,,hi/oire ,d',,une ,,montagne ,,p> ,,lis,e ,,reclus ,j ,h ,,biblio?,,que ,d',,ducation ,,et ,,de ,r,,cr,,ation ,j4 ,,hetzel ,,et ,cie1 #ah1 ,,rue ,,jacob ,,p>is ,t\s droits de traduction et de reproduction rs]vs4 ,,*apitre ,i ,l',,asile ,j'tais tri/e1 abattu1 las de la vie4 ,la de/9e avait t dure p\r moi1 elle avait enlev des tres qui m'tai5t *]s1 ru9 mes projets1 mis nant mes esprances4 ,des hommes que j'appelais mes amis s'tai5t ret\rns contre moi en me voyant assailli p> le malheur2 l'humanit t\t entire1 avec ses intrts en lutte et ses passions d*anes1 m'avait p>u hideuse4 ,je v\lais t\t prix m'*app]1 soit p\r m\rir1 soit p\r retr\v]1 dans la solitude1 ma =ce et le calme de mon esprit4 ,sans trop savoir o me conduisai5t mes pas1 j'tais sorti de la ville bruyante1 et je me dirigeais v]s les gr&es montagnes dont je voyais le pr(il d5tel] le b\t de l'horizon4 ,je m>*ais devant moi1 suivant les *em9s de trav]se et m'arrtant le soir devant les aub]ges c>tes4 ,le son d'une voix huma9e1 le bruit d'un pas1 me faisai5t frissonn]2 mais1 qu& je *em9ais solitaire1 j'c\tais avec un plaisir mlancolique le *ant des oiseaux1 le murmure de la rivire et les mille rumeurs *appes des gr&s bois4 ,enf91 m>*ant t\j\rs au has>d p> r\te ou p> s5ti]1 j'arrivai l'entre du premi] dfil de la montagne4 ,la l>ge pla9e raye de sillons s'arrtait brusquem5t au pi$ des ro*]s et des p5tes ombrages de *taigni]s4 ,les hautes cimes bleues ap]ues de lo9 avai5t disp>u d]rire des sommets mo9s hauts1 mais plus rappro*s4 ,a ct de moi la rivire1 qui plus bas s'talait en une va/e nappe1 se plissant sur les caill\x1 c\lait incl9e et rapide entre des ro*es lisses et revtues de m\sses noirtres4 ,au-dessus de *aque rive1 un coteau1 premi] contre=t des monts1 dressait ses esc>pem5ts et portait sur sa tte les ru9es d'une grosse t\r1 qui jadis fut la g>di5ne de la valle4 ,je me s5tais enf]m entre les deux murailles2 j'avais quitt la rgion des gr&es villes1 des fumes et du bruit2 d]rire moi tai5t re/s ennemis et faux amis4 ,p\r la premire fois depuis bi5 longtemps1 j'pr\vai un m\vem5t de joie relle4 ,mon pas dev9t plus allgre1 mon reg>d plus assur4 ,je m'arrtai p\r aspir] avec volupt l'air pur desc5du de la montagne4 ,dans ce pays1 plus de gr&es r\tes c\v]tes de caill\x1 de p\ssire ou de b\e2 ma9t5ant j'ai quitt les basses pla9es1 je suis dans la montagne non encore ass]vie6 ,un s5ti]1 trac p> les pas des *vres et des b]g]s1 se dta*e du *em9ot plus l>ge qui suit le fond de la valle et monte obliquem5t sur le flanc des hauteurs4 ,c'e/ la r\te que je pr5ds p\r tre bi5 sr d'tre enf9 seul4 ,m'levant *aque pas1 je vois se rapetiss] les hommes qui pass5t sur le s5ti] du fond4 ,les hameaux1 les villages1 me sont demi ca*s p> leurs propres fumes1 br\ill>d d'un gris bleutre qui rampe l5tem5t sur les hauteurs et se d*ire en r\te aux lisires de la =t4 ,v]s le soir1 aprs avoir cont\rn plusieurs esc>pem5ts de ro*]s1 dpass de nombreux rav9s1 fran*i1 en sautant de pi]re en pi]re1 bi5 des ruisselets tapageurs1 j'atteignis la base d'un promontoire dom9ant au lo9 ro*]s1 bois et pturages4 ,a la cime app>aissait une cabane enfume1 et des brebis paissai5t l'ent\r sur les p5tes4 ,p>eil un ruban dr\l dans le vel\rs du gazon1 ce s5ti] jauntre montait v]s la cabane et semblait s'y arrt]4 ,plus lo91 je n'ap]cevais que de gr&s rav9s pi]reux1 b\lis1 cascades1 neiges et glaci]s4 ,l tait la d]nire habitation de l'homme4 ,c'tait la masure qui1 p5dant de longs mois1 devait me s]vir d'asile4 ,un *i5 puis un b]g] m'y accueillir5t en amis4 ,libre dsormais1 je laissai ma vie se r5\vel] l5tem5t au gr de la nature4 ,tantt j'allais err] au milieu d'un *aos de pi]res cr\les d'une crte ro*euse2 tantt je *em9ais au has>d dans une =t de sap9s2 d'autres fois1 je gagnais les crtes suprieures p\r all] m'asseoir sur une cime dom9ant l'espace2 s\v5t1 aussi1 je m'enfonais dans un rav9 pr(ond et noir o je p\vais me croire comme enf\i dans les abmes de la t]re4 ,peu peu1 s\s l'influ5ce du temps et de la nature1 les fantmes lugubres qui hantai5t ma mmoire rel*r5t leur tre9te4 ,je ne me prom5ais plus seulem5t p\r *app] mes s\v5irs1 mais aussi p\r me laiss] pntr] p> les impressions du milieu et p\r en j\ir comme l'insu de moi-mme4 ,si1 ds mes premi]s pas dans la montagne1 j'avais pr\v un s5tim5t de joie1 c'e/ que j'tais entr dans la solitude et que des ro*]s1 des =ts1 t\t un monde n\veau se dressait entre moi et le pass2 mais1 un beau j\r1 je compris qu'une n\velle passion s'tait glisse dans mon me4 ,j'aimais la montagne p\r elle-mme4 ,j'aimais sa face calme et sup]be claire p> le soleil qu& n\s tions dj dans l'ombre2 j'aimais ses =tes paules *>ges de glaces aux reflets d'azur1 ses flancs o les pturages alt]n5t avec les =ts et les b\lis2 ses rac9es puissantes s'talant au lo9 comme celles d'un arbre imm5se1 et t\tes sp>es p> des vallons avec leurs rivelets1 leurs cascades1 leurs lacs et leurs prairies2 j'aimais t\t de la montagne1 jusqu' la m\sse jaune ou v]te qui crot sur le ro*]1 jusqu' la pi]re qui brille au milieu du gazon4 ,de mme1 le b]g] mon compagnon1 qui m'avait presque dplu1 comme reprs5tant de cette humanit que je fuyais1 m'tait dev5u graduellem5t ncessaire2 je s5tais natre p\r lui la confiance et l'amiti4 ,je ne me bornais plus le rem]ci] de la n\rriture qu'il m'apportait et des so9s qu'il me r5dait1 mais je l'tudiais1 je t*ais d'appr5dre ce qu'il p\vait m'enseign]4 ,bi5 lg] tait le bagage de son in/ruction2 mais1 qu& l'am\r de la nature se fut emp> de moi1 c'e/ lui qui me fit connatre la montagne o paissai5t ses tr\peaux1 la base de laquelle il tait n4 ,il me dit le nom des plantes1 me montra les ro*es o se tr\vai5t les cri/aux et les pi]res r>es1 m'accompagna sur les corni*es v]tig9euses des g\ffres p\r m'indiqu] le *em9 pr5dre dans les passages difficiles4 ,du haut des cimes il me dsignait les valles1 me traait le c\rs des torr5ts2 puis1 de ret\r notre cabane enfume1 il me racontait l'hi/oire du pays et les lg5des locales4 ,en *ange1 je lui expliquais aussi bi5 des *oses qu'il ne compr5ait pas et que mme il n'avait jamais dsir compr5dre4 ,mais son intellig5ce s'ouvrait peu peu1 elle dev5ait avide4 ,je pr5ais plaisir lui rpt] le peu que je savais en voyant son il s'clair] et sa b\*e s\rire4 ,la physionomie se rveillait sur ce visage nagure pais et grossi]2 d'tre ins\ciant qu'il avait t jusqu'alors1 il se *angeait en homme rfl*issant sur soi-mme et sur les objets qui l'ent\rai5t4 ,et1 t\t en in/ruisant mon compagnon1 je m'in/ruisais moi-mme1 c>1 en essayant d'expliqu] au b]g] les phnomnes de la nature1 j'arrivais les compr5dre mieux1 et j'tais mon propre lve4 ,a9si sollicit p> le d\ble intrt que me donnai5t l'am\r de la nature et la sympa?ie p\r mon semblable1 j'essayai de connatre la vie prs5te et l'hi/oire passe de la montagne sur laquelle n\s vivions comme des puc]ons sur l'pid]me d'un lphant4 ,j'tudiai la masse norme dans les ro*es dont elle e/ btie1 dans les accid5ts du sol qui1 suivant les po9ts de vue1 les heures et les saisons1 lui donn5t une si gr&e v>it d'aspects1 ou gracieux ou t]ribles2 je l'tudiai dans ses neiges1 ses glaces et les mtores qui l'assaill5t1 dans les plantes et les animaux qui en habit5t la surface4 ,je t5tai de compr5dre aussi ce que la montagne avait t dans la posie et dans l'hi/oire des nations1 le rle qu'elle avait eu dans les m\vem5ts des peuples et dans les progrs de l'humanit t\t entire4 ,ce que j'appris1 je le dois la collaboration de mon b]g]1 et aussi1 puisqu'il faut t\t dire1 la collaboration de l'insecte rampant1 celle du papillon et de l'oiseau *anteur4 ,si je n'avais pass de longues heures1 c\* sur l'h]be1 reg>d] ou ent5dre ces petits tres1 mes frres1 peut-tre aurais-je mo9s compris combi5 e/ vivante aussi la gr&e t]re qui porte sur son se9 t\s ces inf9im5t petits et les entrane avec n\s dans l'insondable espace4 ,,*apitre ,,ii ,,les ,,sommets ,,et ,,les ,,vall,,es ,vue de la pla9e1 la montagne e/ de =me bi5 simple3 c'e/ un petit cne d5tel s'levant1 p>mi d'autres saillies d'9gale hauteur1 sur une muraille bleue1 raye de blanc et de rose1 qui borne t\t un ct de l'horizon4 ,il me semblait voir de lo9 une scie mon/rueuse aux d5ts biz>rem5t tailles2 une de ces d5ts e/ la montagne o se sont g>s mes pas4 ,cep5dant le petit cne que je di/+uais des campagnes infrieures1 simple gra9 de sable sur le gra9 de sable qui e/ la t]re1 m'app>at ma9t5ant comme un monde4 ,de la cabane1 j'ap]ois bi51 quelques c5ta9es de mtres au-dessus de ma tte1 une crte de ro*]s qui me semble tre la cime2 mais1 que je le gravisse1 et voici qu'un autre sommet se dresse p> del les neiges4 ,que je gagne un deuxime esc>pem5t1 et la montagne p>at encore *ang] de =me mes yeux4 ,de *aque po9te1 de *aque rav91 de *aque v]sant1 le paysage se montre s\s un n\veau relief1 avec un autre pr(il4 ,a lui seul le mont e/ t\t un gr\pe de montagnes2 de mme1 au milieu de la m]1 *aque lame e/ hrisse de vaguelettes innombrables4 ,p\r saisir dans son ensemble l'ar*itecture de la montagne1 il faut l'tudi]1 la p>c\rir dans t\s les s5s1 en gravir *aque saillie1 pntr] dans la mo9dre gorge4 ,comme t\te *ose1 c'e/ un inf9i p\r celui qui veut la connatre en son enti]4 ,la cime sur laquelle j'aimais le mieux m'asseoir1 ce n'e/ po9t la hauteur s\v]a9e o l'on s'in/alle comme un roi sur un trne p\r contempl] ses pi$s les royaumes t5dus4 ,je me s5tais plus heureux sur le sommet secondaire dont mon reg>d p\vait la fois desc5dre sur des p5tes plus basses1 puis remont]1 d'arte en arte1 v]s les p>ois suprieures et la po9te baigne dans le ciel bleu4 ,l1 sans avoir rprim] ce m\vem5t d'orgueil que j'aurais ress5ti malgr moi sur le po9t culm9ant de la montagne1 je sav\rais le plaisir de satisfaire compltem5t mes reg>ds la vue de ce que neiges1 ro*]s1 =ts et pturages m'(frai5t de beau4 ,je planais mi-hauteur1 entre les deux zones de la t]re et du ciel1 et je me s5tais libre sans tre isol4 ,nulle "p un plus d\x s5tim5t de paix ne pntrait mon cur4 ,mais c'e/ aussi une bi5 gr&e joie d'atte9dre une haute cime dom9ant un horizon de pics1 de valles et de pla9es6 ,avec quelle volupt1 avec quel ravissem5t des s5s on contemple dans un tableau d'ensemble l'norme difice dont on occupe le fate6 ,en bas1 sur les p5tes infrieures1 on ne voyait qu'une p>tie de la montagne1 au plus un seul v]sant2 mais1 du sommet1 on ap]oit t\tes les cr\pes fuyant1 de ressaut en ressaut et de contre=t en contre=t1 jusqu'aux coll9es et aux promontoires de la base4 ,on reg>de d'gal gaux les monts environnants2 comme eux on a la tte dans l'air pur et dans la lumire2 on s'lve en ple9 ciel1 p>eil l'aigle que son vol s\ti5t au-dessus de la l\rde plante4 ,a ses pi$s1 bi5 au-dess\s de la cime1 on ap]oit ce que la multitude d'en bas appelle dj le ciel3 ce sont les nues qui voyag5t l5tem5t au flanc des monts1 se d*ir5t aux angles saillants des ro*es et aux lisires des =ts1 laiss5t et l dans les rav9s quelques lambeaux de br\ill>ds1 puis1 volant au-dessus des pla9es1 y projett5t leurs gr&es ombres aux =mes *angeantes4 ,du haut du sup]be obs]vatoire1 on ne voit po9t *em9] les fleuves comme les nuages d'o ils sont sortis1 mais leur m\vem5t se rvle p> l'clat brasillant de l'eau qui se montre de di/ance en di/ance1 soit au sortir des glaci]s briss1 soit dans les petits lacs et les cascades de la valle1 ou dans les m&res tranquilles des campagnes infrieures4 ,a la vue des cirques1 des rav9s1 des vallons1 des gorges1 on assi/e1 comme si t\t d'un c\p on tait dev5u immortel1 au gr& travail gologique des eaux creusant1 vidant leurs lits dans t\tes les directions aut\r du massif primitif de la montagne4 ,on les voit1 p\r a9si dire1 sculpt] incessamm5t la masse norme p\r en emport] les dbris1 en nivel] la pla9e1 en combl] une baie de la m]4 ,je la di/+ue aussi1 cette baie1 du haut du sommet gravi2 l s't5d ce gr& abme bleu de l',ocan1 d'o la montagne e/ sortie1 o tt ou t>d elle r5tr]a6 ,quant l'homme1 il e/ invisible2 mais on le dev9e4 ,comme des nids demi ca*s dans le bran*age1 j'ap]ois des cabanes1 des hameaux1 des villages p>s dans les vallons et sur le p5*ant des monts v]doyants4 ,l-bas1 s\s la fume1 s\s une c\*e d'air vici p> d'innombrables respirations1 quelque *ose de blan*tre indique une gr&e cit4 ,les maisons1 les palais1 les hautes t\rs1 les c\poles1 se fond5t en une mme c\leur r\illeuse et sale1 contra/ant avec les te9tes plus fran*es des campagnes environnantes3 on dirait une sorte de moisissure4 ,on songe alors avec tri/esse t\t ce qui se fait de p]fide et de mauvais dans cette f\rmilire1 t\s les vices qui f]m5t5t s\s cette pu/ule presque invisible2 mais1 vu de la cime1 l'imm5se panorama des campagnes e/ beau dans son ensemble1 avec les villes1 les villages et les maisons isoles qui paillett5t et l l't5due4 ,s\s la lumire qui les baigne1 les ta*es se fond5t avec ce qui les ent\re en un t\t h>monieux2 l'air dr\le sur la pla9e entire son manteau de ple azur4 ,gr&e e/ la diffr5ce entre la vraie =me de notre montagne si pittoresque1 si ri*e en aspects v>is1 et celle que je lui donnais dans mon enfance la vue des c>tes que me faisait tudi] le matre d'cole4 ,je me figurais alors une masse isole d'une rgul>it p>faite1 aux p5tes gales sur t\t le p\rt\r1 au sommet d\cem5t arrondi1 la base gracieusem5t infl*ie et se p]dant ins5siblem5t dans les campagnes de la pla9e4 ,de montagnes semblables1 il n'en e/ po9t sur la t]re4 ,mme les volcans1 qui surgiss5t isolm5t1 lo9 de t\t massif1 et qui gr&iss5t peu peu en pan*ant latralem5t sur leurs talus des c5dres et des laves1 n'ont po9t cette rgul>it gomtrique4 ,la p\sse des matires intrieures se produit tantt dans la *em9e c5trale1 tantt p> quelque crevasse des flancs2 de petits volcans secondaires naiss5t et l sur les p5tes du mont pr9cipal et en bossell5t la surface4 ,le v5t lui-mme travaille lui donn] la =me irrgulire1 en faisant retomb] o il lui plat les nuages de c5dres vomis p5dant les ruptions4 ,mais p\rrait-on comp>] notre montagne1 vieux tmo9 des ges d'autrefois1 un volcan1 mont n d'hi] pe9e et n'ayant pas encore subi les assauts du temps8 ,depuis le j\r o le po9t de la t]re o n\s sommes prit sa premire rugosit1 de/9e se trans=m] graduellem5t en montagne1 la nature1 qui e/ le m\vem5t1 la trans=mation incessante1 a travaill sans rel*e modifi] l'aspect de cette protubrance3 ici elle a exhauss la masse2 ailleurs elle l'a dprime2 elle l'a hrisse de po9tes1 p>seme de c\poles et de dmes2 elle en a ploy1 pliss1 rav91 lab\r1 sculpt l'inf9i la surface m\vante1 et ma9t5ant encore1 s\s nos yeux1 le travail se cont9ue4 ,a l'esprit qui contemple la montagne p5dant la dure des ges1 elle app>at aussi flottante1 aussi inc]ta9e que l'onde de la m] *asse p> la tempte3 c'e/ un flot1 une vapeur2 qu& elle aura disp>u1 ce ne s]a plus qu'un rve4 ,t\tefois1 dans ce dcor *angeant ou t\j\rs v>i produit p> l'action cont9uelle des =ces de la nature1 la montagne ne cesse d'(frir une sorte de ry?me sup]be celui qui la p>c\rt p\r en connatre la /ructure4 ,que la p>tie culm9ante soit un l>ge plateau1 une masse arrondie1 une p>oi v]ticale1 une arte ou une pyramide isole ou bi5 un faisceau d'aiguilles di/9ctes1 l'ensemble du mont prs5te un aspect gnral qui s'h>monise avec celui du sommet4 ,du c5tre du massif jusqu' la base du mont se succd5t1 de *aque ct1 d'autres cimes ou gr\pes de cimes secondaires2 p>fois mme1 au pi$ du d]ni] contre=t qu'ent\r5t les alluvions de la pla9e ou les eaux de la m]1 on voit encore une m9iature du mont jaillir en coll9e du milieu des campagnes ou en cueil du se9 des eaux4 ,le pr(il de t\tes ces saillies1 qui se succd5t en s'abaissant peu peu ou brusquem5t1 prs5te une srie de c\rbes des plus gracieuses4 ,cette ligne s9ueuse1 qui runit les sommets de la gr&e cime la pla9e1 e/ la vritable p5te4 ,c'e/ le *em9 que pr5drait un gant *auss de bottes magiques4 ,la montagne qui m'abrita longtemps e/ belle et s]e9e entre t\tes p> le calme rguli] de ses traits4 ,des plus hauts pturages1 on ap]oit la gr&e cime1 dresse comme une pyramide aux grad9s 9gaux2 des plaques de neige1 qui en rempliss5t les anfractuosits1 lui donn5t une te9te sombre et presque noire p> le contra/e de leur blan*eur2 mais le v]t des gazons qui rec\vre au lo9 t\tes les cimes secondaires app>at d'autant plus d\x au reg>d1 et les yeux1 en r$esc5dant de la masse norme l'aspect =midable1 se repos5t avec volupt sur les molles ondulations des ptis2 elles sont si gracieuses de cont\rs1 si vel\tes d'aspect1 que l'on songe involontairem5t la joie qu'aurait un gant les c>ess] de la ma94 ,plus bas1 des p5tes brusques1 des saillies de ro*]s et des contre=ts revtus de =ts me ca*5t en gr&e p>tie les flancs de la montagne2 mais l'ensemble me p>at d'autant plus haut et plus sublime que mon reg>d en embrasse seulem5t une p>tie1 comme une /atue dont le pide/al me re/]ait ca*2 elle respl5dit au milieu du ciel1 dans la rgion des nues1 dans la pure lumire4 ,a la beaut des cimes et des saillies de t\te espce correspond celle des creux1 plissem5ts1 vallons ou dfils4 ,entre le sommet de notre montagne et la po9te la plus vois9e1 la crte s'abaisse =tem5t et laisse un passage assez facile entre les deux v]sants opposs4 ,c'e/ cette dpression de l'arte que comm5ce le premi] sillon de la valle s]p5t9e ouv]te entre les deux monts4 ,a ce sillon s'en aj\t5t d'autres1 puis d'autres encore1 qui ray5t la surface des ro*]s et s'uniss5t en rav9s conv]geant eux-mmes v]s un cirque d'o1 p> une srie de dfils et de bass9s tags1 les neiges s'c\l5t et les eaux desc5d5t dans la valle4 ,l1 sur un sol pe9e incl91 se montr5t dj les prairies1 les b\quets d'arbres dome/iques1 les gr\pes de maisons4 ,de t\tes p>ts des vallons1 les uns gracieux1 les autres svres d'aspect1 s'incl95t v]s la valle pr9cipale4 ,au del d'un dt\r loign1 le val disp>at au reg>d2 mais1 si l'on cesse d'en voir le fond1 on en dev9e du mo9s la =me gnrale et les cont\rs p> les lignes plus ou mo9s p>allles que dess95t les pr(ils des contre=ts4 ,dans son ensemble1 la valle1 avec ses innombrables ramifications pntrant de t\tes p>ts dans l'paisseur de la montagne1 peut se comp>] aux arbres dont les milli]s de rameaux sont diviss et subdiviss en ramilles dlicates4 ,c'e/ p> la =me de la valle et de t\t son rseau de vallons qu'on peut le mieux se r5dre compte du vritable relief des montagnes qu'elle sp>e4 ,des sommets d'o la vue plane le plus librem5t sur l'espace1 ne voit-on pas d'ailleurs un gr& nombre de cimes que l'on comp>e les unes avec les autres et qui se font compr5dre mutuellem5t8 ,p>-dessus le pr(il s9ueux des hauteurs qui se dress5t de l'autre ct de la valle1 on di/+ue dans le lo9ta9 un autre pr(il de monts dj bleutres2 puis1 encore au del1 une troisime ou mme une quatrime srie de monts d'azur4 ,ces lignes de monts1 qui vont se ratta*] la gr&e crte des sommets pr9cipaux1 sont vaguem5t p>allles malgr leurs d5telures1 et tantt se rappro*5t1 tantt s'loign5t en app>5ce1 suivant le jeu des nuages et la m>*e du soleil4 ,deux fois p> j\r se dr\le incessamm5t l'imm5se tableau des monts1 qu& les rayons obliques des mat9s et des soirs laiss5t dans l'ombre les plans successifs t\rns v]s la nuit et baign5t de lumire ceux qui reg>d5t le j\r4 ,des cimes occid5tales les plus loignes celles que l'on di/+ue pe9e l'occid5t1 c'e/ une gamme h>monieuse de t\tes les c\leurs et de t\tes les nuances qui peuv5t se produire s\s l'clat du soleil et la transp>5ce de l'air4 ,p>mi ces montagnes1 il en e/ qu'un s\ffle p\rrait effac]1 tant elles sont lgres de tons1 tant leurs traits sont dlicatem5t tracs sur le fond du ciel6 ,qu'une petite vapeur s'lve1 qu'une brume imp]ceptible se =me l'horizon1 ou seulem5t que le soleil1 en s'incl9ant1 laisse gagn] l'ombre1 et ces montagnes si belles1 ces neiges1 ces glaci]s1 ces pyramides1 s'van\iss5t p> degrs ou mme en un cl9 d'il4 ,on les contemplait dans leur spl5deur1 et voici qu'elles ont disp>u du ciel2 elles ne sont plus qu'un rve1 un s\v5ir inc]ta94 ,,*apitre ,,iii ,,la ,,ro*e ,,et ,,le ,,cri/al ,la ro*e dure des montagnes1 aussi bi5 que celle qui s't5d au-dess\s des pla9es1 e/ rec\v]te presque p>t\t d'une c\*e plus ou mo9s pr(onde de t]re vgtale et de plantes div]ses4 ,ici ce sont des =ts2 ailleurs1 des br\ssailles1 des bruyres1 des myrtes1 des ajoncs2 ailleurs encore1 et sur la plus gr&e t5due1 ce sont les gazons c\rts des pturages4 ,mme l o la ro*e semble nue et jaillit en aiguilles ou se dresse en p>ois1 la pi]re e/ revtue de li*5s blancs1 r\ges ou jaunes1 qui donn5t s\v5t une mme app>5ce aux ro*]s les plus diffr5ts p> l'orig9e4 ,ce n'e/ gure que dans les rgions froides de la cime1 au pi$ des glaci]s et sur le bord des neiges1 que la pi]re se montre s\s une enveloppe de vgtation qui la dguise4 ,grs1 calcaires1 granits1 sembl]ai5t au voyageur inatt5tif tre une seule et mme =mation4 ,cep5dant la div]sit des ro*es e/ gr&e2 le m9ralogi/e qui p>c\rt les monts1 le m>teau la ma91 peut recueillir des c5ta9es et des milli]s de pi]res diffr5tes p> l'aspect et la /ructure intime4 ,les unes sont d'un gra9 gal dans t\te leur masse1 les autres sont composes de p>ties div]ses et contra/5t p> la =me1 la c\leur et l'clat4 ,il en e/ de m\*etes1 de diapres et de rubanes2 de transp>5tes1 de translucides et d'opaques4 ,on en voit qui sont hrisses de cri/aux faces rgulires2 on en voit aussi qui sont ornes d'arborisations semblables des b\quets de tam>is ou des feuilles de f\gre4 ,t\s les mtaux se retr\v5t dans la pi]re1 soit l'tat pur1 soit mlangs les uns avec les autres2 tantt ils se montr5t en cri/aux ou en nodules1 tantt ce ne sont que de simples irisations fugitives1 p>eilles aux reflets clatants de la bulle de savon4 ,puis ce sont les innombrables fossiles1 animaux ou vgtaux1 que r5f]me la ro*e et dont elle g>de l'empre9te4 ,autant de fragm5ts p>s1 autant de tmo9s diffr5ts des tres qui ont vcu p5dant l'incalculable srie des sicles c\ls4 ,sans tre ni m9ralogi/e ni gologue de pr(ession1 le voyageur qui sait reg>d] voit p>faitem5t quelle e/ la m]veilleuse div]sit de t\tes ces ro*es qui con/itu5t la masse de la montagne4 ,tel e/ le contra/e entre diffr5tes p>ties du gr& difice que dj1 de lo91 on peut reconnatre s\v5t quelle =mation elles app>ti5n5t4 ,d'une cime isole dom9ant un espace t5du1 on di/+ue avec facilit l'arte ou le dme de granit1 la pyramide d'ardoise et la p>oi de la ro*e calcaire4 ,c'e/ dans le vois9age immdiat du sommet pr9cipal de notre montagne que la ro*e granitique se rvle le mieux4 ,l1 une crte de ro*es noires sp>e deux *amps de neige dployant de *aque ct leur blan*eur t9celante2 on dirait un diadme de jais sur un voile de m\ssel9e4 ,c'e/ p> cette crte qu'il e/ le plus facile de gagn] le po9t culm9ant du mont1 c> on vite a9si les crevasses ca*es s\s la surface unie des neiges2 l1 le pi$ peut se pos] f]mem5t sur le sol1 t&is qu' la =ce des bras on se hisse facilem5t1 de degr en degr1 dans les p>ties esc>pes4 ,c'e/ p> l que je faisais presque t\j\rs mon asc5sion1 lorsque1 m'loignant du tr\peau et de mon compagnon le b]g]1 j'allais pass] quelques heures sur le gr& pic4 ,vue di/ance1 trav]s les vapeurs bleutres de l'atmosphre1 l'arte de granit p>at assez uni=me2 les montagn>ds1 pratiques et presque grossi]s dans leurs comp>aisons1 lui donn5t le nom de peigne2 on dirait1 en effet1 une range de d5ts aigus disposes rgulirem5t4 ,mais au milieu des ro*]s eux-mmes on se tr\ve dans une sorte de *aos3 aiguilles1 pi]res branlantes1 amoncellem5ts de blocs1 assises sup]poses1 t\rs qui surplomb5t1 murs s'appuyant les uns sur les autres et laissant entre eux d'troits passages1 telle e/ cette arte qui =me l'angle du mont4 ,mme sur ces hauteurs1 la ro*e e/ presque p>t\t rec\v]te1 comme p> une espce d'enduit1 p> la vgtation des li*5s2 mais1 en ma9t endroit1 elle a t mise nu p> la friction de la glace1 p> l'humidit de la neige1 l'action des geles1 des pluies1 des v5ts1 des rayons du soleil2 d'autres rocs1 briss p> la f\dre1 sont re/s aimants p> le *oc du feu cle/e4 ,au milieu de ces ru9es1 il e/ facile d'obs]v] ce qui fut encore t\t rcemm5t l'intrieur mme de la ro*e2 j'en vois les cri/aux dans t\t leur clat1 le qu>tz blanc1 le feldspa? la c\leur d'un rose ple1 le mica qui semble une paillette d'arg5t4 ,en d'autres p>ties de la montagne1 le granit mis nu prs5te un autre aspect3 dans une ro*e1 il e/ blanc comme le m>bre et p>sem de petits po9ts noirs2 ailleurs1 il e/ bleutre et sombre4 ,presque p>t\t il e/ d'une gr&e duret1 et les pi]res qu'on p\rrait y taill] s]virai5t con/ruire des monum5ts durables2 mais ailleurs il e/ tellem5t friable1 les cri/aux div]s en sont si faiblem5t agrgs1 qu'on peut les cras] entre ses doigts4 ,un ruisseau1 qui pr5d sa s\rce au pi$ d'un promontoire de ce gra9 peu cohr5t1 s'tale dans le rav9 sur un lit de sable le plus f9 t\t brillant de mica2 on croirait voir l'or et l'arg5t brill] trav]s l'eau frmissante2 plus d'un ru/re v5u de la pla9e s'y e/ tromp et s'e/ avidem5t prcipit sur ces trsors qu'entrane ngligemm5t le ruisselet moqueur4 ,l'incessante action de la neige et de l'eau n\s p]met d'obs]v] une autre espce de ro*e qui entre aussi p\r une gr&e "p dans la masse de l'imm5se difice4 ,non lo9 des artes et des dmes de granit1 qui sont les p>ties les plus leves de la montagne et sembl5t en tre le noyau1 p\r a9si dire1 se montre une cime secondaire dont l'aspect e/ d'une frappante rgul>it2 on dirait une pyramide quatre pans pose sur l'norme pide/al que lui =m5t les plateaux et les p5tes4 ,c'e/ un sommet compos de ro*es ardoises1 que le temps rabote incessamm5t p> t\s ses mtores1 le v5t1 les rayons solaires1 les neiges1 le br\ill>d et les pluies4 ,les feuillets briss de l'ardoise se fissur5t1 se bris5t et desc5d5t en masses glissantes le long des talus4 ,p>fois le pas lg] d'une brebis suffit p\r mettre en m\vem5t des myriades de pi]res sur t\t un flanc de montagne4 ,t\t autre que la ro*e ardoise e/ la ro*e calcaire qui con/itue quelques-uns des promontoires avancs4 ,qu& cette ro*e se brise1 ce n'e/ pas1 comme l'ardoise1 en d'innombrables petits fragm5ts1 mais en gr&es masses4 ,telle fracture a sp>1 de la base au sommet1 t\t un ro*] de trois c5ts mtres de hauteur2 de ct et d'autre1 on voit mont] jusqu'au ciel les deux p>ois v]ticales2 au fond du g\ffre1 la lumire pntre pe9e1 et l'eau qui le remplit1 desc5due des hauteurs neigeuses1 ne rfl*it la cl>t d'en haut que p> les b\illonnem5ts de ses rapides et les rejaillissem5ts de ses cascades4 ,nulle "p1 mme en des montagnes dix fois plus leves1 la nature ne p>at plus gr&iose4 ,de lo91 la p>tie calcaire du mont repr5d ses proportions relles1 et l'on voit qu'elle e/ dom9e p> des masses ro*euses beauc\p plus hautes2 mais elle tonne t\j\rs p> la puissante beaut de ses assises et de ses t\rs2 on dirait des temples babyloni5s4 ,=t pittoresques aussi1 bi5 que d'une faible importance relative1 sont les ro*]s de grs ou de conglomrats composs de fragm5ts cim5ts4 ,p>t\t o la p5te du sol favorise l'action de l'eau1 celle-ci dlaye le cim5t et se creuse une rigole1 une f5te troite qui1 peu peu1 f9it p> sci] la ro*e en deux4 ,d'autres c\rants d'eau ont galem5t creus dans le vois9age des fissures secondaires1 d'autant plus pr(ondes que la masse liquide entrane e/ plus abondante2 la ro*e a9si dc\pe f9it p> ressembl] un ddale d'oblisques1 de t\rs1 de =t]esses4 ,on voit de ces fragm5ts de montagnes dont l'aspect rappelle ma9t5ant celui de villes ds]tes1 avec leurs rues humides et s9ueuses1 leurs murailles crneles1 leurs donjons1 leurs t\relles surplombantes1 leurs /atues biz>res4 ,je me s\vi5s encore de l'impression d'tonnem5t1 vois9e de l'effroi1 que je ress5tis en appro*ant de l'issue d'une gorge envahie dj p> les ombres du soir4 ,j'ap]cevais de lo9 la noire fissure1 mais1 ct de l'entre1 sur la po9te du mont1 je rem>quais aussi des =mes tranges qui me semblai5t des gants aligns4 ,c'tai5t de hautes colonnes d'argile portant *acune leur cime une grosse pi]re ronde qui1 de lo91 figurait une tte4 ,les pluies avai5t peu peu diss\s1 emport t\t le sol environnant2 mais les l\rdes pi]res avai5t t respectes1 et1 p> leur poids1 cont9uai5t donn] de la consi/ance aux gigantesques pili]s d'argile qui les s\t5ai5t4 ,*aque promontoire1 *aque ro*] de la montagne a donc son aspect p>ticuli]1 suivant la matire qui le compose et la =ce avec laquelle il rsi/e aux lm5ts de dgradation4 ,a9si nat une inf9ie v>it de =mes qui s'accrot encore p> le contra/e qu'(fr5t l'extrieur de la ro*e les neiges1 les gazons1 les =ts et les cultures4 ,au pittoresque des lignes et des plans s'aj\t5t les *angem5ts cont9uels de dcor de la surface4 ,et p\rtant1 combi5 peu nombreux sont les lm5ts qui con/itu5t la montagne et qui1 p> leurs mlanges1 lui donn5t cette v>it si prodigieuse d'aspects6 ,les *imi/es qui1 dans leurs laboratoires1 analys5t les ro*]s1 n\s appr5n5t quelle e/ la composition de ces div]s cri/aux4 ,ils n\s dis5t que le qu>tz e/ de la silice1 c'e/--dire du silicium oxyd1 un mtal qui1 pur1 s]ait semblable de l'arg5t1 et qui1 p> son mlange avec l'oxygne de l'air1 e/ dev5u ro*e blan*tre4 ,ils n\s dis5t aussi que feldspa?1 mica1 augrite1 hornbl5de et autres cri/aux1 qui se tr\v5t en si gr&e v>it dans les rocs de la montagne1 sont des composs o l'on retr\ve1 avec le silicium1 d'autres mtaux1 l'alum9ium1 le potassium1 unis en div]ses proportions et suivant c]ta9es lois d'aff9it *imique avec les gaz de l'atmosphre4 ,la montagne entire1 les montagnes vois9es et lo9ta9es1 les pla9es de leurs bases et la t]re dans son ensemble1 t\t cela n'e/ que mtal l'tat impur2 si les lm5ts fondus et mlangs de la masse du globe repr5ai5t s\da9 leur puret1 la plante aurait1 p\r les habitants de ,m>s ou ,vnus braquant sur n\s leurs tlescopes1 l'aspect d'une b\le d'arg5t r\lant dans le ciel noir4 ,le savant qui re*]*e les lm5ts de la pi]re tr\ve que t\tes les ro*es massives1 composes de cri/aux ou de pte cri/all9e1 sont1 comme le granit1 des mtaux oxyds3 tels sont le porphyre1 la s]p5t9e et les ro*es ignes sorties de t]re p5dant les explosions volcaniques1 tra*yte1 basalte1 obsidi5ne1 pi]re ponce3 t\t cela1 c'e/ du silicium1 de l'alum9ium1 du potassium1 du sodium1 du calcium4 ,quant aux ro*es disposes en feuillets ou en /rates1 places en c\*es les unes au-dessus des autres1 comm5t ne s]ai5t-elles pas aussi des mtaux1 puisqu'elles provi5n5t en gr&e p>tie de la dsagrgation et de la r$i/ribution des ro*es massives8 ,pi]res brises en fragm5ts1 puis cim5tes de n\veau1 sables agglut9s en ro*e aprs avoir t triturs et pulvriss1 argiles dev5ues compactes aprs avoir t dlayes p> les eaux1 ardoises qui ne sont autre *ose que des argiles durcies1 t\t cela n'e/ que dbris des ro*es antrieures et1 comme elles1 se compose de mtaux4 ,seuls1 les calcaires1 qui con/itu5t une p>tie si considrable de l'enveloppe t]re/re1 ne provi5n5t pas directem5t de la de/ruction de ro*es plus anci5nes2 ils sont =ms de dbris qui ont pass p> les organismes des animaux m>9s2 ils ont t mangs et digrs1 mais ils n'en sont pas mo9s mtalliques2 ils ont p\r base le calcium comb9 avec le s\fre1 le c>bone1 le phosphore4 ,a9si1 grce aux mlanges1 aux comb9aisons v>ies et *angeantes1 la masse polie1 uni=me1 impntrable1 du mtal1 a pris des =mes h>dies et pittoresques1 s'e/ creuse en bass9s p\r les lacs et les fleuves1 s'e/ revtue de t]re vgtale1 a f9i p> entr] jusque dans la sve des plantes et dans le sang des animaux4 ,le mtal pur se rvle encore1 et l1 p>mi les pi]res de la montagne4 ,au milieu des b\lis et sur le bord des fonta9es1 on voit s\v5t des masses f]rug9euses2 des cri/aux de f]1 de cuivre1 de plomb1 comb9s avec d'autres lm5ts1 se tr\v5t aussi dans les dbris p>s2 p>fois1 dans le sable du ruisseau1 brille une p>celle d'or4 ,mais1 dans la ro*e dure1 ni le m9]ai prcieux1 ni le cri/al1 ne sont di/ribus au has>d2 ils sont disposs en ve9es ramifies qui se dvelopp5t surt\t entre les assises de =mations diffr5tes4 ,ces filons de mtal1 semblables au fil magique du labyr9!1 ont conduit les m9eurs1 et aprs eux les gologues1 dans l'paisseur1 l'hi/oire de la montagne4 ,autrefois1 n\s dis5t les contes m]veilleux1 il tait facile d'all] recueillir t\tes ces ri*esses dans l'intrieur du mont2 il suffisait d'avoir un peu de *ance ou la faveur des dieux4 ,en faisant un faux pas1 on essayait de se ret5ir un arbu/e4 ,la frle tige cdait1 entranant avec elle une grosse pi]re qui ca*ait une grotte jusqu'alors inconnue4 ,le b]g] s'introduisait h>dim5t dans l'ouv]ture1 non sans prononc] quelque =mule magique ou sans t\*] quelque amulette1 puis1 aprs avoir m>* longtemps dans la noire av5ue1 il se tr\vait t\t c\p s\s une vote de cri/al et de diamant2 des /atues d'or et d'arg5t1 ornes pr(usion de rubis1 de topazes1 de saphirs1 se dressai5t t\t aut\r de la salle3 il suffisait de se baiss] p\r ramass] des trsors4 ,de nos j\rs1 ce n'e/ plus sans travail1 p> de simples incantations1 que l'homme p>vi5t conqurir l'or et les autres mtaux qui dorm5t dans les ro*es4 ,les prcieux fragm5ts sont r>es1 impurs1 mlangs de t]re1 et la plup>t ne pr5n5t leur clat et leur valeur qu'aprs avoir t aff9s dans la f\rnaise4 ,,*apitre ,,iv ,l',,orig9e ,,de ,,la ,,montagne ,a9si1 jusque dans sa plus petite molcule1 la montagne norme (fre une comb9aison d'lm5ts div]s qui se sont mlangs en proportions *angeantes2 *aque cri/al1 *aque m9]ai1 *aque gra9 de sable ou p>celle de calcaire1 a son hi/oire inf9ie1 comme les a/res eux-mmes4 ,le mo9dre fragm5t de ro*e a sa g5se comme l'univ]s2 mais1 t\t en s'entr'aidant p> la sci5ce les uns des autres1 l'a/rologue1 le gologue1 le physici51 le *imi/e1 en sont encore se dem&] avec anxit s'ils ont bi5 compris cette pi]re et le my/re de son orig9e4 ,et l'orig9e de la montagne elle-mme1 e/-il c]ta9 qu'ils l'ai5t dvoile8 ,a la vue de t\tes ces ro*es1 grs1 calcaires1 ardoises et granits1 p\vons-n\s racont] comm5t la masse prodigieuse s'e/ accumule et dresse v]s le ciel8 ,en la contemplant dans sa beaut sup]be1 p\vons-n\s faire un ret\r sur n\s-mmes1 faibles na9s qui reg>dons1 et dire la montagne1 avec l'orgueil consci5t de l'intellig5ce satisfaite3 ,la plus petite de tes pi]res peut n\s cras]1 mais n\s te compr5ons2 n\s savons quelles ont t ta naissance et ton hi/oire8 ,comme n\s1 et plus que n\s1 les enfants se que/ionn5t la vue de la nature et de ses phnomnes2 mais1 presque t\j\rs1 dans leur confiance nave1 ils se cont5t5t de la rponse vague et m5songre d'un pre ou d'un an qui ne sait pas1 d'un pr(esseur qui prt5d ne ri5 ignor]4 ,s'ils n'obt5ai5t pas cette rplique1 ils *]*]ai5t1 *]*]ai5t t\j\rs1 jusqu' ce qu'ils se fuss5t donn une explication quelconque1 c> l'enfant ne sait pas re/] dans le d\te2 ple9 du s5tim5t de son exi/5ce1 entrant en va9queur dans la vie1 il faut qu'il puisse p>l] en matre de t\tes *oses4 ,ri5 ne doit lui re/] inconnu4 ,de mme les peuples1 pe9e sortis de leur b>b>ie premire1 avai5t p\r t\t ce qui les frappait une affirmation df9itive4 ,la premire explication1 celle qui rpondait le mieux l'intellig5ce et aux murs de ce gr\pe huma91 tait tr\ve bonne4 ,transmise de b\*e en b\*e1 la lg5de a f9i p> dev5ir p>ole div9e1 et les ca/es d'int]prtes ont surgi p\r lui donn] l'appui de leur autorit morale et de leurs crmonies4 ,c'e/ a9si que1 dans l'hritage my?ique de presque t\tes les nations1 n\s tr\vons des rcits qui n\s racont5t la naissance des montagnes a9si que celle des fleuves1 de la t]re1 de l',ocan1 des plantes1 des animaux et de l'homme lui-mme4 ,l'explication la plus simple e/ celle qui n\s montre les dieux ou les gnies jetant les montagnes du haut du ciel et les laissant tomb] au has>d2 ou bi5 encore les dressant et les maonnant avec so91 comme des colonnes de/9es port] la vote des cieux4 ,a9si fur5t con/ruits le ,liban et l',h]mon2 a9si fut enrac9 aux bornes du monde le mont ,atlas aux robu/es paules4 ,d'ailleurs1 une fois cres1 les montagnes *angeai5t s\v5t de place1 et des dieux s'en s]vai5t p\r se les lanc] d'un c\p de fronde4 ,les ,titans1 qui n'tai5t po9t dieux1 b\lev]sr5t t\s les monts de la ,!ssalie1 p\r en dress] des remp>ts aut\r de l',olympe2 le gigantesque ,a?os lui-mme n'tait pas trop pesant p\r leurs bras1 et1 du fond de la ,?race1 ils le portr5t jusqu'au milieu de la m]1 l'endroit o il s'lve auj\rd'hui4 ,une gante du ,nord avait rempli son tabli] de coll9es et les semait de di/ance en di/ance p\r reconnatre son *em94 ,vi*n\1 voyant un j\r une jeune fille dormant s\s les rayons trop ard5ts du soleil1 s'emp>a d'une montagne et la t9t en quilibre sur le b\t de son doigt p\r abrit] la belle dormeuse4 ,telle a t1 n\s dit la lg5de1 l'orig9e des ombrelles4 ,dieux et gants n'avai5t pas mme t\j\rs beso9 de saisir les monts p\r les dplac]2 ceux-ci obissai5t un simple signe4 ,les pi]res acc\rai5t au son de la lyre d',orphe1 les montagnes se dressai5t p\r ent5dre ,apollon3 c'e/ a9si que naquit l',hlicon1 sj\r des muses4 ,le prophte ,mahomet arriva deux mille ans trop t>d3 s'il ft v5u dans un ge de foi plus nave1 il ne s]ait po9t all la montagne1 c'e/ elle qui se s]ait dirige v]s lui4 ,a ct de cette explication de la naissance des montagnes p> la volont des dieux1 la my?ologie de peuples nombreux en f\rnit une autre mo9s grossire4 ,d'aprs cette ide1 les ro*]s et les monts s]ai5t des organes vivants p\sss naturellem5t sur le gr& corps de la t]re1 comme p\ss5t les tam9es dans la corolle de la fleur4 ,t&is que1 d'un ct1 le sol s'abaissait p\r recevoir les eaux de la m]1 de l'autre il se r$ressait v]s le soleil p\r en recevoir la lumire vivifiante4 ,c'e/ a9si que les plantes lv5t leur tige et font t\rn] leurs ptales v]s l'a/re qui les reg>de et leur donne l'clat4 ,mais les lg5des antiques ont p]du leurs croyants et ne sont plus p\r l'humanit que des s\v5irs potiques2 elles sont alles rejo9dre les rves1 et l'esprit des *]*eurs1 enf9 dgag de ces illusions1 e/ dev5u plus avide la p\rsuite de la vrit4 ,aussi les hommes de nos j\rs1 de mme que ceux des temps anci5s1 ont-ils se rpt] encore1 en contemplant les cimes dores p> la lumire3 ,comm5t donc ont-elles pu se dress] dans le ciel8 ,mme notre poque1 o les savants font pr(ession de n'appuy] leurs ?ories que sur l'obs]vation et l'expri5ce1 il en e/ dont les fantaisies sur l'orig9e des monts ressembl5t assez aux lg5des des anci5s4 ,un gros livre mod]ne essaye de n\s dmontr] que la lumire du soleil qui baigne notre plante a pris corps et s'e/ cond5se en plateaux et en montagnes aut\r de la t]re4 ,un autre affirme que l'attraction du soleil et de la lune1 non cont5te de s\lev] deux fois p> j\r les flots de la m]1 a fait aussi gonfl] la t]re et r$ress les vagues solides jusque dans la rgion des neiges4 ,un autre enf9 raconte comm5t les comtes1 g>es dans les cieux1 sont v5ues heurt] notre globe1 en ont tr\ l'enveloppe comme des pi]res brisant un glaon1 et ont fait jaillir les montagnes en longues ranges et en massifs4 ,heureusem5t la t]re1 t\j\rs en travail de cration n\velle1 ne cesse d'agir s\s nos yeux et de n\s montr] comm5t elle *ange peu peu les rugosits de sa surface4 ,elle se dtruit1 mais elle se recon/ruit de j\r en j\r1 con/amm5t2 elle nivelle ses montagnes1 mais p\r en difi] d'autres2 elle creuse des valles1 mais p\r les combl] encore4 ,en p>c\rant la surface du globe et en obs]vant avec so9 les phnomnes de la nature1 on peut donc voir se =m] des coteaux et des monts1 l5tem5t1 il e/ vrai1 et non pas d'une s\da9e p\sse1 comme le dem&]ai5t des amis du miracle4 ,on les voit natre1 soit directem5t du se9 de la t]re1 soit indirectem5t1 p\r a9si dire1 p> l'rosion des plateaux1 de mme qu'une /atue app>at peu peu dans un bloc de m>bre4 ,lorsqu'une masse insulaire ou cont95tale1 haute de c5ta9es ou de milli]s de mtres1 reoit des pluies en abondance1 ses v]sants sont graduellem5t sculpts en rav9s1 en vallons1 en valles2 la surface uni=me du plateau se dc\pe en cimes1 en artes1 en pyramides1 se creuse en cirques1 en bass9s1 en prcipices2 des sy/mes de montagnes app>aiss5t peu peu l o le sol uni se dr\lait sur d'normes t5dues4 ,il e/ mme des rgions de la t]re o le plateau1 attaqu p> des pluies sur un seul ct1 ne s'*ancre en montagnes que p> ce v]sant3 telle e/1 en ,espagne1 cette t]rasse de la ,man*e qui s'affaisse v]s l',&al\sie p> les esc>pem5ts de la si]ra ,mor5a4 ,en outre de ces causes extrieures qui *ang5t les plateaux en montagnes1 s'accompliss5t aussi dans l'intrieur de la t]re de l5tes trans=mations qui ont p\r consqu5ce d'normes effondrem5ts4 ,les hommes laborieux qui1 le m>teau la ma91 *em95t p5dant des annes entires trav]s les monts p\r en tudi] la =me et la /ructure1 rem>qu5t1 dans les n\velles assises de =mation m>9e qui con/itu5t la p>tie non cri/all9e des monts1 de gigantesques failles ou fissures de sp>ation qui s't5d5t sur des c5ta9es de kilomtres de longueur4 ,des masses1 ayant des milli]s de mtres d'paisseur1 se sont r$resses dans ces *utes ou mme ont t compltem5t r5v]ses1 de sorte que leur anci5ne surface e/ dev5ue ma9t5ant le plan infrieur4 ,les assises1 en s'affaissant p> *utes successives1 ont dnud le squelette de ro*es cri/all9es qu'elles ent\rai5t comme un manteau2 elles ont rvl le noyau de la montagne comme une drap]ie retire s\da9 dc\vre un monum5t ca*4 ,mais les cr\lem5ts eux-mmes ont eu mo9s d'importance que les plissem5ts dans l'hi/oire de la t]re et dans celle des montagnes qui en =m5t les rugosits extrieures4 ,s\mises de l5tes pressions sculaires1 la ro*e1 l'argile1 les c\*es de grs1 les ve9es de mtal1 t\t se plisse comme le f]ait une t(fe1 et les plis qui naiss5t a9si =m5t les monts et les valles4 ,semblable la surface de l',ocan1 celle de la t]re s'agite en vagues1 mais ces ondulations sont bi5 autrem5t puissantes3 ce sont les ,&es1 c'e/ l',himalaya1 qui se r$ress5t a9si au-dessus du niveau moy5 des pla9es4 ,sans cesse les ro*es de la t]re se tr\v5t s\mises ces impulsions latrales qui les ploi5t et les reploi5t div]sem5t1 et les assises sont dans une fluctuation cont9uelle4 ,c'e/ a9si que se ride la peau d'un fruit4 ,les cimes qui surgiss5t directem5t du sol et qui mont5t graduellem5t du niveau de l',ocan v]s les hauteurs glaces de l'atmosphre sont les montagnes de laves et de c5dres volcaniques4 ,en ma9ts endroits de la surface t]re/re1 on peut les tudi] l'aise1 s'levant1 gr&issant vue d'il4 ,bi5 diffr5ts des montagnes ord9aires1 les volcans proprem5t dits sont p]cs d'une *em9e c5trale p> laquelle s'*app5t des vapeurs et les fragm5ts pulvriss de ro*es inc5dies2 mais1 qu& ils s'teign5t1 la *em9e se f]me1 et les p5tes du cne volcanique1 dont le pr(il p]d de sa rgul>it premire s\s l'influ5ce des pluies et de la vgtation1 f9iss5t p> ressembl] celles des autres monts4 ,d'ailleurs1 il e/ des masses ro*euses qui1 en s'levant du se9 de la t]re1 soit l'tat liquide1 soit l'tat pteux1 sort5t t\t simplem5t d'une longue crevasse du sol et ne sont po9t lances p> un cratre1 comme les scories du ,vsuve et de l',etna4 ,les laves qui s'accumul5t en sommets et se ramifi5t en promontoires ne diffr5t que p> leur jeunesse de ces vieilles montagnes *5ues qui hriss5t ailleurs la surface de la t]re4 ,les laves jadis brlantes se refroidiss5t peu peu2 elles se dlit5t extrieurem5t et se revt5t de t]re vgtale2 elles reoiv5t l'eau de pluie dans leurs int]/ices et la r5d5t en ruisselets et en rivires2 enf9 elles se rec\vr5t leur base de =mations gologiques n\velles et s'ent\r5t1 comme les autres montagnes1 d'assises de galets1 de sable ou d'argile4 ,a la longue1 le reg>d du savant peut seul reconnatre qu'elles ont jailli du se9 de la gr&e f\rnaise1 la t]re1 comme une masse de mtal en fusion4 ,p>mi les anci5s monts qui font p>tie de ces massifs et de ces sy/mes qu'on appelle les colonnes v]tbrales des cont95ts1 il en e/ un gr& nombre qui sont composs de ro*es trs ressemblantes aux laves actuelles et d'une con/itution *imique analogue4 ,comme ces laves1 porphyres1 trapps et mtaphyres sont sortis de t]re p> de l>ges fissures et se sont tals sur le sol1 p>eils une matire visqueuse qui se fig]ait bi5tt au contact de l'air1 la plup>t des ro*es granitiques sembl5t s'tre =mes de la mme manire2 elles sont cri/all9es comme les laves1 et leurs cri/aux ont p\r lm5ts les mmes corps simples1 le silicium et l'alum9ium4 ,n'e/-il pas raisonnable de p5s] que ces granits ont t1 eux aussi1 une masse pteuse1 et que des crevasses du sol ont donn passage leurs c\les brlantes8 ,t\tefois1 ce n'e/ l qu'une hypo?se en discussion et non une vrit dmontre4 ,de mme que les laves qui jailliss5t du sol s\lv5t p>fois des lambeaux de t]ra9s avec leurs =ts ou leurs gazons1 de mme on p5se que l'ruption des granits ou autres ro*es semblables a t la cause la plus frqu5te du s\lvem5t des assises de =mations div]ses qui con/itu5t la p>tie la plus considrable des montagnes4 ,des /rates de calcaire1 de sable1 d'argile1 que les eaux de la m] ou d'un lac avai5t jadis dposes en c\*es p>allles sur le fond de leur lit1 et qui tai5t dev5ues la pellicule extrieure de la t]re1 aurai5t t a9si ployes et r$resses p> la masse qui s'levait des pr(ondeurs et qui *]*ait une issue4 ,ici le flot montant du granit aurait bris les assises suprieures en les et en lots qui1 t\t disloqus1 f5dills1 *iffonns en plissem5ts biz>res1 sont p>s ma9t5ant dans les dpressions et sur les saillies de la ro*e s\levante2 ailleurs1 le granit ne se s]ait ouv]t dans le sol qu'une seule crevasse de sortie en reployant de ct et d'autre les assises extrieures1 suivant les angles d'incl9aison les plus div]s2 ailleurs encore1 le granit1 sans mme se faire j\r1 n'en aurait pas mo9s bossu les c\*es suprieures4 ,celles-ci1 s\s la pression qui les a fait se ploy]1 aurai5t cess d'tre pla9es p\r dev5ir coll9es et montagnes4 ,a9si1 mme les hauteurs =mes de /rates paisiblem5t dposes au fond des eaux aurai5t pu se dress] en cimes1 de la mme manire que les protubrances de laves2 un puits creus trav]s les c\*es sup]poses atte9drait le noyau de porphyre ou de granit4 ,en admettant que la plup>t des montagnes ont fait leur app>ition la manire des laves1 la cause qui a fait jaillir du sol t\tes ces matires en fusion re/e encore reconnatre p> la p5se4 ,d'ord9aire on suppose qu'elles en ont t exprimes1 p\r a9si dire1 p> la contraction de l'enveloppe extrieure du globe1 qui se refroidit l5tem5t en rayonnant de la *aleur dans les espaces4 ,jadis1 notre plante tait une g\tte brlante de mtal4 ,en r\lant dans les cieux froids1 elle s'e/ fige peu peu4 ,mais la pellicule seule e/-elle solidifie1 a9si qu'on aime le rpt]1 ou bi5 la g\tte entire e/-elle dev5ue dure jusque dans son noyau8 ,on ne le sait pas encore1 c> ri5 ne pr\ve que les laves de nos volcans sort5t d'un imm5se rs]voir remplissant t\t l'intrieur du globe4 ,n\s savons seulem5t que ces laves s'lanc5t p>fois des crevasses du sol et c\l5t la surface2 de mme les granits1 les porphyres et autres ro*es semblables aurai5t c\l hors des f5tes de l'corce t]re/re1 comme la sve s'*appe de la blessure d'une plante4 ,la m>e de pi]res fondues s]ait monte de l'intrieur1 s\s la pression de l'enveloppe plantaire1 graduellem5t ress]re p> l'effet de son propre refroidissem5t4 ,,*apitre ,v ,,les ,,fossiles ,quelle que soit l'orig9e premire de la montagne1 son hi/oire n\s e/ du mo9s connue depuis une poque de beauc\p antrieure aux annales de notre humanit4 ,a pe9e c5t c9quante gnrations d'hommes se sont succd depuis que se sont accomplis les premi]s actes de nos anctres dont il soit re/ des tmoignages2 avant cette poque1 l'exi/5ce de notre race ne n\s e/ plus rvle que p> des monum5ts inc]ta9s4 ,l'hi/oire de la montagne inanime e/ crite1 au contraire1 en c>actres visibles depuis des millions de sicles4 ,le gr& fait1 celui qui frappait dj nos aeux ds l'enfance de la civilisation1 et qu'ils ont div]sem5t racont dans leurs lg5des1 e/ que les ro*es di/ribues en assises rgulires1 en c\*es places les unes au-dessus des autres comme les pices d'un difice1 ont t dposes p> les eaux4 ,qu'on se promne au bord d'une rivire2 que mme1 p> un j\r de pluie1 on reg>de la rigole temporaire qui se =me dans les dpressions du sol1 et l'on v]ra le c\rant s'emp>] des gravi]s1 des gra9s de sable1 des p\ssires et de t\s les dbris p>s1 p\r les di/ribu] avec ordre sur le fond et sur les rivages de son lit2 les fragm5ts les plus l\rds se dpos]ont en c\*es l'endroit o l'eau p]d la rapidit de son impulsion premire1 les molcules plus lgres iront plus lo9 s'tal] en /rates la surface unie2 enf9 les argiles tnues1 dont le poids dpasse pe9e celui de l'eau1 se tass]ont en nappes p>t\t o s'arrte le m\vem5t torr5tiel de l'eau4 ,sur les plages et dans les bass9s des lacs et des m]s1 les assises de dbris successivem5t dposes sont encore bi5 plus rgulires1 c> les eaux n'y ont pas la m>*e imptueuse des ondes fluviales1 et t\t ce que reoit leur surface se tamise trav]s la pr(ondeur de leurs eaux en re/ant1 sans que ri5 vi5ne tr\bl] l'action gale des vagues et des c\rants4 ,c'e/ a9si que1 dans la gr&e nature1 se fait la division du travail4 ,sur les ctes ro*euses de l',ocan1 assaillies p> les flots du l>ge1 on ne voit que galets et caill\x entasss4 ,ailleurs1 s't5d5t p]te de vue des plages de sable f91 sur lesquelles le flot de m>e se dr\le en volutes d'cume4 ,les sondeurs qui tudi5t le fond de la m] n\s dis5t que1 sur de va/es espaces1 gr&s comme des prov9ces1 les dbris que rapport5t leurs in/rum5ts se compos5t t\j\rs d'une vase uni=me1 plus ou mo9s mlange d'argile ou de sable1 suivant les div]s p>ages4 ,ils ont aussi con/at qu'en d'autres p>ties de la m] la ro*e qui se =me au fond du lit m>9 e/ de la craie pure4 ,coquillages1 spicules d'ponges1 animalcules de t\te sorte1 organismes infrieurs1 siliceux ou calcaires1 tomb5t incessamm5t en pluie des eaux de la surface1 et se ml5t aux tres innombrables qui s'accumul5t1 viv5t et meur5t sur le fond1 en multitudes assez gr&es p\r con/itu] des assises aussi paisses que celles de nos montagnes2 et d'ailleurs1 celles-ci ne sont-elles pas =mes de dbris du mme g5re8 ,dans un av5ir inconnu1 lorsque les abmes actuels de l',ocan s'tal]ont en pla9es ou se r$ress]ont en sommets la lumire du soleil1 nos desc5dants v]ront des t]ra9s gologiques semblables ceux que n\s contemplons auj\rd'hui1 et qui peut-tre auront disp>u1 m5uiss en fragm5ts p> les eaux fluviales4 ,p5dant la srie des ges1 les assises de =mations m>itimes et lacu/res1 dont la plus gr&e p>tie de notre montagne e/ compose1 sont arrives occup] une gr&e hauteur au-dessus de la m] leur position p5*ante et cont\rne en plissem5ts biz>res4 ,qu'elles ai5t t s\leves p> une pression v5ue d'en bas1 ou bi5 que l',ocan se soit abaiss p> suite du refroidissem5t et de la contraction de la t]re ou p> t\te autre cause1 et que1 de cette manire1 il ait laiss des c\*es de grs et de calcaire sur les anci5s bas-fonds dev5us cont95ts1 ces assises sont l ma9t5ant1 et n\s p\vons notre aise tudi] les dbris que nombre d'entre elles ont rapports du monde s\s-m>94 ,ces dbris1 ce sont les fossiles1 re/es de plantes et d'animaux cons]vs dans la ro*e4 ,il e/ vrai1 les molcules qui con/ituai5t le squelette animal ou vgtal de ces corps ont disp>u1 aussi bi5 que le tissu des *airs et les g\ttes de sang ou de sve2 mais le t\t a t remplac p> des gra9s de pi]re qui ont g>d la =me et jusqu' la c\leur de l'tre dtruit4 ,dans l'paisseur de ces pi]res1 ce sont les coquillages des mollusques et les disques1 les b\les1 les p9es1 les cyl9dres1 les baguettes siliceuses et calcaires des =am9ifres et des diatomes qui se r5contr5t en plus tonnantes multitudes2 mais il s'y tr\ve aussi des =mes qui remplac5t exactem5t les *airs molles de ces tres organiss2 on voit des squelettes de poissons avec leurs nageoires et leurs cailles2 on reconnat des lytres d'insectes1 des bran*illes et des feuilles2 on di/+ue jusqu' des traces de pas1 et1 sur la ro*e dure qui fut jadis le sable inc]ta9 des plages1 on retr\ve l'empre9te des g\ttes de pluie et l'entre-croisem5t des sillons tracs p> les vaguelettes du bord4 ,les fossiles1 =t r>es dans c]ta9es ro*es de =mation m>9e1 trs nombreux au contraire en d'autres assises1 et con/ituant la masse presque entire des m>bres et des craies1 n\s s]v5t reconnatre l'ge relatif des assises qui se sont dposes p5dant la srie des temps4 ,en effet1 t\tes les c\*es fossillifres n'ont pas t r5v]ses et biz>rem5t entremles p> les failles et p> les b\lis1 la plup>t d'entre elles ont mme g>d leur sup]position rgulire1 de sorte que l'on peut obs]v] et recueillir les fossiles dans l'ordre de leur app>ition4 ,l o les assises1 encore dans leur tat normal1 ont la position qu'elles avai5t jadis1 aprs avoir t dposes p> les eaux m>9es ou lacu/res1 le coquillage que l'on dc\vre dans la c\*e suprieure e/ c]ta9em5t plus mod]ne que celui des c\*es situes au-dess\s4 ,des c5ta9es1 des milli]s d'annes1 reprs5tes p> les innombrables molcules int]mdiaires du grs ou de la craie1 ont sp> les deux exi/5ces4 ,si les mmes espces de plantes et d'animaux avai5t t\j\rs vcu sur la t]re depuis le j\r o ces organismes vivants fir5t leur premire app>ition sur l'corce refroidie de la plante1 on ne p\rrait jug] de l'ge relatif des deux c\*es t]re/res sp>es l'une de l'autre4 ,mais des tres diffr5ts n'ont cess de se succd] p5dant les ges et p> consqu5t dans les assises sup]poses4 ,c]ta9es =mes1 qui se montr5t en trs gr&e abondance au se9 des ro*es /ratifies les plus anci5nes1 devi5n5t peu peu plus r>es dans les ro*es d'orig9e mo9s loigne1 puis f9iss5t p> disp>atre t\t fait4 ,les n\velles espces qui succd5t aux premires ont aussi1 comme *aque tre en p>ticuli]1 leur priode de r5aissance1 de propagation1 de dprissem5t et de mort2 on p\rrait comp>] *aque espce de fossile animal ou vgtal un arbre gigantesque1 dont les rac9es plong5t dans les t]ra9s infrieurs d'antique =mation1 et dont le tronc se ramifie et se p]d dans les c\*es hautes d'orig9e plus rc5te4 ,les gologues1 qui1 dans les div]s pays du monde1 pass5t leur temps exam9] les ro*es et les tudi] molcule molcule1 af9 d'y dc\vrir les ve/iges d'tres jadis vivants1 ont pu1 grce l'ordre de succession des fossiles de t\te espce1 reconnatre aux re/es enf]ms l'ge relatif des div]ses assises de la t]re qu'ont dposes les eaux4 ,ds que les obs]vations comp>es ont t assez nombreuses1 il dev9t mme s\v5t facile1 la vue d'un seul fossile1 de dire quelle poque des ges t]re/res app>ti5t la ro*e o il s'e/ r5contr4 ,une pi]re quelconque de grs1 de s*i/e ou de calcaire1 (fre une empre9te bi5 nette de coquille ou de plante2 cela suffit p>fois4 ,le naturali/e1 sans cra9te de se tromp]1 dcl>e que la pi]re dans laquelle e/ m>que cette empre9te app>ti5t telle ou telle srie de ro*es et doit tre classe telle ou telle poque dans l'hi/oire de la plante4 ,ces fossiles rvlateurs1 qui1 s\s =me d'tres vivants1 s'agitai5t1 il y a des millions d'annes1 dans la vase des abmes ocaniques1 se retr\v5t ma9t5ant t\tes les hauteurs1 dans les assises des montagnes4 ,on en voit sur la plup>t des cimes pyrnennes1 ils con/itu5t des ,alpes entires2 on les reconnat sur le ,caucase et sur les ,cordillres4 ,l'homme les v]rait galem5t sur les sommets de l',himalaya1 s'il p\vait s'lev] ces hauteurs4 ,ce n'e/ pas t\t3 ces nappes fossilifres1 qui dpass5t auj\rd'hui la zone moy5ne des nuages1 atteignai5t autrefois des altitudes beauc\p plus considrables4 ,en ma9ts endroits1 sur un v]sant des montagnes1 on con/ate que des assises de ro*es sont plus ou mo9s s\v5t int]rompues4 et l1 peut-tre1 le gologue retr\ve dans les vallons quelques lambeaux de ces t]ra9s2 mais les c\*es cont9ues ne repr5n5t que bi5 lo9 de l1 sur le v]sant oppos de la montagne4 ,que sont dev5us les fragm5ts int]mdiaires8 ,ils exi/ai5t jadis1 c>1 mme en les brisant1 la masse granitique1 montant de l'intrieur1 n'a pu que les f5dill]2 mais les assises lz>des n'en re/ai5t pas mo9s sur le sommet glissant4 ,,*apitre ,,vi ,,la ,,de/ruction ,,des ,,cimes ,et p\rtant ces masses normes1 monts empils sur des monts1 ont pass comme des nuages que le v5t balaye du ciel2 les assises de trois1 quatre ou c9q kilomtres d'paisseur1 que la c\pe gologique des ro*es n\s rvle avoir exi/ jadis1 ont disp>u p\r entr] dans le circuit d'une cration n\velle4 ,il e/ vrai1 la montagne n\s p>at encore =midable1 et n\s en contemplons avec une admiration mle d'effroi les pics sup]bes pntrant au-dessus des nues dans l'air glac de l'espace4 ,si hautes sont ces pyramides neigeuses qu'elles n\s ca*5t une moiti du ciel2 d'en bas1 ses prcipices1 qu'essaye va9em5t de mesur] notre reg>d1 n\s donn5t le v]tige4 ,nanmo9s1 t\t cela n'e/ plus qu'une ru9e1 un simple dbris4 ,autrefois1 les c\*es d'ardoises1 de calcaires1 de grs1 qui s'appui5t la base de la montagne et se r$ress5t et l en sommets secondaires1 se rejoignai5t1 p>-dessus la cime granitique1 en c\*es uni=mes2 elles aj\tai5t leur norme paisseur l'lvation dj si gr&e du pic suprme4 ,la hauteur de la montagne tait d\ble1 la po9te atteignait alors cette rgion o l'atmosphre e/ si r>e que l'aile mme de l'aigle n'a plus la =ce de s'y s\t5ir4 ,ce n'e/ plus le reg>d1 c'e/ l'imag9ation qui s'effraye la p5se de ce que la montagne tait alors1 et de ce que les neiges1 les glaces1 les pluies et les temptes lui ont enlev p5dant la srie des ges4 ,quelle hi/oire inf9ie1 quelles vicissitudes sans nombre dans la succession des plantes1 des animaux et des hommes1 depuis que les monts ont a9si *ang de =me et p]du la moiti de leur hauteur6 ,ce prodigieux travail de dblai n'a1 d'ailleurs1 pu s'accomplir sans qu'il en re/e1 en ma9ts endroits1 des traces irrcusables4 ,les dbris qui ont gliss du haut des cimes avec les neiges1 que la glace a p\sss devant elle1 que les eaux ont triturs1 m5uiss1 entrans en caill\x1 en gravi]s et en sables1 ne sont pas t\s ret\rns la m]1 d'o ils tai5t sortis une priode antrieure2 d'normes amas se voi5t encore dans l'espace qui sp>e les p5tes h>dies de la montagne et les t]res basses riv]a9es de l',ocan4 ,dans cette zone int]mdiaire1 o les coll9es se dr\l5t en longues ondulations1 comme les vagues de la m]1 le sol e/ en enti] compos de pi]res r\les et de gravois entasss4 ,t\t cela1 ce sont les re/es de la montagne1 que les eaux ont rduite en m5us fragm5ts1 transporte en dtail et dv]se en normes alluvions l'issue des gr&es valles4 ,les torr5ts desc5dus des hauteurs f\ill5t leur aise dans ces plateaux de dbris1 et en font b\l] les talus dans le sillon qu'ils se sont creus4 ,sur les p5tes du foss pr(ond o s]p5t5t les eaux1 on reconnat1 dans un dsordre app>5t1 les div]ses ro*es qui ont s]vi de matriaux au gr& difice de la montagne3 voici les blocs de granit et les fragm5ts de porphyre2 voil des s*i/es aux artes aigus demi enf\is dans le sable2 ailleurs sont des morceaux de qu>tz1 des grs1 des caill\x calcaires1 des rognons de m9]ai1 des cri/aux m\sss4 ,on y tr\ve aussi des fossiles d'poques diffr5tes1 et1 dans les espaces o les eaux ont t\rnoy longtemps1 se sont arrts d'innombrables squelettes d'animaux flotts4 ,c'e/ l qu'on a dc\v]t1 p> milli]s1 les ossem5ts des hipp>ions1 des auro*s1 des lans1 des rh9ocros1 des ma/odontes1 des mamm\?s et autres gr&s mammifres qui p>c\rai5t autrefois nos campagnes et qui ma9t5ant ont disp>u1 cdant l'homme l'empire du monde4 ,les torr5ts qui apportr5t t\s ces dbris les emport5t pice pice en les rduisant en p\ssire4 ,squelettes et fossiles1 argiles et sables1 blocs de s*i/e1 de grs et de porphyre1 t\t s'effondre peu peu1 t\t pr5d le *em9 de la m]2 l'imm5se travail de dnudation qui s'e/ accompli p\r la gr&e montagne recomm5ce en petit p\r les amas de dcombres2 rav9s p> les eaux1 ils s'abaiss5t graduellem5t en hauteur1 ils se fragm5t5t en coll9es di/9ctes4 ,nanmo9s1 mme amo9dri comme il l'e/ p> le travail des sicles1 t\t cr\lant et ru91 le plateau de dbris qui s't5d la base de la montagne suffirait p\r aj\t] quelques milli]s de mtres la gr&e cime1 s'il repr5ait sa position premire dans les assises de la ro*e4 ,c'e/ en l*ant les monts1 dit une antique prire des ,ind\s1 que la va*e cle/e1 c'e/--dire la pluie des cieux1 a =m les campagnes4 ,s\s nos yeux mmes se p\rsuit le travail de dnudation des ro*es avec une tonnante activit4 ,il e/ des montagnes1 composes de matriaux peu cohr5ts1 que n\s voyons se fondre1 se diss\dre1 p\r a9si dire3 des gorges se creus5t dans les flancs du mont1 des br*es s'ouvr5t au milieu de la crte2 rav9e p> les avalan*es et p> les eaux d'orage1 la gr&e masse1 nagure une et solitaire1 se divise peu peu en deux cimes di/9ctes1 qui sembl5t s'loign] l'une de l'autre mesure que le g\ffre de sp>ation e/ plus pr(ondm5t f\ill4 ,au pr9temps surt\t1 alors que le sol a t dtremp p> les neiges fondantes1 les b\lis1 les tassem5ts1 les rosions pr5n5t de telles proportions1 que la montagne entire semble v\loir s'affaiss] et pr5dre le *em9 de la pla9e4 ,un j\r de d\ce et humide *aleur1 je m'tais av5tur dans une gorge de la montagne1 p\r en revoir encore une fois les neiges1 avant que les eaux pr9tanires les euss5t emportes4 ,elles ob/ruai5t t\j\rs le fond du rav91 mais en ma9t endroit elles tai5t mconnaissables1 tant elles tai5t rec\v]tes de dbris noirtres et mlangs de b\e4 ,les ro*es ardoises qui dom9ai5t la gorge semblai5t *anges en une sorte de b\illie et s'abmai5t en l>ges pans2 la fange noire qui su9tait en ruisseaux des p>ois du dfil s'eng\ffrait avec un s\rd clapotem5t dans la neige demi liquide4 ,de t\tes p>ts1 je ne voyais que cat>actes de neige s\ille et de dbris2 in/9ctivem5t1 je me dem&ais1 avec une sorte d'effroi1 si les ro*]s1 se fondant comme la neige elle-mme1 n'allai5t pas s'unir p>-dessus la valle en une seule masse visqueuse et s'pan*] au lo9 dans les campagnes4 ,le torr5t1 que j'ap]cevais et l p> des puits au fond desquels s'tai5t effondres les c\*es suprieures de neiges1 p>aissait trans=m en un fleuve d'encre1 tant ses eaux tai5t *>ges de dbris2 c'tait une norme masse de fange en m\vem5t4 ,au lieu du son clair et joyeux que j'tais acc\tum d'ent5dre1 le torr5t r5dait un mugissem5t cont9u1 celui de t\s les dcombres entre-*oqus r\lant au fond du lit4 ,c'e/ au pr9temps surt\t1 l'poque annuelle de la rnovation t]re/re1 que l'on voit s'accomplir ce prodigieux travail de de/ruction4 ,en outre1 un imm5se travail invisible se fait dans la pi]re elle-mme4 ,t\s les *angem5ts causs p> les mtores ne sont que des modifications extrieures2 les trans=mations intimes qui s'accompliss5t dans les molcules de la ro*e ont1 p> leurs rsultats1 une importance au mo9s gale4 ,t&is que la montagne se dlite en dehors et *ange incessamm5t d'aspect1 elle pr5d l'intrieur une /ructure n\velle1 et les assises mmes se modifi5t dans leur composition4 ,pris en son ensemble1 le mont e/ un imm5se laboratoire naturel1 o t\tes les =ces physiques et *imiques sont l'uvre1 se s]vant1 p\r accomplir leur travail1 de cet ag5t s\v]a9 que l'homme n'a pas sa disposition1 le temps4 ,d'abord1 l'norme poids de la montagne1 gal des c5ta9es de milli>ds de tonnes1 pse d'une telle puissance sur les ro*es infrieures1 qu'elle donne plusieurs d'entre elles une app>5ce bi5 diffr5te de celle qu'elles avai5t en m]geant des m]s4 ,peu peu1 s\s la =midable pression1 les ardoises et les autres =mations s*i/euses pr5n5t une disposition feuillete4 ,p5dant les milli]s et les milli]s de sicles qui s'c\l5t1 les molcules comprimes s'am9ciss5t en folioles que l'on peut ensuite sp>] facilem5t1 lorsque1 aprs quelque rvolution gologique1 la ro*e se tr\ve de n\veau ram5e la surface4 ,l'action de la *aleur t]re/re1 qui1 jusqu' une c]ta9e di/ance du mo9s1 s'accrot avec la pr(ondeur1 contribue aussi *ang] la /ructure des ro*es4 ,c'e/ a9si que les calcaires ont t trans=ms en m>bres4 ,mais non seulem5t les molcules des ro*]s se rappro*5t ou s'loign5t et se gr\p5t div]sem5t1 suivant les conditions physiques dans lesquelles elles se tr\v5t p5dant le c\rs des ges1 mais la composition des pi]res *ange galem5t2 c'e/ un *ass-crois cont9uel1 un voyage incessant des corps qui se dplac5t1 s'entreml5t1 se p\rsuiv5t4 ,l'eau qui pntre p> t\tes les fissures dans l'paisseur de la montagne et celle qui remonte en vapeur des abmes pr(onds s]v5t de vhicule pr9cipal ces lm5ts qui s'attir5t1 puis se rep\ss5t1 entrans dans le gr& t\rbillon de la vie gologique4 ,dans les f5tes de la montagne le cri/al e/ *ass p> un autre cri/al2 le f]1 le cuivre1 l'arg5t ou l'or remplac5t l'argile ou la *aux2 la ro*e t]ne s'irise de la multitude des sub/ances qui la pntr5t4 ,p> le dplacem5t du c>bone1 du s\fre1 du phosphore1 la *aux devi5t m>ne1 dolomite1 pltre-gypse cri/all92 p> suite de ces n\velles comb9aisons1 la ro*e se gonfle ou se ress]re1 et des rvolutions s'accompliss5t avec l5teur dans le se9 de la montagne4 ,bi5tt la pi]re1 comprime dans un espace trop troit1 s\lve1 c>te les assises sur9combantes1 fait cr\l] d'normes pans et1 p> de l5ts ef=ts dont les rsultats sont les mmes que ceux d'une explosion prodigieuse1 donne un n\veau gr\pem5t aux ro*es de la montagne4 ,tantt la pi]re se contracte1 se f5dille1 se creuse en grottes1 en gal]ies1 et de gr&s cr\lem5ts s'y produis5t1 modifiant a9si l'aspect et la =me extrieure du mont4 ,a *aque modification intime dans la composition de la ro*e correspond un *angem5t dans le relief4 ,la montagne rsume en elle t\tes les rvolutions gologiques4 ,elle a cr p5dant des milli]s de sicles1 dcr p5dant d'autres milli]s1 et dans ses assises se succd5t sans f9 t\s les phnomnes de croissance et de dcroissance1 de =mation et de de/ruction1 qui s'accompliss5t plus en gr& p\r la gr&e ,t]re4 ,l'hi/oire de la montagne e/ celle de la plante elle-mme2 c'e/ une de/ruction incessante1 un r5\vellem5t sans f94 ,*aque ro*e rsume une priode gologique4 ,dans cette montagne au pr(il si gracieux1 surgissant de la t]re avec une si noble attitude1 on croirait voir l'uvre d'un j\r1 tant l'ensemble a d'unit1 tant les dtails conc\r5t l'h>monie gnrale4 ,et p\rtant cette montagne a t sculpte p5dant une myriade de sicles4 ,ici1 quelque vieux granit raconte les vieux ges o la fibre vgtale n'avait pas encore rec\v]t la scorie t]re/re4 ,le gneiss1 qui lui-mme se =ma peut-tre l'poque o plantes et animaux tai5t encore natre1 n\s dit que1 lorsque l',ocan le dposa sur ses rives1 des montagnes avai5t t dj dmolies p> les flots4 ,la plaque d'ardoise qui g>de l'os d'un animal1 ou seulem5t une lgre empre9te1 n\s raconte l'hi/oire des gnrations innombrables qui se sont succd la surface de la t]re dans l'incessante bataille de la vie2 les traces de h\ille n\s p>l5t de ces =ts imm5ses dont *acune en m\rant n'a fait qu'une lgre c\*e de *>bon2 la falaise calcaire1 amas d'animalcules que n\s rvle le microscope1 n\s fait assi/] au travail des multitudes d'organismes qui pullulai5t au fond des m]s2 les dbris de t\te espce n\s montr5t les eaux de pluie1 les neiges1 les glaci]s1 les torr5ts1 dblayant jadis les monts comme ils le font auj\rd'hui1 et *angeant d'ge en ge le ?tre de leur activit4 ,a la p5se de t\tes ces rvolutions1 de ces trans=mations incessantes1 de cette srie cont9ue de phnomnes qui se produis5t dans la montagne1 du rle qu'elle remplit dans la vie gnrale de la t]re et dans l'hi/oire de l'humanit1 on compr5d les premi]s potes1 qui1 la base du ,pamir ou du ,bolor1 racontr5t les my!s d'o sont drivs t\s les autres4 ,ils n\s dis5t que la montagne e/ une cratrice4 ,c'e/ elle qui v]se dans les pla9es les eaux f]tilisantes et leur envoie le limon n\rrici]2 elle qui1 avec l'aide du soleil1 fait natre les plantes1 les animaux et les hommes2 elle qui fleurit le ds]t et le p>sme de cits heureuses4 ,suivant une anci5ne lg5de hellnique1 celui qui fit surgir les monts et modela la t]re fut ros1 le dieu t\j\rs jeune1 le premi]-n du *aos1 la nature qui se r5\velle sans cesse1 le dieu de l't]nel am\r4 ,,*apitre ,,vii ,,les ,,b\lis ,non seulem5t la montagne se trans=me incessamm5t en pla9e p> les rosions que lui font subir les pluies1 les geles1 les neiges glissantes1 les avalan*es1 mais encore des fragm5ts considrables s'en d*ir5t violemm5t p\r s'cr\l] t\t c\p4 ,p>eille cata/rophe e/ frqu5te dans les p>ties du mont o les /rates1 r$resses ou surplombantes1 sont l>gem5t sp>es les unes des autres p> des matires de nature diffr5te que l'eau peut dblay] ou diss\dre4 ,que ces sub/ances int]mdiaires vi5n5t disp>atre1 et les assises1 dp\rvues d'appui1 doiv5t tt ou t>d s'cr\l] dans la valle4 ,a ct des gr&s esc>pem5ts1 ces dbris tombs =m5t une butte1 un monticule ou mme une montagne secondaire4 ,une cime1 d'ailleurs leve1 que j'aimais gravir cause de son isolem5t et de la fire beaut de ses artes1 m'avait t\j\rs p>u1 comme le gr& sommet lui-mme1 tre une ro*e indp5dante1 t5ant p> ses assises pr(ondes la t]re s\s-jac5te2 ce n'tait p\rtant qu'un pan dta* de la montagne vois9e4 ,je le reconnus un j\r la position des c\*es et l'aspect des plans de brisure encore visibles sur les deux p>ois correspondantes4 ,la masse cr\le qui portait des hameaux et des *amps1 des bois et des pturages1 n'avait eu1 aprs la rupture1 qu' pivot] sur sa base et se r5v]s] sur elle-mme4 ,une de ses faces s'tait enfonce dans le sol1 t&is que de l'autre ct elle s'tait p>tiellem5t drac9e4 ,dans sa *ute1 elle avait f]m l'issue de t\te une valle1 et le torr5t qui1 jadis1 c\lait paisiblem5t dans le fond1 avait d se trans=m] en lac1 p\r combl] le cirque dans lequel il tait enf]m et d'o il r$esc5d auj\rd'hui p> une succession de rapides et de cascades4 ,sans d\te ces *angem5ts se fir5t avant que le pays ft habit1 c> la tradition de l'vnem5t ne s'e/ po9t cons]ve4 ,c'e/ le gologue qui raconte au paysan l'hi/oire de sa propre montagne4 ,quant aux cr\lem5ts de mo9dre importance1 ces *utes de ro*]s qui1 sans *ang] s5siblem5t l'aspect de la contre1 n'en ru95t pas mo9s les ptures1 n'en cras5t pas mo9s les villages avec leurs habitants1 les montagn>ds n'ont pas beso9 qu'on vi5ne les leur dcrire2 ils ont t malheureusem5t trop s\v5t les tmo9s de ces vnem5ts t]ribles4 ,d'ord9aire1 ils en sont av]tis quelque temps l'avance4 ,la p\sse intrieure de la montagne en travail fait vibr] incessamm5t la pi]re du haut en bas des p>ois4 ,de petits fragm5ts1 demi descells1 se dta*5t d'abord et r\l5t en bondissant le long des p5tes4 ,des masses plus l\rdes1 entranes leur t\r1 suiv5t les pi]railles en dess9ant comme elles de puissantes c\rbes dans l'espace4 ,puis vi5n5t des pans de ro*e enti]s2 t\t ce qui doit cr\l] rompt les atta*es qui le ret5ai5t l'ossature intrieure de la montagne1 et d'un c\p la grle effroyable de qu>ti]s de ro*es s'abat sur la pla9e branle4 ,le fracas e/ indicible2 on dirait un conflit entre c5t ouragans4 ,mme en ple9 j\r1 les dbris de ro*es1 mls la p\ssire1 la t]re vgtale1 aux fragm5ts de plantes1 obscurciss5t compltem5t le ciel2 p>fois de s9i/res clairs1 prov5ant des ro*]s qui s'entre-*oqu5t1 jailliss5t de ces tnbres4 ,aprs la tempte1 qu& la montagne ne sec\e plus dans la pla9e ses ro*es disjo9tes1 qu& l'atmosphre s'e/ claircie de n\veau1 les habitants des campagnes p>gnes se rappro*5t et vi5n5t contempl] le dsa/re4 ,*alets et j>d9s1 enclos et pturages ont disp>u s\s le hideux *aos de pi]res2 des amis1 des p>5ts y dorm5t aussi de leur gr& sommeil4 ,des montagn>ds m'ont racont que1 dans leur valle1 un village1 deux fois dtruit p> des avalan*es de pi]res1 a t rebti une troisime fois sur le mme emplacem5t4 ,les habitants aurai5t bi5 v\lu s'enfuir et faire *oix p\r leur demeure de quelque valle bi5 l>ge1 mais nulle communaut vois9e ne v\lut les accueillir et leur cd] des t]res2 ils ont d re/] s\s la m5ace des ro*es susp5dues4 ,*aque soir1 quelques c\ps de clo*e leur rappell5t les t]reurs du pass et les av]tiss5t du sort qui les atte9dra peut-tre p5dant la nuit4 ,nombre de ro*es tombes1 que l'on ap]oit au milieu des *amps1 ont une t]rible lg5de2 mais on en montre aussi quelques-unes qui ont manqu leur proie4 ,un de ces blocs normes surplombant et dont la base tait de t\tes p>ts enrac9e dans le sol se dresse ct du *em94 ,en admirant ses proportions sup]bes1 sa masse puissante1 la f9esse de son gra91 je ne p\vais me df5dre d'une sorte d'effroi4 ,un petit s5ti]1 se dta*ant de la r\te1 allait droit v]s le pi$ d'une =midable pi]re4 ,prs de l1 quelques dbris de vaisselle et de *>bon tai5t entasss la base2 une b>rire de j>d9 s'arrtait brusquem5t au ro*]1 et des plates-b&es de lgumes1 demi envahies p> les mauvaises h]bes1 ent\rai5t t\t un ct de l'norme masse4 ,qui avait *oisi cet endroit biz>re p\r y tablir son j>d9 et p\r l'ab&onn] ensuite8 ,je compris peu peu4 ,le s5ti]1 l'amas de *>bon1 le j>d91 app>t5ai5t nagure une maisonnette ma9t5ant crase s\s la ro*e4 ,p5dant la nuit de l'cr\lem5t1 un homme1 je l'ai su plus t>d1 dormait seul dans cette maison4 ,rveill en sursaut1 il ent5dit le fracas de la pi]re desc5dant de po9te en po9te sur le flanc de la montagne1 et1 dans sa frayeur1 il s'lana p> la f5tre p\r all] *]*] un abri d]rire la b]ge du torr5t4 ,a pe9e avait-il bondi hors de sa demeure que l'norme projectile s'abattait sur la cabane et l'enfonait s\s elle quelques mtres dans le sol4 ,depuis son heureuse escapade1 le brave homme a rebti sa hutte2 il l'a blottie avec confiance la base d'une autre ro*e tombe de la =midable p>oi4 ,dans ma9te valle de la montagne1 ce sont des cr\lem5ts de pi]res appels clapi]s1 lapiaz ou *aos1 qui =m5t les dfils1 o torr5ts et s5ti]s se fray5t difficilem5t leur passage4 ,ri5 de plus curieux que le dsordre de ces masses entremles en un labyr9! sans f94 ,l-haut1 sur le flanc du mont1 on di/+ue encore1 la c\leur et la =me des ro*es1 l'endroit o s'e/ produit l'effondrem5t2 mais on se dem&e avec /upeur comm5t un espace d'aussi faibles dim5sions app>5tes a pu vomir dans la valle un tel dluge de pi]res4 ,au milieu de ces blocs =midables et biz>res1 le voyageur se croirait dans un monde "p1 o ri5 ne rappelle la plante connue1 la surface unie ou d\cem5t m\vem5te4 ,des ro*es1 semblables des monum5ts fanta/iques1 se dress5t et l2 ce sont des t\rs1 des oblisques1 des por*es crnels1 des fts de colonnes1 des tombeaux r5v]ss ou deb\t4 ,des ponts d'un seul bloc ca*5t le torr5t2 on voit les eaux s'eng\ffr]1 disp>atre s\s l'norme arcade1 et l'on cesse mme d'en ent5dre la voix4 ,p>mi ces mon/rueux difices se montr5t des =mes gigantesques1 comme celles des animaux fossiles dont on retr\ve quelquefois les ossem5ts disloqus dans les c\*es t]re/res4 ,mamm\?s1 ma/odontes1 tortues gantes1 crocodiles ails1 t\s ces tres *imriques gr\ill5t dans l'effrayant *aos4 ,des milli]s de ces pi]res sont entasses dans le dfil1 et cep5dant une seule d'entre elles e/ de dim5sions suffisantes p\r s]vir de c>rire et f\rnir la con/ruction de villages enti]s4 ,ces clapi]s1 que je vois avec tant d'tonnem5t et au milieu desquels je ne m'av5ture qu'avec hsitation1 sont p\rtant peu de *ose1 en comp>aison de quelques cr\lem5ts de montagnes dont les dbris c\vr5t des di/ricts d'une gr&e t5due4 ,il e/ des massifs montagneux dont les cimes se compos5t de ro*es compactes et pesantes reposant elles-mmes sur des c\*es friables1 faciles dblay] p> les eaux4 ,dans ces massifs1 les *utes de pi]res sont un phnomne normal1 comme les avalan*es et la pluie4 ,on reg>de t\j\rs v]s les sommets p\r voir si l'cr\lem5t se prp>e4 ,dans une rgion peu loigne1 qu'on appelle le ,pays des ,ru9es1 il e/ deux montagnes qui1 d'aprs les rcits des habitants1 aurai5t jadis engag la lutte l'une contre l'autre4 ,les deux gants de pi]re1 dev5us vivants1 se s]ai5t arms de leurs propres ro*]s p\r s'entre-ru9] et se dmolir4 ,elles n'ont po9t russi1 puisqu'elles sont encore deb\t2 mais on peut s'imag9] les entassem5ts prodigieux de ro*]s qui1 depuis ce combat1 jon*5t au lo9 les pla9es4 ,quelquefois l'homme1 en dpit de sa faiblesse1 a essay d'imit] la montagne1 et cela p\r cras] d'autres hommes comme lui4 ,c'e/ aux dfils surt\t1 aux endroits o la gorge e/ troite et dom9e p> des esc>pem5ts rapides1 que se portai5t les montagn>ds p\r faire r\l] des blocs sur les ttes de leurs ennemis4 ,a9si les ,basques1 ca*s d]rire les br\ssailles sur les p5tes de la montagne d',altabisc>1 att5dai5t l'arme franaise du palad9 ,rol& qui devait pntr] dans l'troit passage de ,roncevaux4 ,lorsque les colonnes des soldats trang]s1 semblables un long s]p5t qui glisse dans une lz>de1 eur5t rempli le dfil1 un cri se fit ent5dre1 et les ro*es s'cr\lr5t en grle sur cette f\le qui se dr\lait en bas4 ,le ruisseau de la valle se gonfla du sang qui1 des membres crass1 s'c\lait comme le v9 d'un pressoir2 il r\la les corps huma9s et les *airs broyes comme il r\lait les pi]res en temps d'orage4 ,t\s les gu]ri]s francs prir5t1 mls les uns aux autres en une masse sanglante4 ,on montre encore au pi$ d',altabisc> l'endroit o le palad9 ,rol& m\rut avec ses compagnons2 mais les pi]res s\s lesquelles fut crase son arme ont depuis longtemps disp>u s\s le tapis de bruyres et d'ajoncs4 ,les rsultats de nos petits travaux huma9s sont peu de *ose en comp>aison des cr\lem5ts naturels qui se produis5t s\s l'action des mtores1 ou p> suite de la p\sse intrieure des monts4 ,mme aprs de longs sicles1 les gr&es avalan*es de pi]res prs5t5t un aspect tellem5t b\lev]s qu'elles laiss5t dans l'esprit une impression d'horreur et d'effroi4 ,mais qu& la nature a f9i p> rp>] le dsa/re1 les sites les plus gracieux des montagnes sont prcism5t ceux o les esc>pem5ts se sont sec\s p\r gr5] des ro*]s leur base4 ,p5dant le c\rs des ges1 les eaux ont fait leur uvre2 elles ont apport de l'argile1 des sables tnus p\r recon/itu] leur lit et =m] aux abords une c\*e de sol vgtal2 les torr5ts ont peu peu dblay leur c\rs en rongeant ou en dplaant les pi]res qui les gnai5t2 l'espce de pav mon/rueux =m p> les ro*es plus petites s'e/ rec\v]t de gazon et s'e/ *ang en un pturage bossel1 hriss de po9tes2 les gr&s ro*]s eux-mmes se sont vtus de m\sse1 et et l se gr\p5t en monticules pittoresques2 des arbres en b\quets croiss5t ct de *aque saillie ro*euse et p>sm5t des massifs les plus *>mants le paysage dj si gracieux4 ,comme le visage de l'homme1 la face de la nature *ange de physionomie2 la grimace a succd le s\rire4 ,,*apitre ,,viii ,,les ,,nuages ,sur la gr&eur du globe1 la montagne1 t\te haute qu'elle app>at1 n'e/ qu'une simple rugosit mo9s =te en proportion que ne le s]ait une v]rue sur le corps d'un lphant3 c'e/ un po9t1 un gra9 de sable4 ,et p\rtant cette saillie1 tellem5t m9ime p> rapport la gr&e t]re1 baigne ses flancs et sa crte en des rgions ari5nes bi5 diffr5tes de celles des pla9es qui s]v5t de rsid5ce aux peuples4 ,le piton qui1 dans l'espace de quelques heures1 s'lve de la base du mont aux ro*]s de la cime1 fait en ralit un voyage plus gr&1 plus fcond en contra/es que s'il mettait des annes faire le t\r du monde1 trav]s les m]s et les rgions basses des cont95ts4 ,c'e/ que l'air pse en l\rde masse sur l',ocan et sur les contres qui se tr\v5t une faible di/ance au-dessus du niveau m>91 et que1 dans les hauteurs1 il se r>fie et devi5t de plus en plus lg]4 ,sur la t]re1 des c5ta9es et mme des milli]s de monts lv5t leurs sommets dans une atmosphre dont les molcules sont deux fois plus c>tes que celles de l'air des pla9es infrieures4 ,phnomnes de lumire1 de *aleur1 de climat1 de vgtation1 t\t e/ *ang l-haut2 l'air1 plus r>e1 laisse pass] plus facilem5t les rayons de *aleur1 qu'ils desc5d5t du soleil ou qu'ils remont5t de la t]re4 ,qu& l'a/re brille dans un ciel clair1 la temprature s'lve rapidem5t sur les p5tes suprieures2 mais1 ds qu'il se ca*e1 les hautes p>ties de la montagne se refroidiss5t aussitt2 p> le rayonnem5t1 elles p]d5t trs vite la *aleur qu'elles avai5t reue4 ,aussi le froid rgne-t-il presque t\j\rs sur les hauteurs2 dans nos montagnes1 il fait en moy5ne plus froid d'un degr p> *aque espace v]tical de deux c5ts mtres4 ,p\r n\s1 malheureux citad9s1 qui sommes condamns une atmosphre s\ille1 qui recevons dans nos p\mons un air t\t *>g de poisons1 respir dj p> des multitudes d'autres poitr9es1 ce qui n\s tonne et n\s rj\it le plus1 qu& n\s p>c\rons les hautes cimes1 c'e/ la m]veilleuse puret de l'air4 ,n\s respirons avec joie1 n\s buvons le s\ffle qui passe1 n\s n\s en laissons enivr]4 ,c'e/ p\r n\s l'ambroisie dont p>l5t les my?ologies antiques4 ,a nos pi$s1 lo91 bi5 lo9 dans la pla9e1 s't5d un espace brumeux et sale o le reg>d ne peut ri5 disc]n]4 ,l e/ la gr&e ville6 ,et n\s p5sons avec dgt aux annes p5dant lesquelles il n\s a fallu vivre s\s cette nappe de fume1 de p\ssire et d'hale9es impures4 ,quel contra/e entre cette vue des pla9es et l'aspect de la montagne1 lorsque la cime en e/ dgage de vapeurs et qu'on peut la contempl] de lo9 trav]s la l\rde atmosphre qui pse sur les t]res basses6 ,le spectacle e/ beau1 surt\t lorsque la pluie a fait tomb] sur le sol les p\ssires flottantes1 que l'air e/ rajeuni1 p\r a9si dire4 ,le pr(il de ro*]s et de neiges se dta*e nettem5t du bleu des cieux2 malgr l'norme di/ance1 le mont1 azur lui-mme comme les pr(ondeurs ari5nes1 se pe9t sur le ciel avec t\t son relief d'artes et de promontoires2 on di/+ue les vallons1 les rav9s1 les prcipices2 p>fois mme1 la vue d'un po9t noir qui se dplace l5tem5t sur les neiges1 on peut1 l'aide d'une lunette d'appro*e1 reconnatre un ami gravissant la cime4 ,le soir1 aprs le c\*] du soleil1 la pyramide se montre dans sa beaut la plus pure et la plus spl5dide la fois4 ,le re/e de la t]re e/ dans l'ombre1 le gris du crpuscule voile les horizons des pla9es2 l'entre des gorges e/ dj noircie p> la nuit4 ,mais l-haut t\t e/ lumire et joie4 ,les neiges1 que reg>de encore le soleil1 en rfl*iss5t les rayons roses2 elles flamboi5t1 et leur cl>t p>at d'autant plus vive que l'ombre monte peu peu1 envahissant successivem5t les p5tes1 les rec\vrant comme d'une t(fe noire4 ,a la f91 la cime e/ seule assez haute p\r ap]cevoir le soleil p>-dessus la c\rbure de la t]re2 elle s'illum9e comme d'une t9celle2 on dirait un de ces diamants prodigieux qui1 d'aprs les lg5des ind\es1 fulgurai5t au sommet des montagnes div9es4 ,mais s\da9 la flamme a disp>u1 elle s'e/ van\ie dans l'espace4 ,qu'on ne cesse de reg>d] p\rtant3 au reflet du soleil succde celui des vapeurs emp\rpres de l'horizon4 ,la montagne s'illum9e encore une fois1 mais d'un clat plus d\x4 ,la ro*e dure ne semble plus exi/] s\s son vtem5t de rayons2 il ne re/e qu'un mirage1 une lumire ari5ne2 on croirait que le mont sup]be s'e/ dta* de la t]re et flotte dans le ciel pur4 ,a9si1 la r>et de l'air des hautes rgions contribue la beaut des cimes1 en emp*ant les s\illures de la basse atmosphre de gagn] les sommets2 mais elle =ce aussi les vapeurs invisibles qui s'lv5t de la m] et des pla9es se cond5s] et s'atta*] en nuages aux flancs de la montagne4 ,d'ord9aire1 l'eau vaporise susp5due dans les c\*es infrieures de l'air ne s'y tr\ve pas en quantit assez considrable p\r qu'elle se *ange immdiatem5t en nues et retombe en pluies2 l'atmosphre o elle flotte la ma9ti5t l'tat de gaz invisible4 ,mais que la c\*e d'air monte dans le ciel1 emportant ses vapeurs1 elle se refroidira graduellem5t1 et son eau1 cond5se en molcules di/9ctes1 se rvl]a bi5tt4 ,c'e/ d'abord une nuelle presque imp]ceptible1 un flocon blanc dans le ciel bleu2 mais ce flocon s'en aj\t5t d'autres2 ma9t5ant1 c'e/ un voile dont les d*irures laiss5t et l pntr] le reg>d dans les pr(ondeurs de l'espace2 la f91 c'e/ une masse paisse se dployant en r\leaux ou s'entassant en pyramides4 ,il e/ de ces nuages qui se dress5t sur l'horizon en =me de vritables montagnes4 ,leurs crtes et leurs dmes1 leurs neiges1 leurs glaces respl5dissantes1 leurs rav9s ombreux1 leurs prcipices1 t\t le relief se rvle avec une nettet p>faite4 ,seulem5t1 les monts de vapeur sont flottants et fugitifs2 un c\rant d'air les a =ms1 un autre c\rant peut les d*ir] et les diss\dre4 ,a pe9e leur dure e/-elle de quelques heures1 t&is que celle des monts de pi]re e/ de millions d'annes3 mais en ralit la diffr5ce e/-elle donc si gr&e8 ,relativem5t la vie du globe1 nuages et montagnes sont galem5t des phnomnes d'un j\r4 ,m9utes et sicles se confond5t1 lorsqu'ils se sont eng\ffrs dans l'abme des temps4 ,les nues aim5t surt\t s'amoncel] aut\r des ro*es qui se dress5t en ple9 ciel4 ,les unes sont attires v]s le roc p> une lectricit contraire la leur propre2 les autres1 p\r*asses p> le v5t dans l'espace1 vi5n5t se heurt] sur les p5tes des monts1 gr&e b>rire place en trav]s de leur m>*e4 ,d'autres encore1 invisibles dans l'air tide1 ne se rvl5t qu'au contact de la pi]re froide ou des neiges2 c'e/ la montagne qui cond5se les vapeurs et les exprime de l'air1 p\r a9si dire4 ,que de fois1 en contemplant la cime ou quelque promontoire avanc1 j'ai vu les duvets des nuages naissants s'amass] aut\r de la po9te glace6 ,une fume s'lve1 semblable celle qui monte d'un cratre2 bi5tt *aque piton en e/ envelopp1 et le mont f9it p> s'ent\r] d'un turban de nuages qu'il a lui-mme tisss dans l'air transp>5t4 ,des ma9s invisibles1 semble-t-il1 travaill5t la =mation des temptes et la *ute des pluies4 ,qu& les habitants des pla9es voi5t la montagne disp>atre s\s un amas de nues1 ils compr5n5t1 la manire dont se coiffe le gant1 quel g5re de fte il leur prp>e4 ,qu& deux s\ffles d'air vi5n5t se r5contr] sa po9te1 l'un brlant1 l'autre froid1 la nue =me s\da9 se dresse haut en t\rbillonnant dans le ciel2 la montagne e/ un volcan1 et la vapeur s'en *appe incessamm5t avec une sorte de furie p\r all] se repli] au lo9 dans le ciel en une c\rbe imm5se4 ,des nuages dta*s s'p>pill5t librem5t dans le ciel1 ils se rejoign5t1 se c>d5t ou s'effil5t s\s le v5t1 s'tal5t ou s'envol5t et mont5t jusque dans l'atmosphre suprieure1 bi5 au-dessus des cimes les plus leves de la t]re2 la div]sit de leurs =mes e/ beauc\p plus gr&e que celle des nuages qui ceign5t les sommets de la montagne4 ,cep5dant ceux-ci prs5t5t galem5t une s+ulire mobilit d'aspect4 ,tantt ce sont des nues isoles qui se dplac5t avec les nappes d'air froid2 on les voit alors s]p5t] en rampant dans les rav9s ou *em9] le long des artes en s'effrangeant aux ro*es aigus4 ,tantt ce sont de gros nuages qui ca*5t la fois t\te une p5te de la montagne2 trav]s leur masse paisse1 qui grossit ou dim9ue1 se dplace ou se d*ire1 on di/+ue de temps en temps la cime bi5 connue1 d'autant plus sup]be en app>5ce qu'elle semble vivre et se m\voir entre les vapeurs t\rnoyantes4 ,d'autres fois1 les nappes ari5nes sup]poses et de tempratures diffr5tes sont p>faitem5t horizontales et di/9ctes comme des /rates gologiques2 les nuages qu'on y voit natre ont une =me analogue3 ils sont disposs en b&es rgulires et p>allles1 ca*ant ici des =ts1 l des pturages1 des neiges et des ro*]s1 ou les voilant demi comme une *>pe transp>5te4 ,p>fois encore les cimes1 les p5tes suprieures1 t\te la haute montagne e/ noye dans la l\rde masse des nues1 semblable un ciel gris ou noir qui se s]ait abaiss v]s la t]re2 la montagne s'loigne ou se rappro*e suivant le jeu des vapeurs qui dim9u5t ou s'paississ5t4 ,s\da91 t\t disp>at de la base au sommet3 le mont s'e/ en enti] p]du dans les brumes2 puis l'orage desc5d des cimes1 il f\ette cette m] de l\rdes vapeurs1 et l'on voit le gant app>atre de n\veau noir1 tri/e1 dans le vol t]nel des nues4 ,,*apitre ,,ix ,,le ,,br\ill>d ,,et ,l',,orage ,on se tr\ve comme dans un monde n\veau1 la fois r$\table et fanta/ique1 lorsqu'on p>c\rt la montagne au milieu du br\ill>d4 ,mme en suivant un s5ti] bi5 fray1 sur des p5tes faciles1 on pr\ve un c]ta9 effroi la vue des =mes environnantes1 dont le pr(il inc]ta9 semble oscill] dans la brume1 qui tantt s'paissit1 tantt devi5t plus claire4 ,il faut tre dj l'intime de la nature p\r ne pas se s5tir inquiet qu& on e/ le captif du br\ill>d2 le mo9dre objet pr5d des proportions imm5ses1 inf9ies4 ,quelque *ose de vague et de noir p>at s'avanc] v]s n\s comme p\r n\s saisir4 ,e/-ce une bran*e1 un arbre mme8 ,ce n'e/ peut-tre qu'une t\ffe d'h]be4 ,un c]cle de cordages v\s b>re la r\te3 simple toile d'araigne6 ,un j\r que le br\ill>d avait une faible paisseur et que les rayons du soleil1 transmis p> les vapeurs1 y faisai5t p\droy] la lumire1 je m'arrtai1 ple9 de /upeur et d'admiration1 la vue d'un arbre gigantesque tordant ses bras comme un a?lte1 au sommet d'un promontoire4 ,jamais je n'avais eu le bonheur de voir un arbre plus =t et mieux camp p\r lutt] hroquem5t contre l'orage4 ,je le contemplai longtemps2 mais peu peu je le vis qui semblait se rappro*] de moi et qui se rapetissait en mme temps4 ,qu& le soleil va9queur eut dissip la brume1 le tronc sup]be n'tait plus qu'un maigre arbrisseau p\ssant dans la fissure d'un bloc vois94 ,le voyageur p]du1 g> dans le br\ill>d1 au milieu des prcipices et des torr5ts1 se tr\ve dans une situation vraim5t t]rible3 de t\tes p>ts c'e/ le dang]1 c'e/ la mort4 ,il faut m>*] et m>*] vite p\r atte9dre1 aussi vite que possible1 le sol uni de la valle ou les p5tes faciles des pturages1 et r5contr] quelque s5ti] sauveur2 mais1 dans le vague des *oses1 ri5 ne peut s]vir d'indice et t\t p>at un ob/acle4 ,d'un ct la t]re fuit2 on croirait tre au bord d'un prcipice4 ,de l'autre ct se dresse un roc2 la p>oi en semble inaccessible4 ,p\r vit] l'abme1 on t5te d'escalad] la ro*e abrupte2 on met le pi$ dans une anfractuosit de la pi]re et l'on se hisse de saillie en saillie2 bi5tt on e/ comme susp5du entre le ciel et la t]re4 ,enf91 on atte9t l'arte2 mais1 d]rire le premi] roc1 voici que s'en dresse un autre au pr(il indcis et m\vant4 ,les arbres1 les br\ssailles qui croiss5t sur les esc>pem5ts d>d5t leurs rameaux trav]s la brume1 d'une faon m5aante2 p>fois mme1 on ne voit qu'une masse noirtre s]p5tant dans l'ombre grise3 c'e/ une bran*e dont le tronc re/e invisible4 ,on a le visage baign p> une f9e pluie2 les t\ffes de gazon1 les bruyres1 sont autant de rs]voirs d'eau glace o l'on se m\ille comme la trav]se d'un lac4 ,les membres se raidiss5t2 le pas devi5t inc]ta92 on risque de gliss] sur l'h]be ou sur le roc humide et de r\l] dans le prcipice4 ,des rumeurs t]ribles remont5t d'en bas et sembl5t prdire un sort fatal2 on ent5d la *ute des pi]res qui s'cr\l5t1 des bran*es *>ges de pluie qui gr9c5t sur leur tronc1 le s\rd tonn]re de la cascade et le s9i/re clapotem5t des eaux du lac contre ses rives4 ,c'e/ avec p\vante que l'on voit la brume se *>g] de la sombreur du crpuscule et que l'on p5se la t]rible alt]native de la mort p> le dro*em5t ou p> le froid4 ,s\s un gr& nombre de climats1 l'impression d'tonnem5t1 d'horreur mme1 que les montagnes laiss5t dans l'esprit1 provi5t de ce qu'elles sont presque t\j\rs environnes de br\ill>ds4 ,telle montagne d'cosse ou de la ,norvge p>at =midable1 bi5 qu'en ralit elle soit beauc\p mo9s haute que tant d'autres sommets de la t]re4 ,on les a vues s\v5t se voil] de vapeurs1 puis se rvl] p>tiellem5t et se ca*] encore1 voyag] p\r a9si dire au milieu de la nue1 s'loign] en app>5ce p\r se rappro*] s\da92 s'abaiss] qu& le soleil claire nettem5t les cont\rs1 puis gr&ir ensuite qu& ils se frang5t de br\ill>ds4 ,t\s ces aspects *angeants1 ces transfigurations l5tes ou rapides de la montagne1 la font vaguem5t ressembl] un gant prodigieux balanant sa tte au-dessus des nuages4 ,bi5 diffr5tes des sommets immuables aux pr(ils arrts que baigne la pure lumire du ciel de l'gypte1 sont ces montagnes que *ant5t les pomes d',ossian3 celles-ci v\s reg>d5t2 elles s\ri5t p>fois2 p>fois elles m5ac5t2 mais elles viv5t de votre vie1 elles s5t5t avec v\s2 on le croit1 du mo9s1 et le pote qui les *ante leur donne une me d'homme4 ,belle p> les vapeurs qui l'ent\r5t1 qu& on la voit d'en bas trav]s une atmosphre pure1 la montagne ne l'e/ pas mo9s p\r celui qui la contemple d'en haut1 surt\t au mat91 qu& la cime elle-mme plonge dans le ciel et que sa base e/ environne p> une m] de nuages4 ,c'e/ bi5 un vritable ocan qui s't5d de t\tes p>ts jusqu'aux bornes de la vue4 ,les vagues blan*es du br\ill>d se dr\l5t la surface de cette m]1 non po9t avec la rgul>it des flots liquides1 mais dans un maje/ueux dsordre o le reg>d se p]d4 ,ici1 on les voit b\illonn]1 se gonfl] en trombes de fume1 puis s'p>pill] en flocons comme la neige et disp>atre dans l'espace4 ,l1 au contraire1 elles se creus5t en vallons emplis d'ombres4 ,ailleurs1 c'e/ un t\rnoiem5t cont9uel1 un m\vem5t de flots qui se p\r*ass5t et s'entran5t en rondes biz>res4 ,p>fois1 la nappe des vapeurs e/ assez unie2 le niveau des ondes de brume se ma9ti5t une hauteur peu prs uni=me sur t\t le p\rt\r des ro*es qui s'avanc5t en promontoires2 en ma9t endroit1 des sommets de coll9es isoles se dress5t au-dessus du br\ill>d comme des les ou des cueils4 ,d'autres fois1 l'ocan brumeux se p>tage en m]s di/9ctes et laisse ap]cevoir1 et l1 le fond des valles1 semblables un monde infrieur qui n'a ri5 de la d\ce srnit des cimes4 ,le soleil claire obliquem5t t\tes les volutes de brume qui s'lv5t au-dessus de la gr&e m]2 les te9tes roses1 purpur9es1 dores1 qui se ml5t au blanc pur1 v>i5t l'inf9i l'aspect de la nappe flottante4 ,l'ombre des monts se projette au lo9 sur les vapeurs et *ange incessamm5t avec la m>*e du soleil4 ,le spectateur rem>que avec tonnem5t l'ombre de sa propre p]sonne reproduite sur la nappe de vapeur et quelquefois avec les proportions d'un gant4 ,on croirait voir un mon/re spectral qu'on fait m\voir son gr en s'incl9ant1 en m>*ant1 en agitant les bras4 ,c]ta9es montagnes1 qui se dress5t au se9 de la m] bleue des v5ts alizs1 sont presque t\j\rs environnes mi-hauteur d'une nappe de br\ill>ds qui ca*e presque t\j\rs1 au voyageur arriv sur la cime1 la vue de la gr&e pla9e azure2 mais1 aut\r du sommet dont je p>c\rs les pturages1 les nappes de vapeurs mont5t et desc5d5t1 *ang5t et se dissolv5t comme au has>d3 ce sont des phnomnes qui n'ont ri5 de con/ant4 ,aprs des heures ou des j\rnes d'obscurit1 le soleil f9it p> tr\] la masse des brumes1 les d*ire1 les disp]se en lambeaux1 les vaporise dans l'air1 et bi5tt la t]re d'en bas1 qui se tr\vait prive de la d\ce cl>t1 s'illum9e de n\veau s\s la vivifiante lumire4 ,mais il arrive aussi que les br\ill>ds s'paississ5t1 s'accumul5t en nuages presss et t\rbillonnants4 ,les nues s'attir5t1 puis se rep\ss5t2 l'lectricit s'amasse dans les vapeurs grossissantes2 un orage clate1 et le monde infrieur se p]d s\s le tumulte de la tempte4 ,une fois d*an1 l'orage ne monte pas t\j\rs l'escalade des hauteurs qui le dom95t2 il re/e s\v5t dans les zones basses de l'atmosphre o il s'e/ =m1 et le spectateur1 tranquillem5t assis sur le gazon sec des hauts pturages clairs1 peut voir ses pi$s les nues ennemies s'entre-*oqu] et t\t noy] avec rage4 ,c'e/ un tableau magnifique et t]rible la fois4 ,une cl>t livide s'*appe de ces masses b\illonnantes2 des reflets cuivrs1 des te9tes violaces donn5t l'entassem5t des vapeurs l'aspect d'une imm5se f\rnaise de mtal en fusion2 on p\rrait croire que la t]re s'e/ ouv]te1 laissant *app] de son se9 un ocan de laves4 ,les clairs qui jailliss5t1 de nue nue1 dans les pr(ondeurs du *aos1 vibr5t comme des s]p5ts de feu4 ,le d*irem5t de l'air1 rp]cut p> les *os de la montagne1 se prolonge en r\lem5ts sans f92 t\s les ro*]s la fois sembl5t envoy] leur tonn]re4 ,en mme temps1 on ent5d un bruit s\rd qui monte des campagnes infrieures trav]s les nuages t\rbillonnants4 ,c'e/ l'av]se de pluie ou la *ute de la grle2 c'e/ le fracas des arbres qui se bris5t1 des ro*]s qui se f5d5t1 des avalan*es de pi]res qui s'cr\l5t1 des torr5ts qui se gonfl5t et mugiss5t en dmolissant leurs b]ges2 mais t\s ces fracas div]s se confond5t en s'levant v]s la montagne s]e9e4 ,l-haut1 ce n'e/ plus qu'une pla9te1 un gmissem5t qui monte de la pla9e o viv5t les hommes4 ,un j\r que1 assis sur une cime tranquille1 dans le calme des cieux1 je voyais un orage se tordre en fureur la base de la montagne1 je ne pus rsi/] cet appel qui semblait m'arriv] du monde des huma9s4 ,je desc5dis p\r m'engl\tir dans la masse noire des vapeurs t\rnoyantes2 je plongeai p\r a9si dire au milieu de la f\dre1 s\s la nappe des clairs1 dans les t\rbillons de pluie et de grle4 ,desc5dant p> un s5ti] trans=m en ruisseau1 je bondissais de pi]re en pi]re4 ,exalt p> la fureur des lm5ts1 p> l'clat du tonn]re1 p> le ruissellem5t des eaux1 le mugissem5t des arbres sec\s1 je c\rais avec une joie frntique4 ,lorsque enf9 j'arrivai dans le calme1 o je tr\vai du feu1 du pa91 des vtem5ts secs1 t\tes les d\ceurs de la bonne hospitalit du montagn>d1 je regrettai presque la puissante volupt dont je v5ais de j\ir au dehors4 ,il me semblait que l-haut1 dans la pluie et le v5t1 j'avais fait p>tie de l'orage et ml p5dant quelques heures mon individualit consci5te aux lm5ts aveugles4 ,,*apitre ,x ,,les ,,neiges ,blanc1 clatant1 neigeux1 telle e/ la signification premire de presque t\s les noms donns aux hautes montagnes p> les peuples qui se sont succd leur base4 ,en levant les yeux v]s les sommets1 ils ap]oiv5t1 au-dessus des nuages1 la blan*eur t9celante des neiges et des glaces1 et leur admiration e/ d'autant plus gr&e que les campagnes infrieures prs5t5t un plus saisissant contra/e avec les cimes blan*es1 p> la te9te uni=me et brune de leurs t]ra9s4 ,c'e/ au plus =t de l't1 qu& la p\ssire brlante s'lve des *em9s et que les voyageurs fatigus s'arrt5t s\s les ombrages1 c'e/ alors surt\t qu'on aime port] ses reg>ds v]s les masses glaces1 qui respl5diss5t aux rayons solaires comme des plaques d'arg5t4 ,la nuit1 un d\x reflet1 comme celui d'un monde lo9ta91 rvle les hautes neiges de la montagne4 ,les p5tes moy5nes1 les promontoires infrieurs1 sont frquemm5t rec\v]ts de c\*es neigeuses4 ,dj1 v]s la f9 de l't1 lorsque les torr5ts ont emport dans les pla9es l'eau fondue des avalan*es1 que les arbres ont sec\ le poids de neige qui faisait pli] leurs bran*es1 et que les petites m\sses elles-mmes1 en r*auffant l'espace environnant1 se sont db>rasses des flocons de neige qui les ent\rai5t1 un s\da9 refroidissem5t de l'atmosphre trans=me en neige les vapeurs des montagnes4 ,la veille1 t\s les contre=ts des monts et les pturages alpe/res tai5t compltem5t dgags de frimas2 on di/+uait nettem5t la c\leur brune ou jauntre des ro*es nues1 le v]t des =ts et des gazons1 le r\ge des bruyres4 ,le mat91 qu& on se rveille1 la blan*e robe neigeuse a rec\v]t jusqu'aux promontoires avancs4 ,t\tefois1 ce vtem5t de neige1 ce blanc manteau dont p>l5t les potes1 e/ p]c1 d*ir en mille endroits4 ,les saillies de la montagne pass5t au trav]s de cette enveloppe1 et les nuances sombres des ro*es1 contra/ant avec la blan*eur de la neige1 accus5t a9si le relief des esc>pem5ts avec plus de nettet4 ,dans les rav9s pr(onds1 les flocons se sont accumuls en c\*es paisses2 sur les p5tes rapides1 ils brod5t lgrem5t les fissures comme un m9ce voile de d5telle2 sur les falaises abruptes1 ils ne se montr5t que et l en m\*etures brillantes4 ,*aque pli de la montagne e/ signal de lo9 s\s sa vritable =me p> l'clatante c\le de neige qui l'emplit2 *aque ro*e saillante rvle ses protubrances et ses anfractuosits p> les c\*es neigeuses d'paisseur div]se1 alt]nant avec la nudit du roc4 ,l o la ro*e e/ =me de /rates rgulires1 la neige trace de la faon la plus nette les lignes de sp>ation4 ,elle repose sur les corni*es et se dta*e des p>ois d'b\lem5t4 ,a trav]s les accid5ts de t\te espce1 les saillies et les retraits1 on voit les lignes d'assises se cont9u] avec une tonnante rgul>it sur des espaces de plusieurs lieues2 on dirait des tages sup]poss p> la ma9 de quelque ar*itecte gant4 ,t\tefois1 ces neiges passagres d't1 qui envelopp5t la montagne comme d'un voile1 et qui1 lo9 d'en ca*] les =mes1 les rvl5t1 au contraire1 dans leurs plus petits dtails1 sont1 p\r a9si dire1 une coquett]ie de la nature4 ,elles disp>aiss5t bi5tt des coll9es infrieures et des monts avancs2 *aque j\r les rayons du soleil en font remont] la limite v]s les cimes2 mme p> les belles j\rnes1 il arrive que1 d'heure en heure1 on peut suivre du reg>d les progrs de la fusion4 ,*acun des rav9s qui dc\p5t mi-hauteur les flancs de la montagne prs5te un v]sant dj db>rass de neiges1 celui qu'claire librem5t le soleil du midi1 et un autre v]sant d'une blan*eur clatante1 celui qui se t\rne v]s l'horizon du nord4 ,puis cette p5te elle-mme dgage ses gazons et ses ro*es2 il ne re/e plus de la *ute e/ivale des neiges qu'un petit nombre de flaques graduellem5t rtrcies1 traces des avalan*es en m9iature qui ont rempli les creux des gorges4 ,ces flaques se ml5t la t]re1 aux caill\x1 et le ruisseau qui passe en emporte g\tte g\tte les dbris s\ills4 ,ces neiges de quelques j\rs sont *>mantes voir4 ,on aime en suivre du reg>d le dcor *angeant2 elles ne se montr5t1 en effet1 que p\r disp>atre bi5tt4 ,p\r contempl] les neiges s\s leur vritable aspect et les compr5dre dans leur travail comme ag5ts de la nature1 il faut les voir en hiv] dans la dure saison des froids4 ,alors t\t e/ rec\v]t de c\*es normes d'eau cri/allise en aiguilles et en flocons2 la montagne1 ses contre=ts et les coll9es de sa base1 ne se montr5t plus s\s leur =me relle4 ,la masse paisse qui les ca*e en oblitre le relief et leur donne de n\veaux cont\rs4 ,au lieu de saillies1 de d5telures1 de po9tes au pr(il d*iquet1 le p5*ant du mont se dveloppe ma9t5ant en ondulations *>mantes1 en cr\pes d'un dess9 h>di1 mais t\j\rs s9ueux4 ,de mme que l'eau1 s\s l'influ5ce de la pesanteur1 quilibre son niveau p\r s'tal] en surface horizontale1 de mme la neige1 obissant ses lois propres1 se dpose en c\*es aux r5flem5ts arrondis4 ,le v5t1 qui l'amne en t\rnoyant1 lui fait d'abord remplir les creux1 puis ad\cir t\s les angles1 dploy] sa c\rbe sur t\tes les saillies2 la montagne pre1 d*ire1 sauvage1 a succd une autre montagne aux cont\rs purs et ad\cis1 aux c\rbes maje/ueuses4 ,mais1 en dpit de la suave d\ceur de ses lignes1 le gant n'en e/ pas mo9s =midable d'aspect4 et l1 des esc>pem5ts1 des ro*es p]p5diculaires sur lesquelles la neige n'a pu t5ir1 se dress5t au-dessus des imm5ses p5tes d'une bl\issante blan*eur1 et1 p> le contra/e1 leurs p>ois p>aiss5t t\tes noires4 ,on se s5t saisi d'effroi la vue de ces murailles prodigieuses1 tran*ant sur la neige comme des falaises de *>bon aux bords d'un ocan polaire4 ,dans cette trans=mation1 les pla9es1 plus encore que les protubrances de la montagne1 ont *ang d'aspect4 ,en s'affaissant de t\tes p>ts1 les neiges ont rempli les cavits1 nivel les creux1 fait disp>atre les accid5ts secondaires du t]ra94 ,les torr5ts1 les cascades1 ont t rec\v]ts2 t\t e/ glac1 t\t repose s\s le l9ceul imm5se4 ,les lacs eux-mmes sont ensevelis2 la glace de leur surface porte d'normes c\*es de neige1 et s\v5t on ne sait mme plus o se tr\ve l'emplacem5t des bass9s2 peut-tre une fissure p]met-elle de voir au fond d'un g\ffre la surface du lac1 tranquille1 noire1 sans reflets2 on dirait un puits1 un abme sans fond4 ,au-dess\s des gr&s sommets et des cirques suprieurs1 o la neige s'entasse en c\*es hautes comme les maisons1 les =ts de sap9s se montr5t et l1 mais demi seulem5t4 ,sur *acune de leurs bran*es tales1 les arbres port5t t\t le f>deau de neige qu'ils peuv5t s\t5ir sans rompre2 ensemble1 les bran*ages entremls =m5t comme des votes sur lesquelles les amas de cri/aux neigeux se gr\p5t en c\poles 9gales2 quelques tiges rebelles seulem5t *app5t la prison de glace et d>d5t dans l'air libre leurs fl*es d'un v]t sombre1 presque noires1 et portant *acune son extrmit un l\rd paquet de neige4 ,qu& le v5t s\ffle au milieu de ces tiges1 il en tombe avec un bruit mtallique des fragm5ts de neige glace2 un m\vem5t gnral de vibration agite la =t ca*e et le toit brillant qui la rec\vre2 p>fois1 une rupture se produit1 une avalan*e s'cr\le l'intrieur1 un g\ffre re/e bant1 jusqu' ce qu'une n\velle t\rm5te l'ait masqu p> un pont de neige4 ,quel s]ait le sort d'un voyageur s'g>ant p5dant l'hiv] dans une p>eille =t1 l o il *em9e l'aise p5dant l't1 sur le c\rt gazon1 l'ombre des arbres puissants8 ,a *aque pas1 il s]ait expos tomb] dans un abme1 t\ff s\s la neige cr\le6 ,en bas1 dans la valle1 les maisons du village p>aiss5t plus difficiles disc]n] que les =ts et les b\quets d'arbres4 ,les toits1 entirem5t rec\v]ts d'une c\*e de neige s\s laquelle fl*iss5t les *>p5tes1 se confond5t avec les *amps de neige environnants2 seulem5t1 une lgre fume bleutre rappelle que1 s\s ce l9ceul blanc1 des hommes viv5t et travaill5t4 ,quelques murailles1 un clo*]1 tran*5t sur la monotonie du fond2 d'ailleurs1 en cet endroit1 la neige e/ plus t\rm5te que lo9 des habitations huma9es2 le v5t1 t\rnoyant aut\r des demeures1 a dress d'un ct les neiges en monceaux et en b>ricades2 de l'autre ct1 il les a presque entirem5t balayes4 ,un c]ta9 dsordre dans la nature indique le vois9age de l'homme2 mais l1 comme ailleurs1 la paix e/ sans bornes2 r>em5t un bruit tr\ble le sil5ce de mort qui rgne sur la valle et sur les monts4 ,p\rtant1 il faut quelquefois que l'homme et les autres habitants des montagnes sort5t de leurs tanires et tr\bl5t le gr& repos de la nature4 ,seule1 la m>motte1 ca*e dans son tr\1 s\s l'paisseur des neiges1 peut dormir p5dant les longs mois de l'hiv] et att5dre1 dans un tat de mort app>5te1 que le pr9temps r5de la lib]t aux ruisseaux1 aux gazons et aux fleurs4 ,mo9s heureux1 le *amois1 que la neige *asse des hautes cimes1 doit rd] dans le vois9age des =ts1 *]*] un refuge entre les arbres presss1 en rong] les corces et les feuillages4 ,l'homme1 de son ct1 doit quitt] sa demeure p\r *ang] quelques produits1 a*et] des provisions1 remplir des engagem5ts de famille ou d'amiti4 ,il faut alors dblay] les monceaux de neige qui se sont accumuls devant la porte et se fray] pniblem5t un s5ti]4 ,d'un haut *alet bti sur un promontoire1 je vis une fois de ces petits tres presque imp]ceptibles1 de ces noires f\rmis huma9es1 *em9] l5tem5t dans une sorte d'ornire1 entre deux murs de neige4 ,jamais l'homme ne m'avait p>u si infime4 ,au milieu de la va/e t5due blan*e1 ces prom5eurs semblai5t p]dus1 absurdes1 *imriques2 je me dem&ais comm5t une race compose de p>eils pygmes avait pu accomplir les gr&es *oses de l'hi/oire et ralis]1 de progrs en progrs1 ce qui s'appelle auj\rd'hui la civilisation1 promesse d'un tat futur de bi5-tre et de lib]t4 ,p\rtant1 mme au milieu de ces neiges =midables de l'hiv]1 l'homme a pu faire triomph] son intellig5ce et son audace p> ces r\tes comm]ciales qui lui p]mett5t d'expdi] librem5t ses m>*&ises et de voyag] lui-mme presque en t\t temps4 ,le *amois a cess de p>c\rir les cimes1 et nombre d'oiseaux1 qui volai5t p5dant l't bi5 au-dessus des po9tes1 sont prudemm5t desc5dus dans les tides rgions des pla9es4 ,mais l'homme cont9ue de p>c\rir les r\tes qui1 de gorge en gorge1 de contre=t en contre=t1 s'lv5t jusqu' une br*e de la crte et r$esc5d5t sur l'autre v]sant4 ,p5dant la belle saison1 qu& les torr5ts joyeux bondiss5t en cascades ct du *em91 mme les voitures tranes p> des *evaux aux grelots ret5tissants peuv5t gravir sans pe9e les rampes tablies gr&s frais sur les esc>pem5ts4 ,qu& les neiges ont rec\v]t la r\te1 il faut *ang] les vhicules2 les *>s et les voitures sont remplacs p> des traneaux qui gliss5t lgrem5t sur les flocons entasss4 ,la trav]se des monts ne se fait pas mo9s rapidem5t que p5dant les j\rs les plus *auds de l'anne2 la desc5te1 elle s'accomplit avec une vitesse qui donne le v]tige4 ,c'e/ en voyageant a9si en traneau p>-dessus les cols de la montagne qu'on peut appr5dre bi5 faire connaissance avec les gr&es neiges4 ,la *>p5te lgre glisse sans bruit2 on ne s5t plus les *ocs des f]railles sur le sol rsi/ant1 et l'on croirait voyag] dans l'espace1 emport comme un esprit4 ,tantt on cont\rne la c\rbe d'un rav91 tantt la saillie d'un promontoire2 on passe du fond des g\ffres l'arte des prcipices1 et1 dans t\tes ces =mes si v>ies qui se succd5t la vue1 la montagne g>de sa blan*eur unie4 ,le soleil claire-t-il la surface des neiges1 on y voit brill] d'innombrables diamants2 le ciel e/-il gris et bas1 les lm5ts sembl5t se confondre4 ,lambeaux de nuages1 monticules neigeux1 ne se di/+u5t plus les uns des autres2 on croirait flott] dans l'espace inf9i2 on n'app>ti5t plus la t]re4 ,et combi5 plus encore entre-t-on dans la rgion du rve1 lorsque1 aprs avoir fran*i le po9t culm9ant du passage1 on r$esc5d sur la p5te oppose1 emport de t\rnants en t\rnants avec une effrayante rapidit6 ,au d"p de la c>avane1 lorsque le d]ni] traneau s'branle1 le premi] a dj disp>u d]rire une saillie du g\ffre4 ,on le voit1 puis il disp>at de n\veau2 on le revoit1 puis il se p]d encore4 ,on plonge dans un abme v]tig9eux o s'cr\l5t des amas de neige gros comme des coll9es4 ,avalan*e soi-mme1 on glisse p>-dessus les avalan*es1 et l'on voit dfil] ct de soi1 comme s'ils tai5t emports p> une tempte1 les cirques1 les rav9s1 les promontoires2 les sommets eux-mmes1 qui fui5t l'horizon1 sembl5t entrans dans un t\rbillon fanta/ique1 une sorte de galop inf]nal4 ,et qu&1 la f9 de la c\rse effrne1 on arrive la base de la montagne1 dans les pla9es dj dp\rvues de neige ou saup\dres pe9e1 qu& on respire une autre atmosphre et que l'on voit une nature n\velle s\s un autre climat1 on se dem&e si vraim5t on n'a pas t le j\et d'une halluc9ation1 si l'on a rellem5t p>c\ru les neiges pr(ondes1 au-dessus de la rgion des nues et des orages4 ,mais1 p5dant les j\rs de t\rm5te1 la trav]se e/ assez prilleuse p\r que le voyageur puisse s'en s\v5ir1 en g>d] nettem5t t\tes les av5tures dans sa mmoire4 ,le v5t s\lve incessamm5t des t\rbillons de neige qui ca*5t la r\te et en modifi5t la =me1 abaissant les talus et remplissant la voie dj fraye4 ,les *evaux1 si habiles pos] leur pi$ sur un t]ra9 solide1 ont trav]s] p>fois des amas de neige molle1 encore m\vante2 t&is que l'un d'eux s'enfonce jusqu'au poitrail1 un autre se cabre sur un monceau de neige tasse4 ,la tempte qui siffle aut\r de leurs oreilles1 les cri/aux neigeux qui leur entr5t dans les yeux et dans les naseaux1 les jurem5ts brutaux des co*]s1 les irrit5t et m5ac5t de les affol]4 ,le traneau cahote sur l'troit *em91 p5*e tantt v]s la p>oi de la montagne1 tantt v]s le prcipice3 c> le g\ffre e/ l1 on en rase le bord1 on le suit au lo9 en p]spectives imm5ses1 comme si1 en tombant1 on devait desc5dre jusque dans un autre monde4 ,le co*] a laiss le f\et1 il ne ti5t plus qu'un c\teau dans les ma9s1 prt c\p] les rnes1 si les *evaux1 p]dus de frayeur ou glissant d'un talus de neige1 v5ai5t r\l] t\t c\p dans le prcipice4 ,t]rible e/ la situation du malheureux piton lorsque1 en trav]sant l5tem5t les neiges1 il e/ t\t c\p surpris p> une t\rm5te4 ,d'en bas1 les g5s des pla9es admir5t leur aise le mtore4 ,la cime du mont1 f\ette p> le v5t1 semble fum] comme un cratre2 les innombrables molcules glaces que s\lve la tempte s'amass5t en nuages qui t\rbillonn5t au-dessus des sommets4 ,les artes des cont\rs1 e/ompes p> ce br\ill>d de neiges t\rnoyantes1 p>aiss5t mo9s prcises2 on croirait les voir flott] dans l'espace2 la montagne elle-mme semble vacill] sur son norme base4 ,et1 dans cet imm5se t\rnoiem5t de la tempte qui siffle sur les hautes cimes1 que devi5t le pauvre voyageur8 ,les aiguilles de glace1 lances contre lui comme des fl*es1 le frapp5t au visage et m5ac5t de l'aveugl]2 elles pntr5t mme trav]s ses vtem5ts2 envelopp dans son pais manteau1 il a pe9e se df5dre d'elles4 ,qu'en faisant un faux pas ou en suivant une fausse trace il quitte un in/ant le s5ti]1 il e/ presque 9vitablem5t p]du4 ,il m>*e au has>d en tombant de fondrire en fondrire2 p>fois il s'enfonce demi dans un tr\ de neige molle2 il re/e quelque temps1 comme p\r att5dre la mort1 dans la fosse qui vi5t de s'ouvrir s\s lui2 puis il se relve en dsespr et recomm5ce sa m>*e 9gale trav]s les nuages de cri/aux que le v5t lui jette la face4 ,les rafales loign5t et rappro*5t l'horizon t\r t\r2 tantt il ne voit aut\r de lui que la blan*e fume des flocons qui t\rbillonn5t1 tantt il di/+ue droite ou gau*e une cime tranquille qui se dgage de la nue et le reg>de1 sans ha9e et sans am\r1 indiffr5te son dsespoir2 au mo9s y voit-il comme une sorte de repre qui lui p]met de repr5dre la c\rse avec un ret\r d'esprance4 ,mais en va93 aveugl1 affol1 raidi p> le froid1 il f9it p> p]dre la volont2 il t\rne sur place et se dmne sans b4 ,enf91 tomb dans quelque g\ffre1 il reg>de avec /upeur pass] les t\rbillons de l'orage et se laisse gagn] peu peu p> le sommeil1 prcurseur de la mort4 ,dans quelques mois1 lorsque la neige aura t fondue p> la *aleur et dblaye p> les avalan*es1 quelque *i5 de ptre retr\v]a le cadavre et p> ses aboiem5ts effrays appell]a son matre4 ,autrefois1 les dbris huma9s tr\vs dans la montagne devai5t repos] jamais l'endroit o le pa/eur les avait dc\v]ts4 ,des pi]res tai5t entasses sur le corps1 et *aque voyageur tait t5u d'aj\t] son caill\ au monceau gr&issant4 ,ma9t5ant encore1 le montagn>d qui passe ct de l'un de ces tombeaux antiques ne manque jamais de ramass] sa pi]re p\r en grossir le tas4 ,le mort e/ depuis longtemps oubli1 peut-tre mme e/-il re/ t\j\rs inconnu2 mais1 de sicle en sicle1 le passant ne cesse de lui r5dre hommage p\r apais] ses mnes4 ,,*apitre ,,xi ,l',,avalan*e ,au long hiv] et ses r$\tables t\rm5tes succde enf9 le d\x pr9temps1 avec ses pluies1 ses v5ts tides1 sa *aleur vivifiante4 ,t\t se rajeunit2 la montagne1 aussi bi5 que la pla9e1 pr5d un aspect n\veau4 ,elle sec\e son manteau de neiges2 ses =ts1 ses gazons1 ses cascades et ses lacs1 rep>aiss5t aux rayons du soleil4 ,dans la valle1 l'homme s'e/ db>rass le premi] des amas neigeux qui le gnai5t4 ,il a balay le seuil de sa porte1 rp> ses *em9s1 dgag ses toits et son j>d9et1 puis il att5d que le soleil fasse le re/e4 ,dj les s\lanes1 ou p5tes bi5 exposes aux rayons du midi1 comm5c5t se dgag] du blanc l9ceul qui les rec\vre2 et l1 le roc1 la t]re ou le gazon brl1 rep>aiss5t trav]s la c\*e de neige4 ,ces espaces noirtres augm5t5t peu peu2 ils ressembl5t des gr\pes d'les qui gr&iss5t incessamm5t et f9iss5t p> se rejo9dre2 les plaques blan*es dim9u5t en nombre et en t5due2 elles fond5t1 et l'on dirait qu'elles remont5t p> degrs la p5te de la montagne4 ,les arbres de la =t1 sortis de leur eng\rdissem5t1 comm5c5t faire leur toilette pr9tanire2 aids p> les petits oiseaux qui voltig5t de bran*e en bran*e1 ils sec\5t le f>deau de givre et de neige qu'ils portai5t et baign5t librem5t leurs n\velles p\sses dans l'atmosphre attidie4 ,les torr5ts se ranim5t aussi4 ,au-dess\s de la c\*e protectrice des neiges1 la temprature du sol ne s'e/ po9t abaisse autant qu' la surface extrieure1 balaye p> les v5ts froids1 et1 p5dant les longs mois de l'hiv]1 de petits rs]voirs d'eau1 semblables des g\ttelettes dans un vase de diamant1 se ma9ti5n5t et l s\s les glaces4 ,au pr9temps1 ces vasques1 v]s lesquelles se dirig5t t\s les petits filets de neige fondue1 ne suffis5t plus r5f]m] la masse liquide2 les enveloppes glaces se romp5t1 les bass9s dbord5t1 et l'eau *]*e se creus] un *em9 s\s les neiges4 ,dans *aque rav91 dans *aque dpression du sol1 se fait ce travail ca*1 et le torr5t de la valle1 alim5t p> t\s ces ruisselets desc5dus des hauteurs1 repr5d son c\rs qu'avait int]rompu le froid de l'hiv]4 ,d'abord1 il passe en tunnel au-dess\s des neiges amonceles2 puis1 grce aux progrs incessants de la fusion1 il l>git son lit1 exhausse ses votes4 ,le mom5t vi5t o la masse qui le dom9e ne peut plus se s\t5ir en enti]2 elle s'cr\le comme le f]ait le toit d'un temple dont les pili]s sont branls4 ,des fuites s'ouvr5t a9si dans les amas neigeux qui rempliss5t le fond des valles2 qu& on se p5*e au bord de ces g\ffres1 on di/+ue au fond quelque *ose de noir sur lequel un peu d'cume brode une d5telle fugitive3 c'e/ l'eau du torr5t2 le s\rd murmure des caill\x entre-froisss jaillit de l'ouv]ture tnbreuse4 ,a ce premi] effondrem5t des neiges en succd5t d'autres1 de plus en plus nombreux1 et bi5tt le torr5t1 r$ev5u libre en gr&e p>tie1 n'a plus qu' r5v]s] les digues =mes p> les neiges les plus paisses et les plus compactes4 ,quelques-uns de ces remp>ts rsi/5t l'action des eaux p5dant des sema9es et des mois4 ,mme aux abords des cascades1 des masses de neige1 *anges en glace et sans cesse asp]ges p> l'eau qui se brise1 g>d5t ob/9m5t leur =me2 on dirait qu'elles se refus5t fondre4 ,s\v5t on voit1 au devant de la cat>acte m\vante du torr5t1 une sorte d'cran =m p> une cat>acte solidifie1 celle des neiges glaces qui avai5t arrt le c\rs des eaux p5dant l'hiv]4 ,en re=mant son lit dans *aque valle qui longe la base des monts1 dans *aque rav9 qui raye leurs flancs1 l'eau des ruisseaux et des torr5ts enlve aux neiges des p5tes les s\bassem5ts qui leur s]vai5t de po9t d'appui4 ,s\s l'action de la pesanteur1 des avalan*es t5d5t alors se produire1 et1 de temps en temps1 la montagne1 comme un tre anim1 fait tomb] de ses paules le vtem5t neigeux qui la rec\vre4 ,en t\te saison1 mme au plus =t de l'hiv]1 des masses de neige1 entranes p> leur poids1 s'cr\l5t des sommets et des p5tes2 mais1 tant que ces avalan*es se compos5t seulem5t de la p>tie sup]ficielle des neiges1 elles sont un lg] accid5t dans la vie des montagnes4 ,mais1 p>fois1 c'e/ la masse entire de la neige qui glisse des hauteurs p\r all] s'abm] dans les valles2 l'eau fondue1 qui pntre trav]s les c\*es encore glaces de la surface1 a r5du le sol glissant et prp> a9si le *em9 de l'avalan*e4 ,le mom5t vi5t o t\t un *amp neigeux n'e/ plus ret5u sur la p5te2 il cde et1 p> l'norme branlem5t qu'il communique aux neiges vois9es1 les fait cd] aussi4 ,t\te la masse se prcipite la fois sur le v]sant de la montagne1 p\ssant devant elle t\s les dbris qui se tr\v5t sur son *em91 troncs d'arbres1 pi]res1 qu>ti]s de ro*es4 ,entranant avec lui les nappes d'air vois9es1 r5v]sant les =ts di/ance1 le =midable cr\lem5t balaye d'un c\p t\t un pan de la montagne sur plusieurs c5ta9es de mtres de hauteur1 et la valle se tr\ve en p>tie comble4 ,les torr5ts qui vi5n5t se heurt] contre l'ob/acle sont obligs de se *ang] temporairem5t en lacs4 ,de ces avalan*es en masse1 les montagn>ds et les voyageurs ne p>l5t qu'avec t]reur4 ,aussi1 nombre de valles1 plus exposes que d'autres1 ont-elles reu1 dans les patois locaux1 des noms s9i/res1 tels que ,val-de-l'p\vante ou ,gorge-du-,tremblem5t4 ,j'en connais une1 t]rible entre t\tes1 o les muleti]s ne s'av5tur5t jamais sans avoir l'il fix sur les hauteurs4 ,surt\t p> ces beaux j\rs de pr9temps1 lorsque l'atmosphre tide et d\ce e/ *>ge de vapeurs diss\tes1 les voyageurs ont le reg>d s\cieux et la p>ole brve4 ,ils sav5t que l'avalan*e att5d simplem5t un *oc1 un frmissem5t de l'air ou du sol1 p\r se mettre en m\vem5t4 ,aussi m>*5t-ils comme des l>rons1 pas discrets et rapides2 p>fois mme1 ils envelopp5t de paille les grelots de leurs mulets1 af9 que le t9tem5t du mtal n'aille pas irrit] l-haut le mauvais gnie qui les m5ace4 ,enf91 qu& ils ont pass l'issue des rav9s r$\tables o les c\loirs de la montagne dgag5t de plusieurs cts la fois leurs avalan*es de neiges et de ru9es1 ils peuv5t respir] leur aise et song] sans anxit p]sonnelle leurs devanci]s mo9s heureux1 dont la veille ils s'tai5t racont les t]ribles hi/oires4 ,s\v5t1 t&is que les voyageurs cont9u5t tranquillem5t leur desc5te v]s la pla9e1 un bruit de tonn]re1 un long fracas qui se rp]cute de ro*e en ro*e1 les =ce se ret\rn] s\da93 c'e/ l'cr\lem5t des neiges qui vi5t de se produire et de combl] t\t le fond de la gorge o ils passai5t quelques m9utes aup>avant4 ,heureusem5t1 la disposition et la =me des p5tes p]met aux montagn>ds de reconnatre les endroits dang]eux4 ,ils ne con/ruis5t donc po9t leurs cabanes au-dess\s des v]sants o se =m5t les avalan*es1 et1 dans le trac de leurs s5ti]s1 ils pr5n5t so9 de *oisir des passages abrits4 ,mais t\t *ange dans la nature1 et telle maisonnette1 tel s5ti]1 qui n'avai5t jadis ri5 cra9dre1 f9iss5t p> se tr\v] exposs au dang]2 l'angle d'un promontoire a peut-tre disp>u1 la direction du c\loir d'avalan*e s'e/ peut-tre modifie1 une lisire protectrice de =t a cd s\s la pression des neiges1 et1 p> suite1 t\tes les prvisions du montagn>d se tr\v5t dues4 ,p> les mille colonnes presses de leurs troncs1 les bois sont l'une des meilleures b>rires contre la m>*e des avalan*es1 et nombre de villages n'ont pas d'autre moy5 de df5se contre les neiges4 ,aussi de quel respect1 de quelle vnration presque religieuse reg>d5t-ils leur bois sacr6 ,l'trang] qui se promne dans leurs montagnes admire cette =t cause de la beaut de ses arbres1 du contra/e de sa v]dure avec les neiges blan*es2 mais eux1 ils lui doiv5t la vie et le repos2 c'e/ grce elle qu'ils peuv5t s'endormir tranquillem5t le soir sans cra9dre d'tre engl\tis p5dant la nuit6 ,ple9s de gratitude env]s la =t protectrice1 ils l'ont div9ise4 ,malheur qui t\*e de la cogne l'un de ses troncs sauveurs6 ,qui tue l'arbre sacr tue le montagn>d1 dit un de leurs prov]bes4 ,et p\rtant1 il s'e/ tr\v de ces meurtri]s1 et en gr& nombre4 ,de mme que1 de nos j\rs encore1 des soldats soi-disant civiliss =c5t la s\mission les habitants d'une oasis en abattant les palmi]s qui sont la vie de la tribu1 de mme il e/ arriv s\v5t que1 p\r rduire des montagn>ds1 les envahisseurs la solde de quelque seigneur1 ou mme les ptres d'une autre valle1 ont c\p les arbres qui s]vai5t aux villages de sauveg>de contre la de/ruction4 ,telles tai5t1 telles sont encore les pratiques de la gu]re4 ,non mo9s froce e/ l'avide spculation4 ,lorsque1 en v]tu de quelque a*at ou p> les has>ds de l'hritage ou de la conqute1 un homme d'arg5t e/ dev5u le propritaire d'un bois sacr1 malheur ceux dont le sort dp5d de sa bi5veillance ou de son caprice6 ,bi5tt les b*]ons sont l'uvre dans la =t1 les troncs sont abattus1 prcipits dans la valle1 dbits en plan*es et pays en beaux cus sonnants4 ,un l>ge *em9 se tr\ve a9si fray aux avalan*es4 ,privs de leur remp>t1 peut-tre les habitants du village m5ac p]si/5t y re/] p> am\r du foy] natal2 mais1 tt ou t>d1 le pril devi5t imm95t1 il faut migr] en t\te hte1 emport] les objets prcieux et laiss] la maison en proie aux neiges susp5dues4 ,dans *aque village des monts1 on se raconte aux veilles la t]rible *ronique des avalan*es1 et les enfants c\t5t en se blottissant contre les g5\x des mres4 ,ce que le feu gris\ e/ p\r le m9eur1 l'avalan*e l'e/ p\r le montagn>d4 ,elle m5ace son *alet1 ses granges1 ses be/iaux2 elle peut l'engl\tir lui-mme4 ,que de p>5ts1 que d'amis il a connus1 qui dorm5t ma9t5ant s\s les neiges6 ,le soir1 qu& il passe ct de l'endroit o la masse norme les a eng\ffrs1 il lui semble que la montagne d'o s'e/ dta*e l'avalan*e le reg>de m*amm5t1 et il d\ble le pas p\r s'loign] du lieu s9i/re4 ,quelquefois aussi1 les dbris de l'cr\lem5t lui rappell5t la dlivrance inespre d'un cam>ade4 ,l1 p5dant une nuit de pr9temps1 s'abattit un talus de neige plus haut que les gr&s sap9s et que la t\r du village4 ,un gr\pe de *alets et de granges se tr\vait s\s la =midable masse4 ,sans d\te1 p5sai5t les montagn>ds acc\rus des hameaux vois9s1 sans d\te t\tes les *>p5tes ont t dmolies et les habitants sont re/s crass s\s les dbris6 ,nanmo9s1 ils se mett5t c\rageusem5t l'ouvrage p\r dblay] l'norme monceau4 ,ils travaill5t p5dant quatre nuits et quatre j\rs1 et1 qu& leurs pio*es atteign5t enf9 le toit du premi] *alet1 ils ent5d5t des *ants qui s'entre-rpond5t4 ,ce sont les voix des amis que l'on avait crus p]dus4 ,leurs demeures avai5t rsi/ la viol5ce du *oc1 et l'air qu'elles cont5ai5t avait heureusem5t suffi4 ,p5dant leur emprisonnem5t1 ils avai5t pass leur temps tablir des communications de maison maison et creus] un tunnel de sortie2 ils *antai5t en mme temps p\r s'enc\rag] au travail4 ,les =ts protectrices ont-elles disp>u1 il e/ bi5 difficile de les remplac]4 ,les arbres p\ss5t l5tem5t1 surt\t sur les montagnes2 dans les c\loirs d'avalan*e1 ils ne p\ss5t pas du t\t4 ,il e/ vrai qu' =ce de travaux on p\rrait fix] les neiges sur les hautes p5tes et prv5ir a9si le dsa/re de leur effondrem5t dans les valles2 on p\rrait taill] la p5te en grad9s horizontaux o les c\*es de neige s]ai5t =ces de sj\rn] comme sur les m>*es d'un gigantesque escali]2 on p\rrait aussi remplac] les troncs d'arbres p> des ranges de pieux en f] et p> des palissades qui emp*]ai5t le glissem5t des masses suprieures4 ,dj ces t5tatives ont t faites avec succs1 mais seulem5t en des valles qu'habit5t des populations ri*es et nombreuses4 ,de pauvres villageois1 mo9s qu'ils ne soi5t aids p> la socit t\t entire1 ne saurai5t song] sculpt]1 p\r a9si dire n\veau1 le relief de la montagne1 et les avalan*es cont9u5t de desc5dre sur leurs prairies p> les c\loirs acc\tums4 ,ils doiv5t se born] protg] leurs maisonnettes p> d'normes p]ons de pi]re qui romp5t la =ce des neiges cr\les et les divis5t en deux c\rants1 qu& ces neiges ne desc5d5t pas en masses assez puissantes p\r t\t dmolir d'un *oc4 ,de t\s les de/ructeurs de la montagne1 l'avalan*e e/ le plus n]gique4 ,t]res et fragm5ts ro*eux1 elle entrane t\t comme le f]ait un torr5t dbord2 bi5 plus1 p> la fusion graduelle des neiges qui en =mai5t la c\*e infrieure1 elle dlaye tellem5t le sol que celui-ci se *ange en une b\e molle1 lz>de de pr(ondes crevasses et s'affaissant s\s son propre poids4 ,jusqu' de gr&es pr(ondeurs1 la t]re e/ dev5ue fluide2 elle c\le le long des p5tes1 entranant avec elle les s5ti]s1 les qu>ti]s de roc p>s et jusqu'aux =ts et aux maisons4 ,des pans enti]s de montagne1 dtremps p> les neiges1 ont a9si gliss en bloc avec leurs *amps1 leurs pturages1 leurs bois et leurs habitants4 ,p> leur entassem5t et la l5te pntration de leur eau de fusion dans le sol1 les flocons de neige suffis5t donc dmolir peu peu les montagnes4 ,au pr9temps1 *aque rav9 montre clairem5t ce travail de de/ruction2 la fois cascades1 b\lis1 avalan*es1 les neiges1 les ro*es et les eaux confondues desc5d5t des sommets et s'a*em95t v]s la pla9e4 ,,*apitre ,,xii ,,le ,,glaci] ,mme au milieu de l't1 lorsque t\tes les neiges se sont fondues au s\ffle des v5ts *auds1 d'normes amas de glace1 r5f]ms dans les hautes valles1 font encore un hiv] local r5du plus biz>re p> le contra/e4 ,qu& le soleil brille de t\t son clat1 la *aleur directe et celle que r5voi5t les glaces se font s5tir l\rdem5t au voyageur2 il fait mme en app>5ce plus *aud que dans les valles1 cause de la s*]esse de l'air1 incessamm5t priv de son humidit p> l'avide surface du glaci]4 ,dans le vois9age1 on ent5d *ant] les oiseaux s\s le feuillage2 des fleurs maill5t le gazon1 des fruits mriss5t s\s les feuilles de myrtille4 ,et p\rtant1 ct de ce monde joyeux1 voici le morne glaci]1 avec ses crevasses bantes1 ses amas de pi]res1 son t]rible sil5ce1 son app>5te immobilit4 ,c'e/ la mort ct de la vie4 ,nanmo9s1 la gr&e masse glace a aussi son m\vem5t2 avec l5teur1 mais avec une =ce inv9cible1 elle travaille1 comme le v5t1 les neiges1 les pluies1 les eaux c\rantes1 r5\vel] la surface de la plante2 p>t\t o les glaci]s ont pass p5dant un des ges de la t]re1 l'aspect du pays e/ trans=m p> leur action4 ,comme les avalan*es1 ils emport5t dans les pla9es les dblais des montagnes cr\lantes1 sans viol5ce1 p> un pati5t ef=t de t\s les in/ants4 ,l'uvre du glaci]1 si difficile saisir dans sa m>*e secrte1 quoique si va/e dans ses rsultats1 comm5ce ds le sommet de la montagne1 la surface des c\*es neigeuses4 ,l-haut1 dans les cirques o se sont amasss en t\rbillons les nuages d'aiguilles blan*es f\ettes de la tempte1 l'uni=me t5due des nvs ne *ange po9t d'aspect4 ,d'anne en anne et de sicle en sicle1 c'e/ t\j\rs la mme blan*eur1 mate l'ombre des nuages1 bl\issante s\s les rayons du soleil4 ,il semble que la neige y soit t]nelle1 et c'e/ mme a9si que la dsign5t les habitants des pla9es qui1 d'en bas1 la voi5t brill] ct du ciel4 ,ils croi5t qu'elle re/e jamais sur les hautes cimes et que1 si le v5t la s\lve dans ses t\rm5tes1 il la laisse t\j\rs retomb] la mme place4 ,il n'en e/ ri54 ,une p>tie de la neige s'vapore et ret\rne aux nuages d'o elle e/ desc5due4 ,une autre p>tie du nv1 expose aux rayons du soleil ou l'influ5ce d'un v5t *aud du midi1 se p>sme de g\ttelettes fondues qui gliss5t la surface ou pntr5t dans les c\*es jusqu' ce que1 saisies de n\veau p> le froid1 elles se congl5t en d'imp]ceptibles gemmes4 ,a9si1 p> des millions de molcules qui fond5t1 puis se regl5t p\r se refondre encore et r$ev5ir solides1 la masse du nv se trans=me ins5siblem5t2 en mme temps1 elle se dplace1 grce la pesanteur qui entrane de quelques millimtres les g\ttes fondues1 et peu peu1 les neiges tombes jadis sur le sommet de la montagne se tr\v5t en avoir desc5du les p5tes4 ,d'autres neiges ont pris leur place et s'c\l]ont aussi p> une srie de fusions1 sans que p\rtant elles ai5t subir le mo9dre *angem5t app>5t4 ,il e/ vrai qu'elles ont devant elles l'inf9i des ges2 c'e/ avec l5teur qu'elles se ht5t v]s la m]1 o elles doiv5t all] s'engl\tir un j\r4 ,lorsque dj deux gnrations d'hommes se sont succd dans les pla9es infrieures1 tel flocon de neige tomb sur une haute cime n'e/ pas encore sorti de la masse du nv4 ,mais1 si l5t qu'il soit1 ce flocon *ang en cri/al n'en avance pas mo9s4 ,la masse de nv1 dev5ue plus homogne et dj trans=me en glace1 s'engage dans la gorge de la montagne o l'entrane son poids4 ,t\j\rs immobile en app>5ce1 l'amas de glace e/ ma9t5ant dev5u un vritable fleuve c\lant dans un lit de ro*]s4 ,a droite et gau*e1 sur les p5tes1 la neige d'hiv] e/ compltem5t fondue1 et des h]bes fleuries l'ont remplace4 ,t\t un monde d'insectes vit et b\rdonne dans les gazons des pturages2 l'air e/ d\x1 et l'homme conduit ses tr\peaux sur des esc>pem5ts h]beux d'o le reg>d desc5d au lo9 sur le c\rant glac4 ,et celui-ci1 d'un incessant ef=t1 cont9ue t\j\rs son voyage v]s la pla9e2 il s'pan*]ait jusque dans les campagnes unies de la base des monts1 il atte9drait la m] elle-mme1 si la d\ce temprature des valles infrieures1 la tideur des v5ts1 les rayons du soleil1 ne p>v5ai5t fondre ses glaces avances4 ,dans son c\rs1 le fleuve solide se comporte comme le f]ait une vraie rivire d'eau vive4 ,il a aussi ses m&res et ses rem\s1 ses maigres et ses crues1 ses dormants1 ses rapides et ses cat>actes4 ,comme l'eau qui s'tale ou se rtrcit suivant la =me de son lit1 la glace s'adapte aux dim5sions du rav9 qui l'enf]me2 elle sait se m\l] exactem5t sur la ro*e1 aussi bi5 dans le va/e bass9 o les p>ois s'c>t5t de "p et d'autre1 que dans le dfil o le passage se f]me presque entirem5t4 ,p\ss p> les masses dont l'alim5te incessamm5t le nv suprieur1 le glaci] cont9ue t\j\rs de gliss] sur le fond1 que la p5te en soit presque ins5sible ou bi5 qu'il =me une succession de prcipices4 ,t\tefois1 la glace1 n'ayant pas la s\plesse1 la fluidit de l'eau1 accomplit avec une sorte de gau*]ie b>b>e t\s les m\vem5ts que lui impose la nature du sol4 ,a ses cat>actes1 elle ne sait po9t plong] en une nappe unie comme le c\rant d'eau2 mais1 suivant les 9galits du fond et la cohsion des cri/aux de glace1 elle se brise1 se f5dille1 se dc\pe en blocs qui s'incl95t div]sem5t1 s'cr\l5t les uns sur les autres1 se ress\d5t en oblisques biz>res1 en t\relles1 en gr\pes fanta/iques4 ,mme l o le fond de l'imm5se ra9ure e/ assez rgulirem5t incl91 la surface du glaci] ne ressemble po9t la nappe gale des eaux d'un fleuve4 ,le frottem5t de la glace contre ses bords ne la ride pas de vaguelettes semblables celles de l'onde sur le rivage1 mais il la brise et la rebrise en crevasses qui s'entre-crois5t en un ddale de g\ffres4 ,en hiv]1 et mme lorsque le pr9temps a dj r5\vel la p>ure des campagnes infrieures1 un gr& nombre de crevasses sont masques p> d'paisses masses de neige qui s't5d5t en c\*es cont9ues la surface du glaci]2 alors1 si la neige gr5ue n'a pas t amollie p> la *aleur du soleil1 il e/ facile de *em9] p>-dessus la gueule de ces abmes ca*s2 le voyageur peut les ignor] comme il ignore les grottes ouv]tes dans l'paisseur des montagnes4 ,mais le ret\r annuel de la saison d't fond peu peu les neiges sup]ficielles4 ,le glaci]1 qui m>*e sans cesse et dont la masse f5dille vibre d'un cont9uel frisson1 sec\e le manteau neigeux qui le rec\vre2 et l les votes s'effondr5t et p> gros fragm5ts s'abm5t dans les pr(ondeurs des crevasses2 s\v5t il n'en re/e que des ponts troits sur lesquels on ne s'av5ture qu'aprs avoir pr\v du pi$ la solidit de la neige4 ,c'e/ alors que ma9t glaci] devi5t dang]eux trav]s]1 cause de la l>geur de ses f5tes qui se ramifi5t l'inf9i4 ,des bords du g\ffre1 on voit p>fois1 dans l'intrieur1 des c\*es sup]poses de glace bleutre qui fur5t jadis des neiges et que sp>5t des b&es noirtres1 re/es de dbris tombs sur le nv2 d'autres fois1 la glace1 claire et homogne dans t\te sa masse1 semble n'tre qu'un seul cri/al4 ,quelle e/ la pr(ondeur du puits8 ,on ne sait4 ,une saillie de la glace et les tnbres emp*5t le reg>d de desc5dre jusqu'aux ro*es du fond2 seulem5t1 on ent5d quelquefois des bruits my/rieux qui s'lv5t de l'abme3 c'e/ de l'eau qui ruisselle1 une pi]re qui se dta*e1 un morceau de glace qui se f5dille et s'cr\le4 ,des explorateurs sont desc5dus dans ces g\ffres p\r en mesur] l'paisseur et p\r tudi] la temprature et la composition des glaces pr(ondes4 ,quelquefois ils ont pu le faire sans trop de dang]1 en pntrant latralem5t dans les f5tes p> les saillies des ro*]s qui s]v5t de b]ge aux fleuves de glace4 ,s\v5t aussi1 il leur a fallu se faire desc5dre au moy5 de cordes1 comme le m9eur qui pntre au se9 de la t]re4 ,mais1 p\r un savant qui1 t\t en pr5ant les prcautions ncessaires1 explore a9si les puits des glaci]s1 combi5 de malheureux ptres s'y sont eng\ffrs et y ont tr\v la mort6 ,on connat p\rtant des montagn>ds qui1 tombs au fond de ces crevasses1 meurtris1 saignants1 p]dus dans les tnbres1 ont g>d leur c\rage et la rsolution de revoir le j\r4 ,il en e/ un qui suivit le c\rs d'un ruisseau s\s-glaciaire et fit a9si un vritable voyage au-dess\s de l'norme vote aux glaons cr\lants4 ,aprs une p>eille excursion1 il ne re/e plus l'homme qu' desc5dre dans le g\ffre d'un cratre p\r explor] le rs]voir s\t]ra9 des laves6 ,c]tes il faut l\] gr&em5t le savant c\rageux qui desc5d dans les pr(ondeurs du glaci] p\r en tudi] les /ries1 les bulles d'air1 les cri/aux3 mais que de *oses n\s p\vons dj contempl] la surface1 que de *>mants dtails il n\s e/ p]mis de surpr5dre1 que de lois se rvl5t nos yeux1 si n\s savons reg>d]6 ,en effet1 dans ce *aos app>5t1 t\t se rgit p> des lois4 ,p\rquoi1 vis--vis de tel po9t de la b]ge1 une f5te se produit-elle t\j\rs dans la masse glace8 ,p\rquoi1 une c]ta9e di/ance au-dess\s1 la crevasse1 qui s'e/ graduellem5t l>gie1 rappro*e-t-elle de n\veau ses bords et le glaci] se ress\de-t-il8 ,p\rquoi la surface se bombe-t-elle rgulirem5t sur un po9t p\r se crevass] ailleurs8 ,en voyant t\s ces phnomnes qui reproduis5t grossirem5t les rides1 les vaguelettes1 les rem\s ou les nappes unies de l'eau des fleuves1 on compr5d mieux l'unit qui1 s\s l'inf9ie div]sit des aspects1 prside t\tes les *oses de la nature4 ,qu& on s'e/ fait l'intime du glaci] p> de longues explorations et que l'on sait se r5dre compte de t\s les petits *angem5ts qui s'accompliss5t sa surface1 c'e/ une joie1 un dlice de le p>c\rir p> un beau j\r d't4 ,la *aleur du soleil lui a r5du le m\vem5t et la voix4 ,des ve9ules d'eau1 presque imp]ceptibles d'abord1 se =m5t et l1 puis s'uniss5t en ruisselets sc9tillants qui s]p5t5t au fond de lits fluviaux en m9iature qu'ils vi5n5t de se creus] eux-mmes1 et disp>aiss5t t\t c\p dans une f5te de la glace en faisant ent5dre une petite pla9te la voix arg5t9e4 ,ils se gonfl5t ou s'abaiss5t1 suivant t\tes les oscillations de la temprature4 ,qu'un nuage passe sur le soleil1 refroidisse l'atmosphre1 ils ne c\l5t plus qu' gr&'pe9e2 que la *aleur devi5ne plus =te1 les ruisseaux sup]ficiels pr5n5t des allures de torr5ts2 ils entran5t avec eux des sables et des caill\x p\r les dpos] en alluvions1 en =m] des b]ges et des les2 puis1 v]s le soir1 ils se calm]ont1 et bi5tt le froid de la nuit les congl]a de n\veau4 ,s\s les rayons de *aleur qui anim5t temporairem5t le *amp du glaci] p> la fusion de la c\*e sup]ficielle1 le petit monde des caill\x tombs des p>ois vois9es s'agite aussi4 ,un talus de gravi]1 situ au bord d'un filet d'eau murmurant1 s'effondre p> des cr\lem5ts p>tiels et plonge dans les crevasses4 ,ailleurs1 des pi]railles noires sont p>ses sur le glaci]2 elles absorb5t1 conc5tr5t la *aleur et1 tr\ant la glace au-dess\s d'elles1 la cribl5t de petits tr\s cyl9driques4 ,plus lo91 au contraire1 de va/es amas de dbris et de grosses pi]res emp*5t la *aleur du soleil de pntr] au-dess\s2 t\t aut\r1 la glace se fond et s'vapore2 ces pi]res arriv5t a9si =m] des pili]s qui sembl5t gr&ir1 jaillir du sol comme des colonnes de m>bre2 mais *acune d'elles1 trop faible la f91 se rompt s\s le poids1 et t\s les fragm5ts qu'elle portait s'cr\l5t avec fracas1 p\r recomm5c] le l5dema9 une volution semblable4 ,combi5 plus *>mants encore sont t\s ces petits drames de la nature inanime1 qu& animaux ou plantes vi5n5t s'y ml]6 ,attir p> la tideur de l'air1 le papillon arrive en voletant1 t&is que la plante1 tombe avec les b\lis du haut des ro*]s vois9s1 utilise son c\rt rpit de vie p\r repr5dre rac9e et dploy] au soleil sa d]nire corolle4 ,sur les ctes polaires1 des navigateurs ont vu t\t un tapis de vgtation rec\vrir une haute falaise1 de t]re p> le sommet1 de glace p> la base4 ,,*apitre ,,xiii ,,la ,,mora9e ,,et ,,le ,,torr5t ,t\s ces petits phnomnes qui s'accompliss5t *aque j\r sembl5t peu de *ose dans l'hi/oire de la t]re4 ,qu'e/-ce1 en effet1 que le travail du glaci] p5dant un j\r d't8 ,sa masse1 avanant d'un incessant ef=t1 a progress de quelques c5timtres pe9e2 deux ou trois ro*]s se sont dta*s des p>ois p\r tomb] sur le *amp m\vant des glaces2 le ruisseau qui emporte les eaux de fusion s'e/ tal plus l>gem5t1 et dans son lit1 les caill\x1 plus nombreux1 se sont entre-*oqus avec plus de fracas4 ,autrem5t1 t\t a g>d l'app>5ce acc\tume4 ,nulle "p1 semble-t-il1 la nature n'e/ plus l5te dans son uvre de r5\vellem5t p]ptuel4 ,et p\rtant1 ces petites trans=mations de *aque j\r1 de *aque m9ute1 f9iss5t p> am5] d'imm5ses *angem5ts dans l'aspect de la t]re1 de vritables rvolutions gologiques4 ,ces caill\x1 ces fragm5ts de ro*es qui tomb5t des esc>pem5ts suprieurs sur le lit de glace1 s'entass5t peu peu la base des p>ois en d'normes remp>ts de pi]res2 ils *em95t l5tem5t avec la masse glace qui les porte2 mais d'autres dbris1 b\ls des mmes c\loirs de la montagne1 les remplac5t l'endroit qu'ils ont quitt4 ,a9si de longs convois de ro*es1 entasses en dsordre1 accompagn5t le glaci] dans sa m>*e2 au fleuve de glace s'aj\t5t des fleuves de pi]res desc5dant de *aque promontoire en ru9es1 de *aque cirque rav9 p> les avalan*es4 ,arriv l'issue des hautes gorges dans une zone de temprature plus d\ce1 le glaci] ne peut plus se ma9t5ir l'tat cri/all92 il se fond en eau et laisse tomb] son f>deau de pi]res4 ,t\s ces dbris s'cr\l5t en un imm5se *aos =mant b>rage dans la valle2 l'extrmit de ma9t glaci]1 ce sont de vritables montagnes de pi]res cr\lantes aux talus mal aff]mis4 ,qu'aprs une longue srie d'annes neigeuses1 la masse du glaci] se gonfle et s'allonge1 il faut qu'elle repr5ne ces montagnes de pi]res et qu'elle les p\sse un peu plus lo9 dans la valle4 ,lorsque1 plus t>d1 s\s l'influ5ce d'une temprature plus d\ce1 d'hiv]s mo9s abondants en neiges1 le glaci] se fondra dans t\te sa p>tie infrieure en laissant vide la cuvette de ro*]s qui lui s]vait de lit1 la mora9e de blocs1 dlivre de la pression qui la p\ssait en avant1 re/]a isole une c]ta9e di/ance du glaci]2 d]rire elle se montr]a la pi]re nue1 polie1 rabote p> le poids norme qui s'y m\vait nagure1 et rec\v]te et l de la b\e r\getre produite p> l'crasem5t des caill\x et des gravi]s entrans4 ,une autre mora9e de dbris entasss se =m]a peu peu devant le talus du glaci]4 ,eh bi56 des di/ances normes en avant de la valle1 des lieues et mme des diza9es de lieues1 on rem>que des traces indiscutables de l'anci5ne action des glaces4 ,des pla9es entires1 jadis remplies d'eau1 ont t graduellem5t combles p> les b\es et les caill\x que le glaci] p\ssait devant lui2 les saillies des montagnes et des coll9es qui se tr\vai5t sur le *em9 du fleuve solide ont t rodes et polies2 enf91 des ro*es p>ses et des mora9es ont t dposes au lo91 jusque sur les p5tes de montagnes app>t5ant d'autres massifs4 ,on reconnat facilem5t l'orig9e de ces pi]res leur composition *imique1 l'arrangem5t de leurs cri/aux ou leurs fossiles2 s\v5t mme les c>actres di/9ctifs ont une telle prcision que l'on peut signal]1 sur la montagne elle-mme1 le cirque lev d'o s'e/ dta* le bloc errant4 ,combi5 d'annes ou de sicles a dur le voyage8 ,bi5 longtemps sans d\te1 si l'on en juge p> les grosses ro*es que transport5t les glaci]s actuels1 et dont la m>*e a t mesure4 ,p>mi ces blocs voyageurs1 il en e/ que des savants ont r5dus clbres p> leurs obs]vations et que l'on aime revoir comme des amis4 ,ces pi]res *\es dans les pla9es1 ces amas de b\e transports au lo91 t\tes ces traces laisses p> le sj\r des anci5s glaci]s1 n\s p]mett5t d'imag9] quelles ont t les gr&es alt]natives du climat et les imm5ses modifications du relief et de l'aspect t]re/res p5dant les ges successifs de la plante4 ,dans le pass que n\s rvl5t ces dbris1 n\s voyons notre montagne et ses vois9es se dress] bi5 au-dessus de leurs sommets actuels2 les po9tes suprmes dpassai5t les nuages les plus levs1 et t\tes les vapeurs qui voyageai5t dans l'espace v5ai5t se dpos] en neiges ou en cri/aux glacs sur les p5tes de l'norme massif2 les cirques de pturages1 les vallons v]doyants1 les v]sants auj\rd'hui boiss1 tai5t rec\v]ts p> l'uni=me c\*e des glaces2 dans la valle1 cascades et lacs1 ruisseaux et prairies1 ri5 ne p>aissait encore2 l'imm5se fleuve glac1 non mo9s pais que le sont ma9t5ant les assises des monts1 emplissait t\tes les dpressions1 puis1 son issue des gorges1 allait s'tal] au lo9 dans les pla9es p>-dessus coll9es et vallons4 ,telle tait1 du temps de nos aeux1 l'image que leur prs5tait le mont *>g de glaces2 p\r les arrire-petits-fils de nos fils1 dans le lo9ta9 indf9i des sicles1 le tableau s]a *ang4 ,peut-tre le glaci]1 alors compltem5t fondu1 s]a-t-il remplac p> un faible ruisseau2 la montagne elle-mme aura cess d'exi/]2 un lg] exhaussem5t du sol en m>qu]a la place1 et la pla9e actuelle1 t\te b\lev]se p> les *angem5ts de niveau1 aura donn le j\r des hauteurs qui crotront graduellem5t dans le ciel6 ,et t&is que n\s p5sons l'hi/oire de la montagne et de son glaci]1 ce qu'ils fur5t et ce qu'ils devi5dront un j\r1 voil le petit torr5t qui sort en gaz\illant des glaces et qui va de p> le monde travaill] l'uvre du r5\vellem5t cont9uel de la t]re6 ,l'eau1 r5due blan*tre ou laiteuse p> les innombrables molcules de ro*e triture qu'elle porte en susp5sion1 n'e/ autre *ose que le glaci] lui-mme trans=m s\da9 l'tat liquide4 ,et quel contra/e1 p\rtant1 entre la masse solide avec ses crevasses1 ses grottes1 ses entassem5ts de pi]res1 ses p5tes b\euses1 et l'eau qui jaillit gaiem5t la lumire et s]p5te en babillant p>mi les fleurs6 ,c'e/ un des spectacles les plus curieux de la montagne1 que cette brusque app>ition du ruisseau qui1 p5dant t\t son c\rs suprieur1 a *em9 dans l'ombre en se gonflant des millions de g\ttelettes tombes des f5tes de la vote4 ,la cav]ne d'o s'*appe le c\rant *ange de =me t\s les j\rs1 suivant les cr\lem5ts et la fonte des glaces2 d'ord9aire1 p\rtant1 il e/ facile de pntr] une c]ta9e di/ance dans la grotte et d'en admir] les p5d5tifs1 les p>ois translucides1 la lumire bleutre1 les reflets *angeants4 ,l'tranget du spectacle1 le vague1 l'apprh5sion dont le cur e/ saisi1 font que l'on se croirait transport dans un lieu sacr4 ,trois fois et mille fois bnis se croi5t les pl]9s h9d\s qui1 aprs avoir remont le ,gange jusqu' sa s\rce1 os5t encore pntr] s\s la vote tnbreuse d'o s'lance la sa9te rivire6 ,c'e/ avec une gr&e rgul>it1 dp5dante de celle des saisons1 que les torr5ts glaciaires apport5t dans les pla9es l'eau fcondante et les b\es alluviales1 prov5ant de cette norme (fic9e de trituration qui fonctionne incessamm5t s\s le glaci]4 ,p5dant la saison froide de nos zones tempres1 qu& les pluies tomb5t le plus frquemm5t dans les campagnes1 et qu'au lieu de s'vapor] elles tr\v5t leur *em9 v]s les rivires1 alors le glaci] se gle plus troitem5t1 il adhre p>t\t la vote qui lui s]t de lit1 et ne laisse plus sortir qu'un faible c\rant2 quelquefois mme il t>it en enti]2 pas une g\tte d'eau ne desc5d de la montagne4 ,mais1 mesure que la *aleur revi5t et que la vgtation joyeuse dem&e p\r ses feuilles et ses fleurs une plus gr&e quantit d'eau1 mesure que l'vaporation devi5t plus active et que le niveau des rivires t5d s'abaiss]1 les torr5ts des glaci]s se gonfl5t1 ils se *ang5t temporairem5t en fleuves et f\rniss5t l'humidit ncessaire aux *amps altrs4 ,il s'tablit a9si une comp5sation des plus utiles p\r la prosprit des contres qu'arros5t des c\rs d'eau p>tiellem5t alim5ts p> les glaci]s4 ,qu& les afflu5ts1 gonfls p> la pluie1 c\l5t en surabondance1 les torr5ts de la montagne n'apport5t qu'un m9ce flot liquide2 ils dbord5t1 au contraire1 qu& les autres rivires sont presque sec2 grce ce phnomne de balancem5t1 une c]ta9e galit se ma9ti5t dans le fleuve o vi5n5t s'unir les div]s c\rs d'eau4 ,dans l'conomie gnrale de la t]re1 le glaci]1 immobile en app>5ce1 t\j\rs si l5t et calme dans sa =ce1 e/ un gr& lm5t de rgul>isation4 ,r>em5t il introduit quelque dsordre imprvu dans la nature4 ,c'e/ l ce qui peut arriv]1 p> exemple1 lorsqu'un glaci] latral1 p\ssant un l>ge remp>t de dbris ou s'avanant lui-mme au trav]s d'un ruisseau sorti du glaci] primaire1 en accumule les eaux et =me a9si un lac sans cesse gr&issant4 ,p5dant longtemps1 la digue rsi/e la pression de la masse liquide2 mais1 la suite d'une fonte considrable des neiges1 d'un recul du glaci] de b>rage ou de dblais l5tem5t oprs p> les eaux1 il se peut que la b>rire de glaces et de blocs amoncels cde t\t c\p4 ,alors le lac s'effondre en une t]rible avalan*e2 l'eau1 mle aux pi]res1 aux blocs de glace et t\s les dbris arra*s ses rives1 se prcipite avec rage dans la valle infrieure2 elle enlve les ponts1 dtruit les m\l9s1 rase les maisons de ses rivages1 entrane les arbres des p5tes basses1 et1 d*aussant les prairies elles-mmes1 comme le f]ait un imm5se soc de *>rue1 les r\le devant elle et les mle au *aos de son dluge4 ,p\r les valles que p>c\rt l'inondation1 le dsa/re e/ imm5se1 et le rcit s'en transmet de gnration en gnration4 ,mais ce sont l des vnem5ts bi5 r>es et qui devi5n5t mme impossibles p\r l'av5ir dans les pays civiliss1 p>ce que les populations m5aces ont so9 de prv5ir le dang] en creusant des s\t]ra9s de dgagem5t aux rs]voirs lacu/res qui se =m5t d]rire une digue m\vante de glaces ou de pi]res4 ,a9si rprim dans ses c>ts1 le glaci] re/e le bi5faiteur des rgions situes sur le c\rs de ses eaux4 ,c'e/ lui qui les arrose dans la saison o elles aurai5t le plus cra9dre les effets de la s*]esse1 lui qui les r5\velle p> des apports de t]re vgtale t\te fra*e encore et avec t\s ses lm5ts de nutrition *imique4 ,le glaci] e/ en ralit un lac1 une m] d'eau d\ce d'une cont5ance de milli>ds de mtres cubes2 mais ce lac1 susp5du aux flancs des monts1 s'pan*e l5tem5t et comme avec mesure4 ,il r5f]me assez d'eau p\r inond] t\tes les campagnes infrieures1 mais il rp>tit discrtem5t ses trsors4 ,cette masse glace1 prs5tant l'aspect de la mort1 contribue a9si d'autant mieux la vie et la fcondit de la t]re4 ,,*apitre ,,xiv ,,les ,,=,,ts ,,et ,,les ,p,,turages ,p> ses neiges et ses glaces fondantes1 qui s]v5t gonfl] les torr5ts et les fleuves p5dant l't1 la montagne entreti5t la vgtation jusqu' d'normes di/ances de sa base1 mais elle g>de assez d'humidit p\r n\rrir sa propre flore de =ts1 de gazons et de m\sse1 bi5 suprieure1 p> le nombre de ses espces1 la flore d'une mme t5due des pla9es4 ,d'en bas1 le reg>d ne peut obs]v] les dtails du tableau que prs5te la v]dure de la montagne1 mais il en embrasse le magnifique ensemble et j\it des mille contra/es que la hauteur1 les accid5ts du sol1 l'incl9aison des p5tes1 l'abondance de l'eau1 le vois9age des neiges et t\tes les autres conditions physiques produis5t dans la vgtation4 ,au pr9temps1 qu& t\t r5at dans la nature1 c'e/ une joie de voir le v]t des h]bes et du feuillage repr5dre le dessus sur la blan*eur des neiges4 ,les tiges du gazon1 qui peuv5t respir] de n\veau et revoir la lumire1 p]d5t leur te9te r\sse et leur aspect calc92 elles devi5n5t d'abord d'un jaune blan*tre1 puis d'un beau v]t4 ,des fleurs en multitudes diapr5t les prairies3 ici1 ce ne sont que des r5oncules1 ailleurs que des anmones ou des primevres jaillissant en b\quets2 plus lo91 la v]dure disp>at s\s le blanc neigeux du gracieux n>cisse des potes ou s\s le lilas du crocus1 dont l'tre t\t enti] n'e/ que fleur1 de la rac9e au bord de la corolle2 prs des c\rs d'eau1 la p>nassie ouvre sa fleur dlicate2 et l les petites fleurs blan*es ou azures1 roses ou jaunes1 se press5t en si gr&es f\les1 qu'elles donn5t leur c\leur t\te la p5te h]beuse et que1 des v]sants opposs1 on peut dj reconnatre l'espce de plante qui dom9e dans la prairie1 mesure que la neige recule v]s les hauteurs devant le tapis de v]dure fleurissante4 ,bi5tt aussi les arbres se mett5t de la fte4 ,en bas1 sur les premires p5tes1 ce sont les arbres fruiti]s qui1 peu de sema9es aprs s'tre db>rasss de la neige de l'hiv]1 se rec\vr5t d'une autre neige1 celle de leurs fleurs4 ,plus haut1 les *taigni]s1 les htres1 les arbu/es div]s1 se c\vr5t de leurs feuilles d'un v]t t5dre2 du j\r au l5dema91 on dirait que la montagne s'e/ revtue d'un tissu m]veilleux o le vel\rs s'e/ ml la soie4 ,peu peu1 cette jeune v]dure des =ts et des br\ssailles s'avance v]s le sommet2 elle monte comme l'escalade dans les vallons et les rav9s p\r conqurir les esc>pem5ts suprmes entre les glaci]s4 ,l-haut1 t\t pr5d un aspect inatt5du de joie4 ,mme les sombres ro*]s1 qui semblai5t noirs p> leur contra/e avec les neiges1 orn5t leurs anfractuosits de petites t\ffes de v]dure4 ,eux aussi pr5n5t "p la gaiet du pr9temps4 ,mo9s somptueux p> l'exubrance de leur v]dure et la multitude prodigieuse de leurs fleurs1 les hauts pturages sont p\rtant plus aimables que les prairies d'en bas2 leurs pel\ses sont d'une gaiet plus d\ce et plus intime4 ,on s'y promne sans ef=t sur l'h]be c\rte et l'on y fait plus aism5t connaissance avec les fleurs qui jailliss5t p> myriades des t\ffes de v]dure4 ,l1 du re/e1 l'clat des corolles e/ incomp>able4 ,le soleil y d>de des rayons plus brlants1 d'une action *imique plus puissante et plus rapide2 il labore dans la sve des sub/ances colorantes d'une beaut plus p>faite4 ,arms de leurs l\pes1 le botani/e1 le physici51 con/at5t dm5t le phnomne2 mais1 sans leurs in/rum5ts1 le simple1 prom5eur reconnat bi5 l'il nu que le bleu de nulle fleur de la pla9e n'gale l'azur pr(ond de la petite g5tiane4 ,presses de vivre et de j\ir1 les plantes se font plus belles2 elles s'orn5t de c\leurs plus vives1 c> la saison de la joie s]a c\rte2 aprs l't qui s'enfuit1 la mort les surpr5dra4 ,le reg>d e/ bl\i de l'clat que prs5t5t les l>ges plaques de gazon p>semes des toiles d'un rose vif du silne1 des grappes bleues du myosotis1 des l>ges fleurs au cur d'or de l'a/] des ,alpes4 ,sur les p5tes plus s*es1 au milieu des ro*es arides1 croiss5t l'or*is noire au p>fum de vanille et le pi$ de lion1 dont la fleur ne se fane jamais et re/e un symbole de con/ance t]nelle4 ,p>mi ces h]bes aux fleurs clatantes1 il en e/ que n'effraye nullem5t le vois9age de la neige et de l'eau glace4 ,elles ne sont po9t frileuses2 t\t ct des cri/aux du nv1 le flux de la sve circule librem5t dans les tissus de la dlicate soldanelle1 qui p5*e au-dessus de la neige sa corolle d'une nuance si t5dre et si pure2 qu& le soleil brille1 on peut dire d'elle1 mieux que du palmi] des oasis1 qu'elle a son pi$ dans la glace et sa tte dans le feu4 ,a la sortie mme des neiges1 le torr5t1 dont l'eau laiteuse semble tre de la glace pe9e fondue1 ent\re de ses bras un lot fleuri1 b\quet *>mant aux tiges sans cesse frissonnantes4 ,plus lo91 le lit de neige que l'ombre du ro*] a df5du contre les rayons du soleil e/ t\t diapr de fleurs2 la d\ce temprature qu'elles rp&5t a fondu la neige aut\r d'elles2 on dirait qu'elles jailliss5t d'une c\pe de cri/al au fond bleui p> l'ombre4 ,d'autres fleurs1 plus s5sibles1 n'os5t po9t subir le contact immdiat de la neige2 mais elles pr5n5t so9 de s'ent\r] d'un moelleux f\rreau de m\sse4 ,tel e/ le petit illet r\ge des sommets neigeux2 on dirait un rubis pos sur un c\ss9 de vel\rs v]t au milieu d'une c\*e de duvet blanc4 ,sur les p5tes de la montagne1 les =ts alt]n5t avec les surfaces gazonnes1 mais non pas au has>d4 ,la prs5ce de gr&s arbres indique t\j\rs1 sur le v]sant qui les produit1 une t]re vgtale assez paisse et de l'eau d'arrosem5t en abondance3 a9si1 grce la di/ribution des =ts et des pturages1 on peut lire de lo9 quelques-uns des secrets de la montagne1 p\rvu1 du mo9s1 que l'homme ne soit pas int]v5u brutalem5t en abattant les arbres et en modifiant l'aspect du mont4 ,il e/ des rgions entires o l'homme1 pre s'enri*ir1 a c\p t\s les arbres2 il n'en re/e plus mme une s\*e1 c> les neiges de l'hiv]1 que n'arrte plus la b>rire vivante1 gliss5t dsormais librem5t au temps des avalan*es2 elles dnud5t le sol1 le rabot5t jusqu'au ro*]1 emportant avec elles t\s les dbris de rac9es4 ,l'antique vnration a presque disp>u4 ,jadis1 le b*]on n'abordait qu'avec effroi la =t de la montagne2 le v5t qu'il y ent5dait gmir tait p\r lui la voix des dieux2 des tres surnaturels tai5t ca*s s\s l'corce1 et la sve de l'arbre tait en mme temps un sang div94 ,qu& il leur fallait appro*] la cogne d'un de ces troncs1 ils ne le faisai5t qu'en tremblant4 ,si tu es un dieu1 si tu es une desse1 disait le montagn>d des ,ap5n9s1 si tu es un dieu1 p>donne2 et il rcitait dvotem5t les prires comm&es2 mais1 aprs ses gnuflexions1 tait-il bi5 rassur1 p\rtant8 ,en br&issant la ha*e1 il voyait les bran*es s'agit] au-dessus de sa tte2 les rugosits de l'corce semblai5t pr5dre une expression de colre1 s'anim] d'un reg>d t]rible2 au premi] c\p1 le bois humide app>aissait comme la *air rose des nymphes4 ,le prtre a p]mis sans d\te1 mais que dira la div9it mme8 ,la ha*e ne va-t-elle pas rebondir t\t c\p et s'enfonc] dans le corps de celui qui la manie8 ,il e/1 mme de nos j\rs1 des arbres adors2 le montagn>d ne sait trop p\rquoi et n'aime pas qu'on l'int]roge cet g>d2 mais1 encore en ma9ts endroits1 on voit des *nes respects que les indignes ont ent\rs de b>rires p\r les protg] contre les animaux et les voyageurs errants4 ,dans la vieille ,bretagne1 lorsqu'un homme tait en dang] de mort et qu'un prtre ne se tr\vait pas dans le vois9age1 on p\vait se confess] au pi$ d'un arbre2 les rameaux ent5dai5t1 et leur bruissem5t portait au ciel la d]nire prire du m\rant4 ,t\tefois1 si quelque vieux tronc e/ respect et l p> s\v5ir des anci5s temps1 la =t elle-mme n'inspire plus de sa9te t]reur2 prs5t1 les abatteurs d'arbres n'y mett5t pas tant de faons que leurs anctres1 surt\t lorsqu'ils ne s'attaqu5t pas des =ts s]vant de b>rire contre les avalan*es4 ,il suffit seulem5t qu'ils puiss5t les exploit] d'une manire utile1 c'e/--dire en gagnant plus p> la v5te du bois qu'ils n'ont dp5s] p\r la c\pe et le transport4 ,nombre de =ts sont encore ma9t5ant dans leur virg9it premire1 cause de la difficult p\r l'exploiteur d'arriv] jusqu' elles et d'en extraire les arbres abattus4 ,mais1 lorsque les *em9s d'accs sont faciles1 lorsque la montagne (fre de bonnes glissoires d'o l'on peut1 d'une seule p\sse1 faire desc5dre de plusieurs c5ta9es de mtres les fts bran*s1 lorsque en bas de la p5te le torr5t de la valle e/ assez =t p\r entran] les arbres en radeaux jusque dans la pla9e ou p\r faire m\voir de puissantes sci]ies mcaniques1 alors les =ts c\r5t gr& risque d'tre attaques p> les b*]ons4 ,s'ils les exploit5t avec intellig5ce1 s'ils rgl5t soigneusem5t leurs c\pes1 de manire laiss] t\j\rs sur pi$ des rcoltes de bois p\r les annes suivantes et dvelopp] dans le sol =e/i] la plus gr&e =ce de production possible1 l'humanit n'a qu' se flicit] des ri*esses n\velles qu'ils procur5t4 ,mais lorsqu'ils c\p5t1 dtruis5t t\t d'un c\p la =t t\t entire1 comme s'ils tai5t saisis d'un accs de frnsie1 n'e/-on pas t5t de les maudire8 ,la beaut des =ts qui n\s re/5t encore sur les p5tes de la montagne fait regrett] d'autant plus celles que de viol5ts spculateurs n\s ont ravies4 ,sur les premires p5tes1 du ct de la pla9e1 les bosquets de *taigni]s ont t p>gns1 grce leurs feuilles1 que les paysans ramass5t p\r la litire des btes1 et leurs fruits1 qu'ils mang5t eux-mmes p5dant les soires d'hiv]4 ,peu de =ts1 mme dans les rgions tropicales1 o l'on voit alt]n] en gr\pes les arbres des ess5ces les plus div]ses1 prs5t5t plus de pittoresque et de v>it que les bois de *taigni]s4 ,les p5tes de gazon qui s't5d5t au pi$ des arbres sont assez dgages de br\ssailles p\r que le reg>d puisse s'ouvrir librem5t de nombreuses p]spectives au-dess\s des bran*ages tals4 ,en ma9ts endroits1 la vote de v]dure laisse pass] la lumire du ciel2 le gris des ombres et le jaune d\x des rayons oscill5t suivant le m\vem5t des feuillages2 les m\sses et les li*5s1 qui rec\vr5t de leurs tapis les corces rides1 aj\t5t la d\ceur de ces lumires et de ces ombres fuyantes4 ,les arbres eux-mmes1 ou bi5 se dressant isols1 ou bi5 gr\ps p> deux ou p> trois1 diffr5t de =me et d'aspect4 ,presque t\s1 p> les sillons de leur corce et le jet de leurs bran*es1 sembl5t avoir subi comme un m\vem5t de torsion de gau*e droite2 mais1 t&is que les uns ont le tronc assez uni et bifurqu5t rgulirem5t leurs rameaux1 d'autres ont d'tranges gibbosits1 des nuds1 des v]rues biz>rem5t ornes de feuilles en t\ffes4 ,il e/ de vieux arbres l'norme tronc1 qui ont p]du t\tes leurs gr&es bran*es s\s l'ef=t de l'orage et qui les ont remplaces p> de petites tiges po9tues comme des lances2 d'autres ont g>d t\t leur bran*age1 mais ils se sont p\rris l'intrieur2 le temps a rong leur tronc1 en y creusant de pr(ondes cav]nes2 il ne re/e p>fois qu'un simple pan de bois rec\v]t d'corce1 p\r port] t\t le poids de la vgtation suprieure4 et l1 on rem>que aussi sur le sol les re/es d'une s\*e de puissantes dim5sions2 l'arbre lui-mme a disp>u2 mais1 sur t\t le p\rt\r de cette ru9e vgtale1 croiss5t des *taigni]s di/9cts1 jadis unis dans le gigantesque pili]1 et ma9t5ant isols1 racornis1 borns leur maigre individu4 ,a9si1 la =t prs5te la plus gr&e div]sit3 ct d'arbres bi5 v5us1 d'un aspect sup]be et d'un port maje/ueux1 voici des gr\pes dont les =mes tranges voqu5t devant l'imag9ation les mon/res de la fable ou du rve6 ,bi5 mo9s div]s dans leurs allures sont les htres1 qui aim5t galem5t s'associ] en =ts1 comme les *taigni]s4 ,presque t\s sont droits comme des colonnes1 et de longues *appes ouv]tes entre les fts p]mett5t la vue de s't5dre au lo94 ,les htres sont lisses1 brillants d'corce et de li*5s2 la base seulem5t1 ils sont vtus de m\sse v]te2 de petites t\ffes de feuilles orn5t et l la p>tie basse du tronc2 mais c'e/ qu9ze mtres au-dessus du sol que les bran*ages s'tal5t et s'uniss5t d'arbre en arbre dans une vote cont9ue1 p]ce de rayons p>allles qui b>iol5t le gazon4 ,l'aspect de la =t e/ svre et p\rtant hospitali]2 une d\ce lumire1 compose de t\s ces faisceaux brillants et v]die p> le reflet des feuilles1 emplit les av5ues et se mle leur ombre p\r =m] un vague j\r c5dr1 sans c\ps de lumire1 mais aussi sans tnbres4 ,a cette lueur1 on di/+ue nettem5t t\t ce qui vit au pi$ des gr&s arbres3 les insectes rampants1 les fleurettes qui se balanc5t1 les *ampignons et les m\sses qui tapiss5t le sol et les rac9es2 mais1 sur les arbres eux-mmes1 les li*5s blancs ou jaunes d'or et les rayons s'entreml5t et se confond5t4 ,suivant les saisons1 la =t de htres *ange incessamm5t d'aspect4 ,lorsque vi5t l'automne1 son feuillage se colore de te9tes div]ses o dom95t les nuances brunes et r\getres2 puis il se fltrit et tombe sur le sol1 qu'il rec\vre de ses lits pais de feuilles s*es1 frissonnant au mo9dre s\ffle d'air4 ,la lumire du soleil pntre librem5t dans la =t entre les rameaux nus1 mais aussi les neiges et les brumes2 le bois re/e morne et tri/e jusqu'au j\r de pr9temps1 o les premires fleurs s'pan\iss5t ct des flaques de neige fondante1 o les b\rgeons r\gissants rp&5t sur t\t le bran*age comme une vague lueur d'aurore4 ,la =t de sap9s qui crot la mme hauteur que les htres sur le v]sant des monts1 mais une exposition diffr5te1 e/ bi5 autrem5t sombre et r$\table d'aspect4 ,elle semble g>d] un secret t]rible2 de s\rdes rumeurs sort5t de ses bran*es1 puis s'teign5t p\r r5atre encore comme le murmure lo9ta9 des vagues4 ,mais c'e/ en haut1 dans les ramures1 que se propage le bruit2 en bas1 t\t e/ calme1 impassible1 s9i/re2 les rameaux1 *>gs de leur noir feuillage1 s'abaiss5t presque jusqu'au sol2 on frmit en passant s\s ces votes sombres4 ,que l'hiv] *>ge de neige ces robu/es bran*es1 elles ne faibliront po9t et ne laiss]ont tomb] sur le gazon qu'une p\ssire arg5te4 ,on dirait que ces arbres ont une volont t5ace1 d'autant plus puissante qu'ils sont t\s unis dans une mme p5se4 ,en gravissant p> la =t v]s le sommet de la montagne1 on s'ap]oit que les arbres ont de plus en plus lutt] p\r ma9t5ir leur exi/5ce dans l'atmosphre refroidie4 ,leur corce e/ plus rugueuse1 leur tronc mo9s droit1 leurs bran*es plus n\euses1 leur feuillage plus dur et mo9s abondant3 ils ne peuv5t rsi/] aux neiges1 aux temptes1 au froid1 que p> l'abri qu'ils se f\rniss5t les uns aux autres2 isols1 ils prirai5t2 unis en =t1 ils cont9u5t de vivre4 ,mais aussi1 que1 du ct de la cime1 les arbres qui =m5t la premire palissade de df5se vi5n5t cd] sur un po9t1 et leurs vois9s sont bi5tt branls p> l'orage et r5v]ss4 ,la =t se prs5te comme une arme1 alignant ses arbres1 comme des soldats1 en front de bataille4 ,seulem5t un ou deux sap9s1 plus robu/es que les autres1 re/5t en avant1 semblables des *ampions4 ,solidem5t ancrs dans le ro*]1 camps sur leurs re9s trapus1 b>ds de rugosits et de nuds comme d'une armure1 ils ti5n5t tte aux orages et1 et l1 sec\5t firem5t leur petit pana*e de feuilles4 ,j'ai vu l'un de ces hros qui s'tait emp> d'une po9te isole et de l dom9ait un imm5se p\rt\r de vallons et de rav9s4 ,ses rac9es1 que la t]re vgtale1 trop peu pr(onde1 n'avait pu rec\vrir1 enveloppai5t la ro*e jusqu' de gr&es di/ances2 rampantes et tortueuses comme des s]p5ts1 elles se runissai5t en un seul tronc bas et n\eux qui semblait pr5dre possession de la montagne4 ,les bran*es de l'arbre lutteur s'tai5t tordues s\s l'ef=t du v5t2 mais1 solides1 ramasses sur elles-mmes1 elles p\vai5t encore brav] l'ef=t de c5t temptes4 ,au-dessus de la =t de sap9s et de sa petite avant-g>de expose t\s les orages1 croiss5t encore des arbres2 mais ce sont des espces qui1 lo9 de s'lev] droit v]s le ciel1 ramp5t au contraire sur le sol et se gliss5t peureusem5t dans les anfractuosits p\r *app] au v5t et la froidure4 ,c'e/ en l>geur qu'ils se dvelopp5t2 les bran*es1 s]p5teuses comme les rac9es1 se reploi5t au-dessus d'elles et pr(it5t du peu de *aleur qui en rayonne4 ,c'e/ a9si que1 p\r se r*auff] p5dant les nuits d'hiv]1 les m\tons se press5t les uns contre les autres4 ,en se faisant petits1 en ne prs5tant qu'une faible prise l'orage et que peu de surface au froid1 les g5vri]s de la montagne russiss5t ma9t5ir leur exi/5ce2 on les voit encore ramp] v]s les sommets neigeux des c5ta9es de mtres au-dessus du sap9 le plus h>di l'escalade4 ,de mme1 les arbu/es1 tels que les roses des ,alpes et les bruyres1 russiss5t s'lev] de gr&es altitudes1 cause de la =me sphrique ou en c\pole qu'ont t\tes les tiges presses les unes contre les autres2 le v5t glisse facilem5t sur ces b\les vgtales4 ,plus haut1 cep5dant1 il leur faut bi5 r5onc] lutt] contre le froid2 ils cd5t la place aux m\sses qui s'tal5t sur le sol1 aux li*5s qui s'incorpor5t la ro*e2 sortie de la pi]re1 la vgtation r5tre dans la pi]re4 ,,*apitre ,,xv ,,les ,,animaux ,,de ,,la ,,montagne ,ri*e p> sa vgtation de =ts1 d'arbu/es1 de gazons et de m\sses1 la montagne semble bi5 pauvre en animaux2 elle p>atrait presque compltem5t ds]te1 si les ptres n'y avai5t am5 leurs tr\peaux de va*es et de brebis1 que l'on voit de lo91 sur le v]t des pturages1 comme des po9ts r\ges ou blancs1 et si les *i5s de g>de1 t\j\rs zls1 ne c\rai5t incessamm5t de droite et de gau*e1 en faisant ret5tir les ro*es de leurs aboiem5ts4 ,ce sont l des immigrants temporaires1 v5us des pla9es basses au pr9temps et qui doiv5t y ret\rn] en hiv]1 mo9s qu'on ne les ca*e au fond des tables dans les hameaux de la valle4 ,les seuls enfants de la montagne que l'on r5contre en gravissant les p5tes sont des insectes qui trav]s5t le s5ti]1 se glissant p>mi les h]bes ou b\rdonnant dans l'air2 des papillons1 p>mi lesquels on rem>que les rbes noires aux reflets *atoyants1 et le magnifique apollon1 fleur vivante qui vole au-dessus des fleurs2 et l quelque reptile se drobe entre deux pi]res4 ,les =ts sont =t sil5cieuses2 il n'y *ante que peu d'oiseaux4 ,cep5dant la montagne1 =t]esse naturelle qui se dresse au milieu des pla9es1 a ses htes aussi3 les uns1 fuy>ds cra9tifs1 qui se *]*5t une retraite inaccessible2 les autres1 h>dis voleurs1 animaux de proie qui1 du haut de leurs t\rs de guet1 pi5t au lo9 l'horizon avant de s'lanc] leurs excursions de pillage4 ,*ose biz>re1 que fait trop bi5 compr5dre la l*et des hommes1 les btes de la montagne qui d*ir5t et qui tu5t les autres sont prcism5t ce que l'on admire le plus4 ,on en f]ait volonti]s des rois1 et dans les my!s1 les fables1 les lg5des et ma9t vieux livre d'hi/oire naturelle1 on leur donne vraim5t ce nom4 ,voici d'abord l'aigle et autres rapaces1 oiseaux de c>nage que t\s les matres de la t]re ont *oisis p\r emblmes1 leur donnant quelquefois deux ttes1 comme s'ils v\lai5t eux-mmes avoir deux becs p\r dvor]4 ,c]tes1 l'aigle e/ beau lorsqu'il e/ firem5t camp sur un roc inaccessible aux hommes1 et bi5 plus magnifique encore lorsqu'il plane tranquillem5t dans les airs1 s\v]a9 de l'espace3 mais qu'importe sa beaut8 ,si le roi l'admire1 le b]g] le hait4 ,il e/ l'ennemi du tr\peau1 et le ptre lui a v\ gu]re mort4 ,bi5tt aigles1 vaut\rs et gypates1 n'exi/]ont plus que dans nos muses2 dj1 sur nombre de montagnes1 on n'en voit plus un seul nid1 ou bi5 celui qui re/e ne r5f]me plus qu'un oiseau solitaire et mfiant1 vieill>d demi p]clus1 dvor de p>asites4 ,l'ours e/ aussi un dvoreur de m\tons1 et1 tt ou t>d1 le b]g] l'ext]m9]a de nos montagnes4 ,en dpit de sa vigueur prodigieuse1 de l'art avec lequel il sait broy] les os1 il n'e/ pas le favori des rois1 qui sans d\te ne lui tr\v5t pas assez d'lgance p\r le mettre dans leur blason2 en revan*e1 ma9te peuplade le *rit cause de ses qualits1 et mme le *asseur qui le p\rsuit ne peut se df5dre d'une c]ta9e t5dresse son g>d4 ,l',o/iak1 aprs lui avoir donn le c\p de grce et l'avoir t5du sanglant sur la neige1 se jette g5\x devant le cadavre p\r implor] son p>don3 ,je t'ai tu1 mon ,dieu6 mais j'avais faim1 ma famille avait faim1 et tu es si bon que tu p>donn]as mon crime4 ,p\rtant il ne fait po9t sur n\s l'effet d'un dieu2 mais comme il semble honnte1 et c&ide1 et bi5veillant6 ,comme il p>at bi5 pratiqu] les v]tus de famille6 ,qu'il e/ d\x ses petits et que ceux-ci sont gais1 et cabrioleurs1 et fantasques6 ,ces murs patri>cales qu'on n\s a tant vantes1 c'e/ dans la cav]ne de l'ours ou dans son norme nid1 con=tablem5t tapiss de m\sse1 qu'il faut all] les *]*]6 ,il e/ vrai que le gros animal donne de temps en temps un c\p de croc aux m\tons du b]g]2 mais1 d'ord9aire1 n'e/-il pas la sobrit mme8 ,il se cont5te de br\t] des feuilles1 de patre des myrtilles1 de sav\r] des gteaux de miel2 peut-tre se has>de-t-il aussi dans la valle p\r all] dbonnairem5t mang] mme des rais9s et des poires4 ,un naturali/e suisse1 ,ts5di1 n\s affirme1 sur l'honneur1 que1 si le brave animal r5contre en *em9 une petite fille portant un pani] de fraises1 il se borne pos] dlicatem5t sa patte sur le pani] p\r en dem&] sa "p4 ,et qu& il e/ entr au s]vice de l'homme1 comme il e/ s]viable1 de bonne humeur1 magnanime et ddaigneux des insultes6 ,je ne puis m'emp*] de regrett] ce bon animal1 que bi5tt on ne v]ra plus dans nos montagnes et dont le *asseur cl\e orgueilleusem5t les pattes sur la porte de sa grange4 ,on supprim]a la race3 mais1 avec plus d'intellig5ce1 n'et-on pu l'apprivois] et l'associ] nos travaux8 ,quant au l\p1 p]sonne ne le regrett]a lorsqu'il aura t\t fait disp>u de la montagne4 ,voil bi5 le compre malfaisant1 p]fide1 sangu9aire1 l*e et vil de t\tes faons6 ,il ne p5se qu' d*ir] la victime et boire le sang *aud sortant de la plaie4 ,t\s les animaux le hass5t1 et lui les hait t\s2 mais il n'ose attaqu] que les faibles et les blesss4 ,la frnsie de la faim peut seule le p\ss] se jet] sur de plus =ts que lui4 ,en revan*e1 que d'empressem5t se prcipit] sur une proie dj tombe1 sur un ennemi qui ne peut se df5dre6 ,mme lorsqu'un l\p vi5t de s'abattre1 vivant encore1 s\s la balle du *asseur1 t\s ses compagnons s'lanc5t sur lui p\r l'a*ev] et se disput] ses re/es4 ,c]tes1 la sanglante ,rome a *>g sa mmoire de t\s les =faits imag9ables2 elle a ras des villes p> milli]s1 cras des hommes p> millions2 elle s'e/ gorge des ri*esses de la t]re2 p> la p]fidie et la viol5ce1 p> des infamies sans nombre1 elle e/ dev5ue la re9e du monde antique1 et p\rtant1 malgr t\s ses crimes1 elle s'e/ calomnie en se donnant une l\ve p\r mre et p\r patronne4 ,le peuple dont les lois1 s\s une autre app>5ce1 n\s rgiss5t encore1 tait c]ta9em5t dur1 presque froce1 mais il n'tait pas aussi mauvais que p\rrait le faire croire le symbole *oisi p> lui6 ,p\r celui qui *rit la montagne1 c'e/ un plaisir de savoir que le l\p1 cet tre odieux1 e/ un animal des gr&es pla9es4 ,la de/ruction des =ts natales et le nombre croissant des *asseurs l'ont =c se rfugi] dans les gorges des hauteurs1 mais il n'en e/ pas mo9s un intrus2 il e/ fait p\r f\rnir d'une traite des c\rses de c9quante lieues trav]s les /eppes1 non p\r escalad] les p5tes de ro*]s4 ,l'animal que la =me de son corps et l'la/icit de ses muscles r5d5t le plus propre bondir de ro*e en ro*e1 fran*ir les crevasses1 c'e/ le gracieux *amois1 l'antilope de nos contres4 ,voil le vritable habitant de la montagne6 ,aucun prcipice ne l'effraye1 aucune p5te de neige ne le rebute2 il gravit en quelques bonds des esc>pem5ts v]tig9eux o l'homme le plus avide de *asse n'ose se has>d]2 il s'lance d'un saut sur des po9tes mo9s l>ges que ses quatre pi$s1 runis en un seul support2 c'e/ bi5 un animal de t]re1 mais on le croirait ail4 ,d'ailleurs1 il e/ d\x et sociable2 il aim]ait se ml] nos tr\peaux de *vres et de brebis2 peu d'ef=ts suffirai5t sans d\te p\r l'aj\t] au petit nombre de nos animaux dome/iques2 mais il e/ encore plus facile de le tu] que de l'lev]1 et les quelques *amois qui re/5t encore sont rs]vs p\r la joie des *asseurs4 ,il e/ probable que la race en disp>atra bi5tt4 ,aprs t\t1 ne vaut-il pas mieux m\rir libre que de vivre esclave8 ,encore plus haut que le *amois1 sur des p5tes et des ro*es ent\res de t\s les cts p> des neiges1 d'autres animaux ont *oisi leur demeure4 ,un d'eux e/ une espce de livre qui a su f9em5t *ang] de livre suivant les saisons1 de manire se confondre en t\t temps avec le sol environnant4 ,c'e/ a9si qu'il *appe l'il p]ant de l'aigle4 ,en hiv]1 lorsque t\tes les p5tes sont revtues de neige1 sa f\rrure e/ aussi blan*e que les flocons2 au pr9temps1 des t\ffes de plantes1 de caill\x1 se montr5t et l trav]s la c\*e neigeuse2 en mme temps1 le pelage de l'animal se m\*ette de ta*es gristres2 en t1 il e/ de la c\leur des pi]res et du gazon brl2 puis1 avec le brusque *angem5t de saison1 le voil qui1 de n\veau1 *ange brusquem5t de poil4 ,encore mieux protge1 la m>motte passe son hiv] dans un t]ri] pr(ond o la temprature se ma9ti5t t\j\rs gale1 malgr les paisses c\*es de neige qui rec\vr5t le sol1 et1 p5dant des mois enti]s1 elle susp5d le c\rs de sa vie1 jusqu' ce que le p>fum des fleurs et les rayons pr9tani]s vi5n5t la rveill] de son sommeil l?>gique4 ,enf91 un de ces petits rongeurs t\j\rs actifs1 t\j\rs veills1 que l'on r5contre p>t\t1 a pris le p>ti d'atte9dre le sommet des montagnes en creusant des tunnels et des gal]ies au-dess\s des neiges3 c'e/ un campagnol4 ,c\v]t de ce froid manteau1 il *]*e dans le sol sa maigre n\rriture et1 *ose m]veilleuse1 il la tr\ve6 ,telle e/ la fcondit de la t]re1 qu'elle produit1 p\r la bataille incessante de la vie1 des populations de mangeurs et de victimes qui livr5t leurs combats dans l'obscurit1 plus de mille mtres au-dessus de la limite des neiges p]si/antes6 ,cette t]rible lutte p\r l'exi/5ce1 dont le spectacle presque t\j\rs hideux m'avait *ass des pla9es1 je la retr\ve l-haut1 s\s les c\*es de la t]re glace4 ,s\v5t1 l'oiseau de proie plane plus haut encore1 mais c'e/ p\r voyag] de l'une l'autre p5te de la montagne ou p\r surveill] au lo9 l't5due et dc\vrir son gibi]4 ,les papillons1 les libellules1 entrans p> la joie de volet] au soleil1 s'lv5t p>fois jusqu' la zone la plus haute des monts et1 sans prvoir le froid de la nuit1 ne cess5t de mont] gaiem5t v]s la lumire2 plus frquemm5t encore ces pauvres be/ioles1 a9si que les m\*es et d'autres insectes1 sont emportes v]s les hautes cimes p> les v5ts de t\rm5te1 et leurs dbris1 mls la p\ssire1 jon*5t la surface des neiges4 ,mais1 outre ces trang]s qui1 de bon gr ou p> la viol5ce1 visit5t les rgions du sil5ce et de la mort1 il exi/e des indignes qui sont bi5 l *ez eux2 ils ne tr\v5t po9t que l'air y soit trop froid ou le sol trop glac4 ,aut\r d'eux s't5d l'imm5sit morne des neiges2 mais les po9tes de rocs1 qui1 et l1 p]c5t la c\*e neigeuse1 sont p\r eux des oasis au milieu du ds]t2 c'e/ l sans d\te1 au milieu des li*5s1 qu'ils tr\v5t la n\rriture ncessaire leur subsi/ance4 ,du re/e1 c'e/ m]veille qu'ils y russiss5t1 et les naturali/es le con/at5t avec tonnem5t4 ,araignes1 insectes ou mites des neiges1 t\s ces petits animaux doiv5t connatre la faim1 et peut-tre que les div]s phnomnes de leur vie s'opr5t avec une extrme l5teur4 ,dans cet empire des frimas1 les *rysalides doiv5t re/] longtemps eng\rdies en leur sommeil de mort app>5te4 ,non seulem5t la vie se montre ct des neiges1 mais les neiges elles-mmes sembl5t vivantes en c]ta9s endroits1 tant les animalcules y pullul5t4 ,de lo91 on ap]oit1 sur l't5due blan*e1 de gr&es ta*es r\ges ou jauntres4 ,c'e/ de la neige p\rrie1 dis5t les montagn>ds2 ce sont1 dis5t les savants1 arms du microscope1 des milli>ds et des milli>ds d'tre gr\illants1 qui viv5t1 s'aim5t1 se propag5t et s'entre-mang5t4 ,,*apitre ,,xvi ,l',,tagem5t ,,des ,,climats ,les naturali/es qui p>c\r5t la montagne en tudiant les tres vivants qui l'habit5t1 plantes ou animaux1 ne se born5t po9t tudi] l'espce dans sa =me et dans ses murs actuelles2 ils veul5t aussi connatre l't5due de son doma9e1 la di/ribution gnrale de ses reprs5tants sur les p5tes1 et l'hi/oire de sa race4 ,ils considr5t les innombrables tres d'une mme espce1 h]bes1 insectes ou mammifres1 comme un imm5se individu dont il faut connatre la fois t\tes les demeures la surface de la t]re1 et la dure p5dant la srie des ges4 ,a l'escalade d'un v]sant de la montagne1 le voyageur rem>que t\t d'abord combi5 peu nombreuses sont les plantes qui lui ti5n5t compagnie jusqu'au sommet4 ,celles qu'il a vues la base et sur les premi]s esc>pem5ts1 il ne les revoit pas sur les p5tes plus leves1 ou1 s'il en e/ encore quelques-unes1 elles disp>aiss5t dans le vois9age des neiges1 p\r tre remplaces p> d'autres espces4 ,c'e/ un *angem5t cont9uel dans l'aspect de la flore1 mesure qu'on se rappro*e des froides cimes4 ,mme lorsque la plante des coll9es infrieures cont9ue de se montr] ct du s5ti] vois9 des neiges1 elle semble *ang] peu peu2 en bas1 sa fleur e/ dj passe1 t&is que1 sur les hauteurs1 elle e/ pe9e en b\ton2 ici1 elle a dj f\rni son t2 l-haut1 elle e/ encore son pr9temps4 ,ce n'e/ pas au cordeau que l'on p\rrait mesur] la hauteur exacte laquelle telle plante cesse de crotre1 telle autre comm5ce se montr]4 ,mille conditions du sol et du climat travaill5t dplac] incessamm5t1 c>t] ou rtrcir les limites qui sp>5t le doma9e naturel des diffr5tes espces4 ,qu& le t]ra9 *ange1 que la ro*e succde l'humus ou que l'argile remplace le sable1 un gr& nombre de plantes cd5t aussi la place d'autres4 ,mmes contra/es1 si l'eau dtrempe la t]re ou qu'elle manque dans le sol altr1 si le v5t s\ffle librem5t dans t\te sa fureur ou s'il r5contre des ob/acles s]vant d'abri contre sa viol5ce4 ,a l'issue des cols o s'eng\ffr5t les temptes1 c]ta9es p5tes sont tellem5t balayes p> cette pre hale9e1 qu'arbres et arbu/es s'arrt5t s\s ce r$\table s\ffle1 comme ils s'arrt]ai5t devant un mur de glace4 ,ailleurs1 la vgtation v>ie suivant la raideur des esc>pem5ts4 ,sur les falaises v]ticales1 il n'y a que des m\sses2 des br\ssailles seulem5t peuv5t s'atta*] aux p>ois1 trs incl9es des prcipices2 que la p5te soit mo9s =te1 mais encore +ravissable l'homme1 les arbres ramp5t sur les ro*]s et s'ancr5t dans les fissures p> leurs rac9es2 sur les t]rasses1 au contraire1 les tiges se r$ress5t1 les feuillages s'pan\iss5t4 ,l'ess5ce des arbres v>ie d'ord9aire autant que leur altitude4 ,l o la diffr5ce des p5tes e/ cause p> celle des assises ro*euses que les ag5ts atmosphriques ont plus ou mo9s entames1 la montagne (fre une succession d'tages p>allles de vgtation1 du plus biz>re effet4 ,les pi]res et les plantes *ang5t la fois1 en alt]nances rgulires4 ,de t\s les contra/es de vgtation1 le plus important dans son ensemble e/ celui que produit la diffr5ce d'exposition aux rayons du soleil4 ,que de fois1 en pntrant dans une valle bi5 rgulire1 dom9e p> des v]sants uni=mes1 l'un t\rn v]s le nord1 l'autre expos en ple9 midi1 peut-on voir combi5 cette diffr5ce de lumire et de *aleur modifie la vgtation sur les deux p5tes6 ,s\v5t le contra/e e/ absolu2 on dirait deux rgions de la t]re di/antes de quelques c5ta9es de lieues l'une de l'autre4 ,d'un ct sont les arbres fruiti]s1 les cultures1 les opul5tes prairies2 en face1 il n'y a ni *amps1 ni j>d9s1 mais seulem5t des bois et des pturages4 ,mme les =ts qui croiss5t vis--vis1 sur les deux v]sants1 consi/5t en ess5ces div]ses4 ,l-haut1 s\s la ple lumire reflte p> les cieux du nord1 voici les sap9s aux sombres rameaux2 s\s la cl>t vivifiante du midi1 bi5 leur aise comme en un imm5se espali]1 voici les mlzes au v]t dlicat4 ,de mme que les plantes1 qui *]*5t s'pan\ir aux rayons du soleil1 l'homme a fait *oix p\r sa demeure des p5tes t\rnes v]s le midi4 ,de ce ct1 les maisons bord5t les *em9s en une ligne presque cont9ue1 les *alets joyeux sont p>sems comme des ro*]s gristres sur les hauts pturages4 ,sur le froid v]sant qui se dresse en face1 pe9e voit-on de lo9 en lo9 quelque maisonnette s'abritant dans les plis d'un rav94 ,div]ses sont les p5tes de la montagne p> l'aspect1 le climat1 la vgtation2 mais t\tes ont ce phnomne commun1 c'e/ qu'en les gravissant on croirait se dirig] v]s les ples de la t]re2 que l'on monte d'une c5ta9e de mtres1 et l'on se tr\ve comme transport c9quante kilomtres plus lo9 de l'quateur4 ,telle cime1 que l'on voit se dress] au-dessus de sa tte1 porte une flore semblable celle de la ,sc&9avie2 que l'on dpasse cette po9te p\r s'lev] plus haut encore1 et l'on entre en ,laponie2 une altitude plus gr&e1 on tr\ve la vgtation du ,spitzb]g4 ,*aque montagne e/1 p> ses plantes1 comme une sorte de rsum de t\t l'espace qui s't5d de sa base aux rgions polaires1 trav]s les cont95ts et les eaux4 ,dans leurs rcits1 les botani/es tmoign5t s\v5t de la joie1 de l'motion qu'ils pr\v5t lorsque1 aprs avoir escalad les ro*e nues1 p>c\ru les neiges1 *em9 le long des crevasses bantes1 ils atteign5t enf9 un espace libre1 un j>d91 dont les plantes fleuries leur rappell5t quelque t]re aime du nord lo9ta91 leur patrie peut-tre1 situe des milli]s de kilomtres de di/ance4 ,le miracle des ,mille et une ,nuits s'e/ ralis p\r eux2 au prix de quelques heures de m>*e1 les voici transports dans une autre nature1 s\s un n\veau climat6 ,*aque anne1 quelques dsordres viol5ts1 mais temporaires1 se produis5t dans cette rgul>it de l'tagem5t des flores4 ,en se prom5ant au milieu des b\lis rc5ts1 ou sur les amas de t]res apportes du haut des montagnes p> les eaux torr5tielles1 le botani/e obs]ve s\v5t des tr\bles dans la di/ribution des tribus vgtales4 ,ce sont l des phnomnes qui l'meuv5t1 c>1 =ce d'tudi] les plantes1 il f9it p> sympa?is] avec elles4 ,cette vue qui lui fait battre le cur e/ cause p> l'expatriation =ce d'h]bes et de m\sses violemm5t entranes dans un climat p\r lequel elles ne sont pas faites4 ,dans leur *ute ou leur glissem5t du haut des esc>pem5ts suprieurs1 les rocs ont apport leurs flores1 sem5ces1 rac9es1 tiges entires4 ,semblables aux fragm5ts d'une plante lo9ta9e qui f]ai5t db>qu] sur la t]re les habitants d'un autre monde1 ces ro*es desc5dues des sommets s]v5t aussi de vhicules des colonies de plantes4 ,les pauvrettes1 tonnes de respir] une autre atmosphre1 de se tr\v] en d'autres conditions de froid et de *aleur1 de s*]esse et d'humidit1 d'ombre et de lumire1 *]*5t s'acclimat] dans leur n\velle patrie4 ,quelques-unes des trangres arriv5t se ma9t5ir contre la f\le des plantes indignes qui les ent\r5t2 mais la plup>t ont beau se gr\p]1 se s]r] les unes contre les autres1 comme des rfugies que t\t le monde hait et qui s'entr'aim5t d'autant plus1 elles sont condamnes prir bi5tt4 ,assaillies de t\s les cts p> les anci5s propritaires du sol1 elles f9iss5t p> cd] la place que l'cr\lem5t de leur ro*e mre leur avait fait violemm5t conqurir4 ,le botani/e1 qui les tudie dans leur n\veau milieu1 les voit dprir peu peu2 aprs quelques annes de sj\r1 les colonies ne se compos5t plus que d'un petit nombre d'individus s\ffreteux1 puis ces d]ni]s aussi sont f9alem5t t\ffs4 ,c'e/ a9si que1 dans notre humanit1 des colons trang]s meur5t successivem5t au milieu d'un peuple qui les hait et s\s un climat qui leur e/ contraire4 ,en dpit des irrgul>its temporaires1 l'tagem5t des flores sur le flanc des montagnes g>de donc le c>actre d'une loi con/ante4 ,d'o provi5t cette trange rp>tition des plantes la surface du globe8 ,p\rquoi les espces orig9aires des contres les plus lo9ta9es ont-elles a9si essaim en petites colonies sur les hauts esc>pem5ts des monts8 ,sans d\te les sem5ces de quelques-unes d'entre elles aurai5t pu tre portes p> des oiseaux ou mme p> des v5ts de tempte2 mais la plup>t de ces espces ont des gra9es dont ne se n\rriss5t po9t les oiseaux1 et qui sont trop l\rdes p\r s'atta*] aux plumes de leurs pattes2 p>mi ces plantes des rgions froides qui colonis5t la montagne1 il en e/ mme des familles entires qui naiss5t de bulbes1 et c]tes ni le v5t ni les oiseaux ne saurai5t les avoir transportes p>-dessus les cont95ts et les m]s4 ,il faut donc que les plantes se soi5t propages de pro*e en pro*e1 p> empitem5ts graduels1 comme elles le font dans nos *amps et nos prairies4 ,les petits colons que l'on voit auj\rd'hui dans les hauts j>d9s ent\rs de neiges sont monts l5tem5t des pla9es infrieures1 t&is que d'autres plantes des mmes espces1 m>*ant en s5s inv]se1 se dirigeai5t v]s les rgions polaires o elles sont actuellem5t cantonnes4 ,sans d\te alors le climat de nos campagnes tait aussi froid que l'e/ de nos j\rs celui des gr&s sommets et de la zone borale2 mais peu peu la temprature dev9t plus d\ce2 les plantes qui se plaisai5t s\s la rude hale9e du froid fur5t obliges de s'enfuir1 les unes v]s le nord1 les autres v]s les p5tes des monts4 ,des deux b&es fugitives1 que sp>ait une zone sans cesse croissante1 occupe p> des espces ennemies1 l'une1 celle qui se retirait v]s les montagnes1 voyait l'espace dim9u] devant elle1 en proportion de la d\ceur accrue du climat2 elle occupa d'abord les contre=ts de la base1 puis les p5tes moy5nes1 puis les hautes cimes1 et ma9t5ant quelques-unes ont p\r d]ni] refuge les crtes suprmes du mont4 ,que le climat se refroidisse de n\veau p> suite de quelque *angem5t cosmique1 et les petites plantes recomm5c]ont leurs voyages v]s la pla9e2 victorieuses leur t\r1 elles *ass]ont devant elles les espces qui dem&5t une temprature plus d\ce4 ,suivant les alt]natives des climats et de leurs cycles imm5ses1 les armes des plantes avanc5t ou recul5t la surface du globe1 laissant d]rire elles des b&es de tran>ds qui n\s rvl5t quelle fut jadis la m>*e du corps pr9cipal4 ,mmes phnomnes p\r les tribus des hommes que p\r celles des plantes et des animaux6 ,p5dant les oscillations du climat1 les peuples des div]ses races1 qui ne p\vai5t s'accommod] au milieu *angeant1 se dplaai5t l5tem5t v]s le nord ou le sud1 *asss p> le froid ou p> la trop gr&e *aleur4 ,malheureusem5t l'hi/oire1 qui n'tait pas encore ne1 n'a pu n\s racont] t\s ces va-et-vi5t des peuples2 et d'ailleurs1 dans leurs gr&es migrations1 les hommes obiss5t t\j\rs un ensemble de passions multiples qu'ils ne sav5t po9t analys]4 ,que de tribus ont a9si m>*1 *ang de demeure1 sans savoir ce qui les p\ssait en avant6 ,elles racontai5t ensuite dans leurs traditions qu'elles avai5t t guides p> une toile ou p> une colonne de feu1 ou bi5 qu'elles avai5t suivi le vol d'un aigle1 pos leurs pi$s dans les traces laisses p> le sabot d'un bison4 ,si l'hi/oire e/ muette ou du mo9s trs sobre de p>oles sur les m>*es et contrem>*es que les *angem5ts de climats ont imposes aux peuples1 en revan*e1 il suffit de reg>d] p\r voir1 sur les flancs opposs de la plup>t des montagnes1 comm5t la diffr5ce des hommes rpond celle de la temprature et du milieu4 ,lorsque1 de *aque ct du mont1 le contra/e des climats e/ peu s5sible1 soit p>ce que la direction de t\te la range des hauteurs e/ celle du nord au sud1 soit p>ce que des v5ts d'une mme orig9e et portant une mme quantit d'humidit vi5n5t arros] les deux v]sants1 alors les hommes d'une mme race peuv5t se rp&re librem5t de "p et d'autre1 s'adonn] la mme culture1 aux mmes indu/ries1 pratiqu] les mmes murs4 ,la muraille qui se dresse entre eux1 et qu'int]romp5t peut-tre de nombreuses br*es1 n'e/ po9t un remp>t de sp>ation4 ,mais que la montagne et t\te la srie des sommets qui s'y ratta*5t de "p et d'autre ai5t un de leurs v]sants t\rn v]s le nord et ses v5ts froids1 et que la p5te oppose reoive en ple9 les d\x rayons du midi2 ou bi5 que1 d'un ct1 les vapeurs de la m] s'pan*5t en torr5ts1 t&is que1 de l'autre ct1 les rav9s re/5t t\j\rs sec1 et bi5 c]ta9em5t flore1 faune1 humanit des deux v]sants1 (friront les plus rem>quables contra/es4 ,*aque pas que fait le voyageur1 aprs avoir fran*i la crte1 le met en prs5ce d'une nature n\velle2 il pntre dans un autre monde o dc\v]te succde dc\v]te4 ,le voil qui s'arrte devant une h]be odorante qu'il n'avait jamais vue2 un trange papillon voltige devant lui2 p5dant qu'il tudie les espces n\velles1 plantes ou animaux1 ou qu'il *]*e se r5dre compte dans leur ensemble des traits de cette nature qu'il ne connaissait pas1 un ptre vi5t sa r5contre2 c'e/ l'homme d'une autre race et d'une autre civilisation2 sa langue mme e/ diffr5te4 ,en sp>ant deux zones de climats1 la crte de la montagne sp>e donc aussi deux peuples2 c'e/ l un phnomne con/ant dans t\s les pays de la t]re o la conqute n'a pas brutalem5t mlang ou supprim les races1 et mme1 en dpit des viol5ces de la conqute1 ce contra/e normal entre les populations des deux v]sants s'e/ frquemm5t rtabli4 ,qu'on en juge p> l'hi/oire de l',italie6 ,la spl5deur de ce pays fasc9ait les b>b>es du nord et du nord-oue/6 ,que de fois les ,allem&s et les ,franais1 attirs p> la ri*esse de son t]ritoire1 p> les trsors de ses villes1 la saveur de ses fruits et t\tes ses beauts naturelles1 se sont prcipits en b&es armes sur les pla9es qu'ent\re le gr&iose hmicycle des ,alpes6 ,ils ont eu beau massacr]1 inc5di] et dtruire1 beau s'in/all] eux-mmes le place des va9cus1 se btir des villes et se con/ruire des citadelles1 la population native a t\j\rs repris le dessus1 et les trang]s1 ,celtes ou ,teutons1 ont d repass] les ,alpes4 ,aussi les monts1 rugosits relativem5t insignifiantes la surface du globe1 simples ob/acles que l'homme peut d'ord9aire fran*ir en un j\r1 pr5n5t-ils une extrme importance hi/orique comme frontires naturelles entre les nations div]ses4 ,ce rle dans la vie de l'humanit1 ils le doiv5t mo9s au manque de r\tes1 la raideur de leurs esc>pem5ts1 leur zone de neiges et de ro*]s inf]tiles1 qu' la div]sit et s\v5t l'inimiti des populations assises aux deux bases opposes4 ,l'hi/oire du pass n\s l'enseigne3 t\te limite naturelle pose entre les peuples p> un ob/acle difficile fran*ir1 plateau1 montagne1 ds]t ou fleuve1 tait en mme temps une frontire morale p\r les hommes2 comme dans les contes de fes1 elle se =tifiait d'un mur invisible1 dress p> la ha9e et le mpris4 ,l'homme v5u p> del les monts n'tait pas seulem5t un trang]1 c'tait un ennemi4 ,les peuples se hassai5t2 mais p>fois un b]g]1 meilleur que t\te sa race1 *antait d\cem5t quelques p>oles navem5t affectueuses en reg>dant p> del les monts4 ,lui1 du mo9s1 savait fran*ir la haute b>rire des ro*]s et des neiges2 p> le cur1 il savait se faire une patrie sur les deux v]sants de la montagne4 ,un vieux *ant de nos ,pyrnes raconte ce triomphe d'un d\x s5tim5t sur la nature et sur les traditions de ha9es nationales3 ,bai*a-b\s1 montagnos6 ,planos1 ha\ssa-b\s1 ,daqu p\squi b$e oun s\n mas am\s6 ,baissez-v\s1 montagnes6 pla9es1 haussez-v\s ,et que je puisse voir o sont mes am\rs6 ,,*apitre ,,xvii ,,le ,,libre ,,montagn>d ,le plissem5t de la surface t]re/re en montagnes et en valles e/ donc un fait capital dans l'hi/oire des peuples1 et s\v5t il explique leurs voyages1 leurs migrations1 leurs conflits1 leurs de/9es div]ses4 ,c'e/ a9si qu'une taup9ire1 surgissant dans une prairie1 au milieu de populations d'insectes empresss qui vont et vi5n5t1 *ange immdiatem5t t\s les plans et fait dvi] en s5s div]s la m>*e des tribus voyageuses4 ,en sp>ant de son norme masse les nations qui en assig5t de "p et d'autre les v]sants1 la montagne protge aussi les habitants1 d'ord9aire peu nombreux1 qui sont v5us *]*] un asile dans ses valles4 ,elle les abrite1 elle les fait si5s1 leur donne des murs spciales1 un c]ta9 g5re de vie1 un c>actre p>ticuli]4 ,quelle que soit sa race orig9aire1 le montagn>d e/ dev5u tel qu'il e/ s\s l'influ5ce du milieu qui l'ent\re2 la fatigue des escalades et des pnibles desc5tes1 la simplicit de la n\rriture1 la rigueur des froids de l'hiv]1 la lutte contre les intempries1 en ont fait un homme "p1 lui ont donn une attitude1 une dm>*e1 un jeu de m\vem5ts bi5 diffr5ts de ceux de ses vois9s des pla9es4 ,elles lui ont donn en outre une manire de p5s] et de s5tir qui le di/+ue2 elles ont reflt dans son esprit1 comme dans celui du m>91 quelque *ose de la srnit des gr&s horizons2 dans ma9ts endroits aussi1 elles lui ont assur le trsor inapprciable de la lib]t4 ,une des gr&es causes qui ont contribu ma9t5ir l'indp5dance de c]ta9es peuplades des montagnes1 c'e/ que1 p\r elles1 le travail solidaire et les ef=ts d'ensemble sont une ncessit4 ,t\s sont utiles *acun1 et *acun l'e/ t\s2 le b]g] qui va sur les hauts pturages g>d] les tr\peaux de la communaut n'e/ pas le mo9s ncessaire la prosprit gnrale4 ,qu& un dsa/re a lieu1 il faut que t\s s'entr'aid5t p\r rp>] le mal2 l'avalan*e a rec\v]t quelques cabanes1 t\s travaill5t dblay] les neiges2 la pluie a rav9 les *amps cultivs en grad9s sur les p5tes1 t\s s'occup5t de repr5dre la t]re b\le dans les fonds et la report5t dans des hottes jusqu'au v]sant d'o elle e/ desc5due2 le torr5t dbord a rec\v]t les prairies de caill\x1 t\s s'emploi5t dgag] le gazon de ces dbris qui l't\ff5t4 ,en hiv]1 lorsqu'il e/ dang]eux de s'av5tur] dans les neiges1 ils compt5t sur l'hospitalit les uns des autres2 ils sont t\s frres1 ils app>ti5n5t la mme famille4 ,aussi1 qu& ils sont attaqus1 rsi/5t-ils d'un commun accord1 mus p\r a9si dire p> une seule p5se4 ,d'ailleurs1 la vie de luttes incessantes1 de combats sans trve contre les dang]s de t\te sorte1 peut-tre aussi l'air pur1 salubre1 qu'ils respir5t1 en font des hommes h>dis1 ddaigneux de la mort4 ,travailleurs pacifiques1 ils n'attaqu5t po9t1 mais ils sav5t se df5dre4 ,la montagne protectrice leur procure les moy5s de s'abrit] contre l'invasion4 ,elle df5d la valle p> d'troits dfils d'entre o quelques hommes suffirai5t p\r arrt] des b&es entires2 elle ca*e ses vallons f]tiles dans les creux de hautes t]rasses dont les esc>pem5ts sembl5t +ravissables2 en c]ta9s endroits1 elle e/ p]=e de cav]nes communiquant les unes avec les autres et p\vant s]vir de ca*ettes4 ,sur la p>oi d'un dfil1 que je visitais s\v5t1 se tr\vait une de ces =t]esses ca*es4 ,c'e/ gr&'pe9e si je p\vais en atte9dre l'entre en m'accro*ant aux anfractuosits du roc et en m'aidant de quelques tiges de buis qui avai5t insr leurs rac9es dans les f5tes4 ,combi5 plus difficile en et t l'escalade des assigeants6 ,des blocs1 entasss la porte de la grotte1 tai5t prts r\l] et rebondir de po9te en po9te jusque dans le torr5t4 ,de *aque ct de l'entre1 la ro*e1 absolum5t droite et polie1 n'et pas laiss pass] une c\leuvre2 au-dessus1 la falaise surplombait et1 comme un por*e gigantesque1 protgeait l'ouv]ture4 ,en outre1 un gr& mur la f]mait demi4 ,a mo9s d'une surprise1 la grotte tait donc inabordable t\t assaillant4 ,les ennemis devai5t se born] la surveill] de lo92 mais1 lorsqu'ils n'ent5dai5t plus sortir la mo9dre rumeur1 lorsqu'ils se has>dai5t enf9 p\r compt] les cadavres1 ils tr\vai5t les gal]ies s\t]ra9es compltem5t vides4 ,les habitants s'tai5t glisss de cav]ne en cav]ne jusqu' une autre issue plus secrte ca*e dans les br\ssailles4 ,la *asse tait recomm5c]4 ,quelquefois1 hlas6 elle se t]m9ait p> la capture du gibi]4 ,l'homme e/ une proie p\r l'homme4 ,en c]ta9s endroits o la montagne n'(fre pas de cavits propices1 c'e/ un roc isol dans la valle1 un roc aux faces p]p5diculaires1 qui s]vait de =t]esse4 ,taill pic sur les trois cts que le torr5t ent\re la base1 il n'tait accessible que p> un seul v]sant1 et de ce ct le gr\pe de montagn>ds1 qui v\lait en faire la fois sa t\r de guet et son donjon de retraite1 n'avait qu' cont9u] le travail comm5c p> la nature4 ,il esc>pait la ro*e1 la r5dait +ravissable aux pas huma9s et n'y laissait qu'une seule entre s\t]ra9e p]ce c\ps de b>re dans l'paisseur du roc4 ,une fois r5trs dans leur aire1 les habitants de la =t]esse ob/ruai5t l'ouv]ture au moy5 d'un qu>ti] de ro*e2 l'oiseau seul p\vait alors leur r5dre visite4 ,l'ar*itecture n'tait po9t ncessaire cette citadelle4 ,peut-tre nanmo9s1 p> une sorte de coquett]ie1 le montagn>d bordait-il l'arte du prcipice d'un mur crneaux1 qui p]mettait ses enfants de j\] sans dang] sur t\te l't5due du plateau1 et du haut duquel il p\vait1 mieux son aise1 pi] t\t ce qui se montrait aux al5t\rs sur les p5tes des monts4 ,en beauc\p de contres montagneuses de l',ori5t1 dont les valles sont peuples de races ennemies les unes des autres1 et o le meurtre d'un homme1 en consqu5ce1 e/ t5u p\r simple peccadille1 nombre de ces ro*]s-=t]esses sont encore habits4 ,qu& un hte arrive au bas de l'esc>pem5t1 il annonce sa prs5ce p> des cris d'appel4 ,bi5tt aprs1 un pani] desc5d d'une trappe ouv]te dans le ro*]2 le voyageur s'y in/alle1 et les robu/es bras de ses amis d'en haut hiss5t l5tem5t le l\rd pani] t\rbillonnant dans l'air4 ,si les ro*]s abrupts des hautes valles s]vai5t df5dre les populations paisibles contre t\te incursion1 en revan*e les monticules de la pla9e s]vai5t s\v5t de po/e de guet et de rap9e quelque b>on de proie4 ,combi5 de villages1 mme dans notre pays1 montr5t p> leur ar*itecture que1 rcemm5t encore1 la gu]re tait en p]man5ce1 et qu' *aque heure il fallait s'att5dre une attaque de seigneurs ou de mal&r9s4 ,il n'y a po9t de maisons isoles sur les p5tes sans df5se2 t\tes les masures1 semblables des m\tons effrays p> l'orage1 se sont gr\pes en un seul tas1 va/e monceau de pi]res4 ,d'en bas1 on dirait une simple cont9uation du ro*]1 une d5telure de la cime1 tantt clatante de lumire1 tantt noire d'ombre2 on y monte p> des s5ti]s v]tig9eux que *aque mat9 les paysans ont desc5dre p\r cultiv] leurs *amps1 qu'ils ont gravir pniblem5t *aque soir aprs le long travail de la j\rne4 ,une porte seulem5t donne accs dans la commune1 et sur les t\rs latrales se voi5t encore les traces des h]ses et d'autres moy5s de df5se4 ,aucune f5tre ne donne vue sur l'imm5se t5due des valles environnantes2 les seules ouv]tures sont des meurtrires o passai5t autrefois les javelots et les canons des fusils4 ,encore auj\rd'hui1 les desc5dants de ces malheureux1 assigs de gnration en gnration1 n'os5t btir leur demeure au milieu de leurs *amps4 ,ils p\rrai5t le faire1 mais la c\tume1 de t\s les tyrans le mieux obi1 les p>que t\j\rs dans l'antique prison4 ,les hautes valles de la montagne tai5t libres1 libres les montagn>ds2 mais1 en dehors des passages troits o ne s'tai5t jamais has>ds impunm5t les agresseurs1 un promontoire presque isol portait le *teau =t d'un b>on4 ,de l-haut1 le brig&1 anobli p> ses propres crimes et p> ceux de ses anctres1 p\vait surveill] les pla9es environnantes a9si que les rav9s et le dfil de la montagne4 ,comme un s]p5t enr\l sur un ro*] et r$ressant sa tte inquite p\r guett] un nid ple9 d'oisillons1 le b&it reg>de du haut de son donjon2 il n'ose attaqu] les montagn>ds dans leur valle1 mais il se promet au mo9s de surpr5dre et d'ass]vir ceux qui se has>d]ont dans la pla9e4 ,le *teau du noble dtr\sseur de passants e/ en ru9e auj\rd'hui4 ,un s5ti] pi]reux1 ob/ru de ronces1 a remplac le *em9 o les gu]ri]s faisai5t c>acol] leurs *evaux joyeux au mom5t du d"p1 o remontai5t les m>*&s en*ans et les mulets pesamm5t *>gs de but94 ,a l'endroit o fut le pont-levis1 le foss a t combl de pi]res1 et1 depuis1 le v5t et les pi$s des passants y ont port un peu de t]re vgtale dans laquelle des sureaux ont fait entr] leurs rac9es4 ,les murs sont en gr&e p>tie cr\ls2 d'normes fragm5ts1 p>eils des ro*]s1 gis5t p>s sur le sol2 ailleurs1 des b\lis de pi]res tombes dans le foss en empliss5t demi les d\ves que rec\vre un tapis pais de l5tilles d'eau4 ,la gr&e c\r1 o jadis se rassemblai5t les hommes d'armes avant les expditions de pillage1 e/ encombre de dbris1 c\pe de fondrires2 on ose pe9e se fray] un *em9 trav]s les f\rrs d'arbrisseaux et les hautes h]bes2 on a peur de m>*] sur quelque vipre blottie entre deux pi]res ou de tomb] dans l'ouv]ture de quelque oubliette encore bante4 ,avanons p\rtant en reg>dant att5tivem5t nos pi$s6 ,n\s arrivons au bord du puits qu'ent\re heureusem5t un re/e de m>gelle4 ,n\s n\s p5*ons avec effroi au-dessus de la gueule noire du g\ffre1 et n\s *]*ons en sond] la pr(ondeur trav]s les scolop5dres et les f\gres enguirl&es4 ,il n\s semble disc]n] au fond le vague reflet d'un rayon g> dans l'abme2 n\s croyons ent5dre mont] v]s n\s comme un murmure t\ff4 ,e/-ce un c\rant d'air g> qui t\rbillonne dans le puits8 ,e/-ce une s\rce dont l'eau su9te trav]s les pi]res et tombe g\tte g\tte8 ,e/-ce une salam&re qui rampe dans l'eau et la fait clapot]8 ,qui sait8 ,autrefois1 n\s dit la lg5de1 les bruits confus qui sortai5t de ces pr(ondeurs tai5t les cris de dsespoir et les sanglots des victimes4 ,l'eau du puits repose sur un lit d'ossem5ts4 ,je dt\rne avec ef=t mes yeux du g\ffre qui me fasc9e1 et je les reporte sur la masse c>re du donjon1 brillant en ple9e lumire4 ,les autres t\rs se sont cr\les1 lui seul e/ re/ deb\t2 il a mme g>d quelques crneaux de sa c\ronne4 ,les murs1 jaunis p> le soleil1 sont encore polis comme au l5dema9 du j\r o le seigneur banqueta p\r la premire fois dans la gr&e salle2 on n'y voit pas une lz>de1 pe9e une raflure2 seulem5t1 les bois]ies et les f]rures des troites f5tres disposes en meurtrires ont disp>u4 ,a c9q mtres au-dessus du sol1 s'ouvre dans l'paisseur de la muraille ce qui fut la porte d'entre2 une l>ge pi]re en saillie en =me le seuil1 et le sommet de l'ogive e/ orn d'une sculpture grossire portant un monogramme biz>re et les traces de l'antique devise b>oniale4 ,l'escali] mobile qui s'accro*ait au seuil n'exi/e plus1 et l'ar*ologue zl1 qui veut *]*] lire ou plutt dev9] les quelques mots orgueilleux sculpts dans la pi]re1 doit se munir d'une *elle4 ,p\r s'introduire dans l'intrieur de la t\r1 les paysans ont pris un moy5 plus viol5t3 ils ont p]c le mur au ras du sol4 ,ce fut l1 sans d\te1 un rude travail2 mais peut-tre tai5t-ils anims p> l'am\r de la v5geance contre ce donjon o nombre des leurs tai5t morts de faim ou dans les tortures2 peut-tre aussi se figurai5t-ils qu'ils y dc\vrirai5t un trsor ca*4 ,je pntre p> cette br*e avec une sorte d'apprh5sion2 l'air de l'intrieur1 auquel ne vi5t jamais se ml] un rayon de soleil1 me glace avant que je sois entr4 ,p\rtant la lumire desc5d jusqu'au fond de la t\r2 le toit s'e/ effondr2 les plan*]s ont t brls dans quelque antique inc5die1 et l'on ap]oit et l1 demi engags dans la muraille1 des re/es de p\tres noircies4 ,t\s ces dbris1 pi]res1 bois et c5dres1 se sont peu peu mls en une sorte de pte que l'eau du ciel1 desc5dant comme au fond d'un puits1 cons]ve t\j\rs humide4 ,un limon gluant rec\vre cette t]re molle o glisse le pi$ que j'y has>de avec rpugnance4 ,il me semble tre enf]m dj dans l'horrible ca*ot2 je n'en respire qu'avec dgt l'air rance et mphitique4 ,et p\rtant1 cet air e/ pur1 en comp>aison de cette odeur de moisissure et d'ossem5ts qui sort de la gueule br*e des oubliettes4 ,je me p5*e au-dessus du tr\ noir et *]*e disc]n] quelque *ose1 mais je ne vois ri54 ,il me faudrait avoir le reg>d aiguis p> une longue obscurit p\r di/+u] les reflets g>s dans ces tnbres4 ,tr\ s9i/re6 ,j'ignore les meurtres dont il a t complice1 mais je frissonne de peur en le voyant1 et1 comme p\r *]*] de la =ce1 je reg>de v]s le bleu du ciel encadr p> les quatre murailles de la t\r4 ,une *\ette tr\ble t\rbillonne l-haut en p\ssant son aigre cri4 ,un escali] pratiqu dans l'paisseur du mur p]met de mont] jusqu'aux crneaux4 ,plusieurs m>*es sont ues1 et l'escali] se tr\ve a9si *ang en un plan incl9 =t difficile gravir2 mais1 en m'appuyant aux p>ois1 en m'accro*ant aux saillies1 en glissant dans la p\ssire p\r me relev]1 je f9is p> atte9dre le c\ronnem5t de la t\r4 ,la pi]re e/ l>ge1 et je ne c\rs aucun dang]2 cep5dant1 j'ose pe9e faire quelques pas1 de peur d'tre entran p> le v]tige4 ,je suis p]* t\t en haut1 dans la rgion des oiseaux et des nuages1 entre deux abmes4 ,d'un ct e/ le g\ffre noir de la t\r2 de l'autre e/ la pr(ondeur lum9euse des ro*]s et des v]sants clairs p> le soleil4 ,le promontoire qui porte le donjon p>at lui-mme comme une autre t\r de plusieurs c5ta9es de mtres de hauteur1 et la rivire qui s]p5te aut\r de sa base produit au plus l'effet d'un simple foss de df5se4 ,on raconte que l'un des anci5s seigneurs de l'endroit se donnait quelquefois le plaisir de faire saut] ses prisonni]s du haut de la t]rasse du donjon4 ,il rs]vait ses ennemis les plus dte/s la mort l5te dans le tr\ des oubliettes2 mais les captifs contre lesquels il n'avait aucun motif de ha9e devai5t1 en s'lanant de la t\r1 montr] avec quel c\rage et quelle bonne grce ils savai5t m\rir4 ,le soir1 on en causait aut\r de la table fumante1 on riait des contorsions de ceux qui reculai5t p\vants devant l'abme1 on l\ait ceux qui d'un bond s'tai5t d'eux-mmes lancs dans le vide4 ,le noble seigneur m\rut dans un c\v5t du vois9age en odeur de sa9tet4 ,au pi$ de la ro*e se gr\p5t en dsordre les humbles maisonnettes aux toits d'ardoise ou de *aume de l'anci5 village ass]vi4 ,quels *angem5ts se sont accomplis1 non seulem5t dans les in/itutions et dans les murs1 mais aussi dans l'me huma9e1 depuis que le seigneur t5ait a9si t\s ses sujets s\s son reg>d et s\s son pi$1 depuis que l'hriti] de son nom gr&issait en se disant1 de ces tres mal vtus qu'il voyait se m\voir en bas3 ,t\s ces hommes1 si je le veux1 sont de la *air p\r mon pe6 ,comm5t alors et-il t possible1 mme au plus d\x1 au mieux d\ d'entre les fils de nobles1 de ne pas s5tir sa poitr9e se gonfl] d'un orgueil froce1 la vue de t\t cet horizon de t]res s\mises1 de ce village rampant1 de ces manants abjects gr\illant dans le fumi]8 ,il et v\lu s'imag9] qu'en naissant les hommes ont droit gal au bonheur1 il se ft considr comme n de la mme b\e1 qu'un seul reg>d jet dans l'espace1 du haut de l'orgueilleuse t]rasse de son donjon1 et suffi p\r le dtromp]4 ,p\r croire l'galit1 non dans la joie1 mais dans le dsespoir ou le remords1 il lui fallait quitt] son *teau1 s'enf\ir dans le c\v5t sombre d'une troite valle et se frapp] le front sur le pav des glises4 ,de nos j\rs1 le desc5dant de ces anci5s *evali]s n'a plus se faire le geli] d'un village1 ni surveill] les habitants d'un reg>d jal\x1 mo9s p\rtant qu'il soit dev5u propritaire d'us9e et que les villageois peupl5t sa fabrique4 ,la villa qu'il s'e/ fait btir sur le p5*ant d'un coteau se ca*e p\r a9si dire4 ,le gr\pe de maisons le plus vois9 e/ masqu p> un rideau de gr&s arbres1 et si des villages lo9ta9s se montr5t et l1 ils ne sont que de simples motifs dans le paysage1 des traits dans le gr& tableau4 ,le *tela9 n'e/ plus le matre3 que lui s]virait donc de donn] sa demeure une position dom9atrice8 ,il lui vaut mieux une solitude o il puisse j\ir de la nature en paix4 ,c'e/ que1 depuis le moy5 ge1 village et *teau ne con/itu5t plus un petit monde "p2 de gr ou de =ce1 ils sont entrs dans un monde plus gr&1 dans une socit o les luttes ont plus d'ampleur1 o les progrs ont une porte bi5 autrem5t gr&e4 ,le petit royaume dont le seigneur tait le matre absolu n'e/ plus ma9t5ant qu'un simple di/rict1 et le desc5dant des anci5s b>ons n'a plus que faire du glaive r\ill de ses anctres4 ,peut-tre essaye-t-il encore de g>d] quelques-uns des privilges app>5ts ou rels qui lui re/5t de la puissance de ses pres2 peut-tre1 se rsignant son rle de sujet ou de citoy51 r5tre-t-il simplem5t dans la f\le4 ,en t\t cas1 c'e/ d'autres1 peuples ou rois1 qu'ont s]vi combats et conqutes de ses aeux4 ,que ceux-ci1 p5dant de longues gu]res contre les montagn>ds1 ai5t russi les =c] dans leurs retraites1 et qu'ils ai5t report jusqu'aux crtes neigeuses la frontire de leur doma9e1 eux1 leur t\r1 ont eu recevoir la visite de quelque envahisseur1 et la limite qu'ils avai5t donne leurs possessions se p]d dans l'imm5se p\rt\r d'un puissant empire4 ,un nom biz>re1 qui se retr\ve en ma9ts endroits dans les montagnes1 m'a fait song] aux *oses du pass4 ,dans un rav91 plissem5t lg] du sol1 brille de lo91 comme un petit diamant mobile1 une s\rce qui s]ait pe9e visible1 si le soleil1 d'un rayon1 n'en rvlait l'exi/5ce4 ,je m'en appro*e1 des feuilles de cresson ploi5t et se r$ress5t t\r t\r s\s la g\tte arg5t9e qui passe2 aut\r frmiss5t quelques oiseaux1 et l'h]be1 qui baigne ses rac9es dans l'eau ca*e1 d>de ses tiges v]tes et ses fleurettes bi5 au-dessus du gazon fltri des pturages4 ,cette petite nappe de v]dure que disc]n5t de lo9 les b]g]s sur le front gris et comme brl du v]sant de la montagne1 c'e/ la ,fonta9e des trois ,seigneurs4 ,p\rquoi cette trange appellation8 ,comm5t une s\rce aussi peu abondante a-t-elle a9si pris le nom de trois pot5tats8 ,la lg5de des montagnes n\s dit qu' une poque dj trs anci5ne1 du temps o des *teaux =ts ent\rs de fosss se dressai5t sur t\s les promontoires des dfils1 trois comtes qui1 p> has>d1 n'tai5t po9t en gu]re1 se r5contrr5t la *asse dans le vois9age de la fontanelle4 ,ils tai5t fatigus de leur longue c\rse la p\rsuite de sangli]s ou de c]fs1 et la sueur dc\lait sur leurs fronts4 ,la t\rbe de leurs valets1 empresss aut\r d'eux1 leur (frait l'envi le v9 et l'hydromel2 mais le petit filet d'eau s\rdant de la f5te du ro*] leur sembla plus agrable boire que t\tes ces liqueurs v]ses dans les aiguires d'arg5t4 ,l'un aprs l'autre1 ils se p5*r5t sur le petit bass9 de la s\rce1 c>tr5t de la ma9 les h]bes flottant la surface de l'eau et bur5t mme comme de simples ptres ou comme des faons de la montagne4 ,puis ils se reg>dr5t1 se t5dir5t la ma9 d'amiti et1 se c\*ant sur le gazon1 se mir5t devis] joyeusem5t4 ,le temps tait beau1 le soleil tait dj p5* v]s l'horizon1 quelques nuages p>s jetai5t de gr&es ombres sur les moissons jaunissantes des pla9es2 de lgres fumes s'levai5t et l des villages4 ,les trois compres se s5tai5t en belle humeur4 ,jusque-l1 leurs va/es doma9es n'avai5t pas eu de limites prcises dans la montagne2 ils dcidr5t que1 dsormais1 la s\rce qui les avait dsaltrs de son filet d'eau glace s]ait le po9t de sp>ation des comts4 ,l'un devait suivre la rive droite1 l'autre la rive gau*e du ruisselet2 le troisime devait occup] t\te la cr\pe qui s't5d de la s\rce au sommet vois91 et de l sur le v]sant oppos4 ,en foi du trait qu'ils v5ai5t de conclure1 les trois seigneurs remplir5t leur ma9 droite de quelques g\ttelettes de la fonta9e1 et *acun en asp]gea le gazon de son doma9e4 ,mais1 hlas6 les beaux j\rs ne dur5t pas et les nobles comtes ne sont pas t\j\rs s\riants et bons cam>ades4 ,les trois amis se br\illr5t1 la gu]re clata4 ,vassaux1 b\rgeois et paysans s'gorgr5t dans les =ts et rav9s p\r *ang] de place la borne des trois comts4 ,la pla9e fut dva/e et1 p5dant plusieurs gnrations1 des torr5ts de sang c\lr5t p\r la possession de cette g\tte d'eau qui s\rd l-haut sur les paisibles hauteurs4 ,enf91 la paix e/ faite1 et si la gu]re recomm5ce1 ce n'e/ plus entre les trois b>ons ni p\r la conqute d'une simple fonta9e1 mais entre de puissants s\v]a9s et p\r la possession d'imm5ses t]ritoires avec des montagnes1 des =ts1 des fleuves et des villes populeuses4 ,ce ne sont pas non plus quelques b&es mal armes qui s'entre-massacr5t1 ce sont des c5ta9es de mille hommes1 p\rvus des moy5s de de/ruction les plus sci5tifiques1 qui se heurt5t et s'entre-tu5t4 ,sans d\te1 l'humanit progresse1 mais1 la vue de ces effroyables conflits1 on se pr5d quelquefois d\t]6 ,combi51 semble-t-il alors1 combi5 sont heureuses les populations retires dans les valles hautes qui n'ont jamais eu s\ffrir de la gu]re1 ou qui1 du mo9s1 en dpit du flux et du reflux des armes en m>*e1 ont f9i p> sauveg>d] leur indp5dance premire6 ,ma9ts peuples de montagn>ds1 protgs p> leurs normes massifs de montagnes relis les uns aux autres1 ont eu ce bonheur de re/] libres4 ,ils le sav5t2 ce n'e/ po9t seulem5t l'hrosme de leurs curs1 la =ce de leurs bras1 l'union de leurs volonts1 qu'ils doiv5t de n'avoir po9t t ass]vis p> de puissants vois9s4 ,c'e/ aussi leurs gr&es ,alpes qu'il leur faut r5dre grces2 ce sont l les f]mes colonnes qui ont df5du l'entre de leur temple4 ,,*apitre ,,xviii ,,le ,,cr,,t9 ,a ct de ces hommes =ts1 de ces vaillants la poitr9e solide1 au reg>d p]ant1 qui graviss5t les ro*]s d'un pas f]me1 se tran5t de hideuses masses de *air vivante1 les crt9s gtres p5dants4 ,encore1 p>mi ces masses1 en e/-il beauc\p qui ne peuv5t mme se tran]2 elles sont l1 assises sur des *aises ftides1 balanant de ct et d'autre leur torse et leur tte1 laissant c\l] la bave sur leurs haillons gluants4 ,ces tres ne sav5t pas m>*]2 il en e/ qui n'ont pas encore su acqurir l'art primordial de port] la n\rriture la b\*e4 ,on leur donne la pte1 on les gorge1 et1 qu& ils s5t5t que la n\rriture +re desc5d dans l'e/omac1 ils p\ss5t un petit grognem5t de satisfaction4 ,voil les d]ni]s reprs5tants de cette humanit1 ceux dont le visage a t cr p\r reg>d] les a/res6 ,que d'int]valles fran*is entre la tte idale de l',apollon ,py?i5 et celle du pauvre crt9 aux yeux sans reg>d et au rictus dif=me6 ,bi5 plus belle e/ la tte du reptile1 c> celle-ci ressemble son type1 et n\s ne n\s att5dons pas la voir autrem5t1 t&is que la figure de l'idiot e/ une =me hideusem5t dgnre2 n\s ap]cevons de lo9 ce qui p>at tre un homme1 et l'intellig5ce de l'animal ne se montre mme pas dans ces traits discordants6 ,p\r comble d'horreur1 les s5tim5ts rudim5taires qui se rvl5t dans cet tre malheureux ne sont pas t\j\rs bons4 ,quelques crt9s sont m*ants4 ,ceux-l gr9c5t des d5ts1 p\ss5t des rugissem5ts froces1 font des ge/es de colre avec leurs bras malhabiles2 ils frapp5t le sol de leurs pi$s1 et1 si on les laissait faire1 ils dvor]ai5t la *air et boirai5t le sang de ceux qui les soign5t avec dv\em5t4 ,qu'importe cette rage aux nafs et bons montagn>ds8 ,ils n'en ont pas mo9s donn aux pauvres idiots les noms de crt9s1 de cre/ias ou d'innoc5ts1 dans la p5se que ces tres1 incapables de raisonn] leurs actes et d'arriv] la comprh5sion du mal1 j\iss5t du privilge de n'avoir aucun p* sur la consci5ce4 ,*rti5s ds leur b]ceau1 ils ne saurai5t manqu] de mont] droit au ciel4 ,c'e/ a9si que1 dans les pays musulmans1 la f\le se pro/]ne devant les f\s et les halluc9s1 et que l'on se glorifie d'tre atte9t p> leurs cra*ats ou leurs excrm5ts4 ,puisque1 s\s une =me huma9e1 ils viv5t en dehors de l'humanit1 c'e/ que sans d\te ils font un rve div94 ,d'ailleurs1 p>mi ces malheureux1 il en e/ aussi de vraim5t bons1 aimant1 dans leur c]cle troit1 faire le bi54 ,un j\r1 j'tais desc5du dans la valle p\r remont] de l'autre ct sur un plateau de pturages1 au milieu duquel j'avais vu de lo9 les eaux d'un petit lac4 ,sans m'arrt]1 j'avais dpass une petite hutte humide1 environne de quelques aulnes1 et1 d'un pas dlibr1 je suivais un s5ti] vaguem5t indiqu p> les pas des animaux au bord d'une eau rapide4 ,dj je me tr\vais plus d'un jet de pi]re de la hutte1 lorsque j'ent5dis ret5tir d]rire moi un pas l\rd et prcipit2 en mme temps1 un s\ffle guttural1 presque un rle1 sortait de cet tre qui me p\rsuivait et gagnait sur moi4 ,je me ret\rnai et je vis une pauvre crt9e1 dont le gtre1 ballott p> la c\rse1 oscillait pesamm5t d'une paule l'autre paule4 ,j'eus gr&'pe9e ret5ir une expression d'horreur en voyant cette masse huma9e s'avanc] v]s moi1 se jetant alt]nativem5t de jambe en jambe4 ,le mon/re me fit signe d'att5dre1 puis s'arrta devant moi en me reg>dant fixem5t de ses yeux hbts et en me s\fflant son rle dans le visage4 ,avec un ge/e ngatif1 elle me montra le dfil dans lequel j'allais m'engag]1 puis elle joignit les ma9s1 p\r me montr] que des ro*]s pic b>rai5t le passage4 ,l1 l6 fit-elle en me dsignant un s5ti] mieux trac qui s'lve en lacets sur une p5te incl9e et gagne un plateau p\r cont\rn] l'infran*issable dfil du fond4 ,qu& elle me vit suivre son bon avis et comm5c] de gravir la p5te1 elle p\ssa deux ou trois grognem5ts de satisfaction1 m'accompagna du reg>d p5dant quelque temps1 puis s'loigna tranquillem5t1 heureuse d'avoir fait une bonne action4 ,mo9s cont5t qu'elle1 je l'av\e1 je me s5tais humili dans l'me4 ,un tre disgraci de la nature1 horrible1 une sorte de *ose sans =me et sans nom1 n'avait eu de repos qu'elle ne m'et tir d'un mauvais pas2 et moi1 l'un de ces hommes fi]s1 moi qui savais tre d\ p> la nature d'une c]ta9e raison et qui en tais arriv au s5tim5t de responsabilit morale1 combi5 de fois n'avais-je pas laiss1 sans ri5 leur dire1 d'autres hommes1 et mme ceux que j'appelais amis1 s'engag] en des passages bi5 autrem5t r$\tables qu'un dfil de montagnes8 ,l'idiote1 la gtreuse1 m'avait enseign le devoir4 ,a9si1 mme dans ce qui me semblait au-dess\s de l'humanit1 je retr\vais la bi5veillance si s\v5t abs5te *ez ceux qui se dis5t les gr&s et les =ts4 ,aucun tre n'e/ assez bas p\r tomb] au-dess\s de l'am\r et mme du respect4 ,qui donc a raison1 de l'antique ,sp>tiate qui jetait dans un g\ffre les enfants mal v5us1 ou bi5 de la mre qui1 t\t en pleurant1 allaite et c>esse son fils idiot et dif=me8 ,c]tes1 nul n'os]a donn] tort aux mres qui lutt5t contre t\te esprance p\r arra*] leurs enfants la mort2 mais il faut que la socit vi5ne au sec\rs de ces malheureux1 p> la sci5ce et l'affection1 p\r gurir ceux qui sont gurissables1 donn] t\t le bonheur possible ceux dont l'tat e/ sans espoir1 et veill] ce que la pratique de l'hygine et la comprh5sion des lois physiologiques rduis5t de plus en plus le nombre de p>eilles naissances4 ,une ducation suivie peut dgrossir ces l\rdes natures1 et lorsque l'affection de la mre succde la sollicitude d'un compagnon qui russit faire accomplir quelque travail grossi] au pauvre innoc5t1 celui-ci se dveloppe peu peu et f9it p> avoir sur son visage comme un reflet d'intellig5ce4 ,p>mi les innombrables tableaux qui se sont gravs dans ma mmoire lorsque je p>c\rais la montagne1 j'en retr\ve un qui me t\*e et m'meut encore aprs de longues annes4 ,c'tait le soir1 v]s les d]ni]s j\rs de l't4 ,les prairies de la valle v5ai5t d'tre fau*es p\r la seconde fois1 et j'ap]cevais de petites meules de fo9 p>ses dont le v5t m'apportait la d\ce odeur4 ,je *em9ais dans une r\te s9ueuse1 j\issant de la fra*eur du soir1 de la s5teur des h]bes1 de la beaut des cimes claires p> le soleil c\*ant4 ,t\t c\p1 un dt\r du *em91 je me tr\vai en prs5ce d'un gr\pe s+uli]4 ,un crt9 gtreux tait attel p> des cordes une espce de *> rempli de fo94 ,il tranait sans pe9e le l\rd vhicule1 ne voyant ni les fondrires1 ni les gros blocs p>s1 tirant comme une =ce aveugle4 ,mais il avait ct de lui son petit frre1 enfant gracieux et s\ple1 au visage t\t en reg>d et en s\rire2 c'tait lui qui voyait et p5sait p\r le mon/re4 ,d'un signe1 d'un att\*em5t1 il le faisait obliqu] droite ou gau*e p\r vit] les ob/acles1 il prcipitait ou ral5tissait sa m>*e2 il =mait avec lui un attelage dont il tait l'me et dont l'autre tait le corps4 ,qu& ils passr5t prs de moi1 l'enfant me salua d'un ge/e aimable1 et1 p\ssant ,caliban du c\de1 lui fit t] sa casquette et t\rn] v]s moi ses yeux sans p5se4 ,il me sembla p\rtant y voir po9dre comme une lueur d'un s5tim5t huma9 de respect et d'amiti4 ,et moi je saluai1 avec une sorte de vnration1 ce gr\pe1 ce gr\pe t\*ant1 symbole de l'humanit en m>*e v]s l'av5ir4 ,laiss lui-mme et ne j\issant que des lumires d'un in/9ct animal1 le crt9 peut accomplir quelquefois des *oses qui s]ai5t au-dessus de la =ce d'un homme intellig5t et ple9 de la consci5ce de sa valeur4 ,s\v5t mon compagnon le b]g] me racontait la *ute qu'il avait faite dans une crevasse de glaci]1 et1 qu& il en p>lait1 l'effroi se peignait encore sur sa figure4 ,il tait assis sur un talus1 prs du bord d'un glaci]1 lorsqu'une pi]re1 en s'cr\lant1 lui fit p]dre son quilibre1 et1 sans qu'il pt se ret5ir1 il glissa dans une fissure bante qui s'ouvrait entre le roc et la masse compacte des glaces2 t\t c\p1 il se tr\va comme au fond d'un puits1 ap]cevant pe9e un reflet de la lumire du ciel4 ,il tait t\rdi1 contusionn1 mais ses membres n'tai5t po9t rompus4 ,p\ss p> l'in/9ct de la cons]vation1 il put s'accro*] la p>oi du ro*] et mont]1 de saillie en saillie1 jusqu' quelques mtres de l'ouv]ture2 il revoyait le soleil1 les pturages1 les brebis et son *i51 qui le reg>dait avec des yeux f]v5ts4 ,mais1 arriv ce rebord1 le b]g] ne p\vait plus mont]2 au-dessus1 la ro*e tait lisse p>t\t et ne laissait aucune prise la ma94 ,l'animal tait aussi dsespr que son matre2 se jetant1 de et de l1 au bord du prcipice1 il p\ssa quelques aboiem5ts c\rts1 puis1 s\da91 p>tit comme une fl*e dans la direction de la valle4 ,le b]g] n'avait plus ri5 cra9dre4 ,il savait que le bon *i5 allait *]*] du sec\rs et que bi5tt il revi5drait accompagn de ptres portant des cordes4 ,nanmo9s1 p5dant la priode d'att5te1 il passa p> d'horribles angoisses de dsespoir3 il lui semblait que la bte fidle ne s]ait jamais de ret\r2 il se voyait dj m\rir de faim sur son ro*] et se dem&ait avec horreur si les aigles ne vi5drai5t pas lui arra*] des lambeaux de *air avant qu'il ft t\t fait mort4 ,et p\rtant il se rappelait p>faitem5t comm5t1 dans un cas semblable1 un innoc5t s'tait conduit4 tant tomb au fond d'une crevasse1 d'o il lui tait impossible de remont]1 le crt9 ne s'tait pas consum en ef=ts inutiles2 il att5dit avec pati5ce1 frappant le sol de ses pi$s af9 d'entret5ir la *aleur animale1 et pati5ta a9si t\t un soir1 puis t\te une nuit1 puis une moiti de la j\rne suivante4 ,alors1 ayant ent5du cri] son nom p> ceux qui le *]*ai5t1 il rpondit1 et bi5tt aprs il fut retir du g\ffre4 ,il ne se plaignit que d'avoir eu gr& froid4 ,mais1 quels que soi5t1 hlas6 les privilges et les immunits du crt91 quoique le malheureux n'ait pas cra9dre les s\cis et les dceptions de l'homme qui se fraye lui-mme son *em9 dans la vie1 il n'en faut pas mo9s t5t] d'arra*] le crt9 son innoc5ce et ses maladies dgtantes p\r lui donn]1 en mme temps que la =ce du corps1 le s5tim5t de sa propre responsabilit morale4 ,il faut le faire entr] dans la socit des hommes libres1 et1 p\r le gurir et le relev]1 il faut connatre d'abord quelles ont t les causes de sa dgnresc5ce4 ,des savants1 p5*s sur leurs cornues ou sur leurs livres1 apport5t des op9ions div]ses2 les uns dis5t que la dif=mit du gtre provi5t surt\t du manque d'iode dans l'eau de boisson1 et que1 p> le croisem5t1 la dif=mit morale f9it p> s'aj\t] celle du corps2 les autres croi5t plutt que gtre et crt9isme provi5n5t de ce que l'eau desc5due des neiges n'a pas eu le temps de s'agit] et de s'ar] suffisamm5t1 lorsqu'elle arrive devant le village1 ou bi5 qu'elle a pass sur des ro*es cont5ant de la magnsie4 ,il e/ c]ta9 qu'une eau mauvaise peut s\v5t contribu] faire natre et dvelopp] les maladies3 mais e/-ce l t\t8 ,il suffit d'entr] dans une de ces cabanes o naiss5t et vgt5t les idiots p\r voir qu'il e/ encore d'autres causes leur situation lam5table4 ,le rduit e/ sombre et fumeux2 les bahuts1 la table et les p\tres1 sont rongs de v]s2 dans les reco9s1 o ne peut compltem5t pntr] le reg>d1 on entrevoit des =mes indcises c\v]tes de crasse et de toiles d'araignes4 ,la t]re qui ti5t lieu de plan*] re/e con/amm5t humide et comme visqueuse1 cause de t\s les dbris et des eaux impures qui l'engraiss5t4 ,l'air qu'on respire dans cet espace troit e/ cre et ftide4 ,on y s5t la fois les odeurs de la fume1 du l>d rance1 du pa9 moisi1 du bois v]m\lu1 du l+e sale1 des manations huma9es4 ,la nuit1 t\tes les issues sont f]mes p\r emp*] le froid du dehors de pntr] dans la *ambre2 vieill>ds1 pre1 mre1 enfants1 t\s dorm5t dans une espce d'armoire tages dont les rideaux sont f]ms p5dant le j\r1 o1 p5dant le sommeil des nuits1 s'accumule un air pais bi5 plus impur encore que celui du re/e de la cabane4 ,ce n'e/ pas t\t3 durant les froids de l'hiv]1 la famille1 af9 d'avoir plus *aud1 migre du rez-de-*ausse et desc5d dans la cave1 qui s]t en mme temps d'curie4 ,d'un ct sont les animaux c\*ant sur la paille s\ille1 de l'autre sont les hommes et les femmes gtant s\s leurs draps noircis4 ,une rigole pur9 sp>e les deux gr\pes de v]tbrs mammifres1 mais l'air respirable leur e/ commun2 encore cet air1 pntrant p> d'troits s\piraux1 ne peut-il se r5\vel] p5dant des sema9es entires1 cause des neiges qui rec\vr5t le sol2 il faut y creus] des espces de *em9es1 trav]s lesquelles ne desc5d qu'un blaf>d reflet du j\r4 ,dans ces caves1 le j\r lui-mme ressemble une nuit du ple4 ,e/-il tonnant qu'en de p>eilles demeures naiss5t des enfants scr(uleux1 ra*itiques1 contrefaits8 ,ds la premire sema9e1 nombre de n\veau-ns sont sec\s p> de t]ribles convulsions auxquelles la plup>t succomb5t2 dans c]ta9s pays1 les mres s'att5d5t si bi5 la mort de leurs enfants1 qu'elles ne les croi5t pas encore ns tant qu'ils n'ont pas fran*i le r$\table dfil de la maladie des c9q j\rs4 ,combi5 aussi1 p>mi ceux qui en r*app5t1 en e/-il qui viv5t seulem5t d'une vie de maladie et de dm5ce8 ,autant l'air environnant de la libre montagne et le travail au dehors sont excell5ts p\r dvelopp] la =ce et l'adresse de l'homme valide1 autant l'espace troit et l'ombre humide de la cabane contribu5t empir] l'tat du gtreux et du crt94 ,a ct d'un frre qui devi5t le plus beau et le plus =t des jeunes g5s1 se trane un autre frre1 sorte d'excroissance *>nue horriblem5t vivante6 ,en ma9ts endroits dj1 on a song btir des hospices p\r ces malheureux4 ,ri5 ne manque dans ces n\velles demeures4 ,l'air pur y circule librem5t1 le soleil en claire t\tes les salles1 l'eau y e/ pure et sa9e1 t\s les meubles et surt\t les lits sont d'une exquise propret2 les innoc5ts ont des surveillants qui les soign5t comme des n\rrices1 et des pr(esseurs qui t*5t de faire entr] un rayon de lumire intellectuelle dans leur dur c]veau4 ,s\v5t ils russiss5t1 et le crt9 peut natre graduellem5t une vie suprieure4 ,mais ce n'e/ pas tant rp>] le mal dj surv5u qu'il importe de travaill]1 c'e/ le prv5ir4 ,ces huttes infectes1 si pittoresques p>fois dans le paysage1 doiv5t disp>atre p\r faire place des maisons commodes et sa9es2 l'air1 la lumire1 doiv5t entr] librem5t dans t\tes les habitations de l'homme2 une bonne hygine du corps1 aussi bi5 qu'une p>faite dignit morale1 doiv5t tre obs]ves p>t\t4 ,a ce prix1 les montagn>ds a*t]ont en quelques gnrations une immunit complte de t\tes ces maladies qui dgrad5t ma9t5ant un si gr& nombre d'entre eux4 ,alors les habitants s]ont dignes du milieu qui les ent\re2 ils p\rront contempl] avec satisfaction les hauts sommets neigeux et dire comme les anci5s ,grecs3 ,voil nos anctres1 et n\s leur ressemblons4 ,,*apitre ,,xix ,l',,adoration ,,des ,,montagnes ,l'adoration de la nature exi/e encore p>mi n\s1 beauc\p plus vivace qu'on ne le croit4 ,combi5 de fois un paysan1 en dc\vrant sa tte1 m'a montr le soleil du doigt et m'a dit avec sol5nit3 ,c'e/ l notre ,dieu6 ,et moi aussi1 le dirai-je8 combi5 de fois1 la vue des cimes augu/es qui trn5t au-dessus des valles et des pla9es1 n'ai-je pas t navem5t t5t de les appel] div9es6 ,un j\r je *em9ais paisiblem5t dans un dfil p5*ant et t\t ob/ru de pi]res r\lantes4 ,le v5t s'eng\ffrait dans le passage et me f\ettait la figure1 en apportant *aque b\ffe un br\ill>d de pluie et de neige demi fondue4 ,un voile gristre me ca*ait les ro*]s2 et l seulem5t j'entrevoyais1 dans le vague1 des masses noires et m5aantes qui1 suivant l'paisseur de la brume1 semblai5t t\r t\r s'loign] et s'appro*] de moi4 ,j'tais transi1 tri/e1 maussade4 ,t\t c\p une lueur1 reflte p> les innombrables g\ttelettes de l'air1 me fit lev] les yeux4 ,au-dessus de ma tte1 la nue d'eau et de neige s'tait d*ire4 ,le ciel bleu se montrait rayonnant1 et l-haut1 dans cet azur1 app>aissait le front s]e9 de la montagne4 ,ses neiges1 brodes d'artes de ro*]s comme p> de f9es arabesques1 brillai5t avec l'clat de l'arg5t1 et le soleil les bordait d'une ligne d'or4 ,les cont\rs de la cime tai5t purs et prcis comme ceux d'une /atue se dressant lum9euse dans l'ombre2 mais la pyramide sup]be semblait tre compltem5t dta*e de la t]re4 ,tranquille et =te1 immuable dans son repos1 on et dit qu'elle planait dans le ciel2 elle app>t5ait un autre monde que cette l\rde plante enveloppe de nuages et de brumes comme de haillons sordides4 ,dans cette app>ition1 je crus voir plus que le sj\r du bonheur1 plus mme que l',olympe1 sj\r des immortels6 ,mais un nuage m*ant v9t s\da9 f]m] l'issue p> laquelle j'avais contempl la montagne4 ,je me retr\vai de n\veau dans le v5t1 la brume et la pluie2 je me consolai en disant3 ,un ,dieu m'e/ app>u6 ,a l'orig9e des temps hi/oriques1 t\s les peuples1 enfants aux mille ttes naves1 reg>dai5t a9si v]s les montagnes2 ils y voyai5t les div9its1 ou du mo9s leur trne1 se montrant et se ca*ant t\r t\r s\s le voile *angeant des nuages4 ,c'e/ ces montagnes qu'ils ratta*ai5t presque t\s l'orig9e de leur race2 ils y plaai5t le sige de leurs traditions et de leurs lg5des2 ils y contemplai5t aussi dans l'av5ir la ralisation de leurs ambitions et de leurs rves2 c'e/ de l que devait t\j\rs desc5dre le sauveur1 l'ange de la gloire ou de la lib]t4 ,si important tait le rle des hautes cimes dans la vie des nations1 que l'on p\rrait racont] l'hi/oire de l'humanit p> le culte des monts2 ce sont comme de gr&es bornes d'tapes places de di/ance en di/ance sur le *em9 des peuples en m>*e4 ,c'e/ dans les valles des gr&s monts de l',asie c5trale1 dis5t les savants1 que ceux de nos anctres auxquels n\s devons nos langues europennes arrivr5t se con/itu] p\r la premire fois en tribus polices1 et c'e/ la base mridionale des plus hauts massifs du monde enti] que viv5t les ,h9d\s1 ceux des ,ary5s auxquels leur antique civilisation donne une sorte de droit d'anesse4 ,leurs vieux *ants n\s dis5t avec quel s5tim5t d'adoration ils clbrai5t ces quatre-v+t-quatre mille montagnes d'or qu'ils voi5t se dress] dans la lumire1 au-dessus des =ts et des pla9es4 ,p\r des multitudes d'entre eux1 les gr&es montagnes de l',himalaya1 aux ttes neigeuses1 aux gr&s ruissellem5ts de glace1 sont les dieux eux-mmes1 j\issant de leur =ce et de leur maje/4 ,le ,ga\risank>1 dont la po9te p]ce le ciel1 et le ,t*amal>i1 mo9s haut1 mais plus colossal en app>5ce p> son isolem5t1 sont d\blem5t adors1 comme la ,gr&e ,desse unie au ,gr& ,dieu4 ,ces glaces sont le lit de cri/aux et de diamants1 ces nuages de p\rpre et d'or sont le voile sacr qui l'ent\re4 ,l-haut e/ le dieu ,siva1 qui dtruit et qui cre2 l aussi e/ la desse ,*ama1 la ,gauri1 qui conoit et qui enfante4 ,d'elle desc5d5t les fleuves1 les plantes1 les animaux et les hommes4 ,dans cette prodigieuse =t des popes et des traditions ind\es ont g]m bi5 d'autres lg5des relatives aux montagnes de l',himalaya1 et t\tes n\s les montr5t vivant d'une vie sublime1 soit comme desses1 soit comme mres des cont95ts et des peuples4 ,telle e/ la potique lg5de qui n\s fait voir dans la t]re habitable une gr&e fleur de lotus dont les feuilles sont les pn9sules tales sur l',ocan1 et dont les tam9es et les pi/ils sont les montagnes du ,mr\1 gnratrices de t\te vie4 ,les glaci]s1 les torr5ts1 les fleuves qui desc5d5t des hauteurs p\r all] port] sur les t]res des alluvions bi5faisantes1 sont eux aussi des tres anims1 des dieux et des desses secondaires qui mett5t les humbles mortels des pla9es en rapport indirect avec les div9its suprmes sigeant au-dessus des nuages dans l'espace lum9eux4 ,non seulem5t le mont ,mr\1 ce po9t culm9ant de la plante1 mais aussi t\s les autres massifs1 t\s les sommets de l',inde1 tai5t adors p> les peuples qui viv5t sur leurs p5tes et leur base4 ,montagnes de ,v9dyah1 de ,satpurah1 d',aravalli1 de ,nilagh]ry1 t\tes avai5t leurs adorateurs4 ,dans les t]res basses1 o les fidles n'avai5t pas de montagnes contempl]1 ils se btissai5t des temples qui1 p> leurs alles de biz>res pyramides1 aux normes blocs de granit1 reprs5tai5t les cimes vnres du mont ,mr\4 ,peut-tre e/-ce un s5tim5t analogue d'adoration p\r les gr&s sommets qui porta les anci5s gypti5s con/ruire les pyramides1 montagnes artificielles qui se dress5t au-dessus de la surface unie des sables et du limon4 ,l'le de ,ceylan1 ,lanka la respl5dissante1 cette t]re bi5heureuse o1 d'aprs une lg5de ori5tale1 les premi]s hommes fur5t envoys p> la misricorde div9e1 aprs leur expulsion du ,p>adis1 lve aussi v]s le ciel des montagnes sacres4 ,telle1 entre autres1 e/ la cime isole au milieu des pla9es1 la ville sa9te d',an>adjap\ra4 ,c'e/ le ,mih9tala4 ,sur ce roc s'arrta1 il y a v+t-deux sicles1 le vol de ,mah9do1 le conv]tisseur ind\1 qui s'tait lanc des pla9es du ,gange p\r appel] les ,c+alais la religion de ,b\ddha4 ,un temple s'lve auj\rd'hui sur le sommet o se posa le pi$ du sa9t4 ,haute1 norme e/ la pagode1 et p\rtant l'empressem5t des pl]9s e/ tel qu'ils l'ont p>fois rec\v]te en enti]1 du fate la base1 d'une robe de fleurs de jasm94 ,une esc>b\cle1 c\leur de feu1 brillait au sommet du monum5t1 r5voyant au lo9 les rayons du soleil4 ,jadis un rajah fit dploy]1 du haut de la montagne aux *amps de la pla9e1 un l>ge tapis de d\ze kilomtres de longueur1 af9 que les pi$s des fidles ne fuss5t pas s\ills p> le contact avec la t]re impure apporte d'un sol pr(ane4 ,et p\rtant ce mont sacr de ,mih9tala le cde en gloire au clbre pic d',adam1 que les m>9s ap]oiv5t du milieu des flots1 lorsqu'ils appro*5t de l'le de ,ceylan4 ,l'empre9te d'un pi$ gigantesque1 app>t5ant1 semble-t-il1 un homme haut de dix mtres1 e/ creuse dans la ro*e1 sur la po9te t]m9ale de la cime4 ,cette empre9te1 dis5t les mahomtans et les juifs1 e/ celle d',adam1 le premi] homme1 qui monta sur le pic p\r contempl] l'imm5se t]re1 les va/es =ts1 les monts et les pla9es1 les rivages et le gr& ,ocan1 avec ses les et ses cueils4 ,d'aprs les ,c+alais et les ,ind\s1 ce n'e/ po9t le pi$ d'un homme1 mais bi5 celui d'un dieu1 qui a laiss cette trace de son passage4 ,ce dieu dom9ateur1 c'tait ,siva1 n\s dis5t les brahmanes2 c'tait ,b\ddha1 affirm5t les b\ddhi/es2 ,jhovah1 criv5t les gno/iques des premi]s sicles *rti5s4 ,lorsque les ,portugais db>qur5t en conqurants dans l'le de ,ceylan1 ils dgradr5t p\r a9si dire la montagne1 qui1 dans leur p5se1 ne p\vait se comp>] celle de la ,t]re ,sa9te2 ils ne vir5t plus dans l'empre9te my/rieuse que la m>que du pi$ de sa9t ,?omas1 ou d'un anci5 conv]tisseur1 aptre secondaire1 l'eunuque de ,c&ace4 ,mo9s respectueux1 encore1 un ,armni51 ,mose de ,*orne1 jal\x p\r sa noble montagne d',ar>at1 ne voit sur le sommet du pic d',adam que la trace du pi$ de ,satan1 l't]nel ennemi4 ,enf91 les voyageurs anglais qui1 de plus en plus nombreux1 font *aque anne l'asc5sion de la sa9te montagne1 ne voi5t1 dans la div9e empre9te1 qu'un tr\ vulgaire agr&i et grossirem5t sculpt en creux4 ,mais aussi1 de quel mpris ces trang]s sont-ils c\v]ts p> les pl]9s conva9cus qui vont se pro/]n] sur la cime1 bais] dvotem5t la trace du pi$1 et dpos] leurs (fr&es dans la maison du prtre6 ,t\t leur semble tmoign] de l'au!nticit du miracle4 ,a quelques mtres au-dess\s de la cime jaillit une petite s\rce3 c'e/ le bton du dieu qui l'a fait s'lanc] du sol4 ,des arbres en f\le croiss5t sur les p5tes1 et ces arbres1 ils le voi5t a9si du mo9s1 incl95t t\s leurs bran*ages v]s le sommet p\r vgt] et gr&ir en l'adorant4 ,les ro*es du mont sont p>semes de pi]res prcieuses3 ce sont les l>mes qui se sont *appes des yeux d'un dieu la vue des crimes et des s\ffrances des hommes4 ,comm5t ne croirai5t-ils pas au prodige1 en voyant t\tes ces ri*esses qui ont donn naissance aux rcits fabuleux des ,mille et une ,nuits8 ,les ruisseaux qui s'pan*5t de la montagne ne r\l5t po9t1 comme nos torr5ts1 des caill\x et du sable vulgaire2 ils entran5t avec eux de la p\ssire de rubis1 de saphirs1 de gr5ats2 le baigneur qui se trempe dans leurs flots se r\le1 comme les sirnes1 dans un sable de pi]res prcieuses4 ,les races de l'extrme ,ori5t1 dont la civilisation a suivi une autre m>*e que celle de la race ary5ne1 ont galem5t ador leurs montagnes4 ,en ,*9e et au ,japon1 aussi bi5 que dans l',inde1 les hauts sommets port5t des temples consacrs aux dieux1 qu& ils ne sont pas eux-mmes reg>ds comme des gnies tutlaires ou v5geurs4 ,c'e/ ces montagnes div9es que les peuples *]*5t ratta*] leur hi/oire p> les traditions et les lg5des4 ,les plus anci5nes montagnes hi/oriques sont celles de la ,*9e1 c> le peuple du milieu e/ l'un des premi]s qui soi5t arrivs la consci5ce d'eux-mmes1 le premi] qui ait crit sa propre hi/oire d'une manire cont9ue4 ,ses monts sacrs1 au nombre de c9q1 s'lv5t t\s en des contres clbres p> leur agriculture1 leur indu/rie1 les populations qui se press5t leur base1 les vnem5ts qui se sont accomplis dans le vois9age4 ,la plus sa9te de ces montagnes1 le ,tai-,*an1 dom9e t\tes les autres cimes de la ri*e pn9sule de ,*an-,t\ng1 entre les deux golfes de la m] ,jaune4 ,du sommet1 o l'on arrive p> une r\te pave et des escali]s taills dans le roc1 on voit1 t5dues ses pi$s1 les ri*es pla9es que trav]se le ,hoang-,ho1 c\lant tantt v]s l'un1 tantt v]s l'autre golfe1 abreuvant de ses eaux des multitudes d'hommes plus nombreux que les pis d'un *amp4 ,l'emp]eur ,*\ng y monta il y a quatre c5t tr5te ans1 a9si que le rappell5t les annales classiques du pays2 ,confucius essaya de le gravir aussi1 mais la monte e/ rude1 le philosophe dut s'arrt]1 et l'on montre encore l'endroit o il reprit le *em9 de la pla9e4 ,t\s les gr&s dieux et les pr9cipaux gnies ont leurs temples et leurs oratoires sur la sa9te montagne2 de mme aussi les ,nuages1 le ,ciel1 la ,gr&e ,ourse et l'toile ,polaire4 ,les dix mille gnies s'y abatt5t dans leur vol p\r contempl] la t]re et les villes des hommes4 ,le mrite du ,tai-,*an e/ gal celui du ciel4 ,il e/ le dom9ateur de ce monde2 il recueille les nuages et n\s envoie les pluies2 il dcide des naissances et des morts1 de l'in=tune et du bonheur1 de la gloire et de la honte4 ,de t\s les pics qui s'lv5t dans le ciel1 nul n'e/ plus digne d'tre visit4 ,aussi les pl]9s s'y r5d5t-ils en f\le p\r implor] t\tes les grces1 et le s5ti] e/ bord de cav]nes o gis5t des m5diants aux plaies hideuses1 l'horreur des passants4 ,a meilleur droit encore que les ,*9ois1 c> leurs montagnes volcaniques sont d'une p>faite beaut de =mes1 les ,japonais reg>dai5t avec adoration v]s les sommets neigeux4 ,e/-il idole dans le monde qui puisse se comp>] leur magnifique ,fusi-,yama1 la montagne sans p>eille1 qui se dresse1 presque isole1 au milieu des campagnes1 en bas c\v]te de =ts1 neigeuse sur les p5tes suprieures8 ,jadis1 le volcan fumait et cra*ait des flammes et des laves2 ma9t5ant1 il repose3 mais n'a-t-il pas1 dans l'ar*ipel1 nombre de montagnes surs qui v]s5t encore des fleuves de feu sur le sol frmissant8 ,p>mi ces monts1 il en e/ un1 le plus t]rible de t\s1 que l'on crut devoir fl*ir en lui jetant en (fr&e des milli]s de *rti5s4 ,c'e/ a9si que1 dans le ,n\veau-,monde1 on aurait t5t de calm] le ,monotombo en y prcipitant des prtres qui avai5t os pr*] contre lui1 dire qu'il n'tait pas un dieu1 mais une b\*e de l'enf]4 ,d'ailleurs1 les volcans n'att5d5t pas d'ord9aire qu'on leur jette des victimes2 ils sav5t bi5 les saisir eux-mmes1 qu& ils f5d5t la t]re1 vomiss5t des lacs de b\e1 rec\vr5t de c5dres des prov9ces entires4 ,ils font prir d'un c\p les populations de t\t un pays4 ,n'e/-ce pas assez p\r les faire ador] de t\s ceux qui s'incl95t devant la =ce8 ,le volcan dvore1 donc il e/ un dieu6 ,a9si la religion des montagnes1 de mme que t\tes les autres1 s'e/ emp>e de l'homme p> les div]s s5tim5ts de son tre4 ,au pi$ de la montagne vomissant des laves1 c'e/ la t]reur qui l'a pro/]n la face contre t]re2 dans les campagnes altres1 c'e/ le dsir qui l'a fait reg>d] en suppliant v]s les neiges1 mres des ruisseaux2 la reconnaissance aussi a fait des adorateurs de ceux qui ont tr\v un refuge assur dans la valle ou sur le promontoire esc>p2 enf91 l'admiration devait saisir t\s les hommes mesure que le s5tim5t du beau se dveloppait en eux1 ou mme tant qu'il sommeillait l'tat d'in/9ct4 ,or1 quelle e/ la montagne qui n'a pas la fois de beaux aspects et des asiles srs1 et qui n'e/ pas ou t]rible ou bi5faisante1 presque t\j\rs l'une et l'autre en mme temps8 ,les peuples1 se dplaant de p> le monde1 p\vai5t facilem5t ratta*] t\tes leurs traditions la montagne qui dom9ait leur horizon et y report] leur culte4 ,a *aque /ation de leurs gr&s voyages se dressait un n\veau temple4 ,jadis les tribus errantes sur les plateaux de la ,p]se voyai5t t\j\rs1 v]s le soir1 une montagne surgir du milieu des pla9es p\dreuses3 c'tait le mont ,tlesme1 le div9 ,talisman qui suivait ses adorateurs dans leurs prgr9ations trav]s le monde4 ,et qu&1 aprs une longue migration1 la montagne ap]ue dans le lo9ta9 n'tait pas un mirage trompeur1 mais un vritable sommet avec neiges et ro*]s1 qui donc aurait pu d\t] du voyage qu'avait fait le dieu p\r accompagn] son peuple8 ,c'e/ a9si que la montagne1 dont la po9te aurait reu les rfugis du dluge1 n'a cess de *em9] trav]s les cont95ts4 ,une v]sion sam>ita9e du ,p5tateuque prt5d que le pic d',adam e/ la cime o s'arrta l'ar*e de ,no2 les autres v]sions affirm5t que l',ar>at e/ le vritable sommet3 mais quel e/ cet ,ar>at8 ,e/-ce celui d',armnie ou t\te autre montagne sur laquelle des ptres auront tr\v quelques dbris du vaisseau sacr8 ,de t\tes p>ts1 les peuples de l',ori5t rclam5t l'honneur p\r la montagne protectrice1 dont les eaux arros5t leurs propres *amps4 ,c'e/ l le mont d'o la vie e/ r$esc5due sur la t]re1 en suivant le *em9 des neiges et le c\rs des ruisseaux6 ,les preuves ne manquai5t po9t d'ailleurs p\r tablir la vrit de t\tes ces traditions4 ,n'avait-on pas tr\v des monceaux de bois ptrifi jusque s\s les glaces1 et1 dans les ro*es elles-mmes1 n'avait-on pas r5contr les traces r\illeuses de ces anneaux du dluge que nos savants mod]nes dis5t tre des ammonites fossiles8 ,aussi plus de c5t montagnes de la ,p]se1 de la ,syrie1 de l',arabie1 de l',asie ,m9eure1 tai5t-elles indiques comme celles o db>qua le patri>*e1 second pre des huma9s4 ,la ,grce aussi montrait son ,p>nasse1 dont les pi]res1 lances sur le limon du dluge1 dev5ai5t des hommes4 ,jusqu'en ,france il e/ des montagnes o s'e/ arrte l'ar*e2 un de ces sommets div9s e/ ,*ame*&e1 prs de la ,gr&e ,*>treuse de ,gr5oble2 un autre e/ le ,puy de ,prigue1 dom9ant les s\rces de l',aude4 ,a9si1 le my! e/ con/ant2 c'e/ bi5 des hautes cimes que sont desc5dus les hommes4 ,c'e/ aussi de ces esc>pem5ts1 trne de la div9it1 que s'e/ fait ent5dre la gr&e voix disant leurs devoirs aux mortels6 ,le ,dieu des ,juifs sigeait sur la po9te du ,s9a1 au milieu des nues et des clairs1 et p>lait p> la voix de la f\dre au peuple assembl dans la pla9e4 ,de mme ,baal1 ,molo*1 t\s les dieux sangu9aires de ces peuples de l',ori5t1 app>aissai5t leurs fidles sur le sommet des monts4 ,dans l',arabie ,ptre1 dans les pays d',edom et de ,moab1 il n'e/ pas une seule hauteur1 pas une coll9e1 pas un ro*] qui ne porte sa grossire pyramide de pi]res1 autel sur lequel des prtres v]sai5t le sang p\r se r5dre leur dieu propice4 ,a ,babel1 o manquait la montagne1 on la remplaa p> ce fameux temple qui devait mont] jusqu'au ciel4 ,le pote a recon/ruit ce gigantesque difice1 non tel qu'il fut1 mais tel que se l'imag9ai5t les peuples4 ,*acun des plus gr&s monts ses flancs de granit ,n'avait pu f\rnir qu'une pi]re4 ,dans leur ha9e jal\se des cultes trang]s1 les prophtes juifs maudir5t s\v5t les hauts lieux sur lesquels les peuples leurs vois9s plaai5t des idoles2 mais eux-mmes n'agissai5t po9t autrem5t1 et c'e/ v]s les montagnes qu'ils reg>dai5t p\r en voqu] leurs anges sec\rables4 ,leur temple s'levait sur une montagne2 c'e/ galem5t sur une montagne qu'lie s'entret5ait avec ,dieu2 lorsque le ,galilen fut transfigur et plana dans la lumire incre avec les deux prophtes ,mose et lie1 c'e/ du ,mont-,?abor qu'il s'tait enlev4 ,qu& il m\rut entre deux voleurs1 c'e/ au sommet d'une montagne qu'on le crucifia1 et qu& il revi5dra1 dit la prophtie1 qu& il revi5dra1 ent\r des sa9ts et des anges1 et qu'il assi/]a au *tim5t de ses ennemis1 c'e/ aussi sur une montagne qu'il desc5dra2 mais le *oc de ses pi$s suffira p\r la bris]4 ,une autre montagne1 une cime idale portant une n\velle cit d'or et de diamant surgira de l'espace lum9eux1 et c'e/ l que vivront jamais les lus1 planant dans les airs sur les joyeuses cimes1 bi5 au-dessus de cette t]re de malheurs et d'ennuis6 ,,*apitre ,,xx ,l',,olympe ,,et ,,les ,,dieux ,de mme que la gloire de l'imp]ceptible ,grce dpasse en clat celle de t\s les empires de l',ori5t1 de mme l',olympe1 la plus haute et la plus belle des montagnes sacres des ,hellnes1 e/ dev5ue dans l'imag9ation des peuples le mont p> excell5ce2 aucun sommet1 ni celui du ,mr\1 ni ceux de l',elb\rz1 de l',ar>at1 du ,liban1 ne rveille dans l'esprit des hommes les mmes s\v5irs de gr&eur et de maje/4 ,bi5 peu1 du re/e1 tai5t plus admirablem5t situs p\r frapp] le reg>d1 s]vir de signal aux races qui p>c\rai5t le monde4 ,plac l'angle de la m] ge et dom9ant t\tes les cimes vois9es de la moiti de sa hauteur1 l',olympe e/ ap]u p> les m>9s d'normes di/ances4 ,des pla9es de la ,macdo9e1 des ri*es valles de la ,!ssalie1 des monts de l',o?rys1 du ,f9de1 du ,b]mius1 de l',a?os1 on di/+ue l'horizon son triple dme et ces p5tes aux mille plis dont p>le ,homre4 ,la f]tilit des campagnes qui s't5d5t sa base appelait de t\tes p>ts les populations1 qui v5ai5t s'y r5contr]1 soit p\r se mlang] div]sem5t1 soit p\r s'entre-dtruire4 ,enf9 l',olympe comm&e les dfils que devai5t ncessairem5t suivre les tribus ou les armes en m>*e1 d',asie en ,europe1 ou de la ,grce v]s les pays b>b>es du nord2 il s'lve comme une borne milliaire sur le gr& *em9 que suivai5t alors les nations4 ,plusieurs autres montagnes du monde hellnique devai5t leurs neiges t9celantes le nom d',olympe ou de lum9euse2 mais nulle ne le mritait mieux que celle de ,!ssalie1 dont la cime s]vait de trne aux dieux4 ,c'e/ que le peuple des ,hellnes lui-mme avait pass son enfance nationale dans les valles et les pla9es t5dues l'ombre du gr& mont4 ,c'e/ de la ,!ssalie que v5ai5t les ,hellnes de l',attique et du ,ploponse2 c'e/ l que leurs premi]s hros avai5t combattu les mon/res et que leurs premi]s potes1 guids p> la voix des muses ,pirides1 avai5t compos les hymnes et les *ants d'allgresse et de victoire4 ,en essaimant v]s les contres lo9ta9es1 les tribus grecques se rappelai5t la montagne div9e qui les avait ports et n\rris dans ses vallons4 ,presque t\s les gr&s vnem5ts de l'hi/oire my?ique s'tai5t accomplis dans cette p>tie de la ,grce1 et p>mi eux1 le plus important1 celui qui dcida de l'empire du ciel et de la t]re4 ,l',olympe tait la citadelle *oisie p> les n\veaux dieux1 et t\t aut\r tai5t campes les anci5nes div9its1 les ,titans mon/rueux1 fils du ,*aos4 ,deb\t sur les monts ,o?rys1 qui se dvelopp5t au sud en un va/e demi-c]cle1 les gants saisissai5t d'normes ro*]s1 des montagnes entires1 et les lanai5t contre l',olympe demi drac94 ,p\r se dress] plus haut dans le ciel1 les vieux ,titans entassr5t mont sur mont et s'en fir5t un pide/al1 mais la gr&e cime neigeuse les dpassait t\j\rs2 elle s'ent\rait de sombres nues d'o jaillissait la f\dre4 ,les gants1 n\rris des =ces mmes de la t]re1 avai5t dans leurs voix les hurlem5ts de l'orage et dans leurs bras la vigueur de la tempte2 de leurs c5t bras1 ils lanai5t au has>d leur grle de ro*]s2 mais1 contre les jeunes dieux intellig5ts1 ils luttai5t avec la fureur aveugle des lm5ts4 ,ils succombr5t1 et1 s\s les dbris des monts1 des peuples enti]s fur5t crass avec eux4 ,c'e/ a9si que des caprices de rois ont s\v5t fait massacr] les nations comme p> mg>de4 ,ces prodigieux combats de l',olympe avai5t cess depuis de nombreuses gnrations1 lorsque les peuplades ioni5nes et dori5nes eur5t des potes p\r *ant] leurs propres exploits et1 plus t>d1 des hi/ori5s p\r les racont]4 ,alors ,zeus1 le pre des ,dieux et des ,hommes1 sigeait en paix sur la montagne sacre2 son trne tait pos sur la plus haute cime2 ct se t5ait ,hra1 la desse t\j\rs femme et t\j\rs vi]ge2 l'ent\r tai5t assis les autres immortels la face t]nellem5t belle et joyeuse4 ,un !r lum9eux baignait le sommet de l',olympe et se j\ait dans la *evelure des dieux2 jamais les temptes ne v5ai5t tr\bl] le repos de ces tres heureux2 ni les pluies1 ni les neiges ne tombai5t sur la cime clatante4 ,les nues que ,zeus assemblait s'enr\lai5t ses pi$s aut\r des ro*]s qui =mai5t la sup]be base de son trne4 ,a trav]s les int]/ices de ce voile que les ,heures ouvrai5t et f]mai5t au gr du matre1 celui-ci contemplait la m] et la t]re1 les cits et les peuples4 ,sur la tte de ces hommes qui s'agitai5t1 il susp5dait des de/9s inflexibles1 il prononait la vie ou la mort1 di/ribuait son caprice la pluie bi5faisante ou la f\dre v5g]esse4 ,aucune lam5tation v5ue d'en bas ne tr\blait les dieux dans leur quitude t]nelle4 ,leur nect> tait t\j\rs dlicieux1 t\j\rs exquise l'ambroisie4 ,ils sav\rai5t l'odeur des hcatombes1 c\tai5t comme une musique le conc]t des voix suppliantes4 ,au-dess\s d'eux se dr\lait comme un spectacle inf9i le tableau des luttes et de la misre huma9e4 ,ils voyai5t s'entre-*oqu] les armes1 les flottes s'engl\tir1 les villes disp>atre en flammes et en fume1 les pauvres lab\reurs1 mirmidons presque invisibles1 s'puis] de fatigues p\r obt5ir des rcoltes qu'un matre devait leur ravir2 jusque s\s le toit des demeures1 ils voyai5t pleur] les femmes et se lam5t] les enfants4 ,au lo91 leur ennemi ,prom?e gmissait sur un roc du ,caucase4 ,tels tai5t les bonheurs des dieux4 ,e/-ce que jamais un ,hellne1 b]g]1 prtre ou roi1 osa gravir les p5tes de l',olympe au-dessus des hauts pturages de ses vallons et de ses cr\pes8 ,un seul se has>da-t-il1 en mettant le pi$ sur la gr&e cime1 se tr\v] t\t c\p en prs5ce des t]ribles dieux8 ,les criva9s antiques n\s dis5t que des philosophes n'ont pas cra9t d'escalad] l',etna1 p\rtant beauc\p plus lev que l',olympe2 mais ils ne m5tionn5t aucun mortel qui ait eu l'audace de gravir la montagne des ,dieux1 mme au temps de la sci5ce1 l'poque o le philosophe enseignait que ,zeus et les autres immortels tai5t de pures conceptions de l'esprit huma94 ,plus t>d1 d'autres religions1 *ez des peuples div]s1 qui viv5t dans les pla9es environnantes1 s'emp>r5t de la sa9te montagne et la consacrr5t de n\velles div9its4 ,au lieu de ,zeus1 les *rti5s grecs y adorr5t la sa9te ,tr9it2 dans ses trois pr9cipales cimes1 ils voi5t encore les trois gr&s trnes du ciel4 ,un de ses promontoires les plus levs1 qui jadis portait peut-tre un temple d',apollon1 e/ dom9 ma9t5ant p> un mona/re de sa9t lie2 un de ses vallons1 o les ,bac*antes allai5t *ant] voh en l'honneur de ,dionysos ou ,bac*us1 e/ habit p> les mo9es de sa9t ,d5ys4 ,les prtres ont succd aux prtres1 et le respect sup]/itieux des mod]nes l'adoration des anci5s2 mais peut-tre le plus haut sommet e/-il1 jusqu' prs5t1 vi]ge de pas huma9s2 la d\ce lumire qui respl5dit sur ses ro*]s et ses neiges n'a encore clair p]sonne depuis que les dieux hellnes s'en sont alls4 ,il y a peu d'annes encore1 il et t difficile l',europen d'arriv] jusqu'au sommet de la montagne1 c> les ,klephtes hellnes1 l'infaillible balle1 en occupai5t t\tes les gorges2 ils s'y tai5t retran*s comme dans une norme citadelle1 et de l1 recomm5ant la lutte des dieux contre les ,titans1 ils allai5t faire leurs expditions contre les ,turcs du mont ,ossa4 ,fi]s de leur brav\re1 ils se croyai5t inv9cibles comme la montagne qui les portait2 ils p]sonnifiai5t l',olympe lui-mme4 ,je suis1 disait un de leurs *ants1 je suis l',olympe1 illu/re de t\t temps et clbre p>mi les nations2 qu>ante-deux pics se hriss5t sur mon front1 soixante-d\ze fonta9es c\l5t dans mes rav9s1 et sur ma cime plus haute vi5t de se pos] un aigle t5ant dans ses s]res la tte d'un vaillant hros6 ,cet aigle tait1 sans d\te1 celui de l'antique ,zeus4 ,ma9t5ant encore1 il se repat de l'homme qui s'entre-tue4 ,l'imag9ation des peuples se donne libre c>rire qu& il s'agit des dieux qu'elle a crs4 ,p5dant le c\rs des sicles1 elle *ange leurs noms1 leurs attributs et leur puissance1 suivant les alt]natives de l'hi/oire1 les *angem5ts des langues1 les v>iantes individuelles et nationales des traditions2 la f91 elle les fait m\rir comme elle les a fait natre1 et les remplace p> de n\velles div9its4 ,il ne lui en cote donc pas beauc\p de les faire voyag] de montagne en montagne4 ,aussi *aque cime avait-elle son dieu ou mme sa pliade d'tres cle/es4 ,zeus vivait sur le mont ,ida1 de mme que sur l',olympe de ,grce1 sur ceux de la ,crte et de ,*ypre et sur les ro*]s d'g9e4 ,apollon avait sa demeure sur le ,p>nasse et sur l',hlicon1 sur le ,cyllne et sur le ,taygte1 sur t\s les monts p>s qui se dress5t hors de la m] ge4 ,les sommets que v5ai5t dor] les rayons du j\r naissant1 lorsque les pla9es infrieures tai5t encore dans l'ombre1 devai5t tre consacrs au dieu du soleil4 ,aussi1 presque t\tes les cimes isoles de l',hellade port5t-elles auj\rd'hui le nom d',elias4 ,le prophte juif1 en v]tu de son nom1 e/ dev5u1 p> un calemb\r sacr1 l'hriti] d',hlios1 fils de ,jupit]4 ,voyez ce trne1 c5tre de la t]re1 disait ,es*yle en p>lant de ,delphes4 ,en ma9t autre endroit1 suivant la fantaisie du pote1 ou l'imag9ation populaire1 se dressait ce pili] c5tral4 ,p9d>e le voyait dans l',etna2 les matelots de l',ar*ipel dsignai5t le mont ,a?os1 la gr&e borne que l'on disc]nait t\j\rs au-dessus des eaux1 soit en quittant les rives de l',asie1 soit en naviguant dans les m]s de l',europe4 ,sur cette montagne1 disait-on1 le soleil se c\*ait trois heures plus t>d que dans les pla9es de sa base1 tant elle tait haute2 elle reg>dait p>-dessus les bornes mmes de la t]re4 ,lorsque l',hellade1 jadis libre1 fut ass]vie au ,macdoni51 lorsqu'elle dev9t la *ose d'un matre1 il se tr\va un flatteur assez vil1 un homme assez rampant p\r pri] ,alex&re1 qui s'tait proclam dieu1 d'employ] une arme trans=m] le mont ,a?os en une /atue du n\veau fils de ,zeus1 plus puissant que son pre4 ,l'uvre impossible aurait pu t5t] un dieu p>v5u1 f\ d'orgueil2 p\rtant celui-ci n'osa pas l'entrepr5dre4 ,les m>9s qui voguai5t au pi$ de la gr&e montagne cont9ur5t d'y voir un anci5 dieu1 jusqu'au j\r o comm5a un autre cycle de l'hi/oire1 am5ant un n\veau culte et de n\velles div9its4 ,alors on se raconta que le mont ,a?os e/ prcism5t cette montagne o le diable avait transport ,jsus le ,galilen p\r lui montr] t\s les royaumes de la t]re t5dus ses pi$s1 l',europe1 l',asie et les les de la m]4 ,les habitants d',a?os le croi5t encore1 et s]ait-il possible1 en effet1 de tr\v] une cime d'o la vue soit1 s9on plus va/e1 du mo9s plus belle et plus v>ie8 ,en dehors du monde hellnique o l'imag9ation populaire tait si potique et si fconde1 les peuples voyai5t aussi dans leurs montagnes le trne des matres du ciel et de la t]re4 ,non seulem5t les gr&s sommets des ,alpes tai5t adors comme le sj\r des dieux et comme des dieux eux-mmes1 mais1 jusque dans les pla9es du nord de l',allemagne et du ,danem>k1 de petites coll9es1 qui relv5t leurs cr\pes au-dessus des l&es uni=mes1 tai5t des ,olympes non mo9s vnrs que celui de la ,!ssalie l'avait t p> les ,grecs4 ,mme dans la froide ,isl&e1 dans cette t]re des brumes et des glaces t]nelles1 les adorateurs des s\v]a9s cle/es se t\rnai5t v]s les montagnes de l'intrieur1 croyant y voir les siges de leurs dieux4 ,sans d\te1 s'ils avai5t pu gravir jusqu' la cime les flancs rav9s de leurs volcans1 s'ils avai5t contempl l'horreur de ces cratres o les laves et les neiges lutt5t incessamm5t1 ils n'aurai5t po9t song faire de ces lieux t]ribles le sj\r en*ant de leurs div9its heureuses4 ,mais ils ne voyai5t les montagnes que de lo92 ils en ap]cevai5t les cimes t9celantes trav]s les nuages d*irs1 et se les figurai5t d'autant plus belles que les pla9es de la base tai5t plus sauvages et plus difficiles p>c\rir4 ,ces monts1 sp>s de la t]re des huma9s p> des b>rires de prcipices infran*issables1 c'tait la cit d',asg>d o1 s\s un ciel t\j\rs clm5t1 vivai5t les dieux joyeux4 ,ce gr& nuage de vapeurs qui s'levait de la cime de la montagne div9e et s'talait l>gem5t dans le ciel1 ce n'tait po9t une colonne de c5dres1 c'tait le gr& frne ,ygdrasil1 l'ombre duquel se reposai5t les matres de l'univ]s4 ,,*apitre ,,xxi ,,les ,g,,nies ,les religions se trans=m5t l5tem5t4 ,les cultes du monde anci51 te9ts en app>5ce depuis tant de gnrations1 cont9u5t s\s les dehors des cultes n\veaux4 ,s\v5t les noms des dieux ont t *angs1 mais l'autel e/ re/ le mme4 ,les attributs de la div9it sont encore ce qu'ils tai5t il y a deux mille ans1 et la foi qui l'invoque a g>d la sa9te simplicit de son fanatisme4 ,dans les valles sauvages de l',olympe1 o bondissai5t les bac*antes *eveles1 les mo9es murmur5t ma9t5ant des prires2 sur la sa9te montagne d',a?os1 que les m>9s de t\te race et de t\te langue adorai5t de la surface des flots murmurants1 neuf c5t tr5te-c9q glises s'lv5t en l'honneur de t\s les sa9ts2 le dieu des *rti5s e/ dev5u l'hriti] de ,zeus1 qui lui-mme avait succd des dieux plus anci5s4 ,de mme1 ,syracuse1 le temple de ,m9]ve1 dont les matelots saluai5t de lo9 la lance d'or en v]sant une c\pe de v9 dans les eaux1 s'e/ *ang en une glise de la ,vi]ge4 ,*aque promontoire m>9 et1 dans l'intrieur des t]res1 *aque sommet de coll9e1 *aque montagne c\ronne d'un temple1 a g>d ses adorateurs1 t\t en *angeant son nom4 ,un voyageur p>c\rt l'le de ,*ypre la re*]*e d'un temple de ,vnus ,aphrodite4 ,n\s ne l'appelons plus ,aphrodite1 s'crie avec zle la femme qu'il int]roge1 n\s l'appelons ma9t5ant la ,vi]ge ,*rysopolite6 ,mais les peuples *rti5s n'ont pas seulem5t cont9u de vnr] les montagnes sa9tes des ,roma9s et des ,grecs1 ils ont t5du ce culte leur manire dans t\tes les contres qu'ils habit5t4 ,de mme que nos aeux des temps lg5daires1 nos anctres plus rappro*s1 qui vivai5t au moy5 ge1 ne p\vai5t contempl] la montagne sans que leur imag9ation ne ft vivre des tres suprieurs dans les valles my/rieuses et sur les sommets rayonnants4 ,il e/ vrai que ces tres n'avai5t pas droit au titre de dieux2 maudits p> l'glise1 ils se trans=mai5t en diables1 en dmons malfaisants1 ou bi51 tolrs p> elle1 ils dev5ai5t des gnies tutlaires1 des dieux de contreb&e invoqus seulem5t la drobe4 ,jupit]1 ,apollon1 ,vnus1 tai5t desc5dus de leurs trnes1 ils s'tai5t rfugis dans le fond des antres2 eux dont les faces augu/es avai5t rayonn dans la lumire1 tai5t condamns vivre dsormais dans les tnbres des cav]nes4 ,les ftes de l',olympe s'tai5t trans=mes en sabbats o les sorcires hideuses allai5t1 *eval sur un balai1 voqu] le diable p5dant les nuits d'orage4 ,d'ailleurs1 le froid climat1 le ciel nuageux de nos contres du nord devai5t contribu] aussi p\r une =te "p la rclusion des anci5s dieux4 ,comm5t aurai5t-ils pu1 s\s le v5t et la neige1 au milieu des t\rm5tes1 cont9u] leurs banquets joyeux1 sav\r] l'ambroisie et j\] de la lyre d'or8 ,a pe9e p\vait-on rv] leur prs5ce dans ces palais fanta/iques1 con/ruits en un in/ant p> les rayons du soleil sur les cimes respl5dissantes et disp>aissant non mo9s vite1 comme des rves ou de va9s mirages6 ,dieux et gnies sont les p]sonnifications de ce que l'homme r$\te et de ce qu'il dsire4 ,t\tes ses t]reurs1 t\tes ses passions pr5ai5t jadis une =me surnaturelle4 ,aussi1 p>mi les esprits de la montagne1 les uns sont-ils de r$\tables magici5s qui brl5t l'h]be des pturages1 tu5t le btail1 jett5t un sort aux passants2 les autres1 au contraire1 sont des tres bi5veillants dont une jatte de lait rp&ue ou mme une simple incantation concilie les faveurs4 ,c'e/ au bon gnie que s'adresse le b]g] p\r que ses tr\peaux s'accroiss5t d'agneaux vig\reux et de gnisses sans ta*e4 ,c'e/ lui surt\t que jeunes et vieux1 hommes et femmes1 dem&5t ce qui malheureusem5t s]ait p\r presque t\s la joie suprme de la vie1 de l'or1 des ri*esses1 un trsor4 ,de vieilles traditions n\s racont5t comm5t les gnies de la montagne se gliss5t dans les ve9es de la pi]re1 p\r y insr] les cri/aux et le mtal1 p\r y mlang] div]sem5t les t]res et les m9]ais4 ,d'autres lg5des dis5t comm5t et quelle heure il faut frapp] la pi]re sacre qui rec\vre les ri*esses1 quels signes on doit faire1 quelles syllabes tranges on doit prononc]4 ,mais qu'un seul oubli se commette1 qu'un son pr5ne la place d'un autre1 et t\tes les =mules d'incantation sont va9es6 ,j'ai vu d'normes f\illes entreprises p> les montagn>ds au sommet d'une po9te de ro*]s ca*e p> les neiges p5dant neuf mois de l'anne4 ,cette po9te tait consacre un sa9t qui1 lui-mme1 avait succd1 comme protecteur du mont1 un dieu paen4 ,*aque t1 les *]*eurs de trsors rev5ai5t creus] la cime en se s]vant des mots et des ge/es sacram5tels4 ,ils ne tr\vai5t que des feuillets de s*i/e s\s d'autres feuillets semblables2 mais1 sans se lass]1 quelque avide pio*eur cont9uait son uvre1 essayant d'voqu] le gnie p> une n\velle =mule1 p> un cri victorieux4 ,plus intressants que ces dieux g>deurs de trsors sont ceux qui1 dans les cav]nes de la montagne1 sont *>gs de cons]v] le gnie de t\te une race4 ,ca*s dans l'paisseur de la ro*e1 ils reprs5t5t le peuple t\t enti]1 avec ses traditions1 son hi/oire1 son av5ir4 ,aussi vieux que le mont1 ils dur]ont aussi longtemps que lui1 et1 tant qu'ils vivront eux-mmes1 vivra la race dont les gr\pes sont p>s dans les valles environnantes4 ,c'e/ le gnie qui1 dans sa p5se pr(onde1 conc5tre t\s les agissem5ts1 t\s les flux et reflux de la nation qui s'agite ses pi$s4 ,a9si les ,basques reg>d5t avec orgueil v]s le pic d',anie o se ca*e leur dieu1 inconnu des prtres1 mais d'autant plus vivant4 ,tant qu'il s]a l1 dis5t-ils1 n\s y s]ons aussi6 ,et volonti]s ils se croirai5t t]nels1 eux dont la langue disp>atra dema96 ,au mme ordre d'ides populaires app>ti5n5t les lg5des de ces gu]ri]s ou prophtes qui1 p5dant des sicles1 att5d5t un gr& j\r1 ca*s dans quelque grotte pr(onde d'une montagne4 ,tel e/ le my! de cet emp]eur allem& qui rvait1 acc\d sur une table de pi]re1 et dont la b>be blan*e1 croissant t\j\rs1 avait p\ss jusque dans le ro*]4 ,quelquefois un *asseur1 un b&it peut-tre1 pntrait dans la cav]ne et tr\blait le songe du puissant vieill>d4 ,celui-ci s\levait l5tem5t la tte1 faisait une "q l'homme tremblant1 puis repr5ait son rve int]rompu4 ,pas encore6 s\pirait-il4 ,qu'att5dait-il donc p\r m\rir en paix8 ,sans d\te1 l'*o de quelque gr&e bataille1 l'odeur d'un fleuve de sang huma91 un imm5se gorgem5t en l'honneur de son empire4 ,ah6 puisse cette d]nire bataille avoir t dj livre1 et que le s9i/re emp]eur ne soit plus ma9t5ant qu'un monceau de c5dres6 ,combi5 plus t\*ante et plus belle e/ la lg5de des trois ,suisses qui1 eux aussi1 att5d5t leur gr& j\r dans l'paisseur d'une haute montagne des vieux cantons6 ,ils sont trois comme les trois qui1 dans la prairie de ,grtli1 jurr5t de se faire libres1 et t\s les trois port5t le nom de ,tell1 comme celui qui r5v]sa le tyran4 ,eux aussi sommeill5t2 ils rv5t2 mais ce n'e/ pas la gloire qu'ils song5t1 c'e/ la lib]t1 non pas la seule lib]t suisse1 mais celle de t\s les hommes4 ,de temps en temps1 l'un d'eux se lve p\r reg>d] le monde des lacs et des pla9es1 mais il revi5t tri/e v]s ses compagnons4 ,pas encore1 s\pire-t-il4 ,le j\r de la gr&e dlivrance n'e/ pas v5u4 ,t\j\rs esclaves1 les peuples n'ont cess d'ador] les *apeaux de leurs matres6 ,,*apitre ,,xxii ,l',,homme ,att5dons1 t\tefois1 att5dons avec confiance2 le j\r vi5dra6 les dieux s'en vont1 emm5ant avec eux le cortge des rois1 leurs tri/es reprs5tants sur la t]re4 ,l'homme appr5d l5tem5t p>l] le langage de la lib]t2 il appr5dra aussi en pratiqu] les murs4 ,les montagnes qui1 du mo9s1 ont le mrite d'tre belles1 sont au nombre de ces dieux que l'on comm5ce ne plus ador]4 ,leurs tonn]res et leurs avalan*es ont cess d'tre p\r n\s les f\dres de ,jupit]2 leurs nuages ne sont plus la robe de ,junon4 ,sans peur dsormais1 n\s abordons les hautes valles1 rsid5ce des dieux ou repaire des gnies4 ,les cimes1 jadis r$\tes1 sont dev5ues prcism5t le b de milli]s de gravisseurs1 qui se sont donn p\r t*e de ne pas laiss] un seul ro*]1 un seul *amp de glace vi]ge des pas huma9s4 ,dj1 dans nos contres populeuses de l',europe occid5tale1 presque t\s les sommets ont t successivem5t conquis2 ceux de l',asie1 de l',afrique1 de l',amrique1 le s]ont leur t\r4 ,puisque l're des gr&es dc\v]tes gographiques e/ peu prs t]m9e et que1 sauf quelques lacunes1 les t]res sont connues dans leur ensemble1 d'autres voyageurs1 obligs de se cont5t] d'une mo9dre gloire1 se disput5t en gr& nombre l'honneur d'tre les premi]s gravir les montagnes non encore visites4 ,jusqu'au ,grenl&1 les amateurs d'asc5sions vont *]*] quelque cime inconnue4 ,p>mi ces escaladeurs qui1 *aque anne1 p5dant la belle saison1 t5t5t de gravir quelque cime haute et difficile1 il en e/1 p>at-il1 qui mont5t p> am\r de la gloriole4 ,ils *]*5t1 dit-on1 un moy5 pnible1 mais sr1 de faire rpt] leur nom de j\rnal en j\rnal1 comme si1 p> une simple asc5sion1 ils avai5t fait une uvre utile l'humanit4 ,arrivs sur la cime1 ils rdig5t1 de leurs ma9s raidies p> le froid1 un procs-v]bal de leur gloire1 db\*5t avec fracas des b\teilles de ,*ampagne1 tir5t des c\ps de pi/olet comme de vrais conqurants et sec\5t des drapeaux avec frnsie4 ,l o le sommet de la montagne n'e/ pas revtu d'une paisse c\pole de neige1 ils apport5t des pi]res af9 de s'exhauss] encore de quelques p\ces4 ,ce sont des rois1 des matres du monde1 puisque la montagne entire n'e/ p\r eux qu'un norme pide/al1 et qu'ils voi5t les royaumes gisant leurs pi$s4 ,ils t5d5t la ma9 comme p\r les saisir4 ,c'e/ a9si qu'un pote de campagne1 invit p\r la premire fois visit] un *teau royal1 dem&a la p]mission de mont] un in/ant sur le trne4 ,qu& il s'y tr\va1 le v]tige de la dom9ation le saisit t\t c\p4 ,il ap]ut une m\*e qui voletait prs de lui3 ,ah6 je suis roi ma9t5ant1 je t'crase6 et1 d'un c\p de po+1 il aplatit le pauvre insecte sur le bras du fauteuil dor4 ,p\rtant1 l'homme mode/e1 celui qui ne raconte po9t son escalade et n'ambitionne nullem5t la gloire phmre d'avoir gravi quelque pic difficilem5t abordable1 celui-l mme pr\ve une joie =te qu& il pose le pi$ sur une haute cime4 ,de ,saussure n'a pas eu1 p5dant tant d'annes1 le reg>d fix sur le dme du ,mont-,blanc1 il n'en a pas1 tant de reprises1 essay l'asc5sion dans l'unique proccupation d'tre utile la sci5ce4 ,qu&1 aprs ,balmat1 il eut atte9t les neiges jusqu'alors invioles1 il n'eut pas seulem5t la joie de p\voir faire des obs]vations n\velles1 il se livra aussi au bonheur t\t naf d'avoir enf9 conquis ce mont rebelle4 ,le *asseur de btes et le *asseur d'hommes1 hlas6 ont aussi de la joie qu&1 aprs une p\rsuite a*>ne trav]s bois et rav9s1 coteaux et valles1 ils se tr\v5t en face de leur victime et russiss5t l'atte9dre d'une balle6 ,fatigues1 dang]s1 ri5 ne les a rebuts1 s\t5us qu'ils tai5t p> l'espoir1 et1 ma9t5ant qu'ils se repos5t ct de leur proie tombe1 ils oubli5t t\t ce qu'ils ont s\ff]t4 ,comme le *asseur1 le gravisseur de cimes a cette joie de la conqute aprs l'ef=t1 mais il a de plus le bonheur de n'avoir risqu que sa propre vie2 il a g>d ses ma9s pures4 ,dans les gr&es asc5sions1 le dang] e/ s\v5t bi5 pro*e1 et *aque m9ute on risque la mort2 mais on avance t\j\rs et on se s5t s\t5u1 s\lev p> une =te joie1 la vue de t\s ces prils que l'on sait vit] p> la solidit de ses muscles et sa prs5ce d'esprit4 ,frquemm5t1 il faut se t5ir sur une p5te de neige glace o le mo9dre faux pas v\s lanc]ait aux prcipices4 ,d'autres fois1 on rampe sur un glaci] en s'accro*ant un simple rebord de neige qui1 en se brisant1 v\s laiss]ait tomb] dans un g\ffre dont on ne voit pas le fond4 ,il arrive aussi qu'on doit escalad] des p>ois de ro*]s dont les saillies sont pe9e assez l>ges p\r que le pi$ y tr\ve place1 et que rec\vre une crote de v]glas1 palpitant p\r a9si dire s\s l'eau glaciale qui s'pan*e au-dess\s4 ,mais tels sont le c\rage et la tranquillit d'esprit1 que pas un muscle ne se p]met un faux m\vem5t1 et t\s s'h>monis5t dans leurs ef=ts p\r vit] le dang]4 ,un voyageur glisse sur une ro*e d'ardoise polie et trs incl9e1 que c\pe brusquem5t un prcipice de c5t mtres de hauteur4 ,le voil qui desc5d avec une rapidit v]tig9euse sur la p5te lisse2 mais il s't5d si bi5 p\r (frir une plus l>ge surface de frottem5t et r5contr] t\tes les petites asprits du roc1 il utilise si habilem5t ses bras et ses jambes en guise de fre91 qu'il s'arrte enf9 au bord de l'abme4 ,l1 prcism5t1 un ruisselet s'tale sur la pi]re avant de tomb] en cascade4 ,le voyageur avait soif4 ,il boit tranquillem5t1 la face dans l'eau1 avant de song] se relev] p\r repr5dre pi$ sur une ro*e mo9s prilleuse4 ,le gravisseur aime d'autant plus la montagne qu'il a risqu d'y prir2 mais le s5tim5t du dang] surmont n'e/ pas la seule joie de l'asc5sion1 surt\t *ez l'homme qui1 p5dant le c\rant de sa vie1 a d s\t5ir de =tes luttes p\r faire son devoir4 ,en dpit de lui-mme1 il ne peut s'emp*] de voir dans le *em9 p>c\ru1 avec ses passages difficiles1 ses neiges1 ses crevasses1 ses ob/acles de t\te sorte1 une image du pnible *em9 de la v]tu2 cette comp>aison des *oses matrielles et du monde moral s'impose son esprit4 ,malgr la nature1 j'ai russi1 p5se-t-il2 la cime e/ s\s mes pi$s4 ,j'ai s\ff]t1 c'e/ vrai1 mais j'ai va9cu1 et le devoir e/ accompli4 ,ce s5tim5t a t\te sa =ce *ez ceux qui ont vraim5t mission sci5tifique d'escalad] un sommet dang]eux1 soit p\r en tudi] les ro*es et les fossiles1 soit p\r y ratta*] leur rseau de triangles et dress] la c>te du pays4 ,ceux-l ont droit de s'applaudir aprs avoir conquis la cime2 s'il leur arrive malheur dans leur voyage1 ils ont droit au titre de m>tyrs4 ,l'humanit reconnaissante doit s'en rappel] les noms1 bi5 autrem5t nobles que ceux de tant de prt5dus gr&s hommes6 ,tt ou t>d les ges hroques de l'exploration des montagnes pr5dront f9 comme ceux de l'exploration de la plante elle-mme1 et le s\v5ir des fameux gravisseurs se trans=m]a en lg5de4 ,les unes aprs les autres1 t\tes les montagnes des contres populeuses auront t escalades2 des s5ti]s faciles1 puis des *em9s c>rossables1 auront t con/ruits de la base au sommet1 p\r en facilit] l'accs1 mme aux dsuvrs et aux affadis2 on aura fait j\] la m9e entre les crevasses des glaci]s p\r montr] aux badauds la texture du cri/al2 des asc5seurs mcaniques auront t tablis sur les p>ois des monts jadis inaccessibles1 et les t\ri/es se f]ont hiss] le long des murs v]tig9eux1 en fumant leur cig>e et en devisant de sc&ales4 ,mais ne voil-t-il pas dj que l'on monte aux sommets p> des *em9s de f]6 ,les inv5teurs ont imag9 ma9t5ant des locomotives de montagnes1 af9 que n\s puissions all] n\s plong] dans l'air libre des cieux1 p5dant l'heure de dige/ion qui suit notre dn]4 ,des ,amrica9s1 g5s pratiques dans leur posie1 ont inv5t ce n\veau mode d'asc5sion4 ,p\r atte9dre plus vite et sans fatigue le sommet de leur montagne la plus vnre1 laquelle ils ont donn le nom de ,wa%+ton1 le hros de l'indp5dance1 ils l'ont ratta*e leur rseau de *em9s de f]4 ,ro*es et pturages sont ent\rs d'une spirale de rails que les tra9s graviss5t et desc5d5t t\r t\r en sifflant et en dr\lant leurs anneaux comme des s]p5ts gigantesques4 ,une /ation e/ in/alle sur la cime1 a9si que des re/aurants et des kiosques dans le /yle *9ois4 ,le voyageur en qute d'impressions y tr\ve des biscuits1 des liqueurs et des posies sur le soleil levant4 ,ce que les ,amrica9s ont fait p\r le mont ,wa%+ton1 les ,suisses se sont hts de l'imit] p\r le ,righi1 au c5tre de ce panorama si gr&iose de leurs lacs et de leurs montagnes4 ,ils l'ont fait aussi p\r l',utli2 ils le f]ont p\r d'autres monts encore1 ils en ramn]ont p\r a9si dire les cimes au niveau de la pla9e4 ,la locomotive pass]a de valle en valle p>-dessus les sommets1 comme passe un navire en montant et desc5dant sur les vagues de la m]4 ,quant aux monts tels que les hautes cimes des ,&es et de l',himalaya1 trop leves dans la rgion du froid p\r que l'homme puisse y mont] directem5t1 le j\r vi5dra o il saura p\rtant les atte9dre4 ,dj les ballons l'ont port deux ou trois kilomtres plus haut2 d'autres aronefs iront le dpos] jusque sur le ,ga\risank>1 jusque sur le ,gr& ,diadme du ,ciel clatant4 ,dans cette gr&e uvre d'amnagem5t de la nature1 on ne se borne po9t r5dre les montagnes d'un accs facile1 au beso9 on travaille les supprim]4 ,non cont5ts de faire escalad] leurs r\tes c>rossables les monts les plus ardus1 les +nieurs p]c5t les ro*es qui les gn5t1 p\r faire pass] leurs voies de f] de valle valle4 ,en dpit de t\s les ob/acles que la nature avait mis en trav]s de sa m>*e1 l'homme passe2 il se fait une n\velle t]re approprie ses beso9s4 ,lorsqu'il lui faut un gr& port de refuge p\r ses navires1 il pr5d un promontoire au bord des m]s1 et1 ro*e ro*e1 il le jette au fond des eaux p\r en con/ruire un brise-lames4 ,p\rquoi1 si la fantaisie lui en vi5t1 ne pr5drait-il pas aussi de gr&es montagnes p\r les tritur] et en rp&re les dbris sur le sol des pla9es8 ,mais quoi1 ce travail e/ dj comm5c4 ,en ,cali=nie1 les m9eurs1 las d'att5dre que les ruisseaux leur apport5t le sable paillet d'or1 ont eu l'ide de s'attaqu] la montagne elle-mme4 ,en ma9ts endroits1 ils cras5t la ro*e dure p\r en retir] le mtal2 mais ce travail e/ difficile et coteux4 ,la besogne e/ plus facile lorsqu'ils ont devant eux des t]ra9s de transport1 tels que sables meubles et caill\x4 ,alors1 ils s'in/all5t en face1 avec d'normes pompes inc5die1 rav95t incessamm5t les talus gr&s jets et dmoliss5t a9si peu peu la montagne p\r en extraire t\tes les molcules d'or4 ,en ,france1 on a eu l'ide de dblay] de la mme manire une p>tie des normes amas d'alluvions antiques accumuls en plateaux au devant des ,pyrnes2 au moy5 de canaux1 t\s ces dbris1 trans=ms en limons f]tilisants1 s]virai5t exhauss] et fcond] les pla9es nues des ,l&es4 ,c]tes1 ce sont l des progrs considrables4 ,le temps n'e/ plus o les seuls *em9s des montagnes tai5t des ornires tellem5t troites que deux pitons1 v5ant en s5s contraire1 ne p\vai5t s'vit] et devai5t pass] l'un sur le dos de l'autre c\* sur le s5ti]4 ,t\s les po9ts de la t]re devi5n5t accessibles1 mme aux invalides et aux malades2 en mme temps1 t\tes les ress\rces devi5n5t utilisables1 et la vie de l'homme se tr\ve a9si prolonge de t\tes les heures conquises sur la priode d'ef=ts1 t&is que son avoir s'accrot de t\s les trsors arra*s la t]re4 ,mais1 comme t\tes les *oses huma9es1 ces progrs amn]ont avec eux les abus correspondants2 quelquefois1 on s]a sur le po9t de les maudire1 de mme qu'on a maudit jadis la p>ole1 l'criture1 le livre et jusqu' la p5se4 ,quoi que dis5t les amateurs du bon vieux temps1 la vie1 si rude p\r la plup>t des hommes1 devi5dra p\rtant de plus en plus facile4 ,a n\s de veill] p\r qu'une =te ducation arme le jeune homme d'une n]gique volont et le r5de t\j\rs capable d'un hroque ef=t1 seul moy5 de ma9t5ir l'humanit dans sa vigueur morale et matrielle6 ,a n\s de remplac] p> des preuves m?odiques ce dur combat de l'exi/5ce p> lequel il faut a*et] ma9t5ant la =ce d'me4 ,jadis1 lorsque la vie tait un incessant combat de l'homme contre l'homme ou la bte fauve1 l'adolesc5t tait reg>d comme un enfant1 tant qu'il n'avait pas rapport de trophe sanglant dans la hutte pat]nelle4 ,il lui fallait montr] la =ce de son bras1 la solidit de son c\rage1 avant qu'il ost lev] la voix dans le conseil des gu]ri]s4 ,dans les pays o le dang] n'tait pas tant d'avoir se mesur] avec l'ennemi que d'avoir subir la faim1 le froid1 les intempries1 le c&idat au titre d'homme tait ab&onn dans la =t sans n\rriture1 sans vtem5ts1 expos la bise et la morsure des insectes2 il fallait qu'il re/t l1 immobile1 la face placide et fire1 et qu'aprs des j\rnes d'att5te il et encore la =ce de se laiss] tortur] sans se pla9dre1 d'assi/] un repas abondant sans avanc] la ma9 p\r en pr5dre sa "p4 ,ma9t5ant1 on n'impose plus ces preuves b>b>es nos jeunes g5s1 mais1 s\s pe9e de dcad5ce et d'abtissem5t1 il faut savoir donn] aux enfants une me haute et f]me1 non seulem5t contre les malheurs possibles1 mais surt\t contre les facilits de la vie4 ,travaillons r5dre l'humanit heureuse1 mais enseignons-lui en mme temps triomph] de son propre bonheur p> la v]tu4 ,dans ce travail1 si capital1 de l'ducation des enfants1 et1 p> eux1 de l'humanit future1 la montagne a le plus gr& rle remplir4 ,la vritable cole doit tre la nature libre1 avec ses beaux paysages que l'on contemple1 ses lois que l'on tudie sur le vif1 mais aussi avec ses ob/acles qu'il faut surmont]4 ,ce n'e/ po9t dans les troites salles aux f5tres grilles que l'on f]a des hommes c\rageux et purs4 ,qu'on leur donne au contraire la joie de se baign] dans les torr5ts et les lacs des montagnes1 qu'on les fasse prom5] sur les glaci]s et sur les *amps de neige1 qu'on les mne l'escalade des gr&s sommets4 ,non seulem5t ils appr5dront sans pe9e ce que nul livre ne saurait leur enseign]1 non seulem5t ils se s\vi5dront de t\t ce qu'ils auront appris dans ces j\rs heureux o la voix du pr(esseur se confondait p\r eux1 en une mme impression1 avec la vue de paysages *>mants et =ts1 mais encore ils se s]ont tr\vs en face du dang] et ils l'auront joyeusem5t brav4 ,l'tude s]a p\r eux un plaisir1 et leur c>actre se =m]a dans la joie4 ,on ne saurait d\t] que n\s sommes la veille d'accomplir les *angem5ts les plus considrables dans l'aspect de la nature aussi bi5 que dans la vie de l'humanit2 ce monde extrieur que n\s avons dj si puissamm5t modifi dans sa =me1 n\s le trans=m]ons notre usage bi5 plus n]giquem5t encore4 ,a mesure que gr&iss5t notre savoir et notre puissance matrielle1 notre volont d'homme se manife/e de plus en plus imprieuse en face de la nature4 ,actuellem5t1 presque t\s les peuples dits civiliss emploi5t encore la plus gr&e p>tie de leur p>gne annuelle prp>] les moy5s de s'entre-tu] et de dva/] le t]ritoire les uns des autres2 mais1 lorsque1 plus aviss1 ils l'appliqu]ont augm5t] la =ce de production du sol1 utilis] en commun t\tes les =ces de la t]re1 supprim] t\s les ob/acles naturels qu'elle oppose nos libres m\vem5ts1 c'e/ vue d'il que *ang]a l'app>5ce de la plante qui n\s emporte dans son t\rbillon4 ,*aque peuple donn]a1 p\r a9si dire1 un vtem5t n\veau la nature environnante4 ,p> ses *amps et ses r\tes1 ses demeures et ses con/ructions de t\te espce1 p> le gr\pem5t impos aux arbres et l'ordonnance gnrale des paysages1 la population donn]a la mesure de son propre idal4 ,si elle a vraim5t le s5tim5t du beau1 elle r5dra la nature plus belle2 si1 au contraire1 la gr&e masse de l'humanit devait re/] ce qu'elle e/ auj\rd'hui1 grossire1 g/e et fausse1 elle cont9u]ait m>qu] la t]re de ses tri/es empre9tes4 ,c'e/ alors que le cri de dsespoir du pote devi5drait une vrit3 ,o fuir8 la nature s'enlaidit4 ,quel que soit l'av5ir de l'humanit1 quel que doive tre l'aspect du milieu qu'il se crera1 la solitude1 dans ce qui re/e de la libre nature1 devi5dra de plus en plus ncessaire aux hommes qui1 lo9 du conflit des op9ions et des voix1 veul5t retremp] leur p5se4 ,si les plus beaux sites de la t]re devai5t un j\r tre seulem5t le r5dez-v\s de t\s les dsuvrs1 ceux qui aim5t vivre dans l'intimit des lm5ts n'aurai5t plus qu' s'enfuir dans une b>que au milieu des flots1 ou bi5 att5dre le j\r o ils p\rront plan] comme l'oiseau dans les pr(ondeurs de l'espace2 mais ils regrett]ai5t t\j\rs les fra*es valles des monts1 et les torr5ts jaillissant des neiges invioles1 et les pyramides blan*es ou roses se dressant dans le ciel bleu4 ,heureusem5t1 les montagnes ont t\j\rs les plus d\ces retraites p\r celui qui fuit les *em9s frays p> la mode4 ,longtemps encore on p\rra s'c>t] du monde frivole et se retr\v] dans la vrit de sa p5se1 lo9 de ce c\rant d'op9ions vulgaires et factices qui tr\bl5t et dt\rn5t jusqu'aux esprits les plus s9cres4 ,quel tonnem5t1 quelle d%abitude de t\t mon tre1 lorsque1 fran*issant le seuil du d]ni] dfil de la montagne1 je me retr\vai dans la gr&e pla9e aux lo9ta9s indi/9cts et fuyants1 l'espace illimit6 ,le monde imm5se tait ouv]t devant moi2 je p\vais all] v]s le po9t de l'horizon o me portait mon caprice1 et cep5dant j'avais beau m>*]1 il ne me semblait po9t *ang] de place1 tant la nature environnante avait p]du son *>me et sa v>it4 ,je n'ent5dais plus le torr5t1 je ne voyais plus les neiges ni les ro*]s1 c'tait t\j\rs la mme campagne monotone4 ,mes pas tai5t libres1 et p\rtant je me s5tais bi5 autrem5t emprisonn que dans la montagne2 un arbre seul1 un simple arbu/e1 suffisai5t me ca*] l'horizon2 pas un *em9 qui ne ft bord des deux cts p> des haies ou des b>rires4 ,en m'loignant des monts que j'aimais et qui s'enfuyai5t lo9 de moi1 je reg>dais s\v5t en arrire p\r en di/+u] les =mes amo9dries4 ,les p5tes se confondai5t peu peu en une mme masse bleutre2 les l>ges entailles des valles cessai5t d'tre visibles2 les cimes secondaires se p]dai5t1 le pr(il des hauts sommets se dess9ait seul sur le fond lum9eux4 ,a la f91 la brume de p\ssire et d'impurets qui s'lve des pla9es me ca*a les p5tes basses des montagnes2 il ne re/ait plus qu'une sorte de dcor port sur des nuages1 et c'e/ pe9e si je p\vais encore retr\v] du reg>d quelques-unes des cimes autrefois gravies4 ,puis t\s les cont\rs disp>ur5t dans les vapeurs2 la pla9e sans bornes visibles m'ent\ra de t\tes p>ts4 ,dsormais1 la montagne tait lo9 de moi1 et j'tais r5tr dans le gr& tumulte des huma9s4 ,du mo9s ai-je pu g>d] dans ma mmoire la d\ce impression du pass4 ,je vois de n\veau surgir devant mes yeux le pr(il aim des monts1 je r5tre p> la p5se dans les vallons ombreux1 et1 p5dant quelques in/ants1 je puis j\ir en paix de l'intimit de la ro*e1 de l'insecte et du br9 d'h]be4 ,,f9 ,,table ,,des ,,mati,,res ,,pages4 ,,*apitre ,i4 ,l',,asile #a -- ,,ii4 ,,les ,,sommets ,,et ,,les ,,vall,,es #aa -- ,,iii4 ,,la ,,ro*e ,,et ,,le ,,cri/al #be -- ,,iv4 ,l',,orig9e ,,de ,,la ,,montagne #ci -- ,v4 ,,les ,,fossiles #ec -- ,,vi4 ,,la ,,de/ruction ,,des ,,cimes #fc -- ,,vii4 ,,les ,,b\lis #ge -- ,,viii4 ,,les ,,nuages #hg -- ,,ix4 ,,le ,,br\ill>d ,,et ,l',,orage #ig -- ,x4 ,,les ,,neiges #ajg -- ,,xi4 ,l',,avalan*e #abe -- ,,xii4 ,,le ,,glaci] #aci -- ,,xiii4 ,,la ,,mora9e ,,et ,,le ,,torr5t #aea -- ,,xiv4 ,,les ,,=,,ts ,,et ,,les ,p,,turages #afc -- ,,xv4 ,,les ,,animaux ,,de ,,la ,,montagne #ahb -- ,,xvi4 ,l',,tagem5t ,,des ,,climats #aic -- ,,xvii4 ,,le ,,libre ,,montagn>d #bji -- ,,xviii4 ,,le ,,cr,,t9 #bca -- ,,xix4 ,l',,adoration ,,des ,,montagnes #bdg -- ,,xx4 ,l',,olympe ,,et ,,les ,,dieux #bfe -- ,,xxi4 ,,les ,g,,nies #bgg -- ,,xxii4 ,l',,homme #bhe ,,f9 ,,de ,,la ,,table ,,des ,,mati,,res #afgf4--;,imprim]ie ,a4 ,lahore1 #i1 rue de ,fleurus1 ,p>is4