux4 ,comme l'am\r fait d\t] des *oses les plus dmontres1 cette femme qui1 avant l'intimit1 tait si sre que son amant e/ un homme au-dessus du vulgaire1 aussitt qu'elle croit n'avoir plus ri5 lui refus]1 tremble qu'il n'ait *]* qu' mettre une femme de plus sur sa li/e4 ,alors seulem5t p>at la seconde cri/allisation1 qui1 p>ce que la cra9te l'accompagne1 e/ de beauc\p la plus =te#bg4 #bg ,cette seconde cri/allisation manque *ez les femmes faciles1 qui sont bi5 lo9 de t\tes ces ides romanesques4 ,une femme croit de re9e s'tre faite esclave4 ,cet tat de l'me et de l'esprit e/ aid p> l'ivresse n]veuse que font natre des plaisirs d'autant plus s5sibles qu'ils sont plus r>es4 ,enf9 une femme1 devant son mti] brod]1 ouvrage insipide et qui n'occupe que les ma9s1 songe son amant1 t&is que celui-ci1 galopant dans la pla9e avec son escadron1 e/ mis aux arrts s'il fait faire un faux m\vem5t4 ,je croirais donc que la seconde cri/allisation e/ beauc\p plus =te *ez les femmes p>ce que la cra9te e/ plus vive1 la vanit1 l'honneur sont compromis1 du mo9s les di/ractions sont-elles plus difficiles4 ,une femme ne peut tre guide p> l'habitude d'tre raisonnable1 que moi1 homme1 je contracte =cm5t mon bureau1 en travaillant six heures t\s les j\rs1 des *oses froides et raisonnables4 ,mme hors de l'am\r1 elles ont du p5*ant se livr] leur imag9ation et de l'exaltation habituelle2 la disp>ition des dfauts de l'objet aim doit donc tre plus rapide4 ,les femmes prfr5t les motions la raison1 c'e/ t\t simple3 comme en v]tu de nos plats usages1 elles ne sont *>ges d'aucune affaire dans la famille1 la raison ne leur e/ jamais utile1 elles ne l'pr\v5t jamais bonne quelque *ose4 ,elle leur e/1 au contraire1 t\j\rs nuisible1 c> elle ne leur app>at que p\r les grond] d'avoir eu du plaisir hi]1 ou p\r leur comm&] de n'en plus avoir dema94 ,donnez rgl] votre femme vos affaires avec les f]mi]s de deux de vos t]res1 je p>ie que les regi/res s]ont mieux t5us que p> v\s1 et alors1 tri/e despote1 v\s aurez au mo9s le droit de v\s pla9dre1 puisque v\s n'avez pas le tal5t de v\s faire aim]4 ,ds que les femmes entrepr5n5t des raisonnem5ts gnraux1 elles font de l'am\r sans s'en ap]cevoir4 ,dans les *oses de dtail1 elles se piqu5t d'tre plus svres et plus exactes que les hommes4 ,la moiti du petit comm]ce e/ confi aux femmes1 qui s'en acquitt5t mieux que leurs m>is4 ,c'e/ une maxime connue que1 si l'on p>le d'affaires avec elles1 on ne saurait avoir trop de gravit4 ,c'e/ qu'elles sont t\j\rs et p>t\t avides d'motion3 voyez les plaisirs de l'ent]rem5t en cosse4 ,,*apitre ,,viii ,?is 0 h] fav\r$ fairy realm1 & "h %e erect$ h] a]ial palaces4 ,,bride ,,( ,,lamm]moor1 ,i1 #gj4 ,une jeune fille de dix-huit ans n'a pas assez de cri/allisation en son p\voir1 =me des dsirs trop borns p> le peu d'expri5ce qu'elle a des *oses de la vie1 p\r tre en tat d'aim] avec autant de passion qu'une femme de v+t-huit4 ,ce soir j'exposais cette doctr9e une femme d'esprit qui prt5d le contraire4 ,l'imag9ation d'une jeune fille n'tant glace p> aucune expri5ce dsagrable1 et le feu de la premire jeunesse se tr\vant dans t\te sa =ce1 il e/ possible qu' propos d'un homme quelconque elle se cre une image ravissante4 ,t\tes les fois qu'elle r5contr]a son amant1 elle j\ira non de ce qu'il e/ en effet1 mais de cette image dlicieuse qu'elle se s]a cre4 ,plus t>d1 dtrompe de cet amant et de t\s les hommes1 l'expri5ce de la tri/e ralit a dim9u *ez elle le p\voir de la cri/allisation1 la mfiance a c\p les ailes l'imag9ation4 ,a propos de quelque homme que ce soit1 ft-il un prodige1 elle ne p\rra plus se =m] une image aussi entranante2 elle ne p\rra donc plus aim] avec le mme feu que dans la premire jeunesse4 ,et comme en am\r on ne j\it que de l'illusion qu'on se fait1 jamais l'image qu'elle p\rra se crer v+t-huit ans n'aura le brillant et le sublime de celle sur laquelle tait fond le premi] am\r seize1 et le second am\r sembl]a t\j\rs d'une espce dgnre4--,non1 madame1 la prs5ce de la mfiance1 qui n'exi/ait pas seize ans1 e/ videmm5t ce qui doit donn] une c\leur diffr5te ce second am\r4 ,dans la premire jeunesse1 l'am\r e/ comme un fleuve imm5se qui entrane t\t dans son c\rs1 et auquel on s5t qu'on ne saurait rsi/]4 ,or1 une me t5dre se connat v+t-huit ans2 elle sait que si p\r elle il e/ encore du bonheur dans la vie1 c'e/ l'am\r qu'il faut le dem&]2 il s'tablit dans ce pauvre coeur agit une lutte t]rible entre l'am\r et la mfiance4 ,la cri/allisation avance l5tem5t2 mais celle qui sort victorieuse de cette preuve t]rible1 o l'me excute t\s ses m\vem5ts la vue cont9ue du plus affreux dang]1 e/ mille fois plus brillante et plus solide que la cri/allisation de seize ans1 o1 p> le privilge de l'ge1 t\t tait gaiet et bonheur4 ,donc l'am\r doit tre mo9s gai et plus passionn#bh4 #bh picure disait que le disc]nem5t e/ ncessaire la possession du plaisir4 ,cette conv]sation 7,bologne1 #i m>s #ahbj71 qui contr$it un po9t qui me semblait si clair1 me fait p5s] de plus en plus qu'un homme ne peut presque ri5 dire de s5s sur ce qui se passe au fond du coeur d'une femme t5dre2 quant une coquette1 c'e/ diffr5t3 n\s avons aussi des s5s et de la vanit4 ,la dissemblance entre la naissance de l'am\r *ez les deux sexes doit prov5ir de la nature de l'esprance1 qui n'e/ pas la mme4 ,l'un attaque et l'autre df5d2 l'un dem&e et l'autre refuse2 l'un e/ h>di1 l'autre trs timide4 ,l'homme se dit3 ,p\rrai-je lui plaire8 v\dra-t-elle m'aim]8 ,la femme3 ,n'e/-ce po9t p> jeu qu'il me dit qu'il m'aime8 e/-ce un c>actre solide8 peut-il se rpondre soi-mme de la dure de ses s5tim5ts8 ,c'e/ a9si que beauc\p de femmes reg>d5t et trait5t comme un enfant un jeune homme de v+t-trois ans2 s'il a fait six campagnes1 t\t *ange p\r lui1 c'e/ un jeune hros4 ,*ez l'homme1 l'espoir dp5d simplem5t des actions de ce qu'il aime2 ri5 de plus ais int]prt]4 ,*ez les femmes1 l'esprance doit tre fonde sur des considrations morales trs difficiles bi5 apprci]4 ,la plup>t des hommes sollicit5t une preuve d'am\r qu'ils reg>d5t comme dissipant t\s les d\tes2 les femmes ne sont pas assez heureuses p\r p\voir tr\v] une telle preuve2 et il y a ce malheur dans la vie1 que ce qui fait la scurit et le bonheur de l'un des amants fait le dang] et presque l'humiliation de l'autre4 ,en am\r1 les hommes c\r5t le has>d du t\rm5t secret de l'me1 les femmes s'expos5t aux plaisant]ies du public2 elles sont plus timides1 et d'ailleurs l'op9ion e/ beauc\p plus p\r elles1 c> ,sois considre1 il le faut#bi4 #bi ,on se rappelle la maxime de ,beaum>*ais3 ,la nature dit la femme3 ,sois belle si tu peux1 sage si tu veux1 mais sois considre1 il le faut4 ,sans considration1 en ,france1 po9t d'admiration1 p>tant po9t d'am\r4 ,elles n'ont pas un moy5 sr de subjugu] l'op9ion en exposant un in/ant leur vie4 ,les femmes doiv5t donc tre beauc\p plus mfiantes4 ,en v]tu de leurs habitudes1 t\s les m\vem5ts intellectuels qui =m5t les poques de la naissance de l'am\r sont *ez elles plus d\x1 plus timides1 plus l5ts1 mo9s dcids2 il y a donc plus de dispositions la con/ance2 elles doiv5t se dsi/] mo9s facilem5t d'une cri/allisation comm5ce4 ,une femme1 en voyant son amant1 rfl*it avec rapidit ou se livre au bonheur d'aim]1 bonheur dont elle e/ tire dsagrablem5t s'il fait la mo9dre attaque1 c> il faut quitt] t\s les plaisirs p\r c\rir aux armes4 ,le rle de l'amant e/ plus simple1 il reg>de les yeux de ce qu'il aime3 un seul s\rire peut le mettre au comble du bonheur1 et il *]*e sans cesse l'obt5ir#cj4 ,un homme e/ humili de la longueur du sige2 elle fait au contraire la gloire d'une femme4 #cj ,qu&o leggemmo il disiato riso ,ess] baciato da cotanto amante1 ,co/ui *e mai da me non fia diviso1 ,la bocca mi bacci tutto tremante4 ,,dante1 ,inf41 cant4 ,v4 ,une femme e/ capable d'aim]1 et1 dans un an enti]1 de ne dire que dix ou d\ze mots l'homme qu'elle prfre4 ,elle ti5t note au fond de son coeur du nombre de fois qu'elle l'a vu2 elle e/ alle deux fois avec lui au spectacle1 deux fois elle s'e/ tr\ve dn] avec lui1 il l'a salue trois fois la prom5ade4 ,un soir1 un petit jeu1 il lui a bais la ma92 on rem>que que depuis elle ne p]met plus1 s\s aucun prtexte et mme au risque de p>atre s+ulire1 qu'on lui baise la ma94 ,dans un homme1 on appell]ait cette conduite de l'am\r fm991 n\s disait ,lonore4 ,,*apitre ,,ix ,je fais t\s les ef=ts possibles p\r tre sec4 ,je veux impos] sil5ce mon coeur1 qui croit avoir beauc\p dire4 ,je tremble t\j\rs de n'avoir crit qu'un s\pir1 qu& je crois avoir n une vrit4 ,,*apitre ,x ,p\r preuve de la cri/allisation1 je me cont5t]ai de rappel] l'anecdote suivante#ca4 #ca ,empoli1 ju9 #ahai4 ,une jeune p]sonne ent5d dire qu'd\>d1 son p>5t1 qui va rev5ir de l'arme1 e/ un jeune homme de la plus gr&e di/9ction2 on lui assure qu'elle en e/ aime sur sa rputation2 mais il v\dra probablem5t la voir avant de se dcl>] et de la dem&] ses p>5ts4 ,elle ap]oit un jeune trang] l'glise1 elle l'ent5d appel] d\>d1 elle ne p5se plus qu' lui1 elle l'aime4 ,huit j\rs aprs1 arrive le vritable d\>d2 ce n'e/ pas celui de l'glise1 elle plit1 et s]a p\r t\j\rs malheureuse si on la =ce l'p\s]4 ,voil ce que les pauvres d'esprit appell5t une des draisons de l'am\r4 ,un homme gnreux comble une jeune fille malheureuse des bi5faits les plus dlicats2 on ne peut pas avoir plus de v]tus1 et l'am\r allait natre1 mais il porte un *apeau mal retap1 et elle le voit mont] *eval d'une manire gau*e2 la jeune fille s'av\e en s\pirant qu'elle ne peut rpondre aux empressem5ts qu'il lui tmoigne4 ,un homme fait la c\r la femme du monde la plus honnte1 elle appr5d que ce monsieur a eu des malheurs physiques et ridicules3 il lui devi5t insupportable4 ,cep5dant elle n'avait nul desse9 de se jamais donn] lui1 et ces malheurs secrets ne nuis5t en ri5 son esprit et son amabilit4 ,c'e/ t\t simplem5t que la cri/allisation e/ r5due impossible4 ,p\r qu'un tre huma9 puisse s'occup] avec dlices div9is] un objet aimable1 qu'il soit pris dans la =t des ,ard5nes ou au bal de ,c\lon1 il faut d'abord qu'il lui semble p>fait1 non pas s\s t\s les rapports possibles1 mais s\s t\s les rapports qu'il voit actuellem5t2 il ne lui sembl]a p>fait t\s g>ds qu'aprs plusieurs j\rs de la seconde cri/allisation4 ,c'e/ t\t simple1 il suffit alors d'avoir l'ide d'une p]fection p\r la voir dans ce qu'on aime4 ,on voit en quoi la beaut e/ ncessaire la naissance de l'am\r4 ,il faut que la laideur ne fasse pas ob/acle4 ,l'amant arrive bi5tt tr\v] belle sa matresse telle qu'elle e/1 sans song] la vraie beaut4 ,les traits qui =m5t la vraie beaut lui promettrai5t1 s'il les voyait1 et si j'ose m'exprim] a9si1 une quantit de bonheur que j'exprim]ai p> le nombre un1 et les traits de sa matresse1 tels qu'ils sont1 lui promett5t mille units de bonheur4 ,avant la naissance de l'am\r1 la beaut e/ ncessaire comme enseigne2 elle prdispose cette passion p> les l\anges qu'on ent5d donn] ce qu'on aim]a4 ,une admiration trs vive r5d la plus petite esprance dcisive4 ,dans l'am\r-gt1 et peut-tre dans les premires c9q m9utes de l'am\r-passion1 une femme1 en pr5ant un amant1 ti5t plus de compte de la manire dont les autres femmes voi5t cet homme1 que de la manire dont elle le voit elle-mme4 ,de l les succs des pr9ces et des (fici]s#cb4 #cb ,^? :o rem>k$ 9 ! c\nt5ance ( ?is "y "h a dissolute audacity m+l$ ) extreme haught9ess & indiff]5ce to ! feel+s ( o!rs1 c\ld n yet d5y to 8 c\nt5ance t sort ( comel9ess :i* belongs to an op5 set ( features1 well =m$ by nature1 modell$ by art to ! usual rules ( c\rtesy1 yet s f> frank & hone/1 t !y seem$ z if !y disclaim$ to conceal ! natural work+ ( ! s\l4 ,su* an expression if (t5 mi/ak5 = manly frankness1 :5 9 tru? x arises f ! reckless indiff]5ce ( a lib]t9e disposition1 consci\s ( sup]iority ( bir?1 ( weal?1 or ( "s o!r adv5titi\s advantage totally unconnect$ ) p]sonal m]it4 ,ivanhoe1 tome ,i1 p4 #ade4 ,les jolies femmes de la c\r du vieux ,l\is ,,xiv tai5t am\reuses de ce pr9ce4 ,il faut bi5 se g>d] de prs5t] des facilits l'esprance avant d'tre sr qu'il y a de l'admiration4 ,on f]ait natre la fadeur1 qui r5d jamais l'am\r impossible1 ou du mo9s que l'on ne peut gurir que p> la pique d'am\r-propre4 ,on ne sympa?ise pas avec le niais1 ni avec le s\rire t\t v5ant2 de l1 dans le monde1 la ncessit d'un v]nis de r\]ie2 c'e/ la noblesse des manires4 ,on ne cueille pas mme le rire sur une plante trop avilie4 ,en am\r1 notre vanit ddaigne une victoire trop facile2 et1 dans t\s les g5res1 l'homme n'e/ pas sujet s'exagr] le prix de ce qu'on lui (fre4 ,,*apitre ,,xi ,une fois la cri/allisation comm5ce1 l'on j\it avec dlices de *aque n\velle beaut que l'on dc\vre dans ce qu'on aime4 ,mais qu'e/-ce que la beaut8 c'e/ une n\velle aptitude v\s donn] du plaisir4 ,les plaisirs de *aque individu sont diffr5ts et s\v5t opposs3 cela explique =t bi5 comm5t ce qui e/ beaut p\r un individu e/ laideur p\r un autre4 7,exemple concluant de ,del ,rosso et de ,lisio1 le #a;er janvi] #ahbj47 ,p\r dc\vrir la nature de la beaut1 il convi5t de re*]*] quelle e/ la nature des plaisirs de *aque individu2 p> exemple1 il faut ,del ,rosso une femme qui s\ffre quelques m\vem5ts has>ds1 et qui1 p> ses s\rires1 autorise des *oses =t gaies2 une femme qui1 *aque in/ant1 ti5ne les plaisirs physiques devant son imag9ation1 et qui excite la fois le g5re d'amabilit de ,del ,rosso et lui p]mette de la dploy]4 ,del ,rosso ent5d p> am\r app>emm5t l'am\r physique1 et ,lisio l'am\r-passion4 ,ri5 de plus vid5t qu'ils ne doiv5t pas tre d'accord sur le mot beaut#cc4 #cc ,ma beaut1 promesse d'un c>actre utile mon me1 e/ au dessus de l'attraction des s5s2 cette attraction n'e/ qu'une espce p>ticulire4 #ahae4 ,la beaut que v\s dc\vrez tant donc une n\velle aptitude v\s donn] du plaisir1 et les plaisirs v>iant comme les individus4 ,la cri/allisation =me dans la tte de *aque homme doit port] la c\leur des plaisirs de cet homme4 ,la cri/allisation de la matresse d'un homme1 ou sa ,,beaut1 n'e/ autre *ose que la collection de ,,t\tes ,,les ,,satisfactions1 de t\s les dsirs qu'il a pu =m] successivem5t son g>d4 ,,*apitre ,,xii ,suite de la cri/allisation4 ,p\rquoi j\it-on avec dlices de *aque n\velle beaut que l'on dc\vre dans ce qu'on aime8 ,c'e/ que *aque n\velle beaut n\s donne la satisfaction ple9e et entire d'un dsir4 ,v\s la v\lez t5dre1 elle e/ t5dre2 ensuite v\s la v\lez fire comme l'milie de ,corneille1 et1 quoique ces qualits soi5t probablem5t incompatibles1 elle p>at l'in/ant avec une me roma9e4 ,voil la raison morale p\r laquelle l'am\r e/ la plus =te des passions4 ,dans les autres1 les dsirs doiv5t s'accommod] aux froides ralits2 ici ce sont les ralits qui s'empress5t de se model] sur les dsirs2 c'e/ donc celle des passions o les dsirs viol5ts ont les plus gr&es j\issances4 ,il y a des conditions gnrales de bonheur qui t5d5t leur empire sur t\tes les satisfactions de dsirs p>ticuli]s3 #a ,elle semble votre proprit1 c> c'e/ v\s seul qui p\vez la r5dre heureuse4 #b ,elle e/ juge de votre mrite4 ,cette condition tait =t importante dans les c\rs galantes et *eval]esques de ,franois ,i] et de ,h5ri ,,ii1 et la c\r lgante de ,l\is ,,xv4 ,s\s un g\v]nem5t con/itutionnel et raisonneur1 les femmes p]d5t t\te cette bran*e d'influ5ce4 #c ,p\r les coeurs romanesques1 plus elle aura l'me sublime1 plus s]ont cle/es et dgags de la fange de t\tes les considrations vulgaires les plaisirs que v\s tr\v]ez dans ses bras4 ,la plup>t des jeunes ,franais de dix-huit ans sont lves de ,j4-,j4 ,r\sseau2 cette condition de bonheur e/ importante p\r eux4 ,au milieu d'oprations si dcevantes p\r le dsir du bonheur1 la tte se p]d4 ,du mom5t qu'il aime1 l'homme le plus sage ne voit aucun objet tel qu'il e/4 ,il s'exagre en mo9s ses propres avantages1 et en plus les mo9dres faveurs de l'objet aim4 ,les cra9tes et les espoirs pr5n5t l'in/ant quelque *ose de romanesque 7de ,wayw>d74 ,il n'attribue plus ri5 au has>d2 il p]d le s5tim5t de la probabilit2 une *ose imag9e e/ une *ose exi/ante p\r l'effet sur son bonheur#cd4 #cd ,il y a une cause physique1 un comm5cem5t de folie1 une afflu5ce du sang au c]veau1 un dsordre dans les n]fs et dans le c5tre crbral4 ,voir le c\rage phmre des c]fs et la c\leur des p5ses d'un soprano4 ,en #aibb1 la physiologie n\s donn]a description de la p>tie physique de ce phnomne4 ,je le recomm&e l'att5tion de ,m4 ,edw>ds4 ,une m>que effrayante que la tte se p]d1 c'e/ qu'en p5sant quelque petit fait1 difficile obs]v]1 v\s le voyez blanc1 et v\s l'int]prtez en faveur de votre am\r1 un in/ant aprs v\s v\s ap]cevez qu'en effet il tait noir1 et v\s le tr\vez encore concluant en faveur de votre am\r4 ,c'e/ alors qu'une me en proie aux inc]titudes mortelles s5t vivem5t le beso9 d'un ami2 mais p\r un amant il n'e/ plus d'ami4 ,on savait cela la c\r4 ,voil la s\rce du seul g5re d'indiscrtion qu'une femme dlicate puisse p>donn]4 ,,*apitre ,,xiii ,du premi] pas1 du gr& monde1 des malheurs4 ,ce qu'il y a de plus tonnant dans la passion de l'am\r1 c'e/ le premi] pas1 c'e/ l'extravagance du *angem5t qui s'opre dans la tte d'un homme4 ,le gr& monde1 avec ses ftes brillantes1 s]t l'am\r comme favorisant ce premi] pas4 ,il comm5ce p> *ang] l'admiration simple 7n #a7 en admiration t5dre 7n #b73 ,quel plaisir de lui donn] des bais]s1 etc4 ,une valse rapide1 dans un salon clair de mille b\gies1 jette dans les jeunes coeurs une ivresse qui clipse la timidit1 augm5te la consci5ce des =ces et leur donne enf9 l'audace d'aim]4 ,c> voir un objet trs aimable ne suffit pas2 au contraire1 l'extrme amabilit dc\rage les mes t5dres1 il faut le voir1 s9on v\s aimant#ce1 du mo9s dp\ill de sa maje/4 #ce ,de l la possibilit des passions orig9e factice1 celles-ci1 et celle de ,bndict1 et de ,batrix 7,%akespe>e74 ,qui s'avise de dev5ir am\reux d'une re9e1 mo9s qu'elle ne fasse des avances#cf8 #cf ,voir les ,am\rs de ,/ru5zee dans les c\rs du ,nord1 de ,br[n1 #c vol41 #ahai4 ,ri5 n'e/ donc plus favorable la naissance de l'am\r que le mlange d'une solitude ennuyeuse et de quelques bals r>es et longtemps dsirs2 c'e/ la conduite des bonnes mres de famille qui ont des filles4 ,le vrai gr& monde tel qu'on le tr\vait la c\r de ,france#cg1 et qui1 je crois1 n'exi/e plus depuis #aghjch1 tait peu favorable l'am\r1 comme r5dant presque impossibles la solitude et le loisir indisp5sables p\r le travail des cri/allisations4 #cg ,voir les ,lettres de ,mme du ,deffant1 de ,mlle de ,lesp9asse1 les ,mmoires de ,bez5val1 de ,lauzun1 de ,mme d'p9ay1 le ,dictionnaire des tiquettes de ,mme de ,g5lis1 les ,mmoires de ,dangeau1 d',horace ,walpole4 #ch ,si ce n'e/ peut-tre la c\r de ,pt]sb\rg4 ,la vie de la c\r donne l'habitude de voir et d'excut] un gr& nombre de nuances1 et la plus petite nuance peut tre le comm5cem5t d'une admiration et d'une passion#ci4 #ci ,voir ,sa9t-,simon et ,w]!r4 ,quelque t5dre et dlicat que soit un solitaire1 son me e/ di/raite1 une p>tie de son imag9ation e/ employe prvoir la socit4 ,la =ce de c>actre e/ un des *>mes qui sduis5t le plus les coeurs vraim5t fm99s4 ,de l le succs des jeunes (fici]s =t graves4 ,les femmes sav5t =t bi5 faire la diffr5ce de la viol5ce des m\vem5ts de passion1 qu'elles s5t5t si possibles dans leurs coeurs1 la =ce de c>actre2 les femmes les plus di/+ues sont quelquefois dupes d'un peu de *>latanisme de ce g5re4 ,on peut s'en s]vir sans nulle cra9te1 aussitt que l'on s'ap]oit que la cri/allisation a comm5c4 ,qu& les malheurs propres de l'am\r sont mls d'autres malheurs 7de malheurs de vanit1 si votre matresse (f5se votre ju/e fi]t1 vos s5tim5ts d'honneur et de dignit p]sonnelle2 de malheurs de sant1 d'arg5t1 de p]scution politique1 etc471 ce n'e/ qu'en app>5ce que l'am\r e/ augm5t p> ces contre-temps2 comme ils occup5t autre *ose l'imag9ation1 ils emp*5t1 dans l'am\r esprant1 les cri/allisations1 et dans l'am\r heureux1 la naissance des petits d\tes4 ,la d\ceur de l'am\r et sa folie revi5n5t qu& ces malheurs ont disp>u4 ,rem>quez que les malheurs favoris5t la naissance de l'am\r *ez les c>actres lg]s ou ins5sibles1 et qu'aprs sa naissance1 si les malheurs sont antrieurs1 ils favoris5t l'am\r en ce que l'imag9ation1 rebute des autres circon/ances de la vie1 qui ne f\rniss5t que des images tri/es1 se jette t\t entire opr] la cri/allisation4 ,,*apitre ,,xiv ,voici un effet qui me s]a conte/1 et que je ne prs5te qu'aux hommes1 dirai-je1 assez malheureux p\r avoir aim avec passion p5dant de longues annes et d'un am\r contr>i p> des ob/acles inv9cibles3 ,la vue de t\t ce qui e/ extrmem5t beau1 dans la nature et dans les arts1 rappelle le s\v5ir de ce qu'on aime1 avec la rapidit de l'clair4 ,c'e/ que1 p> le mcanisme de la bran*e d'arbre g>nie de diamants dans la m9e de ,salzb\rg1 t\t ce qui e/ beau et sublime au monde fait p>tie de la beaut de ce qu'on aime1 et cette vue imprvue du bonheur l'in/ant remplit les yeux de l>mes4 ,c'e/ a9si que l'am\r du beau et l'am\r se donn5t mutuellem5t la vie4 ,un des malheurs de la vie1 c'e/ que ce bonheur de voir ce qu'on aime et de lui p>l] ne laisse pas de s\v5irs di/9cts4 ,l'me e/ app>emm5t trop tr\ble p> ses motions p\r tre att5tive ce qui les cause ou ce qui les accompagne4 ,elle e/ la s5sation elle-mme4 ,c'e/ peut-tre p>ce que ces plaisirs ne peuv5t pas tre us p> des rappels volont1 qu'ils se r5\vell5t avec tant de =ce1 ds que quelque objet vi5t n\s tir] de la rv]ie consacre la femme que n\s aimons1 et n\s la rappel] plus vivem5t p> quelque n\veau rapport#dj4 #dj ,les p>fums4 ,un vieil ar*itecte sec la r5contrait t\s les soirs dans le monde4 ,entran p> le naturel1 et sans faire att5tion ce que je lui disais#da1 un j\r je lui en fis un loge t5dre et pompeux1 et elle se moqua de moi4 ,je n'eus pas la =ce de lui dire3 ,il v\s voit *aque soir4 #da ,voir la note #bc4 ,cette s5sation e/ si puissante qu'elle s't5d jusqu' la p]sonne de mon ennemie qui l'appro*e sans cesse4 ,qu& je la vois1 elle rappelle tant ,lonore1 que je ne puis la har dans ce mom5t1 quelque ef=t que j'y fasse4 ,on dirait que p> une trange biz>r]ie du coeur1 la femme aime communique plus de *>me qu'elle n'en a elle-mme4 ,l'image de la ville lo9ta9e o on la vit un in/ant#db jette une plus pr(onde et plus d\ce rv]ie que sa prs5ce elle-mme4 ,c'e/ l'effet des rigueurs4 #db ,nessun maggior dolore ,*e ricord>si del tempo felice ,nella mis]ia4 ,,dante1 ,inf41 cant4 ,v4 ,la rv]ie de l'am\r ne peut se not]4 ,je rem>que que je puis relire un bon roman t\s les trois ans avec le mme plaisir4 ,il me donne des s5tim5ts con=mes au g5re de gt t5dre qui me dom9e dans le mom5t1 ou me procure de la v>it dans mes ides1 si je ne s5s ri54 ,je puis aussi c\t] avec plaisir la mme musique1 mais il ne faut pas que la mmoire *]*e se mettre dans la p>tie4 ,c'e/ l'imag9ation uniquem5t qui doit tre affecte2 si un opra fait plus de plaisir la v+time reprs5tation1 c'e/ que l'on compr5d mieux la musique1 ou qu'il rappelle la s5sation du premi] j\r4 ,quant aux n\velles vues qu'un roman suggre p\r la connaissance du coeur huma91 je me rappelle =t bi5 les anci5nes2 j'aime mme les tr\v] nes en m>ge4 ,mais ce g5re de plaisir s'applique aux romans1 comme m'avanant dans la connaissance de l'homme1 et nullem5t la rv]ie1 qui e/ le vrai plaisir du roman4 ,cette rv]ie e/ innotable4 ,la not]1 c'e/ la tu] p\r le prs5t1 c> l'on tombe dans l'analyse philosophique du plaisir1 c'e/ la tu] encore plus srem5t p\r l'av5ir1 c> ri5 ne p>alyse l'imag9ation comme l'appel la mmoire4 ,si je tr\ve en m>ge une note peignant ma s5sation en lisant ,old ,mortality ,flor5ce1 il y a trois ans1 l'in/ant je suis plong dans l'hi/oire de ma vie1 dans l'e/ime du degr de bonheur aux deux poques1 dans la plus haute philosophie1 en un mot1 et adieu p\r longtemps le laiss]-all] des s5sations t5dres4 ,t\t gr& pote ayant une vive imag9ation e/ timide1 c'e/--dire qu'il cra9t les hommes p\r les int]ruptions et les tr\bles qu'ils peuv5t apport] ses dlicieuses rv]ies4 ,c'e/ p\r son att5tion qu'il tremble4 ,les hommes1 avec leurs intrts grossi]s1 vi5n5t le tir] des j>d9s d',armide p\r le p\ss] dans un b\rbi] ftide1 et ils ne peuv5t gure le r5dre att5tif eux qu'en l'irritant4 ,c'e/ p> l'habitude de n\rrir son me de rv]ies t\*antes1 et p> son horreur p\r le vulgaire1 qu'un gr& arti/e e/ si prs de l'am\r4 ,plus un homme e/ gr& arti/e1 plus il doit dsir] les titres et dcorations comme remp>t4 ,,*apitre ,,xv ,on r5contre1 au milieu de la passion la plus viol5te et la plus contr>ie1 des mom5ts o l'on croit t\t c\p ne plus aim]2 c'e/ comme une s\rce d'eau d\ce au milieu de la m]4 ,on n'a presque plus de plaisir song] sa matresse1 et1 quoique accabl de ses rigueurs1 l'on se tr\ve encore plus malheureux de ne plus pr5dre intrt ri5 dans la vie4 ,le nant le plus tri/e et le plus dc\rag succde une manire d'tre1 agite sans d\te1 mais qui prs5tait t\te la nature s\s un aspect neuf1 passionn1 intressant4 ,c'e/ que la d]nire visite que v\s avez faite ce que v\s aimez v\s a mis dans une position sur laquelle une autre fois votre imag9ation a moissonn t\t ce qu'elle peut donn] de s5sations3 p> exemple1 aprs une priode de froideur1 elle v\s traite mo9s mal1 et v\s laisse concevoir exactem5t le mme degr d'esprance1 et p> les mmes signes extrieurs qu' une autre poque2 t\t cela peut-tre sans qu'elle s'en d\te4 ,l'imag9ation tr\vant en son *em9 la mmoire et ses tri/es avis1 la cri/allisation#dc cesse l'in/ant4 #dc ,on me conseille d'abord d't] ce mot1 ou1 si je ne puis y p>v5ir1 faute de tal5t littraire1 de rappel] s\v5t que j'ent5ds p> cri/allisation une c]ta9e figure d'imag9ation1 laquelle r5d mconnaissable un objet le plus s\v5t assez ord9aire1 et en fait un tre "p4 ,dans les mes qui ne connaiss5t d'autre *em9 que la vanit p\r arriv] au bonheur1 il e/ ncessaire que l'homme qui *]*e excit] cette fivre mette =t bi5 sa cravate et soit con/amm5t att5tif mille dtails qui exclu5t t\t laiss]-all]4 ,les femmes de la socit av\5t l'effet t\t en niant ou ne voyant pas la cause4 ,,*apitre ,,xvi ,dans un petit port1 dont j'ignore le nom1 prs ,p]pignan1 #be fvri] #ahbbdd4 #dd ,copie du j\rnal de ,lisio4 ,je vi5s d'pr\v] ce soir que la musique1 qu& elle e/ p>faite1 met le coeur exactem5t dans la mme situation o il se tr\ve qu& il j\it de la prs5ce de ce qu'il aime1 c'e/--dire qu'elle donne le bonheur app>emm5t le plus vif qui exi/e sur cette t]re4 ,s'il en tait a9si p\r t\s les hommes1 ri5 au monde ne dispos]ait plus l'am\r4 ,mais j'ai dj n ,naples1 l'anne d]nire1 que la musique p>faite1 comme la pantomime p>faite#de1 me fait song] ce qui =me actuellem5t l'objet de mes rv]ies et me fait v5ir des ides excell5tes2 ,naples1 c'e/ le moy5 d'arm] les ,grecs4 #de ,o!llo et la ,ve/ale1 ballets de ,vigano1 excuts p> le ,pall]9i et ,moll9>i4 ,or1 ce soir1 je ne puis me dissimul] que j'ai le malheur ( be+ too great an admir] ( milady ,l4 ,et peut-tre que la musique p>faite que j'ai eu le bonheur de r5contr]1 aprs deux ou trois mois de privation1 quoique allant t\s les soirs l',opra1 n'a produit t\t simplem5t que son effet anci5nem5t reconnu1 je veux dire celui de faire song] vivem5t ce qui occupe4 --#d m>s1 huit j\rs aprs4 ,je n'ose ni effac] ni appr\v] l'obs]vation prcd5te4 ,il e/ sr que1 qu& je l'crivais1 je la lisais dans mon coeur4 ,si je la mets en d\te auj\rd'hui1 c'e/ peut tre que j'ai p]du le s\v5ir de ce que je voyais alors4 ,l'habitude de la musique et de sa rv]ie prdispose l'am\r4 ,un air t5dre et tri/e1 p\rvu qu'il ne soit pas trop dramatique1 que l'imag9ation ne soit pas =ce de song] l'action1 excitant purem5t la rv]ie de l'am\r1 e/ dlicieux p\r les mes t5dres et malheureuses3 p> exemple1 le trait prolong de cl>9ette1 au comm5cem5t du qu>tetto de ,bianca e ,fali]o1 et le rcit de la ,camporesi v]s le milieu du qu>tetto4 ,l'amant qui e/ bi5 avec ce qu'il aime j\it avec transport du fameux duetto d',armida e ,r9aldo de ,ross9i1 qui pe9t si ju/e les petits d\tes de l'am\r heureux et les mom5ts de dlices qui suiv5t les raccommodem5ts4 ,le morceau in/rum5tal qui e/ au milieu du duetto au mom5t o ,r9aldo veut fuir1 et qui reprs5te d'une manire si tonnante le combat des passions1 lui semble avoir une influ5ce physique sur son coeur et le t\*] rellem5t4 ,je n'ose dire ce que je s5s cet g>d2 je pass]ais p\r f\ auprs des g5s du ,nord4 ,,*apitre ,,xvii ,la beaut dtrne p> l'am\r4 ,albric r5contre dans une loge une femme plus belle que sa matresse 7je supplie qu'on me p]mette une valuation ma?matique71 c'e/--dire dont les traits promett5t trois units de bonheur1 au lieu de deux 7je suppose que la beaut p>faite donne une quantit de bonheur exprime p> le nombre quatre74 ,e/-il tonnant qu'il leur prfre les traits de sa matresse1 qui lui promett5t c5t units de bonheur8 ,mme les petits dfauts de sa figure1 une m>que de petite vrole1 p> exemple1 donn5t de l'att5drissem5t l'homme qui aime1 et le jett5t dans une rv]ie pr(onde lorsqu'il les ap]oit *ez une autre femme2 que s]a-ce *ez sa matresse8 ,c'e/ qu'il a pr\v mille s5tim5ts en prs5ce de cette m>que de petite vrole1 que ces s5tim5ts sont p\r la plup>t dlicieux1 sont t\s du plus haut intrt1 et que1 quels qu'ils soi5t1 ils se r5\vell5t avec une incroyable vivacit la vue de ce signe1 mme ap]u sur la figure d'une autre femme4 ,si l'on p>vi5t a9si prfr] et aim] la laideur1 c'e/ que dans ce cas la laideur e/ beaut#df4 ,un homme aimait la passion une femme trs maigre et m>que de petite vrole3 la mort la lui ravit4 ,trois ans aprs1 ,rome1 admis dans la famili>it de deux femmes1 l'une plus belle que le j\r1 l'autre maigre1 m>que de petite vrole1 et p> l1 si v\s v\lez1 assez laide3 je le vois aim] la laide au b\t de huit j\rs qu'il emploie effac] sa laideur p> ses s\v5irs2 et1 p> une coquett]ie bi5 p>donnable1 la mo9s jolie ne manqua pas de l'aid] en lui f\ettant un peu le sang1 *ose utile cette opration#dg4 ,un homme r5contre une femme et e/ *oqu de sa laideur2 bi5tt1 si elle n'a pas de prt5tions1 sa physionomie lui fait oubli] les dfauts de ses traits3 il la tr\ve aimable et conoit qu'on puisse l'aim]2 huit j\rs aprs1 il a des esprances2 huit j\rs aprs1 on les lui retire2 huit j\rs aprs1 il e/ f\4 #df ,la beaut n'e/ que la promesse du bonheur4 ,le bonheur d'un ,grec tait diffr5t du bonheur d'un ,franais de #ahbb4 ,voyez les yeux de la ,vnus de ,mdicis et comp>ez-les aux yeux de la ,madele9e de ,pord5one 7*ez ,m4 de ,somm>iva74 #dg ,si l'on e/ sr de l'am\r d'une femme1 on exam9e si elle e/ plus ou mo9s belle2 si l'on d\te de son coeur1 on n'a pas le temps de song] sa figure4 ,,*apitre ,,xviii ,on rem>que au ?tre une *ose analogue env]s les acteurs *ris du public3 les spectateurs ne sont plus s5sibles ce qu'ils peuv5t avoir de beaut ou de laideur relle4 ,leka91 malgr sa laideur rem>quable1 faisait des passions foison4 ,g>rick aussi1 p> plusieurs raisons1 mais d'abord p>ce qu'on ne voyait plus la beaut relle de leurs traits ou de leurs manires1 mais bi5 celle que depuis longtemps l'imag9ation tait habitue leur prt]1 en reconnaissance et en s\v5ir de t\s les plaisirs qu'ils lui avai5t donns2 et1 p> exemple1 la figure seule d'un acteur comique fait rire ds qu'il entre en scne4 ,une jeune fille qu'on m5ait aux ,franais p\r la premire fois p\vait bi5 s5tir quelque loignem5t p\r ,leka9 durant la premire scne2 mais bi5tt il la faisait pleur] ou frmir2 et comm5t rsi/] aux rles de ,tancrde#dh ou d',orosmane8 ,si p\r elle la laideur tait encore un peu visible1 les transports de t\t un public1 et l'effet n]veux qu'ils produis5t sur un jeune coeur#di p>v5ai5t bi5 vite l'clips]4 ,il ne re/ait plus de la laideur que le nom1 et pas mme le nom1 c> l'on ent5dait des femmes en?\sia/es de ,leka9 s'cri]3 ,qu'il e/ beau6 #dh ,voir ,mme de ,/al1 dans ,delph9e1 je crois3 voil l'artifice des femmes peu jolies4 #di ,c'e/ cette sympa?ie n]veuse que je s]ais t5t d'attribu] l'effet prodigieux et incomprh5sible de la musique la mode 7 ,dresde1 p\r ,ross9i1 #ahba74 ,ds qu'elle n'e/ plus de mode1 elle n'en devi5t pas plus mauvaise p\r cela1 et cep5dant elle ne fait plus d'effet sur les coeurs de bonne foi des jeunes filles4 ,elle leur plaisait peut-tre aussi comme excitant les transports des jeunes g5s4 ,mme de ,svign 7,lettre #bjb1 le #f mai #afgb7 dit sa fille3 ,lully avait fait un d]ni] ef=t de t\te la musique du roi2 ce beau ,mis]]e y tait encore augm5t2 il y eut un ,lib]a o t\s les yeux tai5t ple9s de l>mes4 ,on ne peut pas plus d\t] de la vrit de cet effet que disput] l'esprit ou la dlicatesse ,mme de ,svign4 ,la musique de ,lully1 qui la *>mait1 f]ait fuir cette heure2 alors cette musique enc\rageait la cri/allisation1 elle la r5d impossible auj\rd'hui4 ,rappelons-n\s que la beaut e/ l'expression du c>actre1 ou1 autrem5t dit1 des habitudes morales1 et qu'elle e/ p> consqu5t exempte de t\te passion4 ,or1 c'e/ de la passion qu'il n\s faut2 la beaut ne peut n\s f\rnir que des probabilits sur le compte d'une femme1 et encore des probabilits sur ce qu'elle e/ de sang-froid2 et les reg>ds de votre matresse m>que de petite vrole sont une ralit *>mante qui anantit t\tes les probabilits possibles4 ,,*apitre ,,xix ,suite des exceptions la beaut4 ,les femmes spirituelles et t5dres1 mais s5sibilit timide et mfiante1 qui1 le l5dema9 du j\r o elles ont p>u dans le monde1 repass5t mille fois en revue et avec une timidit s\ffrante ce qu'elles ont pu dire ou laiss] dev9]2 ces femmes-l1 dis-je1 s'acc\tum5t facilem5t au manque de beaut *ez les hommes1 et ce n'e/ presque pas un ob/acle leur donn] de l'am\r4 ,c'e/ p> le mme pr9cipe qu'on e/ presque indiffr5t p\r le degr de beaut d'une matresse adore et qui v\s comble de rigueurs4 ,il n'y a presque plus de cri/allisation de beaut2 et1 qu& l'ami gurisseur v\s dit qu'elle n'e/ pas jolie1 on en convi5t presque1 et il croit avoir fait un gr& pas4 ,mon ami1 le brave capita9e ,trab1 me peignait ce soir ce qu'il avait s5ti autrefois en voyant ,mirabeau4 ,p]sonne1 en reg>dant ce gr& homme1 n'pr\vait p> les yeux un s5tim5t dsagrable1 c'e/--dire ne le tr\vait laid4 ,entran p> ses p>oles f\droyantes1 on n'tait att5tif1 on ne tr\vait du plaisir tre att5tif qu' ce qui tait beau dans sa figure4 ,comme il n'y avait en lui presque pas de traits beaux 7de la beaut de la sculpture1 ou de la beaut de la pe9ture71 l'on n'tait att5tif qu' ce qui tait beau d'une autre beaut#ej1 de la beaut d'expression4 #ej ,c'e/ l l'avantage d'tre la mode4 ,faisant ab/raction des dfauts de la figure dj connus1 et qui ne font plus ri5 l'imag9ation1 on s'atta*e l'une des trois beauts suivantes3 #a ,dans le peuple1 l'ide de ri*esse2 #b ,dans le monde1 l'ide d'lgance1 ou matrielle ou morale2 #c ,a la c\r1 l'ide3 je veux plaire aux femmes2 presque p>t\t1 un mlange de ces trois ides4 ,le bonheur atta* l'ide de ri*esse se jo9t la dlicatesse dans le plaisir qui suit l'ide d'lgance1 et le t\t s'applique l'am\r4 ,d'une manire ou d'autre1 l'imag9ation e/ entrane p> la n\veaut4 ,l'on arrive a9si s'occup] d'un homme trs laid sans song] sa laideur#ea1 et la longue sa laideur devi5t beaut4 ,a ,vi5ne1 en #aghh1 ,mme ,vigano1 danseuse1 la femme la mode1 tait grosse1 et les dames portr5t bi5tt des petits v5tres la ,vigano4 ,p> les mmes raisons ret\rnes1 ri5 d'affreux comme une mode suranne4 ,le mauvais gt1 c'e/ de confondre la mode1 qui ne vit que de *angem5ts1 avec le beau durable1 fruit de tel g\v]nem5t1 dirigeant tel climat4 ,un difice la mode1 dans dix ans1 s]a une mode suranne4 ,il s]a mo9s dplaisant dans deux c5ts ans1 qu& on aura oubli la mode4 ,les amants sont bi5 f\s de song] se bi5 mettre2 on a bi5 autre *ose faire en voyant ce qu'on aime que de song] sa toilette2 on reg>de son amant et on ne l'exam9e pas1 dit ,r\sseau4 ,si cet exam5 a lieu1 on a affaire l'am\r-gt et non plus l'am\r-passion4 ,l'air brillant de la beaut dplat presque dans ce qu'on aime2 on n'a que faire de la voir belle1 on la v\drait t5dre et languissante4 ,la p>ure n'a d'effet1 en am\r1 que p\r les jeunes filles qui1 svrem5t g>des dans la maison pat]nelle1 pr5n5t s\v5t une passion p> les yeux4 ,dit p> ,l41 #ae septembre #ahbj4 #ea ,le petit ,g]ma91 ,mmoires de ,grammont4 ,en mme temps que l'att5tion f]mait les yeux t\t ce qui tait laid1 pittoresquem5t p>lant1 elle s'atta*ait avec transport aux plus petits dtails passables1 p> exemple1 la beaut de sa va/e *evelure2 s'il et port des cornes1 on les et tr\ves belles#eb4 #eb ,soit p\r leur poli1 soit p\r leur gr&eur1 soit p\r leur =me2 c'e/ a9si1 ou p> la liaison de s5tim5ts 7voir plus haut les m>ques de petite vrole7 qu'une femme qui aime s'acc\tume aux dfauts de son amant4 ,la pr9cesse russe ,c4 s'e/ bi5 acc\tume un homme qui1 en df9itif1 n'a pas de nez4 ,l'image du c\rage et du pi/olet arm p\r se tu] de dsespoir de ce malheur1 et la piti p\r la pr(onde in=tune1 aides p> l'ide qu'il gurira et qu'il comm5ce gurir1 ont opr ce miracle4 ,il faut que le pauvre bless n'ait pas l'air de p5s] son malheur4 ,b]l91 #ahjg4 ,la prs5ce de t\s les soirs d'une jolie danseuse donne de l'att5tion =ce aux mes blases ou prives d'imag9ation qui g>niss5t le balcon de l',opra4 ,p> ses m\vem5ts gracieux1 h>dis et s+uli]s1 elle rveille l'am\r physique et leur procure peut-tre la seule cri/allisation qui soit encore possible4 ,c'e/ a9si qu'un laid]on qui n'et pas t honor d'un reg>d dans la rue1 surt\t de la "p des g5s us1 s'il p>at s\v5t sur la scne1 tr\ve se faire entret5ir =t *]4 ,ge(froy disait que le ?tre e/ le pide/al des femmes4 ,plus une danseuse e/ clbre et ue1 plus elle vaut2 de l le prov]be des c\lisses3 ,telle tr\ve se v5dre qui n'et pas tr\v se donn]4 ,ces filles vol5t une p>tie de leurs passions leurs amants1 et sont trs susceptibles d'am\r p> pique4 ,comm5t faire p\r ne pas li] des s5tim5ts gnreux ou aimables la physionomie d'une actrice dont les traits n'ont ri5 de *oquant1 que t\s les soirs l'on reg>de p5dant deux heures exprimant les s5tim5ts les plus nobles1 et que l'on ne connat pas autrem5t8 ,qu& enf9 l'on p>vi5t tre admis *ez elle1 ses traits v\s rappell5t des s5tim5ts si agrables1 que t\te la ralit qui l'ent\re1 quelque peu noble qu'elle soit quelquefois1 se rec\vre l'in/ant d'une te9te romanesque et t\*ante4 ,dans ma premire jeunesse1 en?\sia/e de cette ennuyeuse tragdie franaise#ec1 qu& j'avais le bonheur de s\p] avec ,mlle ,olivi]1 t\s les in/ants1 je me surpr5ais le coeur rempli de respect1 croyant p>l] une re9e3 et rellem5t je n'ai jamais bi5 su si1 auprs d'elle1 j'avais t am\reux d'une re9e ou d'une jolie fille4 #ec ,phrase inconv5ante1 copie des ,mmoires de mon ami1 feu ,m4 le b>on de ,bottm]4 ,c'e/ p> le mme artifice que ,f]amorz plat ,lalla-,rook4 ,voir ce *>mant pome4 ,,*apitre ,,xx ,peut-tre que les hommes qui ne sont pas susceptibles d'pr\v] l'am\r-passion sont ceux qui s5t5t le plus vivem5t l'effet de la beaut2 c'e/ du mo9s l'impression la plus =te qu'ils puiss5t recevoir des femmes4 ,l'homme qui a pr\v le battem5t de coeur que donne de lo9 le *apeau de sat9 blanc de ce qu'il aime e/ t\t tonn de la froideur o le laisse l'appro*e de la plus gr&e beaut du monde4 ,obs]vant les transports des autres1 il peut mme avoir un m\vem5t de *agr94 ,les femmes extrmem5t belles tonn5t mo9s le second j\r4 ,c'e/ un gr& malheur1 cela dc\rage la cri/allisation4 ,leur mrite tant visible t\s et =mant dcoration1 elles doiv5t compt] plus de sots dans la li/e de leurs amants1 des pr9ces1 des millionnaires1 etc4#ed4 #ed ,on voit bi5 que l'auteur n'e/ ni pr9ce ni millionnaire4 ,j'ai v\lu vol] cet esprit-l au lecteur4 ,,*apitre ,,xxi ,de la premire vue4 ,une me imag9ation e/ t5dre et dfiante1 je dis mme l'me la plus nave#ee4 ,elle peut tre mfiante sans s'en d\t]2 elle a tr\v tant de dsappo9tem5ts dans la vie6 ,donc t\t ce qui e/ prvu et (ficiel dans la prs5tation d'un homme eff>\*e l'imag9ation et loigne la possibilit de la cri/allisation4 ,l'am\r triomphe1 au contraire1 dans le romanesque la premire vue4 #ee ,la fiance de ,lamm]moor1 miss ,a%ton4 ,un homme qui a vcu tr\ve dans sa mmoire une f\le d'exemples d'am\rs1 et n'a que l'emb>ras du *oix4 ,mais1 s'il veut crire1 il ne sait plus sur quoi s'appuy]4 ,les anecdotes des socits p>ticulires dans lesquelles il a vcu sont ignores du public1 et il faudrait un nombre de pages imm5se p\r les rapport] avec les nuances ncessaires4 ,c'e/ p\r cela que je cite des romans comme gnralem5t connus1 mais je n'appuie po9t les ides que je s\mets au lecteur sur des fictions aussi vides1 et calcules la plup>t plutt p\r l'effet pittoresque que p\r la vrit4 ,ri5 de plus simple2 l'tonnem5t qui fait longuem5t song] une *ose extraord9aire e/ dj la moiti du m\vem5t crbral ncessaire p\r la cri/allisation4 ,je cit]ai le comm5cem5t des am\rs de ,sraph9e 7,gil ,blas1 tome ,,ii1 p4 #adb74 ,c'e/ don ,f]n&o qui raconte sa fuite lorsqu'il tait p\rsuivi p> les sbires de l'inquisition444 ,aprs avoir trav]s quelques alles dans une obscurit pr(onde1 et la pluie cont9uant tomb] p> torr5ts1 j'arrivai prs d'un salon dont je tr\vai la porte ouv]te2 j'y entrai1 et1 qu& j'en eus rem>qu t\te la magnific5ce444 je vis qu'il y avait l'un des cts une porte qui n'tait que p\sse2 je l'entr'ouvris et j'ap]u une enfilade de *ambres dont la d]nire seulem5t tait claire4 ,que dois-je faire8 dis-je alors en moi-mme444 ,je ne pus rsi/] ma curiosit4 ,je m'avance1 je trav]se les *ambres1 et j'arrive celle o il y avait de la lumire1 c'e/--dire une b\gie qui brlait sur une table de m>bre1 dans un flambeau de v]meil4 ,mais bi5tt1 jetant les yeux sur un lit dont les rideaux tai5t demi ouv]ts cause de la *aleur1 je vis un objet qui s'emp>a de t\te mon att5tion3 c'tait une jeune femme qui1 malgr le bruit du tonn]re qui v5ait de se faire ent5dre1 dormait d'un pr(ond sommeil444 ,je m'appro*ai d'elle444 je me s5tis saisi444 ,p5dant que je m'enivrais du plaisir de la contempl]1 elle se rveilla4 ,imag9ez-v\s quelle fut sa surprise de voir dans sa *ambre et au milieu de la nuit un homme qu'elle ne connaissait po9t4 ,elle frmit en m'ap]cevant et jeta un cri444 ,je m'ef=ai de la rassur]1 et1 mettant un g5\ en t]re3 ,madame1 lui dis-je1 ne craignez ri5444 ,elle appela ses filles444 ,dev5ue un peu plus h>die p> la prs5ce de cette petite s]vante1 elle me dem&a firem5t qui j'tais1 etc41 etc41 etc4 ,voil une premire vue qu'il n'e/ pas facile d'oubli]4 ,quoi de plus sot1 au contraire1 dans nos moeurs actuelles1 que la prs5tation (ficielle et presque s5tim5tale du futur la jeune fille6 ,cette pro/itution lgale va jusqu' *oqu] la pudeur4 ,je vi5s de voir1 cette aprs-midi1 #ag fvri] #agij 7dit ,*am=t1 #d1 #aee71 une crmonie de famille1 comme on dit1 c'e/--dire des hommes rputs honntes1 une socit respectable1 applaudir au bonheur de ,mlle de ,m>ille1 jeune p]sonne belle1 spirituelle1 v]tueuse1 qui obti5t l'avantage de dev5ir l'p\se de ,m4 ,r41 vieill>d malsa91 rep\ssant1 malhonnte1 imbcile1 mais ri*e1 et qu'elle a vu p\r la troisime fois auj\rd'hui en signant le contrat4 ,si quelque *ose c>actrise un sicle infme1 c'e/ un p>eil sujet de triomphe1 c'e/ le ridicule d'une telle joie1 et1 dans la p]spective1 la cruaut prude avec laquelle la mme socit v]s]a le mpris ple9es ma9s sur la mo9dre imprud5ce d'une pauvre jeune femme am\reuse4 ,t\t ce qui e/ crmonie1 p> son ess5ce d'tre une *ose affecte et prvue d'avance1 dans laquelle il s'agit de se comport] d'une manire conv5able1 p>alyse l'imag9ation et ne la laisse veille que p\r ce qui e/ contraire au b de la crmonie et ridicule2 de l l'effet magique de la mo9dre plaisant]ie4 ,une pauvre jeune fille1 comble de timidit et de pudeur s\ffrante durant la prs5tation (ficielle du futur1 ne peut song] qu'au rle qu'elle j\e2 c'e/ encore une manire sre d't\ff] l'imag9ation4 ,il e/ beauc\p plus contre la pudeur de se mettre au lit avec un homme qu'on n'a vu que deux fois1 aprs trois mots lat9s dits l'glise1 que de cd] malgr soi un homme qu'on adore depuis deux ans4 ,mais je p>le un langage absurde4 ,c'e/ le p444 qui e/ la s\rce fconde des vices et du malheur qui suiv5t nos m>iages actuels4 ,il r5d impossible la lib]t p\r les jeunes filles avant le m>iage1 et le divorce aprs qu& elles se sont trompes1 ou plutt qu& on les a trompes dans le *oix qu'on leur fait faire4 ,voyez l',allemagne1 ce pays des bons mnages2 une aimable pr9cesse 7,mme la du*esse de ,sa4447 vi5t de s'y m>i] en t\t bi5 t\t honneur p\r la quatrime fois1 et elle n'a pas manqu d'invit] la fte ses trois premi]s m>is1 avec lesquels elle e/ trs bi54 ,voil l'excs2 mais un seul divorce1 qui punit un m>i de ses tyrannies1 emp*e des milli]s de mauvais mnages4 ,ce qu'il y a de plaisant1 c'e/ que ,rome e/ l'un des pays o l'on voit le plus de divorces#ef4 #ef ,t\t cela a t crit ,rome v]s #ahbj4 ,l'am\r aime1 la premire vue1 une physionomie qui indique la fois dans un homme quelque *ose respect] et pla9dre4 ,,*apitre ,,xxii ,de l'eng\em5t4 ,des esprits =t dlicats sont trs susceptibles de curiosit et de prv5tion2 cela se rem>que surt\t dans les mes *ez lesquelles s'e/ te9t le feu sacr1 s\rce des passions1 et c'e/ un des symptmes les plus fune/es4 ,il y a aussi de l'eng\em5t *ez les coli]s qui entr5t dans le monde4 ,aux deux extrmits de la vie1 avec trop ou trop peu de s5sibilit1 on ne s'expose pas avec simplicit s5tir le ju/e effet des *oses1 pr\v] la vritable s5sation qu'elles doiv5t donn]4 ,ces mes trop ard5tes ou ard5tes p> excs1 am\reuses crdit1 si l'on peut a9si dire1 se jett5t aux objets au lieu de les att5dre4 ,avant que la s5sation1 qui e/ la consqu5ce de la nature des objets1 arrive jusqu' elles1 elles les c\vr5t de lo91 et avant de les voir1 de ce *>me imag9aire dont elles tr\v5t en elles-mmes une s\rce 9puisable4 ,puis1 en s'en appro*ant1 elles voi5t ces *oses1 non telles qu'elles sont1 mais telles qu'elles les ont faites1 et1 j\issant d'elles-mmes s\s l'app>5ce de tel objet1 elles croi5t j\ir de cet objet4 ,mais1 un beau j\r1 on se lasse de faire t\s les frais1 on dc\vre que l'objet ador ne r5voie pas la balle2 l'eng\em5t tombe1 et l'*ec qu'pr\ve l'am\r-propre r5d inju/e env]s l'objet trop apprci4 ,,*apitre ,,xxiii ,des c\ps de f\dre4 ,il faudrait *ang] ce mot ridicule2 cep5dant la *ose exi/e4 ,j'ai vu l'aimable et noble ,wilhelm9e1 le dsespoir des beaux de ,b]l91 mpris] l'am\r et se moqu] de ses folies4 ,brillante de jeunesse1 d'esprit1 de beaut1 de bonheurs de t\s les g5res4441 une =tune sans bornes1 en lui donnant l'occasion de dvelopp] t\tes ses qualits1 semblait conspir] avec la nature p\r prs5t] au monde l'exemple si r>e d'un bonheur p>fait accord une p]sonne qui en e/ p>faitem5t digne4 ,elle avait v+t-trois ans2 dj la c\r depuis longtemps1 elle avait conduit les hommages du plus haut p>age2 sa v]tu mode/e1 mais 9branlable1 tait cite en exemple1 et dsormais les hommes les plus aimables1 dsesprant de lui plaire1 n'aspirai5t qu' son amiti4 ,un soir elle va au bal *ez le pr9ce ,f]d9&1 elle danse dix m9utes avec un jeune capita9e4 ,de ce mom5t1 crivait-elle p> la suite une amie#eg1 il fut le matre de mon coeur et de moi1 et cela un po9t qui m'et remplie de t]reur1 si le bonheur de voir ,h]man m'et laiss le temps de song] au re/e de l'exi/5ce4 ,ma seule p5se tait d'obs]v] s'il m'accordait quelque att5tion4 #eg ,traduit ad litt]am des ,mmoires de ,bottm]4 ,auj\rd'hui1 la seule consolation que je puisse tr\v] mes fautes e/ de me b]c] de l'illusion qu'une =ce suprieure m'a ravie moi-mme et la raison4 ,je ne puis p> aucune p>ole pe9dre1 d'une manire qui appro*e de la ralit1 jusqu' quel po9t1 seulem5t l'ap]cevoir1 allr5t le dsordre et le b\lev]sem5t de t\t mon tre4 ,je r\gis de p5s] avec quelle rapidit et quelle viol5ce j'tais entrane v]s lui4 ,si sa premire p>ole1 qu& enf9 il me p>la1 et t3 ,m'adorez-v\s8 en vrit je n'aurais pas eu la =ce de ne pas lui rpondre3 ,oui4 ,j'tais lo9 de p5s] que les effets d'un s5tim5t puss5t tre la fois si subits et si peu prvus4 ,ce fut au po9t qu'un in/ant je crus tre empoisonne4 ,malheureusem5t v\s et le monde1 ma *re amie1 savez que j'ai bi5 aim ,h]man3 eh bi51 il me fut si *] au b\t d'un qu>t d'heure1 que depuis il n'a pas pu me le dev5ir davantage4 ,je voyais t\s ses dfauts1 et je les lui p>donnais t\s1 p\rvu qu'il m'aimt4 ,peu aprs que j'eus dans avec lui1 le roi s'en alla2 ,h]man1 qui tait du dta*em5t de s]vice1 fut oblig de le suivre4 ,avec lui1 t\t disp>ut p\r moi dans la nature4 ,c'e/ en va9 que j'essay]ais de v\s pe9dre l'excs de l'ennui dont je me s5tis accable ds que je ne le vis plus4 ,il n'tait gal que p> la vivacit du dsir que j'avais de me tr\v] seule avec moi-mme4 ,je pus p>tir enf94 ,a pe9e enf]me d\ble t\r dans mon app>tem5t1 je v\lus rsi/] ma passion4 ,je crus y russir4 ,ah6 ma *re amie1 que je payai *] ce soir-l1 et les j\rnes suivantes1 le plaisir de p\voir me croire de la v]tu6 ,ce que l'on vi5t de lire e/ la n>ration exacte d'un vnem5t qui fit la n\velle du j\r1 c> au b\t d'un mois ou deux la pauvre ,wilhelm9e fut assez malheureuse p\r qu'on s'ap]t de son s5tim5t4 ,telle fut l'orig9e de cette longue suite de malheurs qui l'ont fait prir si jeune et d'une manire si tragique1 empoisonne p> elle ou p> son amant4 ,t\t ce que n\s pmes voir dans ce jeune capita9e1 c'e/ qu'il dansait =t bi52 il avait beauc\p de gaiet1 encore plus d'assurance1 un gr& air de bont1 et vivait avec des filles2 du re/e1 pe9e noble1 =t pauvre1 et ne v5ant pas la c\r4 ,non seulem5t il ne faut pas la mfiance1 mais il faut la lassitude de la mfiance1 et p\r a9si dire l'impati5ce du c\rage contre les has>ds de la vie4 ,l'me1 son insu1 ennuye de vivre sans aim]1 conva9cue malgr elle p> l'exemple des autres femmes1 ayant surmont t\tes les cra9tes de la vie1 mcont5te du tri/e bonheur de l'orgueil1 s'e/ fait1 sans s'en ap]cevoir1 un modle idal4 ,elle r5contre un j\r un tre qui ressemble ce modle1 la cri/allisation reconnat son objet au tr\ble qu'il inspire1 et consacre p\r t\j\rs au matre de son de/9 ce qu'elle rvait depuis longtemps#eh4 #eh ,plusieurs phrases prises ,crbillon1 tome ,,iii4 ,les femmes sujettes ce malheur ont trop de hauteur dans l'me p\r aim] autrem5t que p> passion4 ,elles s]ai5t sauves si elles p\vai5t s'abaiss] la galant]ie4 ,comme le c\p de f\dre vi5t d'une secrte lassitude de ce que le cat*isme appelle la v]tu1 et de l'ennui que donne l'uni=mit de la p]fection1 je croirais assez qu'il doit tomb] le plus s\v5t sur ce qu'on appelle le monde de mauvais sujets4 ,je d\te =t que l'air ,caton ait jamais occasionn de c\p de f\dre4 ,ce qui les r5d si r>es1 c'e/ que1 si le coeur qui aime a9si d'avance a le plus petit s5tim5t de sa situation1 il n'y a plus de c\p de f\dre4 ,une femme r5due mfiante p> les malheurs n'e/ pas susceptible de cette rvolution de l'me4 ,ri5 ne facilite les c\ps de f\dre comme les l\anges donnes d'avance et p> des femmes la p]sonne qui doit en tre l'objet4 ,une des s\rces les plus comiques des av5tures d'am\r1 ce sont les faux c\ps de f\dre4 ,une femme ennuye1 mais non s5sible1 se croit am\reuse p\r la vie p5dant t\te une soire4 ,elle e/ fire d'avoir enf9 tr\v un de ces gr&s m\vem5ts de l'me aprs lesquels c\rait son imag9ation4 ,le l5dema91 elle ne sait plus o se ca*]1 et surt\t comm5t vit] le malheureux objet qu'elle adorait la veille4 ,les g5s d'esprit sav5t voir1 c'e/--dire mettre pr(it ces c\ps de f\dre4 ,l'am\r physique a aussi ses c\ps de f\dre4 ,n\s avons vu hi] la plus jolie femme et la plus facile de ,b]l9 r\gir t\t c\p dans sa cal*e o n\s tions avec elle4 ,le beau lieut5ant ,f9dorff v5ait de pass]4 ,elle e/ tombe dans la rv]ie pr(onde1 dans l'inquitude4 ,le soir1 ce qu'elle m'av\a au spectacle1 elle avait des folies1 des transports1 elle ne p5sait qu' ,f9dorff1 auquel elle n'a jamais p>l4 ,si elle et os1 me disait-elle1 elle l'et envoy *]*]3 cette jolie figure prs5tait t\s les signes de la passion la plus viol5te4 ,cela durait encore le l5dema92 au b\t de trois j\rs1 ,f9dorff ayant fait le nigaud1 elle n'y p5sa plus4 ,un mois aprs1 il lui tait odieux4 ,,*apitre ,,xxiv ,voyage dans un pays inconnu4 ,je conseille la plup>t des g5s ns dans le ,nord de pass] le prs5t *apitre4 ,c'e/ une diss]tation obscure sur quelques phnomnes relatifs l'orang]1 arbre qui ne crot ou qui ne p>vi5t t\te sa hauteur qu'en ,italie et en ,espagne4 ,p\r tre intelligible ailleurs1 j'aurais d dim9u] les faits4 ,c'e/ quoi je n'aurais pas manqu si j'avais eu le desse9 un seul in/ant d'crire un livre gnralem5t agrable4 ,mais1 le ciel m'ayant refus le tal5t littraire1 j'ai uniquem5t p5s dcrire avec t\te la maussad]ie de la sci5ce1 mais aussi avec t\te son exactitude1 c]ta9s faits dont un sj\r prolong dans la patrie de l'orang] m'a r5du l'involontaire tmo94 ,frdric le ,gr&1 ou tel autre homme di/+u du ,nord1 qui n'a jamais eu occasion de voir l'orang] en ple9e t]re1 m'aurait sans d\te ni les faits suivants et ni de bonne foi4 ,je respecte inf9im5t la bonne foi1 et je vois son p\rquoi4 ,cette dcl>ation s9cre p\vant p>atre de l'orgueil1 j'aj\te la rflexion suivante3 ,n\s crivons au has>d *acun ce qui n\s semble vrai1 et *acun dm5t son vois94 ,je vois dans nos livres autant de billets de lot]ie2 ils n'ont rellem5t pas plus de valeur4 ,la po/rit1 en oubliant les uns et rimprimant les autres1 dcl>]a les billets gagnants4 ,jusque-l1 *acun de n\s1 ayant crit de son mieux ce qui lui semble vrai1 n'a gure de raison de se moqu] de son vois91 mo9s que la satire ne soit plaisante1 auquel cas il a t\j\rs raison1 surt\t s'il crit comme ,m4 ,c\rri] ,del ,furia4 ,aprs ce prambule1 je vais entr] c\rageusem5t dans l'exam5 de faits qui1 j'en suis conva9cu1 ont r>em5t t obs]vs ,p>is4 ,mais enf91 ,p>is1 ville suprieure t\tes les autres sans d\te1 l'on ne voit pas des orang]s en ple9e t]re comme ,sorr5to1 et c'e/ ,sorr5to1 la patrie du ,tasse1 sur le golfe de ,naples1 dans une position mi cte de la m]1 plus pittoresque encore que celle de ,naples elle-mme1 mais o on ne lit pas le ,miroir1 que ,lisio ,visconti a obs]v et n les faits suivants3 ,lorsqu'on doit voir le soir la femme qu'on aime1 l'att5te d'un si gr& bonheur r5d insupportables t\s les mom5ts qui en sp>5t4 ,une fivre dvorante fait pr5dre et quitt] v+t occupations4 ,l'on reg>de sa montre *aque in/ant1 et l'on e/ ravi qu& on voit qu'on a pu faire pass] dix m9utes sans la reg>d]2 l'heure tant dsire sonne enf91 et qu& on e/ sa porte prt frapp]1 l'on s]ait aise de ne pas la tr\v]2 ce n'e/ que p> rflexion qu'on s'en afflig]ait2 en un mot1 l'att5te de la voir produit un effet dsagrable4 ,voil de ces *oses qui font dire aux bonnes g5s que l'am\r draisonne4 ,c'e/ que l'imag9ation1 retire violemm5t de rv]ies dlicieuses o *aque pas produit le bonheur1 e/ ram5e la svre ralit4 ,l'me t5dre sait bi5 que1 dans le combat qui va comm5c] aussitt que v\s la v]rez1 la mo9dre nglig5ce1 le mo9dre manque d'att5tion ou de c\rage1 s]a puni p> une dfaite empoisonnant p\r longtemps les rv]ies de l'imag9ation1 et hors de l'intrt de la passion si l'on *]*ait s'y rfugi]1 humiliante p\r l'am\r-propre4 ,on se dit3 ,j'ai manqu d'esprit1 j'ai manqu de c\rage2 mais l'on n'a du c\rage env]s ce qu'on aime qu'en l'aimant mo9s4 ,ce re/e d'att5tion que l'on arra*e avec tant de pe9e aux rv]ies de la cri/allisation fait que1 dans les premi]s disc\rs la femme qu'on aime1 il *appe une f\le de *oses qui n'ont pas de s5s1 ou qui ont un s5s contraire ce qu'on s5t1 ou ce qui e/ plus poignant encore1 on exagre ses propres s5tim5ts1 et ils devi5n5t ridicules ses yeux4 ,comme on s5t vaguem5t qu'on ne fait pas assez d'att5tion ce qu'on dit1 un m\vem5t ma*9al fait soign] et *>g] la dclamation4 ,cep5dant l'on ne peut pas se taire cause de l'emb>ras du sil5ce1 durant lequel on p\rrait encore mo9s song] elle4 ,on dit donc d'un air s5ti une f\le de *oses qu'on ne s5t pas1 et qu'on s]ait bi5 emb>rass de rpt]2 l'on s'ob/9e se refus] sa prs5ce p\r tre encore plus elle4 ,dans les premi]s mom5ts que je connus l'am\r1 cette biz>r]ie que je s5tais en moi me faisait croire que je n'aimais pas4 ,je compr5ds la l*et1 et comm5t les conscrits se tir5t de la peur en se jetant corps p]du au milieu du feu4 ,le nombre des sottises que j'ai dites depuis deux ans p\r ne pas me taire me met au dsespoir qu& j'y songe4 ,voil qui devrait bi5 m>qu] aux yeux des femmes la diffr5ce de l'am\r-passion et de la galant]ie1 de l'me t5dre et de l'me prosaque#ei4 #ei ,c'tait un mot de ,lonore4 ,dans ces mom5ts dcisifs1 l'une gagne autant que l'autre p]d2 l'me prosaque reoit ju/em5t le degr de *aleur qui lui manque habituellem5t1 t&is que la pauvre me t5dre devi5t folle p> excs de s5tim5t1 et1 qui plus e/1 a la prt5tion de ca*] sa folie4 ,t\t occupe g\v]n] ses propres transports1 elle e/ bi5 lo9 du sang-froid qu'il faut p\r pr5dre ses avantages1 et elle sort br\ille d'une visite o l'me prosaque et fait un gr& pas4 ,ds qu'il s'agit des intrts trop vifs de sa passion1 une me t5dre et fire ne peut pas tre loqu5te auprs de ce qu'elle aime2 ne pas russir lui fait trop de mal4 ,l'me vulgaire1 au contraire1 calcule ju/e les *ances de succs1 ne s'arrte pas press5tir la d\leur de la dfaite1 et1 fire de ce qui la r5d vulgaire1 elle se moque de l'me t5dre1 qui1 avec t\t l'esprit possible1 n'a jamais l'aisance ncessaire p\r dire les *oses les plus simples et du succs le plus assur4 ,l'me t5dre1 bi5 lo9 de p\voir ri5 arra*] p> =ce1 doit se rsign] ne ri5 obt5ir que de la *>it de ce qu'elle aime4 ,si la femme qu'on aime e/ vraim5t s5sible1 l'on a t\j\rs lieu de se rep5tir d'avoir v\lu se faire viol5ce p\r lui p>l] d'am\r4 ,on a l'air honteux1 on a l'air glac1 on aurait l'air m5teur1 si la passion ne se trahissait pas d'autres signes c]ta9s4 ,exprim] ce qu'on s5t si vivem5t et si en dtail1 t\s les in/ants de la vie1 e/ une corve qu'on s'impose1 p>ce qu'on a lu des romans1 c>1 si l'on tait naturel1 on n'entrepr5drait jamais une *ose si pnible4 ,au lieu de v\loir p>l] de ce qu'on s5tait il y a un qu>t d'heure1 et de *]*] faire un tableau gnral et intressant1 on exprim]ait avec simplicit le dtail de ce qu'on s5t dans le mom5t2 mais non1 l'on se fait une viol5ce extrme p\r russir mo9s bi51 et comme l'vid5ce de la s5sation actuelle manque ce qu'on dit1 et que la mmoire n'e/ pas libre1 on tr\ve conv5ables dans le mom5t et l'on dit des *oses du ridicule le plus humiliant4 ,qu& enf91 aprs une heure de tr\ble1 cet ef=t extrmem5t pnible e/ fait de se retir] des j>d9s en*ants de l'imag9ation1 p\r j\ir t\t simplem5t de la prs5ce de ce qu'on aime1 il se tr\ve s\v5t qu'il faut s'en sp>]4 ,t\t ceci p>at une extravagance4 ,j'ai vu mieux encore1 c'tait un de mes amis qu'une femme1 qu'il aimait l'idoltrie1 se prt5dant (f5se de je ne sais quel manque de dlicatesse qu'on n'a jamais v\lu me confi]1 avait condamn t\t c\p ne la voir que deux fois p> mois4 ,ces visites1 si r>es et si dsires1 tai5t un accs de folie1 et il fallait t\te la =ce de c>actre de ,salviati p\r qu'elle ne p>t pas au dehors4 ,ds l'abord1 l'ide de la f9 de la visite e/ trop prs5te p\r qu'on puisse tr\v] du plaisir4 ,l'on p>le beauc\p sans s'c\t]2 s\v5t l'on dit le contraire de ce qu'on p5se4 ,on s'emb>que dans des raisonnem5ts qu'on e/ oblig de c\p] c\rt1 cause de leur ridicule1 si l'on vi5t se rveill] et s'c\t]4 ,l'ef=t qu'on se fait e/ si viol5t1 qu'on a l'air froid4 ,l'am\r se ca*e p> son excs4 ,lo9 d'elle l'imag9ation tait b]ce p> les plus *>mants dialogues2 l'on tr\vait les transports les plus t5dres et les plus t\*ants4 ,on se croit a9si p5dant dix ou d\ze j\rs l'audace de lui p>l]2 mais1 l'avant-veille de celui qui devrait tre heureux1 la fivre comm5ce et r$\ble mesure qu'on appro*e de l'in/ant t]rible4 ,au mom5t d'entr] dans son salon1 l'on e/ rduit1 p\r ne pas dire ou faire des sottises incroyables1 se cramponn] la rsolution de g>d] le sil5ce1 et de la reg>d] p\r p\voir au mo9s se s\v5ir de sa figure4 ,a pe9e en sa prs5ce1 il survi5t comme une sorte d'ivresse dans les yeux4 ,on se s5t port comme un maniaque faire des actions tranges1 on a le s5tim5t d'avoir deux mes3 l'une p\r faire1 et l'autre p\r blm] ce qu'on fait4 ,on s5t confusm5t que l'att5tion =ce donne la sottise rafra*irait le sang un mom5t1 en faisant p]dre de vue la f9 de la visite et le malheur de la quitt] p\r qu9ze j\rs4 ,s'il se tr\ve l quelque ennuyeux qui conte une hi/oire plate1 dans son inexplicable folie1 le pauvre amant1 comme s'il tait curieux de p]dre des mom5ts si r>es1 y devi5t t\t att5tion4 ,cette heure1 qu'il se promettait si dlicieuse1 passe comme un trait brlant1 et cep5dant il s5t1 avec une indicible am]tume1 t\tes les petites circon/ances qui lui montr5t combi5 il e/ dev5u trang] ce qu'il aime4 ,il se tr\ve au milieu d'indiffr5ts qui font visite1 et il se voit le seul qui ignore t\s les petits dtails de sa vie de ces j\rs passs4 ,enf9 il sort2 et1 en lui disant froidem5t adieu1 il a l'affreux s5tim5t d'tre qu9ze j\rs de la revoir2 nul d\te qu'il s\ffrirait mo9s ne jamais voir ce qu'il aime4 ,c'e/ dans le g5re1 mais bi5 plus noir1 du duc de ,polica/ro1 qui t\s les six mois faisait c5t lieues p\r voir un qu>t d'heure1 ,lecce1 une matresse adore et g>de p> un jal\x4 ,on voit bi5 ici la volont sans influ5ce sur l'am\r3 outr contre sa matresse et contre soi-mme1 comme l'on se prcipit]ait dans l'indiffr5ce avec fureur6 ,le seul bi5 de cette visite e/ de r5\vel] le trsor de la cri/allisation4 ,la vie p\r ,salviati tait divise en priodes de qu9ze j\rs1 qui pr5ai5t la c\leur de la soire o il lui avait t p]mis de voir ,mme 9999992 p> exemple1 il fut ravi de bonheur le #ba mai1 et le #b ju9 il ne r5trait pas *ez lui de peur de cd] la t5tation de se brl] la c]velle4 ,j'ai vu ce soir-l que les romanci]s ont trs mal pe9t le mom5t du suicide4 ,je suis altr1 me disait ,salviati d'un air simple1 j'ai beso9 de pr5dre ce v]re d'eau4 ,je ne combattis po9t sa rsolution1 je lui fis mes adieux2 et il se mit pleur]4 ,d'aprs le tr\ble qui accompagne les disc\rs des amants1 il ne s]ait pas sage de tir] des consqu5ces trop presses d'un dtail isol de la conv]sation4 ,ils n'accus5t ju/e leurs s5tim5ts que dans les mots imprvus2 alors c'e/ le cri du coeur4 ,du re/e1 c'e/ de la physionomie de l'ensemble des *oses dites que l'on peut tir] des inductions4 ,il faut se rappel] qu'assez s\v5t un tre trs mu n'a pas le temps d'ap]cevoir l'motion de la p]sonne qui cause la si5ne4 ,,*apitre ,,xxv ,la prs5tation4 ,a la f9esse1 la sret de jugem5t avec lesquelles je vois les femmes saisir c]ta9s dtails1 je suis ple9 d'admiration2 un in/ant aprs1 je les vois port] au ciel un nigaud1 se laiss] m\voir jusqu'aux l>mes p> une fadeur1 pes] gravem5t comme trait de c>actre une plate affectation4 ,je ne puis concevoir tant de niais]ie4 ,il faut qu'il y ait l quelque loi gnrale que j'ignore4 ,att5tives un mrite d'un homme1 et entranes p> un dtail1 elles le s5t5t vivem5t et n'ont plus d'yeux p\r le re/e4 ,t\t le fluide n]veux e/ employ j\ir de cette qualit1 il n'en re/e plus p\r voir les autres4 ,j'ai vu les hommes les plus rem>quables tre prs5ts des femmes de beauc\p d'esprit2 c'tait t\j\rs un gra9 de prv5tion qui dcidait de l'effet de la premire vue4 ,si l'on veut me p]mettre un dtail famili]1 je cont]ai que l'aimable colonel ,l4 ,b444 allait tre prs5t ,mme ,/ruve de ,ko5igsb]g2 c'e/ une femme du premi] ordre4 ,n\s n\s disions3 ,f> colpo8 7f]a-t-il effet87 ,il s'engage un p>i4 ,je m'appro*e de ,mme de ,/ruve1 et lui conte que le colonel porte deux j\rs de suite ses cravates2 le second j\r1 il fait la lessive du ,gascon2 elle p\rra rem>qu] sur sa cravate des plis v]ticaux4 ,ri5 de plus videmm5t faux4 ,comme j'a*evais1 on annonce cet homme *>mant4 ,le plus petit fat de ,p>is et produit plus d'effet4 ,rem>quez que ,mme de ,/ruve aimait2 c'e/ une femme honnte1 et il ne p\vait tre "q de galant]ie entre eux4 ,jamais deux c>actres n'ont t plus faits l'un p\r l'autre4 ,on blmait ,mme de ,/ruve d'tre romanesque1 et il n'y avait que la v]tu1 p\sse jusqu'au romanesque1 qui pt t\*] ,l4 ,b444 ,elle l'a fait fusill] trs jeune4 ,il a t donn aux femmes de s5tir1 d'une manire admirable1 les nuances d'affection1 les v>iations les plus ins5sibles du corps huma91 les m\vem5ts les plus lg]s des am\rs-propres4 ,elles ont cet g>d un organe qui n\s manque2 voyez-les soign] un bless4 ,mais peut-tre aussi ne voi5t-elles pas ce qui e/ esprit1 comb9aison morale4 ,j'ai vu les femmes les plus di/+ues se *>m] d'un homme d'esprit qui n'tait pas moi1 et t\t d'un temps1 et presque du mme mot1 admir] les plus gr&s sots4 ,je me tr\vais attrap comme un connaisseur qui voit pr5dre les plus beaux diamants p\r des /rass1 et prfr] les /rass s'ils sont plus gros4 ,j'en concluais qu'il faut t\t os] auprs des femmes4 ,l1 o le gnral ,lassale a *\1 un capita9e m\/a*es et jurem5ts russit#fj4 ,il y a srem5t dans le mrite des hommes t\t un ct qui leur *appe4 #fj ,pos51 #ahjg4 ,p\r moi1 j'en revi5s t\j\rs aux lois physiques4 ,le fluide n]veux1 *ez les hommes1 s'use p> la c]velle1 et *ez les femmes p> le coeur2 c'e/ p\r cela qu'elles sont plus s5sibles4 ,un gr& travail oblig et dans le mti] que n\s avons fait t\te la vie1 console1 et p\r elles ri5 ne peut les consol] que la di/raction4 ,appiani1 qui ne croit la v]tu qu' la d]nire extrmit1 et avec lequel j'allais ce soir la *asse des ides1 en lui exposant celles de ce *apitre1 me rpond3 ,la =ce d'me qu'pon9e employait avait un dv\em5t hroque faire vivre son m>i dans la cav]ne s\s t]re1 et l'emp*] de tomb] dans le dsespoir1 s'ils euss5t vcu tranquillem5t ,rome1 elle l'et employe lui ca*] un amant1 il faut un alim5t aux mes =tes4 ,,*apitre ,,xxvi ,de la pudeur4 ,une femme de ,madagasc> laisse voir sans y song] ce qu'on ca*e le plus ici1 mais m\rrait de honte plutt que de montr] son bras4 ,il e/ clair que les trois qu>ts de la pudeur sont une *ose apprise4 ,c'e/ peut-tre la loi seule1 fille de la civilisation1 qui ne produise que du bonheur4 ,on a obs]v que les oiseaux de proie se ca*5t p\r boire1 c'e/ qu'obligs de plong] la tte dans l'eau1 ils sont sans df5se en ce mom5t4 ,aprs avoir considr ce qui se passe ,otati#fa1 je ne vois pas d'autre base naturelle la pudeur4 #fa ,voir les voyages de ,b\ga9ville1 de ,cook1 etc4 ,*ez quelques animaux1 la femelle semble se refus] au mom5t o elle se donne4 ,c'e/ l'anatomie comp>e que n\s devons dem&] les plus importantes rvlations sur n\s-mmes4 ,l'am\r e/ le miracle de la civilisation4 ,on ne tr\ve qu'un am\r physique et des plus grossi]s *ez les peuples sauvages ou trop b>b>es4 ,et la pudeur prte l'am\r le sec\rs de l'imag9ation1 c'e/ lui donn] la vie4 ,la pudeur e/ enseigne de trs bonne heure aux petites filles p> leurs mres1 et avec une extrme jal\sie1 on dirait comme p> esprit de corps2 c'e/ que les femmes pr5n5t so9 d'avance du bonheur de l'amant qu'elles auront4 ,p\r une femme timide et t5dre ri5 ne doit tre au-dessus du supplice de s'tre p]mis1 en prs5ce d'un homme1 quelque *ose dont elle croit devoir r\gir2 je suis conva9cu qu'une femme un peu fire prfr]ait mille morts4 ,une lgre lib]t1 prise du ct t5dre p> l'homme qu'on aime1 donne un mom5t de plaisir vif#fb2 s'il a l'air de la blm] ou seulem5t de ne pas en j\ir avec transport1 elle doit laiss] dans l'me un d\te affreux4 ,p\r une femme au-dessus du vulgaire1 il y a donc t\t gagn] avoir des manires =t rs]ves4 ,le jeu n'e/ pas gal2 on has>de contre un petit plaisir1 ou contre l'avantage de p>atre un peu plus aimable1 le dang] d'un remords cuisant et d'un s5tim5t de honte qui doit r5dre mme l'amant mo9s *]4 ,une soire passe gaiem5t1 l't\rdie et sans song] ri51 e/ *rem5t paye ce prix4 ,la vue d'un amant avec lequel on cra9t d'avoir eu ce g5re de torts doit dev5ir odieuse p\r plusieurs j\rs4 ,peut-on s'tonn] de la =ce d'une habitude laquelle les plus lgres infractions sont punies p> la honte la plus atroce8 #fb ,fait voir son am\r d'une faon n\velle4 ,quant l'utilit de la pudeur1 elle e/ la mre de l'am\r2 on ne saurait plus lui ri5 conte/]4 ,p\r le mcanisme du s5tim5t1 ri5 n'e/ plus simple2 l'me s'occupe avoir honte1 au lieu de s'occup] dsir]2 on s'int]dit les dsirs1 et les dsirs conduis5t aux actions4 ,il e/ vid5t que t\te femme t5dre et fire1 et ces deux *oses tant cause et effet vont difficilem5t l'une sans l'autre1 doit contract] des habitudes de froideur que les g5s qu'elles dconc]t5t appell5t de la prud]ie4 ,l'accusation e/ d'autant plus spcieuse1 qu'il e/ trs difficile de g>d] un ju/e milieu2 p\r peu qu'une femme ait peu d'esprit et beauc\p d'orgueil1 elle doit bi5tt en v5ir croire qu'en fait de pudeur on n'en saurait trop faire4 ,c'e/ a9si qu'une ,anglaise se croit insulte si l'on prononce devant elle le nom de c]ta9s vtem5ts4 ,une ,anglaise se g>d]ait bi51 le soir la campagne1 de se laiss] voir quittant le salon avec son m>i2 et1 ce qui e/ plus grave1 elle croit bless] la pudeur si elle montre quelque enj\em5t devant t\t autre que ce m>i#fc4 ,c'e/ peut-tre cause d'une att5tion si dlicate que les ,anglais1 g5s d'esprit1 laiss5t voir tant d'ennui de leur bonheur dome/ique4 ,a eux la faute1 p\rquoi tant d'orgueil#fd8 #fc ,voir l'admirable pe9ture de ces moeurs ennuyeuses la f9 de ,cor9ne2 et ,mme de ,/al a flatt le portrait4 #fd ,la ,bible et l'ari/ocratie se v5g5t cruellem5t sur les g5s qui croi5t leur devoir t\t4 ,en revan*e1 passant t\t c\p de ,plym\? ,cadix et ,sville1 je tr\vai qu'en ,espagne la *aleur du climat et des passions faisait un peu trop oubli] une ret5ue ncessaire4 ,je rem>quai des c>esses =t t5dres qu'on se p]mettait en public et qui1 lo9 de me sembl] t\*antes1 m'inspirai5t un s5tim5t t\t oppos4 ,ri5 n'e/ plus pnible4 ,il faut s'att5dre tr\v] incalculable la =ce des habitudes inspires aux femmes s\s prtexte de pudeur4 ,une femme vulgaire1 en outrant la pudeur1 croit se faire l'gale d'une femme di/+ue4 ,l'empire de la pudeur e/ tel1 qu'une femme t5dre arrive se trahir env]s son amant plutt p> des faits que p> des p>oles4 ,la femme la plus jolie1 la plus ri*e et la plus facile de ,bologne1 vi5t de me cont] qu'hi] soir1 un fat franais1 qui e/ ici et qui donne une drle d'ide de sa nation1 s'e/ avis de se ca*] s\s son lit4 ,il v\lait app>emm5t ne pas p]dre un nombre inf9i de dcl>ations ridicules dont il la p\rsuit depuis un mois4 ,mais ce gr& homme a manqu de prs5ce d'esprit2 il a bi5 att5du que ,mme ,m444 et congdi sa femme de *ambre et se ft mise au lit1 mais il n'a pas eu la pati5ce de donn] aux g5s le temps de s'endormir4 ,elle s'e/ jete la sonnette1 et l'a fait *ass] honteusem5t au milieu des hues et des c\ps de c9q ou six laquais4 ,et s'il et att5du deux heures8 lui disais-je4--,j'aurais t bi5 malheureuse3 ,qui p\rra d\t]1 m'et-il dit1 que je ne sois ici p> vos ordres#fe4 #fe ,on me conseille de supprim] ce dtail3 ,v\s me pr5ez p\r une femme bi5 le/e1 d'os] cont] de telles *oses devant moi4 ,au sortir de *ez cette jolie femme1 je suis all *ez la femme la plus digne d'tre aime que je connaisse4 ,son extrme dlicatesse e/1 s'il se peut1 au-dessus de sa beaut t\*ante4 ,je la tr\ve seule et lui conte l'hi/oire de ,mme ,m444 ,n\s raisonnons l-dessus3 c\tez1 me dit-elle1 si l'homme qui se p]met cette action tait aimable aup>avant aux yeux de cette femme1 on lui p>donn]a1 et1 p> la suite on l'aim]a4--,j'av\e que je suis re/ confondu de cette lumire imprvue jete sur les pr(ondeurs du coeur huma94 ,je lui ai rpondu au b\t d'un sil5ce3--,mais1 qu& on aime1 a-t-on le c\rage de se port] aux d]nires viol5ces8 ,il y aurait bi5 mo9s de vague dans ce *apitre si une femme l'et crit4 ,t\t ce qui ti5t la fi]t1 l'orgueil fm991 l'habitude de la pudeur et de ses excs1 c]ta9es dlicatesses1 la plup>t dp5dant uniquem5t d'associations de s5sations#ff1 qui ne peuv5t pas exi/] *ez les hommes1 et s\v5t dlicatesses non fondes dans la nature2 t\tes ces *oses1 dis-je1 ne p\rrai5t se tr\v] ici qu'autant qu'on se s]ait p]mis d'crire sur ou-dire4 #ff ,la pudeur e/ une des s\rces du gt p\r la p>ure2 p> tel aju/em5t une femme se promet plus ou mo9s4 ,c'e/ ce qui fait que la p>ure e/ dplace dans la vieillesse4 ,une femme de prov9ce1 si elle prt5d ,p>is suivre la mode1 se promet d'une manire gau*e et qui fait rire4 ,une prov9ciale arrivant ,p>is doit comm5c] p> se mettre comme si elle avait tr5te ans4 ,une femme me disait1 dans un mom5t de fran*ise philosophique1 quelque *ose qui revi5t ceci3 ,si je sacrifiais jamais ma lib]t1 l'homme que j'arriv]ais prfr] apprci]ait davantage mes s5tim5ts en voyant combi5 j'ai t\j\rs t av>e mme des prfr5ces les plus lgres4 ,c'e/ en faveur de cet amant1 qu'elle ne r5contr]a peut-tre jamais1 que telle femme aimable montre de la froideur l'homme qui lui p>le en ce mom5t4 ,voil la premire exagration de la pudeur3 celle-ci e/ respectable2 la seconde vi5t de l'orgueil des femmes2 la troisime s\rce d'exagration1 c'e/ l'orgueil des m>is4 ,il me semble que cette possibilit d'am\r se prs5te s\v5t aux rv]ies de la femme mme la plus v]tueuse1 et elles ont raison4 ,ne pas aim] qu& on a reu du ciel une me faite p\r l'am\r1 c'e/ se priv] soi et autrui d'un gr& bonheur4 ,c'e/ comme un orang] qui ne fleurirait pas de peur de faire un p*2 et rem>quez qu'une me faite p\r l'am\r ne peut gt] avec transport aucun autre bonheur4 ,elle tr\ve1 ds la seconde fois1 dans les prt5dus plaisirs du monde1 un vide insupportable2 elle croit s\v5t aim] les beaux-arts et les aspects sublimes de la nature1 mais ils ne font que lui promettre et lui exagr] l'am\r1 s'il e/ possible1 et elle s'ap]oit bi5tt qu'ils lui p>l5t d'un bonheur dont elle a rsolu de se priv]4 ,la seule *ose que je voie blm] dans la pudeur1 c'e/ de conduire l'habitude de m5tir2 c'e/ le seul avantage que les femmes faciles ai5t sur les femmes t5dres4 ,une femme facile v\s dit3 ,mon *] ami1 ds que v\s me plairez1 je v\s le dirai1 et je s]ai plus aise que v\s1 c> j'ai beauc\p d'e/ime p\r v\s4 ,vive satisfaction de ,con/ance1 s'criant aprs la victoire de son amant3 ,que je suis heureuse de ne m'tre donne p]sonne depuis huit ans que je suis br\ille avec mon m>i6 ,quelque ridicule que je tr\ve ce raisonnem5t1 cette joie me semble ple9e de fra*eur4 ,il faut absolum5t que je conte ici de quelle nature tai5t les regrets d'une dame de ,sville ab&onne p> son amant4 ,j'ai beso9 qu'on se rappelle qu'en am\r t\t e/ signe1 et surt\t qu'on veuille bi5 accord] un peu d'indulg5ce mon /yle#fg4 #fg ,note #fe4 99 99 99 99 99 ,mes yeux d'homme croi5t di/+u] neuf p>ticul>its dans la pudeur4 #a ,l'on j\e beauc\p contre peu1 donc tre extrmem5t rs]ve1 donc s\v5t affectation2 l'on ne rit pas1 p> exemple1 des *oses qui amus5t le plus2 donc il faut beauc\p d'esprit p\r avoir ju/e ce qu'il faut de pudeur#fh4 ,c'e/ p\r cela que beauc\p de femmes n'en ont pas assez en petit comit1 ou1 p\r p>l] plus ju/e1 n'exig5t pas que les contes qu'on leur fait soi5t assez gazs1 et ne p]d5t leurs voiles qu' mesure du degr d'ivresse et de folie#fi4 #fh ,voir le ton de la socit ,g5ve1 surt\t dans les familles du haut2 utilit d'une c\r p\r corrig] p> le ridicule la t5dance la prud]ie2 ,duclos faisant des contes ,mme de ,ro*e=t3 ,en vrit1 v\s n\s croyez trop honntes femmes4 ,ri5 n'e/ ennuyeux au monde comme la pudeur non s9cre4 #fi ,eh6 mon *] ,fronsac1 il y a v+t b\teilles de *ampagne entre le conte que tu n\s comm5ces et ce que n\s disons cette heure4 ,s]ait-ce p> un effet de la pudeur et du mortel ennui qu'elle doit impos] plusieurs femmes1 que la plup>t d'entre elles n'e/im5t ri5 tant dans un homme que l'effront]ie8 ou pr5n5t-elles l'effront]ie p\r du c>actre8 #b ,deuxime loi3 mon amant m'en e/im]a davantage4 #c ,la =ce de l'habitude l'emporte mme dans les in/ants les plus passionns4 #d ,la pudeur donne des plaisirs bi5 flatteurs l'amant3 elle lui fait s5tir quelles lois l'on transgresse p\r lui4 #e ,et aux femmes des plaisirs plus enivrants2 comme ils font va9cre une habitude puissante1 ils jett5t plus de tr\ble dans l'me4 ,le comte de ,valmont se tr\ve m9uit dans la *ambre c\*] d'une jolie femme1 cela lui arrive t\tes les sema9es1 et elle peut-tre une fois t\s les deux ans2 la r>et et la pudeur doiv5t donc prp>] aux femmes des plaisirs inf9im5t plus vifs#gj4 #gj ,c'e/ l'hi/oire du tempram5t mlancolique comp> au tempram5t sangu94 ,voyez une femme v]tueuse1 mme de la v]tu m]cantile de c]ta9s dvots 7v]tueuse moy5nant rcomp5se c5tuple dans un p>adis71 et un r\ de qu>ante ans blas4 ,quoique le ,valmont des ,liaisons dang]euses n'en soit pas encore l1 la prsid5te de ,t\rvel e/ plus heureuse que lui t\t le long du livre2 et1 si l'auteur1 qui avait tant d'esprit1 en et eu davantage1 telle et t la moralit de son +nieux roman4 #f ,l'inconvni5t de la pudeur1 c'e/ qu'elle jette sans cesse dans le m5songe4 #g ,l'excs de la pudeur et sa svrit dc\rag5t d'aim] les mes t5dres et timides#ga1 ju/em5t celles qui sont faites p\r donn] et s5tir les dlices de l'am\r4 #ga ,le tempram5t mlancolique1 que l'on peut appel] le tempram5t de l'am\r4 ,j'ai vu les femmes les plus di/+ues et les plus faites p\r aim] donn] la prfr5ce1 faute d'esprit1 au prosaque tempram5t sangu94 ,hi/oire d',alfr$1 ,gr&e ,*>treuse1 #ahaj4 ,je ne connais pas d'ide qui m'engage plus voir ce qu'on appelle mauvaise compagnie4 7,ici le pauvre ,visconti se p]d dans les nues7 ,t\tes les femmes sont les mmes p\r le fond des m\vem5ts de coeur et des passions2 les =mes des passions sont diffr5tes4 ,il y a la diffr5ce que donne une plus gr&e =tune1 une plus gr&e culture de l'esprit1 l'habitude de plus hautes p5ses1 et p>-dessus t\t1 et malheureusem5t1 un orgueil plus irritable4 ,telle p>ole qui irrite une pr9cesse ne *oque pas le mo9s du monde une b]gre des ,alpes4 ,mais1 une fois en colre1 la pr9cesse et la b]gre ont les mmes m\vem5ts de passion4 7,note unique de l'diteur47 #h ,*ez les femmes t5dres qui n'ont pas eu plusieurs amants1 la pudeur e/ un ob/acle l'aisance des manires1 c'e/ ce qui les expose se laiss] un peu m5] p> leurs amies qui n'ont pas le mme manque#gb se repro*]4 ,elles donn5t de l'att5tion *aque cas p>ticuli]1 au lieu de s'en remettre aveuglm5t l'habitude4 ,leur pudeur dlicate communique leurs actions quelque *ose de contra9t2 =ce de naturel1 elles se donn5t l'app>5ce de manqu] de naturel2 mais cette gau*]ie ti5t la grce cle/e4 #gb ,mot de ,m444 ,si quelquefois leur famili>it ressemble de la t5dresse1 c'e/ que ces mes angliques sont coquettes sans le savoir4 ,p> p>esse d'int]rompre leur rv]ie1 p\r s'vit] la pe9e de p>l]1 et de tr\v] quelque *ose d'agrable et de poli1 et qui ne soit que poli1 dire un ami1 elles se mett5t s'appuy] t5drem5t sur son bras#gc4 #gc ,vol4 ,gu>na4 #i ,ce qui fait que les femmes1 qu& elles se font auteurs1 atteign5t bi5 r>em5t au sublime1 ce qui donne de la grce leurs mo9dres billets1 c'e/ que jamais elles n'os5t tre fran*es qu' demi3 tre fran*es s]ait p\r elles comme sortir sans fi*u4 ,ri5 de plus frqu5t p\r un homme que d'crire absolum5t s\s la dicte de son imag9ation1 et sans savoir o il va4 ,r,,sum4 ,l'erreur commune e/ d'en agir avec les femmes comme avec des espces d'hommes plus gnreux1 plus mobiles1 et surt\t avec lesquels il n'y a pas de rivalit possible4 ,l'on oublie trop facilem5t qu'il y a deux lois n\velles et s+ulires qui tyrannis5t ces tres si mobiles1 en concurr5ce avec t\s les p5*ants ord9aires de la nature huma9e2 je veux dire3 ,l'orgueil fm99 et la pudeur1 et les habitudes s\v5t ind*iffrables1 filles de la pudeur4 ,,*apitre ,,xxvii ,des reg>ds4 ,c'e/ la gr&e arme de la coquett]ie v]tueuse4 ,on peut t\t dire avec un reg>d1 et cep5dant on peut t\j\rs ni] un reg>d1 c> il ne peut pas tre rpt textuellem5t4 ,ceci me rappelle le comte ,g41 le ,mirabeau de ,rome3 l'aimable petit g\v]nem5t de ce pays-l lui a donn une manire orig9ale de faire des rcits1 p> des mots entrec\ps qui dis5t t\t et ri54 ,il fait t\t ent5dre2 mais libre qui que ce soit de rpt] textuellem5t t\tes ses p>oles1 impossible de le compromettre4 ,le c>d9al ,lante lui disait qu'il avait vol ce tal5t aux femmes1 je dis mme les plus honntes4 ,cette friponn]ie e/ une reprsaille cruelle1 mais ju/e1 de la tyrannie des hommes4 ,,*apitre ,,xxviii ,de l'orgueil fm994 ,les femmes ent5d5t p>l] t\te leur vie1 p> les hommes1 d'objets prt5dus importants1 de gros ga9s d'arg5t1 de succs la gu]re1 de g5s tus en duel1 de v5geances atroces ou admirables1 etc4 ,celles d'entre elles qui ont l'me fire s5t5t que1 ne p\vant atte9dre ces objets1 elles sont hors d'tat de dploy] un orgueil rem>quable p> l'importance des *oses sur lesquelles il s'appuie4 ,elles s5t5t palpit] dans leur se9 un coeur qui1 p> la =ce et la fi]t de ses m\vem5ts1 e/ suprieur t\t ce qui les ent\re1 et cep5dant elles voi5t le d]ni] des hommes s'e/im] plus qu'elles4 ,elles s'ap]oiv5t qu'elles ne saurai5t montr] d'orgueil que p\r de petites *oses1 ou du mo9s que p\r des *oses qui n'ont d'importance que p> le s5tim5t1 et dont un ti]s ne peut tre juge4 ,t\rm5tes p> ce contra/e dsolant entre la bassesse de leur =tune et la fi]t de leur me1 elles entrepr5n5t de r5dre leur orgueil respectable p> la vivacit de ses transports1 ou p> l'implacable tnacit avec laquelle elles ma9ti5n5t ses arrts4 ,avant l'intimit1 ces femmes-l se figur5t1 en voyant leur amant1 qu'il a entrepris un sige contre elles4 ,leur imag9ation e/ employe s'irrit] de ses dm>*es1 qui1 aprs t\t1 ne peuv5t pas faire autrem5t que de m>qu] de l'am\r1 puisqu'il aime4 ,au lieu de j\ir des s5tim5ts de l'homme qu'elles prfr5t1 elles se piqu5t de vanit son g>d2 et1 enf91 avec l'me la plus t5dre1 lorsque sa s5sibilit n'e/ pas fixe sur un seul objet1 ds qu'elles aim5t1 comme une coquette vulgaire1 elles n'ont plus que de la vanit4 ,une femme c>actre gnreux sacrifi]a mille fois sa vie p\r son amant1 et se br\ill]a jamais avec lui p\r une qu]elle d'orgueil1 propos d'une porte ouv]te ou f]me4 ,c'e/ l leur po9t d'honneur4 ,napolon s'e/ bi5 p]du p\r ne pas cd] un village4 ,j'ai vu une qu]elle de cette espce dur] plus d'un an4 ,une femme trs di/+ue sacrifiait t\t son bonheur plutt que de mettre son amant dans le cas de p\voir =m] le mo9dre d\te sur la magnanimit de son orgueil4 ,le raccommodem5t fut l'effet du has>d1 et *ez mon amie1 d'un mom5t de faiblesse qu'elle ne put va9cre1 en r5contrant son amant1 qu'elle croyait qu>ante lieues de l1 et le tr\vant dans un lieu o c]ta9em5t il ne s'att5dait pas la voir4 ,elle ne put ca*] son premi] transport de bonheur2 l'amant s'att5drit plus qu'elle1 ils tombr5t presque aux g5\x l'un de l'autre1 et jamais je n'ai vu c\l] tant de l>mes2 c'tait la vue imprvue du bonheur4 ,les l>mes sont l'extrme s\rire4 ,le duc d',argyle donna un bel exemple de prs5ce d'esprit en n'engageant pas un combat d'orgueil fm99 dans l'entrevue qu'il eut ,ri*emont avec la re9e ,c>ol9e#gd4 ,plus il y a d'lvation dans le c>actre d'une femme1 plus t]ribles sont ces orages4 #gd ,! he>t ( ,midlo?ian 7tome ,,iii74 ,z ! blacke/ sky ,=etells ! heavie/ tempe/4 ,d4 ,juan4 ,s]ait-ce que plus une femme j\it avec transport1 dans le c\rant de la vie1 des qualits di/+ues de son amant1 plus dans ces in/ants cruels o la sympa?ie semble r5v]se elle *]*e se v5g] de ce qu'elle lui voit habituellem5t de supriorit sur les autres hommes8 ,elle cra9t d'tre confondue avec eux4 ,il y a bi5 du temps que je n'ai lu l'ennuyeuse ,cl>isse2 il me semble p\rtant que c'e/ p> orgueil fm99 qu'elle se laisse m\rir et n'accepte pas la ma9 de ,lovelace4 ,la faute de ,lovelace tait gr&e2 mais1 puisqu'elle l'aimait un peu1 elle aurait pu tr\v] dans son coeur le p>don d'un crime dont l'am\r tait cause4 ,monime1 au contraire1 me semble un t\*ant modle de dlicatesse fm99e4 ,quel front ne r\git pas de plaisir en ent5dant dire p> une actrice digne de ce rle3 ,et ce fatal am\r1 dont j'avais triomph1 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 ,vos dt\rs l'ont surpris et m'en ont conva9cue ,je v\s l'ai confess1 je le dois s\t5ir2 ,en va9 v\s en p\rriez p]dre le s\v5ir2 ,et cet aveu honteux1 o v\s m'avez =ce1 ,demeur]a t\j\rs prs5t ma p5se4 ,t\j\rs je v\s croirais inc]ta9 de ma foi2 ,et le tombeau1 seigneur1 e/ mo9s tri/e p\r moi ,que le lit d'un p\x qui m'a fait cet outrage1 ,qui s'e/ acquis sur moi ce cruel avantage1 ,et1 qui1 me prp>ant un t]nel ennui1 ,m'a fait r\gir d'un feu qui n'tait pas p\r lui4 ,,rac9e4 ,je m'imag9e que les sicles futurs diront3 ,voil quoi la mon>*ie tait bonne#ge1 produire de ces sortes de c>actres1 et leur pe9ture p> les gr&s arti/es4 #ge ,la mon>*ie sans *>te et sans *ambres4 ,cep5dant1 mme dans les rpubliques du moy5 ge1 je tr\ve un admirable exemple de cette dlicatesse1 qui semble dtruire mon sy/me de l'influ5ce des g\v]nem5ts sur les passions1 et que je rapport]ai avec c&eur4 ,il s'agit de ces v]s si t\*ants de ,dante3 ,deh6 qu&o tu s>ai tornato al mondo1 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 ,ricorditi di me1 *e son la ,pia3 ,si5a mi f3 disfecemi m>emma2 ,salsi colui1 *e inannellata pria1 ,dispos&o1 m'avea con la sua gemma4 ,purgatorio1 cant4 ,v#gf4 #gf ,hlas6 qu& tu s]as de ret\r au monde des vivants1 daigne aussi m'accord] un s\v5ir4 ,je suis la ,pia2 ,si5ne me donna la vie3 je tr\v]ai la mort dans nos m>emmes4 ,celui qui en m'p\sant m'avait donn son anneau sait mon hi/oire4 ,la femme qui p>le avec tant de ret5ue avait eu en secret le sort de ,desdemona1 et p\vait p> un mot faire connatre le crime de son m>i aux amis qu'elle avait laisss sur la t]re4 ,nello della ,pietra obt9t la ma9 de madonna ,pia1 l'unique hritire des ,tolomei1 la famille la plus ri*e et la plus noble de ,si5ne4 ,sa beaut1 qui faisait l'admiration de la ,toscane1 fit natre dans le coeur de son p\x une jal\sie qui1 env5ime p> de faux rapports et des s\pons sans cesse r5aissants1 le conduisit un affreux projet4 ,il e/ difficile de dcid] auj\rd'hui si sa femme fut t\t fait innoc5te1 mais ,dante n\s la reprs5te comme telle4 ,son m>i la conduisit dans la m>emme de ,volt]re1 clbre alors comme auj\rd'hui p> les effets de l'aria cattiva4 ,jamais il ne v\lut dire sa malheureuse femme la raison de son exil en un lieu si dang]eux4 ,son orgueil ne daigna prononc] ni pla9te ni accusation4 ,il vivait seul avec elle1 dans une t\r ab&onne1 dont je suis all visit] les ru9es sur le bord de la m]2 l il ne rompit jamais son ddaigneux sil5ce1 jamais il ne rpondit aux que/ions de sa jeune p\se1 jamais il n'c\ta ses prires4 ,il att5dit froidem5t auprs d'elle que l'air pe/il5tiel et produit son effet4 ,les vapeurs de ces m>ais ne t>dr5t pas fltrir ces traits1 les plus beaux1 dit-on1 qui1 dans ce sicle1 euss5t p>u sur cette t]re4 ,en peu de mois elle m\rut4 ,quelques *roniqueurs de ces temps loigns rapport5t que ,nello employa le poign>d p\r ht] sa f93 elle m\rut dans les m>emmes1 de quelque manire horrible2 mais le g5re de sa mort fut un my/re1 mme p\r les contempora9s4 ,nello della ,pietra survcut p\r pass] le re/e de ses j\rs dans un sil5ce qu'il ne rompit jamais4 ,ri5 de plus noble et de plus dlicat que la manire dont la jeune ,pia adresse la p>ole au ,dante4 ,elle dsire tre rappele la mmoire des amis que si jeune elle a laisss sur la t]re2 t\tefois1 en se nommant et dsignant son m>i1 elle ne veut pas se p]mettre la plus petite pla9te d'une cruaut in\e1 mais dsormais irrp>able1 et seulem5t indique qu'il sait l'hi/oire de sa mort4 ,cette con/ance dans la v5geance de l'orgueil ne se voit gure1 je crois1 que dans les pays du ,midi4 ,en ,pimont1 je me suis tr\v l'involontaire tmo9 d'un fait peu prs semblable2 mais alors j'ignorais les dtails4 ,je fus envoy avec v+t c9q dragons dans les bois le long de la ,sesia1 p\r emp*] la contreb&e4 ,en arrivant le soir dans ce lieu sauvage et ds]t1 j'ap]u entre les arbres les ru9es d'un vieux *teau2 j'y allai3 mon gr& tonnem5t1 il tait habit4 ,j'y tr\vai un noble du pays1 figure s9i/re2 un homme qui avait six pi$s de haut et qu>ante ans3 il me donna deux *ambres en re*ignant4 ,j'y faisais de la musique avec mon m>*al des logis3 aprs plusieurs j\rs1 n\s dc\vrmes que notre homme g>dait une femme que n\s appelions ,camille en riant2 n\s tions lo9 de s\ponn] l'affreuse vrit4 ,elle m\rut au b\t de six sema9es4 ,j'eus la tri/e curiosit de la voir dans son c]cueil2 je payai un mo9e qui la g>dait1 et v]s m9uit1 s\s prtexte de jet] de l'eau bnite1 il m'introduisit dans la *apelle4 ,j'y tr\vai une de ces figures sup]bes1 qui sont belles mme dans le se9 de la mort1 elle avait un gr& nez aquil9 dont je n'oubli]ai jamais le cont\r noble et t5dre4 ,je quittai ce lieu fune/e2 c9q ans aprs1 un dta*em5t de mon rgim5t accompagnant l'emp]eur son c\ronnem5t comme roi d',italie1 je me fis cont] t\te l'hi/oire4 ,j'appris que le m>i jal\x1 le comte 9999991 avait tr\v un mat91 accro*e au lit de sa femme1 une montre anglaise app>t5ant un jeune homme de la petite ville qu'ils habitai5t4 ,ce j\r mme il la conduisit dans le *teau ru91 au milieu des bois de la ,sesia4 ,comme ,nello della ,pietra1 il ne pronona jamais une seule p>ole4 ,si elle lui faisait quelque prire1 il lui prs5tait froidem5t et en sil5ce la montre anglaise qu'il avait t\j\rs sur lui4 ,il passa a9si prs de trois ans seul avec elle4 ,elle m\rut enf9 de dsespoir dans la fleur de l'ge4 ,son m>i *]*a donn] un c\p de c\teau au matre de la montre1 le manqua1 passa ,gnes1 s'emb>qua1 et l'on n'a plus eu de ses n\velles4 ,ses bi5s ont t diviss4 ,si1 auprs des femmes orgueil fm991 l'on pr5d les injures avec grce1 ce qui e/ facile cause de l'habitude de la vie militaire1 on ennuie ces mes fires2 elles v\s pr5n5t p\r un l*e1 et arriv5t bi5 vite l'outrage4 ,ces c>actres alti]s cd5t avec plaisir aux hommes qu'elles voi5t intolrants avec les autres hommes4 ,c'e/1 je crois1 le seul p>ti pr5dre1 et il faut s\v5t avoir une qu]elle avec son vois9 p\r l'vit] avec sa matresse4 ,miss ,cornel1 clbre actrice de ,londres1 voit un j\r entr] *ez elle l'improvi/e le ri*e colonel qui lui tait utile4 ,elle se tr\vait avec un petit amant qui ne lui tait qu'agrable4 ,m4 un tel1 dit-elle t\te mue au colonel1 e/ v5u p\r voir le poney que je veux v5dre4--,je suis ici p\r t\t autre *ose1 reprit firem5t ce petit amant1 qui comm5ait l'ennuy]1 et que depuis cette rponse elle se mit raim] avec fureur#gg4 ,ces femmes-l sympa?is5t avec l'orgueil de leur amant1 au lieu d'ex]c] ses dp5s leur disposition la fi]t4 #gg ,je r5tre t\j\rs de *ez miss ,cornel ple9 d'admiration et de vues pr(ondes sur les passions obs]ves nu4 ,sa manire de comm&] si imprieuse ses dome/iques n'e/ pas du despotisme2 c'e/ qu'elle voit avec nettet et rapidit ce qu'il faut faire4 ,en colre contre moi au comm5cem5t de la visite1 elle n'y songe plus la f94 ,elle me conte t\te l'conomie de sa passion p\r ,mortim]4 ,j'aime mieux le voir en socit que seul avec moi4 ,une femme du plus gr& gnie ne f]ait pas mieux1 c'e/ qu'elle ose tre p>faitem5t naturelle et qu'elle n'e/ gne p> aucune ?orie4 ,je suis plus heureuse actrice que femme d'un pair4 ,gr&e me que je dois me cons]v] amie p\r mon in/ruction4 ,le c>actre du duc de ,lauzun 7celui de #affjgh71 si le premi] j\r elles peuv5t lui p>donn] le manque de grces1 e/ sduisant p\r ces femmes-l1 et peut-tre p\r t\tes les femmes di/+ues2 la gr&eur plus leve leur *appe1 elles pr5n5t p\r de la froideur le calme de l'oeil qui voit t\t et qui ne s'meut po9t d'un dtail4 ,n'ai-je pas vu des femmes de la c\r de ,sa9t-,cl\d s\t5ir que ,napolon avait un c>actre sec et prosaque#gi8 ,le gr& homme e/ comme l'aigle1 plus il s'lve1 mo9s il e/ visible1 et il e/ puni de sa gr&eur p> la solitude de l'me4 #gh ,la hauteur et le c\rage dans les petites *oses1 mais l'att5tion passionne aux petites *oses2 la vhm5ce du tempram5t bilieux4 ,sa conduite avec ,mme de ,monaco 7,sa9t-,simon1 ,n4 #chc72 son av5ture s\s le lit de ,mme de ,montespan1 le roi y tant avec elle4 ,sans l'att5tion aux petites *oses1 ce c>actre re/e invisible aux femmes4 #gi ,:5 ,m9na ,toil he>d a tale ( woe or ( romance1 x 0 !n h] blood ru%$ to h] *eeks1 & %ew$ pla9ly h[ w>m x beat not)/&+ ! g5]ally s]i\s compos$ & retir+ disposition :i* h] c\nt5ance & demean\r seem$ to exhibit4 7,! ,pirate1 ,i1 #cc47 ,les g5s communs tr\v5t froides les mes comme ,m9na ,toil1 qui ne jug5t pas les circon/ances ord9aires dignes de leur motion4 ,de l'orgueil fm99 nat ce que les femmes appell5t les manques de dlicatesse4 ,je crois que cela ressemble assez ce que les rois appell5t lse-maje/1 crime d'autant plus dang]eux qu'on y tombe sans s'en d\t]4 ,l'amant le plus t5dre peut tre accus de manqu] de dlicatesse s'il n'a pas beauc\p d'esprit1 et1 ce qui e/ plus tri/e1 s'il ose se livr] au plus gr& *>me de l'am\r1 au bonheur d'tre p>faitem5t naturel avec ce qu'on aime1 et de ne pas c\t] ce qu'on lui dit4 ,voil de ces *oses dont un coeur bi5 n ne saurait avoir le s\pon1 et qu'il faut avoir pr\ves p\r y croire1 c> l'on e/ entran p> l'habitude d'en agir avec ju/ice et fran*ise avec ses amis hommes4 ,il faut se rappel] sans cesse qu'on a affaire des tres qui1 quoique tort1 peuv5t se croire infrieurs en vigueur de c>actre1 ou1 p\r mieux dire1 peuv5t p5s] qu'on les croit infrieurs4 ,le vritable orgueil d'une femme ne devrait-il pas se plac] dans l'n]gie du s5tim5t qu'elle inspire8 ,on plaisantait une fille d'honneur de la re9e p\se de ,franois ,i]1 sur la lgret de son amant1 qui1 disait-on1 ne l'aimait gure4 ,peu de temps aprs1 cet amant eut une maladie et rep>ut muet la c\r4 ,un j\r1 au b\t de deux ans1 comme on s'tonnait qu'elle l'aimt t\j\rs1 elle lui dit3 ,p>lez4 ,et il p>la4 ,,xxix ,du c\rage des femmes4 ,i tell !e pr\d ,templ>1 t n 9 ?y fi]ce/ battles had/ ?\ display$ m ( ?y vaunt$ c\rage1 ?an has be5 %ewn by woman :5 call$ ^u to suff] by affection or duty4 ,ivanhoe1 tome ,,iii1 page #bbj4 ,je me s\vi5s d'avoir r5contr la phrase suivante dans un livre d'hi/oire3 ,t\s les hommes p]dai5t la tte2 c'e/ le mom5t o les femmes pr5n5t sur eux une inconte/able supriorit4 ,leur c\rage a une rs]ve qui manque celui de leur amant2 elles se piqu5t d'am\r-propre son g>d1 et tr\v5t tant de plaisir p\voir1 dans le feu du dang]1 le disput] de f]met l'homme qui les blesse s\v5t p> la fi]t de sa protection et de sa =ce1 que l'n]gie de cette j\issance les lve au-dessus de la cra9te quelconque qui1 dans ce mom5t1 fait la faiblesse des hommes4 ,un homme aussi1 s'il recevait un tel sec\rs dans un tel mom5t1 se montr]ait suprieur t\t2 c> la peur n'e/ jamais dans le dang]1 elle e/ dans n\s4 ,ce n'e/ pas que je prt5de dprci] le c\rage des femmes3 j'en ai vu1 dans l'occasion1 de suprieures aux hommes les plus braves4 ,il faut seulem5t qu'elles ai5t un homme aim]2 comme elles ne s5t5t plus que p> lui1 le dang] direct et p]sonnel le plus atroce devi5t p\r elles comme une rose cueillir en sa prs5ce#hj4 #hj ,m>ie ,/u>t p>lant de ,leice/] aprs l'entrevue avec lisabe? o elle vi5t de se p]dre4 ,,s*ill]4 ,j'ai tr\v aussi *ez des femmes qui n'aimai5t pas l'intrpidit la plus froide1 la plus tonnante1 la plus exempte de n]fs4 ,il e/ vrai que je p5sais qu'elles ne sont si braves que p>ce qu'elles ignor5t l'ennui des blessures4 ,quant au c\rage moral1 si suprieur l'autre1 la f]met d'une femme qui rsi/e son am\r e/ seulem5t la *ose la plus admirable qui puisse exi/] sur la t]re4 ,t\tes les autres m>ques possibles de c\rage sont des bagatelles auprs d'une *ose si =t contre nature et si pnible4 ,peut-tre tr\v5t-elles des =ces dans cette habitude des sacrifices que la pudeur fait contract]4 ,un malheur des femmes1 c'e/ que les preuves de ce c\rage re/5t t\j\rs secrtes et soi5t presque indivulgables4 ,un malheur plus gr&1 c'e/ qu'il soit t\j\rs employ contre leur bonheur3 la pr9cesse de ,clves devait ne ri5 dire son m>i1 et se donn] ,m4 de ,nem\rs4 ,peut-tre que les femmes sont pr9cipalem5t s\t5ues p> l'orgueil de faire une belle df5se1 et qu'elles s'imag95t que leur amant met de la vanit les avoir2 ide petite et misrable3 un homme passionn qui se jette de gaiet de coeur dans tant de situations ridicules a bi5 le temps de song] la vanit6 ,c'e/ comme les mo9es qui croi5t attrap] le diable1 et qui se pay5t p> l'orgueil de leurs cilices et de leurs macrations4 ,je crois que si ,mme de ,clves ft arrive la vieillesse1 cette poque o l'on juge la vie et o les j\issances d'orgueil p>aiss5t dans t\te leur misre1 elle se ft rep5tie4 ,elle aurait v\lu avoir vcu comme ,mme de la ,fayette#ha4 #ha ,on sait assez que cette femme clbre fit1 probablem5t en socit avec ,m4 de la ,ro*ef\cauld1 le roman de la ,pr9cesse de ,clves1 et que les deux auteurs passr5t ensemble dans une amiti p>faite les v+t d]nires annes de leur vie4 ,c'e/ exactem5t l'am\r l'itali5ne4 99 99 99 99 99 ,je vi5s de relire c5t pages de cet essai2 j'ai donn une ide bi5 pauvre du vritable am\r1 de l'am\r qui occupe t\te l'me1 la remplit d'images tantt les plus heureuses1 tantt dsesprantes1 mais t\j\rs sublimes1 et la r5d compltem5t ins5sible t\t le re/e de ce qui exi/e4 ,je ne sais comm5t exprim] ce que je vois si bi52 je n'ai jamais s5ti plus pniblem5t le manque de tal5t4 ,comm5t r5dre s5sible la simplicit de ge/es et de c>actre1 le pr(ond srieux1 le reg>d peignant si ju/e et avec tant de c&eur la nuance du s5tim5t1 et surt\t1 j'y revi5s1 cette inexprimable non-curance p\r t\t ce qui n'e/ pas la femme qu'on aime8 ,un non ou un oui dit p> un homme qui aime a une onction que l'on ne tr\ve po9t ailleurs1 que l'on ne tr\vait po9t *ez cet homme en d'autres temps4 ,ce mat9 7#c aot71 j'ai pass *eval1 sur les neuf heures1 devant le joli j>d9 anglais du m>quis ,zampi]i1 plac sur les d]nires ondulations de ces coll9es c\ronnes de gr&s arbres contre lesquelles ,bologne e/ adosse1 et desquelles on j\it d'une si belle vue de cette ri*e et v]doyante ,lomb>die1 le plus beau pays du monde4 ,dans un bosquet de lauri]s du j>d9 ,zampi]i qui dom9e le *em9 que je suivais et qui conduit la cascade du ,r5o ,casa-,lec*io1 j'ai vu le comte ,delfante2 il rvait pr(ondm5t1 et quoique n\s ayons pass la soire ensemble jusqu' deux heures aprs m9uit1 pe9e m'a-t-il r5du mon salut4 ,je suis all la cascade4 ,j'ai trav]s le ,r5o2 enf91 trois heures aprs au mo9s1 en repassant s\s le bosquet du j>d9 ,zampi]i1 je l'ai vu encore2 il tait prcism5t dans la mme position1 appuy contre un gr& p9 qui s'lve au-dessus du bosquet de lauri]s2 je cra9s qu'on ne tr\ve ce dtail trop simple et ne pr\vant ri53 il e/ v5u moi la l>me l'oeil1 me priant de ne pas faire un conte de son immobilit4 ,j'ai t t\*2 je lui ai propos de rebr\ss] *em91 et d'all] avec lui pass] le re/e de la j\rne la campagne4 ,au b\t de deux heures1 il m'a t\t dit3 c'e/ une belle me2 mais que les pages que l'on vi5t de lire sont froides auprs de ce qu'il me disait6 ,en second lieu1 il se croit non aim2 ce n'e/ pas mon avis4 ,on ne peut ri5 lire sur la belle figure de m>bre de la comtesse ,ghigi1 *ez laquelle n\s avons pass la soire4 ,seulem5t quelquefois une r\geur subite et lgre1 qu'elle ne peut rprim]1 vi5t trahir les motions de cette me que l'orgueil fm99 le plus exalt dispute aux motions =tes4 ,on voit son c\ d'albtre et ce qu'on ap]oit de ces belles paules dignes de ,canova r\gir aussi4 ,elle tr\ve bi5 l'art de s\/raire ses yeux noirs et sombres l'obs]vation des g5s dont sa dlicatesse de femme r$\te la pntration2 mais j'ai vu cette nuit1 c]ta9e *ose que disait ,delfante et qu'elle dsappr\vait1 une subite r\geur la c\vrir t\t entire4 ,cette me hauta9e le tr\vait mo9s digne d'elle4 ,mais enf91 qu& je me tromp]ais dans mes conjectures sur le bonheur de ,delfante1 la vanit prs1 je le crois plus heureux que moi indiffr5t1 qui cep5dant suis dans une position de bonheur =t bi51 en app>5ce et en ralit4 ,bologne1 #c aot #ahah4 ,,*apitre ,,xxx ,spectacle s+uli] et tri/e4 ,les femmes1 avec leur orgueil fm991 se v5g5t des sots sur les g5s d'esprit1 et des mes prosaques arg5t et c\ps de bton1 sur les coeurs gnreux4 ,il faut conv5ir que voil un beau rsultat4 ,les petites considrations de l'orgueil et des conv5ances du monde ont fait le malheur de quelques femmes1 et p> orgueil leurs p>5ts les ont places dans une position abom9able4 ,le de/9 lui avait rs]v p\r consolation bi5 suprieure t\s leurs malheurs le bonheur d'aim] et d'tre aimes avec passion2 mais voil qu'un beau j\r elles emprunt5t leurs ennemis ce mme orgueil ins5s dont elles fur5t les premires victimes1 et c'e/ p\r tu] le seul bonheur qui leur re/e1 c'e/ p\r faire leur propre malheur et le malheur de qui les aime4 ,une amie qui a eu dix intrigues connues1 et non pas t\j\rs les unes aprs les autres1 leur p]suade gravem5t que si elles aim5t1 elles s]ont d%onores aux yeux du public2 et cep5dant ce bon public1 qui ne s'lve jamais qu' des ides basses1 leur donne gnreusem5t un amant t\s les ans1 p>ce que1 dit-il1 c'e/ la rgle4 ,a9si l'me e/ attri/e p> ce spectacle biz>re3 une femme t5dre et s\v]a9em5t dlicate1 un ange de puret1 sur l'avis d'une c444 sans dlicatesse1 fuit le seul et imm5se bonheur qui lui re/e1 p\r p>atre1 avec une robe d'une clatante blan*eur1 devant un gros butor de juge qu'on sait aveugle depuis c5t ans1 et qui crie tue-tte3 ,elle e/ vtue de noir4 ,,*apitre ,,xxxi ,extrait du j\rnal de ,salviati4 ,+5ium nobis ipsa puella facit4 ,,prop]t41 ,,ii1 #a4 ,bologne1 #bi avril #ahah4 ,dsespr du malheur o l'am\r me rduit1 je maudis mon exi/5ce4 ,je n'ai le coeur ri54 ,le temps e/ sombre1 il pleut1 un froid t>dif e/ v5u rattri/] la nature qui1 aprs un long hiv]1 s'levait au pr9temps4 ,s*iassetti1 un colonel en demi-solde1 un ami raisonnable et froid1 e/ v5u pass] deux heures avec moi4 ,v\s devriez r5onc] l'aim]4--,comm5t faire8 ,r5dez-moi ma passion p\r la gu]re4--,c'e/ un gr& malheur p\r v\s de l'avoir connue4 ,j'en convi5s presque1 tant je me s5s abattu et sans c\rage1 tant la mlancolie a auj\rd'hui d'empire sur moi4 ,n\s *]*ons ensemble quel intrt a pu port] son amie me calomni] auprs d'elle2 n\s ne tr\vons ri5 que ce vieux prov]be napolita93 ,femme qu'am\r et jeunesse quitt5t se pique d'un ri54 ,ce qu'il y a de sr1 c'e/ que cette femme cruelle e/ enrage contre moi3 c'e/ le mot d'un de ses amis4 ,je puis me v5g] d'une manire atroce2 mais contre sa ha9e je n'ai pas le plus petit moy5 de df5se4 ,s*iassetti me quitte4 ,je sors p> la pluie1 ne sa*ant que dev5ir4 ,mon app>tem5t1 ce salon que j'ai habit dans les premi]s temps de notre connaissance et qu& je la voyais t\s les soirs1 m'e/ dev5u insupportable4 ,*aque gravure1 *aque meuble1 me repro*5t le bonheur que j'avais rv en leur prs5ce1 et que j'ai p]du p\r t\j\rs4 ,je c\rs les rues p> une pluie froide2 le has>d1 si je puis l'appel] has>d1 me fait pass] s\s ses f5tres4 ,il tait nuit tombante1 et je m>*ais les yeux ple9s de l>mes fixs sur la f5tre de sa *ambre4 ,t\t c\p le rideau a t un peu entr'ouv]t comme p\r voir sur la place et s'e/ ref]m l'in/ant4 ,je me suis s5ti un m\vem5t physique prs du coeur4 ,je ne p\vais me s\t5ir3 je me rfugie s\s le portique de la maison vois9e4 ,mille s5tim5ts inond5t mon me3 le has>d a pu produire ce m\vem5t du rideau2 mais1 si c'tait sa ma9 qui l'et entr'ouv]t6 ,il y a deux malheurs au monde3 celui de la passion contr>ie et celui du dead blank4 ,avec l'am\r1 je s5s qu'il exi/e deux pas de moi un bonheur imm5se et au del de t\s mes voeux1 qui ne dp5d que d'un mot1 que d'un s\rire4 ,sans passion comme ,s*iassetti1 les j\rs tri/es1 je ne vois nulle "p le bonheur1 j'arrive d\t] qu'il exi/e p\r moi1 je tombe dans le sple54 ,il faudrait tre sans passions =tes et avoir seulem5t un peu de curiosit ou de vanit4 ,il e/ deux heures du mat91 j'ai vu le petit m\vem5t du rideau2 six heures j'ai fait des visites1 je suis all au spectacle2 mais p>t\t sil5cieux et rveur1 j'ai pass la soire exam9] cette "q3 ,aprs tant de colre et si peu fonde1 c>1 enf91 v\lais-je l'(f5s] et quelle e/ la *ose au monde que l'int5tion n'excuse pas8 a-t-elle s5ti un mom5t d'am\r8 ,le pauvre ,salviati1 qui a crit ce qui prcde sur son ,ptr>que1 m\rut quelque temps aprs2 il tait notre ami intime ,s*iassetti et moi2 n\s connaissions t\tes ses p5ses1 et c'e/ de lui que je ti5s t\te la p>tie lugubre de cet essai4 ,c'tait l'imprud5ce inc>ne2 du re/e1 la femme p\r laquelle il a fait tant de folies e/ l'tre le plus intressant que j'aie r5contr4 ,s*iassetti me disait3 ,mais croyez-v\s que cette passion malheureuse ait t sans avantages p\r ,salviati8 ,d'abord1 il pr\va le malheur d'arg5t le plus piquant qui se puisse imag9]4 ,ce malheur1 qui le rduisait une =tune trs mdiocre1 aprs une jeunesse brillante1 et qui l'et outr de colre dans t\te autre circon/ance1 il ne s'en s\v5ait pas une fois t\s les qu9ze j\rs4 ,ensuite1 ce qui e/ bi5 autrem5t important p\r une tte de cette porte1 cette passion e/ le premi] vritable c\rs de logique qu'il ait jamais fait4 ,cela p>atra s+uli] *ez un homme qui a t la c\r2 mais cela s'explique p> son extrme c\rage4 ,p> exemple1 il passa sans s\rcill] la j\rne du 9999991 qui le jetait dans le nant2 il s'tonnait l1 comme en ,russie1 de ne ri5 s5tir d'extraord9aire2 il e/ de fait qu'il n'a jamais ri5 cra9t au po9t d'y p5s] deux j\rs4 ,au lieu de cette ins\ciance1 depuis deux ans1 il *]*ait *aque m9ute avoir du c\rage2 jusque-l il n'avait pas vu de dang]4 ,qu&1 p> suite de ses imprud5ces et de sa confiance dans les bonnes int]prtations#hb1 il se fut fait condamn] ne voir la femme qu'il aimait que deux fois p> mois1 n\s l'avons vu ivre de joie pass] les nuits lui p>l]1 p>ce qu'il en avait t reu avec cette c&eur noble qu'il adorait en elle4 ,il t5ait que ,mme 999999 et lui avai5t deux mes hors de pair et qui devai5t s'ent5dre d'un reg>d4 ,il ne p\vait compr5dre qu'elle accordt la mo9dre att5tion aux petites int]prtations b\rgeoises qui p\vai5t le faire crim9el4 ,le rsultat de cette belle confiance dans une femme ent\re de ses ennemis fut de se faire f]m] sa porte4 #hb ,sotto l'usb]go del s5tirsi pura4 ,,dante1 ,inf41 ,,xxviii1 #aag4 --,avec ,mme 9999991 lui disais-je1 v\s oubliez vos maximes1 et qu'il ne faut croire la gr&eur d'me qu' la d]nire extrmit4--,croyez-v\s1 rpondait-il1 qu'il y ait au monde un autre coeur qui convi5ne mieux au si58--,il e/ vrai1 je paye cette manire d'tre passionne qui me faisait voir ,lonore en colre dans la ligne d'horizon des ro*]s de ,poligny p> le malheur de t\tes mes entreprises dans la vie relle1 malheur qui provi5t du manque de pati5te indu/rie et d'imprud5ces produites p> la =ce de l'impression du mom5t4 ,on voit la nuance de folie4 ,p\r ,salviati1 la vie tait divise en priodes de qu9ze j\rs1 qui pr5ai5t la c\leur de la d]nire entrevue qu'on lui avait accorde4 ,mais je rem>quai plusieurs fois que le bonheur qu'il devait un accueil qui lui semblait mo9s froid tait bi5 infrieur en int5sit au malheur que lui donnait une rception svre#hc4 ,mme 999999 manquait quelquefois de fran*ise avec lui3 voil les deux seules objections que je n'aie jamais os lui faire4 ,outre ce que sa d\leur avait de plus intime et dont il eut la dlicatesse de ne jamais p>l]1 mme ses amis les plus *]s et les plus exempts d'envie1 il voyait dans une rception svre de ,lonore le triomphe des mes prosaques et intrigantes sur les mes fran*es et gnreuses4 ,alors il dsesprait de la v]tu et surt\t de la gloire4 ,il ne se p]mettait de p>l] ses amis que des ides tri/es la vrit auxquelles le conduisait sa passion1 mais qui d'ailleurs p\vai5t avoir quelque intrt aux yeux de la philosophie4 ,j'tais curieux d'obs]v] cette me biz>re2 ord9airem5t l'am\r-passion se r5contre *ez des g5s un peu niais l'allem&e#hd4 ,salviati1 au contraire1 tait au nombre des hommes les plus f]mes et les plus spirituels que j'aie connus4 #hc ,c'e/ une *ose que j'ai s\v5t cru voir dans l'am\r1 que cette disposition tir] plus de malheur des *oses malheureuses que de bonheur des *oses heureuses4 #hd ,don ,c>los1 ,sa9t-,preux1 l',hippolyte et le ,bajazet de ,rac9e4 ,j'ai cru voir qu'aprs ces visites svres1 il n'tait tranquille que qu& il s'tait ju/ifi les rigueurs de ,lonore4 ,tant qu'il tr\vait qu'elle p\vait avoir eu tort de le maltrait]1 il tait malheureux4 ,je n'aurais jamais cru l'am\r si exempt de vanit4 ,il n\s faisait sans cesse l'loge de l'am\r4 ,si un p\voir surnaturel me disait3 ,brisez le v]re de cette montre1 et ,lonore s]a p\r v\s ce qu'elle tait il y a trois ans1 une amie indiffr5te1 en vrit1 je crois que dans aucun mom5t de ma vie je n'aurais le c\rage de le bris]4 ,je le voyais si f\ en faisant ce raisonnem5t1 que je n'eus jamais le c\rage de lui prs5t] les objections prcd5tes4 ,il aj\tait3 ,comme la r=mation de ,lu!r1 la f9 du moy5 ge1 branlant la socit jusque dans ses fondem5ts1 r5\vela et recon/itua le monde sur des bases raisonnables1 a9si un c>actre gnreux e/ r5\vel et retremp p> l'am\r4 ,ce n'e/ qu'alors qu'il dp\ille t\s les enfantillages de la vie2 sans cette rvolution1 il et t\j\rs eu je ne sais quoi d'empes et de ?tral4 ,ce n'e/ que depuis que j'aime que j'ai appris avoir de la gr&eur dans le c>actre1 tant notre ducation d'cole militaire e/ ridicule4 ,quoique me conduisant bi51 j'tais un enfant la c\r de ,napolon et ,mosc\4 ,je faisais mon devoir2 mais j'ignorais cette simplicit hroque1 fruit d'un sacrifice enti] et de bonne foi4 ,il n'y a qu'un an1 p> exemple1 que mon coeur compr5d la simplicit des ,roma9s de ,tite-,live4 ,autrefois je les tr\vais froids1 comp>s nos brillants colonels4 ,ce qu'ils faisai5t p\r leur ,rome1 je le tr\ve dans mon coeur p\r ,lonore4 ,si j'avais le bonheur de p\voir faire quelque *ose p\r elle1 mon premi] dsir s]ait de le ca*]4 ,la conduite des ,rgulus1 des ,dcius tait une *ose conv5ue d'avance et qui n'avait pas le droit de les surpr5dre4 ,j'tais petit avant d'aim]1 prcism5t p>ce que j'tais t5t quelquefois de me tr\v] gr&2 il y avait un c]ta9 ef=t que je s5tais et dont je m'applaudissais4 ,et1 du ct des affections1 que ne doit-on pas l'am\r8 ,aprs les has>ds de la premire jeunesse1 le coeur se f]me la sympa?ie4 ,la mort ou l'abs5ce loigne-t-elle des compagnons de l'enfance1 l'on e/ rduit pass] la vie avec de froids associs1 la demi-aune la ma91 t\j\rs calculant des ides d'intrt ou de vanit4 ,peu peu1 t\te la p>tie t5dre et gnreuse de l'me devi5t /rile faute de culture1 et mo9s de tr5te ans l'homme se tr\ve ptrifi t\tes les s5sations d\ces et t5dres4 ,au milieu de ce ds]t aride1 l'am\r fait jaillir une s\rce de s5tim5ts plus abondante et plus fra*e mme que celle de la premire jeunesse4 ,il y avait alors une esprance vague1 folle et sans cesse di/raite#he1 jamais de dv\em5t p\r ri51 jamais de dsirs con/ants et pr(onds2 l'me1 t\j\rs lgre1 avait soif de n\veaut et ngligeait auj\rd'hui ce qu'elle adorait hi]4 ,et ri5 n'e/ plus recueilli1 plus my/rieux1 plus t]nellem5t un dans son objet1 que la cri/allisation de l'am\r4 ,alors les seules *oses agrables avai5t droit de plaire et de plaire un in/ant1 ma9t5ant t\t ce qui a rapport ce qu'on aime et mme les objets les plus indiffr5ts t\*5t pr(ondm5t4 ,arrivant dans une gr&e ville1 c5t milles de celle qu'habite ,lonore1 je me suis tr\v t\t timide et tremblant3 *aque dt\r de rue1 je frmissais de r5contr] ,alviza1 l'amie intime de ,mme 9999991 et amie que je ne connais pas4 ,t\t a pris p\r moi une te9te my/rieuse et sacre1 mon coeur palpitait en p>lant un vieux savant4 ,je ne p\vais sans r\gir ent5dre nomm] la porte prs de laquelle habite l'amie de ,lonore4 #he ,mordaunt ,m]ton1 ,i] vol4 du ,pirate4 ,mme les rigueurs de la femme qu'on aime ont des grces inf9ies1 et que l'on ne tr\ve pas dans les mom5ts les plus flatteurs auprs des autres femmes4 ,c'e/ a9si que les gr&es ombres des tableaux du ,corrge1 lo9 d'tre1 comme *ez les autres pe9tres1 des passages peu agrables1 mais ncessaires faire valoir les clairs1 et donn] du relief aux figures1 ont p> elles-mmes des grces *>mantes et qui jett5t dans une d\ce rv]ie#hf4 #hf ,puisque j'ai nomm le ,corrge1 je dirai qu'on tr\ve dans une tte d'ange bau*e1 la tribune de la gal]ie de ,flor5ce1 le reg>d de l'am\r heureux2 et ,p>me1 dans la ,madone c\ronne p> ,jsus1 les yeux baisss de l'am\r4 ,oui1 la moiti et la plus belle moiti de la vie e/ ca*e l'homme qui n'a pas aim avec passion4 ,salviati avait beso9 de t\te la =ce de sa dialectique p\r t5ir tte au sage ,s*iassetti1 qui lui disait t\j\rs3 ,v\lez-v\s tre heureux1 cont5tez-v\s d'une vie exempte de pe9es1 et *aque j\r d'une petite quantit de bonheur4 ,df5dez-v\s de la lot]ie des gr&es passions4--,donnez-moi donc votre curiosit1 rpondait ,salviati4 ,je crois qu'il y avait bi5 des j\rs o il aurait v\lu p\voir suivre les avis de notre sage colonel2 il luttait un peu1 il croyait russir2 mais ce p>ti tait absolum5t au-dessus de ses =ces2 et cep5dant quelle =ce n'avait pas cette me6 ,un *apeau de sat9 blanc1 ressemblant un peu celui de ,mme 9999991 qu'il voyait de lo9 dans la rue1 arrtait le battem5t de son coeur1 et le =ait s'appuy] contre le mur4 ,mme dans ses plus tri/es mom5ts1 le bonheur de la r5contr] lui donnait t\j\rs quelques heures d'ivresse au-dessus de l'influ5ce de t\s les malheurs et de t\s les raisonnem5ts#hg4 ,du re/e1 il e/ de fait qu' sa mort#hh1 aprs deux ans de cette passion gnreuse et sans bornes1 son c>actre avait contract plusieurs nobles habitudes1 et qu' cet g>d du mo9s il se jugeait correctem5t3 s'il et vcu1 et que les circon/ances l'euss5t un peu s]vi1 il et fait p>l] de lui4 ,peut-tre aussi qu' =ce de simplicit1 son mrite et pass invisible sur cette t]re4 #hg ,come :at sorr[ c1 ,x _c c\nt]vail ! ex*ange ( joy1 ,t "o %ort mom5t gives me 9 h] sight4 ,romeo & ,juliet4 #hh ,peu de j\rs avant le d]ni]1 il fit une petite ode qui a le mrite d'exprim] ju/e les s5tim5ts dont il n\s entret5ait3 ,l',,ultimo ,,di ,,anacreontica ,a ,,elvira ,v$i tu dove il rio ,lamb5do un mirto va1 ,l del riposo mio ,la pietra surg]1 ,il pass]o amoroso4 ,e il nobile usignuol ,entro quel mirto ombroso ,racogli]anno il vol4 ,vi5i1 diletta ,elvira1 ,a quella tomba vi51 ,e sulla muta lira1 ,appoggia il bianco s54 ,su quella bruna pietra1 ,le tortore v]ran1 ,e intorno alla mia cetra1 ,il nido intreci]an4 ,e ogni anno1 il di *e (f5d]e ,m'osa/i tu inf$el1 ,f> la su disc5d]e ,la folgore del ciel4 ,odi d'un uom *e muore ,odi l'e/remo suon1 ,que/o appassito fiore ,ti lascio1 ,elvira1 9 don4 ,quanto prezioso ei sia ,sap] tu il devi appi52 ,il di *e fo/i mia1 ,te l'involai dal s54 ,simbolo allor d'affetto1 ,or pegno di dolor1 ,torno a pos>ti 9 petto1 ,que/'appassito fior4 ,e avrai nel cuor scolpito1 ,se crudo il cor non 1 ,come ti fu rapito1 ,come fu reso a te4 ,s4 ,,radael4 ,o lasso ,quanti dolci p5si]1 quanto desio1 ,m5 co/ui al doloroso passo6 ,biondo era1 e bello1 e di g5tile aspetto2 ,ma l'un de' cigli un colpo avea diviso#hi4 ,,dante4 #hi ,pauvre malheureux6 combi5 de d\x p5s]s et quel dsir con/ant le conduisir5t sa d]nire heure4 ,sa figure tait belle et d\ce1 sa *evelure blonde1 seulem5t une noble cicatrice v5ait c\p] un de ses s\rcils4 ,,*apitre ,,xxxii ,de l'intimit4 ,le plus gr& bonheur que puisse donn] l'am\r1 c'e/ le premi] s]rem5t de ma9 d'une femme qu'on aime4 ,le bonheur de la galant]ie1 au contraire1 e/ beauc\p plus rel1 et beauc\p plus sujet la plaisant]ie4 ,dans l'am\r-passion1 l'intimit n'e/ pas tant le bonheur p>fait que le d]ni] pas p\r y arriv]4 ,mais comm5t pe9dre le bonheur1 s'il ne laisse pas de s\v5irs8 ,mortim] rev5ait tremblant d'un long voyage2 il adorait ,j5ny2 elle n'avait pas rpondu ses lettres4 ,en arrivant ,londres1 il monte *eval et va la *]*] sa maison de campagne4 ,il arrive1 elle se prom5ait dans le p>c2 il y c\rt1 le coeur palpitant2 il la r5contre1 elle lui t5d la ma91 le reoit avec tr\ble3 il voit qu'il e/ aim4 ,en p>c\rant avec elle les alles du p>c1 la robe de ,j5ny s'emb>rassa dans un buisson d'acacia p9eux4 ,dans la suite1 ,mortim] fut heureux1 mais ,j5ny fut infidle4 ,je lui s\ti5s que ,j5ny ne l'a jamais aim2 il me cite comme preuve de son am\r la manire dont elle le reut son ret\r du cont95t1 mais jamais il n'a pu me donn] le mo9dre dtail4 ,seulem5t il tressaille visiblem5t ds qu'il voit un buisson d'acacia3 c'e/ rellem5t le seul s\v5ir di/9ct qu'il avait cons]v du mom5t le plus heureux de sa vie#ij4 #ij ,vie de ,haydn4 ,un homme s5sible et franc1 un anci5 *evali]1 me faisait confid5ce ce soir 7au fond de notre b>que battue p> un gros temps sur le lac de ,g>de#ia7 de l'hi/oire de ses am\rs1 dont mon t\r je ne f]ai pas confid5ce au public1 mais de laquelle je me crois en droit de conclure que le mom5t de l'intimit e/ comme ces belles j\rnes du mois de mai1 une poque dlicate p\r les plus belles fleurs1 un mom5t qui peut tre fatal et fltrir en un in/ant les plus belles esprances4 #ia #bj septembre #ahaa4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 #ib4 #ib ,a la premire qu]elle1 ,mme ,iv]netta donna son cong au pauvre ,b>iac4 ,b>iac tait vritablem5t am\reux1 ce cong le dsespra2 mais son ami ,guillaume ,balaon1 dont n\s crivons la vie1 lui fut d'un gr& sec\rs1 et fit si bi5 qu'il apaisa la svre ,iv]netta4 ,la paix se fit1 et la rconciliation fut accompagne de circon/ances si dlicieuses que ,b>iac jura ,balaon que le mom5t des premires faveurs qu'il avait obt5ues de sa matresse n'avait pas t si d\x que celui de ce voluptueux raccommodem5t4 ,ce disc\rs t\rna la tte ,balaon1 il v\lut pr\v] ce plaisir que son ami v5ait de lui crire1 etc41 etc4 ,vie de quelques tr\bad\rs1 p> ,niv]nois1 t4 ,i1 p4 #cb4 ,on ne saurait trop l\] le naturel4 ,c'e/ la seule coquett]ie p]mise dans une *ose aussi srieuse que l'am\r la ,w]!r1 o l'on ne sait pas o l'on va2 et1 en mme temps1 p> un has>d heureux p\r la v]tu1 c'e/ la meilleure tactique4 ,sans s'en d\t]1 un homme vraim5t t\* dit des *oses *>mantes1 il p>le une langue qu'il ne sait pas4 ,malheur l'homme le mo9s du monde affect6 ,mme qu& il aim]ait1 mme avec t\t l'esprit possible1 il p]d les trois qu>ts de ses avantages4 ,se laisse-t-on all] l'in/ant l'affection1 une m9ute aprs1 l'on a un mom5t de s*]esse4 ,t\t l'art d'aim] se rduit1 ce me semble1 dire exactem5t ce que le degr d'ivresse du mom5t comporte1 c'e/--dire1 en d'autres t]mes1 c\t] son me4 ,il ne faut pas croire que cela soit si facile2 un homme qui aime vraim5t1 qu& son amie lui dit des *oses qui le r5d5t heureux1 n'a plus la =ce de p>l]4 ,il p]d a9si les actions qu'aurai5t fait natre ses p>oles#ic1 et il vaut mieux se taire que de dire hors de temps des *oses trop t5dres2 ce qui tait plac1 il y a dix secondes1 ne l'e/ plus du t\t1 et fait ta*e en ce mom5t4 ,t\tes les fois que je manquais cette rgle#id1 et que je disais une *ose qui m'tait v5ue trois m9utes aup>avant1 et que je tr\vais jolie1 ,lonore ne manquait pas de me battre4 ,je me disais ensuite1 en sortant3 ,elle a raison3 voil de ces *oses qui doiv5t *oqu] extrmem5t une femme dlicate2 c'e/ une indc5ce de s5tim5t4 ,elles admettrai5t plutt1 comme les rhteurs de mauvais gt1 un degr de faiblesse et de froideur4 ,n'ayant r$\t] au monde que la fausset de leur amant1 la mo9dre petite ins9crit de dtail1 ft-elle la plus innoc5te du monde1 les prive l'in/ant de t\t bonheur et les jette dans la mfiance4 #ic ,c'e/ ce g5re de timidit qui e/ dcisif1 et qui pr\ve un am\r-passion dans un homme d'esprit4 #id ,on rappelle que si l'auteur emploie quelquefois la t\rnure du je1 c'e/ p\r essay] de jet] quelque v>it dans la =me de cet essai4 ,il n'a nullem5t la prt5tion d'entret5ir ses lecteurs de ses propres s5tim5ts4 ,il *]*e faire "p avec le mo9s de monotonie qu'il lui soit possible de ce qu'il a obs]v *ez autrui4 ,les femmes honntes ont de l'loignem5t p\r la vhm5ce et l'imprvu1 qui sont cep5dant les c>actres de la passion2 outre que la vhm5ce al>me la pudeur1 elles se df5d5t4 ,qu& quelque m\vem5t de jal\sie ou de dplaisir a mis du sang-froid1 on peut en gnral entrepr5dre des disc\rs propres faire natre cette ivresse favorable l'am\r2 et si1 aprs les deux ou trois premires phases d'exposition1 l'on ne manque pas l'occasion de dire exactem5t ce que l'me suggre1 on donn]a des plaisirs vifs ce qu'on aime4 ,l'erreur de la plup>t des hommes1 c'e/ qu'ils veul5t arriv] dire telle *ose qu'ils tr\v5t jolie1 spirituelle1 t\*ante2 au lieu de dt5dre leur me de l'empes du monde1 jusqu' ce degr d'intimit et de naturel d'exprim] navem5t ce qu'elle s5t dans le mom5t4 ,si l'on a ce c\rage1 l'on recevra l'in/ant sa rcomp5se p> une espce de raccommodem5t4 ,c'e/ cette rcomp5se aussi rapide qu'involontaire des plaisirs que l'on donne ce qu'on aime1 qui met cette passion si =t au-dessus des autres4 ,s'il y a le naturel p>fait1 le bonheur de deux individus arrive tre confondu#ie4 ,a cause de la sympa?ie et de plusieurs autres lois de notre nature1 c'e/ t\t simplem5t le plus gr& bonheur qui puisse exi/]4 #ie ,a se plac] exactem5t dans les mmes actions4 ,il n'e/ ri5 mo9s que facile de dt]m9] le s5s de cette p>ole1 naturel1 condition ncessaire du bonheur p> l'am\r4 ,on appelle naturel ce qui ne s'c>te pas de la manire habituelle d'agir4 ,il va sans dire qu'il ne faut jamais non seulem5t m5tir ce qu'on aime1 mais mme embellir le mo9s du monde et altr] la puret de trait de la vrit4 ,c>1 si l'on embellit1 l'att5tion e/ occupe embellir1 et ne rpond plus navem5t1 comme la t\*e d'un piano1 au s5tim5t qui se montre dans ses yeux4 ,elle s'en ap]oit bi5tt je ne sais quel froid qu'elle pr\ve1 et son t\r a rec\rs la coquett]ie4 ,ne s]ait-ce po9t ici la raison ca*e qui fait qu'on ne saurait aim] une femme d'un esprit trop infrieur6 ,c'e/ qu'auprs d'elle on peut fe9dre impunm5t1 et comme fe9dre e/ plus commode1 cause de l'habitude1 on se livre au manque de naturel4 ,ds lors l'am\r n'e/ plus am\r1 il tombe n'tre qu'une affaire ord9aire3 la seule diffr5ce1 c'e/ qu'au lieu d'arg5t on gagne du plaisir ou de la vanit1 ou un mlange des deux4 ,mais il e/ difficile de ne pas pr\v] une nuance de mpris p\r une femme avec qui l'on peut impunm5t j\] la comdie1 et p> consqu5t il ne manque p\r la plant] l que de r5contr] mieux cet g>d4 ,l'habitude ou les s]m5ts peuv5t ret5ir2 mais je p>le du p5*ant du coeur1 dont le naturel e/ de vol] au plus gr& plaisir4 ,rev5ant ce mot naturel1 naturel et habituel sont deux *oses4 ,si l'on pr5d ces mots dans le mme s5s1 il e/ vid5t que plus on a de s5sibilit1 plus il e/ difficile d'tre naturel1 c> l'habitude a un empire mo9s puissant sur la manire d'tre et d'agir1 et l'homme e/ davantage *aque circon/ance4 ,t\tes les pages de la vie d'un tre froid sont les mmes2 pr5ez-le auj\rd'hui1 pr5ez-le hi]1 c'e/ t\j\rs la mme ma9 de bois4 ,un homme s5sible1 ds que son coeur e/ mu1 ne tr\ve plus en soi de traces d'habitude p\r guid] ses actions2 et comm5t p\rrait-il suivre un *em9 dont il n'a plus le s5tim5t8 ,il s5t le poids imm5se qui s'atta*e *aque p>ole qu'il dit ce qu'il aime1 il lui semble qu'un mot va dcid] de son sort4 ,comm5t p\rra-t-il ne pas *]*] bi5 dire8 ou du mo9s comm5t n'aura-t-il pas le s5tim5t qu'il dit bi58 ,ds lors il n'y a plus de c&eur4 ,donc1 il ne faut pas prt5dre la c&eur1 cette qualit d'une me qui ne fait aucun ret\r sur elle-mme4 ,on e/ ce qu'on peut1 mais on s5t ce qu'on e/4 ,je crois que n\s voil arrivs au d]ni] degr de naturel que le coeur le plus dlicat puisse prt5dre en am\r4 ,un homme passionn ne peut qu'embrass] =tem5t1 comme sa seule ress\rce dans la tempte1 le s]m5t de ne jamais *ang] en ri5 la vrit et de lire correctem5t dans son coeur2 si la conv]sation e/ vive et entrec\pe1 il peut espr] de beaux mom5ts de naturel1 autrem5t il ne s]a p>faitem5t naturel que dans les heures o il aim]a un peu mo9s la folie4 ,auprs de ce qu'on aime1 pe9e le naturel re/e-t-il dans les m\vem5ts1 dont cep5dant les habitudes sont si pr(ondm5t enrac9es dans les muscles4 ,qu& je donnais le bras ,lonore1 il me semblait t\j\rs tre sur le po9t de tomb]1 et je p5sais bi5 m>*]4 ,t\t ce qu'on peut1 c'e/ de n'tre jamais affect volontairem5t2 il suffit d'tre p]suad que le manque de naturel e/ le plus gr& dsavantage possible1 et peut aism5t tre la s\rce des plus gr&s malheurs4 ,le coeur de la femme que v\s aimez n'ent5d plus le vtre1 v\s p]dez ce m\vem5t n]veux et involontaire de la fran*ise qui rpond la fran*ise4 ,c'e/ p]dre t\s les moy5s de la t\*]1 j'ai presque dit de la sduire1 ce n'e/ pas que je prt5de ni] qu'une femme digne d'am\r peut voir son de/9 dans cette jolie devise du li]re1 qui meurt s'il ne s'atta*e2 c'e/ une loi de la nature1 mais c'e/ t\j\rs un pas dcisif p\r le bonheur1 que de faire celui de l'homme qu'on aime4 ,il me semble qu'une femme raisonnable ne doit t\t accord] son amant que qu& elle ne peut plus se df5dre1 et le plus lg] s\pon sur la s9crit de votre coeur lui r5d sur-le-*amp un peu de =ce1 assez du mo9s p\r ret>d] encore d'un j\r sa dfaite#if4 #if ,hc autem ad ac]bam rei memoriam1 am>a quadam dulc$9e1 scrib]e visum e/444 ut cogitem nihil esse deb]e quod amplius mihi placeat 9 hac vita4 ,,petr>ca1 ,ed4 ,m>s&4 #ae janvi] #ahai4 ,e/-il beso9 d'aj\t] que1 p\r r5dre t\t ceci le comble du ridicule1 il suffit de l'appliqu] l'am\r-gt8 ,,*apitre ,,xxxiii ,t\j\rs un petit d\te calm]1 voil ce qui fait la soif de t\s les in/ants1 voil ce qui fait la vie de l'am\r heureux4 ,comme la cra9te ne l'ab&onne jamais1 ses plaisirs ne peuv5t jamais ennuy]4 ,le c>actre de ce bonheur1 c'e/ l'extrme srieux4 ,,*apitre ,,xxxiv ,des confid5ces4 ,il n'y a pas au monde d'insol5ce plus vite punie que celle qui v\s fait confi] un ami intime un am\r-passion4 ,il sait1 si ce que v\s dites e/ vrai1 que v\s avez des plaisirs mille fois au-dessus des si5s1 et qui v\s font mpris] les si5s4 ,c'e/ bi5 pis encore entre femmes1 la =tune de leur vie tant d'inspir] une passion1 et d'ord9aire1 la confid5te aussi ayant expos son amabilit aux reg>ds de l'amant4 ,d'un autre ct1 p\r l'tre dvor de cette fivre1 il n'e/ pas au monde de beso9 moral plus imprieux que celui d'un ami devant qui l'on puisse raisonn] sur les d\tes affreux qui s'emp>5t de l'me *aque in/ant1 c> dans cette passion t]rible1 t\j\rs une *ose imag9e e/ une *ose exi/ante4 ,un gr& dfaut du c>actre de ,salviati1 crivait-il en #ahag1 en cela bi5 oppos celui de ,napolon1 c'e/ que1 lorsque dans la discussion des intrts d'une passion quelque *ose vi5t tre moralem5t dmontr1 il ne peut pr5dre sur lui de p>tir de cette base comme d'un fait jamais tabli2 et malgr lui1 et son gr& malheur1 il le remet sans cesse en discussion4 ,c'e/ qu'il e/ ais d'avoir du c\rage dans l'ambition4 ,la cri/allisation qui n'e/ pas subjugue p> le dsir de la *ose obt5ir s'emploie =tifi] le c\rage2 en am\r1 elle e/ t\te au s]vice de l'objet contre lequel on doit avoir du c\rage4 ,une femme peut tr\v] une amie p]fide1 elle peut tr\v] aussi une amie ennuye4 ,une pr9cesse de tr5te-c9q ans#ig1 ennuye et p\rsuivie p> le beso9 d'agir1 d'intrigu]1 etc41 etc41 mcont5te de la tideur de son amant1 et cep5dant ne p\vant espr] de faire natre un autre am\r1 ne sa*ant que faire de l'activit qui la dvore1 et n'ayant d'autre di/raction que des accs d'humeur noire1 peut =t bi5 tr\v] une occupation1 c'e/--dire un plaisir1 et un b dans la vie1 r5dre malheureuse une vraie passion1 passion qu'on a l'insol5ce de s5tir p\r une autre qu'elle1 t&is que son amant s'endort ses cts4 #ig ,v5ise1 #ahai4 ,c'e/ le seul cas o la ha9e produise bonheur2 c'e/ qu'elle procure occupation et travail4 ,dans les premi]s in/ants1 le plaisir de faire quelque *ose1 ds que l'entreprise e/ s\ponne de la socit1 la pique de russir donne du *>me cette occupation4 ,la jal\sie p\r l'amie pr5d le masque de la ha9e p\r l'amant2 autrem5t comm5t p\rrait-on har la fureur un homme qu'on n'a jamais vu8 ,on n'a g>de de s'av\] l'envie1 c> il faudrait d'abord s'av\] le mrite1 et l'on a des flatteurs qui ne se s\ti5n5t la c\r qu'en donnant des ridicules la bonne amie4 ,la confid5te p]fide1 t\t en se p]mettant des actions de la d]nire noirceur1 peut =t bi5 se croire uniquem5t anime p> le dsir de ne pas p]dre une amiti prcieuse4 ,la femme ennuye se dit que l'amiti mme languit dans un coeur dvor p> l'am\r et ses anxits mortelles2 ct de l'am\r l'amiti ne peut se s\t5ir que p> les confid5ces2 or1 quoi de plus odieux p\r l'envie que de telles confid5ces8 ,les seules qui soi5t bi5 reues entre femmes sont celles qu'accompagne la fran*ise de ce raisonnem5t3 ,ma *re amie1 dans la gu]re aussi absurde qu'implacable que n\s font les prjugs mis en vogue p> nos tyrans1 s]vez-moi auj\rd'hui1 dema9 ce s]a mon t\r#ih4 #ih ,mmoires de ,mme d'p9ay1 ,geliotte4 ,prague1 ,klag5fur?1 t\te la ,moravie1 etc41 etc4 ,les femmes y sont =t spirituelles1 et les hommes de gr&s *asseurs4 ,l'amiti y e/ =t commune entre femmes4 ,le beau temps du pays e/ l'hiv]3 on fait successivem5t des p>ties de *asse de qu9ze v+t j\rs *ez les gr&s seigneurs de la prov9ce4 ,un des plus spirituels me disait un j\r que ,*>les-,qu9t avait rgn lgitimem5t sur t\te l',italie1 et que1 p> consqu5t1 c'tait bi5 en va9 que les ,itali5s v\drai5t se rvolt]4 ,la femme de ce brave homme lisait les lettres de ,mlle de ,lesp9asse4 ,znaym1 #ahaf4 ,avant cette exception il y a celle de la vritable amiti ne dans l'enfance et non gte depuis p> aucune jal\sie4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 ,les confid5ces d'am\r-passion ne sont bi5 reues qu'entre coli]s am\reux de l'am\r1 et entre jeunes filles dvores p> la curiosit1 p> la t5dresse employ]1 et peut-tre entranes dj p> l'in/9ct#ii qui leur dit que c'e/ l la gr&e affaire de leur vie1 et qu'elles ne saurai5t trop tt s'en occup]4 #ii ,gr&e "q4 ,il me semble qu'outre l'ducation qui comm5ce huit ou dix mois1 il y a un peu d'in/9ct4 ,t\t le monde a vu des petites filles de trois ans s'acquitt] =t bi5 des devoirs de la galant]ie4 ,l'am\r-gt s'enflamme et l'am\r-passion se refroidit p> les confid5ces4 ,outre les dang]s1 il y a la difficult des confid5ces4 ,en am\r-passion1 ce qu'on ne peut pas exprim] 7p>ce que la langue e/ trop grossire p\r atte9dre ces nuances7 n'en exi/e pas mo9s p\r cela2 seulem5t1 comme ce sont des *oses trs f9es1 on e/ plus sujet se tromp] en les obs]vant4 ,et un obs]vateur trs mu obs]ve mal2 il e/ inju/e env]s le has>d4 ,ce qu'il y a peut-tre de plus sage1 c'e/ de se faire soi-mme son propre confid5t4 crivez ce soir1 s\s des noms emprunts1 mais avec t\s les dtails c>actri/iques1 le dialogue que v\s v5ez d'avoir avec votre amie et la difficult qui v\s tr\ble4 ,dans huit j\rs1 si v\s avez l'am\r-passion1 v\s s]ez un autre homme3 et alors1 lisant votre consultation1 v\s p\rrez v\s donn] un bon avis4 ,entre hommes1 ds qu'on e/ plus de deux et que l'envie peut p>atre1 la politesse oblige ne p>l] que d'am\r physique3 voyez la f9 des dn]s d'hommes4 ,ce sont les sonnets de ,baffo#ajj que l'on rcite et qui font un plaisir inf9i1 p>ce que *acun pr5d au pi$ de la lettre les l\anges et les transports de son vois91 qui bi5 s\v5t ne veut que p>atre gai ou poli4 ,les *>mantes t5dresses de ,ptr>que ou les madrigaux franais s]ai5t dplacs4 #ajj ,le dialecte vniti5 a des descriptions de l'am\r physique d'une vivacit qui laisse mille lieues ,horace1 ,prop]ce1 la ,fonta9e et t\s les potes4 ,m4 ,burati1 de ,v5ise1 e/ en ce mom5t le premi] pote satirique de notre tri/e ,europe4 ,il excelle surt\t dans la description du physique grotesque de ses hros1 aussi le met-on s\v5t en prison4 ,voir l',elefantide1 l',uomo1 la ,/refeide4 ,,*apitre ,,xxxv ,de la jal\sie4 ,qu& on aime1 *aque n\vel objet qui frappe les yeux ou la mmoire1 s]r dans une tribune et att5tif c\t] une discussion des *ambres ou allant au galop relev] une gr&'g>de s\s le feu de l'ennemi1 t\j\rs l'on aj\te une n\velle p]fection l'ide qu'on a de sa matresse1 ou l'on dc\vre un n\veau moy51 qui d'abord semble excell5t1 de s'en faire aim] davantage4 ,*aque pas de l'imag9ation e/ pay p> un mom5t de dlices4 ,il n'e/ pas tonnant qu'une telle manire d'tre soit atta*ante4 ,a l'in/ant o nat la jal\sie1 la mme habitude de l'me re/e1 mais p\r produire un effet contraire4 ,*aque p]fection que v\s aj\tez la c\ronne de l'objet que v\s aimez1 et qui peut-tre en aime un autre1 lo9 de v\s procur] une j\issance cle/e1 v\s ret\rne un poign>d dans le coeur4 ,une voix v\s crie3 ,ce plaisir si *>mant1 c'e/ ton rival qui en j\ira#aja4 #aja ,voil une folie de l'am\r2 cette p]fection que v\s voyez n'en e/ pas une p\r lui4 ,et les objets qui v\s frapp5t1 sans produire ce premi] effet1 au lieu de v\s montr] comme autrefois un n\veau moy5 de v\s faire aim]1 v\s font voir un n\vel avantage du rival4 ,v\s r5contrez une jolie femme galopant dans le p>c#ajb1 et le rival e/ fameux p> ses beaux *evaux1 qui lui font faire dix mille en c9quante m9utes4 #ajb ,montagnola1 #ac avril #ahai4 ,dans cet tat la fureur nat facilem5t2 l'on ne se rappelle plus qu'en am\r possd] n'e/ ri51 c'e/ j\ir qui fait t\t2 l'on s'exagre le bonheur du rival1 l'on s'exagre l'insol5ce que lui donne ce bonheur1 et l'on arrive au comble des t\rm5ts1 c'e/--dire l'extrme malheur1 empoisonn encore d'un re/e d'esprance4 ,le seul remde e/ peut-tre d'obs]v] de trs prs le bonheur du rival4 ,s\v5t v\s le v]rez s'endormir paisiblem5t dans le salon o se tr\ve cette femme1 qui1 *aque *apeau qui ressemble au si5 et que v\s voyez de lo9 dans la rue1 arrte le battem5t de votre coeur4 ,v\lez-v\s le rveill]1 il suffit de montr] votre jal\sie4 ,v\s aurez peut-tre l'avantage de lui appr5dre le prix de la femme qui le prfre v\s1 et il v\s devra l'am\r qu'il pr5dra p\r elle4 ,a l'g>d du rival1 il n'y a pas de milieu3 il faut ou plaisant] avec lui de la manire la plus dgage qu'il se p\rra1 ou lui faire peur4 ,la jal\sie tant le plus gr& de t\s les maux1 on tr\v]a qu'expos] sa vie e/ une div]sion agrable4 ,c> alors nos rv]ies ne sont pas t\tes empoisonnes et t\rnant au noir 7p> le mcanisme expos ci-dessus72 l'on peut se figur] quelquefois qu'on tue ce rival4 ,d'aprs ce pr9cipe1 qu'on ne doit jamais envoy] des =ces l'ennemi1 il faut ca*] votre am\r au rival1 et1 s\s un prtexte de vanit et le plus loign possible de l'am\r1 lui dire en gr& secret1 avec t\te la politesse possible1 et de l'air le plus calme et le plus simple3 ,monsieur1 je ne sais p\rquoi le public s'avise de me donn] la petite une telle2 on a mme la bont de croire que j'en suis am\reux2 si v\s la v\lez1 v\s1 je v\s la cd]ais de gr& coeur1 si malheureusem5t je ne m'exposais j\] un rle ridicule4 ,dans six mois1 pr5ez-la tant qu'il v\s plaira2 mais auj\rd'hui l'honneur qu'on atta*e1 je ne sais p\rquoi1 ces *oses-l1 m'oblige de v\s dire1 mon gr& regret1 que1 si p> has>d v\s n'avez pas la ju/ice d'att5dre que votre t\r soit v5u1 il faut que l'un de n\s meure4 ,votre rival e/ trs probablem5t un homme non passionn1 et peut-tre un homme trs prud5t1 qui1 une fois qu'il s]a conva9cu de votre rsolution1 s'empress]a de v\s cd] la femme en "q1 p\r peu qu'il puisse tr\v] quelque prtexte honnte4 ,c'e/ p\r cela qu'il faut mettre de la gaiet dans votre dcl>ation1 et c\vrir t\te la dm>*e du plus pr(ond secret4 ,ce qui r5d la d\leur de la jal\sie si aigu1 c'e/ que la vanit ne peut aid] la support]1 et p> la m?ode dont je p>le1 votre vanit a une pture4 ,v\s p\vez v\s e/im] comme brave1 si v\s tes rduit v\s mpris] comme aimable4 ,si l'on aime mieux ne pas pr5dre les *oses au tragique1 il faut p>tir1 et all] qu>ante lieues de l1 entret5ir une danseuse dont les *>mes auront l'air de v\s arrt] comme v\s passiez4 ,p\r peu que le rival ait l'me commune1 il v\s croira consol4 ,trs s\v5t le meilleur p>ti e/ d'att5dre sans s\rcill] que le rival s'use auprs de l'objet aim1 p> ses propres sottises4 ,c>1 mo9s d'une gr&e passion1 prise peu peu et dans la premire jeunesse1 une femme d'esprit n'aime pas longtemps un homme commun#ajc4 ,dans le cas de la jal\sie aprs l'intimit1 il faut encore de l'indiffr5ce app>5te et de l'incon/ance relle1 c> beauc\p de femmes1 (f5ses p> un amant qu'elles aim5t encore1 s'atta*5t l'homme p\r lequel il montre de la jal\sie1 et le jeu devi5t une ralit#ajd4 #ajc ,la pr9cesse de ,t>5te1 n\velle de ,sc>ron4 #ajd ,comme dans le ,curieux imp]t95t1 n\velle de ,c]vants4 ,je suis entr dans quelques dtails1 p>ce que1 dans ces mom5ts de jal\sie1 on p]d la tte le plus s\v5t2 des conseils crits depuis longtemps =t bi51 et1 l'ess5tiel tant de fe9dre du calme1 il e/ propos de pr5dre le ton dans un crit philosophique4 ,comme l'on n'a de p\voir sur v\s qu'en v\s tant ou v\s faisant espr] des *oses dont la seule passion fait t\t le prix1 si v\s p>v5ez v\s faire croire indiffr5t1 t\t c\p vos adv]saires n'ont plus d'armes4 ,si l'on n'a aucune action faire1 et que l'on puisse s'amus] *]*] du s\lagem5t1 on tr\v]a quelque plaisir lire ,o!llo2 il f]a d\t] des app>5ces les plus concluantes4 ,on arrt]a les yeux avec dlices sur ces p>oles4 ,trifles light z air ,seem to ! jeal\s confirmations /rong ,z pro(s f holy writ4 ,o!llo1 acte ,,iii#aje4 #aje ,des bagatelles lgres comme l'air sembl5t un jal\x des preuves aussi =tes que celles qu'on puise dans les promesses du sa9t vangile4 ,j'ai pr\v que la vue d'une belle m] e/ consolante4 ,! morn+ :i* _h aris5 calm & bright1 gave a pleasant effect to ! wa/e m\nta9 view :i* 0 se5 f ! ca/le on look+ to ! l&w>d & ! glori\s ,ocean crisp$ ) a ?\s& rippl+ waves ( silv]1 ext5d$ on ! o!r side 9 awful yet complac5t maje/y to ! v]ge ( ! horizon4 ,) su* sc5es ( calm sublimity1 ! human he>t sympa?izes ev5 9 8 mo/ di/urb$ moods1 & de$s ( hon\r & virtue are inspir$ by _! maje/ic influ5ce4 7,! ,bride ( ,lamm]moor1 ,i1 #aic74 ,je tr\ve crit p> ,salviati3 #bj juillet #ahah4--;,j'applique s\v5t et draisonnablem5t1 je crois1 la vie t\t entire le s5tim5t qu'un ambitieux ou un bon citoy5 pr\ve durant une bataille1 s'il se tr\ve employ g>d] le p>c de rs]ve1 ou dans t\t autre po/e sans pril et sans action4 ,j'aurais eu du regret qu>ante ans d'avoir pass l'ge d'aim] sans passion pr(onde4 ,j'aurais eu ce dplaisir am] et qui rabaisse1 de m'ap]cevoir trop t>d que j'avais eu la dup]ie de laiss] pass] la vie sans vivre4 ,j'ai pass hi] trois heures avec la femme que j'aime1 et avec un rival qu'elle veut me faire croire bi5 trait4 ,sans d\te il y a eu des mom5ts d'am]tume en obs]vant ses beaux yeux fixs sur lui1 et1 en sortant de *ez elle1 des transports vifs de l'extrme malheur l'esprance4 ,mais que de *oses neuves6 que de p5ses vives6 que de raisonnem5ts rapides6 et malgr le bonheur app>5t du rival1 avec quel orgueil et quelles dlices mon am\r se s5tait au-dessus du si56 ,je me disais3 ,ces j\es-l plirai5t de la plus vile peur au mo9dre des sacrifices que mon am\r f]ait en se j\ant1 que dis-je1 avec bonheur2 p> exemple1 mettre la ma9 au *apeau p\r tir] l'un de ces deux billets3 tre aim d'elle1 l'autre m\rir l'in/ant2 et ce s5tim5t e/ de si pla9-pi$ *ez moi1 qu'il ne m'emp*ait po9t d'tre aimable la conv]sation4 ,si l'on m'et cont cela il y a deux ans1 je me s]ais moqu4 ,je lis dans le voyage des capita9es ,lewis et ,cl>ke1 fait aux s\rces du ,miss\ri en #ahjf1 page #bae4 ,les ,ric>as sont pauvres1 mais bons et gnreux2 n\s vcmes assez longtemps dans trois de leurs villages4 ,leurs femmes sont plus belles que celles de t\tes les autres peuplades que n\s avons r5contres2 elles sont aussi trs disposes ne pas faire languir leurs amants4 ,n\s tr\vmes un n\vel exemple de cette vrit1 qu'il suffit de c\rir le monde p\r voir que t\t e/ v>iable4 ,p>mi les ,ric>as1 c'e/ un gr& sujet d'(f5se1 si1 sans le cons5tem5t de son m>i ou de son frre1 une femme accorde ses faveurs4 ,mais1 du re/e1 les frres et les m>is sont trs cont5ts d'avoir l'occasion de faire cette petite politesse leurs amis4 ,n\s avions un ngre p>mi nos g5s2 il fit beauc\p de s5sation *ez un peuple qui1 p\r la premire fois1 voyait un homme de cette c\leur4 ,il fut bi5tt le favori du beau sexe1 et1 au lieu d'en tre jal\x1 n\s voyions les m>is en*ants de le voir arriv] *ez eux4 ,ce qu'il y a de plaisant1 c'e/ que dans l'intrieur de huttes aussi exigus1 t\t se voit#ajf4 #ajf ,on devrait tablir ,philadelphie une acadmie qui s'occup]ait de recueillir des matriaux p\r l'tude de l'homme dans l'tat sauvage1 et ne pas att5dre que ces peuplades curieuses soi5t ananties4 ,je sais bi5 que de telles acadmies exi/5t2 mais app>emm5t avec des rglem5ts dignes de nos acadmies d',europe 7,mmoire et discussion sur le ,zodiaque de ,d5drah l',acadmie des sci5ces de ,p>is1 en #abha74 ,je vois que l'acadmie de ,massa*usetts1 je crois1 *>ge prudemm5t un membre du cl]g 7,m4 ,j>vis7 de faire un rapport sur la religion des sauvages4 ,le prtre ne manque pas de rfut] de t\tes ses =ces un ,franais impie nomm ,volney4 ,suivant le prtre1 les sauvages ont les ides les plus exactes et les plus nobles de la ,div9it1 etc4 ,s'il habitait l',anglet]re1 un tel rapport vaudrait au digne acadmici5 un pref]m5t de trois ou quatre c5ts l\is1 et la protection de t\s les nobles lords du canton4 ,mais en ,amrique6 ,au re/e1 le ridicule de cette acadmie me rappelle que les libres ,amrica9s atta*5t le plus gr& prix voir de belles armoiries pe9tes aux panneaux de leurs voitures2 ce qui les afflige1 c'e/ que p> le peu d'in/ruction de leurs pe9tres de c>rosse1 il y a s\v5t des fautes de blason4 ,,*apitre ,,xxxvi ,suite de la jal\sie4 ,quant la femme s\ponne d'incon/ance4 ,elle v\s quitte1 p>ce que v\s avez dc\rag la cri/allisation1 et v\s avez peut-tre dans son coeur l'appui de l'habitude4 ,elle v\s quitte1 p>ce qu'elle e/ trop sre de v\s4 ,v\s avez tu la cra9te1 et les petits d\tes de l'am\r heureux ne peuv5t plus natre2 inquitez-la1 et surt\t g>dez-v\s de l'absurdit des prote/ations4 ,dans le long temps que v\s avez vcu auprs d'elle1 v\s aurez sans d\te dc\v]t quelle e/ la femme de la ville ou de la socit qu'elle jal\se et qu'elle cra9t le plus4 ,faites la c\r cette femme2 mais1 bi5 lo9 d'affi*] votre c\r1 *]*ez la ca*]1 et *]*ez-le de bonne foi2 fiez-v\s-en aux yeux de la ha9e p\r t\t voir et t\t s5tir4 ,le pr(ond loignem5t que v\s pr\v]ez p5dant plusieurs mois p\r t\tes les femmes#ajg doit v\s r5dre cela facile4 ,rappelez v\s que1 dans la position o v\s tes1 on gte t\t p> l'app>5ce de la passion3 voyez peu la femme aime1 et buvez du ,*ampagne en bonne compagnie4 #ajg ,on comp>e la bran*e d'arbre g>nie de diamants la bran*e d'arbre effeuille1 et les contra/es r5d5t les s\v5irs plus vifs4 ,p\r jug] de l'am\r de votre matresse1 rappelez-v\s3 #a ,que plus il entre de plaisir physique dans la base d'un am\r1 dans ce qui autrefois dt]m9a l'intimit1 plus il e/ sujet l'incon/ance et surt\t l'infidlit4 ,cela s'applique surt\t aux am\rs dont la cri/allisation a t favorise p> le =t de la jeunesse1 seize ans4 #b ,l'am\r de deux p]sonnes qui s'aim5t n'e/ presque jamais le mme#ajh4 ,l'am\r-passion a ses phases durant lesquelles1 et t\r t\r1 l'un des deux aime davantage4 ,s\v5t la simple galant]ie ou l'am\r de vanit rpond l'am\r-passion1 et c'e/ plutt la femme qui aime avec transport4 ,quel que soit l'am\r s5ti p> l'un des deux amants1 ds qu'il e/ jal\x1 il exige que l'autre remplisse les conditions de l'am\r-passion2 la vanit simule en lui t\s les beso9s d'un coeur t5dre4 #ajh ,exemple1 l'am\r d',alfi]i p\r cette gr&e dame anglaise 7milady ,ligoni]71 qui faisait aussi l'am\r avec son laquais1 et qui signait plaisamm5t ,pnlope4 ,vita1 #b4 ,enf91 ri5 n'ennuie l'am\r-gt comme l'am\r-passion dans son p>tn]4 ,s\v5t un homme d'esprit1 en faisant la c\r une femme1 n'a fait que la faire p5s] l'am\r et att5drir son me4 ,elle reoit bi5 cet homme d'esprit qui lui donne ce plaisir4 ,il pr5d des esprances4 ,un beau j\r cette femme r5contre l'homme qui lui fait s5tir ce que l'autre a dcrit4 ,je ne sais quels sont les effets de la jal\sie d'un homme sur le coeur de la femme qu'il aime4 ,de la "p d'un am\reux qui ennuie1 la jal\sie doit inspir] un s\v]a9 dgt qui va mme jusqu' la ha9e1 si le jal\s e/ plus aimable que le jal\x1 c> l'on ne veut de la jal\sie que de ceux dont on p\rrait tre jal\se1 disait ,mme de ,c\langes4 ,si l'on aime le jal\x et qu'il n'ait pas de droits1 la jal\sie peut *oqu] cet orgueil fm99 si difficile mnag] et reconnatre4 ,la jal\sie peut plaire aux femmes qui ont de la fi]t1 comme une manire n\velle de leur montr] leur p\voir4 ,la jal\sie peut plaire comme une manire n\velle de pr\v] l'am\r4 ,la jal\sie peut *oqu] la pudeur d'une femme ultra-dlicate4 ,la jal\sie peut plaire comme montrant la brav\re de l'amant1 f]rum e/ quod amant4 ,notez bi5 que c'e/ la brav\re qu'on aime1 et non pas le c\rage la ,tur5ne1 qui peut =t bi5 s'alli] avec un coeur froid4 ,une des consqu5ces du pr9cipe de la cri/allisation1 c'e/ qu'une femme ne doit jamais dire oui l'amant qu'elle a tromp si elle veut jamais faire quelque *ose de cet homme4 ,tel e/ le plaisir de cont9u] j\ir de cette image p>faite que n\s n\s sommes =me de l'objet qui n\s engage1 que jusqu' ce oui fatal1 ,l'on va *]*] bi5 lo91 plutt que de m\rir1 ,quelque prtexte ami p\r vivre et p\r s\ffrir4 ,,&r ,,*,,ni]4 ,on connat en ,france l'anecdote de ,mlle de ,somm]y1 qui1 surprise en flagrant dlit p> son amant1 lui nie le fait h>dim5t1 et comme l'autre se rcrie3 ,ah6 je vois bi51 lui dit-elle1 que v\s ne m'aimez plus2 v\s croyez plus ce que v\s voyez que ce que je v\s dis4 ,se rconcili] avec une matresse adore qui v\s a fait une infidlit1 c'e/ se donn] dfaire c\ps de poign>d une cri/allisation sans cesse r5aissante4 ,il faut que l'am\r meure1 et votre coeur s5tira avec d'affreux d*irem5ts t\s les pas de son agonie4 ,c'e/ une des comb9aisons les plus malheureuses de cette passion et de la vie3 il faudrait avoir la =ce de ne se rconcili] que comme ami4 ,,*apitre ,,xxxvii ,roxane4 ,quant la jal\sie *ez les femmes1 elles sont mfiantes1 elles risqu5t inf9im5t plus que n\s1 elles ont plus sacrifi l'am\r1 elles ont beauc\p mo9s de moy5s de di/raction1 elles en ont beauc\p mo9s surt\t de vrifi] les actions de leur amant4 ,une femme se s5t avilie p> la jal\sie2 elle se croit la rise de son amant1 et qu'il se moque surt\t de ses plus t5dres transports2 elle doit p5*] la cruaut1 et cep5dant elle ne peut tu] lgalem5t sa rivale4 ,*ez les femmes1 la jal\sie doit donc tre un mal encore plus abom9able1 s'il se peut1 que *ez les hommes4 ,c'e/ t\t ce que le coeur huma9 peut support] de rage impuissante et de mpris de soi-mme#aji sans se bris]4 #aji ,ce mpris e/ une des gr&es causes du suicide2 on se tue p\r se faire rp>ation d'honneur4 ,je ne connais d'autre remde un mal si cruel que la mort de qui l'inspire ou de qui l'pr\ve4 ,on peut voir la jal\sie franaise dans l'hi/oire de ,mme de la ,pomm]aie de ,jacques le ,fatali/e4 ,la ,ro*ef\cauld dit3 ,on a honte d'av\] qu'on a de la jal\sie1 et l'on se fait honneur d'en avoir eu et d'tre capable d'en avoir#aaj4 ,les pauvres femmes n'os5t pas mme av\] qu'elles ont pr\v ce supplice cruel1 tant il leur donne de ridicule4 ,une plaie si d\l\reuse ne doit jamais se cicatris] entirem5t4 #aaj ,p5se #die4 ,on aura reconnu1 sans que je l'aie m>qu *aque fois1 plusieurs autres p5ses d'criva9s clbres4 ,c'e/ de l'hi/oire que je *]*e crire et de telles p5ses sont des faits4 ,si la froide raison p\vait s'expos] au feu de l'imag9ation avec l'ombre de l'app>5ce du succs1 je dirais aux pauvres femmes malheureuses p> jal\sie3 ,il y a une gr&e di/ance entre l'infidlit *ez les hommes et *ez v\s4 ,*ez v\s cette action e/ en p>tie action directe1 en p>tie signe4 ,p> l'effet de notre ducation d'cole militaire1 elle n'e/ signe de ri5 *ez l'homme4 ,p> l'effet de la pudeur1 elle e/ au contraire le plus dcisif de t\s les signes de dv\em5t *ez la femme4 ,une mauvaise habitude en fait comme une ncessit aux hommes4 ,durant t\te la premire jeunesse1 l'exemple de ce qu'on appelle les gr&s au collge fait que n\s mettons t\te notre vanit1 t\te la preuve de notre mrite dans le nombre des succs de ce g5re4 ,votre ducation1 v\s1 agit dans le s5s inv]se4 ,quant la valeur d'une action comme signe3--dans un m\vem5t de colre je r5v]se une table sur le pi$ de mon vois92 cela lui fait un mal du diable1 mais peut =t bi5 s'arrang]1--ou bi5 je fais le ge/e de lui donn] un s\fflet4 ,la diffr5ce de l'infidlit dans les deux sexes e/ si relle1 qu'une femme passionne peut p>donn] une infidlit1 ce qui e/ impossible un homme4 ,voici une expri5ce dcisive p\r faire la diffr5ce de l'am\r-passion et de l'am\r p> pique2 *ez les femmes1 l'infidlit tue presque l'un et r$\ble l'autre4 ,les femmes fires dissimul5t leur jal\sie p> orgueil4 ,elles pass5t de longues soires sil5cieuses et froides avec cet homme qu'elles ador5t1 qu'elles trembl5t de p]dre1 et aux yeux duquel elles se voi5t peu aimables4 ,ce doit tre un des plus gr&s supplices possibles1 c'e/ aussi une des s\rces les plus fcondes de malheur en am\r4 ,p\r gurir ces femmes1 si dignes de t\t notre respect1 il faut dans l'homme quelque dm>*e biz>re et =te1 et surt\t qu'il n'ait pas l'air de voir ce qui se passe3 p> exemple1 un gr& voyage avec elles entrepris en v+t-quatre heures4 ,,*apitre ,,xxxviii ,de la pique#aaa d'am\r-propre4 #aaa ,je sais que ce mot n'e/ pas trop franais en ce s5s1 mais je ne tr\ve pas le remplac]4 ,en itali5 puntiglio1 en anglais pique4 ,la pique e/ un m\vem5t de la vanit3 je ne veux pas que mon antagoni/e l'emporte sur moi1 et je pr5ds cet antagoni/e lui-mme p\r juge de mon mrite4 ,je veux faire effet sur son coeur4 ,c'e/ p\r cela qu'on va beauc\p au del de ce qui e/ raisonnable4 ,quelquefois1 p\r ju/ifi] sa propre extravagance1 l'on en vi5t au po9t de se dire que ce comptiteur a la prt5tion de n\s faire sa dupe4 ,la pique1 tant une maladie de l'honneur1 e/ beauc\p plus frqu5te dans les mon>*ies1 et ne doit se montr] que bi5 plus r>em5t dans les pays o rgne l'habitude d'apprci] les actions p> leur degr d'utilit1 aux tats-,unis d',amrique1 p> exemple4 ,t\t homme1 et un ,franais plus qu'un autre1 abhorre d'tre pris p\r dupe2 cep5dant la lgret de l'anci5 c>actre mon>*ique franais#aab emp*ait la pique de faire de gr&s ravages autre "p que dans la galant]ie ou l'am\r-gt4 ,la pique ne produisait des noirceurs rem>quables que dans les mon>*ies o1 p> le climat1 le c>actre e/ plus sombre 7le ,portugal1 le ,pimont74 #aab ,les trois qu>ts des gr&s seigneurs franais1 v]s #aggh1 aurai5t t dans le cas d'tre r de j1 dans un pays o les lois aurai5t t excutes sans acception de p]sonnes4 ,les prov9ciaux1 en ,france1 se font un modle ridicule de ce que doit tre dans le monde la considration d'un galant homme1 et puis ils se mett5t l'afft1 et sont l t\te leur vie obs]v] si p]sonne ne saute le foss4 ,a9si1 plus de naturel1 ils sont t\j\rs piqus1 et cette manie donne du ridicule mme leur am\r4 ,c'e/1 aprs l'envie1 ce qui r5d le plus ins\t5able le sj\r des petites villes1 et c'e/ ce qu'il faut se dire lorsqu'on admire la situation pittoresque de quelqu'une d'elles4 ,les motions les plus gnreuses et les plus nobles sont p>alyses p> le contact de ce qu'il y a de plus bas dans les produits de la civilisation4 ,p\r a*ev] de se r5dre affreux1 ces b\rgeois ne p>l5t que de la corruption des gr&es villes#aac4 #aac ,comme ils se font la police les uns sur les autres1 p> envie1 p\r ce qui reg>de l'am\r1 il y a mo9s d'am\r en prov9ce et plus de lib]t9age4 ,l',italie e/ plus heureuse4 ,la pique ne peut pas exi/] dans l'am\r-passion1 elle e/ de l'orgueil fm993 ,si je me laisse malm5] p> mon amant1 il me mpris]a et ne p\rra plus m'aim]2 ou elle e/ la jal\sie avec t\tes ses fureurs4 ,la jal\sie veut la mort de l'objet qu'elle cra9t4 ,l'homme piqu e/ bi5 lo9 de l1 il veut que son ennemi vive et surt\t soit tmo9 de son triomphe4 ,l'homme piqu v]rait avec pe9e son rival r5onc] la concurr5ce1 c> cet homme peut avoir l'insol5ce de se dire au fond du coeur3 si j'eusse cont9u m'occup] de cet objet1 je l'eusse emport sur lui4 ,dans la pique1 on n'e/ nullem5t occup du b app>5t1 il ne s'agit que de la victoire4 ,c'e/ ce que l'on voit bi5 dans les am\rs des filles de l',opra2 si v\s loignez la rivale1 la prt5due passion1 qui allait jusqu' se jet] p> la f5tre1 tombe l'in/ant4 ,l'am\r p> pique passe en un mom5t1 au contraire de l'am\r-passion4 ,il suffit que1 p> une dm>*e irrfragable1 l'antagoni/e av\e r5onc] la lutte4 ,j'hsite cep5dant avanc] cette maxime1 je n'en ai qu'un exemple et qui me laisse des d\tes4 ,voici le fait1 le lecteur jug]a4 ,dona ,diana e/ une jeune p]sonne de v+t-trois ans1 fille d'un des plus ri*es et des plus fi]s b\rgeois de ,sville4 ,elle e/ belle1 sans d\te1 mais d'une beaut m>que1 et on lui accorde inf9im5t d'esprit et encore plus d'orgueil4 ,elle aimait passionnm5t1 du mo9s en app>5ce1 un jeune (fici] dont sa famille ne v\lait pas4 ,l'(fici] "p p\r l',amrique avec ,morillo2 ils s'crivai5t sans cesse4 ,un j\r1 *ez la mre de ,dona ,diana1 au milieu de beauc\p de monde1 un sot annonce la mort de cet aimable jeune homme4 ,t\s les yeux se t\rn5t sur elle1 elle ne dit que ces mots3 ,c'e/ dommage1 si jeune6 ,n\s avions ju/em5t lu1 ce j\r-l1 une pice du vieux ,mass+]1 qui se t]m9e d'une manire tragique1 mais dans laquelle l'hrone pr5d avec cette tranquillit app>5te la mort de son amant4 ,je voyais la mre frmir1 malgr son orgueil et sa ha9e2 le pre sortit p\r ca*] sa joie4 ,au milieu de t\t cela et des spectateurs int]dits et faisant des yeux au sot n>rateur1 ,dona ,diana1 la seule tranquille1 cont9ua la conv]sation comme si de ri5 n'tait4 ,sa mre effraye la fit obs]v] p> sa femme de *ambre1 il ne p>ut ri5 de *ang dans sa manire d'tre4 ,deux ans aprs1 un jeune homme trs beau lui fait la c\r4 ,encore cette fois1 et t\j\rs p> la mme raison1 p>ce que le prt5dant n'tait pas noble1 les p>5ts de ,dona ,diana s'oppos5t violemm5t ce m>iage2 elle dcl>e qu'il se f]a4 ,il s'tablit une pique d'am\r-propre entre la jeune fille et son pre4 ,on int]dit au jeune homme l'entre de la maison4 ,on ne conduit plus ,dona ,diana la campagne et presque plus l'glise2 on lui te avec un so9 re*]* t\s les moy5s possibles de r5contr] son amant4 ,lui se dguise et la voit en secret de longs int]valles4 ,elle s'ob/9e de plus en plus et refuse les p>tis les plus brillants1 mme un titre et un gr& tablissem5t la c\r de ,f]d9& ,,vii4 ,t\te la ville p>le des malheurs de ces deux amants et de leur con/ance hroque4 ,enf91 la majorit de ,dona ,diana appro*e2 elle fait ent5dre son pre qu'elle va j\ir du droit de dispos] d'elle-mme4 ,la famille1 =ce dans ses d]ni]s retran*em5ts1 comm5ce les ngociations du m>iage2 qu& il e/ moiti conclu1 dans une runion (ficielle des deux familles1 aprs six annes de con/ance1 le jeune homme refuse ,dona ,diana#aad4 #aad ,il y a *aque anne plusieurs exemples de femmes ab&onnes aussi vila9em5t1 et je p>donne la dfiance aux femmes honntes4--,mirabeau1 ,lettres ,sophie4 ,l'op9ion e/ sans =ce dans les pays despotiques1 il n'y a de rel que l'amiti du pa*a4 ,un qu>t d'heure aprs il n'y p>aissait plus4 ,elle tait console2 aimait-elle p> pique8 ou e/-ce une gr&e me qui ddaigne de se donn]1 avec sa d\leur1 en spectacle au monde8 ,s\v5t l'am\r-passion ne peut arriv]1 dirai-je au bonheur1 qu'en faisant natre une pique d'am\r-propre2 alors il obti5t en app>5ce t\t ce qu'il saurait dsir]1 ses pla9tes s]ai5t ridicules et p>atrai5t ins5ses2 il ne peut pas faire confid5ce de son malheur1 et cep5dant ce malheur1 il le t\*e et le vrifie sans cesse2 ses preuves sont entrelaces1 si je puis a9si dire1 avec les circon/ances les plus flatteuses et les plus faites p\r donn] des illusions ravissantes4 ,ce malheur vi5t prs5t] sa tte hideuse dans les mom5ts les plus t5dres1 comme p\r brav] l'amant et lui faire s5tir la fois1 et t\t le bonheur d'tre aim de l'tre *>mant et ins5sible qu'il s]re dans ses bras1 et que ce bonheur ne s]a jamais si54 ,c'e/ peut-tre1 aprs la jal\sie1 le malheur le plus cruel4 ,on se s\vi5t encore1 dans une gr&e ville#aae1 d'un homme d\x et t5dre1 entran p> une rage de cette espce donn] la mort sa matresse qui ne l'aimait que p> pique contre sa soeur4 ,il l'engagea un soir all] se prom5] sur m] en tte--tte1 dans un joli canot qu'il avait prp> lui-mme2 arriv en haute m]1 il t\*e un ressort1 le canot s'ouvre et disp>at p\r t\j\rs4 #aae ,liv\rne1 #ahai4 ,j'ai vu un homme de soixante ans se mettre entret5ir l'actrice la plus capricieuse1 la plus folle1 la plus aimable1 la plus tonnante du ?tre de ,londres1 miss ,cornel4 ,et v\s prt5dez qu'elle v\s soit fidle8 lui disait-on4--,pas le mo9s du monde2 seulem5t elle m'aim]a1 et peut-tre la folie4 ,et elle l'a aim un an enti]1 et s\v5t en p]dre la raison2 et elle a t jusqu' trois mois de suite sans lui donn] de sujets de pla9te4 ,il avait tabli une pique d'am\r-propre *oquante1 s\s beauc\p de rapports1 entre sa matresse et sa fille4 ,la pique triomphe dans l'am\r-gt1 dont elle fait le de/94 ,c'e/ l'expri5ce p> laquelle on diffr5cie le mieux l'am\r-gt de l'am\r-passion4 ,c'e/ une vieille maxime de gu]re que l'on dit aux jeunes g5s1 lorsqu'ils arriv5t au rgim5t1 que si l'on a un billet de logem5t p\r une maison o il y a deux soeurs1 et que l'on veuille tre aim de l'une d'elles1 il faut faire la c\r l'autre4 ,auprs de la plup>t des femmes espagnoles jeunes1 et qui font l'am\r1 si v\s v\lez tre aim1 il suffit d'affi*] de bonne foi et avec mode/ie que v\s n'avez ri5 dans le coeur p\r la matresse de la maison4 ,c'e/ de l'aimable gnral ,lassale que je ti5s cette maxime utile4 ,c'e/ la manire la plus dang]euse d'attaqu] l'am\r-passion4 ,la pique d'am\r-propre fait le li5 des m>iages les plus heureux1 aprs ceux que l'am\r a =ms4 ,beauc\p de m>is s'assur5t p\r de longues annes l'am\r de leur femme en pr5ant une petite matresse deux mois aprs le m>iage#aaf4 ,on fait natre l'habitude de ne p5s] qu' un seul homme1 et les li5s de famille vi5n5t la r5dre inv9cible4 #aaf ,voir les confessions d'un homme s+uli] 7conte de mi/ress ,opie74 ,si dans le sicle et la c\r de ,l\is ,,xv l'on a vu une gr&e dame 7,mme de ,*oiseul7 ador] son m>i#aag1 c'e/ qu'il p>aissait avoir un intrt vif p\r sa soeur la du*esse de ,grammont4 #aag ,lettres de ,mme du ,deffant1 ,mmoires de ,lauzun4 ,la matresse la plus nglige1 ds qu'elle n\s fait voir qu'elle prfre un autre homme1 n\s te le repos1 et jette dans notre coeur t\tes les app>5ces de la passion4 ,le c\rage de l',itali5 e/ un accs de colre1 le c\rage de l',allem& un mom5t d'ivresse1 le c\rage de l',espagnol un trait d'orgueil4 ,s'il y avait une nation o le c\rage ft s\v5t une pique d'am\r-propre entre les soldats de *aque compagnie1 entre les rgim5ts de *aque division1 dans les dr\tes1 comme il n'y aurait plus de po9t d'appui1 l'on ne saurait comm5t arrt] les armes de cette nation4 ,prvoir le dang] et *]*] y port] remde s]ait le premi] des ridicules p>mi ces fuy>ds vaniteux4 ,il ne faut qu'avoir ouv]t une relation quelconque d'un voyage *ez les sauvages de l',amrique-,nord1 dit un des plus aimables philosophes franais#aah1 p\r savoir que le sort ord9aire des prisonni]s de gu]re e/1 non pas seulem5t d'tre brls vifs et mangs1 mais d'tre aup>avant lis un poteau prs d'un b*] enflamm1 p\r y tre1 p5dant plusieurs heures1 t\rm5ts p> t\t ce que la rage peut imag9] de plus froce et de plus raff94 ,il faut lire ce que racont5t de ces affreuses scnes les voyageurs tmo9s de la joie cannibale des assi/ants1 et surt\t de la fureur des femmes et des enfants1 et de leur plaisir atroce rivalis] de cruaut4 ,il faut voir ce qu'ils aj\t5t de la f]met hroque1 du sang-froid inaltrable du prisonni]1 qui non seulem5t ne donne aucun signe de d\leur1 mais qui brave et dfie ses b\rreaux p> t\t ce que l'orgueil a de plus hauta91 l'ironie de plus am]1 le s>casme de plus insultant2 *antant ses propres exploits1 numrant les p>5ts1 les amis des spectateurs qu'il a tus1 dtaillant les supplices qu'il leur a fait s\ffrir1 et accusant t\s ceux qui l'ent\r5t de l*et1 de pusillanimit1 d'ignorance savoir t\rm5t]2 jusqu' ce que1 tombant en lambeaux et dvor vivant s\s ses propres yeux p> ses ennemis enivrs de fureur1 le d]ni] s\ffle de sa voix et sa d]nire injure s'exhal5t avec sa vie#aai4 ,t\t cela s]ait incroyable *ez les nations civilises1 p>atra une fable nos capita9es de gr5adi]s les plus intrpides1 et s]a un j\r rvoqu en d\te p> la po/rit4 #aah ,volney1 ,tableau des tats-,unis d',amrique1 p4 #dia-dif4 #aai ,un tre acc\tum un tel spectacle1 et qui se s5t expos en tre le hros1 peut n'tre att5tif qu' la gr&eur d'me1 et alors ce spectacle e/ le plus intime et le premi] des plaisirs non actifs4 ,ce phnomne physiologique ti5t un tat p>ticuli] de l'me du prisonni] qui tablit entre lui1 d'un ct1 et t\s ses b\rreaux de l'autre1 une lutte d'am\r-propre1 une gageure de vanit qui ne cd]a pas4 ,nos braves *irurgi5s militaires ont s\v5t obs]v que des blesss qui1 dans un tat calme d'esprit et de s5s1 aurai5t p\ss les hauts cris durant c]ta9es oprations1 ne montr5t1 au contraire1 que calme et gr&eur d'me s'ils sont prp>s d'une c]ta9e manire4 ,il s'agit de les piqu] d'honneur1 il faut prt5dre1 d'abord avec mnagem5t1 puis avec contradiction irritante1 qu'ils ne sont pas en tat de support] l'opration sans jet] de cris4 ,,*apitre ,,xxxix ,de l'am\r qu]elles4 ,il y en a de deux espces3 #a ,celui o le qu]ellant aime2 #b ,celui o il n'aime pas4 ,si l'un des deux amants e/ trop suprieur dans les avantages qu'ils e/im5t t\s les deux1 il faut que l'am\r de l'autre meure1 c> la cra9te du mpris vi5dra tt ou t>d arrt] t\t c\rt la cri/allisation4 ,ri5 n'e/ odieux aux g5s mdiocres comme la supriorit de l'esprit3 c'e/ l1 dans le monde de nos j\rs1 la s\rce de la ha9e2 et si n\s ne devons pas ce pr9cipe des ha9es atroces1 c'e/ uniquem5t que les g5s qu'il sp>e ne sont pas obligs de vivre ensemble4 ,que s]a-ce de l'am\r1 o1 t\t tant naturel1 surt\t de la "p de l'tre suprieur1 la supriorit n'e/ masque p> aucune prcaution sociale8 ,p\r que la passion puisse vivre1 il faut que l'infrieur maltraite son p>tn]1 autrem5t celui-ci ne p\rra pas f]m] une f5tre sans que l'autre ne se croie (f5s4 ,quant l'tre suprieur1 il se fait illusion1 et l'am\r qu'il s5t1 non seulem5t ne c\rt aucun risque1 mais presque t\tes les faiblesses1 dans ce que n\s aimons1 n\s le r5d5t plus *]4 ,immdiatem5t aprs l'am\r-passion et pay de ret\r1 entre g5s de la mme porte1 il faut plac]1 p\r la dure1 l'am\r qu]elles1 o le qu]ellant n'aime pas4 ,on en tr\v]a des exemples dans les anecdotes relatives la du*esse de ,b]ri 7,mmoires de ,duclos74 ,p>ticipant la nature des habitudes froides fondes sur le ct prosaque et g/e de la vie et compagnes insp>ables de l'homme jusqu'au tombeau1 cet am\r peut dur] plus longtemps que l'am\r-passion lui-mme4 ,mais ce n'e/ plus l'am\r1 c'e/ une habitude occasionne p> l'am\r1 et qui n'a de cette passion que les s\v5irs et le plaisir physique4 ,cette habitude suppose ncessairem5t des mes mo9s nobles4 ,*aque j\r il se =me un petit drame4 ,me grond]a-t-il8 qui occupe l'imag9ation1 comme dans l'am\r-passion *aque j\r on avait beso9 de quelque n\velle preuve de t5dresse4 ,voir les anecdotes sur ,mme d',h\detot et ,sa9t-,lamb]t#abj4 #abj ,mmoires de ,mme d'p9ay1 je crois1 ou de ,m>montel4 ,il e/ possible que l'orgueil refuse de s'habitu] ce g5re d'intrt2 alors1 aprs quelques mois de temptes1 l'orgueil tue l'am\r4 ,mais on voit cette noble passion rsi/] longtemps avant d'expir]4 ,les petites qu]elles de l'am\r heureux font longtemps illusion un coeur qui aime encore et qui se voit maltrait4 ,quelques raccommodem5ts t5dres peuv5t r5dre la transition plus supportable4 ,s\s le prtexte de quelque *agr9 secret1 de quelque malheur de =tune1 l'on excuse l'homme qu'on a beauc\p aim2 on s'habitue enf9 tre qu]elle4 ,o tr\v]1 en effet1 hors de l'am\r-passion1 hors du jeu1 hors de la possession du p\voir#aba quelque autre s\rce d'intrt de t\s les j\rs1 comp>able celle-l p\r la vivacit8 ,si le qu]ellant vi5t m\rir1 on voit la victime qui survit ne se consol] jamais4 ,ce pr9cipe fait le li5 de beauc\p de m>iages b\rgeois2 le grond s'ent5d p>l] t\te la j\rne de ce qu'il aime le mieux4 #aba ,quoi qu'en dis5t c]ta9s m9i/res hypocrites1 le p\voir e/ le premi] des plaisirs4 ,il me semble que l'am\r seul peut l'emport]1 et l'am\r e/ une maladie heureuse qu'on ne peut se procur] comme un m9i/re4 ,il y a une fausse espce d'am\r qu]elles4 ,j'ai pris dans une lettre d'une femme d'inf9im5t d'esprit le *apitre #cc3 ,t\j\rs un petit d\te calm]1 voil ce qui fait la soif de t\s les in/ants de l'am\r-passion444 ,comme la cra9te la plus vive ne l'ab&onne jamais1 ses plaisirs ne peuv5t jamais ennuy]4 ,*ez les g5s b\rrus ou mal levs1 ou d'un naturel extrmem5t viol5t1 ce petit d\te calm]1 cette cra9te lgre se manife/5t p> une qu]elle4 ,si la p]sonne aime n'e/ pas l'extrme susceptibilit1 fruit d'une ducation soigne1 elle peut tr\v] plus de vivacit1 et p> consqu5t plus d'agrm5t1 dans un am\r de cette espce2 et mme1 avec t\te la dlicatesse possible1 si l'on voit le furieux premire victime de ses transports1 il e/ bi5 difficile de ne pas l'en aim] davantage4 ,ce que "l ,mortim] regrette peut-tre le plus dans sa matresse1 ce sont les *&eli]s qu'elle lui jetait la tte4 ,en effet1 si l'orgueil p>donne et admet de telles s5sations1 il faut conv5ir qu'elles font une cruelle gu]re l'ennui1 ce gr& ennemi des g5s heureux4 ,sa9t-,simon1 l'unique hi/ori5 qu'ait eu la ,france1 dit 7tome #e1 page #de73 ,aprs ma9tes passades1 la du*esse de ,b]ri s'tait prise1 t\t de bon1 de ,riom1 cadet de la maison de d',aydie1 fils d'une soeur de ,mme de ,biron4 ,il n'avait ni figure1 ni esprit2 c'tait un gros g>on1 c\rt1 j\fflu et ple1 qui1 avec beauc\p de b\rgeons1 ne ressemblait pas mal un abcs2 il avait de belles d5ts et n'avait pas imag9 caus] une passion qui1 en mo9s de ri51 dev9t effrne1 et qui dura t\j\rs1 sans nanmo9s emp*] les passades et les gts de trav]se2 il n'avait ri5 vaillant1 mais =ce frres et soeurs qui n'en avai5t pas davantage4 ,m4 et ,mme de ,pons1 dame d'at\r de ,mme la du*esse de ,b]ri1 tai5t de leurs p>5ts et de la mme prov9ce2 ils fir5t v5ir le jeune homme1 qui tait lieut5ant de dragons1 p\r t*] d'en faire quelque *ose4 ,a pe9e fut-il arriv1 que le gt se dcl>a1 et il fut le matre au ,luxemb\rg4 ,m4 de ,lauzun1 dont il tait petit-neveu1 en riait s\s cape2 il tait ravi et se voyait r5atre en lui1 au ,luxemb\rg1 du temps de ,mademoiselle2 il lui donnait des in/ructions1 et ,riom qui tait d\x et naturellem5t poli et respectueux1 bon et honnte g>on1 les c\tait3 mais bi5tt il s5tit le p\voir de ses *>mes1 qui ne p\vai5t captiv] que l'incomprh5sible fantaisie de cette pr9cesse4 ,sans en abus] avec autre p]sonne1 il se fit aim] de t\t le monde2 mais il traita sa du*esse comme ,m4 de ,lauzun avait trait ,mademoiselle4 ,il fut bi5tt p> des plus ri*es d5telles1 des plus ri*es habits1 muni d'arg5t1 de b\cles1 de joyaux2 il se faisait dsir]1 se plaisait donn] de la jal\sie la pr9cesse1 et p>atre jal\x lui-mme2 s\v5t il la faisait pleur]3 peu peu il la mit sur le pi$ de ne ri5 faire sans sa p]mission1 pas mme les *oses indiffr5tes3 tantt prte sortir p\r all] l',opra1 il la faisait demeur]2 d'autres fois il l'y faisait all] malgr elle2 il l'obligeait faire du bi5 des dames qu'elle n'aimait po9t1 ou dont elle tait jal\se2 et du mal des g5s qui lui plaisai5t1 et dont il faisait le jal\x4 ,jusqu' sa p>ure1 elle n'avait pas la mo9dre lib]t2 il se div]tissait la faire dcoiff]1 ou lui faire *ang] d'habits1 qu& elle tait t\te prte2 et cela si s\v5t1 et quelquefois si publiquem5t1 qu'il l'avait acc\tume1 le soir1 pr5dre ses ordres p\r la p>ure et l'occupation du l5dema91 et le l5dema9 il *angeait t\t1 et la pr9cesse pleurait tant et plus2 enf9 elle en tait v5ue lui envoy] des messages p> des valets affids1 c> il logea presque en arrivant au ,luxemb\rg2 et les messages se rxrai5t plusieurs fois p5dant sa toilette p\r savoir quels rubans elle mettrait1 et a9si de l'habit et des autres p>ures1 et presque t\j\rs il lui faisait port] ce qu'elle ne v\lait po9t4 ,si quelquefois elle osait se lic5ci] la mo9dre *ose sans son cong1 il la traitait comme une s]vante1 et les pleurs durai5t s\v5t plusieurs j\rs4 ,cette pr9cesse si sup]be1 et qui se plaisait tant montr] et ex]c] le plus dmesur orgueil1 s'avilit faire des repas obscurs avec lui et avec des g5s sans aveu1 elle avec qui nul ne p\vait mang] s'il n'tait pr9ce du sang4 ,le jsuite ,riglet1 qu'elle avait connu enfant1 et qui l'avait cultive1 tait admis dans ces repas p>ticuli]s1 sans qu'il en et honte1 ni que la du*esse en ft emb>rasse3 ,mme de ,m\*y tait la confid5te de t\tes ces tranges p>ticul>its2 elle et ,riom m&ai5t les convives et *oisissai5t les j\rs4 ,cette dame raccommodait les amants1 et cette vie tait t\te publique au ,luxemb\rg1 o t\t s'adressait ,riom1 qui1 de son ct1 avait so9 de bi5 vivre avec t\s1 et avec un air de respect qu'il refusait1 en public1 sa seule pr9cesse4 ,devant t\s1 il lui faisait des rponses brusques qui faisai5t baiss] les yeux aux prs5ts1 et r\gir la du*esse1 qui ne contraignait po9t ses manires passionnes p\r lui4 ,riom tait p\r la du*esse un remde s\v]a9 l'ennui4 ,une femme clbre dit t\t c\p au gnral ,bonap>te1 alors jeune hros c\v]t de gloire et sans crimes env]s la lib]t3 ,gnral1 une femme ne peut tre que votre p\se ou votre soeur4 ,le hros ne comprit pas le complim5t2 l'on s'en e/ v5g p> de belles injures4 ,ces femmes-l aim5t tre mprises p> leur amant1 elles ne l'aim5t que cruel4 ,,*apitre ,,xxxix bis ,remdes l'am\r4 ,le saut de ,leucade tait une belle image dans l'antiquit4 ,en effet1 le remde l'am\r e/ presque impossible4 ,il faut non seulem5t le dang] qui rappelle =tem5t l'att5tion de l'homme au so9 de sa propre cons]vation#abb1 mais il faut1 ce qui e/ bi5 plus difficile1 la cont9uit d'un dang] piquant1 et que l'on puisse vit] p> adresse1 af9 que l'habitude de p5s] sa propre cons]vation ait le temps de natre4 ,je ne vois gure qu'une tempte de seize j\rs1 comme celle de don ,juan#abc ou le naufrage de ,m4 ,co*elet p>mi les ,maures2 autrem5t l'on pr5d bi5 vite l'habitude du pril1 et mme l'on se remet song] ce qu'on aime1 avec plus de *>me encore1 qu& on e/ en v$ette1 v+t pas de l'ennemi4 #abb ,le dang] de ,h5ri ,morton1 dans la ,clyde4 ,old ,mortality1 tome ,,iv1 page #bbd4 #abc ,du trop vant "l ,byron4 ,n\s l'avons rpt sans cesse1 l'am\r d'un homme qui aime bi5 j\it ou frmit de t\t ce qu'il s'imag9e1 et il n'y a ri5 dans la nature qui ne lui p>le de ce qu'il aime4 ,or1 j\ir et frmir fait une occupation =t intressante1 et auprs de laquelle t\tes les autres pliss5t4 ,un ami qui veut procur] la gurison du malade doit d'abord tre t\j\rs du p>ti de la femme aime1 et t\s les amis qui ont plus de zle que d'esprit ne manqu5t pas de faire le contraire4 ,c'e/ attaqu]1 avec des =ces trop ridiculeusem5t 9gales1 cet ensemble d'illusions *>mantes que n\s avons appel autrefois cri/allisation#abd4 #abd ,uniquem5t p\r abrg]1 et en dem&ant p>don du mot n\veau4 ,l'ami gurisseur doit avoir devant les yeux que1 s'il se prs5te une absurdit croire1 comme il faut p\r l'amant ou la dvor] ou r5onc] t\t ce qui l'atta*e la vie1 il la dvor]a1 et1 avec t\t l'esprit possible1 ni]a dans sa matresse les vices les plus vid5ts et les infidlits les plus atroces4 ,c'e/ a9si que1 dans l'am\r-passion1 avec un peu de temps1 t\t se p>donne4 ,dans les c>actres raisonnables et froids1 il faudra1 p\r que l'amant dvore les vices1 qu'il ne les ap]oive qu'aprs plusieurs mois de passion#abe4 #abe ,mme ,dornal et ,s]igny4 ,confessions du comte 999999 de ,duclos4 ,voir la note #ei2 mort du gnral ,abdhallah1 ,bologne4 ,bi5 lo9 de *]*] grossirem5t et ouv]tem5t di/raire l'amant1 l'ami gurisseur doit lui p>l] satit1 et de son am\r et de sa matresse1 et en mme temps faire natre s\s ses pas une f\le de petits vnem5ts4 ,qu& le voyage isole1 il n'e/ pas remde#abf1 et mme ri5 ne rappelle plus t5drem5t ce qu'on aime que les contra/es4 ,c'e/ au milieu des brillants salons de ,p>is1 et auprs des femmes vantes comme les plus aimables1 que j'ai le plus aim ma pauvre matresse1 solitaire et tri/e1 dans son petit app>tem5t au fond de la ,romagne#abg4 #abf ,j'ai pleur presque t\s les j\rs 7,prcieuses p>oles du #aj ju974 #abg ,salviati4 ,j'piais1 sur la p5dule sup]be du brillant salon o j'tais exil1 l'heure o elle sort pi$1 et p> la pluie1 p\r all] voir son amie4 ,c'e/ en *]*ant l'oubli] que j'ai vu que les contra/es sont la s\rce de s\v5irs mo9s vifs1 mais bi5 plus cle/es que ceux que l'on va *]*] aux lieux o jadis on l'a r5contre4 ,p\r que l'abs5ce soit utile1 il faut que l'ami gurisseur soit t\j\rs l p\r faire faire l'amant t\tes les rflexions possibles sur les vnem5ts de son am\r1 et qu'il t*e de r5dre ses rflexions ennuyeuses p> leur longueur ou leur peu d'-propos1 ce qui leur donne l'effet de lieux communs3 p> exemple1 tre t5dre et s5tim5tal aprs un dn] gay de bons v9s4 ,s'il e/ si difficile d'oubli] une femme auprs de laquelle on a tr\v le bonheur1 c'e/ qu'il e/ c]ta9s mom5ts que l'imag9ation ne peut se lass] de reprs5t] et d'embellir4 ,je ne dis ri5 de l'orgueil1 remde cruel et s\v]a91 mais qui n'e/ pas l'usage des mes t5dres4 ,les premires scnes du ,romo de ,%akespe>e =m5t un tableau admirable2 il y a lo9 de l'homme qui se dit tri/em5t3 ,%e ha? =sworn to love1 celui qui s'crie au comble du bonheur3 ,come :at sorr[ c6 ,,*apitre ,,xxxix t] ,h] passion w die l a lamp = want ( :at ! flame %\ld fe$ ^u4 ,,bride ,,( ,,lamm]moor1 ,,ii1 #aaf4 ,l'am\r gurisseur doit bi5 se g>d] des mauvaises raisons1 p> exemple de p>l] d'+ratitude4 ,c'e/ ressuscit] la cri/allisation que de lui mnag] une victoire et un n\veau plaisir4 ,il ne peut pas y avoir d'+ratitude en am\r2 le plaisir actuel paye t\j\rs et au del les sacrifices les plus gr&s en app>5ce4 ,je ne vois pas d'autres torts possibles que le manque de fran*ise2 il faut accus] ju/e l'tat de son coeur4 ,p\r peu que l'ami gurisseur attaque l'am\r de front1 l'amant rpond3 tre am\reux1 mme avec la colre de ce qu'on aime1 ce n'en e/ pas mo9s1 p\r m'abaiss] votre /yle de m>*&1 avoir un billet une lot]ie dont le bonheur e/ mille lieues au-dessus de t\t ce que v\s p\vez m'(frir1 dans votre monde d'indiffr5ce et d'intrt p]sonnel4 ,il faut avoir beauc\p de vanit1 et de la bi5 petite1 p\r tre heureux p>ce qu'on v\s reoit bi54 ,je ne blme po9t les hommes d'en agir a9si dans leur monde4 ,mais1 auprs de ,lonore1 je tr\vais un monde o t\t tait cle/e1 t5dre1 gnreux4 ,la plus sublime et presque incroyable v]tu de votre monde1 dans nos entreti5s1 ne comptait que p\r une v]tu ord9aire et de t\s les j\rs4 ,laissez-moi au mo9s rv] au bonheur de pass] ma vie auprs d'un tel tre4 ,quoique je voie bi5 que la calomnie m'a p]du et que je n'ai plus d'espoir1 du mo9s je lui f]ai le sacrifice de ma v5geance4 ,on ne peut gure arrt] l'am\r que dans les comm5cem5ts4 ,outre le prompt d"p et les di/ractions obliges du gr& monde1 comme dans le cas de la comtesse ,kalemb]1 il y a plusieurs petites ruses que l'ami gurisseur peut mettre en usage4 ,p> exemple il f]a tomb] s\s vos yeux1 comme p> has>d1 que la femme que v\s aimez n'a pas p\r v\s1 hors de ce qui fait l'objet de la gu]re1 les g>ds de politesse et d'e/ime qu'elle accordait un rival4 ,les plus petites *oses suffis5t1 c> t\t e/ signe en am\r2 p> exemple1 elle ne v\s donne pas le bras p\r mont] sa loge2 cette niais]ie1 prise au tragique p> un coeur passionn1 liant une humiliation *aque jugem5t qui =me la cri/allisation1 empoisonne la s\rce de l'am\r et peut le dtruire4 ,on peut faire accus] la femme qui se conduit mal avec notre ami d'un dfaut physique et ridicule impossible vrifi]2 si l'amant p\vait vrifi] la calomnie1 mme qu& il la tr\v]ait fonde1 elle s]ait r5due dfavorable p> l'imag9ation1 et bi5tt il n'y p>atrait pas4 ,il n'y a que l'imag9ation qui puisse se rsi/] elle-mme2 ,h5ri ,,iii le savait bi5 qu& il mdisait de la clbre du*esse de ,montp5si]4 ,c'e/ donc l'imag9ation qu'il faut surt\t g>d] *ez une jeune fille que l'on veut prs]v] de l'am\r4 ,et mo9s elle aura de vulg>it dans l'esprit1 plus son me s]a noble et gnreuse1 plus en un mot elle s]a digne de nos respects1 plus gr& s]a le dang] qu'elle c\rt4 ,il e/ t\j\rs prilleux p\r une jeune p]sonne de s\ffrir que ses s\v5irs s'atta*5t d'une manire rpte1 et avec trop de complaisance1 au mme individu4 ,si la reconnaissance1 l'admiration ou la curiosit vi5n5t r$\bl] les li5s du s\v5ir1 elle e/ presque srem5t sur le bord du prcipice4 ,plus gr& e/ l'ennui de la vie habituelle1 plus sont actifs les poisons nomms gratitude1 admiration1 curiosit4 ,il faut alors une rapide1 prompte et n]gique di/raction4 ,c'e/ a9si qu'un peu de rudesse et de non-curance dans le premi] abord1 si la drogue e/ adm9i/re avec naturel1 e/ presque un sr moy5 de se faire respect] d'une femme d'esprit4 ,,livre ,,second ,,*apitre ,,xl ,t\s les am\rs1 t\tes les imag9ations1 pr5n5t dans les individus la c\leur des six tempram5ts3 ,le sangu91 ou le ,franais1 ou ,m4 de ,francueil 7,mmoires de ,mme d'p9ay72 ,le bilieux1 ou l',espagnol1 ou ,lauzun 7,peguilh5 des ,mmoires de ,sa9t-,simon72 ,le mlancolique1 ou l',allem&1 ou le don ,c>los de ,s*ill]2 ,le flegmatique1 ou le ,holl&ais2 ,le n]veux1 ou ,voltaire2 ,l'a?ltique1 ou ,milon de ,crotone#abh4 #abh ,voir ,cabanis1 influ5ce du physique1 etc4 ,si l'influ5ce des tempram5ts se fait s5tir dans l'ambition1 l'av>ice1 l'amiti1 etc41 etc41 que s]a-ce dans l'am\r1 qui a un mlange =c de physique8 ,supposons que t\s les am\rs puiss5t se rapport] aux quatre v>its que n\s avons nes3 ,am\r-passion1 ou ,julie d'tanges2 ,am\r-gt1 ou galant]ie2 ,am\r physique2 ,am\r de vanit 7une du*esse n'a jamais que tr5te ans p\r un b\rgeois74 ,il faut faire pass] ces quatre am\rs p> les six v>its dp5dantes des habitudes que les six tempram5ts donn5t l'imag9ation4 ,tibre n'avait pas l'imag9ation folle de ,h5ri ,,viii4 ,faisons pass] ensuite t\tes les comb9aisons que n\s aurons obt5ues p> les diffr5ces d'habitudes dp5dantes des g\v]nem5ts ou des c>actres nationaux3 #a ,le despotisme asiatique tel qu'on le voit ,con/ant9ople2 #b ,la mon>*ie absolue la ,l\is ,,xiv2 #c ,l'ari/ocratie masque p> une *>te1 ou le g\v]nem5t d'une nation au pr(it des ri*es1 comme l',anglet]re1 le t\t suivant les rgles de la morale soi-disant biblique2 #d ,la rpublique fdrative1 ou le g\v]nem5t au pr(it de t\s1 comme aux tats-,unis d',amrique2 #e ,la mon>*ie con/itutionnelle1 ou444 #f ,un tat en rvolution1 comme l',espagne1 le ,portugal1 la ,france4 ,cette situation d'un pays1 donnant une passion vive t\t le monde1 met du naturel dans les moeurs1 dtruit les niais]ies1 les v]tus de conv5tion1 les conv5ances btes#abi1 donne du srieux la jeunesse1 et lui fait mpris] l'am\r de vanit et nglig] la galant]ie4 #abi ,les s\li]s sans rubans du m9i/re ,rol&3 ,ah6 ,monsieur1 t\t e/ p]du1 rpond ,dum\ri]4 ,a la sance royale1 le prsid5t de l'assemble croise les jambes4 ,cet tat peut dur] longtemps et =m] les habitudes d'une gnration4 ,en ,france1 il comm5a en #aghh1 fut int]rompu en #ahjb1 et recomm5a en #ahae1 p\r f9ir ,dieu sait qu&4 ,aprs t\tes ces manires gnrales de considr] l'am\r1 on a les diffr5ces d'ge1 et l'on arrive enf9 aux p>ticul>its individuelles4 ,p> exemple1 on p\rrait dire3 ,j'ai tr\v ,dresde1 *ez le comte ,wolt/e91 l'am\r de vanit1 le tempram5t mlancolique1 les habitudes mon>*iques1 l'ge de tr5te ans1 et444 les p>ticul>its individuelles4 ,cette manire de voir les *oses abrge et communique de la froideur la tte de celui qui juge de l'am\r1 *ose ess5tielle et =t difficile4 ,or1 comme en physiologie l'homme ne sait presque ri5 sur lui-mme que p> l'anatomie comp>e1 de mme1 dans les passions1 la vanit et plusieurs autres causes d'illusion font que n\s ne p\vons tre clairs sur ce qui se passe dans n\s que p> les faiblesses que n\s avons obs]ves *ez les autres4 ,si p> has>d cet essai a un effet utile1 ce s]a de conduire l'esprit faire de ces sortes de rappro*em5ts4 ,p\r engag] les faire1 je vais essay] d'esquiss] quelques traits gnraux du c>actre de l'am\r *ez les div]ses nations4 ,je prie qu'on me p>donne si je revi5s s\v5t l',italie3 dans l'tat actuel des moeurs de l',europe1 c'e/ le seul pays o croisse en lib]t la plante que je dcris4 ,en ,france1 la vanit2 en ,allemagne1 une prt5due philosophie folle m\rir de rire2 en ,anglet]re1 un orgueil timide1 s\ffrant1 rancuni]1 la tortur5t1 l't\ff5t1 ou lui font pr5dre une direction b>oque#acj4 #acj ,on ne se s]a que trop ap]u que ce trait e/ fait de morceaux crits mesure que ,lisio ,visconti voyait les anecdotes se pass] s\s ses yeux1 dans ses voyages4 ,l'on tr\ve t\tes ces anecdotes contes au long dans le j\rnal de sa vie2 peut-tre aurais-je d les insr]1 mais on les et tr\ves peu conv5ables4 ,les notes les plus anci5nes port5t la date de ,b]l91 #ahjg1 et les d]nires sont de quelques j\rs avant sa mort1 ju9 #ahai4 ,quelques dates ont t altres exprs p\r n'tre pas indiscret2 mais cela se born5t t\s mes *angem5ts3 je ne me suis pas cru autoris refondre le /yle4 ,ce livre a t crit en c5t lieux div]s1 puisse-t-il tre lu de mme4 ,,*apitre ,,xli ,des nations p> rapport l'am\r4 ,,de ,,la ,,france4 ,je *]*e me dp\ill] de mes affections et n'tre qu'un froid philosophe4 ,=mes p> les aimables ,franais1 qui n'ont que de la vanit et des dsirs physiques1 les femmes franaises sont des tres mo9s agissants1 mo9s n]giques1 mo9s r$\ts1 et surt\t mo9s aims et mo9s puissants que les femmes espagnoles et itali5nes4 ,une femme n'e/ puissante que p> le degr de malheur dont elle peut punir son amant2 or1 qu& on n'a que de la vanit1 t\te femme e/ utile1 aucune n'e/ ncessaire2 le succs flatteur e/ de conqurir et non de cons]v]4 ,qu& on n'a que des dsirs physiques1 on tr\ve les filles1 et c'e/ p\rquoi les filles de ,france sont *>mantes1 et celles de l',espagne =t mal4 ,en ,france1 les filles peuv5t donn] beauc\p d'hommes autant de bonheur que les femmes honntes1 c'e/--dire du bonheur sans am\r1 et il y a t\j\rs une *ose qu'un ,franais respecte plus que sa matresse3 c'e/ sa vanit4 ,un jeune homme de ,p>is pr5d dans une matresse une sorte d'esclave1 de/9e surt\t lui donn] des j\issances de vanit4 ,si elle rsi/e aux ordres de cette passion dom9ante1 il la quitte1 et n'en e/ que plus cont5t de lui en disant ses amis avec quelle supriorit de manires1 avec quel piquant de procds il l'a plante l4 ,un ,franais qui connaissait bi5 son pays 7,meilhan7 dit3 ,en ,france1 les gr&es passions sont aussi r>es que les gr&s hommes4 ,la langue manque de t]mes p\r dire combi5 e/ impossible p\r un ,franais le rle d'amant quitt1 et au dsespoir1 au vu et au su de t\te une ville4 ,ri5 de plus commun ,v5ise ou ,bologne4 ,p\r tr\v] l'am\r ,p>is1 il faut desc5dre jusqu'aux classes dans lesquelles l'abs5ce de l'ducation et de la vanit et la lutte avec les vrais beso9s ont laiss plus d'n]gie4 ,se laiss] voir avec un gr& dsir non satisfait1 c'e/ laiss] voir soi infrieur1 *ose impossible en ,france1 si ce n'e/ p\r les g5s au-dess\s de t\t2 c'e/ prt] le flanc t\tes les mauvaises plaisant]ies possibles3 de l les l\anges exagres des filles dans la b\*e des jeunes g5s qui r$\t5t leur coeur4 ,l'apprh5sion extrme et grossire de laiss] voir soi infrieur fait le pr9cipe de la conv]sation des g5s de prov9ce4 ,n'en a-t-on pas vu un d]nirem5t qui1 en appr5ant l'assass9at de monseigneur le duc de ,b]ri1 a rpondu3 ,je le savais#aca4 #aca ,hi/orique4 ,plusieurs1 quoique =t curieux1 sont *oqus d'appr5dre des n\velles3 ils r$\t5t de p>atre infrieurs celui qui les leur conte4 ,au moy5 ge1 la prs5ce du dang] trempait les coeurs1 et c'e/ l1 si je ne me trompe1 la seconde cause de l'tonnante supriorit des hommes du ,x,v,ie sicle4 ,l'orig9alit1 qui e/ *ez n\s r>e1 ridicule1 dang]euse et s\v5t affecte1 tait alors commune et sans f>d4 ,les pays o le dang] montre encore s\v5t sa ma9 de f]1 comme la ,corse#acb1 l',espagne1 l',italie1 peuv5t encore donn] de gr&s hommes4 ,dans ces climats1 o une *aleur brlante exalte la bile p5dant trois mois de l'anne1 ce n'e/ que la direction du ressort qui manque2 ,p>is1 j'ai peur que ce soit le ressort lui-mme#acc4 #acb ,mmoires de ,m4 ,rali]-,dumas4 ,la ,corse1 qui1 p> sa population1 c5t quatre-v+t mille mes1 ne =m]ait pas la moiti de la plup>t des dp>tem5ts franais1 a donn1 dans ces d]ni]s temps1 ,salliceti1 ,pozzo-di-,borgo1 le gnral ,sba/iani1 ,c]vioni1 ,abbatucci1 ,luci5 et ,napolon ,bonap>te1 ,ar5a4 ,le dp>tem5t du ,nord1 qui a neuf c5t mille habitants1 e/ lo9 d'une p>eille li/e4 ,c'e/ qu'en ,corse *acun1 en sortant de *ez soi1 peut r5contr] un c\p de fusil2 et le ,corse1 au lieu de se s\mettre en vrai *rti51 *]*e se df5dre et surt\t se v5g]4 ,voil comm5t se fabriqu5t les mes la ,napolon4 ,il y a lo9 de l un palais g>ni de m59s et de *ambellans1 et ,fnelon oblig de raisonn] son respect p\r monseigneur1 p>lant monseigneur lui-mme g de d\ze ans4 ,voir les ouvrages de ce gr& criva94 #acc ,a ,p>is1 p\r tre bi51 il faut faire att5tion un million de petites *oses4 ,cep5dant voici une objection trs =te4 ,l'on compte beauc\p plus de femmes qui se tu5t p> am\r1 ,p>is1 que dans t\tes les villes d',italie ensemble4 ,ce fait m'emb>rasse beauc\p2 je ne sais qu'y rpondre p\r le mom5t1 mais il ne *ange pas mon op9ion4 ,peut-tre que la mort p>at peu de *ose dans ce mom5t aux ,franais1 tant la vie ultra civilise e/ ennuyeuse1 ou plutt1 on se brle la c]velle1 outr d'un malheur de vanit4 ,beauc\p de nos jeunes g5s1 si braves d'ailleurs ,montmirail ou au bois de ,b\logne1 ont peur d'aim]1 et c'e/ rellem5t p> pusillanimit qu'on les voit v+t ans fuir la vue d'une jeune fille qu'ils ont tr\ve jolie4 ,qu& ils se rappell5t ce qu'ils ont lu dans les romans qu'il e/ conv5able qu'un amant fasse1 ils se s5t5t glacs4 ,ces mes froides ne conoiv5t pas que l'orage des passions1 en =mant les ondes de la m]1 enfle les voiles du vaisseau et lui donne la =ce de les surmont]4 ,l'am\r e/ une fleur dlicieuse1 mais il faut avoir le c\rage d'all] la cueillir sur les bords d'un prcipice affreux4 ,outre le ridicule1 l'am\r voit t\j\rs ses cts le dsespoir d'tre quitt p> ce qu'on aime1 et il ne re/e plus qu'un dead blank p\r t\t le re/e de la vie4 ,la p]fection de la civilisation s]ait de comb9] t\s les plaisirs dlicats du ,x,i,xe sicle avec la prs5ce plus frqu5te du dang]#acd4 ,il faudrait que les j\issances de la vie prive puss5t tre augm5tes l'inf9i en s'exposant s\v5t au dang]4 ,ce n'e/ pas purem5t du dang] militaire que je p>le4 ,je v\drais ce dang] de t\s les mom5ts1 s\s t\tes les =mes1 et p\r t\s les intrts de l'exi/5ce qui =mai5t l'ess5ce de la vie au moy5 ge4 ,le dang]1 tel que notre civilisation l'a arrang et p>1 s'allie =t bi5 avec la plus ennuyeuse faiblesse de c>actre4 #acd ,j'admire les moeurs du temps de ,l\is ,,xiv3 on passait sans cesse et en trois j\rs des salons de ,m>ly aux *amps de bataille de ,s5ef et de ,ramillies4 ,les p\ses1 les mres1 les amantes1 tai5t dans des transes cont9uelles4 ,voir les ,lettres de ,mme de ,svign4 ,la prs5ce du dang] avait cons]v dans la langue une n]gie et une fran*ise que n\s n'os]ions plus has>d] auj\rd'hui2 mais aussi ,m4 de ,lame? tuait l'amant de sa femme4 ,si un ,walt] ,scott n\s faisait un roman du temps de ,l\is ,,xiv1 n\s s]ions bi5 tonns4 ,je vois dans ,a voice f ,sa9t-,hel5a1 de ,m4 ,o',me>a1 ces p>oles d'un gr& homme3 ,dire ,murat3 ,allez et dtruisez ces sept huit rgim5ts ennemis qui sont l-bas dans la pla9e1 prs de ce clo*]2 l'in/ant il p>tait comme un clair1 et1 de quelque peu de caval]ie qu'il ft suivi1 bi5tt les rgim5ts ennemis tai5t enfoncs1 tus1 anantis4 ,laissez cet homme lui-mme1 v\s n'aviez plus qu'un imbcile sans jugem5t4 ,je ne puis concevoir comm5t un homme si brave tait si l*e4 ,il n'tait brave que devant l'ennemi2 mais l1 c'tait probablem5t le soldat le plus brillant et le plus h>di de t\te l',europe4 ,c'tait un hros1 un ,salad91 un ,ri*>d ,coeur-de-,lion sur le *amp de bataille3 faites-le roi et placez-le dans une salle de conseil1 v\s n'aviez plus qu'un poltron sans dcision ni jugem5t4 ,murat et ,ney sont les hommes les plus braves que j'ai connus4 7,o',me>a1 tome ,,ii1 page #id47 ,,*apitre ,,xlii ,suite de la ,france4 ,je dem&e la p]mission de mdire encore un peu de la ,france4 ,le lecteur ne doit pas cra9dre de voir ma satire re/] impunie2 si cet essai tr\ve des lecteurs1 mes injures me s]ont r5dues au c5tuple2 l'honneur national veille4 ,la ,france e/ importante dans le plan de ce livre1 p>ce que ,p>is1 grce la supriorit de sa conv]sation et de sa littrature1 e/ et s]a t\j\rs le salon de l',europe4 ,les trois qu>ts des billets du mat91 ,vi5ne comme ,londres1 sont crits en franais1 ou ple9s d'allusions1 et de citations aussi en franais#ace1 et ,dieu sait quel franais4 #ace ,les criva9s les plus graves croi5t1 en ,anglet]re1 se donn] un air cavali] en citant des mots franais qui1 la plup>t1 n'ont jamais t franais que dans les grammaires anglaises4 ,voir les rdacteurs de l',ed9burgh-,review2 voir les ,mmoires de la comtesse de ,li*tnau1 matresse de l'avant-d]ni] roi de ,prusse4 ,s\s le rapport des gr&es passions1 la ,france e/1 ce me semble1 prive d'orig9alit p> deux causes3 #a ,le vritable honneur ou le dsir de ressembl] ,bay>d1 p\r tre honor dans le monde et y voir *aque j\r notre vanit satisfaite2 #b ,l'honneur bte ou le dsir de ressembl] aux g5s de bon ton1 du gr& monde de ,p>is4 ,l'art d'entr] dans un salon1 de m>qu] de l'loignem5t un rival1 de se br\ill] avec sa matresse1 etc4 ,l'honneur bte1 d'abord p> lui-mme1 comme capable d'tre compris p> les sots1 et ensuite comme s'appliquant des actions de t\s les j\rs1 et mme de t\tes les heures1 e/ beauc\p plus utile que l'honneur vrai aux plaisirs de notre vanit4 ,on voit des g5s trs bi5 reu dans le monde avec de l'honneur bte sans honneur vrai1 et le contraire e/ impossible4 ,le ton du gr& monde e/3 #a ,de trait] avec ironie t\s les gr&s intrts4 ,ri5 de plus naturel2 autrefois les g5s vritablem5t du gr& monde ne p\vai5t tre pr(ondm5t affects p> ri52 ils n'en avai5t pas le temps4 ,le sj\r la campagne *ange cela4 ,d'ailleurs1 c'e/ une position contre nature p\r un ,franais que de se laiss] voir admirant#acf1 c'e/--dire infrieur1 non seulem5t ce qu'il admire1 passe encore p\r cela1 mais mme son vois91 si ce vois9 s'avise de se moqu] de ce qu'il admire4 #acf ,l'admiration de mode1 comme ,hume v]s #agge1 ou ,frankl9 en #aghd1 ne fait pas objection4 ,en ,allemagne1 en ,italie1 en ,espagne1 l'admiration e/1 au contraire1 ple9e de bonne foi et de bonheur2 l l'admirant a orgueil de ses transports et pla9t le siffleur3 je ne dis pas le moqueur1 c'e/ un rle impossible dans des pays o le seul ridicule e/ de manqu] la r\te du bonheur1 et non l'imitation d'une c]ta9e manire d'tre4 ,dans le ,midi1 la mfiance et l'horreur d'tre tr\bl dans des plaisirs vivem5t s5tis met une admiration inne p\r le luxe et la pompe4 ,voyez les c\rs de ,madrid et de ,naples1 voyez une funzione ,cadix1 cela va jusqu'au dlire#acg4 #acg ,voyage en ,espagne de ,m4 ,semple2 il pe9t vrai1 et l'on tr\v]a une description de la bataille de ,trafalg>1 ent5due dans le lo9ta91 qui laisse un s\v5ir4 #b ,un ,franais se croit l'homme le plus malheureux et presque le plus ridicule s'il e/ oblig de pass] son temps seul4 ,or1 qu'e/-ce que l'am\r sans solitude8 #c ,un homme passionn ne p5se qu' soi1 un homme qui veut de la considration ne p5se qu' autrui2 il y a plus3 avant #aghi1 la sret individuelle ne se tr\vait en ,france qu'en faisant p>tie d'un corps1 la robe1 p> exemple#ach1 et tant protg p> les membres de ce corps4 ,la p5se de votre vois9 tait donc p>tie intgrante et ncessaire de votre bonheur4 ,cela tait encore plus vrai la c\r qu' ,p>is4 ,il e/ facile de s5tir combi5 ces habitudes1 qui1 la vrit1 p]d5t t\s les j\rs de leur =ce1 mais dont les ,franais ont encore p\r un sicle1 favoris5t les gr&es passions4 #ach ,correspondance de ,grimm1 janvi] #aghc4 ,m4 le comte de ,n9999991 capita9e en survivance des g>des de ,monsieur1 piqu de ne plus tr\v] de place au balcon1 le j\r de l'ouv]ture de la n\velle salle1 s'avisa =t mal propos de disput] la si5ne un honnte procureur2 celui-ci1 matre ,p]not1 ne v\lut jamais dsemp>]4--,v\s pr5ez ma place4--,je g>de la mi5ne4--,et qui tes-v\s8--,je suis monsieur six francs444 7c'e/ le prix de ces places74 ,et puis des mots plus vifs1 des injures1 des c\ps de c\de4 ,le comte de ,n999999 p\ssa l'indiscrtion au po9t de trait] le pauvre rob9 de voleur1 et prit enf9 sur lui d'ordonn] au s]g5t de s]vice de s'assur] de sa p]sonne et de le conduire au corps de g>de4 ,matre ,p]not s'y r5dit avec beauc\p de dignit1 et n'en sortit que p\r all] dpos] sa pla9te *ez un commissaire4 ,le r$\table corps dont il a l'honneur d'tre membre n'a jamais v\lu cons5tir qu'il s'en dsi/t4 ,l'affaire vi5t d'tre juge au p>lem5t4 ,m4 de 999999 a t condamn t\s les dp5s1 faire rp>ation au procureur1 lui pay] deux mille cus de dommages et intrts1 applicables1 de son cons5tem5t1 aux pauvres prisonni]s de la ,conci]g]ie2 de plus1 il e/ enjo9t trs expressm5t audit comte de ne plus prtext] des ordres du roi p\r tr\bl] le spectacle1 etc4 ,cette av5ture a fait beauc\p de bruit1 il s'y e/ ml de gr&s intrts3 t\te la robe a cru tre insulte p> l'outrage fait un homme de sa livre1 etc4 ,m4 de 9999991 p\r faire oubli] son av5ture1 e/ all *]*] des lauri]s au camp de ,sa9t-,ro*4 ,il ne p\vait mieux faire1 a-t-on dit1 c> on ne peut d\t] de son tal5t p\r emport] les places de haute lutte4 ,supposez un philosophe obscur au lieu de matre ,p]not4 ,utilit du duel4 ,grimm1 troisime p>tie1 tome ,,ii1 p4 #ajb4 ,voir plus lo91 p4 #dif1 une lettre assez raisonnable de ,beaum>*ais1 qui refuse une loge grille qu'un de ses amis lui dem&ait p\r ,fig>o4 ,tant qu'on a cru que cette rponse s'adressait un duc1 la f]m5tation a t gr&e1 et l'on p>lait de punitions graves4 ,on n'a plus fait qu'en rire qu& ,beaum>*ais a dcl> que sa lettre tait adresse ,m4 le prsid5t du ,paty4 ,il y a lo9 de #aghe #ahbb6 ,n\s ne compr5ons plus ces s5tim5ts4 ,et l'on veut que la mme tragdie qui t\*ait ces g5s-l soit bonne p\r n\s6 ,je crois voir un homme qui se jette p> la f5tre1 mais qui *]*e p\rtant avoir une position gracieuse en arrivant sur le pav4 ,l'homme passionn e/ comme lui et non comme un autre1 s\rce de t\s les ridicules en ,france2 et de plus il (f5se les autres1 ce qui donne des ailes au ridicule4 ,,*apitre ,,xliii ,de l',italie4 ,le bonheur de l',italie e/ d'tre laisse l'inspiration du mom5t1 bonheur p>tag jusqu' un c]ta9 po9t p> l',allemagne et l',anglet]re4 ,de plus1 l',italie e/ un pays o l'utile1 qui fut la v]tu des rpubliques du moy5 ge#aci1 n'a pas t dtrn p> l'honneur ou la v]tu arrange l'usage des rois#adj1 et l'honneur vrai ouvre les voies l'honneur bte2 il acc\tume se dem&]3 ,quelle ide le vois9 se fait-il de mon bonheur8 et le bonheur de s5tim5t ne peut tre l'objet de vanit1 c> il e/ invisible#ada4 ,p\r preuve de t\t cela1 la ,france e/ le pays du monde o il y a le mo9s de m>iages d'incl9ation#adb4 #aci ,g4 ,pe*io nelle sue vivacissime lett]e ad una bella giovane ,+lese sopra la ,spagna lib]a1 laquale un m$io-evo1 non r$idivo1 ma sempre vivo dice1 pag9a #fj3 ,lo scopo degli ,spagnuoli non era la gloria1 ma la indip5d5za4 ,se gli ,spagnuoli non si foss]o battuti *e p] l'onore1 la gu]ra era f9ita colla bataglia di ,tudela4 ,l'onore di una natura biz>ra1 mac*iato una volta1 p]de tutta la =za p] agire444 ,l'es]cito di l9ea spagnuolo imbevuto an*' egli1 dei pregiudizj d'ell onore 7vale a dire fatto ,europeo mod]no7 v9to *e fosse si sb&ava col p5si]o *e tutto coll' onore era p]duto1 etc4 #adj ,un homme s'honore1 en #afbj1 en disant sans cesse1 et le plus s]vilem5t qu'il peut3 ,le roi mon matre 7voir les mmoires de ,noailles1 de ,torcy et de t\s les ambassadeurs de ,l\is ,,xiv72 c'e/ t\t simple3 p> ce t\r de phrase1 il proclame le rang qu'il occupe p>mi les sujets4 ,ce rang qu'il ti5t du roi remplace1 dans l'att5tion et dans l'e/ime de ces hommes1 le rang qu'il t5ait dans la ,rome antique de l'op9ion de ses concitoy5s qui l'avai5t vu combattre ,trasimne et p>l] au ,=um4 ,on bat en br*e la mon>*ie absolue en ru9ant la vanit et ses ouvrages avancs qu'elle appelle les conv5ances4 ,la dispute entre ,%akespe>e et ,rac9e n'e/ qu'une des =mes de la dispute entre ,l\is ,,xiv et la ,*>te4 #ada ,on ne peut l'valu] que sur les actions non rfl*ies4 #adb ,miss ,o',neil1 ,mrs ,c\ts1 et la plup>t des gr&es actrices anglaises quitt5t le ?tre p\r se m>i] ri*em5t4 ,d'autres avantages de l',italie1 c'e/ le loisir pr(ond s\s un ciel admirable et qui porte tre s5sible la beaut s\s t\tes les =mes4 ,c'e/ une dfiance extrme et p\rtant raisonnable qui augm5te l'isolem5t et d\ble le *>me de l'intimit1 c'e/ le manque de la lecture des romans et presque de t\te lecture qui laisse encore plus l'inspiration du mom5t2 c'e/ la passion de la musique qui excite dans l'me un m\vem5t si semblable celui de l'am\r4 ,en ,france1 v]s #aggj1 il n'y avait pas de mfiance2 au contraire1 il tait du bel usage de vivre et de m\rir en public1 et comme la du*esse de ,luxemb\rg tait intime avec c5t amis1 il n'y avait pas non plus d'intimit ou d'amiti proprem5t dites4 ,en ,italie1 comme avoir une passion n'e/ pas un avantage trs r>e1 ce n'e/ pas un ridicule#adc1 et l'on ent5d cit] t\t haut dans les salons des maximes gnrales sur l'am\r4 ,le public connat les symptmes et les priodes de cette maladie et s'en occupe beauc\p4 ,on dit un homme quitt3 ,v\s allez tre au dsespoir p5dant six mois2 mais ensuite v\s gurirez comme un tel1 un tel1 etc4 #adc ,on passe la galant]ie aux femmes1 mais l'am\r leur donne du ridicule1 crivait le judicieux abb ,gir>d1 ,p>is1 en #agdj4 ,en ,italie1 les jugem5ts du public sont les trs humbles s]viteurs des passions4 ,le plaisir rel y ex]ce le p\voir qui ailleurs e/ aux ma9s de la socit2 c'e/ t\t simple1 la socit ne donnant presque po9t de plaisirs un peuple qui n'a pas le temps d'avoir de la vanit1 et qui veut se faire oubli] du pa*a1 elle n'a que peu d'autorit4 ,les ennuys blm5t bi5 les passionns1 mais on se moque d'eux4 ,au midi des ,alpes1 la socit e/ un despote qui manque de ca*ots4 ,a ,p>is1 comme l'honneur comm&e de df5dre l'pe la ma91 ou p> de bons mots si l'on peut1 t\tes les av5ues de t\t gr& intrt av\1 il e/ bi5 plus commode de se rfugi] dans l'ironie4 ,plusieurs jeunes g5s ont pris un autre p>ti1 c'e/ de se faire de l'cole de ,j4-,j4 ,r\sseau et de ,mme de ,/al4 ,puisque l'ironie e/ dev5ue une manire vulgaire1 il a bi5 fallu avoir du s5tim5t4 ,un de ,pezai1 de nos j\rs1 crivait comme ,m4 ,d>l9c\rt2 d'ailleurs1 depuis #aghi1 les vnem5ts combatt5t en faveur de l'utile ou de la s5sation individuelle contre l'honneur ou l'empire de l'op9ion2 le spectacle des *ambres appr5d t\t discut]1 mme la plaisant]ie4 ,la nation devi5t srieuse1 la galant]ie p]d du t]ra94 ,je dois dire1 comme ,franais1 que ce n'e/ pas un petit nombre de =tunes colossales qui fait la ri*esse d'un pays1 mais la multiplicit des =tunes mdiocres4 ,p> t\s pays les passions sont r>es1 et la galant]ie a plus de grces et de f9esse et p> consqu5t plus de bonheur en ,france4 ,cette gr&e nation1 la premire de l'univ]s#add1 se tr\ve p\r l'am\r ce qu'elle e/ p\r les tal5ts de l'esprit4 ,en #ahbb1 n\s n'avons assurm5t ni ,moore1 ni ,walt] ,scott1 ni ,crabbe1 ni ,byron1 ni ,monti1 ni ,pellico2 mais il y a *ez n\s plus de g5s d'esprit clairs1 agrables1 et au niveau des lumires du sicle qu'en ,anglet]re ou en ,italie4 ,c'e/ p\r cela que les discussions de notre *ambre des dputs1 en #ahbb1 sont si suprieures celles du p>lem5t d',anglet]re1 et que qu& un libral d',anglet]re vi5t en ,france1 n\s sommes t\t surpris de lui tr\v] plusieurs op9ions go?iques4 #add ,je n'en veux p\r preuve que l'envie4 ,voir l',ed9burg-,review de #ahba2 voir les j\rnaux littraires allem&s et itali5s1 et le ,scimiatigre d',alfi]i4 ,un arti/e roma9 crivait de ,p>is3 ,je me dplais inf9im5t ici2 je crois que c'e/ p>ce que je n'ai pas le loisir d'aim] mon gr4 ,ici1 la s5sibilit se dp5se g\tte g\tte mesure qu'elle se =me1 et de manire1 au mo9s p\r moi1 fatigu] la s\rce4 ,a ,rome1 p> le peu d'intrt des vnem5ts de *aque j\r1 p> le sommeil de la vie extrieure1 la s5sibilit s'amoncle au pr(it des passions4 ,,*apitre ,,xliv ,rome4 ,ce n'e/ qu' ,rome#ade1 qu'une femme honnte et c>rosse vi5t dire avec effusion une autre femme sa simple connaissance1 comme je l'ai vu ce mat93 ,ah6 ma *re amie1 ne fais pas l'am\r avec ,fabio ,vitteles*i2 il vaudrait mieux p\r toi pr5dre de l'am\r p\r un assass9 de gr&s *em9s4 ,avec son air d\x et mesur1 il e/ capable de te p]c] le coeur d'un poign>d1 et de te dire avec un s\rire aimable en te le plongeant dans la poitr9e3 ,ma petite1 e/-ce qu'il te fait mal8 ,et cela se passait auprs d'une jolie p]sonne de qu9ze ans1 fille de la dame qui recevait l'avis et fille trs al]te4 #ade #cj septembre #ahai4 ,si l'homme du ,nord a le malheur de n'tre pas *oqu d'abord p> le naturel de cette amabilit du ,midi1 qui n'e/ que le dveloppem5t simple d'une nature gr&iose1 favoris p> la d\ble abs5ce du bon ton et de t\te n\veaut intressante1 en un an de sj\r les femmes de t\s les autres pays lui devi5n5t insupportables4 ,il voit les ,franaises avec leurs petites grces#adf t\t aimables1 sduisantes les trois premi]s j\rs1 mais ennuyeuses le quatrime1 j\r fatal1 o l'on dc\vre que t\tes ces grces tudies d'avance et apprises p> coeur sont t]nellem5t les mmes t\s les j\rs et p\r t\s4 #adf ,outre que l'auteur avait le malheur de n'tre pas n ,p>is1 il y avait trs peu vcu4 7,note de l'diteur47 ,il voit les ,allem&es si naturelles1 au contraire1 et se livrant avec tant d'empressem5t leur imag9ation1 n'avoir s\v5t montr]1 avec t\t leur naturel1 qu'un fond de /rilit1 d'insipidit et de t5dresse de la biblio?que bleue4 ,la phrase du comte ,almaviva semble faite en ,allemagne3 ,et l'on e/ t\t tonn1 un beau soir1 de tr\v] la satit o l'on allait *]*] le bonheur4 ,a ,rome1 l'trang] ne doit pas oubli] que si ri5 n'e/ ennuyeux dans les pays o t\t e/ naturel1 le mauvais y e/ plus mauvais qu'ailleurs4 ,p\r ne p>l] que des hommes#adg1 on voit p>atre ici1 dans la socit1 une espce de mon/res qui se ca*5t ailleurs4 ,ce sont des g5s galem5t passionns1 clairvoyants et l*es4 ,un mauvais sort les a jets auprs d'une femme titre quelconque2 am\reux f\s p> exemple1 ils boiv5t jusqu' la lie le malheur de la voir prfr] un rival4 ,ils sont l p\r contrec>r] cet amant =tun4 ,ri5 ne leur *appe1 et t\t le monde voit que ri5 ne leur *appe2 mais ils n'en cont9u5t pas mo9s en dpit de t\t s5tim5t d'honneur1 vex] la femme1 son amant et eux-mmes1 et p]sonne ne les blme1 c> ils font ce qui leur fait plaisir4 ,un soir1 l'amant1 p\ss b\t1 leur donne des c\ps de pi$ au cul2 le l5dema9 ils lui en font bi5 des excuses et recomm5c5t sci] con/amm5t et imp]turbablem5t la femme1 l'amant et eux-mmes4 ,on frmit qu& on songe la quantit de malheur que ces mes basses ont dvor] *aque j\r1 et il ne leur manque sans d\te qu'un gra9 de l*et de mo9s p\r tre empoisonneurs4 #adg ,heu6 male nunc artes mis]as hc secula tractant2 ,jam t5] assuevit mun]a velle pu]4 ,,tibul41 ,i1 ,,iv4 ,ce n'e/ aussi qu'en ,italie qu'on voit de jeunes lgants millionnaires entret5ir magnifiquem5t des danseuses du gr& ?tre1 au vu et au su de t\te une ville1 moy5nant tr5te s\s p> j\r#adh4 ,les frres4441 beaux jeunes g5s t\j\rs la *asse1 t\j\rs *eval1 sont jal\x d'un trang]4 ,au lieu d'all] lui et de leur cont] leurs griefs1 ils rp&5t s\rdem5t dans le public des bruits dfavorables ce pauvre trang]4 ,en ,france1 l'op9ion =c]ait ces g5s pr\v] leur dire ou r5dre raison l'trang]4 ,ici l'op9ion publique et le mpris ne signifi5t ri54 ,la ri*esse e/ t\j\rs sre d'tre bi5 reue p>t\t4 ,un millionnaire d%onor et *ass de p>t\t ,p>is peut all] en t\te sret ,rome2 il y s]a considr ju/e au prorata de ses cus4 #adh ,voir dans les moeurs du sicle de ,l\is ,,xv l'honneur et l'ari/ocratie combl] de pr(usions les demoiselles ,du?1 la ,gu]re et autres4 ,quatre-v+t ou c5t mille francs p> an n'avai5t ri5 d'extraord9aire3 un homme du gr& monde se ft avili mo9s4 ,,*apitre ,,xlv ,de l',anglet]re4 ,j'ai beauc\p vcu ces temps d]ni]s avec les danseuses du ?tre ,del ,sol1 ,val5ce4 ,l'on m'assure que plusieurs sont =t *a/es2 c'e/ que leur mti] e/ trop fatigant4 ,vigano leur fait rpt] son ballet de la ,juive de ,tolde t\s les j\rs1 de dix heures du mat9 quatre1 et de m9uit trois heures du mat92 outre cela1 il faut qu'elles dans5t *aque soir dans les deux ballets4 ,cela me rappelle ,r\sseau qui prescrit de faire beauc\p m>*] mile4 ,je p5sais ce soir1 m9uit1 en me prom5ant au frais sur le bord de la m]1 avec les petites danseuses1 d'abord que cette volupt surhuma9e de la fra*eur de la brise de m] s\s le ciel de ,val5ce1 en prs5ce de ces toiles respl5dissantes qui sembl5t t\t prs de v\s1 e/ inconnue nos tri/es pays brumeux4 ,cela seul vaut les quatre c5ts lieues faire1 cela aussi emp*e de p5s] =ce de s5sations4 ,je p5sais que la *a/et de mes petites danseuses explique =t bi5 la m>*e que l'orgueil des hommes suit en ,anglet]re p\r recrer d\cem5t les moeurs du srail au milieu d'une nation civilise4 ,on voit comm5t quelques-unes de ces jeunes filles d',anglet]re1 d'ailleurs si belles et d'une physionomie si t\*ante1 laiss5t un peu dsir] p\r les ides4 ,malgr la lib]t qui vi5t seulem5t d'tre *asse de leur le1 et l'orig9alit admirable du c>actre national1 elles manqu5t d'ides intressantes et d'orig9alit4 ,elles n'ont s\v5t de rem>quable que la biz>r]ie de leurs dlicatesses4 ,c'e/ t\t simple1 la pudeur des femmes1 en ,anglet]re1 c'e/ l'orgueil de leurs m>is4 ,mais quelque s\mise que soit une esclave1 sa socit e/ bi5tt *>ge4 ,de l1 p\r les hommes1 la ncessit de s'enivr] tri/em5t *aque soir#adi1 au lieu de pass]1 comme en ,italie1 leurs soires avec leur matresse4 ,en ,anglet]re1 les g5s ri*es ennuys de leur maison et s\s prtexte d'un ex]cice ncessaire font quatre ou c9q lieues t\s les j\rs1 comme si l'homme tait cr et mis au monde p\r trott]4 ,ils us5t a9si le fluide n]veux p> les jambes et non p> le coeur4 ,aprs quoi ils os5t bi5 p>l] de dlicatesse fm99e1 et mpris] l',espagne et l',italie4 #adi ,cet usage comm5ce tomb] un peu dans la trs bonne compagnie1 qui se francise comme p>t\t2 mais je p>le de l'imm5se gnralit4 ,ri5 de plus dsoccup au contraire que les jeunes ,itali5s2 le m\vem5t qui leur t]ait leur s5sibilit leur e/ importun4 ,ils font de temps autre une prom5ade de demi-lieue comme remde pnible p\r la sant2 quant aux femmes1 une ,roma9e ne fait pas en t\te l'anne les c\rses d'une jeune miss en une sema9e4 ,il me semble que l'orgueil d'un m>i anglais exalte trs adroitem5t la vanit de sa pauvre femme4 ,il lui p]suade surt\t qu'il ne faut pas tre vulgaire1 et les mres qui prp>5t leurs jeunes filles p\r tr\v] des m>is ont =t bi5 saisi cette ide4 ,de l la mode bi5 plus absurde et bi5 plus despotique dans la raisonnable ,anglet]re qu'au se9 de la ,france lgre2 c'e/ dans ,bond-/reet qu'a t inv5t le c>efully c>eless4 ,en ,anglet]re la mode e/ un devoir1 ,p>is c'e/ un plaisir4 ,la mode lve un bi5 autre mur d'aira9 ,londres entre ,new-,bond-/reet et ,f5*ur*-/reet1 qu' ,p>is entre la ,*ausse d',ant9 et la rue ,sa9t-,m>t94 ,les m>is p]mett5t volonti]s cette folie ari/ocratique leurs femmes en ddommagem5t de la masse norme de tri/esse qu'ils leur impos5t4 ,je tr\ve bi5 l'image de la socit des femmes en ,anglet]re1 telle que l'a faite le taciturne orgueil des hommes dans les romans autrefois clbres de miss ,burney4 ,comme dem&] un v]re d'eau qu& on a soif e/ vulgaire1 les hrones de miss ,burney ne manqu5t pas de se laiss] m\rir de soif4 ,p\r fuir la vulg>it1 l'on arrive l'affectation la plus abom9able4 ,je comp>e la prud5ce d'un jeune ,anglais de v+t-deux ans1 ri*e1 la pr(onde mfiance du jeune ,itali5 du mme ge4 ,l',itali5 y e/ =c p> sa sret1 et la dpose1 cette mfiance1 ou du mo9s l'oublie ds qu'il e/ dans l'intimit1 t&is que c'e/ prcism5t dans le se9 de la socit la plus t5dre en app>5ce que l'on voit r$\bl] la prud5ce et la hauteur du jeune ,anglais4 ,j'ai ent5du dire3 ,depuis sept mois je ne lui p>lais pas du voyage ,brighton4 ,il s'agissait d'une conomie oblige de quatre-v+ts l\is1 et c'tait un amant de v+t-deux ans p>lant d'une matresse1 femme m>ie1 qu'il adorait2 mais1 dans les transports de sa passion1 la prud5ce ne l'avait pas quitt1 bi5 mo9s encore1 avait-il eu l'ab&on de dire cette matresse3 ,je n'irai pas ,brighton1 p>ce que cela me gn]ait4 ,rem>quez que le sort de ,gianone de ,pellico1 et de c5t autres1 =ce l',itali5 la mfiance1 t&is que le jeune beau ,anglais n'e/ =c la prud5ce que p> l'excs et la s5sibilit maladive de sa vanit4 ,le ,franais1 tant aimable avec ses ides de t\s les mom5ts1 dit t\t ce qu'il aime4 ,c'e/ une habitude2 sans cela il manqu]ait d'aisance1 et il sait que sans aisance il n'y a po9t de grce4 ,c'e/ avec pe9e et la l>me l'oeil que j'ai os crire t\t ce qui prcde2 mais1 puisqu'il me semble que je ne flatt]ais pas un roi1 p\rquoi dirais-je d'un pays autre *ose que ce qui m'en semble1 et qui ( c\rse peut tre trs absurde1 uniquem5t p>ce que ce pays a donn naissance la femme la plus aimable que j'aie connue8 ,ce s]ait1 s\s une autre =me1 de la bassesse mon>*ique4 ,je me cont5t]ai d'aj\t] qu'au milieu de t\t cet ensemble de moeurs1 p>mi tant d',anglaises victimes dans leur esprit de l'orgueil des hommes1 comme il exi/e une orig9alit p>faite1 il suffit d'une famille leve lo9 des tri/es re/rictions de/9es reproduire les moeurs du srail p\r donn] des c>actres *>mants4 ,et que ce mot *>mant e/ insignifiant1 malgr son tymologie1 et commun p\r r5dre ce que je v\drais exprim]6 ,la d\ce ,imogne1 la t5dre ,ophlie tr\v]ai5t bi5 des modles vivants en ,anglet]re2 mais ces modles sont lo9 de j\ir de la haute vnration unanimem5t accorde la vritable ,anglaise accomplie1 de/9e satisfaire ple9em5t t\tes les conv5ances et donn] un m>i t\tes les j\issances de l'orgueil ari/ocratique le plus maladif et un bonheur m\rir d'ennui#aej4 #aej ,voir ,ri*>dson4 ,les moeurs de la famille des ,h>l[e1 traduites en manires mod]nes1 sont frqu5tes en ,anglet]re3 leurs dome/iques val5t mieux qu'eux4 ,dans les gr&es enfilades de qu9ze ou v+t pices extrmem5t fra*es et =t sombres1 o les femmes itali5nes pass5t leur vie mollem5t c\*es sur des divans =t bas1 elles ent5d5t p>l] d'am\r ou de musique six heures de la j\rne4 ,le soir1 au ?tre1 ca*es dans leur loge p5dant quatre heures1 elles ent5d5t p>l] de musique ou d'am\r4 ,donc1 outre le climat1 la con/itution de la vie e/ aussi favorable la musique et l'am\r en ,espagne et en ,italie1 qu'elle leur e/ contraire en ,anglet]re4 ,je ne blme ni n'appr\ve1 j'obs]ve4 ,,*apitre ,,xlvi ,suite de l',anglet]re4 ,j'aime trop l',anglet]re et je l'ai trop peu vue p\r en p>l]4 ,je me s]s des obs]vations d'un ami4 ,l'tat actuel de l',irl&e 7#ahbb7 y ralise1 p\r la v+time fois depuis deux sicles#aea1 cet tat s+uli] de la socit si fcond en rsolutions c\rageuses1 et si contraire l'ennui1 o des g5s qui djeun5t gaiem5t ensemble peuv5t se r5contr] dans deux heures sur un *amp de bataille4 ,ri5 ne fait un appel plus n]gique et plus direct la disposition de l'me la plus favorable aux passions t5dres3 le naturel4 ,ri5 n'loigne davantage des deux gr&s vices anglais3 le cant et la ba%fulness1 hypocrisie de moralit et timidit orgueilleuse et s\ffrante4 7,voir le voyage de ,m4 ,eu/ace1 en ,italie47 ,si ce voyageur pe9t assez mal le pays1 en revan*e il donne une ide =t exacte de son propre c>actre2 et ce c>actre1 a9si que celui de ,m4 ,beattie1 le pote 7voir sa vie crite p> un ami intime71 e/ malheureusem5t assez commun en ,anglet]re4 ,p\r le prtre honnte homme1 malgr sa place1 voir les lettres de l'vque de ,l&aff#aeb4 #aea ,le jeune enfant de ,sp5c] brl vif en ,irl&e4 #aeb ,rfut] autrem5t que p> des injures le portrait d'une c]ta9e classe d',anglais prs5t dans ces trois ouvrages1 me semble la *ose impossible4 ,satanic s*ool4 ,on croirait l',irl&e assez malheureuse1 ensanglante comme elle l'e/ depuis deux sicles p> la tyrannie peureuse et cruelle de l',anglet]re2 mais ici fait son entre dans l'tat moral de l',irl&e un p]sonnage t]rible3 le 99,,pr,,tre99444 ,depuis deux sicles1 l',irl&e e/ peu prs aussi mal g\v]ne que la ,sicile4 ,un p>allle appr(ondi de ces deux les1 en un volume de #ejj pages1 f*]ait bi5 des g5s et f]ait tomb] dans le ridicule bi5 des ?ories respectes4 ,ce qui e/ vid5t1 c'e/ que le plus heureux de ces deux pays1 galem5t g\v]ns p> des f\s1 au seul pr(it du petit nombre1 c'e/ la ,sicile4 ,ses g\v]nants lui ont au mo9s laiss l'am\r et la volupt2 ils les lui aurai5t bi5 ravis aussi comme t\t le re/e2 mais1 grce au ciel1 il y a peu en ,sicile de ce mal moral appel loi et g\v]nem5t#aec4 #aec ,j'appelle mal moral1 en #ahbb1 t\t g\v]nem5t qui n'a pas les deux *ambres2 il n'y a d'exception que lorsque le *ef du g\v]nem5t e/ gr& p> la probit1 miracle qui se voit en ,saxe et ,naples4 ,ce sont les g5s gs et les prtres qui font et font excut] les lois1 cela p>at bi5 l'espce de jal\sie comique avec laquelle la volupt e/ p\rsuivie dans les les britanniques4 ,le peuple y p\rrait dire ses g\v]nants comme ,diogne ,alex&re3 ,cont5tez-v\s de vos s9cures et laissez-moi1 du mo9s1 mon soleil#aed4 #aed ,voir dans le procs de la feue re9e d',anglet]re une li/e curieuse des pairs avec les sommes qu'eux et leurs familles reoiv5t de l'tat4 ,p> exemple1 "l ,laud]dale et sa famille1 #cf1jjj l\is4 ,le demi-pot de bire ncessaire la *tive subsi/ance du plus pauvre ,anglais paye un s\ d'impt au pr(it du noble pair4 ,et1 ce qui fait beauc\p notre objet1 ils le sav5t t\s les deux4 ,ds lors1 ni le "l1 ni le paysan n'ont plus assez de loisir p\r song] l'am\r2 ils aiguis5t leurs armes1 l'un en public et avec orgueil1 l'autre en secret et avec rage 7,l',yeomanry et les ,:iteboys74 ,a =ce de lois1 de rglem5ts1 de contre-rglem5ts et de supplices1 le g\v]nem5t a cr en ,irl&e la pomme de t]re1 et la population de l',irl&e surpasse de beauc\p celle de la ,sicile2 c'e/--dire l'on a fait v5ir quelques millions de paysans avilis et hbts1 crass de travail et de misre1 tranant p5dant qu>ante ou c9quante ans une vie malheureuse sur les m>ais de la vieille r91 mais payant bi5 la dme4 ,voil un beau miracle6 ,avec la religion paenne1 ces pauvres diables aurai5t au mo9s j\i d'un bonheur2 mais pas du t\t1 il faut ador] sa9t ,patrick4 ,en ,irl&e on ne voit gure que des paysans plus malheureux que des sauvages4 ,seulem5t1 au lieu d'tre c5t mille comme ils s]ai5t dans l'tat de nature1 ils sont huit millions#aee1 et font vivre ri*em5t c9q c5ts abs5tees ,londres et ,p>is4 #aee ,plunkell ,craig1 ,vie de ,curran4 ,la socit e/ inf9im5t plus avance en cosse#aef o1 s\s plusieurs rapports1 le g\v]nem5t e/ bon 7la r>et des crimes1 la lecture1 pas d'vques1 etc474 ,les passions t5dres y ont donc beauc\p plus de dveloppem5t1 et n\s p\vons quitt] les ides noires et arriv] aux ridicules4 #aef ,degr de civilisation du paysan ,rob]t ,burns et de sa famille2 club de paysans o l'on payait deux s\s p> sance2 que/ions qu'on y discutait4 7,voir les ,lettres de ,burns74 ,il e/ impossible de ne pas ap]cevoir un fond de mlancolie *ez les femmes cossaises4 ,cette mlancolie e/ surt\t sduisante au bal1 o elle donne un s+uli] piquant l'ardeur et l'extrme empressem5t avec lesquels elles saut5t leurs danses nationales4 dimb\rg a un autre avantage1 c'e/ de s'tre s\/rait la vile omnipot5ce de l'or4 ,cette ville =me en cela1 aussi bi5 que p\r la s+ulire et sauvage beaut du site1 un contra/e complet avec ,londres4 ,comme ,rome1 la belle dimb\rg semble plutt le sj\r de la vie contemplative4 ,le t\rbillon sans repos et les intrts inquiets de la vie active avec ses avantages et ses inconvni5ts sont ,londres4 dimb\rg me semble pay] le tribut au mal9 p> un peu de disposition la pdant]ie4 ,le temps o ,m>ie ,/u>t habitait le vieux ,holyrood1 et o l'on assass9ait ,riccio dans ses bras1 valai5t mieux p\r l'am\r1 et t\tes les femmes en convi5dront1 que ceux o l'on discute si longuem5t1 et mme en leur prs5ce1 sur la prfr5ce accord] au sy/me neptuni5 sur le vulcani5 de444 ,j'aime mieux la discussion sur le n\vel uni=me donn p> le roi ses g>des ou sur la pairie manque de sir ,b4 ,bloomfield1 qui occupait ,londres lorsque je m'y tr\vais1 que la discussion p\r savoir qui a le mieux explor la nature des ro*es1 de ,w]n] ou de 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 ,je ne dirai ri5 du t]rible diman*e cossais1 auprs duquel celui de ,londres semble une p>tie de plaisir4 ,ce j\r de/9 honor] le ciel e/ la meilleure image de l'enf] que j'aie jamais vue sur la t]re4 ,ne m>*ons pas si vite1 disait un cossais en rev5ant de l'glise un ,franais1 son ami1 n\s aurions l'air de n\s prom5]#aeg4 #aeg ,le mme fait en ,amrique4 ,en cosse1 talage des titres4 ,celui des trois pays o il y a le mo9s d'hypocrisie 7,cant1 voyez le ,new-,mon?ly-,magaz9e de janvi] #ahbb1 tonnant contre ,moz>t et les ,nozze di ,fig>o1 crit dans un pays o l'on j\e le ,citiz54 ,mais ce sont les ari/ocrates qui1 p> t\t pays1 a*t5t et jug5t un j\rnal littraire et la littrature2 et depuis quatre ans1 ceux d',anglet]re ont fait alliance avec les vques72 celui des trois pays o il y a1 ce me semble1 le mo9s d'hypocrisie1 c'e/ l',irl&e2 on y tr\ve1 au contraire1 une vivacit t\rdie et =t aimable4 ,en cosse1 il y a la /ricte obs]vance du diman*e1 mais le lundi on danse avec une joie et un ab&on inconnus ,londres4 ,il y a beauc\p d'am\r dans la classe des paysans en cosse4 ,la t\te-puissance de l'imag9ation a francis ce pays au ,x,v,ie sicle4 ,le t]rible dfaut de la socit anglaise1 celui qui1 en un j\r donn1 cre une plus gr&e quantit de tri/esse que la dette et ses consqu5ces1 et mme que la gu]re mort des ri*es contre les pauvres1 c'e/ cette phrase que l'on me disait cet automne ,croydon1 en prs5ce de la belle /atue de l'vque3 ,dans le monde1 aucun homme ne veut se mettre en avant1 de peur d'tre du dans son att5te4 ,qu'on juge quelles lois1 s\s le nom de pudeur1 de tels hommes doiv5t impos] leurs femmes et leurs matresses6 ,,*apitre ,,xlvii ,de l',espagne4 ,l',&al\sie e/ un des plus aimables sj\rs que la volupt se soit *oisis sur la t]re4 ,j'avais trois ou quatre anecdotes qui montrai5t de quelle manire mes ides sur les trois ou quatre actes de folie diffr5ts dont la runion =me l'am\r sont vraies en ,espagne2 l'on me conseille de les sacrifi] la dlicatesse franaise4 ,j'ai eu beau prote/] que j'crivais en langue franaise1 mais non pas c]tes en littrature franaise4 ,dieu me prs]ve d'avoir ri5 de commun avec les littrateurs e/ims auj\rd'hui6 ,les ,maures1 en ab&onnant l',&al\sie1 y ont laiss leur ar*itecture et presque leurs moeurs4 ,puisqu'il m'e/ impossible de p>l] des d]nires dans la langue de ,mme de ,svign1 je dirai du mo9s de l'ar*itecture mauresque que son pr9cipal trait consi/e faire que *aque maison ait un petit j>d9 ent\r d'un portique lgant et svelte4 ,l1 p5dant les *aleurs insupportables de l't1 qu&1 durant des sema9es entires1 le !rmomtre de ,raumur ne desc5d jamais et se s\ti5t tr5te degrs1 il rgne s\s les portiques une obscurit dlicieuse4 ,au milieu du petit j>d91 il y a t\j\rs un jet d'eau dont le bruit uni=me et voluptueux e/ le seul qui tr\ble cette retraite *>mante4 ,le bass9 de m>bre e/ environn d'une d\za9e d'orang]s et de lauri]s-roses4 ,une toile paisse en =me de t5te rec\vre t\t le petit j>d91 et1 le protgeant contre les rayons du soleil et de la lumire1 ne laisse pntr] que les petites brises qui1 sur le midi1 vi5n5t des montagnes4 ,l viv5t et reoiv5t les *>mantes ,&al\ses la dm>*e si vive et si lgre2 une simple robe de soie noire g>nie de franges de la mme c\leur1 et laissant ap]cevoir un c\-de-pi$ *>mant1 un te9t ple1 des yeux o se peign5t t\tes les nuances les plus fugitives des passions les plus t5dres et les plus ard5tes3 tels sont les tres cle/es qu'il m'e/ df5du de faire entr] en scne4 ,je reg>de le peuple espagnol comme le reprs5tant vivant du moy5 ge4 ,il ignore une f\le de petites vrits 7vanit purile de ses vois9s72 mais il sait pr(ondm5t les gr&es1 et a assez de c>actre et d'esprit p\r suivre leurs consqu5ces jusque dans leurs effets les plus loigns4 ,le c>actre espagnol fait une belle opposition avec l'esprit franais2 dur1 brusque1 peu lgant1 ple9 d'un orgueil sauvage1 jamais occup des autres3 c'e/ exactem5t le contra/e du ,x,ve sicle avec le ,x,v,i,i,ie4 ,l',espagne m'e/ bi5 utile p\r une comp>aison3 le seul peuple qui ait su rsi/] ,napolon me semble absolum5t pur d'honneur bte1 et de ce qu'il y a de bte dans l'honneur4 ,au lieu de faire de belles ordonnances militaires1 de *ang] d'uni=me t\s les six mois et de port] de gr&s p]ons1 il a le gnral no importa#aeh4 #aeh ,voir les *>mantes ,lettres de ,m4 ,pec*io4 ,l',italie e/ ple9e de g5s de cette =ce2 mais1 au lieu de se produire1 ils se ti5n5t tranquilles3 ,paese della virtu sconosciuta4 ,,*apitre ,,xlviii ,de l'am\r allem&4 ,si l',itali51 t\j\rs agit entre la ha9e et l'am\r1 vit de passions1 et le ,franais de vanit1 c'e/ d'imag9ation que viv5t les bons et simples desc5dants des anci5s ,g]ma9s4 ,a pe9e sortis des intrts sociaux les plus directs et les plus ncessaires leur subsi/ance1 on les voit avec tonnem5t s'lanc] dans ce qu'ils appell5t leur philosophie2 c'e/ une espce de folie d\ce1 aimable1 et surt\t sans fiel4 ,je vais cit]1 non pas t\t fait de mmoire1 mais sur des notes rapides1 un ouvrage qui1 quoique fait dans un s5s d'opposition1 montre bi51 mme p> les admirations de l'auteur1 l'esprit militaire dans t\t son excs3 c'e/ le voyage en ,autri*e1 p> ,m4 ,cadet-,gassic\rt1 en #ahji4 ,qu'et dit le noble et gnreux ,desaix s'il et vu le pur hrosme de #ie conduire cet excrable gsme8 ,deux amis se tr\v5t ensemble une batt]ie la bataille de ,talav]a3 l'un comme capita9e comm&ant1 l'autre comme lieut5ant4 ,un b\let arrive qui culbute le capita9e4 ,bon1 dit le lieut5ant t\t joyeux1 voil ,franois mort3 c'e/ moi qui vais tre capita9e4--,pas encore t\t fait6 s'crie ,franois en se relevant4 ,il n'avait t qu't\rdi p> le b\let4 ,le lieut5ant1 a9si que son capita9e1 tai5t les meilleurs g>ons du monde1 po9t m*ants1 seulem5t un peu btes2 en?\sia/es de l'emp]eur1 l'ardeur de la *asse et l'gsme furieux que cet homme avait su veill] en le dcorant du nom de gloire leur faisai5t oubli] l'humanit4 ,au milieu du spectacle svre donn p> de tels hommes1 se disputant aux p>ades de la ,s*o5brunn un reg>d du matre et un titre de b>on1 voici comm5t l'apo?icaire de l'emp]eur dcrit l'am\r allem&1 page #ahh3 ,ri5 n'e/ plus complaisant1 plus d\x1 qu'une ,autri*i5ne4 ,*ez elle1 l'am\r e/ un culte1 et1 qu& elle s'atta*e un ,franais1 elle l'adore dans t\te la =ce du t]me4 ,il y a des femmes lgres et capricieuses p>t\t1 mais en gnral les ,vi5noises sont fidles et ne sont nullem5t coquettes2 qu& je dis qu'elles sont fidles1 c'e/ l'amant de leur *oix1 c> les m>is sont ,vi5ne comme p>t\t4 #g ju9 #ahji4 ,la plus belle p]sonne de ,vi5ne a agr l'hommage d'un ami moi1 ,m4 ,m4441 capita9e atta* au qu>ti] gnral de l'emp]eur4 ,c'e/ un jeune homme d\x et spirituel2 mais c]ta9em5t sa taille ni sa figure n'ont ri5 de rem>quable4 ,depuis quelques j\rs1 sa jeune amie fait la plus vive s5sation p>mi nos brillants (fici]s d'tat-major1 qui pass5t leur vie furet] t\s les co9s de ,vi5ne4 ,c'e/ qui s]a le plus h>di2 t\tes les ruses de gu]re possibles ont t employes1 la maison de la belle a t mise en tat de sige p> les plus jolis et les plus ri*es4 ,les pages1 les brillants colonels1 les gnraux de la g>de1 les pr9ces mmes1 sont alls p]dre leur temps s\s les f5tres de la belle1 et leur arg5t auprs de ses g5s4 ,t\s ont t conduits4 ,ces pr9ces n'tai5t gure acc\tums tr\v] des cruelles ,p>is ou ,milan4 ,comme je riais de leur dconv5ue avec cette *>mante p]sonne3 ,mais1 mon ,dieu1 me disait-elle1 e/-ce qu'ils ne sav5t pas que j'aime ,m4 ,m4448 ,voil un s+uli] propos et assurm5t =t indc5t4 ,page #bij3 ,p5dant que n\s tions ,s*o5brunn1 je rem>quai que deux jeunes g5s atta*s l'emp]eur ne recevai5t jamais p]sonne dans leur logem5t ,vi5ne4 ,n\s les plaisantions beauc\p sur cette discrtion4 ,l'un d'eux me dit un j\r3 ,je n'aurai pas de secret p\r v\s3 une jeune femme de la ville s'e/ donne moi1 s\s la condition qu'elle ne quitt]ait jamais mon app>tem5t1 et que je ne recevrais qui que ce soit sans sa p]mission4 ,je fus curieux1 dit le voyageur1 de connatre cette recluse volontaire1 et ma qualit de mdec9 me donnant comme dans l',ori5t un prtexte honnte1 j'acceptai un djeun] que mon ami m'(frit4 ,je tr\vai une femme trs prise1 ayant le plus gr& so9 du mnage1 ne dsirant nullem5t sortir1 quoique la saison invitt la prom5ade1 et d'ailleurs conva9cue que son amant la ramn]ait en ,france4 ,l'autre jeune homme1 qu'on ne tr\vait non plus jamais son logem5t en ville1 me fit bi5tt aprs une confid5ce p>eille4 ,je vis aussi sa belle2 comme la premire1 elle tait blonde1 =t jolie1 trs bi5 faite4 ,l'une1 ge de dix-huit ans1 tait la fille d'un tapissi] =t son aise2 l'autre1 qui avait environ v+t-quatre ans1 tait la femme d'un (fici] autri*i5 qui faisait la campagne l'arme de l'ar*iduc ,jean4 ,cette d]nire p\ssa l'am\r jusqu' ce qui n\s sembl]ait de l'hrosme en pays de vanit4 ,non seulem5t son ami lui fut infidle1 mais il se tr\va dans le cas de lui faire les aveux les plus scabreux4 ,elle le soigna avec un dv\em5t p>fait1 et1 s'atta*ant p> la gravit de la maladie de son amant1 qui bi5tt fut en pril1 elle ne l'en *rit peut-tre que davantage4 ,on s5t qu'trang] et va9queur1 et t\te la haute socit de ,vi5ne s'tant retire notre appro*e dans ses t]res de ,hongrie1 je n'ai pu obs]v] l'am\r dans les hautes classes2 mais j'en ai vu assez p\r me conva9cre que ce n'e/ pas de l'am\r comme ,p>is4 ,ce s5tim5t e/ reg>d p> les ,allem&s comme une v]tu1 comme une manation de la ,div9it1 comme quelque *ose de my/ique4 ,il n'e/ pas vif1 imptueux1 jal\x1 tyrannique1 comme dans le coeur d'une ,itali5ne3 il e/ pr(ond et ressemble l'illum9isme2 il y a mille lieues de l l',anglet]re4 ,il y a quelques annes1 un tailleur de ,leipzig1 dans un accs de jal\sie1 att5dit son rival dans le j>d9 public1 et le poign>da4 ,on le condamna p]dre la tte4 ,les morali/es de la ville1 fidles la bont et la facilit d'motion des ,allem&s 7faisant faiblesse de c>actre71 discutr5t le jugem5t1 le tr\vr5t svre1 et1 tablissant une comp>aison entre le tailleur et ,orosmane1 apitoyr5t sur son sort4 ,on ne put cep5dant faire r=m] l'arrt4 ,mais le j\r de l'excution t\tes les jeunes filles de ,leipzig1 vtues de blanc1 se runir5t et accompagnr5t le tailleur l'*afaud en jetant des fleurs sur sa r\te4 ,p]sonne ne tr\va cette crmonie s+ulire2 cep5dant1 dans un pays qui croit tre raisonneur1 on p\vait dire qu'elle honorait une espce de meurtre4 ,mais c'tait une crmonie1 et t\t ce qui e/ crmonie e/ sr de n'tre jamais ridicule en ,allemagne4 ,voyez les crmonies des c\rs des petits pr9ces qui n\s f]ai5t m\rir de rire1 et sembl5t =t imposantes ,me9ung5 ou ,koe!n4 ,ils voi5t dans les six g>des *asses qui dfil5t devant leur petit pr9ce1 g>ni de son cra*at1 les soldats d',h]mann m>*ant la r5contre des lgions de ,v>us4 ,diffr5ce des ,allem&s t\s les autres peuples3 ils s'exalt5t p> la mditation1 au lieu de se calm]4 ,seconde nuance3 ils meur5t d'envie d'avoir du c>actre4 ,le sj\r des c\rs1 ord9airem5t si favorable au dveloppem5t de l'am\r1 l'hbte en ,allemagne4 ,v\s n'avez pas d'ide de l'ocan de m9uties incomprh5sibles et de petitesses qui =m5t ce qu'on appelle une c\r d',allemagne#aei1 mme celle des meilleurs pr9ces 7,muni*1 #ahbj74 #aei ,voir les ,mmoires de la m>grave de ,b>eu?1 et ,v+t ans de sj\r ,b]l91 p> ,m4 ,?ibaut4 ,qu& n\s arrivions avec un tat-major1 dans une ville d',allemagne1 au b\t de la premire qu9za9e1 les dames du pays avai5t fait leur *oix4 ,mais ce *oix tait con/ant2 et j'ai ou dire que les ,franais tai5t l'cueil de beauc\p de v]tus irrpro*ables jusqu' eux4 99 99 99 99 99 ,les jeunes ,allem&s que j'ai r5contrs ,goett+ue1 ,dresde1 ,ko5igsb]g1 etc41 sont levs au milieu de sy/mes prt5dus philosophiques qui ne sont qu'une posie obscure et mal crite1 mais1 s\s le rapport moral1 de la plus haute et sa9te sublimit4 ,il me semble voir qu'ils ont hrit de leur moy5 ge1 non le rpublicanisme1 la dfiance et le c\p de poign>d1 comme les ,itali5s1 mais une =te disposition l'en?\siasme et la bonne foi4 ,c'e/ p\r cela que1 t\s les dix ans1 ils ont un n\veau gr& homme qui doit effac] t\s les autres 7,kant1 ,/$+1 ,fi*te1 etc41 etc4#afj74 #afj ,voir en #ahba leur en?\siasme p\r la tragdie du ,triomphe de la croix1 qui fait oubli] ,guillaume ,tell4 ,lu!r fit jadis un appel puissant au s5s moral1 et les ,allem&s se battir5t tr5te ans de suite p\r obir leur consci5ce4 ,belle p>ole et bi5 respectable1 quelque absurde que soit la croyance2 je dis respectable1 mme p\r l'arti/e4 ,voir les combats dans l'me de ,s444 entre le troisime comm&em5t de ,dieu3 ,tu ne tu]as po9t1 et ce qu'il croyait l'intrt de la patrie4 ,l'on tr\ve de l'en?\siasme my/ique p\r les femmes et l'am\r jusque dans ,tacite1 si t\tefois cet criva9 n'a pas fait uniquem5t une satire de ,rome#afa4 #afa ,j'ai eu le bonheur de r5contr] un homme de l'esprit le plus vif et en mme temps savant comme dix savants allem&s1 et exposant ce qu'il a dc\v]t en t]mes clairs et prcis4 ,si jamais ,m4 ,f444 imprime1 n\s v]rons le moy5 ge sortir brillant de lumire nos yeux1 et n\s l'aim]ons4 ,l'on n'a pas plutt fait c9q c5ts lieues en ,allemagne que l'on di/+ue1 dans ce peuple dsuni et morcel1 un fond d'en?\siasme d\x et t5dre plutt qu'ard5t et imptueux4 ,si l'on ne voyait pas bi5 clairem5t cette disposition1 l'on p\rrait relire trois ou quatre des romans d',augu/e la ,fonta9e que la jolie ,l\ise1 re9e de ,prusse1 fit *ano9e de ,magdeb\rg1 en rcomp5se d'avoir si bi5 pe9t la vie paisible#afb4 #afb ,titre d'un des romans d',augu/e la ,fonta9e1 la ,vie paisible1 autre gr& trait des moeurs allem&es1 c'e/ le f>ni5te de l',itali51 c'e/ la critique physiologique du droski russe ou du horseback anglais4 ,je vois une n\velle preuve de cette disposition commune aux ,allem&s dans le code autri*i51 qui exige l'aveu du c\pable p\r la punition de presque t\s les crimes4 ,ce code1 calcul p\r un peuple o les crimes sont r>es1 et plutt un accs de folie *ez un tre faible que la suite d'un intrt c\rageux1 raisonn1 et en gu]re con/ante avec la socit1 e/ prcism5t le contraire de ce qu'il faut l',italie1 o l'on *]*e l'implant]2 mais c'e/ une erreur d'honntes g5s4 ,j'ai vu les juges allem&s en ,italie se dsespr] des s5t5ces de mort1 ou l'quival5t1 les f]s durs1 qu'ils tai5t obligs de prononc] sans l'aveu des c\pables4 ,,*apitre ,,xlix ,une j\rne ,flor5ce4 ,flor5ce1 #ab fvri] #ahai4 ,ce soir j'ai tr\v dans une loge un homme qui avait quelque *ose sollicit] auprs d'un magi/rat de c9quante ans4 ,sa premire dem&e a t3 ,quelle e/ sa matresse8 ,*i avvic9a adesso8 ,ici t\tes ces affaires sont de la d]nire publicit1 elles ont leurs lois1 il y a la manire appr\ve de se conduire1 qui e/ base sur la ju/ice1 sans presque ri5 de conv5tionnel1 autrem5t on e/ un porco4 ,qu'y a-t-il de n\veau8 dem&ait hi] un de mes amis1 arrivant de ,volt]re4 ,aprs un mot de gmissem5t n]gique sur ,napolon et les ,anglais1 on aj\te avec le ton du plus vif intrt3 ,la ,vitteles*i a *ang d'amant3 ce pauvre ,gh]>desca se dsespre4--,qui a-t-elle pris8--,montegalli1 ce bel (fici] m\/a*es1 qui avait la pr9cipessa ,colona2 voyez-le l-bas au p>t]re1 cl\ s\s sa loge2 il e/ l t\te la soire1 c> le m>i ne veut pas le voir la maison1 et v\s ap]cevez prs de la porte le pauvre ,gh]>desca se prom5ant tri/em5t et comptant de lo9 les reg>ds que son infidle lance son successeur4 ,il e/ trs *ang1 et dans le d]ni] dsespoir2 c'e/ en va9 que ses amis veul5t l'envoy] ,p>is et ,londres4 ,il se s5t m\rir1 dit-il1 seulem5t l'ide de quitt] ,flor5ce4 ,*aque anne il y a v+t dsespoirs p>eils dans la haute socit1 j'en ai vu dur] trois ou quatre ans4 ,ces pauvres diables sont sans nulle v]gogne1 et pr5n5t p\r confid5ts t\te la t]re4 ,au re/e1 il y a peu de socit ici1 et encore1 qu& on aime1 on n'y va presque plus4 ,il ne faut pas croire que les gr&es passions et les belles mes soi5t communes nulle "p1 mme en ,italie2 seulem5t des coeurs plus enflamms et mo9s tiols p> les mille petits so9s de la vanit y tr\v5t des plaisirs dlicieux1 mme dans les espces subalt]nes d'am\r4 ,j'y ai vu l'am\r-caprice1 p> exemple1 caus] des transports et des mom5ts d'ivresse1 que la passion la plus p]due n'a jamais am5s s\s le mridi5 de ,p>is#afc4 #afc ,de ce ,p>is qui a donn au monde ,voltaire1 ,molire et tant d'hommes di/+us p> l'esprit2 mais l'on ne peut pas t\t avoir1 et il y aurait peu d'esprit en pr5dre de l'humeur4 ,je rem>quais ce soir qu'il y a des noms propres en itali5 p\r mille circon/ances p>ticulires de l'am\r1 qui1 en franais1 exig]ai5t des priphrases n'en plus f9ir3 p> exemple1 l'action de se ret\rn] brusquem5t1 qu& du p>t]re on lorgne dans sa loge la femme qu'on veut avoir1 et que le m>i ou le s]vant vi5n5t s'appro*] du p>apet de la loge4 ,voici les traits pr9cipaux du c>actre de ce peuple4 #a ,l'att5tion acc\tume tre au s]vice de passions pr(ondes ne peut pas se m\voir rapidem5t1 c'e/ la diffr5ce la plus m>quante du ,franais l',itali54 ,il faut voir un ,itali5 s'emb>qu] dans une dilig5ce1 ou faire un payem5t1 c'e/ l la furia francese2 c'e/ p\r cela qu'un ,franais des plus vulgaires1 p\r peu qu'il ne soit pas un fat spirituel la ,dmasure1 p>at t\j\rs un tre suprieur une ,itali5ne4 7,l'amant de la pr9cesse ,d444 ,rome47 #b ,t\t le monde fait l'am\r1 et non pas en ca*ette comme en ,france2 le m>i e/ le meilleur ami de l'amant2 #c ,p]sonne ne lit2 #d ,il n'y a pas de socit4 ,un homme ne compte pas p\r remplir et occup] sa vie sur le bonheur qu'il tire *aque j\r de deux heures de conv]sation et le jeu de vanit dans telle maison4 ,le mot caus]ie ne se traduit pas en itali54 ,l'on p>le qu& on a quelque *ose dire p\r le s]vice d'une passion1 mais r>em5t l'on p>le p\r bi5 p>l] et s\s t\s les sujets v5us2 #e ,le ridicule n'exi/e pas en ,italie4 ,en ,france n\s *]*ons imit] t\s les deux le mme modle et je suis juge compt5t de la manire dont v\s le copiez#afd4 ,en ,italie je ne sais pas si cette action s+ulire que je vois faire ne fait pas plaisir celui qui la fait1 et peut-tre ne m'en f]ait pas moi-mme4 #afd ,cette habitude des ,franais1 dim9uant t\s les j\rs1 loign]a de n\s les hros de ,molire4 ,ce qui e/ affect dans le langage ou dans les manires ,rome e/ de bon ton ou in9telligible ,flor5ce1 qui en e/ c9quante lieues4 ,on p>le franais ,lyon comme ,nantes4 ,le vniti51 le napolita91 le gnois1 le pimontais1 sont des langues presque entirem5t diffr5tes et seulem5t p>les p> des g5s qui sont conv5us de n'imprim] jamais que dans une langue commune1 celle qu'on p>le ,rome4 ,ri5 n'e/ absurde comme une comdie dont la scne e/ ,milan et dont les p]sonnages p>l5t roma94 ,la langue itali5ne1 beauc\p plus faite p\r tre *ante et p>le1 ne s]a s\t5ue contre la cl>t franaise qui l'envahit que p> la musique4 ,en ,italie la cra9te du pa*a et de ses espions fait e/im] l'utile2 il n'y a pas du t\t d'honneur bte#afe4 ,il e/ remplac p> une sorte de petite ha9e de socit1 appele petegolismo4 #afe ,t\tes les infractions cet honneur sont ridicules dans les socits b\rgeoises en ,france4 7,voir la ,petite ,ville1 de ,m4 ,pic>d47 ,enf9 donn] un ridicule1 c'e/ se faire un ennemi mortel1 *ose =t dang]euse dans un pays o la =ce et l'(fice des g\v]nem5ts se born5t arra*] l'impt et punir t\t ce qui se di/+ue4 #f ,le patriotisme d'anti*ambre4 ,cet orgueil qui n\s porte *]*] l'e/ime de nos concitoy5s1 et faire corps avec eux1 expuls de t\te noble entreprise1 v]s l'an #aeej1 p> le despotisme jal\x des petits pr9ces d',italie1 a donn naissance un produit b>b>e1 une espce de ,caliban1 un mon/re ple9 de fureur et de sottise1 le patriotisme d'anti*ambre1 comme disait ,m4 ,turgot1 propos du sige de ,calais 7le ,soldat lab\reur de ce temps-l74 ,j'ai vu ce mon/re hbt] les g5s les plus spirituels4 ,p> exemple un trang] se f]a mal v\loir1 mme des jolies femmes1 s'il s'avise de tr\v] des dfauts dans le pe9tre ou dans le pote de ville1 on lui dit =t bi5 et d'un gr& srieux qu'il ne faut pas v5ir *ez les g5s p\r s'en moqu]1 et on lui cite ce sujet un mot de ,l\is ,,xiv sur ,v]sailles4 ,a ,flor5ce on dit3 il no/ro ,b5v5uti1 comme ,brescia1 il no/ro ,arrici2 ils mett5t sur le mot no/ro une c]ta9e emphase cont5ue et p\rtant bi5 comique1 peu prs comme le ,miroir p>lant avec onction de la musique nationale1 et de ,m4 ,monsigny1 le musici5 de l',europe4 ,p\r ne pas rire au nez de ces braves patriotes1 il faut se rappel] que1 p> suite des diss5sions du moy5 ge1 env5imes p> la politique atroce des papes#aff1 *aque ville hait mortellem5t la cit vois9e1 et le nom des habitants de celle-ci passe t\j\rs dans la premire p\r synonyme de quelque grossi] dfaut4 ,les papes ont su faire de ce beau pays la patrie de la ha9e4 #aff ,voir l'excell5te et curieuse ,hi/oire de l'glise1 p> ,m4 de ,pott]4 ,ce patriotisme d'anti*ambre e/ la gr&e plaie morale de l',italie1 typhus dltre qui aura encore des effets fune/es longtemps aprs qu'elle aura sec\ le j\g de ses petits p44444 ridicules#afg4 ,une des =mes de ce patriotisme e/ la ha9e inexorable p\r t\t ce qui e/ trang]4 ,a9si ils tr\v5t les ,allem&s btes1 et se mett5t en colre qu& on leur dit3 ,qu'a produit l',italie dans le ,x,v,i,i,ie sicle d'gal ,ca!r9e ,,ii ou ,frdric le ,gr&8 ,o avez-v\s un j>d9 anglais comp>able au mo9dre j>d9 allem&1 v\s qui p> votre climat avez un vritable beso9 d'ombre8 #afg #ahbb4 #g ,au contraire des ,anglais et des ,franais1 les ,itali5s n'ont aucun prjug politique2 on y sait p> coeur le v]s de la ,fonta9e3 ,notre ennemi c'e/ notre ,m4 ,l'ari/ocratie1 s'appuyant sur les prtres et sur les socits bibliques1 e/ p\r eux un vieux t\r de passe-passe qui les fait rire4 ,en revan*e1 un ,itali5 a beso9 de trois mois de sj\r en ,france p\r concevoir comm5t un m>*& de draps peut tre ultra4 #h ,je mettrais p\r d]ni] trait de c>actre l'intolrance dans la discussion et la colre1 ds qu'ils ne tr\v5t pas s\s la ma9 un argum5t lanc] contre celui de leur adv]saire4 ,alors on les voit plir4 ,c'e/ une des =mes de l'extrme s5sibilit1 mais ce n'e/ pas une de ses =mes aimables2 p> consqu5t1 c'e/ une de celles que j'admets le plus volonti]s en preuve de son exi/5ce4 ,j'ai v\lu voir l'am\r t]nel1 et aprs bi5 des difficults j'ai obt5u d'tre prs5t ce soir au *evali] ,c444 et sa matresse1 auprs de laquelle il vit depuis c9quante-quatre ans4 ,je suis sorti att5dri de la loge de ces aimables vieill>ds2 voil l'art d'tre heureux1 art ignor de tant de jeunes g5s4 ,il y a deux mois que j'ai vu monsignor ,r9999991 duquel j'ai t bi5 reu p>ce que je lui portais des ,m9]ves4 ,il tait sa maison de campagne avec ,mme ,d41 qu'il avvic9a1 comme on dit1 depuis tr5te-quatre ans4 ,elle e/ encore belle1 mais il y a un fond de mlancolie dans ce mnage1 on l'attribue la p]te d'un fils empoisonn autrefois p> le m>i4 ,ici1 faire l'am\r n'e/ pas1 comme ,p>is1 voir sa matresse1 un qu>t d'heure t\tes les sema9es1 et1 le re/e du temps1 accro*] un reg>d ou un s]rem5t de ma93 l'amant1 l'heureux amant1 passe quatre ou c9q heures de *acune de ses j\rnes avec la femme qu'il aime4 ,il lui p>le de ses procs1 de son j>d9 anglais1 de ses p>ties de *asse1 de son avancem5t1 etc41 etc4 ,c'e/ l'intimit la plus complte et la plus t5dre2 il la tutoie en prs5ce du m>i1 et p>t\t4 ,un jeune homme de ce pays1 et =t ambitieux1 ce qu'il croyait1 appel une gr&e place ,vi5ne 7ri5 mo9s qu'ambassadeur71 n'a pas pu se faire l'abs5ce4 ,il a rem]ci de la place au b\t de six mois1 et e/ rev5u tre heureux dans la loge de son amie4 ,ce comm]ce de t\s les in/ants s]ait gnant en ,france1 o il e/ ncessaire de port] dans le monde une c]ta9e affectation1 et o votre matresse v\s dit =t bi53 ,monsieur un tel1 v\s tes maussade ce soir1 v\s ne dites ri54 ,en ,italie il ne s'agit que de dire la femme qu'on aime t\t ce qui passe p> la tte1 il faut exactem5t p5s] t\t haut4 ,il y a un c]ta9 effet n]veux de l'intimit et de la fran*ise provoquant la fran*ise1 que l'on ne peut attrap] que p> l4 ,mais il y a un gr& inconvni5t2 on tr\ve que faire l'am\r de cette manire p>alyse t\s les gts1 et r5d insipides t\tes les autres occupations de la vie4 ,cet am\r-l e/ le meilleur remplaant de la passion4 ,nos g5s de ,p>is qui en sont encore concevoir qu'on puisse tre ,p]san1 ne sa*ant que dire1 s'cri]ont que ces moeurs sont indc5tes4 ,d'abord je ne suis qu'hi/ori51 et puis je me rs]ve de leur dmontr] un j\r1 p> l\rds raisonnem5ts1 qu'en fait de moeurs1 et p\r le fond des *oses1 ,p>is ne doit ri5 ,bologne4 ,sans s'en d\t]1 ces pauvres g5s rpt5t encore leur cat*isme de trois s\s4 #ab juillet #ahba4--;,a ,bologne il n'y a po9t d'odieux dans la socit4 ,a ,p>is1 le rle de m>i tromp e/ excrable2 ici 7 ,bologne7 ce n'e/ ri51 il n'y a pas de m>is tromps4 ,les moeurs sont donc les mmes1 il n'y a que la ha9e de mo9s1 le cavali] s]vant de la femme e/ t\j\rs ami du m>i1 et cette amiti1 cim5te p> des s]vices rciproques1 survit bi5 s\v5t d'autres intrts4 ,la plup>t de ces am\rs dur5t c9q ou six ans1 plusieurs t\j\rs4 ,on se quitte enf9 qu& on ne tr\ve plus de d\ceur se t\t dire1 et1 pass le premi] mois de la rupture1 il n'y a pas d'aigreur4 ,janvi] #ahbb4--,l'anci5ne mode des cavali]s s]vants1 importe en ,italie p> ,philippe ,,ii avec l'orgueil et les moeurs espagnoles1 e/ entirem5t tombe dans les gr&es villes4 ,je ne connais d'exception que les ,calabres1 o t\j\rs le frre an se fait prtre1 m>ie le cadet et s'tablit le s]vant de sa belle-soeur et en mme temps l'amant4 ,napolon a t le lib]t9age la haute ,italie et mme ce pays-ci 7,naples74 ,les moeurs de la gnration actuelle des jolies femmes font honte leurs mres2 elles sont plus favorables l'am\r-passion4 ,l'am\r physique a beauc\p p]du#afh4 #afh ,v]s #aghj1 la maxime tait3 ,molti av]ne1 ,un god]ne1 ,e cambi> spesso4 ,voyage de ,%ylock4 ,,*apitre ,l ,l'am\r aux tats-,unis4 ,un g\v]nem5t libre e/ un g\v]nem5t qui ne fait po9t de mal aux citoy5s1 mais qui1 au contraire1 leur donne la sret et la tranquillit4 ,mais il y a encore lo9 de l au bonheur2 il faut que l'homme le fasse lui-mme1 c> ce s]ait une me bi5 grossire que celle qui se ti5drait p>faitem5t heureuse p>ce qu'elle j\irait de la sret et de la tranquillit4 ,n\s confondons ces *oses en ,europe1 surt\t en ,italie2 acc\tums que n\s sommes des g\v]nem5ts qui n\s font du mal1 il n\s semble qu'en tre dlivr s]ait le suprme bonheur2 semblables en cela des malades travaills p> des maux d\l\reux4 ,l'exemple de l',amrique montre bi5 le contraire4 ,l1 le g\v]nem5t s'acquitte =t bi5 de son (fice1 et ne fait de mal p]sonne4 ,mais1 comme si le de/9 v\lait dconc]t] et dm5tir t\te notre philosophie1 ou plutt l'accus] de ne pas connatre t\s les lm5ts de l'homme1 loigns comme n\s le sommes depuis tant de sicles p> le malheureux tat de l',europe de t\te vritable expri5ce1 n\s voyons que lorsque le malheur v5ant des g\v]nem5ts manque aux ,amrica9s1 ils sembl5t se manqu] eux-mmes4 ,on dirait que la s\rce de la s5sibilit se t>it *ez ces g5s-l4 ,ils sont ju/es1 ils sont raisonnables1 et ils ne sont po9t heureux4 ,l4 ,b4441 c'e/--dire les ridicules consqu5ces et rgles de conduite que des esprits biz>res dduis5t de ce recueil de pomes et de *ansons1 suffit-elle p\r caus] t\t ce malheur8 ,l'effet me semble bi5 considrable p\r la cause4 ,m4 de ,volney racontait que1 se tr\vant table la campagne1 *ez un brave ,amrica91 homme son aise et environn d'enfants dj gr&s1 il entre un jeune homme dans la salle3 ,bonj\r1 ,william1 dit le pre de famille2 asseyez-v\s4 ,le voyageur dem&a qui tait ce jeune homme3 ,c'e/ le second de mes fils4--,et d'o vi5t-il8--,de ,canton4 ,l'arrive d'un fils des b\ts de l'univ]s ne faisait pas plus de s5sation4 ,t\te l'att5tion semble employe aux arrangem5ts raisonnables de la vie1 et prv5ir t\s les inconvni5ts3 arrivs enf9 au mom5t de recueillir le fruit de tant de so9s et d'un si long esprit d'ordre1 il ne se tr\ve plus de vie de re/e p\r j\ir4 ,on dirait que les enfants de ,p5n n'ont jamais lu ce v]s qui semble leur hi/oire3 ,et propt] vitam1 viv5di p]d]e causas4 ,les jeunes g5s des deux sexes1 lorsque l'hiv] e/ v5u1 qui comme en ,russie e/ la saison gaie du pays1 c\r5t ensemble en traneaux sur la neige le j\r et la nuit1 ils font des c\rses de qu9ze ou v+t milles =t gaiem5t et sans p]sonne p\r les surveill]2 et il n'en rsulte jamais d'inconvni5t4 ,il y a la gaiet physique de la jeunesse qui passe bi5tt avec la *aleur du sang et qui e/ f9ie v+t-c9q ans3 je ne vois pas les passions qui font j\ir4 ,il y a tant d'habitude de raison aux tats-,unis1 que la cri/allisation y a t r5due impossible4 ,j'admire ce bonheur et ne l'envie pas2 c'e/ comme le bonheur d'tres d'une espce diffr5te et infrieure4 ,j'augure beauc\p mieux des ,florides et de l',amrique mridionale#afi4 #afi ,voir les moeurs des les ,aores3 l'am\r de ,dieu et l'autre am\r y occup5t t\s les in/ants4 ,la religion *rti5ne1 int]prte p> les jsuites1 e/ beauc\p mo9s ennemie de l'homme1 en ce s5s1 que le prote/antisme anglais2 elle p]met au mo9s de dans] le diman*e2 et un j\r de plaisir sur sept1 c'e/ beauc\p p\r le cultivateur1 qui travaille assidm5t les six autres4 ,ce qui =tifie ma conjecture sur celle du ,nord1 c'e/ le manque absolu d'arti/es et d'criva9s4 ,les tats-,unis ne n\s ont pas encore envoy une scne de tragdie1 un tableau ou une vie de ,wa%+ton4 ,,*apitre ,,li ,de l'am\r en ,prov5ce jusqu' la conqute de ,t\l\se en #acbh1 p> les ,b>b>es du ,nord4 ,l'am\r eut une s+ulire =me en ,prov5ce1 depuis l'an #aajj jusqu'en #acbh4 ,il y avait une lgislation tablie p\r les rapports des deux sexes en am\r1 aussi svre et aussi exactem5t suivie que peuv5t l'tre auj\rd'hui les lois du po9t d'honneur4 ,celles de l'am\r faisai5t d'abord ab/raction complte des droits sacrs des m>is4 ,elles ne supposai5t aucune hypocrisie4 ,ces lois1 pr5ant la nature huma9e telle qu'elle e/1 devai5t produire beauc\p de bonheur4 ,il y avait la manire (ficielle de se dcl>] am\reux d'une femme1 et celle d'tre agr p> elle en qualit d'amant4 ,aprs tant de mois de c\r d'une c]ta9e faon1 on obt5ait de lui bais] la ma94 ,la socit1 jeune encore1 se plaisait dans les =malits et les crmonies qui alors montrai5t la civilisation1 et qui auj\rd'hui f]ai5t m\rir d'ennui4 ,le mme c>actre se retr\ve dans la langue des ,prov5aux1 dans la difficult et l'entrelacem5t de leurs rimes1 dans leurs mots mascul9s et fm99s p\r exprim] le mme objet1 enf9 dans le nombre inf9i de leurs potes4 ,t\t ce qui e/ =me dans la socit1 et qui auj\rd'hui e/ si insipide1 avait alors t\te la fra*eur et la saveur de la n\veaut4 ,aprs avoir bais la ma9 d'une femme1 on s'avanait de grade en grade =ce de mrite et sans passe-droits4 ,il faut bi5 rem>qu] que si les m>is tai5t t\j\rs hors de la "q1 d'un autre ct l'avancem5t (ficiel des amants s'arrtait ce que n\s appell]ions les d\ceurs de l'amiti la plus t5dre entre p]sonnes de sexes diffr5ts#agj4 ,mais aprs plusieurs mois ou plusieurs annes d'preuve1 une femme tant p>faitem5t sre du c>actre et de la discrtion d'un homme1 cet homme1 ayant avec elle t\tes les app>5ces et t\tes les facilits que donne l'amiti la plus t5dre1 cette amiti devait donn] la v]tu de bi5 =tes al>mes4 #agj ,mmoires de la vie de ,*abanon1 crits p> lui-mme4 ,les c\ps de canne au plafond4 ,j'ai p>l de passe-droits1 c'e/ qu'une femme p\vait avoir plusieurs amants1 mais un seul dans les grades suprieurs4 ,il semble que les autres ne p\vai5t pas tre avancs beauc\p au del du degr d'amiti qui consi/ait lui bais] la ma9 et la voir t\s les j\rs4 ,t\t ce qui n\s re/e de cette s+ulire civilisation e/ en v]s et en v]s rims de la manire la plus b>oque et la plus difficile2 il ne faut pas s'tonn] si les notions que n\s tirons des ballades des tr\bad\rs sont vagues et peu prcises4 ,on a tr\v jusqu' un contrat de m>iage en v]s4 ,aprs la conqute en #acbh1 p\r cause d'hrsie1 les papes prescrivir5t plusieurs reprises de brl] t\t ce qui tait crit dans la langue vulgaire4 ,l'a/uce itali5ne proclamait le lat91 la seule langue digne de g5s si spirituels4 ,ce s]ait une mesure bi5 avantageuse si l'on p\vait la r5\vel] en #ahbb4 ,tant de publicit et d'(ficiel dans l'am\r sembl5t au premi] aspect ne pas s'accord] avec la vraie passion4 ,si la dame disait son s]vant3 ,allez p\r l'am\r de moi visit] la tombe de notre ,seigneur ,jsus-,*ri/ ,jrusalem2 v\s y pass]ez trois ans et revi5drez ensuite2 l'amant p>tait aussitt3 hsit] un in/ant l'aurait c\v]t de la mme ignom9ie qu'auj\rd'hui une faiblesse sur le po9t d'honneur4 ,la langue de ces g5s-l a une f9esse extrme p\r r5dre les nuances les plus fugitives du s5tim5t4 ,une autre m>que que ces moeurs tai5t =t avances sur la r\te de la vritable civilisation1 c'e/ qu' pe9e sortis des horreurs du moy5 ge et de la fodalit1 o la =ce tait t\t1 n\s voyons le sexe le plus faible mo9s tyrannis qu'il ne l'e/ lgalem5t auj\rd'hui2 n\s voyons les pauvres et faibles cratures qui ont le plus p]dre en am\r et dont les agrm5ts disp>aiss5t le plus vite1 matresses du de/9 des hommes qui les appro*5t4 ,un exil de trois ans en ,pale/9e1 le passage d'une civilisation ple9e de gaiet au fanatisme et l'ennui d'un camp de croiss devai5t tre p\r t\t autre qu'un *rti5 exalt une corve =t pnible4 ,que peut faire son amant une femme l*em5t ab&onne p> lui ,p>is8 ,il n'y a qu'une rponse que je vois d'ici3 aucune femme de ,p>is1 qui se respecte1 n'a d'amant4 ,on voit que la prud5ce a droit de conseill] bi5 plus aux femmes d'auj\rd'hui de ne pas se livr] l'am\r-passion4 ,mais une autre prud5ce1 qu'assurm5t je suis lo9 d'appr\v]1 ne leur conseille-t-elle pas de se v5g] avec l'am\r physique8 ,n\s avons gagn notre hypocrisie et notre asctisme#aga1 non pas un hommage r5du la v]tu1 l'on ne contr$it jamais impunm5t la nature1 mais il y a mo9s de bonheur sur la t]re et inf9im5t mo9s d'inspirations gnreuses4 #aga ,pr9cipe asctique de ,jrmie ,b5?am4 ,un amant qui1 aprs dix ans d'intimit1 ab&onnait sa pauvre matresse1 p>ce qu'il s'ap]cevait qu'elle avait tr5te-deux ans1 tait p]du d'honneur dans l'aimable ,prov5ce2 il n'avait d'autre ress\rce que de s'ent]r] dans la solitude d'un clotre4 ,un homme non pas gnreux1 mais simplem5t prud5t1 avait donc intrt ne pas j\] alors plus de passion qu'il n'en avait4 ,n\s dev9ons t\t cela1 c> il n\s re/e bi5 peu de monum5ts donnant des notions exactes444 ,il faut jug] l'ensemble des moeurs d'aprs quelques faits p>ticuli]s4 ,v\s connaissez l'anecdote de ce pote qui avait (f5s sa dame3 aprs deux ans de dsespoir1 elle daigna enf9 rpondre ses nombreux messages1 et lui fit dire que1 s'il se faisait arra*] un ongle1 et qu'il lui ft prs5t] cet ongle p> c9quante *evali]s am\reux et fidles1 elle p\rrait peut-tre lui p>donn]4 ,le pote se hta de se s\mettre l'opration d\l\reuse4 ,c9quante *evali]s bi5 v5us de leurs dames allr5t prs5t] cet ongle la belle (f5se avec t\te la pompe possible4 ,cela fit une crmonie aussi imposante que l'entre d'un des pr9ces du sang dans une des villes du royaume4 ,l'amant c\v]t des livres du rep5tir suivait de lo9 son ongle4 ,la dame1 aprs avoir vu s'accomplir t\te la crmonie1 qui fut =t longue1 daigna lui p>donn]2 il fut rintgr dans t\tes les d\ceurs de son premi] bonheur4 ,l'hi/oire dit qu'ils passr5t ensemble de longues et heureuses annes4 ,il e/ sr que les deux ans de malheur pr\v5t une passion vritable et l'aurai5t fait natre qu& elle n'et pas exi/ avec cette =ce aup>avant4 ,v+t anecdotes que je p\rrais cit] montr5t p>t\t une galant]ie aimable1 spirituelle et conduite entre les deux sexes sur les pr9cipes de la ju/ice2 je dis galant]ie1 c> en t\t temps l'am\r-passion e/ une exception plus curieuse que frqu5te1 et l'on ne saurait lui impos] de lois4 ,en ,prov5ce1 ce qu'il peut y avoir de calcul et de s\mis l'empire de la raison tait fond sur la ju/ice et sur l'galit de droits entre les deux sexes1 voil ce que j'admire surt\t comme loignant le malheur autant qu'il e/ possible4 ,au contraire1 la mon>*ie absolue s\s ,l\is ,,xv tait p>v5ue mettre la mode la sclratesse et la noirceur dans ces mmes rapports#agb4 #agb ,il faut avoir ent5du p>l] l'aimable gnral ,laclos1 ,naples1 #ahjb4 ,si l'on n'a pas eu ce bonheur1 l'on peut ouvrir la ,vie prive du m>*al de ,ri*elieu1 neuf volumes bi5 plaisamm5t rdigs4 ,quoique cette jolie langue prov5ale1 si remplie de dlicatesse et si t\rm5te p> la rime#agc1 ne ft pas probablem5t celle du peuple1 les moeurs de la haute classe avai5t pass aux classes infrieures1 trs peu grossires alors en ,prov5ce1 p>ce qu'elles avai5t beauc\p d'aisance4 ,elles tai5t dans les premires joies d'un comm]ce =t prospre et =t ri*e4 ,les habitants des rives de la ,mdit]rane v5ai5t de s'ap]cevoir 7au ,i,xe sicle7 que faire le comm]ce en has>dant quelques b>ques sur cette m] tait mo9s pnible et presque aussi amusant que de dtr\ss] les passants sur le gr& *em9 vois91 la suite de quelque petit seigneur fodal4 ,peu aprs1 les ,prov5aux du ,xe sicle vir5t *ez les ,arabes qu'il y avait des plaisirs plus d\x que pill]1 viol] et se battre4 #agc ,ne ,n>bonne2 mlange de lat9 et d'arabe4 ,il faut considr] la ,mdit]rane comme le foy] de la civilisation europenne4 ,les bords heureux de cette belle m] si favorise p> le climat l'tai5t encore p> l'tat prospre des habitants et p> l'abs5ce de t\te religion ou lgislation tri/e4 ,le gnie m9emm5t gai des ,prov5aux d'alors avait trav]s la religion *rti5ne sans en tre altr4 ,n\s voyons une vive image d'un effet semblable de la mme cause dans les villes d',italie dont l'hi/oire n\s e/ p>v5ue d'une manire plus di/9cte1 et qui d'ailleurs ont t assez heureuses p\r n\s laiss] le ,dante1 ,ptr>que et la pe9ture4 ,les ,prov5aux ne n\s ont pas lgu un gr& pome1 comme la ,div9e ,comdie1 dans lequel vi5n5t se rfl*ir t\tes les p>ticul>its des moeurs de l'poque4 ,ils avai5t1 ce me semble1 mo9s de passion et beauc\p plus de gaiet que les ,itali5s4 ,ils t5ai5t de leurs vois9s1 les ,maures d',espagne1 cette agrable manire de pr5dre la vie4 ,l'am\r rgnait avec l'allgresse1 les ftes et les plaisirs dans les *teaux de l'heureuse ,prov5ce4 ,avez-v\s vu l',opra le f9al d'un bel opra-comique de ,ross9i8 ,t\t e/ gaiet1 beaut1 magnific5ce idale sur la scne4 ,n\s sommes mille lieues des vila9s cts de la nature huma9e4 ,l'opra f9it1 la toile tombe1 les spectateurs s'en vont1 le lu/re s'lve1 on te9t les qu9quets4 ,l'odeur de lampe mal te9te remplit la salle1 le rideau se relve moiti1 l'on ap]oit des polissons sales et mal vtus se dm5] sur la scne2 ils s'y agit5t d'une manire hideuse1 ils y ti5n5t la place des jeunes femmes qui la remplissai5t de leurs grces il n'y a qu'un in/ant4 ,tel fut p\r le royaume de ,prov5ce l'effet de la conqute de ,t\l\se p> l'arme des croiss4 ,au lieu d'am\r1 de grces et de gaiet1 on eut les ,b>b>es du ,nord et sa9t ,dom9ique4 ,je ne noircirai po9t ces pages du rcit faire dress] les *eveux des horreurs de l'inquisition dans t\te la f]veur de la jeunesse4 ,quant aux b>b>es1 c'tai5t nos pres2 ils tuai5t et saccageai5t t\t2 ils dtruisai5t p\r le plaisir de dtruire ce qu'ils ne p\vai5t emport]2 une rage sauvage les animait contre t\t ce qui portait quelque trace de civilisation1 surt\t ils n'ent5dai5t pas un mot de cette belle langue du ,midi1 et leur fureur en tait r$\ble4 ,=t sup]/itieux1 et guids p> l'affreux sa9t ,dom9ique1 ils croyai5t gagn] le ciel en tuant des ,prov5aux4 ,t\t fut f9i p\r ceux-ci3 plus d'am\r1 plus de gaiet1 plus de posie2 mo9s de v+t ans aprs la conqute 7#acce71 ils tai5t presque aussi b>b>es et aussi grossi]s que les ,franais1 que nos pres#agd4 #agd ,voir l'tat de la puissance militaire de la ,russie1 vridique ouvrage du gnral sir ,rob]t ,wilson4 ,d'o tait tombe dans ce co9 du monde cette *>mante =me de civilisation qui1 p5dant deux sicles1 fit le bonheur des hautes classes de la socit8 des ,maures d',espagne app>emm5t4 ,,*apitre ,,lii ,la ,prov5ce au ,x,i,ie sicle4 ,je vais traduire une anecdote des manuscrits prov5aux2 le fait que l'on va lire eut lieu v]s l'an #aahj1 et l'hi/oire fut crite v]s #abejage2 l'anecdote e/ assurm5t =t connue3 t\te la nuance des moeurs e/ dans le /yle4 ,je supplie qu'on me p]mette de traduire mot mot et sans *]*] aucunem5t l'lgance du langage actuel4 #age ,le manuscrit e/ la biblio?que ,laur5tiana4 ,m4 ,rayn\>d le rapporte au tome ,v de ses ,tr\bad\rs1 page #ahi4 ,il y a plusieurs fautes dans son texte2 il a trop l\ et trop peu connu les tr\bad\rs4 ,monseigneur ,raymond de ,r\ssillon fut un vaillant b>on1 a9si que le savez1 et eut p\r femme madona ,m>gu]ite1 la plus belle femme que l'on connt en ce temps1 et la plus d\e de t\tes belles qualits1 de t\te valeur et de t\te c\rtoisie4 ,il arriva a9si que ,guillaume de ,cab/a+1 qui fut fils d'un pauvre *evali] du *teau ,cab/a+1 v9t la c\r de ,mgr ,raymond de ,r\ssillon1 se prs5ta lui et lui dem&a s'il lui plaisait qu'il ft v>let de sa c\r4 ,mgr ,raymond1 qui le vit beau et av5ant1 lui dit qu'il ft le bi5v5u et qu'il demeurt en sa c\r4 ,a9si ,guillaume demeura avec lui et sut si g5tim5t se conduire1 que petits et gr&s l'aimai5t2 et il sut tant se di/+u]1 que ,monseigneur ,raymond v\lut qu'il ft donzel de madona ,m>gu]ite1 sa femme2 et a9si fut fait4 ,adonc s'ef=a ,guillaume de valoir encore plus et en dit et en faits4 ,mais a9si1 comme il a c\tume d'av5ir en am\r1 il se tr\va qu'am\r v\lut pr5dre madona ,m>gu]ite et enflamm] sa p5se4 ,tant lui plaisait le faire de ,guillaume1 et son dire1 et son semblant1 qu'elle ne dut se t5ir un j\r de lui dire3 ,or 1 dis-moi1 ,guillaume1 si une femme te faisait semblant d'am\r1 os]ais-tu bi5 l'aim]8 ,guillaume1 qui s'en tait ap]u1 lui rpondit t\t fran*em5t3 ,oui1 bi5 f]ais-je1 madame1 p\rvu seulem5t que le semblant ft vrit4--,p> sa9t ,jean6 fit la dame1 bi5 avez rpondu comme un homme de valeur2 mais prs5t je te veux pr\v] si tu p\rras savoir et connatre1 en fait de semblants1 quels sont de vrit et quels non4 ,qu& ,guillaume eut ent5du ces p>oles1 il rpondit3 ,madame1 qu'il soit a9si comme il v\s plaira4 ,il comm5a tre p5sif1 et ,am\r aussitt lui *]*a gu]re2 et les p5s]s qu',am\r envoie aux si5s lui entrr5t dans le t\t pr(ond du coeur1 et de l en avant il fut des s]vants d'am\r et comm5a tr\v]#agf de petits c\plets av5ants et gais1 et des *ansons dans]1 et des *ansons de *ant#agg plaisant1 p> quoi il tait =t agr1 et plus de celle p\r laquelle il *antait4 ,or ,am\r1 qui accorde ses s]vants leur rcomp5se qu& il lui plat1 v\lut ,guillaume donn] le prix du si52 et le voil qui comm5ce pr5dre la dame si =t de p5s]s et de rflexions d'am\r1 que ni j\r ni nuit elle ne p\vait repos]1 songeant la valeur et la pr\esse qui en ,guillaume s'tait si copieusem5t loge et mise4 #agf ,faire4 #agg ,il inv5tait les airs et les p>oles4 ,un j\r1 il arriva que la dame prit ,guillaume et lui dit3 ,guillaume1 or 1 dis-moi1 t'es-tu cette heure ap]u de mes semblants1 s'ils sont vritables ou m5song]s8 ,guillaume rpond3 ,madona1 a9si ,dieu me soit en aide1 du mom5t en que j'ai t votre s]vant1 il ne m'a pu entr] au coeur nulle p5se que v\s ne fussiez la meilleure qui onc naquit et la plus vritable et en p>oles et en semblants4 ,cela je crois et croirai t\te ma vie4 ,et la dame rpondit3 ,guillaume1 je v\s dis que si ,dieu m'aide que j ne s]ez p> moi tromp1 et que vos p5s]s ne s]ont pas va9s ni p]dus4 ,et elle t5dit les bras et l'embrassa d\cem5t dans la *ambre o ils tai5t t\s deux aussi1 et ils comm5cr5t leur dru]ie#agh2 et il ne t>da gure que les mdisants1 que ,dieu ait en ire1 se mir5t p>l] et devis] de leur am\r1 propos des *ansons que ,guillaume faisait1 disant qu'il avait mis son am\r en madame ,m>gu]ite1 et tant dir5t-ils tort et trav]s1 que la *ose v9t aux oreilles de monseigneur ,raymond4 ,alors il fut gr&em5t pe9 et =t grivem5t tri/e1 d'abord p>ce qu'il lui fallait p]dre son compagnon-cuy] qu'il aimait tant1 et plus encore p\r la honte de sa femme4 #agh ,a f> all' amore4 ,un j\r1 il arriva que ,guillaume s'en tait all la *asse l'p]vi] avec un cuy] seulem5t2 et monseigneur ,raymond fit dem&] o il tait2 et un valet lui rpondit qu'il tait all l'p]vi]1 et tel qui le savait aj\ta qu'il tait en tel endroit4 ,sur-le-*amp1 ,raymond pr5d des armes ca*es et se fait am5] son *eval1 et pr5d t\t seul son *em9 v]s cet endroit o ,guillaume tait all3 tant il *evau*a qu'il le tr\va4 ,qu& ,guillaume le vit v5ir1 il s'en tonna beauc\p1 et sur-le-*amp il lui v9t de s9i/res p5ses1 et il s'avana sa r5contre et lui dit3 ,seigneur1 soyez le bi5 arriv4 ,comm5t tes-v\s a9si seul8 ,monseigneur ,raymond rpondit3 ,guillaume1 c'e/ que je vais v\s *]*ant p\r me div]tir avec v\s4 ,n'avez-v\s ri5 pris8--,je n'ai gure pris1 seigneur1 c> je n'ai gure tr\v2 et qui peu tr\ve ne peut gure pr5dre1 comme dit le prov]be4--,laissons l dsormais cette conv]sation dit monseigneur ,raymond1 et1 p> la foi que v\s me devez1 dites-moi vrit sur t\s les sujets que je v\s v\drai dem&]4--,p> ,dieu6 seigneur1 dit ,guillaume1 si cela e/ *ose dire1 bi5 v\s la dirai-je4--,je ne veux ici aucune subtilit1 a9si dit monseigneur ,raymond1 mais v\s me direz t\t entirem5t sur t\t ce que je v\s dem&]ai4--,seigneur1 autant qu'il v\s plaira me dem&]1 dit ,guillaume1 autant v\s dirai-je la vrit4 ,et monseigneur ,raymond dem&e3 ,guillaume1 si ,dieu et la sa9te foi v\s vaut1 avez-v\s une matresse p\r qui v\s *antiez ou p\r laquelle ,am\r v\s treigne8 ,guillaume rpond3 ,seigneur1 et comm5t f]ais-je p\r *ant]1 si ,am\r ne me pressait pas8 ,sa*ez la vrit1 monseigneur1 qu',am\r m'a t\t en son p\voir4 ,raymond rpond3 ,je veux bi5 le croire1 qu'autrem5t v\s ne p\rriez pas si bi5 *ant]2 mais je veux savoir s'il v\s plat qui e/ votre dame4--,ah6 seigneur1 au nom de ,dieu1 dit ,guillaume1 voyez ce que v\s me dem&ez4 ,v\s savez trop bi5 qu'il ne faut pas nomm] sa dame1 et que ,b]n>d de ,v5tad\r dit3 ,en une *ose ma raison me s]t#agi4 ,que jamais homme ne m'a dem& ma joie1 ,que je ne lui en aie m5ti volonti]s4 ,c> cela ne me semble pas bonne doctr9e1 ,mais plutt folie et acte d'enfant1 ,que quiconque e/ bi5 trait en am\r ,en veuille ouvrir son coeur un autre homme1 ,a mo9s qu'il ne puisse le s]vir et l'aid]4 #agi ,on traduit mot mot les v]s prov5aux cits p> ,guillaume4 ,monseigneur ,raymond rpond3 ,et je v\s donne ma foi que je v\s s]virai selon mon p\voir4 ,raymond en dit tant que ,guillaume lui rpondit3 ,seigneur1 il faut que v\s sa*iez que j'aime la soeur de madame ,m>gu]ite1 votre femme1 et que je p5se en avoir *ange d'am\r4 ,ma9t5ant que v\s le savez1 je v\s prie de v5ir mon aide ou du mo9s de ne pas me faire dommage4--,pr5ez ma9 et foi1 fit ,raymond1 c> je v\s jure et v\s engage que j'emploi]ai p\r v\s t\t mon p\voir4 ,et alors il lui donna sa foi1 et qu& il la lui eut donne1 ,raymond lui dit3 ,je veux que n\s allions son *teau1 c> il e/ prs d'ici4--,et je v\s en prie1 fit ,guillaume1 p> ,dieu4 ,et a9si ils prir5t leur *em9 v]s le *teau de ,liet4 ,et1 qu& ils fur5t au *teau1 ils fur5t bi5 accueillis p> ,en#ahj ,rob]t de ,t>ascon1 qui tait m>i de madame ,agns1 la soeur de madame ,m>gu]ite1 et p> madame ,agns elle-mme4 ,et monseigneur ,raymond prit madame ,agns p> la ma91 il la m5a dans la *ambre et ils s'assir5t sur le lit4 ,et monseigneur ,raymond dit3 ,ma9t5ant1 dites-moi1 belle-soeur1 p> la foi que v\s me devez1 aimez-v\s d'am\r8 ,et elle dit3 ,oui1 seigneur4--,et qui8 fit-il4--,oh6 cela1 je ne v\s le dis pas1 rpondit-elle2 et quels disc\rs me t5ez-v\s l8 #ahj ,en1 manire de p>l] p>mi les ,prov5aux1 que n\s traduisons p> le sire4 ,a la f91 tant la pria1 qu'elle dit qu'elle aimait ,guillaume de ,cab/a+1 elle dit cela p>ce que elle voyait ,guillaume tri/e et p5sif1 et elle savait bi5 comme quoi il aimait sa soeur2 et a9si elle craignait que ,raymond n'et de mauvaises p5ses de ,guillaume4 ,une telle rponse causa une gr&e joie ,raymond4 ,agns conta t\t son m>i1 et le m>i lui rpondit qu'elle avait bi5 fait1 et lui donna p>ole qu'elle avait la lib]t de faire ou dire t\t ce qui p\rrait sauv] ,guillaume4 ,agns n'y manqua pas4 ,elle appela ,guillaume dans sa *ambre t\t seul1 et re/a tant avec lui1 que ,raymond p5sa qu'il devait avoir eu d'elle plaisir d'am\r2 et t\t cela lui plaisait1 et il comm5a p5s] que ce que on lui avait dit de lui n'tait pas vrai et qu'on p>lait en l'air4 ,agns et ,guillaume sortir5t de la *ambre1 le s\p] fut prp>1 et l'on s\pa en gr&e gaiet4 ,et aprs s\p] ,agns fit prp>] le lit des deux pro*es de la porte de sa *ambre1 et si bi5 fir5t de semblant en semblant la dame et ,guillaume1 que ,raymond crut qu'il c\*ait avec elle4 ,et le l5dema9 ils dnr5t au *teau avec gr&e allgresse1 et aprs dn] ils p>tir5t avec t\s les honneurs d'un noble cong et v9r5t ,r\ssillon4 ,et aussitt que ,raymond le put1 il se sp>a de ,guillaume et s'en v9t sa femme1 et lui conta ce qu'il avait vu de ,guillaume et de sa soeur1 de quoi eut sa femme une gr&e tri/esse t\te la nuit4 ,et le l5dema9 elle fit appel] ,guillaume1 et le reut mal1 et l'appela faux ami et tratre4 ,et ,guillaume lui dem&a m]ci1 comme homme qui n'avait faute aucune de ce dont elle l'accusait1 et lui conta t\t ce qui s'tait pass mot mot4 ,et la femme m&a sa soeur1 et p> elle sut bi5 que ,guillaume n'avait pas tort4 ,et p\r cela elle lui dit et comm&a qu'il ft une *anson p> laquelle il montrt qu'il n'aimait aucune femme except elle1 et alors il fit la *anson qui dit3 ,la d\ce p5se ,qu'am\r s\v5t me donne4 ,et qu& ,raymond de ,r\ssillon out la *anson que ,guillaume avait faite p\r sa femme1 il le fit v5ir p\r lui p>l] assez lo9 du *teau et lui c\pa la tte1 qu'il mit dans un c>ni]2 il lui tira le coeur du corps et il le mit avec la tte4 ,il s'en alla au *teau2 il fit rtir le coeur et apport] table sa femme1 et il le lui fit mang] sans qu'elle le st4 ,qu& elle l'eut mang1 ,raymond se leva et dit sa femme que ce qu'elle v5ait de mang] tait le coeur du seigneur ,guillaume de ,cab/a+1 et lui montra la tte1 et lui dem&a si le coeur avait t bon mang]4 ,et elle ent5dit ce qu'il disait et vit et connut la tte du seigneur ,guillaume4 ,elle lui rpondit et dit que le coeur avait t si bon et si sav\reux1 que jamais autre mang] ou autre boire ne lui t]ait de la b\*e le gt que le coeur du seigneur ,guillaume y avait laiss4 ,et ,raymond lui c\rut sus avec une pe4 ,elle se prit fuir1 se jeta d'un balcon en bas et se cassa la tte4 ,cela fut su dans t\te la ,catalogne et dans t\tes les t]res du roi d',aragon4 ,le roi ,alphonse et t\s les b>ons de ces contres eur5t gr&e d\leur et gr&e tri/esse de la mort du seigneur ,guillaume et de la femme que ,raymond avait aussi laidem5t mise mort4 ,ils lui fir5t la gu]re feu et sang4 ,le roi ,alphonse d',aragon ayant pris le *teau de ,raymond1 il fit plac] ,guillaume et sa dame dans un monum5t devant la porte de l'glise d'un b\rg nomm ,p]pignac4 ,t\s les p>faits amants1 t\tes les p>faites amantes1 prir5t ,dieu p\r leurs mes4 ,le roi d',aragon prit ,raymond1 le fit m\rir en prison et donna t\s ses bi5s aux p>5ts de ,guillaume et aux p>5ts de la femme qui m\rut p\r lui4 ,,*apitre ,,liii ,l',arabie4 ,c'e/ s\s la t5te noirtre de l',arabe-,bd\9 qu'il faut *]*] le modle de la patrie du vritable am\r4 ,l1 comme ailleurs1 la solitude et un beau climat ont fait natre la plus noble des passions du coeur huma91 celle qui1 p\r tr\v] le bonheur1 a beso9 de l'inspir] au mme degr qu'elle le s5t4 ,il fallait p\r que l'am\r p>t t\t ce qu'il peut tre dans le coeur de l'homme1 que l'galit entre la matresse et son amant ft tablie autant que possible4 ,elle n'exi/e po9t1 cette galit1 dans notre tri/e ,occid5t3 une femme quitte e/ malheureuse ou d%onore4 ,s\s la t5te de l',arabe1 la foi donne ne peut pas se viol]4 ,le mpris et la mort suiv5t immdiatem5t ce crime4 ,la gnrosit e/ si sacre *ez ce peuple qu'il e/ p]mis de vol] p\r donn]4 ,d'ailleurs les dang]s y sont de t\s les j\rs1 et la vie s'c\le t\te1 p\r a9si dire1 dans une solitude passionne4 ,mme runis1 les ,arabes p>l5t peu4 ,ri5 ne *ange *ez l'habitant du ds]t2 t\t y e/ t]nel et immobile4 ,les moeurs s+ulires1 dont je ne puis1 p> ignorance1 que donn] une faible esquisse1 exi/ai5t probablem5t ds le temps d',homre#aha4 ,elles ont t crites p\r la premire fois v]s l'an #fjj de notre re1 deux sicles avant ,*>lemagne4 #aha #ijj ans avant ,jsus-,*ri/4 ,on voit que c'e/ n\s qui fmes les b>b>es l'g>d de l',ori5t1 qu& n\s allmes le tr\bl] p> nos croisades#ahb4 ,aussi devons-n\s ce qu'il y a de noble dans nos moeurs ces croisades et aux ,maures d',espagne4 #ahb #ajie4 ,si n\s n\s comp>ons aux ,arabes1 l'orgueil de l'homme prosaque s\rira de piti4 ,nos arts sont extrmem5t suprieurs aux leurs1 nos lgislations sont en app>5ce encore plus suprieures2 mais je d\te que n\s l'emportions dans l'art du bonheur dome/ique3 il n\s a t\j\rs manqu bonne foi et simplicit2 dans les relations de famille1 le trompeur e/ le premi] malheureux4 ,il n'y a plus de scurit p\r lui3 t\j\rs inju/e1 il a t\j\rs peur4 ,a l'orig9e des plus anci5s monum5ts hi/oriques1 n\s voyons les ,arabes diviss de t\te antiquit en un gr& nombre de tribus indp5dantes1 errant dans le ds]t4 ,suivant que ces tribus p\vai5t1 avec plus ou mo9s de facilit1 p\rvoir aux premi]s beso9s de l'homme1 elle avait des moeurs plus ou mo9s lgantes4 ,la gnrosit tait la mme p>t\t2 mais1 suivant le degr d'opul5ce de la tribu1 elle se montrait p> le don du qu>ti] de *evreau ncessaire la vie physique1 ou p> celui de c5t *ameaux1 don provoqu p> quelque relation de famille ou d'hospitalit4 ,le sicle hroque des ,arabes1 celui o ces mes gnreuses brillr5t pures de t\te affectation de bel esprit ou de s5tim5t raff91 fut celui qui prcda ,mohamm$ et qui correspond au ,ve sicle de notre re1 la fondation de ,v5ise et au rgne de ,clovis4 ,je supplie notre orgueil de comp>] les *ants d'am\r qui n\s re/5t des ,arabes et les moeurs nobles retraces dans les ,mille et une ,nuits aux horreurs dgtantes qui ensanglant5t *aque page de ,grgoire de ,t\rs1 l'hi/ori5 de ,clovis1 ou d'g9>d1 l'hi/ori5 de ,*>lemagne4 ,mohamm$ fut un purita91 il v\lut proscrire les plaisirs qui ne font de mal p]sonne2 il a tu l'am\r dans les pays qui ont admis l'islamisme#ahc2 c'e/ p\r cela que sa religion a t\j\rs t mo9s pratique dans l',arabie1 son b]ceau1 que dans t\s les autres pays mahomtans4 #ahc ,moeurs de ,con/ant9ople4 ,la seule manire de tu] l'am\r-passion e/ d'emp*] t\te cri/allisation p> la facilit4 ,les ,franais ont rapport d'gypte quatre volumes 9-folio1 intituls3 le ,livre des ,*ansons4 ,ces volumes conti5n5t3 #a ,les biographies des potes qui ont fait les *ansons4 #b ,les *ansons elles-mmes4 ,le pote y *ante t\t ce qui l'intresse1 il y l\e son c\rsi] rapide et son arc1 aprs avoir p>l de sa matresse4 ,ces *ants fur5t s\v5t les lettres d'am\r de leurs auteurs2 ils y donnai5t l'objet aim un tableau fidle de t\tes les affections de leur me4 ,ils p>l5t quelquefois de nuits froides p5dant lesquelles ils ont t obligs de brl] leur arc et leurs fl*es4 ,les ,arabes sont une nation sans maisons4 #c ,les biographies des musici5s qui ont fait la musique de ces *ansons4 #d ,enf9 l'indication des =mules musicales2 ces =mules sont des hiroglyphes p\r n\s3 cette musique n\s re/]a jamais inconnue1 et d'ailleurs ne n\s plairait pas4 ,il y a un autre recueil intitul3 ,hi/oire des ,arabes qui sont morts d'am\r4 ,ces livres si curieux sont extrmem5t peu connus2 le petit nombre de savants qui p\rrai5t les lire ont eu le coeur dess* p> l'tude et p> les habitudes acadmiques4 ,p\r n\s reconnatre au milieu de monum5ts si intressants p> leur antiquit et p> la beaut s+ulire des moeurs qu'ils font dev9]1 il faut dem&] quelques faits l'hi/oire4 ,de t\t temps1 et surt\t avant ,mohamm$1 les ,arabes se r5dai5t la ,mecque p\r faire le t\r de la ,caaba ou maison d',abraham4 ,j'ai vu ,londres un modle =t exact de la ville sa9te4 ,ce sont sept huit c5ts maisons toits en t]rasse1 jetes au milieu d'un ds]t de sable dvor p> le soleil4 ,a l'une des extrmits de la ville1 l'on dc\vre un difice imm5se peu prs de =me c>re2 cet difice ent\re la ,caaba2 il se compose d'une longue suite de portiques ncessaires s\s le soleil d',arabie p\r effectu] la prom5ade sacre4 ,ce portique e/ bi5 important dans l'hi/oire des moeurs et de la posie arabes3 ce fut app>emm5t p5dant des sicles le seul lieu o les hommes et les femmes se tr\vass5t runis4 ,on faisait ple-mle1 pas l5ts1 et en rcitant en *oeur des posies sacres1 le t\r de la ,caaba2 c'e/ une prom5ade de trois qu>ts d'heure3 ces t\rs se rptai5t plusieurs fois dans la mme j\rne2 c'tait l le rite sacr p\r lequel hommes et femmes acc\rai5t de t\tes les p>ties du ds]t4 ,c'e/ s\s le portique de la ,caaba que se sont polies les moeurs arabes4 ,il s'tablit bi5tt une lutte entre les pres et les amants2 bi5tt ce fut p> des odes d'am\r que l'amant dvoila sa passion la jeune fille svrem5t surveille p> ses frres ou son pre1 ct de laquelle il faisait la prom5ade sacre4 ,les habitudes gnreuses et s5tim5tales de ce peuple exi/ai5t dj dans le camp2 mais il me semble que la galant]ie arabe e/ ne aut\r de la ,caaba3 c'e/ aussi la patrie de leur littrature4 ,d'abord elle exprima la passion avec simplicit et vhm5ce1 telle que la s5tait le pote2 plus t>d le pote1 au lieu de song] t\*] son amie1 p5sa crire de belles *oses2 alors naquit l'affectation1 que les ,maures portr5t en ,espagne et qui gte encore auj\rd'hui les livres de ce peuple#ahd4 #ahd ,il y a un =t gr& nombre de manuscrits arabes ,p>is4 ,ceux des temps po/rieurs ont de l'affectation1 mais jamais aucune imitation des ,grecs ou des ,roma9s2 c'e/ ce qui les fait mpris] des savants4 ,je vois une preuve t\*ante du respect des ,arabes p\r le sexe le plus faible dans la =mule de leur divorce4 ,la femme1 en l'abs5ce du m>i duquel elle v\lait se sp>]1 dt5dait la t5te et la relevait en ayant so9 d'en plac] l'ouv]ture du ct oppos celui qu'elle occupait aup>avant4 ,cette simple crmonie sp>ait jamais les deux p\x4 ,,fragm5ts ,,extraits ,,et ,,traduits ,d',,un ,,recueil ,,arabe ,,intitul ,,le ,,divan ,,de ,l',,am\r ,compil p> ,ebn-,abi-,hadglat 7manuscrits de la biblio?que du roi1 nos #adfa et #adfb74 ,mohamm$1 fils de ,djaf> ,elah\zadi1 raconte que1 ,djamil tant malade de la maladie dont il m\rut1 ,elbas1 fils de ,sohail1 le visita et le tr\va prt r5dre l'me4 ,o fils de ,sohail6 lui dit ,djamil1 que p5ses-tu d'un homme qui n'a jamais bu de v91 qui n'a jamais fait de ga9 illicite1 qui n'a jamais donn inju/em5t la mort nulle crature vivante que ,dieu ait df5du de tu]1 et qui r5d tmoignage qu'il n'y a d'autre dieu que ,dieu1 et que ,mohamm$ e/ son prophte8--,je p5se1 rpondit ,b5 ,sohail1 que cet homme s]a sauv et obti5dra le p>adis2 mais quel e/-il1 cet homme que tu dis8--,c'e/ moi1 rpliqua ,djamil4--,je ne croyais pas que tu pr(essasses l'islamisme1 dit alors ,b5 ,sohail1 et d'ailleurs il y a v+t ans que tu fais l'am\r ,bo?a9a et que tu la clbres dans tes v]s4--,me voici1 rpondit ,djamil1 au premi] des j\rs de l'autre monde et au d]ni] des j\rs de ce monde1 et je veux que la clm5ce de notre matre ,mohamm$ ne s't5de pas sur moi au j\r du jugem5t1 si j'ai jamais port la ma9 sur ,bo?a9a p\r quelque *ose de rprh5sible4 ,ce ,djamil et ,bo?a9a1 sa matresse1 app>t5ai5t t\s les deux aux ,b5\-,azra1 qui sont une tribu clbre en am\r p>mi t\tes les tribus des ,arabes4 ,aussi leur manire d'aim] a-t-elle pass en prov]be1 et ,dieu n'a po9t fait de cratures aussi t5dres qu'eux en am\r4 ,sahid1 fils d',agba1 dem&a un j\r un ,arabe3 ,de quel peuple es-tu8--,je suis du peuple *ez lequel on meurt qu& on aime1 rpondit l',arabe4--,tu es donc de la tribu de ,azra8 aj\ta ,sahid4--,oui1 p> le matre de la ,caaba6 rpliqua l',arabe4--,d'o vi5t donc que v\s aimez de la sorte8 dem&a ensuite ,sahid4--,nos femmes sont belles et nos jeunes g5s sont *a/es1 rpondit l',arabe4 ,quelqu'un dem&a un j\r ,ar\-,b5-,hezam#ahe3 ,e/-il donc bi5 vrai1 comme on le dit de v\s1 que v\s tes de t\s les hommes ceux qui avez le coeur le plus t5dre en am\r8--,oui1 p> ,dieu6 cela e/ vrai1 rpondit ,ar\1 et j'ai connu dans ma tribu tr5te jeunes g5s que la mort a enlevs1 et qui n'avai5t d'autre maladie que l'am\r4 #ahe ,cet ,ar\-,b5-,hezam tait de la tribu de ,azra dont il vi5t d'tre fait m5tion4 ,il e/ clbre comme pote1 et plus clbre encore comme un des nombreux m>tyrs de l'am\r que les ,arabes compt5t p>mi eux4 ,un ,arabe des ,b5\-,fazrat dit un j\r un autre ,arabe des ,b5\-,azra3 ,v\s autres1 ,b5\-,azra1 v\s p5sez que m\rir d'am\r e/ une d\ce et noble mort2 mais c'e/ l une faiblesse manife/e et une /upidit2 et ceux que v\s pr5ez p\r des hommes de gr& coeur ne sont que des ins5ss et de molles cratures4--,tu ne p>l]ais pas a9si1 lui rpondit l',arabe de la tribu de ,azra1 si tu avais vu les gr&s yeux noirs de nos femmes voils p>-dessus de leurs longs s\rcils1 et dco*ant des fl*es p>-dess\s2 si tu les avais vues s\rire1 et leurs d5ts brill] entre leurs lvres brunes6 ,ab\-el-,hassan1 ,ali1 fils d',abdalla1 ,elzag\ni1 raconte ce qui suit3 ,un musulman aimait une fille *rti5ne jusqu'au po9t d'en p]dre la raison4 ,il fut oblig de faire un voyage dans un pays trang] avec un ami qui tait dans la confid5ce de son am\r4 ,ses affaires s'tant prolonges dans ce pays1 il y fut attaqu d'une maladie mortelle1 et dit alors son ami3 ,voil que mon t]me appro*e1 je ne r5contr]ai plus dans ce monde celle que j'aime1 et je cra9s1 si je meurs musulman1 de ne pas la r5contr] non plus dans l'autre vie4 ,il se fit *rti5 et m\rut4 ,son ami se r5dit auprs de la jeune *rti5ne1 qu'il tr\va malade4 ,elle lui dit3 ,je ne v]rai plus mon ami dans ce monde2 mais je veux me retr\v] avec lui dans l'autre3 a9si donc je r5ds tmoignage qu'il n'y a d'autre dieu que ,dieu1 et que ,mohamm$ e/ le prophte de ,dieu4 ,l-dessus1 elle m\rut1 et que la misricorde de ,dieu soit sur elle 994 ,eltemimi raconte qu'il y avait dans la tribu des ,arabes de ,tagleb une fille *rti5ne =t ri*e qui aimait un jeune musulman4 ,elle lui (frit sa =tune et t\t ce qu'elle avait de prcieux sans p\voir p>v5ir se faire aim] de lui4 ,qu& elle eut p]du t\te esprance1 elle donna c5t d9>s un arti/e p\r lui faire une figure du jeune homme qu'elle aimait4 ,l'arti/e fit cette figure1 et1 qu& la jeune fille l'eut1 elle la plaa dans un endroit o elle v5ait t\s les j\rs4 ,l elle comm5ait p> embrass] cette figure et puis s'asseyait ct d'elle1 et passait le re/e de la j\rne pleur]4 ,qu& le soir tait v5u1 elle saluait la figure et se retirait4 ,elle fit cela p5dant longtemps4 ,le jeune homme v9t m\rir2 elle v\lut le voir et l'embrass] mort1 aprs quoi elle ret\rna auprs de sa figure1 la salua1 l'embrassa comme l'ord9aire1 et se c\*a ct d'elle4 ,le mat9 v5u1 on l'y tr\va morte1 la ma9 t5due v]s des lignes d'criture qu'elle avait traces avant de m\rir 994 ,ou$dah1 du pays de ,yam51 tait r5omm p\r sa beaut entre les ,arabes4--,lui et ,om-el-,bona91 fille de ,abd-el-,aziz1 fils de ,m]\an1 n'tant encore que des enfants1 s'aimai5t dj tellem5t1 que l'un ne p\vait s\ffrir d'tre un mom5t sp> de l'autre4--,lorsque ,om-el-,bona9 dev9t la femme de ,oualid-,b5-,abd-el-,malek1 ,ou$dah en p]dit la raison4--,aprs tre re/ longtemps dans un tat d'g>em5t et de s\ffrance1 il se r5dit en ,syrie1 et comm5a rd] *aque j\r aut\r de l'habitation de ,oualid1 fils de ,malek1 sans tr\v] d'abord de moy5 de p>v5ir ce qu'il dsirait4--,a la f91 il fit la r5contre d'une jeune fille qu'il russit s'atta*] =ce de p]svrance et de so9s4 ,qu& il crut p\voir se fi] elle1 il lui dem&a si elle connaissait ,om-el-,bona94--,sans d\te1 puisque c'e/ ma matresse1 rpondit la jeune fille4--,eh bi56 reprit ,ou$dah1 ta matresse e/ ma c\s9e1 et1 si tu veux lui port] de mes n\velles1 tu lui f]as c]ta9em5t plaisir4--,je lui en port]ai volonti]s1 rpondit la jeune fille4 ,et l-dessus elle c\rut aussitt v]s ,om-el-,bona9 p\r lui donn] des n\velles de ,ou$dah4 ,pr5ds g>de ce que tu dis6 s'cria celle-ci4 ,quoi6 ,ou$dah e/ vivant8--,assurm5t1 dit la jeune fille4--,va lui dire1 p\rsuivit alors ,om-el-,bona91 de ne po9t s'c>t] jusqu' ce qu'il lui arrive un messag] de ma "p4 ,elle prit ensuite ses mesures p\r introduire ,ou$dah *ez elle1 o elle le g>da ca* dans un c(fre4 ,elle l'en faisait sortir p\r tre avec lui qu& elle se croyait en sret2 et1 qu& il arrivait quelqu'un qui aurait pu le voir1 elle le faisait r5tr] dans le c(fre4 ,il arriva un j\r que l'on apporta ,oualid une p]le1 et il dit l'un de ses s]viteurs3 ,pr5ds cette p]le et porte-la ,om-el-,bona94 ,le s]viteur prit la p]le et la porta ,om-el-,bona94 ,ne s'tant pas fait annonc]1 il entra *ez elle dans un mom5t o elle tait avec ,ou$dah1 de sorte qu'il put lanc] un c\p d'oeil dans l'app>tem5t de ,om-el-,bona9 sans que celle-ci y prt g>de4 ,le s]viteur de ,oualid s'acquitta de sa commission1 et dem&a quelque *ose ,om-el-,bona9 p\r le bij\ qu'il lui avait apport4 ,elle le refusa svrem5t1 et lui fit une rprim&e4 ,le s]viteur sortit c\rr\c contre elle1 et1 allant dire ,oualid ce qu'il avait vu1 il lui dcrivit le c(fre o il avait vu entr] ,ou$dah4 ,tu m5s1 esclave sans mre6 tu m5s6 lui dit ,oualid4 ,et il c\rt brusquem5t *ez ,om-el-,bona94 ,il y avait dans l'app>tem5t plusieurs c(fres2 il s'assi$ sur celui o tait r5f]m ,ou$dah1 et que lui avait dcrit l'esclave1 en disant ,om-el-,bona93 ,donne-moi un de ces c(fres4--,ils sont t\s toi1 a9si que moi-mme1 rpondit ,om-el-,bona94--,eh bi56 p\rsuivit ,oualid1 je dsire avoir celui sur lequel je suis assis4--,il y a dans celui-l des *oses ncessaires une femme1 dit ,om-el-,bona9--,ce ne sont po9t ces *oses-l1 c'e/ le c(fre que je dsire1 cont9ua ,oualid4--,il e/ toi1 rpondit-elle4 ,oualid fit aussitt emport] le c(fre1 et fit appel] deux esclaves auxquels il donna l'ordre de creus] une fosse en t]re jusqu' la pr(ondeur o il se tr\v]ait de l'eau4 ,appro*ant ensuite sa b\*e du c(fre3 ,on m'a dit quelque *ose de toi1 cria-t-il4 ,si l'on m'a dit vrai1 que t\te ta trace de toi soit sp>e1 que t\te n\velle de toi soit ensevelie4 ,si l'on m'a dit faux1 je ne fais ri5 de mal en enf\issant un c(fre3 ce n'e/ que du bois ent]r4 ,il fit p\ss] alors le c(fre dans la fosse1 et la fit combl] des pi]res et des t]res que l'on en avait retires4 ,depuis lors1 ,om-el-,bona9 ne cessa de frqu5t] cet endroit1 et d'y pleur] jusqu' ce qu'on l'y tr\vt un j\r sans vie1 la face contre t]re 99#ahf4 #ahf ,ces fragm5ts sont extraits de div]s *apitres du recueil cit4 ,les trois m>qus d'une 99 sont tirs du d]ni] *apitre1 qui e/ une biographie trs sommaire d'un assez gr& nombre d',arabes m>tyrs de l'am\r4 ,,*apitre ,,liv ,de l'ducation des femmes4 ,p> l'ducation actuelle des jeunes filles1 qui e/ le fruit du has>d et du plus sot orgueil1 n\s laissons oisives *ez elles les facults les plus brillantes et les plus ri*es en bonheur p\r elles-mmes et p\r n\s4 ,mais quel e/ l'homme qui ne se soit cri au mo9s une fois en sa vie3 ,une femme en sait t\j\rs assez1 ,qu& la capacit de son esprit se hausse ,a connatre un p\rpo9t d'avec un haut-de-*ausse4 ,les ,femmes savantes1 acte ,,ii1 scne ,,vii4 ,a ,p>is1 la premire l\ange p\r une jeune fille m>i] e/ cette phrase3 ,elle a beauc\p de d\ceur dans le c>actre1 et p> habitude m\tonne4 ,ri5 ne fait plus d'effet sur les sots p\seurs4 ,voyez-les deux ans aprs1 djeunant tte tte avec leur femme p> un temps sombre1 la casquette sur la tte et ent\rs de trois gr&s laquais4 ,on a vu port] aux tats-,unis1 en #ahah1 une loi qui condamne tr5te-quatre c\ps de f\et l'homme qui montr]a lire un ngre de la ,virg9ie#ahg4 ,ri5 de plus consqu5t et de plus raisonnable que cette loi4 #ahg ,je regrette de ne pas tr\v] dans le manuscrit itali5 la citation de la s\rce (ficielle de ce fait2 je dsire que l'on puisse le dm5tir4 ,les tats-,unis d',amrique eux-mmes ont-ils t plus utiles la mre patrie lorsqu'ils tai5t ses esclaves ou depuis qu'ils sont ses gaux8 ,si le travail d'un homme libre vaut deux ou trois fois celui du mme homme rduit en esclavage1 p\rquoi n'en s]ait-il pas de mme de la p5se de cet homme8 ,si n\s l'osions1 n\s donn]ions aux jeunes filles une ducation d'esclave1 la preuve en e/ qu'elles ne sav5t d'utile que ce que n\s ne v\lons pas leur appr5dre4 ,mais ce peu d'ducation qu'elles accro*5t p> malheur1 elles le t\rn5t contre n\s1 dirai5t c]ta9s m>is4 ,sans d\te1 et ,napolon aussi avait raison de ne pas donn] des armes la g>de nationale1 et les ultra aussi ont raison de proscrire l'enseignem5t mutuel2 armez un homme1 et puis cont9uez l'opprim]1 et v\s v]rez qu'il s]a assez p]v]s p\r t\rn]1 s'il le peut1 ses armes contre v\s4 ,mme qu& il n\s s]ait loisible d'lev] les jeunes filles en idiotes avec des ,ave ,m>ia et des *ansons lubriques1 comme dans les c\v5ts de #aggj1 il y aurait encore plusieurs petites objections3 #a ,en cas de mort du m>i1 elles sont appeles g\v]n] la jeune famille4 #b ,comme mres1 elles donn5t aux enfants mles1 aux jeunes tyrans futurs1 la premire ducation1 celle qui =me le c>actre1 celle qui plie l'me *]*] le bonheur p> telle r\te plutt que p> telle autre1 ce qui e/ t\j\rs une affaire faite quatre ou c9q ans4 #c ,malgr t\t notre orgueil1 dans nos petites affaires intrieures1 celles dont surt\t dp5d notre bonheur1 p>ce qu'en l'abs5ce des passions le bonheur e/ fond sur l'abs5ce des petites vexations de t\s les j\rs1 les conseils de la compagne ncessaire de notre vie ont la plus gr&e influ5ce2 non pas que n\s v\lions lui accord] la mo9dre influ5ce1 mais c'e/ qu'elle rpte les mmes *oses v+t ans de suite2 et o e/ l'me qui ait la vigueur roma9e de rsi/] la mme ide rpte p5dant t\te une vie8 ,le monde e/ ple9 de m>is qui se laiss5t m5]2 mais c'e/ p> faiblesse et non p> s5tim5t de ju/ice et d'galit4 ,comme ils accord5t p> =ce1 on e/ t\j\rs t5t d'abus]1 et il e/ quelquefois ncessaire d'abus] p\r cons]v]4 #d ,enf91 en am\r1 cette poque qui1 dans les pays du midi1 compr5d s\v5t d\ze ou qu9ze annes1 et les plus belles de la vie1 notre bonheur e/ en enti] entre les ma9s de la femme que n\s aimons4 ,un mom5t d'orgueil dplac peut n\s r5dre jamais malheureux1 et comm5t un esclave transport sur le trne ne s]ait-il pas t5t d'abus] du p\voir8 ,de l les fausses dlicatesses et l'orgueil fm994 ,ri5 de plus inutile que ces reprs5tations3 les hommes sont despotes1 et voyez quels cas font d'autres despotes des conseils les plus s5ss3 l'homme qui peut t\t ne gte qu'un seul g5re d'avis1 ceux qui lui enseign5t augm5t] son p\voir4 ,o les pauvres jeunes filles tr\v]ont-elles un ,quiroga et un ,riego p\r donn] aux despotes qui les opprim5t1 et les dgrad5t p\r les mieux opprim]1 de ces avis salutaires que l'on rcomp5se p> des grces et des cordons au lieu de la pot5ce de ,porli]8 ,si une telle rvolution dem&e plusieurs sicles1 c'e/ que p> un has>d bi5 fune/e t\tes les premires expri5ces doiv5t ncessairem5t contr$ire la vrit4 clairez l'esprit d'une jeune fille1 =mez son c>actre1 donnez-lui enf9 une bonne ducation dans le vrai s5s du mot3 s'ap]cevant tt ou t>d de sa supriorit sur les autres femmes1 elle devi5t pdante1 c'e/--dire l'tre le plus dsagrable et le plus dgrad qui exi/e au monde4 ,il n'e/ aucun de n\s qui ne prfrt1 p\r pass] la vie avec elle1 une s]vante une femme savante4 ,plantez un jeune arbre au milieu d'une paisse =t1 priv d'air et de soleil p> ses vois9s1 ses feuilles s]ont tioles1 il pr5dra une =me lance et ridicule qui n'e/ pas celle de la nature4 ,il faut plant] la fois t\te la =t4 ,quelle e/ la femme qui s'enorgueillit de savoir lire8 ,des pdants n\s rpt5t depuis deux mille ans que les femmes ont l'esprit plus vif et les hommes plus de solidit1 que les femmes ont plus de dlicatesse dans les ides1 et les hommes plus de =ce d'att5tion4 ,un badaud de ,p>is qui se prom5ait autrefois dans les j>d9s de ,v]sailles concluait aussi de t\t ce qu'il voyait que les arbres naiss5t taills4 ,j'av\]ai que les petites filles ont mo9s de =ce physique que les petits g>ons3 cela e/ concluant p\r l'esprit1 c> l'on sait que ,voltaire et d',alemb]t tai5t les premi]s hommes de leur sicle p\r donn] un c\p de po+4 ,on convi5t qu'une petite fille de dix ans a v+t fois plus de f9esse qu'un petit polisson du mme ge4 ,p\rquoi v+t ans e/-elle une gr&e idiote1 gau*e1 timide et ayant peur d'une araigne1 et le polisson un homme d'esprit8 ,les femmes ne sav5t que ce que n\s ne v\lons pas leur appr5dre1 que ce qu'elles lis5t dans l'expri5ce de la vie4 ,de l l'extrme dsavantage p\r elles de natre dans une famille trs ri*e2 au lieu d'tre en contact avec des tres naturels leur g>d1 elles se tr\v5t environnes de femmes de *ambre ou de dames de compagnie dj corrompues et tioles p> la ri*esse#ahh4 ,ri5 de bte comme un pr9ce4 #ahh ,mmoires de ,mme de ,/al1 de ,coll1 de ,duclos1 de la m>grave de ,bayreu?4 ,les jeunes filles se s5tant esclaves ont de bonne heure les yeux ouv]ts2 elles voi5t t\t1 mais sont trop ignorantes p\r voir bi54 ,une femme de tr5te ans1 en ,france1 n'a pas les connaissances acquises d'un petit g>on de qu9ze ans2 une femme de c9quante1 la raison d'un homme de v+t-c9q4 ,voyez ,mme de ,svign admirant les actions les plus absurdes de ,l\is ,,xiv4 ,voyez la purilit1 les raisonnem5ts de ,mme d'p9ay#ahi4 #ahi ,premi] volume4 ,les femmes doiv5t n\rrir et soign] leurs enfants4--,je nie le premi] article1 j'accorde le second4--,elles doiv5t de plus rgl] les comptes de leur cuis9ire4--,donc elles n'ont pas le temps d'gal] un petit g>on de qu9ze ans en connaissances acquises4 ,les hommes doiv5t tre juges1 banqui]s1 avocats1 ngociants1 mdec9s1 prtres1 etc4 ,et cep5dant ils tr\v5t du temps p\r lire les disc\rs de ,fox et la ,lusiade du ,camo5s4 ,a ,pk91 le magi/rat qui c\rt de bonne heure au palais p\r *]*] les moy5s de mettre en prison et de ru9]1 en t\t bi5 t\t honneur1 un pauvre j\rnali/e qui a dplu au s\s secrtaire d'tat *ez lequel il a eu l'honneur de dn] la veille1 e/ srem5t aussi occup que sa femme1 qui rgle les comptes de sa cuis9ire1 fait faire son bas sa petite fille1 lui voit pr5dre ses leons de danse et de piano1 reoit une visite du vicaire de la p>oisse qui lui apporte la ,quotidi5ne1 et va ensuite *oisir un *apeau rue de ,ri*elieu et faire un t\r aux ,tuil]ies4 ,au milieu de ses nobles occupations1 ce magi/rat tr\ve encore le temps de song] cette prom5ade que sa femme fait aux ,tuil]ies1 et s'il tait aussi bi5 avec le p\voir qui rgle l'univ]s qu'avec celui qui rgne dans l'tat1 il dem&]ait au ciel d'accord] aux femmes1 p\r leur bi51 huit ou dix heures de sommeil de plus4 ,dans la situation actuelle de la socit1 le loisir1 qui p\r l'homme e/ la s\rce de t\t bonheur et de t\te ri*esse1 non seulem5t n'e/ pas un avantage p\r les femmes1 mais c'e/ une des fune/es lib]ts dont le digne magi/rat v\drait aid] n\s dlivr]4 ,,*apitre ,,lv ,objections contre l'ducation des femmes4 ,mais les femmes sont *>ges des petits travaux du mnage4--,mon colonel1 ,m4 ,s9999991 a quatre filles1 leves dans les meilleurs pr9cipes1 c'e/--dire qu'elles travaill5t t\te la j\rne2 qu& j'arrive1 elles *ant5t la musique de ,ross9i que je leur ai apporte de ,naples2 du re/e1 elles lis5t la ,bible de ,royaumont1 elles appr5n5t le bte de l'hi/oire1 c'e/--dire les tables *ronologiques et les v]s de le ,ragois2 elles sav5t beauc\p de gographie1 font des brod]ies admirables1 et j'e/ime que *acune de ces jolies petites filles peut gagn]1 p> son travail1 huit s\s p> j\r4 ,p\r trois c5ts j\rnes1 cela fait quatre c5t quatre-v+ts francs p> an1 c'e/ mo9s que ce qu'on donne un de leurs matres4 ,c'e/ p\r quatre c5t quatre-v+ts francs p> an qu'elles p]d5t jamais le temps p5dant lequel il e/ donn la ma*9e huma9e d'acqurir des ides4 ,si les femmes lis5t avec plaisir les dix ou d\ze bons volumes qui p>aiss5t *aque anne en ,europe1 elles ab&onn]ont bi5tt le so9 de leurs enfants4 ,c'e/ comme si n\s avions peur1 en plantant d'arbres le rivage de l',ocan1 d'arrt] le m\vem5t de ses vagues4 ,ce n'e/ pas dans ce s5s que l'ducation e/ t\te-puissante4 ,au re/e1 depuis quatre c5ts ans l'on prs5te la mme objection contre t\te espce d'ducation4 ,non seulem5t une femme de ,p>is a plus de v]tus en #ahbj qu'en #agbj1 du temps du sy/me de ,law et du rg5t1 mais encore la fille du f]mi] gnral le plus ri*e d'alors avait une mo9s bonne ducation que la fille du plus m9ce avocat d'auj\rd'hui4 ,les devoirs du mnage en sont-ils mo9s remplis8 non c]tes4 ,et p\rquoi8 c'e/ que la misre1 la maladie1 la honte1 l'in/9ct1 =c5t s'en acquitt]4 ,c'e/ comme si l'on disait d'un (fici] qui devi5t trop aimable1 qu'il p]dra l'art de mont] *eval2 on oublie qu'il se cass]a le bras la premire fois qu'il pr5dra cette lib]t4 ,l'acquisition des ides produit les mmes effets bons et mauvais *ez les deux sexes4 ,la vanit ne n\s manqu]a jamais1 mme dans l'abs5ce la plus complte de t\tes les raisons d'en avoir3 voyez les b\rgeois d'une petite ville2 =ons-la du mo9s s'appuy] sur un vrai mrite1 sur un mrite utile ou agrable la socit4 ,les demi-sots1 entrans p> la rvolution qui *ange t\t en ,france1 comm5c5t av\]1 depuis v+t ans1 que les femmes peuv5t faire quelque *ose2 mais elles doiv5t se livr] aux occupations conv5ables leur sexe3 lev] des fleurs1 =m] des h]bi]s1 faire ni*] des s]9s2 on appelle cela des plaisirs innoc5ts4 #a ,ces innoc5ts plaisirs val5t mieux que de l'oisivet4 ,laissons cela aux sottes1 comme n\s laissons aux sots la gloire de faire des c\plets p\r la fte du matre de la maison4 ,mais e/-ce de bonne foi que l'on v\drait propos] ,mme ,rol& ou ,mi/ress ,hut*9son#aij de pass] leur temps lev] un petit rosi] du ,b5gale8 #aij ,voir les ,mmoires de ces femmes admirables4 ,j'aurais d'autres noms cit]1 mais ils sont inconnus du public1 et d'ailleurs on ne peut pas mme indiqu] le mrite vivant4 ,t\t ce raisonnem5t se rduit ceci3 l'on veut p\voir dire de son esclave3 ,il e/ trop bte p\r tre m*ant4 ,mais1 au moy5 d'une c]ta9e loi nomme sympa?ie1 loi de la nature1 qu' la vrit les yeux vulgaires n'ap]oiv5t jamais1 les dfauts de la compagne de votre vie ne nuis5t pas votre bonheur en raison du mal direct qu'ils peuv5t v\s occasionn]4 ,j'aim]ais presque mieux que ma femme1 dans un mom5t de colre1 essayt de me donn] un c\p de poign>d une fois p> an que de me recevoir avec humeur t\s les soirs4 ,enf91 entre g5s qui viv5t ensemble1 le bonheur e/ contagieux4 ,que votre amie ait pass la mat9e1 p5dant que v\s tiez au ,*amp de ,m>s ou la ,*ambre des communes1 colori] une rose d'aprs le bel ouvrage de ,r$\t1 ou lire un volume de ,%akespe>e1 ses plaisirs auront t galem5t innoc5ts2 seulem5t avec les ides qu'elle a prises dans sa rose1 elle v\s ennui]a bi5tt votre ret\r1 et de plus elle aura soif d'all] le soir dans le monde *]*] des s5sations un peu plus vives4 ,si elle a bi5 lu ,%akespe>e1 au contraire1 elle e/ aussi fatigue que v\s1 a eu autant de plaisir1 et s]a plus heureuse d'une prom5ade solitaire dans le bois de ,v9c5nes1 en v\s donnant le bras1 que de p>atre dans la soire la plus la mode4 ,les plaisirs du gr& monde n'en sont pas p\r les femmes heureuses4 ,les ignorants sont les ennemis ns de l'ducation des femmes4 ,auj\rd'hui ils pass5t leur temps avec elles1 ils leur font l'am\r1 et en sont bi5 traits2 que devi5drai5t-ils si les femmes v5ai5t se dgt] du bo/on8 ,qu& n\s autres n\s rev5ons d',amrique ou des ,gr&es ,indes1 avec un te9t basan et un ton qui re/e un peu grossi] p5dant six mois1 comm5t p\rrai5t-ils rpondre nos rcits1 s'ils n'avai5t cette phrase3 ,quant n\s1 les femmes sont de notre ct4 ,p5dant que v\s tiez ,new-,york la c\leur des tilburys a *ang2 c'e/ le tte-de-ngre qui e/ de mode auj\rd'hui4 ,et n\s c\tons avec att5tion1 c> ce savoir-l e/ utile4 ,telle jolie femme ne n\s reg>d]a pas si notre cal*e e/ de mauvais gt4 ,ces mmes sots1 se croyant obligs en v]tu de la prm95ce de leur sexe savoir plus que les femmes1 s]ai5t ru9s de fond en comble1 si les femmes s'avisai5t d'appr5dre quelque *ose4 ,un sot de tr5te ans se dit1 en voyant au *teau d'un de ses amis des jeunes filles de d\ze3 ,c'e/ auprs d'elles que je pass]ai ma vie dans dix ans d'ici4 ,qu'on juge de ses exclamations et de son effroi s'il les voyait tudi] quelque *ose d'utile4 ,au lieu de la socit et de la conv]sation des hommes-femmes1 une femme in/ruite1 si elle a acquis des ides sans p]dre les grces de son sexe1 e/ sre de tr\v] p>mi les hommes les plus di/+us de son sicle une considration allant presque jusqu' l'en?\siasme4 ,les femmes devi5drai5t les rivales et non les compagnes de l'homme4--,oui1 aussitt que p> un dlit v\s aurez supprim l'am\r4 ,en att5dant cette belle loi1 l'am\r r$\bl]a de *>mes et de transports2 voil t\t4 ,la base sur laquelle s'tablit la cri/allisation devi5dra plus l>ge2 l'homme p\rra j\ir de t\tes ses ides auprs de la femme qu'il aime1 la nature t\t entire pr5dra de n\veaux *>mes leurs yeux1 et comme les ides rfl*iss5t t\j\rs quelques nuances des c>actres1 ils se connatront mieux et f]ont mo9s d'imprud5ces2 l'am\r s]a mo9s aveugle et produira mo9s de malheurs4 ,le dsir de plaire met jamais la pudeur1 la dlicatesse et t\tes les grces fm99es hors de l'atte9te de t\te ducation quelconque4 ,c'e/ comme si l'on craignait d'appr5dre aux rossignols ne pas *ant] au pr9temps4 ,les grces des femmes ne ti5n5t pas l'ignorance2 voyez les dignes p\ses des b\rgeois de notre village1 voyez en ,anglet]re les femmes des gros m>*&s4 ,l'affectation qui e/ une pdant]ie 7c> j'appelle pdant]ie l'affectation1 de me p>l] hors de propos d'une robe de ,l]oy ou d'une romance de ,romagnesi1 t\t comme l'affectation de cit] ,fra ,paolo et le concile de ,tr5te propos d'une discussion sur nos d\x missionnaires71 la pdant]ie de la robe et du bon ton1 la ncessit de dire sur ,ross9i prcism5t la phrase conv5able1 tue les grces des femmes de ,p>is2 cep5dant1 malgr les t]ribles effets de cette maladie contagieuse1 n'e/-ce pas ,p>is que sont les femmes les plus aimables de ,france8 ,ne s]ait-ce po9t que ce sont celles dans la tte desquelles le has>d a mis le plus d'ides ju/es et intressantes8 ,or ce sont ces ides-l que je dem&e aux livres4 ,je ne leur propos]ai c]ta9em5t pas de lire ,grotius ou ,puff5dorf depuis que n\s avons le comm5taire de ,tracy sur ,montesquieu4 ,la dlicatesse des femmes ti5t cette has>deuse position o elles se tr\v5t places de si bonne heure1 cette ncessit de pass] leur vie au milieu d'ennemis cruels et *>mants4 ,il y a peut-tre c9quante mille femmes en ,france qui1 p> leur =tune1 sont disp5ses de t\t travail4 ,mais sans travail il n'y a pas de bonheur4 7,les passions =c5t elles-mmes des travaux1 et des travaux =t rudes qui emploi5t t\te l'activit de l'me47 ,une femme qui a quatre enfants et dix mille livres de r5te travaille en faisant des bas ou une robe p\r sa fille4 ,mais il e/ impossible d'accord] qu'une femme qui a c>rosse elle travaille en faisant une brod]ie ou un meuble de tapiss]ie4 ,a "p quelques petites lueurs de vanit1 il e/ impossible qu'elle y mette aucun intrt2 elle ne travaille pas4 ,donc son bonheur e/ gravem5t compromis4 ,et1 qui plus e/1 le bonheur du despote1 c> une femme dont le coeur n'e/ anim depuis deux mois p> aucun intrt autre que celui de la tapiss]ie1 aura peut-tre l'insol5ce de s5tir que l'am\r-gt1 ou l'am\r de vanit1 ou enf9 mme l'am\r physique e/ un trs gr& bonheur comp> son tat habituel4 ,une femme ne doit pas faire p>l] de soi4--,a quoi je rponds de n\veau3 ,quelle e/ la femme cite p>ce qu'elle sait lire8 ,et qui emp*e les femmes1 en att5dant la rvolution dans leur sort1 de ca*] l'tude qui fait habituellem5t leur occupation et leur f\rnit *aque j\r une honnte ration de bonheur8 ,je leur rvl]ai un secret en passant4 ,lorsqu'on s'e/ donn un b1 p> exemple de se faire une ide nette de la conjuration de ,fiesque1 ,gnes1 en #aedg1 le livre le plus insipide pr5d de l'intrt3 c'e/ comme en am\r la r5contre d'un tre indiffr5t qui vi5t de voir ce qu'on aime2 et cet intrt d\ble t\s les mois jusqu' ce qu'on ait ab&onn la conjuration de ,fiesque4 ,le vrai ?tre des v]tus d'une femme1 c'e/ la *ambre d'un malade4--,mais v\s faites-v\s =t d'obt5ir de la bont div9e qu'elle r$\ble la frqu5ce des maladies p\r donn] de l'occupation nos femmes8 ,c'e/ raisonn] sur l'exception4 ,d'ailleurs je dis qu'une femme doit occup] *aque j\r trois ou quatre heures de loisir comme les hommes de s5s occup5t leurs heures de loisir4 ,une jeune mre dont le fils a la r\geole ne p\rrait pas1 qu& elle le v\drait1 tr\v] du plaisir lire le voyage de ,volney en ,syrie1 pas plus que son m>i1 ri*e banqui]1 ne p\rrait1 au mom5t d'une faillite1 avoir du plaisir mdit] ,mal?us4 ,c'e/ l l'unique manire p\r les femmes ri*es de se di/+u] du vulgaire des femmes3 la supriorit morale4 ,on a a9si naturellem5t d'autres s5tim5ts#aia4 #aia ,voir mi/ress ,hut*9son refusant d'tre utile sa famille et son m>i qu'elle adorait1 en trahissant quelques rgicides auprs des m9i/res du p>jure ,*>les ,,ii 7tome ,,ii1 page #bhd74 ,v\s v\lez faire d'une femme un auteur8--,exactem5t comme v\s annoncez le projet de faire *ant] votre fille l',opra en lui donnant un matre de *ant4 ,je dirai qu'une femme ne doit jamais crire que comme ,mme de ,/al 7de ,launay71 des oeuvres po/humes publi] aprs sa mort4 ,imprim]1 p\r une femme de mo9s de c9quante ans1 c'e/ mettre son bonheur la plus t]rible des lot]ies1 si elle a le bonheur d'avoir un amant1 elle comm5c]a p> le p]dre4 ,je ne vois qu'une exception3 c'e/ une femme qui fait des livres p\r n\rrir ou lev] sa famille4 ,alors elle doit t\j\rs se retran*] dans l'intrt d'arg5t en p>lant de ses ouvrages1 et dire1 p> exemple1 un *ef d'escadron3 ,votre tat v\s donne quatre mille francs p> an1 et moi1 avec mes deux traductions de l'anglais1 j'ai pu1 l'anne d]nire1 consacr] trois mille c9q c5ts francs de plus l'ducation de mes deux fils4 ,hors de l1 une femme doit imprim] comme le b>on d',holba* ou ,mme de la ,fayette2 leurs meilleurs amis l'ignorai5t4 ,publi] un livre ne peut tre sans inconvni5t que p\r une fille2 le vulgaire1 p\vant la mpris] son aise cause de son tat1 la port]a aux nues cause de son tal5t1 et mme s'eng\]a de ce tal5t4 ,beauc\p d'hommes en ,france1 p>mi ceux qui ont six mille livres de r5te1 font leur bonheur habituel p> la littrature sans song] ri5 imprim]2 lire un bon livre e/ p\r eux un des plus gr&s plaisirs4 ,au b\t de dix ans1 ils se tr\v5t avoir d\bl leur esprit1 et p]sonne ne ni]a qu'en gnral plus on a d'esprit mo9s on a de passions incompatibles avec le bonheur des autres#aib4 ,je ne crois pas que l'on nie davantage que les fils d'une femme qui lit ,gibbon et ,s*ill] auront plus de gnie que les enfants de celle qui dit le *apelet et lit ,mme de ,g5lis4 #aib ,c'e/ ce qui me fait espr] beauc\p de la gnration naissante des privilgis4 ,j'espre aussi que les m>is qui liront ce *apitre s]ont mo9s despotes p5dant trois j\rs4 ,un jeune avocat1 un m>*&1 un mdec91 un +nieur1 peuv5t tre lancs dans la vie sans aucune ducation1 ils se la donn5t t\s les j\rs en pratiquant leur tat4 ,mais quelles ress\rces ont leurs femmes p\r acqurir des qualits e/imables et ncessaires8 ,ca*es dans la solitude de leur mnage1 le gr& livre de la vie et de la ncessit re/e f]m p\r elles4 ,elles dp5s5t t\j\rs de la mme manire1 en discutant un compte avec leur cuis9ire1 les trois l\is que leur m>i leur donne t\s les lundis4 ,je dirai1 dans l'intrt des despotes3 ,le d]ni] des hommes1 s'il a v+t ans et des j\es bi5 roses1 e/ dang]eux p\r une femme qui ne sait ri51 c> elle e/ t\te l'in/9ct2 aux yeux d'une femme d'esprit1 il f]a ju/em5t autant d'effet qu'un beau laquais4 ,le plaisant de l'ducation actuelle1 c'e/ qu'on n'appr5d ri5 aux jeunes filles qu'elles ne doiv5t oubli] bi5 vite ds qu'elles s]ont m>ies4 ,il faut quatre heures p> j\r p5dant six ans1 p\r bi5 j\] de la h>pe2 p\r bi5 pe9dre la m9iature ou l'aqu>elle1 il faut la moiti de ce temps4 ,la plup>t des jeunes filles n'arriv5t pas mme une mdiocrit supportable2 de l le prov]be si vrai3 ,qui dit amateur dit ignorant#aic4 #aic ,le contraire de ce prov]be e/ vrai en ,italie1 o les plus belles voix se tr\v5t p>mi les amateurs trang]s au ?tre4 ,et supposons une jeune fille avec quelque tal5t2 trois ans aprs qu'elle e/ m>ie1 elle ne pr5d pas sa h>pe ou ses p9ceaux une fois p> mois3 ces objets de tant de travail lui sont dev5us ennuyeux1 mo9s que le has>d ne lui ait donn l'me d'un arti/e1 *ose t\j\rs =t r>e et qui r5d peu propre aux so9s dome/iques4 ,c'e/ a9si que s\s un va9 prtexte de dc5ce1 l'on n'appr5d ri5 aux jeunes filles qui puisse les guid] dans les circon/ances qu'elles r5contr]ont dans la vie2 on fait plus1 on leur ca*e1 on leur nie ces circon/ances af9 d'aj\t] leur =ce3 #a l'effet de la surprise2 #b l'effet de la dfiance rejete sur t\te l'ducation comme ayant t m5teuse#aid4 ,je s\ti5s qu'on doit p>l] de l'am\r des jeunes filles bi5 leves4 ,qui os]a avanc] de bonne foi que dans nos moeurs actuelles les jeunes filles de seize ans ignor5t l'exi/5ce de l'am\r8 p> qui reoiv5t-elles cette ide si importante et si difficile bi5 donn]8 ,voyez ,julie d'tanges se pla9dre des connaissances qu'elle doit ,*aillot1 une femme de *ambre de la maison4 ,il faut savoir gr ,r\sseau d'avoir os tre pe9tre fidle en un sicle de fausse dc5ce4 #aid ducation donne ,mme d'p9ay 7,mmoires1 tome ,i74 ,l'ducation actuelle des femmes tant peut-tre la plus plaisante absurdit de l',europe mod]ne1 mo9s elles ont d'ducation proprem5t dite1 et plus elles val5t#aie4 ,c'e/ p\r cela peut tre qu'en ,italie1 en ,espagne1 elles sont si suprieures aux hommes1 et je dirais mme si suprieures aux femmes des autres pays4 #aie ,j'excepte l'ducation des manires2 on entre mieux dans un salon rue ,v]te que rue ,sa9t-,m>t94 ,,*apitre ,,lvi 7,suite7 ,t\tes nos ides sur les femmes n\s vi5n5t en ,france du cat*isme de trois s\s2 et ce qu'il y a de plaisant1 c'e/ que beauc\p de g5s qui n'admettrai5t pas l'autorit de ce livre p\r rgl] une affaire de c9quante francs1 la suiv5t la lettre et /upidem5t p\r l'objet qui1 dans l'tat de vanit des habitudes du ,x,i,xe sicle1 importe peut-tre le plus leur bonheur4 ,il ne faut pas de divorce p>ce que le m>iage e/ un my/re1 et quel my/re8 l'emblme de l'union de ,jsus-,*ri/ avec son glise4 ,et que dev5ait ce my/re si l'glise se ft tr\ve un nom du g5re mascul9#aif8 ,mais quittons des prjugs qui tomb5t#aig1 obs]vons seulem5t ce spectacle s+uli]1 la rac9e de l'arbre a t sape p> la ha*e du ridicule2 mais les bran*es cont9u5t fleurir4 ,p\r rev5ir l'obs]vation des faits et de leurs consqu5ces3 #aif ,tu es ,petrus1 et sup] hanc petram dificabo ,ecclesiam meam4 7,voir ,m4 de ,pott]1 ,hi/oire de l'glise47 #aig ,la religion e/ une affaire entre *aque homme et la ,div9it4 ,de quel droit v5ez-v\s v\s plac] entre mon ,dieu et moi8 ,je ne pr5ds de procureur fond p> le contrat social que p\r les *oses que je ne puis pas faire moi-mme4 ,p\rquoi un ,franais ne pay]ait-il pas son p999999 comme son b\lang]8 ,si n\s avons du bon pa9 ,p>is1 c'e/ que l'tat ne s'e/ pas encore avis de dcl>] gratuite la f\rniture du pa9 et de mettre t\s les b\lang]s la *>ge du trsor4 ,aux tats-,unis1 *acun paye son prtre1 ces messieurs sont obligs d'avoir du mrite1 et mon vois9 ne s'avise pas de mettre son bonheur m'impos] son prtre 7,lettre de ,birkbeck74 ,que s]a-ce si j'ai la conviction1 comme nos p444s1 que mon prtre e/ l'alli intime de mon 4448 ,donc1 mo9s d'un ,lu!r1 il n'y aura plus de ca?olicisme en ,f444 en #ahej4 ,cette religion ne p\vait tre sauve1 en #ahbj1 que p> ,m4 ,grgoire3 voyez comme on le traite4 ,dans les deux sexes1 c'e/ de la manire dont on a employ la jeunesse que dp5d le sort de l'extrme vieillesse2 cela e/ vrai de meilleure heure p\r les femmes4 ,comm5t une femme de qu>ante-c9q ans e/-elle reue dans le monde8 d'une manire svre et plutt infrieure son mrite2 on les flatte v+t ans1 on les ab&onne qu>ante4 ,une femme de qu>ante-c9q ans n'a d'importance que p> ses enfants ou son amant4 ,une mre qui excelle dans les beaux-arts ne peut communiqu] son tal5t son fils que dans le cas extrmem5t r>e o ce fils a reu de la nature prcism5t l'me de ce tal5t4 ,une mre qui a l'esprit cultiv donn]a son jeune fils une ide1 non seulem5t de t\s les tal5ts purem5t agrables1 mais encore de t\s les tal5ts utiles l'homme en socit1 et il p\rra *oisir4 ,la b>b>ie des ,turcs ti5t en gr&e p>tie l'tat d'abrutissem5t moral des belles ,gorgi5nes4 ,les jeunes g5s ns ,p>is doiv5t leurs mres l'inconte/able supriorit qu'ils ont seize ans sur les jeunes g5s prov9ciaux de leur ge4 ,c'e/ de seize v+t-c9q ans que la *ance t\rne4 ,t\s les j\rs les g5s qui ont inv5t le p>atonn]re1 l'imprim]ie1 l'art de faire le drap1 contribu5t notre bonheur1 et il en e/ de mme des ,montesquieu1 des ,rac9e1 des la ,fonta9e4 ,or1 le nombre des gnies que produit une nation e/ proportionnel au nombre d'hommes qui reoiv5t une culture suffisante#aih1 et ri5 ne me pr\ve que mon botti] n'ait pas l'me qu'il faut p\r crire comme ,corneille3 il lui manque l'ducation ncessaire p\r dvelopp] ses s5tim5ts et lui appr5dre les communiqu] au public4 #aih ,voir les gnraux en #agie4 ,d'aprs le sy/me actuel de l'ducation des jeunes filles1 t\s les gnies qui naiss5t femmes sont p]dus p\r le bonheur du public2 ds que le has>d leur donne les moy5s de se montr]1 voyez-les atte9dre aux tal5ts les plus difficiles2 voyez de nos j\rs une ,ca!r9e ,,ii1 qui n'eut d'autre ducation que le dang] et le c4442 une ,mme ,rol&1 une ,aless&ra ,m>i1 qui1 dans ,arezzo1 lve un rgim5t et le lance contre les ,franais2 une ,c>ol9e1 re9e de ,naples1 qui sait arrt] la contagion du libralisme mieux que nos ,ca/l]eagh et nos ,p444 ,quant ce qui met ob/acle la supriorit des femmes dans les ouvrages de l'esprit1 on peut voir le *apitre de la pudeur1 article #i4 ,o ne ft pas arrive miss ,edgewor? si la considration ncessaire une jeune miss anglaise ne lui et fait une ncessit1 lorsqu'elle dbuta1 de transport] la *aire dans le roman#aii8 #aii ,s\s le rapport des arts1 c'e/ l le gr& dfaut d'un g\v]nem5t raisonnable1 et aussi le seul loge raisonnable de la mon>*ie la ,l\is ,,xiv4 ,voir la /rilit littraire de l',amrique4 ,pas une seule romance comme celles de ,rob]t ,burns ou des ,espagnols du ,x,i,i,ie sicle#bjj4 #bjj ,voir les admirables romances des ,grecs mod]nes1 celles des ,espagnols et des ,danois du ,x,i,i,ie sicle1 et encore mieux les posies arabes du ,v,i,ie sicle4 ,quel e/ l'homme1 dans l'am\r ou dans le m>iage1 qui a le bonheur de p\voir communiqu] ses p5ses1 telles qu'elles se prs5t5t lui1 la femme avec laquelle il passe sa vie8 ,il tr\ve un bon coeur qui p>tage ses pe9es1 mais t\j\rs il e/ oblig de mettre ses p5ses en petite monnaie s'il veut tre ent5du1 et il s]ait ridicule d'att5dre des conseils raisonnables d'un esprit qui a beso9 d'un tel rgim5t p\r saisir les objets4 ,la femme la plus p>faite1 suivant les ides de l'ducation actuelle1 laisse son p>t5aire isol dans les dang]s de la vie1 et bi5tt c\rt risque de l'ennuy]4 ,quel excell5t conseill] un homme ne tr\v]ait-il pas dans sa femme si elle savait p5s]6 un conseill] dont1 aprs t\t1 hors un seul objet1 et qui ne dure que le mat9 de la vie1 les intrts sont exactem5t id5tiques avec les si5s6 ,une des plus belles prrogatives de l'esprit1 c'e/ qu'il donne de la considration la vieillesse4 ,voyez l'arrive de ,voltaire ,p>is faire plir la maje/ royale4 ,mais1 quant aux pauvres femmes1 ds qu'elles n'ont plus le brillant de la jeunesse1 leur unique et tri/e bonheur e/ de p\voir se faire illusion sur le rle qu'elles j\5t dans le monde4 ,les dbris des tal5ts de la jeunesse ne sont plus qu'un ridicule1 et ce s]ait un bonheur p\r nos femmes actuelles de m\rir c9quante ans4 ,quant la vraie morale1 plus on a d'esprit et plus on voit clairem5t que la ju/ice e/ le seul *em9 du bonheur4 ,le gnie e/ un p\voir1 mais il e/ encore plus un flambeau p\r dc\vrir le gr& art d'tre heureux4 ,la plup>t des hommes ont un mom5t dans leur vie o ils peuv5t faire de gr&es *oses1 c'e/ celui o ri5 ne leur semble impossible4 ,l'ignorance des femmes fait p]dre au g5re huma9 cette *ance magnifique4 ,l'am\r fait t\t au plus auj\rd'hui bi5 mont] *eval1 ou bi5 *oisir son tailleur4 ,je n'ai pas le temps de g>d] les av5ues contre la critique1 si j'tais matre d'tablir des usages1 je donn]ais aux jeunes filles1 autant que possible1 exactem5t la mme ducation qu'aux jeunes g>ons4 ,comme je n'ai pas l'int5tion de faire un livre propos de botte1 on n'exig]a pas que je dise en quoi l'ducation actuelle des hommes e/ absurde4 7,on ne leur enseigne pas les deux premires sci5ces1 la logique et la morale47 ,la pr5ant telle qu'elle e/1 cette ducation1 je dis qu'il vaut mieux la donn] aux jeunes filles que de leur montr] uniquem5t faire de la musique1 des aqu>elles et de la brod]ie4 ,donc1 appr5dre aux jeunes filles lire1 crire et l'ari?mtique p> l'enseignem5t mutuel dans les coles-c5trales-c\v5ts1 o la prs5ce de t\t homme1 les pr(esseurs excepts1 s]ait svrem5t punie4 ,le gr& avantage de runir les enfants1 c'e/ que1 quelque borns que soi5t les pr(esseurs1 les enfants appr5n5t malgr eux de leurs petits cam>ades l'art de vivre dans le monde et de mnag] les intrts4 ,un pr(esseur s5s devrait expliqu] aux enfants leurs petites qu]elles et leurs amitis1 et comm5c] a9si son c\rs de morale plutt que p> l'hi/oire du ,veau d'or#bja4 #bja ,mon *] lve1 monsieur votre pre a de la t5dresse p\r v\s2 c'e/ ce qui fait qu'il me donne qu>ante francs p> mois p\r que je v\s appr5ne les ma?matiques1 le dess91 en un mot gagn] de quoi vivre4 ,si v\s aviez froid faute d'un petit manteau1 monsieur votre pre s\ffrirait4 ,il s\ffrirait p>ce qu'il a de la sympa?ie1 etc41 etc4 ,mais1 qu& v\s aurez dix-huit ans1 il faudra que v\s gagniez v\s-mme l'arg5t ncessaire p\r a*et] ce manteau4 ,monsieur votre pre a1 dit-on1 v+t-c9q mille livres de r5te1 mais v\s tes quatre enfants2 donc il faudra v\s d%abitu] de la voiture dont v\s j\issez *ez monsieur votre pre1 etc41 etc4 ,sans d\te1 d'ici quelques annes l'enseignem5t mutuel s]a appliqu t\t ce qui s'appr5d2 mais1 pr5ant les *oses dans leur tat actuel1 je v\drais que les jeunes filles tudiass5t le lat9 comme les petits g>ons2 le lat9 e/ bon p>ce qu'il appr5d s'ennuy]2 avec le lat91 l'hi/oire1 les ma?matiques1 la connaissance des plantes utiles comme n\rriture ou comme remde1 ensuite la logique et les sci5ces morales1 etc4 ,la danse1 la musique et le dess9 doiv5t se comm5c] c9q ans4 ,a seize ans1 une jeune fille doit song] se tr\v] un m>i et recevoir de sa mre des ides ju/es sur l'am\r1 le m>iage et le peu de probit des hommes#bjb4 #bjb ,hi] soir1 j'ai vu deux *>mantes petites filles de quatre ans *ant] des *ansons d'am\r =t vives dans une esc>polette que je faisais all]4 ,les femmes de *ambre leur appr5n5t ces *ansons1 et leur mre leur dit qu'am\r et amant sont des mots vides de s5s4 ,,*apitre ,,lvi bis ,du m>iage4 ,la fidlit des femmes dans le m>iage1 lorsqu'il n'y a pas d'am\r1 e/ probablem5t une *ose contre nature#bjc4 #bjc ,anzi c]tam5te4 ,coll'amore uno non trova gu/o a bev]e acqua altra *e quella di que/o fonte pr$iletto4 ,re/a naturale allora la f$elt4 ,coll matrimonio s5za amore1 9 m5 di due anni l'acqua di que/o fonte div5ta am>a4 ,esi/e sempre p]o 9 natura il bisogno d'acqua4 ,i co/umi fanno sup]>e la natura1 ma solam5te qu&o si puo v9c]la 9 un in/ante3 la moglie indiana *e si abruccia 7#ba octobre #ahba7 dopo la morte del vec*io m>ito *e odiava1 la ragazza europea *e trucida b>b>am5te il t5]o bamb9o al quale te/ di$e vita4 ,s5za l'altissimo muro dell moni/]o le mona*e &]ebb]o via4 ,on a essay d'obt5ir cette *ose contre nature p> la peur de l'enf] et les s5tim5ts religieux2 l'exemple de l',espagne et de l',italie montre jusqu' quel po9t on a russi4 ,on a v\lu l'obt5ir en ,france p> l'op9ion1 c'tait la seule digue capable de rsi/]2 mais on l'a mal con/ruite4 ,il e/ absurde de dire une jeune fille3 ,v\s s]ez fidle l'p\x de votre *oix2 et ensuite de la m>i] p> =ce un vieill>d ennuyeux#bjd4 #bjd ,mme les m9uties1 t\t *ez n\s e/ comique en ce qui conc]ne l'ducation des femmes4 ,p> exemple1 en #ahbj1 s\s le rgne de ces mmes nobles qui ont proscrit le divorce1 le m9i/re envoie la ville de ,laon un bu/e et une /atue de ,gabrielle d',e/res4 ,la /atue s]a place sur la place publique1 app>emm5t p\r rp&re p>mi les jeunes filles l'am\r des ,b\rbons1 et les engag]1 en cas de beso91 n'tre pas cruelles aux rois aimables1 et donn] des rejetons cette illu/re famille4 ,mais1 en revan*e1 le mme m9i/re refuse la ville de ,laon le bu/e du m>*al ,s]ruri]1 brave homme qui n'tait pas galant1 et qui de plus avait grossirem5t comm5c sa c>rire p> le mti] de simple soldat4 7,disc\rs du gnral ,foy1 ,c\rri] du #ag ju9 #ahbj4 ,dulaure1 dans sa curieuse ,hi/oire de ,p>is1 article3 ,am\rs de ,h5ri ,,iv47 ,mais les jeunes filles se m>i5t avec plaisir4--,c'e/ que1 dans le sy/me contra9t de l'ducation actuelle1 l'esclavage qu'elles subiss5t dans la maison de leur mre e/ d'un intolrable ennui2 d'ailleurs elles manqu5t de lumires2 enf9 c'e/ le voeu de la nature4 ,il n'y a qu'un moy5 d'obt5ir plus de fidlit des femmes dans le m>iage3 c'e/ de donn] la lib]t aux jeunes filles et le divorce aux g5s m>is4 ,une femme p]d t\j\rs dans un premi] m>iage les plus beaux j\rs de la jeunesse1 et p> le divorce elle donne aux sots quelque *ose dire contre elle4 ,les jeunes femmes qui ont beauc\p d'amants n'ont que faire du divorce4 ,les femmes d'un c]ta9 ge qui ont eu beauc\p d'amants croi5t rp>] leur rputation1 et en ,france y russiss5t t\j\rs1 en se montrant extrmem5t svres env]s des erreurs qui les ont quittes4 ,ce s]a quelque pauvre jeune femme v]tueuse et p]dum5t am\reuse qui dem&]a le divorce et qui se f]a honnir p> des femmes qui ont eu c9quante hommes4 ,,*apitre ,,lvii ,de ce qu'on appelle v]tu4 ,moi1 j'honore du nom de v]tu l'habitude de faire des actions pnibles et utiles aux autres4 ,sa9t ,simon ,/ylite1 qui se ti5t v+t-deux ans sur le haut d'une colonne et qui se donne les trivires1 n'e/ gure v]tueux mes yeux1 j'en convi5s1 et c'e/ ce qui donne un ton trop le/e cet essai4 ,je n'e/ime gure non plus un *>treux qui ne mange que du poisson et qui ne se p]met de p>l] que le jeudi4 ,j'av\e que j'aime mieux le gnral ,c>not1 qui1 dans un ge avanc1 supporte les rigueurs de l'exil dans une petite ville du ,nord plutt que de faire une bassesse4 ,j'ai quelque espoir que cette dcl>ation extrmem5t vulgaire port]a saut] le re/e du *apitre4 ,ce mat91 j\r de fte1 ,pes>o 7#g mai #ahai71 tant oblig d'all] la messe1 je me suis fait donn] un missel et je suis tomb sur ces p>oles3 ,joanna1 ,alphonsi qu9ti ,lusitani regis filia1 tanta div9i amoris flamma prv5ta fuit1 ut ab ipsa pu]itia r]um caduc>um p]tsa1 solo coele/is patri desid]io flagr>et4 ,la v]tu si t\*ante pr*e p> les phrases si belles du ,gnie du *ri/ianisme se rduit donc ne pas mang] de truffes de peur des crampes d'e/omac4 ,c'e/ un calcul =t raisonnable si l'on croit l'enf]1 mais calcul de l'intrt le plus p]sonnel et le plus prosaque4 ,la v]tu philosophique qui explique si bi5 le ret\r de ,rgulus ,c>?age1 et qui a am5 des traits semblables dans notre rvolution#bje1 pr\ve au contraire gnrosit dans l'me4 #bje ,mmoires de ,mme ,rol&4 ,m4 ,grang5euve qui va se prom5] huit heures dans une c]ta9e rue p\r se faire tu] p> le capuc9 ,*abot4 ,on croyait une mort utile la cause de la lib]t4 ,c'e/ uniquem5t p\r ne pas tre brle en l'autre monde1 dans une gr&e *audire d'huile b\illante1 que ,mme de ,t\rvel rsi/e ,valmont4 ,je ne conois pas comm5t l'ide d'tre le rival d'une *audire d'huile b\illante n'loigne pas ,valmont p> le mpris4 ,combi5 ,julie d'tanges1 respectant ses s]m5ts et le bonheur de ,m4 de ,wolm>1 n'e/-elle pas plus t\*ante8 ,ce que je dis de ,mme de ,t\rvel1 je le tr\ve applicable la haute v]tu de ,mi/ress ,hut*9son4 ,quelle me le puritanisme enleva l'am\r6 ,un des trav]s les plus plaisants dans le monde1 c'e/ que les hommes croi5t t\j\rs savoir ce qu'il leur e/ videmm5t ncessaire de savoir4 ,voyez-les p>l] de politique1 cette sci5ce si complique2 voyez-les p>l] de m>iage et de moeurs4 ,,*apitre ,,lviii ,situation de l',europe l'g>d du m>iage4 ,jusqu'ici n\s n'avons trait la "q du m>iage que p> le raisonnem5t#bjf2 la voici traite p> les faits4 #bjf ,l'auteur avait lu un *apitre intitul dell' ,amore1 dans la traduction itali5ne de l'idologie de ,m4 de ,tracy4 ,le lecteur tr\v]a dans ce *apitre des ides d'une bi5 autre porte philosophique que t\t ce qu'il peut r5contr] ici4 ,quel e/ le pays du monde o il y a le plus de m>iages heureux8 inconte/ablem5t c'e/ l',allemagne prote/ante4 ,j'extrais le morceau suivant du j\rnal du capita9e ,salviati1 sans y *ang] un seul mot3 ,halb]/adt1 #be ju9 #ahjg444 ,m4 de ,bul[ cep5dant e/ bonnem5t et ouv]tem5t am\reux de ,mlle de ,fel!im2 il la suit p>t\t et t\j\rs1 lui p>le sans cesse1 et trs s\v5t la reti5t dix pas de n\s4 ,cette prfr5ce ouv]te *oque la socit1 la rompt1 et aux rives de la ,se9e pass]ait p\r le comble de l'indc5ce4 ,les ,allem&s song5t bi5 mo9s que n\s ce qui rompt la socit1 et l'indc5ce n'e/ presque qu'un mal de conv5tion4 ,il y a c9q ans que ,m4 de ,bul[ fait a9si la c\r ,m9a1 qu'il n'a pas pu p\s] cause de la gu]re4 ,t\tes les demoiselles de la socit ont leur amant connu de t\t le monde2 mais aussi1 p>mi les ,allem&s de la connaissance de mon ami ,m4 de ,m]mann1 il n'en e/ pas un seul qui ne se soit m>i p> am\r1 savoir3 ,m]mann1 son frre ,george1 ,m4 de ,voigt1 ,m4 de ,laz+1 etc4 ,il vi5t de m'en nomm] une d\za9e4 ,la manire ouv]te et passionne dont t\s ces amants font la c\r leurs matresses s]ait le comble de l'indc5ce1 du ridicule et de la malhonntet en ,france4 ,m]mann me disait ce soir1 en rev5ant du ,*asseur v]t1 que1 de t\tes les femmes de sa famille trs nombreuse1 il ne croyait pas qu'il y en et une seule qui et tromp son m>i4 ,mettons qu'il se trompe de moiti1 c'e/ encore un pays s+uli]4 ,sa proposition scabreuse sa belle-soeur1 ,mme de ,muni*[1 dont la famille va s'te9dre faute d'hriti]s mles et les bi5s trs considrables ret\rn] au pr9ce1 reue avec froideur1 mais ne m'en rep>lez jamais4 ,il en dit quelque *ose en t]mes trs c\v]ts la cle/e ,philipp9e 7qui vi5t d'obt5ir le divorce contre son m>i1 qui v\lait simplem5t la v5dre au s\v]a972 indignation non j\e1 dim9ue dans les t]mes au lieu d'tre exagre3 ,v\s n'avez donc plus d'e/ime du t\t p\r notre sexe8 ,je crois p\r votre honneur que v\s plaisantez4 ,dans un voyage au ,brock5 avec cette vraim5t belle femme1 elle s'appuyait sur son paule en dormant1 ou feignant de dormir2 un cahot la jette un peu sur lui1 il lui s]re la taille1 elle se jette de l'autre ct de la voiture2 il ne p5se pas qu'elle soit insductible1 mais il croit qu'elle se tu]ait le l5dema9 de sa faute4 ,ce qu'il y a de c]ta91 c'e/ qu'il l'a aime passionnm5t1 qu'il en a t aim de mme1 qu'ils se voyai5t sans cesse et qu'elle e/ sans repro*e2 mais le soleil e/ bi5 ple ,halb]/adt1 le g\v]nem5t bi5 m9utieux1 et ces deux p]sonnages bi5 froids4 ,dans leurs tte--tte les plus passionns1 ,kant et ,klop/ock tai5t t\j\rs de la p>tie4 ,m]mann me contait qu'un homme m>i conva9cu d'adultre peut tre condamn p> les tribunaux de ,brunswick dix ans de prison2 la loi e/ tombe en dsutude1 mais fait du mo9s que l'on ne plaisante po9t sur ces sortes d'affaires2 la qualit d'homme av5tures galantes e/ bi5 lo9 d'tre1 comme en ,france1 un avantage que l'on ne peut presque dni] en face un m>i sans l'insult]4 ,quelqu'un qui dirait mon colonel ou ,*444 qu'ils n'ont plus de femmes depuis leur m>iage en s]ait =t mal reu4 ,il y a quelques annes qu'une femme de ce pays1 dans un ret\r de religion1 dit son m>i1 homme de la c\r de ,brunswick1 qu'elle l'avait tromp six ans de suite4 ,ce m>i1 aussi sot que sa femme1 alla cont] le propos au duc2 le galant fut oblig de donn] sa dmission de t\s ses emplois et de quitt] le pays dans les v+t-quatre heures1 sur la m5ace du duc de faire agir les lois4 ,halb]/adt1 #g juillet #ahjg4 ,ici les m>is ne sont pas tromps1 il e/ vrai1 mais quelles femmes1 gr&s dieux6 des /atues1 des masses pe9e organises4 ,avant le m>iage elles sont =t agrables1 le/es comme des gazelles1 et un oeil vif et t5dre qui compr5d t\j\rs les allusions de l'am\r4 ,c'e/ qu'elles sont la *asse d'un m>i4 ,a pe9e ce m>i tr\v1 elles ne sont plus exactem5t que des faiseuses d'enfant1 en p]ptuelle adoration devant le faiseur4 ,il faut que dans une famille de quatre ou c9q enfants il y en ait t\j\rs un de malade1 puisque la moiti des enfants meurt avant sept ans1 et dans ce pays1 ds qu'un des bamb9s e/ malade1 la mre ne sort plus4 ,je les vois tr\v] un plaisir indicible tre c>esses p> leurs enfants4 ,peu peu elles p]d5t t\tes leurs ides4 ,c'e/ comme ,philadelphie4 ,des jeunes filles de la gaiet la plus folle et la plus innoc5te y devi5n5t1 en mo9s d'un an1 les plus ennuyeuses des femmes4 ,p\r en f9ir sur les m>iages de l',allemagne prote/ante1 la dot de la femme e/ peu prs nulle cause des fiefs4 ,mlle de ,diesdorff1 fille d'un homme qui a qu>ante mille livres de r5te1 aura peut-tre deux mille cus de dot 7sept mille c9q c5ts francs74 ,m4 de ,m]mann a eu quatre mille cus de sa femme4 ,le supplm5t de dot e/ payable en vanit la c\r4 ,on tr\v]ait dans la b\rgeoisie1 me disait ,m]mann1 des p>tis de c5t ou c5t c9quante mille cus 7six c5t mille francs au lieu de qu9ze74 ,mais on ne peut plus tre prs5t la c\r2 on e/ sque/r de t\te socit o se tr\ve un pr9ce ou une pr9cesse3 c'e/ affreux4 ,ce sont ses t]mes1 et c'tait le cri du coeur4 ,une femme allem&e qui aurait l'me de ,phi9999991 avec son esprit1 sa figure noble et s5sible1 le feu qu'elle devait avoir dix-huit ans 7elle en a v+t-sept71 tant honnte et ple9e de naturel p> les moeurs du pays1 n'ayant1 p> la mme cause1 que la petite dose utile de religion1 r5drait sans d\te son m>i =t heureux4 ,mais comm5t se flatt] d'tre con/ant auprs de mres de famille si insipides8 --,mais il tait m>i1 m'a-t-elle rpondu ce mat9 comme je blmais les quatre ans de sil5ce de l'amant de ,cor9ne1 "l ,oswald4 ,elle a veill jusqu' trois heures p\r lire ,cor9ne2 ce roman lui a donn une pr(onde motion1 et elle me rpond avec sa t\*ante c&eur3 ,mais il tait m>i4 ,phi999999 a tant de naturel et une s5sibilit si nave1 que1 mme en ce pays du naturel1 elle semble prude aux petits esprits monts sur de petites mes4 ,leurs plaisant]ies lui font mal au coeur1 et elle ne le ca*e gure4 ,qu& elle e/ en bonne compagnie1 elle rit comme une folle des plaisant]ies les plus gaies4 ,c'e/ elle qui m'a cont l'hi/oire de cette jeune pr9cesse de seize ans1 depuis si clbre1 qui entrepr5ait s\v5t de faire mont] dans son app>tem5t l'(fici] de g>de sa porte4 ,,la ,,suisse4 ,je connais peu de familles plus heureuses que celles de l',ob]l&1 p>tie de la ,suisse situe prs de ,b]ne1 et il e/ de notorit publique 7#ahaf7 que les jeunes filles y pass5t avec leurs amants les nuits du sam$i au diman*e4 ,les sots qui connaiss5t le monde p\r avoir fait le voyage de ,p>is ,sa9t-,cl\d vont se rcri]2 heureusem5t je tr\ve dans un criva9 suisse la confirmation de ce que j'ai vu moi-mme#bjg p5dant quatre mois4 #bjg ,pr9cipes philosophiques du colonel ,weiss1 septime dition1 tome ,,ii1 page #bde4 ,un bon paysan se plaignait de quelques dgts faits dans son v]g]2 je lui dem&ai p\rquoi il n'avait pas de *i53 ,mes filles ne se m>i]ai5t jamais4 ,je ne compr5ais pas sa rponse2 il me conte qu'il avait eu un *i5 si m*ant1 qu'il n'y avait plus de g>ons qui osass5t escalad] ses f5tres4 ,un autre paysan1 maire de son village1 p\r me faire l'loge de sa femme1 me disait que1 du temps qu'elle tait fille1 il n'y en avait po9t qui et plus de kilt] ou veilleurs 7qui et plus de jeunes g5s qui allass5t pass] la nuit avec elle74 ,un colonel gnralem5t e/im fut oblig1 dans une c\rse de montagnes1 de pass] la nuit au fond d'une des valles les plus solitaires et les plus pittoresques du pays4 ,il logea *ez le premi] magi/rat de la valle1 homme ri*e et accrdit4 ,l'trang] rem>qua en entrant une jeune fille de seize ans1 modle de grce1 de fra*eur et de simplicit3 c'tait la fille du matre de la maison4 ,il y avait ce soir-l bal *amptre3 l'trang] fit la c\r la jeune fille1 qui tait rellem5t d'une beaut frappante4 ,enf91 se faisant c\rage1 il osa lui dem&] s'il ne p\rrait pas veill] avec elle4 ,non1 rpondit la jeune fille1 je c\*e avec ma c\s9e2 mais je vi5drai moi-mme *ez v\s4 ,qu'on juge du tr\ble que causa cette rponse4 ,on s\pe1 l'trang] se lve1 la jeune fille pr5d le flambeau et le suit dans sa *ambre2 il croit t\*] au bonheur4 ,non1 lui dit-elle avec c&eur2 il faut d'abord que je dem&e p]mission maman4 ,la f\dre l'et mo9s att]r4 ,elle sort2 il repr5d c\rage et se glisse aut\r du salon de bois de ces bonnes g5s2 il ent5d la fille1 qui1 d'un ton c>essant1 priait sa mre de lui accord] la p]mission qu'elle dsirait2 elle l'obti5t enf94 ,n'e/-ce pas1 vieux1 dit la mre son m>i1 qui tait dj au lit1 tu cons5s que ,tr9eli passe la nuit avec ,m4 le colonel8--,de bon coeur1 rpond le pre2 je crois qu' un tel homme je prt]ais encore ma femme4--,eh bi56 va1 dit la mre ,tr9eli2 mais sois brave fille1 et n'te pas ta jupe444 ,au po9t du j\r1 ,tr9eli1 respecte p> l'trang]1 se leva vi]ge2 elle arrangea les c\ss9s du lit1 prp>a du caf et de la crme p\r son veilleur1 et1 aprs que1 assise sur le lit1 elle eut djeun avec lui1 elle c\pe un petit morceau de son br\/pletz 7pice de vel\rs qui c\vre le se974 ,ti5s1 lui dit-elle1 cons]ve ce s\v5ir d'une nuit heureuse2 je ne l'oubli]ai jamais4 ,p\rquoi es-tu colonel8 ,et1 lui ayant donn un d]ni] bais]1 elle s'enfuit3 il ne put plus la revoir#bjh4 ,voil l'excs expos nos moeurs franaises et que je suis lo9 d'appr\v]4 #bjh ,je suis heureux de p\voir dire avec les p>oles d'un autre des faits extraord9aires que j'ai eu l'occasion d'obs]v]4 ,c]ta9em5t sans ,m4 de ,weiss je n'eusse pas rapport ce trait de moeurs4 ,j'en ai omis d'aussi c>actri/iques ,val5ce et ,vi5ne4 ,je v\drais1 si j'tais lgislateur1 qu'on prt en ,france1 comme en ,allemagne1 l'usage des soires dansantes4 ,trois fois p> sema9e1 les jeunes filles irai5t avec leurs mres un bal comm5c sept heures1 f9issant m9uit1 et exigeant p\r t\s frais un violon et des v]res d'eau4 ,dans une pice vois9e1 les mres1 peut-tre un peu jal\ses de l'heureuse ducation de leurs filles1 j\]ai5t au bo/on2 dans une troisime1 les pres tr\v]ai5t les j\rnaux et p>l]ai5t politique4 ,entre m9uit et une heure1 t\tes les familles se runirai5t et regagn]ai5t le toit pat]nel4 ,les jeunes filles appr5drai5t connatre les jeunes hommes2 la fatuit et l'indiscrtion qui la suit leur devi5drai5t bi5 vite odieuses2 enf91 elles se *oisirai5t un m>i4 ,quelques jeunes filles aurai5t des am\rs malheureuses1 mais le nombre des m>is tromps et des mauvais mnages dim9u]ait dans une imm5se proportion4 ,alors il s]ait mo9s absurde de *]*] punir l'infidlit p> la honte1 la loi dirait aux jeunes femmes3 ,v\s avez *oisi votre m>i2 soyez-lui fidle4 ,alors j'admettrais la p\rsuite et la punition p> les tribunaux de ce que les ,anglais appell5t crim9al conv]sation4 ,les tribunaux p\rrai5t impos]1 au pr(it des prisons et des hpitaux1 une am5de gale aux deux ti]s de la =tune du sducteur et une prison de quelques annes4 ,une femme p\rrait tre p\rsuivie p\r adultre devant un jury4 ,le jury devrait d'abord dcl>] que la conduite du m>i a t irrpro*able4 ,la femme conva9cue p\rrait tre condamne la prison p\r la vie4 ,si le m>i avait t abs5t plus de deux ans1 la femme ne p\rrait tre condamne qu' une prison de quelques annes4 ,les moeurs publiques se modl]ai5t bi5tt sur ces lois et les p]fectionn]ai5t#bji4 #bji ,l',exam9]1 j\rnal anglais1 en r5dant compte du procs de la re9e 7n #ffb4 du #c septembre #ahbj71 aj\te3 ,we h a sy/em ( sexual morality1 "u :i* ?\s&s ( wom5 become m]c5>y pro/itutes :om virtu\s wom5 are taught to scorn1 :ile virtu\s m5 reta9 ! privilege ( frequ5t+ ^? v wom51 )\t its be+ reg>d$ z any ?+ m ?an a v5ial (f5ce4 ,il y a une noble h>diesse dans le pays du ,cant os] exprim]1 sur cet objet une vrit1 quelque triviale et palpable qu'elle soit2 cela e/ encore plus mritoire un pauvre j\rnal qui ne peut espr] de succs qu'en tant a*et p> les g5s ri*es1 lesquels reg>d5t les vques et la ,bible comme l'unique sauveg>de de leurs belles livres4 ,alors les nobles et les prtres1 t\t en regrettant amrem5t les sicles dc5ts de ,mme de ,montespan ou de ,mme du ,b>ry1 s]ai5t =cs de p]mettre le divorce#baj4 #baj ,mme de ,svign crivait sa fille1 le #bc dcembre #afga3 ,je ne sais si v\s avez appris que ,vill>ceaux1 en p>lant au roi d'une *>ge p\r son fils1 prit habilem5t l'occasion de lui dire qu'il y avait des g5s qui se mlai5t de dire sa nice 7,mlle de ,r\xel71 que ,sa ,maje/ avait quelque desse9 p\r elle2 que si cela tait1 il le suppliait de se s]vir de lui1 que l'affaire s]ait mieux entre ses ma9s que dans celles des autres1 et qu'il s'y emploi]ait avec succs4 ,le roi se mit rire1 et dit3 ,vill>ceaux1 n\s sommes trop vieux1 v\s et moi1 p\r attaqu] des demoiselles de qu9ze ans4 ,et comme un galant homme se moqua de lui et conta ce disc\rs *ez les dames 7,tome ,,ii1 page #cdj74 ,mmoires de ,lauzun1 de ,bez5val1 de ,mme d'p9ay1 etc41 etc4 ,je supplie qu'on ne me condamne pas t\t fait sans relire ces mmoires4 ,il y aurait dans un village1 en vue de ,p>is1 un lyse p\r les femmes malheureuses1 une maison de refuge o1 s\s pe9e des galres1 il n'entr]ait d'autre homme que le mdec9 et l'aumni]4 ,une femme qui v\drait obt5ir le divorce s]ait t5ue1 avant t\t1 d'all] se con/itu] prisonnire dans cet lyse2 elle y pass]ait deux annes sans sortir une seule fois4 ,elle p\rrait crire1 sans jamais recevoir de rponse4 ,un conseil compos de pairs de ,france et de quelques magi/rats e/ims dirig]ait1 au nom de la femme1 les p\rsuites p\r le divorce1 et rgl]ait la p5sion pay] p> le m>i l'tablissem5t4 ,la femme qui succomb]ait dans sa dem&e devant les tribunaux s]ait admise pass] le re/e de sa vie l'lyse4 ,le g\v]nem5t complt]ait l'adm9i/ration de l'lyse deux mille francs p> femme rfugie4 ,p\r tre reue l'lyse1 il faudrait avoir eu une dot de plus de v+t mille francs4 ,la svrit du rgime moral s]ait extrme4 ,aprs deux ans d'une totale sp>ation du monde1 une femme divorce p\rrait se rem>i]4 ,une fois arrives ce po9t1 les *ambres p\rrai5t exam9] si1 p\r tablir l'mulation du mrite entre les jeunes filles1 il ne convi5drait pas d'attribu] aux g>ons une "p d\ble de celles des soeurs dans le p>tage de l'hritage pat]nel4 ,les filles qui ne tr\v]ai5t pas se m>i] aurai5t une "p gale celles des mles4 ,on peut rem>qu] en passant que ce sy/me dtruirait peu peu l'habitude des m>iages de conv5ance trop inconv5ants4 ,la possibilit du divorce r5drait inutiles les excs de bassesse4 ,il faudrait tablir sur div]s po9ts de la ,france1 et dans des villages pauvres1 tr5te abbayes p\r les vieilles filles4 ,le g\v]nem5t *]*]ait ent\r] ces tablissem5ts de considration1 p\r consol] un peu la tri/esse des pauvres filles qui y a*v]ai5t leur vie4 ,il faudrait leur donn] t\s les ho*ets de la dignit4 ,mais laissons ces *imres4 ,,*apitre ,,lix ,w]!r et don ,juan4 ,p>mi les jeunes g5s1 lorsque l'on s'e/ bi5 moqu d'un pauvre am\reux et qu'il a quitt le salon1 ord9airem5t la conv]sation f9it p> agit] la "q de savoir s'il vaut mieux pr5dre les femmes comme le don ,juan de ,moz>t1 ou comme ,w]!r4 ,le contra/e s]ait plus exact si j'eusse cit ,sa9t-,preux1 mais c'e/ un si plat p]sonnage1 que je f]ais tort aux mes t5dres en le leur donnant p\r reprs5tant4 ,le c>actre de don ,juan requi]t un plus gr& nombre de ces v]tus utiles et e/imes dans le monde3 l'admirable intrpidit1 l'esprit de ress\rce1 la vivacit1 le sang-froid1 l'esprit amusant1 etc4 ,les don ,juan ont de gr&s mom5ts de s*]esse et une vieillesse =t tri/e2 mais la plup>t des hommes n'arriv5t pas la vieillesse4 ,les am\reux j\5t un pauvre rle le soir dans le salon1 c> l'on n'a de tal5t et de =ce auprs des femmes qu'autant qu'on met les avoir exactem5t le mme intrt qu' une p>tie de bill>d4 ,comme la socit connat aux am\reux un gr& intrt dans la vie1 quelque esprit qu'ils ai5t1 ils prt5t le flanc la plaisant]ie2 mais le mat9 en s'veillant1 au lieu d'avoir de l'humeur jusqu' ce que quelque *ose de piquant et de mal9 les soit v5u ranim]1 ils song5t ce qu'ils aim5t et font des *teaux en ,espagne habits p> le bonheur4 ,l'am\r la ,w]!r ouvre l'me t\s les arts1 t\tes les impressions d\ces et romantiques1 au clair de lune1 la beaut des bois1 celle de la pe9ture1 en un mot au s5tim5t et la j\issance du beau1 s\s quelque =me qu'il se prs5te1 ft-ce s\s un habit de bure4 ,il fait tr\v] le bonheur mme s\s les ri*esses#baa4 ,ces mes-l1 au lieu d'tre sujettes se blas] comme ,mielhan1 ,bez5val1 etc41 devi5n5t folles p> excs de s5sibilit comme ,r\sseau4 ,les femmes d\es d'une c]ta9e lvation d'me qui1 aprs la premire jeunesse1 sav5t voir l'am\r o il e/1 et quel e/ cet am\r1 *app5t en gnral aux don ,juan qui ont p\r eux plutt le nombre que la qualit des conqutes4 ,rem>quez1 au dsavantage de la considration des mes t5dres1 que la publicit e/ ncessaire au triomphe des don ,juan1 comme le secret ceux des ,w]!r4 ,la plup>t des g5s qui s'occup5t de femmes p> tat sont ns au se9 d'une gr&e aisance1 c'e/--dire sont1 p> le fait de leur ducation et p> l'imitation de ce qui les ent\rait dans leur jeunesse1 g/es et secs#bab4 #baa ,premi] volume de la ,n\velle ,hlose1 et t\s les volumes1 si ,sa9t-,preux se ft tr\v avoir l'ombre du c>actre2 mais c'tait un vrai pote1 un bav>d sans rsolution1 qui n'avait du coeur qu'aprs avoir pror1 d'ailleurs homme =t plat4 ,ces g5s-l ont l'imm5se avantage de ne pas *oqu] l'orgueil fm991 et de ne jamais donn] d'tonnem5t leur amie4 ,qu'on pse ce mot2 c'e/ peut-tre l t\t le secret du succs des hommes plats auprs des femmes di/+ues4 ,cep5dant l'am\r n'e/ pas une passion qu'autant qu'il fait oubli] l'am\r-propre4 ,elles ne s5t5t donc pas compltem5t l'am\r1 les femmes qui1 comme ,l441 lui dem&5t les plaisirs de l'orgueil4 ,sans s'en d\t]1 elles sont la mme hauteur que l'homme prosaque1 objet de leur mpris1 qui *]*e dans l'am\r1 l'am\r et la vanit4 ,elles1 elles veul5t l'am\r et l'orgueil2 mais l'am\r se retire la r\geur sur le front2 c'e/ le plus orgueilleux des despotes3 ou il e/ t\t1 ou il n'e/ ri54 #bab ,voir une page d',&r ,*ni]1 ,o,euvres1 page #cgj2 ou bi5 ouvrir les yeux dans le monde1 ce qui e/ plus difficile4 ,en gnral1 ceux que n\s appelons patrici5s sont plus loigns que les autres hommes de ri5 aim]1 dit l'emp]eur ,m>c-,aurle4 7,p5ses1 page #ej47 ,les vrais don ,juan f9iss5t mme p> reg>d] les femmes comme le p>ti ennemi1 et p> se rj\ir de leurs malheurs de t\s g5res4 ,au contraire1 l'aimable duc delle ,pignatelle n\s montrait ,muni* la vraie manire d'tre heureux p> la volupt1 mme sans l'am\r-passion4 ,je vois qu'une femme me plat1 me disait-il un soir1 qu& je me tr\ve t\t int]dit auprs d'elle et que je ne sais que lui dire4 ,bi5 lo9 de mettre son am\r-propre r\gir et se v5g] de ce mom5t d'emb>ras1 il le cultivait prcieusem5t comme la s\rce du bonheur4 ,*ez cet aimable jeune homme1 l'am\r gt tait t\t fait exempt de la vanit qui corrode2 c'tait une nuance affaiblie1 mais pure et sans mlange1 de l'am\r vritable2 et il respectait t\tes les femmes comme des tres *>mants env]s qui n\s sommes bi5 inju/es 7#bj fvri] #ahbj74 ,comme on ne se *oisit pas un tempram5t1 c'e/--dire une me1 l'on ne se donne pas un rle suprieur4 ,j4-,j4 ,r\sseau et le duc de ,ri*elieu aurai5t eu beau faire1 malgr t\t leur esprit1 ils n'aurai5t pu *ang] de c>rire auprs des femmes4 ,je croirais volonti]s que le duc n'a jamais eu de mom5ts comme ceux que ,r\sseau tr\va dans le p>c de la ,*evrette1 auprs de ,mme d',h\detot2 ,v5ise1 en c\tant la musique des ,scuole2 et ,tur9 aux pi$s de ,mme ,bazile4 ,mais aussi il n'eut jamais r\gir du ridicule dont ,r\sseau se c\vre auprs de ,mme de ,l>nage et dont le remords le p\rsuit le re/e de sa vie4 ,le rle des ,sa9t ,preux e/ plus d\x et remplit t\s les mom5ts de l'exi/5ce2 mais il faut conv5ir que celui de don ,juan e/ bi5 plus brillant4 ,si ,sa9t-,preux *ange de gt au milieu de sa vie1 solitaire et retir1 avec des habitudes p5sives1 il se tr\ve sur la scne du monde la d]nire place1 t&is que don ,juan se voit une rputation sup]be p>mi les hommes1 et p\rra peut-tre encore plaire une femme t5dre en lui faisant le sacrifice s9cre de ses gts lib]t9s4 ,p> t\tes les raisons prs5tes jusqu'ici1 il me semble que la "q se balance4 ,ce qui me fait croire les ,w]!r plus heureux1 c'e/ que don ,juan rduit l'am\r n'tre qu'une affaire ord9aire4 ,au lieu d'avoir1 comme ,w]!r1 des ralits qui se modl5t sur ses dsirs1 il a des dsirs imp>faitem5t satisfaits p> la froide ralit1 comme dans l'ambition1 l'av>ice et les autres passions4 ,au lieu de se p]dre dans les rv]ies en*ant]esses de la cri/allisation1 il p5se comme un gnral au succs de ses manoeuvres#bac1 et1 en un mot1 tue l'am\r1 au lieu d'en j\ir plus qu'un autre1 comme croit le vulgaire4 #bac ,comp>ez ,lovelace ,tom ,jones4 ,ce qui prcde me semble sans rplique4 ,une autre raison qui l'e/ p\r le mo9s autant mes yeux1 mais que1 grce la m*ancet de la provid5ce1 il faut p>donn] aux hommes de ne pas reconnatre1 c'e/ que l'habitude de la ju/ice me p>at1 sauf les accid5ts1 la r\te la plus assure p\r arriv] au bonheur1 et les ,w]!r ne sont pas sclrats#bad4 #bad ,voir la ,vie prive du duc de ,ri*elieu1 #i volumes 9-#h4 ,p\rquoi1 au mom5t o un assass9 tue un homme1 ne tombe-t-il pas mort aux pi$s de sa victime8 ,p\rquoi les maladies8 et1 s'il y a des maladies1 p\rquoi un ,troi/aillons ne meurt-il pas de la colique8 ,p\rquoi ,h5ri ,,iv rgne-t-il v+t et un ans1 et ,l\is ,,xv c9quante-neuf8 ,p\rquoi la dure de la vie n'e/-elle pas en proportion exacte avec le degr de v]tu de *aque homme8 ,et autres que/ions infmes1 diront les philosophes anglais1 qu'il n'y a assurm5t aucun mrite pos]1 mais auxquelles il y aurait quelque mrite rpondre autrem5t que p> des injures et du cant4 ,p\r tre heureux dans le crime1 il faudrait exactem5t n'avoir pas de remords4 ,je ne sais si un tel tre peut exi/]#bae2 je ne l'ai jamais r5contr1 et je p>i]ais que l'av5ture de ,mme ,mi*el9 tr\blait les nuits du duc de ,ri*elieu4 #bae ,voir ,nron aprs le meurtre de sa mre1 dans ,sutone2 et cep5dant de quelles belles masses de flatt]ie n'tait-il pas environn8 ,il faudrait1 ce qui e/ impossible1 n'avoir exactem5t pas de sympa?ie1 ou p\voir mettre mort le g5re huma9#baf4 #baf ,la cruaut n'e/ qu'une sympa?ie s\ffrante4 ,le p\voir n'e/ le premi] des bonheurs1 aprs l'am\r1 que p>ce que l'on crot tre en tat de comm&] la sympa?ie4 ,les g5s qui ne connaiss5t l'am\r que p> les romans pr\v]ont une rpugnance naturelle en lisant ces phrases en faveur de la v]tu en am\r4 ,c'e/ que1 p> les lois du roman1 la pe9ture de l'am\r v]tueux e/ ess5tiellem5t ennuyeuse et peu intressante4 ,le s5tim5t de la v]tu p>at a9si de lo9 neutralis] celui de l'am\r1 et les p>oles am\r v]tueux sembl5t synonymes d'am\r faible4 ,mais t\t cela e/ une infirmit de l'art de pe9dre1 qui ne fait ri5 la passion telle qu'elle exi/e dans la nature#bag4 #bag ,si l'on pe9t aux yeux du spectateur le s5tim5t de la v]tu ct du s5tim5t de l'am\r1 on se tr\ve avoir reprs5t un coeur p>tag entre deux s5tim5ts4 ,la v]tu dans les romans n'e/ bonne qu' sacrifi]4 ,julie d'tanges4 ,je dem&e la p]mission de faire le portrait du plus intime de mes amis4 ,don ,juan abjure t\s les devoirs qui le li5t au re/e des hommes4 ,dans le gr& m>* de la vie1 c'e/ un m>*& de mauvaise foi qui pr5d t\j\rs et ne paye jamais4 ,l'ide de l'galit lui inspire la rage que l'eau donne l'hydrophobe2 c'e/ p\r cela que l'orgueil de la naissance va si bi5 au c>actre de don ,juan4 ,avec l'ide de l'galit des droits disp>at celle de la ju/ice1 ou plutt si don ,juan e/ sorti d'un sang illu/re1 ces ides communes ne l'ont jamais appro*2 et je croirais assez qu'un homme qui porte un nom hi/orique e/ plus dispos qu'un autre mettre le feu une ville p\r se faire cuire un oeuf#bah4 ,il faut l'excus]2 il e/ tellem5t possd de l'am\r de soi-mme1 qu'il arrive au po9t de p]dre l'ide du mal qu'il cause1 et de ne voir plus que lui dans l'univ]s qui puisse j\ir ou s\ffrir4 ,dans le feu de la jeunesse1 qu& t\tes les passions font s5tir la vie dans notre propre coeur et loign5t la mfiance de celui des autres1 don ,juan1 ple9 de s5sations et de bonheur app>5t1 s'applaudit de ne song] qu' soi1 t&is qu'il voit les autres hommes sacrifi] au devoir2 il croit avoir tr\v le gr& art de vivre4 ,mais1 au milieu de son triomphe1 pe9e tr5te ans1 il s'ap]oit avec tonnem5t que la vie lui manque1 il pr\ve un dgt croissant p\r ce qui faisait t\s ses plaisirs4 ,don ,juan me disait ,?orn1 dans un accs d'humeur noire3 ,il n'y a pas v+t v>its de femmes1 et une fois qu'on en a eu deux ou trois de *aque v>it1 la satit comm5ce4 ,je rpondais3 ,il n'y a que l'imag9ation qui *appe p\r t\j\rs la satit4 ,*aque femme inspire un intrt diffr5t1 et bi5 plus1 la mme femme1 si le has>d v\s la prs5te deux ou trois ans plus tt ou plus t>d dans le c\rs de la vie1 et si le has>d veut que v\s aimiez1 e/ aime d'une manire diffr5te4 ,mais une femme t5dre1 mme en v\s aimant1 ne produirait sur v\s1 p> ses prt5tions l'galit1 que l'irritation de l'orgueil4 ,votre manire d'avoir les femmes tue t\tes les autres j\issances de la vie2 celle de ,w]!r les c5tuple4 #bah ,voir ,sa9t-,simon1 fausse c\*e de ,mme la du*esse de ,b\rgogne1 et ,mme de ,motteville1 passim4 ,cette pr9cesse1 qui s'tonnait que les autres femmes euss5t c9q doigts la ma9 comme elle2 ce duc d',orlans1 ,ga/on1 frre de ,l\is ,,xiii1 tr\vant si simple que ses favoris allass5t l'*afaud p\r lui faire plaisir4 ,voyez1 en #ahbj1 ces messieurs mettre en avant une loi d'lection qui peut ram5] les ,robespi]re en ,france1 etc41 etc42 voyez ,naples en #agii4 7,je laisse cette note crite en #ahbj4 ,li/e des gr&s seigneurs de #aggh avec des notes sur leur moralit1 donnes p> le gnral ,laclos1 vue ,naples1 *ez le m>quis ,b]io2 manuscrit de plus de trois c5ts pages bi5 sc&aleux47 ,ce tri/e drame arrive au dn\em5t4 ,on voit le don ,juan vieillissant s'en pr5dre aux *oses de sa propre satit1 et jamais soi4 ,on le voit1 t\rm5t du poison qui le dvore1 s'agit] en t\s s5s et *ang] cont9uellem5t d'objet4 ,mais1 quel que soit le brillant des app>5ces1 t\t se t]m9e p\r lui *ang] de pe9e2 il se donne de l'ennui paisible ou de l'ennui agit3 voil le seul *oix qui lui re/e4 ,enf9 il dc\vre et s'av\e soi-mme cette fatale vrit2 ds lors il e/ rduit p\r t\te j\issance faire s5tir son p\voir1 et faire ouv]tem5t le mal p\r le mal4 ,c'e/ aussi le d]ni] degr du malheur habituel2 aucun pote n'a os en prs5t] l'image fidle1 ce tableau ressemblant f]ait horreur4 ,mais on peut espr] qu'un homme suprieur dt\rn]a ses pas de cette r\te fatale1 c> il y a une contradiction au fond du c>actre de don ,juan4 ,je lui ai suppos beauc\p d'esprit1 et beauc\p d'esprit conduit la dc\v]te de la v]tu p> le *em9 du temple de la gloire#bai4 #bai ,le c>actre du jeune privilgi1 en #ahbb1 e/ assez correctem5t reprs5t p> le brave ,bo?well1 d',old ,mortality4 ,la ,ro*ef\cauld1 qui s'ent5dait p\rtant en am\r-propre1 et qui dans la vie relle n'tait ri5 mo9s qu'un nigaud d'homme de lettres#bbj1 dit 7#bfg73 ,le plaisir de l'am\r e/ d'aim]1 et l'on e/ plus heureux p> la passion que l'on a que p> celle que l'on inspire4 #bbj ,voir les ,mmoires de ,retz1 et le mauvais mom5t qu'il fit pass] au coadjuteur1 entre deux portes1 au ,p>lem5t4 ,le bonheur de don ,juan n'e/ que de la vanit base1 il e/ vrai1 sur des circon/ances am5es p> beauc\p d'esprit et d'activit2 mais il doit s5tir que le mo9dre gnral qui gagne une bataille1 que le mo9dre prfet qui conti5t un dp>tem5t1 a une j\issance plus rem>quable que la si5ne2 t&is que le bonheur du duc de ,nem\rs qu& ,mme de ,clves lui dit qu'elle l'aime e/1 je crois1 au-dessus du bonheur de ,napolon ,m>5go4 ,l'am\r la don ,juan e/ un s5tim5t dans le g5re du gt p\r la *asse4 ,c'e/ un beso9 d'activit qui doit tre rveill p> des objets div]s et mettant sans cesse en d\te votre tal5t4 ,l'am\r la ,w]!r e/ comme le s5tim5t d'un coli] qui fait une tragdie et mille fois mieux2 c'e/ un b n\veau dans la vie1 auquel t\t se rapporte1 et qui *ange la face de t\t4 ,l'am\r-passion jette aux yeux d'un homme t\te la nature avec ses aspects sublimes1 comme une n\veaut inv5te d'hi]4 ,il s'tonne de n'avoir jamais vu le spectacle s+uli] qui se dc\vre son me4 ,t\t e/ neuf1 t\t e/ vivant1 t\t respire l'intrt le plus passionn#bba4 ,un amant voit la femme qu'il aime dans la ligne d'horizon de t\s les paysages qu'il r5contre1 et faisant c5t lieues p\r all] l'entrevoir un in/ant1 *aque arbre1 *aque ro*] lui p>le d'elle d'une manire diffr5te et lui en appr5d quelque *ose de n\veau4 ,au lieu du fracas de ce spectacle magique1 don ,juan a beso9 que les objets extrieurs1 qui n'ont de prix p\r lui que p> leur degr d'utilit1 lui soi5t r5dus piquants p> quelque intrigue n\velle4 #bba ,vol4 #ahai4 ,les ,*vrefeuilles la desc5te4 ,l'am\r la ,w]!r a de s+uli]s plaisirs2 aprs un an ou deux1 qu& l'amant n'a plus1 p\r a9si dire1 qu'une me avec ce qu'il aime1 et cela1 *ose trange1 mme indp5damm5t des succs en am\r1 mme avec les rigueurs de sa matresse1 quoi qu'il fasse ou qu'il voie1 il se dem&e3 ,que dirait-elle si elle tait avec moi8 que lui dirais-je de cette vue de ,casa-,lec*io8 ,il lui p>le1 il c\te ses rponses1 il rit des plaisant]ies qu'elle lui fait4 ,a c5t lieues d'elle et s\s le poids de sa colre1 il se surpr5d se faire cette rflexion3 ,lonore tait =t gaie ce soir4 ,il se rveille3 ,mais1 mon ,dieu6 se dit-il en s\pirant1 il y a des f\s ,b$lam qui le sont mo9s que moi6 --,mais v\s m'impati5tez1 me dit un de mes amis auquel je lis cette rem>que3 v\s opposez sans cesse l'homme passionn au don ,juan1 ce n'e/ pas l la "q4 ,v\s auriez raison si l'on p\vait volont se donn] une passion4 ,mais dans l'indiffr5ce1 que faire8--,l'am\r-gt1 sans horreurs4 ,les horreurs vi5n5t t\j\rs d'une petite me qui a beso9 de se rassur] sur son propre mrite4 ,cont9uons4 ,les don ,juan doiv5t avoir bi5 de la pe9e conv5ir de la vrit de cet tat de l'me dont je p>lais t\t l'heure4 ,outre qu'ils ne peuv5t le voir ni le s5tir1 il *oque trop leur vanit4 ,l'erreur de leur vie e/ de croire conqurir en qu9ze j\rs ce qu'un amant transi obti5t pe9e en six mois4 ,ils se fond5t sur des expri5ces faites aux dp5s de ces pauvres diables qui n'ont ni l'me qu'il faut p\r plaire1 en rvlant ses m\vem5ts nafs une femme t5dre1 ni l'esprit ncessaire p\r le rle de don ,juan4 ,ils ne veul5t pas voir que ce qu'ils obti5n5t1 ft-il mme accord p> la mme femme1 n'e/ pas la mme *ose4 ,l'homme prud5t sans cesse se mfie4 ,c'e/ p\r cela que des amants trompeurs ,le nombre e/ gr&4 ,les dames que l'on prie ,font s\pir] longtemps des s]viteurs ,qui n'ont jamais t faux de leur vie4 ,mais du trsor qu'elles donn5t enf9 ,le prix n'e/ su que du coeur qui le gte2 ,plus on l'a*te et plus il e/ div93 ,le lot d'am\r ne vaut pas ce qu'il cote4 ,,niv]nais1 le ,tr\bad\r ,guillaume de la ,t\r1 ,,iii1 #cdb4 ,l'am\r-passion l'g>d des don ,juan peut se comp>] une r\te s+ulire1 esc>pe1 incommode1 qui comm5ce la vrit p>mi des bosquets *>mants1 mais bi5tt se p]d entre des ro*]s taills pic1 dont l'aspect n'a ri5 de flatteur p\r les yeux vulgaires4 ,peu peu la r\te s'enfonce dans les hautes montagnes au milieu d'une =t sombre dont les arbres imm5ses1 en int]ceptant le j\r p> leurs ttes t\ffues et leves jusqu'au ciel1 jett5t une sorte d'horreur dans les mes non trempes p> le dang]4 ,aprs avoir err pniblem5t comme dans un labyr9! inf9i dont les dt\rs multiplis impati5t5t l'am\r-propre1 t\t c\p l'on fait un dt\r1 et l'on se tr\ve dans un monde n\veau1 dans la dlicieuse valle de ,ca*emire de ,lalla-,rook4 ,comm5t les don ,juan1 qui ne s'engag5t jamais dans cette r\te ou qui n'y font t\t au plus que quelques pas1 p\rrai5t-ils jug] des aspects qu'elle prs5te au b\t du voyage8 99 99 99 99 99 ,v\s voyez que l'incon/ance e/ bonne3 ,il me faut du n\veau1 n'en ft-il plus au monde4 --,bi51 v\s v\s moquez des s]m5ts et de la ju/ice4 ,que *]*e-t-on p> l'incon/ance8 le plaisir app>emm5t4 ,mais le plaisir que l'on r5contre auprs d'une jolie femme dsire qu9ze j\rs et g>de trois mois1 e/ diffr5t du plaisir que l'on tr\ve avec une matresse dsire trois ans et g>de dix4 ,si je ne mets pas t\j\rs1 c'e/ qu'on dit que la vieillesse1 *angeant nos organes1 n\s r5d incapables d'aim]2 p\r moi1 je n'en crois ri54 ,votre matresse1 dev5ue votre amie intime1 v\s donne d'autres plaisirs1 les plaisirs de la vieillesse4 ,c'e/ une fleur qui1 aprs avoir t rose le mat91 dans la saison des fleurs1 se *ange en un fruit dlicieux le soir1 qu& les roses ne sont plus de saison#bbb4 #bbb ,voir les ,mmoires de ,coll2 sa femme4 ,une matresse dsire trois ans e/ rellem5t matresse dans t\te la =ce du t]me2 on ne l'aborde qu'en tremblant1 et1 dirais-je aux don ,juan1 l'homme qui tremble ne s'ennuie pas4 ,les plaisirs de l'am\r sont t\j\rs en proportion de la cra9te4 ,le malheur de l'incon/ance1 c'e/ l'ennui2 le malheur de l'am\r-passion1 c'e/ le dsespoir et la mort4 ,on rem>que les dsespoirs d'am\r2 ils font anecdote2 p]sonne ne fait att5tion aux vieux lib]t9s blass qui crv5t d'ennui et dont ,p>is e/ pav4 ,l'am\r brle la c]velle plus de g5s que l'ennui4--,je le crois bi51 l'ennui te t\t1 jusqu'au c\rage de se tu]4 ,il y a tel c>actre fait p\r ne tr\v] le plaisir que dans la v>it4 ,mais un homme qui porte aux nues le v9 de ,*ampagne aux dp5s du bordeaux ne fait que dire avec plus ou mo9s d'loqu5ce3 ,j'aime mieux le ,*ampagne4 ,*acun de ces v9s a ses p>tisans1 et t\s ont raison1 s'ils se connaiss5t bi5 eux-mmes1 et s'ils c\r5t aprs le g5re de bonheur qui e/ le mieux adapt leurs organes#bbc et leurs habitudes4 ,ce qui gte le p>ti de l'incon/ance1 c'e/ que t\s les sots se rang5t de ce ct p> manque de c\rage4 #bbc ,les physiologi/es qui connaiss5t les organes v\s dis5t3 ,l'inju/ice1 dans les relations de la vie sociale1 produit s*]esse1 dfiance et malheur4 ,mais enf9 *aque homme1 s'il veut se donn] la pe9e de s'tudi] soi-mme1 a son beau idal1 et il me semble qu'il y a t\j\rs un peu de ridicule v\loir conv]tir son vois94 ,,*apitre ,,lx ,des fiasco 79dit74 ,t\t l'empire am\reux e/ rempli d'hi/oires tragiques1 dit ,mme de ,svign1 racontant le malheur de son fils auprs de la clbre ,*ampmesl4 ,montaigne se tire =t bi5 d'un sujet si scabreux4 ,je suis encore en ce d\te que ces plaisantes liaisons d'aiguillettes1 de quoy no/re monde se void si entrau1 qu'il ne se p>le d'autre *ose1 ce sont volonti]s des impressions de l'apprh5sion et de la cra9te2 c> ie say p> expri5ce que tel de qui ie puis respondre comme de moy-mesme1 en qui il ne p\uoit *eoir s\pon aucun de foiblesse1 et aussi peu d'en*antem5t1 ayant ouy faire le conte vn si5 compagnon d'vne dfaillance extraord9aire1 en quoy il e/oit tomb sur le po9ct qu'il en avoit le mo9s de beso91 se tr\uant en p>eille occasion1 l'horreur de ce conte luy v9t c\p si rudem5t frapp] l'imag9ation1 qu'il enc\rut vne =tune p>eille4 ,et de l en hors fut subiect y re*eoir1 ce vila9 s\u5ir de son inconuni5t le g\rm&ant et le tyrannisant4 ,il tr\ua quelque remde cette resu]ie p> vne autre resu]ie4 ,c'e/ que1 adu\ant luy mesme1 et pres*ant1 auant la ma91 cette si5ne subiection1 la cont5tion de son asme se s\lageoit sur ce que1 apportant ce mal comme att5du1 son obligation s'en amo9drissoit et lui en poisoit mo9s444 ,qui en a e/ vne fois capable n'en e/ plus incapable1 s9on p> iu/e foiblesse4 ,ce malheur n'e/ cra9dre qu'aux entreprises o notre asme se tr\ue outre mesure t5due de desir et de respect444 ,j'en say qui il a s]uy d'y apport] le corps mesme1 demy rassasi d'ailleurs444 ,l'asme de l'assaillant1 tr\ble de plusieurs diu]ses all>mes1 se p]d aism5t444 ,la bru de ,py?agoras disait que la femme qui se c\*e auec vn homme doit auec sa cotte laiss] quant et quant la honte1 et la repr5dre auec sa cotte4 ,cette femme avait raison p\r la galant]ie et tort p\r l'am\r4 ,le premi] triomphe1 mettant "p t\te vanit1 n'e/ directem5t agrable p\r aucun homme3 #a ,a mo9s qu'il n'ait pas eu le temps de dsir] cette femme et de la livr] son imag9ation1 c'e/--dire mo9s qu'il ne l'ait dans les premi]s mom5ts qu'il la dsire4 ,c'e/ le cas du plus gr& plaisir physique possible2 c> t\te l'me s'applique encore voir les beauts sans song] aux ob/acles4 #b ,ou mo9s qu'il ne soit "q d'une femme absolum5t sans consqu5ce1 une jolie femme de *ambre1 p> exemple1 une de ces femmes que l'on ne se s\vi5t de dsir] que qu& on les voit4 ,s'il entre un gra9 de passion dans le coeur1 il entre un gra9 de fiasco possible4 #c ,ou mo9s que l'amant n'ait sa matresse d'une manire si imprvue1 qu'elle ne lui laisse pas le temps de la mo9dre rflexion4 #d ,ou mo9s d'un am\r dv\ et excessif de la "p de la femme1 et non s5ti au mme degr p> son amant4 ,plus un homme e/ p]dum5t am\reux1 plus gr&e e/ la viol5ce qu'il e/ oblig de se faire p\r os] t\*] aussi familirem5t1 et risqu] de f*] un tre qui1 p\r lui1 semblable la ,div9it1 lui inspire l'extrme am\r et le respect extrme4 ,cette cra9te-l1 suite d'une passion =t t5dre1 et dans l'am\r-gt la mauvaise honte qui provi5t d'un imm5se dsir de plaire et du manque de c\rage1 =m5t un s5tim5t extrmem5t pnible que l'on s5t en soi insurmontable1 et dont on r\git4 ,or1 si l'me e/ occupe avoir de la honte et la surmont]1 elle ne peut pas tre employe avoir du plaisir2 c>1 avant de song] au plaisir1 qui e/ un luxe1 il faut que la sret1 qui e/ le ncessaire1 ne c\rre aucun risque4 ,il e/ des g5s qui1 comme ,r\sseau1 pr\v5t de la mauvaise honte1 mme *ez les filles2 ils n'y vont pas1 c> on ne les a qu'une fois1 et cette premire fois e/ dsagrable4 ,p\r voir que1 vanit "p1 le premi] triomphe e/ trs s\v5t un ef=t pnible1 il faut di/+u] entre le plaisir de l'av5ture et le bonheur du mom5t qui la suit2 on e/ t\j\rs cont5t3 #a ,de se tr\v] enf9 dans cette situation qu'on a tant dsire2 d'tre en possession d'un bonheur p>fait p\r l'av5ir1 et d'avoir pass le temps de ces rigueurs si cruelles qui v\s faisai5t d\t] de l'am\r de ce que v\s aimiez2 #b ,de s'en tre bi5 tir1 et d'avoir *app un dang]2 cette circon/ance fait que ce n'e/ pas de la joie pure dans l'am\r-passion2 on ne sait ce qu'on fait1 et l'on e/ sr de ce qu'on aime2 mais dans l'am\r-gt1 qui ne p]d jamais la tte1 ce mom5t e/ comme le ret\r d'un voyage2 on s'exam9e1 et1 si l'am\r ti5t beauc\p de la vanit1 on veut masqu] l'exam52 #c ,la p>tie vulgaire de l'me j\it d'avoir emport une victoire4 ,p\r peu que v\s ayez de passion p\r une femme1 ou que votre imag9ation ne soit pas puise1 si elle a la maladresse de v\s dire un soir1 d'un air t5dre et int]dit3 ,v5ez dema9 midi1 je ne recevrai p]sonne4 ,p> agitation n]veuse1 v\s ne dormirez pas de la nuit2 l'on se figure de mille manires le bonheur qui n\s att5d2 la mat9e e/ un supplice2 enf91 l'heure sonne1 et il semble que *aque c\p de l'horloge v\s ret5tit dans le diaphragme4 ,v\s v\s a*em9ez v]s la rue avec une palpitation2 v\s n'avez pas la =ce de faire un pas4 ,v\s ap]cevez d]rire sa jal\sie la femme que v\s aimez2 v\s montez en v\s faisant c\rage444 et v\s faites le fiasco d'imag9ation4 ,m4 ,rapture1 homme excessivem5t n]veux1 arti/e et tte troite1 me contait ,mess9e que1 non seulem5t t\tes les premires fois1 mais mme t\s les r5dez-v\s1 il a t\j\rs eu du malheur4 ,cep5dant je croirais qu'il a t homme t\t autant qu'un autre2 du mo9s je lui ai connu deux matresses *>mantes4 ,quant au sangu9 p>fait 7le vrai ,franais1 qui pr5d t\t du beau ct1 le colonel ,ma?is71 un r5dez-v\s p\r dema9 midi1 au lieu de le t\rm5t] p> excs de s5tim5t1 pe9t t\t en c\leur de rose jusqu'au mom5t =tun4 ,s'il n'et pas eu de r5dez-v\s1 le sangu9 se s]ait un peu ennuy4 ,voyez l'analyse de l'am\r p> ,helvtius2 je p>i]ais qu'il s5tait a9si1 et il crivait p\r la majorit des hommes4 ,ces g5s-l ne sont gure susceptibles de l'am\r-passion2 il tr\bl]ait leur belle tranquillit2 je crois qu'ils pr5drai5t ses transports p\r du malheur2 du mo9s ils s]ai5t humilis de sa timidit4 ,le sangu9 ne peut connatre t\t au plus qu'une espce de fiasco moral3 c'e/ lorsqu'il reoit un r5dez-v\s de ,messal9e1 et que1 au mom5t d'entr] dans son lit1 il vi5t p5s] devant quel t]rible juge il va se montr]4 ,le timide tempram5t mlancolique p>vi5t quelquefois se rappro*] du sangu91 comme dit ,montaigne1 p> l'ivresse du v9 de ,*ampagne1 p\rvu t\tefois qu'il ne se la donne pas exprs4 ,sa consolation doit tre que ces g5s si brillants qu'il envie1 et dont jamais il ne saurait appro*]1 n'ont ni ses plaisirs div9s ni ses accid5ts1 et que les beaux-arts1 qui se n\rriss5t des timidits de l'am\r1 sont p\r eux lettres closes4 ,l'homme qui ne dsire qu'un bonheur commun1 comme ,duclos1 le tr\ve s\v5t1 n'e/ jamais malheureux1 et1 p> consqu5t1 n'e/ pas s5sible aux arts4 ,le tempram5t a?ltique ne tr\ve ce g5re de malheur que p> puisem5t ou faiblesse corporelle1 au contraire des tempram5ts n]veux et mlancoliques1 qui sembl5t crs t\t exprs4 ,s\v5t1 en se fatiguant auprs d'une autre femme1 ces pauvres mlancoliques p>vi5n5t te9dre un peu leur imag9ation1 et p> l j\] un mo9s tri/e rle auprs de la femme objet de leur passion4 ,que conclure de t\t ceci8 ,qu'une femme sage ne se donne jamais la premire fois p> r5dez-v\s4--,ce doit tre un bonheur imprvu4 ,n\s p>lions ce soir de fiasco l'tat-major du gnral ,mi*aud1 c9q trs beaux jeunes g5s de v+t-c9q tr5te ans et moi4 ,il s'e/ tr\v que1 l'exception d'un fat1 qui probablem5t n'a pas dit vrai1 n\s avions t\s fait fiasco la premire fois avec nos matresses les plus clbres4 ,il e/ vrai que peut tre aucun de n\s n'a connu ce que ,delfante appelle l'am\r-passion4 ,l'ide que ce malheur e/ extrmem5t commun doit dim9u] le dang]4 ,j'ai connu un beau lieut5ant de huss>ds1 de v+t-trois ans1 qui1 ce qu'il me semble1 p> excs d'am\r1 les trois premires nuits qu'il put pass] avec une matresse qu'il adorait depuis six mois1 et qui1 pleurant un autre amant tu la gu]re1 l'avait trait =t durem5t1 ne put que l'embrass] et pleur] de joie4 ,ni lui ni elle n'tai5t attraps4 ,l'ordonnateur ,h4 ,mondor1 connu de t\te l'arme1 a fait fiasco trois j\rs de suite avec la jeune et sduisante comtesse ,koll]4 ,mais le roi du fiasco1 c'e/ le raisonnable et beau colonel ,horse1 qui a fait fiasco seulem5t trois mois de suite avec l'espigle et piquante ,n444 ,v4441 et1 enf91 a t rduit la quitt] sans l'avoir jamais eue4 ,,fragm5ts ,,div]s ,j'ai runi s\s ce titre1 que j'aurais v\lu r5dre encore plus mode/e1 un *oix fait sans trop de svrit p>mi trois ou quatre c5ts c>tes j\] sur lesquelles j'ai tr\v des lignes traces au crayon2 s\v5t ce qu'il faut bi5 appel] le manuscrit orig9al1 faute d'un nom plus simple1 e/ bti de morceaux de papi] de t\te gr&eur crits au crayon1 et que ,lisio atta*ait avec de la cire p\r ne pas avoir l'emb>ras de recopi]4 ,il m'a dit une fois que ri5 de ce qu'il notait ne lui semblait une heure aprs valoir la pe9e d'tre recopi4 ,je suis entr dans ce dtail avec l'esprance qu'il me s]vira d'excuse p\r les rptitions4 ,i ,on peut t\t acqurir dans la solitude1 hormis du c>actre4 ,,ii ,en #ahba1 la ha9e1 l'am\r et l'av>ice1 les trois passions les plus frqu5tes1 et avec le jeu1 presque les seules ,rome4 ,les ,roma9s p>aiss5t m*ants au premi] abord2 ils ne sont qu'extrmem5t mfiants1 et avec une imag9ation qui s'enflamme la plus lgre app>5ce4 ,s'ils font des m*ancets gratuites1 c'e/ un homme rong p> la peur1 et qui *]*e se rassur] en essayant son fusil4 ,,iii ,si je disais1 comme je le crois1 que la bont e/ le trait di/9ctif du c>actre des habitants de ,p>is1 je cra9drais beauc\p de les (f5s]4 ,je ne veux pas tre bon4 ,,iv ,une m>que de l'am\r vi5t de natre1 c'e/ que t\s les plaisirs et t\tes les pe9es que peuv5t donn] t\tes les autres passions et t\s les autres beso9s de l'homme cess5t l'in/ant de l'affect]4 ,v ,la prud]ie e/ une espce d'av>ice1 la pire de t\tes4 ,,vi ,avoir le c>actre solide1 c'e/ avoir une longue et f]me expri5ce des mcomptes et des malheurs de la vie4 ,alors l'on dsire con/amm5t et l'on ne dsire pas du t\t4 ,,vii ,l'am\r tel qu'il e/ dans la haute socit1 c'e/ l'am\r des combats1 c'e/ l'am\r du jeu4 ,,viii ,ri5 ne tue l'am\r-gt comme les b\ffes d'am\r-passion dans le p>tn]4 ,contess9a ,l4 ,=l1 #ahai4 ,,ix ,gr& dfaut des femmes1 le plus *oquant de t\s p\r un homme un peu digne de ce nom3 le public1 en fait de s5tim5ts1 ne s'lve gure qu' des ides basses1 et elles font le public juge suprme de leur vie2 je dis mme les plus di/+ues1 et s\v5t sans s'en d\t]1 et mme en croyant et disant le contraire4 ,brescia1 #ahai4 ,x ,prosaque e/ un mot n\veau qu'autrefois je tr\vais ridicule1 c> ri5 de plus froid que nos posies2 s'il y a quelque *aleur en ,france depuis c9quante ans1 c'e/ assurm5t dans la prose4 ,mais enf9 la contess9a ,l444 se s]vait du mot prosaque1 et j'aime l'crire4 ,la df9ition e/ dans ,don ,qui*otte et dans le ,contra/e p>fait du matre et de l'cuy]4 ,le matre1 gr& et ple2 l'cuy]1 gras et frais4 ,le premi]1 t\t hrosme et c\rtoisie2 le second t\t gsme et s]vilit2 le premi]1 t\j\rs rempli d'imag9ations romanesques et t\*antes2 le second1 un modle d'esprit de conduite1 un recueil de prov]bes bi5 sages2 le premi]1 t\j\rs n\rrissant son me de quelque contemplation hroque et has>de2 l'autre1 rum9ant quelque plan bi5 sage et dans lequel il ne manque pas d'admettre soigneusem5t en ligne de compte l'influ5ce de t\s les petits m\vem5ts honteux et g/es du coeur huma94 ,au mom5t o le premi] devait tre dtromp p> le non-succs de ses imag9ations d'hi]1 il e/ dj occup de ses *teaux en ,espagne d'auj\rd'hui4 ,il faut avoir un m>i prosaque et pr5dre un amant romanesque4 ,malbor\gh avec l'me prosaque2 ,h5ri ,,iv am\reux c9quante-c9q ans d'une jeune pr9cesse qui n'oubliait pas son ge1 un coeur romanesque#bbd4 #bbd ,dulaure1 ,hi/oire de ,p>is4 ,scne muette dans l'app>tem5t de la re9e1 le soir de la fte de la pr9cesse de ,cond2 les m9i/res colls contre les murs et sil5cieux2 le roi se prom5ant gr&s pas4 ,il y a mo9s d'mes prosaques dans la noblesse que dans le ti]s tat4 ,c'e/ le dfaut du comm]ce1 il r5d prosaque4 ,,xi ,ri5 d'intressant comme la passion1 c'e/ que t\t y e/ imprvu et que l'ag5t y e/ victime4 ,ri5 de plat comme l'am\r-gt1 o t\t e/ calcul comme dans t\tes les prosaques affaires de la vie4 ,,xii ,on f9it t\j\rs1 la f9 de la visite1 p> trait] son amant mieux qu'on ne v\drait4 ,l4 #b novembre #ahah4 ,,xiii ,l'influ5ce du rang se fait t\j\rs s5tir trav]s le gnie *ez un p>v5u4 ,voyez ,r\sseau tombant am\reux de t\tes les dames qu'il r5contrait1 et pleurant de ravissem5t1 p>ce que le duc de ,l9999991 un des plus plats c\rtisans de l'poque1 daigne se prom5] droite plutt qu' gau*e1 p\r accompagn] un ,m4 ,co9det1 ami de ,r\sseau4 ,l4 #c mai #ahbj4 ,,xiv ,rav5ne1 #bc janvi] #ahbj4 ,les femmes ici n'ont que l'ducation des *oses2 une mre ne se gne gure p\r tre au dsespoir ou au comble de la joie1 p> am\r1 devant ses filles de d\ze qu9ze ans4 ,rappelez-v\s que dans ces climats heureux1 beauc\p de femmes sont trs bi5 jusqu' qu>ante-c9q ans1 et la plup>t sont m>ies dix-huit4 ,la ,val*iusa1 disant hi] de ,lampugnani3 ,ah6 celui-l tait fait p\r moi1 il savait aim]1 etc41 etc41 et suivant longtemps ce disc\rs avec une amie1 devant sa fille1 jeune p]sonne trs al]te1 de quatorze qu9ze ans1 qu'elle m5ait aussi aux prom5ades s5tim5tales avec cet amant4 ,quelquefois les jeunes filles accro*5t des maximes de conduite excell5tes3 p> exemple1 ,mme ,gu>nacci1 adressant ses deux filles et deux hommes qui en t\te leur vie ne lui ont fait que cette visite1 des maximes appr(ondies p5dant une demi-heure1 et appuyes d'exemples leur connaissance 7celui de la ,c]c>a en ,hongrie71 sur l'poque prcise laquelle il convi5t de punir1 p> l'infidlit1 les amants qui se conduis5t mal4 ,,xv ,le sangu91 le ,franais vritable 7le colonel ,m44is71 au lieu de se t\rm5t] p> excs de s5tim5t comme ,r\sseau1 s'il a un r5dez-v\s p\r dema9 soir sept heures1 se pe9t t\t en c\leur de rose jusqu'au mom5t =tun4 ,ces g5s-l ne sont gure susceptibles de l'am\r-passion1 il tr\bl]ait leur belle tranquillit4 ,je vais jusqu' dire que peut tre ils pr5drai5t ses transports p\r du malheur1 du mo9s ils s]ai5t humilis de sa timidit4 ,,xvi ,la plup>t des hommes du monde1 p> vanit1 p> mfiance1 p> cra9te du malheur1 ne se livr5t aim] une femme qu'aprs l'intimit4 ,,xvii ,les mes t5dres ont beso9 de la facilit *ez une femme p\r enc\rag] la cri/allisation4 ,,xviii ,une femme croit ent5dre la voix du public dans le premi] sot ou la premire amie p]fide qui se dcl>e auprs d'elle l'int]prte fidle du public4 ,,xix ,il y a un plaisir dlicieux s]r] dans ses bras une femme qui v\s a fait beauc\p de mal1 qui a t votre cruelle ennemie p5dant longtemps et qui e/ prte l'tre encore4 ,bonheur des (fici]s franais en ,espagne1 #ahab4 ,,xx ,il faut la solitude p\r j\ir de son coeur et p\r aim]1 mais il faut tre rp&u dans le monde p\r russir4 ,,xxi ,t\tes les obs]vations des ,franais sur l'am\r sont bi5 crites1 avec exactitude1 po9t outres1 mais ne port5t que des affectations1 lgres1 disait l'aimable c>d9al ,lante4 ,,xxii ,t\s les m\vem5ts de passion de la comdie des ,innamorati de ,goldoni sont excell5ts1 c'e/ le /yle et les p5ses qui rvolt5t p> la plus dgtante bassesse3 c'e/ le contraire d'une comdie franaise4 ,,xxiii ,jeunesse de #ahbb4 ,qui dit p5*ant srieux1 disposition active1 dit sacrifice du prs5t l'av5ir3 ri5 n'lve l'me comme le p\voir et l'habitude de tels sacrifices4 ,je vois plus de probabilit p\r les gr&es passions en #ahcb qu'en #aggb4 ,,xxiv ,le tempram5t bilieux1 qu& il n'a pas des =mes trop rep\ssantes1 e/ peut-tre celui de t\s qui e/ le plus propre frapp] et n\rrir l'imag9ation des femmes4 ,si le tempram5t bilieux n'e/ pas plac dans de belles circon/ances1 comme le ,lauzun de ,sa9t-,simon 7,mmoires1 tome ,v1 #chj71 le difficile1 c'e/ de s'y acc\tum]4 ,mais1 une fois ce c>actre saisi p> une femme1 il doit l'entran]4 ,oui1 mme le sauvage et fanatique ,balf\r 7,old ,mortality74 ,c'e/ p\r elles le contraire du prosaque4 ,,xxv ,en am\r on d\te s\v5t de ce qu'on croit le plus 7la ,r4 #cee74 ,dans t\te autre passion1 l'on ne d\te plus de ce qu'on s'e/ une fois pr\v4 ,,xxvi ,les v]s fur5t inv5ts p\r aid] la mmoire4 ,plus t>d on les cons]va p\r augm5t] le plaisir p> la vue de la difficult va9cue4 ,les g>d] auj\rd'hui dans l'art dramatique1 re/e de b>b>ie4 ,exemple3 l'ordonnance de la caval]ie1 mise en v]s p> ,m4 de ,bonnay4 ,,xxvii ,t&is que ce s]vant jal\x se n\rrit d'ennui1 d'av>ice1 de ha9e et de passions vnneuses et froides1 je passe une nuit heureuse rv] elle1 elle qui me traite mal p> mfiance4 ,,xxviii ,il n'y a qu'une gr&e me qui ose avoir un /yle simple2 c'e/ p\r cela que ,r\sseau a mis tant de rhtorique dans la ,n\velle ,hlose1 ce qui la r5d illisible tr5te ans4 ,,xxix ,le plus gr& repro*e que n\s puissions n\s faire e/ assurm5t de laiss] s'van\ir1 comme ces fantmes lg]s que produit le sommeil1 les ides d'honneur et de ju/ice qui de temps en temps s'lv5t dans notre coeur4 ,lettre de ,j5a1 m>s #ahai4 ,,xxx ,une femme honnte e/ la campagne1 elle passe une heure dans la s]re *aude avec son j>d9i]2 des g5s dont elle a contr>i les vues l'accus5t d'avoir tr\v un amant dans ce j>d9i]4 ,que rpondre8 ,absolum5t p>lant1 la *ose e/ possible4 ,elle p\rrait dire3 ,mon c>actre jure p\r moi1 voyez les moeurs de t\te ma vie2 mais ces *oses sont galem5t invisibles1 et aux m*ants qui ne veul5t ri5 voir1 et aux sots qui ne peuv5t ri5 voir4 ,,salviati1 ,rome1 #bc juillet #ahai4 ,,xxxi ,j'ai vu un homme dc\vrir que son rival tait aim1 et celui-ci ne pas le voir cause de sa passion4 ,,xxxii ,plus un homme e/ p]dum5t am\reux1 plus gr&e e/ la viol5ce qu'il e/ oblig de se faire p\r os] risqu] de f*] la femme qu'il aime et lui pr5dre la ma94 ,,xxxiii ,rhtorique ridicule1 mais la diffr5ce de celle de ,r\sseau inspire p> la vraie passion3 ,mmoires de ,m4 de ,mau9999991 lettre de ,s9999994 ,,xxxiv ,naturel4 ,j'ai vu1 ou j'ai cru voir ce soir le triomphe du naturel dans une jeune p]sonne qui1 il e/ vrai1 me semble avoir un gr& c>actre4 ,elle adore un de ses c\s9s1 cela me semble vid5t1 et elle doit s'tre av\ elle-mme l'tat de son coeur4 ,ce c\s9 l'aime2 mais1 comme elle e/ trs srieuse avec lui1 il croit ne pas plaire1 et se laisse entran] aux m>ques de prfr5ce que lui donne ,cl>a1 une jeune veuve amie de ,mlanie4 ,je crois qu'il va l'p\s]2 ,mlanie le voit et s\ffre t\t ce qu'un coeur fi] et rempli malgr lui d'une passion viol5te peut s\ffrir4 ,elle n'aurait qu' *ang] un peu ses manires2 mais elle reg>de comme une bassesse qui aurait des consqu5ces durant t\te sa vie de s'c>t] un in/ant du naturel4 ,,xxxv ,sapho ne vit dans l'am\r que le dlire des s5s ou le plaisir physique sublim p> la cri/allisation4 ,anacron y *]*a un amusem5t p\r les s5s et p\r l'esprit4 ,il y avait trop peu de sret dans l'antiquit p\r qu'on et le loisir d'avoir un am\r-passion4 ,,xxxvi ,il ne me faut que le fait prcd5t p\r rire un peu des g5s qui tr\v5t ,homre suprieur au ,tasse4 ,l'am\r-passion exi/ait du temps d',homre et pas trs lo9 de la ,grce4 ,,xxxvii ,femme t5dre1 qui *]*ez voir si l'homme que v\s adorez v\s aime d'am\r-passion1 tudiez la premire jeunesse de votre amant4 ,t\t homme di/+u fut d'abord1 ses premi]s pas dans la vie1 un en?\sia/e ridicule ou un in=tun4 ,l'homme l'humeur gaie et d\ce1 et au bonheur facile1 ne peut aim] avec la passion qu'il faut votre coeur4 ,je n'appelle passion que celle qu'ont pr\ve de longs malheurs1 et de ces malheurs que les romans se g>d5t bi5 de pe9dre1 et d'ailleurs qu'ils ne peuv5t pas pe9dre4 ,,xxxviii ,une rsolution =te *ange sur-le-*amp le plus extrme malheur en un tat supportable4 ,le soir d'une bataille p]due1 un homme fuit t\tes jambes sur un *eval h>ass2 il ent5d di/9ctem5t le galop du gr\pe de cavali]s qui le p\rsuiv5t2 t\t c\p il s'arrte1 desc5d de *eval1 r5\velle l'amorce de sa c>ab9e et de ses pi/olets1 et pr5d la rsolution de se df5dre4 ,a l'in/ant1 au lieu de voir la mort1 il voit la croix de la ,lgion d'honneur4 ,,xxxix ,fond des moeurs anglaises4 ,v]s #agcj1 qu& n\s avions dj ,voltaire et ,font5elle1 on inv5ta en ,anglet]re une ma*9e p\r sp>] le gra9 qu'on vi5t de battre des petits fragm5ts de paille2 cela s'oprait au moy5 d'une r\e qui donnait l'air le m\vem5t ncessaire p\r enlev] les fragm5ts de paille2 mais en ce pays biblique les paysans prt5dir5t qu'il tait impie d'all] contre la volont de la div9e ,provid5ce1 et de produire a9si un v5t factice1 au lieu de dem&] au ciel1 p> une ard5te prire1 le v5t ncessaire p\r vann] le bl1 et d'att5dre le mom5t m>qu p> le dieu d',isral4 ,comp>ez cela aux paysans franais#bbe4 #bbe ,p\r l'tat actuel des moeurs anglaises1 voir la ,vie de ,m4 ,beattie1 crite p> un ami intime4 ,on s]a difi de l'humilit pr(onde de ,m4 ,beattie recevant dix gu9es d'une vieille m>quise p\r calomni] ,hume4 ,l'ari/ocratie tremblante s'appuie sur des vques #bjj #jjj livres de r5te1 et paye en arg5t ou en considration des criva9s1 prt5dus libraux1 p\r dire des injures ,*ni] 7,ed9burg-,review1 #ahba74 ,le cant le plus dgtant pntre p>t\t4 ,t\t ce qui n'e/ pas pe9ture de s5tim5ts sauvages et n]giques en e/ t\ff2 impossible d'crire une page gaie en anglais4 ,,xl ,nul d\te que ce ne soit une folie p\r un homme de s'expos] l'am\r-passion4 ,quelquefois cep5dant le remde opre avec trop d'n]gie4 ,les jeunes ,amrica9es des tats-,unis sont tellem5t pntres et =tifies d'ides raisonnables1 que l'am\r1 cette fleur de la vie1 y a ds]t la jeunesse4 ,on peut laiss] en t\te sret1 ,bo/on1 une jeune fille seule avec un bel trang]1 et croire qu'elle ne songe qu' la dot du futur4 ,,xli ,en ,france1 les hommes qui ont p]du leur femme sont tri/es2 les veuves1 au contraire1 gaies et heureuses4 ,il y a un prov]be p>mi les femmes sur la flicit de cet tat4 ,il n'y a donc pas d'galit dans le contrat d'union4 ,,xlii ,les g5s heureux en am\r ont l'air pr(ondm5t att5tif1 ce qui1 p\r un ,franais1 veut dire pr(ondm5t tri/e4 ,dresde1 #ahah4 ,,xliii ,plus on plat gnralem5t1 mo9s on plat pr(ondm5t4 ,,xliv ,l'imitation des premi]s j\rs de la vie fait que n\s contractons les passions de nos p>5ts1 mme qu& ces passions empoisonn5t notre vie 7,orgueil de ,l474 ,,xlv ,la s\rce la plus respectable de l'orgueil fm991 c'e/ la cra9te de se dgrad] aux yeux de son amant p> quelque dm>*e prcipite ou p> quelque action qui peut lui sembl] peu fm99e4 ,,xlvi ,le vritable am\r r5d la p5se de la mort frqu5te1 aise1 sans t]reurs1 un simple objet de comp>aison1 le prix qu'on donn]ait p\r bi5 des *oses4 ,,xlvii ,que de fois ne me suis-je pas cri au milieu de mon c\rage3 ,si quelqu'un me tirait un c\p de pi/olet dans la tte1 je le rem]ci]ais avant que d'expir] si j'en avais le temps6 ,on ne peut avoir de c\rage env]s ce qu'on aime qu'en l'aimant mo9s4 ,s4 ,fvri]1 #ahbj4 ,,xlviii ,je ne saurais aim]1 me disait une jeune femme2 ,mirabeau et les lettres ,sophie m'ont dgt des gr&es mes4 ,ces lettres fatales m'ont fait l'impression d'une expri5ce p]sonnelle4 ,*]*ez ce qu'on ne voit jamais dans les romans2 que deux ans de con/ance avant l'intimit v\s assur5t du coeur de votre amant4 ,,xlix ,le ridicule effraye l'am\r4 ,le ridicule impossible en ,italie1 ce qui e/ de bon ton ,v5ise e/ biz>re ,naples1 donc ri5 n'e/ biz>re4 ,ensuite ri5 de ce qui fait plaisir n'e/ blm4 ,voil qui tue l'honneur bte1 et une moiti de la comdie4 ,l ,les enfants comm&5t p> les l>mes1 et qu& on ne les c\te pas1 ils se font mal exprs4 ,les jeunes femmes se piqu5t d'am\r-propre4 ,,li ,c'e/ une rflexion commune1 mais que s\s ce prtexte l'on oublie de croire1 que t\s les j\rs les mes qui s5t5t devi5n5t plus r>es1 et les esprits cultivs plus communs4 ,,lii ,orgueil fm994 ,bologne1 #ah avril1 #b heures du mat94 ,je vi5s de voir un exemple frappant2 mais1 t\t calcul fait1 il faudrait qu9ze pages p\r en donn] une ide ju/e1 j'aim]ais mieux1 si j'en avais le c\rage1 not] les consqu5ces de ce que j'ai vu n'en pas d\t]4 ,voil donc une conviction qu'il faut r5onc] communiqu]4 ,il y a trop de petites circon/ances4 ,cet orgueil e/ l'oppos de la vanit franaise4 ,autant que je puis m'en s\v5ir1 le seul ouvrage o je l'aie vu esquiss1 c'e/ la p>tie des ,mmoires de ,mme ,rol& o elle conte les petits raisonnem5ts qu'elle faisait tant fille4 ,,liii ,en ,france1 la plup>t des femmes ne font aucun cas d'un jeune homme jusqu' ce qu'elles en ai5t fait un fat4 ,ce n'e/ qu'alors qu'il peut flatt] la vanit4 ,,duclos4 ,,liv ,modne1 #ahbj4 ,zilietti me dit m9uit1 *ez l'aimable ,m>*es9a ,r4443 ,je n'irai pas dn] ,san-,mi*elle 7c'e/ une aub]ge72 hi] j'ai dit des bons mots1 j'ai t plaisant en p>lant ,cl9999991 cela p\rrait me faire rem>qu]4 ,n'allez pas croire que ,zilietti soit sot ou timide4 ,c'e/ un homme prud5t et =t ri*e de cet heureux pays-ci4 ,,lv ,ce qu'il faut admir] en ,amrique1 c'e/ le g\v]nem5t et non la socit4 ,ailleurs1 c'e/ le g\v]nem5t qui fait le mal4 ,ils ont *ang de rle ,bo/on1 et le g\v]nem5t fait l'hypocrite p\r ne pas *oqu] la socit4 ,,lvi ,les jeunes filles d',italie1 si elles aim5t1 sont livres entirem5t aux inspirations de la nature4 ,elles ne peuv5t tre aides t\t au plus que p> un petit nombre de maximes =t ju/es qu'elles ont apprises en c\tant aux portes4 ,comme si le has>d avait dcid que t\t ici conc\rrait prs]v] le naturel1 elles ne lis5t pas de romans p> la raison qu'il n'y en a pas4 ,a ,g5ve et en ,france1 au contraire1 on fait l'am\r seize ans p\r faire un roman1 et l'on se dem&e *aque dm>*e et presque *aque l>me3 ,ne suis-je pas bi5 comme ,julie d'tanges8 ,,lvii ,le m>i d'une jeune femme qui e/ adore p> son amant qu'elle traite mal1 et auquel elle p]met pe9e de lui bais] la ma91 n'a t\t au plus que le plaisir physique le plus grossi]1 l o le premi] tr\v]ait les dlices et les transports du bonheur le plus vif qui exi/e sur cette t]re4 ,,lviii ,les lois de l'imag9ation sont encore si peu connues1 que j'admets l'ap]u suivant qui peut-tre n'e/ qu'une erreur4 ,je crois di/+u] deux espces d'imag9ations3 #a ,l'imag9ation ard5te1 imptueuse1 prime-sautire1 conduisant sur-le-*amp l'action1 se rongeant elle-mme et languissant si l'on diffre seulem5t de v+t-quatre heures1 comme celle de ,fabio4 ,l'impati5ce e/ son premi] c>actre1 elle se met en colre contre ce qu'elle ne peut obt5ir4 ,elle voit t\s les objets extrieurs1 mais ils ne font que l'enflamm]1 elle les assimile sa propre sub/ance1 et les t\rne sur-le-*amp au pr(it de la passion4 #b ,l'imag9ation qui ne s'enflamme que peu peu1 l5tem5t1 mais qui avec le temps ne voit plus les objets extrieurs et p>vi5t ne plus s'occup] ni se n\rrir que de sa passion4 ,cette d]nire espce d'imag9ation s'accommode =t bi5 de la l5teur et mme de la r>et des ides4 ,elle e/ favorable la con/ance4 ,c'e/ celle de la plup>t des pauvres jeunes filles allem&es m\rant d'am\r et de phtisie4 ,ce tri/e spectacle1 si frqu5t au del du ,rh91 ne se r5contre jamais en ,italie4 ,,lix ,habitudes de l'imag9ation4 ,un ,franais e/ rellem5t *oqu de huit *angem5ts de dcorations p> acte de tragdie4 ,le plaisir de voir ,macbe? e/ impossible p\r cet homme2 il se console en damnant ,%akespe>e4 ,,lx ,en ,france1 la prov9ce1 p\r t\t ce qui reg>de les femmes1 e/ qu>ante ans en arrire de ,p>is4 ,a ,c4441 une femme m>ie me dit qu'elle ne s'e/ p]mis de lire que c]ta9s morceaux des ,mmoires de ,lauzun4 ,cette sottise me glace1 je ne tr\ve plus une p>ole lui dire2 c'e/ bi5 l1 en effet1 un livre que l'on quitte4 ,manque de naturel1 gr& dfaut des femmes de prov9ce4 ,leurs ge/es sont multiplis et gracieux4 ,celles qui j\5t le premi] rle dans leur ville1 pires que les autres4 ,,lxi ,goe!1 ou t\t autre homme de gnie allem&1 e/ime l'arg5t ce qu'il vaut4 ,il ne faut p5s] qu' sa =tune1 tant qu'on n'a pas six mille francs de r5te1 et puis n'y plus p5s]4 ,le sot1 de son ct1 ne compr5d pas l'avantage qu'il y a s5tir et p5s] comme ,goe!2 t\te sa vie1 il ne s5t que p> l'arg5t et ne p5se qu' l'arg5t4 ,c'e/ p> le mcanisme de ce d\ble vote que dans le monde les prosaques sembl5t l'emport] sur les coeurs nobles4 ,,lxii ,en ,europe1 le dsir e/ enflamm p> la contra9te2 en ,amrique1 il s'm\sse p> la lib]t4 ,,lxiii ,une c]ta9e manie discutante s'e/ emp>e de la jeunesse et l'enlve l'am\r4 ,en exam9ant si ,napolon a t utile la ,france1 on laisse s'enfuir l'ge d'aim]4 ,mme p>mi ceux qui veul5t tre jeunes1 l'affectation de la cravate1 de l'p]on1 de l'air m>tial1 l'occupation de soi1 fait oubli] de reg>d] cette jeune fille qui passe d'un air si simple et laquelle son peu de =tune ne p]met de sortir qu'une fois t\s les huit j\rs4 ,,lxiv ,j'ai supprim le *apitre ,prude1 et quelques autres4 ,je suis heureux de tr\v] le passage suivant dans les mmoires d',horace ,walpole3 ,,! ,,two ,,elisabe?s4 ,let u comp>e ! daught]s ( two f]oci\s m51 & see :i* 0 sov]eign ( a civilis$ nation1 :i* ( a b>b>\s "o4 ,bo? 7 ,elisabe?s4 ,! daught] ( ,pet] 7( ,russia7 0 absolute yet sp>$ a competitor & a rival2 & ?\ght ! p]son ( an empress _h suffici5t allurem5ts = z _m ( h] subjects z %e *ose to hon\r ) ! communication4 ,elisabe? ( ,engl& c\ld nei!r =give ! claim ( ,m>y ,/u>t nor h] *>ms1 b ung5]\sly imprison$ h] 7z ,george ,,iv did ,napolon71 :5 implor+ protection1 & )\t ! sanction ( ei!r despotism or law1 sacrific$ _m to h] great & little jeal\sy4 ,yet ?is ,elisabe?1 piqu$ h]self on *a/ity2 & :ile %e practis$ e ridicul\s art ( coquetry to be admir$ at an unseemly age1 kept (f lov]s :om %e enc\rag$1 & nei!r gratifi$ h] own desires nor _! ambition4 ,:o c help pref]r+ ! hone/1 op5-he>t$ b>b>ian empress8 7,,"l ,,ox=d's ,memoirs47 ,,lxv ,l'extrme famili>it peut dtruire la cri/allisation4 ,une *>mante jeune fille de seize ans dev5ait am\reuse d'un beau jeune homme du mme ge1 qui ne manquait pas *aque soir1 la tombe de la nuit#bbf1 de pass] s\s ses f5tres4 ,la mre l'invite pass] huit j\rs la campagne4 ,le remde tait h>di1 j'en convi5s1 mais la jeune fille avait une me romanesque1 et le beau jeune homme tait un peu plat3 elle le mprisa au b\t de trois j\rs4 #bbf ,a l',ave ,m>ia4 ,,lxvi ,bologne1 #ag avril #ahag4 ,ave ,m>ia 7twilight71 en ,italie1 heure de la t5dresse1 des plaisirs de l'me et de la mlancolie3 s5sation augm5te p> le son de ces belles clo*es4 ,heures des plaisirs1 qui ne ti5n5t aux s5s que p> les s\v5irs4 ,,lxvii ,le premi] am\r d'un jeune homme qui entre dans le monde e/ ord9airem5t un am\r ambitieux4 ,il se dcl>e r>em5t p\r une jeune fille d\ce1 aimable1 innoc5te4 ,comm5t trembl]1 ador]1 se s5tir en prs5ce d'une div9it8 ,un adolesc5t a beso9 d'aim] un tre dont les qualits l'lv5t ses propres yeux4 ,c'e/ au dcl9 de la vie qu'on en revi5t tri/em5t aim] le simple et l'innoc5t1 dsesprant du sublime4 ,entre les deux se place l'am\r vritable1 qui ne p5se ri5 qu' soi-mme4 ,,lxviii ,les gr&es mes ne sont pas s\ponnes1 elles se ca*5t2 ord9airem5t il ne p>at qu'un peu d'orig9alit4 ,il y a plus de gr&es mes qu'on ne le croirait4 ,,lxix ,quel mom5t que le premi] s]rem5t de ma9 de la femme qu'on aime6 ,le seul bonheur comp>] celui-ci e/ le ravissant bonheur du ,p\voir1 celui que les m9i/res et rois font semblant de mpris]4 ,ce bonheur a aussi sa cri/allisation1 qui dem&e une imag9ation plus froide et plus raisonnable4 ,voyez un homme qui vi5t d'tre nomm m9i/re1 depuis un qu>t d'heure1 p> ,napolon4 ,,lxx ,la nature a donn la =ce au ,nord et l'esprit au ,midi1 me disait le clbre ,jean de ,mull] ,cassel1 en #ahjh4 ,,lxxi ,ri5 de plus faux que la maxime3 ,nul n'e/ hros p\r son valet de *ambre1 ou plutt ri5 de plus vrai dans le s5s mon>*ique3 hros affect comme l',hippolyte de ,phdre4 ,desaix1 p> exemple1 aurait t un hros mme p\r son valet de *ambre 7je ne sais1 il e/ vrai1 s'il en avait un71 et plus hros p\r son valet de *ambre que p\r t\t autre4 ,sans le bon ton et le degr de comdie indisp5sable1 ,tur5ne et ,fnelon euss5t t des ,desaix4 ,,lxxii ,voici un blasphme3 ,moi1 ,holl&ais1 j'ose dire3 les ,franais n'ont ni le vrai plaisir de la conv]sation1 ni le vrai plaisir du ?tre3 au lieu de dlassem5t et de laiss] all] p>fait1 c'e/ un travail4 ,au nombre des fatigues qui ont ht la mort de ,mme de ,/al1 j'ai ou compt] le travail de la conv]sation p5dant son d]ni] hiv]#bbg4 #bbg ,mmoires de ,m>montel1 conv]sation de ,montesquieu4 ,w4 ,,lxxiii ,le degr de t5sion des n]fs de l'oreille1 p\r c\t] *aque note1 explique assez bi5 la p>tie physique du plaisir de la musique4 ,,lxxiv ,ce qui avilit les femmes galantes1 c'e/ l'ide qu'elles ont et qu'on a qu'elles commett5t une gr&e faute4 ,,lxxv ,a l'arme1 dans une retraite1 av]tissez d'un pril inutile brav] un soldat itali51 il v\s rem]cie presque et l'vite soigneusem5t4 ,indiquez le mme pril p> humanit un soldat franais1 il croit que v\s le dfiez1 se pique d'am\r-propre1 et c\rt aussitt s'y expos]4 ,s'il l'osait1 il *]*]ait se moqu] de v\s4 ,gyat1 #ahab4 ,,lxxvi ,t\te ide extrmem5t utile1 si elle ne peut tre expose qu'en des t]mes =t simples1 s]a ncessairem5t mprise en ,france4 ,jamais l'enseignem5t mutuel n'et pris1 tr\v p> un ,franais4 ,c'e/ exactem5t le contraire en ,italie4 ,,lxxvii#bbh 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 #bbh ,on a supprim ici un passage qui se tr\ve dj dans le *apitre ,,lx4 ,,lxxviii ,en am\r1 qu& on divise de l'arg5t1 on augm5te l'am\r2 qu& on en donne1 on tue l'am\r4 ,on loigne le malheur actuel1 et p\r l'av5ir l'odieux de la cra9te de manqu]1 ou bi5 l'on fait natre la politique et le s5tim5t d'tre deux1 on dtruit la sympa?ie4 ,,lxxix 7,messe des ,tuil]ies1 #ahaa47 ,les crmonies de la c\r avec les poitr9es dc\v]tes des femmes1 qu'elles tal5t l comme les (fici]s leurs uni=mes1 et sans que tant de *>mes fass5t plus de s5sation1 rappell5t involontairem5t l'esprit les scnes de l',art94 ,on voit ce que t\t le monde fait p> intrt d'arg5t p\r plaire un homme2 on voit t\t un public agir la fois sans morale et surt\t sans passion4 ,cela jo9t la prs5ce de femmes trs dcolletes avec la physionomie de la m*ancet et le rire s>donique p\r t\t ce qui n'e/ pas intrt p]sonnel pay comptant p> de bonnes j\issances1 donne l'ide des scnes du ,bagno1 et jette bi5 lo9 t\te difficult fonde sur la v]tu ou sur la satisfaction intrieure d'une me cont5te d'elle-mme4 ,j'ai vu1 au milieu de t\t cela1 le s5tim5t de l'isolem5t dispos] les coeurs t5dres l'am\r4 ,,lxxx ,si l'me e/ employe avoir de la mauvaise honte et la surmont]1 elle ne peut pas avoir du plaisir4 ,le plaisir e/ un luxe2 p\r en j\ir1 il faut que la sret1 qui e/ le ncessaire1 ne c\re aucun risque4 ,,lxxxi ,m>que d'am\r que ne sav5t pas fe9dre les femmes intresses4 ,y a-t-il une vritable joie dans la rconciliation8 ou songe-t-on aux avantages en retir]8 ,,lxxxii ,les pauvres g5s qui peupl5t la ,trappe sont des malheureux qui n'ont pas eu t\t fait assez de c\rage p\r se tu]4 ,j'excepte t\j\rs les *efs qui ont le plaisir d'tre *efs4 ,,lxxxiii ,c'e/ un malheur d'avoir connu la beaut itali5ne3 on devi5t ins5sible4 ,hors de l',italie1 on aime mieux la conv]sation des hommes4 ,,lxxxiv ,la prud5ce itali5ne t5d se cons]v] la vie1 ce qui admet le jeu de l'imag9ation 7,voir une v]sion de la mort du fameux acteur comique ,p]tica1 le #bd dcembre #ahba74 ,la prud5ce anglaise1 t\te relative amass] ou cons]v] assez d'arg5t p\r c\vrir la dp5se1 rclame au contraire une exactitude m9utieuse et de t\s les j\rs1 habitude qui p>alyse l'imag9ation4 ,rem>quez qu'elle donne en mme temps la plus gr&e =ce l'ide du devoir4 ,,lxxxv ,l'imm5se respect p\r l'arg5t1 gr& et premi] dfaut de l',anglais et de l',itali51 e/ mo9s s5sible en ,france1 et t\t fait rduit de ju/es bornes en ,allemagne4 ,,lxxxvi ,les femmes franaises n'ayant jamais vu le bonheur des passions vraies1 sont peu difficiles sur le bonheur intrieur de leur mnage et le t\s les j\rs de la vie4 ,compigne4 ,,lxxxvii ,v\s me p>lez d'ambition comme *asse-ennui1 disait ,kam5sky2 t\t le temps que je faisais *aque soir deux lieues au galop p\r all] voir la pr9cesse ,koli*4 ,j'tais en socit intime avec un despote que je respectais1 qui avait t\t mon bonheur en son p\voir et la satisfaction de t\s mes dsirs possibles4 ,wilna1 #ahab4 ,,lxxxviii ,la p]fection dans les petits so9s de savoir-vivre et de toilette1 une gr&e bont1 nul gnie1 de l'att5tion p\r une c5ta9e de petites *oses *aque j\r1 l'incapacit de s'occup] plus de trois j\rs d'un mme vnem5t2 joli contra/e avec la svrit purita9e1 la cruaut biblique1 la probit /ricte1 l'am\r-propre timide et s\ffrant1 le cant univ]sel2 et cep5dant voil les deux premi]s peuples du monde6 ,,lxxxix ,puisque1 p>mi les pr9cesses1 il y a eu une ,ca!r9e ,,ii impratrice1 p\rquoi1 p>mi les b\rgeoises1 n'y aurait-il pas une femme ,samuel ,b]n>d ou ,lagrange8 ,,xc ,alviza appelle un manque de dlicatesse imp>donnable d'os] crire des lettres o v\s p>lez d'am\r une femme que v\s adorez1 et qui1 en v\s reg>dant t5drem5t1 v\s jure qu'elle ne v\s aim]a jamais4 ,,xci ,il a manqu au plus gr& philosophe qu'ai5t eu les ,franais de vivre dans quelque solitude des ,alpes1 dans quelque sj\r loign1 et de lanc] de l son livre dans ,p>is sans y v5ir jamais lui mme4 ,voyant ,helvtius si simple et si honnte homme1 jamais des g5s musqus et affects comme ,su>d1 ,m>montel1 ,did]ot1 ne pur5t p5s] que c'tait l un gr& philosophe4 ,ils fur5t de bonne foi en mprisant sa raison pr(onde2 d'abord elle tait simple1 p* irrmissible en ,france2 en second lieu1 l'homme1 non pas le livre1 tait rabaiss p> une faiblesse3 il atta*ait une importance extrme avoir ce qu'on appelle en ,france de la gloire1 tre la mode p>mi les contempora9s comme ,balzac1 ,voiture1 ,font5elle4 ,r\sseau avait trop de s5sibilit et trop peu de raison1 ,buffon trop d'hypocrisie son j>d9 des plantes1 ,voltaire trop d'enfantillage dans la tte1 p\r p\voir jug] le pr9cipe d',helvtius4 ,ce philosophe commit la petite maladresse d'appel] ce pr9cipe l'intrt1 au lieu de lui donn] le joli nom de plaisir#bbi1 mais que p5s] du bon s5s de t\te une littrature qui se laisse f\rvoy] p> une aussi petite faute8 #bbi ,torva leo5a lupum sequitur1 lupus ipse capellam2 ,flor5tem cytisum sequitur lasciva capella4 4 4 4 4 4 ,trahit sua quemque voluptas4 ,,virgile1 glogue ,,ii4 ,un homme d'esprit ord9aire1 le pr9ce ,eugne de ,savoie1 p> exemple1 la place de ,rgulus1 s]ait re/ tranquillem5t ,rome1 o il se s]ait mme moqu de la btise du snat de ,c>?age2 ,rgulus y ret\rne4 ,le pr9ce ,eugne aurait suivi son intrt exactem5t comme ,rgulus suivit le si54 ,dans presque t\s les vnem5ts de la vie1 une me gnreuse voit la possibilit d'une action dont l'me commune n'a pas mme l'ide4 ,a l'in/ant mme o la possibilit de cette action devi5t visible l'me gnreuse1 il e/ de son intrt de la faire4 ,si elle n'excutait pas cette action qui vi5t de lui app>atre1 elle se mpris]ait soi-mme2 elle s]ait malheureuse4 ,on a des devoirs suivant la porte de son esprit4 ,le pr9cipe d',helvtius e/ vrai1 mme dans les exaltations les plus folles de l'am\r1 mme dans le suicide4 ,il e/ contre sa nature1 il e/ impossible que l'homme ne fasse pas t\j\rs1 et dans quelque in/ant que v\s v\liez le pr5dre1 ce qui dans le mom5t e/ possible et lui fait le plus de plaisir4 ,,xcii ,avoir de la f]met dans le c>actre1 c'e/ avoir pr\v l'effet des autres sur soi-mme2 donc il faut les autres4 ,,xciii ,l'am\r antique4 ,l'on n'a po9t imprim de lettres d'am\r po/humes des dames roma9es4 ,ptrone a fait un livre *>mant1 mais n'a pe9t que la dbau*e4 ,p\r l'am\r ,rome1 aprs la ,didon#bcj et la seconde glogue de ,virgile1 n\s n'avons ri5 de plus prcis que les crits des trois gr&s potes1 ,ovide1 ,tibulle et ,prop]ce4 #bcj ,voir le reg>d de ,didon1 dans la sup]be esquisse de ,m4 ,gur9 au ,luxemb\rg4 ,or1 les lgies de ,p>ny ou la lettre d',hlose ,abeil>d1 de ,col>deau1 sont des pe9tures bi5 imp>faites et bi5 vagues si on les comp>e quelques lettres de la ,n\velle-,hlose1 celles d'une ,religieuse portugaise1 de ,mlle de ,lesp9asse1 de la ,sophie de ,mirabeau1 de ,w]!r1 etc41 etc4 ,la posie1 avec ses comp>aisons obliges1 sa my?ologie que ne croit pas le pote1 sa dignit de /yle la ,l\is ,,xiv1 et t\t l'attirail de ses ornem5ts appels potiques1 e/ bi5 au-dess\s de la prose ds qu'il s'agit de donn] une ide claire et prcise des m\vem5ts du coeur2 or1 dans ce g5re1 on n'meut que p> la cl>t4 ,tibulle1 ,ovide et ,prop]ce fur5t de meilleur gt que nos potes2 ils ont pe9t l'am\r tel qu'il put exi/] *ez les fi]s citoy5s de ,rome2 encore vcur5t-ils s\s ,augu/e1 qui1 aprs avoir f]m le temple de ,janus1 *]*ait raval] les citoy5s l'tat de sujets loyaux d'une mon>*ie4 ,les matresses de ces trois gr&s potes fur5t des femmes coquettes1 infidles et vnales2 ils ne *]*r5t auprs d'elles que des plaisirs physiques1 et je croirais qu'ils n'eur5t jamais l'ide des s5tim5ts sublimes#bca qui1 treize sicles plus t>d1 fir5t palpit] le se9 de la t5dre ,hlose4 #bca ,t\t ce qu'il y a de beau au monde tait dev5u p>tie de la beaut de la femme que v\s aimez1 v\s v\s tr\vez dispos faire t\t ce qu'il y a de beau au monde4 ,j'emprunte le passage suivant un littrateur di/+u et qui connat beauc\p mieux que moi les potes lat9s3 ,le brillant gnie d',ovide#bcb1 l'imag9ation de ,prop]ce1 l'me s5sible de ,tibulle1 leur inspirr5t sans d\te des v]s de nuances diffr5tes1 mais ils aimr5t de la mme manire des femmes peu prs de la mme espce4 ,ils dsir5t1 ils triomph5t1 ils ont des rivaux heureux1 ils sont jal\x ils se br\ill5t et se raccommod5t2 ils sont infidles leur t\r1 on leur p>donne et ils retr\v5t un bonheur qui bi5tt e/ tr\bl p> le ret\r des mmes *ances4 #bcb ,gu+u51 ,hi/oire littraire de l',italie1 vol4 ,,ii1 page #dij4 ,cor9ne e/ m>ie4 ,la premire leon que lui donne ,ovide e/ p\r lui appr5dre p> quelle adresse elle doit tromp] son m>i2 quels signes ils doiv5t se faire devant lui et devant le monde1 p\r s'ent5dre et n'tre ent5dus que d'eux seuls4 ,la j\issance suit de prs2 bi5tt des qu]elles1 et1 ce qu'on n'att5drait pas d'un homme aussi galant qu',ovide1 des injures et des c\ps2 puis des excuses1 des l>mes et le p>don4 ,il s'adresse quelquefois des subalt]nes1 des dome/iques1 au porti] de son amie p\r qu'il lui ouvre la nuit1 une maudite vieille qui la corrompt et lui appr5d se donn] prix d'or un vieil eunuque qui la g>de1 une jeune esclave p\r qu'elle lui remette des tablettes o il dem&e un r5dez-v\s4 ,le r5dez-v\s e/ refus3 il maudit ses tablettes1 qui ont eu un si mauvais succs4 ,il en obti5t un plus heureux3 il s'adresse l',aurore p\r qu'elle ne vi5ne pas int]rompre son bonheur4 ,bi5tt il s'accuse de ses nombreuses infidlits1 de son gt p\r t\tes les femmes4 ,un in/ant aprs1 ,cor9ne e/ aussi infidle2 il ne peut support] l'ide qu'il lui a donn des leons dont elle pr(ite avec un autre4 ,cor9ne son t\r e/ jal\se2 elle s'emporte en femme plus colre que t5dre2 elle l'accuse d'aim] une jeune esclave4 ,il lui jure qu'il n'en e/ ri51 et il crit cette esclave2 et t\t ce qui avait f* ,cor9ne tait vrai4 ,comm5t l'a-t-elle pu savoir6 ,quels indices les ont trahis8 ,il dem&e la jeune esclave un n\veau r5dez-v\s4 ,si elle le lui refuse1 il m5ace de t\t av\] ,cor9ne4 ,il plaisante avec un ami de ses deux am\rs1 de la pe9e et des plaisirs qu'ils lui donn5t4 ,peu aprs c'e/ ,cor9ne seule qui l'occupe4 ,elle e/ t\te lui4 ,il *ante son triomphe comme si c'tait sa premire victoire4 ,aprs quelques incid5ts que1 p\r plus d'une raison1 il faut laiss] dans ,ovide1 et d'autres qu'il s]ait trop long de rappel]1 il se tr\ve que le m>i de ,cor9ne e/ dev5u trop facile4 ,il n'e/ plus jal\x2 cela dplat l'amant1 qui le m5ace de quitt] sa femme s'il ne repr5d sa jal\sie4 ,le m>i lui obx trop2 il fait si bi5 surveill] ,cor9ne1 qu',ovide ne peut plus en appro*]4 ,il se pla9t de cette surveillance qu'il a provoque1 mais il saura bi5 la tromp]2 p> malheur il n'e/ pas le seul y p>v5ir4 ,les infidlits de ,cor9ne recomm5c5t et se multipli5t2 ses intrigues devi5n5t si publiques1 que la seule grce qu',ovide lui dem&e1 c'e/ qu'elle pr5ne quelque pe9e p\r le tromp]1 et qu'elle se montre un peu mo9s videmm5t ce qu'elle e/4 ,telles fur5t les moeurs d',ovide et de sa matresse1 tel e/ le c>actre de leurs am\rs4 ,c9?ie e/ le premi] am\r de ,prop]ce1 et ce s]a le d]ni]4 ,ds qu'il e/ heureux1 il e/ jal\x4 ,c9?ie aime trop la p>ure2 il lui dem&e de fuir le luxe et d'aim] la simplicit4 ,il e/ livr lui-mme plus d'un g5re de dbau*e4 ,c9?ie l'att5d2 il ne se r5d qu'au mat9 auprs d'elle1 sortant de table et pris de v94 ,il la tr\ve endormie2 elle e/ longtemps sans que t\t le bruit qu'il fait1 sans que ses c>esses mmes la rveill5t2 elle ouvre enf9 ses yeux et lui fait les repro*es qu'il mrite4 ,un ami veut le dta*] de ,c9?ie2 il fait cet ami l'loge de sa beaut1 de ses tal5ts4 ,il e/ m5ac de la p]dre3 elle "p avec un militaire2 elle veut suivre les camps1 elle s'expose t\t p\r suivre son soldat4 ,prop]ce ne s'emporte po9t1 il pleure1 il fait des voeux p\r qu'elle soit heureuse4 ,il ne sortira po9t de la maison qu'elle a quitte2 il ira au-devant des trang]s qui l'auront vue2 il ne cess]a de les int]rog] sur ,c9?ie4 ,elle e/ t\*e de tant d'am\r4 ,elle quitte le soldat et re/e avec le pote4 ,il rem]cie ,apollon et les muses2 il e/ ivre de son bonheur4 ,ce bonheur e/ bi5tt tr\bl p> de n\veaux accs de jal\sie1 int]rompu p> l'loignem5t et p> l'abs5ce4 ,lo9 de ,c9?ie1 il ne s'occupe que d'elle4 ,ses infidlits passes lui en font cra9dre de n\velles4 ,la mort ne l'effraye pas1 il ne cra9t que de p]dre ,c9?ie2 qu'il soit sr qu'elle lui s]a fidle1 il desc5dra sans regret au tombeau4 ,aprs de n\velles trahisons1 il s'e/ cru dlivr de son am\r1 mais bi5tt il repr5d ses f]s4 ,il fait le portrait le plus ravissant de sa matresse1 de sa beaut1 de l'lgance de sa p>ure1 de ses tal5ts p\r le *ant1 la posie et la danse2 t\t r$\ble et ju/ifie son am\r4 ,mais ,c9?ie1 aussi p]v]se qu'elle e/ aimable1 se d%onore dans t\te la ville p> des av5tures d'un tel clat1 que ,prop]ce ne peut plus l'aim] sans honte4 ,il en r\git1 mais il ne peut se dta*] d'elle4 ,il s]a son amant1 son p\x2 jamais il n'aim]a que ,c9?ie4 ,ils se quitt5t et se repr5n5t encore4 ,c9?ie e/ jal\se1 il la rassure4 ,jamais il n'aim]a une autre femme4 ,ce n'e/ po9t en effet une seule femme qu'il aime3 ce sont t\tes les femmes4 ,il n'en possde jamais assez1 il e/ insatiable de plaisirs4 ,il faut1 p\r le rappel] lui-mme1 que ,c9?ie l'ab&onne encore4 ,ses pla9tes alors sont aussi vives que si jamais il n'et t infidle lui-mme4 ,il veut fuir4 ,il se di/rait p> la dbau*e4 ,il s'tait enivr comme son ord9aire4 ,il fe9t qu'une tr\pe d'am\rs le r5contre et le ramne aux pi$s de ,c9?ie4 ,leur raccommodem5t e/ suivi de n\veaux orages4 ,c9?ie1 dans un de leurs s\p]s1 s'*auffe de v9 comme lui1 r5v]se la table1 lui jette les c\pes la tte2 il tr\ve cela *>mant4 ,de n\velles p]fidies le =c5t enf9 rompre sa *ane2 il veut p>tir2 il va voyag] dans la ,grce2 il fait t\t le plan de son voyage1 mais il r5once ce projet1 et c'e/ p\r se voir encore l'objet de n\veaux outrages4 ,c9?ie ne se borne plus le trahir1 elle le r5d la rise de ses rivaux2 mais une maladie vi5t la saisir1 elle meurt4 ,elle lui repro*e ses infidlits1 ses caprices1 l'ab&on o il l'a laisse ses d]ni]s mom5ts1 et jure qu'elle-mme1 malgr les app>5ces1 lui fut t\j\rs fidle4 ,telles sont les moeurs et les av5tures de ,prop]ce et de sa matresse2 telle e/ en abrg l'hi/oire de leurs am\rs4 ,voil la femme qu'une me comme celle de ,prop]ce fut rduite aim]4 ,ovide et ,prop]ce fur5t s\v5t infidles1 mais jamais incon/ants4 ,ce sont deux lib]t9s fixs qui port5t s\v5t et l leurs hommages1 mais qui revi5n5t t\j\rs repr5dre la mme *ane4 ,cor9ne et ,c9?ie ont t\tes les femmes p\r rivales3 elles n'en ont p>ticulirem5t aucune4 ,la muse de ces deux potes e/ fidle si leur am\r ne l'e/ pas1 et aucun autre nom que ceux de ,cor9ne et de ,c9?ie ne figure dans leurs v]s4 ,tibulle1 amant et pote plus t5dre1 mo9s vif et mo9s emport qu'eux dans ses gts1 n'a pas la mme con/ance4 ,trois beauts sont l'une aprs l'autre les objets de son am\r et de ses v]s4 ,dlie e/ la premire1 la plus clbre et aussi la plus aime4 ,tibulle a p]du sa =tune1 mais il lui re/e la campagne et ,dlie2 qu'il la possde dans la paix des *amps1 qu'il puisse en expirant press] la ma9 de ,dlie dans la si5ne2 qu'elle suive en pleurant sa pompe funbre1 il ne =me po9t d'autres voeux4 ,dlie e/ enf]me p> un m>i jal\x3 il pntr]a dans sa prison malgr les ,argus et les triples v]r\s4 ,il oubli]a dans ses bras t\tes ses pe9es4 ,il tombe malade1 et ,dlie seule l'occupe1 il l'engage tre t\j\rs *a/e1 mpris] l'or1 n'accord] qu' lui ce qu'il a obt5u d'elle4 ,mais ,dlie ne suit po9t ce conseil4 ,il a cru p\voir support] son infidlit3 il y succombe et dem&e grce ,dlie et ,vnus4 ,il *]*e dans le v9 un remde qu'il n'y tr\ve pas2 il ne peut ni ad\cir ses regrets1 ni se gurir de son am\r4 ,il s'adresse au m>i de ,dlie1 tromp comme lui2 il lui rvle t\tes les ruses dont elle se s]t p\r attir] et p\r voir ses amants4 ,si ce m>i ne sait pas la g>d]1 qu'il la lui confie3 il saura bi5 les c>t] et g>antir de leurs piges celle qui les outrage t\s deux4 ,il s'apaise1 il revi5t elle1 il se s\vi5t de la mre de ,dlie1 qui protgeait leurs am\rs2 le s\v5ir de cette bonne femme r\vre son coeur des s5tim5ts t5dres1 et t\s les torts de ,dlie sont oublis4 ,mais elle en a bi5tt de plus graves4 ,elle s'e/ laiss corrompre p> l'or et les prs5ts1 elle e/ un autre1 d'autres4 ,tibulle rompt enf9 une *ane honteuse1 et lui dit adieu p\r t\j\rs4 ,il passe s\s les lois de ,nmsis et n'en e/ pas plus heureux2 elle n'aime que l'or1 et se s\cie peu des v]s et des dons du gnie4 ,nmsis e/ une femme av>e qui se donne au plus (frant2 il maudit son av>ice1 mais il l'aime et ne peut vivre s'il n'en e/ aim4 ,il t*e de la fl*ir p> des images t\*antes4 ,elle a p]du sa jeune soeur2 il ira pleur] sur son tombeau1 et confi] ses *agr9s cette t5dre muette4 ,les mnes de la soeur de ,nmsis s'(f5s]ont des l>mes que ,nmsis fait rp&re4 ,qu'elle n'aille pas mpris] leur colre4 ,la tri/e image de sa soeur vi5drait la nuit tr\bl] son sommeil444 ,mais ces tri/es s\v5irs arra*5t des pleurs ,nmsis4 ,il ne veut po9t ce prix a*et] mme le bonheur4 ,nra e/ sa troisime matresse4 ,il a j\i longtemps de son am\r2 il ne dem&e aux dieux que de vivre et m\rir avec elle2 mais elle "p1 elle e/ abs5te2 il ne peut s'occup] d'elle1 il ne dem&e qu'elle aux dieux2 il a vu en songe ,apollon1 qui lui a annonc que ,nra l'ab&onne4 ,il refuse de croire ce songe2 il ne p\rrait survivre ce malheur1 et cep5dant ce malheur exi/e4 ,nra e/ infidle2 il e/ encore une fois ab&onn4 ,tel fut le c>actre et le sort de ,tibulle1 tel e/ le triple et assez tri/e roman de ses am\rs4 ,c'e/ en lui surt\t qu'une d\ce mlancolie dom9e1 qu'elle donne mme au plaisir une te9te de rv]ie et de tri/esse qui en fait le *>me4 ,s'il y eut un pote anci5 qui mit du moral dans l'am\r1 ce fut ,tibulle2 mais ces nuances de s5tim5t qu'il exprime si bi5 sont en lui1 il ne songe pas plus que les deux autres les *]*] ou les faire natre *ez ses matresses3 leurs grces1 leur beaut1 sont t\t ce qui l'enflamme2 leurs faveurs1 ce qu'il dsire ou ce qu'il regrette2 leur p]fidie1 leur vnalit1 leur ab&on1 ce qui le t\rm5te4 ,de t\tes ces femmes dev5ues clbres p> les v]s de trois gr&s potes1 ,c9?ie p>at la plus aimable4 ,l'attrait des tal5ts se jo9t en elle t\s les autres2 elle cultive le *ant1 la posie2 mais1 p\r t\s ces tal5ts1 qui tai5t s\v5t ceux des c\rtisanes d'un c]ta9 ordre1 elle n'en vaut pas mieux3 le plaisir1 l'or et le v9 n'en sont pas mo9s en ce qui la g\v]ne2 et ,prop]ce1 qui vante une ou deux fois seulem5t en elle ce gt p\r les arts1 n'en e/ pas mo9s1 dans sa passion p\r elle1 matris p> une t\t autre puissance4 ,ces gr&s potes fur5t app>emm5t au nombre des mes les plus t5dres et les plus dlicates de leur sicle1 et voil p\rtant qui ils aimr5t et comm5t ils aimr5t4 ,ici il faut faire ab/raction de t\te considration littraire4 ,je ne leur dem&e qu'un tmoignage sur leur sicle2 et dans deux mille ans un roman de ,ducray-,dum9il s]a un tmoignage de nos moeurs4 ,,xciii bis4 ,un de mes gr&s regrets1 c'e/ de n'avoir pu voir ,v5ise de #agfjbcc2 une suite de has>ds heureux avait runi app>emm5t1 dans ce petit espace1 et les in/itutions politiques et les op9ions les plus favorables au bonheur de l'homme4 ,une d\ce volupt donnait t\s un bonheur facile4 ,il n'y avait po9t de combat intrieur et po9t de crimes4 ,la srnit tait sur t\s les visages1 p]sonne ne songeait p>atre plus ri*e1 l'hypocrisie ne m5ait ri54 ,je me figure que ce devait tre le contraire de ,londres en #ahbb4 #bcc ,voyage du prsid5t de ,brosses en ,italie1 voyage d',eu/ace1 de ,%>p1 de ,smolett4 ,,xciv ,si v\s remplacez le manque de scurit p]sonnelle p> la ju/e cra9te de manqu] d'arg5t1 v\s v]rez que les tats-,unis d',amrique1 p> rapport la passion dont n\s essayons une monographie1 ressembl5t beauc\p l'antiquit4 ,en p>lant des esquisses plus ou mo9s imp>faites de l'am\r-passion que n\s ont laisses les anci5s1 je vois que j'ai oubli les ,am\rs de ,mde dans l',argonautique4 ,virgile les a copies dans sa ,didon4 ,comp>ez cela l'am\r tel qu'il e/ dans un roman mod]ne3 le doy5 de ,kill]9e1 p> exemple4 ,,xcv ,le roman s5t les beauts de la nature et des arts avec une =ce1 une pr(ondeur1 une ju/esse tonnantes2 mais1 s'il se met v\loir raisonn] sur ce qu'il s5t avec tant d'n]gie1 c'e/ faire piti4 ,c'e/ peut-tre que le s5tim5t lui vi5t de la nature1 et sa logique1 du g\v]nem5t4 ,on voit sur-le-*amp p\rquoi les beaux arts1 hors de l',italie1 ne sont qu'une mauvaise plaisant]ie2 on en raisonne mieux1 mais le public ne s5t pas4 ,,xcvi ,londres1 #bf novembre #ahba4 ,un homme =t raisonnable1 et qui e/ arriv hi] de ,madras1 me dit en deux heures de conv]sation ce que je rduis aux v+t lignes suivantes3 ,ce sombre1 qu'une cause inconnue fait pes] sur le c>actre anglais1 pntre si avant dans les coeurs1 qu'au b\t du monde1 ,madras1 qu& un ,anglais peut obt5ir quelques j\rs de vacance1 il quitte bi5 vite la ri*e et florissante ,madras p\r v5ir se drid] dans la petite ville franaise de ,pondi*ry1 qui1 sans ri*esses et presque sans comm]ce1 fleurit s\s l'adm9i/ration pat]nelle de ,m4 ,dupuy4 ,a ,madras on boit du v9 de ,b\rgogne tr5te-six francs la b\teille2 la pauvret des ,franais de ,pondi*ry fait que1 dans les socits les plus di/+ues1 les rafra*issem5ts consi/5t en gr&s v]res d'eau4 ,mais on y rit4 ,ma9t5ant il y a plus de lib]t en ,anglet]re qu'en ,prusse4 ,le climat e/ le mme que celui de ,ko5igsb]g1 de ,b]l91 de ,v>sovie1 villes qui sont lo9 de m>qu] p> leur tri/esse4 ,les classes ouvrires y ont mo9s de scurit et y boiv5t t\t aussi peu de v9 qu'en ,anglet]re2 elles sont beauc\p plus mal vtues4 ,les ari/ocraties de ,v5ise et de ,vi5ne ne sont pas tri/es4 ,je ne vois qu'une diffr5ce3 dans les pays gais1 on lit peu la ,bible et il y a de la galant]ie4 ,je dem&e p>don de rev5ir s\v5t sur une dmon/ration dont je d\te4 ,je supprime v+t faits dans le s5s du prcd5t4 ,,xcvii ,je vi5s de voir1 dans un beau *teau prs de ,p>is1 un jeune homme trs joli1 =t spirituel1 trs ri*e1 de mo9s de v+t ans2 le has>d l'y a laiss presque seul1 et p5dant longtemps1 avec une =t belle fille de dix-huit ans1 ple9e de tal5ts1 de l'esprit le plus di/+u1 =t ri*e aussi4 ,qui ne se s]ait att5du une passion8 ,ri5 mo9s que cela1 l'affectation tait si gr&e *ez ces deux jolies cratures1 que *acune n'tait occupe que de soi et de l'effet qu'elle devait produire4 ,,xcviii ,j'en convi5s1 ds le l5dema9 d'une gr&e action1 un orgueil sauvage a fait tomb] ce peuple dans t\tes les fautes et les niais]ies qui se sont prs5tes4 ,voici p\rtant ce qui m'emp*e d'effac] les l\anges que je donnais autrefois ce reprs5tant du moy5 ge4 ,la plus jolie femme de ,n>bonne e/ une jeune ,espagnole pe9e ge de v+t ans1 qui vit l =t retire avec son m>i1 ,espagnol aussi et (fici] en demi-solde4 ,cet (fici] fut oblig1 il y a quelque temps1 de donn] un s\fflet un fat3 le l5dema91 sur le *amp de bataille1 le fat voit arriv] la jeune ,espagnole2 n\veau dluge de propos affects3 ,mais1 en vrit1 c'e/ une horreur6 comm5t avez-v\s pu dire cela votre femme8 madame vi5t p\r emp*] notre combat6--,je vi5s v\s ent]r]1 rpond la jeune ,espagnole4 ,heureux le m>i qui peut t\t dire sa femme4 ,le rsultat ne dm5tit pas la fi]t du propos4 ,cette action et pass p\r peu conv5able en ,anglet]re4 ,donc la fausse dc5ce dim9ue le peu de bonheur qui se tr\ve ici-bas4 ,,xcix ,l'aimable ,donzan disait hi]3 ,dans ma jeunesse1 et jusque bi5 avant dans ma c>rire1 puisque j'avais c9quante ans en #hi1 les femmes portai5t de la p\dre dans leurs *eveux4 ,je v\s av\]ai qu'une femme sans p\dre me fait rpugnance2 la premire impression e/ t\j\rs d'une femme de *ambre qui n'a pas eu le loisir de faire sa toilette4 ,voil la seule raison contre ,%akespe>e et en faveur des units4 ,les jeunes g5s ne lisant que la ,h>pe1 le gt des gr&s t\pets p\drs1 comme ceux que portait la feue re9e ,m>ie-,anto9ette1 peut encore dur] quelques annes4 ,je connais aussi des g5s qui mpris5t le ,corrge et ,mi*el-,ange1 et c]tes1 ,m4 ,donzan tait homme d'inf9im5t d'esprit4 ,c ,froide1 brave1 calculatrice1 mfiante1 discutante1 ayant t\j\rs peur d'tre lectrise p> quelqu'un qui p\rrait se moqu] d'elle1 absolum5t libre d'en?\siasme1 un peu jal\se des g5s qui ont vu de gr&es *oses la suite de ,napolon1 telle tait la jeunesse de ce temps-l1 plus e/imable qu'aimable4 ,elle am5ait =cm5t le g\v]nem5t au rabais du c5tre gau*e4 ,ce c>actre de la jeunesse se retr\vait jusque p>mi les conscrits dont *acun n'aspire qu' f9ir son temps4 ,t\tes les ducations1 donnes exprs ou p> has>d1 =m5t les hommes p\r une c]ta9e poque de la vie4 ,l'ducation du sicle de ,l\is ,,xv plaait v+t-c9q ans le plus beau mom5t de ses lves#bcd4 #bcd ,m4 de ,francueil1 qu& il portait trop de p\dre4 ,mmoires de ,mme d'p9ay4 ,c'e/ qu>ante que les jeunes g5s de ce temps-l s]ont le mieux1 ils auront p]du la mfiance et la prt5tion1 et gagn l'aisance et la gaiet4 ,,ci ,discussion entre l'homme de bonne foi et l'homme d',acadmie4 ,dans cette discussion avec l'acadmici51 t\j\rs l'acadmici5 se sauvait en repr5ant de petites dates et autres semblables erreurs de peu d'importance2 mais la consqu5ce et qualification naturelle des *oses1 il niait t\j\rs1 ou semblait ne pas ent5dre3 p> exemple1 que ,nron et t cruel emp]eur ou ,*>les ,,ii p>jure4 ,or1 comm5t pr\v] de telles *oses1 ou1 les pr\vant1 ne pas arrt] la discussion gnrale et en p]dre le fil8 ,telle manire de discussion ai-je t\j\rs vue entre telles g5s1 dont l'un ne *]*e que vrit et avancem5t en icelle1 l'autre faveur de son matre ou p>ti1 et gloire du bi5 dire4 ,et j'ai e/im gr&e dup]ie et p]dem5t de temps en l'homme de bonne loi de s'arrt] p>l] avec lesdits acadmici5s4 7,o,euvres bad9es de ,guy ,all>d de ,voiron7 ,,cii ,il n'y a qu'une trs petite p>tie de l'art d'tre heureux qui soit une sci5ce exacte1 une sorte d'*elle sur laquelle on soit assur de mont] sur un *elon *aque sicle3 c'e/ celle qui dp5d du g\v]nem5t3 7encore ceci n'e/-il qu'une ?orie1 je vois les ,vniti5s de #aggj plus heureux que les g5s de ,philadelphie d'auj\rd'hui74 ,du re/e1 l'art d'tre heureux e/ comme la posie2 malgr le p]fectionnem5t de t\tes *oses1 ,homre1 il y a deux mille sept c5ts ans1 avait plus de tal5t que "l ,byron4 ,en lisant att5tivem5t ,plut>que1 je crois m'ap]cevoir qu'on tait plus heureux en ,sicile du temps de ,dion1 quoiqu'on n'et ni imprim]ie ni pun* la glace1 que n\s ne savons l'tre auj\rd'hui4 ,j'aim]ais mieux tre un ,arabe du ,ve sicle qu'un ,franais du ,x,i,xe4 ,,ciii ,ce n'e/ jamais cette illusion qui r5at et se dtruit *aque seconde que l'on va *]*] au ?tre1 mais l'occasion de pr\v] son vois91 ou du mo9s soi-mme1 si l'on a la contr>it de n'avoir po9t de vois91 que l'on a bi5 lu son la ,h>pe et que l'on e/ homme de gt4 ,c'e/ un plaisir de vieux pdant que se donne la jeunesse4 ,,civ ,une femme app>ti5t de droit l'homme qui l'aime et qu'elle aime plus que la vie4 ,,cv ,la cri/allisation ne peut pas tre excite p> des hommes-copies1 et les rivaux les plus dang]eux sont les plus diffr5ts4 ,,cvi ,dans une socit trs avance1 l'am\r-passion e/ aussi naturel que l'am\r physique *ez les sauvages4 ,m4 ,,cvii ,sans les nuances1 avoir une femme qu'on adore ne s]ait pas un bonheur et mme s]ait impossible4 ,l4 #g octobre4 ,,cviii ,d'o vi5t l'intolrance des /oci5s8 de la mme s\rce que celles des dvots outrs4 ,ils ont de l'humeur p>ce qu'ils lutt5t contre la nature1 qu'ils se priv5t et qu'ils s\ffr5t4 ,s'ils v\lai5t s'int]rog] de bonne foi sur la ha9e qu'ils port5t ceux qui pr(ess5t une morale mo9s svre1 ils s'av\]ai5t qu'elle nat de la jal\sie secrte d'un bonheur qu'ils envi5t et qu'ils se sont int]dit1 sans croire aux rcomp5ses qui les ddommag]ai5t de leurs sacrifices4 ,,did]ot4 ,,cix ,les femmes qui ont habituellem5t de l'humeur p\rrai5t se dem&] si elles suiv5t le sy/me de conduite qu'elles croi5t s9crem5t le *em9 du bonheur4 ,n'y a-t-il pas un peu de manque de c\rage accompagn d'un peu de v5geance basse au fond du coeur d'une prude8 ,voir la mauvaise humeur de ,mme ,de%\lires dans ses d]ni]s j\rs 7,notice de ,m4 ,lemontey74 ,,cx ,ri5 de plus indulg5t1 p>ce que ri5 n'e/ plus heureux1 que la v]tu de bonne foi2 mais mi/ress ,hut*9son elle-mme manque d'indulg5ce4 ,,cxi ,immdiatem5t aprs ce bonheur vi5t celui d'une femme jeune1 jolie1 facile1 qui ne se fait po9t de repro*es4 ,a ,mess9e on disait du mal de la contess9a ,vic5zella3 ,que v\lez-v\s8 disait-elle1 je suis jeune1 libre1 ri*e1 et peut-tre pas laide4 ,j'en s\haite autant t\tes les femmes de ,mess9e4 ,cette femme *>mante1 et qui ne v\lut jamais avoir p\r moi que de l'amiti1 e/ celle qui m'a fait connatre les d\ces posies de l'abb ,melli1 en dialecte sicili52 posies dlicieuses1 quoique gtes encore p> la my?ologie4 ,,delfante4 ,,cxii ,le public de ,p>is a une capacit d'att5tion1 c'e/ trois j\rs1 aprs quoi1 prs5tez-lui la mort de ,napolon ou la condamnation de ,m4 ,brang] deux mois de prison1 absolum5t la mme s5sation ou le mme manque de tact qui en rep>le le quatrime j\r4 ,t\te gr&e capitale doit-elle tre a9si1 ou cela ti5t-il la bont et la lgret p>isi5ne8 ,grce l'orgueil ari/ocratique et la timidit s\ffrante1 ,londres n'e/ qu'une nombreuse collection d'ermites4 ,ce n'e/ pas une capitale4 ,vi5ne n'e/ qu'une olig>*ie de deux c5ts familles environnes de c5t c9quante mille artisans ou dome/iques qui les s]v5t4 ,ce n'e/ pas l non plus une capitale4 ,naples et ,p>is1 les deux seules capitales 7,extrait des ,voyages de ,birkbeck1 page #cga74 ,,cxiii ,s'il tait une poque o1 d'aprs les ?ories vulgaires1 appeles raisonnables p> les hommes communs1 la prison pt tre supportable1 ce s]ait celle o1 aprs une dt5tion de plusieurs annes1 un pauvre prisonni] n'e/ plus sp> que p> un mois ou deux du mom5t qui doit le mettre en lib]t4 ,mais la cri/allisation en ordonne autrem5t4 ,le d]ni] mois e/ plus pnible que les trois d]nires annes4 ,m4 d',hotelans a vu la maison d'arrt de ,melun plusieurs prisonni]s dt5us depuis longtemps1 p>v5us quelques mois du j\r qui devait les r5dre la lib]t1 m\rir d'impati5ce4 ,,cxiv ,je ne puis rsi/] au plaisir de transcrire une lettre crite en mauvais anglais p> une jeune ,allem&e4 ,il e/ donc pr\v qu'il y a des am\rs con/antes1 et t\s les hommes de gnie ne sont pas des ,mirabeau4 ,klop/ock1 le gr& pote1 passe ,hamb\rg p\r avoir t un homme aimable2 voici ce que sa jeune femme crivait une amie intime3 ,aft] hav+ se5 him two h\rs1 ,i 0 oblig$ to pass ! ev5+ 9 a company1 :i* nev] _h be5 s we>isome to me4 ,i c\ld n speak1 ,i c\ld n play2 ,i ?\ght ,i saw no?+ b ,klop/ock2 ,i saw him ! next day1 & ! foll[+ & we 7 v s]i\sly fri5ds4 ,b ! f\r? day he dep>t$4 ,x 0 a /rong h\r ! h\r ( 8 dep>ture6 ,he wrote soon aft]2 f t "t our correspond5ce began to be a v dilig5t "o4 ,i s9c]ely believ$ my love to be fri5d%ip4 ,i spoke ) my fri5ds ( no?+ b ,klop/ock1 & %[$ 8 lett]s4 ,!y railli$ at me & said ,i 0 9 love4 ,i railli$ !n aga91 & said t !y mu/ h a v fri5d%ipless he>t1 if !y _h no idea ( fri5d%ip to a man z well z to a woman4 ,?us x cont9u$ eight mon?s1 9 :i* "t my fri5ds f\nd z mu* love 9 ,klop/ock's lett]s z 9 me4 ,i p]ceiv$ x likewise1 b ,i w\ld n believe x4 ,at ! la/ ,klop/ock said pla9ly t he lov$2 & ,i />tl$ z = a wrong ?+2 ,i answ]$ t x 0 no love1 b fri5d%ip1 z x 0 :at ,i felt = him2 we _h n se5 "o ano!r en\gh to love 7z if love mu/ h m "t ?an fri5d%ip74 ,?is 0 s9c]ely my mean+1 & ,i _h ?is mean+ till ,klop/ock came aga9 to ,hamburg4 ,?is he did a ye> aft] we _h se5 "o ano!r ! fir/ "t4 ,we saw1 we 7 fri5ds1 we lov$2 & a %ort "t aft]1 ,i c\ld ev5 tell ,klop/ock t ,i lov$4 ,b we 7 oblig$ to "p aga91 & wait two ye>s = our w$d+4 ,my "m w\ld n let m>ry me a /rang]4 ,i c\ld m>ry !n )\t h] cons5t1 z by ! dea? ( my fa!r my =tune dep5d$ n on h]2 b ?is 0 a horrible idea = me2 & ?ank heav5 t ,i h prevail$ by pray]s6 ,at ?is "t kn[+ ,klop/ock1 %e loves him z h] lifely son1 & ?anks god t %e has n p]si/$4 ,we m>ri$ & ,i am ! happie/ wife 9 ! _w4 ,9 "s few mon?s x w be f\r ye>s t ,i am s happy444 7,correspond5ce ( ,ri*>dson1 vol4 ,,iii1 page #adg47 ,,cxv ,il n'y a d'unions jamais lgitimes que celles qui sont comm&es p> une vraie passion4 ,,cxvi ,p\r tre heureuse avec la facilit des moeurs1 il faut une simplicit de c>actre qu'on tr\ve en ,allemagne1 en ,italie1 mais jamais en ,france4 ,la du*esse de ,c444 ,,cxvii ,p> orgueil1 les ,turcs priv5t leurs femmes de t\t ce qui peut donn] un alim5t la cri/allisation4 ,je vis depuis trois mois *ez un peuple o1 p> orgueil1 les g5s titrs en s]ont bi5tt l4 ,les hommes appell5t pudeur les exig5ces d'un orgueil r5du f\ p> l'ari/ocratie4 ,comm5t os] manqu] la pudeur8 ,aussi1 comme ,a?nes1 les g5s d'esprit ont une t5dance m>que se rfugi] auprs des c\rtisanes1 c'e/--dire auprs de ces femmes qu'une faute clatante a mises l'abri des affectations de la pudeur 7,vie de ,fox74 ,,cxviii ,dans le cas d'am\r emp* p> victoire trop prompte1 j'ai vu la cri/allisation *ez les c>actres t5dres *]*] se =m] aprs4 ,elle dit en riant3 ,non1 je ne t'aime pas4 ,,cxix ,l'ducation actuelle des femmes1 ce mlange biz>re de pratiques pieuses et de *ansons =t vives 7di piac] mi balza il cor de la ,gazza ladra71 e/ la *ose du monde la mieux calcule p\r loign] le bonheur4 ,cette ducation fait les ttes les plus inconsqu5tes4 ,mme de ,r444 qui craignait la mort1 vi5t de m\rir p>ce qu'elle tr\vait drle de jet] les mdec9es p> la f5tre4 ,ces pauvres petites femmes pr5n5t l'inconsqu5ce p\r de la gaiet1 p>ce que la gaiet e/ s\v5t inconsqu5te en app>5ce4 ,c'e/ comme l',allem& qui se fait vif en se jetant p> la f5tre4 ,,cxx ,la vulg>it1 teignant l'imag9ation1 produit sur-le-*amp p\r moi l'ennui mortel3 la *>mante comtesse ,k444 me montrant ce soir les lettres de ses amants1 que je tr\ve grossires4 ,=l1 #ag m>s4 ,h5ri4 ,l'imag9ation n'tait pas te9te2 elle tait seulem5t f\rvoye1 et1 p> rpugnance1 cessait bi5 vite de se figur] la grossiret de ces plats amants4 ,,cxxi ,rv]ie mtaphysique4 ,belgirate1 #bf octobre #ahaf4 ,p\r peu qu'une vritable passion r5contre de contr>its1 elle produit vraisemblablem5t plus de malheur que de bonheur2 cette ide peut n'tre pas vraie p\r une me t5dre1 mais elle e/ d'une vid5ce p>faite p\r la majeure p>tie des hommes1 et en p>ticuli] p\r les froids philosophes qui1 en fait de passions1 ne viv5t presque que de curiosit et d'am\r-propre4 ,ce qui prcde1 je le disais hi] soir la contess9a ,fulvia1 en n\s prom5ant sur la t]rasse de l',isola-,bella1 l'ori5t1 prs du gr& p94 ,elle me rpondit3 ,le malheur produit une beauc\p plus =te impression sur l'exi/5ce huma9e que le plaisir4 ,la premire v]tu de t\t ce qui prt5d n\s donn] du plaisir1 c'e/ de frapp] =t4 ,ne p\rrait-on pas dire que1 la vie elle-mme n'tant faite que de s5sations1 le gt univ]sel de t\s les tres qui ont vie e/ d'tre av]tis qu'ils viv5t p> les s5sations les plus =tes possibles8 ,les g5s du ,nord ont peu de vie2 voyez la l5teur de leurs m\vem5ts4 ,le dolce f>ni5te des ,itali5s1 c'e/ le plaisir de j\ir des motions de son me1 mollem5t t5du sur un divan1 plaisir impossible si l'on c\rt t\te la j\rne *eval ou dans un droski1 comme l',anglais ou le ,russe4 ,ces g5s m\rrai5t d'ennui sur un divan4 ,il n'y a ri5 reg>d] dans leurs mes4 ,l'am\r donne les s5sations les plus =tes possibles2 la preuve en e/ que1 dans ces mom5ts d'inflammation1 comme dirai5t les physiologi/es1 le coeur =me ces alliances de s5sations qui sembl5t si absurdes aux philosophes ,helvtius1 ,buffon et autres4 ,luiz9a1 l'autre j\r1 s'e/ laiss tomb] dans le lac1 comme v\s savez2 c'e/ qu'elle suivait des yeux une feuille de lauri] dta*e de quelque arbre de l',isola-,madre 7les ,borromes74 ,la pauvre femme m'a av\ qu'un j\r son amant1 en lui p>lant1 effeuillait une bran*e de lauri] dans le lac1 et lui disait3 ,vos cruauts et les calomnies de votre amie m'emp*5t de pr(it] de la vie et d'acqurir quelque gloire4 ,une me qui1 p> l'effet de quelque gr&e passion1 ambition1 jeu1 am\r1 jal\sie1 gu]re1 etc41 a connu les mom5ts d'angoisse et d'extrme malheur1 p> une biz>r]ie bi5 incomprh5sible1 mprise le bonheur d'une vie tranquille et o t\t semble fait s\hait3 un joli *teau dans une position pittoresque1 beauc\p d'aisance1 une bonne femme1 trois jolis enfants1 des amis aimables et en quantit1 ce n'e/ l qu'une faible esquisse de t\t ce que possde notre hte1 le gnral ,c444 et cep5dant v\s savez qu'il a dit tre t5t d'all] ,naples pr5dre le comm&em5t d'une gurilla4 ,une me faite p\r les passions s5t d'abord que cette vie heureuse l'ennuie1 et peut-tre aussi qu'elle ne lui donne que des ides communes4 ,je v\drais1 v\s disait ,c4441 n'avoir jamais connu la fivre des gr&es passions1 et p\voir me pay] de l'app>5t bonheur sur lequel on me fait t\s les j\rs de si sots complim5ts1 auxquels1 p\r comble d'horreur1 je suis =c de rpondre avec grce4 ,moi1 philosophe1 j'aj\te3 ,v\lez-v\s une millime preuve que n\s ne sommes pas faits p> un tre bon8 c'e/ que le plaisir ne produit pas peut-tre la moiti autant d'impression sur notre tre que la d\leur#bce444 ,la contess9a m'a int]rompu3 ,il y a peu de pe9es morales dans la vie qui ne soi5t r5dues *res p> l'motion qu'elles excit5t2 s'il y a un gra9 de gnrosit dans l'me1 ce plaisir se c5tuple4 ,l'homme condamn mort en #ahae1 et sauv p> has>d 7,m4 de ,lavalette p> exemple71 s'il m>*ait au supplice avec c\rage1 doit se rappel] ce mom5t dix fois p> mois2 le l*e qui m\rait en pleurant et jetant les hauts cris 7le d\ani] ,morris1 jet dans le lac1 ,rob ,roy1 ,,iii1 #abj71 s'il e/ aussi sauv p> le has>d1 ne peut t\t au plus se s\v5ir avec plaisir de cet in/ant qu' cause de la circon/ance qu'il a t sauv1 et non p\r les trsors de gnrosit qu'il a dc\v]ts en lui-mme1 et qui t5t l'av5ir t\tes ses cra9tes4 #bce ,voir l'analyse du pr9cipe asctique1 ,b5?am1 ,trait de lgislation1 tome ,i4 ,on fait plaisir un tre bon en se faisant s\ffrir4 ,,moi4--,l'am\r1 mme malheureux1 donne une me t5dre1 p\r qui la *ose imag9e e/ la *ose exi/ante1 des trsors de j\issance de cette espce2 il y a des visions sublimes de bonheur et de beaut *ez soi et *ez ce qu'on aime4 ,que de fois ,salviati n'a-t-il pas ent5du ,lonore lui dire1 comme ,mlle ,m>s dans les ,fausses ,confid5ces1 avec son s\rire en*anteur3 ,eh bi56 oui1 je v\s aime6 ,or1 voil de ces illusions qu'un esprit sage n'a jamais4 ,,fulvia1 levant les yeux au ciel4--,oui1 p\r v\s et p\r moi1 l'am\r1 mme malheureux1 p\rvu que notre admiration p\r l'objet aim soit inf9ie1 e/ le premi] des bonheurs4 7,fulvia a v+t-trois ans2 c'e/ la beaut la plus clbre de 9999992 ses yeux tai5t div9s en p>lant a9si et se levant v]s ce beau ciel des les ,borromes1 m9uit2 les a/res semblai5t lui rpondre4 ,j'ai baiss les yeux1 et n'ai plus tr\v de raisons philosophiques p\r la combattre4 ,elle a cont9u47 ,et t\t ce que le monde appelle le bonheur ne vaut pas ses pe9es4 ,je crois que le mpris seul peut gurir de cette passion2 non pas un mpris trop =t1 ce s]ait un supplice1 mais1 p> exemple1 p\r v\s autres hommes1 voir l'objet que v\s adorez aim] un homme grossi] et prosaque1 ou v\s sacrifi] aux j\issances du luxe aimable et dlicat qu'elle tr\ve *ez son amie4 ,,cxxii ,v\loir1 c'e/ avoir le c\rage de s'expos] un inconvni5t2 s'expos] a9si1 c'e/ t5t] le has>d1 c'e/ j\]4 ,il y a des militaires qui ne peuv5t vivre sans ce jeu3 c'e/ ce qui les r5d insupportables dans la vie de famille4 ,,cxxiii ,le gnral ,teuli me disait ce soir qu'il avait dc\v]t que ce qui le r5dait d'une s*]esse et d'une /rilit si abom9able qu& il y avait dans le salon des femmes affectes1 c'e/ qu'il avait ensuite une honte amre d'avoir expos ses s5tim5ts avec feu devant de tels tres4 7,et qu& il ne p>lait pas avec son me1 ft-ce de ,poli*9elle1 il n'avait ri5 dire4 ,je voyais du re/e qu'il ne savait sur ri5 la phrase conv5ue et de bon ton4 ,il tait p> l rellem5t ridicule et b>oque aux yeux des femmes affectes4 ,le ciel ne l'avait pas fait p\r tre lgant47 ,,cxxiv ,a la c\r1 l'i999999 e/ de mauvais ton1 p>ce qu'il e/ c5s qu'elle e/ contre l'intrt des pr9ces3 l'i999999 e/ aussi de mauvais ton en prs5ce des jeunes filles1 cela les emp*]ait de tr\v] un m>i4 ,il faut conv5ir que s99 ,d999999 e9999991 il doit lui tre agrable d'tre honor p\r de tels motifs4 ,,cxxv ,dans l'me d'un gr& pe9tre ou d'un gr& pote1 l'am\r e/ div9 comme c5tuplant le doma9e et les plaisirs de l'art1 dont les beauts donn5t son me le pa9 quotidi54 ,que de gr&s arti/es qui ne se d\t5t ni de leur me ni de leur gnie6 ,s\v5t ils se croi5t un mdiocre tal5t p\r la *ose qu'ils ador5t1 p>ce qu'ils ne sont pas d'accord avec les eunuques du srail1 les la ,h>pe1 etc43 p\r ces g5s-l1 mme l'am\r malheureux e/ bonheur4 ,,cxxvi ,l'image du premi] am\r e/ la plus gnralem5t t\*ante2 p\rquoi8 c'e/ qu'il e/ presque le mme dans t\s les pays1 de t\s les c>actres4 ,donc ce premi] am\r n'e/ pas le plus passionn4 ,,cxxvii ,la raison6 la raison6 ,voil ce qu'on crie t\j\rs un pauvre amant4 ,en #agfj1 dans le mom5t le plus anim de la gu]re de ,sept ans1 ,grimm crivait3 444 ,il n'e/ po9t d\teux que le roi de ,prusse n'et prv5u cette gu]re avant qu'elle clatt1 en cdant la ,silsie4 ,en cela il et fait une action trs sage4 ,combi5 de maux il aurait prv5us6 ,que peut avoir de commun la possession d'une prov9ce avec le bonheur d'un roi8 et le gr& lecteur n'tait-il pas un pr9ce trs heureux et trs respect sans possd] la ,silsie8 ,voil comm5t un roi aurait pu se conduire en suivant les prceptes de la plus sa9e raison1 et je ne sais comm5t il s]ait arriv que ce roi et t l'objet des mpris de t\te la t]re1 t&is que ,frdric1 sacrifiant t\t au beso9 de cons]v] la ,silsie1 s'e/ c\v]t d'une gloire immortelle4 ,le fils de ,cromwell a sans d\te fait l'action la plus sage qu'un homme puisse faire2 il a prfr l'obscurit et le repos l'emb>ras et au dang] de g\v]n] un peuple sombre1 f\gueux et fi]4 ,ce sage a t mpris de son vivant et p> la po/rit1 et son pre e/ re/ un gr& homme au jugem5t des nations4 ,la ,belle ,pnit5te e/ un sujet sublime du ?tre espagnol#bcf1 gt en anglais et en franais p> ,otway et ,col>deau4 ,cali/e a t viole p> un homme qu'elle adore1 que les f\gues d'orgueil de son c>actre r5d5t odieux1 mais que ses tal5ts1 son esprit1 les grces de sa figure1 t\t enf9 conc\rt r5dre sduisant4 ,lo?>io et t trop aimable s'il et su modr] de c\pables transports2 du re/e1 une ha9e hrditaire et atroce divise sa famille et celle de la femme qu'il aime4 ,ces familles sont la tte des deux factions qui p>tag5t une ville d',espagne durant les horreurs du moy5 ge4 ,sciolto1 le pre de ,cali/e1 e/ le *ef de l'autre faction1 qui1 dans ce mom5t1 a le dessus2 il sait que ,lo?>io a eu l'insol5ce de v\loir sduire sa fille4 ,la faible ,cali/e succombe s\s les t\rm5ts de sa honte et de sa passion4 ,son pre e/ p>v5u faire donn] son ennemi le comm&em5t d'une arme navale1 qui "p p\r une expdition lo9ta9e et dang]euse1 o probablem5t ,lo?>io tr\v]a la mort4 ,dans la tragdie de ,col>deau1 il vi5t donn] cette n\velle sa fille4 ,a ces mots1 la passion de ,cali/e s'*appe3 #bcf ,voir les romances espagnoles et danoises du ,x,i,i,ie sicle2 elles p>atrai5t plates ou grossires au gt franais4 ,o dieux6 ,il "p6444 v\s l'ordonnez6444 il a pu s'y rs\dre8 ,jugez du dang] de cette situation2 un mot de plus1 et ,sciolto va tre clair sur la passion de sa fille p\r ,lo?>io4 ,ce pre confondu s'crie3 ,qu'ent5ds-je8 me tromp-je8 o s'g>5t tes voeux8 ,a cela ,cali/e1 rev5ue elle-mme1 rpond3 ,ce n'e/ pas son exil1 c'e/ sa mort que je veux1 ,qu'il prisse6 ,p> ces mots1 ,cali/e t\ffe les s\pons naissants de son pre1 et c'e/ cep5dant sans artifice1 c> le s5tim5t qu'elle exprime e/ vrai4 ,l'exi/5ce d'un homme qu'elle aime et qui a pu l'outrag] doit empoisonn] sa vie1 ft-il au b\t du monde2 sa mort seule p\rrait lui r5dre le repos1 s'il en tait p\r les amants in=tuns444 ,bi5tt aprs ,lo?>io e/ tu1 et ,cali/e a le bonheur de m\rir4 ,voil bi5 des pleurs et bi5 des cris p\r peu de *ose6 ont dit les g5s froids qui se dcor5t du nom de philosophes4 ,un homme h>di et viol5t abuse de la faiblesse qu'une femme a p\r lui2 il n'y a pas l de quoi se dsol]1 ou du mo9s il n'y a pas de quoi n\s intress] aux *agr9s de ,cali/e4 ,elle n'a qu' se consol] d'avoir c\* avec son amant1 et ce ne s]a pas la premire femme de mrite qui aura pris son p>ti sur ce malheur-l#bcg4 #bcg ,grimm1 tome ,,iii1 page #ajg4 ,ri*>d ,cromwell1 le roi de ,prusse1 ,cali/e1 avec les mes que le ciel leur avait donnes1 ne p\vai5t tr\v] la tranquillit et le bonheur qu'en agissant a9si4 ,la conduite de ces deux d]ni]s e/ m9emm5t draisonnable1 et cep5dant ce sont les seuls qu'on e/ime4 ,sagan1 #ahac4 ,,cxxviii ,la con/ance aprs le bonheur ne peut se prdire que d'aprs celle que1 malgr les d\tes cruels1 la jal\sie et les ridicules1 on a eue avant l'intimit4 ,,cxxix ,*ez une femme au dsespoir de la mort de son amant1 qui vi5t d'tre tu l'arme1 et qui songe videmm5t le suivre1 il faut d'abord exam9] si ce p>ti n'e/ pas conv5able2 et1 dans le cas de la ngative1 attaqu]1 p> cette habitude si anci5ne *ez l'tre huma91 l'am\r de sa conv]sation4 ,si cette femme a un ennemi1 on peut lui p]suad] que cet ennemi a obt5u une lettre de ca*et p\r la mettre en prison4 ,si cette m5ace n'augm5te pas son am\r p\r la mort1 elle peut song] se ca*] p\r vit] la prison4 ,elle se ca*]a trois sema9es1 fuyant de retraite en retraite2 elle s]a arrte et au b\t de trois j\rs se sauv]a4 ,alors1 s\s un nom suppos1 on lui mnag]a un asile dans une ville =t loigne1 et la plus diffr5te possible de celle o elle tait au dsespoir4 ,mais qui veut se dv\] consol] un tre aussi malheureux et aussi nul p\r l'amiti8 ,v>sovie1 #ahjh4 ,,cxxx ,les savants d'acadmie voi5t les moeurs d'un peuple dans sa langue3 l',italie e/ le pays du monde o l'on prononce le mo9s le mot d'am\r1 t\j\rs amicizia et avvic9> 7amicizia p\r am\r et avvic9> p\r faire la c\r avec succs74 ,,cxxxi ,le dictionnaire de la musique n'e/ pas fait1 n'e/ pas mme comm5c2 ce n'e/ que p> has>d que l'on tr\ve les phrases qui dis5t3 je suis en colre1 ou je v\s aime1 et leurs nuances4 ,le mae/ro ne tr\ve ces phrases que lorsqu'elles lui sont dictes p> la prs5ce de la passion dans son coeur ou p> son s\v5ir4 ,les g5s qui pass5t le feu de la jeunesse tudi]1 au lieu de s5tir1 ne peuv5t donc pas tre arti/es3 ri5 de plus simple que ce mcanisme4 ,,cxxxii ,l'empire des femmes e/ beauc\p trop gr& en ,france1 l'empire de la femme beauc\p trop re/re9t4 ,,cxxxiii ,la plus gr&e flatt]ie que l'imag9ation la plus exalte saurait inv5t] p\r l'adress] la gnration qui s'lve p>mi n\s1 p\r pr5dre possession de la vie1 de l'op9ion et du p\voir1 se tr\ve une vrit plus claire que le j\r4 ,elle n'a ri5 cont9u]1 cette gnration1 elle a t\t crer4 ,le gr& mrite de ,napolon e/ d'avoir fait maison nette4 ,,cxxxiv ,je v\drais p\voir dire quelque *ose sur la consolation4 ,on n'essaye pas assez de consol]4 ,le pr9cipe gnral1 c'e/ qu'il faut t*] de =m] une cri/allisation la plus trangre possible au motif qui a jet dans la d\leur4 ,il faut avoir le c\rage de se livr] un peu d'anatomie p\r dc\vrir un pr9cipe inconnu4 ,si l'on veut consult] le *apitre ,,ii de l'ouvrage de ,m4 ,vill]m sur les prisons 7,p>is1 #ahbj71 on v]ra que les prisonni]s si m>itano fra di loro 7c'e/ le mot du langage des prisons74 ,les femmes si m>itano an*e fra di loro1 et il y a en gnral beauc\p de fidlit dans ces unions1 ce qui ne s'obs]ve pas *ez les hommes1 et qui e/ un effet du pr9cipe de la pudeur4 ,a ,sa9t-,laz>e1 dit ,m4 ,vill]m1 page #if1 ,sa9t-,laz>e1 en octobre #ahah1 une femme s'e/ donn plusieurs c\ps de c\teau p>ce qu'elle s'e/ vu prfr] une arrivante4 ,c'e/ ord9airem5t la plus jeune qui e/ la plus atta*e l'autre4 ,,cxxxv ,vivacit1 legg]ezza1 soggettissima a pr5d]e puntiglio1 occupazione di ogni mom5to delle app>5ze della propria esi/5za agli oc*i altrui3 ,ecco i tre gran c>att]i di que/a pianta *e risveglia ,europa nell #ahjh4 ,p>mi les ,itali5s1 les bons sont ceux qui ont encore un peu de sauvag]ie et de prop5sion au sang3 les ,romagnols1 les ,calabrois1 et1 p>mi les plus civiliss1 les ,bressans1 les ,pimontais1 les ,corses4 ,le b\rgeois de ,flor5ce e/ plus m\ton que celui de ,p>is4 ,l'espionnage de ,lopold l'a avili jamais4 ,voir la lettre de ,m4 ,c\ri] sur le biblio?caire ,furia et le *ambellan ,pucc9i4 ,,cxxxvi ,je ris de voir des g5s de bonne foi ne p\voir jamais tre d'accord1 se dire naturellem5t de grosses injures et en p5s] davantage4 ,vivre1 c'e/ s5tir la vie2 c'e/ avoir des s5sations =tes4 ,comme p\r *aque individu le taux de cette =ce *ange1 ce qui e/ pnible p\r un homme comme trop =t e/ prcism5t ce qu'il faut un autre p\r que l'intrt comm5ce4 ,p> exemple1 la s5sation d'tre p>gn p> le canon qu& on e/ au feu1 la s5sation de s'enfonc] en ,russie la suite de ces ,p>!s1 de mme la tragdie de ,%akespe>e et la tragdie de ,rac9e1 etc41 etc4 ,or*a1 #ac aot #ahab4 ,,cxxxvii ,d'abord le plaisir ne produit pas la moiti autant d'impression que la d\leur1 ensuite1 outre ce dsavantage dans la quantit d'motion1 la sympa?ie e/ au mo9s la moiti mo9s excite p> la pe9ture du bonheur que p> celle de l'in=tune4 ,donc les potes ne saurai5t pe9dre le malheur avec trop de =ce2 ils n'ont qu'un cueil r$\t]1 ce sont les objets qui inspir5t le dgt4 ,encore ici1 le taux de cette s5sation dp5d-il de la mon>*ie ou de la rpublique4 ,un ,l\is ,,xiv c5tuple le nombre des objets rpugnants 7,posies de ,crabbe74 ,p> le seul fait de l'exi/5ce de la mon>*ie la ,l\is ,,xiv environne de sa noblesse1 t\t ce qui e/ simple dans les arts devi5t grossi]4 ,le noble p]sonnage devant qui on l'expose se tr\ve insult2 ce s5tim5t e/ s9cre1 et p>tant respectable4 ,voyez le p>ti que le t5dre ,rac9e a tir de l'amiti hroque1 et si consacre dans l'antiquit1 d',ore/e et de ,pylade4 ,ore/e tutoie ,pylade1 et ,pylade lui rpond ,seigneur4 ,et l'on veut que ,rac9e soit p\r n\s l'auteur le plus t\*ant6 ,si l'on ne se r5d pas un tel exemple1 il faut p>l] d'autre *ose4 ,,cxxxviii ,ds qu'on peut espr] de se v5g]1 on recomm5ce de har4 ,je n'eus l'ide de me sauv] et de manqu] la foi que j'avais jure mon ami que les d]nires sema9es de ma prison4 7,deux confid5ces faites ce soir devant moi p> un assass9 de bonne compagnie qui n\s fait t\te son hi/oire47 ,fa5za1 #ahag4 ,,cxxxix ,t\te l',europe1 en se cotisant1 ne p\rrait faire un seul de nos bons volumes franais3 les ,lettres p]sanes1 p> exemple4 ,,cxl ,j'appelle plaisir t\te p]ception que l'me aime mieux pr\v] que ne pas pr\v]#bch4 #bch ,maup]tuis4 ,j'appelle pe9e t\te p]ception que l'me aime mieux ne pas pr\v] qu'pr\v]4 ,dsir-je m'endormir plutt que de s5tir ce que j'pr\ve1 nul d\te1 c'e/ une pe9e4 ,donc les dsirs d'am\r ne sont pas des pe9es1 c> l'amant quitte1 p\r rv] son aise1 les socits les plus agrables4 ,p> la dure1 les plaisirs du corps sont dim9us et les pe9es augm5tes4 ,p\r les plaisirs de l'me1 ils sont augm5ts ou dim9us p> la dure1 suivant les passions3 p> exemple1 aprs six mois passs tudi] l'a/ronomie1 on aime davantage l'a/ronomie2 aprs un an d'av>ice1 on aime mieux l'arg5t4 ,les pe9es de l'me sont dim9ues p> la dure2 que de veuves vritablem5t f*es se consol5t p> le temps6 ,milady ,waldegrave d',horace ,walpole4 ,soit un homme dans un tat d'indiffr5ce1 il lui arrive un plaisir2 ,soit un autre homme dans un tat de vive d\leur1 cette d\leur cesse subitem5t2 le plaisir qu'il ress5t e/-il de mme nature que celui du premi] homme8 ,m4 ,v]ri dit que oui1 et il me semble que non4 ,t\s les plaisirs ne vi5n5t pas de la cessation de la d\leur4 ,un homme avait depuis longtemps six mille livres de r5te1 il gagn c9q c5t mille francs la lot]ie4 ,cet homme s'tait d%abitu de dsir] les *oses que l'on ne peut obt5ir que p> une gr&e =tune4 7,je dirai1 en passant1 qu'un des inconvni5ts de ,p>is1 c'e/ la facilit de p]dre cette habitude47 ,on inv5te la ma*9e taill] les plumes2 je l'ai a*ete ce mat91 et c'e/ un gr& plaisir p\r moi1 qui m'impati5te taill] les plumes2 mais c]ta9em5t je n'tais pas malheureux hi] de ne pas connatre cette ma*9e4 ,ptr>que tait-il malheureux de ne pas pr5dre de caf8 ,il e/ inutile de df9ir le bonheur1 t\t le monde le connat3 p> exemple1 la premire p]drix que l'on tue au vol d\ze ans2 la premire bataille d'o l'on sort sa9 et sauf dix-sept4 ,le plaisir qui n'e/ que la cessation d'une pe9e passe bi5 vite1 et au b\t de quelques annes le s\v5ir n'en e/ pas mme agrable4 ,un de mes amis fut bless au ct p> un clat d'obus1 la bataille de la ,mosk[a1 quelques j\rs aprs il fut m5ac de gangrne1 au b\t de quelques heures on put runir ,m4 ,bcl>1 ,m4 ,l>roy et quelques *irurgi5s e/ims3 on fit une consultation dont le rsultat fut d'annonc] mon ami qu'il n'avait pas la gangrne4 ,a ce mom5t je vis son bonheur1 il fut gr&1 cep5dant il n'tait pas pur4 ,son me1 en secret1 ne croyait pas en tre t\t fait quitte1 il refaisait le travail des *irurgi5s1 il exam9ait s'il p\vait entirem5t s'en rapport] eux4 ,il entrevoyait encore un peu la possibilit de la gangrne4 ,auj\rd'hui1 au b\t de huit ans1 qu& on lui p>le de cette consultation1 il pr\ve un s5tim5t de pe9e3 il a la vue imprvue d'un des malheurs de la vie4 ,le plaisir caus p> la cessation de la d\leur consi/e3 #a remport] la victoire contre t\tes les objections qu'on se fait successivem5t2 #b ,a revoir t\s les avantages dont on allait tre priv4 ,le plaisir caus p> le ga9 de c9q c5t mille francs consi/e prvoir t\s les plaisirs n\veaux et extraord9aires qu'on va se donn]4 ,il y a une exception s+ulire3 il faut voir si cet homme a trop ou trop peu de cette habitude1 s'il a la tte troite1 le s5tim5t d'emb>ras dur]a deux ou trois j\rs4 ,s'il a l'habitude de dsir] s\v5t une gr&e =tune1 il aura u d'avance la j\issance p> se la trop figur]4 ,ce malheur n'arrive pas dans l'am\r-passion4 ,une me enflamme ne se figure pas la d]nire des faveurs1 mais la plus pro*a9e3 p> exemple1 d'une matresse qui v\s traite avec svrit1 l'on se figure un s]rem5t de ma94 ,l'imag9ation ne va pas naturellem5t au del2 si on la viol5te1 aprs un mom5t1 elle s'loigne p> la cra9te de pr(an] ce qu'elle adore4 ,lorsque le plaisir a entirem5t p>c\ru sa c>rire1 il e/ clair que n\s retombons dans l'indiffr5ce2 mais cette indiffr5ce n'e/ pas la mme que celle d'aup>avant4 ,ce second tat diffre du premi]1 en ce que n\s ne s]ions plus capables de gt]1 avec autant de dlices1 le plaisir que n\s v5ons d'avoir4 ,les organes qui s]v5t le cueillir sont fatigus1 et l'imag9ation n'a plus autant de prop5sion prs5t] les images qui s]ai5t agrables aux dsirs qui se tr\v5t satisfaits4 ,mais1 si au milieu du plaisir on vi5t n\s en arra*]1 il y a production de d\leur4 ,,cxli ,la disposition l'am\r physique1 et mme au plaisir physique1 n'e/ po9t la mme *ez les deux sexes4 ,au contraire des hommes1 presque t\tes les femmes sont au mo9s susceptibles d'un g5re d'am\r4 ,depuis le premi] roman qu'une femme a ouv]t en ca*ette qu9ze ans1 elle att5d en secret la v5ue de l'am\r-passion4 ,elle voit dans une gr&e passion la preuve de son mrite4 ,cette att5te r$\ble v]s v+t ans1 lorsqu'elle e/ rev5ue des premires t\rd]ies de la vie1 t&is qu' pe9e arrivs tr5te1 les hommes croi5t l'am\r impossible ou ridicule4 ,,cxlii ,ds l'ge de six ans n\s n\s acc\tumons *]*] le bonheur p> la mme r\te que nos p>5ts4 ,l'orgueil de la mre de la contess9a ,nella a comm5c le malheur de cette aimable femme1 et elle le r5d sans ress\rce p> le mme orgueil f\4 ,v5ise1 #ahaj4 ,,cxliii ,du g5re romantique4 ,on m'crit de ,p>is qu'on y a vu 7exposition de #ahbb7 un milli] de tableaux reprs5tant des sujets de l'criture sa9te1 pe9ts p> des pe9tres qui n'y croi5t pas beauc\p1 admirs et jugs p> des g5s qui n'y croi5t pas1 et enf9 pays p> des g5s qui n'y croi5t pas4 ,on *]*e aprs cela le p\rquoi de la dcad5ce de l'art4 ,ne croyant pas en ce qu'il dit1 l'arti/e cra9t t\j\rs de p>atre exagr et ridicule4 ,comm5t arriv]ait-il au gr&iose8 ri5 ne l'y porte 7,lett]a di ,roma1 giugno #ahbb74 ,,cxliv ,l'un des plus gr&s potes1 selon moi1 qui ai5t p>u dans ces d]ni]s temps1 c'e/ ,rob]t ,burns1 paysan cossais mort de misre4 ,il avait soixante-dix l\is d'appo9tem5ts comme d\ani]1 p\r lui1 sa femme et quatre enfants4 ,il faut conv5ir que le tyran ,napolon tait plus gnreux env]s son ennemi ,*ni]1 p> exemple4 ,burns n'avait ri5 de la prud]ie anglaise4 ,c'e/ un gnie roma9 sans *eval]ie ni honneur4 ,je n'ai pas assez de place p\r cont] ses am\rs avec ,m>y ,campbell et leur tri/e cata/rophe4 ,seulem5t je rem>que qu'dimb\rg e/ la mme latitude que ,mosc\1 ce qui p\rrait drang] un peu mon sy/me des climats4 ,"o ( ,burn's rem>ks1 :5 he fir/ came to ,edimburgh1 0 t betwe5 ! m5 ( ru/ic life & ! polite _w he obs]v$ little diff]5ce2 t 9 ! =m]1 ?\gh unpoli%$ by fa%ion & un5light5$ by sci5ce1 he _h f\nd mu* obs]vation & mu* intellig5ce2 b a ref9$ & accompli%$ woman 0 a be+ almo/ new to him1 & ( :i* he _h =m$ b a v inadequate idea4 7,londres1 #a;er novembre #ahba1 tome ,v1 page #fi47 ,,cxlv ,l'am\r e/ la seule passion qui se paye d'une monnaie qu'elle fabrique elle-mme4 ,,cxlvi ,les complim5ts qu'on adresse aux petites filles de trois ans =m5t prcism5t la meilleure ducation possible p\r leur enseign] la vanit la plus p]nicieuse4 tre jolie e/ la premire v]tu1 le plus gr& avantage au monde4 ,avoir une jolie robe1 c'e/ tre jolie4 ,ces sots complim5ts ne sont usits que dans la b\rgeoisie2 ils sont heureusem5t de mauvais ton1 comme trop aiss faire *ez les g5s c>rosse4 ,,cxlvii ,lorette1 #aa septembre #ahaa4 ,je vi5s de voir un trs beau bataillon de g5s de ce pays2 c'e/ le re/e de quatre mille hommes qui tai5t alls ,vi5ne en #ahji4 ,j'ai pass dans les rangs avec le colonel1 et fait faire leur hi/oire plusieurs soldats4 ,c'e/ la v]tu des rpubliques du moy5 ge1 plus ou mo9s abt>die p> les ,espagnols#bci1 le ,p444#bdj1 et deux sicles des g\v]nem5ts l*es et cruels qui ont t\r t\r gt ce pays-ci4 #bci ,v]s #aehj1 les ,espagnols1 hors de *ez eux1 n'tai5t que des ag5ts n]giques de despotisme1 ou des j\eurs de guit>e s\s les f5tres des belles ,itali5nes4 ,les ,espagnols passai5t alors en ,italie comme auj\rd'hui l'on vi5t ,p>is2 du re/e1 ils ne mettai5t leur orgueil qu' faire triomph] le roi1 leur matre4 ,ils ont p]du l',italie1 et l'ont p]due en l'avilissant4 ,en #afbf1 le gr& pote ,cald]on tait (fici] ,milan4 #bdj ,voir la ,vie de sa9t ,*>les ,borrome1 qui *angea ,milan et l'avilit4 ,il fit ds]t] les salles d'armes et all] au *apelet4 ,m]veilles tue ,ca/iglione1 #aecc4 ,le brillant honneur *eval]esque1 sublime et sans raison1 e/ une plante exotique importe seulem5t depuis un petit nombre d'annes4 ,on n'en tr\ve pas trace en #agdj4 ,voir de ,brosses4 ,les (fici]s de ,mont5otte et de ,rivoli avai5t trop d'occasions de montr] la vraie v]tu leurs vois9s p\r *]*] imit] un honneur peu connu s\s les *aumires que le soldat de #agif v5ait de quitt]1 et qui leur et sembl bi5 b>oque4 ,il n'y avait1 en #agif1 ni ,lgion d'honneur1 ni en?\siasme p\r un homme1 mais beauc\p de simplicit et de v]tu la ,desaix4 ,l'honneur a donc t import en ,italie p> des g5s trop raisonnables et trop v]tueux p\r tre bi5 brillants4 ,on s5t qu'il y a lo9 des soldats de #if gagnant v+t batailles en un an1 et n'ayant s\v5t ni s\li]s1 ni habits1 aux brillants rgim5ts de ,font5oy1 disant polim5t aux ,anglais et le *apeau bas3 ,messieurs1 tirez les premi]s4 ,,cxlviii ,je croirais assez qu'il faut jug] de la bont d'un sy/me de vie p> son reprs5tant3 p> exemple1 ,ri*>d ,coeur-de-,lion montra sur le trne la p]fection de l'hrosme et de la valeur *eval]esque1 et ce fut un roi ridicule4 ,,cxlix ,op9ion publique en #ahbb4 ,un homme de tr5te ans sduit une jeune p]sonne de qu9ze ans1 c'e/ la jeune p]sonne qui e/ d%onore4 ,,cl ,dix ans plus t>d je retr\vai la comtesse ,ottavia2 elle pleura beauc\p en me revoyant2 je lui rappelais ,og9ski4 ,je ne puis plus aim]1 me disait-elle2 je lui rpondis avec le pote3 ,h[ *ang$1 h[ sadd5$1 yet h[ elevat$ 0 h] "*6 ,,cli ,comme les moeurs anglaises sont nes de #afhh #agcj1 celles de ,france vont natre de #ahae #ahhj4 ,ri5 ne s]a beau1 ju/e1 heureux1 comme la ,france morale v]s #aijj4 ,actuellem5t elle n'e/ ri54 ,ce qui e/ une infamie dans la rue de ,belle-,*asse e/ une action hroque rue du ,mont-,blanc1 et1 au trav]s de t\tes les exagrations1 les g5s rellem5t faits p\r le mpris se sauv5t de rue en rue4 ,n\s avions une ress\rce1 la lib]t des j\rnaux1 qui f9iss5t p> dire *acun son fait1 et qu& ce fait se tr\ve tre l'op9ion publique1 il re/e4 ,on n\s arra*e ce remde1 cela ret>d]a un peu la naissance de la morale4 ,,clii ,l'abb ,r\sseau tait un pauvre jeune homme 7#aghd71 rduit c\rir du mat9 au soir t\s les qu>ti]s de la ville p\r y donn] des leons d'hi/oire et de gographie4 ,am\reux d'une de ses lves1 comme ,abeil>d d',hlose1 comme ,sa9t-,preux de ,julie2 mo9s heureux sans d\te1 mais probablem5t assez prs de l'tre2 avec autant de passion que ce d]ni]1 mais l'me plus honnte1 plus dlicate1 et surt\t plus c\rageuse1 il p>at s'tre immol l'objet de sa passion4 ,voici ce qu'il a crit avant de se brl] la c]velle1 aprs avoir dn *ez un re/aurateur au ,palais-,royal sans laiss] *app] aucune m>que de tr\ble ni d'alination3 c'e/ du procs-v]bal dress sur les lieux p> le commissaire et les (fici]s de la police qu'on a tir la copie de ce billet1 assez rem>quable p\r mrit] d'tre cons]v4 ,le contra/e inconcevable qui se tr\ve entre la noblesse de mes s5tim5ts et la bassesse de ma naissance1 un am\r aussi viol5t qu'insurmontable p\r une fille adorable#bda1 la cra9te de caus] son d%onneur1 la ncessit de *oisir entre le crime et la mort1 t\t m'a dt]m9 ab&onn] la vie4 ,j'tais n p\r la v]tu1 j'allais tre crim9el2 j'ai prfr m\rir4 7,grimm1 troisime p>tie1 tome ,,ii1 page #cie47 #bda ,il p>at qu'il s'agit de ,mlle ,gromaire1 fille de ,m4 ,gromaire1 expditionnaire en c\r de ,rome4 ,voil un suicide admirable1 et qui ne s]ait qu'absurde avec les moeurs de #ahhj4 ,,cliii ,on a beau faire1 jamais les ,franais1 en fait de beaux-arts1 ne pass]ont le joli4 ,le comique qui suppose de la v]ve dans le public et du brio dans l'acteur1 les dlicieuses plaisant]ies de ,palomba1 ,naples1 j\es p> ,casaccia1 impossibles ,p>is2 du joli et jamais que du joli1 quelquefois1 il e/ vrai1 annonc comme sublime4 ,on voit que je ne spcule pas en gnral sur l'honneur national4 ,,cliv ,n\s aimons beauc\p un beau tal5t1 ont dit les ,franais1 et ils dis5t vrai1 mais n\s exigeons1 comme condition ess5tielle de la beaut1 qu'il soit fait p> un pe9tre se t5ant con/amm5t clo*e-pi$ p5dant t\t le temps qu'il travaille4 ,les v]s dans l'art dramatique4 ,,clv ,beauc\p mo9s d'envie en ,amrique qu'en ,france1 et beauc\p mo9s d'esprit4 ,,clvi ,la tyrannie la ,philippe ,,ii a tellem5t avili les esprits depuis #aecj1 qu'elle pse sur le j>d9 du monde1 que les pauvres auteurs itali5s n'ont pas encore eu le c\rage d'inv5t] le roman de leur pays4 ,a cause de la rgle du naturel1 ri5 de plus simple p\rtant3 il faut os] copi] fran*em5t ce qui crve les yeux dans ce monde4 ,voir le c>d9al ,gonzalvi1 plu*ant gravem5t p5dant trois heures1 en #ahbb1 le livret d'un opra b\ffon1 et disant au mae/ro avec inquitude3 ,mais v\s rpt]ez s\v5t ce mot cozz>1 cozz>4 ,,clvii ,hlose v\s p>le de l'am\r1 un fat v\s p>le de son am\r2 s5tez-v\s que ces *oses n'ont presque que le nom de commun8 ,c'e/ comme l'am\r des conc]ts et l'am\r de la musique4 ,l'am\r des j\issances de vanit que votre h>pe v\s promet au milieu d'une socit brillante1 ou l'am\r d'une rv]ie t5dre1 solitaire1 timide4 ,,clviii ,qu& on vi5t de voir la femme qu'on aime1 la vue de t\te autre femme gte la vue1 fait physiquem5t mal aux yeux2 j'en vois le p\rquoi4 ,,clix ,rponse une objection4 ,le naturel p>fait et l'intimit ne peuv5t avoir lieu que dans l'am\r-passion1 c> dans t\s les autres l'on s5t la possibilit d'un rival favoris4 ,,clx ,*ez l'homme qui1 p\r se dlivr] de la vie1 a pris du poison1 l'tre moral e/ mort2 tonn de ce qu'il a fait et de ce qu'il va pr\v]1 il n'a plus d'att5tion p\r ri53 quelques r>es exceptions4 ,,clxi ,un vieux capita9e de vaisseau1 oncle de l'auteur1 auquel je fais hommage du prs5t manuscrit1 ne tr\ve ri5 de si ridicule que l'importance donne p5dant six c5ts pages une *ose aussi frivole que l'am\r4 ,cette *ose si frivole e/ cep5dant la seule arme avec laquelle on puisse frapp] les mes =tes4 ,qu'e/-ce qui a emp*1 en #ahad1 ,m4 de ,m444 d'immol] ,napolon dans la =t de ,fonta9ebleau8 ,le reg>d mprisant d'une jolie femme qui entrait aux ,ba9s-,*9ois#bdb4 ,quelle diffr5ce dans les de/9es du monde si ,napolon et son fils euss5t t tus en #ahad6 #bdb ,mmoires1 page #hh1 dition de ,londres4 ,,clxii ,je transcris les lignes suivantes d'une lettre franaise que je reois de ,znam1 en obs]vant qu'il n'y a pas dans t\te la prov9ce un homme en tat de compr5dre la femme d'esprit qui m'crit3 444 ,l'accid5t fait beauc\p en am\r4 ,lorsque je n'ai pas lu de l'anglais depuis un an1 le premi] roman qui me tombe s\s la ma9 me semble dlicieux4 ,l'habitude d'aim] une me prosaque1 c'e/--dire l5te et timide p\r t\t ce qui e/ dlicat1 et ne s5tant avec passion que les intrts grossi]s de la vie3 l'am\r des cus1 l'orgueil d'avoir de beaux *evaux1 les dsirs physiques1 etc41 etc41 peut facilem5t faire p>atre (f5santes les actions d'un gnie imptueux1 ard5t1 imag9ation impati5te1 ne s5tant que l'am\r1 oubliant t\t le re/e1 et qui agit sans cesse1 et avec imptuosit1 l o l'autre se laissait guid]1 et n'agissait jamais p> lui-mme4 ,l'tonnem5t qu'il donne p\r (f5s] ce que n\s appelions1 l'anne d]nire1 ,zi?au1 l'orgueil fm993 e/-ce franais1 a8 ,avec le second on a de l'tonnem5t1 s5tim5t que l'on ignorait auprs du premi] 7et1 comme ce premi] e/ mort l'arme1 l'improvi/e1 il e/ re/ synonyme de p]fection71 et s5tim5t qu'une me ple9e de hauteur et prive de cette aisance qui e/ le fruit d'un c]ta9 nombre d'intrigues peut confondre facilem5t avec ce qui e/ (f5sant4 ,,clxiii ,ge(froy ,rudel1 de ,blaye1 fut un trs gr& g5tilhomme1 pr9ce de ,blaye1 et il dev9t am\reux de la pr9cesse de ,tripoli sans la voir1 p\r le gr& bi5 et p\r la gr&e c\rtoisie qu'il ent5dit dire d'elle aux pl]9s qui v5ai5t d',antio*e1 et fit p\r elle beauc\p de belles *ansons1 avec de bons airs et de *tives p>oles2 et1 p> volont de la voir1 il se croisa et se mit en m] p\r all] v]s elle4 ,et adv9t qu'en le navire le prit une trs gr&e maladie1 de telle sorte que ceux qui tai5t avec lui crur5t qu'il ft mort1 mais tant fir5t qu'ils le conduisir5t ,tripoli1 dans une htell]ie1 comme un homme mort4 ,on le fit savoir la comtesse1 et elle v9t son lit et le prit entre ses bras4 ,il sut qu'elle tait la comtesse2 il rec\vra le voir1 l'ent5dre1 et il l\a ,dieu1 et lui r5dit grce qu'il lui et s\t5u la vie jusqu' ce qu'il l'et vue4 ,et a9si il m\rut dans les bras de la comtesse1 et elle le fit honorablem5t ensevelir dans la maison du ,temple1 ,tripoli4 ,et puis en ce mme j\r elle se fit religieuse p\r la d\leur qu'elle eut de lui et de sa mort#bdc4 #bdc ,traduit d'un manuscrit prov5al du ,x,i,i,ie sicle4 ,,clxiv ,voici une s+ulire preuve de la folie nomme cri/allisation1 que l'on tr\ve dans les ,mmoires de mi/riss ,hut*9son3 444 ,he told to ,m4 ,hut*9son a v true /ory ( a g5tleman :o n long be=e _h come = "s "t to lodge 9 ,ri*mond1 & f\nd all ! p he came 9 company )1 bewail+ ! dea? ( a g5tlewoman t _h liv$ !re4 ,he>+ h] s mu* deplor$ he made inquiry aft] h]1 & grew s 9 love ) ! description1 t no o!r disc\rse c\ld at fir/ please him1 nor c\ld he at la/ endure any o!r2 he grew desp]ately melan*oly1 & w\ld g to a m\nt :]e ! pr9t ( h] foot 0 cut1 & lie !re p9+ & kiss+ ( x all ! day long1 till at l5g? dea? 9 "s mon?s space conclud$ 8 langui%m5t4 ,?is /ory 0 v true4 7,tome ,i1 page #hc47 ,,clxv ,lisio ,visconti n'tait ri5 mo9s qu'un gr& lecteur de livres4 ,outre ce qu'il avait pu voir en c\rant le monde1 cet essai e/ fond sur les mmoires de qu9ze ou v+t p]sonnages clbres4 ,s'il se r5contrait1 p> has>d1 un lecteur qui tr\vt ces bagatelles dignes d'un in/ant d'att5tion1 voici les livres desquels ,lisio a tir ses rflexions et conclusions3 ,vie de ,b5v5uto ,cell9i1 crite p> lui-mme4 ,les ,n\velles de ,c]vants et de ,sc>ron4 ,manon ,lescaut et le ,doy5 de ,kill]9e1 de l'abb ,prvt4 ,lettres lat9es d',hlose ,abail>d4 ,tom ,jones4 ,lettres d'une ,religieuse portugaise4 ,deux ou trois romans d',augu/e ,la ,fonta9e4 ,l',hi/oire de ,toscane1 de ,pignotti4 ,w]!r4 ,brantme4 ,mmoires de ,c>lo ,gozzi 7,v5ise1 #agfj71 seulem5t les #hj pages sur l'hi/oire de ses am\rs4 ,mmoires de ,lauzun1 ,sa9t-,simon1 d'p9ay1 de ,/al1 ,m>montel1 ,bez5val1 ,rol&1 ,duclos1 ,horace ,walpole1 velyn1 ,hut*9son4 ,lettres de ,mlle ,lesp9asse4 ,,clxvi ,un des plus gr&s p]sonnages de ce temps-l1 un des hommes les plus m>quants dans l'glise et dans l'tat1 n\s a cont1 ce soir 7janvi] #ahbb71 *ez ,mme de ,m4441 les dang]s =t rels qu'il avait c\rus du temps de la ,t]reur4 ,j'avais eu le malheur d'tre au nombre des membres les plus m>quants de l',assemble con/ituante3 je me t9s ,p>is1 *]*ant me ca*] tant bi5 que mal1 tant qu'il y eut quelque espoir de succs p\r la bonne cause4 ,enf91 les dang]s augm5tant et les trang]s ne faisant ri5 d'n]gique p\r n\s1 je me dt]m9ai p>tir mais il fallait p>tir sans passeport4 ,comme t\t le monde s'en allait ,cobl5tz1 j'eus l'ide de sortir p> ,calais4 ,mais mon portrait avait t si =t rp&u1 dix-huit mois aup>avant1 que je fus reconnu la d]nire po/e2 cep5dant on me laissa pass]4 ,j'arrivai une aub]ge ,calais1 o1 comme v\s p\vez p5s]1 je ne dormis gure1 et =t heureusem5t p\r moi1 c> v]s les quatre heures du mat9 j'ent5dis trs di/9ctem5t prononc] mon nom4 ,p5dant que je me lve et m'habille la hte1 je di/+ue =t bi51 malgr l'obscurit1 des g>des nationaux avec leurs fusils1 p\r lesquels on ouvre la gr&e porte et qui entr5t dans la c\r de l'aub]ge4 ,heureusem5t il pleuvait v]se2 c'tait une mat9e d'hiv] =t obscure avec un gr& v5t4 ,l'obscurit et le bruit du v5t me p]mir5t de me sauv] p> la c\r de d]rire et l'curie des *evaux4 ,me voil dans la rue sept heures du mat91 sans ress\rce aucune4 ,je p5sai qu'on allait me c\rir aprs de mon aub]ge4 ,ne sa*ant trop ce que je faisais1 j'allai prs du port1 sur la jete4 ,j'av\e que j'avais un peu p]du la tte3 je ne me voyais p\r t\te p]spective que la guillot9e4 ,il y avait un paquebot qui sortait du port p> une m] =t grosse et qui tait dj v+t toises de la jete4 ,t\t c\p j'ent5ds des cris du ct de la m]1 comme si l'on m'appelait4 ,je vois s'appro*] un petit bateau4 ,allons1 donc1 monsieur1 v5ez1 on v\s att5d4 ,je passe ma*9alem5t dans le bateau4 ,il y avait un homme qui me dit l'oreille3 ,v\s voyant m>*] sur la jete d'un air eff>1 j'ai p5s que v\s p\rriez bi5 tre un malheureux proscrit4 ,j'ai dit que v\s tiez mon ami que j'att5dais2 faites semblant d'avoir le mal de m] et allez v\s ca*] en bas dans un co9 obscur de la *ambre4 --,ah6 le beau trait1 s'cria la matresse de la maison respirant pe9e1 et qui tait mue jusqu'aux l>mes p> le long rcit =t bi5 fait des dang]s de l'abb4 ,que de rem]cm5ts v\s dtes faire ce gnreux inconnu6 ,comm5t s'appelait-il8 --,je ne sais pas son nom1 a rpondu l'abb un peu confus4 ,et il y a eu un mom5t de pr(ond sil5ce dans le salon4 ,,clxvii ,le pre et le fils4 ,dialogue de #aghg4 ,,le ,p,,re 7m9i/re de la44474 ,je v\s flicite1 mon fils2 c'e/ une *ose =t agrable p\r v\s d'tre invit *ez ,m4 le duc d'4442 c'e/ une di/9ction p\r un homme de votre ge4 ,ne manquez pas d'tre au ,palais six heures prcises4 ,,le ,,fils4 ,je p5se1 monsieur1 que v\s y dnez aussi8 ,,le ,p,,re ,m4 le duc d'4441 t\j\rs p>fait p\r notre famille1 v\s engageant p\r la premire fois1 a bi5 v\lu m'invit] aussi4 ,le fils1 jeune homme =t bi5 n et de l'esprit le plus di/+u1 ne manque pas d'tre au ,palais444 six heures4 ,on s]vit sept4 ,le fils se tr\va plac vis--vis du pre4 ,*aque convive avait ct de soi une femme nue4 ,l'on tait s]vi p> une v+ta9e de laquais en gr&e livre#bdd4 #bdd ,f decemb] #bg1 #ahai till ! #c june #ahbj1 ,mil4 ,,clxviii ,londres1 aot #ahag4 ,je n'ai de ma vie t frapp et intimid de la prs5ce de la beaut comme ce soir1 un conc]t que donnait ,mme ,pa/a4 ,elle tait environne1 en *antant1 de trois rangs de jeunes femmes tellem5t belles1 d'une beaut tellem5t pure et cle/e1 que je me suis s5ti baiss] les yeux p> respect1 au lieu de les lev] p\r admir] et j\ir4 ,cela ne m'e/ arriv dans aucun pays1 pas mme dans ma *re ,italie4 ,,clxix ,une *ose e/ absolum5t impossible dans les arts1 en ,france1 c'e/ la v]ve4 ,il y aurait trop de ridicule p\r l'homme entran1 il a l'air trop heureux4 ,voir un ,vniti5 rcit] les satires de ,burati4 ,,clxx ,il y avait ,val5ce1 en ,espagne1 deux amies1 femmes trs honntes1 et des familles les plus di/+ues4 ,l'une d'elles fut c\rtise p> un (fici] franais1 qui l'aima avec passion1 et au po9t de manqu] la croix aprs une bataille1 en re/ant dans un cantonnem5t auprs d'elle1 au lieu d'all] au qu>ti] gnral faire la c\r au gnral en *ef4 ,a la f91 il en fut aim4 ,aprs sept mois de froideur aussi dsesprante le d]ni] j\r que le premi]1 elle lui dit un soir3 ,bon ,joseph1 je suis v\s4 ,il re/ait l'ob/acle d'un m>i1 homme d'inf9im5t d'esprit1 mais le plus jal\x des hommes4 ,en ma qualit d'ami1 j'ai d lire avec lui t\te l'hi/oire de ,pologne1 de ,rulhire1 qu'il n'ent5dait pas bi54 ,il s'c\la trois mois sans qu'on pt le tromp]4 ,il y avait un tlgraphe les j\rs de ftes1 p\r indiqu] l'glise o l'on irait la messe4 ,un j\r1 je vis mon ami plus sombre qu' l'ord9aire2 voici ce qui allait se pass]4 ,l'amie intime de ,da ,inezilla tait dang]eusem5t malade4 ,celle-ci dem&a son m>i la p]mission de pass] la nuit auprs de la malade1 ce qui fut aussitt accord1 condition que le m>i *oisirait le j\r4 ,un soir1 il conduit da ,inezilla *ez son amie1 et dit1 en bad9ant et comme inop9m5t1 qu'il dormira =t bi5 sur un canap1 dans un petit salon att5ant la *ambre c\*]1 et dont la porte fut laisse ouv]te4 ,depuis onze j\rs1 t\s les soirs1 l'(fici] franais passait deux heures1 ca* s\s le lit de la malade4 ,je n'ose aj\t] le re/e4 ,je ne crois pas que la vanit p]mette ce degr d'amiti une ,franaise4 ,,app5dix ,,des ,,c\rs ,d',,am\r ,il y a eu des c\rs d'am\r en ,france1 de l'an #aaej l'an #abjj4 ,voil ce qui e/ pr\v4 ,probablem5t l'exi/5ce des c\rs d'am\r remonte une poque beauc\p plus recule4 ,les dames1 runies dans les c\rs d'am\r1 r5dai5t des arrts soit sur des que/ions de droit1 p> exemple3 ,l'am\r peut-il exi/] entre g5s m>is8 ,soit sur des cas p>ticuli]s que les amants leur mettai5t#bde4 #bde ,&r le *apela91 ,no/radamus1 ,rayn\>d1 ,crescimb5i1 d',aret94 ,autant que je puis me figur] la p>tie morale de cette jurisprud5ce1 cela devait ressembl] ce qu'aurait t la c\r des m>*aux de ,france1 tablie p\r le po9t d'honneur p> ,l\is ,,xiv1 si t\tefois l'op9ion et s\t5u cette in/itution4 ,&r1 *apela9 du roi de ,france1 qui crivait v]s l'an #aagj1 cite les c\rs d'am\r3 des dames de ,gascogne1 d',erm5g>de1 vicomtesse de ,n>bonne 7#aadd1 #aaid71 de la re9e lonore1 de la comtesse de ,fl&re1 de la comtesse de ,*ampagne 7#aagd74 ,&r rapporte neuf jugem5ts prononcs p> la comtesse de ,*ampagne4 ,il cite deux jugem5ts prononcs p> la comtesse de ,fl&re4 ,jean de ,no/radamus1 ,vie des potes prov5aux1 dit 7page #ae73 ,les t5sons tai5t disputes d'am\rs qui se faisai5t entre les *evali]s et dames potes entre-p>lant ensemble de quelque belle et subtile "q d'am\rs2 et o ils ne s'en p\vai5t accord]1 ils les envoyai5t1 p\r en avoir la df9ition1 aux dames illu/res prsid5tes1 qui t5ai5t c\r d'am\r ouv]te et planire ,signe et ,pi]refeu1 ou ,roman91 ou autres1 et l-dessus1 en faisai5t arrts qu'on nommait ,,l\s ,,arre/s ,d',,am\rs4 ,voici les noms de quelques-unes des dames qui prsidai5t aux c\rs d'am\r de ,pi]refeu et de ,signe3 ,/ephanette1 dame de ,brulx1 fille du comte de ,prov5ce2 ,adal>ie1 vicomtesse d',avignon2 ,alalte1 dame d',ongle2 ,h]miss5de1 dame de ,posquires2 ,b]trane1 dame d',urgon2 ,mabille1 dame d',yres2 ,la comtesse de ,dye2 ,ro/angue1 dame de ,pi]refeu2 ,b]trane1 dame de ,signe2 ,jauss]&e de ,clau/ral4 ,no/radamus1 page #bg4 ,il e/ vraisemblable que la mme c\r d'am\r s'assemblait tantt dans le *teau de ,pi]refeu1 tantt dans celui de ,signe4 ,ces deux villages sont trs vois9s l'un de l'autre1 et situs peu prs gale di/ance de ,t\lon et de ,brignoles4 ,dans la ,vie de ,b]tr& d',alamanon1 ,no/radamus dit3 ,ce tr\bad\r fut am\reux de ,phanette ou ,e/ephanette de ,roman91 dame dudit lieu1 de la maison de ,gantelmes1 qui t5ait de son temps c\r d'am\r ouv]te et planire en son *teau de ,roman91 prs la ville de ,sa9t-,remy1 en ,prov5ce1 tante de ,laurette d',avignon1 de la maison de ,sado1 tant clbre p> le pote ,ptr>que4 ,a l'article de ,laurette1 on lit que ,laurette de ,sade1 clbre p> ,ptr>que1 vivait ,avignon v]s l'an #acda1 qu'elle fut in/ruite p> ,phanette de ,gantelmes1 sa tante1 dame de ,roman92 que t\tes deux romansoy5t promptem5t en t\te sorte de ri?me prov5salle1 suyvant ce qu'en a escrit le monge des ,isles d',or1 les oeuvres desquelles r5d5t ample tesmoignage de leur doctr9e444 ,il e/ vray 7dict le monge7 que ,phanette ou ,e/ephanette1 comme trs excell5te en la posie1 avoit une fureur ou inspiration div9e1 laquelle fureur e/oit e/ime un vray don de ,dieu2 elles e/oy5t accompagnes de plusieurs dames illu/res et gnreuses#bdf de ,prov5ce1 qui fleurissoy5t de ce temps en ,avignon1 lorsque la c\r roma9e y rsidoit1 qui s'adonnoy5t l'e/ude des lettres1 t5ans c\r d'am\r ouv]te et y deff9issoy5t les que/ions d'am\r qui y e/oy5t proposes et envoyes444 #bdf ,jehanne1 dame de ,baulx1 ,huguette de ,=c>qui]1 dame de ,trects1 ,bri&e d',ag\lt1 comtesse de la ,lune1 ,mabille de ,vill5eufve1 dame de ,v5ce1 ,batrix d',ag\lt1 dame de ,sault1 ,yso>de de ,roquefueilh1 dame d',ansoys1 ,anne1 vicomtesse de ,tall>d1 ,blan*e de ,flassans1 surnomme ,blankafl\r1 ,d\lce1 de ,mon/i]s1 dame de ,clumane1 ,antonette de ,cad5et1 dame de ,lambesc1 ,magdalne de ,sallon1 dame dudict lieu1 ,rix5de du ,puyv>d1 dame de ,trans4 ,no/radamus1 page #bag4 ,guill5 et ,pi]re ,balbz et ,loys des ,lasc>is1 comtes de ,v9timille1 de ,t5de et de la ,brigue1 p]sonnages de gr& r5om1 e/ant v5us de ce temps en ,avignon visit] ,innoc5t ,v,ie du nom1 pape1 fur5t ouyr les deff9itions et s5t5ces d'am\r prononces p> ces dames2 lesquels esm]veillez et ravis de leurs beaults et savoir1 fur5t surpris de leur am\r4 ,les tr\bad\rs nommai5t s\v5t1 la f9 de leurs t5sons1 les dames qui devai5t prononc] sur les que/ions qu'ils agitai5t entre eux4 ,un arrt de la c\r des dames de ,gascogne porte3 ,la c\r des dames1 assemble en ,gascogne1 a tabli1 du cons5tem5t de t\te la c\r1 cette con/itution p]ptuelle1 etc41 etc4 ,la comtesse de ,*ampagne1 dans l'arrt de #aagd1 dit3 ,ce jugem5t que n\s avons port avec une extrme prud5ce1 e/ appuy de l'avis d'un trs gr& nombre de dames444 ,on tr\ve dans un autre jugem5t3 ,le *evali]1 p\r la fraude qui lui avait t faite1 dnona t\te cette affaire la comtesse de ,*ampagne1 et dem&a humblem5t que ce dlit ft s\mis au jugem5t de la comtesse de ,*ampagne et des autres dames4 ,la comtesse1 ayant appel auprs d'elle soixante dames1 r5dit ce jugem5t1 etc4 ,&r le *apela91 duquel n\s tirons ces r5seignem5ts1 rapporte que le code d'am\r avait t publi p> une c\r compose d'un gr& nombre de dames et de *evali]s4 ,&r n\s a cons]v la supplique qui avait t adresse la comtesse de ,*ampagne1 lorsqu'elle dcida p> la ngative cette "q3 ,le vritable am\r peut-il exi/] entre p\x8 ,mais quelle tait la pe9e enc\rue lorsqu'on n'obissait pas aux arrts des c\rs d'am\r8 ,n\s voyons la c\r de ,gascogne ordonn] que tel de ses jugem5ts s]ait obs]v comme con/itution p]ptuelle1 et que ces dames qui n'y obirai5t pas enc\rrai5t l'inimiti de t\te dame honnte4 ,jusqu' quel po9t l'op9ion sanctionnait-elle les arrts des c\rs d'am\r8 ,y avait-il autant de honte s'y s\/raire qu'auj\rd'hui une affaire comm&e p> l'honneur8 ,je ne tr\ve ri5 dans ,&r ou dans ,no/radamus qui me mette mme de rs\dre cette "q4 ,deux tr\bad\rs1 ,simon ,doria et ,lanfranc ,cigalla1 agitr5t la "q3 ,qui e/ plus digne d'tre aim1 ou celui qui donne libralem5t1 ou celui qui donne malgr soi1 af9 de pass] p\r libral8 ,cette "q fut s\mise aux dames de la c\r d'am\r de ,pi]refeu et de ,signe2 mais les deux tr\bad\rs ayant t mcont5ts du jugem5t1 rec\rur5t la c\r d'am\r s\v]a9e des dames de ,roma9#bdg4 #bdg ,no/radamus1 page #aca4 ,la rdaction des jugem5ts e/ con=me celle des tribunaux judiciaires de cette poque4 ,quelle que soit l'op9ion du lecteur sur le degr d'importance qu'obt5ai5t les c\rs d'am\r dans l'att5tion des contempora9s1 je le prie de considr] quels sont auj\rd'hui1 en #ahbb1 les sujets de conv]sation des dames les plus considres et les plus ri*es de ,t\lon et de ,m>seille4 ,n'tai5t-elles pas plus gaies1 plus spirituelles1 plus heureuses1 en #aagd qu'en #ahbb8 ,presque t\s les arrts des c\rs d'am\r ont des considrants fonds sur les rgles du code d'am\r4 ,ce code d'am\r se tr\ve en enti] dans l'ouvrage d',&r le *apela94 ,il y a tr5te et un articles1 les voici3 ,,code ,d',,am\r ,,du ,,d\zi,,me ,,si,,cle ,i ,l'allgation de m>iage n'e/ pas excuse lgitime contre l'am\r4 ,,ii ,qui ne sait cel] ne sait aim]4 ,,iii ,p]sonne ne peut se donn] deux am\rs4 ,,iv ,l'am\r peut t\j\rs crotre ou dim9u]4 ,v ,n'a pas de saveur ce que l'amant pr5d de =ce l'autre amant4 ,,vi ,le mle n'aime d'ord9aire qu'en ple9e pub]t4 ,,vii ,on prescrit l'un des amants1 p\r la mort de l'autre1 une viduit de deux annes4 ,,viii ,p]sonne sans raison plus que suffisante ne doit tre priv de son droit en am\r4 ,,ix ,p]sonne ne peut aim] s'il n'e/ engag p> la p]suasion d'am\r 7p> l'espoir d'tre aim74 ,x ,l'am\r d'ord9aire e/ *ass de la maison p> l'av>ice4 ,,xi ,il ne convi5t pas d'aim] celle qu'on aurait honte de dsir] en m>iage4 ,,xii ,l'am\r vritable n'a dsir de c>esses que v5ant de celle qu'il aime4 ,,xiii ,am\r divulgu e/ r>em5t de dure4 ,,xiv ,le succs trop facile te bi5tt son *>me l'am\r3 les ob/acles lui donn5t du prix4 ,,xv ,t\te p]sonne qui aime plit l'aspect de ce qu'elle aime4 ,,xvi ,a la vue imprvue de ce qu'on aime1 on tremble4 ,,xvii ,n\vel am\r *asse l'anci54 ,,xviii ,le mrite seul r5d digne d'am\r4 ,,xix ,l'am\r qui s'te9t tombe rapidem5t1 et r>em5t se ranime4 ,,xx ,l'am\reux e/ t\j\rs cra9tif4 ,,xxi ,p> la jal\sie vritable l'affection d'am\r crot t\j\rs4 ,,xxii ,du s\pon et de la jal\sie qui en drive crot l'affection d'am\r4 ,,xxiii ,mo9s dort et mo9s mange celui qu'assige p5se d'am\r4 ,,xxiv ,t\te action de l'amant se t]m9e p> p5s] ce qu'il aime4 ,,xxv ,l'am\r vritable ne tr\ve ri5 de bi5 que ce qu'il sait plaire ce qu'il aime4 ,,xxvi ,l'am\r ne peut ri5 refus] l'am\r4 ,,xxvii ,l'amant ne peut se rassasi] de la j\issance de ce qu'il aime4 ,,xxviii ,une faible prsomption fait que l'amant s\ponne des *oses s9i/res de ce qu'il aime4 ,,xxix ,l'habitude trop excessive des plaisirs emp*e la naissance de l'am\r4 ,,xxx ,une p]sonne qui aime e/ occupe p> l'image de ce qu'elle aime assidm5t et sans int]ruption4 ,,xxxi ,ri5 n'emp*e qu'une femme ne soit aime p> deux hommes1 et un homme p> deux femmes#bdh4 #bdh ,i4 ,causa conjugii ab amore non e/ excusatio recta4 ,,ii4 ,qui non celat am>e non pote/4 ,,iii4 ,nemo duplici pote/ amore lig>i4 ,,iv4 ,semp] amorem m9ui vel cresc]e con/at4 ,v4 ,non e/ sapidum quod amans ab invito sumit amante4 ,,vi4 ,masculus non solet nisi 9 pl5a pub]tate am>e4 ,,vii4 ,bi5nalis viduitas pro amante defuncto sup]/iti prscribitur amanti4 ,,viii4 ,nemo1 s9e rationis excessu1 suo debet amore priv>i4 ,,ix4 ,am>e nemo pote/1 nisi qui amoris suasione compellitur4 ,x4 ,amor semp] ab av>itia consuevit domicilus exul>e4 ,,xi4 ,non decet am>e qu>um pudor e/ nuptias affect>e4 ,,xii4 ,v]us amans alt]ius nisi su coamantis ex affectu non cupit amplexus4 ,,xiii4 ,amor r>o consuevit dur>e vulgatus4 ,,xiv4 ,facilis p]ceptio contemptibilem r$dit amorem1 difficilis eum p>um facit hab]i4 ,,xv4 ,omnis consuevit amans 9 coamantis aspectu pallesc]e4 ,,xvi4 ,9 rep5t9a coamantis visione1 cor tremescit amantis4 ,,xvii4 ,novus amor vet]em compellit abire4 ,,xviii4 ,probitas sola quemcumque dignum facit amore4 ,,xix4 ,si amor m9uatur1 cito deficit et r>o convalescit4 ,,xx4 ,amorosus semp] e/ timorosus4 ,,xxi4 ,ex v]a zelotypia affectus semp] crescit am&i4 ,,xxii4 ,de coamante suspicione p]cepta zelus int]ea et affectus crescit am&i4 ,,xxiii4 ,m9us dormit et edit quem amoris cogitatio vexat4 ,,xxiv4 ,quilibet amantis actus 9 coamantis cogitatione f9itur4 ,,xxv4 ,v]us amans nihil beatum cr$it1 nisi quod cogitat amanti plac]e4 ,,xxvi4 ,amor nihil posset amori d5eg>e4 ,,xxvii4 ,amans coamantis solatus sati>i non pote/4 ,,xxviii4 ,modica prsumptio cogit amantem de coamante suspic>i s9i/ra4 ,,xxix4 ,non solet am>e quem nimia voluptatis abundantia vexat4 ,,xxx4 ,v]us amans assidua1 s9e int]missione1 coamantis imag9e det9etur4 ,,xxxi4 ,unam fem9am nihil prohibet a duobus am>i1 et a duabus muli]ibus unum4 ,fol4 #ajc4 ,voici le dispositif d'un jugem5t r5du p> une c\r d'am\r3 ,,"q3 ,le vritable am\r peut-il exi/] entre p]sonnes m>ies8 ,,jugem5t de la comtesse de ,*ampagne3 ,n\s disons et assurons1 p> la t5eur des prs5tes1 que l'am\r ne peut t5dre ses droits sur deux p]sonnes m>ies4 ,en effet1 les amants s'accord5t t\t1 mutuellem5t et gratuitem5t1 sans tre contra9ts p> aucun motif de ncessit1 t&is que les p\x sont t5us1 p> devoir1 de subir rciproquem5t leurs volonts1 et de ne se refus] ri5 les uns aux autres444 ,que ce jugem5t1 que n\s avons r5du avec une extrme prud5ce1 et d'aprs l'avis d'un gr& nombre d'autres dames1 soit p\r v\s d'une vrit con/ante et irrfragable4 ,a9si jug1 l'an #aagd1 le troisime j\r des cal5des de mai1 indiction ,,vii#bdi4 #bdi ,utrum int] conjugatos amor possit hab]e locum8 ,dicimus enim et /abilito t5ore firmamus amorem non posse int] duos jugales suas ext5d]e vires1 nam amantes sibi invicem gratis omnia l>giuntur1 nullius necessitatis ratione cog5te2 jugales v]o mutuis tem5tur ex debito voluntatibus ob$ire et 9 nullo seipsos sibi ad invicem d5eg>e444 ,hoc igitur no/rum judicium1 cum nimia mod]atione prolatum et ali>um quamplurium dom9>um consilio roboratum1 pro indubitabili vobis sit ac v]itate con/anti4 ,ab anno ,m4 ,c4 ,,lxxiv1 t]tio cal5d4 maii1 indictione ,,vii4 ,fol4 #ef4 ,ce jugem5t e/ con=me la premire rgle du code d'am\r4 ,causa conjugii non e/ ab amore excusatio recta4 ,,notice ,,sur ,,&r ,,le ,,*apela9 ,&r p>at avoir crit v]s l'an #aagf4 ,on tr\ve la ,biblio?que du roi 7n #hgeh7 un manuscrit de l'ouvrage d',&r qui a jadis app>t5u ,baluze4 ,voici le premi] titre3 ,hic incipiunt capitula libri de ,arte amatoria et reprobatione amoris4 ,ce titre e/ suivi de la table des *apitres4 ,ensuite on lit ce second titre3 ,incipit lib] de ,arte am&i et de reprobatione amoris1 editus et compillatus a magi/ro ,&rea1 ,francorum aul regi capellano1 ad ,galt]ium amicum suum1 cupi5tem 9 amoris ex]citu milit>e3 9 quo quidem libro1 cujusque gradus et ord9is muli] ab hom9e cujusque conditionis et /atus ad amorem sapi5tissime invitatur2 et ultimo 9 f9e ipsius libri de amoris reprobatione subjungitur4 ,crescimb5i1 ,vite de poeti prov5zali1 article ,,p]civalle ,,doria1 cite un manuscrit de la biblio?que de ,nicolo ,b>giac*i ,flor5ce1 et en rapporte div]s passages2 ce manuscrit e/ une traduction du trait d',&r le *apela94 ,l'acadmie de la ,crusca l'a admise p>mi les ouvrages qui ont f\rni des exemples p\r son dictionnaire4 ,il y a eu div]ses ditions de l'orig9al lat94 ,frid4 ,otto ,m5ck5ius1 dans ses ,miscellanea ,lipsi5sia nova1 ,lipsi1 #agea1 t4 ,,viii1 "p4 ,i1 p4 #ede et suiv41 indique une trs anci5ne dition sans date et sans lieu d'impression1 qu'il juge tre du comm5cem5t de l'imprim]ie3 ,tractatus amoris et de amoris rem$io ,&re capellani ,innoc5tii pap qu>ti4 ,une seconde dition de #afaj porte ce titre3 ,erotica seu amatoria ,&re capellani regii1 vetu/issimi scriptoris ad v5]&um suum amicum ,guualt]ium scripta1 nunquam ante hac edita1 s$ spius a multis desid]ata2 nunc t&em fide div]sorum mss4 codicum 9 publicum emissa a ,de?m>o ,mulh]o4 ,dorpmund1 typis ,we/hovianis1 anno ,vna ,ca/ et ,v] am&a4 ,une troisime dition porte3 ,tremoni1 typis ,we/hovianis1 anno #afad4 ,&r divise a9si m?odiquem5t le sujet qu'il se propose de trait]3 #a ,quid sit amor et und dicatur#bej4 #bej ,ce qu'e/ l'am\r et d'o il pr5d nom4 ,quel e/ l'effet d'am\r4 ,entre quelles p]sonnes peut exi/] am\r4 ,de quelle faon l'am\r s'acqui]t1 se cons]ve1 augm5te1 dim9ue1 f9it4 ,a quels signes connat-on d'tre aim1 et ce que doit faire l'un des amants qu& l'autre manque sa foi4 #b ,quis sit effectus amoris4 #c ,int] quos possit esse amor4 #d ,qualit] amor acquiratur1 ret9eatur1 augm5tetur1 m9uatur1 f9iatur4 #e ,de notitia mutui amoris1 et quid unus amantium ag]e debeat1 alt]o fidem fall5te4 ,*acune de ces que/ions e/ traite en plusieurs p>agraphes4 ,&r fait p>l] alt]nativem5t l'amant et la dame4 ,la dame fait des objections1 l'amant *]*e la conva9cre p> des raisons plus ou mo9s subtiles4 ,voici un passage que l'auteur met dans la b\*e de l'amant3 444 ,s$ si =te horum s]monum te p]turbet obscuritas1 eorum tibi s5t5tiam indicabo#bea4 #bea ,mais si p> has>d l'obscurit de ce disc\rs v\s emb>rasse1 je vais v\s en donn] le sommaire4 ,de t\te antiquit il y a en am\r quatre degrs diffr5ts3 ,le premi] consi/e donn] des esprances1 le second dans l'(fre du bais]4 ,le troisime dans la j\issance des embrassem5ts les plus intimes4 ,le quatrime dans l'octroi de t\te la p]sonne4 ,ab antiquo igitur quatuor sunt 9 amore gradus di/9cti3 ,primus1 9 spei datione consi/it4 ,secundus1 9 osculi exhibitione4 ,t]tius1 9 amplexus fruitione4 ,qu>tus1 9 totius concessione p]son f9itur4 ,,le ,,rameau ,,de ,,salzb\rg#beb #beb ,ce fragm5t1 tr\v dans les papi]s de ,m4 ,beyle1 e/ publi auj\rd'hui p\r la premire fois4 ,il explique le phnomne de la cri/allisation et fait connatre l'orig9e de ce mot4 ,aux m9es de sel de ,halle91 prs de ,salzb\rg1 les m9eurs jett5t dans les pr(ondeurs ab&onnes de la m9e un rameau d'arbre effeuill p> l'hiv]2 deux ou trois mois aprs1 p> l'effet des eaux *>ges de p>ties sal9es1 qui humect5t ce rameau et ensuite le laiss5t sec en se retirant1 ils le tr\v5t t\t c\v]t de cri/allisations brillantes4 ,les plus petites bran*es1 celles qui ne sont pas plus grosses que la patte d'une msange1 sont incru/es d'une inf9it de petits cri/aux mobiles et bl\issants4 ,on ne peut plus reconnatre le rameau primitif2 c'e/ un petit j\et d'enfant trs joli voir4 ,les m9eurs d',halle9 ne manqu5t pas1 qu& il fait un beau soleil et que l'air e/ p>faitem5t sec1 d'(frir de ces rameaux de diamants aux voyageurs qui se prp>5t desc5dre dans la m9e4 ,cette desc5te e/ une opration s+ulire4 ,on se met *eval sur d'imm5ses troncs de sap91 placs en p5te la suite les uns des autres4 ,ces troncs de sap9 sont =t gros et l'(fice de *eval1 qu'ils font depuis un sicle ou deux1 les a r5dus compltem5t lisses4 ,devant la selle1 sur laquelle v\s tes pos et qui glisse sur les troncs de sap9 placs b\t b\t1 s'tablit un m9eur qui1 assis sur son tabli] de cuir1 glisse devant v\s et se *>ge de v\s emp*] de desc5dre trop vite4 ,avant d'entrepr5dre ce voyage rapide1 les m9eurs engag5t les dames se revtir d'un imm5se pantalon de s]ge grise1 dans lequel entre leur robe1 ce qui leur donne la t\rnure la plus comique4 ,je visitai ces m9es si pittoresques d',halle91 dans l't de #ah4441 avec ,mme ,gh]>di4 ,d'abord1 il n'avait t "q que de fuir la *aleur insupportable que n\s pr\vions ,bologne1 et d'all] pr5dre le frais au mont ,sa9t-,go?>d4 ,en trois nuits n\s emes trav]s les m>ais pe/il5tiels de ,mant\e et le dlicieux lac de ,g>de1 et n\s arrivmes ,riva1 ,bolzano1 ,inspruck4 ,mme ,gh]>di tr\va ces montagnes si jolies1 que1 p>tis p\r une prom5ade1 n\s f9mes p> un voyage4 ,suivant les rives de l',inn et ensuite celles de la ,salza1 n\s desc5dmes jusqu' ,salzb\rg4 ,la fra*eur *>mante de ce rev]s des ,alpes1 du ct du ,nord1 comp>e l'air t\ff et la p\ssire que n\s v5ions de laiss] dans la pla9e de ,lomb>die1 n\s donnait *aque mat9 un plaisir n\veau et n\s engageait p\ss] plus avant4 ,n\s a*etmes des ve/es de paysans ,goll+4 ,s\v5t n\s tr\vions de la difficult n\s log] et mme vivre2 c> notre c>avane tait nombreuse2 mais ces emb>ras1 ces malheurs1 tai5t des plaisirs4 ,n\s arrivmes de ,goll+ ,halle91 ignorant jusqu' l'exi/5ce de ces jolies m9es de sel dont je p>lais4 ,n\s y tr\vmes une nombreuse socit de curieux1 au milieu desquels n\s dbmes en ve/es de paysans et nos dames avec d'normes capotes de paysannes1 dont elles s'tai5t p\rvues4 ,n\s allmes la m9e sans la mo9dre ide de desc5dre dans les gal]ies s\t]ra9es2 la p5se de se mettre *eval p\r une r\te de trois qu>ts de lieue1 sur une monture de bois1 semblait s+ulire1 et n\s craignions d't\ff] au fond de ce vila9 tr\ noir4 ,mme ,gh]>di le considra un in/ant et dcl>a que1 p\r elle1 elle allait desc5dre et n\s laissait t\te lib]t4 ,p5dant les prp>atifs1 qui fur5t longs1 c>1 avant de n\s eng\ffr] dans cette cavit =t pr(onde1 il fallut *]*] dn]1 je m'amusai obs]v] ce qui se passait dans la tte d'un joli (fici] bi5 blond des *evau-lg]s bav>ois4 ,n\s v5ions de faire connaissance avec cet aimable jeune homme1 qui p>lait franais1 et n\s tait =t utile p\r n\s faire ent5dre des paysans allem&s de ,halle94 ,ce jeune (fici]1 quoique trs joli1 n'tait po9t fat1 et1 au contraire1 p>aissait homme d'esprit2 ce fut ,mme ,gh]>di qui fit cette dc\v]te4 ,je voyais l'(fici] dev5ir am\reux vue d'oeil de la *>mante ,itali5ne1 qui tait folle de plaisir de desc5dre dans une m9e et de l'ide que bi5tt n\s n\s tr\v]ions c9q c5ts pi$s s\s t]re4 ,mme ,gh]>di1 uniquem5t occupe de la beaut des puits1 des gr&es gal]ies1 et de la difficult va9cue1 tait mille lieues de song] plaire1 et encore plus de song] tre *>me p> qui que ce soit4 ,bi5tt je fus tonn des tranges confid5ces que me fit1 sans s'en d\t]1 l'(fici] bav>ois4 ,il tait tellem5t occup de la figure cle/e1 anime p> un esprit d'ange1 qui se tr\vait la mme table que lui1 dans une petite aub]ge de montagne1 pe9e claire p> des f5tres g>nies de vitres v]tes1 que je rem>quai que s\v5t il p>lait sans savoir qui1 ni ce qu'il disait4 ,j'av]tis ,mme ,gh]>di1 qui1 sans moi1 p]dait ce spectacle1 auquel une jeune femme n'e/ peut-tre jamais ins5sible4 ,ce qui me frappait1 c'tait la nuance de folie qui1 sans cesse1 augm5tait dans les rflexions de l'(fici]2 sans cesse il tr\vait cette femme des p]fections plus invisibles mes yeux4 ,a *aque mom5t1 ce qu'il disait peignait d'une manire mo9s ressemblante la femme qu'il comm5ait aim]4 ,je me disais3 ,la ,ghita n'e/ assurm5t que l'occasion de t\s les ravissem5ts de ce pauvre ,allem&4 ,p> exemple1 il se mit vant] la ma9 de ,mme ,gh]>di1 qu'elle avait eue frappe1 d'une manire =t trange1 p> la petite vrole1 tant enfant1 et qui en tait re/e trs m>que et assez brune4 ,comm5t expliqu] ce que je vois8 me disais-je4 ,o tr\v] une comp>aison p\r r5dre ma p5se plus claire8 ,a ce mom5t ,mme ,gh]>di j\ait avec le joli rameau c\v]t de diamants mobiles1 que les m9eurs v5ai5t de lui donn]4 ,il faisait un beau soleil3 c'tait le #c aot1 et les petits prismes sal9s jetai5t autant d'clat que les beaux diamants dans une salle de bal =t claire4 ,l'(fici] bav>ois1 qui tait *u un rameau plus s+uli] et plus brillant1 dem&a ,mme ,gh]>di de *ang] avec lui4 ,elle y cons5tit2 en recevant ce rameau il le pressa sur son coeur avec un m\vem5t si comique1 que t\s les ,itali5s se mir5t rire4 ,dans son tr\ble1 l'(fici] adressa ,mme ,gh]>di les complim5ts les plus exagrs et les plus s9cres4 ,comme je l'avais pris s\s ma protection1 je *]*ais ju/ifi] la folie de ses l\anges4 ,je disais ,ghita3 ,l'effet que produit sur ce jeune homme la noblesse de vos traits itali5s1 de ces yeux tels qu'il n'en a jamais vus1 e/ prcism5t semblable celui que la cri/allisation a opr sur la petite bran*e de *>mille que v\s t5ez et qui v\s semble si jolie4 ,dp\ille de ses feuilles p> l'hiv]1 assurm5t elle n'tait ri5 mo9s qu'bl\issante4 ,la cri/allisation du sel a rec\v]t les bran*es noirtres de ce rameau avec des diamants si brillants et en si gr& nombre1 que l'on ne peut plus voir qu' un petit nombre de places ses bran*es telles qu'elles sont4 --,eh bi56 que v\lez-v\s conclure de l8 dit ,mme ,gh]>di4 --,que ce rameau reprs5te fidlem5t la ,ghita1 telle que l'imag9ation de ce jeune (fici] la voit4 --,c'e/--dire1 monsieur1 que v\s ap]cevez autant de diffr5ce entre ce que je suis en ralit et la manire dont me voit cet aimable jeune homme qu'entre une petite bran*e de *>mille dess*e et la jolie aigrette de diamants que ces m9eurs m'ont (f]te4 --,madame1 le jeune (fici] dc\vre en v\s des qualits que n\s1 vos anci5s amis1 n\s n'avons jamais vues4 ,n\s ne saurions ap]cevoir1 p> exemple1 un air de bont t5dre et compatissante4 ,comme ce jeune homme e/ ,allem&1 la premire qualit d'une femme1 ses yeux1 e/ la bont1 et sur-le-*amp1 il ap]oit dans vos traits l'expression de la bont4 ,s'il tait ,anglais1 il v]rait en v\s l'air ari/ocratique et lady l#bec d'une du*esse1 mais1 s'il tait moi1 il v\s v]rait telle que v\s tes1 p>ce que depuis longtemps1 et p\r mon malheur1 je ne puis ri5 me figur] de plus sduisant4 #bec ,l'air gr&e dame4 --,ah6 j'ent5ds1 dit ,ghita2 au mom5t o v\s comm5cez v\s occup] d'une femme1 v\s ne la voyez plus telle qu'elle e/ rellem5t1 mais telle qu'il v\s convi5t qu'elle soit4 ,v\s comp>ez les illusions favorables que produit ce comm5cem5t d'intrt ces jolis diamants qui ca*5t la bran*e de *>mille effeuille p> l'hiv]1 et qui ne sont ap]u1 rem>quez-le bi51 que p> l'oeil de ce jeune homme qui comm5ce aim]4 --,c'e/1 repris-je1 ce qui fait que les propos des amants sembl5t si ridicules aux g5s sages1 qui ignor5t le phnomne de la cri/allisation4 --,ah6 v\s appelez cela cri/allisation1 dit ,ghita2 eh bi51 monsieur1 cri/allisez p\r moi4 ,cette image1 s+ulire peut tre1 frappa l'imag9ation de ,mme ,gh]>di1 et qu& n\s fmes arrivs dans la gr&e salle de la m9e1 illum9e p> c5t petites lampes qui p>aissai5t tre dix mille1 cause des cri/aux de sel qui les refltai5t de t\s cts3 ,ah6 ceci e/ =t joli1 dit-elle au jeune ,bav>ois1 je cri/allise p\r cette salle1 je s5s que je m'exagre sa beaut2 et v\s1 cri/allisez-v\s8 --,oui1 madame1 rpondit navem5t le jeune (fici]1 ravi d'avoir un s5tim5t commun avec cette belle ,itali5ne2 mais1 p\r cela n'en compr5ant pas davantage ce qu'elle lui disait4 ,cette rponse simple n\s fit rire aux l>mes1 p>ce qu'elle dcida la jal\sie du sot que ,ghita aimait et qui comm5a dev5ir srieusem5t jal\x de l'(fici] bav>ois4 ,il prit le mot cri/allisation en horreur4 ,au sortir de la m9e d',halle91 mon n\vel ami1 le jeune (fici]1 dont les confid5ces involontaires m'amusai5t beauc\p plus que t\s les dtails de l'exploitation du sel1 apprit de moi que ,mme ,gh]>di s'appelait ,ghita1 et que l'usage1 en ,italie1 tait de l'appel] devant elle la ,ghita4 ,le pauvre g>on1 t\t tremblant1 has>da de l'appel]1 en lui p>lant1 la ,ghita1 et ,mme ,gh]>di1 amuse de l'air timidem5t passionn du jeune homme et de la m9e pr(ondm5t irrite d'une autre p]sonne1 invita l'(fici] djeun] p\r le l5dema91 avant notre d"p p\r l',italie4 ,ds qu'il se fut loign3--,ah 6 expliquez-moi1 ma *re amie1 dit le p]sonnage irrit1 p\rquoi v\s n\s donnez la compagnie de ce blond9 fade et aux yeux hbts8 --,p>ce que1 monsieur1 aprs dix j\rs de voyage1 passant t\te la j\rne avec moi1 v\s me voyez t\s telle que je suis1 et ces yeux =t t5dres et que v\s appelez hbts me voi5t p>faite4 ,n'e/-ce pas1 ,filippo1 aj\ta-t-elle en me reg>dant1 ces yeux-l me c\vr5t d'une cri/allisation brillante2 je suis p\r eux la p]fection2 et1 ce qu'il y a d'admirable1 c'e/ que quoi que je fasse1 quelque sottise qu'il m'arrive de dire1 aux yeux de ce bel ,allem&1 je ne sortirai jamais de la p]fection3 cela e/ commode4 ,p> exemple1 v\s1 ,annibal9o 7l'amant que n\s tr\vions un peu sot s'appelait le colonel ,annibal71 je p>ie que1 dans ce mom5t1 v\s ne me tr\vez pas exactem5t p>faite8 ,v\s p5sez que je fais mal d'admettre ce jeune homme dans ma socit4 ,savez-v\s ce qui v\s arrive1 mon *]8 ,v\s ne cri/allisez plus p\r moi4 ,le mot cri/allisation dev9t la mode p>mi n\s1 et il avait tellem5t frapp l'imag9ation de la belle ,ghita1 qu'elle l'adopta p\r t\t4 ,de ret\r ,bologne1 on ne racontait gure d'anecdotes d'am\r dans sa loge qu'elle ne m'adresst la p>ole4 ,ce trait-ci confirme ou dtruit telle de nos ?ories1 me disait-elle4 ,les actes de folie rpts p> lesquels un amant ap]oit t\tes les p]fections dans la femme qu'il comm5ce aim] s'appelr5t t\j\rs cri/allisation entre n\s4 ,ce mot n\s rappelait le plus aimable voyage4 ,de ma vie je ne s5tis si bi5 la beaut t\*ante et solitaire des rives du lac de ,g>de1 n\s passmes dans des b>ques des soires dlicieuses1 malgr la *aleur t\ffante4 ,n\s tr\vmes de ces in/ants qu'on n'oublie plus3 ce fut un des mom5ts brillants de notre jeunesse4 ,un soir1 quelqu'un v9t n\s donn] la n\velle que la pr9cesse ,lanfran*i et la belle ,flor5za se disputai5t le coeur du jeune pe9tre ,old(r$i4 ,la pauvre pr9cesse semblait en tre rellem5t prise1 et le jeune arti/e milanais ne p>aissait occup que des *>mes de ,flor5za4 ,on se dem&ait3 ,old(r$i e/-il am\reux8 ,mais je supplie le lecteur de croire que je ne prt5ds pas ju/ifi] ce g5re de conv]sation1 dans lequel on a l'imp]t95ce de ne pas se con=m] aux rgles imposes p> les conv5ances franaises4 ,je ne sais p\rquoi ce soir-l notre am\r-propre s'ob/9a dev9] si le pe9tre milanais tait am\reux de la belle ,flor5za4 ,on se p]dit dans la discussion d'un gr& nombre de petits faits4 ,qu& n\s fmes las de fix] notre att5tion sur des nuances presque imp]ceptibles1 et qui1 au fond1 n'tai5t gure concluantes1 ,mme ,gh]>di se mit n\s racont] le petit roman qui1 suivant elle1 se passait dans le coeur d',old(r$i4 ,ds le comm5cem5t de son rcit1 elle eut le malheur de se s]vir du mot cri/allisation2 le colonel ,annibal1 qui avait t\j\rs sur le coeur la jolie figure de l'(fici] bav>ois1 fit semblant de ne pas compr5dre1 et n\s r$em&a p\r la c5time fois ce que n\s ent5dions p> le mot cri/allisation4 ,c'e/ ce que je ne s5s pas p\r v\s1 lui rpondit vivem5t ,mme ,gh]>di4 ,aprs quoi1 l'ab&onnant dans son co91 avec son humeur noire1 et n\s adressant la p>ole3 ,je crois1 dit-elle1 qu'un homme comm5ce aim] qu& je le vois tri/e4 ,n\s n\s rcrimes aussitt3 ,comm5t1 l'am\r1 ce s5tim5t dlicieux qui comm5ce si bi5444--,et qui quelquefois f9it si mal1 p> de l'humeur1 p> des qu]elles1 dit ,mme ,gh]>di en riant et reg>dant ,annibal4 ,je compr5ds votre objection4 ,v\s autres1 hommes grossi]s1 v\s ne voyez qu'une *ose dans la naissance de l'am\r3 on aime ou l'on n'aime pas4 ,c'e/ a9si que le vulgaire s'imag9e que le *ant de t\s les rossignols se ressemble2 mais n\s1 qui pr5ons plaisir l'ent5dre1 savons qu'il y a p\rtant dix nuances diffr5tes de rossignol rossignol4--,il me semble p\rtant1 madame1 dit quelqu'un1 qu'on aime ou qu'on n'aime pas4--,pas du t\t1 monsieur2 c'e/ t\t comme si v\s disiez qu'un homme qui "p de ,bologne p\r all] ,rome e/ dj arriv aux portes de ,rome qu&1 du haut de l',ap5n91 il voit encore notre t\r ,g>is5da4 ,il y a lo9 de l'une de ces deux villes l'autre1 et l'on peut tre au qu>t du *em91 la moiti1 aux trois qu>ts1 sans p\r cela tre arriv ,rome1 et cep5dant l'on n'e/ plus ,bologne4--,dans cette belle comp>aison1 dis-je1 ,bologne reprs5te app>emm5t l'indiffr5ce et ,rome l'am\r p>fait4--,qu& n\s sommes ,bologne1 reprit ,mme ,gh]>di1 n\s sommes t\t fait indiffr5ts1 n\s ne songeons pas admir] d'une manire p>ticulire la femme dont un j\r peut-tre n\s s]ons am\reux la folie2 notre imag9ation songe bi5 mo9s encore n\s exagr] son mrite4 ,en un mot1 comme n\s disions ,halle91 la cri/allisation n'a pas encore comm5c4 ,a ces mots1 ,annibal se leva furieux1 et sortit de la loge en n\s disant3 ,je revi5drai qu& v\s p>l]ez itali54 ,aussitt la conv]sation se fit en franais1 et t\t le monde se prit rire1 mme ,mme ,gh]>di4 ,eh bi56 voil l'am\r p>ti1 dit-elle1 et l'on rit encore4 ,on sort de ,bologne1 on monte l',ap5n91 l'on pr5d la r\te de ,rome444--,mais1 madame1 dit quelqu'un1 n\s voil bi5 lo9 du pe9tre ,old(r$i1 ce qui lui donna un petit m\vem5t d'impati5ce qui1 probablem5t1 fit t\t fait oubli] ,annibal et sa brusque sortie4--,v\lez-v\s savoir1 n\s dit-elle1 ce qui se passe qu& on quitte ,bologne8 ,d'abord je crois ce d"p compltem5t involontaire3 c'e/ un m\vem5t in/9ctif4 ,je ne dis pas qu'il ne soit accompagn de beauc\p de plaisir4 ,l'on admire1 puis on se dit3 ,quel plaisir d'tre aim de cette femme *>mante6 ,enf9 p>at l'esprance2 aprs l'esprance 7s\v5t conue bi5 lgrem5t1 c> l'on ne d\te de ri51 p\r peu que l'on ait de *aleur dans le sang71 aprs l'esprance1 dis-je1 on s'exagre avec dlices la beaut et les mrites de la femme dont on espre tre aim4 ,p5dant que ,mme ,gh]>di p>lait1 je pris une c>te j\]1 sur le rev]s de laquelle j'crivis ,rome d'un ct et ,bologne de l'autre1 et1 entre ,bologne et ,rome1 les quatre gtes que ,mme ,gh]>di v5ait d'indiqu]4 #a4 ,l'admiration4 #b4 ,l'on arrive ce second po9t de la r\te qu& on se dit3 ,quel plaisir d'tre aim de cette femme *>mante6 #c4 ,la naissance de l'esprance m>que le troisime gte4 #d4 ,l'on arrive au quatrime qu& on s'exagre avec dlices la beaut et les mrites de la femme qu'on aime4 ,c'e/ ce que1 n\s autres adeptes1 n\s appelons du mot de cri/allisation1 qui met ,c>?age en fuite4 ,dans le fait1 c'e/ difficile compr5dre4 ,mme ,gh]>di cont9ua3 ,p5dant ces quatre m\vem5ts de l'me1 ou manires d'tre1 que ,filippo vi5t de dess9]1 je ne vois pas la plus petite raison p\r que notre voyageur soit tri/e4 ,le fait e/ que le plaisir e/ vif1 qu'il rclame t\te l'att5tion dont l'me e/ susceptible4 ,on e/ srieux1 mais l'on n'e/ po9t tri/e3 la diffr5ce e/ gr&e4--,n\s ent5dons1 madame1 dit un des assi/ants1 v\s ne p>lez pas de ces malheureux auxquels il semble que t\s les rossignols r5d5t les mmes sons--,la diffr5ce entre tre srieux et tre tri/e 7l'ess] s]io e l'ess] me/o71 reprit ,mme ,gh]>di1 e/ dcisive lorsqu'il s'agit de rs\dre un problme tel que celui-ci3 ,old(r$i aime-t-il la belle ,flor5za8 ,je crois qu',old(r$i aime1 p>ce que1 aprs avoir t =t occup de la ,flor5za1 je l'ai vu tri/e et non pas seulem5t srieux4 ,il e/ tri/e1 p>ce que voici ce qui lui e/ arriv4 ,aprs s'tre exagr le bonheur que p\rrait lui donn] le c>actre annonc p> la figure raphalesque1 les belles paules1 les beaux bras1 en un mot les =mes dignes de ,canova de la belle m>*es9a ,flor5za1 il a probablem5t *]* obt5ir la confirmation des esprances qu'il avait os concevoir4 ,trs probablem5t aussi1 la ,flor5za1 effraye d'aim] un trang] qui peut quitt] ,bologne au premi] mom5t1 et surt\t trs f*e qu'il ait pu concevoir sitt des esprances1 les lui aura tes avec b>b>ie4 ,n\s avions le bonheur de voir t\s les j\rs de la vie ,mme ,gh]>di2 une intimit p>faite rgnait dans cette socit2 on s'y compr5ait demi-mot2 s\v5t j'y ai vu rire de plaisant]ies qui n'avai5t pas eu beso9 de la p>ole p\r se faire ent5dre3 un c\p d'oeil avait t\t dit4 ,ici1 un lecteur franais s'ap]cevra qu'une jolie femme d',italie se livre avec folie t\tes les ides biz>res qui lui pass5t p> la tte4 ,a ,rome1 ,bologne1 ,v5ise1 une jolie femme e/ re9e absolue2 ri5 ne peut tre plus complet que le despotisme qu'elle ex]ce dans sa socit4 ,a ,p>is1 une jolie femme a t\j\rs peur de l'op9ion et du b\rreau de l'op9ion3 le ridicule4 ,elle a con/amm5t au fond du coeur la cra9te des plaisant]ies1 comme un roi absolu la cra9te d'une *>te4 ,voil la secrte p5se qui vi5t la tr\bl] au milieu d'une joie de ses plaisirs1 et lui donn] t\t c\p une m9e srieuse4 ,une ,itali5ne tr\v]ait bi5 ridicule cette autorit limite qu'une femme de ,p>is ex]ce dans son salon4 ,a la lettre1 elle e/ t\te-puissante sur les hommes qui l'appro*5t1 et dont t\j\rs le bonheur1 du mo9s p5dant la soire1 dp5d d'un de ses caprices3 j'ent5ds le bonheur des simples amis4 ,si v\s dplaisez la femme qui rgne dans une loge1 v\s voyez l'ennui dans ses yeux1 et n'avez ri5 de mieux faire que de disp>atre p\r ce j\r-l4 ,un j\r1 je me prom5ais avec ,mme ,gh]>di sur la r\te de la ,cascata del ,r5o2 n\s r5contrmes ,old(r$i seul1 =t anim1 l'air trs proccup1 mais po9t sombre4 ,mme ,gh]>di l'appela et lui p>la1 af9 de mieux l'obs]v]4 ,si je ne me trompe1 dis-je ,mme ,gh]>di1 ce pauvre ,old(r$i e/ t\t fait livr la passion qu'il pr5d p\r la ,flor5za2 dites-moi1 de grce1 moi qui suis votre side1 quel po9t de la maladie d'am\r le croyez-v\s arriv ma9t5ant8--,je le vois1 dit ,mme ,gh]>di1 se prom5ant seul1 et qui se dit *aque in/ant3 ,oui1 elle m'aime4 ,ensuite il s'occupe lui tr\v] de n\veaux *>mes1 se dtaill] de n\velles raisons de l'aim] la folie4--,je ne le crois pas si heureux que v\s le supposez4 ,old(r$i doit avoir s\v5t des d\tes cruels2 il ne peut pas tre si sr d'tre aim de la ,flor5za2 il ne sait pas comme n\s quel po9t elle considre peu1 dans ces sortes d'affaires1 la ri*esse1 le rang1 la manire d'tre dans le monde#bed4 ,old(r$i e/ aimable1 d'accord1 mais ce n'e/ qu'un pauvre trang]4--,n'importe1 dit ,mme ,gh]>di1 je p>i]ais que n\s v5ons de le tr\v] dans un mom5t o les raisons p\r espr] l'emportai5t4--,mais1 dis-je1 il avait l'air trop pr(ondm5t tr\bl1 il doit avoir des mom5ts de malheur affreux2 il se dit3 ,mais1 e/-ce qu'elle m'aime8--,j'av\e1 reprit ,mme ,gh]>di1 oubliant presque qu'elle me p>lait1 que1 qu& la rponse qu'on se fait soi-mme e/ satisfaisante1 il y a des mom5ts de bonheur div9 et tels que peut-tre ri5 au monde ne peut leur tre comp>4 ,c'e/ l sans d\te ce qu'il y a de mieux dans la vie4 #bed ,t\t e/ oppos entre la ,france et l',italie4 ,p> exemple1 les ri*esses1 la haute naissance1 l'ducation p>faite1 dispos5t l'am\r au del des ,alpes1 et en loign5t en ,france4 ,qu&1 enf91 l'me1 fatigue et comme accable de s5tim5ts si viol5ts1 revi5t la raison p> lassitude1 ce qui surnage aprs tant de m\vem5ts si opposs1 c'e/ cette c]titude3 ,je tr\v]ai auprs de lui un bonheur que lui seul au monde peut me donn]4 ,je laissai peu peu mon *eval s'loign] de celui de ,mme ,gh]>di4 ,n\s fmes les trois milles qui n\s sp>ai5t de ,bologne sans dire une seule p>ole1 pratiquant la v]tu nomme discrtion4 ,,erne/9e ,,ou ,,la ,,naissance ,,de ,l',,am\r ,,av]tissem5t ,une femme de beauc\p d'esprit et de quelque expri5ce prt5dait un j\r que l'am\r ne nat pas aussi subitem5t qu'on le dit4 ,il me semble1 disait-elle1 que je dc\vre sept poques t\t fait di/9ctes dans la naissance de l'am\r2 et1 p\r pr\v] son dire1 elle conta l'anecdote suivante4 ,on tait la campagne1 il pleuvait v]se1 on tait trop heureux d'c\t]4 99 99 99 99 99 ,dans une me p>faitem5t indiffr5te1 une jeune fille habitant un *teau isol1 au fond d'une campagne1 le plus petit tonnem5t excite pr(ondm5t l'att5tion4 ,p> exemple1 un jeune *asseur qu'elle ap]oit l'improvi/e1 dans le bois1 prs du *teau4 ,ce fut p> un vnem5t aussi simple que comm5cr5t les malheurs d',erne/9e de ,s444 ,le *teau qu'elle habitait seule1 avec son vieil oncle1 le comte de ,s4441 bti dans le moy5 ge1 prs des bords du ,drac1 sur une des ro*es imm5ses qui ress]r5t le c\rs de ce torr5t1 dom9ait un des plus beaux sites du ,dauph94 ,erne/9e tr\va que le jeune *asseur (f]t p> le has>d sa vue avait l'air noble4 ,son image se prs5ta plusieurs fois sa p5se3 c> quoi song] dans cet antique manoir8--,elle y vivait au se9 d'une sorte de magnific5ce2 elle y comm&ait un nombreux dome/ique2 mais depuis v+t ans que le matre et les g5s tai5t vieux1 t\t s'y faisait t\j\rs la mme heure2 jamais la conv]sation ne comm5ait que p\r blm] t\t ce qui se fait et s'attri/] des *oses les plus simples4 ,un soir de pr9temps1 le j\r allait f9ir1 ,erne/9e tait sa f5tre2 elle reg>dait le petit lac et le bois qui e/ au del3 l'extrme beaut de ce paysage contribuait peut-tre la plong] dans une sombre rv]ie4 ,t\t c\p elle revit ce jeune *asseur qu'elle avait ap]u quelques j\rs aup>avant2 il tait encore dans le petit bois au del du lac2 il t5ait un b\quet de fleurs la ma92 il s'arrta comme p\r la reg>d]2 elle le vit donn] un bais] ce b\quet et ensuite le plac] avec une sorte de respect dans le creux d'un gr& *ne sur le bord du lac4 ,que de p5ses cette seule action fit natre6 et que de p5ses d'un intrt trs vif1 si on les comp>e aux s5sations monotones qui1 jusqu' ce mom5t1 avai5t rempli la vie d',erne/9e6 ,une n\velle exi/5ce comm5ce p\r elle2 os]a-t-elle all] voir ce b\quet8 ,dieu6 quelle imprud5ce1 se dit-elle en tressaillant2 et si1 au mom5t o j'appro*]ai du gr& *ne1 le jeune *asseur vi5t sortir des bosquets vois9s6 ,quelle honte6 ,quelle ide pr5drait-il de moi8 ,ce bel arbre tait p\rtant le b habituel de ses prom5ades solitaires1 s\v5t elle allait s'asseoir sur ses rac9es gigantesques1 qui s'lv5t au-dessus de la pel\se et =m5t1 t\t l'ent\r du tronc1 comme autant de bancs naturels abrits p> son va/e ombrage4 ,la nuit1 ,erne/9e put pe9e f]m] l'oeil2 le l5dema91 ds c9q heures du mat91 pe9e l'aurore a-t-elle p>u1 qu'elle monte dans les combles du *teau4 ,ses yeux *]*5t le gr& *ne au del du lac2 pe9e l'a-t-elle ap]u1 qu'elle re/e immobile et comme sans respiration4 ,le bonheur si agit des passions succde au cont5tem5t sans objet et presque ma*9al de la premire jeunesse4 ,dix j\rs s'c\l5t4 ,erne/9e compte les j\rs6 ,une fois seulem5t1 elle a vu le jeune *asseur2 il s'e/ appro* de l'arbre *ri1 et il avait un b\quet qu'il y a plac comme le premi]4--,le vieux comte de ,s444 rem>que qu'elle passe sa vie soign] une volire qu'elle a tablie dans les combles du *teau2 c'e/ qu'assise auprs d'une petite f5tre dont la p]si5ne e/ f]me1 elle dom9e t\te l't5due du bois au del du lac4 ,elle e/ bi5 sre que son inconnu ne peut l'ap]cevoir1 et c'e/ alors qu'elle p5se lui sans contra9te4 ,une ide lui vi5t et la t\rm5te4 ,s'il croit qu'on ne fait aucune att5tion ses b\quets1 il en conclura qu'on mprise son hommage1 qui1 aprs t\t1 n'e/ qu'une simple politesse1 et1 p\r peu qu'il ait l'me bi5 place1 il ne p>atra plus4 ,quatre j\rs s'c\l5t encore1 mais avec quelle l5teur6 ,le c9quime1 la jeune fille1 passant p> has>d auprs du gr& *ne1 n'a pu rsi/] la t5tation de jet] un c\p d'oeil sur le petit creux o elle a vu dpos] les b\quets4 ,elle tait avec sa g\v]nante et n'avait ri5 cra9dre4 ,erne/9e p5sait bi5 ne tr\v] que des fleurs fanes2 son inexprimable joie1 elle voit un b\quet compos des fleurs les plus r>es et les plus jolies2 il e/ d'une fra*eur bl\issante2 pas un ptale des fleurs les plus dlicates n'e/ fltri4 ,a pe9e a-t-elle ap]u t\t cela du co9 de l'oeil1 que1 sans p]dre de vue sa g\v]nante1 elle a p>c\ru avec la lgret d'une gazelle t\te cette p>tie du bois c5t pas la ronde4 ,elle n'a vu p]sonne2 bi5 sre de n'tre pas obs]ve1 elle revi5t au gr& *ne1 elle ose reg>d] avec dlices le b\quet *>mant4 ,o ciel6 il y a un petit papi] presque imp]ceptible1 il e/ atta* au noeud du b\quet4 ,qu'avez-v\s1 mon ,erne/9e8 dit la g\v]nante al>me du petit cri qui accompagne cette dc\v]te4--,ri51 bonne amie1 c'e/ une p]drix qui s'e/ leve mes pi$s4--,il y a qu9ze j\rs1 ,erne/9e n'aurait pas eu l'ide de m5tir4 ,elle se rappro*e de plus en plus du b\quet *>mant1 elle p5*e la tte1 et1 les j\es r\ges comme le feu1 sans os] y t\*]1 elle lit sur le petit morceau de papi]3 ,voici un mois que t\s les mat9s j'apporte un b\quet4 ,celui-ci s]a-t-il assez heureux p\r tre ap]u8 ,t\t e/ ravissant dans ce joli billet2 l'criture anglaise qui traa ces mots e/ de la =me la plus lgante4 ,depuis quatre ans qu'elle a quitt ,p>is et le c\v5t le plus la mode du faub\rg ,sa9t-,g]ma91 ,erne/9e n'a ri5 vu d'aussi joli4 ,t\t c\p elle r\git beauc\p1 elle se rappro*e de sa g\v]nante1 et l'engage ret\rn] au *teau4 ,p\r y arriv] plus vite1 au lieu de remont] dans le vallon et de faire le t\r du lac comme de c\tume1 ,erne/9e pr5d le s5ti] du petit pont qui mne au *teau en ligne droite4 ,elle e/ p5sive1 elle se promet de ne plus rev5ir de ce ct2 c> enf9 elle vi5t de dc\vrir que c'e/ une espce de billet qu'on a os lui adress]4 ,cep5dant1 il n'tait pas f]m1 se dit-elle t\t bas4 ,de ce mom5t sa vie e/ agite p> une affreuse anxit4 ,quoi donc6 ne peut-elle pas1 mme de lo91 all] revoir l'arbre *ri8 ,le s5tim5t du devoir s'y oppose4 ,si je vais sur l'autre rive du lac1 se dit-elle1 je ne p\rrai plus compt] sur les promesses que je me fais moi-mme4 ,lorsqu' huit heures elle ent5dit le porti] f]m] la grille du petit pont1 ce bruit qui lui tait t\t espoir sembla la dlivr] d'un poids norme qui accablait sa poitr9e2 elle ne p\rrait plus ma9t5ant manqu] son devoir1 qu& mme elle aurait la faiblesse d'y cons5tir4 ,le l5dema91 ri5 ne peut la tir] d'une sombre rv]ie2 elle e/ abattue1 ple2 son oncle s'en ap]oit2 il fait mettre les *evaux l'antique b]l9e1 on p>c\rt les environs1 on va jusqu' l'av5ue du *teau de ,mme ,dayss91 trois lieues de l4 ,au ret\r1 le comte de ,s444 donne l'ordre d'arrt] dans le petit bois1 au del du lac2 la b]l9e s'avance sur la pel\se1 il veut revoir le *ne imm5se qu'il n'appelle jamais que le contempora9 de ,*>lemagne4 ,ce gr& emp]eur peut l'avoir vu1 dit-il1 en trav]sant nos montagnes p\r all] en ,lomb>die1 va9cre le roi ,didi]2 et cette p5se d'une vie si longue semble rajeunir un vieill>d presque octognaire ,erne/9e e/ bi5 lo9 de suivre les raisonnem5ts de son oncle2 ses j\es sont brlantes2 elle va donc se tr\v] encore une fois auprs du vieux *ne2 elle s'e/ promis de ne pas reg>d] dans la petite ca*ette4 ,p> un m\vem5t in/9ctif1 sans savoir ce qu'elle fait1 elle y jette les yeux1 elle voit le b\quet1 elle plit4 ,il e/ compos de roses pana*es de noir4--,je suis bi5 malheureux1 il faut que je m'loigne p\r t\j\rs4 ,celle que j'aime ne daigne pas ap]cevoir mon hommage4--,tels sont les mots tracs sur le petit papi] fix au b\quet4 ,erne/9e les a lus avant d'avoir le temps de se df5dre de les voir4 ,elle e/ si faible1 qu'elle e/ oblige de s'appuy] contre l'arbre2 et bi5tt elle fond en l>mes4 ,le soir1 elle se dit3 ,il s'loign]a p\r t\j\rs1 et je ne le v]rai plus6 ,le l5dema91 en ple9 midi1 p> le soleil du mois d'aot1 comme elle se prom5ait avec son oncle s\s l'alle de platanes le long du lac1 elle voit sur l'autre rive le jeune homme s'appro*] du gr& *ne2 il saisit son b\quet1 le jette dans le lac et disp>at4 ,erne/9e a l'ide qu'il y avait du dpit dans son ge/e1 bi5tt elle n'en d\te plus4 ,elle s'tonne d'avoir pu en d\t] un seul in/ant2 il e/ vid5t que1 se voyant mpris1 il va p>tir2 jamais elle ne le rev]ra4 ,ce j\r-l on e/ =t inquiet au *teau1 o elle seule rp& quelque gaiet4 ,son oncle prononce qu'elle e/ dcidm5t indispose2 une pleur mortelle1 une c]ta9e contraction dans les traits1 ont b\lev]s cette figure nave1 o se peignai5t nagure les s5sations si tranquilles de la premire jeunesse4 ,le soir1 qu& l'heure de la prom5ade e/ v5ue1 ,erne/9e ne s'oppose po9t ce que son oncle la dirige v]s la pel\se au del du lac4 ,elle reg>de en passant1 et d'un oeil morne o les l>mes sont pe9e ret5ues1 la petite ca*ette trois pi$s au-dessus du sol1 bi5 sre de n'y ri5 tr\v]2 elle a trop bi5 vu jet] le b\quet dans le lac4 ,mais1 surprise6 elle en ap]oit un autre4--,p> piti p\r mon affreux malheur1 daignez pr5dre la rose blan*e4 ,p5dant qu'elle relit ces mots tonnants1 sa ma91 sans qu'elle le sa*e1 a dta* la rose blan*e qui e/ au milieu du b\quet4--,il e/ donc bi5 malheureux1 se dit-elle6--,en ce mom5t son oncle l'appelle1 elle le suit1 mais elle e/ heureuse4 ,elle ti5t sa rose blan*e dans son petit m\*oir de bati/e1 et la bati/e e/ si f9e1 que t\t le temps que dure encore la prom5ade1 elle peut ap]cevoir la c\leur de la rose trav]s le tissu lg]4 ,elle ti5t son m\*oir de manire ne pas fan] cette rose *rie4 ,a pe9e r5tre1 elle monte en c\rant l'escali] rapide qui conduit sa petite t\r1 dans l'angle du *teau4 ,elle ose enf9 contempl] sans contra9te cette rose adore et en rassasi] ses reg>ds trav]s les d\ces l>mes qui s'*app5t de ses yeux4 ,que veul5t dire ces pleurs8 ,erne/9e l'ignore4 ,si elle p\vait dev9] le s5tim5t qui les fait c\l]1 elle aurait le c\rage de sacrifi] la rose qu'elle vi5t de plac] avec tant de so9 dans son v]re de cri/al1 sur sa petite table d'acaj\4 ,mais1 p\r peu que le lecteur ait le *agr9 de n'avoir plus v+t ans1 il dev9]a que ces l>mes1 lo9 d'tre de la d\leur1 sont les compagnes insp>ables de la vue inop9e d'un bonheur extrme2 elles veul5t dire3 ,qu'il e/ d\x d'tre aim6--,c'e/ dans un mom5t o le saisissem5t du premi] bonheur de sa vie g>ait son jugem5t qu',erne/9e a eu le tort de pr5dre cette fleur4 ,mais elle n'en e/ pas encore voir et se repro*] cette inconsqu5ce4 ,p\r n\s1 qui avons mo9s d'illusions1 n\s reconnaissons la troisime priode de la naissance de l'am\r3 l'app>ition de l'espoir4 ,erne/9e ne sait pas que son coeur se dit1 en reg>dant cette rose3 ,ma9t5ant1 il e/ c]ta9 qu'il m'aime4 ,mais peut-il tre vrai qu',erne/9e soit sur le po9t d'aim]8 ,ce s5tim5t ne *oque-t-il pas t\tes les rgles du plus simple bon s5s8 ,quoi6 elle n'a vu que trois fois l'homme qui1 dans ce mom5t1 lui fait v]s] des l>mes brlantes6 ,et encore elle ne l'a vu qu' trav]s le lac1 une gr&e di/ance1 c9q c5ts pas peut-tre4 ,bi5 plus1 si elle le r5contrait sans fusil et sans ve/e de *asse1 peut-tre qu'elle ne le reconnatrait pas4 ,elle ignore son nom1 ce qu'il e/1 et p\rtant ses j\rnes se pass5t se n\rrir de s5tim5ts passionns1 dont je suis oblig d'abrg] l'expression1 c> je n'ai pas l'espace qu'il faut p\r faire un roman4 ,ces s5tim5ts ne sont que des v>iations de cette ide3 ,quel bonheur d'en tre aime6 ,ou bi5 elle exam9e cette autre "q bi5 autrem5t importante3 ,puis-je espr] d'en tre aime vritablem5t8 ,n'e/-ce po9t p> jeu qu'il me dit qu'il m'aime8 ,quoique habitant un *teau bti p> ,lesdiguires1 et app>t5ant la famille d'un des plus braves compagnons du fameux conntable1 ,erne/9e ne s'e/ po9t fait cette autre objection3 ,il e/ peut-tre le fils d'un paysan du vois9age4 ,p\rquoi8 ,elle vivait dans une solitude pr(onde4 ,c]ta9em5t ,erne/9e tait bi5 lo9 de reconnatre la nature des s5tim5ts qui rgnai5t dans son coeur4 ,si elle et pu prvoir o ils la conduisai5t1 elle aurait eu une *ance d'*app] leur empire4 ,une jeune ,allem&e1 une ,anglaise1 une ,itali5ne1 euss5t reconnu l'am\r2 notre sage ducation ayant pris le p>ti de ni] aux jeunes filles l'exi/5ce de l'am\r1 ,erne/9e ne s'al>mait que vaguem5t de ce qui se passait dans son coeur2 qu& elle rfl*issait pr(ondm5t1 elle n'y voyait que de la simple amiti4 ,si elle avait pris une seule rose1 c'e/ qu'elle et cra9t1 en agissant autrem5t1 d'afflig] son n\vel ami et de le p]dre4 ,et1 d'ailleurs1 se disait-elle1 aprs y avoir beauc\p song1 il ne faut pas manqu] la politesse4 ,le coeur d',erne/9e e/ agit p> les s5tim5ts les plus viol5ts4 ,p5dant quatre j\rnes1 qui p>aiss5t quatre sicles la jeune solitaire1 elle e/ ret5ue p> une cra9te indf9issable1 elle ne sort pas du *teau4 ,le c9quime j\r son oncle1 t\j\rs plus inquiet de sa sant1 la =ce l'accompagn] dans le petit bois2 elle se tr\ve prs de l'arbre fatal2 elle lit sur le petit fragm5t de papi] ca* dans le b\quet3 ,si v\s daignez pr5dre ce camellia pana*1 diman*e je s]ai l'glise de votre village4 ,erne/9e vit l'glise un homme mis avec une simplicit extrme1 et qui p\vait avoir tr5te-c9q ans4 ,elle rem>qua qu'il n'avait pas mme de croix4 ,il lisait1 et1 en t5ant son livre d'heures d'une c]ta9e manire1 il ne cessa presque pas un in/ant d'avoir les yeux sur elle4 ,c'e/ dire que1 p5dant t\t le s]vice1 ,erne/9e fut hors d'tat de p5s] ri54 ,elle laissa *oir son livre d'heures1 en sortant de l'antique banc seigneurial1 et faillit tomb] elle-mme en le ramassant4 ,elle r\git beauc\p de sa maladresse4 ,il m'aura tr\ve si gau*e1 se dit-elle aussitt1 qu'il aura honte de s'occup] de moi4 ,en effet1 p>tir du mom5t o ce petit accid5t tait surv5u1 elle ne vit plus l'trang]4 ,ce fut en va9 qu'aprs tre monte en voiture elle s'arrta p\r di/ribu] quelques pices de monnaie t\s les petits g>ons du village1 elle n'ap]ut po9t1 p>mi les gr\pes de paysans qui jasai5t auprs de l'glise1 la p]sonne que1 p5dant la messe1 elle n'avait jamais os reg>d]4 ,erne/9e1 qui jusqu'alors avait t la s9crit mme1 prt5dit avoir oubli son m\*oir4 ,un dome/ique r5tra dans l'glise et *]*a longtemps dans le banc du seigneur ce m\*oir qu'il n'avait g>de de tr\v]4 ,mais le ret>d am5 p> cette petite ruse fut inutile1 elle ne revit plus le *asseur1 ,c'e/ clair1 se dit-elle2 ,mlle de ,c444 me dit une fois que je n'tais pas jolie et que j'avais dans le reg>d quelque *ose d'imprieux et de rep\ssant2 il ne me manquait plus que de la gau*]ie2 il me mprise sans d\te4 ,les tri/es p5ses l'agitr5t p5dant deux ou trois visites que son oncle fit avant de r5tr] au *teau4 ,a pe9e de ret\r1 v]s les quatre heures1 elle c\rut s\s l'alle de platanes1 le long du lac4 ,la grille de la *ausse tait f]me cause du diman*e2 heureusem5t1 elle ap]ut un j>d9i]2 elle l'appela et le pria de mettre la b>que flot et de la conduire de l'autre ct du lac4 ,elle prit t]re c5t pas du gr& *ne4 ,la b>que ctoyait et se tr\vait t\j\rs assez prs d'elle p\r la rassur]4 ,les bran*es basses et peu prs horizontales du *ne imm5se s't5dai5t presque jusqu'au lac4 ,d'un pas dcid et avec une sorte de sang-froid sombre et rsolu1 elle s'appro*a de l'arbre1 de l'air dont elle et m>* la mort4 ,elle tait bi5 sre de ne ri5 tr\v] dans la ca*ette2 en effet1 elle n'y vit qu'une fleur fane qui avait app>t5u au b\quet de la veille3--,s'il et t cont5t de moi1 se dit-elle2 il n'et pas manqu de me rem]ci] p> un b\quet4 ,elle se fit ram5] au *teau1 monta *ez elle en c\rant1 et1 une fois dans sa petite t\r1 bi5 sre de n'tre pas surprise1 fondit en l>mes4 ,mlle de ,c444 avait bi5 raison1 se dit-elle2 p\r me tr\v] jolie1 il faut me voir c9q c5ts pas de di/ance4 ,comme dans ce pays de libraux1 mon oncle ne voit p]sonne que des paysans et des curs1 mes manires doiv5t avoir contract quelque *ose de rude1 peut-tre de grossi]4 ,j'aurai dans le reg>d une expression imprieuse et rep\ssante4--,elle s'appro*e de son miroir p\r obs]v] ce reg>d1 elle voit des yeux d'un bleu sombre noys de pleurs4--,dans ce mom5t1 dit-elle1 je ne puis avoir cet air imprieux qui m'emp*]a t\j\rs de plaire4 ,le dn] sonna2 elle eut beauc\p de pe9e s*] ses l>mes4 ,elle p>ut enf9 dans le salon2 elle y tr\va ,m4 ,vill>s1 vieux botani/e1 qui1 t\s les ans1 v5ait pass] huit j\rs avec ,m4 de ,s4441 au gr& *agr9 de sa bonne1 rige en g\v]nante1 qui1 p5dant ce temps1 p]dait sa place la table de ,m4 le comte4 ,t\t se passa =t bi5 jusqu'au mom5t du ,*ampagne2 on apporta le seau prs d',erne/9e4 ,la glace tait fondue depuis longtemps4 ,elle appela un dome/ique et lui dit3 ,*angez cette eau et mettez-y de la glace1 vite4--,voil un petit ton imprieux qui te va =t bi51 dit en riant son bon gr&-oncle4 ,au mot d'imprieux1 les l>mes inondr5t les yeux d',erne/9e1 au po9t qu'il lui fut impossible de les ca*]2 elle fut oblige de quitt] le salon1 et comme elle f]mait la porte1 on ent5dit que ses sanglots la suffoquai5t4 ,les vieill>ds re/r5t t\t int]dits4 ,deux j\rs aprs1 elle passa prs du gr& *ne2 elle s'appro*a et reg>da dans la ca*ette1 comme p\r revoir les lieux o elle avait t heureuse4 ,quel fut son ravissem5t en y tr\vant deux b\quets6 ,elle les saisit avec les petits papi]s1 les mit dans son m\*oir1 et p>tit en c\rant p\r le *teau1 sans s'inquit] si l'inconnu1 ca* dans le bois1 n'avait po9t obs]v ses m\vem5ts1 ide qui1 jusqu' ce j\r1 ne l'avait jamais ab&onne4 ,ess\ffle et ne p\vant plus c\rir1 elle fut oblige de s'arrt] v]s le milieu de la *ausse4 ,a pe9e eut-elle repris un peu sa respiration1 qu'elle se remit c\rir avec t\te la rapidit dont elle tait capable4 ,enf91 elle se tr\va dans sa petite *ambre2 elle prit ses b\quets dans son m\*oir et1 sans lire ses petits billets1 se mit bais] ces b\quets avec transport1 m\vem5t qui la fit r\gir1 qu& elle s'en ap]ut4 ,ah6 jamais je n'aurai l'air imprieux1 se disait-elle2 je me corrig]ai4 ,enf91 qu& elle eut assez tmoign t\te sa t5dresse ces jolis b\quets1 composs des fleurs les plus r>es1 elle lut les billets 7,un homme et comm5c p> l74 ,le premi]1 celui qui tait dat du diman*e1 c9q heures1 disait3 ,je me suis refus le plaisir de v\s voir aprs le s]vice2 je ne p\vais tre seul2 je craignais qu'on ne lt dans mes yeux l'am\r dont je brle p\r v\s4--,elle relut trois fois ces mots3 l'am\r dont je brle p\r v\s1 puis elle se leva p\r all] voir sa psy* si elle avait l'air imprieux2 elle cont9ua3 l'am\r dont je brle p\r v\s4 ,si votre coeur e/ libre1 daignez emport] ce billet1 qui p\rrait n\s compromettre4 ,le second billet1 celui du lundi1 tait au crayon1 et mme assez mal crit2 mais ,erne/9e n'en tait plus au temps o la jolie criture anglaise de son inconnu tait un *>me ses yeux2 elle avait des affaires trop srieuses p\r faire att5tion ces dtails4 ,je suis v5u4 ,j'ai t assez heureux p\r que quelqu'un p>lt de v\s en ma prs5ce4 ,on m'a dit qu'hi] v\s avez trav]s le lac4 ,je vois que v\s n'avez pas daign pr5dre le billet que j'avais laiss4 ,il dcide mon sort4 ,v\s aimez1 et ce n'e/ pas moi4 ,il y avait de la folie1 mon ge1 m'atta*] une fille du vtre4 ,adieu p\r t\j\rs4 ,je ne jo9drai pas le malheur d'tre importun celui de v\s avoir trop longtemps occupe d'une passion peut tre ridicule vos yeux4--,d'une passion6 dit ,erne/9e en levant les yeux au ciel4 ,ce mom5t fut bi5 d\x4 ,cette jeune fille1 rem>quable p> sa beaut1 et la fleur de la jeunesse1 s'cria avec ravissem5t3 ,il daigne m'aim]3 ah6 mon ,dieu6 que je suis heureuse6 ,elle tomba g5\x devant une *>mante madone de ,c>lo ,dolci rapporte d',italie p> un de ses aeux4--,ah6 oui1 je s]ai bonne et v]tueuse6 s'cria-t-elle les l>mes aux yeux4 ,mon ,dieu1 daignez seulem5t m'indiqu] mes dfauts1 p\r que je puisse m'en corrig]1 ma9t5ant1 t\t m'e/ possible4 ,elle se releva p\r relire les billets v+t fois4 ,le second surt\t la jeta dans des transports de bonheur4 ,bi5tt elle rem>qua une vrit tablie dans son coeur depuis =t longtemps3 c'e/ que jamais elle n'aurait pu s'atta*] un homme de mo9s de qu>ante ans 7,l'inconnu p>lait son ge74 ,elle se s\v9t qu' l'glise1 comme il tait un peu *auve1 il lui avait p>u avoir tr5te-quatre ou tr5te-c9q ans4 ,mais elle ne p\vait tre sre de cette ide2 elle avait si peu os le reg>d]6 et elle tait si tr\ble6 ,durant la nuit1 ,erne/9e ne f]ma pas l'oeil4 ,de sa vie1 elle n'avait eu l'ide d'un semblable bonheur4 ,elle se releva p\r crire en anglais sur son livre d'honneur3 ,n'tre jamais imprieuse4 ,je fais ce voeu le #cj septembre #ah444 ,p5dant cette nuit1 elle se dcida de plus en plus sur cette vrit3 il e/ impossible d'aim] un homme qui n'a pas qu>ante ans4 ,a =ce de rv] aux bonnes qualits de cet inconnu1 il lui v9t dans l'ide qu'outre l'avantage d'avoir qu>ante ans1 il avait probablem5t encore celui d'tre pauvre4 ,il tait mis d'une manire si simple l'glise1 que sans d\te il tait pauvre4 ,ri5 ne peut gal] sa joie cette dc\v]te4 ,il n'aura jamais l'air bte et fat de nos amis1 ,,mm4 tels et tels1 qu& ils vi5n5t1 la ,sa9t-,hub]t1 faire l'honneur mon oncle de tu] ses *evreuils1 et qu' table ils n\s compt5t leurs exploits de jeunesse1 sans qu'on les en prie4 ,se p\rrait-il bi51 gr& ,dieu6 qu'il ft pauvre6 ,en ce cas1 ri5 ne manque mon bonheur6 ,elle se leva une seconde fois p\r allum] sa b\gie la veilleuse1 et re*]*] une valuation de sa =tune qu'un j\r un de ses c\s9s avait crite sur un de ses livres4 ,elle tr\va dix-sept mille livres de r5te en se m>iant1 et1 p> la suite1 qu>ante ou c9quante4 ,comme elle mditait sur ce *iffre1 quatre heures sonnr5t2 elle tressaillit4 ,peut-tre fait-il assez de j\r p\r que je puisse ap]cevoir mon arbre *ri4 ,elle ouvrit ses p]si5nes2 en effet elle vit le gr& *ne et sa v]dure sombre2 mais1 grce au clair de lune1 et non po9t p> le sec\rs des premires lueurs de l'aube1 qui tait encore =t loigne4 ,en s'habillant le mat91 elle se dit3 ,il ne faut pas que l'amie d'un homme de qu>ante ans soit mise comme une enfant4 ,et p5dant une heure elle *]*a dans ses armoires une robe1 un *apeau1 une ce9ture1 qui composr5t un ensemble si orig9al1 que1 lorsqu'elle p>ut dans la salle mang]1 son oncle1 sa g\v]nante et le vieux botani/e ne pur5t s'emp*] de p>tir d'un clat de rire4 ,appro*e-toi donc1 dit le vieux comte de ,s4441 anci5 *evali] de ,sa9t-,l\is1 bless ,quib]on2 appro*e-toi1 mon ,erne/9e2 tu es mise comme si tu avais v\lu te dguis] ce mat9 en femme de qu>ante ans4 ,a ces mots elle r\git1 et le plus vif bonheur se peignit sur les traits de la jeune fille4 ,dieu me p>donne6 dit le bon oncle la f9 du repas en s'adressant au vieux botani/e1 c'e/ une gageure2 n'e/-il pas vrai1 monsieur1 que ,mlle ,erne/9e a1 ce mat91 t\tes les manires d'une femme de tr5te ans8 ,elle a surt\t un petit air pat]nel en p>lant aux dome/iques qui me *>me p> son ridicule2 je l'ai mise deux ou trois fois l'preuve p\r tre sr de mon obs]vation4 ,cette rem>que r$\bla le bonheur d',erne/9e1 si l'on peut se s]vir de ce mot en p>lant d'une flicit qui dj tait au comble4 ,ce fut avec pe9e qu'elle put se dgag] de la socit aprs djeun]4 ,son oncle et l'ami botani/e ne p\vai5t se lass] de l'attaqu] sur son petit air vieux4 ,elle remonta *ez elle1 elle reg>da le *ne4 ,p\r la premire fois1 depuis v+t heures1 un nuage v9t obscurcir sa flicit1 mais sans qu'elle pt se r5dre compte de ce *angem5t s\da94 ,ce qui dim9ua le ravissem5t auquel elle tait livre depuis le mom5t o1 la veille1 plonge dans le dsespoir1 elle avait tr\v les b\quets dans l'arbre1 ce fut cette "q qu'elle se fit3 ,quelle conduite dois-je t5ir avec mon ami p\r qu'il m'e/ime8 ,un homme d'autant d'esprit et qui a l'avantage d'avoir qu>ante ans1 doit tre bi5 svre4 ,son e/ime p\r moi tomb]a t\t fait si je me p]mets une fausse dm>*e4 ,comme ,erne/9e se livrait ce monologue1 dans la situation la plus propre second] les mditations srieuses d'une jeune fille devant sa psy*1 elle obs]va1 avec un tonnem5t ml d'horreur1 qu'elle avait sa ce9ture un cro*et en or avec de petites *anes portant le d1 les ciseaux et leur petit tui1 bij\ *>mant qu'elle ne p\vait se lass] d'admir] encore la veille1 et que son oncle lui avait donn p\r le j\r de sa fte il n'y avait pas qu9ze j\rs4 ,ce qui lui fit reg>d] ce bij\ avec horreur et le lui fit t] avec tant d'empressem5t1 c'e/ qu'elle se rappela que sa bonne lui avait dit qu'il cotait huit c5t c9quante francs1 et qu'il avait t a*et *ez le fameux bij\ti] de ,p>is1 qui s'appelait ,laur5ot3 ,que p5s]ait de moi mon ami1 lui qui a l'honneur d'tre pauvre1 s'il me voyait un bij\ d'un prix si ridicule8 ,quoi de plus absurde que d'affi*] a9si les gts d'une bonne mnagre2 c> c'e/ ce que veul5t dire ces ciseaux1 cet tui1 ce d1 que l'on porte sans cesse avec soi2 et la bonne mnagre ne p5se pas que ce bij\ cote *aque anne l'intrt de son prix4 ,elle se mit calcul] srieusem5t et tr\va que ce bij\ cotait prs de c9quante francs p> an4 ,cette belle rflexion d'conomie dome/ique1 qu',erne/9e devait l'ducation trs =te qu'elle avait reue d'un conspirateur ca* p5dant plusieurs annes au *teau de son oncle1 cette rflexion1 dis-je1 ne fit qu'loign] la difficult4 ,qu& elle eut r5f]m dans sa commode le bij\ d'un prix ridicule1 il fallut bi5 rev5ir cette "q emb>rassante3 ,que faut-il faire p\r ne pas p]dre l'e/ime d'un homme d'autant d'esprit8 ,les mditations d',erne/9e 7que le lecteur aura peut-tre reconnues p\r tre t\t simplem5t la c9quime priode de la naissance de l'am\r7 n\s conduirai5t =t lo94 ,cette jeune fille avait un esprit ju/e1 pntrant1 vif comme l'air de ses montagnes4 ,son oncle1 qui avait eu de l'esprit jadis1 et qui il en re/ait encore sur les deux ou trois sujets qui l'intressai5t depuis longtemps1 son oncle avait rem>qu qu'elle ap]cevait spontanm5t t\tes les consqu5ces d'une ide4 ,le bon vieill>d avait c\tume1 lorsqu'il tait dans ses j\rs de gaiet1 et la g\v]nante avait rem>qu que cette plaisant]ie en tait le signe indubitable1 il avait c\tume1 dis-je1 de plaisant] son ,erne/9e sur ce qu'il appelait son c\p d'oeil militaire4 ,c'e/ peut-tre cette qualit qui1 plus t>d1 lorsqu'elle a p>u dans le monde et qu'elle a os p>l]1 lui a fait j\] un rle si brillant4 ,mais1 l'poque dont n\s n\s entret5ons1 ,erne/9e1 malgr son esprit1 s'embr\illa t\t fait dans ses raisonnem5ts4 ,v+t fois elle fut sur le po9t de ne pas all] se prom5] du ct de l'arbre3 ,une seule t\rd]ie1 se disait-elle1 annonant l'enfantillage d'une petite fille1 peut me p]dre dans l'esprit de mon ami4 ,mais1 malgr des argum5ts extrmem5t subtils1 et o elle employait t\te la =ce de sa tte1 elle ne possdait pas encore l'art si difficile de dom9] ses passions p> son esprit4 ,l'am\r dont la pauvre fille tait transporte son insu faussait t\s ses raisonnem5ts et ne l'engagea que trop tt1 p\r son bonheur1 s'a*em9] v]s l'arbre fatal4 ,aprs bi5 des hsitations1 elle s'y tr\va avec sa femme de *ambre v]s une heure4 ,elle s'loigna de cette femme et s'appro*a de l'arbre1 brillante de joie1 la pauvre petite6 ,elle semblait vol] sur le gazon et non pas m>*]4 ,le vieux botani/e1 qui tait de la prom5ade1 en fit faire l'obs]vation la femme de *ambre1 comme elle s'loignait d'eux en c\rant4 ,t\t le bonheur d',erne/9e disp>ut en un cl9 d'oeil4 ,ce n'e/ pas qu'elle ne tr\vt un b\quet dans le creux de l'arbre2 il tait *>mant et trs frais1 ce qui lui fit d'abord un vif plaisir4 ,il n'y avait donc pas longtemps que son ami s'tait tr\v prcism5t la mme place qu'elle4 ,elle *]*a sur le gazon quelques traces de ses pas2 ce qui la *>ma encore1 c'e/ qu'au lieu d'un simple petit morceau de papi] crit1 il y avait un billet1 et un long billet4 ,elle vola la signature2 elle avait beso9 de savoir son nom de baptme4 ,elle lut2 la lettre lui tomba des ma9s1 a9si que le b\quet4 ,un frisson mortel s'emp>a d'elle4 ,elle avait lu au bas du billet le nom de ,philippe ,a/zan4 ,or ,m4 ,a/zan tait connu dans le *teau du comte de ,s444 p\r tre l'amant de ,mme ,dayss91 femme de ,p>is =t ri*e1 =t lgante1 qui v5ait t\s les ans sc&alis] la prov9ce en osant pass] quatre mois seule1 dans son *teau1 avec un homme qui n'tait pas son m>i4 ,p\r comble de d\leur1 elle tait veuve1 jeune1 jolie1 et p\vait p\s] ,m4 ,a/zan4 ,t\tes ces tri/es *oses1 qui1 telles que n\s v5ons de les dire1 tai5t vraies1 p>aissai5t bi5 autrem5t env5imes dans les disc\rs des p]sonnages tri/es et gr&s ennemis des erreurs du bel ge1 qui v5ai5t quelquefois en visite l'antique manoir du gr&-oncle d',erne/9e4 ,jamais1 en quelques secondes1 un bonheur si pur et si vif1 c'tait le premi] de sa vie1 ne fut remplac p> un malheur poignant et sans espoir4 ,le cruel6 il a v\lu se j\] de moi1 se disait ,erne/9e1 il a v\lu se donn] un b dans ses p>ties de *asse1 t\rn] la tte d'une petite fille1 peut-tre dans l'int5tion d'en amus] ,mme ,dayss94 ,et moi qui songeais l'p\s]6 ,quel enfantillage6 quel comble d'humiliation6 ,comme elle avait cette tri/e p5se1 ,erne/9e tomba van\ie ct de l'arbre fatal que depuis trois mois elle avait si s\v5t reg>d4 ,du mo9s1 une demi-heure aprs1 c'e/ l que la femme de *ambre et le vieux botani/e la tr\vr5t sans m\vem5t4 ,p\r surcrot de malheur1 qu& on l'eut rappele la vie1 ,erne/9e ap]ut ses pi$s la lettre d',a/zan1 ouv]te du ct de la signature et de manire qu'on p\vait la lire4 ,elle se leva prompte comme un clair1 et mit le pi$ sur la lettre4 ,elle expliqua son accid5t1 et put1 sans tre obs]ve1 ramass] la lettre fatale4 ,de longtemps il ne lui fut pas possible de la lire1 c> sa g\v]nante la fit asseoir et ne la quitta plus4 ,le botani/e appela un ouvri] occup dans les *amps1 qui alla *]*] la voiture au *teau4 ,erne/9e1 p\r se disp5s] de rpondre aux rflexions sur son accid5t1 feignit de ne p\voir p>l]2 un mal la tte affreux lui s]vit de prtexte p\r t5ir son m\*oir sur ses yeux4 ,la voiture arriva4 ,plus livre elle-mme1 une fois qu'elle y fut place1 on ne saurait dcrire la d\leur d*irante qui pntra son me p5dant le temps qu'il fallut la voiture p\r rev5ir au *teau4 ,ce qu'il y avait de plus affreux dans son tat1 c'e/ qu'elle tait oblige de se mpris] elle-mme4 ,la lettre fatale qu'elle s5tait dans son m\*oir lui brlait la ma94 ,la nuit v9t p5dant qu'on la ram5ait au *teau2 elle put ouvrir les yeux1 sans qu'on la rem>qut4 ,la vue des toiles si brillantes1 p5dant une belle nuit du midi de la ,france1 la consola un peu4 ,t\t en pr\vant les effets de ces m\vem5ts de passion1 la simplicit de son ge tait bi5 lo9 de p\voir s'en r5dre compte4 ,erne/9e dut le premi] mom5t de rpit1 aprs deux heures de la d\leur morale la plus atroce1 une rsolution c\rageuse4 ,je ne lirai pas cette lettre dont je n'ai vu que la signature2 je la brl]ai1 se dit-elle1 en arrivant au *teau4 ,alors elle put s'e/im] au mo9s comme ayant du c\rage1 c> le p>ti de l'am\r1 quoique va9cu en app>5ce1 n'avait pas manqu d'ins9u] mode/em5t que cette lettre expliquait peut-tre d'une manire satisfaisante les relations de ,m4 ,a/zan avec ,mme ,dayss94 ,en entrant au salon1 ,erne/9e jeta la lettre au feu4 ,le l5dema91 ds huit heures du mat91 elle se remit travaill] son piano1 qu'elle avait =t nglig depuis deux mois4 ,elle reprit la collection des ,mmoires sur l'hi/oire de ,france1 publis p> ,petiot1 et recomm5a faire de longs extraits des ,mmoires du sangu9aire ,montluc4 ,elle eut l'adresse de se faire (frir de n\veau p> le vieux botani/e un c\rs d'hi/oire naturelle4 ,au b\t de qu9ze j\rs1 ce brave homme1 simple comme ses plantes1 ne put se taire sur l'application tonnante qu'il rem>quait *ez son lve2 il en tait m]veill4 ,quant elle1 t\t lui tait indiffr5t2 t\tes les ides la ram5ai5t galem5t au dsespoir4 ,son oncle tait =t al>m3 ,erne/9e maigrissait vue d'oeil4 ,comme elle eut1 p> has>d1 un petit rhume1 le bon vieill>d1 qui1 contre l'ord9aire des g5s de son ge1 n'avait pas rassembl sur lui mme t\t l'intrt qu'il p\vait pr5dre aux *oses de la vie1 s'imag9a qu'elle tait attaque de la poitr9e4 ,erne/9e le crut aussi1 et elle dut cette ide les seuls mom5ts passables qu'elle eut cette poque2 l'espoir de m\rir bi5tt lui faisait support] la vie sans impati5ce4 ,p5dant t\t un long mois1 elle n'eut d'autre s5tim5t que celui d'une d\leur d'autant plus pr(onde1 qu'elle avait sa s\rce dans le mpris d'elle-mme2 comme elle n'avait aucun usage de la vie1 elle ne put se consol] en se disant que p]sonne au monde ne p\vait s\ponn] ce qui s'tait pass dans son coeur1 et que probablem5t l'homme cruel qui l'avait tant occupe ne saurait dev9] la c5time p>tie de ce qu'elle avait s5ti p\r lui4 ,au milieu de son malheur1 elle ne manquait pas de c\rage2 elle n'eut aucune pe9e jet] au feu sans les lire deux lettres sur l'adresse desquelles elle reconnut la fune/e criture anglaise4 ,elle s'tait promis de ne jamais reg>d] la pel\se au-del du lac2 dans le salon1 jamais elle ne levait les yeux sur les croises qui donnai5t de ce ct4 ,un j\r1 prs de six sema9es aprs celui o elle avait lu le nom de ,philippe ,a/zan1 son matre d'hi/oire naturelle1 le bon ,m4 ,vill>s1 eut l'ide de lui faire une leon sur les plantes aquatiques2 il s'emb>qua avec elle et se fit conduire v]s la p>tie du lac qui remontait dans le vallon4 ,comme ,erne/9e entrait dans la b>que1 un reg>d de ct et presque involontaire lui donna la c]titude qu'il n'y avait p]sonne auprs du gr& *ne2 elle rem>qua pe9e une p>tie de l'corce de l'arbre1 d'un gris plus clair que le re/e4 ,deux heures plus t>d1 qu& elle repassa1 aprs la leon1 vis--vis le gr& *ne1 elle frissonna en reconnaissant que ce qu'elle avait pris p\r un accid5t de l'corce dans l'arbre tait la c\leur de la ve/e de *asse de ,philippe ,a/zan1 qui1 depuis deux heures1 assis sur une des rac9es du *ne1 tait immobile comme s'il et t mort4 ,en se faisant cette comp>aison elle-mme1 l'esprit d',erne/9e se s]vit aussi de ce mot3 comme s'il tait mort2 il la frappa4 ,s'il tait mort1 il n'y aurait plus d'inconv5ance me tant occup] de lui4 ,p5dant quelques m9utes cette supposition fut un prtexte p\r se livr] un am\r r5du t\t-puissant p> la vue de l'objet aim4 ,cette dc\v]te la tr\bla beauc\p4 ,le l5dema91 dans la soire1 un cur du vois9age1 qui tait en visite au *teau1 dem&a au comte de ,s444 de lui prt] le ,moniteur4 ,p5dant que le vieux valet de *ambre allait pr5dre dans la biblio?que la collection des ,moniteurs du mois3 ,mais1 cur1 dit le comte1 v\s n'tes plus curieux cette anne1 voil la premire fois que v\s me dem&ez le ,moniteur6--,monsieur le comte1 rpondit le cur1 ,mme ,dayss91 ma vois9e1 me l'a prt tant qu'elle a t ici2 mais elle e/ p>tie depuis qu9ze j\rs4 ,ce mot si indiffr5t causa une telle rvolution ,erne/9e1 qu'elle crut se tr\v] mal2 elle s5tit son coeur tressaillir au mot du cur1 ce qui l'humilia beauc\p4 ,voil donc1 se dit-elle1 comm5t je suis p>v5ue l'oubli]6 ,ce soir-l1 p\r la premire fois depuis longtemps1 il lui arriva de s\rire4 ,p\rtant1 se disait-elle1 il e/ re/ la campagne1 c5t c9quante lieues de ,p>is1 il a laiss ,mme ,dayss9 p>tir seule4 ,son immobilit sur les rac9es du *ne lui rev9t l'esprit1 et elle s\ffrit que sa p5se s'arrtt sur cette ide4 ,t\t son bonheur1 depuis un mois1 consi/ait se p]suad] qu'elle avait mal la poitr9e2 le l5dema9 elle se surprit p5s] que1 comme la neige comm5ait c\vrir les sommets des montagnes1 il faisait s\v5t trs frais le soir2 elle songea qu'il tait prud5t d'avoir des vtem5ts plus *auds4 ,une me vulgaire n'et pas manqu de pr5dre la mme prcaution2 ,erne/9e n'y songea qu'aprs le mot du cur4 ,la ,sa9t-,hub]t appro*ait1 et avec elle l'poque du seul gr& dn] qui et lieu au *teau p5dant t\te la dure de l'anne4 ,on desc5dit au salon le piano d',erne/9e4 ,en l'ouvrant le j\r d'aprs1 elle tr\va sur les t\*es un morceau de papi] cont5ant cette ligne3 ,ne jetez pas de cri qu& v\s m'ap]cevrez4 ,cela tait si c\rt1 qu'elle le lut avant de reconnatre la ma9 de la p]sonne qui l'avait crit3 l'criture tait contrefaite4 ,comme ,erne/9e devait au has>d1 ou plutt l'air des montagnes du ,dauph91 une me f]me1 bi5 c]ta9em5t1 avant les p>oles du cur sur le d"p de ,mme ,dayss91 elle s]ait alle se r5f]m] dans sa *ambre et n'et plus rep>u qu'aprs la fte4 ,le surl5dema9 eut lieu ce gr& dn] annuel de la ,sa9t-,hub]t4 ,a table1 ,erne/9e fit les honneurs1 place vis--vis de son oncle2 elle tait mise avec beauc\p d'lgance4 ,la table prs5tait la collection peu prs complte des curs et des maires des environs1 plus c9q ou six fats de prov9ce1 p>lant d'eux et de leurs exploits la gu]re1 la *asse et mme en am\r1 et surt\t de l'anci5net de leur race4 ,jamais ils n'eur5t le *agr9 de faire mo9s d'effet sur l'hritire du *teau4 ,l'extrme pleur d',erne/9e1 jo9te la beaut de ses traits1 allait jusqu' lui donn] l'air du dda94 ,les fats qui *]*ai5t lui p>l] se s5tai5t intimids en lui adressant la p>ole4 ,p\r elle1 elle tait bi5 lo9 de rabaiss] sa p5se jusqu' eux4 ,t\t le comm5cem5t du dn] se passa sans qu'elle vt ri5 d'extraord9aire2 elle comm5ait respir] lorsque1 v]s la f9 du repas1 en levant les yeux1 elle r5contra vis--vis d'elle ceux d'un paysan dj d'un ge mr1 qui p>aissait tre le valet d'un maire v5u des rives du ,drac4 ,elle pr\va ce m\vem5t s+uli] dans la poitr9e que lui avait dj caus le mot du cur2 cep5dant elle n'tait sre de ri54 ,ce paysan ne ressemblait po9t ,philippe4 ,elle osa le reg>d] une seconde fois2 elle n'eut plus de d\te1 c'tait lui4 ,il s'tait dguis de manire se r5dre =t laid4 ,il e/ temps de p>l] un peu de ,philippe ,a/zan1 c> il fait l une action d'homme am\reux1 et peut-tre tr\v]ons-n\s aussi dans son hi/oire l'occasion de vrifi] la ?orie des sept poques de l'am\r4 ,lorsqu'il tait arriv au *teau de ,lafrey avec ,mme ,dayss91 c9q mois aup>avant1 un des curs qu'elle recevait *ez elle1 p\r faire la c\r au cl]g1 rpta un mot =t joli4 ,philippe tonn de voir de l'esprit dans la b\*e d'un tel homme1 lui dem&a qui avait dit ce mot s+uli]4 ,c'e/ la nice du comte de ,s9999991 rpondit le cur1 une fille qui s]a =t ri*e1 mais qui l'on a donn une bi5 mauvaise ducation4 ,il ne s'c\le pas d'anne qu'elle ne reoive de ,p>is une caisse de livres4 ,je cra9s bi5 qu'elle ne fasse une mauvaise f9 et que mme elle ne tr\ve pas se m>i]4 ,qui v\dra se *>g] d'une telle femme8 etc41 etc4 ,philippe fit quelques que/ions1 et le cur ne put s'emp*] de dplor] la r>e beaut d',erne/9e1 qui c]ta9em5t l'entran]ait sa p]te2 il dcrivit avec tant de vrit l'ennui du g5re de vie qu'on m5ait au *teau du comte1 que ,mme ,dayss9 s'cria3 ,ah6 de grce1 cessez monsieur le cur1 v\s allez me faire pr5dre en horreur vos belles montagnes4--,on ne peut cess] d'aim] un pays o l'on fait tant de bi51 rpliqua le cur1 et l'arg5t que madame a donn p\r n\s aid] a*et] la troisime clo*e de notre glise lui assure444 ,philippe ne l'c\tait plus1 il songeait ,erne/9e et ce qui devait se pass] dans le coeur d'une jeune fille relgue dans un *teau qui semblait ennuyeux mme un cur de campagne4 ,il faut que je l'amuse1 se dit-il lui-mme1 je lui f]ai la c\r d'une manire romanesque2 cela donn]a quelques p5ses n\velles cette pauvre fille4 ,le l5dema9 il alla *ass] du ct du *teau du comte1 il rem>qua la situation du bois1 sp> du *teau p> le petit lac4 ,il eut l'ide de faire hommage d'un b\quet ,erne/9e2 n\s savons dj ce qu'il fit avec des b\quets et de petits billets4 ,qu& il *assait du ct du gr& *ne1 il allait lui-mme les plac]1 les autres j\rs il envoyait son dome/ique4 ,philippe faisait t\t cela p> philan?ropie1 il ne p5sait pas mme voir ,erne/9e2 il et t trop difficile et trop ennuyeux de se faire prs5t] *ez son oncle4 ,lorsque ,philippe ap]ut ,erne/9e l'glise1 sa premire p5se fut qu'il tait bi5 g p\r plaire une jeune fille de dix-huit ou v+t ans4 ,il fut t\* de la beaut de ses traits et surt\t d'une sorte de simplicit noble qui faisait le c>actre de sa physionomie4 ,il y a de la navet dans ce c>actre1 se dit-il lui-mme2 un in/ant aprs elle lui p>ut *>mante4 ,lorsqu'il la vit laiss] tomb] son livre d'heures en sortant du banc seigneurial et *]*] le ramass] avec une gau*]ie si aimable1 il songea aim]1 c> il espra4 ,il re/a dans l'glise lorsqu'elle en sortit2 il mditait sur un sujet peu amusant p\r un homme qui comm5ce tre am\reux3 il avait tr5te-c9q ans et un comm5cem5t de r>et dans les *eveux1 qui p\vait bi5 lui faire un beau front la manire du ,dr ,gall1 mais qui c]ta9em5t aj\tait encore trois ou quatre ans son ge4 ,si ma vieillesse n'a pas t\t p]du la premire vue1 se dit-il1 il faut qu'elle d\te de mon coeur p\r oubli] mon ge4 ,il se rappro*a d'une petite f5tre go?ique qui donnait sur la place1 il vit ,erne/9e mont] en voiture1 il lui tr\va une taille et un pi$ *>mants1 elle di/ribua des aumnes2 il lui sembla que ses yeux *]*ai5t quelqu'un4 ,p\rquoi1 se dit-il1 ses yeux reg>d5t-ils au lo91 p5dant qu'elle di/ribue de la petite monnaie t\t prs de la voiture8 ,lui aurais-je inspir de l'intrt8 ,il vit ,erne/9e donn] une commission un laquais2 p5dant ce temps il s'enivrait de sa beaut4 ,il la vit r\gir1 ses yeux tai5t =t prs d'elle3 la voiture ne se tr\vait pas dix pas de la petite f5tre go?ique2 il vit le dome/ique r5tr] dans l'glise et *]*] quelque *ose dans le banc du seigneur4 ,p5dant l'abs5ce du dome/ique1 il eut la c]titude que les yeux d',erne/9e reg>dai5t bi5 plus haut que la f\le qui l'ent\rait1 et1 p> consqu5t1 *]*ai5t quelqu'un2 mais ce quelqu'un p\vait =t bi5 n'tre pas ,philippe ,a/zan1 qui1 aux yeux de cette jeune fille1 avait peut-tre c9quante ans1 soixante ans1 qui sait8 ,a son ge et avec de la =tune1 n'a-t-elle pas un prt5du p>mi les hob]eaux du vois9age8--,cep5dant je n'ai vu p]sonne p5dant la messe4 ,ds que la voiture du comte fut p>tie1 ,a/zan remonta *eval1 fit un dt\r dans le bois p\r vit] de la r5contr]1 et se r5dit rapidem5t la pel\se4 ,a son inexprimable plaisir1 il put arriv] au gr& *ne avant qu',erne/9e et vu le b\quet et le petit billet qu'il y avait fait port] le mat91 il enleva ce b\quet1 s'enfona dans le bois1 atta*a son *eval un arbre et se prom5a4 ,il tait =t agit2 l'ide lui v9t de se blottir dans la p>tie la plus t\ffue d'un petit mamelon bois1 c5t pas du lac4 ,de ce rduit1 qui le ca*ait t\s les yeux1 grce une clairire dans le bois1 il p\vait dc\vrir le gr& *ne et le lac4 ,quel ne fut pas son ravissem5t lorsqu'il vit peu de temps aprs la petite b>que d',erne/9e s'avanc] sur ces eaux limpides que la brise du midi agitait mollem5t6 ,ce mom5t fut dcisif2 l'image de ce lac et celle d',erne/9e qu'il v5ait de voir si belle l'glise se gravr5t pr(ondm5t dans son coeur4 ,de ce mom5t1 ,erne/9e eut quelque *ose qui la di/+uait ses yeux de t\tes les autres femmes1 et il ne lui manqua plus que de l'espoir p\r l'aim] la folie4 ,il la vit s'appro*] de l'arbre avec empressem5t2 il vit sa d\leur de n'y pas tr\v] de b\quet4 ,ce mom5t fut si dlicieux et si vif1 que1 qu& ,erne/9e se fut loigne en c\rant1 ,philippe crut s'tre tromp en p5sant voir de la d\leur dans son expression lorsqu'elle n'avait pas tr\v de b\quet dans le creux de l'arbre4 ,t\t le sort de son am\r reposait sur cette circon/ance4 ,il se disait3 ,elle avait l'air tri/e en desc5dant de la b>que et mme avant de s'appro*] de l'arbre4--,mais1 rpondait le p>ti de l'esprance1 elle n'avait pas l'air tri/e l'glise2 elle y tait1 au contraire1 brillante de fra*eur1 de beaut1 de jeunesse et un peu tr\ble2 l'esprit le plus vif animait ses yeux4 ,lorsque ,philippe ,a/zan ne put plus voir ,erne/9e1 qui tait db>que s\s l'alle des platanes de l'autre ct du lac1 il sortit de son rduit un t\t autre homme qu'il n'y tait entr4 ,en regagnant au galop le *teau de ,mme ,dayss91 il n'eut que deux ides3 ,a-t-elle montr de la tri/esse en ne tr\vant pas de b\quet dans l'arbre8 ,cette tri/esse ne vi5t-elle pas t\t simplem5t de la vanit due8 ,cette supposition plus probable f9it p> s'emp>] t\t fait de son esprit et lui r5dit t\tes les ides raisonnables d'un homme de tr5te-c9q ans4 ,il tait =t srieux4 ,il tr\va beauc\p de monde *ez ,mme ,dayss92 dans le c\rant de la soire1 elle le plaisanta sur sa gravit et sur sa fatuit4 ,il ne p\vait plus1 disait-elle1 pass] devant une glace sans s'y reg>d]4 ,j'ai en horreur1 disait ,mme ,dayss91 cette habitude des jeunes g5s la mode4 ,c'e/ une grce que v\s n'aviez po9t2 t*ez de v\s en dfaire1 ou je v\s j\e le mauvais t\r de faire enlev] t\tes les glaces4 ,philippe tait emb>rass2 il ne savait comm5t dguis] une abs5ce qu'il projetait4 ,d'ailleurs il tait trs vrai qu'il exam9ait dans les glaces s'il avait l'air vieux4 ,le l5dema91 il fut repr5dre sa position sur le mamelon dont n\s avons p>l1 et d'o l'on voyait =t bi5 le lac2 il s'y plaa muni d'une bonne lunette1 et ne quitta ce gte qu' la nuit close1 comme on dit dans le pays4 ,le j\r suivant1 il apporta un livre2 seulem5t il et t bi5 en pe9e de dire ce qu'il y avait dans les pages qu'il lisait2 mais1 s'il n'et pas eu un livre1 il en et s\hait un4 ,enf91 son inexprimable plaisir1 v]s les trois heures1 il vit ,erne/9e s'avanc] l5tem5t v]s l'alle de platanes sur le bord du lac2 il la vit pr5dre la direction de la *ausse1 coiffe d'un gr& *apeau de paille d',italie4 ,elle s'appro*a de l'arbre fatal2 son air tait abattu4 ,avec le sec\rs de sa lunette1 il s'assura p>faitem5t de l'air abattu4 ,il la vit pr5dre les deux b\quets qu'il y avait placs le mat91 les mettre dans son m\*oir et disp>atre en c\rant avec la rapidit de l'clair4 ,ce trait =t simple a*eva la conqute de son coeur4 ,cette action fut si vive1 si prompte1 qu'il n'eut pas le temps de voir si ,erne/9e avait cons]v l'air tri/e ou si la joie brillait dans ses yeux4 ,que devait-il p5s] de cette dm>*e s+ulire8 ,allait-elle montr] les deux b\quets sa g\v]nante8 ,dans ce cas1 ,erne/9e n'tait qu'une enfant1 et lui plus enfant qu'elle de s'occup] ce po9t d'une petite fille4 ,heureusem5t1 se dit-il1 elle ne sait pas mon nom2 moi seul je sais ma folie1 et je m'en suis p>donn bi5 d'autres4 ,philippe quitta d'un air trs froid son rduit1 et alla1 t\t p5sif1 *]*] son *eval1 qu'il avait laiss *ez un paysan une demi-lieue de l4 ,il faut conv5ir que je suis encore un gr& f\6 se dit-il en mettant pi$ t]re dans la c\r du *teau de ,mme ,dayss94 ,en entrant au salon1 il avait une figure immobile1 tonne1 glace4 ,il n'aimait plus4 ,le l5dema91 ,philippe se tr\va bi5 vieux en mettant sa cravate4 ,il n'avait d'abord gure d'envie de faire trois lieues p\r all] se blottir dans un f\rr1 af9 de reg>d] un arbre2 mais il ne se s5tit le dsir d'all] nulle autre "p4 ,cela e/ bi5 ridicule1 se disait-il4 ,oui1 mais ridicule aux yeux de qui8 ,d'ailleurs1 il ne faut jamais manqu] la =tune4 ,il se mit crire une lettre =t bi5 faite1 p> laquelle1 comme un autre ,l9dor1 il dcl>ait son nom et ses qualits4 ,cette lettre si bi5 faite eut1 comme on se le rappelle peut-tre1 le malheur d'tre brle sans tre lue de p]sonne4 ,les mots de la lettre que notre hros crivit en y p5sant le mo9s1 la signature ,philippe ,a/zan1 eur5t seuls l'honneur de la lecture4 ,malgr de =t beaux raisonnem5ts1 notre homme raisonnable n'en tait pas mo9s ca* dans son gte ord9aire au mom5t o son nom produisit tant d'effet2 il vit l'van\issem5t d',erne/9e en ouvrant sa lettre2 son tonnem5t fut extrme4 ,le j\r d'aprs1 il fut oblig de s'av\] qu'il tait am\reux2 ses actions le pr\vai5t4 ,il rev9t t\s les j\rs dans le petit bois1 o il avait pr\v des s5sations si vives4 ,mme ,dayss9 devant bi5tt ret\rn] ,p>is1 ,philippe se fit crire une lettre et annona qu'il quittait le ,dauph9 p\r all] pass] qu9ze j\rs en ,b\rgogne auprs d'un oncle malade4 ,il prit la po/e1 et fit si bi5 en rev5ant p> une autre r\te1 qu'il ne se passa qu'un j\r sans all] dans le petit bois4 ,il s'tablit deux lieues du *teau du comte de ,s9999991 dans les solitudes de ,crossey1 du ct oppos au *teau de ,mme ,dayss91 et de l1 *aque j\r1 il v5ait au bord du petit lac4 ,il y v9t tr5te-trois j\rs de suite sans y voir ,erne/9e3 elle ne p>aissait plus l'glise2 on disait la messe au *teau2 il s'en appro*a s\s un dguisem5t1 et deux fois il eut le bonheur de voir ,erne/9e4 ,ri5 ne lui p>ut p\voir gal] l'expression noble et nave la fois de ses traits4 ,il se disait3 ,jamais auprs d'une telle femme je ne connatrais la satit4 ,ce qui t\*ait le plus ,a/zan1 c'tait l'extrme pleur d',erne/9e et son air s\ffrant4 ,j'crirais dix volumes comme ,ri*>dson si j'entrepr5ais de not] t\tes les manires dont un homme1 qui d'ailleurs ne manquait pas de s5s et d'usage1 expliquait l'van\issem5t et la tri/esse d',erne/9e4 ,enf91 il rsolut d'avoir un claircissem5t avec elle1 et p\r cela de pntr] dans le *teau4 ,la timidit1 tre timide tr5te-c9q ans6 la timidit l'en avait longtemps emp*4 ,ses mesures fur5t prises avec t\t l'esprit possible1 et cep5dant1 sans le has>d1 qui mit dans la b\*e d'un indiffr5t l'annonce du d"p de ,mme ,dayss91 t\te l'adresse de ,philippe tait p]due1 ou du mo9s il n'aurait pu voir l'am\r d',erne/9e que dans sa colre4 ,probablem5t il aurait expliqu cette colre p> l'tonnem5t de se voir aime p> un homme de son ge4 ,philippe se s]ait cru mpris1 et1 p\r oubli] ce s5tim5t pnible1 il et eu rec\rs au jeu ou aux c\lisses de l',opra1 et ft dev5u plus g/e et plus dur en p5sant que la jeunesse tait t\t fait f9ie p\r lui4 ,un demi-monsieur1 comme on dit dans le pays1 maire d'une commune de la montagne et cam>ade de ,philippe p\r la *asse au *amois1 cons5tit l'am5]1 s\s le dguisem5t de son dome/ique1 au gr& dn] du *teau de ,s9999991 o il fut reconnu p> ,erne/9e4 ,erne/9e1 s5tant qu'elle r\gissait prodigieusem5t1 eut une ide affreuse3 ,il va croire que je l'aime l't\rdie1 sans le connatre2 il me mpris]a comme un enfant1 il p>tira p\r ,p>is1 il ira rejo9dre sa ,mme ,dayss92 je ne le v]rai plus4 ,cette ide cruelle lui donna le c\rage de se lev] et de mont] *ez elle4 ,elle y tait depuis deux m9utes qu& elle ent5dit ouvrir la porte de l'anti*ambre de son app>tem5t4 ,elle p5sa que c'tait sa g\v]nante1 et se leva1 *]*ant un prtexte p\r la r5voy]4 ,comme elle s'avanait v]s la porte de sa *ambre1 cette porte s'ouvre3 ,philippe e/ ses pi$s4 ,au nom de ,dieu1 p>donnez-moi ma dm>*e1 lui dit-il2 je suis au dsespoir depuis deux mois2 v\lez-v\s de moi p\r p\x8 ,ce mom5t fut dlicieux p\r ,erne/9e4 ,il me dem&e en m>iage1 se dit-elle2 je ne dois plus cra9dre ,mme ,dayss94 ,elle *]*ait une rponse svre1 et1 malgr des ef=ts incroyables1 peut-tre elle n'et ri5 tr\v4 ,deux mois de dsespoir tai5t oublis2 elle se tr\vait au comble du bonheur4 ,heureusem5t1 ce mom5t1 on ent5dit ouvrir la porte de l'anti*ambre4 ,erne/9e lui dit3 ,v\s me d%onorez4--,n'av\ez ri56 s'cria ,philippe d'une voix cont5ue1 et1 avec beauc\p d'adresse1 il se glissa entre la muraille et le joli lit d',erne/9e1 blanc et rose4 ,c'tait la g\v]nante1 =t inquite de la sant de sa pupille1 et l'tat dans lequel elle la retr\va tait fait p\r augm5t] ses inquitudes4 ,cette femme fut longue r5voy]4 ,p5dant son sj\r dans la *ambre1 ,erne/9e eut le temps de s'acc\tum] son bonheur2 elle put repr5dre son sang-froid4 ,elle fit une rponse sup]be ,philippe qu&1 la g\v]nante tant sortie1 il risqua de p>atre4 ,erne/9e tait si belle aux yeux de son amant1 l'expression de ses traits si svre1 que le premi] mot de sa rponse donna l'ide ,philippe que t\t ce qu'il avait p5s jusque-l n'tait qu'une illusion1 et qu'il n'tait pas aim4 ,sa physionomie *angea t\t c\p et n'(frit plus que l'app>5ce d'un homme au dsespoir4 ,erne/9e1 mue jusqu'au fond de l'me de son air dsespr1 eut cep5dant la =ce de le r5voy]4 ,t\t le s\v5ir qu'elle cons]va de cette s+ulire entrevue1 c'e/ que1 lorsqu'il l'avait supplie de lui p]mettre de dem&] sa ma91 elle avait rpondu que ses affaires1 comme ses affections1 devai5t le rappel] ,p>is4 ,il s'tait cri alors que la seule affaire au monde tait de mrit] le coeur d',erne/9e1 qu'il jurait ses pi$s de ne pas quitt] le ,dauph9 tant qu'elle y s]ait1 et de ne r5tr] de sa vie dans le *teau qu'il avait habit avant de la connatre4 ,erne/9e fut presque au comble du bonheur4 ,le j\r suivant1 elle rev9t au pi$ du gr& *ne1 mais bi5 escorte p> la g\v]nante et le vieux botani/e4 ,elle ne manqua pas d'y tr\v] un b\quet1 et surt\t un billet4 ,au b\t de huit j\rs1 ,a/zan l'avait presque dcide rpondre ses lettres lorsque1 une sema9e aprs1 elle apprit que ,mme ,dayss9 tait rev5ue de ,p>is en ,dauph94 ,une vive inquitude remplaa t\s les s5tim5ts dans le coeur d',erne/9e4 ,les commres du village vois91 qui1 dans cette conjoncture1 sans le savoir1 dcidai5t du sort de sa vie1 et qu'elle ne p]dait pas une occasion de faire jas]1 lui dir5t enf9 que ,mme ,dayss91 remplie de colre et de jal\sie1 tait v5ue *]*] son amant1 ,philippe ,a/zan1 qui1 disait-on1 tait re/ dans le pays avec l'int5tion de se faire *>treux4 ,p\r s'acc\tum] aux au/rits de l'ordre1 il s'tait retir dans les solitudes de ,crossey4 ,on aj\tait que ,mme ,dayss9 tait au dsespoir4 ,erne/9e sut quelques j\rs aprs que jamais ,mme ,dayss9 n'avait pu p>v5ir voir ,philippe1 et qu'elle tait rep>tie furieuse p\r ,p>is4 ,t&is qu',erne/9e *]*ait se faire confirm] cette d\ce c]titude1 ,philippe tait au dsespoir2 il l'aimait passionnm5t et croyait n'en tre po9t aim4 ,il se prs5ta plusieurs fois sur ses pas1 et fut reu de manire lui faire p5s] que1 p> ses entreprises1 il avait irrit l'orgueil de sa jeune matresse4 ,deux fois il p>tit p\r ,p>is1 deux fois1 aprs avoir fait une v+ta9e de lieues1 il rev9t sa cabane1 dans les ro*]s de ,crossey4 ,aprs s'tre flatt d'esprances que ma9t5ant il tr\vait conues la lgre1 il *]*ait r5onc] l'am\r1 et tr\vait t\s les autres plaisirs de la vie anantis p\r lui4 ,erne/9e1 plus heureuse1 tait aime1 elle aimait4 ,l'am\r rgnait dans cette me que n\s avons vue pass] successivem5t p> les sept priodes div]ses qui sp>5t l'indiffr5ce de la passion1 et au lieu desquelles le vulgaire n'ap]oit qu'un seul *angem5t1 duquel encore il ne peut expliqu] la nature4 ,quant ,philippe ,a/zan1 p\r le punir d'avoir ab&onn une anci5ne amie aux appro*es de ce qu'on peut appel] l'poque de la vieillesse p\r les femmes1 n\s le laissons en proie l'un des tats les plus cruels dans lesquels puisse tomb] l'me huma9e4 ,il fut aim d',erne/9e1 mais ne put obt5ir sa ma94 ,on la m>ia l'anne suivante un vieux lieut5ant gnral =t ri*e et *evali] de plusieurs ordres4 ,,exemple ,,de ,l',,am\r ,,en ,,france ,,dans ,,la ,,classe ,,ri*e#bee #bee ,victor ,jacquemont 7ce jeune et spirituel criva91 mort ,bombay le #g dcembre #ahcb7 adressa ,beyle la lettre qu'on va lire2 ,beyle1 aprs l'avoir fait mettre au net1 envoya la copie ,v4 ,jacquemont avec ce billet4 ,mon *] colonel1 ,il e/ impossible qu'en relisant ceci il ne v\s revi5ne pas une quantit de petits faits1 autrem5t dits nuances4 ,aj\tez-les gau*e sur la page blan*e4 ,il y a une bonne foi qui t\*e dans ce rcit que j'avais oubli4 ,il y a aussi quelques phrases 9lgantes1 que n\s r5drons plus rapides4 ,si j'avais c9quante *apitres comme celui-ci1 le mrite de l',am\r s]ait rel4 ,ce s]ait une vraie monographie4 ,ne v\s occupez pas de la dc5ce1 c'e/ mon affaire4 ,j'ai tr\v excell5t un avis de v\s1 de septembre #ahbd1 sur la prface du elle e/ dte/able4 ,,temp,,te4 #bd dcembre #ahbe ,j'ai reu beauc\p de lettres l'occasion de l',am\r4 ,voici une des plus intressantes4 ,sa9t-,dizi]1 le ju9 #ahbe4 ,je ne sais trop1 mon *] philosophe1 si v\s p\rrez appel] am\r-vanit le petit calcul de vanit de la jeune ,franaise que v\s avez r5contre l't d]ni] aux eaux d',aix-en-,savoie1 dont je v\s ai promis l'hi/oire2 c> dans t\te cette comdie1 trs plate d'ailleurs1 il n'y a jamais eu l'ombre d'am\r2 c'e/--dire de rv]ie passionne1 s'exagrant le bonheur de l'intimit4 ,n'allez pas croire cause de cela que je n'ai pas compris votre livre2 je m'en pr5ds seulem5t un mot mal fait4 ,dans t\tes les espces du g5re am\r1 il devrait y avoir quelque c>actre commun3 le c>actre du g5re e/ proprem5t le dsir de l'intimit p>faite4 ,or1 dans l'am\r-vanit1 ce c>actre n'exi/e pas4 ,lorsqu'on e/ habitu l'exactitude irrpro*able du langage des sci5ces physiques1 on e/ facilem5t *oqu p> l'imp]fection du langage des sci5ces mtaphysiques4 ,mme ,flicie ,fl9e e/ une jeune ,franaise de v+t-c9q ans1 qui a des t]res sup]bes et un *teau dlicieux en ,b\rgogne4 ,quant elle1 elle e/1 comme v\s savez1 laide1 mais assez bi5 faite 7tempram5t n]veux-lymphatique74 ,elle e/ mille lieues d'tre bte1 mais1 c]tes1 elle n'a pas d'esprit2 de sa vie elle ne tr\va une ide =te ou piquante4 ,comme elle a t leve p> une mre spirituelle et dans une socit =t di/+ue1 elle a beauc\p de mti] dans l'esprit2 elle rpte p>faitem5t les phrases des autres1 et avec un air de proprit tonnant4 ,en les rptant1 elle j\e mme le petit tonnem5t qui accompagne l'inv5tion4 ,elle passe a9si1 auprs des g5s qui l'ont vue r>em5t1 ou des g5s borns qui la voi5t s\v5t1 p\r une p]sonne *>mante et trs spirituelle4 ,elle a en musique prcism5t le mme g5re de tal5t que dans la conv]sation4 ,a dix-sept ans1 elle j\ait p>faitem5t du piano1 assez p\r donn] des leons huit francs 7non pas qu'elle en donne1 sa position de =tune e/ trs belle74 ,qu& elle a vu un opra n\veau de ,ross9i1 le l5dema91 son piano1 elle s'en rappelle au mo9s la moiti4 ,trs musici5ne d'in/9ct1 elle j\e avec inf9im5t d'expression1 et la premire vue1 les p>titions les plus difficiles4 ,avec cette espce de facilit1 elle ne compr5d pas les *oses difficiles1 et cela dans ses lectures comme dans sa musique4 ,mme ,gh]>di1 en deux mois1 et compris1 j'en suis sr1 la ?orie des proportions *imiques de ,b]zelius4 ,mme ,fl9e e/1 au contraire1 incapable de compr5dre un des premi]s *apitres de ,say ou la ?orie des fractions cont9ues4 ,elle a pris un matre d'h>monie =t clbre en ,allemagne1 et n'en a jamais compris un mot4 ,p\r avoir eu quelques leons de ,r$\t1 elle surpasse1 quelques g>ds1 le tal5t de son matre4 ,ses roses sont plus lgres encore que celles de cet arti/e4 ,je l'ai vue plusieurs annes s'amus] de ses c\leurs1 et jamais elle n'a reg>d d'autres tableaux que ceux de l'exposition2 jamais1 lorsqu'elle appr5ait pe9dre des fleurs1 et qu& alors n\s possdions encore les *efs-d'oeuvre de la pe9ture itali5ne1 elle n'eut la curiosit de les all] voir4 ,elle ne compr5d pas la p]spective dans un paysage ni le clair-obscur 7*i>oscuro74 ,cette inhabilet de l'esprit saisir les *oses difficiles e/ un trait de la femme franaise2 ds qu'une *ose e/ malaise1 elle ennuie et on la plante l4 ,c'e/ ce qui fait que votre livre de l',am\r n'aura jamais de succs p>mi elles4 ,elles liront les anecdotes et pass]ont les conclusions1 et elles se moqu]ont de t\t ce qu'elles auront pass4 ,je suis bi5 poli de mettre t\t cela au futur4 ,mme ,fl9e1 dix-huit ans1 fit un m>iage de conv5ance4 ,elle se tr\va unie un bon jeune homme de tr5te ans1 un peu lymphatique et sangu91 t\t fait antibilieux et n]veux1 bon1 d\x1 gal et trs bte4 ,je ne sais pas d'homme plus compltem5t dp\rvu d'esprit4 ,le m>i p\rtant avait eu beauc\p de succs dans ses tudes l'cole polyte*nique1 o je l'avais connu et l'on avait bi5 fait m\ss] son mrite dans la socit o tait leve ,flicie1 p\r lui drob] sa btise1 qui s't5d t\t1 hors le tal5t de conduire suprieurem5t ses m9es et ses fond]ies4 ,le m>i la fta de son mieux1 ce qui veut dire ici trs bi52 mais il avait affaire un tre glac auquel ri5 ne faisait4 ,cette espce de reconnaissance t5dre que les m>is inspir5t ord9airem5t aux filles les plus indiffr5tes ne dura pas huit j\rs *ez elle4 ,seulem5t1 vivre a9si avec lui1 elle s'ap]ut bi5tt qu'on lui avait donn une bte p\r le tte--tte2 et1 ce qui e/ bi5 plus affreux1 une bte quelquefois ridicule dans le monde4 ,elle tr\va plus que comp5s p> l le plaisir d'avoir p\s un homme =t ri*e et de recevoir s\v5t des complim5ts sur le mrite de son m>i4 ,alors elle le prit en dplaisance4 ,le m>i1 qui n'tait pas si bi5 n qu'elle1 crut qu'elle faisait la du*esse4 ,il s'loigna aussitt de son ct4 ,cep5dant1 comme c'tait un homme excessivem5t occup et trs peu difficile1 et comme il n'y avait ri5 de plus commode p\r lui que sa femme entre un compte de contre-matre relire et une ma*9e pr\v]1 il essayait quelquefois de lui faire un petit b\t de c\r4 ,cette ide ne manquait pas de *ang] en av]sion la dplaisance de sa femme1 lorsqu'il faisait cette c\r devant un ti]s1 devant moi1 p> exemple1 tant il y tait gau*e1 commun et de mauvais gt4 ,je crois que j'aurais eu l'ide de l'int]rompre p> des s\fflets1 s'il et dit et fait ces *oses-l devant moi une autre femme4 ,mais je connaissais ,flicie une me si s*e1 une abs5ce si complte de t\te vraie s5sibilit1 j'tais si s\v5t impati5t de sa vanit1 que je me cont5tais de la pla9dre un peu qu& je la voyais s\ffrir dans cette vanit1 de p> son m>i1 et je m'loignais4 ,le mnage alla a9si quelques annes 7,flicie n'a jamais eu d'enfants74 ,p5dant ce temps-l1 le m>i1 vivant en bonne compagnie lorsqu'il tait ,p>is 7et il ne passait que six sema9es de l't ses =ges de ,b\rgogne71 en prit le ton et dev9t beauc\p mieux2 en re/ant t\j\rs bte1 il cessa presque entirem5t d'tre ridicule1 et cont9ua t\j\rs d'avoir de gr&s succs dans son tat1 comme v\s avez pu en jug] p> les gr&es acquisitions qu'il a faites depuis et p> le d]ni] rapport du jury sur l'exposition des produits de l'indu/rie nationale4 ,a =ce d'tre rebut p> sa femme1 ,m4 ,fl9e imag9a1 c9q ou six reprises1 d'en tre un peu am\reux et de bonne foi4 ,elle lui t5ait la drage haute4 ,la coquett]ie de ,flicie1 dans ce temps-l1 consi/ait lui dire des *oses aimables en public1 et tr\v] des prtextes p\r lui t5ir rigueur dans le tte--tte4 ,elle augm5tait a9si les dsirs de son m>i2 et qu& elle daignait lui p]mettre444 il payait t\s les mmoires de tapissi]s1 de ,l]oy1 de ,corcelet1 et la tr\vait encore trs modre dans ses dp5ses1 qui tai5t absurdes4 ,p5dant les deux ou trois premires annes1 jusqu' v+t ou v+t et un ans1 ,flicie n'avait *]* le plaisir que dans la satisfaction des vanits suivantes3 ,avoir de plus belles robes que t\tes les jeunes femmes de sa socit4 ,donn] de meilleurs dn]s4 ,recevoir plus de complim5ts qu'elles qu& elle j\e du piano4 ,pass] p\r avoir plus d'esprit qu'elles4 ,a v+t et un ans comm5a la vanit du s5tim5t4 ,elle avait t leve p> une mre a?e1 et dans une socit de philosophes a?es4 ,elle avait t t\t ju/e une fois l'glise1 p\r se m>i]2 encore ne le v\lait-elle pas4 ,depuis son m>iage1 elle lisait t\tes sortes de livres4 ,r\sseau et ,mme de ,/al lui tombr5t entre les ma9s3 ceci fait poque1 et pr\ve combi5 ces livres sont dang]eux4 ,elle lut d'abord l'mile2 aprs quoi elle se crut le droit de bi5 mpris] intellectuellem5t t\tes les jeunes femmes de sa connaissance4 ,notez bi5 qu'elle n'avait pas compris un mot de la mtaphysique du vicaire savoy>d4 ,mais les phrases de ,r\sseau sont trs travailles1 subtiles et trs malaises ret5ir4 ,elle se cont5tait de risqu] quelquefois une po9te de religiosit1 p\r faire effet dans une socit sans religiosit1 et o il n'tait pas plus "q de ces *oses que du roi de ,siam4 ,elle lut ,cor9ne1 c'e/ le livre qu'elle a le plus lu4 ,les phrases sont l'effet et se reti5n5t bi54 ,elle s'en mit un bon nombre dans la tte4 ,le soir elle *oisissait dans son salon les hommes jeunes et un peu btes1 et1 sans leur dire g>e1 elle leur rptait trs proprem5t sa leon du mat94 ,quelques-uns y fur5t pris1 ils la crur5t une p]sonne susceptible de passion1 et lui r5dir5t des so9s4 ,cep5dant1 elle n'avait am5 l que les g5s les plus communs et les plus niais de son salon2 elle n'tait pas bi5 sre que les autres ne se moquai5t pas un peu d'elle4 ,le m>i1 t5u sans cesse hors de *ez lui p> ses affaires et d'ailleurs un bon homme1 ,:at !n 7que m'importe871 ne s'ap]cevait pas1 ou ne s'occupait en ri5 de ces coquett]ies d'esprit4 ,flicie lut la ,n\velle ,hlose4 ,elle tr\va alors qu'il y avait dans son me des trsors de s5sibilit2 elle confia ce secret sa mre et un vieil oncle qui lui avait s]vi de pre2 ils se moqur5t d'elle comme d'un enfant4 ,elle n'en p]si/a pas mo9s tr\v] qu'on ne p\vait vivre sans un amant1 et sans un amant dans le g5re de ,sa9t-,preux4 ,il y avait dans sa socit un jeune ,sudois1 qui e/ un homme assez biz>re4 ,en sortant de l',univ]sit1 qu& il n'avait que dix-huit ans1 il fit plusieurs actions d'clat dans la campagne de #ahab1 et il obt9t un grade lev dans les milices de son pays1 ensuite il p>tit p\r l',amrique et vcut six mois p>mi les ,indi5s4 ,il n'e/ ni bte ni spirituel2 mais il a un gr& c>actre2 il a quelques cts sublimes de v]tu et de gr&eur4 ,d'ailleurs1 l'homme le plus lymphatique que j'aie connu2 avec une assez belle figure1 des manires simples1 mais prodigieusem5t graves4 ,de l1 de gr&es dmon/rations d'e/ime et de considration aut\r de lui4 ,flicie se dit3 ,voil l'homme qu'il me faut faire semblant d'avoir p\r amant4 ,comme c'e/ le plus froid de t\s1 c'e/ celui dont la passion me f]a le plus d'honneur4 ,le ,sudois ,weilb]g tait t\t fait ami de la maison4 ,il y a c9q ans1 dans l't1 on arrangea un voyage avec lui et le m>i4 ,comme c'tait un homme de moeurs excessivem5t svres1 surt\t comme il n'tait nullem5t am\reux de ,flicie1 il la voyait telle qu'elle tait1 =t laide4 ,d'ailleurs1 on ne lui avait pas dit en p>tant quoi on le de/9ait4 ,le m>i1 que ces airs ennuyai5t1 et qui dsirait aussi retir] de l'utilit p\r lui d'un voyage entrepris p\r plaire sa femme1 la plantait l ds qu'ils arrivai5t quelque "p2 il allait c\rir les fabriques1 il visitait les us9es1 les m9es1 en disant ,weilb]g3 ,gu/ave1 je v\s laisse ma femme4 ,weilb]g p>lait trs mal franais2 il n'avait jamais lu ,r\sseau ni ,mme de ,/al1 circon/ance admirable p\r ,flicie4 ,la petite femme fit donc bi5 la malade1 p\r c>t] son m>i p> l'ennui1 et p\r excit] la piti du bon jeune homme1 avec qui elle re/ait sans cesse en tte--tte4 ,p\r l'att5drir en sa faveur1 elle lui p>lait de l'am\r qu'elle avait p\r son m>i1 et de son *agr9 de l'y voir rpondre si peu4 ,cette musique n'amusait pas ,weilb]g2 il l'c\tait p> simple politesse4 ,elle se crut plus avance2 elle lui p>la de la sympa?ie qui exi/ait entre eux4 ,gu/ave prit son *apeau et alla se prom5]4 ,qu& il r5tra1 elle se f*a contre lui3 elle lui dit qu'il l'avait injurie en reg>dant comme un comm5cem5t de dcl>ation une simple p>ole de bi5veillance4 ,la nuit1 qu& ils la passai5t en voiture1 elle appuyait sa tte sur l'paule de ,gu/ave1 qui le s\ffrait p> politesse4 ,ils voyagr5t a9si deux mois1 mangeant beauc\p d'arg5t1 s'ennuyant plus encore4 ,qu& ils fur5t de ret\r1 ,flicie *angea t\tes ses habitudes4 ,si elle avait pu envoy] des lettres de faire "p1 elle et fait savoir t\s ses amis et connaissances qu'elle avait une passion viol5te p\r ,m4 ,weilb]g le ,sudois1 et que ,m4 ,weilb]g tait son amant4 ,plus de bals1 plus de toilettes3 elle nglige ses anci5s amis1 fait des imp]t95ces ses anci5nes connaissances4 ,enf9 elle se condamne au sacrifice de t\s ses gts1 p\r faire croire qu'elle aime pr(ondm5t ce ,m4 ,weilb]g1 cette espce de sauvage indi51 colonel dans les milices sudoises dix-huit ans1 et que cet homme e/ f\ d'elle4 ,elle comm5ce p> le signifi] sa mre1 le j\r de son arrive4 ,sa mre1 suivant elle1 e/ c\pable de l'avoir m>ie avec un homme qu'elle n'aimait pas2 elle doit actuellem5t favoris] de t\s ses moy5s son am\r p\r l'homme qu'elle a *oisi et qu'elle adore2 il faut donc qu'elle p]suade au m>i d'tablir en quelque sorte ,weilb]g dans sa maison4 ,si elle ne l'a pas sans cesse *ez elle1 elle m5ace de l'all] tr\v] *ez lui son htel4 ,la mre1 comme une bte1 crut cela1 et elle fit si bi5 auprs de son g5dre1 que ,weilb]g ne p\vait avoir d'autre maison que la si5ne4 ,*>les le priait sans cesse1 la mre aussi lui faisait tant de politesses et lui montrait tant d'empressem5t1 que le pauvre jeune homme1 ne sa*ant ce qu'on v\lait de lui1 et craignant l'excs de manqu] des g5s qui l'avai5t p>faitem5t accueilli1 n'osait se refus] ri54 ,les femmes pleur5t volont1 comme v\s savez4 ,un j\r que j'tais seul *ez ,flicie1 elle se prit pleur]1 et1 me s]rant la ma91 elle me dit3 ,ah6 mon *] ,goncel91 votre amiti clairvoyante a bi5 dev9 mon coeur6 ,autrefois v\s tiez bi5 avec ,weilb]g2 depuis notre voyage v\s avez *ang2 v\s semblez avoir de la ha9e p\r lui4 7,cela ne semblait pas du t\t4 ,je savais quoi m'en t5ir47 ,ah6 mon ami1 je n'tais pas heureuse aup>avant444 ,ce n'e/ que depuis444 ,si v\s saviez t\tes les b>b>ies de ,*>les p5dant le voyage6444 ,si v\s connaissiez mieux ,gu/ave6444 ,si v\s saviez que de so9s t\*ants1 que de t5dresse6444 ,p\vais-je rsi/]8444 ,si v\s saviez quelle me de feu1 quelles passions effrayantes a cet homme1 en app>5ce si froid6 ,non1 mon ami1 v\s ne me mpris]iez pas6444 ,je s5s bi51 hlas6 qu'il me manque quelque *ose444 ,ce bonheur n'e/ pas pur444 ,je sais bi5 ce que je devais ,*>les4 ,mais1 mon ami6 ce spectacle cont9uel de l'indiffr5ce1 des mpris de l'un1 des so9s et de l'am\r de l'autre444 et cette famili>it oblige de la vie en voyage444 ,tant de dang]s6444 ,p\vais-je rsi/] tant d'am\r6 et d'ailleurs1 p\vais-je rsi/] ses viol5ces8 etc41 etc41 etc4 ,voil donc le pauvre ,weilb]g1 honnte comme ,joseph1 accus d'avoir viol la femme de son ami1 et il faut le croire1 c'e/ elle qui le dit3 elle s'en e/ vante deux p]sonnes de ma connaissance1 et sans d\te aussi d'autres que je ne connais pas4 ,la dcl>ation ci-dessus ressemble beauc\p ce qu'elle me dit3 j'ai cons]v le s\v5ir de ses expressions4 ,peu de j\rs aprs1 je vis une des p]sonnes qui avai5t reu la mme confid5ce4 ,je la priai de *]*] s'en rappel] les t]mes2 elle me rpta exactem5t la v]sion que j'avais ent5due1 ce qui me fit rire4 ,aprs sa confession1 ,flicie me dit1 en me t5dant la ma91 qu'elle comptait sur ma discrtion2 que je devais tre avec ,weilb]g comme p> le pass1 et faire semblant de ne m'ap]cevoir de ri54 ,la v]tu sauvage de cet homme sublime lui faisait peur4 ,qu& il la quittait1 elle craignait t\j\rs de ne plus le revoir2 elle craignait que p> une rsolution inop9e1 il ne s'emb>qut t\t c\p p\r ret\rn] en ,sude4 ,moi1 je lui promis sur notre conv]sation le plus inviolable secret4 ,cep5dant t\s les amis de la famille tr\vai5t indigne que ce pauvre ,weilb]g et sduit une jeune femme dans la maison de laquelle il avait presque reu l'hospitalit1 dont le m>i lui avait r5du mille s]vices1 et qui avait jusque-l m>* trs droit4 ,je le prv9s du sot rle qu'on lui faisait j\]4 ,il m'embrassa en me rem]ciant de l'avis1 et me dit qu'il ne remettrait plus les pi$s dans cette maison4 ,c'e/ lui qui me conta alors comm5t le voyage s'tait pass4 ,flicie1 prive quelques j\rs de ,weilb]g1 qui dnait sans cesse *ez elle aup>avant1 j\a le dsespoir4 ,elle dit que c'tait une indignit de son m>i1 qui avait *ass cet homme v]tueux4 7,elle avait dit moi et deux autres que cet homme v]tueux l'avait viole sur la m\sse1 au pi$ d'un sap9 dans le ,s*w>tzwald1 comme il convi5t que cette *ose se fasse47 ,elle dit aussi1 en t]mes polis1 que sa mre1 aprs lui avoir s]vi de complaisante1 lui avait s\ffl son v]tueux amant4 7,notez que la mre e/ une pauvre vieille femme de soixante ans1 qui ne p5se plus ri5 depuis v+t ans47 ,elle comm&a *ez un trs habile c\teli] un poign>d lame de damas1 qu'elle fit apport] un j\r au milieu du dn]1 et que je lui ai vu pay] qu>ante francs et s]r] trs proprem5t devant n\s t\s dans son secrtaire1 ct de sa cire d',espagne4 ,une d\za9e de g>ons apo?icaires apportr5t *acun aussi une petite b\teille de sirop d'opium1 et t\tes ces b\teilles runies en faisai5t une quantit considrable4 ,elle les s]ra dans sa toilette4 ,le l5dema91 elle signifia sa mre que1 si elle ne faisait pas rev5ir ,gu/ave1 elle s'empoisonn]ait avec l'opium1 et se tu]ait avec le poign>d qu'elle avait fait faire exprs4 ,la mre1 qui savait quoi s'en t5ir sur l'am\r de ,weilb]g1 et qui craignait l'escl&re1 alla *ez celui-ci4 ,elle lui conta que sa fille tait folle2 qu'elle faisait semblant d'tre trs am\reuse de lui1 qu'elle le disait am\reux d'elle1 et qu'elle prt5dait se tu]1 s'il ne rev5ait pas4 ,elle lui dit3 ,rev5ez *ez elle1 humiliez-la bi52 elle v\s pr5dra en horreur1 et alors v\s ne revi5drez plus4 ,weilb]g tait un brave homme2 il eut piti de la vieille mre qui v5ait le pri] a9si1 et il cons5tit se prt] cette ennuyeuse comdie1 p\r vit] l'escl&re que la mre craignait4 ,il rev9t donc4 ,la jeune femme ne lui p>la de ri52 elle lui fit seulem5t quelques repro*es aimables sur son abs5ce p5dant c9q j\rs4 ,qu& ils tai5t seuls ensemble1 elle ne se s]ait pas avise de lui p>l] d'am\r1 depuis qu'il avait pris son *apeau1 un j\r1 en voyage1 et qu'il tait p>ti qu& elle allait comm5c] une dcl>ation4 ,weilb]g aime la musique2 elle passait le temps j\] du piano1 et comme elle en j\e admirablem5t1 ,weilb]g re/ait assez volonti]s l'ent5dre4 ,en public1 c'tait bi5 diffr5t2 elle ne lui p>lait que d'am\r2 mais il faut av\] qu'elle y mettait beauc\p d'art4 ,comme1 heureusem5t1 il savait mal le franais1 elle tr\vait moy5 de faire savoir t\s les assi/ants qu'il tait son amant1 sans qu'il pt le compr5dre4 ,t\s les amis de la maison tai5t dans le secret de la comdie2 mais les connaissances n'y tai5t pas encore4 ,il fut de n\veau "q1 p>mi elles1 de l'indignit du procd de ,m4 ,weilb]g1 et celui-ci de n\veau se retira et ne v\lut plus rev5ir4 ,flicie se mit au lit et signifia sa mre qu'elle se laiss]ait m\rir de faim4 ,elle se mit ne pr5dre que du ?2 elle se levait p\r l'heure du dn]2 mais elle ne pr5ait exactem5t ri54 ,au b\t de six j\rs de ce rgime1 elle fut gravem5t indispose2 on envoya *]*] des mdec9s4 ,elle dcl>a qu'elle s'tait empoisonne1 qu'elle ne v\lait recevoir de so9s de p]sonne1 que t\t tait inutile4 ,la mre et deux amis tai5t l1 avec les mdec9s2 elle dit qu'elle m\rait p\r ,m4 ,weilb]g1 dont on lui avait alin le coeur4 ,du re/e1 elle priait qu'on p>gnt cette tri/e confid5ce son pauvre m>i1 qui1 heureusem5t1 ignorait t\tes ces *oses1 etc41 etc4 ,cep5dant elle cons5tit pr5dre une drogue2 on lui donna un vomitif1 et elle1 qui n'avait vcu que de ? depuis six j\rs1 r5dit trois quatre livres de *ocolat1 sa maladie1 son empoisonnem5t1 n'tai5t qu'une p\vantable indige/ion4 ,je l'avais prdit4 ,ne sa*ant qu'inv5t] p\r m\voir sa mre et p\r la p\ss] de n\velles dm>*es qui puss5t ram5] ,weilb]g dans sa maison1 elle la m5aa de t\t av\] ,*>les4 ,le m>i qui et cru sa femme sur p>ole1 l'aurait plante l indubitablem5t4 ,cet escl&re tant donc possible1 la mre ret\rna la *>ge auprs du bon ,gu/ave1 qui cons5tit encore rev5ir4 ,lui et moi1 n\s n\s voyions beauc\p alors2 n\s faisions un travail en commun2 il s'tait pris de gt p\r moi1 et j'tais peu prs le ,franais qu'il aimait le mieux voir4 ,n\s passions ensemble une p>tie des j\rnes2 il m'appr5ait le sudois4 ,je lui montrais la gomtrie descriptible et le calcul diffr5tiel2 c> il s'tait pris de passion p\r les ma?matiques1 et s\v5t il m'obligeait rajeunir dans nos livres mes s\v5irs dj anci5s de l'cole polyte*nique4 ,je pr5ais ensuite mon violon1 et1 beauc\p plus tolrant que v\s1 il re/ait volonti]s des heures m'ent5dre4 ,flicie me fit la c\r p\r que je fusse sans cesse *ez elle3 elle savait que c'tait un moy5 d'attir] ,weilb]g4 ,un mat9 que n\s djeunions t\s trois ensemble *ez elle1 elle imag9a de faire preuve d'am\r ,gu/ave devant moi1 et elle affecta avec lui les privauts de g5s qui viv5t dans la plus p>faite intimit4 ,l'autre1 d'abord1 ne comprit pas2 enf9 elle mit tellem5t les po9ts sur les i1 qu'il fallut bi5 compr5dre2 il me reg>da1 rit1 et sans b\g] avala son morceau4 ,on lui proposait de faire quelque raju/em5t la toilette de ,flicie4 ,il lui dit brutalem5t3 ,p>dieu1 v\s avez une femme de *ambre p\r v\s habill]6 ,et elle me dit t\t bas l'oreille3 ,voyez-v\s comme il e/ dlicat2 j'tais sre que1 devant v\s1 il ne v\drait pas remettre une p+le mon fi*u4 ,cep5dant1 elle n'tait pas si cont5te qu'elle me le disait de la dlicatesse et de la ret5ue de son prt5du amant4 ,c'tait1 je me le rappelle1 un diman*e de ,pques4 ,qu& n\s emes f9i le djeun] et que n\s ne pr5ions plus que du ?1 elle dit son dome/ique3 ,paul1 dites ma femme de *ambre que je n'ai pas beso9 d'elle et qu'elle pr(ite de ce mom5t p\r all] la messe4 ,n\s re/mes pr5dre le ?4 ,le dome/ique n'entrant plus1 elle s'appro*a trs prs du feu4 ,j'ai bi5 froid1 dit-elle2 et t5dant la ma9 ,weilb]g3 ,e/-ce que je n'ai pas la fivre8--,ma foi1 je ne m'y connais pas2 mais voil ,goncel9 qui se fait1 sa campagne1 le mdec9 de ses paysans2 il doit se connatre la fivre3 il v\s le dira4 ,je lui ttai le p\ls3 ,pas le mo9s du monde1 lui dis-je4--,c'e/ s+uli]1 reprit-elle2 je suis t\te je ne sais comm5t2 il me semble que je vais me tr\v] mal4 ,t5ez1 voil que je vais me tr\v] mal2 j't\ffe1 dess]rez-moi4 ,m4 ,gu/ave1 dess]rez-moi1 ,goncel91 je v\s en prie1 allez *]*] dans l'app>tem5t de mon m>i444--,quoi8--,du b5jo91 p\r le brl]2 il y en a dans son mdaill]4--,je sais o il e/1 dit ,weilb]g2 j'y vais4 ,goncel9 va v\s aid]2 je ret\rne dans l'in/ant4 ,et il rev9t c9q m9utes aprs4 ,je m'tais amus la dlac]4 ,la figure "p1 elle tait bi51 jeune1 bi5 faite1 la peau blan*e et d\ce4 ,je lui avais dc\v]t la poitr9e2 elle se s]ait laiss mettre t\te nue4 ,j'usais passablem5t de la p>tie dc\v]te1 et je lui disais3 ,votre coeur bat trs d\cem5t2 n'ayez pas peur1 ce n'e/ absolum5t ri54 ,elle j\ait un van\issem5t modr4 ,weilb]g1 qui faisait exprs d'tre longtemps dehors1 r5tra la f91 posa le b5jo9 sur la *em9e1 et se remit tranquillem5t mang] des biscuits et aval] des tasses de ?4 ,flicie1 qui voyait t\t cela1 en faisant semblant de ne pas y voir1 n'y t9t plus4 ,aussi bi51 comme j'avais dit ,gu/ave qu'elle n'avait aucune altration dans le p\ls ni dans la respiration1 il avait aj\t3 ,c'e/ bi5 s+uli] qu'avec cela elle ait une syncope6 ,flicie1 p\sse b\t1 rev9t peu peu elle2 elle se raju/a et n\s pria de la laiss] seule4 ,comme elle croyait avoir gr& intrt p>atre rellem5t van\ie devant ,gu/ave1 je crois que si j'avais essay de satisfaire une fantaisie1 qui ne me prit pas1 elle se ft laiss faire1 sauf dire ensuite que c'tait1 de ma "p1 l'excs de l'indignit1 et1 de la si5ne1 l'excs du malheur4 ,et notez bi5 que1 matriellem5t honnte jusque-l1 et =t s5sible1 d'ailleurs1 ce plaisir1 elle et s\ff]t trs c]ta9em5t d'tre a9si viole4 ,flicie fut si cruellem5t humilie de cette manife/ation d'indiffr5ce de ,weilb]g p\r elle devant moi1 qui elle en p>lait t\j\rs comme de l'amant le plus passionn1 qu'elle en fut rellem5t malade4 ,weilb]g1 aprs cette f>ce ridicule1 ne v\lait plus rev5ir *ez elle4 ,cep5dant1 comme elle g>da le lit quelque temps1 et qu'aup>avant on le voyait sans cesse dans cette maison1 p\r vit] qu'on ne rem>qut son abs5ce1 il p>ut2 ses visites1 peu peu1 fur5t plus r>es1 et ce ne fut qu'aprs huit mois qu'il cessa d'y all] t\t fait4 ,p5dant ces huit mois1 elle n'a cess de le reprs5t] t\s comme son amant1 alors mme qu'on ne le voyait presque plus jamais *ez elle4 ,flicie aime beauc\p la musique4 ,n'ayant pas de loge aux ,b\ffes1 elle avait trs r>em5t l'occasion d'y all]4 ,un j\r1 des amis n\s prtr5t leur loge t\t entire1 et elle arrangea que ,weilb]g et moi n\s l'y conduirions2 son m>i vi5drait n\s y tr\v]4 ,v\s rem>qu]ez qu'alors1 au fond de son coeur1 elle excrait ,weilb]g2 elle l'avait =c de v5ir l p\r qu'il se mt avec elle sur le devant de la loge4 ,gu/ave dit qu'il faisait trop *aud et sortit du ?tre1 me laissant seul avec elle4 ,ma foi1 comme il lui donnait sans cesse de p>eils dm5tis1 p>tir de ce j\r elle *angea de ton1 et1 aprs avoir p>l p5dant un an de la passion1 de l'am\r de ,weilb]g1 elle comm5a t\*] quelques mots de son incon/ance et des pe9es qu'il lui causait4 ,en mme temps1 il me rev9t aux oreilles que je passais p\r tre son amant4 ,j'allai la tr\v]1 je le lui dis1 et j'aj\tai que je ne v\lais pas pass] p\r l'tre1 sans en avoir au mo9s le pr(it4 ,je la pris sur mes g5\x1 je la brusquai4 ,comme je savais trs positivem5t qu'il lui tait dsagrable d'tre viole et qu'elle s5tait la *ose imm95te1 je lui disais que je v\lais mrit] la rputation qu'elle me faisait1 etc444 ,c'tait dans le j\r1 on p\vait entr] d'un mom5t l'autre dans sa *ambre2 elle eut une peur du diable2 elle me conjura de la laiss]2 elle me dit qu'elle n'avait jamais aim que ,weilb]g et qu'elle n'en aim]ait jamais d'autre4 ,enf9 elle se dgagea de moi2 elle sonna4 ,un dome/ique v9t1 auquel elle comm&a de refaire le feu1 d'arrang] les rideaux1 de lui apport] du ?4 ,je sortis4 ,depuis ce temps1 n\s sommes peu prs br\ills4 ,elle dit p>t\t que je suis une espce de sclrat la ,iago2 que depuis longtemps j'avais p\r elle une abom9able passion1 et que c'e/ moi qui ai loign d'elle son amant ,weilb]g4 ,elle a t jusqu' montr] comme des dcl>ations de ma "p quelques lettres familirem5t amicales que je lui avais crites il y a six ans1 qu& j'tais avec v\s ,rome4 ,a prs5t1 la vanit de ,flicie s'ex]ce sur d'autres objets4 ,elle dit1 en p>lant de ,weilb]g1 des phrases tri/es du troisime volume de ,cor9ne2 elle j\e le deuil d'une gr&e passion2 elle ne va plus dans le monde2 *ez elle1 plus de toilette2 mais elle donne d'excell5ts dn]s1 o vi5n5t de vieux imbciles qui pass5t p\r avoir t des g5s d'esprit autrefois1 et de pauvres diables qui n'ont pas de dn] *ez eux4 ,elle p>le avec admiration de "l ,byron1 de ,can>is1 de ,boliv>1 de ,m4 de la ,fayette4 ,on la pla9t1 dans son petit monde1 comme une jeune femme bi5 malheureuse1 et on la l\e comme une p]sonne inf9im5t s5sible et spirituelle2 elle e/ passablem5t cont5te de la sorte4 ,cela fait une de ces maisons b\rgeoises que v\s dte/ez tant4 ,avais-je raison de v\s dire que cette ennuyeuse hi/oire ne v\s s]virait ri52 elle e/ plate p> sa nature4 ,t\t se passe en disc\rs dans l'am\r-vanit4 ,les disc\rs raconts ennui5t2 la plus petite action vaut mieux4 ,ensuite1 ce n'e/ pas1 je crois1 ici l'am\r-vanit comme v\s l'ent5dez4 ,flicie a un trait r>e1 s'il ne lui e/ po9t p>ticuli]2 c'e/ que c'e/ une *ose dsagrable p\r elle que de faire son mti] de femme1 et qu'il lui importait =t peu de faire croire l'homme qu'elle proclamait son amant1 de lui faire croire1 dis-je1 qu'elle l'aimait rellem5t4 ,,goncel94 ,,f9 ,,table ,prface ,i ,deuxime prface ,,ix ,troisime prface ,,xi ,m4 de ,/5dhal1 ses oeuvres compltes #a ,,livre ,,premi] ,*apitre ,i4 ,de l'am\r #a -- ,,ii4 ,de la naissance de l'am\r #d -- ,,iii4 ,de l'esprance #h -- ,,iv4 #aa -- ,v4 #ab -- ,,vi4 ,le rameau de ,salzb\rg #ac -- ,,vii4 ,des diffr5ces entre la naissance de l'am\r dans les deux sexes #ae -- ,,viii4 #ag -- ,,ix4 #bj -- ,x4 ,exemples de la cri/allisation #bj -- ,,xi4 #bc -- ,,xii4 ,suite de la cri/allisation #bd -- ,,xiii4 ,du premi] pas1 du gr& monde1 des malheurs #bf -- ,,xiv4 #bh -- ,,xv4 #cj -- ,,xvi4 #ca -- ,,xvii4 ,la beaut dtrne p> l'am\r #cc -- ,,xviii4 #cd -- ,,xix4 ,suite des exceptions la beaut #cf -- ,,xx4 #ci -- ,,xxi4 ,de la premire vue #ci -- ,,xxii4 ,de l'eng\em5t #dc -- ,,xxiii4 ,des c\ps de f\dre #dd -- ,,xxiv4 ,voyage dans un pays inconnu #dg -- ,,xxv4 ,la prs5tation #ec -- ,,xxvi4 ,de la pudeur #ee -- ,,xxvii4 ,des reg>ds #fa -- ,,xxviii4 ,de l'orgueil fm99 #fa -- ,,xxix4 ,du c\rage des femmes #gb -- ,,xxx4 ,spectacle s+uli] et tri/e #gf -- ,,xxxi4 ,extrait du j\rnal de ,salviati #gg -- ,,xxxii4 ,de l'intimit #he -- ,,xxxiii4 #ia -- ,,xxxiv4 ,des confid5ces #ia -- ,,xxxv4 ,de la jal\sie #ie -- ,,xxxvi4 ,suite de la jal\sie #aja -- ,,xxxvii4 ,roxane #ajd -- ,,xxxviii4 ,de la pique d'am\r-propre #ajf -- ,,xxxix4 ,de l'am\r qu]elles #aac -- ,,xxxix bis4 ,remdes l'am\r #aag -- ,,xxxix t] #abj ,,livre ,,second ,*apitre ,,xl4 ,des tempram5ts et des g\v]nem5ts #abc -- ,,xli4 ,des nations p> rapport l'am\r4--,de la ,france #abf -- ,,xlii4 ,suite de la ,france #acj -- ,,xliii4 ,de l',italie #acc -- ,,xliv4 ,rome #acf -- ,,xlv4 ,de l',anglet]re #aci -- ,,xlvi4 ,suite de l',anglet]re #adc -- ,,xlvii4 ,de l',espagne #adg -- ,,xlviii4 ,de l'am\r allem& #adi -- ,,xlix4 ,une j\rne ,flor5ce #aee -- ,l4 ,l'am\r aux tats-,unis #afb -- ,,li4 ,de l'am\r en ,prov5ce jusqu' la conqute de ,t\l\se1 en #acbh1 p> les ,b>b>es du ,nord #afd -- ,,lii4 ,la ,prov5ce au ,x,i,ie sicle #agj -- ,,liii4 ,l',arabie #agg ,fragm5ts extraits et traduits d'un recueil arabe intitul le ,divan de l',am\r #aha -- ,,liv4 ,de l'ducation des femmes #ahf -- ,,lv4 ,objections contre l'ducation des femmes #aia -- ,,lvi4 ,suite #aii -- ,,lvi bis4 ,du m>iage #bje -- ,,lvii4 ,de ce qu'on appelle v]tu #bjf -- ,,lviii4 ,situation de l',europe l'g>d du m>iage #bjh ,la ,suisse et l',ob]l& #bab -- ,,lix4 ,w]!r et don ,juan #bag -- ,,lx4 ,des fiasco #bbh ,,fragm5ts ,,div]s #bcc ,am\rs de ,tibulle et de ,prop]ce #bfa ,lettre anglaise de la femme de ,klop/ock #bgg ,prom5ade aux les ,borromes #bhj ,qu'e/-ce que le plaisir8 #bib ,,app5dix ,des ,c\rs d'am\r #caj ,code d'am\r du ,x,i,ie sicle #cae ,notice sur ,&r le ,*apela9 #cba ,le rameau de ,salzb\rg #cbd ,erne/9e ou la naissance de l'am\r #ccg ,exemple de l'am\r en ,france dans la classe ri*e #cfg ,may5ne1 ,imprim]ie ,,*4 ,,col94