,,al9e ,,et ,,valc\r1 ,,ou ,,le ,,roman ,,philosophique4 ,,tome ,,iii4 ,,c9qui,,me ,,p>tie4 ,illu/ration3 ,fuis1 la*e6 ds que tu es assez vil p\r n\s refus] tes s]vices1 fuis et ne n\s outrage po9t4 ,,al9e ,,et ,,valc\r1 ,,ou ,,le ,,roman ,,philosophique4 crit la ,ba/ille un an avant la ,rvolution de ,france4 ,,orn ,,de ,,seize ,,gravures4 ,,p>is1 ,*ez la ,veuve ,,gir\>d1 ,libraire maison galit1 ,gal]ie de ,bois1 n4 #aif4 #agie4 ,,al9e ,,et ,,valc\r1 ,,lettre ,,tr5te-,,sixi,,me1 ,dt]ville ,valc\r4 ,v]feuille1 le #ag ,novembre4 ,n'e/-ce donc po9t une *ose odieuse1 mon *] ,valc\r1 qu'un malheureux jeune homme1 uniquem5t c\pable du s5tim5t qui fait natre les v]tus4 4 4 4 ,aprs avoir p>c\ru la t]re1 aprs avoir brav t\s les prils qui peuv5t s'affront]1 ne r5contre d'cueils1 de t\rm5s2 de malheurs1 qu' la porte de sa patrie3 et bi5tt au c5tre de cette mme ,patrie1 qu'il ne peut revoir qu'en la maudissant 4 4 4 ,oui1 j'ose le dire1 ces fatalits font natre bi5 des rflexions1 et j'aime mieux les taire que les dvoil]4 ,l'amiti qu'inspire l'in=tun ,sa9ville y rp&roit trop d'am]tume4 ,c'tait ,al9e et lui1 ,valc\r1 c'tait t\s deux que ce tra9 avait p\r objet 4 4 4 ,al9e et lui1 t'ent5ds-je dire8 ,eh quelle bis>r]ie les rassemble8 c\te1 et t\t va s'claircir4 ,il e/ inutile de te pe9dre la frayeur de nos dames qu& elles ont vu la maison se remplir d'exempts1 d'espions1 de g>des1 de t\te cette dgtante canaille1 dont le despotisme effraye l'humanit aux dp5s de la ju/ice et de la raison1 comme s'il fallait au g\v]nem5t d'autres srets que des v]tus1 et l'homme d'autre li5 que l'honneur4 4 4 4 ,je n'ai pas beso9 de te dire ce que t\te cette *>mante socit e/ dev5ue1 qu& on a vu p>atre1 au milieu du tr\ble gnral1 un petit homme laid1 c\rt et gros1 bi5 hbt1 bi5 tremblant1 l'pe d'une ma91 le pi/olet de l'autre1 s'intitulant conseill] du ,roi1 et de plus1 (fici] suprieur du tribunal de la sret de ,p>is2 disant que p\r la sret de l'tat1 il fallait qu'il s'assurt d'un (fici]1 s\s le nom de ,sa9ville1 nom qu'il usurpait1 comme on le v]rait p> l'ordre1 dont il tait porteur1 que l$it sieur de ,sa9ville tant de prs5t au ,*teau de ,v]feuille1 prs d',orlans2 il lui tait enjo9t lui1 ,nicodme ,p\sse=t1 (fici] suprieur1 d'arrt] l$it militaire dans l$it ,*teau1 a9si qu'une demoiselle qu'avait enleve cet (fici]1 et qu'il faisait pass] p\r sa femme1 le t\t l'effet de les conduire l'un et l'autre au lieu de sret que son ordre indiquait #a4 ,tu dev9es1 ce prambule1 ce que *acun a pu p5s]1 il ne s'agit que de t'appr5dre et ce qui a suivi1 et la "p s+ulire qu'a le prsid5t t\t ceci4 ,le complim5t dbit1 le petit homme suant1 palpitant1 infectant comme un capuc9 qui desc5d de *aire2 nos dames rev5ues elles =ce de so9s1 le malheureux ,sa9ville et sa femme confondant leurs l>mes et leurs gmissem5s4 ,le comte de ,beaul s'e/ avanc v]s l'exempt et lui ordonnant avec cet air de noblesse et de supriorit qu'il avait en m5ant autrefois les ,franais aux ennemis1 lui ordonnant1 dis-je1 de remettre ses armes au repos1 et de faire sortir ses g5s du salon1 il lui a dem&2 comm5t il s'avisait de s'introduire avec aussi peu de =malits dans le ,*teau d'une femme honnte4 cette dem&e1 l'air de matre1 dont elle tait faite1 aux titres1 aux dcorations qui la s\t5ai5t1 ,nicodme ,p\sse=t1 (fici] suprieur de la sret de ,p>is1 a rpondu avec un peu de confusion1 qu'il s'tait cru autoris dans ses dm>*es1 et p> son ordre1 et p> les diffr5tes consignes p>ticulires qu'il avait reues de ceux que cela conc]nait2 mais le comte aprs lui avoir lav la tte une seconde fois1 et lui avoir dit que les ordres de p>5s ne s'annonai5t pas comme ceux de ,m&r91 mais se signifiai5t p> l'organe des (fici]s prposs dans *aque gnralit cet effet1 la prpondrance *imrique ou l'autorit illusoire du tribunal de la sret de ,p>is ne s't5dant pas au-del des b>rires1 lui a dem& encore s'il savait de qui v5ait l'ordre1 et la sollicitation de qui il tait obt5u4 4 4 4 ,p\r t\te rponse1 l'exempt lui a remis ses papi]s et le comte les ayant reu1 lui a dit avant que d'ouvrir1 soyez tranquille monsieur1 je me *>ge de t\t4 4 4 4 puis s'adressant monsieur et madame de ,sa9ville1 v\s voil l'un et l'autre mes prisonni]s1 leur a-t-il dit1 donnez-moi vos p>oles d'honneur de ne po9t v\s c>t] de cette maison sans moi4 4 4 4 ,v\s v\s trompez monsieur1 a dit prcipitamm5t l'(fici] de police1 cette dame dont v\s exigez la p>ole1 n'e/ po9t la p]sonne que je dois arrt]1 celle que mon signalem5t indique1 a-t-il p\rsuivi1 en montrant ,al9e1 e/ la demoiselle que voil4 ,et c'e/ elle qui doit tre madame de ,sa9ville 4 4 4 ,v\s seul commettez l'erreur1 a repris le comte1 ou votre signalem5t e/ faux2 la jeune p]sonne que v\s dsignez1 e/ la fille de madame de ,blamont4 --,et montrant ,lonore4 4 4 4 ,celle-ci seule e/ madame de ,sa9ville1 4 4 4 ,monsieur le comte1 a rpondu l'exempt1 la *ose e/ d'autant mo9s probable1 que ce signalem5t dont je m'autorise1 e/ l'ouvrage mme de monsieur le prsid5t de ,blamont1 m'aurait-il ordonn d'arrt] sa fille8 ,confrontons monsieur1 le voil4 ,assurm5t1 il tait difficile de mieux pe9dre ,al9e1 et comme aucun trait ne la rappro*e de ,lonore1 il tait impossible de s'y mpr5dre4 4 4 4 ,ah6 je dmle t\t1 a dit imptueusem5t madame de ,blamont1 puis1 s'adressant l'exempt3 a*evez1 monsieur1 a*evez de jett] du j\r sur ceci2 aviez-v\s quelqu'ordre p>ticuli] relatif cette jeune p]sonne4 4 4 4 ,celui de la laiss] au c\v5t des bndict9es1 en passant ,lyon1 madame1 a rpondu l'exempt2 de lui dire quelle att5dit l sa famille1 qui vi5drait bi5tt en dispos]1 et de p\rsuivre ma r\te avec monsieur de ,sa9ville jusqu'aux isles ,sa9te-,m>gu]ite1 o il devait tre enf]m dix ans4 --,et quelles p]sonnes v\s ont expliqu ces diffr5tes commissions1 a repris madame de ,blamont8 --,j'ai d'abord reu1 madame1 a rpondu l'exempt1 un ordre gnral et vague du magi/rat1 de me con=m] t\t ce qui me s]ait prescrit p> le pre de monsieur de ,sa9ville1 lequel n'a pas v\lu pr5dre sur lui de faire arrt] son fils *ez madame de ,blamont1 o il le savait1 sans se conc]t] avec monsieur le prsid5t2 en consqu5ce de cette dlicatesse1 ri5 ne se t]m9ant le mme j\r1 on m'a indiqu un second r5dez-v\s p\r le l5dema9 au mat92 l j'ai tr\v runis les deux p]sonnes auxquelles j'avais affaire1 et j'ai reu d'elles diffr5ts dtails1 qui m'tai5t utiles p\r agir4 ,voil1 mon *] ,valc\r1 t\t ce que n\s avons pu savoir sur cette p>tie1 et comme ri5 n'en e/ encore clairci1 j'imag9e qu'avant d'a*ev] la lecture de ma lettre1 tu vas te livr] mille comb9aisons2 =mons-en donc quelqu'unes avec toi1 quelqu'int]ruption qu'il en doive rsult] aux *oses intressantes qu'il me re/e encore t'appr5dre4 ,il p>at d'abord assez clairem5t1 que monsieur de ,blamont s'e/ confi au pre de ,sa9ville1 qu'il lui a dem& sans d\te avec in/ance1 de laiss] pr(it] sa fille1 bi5 plus c\pable que ,lonore1 de la lettre de ca*et de/9e cette ,lonore2 que celle-ci n'tant actuellem5t rclame p> p]sonne1 il se *>geait d'en rpondre1 que l'important tait de la sp>] de ,sa9ville1 objet qui se tr\vait galem5t rempli1 puisque madame de ,blamont la reti5drait vraisemblablem5t *ez elle1 et que s\s peu1 il irait la *]*] lui-mme1 p\r la plac] dans quelque c\v5t1 o elle s]ait t\j\rs en tat d'tre reprs5te aussitt qu'elle s]ait requise2 que le pre de ,sa9ville pr5ant peu d'intrt cette ,lonore1 et ne dsirant que de la sp>] de son fils1 a t\t accord au prsid5t1 p\rvu que celui-ci p]mt de faire arrt] le jeune homme dans le ,*teau de ,v]feuille4 4 4 4 ,df9itivem5t qu',al9e1 a9si arrte1 a9si conduite ,lyon1 y s]ait bi5tt dev5ue la femme de ,dolb\rg1 avec lequel le prsid5t n'aurait pas manqu de l'all] jo9dre2 voil mes conjectures mon ami1 voil celles de t\te la socit2 rev5ons ma9t5ant des dtails qui ne peuv5t plus s\ffrir de ret>d4 ,v\s p\vez sortir monsieur1 a dit le comte l'exempt1 ds que ses claircissem5s ont t donns2 ret\rnez dire ceux qui v\s ont envoy1 que le comte de ,beaul1 comm&ant dans l',orlanais et lieut5ant-gnral des armes1 se *>ge de vos prisonni]s1 v\s en dgage1 et v\s donne sa p>ole de les conduire s\s trois j\rs1 au m9i/re4 ,monsieur le comte1 a dit l'exempt en se pro/]nant jusqu' t]re1 j'obis sans rplique assurm5t1 mais v\s connaissez nos places1 je risque de p]dre la mi5ne1 si v\s n'avez la bont de me faire un reu2 le gnral a dem& un critoire1 et a sign sans difficult ce que l'exempt dsirait4 ,aprs quoi1 l'alguasil et sa tr\pe ont dgu]pi le ,*teau1 non sans escamot]1 fil\t]1 vol] suivant l'usage de ces coqu9s-l1 t\t ce qui a pu tomb] s\s leurs ma9s #b4 pe9e p>tis1 qu'avant mme d'ouvrir l'ordre1 on a raisonn prodigieusem5t sur les manuvres s\rdes et infmes du prsid5t2 mais comme t\t ce qui a t dit1 n'e/ que ce que je vi5s de plac] en rsultat de nos comb9aisons t\t--l'heure1 je passe rapidem5t aux suites ess5tielles de cette av5ture4 ,t\t tant calme1 t\tes les rflexions tant faites1 le comte a ouv]t l'ordre2 et aprs avoir p>c\ru rapidem5t quelques lignes4 4 4 4 ,quoi6 monsieur1 a-t-il dit avec surprise ,sa9ville1 v\s tes le comte de ,k>meil8 ,je connais beauc\p votre pre2 le comte de ,k>meil1 s'e/ cri madame de ,blamont t\te tr\ble4 4 4 4 ,avez-v\s bi5 lu1 ne v\s trompez- v\s po9t84 4 4 4 ,ciel 4 4 4 ,lonore1 non je ne rsi/e po9t ces c\ps multiplis du sort4 4 4 4 ,malheureux enfant 4 4 4 ,ouvre tes bras 4 4 4 reconnais ta mre1 et trop mue de t\t ce qui v5ait de prcd] 4 4 4 trop att5drie d'une scne si t\*ante1 elle s'e/ van\ie sur le se9 mme de ,lonore4 ,gr& ,dieu1 a dit celle-ci1 les bonts de cette aimable dame l'abus5t assurm5t1 que veut-elle dire8 4 4 4 ,moi1 sa fille6 ,ah plt au ciel que cela et t6 ,v\s l'tes1 mademoiselle1 ai-je dit alors1 sec\rons madame de ,blamont 4 4 4 elle e/ bi5 lo9 d'tre dans l'erreur2 n\s avons t\t ce qu'il faut p\r v\s conva9cre4 4 4 4 ,sa9ville1 aidez-n\s r5dre votre femme la plus adorable des mres4 ,je te laisse jug] le tr\ble univ]sel2 le comte nullem5t au fait1 ne savait lui-mme o il en tait4 ,madame de ,s5neval plus in/ruite1 assurait ,lonore qu'on ne se trompait pas1 enf91 madame de ,blamont vivem5t sec\rue p> ,al9e1 qui ne savait qui vol]1 a repris l'usage de ses s5s1 elle s'e/ rejete une seconde fois dans les bras de ,lonore1 t\t s'e/ clairci1 j'ai produit d'un ct la lettre du *evali] de ,meilc\rt1 de l'autre les dpositions du pr ,sa9t-,g]vais1 et t\tes ces pices s'en*anant1 se prtant mutuellem5t des =ces1 il e/ dev5u impossible ,claire de ,blamont1 qui n\s cons]vons le nom de ,lonore p\r l'intellig5ce de cette hi/oire1 il lui e/ dev5u impossible1 dis-je1 de p\voir plus long-tems s'aveugl] sur sa naissance4 4 4 4 ,et voil donc p\rquoi j'tais hae de madame de ,k]neuil1 a dit cette jeune p]sonne1 en se jettant aux pi$s de sa vritable mre2 voil donc p\rquoi on me dte/ait4 ,oh6 madame1 a-t-elle cont9u1 mais avec plus de manire que de vritable s5tim5t3 7c'e/ un trait de son c>actre qu'il ne faut pas p]dre de vue76 oh1 madame1 laissez- moi v\s dem&] g5\x des s5tim5s que mon malheureux sort ne m'a jamais p]mis de connatre2 mon ame tait faite p\r les s5tir1 et la plus b>b>e des femmes lui en a t\j\rs refus la j\issance4 ,sa9ville1 vi5s te prcipit]1 comme moi1 aux g5\x de cette t5dre mre2 dem&es-lui p>don de nos g>em5s1 et ne songe plus m'obt5ir que de son aveu4 ,alors1 cet intressant jeune homme1 bi5 plus vraim5t affect que sa femme1 a arros les pi$s de madame de ,blamont de ses pleurs2 et pro/]n devant elle1 oh6 madame1 lui a-t-il dit1 daign]ez-v\s me p>donn] mon crime8 4 4 4 4 des crimes6 4 4 4 gr& ,dieu1 a dit promptem5t cette mre dlicate et s5sible6 v\s n'en avez po9t commis1 t\t votre tort e/ de l'avoir aime2 je l'aurais aime comme v\s2 levez-v\s ,sa9ville4 4 4 4 ,la voil1 je veux que v\s la receviez de ma ma9 4 4 4 ,je ne t'esquiss]ai po9t la situation de cette femme adorable1 au milieu de ce c\ple *>mant 4 4 4 ,al9e embrassant t\r--t\r1 et sa mre et sa sur4 4 4 4 ,non1 mon ami1 non1 c'e/ avec les c\leurs de la nature mme qu'il faut essay] de r5dre ce tableau1 l'art ne russirait pas le trac]4 ,p5dant ce tems1 n\s expliquions1 le plus succ9ctem5t qu'il n\s tait possible1 t\te l'hi/oire au comte de ,beaul4 --,voil des av5tures bi5 s+ulires1 a-t-il dit1 en s'appro*ant de madame de ,blamont2 ma *re et anci5ne amie1 cont9uait-il en lui pr5ant les ma9s1 en vrit1 elles m'intress5t aux l>mes1 4 4 4 ,mais v\s tes d'un my/re4 4 4 4 ,p\rquoi donc ne m'avoir pas dit84 4 4 4 ,le voil dev5u mon fils1 ma9t5ant ce *] ,sa9ville4 4 4 4 ,et cette malheureuse ,al9e qui l'on en v\lait aussi4 4 4 4 ,quelle horreur6 ,allons1 allons1 que t\t se calme1 je les pr5ds t\s trois s\s mon ale1 et si la mo9dre in=tune les m5ace encore1 j'y expose plutt ma tte que de les en voir accabls l'un ou l'autre2 et t\s les bras unanimem5t1 se sont t\rns v]s ce t5dre et honnte militaire2 on l'a ent\r1 on l'a rem]ci1 c>ess2 madame de ,blamont dans l'excs de sa joie1 lui a saut au col1 et lui a dit3 mon *] comte1 oui1 ou v\s ne m'avez jamais aime1 ou v\s arra*]ez au malheur ces trois intressantes cratures4--,j'en donne ma p>ole1 a rpondu le comte t\t mu1 et comm5t ne l'entrepr5drais-je pas1 qu& je vois aut\r de moi1 l'hym51 l'am\r et l'amiti m'en conjur] au nom de t\s leurs droits2 ,k>meil e/ mon ami depuis tr5te ans1 n\s avons gu]roy ensemble en ,allemagne1 en ,corse4 4 4 4 ,ce sont les c5t mille cus qui le dsespr5t4 4 4 4 ,mais v\s v\s tiez donc fait pass] t\s deux p\r morts1 a-t-il cont9u en s'adressant monsieur et madame de ,sa9ville8 4 4 4 ,il e/ vrai1 monsieur1 reprit le jeune amant de ,lonore1 c'e/ une des circon/ances de notre hi/oire que j'avais cru devoir taire2 ,lonore avait crit ses p>5s que ne p\vant rsi/] l'horreur de sa situation1 elle s'tait d'abord sauve de son clotre1 p\r se runir l'objet de ses vux2 qu'ensuite ret5ue p> la dc5ce1 elle n'avait os a*ev] une telle dm>*e1 que se tr\vant p> sa conduite entre la p]te de t\t ce qu'elle aimait1 et le de%onneur1 elle avait pris le p>ti d'abrg] ses j\rs1 p\r qu'on d\tt mo9s de ce qu'elle annonait1 elle avait plac ce billet au fond d'une bote1 arrang dans une de ses robes1 et n\s avions envoy jett] le t\t dans la rivire4 ,on aura retr\v le paquet1 on aura reconnu l'habit1 lu la lettre1 s\ponn sans d\te le corps dvor1 et il ne doit plus tre re/ dans la prov9ce de d\tes sur sa mort4 ,p\r moi1 j'crivis mon pre que je passais en ,russie1 guid p> le dsespoir1 et qu'il n'ent5drait jamais p>l] de celui qu'il v\lait r5dre sa victime2 p\r mieux con/at] ma p]te totale1 dans le desse9 d'anantir les re*]*es1 je priai un ami que j'avais dans ce pays- l1 d'appr5dre au b\t de trois mois ma mort au comte de ,k>meil2 j'ai su qu'il l'avait fait1 et que mon pre s'en tait beauc\p plutt consol que des c5t mille cus que je lui ravissais4 --,et voil donc1 reprit le comte1 ce qui lgitime la lettre du *evali] de ,meilc\rt2 c\rage1 c\rage1 mon ami1 aj\ta le gnral1 avec cet air franc qui lui assure t\s les curs1 4 4 4 c\rage1 n\s revi5drons de t\t ceci2 t5ez1 je v\s le dis encore1 il n'y a que les maudits c5t mille cus qui dsol5t votre pre2 morbleu6 si n\s p\vions ravoir seulem5t la moiti des l+ots laisss l',inquisition4 4 4 4 ,comme je s]ais sr de le faire *ang] d'avis4 4 4 4 ,mais je ne r5once pas ces l+ots1 en vrit je n'y r5once pas1 je p>l]ai au m9i/re4 4 4 4 ,il faut qu'on crive1 4 4 4 c'e/ une infamie2 il faut que le ,roi d',espagne la rp>e 4 4 4 il le doit4 ,et se ret\rnant v]s ,al9e1 p\r toi1 mon enfant1 po9t d'inquitude1 tu es assurm5t des trois1 celle qui doit en pr5dre le mo9s2 le moy5 du prsid5t e/ un subt]fuge qui tombe ds que la faute e/ reconnue1 il n'y a aucune lettre de ca*et p\r toi1 la seule qui exi/e1 e/ contre madame de ,sa9ville1 a9si tu n'z donc ri5 r$\t]1 le signalem5t donn dans les bureaux1 e/ une erreur qui tombe l'exam52 les dang]s n'exi/5t donc plus que p\r ,lonore1 4 4 4 et j'en rponds4 ,les effusions de la reconnaissance recomm5cr5t s'pan*] ici de n\veau1 et l'heure du s\p] tant v5ue1 on a t se mettre table1 o bi5tt l'esprance rveillant dans t\tes les ames les s5tim5s que tant d'vnem5s f*eux v5ai5t d'absorb]1 a fait r5atre la tranquillit et la joie sur t\s les visages4 ,le l5dema91 il a t dcid qu'on ca*]ait soigneusem5t au prsid5t t\t ce qui reg>dait ,lonore2 que jamais cette jeune p]sonne ne devait pass] dans le public1 p\r autre que p\r la fille de madame la comtesse de ,k]neuil2 qu'elle avait t leve p> elle1 qu'elle en portait le nom1 qu'elle en devait rclam] les bi5s2 qu'aprs avoir arrang ,v]sailles1 l'hi/oire de la lettre de ca*et1 ce que le comte supposait tre au plus l'hi/oire de v+t-quatre heures1 on *]*]ait un homme d'affaires1 intellig5t et sr1 qui p>tirait avec les jeunes g5s1 p\r all] ,r5nes1 travaill] la r$dition des bi5s de ,lonore2 que votre consci5ce soit en paix1 a dit le comte madame de ,blamont1 voyant qu'elle rpugnait cet arrangem5t2 je conois votre dlicatesse et je la crois hors de saison2 entre deux maux 9vitables1 l'homme sage doit t\j\rs prfr] le mo9dre2 ou il faut que ,lonore soit dcl>e votre fille1 ce qui e/ impraticable avec un homme comme le prsid5t1 qui1 aprs avoir dj complot ds le b]ceau contre le bonheur de cette malheureuse1 ne la retr\v]ait que p\r la t\rm5t] de quelque autre manire2 ou il faut qu'elle se fasse reconnatre p\r ce qu'on a t\j\rs cru qu'elle tait1 et dans ce cas1 il faut qu'elle rclame les bi5s4 ,mais si p>mi les hriti]s de madame de ,k]neuil1 a dit madame de ,blamont1 il se tr\vait quelques malheureux que ceci aille ru9]4 --,ce s]ait un malheur1 a dit le comte1 mais un malheur trs-ais rp>] p> des sacrifices que ,lonore f]ait assurm5t1 et dans t\s les cas1 un beauc\p mo9dre mal que de r5dre ,lonore au prsid5t4 ,songez-v\s1 a-t-il cont9u1 la multitude d'explications indc5tes1 qu'il faudrait donn] au public si n\s pr5ions ce p>ti8 ,le prsid5t n'a aucun beso91 d'avoir encore une fille2 il s'en croit une dans ,sophie1 il en a abus p\r des horreurs2 n'veillons ri5 de plus dans cette ame p]v]se2 que ,lonore dj malheureuse avec une mre *imrique1 ne la devi5ne pas davantage avec un pre rel4 4 4 4 ,et quelle =tune d'ailleurs f]iez-v\s cette jeune femme8 ,savez-v\s quel po9t elle m'intresse8 ,croyez-v\s que je s\ffrirais1 que v\s endommageassiez la dot de votre ,al9e1 cette dot qui doit faire la =tune de notre *] ,valc\r1 du plus honnte et du meilleur des hommes6 4 4 4 ,oh6 monsieur1 s'e/ cri ,al9e1 que cette considration ne v\s arrte pas2 ce n'e/ pas mon bi5 que ,valc\r desire1 et ce bi5 je n'en veux pas moi- mme1 si on ne le p>tage avec ma sur4 4 4 4 ,non1 a repris le comte1 ,lonore n'accept]ait cette (fre obligeante de son ane1 que dans le cas o elle n'aurait pas une autre =tune2 mais elle a de quoi vivre sans v\s1 il faut qu'elle rclame l'hritage de madame de ,k]neuil1 et qu'elle en j\isse2 rapportez v\s en ce que je v\s dis1 laissons les *oses comme on les croit1 cela vaut mieux que comme elles sont4 4 4 4 ,mais ces hriti]s que n\s dpossdons me tracass5t1 a repris encore une fois l'honnte prsid5te 4 4 4 ,eh bi56 morbleu1 a dit le comte1 eh bi56 n\s leur donn]ons des dlgations sur les l+ots de ,madrid4 ,cette saillie a fait rire1 et t\t le monde rev5ant enf9 cet avis1 on e/ unanimem5t conv5u des trois po9ts suivans3 #a4 ,qu'il fallait s'occup] d'abord1 de la leve de l'ordre1 sans avoir aucune sorte d'inquitude p\r ,al9e1 que cet ordre ne reg>de que p> une sup]*]ie trop grossire1 p\r ne pas tre anantie au plus petit m\vem5t de rflexion2 que p\r l'honneur du prsid5t1 il tait mme sage de taire cette ruse damnable1 bi5 assur qu'il s]ait le premi] la ca*] sans d\te avec le plus gr& so91 ds qu'il appr5drait son peu de succs2 #b4 ,qu'il fallait faire appr\v] au comte de ,k>meil le m>iage de ,sa9ville et de ,lonore1 et le revtir aussitt des =malits religieuses et civiles1 p> le dfaut desquelles1 il ne se tr\vait nullem5t valide4 #c4 ,qu'il fallait pr\v] qu',elisabe? de ,k]neuil1 crue morte1 n'avait t qu'enleve p> celui qui l'p\se1 et la faire l'in/ant p>atre comme hritire lgitime des bi5s du comte et de la comtesse de ,k]neuil4 ,ces rsolutions prises1 les lettres prp>atoires crites1 quelques rflexions unanimem5t faites sur la s+ul>it de la =tune de ,lonore1 proscrite ds sa naissance p> son pre1 et ne revoyant p\r-a9si dire1 un n\veau j\r1 que p\r retomb] une seconde fois dans les piges de ce sclrat2 t\tes les m>ques d'atta*em5t1 de t5dresse et de reconnaissance1 dlicieusem5t donnes de "p et d'autre2 on ne s'e/ plus occup que du plaisir d'c\t] les av5tures de la belle ,lonore1 lesquelles1 si tu le veux bi51 vu la quantit de *oses qu'on me fait crire relativem5t t\t ceci1 ne te p>vi5dront que dans ma premire lettre4 ,footnote #a4 ,t\t ce qui e/ b>b>e a cons]v l'idime de la b>b>ie4 ,il semble que n\s ne devions ncessairem5t p>l] que la langue de nos cruels anctres1 *aque fois que n\s imitons leurs attroces c\tumes4 ,voyez le /yle des arrts1 des monitoires1 des assignations1 des lettres-de-ca*et2 il e/ heureusem5t impossible de tu] ou d'enf]m] un homme1 en bon franais4 ,footnote #b4 ,et voil ce qu'on appelle en ,france de la civilisation2 c'e/ ce prix que n\s n'allons plus *]*] notre n\rriture dans les bois2 c'e/ au prix d'une multitude de crimes tolrs1 autoriss1 rcomp5ss1 que le ,g\v]nem5t a*te la punition de deux ou trois dl9quants1 qui s]ai5t bi5 confus d'avoir autant d'horreurs se repro*]1 que les sclrats qui vi5n5t les arra*] du se9 de leur famille4 4 4 4 ,oui1 voil ce que dans notre patrie1 on appelle le bon ordre1 la sret1 4 4 4 la police4 4 4 4 v]tu1 comme tes autels s'en honor5t1 et comme les franais s'ent5d5t te s]vir6 7note de l'auteur474 ,il ne faut pas oubli] qu'il ne s'agit ici que du g\v]nem5t anci54 7note de l'diteur47 ,,lettre ,,tr5te-,,septi,,me1 ,le prsid5t de ,blamont ,dolb\rg4 ,p>is1 ce #ah novembre4 ,eh bi51 ,dolb\rg8 malgr tes faux sy/mes1 malgr tes absurdes raisonnem5s1 convi5dras-tu que le ciel favorise s\v5t ce que tu appelles le crime1 et qu'il ab&onne frquemm5t ce que tu nommes la v]tu8 ,o diable avais-tu pris le contraire8 ,en honneur1 tu z encore de c]ta9s prjugs de classe1 qui me font r\gir p\r toi t\s les j\rs4 ,j'ai beau dire que tu es mon lve1 on ne le croit pas ds qu'on t'ent5d4 ,d]nirem5t je te m5e en bonne compagnie1 avec des acadmici5s1 avec des sectatrices du ,lice1 je te produis au milieu des ,socrates et des ,aspasies du sicle4 4 4 4 ,ne te vois-je pas prt mont] en *aire p\r n\s pr\v] l'exi/5ce de ,dieu4 4 4 4 ,on se mit rire1 on me reg>da4 4 4 4 ,vieux comme ,hrode1 je ne pus malheureusem5t pas t'excus] sur ton ge2 je pris le p>ti de te r5i]4 4 4 4 ,mais =me-toi1 je t'en prie4 4 4 4 ,gu]re ouv]te et dcl>e t\tes les sottes *imres qui t'(fusqu5t encore1 et ne m'expose plus des avances de cette espce4 ,quoi qu'il en soit1 dis-moi si tu vis jamais ri5 de plus plaisant que l'arrive de cette jolie av5turire *ez ma femme2 que la sa9te et t\*ante hospitalit que lui accorde la bonne et *re p\se2 que la manire subite dont je suis av]ti de t\t cela2 que ce pre1 que ce bon g5tilhomme ,breton1 qui sollicite mon agrm5t1 p\r faire enlev] son fils *ez ma femme1 o la r5omme lui appr5d qu'il exi/e1 et que cette occasion s+ulire1 enf91 de faire t\t naturellem5t captur] notre *>mante ,al9e1 au lieu de la dulc9e du fils de notre g5tilhomme en colre4 ,he9 4 4 4 qu'ose-tu dire8 4 4 4 ,ose tu prt5dre prs5t1 que ce n'e/ pas une ma9 div9e1 qui vi5t mettre la fois dans nos lacs ces deux t\*antes cratures4 ,or1 comme on e/ ma9t5ant aux prises1 et que je ne d\te nullem5t de la russite1 il e/ -propos que je t'indique la m>*e1 et que je t'esquisse le plan de nos projets4 ,suivant mon calcul1 ,al9e s]a le #ba ou le #bc aux bndict9es de ,lyon4 ,comme j'ai crit l'abbesse1 qui e/ de mes amies1 p\r qu'on la ti5ne trs-- l'troit jusqu' notre arrive1 n\s la laiss]ons une sema9e ou deux1 p\r n\s assur] de l'autre2 le vieux comte ,breton m'a eu l'air de se s\ci]1 on ne sauroit mo9s1 de cette demoiselle de ,k]neuil1 qu'il a plu son fils d'enlev]4 ,p\rvu que je l'en db>rasse1 il e/ cont5t1 et p\rvu qu'il n'ait po9t de p5sion pay]1 il e/ aux nues4 ,cette jolie fille e/ ce qu'on appelle une vraie crature ab&onne2 ni pre1 ni mre4 4 4 4 ,crue morte dans sa patrie 4 4 4 1 une mauvaise conduite 4 4 4 1 aucun appui 4 4 4 1 tu m'ent5ds 4 4 4 1 n'e/-ce pas l1 dans t\tes les rgles1 une jolie petite anguille jette dans nos filets8 4 4 4 ,n'y aurait-il pas de l'inju/ice n'en pas pr(it]4 ,qu& le ciel n\s l'ab&onne aussi con/amm5t8 4 4 4 et avec cela jolie comme un ange1 #ah ans 4 4 4 ,po9t de prmices1 j'en convi5s1 mais il y a tant de faons de s'en ddommag]1 il e/ une sorte de lib]t9s aux yeux desquels t\tes ces misres-l doiv5t tre indiffr5tes4 ,n'e/-on pas t\j\rs sr de volupts n\velles et piquantes1 qu& on en a soi-mme propos] que de cette espce8 ,af9 d'vit] l'air du trop gr& empressem5t1 n\s ne n\s r5drons donc ,v]feuil que dans quatre ou c9q j\rs1 et l1 avec t\te la dc5ce imag9able1 avec t\tes les politesses requises1 n\s enlv]ons la *re ,lonore de ,k]neuil1 qu'9vitablem5t ma femme1 trs-tonne de la mprise1 aura g>de p> bi5sance1 et n\s la conduirons sur-le-*amp dans la petite maison de ,montm>tre1 o la victime re/]a en dpt jusqu' ce qu'il plaise aux sacrificateurs d'en (frir l'hommage ,vnus4 ,il y aura encore une scne ,v]feuil1 tu le compr5ds1 j'espre1 et la ,s5neval qui clabaud]a1 et le v]tueux ,dt]ville qui fronc]a le s\rcil gau*e en levant la lvre infrieure sur l'autre1 et la prsid5te qui pleur]a 4 4 4 qui me r$em&]a sa fille1 qui m'appell]a son tyran1 son 4 4 4 ,et t\tes les jolies pi?tes que les dames prodigu5t qu& nos fantaisies ou nos gts ne s'arrang5t pas la /upide monotonie des leurs 4 4 4 ,et quelle e/ ton int5tion ici4 4 4 4 ,fe9dre4 4 4 4 quoi bon8 4 4 4 ,le *asseur t5d-il encore des piges qu& le gibi]1 s\s la d5t du *i51 n'att5d plus que sa ma9 p\r le saisir8 ,il fallait que ce m>iage se ft1 dirai-je trs-rsolum5t1 v\s y mettez sans cesse de n\veaux ob/acles1 j'ai d les va9cre4 4 4 4 ,votre fille n'e/ pas morte1 v\s la rev]rez 4 4 4 ,mais ce ne s]a plus que s\s le nom de madame ,dolb\rg4 4 4 4 ,qu'on crie1 qu'on pleure1 qu'on fasse aprs t\t ce qu'on v\dra1 trs-peu importe1 n\s t5ons1 voil l'important4 ,ces so9s remplis1 la demoiselle de ,k]neuil en sret1 4 4 4 dj n\s1 mme si tu veux1 n\s volons ,lyon1 le m>iage s'y fait1 et l'acte se consomme dans mon impntrable *teau de ,blamont1 o1 des bords frais et fleuris du ,rhne1 n\s acc\rrons t\t d'une traite4 ,eh bi56 le projet te plait-il8 ,le tr\ve-tu bi5 raisonn8 ,p> ces n\veaux arrangem5s1 la demoiselle ,augu/9e1 des dispositions de laquelle je comm5ais tre =t cont5t1 n\s devi5t assez inutile comme tu vois2 n'importe1 c'e/ un sujet mnag]1 il peut surv5ir t\t ple9 de cas dans la vie o l'on ait beso9 d'une fille sre comme celle-l2 une sclrate accomplie n'e/ jamais un meuble inutile deux lib]t9s comme n\s4 ,tu n'imag9es pas1 mon ami1 quel po9t j'ai la belle ,bretonne dans la tte1 je ne sais1 mais j'pr\ve p\r elle quelque *ose de beauc\p plus vif que p\r une autre femme1 et sans la connatre1 sans l'avoir vue1 une voix secrette semble assur] mon cur que jamais volupt s5suelle n'aura s le dlect] autant4 ,c'e/ une *ose bi5 plaisante que les inspirations de la nature2 un philosophe qui s'atta*]ait les scrut] t\tes1 en tr\v]ait de bi5 extraord9aires1 n'e/-il pas dj trs-s+uli] qu'elle n\s *at\ille intrieurem5t1 d'une manire inexprimable1 ri5 qu'au dsir d'un mal projett2 que devi5n5t donc les loix des hommes si la nature n\s dlecte au seul projet de les enfra9dre4 ,eh bi51 t\j\rs un peu de morale2 il y aurait de la gloire avec un autre1 mais avec toi c'e/ pe9e p]due2 tu z la moiti mo9s de plaisir faire le mal1 p>ce que tu ne le raisonnes pas1 et qu'il n'e/ vraim5t dlicieux que qu& on le comb9e et le sav\re2 c'e/ seulem5t alors qu'il laisse de voluptueux s\v5irs dont on j\it mille ans encore aprs qu'il e/ commis4 ,ne t'imag9e pas que t\s ces projets me fass5t oubli] ,sophie1 jamais de n\veaux dsirs n'absorb5t en moi les anci5s2 je flotte indiffremm5t dans les plus d\x2 comme l'abeille au milieu des fleurs1 je s\ille et pr(ane t\t ce qui se tr\ve le plus ma porte1 je laisse le re/e p\r les heures du dsuvrem5t1 et m'arrange t\j\rs de manire les r5dre r>es4 ,on *]*e1 on guette et l'on dc\vrira1 sois en sr1 cette *>mante fugitive4 ,une fois tr\ve1 tu t'imag9es bi5 qu'il faut p\r l'exemple1 qu'elle soit traite t\te rigueur2 je ti5s tonnamm5t l'exemple1 moi 4 4 4 je te l'av\e2 j'ai donn plus de v+t fois dans ma vie1 mon op9ion1 p\r faire prir des malheureux1 dans le seul desse9 de faire des exemples4 ,je tr\ve que ri5 n'e/ pr(itable la socit comme l'exemple2 que de corrections depuis qu'on r\e et p5d t\s les j\rs2 il n'y a que sur n\s que ce maudit exemple e/ muet2 en sais-tu la raison8 4 4 4 ,c'e/ qu'on ne n\s p5d po9t1 c'e/ qu'on n'ose pas mme n\s accus]1 il nat de l1 une impunit bi5 dlicieuse p\r des ames comme les ntres #a4 ,il me p>at d'ailleurs ess5tiel de punir svrem5t la compatissante madame de ,blamont1 d'accord] a9si l'hospitalit t\t ce qu'il pleut p> an de jeunes filles dans la prov9ce1 on f9irait p> en jas]1 et t\t honnte p\x1 avec sa propre rputation1 a encore celle de sa femme mnag]4 ,oh6 p\r le c\p1 adieu t\t de bon1 il e/ deux heures du mat9 et je tombe de sommeil4 ,footnote #a4 ,il e/ c]ta9 que si l'on condamnoit les juges qui se tromp5t qu& il s'agit de mort1 au mme supplice que celui qu'ils prononc5t1 on ne v]rait plus tant d'infamie1 mo9s de sang s'lev]oit contre ces b\rreaux2 et p\r une ou deux tignasses au gibet1 ce qui ne faisait qu'amus] inf9im5t le peuple1 on cons]v]ait la vie mille innoc5s4 ,,lettre ,,tr5te-,,huiti,,me1 ,dt]ville ,valc\r4 ,v]feuille1 le #af ,novembre4 ,suite de l',hi/oire de ,,sa9ville et de ,,leonore4 ,,hi/oire ,,de ,,leonore4 ,,si quelque *ose peut excus]1 madame1 dit cette belle fille en s'adressant madame de ,blamont1 la dm>*e haz>de que m'a fait faire monsieur de ,k>meil1 auquel v\s p]mettrez que je cont9ue de donn] le nom de ,sa9ville1 plus connu dans nos av5tures1 si1 dis-je1 quelque *ose peut me valoir votre indulg5ce1 j'ose la rclam] en raison des traitem5s odieux que j'avais t\j\rs reu de madame de ,k]neuil2 c'e/ une faible excuse sans d\te2 une fille doit t\t endur] de ses p>5s1 je le sais1 mais qu& ri5 ne ddommage des durets1 qu& la femme qu'on croit sa mre1 n\s dit t\t in/ant qu'elle ne n\s e/ ri51 qu'elle a t trompe1 qu'on a *ang son enfant en n\rrice1 que celle qu'on lui a r5due la place1 n'e/ que la fille d'une paysanne1 et qu' de tels propos se joign5t des m5aces et des c\ps1 la pati5ce *appe1 v\s le concevez2 qu& la suite de cela1 on se voit enleve un homme qu'on adore1 p\r tre sacrifie celui qu'on dte/e1 qu'on a qu9ze ans et ma tte1 on doit faire bi5 des t\rd]ies4 ,votre tte1 dit madame de ,blamont8 --,oui madame1 reprit ,lonore1 je vais v\s donn] trop de preuves de sa vivacit1 p\r ne pas v\s prv5ir avant t\t d'en v\loir bi5 p>donn] les c>ts4 ,je ne v\s rpt]ai po9t1 madame1 p\rsuivit notre hrone1 ce que v\s savez du comm5cem5t de mon hi/oire1 je vois trop combi5 v\s dsirez d'appr5dre quel fut l'vnem5t affreux qui me sp>a de ,sa9ville ,v5ise1 p\r ne pas en v5ir t\t d'un c\p au dveloppem5t de cette cata/rophe4 ,une prud5ce mal-ent5due1 et que je me suis repro*e bi5 des fois depuis1 dev9t la seule cause de ce malheur4 ,le noble ,falli]i1 qui tr\bla si cruellem5t notre union1 ne m'avait po9t ca* ses projets2 je les avais appris dans une lettre signe de lui1 qu'il m'avait fait t5ir p> un de nos gondoli]s2 et m'tant cont5te de dire cet missaire1 qu'il p\vait assur] celui qui le faisait agir1 qu'il p]dait et son tems et ses pe9es2 p\r vit] des qu]elles et des claircissem5s2 j'avais d*ir ce billet sans jamais en p>l] ,sa9ville1 puis sans ri5 revl] de mes motifs1 j'avais engag mon p\x congdi]1 comme suspects1 t\s les g5s qui n\s ent\rai5t4 ,il le fit1 t\t fut inutile2 le complot tait trop bi5 =m2 ,falli]i tait trop ri*e1 et avait trop de monde ses ordres1 p\r que sa proie pt lui *app]4 ,et quel tait l'homme1 gr& ,dieu6 quel tait le mon/re qui v\lait me ravir mon amant6 ,je ne saurais v\s le pe9dre sans dgt1 ni me le rappell] sans horreur4 ,t\t ce que la nature peut runir de traits dif=mes1 elle l'avait plaisir rassembl1 p\r en compos] cet homme effrayant2 et si quelque *ose p\vait l'emport] encore sur ce physique p\vantable1 c'toit et l'esprit et le cur de ce lib]t9 de pr(ession4 ,ne v\s imag9ez po9t que l'am\r et "p aux dm>*es de ce vila9 homme2 il av\ait hautem5t qu'il ne l'avait jamais connu4 ,guid p> son intemprance1 n'aspirant qu' la cont5t]1 t\t ce qui avait quelques attraits1 dev5ait gal ses yeux2 le billet que j'avais reu tait un crit circulaire1 dont le /yle tait t\j\rs le mme1 et aprs lequel on employait d'autres moy5s1 si celui-l ne russissait pas4 ,ce fut quatre j\rs aprs la mauvaise rponse que lui avait valu son impud5t crit1 que ,sa9ville imag9a de me laiss] seule au j>d9 des figues de l'isle de ,malamoco1 de noirs press5tim5s m'agitai5t sans que je pusse en dml] la cause2 v+t fois je fus t5te d'arrt] ,sa9ville1 tantt je v\lais lui t\t av\]1 l'in/ant d'aprs je v\lais lui inspir] de la jal\sie1 sans lui dvoil] mes motifs4 4 4 4 ,je *ancelais 4 4 4 je balbutiais1 mes pleurs l'inondai5t malgr moi1 sa v]tueuse scurit n'ent5dait ri51 et il p>tit sans que j'eusse tr\v le c\rage de lui dvoil] ce p]fide secret4 ,il ne ft pas plutt loign1 que je s5tis l'horreur de ma position1 et qu'un m\vem5t involontaire m'av]tit que j'allais bi5tt y succomb]4 ,la malheureuse propritaire de ce j>d9 que n\s supposions honnte1 avait elle-mme donn les plus srs r5seignem5s de nos dm>*es1 elle seule avait p]suad ,falli]i1 que l'enlvem5t1 7mon p\x mme y ft-il71 dev5ait dans son enclos la *ose du monde la plus aise4 ,elle m'aborda ds que ,sa9ville ft lo91 et quittant l'air respectueux qu'elle avait t\j\rs eu jusqu'alors1 elle m'av]tit insolemm5t ou de p>tir1 ou d'entr] dans sa maison si je ne v\lais pas tre vue1 a9si que je lui en avais tmoign le dsir1 p>ce que d'autres p]sonnes allai5t arriv] p\r se prom5] dans son j>d94 ,ce disc\rs1 le ton dont il tait prononc1 l'air de celle qui me l'adressait1 t\t me ft frmir de colre et d'effroi1 eh6 comm5t donc madame1 dis-je cette arrogante crature1 ne v\s rappelez-v\s po9t de nos conv5tions8 ,c'e/ l'affaire d'un in/ant1 mon m>i va rev5ir4 ,oh6 p>bleu1 oui p 4 4 4 4 ,ton m>i1 rpondit-elle1 des m>is comme cela se tr\v5t p>t\t1 et je vais t'en donn] un qui vaudra mieux 4 4 4 ces cruelles p>oles une sueur froide me saisit1 je me vis p]due sans ress\rce4 4 4 4 ,je me laisse tomb] g5\x les ma9s leves v]s elle4 4 4 4 ,oh madame6 m'criai-je1 6 ma *re dame1 v\lez-v\s m'ab&onn]4 4 4 4 ,v\lez-v\s donc me livr] v\s-mme1 j'ose v\s implor] comme ma protectrice4 4 4 4 ,ne sacrifiez pas l'innoc5ce 4 4 4 ,mais il n'tait plus tems4 4 4 4 ,elle tait dj lo9 de moi1 six hommes m'ent\r5t aussitt et me port5t presqu'van\ie dans une gondole1 qui s'loignant de l'isle avec rapidit1 gagne le canal de la ,br5ta #a1 et aborde aprs quatre heures de m>*e1 au pi$ d'un palais solitaire1 o m'att5dait mon ravisseur4 ,on m'apporta ses pi$s1 plus morte que vive1 et quelque ft l'excs de son lib]t9age1 quelque peu de dlicatesse qui put re/] dans cette ame grossire1 il comprit bi5 p\rtant que mon tat ne lui p]mettait po9t de satisfaire ses desirs2 que p\r leur intrt mme1 il tait bon d'att5dre quelques heures1 af9 de p\voir excit] au mo9s des s5sations quelconques dans l'objet malheureux qu'il immolait aux si5nes4 ,il ordonna qu'on me ft mettre au lit1 etc4 4 4 4 ,ici ,lonore balbutia et r\git extraord9airem5t4 4 4 4 ,madame1 reprit-elle t\te confuse1 s'adressant t\j\rs la prsid5te1 v\s m'avez ordonn de ne ri5 v\s ca*]1 j'ose t\t av\] p\r v\s obir1 j'ai t sage tant que je l'ai pu1 mais v\s ne me condamn]ez pas au mo9s p\r des l>c9s qui t\rn5t t\s la honte des ennemis de ma pudeur1 sans qu'il y ait une seule faiblesse de ma "p4 ,eh6 mais vraim5t1 qui ne connait pas ces *oses l1 a dit le vieux gnral1 on sait bi5 qu'une fille ab&onne ou van\ie1 ne peut pas se g>antir de l'impud5ce d'un homme1 il n'y a pas dans t\t cela p\r votre compte le s\pon mme d'un p* vniel1 une femme n'e/ jamais c\pable que p> volont1 t\t ce que la =ce lui enlve1 e/ la *>ge du ravisseur et jamais de sa consci5ce2 mais il y a de ces coqu9s-l1 qui ne se s\ci5t po9t du t\t d'un tort de plus ou de mo9s1 et qui1 p\rvu qu'ils ay5t ce qu'ils dsir5t1 ne sont nullem5t difficiles sur la manire dont ils l'obti5n5t4 ,hlas6 monsieur1 reprit ,lonore1 ce lib]t9 sans d\te tait du nombre de ceux dont v\s p>lez4 4 4 4 ,il obligea une femme entre les ma9s de qui je v5ais d'tre confie1 de me mettre au lit devant lui1 et t\t ce que ses yeux pur5t dc\vrir1 il leur p]mit de le dvor]4 4 4 4 ,on v\s mit nue1 dit le comte8 4 4 4 ,et ,lonore r\gissant4 --,monsieur4 --,oh6 n\s lui faisons grace de ces dtails1 dit ,madame de ,s5neval1 en vrit comte1 v\s tes trop curieux1 v\s voyez bi5 que ce vniti5 e/ un impud5t qui se p]met t\t1 except ce qu'il croit devoir att5dre p\r le plus gr& intrt de son plaisir4 4 4 4 ,c'e/ cela1 n'e/-ce pas ma belle8 4 4 4 ,oui1 madame1 reprit ,lonore1 votre adroite hontet dit t\t en m'en p>gnant la honte1 c'e/ le comble de l'esprit et de la dlicatesse4 4 4 4 ,il y a p\rtant encore quelque *ose que je v\drais savoir1 dit le comte4 4 4 4 ,et que v\s ne saurez p\rtant pas1 int]rompit madame de ,blamont1 voyez comme v\s faites r\gir t\tes ces jeunes p]sonnes1 p\rsuivez1 p\rsuivez ,lonore1 v\s avez assez pe9t le p]sonnage p\r que n\s dev9ions ce qu'il peut faire4 ,la rvolution que j'avais pr\v1 reprit notre belle av5turire1 le *agr9 dvorant qui me consumait1 les l>mes que je ne cessais de rp&re1 t\t r5dit bi5tt mon tat plus grave que ne l'avait cru ,falli]i1 et lorsqu'il se prs5ta le l5dema91 p\r j\ir du succs de sa crim9elle entreprise1 il me tr\va dans une telle agitation1 t\rm5te d'une fivre si viol5te1 qu'il lui dev9t encore impossible de remplir l'objet de ses dsirs2 cet accid5t lui inspirant beauc\p plus d'humeur que d'intrt1 il se retira en grumelant1 en pe/ant contre les ,franaises qui1 plus mignonnes ou plus dlicates que les autres1 lui faisai5t1 disait-il1 t\j\rs de p>eilles scnes4 ,qu'on ne m'en amne plus1 aj\tait-il1 je ne puis s\ffrir ces prudes qui s'van\iss5t de d\leur1 p\r une *ose qui f]ait acc\rir les autres1 et il disp>ut1 laissant des ordres1 p\r qu'on l'av]tit ds que ma sant s]ait meilleure4 ,on prt5d que c'e/ dans l'excs de l'in=tune1 que le gnie tr\ve les plus sres ress\rces contre le sort qui n\s t\rm5te1 je m'y confiai1 et n'eus pas m'en rep5tir4 ,dolc9i1 c'tait le nom du *irurgi5 qui me soignait1 tait un homme d'environ tr5te ans1 d'une belle figure et d'un c>actre d\x et honnte2 sitt que je crus m'ap]cevoir que son ame s'ouvrait en ma faveur1 que non- seulem5t il plaignait ma situation1 mais qu'il s'att5drissait mme sur les maux qui devai5t suivre mon rtablissem5t1 je lui peignis ma reconnaissance avec des t]mes si vifs1 que les expressions pntrant son cur1 f9ir5t bi5tt p> l'embrs]4 4 4 4 ,dolc9i dev9t am\reux4 --,je m'en ap]u1 je lui p]mis de me p>l] de sa passion1 je fis t\t ce que je pus p\r lui faire croire que je n'y tais pas ins5sible2 me sortir quelque prix que ce dt tre1 du dang] m95t o j'tais1 me p>aissait d'abord la *ose la plus ess5tielle1 si la provid5ce me tire de celui-ci1 me disais-je1 elle ne m'ab&onn]a pas dans un autre1 elle m'inspir]a d'autant plus aism5t ce qu'il faut1 p\r sortir du plus faible1 qu'elle ne m'aura pas refus son sec\rs qu& il fallait s'affran*ir du plus gr&1 et je tr\v]ai sans d\te1 t\j\rs bi5 plutt m'*app] des ma9s de cet homme-ci que de l'autre4 ,daignez pr5dre g>de cette manire de raisonn] de ma "p1 dit ,lonore en s'int]rompant1 t\te sophi/ique qu'elle peut v\s p>atre1 c'e/ elle qui m'a t\j\rs guide et je n'ai jamais cra9t de me prcipit] dans un second pril1 p\r vit] le sort du premi]4 ,sitt que ,dolc9i me vit appr\v] sa flamme1 il ne s'occupa plus que des moy5s qui p\vai5t l'assur] de m'y voir rpondre encore mieux4 ,l'ess5tiel s]ait de v\s tir] d'ici1 me dit-il1 un j\r avec empressem5t4 --,hlas6 c'e/ t\t ce que je desire4 --,cela n'e/ pas aussi facile que v\s l'imag9ez 4 4 4 pas si ais que je le v\drais1 n\s sommes ent\rs d'espions1 cette femme qui v\s soigne en e/ un 4 4 4 que n\s ne devons mme pas p5s] p\voir c>t]1 quant moi 4 4 4 que le c\p russisse ou non1 sur la seule entreprise1 je suis p]du sans ress\rce1 moy5nant quoi le plus sr1 si rellem5t v\s avez un peu d'amiti p\r moi1 e/ de cons5tir pass] en ,sicile1 ma patrie1 o je v\s donne ma p>ole de v\s p\s] aussitt que n\s y s]ons1 mais p\r y pass]1 comm5t faire8 --,si v\s m'aimez rellem5t1 devez-v\s me le dem&]8 ,votre t5dresse ne doit-elle pas applanir t\tes les difficults qui v\s eff>\*5t8 --,ah6 croyez qu'il faut qu'elles soi5t insurmontables1 puisqu'elles m'arrt5t un mom5t4 ,puis au b\t d'un peu de rflexion4 --,je ne vois qu'une *ose1 c'e/ de pr(it] de votre maladie mme1 p\r russir n\s vad]4 --,et de quel sec\rs prt5dez-v\s donc qu'un tel accid5t puisse n\s tre8 --c\tez-moi1 et surt\t ne v\s effrayez pas du moy51 il e/ affreux sans d\te1 mais c'e/ le seul possible au milieu de t\t ce qui n\s environne4 --,expliquez-v\s4 --,n\s allons *ang] les n\velles de votre tat1 et les simptmes de votre maladie1 je vais dire que v\s tes dans le plus gr& dang]1 je vais v\s suppos] l'agonie1 peu--peu v\s empir]ez 4 4 4 ,v\s aurez enf9 l'air de m\rir2 moi seul recevrai votre d]ni] s\pir4 ,je suis bi5 sr que votre ravisseur ne laiss]a pntr] ici1 ni d'autres g5s de l'art que moi1 ni de prtres p\r v\s exhort]3 n\s n'aurons plus que votre g>de bl\ir4 4 4 4 ,n\s ne l'loign]ons pas 4 4 4 mais n\s la tromp]ons2 je rponds presque de cette circon/ance4 4 4 4 ,v\s1 morte1 ou du mo9s crue telle1 je s]ai seul *>g du so9 de v\s faire ent]r] dans la p>oisse vois9e de ce ,*teau4 ,le fossoyeur e/ un drle qui m'a des obligations2 il v\s plac]a dans un caveau dont je s]ai matre4 ,la mme nuit j'irai v\s en retir]1 et n\s gagn]ons promptem5t la ,sicile4 4 4 4 ,mon projet v\s rpugne-t-il8 --,il e/ un peu viol5t4 4 4 4 ,un malheur imprvu 4 4 4 un oubli4 4 4 4 -- ju/e ciel6 t\s ces cas sont-ils prsumables avec l'am\r que v\s m'inspirez4 4 4 4 ,s]oit-ce p\r v\s laiss] l1 que j'entrepr5drai une telle *ose8 ,j'irai v\s en arra*]1 t\s les prils possibles duss5t-ils se prs5t] moi4 --,soit1 mais il faut t\t prvoir en p>eille av5ture1 une fois dpose dans ce caveau1 s'il v\s arrive un accid5t v\s mme1 l'in=tune e/ t\j\rs sur la tte des hommes1 elle y peut *eoir t\t mom5t1 possdant seul votre secret1 v\s voyez bi5 que je risque t\t4 --,le fossoyeur ne s]a-t-il pas dans la confid5ce8 ,e/-il possible qu'il n'y soit pas1 et s'il m'arrivait quelque *ose dans cet int]valle1 n'irait-il pas v\s dlivr]8 --,eh bi56 je me livre1 je m'ab&onne1 et ma p>faite confiance en v\s1 dtruit absolum5t t\tes mes cra9tes4 --,mais belle ,lonore1 reprit am\reusem5t ,dolc9i en se prcipitant mes pi$s1 daign]ez-v\s rcomp5s] au mo9s tant d'am\r et de zle8 ces mots je lui t5dis la ma9 et dt\rnai la tte1 de peur que mon visage ne vnt trahir les s5tim5s de mon cur3 il accabla cette ma9 des plus t5dres c>esses1 et sortit l'in/ant p\r t\t prp>]4 ,il rev9t le mme soir1 j'arrive1 me dit-il1 de comm&] dans la ville mme1 une bi]re j\r1 remb\rre trois p\ces d'paisseur de cr9s et de plumes1 d\ble de sat9 blanc1 et dans l'un des co9s de laquelle1 j'ai fait pratiqu] deux tiroirs1 dont l'un conti5dra des sels1 des eaux spiritueuses1 et l'autre quelques confitures s*es1 des biscuits et du v9 d',espagne1 v\s y respir]ez l'aise1 v\s aurez s\s votre ma9 t\t ce qu'il faut p\r v\s sec\rir et v\s su/5t] v+t-quatre heures3 et v\s y s]ez aussi mollem5t que dans une *aise longue4 ,cette bi]re faite p> un ouvri] de mes amis1 s'env]ra *ez un de mes p>5s ,pad\e1 et c'e/ l que j'irai la *]*] p\r la port] ici p5dant la nuit1 af9 que les espions se tr\v5t dr\ts p> cette manuvre1 et que ri5 ne puisse se dc\vrir jamais4 ,votre c\rage e/-il t\j\rs le mme 4 4 4 ne *ancelez-v\s po9t8 --,non1 lui dis-je1 vos dlicates att5tions me conva9qu5t trop bi5 des s5tim5s de votre cur1 je me livre entirem5t vos so9s1 comptez sur ma reconnaissance4 ,dolc9i qu'enflammai5t ces p>oles1 me rem]cia mille et mille fois1 et me prote/a qu'il se r5drait t\j\rs digne des s5tim5s que je lui accordais1 je ne suis qu'un pauvre *irurgi51 me dit-il1 mais je suis honnte homme 4 4 4 confus 4 4 4 humili1 ple9 de remords de s]vir depuis si long-tems les fantaisies grossires du matre o m'a plac mon toile1 et trop heureux de tr\v] une telle occasion de le quitt] jamais4 ,lonore1 quel *angem5t dans ma =tune6 j'tais hi] l'esclave et l'ag5t du vice1 je devi5s auj\rd'hui le v5geur et le s\ti5 de la v]tu6 ,de ce mom5t3 les bullet9s que ,falli]i envoyait pr5dre *aque j\r1 *angr5t absolum5t de /yle1 ma maladie dev5ait dang]euse1 elle p\vait t\rn] mal1 il tait impossible de rpondre de ma vie1 et ,dolc9i bi5 sr d'tre refus1 dem&ait l'assi/ance d'un mdec94 4 4 4 ,ne m'en p>lez plus1 rpondit enf9 le cruel ,falli]i1 7tant il e/ vrai que le lib]t9age t\ffe t\s les s5tim5s de la nature27 #b qu& elle s]a morte v\s la f]ez secrtem5t ent]r]1 et v\s direz au cur qu'il ait se taire1 recevoir son arg5t1 et rcit] quelques pat5tres p\r l'ame de cette pauvre crature1 que je n'ai pas mme eu le plaisir d'envoy] en enf]4 ,voyez quelle ame1 me dit ,dolc9i1 en me faisant voir ce fatal billet1 il aurait obt5u vos d]nires faveurs1 qu'il n'et pas p5s diffremm5t1 enf91 v\s avez la p]mission de m\rir1 n'e/-ce pas beauc\p p\r un tel mon/re8 ,il s'agissait ma9t5ant de tromp] ma g>de1 elle tait f9e1 adroite4 4 4 4 c'tait une surveillante dang]euse2 mais je remplis mon rle avec tant d'art1 j'imitai si bi5 les syncopes1 les frissons1 les angoisses1 les van\issem5s1 que je la r5dis totalem5t ma dupe4 ,une d]nire crise eut l'air de m'enlev] t\t--fait4 ,dolc9i lui dcl>a que j'tais morte1 et qu'il allait en consqu5ce excut] les ordres de son matre2 il lui recomm&a le plus gr& sil5ce2 la bi]re fut apporte1 t\s deux m'ensevelir5t4 4 4 4 ,allez v\s repos]1 dit alors ,dolc9i la g>de2 votre devoir e/ rempli2 on vi5dra la pr5dre au milieu de la nuit1 et n\s l'ent]r]ons 4 4 4 un seul homme et moi p\r que le secret soit plus exact4 4 4 4 ,allez4 ,la bonne femme qui ne dem&ait pas mieux que d'avoir son cong1 se retira1 et dlivr d'elle1 ,dolc9i put m'arrang] plus l'aise dans le c]cueil qu'il avait fait prp>]4 ,il tait impossible d'tre mieux1 except ce que l'esprit p\vait avoir s\ffrir dans une telle situation1 le corps assurm5t1 s'y tr\vait l'abri de t\s maux1 on y tait commodm5t c\*1 on y respirait m]veille1 mais je ne sais quoi de lugubre1 r5dait quoiqu'il en fut la position cruelle4 ,l'in/ant du d"p arriva1 ,dolc9i qui n'avait pu remplir les d]ni]s so9s ncessaires notre emb>quem5t avant que d'tre t\t--fait sr de moi1 me dem&a seize heures p\r y vaqu]1 nos montres se rglr5t l'une sur l'autre1 on m'emportait quatre heures du mat9 le lundi1 je devais donc tre dlivre le mme j\r #h heures du soir1 on compte les m9utes dans une telle situation1 le fossoyeur qui s'tait bi5 assur que j'tais en vie1 et qui j'avais fait promettre de me sec\rir au b\t des #af heures ju/es1 que ,dolc9i fut ou non de ret\r1 prit une des clefs de la bote1 mon amant l'autre1 et ils m'enlevr5t4 ,le cur1 suivant ses ordres1 m'att5dait sans crmonie la porte de l'glise1 le caveau prp> s'ouvre1 on m'y desc5d1 il se ref]me1 et me voil vivante dans l'abme des morts4 ,on avait eu so9 de pratiqu] de lgres ouv]tures dans le caveau1 qui1 communiquant un peu d'air p> les tr\s faits mon c]cueil1 me procurait la facilit de respir] 1 mais en mme-tems ils me donnr5t du froid2 et quoique ,dolc9i m'et fait pr5dre un de%abill]1 *aud1 pas encore rtablie1 je me s5tis prise d'un frisson viol5t2 la frayeur s'en mla1 mon imag9ation se noircit2 je me crus prte p]dre connoissance2 heureusem5t je p5se aux cordiaux1 j'entr\vre un des tiroirs que m'avait indiqu ,dolc9i4 4 4 4 ,ju/e ciel6 quel e/ mon tonnem5t qu& au lieu des sec\rs que je crois y tr\v]1 ma froide ma9 ne saisit qu'un poign>d4 ,si jamais je me suis crue au d]ni] mom5t de ma vie1 je puis bi5 assur] que c'e/ dans cette cruelle circon/ance2 hlas6 me dis-je1 je suis trahie1 je suis ab&onne1 cette arme m'e/ (f]te p\r m'en s]vir1 c'e/ encore un s]vice que me r5d la b>b>ie de ce mon/re1 il ne veut pas que je meure de dsespoir2 ne balanons pas1 t\te autre mort s]ait affreuse1 celle-ci l'e/ mo9s4 4 4 4 ,un in/ant de rflexions me ram5a p\rtant1 je voyais des so9s dcids1 tait-il prsumable qu'ils fuss5t pris p\r un tre qu'on sacrifiait8 ,cette bi]re faite avec tant d'art1 ces j\rs si bi5 mnags1 t\t cela p\vait-il s'alli] au desse9 de me faire prir si misrablem5t8 ,l'effroi que j'avais ress5ti cette affreuse dc\v]te1 m'avait fait rev5ir de cette dfaillance dans laquelle j'tais tomb d'abord1 4 4 4 un peu plus de =ces me fit faire de n\velles re*]*es1 je sondai la bote encore une fois1 un tiroir s'ouvrit l'in/ant1 il tait rempli de t\tes les provisions que m'avait annonces ,dolc9i4 4 4 4 ,oh6 dis-je1 je suis rassure1 plus je v]rai de preuves d'att5tions1 plus j'acqu]r]ai la c]titude qu'on n'a pas v\lu me p]dre2 c'e/ un oubli que ce poign>d1 quelle app>5ce qu'il soit plac p\r moi4 ,je pris en mme tems un petit flacon de v9 d',espagne1 et en ayant aval quelques g\ttes1 je me s5tis en tat d'att5dre l'heure indique p> mon ravisseur4 4 4 4 ,mais elle sonna cette heure fatale1 elle sonna p>-t\t et ri5 ne p>ut4 4 4 4 ,oh ciel6 n'en d\tons plus1 m'criai-je1 c'e/ ici ma d]nire demeure1 je vais recevoir la mort dans t\te son horreur1 elle va me frapp] au milieu de son temple1 dj en proie aux reptiles de cet affreux caveau1 peut-tre vont-ils me dvor] vive1 ah6 prv5ons cette f9 p\vantable1 htons-en l'in/ant1 prissons4 4 4 4 ,ressaisissant le poign>d1 j'en essayais la po9te1 je la prs5tais sur mon cur1 et des l>mes amres c\lai5t de mes yeux en abondance1 6 ,sa9ville1 cont9uai-je au dsespoir1 quel ge t'e/ enleve celle que tu aimais8 ,combi5 d'annes et-elle pu faire encore ta flicit et la voil p]due p\r toi4 --,dplorable confiance1 nation tratresse 4 4 4 mais mon malheur e/ ma propre faute1 je ne dois m'en pr5dre qu' moi4 ,je m'anantissais dans ces cruelles rflexions 4 4 4 qu& t\t c\p1 j'ent5ds lev] la pi]re4 4 4 4 non1 ri5 ne peut r5dre la multiplicit des m\vem5s qui v9r5t m'assaillir alors1 espoir 4 4 4 inquitude 4 4 4 joie 4 4 4 frayeur1 t\s ces s5tim5s contraires v9r5t b\lev]s] mon cur la fois1 sans qu'il me ft possible de dml]1 lequel m'affectait avec le plus d'empire4 4 4 4 ,on enlve la bi]re1 et ,dolc9i p>at4 4 4 4 pressons-n\s1 me dit-il1 votre g>de s'e/ ap]ue de quelque *ose1 elle a donn avis au noble1 n\s sommes p]dus si n\s ne n\s htons4 4 4 4 t\t e/ prt1 la fel\que n\s att5d c5t pas d'ici1 le fossoyeur et moi n\s allons v\s transport] dans cette mme bi]re1 il faudra v\s y t5ir p5dant notre r\te1 cette toile que j'apporte va donn] notre caisse l'air d'un ballot de m>*&ise1 et notre projet a9si dguis1 ne peut manqu] de russir4 --,non1 non1 cruel1 je ne p>s po9t que v\s ne m'ayez expliqu ce poign>d4 4 4 4 quel tait donc votre projet1 quel desse9 tait-il l8 --,oh6 ,ciel1 il v\s a effray4 4 4 4 fatale t\rd]ie1 que ne v\s prv5ai- je4 4 4 4 dans mon premi] projet1 v\s deviez sortir d'ici en homme1 cette arme v\s dev5ait ncessaire1 je l'avais prp> cet effet6 4 4 4 6 c\pable imprud5ce 4 4 4 que d'excuses4 --,mais p>tons1 ,lonore1 loignons- n\s1 *aque in/ant p]du peut n\s cot] la vie1 je rponds de vos j\rs4 4 4 4 j'ai fait s]m5t de les g>antir1 ne me faites po9t1 p> d'inutiles ret>ds1 enfre9dre une promesse dont mon cur e/ g>ant4 ,on m'emporte de n\veau1 je suis place dans un co9 de la fel\que1 et l'on met sur-le-*amp la voile4 ,trois fois le j\r1 s\s le prtexte de pr5dre quelque *ose dans une de ces caisses1 ,dolc9i ouvrait le c]cueil1 me donnait de l'air1 r5\vellait mes provisions1 et me consolait p> quelques p>oles t5dres1 de t\t ce que la cra9te qu'il avait d'tre p\rsuivi1 l'obligeait me faire s\ffrir4 ,un orage p\vantable s'leva sur la f9 du quatrime j\r1 c'tait le mme qui jetta ,sa9ville sur la cte de ,mal!1 et qui n\s y prcipita galem5t2 mais le r\lis de la fel\que1 entirem5t sur le ct1 et qui fit plus de #hj lieues dans cette situation1 m'avait tellem5t h>asse1 que j'avais p]du connoissance2 et voil qui v\s explique la scne que ,sa9ville v\s a pe9t4 ,voil qui v\s claircit l'hi/oire de la bi]re emporte dans une *ambre1 les regrets de l'homme qui l'ouvrit1 n'y croyant plus tr\v] qu'un cadavre4 ,sa joie qu& il s'ap]ut que je n'tais qu'van\ie1 et les sec\rs qu'il allait me donn]1 qu& ,sa9ville p>tit1 et s'loigna de moi p\r me *]*]4 ,dolc9i me saigna1 je repris promptem5t l'usage de mes s5s1 le mme v5t qui fit p>tir ,sa9ville1 n\s fit galem5t remettre la voile1 et mon amant c]ta9 de n'avoir plus ri5 r$\t]1 me fit enf91 quitt] ma fatale demeure4 ,n\s avions t plus lo9 que n\s ne v\lions2 il s'agissait de regagn] ,catane2 mais malheureusem5t le tems favorable ne fut qu'app>5t p\r n\s1 comme p\r ,sa9ville1 bi5tt un v5t d',e/ s'levant avec fureur1 n\s rejetta dans la m] d',afrique2 en cet in/ant fatal1 un corsaire de ,tripoli1 voyant notre dtresse1 fond sur n\s avec imptuosit1 inf9im5t trop foible p\r p5s] la mo9dre rsi/ance1 il ne faut song] qu' n\s voir en*an] ou prir4 ,dolc9i1 que l'am\r enflamme1 ose un in/ant disput] sa conqute3 il p]d la vie en me df5dant2 on lui abbat la tte mes cts1 et n\s passons sur le bord africa94 ,le v5t qui s'opposait notre ret\r en ,sicile1 dev5ant favorable p\r t\*] l',afrique1 n\s y fumes bi5tt4 ,le ,corsaire qui j'app>t5ais1 esprant de me bi5 v5dre1 me donnait le mo9s de *agr9 qu'il lui tait possible2 et je reu de ce bon turc1 p> intrt ou p> piti1 bi5 plus de consolation que je n'en devais att5dre4 ,n\s arrivmes le l5dema9 de bonne heure ,tripoli2 le ,consul de ,france1 qui se tr\vait sur le port qu& n\s db>qumes1 me reconnut sur le *amp p\r tre de sa nation2 il s'in=ma de mes av5tures1 me tmoigna le dsir de m'tre utile1 et p\r m'en conva9cre1 conclud le m>* de ma v5te l'in/ant avec le corsaire4 ,v\s voil dgage1 belle ,lonore1 me dit-il1 en v5ant sur le *amp m'(frir la ma9 p\r me conduire *ez lui3 puisse le n\veau sort que je v\s (fre1 v\s dev5ir plus agrable que celui que v\s quittez4 ,hlas6 monsieur1 rpondis-je1 bi5 humilie1 il ne p\vait en tre de plus cruel p\r moi que celui auquel votre gnrosit m'arra*e3 croyez que ma reconnaissance en doit tre t]nelle2 il ne ti5dra qu' v\s de me le pr\v]1 dit ,duval1 qu& on v\s ressemble1 et qu'on a une dette de cette nature acquitt]1 il n'e/ pas difficile d'imag9] de quelle manire on doit satisfaire au payem5t4 ,je reconnus bi5tt au ton le/e de ,duval1 que si je *angeais de matre1 que si du srail d'un turc o j'tais la veille d'entr]1 je passais dans la maison d'un franais1 ce ne s]ait pas sur un pi$ trs-diffr5t1 et qu'en gnral dans quelques ma9s qu'une femme de mon ge vnt tomb]1 il y avait t\j\rs -peu-prs les mmes risques4 ,cette rflexion 4 4 4 bi5 cruelle p\r une femme dlicate1 qui n'aspire qu' se cons]v] pure l'unique objet qu'elle adore1 me fit rp&re des l>mes que ,duval surprit bi5tt2 il me dem&a mon secret1 je ne le lui ca*ai pas4 ,consolez-v\s belle ,lonore1 me dit-il1 quoique sur les ctes d',afrique v\s n'tes pas tombe *ez un b>b>e1 j'ai p\r v\s t\s les s5tim5s que votre figure inspire1 mais je ne f]ai po9t viol5ce aux vtres1 les mrit] s]a ma seule tude1 v\s ne me v]rez travaill] qu' cela4 4 4 4 ,hlas6 monsieur1 rpondis-je1 mue de l'app>5ce d'un procd qui me trompa1 qu'espr]iez-v\s du tems1 puisque ma ma9 ni mon cur ne sont plus moi1 soyez gnreux jusqu' la f91 daignez v\s faire in=m] du sort de l'p\x1 dont j'ai t si cruellem5t sp>e ,v5ise2 faites lui dire que je suis dans vos ma9s1 il v\s remettra sur-le-*amp1 soyez en bi5 sr1 la somme que v\s v5ez de db\rs] p\r moi1 et v\s aurez fait trois heureux4 --,trois8 --,oui trois1 monsieur1 je le rpte1 et je crois votre ame trop belle1 p\r que je ne v\s place pas au nombre de ceux1 dont une telle action doit faire le bonheur4 ,duval1 plus anim de cette saillie1 me rpondit que j'ent5dais mal mes intrts1 et que qu& on v\lait dgt] un homme de soi1 il ne fallait pas lui montr] tant d'esprit4 ,n'imag9ez pas1 cont9ua-t- il1 que les s5tim5s que v\s avez fait natre en moi puiss5t me p]mettre ce ds9tressem5t que v\s semblez v\loir m'inspir]1 je ne f]ai po9t valoir les droits que j'ai sur v\s1 mais je n'y r5onc]ai p\rtant po9t jusqu' v\s cd] mon rival2 je n'ai plus que v+t-quatre heures re/] dans cette ville1 je suis nomm au consulat d',alex&rie1 mille fois plus avantageux et plus agrable p\r moi que celui-ci1 j'espre que v\s v\drez bi5 m'y suivre1 je v\s laisse vos rflexions jusques-l2 mais mon arrive dans cette ville d'gypte1 quelque soit le p>ti que v\s ayiez pris1 je v\s prvi5s qu'il y faudra s\t5ir la qualit de femme que mon int5tion e/ de v\s donn]4 4 4 4 ,oh6 monsieur1 dis-je1 confondue1 et v\s v5ez de me promettre de ne po9t abus] de vos droits4 --,sans d\te1 reprit imprieusem5t ,duval1 en abus]1 s]ait v\s trait] en esclave 4 4 4 2 en pr(it] e/ v\s pri] de me donn] la ma94 --,quel subt]fuge6 4 4 4 ,cruel6 --,n'imag9ez pas que je *ange2 je v\s laisse y p5s]4 --,et v\s jugez si ce d]ni] propos prononc du ton d'un homme qui n'avait pas envie d'ent5dre de n\veaux refus 4 4 4 2 v\s jugez1 dis-je1 et de l'effet qu'il fit sur moi1 et de l'affreuse manire dont il me replongea dans t\te ma tri/esse4 4 4 4 ,hlas6 me disai-je1 d\l\reusem5t1 peut-tre ai-je p]du au *ange2 peut-tre eussai-je obt5u plus de piti du b>b>e qui m'avait enleve4 6 malheureuse ,lonore1 quel sort affreux le ciel te rs]ve-t-il donc8 ,je dguisai mon tr\ble1 il le fallait2 et t\j\rs d'aprs mes premi]s pr9cipes1 je me dt]m9ai me livr] aveuglm5t ce dang]1 ple9e d'espoir1 d'en tr\v] bi5tt un autre qui m'affran*irait de celui-l4 ,les v+t-quatre heures expires1 ,duval ayant f9i ses affaires ,tripoli2 n\s n\s emb>qumes p\r l'gypte1 mon n\vel amant j\a l'indiffr5ce p5dant la r\te1 il crut peut-tre afflig] mon am\r propre p> cette conduite2 il ne se d\tait pas que la tranquillit de mon cur1 y gagnait bi5 plus que ne p\vait y p]dre ma vanit1 et que je prfrais l'humiliation l'am\r1 dans le tri/e tat o le ciel me plaait1 *]*ant enf91 t\tes les manires de piqu] mon orgueil2 n\s arriv]ons dema91 me dit-il1 dans une ville o je suis att5du1 et dans laquelle je vais j\] un c]ta9 rle1 voil ce me semble assez long-tems que v\s me faites att5dre votre rponse1 je ne veux plus d'inc]titude2 daignez pr5dre l'in/ant un titre dans ma maison1 celui d'av5turire ne convi5t ni l'un1 ni l'autre1 et n'acceptant po9t celui de mon p\se1 il ne v\s re/e plus que celui de dome/ique4 --,de dome/ique1 m'criai-je8 --,j'ai bi5 s5ti que ce mot allait v\s affect]2 v\s n'avez p\rtant plus que le *oix1 o v\s tes ma femme en arrivant ,alex&rie1 ou v\s n'tes plus que mon esclave4 --,homme sans dlicatesse1 e/-ce a9si que v\s savez aim]8 ,v\s v\liez1 disiez-v\s1 mrit] mes s5tim5s2 sont-ce donc p> de telles propositions que v\s croyez les obt5ir8 ,ah6 r5dez-moi les f]s que v\s avez cru bris]2 r5voyez-moi au milieu de ces pirates1 dont votre piti ne m'a sortie que p\r les intrts de votre c\pable passion1 j'y tr\v]ai des curs mo9s durs2 j'y s]ai mo9s malheureuse 4 4 4 1 et mon dsespoir m'aveuglant1 je m'lanai de la b>que avec le desse9 de m'abm] dans les flots4 ,arrtez1 me dit ,duval en me saisissant presque en l'air 4 4 42 arrtez1 que v\lez-v\s faire8 --me jett] dans les bras de la mort1 mo9s affreuse p\r moi que l'tat que v\s me de/9ez4 -- ,lonore6 v\s me hassez donc bi58 --,je ne v\s hais po9t1 mais v\s m'y rduirez si v\s cont9uez de faire viol5ce un cur qui ne peut v\s app>t5ir4 --,eh bi56 je ne v\s contra9s plus1 je v\s laisse libre4 4 4 4 je ne dem&e plus qu'une grace1 et je l'implore vos g5\x1 acceptez seulem5t le titre de ma femme1 je n'en exig]ai les droits que qu& j'aurai triomph de votre loignem5t1 4 4 4 ,ayant trop peu d'expri5ce1 encore p\r s5tir o m'entranait ce qu'exigeait de moi le consul1 je promis t\t ce qu'il v\lut1 s\s le s]m5t sacr qu'il me fit de n'en jamais exig] davantage1 que mes rpugnances ne fuss5t va9cues1 je s5tais bi5 que je lui laissais de l'espoir2 mais j'a*etais la tranquillit1 et me dgageais du titre odieux o sa cruaut me s\mettait sans cela4 ,n\s arrivmes2 ,duval fut desc5dre *ez un nomm ,duprat1 ngociant ,franais1 auquel1 suivant nos conv5tions1 il me prs5ta comme sa femme1 et le l5dema9 n\s fmes n\s tablir dans le logis qui n\s tait de/94 ,alex&rie1 comme dans t\tes les villes trangres1 les ,europens se runiss5t autant qu'ils peuv5t1 p\r j\ir dans leurs assembles d'un peu plus d'agrm5s que ne leur en (frirai5t celles du pays4 ,au b\t d'un mois le c]cle de ,duval fut pr9cipalem5t =m de ce ,duprat dont je vi5s de v\s p>l]1 du consul d',espagne1 de celui d',anglet]re1 d',holl&e1 de ,portugal1 et de quelqu'autres fameux ngocians2 ils avai5t t\s leurs femmes1 dont je faisais galem5t ma socit2 et qui1 t\tes me reg>dai5t comme l'p\se1 en titre du consul de ,france4 ,cep5dant ,duval m'aimait de plus en plus1 et remplaant les propos p> des procds1 il n'y avait plus ri5 qu'il n'entreprit p\r russir2 ses att5tions se portai5t mme si lo91 qu'on le raillait dans la socit sur ce qu'il v5ait donn] en gypte le spectacle plaisant1 d'un p\x am\reux de sa femme4 ,un jeune ,portugais des colonies du ,zangub>1 neveu du consul de sa nation et envoy en gypte p\r des affaires relatives au comm]ce1 fut celui qui s'app]ut le premi] de cette plaisante intrigue et qui l'en p]si/a le plus agrablem5t4 ,ne v\s tonnez pas de cette passion1 lui disait quelquefois ,duval1 elle e/ en moi p\sse l'extrme1 je l'av\e et suis bi5 lo9 de m'en ca*]2 eh6 n'imag9ez pas que la j\issance puisse te9dre la flamme qu& elle e/ l'ouvrage de l'am\r1 plus une p\se alors n\s ab&onne ses *>mes1 plus elle irrite notre ardeur2 ce li5 qu'on bad9e qu& on n'aime po9t sa femme1 devi5t si d\x qu& on l'adore1 il e/ si dlicieux d'accord] les m\vem5s de son cur aux vux du ciel1 des loix et de la nature4 4 4 4 ,non1 non1 il n'e/ aucune femme dans le monde qui puisse valoir celle qui n\s app>ti5t1 s'ab&onnant avec lib]t aux transports ard5ts de son ame2 on lui prodigue avec tant de dlices1 t\s les titres qui peuv5t ress]r] celui qu'elle a dj2 elle e/ la fois notre p\se1 notre matresse1 notre amie1 notre confid5te1 notre sur1 notre dieu2 elle e/ t\t ce qui peut contribu] la flicit la plus piquante de nos j\rs1 t\tes les passions s'*auff5t1 s'embras5t1 se runiss5t dans elle et p\r elle seule1 on n'exi/e plus que p> elle1 on ne desire plus qu'elle2 ah6 mon ami1 tu ne sais pas ce que c'e/ que d'tre ep\x1 il n'e/ po9t de li5s plus flatteurs1 il n'e/ po9t de plaisirs qui vaill5t ceux de l'hym51 il n'en e/ pas un seul sur la t]re dont les dtails soi5t aussi s5suels1 malheur qui ne les a pas connus1 malheur qui peut en prfr] d'une diffr5te espce2 il aura t\t effleur dans la vie1 sans jamais avoir tr\v le bonheur4 ,tels tai5t les s5tim5s que ,duval exprimait ,dom ,gasp>d1 ce jeune ,portugais dont je vi5s de p>l]1 et qui va bi5tt j\] un rle dans mes av5tures2 c'e/ a9si qu'en l\ant l'hym51 ,duval s'excusait d'y ml] l'am\r2 mais il n'en tait encore qu' l'am\r1 et-il p5s de mme s'il eut rellem5t connu les plaisirs qu'il peignait1 qui ne connat pas l'incon/ance des hommes6 ,quoiqu'il en soit1 ,duval1 jeune1 imptueux1 aimable1 irritant *aque j\r sa passion p> ces ri5s d'une dlicatesse inf9ie4 --,p> ces re*]*es inconnues aux ames vulgaires et psamm5t organises1 qui1 peu faites p\r la subtilit des dtails1 ne connaiss5t comme les btes1 que le matriel de la j\issance 4 4 4 p> ces l>c9s1 en un mot1 que la plus honnte des femmes1 ne saurait refus] quelqu'un dans la maison duquel elle e/ oblige d'habit]1 p>ce que ces *oses l se vol5t1 se dvor5t et ne se dem&5t jamais2 ,duval1 dis-je1 *aque j\r plus pressant1 ne p]dait aucune des occasions qu'il croyait devoir lui assur] son triomphe4 ,un j\r1 qu'puise des *aleurs du n\veau climat o je vivais1 je m'tais endormie dans un cab9et de jasm92 quel fut mon tonnem5t de me s5tir rveille p> ,duval1 et de me tr\v] presque nue dans ses bras4 4 4 4 ,ciel6 m'criai-je1 en *]*ant fuir2 e/-ce donc a9si que v\s abusez4 4 4 4 6 div9it de mon cur1 dit ,duval1 transport d'am\r et de dsirs1 en me captivant d'une de ses ma9s1 p5dant que de l'autre 4 4 4 4 matresse idoltre1 ne m'envie pas au mo9s ce que le haz>d et mes yeux m'(fr5t ici de j\issance2 laisse 4 4 4 laisse-moi m'enyvr] de ces *>mes dont tu me refuses la possession4 4 4 4 laisse moi respir] la fois dans *acun d'eux1 et l'am\r et la volupt4 4 4 4 ne les s\/raits pas au culte que je leur r5ds4 4 4 4 je j\irai seul puisqu'il le faut1 je t'ab&onne1 cruelle1 t\t ce que je ne peux obt5ir de toi2 mais ne m'enlve pas ce que la =tune me donne 4 4 4 que de graces1 4 4 4 que de fra*eur1 4 4 4 quels cont\rs savans et dlicieux4 --,ah6 comme t\t e/ beau1 comme t\t e/ dlicat en toi4 --6 ,lonore1 es-tu l'ouvrage d'un dieu1 4 4 4 es-tu donc un dieu toi- mme --,ah6 ju/e ciel1 n'arrte pas ces effets brlants d'un am\r aveugl1 tu les vois1 tu les s5s1 p]fide1 le sacrifice e/ (f]t1 et je n'en suis que plus malheureux6 ,quelque rsi/ance que j'eusse pu oppos]1 il m'tait dev5u impossible de me s\/raire entirem5t cet hommage1 mais je m'tais si bi5 dbattue dans les ma9s de cet amant =c51 qu'il n'eut mme pas l'ide de la victoire1 et que si l'enc5s brla1 ce fut si lo9 des autels1 qu' pe9e le dieu pt- il y croire1 et fuyant aussi-tt avec rapidit2 tratre1 lui dis-je furieuse1 puisque tu es assez l*e p\r abus] a9si de ma situation1 p\r tromp] jusqu' mon sommeil1 je brise t\s les li5s *imriques qui m'uniss5t toi1 je vais dire la vrit t\t le monde1 et quitt] jamais ta maison4 ,duval p]du1 vole sur mes pas1 j'*appe et vais m'enf]m] dans mon app>tem5t o je refuse de le voir de t\t le j\r4 ,de ce mom5t je fis les plus srieuses rflexions sur les dang]s que je c\rais4 --,hlas6 me disais-je1 je suis au bord du prcipice4 4 4 4 ,comm5t me flatt] de la victoire1 le moy5 de se dgag] d'un homme si viol5t6 je le tr\ve p>-t\t sur mes pas2 il ne me p]d pas de vue1 s]ais-je t\j\rs aussi heureuse qu'auj\rd'hui8 je n'ai d'autre p>ti que la fuite1 htons n\s de n\s y dcid]4 ,remplie de ce projet1 je jettai les yeux sur ,dom ,gasp>d1 ne voyant dans la socit que lui seul qui pt accomplir mes desse9s2 je comm5ai p> lui dem&] sans affectation1 quelles tai5t ses vues1 il m'apprit qu'il devait incessamm5t ret\rn] au ,monomotapa1 mais que n'y t5ant en ri51 uniquem5t oblig d'y all] p\r r5dre compte de la commission actuelle dont il tait *>g1 il comptait r$esc5dre au ,cap et repass] t\t de suite aprs en ,portugal1 le plan me conv9t assez2 le *em9 du ret\r en ,europe tait un peu long2 mais qu& on n'e/ pas libre1 il importe peu quelle r\te on pr5ne1 p\rvu que l'on arrive au b2 rsolue me confi] ce jeune homme4 ,je crus que le meilleur moy5 de m'en faire ent5dre1 tait l'organe de ce dieu puissant dont la voix unit t\s les curs2 rappellez-v\s t\j\rs de mes pr9cipes et ne me blmez pas de mes imprud5ces4 ,je laissai donc p>l] mes yeux3 ,dom ,gasp>d vif1 smillant1 jeune1 ple9 d'esprit1 de c&eur et d'honntet1 comprit au mieux leur langage2 les si5s m'assurr5t bi5tt du s5tim5t le plus rciproque et le plus s9cre2 il ne fut plus "q que de n\s arrang]2 ,dom ,gasp>d m'crivit en franais1 qu'il p>lait =t bi51 4 4 4 je lui rpondis1 n\s conv9mes enf9 d'un r5dez-v\s2 l1 je me confiai entirem5t ce jeune homme2 je ne suis po9t la femme de ,duval1 lui dis-je1 une f*euse av5ture m'a fait tomb] dans ses ma9s ,tripoli1 il m'a ra*ete1 4 4 4 il veut abus] de ses droits p\r me contra9dre accept] des li5s1 4 4 4 qui me dplais5t2 tes v\s homme me sortir de cet esclavage8 ,assurm5t1 me dit ,gasp>d1 j'entrepr5drai t\t p\r bris] vos f]s et plus gnreux que ,duval1 je v\s prote/e et de v\s ram5] en ,europe1 et de n'exig] que l1 la rcomp5se de mes so9s4 --6 ,dom ,gasp>d1 je me fie v\s1 je v\s crois incapable de me tromp]1 v\s r5dez la vie une malheureuse1 comptez sur ma reconnaissance1 et ds l'in/ant n\s ne travaillmes plus l'un et l'autre qu' t\t ce qui p\vait assur] notre projet4 ,l'entreprise n'tait pas aise1 indp5damm5t de la jal\sie de ,duval1 n\s avions encore r$\t] son crdit dans la ville et dans les environs2 ,dom ,gasp>d p\r pass] d',alex&rie au ,monomotapa1 n'avait que la facilit des c>avannes qui p>t5t du ,caire2 il fallait d'abord remont] le ,nil jusqu' cette capitale de l'gypte1 se jo9dre la c>avanne1 la suivre1 t\t cela tait l5t1 le consul p\vait n\s faire arrt]4 ,n\s imag9mes donc un /ratagme assez bis>re2 le jeune ,portugais avait son s]vice un ngre -peu-prs de ma taille et de mon ge2 n\s conv9mes qu'au moy5 d'une composition de laquelle ,gasp>d avait le secret1 on me noircirait le visage et les bras1 et qu'a9si pe9te1 je p>tirais secrettem5t avec ce jeune ngre dont je pass]ais p\r le frre1 que t\s deux1 n\s remont]ions le ,nil1 et irions att5dre ,gasp>d au ,caire qui s'y r5drait exactem5t la veille du d"p de la c>avanne1 que re/ant p> ce moy5 aprs moi ,alex&rie1 il s]ait porte et de rompre les re*]*es de ,duval1 et de me r5dre compte des effets plaisans de ma fuite4 ,n\s dcidmes galem5t qu'en p>tant secrettem5t p\r le ,caire1 je f]ais recevoir une lettre ,duval1 qui lui dirait que ne v\lant po9t c\t] son am\r1 que ne le p\vant pas1 je me dt]m9ais le fuir1 que je me r5dais ,damite1 o un ngociant de ma connaissance que j'avais int]esse p> lettre depuis mon sj\r en gypte1 m'(frait les moy5s de repass] en ,europe1 et qu'aussitt que j'y s]ais1 je lui f]ais t5ir l'arg5t qu'il avait db\rs p\r moi2 p> ce moy51 ,duval inquit sur deux endroits1 puisque assurm5t il s\ponn]ait aussi mon vasion p> le ,caire1 en multipliant ses re*]*es1 c\rrait risque d'en p]dre le fruit2 mais ses p\rsuites euss5t-elles mme lieu du ct de la c>avanne1 quelle app>5ce qu'il pt m'y dc\vrir s\s le dguisem5t que je pr5ais6 ,l'av5ture tait prillieuse1 je le s5tais1 suppos] mme que l'vasion se fit sans aucun risque1 quelle r\te j'allais entrepr5dre1 tait-il sr que le jeune ,portugais dans lequel je plaais t\te ma confiance1 en fut c]ta9em5t digne1 ne p\vait-il pas abus] de ma situation8 ,de l'empire que je lui donnais sur moi4 --,et si malheureusem5t je v5ais le p]dre1 que dev5ais-je seule1 isole1 au milieu de cette c>avanne1 t\t cela sans d\te1 m'(frait de gr&s dang]s2 mais ils n'tai5t qu'en vraisemblance4 4 4 4 ceux que je c\rrais avec ,duval tai5t srs2 un second sommeil s\s le b]ceau de jasm91 j'tais une femme p]due1 je ne balanais donc plus1 et mes rsolutions prises1 je ne m'occupai que de l'excution2 ,j'crivis ma lettre2 je dcampai le/em5t le soir du logis de ,duval1 et fus me ca*] cette premire nuit *ez mon ,portugais1 qui1 aprs m'avoir r5\vell ses s]m5s d'att5dre en ,europe exig] la rcomp5se des so9s qu'il pr5ait de moi1 me b>b\illa le visage et les ma9s a9si que n\s tions conv5us1 me revtit d'habit de ngre1 et me confia au si5 avec lequel je passai au ,caire sans le plus petit inconvni5t2 c9q j\rs aprs1 ,dom ,gasp>d arriva1 me fit camp] sur le *ameau qui portait son bagage1 t\j\rs comme un de ses g5s1 n\s n\s runmes au re/e de la tr\pe et n\s avanmes4 ,*em9 faisant1 ,gasp>d m'apprit t\t le tra9 qu'avait fait ma fuite1 il me dit que ,duval1 furieux1 ne d\tant po9t du cont5u de ma lettre1 n'avait t\rn ses p]quisitions que v]s ,damite1 malgr son dsespoir1 aj\ta ,dom ,gasp>d1 l'hi/oire n'en avait pas mo9s amus t\te la ville1 les repro*es s'adressai5t lui1 il fallait1 disait-on1 qu'il eut eu de mauvais procds p\r moi2 je p>aissais trop d\ce p\r avoir eu des torts la premire1 les femmes me plaignai5t1 les hommes se moquai5t de lui2 mais ab&onnons totalem5t ,alex&rie1 et tr\vez bon que j'entre dans quelques dtails sur la r\te s+ulire et peu frqu5te que je faisais4 ,quoique cette multitude de voyageurs1 rassembls s\s le nom de c>avannes1 soit compose de g5s de t\tes sortes de pays et de religion1 ri5 n'e/ comp>able p\rtant l'ordre qui y rgne1 une arme obs]ve mo9s de subord9ation1 et c'e/ p> le moy5 de cette excell5te police qu'on y e/ en sret comme dans nos r\tes de ,france4 ,au seul *ef app>ti5t le droit de dcid] sur le peu de diffr5ts qui s'lv5t1 et ses jugem5s sont t\j\rs quitables4 ,on "p ord9airem5t deux heures avant le j\r1 et except une heure o l'on s'arrte aux environs de midi1 la m>*e se prolonge jusqu' trois heures de nuit1 les guides donn5t les signaux sur une timbale2 t\t alors doit tre prt en mme tems2 on n'excuse pas le mo9dre ret>d1 et p]sonne n'e/ t5t de commettre une faute qui peut cot] la vie2 c> il e/ trs-difficile de rejo9dre lorsqu'une fois on a eu le malheur de se sp>]4 ,quoiqu'on ne suive aucune r\te trace1 les conducteurs sont si habiles qu'il ne leur arrive jamais d'g>] la c>avanne2 les rangs indiqus le j\r du d"p s'obs]v5t t\te la r\te avec exactitude2 mais le plus curieux1 sans d\te1 e/ la pati5ce des animaux qui s]v5t ces entreprises1 ils sont temprans et infatigables2 ils sembl5t se prt] t\s les inconvni5s qui naiss5t du has>d1 ou du tems1 et m>*5t s'il en e/ beso9 plusieurs j\rs de suite sans pr5dre aucune n\rriture2 cep5dant il en prit plusieurs2 les ossem5s qui jon*5t la r\te et s]v5t s\v5t de rem>ques aux guides1 sont une preuve sre que leur c\rage et leurs =ces s'puis5t quelquefois la longue4 ,ce fut dans cet ordre que n\s entrmes le premi] j\r dans un ds]t affreux2 pe9e y fmes-n\s1 qu'il s'leva un ouragan t]rible1 les sables enlevs alors la hauteur des nus et retombant en pluie1 non-seulem5t aveuglr5t nos guides1 mais leur fir5t mme p]dre absolum5t la trace qu'ils devai5t suivre1 et les contraignir5t une halte qui dura jusqu'au l5dema92 cet vnem5t m'inquitait1 quelqu'loigne que je fus de ,duval1 quel que ft mon dguisem5t1 je craignais t\j\rs qu'il ne n\s ft suivre1 et qu'on ne vnt me reconnatre2 mais ,dom ,gasp>d1 att5tif et prv5ant1 ne cessait de me calm] et de me rassur]4 ,aprs cette premire av5ture1 n\s cont9umes assez tranquillem5t notre r\te jusqu' ,hla\1 ville *>mante et qui rpond bi5 son nom1 dont la signification e/3 pays ple9 de d\ceur1 cette ville e/ la d]nire qui dp5de du gr& seigneur1 on y voit des j>d9s dlicieux arross de ruisseaux1 d'une fra*eur bi5 prcieuse p\r ceux qui vi5n5t de trav]s] des ds]ts arides1 o l'eau leur a s\v5t manqu1 n\s r5\vellmes nos outres dans ce lieu1 et y fmes aussi quelques provisions de v9s4 ,entirem5t rev5ue des cra9tes que m'avai5t inspir les p\rsuites de ,duval1 ennuye de mon dguisem5t1 je proposai ,dom ,gasp>d de me laiss] repr5dre ma premire =me2 mais il craignit que ce *angem5t ne fit bruit p>mi les voyageurs1 et il me pria p\r plus gr&e sret de demeur] comme j'tais jusqu'aux colonies ,portugaises4 ,au sortir de ,hla\1 n\s trav]smes encore des ds]ts qui n'tai5t pas mo9s arides que ceux que n\s quittions4 ,lonore me dit un j\r1 ,dom ,gasp>d en trav]sant t\s ces affreux climats1 dans quel desse9 croyez-v\s que la div9it ait fait de si gr&es fautes la contexture de notre plante8 --,je s]ais bi5 en pe9e de le dire4 --,la faute exi/e1 elle e/ claire1 e/-elle faite exprs8 ou l'e/-elle p> inadv]tance8 ,si elle e/ faite exprs1 voil un dieu m*ant1 si elle l'e/ p> inadv]tance2 voil un dieu faible1 et de t\te faon un dieu qui a tort4 --,votre argum5t e/ sans rplique1 je ne saurais comm5t y rpondre1 je m'en ti5s la s5sation produite p> l'effet1 et v\s av\e qu'il e/ bi5 difficile de s'enflamm] p\r la gr&eur d'un tre dont les torts sont aussi rels4 --,le p\vez-v\s davantage1 si le has>d v\s place au milieu d'une tr\pe de sclrats8 --,assurm5t non4 --,t\t ce qui exi/e n'e/ donc pas p>fait1 la seule p]fection p\rtant e/ digne de notre hommage2 cep5dant cette qualit ne se tr\ve pas dans les ouvrages de dieu4 4 4 4 dieu n'e/ donc pas digne de nos hommages4 6 ,lonore1 tirez v\s de ce syllogisme1 c'e/ de t\tes les manires de raisonn] la plus sre1 retorquez1 je v\s prie1 celui-l4 ,ces premi]s lans de la philosophie de ,gasp>d1 me fir5t voir que son esprit mri p> l'tude1 tait bi5 lo9 d'adopt] l'erreur1 et mon e/ime p\r lui1 en r$\bla2 peut-tre aurai-je bi5tt occasion de v\s mieux dvelopp] ces sy/mes1 cont9uons notre r\te ma9t5ant4 ,de ,hla\ n\s fmes ,ma*\1 gros b\rg situ sur le bord ori5tal du ,nil1 qui =me en cet endroit deux isles remplies de palmi]s1 de ,s5 et de ,colloqu9te2 huit j\rs aprs1 n\s arrivmes ,dongola1 frontire de la ,nubie4 une lieue environ de l>geur le pays e/ sup]be1 au-del ce ne sont que sables et que ds]ts1 dont le seul aspect fait frmir4 ,le ,nil trav]se cette pla9e *>mante1 mais ici1 ce ne sont plus ses dbordem5s priodiques qui caus5t la f]tilit des t]res1 cette abondance n'e/ due qu' l'indu/rie des habitans1 qui =m5t des inondations artificielles p> des transports d'eau trs-pnibles4 ,dom ,gasp>d me fit admir] la beaut des *evaux de cette contre bi5 suprieure ceux qu'on vante le plus dans notre ,europe4 ,ces peuples1 p\r la plup>t ,mahomtans1 sont encl9s t\tes sortes de vices2 un de ceux auquel ils sont le plus adonns1 e/ le blasphme2 ils ne prononc5t pas un seul mot qui n'en soit entremls2 il e/ difficile de concevoir l'art qu'ils employ5t les v>i]1 ils tai5t autrefois *rti5s1 mais cette loi beauc\p trop gnante p\r leur murs1 leur a promptem5t dplu1 et leur drglem5t r5d leur culte actuel assez difficile dml]4 ,le p5*ant tonnant de ces peuples au blasphme1 donna occasion ,dom ,gasp>d de me dvelopp] quelqu'uns de ses pr9cipes1 je vais cont9u] de v\s les trac]4 ,comm5t e/-il1 me disait ce brave et honnte compagnon de r\te1 que les hommes ay5t pu s'imag9] que l'tre gr& et suprieur qu'ils rig5t1 que cet tre sublime qu'ils reg>d5t comme leur crateur1 puisse se tr\v] (f5s des invectives qu'il leur plait de lui adress]8 ,cet tre qu'ils font auteur de t\t1 qu'ils reg>d5t comme unique pr9cipe des *oses cres1 n'e/-il donc pas au-dessus des injures8 ,e/-il jamais prsumable qu'elles puiss5t arriv] jusqu' lui8 ,mais ces imprcations que lui adresse l'homme1 s\ffrant ou malheureux1 ne sont-elles donc pas lgitimes8 ,le premi] m\vem5t de la nature n'e/-il pas de se pla9dre qu& on e/ lz8 ,n'e/-il pas de s'en pr5dre l'auteur de ses maux4 ,en en rp&ant une si gr&e quantit sur la t]re1 dieu ne savait-il pas qu'il s'exposait aux repro*es des hommes8 ,en a-t-il p\r cela susp5du ses flaux8 ,s'il les a laisss *eoir1 sa*ant bi5 que les hommes s'en v5g]ai5t p> leurs pla9tes1 il s'e/ donc moqu de ces invectives1 s'il les a mrites1 s'il les brave les ayant mrites1 comm5t se peut-il qu'il s'en f*e8 ,qu& le =t (f5se le faible1 il sait bi5 que celui-ci se ddommag]a p> des injures2 peut-il avoir cra9t des p>oles qu'il savait bi5 que sa conduite allait lui attir]8 ,si dieu avait pu tre s5sible nos repro*es1 matre de t\t1 n'et-il pas cr l'univ]s de faon ne mrit] que des loges8 qu& il ne l'a pas fait1 qu& il n'a pas cru devoir le faire1 qu& il tait bi5 sr que de ne le pas faire1 devait lui valoir des blasphmes1 il e/ donc c]ta9 que ces blasphmes lui dev5ai5t indiffr5s1 il n'y a donc aucun risque lui en adress]1 il les ent5d sans pe9e et sans c\rr\x1 trs- conva9cu qu'on les lui doit1 il rit de notre ignorance1 de notre impossibilit dc\vrir ses vues1 sans s'(f5s] de ce qui en rsulte4 ,c'e/ une b>b>e absurdit de notre ,europe1 que de punir aussi svrem5t qu'on le faisait autrefois et de reg>d] mme encore auj\rd'hui comme un crime religieux1 l'acte de la faiblaisse contre la puissance2 t\t ce qui "p du premi] de ces tats1 s'm\ssant avant d'arriv] l'autre1 ne peut plus dev5ir un outrage1 c'e/ l'acte de la puissance sur la faiblesse qui e/ dang]eux2 le contraire n'a jamais d'inconvni5t2 ne m'objectez pas que le valet arm (f5se le matre qu'il frappe de son arme2 dans le cas suppos1 ce n'e/ plus le matre qui e/ le =t1 c'e/ le valet arm1 la puissance du matre n'e/ plus qu'illusoire ici1 la seule relle c'e/ celle du valet2 or1 ce n'e/ plus cela ds qu'il s'agit de dieu1 cet tre e/ t\j\rs le plus =t1 quelque soit l'arme dont n\s osions le m5ac]1 il l'emport]a t\j\rs sur n\s1 et de ce mom5t ce que n\s entrepr5ons1 n'tant plus que le frle lan de la faiblesse sur la =ce1 ri5 n'en arriv]a jusqu' lui1 il ne s'(f5s]a donc po9t d'injures1 qu'il mrite1 qu'il veut mrit]1 et qu'il s'e/ moqu de mrit]4 6 folie t]nelle des hommes1 de v\loir t\j\rs jug] dieu sur eux-mmes1 ils se croy5t (f5ss d'un mot qui ne frappe que l'air1 ils s'imag95t que dieu leur ressemble4 --,ah6 cessons de faire de dieu un tre matriel comme n\s 4 4 4 c\rr\c de nos invectives1 s5sible nos loges1 facile nos prires1 n\s v\lons t\j\rs le reg>d] comme un mon>que huma91 et qui comme tel1 doit n\s ent5dre et n\s jug]2 voil comme en rapetissant ses vues1 le plus clbre adorateur de dieu1 ne se tr\ve au fond qu'un idoltre4 ,dieu e/ trop gr&1 dieu e/ trop spirituel p\r t\tes ces *oses huma9es2 n\s livrant la facult qu'il n\s a laisse d'tre bons ou m*ans1 de le connatre ou de le ni]1 de l'ador] ou le har2 d'aprs le g5re d'organisation que n\s avons reue de lui1 il s'emb>rasse =t peu du p>ti que n\s pr5drons sur l'une ou l'autre de ces *oses1 indiffr5t nos hommages1 nullem5t t\* de nos blasphmes1 t\j\rs trop au-dessus de n\s1 p\r en tre jamais atte9t1 t\t ce que n\s faisons lui e/ gal1 p>ce que t\t e/ ncessit1 et que n\s n'agissons que d'aprs ses loix2 n'imag9ons donc pas tre plus rcomp5s p\r l'avoir pri1 que mole/ p\r l'avoir maudit2 il ne n\s accord]a pas plus de graces p\r l'un qu'il ne n\s f]a subir de t\rm5s p\r l'autre2 n'e/-ce pas une *ose vraim5t risible que de voir l'homme1 cet tre *tif et faible auquel il s]ait impossible de *ang] un in/ant le c\rs de la plus petite toile2 s'imag9] que ses injures ou ses prires allant bi5 plus haut1 irrit]ont ou dispos]ont en sa faveur l'artisan des *efs-d'uvre1 qu'il n'a pas mme la facult de drang]4 trange aveuglem5t de sa vanit sans d\te1 de prfr] se suppos] crim9el1 qu' conv5ir de sa faiblaisse2 imbcile qu'il e/1 il aime mieux pass] sa vie trembl] de dlits impossibles1 que de s'aff]mir et se tranquillis] p> la c]titude d'une impuissance1 dont son orgueil s]ait humili4 6 ,lonore1 prions ou blasphmons1 adorons ou pr(anons1 t\t e/ gal aux yeux de l'tre assez puissant p\r avoir fait bi5 ou mal t\t ce qui frappe nos yeux2 un dieu qu'att5drirai5t nos cultes1 ou qu'(f5s]ai5t nos erreurs1 ne s]ait qu'un homme comme n\s1 et comm5t d\ de t\tes nos passions1 aurait-il l'n]gie cratrice1 qui ne peut tre que le plus sublime assemblage de t\tes les v]tus8 si le blasphme1 si cette faible injure1 en un mot1 que n\s adressons la div9it1 ou p> colre1 ou p> ennui de s\ffrir1 ou p> quel autre motif que ce puisse tre1 satisfait un in/ant notre ame2 livrons n\s y sans nulle cra9te1 bi5 c]ta9 qu'il ne s'en irrit]a po9t1 qu'il e/ trop gr& p\r s'en v5g]1 et qu'il n\s aurait privs de la facult de voir ses fautes1 ou qu'il n'en aurait pas commis1 s'il et r$\t les repro*es que lui doit notre raison1 et qu'elle peut lui adress] en paix4 ,il me semble1 dis-je dom ,gasp>d1 que vos sy/mes sur la religion sont commodes et simples4 4 4 4 ,sur la religion1 me rpondit ,gasp>d1 v\s v\s trompez1 ,lonore1 mes sy/mes sur la religion ne sont ni commodes ni simples2 ils sont nuls2 j'ai sec\1 t\tes ces purilits1 dont on sur*>ge l'esprit et la mmoire des jeunes g5s1 j'ai employ ce tems-l m'in/ruire1 au-lieu de le pass] draisonn]1 et je me suis fait quelques pr9cipes1 tant sur cela que sur quelques autres objets de morale1 pr9cipes con/ans dont je ne m'c>te po9t4 ,j'adopte un ag5t quelconque assurm5t1 que ce soit la nature ou ,dieu1 il y a t\j\rs un moteur1 ce qui frappe nos reg>ds1 je l'admets1 mais je ne le s]s p> aucun culte4 ,trs-assur qu'il n'en exige nul1 trs-inc]ta9 s'il en mrite1 de quel droit irais-je lui en r5dre8 ,j'aime mieux employ] quelques v]tus le temps que d'autres p]d5t en prires1 et cet ag5t1 s'il e/ ju/e1 me saura bi5 plus de gr d'tre utile aux hommes1 qu'assidu aux pi$s de ses autels2 qu& je v]rai mo9s de mal sur la t]re1 qu& j'y r5contr]ai mo9s de frippons et plus d'honntes g5s1 peut-tre suppos]ai-je alors1 que l'auteur de cet univ]s1 peut mrit] quelque reconnaissance2 mais qu& les maux m'assailliront de t\te p>ts1 qu& je ne tr\v]ai que trav]s1 cruaut1 trahison1 p]fidie1 noirceur1 et m*ancet *ez les hommes1 je croirai me re/re9dre dans des bornes trs-sages1 en n'accablant po9t d'invectives1 celui qui p]met tant de maux1 je ne le fais po9t1 mais je ris de la folie des sy/mes religieux1 je me moque de la div]sit des cultes1 et n'c\tant que ma raison et mon cur1 je re/e dans l'indiffr5ce sur un tre qui je ne dois ri5 4 4 4 ou que des repro*es 4 4 4 que je tais p> l'inutilit dont je les crois4 --,mais votre morale8 --,elle e/ pure6 eh quoi6 faut-il absolum5t rvr] des *imres p\r avoir le droit d'tre honnte homme8 ,j'aime mes frres1 je les s\lage1 la bi5faisance e/ le s5tim5t de mon cur1 je ne pleure ma mdiocrit1 que p>ce qu'elle me prive du *>me de faire des heureux2 je respecte les proprits d'autrui1 je ne ravirai jamais ni la femme ni le bi5 de p]sonne2 croyez que je ne v\s aurais pas enleve ,duval1 si je v\s eu crue son p\se4 4 4 4 je suis s5sible l'am\r1 c'e/ la j\issance des honntes g5s2 je hais le vice1 je suis en?\sia/e de la v]tu1 et f9irai tranquillem5t mes j\rs dans ses maximes1 sans dsir] les joies ridicules du p>adis1 et sans cra9dre les flammes absurdes de l'enf]4 ,ces s5tim5s me plur5t1 je tr\vais ,gasp>d e/imable et rsolus d'en faire mon ami2 cep5dant je v\lus le connatre mieux1 quelque prilleuse que ft p\r moi l'preuve o je v\lais le mettre1 quelque peu favorables que fuss5t les circon/ances p\r la has>d]1 je me s5tis presse de voir si ce jeune homme ayant sec\ tant de fre9s1 ne p>aissant respect] que ceux de l'honnte homme1 t5ait vraim5t aux pr9cipes moraux qu'il affi*ait2 j'avais laiss de l'espoir ,gasp>d1 je lui avais ca* mes nuds avec ,sa9ville1 et ma ma9 d'aprs nos conv5tions1 devait tre le prix de ses so9s1 sitt que n\s s]ions en ,europe2 je saisis l'occasion d'une halte1 peu aprs la conv]sation que n\s v5ions d'avoir1 et l1 je lui av\ai que je l'avais tromp1 4 4 4 que je ne p\rrais jamais m'acquitt] env]s lui1 que ma ma9 n'tait plus moi1 qu'il dev5ait d'aprs cela le matre de mon sort1 qu'il devait me punir d'avoir abus de sa bonne foi1 4 4 4 m'ab&onn] dans ces ds]ts 4 4 4 mais que s'il t5ait sa p>ole1 ce procd1 d'autant plus gnreux1 qu'il dev5ait sans aucun intrt1 lui assurait jamais t\te ma t5dresse2 j'aurais peut-tre d v\s tromp] jusqu'au b\t1 aj\tai-je1 mais la manire dont v\s v5ez de v\s faire connatre moi1 les s5tim5s que v\s m'avez montr1 votre philosophie1 votre mpris p\r t\s les faux li5s qui captiv5t les hommes1 4 4 4 t\t1 ,gasp>d1 t\t enf9 me donne une si haute op9ion de v\s1 que j'ai cru ne devoir plus v\s ri5 dguis]1 v\s voil matre de moi1 je me livre4 ,gasp>d mu1 me fixa d'abord avec tonnem5t1--et rev5ant t\t de suite lui 4 4 4 6 ,lonore1 s'cria-t-il en me s]rant dans ses bras6 4 4 4 ,que je v\s dois de reconnaissance6 je ne sacrifiais qu' l'am\r2 j'aurai t\t fait p\r la v]tu1 et me pressant d'accept] une b\rse1 que je me df5dis de pr5dre2 que cela v\s re/e au mo9s1 cont9ua-t-il1 si je v5ais m\rir avant l'excution de ma p>ole4 4 4 4 ,qu& je ne voyais en v\s qu'une matresse1 je ngligeais des so9s dont j'imag9ais que l'hym5 devait m'acquitt] 4 4 4 mais je dois bi5 plus l'amie4 ,le premi] m\vem5t de mon cur fut1 je l'av\e1 de me laiss] tomb] aux pi$s de cet homme gnreux1 et j'y rp&is un torr5t de l>mes avant de s\ffrir qu'il me releva4 4 4 4 ,gnreux mortel1 m'criai-je1 v\s avez absorb dans v\s t\tes les *imres religieuses1 mais si v\s avez dgag votre esprit de ces fables inutiles l'homme1 ce n'e/1 je le vois bi51 que p\r y laiss] plus d'empire t\t ce qui doit faire la flicit de vos semblables4 ,ah6 ,laissez moi v\s (frir ma reconnaissance et mon cur1 laissez moi v\s reg>d] comme un ami1 4 4 4 comme un frre1 4 4 4 comme le dieu mme auquel v\s refusez des v]tus1 4 4 4 et qui ne s]ait vraim5t digne de nos hommages1 que s'il avait celles de votre ame4 6 ,gasp>d1 je n'eus pas tr\v ces s5tim5s dans un dvot4 ,ici le c>actre de ,lonore1 ou du mo9s sa faon de p5s] sur la religion1 se tr\vant entirem5t dc\v]t1 madame de ,blamont1 quelqu'en?\siasme qu'elle ft1 de l'action de ,gasp>d1 ne put s'emp*] p\rtant de faire s5tir sa fille qu'elle tait f*e de lui voir ne s\ponn] ce trait que dans un ennemi de nos pr9cipes religieux2 il tait difficile que l'extrme pit de cette femme honnte et s5sible1 ne s'all>ma pas de ce qui v5ait d'tre dit 4 4 4 1 ,lonore fut calme aux repro*es de sa mre4 4 4 4 6 madame1 lui dit-elle1 v\s avez exig de moi de la s9crit1 je la blessais en v\s ca*ant mes pr9cipes1 je dois-donc en re/] l s'ils v\s sc&alis5t1 c> je s]ai contra9te en avanant1 de v\s dvoil] des *oses plus =tes1 et que v\s condamn]ez d'autant plus1 qu' la rigueur j'aurais pu ne pas m'y prt]4 ,ce n'e/ ni monsieur de ,sa9ville1 madame1 ni dom ,gasp>d1 ni aux autres p]sonnes avec lesquelles v\s allez me voir1 qu'il faut s'en pr5dre du peu de con=mit de mes sy/mes aux vtres2 mon m>i v\s dira que ds l'ge de #ac ans1 il reconnut en moi cette f]me av]sion p\r t\tes ides religieuses2 et j'avais dj lu cet ge presque t\t ce qui a t crit contre les op9ions que v\s adoptez2 une amie de la comtesse de ,k]neuil me prta ces livres2 je les dvorai2 elle en raisonnait avec moi1 m'aff]missait dans les pr9cipes dont ces ouvrages m'(frai5t l'analyse1 me les expliquait avec so91 et se plut aussi p5dant deux ans1 n\rrir mon ame d'une philosophie dont elle tait en?\sia/e2 l'expri5ce1 mes malheurs1 l'image du monde ont vivifi dans moi ces sy/mes et me les ont r5dus si famili]s1 qu'il me s]ait bi5 difficile d'en adopt] d'autres auj\rd'hui2 je les crois compatibles la plus sa9e v]tu2 la suite de mon hi/oire v\s en conva9cra peut-tre1 je n'ai p\rtant po9t ananti l'ide d'un dieu1 ne l'imag9ez pas madame1 mais je crois ce dieu trs-au-dessus de t\s les cultes1 je suis f]mem5t p]suade qu'il n'en mrite et n'en exige aucun1 et que de t\s le mo9s raisonnable tant le ntre1 s]ait celui qui devrait l'(f5s] le plus grivem5t s'il se mlait des folies huma9es4 ,malheureux enfant1 dit madame de ,blamont en pressant ,lonore entre ses bras1 tu n'aurais pas c\ru t\s ces risques sans les premi]s malheurs de ton enfance4 --,ah6 crois que les v]tus morales ne sont que plus actives1 tayes p> celles de la religion1 et que celui qui s]t bi5 son dieu1 n'en aim]a que mieux ses semblables2 4 4 4 quelques l>mes c\lr5t ici des beaux yeux de cette mre t5dre1 4 4 4 ceux d',al9e se m\illr5t aussi1 elle t5ait les ma9s de sa sur1 elle la reg>dait avec cette piti d\ce qui s'all>me p\r t\t ce qui ne lui ressemble pas2 non1 que cette *re fille s'imag9e tre mieux qu'une autre2 mais elle e/ p]suade de ses maximes1 elle y croit li le bonheur prs5t et futur4 ,l'tre qui ne les adopte pas1 lui prs5te l'ide du malheur1 et cet aspect afflige t\j\rs une ame aussi dlicate que la si5ne4 ,le comte vit bi5 que sa mdiation dev5ait ncessaire rtablir la paix dans les esprits2 madame1 dit-il la prsid5te1 les erreurs de ,lonore ne sont po9t vos fautes1 elles ne doiv5t v\s donn] aucun remord1 il faut la pla9dre sans essay] de l'en faire rev5ir1 v\s n'y russirez pas1 il n'y a ri5 quoi l'on ti5ne comme ses ides sur la religion1 v\s savez que les appro*es1 mme de la mort1 n'en font po9t *ang]4 --,oh6 non c]ta9em5t1 reprit ,lonore avec vivacit1 c'e/ p\r assur] le calme de cet in/ant1 qu'on travaille sec\] de bonne heure ce qui peut le r5dre horrible2 il s'en faut donc bi5 que je puisse r5onc] ce que je n'ai adopt que p\r mon bonheur1 ce qui1 j'ose le dire1 le fait uniquem5t aprs les s5tim5s que je dois ma mre et mon p\x1 et que tr\ble seulem5t auj\rd'hui le *agr9 qu'en ress5t cette mre qui je suis prte faire t\s les sacrifices qui p\rrai5t lui dev5ir de quelqu'utilit1 aux seules conditions qu'elle n'exig]a pas ceux qu'elle ne s\haite que p\r me r5dre des li5s que je ne pr5drais qu'avec horreur4 ,eh bi51 dit le comte1 cela pos1 je crois que ce qu'il n\s re/e de mieux faire1 e/ d'c\t] la suite des av5tures de ,lonore1 et de l'engag] plus que jamais ne n\s ri5 dguis]4 ,*res et *>mantes amies1 cont9ua-t- il1 en s'adressant madame de ,blamont et son ,al9e1 qu& on a votre solidit1 votre v]tu1 on peut t\t ent5dre sans risques1 et qu& on a votre sagesse et vos curs1 on pla9t et p>donne la faute sans cess] d'aim] la c\pable1 et ,lonore aussitt embrasse p> sa mre et sa sur1 presse p> elles et p> t\te la socit de cont9u] le fil de ses av5tures1 en reprit le rcit dans les t]mes suivans3 ,qu& n\s arrivmes aux environs de ,dongola1 le conducteur de notre c>avanne fut dem&] au roi la p]mission de trav]s] sa capitale1 on la lui accorda sur-le-*amp1 et en vrit la faveur n'tait pas gr&e2 ri5 de plus affreux que cette ville1 des maisons ds]tes ou mal bties1 des rues emb>asses de monceaux de sables entrans p> les lavan*es1 et p>t\t l'image de la dsolation2 un *teau assez mal =tifi se prs5te au milieu de la ville2 il e/ df5du p> une g>nison d'arabes pa/eurs2 ,dom ,gasp>d et moi1 a9si que quelques ngocians ,holl&ois de la c>avanne1 emes l'honneur de mang] *ez le roi de ,dongola1 des tables sp>es1 mais aussi bi5 s]vies que la si5ne4 ,le titre de dome/ique de ,dom ,gasp>d n'avait dur qu'un j\r1 ds que n\s n\s tions crus en sret1 cet ami m'avait fait pass] p\r le neveu d'un roi d',afrique1 qu'il ram5ait son oncle1 et comme il m'avait appris le ,portugais1 je ne m'exprimais plus que dans cette langue4 ,quatre j\rs aprs notre d"p de ,dongola1 n\s entrmes dans le royaume de ,s5n>2 la cra9te d'tre pills p> les peuples qui sont au-dessus de ,korti le long du ,nil1 n\s contraignit n\s loign] des bords de ce fleuve1 et entr] dans le ds]t de ,bihonda1 un peu mo9s agre/e que ceux de la ,libie1 et o l'on voit au mo9s quelqu'arbres2 de l'autre ct du ds]t n\s tr\vmes des habitans camps s\s des t5tes qui ne n\s laissr5t manqu] de ri54 ,n\s p>v9mes enf9 ,h>gabi1 o se tr\ve avec pr(usion t\t ce qui peut flatt] les voyageurs2 cette abondance dlicieuse qu& on vi5t de trav]s] des pays si incultes1 n\s engagea quelque sj\r dans cette contre4 ,ce fut en la quittant que n\s voyagemes dans des =ts *>mantes d'acacias2 leur frai*eur1 la quantit de petits p]roquets v]ts1 de gel9ottes et d'autres oiseaux qui peupl5t ces bois1 ne contribu5t pas peu r5dre dlicieuse la r\te qui les trav]se2 au sortir de l1 n\s m>*mes dans des pla9es trs-f]tiles1 d'o n\s dc\vrmes la ville de ,s5n>4 ,cette capitale o v\s tr\v]ez bon que je v\s arrte un in/ant1 cause de la fatale av5ture qui n\s y arriva1 conti5t environ trois c5t mille ames2 mais elle e/ aussi sale que peu police2 le palais du roi con/ruit de briques cuites au soleil1 e/ un amas confus de btim5t qui n'a de rem>quable que le dsordre et le mauvais gt4 ,les app>tem5s g>nis de tapis1 sont meubls la manire du ,levant2 quelques j>d9s les environn5t2 t\t e/ dsagrable dans ce climat brlant1 les *aleurs qui pr5n5t de janvi] en avril y sont incont5ables1 les peuples de la religion mahomtane y sont f\rbes1 m*ans1 sup]/itieux1 dbau*s1 et l'on n'e/ pas plutt dans ce tri/e sj\r1 que l'on dsire aussitt de le quitt]4 ,le roi auquel n\s fmes prs5ts1 e/ un homme d'environ c9quante ans1 d'un lib]t9age effrn et d'une cruaut in\ie2 on ne peut l'abord] que pi$s nuds2 ses traits ne s'ap]oiv5t jamais2 p]ptuellem5t c\v]ts d'un voile de gaze1 on dirait que cet imbcile cra9t d'bl\ir ses peuples1 qu& il va de sa capitale une maison de campagne lui qui en e/ loigne de deux lieues1 il e/ prcd de quatre c5ts g>des *eval1 ent\r de deux c5ts valets1 *antant ses l\anges1 dont d\ze le port5t sur un palanqu91 et suivi de sept c5ts femmes nues1 portant sur leur tte des corbeilles remplies des diffr5s mets qui doiv5t tre s]vis au repas de sa maje/2 trois c5t cavali]s f]m5t la m>*e1 et ce cortge =me une ligne d'une telle t5due1 que s\v5t la tte de la colonne e/ dj dans la maison de campagne que l'arrire g>de n'a pas mme encore quitt la ville4 ,si le s\v]a9 s'en t5ait ce fa/e1 ds que ses trsors lui p]mett5t de le s\t5ir1 il ne donn]ait aucune prise aux repro*es des passag]s2 mais son extrme cruaut les lui mrite absolum5t4 ,elle rvolte s\v5t ses sujets2 et comme il les cra9t1 l'exemple de t\s les despotes1 ce n'e/ depuis quelque-tems que sur les c>avannes1 qu'il fait tomb] les traits de sa noirceur4 ,n\s en tions prv5us1 mais notre maudite curiosit n\s fit1 malgr t\t cela1 tomb] dans l'un des piges qu'il t5d ord9airem5t aux voyageurs1 p\r se procur]1 p>mi eux1 des victimes ses sclratesses4 ,un des gts le plus vif de ce mon/rueux pr9ce1 un de ceux qui le *at\ille le plus n]giquem5t1 e/ de faire empal] s\s ses yeux1 t\s les dl9quans qu'il peut surpr5dre en faute1 et cela sans di/9ction d'ge ni de sexe4 ,plac une f5tre de son palais1 ouv]te qu9ze ou v+t pi$s du lieu o l'on excute1 le vila9 homme au milieu de ses femmes j\it l t\t son aise du cruel plaisir de voir s\ffrir des malheureux4 ,af9 d'augm5t] leur nombre1 il sur*>ge les voyageurs d'impts et de df5ses1 dont le dfaut de payem5s ou l'infraction e/ t\j\rs punie p> le pal4 ,dans le nombre de ces df5ses1 celle qui n\s fit succomb] ,gasp>d et moi et qui n\s prcipita a9si que quelqu'autre de nos compagnons dans le pril que je vais v\s racont]1 e/ celle publie son de trompe1 t\tes les fois qu'une c>avanne passe dans ,s5n>2 cette df5se consi/e ne po9t appro*] d'un petit pavillon situ une demi-lieue de cette ville1 dans lequel1 e/ dit-on1 r5f]m l'organe de ,mahomet2 mais en mme tems que le f\rbe fait faire ces df5ses1 un nombre inf9i de satellites lui1 conv]sant avec t\s les voyageurs1 ne cess5t d'excit] leur curiosit sur cette m]veille1 et ce qu'ils en racont5t e/ si bis>re1 que p\r peu qu'on soit n avec un peu d'imag9ation1 il e/ bi5 difficile de ne pas succomb]2 quelques-uns de ces fripons (fr5t de v\s conduire1 t\s v\s assur5t que la df5se publie e/ *imrique1 que ft-on mme surpris1 il n'en rsult]ait aucun dang]2 on se laisse sduire1 on y va1 ds qu'on y e/1 il y arrive ce que v\s allez voir4 ,vivem5t pntrs que cette df5se n'tait que de =me1 *audem5t excits all] admir] une des plus gr&es m]veilles du monde1 en ayant dj dans n\s-mmes une viol5te envie1 ,gasp>d1 trois femmes arabes1 deux turcs1 quatre ngocians ,holl&ais ou ,portugais et moi1 t\s voyageurs de la c>avanne1 n\s n\s laissmes entran]1 et la po9te du j\r le surl5dema9 de notre arrive ,s5n>1 conduits p> deux de ces fripons qui n\s avai5t suborn1 n\s n\s r5dmes au pavillon de ,mahomet2 pe9e en fmes-n\s tr5te pas1 qu'un gros de soldats arms de c>ab9es dbusquant la hte d'un taillis vois91 dans lequel ils tai5t plat-v5tre1 n\s ent\re1 n\s saisit avec la mme facilit qu'un *asseur s'emp>e du gibi] qu'il vi5t de pr5dre en son lacet1 et n\s ramne l'in/ant t\s les onze au pr9ce1 qui se met clat] de rire1 voyant une si bonne capture1 en n\s promettant que p> ses so9s n\s ne languirons pas sur la t]re2 il n\s exam9e les uns aprs les autres1 et sans tre t\* de la jeunesse1 de la beaut des trois femmes arabes1 qui se jett5t ses pi$s p\r implor] sa grace1 il les condamne comme le re/e1 en leur assurant qu'il aura le plus gr& plaisir voir1 si elles support]ont les d\leurs du supplice qui leur e/ prp>1 avec le mme c\rage que les hommes4 ,mon sexe n'tant pas dc\v]t1 mon dguisem5t t\j\rs le mme1 le roi cont9ua comme il avait fait jusqu'lors de me pr5dre p\r un g>on4 4 4 4 ,gasp>d v\lut l'implor] p\r moi1 lui rappel] les alliances avec un roi d',afrique1 qu'il m'avait suppose 7comme p>t\t17 en arrivant dans cette c\r1 l'att5drir en un mot sur mon sort1 en lui disant que j'tais d'un sang royal comme lui1 ri5 ne russit2 p>le p\r toi1 lui dit le b>b>e1 et ne t'inquite pas des autres4 ,cep5dant on n\s donna un excell5t dn]1 au palais mme1 et l'on n\s laissa t\s ensemble dans la salle1 o l'on n\s avait s]vi jusqu' l'heure du spectacle que le roi se prp>ait nos dp5ds4 ,je ne v\s pe9s po9t ma situation1 v\s compr5ez aism5t son horreur1 t\tes mes ides se t\rnai5t v]s ,sa9ville4 --6 malheureux amant1 m'criai-je1 je ne te v]rai donc plus1 ceci e/ bi5 pis que le poign>d du c]cueil de ,v5ise1 m\rir la bonne heure1 4 4 4 mais m\rir empale6 et mes l>mes c\lai5t en abondance1 sans que la ma9 du t5dre et bon ,gasp>d1 oubliant t\s ses dang]s p\r moi1 cessa jamais de les essuy]4 ,le mme dsespoir rgnait dans notre petite tr\pe1 les hommes jurai5t et temptai5t1 les femmes t\j\rs plus d\ces1 mme dans leurs d\leurs1 se cont5tai5t de pleur] ou d'hurl]1 et l'on n'ent5dait que des cris1 que des imprcations dans cette salle1 fune/e2 mlodie bi5 flatteuse sans d\te aux oreilles du b\rreau qui n\s sacrifiait1 puisque p\r les ent5dre plus l'aise1 le cruel tait v5u dn] avec ses femmes dans une pice vois9e de la ntre4 ,enf91 elle arriva cette heure fatale1 o n\s allions dev5ir la proie de la mort2 je ne l'ent5dis pas sans frissonn]1 je me s]rai contre ,gasp>d1 il me semblait que celui qui allait p\rtant prir comme moi1 devait encore me s]vir d'appui2 le pr9ce fut se plac]1 et l'il fix sur l'arne sanglante1 le mon/re vit excut] d'abord les deux turcs1 ensuite les quatre europens et les trois femmes arabes2 il ne re/ait donc plus que ,gasp>d et moi1 on vi5t me *]*] la premire1 j'embrasse mon ami1 je meurs cont5te1 lui dis-je1 puisqu'on m'p>gne au mo9s la d\leur de v\s voir prir mes yeux1 puis runissant mon c\rage et mes =ces1 je m'lance au milieu du c]cle2 l'excuteur me saisit4 --,oh6 madame1 dit ,lonore1 en frmissant de s\v5ir1 si j'ai cru voir la mort de prs1 j'ose bi5 dire que c'e/ dans cette t]rible occasion4 ,p\r l'accomplissem5t de cette crmonie -peu-prs comme p\r celle o l'on *tie les enfans1 la portion de *air que l'on dc\vre1 e/ celle que la nature a place au bas de nos re9s1 et cela1 p\r que ri5 ne puisse mettre ob/acle l'introduction du pieu dans la p>tie de/9e au supplice4 ,on dg>nit donc promptem5t1 aux yeux du mon>que obs]vateur1 ce qui gnait dans moi le local ncessaire l'action2 mais jugez ce que je dev9s1 qu& j'ent5dis1 ds qu'on me vit nue1 des cris tumultueux ret5tir dans t\te l'assemble1 et le b\rreau lui-mme me rep\ss] avec horreur4 ,trop mue de mon sort1 je n'avais pas p5s la surprise que je devais naturellem5t caus] en prs5tant un d]rire assez blanc s\s un bu/e =t noir2 la frayeur avait t gnrale2 les uns m'avai5t prise p\r un dieu1 les autres p\r un sorci]1 mais t\s s'tai5t enfuis1 le roi seul un peu mo9s crdule1 ordonna qu'on me ram5a l'in/ant ses yeux2 on fait v5ir ,gasp>d1 les int]prtes s'avanc5t et on me dem&e ce que signifie cet tat mixte dont la nature n'(frait aucun exemple2 il n'y eut plus moy5 de fe9dre1 il fallait t\t av\]2 le roi me fit db>b\ill] devant lui1 me fit pr5dre des habits l'usage de ses femmes1 et m'ayant malheureusem5t tr\ve de son gt s\s cette mtamorphose1 il me dcl>a qu'il fallait m'apprt] recevoir1 ds la mme nuit1 l'honneur de s]vir ses plaisirs4 --,fune/e arrt1 me dis-je1 diffr5ce bi5 lgre entre le supplice qui m'att5d et celui o j'*appe4 -- ,sa9ville6 4 4 4 ,sa9ville1 ne m'aim]ais-tu pas mieux empale4 ,en considration des plaisirs que le roi de ,s5n> se promettait avec moi1 il accorda la vie au jeune ,portugais1 mais on n\s sp>a aussitt1 il fut plac p>mi les esclaves1 et moi relgue dans une petite *ambre att5ant au h>em4 ,une meute affreuse surv9t heureusem5t p\r moi le mme soir1 elle tait occasionne p> nos compagnons de voyage2 furieux de ce qui v5ait de n\s arriv]1 ils n\s v5geai5t1 et le tumulte dev5ait si pressant dans la ville1 que le roi avait t oblig de m>*] en p]sonne la tte de ses tr\pes1 p\r en arrt] le dsordre2 il r5tra =t t>d1 et se tr\vant h>ass2 il se retira seul dans son app>tem5t1 en me faisant dire que je ne j\irais que le l5dema9 des graces qu'il lui plaisait de m'accord]4 ,cette n\velle me calma1 c'e/ un trsor que le tems p\r un malheureux1 celui qu'on lui donne quelque c\rt qu'il soit1 lui p>at t\j\rs suffisant se dgag] des f]s qui lui sont prp>s1 et son ame s'pan\it en proportion des heureux dlais qu'il obti5t4 ,la nuit tait dj trs-avance2 anantie sur mon balcon1 je me livrais mille projets plus s+uli]s les uns que les autres1 p\r ta*] de me s\/raire aux n\veaux maux dont j'tais m5ace2 enc\rage p> mon heureuse toile1 je ne d\tais pas que le sort ne m'(frit incessamm5t les moy5s de fuir1 lorsque t\t--c\p j'ent5dis prononc] mon nom2 qui m'appelle1 dis-je8 qui peut donc s'occup] encore de la plus malheureuse des femmes8 ,le meilleur ami qu'elle ait au monde1 me rpondit-on1 l'in=tun ,gasp>d qui vi5t p\r la sauv]4 --,gasp>d6 ,dieu1 qu'ent5ds-je4 -- ,lonore6 laissez-v\s gliss]1 peu de hauteur1 n\s sp>e1 je le vois1 has>dez t\t et n'ayez nulle cra9te1 un des g>des du tyran gagn p> mes l>gesses1 e/ l qui n\s att5d1 il s'*appe avec n\s2 fuyons3 la c>avanne p>tie t\t de suite aprs l'meute1 n'e/ pas deux mille d'ici1 n\s la rejo9drons aism5t2 pressons-n\s1 le beaume qui c\le sur des playes brlantes1 la rose qui rafra*it le calice des fleurs dsse*es p> le v5t du ,midi1 produis5t des effets mo9s d\x1 que ces p>oles ne fir5t sur mon cur1 je ne p]dis pas une m9ute1 et sans mesur] des yeux la hauteur1 je me prcipite dans les bras que me t5d ,gasp>d4 ,son guide et lui m'emport5t l'in/ant1 et en mo9s de trois qu>ts d'heure d'une m>*e =ce1 n\s rejoign5t nos cam>ades1 un peu surpris de mon *angem5t d'tat1 mais dont n\s ne fmes pas mo9s reu avec des transports inexprimables de joie4 ,t\s les hommes devi5n5t frres qu& le pril les rassemble2 le gnreux soldat qui n\s sauve1 e/ rcomp5s de n\veau1 j'embrasse mille et mille fois ,gasp>d1 les p>oles manqu5t aux s5tim5s de ma reconnaissance1 notre ngre et nos effets se retr\v5t dans le plus gr& ordre1 et notre r\te se p\rsuit4 ,ah6 je respire1 dit le comte1 v\s m'avez fait une frayeur 4 4 4 moi qui connais si peu ce s5tim5t-l2 il n'app>ti5t1 je crois1 qu' l'intrt que v\s inspirez de le faire natre dans mon ame2 voil peut-tre la premire fois de la vie qu'une jolie femme se sauve p> de tels moy5s2 il en e/ mille qui se s]ai5t p]dues p\r avoir montr ce que v\s ftes voir4 --,en vrit1 comte1 dit la prsid5te4 --,mais madame laissez-moi rire l'aise1 d'une av5ture qui n'a po9t d'exemple1 je v\s assure que cette p>tie blan*e en contra/e avec un mufle noir devait produire un des plus plaisants effets4 --,cont9uez1 cont9uez ma fille1 c> ce maudit comte e/ insupportable4 ,en sortant de ,s5n>1 reprit ,lonore1 n\s gagnmes ,bakas1 petit village sur le bord du ,nil1 que n\s tr\vmes sec en cet endroit4 ,de-l1 n\s p>v9mes ,gisim1 endroit plus considrable1 mais situ dans la mme position1 relativem5t au fleuve1 et cep5dant au milieu d'une =t o n\s vmes des arbres que dix hommes n'embrass]ai5t pas2 une de ces mon/rueuses productions de la nature1 m9e de vieillesse1 =mait l'intrieur une *ambre o se s]ait t5u c9quante p]sonnes l'aise4 ,ce fut l o n\s fmes obligs de quitt] nos *ameaux cause des montagnes qui n\s re/ai5t trav]s]2 entirem5t remplies d'h]bes qui les empoisonn5t ds qu'ils en mang5t4 ,n\s trav]smes en sortant de ,gisim1 des =ts sup]bes de tam>9s t\j\rs v]ts1 portant une espce de prune dont le gt n'e/ po9t dsagrable2 ces =ts o jamais le soleil ne pntre cause de leur paisseur1 sont d'un frais s\v5t fune/e aux passag]s2 mais la bont de mon tempram5t1 et la vigueur de mon ge1 me g>antir5t de t\s ces maux1 et sans les cruelles inquitudes de mon esprit1 cette r\te t\te dang]euse qu'elle e/1 ne m'eut (f]t que de l'agrm5t2 n\s arrivmes de-l1 ,s]k1 petite ville au milieu des montagnes1 situe dans un joli valon1 rafra*ie d'un petit ruisseau qui sp>e l'?iopie du royaume de ,s5n>2 p>t\t dans cette n\velle contre1 n\s tr\vmes la plus belle et la plus brillante agriculture3 le cotton1 les cannes de bamb\s1 les b5i]s et une multitude de plantes aromatiques1 v>i5t agrablem5t les ri*esses du sol2 mais la multitude de lions que l'on ent5d mugir aut\r de soi di/rait un peu du plaisir que l'on tr\ve trav]s] ce beau pays4 ,on e/ oblig d'allum] de gr&s feux p\r c>t] ces animaux dont la socit sans ces prcautions p\rrait bi5 n'tre pas trs-d\ce4 ,quelques j\rs ensuite1 n\s passmes plusieurs rivires =t dangreuses1 et peu aprs n\s trav]smes une pla9e ombrage de gr5adi]s1 dont n\s dvormes les fruits4 ,l1 nos bagages1 s\s la g>de des diffr5ts seigneurs de t]re o n\s passions1 tai5t ports p> leurs vassaux1 de t]ritoires en t]ritoires1 ce qui dura t\t le tems que n\s fmes en ?iopie4 ,quoique n\s ne pntrmes pas jusque dans la capitale de cet empire1 j'en vis assez1 p\r p\voir v\s p>l] en peu de mots d'un pays qu'on frqu5te trop peu et qui p>-t\t1 (fre l'il du philosophe et du naturali/e1 une f\le d'objets intressants4 ,il n'e/ sans d\te aucune prov9ce en ,europe plus arti/em5t cultive1 le ,c>damomum et le ,g+embre en donnant ces pla9es un aspect flatteur1 p>seme l'air1 d'atomes les plus odoriffrans2 agrablem5t c\pes1 p> de va/es rivires bordes de lis1 de jonquilles1 de tulipes et de violettes2 on se croit dans le p>adis t]re/re1 on ne s'tonne plus en voyant ce climat que quelques imag9ations ard5tes ay5t plac ce lieu de dlices dont notre premi] pre eut la mal-adresse de se faire *ass] p\r une pomme1 fruit qu'on n'y ap]oit p\rtant nulle "p4 ,les =ts plus dlicieuses encore que les pla9es1 sont remplies d'orang]s1 de citroni]s1 de gr5adi]s et de plusieurs autres arbres t\j\rs c\v]ts de fleurs1 p>mi lesquels on en voit qui port5t des roses1 d'une odeur bi5 plus =te et bi5 plus dlicate que les notres4 ,les peuples de cette contre qu'on a long-tems confondues avec ceux de la ,nubie leurs vois9s1 en diffr5t p\rtant beauc\p p> la figure2 ceux-ci sont d'un brun tirant un peu sur l'olive1 leur taille e/ haute et maje/ueuse1 leurs traits agrables1 ils ont presque t\s les yeux beaux2 le nez bi5 pris1 les lvres m9ces1 et les d5ts trs-blan*es1 au lieu que ceux que n\s quittions sont =t noirs et n'ont absolum5t d'autres traits que ceux des ngres que v\s connaissez4 ,les ?iopi5s suiv5t la religion ,copte1 sorte de culte mlang du ,ca?olicisme et du ,grec4 ,ils sont trs-dvots1 gr&s adorateurs de sa9ts pr(ondm5t pntrs de la possibilit des miracles1 et sur-t\t de celui de la transub/antiation1 quoiqu'ils ay5t aussi p>mi eux des g5s assez raisonnables p\r rejet] un dogme1 o la foi1 le plus trompeur des guides e/ si ncessaire p\r s\mettre la raison rvolte4 ,eh6 comm5t p\voir admettre1 disait un de ces philosophes ,gasp>d1 assez heureux p\r s'entret5ir devant moi quelques in/ans avec lui en langue lat9e1 comm5t suppos] un dogme aussi impossible que celui de la transub/antiation8 ,n'e/-ce donc pas s'aveugl] plaisir que de prfr] au s5s rel des p>oles de ,jsus-,*ri/1 un inexplicable my/re qui ne peut se suppos] qu'en contr>iant t\tes les lumires de la raison8 ,e/-il vraisemblable qu'un tre bon v\lut ce po9t abus] de la crdulit des hommes8 ,n'e/-ce pas une *ose galem5t absurde et dgtante que d'imag9] qu'un dieu n\s ordonne de mang] sa *air2 n'e/-ce pas une *ose ridicule et atroce que d'os] croire qu'un homme1 fut-ce mme un sa9t1 puisse avoir la facult d'voqu] son dieu p> des p>oles1 et de le faire desc5dre son gr dans des lm5s corruptibles et dissolubles8 ,ou ce ,dieu desc5d dans l'ho/ie corporellem5t ou il s'y transporte en esprit1 s'il y desc5d corporellem5t1 comm5t n'emplifie-t-il pas p> la matire8 ,et comm5t cette ho/ie n'e/-elle pas d'un volume diffr5t aprs l'incorporation qu'avant8 ,s'il n'y desc5d qu'en esprit1 comm5t cette ess5ce div9e peut-elle s'introduire dans des portions de matires1 sans les vivifi]8 ,ou il faut que l'ho/ie grossisse aprs l'incorporation1 si elle s'e/ faite *>nellem5t1 ou il faut qu'elle s'anime si la jonction n'e/ que spirituelle1 c> la mtamorphose totale e/ absolum5t impossible2 un *angem5t quelconque ne peut s'opr] idalem5t1 t\te mutation suppose une cessation des p>ties visibles du premi] corps1 et une prompte jonction des lm5s du second corps dans les p>ties dcomposes du premi]1 procd qui ne peut s'opr] que p> le *oc des atmes des premi]s lm5s sur les atomes des seconds2 mais l'opration doit tre app]ue1 elle n'e/ sans cela qu'illusoire et dans le cas d'tre rejette de t\s les bons esprits4 ,ce n'e/ donc que comme incorporation que n\s p\vons concevoir l'eu*>i/ie4 ,or1 v\s v5ez de voir que cette incorporation e/ impossible4 ,inutilem5t direz-v\s que ri5 n'e/ tel dieu4 ,ce raisonnem5t e/ faux1 inv9ciblem5t en*an lui-mme p> ses premi]s actes1 il ne peut plus faire auj\rd'hui que les effets de ses crations1 ay5t des qualits diffr5tes de celles qui leur imprima d'abord2 il lui e/ p> exemple impossible de *ang] la nature des lm5s1 il ne peut leur t] leur proprit2 celui qui a rec\rs au miracle p\r expliqu] ce qu'il ne conoit pas1 e/ un sot qu'on doit pla9dre et ne jamais c\t]4 ,un miracle e/1 selon lui1 un effet de la t\te-puissance de dieu qui droge cet g>d aux loix gnrales qu'il a tablies4 --,peut-on prt] de p>eils s5tim5s l'tre-,suprme8 ,s'il a beso9 de drog] ses premires oprations p\r se faire croire p> l'homme1 il convi5t donc que ce qu'il avait fait avant1 n'avait pas assez de puissance p\r mrit] notre foi8 il av\e donc qu'il a mal fait d'abord1 et qu'il faut ma9t5ant qu'il fasse mieux1 4 4 4 premire absurdit2 mais qui v\s p]suade d'ailleurs que dieu raisonne a9si8 ,qui v\s pr\ve dans lui cette action de drog] que v\s nommez miracle8 ,quelque puisse tre votre mauvaise volont l'g>d de ce dieu si maltrait de v\s1 comm5t p\vez-v\s croire qu'il se conduise comme v\s le faites agir8 ,connaissez-v\s t\tes les loix de ,dieu1 p\r os] s\t5ir votre sy/me8 et le plus tonnant des phnomnes1 s'(frit-il mme v\s1 qui v\s assure que ce qui v\s surpr5d n'e/ pas une des loix de dieu que v\s avez ignor jusqu'alors8 et si c'en e/ une1 de quel droit osez-v\s l'appel] miracle8 mo9s qu'on ne me p]suade qu'il e/ impossible que le phnomne qui me frappe1 puisse dp5dre des loix gnrales de la nature2 on ne p\rra jamais me conva9cre que ce phnomne puisse tre un miracle4 ,il ne peut y avoir de miracles que dans l'vnem5t qui contr>ie les loix de la nature2 or1 quel e/-il1 et quel peut-il tre cet vnem5t8 ,e/-ce n\s le dcid]8 n\s qui ne sommes pas encore p>v5us dvoil] le qu>t des my/res de cette nature incomprh5sible4 4 4 4 suppos] donc qu'il s'oprt ce *angem5t dont il s'agit 4 4 4 2 qu'il s'oprt d'une manire visible1 s\s les p>oles magiques du prtre1 ignorant si cette mutation n'e/ pas et ne peut pas tre une des loix de la nature2 je p\rrais encore mme en la voyant ne pas la suppos] un miracle2 je p\rrais en la reconnaissant1 n'en ri5 conclure en faveur de la cause1 mais que s]a-ce qu& je ne vois ri5 de cette mtamorphose8 ,qu& elle ne s'opre que p>ce que v\s me le dites1 sans que ri5 puisse m'en conva9cre1 que s]a-ce qu& je v]rai ce que v\s m'affirmez1 contr>i p> des accid5s impossibles suppos] si le miracle avait lieu8 ,qu& je v]rai cette f>9e sacre1 id5tifie avec le corps d'un dieu1 se fltrir1 se putrfi]1 se laiss] dvor] aux v]s1 se brl]1 se diss\dre1 se digr]1 se rs\dre en *ile et en excrm5s1 se pr(an] enf9 sans le plus lg] risque1 puis-je raisonnablem5t admettre que ce qui conti5t un dieu1 que ce qui e/ un dieu lui-mme puisse tre s\mis des effets si humilians8 et ne vaut-il pas mille fois mieux que je rejette ce que v\s me dites sur cela1 que de l'admettre avec des contradictions d'une telle =ce1 que ma raison s'en rvolte1 que mon cur y rpugne1 et que votre dieu mme s'y dgrade4 ,un my/re doit1 dites-v\s1 confondre la raison1 il faut qu'elle plie devant l'incomprh5sibilit du my/re1 et qu'elle s'y s\mette2 mots vuides de s5s que t\t cela1 ma raison me vi5t de ,dieu1 c'e/ le seul flambeau qu'il m'ait donn p\r me conduire et p\r le connatre1 il e/ absolum5t impossible qu'il exige de moi l'adoption de *oses qui contr>i5t ouv]tem5t cette raison2 s'il et v\lu que je les crusse1 ne m'et-il pas donn une raison faite p\r les adopt]2 cela tait bi5 plus simple que de me =c] d'admettre ces *oses aux dp5s de la sorte de bon s5s que j'ai reue de lui2 p\rquoi v\lez-v\s qu'entre deux moy5s ,dieu n'ait pas *oisi le meilleur8 ,il semble que v\s pr5iez t*e de me pe9dre ce ,dieu1 hassable1 moi qui ne *]*e qu' l'ador]2 et d'ailleurs1 v\s en croyez v\s le mrite de ce my/re incomprh5sible8 ,dtrompez-v\s sur cette op9ion1 plusieurs sicles avant ,jsus-,*ri/1 ,confucius l'avait introduit dans ses dogmes1 les *9ois et les mexica9s qui desc5d5t d'eux1 croy5t comme v\s que des p>oles my/rieuses font incorpor] l'esprit sa9t du pa9 et du v9 consacrs1 on enseignait ces fables dgtantes aux coles gypti5nes1 o s'admettai5t t\tes les mtamorphoses et t\tes les mtempsycoses possibles1 et ce fut l o ,confucius1 ,pi?agore et ,jesus-,*ri/ qui y tudir5t en des temps diffr5s prir5t1 sur ces po9ts de doctr9e1 les ides dont ils composr5t leurs sy/mes4 ,mais celui de votre religion1 relatif l'eu*>i/ie1 s'explique plus facilem5t que t\tes les autres op9ions des gr&s hommes dont n\s v5ons de p>l]1 et c'e/1 p\rsuivit notre philosophe ?iopi51 une rflexion *appe vos d/es1 dont les ntres m'attribu5t ici le mrite4 c\tez-la1 et rev5ez de vos *imres4 ,t\t e/ purem5t symbolique ici comme dans t\t ce que pr(rait ,jsus1 et qu& il dit ses aptres1 quelque temps avant sa mort3 mangez1 ceci e/ mon corps2 buvez1 ceci e/ mon sang2 il v\lait dire3 ,le repas que v\s faites e/ des d5i]s que ,judas a retirs de la v5te de mon corps4 --,c'e/ mon corps que v\s allez mang]1 c'e/ mon sang que v\s allez boire4 tudiez bi5 t\tes les autres p>oles de ce prophte2 *]*ez pntr] leur s5s1 v\s reconnatrez dans t\tes1 ce mme ton de figure1 positivem5t ce mme g5re symbolique1 et c'e/ s\s cet unique s5s qu'il e/ quelquefois admirable2 mais pr5dre ses disc\rs la lettre1 e/1 non seulem5t en p]dre t\t le fruit1 c'e/ s'expos] mme1 comme dans ce cas-ci1 tomb] dans d'excrables idoltries1 et commettre des impits rvoltantes2 r5onons donc des erreurs aussi dangreuses2 adjurons jamais le sy/me effrayant de la transub/antiation1 et n'imag9ons pas tre a?e1 p\r os] n\s cri] du fond du cur avec le caph>nate3 ,quomod pote/ hic nobis d>e c>nem suam4 ,a9si raisonnait le philosophe ngre1 et ,gasp>d en*ant me disait avec en?\siasme3 je n'aurais jamais cru que tant de lumires puss5t pntr] au se9 de l',afrique4 ,on a beau propag] l'erreur1 on a beau la port] au b\t du monde1 on a beau la faire circul]1 elle tr\v]a t\j\rs des ennemis2 elle r5contr]a t\j\rs des bornes p> t\t o la raison huma9e aura lib]t de se faire ent5dre2 et j'appr\vais dom ,gasp>d1 et le philosophe noir1 p>ce que je p5sais bi5 intimem5t comme t\s deux4 ,on admet l'criture sa9te en ?iopie1 et ces peuples font usage des mmes sacrem5s que les ca?oliques2 mais ils communi5t s\s les deux espces1 et consacr5t absolum5t l'usage grec4 ,leur confession e/ beauc\p plus simple que la ntre1 peut-tre mme plus difiante1 ils s'av\5t p*eurs1 et se pro/]n5t aux pi$s de leurs prtres1 implor5t de lui l'absolution et la pnit5ce1 mais n'entr5t dans aucun de ces dtails aussi humilians p\r celui qui les fait1 que dang]eux p\r celui qui les c\te1 et qu'inutiles ce que ,dieu peut exig] des p*eurs4 ,leurs glises sont belles et propres1 ils y sont cont5us dans les bornes du plus gr& respect2 on voit dans ces temples quelques pe9tures1 mais ils n'y admett5t aucune image en relief1 ils ne les peuv5t s\ffrir1 et les reg>d5t avec raison comme des preuves sans replique1 du plus absurde paganisme4 ,leur *ant de *ur1 agrablem5t ml au son des in/rum5s1 e/ ju/e et agrable quoiqu'ils n'ay5t po9t de livres ns2 ils us5t comme les juifs et les turcs de la circoncision1 mais ils n'y atta*5t d'autre ide que celle d'imit] le ,dieu qu'ils rvr5t et qui s'y e/ s\mis comme eux4 ,ds que n\s fmes en ?iopie1 dom ,gasp>d v\lut me faire voir les fameuses s\rces du ,nil dont n\s n\s tr\vions assez prs3 une petite tr\pe de la c>avane se joignit n\s p\r all] admir] cette m]veille de la nature4 ,du sommet d'une montagne =t leve1 situe au nombre de celles que l'on appelle les ,monts de la lune1 sort5t avec un bruit p\vantable deux grosses s\rces d'eau1 l'une l',ori5t1 l'autre l',occid5t4 ,ces s\rces =m5t deux ruisseaux qui se prcipit5t avec une imptuosit surpr5ante1 dans un sol m>cageux c\v]t de cannes et de joncs1 l elles se p]d5t et ne rep>aiss5t plus qu' d\ze lieues de la montagne o elles =m5t en se runissant le fleuve du ,nil1 qu'augm5t5t dans sa c\rse une inf9it d'autres rivires4 ,non lo9 de-l1 ce fleuve (fre une assez gr&e s+ul>it1 ses eaux maje/ueuses pass5t au trav]s d'un lac =t considrable sans qu'il en rsulte aucun mlange #c4 ,c'e/ au milieu des eaux de ce lac que l'emp]eur d'?iopie possde un palais sup]be1 mais que n\s n'emes pas le temps d'all] voir4 ,n\s app]umes dans notre incursion cet animal extraord9aire1 -peu-prs de la grosseur d'un *at1 qui a le visage d'un homme1 une trs-belle b>be blan*e1 et une voix semblable celle d'une p]sonne qui se pla9t2 il se ti5t communm5t sur des arbres1 et ne s'apprivoise que trs-difficillem5t2 d\ du mme am\r p\r la lib]t que l'homme2 il dprit et meurt ds qu'on l'en*ane4 ,presque t\tes les villes de l'?iopie se ressembl5t1 elles sont t\tes basses1 ornes de t]rasses au-dessus1 et sp>es les unes des autres p> des haies c\v]tes de fleurs et de fruits1 entremles d'arbres plants des di/ances rgulires4 ,j'aurais bi5 desir de p>c\rir ces prov9ces1 mais p\r excut] ce projet il eut fallu suivre la p>tie de notre c>avane qui a*evait la r\te dans le milieu des t]res1 et qui desc5dait au ,monomotapa1 p> le royaume de ,monomugi1 en trav]sant les affreux ds]ts des ,caffres4 ,dom ,gasp>d ne v\lut pas m'expos] aux t]ribles dang]s de cette r\te1 et comme la c>avane se sp>ait ici1 n\s suivmes la portion de nos voyageurs1 compose d'holl&ais et de portugais1 qui prit la rsolution de gagn] les bords du fleuve ,zb1 et de s'y emb>qu] p\r le desc5dre jusqu' ,monbaca1 sur la cte du ,zamgueb> o n\s devions tr\v] un comptoir portugais2 cette manire plus commode de voyag]1 (frant beauc\p mo9s d'vnem5s1 v\s p]mettrez que je v\s transporte t\t de suite ,monbaca o dom ,gasp>d me prs5ta ses compatriotes comme une jeune franaise que des malheurs sans nombre avai5t fait tomb] dans ses ma9s1 et qu'il s'tait engag de ram5] en ,europe ds que les affaires qu'il avait au ,monomotapa s]ai5t f9ies4 ,la noblesse du procd de dom ,gasp>d qui ne v\lut jamais pr5dre avec moi d'autre titre que celui d'ami1 ni me prs5t] jamais aux europens qu'il r5contrait1 que comme il v5ait de le faire2 cette gnrosit1 dis-je1 jo9t t\t ce qu'il avait dj fait p\r moi1 me t\*a jusqu'aux l>mes2 plut au ciel que j'eusse t\j\rs tr\v dans sa nation des g5s aussi honntes que lui1 je n'aurais pas t expose t\s les malheurs qui me re/5t encore v\s pe9dre4 ,n\s sj\rnmes peu dans le premi] comptoir portugais2 les affaires de dom ,gasp>d1 et plus que t\t l'empressem5t qu'il avait de s'acquitt] env]s moi en me remettant1 le plus vte possible1 en ,europe1 ne lui p]mir5t pas de s'arrt] ,monbaca2 quoique t\te cette cte soit g>nie d'tablissem5s portugais1 et qu'il n\s fut dev5u facile de t\*] la de/9ation de dom ,gasp>d1 en desc5dant de l'un l'autre2 il tr\va plus simple de pr(it] d'un vaisseau holl&ais qui faisait r\te v]s le ,cap1 et qui s]rant la cte1 n\s rel*a aux b\*es du ,guama o de petites b>ques portugaises qu'on y tr\ve t\j\rs1 n\s am5r5t en peu de tems au =t de ,sna1 premi] comptoir de cette nation sur les frontires du ,monomotapa4 ,mon ami y conclud quelques affaires dont il tait *>g p> le consul d',alex&rie1 et n\s en "pmes promptem5t1 p\r n\s r5dre au =t de ,tt o tait notre de/9ation1 en att5dant la possibilit de regagn] l',europe4 ,cet tablissem5t tait compos d'un *ef1 homme d'environ qu>ante-c9q ans1 de quatre commis1 et d'une g>nison de soixante ,portugais ou multres1 comm&s p> trois (fici]s4 ,dom ,lopes de ,riveiras1 c'tait le nom de ce *ef1 avait avec lui1 p\r matresse1 une trs-jolie ,espagnole de v+t-trois ou v+t-quatre ans1 que l'on nommait ,clm5t9e1 fille d'esprit1 p>lant deux ou trois langues1 in/ruite1 ayant beauc\p lue1 bonne musici5ne1 d'une vivacit prodigieuse1 d'un c>actre agrable et enj\1 mais sans religion1 sans pr9cipes1 quoique ses murs ne fuss5t pas encore entirem5t corrompues4 ,comme v\s allez me voir vivre quelque tems avec cette n\velle amie1 v\s me p]mettrez de v\s la pe9dre avec un peu de dtails4 ,clm5t9e tait de ,madrid1 ne dans la classe des c\rtisanes1 elle n'en avait p\rtant jamais ex]c le mti]4 ,sa mre1 autrefois trs-clbre p> ses amans1 ses friponn]ies et ses *>mes1 il tait difficile que sa jeune lve pt avoir une morale bi5 pure2 et quoique celle-ci n'et jamais eu dans sa vie que deux amans1 le ,duc de ,m$9a-,celi1 qui l'avait a*et de sa mre1 et l'avait entret5u secrettem5t dans son palais1 depuis l'ge de d\ze ans1 jusqu' celui de dix-sept2 l'autre1 ,dom-,lope de ,riveiras1 qui l'avait emm5 en ,afrique1 la sollicitation du ,duc1 dont il tait protg1 quoique la belle ,clm5t9e1 dis-je1 n'et jamais connu que ces deux hommes1 elle avait une sorte de lib]t9age dans l'esprit qui r5dait sa socit dang]euse p\r une femme de mon ge2 et comme elle joignait cela1 du liant1 de l'esprit1 de la complaisance et beauc\p de sduction2 il tait1 on ne peut pas plus facile1 que la dpravation de sa tte1 pt s't5dre ce qui l'ent\rait4 ,le mot de v]tu n'(frait aucune ide l'imag9ation de cette fille s+ulire1 celui d'am\r n'en donnait que de *imrique4 ,ce s5tim5t1 prt5dait- elle1 n'exi/ait plus que dans les vieux romans2 une femme devait en donn] et n'en jamais pr5dre4 ,atta*ant un peu plus de prix l'amiti2 mais ne la supposant possible qu'entre sexes gaux1 elle av\ait qu'on p\vait accord] son cur une amie1 qu& la ressemblance des gts et des c>actres tait absolum5t p>faite1 et qu'il n'exi/ait aucune rivalit4 ,d'ailleurs1 t\s li5s1 t\s devoirs tai5t nuls aux yeux de ,clm5t9e2 la bont1 selon elle1 n'tait qu'une dup]ie1 la s5sibilit qu'une faiblesse dont il fallait se g>antir2 la mode/ie une erreur qui n'allait jamais qu'au dtrim5t des *>mes d'une jolie p]sonne2 la fran*ise une imbcillit dont on tait t\j\rs la dupe2 l'humilit une btise2 la temprance une privation qui glaait les plus beaux ans de la vie1 et la religion une mom]ie dont il ne fallait que rire4 ,cette *re compagne1 telle que la voil pe9te au moral1 avait de plus un physique trs-voluptueux2 elle tait gr&e et dess9e comme ,vnus2 la peau d'une blan*eur bl\issante1 quoique ses *eveux et ses yeux fuss5t du plus beau noir2 il rgnait dans ses yeux fripons que j'esquisse1 une langueur qui semblait veill] l'am\r1 et l'excit] dans t\s les sexes2 ses reg>ds d'une incroyable expression1 p>lai5t mme sans le v\loir2 et v\s adressa-t-elle les *oses les plus simples1 elles avai5t t\j\rs l'air du s5tim5t4 ,qu& elle le v\lait1 elle avait une manire de les ouvrir demi1 et d'ad\cir leur vivacit1 qui ne r5dait plus qu'intressant et d\x1 ce qu'elle avait desse9 de leur laiss] dire2 mais la volupt ou la j\issance les animai5t-ils1 on ne p\vait en s\t5ir le feu2 elle avait le nez f91 dlicat et s]r1 les lvres v]meilles et m9ces1 la b\*e petite et les plus belles d5ts qu'on pt voir4 ,avec une taille svelte et trs-peu d'embonpo9t1 t\tes ses masses tai5t nanmo9s =tem5t prononces2 sa gorge ronde et mme un peu ple9e1 a9si que ses han*es1 ses bras1 ses jambes1 et p>-dessus t\t cela1 un air de fra*eur1 de sant qui la faisait desir] de t\s les hommes4 4 4 4 ,malgr tant de graces 4 4 4 ,v\s me p>donn]ez ce petit m\vem5t d'orgueil2 p>-t\t o n\s avons p>us ensemble1 mes succs ont t bi5 plus srs2 il e/ vrai que j'avais sept ans de mo9s1 et une sorte de c&eur et d'innoc5ce dans les traits1 qu'aucune cause n'avait pu dtruire dans moi comme dans elle4 4 4 4 ,on a beau trait] ce-ci de *imre1 les s5tim5s de notre ame influ5t s+ulirem5t sur le c>actre de nos traits2 l'habitude o n\s sommes de leur faire pr5dre les diffr5s m\vem5s des passions qui n\s agit5t1 fait qu'il e/ difficile qu'ils ne g>d5t pas1 de prfr5ce1 le ton donn p> la passion favorite1 et beaut gale2 la pudeur imprim]a t\j\rs sur eux une sorte d'intrt et de maje/ qu'on ne dml]a po9t dans une femme immode/e1 ddaignant les graces naves1 dont la v]tu fait ad\cir l'clat de la beaut4 ,une vieille femme s]vait de dugne ,clm5t9e2 une plus jeune tait sa femme de *ambre1 et ,dom ,lopes la faisait d'ailleurs s]vir p> ses g5s4 ,dom ,gasp>d m'avait prs5t dans cette n\velle socit1 comme il avait fait p>-t\t2 mais ne se tr\vant ici qu'en qualit de subalt]ne1 on mesurait malheureusem5t la mdiocrit de ce grade1 les politesses que n\s recevions2 et comme on d\tait un peu de la manire v]tueuse dont n\s vivions1 mon ami et moi1 on ne t>da pas de n\s en plaisant]4 ,six sema9es dtrompr5t p\rtant les esprits1 et je fus assez heureuse p\r les ram5] t\s une manire plus honnte de p5s] sur notre compte3 le respect remplaa la calomnie3 on se dfit des prjugs2 on n\s r5dit ju/ice1 et n\s acqumes bi5tt1 ,dom ,gasp>d et moi1 p> cette conduite1 la considration de nos *efs4 ,mon jeune ami me tmoignait *aque j\r combi5 il tait dsol que ses affaires miss5t ob/acle l'empressem5t qu'il avait de me t5ir p>ole1 et m'assurait en mme-tems que l'anne ne se f9irait pas sans qu'il obt9t la p]mission de repass] dans sa patrie4 ,cep5dant je recevais beauc\p d'amiti de ,clm5t9e1 et je lui r5dais de bon cur le s5tim5t qu'elle me montrait4 ,le premi] effet de sa confiance fut de m'av\] qu'elle n'aimait nullem5t ,riveiras1 et qu'elle ne desirait1 pas mo9s que moi1 de ret\rn] en ,europe2 mais que bi5 plus in=tune1 sans d\te1 elle n'en avait pas le mme espoir4 ,je crois p\rtant1 m'aj\ta- t-elle1 que ,dom ,lopes se refroidit2 comme je ne l'ai jamais aim1 je le dmle mieux3 il faut tre froide avec les hommes p\r les connatre2 et il e/ bi5 plus important p\r n\s de les savoir1 que de les aim]4 ,je v\drais bi5 tre sre de l'indiffr5ce de ,dom ,lopes2 ce qui afflig]ait une autre1 me combl]ait de joie2 une fois que je lui dplairais1 il ne s'oppos]ait plus mon ret\r2 mais de cra9te d'tre ab&onne t\t-- fait1 je dois mnag] les moy5s que j'ai d'anantir sa flamme2 et mon rle e/ d'autant plus difficile1 qu'il faut que j'aie l'air de l'aim] encore1 en le contraignant me har4 ,les *oses tai5t en cet tat1 lorsqu'un vnem5t t]rible v9t me plong] moi-mme dans le plus gr& *agr9 que j'eusse encore ress5ti depuis le fatal in/ant qui m'avait sp> de ,sa9ville4 ,dom ,gasp>d tomba malade2 une fivre ard5te s'emp>a de son sang1 et il expira le quatrime j\r dans mes bras1 t\j\rs occup de moi1 ne s'inquitant jamais que de mon sort1 prsageant les malheurs o m'allait entran] sa p]te1 et ne regrettant la vie que p> le dsespoir de ne plus p\voir m'tre utile4 ,quelle situation6 4 4 4 ,au fond de l',afrique1 plus de deux mille lieues de ma patrie1 au milieu de g5s pe9e connus1 sans ress\rce1 ne sa*ant que dev5ir1 seulem5t taye d'une n\velle amie dont je connaissais dj le peu de s5sibilit 4 4 4 ju/e ciel6 quel tat6 je n'avais pas beso9 de ce surcrot de d\leur p\r pleur] amrem5t dom ,gasp>d2 l'honntet que j'avais reconnue dans ce jeune homme1 la puret de ses s5tim5s1 ses att5tions s\t5ues lui avai5t trop bi5 mrit mon e/ime1 p\r que mes l>mes ne fuss5t pas s9cres1 ses d]nires p>oles fur5t des recomm&ations et des prires in/antes dom ,lopes de l'acquitt] de sa promesse1 et ne p\vant plus se contra9dre en ce fatal in/ant1 le malheureux jeune homme expira1 en jurant qu'il n'avait jamais ador que moi4 ,sa9ville1 int]rompit ici le comte de ,beaul1 aprs une liaison comme celle l1 il ne fallait ri5 mo9s1 ce me semble1 que l'exam5 fait *ez b5 ,maacoro1 p\r v\s rassur]3 monsieur le comte1 rpondit ,sa9ville1 du mme ton de plaisant]ie1 cette preuve de plus de la sagesse d',elonore tait inutile qui connaissait son cur1 l'am\r dlicat et s5sible n'e/ po9t jal\x des droits de l'amiti4 4 4 4 ,en vrit1 comte1 dit madame de ,s5neval1 n\s v\s faisons grace de vos rflexions1 c> elles sont d'une indc5ce4 --,je le savais4 4 4 4 ,indc5t qu& on v\s s\ponne1 mesdames1 comme si malheureusem5t p\r v\s on n'en avait pas sujet t\t in/ant3 ,je rponds d',elonore1 dit madame de ,blamont1 je p>ie qu'elle n'e/ pas mme c\pable d'une seule p5se env]s dom ,gasp>d4 ,oh6 p\r des p5ses1 dit le comte1 c'e/ ce dont les femmes ne s'accus5t jamais2 ne p>lons pas des p5ses1 je v\s prie1 il n'y aurait pas au monde une seule femme de *a/e1 si leurs p5ses se mettai5t au j\r4 ,je s]ais donc cette femme unique1 reprit l'p\se de ,sa9ville1 c> je prote/e que depuis que j'exi/e1 mon esprit t\j\rs dirig p> mon cur1 n'a pas conu une seule ide qui n'ait eu mon m>i p\r objet4 ,allons1 cont9uez donc1 belle ,lonore1 dit le comte1 v\s tes faite p\r les s+ul>its1 c'e/ l'hi/oire du sang1 n'e/-ce pas1 ma *re prsid5te4 ,madame de ,blamont baissa ses deux gr&s yeux1 elle r\git1 et notre belle av5turire pr(itant du sil5ce qu'on faisait de n\veau p\r l'ent5dre1 cont9ua de la manire suivante3 ,on s'occupait vivem5t au =t de ,tt1 qu& dom ,gasp>d m\rut1 de la runion de cette colonie avec celle de ,b5guele1 p> le milieu des t]res et d'un tablissem5t dans le royaume de ,butua4 ,le cab9et de ,lisbonne1 t\j\rs rempli de ce plan1 donn p> le comte de ,s\za1 ne cessait d'excit] ces deux colonies se jo9dre1 et dom ,lopes qui avait acquis du c>actre de ,b5-,maacoro1 s\v]a9 de cette p>tie du c5tre de l',affrique1 t\tes les connaissances ncessaires p\r y russir1 songeait srieusem5t entam] la ngociation1 lorsque huit j\rs aprs la p]te que je v5ais de faire1 et comme je rfl*issais aux moy5s de repass] en ,europe1 dom ,lopes n\s fit entr]1 ,clm5t9e et moi1 dans son cab9et2 l1 t\tes les portes soigneusem5t ref]mes1 n\s ayant dit de l'c\t] avec la plus gr&e att5tion1 il n\s t9t -peu-prs ce disc\rs4 ,clm5t9e1 dit-il en s'adressant sa matresse1 il m'e/ impossible de ne pas reconnatre le b de vos desirs2 vos s5tim5s p\r moi sont anantis1 et v\s n'aspirez plus qu' ret\rn] en ,portugal1 ne *]*ez po9t m'abus]1 cont9ua-t-il vivem5t1 v\s tes sduisante1 v\s tes artificieuse1 et v\s me tromp]iez peut-tre encore si je ne m'tais pas dgag le premi]4 4 4 4 ,quant v\s1 mademoiselle1 p\rsuivit-il en me reg>dant1 ri5 de plus naturel que vos desirs sur le mme objet4 ,aucun li5 ne v\s atta*e n\s1 v\s ret\rniez dans votre patrie1 v\s devez donc tre dans les mmes int5tions2 cep5dant quelque lgitime que puiss5t tre vos volonts sur cela1 leur accomplissem5t dep5d de moi1 je puis ou p]mettre ce d"p ou le rompre suivant que ma fantaisie ou les affaires de ma c\r devront ou non s'y oppos]2 mais l'am\r n'y s]a p\r ri51 je v\s le dcl>e2 ,clm5t9e1 je r5once aux s5tim5s que j'ai eus p\r v\s1 et v\s1 mademoiselle1 je n'en conu jamais p\r vos *>mes4 ,excutez t\tes deux le projet h>di que je vais v\s confi]1 une fois rempli1 un vaisseau v\s att5d1 des fonds sont prts1 et s\s trois mois v\s tes ,lisbonne4 -- ciel6 monsieur1 que faut-il faire1 m'criai-je avec vivacit1 dites1 dites1 je v\s rponds de moi1 j'entrepr5ds t\t p\r obt5ir ce que v\s m'(frez4 --,je fais le mme s]m5t1 aj\ta ,clm5t9e1 tu l'z dc\v]t1 dom ,lopes1 j'aspire revoir ma patrie1 ordonne1 j'imite ,lonore4 --c\tez- moi donc1 reprit le portugais4 ,n\s ne sommes occups ici que de n\s runir la colonie de ,b5guele1 p> une suite de =ts que n\s desirons con/ruire trav]s les t]res1 depuis les limites du ,monomotapa1 jusqu' la baye ,sa9te-,m>ie1 mais le peuple avec lequel il n\s faut des alliances p\r la russite de ce desse91 e/ le plus cruel et le plus froce de l'affrique2 il e/ de plus trs- gu]ri]1 quoique peu nombreux1 et comme n\s sommes encore bi5 plus faible que lui1 n\s devons dsespr] d'en v5ir b\t p> les armes1 il ne n\s re/e que la politique et la ruse2 ,b5maacoro e/ le nom du s\v]a9 de ce peuple1 son am\r p\r les femmes e/ au-del de t\te expression2 les blan*es sur-t\t ont un p\voir dcid sur lui2 une femme de cette c\leur e/ sre d'en faire ce qu'elle veut4 ,je v\s de/9e ce mon>que 4 4 4 1 v\s tes faites p\r l'en*an]4 4 4 4 ,je vais lui faire donn] de faux avis1 l'engag] attaqu] mon =t1 le lui laiss] pr5dre 4 4 4 bi5 sr de le ravoir qu& je v\drai4 ,il v\s f]a prisonnires dans ce =t1 ou v\s conduira sa c\r4 4 4 4 v\s irrit]ez son cur 4 4 4 1 v\s enflamm]ez ses passions1 v\s y cd]ez1 et v\s v\s s]virez de l'empire que v\s aurez acquis p> elles1 p\r le dcid] l'alliance que desire mon s\v]a94 ,mais si v\s v\lez russir1 bannissez la jal\sie d'entre v\s1 elle tr\bl]ait vos manuvres1 elle fairait avort] l'entreprise2 que celle qui ne s]a po9t prfre1 n'en s]ve pas mo9s l'autre avec ardeur2 que celle qui aura triomph1 *ange aussitt en lauri]s les mir!s de l'am\r2 qu'elle ne se s]ve de son crdit que p\r remplir notre b4 ,ne cessez jamais d'tre unies1 de v\s sec\rir1 de v\s s\t5ir t\tes deux1 votre intrt mutuel le dem&e1 celui du projet l'exige4 ,l'alliance faite1 la p]mission de con/ruire des =ts dans le royaume de ,butua1 accorde1 v\s engag]ez ce mon>que me le faire savoir1 je m'y r5drai sur-le-*amp avec les tr\pes de ma g>nison1 augm5tes de celles de nos colonies vois9es1 dont je tir]ai des dta*em5s2 une fois la c\r de cet emp]eur1 je saurais tr\v] les moy5s de v\s ravoir t\tes deux4 ,v\s v\s y prt]ez1 v\s me saurez prs de v\s1 votre c\rage s'en anim]a1 v\s v\s vad]ez1 je protg]ai votre fuite en ayant l'air de l'ignor]2 v\s pass]ez ,b5guele1 v\s y tr\v]ez et l'arg5t et le vaisseau que je v\s promets2 si l'vasion v\s devi5t impossible1 j'exig]ai que v\s soyez r5dues p\r premire clause de l'alliance4 4 4 4 ,s'il s'y oppose1 il s'agira d'att5dre quelques mois de plus 4 4 4 ,je con/ruirai mes =ts1 je tir]ai des dta*em5s de p>t\t1 ,b5guele se runira moi1 et matres ins5siblem5t du pays1 n\s saurons obt5ir p> la =ce ce qu'il aura refus aux ngociations4 ,j'ai dit3 rpondez ma9t5ant1 mais ret5ez sur-t\t qu'il n'e/ po9t p\r v\s d'autres manires de ret\rn] en ,europe1 et que v\s n'irez srem5t qu' ce prix4 ,avez-v\s bi5 rfl*i1 monsieur1 dis-je au portugais1 ds qu'il eut f9i1 l'atrocit de votre proposition8 ,de quel droit1 s'il v\s plait1 quels titres prt5dez-v\s dispos] a9si de deux femmes qui dans le fond1 n'ont aucun beso9 de v\s1 de deux femmes libres en un mot4 --,libres1 rpondit fi]em5t dom-,lopes1 v\s v\s trompez1 v\s ne l'tes plus1 l'in/ant o je v\s ai confi mon projet1 a t l'poque de votre esclavage4 4 4 4 ,essayez de sortir de ce cab9et2 ,clm5t9e ces mots se jette sur la porte avec imptuosit1 et recule d'horreur1 la voyant hrisse de soldats 4 4 4 1 mon/re1 s'crie-t-elle au dsespoir1 e/-ce l ma rcomp5se de t'avoir tant aim6 ne devais-tu reconnatre ma t5dresse qu'en me livrant un antropophage8 4 4 4 ,et cette malheureuse que t'a-t-elle fait p\r l'envelopp] dans la trame de cette politique inf]nale8 ,e/-elle de ta nation8 t'app>ti5t-elle8 ,ne t'e/-elle pas recomm&e p> un ami8 --,t\s les s5tim5s vulgaires que v\s m'allguez l1 ,clm5t9e1 reprit dom ,lopes avec le plus gr& flgme1 ne sont d'aucune =ce o p>le la raison d'tat4 4 4 4 ,am\r 4 4 4 ,reconnaissance 4 4 4 ,droits des g5s 4 4 4 t\s ces li5s disp>aiss5t l'organe du devoir1 l'obligation de s]vir sa patrie1 les tats ne s'tabliss5t et ne se s\ti5n5t qu' =ce de lz] les conv5tions du faible1 t\j\rs nulles ds qu'il s'agit des droits du =t4 --,c'e/ une inju/ice atroce4 --,soit1 mais qu& v\s saurez un peu plus de politique1 v\s v\s conva9crez que l'inju/ice et la viol5ce sont les bases de t\s les g\v]nem5s mon>*iques1 et que leurs droits ne sont assis que sur une multitude de viols faits ceux de la socit4 ,d'ailleurs1 v\s avez le *oix1 ri5 ne v\s oblige prfr] le p>ti que je v\s (fre celui de f9ir ici vos j\rs dans les f]s4 --6 dom-,lopes1 m'criai-je1 p>mi les fre9s que tu brises1 dois-tu te p]mettre d'anantir ceux de ta religion8 ,c'e/ aux autels du dieu que tu s]s que j'ai promis fidlit l'p\x que tu veux m'expos] trahir4 --,je pr5ds le crime sur ma consci5ce1 rpondit le portugais en s\riant avec dda91 ce n'e/ qu'aux yeux du peuple que le ciel fait les rois4 4 4 4 ,au tribunal de leur propre consci5ce1 il n'y a de ,dieu que ce qui leur s]t1 d'intrt sacr que le leur1 de loi div9e1 que leur orgueil ou leur ambition4 --,ah6 dis-je avec *aleur1 que rclam]ont les sujets1 qu& les rois mpris]ont l'quit1 qu& ils n'auront plus de dieux que leurs passions --,ce n'e/ pas le sort du sujet qui intresse le mon>que1 dit le portugais1 c'e/ celui de sa gr&eur et de son tat1 et qu& la p]te de l'un s]t l'autre1 qui d\te qu'il ne le sacrifie4 --,v\s df9issez les tyrans1 rpondis-je1 --t\s les rois le sont plus ou mo9s1 et la diffr5ce de leurs crimes n'e/ que celle de leurs intrts2 mais ces att5tats mme que v\s craignez p>ce qu'ils v\s bless5t1 en quoi sont-ils contre la nature8 son tude la plus rfl*ie n\s appr5d *aque j\r que le sacrifice de la faiblesse la =ce e/ p>t\t la premire de ses loix1 les rameaux t\ffus du *ne1 en privant la plante qui vgte ses pi$s1 des rayons de l'a/re qu'ils absorb5t1 la font languir et dess*]4 ,le l\p dvore l'agneau1 le ri*e n]ve le pauvre1 et p>t\t la =ce crase ce qui l'ent\re sans que la nature rclame jamais en faveur de l'opprim 4 4 4 1 sans qu'elle le v5ge1 sans qu'elle le s\lage1 sans mme qu'elle imprime au cur de l'homme de protg] ou de sec\rir ce que le despotisme ou la =ce anantiss5t ses yeux4 --,a9si donc la tyrannie n'outrag]ait en ri5 la nature8 --,elle la s]t1 elle en e/ l'image1 elle e/ empre9te dans le cur de l'homme civilis comme dans celui de l'homme naturel2 elle guide les animaux1 elle dt]m9e les plantes1 elle conduit les fleuves1 elle matrise les a/res2 il n'e/ pas une seule opration de la nature dont la tyrannie ne soit la base1 il n'e/ pas une seule de ses influ5ces qui ne soit un acte de tyrannie4 --,et l'humanit8 --,c'e/ la raison du faible1 c'e/ l'gide qu'il oppose au j\g qui le ploie et l'ass]vit1 c'e/ un argum5t de situation4 ,qu'il *ange de rle1 il devi5dra tyran comme celui qui le domptait1 le sophisme de l'infriorit dtruit-il donc la loi de la nature8 ,l'humanit t\j\rs goi/e ne nat que dans le cur de l'esclave2 si ses l>mes c\l5t sur les t\rm5s qu'il voit1 c'e/ qu'il les cra9t p\r lui-mme1 et voil p\rquoi la raison d'tat e/ cruelle1 4 4 4 le g\v]nem5t ne cra9t jamais ri5 du sujet1 et celui-ci cra9t t\t de l'tat4 ,eh bi51 dis-je alors ma compagne1 osons avoir autant de c\rage que ce mon/re a de cruaut1 p>tons4 --,mais la promesse que tu n\s fais1 dit ,clm5t9e4 --,je la ti5drai1 ceci ne reg>de que moi2 je peux1 qu& j'agis p\r mon pr9ce1 me p]mettre des torts qui al>m]ai5t ma consci5ce s'ils tai5t les mi5s2 je v\s ai promis de v\s sauv]1 de mettre t\t en usage p\r y russir1 je v\s en r5\velle ma p>ole1 et je v\s la ti5drai4 ,je v\s r5ds malheureuses comme homme d'tat 4 4 4 1 je v\s s]virai comme ami 4 4 4 1 ,oh6 ,clm5t9e1 repris-je avec f]met1 ma rsolution e/ prise1 je me fie lui1 il ne n\s ab&onn]a pas4 4 4 4 --,eh bi56 dit ,clm5t9e1 j'unis mon sort au ti52 puis s'adressant au facteur1 me s]a-t-il au mo9s p]mis d'emm5] mes femmes4 --,assurm5t1 dit dom-,lopes1 elles s]ont enlves avec v\s4 ,on va donn] avis ,b5-,maacoro que le =t ne conti5t qu'une g>nison faible1 qu'il recle des femmes blan*es1 il y m>*]a1 je fuirai1 v\s s]ez prises4 4 4 4 ,v\s russirez1 songez-y1 vos seuls succs assur5t votre lib]t4 ,comm5t puis-je entr] dans les tats de ce pr9ce1 si v\s ne m'en ouvrez la porte8 ,cela e/ clair1 rpondis-je1 c'e/ a9si que je l'ent5ds1 et je ne m'en effraye po9t2 j'ai c\rru d'aussi gr&s dang]s1 le ciel me f]a triomph] de ceux-ci comme des autres1 qu& p>tons-n\s8 ,ici dom-,lopes tonn de mon c\rage1 s'abaissa p\rtant jusqu' le l\]4 ,imitez cette valeur1 dit-il ,clm5t9e1 secondez-la1 de l'union1 po9t de jal\sie1 que la mo9s *rie cde l'autre1 l'aide de ses conseils1 et je v\s rponds du projet4 ,je dem&ai dom-,lopes si ce mon>que avait dj quelque connaissance du plan dont il s'agissait4 ,je ne le crois pas1 me dit-il1 il a eu long-tems sa c\r un rfugi de notre nation1 sclrat avr1 qui1 je crois1 ne travaille que p\r lui1 fuyez-le1 s'il y e/ encore1 il ne p\rrait que n\s trahir4 ,le peu de bi5 que ce malheureux a fait p\r n\s1 e/ d'avoir appris le portugais l'emp]eur4 4 4 4 ,v\s v\s ent5drez avec lui dans cette langue1 c'e/ au moy5 d'elle que v\s lui communiqu]ez le projet et que v\s lui en f]ez s5tir les avantages4 ,la conv]sation cessa2 n\s n\s retirmes dans nos *ambres o des g>des1 ds cet in/ant1 ne cessr5t de n\s obs]v]4 ,ds le l5dema9 les oprations comm5cr5t2 huit j\rs aprs le =t fut attaqu2 quoiqu'av]tis1 quoique fuyans1 les portugais p]dir5t deux hommes1 et les sauvages pntrant avec des cris affreux dans les *ambres mmes o n\s tions r5f]mes1 n\s enlevr5t aussi-tt1 ,clm5t9e1 ses deux femmes et moi1 on avait trop d'envie de n\s prs5t] au roi1 p\r n'avoir pas t\s les so9s possibles de n\s p5dant la r\te2 n\s fmes quatre j\rs arriv] p5dant lesquels ri5 ne n\s manqua4 ,dans cet int]valle o la cra9te combattant sans cesse l'espoir dans mon cur1 le t5ait dans une situation viol5te1 j'avais beso91 je l'av\e1 de t\te la gaiet de ,clm5t9e p\r me dissip] un peu4 ,j'ai inf9im5t mo9s peur1 me disait-elle un soir1 de s]vir aux plaisirs de ce mon/re1 que de plat de milieu sur sa table4 --,quelle diffr5ce6 et moi1 j'aim]ais mille fois mieux tre mange1 que d'ass\vir son indigne luxure4 --,c'e/ port] la v]tu bi5 lo94 --,ce n'e/ que *rir dlicatem5t ce que j'aime2 --qu& n\s s]ons un peu plus tranquille1 tu me f]as saisir cette dlicatesse2 je ne l'ent5ds pas encore bi54 --,comm5t1 tu ne compr5ds pas qu'on aime mieux la mort que trahir ce qu'on aime8 --,mais ce n'e/ pas trahir que d'tre viole1 --de quelle nature que soit la dfaite1 la mort e/ mo9s affreuse qu'elle4 --,je suis donc bi5 heureuse de n'avoir po9t d'amant2 c> si p> malheur j'allais adopt] ta mtaphysique1 acc\tume t\t port] l'extrme1 je s]ais femme suppli] b5 ,maacoro1 de me mettre plutt la bro*e que dans son lit2 ,dieu soit l\2 je n'aime p]sonne1 et je suis t\te lui1 s'il me prfre1 quelques rpugnances que ses habitudes me caus5t2 c> indp5damm5t de celle d'immol] des femmes1 qui n'a ri5 de bi5 rj\issant1 il a encore1 dit-on1 celle de se s]vir d'hommes dans ses plaisirs 4 4 4 et cela me dgte un po9t4 4 4 4 --,eh quoi6 il n'y a que cela qui t'arrte8 ,l'horreur du crime o n\s allons tre en proie1 n'e/ veille dans ton ame que p> ces deux raisons4 --,en vrit1 je n'en vois pas d'autres4 --tranges pr9cipes que ceux qui ne font abhorr] le crime que p> l'infamie de celui qui le commet1 et non pas relativem5t la seule d\leur de s'en voir s\ille4 --,eh bi56 voil encore de ces raff9em5s de morale absolum5t inconnus de moi3 oh6 quel beso9 j'ai d'tre ton cole1 ou p\r dev5ir meilleure1 ou p\r p*] plus voluptueusem5t3 --p*] plus voluptueusem5t8 --,sans d\te2 ne sais-tu donc pas qu'il e/ ess5tiel de connatre fond t\te la =ce du dlit1 p\r en tre plus dlicieusem5t *at\ille1 qu& j'tais ,madrid1 dvote en app>5ce1 comme t\tes les femmes de mon pays1 je n'allais confesse que p\r cela2 je me faisais bi5 expliqu] t\tes les gradations du mal 4 4 4 ,je m'en faisais dire t\s les dang]s 4 4 4 ,lonore6 si tu savais au ret\r le plaisir qu'il me donnait commettre6 4 4 4 ,sclrate1 m'criai-je1 tu s]as mange p> l'emp]eur 4 4 4 ,m>*ons1 m>*ons1 c> tu me p]v]tis4 ,n\s appro*mes enf9 de la capitale1 on n\s c\vrit de voiles1 on n\s b&a les yeux1 on introduisit du coton dans nos oreille2 et ce fut dans cet tat que n\s p>vnmes au palais2 on ne n\s avait pas prv5ues de la crmonie prlim9aire2 et ce cruel exam5 qui p>ut affect] assez peu mes compagnes1 fut p\r moi le c\p de la mort4 4 4 4 ,je me df5dis1 4 4 4 et c'tait le b>b>e1 dit ,lonore en s\riant ,sa9ville1 4 4 4 le cruel1 que je frmissais d'(f5s]1 c'tait lui qui donnait des ordres p\r qu'on outraget ma pudeur4 ,l'exam5 fait1 n\s passmes au ,srail2 l1 nos voiles fur5t enleves p> le mon>que mme2 les deux femmes de ,clm5t9e fur5t relgues dans les app>tem5s les plus secrets1 et de/9es des s]vices1 4 4 4 des so9s 4 4 4 peut-tre mme des plaisirs p>ticuli]s que n\s ignormes1 et qui n\s privr5t jamais de leur vue 4 4 4 ,cela fait1 n\s fmes exam9es1 et comme notre seule c\leur1 enflammait le pr9ce4 --,comme il tait dans cet tat viol5t1 o la soif de j\ir n'a plus beso9 d'tre excite p> des re*]*es1 les dtails fur5t trs-c\rts2 il saisit =tem5t ,clm5t9e1 et la malheureuse 4 4 4 ,oh6 quelle image1 gr& ,dieu6 ,je crus voir un *tif agneau s\s la griffe d'un tigre en furie4 4 4 4 ,se peut-il qu'il y ait des tres1 dans le monde1 assez dnus de dlicatesse et de s5sibilit1 p\r dnatur] a9si les plus d\x plaisirs de l'am\r 4 4 4 ,p\r ne les gt] qu'avec les expressions de la fureur1 et p\r sacrifi] leurs solitaires s5sations t\tes les facults de l'objet qu'ils immol5t6 ,j'pr\vai ds ce mom5t un dgt si furieux p\r cet homme1 que je d\tai s'il me re/]ait la =ce de mettre en usage les moy5s dont je me flattais de l'en*an]4 ,ses premi]s feux te9ts1 il se t\rne v]s moi1 et1 desse9 de les ranim] sans d\te1 appro*e1 me dit-il1 vi5s te r5dre aussi heureuse que ta compagne4 --,tyran1 lui dis-je1 tu connais bi5 mal ma nation2 si tu t'imag9es que les femmes qui y naiss5t puiss5t se tr\v] heureuses des c>esses d'un mon/re tel que toi1 mrites les faveurs que tu desires1 et je me dcid]ai qu& tu auras su t'en r5dre digne4 --tonn de cette rponse1 ,b5-,maacoro1 qui m'avait pe9e reg>de1 me prit p> la ma91 et1 m'am5ant au gr& j\r1 il me contempla un in/ant l'aise4 --,et de quelle nation es- tu donc1 me dit-il1 p\r p>l] ton matre avec tant d'insol5ce8 --,d'une nation o l'on ne j\it que qu& on aime1 o l'on ne plat que p> des att5tions1 o les hommes sont aux pi$s des femmes1 et n'obti5n5t jamais leurs faveurs que comme la rcomp5se de leurs so9s4 --,celle qui vi5t de m'obir n'e/ donc pas du mme pays que toi8 --,elle n'en e/ pas1 mais tu ne l'z pas mo9s outrage4 --,tu z j\i d'elle1 mais elle te dte/e2 comporte- toi diffremm5t avec moi2 ret>de des plaisirs brutaux1 p\r appr5dre en connatre de dlicats2 ils dur]ont autant que ta vie1 ils en f]ont le *>me1 au lieu que ceux que tu vi5s de gt]1 sont dj oublis de toi1 et mpriss p> elle4 --,et quels sont ces plaisirs que tu me promets1 la place de ceux que tu me refuses8 --,ceux de l'ame1 les plus d\x de l'homme1 les seuls rellem5t faits p\r son bonheur4 --,expliques-toi1 je ne t'ent5ds po9t8 --,je t'aim]ai4 --,tu m'aim]as4 --,je f]ai plus1 je t'e/im]ai4 --,et que me revi5dra-t-il de t\t cela8 quelle volupt en recevrai-je8 --,une bi5 plus pure que celle que tu connais1 une qui plac]a ton ame dans une situation de d\ceur mille fois plus s5sible que t\t ce qui a pu l'affect] jusqu' prs5t4 --,tu es belle1 dit l'emp]eur1 en me fixant2 il me semble que je s5s dj quelque *ose de ce que tu dis2 je me plais te reg>d]2 j'y gte presque le mme plaisir que qu& je remplis mon imag9ation de l'ide du dieu que j'adore4 4 4 4 ,tu l'es peut-tre ce dieu1 et tu te dguises s\s la =me d'une femme blan*e4 --,non1 je ne suis po9t un dieu1 je ne suis qu'un des plus mdiocres ouvrages de la nature2 mais si tu m'c\tes1 si tu mrites d'tre aim de moi1 je te r5drai plus =tun qu'un dieu4 --,tu z donc une manire de faire gt] le plaisir1 qui n'e/ pas connue dans ces climats8 --,oui1 mais il faut du temps p\r que tu la conoives1 il faut que tu cdes1 mes g5\x1 les droits imag9aires de la =ce1 p\r faire triomph] ceux de ma faiblesse2 c'e/ moi qui te comm&]ai1 4 4 4 tu m'obiras1 4 4 4 tu dml]as mes desirs1 tu les satisf]as2 4 4 4 tu s]as mon esclave1 je t'en*an]ai1 et le bonheur o tu aspires1 s]a le prix de ta s\mission4 --,ta voix a beauc\p de puissance sur mon me2 tes yeux la brl5t mesure que tes p>oles y pntr5t2 il faudrait mettre un voile qu& on te reg>de1 comme qu& on va brav] les feux de l'a/re1 et tes disc\rs sont comme le miel qui c\le sur les plaies de la fl*e empoisonne du ,jagas4 --,me tr\ves-tu donc quelque supriorit sur toi8 --,celle de la lune sur les toiles du ciel1 et tu divises ma puissance p> les rayons de ta beaut1 comme la f\dre p>tage le cdre firem5t lev v]s les cieux4 --,eh bi51 laisse-moi me retir] avec ma compagne1 ne l'outrage plus1 et ne m'outrage jamais4 --,et si je t'obis4 --,je te p]mettrai de t\t entrepr5dre p\r me s]vir4 --,mais tu me r5dras ce que je f]ai p\r toi8 --,qu& je s]ai sre de l'empire que tu me promets4 ces mots1 il ouvrit lui-mme les portes du cab9et o n\s tions1 ordonna de me prp>] le plus beau logem5t du palais1 et p5dant qu'on lui obissait1 il me dem&a s'il ne me dplairait pas en mangeant avec moi4 ,je lui dis que je le v\lais bi54 ,on apporta des fruits2 il en mangea1 puis n\s en (frit1 ,clm5t9e et moi4 ,ce repas fait1 je lui tmoignai le desir que j'avais de me retir] dans mon app>tem5t1 et d'y tre libre avec ma compagne4 ,il accepta le premi] po9t1 mais se r5dit trs-difficile sur le second4 ,je crus voir qu'il esprait triomph] plutt de moi en n\s sp>ant4 ,ce ne fut qu'avec des pe9es extrmes1 en le m5aant de ne le jamais aim]1 que je p>v9s obt5ir que ,clm5t9e ne me quitt]ait po9t2 et la *ose accorde1 n\s sortimes enf91 suivies de deux femmes esclaves que le roi n\s donnait p\r n\s s]vir4 ,telle tait1 mon *] ,sa9ville1 dit ,lonore1 en s'adressant son p\x1 telle tait la cause du tr\ble que v\s rem>qutes le l5dema9 dans l'air du mon>que1 *angem5t qui v\s fit cra9dre sa disgrace1 et occasionna votre fuite4 ,oh6 quel homme1 me dit ,clm5t9e1 ds que n\s fmes seules6 4 4 4 ,quelles gigantesques proportions6 4 4 4 je n'ai jamais ri5 vu de semblable4 ,il n'y a pas de filles en ,europe1 qui puisse dev5ir la femme d'un tel p]sonnage4 ,oui1 4 4 4 oui1 ris1 p\rsuivit-elle1 en me voyant clat]2 j'aurais bi5 v\lu qu'il t'en fit autant1 tu n'aurais pas la m9e si gaie4 --,eh quoi1 si peu de *ose *ange ton humeur8 --,si peu de *ose 4 4 4 ,je te dis1 qu'il n'y a ri5 de plus effrayant2 j'aurais mieux aim mille fois combattre le taureau la porte de l',alcala de ,madrid1 que de j\t] contre ce cannibale2 mais pati5ce1 tu auras ton t\r1 et tu m'en diras des n\velles4 --,cette esprance p\rrait bi5 te tromp]2 je crois tre sre de lui ma9t5ant1 et crois l'tre galem5t1 qu'au moy5 de l'empire que je me suis acquis1 tu n'z plus ri5 en r$\t]4 --,dieu le veuille1 dit ,clm5t9e1 et n\s n\s c\*mes4 ,le l5dema91 de bonne heure1 le mon>que v9t n\s voir2 il v\lut pr5dre quelques lib]ts avec ma compagne1 il s'en saisit1 et ce qu'il semblait v\loir v>i] ses entreprises de la veille1 n'en effrayait que plus ,clm5t9e4 4 4 4 ,je me mis pleur]1 il l'ab&onna t\t de suite1 et s'avanant v]s moi1 qu'z-tu fire esclave8 4 4 4 ,c'tait le nom qu'il m'avait donn4 4 4 4 --,qu'z-tu1 quelle e/ la cause de ton *agr98 --,ton infidlit2 je me flattais d'tre aime de toi2 je vois bi5 que je me suis trompe4 --,ce n'e/ pas toi que j'attaque2 tu me refuses2 je ne te presse plus2 n'e/-ce pas l t\t ce que tu veux8 --,mes dsirs vont plus lo92 en aspirant ton cur1 je veux le possd] seule2 le p>tag] e/ un outrage1 en doit-on faire l'objet de ses feux8 --,comm5t1 il faut1 non-seulem5t ne po9t j\ir de toi qu& on t'aime1 mais encore ne j\ir de ri5 en t'aimant2 tu ordonnes trop1 esclave1 tu ordonnes trop4 --,craignant effectivem5t alors que ce cur dprav ne glissa dans la ma9 qui *]*ait le captiv]1 4 4 4 ce que je desire de toi1 lui dis-je1 e/ une preuve de ta t5dresse que tu es le matre de me refus]2 mais il ne faut pas plus exig] des autres que de moi1 si tu veux que je croie ton am\r4 --,eh bi51 je vais te satisfaire encor1 je vais te pr\v] combi5 je desire de ta "p ce que tu mets un si haut prix4 4 4 4 ,toi1 dit-il ma compagne1 tu ne s]viras plus mes plaisirs1 puisque cela t'afflige1 et p\r elle1 que j'aime plus que ma vie1 elle n'y s]vira que qu& elle le v\dra4 ,il sortit ces mots4 ,eh bi51 dis-je ,clm5t9e1 tu vois1 n\s en voil matresses2 4 4 4 le tyran e/ nos g5\x2 e/-elle *imrique ou non cette dlicatesse que tu blames8 reconnais-tu enf9 son empire1 et convi5dras-tu qu'il n'e/ pas d'homme qu'une femme ne puisse en*an] avec l'art de lui rsi/] propos8 ,et ,clm5t9e en*ante d'tre dlivre de ce mon/re1 me tmoigna sa reconnaissance avec t\te l'ardeur dont elle tait susceptible4 ,n\s laissmes pass] huit j\rs avant que d'entam] notre ngociation1 p5dant lesquels je ne ngligeai ri5 de t\t ce qui p\vait tay] mon empire2 mais comme je ne dsirais sa solidit que p\r l'excution du projet de ,dom ,lopes1 et nullem5t1 comme v\s croyez bi51 p\r j\ir du dte/able triomphe de faire un amant s\mis du plus indigne des hommes1 je me rel*ai un peu sur l'envie que je lui avais fait p>atre de le captiv] uniquem5t4 ,mon b tait bi5 mo9s de matris] ses caprices1 que de l'emp*] de me pr5dre p\r en tre l'objet2 et dans cette int5tion je ne devais pas trop contra9dre ses desirs3 plus je leur eu prescrit des bornes1 plus ils fuss5t dev5us dang]eux p\r moi2 je tr\vai enf9 un excell5t moy5 de leur donn] de l'issue1 en cons]vant t\tes les app>5ces de la dlicatesse que je m'tais d'abord imposes4 ,un j\r qu'il m'avait prom5e dans les plus secrets app>tem5s de son h>em1 qu'il en avait fait p>atre t\tes les femmes devant moi1 il me proposa de me montr] celui de ses mignons4 4 4 4 ,je l'y suivis p\r ne pas lui dplaire4 ,qu& il eut un in/ant amus son orgueil et son intemprance me faire voir l'espce d'hommage indc5t qui lui tait r5du1 ds qu'il p>aissait dans ce lieu d'horreur et de corruption1 l'infme osa me dem&] si je lui p]mettais cette sorte de plaisir2 4 4 4 si elle n'(f5sait pas l'am\r qu'il avait p\r moi8 ,je me htai de lui rpondre que non1 avec l'air du mpris1 bi5 sre que l1 ses feux p]drai5t de leur activit1 sans que ri5 ft pris sur le cur2 qu'il aurait en tolrant cette faiblesse1 mo9s de viol5ce avec autant d'am\r1 deux objets galem5t ncessaires au desse9 o j'tais de le captiv] sans le cra9dre4 4 4 4 ,le mon/re fut si cont5t de la p]mission que je lui donnais2 il ent5dait si mal encore le langage du vritable am\r1 qu'il passa de ce mom5t trois j\rs et trois nuits de suite dans d'effroyables orgies1 avec ces vils objets de son intemprance1--*ose qu'il ne s'tait p]mis avec qui que ce ft1 depuis l'poque de ses s5tim5s p\r moi4 ,il y a des curs bi5 inexplicables dans la nature1 dis-je alors ,clm5t9e1 s]ait-il donc possible que des beso9s factices1 des gts d'habitude1 quelques crim9els qu'ils puiss5t tre1 balanass5t les s5tim5s les plus purs de l'ame1 et cruss5t mme p\voir s'alli] avec eux8 ,n'en d\te po9t1 me rpondit ,clm5t9e2 ne voyons-n\s pas sans cesse l'am\r le plus dlicat1 ress5ti p\r les plus vils objets de la dbau*e publique2 et d'autre "p1 les excs les plus crapuleux1 exigs de la matresse qu'on *rit le plus4 --,qu& on en e/-l1 c'e/ dpravation1 ce n'e/ plus s5tim5t4 --,tu te trompes1 ,lonore1 les passions de l'homme sont inconcevables2 ri5 n'e/ t5du comme leurs bran*es2 les excs dont il s'agit1 4 4 4 ou ceux-l1 ou d'autres semblables1 peuv5t exi/] *ez l'homme qui n'e/ que lib]t91 comme *ez celui qui e/ le plus dlicat2 les suites de ces irrgul>its dans l'homme dbau*1 ne sont que du lib]t9age4 ,je l'av\e1 mais ce sont des raf9em5s dlicieux dans l'homme1 embras d'une flamme honnte4 ,t\t dans ce cas t\rne au pr(it du s5tim5t2 lui seul a t\t dict1 lui seul inspire t\t1 et les excs les plus inconcevables1 ncessaires dans une telle ame1 ne devi5n5t plus que des preuves du plus ard5t am\r4 ,t\t homme nat avec plus ou mo9s de dispositions ces c>ts qui te surpr5n5t2 t\s avec une manire diffr5te de les ex]c] plus ou mo9s2 et l'am\r qui ne s'tablit dans l'homme qu'aprs ces premires impressions reues1 les dt]m9e en sa faveur1 en raison du degr d'activit qu'il leur tr\ve4 ,les impressions sont-elles faibles2 l'am\r qui s'en n\rrit ne devi5t pas plus viol5t qu'elles2 il rgne alors avec sagesse2 il ne s'exprime qu'avec d\ceur4 ,tr\ve-t-il au contraire exce88if1 le ton des passions1 a9si que l'acquilon1 entranant de son s\ffle imptueux t\t ce qu'on veut lui oppos] de fre91 il brise1 il d*ire1 il dvore2 c'e/ une flamme ard5te qui consume t\t ce qu'elle r5contre1 et qui reg>de comme un alim5t de plus son ardeur1 t\t ce qu'on lui prs5te p\r l't\ff]2 mais t\s ces rsultats sont de l'am\r2 l'enfant mut9 brise le ho*et qui l'amuse2 il j\it1 en le pulvrisant1 et rp& bi5tt des l>mes amres sur les dbris de sa fureur4 ,tel e/ l'am\r1 et tels sont ses effets2 tels sont ces dbordem5s incroyables1 tantt impurs1 tantt cruels1 mais t\j\rs enfans de la nature1 4 4 4 que le sot ignore1 que l'pais rigori/e punit1 et que le philosophe respecte1 p>ce que lui seul connat le cur huma91 et que lui seul en a la clef4 ,t\t ce qui ne ressemble pas cet homme sage1 s'tonne t\t mom5t des effets runis du cur et de l'esprit2 et comme il n'y a ri5 de si ord9aire que d'avoir l'un =t bon1 et l'autre trs-mauvais1 lorsque t\s deux agiss5t -la-fois4 ,on voit s\v5t dans les actions du mme tre1 une f\le de vices lis des v]tus2 on se rejette sur les contradictions naturelles l'homme2 sans voir qu'il s'en faut bi5 que ce qui arrive1 soit le fruit de l'inconsqu5ce1 mais seulem5t les effets runis des deux pr9cipes qui1 ncessairem5t div]s1 doiv5t produire des effets dissemblables4 ,adri5 put aim] ,ant9os1 comme ,abeill>d aima ,hlose2 l'un n'avait qu'une mauvaise tte1 l'autre n'avait qu'un bon cur4 ,adri51 plus dlicat et aussi lib]t91 et aim la fois ,hlose et ,ant9os2 t&is qu',abeill>d1 seulem5t dlicat1 n'et jamais aim qu',hlose4 ,enf9 l'emp]eur tait am\reux2 il ne se conduisait plus que p> mes conseils1 il ne pr5ait mme plus aucune rsolution relative au g\v]nem5t de ses tats1 sans me dem&] mon avis4 ,ds que je le s5tis ce po9t1 j'entamai la ngociation1 aide des in/ructions de ,clm5t9e1 je lui fis s5tir l'avantage qu'il devait retir] de l'amiti des ,portugais2 de quel prix s]ait p\r lui cette alliance dans ses p]ptuelles gu]res avec les nations qui l'environnai5t2 la supriorit du peuple dont je lui proposais l'union1 l'effraya un in/ant2 il r$\ta d'en tre subjugu2 mais qu& je lui eus fait voir que les ,portugais tai5t lo9 de ce desse91 qu'ils s]ai5t bi5 plutt emb>rasss qu'enri*is de la totalit de ses prov9ces2 qu'ils ne desirai5t que la facilit de comm]c]1 et d'tablir le fil de communication avec leurs compatriotes de la cte occid5tale du cont95t4 ,alors il me dem&a si j'tais *>ge p> les ,europens de ngoci] cette affaire avec lui3 je ne lui ca*ai pas2 je lui dis mme que s'il n'avait pas attaqu le =t des ,portuguais1 j'allais1 avec ma compagne1 me r5dre incessamm5t sa c\r1 p\r lui propos] ce dont je lui p>lais4 ,au b\t d'un in/ant de sil5ce1 l'emp]eur me tmoigna qu'il n'tait pas trs- loign du projet que je lui communiquais2 mais qu'il craignait que les ,europens1 une fois dans ses tats1 ne m'enlevass5t lui4 ,je lui fis s5tir qu'ils en s]ai5t t\j\rs d'autant plus loigns1 que leur intrt exigeait qu'ils euss5t quelqu'un de leur nation1 possdant la confiance de l'emp]eur1 p\r les ma9t5ir dans ses bonnes graces2 il me comprit2 je le pressai de plus en plus1 il se r5dit sans difficult1 et m'accorda t\t ce que je v\lais2 mais c'tait p\r la d]nire fois1 aj\tait-il1 que j'obt5ais sur lui quelqu'empire1 si je ne me dcidais le r5dre heureux4 ,il ne v\lait plus att5dre2 jamais femme n'avait eu de lui ce que j'en recevais2 il fallait1 cont9uait-il1 que ma puissance ft aussi =te que celle du s]p5t qui avait cr la t]re #d4 ,mais c'tait fait1 le j\r o les ,portugais sign]ai5t leur alliance avec lui1 dev5ait celui de son triomphe sur leur ngociatrice1 et il me le dcl>ait d'une manire ce que je dus m'att5dre de la viol5ce1 si je ne cons5tais pas de bonne grace4 4 4 4 ,comme j'avais t\t1 je ne refusai ri51 et l'on ne s'occupa plus que de ce projet la c\r de b5 ,maacoro4 ,il tr\va quelques contradicteurs2 on me les opposa dans le conseil2 je combattis leurs raisons1 et j'en allguai de si =tes1 que je ram5ai ins5siblem5t t\s les esprits mon op9ion4 ,on envoya donc sur-le-*amp trois gu]ri]s invit] les ,portugais v5ir comme amis1 sur les t]res de l'empire3 dom ,lopes p>ut six j\rs aprs1 la tte de deux mille hommes rassembls des colonies vois9es2 il et ds l'in/ant son audi5ce p>ticulire4 ,je v\s somme de votre p>ole1 lui dis je1 en franais1 ds que je le vis entr]4 4 4 4 ,comptez-y1 me rpondit dom ,lopes1 un vaisseau v\s att5d ,b5guelle2 six de mes g5s bi5 arms1 qui connaiss5t un peu les *em9s v\s y conduiront p> les t]res avec ,clm5t9e4 ,le facteur de la compagnie v\s att5d2 il e/ prv5u2 mais il faut n'employ] que l'vasion2 je la protg]ai1 je ne l'aid]ai po9t1 je ne puis dbut] p> un acte d'ho/ilit *ez un peuple1 que t\t m'engage mnag]4 ,ne p\rriez-v\s pas1 rpondis-je1 n\s exig] p\r gage de l'alliance4 --,je le f]ai1 sans d\te1 mais comm5t espr] que l'emp]eur y cons5te1 ds qu'il e/ am\reux4 ,je v\s le rpte1 il ne v\s re/e que l'vasion2 dt]m9ez-v\s y1 j'emp*]ai les p\rsuites1 je v\s en donne ma p>ole2 c'e/ t\t ce que je puis4 ,quelque viol5t que fut ce p>ti1 quelque dang] qu'il prs5ta1 il fallut p\rtant l'accept]2 quelle app>5ce de faire *ang] d'avis un homme aussi enti] que dom ,lopes6 ,t\t se passa au mieux dans l'audi5ce qu'il obt9t du roi1 et le trait se signa sans ob/acles2 mais qu& le ,portugais p>la de r5dre les prisonnires faites au =t de ,tt1 ,b5 ,maacoro tressaillit de rage1 et prote/a qu'on auroit plutt sa vie4 ,dom ,lopes qui craignoit t\t ce qui l'auroit contra9t des ho/ilits1 et qui n'imag9oit pas que quelques femmes valuss5t la pe9e de faire rp&re du sang1 ne p>la plus de cet article4 ,cep5dant ma situation dev5ait t\t in/ant plus emb>rassante1 je n'avais plus aucun prtexte de refus1 on m'avait accord t\t ce que je v\lais1 mais la mort me p>aissait plus d\ce que la cruelle ncessit de dev5ir la femme de ce mon/re4 --,comm5t donc faire p\r l'vit]8 ,dt]m9e t\t plutt que de me rs\dre au sort affreux qui me m5aait3 j'av]tis ,clm5t9e de se t5ir prte p\r la nuit suivante1 et priai le ,portugais de me faire tr\v] les six hommes qu'il m'avait promis1 s\s les murs d'un j>d9 favori du roi1 prs d'un cab9et de ,claiyes1 situ sur le bord du *em91 revtu d'un p>apet qui n'avait pas trois pi$s de haut dans l'intrieur et gures plus de six au-dehors2 n'ayant donc plus ri5 mnag]1 je dis au roi que je cons5tais enf9 le r5dre heureux 4 4 4 ,que ce j>d9 me plaisant beauc\p1 je v\lais ne me donn] lui que dans cette voluptueuse retraite4 4 4 4 ,b5-maacoro comprit ce dsir2 ce j>d9 comme trop ouv]t1 n\s tait expressm5t df5du1 n\s ne l'ap]cevions que de nos f5tres2 il s5tit donc facilem5t qu'il tait t\t simple que j'eusse envie de l'admir]4 4 4 4 ,ce n'e/ pas t\t1 lui dis-je1 qu& cette premire clause fut accepte1 il faut que ma compagne y soit2 gr& emp]eur1 tu v]ras de quel puissant effet e/ une seconde femme dans les plaisirs s+uli]s que je t'ai promis6 ,des cris de joie fur5t sa rponse1 j'tais bi5 sre de l'en*an]1 plus solidem5t en irritant sa tte1 qu'en sduisant son cur1 il fut t\te la j\rne dans un tel en?\siasme des n\veaux plaisirs que je lui promettais1 que suivant son usage1 en p>eille circon/ance1 il se plongea t\te la j\rne dans des dbau*es prlim9aires que je tolrai d'autant mieux que j'tais sre qu'elles affoiblirai5t sa raison et ses =ces4 ,un peu avant de n\s a*em9] au r5dez-v\s1 il me pria de lui p]mettre de m5] avec n\s quelques-unes de ses femmes1 p\r tre tmo9s des re*]*es que j'allais lui appr5dre1 et leur faire voir combi5 elles tai5t loignes de l'art de procur] de vrais plaisirs2 je l'assurai que cela ne se p\vait pas1 que ma compagne et moi suffisions p\r plong] ses s5s dans l'ivresse1 et que la pudeur naturelle notre nation1 n\s emp*]ait de p>tag] ses plaisirs et de les irrit]1 s'il y admettait des tmo9s2 ds que la nuit fut sombre1 ce mom5t favorable nos projets lui avait t (f]t p> moi1 comme plus agrable cause de la fra*eur2 n\s n\s enfonmes t\s trois dans le j>d91 aussi-tt que n\s sommes dans le cab9et1 et que je me suis assure des six hommes qui n\s toi5t promis1 je fais t5dre ,clm5t9e sur le p>apet de la petite muraille1 exposant en enti] ses *>mes au voluptueux emp]eur2 allons1 dis-je1 en ayant l'air de cd]1 que l'une excite tes dsirs1 p5dant que l'autre va les satisfaire4 --,ce d]ni] mot e/ celui du signal1 ds que ,clm5t9e l'ent5d1 elle p\sse un gr& cri et se jette dans le *em91 saisissant alors avec rapidit moi-mme et l'effroi du mon>que et le m\vem5t qu'il fait p\r ret5ir ma compagne1 je fran*is le mur aussi le/em5t qu'elle1 et tombe ses cts2 l1 bi5tt releves t\tes deux1 n\s n\s lanons au milieu des t]res1 suivies de nos six g>des1 trop heureuses de sortir de cet asyle effrayant du crime1 si bon m>* l'une et l'autre4 ,n\s l'ent5dmes appell] lui1 mais n\s tions dj lo91 comme il avoit vu du monde avec n\s1 et qu'il tait seul1 il n'avoit pas os1 sans d\te1 se jett] notre p\rsuite et il r5tra bi5 honteux1 je crois1 de se tr\v] dup p> deux ,europennes1 lui qui faisoit j\rnellem5t trembl] deux mille femmes dans son srail1 et qui1 mme la tte de ses armes1 passoit p\r un des pr9ces les plus valeureux de l',afrique4 ,n\s smes ,b5guele que1 dans le premi] mom5t de sa colre1 il avait accus dom ,lopes d'avoir favoris notre fuite1 et que telle toit la raison1 voyant les ,portugais en =ce dans ses tats1 p\r laquelle il ne n\s avoit pas fait suivre4 ,mais dom ,lopes avoit prote/ de sa bonne foi1 il avait mme envoy plusieurs de ses g5s c\rir faussem5t aprs n\s1 moy5nant quoi1 ri5 ne se drangeait dans l'alliance projette1 et la paix mutuelle en avait t d'autant mo9s tr\ble que dom ,lopes s'tait engag p> l'acte mme du projet1 faire v5ir l'emp]eur dix femmes blan*es dont il lui jura que la mo9s belle vaudrait inf9im5t mieux qu'aucune de celles qu'il p]dait4 ,t\s les dang]s p\rtant n'tai5t pas van\is p\r n\s1 n\s avions trav]s] le pays enti] des ,jagas1 peuple aussi m*ant p\r le mo9s que celui que n\s quittions2 n\s fmes huit j\rs avant que d'arriv] ,b5guele1 ne mangeant que quelques s+es tus la *asse1 et c\*ant les nuits sur des arbres2 ri5 ne n\s arriva cep5dant2 la =tune qui n\s de/9ait de plus gr&s maux dans notre patrie que *ez les peuples les plus sauvages de la t]re1 n\s c\vrit ici de ses ales1 mais p\r n\s plong] peu aprs dans l'abyme effrayant qu'elle creusait dj s\s nos pas4 ,n\s arrivmes donc sans accid5t aux ,colonies ,portugaises de cette cte d',afrique1 le consul av]ti1 n\s reut m]veille1 n\s combla d'loges1 et aprs n\s avoir g>d *ez lui le temps ncessaire att5dre le v5t favorable1 il n\s conduisit lui-mme avec t\te sorte d'g>ds bord du vaisseau m>*& qui devait n\s transport] ,lisbonne4 ,n\s lui recomm&mes les deux femmes qui avai5t t faites prisonnires avec n\s1 n\s lui tmoignmes le regret que n\s avions d'avoir t =ces de les ab&onn]1 il n\s promit ses so9s p\r elles1 et n\s "pmes4 ,p5dant que les voiles mollem5t enfles p> le s\ffle frais des aquilons1 font vol] le vaisseau sur la pla9e liquide1 que le passag] se livre en baillant d'ennui1 au d\x espoir d'embrass] bi5tt ce qu'il a de plus *]2 que l'aumoni] prie2 que le matelot jure1 que l'(fici] s'enivre2 il e/ - propos ce me semble de v\s in/ruire un peu de notre situation1 l'une et l'autre4 ,celle de ,clm5t9e tait brillante1 elle avait peu d'effets2 quelques robes de gaze1 sont les seuls vtem5s que l'on porte dans le pays que n\s quittions2 mais elle avait gagn avec ,dom ,lopes1 prs de soixante mille francs1 que le *ef de la colonie portugaise de ,tt avait fait exactem5t pass] son correspondant de ,b5guele1 et qui lui avait t remis ds qu'elle y avait p>ue4 ,p\r moi1 j'tais bi5 lo9 sans d\te d'un tel sort1 lorsque je fus enleve dans le j>d9 de ,v5ise1 j'avais t\t au plus sept ou huit l\is dans une b\rse1 lgres sommes que me donnait ,sa9ville1 p\r mes plaisirs1 et qu'il remplaait ds qu'ils tai5t dp5ss4 ,ils me fur5t pris p> le corsaire de ,tripoli1 et ,duval qui me dfrayait de t\t et qui se mfiait un peu1 ne me laissait pas la disposition d'un sol2 ce fut donc dans cet tat de misre1 que ,dom ,gasp>d se *>gea de moi4 ,v\s v\s rappelez le refus que je fis de la b\rse qu'il m'(frit dans le ds]t2 en arrivant au =t il me conjura d'accept] quelques d\blons2 et qu& il m\rut il disposa de t\t ce qu'il avait en ma faveur2 mais cet arrangem5t dplut ,dom ,lopes1 il me dcl>a que le jeune homme tant s\s la tutelle de ses p>5s1 n'avait pas la lib]t de dispos] de ses fonds1 et qu'il allait faire repass] en ,portugal1 les effets qu'il avait laisss2 ce raisonnem5t que je supposai fond sur l'envie que ce *ef avait de me dispos] l'excution de son projet1 et de m'y en*an] p> t\te sorte de moy51 et p> la misre mme1 le plus c]ta9 sans d\te2 cet argum5t dis-je1 ju/e ou non1 me priva du peu de sec\rs sur lequel je p\vais compt]1 et qu& j'arrivai ,b5guele1 je n'avais en t\t que six portugaises #e1 soigneusem5t ca*es dans mes *eveux p5dant notre expdition4 ,cette somme s'augm5ta ,b5guele1 d'une gratification de deux c5ts pi/oles d',espagne #f1 p>tag] entre ma compagne et moi1 p\r les s]vices que n\s avions r5dus au roi de ,portugal2 avant de n\s emb>qu]1 n\s avions t obliges de dp5s] prs des deux ti]s de cette faible somme1 p\r n\s habill]2 moy5nant quoi1 p\r mon compte1 il me re/ait comme v\s voyez1 =t peu de *ose4 ,le total de nos effets consi/ait en trois malles1 dont deux trs-grosses1 ,clm5t9e1 une trs-mesqu9e moi2 p> une mal-adresse s+ulire1 ma compagne m'avait conseill de ne po9t port] d'arg5t dans mes po*es p5dant la trav]se1 et de ca*] comme elle1 ce que j'avais1 dans un co9 de ma malle 4 4 4 ,plut dieu que je ne l'eusse pas c\t 4 4 4 ,enf91 la navigation fut heureuse1 et n\s arrivmes ,lisbonne1 sept sema9es aprs notre d"p de ,b5guele4 ,au moy5 de l'extrme l>geur du ,tage les plus gros vaisseaux p>vi5n5t comme v\s savez1 jusqu' la ville mme1 et ds qu'un btim5t arrive1 ds que les =malits des d\anes sont remplies1 il se tr\ve l un nombre inf9i de ,gualegues #g qui v\s (fr5t leur s]vice p\r le transport de vos bagages4 ,nos malles f\illes1 ,clm5t9e jettant indiffremm5t les yeux sur les premi]s de ces g5s qui l'environnai5t1 leur ordonna de se *>g] de nos effets et dans l'in/ant ils fur5t sur le dos de trois de ces drles4 --,o faut-il all] excell5ce dit l'un d'eux1 en fixant ma compagne8 -- la ,/rella1 *ez ,b\lnois1 rpondit ,clm5t9e1 en donnant cet homme l'adresse d'une aub]ge1 qu'un holl&ais lui avait indique ,b5guele1 comme une des meilleures de la ville4 --,le mot dit1 nos g5s p>t5t et n\s suivons4 ,tant que n\s longemes le quai1 nos ,galgues1 m>*ant peu de di/ance de n\s1 fur5t -peu prs t\j\rs s\s nos yeux1 mais comme ils allai5t beauc\p plus vite1 la f\le n\s les fit bi5tt p]dre de vue1 et ins5siblem5t n\s ne les app]umes plus4 ,en ce mom5t1 surv9t un emb>ras prodigieux1 c'tait le roi qui passait en c>rosse de crmonie1 p\r se r5dre dans un c\v5t1 o une demoiselle de la plus haute qualit1 allait pr5dre le voile4 ,le peuple s't\ffait p\r contempl] ce sot spectacle1 ,clm5t9e v\lut s'arrt] comme les autres1 n\s reg>dmes1 et p5dant que n\s j\issions de ce va9 plaisir populaire1 on travaillait n\s plong] dans le dsespoir1 les rues dgages1 n\s avanames1 in/ruites de notre r\te1 n\s app]cevions dj le clo*] du c\v5t de ,san ,b5t1 maison religieuse1 en face de laquelle e/ situe l'aub]ge de ,b\lnois1 v]s laquelle n\s n\s dirigions1 n\s arrivons enf94 ,m5ez-n\s l'app>tem5t que n\s v\s avons envoy comm&] p> trois hommes *>gs de nos bagages1 dit avec fi]t ,clm5t9e1 au valet de la maison1 quels bagages1 rpond celui-ci1 en la reg>dant s\s le nez8 --,ici je ne pus m'emp*] de frissonn]1 il semblait que le malheur dont n\s tions m5aces v9t entr\vrir dja mon ame4 --,comm5t rponds-tu insol5t1 dit la f\gueuse ,clm5t9e1 je te dem&e mes bagages4 -- ,je te dis de me m5] la *ambre o ils doiv5t tre avec les hommes qui les ont ports4 --,ce que v\s dem&ez n'e/ pas dans cette maison4 --,n'e/-ce donc po9t ici l'aub]ge du bon repas8 --,c'e/ elle1 assurm5t4 --,l'aub]ge holl&aise situe dans la ,/rella1 t5ue p> le sieur et la dame ,b\lnois8 --,ri5 de plus ju/e2 et trois ,galguas ne vi5n5t pas d'apport] nos malles8 --,v\s les avez sans d\te mal indiqu1 rpondit le valet en s'loignant1 ils n'ont pas p>u4 --,alors ,clm5t9e me pr5ant la ma94 --,n\s sommes voles1 me dit-elle1 et appuyant de l un blasphme excrable comme elle avait c\tume de faire *aque contradiction qu'elle pr\vait4 --,oui1 s 4 4 4 n\s sommes voles4 --,ne dis mot1 il ne faut p\r cela1 ni n\s pass] de s\p]1 ni c\*] dans la rue4 --,cam]i]os1 dit-elle en appelant le valet1 donnez- n\s t\j\rs un logem5t1 et qu'on obs]ve1 je v\s prie1 si ces trois hommes n'arriv]ont pas4 --,v\s leur indiqu]ez1 notre *ambre sitt que v\s les v]rez4 --,peut-tre vos g5s se sont-ils tromps madame1 dit le valet1 ils auront t sans d\te ,bu]os ,ciairs1 *ez le sieur ,villiams1 qui ti5t l'aub]ge anglaise #h2 si v\s s\haitez1 j'irai m'claircir8 ,assurm5t1 dit ,clm5t9e1 et rev5ez n\s donn] des n\velles au plus vite4 ,on n\s ouvrit un app>tem5t assez va/e beauc\p plus beau sans d\te1 que n\s n'tions en tat de le pay]1 et on fut aux in=mations4 ,ce premi] mom5t ne fut pas aussi affreux qu'il aurait pu l'tre1 il n\s re/ait encore de l'espoir1 n\s n'emes que de l'agitation4 ,mais elle fut trs-vive4 --,clm5t9e se prom5ait gr&s pas dans la *ambre4 --,j'tais anantie sur un sopha1 quelques p>oles sans suite1 n\s *appai5t avec imptuosit1 le mo9dre bruit n\s inquitoit4 4 4 4 ,n\s c\tions 4 4 4 ,n\s n\s replongions dans nos tri/es p5ses1 on arriva enf91 et ce ft p\r n\s c]tifi] qu'il n'tait c]ta9em5t ri5 arriv *ez le sieur ,villiams1 qui ressembla ce que n\s dem&ions4 4 4 4 ,n'importe1 dit ,clm5t9e1 avec une tranquillit contra9te1 qui me dveloppa mieux son c>actre en ce mom5t1 qu'il ne l'avait encore t p\r moi1 depuis que n\s n\s connaissions1 n'importe1 ordonnez qu'on n\s s]ve s\p]4 4 4 4 ,ils arriv]ont 4 4 4 ,il e/ impossible qu'ils n'arriv5t pas4 4 4 4 ,n\s sommes p]dues1 me dit-elle1 ds que le valet fut sorti1 n\s ne retr\v]ons jamais nos effets 4 4 4 n\s sommes ananties ,lonore4 4 4 4 ,et comme elle vit que je rp&ais un torr5t de l>mes1 4 4 4 ne t'affliges pas p\rsuivit-elle1 songe t\s les dang]s dont n\s n\s sommes tires1 n\s *app]ons encore celui-ci4 4 4 4 ,mon enfant1 s\vi5s toi qu'avec l'esprit que n\s avons1 deux jolies filles ne meur5t jamais de faim4 --,oh ciel6 n'att5ds jamais que je p>tage l'infamie que tu me fais ent5dre4 --,je n'ai pas plus d'envie que toi de me livr] la dbau*e1 je dte/e ce g5re de vie1 non que je croye qu'il (f5se le ciel1 je suis trop lo9 de ces prjugs p\r y cd] encore2 non que j'imag9e que la corruption des femmes nuise la socit1 qu'elle s]t bi5 plutt1 puisqu'elle multiplie les objets de ses j\issances1 mais je hais la pro/itution p\r elle-mme1 je la cra9s1 p>ce qu'elle n\s ravale aux yeux des hommes1 p>ce qu'elle n\s fait mpris] de ce sexe1 qui mrit]ait seul notre indignation1 si n\s lui faisions ju/ice4 4 4 4 ,inconsqu5t qu'il e/1 il n\s entrane dans l'abime1 et ose n\s punir d'une faiblesse dont il e/ la premire cause4 4 4 4 ,mais il faut vivre ,lonore1 voil le premi] b de la nature1 cette imprieuse loi se fait ent5dre avant t\tes les conv5tions sociales1 qui ne fur5t tablies que p\r la mieux s]vir4 ,et telles qu'elles soi5t ces conv5tions secondaires1 elles ne sont plus faites que p\r le mpris1 ds qu'elles manqu5t le premi] vu de la nature4 --,t\s les moy5s ne sont pas p]mis p\r arriv] ce b4 --,t\s de quelqu'espce qu'ils puiss5t tre1 il n'en e/ pas un seul qui ne soit autoris p> la nature1 ds qu'il s'agit de se cons]v]1 punit- elle l'habitant de l'air de t\s les moy5s qu'il pr5d p\r se procur] sa n\rriture1 et s]a-t-elle plus cruelle env]s n\s8 ,les conv5tions qui s'oppos5t cette manire de vivre1 qu& il ne n\s en re/e plus d'autres1 ne sont pas de sa ma98 ,p\rquoi donc veux-tu que je les respecte1 puisqu'elles ne font que contr>i] ce que m'inspire la seule voix qui p>le rellem5t mon cur8 ,n'importe1 p\r n'avoir ri5 n\s repro*]1 puisque tu es si dlicate1 comm5ons p> t\tes les dm>*es honntes qui peuv5t n\s faire retr\v] notre bi54 4 4 4 ,n\s desc5dmes2 ce n'e/ pas la pe9e1 me dit cette folle crature1 en sortant1 de pr5dre la clef de notre *ambre4 ,dieu1 m]ci on ne t\*]a pas nos effets1 qu'en p5ses-tu8 ,mais mo9s dcide que ma compagne rp>] nos malheurs p> des crimes1 et p> consqu5t plus afflige qu'elle1 je ne rpondis pas la plaisant]ie4 ,cep5dant je l'av\e le flgme heureux de cette fille1 mme au se9 du malheur1 ranima mon c\rage un in/ant1 je la suivis ple9e d'espoir4 4 4 4 ,il faisait encore gr& j\r1 n\s ret\rnmes au port2 aucune figure semblable celle des g5s qui n\s avions remis nos bagages1 ne frappa nos reg>ds1 n\s n\s in=mmes du btim5t qui v5ait de n\s db>qu]1 peut-tre aurions-n\s pu y tr\v] quelques sec\rs1 mais aprs avoir mis ses passag]s t]re et fait visit] ses papi]s1 le capita9e avait sur-le-*amp remis la voile p\r ,cadix o l'appelai5t des affaires de la plus gr&e importance4 ,il tait p>ti depuis une heure4 ,n\s r5trames dans la ville1 et n\s in=mant de la maison de l',alcade du qu>ti] de notre aub]ge1 n\s fmes lui port] nos pla9tes et lui dem&] des conseils4 ,dom ,laur5t de ,p>dnos1 tait un de ces hommes dont la physionomie d\ce et m9audire1 ca*e une ame atroce et corrompue1 un de ces prv>icateurs comme il y en a tant 4 4 4 qui ne voy5t dans la place qu'ils occup5t1 que ce qui peut les conduire plus vite tan*] la soif de leur luxure ou de leur av>ice 4 4 4 qui t\s les moy5s sont bons1 p\rvu qu'ils fass5t tomb] dans leurs filets1 celui qui les implore1 si quelque *ose de ce malheureux peut ass\vir leurs passions4 ,f\rbe1 adroit1 endurci t\s les maux de son pro*a91 les voyant sans les s\lag] ou ne les sec\rant que p> l'espoir d'en v5ir promptem5t ses vues1 effrn lib]t91 gr& hypocrite1 sclrat pr(ond1 tel tait le respectable magi/rat *ez lequel n\s n\s r5dmes1 p\r in=m] contre les fripons qui n\s rduisai5t l'aumne #i4 ,dom ,laur5t n\s fit entr] dans son cab9et ds que n\s fmes annonces1 n\s recevant avec l'air le plus d\x et le plus b591 il n\s dem&a ce qui lui tait possible de faire p\r n\s oblig]1 et en prononant ces mots3 il n\s lorgnait avec bont1 ayant l'air de n\s enc\rag]1 de n\s applaudir p> de lg]s signes de tte et de ma9s1 avant mme que n\s eussions encore dit une p>ole2 n\s lui racontmes notre hi/oire4 4 4 4 ,n\s lui dtaillmes les s]vices que n\s v5ions de r5dre au ,portugal4 4 4 4 ,il n\s plaignit1 il n\s dit que n\s avions eu le plus gr& tort du monde de ne pas pr5dre une lettre de recomm&ation des *efs de la colonie1 que cette lettre n\s aurait plus s]vi que notre arg5t mme1 et que sur elle1 n\s aurions tr\v t\s les sec\rs possibles la *ambre du comm]ce d',afrique4 ,mais v\s y all] prs5t] sans cel1 cont9ua ce t>tufe1 c'e/ expos] deux honntes filles tre prises p\r des av5turires1 je ne v\s conseille pas cette dm>*e4 4 4 4 ,et que faire monsieur1 dis-je alors avec am]tume1 que v\lez-v\s que n\s dev5ions8 ,att5dez reprit le magi/rat1 att5dez p\r v\s dsespr]1 qu'il y ait quelque *ose de fait sur les p]quisitions que je v\s promets d'entrepr5dre2 comportez-v\s bi5 en att5dant1 et ne succombez pas sur- t\t1 dit-il en n\s flattant d\cem5t les j\es de la ma91 aux piges nombreux que le crime t\j\rs surveillant1 prp>e sans cesse l'innoc5ce2 moi j'espre beauc\p4 4 4 4 ,la bont de ,dieu e/ si gr&e1 sa ma9 sec\rable ab&onne-t-elle jamais l'in=tun8 ,dites-moi1 beaux enfans1 p\rsuivit il1 en laissant d\cem5t tomb] une de ses ma9s sur la gorge de ,clm5t9e qui ne le rep\ssa po9t d'abord1 dites-moi1 avez-v\s fait *oix d'un confesseur en arrivant dans cette ville8 4 4 4 ,depuis le temps que v\s vivez avec des b>b>es4 ,c'e/ que j'ai un bi5 honnte homme v\s propos]4 4 4 4 ,ici ,clm5t9e outre1 rejetta promptem5t la ma9 dont les progrs dev5ai5t imm5ses4 4 4 4 ,non1 dit-elle1 monsieur1 non1 n\s n'avons po9t fait *oix d'un confesseur1 l'envie de s\p] e/ plus pressante dans n\s1 que celle d'all] confesse1 et n\s n'avons pas de quoi satisfaire cet urg5t beso94 4 4 4 ,ah6 comme c'e/ f*eux1 comme c'e/ f*eux1 rpliqua le sa9t homme1 en vrit l'on ne vit jamais4 4 4 4 ,dans ce mom5t l'angelus sonna1 et ,dom ,p>dnos s'int]rompant aussitt1 se jette aux pi$s d'un gr& crucifix1 n\s invite en faire autant1 et se met un qu>t- d'heure en prire4 4 4 4 ,je le rpte1 cont9ua-t-il1 en se relevant1 esprez t\t de la bont du ciel4 4 4 4 ,je vais agir1 et j'irai v\s r5dre rponse moi-mme dema9 mat9 de mes travaux4 4 4 4 ,monsieur1 lui dit effrontm5t ,clm5t9e1 t\t cel e/ bel et bon1 mais je v\s dis encore une fois1 que n\s n'avons pas une raix p\r n\s su/5t] ce soir #aj1 prtez-n\s au mo9s une portugaise1 puisque v\s tes si dvot1 v\s devez aim] faire de bonnes uvres1 le ciel que l'on s]t bi5 mieux a9si1 que p> des pat5tres1 v\s en rcomp5s]a infailliblem5t4 ,je ne prte jamais d'arg5t1 dit l'honnte commissaire1 cep5dant cont9ua-t-il1 en replaant sa ma9 sur le se9 de ma compagne1 cause de v\s et de cette *re enfant1 p\rsuivit-il1 en v\lant me trait] comme ,clm5t9e4 4 4 4 ,oui1 cause de v\s deux1 qui m'inspirez une vritable compassion4 ,la voil cette demie portugaise que v\s dsirez #aa4 ,mais si dema9 je n'ai nulles bonnes n\velles v\s dire1 je v\s av]tis qu'il faudra me r5dre ces avances1 ou d'une faon ou d'une autre2 et en disant cela1 il n\s mit honntem5t t\tes les deux la porte de son cab9et4 --,un mom5t monsieur1 dit ,clm5t9e1 expliquez mieux ce que v\s n\s annoncez1 comm5t v\lez-v\s que n\s v\s r5dions vos avances1 si n\s ne tr\vons pas nos effets8 ,v\s v\s acquitt]ez comme s'acquitt5t des femmes1 dit ,dom ,laur5t1 n'ont-elles pas t\j\rs des moy5s1 et reportant sa ma9 sur la cr\pe de ,clm5t9e4 4 4 4 ,ne voil-t-il pas de quoi me pay] amplem5t4 ,n\s s]ions indignes du prt que v\s v\lez n\s faire1 si n\s cons5tions ces moy5s de v\s remb\rs]1 rpondis-je en colre1 et le mpris que v\s auriez p\r n\s1 devrait v\s emp*] de n\s tre utile4 4 4 4 ,je n'ent5ds ri5 t\t cel dit l',alcade avec un visage un peu mo9s compos1 voil ce que v\s me dem&ez1 ou v\s me le r5drez1 ou je m'acquitt]ai moi-mme ma fantaisie4 4 4 4 ,soit1 dit ,clm5t9e1 de cette manire n\s ne v\s aurons aucune obligation1 n\s avions peur d'tre mprises de v\s1 mais c'e/ v\s au contraire qui aurez mrit t\te l't5due de ce s5tim5t1 n\s en s]ons t\tes deux plus l'aise4 ,notre premi] so9 en arrivant l'aub]ge1 fut de savoir si l'on n'avait pas eu des n\velles de nos malles1 on n\s assura que non1 et comme on se mfie un peu dans de telles maisons1 de g5s qui n'ont pas les effets ncessaires rpondre de leur consommation1 on n\s pria de pay] notre s\p] d'avance1 si n\s v\lions qu'il n\s ft s]vi2 eh bi5 me dit ,clm5t9e1 en me reg>dant1 cette piti1 ce s5tim5t sublime1 tu vois comme il e/ c\t *ez les hommes1 pe9e n\s s\ponne-t-on d'tre dans la misre1 que n\s sommes insultes de t\tes p>ts2 l'un 4 4 4 celui qui1 p> sa place n\s devrait des sec\rs1 met au prix de notre v]tu les foibles s]vices qu'il veut bi5 n\s r5dre2 l'autre1 qui nage dans l'or1 veut qu'on lui paye d'avance1 un malheureux s\p] qu'il cra9t de p]dre4 4 4 4 ,ti5s dit ,clm5t9e1 en jettant la demie portugaise au nez du valet1 paye-toi de ton s\p] faqu91 mais s]s le bon et t\t de suite4 4 4 4 ,puis aussitt qu'il ft sur la table1 en e/-ce cel p\r notre arg5t1 dit ma compagne4 --,non madame1 il v\s re/e deux cruzades1 les voici #ab4 --,apporte-n\s du v9 de ,stuval p\r cette somme4 ,je veux boire la sant des frippons qui n\s vol5t1 il n'y a que les malheureux auxquels il soit p]mis de se rj\ir sans (f5s] p]sonne4 ,on apporta le v91 et ,clm5t9e ayant ordonn qu'on se retira1 et qu'except p\r nos malles1 on ne s'avisa pas de n\s int]rompre4 4 4 4 ,s\pons me dit-elle prs5t1 ds que n\s fmes r5f]mes1 n\s ne sommes pas encore sans ress\rces1 tu le vois1 il s]a temps de n\s dsol] qu& nos malheurs s]ont plus c]ta9s4 ,le /ocisme de ma compagne me ranima2 je mangeai presqu'aussi-bi5 qu'elle1 mais je bus beauc\p mo9s2 dcide noy] ses *agr9s dans le jus dlicat des vignes de ,stuval1 elle sabla ses deux b\teilles comme j'aurais fait d'un v]re de limonade1 et dev9t dans l'tat de draison1 qui s'emp>a d'elle peu -prs1 aussi folle1 aussi gaie1 aussi vive que jamais une jolie femme puisse tre4 ,ses beaux *eveux noirs flottant sur son se9 d'albtre1 ses yeux sup]bes t\r--t\r enflamms p> le dpit et p> la d\leur 4 4 4 quelquefois m\ills de l>mes d'un s\v5ir qu'elle ne p\vait te9dre4 4 4 4 ,le dsordre flottant d'une cim>re de gaze1 seul habit que la *aleur n\s p]mt de port]1 cet air t\*ant1 qu'un peu de lassitude imprimait ses traits2 t\t 4 4 4 t\t en un mot1 la r5dait si voluptueuse et si belle1 qu'aucun homme sur la t]re n'et pu lui rsi/] alors1 et que j'eus peut-tre beso91 moi-mme1 de t\te ma raison et de t\t mon am\r p\r me rappel] que j'tais de son sexe4 ,n\s n\s c\*mes4 4 4 4 ,elle me t9t c5t propos1 plus extravagans les uns que les autres 4 4 4 et cela la veille du j\r o n\s allions tre obliges peut-tre dem&] l'aumne1 ou faire pis p\r obt5ir notre subsi/ance4 ,en ouvrant les yeux le l5dema9 ,clm5t9e fondit en l>mes4 4 4 4 ,l'ivresse e/ comme l'opium1 elle calme la d\leur et ne la r5d que plus vive au rveil 4 4 4 mon amie1 me dit-elle1 que ne suis-je morte en dormant6 4 4 4 il ne faudrait jamais s'veill] qu& on a l'in=tune p\r p]spective4 4 4 4 ,ce n'et-il pas t un bonheur p\r moi que de pass] dans les bras de la mort1 du se9 de l'ivresse o j'tais hi]8 4 4 4 ,non1 rpondis-je1 non1 n\s n\s sommes tires d'un pas plus dang]eux que celui-ci4 4 4 4 esprons t\t de la bont du ciel4 --du ciel6 4 4 4 ah6 ne comptons jamais sur le ciel2 t\te esprance fonde sur des *imres n'e/ faite que p\r l'esprit des sots4 -- ,clm5t9e6 *imre ou non c'e/ la ress\rce du malheureux1 n'en dtruisons pas l'ide dans nos curs elle peut encore n\s consol]4 --,que la f\dre m'crase l'in/ant o je s]ai console p> de telles fables1 cesse de me p>l] d'un tre indiffr5t au sort de ses cratures1 qui ne les =me que p\r les r5dre malheureuses1 qui ne les cons]ve que p\r les abreuv] de pleurs 4 4 4 qui ne leur prolonge la vie que p\r mieux ex]c] sa rage1 en les accablant d'in=tunes1 et qui ne les att5d au b\t de t\t cela qu'avec des flammes et des b\rreaux4 ,mort de ma vie1 mon plus gr& bonheur e/ d'tre sre qu'un tel tyran n'exi/a jamais2 je devi5drais frntique ou furieuse s'il me fallait y croire un in/ant4 ,on t'a mal pe9t cet tre que tu injuries1 ,clm5t9e1 dfigur p> les cultes huma9s1 il a pu te p>atre odieux2 dgage-le de ces absurdits et tu l'aim]as bi5tt4 ,ne vois dans cette ess5ce div9e1 qu'un pre t5dre et compatissant1 qui1 s'il n\s pr\ve un mom5t p> les malheurs1 place avec art au fond de nos ames1 p\r que n\s n'en soyons pas dc\rags1 ce rayon si d\x d'esprance qui les ad\cit aussi-tt4 ,plus sont affreux nos rev]s ici-bas1 plus s]a div9e et d\ce la rcomp5se qu'il n\s en prp>e4 4 4 4 pr\v p> tant de trav]ses ne s]a-t-il pas bi5 plus d\x ce bonheur t]nel o n\s devons prt5dre6 4 4 4 ,ah6 desc5ds au fond de ton cur1 mme en ce cruel in/ant d'ab&on o ton inju/ice outrage l't]nel1 tu s5tiras sa voix te ranim] encore 4 4 4 mon amie6 voil l'tre consolateur que j'(fre ton esprit2 voil celui qui t'ouvre les bras4 4 4 4 implorons-le p> nos actions1 je t'ab&onne les p>oles et les simagres1 je t'ab&onne les cultes et les autels1 mais que nos curs1 crs son image1 le s]v5t au mo9s p> des v]tus4 --,je ne crois pas plus aux v]tus1 qu' ton ,dieu1 dit ,clm5t9e1 en v]sant des l>mes amres1 j'adopt]ai des v]tus qu& j'aurai de quoi vivre1 je croirai en ,dieu qu& je ne v]rai plus que du bi5 sur la t]re4 ,en ce mom5t on frappa assez rudem5t la porte1 et comme n\s tions encore au lit1 n\s primes qu'on n\s donnt le temps de n\s lev]4 4 4 4 ,n\s ouvrmes enf92 c'tait l',alcade4 4 4 4 ,po9t d'espoir1 n\s dit-il en entrant1 vos voleurs dp5d5t d'une tr\pe nombreuse1 qui depuis long-tems infe/e la ville et les environs2 il e/ impossible de tr\v] leur dpt1 le plus c\rt e/ d'y r5onc]4 --,ici t\t mon c\rage m'ab&onna4 4 4 4 ,je fondis en l>mes4 --,clm5t9e1 plus f]me1 rpondit que ce c\p la dsolait d'autant plus1 qu'en att5dant qu'elle et crit sa mre1 ,madrid1 p\r obt5ir des sec\rs1 qu'elle aurait srem5t trs-vite1 elle se voyait contra9te abus] encore de la bont de dom ,laur5t1 et lui dem&] un n\vel emprunt4 ,v\s v\s tes trompes1 rpondit l',alcade1 en s'enf]mant avec n\s dans la *ambre1 v\s v\s tes trompes mes beaux enfans1 bi5 lo9 d'tre dans l'int5tion de v\s donn] davantage je vi5s v\s dem&]1 ou ce que je v\s ai prt1 ou les faveurs qui doiv5t le comp5s]4 4 4 4 et s'avanant moi 4 4 4 allons1 dcidez-v\s mignonne4 ,expdions d'abord celle-ci1 n\s v]rons l'autre ensuite2 pressons-n\s surt\t je v\s conjure1 je ne suis pas sans pratique1 dieu m]ci1 et au mom5t o je v\s p>le on m'att5d p\r p>eille besogne4 ,entirem5t absorbe p> ma d\leur1 le dos t\rn v]s ce mon/re1 la tte dans mes ma9s1 demi c\*e sur le canap2 je ne l'avais pas vu v5ir moi1 lorsque t\t--c\p le tratre me saisissant dans cette attitude1 fixe d'une ma9 ma position1 p5dant que l'autre1 c>tant t\t ce qui le gne1 m'expose ses reg>ds un in/ant presque nue1 sans qu'il me soit possible de m'en df5dre2 mais son triomphe n'e/ pas long2 me relevant avec plus de vitesse qu'il n'en a mis m'abattre1 et le culbutant lo9 de moi d'un vig\reux c\p de po+ dans la poitr9e3 fuis1 l*e1 m'criai-je1 ds que tu es assez vil p\r n\s refus] tes s]vices2 fuis1 mais ne n\s outrage po9t1 et p5dant ce dbat1 ,clm5t9e ayant le/em5t ouv]t la porte1 appelait l'htesse son sec\rs4 4 4 4 elle arrive3 notre hi/oire e/ c\rte1 madame1 lui dit ma compagne1 daignez v\s asseoir un in/ant et l'ent5dre4 4 4 4 ,cet homme1 dit-elle en montrant dom ,laur5t1 trs-confus1 cet homme e/ un indigne2 il sait notre malheur et il en abuse4 4 4 4 ,n\s arrivons des ,colonies1 n\s avons p> nos so9s s\mis plus de trois c5ts lieues de t]re la nation portugaise1 quoique n\s n'en soyons pas2 c>1 je suis espagnole et ma compagne e/ franaise2 n\s avons reu des l\anges et des gratifications de nos s]vices2 n\s sommes arrives ici hi] avec trois malles ple9es d'effets et d'arg5t2 n\s les avons1 suivant l'usage1 confies des galegues1 avec ordre de les apport] *ez v\s1 ils n\s les ont voles2 n\s avons t dem&] des conseils et des sec\rs ce malheureux1 qui1 p>ce que n\s avons t\t p]du1 p>ce que n\s sommes hors d'tat de lui r5dre le peu qu'il a fait p\r n\s1 exige en ddommagem5t que n\s n\s prtions ses infmes dsirs4 4 4 4 ,a-t-il raison1 madame1 le devons-n\s8 ,votre maison e/-elle faite p\r que deux femmes honntes1 qui s'y croy5t l'abri1 y soi5t p\rtant traites de la sorte8 ,dcidez v\s- mme la "q1 et n\s f]ons ce que v\s n\s ordonn]ez4 ,ici madame ,b\lnois reg>da dom ,laur5t2 elle lui dem&a s'il tait vrai qu'un homme honor de la confiance publique se ft p]mis une *ose semblable8 4 4 4 ,ces femmes v\s tromp5t1 rpondit l'hypocrite1 en repr5ant son air d\c]eux1 puissiez n'tre pas v\s-mme la dupe de ce que v\s faites p\r elles4 4 4 4 ,je leur fais volonti]s prs5t de la portugaise qu'elles m'ont escroque1 il faut savoir faire la *>it quelquefois--et en t]m9ant ces mots insultans il se retira1 et n\s laissa avec l'htesse4 ,madame1 dis-je alors cette femme1 l'emb>ras de ce mon/re v\s pr\ve son crime2 je v\s conjure d'avoir piti de n\s1 n\s avons dit la vrit2 croyez que n\s ne v\s en imposons sur ri52 v\s voyez quelles fune/es extrmits vont tre rduites deux jeunes filles1 si v\s n\s refusez vos sec\rs2 v\s aurez sur votre consci5ce le crime o n\s plong]a votre ab&on4 ,n\s allons crire nos p>5s1 nos amis2 n\s allons t\t employ] p\r v\s remb\rs] des avances que n\s v\s conjurons de faire p\r n\s2 n\s v\s s]virons d'tages en att5dant2 n\s ne b\g]ons pas de votre maison4 4 4 4 ,ayez piti de n\s1 madame1 le ciel v\s r5dra le bi5 que v\s n\s aurez fait4 --,en vrit mes belles amies1 dit l'htesse en se levant1 je n'ai pas envie de n\rrir p\r ri5 deux femelles2 je ne manqu]ais pas de filles de votre espce si j'en v\lais2 mais1 ,dieu soit l\1 ma maison ne leur a jamais s]vi d'asyle4 ,si p\rtant v\s y v\lez re/] il ne ti5t qu' v\s1 mes s]vantes me quittr5t hi]1 je v\s (fre leur place2 la condition n'e/ pas mauvaise4 --,j\r de ,dieu6 s'cria la f\gueuse ,clm5t9e1 en s'lanant les po+s levs sur l'htesse1 n\s1 te t5ir lieu de s]vantes1 appr5ds d\ble cat9 que ma mre en a *ez elle qui val5t mieux que toi4 4 4 4 ,ne l'c\tez pas1 madame1 dis-je l'htesse1 en me mettant entr'elles deux1 ne l'c\tez pas le malheur *auffe sa tte2 daignez n\s g>d] cette seule j\rne1 je ne v\s dem&e d'autre grace1 et voil1 lui dis-je1 en dfaisant un petit coli] croix d'or que j'avais aut\r de mon c\1 voil de quoi v\s en rpondre4 4 4 4 ,eh bi56 dit l'htesse1 en sortant avec le coli]1 on v\s n\rrira jusqu' la concurr5ce de cet effet1 aprs cela pr5ez votre p>ti4 ,le mi5 e/ pris1 dit ,clm5t9e1 en se jettant avec fureur sur un sige2 il l'e/1 4 4 4 ou que le j\r qui m'claire1 soit le d]ni] de ma vie4 --,oh6 ,dieu1 ,dieu6 4 4 4 ne dcide jamais ri5 dans le dsespoir4 --et que veux-tu que n\s dev5ions8 --,pauvres et sages1 n\s travaill]ons2--je ne sais ri5 faire4 --,eh bi51 moi1 je sais c\dre et brod]1 je travaill]ai p\r t\tes deux2 je gagn]ai de quoi n\s faire vivre2 4 4 4 je ne te quitt]ai jamais3 je ne te dem&e que d'tre sage1 et de ne te po9t dsespr]4 --6 ,lonore1 reprit ma compagne1 en se jettant sur mon se91 et l'arrosant des l>mes amres de sa d\leur2 toi6 que j'aime plus que ma vie1 ne cra9s pas que je t'ab&onne non plus2 mais laisse-moi le so9 de te n\rrir 4 4 4 1 mo9s dlicate que toi j'y p\rvoirai d'une faon plus sre4 4 4 4 ,cons]ve cette v]tu imag9aire1 dont tu fais le phantme de ta gloire2 je l'outrag]ai p\r te faire vivre2 et si jamais les remords v5ai5t d*ir] mon ame1 je leur oppos]ais les droits de l'amiti4 --,ah6 crois-tu que je p\rrais tre heureuse1 en subsi/ant du fruit de tes crimes4 4 4 4 c\te1 me dit ,clm5t9e1 un peu plus calme1 je n'ai pas plus envie de me pro/itu] que toi1 je te l'ai dj dit3 il faudra que je sois dans une furieuse extrmit1 qu& je me jett]ai dans un tel abyme2 mais j'ai t\t comb91 et malheureusem5t nul autre moy5 que celui-l ne peut n\s sortir de cet infme pays3 nos projets1 tu le sais1 sont d'all] ,madrid2 l je te l'avais promis1 et t'en r5\velle le s]m5t2 si ma mre et le duc de ,md9a-,celi viv5t encore1 je te donn]ai t\t ce qu'il faudra p\r pass] en ,france2 mais il faut y arriv]4 ,calculons un in/ant t\s les moy5s qui s'(fr5t n\s p\r y p>v5ir2 ou il faut1 en n\s pro/ituant1 gagn] ici de quoi n\s y conduire1 ou il faut dem&] l'aumne en *em91--ou il faut vol]2 lequel tr\ves-tu le plus honnte des trois8 4 4 4 ,tu proposes de travaill]8 o n\s mn]ont six v+ta9s p> j\r #ac1 que n\s gagn]ons peut-tre en passant *acune d\ze heures l'ouvrage4 4 4 4 ,p5dant ce tems-l n\s crirons1 dis-tu8 ,faible ress\rce1 ma *re2 on obti5t quelquefois en sollicitant soi-mme1 presque jamais en crivant4 ,combi5 de g5s d'ailleurs ont p\r maxime1 qu'il ne faut jamais rpondre ceux qui sont dans l'in=tune4 ,si donc ces lettres ne rapport5t ri51 il faudra se rs\dre vgt] ici dans quelque gr5i]1 sans jamais p\voir appro*] du b o n\s devons t5dre4 ,cessons donc d'envisag] t\t ce qui ne n\s y mne pas1 p\r n\s occup] seulem5t de ce qui y conduit1 quelque prix que ce puisse tre1 et quelque sacrifice qu'il n\s en puisse cot]4 ,ah6 comm5t crois-tu1 rpondis-je ce disc\rs1 que je puisse jamais accept] aucun des trois moy5s que tu proposes1 de t\s encore p\rtant1 celui de dem&] l'aumne me p>atrait le mo9s affreux4 --,ma *re amie1 reprit ,clm5t9e1 n\s n'vit]ions pas1 dans ce malheureux p>ti1 ce qui p>at t'effray] autant1 crois que dans ce sicle d'horreur et de dpravation1 les hommes ne font pas l'aumne des filles comme n\s1 sans exig] l'intrt de leur arg5t2 il n'y a po9t de *>it gratuite1 ma *re2 ou l'orgueil1 ou l'intemprance1 voil les seuls motifs qui la rveill5t2 celui qui fait l'aumne veut1 ou qu'on le sa*e1 ou qu'il en puisse recueillir quelque fruit4 ,on e/ rev5u de l'ide de gagn] le ciel p> ces sortes de bonnes uvres4 ,on a dml l'intrt puissant de ceux qui n\s pr*ai5t cette doctr9e4 ,on s'e/ d\t qu'une religion1 d'abord adopte p> des pauvres1 devait faire une v]tu de l'aumne1 --qu'une religion p]scute1 devait cri] la bi5faisance1 et qu'il fallait rp&re un peu d'or sur les autels d'un dieu n dans la b\e4 ,la philosophie n'a p]fectionn l'esprit de l'homme qu'en endurcissant son cur4 4 4 4 ,elle lui a appris que p\r pur] les lumires de l'un1 il fallait se dfi] de l'organe trompeur de l'autre1 et qu'on n'arrivait po9t la dc\v]te du vrai1 sans r5onc] la *imre du bi54 ,et p\r combi5 de g5s dpravs d'ailleurs1 ce malheureux tat ne devi5t-il pas un attrait de plus6 saisis un in/ant avec moi le fil qui conduit dans les impntrables dt\rs du cur d'un lib]t91 ne sais-tu donc pas qu'il veut matris] l'objet (f]t ses passions2 que c'e/ p> la =ce et p> la viol5ce que j\it celui dont l'ame n]ve p> la dbau*e a p]du sa dlicatesse2 l'galit lui refusant les plaisirs despotiques dont il alim5te sa luxure1 il ne les tr\ve plus comme il les lui faut1 que *ez la victime que la misre ass\pit sa brutalit2 a9si dev5ues plus pla9dre1 sans *app] un seul cueil1 n\s aurions1 avec l'ignom9ie de nos murs1 t\s les dang]s de l'in=tune1 n\s allum]ions la concupisc5ce des hommes1 sans fl*ir leur humanit2 n\s s]ions la cause de beauc\p de crimes1 sans j\ir du fruit d'aucune v]tu4 ,j'allais rpliqu]1 qu& le dn] qu'on apportait1 int]rompit notre conv]sation4 4 4 4 ,il e/ m9ce1 n\s dit le g>on de l'aub]ge1 mais madame m'a *>g de v\s dire qu'elle avait mieux aim v\s envoy] peu1 et v\s n\rrir plus long-tems1 af9 de v\s mettre mme de f9ir vos affaires2 elle v\s s]vira trois j\rs sur l'effet que v\s avez mis dans ses ma9s1 en v\s rduisant ce que v\s voyez4 ,n\s sommes cont5tes1 rpondit ,clm5t9e2 4 4 4 ,f]mez la porte1 et laissez-n\s4 ,allons1 me dit ma compagne1 en m'invitant de v5ir p>tag] un mauvais morceau de b\illi et quelques figues1 vi5s recevoir de la ma9 de la nation portugaise1 le prix des so9s que n\s lui avons r5dus2 vi5s appr5dre s]vir les rois4 4 4 4 ,hlas6 rpondis-je1 celui dans les tats duquel n\s sommes1 ignore ce que n\s avons fait p\r lui2 croyons-le assez gnreux p\r ne pas le laiss] sans rcomp5se1 s'il en tait in/ruit4 ,lui de la reconnaissance6 une telle v]tu dans l'ame d'un roi6 ah1 n'y compte pas2 la nature1 en ptrissant l'ame de t\s ces sclrats1 avec des vices1 y plaa l'+ratitude p\r enseigne1 af9 que les hommes s'y trompass5t mo9s4 pe9e eumes-n\s dn]1 que le valet p>ut1 en n\s dem&ant la p]mission d'introduire un commissionnaire *>g d'une lettre importante p\r n\s4 ,qu'il entre1 rpondis-je1 ne ngligeons ri5 dans notre situation2 les plus petites lueurs peuv5t am5] au gr& j\r4 4 4 4 ,un laquais1 sans livre1 p>at1 et ayant pos une lettre sur la table1 il dcampe sans qu'il soit possible de le ret5ir1 et sans pr(r] une p>ole4 ,j'ouvre la lettre3 voici ce que j'y tr\ve4 ,le duc de ,cortreal a eu des n\velles de la p]te que v\s v5ez de faire2 il peut v\s donn] des indications sres1 relativem5t vos effets vols4 ,le mme homme qui v\s remet ce billet1 vi5dra v\s pr5dre1 avec une voiture1 ds qu'il s]a nuit3 on v\s conduira hors du faub\rg de ,blem1 dans une maison de plaisance1 situe quelques milles de-l1 app>t5ant au ,seigneur qui p>at s'intress] v\s2 une fois que v\s y s]ez1 l'une et l'autre1 p\r prix d'une obissance sans bornes ce qui v\s s]a propos1 v\s retr\v]ez vos malles et un ti]s de plus que leur valeur4 ,notre premi] m\vem5t t\tes deux1 fut une surprise muette qui n\s t9t les yeux fixs l'une sur l'autre1 la b\*e ouv]te1 et la respiration arrte4 ,clm5t9e1 t\j\rs plus vive que moi dans le malheur1 rappela aussi-tt le g>on de l'aub]ge3 quel e/1 lui-dit-elle1 l'homme qui vi5t d'apport] cette lettre2 le valet1 en vrit1 je ne le connais pas2 c'e/ la premire fois qu'il met les pi$s dans cette maison4 ,lonore1 il se dit au duc de ,cortreal1 connaissez-v\s ce duc8 ,le valet1 assurm5t2 c'e/ un des plus ri*es seigneurs de ,lisbonne4 ,clm5t9e1 =t lib]t98 ,le valet1 il aime les femmes1 il les paye bi54 ,clm5t9e1 quel ge a-t-il8 le valet1 c9quante ans4 ,clm5t9e1 dites-n\s1 mon ami1 4 4 4 v\s avez l'air d'un brave g>on2 in/ruisez-n\s comm5t il e/ possible que ce duc puisse avoir des n\velles de nos malles8 ,le valet1 il en a8 ,lonore1 oui3 c\tez1 dit le g>on 7en f]mant la porte1 de cra9te d'tre ent5du7 je m'en vais v\s rvl] une p>tie de ce my/re2 mais1 p> sa9t ,jacques1 ne me trahissez pas4 ,lonore1 ne cra9s ri51 s]s-n\s1 et crois qu'une bonne action n'e/ jamais sans rcomp5se4 ,le valet1 ne d\tez po9t que ces malles ne soi5t effectivem5t *ez ce seigneur2 mais v\s ne les aurez jamais1 si v\s ne satisfaites ses dsirs1 et ceux de ses amis3 il en a trois lis avec lui depuis tr5te ans1 et t\s trois -peu-prs du mme ge3 ils p>tag5t les fruits de leurs plaisirs et les gt5t ensemble4 ,leurs ri*esses sont prodigieuses1 et ils en consum5t les deux ti]s en femmes4 ,il n'y a sorte de ruses qu'ils n'inv5t5t1 eux ou leurs ag5s1 p\r pr5dre les oiseaux dans leurs filets4 ,arg5t1 mauvais t\r1 sduction1 procs1 prison1 rapt1 vol1 et peut-tre pis4 ,ri5 ne leur cote enf92 et comme l'un d'entre eux e/ directeur-gnral des doma9es1 un de leurs moy5s favoris e/ d'envoy] aux salles o les quipages se f\ill5t1 des fripons leurs gages1 qui obs]v5t les voyageurs de t]re ou de m]1 et qui leur font ce qu'on v\s a fait1 qu& il se tr\ve p>mi du gibi] de leur gt4 ,si v\s allez tr\v] ces seigneurs1 v\s aurez vos effets1 sans d\te2 si v\s n'y allez pas1 et que pr(itant du billet1 v\s *]*iez v\s pla9dre1 ils ni]ont que l'crit vi5ne d'eux3 ils diront que vos malles tai5t ple9es de contreb&e1 que c'e/ en raison de cela qu'ils les ont fait saisir2 si v\s p]si/ez1 leur crdit e/ imm5se2 ils v\s f]ont1 s\s quelques prtextes imag9aires1 r5f]m] dans la maison des filles de dbau*e1 o ils abus]ont t\t de mme de v\s1 et v\s ne sortirez jamais de leurs ma9s4 --,laisse-n\s1 mon ami1 dit ,clm5t9e1 mille s9cres graces de tes claircissem5s2 crois qu'aussi-tt que n\s en s]ons en tat1 tu en recevras de n\s le salaire4 --,eh bi51 me dit ,clm5t9e1 ds que n\s fumes seules1 z-tu vu1 depuis que tu exi/es1 le crime s\s de plus odieuses c\leurs4 ,les femmes ont-elles raison de tromp] les hommes1 lorsque ceux-ci dress5t j\rnellem5t de p>eilles emb*es leur innoc5ce6 ,mais ce n'e/ pas le tems de dissrt]1 cont9ua-t-elle2 il faut agir1 que dcides-tu8 --,de fuir ,lisbonne4 --,quoi1 dans l'indigne tat o n\s voil rduites8 --,qu'importe l'tat1 si la v]tu n\s re/e4 --tre les dupes de ces sclrats8 --,n\s ne dev5ons telles qu'en leur cdant2 eux seuls le sont1 si n\s ne tombons pas dans leurs piges4 --,non1 il faut tre plus c\rageuses que tu ne le dis l2 il faut y all]2 il faut ravoir nos malles1 les cras] de nos repro*es1 les ptrifi] p> notre rsi/ance4 --,le vice consomm rit de la v]tu2 elle cesse de lui en impos]4 ,n\s brav]ons des prils c]ta9s1 sans avoir la gloire de les va9cre4 --,qui les cra9t n'a po9t de c\rage2--qui les affronte a trop d'orgueil --,confions le projet l'htesse2 proposons-lui de n\s accompagn]3--essayons le1 mais elle refus]a4 --,n\s primes madame ,b\lnois de mont]1 4 4 4 elle v9t2 4 4 4 n\s lui montrmes la lettre que n\s v5ions de recevoir2 et sans compromettre les aveux du valet1 n\s lui dem&mes ce qu'elle p5sait de l'av5ture1 et ce qu'elle f]ait notre place8 ,j'irais1 n\s rpondit-elle effrontm5t1 sans n\s ca*] ce qui p\vait s'ensuivre2 au fait1 exam9ez votre position2 e/-ce donc un si gr& malheur dans le cas o v\s v\s tr\vez8 ,de ce mom5t n\s ne d\tmes plus que cette femme ne ft gagne1 et je p5*ais la congdi]1 lorsque ,clm5t9e1 plus h>die1 osa lui dire avec hauteur1 qu'un tel conseil la surpr5ait1 et qu'elle voyait bi5 qu'elle s'tait furieusem5t trompe1 qu& elle avait cru qu'une femme honnte tait en sret dans son logis4 ,notre int5tion tait bi5 diffr5te madame1 cont9ua-t-elle1 n\s v\lions all] *ez le duc rclam] le vol qu'il a l'infamie de n\s faire1 et v\s pri] de n\s s]vir de sauve-g>de3--moi1 que j'aille dans une telle maison8 4 4 4 --et v\s n\s conseillez d'y all]8 4 4 4 --,c'e/ votre mti]1 et ce n'e/ pas le mi51 p\rsuivit cette femme en se retirant2 au re/e1 faites ce que v\s v\drez2 mais songez seulem5t que dans v+t-quatre heures je ne peux plus v\s g>d] *ez moi4 ju/e ciel6 t\t l'enf] e/ conjur contre n\s1 dit ,clm5t9e1 ds que n\s fumes seules2 tes maudits prjugs de v]tu vont n\s p]dre4 4 4 4 ,re/e1 p\rsuivit-elle1 en se levant furieuse et gagnant la porte1 je veux all] affront] les *imriques dang]s de cette av5ture4 4 4 4 ,non1 m'criai-je1 en la saisissant dans mes bras4 4 4 4 ,non1 je ne mang]ai pas le pa9 de la pro/itution2 je ne vivrai pas du fruit de ton de%onneur4 4 4 4 ,et que devi5drais-je moi-mme dans cet affreux logis2 l'inquitude de ce qui t'arriv]ait1 la cra9te des mmes malheurs o je me tr\v]ais peut-tre en proie4 4 4 4 ,t\t ti5drait1 p5dant cette fatale abs5ce1 mon esprit dans une telle agitation1 que tu me tr\v]ais morte au ret\r4 --,eh bi5 donc1 du c\rage2 allons-y t\tes deux1 et ne craignons ri52 pr5ons ces armes1 cont9ua-t-elle1 en se saisissant d'un des c\teaux de la table1 et me donnant l'autre1 et ne mnageons pas ceux qui s]ont assez l*es p\r n\s sacrifi] leurs indignes passions4 4 4 4 --,allons1 dis-je1 en me levant1 j'accepte le p>ti4 ,je le voyais comme le meilleur2 en y allant1 n\s p\vions *app] au crime1 et rec\vr] notre bi52 en n'y allant pas1 n\s tombions dans une misre c]ta9e1 dont le crime seul p\vait n\s sortir4 ,n\s conv9mes donc de nos faits2 n\s disposmes nos dm>*es2 n\s tudimes nos disc\rs1 et n\s att5dmes l'heure fatale qui allait dcid] de notre sort4 4 4 4 ,elle frappa cette heure cruelle1 le laquais p>ut4 4 4 4 ,on v9t savoir si n\s tions dcides2--,oui1 dis-je1 n\s le sommes4 4 4 4 ,la voiture e/-elle l8 --,elle att5d au dt\r de la rue1 n\s la gagn]ons pi$1 si v\s le v\lez bi52--soit1 et n\s avanmes4 4 4 4 ,c'tait un vis--vis1 n\s y montons2 le laquais s'lance d]rire2 le co*] t\*e et n\s volons4 ,il e/ difficile de v\s pe9dre l'tat dans lequel je me tr\vais2 la circulation de mon sang tait entirem5t susp5due2 je n'exi/ais plus que p> les palpitations rxres de mon cur4 ,un peu mo9s d'agitation 4 4 4 je succombais2 ,clm5t9e1 ou plus c\rageuse ou plus dcide1 n'tait que sil5cieuse et sombre1 elle me s]rait quelquefois la ma9 et ne disait mot4 ,le trajet tait long et n\s avait t mal pe9t1 au sortir de ,lisbonne que n\s quittions p\r la d]nire fois de notre vie1 n\s suivmes les bords du ,tage1 environ deux lieues1 ensuite n\s c\pmes t\t c\rt gau*e1 du ct de ,leivia1 puis quittant subitem5t la gr&e r\te1 n\s enfilmes au milieu d'un bois1 une alle t\ffue1 qui n\s conduisit enf9 la porte- co*re d'une maison trs-isole1 mais d'une assez belle app>5ce2 la voiture entra dans la c\r1 et les portes se ref]mr5t aussitt4 ,le laquais desc5dit1 ouvrit la portire1 et m>*ant dans l'obscurit1 il n\s introduisit dans une seconde anti-*ambre1 o sans que n\s vissions encore aucunes lumires1 il n\s pria d'att5dre un in/ant4 ,l1 je posai la ma9 sur le cur de ma compagne1 il battait aussi =t que le mi54 4 4 4 ,c\rage lui dis-je1 mon t\r1 c'e/ toi qui m'exhortais tantt1 s\ffre que ce soit moi ma9t5ant1 je me tr\ve en disposition de t\t entrepr5dre1 le ciel remplit mon ame de cette =ce qu'il prte t\j\rs la v]tu2 qu& il s'agit d'cras] le vice4 4 4 4 ,n\s obs]vions1 il n\s p>u qu'il y avait =t peu de monde dans le logis1 les prcautions que pr5d le crime en v\lant s'envelopp] avec trop de so91 t\rn5t quelquefois contre lui-mme2 une vieille dugne p>ut enf91 elle s'clairait d'une b\gie4 4 4 4 ,mes beaux enfans n\s dit-elle1 ayez la bont de v\s s\mettre l'usage tabli dans cette maison2 aucune femme ne peut entr] vtue dans les app>tem5s o v\s att5d5t les seigneurs respectables1 auxquels v\s allez avoir faire4 4 4 4 ,je m'en vais v\s aid] si v\s le tr\vez bon2 et en mme-temps elle tait dj les p+les du ju/e de ,clm5t9e1 mais celle-ci l'arrtant avec d\ceur1 ma *re dame lui dit-elle1 n\s repugnons ma compagne et moi1 cette avilissante crmonie1 n\s n'en s]ons pas mo9s s\mises ce que p\rront exig] de n\s vos matres2 mais daignez leur all] dire que n\s les supplions in/amm5t de n\s exempt] de cette rgle2 la dugne p>tit et n\s relaissa dans les tnbres4 ,il n'y a plus d\t] dis-je ,clm5t9e1 en vrit ma *re1 il e/ imprud5t d'all] plus lo94 --,att5dons la rponse4 --,la vieille rep>ut1 elle n\s assura que notre difficult tait ridicule4 4 4 4 ,qu'un peu plutt ou qu'un peu plus t>d1 ds qu'il fallait que cela ft1 il ne lui semblait pas raisonnable de se faire pri]4 ,au mo9s t\t ceci1 cont9ua-t-elle1 en dsignant les vtem5s de la ce9ture en bas1 et p\r cette s\mission de votre "p1 peut-tre v\s f]a- t-on grace du re/e4 4 4 4 ,pas la mo9dre *ose1 madame1 dit ,clm5t9e1 n\s v\s en supplions1 n\s accept]ons t\t l d$ans4 4 4 4 ,il le faudra dit la vieille1 on saura bi5 une fois entres1 v\s faire faire t\t ce qui convi5t4 ,suivez-moi donc1 puisque v\s tes enttes comme des mules de ,galice4 4 4 4 et n\s avanmes2 il fallait trav]s] encore trois pices1 que n\s tr\vmes dans les tnbres comme celles qui les prcdai5t2 un sallon trs-clair1 s'ouvre au b\t1 la vieille entre la premire1 n\s la suivons4 ,quatre hommes de c9quante c9quante-c9q ans1 vtus de robes de taffetas flottante1 qui les laissai5t moiti nuds1 se prom5ai5t avec agitation t\s ensemble1 lorsque la porte s'ouvrit1 et en mme-temps que n\s les ap]mes1 nos malles t\tes trois poses sur une table en face de n\s1 frappr5t galem5t nos reg>ds2 quoi bon ces difficults1 dit l'un des p]sonnages1 en s'adressant n\s1 p5dant que les trois autres galem5t arrts1 n\s considrai5t avec att5tion4 ,ne semble-t-il pas1 p\rsuivit le premi] orateur1 que ce soit une *ose bi5 my/rieuse1 de voir deux p 4 4 4 t\tes nues4 4 4 4 ,avez-v\s cru v5ir ici p\r n\s faire la loi8 4 4 4 ,eh non1 dit un autre1 c'e/ que ces pucelles ont peur de s'enrhum]4 4 4 4 pas un mot1 dit le troisime2 c'e/ qu'elles veul5t n\s faire admir] la magnific5ce de leur p>ure 4 4 4 dona ,ruf9a1 dit en s'adressant la vieille1 celui qui n'avait pas encore p>l1 saisissez une de ces ve/ales1 et qu'en trois secondes1 elle n'ait pas un fi*u sur le corps4 4 4 4 ,la vieille s'avance4 4 4 4 arrtez madame1 lui dis-je avec tant de fi]t1 qu'elle en e/ mue4 4 4 4 arrtez1 ce n'e/ po9t p\r cela que n\s v5ons1 puis-je savoir messieurs1 dis-je1 en m'adressant au c]cle1 lequel de v\s e/ le duc de ,cortreal8 4 4 4 que veut-elle dire1 dit le premi] qui avait p>l 4 4 4 et o va-t-elle *]*] ici le duc de ,cortreal8 --,quoi ce n'e/ po9t *ez lui8 4 4 4 ,les innoc5tes dit le second 4 4 4 ,comme on les a trompes4 4 4 4 ,appr5ez que v\s tes ici *ez le premi] ,corregidor de ,lisbonne4 ,le voil cont9ua-t-il1 en montrant le plus g des quatre1 il se runit ici avec trois de ses amis1 g5s de ju/ice a9si que lui1 desse9 de s'amus] des petites imbciles qui1 comme v\s1 n\s tomb5t p> fois s\s la ma92 mais cep5dant voil nos malles dit ,clm5t9e1 e/-il possible que ceux qui sont faits p\r ma9t5ir l'ordre ai5t pu le tr\bl] ce po9t4 4 4 4 ,dom ,c>les1 dit celui qu'on n\s avait dsign p\r tre le ,corregidor1 j'espre que c'e/ ici o n\s allons appr5dre les lois1 et voil une ba*elire de ,salamanque1 qui va n\s in/ruire de notre devoir 4 4 4 ,pati5ce1 pati5ce1 reprit dom ,c>les1 n\s allons bi5tt1 leur t\r1 les envoy] notre cole4 ,monsieur1 dis-je au *ef1 p\r c\p] c\rt ces mauvais propos 4 4 4 voil nos effets4 4 4 4 ils ont t vols1 n\s v\s les r$em&ons4 ,v\s les aurez1 dit le ,corregidor1 mais v\s devez compr5dre qu'il y a quelques crmonies pralables remplir avant4 ,eut ce t la pe9e de les pr5dre1 si n\s ne v\lions pas v\s les faire gagn]8 ,gagn] ce qui n\s app>ti5t4 4 4 4 ,et c'e/ un magi/rat qui ose n\s p>l] a9si1 dis-je avec hauteur8 devez-v\s mettre des conditions qu& il s'agit de r5dre ce qui e/ n\s8 4 4 4 ,cette logique n'e/ pas la ntre1 dit l'un de ces insignes fripons1 le plus =t e/ t\j\rs le maitre des lois1 4 4 4 un c\p-d'il sur votre misre 4 4 4 sur l'ab&on dans lequel v\s tes1 4 4 4 sur les g5s qui v\s p>lez1 et dites-n\s s'il v\s convi5t de rsi/] qu& on veut bi5 v\s sec\rir8 --,ce n'e/ pas n\s sec\rir que de n\s remettre ce qui e/ n\s1 et c'e/ n\s insult] cruellem5t que d'os] n\s le ravir4 --,dom ,c>les1 v\s aviez raison1 dit le ,corregidor1 je devais faire tran] hi] ces cratures dans un ca*ot1 elles s]ai5t plus s\ples auj\rd'hui2 dona ,ruf9a1 si v\s me faites dire encore une fois de faire votre devoir1 je v\s fais mettre dema9 dans une maison de votre connaissance1 dont v\s ne v]rez le soleil de vos j\rs4 ces mots1 l'insol5te c\rtire me saisit p> le colet de ma robe1 et m'entra9e v]s un canap1 mais me pliant lgrem5t s\s elle4 4 4 4 je lui *appe1 et mettant aussitt la ma9 l'arme dont j'tais munie4 4 4 4 ,malheureuse m'criai-je1 si tu fais un pas v]s moi1 tu es morte2 l'in/ant les quatre amis se jett5t sur ,clm5t9e et moi1 mais cette valeureuse compagne qui s'tait arme en mme-temps1 en culbute un ses pi$s de la ma9 qui ne ti5t pas le f]1 et portant la po9te du c\teau sur le se9 de l'autre1 p5dant que j'agis de mme sur ceux qui se tr\v5t le plus ma porte1 insignes fripons s'crie-t-elle en s'lanant v]s la porte3 voil comme l'innoc5ce et la v]tu sav5t triomph] de la sclratesse6 ,elle sort2 je me prcipite sur ses traces1 et trav]sant comme la f\dre les app>tem5s o ,illu/ration3 ,voila comme l'innoc5ce et la v]tu sav5t triomph] de la scl]atesse6 n\s avions pass1 n\s n\s jettons t\tes deux dans la c\r1 sans qu'aucuns de ces hommes l*es et affaiblis p> le vice1 ait1 ou le c\rage de n\s y suivre1 ou la =ce de n\s y atte9dre4 ,ouvre cette porte1 dit imprieusem5t ,clm5t9e1 au valet qui n\s avait am51 cesse de n\s ret5ir1 ou c'e/ fait de ta vie1 le coqu9 effray de deux f]s la fois1 obx4 4 4 4 ,n\s *appons1 et sans n\s arrt] ni reg>d] d]rire n\s1 malgr l'paisseur extrme de la nuit1 n\s sortons du bois et gagnons la pla9e en c\rant4 ,eh bi56 dit ,clm5t9e1 en se jettant d'puisem5t et de lassitude1 contre une mazure qui se tr\vait l1 tu le vois ma *re1 n\s voil *appes1 sans avoir v]s une g\tte de sang 4 4 4 sans avoir p]du cette fleur de sagesse si prcieuse1 et laquelle tu atta*es tant de prix4 4 4 4 ,oh6 qu'il en cote p\r faire le bi51 en vrit le vice ne donne pas autant de pe9e4 ,mais si n\s avions gorg quelqu'uns de ces malheureux1 crois tu que tes beaux projets de *a/et ne n\s aurai5t pas cot des remords6 ,il peut donc en tre dans le se9 mme de la v]tu1 et la meilleure de t\tes les actions peut donc cess] d'tre dsirable1 si le crime l'ent\re ou peut en rsult]4 ,oh6 dieu m'criai-je galem5t ess\fle et r5due1 d'un ct quelle infme pro/itution6 et quelle impud5ce de l'autre4 --,au mo9s n\s ne d\tons plus reprit ,clm5t9e1 n\s savons o sont nos effets4 --,ju/e ciel6 il y a donc des pays dans le monde1 o l'abus des *oses les plus respectables e/ tel1 que le premi] infracteur de la loi1 e/ celui qui doit la v5g]4 --,ri5 de plus simple1 c'e/ l'impunit qui enc\rage1 levs l'homme1 v\s lui faites natre l'envie de mal faire1 p> l'espoir qu'il conoit aussitt de le p\voir sans risque4 --,il ne faudrait donc qu'aucun homme n'et de supriorit sur un autre8 --,il faudrait qu'il n'en et jamais qu'un in/ant1 et que la cra9te d'tre trait dans l'tat faible1 comme il traitait les autres qu& il dom9ait1 s]vit de t\j\rs de fre9 ses passions #ad2 quoi qu'il en soit1 qu'allons-n\s dev5ir8 notre ru9e e/ plus sre que jamais1 quel asyle s'ouvre notre misre1 et quelles ress\rces n\s re/e- t-il8 --,si tu m'en crois1 n\s ne ret\rn]ons pas ,lisbonne4 --,je le veux dis-je1 gagnons ,madrid comme n\s p\rrons1 peut-tre ne tr\v]ons-n\s po9t p>-t\t des ames fltries comme en ,portugal4 4 4 4 ,peut-tre que 4 4 4 gr& dieu6 gr& dieu1 s'crie ,clm5t9e1 en se levant et fuyant avec effroi1 je me suis assise auprs d'un homme mort4 4 4 4 ,non pas mort1 dit en se levant aussi1 un gr& drle bi5 dc\pl1 mon bel ange cont9ua-t-il1 en ret5ant ma compagne p> le bras1 v\s n'tiez pas auprs d'un homme mort1 mais d'un homme endormi1 et d'un cavali] bi5 t\rn1 qui ne prt5d v\s faire aucun mal2 et qui tes-v\s1 dit ,clm5t9e1 t\j\rs t5ue8 ,qui je suis1 reprit notre av5turi]1 un p]sonnage c\p sr trs-nigmatique p\r v\s1 qu& je v\s l'aurai dit1 v\s n'en s]ez pas plus avance2 mais encore dis-je en m'appro*ant moi-mme1 rassure p> l'air et le ton de cet homme4 --,mes bonnes amies dit notre inconnu1 je suis l'ennemi de ,dieu1 le s]viteur du diable1 et l'ami du bi5 d'autrui4 ,p> ,sa9t-,*ri/ophe1 je ne v\s ent5ds pas dit ,clm5t9e1 t\t a fait rassure1 expliquez-v\s mieux mon fils1 si v\s v\lez que je v\s compr5ne4 4 4 4 ,d\cem5t dit l'inconnu1 comm5cez p> me dire qui v\s tes v\s-mmes1 n\s avons p\r c\tume dans notre mti]1 de ne jamais n\s confi] au r5>d1 a9si p>lez avant que je ne rponde4 ,plus n\s exam9ions ce burlesque p]sonnage1 plus il n\s tonnait2 autant que n\s pmes le di/+u] au faible crpuscule d'une lune qui se levait1 il n\s p>ut vtu d'un p\rpo9t v]t1 et d'un manteau jaune1 la b\*e orne de deux m\/a*es normes et le *ef c\v]t d'un *apeau g>ni de plumes c9q pi$s de hauteur1 ,clm5t9e le pr5ant p\r un *>latan1 dont il n'y avait absolum5t ri5 cra9dre1 lui raconta notre av5ture avec +nuit1 et ne lui ca*a po9t l'emb>ras dans lequel n\s tions4 --,ah6 ah6 pucelles1 s'cria notre homme1 c'e/--dire1 que v\s avez le v5tre vuide1 =ce de v]tu4 4 4 4 ,v5ez 4 4 4 v5ez1 suivez-moi1 v\s avez tr\v des sclrats *ez ceux qui v\s devai5t l'hospitalit4 ,de l'hypocrisie et de la dbau*e1 du lib]t9age et de l'infamie1 p>mi les *efs de la ju/ice1 et p>-t\t des curs de ro*]s4 4 4 4 ,v5ez v\s dis- je1 c'e/ au milieu d'une tr\pe de bohmi5s que v\s allez r5contr] des amis4 4 4 4 ,et t\tes deux confondues1 n\s suivions notre homme en sil5ce4 ,il t\rne la mazure contre laquelle n\s n\s tions reposes1 frappe la porte de l'autre ct1 on ouvre1 n\s entrons1 et n\s voyons une d\za9e de p]sonnes aut\r d'un feu1 dont quelques unes causai5t bas1 p5dant que les autres dormai5t4 ,cam>ades dit notre conducteur1 voil deux pauvres filles g>es qui ne sav5t o repos] leurs ttes2 qu& le ri*e ab&onne le pauvre1 ou que la ju/ice immole l'innoc5ce1 c'e/ n\s v5g] les droits de la socit2 notre premi] devoir e/ de les rtablir4 4 4 4 ,allons la nappe4 ,ici nos l>mes c\lr5t malgr n\s1 ,clm5t9e m'criai-je1 voil donc quels sont les hommes6 4 4 4 ,n\s ne tr\vons que vice et qu'horreur1 au c5tre de leurs associations polices1 et t\tes les v]tus n\s att5d5t *ez ceux que l'op9ion fltrit4 ,p5dant ce temps1 ceux qui dormai5t s'veillr5t1 et le c\v]t se mit4 ,les femmes de ces ,bohmi5s tai5t au nombre de six1 p>mi lesquelles il y en avait quatre trs-jolies1 elles n\s environnai5t1 elles n\s c>essai5t1 elles n\s l\ai5t1 elles n\s plaignai5t1 elles n\s priai5t de n\s asseoir prs d'elles1 et que quoi qu'elles euss5t s\pes1 elles se remettrai5t une seconde fois table p\r n\s engag] g\t] de leurs mts4 ,on s]vit un *apon rti1 deux gros pts1 un jambon et deux dbris de p\les r*auffes dans du riz1 on n\s ent\ra de b\teilles d'excell5s v9s de ,madre1 on n\s exhorta *ass] t\te mlancolie1 et les hommes se jurr5t entre eux devant n\s1 qu'ils prirai5t plutt que de n\s ab&onn]4 4 4 4 ,nos l>mes cont9uai5t de c\l]1 l'att5drissem5t dans lequel n\s tions1 n\s tait presque la facult de pr(it] des politesses de ces bonnes g5s et n\s ne cessions de n\s cri] l'une et l'autre1 op9ion1 4 4 4 fatale op9ion1 combi5 tu n\s trompes de fois dans la vie1 et combi5 le monde e/ inju/e6 ,qu& n\s emes un peu rp> nos =ces1 ces d\ces et *>mantes filles n\s dem&r5t avec in/ance de v\loir bi5 leur faire l'amiti de racont] nos hi/oires1 et n\s les satisfmes l'in/ant1 p5dant qu'ils =mr5t t\s un c]cle aut\r de n\s1 en n\s c\tant avec le plus vif intrt #ae4 ,il e/ temps de v\s repos]1 dit celui qui n\s avait introduit2 ,dona ,cortillia1 cont9ua-t-il1 en s'adressant la plus ge de ces femmes1 pr5ez ces demoiselles avec v\s1 et mettez-les le plus l'aise que v\s p\rrez4 ,dema9 il f]a j\r1 elles dispos]ont de leur sort suivant leur volont1 qu& elles n\s auront fait l'honneur de boire encore quelques flacons de v9 avec n\s4 ,dona ,cortillia n\s conduisit dans le co9 de la cabane qui lui tait de/91 arrangea elle-mme des feuilles p\r n\s faire repos] plus mollem5t1 plaa des h>des s\s nos ttes1 p\r n\s prs]v] de l'humidit1 et n\s dit en n\s embrassant1 je v\drais avoir le palais du roi d',espagne1 je v\s l'(frirais de bi5 meilleur cur4 ,n\s n\s endormmes pr(ondm5t1 il y avait long-temps que n\s n'avions pass une nuit plus calme1 n\s avions t\j\rs trembl1 tant que le sort n\s avait plac p>mi ce qu'on appelle les honntes g5s2 n\s tions en paix avec des ,bohmi5s4 ,ds qu'il fut j\r1 notre *>mante htesse et ses compagnes ayant allum du feu1 elles fir5t *auff] du v9 et des b\illons1 n\s en prs5tr5t1 en n\s dem&ant si n\s avions bi5 pu repos] tranquillem5t p>mi eux1 n\s rpondmes leurs c>esses1 n\s les rem]cimes de leur honntet1 et le *ef qui rev5ait de patr\illes1 s'tant fait donn] en r5trant une rotie au sucre1 n\s dem&a ce qu'il p\rrait faire ma9t5ant p\r notre s]vice2 p]mettez1 dit ,clm5t9e1 qu'avant de v\s rpondre1 je consulte un in/ant mon amie1 et aussitt1 p\r n\s laiss] plus libres1 ils se mir5t t\s l'c>t4 ,d\tes-tu un in/ant1 me dit ,clm5t9e1 que le ciel1 aux inspirations duquel tu aj\tes tant de foi1 n\s ait fait tomb] ici1 dans d'autres vues que celle d'y tr\v] de l'ad\cissem5t nos maux1 et aprs t\tes les honntets de ces bonnes g5s1 cons5tirais-tu les quitt]8 --,quelque rpugnance que j'pr\ve me tr\v] en telle compagnie1 rpondis-je1 il e/ c]ta9 que s'ils vont ,madrid1 le plus c\rt e/ p\r n\s de les suivre1 mais s'ils s'en dt\rn5t1 4 4 4 je l'av\e1 4 4 4 je ne les accompagn]ais qu'avec pe9e2 j'aspire autant que toi1 sans d\te1 revoir ,madrid1 reprit ,clm5t9e1 je me flatte d'y retr\v] ma mre et des connaissances1 je j\is de l'ide de t'y tre utile4 ,a9si nos int5tions tant t\tes deux les mmes1 il faut dem&] ces g5s-ci1 ce qu'ils devi5n5t1 et n\s rgl] d'aprs cela4 ,n\s les rabordmes2 tres s5sibles et hospitali]s1 leur dis-je1 v\s qui avez daign accueillir notre misre1 v\s *ez qui1 n\s avons gracieusem5t tr\v ce que la socit inju/e qui v\s condamne1 n\s refusait aussi cruellem5t1 n\s p>donn]ez-v\s de v\s dem&] de quel ct v\s allez t\rn] vos pas8 ,v]s l',espagne1 me rpondit le *ef1 n\s n'avons plus de sret en ,portugal1 il n\s faut *ang] de royaume4 ,eh bi56 dis-je alors1 s]ait-ce abus] de vos bonts que de v\s pri] de n\s protg] jusqu' ,madrid1 o n\s esprons de tr\v] des sec\rs4 ,jeune fille1 me rpondit le *ef1 comme n\s ne v\lons contra9dre ni vos murs1 ni vos prjugs1 n\s devons v\s prv5ir de nos usages1 avant de v\s accord] ce que v\s dsirez de n\s4 ,n\s ne faisons ce que v\s sollicitez1 p\r qui que ce soit1 si la p]sonne qui le dem&e n'accepte d'tre reue p>mi n\s1 de faire le mme mti] que n\s1 de vivre s\s notre religion et nos lois1 et de suivre1 en un mot1 t\tes nos c\tumes2 ces conditions1 n\s v\s conduirons ,madrid2 mais en n\s quittant l1 si c'e/ t\j\rs votre int5tion1 n\s v\s prv5ons que si v\s agissez contre n\s1 v\s n'y s]ez pas en sret1 eussiez-v\s t\te la ville en votre faveur2 si v\s n\s quittez1 au contraire1 sans jamais p>l] de n\s1 sans jamais *]*] n\s nuire1 en tel endroit du monde que v\s tr\viez de nos b&es1 v\s en recevrez sec\rs et assi/ance4 ,dans le cas o le p>ti que n\s v\s proposons ne v\s convi5ne pas1 n\s allons v\s compos] une portugaise entre n\s t\s1 et v\s irez o bon v\s sembl]a4 ,clm5t9e pr5ant aussi tt la p>ole1 t\tes nos rflexions sont faites1 dit-elle1 n\s ne v\s quitt]ons qu' ,madrid1 et n\s sommes prtes entr] dans votre tr\pe1 qu& v\s v\drez n\s y recevoir4 4 4 4 ,je ne contr$is po9t ma compagne1 mes ge/es pr\vr5t1 au contraire1 que j'appr\vais ce qu'elle disait2 je ne sais1 mais j'tais rassure1 ces ,bohmi5s ne m'effrayai5t nullem5t1 il y a une sorte de consci5ce p>mi les sclrats1 qui vaut quelquefois mieux que celle de l'honnte homme1 le premi] n'ayant que peu de lois1 respecte bi5 celles qu'il s'impose1 l'autre en a trop p\r les rvr] t\tes1 et le rel*em5t qu'il se p]met1 branle -la-fois t\s ses fre9s4 4 4 4 ,*] et brave compagnon1 dis-je au *ef1 une seule *ose m'inquite1 entre-t-il dans vos pr9cipes et dans vos usages de rp&re le sang huma98 ,si cela e/1 ni elle1 ni moi1 ne n\s associ]ons jamais avec v\s2 p> ,lucif]1 dit le *ef1 un peu c\rr\c1 appr5ez1 filles de ,dieu1 que n\s ne dtruisons jamais l'ouvrage de la nature1 n\s laissons aux prtres1 aux g5s de loi et aux s\v]a9s1 t\te l'atrocit de ce crime2 une p>tie de notre ha9e p\r eux1 vi5t du sang-froid avec lequel ils se livr5t j\rnellem5t ces horreurs2 n\s v\s p]mettons de v]s] notre propre sang1 la premire fois que v\s n\s en v]rez rp&re d'autre que celui des animaux qui n\s su/5t5t4 ,eh bi56 dis-je1 t\*ez-l1 brave ami1 n\s sommes v\s1 reg>dez-n\s comme vos surs1 et recevez-n\s qu& v\s v\drez1 n\s sommes prtes t\t1 aux deux seules conditions1 de cons]v] notre honneur intacte1 et de ne jamais s\ill] nos ma9s de sang4 --,accord1 s'cria la tr\pe entire4 --,un mom5t1 dit le *ef1 avez-v\s rfl*i qu'il faut faire abjuration8 ,n\s adorons le diable1 et n\s ne croyons pas en ,dieu1 n\s s]vons l'un1 n\s injurions l'autre1 il y a des crmonies trs-=tes1 dont n\s ne v\s exempt]ons pas4 --,(f5s5t-elles la pudeur1 m'criai-je4 --,elles n'absorb5t que le prjug1 dit le *ef1 elles n'attaqu5t et n'outrag5t que des *imres1 et laiss5t en repos t\tes les v]tus4 4 4 4 ,n\s f]ons t\t1 n\s f]ons1 dit ,clm5t9e4 4 4 4 ,tu l'ent5ds1 je rponds p\r toi1 ,lonore2 je cesse d'tre ton amie1 si tu me fais jur] en va92 ne refusons pas ce que la =tune n\s envoie1 de cra9te de heurt] quelques mprisables dogmes qui ne n\s ont pas n\rries qu& n\s avons eu la btise de les enc5s]4 4 4 4 ,vas1 dis-je mon amie1 tu me dt]m9es1 p\rquoi le crime emprunte-t-il les *>mes de la bi5faisance p\r n\s sduire et p\r n\s captiv]4 4 4 4 6 v\s socit que je dlaisse1 p\rquoi ne m'avez-v\s prs5t que des f]s qu& je v\s s]vais p> des v]tus4 ,ce sont les p9es que v\s avez semes sur mes pas1 qui m'ont contra9te me sp>] de v\s2 votre +ratitude entr'ouvre l'abme o mon dsespoir me prcipite2 et si j'(f5se les loix div9es ou huma9es1 c'e/ l'ab&on de ,dieu et la m*ancet des hommes qui m'ont entrane dans mes erreurs4 ,la tr\pe p>tit le l5dema9 au nombre de huit femmes et de six hommes4 ,essayons de v\s donn]1 ma9t5ant1 une lgre ide des p]sonnages les plus rem>quables de cette socit3 dona ,cortillia1 dont j'ai dj p>l1 tait la doy5ne des femmes2 elle p>aissait ge de qu>ante ans2 elle tait belle1 fra*e1 les yeux extraord9airem5t vifs et assez bi5 faite1 quoique peu gr&e2 ,ca/ell9a tait la plus jolie des six1 elle avait seize ans1 la taille le/e et bi5 prise1 une peau assez blan*e p\r rsi/] au hle p]ptuel o l'exposait son mti]2 de trs-beaux yeux1 *eveux *ta9s1 les yeux bruns et trs-anims1 l'air de l'intrt et de l'innoc5ce dans la phisionomie1 emblmes srs de t\tes les qualits de son cur3 elle tait fille de ,brig&os1 *ef de la compagnie1 et avait un frre dans la tr\pe d'environ v+t ans1 taill comme ,h]cule1 et la figure la plus agrable et la plus anime3 on l'appelait ,rompa-,te/a1 c'tait un de nos meilleurs et de nos plus braves soldats1 le mme que n\s avions tr\v endormi et qui n\s avait introduit dans la masure2 une petite fille de treize ans1 nomme ,flor5t9a1 brune1 espigle1 spirituelle et vive1 tait aprs ,ca/ell9a ce que l'assemble de ces dames (frait de plus joli2 elle avait t enleve quatre ans *ez un cur1 auprs de ,combre1 qui ne l'levait peut-tre pas p\r un plus sa9t mti] que celui qu'elle faisait1 et elle toit dresse depuis cet ge aux ex]cices j\rnali]s de la b&e1 qu'elle remplissait avec autant de lgret que d'intellig5ce2 il ne lui fallait pas deux secondes p\r enlev] un bij\ de la po*e du plus mfiant des hommes3 passait-elle dans un village il n'y avait pas de *i5 b>bet qui pt saisir une p\le avec autant de vtesse2 la pr5dre1 l't\ff] et l'accro*]1 s\s ses cotillons1 tait p\r elle l'affaire d'un cl9 d'il1 et elle jabottait t\j\rs si bi5 en agissant que le plaisir qu'on avait l'ent5dre emp*ait qu'on ne vt ses actions3 elle tait -la-fois l'lve et la favorite de ,cortillia4 ,le re/e des hommes et des femmes1 que je ne v\s pe9s po9t1 tait de v+t tr5te ans1 et t\s possdai5t -peu-prs galem5t de la taille1 de la fra*eur1 de l'adresse et de la sant4 ,jusqu'au gr& j\r n\s m>*mes en tr\pe1 ce fut alors que le *ef s'appro*ant de ,lonore et de moi3 n\s allons suivre le c\rs du ,tage jusqu'aux portes de ,madrid1 n\s dit-il1 la r\te e/ un peu plus longue1 mais elle e/ mo9s frqu5te2 on tr\ve *aque soir1 ou de petits bois t\fus sur la rive1 ou des les au milieu du fleuve1 qui n\s f\rniss5t des retraites sres2 n\s n\s sp>]ons ds que le soleil va p>atre1 mais mon fils s]a t\j\rs v+t pas devant n\s2 v\s n'aurez qu' le suivre1 l'appel] qu& v\s v\drez v\s repos]1 lui faire signe qu& v\s v\drez v\s remettre en m>*e2 il v\s m5]a t\t droit o n\s devons c\*] ce soir3 c'e/ une cav]ne1 au fond d'un bois1 presque baigne p> la rivire1 et qui n'e/ connue que des btes fauves et de n\s4 ,mes cam>ades et moi quitt]ons la r\te une lieue d'ici et n\s arriv]ons au mme gte p> des *em9s plus dt\rns3 tel e/ l'endroit o n\s v\s recevrons2 il disp>at aprs ces mots4 ,t\t se passa comme il avait t conv5u2 n\s fmes environ six lieues1 et n\s n\s retr\vmes le soir dans la cav]ne indique1 o ,brig&os ordonna t\t p\r notre rception2 n\s tions prv5ues d'une p>tie des crmonies qui s'obs]vai5t en p>eil cas4 ,clm5t9e ennemie dcl>e de t\s les dogmes du *ri/ianisme1 se faisait une fte de l'occasion qui lui tait prs5te de les accabl] du mpris que son cur n\rrissait p\r eux2 je ne voyais pas t\t--fait comme elle sur ce qu'on allait exig] de n\s2 non que ma crdulit ft plus t5due3 je v\s ai fait sur cela ma pr(ession de foi2 mais il me re/ait un fonds de prjug que je craignais de n'avoir pas la =ce de va9cre4 ,ils ti5n5t la pudeur inf9im5t plus qu'on ne croit dans notre sexe1 ces prjugs insurmontables4 ,le ridicule usage o sont les hommes de prononc] sur les murs d'une femme1 en raison de ses op9ions religieuses1 fait que presque t\tes celles qui sont sages1 quoique philosophes1 n'os5t conv5ir des progrs de leur esprit4 ,qu'y a-t-il donc de commun entre les murs et les op9ions8 ,eh quoi6 il faut tre taxe de lib]t9e p>ce qu'on ne peut admettre une inf9it de fables qui *oqu5t le bon s5s8 ,ah6 qu'on me p]mette de le dire1 la diffr5ce e/ bi5 plus gr&e entre le lib]t9age et l'impit1 qu'entre ce mme lib]t9age et la sup]/ition2 on se livre t\t qu& on e/ sre d'tre l'abri du repro*e1 s\s le manteau sac]dotal2 mais celle qui n'aime la v]tu que p\r la v]tu mme2 qui ne la s]t que p>ce qu'elle enflamme son cur2 celle qui m>*e t\j\rs dc\v]t1 et dont l'ame se lit sur les traits du visage1 ne se prcipit]a pas dans des erreurs qu'elle s]ait dans l'impossibilit de ca*]4 ,m'object]ez-v\s les flammes de l'enf]8 qui sait les palli] comme la dvote8 =ce de les ad\cir1 elle les brave1 et ce fre9 e/ bi5tt aussi nul ses yeux qu' ceux de son adv]saire2 l'habitude de p\voir p*] en paix1 entrane en un mot l'une t\s les g>em5s que ses passions lui dict5t2 l'autre qui s'e/ acc\tume ne jamais ri5 se p]mettre1 uniquem5t cont5ue p> les lois de son cur et p> les pr9cipes de sa raison1 n'imag9e po9t de les enfre9dre4 ,les crmonies comm5cr5t2 c'e/ ici o j'aurais gr& beso9 que v\s me disp5siez des dtails4 4 4 4 ,on n\s s\mit d'abord cette pratique en usage au ,japon1 qu& les ,holl&ais veul5t pntr] dans les villes4 4 4 4 ,on ne s'en t9t pas l4 ,un symbole plus respect des ca?oliques1 un gage bi5 plus sacr de leur culte1 n\s fut galem5t (f]t2 et sur ce d]ni] objet1 dont le respect au fond n'e/ que local1 on exigea bi5 plus que sur l'autre4 ,t\s deux bi5tt n\s fur5t reprs5ts -la-fois1 et il fallut en v5ir alors aux m>ques du mpris le plus outrageant et les mieux con/ates2 celles enf91 dont l'excs ne laisse plus de possibilit au ret\r4 4 4 4 ,on n'imag9e po9t avec quel flegme1 4 4 4 avec quelle h>diesse1 4 4 4 avec quel dda9 les femmes de notre tr\pe n\s donnr5t l'exemple2 4 4 4 avec quelle scurit ,clm5t9e l'imita4 4 4 4 ,je tremblai d'abord1 je l'av\e1 on se moqua de moi2 4 4 4 on me dit que des *oses grossires ne p\vai5t envelopp] l'tre immatriel3 4 4 4 on me dit qu'un ,dieu ne p\vait tre ni reprs5t dans une image1 ni cont5u dans un oubli1 et que ri5 de ce qui tait matriel ne p\vait mrit] d'hommage1 sans que le culte n'en devnt idoltre4 --,je m'enh>dis1 4 4 4 j'excutai1 et n'en ai jamais eu de remords2 ce qui suivit m'inspira un peu plus d'effroi4 ,dans le premi] cas on ne faisait qu'agir1 4 4 4 il fallait p>l] dans l'autre4 ,v\s compr5ez qu'il s'agissait de l'abjuration3 les mots en tai5t effrayans2 le s5s des d]ni]s tait le vu de son ame et de son corps l'tre inf]nal4 ,ds que n\s emes f9i1 on ouvrit une fosse au milieu de la cav]ne1 et n\s n\s pro/]nmes t\s aut\r1 en rptant les p>oles du *ef1 qui tai5t une =mule d'adoration au diable4 ,la prire f9ie1 ,brig&os n\s dem&a1 #a4 ,si n\s jurions d'tre fidles aux po9ts de doctr9e que n\s v5ions d'adopt]8 #b4 ,si n\s n\s engagions ne po9t rvl] ce que n\s f]ions ou ce que n\s v]rions faire8 #c4 ,si n\s ne revi5drions jamais au culte que n\s v5ions d'abjur]8 #d4 ,si c'tait du fond du cur que n\s anantissions t\te ide de l'tre-,suprme1 p\r ne plus rvr] que celle du dmon2 #e4 ,si n\s tions bi5 dcides n\s appropri] le bi5 d'autrui1 t\tes les fois que n\s en tr\v]ions l'occasion8 #f4 enf91 4 4 4 et voici1 sans d\te1 ce qui m'tonna le plus3--si n\s prote/ions de sec\rir t\j\rs le faible env]s le =t1 et d'ad\cir la situation de t\s les in=tuns que le has>d (frirait n\s2 n\s prommes t\t4 ,un repas spl5dide suivit notre rception2 il y rgna une gaiet honnte1 4 4 4 et pas le mo9dre mot1 4 4 4 pas le mo9dre ge/e qui pt n\s donn] la plus lgre inquitude sur la dc5ce o l'on s'tait engag env]s n\s4 ,le l5dema9 n\s dcampmes comme l'ord9aire2 la m>*e de ce j\r fut comme celle du prcd5t4 ,brig&os n\s promit de n\s mettre incessamm5t au fait de la morale1 des c\tumes des murs et du fond de la religion des ,bohmi5s4 ,notre /ation1 ce soir-l1 tait au milieu du fleuve mme1 dans une petite isle inabordable1 et t\te remplie de bois4 ,l1 p5dant qu'on prp>ait le s\p]1 le *ef v\lant n\s t5ir p>ole sur les explications qu'il n\s avait promises1 n\s t9t -peu-prs le disc\rs suivant3 ,f9 de la c9quime ,p>tie4 ,footnote #a4 ,canal qui conduit de ,pad\e ,v5ise1 et dont les rives sont c\v]tes des campagnes sup]bes de la noblesse vniti5ne4 ,footnote #b4 ,il n't\ffe pas les s5tim5s de la nature1 mais il entrane l'gsme1 les dsirs du lib]t91 presque t\j\rs en contradiction avec les devoirs sociaux1 et se tr\vant dans son ame d'aprs les pr9cipes qu'il s'e/ fait inf9im5t plus =t que ces devoirs1 il les anantit1 mais il n'a po9t t\ff la nature1 il n'a fait que cd] l'gsme4 ,cet axiome gnral ne va p\rtant pas ce cas-ci1 o ,falli]i ne fait ou n'crit qu'une noirceur gratuite4 ,footnote #c4 ,ptolme p5sait que c'tait de ce lac d'o sortait le ,nil2 quelque foi que l'on doive aj\t] au rcit des voyages de ,lonore1 qui ne p>aiss5t p*] en aucune circon/ance1 il s]ait p\rtant possible qu'elle se trompe sur les ,s\rces du ,nil1 dont aucuns dtails rels ne n\s sont encore p>v5us4 ,footnote #d4 ,on doit se rappel] ici la ,mi?ologie de ces peuples1 dtaille p> ,s>mi5to4 ,footnote #e4 ,la portugaise vaut #dj livres4 ,footnote #f4 ,la pi/ole c\rante e/ de #ba livres4 ,footnote #g4 ,ce sont des g5s de la ,galice1 qui font ,lisbonne le mti] de porte-faix1 de ramoneurs1 etc4 ,footnote #h4 ,cette aub]ge et la prcd5te tai5t1 lorsqu'on crivait1 les deux meilleures de ,lisbonne4 ,footnote #i4 ,le portrait n'e/ pas *imrique1 peut-tre d'autres polices que celle de ,lisbonne en ont-elles (f]t l'orig9al4 ,voyez le mot ,s>t9e1 au dictionnaire des gr&s coqu9s4 ,footnote #aj4 ,la plus basse monnaie de ,portugal1 il en faut #fdjj p\r faire #db liv4 #ab s4 #f d4 ,footnote #aa4 ,la demie portugaise vaut environ #bj liv4 ,footnote #ab4 ,la cruzade vaut -peu-prs #c liv4 ,footnote #ac4 ,environ qu9ze sols de ,france2 c'e/ le qu>t de la cruzade d'arg5t4 ,footnote #ad4 ,quelques lecteurs vont dire3 --voil une bonne contradiction4 ,on a crit quelque "p avant ceci1 qu'il ne fallait pas *ang] s\v5t les m9i/res de place3 ici l'on dit t\t le contraire4 ,mais ces vtilleux lecteurs veul5t-ils bi5 n\s p]mettre de leur faire obs]v] que ce recueil pi/olaire n'e/ po9t un trait de morale dont t\tes les p>ties doiv5t se correspondre et se li]2 =m p> diffr5tes p]sonnes1 ce recueil (fre1 dans *aque lettre1 la faon de p5s] de celui qui crit1 ou des p]sonnes que voit cet criva91 et dont il r5d les ides3 a9si1 au- lieu de s'atta*] dml] des contradictions ou des r$ites1 *oses 9vitables dans une p>eille collection4 ,il faut que le lecteur1 plus sage1 s'amuse ou s'occupe des diffr5s sy/mes prs5ts p\r ou contre1 et qu'il adopte ceux qui favoris5t le mieux1 ou ses ides1 ou ses p5*ans4 ,footnote #ae4 ,autre v]tu inconnue des g5s du monde3 qu'un in=tun raconte ses malheurs1 pe9e lui accorde-t-on un in/ant d'att5tion2 pe9e un seul cur s'ouvre-t-il p\r recueillir ses pla9tes2 il semble que l'homme heureux s'irrite la pe9ture du malheur des autres2 l'assur]1 lui pr\v] qu'il peut dev5ir tel1 e/ une espce d'(f5se qu'on fait son orgueil1 dont il se v5ge t\t de suite p> de la froideur ou de la di/raction4 ,,al9e ,,et ,,valc\r1 ,,ou ,,le ,,roman ,,philosophique4 ,,tome ,,iii4 ,,sixi,,me ,,p>tie4 ,illu/ration3 ,le ciel e/-il ju/e qu& il ab&onne la v]tu de si gr&s t\rm5ts8 4 4 4 ,,al9e ,,et ,,valc\r1 ,,ou ,,le ,,roman ,,philosophique4 crit la ,ba/ille un an avant la ,rvolution de ,france4 ,,orn ,,de ,,seize ,,gravures4 ,,p>is1 ,*ez la ,veuve ,,gir\>d1 ,libraire maison galit1 ,gal]ie de ,bois1 n4 #aif4 #agie4 ,nam veluti pu]is abs9?ia tetra m$5tes1 ,cum d>e conantur pris oras pocula circum ,cont+unt mellis dulci flavoque liquore1 ,ut pu]um tas improvida ludificetur ,labrorum t5us2 int]ea p]potet am>um ,abs9?i laticem deceptaque non capiatur1 ,s$ potius tali tacta recreata valescat4 ,luc4 ,lib4 #d4 ,,al9e ,,et ,,valc\r4 ,,suite ,,de ,,la ,,lettre ,x,x,x,v,i,i,ie1 ,dt]ville ,valc\r4 ,,suite ,,de ,l',,hi/oire ,,de ,l,,onore4 ,qu& les ,bulg>es inondr5t l',ori5t1 t\s ne s'tablir5t pas dans les diffr5tes prov9ces qu'ils tr\vr5t leur bi5sance ou qu'ils conquir5t sur les emp]eurs de ,con/ant9ople2 une gr&e p>tie prfrant la vie vagabonde t\te autre1 remontant v]s le ,nord1 se disp]sa dans les =ts des ,gaules1 inonda les rives du ,rh9 et du ,ves]1 p5dant qu'un autre essaim desc5dant au ,midi1 peupla les bords du ,tage1 et s't5dit jusqu'aux colonnes d',h]cule2 presque t\s tai5t imbus des pr9cipes du mani*esme1 ou ils les rp&ir5t dans les prov9ces dans lesquelles ils se fixai5t1 ou ils les portr5t dans leurs voyages4 ,tel e/ le peuple auquel n\s devons l'exi/5ce2 et c'e/ sa religion pure que v\s n\s voyez suivre4 ,n\s croyons qu'il y a un tre dans la nature qui dirige t\t2 mais cet tre quelconque que n\s admettons p\r s\v]a9 moteur1 comme n\s lui voyons faire plus de mal que de bi51 n\s ne p\vons le reg>d] que comme un tre cruel et m*ant2 or1 v\s avez donn le nom de diable l'tre que v\s considrez a9si2 n\s en faisons autant p\r n\s accommod] vos pr9cipes4 ,dans le fond1 cet tre moteur admis p> n\s1 e/ le mme que le vtre4 --,considr s\s d'autres rapports2 v\s le croyez bon1 n\s le croyons m*ant2 v\s avez la faiblesse de croire que t\t e/ l'ouvrage d'un dieu intellig5t1 ple9 de gr&eur et de v]tus1 plus sage que v\s sur cet article1 mais contra9t comme v\s reconnatre un tre actif p\r crateur de ce qui exi/e4 ,comme t\t ce que n\s voyons n'e/ que vice et qu'imp]fection1 n\s ne p\vons l'attribu] qu' un tre faux1 tratre et froce qu'il faut calm] p> des prires1 et auquel il ne faut jamais r5dre aucun acte de grace1 p>ce que le bi5 qui n\s arrive e/ notre ouvrage1 et qu'il n'y a que le mal qui soit le si52 ce n'e/ donc pas dieu que n\s v\s avons fait abjur]1 ce sont seulem5t les qualits d'un dieu bon1 p>faitem5t insupposables1 et les sup]/itions ca?oliques1 trop opposes la raison p\r p\voir tre un in/ant reues4 ,t\t ce que v\s avez fait hi] ne porte que sur cela2 a9si v\s n'avez po9t r5i dieu comme on n\s accuse de le faire nos catcumnes1 v\s tes seulem5t conv5u avec n\s1 qu'un monde imp>fait ne p\vait tre l'ouvrage que d'un tre imp>fait1 que l'tre p>fait tait une *imre dont l'rection tait impossible au c5tre de l'imp]fection4 ,v5ons nos murs4 ,n\s n\s p]mettons le vol et l'ince/e1 voil les seuls dlits que n\s tolrions p>mi n\s1 quoiqu'on n\s s\ponne de beauc\p d'autres1 auxquels n\s ne p5sons seulem5t pas4 ,avons-n\s tort de n\s p]mettre le vol8 ,les loix de la proprit ne sont- elles pas dans la nature8 ,ds que cette nature n\s a t\s crs gaux1 n\s a donn t\s les mmes s5s et les mmes beso9s1 de quel droit div9 ou naturel un homme doit-il tre plus ri*e qu'un autre8 n'e/-il pas clair que la proprit n'e/ qu'une lsion que le =t s'e/ p]mis sur le faible et que doit corrig] celui-ci autant qu'il e/ en son p\voir8 ,or1 quel crime peut-il commettre en rtablissant les *oses dans l'ordre o les a cr la nature4 ,nos anctres en v5ant des ,palus-,motides1 et s'appropriant les prov9ces vois9es qui tai5t leur bi5sance1 n'tai5t comme n\s que des voleurs2 ils n'tai5t guids comme n\s que p> l'int5tion t\te simple d'tablir l'galit1 et de donn] celui qui avait mo9s1 un peu du trop de l'autre4 ,reconnoissant p\rtant le tort que n\s avons eu de n\s priv] de nos =ces en n\s disp]sant a9si p> petites tr\pes2 l'inju/ice d'employ] la viol5ce p\r ravir les possessions d'autrui1 et ple9em5t conva9cus du mal qu'il y a rp&re le sang des hommes1 n\s n\s cont5tons de la fil\t]ie1 n\s n'employons jamais que l'adresse p\r corrig] les torts de la =tune #a4 ,n\s n\s p]mettons l'ince/e1 cela peut-il tre autrem5t p>mi un peuple disp]s1 qui ne veut et ne peut s'alli] qu'avec lui-mme1 qui n\s donn]ait des femmes si n\s ne pr5ions celles de nos familles8 ,il faudrait donc en enlev]1 cela n\s arrive bi5 quelque fois1 mais le mal n'e/ pas bi5 plus gr&8 ,l'ince/e e/ d'in/itution huma9e et div9e4 ,les premi]s hommes dur5t ncessairem5t s'alli] dans leurs familles4 ,les loix et les con/itutions de c]ta9s g\v]nem5s doiv5t faire df5dre l'ince/e comme d'autres doiv5t le tolr]4 ,p> lui-mme il e/ indiffr5t1 il ne peut (f5s] que les loix politiques1 mais il ne blesse en ri5 le pacte social1 il tablit plus d'union dans les familles1 il en d\ble et ress]re les li5s1 peut-tre mme accompagne-t-il mieux que t\t1 les vritables loix de la nature4 ,n'imag9ez pas au re/e que le lib]t9age entre p\r ri5 dans les motifs qui n\s font tolr] ces alliances illicites selon v\s1 et p\rtant autorises p> l'anci5ne loi2 quelqu't5due que cette loi ft sur cet article1 n\s la re/reignons p>mi n\s4 ,n\s p]mettons les alliances o l'galit d'ge semble tre une preuve de la p]mission qu'en donne la nature4 4 4 4 ,jamais un pre n'p\se sa fille1 jamais un fils ne s\ille le lit de sa mre #b4 ,n\s faisons encore1 j'en convi5s1 quelqu'autres mauvaises actions1 n\s employons des simples dang]eux2 mais c'e/ notre comm]ce1 c'e/ notre faon d'attir] n\s des bi5s qu'on ne n\s donn]ait srem5t pas sans cette ress\rce1 et avec des tres m*ans1 il faut bi5 tre m*ant p\r vivre1 il y a trop de risque d'tre seul bon dans un sicle absolum5t p]v]s4 ,les malfices que n\s n\s p]mettons avec nos secrets1 consi/5t d'abord dans quelques maladies vtr9aires3 lorsqu'une compagnie de maltoti]s n\s s\doie1 p> exemple1 p\r mettre la *]t sur un g5re de be/iaux quelconque4 ,en r5dant cette espce r>e1 n\s faisons la =tune de l'accap>eur1 et n\s vivons2 c>1 rem>quez-le bi51 n\s n'aspirons qu' vivre1 et c'e/ la premire de t\tes les loix4 --,n\s ne desirons plus ri5 au del des beso9s de la vie1 qu& n\s avons assez1 n\s n\s reposons4 --,n\s faisons la *>it qu& n\s avons trop4 ,la seconde espce de mal que n\s tolrons p>mi n\s avec les simples dont n\s avons la connaissance1 e/ de compos] un puissant soporatif4 ,de la gra9e du /ramonium et de celle du pavot2 n\s obt5ons une p\dre dont l'effet somnifre e/ de mettre en notre disposition le possesseur des effets que n\s v\lons vol]2 mais n\s n'empoisonnons jamais p]sonne1 n\s ne procurons jamais d'avortem5s1 n\s ne jetons po9t de sort1 n\s ne =mons po9t de conjurations1 n\s disons la bonne av5ture4 --,cet art e/ sans inconvni5t4 ,p> la ncromancie1 n\s voquons les ames des morts1 de t\tes les faons de dvoil] l'av5ir aux hommes2 celle-l fut la plus accrdite4 ,t\tes les nations croyai5t qu'on p\vait voqu] les mnes1 c'tait une suite du sy/me de l'immortalit de l'ame #c4 ,le onzime livre d',homre e/ appel la ncromancie p>ce qu',ulisse desc5d aux enf]s p\r y consult] l'ame des morts4 ,dans la tragdie des ,p]ses du pote ,es*ille1 l'ame de ,d>ius1 pre de ,x]cs1 e/ voque et vi5t dcl>] la re9e ,atossa t\s les malheurs qui la m5ac5t44 ,v\s connoissez les vocations de l'nide et celles de l'criture sa9te4 --,la gomancie n\s donne l'art de dev9] p> les signes de la t]re2 ce secret-ci n\s vi5t des ,arabes2 l'hidromancie n\s appr5d dev9] p> l'eau2 l'acromancie p> les signes de l'air2 la piromancie p> ceux du feu2 la lcanomancie1 p> l'usage d'un bass92 la *iromancie1 p> l'inspection des ma9s2 la mtoposcopie1 p> celle des signes du front2 la cri/alomancie1 p> le sec\rs du v]re ou du miroir4 ,cirile de ,jrusalem au trait de l'adoration1 dit que de son tems on voquoit aussi les spectres4 ,la clromancie n'a rec\rs qu'au sort2 la bibliomancie e/ l'art de dev9] p> les livres2 la cphalomancie p> le moy5 de la tte d'un ne2 la capnomancie p> la fume2 la botanomancie p> les simples1 la lictiomancie p> les poissons1 la dactylomancie p> des anneaux4 ,qu'il entre ou non dans t\t cela de la sup]/ition1 mes amies1 t\j\rs e/-il que n\s r5controns s\v5t ju/e1 n\s v\s conva9crons ou p> l'expri5ce1 ou p> l'tude de ces arts qu& v\s le jug]ez propos4 ,on n\s accuse d'enlev] des enfans qui devi5n5t ensuite des victimes de pro/itution4 --,cela e/ vrai1 mais quels enfans drobons-n\s8 ,ou de malheureux orphel9s dlaisss1 ou des enfans de pauvres qui ne peuv5t que gagn] au *ange2 n\s les g>dons s\v5t avec n\s1 et dans ce cas1 leur sort devi5t assurm5t meilleur qu'il ne l'aurait t dans la maison pat]nelle4 ,c'e/ l'hi/oire de ,fior5t9a1 elle fait ce qu'elle veut avec n\s1 elle e/ la favorite de notre doy5ne1 et elle s]ait peut-tre morte auj\rd'hui si elle ft re/e *ez son pre1 le plus pauvre des paysans de la ,biscaiye1 qui hors d'tat de la n\rrir1 n'a pu qu'tre cont5t de sa p]te4 ,notre consci5ce e/ donc en paix sur cet article1 bi5 srs qu'un petit mal e/ t\j\rs p]mis lorsqu'il s'agit de procur] un gr& bi5 #d4 ,quoi qu'il en soit1 notre mti]1 sans d\te1 n\s oblige de gr&s c>ts1 mais les attraits de la v]tu n'en sont pas mo9s t\j\rs respects de nos curs1 ils n\s enflamm5t1 et n\s n\s y livrons autant qu'il n\s e/ possible1 n\s avons s\v5t r5du des vols faits de pauvres g5s2 n\s avons ra*et des prisonni]s p\r dettes2 n\s avons s\lag la veuve1 sec\ru l'orphel91 ad\ci le sort de l'in=tun2 n\s v\s avons fait jur] de le faire1 et n\s v\s en donn]ons s\v5t l'exemple4 ,ds que ,brig&os eut f9i de p>l]1 ,cortilia lui dit que le s\p] tait prt4 ,n\s n\s mmes table1 et "pmes ds le l5dema94 ,n\s n\s rassemblmes l'heure du dn]1 dans un assez gros b\rg o nos g5s v5dir5t au peuple des ce9tures d'h]bes1 composes d'aconit1 p\r les maux de cur2 d'or*is1 p\r remdi] l'impuissance2 de palma-*ri/i1 p\r les maux de jo9tures2 de d5taire1 p\r les maux de b\*e2 et de colute1 p\r les maux de vessie4 ,dona ,cortilia dit la bonne av5ture t\s ceux qui se prs5tr5t2 ,clm5t9e qui l'on avait prt une guit>e1 la p9a agrablem5t1 et n\s dansions ,ca/ell9a et moi1 en j\ant du tamb\r de basque2 p5dant ce tems1 nos hommes s'g>ai5t dans les granges1 et gagnai5t les devants2 ils fir5t ce j\r-l de si bonnes captures1 que lorsque n\s n\s runmes le soir1 ils n\s montrr5t plus de provisions qu'il n'en et fallu p\r quatre tr\pes comme la ntre4 ,fior5t9a qui n'avait pas t\j\rs dans1 montra ple9 ses po*es de bagues1 de m\*oirs et d'autres effets qu'elle avait adroitem5t drob1 et s'attira p> ces sup]bes uvres les l\anges de la brillante assemble4 ,comme il fallait bi51 ne volant pas1 que n\s di/ribuassions au mo9s quelque *ose ,clm5t9e et moi1 on la *>gea1 elle1 de la p\dre de simpa?ie1 compose de vitriol1 des gommes tragaantes et arabiques1 mles aux vulnraires et aux a/r+5s2 et moi1 des somnifres dont je v\s ai p>l t\t--l'heure4 ,le l5dema9 dans une petite ville o n\s n\s arrtmes1 n\s v5dmes beauc\p de nos drogues2 les malades s'adressai5t mon amie1 les amants v5ai5t moi2 je leur donnais de quoi f]m] les yeux de leur argus1 et n\s recevions un arg5t imm5se4 ,on dem&a ,rompa-,te/a qui se dem5ait sur la place1 s'il possdait la *&elle de ,c>dam1 compose de *air huma9e1 et qui s]t dc\vrir des trsors4 --,la plus pure1 dit- il1 en en di/ribuant de communes qu'il v5ait de drob] en passant dans la maison vois9e1 allumez cela1 criait-il1 et suivez seulem5t la trace de la lumire1 v\s s]ez entran comme malgr v\s v]s les trsors que v\s drob5t les entrailles du sol2 un de nos g5s qui avait de la p\dre de m&ragore1 en v5dit normm5t1 et notre j\rne fut des meilleures #e4 ,n\s tions au dixime j\r de notre voyage1 prts quitt] les frontires de ,portugal1 et n\s m>*ions alors t\s ensemble sur la gr&e r\te1 lorsque n\s r5contrmes dans une *>rette un homme et une femme1 lis dos dos et conduits p> deux alguasils *eval4 --,alte-l1 dit au *>reti] le *ef de notre tr\pe2 puis s'adressant aux g>des1 o m5ez-v\s ce c\ple in=tun1 cam>ades1 cont9ua ,brig&os1 d'une voix de tonnre4 --,o tu s]as bi5tt1 sclrat1 rpondit l'alguasil1 et o je te m5]ais t\te l'heure1 si j'avais du monde avec moi4 --,frre1 rpondit notre hros1 en pr5ant le cavali] p> la jambe1 et le r5v]sant dix pas de son *eval1 ce n'e/ pas a9si que l'on rpond qu& on a un peu de civilit dans les manires2 va t'en conva9cre dans le ruisseau1 et s\vi5s-toi de te mieux exprim] l'av5ir4 ,p5dant ce complim5t ,rompa-,te/a1 ayant dmont l'autre cavali]1 en lui assnant un n]veux c\p de po+ sur la poitr9e1 aidait ses cam>ades dta*] les li5s des deux prisonni]s et les faire vad] au plutt4 ,l'opration faite1 nos g5s s'emp>r5t des deux alguasils demi fracasss de leur *te1 et les fixr5t sur la *>rette dans la mme attitude o v5ai5t d'tre les deux fugitifs1 puis ,rompa-,te/a et ,brig&os s'lanant sur les *evaux des deux g>des2 m>*e1 dit notre *ef au *>reti]1 de/9 m5] deux coqu9s auj\rd'hui1 tu vois bi5 que tu ne te trompes que d'habits4 --,et v\s1 enfants1 cont9ua-t-il en s'adressant aux alguasils1 comm5t v\s tr\vez-v\s l8 --,pas trop bi51 rpondit l'un d'eux4 --,v\s y mettiez p\rtant votre pro*a91 dit ,brig&os4 ,b>be de ,belzb1 voil donc quels sont ces sclrats2 ils veul5t se ml] de faire la ju/ice1 et ils enfreign5t la plus sa9te des loix de la nature4 ,n\s avanmes2 n\s emes bi5tt attrap les deux fuy>ds4 ,t5ez1 leur dit notre *ef en leur faisant prs5t des deux *evaux1 voil p\r v\s sauv] plus vite2 mes amis1 qu& v\s racont]ez votre av5ture1 v\s direz que d'honntes g5s v\s m5ai5t la mort1 et que des coqu9s v\s r5d5t la vie4 ,adieu4 ,indp5damm5t des vices dont le *ef tait conv5u vis--vis de n\s1 il en rgnait dans notre tr\pe quelques-uns de secrets1 dont le peu d'importance avait sans d\te emp* notre in/ituteur de n\s p>l]2 de ce nombre tait la manie s+ulire qui faisant tr\v] une femme autant1 et s\v5t bi5 plus de plaisir dans son propre sexe qu'avec les hommes1 la dt]m9e ne *oisir que p>mi ses compagnes les ag5s de son lib]t9age1 gt tri/e et solitaire sans d\te1 mais qui n'a nul espce d'inconvni5s1 dpravation lgre1 qui n'apporte aucun tort la socit1 dont l'acte e/ bi5 mo9s dangreux que le dsordre qui nat du mlange des sexes1 et qui1 s'il ne donne ri5 la nature1 lui ravit au mo9s bi5 peu de *ose4 ,du nombre de ces femmes tait ,dona ,cortilia1 et j'tais dev5ue le malheureux objet de sa passion1 elle ne put t5ir me l'a dcl>]2 elle tait prte1 disait- elle1 me sacrifi] ,fior5t9a qu'elle aimait avec fureur4 4 4 4 ,il n'y a ri5 qu'elle ne ft p\r moi4 4 4 4 ,il tait impossible d'exprim] jusqu'o se portait sa dlicatesse1 jamais la clbre ,sapho n'en mit autant avec ,dmophile1 la fleur que j'avais t\*e lui dev5ait *re1 elle la baisait mille fois1 et la laissait m\rir sur sa gorge1 si je lui p]mettais de me r5dre des so9s2 je lui prp>ais des j\issances2 ses pleurs c\lai5t si je lui ravissais ces innoc5s plaisirs4 --,je ne te dem&e po9t de ret\r1 me disait-elle quelquefois avec cette *aleur1 avec ce raff9em5t de s5sibilit qui c>actrise si bi5 les femmes de ce gt4 4 4 4 --,non1 ,lonore1 je ne t'en dem&e po9t1 je ne te conjure que de te laiss] aim]2 ne rejette pas les s5tim5s de mon cur1 et ne m'humilie pas au mo9s si tu ne veux pas me r5dre heureuse4 --,ensuite elle se jettait mes pi$s1 elle les baisait1 elle inondait de ses l>mes la t]re qu'ils v5ai5t de f\l]2 si j'enflammais d'un mot sa c\pable esprance1 les roses de son te9t se ranimai5t1 le rire s'pan\issait sur ses lvres4 ,si1 plus livre au desse9 =mel o j'tais de ne la po9t satisfaire1 qu' la politique qui s\v5t me =ait fe9dre1 je la suppliais de ne plus me p>l] de ces *oses1 le s\ffle brlant du midi qui dess*e le se9 de l'uillet ne le fltrit pas plus s5siblem5t que mes durets n'altrai5t son visage2 elle se retirait confuse4 --,la rappelais-je1 elle retombait mes pi$s1 et jamais peut-tre o la con=mit fut entire1 le s5tim5t ne fut plus dlicat #f4 ,cep5dant mes rsi/ances inv9cibles la contraignir5t se v5g]2 elle crut assur] sa victoire en piquant mon orgueil2 elle attaqua ,clm5t9e1 y tr\va plus de facilit1 et ne fit natre en moi d'autres s5tim5s que de la piti p\r t\tes deux4 ,mon ard5te compagne1 le sang brl long-tems s\s la zne1 sans pr9cipes comme sans v]tu1 et qui ne devoit qu' mes conseils et mon amiti d'avoir t prs]ve de corruption jusqu'alors1 ne t9t pas aux sollicitations de la bohmi5ne4 ,cette liaison qui prit d'abord avec la plus gr&e viol5ce1 me donna p\rtant t\tes les inquitudes de l'amiti et quelqu'autres qui n'tai5t relatives qu' moi2 j'tais f*e de voir ma compagne engage dans ce dsordre4 ,je connaissais assez la *aleur de sa tte1 p\r cra9dre qu'une telle intrigue1 en amusant la fois son tempram5t et son cur1 ne la fixt p\r jamais avec ces b&its4 ,si cela arrivait1 me ti5drait elle les promesses qu'elle m'avait faites 4 4 4 ,quitt]ait-elle la tr\pe avec moi qu& n\s s]ions ,madrid1 et me procur]ait-elle dans cette ville les sec\rs qu'elle m'y avait assurs8 ,elle se d\ta ds le second j\r du *agr9 que t\t cela me donnait2 elle me pria d'tre tranquille1 et me jura qu'un in/ant d'oubli o la tte seule avait "p1 n'altrait jamais les s5tim5s de son cur4 ,je me rassurai1 mais la socit o je me tr\vais ne m'en p>ut que plus affreuse2 je ne t5ais pas l'ide de m'y voir entirem5t isole1 et mes l>mes c\lai5t s\v5t en sil5ce4 ,clm5t9e1 assez mon amie p\r ne p\voir t5ir au t\rm5t qu'elle me donnait1 se sp>a ins5siblem5t de ,cortilia et rev9t moi plus t5dre et plus fidle que jamais4 ,je v\s ai racont de suite le comm5cem5t et la f9 de cette inc>tade1 p\r n'avoir plus y rev5ir4 ,repr5ons ma9t5ant le fil de notre r\te4 ,n\s v5ions d'entr] en ,espagne1 lorsqu' quatre lieues d',alcant>a1 suivant un s5ti] sur le bord du ,tage1 qui devait n\s conduire notre solitude du soir2 ,ca/ell9a qui tait notre tte1 ent5dit ge9dre dans un foss gau*e du *em91 elle y vole1 et n\s appelant aussi-tt2 n\s voyons un malheureux p]c de plusieurs c\ps de poign>ds et noy dans son sang4 ,je dois cette ju/ice cette malheureuse fille1 elle eut seule l'honneur de la belle action2 quelqu'unes de n\s se dt\rnr5t avec horreur2 d'autres mo9s susceptibles de s5sibilit1 p\rsuivir5t indiffremm5t leur r\te4 ,la seule ,ca/ell9a s\lve le bless1 l'asseoit contre un arbre1 c\pe les l+es de ses propres vtem5s1 les enduit d'un beaume s\v]a91 b&e les plaies1 ranime les =ces du moribond1 lui fait repr5dre connaissance et le r5d la vie4 ,re/ez-l1 mon ami1 lui dit-elle ds que cela e/ fait2 ne *]*ez nul autre sec\rs1 je vais une demie lieue d'ici tr\v] des hommes plus =ts que n\s1 qui v\s port]ont dans notre demeure et qui a*v]ont de v\s s\lag]4 ,elle dit1 et s'lance p\r av]tir nos compagnons qui m>*ai5t =t en avant de n\s4 ,un tel trait1 ce me semble1 honore bi5 le cur de cette fille1 et qu& la v]tu se montre avec tant de puissance dans des ames aussi corrompues1 ou il faut pla9dre un p>eil sort1 ou il faut croire que cette corruption qui s'unit tant de qualits1 p\rrait bi5 n'tre qu'idale4 ,le conseil se t5ait qu& n\s arrivmes1 on l\a =t la fille du *ef1 de l'action qu'elle v5ait de faire1 et on dta*a sur-le-*amp deux hommes p\r all] *]*] le bless4 ,p5dant ce tems les femmes lui prp>ait un lit dans notre habitation2 mais ,brig&os1 quoique lui-mme eut donn l'ordre de sec\rir cet in=tun1 tmoignait p\rtant de l'inquitude4 ,j'c\te plus ma piti que ma raison1 n\s dit-il1 si cet homme e/ la victime d'un =fait1 on en re*]*e sans d\te les auteurs1 et dans cette supposition1 que ne risquons-n\s pas le voir peut-tre m\rir dans nos ma9s8 --,et puis1 je ne sais de c]ta9s press5tim5s qui ne m'ont jamais tromp1 me dis5t que j'ai tort d'accord] tant de faveurs ce misrable4 ,n'importe1 cont9ua ,brig&os en le voyant v5ir1 sa seule vue m'intresse1 bannissons ces cra9tes et n'c\tons plus que le s5tim5t dlicieux qui n\s fait tr\v] tant de plaisirs s\lag] nos semblables4 ,le malade arriva1 il n'y eut sorte de so9s que n\s n'en prmes1 et le l5dema91 qu& n\s le vmes un peu re/aur1 n\s l'engagemes n\s dire le sujet de sa malheureuse av5ture4 ,l'tat de faiblesse o je me tr\ve1 rpondit cet homme1 ne me p]met pas de v\s donn] de gr&s dtails sur l'orig9e des malheurs dont v\s me voyez accabl2 je m'appelle ,dom ,p$re1 je suis homme de ju/ice et *evali] de la ,sa9te-,h]m&ad1 j'tais envoy p> le tribunal de l'inquisition de ,madrid dont j'ai l'honneur d'tre membre1 p\r arrt] secrtem5t en ,portugal1 un insigne fripon1 accus du crime capital de judas] dans l'intrieur de sa maison1 et lui et t\te sa famille2 v\s concevez l'infamie d'un tel crime1 et qu'un homme qui s'avise de croire encore au dieu de ,mose1 ne peut tre digne que des flammes4 ,aprs des ruses incroyables1 je t5ais enf9 le circoncis2 comptant trop sur ma propre =ce1 je l'amm5ais en cr\pe au sa9t-(fice4 ,il a eu l'adresse de f\ill] dans ma po*e1 de se saisir de mon poign>d et de m'en frapp] sans que je pusse m'en df5dre4 ,je suis tomb du *eval1 t\rdi du c\p2 il a saut t]re1 m'a a*ev dans le rav9 o vos femmes m'ont tr\v1 et me croyant mort1 il a mont sur mon *eval1 et s'e/ rapidem5t loign4 #g ,brave *evali]1 dit ,brig&os notre hte aprs cette n>ration1 un peu plus de philosophie v\s et vit ces malheurs2 que diable v\s faisait que cet homme ft juif ou turc1 et que ne le laissiez-v\s en paix8 --,comm5t un drle qui refuse de mang] du co*on8 --,imbcile1 ne faut-il pas avoir p]du l'esprit p\r imag9] que ,dieu punisse ou rcomp5se un homme en raison des vi&es qu'il aura manges2 ce sont des v]tus que l't]nel exige1 et non de ridicules simagres qui font frmir le bon s5s4 ,ami1 appr5d de moi que l'homme qui fait le bi5 e/ sr d'tre sauv1 quelque soit sa religion1 et qu'il s]oit inf9im5t mo9s dang]eux de n'admettre po9t de dieu1 que d'en suppos] un qui damn]ait l'homme p\r avoir t plutt d'une religion que d'une autre1 p>ce qu'encore une fois1 t\tes les religions sont gales aux yeux de ,dieu2 il n'y a que le crime et la v]tu qu'il lui soit impossible de voir du mme il4 --,mais enf9 il faut bi5 faire son mti]8 --,ou il faut ta*] de n'en pr5dre qu'un honnte1 ou il faut s'atta*] r5dre honnte celui qui ne l'e/ pas4 --,il e/ dsagrable d'tre *>g d'une besogne f*euse1 mais il faut s'en tir] qu& on l'a4 --,ce qu'il faut1 c'e/ tre honnte1 te dis-je1 ce qu'il faut1 c'e/ de laiss] vivre *acun en paix1 et surt\t de n'arrt] p]sonne p\r lui ravir ou la lib]t ou la vie1 p>ce que de t\s les mti]s possibles1 aprs le mti] du b\rreau1 celui-l e/ le plus infme et le plus digne de l'excration publique4 ,patron1 je fais comme toi un vila9 mti]1 mais si je l'ex]ais aussi malhonntem5t1 je t'aurais ent]r au lieu de te sec\rir1 puisque tu es p> tat un des plus gr&s ennemis que n\s ayons4 ,si donc tu eusses su alli] un peu de v]tu au vice de ta pr(ession1 tu aurais laiss le juif en paix1 et n'aurais pas auj\rd'hui la mort sur les lvres4 --,v\s avez bi5 raison1 mes amis1 a*evez de me s\lag]1 je v\s conjure1 et de ce mom5t-ci1 je v\s prote/e de quitt] l'infme mti] que je fais4 ,brig&os mu des remords vrais ou faux de ce coqu91 t\ffa ses press5tim5s1 n'c\ta plus que la nature1 et malgr t\s les risques que n\s c\rrions demeur] dans ce lieu1 et n'y re/] que p\r une hi/oire qui p> elle-mme p\vait seule n\s p]dre1 n\s n'en b\gemes pas de quatre j\rs4 --,adieu1 frre1 dit ,brig&os l'homme de ju/ice au comm5cem5t du c9quime1 en pr5ant *acun notre r\te1 lui petits pas p> le gr& *em91 et n\s p> les s5ti]s du ,tage4 ,adieu1 rappelle-toi le s]vice que n\s t'avons r5du1 et si jamais tu es pris les armes la ma9 contre n\s1 s\vi5s-toi que tu es un homme mort4 ,dom-,pdre s'loigna1 les l>mes aux yeux1 n\s assurant ou qu'il quitt]ait le mti]1 ou que s'il lui arrivait de le cont9u]1 n\s ne tr\v]ions jamais dans lui qu'un protecteur et qu'un ami4 ,n\s n\s sp>mes1 et tant entrs le soir de ce j\r-l dans une va/e grotte1 n\s n\s y tablmes desse9 d'y pass] la nuit4 ,ce fut l o notre *ef ayant encore quelques leons n\s donn] sur l'art de la dv9ation1 n\s t9t ,clm5t9e et moi peu prs le disc\rs que je vais essay] de v\s r5dre4 ,ce n'e/ pas d'auj\rd'hui1 n\s dit-il1 que la crdulit de l'homme lui fait desir] de connatre son de/9 dans l'av5ir1 ou de dev9] les *oses ca*es4 ,josu jetta le sort p\r connatre le prv>icateur de l'ordre de ,dieu4 ,cette sci5ce dc\vrit qui avait vol un manteau1 une rgle d'or et deux c5ts sicles4 ,saul consulta l'ombre de ,samul1 p> le moy5 de la pi?onisse2 les hi/oires sa9tes et pr(anes sont remplies de ces traits2 les ,sibilles1 les augures1 les prophtes1 t\t cela n'tait que des ,bohmi5s comme n\s1 et leur seule tude consi/ait comme la ntre pr5dre du prs5t et du pass les meilleures notions1 af9 d'en tir] des consqu5ces p\r l'av5ir4 ,voil quelle e/ la base de notre art4 ,qu& un homme veut savoir sa de/9e1 mettez t\t en usage p\r dc\vrir ses gts1 ses habitudes1 son c>actre1 ses prjugs1 ce dont il s'occupe p\r le mom5t1 et ce qu'il a fait autrefois4 ,les plus sres inductions se tir5t de ces connaissances1 ce qu'un homme fait et a fait 4 4 4 il le faira1 l'homme e/ une espce de ma*9e presque t\j\rs dt]m9e p> l'habitude4 ,atta*ez-v\s pr9cipalem5t multipli] vos prophties1 et ne les prs5tez jamais qu' d\ble s5s2 de cette manire1 ou de t\tes1 une russira1 ou il v\s s]a facile d'appliqu] un des s5s1 ce qui aura russi s\s l'autre2 en voil assez p\r v\s donn] de la rputation4 ,je ne dis pas que les sci5ces dont je v\s ai p>l l'autre j\r soi5t entirem5t *imriques1 mais ne p\vant v\s en in/ruire fond dans ce mom5t-ci1 je v\s mets succ9ctem5t au fait de la pratique sup]ficielle1 la seule *ose qui dans le fond v\s soit reellem5t utile1 lorsque v\s in/ruisez quelqu'un de son sort1 songez surt\t vit] t\s ce qui e/ f*eux1 p>-l1 v\s *>m]ez au mo9s si v\s ne russissez pas4 ,il n'y a pas d'homme1 dt-il m\rir dema91 qui ne soit flatt de v\s voir lui donn] v+t ans de vie2 il n'y pas de cocus qui ne soit en*ant de v\s ent5dre l\] la v]tu de sa femme2 po9t d'av>e qui n'ait l'oreille *at\ille de v\s voir vant] sa bi5faisance2 si v\s joignez cela l'annonce d'un trsor1 v\s allez le port] aux nues4 ,il y a une sorte d'art m5tir aux hommes1 et c'e/ cela qu'il faut saisir1 que votre impo/ure les flatte1 ils ne v\s la repro*]ont jamais4 ,je ne v\s dirai qu'un mot des talismans1 v\s savez que ce sont des figures de l'inv5tion des philosophes arabes1 faites sur des pi]res ou des mtaux de simpa?ie1 qui rpond5t de c]ta9es con/ellations #h2 le palladium des ,grecs1 la /atue de ,memnon1 celle de la =tune de ,sjan1 les cigognes d',apollonius1 les m\*es d'aira91 les sang-sues d'or de ,virgile1 la v]ge de ,mose2 les diffr5tes figures de s]p5s consacres dans c]ta9es villes1 t\t cela n'tait que des talismans2 n\s devons savoir ce que c'e/1 en raisonn]1 en v5dre1 et n'y pas croire1 p>ce qu'il n'y a ri5 de surnaturel dans le monde1 aucun effet qui n'ait sa cause2 les contradictions qui n\s emb>rass5t1 ne sont que les caprices de l'tre m*ant qui ne sait jamais qu'inv5t] p\r t\rm5t] les hommes1 p\r abus] de leur crdulit1 et les conduire a9si ins5siblem5t leur p]te1 raisons qui doiv5t n\s faire cra9dre cet tre1 l'implor]1 l'att5drir1 si n\s p\vons1 mais le dte/] s\v]a9em5t au fond de nos curs4 ,ce disc\rs fait1 n\s s\pmes et "pmes suivant l'usage1 de trs-bonne heure le l5dema94 ,il y avait environ deux heures que n\s m>*ions2 le soleil comm5ait luire1 et n\s le voyons avec plaisir dor] de ses premi]s rayons les pis ondoyans d'une magnifique pice de bl$1 dont n\s suivions les bords1 qu& n\s ap]mes t\t--c\p au co9 de ce *amp1 deux femmes en pleurs1 levant leurs bras v]s le ciel2 6 mes amis1 volons1 dit ,brig&os1 peut- tre voil-t-il une occasion de faire le bi51 n\s n\s livrons si s\v5t celles de faire le mal2 il dit3 et dans l'in/ant n\s c\rrons ces femmes1 en leur criant de ne pas avoir peur et de n\s appr5dre le sujet de leur *agr92 trop agites p\r rpondre1 elles n\s montr5t du doigt1 en cont9uant de pleur]1 trois hommes *eval1 galoppant bride abbattue1 au trav]s de cette ri*e moisson1 brisant les tiges1 faisant vol] les pies1 et dtruisant dans une m9ute une p>tie de l'espoir et du travail d'une famille entire4 4 4 4 ,seigneur cavali]1 dit enf91 une de ces femmes notre *ef1 en entremlant ses p>oles de sanglots2 ce *amp e/ mon pre1 n\s sommes qu9ze vivre de son produit p5dant t\te l'anne4 4 4 4 ,cette saison-ci le ciel n\s ayant favoris1 ce bon vieill>d v\lait mettre une lgre somme de ct p\r m>i] ma petite sur que voil1 mais le pauvre *] pre n'aura pas cette satisfaction4 4 4 4 ,ces hommes que v\s voyez galopp] a9si dans notre bi51 voil trois j\rs qu'ils font la mme *ose4 ,c'e/ le cur de la p>oisse1 seigneur cavali]1 avec son vicaire et son sacri/a92 ils n\s ont fait plus de tort que quatre orages n'en euss5t produit p5dant un t4 ,mais quel motif1 dit ,brig&os8 4 4 4 ,un de ses p>oissi5s1 reprit la femme1 dont v\s voyez la maison l-bas1 e/ trs-mal depuis quelques j\rs2 il a envoy *]*] le pa/eur1 lequel p\r acc\rir plutt au sec\rs du moribond1 dont il att5d un legs considrable1 trav]se1 comme v\s voyez1 notre *amp1 au lieu de v5ir p> la gr&e r\te4 ,il ne veut pas que son pnit5t meurt sans ses s]vices1 et le *em9 vol d'oiseau lui fait1 prt5d-il1 gagn] trois qu>ts d'heure4 ,avant-hi]1 il y allait p\r l'exhort]1 hi] p\r les sa9tes-huilles1 auj\rd'hui j'ignore p\rquoi1 mais il n\s ru9e1 seigneur1 il n\s ru9e2 et les deux malheureuses se remir5t v]s] des l>mes4 ,p5dant ce temps1 le cur f5dait l'air1 et comme il avanait de notre ct1 il ne se tr\vait gures plus qu' tr5te pas1 lorsque ,brig&os furieux1 lui cria d'une voix de tonnre d'arrt] sur-le-*amp1 ou qu'il tait mort2 mais le sa9t homme galoppant t\j\rs1 exhibe promptem5t1 du g\sset de sa culotte1 une petite bote de f]-blanc1 le vicaire dc\vre son *ef1 rcite quelques pat5tres2 le sacri/a9 fait ret5tir l'air du bruit d'une clo*ette1 et t\s les trois1 sans s'arrt]1 cont9u5t de moissonn] le *amp #i4 ,p> la b>be de lucif]1 s'crie ,brig&os1 qui la colre comm5ce d'*auff] le crne1 arrtez vieillaques1 arrtez1 ou je v\s ent]re l'in/ant t\s les trois s\s les pies que v\s brisez4 --,impie1 lui crie le cur1 ne vois-tu pas bi5 que je porte ,dieu8 --,portas-tu le diable1 reprit notre *ef1 tu n'iras pas plus lo91 ou je t'calv5tre1 et t\s nos g5s s'avanant la fois v]s ces trois cavali]s1 il fallut bi5 qu'ils s'arrtass5t4 ,cep5dant les deux femmes tai5t t\j\rs l1 ignorant ce qu'allait faire ,brig&os1 patron1 dit le bohmi5 en dmontant le/em5t le cur1 o z-tu pris que p\r port] ,dieu un malade1 il fallut dtruire l'hritage d'un homme en sant1 n'y a-t-il pas de *em9s dans le canton8 ,que ne t'en s]s-tu8 --,laiss]ai-je all] un homme en enf] p> considration p\r quelques gra9s de bl$8 --,appr5ds1 /upide coqu91 s'crie ,brig&os1 en s]rant vivem5t le col du pa/eur1 que le plus *tif des pies de bl$ qu'accorde la nature au s\ti5 de ces malheureux1 a c5t fois plus de mrite et de valeur que t\tes les idoles de ptes que conti5t ta dgtante culotte2 songe d'ailleurs que c'e/ avec ce bl$ que sont faits les dieux que tu prises1 et que si tu en dtruis la matire1 leur espce div9e ne p\rra plus se reproduire4 --,insigne blasphmateur --,po9t de complim5t1 ce n'e/ pas p\r m'ent5dre l\] p> toi1 que j'arrte ici tes fonctions1 c'e/ p\r que tu rp>es l'in/ant le tort que tu fais depuis trois j\rs ces bonnes g5s1 reg>de-les pleur] de tes crimes1 et ose dire que tu s]s ,dieu aprs cela--,que je rp>e1 moi8 --,oui1 de p> t\s les diables il faut que tu rp>es4 --,et comm5t8 ,en escomptant ici1 v\s trois1 la somme de c5t pia/res o j'value -peu-prs le dommage que v\s avez fait ces paysans4 --,c5t pia/res6 elles ne se tr\v]ai5t pas dans t\te la p>oisse4 --,vrifions1 dit notre capita9e1 en faisant signe ses g5s de l'imit]2 en consqu5ce1 il saute sur les culottes pontificales1 tr\ve d'abord la sa9te-bote1 oh6 p\r ce bij\x1 dit-il1 en le faisant saut] qu>ante pi$s au-dessus de sa tte1 je n'en donn]ais pas un m>avdis4 4 4 4 ,et dculottant t\t--fait le pa/eur1 il dc\vre la f9 une vieille b\rse de cuir4 ,se t\rnant alors v]s ses cam>ades1 p5dant que le cur remet l'ombre les p>ties dvoiles de sa pudeur1 enfans1 dit- il1 voyons si votre *asse e/ aussi bonne que la mi5ne4 4 4 4 ,additionnons2 les trois b\rses se vuid5t1 se ml5t et donn5t un total de dix pia/res de plus que l'valuation de notre *ef4 --,appro*ez1 braves femmes1 p\rsuis notre capita9e en appellant les deux complaignantes4 4 4 4 ,t5ez1 voil ce que le tribunal bohmi5 v\s adjuge en ddommagem5t de ce qui v\s a t fait4 -- monsieur6 monsieur6 s'crir5t ces bonnes filles en arrosant de l>mes les ma9s de leur ,salomon4 4 4 4 ,hlas6 n\s sommes trop cont5tes1 mais il e/ bi5 m*ant cet homme de ,dieu que v\s v5ez de condamn] a9si2 v\s ne s]ez pas plutt lo91 qu'il vi5dra n\s repr5dre ce que v\s n\s faites donn] avec tant de ju/ice4 --,le repr5dre6 4 4 4 de qu9ze j\rs ma tr\pe ne quitte les environs de cette f]me1 dit ,brig&os au cur1 et si tu t'avisais d'une p>eille infamie1 sclrat1 je te f]ais mang] tes c 4 4 4 4 4 4 en bro*ette4 4 4 4 ,ti5s1 repr5ds le re/e de ta somme1 je n'agis pas comme les (fici]s de ju/ice4 ,moi1 mon ami1 je ne me paye pas p> mes ma9s1 repr5ds ton surplus1 te dis-je4 4 4 4 ,ramasse ton ,dieu 4 4 4 monte sur ta bte1 cesse de croire que ce que tu faisais ft un bi5 qui p\vait s'a*et] au prix du mal que ta btise osait se p]mettre2 le bi5 n'tait qu'imag9aire1 le dsordre e/ inconte/able4 ,s\vi5s-toi1 mon ami1 que ce qu'on appelle le bi51 n'e/ que l'utile1 et que jamais l'utile n'e/ rempli1 tant qu'il en cote une l>me l'indig5ce4 ,le cur t\t confus1 et qui n'avait peut-tre de sa vie ri5 dit de plus philosophique en *aire1 c\rut aussi-tt re*]*] sa bote2 mais il tait arriv p5dant le jugem5t du procs1 une av5ture assez p>ticulire2 une de nos femmes presse p> un beso9 de consqu5ce1 s'tait ca*e dans le bl$ desse9 d'y procd] avec autant de satisfaction que de pudeur1 soit has>d1 soit taqu9]ie1 la malheureuse bote qui se tr\vait l et qui s'tait ouv]te en tombant1 avait reu dans ses entrailles le sup]flu de celles de notre compagne1 et c'tait en ce piteux tat d'augm5tation que le reliquaire s'(frait au pa/eur4 ,trop battu p\r os] se pla9dre1 il se cont5te de se sign] trois fois1 met en po*e ses dieux et ce qui les assaisonne1 puis r5f\r*ant sa jum5t p\l9ire1 il pr5d cong de notre *ef1 qui lui jure que s'il se conduit bi51 il n'en s]a pas mo9s son ami4 ,on se sp>a de "p et d'autre4 ,les jeunes paysannes tai5t si en*antes de leur juge2 qu'elles le conjurr5t de v5ir dans leur maison pass] au mo9s deux j\rs avec sa b&e4 ,non vraim5t1 rpondit ,brig&os1 je ne v\s p]drai pas de vue1 je suis v\s si ce blitre v\s *]*e encore *icane1 mais si j'acceptais votre (fre obligeante1 que s]ait alors l'action que je vi5s de faire8 ,ce n'e/ jamais que dans son cur que l'honnte homme doit tr\v] la rcomp5se de la v]tu2 en j\it-il si on la lui paye8 4 4 4 ,adieu 4 4 4 et n\s "pmes4 ,n\s ne n\s avismes p\rtant pas de re/] aux environs de cette maison1 trop de g5s n'aurai5t pas vu du mme il que n\s1 la l\able action de notre *ef1 il y a des esprits si mal faits dans le monde4 4 4 4 ,n\s n\s loignmes donc avec rapidit1 et fmes pass] la nuit sept lieues de-l1 dans une retraite impntrable1 d'o n\s dcampmes sans accid5t le l5dema9 au po9t du j\r4 ,n\s avions un gr& bois trav]s] avant d'arriv] ,coria o notre *ef v\lait pass] deux j\rs1 lorsqu'environ v]s les huit heures du mat91 m>*ant t\s ensemble1 n\s r5contrmes dans le milieu de ce bois un *evali] de l'ordre d',alcant>a1 suivi d'un dome/ique p\r le mo9s aussi bi5 mont que son matre4 ,comm&eur1 dit ,brig&os1 ds qu'il l'ap]ut2 votre excell5ce vi5t sans d\te de lo9 auj\rd'hui8 --,de =t lo91 rpond le *evali]1 mu de la r5contre4 --,cornes de ,satan1 s'cria notre *ef1 c'e/ assez m>*] sans boire un c\p1 faites-n\s l'honneur d'tre des ntres1 comm&eur1 v\s boirez de bon v91 s]vi p> de jolies filles4 4 4 4 ,je n'ai ni faim ni soif1 dit le *evali]1 je v\s prie de me laiss] f9ir ma r\te4 --,p]le des deux ,espagnes1 dit ,brig&os en fronant le s\rcil1 ignorez-v\s que les prires de g5s comme n\s1 ressembl5t beauc\p des ordres8 4 4 4 ,ayez la bont de desc5dre1 et ne n\s contraignez pas v\s manqu] d'g>ds4 --,en vrit ce procd 4 4 4 --e/ plus honnte que v\s ne p5sez1 *evali] v\s ne v]rez jamais que dlicatesse et honntet p>mi n\s4 ,ici le *evali] voyant que la rsi/ance tait peu de saison1 qu'on avait dj arrt son valet et qu'on le ds>mait lui-mme1 mit pi$ t]re et dem&a ce qu'on v\lait4 --,je v\s l'ai dit1 *evali]1 reprit notre *ef1 djen] avec v\s1 j\ir un in/ant de l'honneur de votre conv]sation1 et n\s quitt] le mieux qu'il s]a possible2 aprs quelques crmonies pralables1 o n\s mettrons tant de politesses que n\s esprons qu'elles ne v\s dplairont pas2 et p5dant ce tems1 p> ordre du *ef1 n\s t5dions une nappe sur le gazon1 et n\s s]vions le djen]4 ,le *evali] voyant alors que le plus c\rt e/ de faire contre =tune bon cur1 s'asseoit1 c\pe une tran*e de jambon et se met mang] et boire comme s'il se ft tr\v *ez lui4 --,que dit-on de n\veau1 comm&eur8 dem&a ,brig&os1 en*ant de la bonne cont5ance de son hte2 passant notre vie dans les bois comme les ours1 n\s sommes trop heureux qu& avec d'aimables voyageurs comme v\s1 n\s p\vons n\s remettre au c\rant4 --,n\s v5ons de pr5dre ,mahon1 rpondit le *evali] #aj1 les anglais sont p]dus1 ab&onns de leurs ,colonies1 bi5tt peut-tre de l',irl&e et de l'cosse1 ru9s p> la dette nationale1 crass p> leurs diss5sions inte/9es2 je vois ce royaume deux doigts de sa p]te4 --,d\cem5t1 d\cem5t1 seigneur *evali]1 dit ,brig&os en avalant deux v]res de v91 un de *aque ma91 suivant son usage1 d\cem5t1 je ne vois pas t\t--fait comme v\s dans cette affaire l4 ,les anglais ont plus de ress\rces que v\s ne p5sez1 et la diffr5ce qu'il y a d'eux v\s1 c'e/ que la faiblesse de votre con/itution v\s aurait dj culbut v+t fois si v\s eussiez pr\v la moiti de leurs rev]s1 au lieu que la =ce de la leur les s\ti5dra sans branlem5t4 --,mais leurs ,colonies8 --,les anglais peuv5t se pass] de leurs ,colonies1 et v\s ne vivriez pas sans les vtres1 v\s qui f\rnissiez autrefois de l'or t\te la t]re #aa4 ,les colons anglais ne sont que les enfans de leur mtropole1 et les vtres sont nos pres2 ce n'e/ pas ,madrid qu'e/ la capitale de l',espagne1 c'e/ ,lima1 c'e/ ,mexique1 au lieu que ,londres s]a t\j\rs la capitale de l',anglet]re1 y eut-il tr5te ,bo/on et autant de ,philadelphie4 ,mais v\s1 peuple misrablem5t affaibli1 que devi5driez-v\s si vos colons v\s ab&onnai5t8 ,acc\tums ne vivre que d'or1 n'en recueillant plus dans votre se91 o en s]iez-v\s sans l',amrique8 ,je ne sais si v\s avez bi5 fait de v\s en t5ir au pacte de famille1 dans cette occasion peut-tre et-il t plus sage v\s de mnag] les anglais4 ,*evali]1 je suis prophte tel que v\s me voyez1 v\lez-v\s que je v\s dise ce qui va arriv]2 la ,france pr\v]a une rvolution t]rible1 elle sec\]a le j\g du despotisme2 les anglais l'imit]ont1 et t\tes deux d'accord1 f9iront p> tomb] sur v\s1 il faut jug] les hommes p> leur gnie1 c'e/ la meilleure rgle p\r les dev9]2 obs]vez l'habitant de ,londres et celui de ,p>is1 v\s leur v]rez la mme fi]t1 les mmes gts p\r la lib]t1 les arts et les sci5ces1 le mme ton de philosophie1 t\t ce qu'il faut enf9 p\r se battre un mom5t et dev5ir bons amis aprs4 ,or1 si cette liaison arrive1 soyez bi5 sr qu'elle se t\rn]a contre v\s1 et v\s n'tes pas en tat de la s\t5ir4 ,ils ne sont plus ces tems glorieux o le plan de la mon>*ie univ]selle se dressait dans le cab9et de ,madrid1 et ri5 ne v\s les ram5]a4 ,plus avilis1 plus crass que jamais p> votre inquisition et vos prtres1 on ne tr\ve en ,espagne que des alguasils1 des *evali]s de la cruciata et de la sa9te-,h]m&ad2 mais que ,belzb m't\ffe si on y r5contre un soldat1 encore mo9s un gnral4 --,que dites-v\s1 ami8 e/-ce l'in/ant de n\s dprim] comme v\s le faites8 ,l'espagne r5ait auj\rd'hui1 jamais ses campagnes ne fur5t plus ri*es1 jamais ses atteli]s mieux f\rnis4 ,voyez le comm]ce de la ,catalogne1 l'imm5sit des *oses qui s'y fabriqu5t prs5t2 jettez les yeux sur nos gr&es r\tes1 avant un demi sicle elles s]ont aussi belles que celles de ,france2 des acadmies s'lv5t1 de gr&s hommes sort5t de leur se92 les arts fleuriss5t1 les sci5ces se cultiv5t1 t\s les ressorts de l'adm9i/ration pr5n5t de la vigueur et de l'la/icit4 4 4 4 ,eh6 non1 non1 la rvolution que v\s craignez ne s'opr]a pas1 y p5sa-t-on mme1 t\te l',europe s'y oppos]ait4 --,l',europe8 elle s]ait ravie de v\s voir crase2 elle ne mettrait pas plus d'ob/acle votre invasion qu'elle n'en a mis au p>tage de la ,pologne1 et malgr le faible crpuscule que v\s croyez entrevoir1 v\s tes et s]ez encore long- tems la fable de t\tes les nations du cont95t2 vos processions1 votre f\rb]ie1 votre molesse v\s en f]ont t\j\rs dte/]4 ,il n'y a pas une de ces nations qui ne prtt les ma9s votre dmembrem5t4 4 4 4 ,mais p>bleu1 comm&eur1 puisque n\s voil en tra9 de politiqu]1 je veux v\s faire "p d'un projet2 faites-moi la grace de l'ent5dre4 4 4 4 ,je veux refondre l',europe1 je veux la rduire quatre seules rpubliques dsignes s\s les noms d',occid5t1 du ,nord1 d',ori5t et du ,midi4 --,p\rquoi ce *oix de g\v]nem5t1 il e/ vicieux4 --,le g\v]nem5t rpublica9 e/ le meilleur de t\s4 --,voil prcism5t p\rquoi v\s n'y f]ez jamais pass] des peuples ass\pis depuis tant de sicles s\s le j\g mon>*ique4 ,il e/ possible de pass] du bi5 au mal1 c'e/ la m>*e d'une nature qui t5d sans cesse la dgradation2 mais le contraire e/ impraticable4 --,rome comm5a p> avoir des rois1 elle ne se =ma en rpublique qu'aprs avoir s5ti t\s les dang]s de ce rgime4 --,oui1 mais ,rome rpublique ne t>da pas tre subjugue1 et les *anes imposes p> les ,cs>s1 fur5t plus l\rdes que celles des ,t>qu9s-2 je v\s le dis1 capita9e1 v\s ne v]rez pas dans l'hi/oire des peuples du monde une seule rpublique se s\t5ir sans que l'ari/ocratie ne la gangrne4 ,or1 si le g\v]nem5t ari/ocratique e/ le pis de t\s1 ne desirez donc pas l',europe une telle manire d'tre rgie4 ,capita9e1 je v\s le rpte1 le despotisme s]a t\j\rs plus prs du g\v]nem5t rpublica9 qu'il ne le s]a du mon>*ique4 --,oui1 lorsque ce s]ont les nobles qui1 comme ,v5ise1 s]ont la tte du g\v]nem5t2 il e/ bi5 c]ta9 qu'alors l'oppression totale du peuple devi5drait la suite ncessaire de ce mauvais ordre de *oses1 mais un g\v]nem5t qui romprait ses f]s1 qui1 culbutant la mon>*ie1 n'tabli]ait ses bases que sur les droits et sur les devoirs imprescriptibles de l'homme1 un tel g\v]nem5t s]ait le modle de t\s1 et voil celui que je veux2 ne drangez donc po9t mes projets4 ,comm&eur1 le g\v]nem5t rpublica9 que je v\s trace ici1 e/ celui que je veux donn] l',europe2 laissez-moi1 d'aprs cela1 p\rsuivre mes divisions1 c> cette multitude de petits tats me dsespr5t2 je divise donc notre cont95t en quatre rpubliques1 et s\s la dnom9ation que je vi5s d'indiqu]2 voici l't5due que je leur donne4 ,p\r =m] la rpublique d',occid5t1 je jo9s aux tats de la ,france l',espagne1 le ,portugal1 ,maorque1 ,m9orque1 ,gibralt>1 la ,corse et la ,s>daigne2 s\s les conditions qu'elle se db>rass]a de vos mo9es1 de vos inquisiteurs1 de vos abbs1 et qu'elle env]ra t\s ces gosi]s de pa9s bnits *ant] la messe au fond de l',affrique4 --,la rpublique du ,nord s]a compose de la ,sude2 je lui donne indp5damm5t de ses tats1 l',anglet]re et ses att5ances1 les ,pays-,bas1 les ,prov9ces-,unies1 la ,we/phalie1 la ,pomranie1 le ,dannem>k1 l',irl&e1 et la ,laponie4 ,la ,russie =m]a la rpublique d',ori5t2 je veux qu'elle cde aux ,turcs que je r5voie d',europe1 t\tes les possessions que ,pt]sb\rg a dans l',asie1 qui ne p\vai5t lui tre bonnes que dans la vue d'un comm]ce p> t]re avec la ,*9e1 qu'elle ne fait po9t et qu'elle ne f]a jamais2 en rcomp5se1 je lui jo9s la ,pologne1 la ,t>t>ie et t\t ce que le turc laisse en ,europe4 --,la rpublique du ,midi s]a compose de l',allemagne entire1 de la ,hongrie1 de l',italie dont j'exile le pape1 n'y ayant ri5 de plus inutile1 dans le plan que je trace1 qu'un abb sodomite1 d\ze millions de rev5us1 qui n'a d'autre emploi que de di/ribu] des indulg5ces dont on n'a que faire1 ou des agnus qu'on f\le aux pi$s4 ,la mme rpublique aura la ,sicile et t\tes les isles qui se tr\v5t entr'elle et la cte d',affrique4 ,voil ma division1 *evali]1 mais je veux une paix t]nelle entre ces quatre g\v]nem5s2 je veux qu'ils ab&onn5t entirem5t l',amrique qui ne s]t qu' les ru9]1 qu'ils born5t leur comm]ce entr'eux1 et sur-t\t qu'ils n'ai5t qu'une religion1 un culte pur1 simple1 dgag d'idoltrie et de dogmes mon/rueux4 4 4 4 ,une religion enf9 que le peuple puisse suivre sans avoir beso9 de cette v]m9e insol5te qu'il rige en mdiateur entre le ciel et sa faiblesse1 et qui ne s]t qu' le tromp] sans le r5dre meilleur4 ,dantzik s]a1 d'aprs mon plan1 la ville libre o *aque rpublique aura un snat4 ,l1 t\tes les discussions se t]m9]ont l'amiable1 les jugem5s des arbitres devi5dront les loix des tats1 et si les temporisations proposes ne leur plais5t pas1 dix dputs p> rpublique vi5dront se battre en p]sonne1 sans expos] des millions d'hommes s'gorg] p\r des intrts qui sont r>em5t les leurs4 --,ce projet fut rv jadis p> un c]ta9 abb de ,sa9t-,pi]re2 un franais1 qui l'crivit au comm5cem5t de ce sicle1 po9t du t\t1 *evali]4 ,je connais le livre dont v\s p>lez4 ,cet abb ne p>tageait pas a9si l',europe1 il y laissait t\s les petits s\v]a9s qui l'agit5t en la divisant1 il ne runissait pas comme moi1 t\tes les puissances1 en attaquant ce qui leur nuit2 l'abb de ,sa9t-,pi]re1 en un mot1 r5onait aux sy/mes de l'quilibre1 p\r tablir celui de l'union3 moi je n'rige celui de l'union1 qu'en consolidant celui de l'quilibre1 et mon projet vaut beauc\p mieux4 --,il n'assur]ait pas la paix p]ptuelle4 --,t\tes les fois qu'il galise1 il dim9ue les raisons de gu]re4 --,l'ambition s]a t\j\rs la mme1 c'e/ le v59 du cur de l'homme1 il ne s'anantit qu'avec lui4 --,cette passion n'a plus de motif4 ,ce qui dt]m9e une nation dcl>] la gu]re une autre1 c'e/ p>ce qu'elle veut rec\vr] ou envahir1 et dans t\s les cas1 p>ce qu'elle veut avoir autant ou plus que celle qu'elle attaque2 mais si elle e/ aussi =te1 ses motifs devi5n5t inju/es1 et ds-lors en admettant mon sy/me1 voil trois tats contre un1 l'agresseur qui le sait se ti5t en paix4 ,il e/ trs-difficile d'tablir l'quilibre dans une multitude de poids 9gaux1 ri5 de plus simple que l'opration qu& il ne s'agit plus que de quatre poids de mme mesure4 --,mais il faudrait un patri>*e au mo9s1 si v\s *assez le pape2 il faut bi5 que la religion ait un *ef4 --,*evali]1 la bonne religion n'a beso9 que d'un ,dieu2 comm5cez p> v\s accord] unanimem5t sur l'ess5ce1 sur les attributs de celui que v\s admettez1 p> conv5ir qu'il n'a beso9 que de nos curs1 que t\t le re/e e/ aussi dang]eux que sup]flu4 ,n'tant plus ncessaire alors de v\s gorg] p\r la manire de s]vir ce ,dieu1 un *ef v\s devi5dra p>faitem5t inutile2 c'e/ presque t\j\rs en raison de ce *ef que v\s v\s tes battus p\r vos dieux2 sans les dsordres et les dbau*es de ce *ef1 jamais ,lu!r ne se ft sp>2 or1 voyez que de flots de sang a fait v]s] cette dsunion4 ,non1 monsieur1 po9t de pape1 un ,dieu1 c'e/ encore beauc\p2 il faut que je v\s suppose trs-sage p\r v\loir bi5 v\s en p]mettre un1 *evali]3 le sy/me de cette exi/5ce e/ le plus dang]eux prs5t qu'on puisse faire des f\s4 --,ami1 je v\s crois a?e4 --,v\s ne buvez pas1 comm&eur1 e/-ce que v\s ne tr\vez pas le v9 bon8 --,excell5t1 seigneur ba*eli]4 --,tu dieu1 brave homme1 me donnez-v\s ce titre en bad9ant8 --,non sur ma croix4 --,sa*ez donc1 comm&eur1 que j'ai pris mes lic5ces p\r l'tre2 tel que v\s voyez1 j'ai tudi c9q ans ,salamanque1 et sans quelques petites fr$a9es de jeunesse qui me br\illr5t avec la ju/ice1 dit ,brig&os1 en relevant ses m\/a*es1 je s]ais peut-tre auj\rd'hui recteur en l'univ]sit de ,compo/el4 --,v\s tes donc de la ,galice8 --,en vrit1 comm&eur1 je s]ais bi5 en pe9e de v\s dire de quel pays je suis1 t\t ce que je sais1 c'e/ que ma mre e/ arrire-petite-fille du bt>d de la matresse d'un enfant tr\v de ,b>celone1 d'o v\s voyez que j'ai quelques traits me qualifi] de ,catalan4 ,si jamais je f9is mal ma c>rire1 au mo9s aurai-je la satisfaction d'tre trait p> le b\rreau comme un gr& de la premire classe1 et cela ne laisse pas que d'tre consolant #ab4 --,mais enf9 v\s tes n quelque "p8 --,sur le haut d'un mt de p]roquet1 comm&eur1 o ma mre1 qui rev5ait de ,lima1 s'tait rfugie p\r donn] un peu mo9s de sc&ale1 en mettant au monde un fruit si sr de son incont95ce1 avec un matelot de l'quipage4 ,n'importe1 mon pre m'av\a1 il p\sa ma mre2 on me fit tudi]1 et je v\s dis que je s]ais auj\rd'hui *ano9e au mo9s1 si je n'avais pas eu d'excrables incl9ations4 --,ah1 sclrat6 dit le *evali] en se levant1 me voil oblig d'all] confesse p\r avoir bu avec un homme tel que toi4 ,alte-l1 comm&eur1 dit notre capita9e en se levant aussi1 je v\s ai dit que le d]ni] mom5t s]ait le plus dur1 c'e/ le qu>t d'heure de ,rabelais4 ,o allez-v\s1 excell5ce1 sans trop de curiosit8 -- ,lisbonne4 --,je connais ce pays-l1 et dites-moi1 votre gr&eur tr\v]a-t-elle des connaissances dans cette mtropole du ,portugal4 --,j'y suis au se9 de ma famille4 --,ah1 ah6 eh bi51 comm&eur1 v+t-c9q cruzades #ac v\s suffis5t p\r v\s y r5dre gaill>dem5t v\s1 votre valet et vos deux *evaux1 les voil dans cette b\rse1 p]mettez que n\s *angions s'il v\s plait4 --,et de quel droit8 4 4 4 --,de celui de la nature1 comm&eur1 dont la loi proscrit l'9galit des ri*esses1 il n'e/ pas ju/e que l'un ait t\t1 p5dant que l'autre n'a ri54 ,v\s v5ez de voir que je suis p>tisan du sy/me de l'quilibre1 tablissons-le1 je v\s prie1 il ne ti5dra qu' v\s d'y jo9dre celui de l'union1 c>1 en vrit1 ce troc fait1 v\s n'aurez pas dans les deux ,espagnes un s]viteur plus fidle que moi4 ,le *evali] qui se voyait ent\r1 jugea sa9em5t que la rsi/ance tait va9e2 il donna sa b\rse ,brig&os1 prit celle de notre *ef la place1 et se disposa remont] sur son *eval4 ,un mom5t1 comm&eur1 dit le bohmi51 ce que v\s donnez l n'e/ que le d1 n\s att5dons ma9t5ant la gratification4 ,v\s avez t\t1 en honneur4 ,et cette croix de sup]bes brillans 4 4 4 e/-ce sur une de cette espce que ,pilate a mis votre ,dieu8 ,v\s voyez qu'il y a du luxe l2 or1 le luxe e/ un tort rel dans une religion qui fait vu de pauvret2 donnez cela1 brave s]viteur de ,*ri/1 et nos femmes en s'en p>ant1 vont v\s rgal] d'une s>ab&e ou d'un fangados4 --,puisse-tu all] au diable et toi et tes p 4 4 4 1 dit le *evali] en jettant sa croix et remontant *eval1 a9si que son valet 4 4 4 ,fuyons1 ,fuyons1 ,gabriel1 et maudissons l'in/ant qui n\s fit tomb] en de si mauvaises ma9s4 --,j\r de ,dieu1 s'cria ,brig&os1 voil ce qu'on appelle un homme de mauvaise humeur2 qu'il tr\ve des g5s qui le vol5t aussi polim5t que n\s1 et je p]ds trois fois mon pr(it4 ,m>*ons1 enfans1 le soleil avance1 et n\s avons de la besogne faire4 ,il ne n\s arriva plus ri5 de n\veau de t\t le j\r2 n\s le passmes presqu'enti] dans ,coria1 di/ribu] des philtres1 des beaumes1 des talismans1 dans]1 voltig] et prophtis] bi5 ou mal4 ,n\s trav]smes les j\rs d'aprs l',e/ramad\re1 t\j\rs ctoyant le fleuve1 dont n\s n\s tions rappro* aprs avoir quitt ,coria1 et sans qu'aucun vnem5t de consqu5ce v9t n\s di/raire ou n\s arrt]4 ,n\s dirigeant sur ,tolde1 n\s tions prts enf9 entr] dans la ,ca/ille neuve1 lorsque c\pant le milieu d'une =t qui se tr\ve sur la frontire de l',e/ramad\re et de la ,ca/ille1 n\s ent5dmes appel] au sec\rs dans le taillis de la lisire du bois1 n\s y volons2 ju/e ciel6 une malheureuse fille de #ac #ad ans1 c\*e t]re1 dj nue1 les bras lis deux arbres1 allait dev5ir la proie d'un gr& jeune homme =t et vig\reux1 dont la mule tait atta*e prs de l4 ,qu'e/-ce ceci1 frre1 s'cria ,brig&os1 et que t'a fait cette malheureuse p\r la trait] aussi mal8 4 4 4 ,ah6 seigneur1 dit la jeune fille en sanglotant1 je ne lui ai jamais ri5 fait1 je v\s le jure2 il m'a r5contr trois lieues d'ici1 g>dant un peu de btail mon pre1 il m'a dem& le *em9 de ,tolde3 je le lui ai montr2 il m'a dit qu'il craignait de s'g>]1 qu'il me dem&ait en grace de m>*] devant lui p\r le guid]2 je l'ai fait p> bont d'ame1 v\lant nanmo9s le quitt] *aque lieue1 et lui1 me promettant t\j\rs de l'arg5t si je v\lais le sortir totalem5t de la =t1 qu& n\s avons t ici et qu'il a cru que p]sonne ne p\vait l'ent5dre1 il e/ desc5du de sa mule1 puis sautant sur moi le pi/olet la ma91 il m'a m5ac de me brl] la c]velle si je lui opposais la mo9dre rsi/ance1 et comme je v\lais m'*app] malgr cela1 il m'a jett p> t]re d'un c\p de pi$ dans les re9s1 dont je suis t\te meurtrie2 l1 me voyant sans =ce1 il m'a trane auprs du bois et m'a mit dans l'tat o v\s me voyez4 ,il se prp>ait sans d\te faire pis1 lorsque le ciel et ma sa9te patrone v\s ont envoy p\r me sec\rir4 --,b>on1 dit notre *ef en fixant ce sclrat1 qu'z-tu repondre cette accusation8 --,ri51 et qu'avez-v\s v\s-mme me dem&]8 ,les *em9s ne sont-ils pas libres8 --,p> la peau d',a/>o?1 dit ,brig&os1 je vois que tu n'es pas plus civil que tu n'es galant2 dis-moi1 faqu91 n'z-tu pas attaqu quelquefois le taureau ,tolde4 --,sire cl]c1 rpondit le voyageur en v\lant remont] sur sa mule1 je v\s prie de me laiss] p>tir et de me disp5s] d'avoir ri5 dml] avec v\s4 --,oh6 d\cem5t1 dit ,brig&os1 les *oses ne peuv5t pas se pass] a9si1 il faut que l'affaire soit juge dans t\tes les rgles4 ,qu'on dta*e cette fille1 ordonnt-il aux femmes1 et g>dez-la p>mi v\s1 je v\s *>ge de me rpondre d'elle4 4 4 4 ,v\s1 enfans1 dit-il aux hommes1 ayez so9 de cet grill>d1 et s]rez-le de prs1 le p\la9 e/ vicieux1 il a beso9 d'tre dompt2 et notre *ef p> ces dispositions se tr\vant au milieu des deux tr\pes sp>es1 la premire des femmes g>dant la b]gre2 la seconde d'hommes captivant le crim9el1 releva son haut-de- *ausses1 et dit1 jugeons ma9t5ant4 --,il s'appro*e d'abord de la petite fille2 pucelle1 lui dit-il1 si l'homme qui t'a maltraite t'et p>l d'am\r1 et qu'au lieu de s'y pr5dre comme il l'a fait1 il t'et propos de lui v5dre tes prmices au moy5 d'une somme quelconque1 quel taux les aurois-tu mis8 ,hlas6 monsieur1 dit la jeune enfant1 je sais bi5 qu'il y a un ge o il faut qu'une fille p]de ce qu'elle a de plus *]1 ces *oses-l ne peuv5t pas t\j\rs se g>d]2 s'il m'avait p>l polim5t1 qu'il m'et seulem5t (f]t un d\blon #ad1 n'et-ce t que p\r le plaisir d'en voir un1 il aurait fait de moi t\t ce qu'il aurait v\lu4 --,bon1 n\s dit ,brig&os1 voil la p 4 4 4 t\te tr\ve1 il ne s'agit plus que de la somme2 alors il s'appro*e du g>on3 gibi] des f\r*es de ,tolde1 lui dit-il1 tu vois que tu z commis une action infme2 si c'tait un corrgidor qui dut la jug]1 il te f]ait accro*] aussi facilem5t qu'il susp5drait son g>de-mang] la p\l>de qu'il aurait reu du plaideur2 dis-moi2 quel motif t'engageait agir comme tu l'z fait avec cette malheureuse fille8 ,flambeau des deux ,ca/ill]s1 rpondit le prisonni] dont le ton tait abaiss depuis qu'il se voyait pris2 je suis un jeune tudiant en droit1 dont le desse9 e/ de se p\ss] dans la robe2 ma famille qui y a t\j\rs t1 e/ la veille de m'a*et] une des premires places de magi/rature ,sville4 ,je revi5s de ,salamanque o j'tudie depuis six ans1 et je m'en ret\rne dans ma patrie2 je suis naturellem5t encl9 l'am\r des femmes4 4 4 4 ,on e/ l 4 4 4 sur un mulet1 le crne brl p5dant sept heures des ard5s rayons du soleil1 la nature p>le et elle p>lait imprieusem5t qu& j'ai r5contr cette p\lette4 ,je n'ai plus ent5du que mes desirs4 --,soit1 mais la maltrait]6 4 4 4 --,seigneur *evali]1 la nature en c\rr\x n'e/ pas t\j\rs trs- dlicate1 plus elle n\s p>le avec viol5ce1 plus elle efface en n\s la loi des considrations4 ,avez-v\s quelquefois vu dbord] le ,tage8 ,respectait-il en s'*appant ces sup]bes plans d'olivi]s dont l'agriculteur conome ombrageait plaisir ses rives8 ,opposait-on un fre9 au fleuve8 celui-ci plus furieux encore1 ne les fran*issait-il pas avec plus d'imptuosit8 toile de l',e/ramad\re1 cette allgorie r5f]me mon hi/oire1 la jeune fille rsi/ait 4 4 4 elle m'irritait davantage2 il y a des in/ans o cette voix de la nature1 laquelle on dit qu'il faut se r5dre1 e/ p\rtant bi5 inconsqu5te2 suivant les loix1 j'allais commettre un crime1 et je v\s prote/e p\rtant que je ne suivais que la nature4 ,si cet enfant eut d\bl ses rsi/ances1 peut-tre l'aurais-d*ire1 t\t en n'c\tant que la nature4 --,ami1 p]sonne ne connat mieux que moi les dsordres de cette m>tre2 mais1 comme il s'agit ici bi5 plutt d'arrang] que de philosoph]1 dis-moi1 qu'aurais-tu fait p\r cette petite fille1 si elle t'et accord de bonne grace1 ce que tu v\lais lui ravir de =ce8 ,je lui aurais donn ce qu'elle aurait v\lu4 --,combi5 encore8 --,sur ma consci5ce1 un morceau comme celui-l vaut dix pia/res p\r un voyageur *auff1 je ne l'aurais pas eu p\r qu9ze ,madrid4 --,cam>ade1 tu te condamnes toi-mme1 et je te jug]ai p> tes p>oles2 dix pia/res p\r les prmices de cette enfant1 c9q p\r l'avoir maltraite1 voil les qu9ze que tu l'aurais paye ,madrid #ae1 e/-ce trop1 brave homme8 --,non1 en vrit4 --,donne-les donc1 et l'enfant e/ toi4 --,le voyageur escompte2 ,brig&os appelle la jeune fille3 ,*rti5ne1 lui dit-il1 tu es conv5u avec moi que si cet homme s'y tait pris comme il fallait1 tu te s]ais r5due p\r deux pi/oles1 voil le d\ble de ce que tu dem&es1 aj\ta-t-il en lui remettant les qu9ze pia/res1 devi5s la femme de cet homme-l1 et ne lui refuse aucune de tes faveurs 4 4 4 puis sa tr\pe 4 4 4 loignons-n\s1 enfans1 sans p\rtant les p]dre de vue1 jusqu' la consommation de l'affaire1 n\s leur devons protection t\s deux1 pro*a9e lumire de ,sville1 p\rsuivit-il en s'adressant au jeune homme1 et ta donzelle et toi vi5drez boire un c\p avec n\s qu& vos oprations s]ont a*eves4 ,le f\gueux talon d',&al\sie e/ mo9s le/e saut] sur la brune cavale des vallons de ,cord\e1 que l'coli] de ,salamanque ne l'e/ s'assur] de sa conqute4 4 4 4 ,t\s deux s'loign5t2 n\s en faisons autant en g>dant le mulet p\r tage4 4 4 4 ,au b\t d'une heure ils n\s rejoign5t4 ,n\s v5ons v\s rem]ci]1 monseigneur1 dit le jeune homme ,brig&os1 jamais procs ne fut mieux dcid1 puisque mon adv]saire et moi n\s avons t\s deux gagn notre cause4 ,confrre1 lui dit notre *ef1 puisque le ciel te de/9e un j\r jug] les huma9s1 que la leon que tu vi5s de recevoir te s]ve au mo9s quelque *ose2 le devoir d'un juge n'e/ pas de punir1 il e/ de r5dre les deux p>ties cont5tes autant qu'il e/ possible2 l'opration n'e/ pas difficile1 que *acun cde un peu de son ct1 t\t s'accord]a promptem5t2 il ne s'agit que de savoir si la *ose e/ bi5 ou mal en elle-mme1 elle ne peut tre l'un ou l'autre qu'en raison de son effet sur les p>ties1 si elle n'en opre qu'un bon sur l'une et sur l'autre1 elle ne peut plus tre un mal que dans l'op9ion2 considration va9e que doit t\j\rs mpris] un juge2 ce qui fait que presque t\s se tromp5t1 c'e/ que cette considration *imrique les arrte1 c'e/ qu'ils accord5t t\t la loi1 et jamais ri5 l'humanit2 un peu plus d'esprit1 un peu plus de tolrance1 et t\t s'arrang]ait l'amiable2 mais il faudrait des so9s1 il faudrait tudi] l'homme et la nature1 et t\t cela e/ trop p\r de tels g5s2 ayant desse9 de faire mieux qu'eux dans cette affaire-ci1 je n'ai imag9 qu'une *ose1 c'tait de ne les imit] en ri51 il en a rsult que v\s voil t\s deux cont5s1 qu'on m'indique une meilleure faon de jug] les hommes1 et je m'en s]s la m9ute4 ,oh 6 monsieur1 s'crie la petite fille1 il e/ si vrai que v\s m'avez r5due cont5te1 et je le suis tellem5t de ce jeune homme1 que s'il veut1 je l'accompagne ,sville4 --,quel e/ ton pre1 lui dit notre *ef8 --,lab\reur1 pauvre et infirme4 --,a-t-il d'autres enfans prs de lui 8 ,oui d1 monsieur1 j'ai ma gr&e sur qui ne le quitte pas4 --,n'importe1 tu lui es utile1 tu travailles p5dant que ta sur le soigne1 tu lui manqu]ais dans sa vieillesse4 ,ret\rne ta maison1 ca*e ce que tu z fait1 non que ce soit un mal dans le fond1 mais c'e/ que les sots le voy5t comme tel2 donne ton pre la moiti de l'arg5t que tu z gagn1 et dis-lui que c'e/ une aumne que l'on t'a fait4 ,m'appr\vez-v\s1 ,ba*eli]1 dit alors notre *ef au svillan4 --,de t\te mon ame1 seigneur cavali]1 rpondit celui-ci1 je ne v\drais pas faire tort un malheureux 2 que f]ais-je d'ailleurs de cette enfant dans ma famille8 --,qu'elle p>te donc1 dit ,brig&os1 et comme il n'e/ pas ncessaire que v\s v\s retr\viez1 gagne p> l1 cam>ade1 voil le *em9 de ,sville2 et toi1 mon enfant1 aj\ta-t-il la petite fille1 pr5ds de ce ct1 ce doit tre celui de la maison de ton pre4 ,t\s deux s'embrass5t1 t\s deux se sp>5t1 et n\s ne quittons le local que qu& n\s les jugeons l'un et l'autre trop loigns p\r se rejo9dre4 ,homme quitable1 dis-je notre *ef en n\s remettant en m>*e1 p]mettez- moi de v\s faire une "q4 ,si cette jeune fille et t plus atta*e son honneur qu' l'arg5t que v\s lui avez fait donn]1 comm5t eussiez-v\s dcid le procs8 ,un de ces beso9s imprieux qui ne connaiss5t aucun fre91 entranait cet homme au crime malgr lui1 me rpondit notre capita9e1 ce beso9 trop viol5t p\r tre dlicat n'exigeait que d'tre satisfait1 et p\r y russir1 t\t objet dev5ait indiffr5t2 je lui aurais cd p5dant deux heures une femme de ma tr\pe2 dans une ville ou ici1 le moy5 de cont5t] cet homme dev5ait facile4 ,comme v\s voyez1 il ne faut ni r\] ni p5dre celui qui a faim1 il ne faut que lui donn] mang]4 ,en quel endroit qu'eut t port la cause1 voil donc t\j\rs une des deux p>ties cont5te1 et la jeune fille t5ant son honneur1 protge1 dgage de ses li5s1 r5voye s\s bonne g>de la maison de son pre1 le dev5ait galem5t2 c>tez-v\s de la rgle1 moquez-v\s de la loi1 ne respectez que l'homme et la nature1 v\s accommod]ez t\j\rs les plus p9euses affaires2 mais si v\s rigorisez1 si v\s citez ,cujas et ,b>tole1 si v\s c\tez le prjug1 votre v5geance ou vos intrts1 si v\s rpondez comme les sots3 ce n'e/ pas moi qui juge1 c'e/ la loi2 alors v\s mcont5t]ez t\t le monde1 alors v\s ne f]ez que des platitudes1 et v\s v\s r5drez ins5siblem5t v\s et vos loix en horreur t\t ce qui respire4 ,ayant ent5du p>l] ,sa9ville d'une multitude d'autres dsordres moraux peu-prs semblables celui-ci1 dans lesquels le lib]t91 aveugl p> sa passion1 *]*e plutt une victime dans l'objet qui lui s]t1 qu'une compagne sa volupt1 et sa*ant que ce g5re de vice occupait avec autant d'imbcillit que d'indc5ce la tte des magi/rats franais2 je dem&ai notre ,licurgue ce qu'il p5sait de leur extrme svrit sur cela3--,je la blme =tem5t1 me rpondit-il aussitt1 il n'e/ beso9 ni de loix ni de punitions p\r anantir ces excs2 les dgts qu'ils inspir5t aux uns1 les regrets dont ils d*ir5t les autres1 suffis5t les anantir *ez un peuple2 laissez ceux qui agiss5t et ceux qui cd5t1 se punir mutuellem5t l'un p> l'autre1 et g>dez-v\s de faire de ces turpitudes de sc&aleux clats dont la connaissance d%onore le magi/rat1 in/ruit l'innoc5ce1 et fait rire le vice2 n'assurez pas sur-t\t une protection dang]euse ces objets de l'intempr5ce publique1 cette protection que vos magi/rats n'accord5t que p\r a*et] ce prix les faveurs empe/es de ces malheureuses1 r5d ces cratures1 p> une imp>donnable inconsqu5ce1 les droits que leur avilissem5t leur enlve4 ,c'e/ replac] dans la socit une v]m9e dont elle ne travaille qu' se dlivr]1 c'e/ ouvrir la porte t\s les vices1 c'e/ enc\rag] la corruption des murs1 c'e/ sduire une inf9it de jeunes filles ret5ues1 sans cette protection dang]euse p> le mpris et p> la honte2 et p\rquoi1 en l'accordant cette fatale protection1 la fille du b\rgeois ou de l'artisan ne vol]ait-elle pas un g5re de vie qui1 avec beauc\p d'agrm5s d'un ct1 leur assure encore de l'autre le droit d'tre s\t5ues p> les loix qu'elles outrag5t comme le s]ait la citoy5ne honnte qui les cra9t et qui les respecte8 ,que ces juges prv>icateurs se conva9qu5t donc une bonne fois4 7,si les attraits f>ds de ces sirnes peuv5t laiss] pntr] dans leur ame le flambeau de l'quit1 que l'intemprance absorbe71 qu'ils se conva9qu5t1 dis-je1 qu'il n'e/ ri5 de plus dang]eux qu'une protection de cette espce #af2 que le vritable esprit des murs exige que p\r punir les filles du cons5tem5t qu'elles accord5t aux lic5cieux dsirs du lib]t91 elles tr\v5t dans l'acquiescem5t de ces mmes dsirs1 la ju/e et vritable punition de leur mprisable complaisance2 quelles filles embrass]ont l'tat ce prix8 et de ce mom5t1 sans que des magi/rats jett5t les yeux sur des vil5ies qui les de%onor5t1 ne voil-t-il pas t\t puni de soi-mme2 la c\rtisanne porte sur son corps meurtri la pe9e de sa sordide pro/itution1 et le lib]t9 qui n'en tr\ve plus1 ou s'en prive1 ou devi5t temprant2 mais p]suadez vos pre/olets de ,?mis de r5onc] p> sagesse une bran*e p\vantable d'ordures qui doit leur valoir les pices ou le monseigneur1 c'e/ pr*] rgime un g\rm&1 c'e/ l\] le luxe devant un av>e #ag2 ,et t\t en raisonnant a9si1 n\s appro*ions de ,tolde4 ,n\s app]cevions dj les montagnes entre lesquelles cette belle ville e/ situe2 dj n\s di/+uions les re/es de l',aqu$uc des maures et la t\r du *teau o ,phillipe quatre t9t si long-tems le duc de ,lorra9e prisonni]1 qu& ,brig&os1 faisant faire halte1 n\s dit qu'il ne v\lait pas c\*] ce j\r-l dans la ville1 ayant des ordres ess5tiels n\s donn] avant4 ,n\s voici prs des ru9es de la t\r en*ante1 p\rsuivit-il en n\s les faisant voir entre deux ro*es esc>pes1 une demi-lieue au levant de ,tolde4 4 4 4 quelques s]p5ts prs1 n\s s]ons bi5 l p\r t5ir conseil1 n\s avons dans la ville qui s'(fre nos yeux1 ct de beauc\p d'arg5t faire1 un gr& nombre d'ennemis cra9dre1 il faut ta*]1 si cela se peut1 que la brebis paisse sans que le l\p vi5ne la mang]1 il y a l d$ans des adorateurs de dieu plus dang]eux que des dmons p\r des g5s comme n\s1 entrons1 amis1 n\s c\*]ons =t bi5 l1 et p5dant qu'on f]a notre s\p]1 je v\s racont]ai l'hi/oire de cette t\r4 ,l'anecdote qui la conc]ne e/ vraim5t digne d'tre recueillie4 ,n\s ent\rmes notre *ef comme n\s avions c\tume de faire qu& il avait pror]1 et il n\s p>la dans les t]mes suivans4 ,ce que j'ai v\s dire sur ce monum5t1 mes amis1 e/ d'autant plus curieux que c'e/ ce trait d'hi/oire que remonte l'invasion des maures en ,espagne1 ce fut cette t\r que v9t f\ill] le roi ,rodrigue1 imag9ant y tr\v] des trsors1 et qui disp>ut dans les airs aprs la re*]*e qu'il osa entrepr5dre2 mais ceci dem&e des dtails1 c\tez-moi donc avec att5tion4 ,dom ,rodrigue1 le plus savant de t\s les pr9ces dans l'art de v>i] ses dbau*es le mo9s scrupuleux dans les moy5s de s'en assur] les victimes 4 4 4 ,oh6 mon ami1 s'cria ,dona ,ca/illia en acc\rant avec effroi1 sauvons- n\s1 sauvons-n\s d'ici1 n\s n'y sommes pas en sret4 4 4 4 ,eh6 qui y a-t- il mignone1 rpondit notre *ef en se levant8 --,un cadavre de femme2 l1 reg>dez l o j'allais allum] du feu p\r faire cuire notre s\p]4 --,un cadavre8 --,oui1 en vrit4 ,n\s n\s levons1 n\s allons reconnatre1 et n\s n\s conva9quons bi5tt t\s que notre doy5ne n'a que trop bi5 vu2 c'tait une fille de v+t v+t-deux ans1 p]ce de deux c\ps de dague dans la poitr9e1 mais elle tait si p>faitem5t belle1 il y avait si peu de tems qu'elle tait morte1 qu'aucun de ses traits n'tai5t encore altrs4 --,il faudrait dcamp]1 si n\s faisions bi51 dit le *ef1 mais1 de p> t\s les diables1 qu& la ju/ice entire de ,tolde devrait v5ir ce soir-ci1 je n'irai pas plus lo92 qu'on fasse un tr\1 qu'on mette d$ans cette in=tune2 qu'on fasse des rondes et des patr\illes1 et t5ons-n\s tranquilles2 celui qui a tu cette femme n'ira pas dire qu'il l'a mise l2 il faudrait tre bi5 malheureux p\r qu'on vnt n\s accus] de ce crime4 ,d'ailleurs la voil en t]re 4 4 4 ,on ne la voit plus 4 4 4 ,ce que t]re ca*e e/ bi5 ca*4 4 4 4 ,c\rage1 amis1 ne n\s drangeons pas4 4 4 4 ,il faut conv5ir qu'il y a p\rtant des g5s plus m*ans que n\s dans le monde2 eh bi51 ce ne sont pas les plutt pris4 4 4 4 ,la provid5ce e/ si ju/e que le malheureux qui succombe n'e/ jamais que celui qui p\r se livr] quelques v]tus n'a pas t\j\rs suivi la r\te du crime1 sa bont le p]d1 au lieu que celui qui n'a po9t cess d'tre m*ant1 acc\tum pr5dre plus de prcautions1 n'*\e jamais dans les prilleux s5ti]s de la v]tu2 cette rflexion e/ cruelle1 mes amis1 mais les circon/ances la font natre1 et je ne puis la taire4 ,quoiqu'il en soit1 c\*ons-n\s1 je ne suis plus en humeur disc\rante4 4 4 4 ,il n\s faut p>tir d'ailleurs dema9 avant l'aube du j\r4 ,n\s n\s endormmes1 et la nuit se passa tranquillem5t4 ,amis1 dit notre *ef le l5dema9 avant de n\s mettre en m>*e2 sans d'importantes affaires1 je ne sj\rn]ais po9t dans la ville dang]euse o n\s allons arriv]1 mais on m'y appelle depuis long-tems1 il m'e/ impossible de diffr]4 ,un vieux *ano9e moz>abe #ah m'att5d p\r ranim] sa vigueur p> des potions cordiales dont je poss$e seul le secret2 une de ses nices arrive desse9 de pass] six mois avec lui1 il veut1 malgr ses soixante ans1 la recevoir comme s'il n'en avait que v+t4 ,le duc de ,m$oc m'crit lettre sur lettre p\r all] lui protg] un enlvem5t4 4 4 4 ,le gr& vicaire de l'ar*evque a eu le malheur de faire un enfant la nice de son patron1 il veut que j'aille dtruire son ouvrage4 4 4 4 ,je n'en f]ai p\rtant ri51 v\s le savez1 je ne me mle pas de ces infamies4 4 4 4 ,d'ailleurs1 c'e/ le tems de la foire1 les gr&es oprations o je vais me livr] v\s protg]ont1 et l'ombre de mon crdit1 v\s p\rrez manuvr] en sret4 ,rompa-,te/a1 aj\ta-t-il en s'adressant son fils1 et toi1 ,brise-idoles1 c\tez bi5 ce que je vais v\s dire4 ,il y a dans la ca?drale un excell5t c\p faire2 on y voit dans la *apelle ,notre-,dame une /atue de la vi]ge c\v]te d'une robe de soye1 brode en diamans1 en rubis et en m]audes4 ,jamais la mre de ,jsus1 qui tait la matresse d'un pauvre *>p5ti]1 ne fut vtue si magnifiquem5t2 ne tolrons po9t le dfaut de co/ume2 opposons-n\s ce luxe indc5t4 ,il ne faut po9t tromp] les arts2 v\s entr]ez furtivem5t dans cette glise1 v\s dp\ill]ez la patrone1 dont le corps nud e/ assez beau1 sans d\te1 puisqu'il e/ d'arg5t massif4 4 4 4 ,de p> t\s les diables1 je v\drais bi5 la t5ir1 mais ne p\vant avoir la bte1 v\s v\s cont5t]ez du licol2 v\s me rapport]ez ce haillon prcieux3 si le c\p russit1 je v\s fais t\s deux mes lieut5ans3 v\s autres1 cont9ua-t-il1 en s'adressant au re/e des hommes2 v\s voyag]ez dans les rues2 v\s v\s gliss]ez dans les f\les2 et qu& v\s aurez f\ill dans une des po*es du ju/e-au-corps d'un homme1 v\s mettrez subitem5t la ma9 dans l'autre po*e1 de peur que la diffr5ce des poids ne le fasse d\t] de quelque *ose4 --,p\r v\s1 mesdemoiselles1 v\s v\s sp>]ez deux p> deux1 et v\s irez v\s log] prs de la ,vega-il-rio #ai1 qu>ti] qui n\s e/ spcialem5t de/94 --,v\s ,clm5t9e1 et v\s ,lonore1 voil une adresse p>ticulire1 prs des ,cordeli]s1 4 4 4 v\s y s]ez p>faitem5t bi52 je v\s f]ai1 a9si qu'aux autres femmes de ma tr\pe1 t5ir mes ordres rgulirem5t t\s les j\rs2 et v\s v\s transport]ez1 a9si qu'elles1 *ez les diffr5tes p]sonnes que je v\s indiqu]ai1 p\r y dire la bonne av5ture1 et p\r en tr\v]1 si bon v\s semble4 ,je ne gne ni ne contra9t p]sonne4 ,que *acune de v\s ait sur elle p\r le beso91 le somnifre1 dont l'effet e/ sr1 et qu'elle en use suivant les cas4 ,v\s dona ,cortillia1 voil de l'hippomane #bj1 mnagez-le1 et v5dez-le bi52 c> il devi5t furieusem5t r>e4 ,les ordres donns1 n\s n\s mmes en m>*e1 et n\s entrmes p> peloton dans la ville4 ,enf91 sp>s de la tr\pe1 et m>*ant seules1 ,clm5t9e et moi1 p\r n\s r5dre au logem5t qui n\s tait indiqu1 j'entret9s l'aise1 mon amie1 du dsir que j'avais de quitt]1 ds l'in/ant1 la mauvaise compagnie avec laquelle n\s avions le malheur d'tre associes4 ,ce *ef e/ un brave homme1 dis-je ma compagne1 ses pr9cipes sont srs1 et j'aime sa philosophie2 il s]ait fait p\r comm&] p>-t\t1 et il n'e/ aucune socit qui ne se l\a de son adm9i/ration2 mais il ne se tr\ve ici qu' la tte d'une b&e de coqu9s2 et malheureusem5t n\s en faisons p>tie4 6 ,clm5t9e1 il faudrait quitt] ces g5s-l4 ,mon amie m'objecta le dfaut de fonds2 ,brig&os qui n\s avait indiqu un logis o n\s devions tre reues1 ri5 qu'en le nommant1 ne n\s avait pas laiss d'arg5t2 il tait mme expressm5t conv5u avec n\s1 de remettre *aque j\r celui de ses g5s1 p> lequel il n\s env]rait ses ordres1 t\t ce que n\s p\vions gagn]4 ,d'ailleurs1 objectait ,clm5t9e1 ces bonnes g5s n\s ont bi5 reu1 qu& n\s ne savions o donn] de la tte4 ,il n'y aurait-il pas de l'+ratitude les quitt]1 qu& n\s p\vons leur tre utile8 ,ce p5*ant subit la reconnaissance1 m'tonna dans cette *re fille1 que guidait r>em5t la v]tu2 j'en induisis qu'elle n'tait nullem5t f*e de la vie qu'elle m5ait1 et qu'il devi5drait =t difficile de la lui faire quitt]4 --,une troisime raison1 aj\tait ,clm5t9e1 se fonde sur les dang]s 9vitables p\r n\s1 si n\s v\lions *app] ces bohmi5s1 ils n\s ressaisirai5t assurm5t p>-t\t1 et malgr l'honntet qu'ils font p>atre1 tant que n\s n\s conduisons bi51 ils n\s trait]ai5t assurm5t trs-mal1 si n\s v5ions *ang] de procds4 --,mais une p>tie de ces mmes raisons n'exi/]a-t-elle pas de mme ,madrid8 ,non1 ds en arrivant je te mne *ez mes amis1 et leur protection n\s s]t contre les entreprises de ces mauvais sujets4 ,ne sav5t-ils pas bi5 d'ailleurs que n\s ne sommes avec eux que jusques-l8 --,allons donc1 suivons notre de/9e1 puisqu'elle n\s entrane encore c\rir l'av5ture4 ,clm5t9e me fixant alors avec cette sorte d'emb>ras 9vitable au vice1 qu& il sait bi5 qu'il va tre combattu1 me dem&a quels tai5t mes projets dans ,tol$e8 --,de m'y cons]v] aussi pure que je l'ai t\j\rs t depuis que j'ai quitt mon p\x4 4 4 4 ,la mort mme ne me f]ait pas *ang] de desse94 --,je suis bi5 lo9 d'en promettre autant2 la sagesse comm5ce m'ennuy]2 je suis libre1 je n'ai de fidlit g>d] p]sonne2 le g5re de vie que je mne *auffe mon physique2 les exemples que je reois1 les *oses que j'ai faites1 enflamme ma tte4 4 4 4 ,que me revi5t-il de tant de pudeur1 je n'en fais pas mo9s le mti] d'une fille p]due8 4 4 4 ,on s]ait bi5 dupe de s'atta*] la rputation1 qu& les circon/ances n\s l'enlv5t1 ce qui m'a t\j\rs consol d'un premi] faux pas1 c'e/ qu'il contra9t au second1 et qu'il en assure la tranquillit2 la plus gr&e de t\tes les folles e/ celle qui1 dj d%onore p> un trav]s1 a la btise de s'en refus] un autre4 4 4 4 ,t\s les frais ne sont-ils pas faits8 ,il y avait la premire *te un peu de pe9e et beauc\p de plaisirs1 il n'y a plus que des roses la seconde4 ,t\tes les p9es ont disp>ues4 --,eh quoi6 lorsqu'il s'agissait de notre bonheur1 4 4 4 lorsque nos effets prs5ts devant n\s devi5n5t la rcomp5se de notre faiblesse1 la v]tu te s\ti5t1 tu rsi/es2 et qu& il n'e/ "q ou que d'un lg] pr(it1 ou que d'un fol espoir de volupt1 te voil prte te r5dre8 --,que tu connais mal le cur des femmes1 si tu n'admets pas cette inconsqu5ce6 ,c'e/ l'in/ant qui n\s dt]m9e1 c'e/ le caprice1 c'e/ le tempram5t4 4 4 4 ,on e/ sage p> une =tune1 on devi5t cat9 p\r un joli homme1 --,oh ciel6 te voil sduite encore une fois4 --,je ne te ca*e pas qu'une de nos compagnes m'a indiqu l'adresse d'un g5tilhomme de cette ville1 passionn p\r les femmes de notre tat1 et qui indp5damm5t des plaisirs que je dois att5dre de son ge et de sa figure1 me combl]a si je veux de prs5ts4 --,et si notre *ef t'oblige lui t\t donn]8 --,je le f]ai1 et il me le r5dra ,madrid2 ce sont nos conv5tions4 ,qui peut compt] sur les sec\rs que n\s esprons dans cette capitale8 ,la mort ne peut-elle pas n\s avoir enlev ceux de qui n\s les att5dons8 ,ce que je gagne ici n\s re/e alors1 n\s n\s en aidons t\tes deux2 --a9si1 que les sec\rs que tu att5ds ,madrid s'y tr\ve ou non1 de t\te manire n\s quitt]ons cette compagnie8 --,mais ,clm5t9e1 qui1 comme v\s voyez1 se c\pait dans deux ou trois endroits de ses rponses1 m'en fit encore une ici tellem5t remplie d'inc]titude1 que je vis bi5 qu'il fallait peu compt] sur elle1 4 4 4 et que ce qu'il me re/ait de mieux faire de mon ct1 tait de me rs\dre suivre aussi ces malheureuses g5s jusqu' ,pampelune1 o ils comptai5t all]1 et l de m'*app] dans la premire ville de ,france1 o la ju/ice1 entre les ma9s de laquelle je comptais me jett]1 me donn]ait et les sec\rs et les protections ncessaires p\r regagn] ma prov9ce6 mais le ciel1 comme v\s le v]rez bi5tt1 rompit t\s ces beaux projets1 et v9t arrt] mes dsordres1 sans que j'eusse beso9 de m'en ml]4 ,j'essayai t\t encore avant que d'arriv] ,tolde1 p\r dt\rn] ma compagne de ses fune/es projets2 mais qu& une femme c\rt sa p]te1 plus l'on emploie de moy5s p\r l'en emp*]1 mieux on la plonge dans le prcipice1 ses dsirs croiss5t en raison des dang]s qu'on lui fait cra9dre1 et l'enf] ft-il ses pi$s1 elle ne s'y jett]ait qu'un peu plus vite4 ,il n'y eut ri5 que je n'employai p\r ret5ir ma compagne2 ri5 qu'elle ne m'opposa p\r lgitim] sa faute2 jamais loqu5ce ne fut plus rapide4 ,c'tait celle d'une mauvaise tte et d'un excell5t physique1 r>em5t celle-l manque d'n]gie4 ,qu& ,clm5t9e vit que je r5onais la p]suad]1 elle v\lut m'h>angu] son t\r2 elle employa p\r me s$uire une p>tie des mmes argum5s dont elle v5ait de faire usage1 p\r pr\v] qu'elle avait raison de faiblir2 elle crut qu'elle s]ait aussi habile me corrompre1 que je l'avais t peu la conv]tir2 elle avait1 disait-elle1 une autre adresse p\r moi2 j'aurais p\r le mo9s autant de plaisir1 et peut-tre encore plus de pr(it qu' celle qu'elle se rs]vait4 4 4 4 ,quel gr me saurait-on de ma ret5ue1 et comm5t y f]ais-je croire8 aprs la lib]t dont j'avais j\i1 4 4 4 aprs la vie que j'avais m5e1 p\rrais-je me flatt] d'en impos] qui que ce pt-tre8 ,j'aurais donc1 avec le regret de n'avoir po9t connu le bonheur1 le *agr9 de ne p\voir pas mme conva9cre de ma v]tu4 4 4 4 --,va1 ma *re amie1 cont9uait cette syrne1 c'e/ notre p]sonne1 bi5 plus qu' notre sagesse1 que les hommes atta*5t du mrite2 leur cur e/ tellem5t dprav1 que cette pudeur mme que tu crois si prcieuse1 cesse de l'tre leurs reg>ds auj\rd'hui4 ,ils s'imag95t que n\s valons mo9s ds que n\s avons encore ce que l'on ne cons]ve jamais qu& on veut quelque *ose1 ils croy5t que si n\s n'avons pas succombes1 c'e/ bi5 plutt p> la faiblesse de l'attaque1 que p> la =ce de la df5se2 4 4 4 ,mais suppos] que le m>i p\r qui tu te cons]ves1 ne s5te pas le prix de cet ef=t 4 4 4 ,seule j\ir dans ce cas-l1 auras-tu connu de gr&s plaisirs8 ,t'imag9es-tu que cette sorte de vanit en fasse gt] de bi5 rels8 ,et p\r les faibles *at\illem5s de l'orgueil1 qui ne sont que des j\issances illusoires1 tu te s]as donc prive de celles des s5s dont les dlices sont inexprimables8 4 4 4 ,mais allons plus lo91 si p]sonne ne divulgue cette faute l'p\x que tu respectes1 s'il e/ c]ta9 qu'il peut l'ignor] t\j\rs1 te voil donc1 mme en la commettant1 idalem5t aussi pure ses yeux1 que si tu ne l'avais pas commise2 ce n'e/ pas la faute en elle-mme qui peut t'afflig]1 puisqu'il n'en re/e aucune trace2 sa d\leur ne vi5dra que de la savoir2 s'il ne la sait jamais1 plus de d\leur4 4 4 4 ,il y a mieux1 c'e/ qu'il s]ait inf9im5t plus malheureux1 la croyant1 quoiqu'elle ne ft pas1 qu'il ne peut l'tre1 l'ignorant quoiqu'elle soit3 ce n'e/ donc pas toi qui ti5t son bonheur en tes ma9s4 ,ce bonheur s]a ou ne s]a po9t en raison de l'op9ion qu'il aura reue2 travaille ce que cette op9ion soit bonne1 quoique ta conduite soit mauvaise1 enveloppes-toi des voiles du my/re1 et devi5s1 si tu veux1 s\s leur ombre1 mille fois pis que ,messal9e ou ,?odora2 tu l'auras r5du plus heureux que si ta conduite tait bonne1 et que l'op9ion ft contre toi #ba1 quelle folie de se gn] dans ce cas6 c'e/ se r5dre esclave p\r le plaisir de port] des *anes2 c'e/ refus] de s'y s\/raire1 qu& la raison mme n\s en dgage4 ,ces considrations rfl*ies1 si tu les porte encore1 ces malheureuses *anes1 tu n'agis plus alors que p\r ta satisfaction p]sonnelle et cette j\issance intrieure e/-elle autre *ose que de la draison et de l'enttem5t8 ,en dois-tu valoir mo9s tes propres yeux1 p\r avoir valu davantage ceux des autres8 ,te dpris]as-tu donc en proportion de ce qu'on t'aura e/ime8 ,s]as-tu vile tes reg>ds1 p\r avoir un in/ant cd aux plus d\x p5*ans de la nature8 ,crois-tu que ces p5*ans qu'elle n\s inspire1 soi5t mo9s d\x que la tri/e satisfaction au pi$ de laquelle lu les immole8 ,mais raisonnons 4 4 4 ,ton p\x t'aime ou il ne t'aime pas2 s'il t'aime1 n'ais pas peur qu'une *ose qu'il ignor]a t\j\rs1 puisse le refroidir ton g>d2 et ne cra9s pas qu'une *ose qui ne blesse qu'un prjug d'op9ion1 puisse te r5dre un in/ant mo9s v]tueuse4 ,s'il t'aime1 dt-il mme la savoir cette *ose4 4 4 4 ,que de motifs p\r l'excus]2 4 4 4 ton ge1 4 4 4 l'ab&on dans lequel les circon/ances le =c5t te laiss]1 t\tes les causes irrsi/ibles du physique1 et s'il a l'ame s5sible1 le plaisir mme que cette faute t'aura procure4 ,un p\x vraim5t aimable et ju/e1 j\it bi5 plus des volupts que sa femme gte1 que des sacrifices qu'elle lui fait1 n'e/-il pas bi5 plus d\x de p]mettre des j\issances1 que d'impos] des f]s8 ,quel e/ donc l'tre b>b>e qui se dlecte des privations8 ,lui en doit-on ds qu'il en exige8 ,ah6 n'e/-il pas plus dlicat d'imag9] qu'on r5d ce qu'on aime heureux1 p> la lib]t qu'on lui laisse1 qu'il ne peut tre flatteur d'a*et] le triomphe de l'am\r-propre1 au prix des s5sations de ce malheureux tre immol notre va9e gloire8 ,donc aucun ob/acle te livr]1 aucun inconvni5t ce que ton p\x le sa*e mme si rellem5t il t'adore avec dlicatesse1 et s'il ne t'aime plus1 quel regret n'auras-tu pas d'avoir t la dupe d'un s5tim5t te9t8 ,qu& tu lui faisais les plus gr&s sacrifices4 4 4 4 ,a9si1 qu'il t'aime ou qu'il ne t'aime pas1 tu auras t\j\rs eu tort de ne pas cd]1 et tu auras t\j\rs te rep5tir de ne l'avoir pas fait1 p\vant le faire impunm5t4 ,je ne t'oppose pas la religion1 je sais trop combi5 la ju/esse et la bont de ton esprit te r5d5t suprieure ces fre9s ridicules4 ,je ne combats que ton orgueil et ta folie1 que ton enttem5t et que tes prjugs2 je ne *]*e dtruire qu'eux1 trop sre que c'e/ eux seuls qui tu sacrifies les plus d\x plaisirs de la t]re 4 4 4 ,ah6 j\is-en1 j\is-en ,lonore2 l'ge o n\s sommes crs p\r eux1 passe comme la fra*eur des roses2 et qu& n\s sommes effeuilles comme elles1 les froides j\issances de la vanit n\s ddommag5t-elles de t\t ce que n\s avons fait en leur faveur8 ,p\r quant moi p\rsuivit ,clm5t9e1 je ne te le ca*e pas1 mon p>ti e/ pris1 j'aim]ais mieux m\rir que de ne pas me donn] non-seulem5t celui qu'on m'indique1 mais t\s ceux qui v\dront de moi 4 4 4 t\s ceux que mes *>mes p\rront sduire4 4 4 4 ,et p\rquoi donc s]ai5t-ils faits ces *>mes8 si ce n'toit pas p\r les livr]2 n'e/-ce pas p\r plaire que la nature n\s a faites jolies8 ,si c'tait un crime que de lui cd]1 n\s aurait-elle donn les appas qui ncessit5t la *te8 ,ah c'e/ qu'elle veut qu'on la fasse ds qu'elle n\s prodigue t\t ce qu'il faut p\r y tre entranes2 et celle qui lui rsi/e en r5dant les frais inutiles1 l'(f5se bi5 plus grivem5t1 que celle qui1 connaissant le prix des dons1 ne p5se qu' en multipli] l'usage4 4 4 4 ,vis et meurs sans plaisir prs de ton phantme de v]tu 4 4 4 ,moi1 je n'exi/e plus que p\r l'immol] au plus lg] de mes caprices4 ,clm5t9e1 m'criai-je1 je le vois bi5 je vais te p]dre1 entrane p> une f\le de n\veaux plaisirs1 tu ne s5tiras plus ceux de l'amiti1 je ne t'aurai aime que p\r te pla9dre1 je ne t'aurai connue que p\r te pleur]4 --,ne m'att5dris pas dit ,clm5t9e4 4 4 4 ,non sois sre que je t'aim]ai t\j\rs2 mais ne *]*e pas ouvrir mon ame dans l'espoir de la faire *ang]1 je l'endurcirais plutt que de me laiss] va9cre2 n'employe nulles ruses avec mon cur1 elles *\]ai5t t\tes aux rsolutions de mon esprit4 ,ne cra9s po9t qu'une affaire d'am\r aille t'enlev] ton amie8 ,il ne s'agit pas de dlicatesse dans les trav]s que je mdite1 il n'e/ "q que de beso9s1 je ne veux pas connatre l'am\r1 je ne veux que me r'accommod] avec ses plaisirs4 --,et que sont-ils sans le cur8 --,t\t1 on ne les gte bi5 que qu& on n'aime pas1 c'e/ p\r les autres qu'on j\it ds qu'on aime2 ce n'e/ que p\r soi ds que le s5tim5t n'e/ p\r ri51 je ne veux pas l'*auff] ce cur1 je ne veux qu'amus] les s5s2 et le calme de l'indiffr5ce1 e/ dlicieux p\r analys] des s5sations2 uniquem5t occupe de soi1 mprisant s\v]a9em5t celui qui ne p5se qu' n\s1 peu curieuse de ce qu'il pr\ve 4 4 4 ,sacrifiant t\t soi-mme1 on j\it si philosophiquem5t4 4 4 4 ,ah6 ,lonore1 ,lonore1 si tu savais combi5 il e/ d\x de ne pas aim] et de se s5tir p]suade que l'on l'e/2 il y a cela une sorte de friponn]ie qui met un sel bi5 piquant au moral d'une j\issance4 ,ces disc\rs que je rfutais en va91 p>ce que malheureusem5t le cur a presque t\j\rs tort avec l'esprit2 t\s ces argum5s d'une mauvaise tte1 m'all>mant sans me p]suad]1 n\s conduisir5t enf9 aux portes de ,tolde2 n\s avions presque t\te la ville trav]s] p\r arriv] dans le qu>ti] qui n\s tait indiqu2 pe9e fmes-n\s dans la place des ,c>mes1 que nos physionomies1 nos tailles1 nos s+ulires p>ures1 attirai5t sur n\s les reg>ds de t\t le monde1 et ,clm5t9e sa guit>re en *>pe1 s\t5ait cette insultante curiosit1 avec une ffront]ie qui dvoilait ses murs2 un des effets de la corruption1 e/ de dtruire en n\s le s5tim5t pnible de la honte1 on ne r\git plus ds qu'on e/ dcid se t\t p]mettre1 et cette mode/ie qui n\s ret5ait s\v5t encore1 s'anantit s\s les attraits sduisans du vice4 ,voil p\rquoi le premi] ouvrage de la sduction1 e/ d'absorb] la pudeur dans l'ame de celle qu'on travaille corrompre2 on fait bi5tt t\t ce qu'on veut d'une jeune fille1 qu& on l'a conva9cue de la bis>r]ie de s'all>m] des m\vem5s de la nature1 et les fre9s que l'on ridiculise1 sont bi5 plutt briss que ceux que l'on combat #bb4 ,p\r moi1 je baissais les yeux1 je ne sais ce que j'aurais donn p\r tre c5t lieues del4 ,n\s arrivmes enf9 *ez une femme d'environ c9quante-c9q ans1 loge dans une petite rue d]rire les ,cordeli]s1 et dont la maison me p>ut =t suspecte1 mais il n'y avait pas recul]1 n\s eussions difficilem5t t reues ailleurs1 nos p>ures n\s ayant fait reconnatre2 ,la patronne qui s'appelait dona ,laur5tia1 n\s admit sans difficult4 ,aprs s'tre in=m de son ami ,brig&os1 elle n\s montra une *ambre deux lits1 dont elle dit que n\s p\vions dispos]4 ,et sans aucune autre crmonie pralable1 elle n\s dem&a si n\s v\lions recevoir des hommes1 ,clm5t9e avait bi5 envie de rpondre qu'oui1 mais l'empressem5t qu'elle me vit dem&] in/amm5t de n'tre po9t s\mises cette rgle1 elle crut devoir pr5dre le p>ti du sil5ce4 votre aise1 dit ,laur5tia1 ma maison e/ aussi sre que l'htel du ,corrgidor1 il n'y vi5t jamais que d'honntes g5s1 p\r vit] le tra91 je ne reois jamais que de vieux prtres1 il n'y a pas de dang] avec ceux- l4 4 4 4 ,t5ez c\tez 4 4 4 ent5dez-v\s d'autre bruit que celui que les oprations lgitim5t2 eh bi56 j'en ai p\rtant six dans mes *ambres avec un p>eil nombre de p5sionnaires4 4 4 4 ,ils r$esc5dront ds qu'ils auront fait1 il en revi5dra d'autres1 et v\s n'ent5drez jamais plus de tra92 oh6 gr& dieu dis-je ,clm5t9e1 o sommes-n\s donc8 ,ne t'en inquite po9t me dit cette folle en clatant de rire1 n'ent5ds-tu pas que madame te dit que n\s s]ons ici comme n\s v\drons4 --,assurm5t1 reprit la dugne1 on ne contra9t p]sonne *ez moi 4 4 4 ,lib]t entire1 si les demoiselles dont je v\s p>le reoiv5t du monde1 c'e/ qu'elles le veul5t bi51 soyez trs- sres que l'on n'entr]a po9t *ez v\s p> =ce4 4 4 4 ,mais je v\s conseille de v\s rj\ir 4 4 4 ,n\s voil dans le temps de la foire 4 4 4 ,v\s tes jolies 4 4 4 v\s ne manqu]ez pas de pratiques1 je v\s le rpete1 ma maison e/ sre2 savez-v\s qu'il y vi5t des filles des plus gros b\rgeois de la ville4 4 4 4 ,de petites p\lettes en mantilles noires1 qui dis5t leurs p>5s qu'elles vont confesse 4 4 4 et comme les glises sont humides1 je les reois ici1 le directeur s'y tr\ve1 et la crmonie se passe sans sc&ale4 4 4 4 ,la pnit5ce e/ quelquefois un peu rude1 mais au mo9s sont-elles t\j\rs sres de l'absolution4 --,madame dis-je notre htesse1 n\s sommes encore novices dans le mti]1 n\s n\s cont5t]ons d'excut] les ordres de ,brig&os1 n\s irons p>-t\t o il n\s env]ra1 mais n\s ne recevrons assurm5t p]sonne2 ensuite n\s traitmes de notre n\rriture1 ,laur5tia n\s dit qu'ord9airem5t avec les femmes que lui envoyait notre *ef1 elle se *>geait de t\tes ces *oses1 et qu'elle ne n\s laiss]ait manqu] de ri51 elle sortit2 n\s envoya t\t ce qui tait ncessaire1 et n\s ne songemes ce premi] j\r qu' n\s repos]4 ,le l5dema9 comme n\s ouvrions nos f5tres1 le premi] spectacle qui n\s frappa1 fut l'app>eil lugubre d'un malheureux que l'on conduisait au supplice1 il tait suivi d'une f\le innombrable4 4 4 4 ,dans t\s les pays du monde1 et peut-tre plus en ,espagne1 qu'ailleurs1 cette fatale curiosit e/ t\j\rs celle du peuple4 4 4 4 --,quel e/ le crime de cet homme dem&a ,clm5t9e ,laur5tia8 --,un vnem5t affreux arriv avant-hi]1 le c\pable n'ayant pu s\t5ir l'horreur de son crime1 e/ v5u l'av\] lui- mme4 ,c'e/ un des premi]s seigneurs de la ville1 je suis surprise que v\s n'ayez pas ent5du p>l] de cela1 t\t s'e/ pass une demie lieue d'ici1 prcism5t du ct d'o v\s v5ez4 --oh ciel dis-je1 je p>ie que n\s avons vu la victime 4 4 4 ,et que cette in=tune jeune fille 4 4 4 --,une fille assass9e1 v\s l'avez vue8 --,oui4 --,c'e/ cel1 c'e/ cel 4 4 4 ,oh l'hi/oire v\s f]a frmir4 4 4 4 ,mais que vois-je8 4 4 4 ,ca*ez-v\s mignones1 voil deux cordeli]s qui me font signe1 n\s les gnons1 ils veul5t s'introduire secrtem5t *ez moi4 4 4 4 ,dnez en paix1 j'irai v\s t5ir compagnie au dess]t1 et v\s faire "p de cette sanglante av5ture4 ,la dugne sortit 4 4 4 les cordeli]s entrr5t4 4 4 4 ,n\s d9mes1 et pe9e emes-n\s f9i que ,laur5tia rep>ut2 c\tez-moi1 n\s dit-elle1 je vais v\s racont] la cause de la f9 tragique de ce g5tilhomme que v\s v5ez de voir pass]1 et qui vi5t de m\rir comme un sa9t4 ,ici ,lonore ayant dem& la compagnie si l'on dsirait qu'elle r5dit cette hi/oire1 et t\t le monde l'y ayant invite elle le fit de la manire suivante4 4 4 4 ,footnote #a4 ,des loix trs-sages punissai5t en ,sirie bi5 plutt celui qui p> dfaut de so9s1 exposait ses effets la t5tation1 que celui qui les drobait2 celui qui manque et qui pr5d ce qu'il tr\ve1 fait1 =t peu de *oses prs1 ce qu'il a d2 mais celui qui laisse ce qu'il possde l'ab&on1 e/ lo9 de faire ce qu'il aurait d faire1 et mrite1 p> consqu5t1 une punition1 bi5 plutt que l'autre4 ,voil comme raisonnai5t les ,siri5s4 ,footnote #b4 ,sa9t-,?omas objecte seulem5t contre la sorte d'ince/e dont il s'agit ici1 que si les frres s'alliai5t leurs surs1 il en rsult]ait un trop gr& am\r dans les mnages1 am\r qui devi5drait alors p> sa trop gr&e =ce1 contraire la *a/et2 on a peu de *ose dire contre ce qu'on a desse9 de rfut]1 qu& on e/ rduit employ] de tels sophismes2 c'e/ donc dire1 d'aprs ,sa9t-,?omas1 que l'ince/e e/ vicieux p>ce qu'il nait de lui ce qui fait la plus gr&e p]fection des m>iages2 av\ons-le1 il e/ absolum5t impossible de tr\v] un argum5t lgitime contre ces sortes d'alliances1 mais il e/ ais de pr\v] en revan*e quelle f\le de v]tus il en rsult]ait4 ,footnote #c4 ,n\s lisons dans le quatrime livre de l'nide3 ,nocturnos que ciet manes mugire videbis ,sub p$ibus erram4 ,et dans ,horace1 satire #h1 livre premi]3 ,cruor 9 fossam codjusus ut inde ,manes alic]5t animas responsa daturas4 ,footnote #d4 ,voil o ,brig&os e/ dans l'erreur4 ,un meilleur logici5 l'a dit dans ce mme ouvrage1 et avec bi5 plus de raison3 il n'e/ jamais p]mis de faire le mal p\r arriv] au bi54 ,peut-tre v]rons-n\s notre ,bohme agir et raisonn] mieux p> la suite4 ,footnote #e4 ,la m&ragore e/ la rac9e de brivna1 sa =me e/ celle de l'homme4 ,on lui attribue la proprit d'eng\rdir les s5s2 d'autres dis5t que semblable au g9s5g1 elle excite l'am\r4 ,circ s'en s]vit dans ses en*antem5s1 et ce fut l1 dit-on1 le secret de ,jeanne d',arc2 quelques p]sonnes prt5d5t qu'elle e/ produite ex sem9e hom9is susp5si vel quovis alio supplicio morte muletati4 --,p\r qu'elle ait de la v]tu1 il faut qu'elle soit cueillie au pr9temps1 lorsque la lune e/ en conjonction avec ,jupit] ou ,v5us4 ,la di/ribution de cette p\dre p> les ,bohmi5s1 p>at contr>i] un peu ce qu'ils ont dit t\t l'heure en se df5dant de caus] des avortem5s4 ,c> on sait que cette rac9e produit ce crim9el effet1 et vraisemblablem5t ils en di/ribuai5t dans plus d'une int5tion4 ,footnote #f4 ,on n'e/ po9t encore conv5u d'un nom honnte p\r cet g>em5t4 ,celui que les femmes de mauvaise vie lui donn5t1 e/ affreux1 puisque ,sapho s'immortalisa bi5 plus p> ce dsordre que p> ses v]s2 p\rquoi ne convi5drait-on pas de nomm] saphotisme ce trav]s s+uli] du lib]t9age des femmes4 ,footnote #g4 ,il ne faut pas que le lecteur s'tonne de voir ,brig&os quitt] les pr9cipes de sa religion dans le morceau suivant1 a9si que dans quelqu'autres4 ,*aque fois qu'il p>le des g5s qui ne sont pas au fait de ses pr9cipes1 il e/ t\t simple qu'il s'accommode aux leurs2 n\s le rev]rons r$ev5ir mani*en1 lorsqu'il p>l]a ses femmes1 ou ses compagnons4 ,footnote #h4 ,c'e/1 dit l'auteur des talismans ju/ifis1 le sceau1 la figure1 le c>actre ou l'image d'une figure cle/e1 d'une plante ou d'une con/ellation grave sur une pi]re simpa?ique1 ou sur un mtal correspondant l'a/re1 p> un ouvri] qui ait l'esprit atta* l'ouvrage et la f9 de son ouvrage1 sans tre di/rait p> quoi que ce puisse tre1 au j\r1 l'heure de la plante1 en un lieu =tun1 p> un tems s]e9 et beau1 af9 d'attir] plus =tem5t les influ5ces du ciel1 p> un effet dp5dant du mme p\voir et de la v]tu de ses influ5ces4 ,footnote #i4 ,c'e/ de cette indc5te manire que beauc\p de curs en ,espagne et mme dans plusieurs prov9ces de ,france1 port5t le viatique dans les campagnes4 ,footnote #aj4 ,ces vnem5s tai5t p\r lors ceux du j\r4 ,footnote #aa4 ,l'or et l'arg5t tai5t en ,espagne en si gr&e abondance1 dit ,/rabon1 qu'on r5contrait quelquefois des masses de ces mtaux en lab\rant2 les rivires en *>riai5t1 et l'on creusait r>em5t la t]re sans tr\v] les rameaux d'une m9e4 ,/rab4 ,lib4 #c4 ,les ,siri5s et les ,phnici5s n'y =mr5t de si ri*es tablissem5s qu' cause de cela4 ,footnote #ab4 ,c'e/ la prt5tion et le droit des ,catalans comme noble1 titre qu'ils se donn5t t\s4 ,footnote #ac4 ,environ #be cus4 ,footnote #ad4 ,environ #db liv4 ,footnote #ae4 ,les qu9ze pia/res font peu prs #hd l4 ,footnote #af4 ,il n'y a qu' ,p>is et ,londres o ces mprisables cratures soi5t a9si s\t5ues4 ,rome1 ,v5ise1 ,naples1 ,v>sovie1 ,pt]sb\rg on leur dem&e lorsqu'elles comp>aiss5t aux tribunaux dont elles dp5d5t1 si elles ont t payes ou non2 si elles ne l'ont pas t1 on exige qu'elles le soi5t1 cela e/ ju/e2 si elles l'ont t1 et qu'elles n'ay5t se pla9dre que de traitem5s1 on les m5ace de les faire enf]m] si elles t\rdiss5t encore les juges de salets p>eilles2 *angez de mti]1 leur dit-on1 ou si celui-ci v\s plat1 s\ffrez-le avec ses p9es4 ,aussi1 dans t\tes les villes1 y a-t-il un ti]s de ces filles de mo9s qu' ,p>is et ,londres1 proportion g>de4 ,footnote #ag4 ,il e/ trs-extraord9aire qu'un magi/rat ait mis dans sa c]velle qu'il p\vait rsult] quelque bi5 d'clair] et de publi] les secrtes horreurs que le lib]t9age enfante4 ,comm5t ce magi/rat tel qu'il soit ou tel qu'il ait pu tre1 a-t-il arrang ce sy/me avec la religion ou la dc5ce dont les loix s'oppos5t si =mellem5t cette publicit8 ,il faudrait au contraire punir svrem5t la malheureuse pro/itue assez bte p\r revl] ces c>ts1 et qui en les dvoilant non seulem5t se fait tort elle-mme1 mais corrompt et le juge qui se dlecte ces indignes confid5ces1 et t\s ceux qui vont les appr5dre p> l'clat du juge4 ,que l'on daigne un in/ant comp>] le dang] qui peut natre de f]m] les yeux sur ces vila9ies1 celui qui rsulte de leur sc&aleux clat2 ne vaut-il pas mieux qu'il y ait dans une ville c5t lib]t9s ca*s que d'en faire clore aussitt dix mille1 en divulguant les trav]s de ces c5t8 ,avant le rgne de ,l\is qu9ze1 on ignorait cet art infme de p]v]tir a9si la jeunesse1 et de produire un trs-petit bi51 en oprant d'aussi gr&s maux1 il n'y avait po9t d'espions t5tateurs1 po9t de j\rnaux *ez les c\rtisanes1 et t\t allait aussi bi5 qu'auj\rd'hui2 c'e/ ,s>t9e que fur5t dues ces absurdits inquisitoires1 et c'e/ depuis ce gr& magi/rat1 qu'un homme sait auj\rd'hui qu9ze ans1 ce qu'il ignorait encore qu>ante autrefois4 ,on ordonnait ce mprisable espagnol de faire des li/es de t\tes ces turpitudes1 p\r en rveill] l'eng\rdissem5t du s\v]a94 ,cet imbcile imag9a qu'il fallait color] d'un v]nis d'quit la d%onorante fonction dont on le *>geait1 et pr5dre l'am\r des murs et de la dc5ce p\r excuse de ces vexations4 ,malheureux ,franais1 voil comme on v\s trompait1 comme on se moquait de v\s4 4 4 4 ,voil comm5t1 p5dant que v\s *antiez et c\riez vos cat9s1 on en*anait votre lib]t1 comme on grvait vos gts et vos fantaisies les plus simples4 ,comme on mettait des entraves sur vos beso9s les plus naturels1 et comme on gangr5ait vos enfans et t\t cela s\s le spcieux prtexte d'une excell5te police4 ,les ,roma9s conqurai5t l'univ]s et n'avai5t po9t d'espions *ez leurs c\rtisanes4 ,on assure qu'il fut prs5t l'illu/re magi/rat dont il s'agit ici1 un +nieux projet de vexation sur le citoy51 en raison de la manire dont il p]drait son ur9e4 ,le premi] plan ayant pass1 celui-ci p\vait bi5 avoir lieu malheureusem5t1 il y avait peu de pr(it1 aucun dtail obscne1 po9t de li/e qui put amus] les petits s\p]s du roi1 et ,s>t9e refusa4 ,footnote #ah4 ,*apelle fonde s\s ce nom p\r #ab *ano9es1 dans la ca?drale1 p> le c>d9al ,kimns4 ,on appelle a9si les n\veaux *rti5s1 c'e/--dire les maures conv]tis4 ,footnote #ai4 ,prom5ade de ,tolde4 ,footnote #bj4 ,l'hippomane e/ reg>d1 p> les g5s crdules1 comme le plus sr de t\s les talismans2 c'e/ une excroissance de *air qui se tr\ve au front des p\la9s naissans2 il e/ r>e1 p>ce que la mre l'arra*e belles-d5ts du front du p\la91 ds qu'elle l'a mis bas2 son effet e/ de se faire aim] de la femme qui l'on en fait aval]4 ,footnote #ba4 ,?odora tait femme de ,ju/9i52 voyez ses dsordres dans ,procope2 une p>tie des loix que n\s suivons encore e/ l'ouvrage de ses amans1 en amusant son m>i de ces codes atroces1 elle lui voilait sa conduite2 l'imbcile ,ju/9i5 compilait et sa femme c\*ait4 ,footnote #bb4 ,la raison de cela e/ simple2 c'e/ avec de l'esprit qu'on rsi/e aux argum5s que le vice emploie p\r triomph]4 ,t\t ce qu'on objecte flatte donc1 p>ce qu'on n'y p>vi5t qu'en dveloppant une qualit qui n\s honore2 mais s'il e/ dmontr que la conduite qu'on a1 que les op9ions qu'on adopte soi5t rellem5t des ridicules1 voil l'orgueil compromis1 et ds ce mom5t on *ange de plan2 le ridicule blesse tellem5t notre vanit1 que s'il tait possible de p]suad] l'tre le plus sage1 que la v]tu e/ un ridicule2 il l'abjur]ait l'in/ant4 ,,le ,,crime ,,du ,,s5tim5t1 ,,ou ,,les ,d,,lires ,,de ,l',,am\r4 ,,n\velle ,,espagnole #a4 ,,il n'y avait po9t ,tolde de maison plus ri*e que celle du comte de ,flora-,mella1 po9t de seigneur dans les deux ,espagnes1 qui joignit cet avantage1 une naissance plus illu/re1 et de plus flatteuses prrogatives2 mais la =tune ne se s\ti5t pas t\j\rs galem5t *ez ceux qu'elle favorise a9si1 et sa ma9 incon/ante ne les lve s\v5t au fate des gr&eurs que p\r les en prcipit] avec plus d'clat4 ,le comte m>i =t jeune1 avait p]du sa premire femme au b\t de trois ans1 et n'en ayant eu qu'une fille1 il tait rsolu de se li] encore s\s les loix de l'hym54 ,ces seconds nuds russiss5t r>em5t1 le comte en dev9t la fune/e preuve2 une demoiselle de la maison de ,brajados1 belle et ri*e sans d\te1 fut l'objet qui le captiva1 mais il s'en fallait bi5 que les v]tus de cette jeune p]sonne1 rpondiss5t aux dons prcieux qu'elle apportait1 d'ailleurs ri5 de plus sc&aleux que sa conduite1 ri5 de plus p]v]ti que ses murs4 ,le duc de ,m$9a-,sidonia1 tait alors le jeune homme la mode1 ,tolde1 quoique m>i lui-mme1 il n'en tait pas mo9s l'effroi de t\s les p\x et l'idole de t\tes les femmes4 ,la comtesse de ,flora-,mella avait trop de vanit1 elle avait le c\p-d'il trop sr1 p\r ne pas dsir] son *>1 ce clbre amant de t\tes les jolies femmes2 le voir et l'en*an]1 fur5t p\r elle l'affaire d'un j\r1 et cette intrigue dev9t bi5tt si publique1 que le comte de ,flora-,mella1 ne p\vait presque plus en s\t5ir la honte4 ,quelques fuss5t ses tribulations1 le dsir qu'il avait de se voir un hriti]1 l'engagea nanmo9s fe9dre2 il dvora ses *agr9s2 il essaya d'impos] sil5ce au public1 et cont9ua de vivre avec sa femme dans l'intimit des p\x4 ,ses vux s'accomplir5t enf91 la comtesse dev9t grosse1 et mit au monde un fils1 nomm ,dom ,juan1 malheureux hros de cette sanglante hi/oire4 ,de ce mom5t le comte leva le masque1 il crut ne devoir plus susp5dre sa v5geance1 et la jeune comtesse relgue p> lui1 dans des t]res elle1 au fond de l',&al\sie1 quitta p\r jamais ,tolde et son p\x4 ,cep5dant les fruits des deux diffr5s hym5s du comte de ,flora-,mella1 s'levai5t ensemble1 dans son palais1 et ce pre in=tun semblait recueillir au mo9s dans les qualits de ces deux beaux enfans1 le ddommagem5t des *agr9s occasionns p> la mort de la mre de la jeune fille1 et p> l'affreuse conduite de celle du jeune homme4 ,ri5 n'avait t nglig p\r l'ducation de ces lves *ris2 on n'p>gnait aucun des so9s qui devai5t runir t\s les dons qu'ils avai5t l'un et l'autre reu de la nature1 ceux des tal5s les plus agrables4 ,dom ,juan v5ait d'atte9dre sa v+time anne qu& ,lont9e sa sur1 en pr5ait v+t-deux2 et si la fi]t1 la noblesse et les agrm5s d'un sexe se montrai5t pr(usion dans ,dom ,juan1 ,lont9e plus belle que l'a/re du j\r1 et plus fra*e que la fleur que ses rayons font clore1 runissait de son ct t\t ce qui peut r5dre une femme digne de l'admiration gnrale4 ,elle avait la peau la plus belle 4 4 4 les traits les plus f9s et les plus dlicats1 4 4 4 les yeux les plus vifs et les plus anims1 4 4 4 de ses *eveux dgags des li5s de fleurs qui lui =mai5t un diadme1 elle p\vait ce9dre deux fois la taille en*ant]esse qu'elle avait emprunt des graces4 ,mais si la nature s'tait puise p\r embellir ces deux jeunes p]sonnes1 si elle les avait galis p> les *>mes de la figure1 quelle diffr5ce extrme n'avait-elle pas mis dans leur c>actre6 ,autant ,dom ,juan avait de viol5ce et d'imptuosit1 autant ,lont9e avait de d\ceur et de ret5ue2 l'un ne connaissait que ses passions et n'c\tait que leur organe1 l'autre n'avait p\r guide1 que sa raison et ses devoirs4 ,les attraits de ,lont9e n'avai5t po9t *apps ,dom ,juan1 il s5tait bi5 t\s les ob/acles qui s'opposai5t ses vues1 mais la nature plus =te que les conv5tions sociales1 cette nature vig\reuse et mle1 qui les brise s\v5t au lieu de les s]vir1 levait mille m\vem5s tumultueux dans son cur qui lui semblai5t impossibles va9cre1 et ne plaait que trop follem5t l'espoir ct de l'am\r2 l'honnte lib]t dont il j\issait auprs de sa sur1 lui donnait s\v5t occasion de s'expliqu] avec elle2 long-temps il avait dguis son tr\ble1 captiv long-temps s\s un j\g cruel1 il avait mieux aim se faire viol5ce que de montr] les s5tim5s c\pables dont il osait brl]2 mais tant de contra9te dev5ait difficile un tel c>actre2 ce n'e/ pas avec l'ame f\gueuse de ,dom ,juan1 qu'on aime a9si sans l'av\]4 ,de son ct peut-tre1 ,lont9e n'avait-elle pas rem>que sans motion1 t\tes les graces d'un jeune homme *>mant1 qu'il lui tait p]mis d'aim] comme frre2 mais son excessive mode/ie ne tolrant aucun c>t1 ses s5tim5s euss5t-ils mme t plus vifs que ne le s\ffrai5t ses nuds1 elle se ft bi5 g>de de ne pas leur impos] un fre92 la nature ne p]d pas plus ses droits dans une ame comme celle de ,lont9e1 que dans un cur comme celui de ,dom ,juan1 mais la v]tu1 plus c\te dans l'une1 sait re/re9dre au mo9s ce qui peut balanc] son empire1 on ca*e sa d\leur et l'on s\ffre en sil5ce4 g>s t\s les deux un j\r dans ces vallons fleuris et frais qu'arrose le ,tage auprs de ,tolde1 lo9 des yeux t\j\rs incommodes des g\v]neurs et des dugnes1 ,dom ,juan ne se cont5ant plus1 osa se jet] aux pi$s de sa sur4 -- v\s que j'idoltre s'cria-t-il en imprimant ses lvres brlantes sur une des ma9s de cette belle fille4 4 4 4 ,v\s que je crois p\voir aim] sans =fait4 4 4 4 ,lont9e6 il e/ donc vrai que je vais v\s p]dre1 ces heureux j\rs de notre enfance vont tre oublis p\r jamais1 et les s\v5irs d*irans que j'en cons]v]ai1 ne s]viront qu'au t\rm5t de ma vie4 4 4 4 ,oui1 ,lont9e on v\s enlve mon am\r1 cet am\r furieux et in=tun que je n'avais os v\s pe9dre2 pe9e clate-t-il1 qu'il faut en t\ff] la flamme1 il faut bris] le cur qui l'a n\rrit au mme in/ant qu'elle s'en lance4 4 4 4 ,je v\s p]ds ,lont9e1 appr5ez cette n\velle affreuse de celui qu'elle plonge au dsespoir1 le comte v\s de/9e dom ,digue1 avant un mois v\s s]ez l'p\se de ce rival indigne de v\s app>t5ir4 4 4 4 ,et moi confus1 dsespr 4 4 4 m\rant1 j'irai tran] votre image au b\t de la t]re1 ou l'immol] dans le temple mme o la plaa la ma9 de l'am\r4 ,oh ciel6 dit ,lont9e1 qu'avez-v\s prononc ,dom ,juan8 4 4 4 ,que v5ez-v\s d'appr5dre la fois votre malheureuse sur8 ,quel am\r v5ez-v\s de lui dc\vrir1 et quelle in=tune lui prsagez- v\s8 --,ah6 puissiez-v\s tre aussi peu surprise de l'un1 que v\s devez tre effraye de l'autre2 je v\s ai dit vrai ,lont9e1 je v\s aime1 4 4 4 que dis-je8 t\s les mots sont trop faibles1 il n'en e/ po9t qui peign5t ma passion4 4 4 4 ,je v\s adore et je vais v\s p]dre2 fille cruelle auriez- v\s donc cru que je pusse tre ins5sible tant d'attraits1 tait-il possible de les voir sans leur r5dre hommage8 ,lont9e peut-elle exi/] sans tre idoltre de ce qui l'environne8 semblable au dieu de l'univ]s1 animant t\t ce qui respire ses pi$s1 ne doit-elle pas comme ce dieu1 s'att5dre au culte univ]sel8 --,mais songez-v\s aux nuds8 --,il n'en e/ po9t que mon am\r n'absorbe1 il n'en e/ po9t qu'il ne combatte1 qu& ils doiv5t anantir les si5s2 ah croyez-v\s qu'un cur tel que celui de ,dom ,juan1 puisse tre ret5u p> les frivoles conv5tions qui n\s li5t4 4 4 4 combi5 je les mprise ces conv5tions arbitraires1 qui sp>5t aussi cruellem5t ce qu'a runi la nature1 je n'c\te vos pi$s que sa voix1 elle me dit de v\s ador]1 j'y cde1 et ne veux vivre que p\r v\s1 ou m\rir p]c de vos traits4 --,oh6 ,dom ,juan qu'osez-v\s dire8 --,ce que j'epr\ve et ce que v\s m'inspirez1 j'ose v\s p>l] de mon am\r1 j'ose v\s jur] de n'c\t] que lui1 j'ose pr5dre le ciel tmo9 que je n'aurai jamais d'autre femme que v\s4 ,un bais] que ,dom ,juan cueillit sur les lvres de rose du t5dre objet de son ardeur1 dev9t le sceau de ses s]m5s1 ,lont9e tremblante r\git sans le refus]4 ,on s'appro*a1 et nos deux jeunes g5s bi5tt ent\rs de leur suite1 fur5t obligs de fe9dre1 et de repr5dre la r\te de ,tolde4 ,la fune/e n\velle que ,dom ,juan v5ait d'appr5dre sa sur1 ne se vrifia que trop1 ds le l5dema9 le comte de ,flora-,mella dcl>a sa fille le m>iage qu'il projettait1 et peu de j\rs aprs1 il lui prs5ta ,dom ,digue4 ,p\r t\t autre1 mme que p\r une fille prv5ue1 ,dom ,digue et t un objet d'horreur1 unissant au c>actre le plus dsagrable1 t\s les dfauts de la nature1 on n'imag9ait pas comm5t le comte osait propos] de tels nuds2 des circon/ances de =tune les lgitimai5t sans d\te1 mais combi5 ces motifs sont faibles sur une ame dlicate et s5sible1 qui1 sacrifiant t\t la d\ceur des li5s1 n'imag9e pas qu'elle puisse exi/] dans ceux qui ne sont pas l'ouvrage de l'am\r4 ,lont9e osa tmoign] son pre le peu de dispositions qu'elle ress5tait p\r cet hym51 et le comte1 qui aimait sa fille1 dsespr de lui (frir un sort qui lui dplut ne p\vant d'autre "p r5onc] ses engagem5s1 fit usage des sollicitations2 il connaissait au mieux celle qu'il avait sduire1 aussi c]ta9 de la rvolt] p> de la rigueur1 que de l'att5drir p> des c>esses1 son loqu5ce fut celle de l'amiti1 elle p]suada2 une ame honnte ne rsi/e jamais aux attaques que le s5tim5t dirige1 la fausset1 le my/re1 la viol5ce1 t\tes ces armes odieuses que l'imbcillit dicte la tyrannie pat]nelle1 s\/ray5t leur j\g de f] les curs que l'on y veut s\mettre2 emploie-t-on la d\ceur et la confiance1 t\t s'obti5t1 et en arrivant au b dsir1 on n'a pas du mo9s r$\t] les remords que les procds contraires occasionn5t4 ,lont9e promit4 ,p>faitem5t dt]m9e au sacrifice1 elle prote/a de s'y s\mettre4 ,cette v]tueuse fille1 oubliant l'am\r d'un frre qu'elle ne p\vait reg>d] que comme un crime1 p]dit galem5t de vue t\tes les rpugnances que lui inspirait dom ,digue1 et prfra les maux qui la m5aai5t s\s les nuds proposs1 au *agr9 trop viol5t p\r elle1 d'afflig] un in/ant celui dont elle t5ait le j\r4 ,dom ,juan trop inquiet1 trop viol5t et trop am\reux -la-fois1 p\r ab&onn] un seul j\r ce qui t5ait aux intrts de sa passion1 ne fut pas long-tems savoir ce qui v5ait de se faire4 ,t\tes les expressions d'une telle ame devant tre ou viol5tes1 ou dures1 il accabla sa malheureuse sur des repro*es les plus am]s2 il la reprim&a de sa faiblesse dans les t]mes les mo9s mnags2 il osa s'oubli] enf9 jusqu' lui dire1 avec orgueil1 qu'aprs les s5tim5s qu'il lui avait dcl>s1 il n'imag9ait pas qu'elle et d le trahir ce po9t4 --,v\s trahir1 rpondit ,lont9e avec c&eur1 4 4 4 que v\s ai-je promis8 4 4 4 qu'ai-je donc pu v\s promettre1 et comm5t puis-je mrit] de v\s une accusation si dplace8 4 4 4 ,oubli]ez-v\s t\j\rs les nuds qui n\s captiv5t8 ,v\lez-v\s me =c] les dte/]1 qu& je ne v\drais que les *rir8 4 4 4 --,abhorrez-les1 ces nuds fatals2 4 4 4 abhorrez-les1 ,lont9e1 ils ne s]ont jamais aussi fune/es vos reg>ds qu'ils le sont aux mi5s4 ,et comm5t ne dte/]ais-je pas ce qui favorise aussi-bi5 l'loignem5t que v\s avez p\r moi8 --,mais v\s devez au mo9s les respect]4 --,ah6 n'imag9ez jamais que de tels li5s ay5t aucune =ce dans le cur qui v\s aime1 en devrai5t-ils avoir dans le vtre1 s'il tait mu de mes t\rm5s8 --,ne m'y croyez pas ins5sible1 je les pla9s1 sans d\te2 c'e/ t\t ce que je puis2--mais qui v\s g>antit la vrit de ces li5s8 ,n\s ne sommes pas du mme lit1 et v\s avez connu la conduite de ma mre8 --,e/-il possible que votre am\r v\s aveugle1 au po9t de prfr] la honte et le de%onneur1 la c]titude de ne voir jamais c\ronne une passion crim9elle qui v\s entrane votre p]te4 --,le de%onneur1 4 4 4 la honte1 4 4 4 et que m'importe t\tes ces *imres6 que m'importe le sang qui c\le dans mes ve9es1 sitt qu'on lui df5d de s'enflamm] p\r v\s4 4 4 4 ,je ne connais que v\s dans l'univ]s2 je n'y respecte et n'y *ris que v\s1 et je vais l'in/ant p]c] le cur du tratre qui v\s enlve moi1 si v\s ne me promettez de rompre la fatale promesse qu'on ose v\s arra*]4 --,v\lez-v\s me r5dre entirem5t malheureuse8 ,v\lez-v\s m'enlev] l'innoc5t plaisir que je gte v\s aim] comme un frre8 ,v\lez-v\s donc mettre entre n\s d't]nelles b>rires8 --,je veux m\rir ou v\s possd]1 v\s enlev] et fuir4 4 4 4 ,sacrifi] ma v5geance t\t ce qui s'oppose mon am\r2--cruel6 4 4 4 --v\s ne le connaissez pas1 ,lont9e1 ce cur ard5t que v\s stes embras]2 t\s les s5tim5s sont des passions *ez lui2 il ne peut les va9cre qu'en cessant d'exi/]2 et si les plus lgres l'agit5t ce po9t1 o le port]a donc celle qu'ont allum vos yeux8 ,fuyons nos tyrans1 ,lont9e1 allons vivre jamais au b\t de l'univ]s4 4 4 4 ,mais que dis-je1 hlas6 qu'ose-je dire8 ,il faudrait tre aim p\r obt5ir ce que j'exige1 et votre ame indiffr5te et froide ne connat pas mme l'ardeur qui me dvore4 4 4 4 ,allez1 p]fide1 4 4 4 allez l*em5t languir s\s les f]s odieux qui v\s sont prp>s4 4 4 4 ,sacrifiez l'amant qui v\s idoltre1 aux vils intrts d'un pre qui ne consulte que son av>ice --,homme inju/e6 le pre t5dre que v\s outragez ne mrite pas vos repro*es4 4 4 4 ,j'en suis encore mo9s digne en lui obissant1 puisque votre lvation et votre =tune sont le prix c]ta9 de ces nuds auxquels je vais m'ass]vir4 ,ne m'accablez donc pas qu& j'ai des droits si srs votre reconnaissance4 --,fune/e faon d'y prt5dre2 puissiez-v\s plutt me har que de m'aim] a9si6 4 4 4 ,eh6 que m'importe cette =tune8 4 4 4 que me font ces honneurs1 a*ets aux dp5s de ce que j'ai de plus *] au monde8 ,dussai je tre le plus malheureux des hommes1 je m'en croirais t\j\rs le plus =tun1 si j'tais aim de ,lont9e2 il n'e/ de bi5 p\r moi que son am\r2 il n'e/ de bonheur que sa ma91 voil les seules prosprits o j'aspire1 les seules que je sois envieux de possd]1 dt-il m'en cot] mille vies4 ,lont9e avait eu beau faire2 mue de tant d'ardeur1 quelques reg>ds lui tai5t *apps3 c'en tait trop p\r dom ,juan2 il n'eut pas plutt cess de croire qu'il tait indiffr5t1 qu'il lui p>ut possible d'tre bi5tt aim2 il crut que les rsi/ances de ,lont9e tai5t plutt les effets de sa v]tu1 que les s5tim5s de son cur4 ,il imag9a t\t p\r l'arra*] aux nuds qu'on lui de/9ait2 dguisant ses desse9s rels1 s\s l'app>5ce de moy5s honntes et d\x2 il proposa d'abord ,lont9e de p]mettre qu'il s'employt au mo9s prs du comte1 p\r ret>d] la clbration de l'hym5 qu'il r$\tait autant4 4 4 4 ,on y cons5tit2 il osa dem&] l'aveu d'un peu de ret\r4 4 4 4 ,on ne lui montra ni loignem5t1 ni c\rr\x2 4 4 4 mais haz>dait-il davantage1 on cessait de l'c\t] aussitt2 et plusieurs mois se passr5t a9si1 sans que cet amant imptueux pt obt5ir autre *ose que quelques ret>ds et de la piti4 ,il agissait t\j\rs p5dant ce tems-l2 et le rle qu'il j\ait vis--vis du comte de ,flora-,mella1 tait bi5 diffr5t1 quoiqu'inspir p> les mmes pr9cipes1 ayant su1 malgr la f\gue de son c>actre1 se contra9dre assez p\r s'abaiss] la s\plesse1 il p]suadait au comte1 que les dlais que dem&ait ,lont9e1 n'avait qu'une =te prv5tion p\r cause2 4 4 4 qu'il lui s\ponnait le cur pris2 que lui seul tait en tat de dml] ce fatal secret2 qu'il en avait dj fait quelques ouv]tures1 mais que n'ayant ri5 pu connatre encore1 il n'avait gagn cela que de se r5dre suspect lui- mme4 --,il aj\ta ensuite qu'il tait ess5tiel que le comte l'aidt dans l'entreprise qu'il avait =m de sond] les replis de l'ame de sa sur2 il ne p\vait1 disait-il1 agir commodm5t au milieu de la f\le de dome/ique qui les ent\rait sans cesse1 il tait ess5tiel d'abord de les c>t]3 combi5 ne lui fallait-il pas d'aisances1 puisqu'avant de p>l] en faveur de dom ,digue1 il avait mme va9cre l'loignem5t que ,lont9e comm5ait ress5tir p\r lui1 depuis qu'elle s'app]cevait de ses ef=ts la pntr]4 ,le comte1 ple9em5t la dupe des dt\rs de son fils1 bi5 loign de s\ponn] les motifs p]sonnels qui le font agir1 le s]t de t\t son p\voir4 ,lont9e e/ mo9s obs]ve1 les surveillans disp>aiss5t qu& elle se tr\ve avec dom ,juan1 et le comte l'engage lui-mme c\t] les avis d'un frre qui ne veut que la flicit de sa sur4 ,lont9e ne fut pas long-tems dml] les ruses de l'am\r2 mais trop prud5te p\r les rvl]1 elle ne s'occupa qu' t*] de n'en pas tre la victime4 ,de son ct dom ,juan tait bi5 lo91 comme on le croit1 d'employ] p\r les intrts de dom ,diegue1 les d\x mom5s qu'on lui laissait4 ,pe9dre son am\r en traits de flamme1 propos] mille moy5s diffr5s de le faire triomph] et de fuir1 voil comm5t s'employai5t ces in/ants 4 4 4 ,si prcieux d'abord au cur de ,dom ,juan1 si cruels ensuite qu& il voyait que l'inflexibilit de sa sur ne lui opposait que des refus4 ,une fois c]ta9 de cette insurmontable rsi/ance1 ri5 ne l'arrta2 il s'tait cont5u1 tant qu'il avait eu de l'espoir1 pe9e le vit-il van\i1 qu'il n'c\ta plus que ses premi]s desse9s2 et ple9em5t rsolu la =ce1 puisqu'il ne p\vait russir d'une autre manire1 il se prp>a faire usage de la lib]t qu'il avait1 p\r dirig] les pas de cette malheureuse sur1 v]s l'endroit o des g5s srs s]ai5t po/s p\r l'enlev]4 ,t\tes les batt]ies fur5t donc dresses d'aprs ce projet2 il envoya avant- hi] une *aise de po/e le/em5t attele1 l'att5dre sur la r\te qui mne en ,portugal1 o il avait desse9 de se rfugi]2 et cette voiture escorte de quelques valets fidles1 avait p\r r5dez-v\s1 les environs de la t\r en*ante4 ,le j\r v5u1 s\s le prtexte d'une prom5ade1 dom ,juan engage ,lont9e v5ir voir avec lui les intressans dbris de cette antiquit4 ,une fois l1 l'imptueux ,dom ,juan1 hors de lui1-- ,lont9e1 s'crie-t-il1 t\t n\s att5d2 4 4 4 t\t n\s att5d2 4 4 4 n\s ne rev]rons plus ,tolde2 il faut s'arra*] enf9 aux apprts d'un fune/e hym51 qu'il n'e/ plus possible de ret>d]4 --,qu'osez-v\s propos]8 --notre commun bonheur4 --,ju/e ciel6 aux dp5s de celui de mon pre2 4 4 4 aux dp5s de sa mort c]ta9e1 qu& il appr5dra notre p]te4 ,songez t\s les malheurs qui l'accabl5t4 4 4 4 ,songez qu'il n'y a que n\s dans le monde dont les so9s puiss5t le consol]2 4 4 4 c'e/ de n\s1 4 4 4 c'e/ de n\s seuls1 hlas6 qu'il att5d quelques fleurs sur l'hiv] de ses ans2 dtruirons-n\s cet espoir lgitime6 et les ma9s qui doiv5t essuy] ses pleurs1 le prcipit]ont-elles au tombeau8 -- ,lont9e1 je n'c\te plus que mon am\r2 devoir1 respect1 honneur1 religion1 v]tu1 t\t e/ effac de mon cur2 je ne connais plus que ma flamme2 je ne suis plus conduit que p> elle1 il faut me suivre3 4 4 4 on n\s att5d4 4 4 4 ,j'emploie depuis six mois1 en va91 t\t ce qui peut dtruire vos scrupules4 quoi m'a s]vi tant de zle8 ,qu'ai-je retir de tant d'am\r8 ,je n'ai russi qu' me conva9cre de votre indiffr5ce4 4 4 4 ,il faut que je la surmonte ou que je meure --,cruel1 ayez piti de moi6 ayez piti de mon pre et de v\s2 ne n\s engl\tissez pas t\s les trois dans un abyme de malheur1 dont aucune flicit huma9e ne saurait n\s retir]2 ri5 n'gale auj\rd'hui la prosprit de notre maison dans ,tol$e3 van\ie dema9 p> nos dm>*es1 v\s la plongez jamais dans le deuil et dans la d\leur4 ,e/-ce donc a9si que v\s v\lez me pr\v] votre am\r8 ,ah6 s'il tait aussi dlicat que v\s *]*ez me le p]suad]1 mon honneur ne v\s t\*]ait-il pas davantage8 ,cons5tiriez-v\s le fltrir p\r un in/ant de volupt honteuse et crim9elle1 qui va n\s c\vrir jamais et de malheurs et de remords6 ,je ne v\s ai pas conduite ici1 rpondit le furieux dom ,juan1 p\r c\t] les sophismes de la prv5tion ou de la ha9e1 et p\r *]*] y rpondre4 ,je suis malheureusem5t trop conva9cu du peu d'empire de mon esprit sur le votre1 p\r employ] encore des armes1 4 4 4 trop long-tems m\sses p> vos rigueurs2 4 4 4 mon am\r e/ au dsespoir2 je ne me r5ds plus qu' lui seul2 4 4 4 et la saisissant alors dans ses bras1 4 4 4 --il faut me suivre1 ,lont9e2 4 4 4 n'essayez pas de v\s s\/raire2 4 4 4 n'entrepr5ez pas de v\s df5dre1 4 4 4 mon g>em5t s]ait affreux2 4 4 4 j'irai jusqu' v\s mconnatre1 4 4 4 jusqu' me v5g] de vos dda9s3 4 4 4 v\s n'ignorez-pas l'imptuosit de ce cur de feu1 que ri5 ne matrisa jamais 4 4 4 ,ne l'irrites po9t1 ,lont9e1 ou ce mom5t1 peut-tre1 cot]ait t\s deux la vie4 --,eh bi51 p]ce-le ce cur qui ne veut pas se s\ill] d'un crime2 entr'ouvre-le1 te dis-je1 je ne m'oppose po9t tes c\ps 4 4 4 ,vas1 j'aime mieux c5t fois la mort que les affreux t\rm5s qui d*ir5t mes j\rs3 4 4 4 et des l>mes s'*appant de ses yeux2 4 4 4 --si je les regrettais ces j\rs que veut m'enlev] ta fureur1 si je les regrettais1 dom ,juan6 c'tait cause de mon pre4 4 4 4 ,je v\lais les lui consacr]2 je v\lais faire son bonheur2 4 4 4 je v\lais prolong] sa vie4 4 4 4 ,b>b>e6 4 4 4 je v\lais peut-tre t'aim]1 et tu ne le veux pas1 4 4 4 ,ne balance plus1 dom ,juan1 ensanglante ce cur que tu fais palpit]4 4 4 4 ,je suis indigne du j\r1 aprs ce que j'ai dit4 4 4 4 ,immole-moi1 j'y cons5s2 mais ne te flattes jamais de me faire p>tag] tes torts2--tu les p>tag]as1 ou ta vie m'en rpond4 --,o1 ,dieu6 4 4 4 ta cruaut m'outrage1 ton ame atroce e/ indigne de moi2 tu ne mritais pas l'aveu que je t'ai fait2 4 4 4 et s'*appant des bras de ,dom ,juan1 4 4 4fuis1 tratre1 loigne-toi p\r t\j\rs de celle qui ne peut plus que te har4 --,je ca*]ai tes imprud5s projets1 et n'aurai pas me repro*]1 du mo9s1 d'en avoir t la complice4 ,en prononant ces mots elle veut s'lanc] au-del des ru9es qui captiv5t ses pas2 4 4 4 mais le froce dom ,juan1 aveugl p> t\tes les passions imptueuses qui b\lev]s5t son ame1 4 4 4 l'atte9t1 le poign>d la ma91 se jette impitoyablem5t sur elle1 et la r5v]se morte ses pi$s4 ,ju/e ciel6 s'crie-t-il aussi-tt1 en contemplant sa malheureuse victime4 4 4 4 ,e/-ce moi qui ai pu tran*] les j\rs de celle qui j'aurais sacrifi les mi5s6 4 4 4 et mon bras se refuse v5g] mon amante6 4 4 4 ,uniquem5t arm p\r la sclratesse1 il tremble punir l'assass94 4 4 4 ,fuyons4 4 4 4 ,mais il l'essaye en va91 ret5u p> un p\voir inv9cible1 dont il a av\ n'avoir pu concevoir l'n]gie4 4 4 4 ,n'agissant plus qu'en ins5s1 4 4 4 il se jette comme un furieux sur les re/es sanglans de celle qu'il idoltre2 il la c\vre de ses bais]s ard5s3 4 4 4 il adresse encore cette div9it de son cur1 les expressions de son froce am\r3 il veut la ranim] p> ses s\pirs1 4 4 4 la r*auff] de ses l>mes amres3 4 4 4 et l1 seul1 4 4 4 g> p> son dsespoir1 4 4 4 dans le sil5ce et l'obscurit de ces ro*]s et de ces ru9es 4 4 4 ,p]du d'am\r et de d\leur1 4 4 4 le malheureux ose consomm] son crime1 4 4 4 il ose ravir l'honneur celle dont il vi5t d'arra*] la vie4 ,bi5tt le calme de ses s5s lui laisse entrevoir la d\ble horreur dont il vi5t ,illu/ration3 ,e/-ce moi qui ai pu tran*] les j\rs de celle qui j'aurais sacrifi les mi5s6 de se s\ill]1 il n'a ni la =ce de s\t5ir le poids de son =fait1 ni celle d'en punir l'auteur2 il veut que la v5geance de ce crime excrable soit rs]ve ceux qui elle app>ti5t4 ,il tait matre de fuir ses g5s1 et ses *evaux l'att5dai5t prs de-l2 il ne le fait po9t4 ,glac d'effroi1 immobile en face de ce corps inanim1 4 4 4 il le reg>de en frmissant2 un in/ant il croit se tromp]2 il croit voir dans ses bras celle qu'il aime1 et qu'il appelle encore4 ,rev5u de cette affreuse erreur1 son dsespoir le reprcipite une seconde fois sur ce cadavre in=me3 4 4 4 ,lont9e6 tu s]as v5ge1 s'crie-t-il1 tu s]as v5ge1 ,lont9e1 et les flots de mon c\pable sang vont pay]1 s'il se peut1 celui que ma fureur osa rp&re ici4 4 4 4 ,il acc\rt ,tol$e et vi5t se remettre lui-mme entre les ma9s de la ju/ice4 ,le corregidor effray a v\lu le r5dre son pre3 4 4 4 il l'a fait2 4 4 4 mais quelle n\velle scne64 4 4 quel n\veau sujet de remords se prp>ait p\r dom ,juan6 on v5ait d'in/ruire le comte de ,flora-,mella de la mort de sa p]fide p\se4 4 4 4 ,et quelle cata/rophe accompagnait cet vnem5t4 4 4 4 -- mon fils1 a dit dom ,juan1 le duc de ,m$9a-,sidonia1 p\r lors tte-- tte1 avec le comte4 4 4 4 mon *] fils1 qu'avez-v\s fait8 4 4 4 ,faut-il que v\s me soyez enlev au mme in/ant o je v\s retr\ve4 4 4 4 ,faut-il que v\s fuyiez le bonheur1 qu& il vi5t embellir vos j\rs6 4 4 4 ,faut-il enf9 que v\s acumuliez sur ma tte et le remords et le de%onneur6 4 4 4 dom ,juan1 c'e/ de moi que v\s t5ez la vie1 v\s n'tes po9t le fils du comte de ,flora-,mella2 j'apporte ici la preuve inconte/able que v\s n'app>t5ez qu' moi2 lisez les d]nires volonts de votre malheureuse mre1 et frmissez de l'abyme o v\s v5ez de v\s engl\tir l'in/ant o vos malheurs cessai5t4 ,dom ,juan1 p]du1 se saisit du papi]2 4 4 4 sa ma9 tremble1 ses l>mes c\l5t1 4 4 4 ses yeux di/+u5t pe9e les traits qu'on lui prs5te2 il y lit la f9 les mots suivans de la comtesse sa mre4 ,il ne me re/e que le tems d'av\] mon crime et de le rp>]2 dom ,juan n'app>ti5t po9t au comte de ,flora-,mella2 il e/ le fils du duc de ,m$9a- ,sidonia4 ,j'exige en expirant que le duc aille rp>] sa faute aux g5\x mmes de mon m>i2 qu'il implore de lui son p>don2 4 4 4 qu'il rclame son fils1 qu'il le reconnaisse comme fruit de l'hym5 dont il p]dit autrefois la compagne1 et qu'il dcl>e ce fils1 en cette qualit1 son hriti] univ]sel4 ,je ne publie ri51 en exigeant ceci2 ma malheureuse conduite avec le duc a t trop connue1 p\r que ces dispositions puiss5t appr5dre ce qu'on ignorait2 je rp>e et ne divulgue po9t4 ,j'enlve un poids affreux de ma consci5ce2 elle n'tait vraim5t b\rrele que de l'horreur de s5tir mon p\x embrass] un fils qui ne lui app>t5ait pas4 4 4 4 femmes imprud5tes1 v\s qui p\rriez imit] mes c>ts1 songez qu'il n'e/ po9t d'ame honnte qui ti5ne ce t\rm5t4 4 4 4 ,que l'effroi d'en tre d*ire1 v\s reti5ne donc au bord du prcipice4 4 4 4 ,aux volonts prcd5tes1 je jo9s quelques dsirs2 il dp5d de mon m>i de me les accord]4 ,in/ruite des s5tim5s secrets de ,lont9e et de ,dom ,juan1 je supplie le comte de ,flora-mella de cons5tir l'union de ces deux jeunes p]sonnes1 dont mes aveux dtruis5t les li5s qui s'opposai5t leurs dsirs4 4 4 4 ,j'ose croire que la fille de mon p\x p\rrait difficilem5t prt5dre un hym5 plus avantageux4 ,cette alliance1 en runissant deux anci5s rivaux1 en les faisant r$ev5ir amis1 apaise un peu mes regrets1 et me fait m\rir plus tranquille4 ciel6 dit dom ,juan1 en t]m9ant cette t]rible lecture4 4 4 4 je p\vais donc dev5ir heureux --tu l'tais1 s'cria le comte1 ma p>ole tait donne1 mon cons5tem5t sign2 4 4 4 le voil4 ,monsieur1 a dit alors dom ,juan avec la plus gr&e f]met au corregidor1 v\s voyez de combi5 de crimes je me suis -la-fois s\ill2 j'ai massacr ma matresse1 4 4 4 la respectable fille de celui qui a pris so9 de mes jeunes ans4 4 4 4 ,v\s voyez que je porte egalem5t le poign>d dans le se9 d'un pre 4 4 4 1 qui ne me revoit que p\r me pleur]4 4 4 4 ,conduisez-moi la mort1 monsieur2 4 4 4 je veux qu'elle me soit donne publiquem5t3 4 4 4 ,je veux recevoir celle que je mrite2 v\s comte1 dsav\ez-moi p\r votre fils1 cet crit v\s y autorise1 4 4 4 et v\s1 mon pre1 ne m'av\ez jamais p\r le vtre2 ma mort a9si ne de%onor]a p]sonne4 ,on a v\lu calm] ce dsespoir2 on a v\lu sauv] cet illu/re c\pable4 4 4 4 ,t\s les moy5s ont t employs sans qu'aucun ait pu russir4 4 4 4 ,mon crime e/ trop affreux1 a rpondu dom ,juan2 il n'y a que ma tte seule qui puisse le pay]4 --,et saisissant la ma9 du corregidor1 sortons1 sortons1 monsieur1 lui a-t-il dit f]mem5t1 ou je vais me dcl>] d'autres juges1 si votre piti l'emporte sur votre devoir2 et comme en prononant ces p>oles il se jettait dans la rue1 avec la f]me rsolution d'all] mont] lui-mme sur l'*afaud1 o le plaait son crime2 le magi/rat n'a plus os rsi/]4 ,dom ,juan a t dpos le mme soir dans les prisons de la ju/ice1 ayant t\t dcl>1 sans qu'on lui ft aucune "q1 le malheureux a promptem5t pay de sa vie l'effroyable =fait o l'avait entran l'g>em5t de sa raison1 et l'imptuosit de son c>actre4 ,cep5dant t\te la ville le pleure1 mais les regrets les plus d\l\reux se t\rn5t v]s les deux in=tuns pres2 *acun leur porte des tributs de l>mes et de d\leurs1 qui n'effac]ont jamais de leur ame1 les p]tes affreuses qu'ils vi5n5t de faire4 ,voil une hi/oire bi5 cruelle a dit ici madame de ,blamont1 fatale suite du dsordre des femmes1 quel malheur affreux leur inconduite peut expos] une famille1 je ne m'tonne plus si les loix ont punies leurs fautes plus svrem5t que celles des hommes4 ,et moi je m'en tonn]ai t\j\rs1 a rpondu madame de ,s5neval4 4 4 4 ,ce sont eux qui sont nos sducteurs 4 4 4 ,eux qui abus5t de notre faiblesse et de leur supriorit1 ils sont la premire cause de nos torts2 eux seuls en mrit]ai5t donc la punition4 --,t\t cela exig]ait d'tre discut loisir1 a dit le comte de ,beaul1 il y a un peu de la faute des deux p>tis1 et beauc\p de raison de "p et d'autres1 ce ne sont ni les hommes qui attaqu5t1 ni les femmes qui cd5t qui ont tort4 ,la premire orig9e du mal1 e/ dans la disproportion des m>iages et dans l'impossibilit du divorce1 qu'un jeune homme p\se la femme qu'il aime1 et que qu& t\s deux sont las l'un de l'autre1 ils puiss5t *ang] l'amiable1 et v\s ne v]rez plus d'adultre4 ,c'e/ une vrit que ,sa9ville v\s a fait voir dans sa con/itution de ,tamo1 n'y rev5ons plus ma9t5ant1 je suis trop curieux je v\s l'av\e1 de savoir comm5t notre belle av5turire va tr\v] le secret d'*app] aux dang]s qui me p>aiss5t la m5ac] ,tolde1 et si notre *re ,clm5t9e tr\v]a t\s les plaisirs dont elle se flatte1 dans le faux pas qu'elle mdite 4 4 4 ,et ,lonore ayant vu qu'on lui prtait cette att5tion curieuse qui dsire d'tre satisfaite1 reprit a9si le fil de ses av5tures4 ,footnote #a4 ,cette n\velle1 purem5t d'inv5tion1 n'e/ ni traduite1 ni emprunte de nulle "p2 on e/ presqu'oblig d'av]tir de ces *oses1 dans un sicle de pillage littraire1 tel que celui-ci4 ,suite de l',hi/oire de ,lonore4 99999999,dona ,laur5tia n'eut pas plutt f9i son rcit1 que ,brig&os entra2 il s'in=ma comm5t n\s tions1 n\s recomm&a la matrone1 et lui laissa les fonds ncessaires p\r deux habillem5s complets avec t\s les aju/em5ts plumes et p>ures la mode2 l'un p\r ,clm5t9e1 l'autre p\r moi4 ,ensuite il ordonna ,clm5t9e de se transport] le l5dema91 *ez un vieux c\rtisan retir ,tolde1 curieux de connatre le temps qu'il avait vivre4 ,ignorant que ma compagne eut r5onc ses projets de sagesse1 il l'assura qu'elle p\vait all] sans c\rir aucun risque1 *ez l'homme qu'il lui indiquait4 ,c'e/ un vieux dvot ple9 de sup]/itions1 lui dit-il1 et qui croirait que l'enf] va le saisir t\t vivant1 s'il s'avisait de p5s] ce qui l'*auffait autrefois2 tels sont les fune/es effets de la dvotion1 cont9ua notre *ef1 elle remplit l'homme de tr\ble et de frayeur1 mesure qu'il avance son t]me1 elle aigrit son c>actre1 elle *ange son humeur1 elle le r5d sombre1 inquiet1 s\cieux1 tracassi]1 rigori/e1 cruel1 elle l'emp*e de j\ir du prs5t1 elle lui donne des remords du pass1 et n'e/ bonne ri5 p\r l'av5ir2 je me s]ais peut-tre fait dvot comme un autre1 si j'eusse cru que cela pu tre bon quelque *ose1 mais on n'y pr5d pas une qualit de plus1 et on a beauc\p de plaisirs de mo9s4 4 4 4 ,e/-ce bi5 la pe9e de croire des *imres1 p\r ne pas gagn] davantage8 4 4 4 ,d\cem5t dis-je notre philosophe1 v\s peignez l le sup]/itieux2 mais l'homme vraim5t atta* sa religion qui la suit et la croit dans la simplicit de son cur1 qui adopte la v]tu1 p>ce que la religion la rcomp5se et l'inspire1 qui dte/e le vice p>ce qu'elle le condamne et le punit1 qui p]ptuellem5t enflam de l'tre suprme1 consol des maux de la vie1 p> l'espoir de revol] bi5tt dans le se9 de celui qui l'a cre1 vit en craignant de lui dplaire1 meurt en t*ant de l'imit]2 un tel homme sans d\te ne v\s p>at pas un modle indigne suivre8 ,assurm5t1 reprit notre *ef1 je ne mprise pas le phantme qu'il v\s plait d'rig] l1 et auquel v\s ne croyez pas plus que moi1 mais s'il exi/e je le pla9s2 il a travaill t\te sa vie p\r des illusions qui ne le ddommag]ont pas des sacrifices qu'il a pu leur faire1 il n'a d'ailleurs t v]tueux que p> cra9te1 ce mrite e/ bi5 peu de *ose1 plus difficile que v\s ne p5sez ,lonore2 je veux qu'on fasse le bi5 p\r lui seul2 je veux qu'on ne soit anim en le faisant que de la seule ide du bonheur des autres1 et si l'enf] ou le p>adis entre p\r quelque *ose dans les motifs qui font agir1 je me dis1 voil un imbcile1 mais c\p sr ce n'e/ pas un honnte homme4 ,trop de l'avis de notre *ef p\r le combattre davantage1 je laissai tomb] la discussion et ,clm5t9e qui n'avait reu qu'en secret d'une femme de la tr\pe1 l'adresse du g5tilhomme dont elle att5dait tant de plaisir1 ne v\lant pas se dmasqu] encore1 accepta l'ordre2 notre capita9e s'adressant alors moi1 p\r v\s ,lonore dit-il1 v\s v\s transport]ez *ez ,dom ,flascos de ,b5da-,molla1 doy5 des *ano9es de ,tolde2 v\s y remplirez les mmes fonctions que votre amie *ez le vieux seigneur1 et v\s y tr\v]ez j'espre -peu prs les mmes srets2 v\s exam9]ez ses yeux1 ses ma9s1 v\s lui promettrez v+t ans1 quoiqu'il soit condamn p> t\s les g5s de l'art2 v\s lui v5drez =t *] le philtre que voil et que j'intitule ,beaume de vie1 lequel p\r tant n'abrg]a ni ne prolong]a la si5ne d'une heure4 --,cel fait1 v\s recevrez de moi de n\veaux docum5s4 ,les robes fur5t apportes ds le l5dema91 n\s y aj\tmes t\t ce que l'art de la toilette put n\s inspir] de plus coquet1 et *acune de n\s p>tit p\r sa de/9ation4 ,le portrait que ,brig&os m'avait fait du doy51 le dlabrem5t de sa sant1 le philtre qui lui dev5ait ncessaire1 4 4 4 la tranquillit dont je devais j\ir1 t\t cela contraignait mon imag9ation se reprs5t] un septuagnaire2 ,dom ,flascos n'avait nanmo9s que c9quante ans2 sa taille fluette1 le r\ge de ses j\es1 annonai5t cep5dant qu'il tait m5ac de la poitr9e1 mais quoique avec un peu de non*alance dans t\te sa t\rnure1 ses yeux respirai5t la volupt1 une trs-jolie g\v]nante lui faisait m\ss] du *ocolat qu& j'arrivai1 et se retira p> son ordre ds qu'il m'eut un in/ant fix4 ,le doy5 me fit asseoir prs de lui1 me dem&a mon ge1 me dit de dev9] le si51 que je dim9uai de dix ans1 puis1 prs5ta son front1 me livra sa ma9 p\r m'aid] tr\v] les augures dont je lui vantais la sret2 aid p> les avis secrets que j'avais reu de ,brig&os1 je dis cet homme t\t ce qu'il avait fait depuis v+t ans1 je lui en assurai encore tr5te de vie1 et lui rvlai quelques dtails de famille dont il lui p>aissait impossible que je pus tre in/ruite2 tonn de ma sci5ce1 il crut aveuglm5t t\t ce que je lui disais4 ,je lui fis quelques que/ions captieuses dont les rponses m'clairant sur une inf9it de *oses1 facilitr5t tonnamm5t mes prdictions1 et le laissai si cont5t de moi la f9 de notre entreti51 si conva9cu de la vrit de ce que je lui annonais1 qu'il me donna v+t pi/oles en m'embrassant de t\t son cur #a4 ,mais la joie que je v5ais de v]s] dans son ame1 enflammant sans d\te son sang et d'am\r et d'incont95ce1 il fut curieux de voir si je faisais j\ir aussi bi5 du prs5t que je savais annonc] l'av5ir1 il dbuta d'abord p> de lgres c>esses2 ses passions un peu rfroidies exigeai5t quelqu'al5t\rs p\r se mont] au degr de =ce dans lequel il p>aissait avoir gr&e envie de se tr\v]2 il me dit en balbutiant que si je v\lais me prt] ce qu'il dsirait de moi1 il aj\t]ait six d\blons aux v+t pi/oles qu'il v5ait de me donn]1 et sans trop att5dre ma rponse1 une de ses ma9s s'g>a s\s les gazes qui voilait mon se94 4 4 4 ,je me df5dis 4 4 4 ,ma rsi/ance produisit un miracle1 il en dev9t tellem5t glorieux1 il y avait si long-tems sans d\te que la nature ne l'avait si bi5 s]vi1 qu'il osa me faire voir l'effet de mes *>mes4 ,je me lve avec le desse9 de fuir 4 4 4 il s'en app]oit1 il me suit1 et se jettant au trav]s de la porte o se dirigeait mes pas1 il m'assure que je ne sortirai po9t sans l'avoir satisfait4 ,ses yeux tai5t t9celans2 il bgayait -la-fois des mots d'am\r et de lib]t9age1 p]dant enf9 t\te ret5ue1 il me jura avec de bi5 gros mots p\r un homme de dieu1 que qu& il se tr\vait dans l'tat o il tait alors1 ce qui la vrit lui arrivait bi5 r>em5t1 il dev5ait impossible qui que ce ft de lui rsi/]4 4 4 4 ,ah6 dis-je mon r$\table adv]saire en j\ant le plus gr& effroi1 qu'ap]ois-je monsieur1 et l'c>tant de la porte4 --,v5ez1 v5ez1 acc\rez au plus vte1 que j'exam9e sur votre front un signe qui m'tait *app4 4 4 4 oh monsieur6 votre tat m'effraie4 --,qu'e/-ce1 dit notre homme all>m1 en cessant de me b>r] le *em94 4 4 4 ,qu'obs]vez-v\s1 ma mie4 4 4 4 ,v\s me faites une peur4 4 4 4 ,voil dj les *oses dans leur tat naturel4 4 4 4 ,moi qui croyais auj\rd'hui 4 4 4 ,moi qui me flattais 4 4 4 ,mais que voyez- v\s donc enf98 --,combi5 il y a t-il1 monsieur1 que v\s n'avez eu de comm]ce avec une femme8 --,plus de six mois4 --,oh6 pr5ez g>de v\s4 4 4 4 je ne m'en tais po9t encore conva9cue1 v\s tes un homme mort1 monsieur1 mort v\s dis-je1 si v\s v\s avisez d'en voir avant que le soleil ne soit entr dans le capricorne1 et en disant cel1 je m'lance sur la porte1 et me prcipite si lgrem5t hors de la maison1 que je suis dj dans la rue avant qu'il n'ait le temps de rev5ir de l'effroi dans lequel je vi5s de le plong]4 ,en r5trant je tr\vai ,clm5t9e dans le plus gr& accablem5t1 elle s'tait de%abille1 et son physique p>aissait s\ffrir presqu'autant que son moral2 qu'z-tu dis-je ma compagne8 --,le *agr9 de n'avoir pas c\t tes conseils4 ,plus empresse de vol] mes plaisirs qu'o m'appelait les intrts de notre *ef1 je me suis r5due *ez ce p]sonnage dont on m'avait donn l'adresse4 4 4 4 ,il tait prv5u1 il m'att5dait4 4 4 4 ,on m'avait p>l d'un jeune homme1 celui qui fut prs5t mes yeux1 avait environ c9quante ans1 =t laid1 l'esprit aussi m*ant que l'ame corrompue2 ,lonore6 tu ne te pe9dras jamais le drglem5t des murs de ce lib]t91 l'incroyable dsordre de ses propos et de ses fantaisies1 l'irrgul>it de ses gts4 4 4 4 ,j'ai eu deux amans dans ma vie 4 4 4 mais aucun d'eux 4 4 4 oh6 non1 non1 quelque dprave que tu me supposes1 je r\girais trop de ces dtails4 4 4 4 ,cont5te-toi de savoir qu'il a v\lu outrag] mon sexe 4 4 4 ,que rsi/ant ses dsirs1 il a appel lui1 et m'a contra9t p> la viol5ce1 en ass\vir l'horreur1 4 4 4 et mon amie fondait en l>mes en a*evant cet odieux rcit4 ,je ne la consolai pas1 je crus que c'tait le mom5t de pntr] son ame1 plutt que de l'att5drir 4 4 4 l'in/ant de frapp] les gr&s c\ps4 4 4 4 ,eh bi56 lui dis-je1 te voil punie de tes sy/mes1 les voil culbuts p> l'expri5ce1 cette av5ture vaut mieux p\r toi1 que t\tes les raisons dont j'aurais combattu tes sophismes2 ,clm5t9e6 z-tu pu croire que la volupt put natre1 o le s5tim5t devait tre inconnu4 4 4 4 ,que celui qui s]ait assez vil p\r pay] l'am\r1 en f]ait gt] les plaisirs4 4 4 4 ,que cette leon te r5de sage1 que les remords qui te d*ir5t1 g>antiss5t du mo9s ton cur d'une corruption plus entire2 je t'avais ent5du jadis1 excus] ces c>ts4 ,t\s ces g>em5s t\rn5t au pr(it de l'am\r osais-tu dire1 ils sont t\s enfans de la nature #b4 ,p>don 4 4 4 ,je t'y croyais famili>ise4 4 4 4 ,ta d\leur me pr\ve le contraire1 cesse donc de te livr] a9si aux p>adoxes d'une tte embrse1 et que la va9e gloire de montr] de l'esprit1 prconis] des erreurs1 ne te fasse pas au mo9s df5dre celles que tu n'z jamais p>tages4 4 4 4 ,et ,clm5t9e m'embrassait en pleurant4 ,je n'eus pas beso9 de lui faire promettre d'tre sage1 elle en tr\vait le s]m5t dans son cur1 sans qu'il ft ncessaire de la rappel] l'utilit de cette conduite1 att5drie p> ses regrets et p> ses l>mes1 je la calmai1 et lui fis du mo9s pass] une nuit tranquille4 ,le l5dema9 ,flor5t9a v9t n\s voir1 avec celle de nos compagnes qui avait engag ,clm5t9e1 all] *ez l'homme qu'elle avait t visit] la veille1 mon amie ne put s'emp*] de faire des repro*es celle-ci1 mais ce fut l1 o je pus rem>qu] l'extrme diffr5ce qui se tr\vait entre ,clm5t9e1 dont t\t le tort tait d'avoir une mauvaise tte1 et une crature vraim5t lib]t9e comme celle qui avait v\lu la dbau*]4 --,bon1 bon1 rpondit ,aldonza1 il ne faut pas tre si difficile dans notre mti]2 z-tu donc imag9 que je t'envoyais *ez l'am\r1 et qu'il t'att5dait au se9 des plaisirs je l'ai cru jeune1 on me l'avait dit1 mais qu'importe1 les hommes qui pay5t1 ne *]*5t po9t cont5t] nos caprices1 ma *re amie1 ils ne s'occup5t que des leurs2 4 4 4 je te mnageais une excell5te pratique 4 4 4 tu n'z pas su en pr(it]4 4 4 4 ,n\s en sortons1 mo9s difficiles que toi 4 4 4 il n'a pas eu beso9 de n\s viol]4 4 4 4 ,on se fait t\t mon enfant1 et cela peut-tre plus aism5t que tu ne crois4 --,il n\s a pries de rev5ir1 et voil v+t-c9q pi/oles de pr(it4 --,des plaisirs communs se pay5t-ils a9si8 ,or comme il ne faut vis] qu' l'arg5t dans l'tat que n\s pr(essons1 les plus gr&es irrgul>its1 puisque ce sont elles qui val5t le plus1 doiv5t donc dev5ir les seuls objets de nos re*]*es4 ,cette ,aldonza tait la vrit la plus corrompue de la tr\pe1 il s'en fallait bi5 que n\s eussions jamais ri5 ent5du de p>eil avec ses compagnes2 ,clm5t9e et moi rvoltes de ses propos1 n\s n\s disposions les faire cess]1 en prtextant quelqu'affaires1 lorsque dona ,laur5tia1 v9t n\s suppli] de recevoir deux dom9ica9s qui brlai5t d'envie de n\s connatre1 et sans n\s donn] le temps de la rponse elle les p\ssa dans notre *ambre4 --,un mom5t madame1 dis-je cette insol5te c\rtire1 en me levant avec horreur1 ces messieurs n'tant que deux1 n'ont pas beso9 de quatre femmes1 laissez-n\s retir] mon amie et moi4 --,comme il v\s plaira1 rpondit la dugne1 qui sans d\te notre *ef avait bi5 df5du de n\s contra9dre2 agissez suivant vos dsirs1 ces deux demoiselles suffiront p\r nos rvr5ds1 v\s p\vez pass] dans la salle1 v\s y s]ez libres et tranquilles1 p5dant qu'on va se s]vir un in/ant de vos *ambres4 ,n\s desc5dmes1 et ces infmes se div]tir5t tellem5t de nos compagnes1 qu'il ne n\s fut possible de r5tr] *ez n\s que le soir4 ,clm5t9e avait =t peu d'envie d'all] *ez le vieux c\rtisan1 nglig la veille p\r l'intrt de ses faux plaisirs1 elle y craignait quelques n\veaux piges1 et sa sagesse allait ma9t5ant jusqu' la dfiance1 elle me conjura d'y all] sa place4 --,j'y cons5tis1 et comme ce p]sonnage ne me fit c\rir nul dang]2 je ne v\s ennui]ai po9t des dtails de ma visite *ez lui4 ,trois ou quatre hi/oires semblables o je gagnai une c5ta9e de pi/oles notre *ef1 t]m9r5t notre sj\r ,tolde1 et n\s remes enf9 l'ordre d'en p>tir au b\t de trois sema9es4 ,le r5dez-v\s n\s fut indiqu l'entre d'un petit bois qu'on tr\ve gau*e de la gr&e r\te de ,madrid2 n\s n\s y r5dmes mon amie et moi1 aprs avoir pris cong de notre dugne1 =t mcont5te de ce que n\s lui avions valu si peu4 ,peut-tre me blm]ez-v\s ici1 dit ,lonore1 en s'adressant sa mre1 de n'avoir pas pr(it des sommes que je recevais1 p\r fuir ces malhonntes g5s1 je le proposais ma compagne1 elle en avait autant d'envie que moi1 mais elle p]si/a me faire envisag] l'extrme pril que n\s c\rrions quitt] ces g5s-ci en les volant4 ,clm5t9e r5due la sagesse l'tait aussi la s9crit1 elle m'av\a que bi5 lo9 d'os] compt] sur les sec\rs dont elle s'tait flatte ,madrid1 c'tait elle au contraire qui se fondait ma9t5ant sur les mi5s1 elle tait bi5 loigne disait-elle d'os] se prs5t] ses connaissances dans l'tat o elle se tr\vait4 ,p\r quant sa mre1 elle m'av\a qu'elle tait morte1 il ne lui re/ait donc plus de ress\rce1 que celle de s'atta*] mon sort1 et n\s n\s en t9mes en consqu5ce au plan que j'avais adopt 4 4 4 ,celui de suivre la tr\pe jusqu'aux frontires de ,france1 et l1 de n\s *app] dans quelques villes o la ju/ice n\s f]ait donn] srem5t l'une et l'autre1 les moy5s de gagn] ma prov9ce2 d'aprs ces rsolutions1 n\s n\s cont5tmes donc de dt\rn] quelques quadruples que n\s ca*mes avec le plus gr& so91 prcaution d'autant plus ncessaire1 que ,brig&os n\s f\illa t\tes ds que n\s fmes runies2 plusieurs sans avoir u des mmes ruses1 avai5t fait galem5t un peu de contreb&e2 le *ef s'emp>a de t\t4 ,j'ai so9 de v\s dit-il1 ri5 ne v\s manque2 mais c'e/ moi qu'app>ti5n5t les fonds1 et je ne s\ffrirai jamais qu'on en dt\rne un ral4 ,n\s n\s remmes en m>*e1 et mon amie ne me quitta plus2 ce premi] soir n\s n\s c\*mes s\s les murs des j>d9s d',aranjues1 sup]be maison de plaisance btie p> ,philippe ,,iii2 n\s en "pmes le l5dema9 au mat9 avec le projet de pass] la nuit pro*a9e une demie lieue de ,madrid1 dans une cav]ne au bord du ,mancan>es1 o notre *ef devait n\s h>angu]1 et n\s di/ribu] ses ordres1 relativem5t ce qui conc]nait notre sj\r dans cette capitale2 n\s m>*ions t\s ensemble1 il tait environ sept heures du mat9 4 4 4 ,brig&os p>aissait inquiet1 il semblait avoir quelques press5tim5s du malheur prt n\s accabl] 4 4 4 lorsque t\t c\p environ quatre lieues de la ville1 un dta*em5t de tr5te hommes *eval dbusque d'un petit bois1 n\s ent\re le/em5t l'improvi/e1 et n\s m5ace de la c>ab9e1 si n\s n'arrtons l'in/ant 4 4 4 ,faites de n\s ce que v\s v\drez dit ,brig&os1 avec rsignation1 n\s ne sommes ni en tat ni en volont de n\s df5dre 4 4 4 ,mais qu'elle fut sa surprise en prononant ces mots1 de reconnatre la tte de ce dta*em5t1 ,dom ,p$re1 4 4 4 ce mme *evali] de la sa9te ,h]m5dad1 auquel ,ca/el9a fille de notre *ef1 avait sauv la vie prs d',alcant>a1 et que la tr\pe avait soign1 n\rri et sec\ru p5dant quatre j\rs1 malgr les risques qu'elle y c\rait 4 4 4 ,sclrat lui dit ,brig&os1 n\s remets-tu bi58 4 4 4 te s\vi5s-tu que tu n\s dois la vie8 --,ami rpondit cet infme coqu91 la reconnaissance e/ nulle dans notre tat1 n\s n'c\tons que le devoir2 n\s ordonna-t-on d'gorg] nos pres1 n\s le f]ions p\r le s]vice du tribunal sacr dont n\s avons l'honneur de dp5dre #c4 ,c'e/ moi qui t'ai dnonc 4 4 4 ,c'e/ moi qui t'arrte1 t\tes les *anes sociales se dtruis5t env]s les crim9els1 on ne leur doit que de la rigueur1 et en disant cel1 le mon/re liait et g>rottait les ma9s de ,ca/ell9a1 ces ma9s1 ces mmes ma9s1 qui quelques sema9es aup>avant avai5t tan* le sang de ce tratre1 et l'avait r5du la vie4 ju/ice6 s'cria notre malheureux *ef1 en voyant cette horreur1 t'appell]a-t-on fille du ciel1 qu& de semblables =faits s\ill]ont tes membres2 s'il e/ vrai qu'un ,dieu g\v]ne les hommes1 doit-il tre reg>d comme quitable1 en tolrant de telles excrations sur t]re1 en s\ffrant que le bi5 ne s'y fasse que p> des crimes ffrayans6 puisse mon fune/e exemple appr5dre aux hommes que la plus gr&e de t\tes les sottises e/ d'c\t] ce s5tim5t famlique de la piti1 qui ne s]t qu' faire des +rats1 et qu'on n'pr\ve bi5 mo9s de t\rm5s ne jamais se livr] au bi51 qu' le pratiqu] au prix des remords dont l'+ratitude des autres vi5t pntr] nos curs4 ,v\s juges1 s\v]a9s1 magi/rats1 v\s enf91 qui t5ez la balance1 ne vaudrait-il pas mieux *ang] t\tes vos loix1 ne vaudrait-il pas mieux f\l] aux pi$s t\s vos pr9cipes1 que d'en admettre qui doiv5t ncessairem5t plac] le remords ct de la v]tu1 et conva9cre l'homme que c'e/ faire le bi51 qu'exi/5t les plus gr&s dang]s4 ,mais l'air emporte t\tes ces dclamations1 et sans di/+u] l'innoc5ce du crime1 n\s n'en sommes pas mo9s t\s1 lis et camps indiffremm5t comme des sacs sur les *evaux de ces alguasils1 qui n\s conduis5t rapidem5t ,madrid1 au palais de l'inquisition1 en qualit de bohmi5s1 de g5s sans aveu1 commettant p>-t\t diffr5ts excs1 la vrit sans effusion de sang1 clause qui1 au lieu de n\s faire mettre dans les prisons de la ju/ice1 n\s fit simplem5t plac] dans le sa9t tribunal4 ,d\ce v]tu me dis-je alors moi-mme2 e/-ce donc la pe9e d'enc5s] tes autels1 qu'ai-je gagn te rvr] dans mon cur8 4 4 4 ,qui dml]a ma9t5ant si je suis c\pable ou non6 qui protg]a mon innoc5ce 4 4 4 quel droit aurai-je la faire clat]4 ,aprs avoir t suivis de la f\le1 aprs avoir s]vi de pture la sotte curiosit du peuple1 n\s fmes remis entre les ma9s de l',alcade1 qui n\s conduisit t\t de suite dans les diffr5tes prisons qui n\s tai5t de/9es4 ,lonore6 mille et mille fois adieu1 me dit ,brig&os1 en n\s sp>ant1 je v\s recomm&e ma *re enfant1 si elle tombe avec v\s1 n'oubliez jamais fille v]tueuse que si mes fautes v\s envelopp5t dans ma disgrace1 j'ai du mo9s p> de v]s moi deux procds qui doiv5t m'obt5ir mon p>don prs de v\s 4 4 4 ,celui de v\s avoir sec\ru dans l'in=tune1 et celui de v\s aim] sans jamais avoir os v\s le dire4 ,ce d]ni] aveu m'tonna1 et j'en tais encore dans la surprise1 qu& ce malheureux dont les l>mes c\lai5t en me reg>dant1 fut aussitt arra* d'avec n\s2 ciel6 me dis-je1 je n'ai tr\v que de la duret dans les hommes du monde1 t\s ont v\lu abus] de mon malheur et de mon innoc5ce2 et c'e/ dans un *ef de brig&s que je r5contre de l'honntet et de la dlicatesse4 4 4 4 socit6 je le rpte1 ou vos loix sont bi5 iniques1 ou vos membres sont bi5 corrompus6 ce *ef in=tun suivait une c>rire dang]euse1 sans d\te1 je suis bi5 lo9 de v\loir l'excus]1 mais son esprit tait ju/e1 son cur dlicat et s5sible1 il devait succomb] ri5 de plus simple2 p>mi les tres aussi p]v]s1 aussi inju/es1 aussi inconsqu5s que les hommes1 celui qui prs d'un peu de mal ouvrira son ame1 beauc\p de v]tus1 doit prir infailliblem5t #d2 heureusem5t p\r moi1 la *ambre o je fus place1 se tr\va prs de celle de ,clm5t9e1 quelle consolation6 ,le l5dema9 de notre arrive1 n\s fmes t\s int]rogs "p2 je suivis ,clm5t9e qui me dit que vraisemblablem5t les autres femmes n\s avai5t prcdes1 elle en avait1 disait-elle1 app]u deux auxquelles il lui avait t impossible de p>l]2 elle n'eut pas le temps de m'en dire davantage4 --,on v9t me pr5dre et je p>us l'audi5ce4 ,le gr& inquisiteur tait seul qu& j'y entrai4 --,ce n'e/ pas le mme qui int]rogea ,sa9ville1 celui-ci vraim5t le *ef1 et le premi] de la maison e/ un homme de qu>ante-c9q ans1 d'une taille haute et fire1 fait comme h]cule1 l'air de la =ce1 de la sant et de la vigueur1 le reg>d sombre1 le s\rcil f>\*e1 la voix rude1 et m5aante1 et bi5 plus ressemblant l'excuteur mme de la ju/ice qu'au m9i/re quitable et dbonnaire1 qui ne doit que la faire *rir et rgn]4 ,on le nomme dom ,crispe ,brutaldi ,b>b>ibos de ,tortur5tia4 ,il m'ordonna de me mettre g5\x en entrant1 et de faire un acte de contrition devant le cruxcifix2 il tait deb\t1 il m'obs]vait d'un il rig\reux et svre1 o se mlait p\rtant une sorte de joie maligne et de curiosit lubrique4 ,qu& j'eus fait semblant d'obir ce qu'il me disait1 je me levai1 il s'assit1 me fit appro*] de lui1 et me reg>dant avec impud5ce s\s le nez1 il me dem&a en me tutoyant quel ge j'avais4 --,prs de dix-huit ans1 rpondis-je2--,es-tu fille1 es-tu femme8 --,je suis femme2 j'ai t enleve mon p\x en ,italie1 je c\rs la t]re p\r le *]*]2 je suis tombe p> haz>d dans les ma9s de ces bohmes1 et j'ai t prise avec eux4 --,tu n'es donc pas de leur tr\pe8 --,je ne suis qu'accid5tellem5t runi elle4 --,et qui es-tu8 --,ici je lui fis en peu de mots l'hi/oire de ma naissance et de mes malheurs4 --,bon1 bon1 conte que t\t cela1 me dit-il1 tu es une av5turire1 tu es une fille de mauvaise vie4 --,j'ai dit la vrit1 je v\s le prote/e4 --,mais ces bohmi5s ont abus de toi1 ils-t-ont viole8 --,je n'ai nuls repro*es leur faire1 puisse-je avoir autant me l\] de v\s1 que j'ai de graces leur r5dre4 --,on te trait]a comme tu le mrites1 tu z pr(an les sacrem5s1 n\s le savons1 tu s]as rtie petit feu1 tu vivras d\ze heures dans les flammes1 et l'on ne t'y plong]a que d*ire4 --,oh ciel6 quelque foi qu'il faille aj\t] des sacrem5s1 mrite-t-on la mort p\r n'y pas croire8 ,un dieu de paix veut-il le sang des hommes1 ses m9i/res doiv5t-ils le rp&re8 --,tu ne crois donc pas ces crmonies8 --,je crois qu'il exi/e un ,dieu bon qui le meurtre e/ en horreur4 --,tu te trompes1 ,dieu comm&e de tu] ceux qui ne croy5t pas la religion1 il ordonne son peuple de massacr] les nations idoltres1 son fils a dit1 je suis v5u apport] le glaive et non la paix4 --,en ce cas je ne crois po9t son fils4 --,c'e/ ce qui fait que tu s]as susp5due au milieu des flammes1 p\r en tre retire1 et y tomb] t\r-- t\r1 p5dant d\ze ou qu9ze heures que dur]a ton supplice4 --,j'invoqu]ai le dieu unique et sa9t que je crois1 il me sauv]a des ma9s de mes b\rreaux1 ,daniel l'implora dans la fosse1 et ,daniel en fut c\t4 ,et ici mes l>mes c\lr5t malgr moi4 --,qu& l'inquisiteur me vit pleur]1 il m'obs]va avec des yeux plus expressifs1 et qui1 en mme-temps me glacr5t d'effroi2 ses deux lvres se ress]ai5t l'une sur l'autre1 et une sorte de mugissem5t s'*appa de sa poitr9e1 il me dem&a si les l>mes que je v]sais tai5t celles du rep5tir8 ,je lui rpondis que je n'avais po9t fait de faute1 et que p> consqu5t je ne connaissais po9t le remord1 il cont9ua de me fix]1 et alors en s\pirant comme il v5ait de faire1 il fit un ge/e sur lui-mme qui me causa autant de surprise que de frayeur2 je m'app]u qu'il tait dans un gr& tr\ble1 il s'agitait sur son fauteuil1 r5\vellait le ge/e qui m'avait effray1 et cont9uait d't\ff] ses s\pirs 4 4 4 ,il avana une ma9 v]s moi comme p\r me rappro*] de lui1 cette ma9 jete trav]s de ma ce9ture1 tomba s\s mes re9s comme p> inadv]tance1 et pressa vivem5t ce qu'elle r5contra4 4 4 4 ,je le reg>dai firem5t1 et mes l>mes t>ir5t4 ,on n'imag9e pas ce que le vice qui s'oublie1 donne de =ce la v]tu2 il retira sa ma91 et m'ordonna de me mettre g5\x devant lui1 je m'y plaai quelque di/ance1 p]dant le plus que je p\vais du t]re9 qu'il m'avait fait gagn] en m'attirant4 ,il rejetta sa ma9 sur ma poitr9e1 l'ouv]ture de ma robe1 et me tira quoiqu'ag5\ille1 absolum5t entre ses jambes1 il prit mes deux ma9s les joignit sur ses cuisses o il les appuya1 et m'ordonna de rcit] le pat]4 --,je lui dis que je l'avais oubli1 4 4 4 ,il me dem&a d'autres prires4 --,je lui dis que depuis que je c\rais le monde1 je ne me s\v5ais plus de t\t cel1 que je ne savais qu'invoqu] ,dieu1 dans le fond de mon ame1 contre ceux qui travaillai5t me p]dre4 --,tu es une impie me dit-il en reportant ses doigts sur mon se91 comme p\r le c\vrir2 mais en effet1 p\r le t\*]1 j'c>tai sa ma9 t\t de suite4 4 4 4 ,ici sa figure s'anima prodigieusem5t1 le c\r\x s'y peignit ct de la luxure2 son agitation r$\bla1 et il recomm5a plusieurs fois sur lui-mme le ge/e indc5t qui lui tait *app1 il m'apo/ropha de deux ou trois invectives et me dit qu'il allait me faire mettre la "q2 p\rquoi faire lui dis-je8 --,p\r dc\vrir tes crimes4 --,je n'en ai po9t commis4 --,tes impits4 --,j'adore ,dieu4 --,tes complices4 --,je n'en ai po9t4 ,tu les nomm]as qu& je te t\rm5t]ai4 ,et ici sa respiration se pressa2 son cur et sa poitr9e palpitai5t1 et ses mots ne se prononai5t plus qu'en bgayant4 --,je saurai cont9ua-t-il1 t'impos] des supplices qui arra*]ont de toi la vrit1 ses ma9s se reportr5t alors sur mes deux se9s1 et ce fut en les saisissant nud1 non sans me faire une viol5te d\leur1 qu'il me rapro*a de lui d'avantage2 me tr\vant p> cette sec\sse entirem5t entre ses jambes1 il c>ta totalem5t le voile qui c\vrait ma poitr9e1 et sur ce que je le priai de me laiss]1 il me dit qu'il allait me faire entirem5t de%abill]1 c'e/ contre la pudeur rpondis-je1 et v\s me grondiez de l'avoir enfra9te4 --,ce qui se fait au nom de ,dieu n'(f5se jamais la pudeur1 et ses ma9s que je n'osais plus cont5ir1 ne m'atta*ant qu' le calm]1 s'g>ai5t indiscrtem5t sur ma gorge1 mais d'une manire si brutale1 qu'il me faisait frmir4 ,il r$esc5dit mon corset de t\s cts1 db>assa mes paules des man*es1 et le bu/e enti]1 au moy5 de cette manuvre1 se tr\va nud ses reg>ds4 ,il me dit en ce mom5t de sortir t\t fait mes deux bras de ma robe1 et sur mon refus1 il me m5aa d'un air effrayant d'appel] du monde4 --,j'obis donc1 je retirai d'abord un bras1 puis l'autre2 et a9si t\j\rs g5\x1 mes vtem5s tombr5t jusqu' la ce9ture1 cep5dant ses deux ma9s cont9uai5t de press] ma gorge et de se prom5] sur mes paules1 s\s mes bras1 et gnralem5t sur t\tes les p>ties mises nud2 il prit une de mes ma9s et la porta sur lui1 mais je la retirai si vite que son desse9 ne fut qu'imp>faitem5t accompli4 ,il me dem&a si je n'avais po9t sur la peau quelques signes qui pr\va que j'avais donn mon ame au diable1 il exam9a en consqu5ce t\t ce que l'tat o j'tais1 lui p]mit d'obs]v]2 alors il me fit relev]1 et t5ir droite entre ses jambes1 il me dit qu'il fallait qu'il exam9a le re/e de mon corps dans les mmes int5tions1 je me df5dis vivem5t1 il me m5aa de n\veau en m'ordonnant de la*] les rubans qui t5ai5t mes habits1 af9 qu'ils tombass5t t\t--fait4 ,et comme je m'ob/9ais le refus]1 il *]*a v]s ma ce9ture1 les li5s qu'il v\lait dgag]1 ne les tr\vant pas1 il me fit t\rn]1 les saisit au bas de mes re9s1 les rompit en fureur1 et t\j\rs dans cette attitude mes vtem5s c\lr5t mes pi$s4 ,j'ignore les m\vem5s qu'il fit alors sur lui-mme1 je ne p\vais les voir1 je sais seulem5t qu'il s'en p]mit2 que ses ma9s p>c\rur5t t\t ce qu'il v5ait de dc\vrir1 que ses yeux p>ur5t s'y fix] long-temps1 que son agitation fut inexprimable1 que ses s\pirs augm5tr5t de =ces1 qu'il pronona des mots sans suite1 tantt des loges1 et tantt des m5aces1 et que 4 4 4 retombant enf9 dans le calme1 il m'ordonna de me r'habill]4 ,je lui dis que puisque l'tat o je me tr\vais tait son ouvrage1 je v\lais ret\rn] dans ma *ambre1 et trav]s] t\te la maison dans ce dsordre1 il s'appro*a de moi ces mots1 mais sa figure n'avait plus aucun signe de c\r\x1 le s\rire mme p>ut un in/ant sur ses lvres1 il me dit en me passant la ma9 s\s le m5ton1 que j'tais une petite fille bi5 entte1 4 4 4 bi5 m*ante1 que je ne s5tais pas le bi5 qu'il me v\lait1 et t\t en disant cel avec les manires les plus d\ces1 il m'aida me raju/]4 ,sonna ds que je le fus1 et me r5voya dans ma *ambre en m'ordonnant de lui faire dire si j'avais beso9 de quelque *ose1 son int5tion tant que ri5 ne me manqua2 je pr(itai de cet in/ant de faveur1 p\r lui recomm&] ma compagne2 et sur cel il me rpondit qu'il ne connaissait que moi1 et qu'il ne pr5ait intrt qu' moi4 ,mon premi] so9 fut de racont] ,clm5t9e t\t ce qui v5ait de m'arriv]1 je lui dem&ai si la conduite de l'inquisiteur avait t la mme env]s elle1 je t'aurais t\t dit me rpondit ma compagne1 si j'en avais eu le temps1 avant que tu ne te r5dis o l'on t'appellait2 mais tu z vu l'impossibilit o je me suis tr\ve de te prv5ir4 ,mo9s pati5te que toi1 je ne lui ai pas donn le temps d'all] si lo91 et dev9ant ses desse9s au premi] mot1 je lui ai dem& ou de me r5voy] dans ma prison1 ou de ne m'int]rog] que devant des tmo9s2 cette f]met l'a mise en fureur1 et il m'a jur qu'il ne m'p>gn]ait pas4 ,hlas6 dis-je mon amie1 je me rep5ds de n'avoir pas imit ton c\rage1 mais j'ai deux raisons p\r excuses4 4 4 4 ,l'ffroi dans lequel j'tais 4 4 4 ,l'espoir que j'ai eu de l'att5drir et d'*app] aux gr&s dang]s en osant brav] les petits4 ,ses premi]s m\vem5s ont t ceux de la brutalit1 je ne m'tonn]ais pas qu'un peu d'am\r n'et peut-tre conduit les seconds2 si je croyais que ce s5tim5t put jamais natre dans une telle ame1 je ne le rep\ss]ais pas1 et son cur ammolli p> le dieu dont on obti5t t\t1 n\s donn]ait peut-tre l'une et l'autre1 les moy5s de lui *app]4 ,ici la cra9te d'tre ent5dues n\s emp*a de p\rsuivre1 et je me livrai seule mes rflexions4 ,oh ciel6 me dis-je ds que je fus un peu calme1 s]ait-ce donc ici le tombeau de cette fidlit qui m'e/ si *re1 et que je cons]ve avec tant de plaisir8 ,j'ai *appe aux piges d'un noble ,vniti51 un corsaire b>b>e n'a os att5t] ma pudeur1 elle n'a po9t cd aux p\rsuites d'un consul franais1 la veille d'tre empale ,s5n>1 ne sauvant ma vie qu'au prix de mon honneur1 j'ai tr\v le secret de g>d] l'un et l'autre1 j'ai vu un ,emp]eur cannibale mes g5\x1 je suis sortie intacte des ma9s d'un jeune ,portugais1 d'un vieux ,alcade de ,lisbonne1 des quatre plus gr&s dbau*s de cette ville1 dom ,flascos de ,b5da-,molla n'a pu triomph] de mes rigueurs2 une bohmi5ne1 deux mo9es et un *ef de brig&1 ont s\pir sans fruit4 ,et t\t cela s]ait-il1 gr& ,dieu1 p\r dev5ir la proie d'un inquisiteur4 4 4 4 ,hlas6 j'avais des ress\rces p>-t\t1 il ne m'en re/e aucune ici1 il faut que je prisse ou que ,dieu fasse un miracle en ma faveur1 et depuis celui de l'annonciation1 je ne sa*e pas qu'il en ait fait un seul en faveur de la v]tu des femmes4 ,huit j\rs se passr5t a9si1 sans que n\s ent5dissions p>l] de la mo9dre *ose1 et sans que n\s eussions d'autres d\ceurs1 ,clm5t9e et moi1 que de n\s entret5ir de nos communs dsa/res4 ,ce fut alors que v\s arrivtes prs de n\s1 dit ,lonore son m>i3 mon amie v\s implora p\r elle et p\r moi2 v\s n\s craignites1 votre prud5ce tait bi5 cruelle1 je ne v\s la repro*e pas1 elle tait ju/e2 il y a des cas o la commisration e/ impossible1 o elle n'e/ pas mme dans la nature3 elle n'en e/ donc alors qu'une loi secondaire1 qu'un s5tim5t goi/e4 ,plt au ciel que n\s eussions t pntrs de cette vrit1 qu& n\s sec\rumes le sclrat dom ,pdre1 n\s ne fussions pas dev5us aussi cruellem5t ses victimes4 ,quoi qu'il en soit1 v\s v\s sauvates seul2 votre vasion fit le plus gr& bruit2 elle n\s fit ress]r] t\s2 elle donna de l'humeur nos g>des1 et il n'y eut pas un seul prisonni] qui n'en s\ffrit4 ,le surl5dema9 de votre d"p1 tait enf9 le j\r de/9 la fatale scne qui n\s att5dait2 on n\s av]tit ds le mat91 de n\s t5ir prte p\r tre int]roge1 avec les =malits de rigueur2 je laissai pass] ce mot sans l'int]prt]2 mais ,clm5t9e1 ou plus cra9tive1 ou plus clairvoyante1 me dem&a si j'avais fait att5tion la phrase dont on s'tait s]vi8 --,non1 lui dis-je2 eh bi56 me dit-elle1 sois malheureusem5t bi5 sre que cet int]rogatoire1 avec les =malits de rigueur1 ne signifie autre *ose que la "q laquelle n\s allons c]ta9em5t tre appliques4 -- ciel6 tu me fais frmir1 4 4 4 et nos l>mes c\lr5t t\tes les deux4 ,neuf heures sonnr5t enf92 c'tait l'in/ant p\r lequel n\s tions av]ties2 l'alcade se prs5ta moi qu& on ouvrit ma porte2 et m'ayant prise "p1 sans que les geli]s puss5t n\s ent5dre2 il me confirma les cra9tes de ,clm5t9e4 4 4 4 ,v\s allez subir la "q1 me dit-il1 mais v\s pass]ez la d]nire3 cela v\s donn]a le tems de la rflexion4 ,si v\s dem&ez au rvr5d p]e inquisiteur d'tre une seconde fois int]roge secrtem5t p> lui seul1 il v\s l'accord]a1 et v\s ne subirez po9t de t\rm5s4 4 4 4 ,je l'av\e1 le db de ce disc\rs m'avait si =t t\rdie1 qu' pe9e en compris-je la f92 et comme il s'app]ut de mon tr\ble1 il me rpta ce qu'il v5ait de me dire4 ,n\s m>*mes4 ,clm5t9e1 dj conduite p> ses geli]s1 me devanait1 il me fut impossible de lui p>l]4 ,aprs avoir trav]s t\te la maison1 n\s desc5dmes un gr& escali] pratiqu s\s une vote1 qui1 au b\t de c5t m>*es1 n\s conduisit la porte d'un corridor si sombre1 qu' pe9e y voyait-on p\r se conduire4 ,au b\t de ce passage extrmem5t long1 n\s tr\vmes une porte de f] trs-troite1 att5ante un autre escali] t\rnant1 qui n\s (frit encore plus de c5t m>*es desc5dre2 je crus que n\s n\s engl\tissions dans les entrailles de la t]re #e4 ,le sil5ce qui s'obs]vait dans cette m>*e1 les frqu5tes effigies de sa9ts1 de vi]ges1 de reprs5tations de supplices1 dont tai5t remplis les murs de cette trav]se1 le bruit lugubre d'une multitude de portes de f] qui s'ouvrai5t et se ref]mai5t sur n\s mesure que n\s avancions1 l'obscurit pr(onde qui rgnait dans ces s\t]ra9s1 l'exception du peu de lampes allumes devant les images1 la hauteur1 l'humidit des votes1 quelquefois des cris et des mugissem5s s\rds qui sortai5t du fond des ca*ots1 t\t inspirait l'ame une sorte de t]reur s9i/re qui glaant la fois t\s mes s5s1 m'int]disait jusqu' la facult de p\voir suivre mes conducteurs4 ,n\s p>v9mes enf9 une d]nire porte qui s'ouvrit au plus lg] bruit que notre guide fit la s]rure1 n\s entrmes seules1 nos g>des se retirr5t aprs n\s avoir vu pass] devant eux4 ,au milieu d'une haute et gr&e salle vote1 de =me p>alllogramme1 uniquem5t claire p> des lampes1 tait une longue table1 aut\r de laquelle se tr\vai5t assis le gr& inquisiteur1 le gr& vicaire de l'ar*evque1 oblig d'assi/] ces crmonies1 et le greffi]4 ,dans trois des co9s de ce fatal endroit1 se voyai5t les diffr5s prp>atifs des trois supplices employs communm5t l'inquisition4 --,celui de la corde1 celui de l'eau1 et celui du feu #f2 deux b\rreaux assi/ai5t *acun de ces apprts2 ils tai5t vtus d'une tunique noire1 la tte affuble d'un capu*on p]c aux yeux1 et le plus gr& calme rgnait dans l'assemble4 ,ca/ell9a1 cette d\ce et *>mante fille de ,brig&os1 n\s att5dait la porte de la salle3 elle y fut introduite avec n\s4 ,quelqu'effraye que je fusse1 mon c\rage ne m'ab&onna po9t4 ,je me ress\v9s de ce que m'avait dit l'alcade1 et je crus voir dans ces p>oles un peu d'espoir et de consolation que je payais bi51 sans d\te1 puisque je ne p\vais envisag] p\r motif de cette tolrance1 qu'un s5tim5t dont les suites m'euss5t t plus cruelles que la mort4 ,quoi qu'il en ft1 je p\vais au mo9s me tir] d'affaire bi5 plus facilem5t1 n'ayant cra9dre que cette sorte de dang]1 qu'expose ceux dont les apprts me faisai5t frmir4 ,on n\s fit mettre d'abord g5\x t\tes les trois aut\r de la table1 et dans cette po/ure1 l'inquisiteur n\s dem&a1 d'o vi5t que n\s avions pr(an les sacrem5s de l'glise8 --,n\s rpondmes que cela ne n\s tait jamais arriv4 ,sur cela le gr& vicaire prit la p>ole et dit1 --qu'il tait inutile de r5i] un fait av\ p> nos compagnons4 ,on dem&a ,ca/ell9a si elle ne vivait pas en intrigue crim9elle et ince/ueuse avec son pre1 elle jura que non4 --,avec son frre1 --elle dit que leur usage tait de se m>i] entre frres et surs2 qu'elle tait de/9e p\s] son frre2 mais que n'tant po9t encore sa femme1 elle n'avait jamais prise aucune lib]t avec lui2 que v\lant mme se cons]v] pure p\r celui qu'on lui de/9ait2 elle n'avait jamais m5 la vie pro/itue de ses compagnes2 qu'elle rpondait de sa virg9it1 et qu'on p\vait la faire exam9]4 ,ensuite elle aj\ta que ,clm5t9e et moi avions galem5t vcu dans la plus extrme cont95ce1 depuis que n\s tions aggrges eux4 --,on lui dem&a si elle croyait la religion ca?olique1 elle dit que non2 on n\s adressa la mme "q1 --n\s y fmes la mme rponse4 ,on dem&a la fille de notre *ef1 p\rquoi elle n'aj\tait po9t de foi ce culte8 elle dit qu'elle ne croyait pas le devoir1 et qu'elle ne le p\vait pas3 et la mme int]rogation n\s rpondmes1 ma compagne et moi1 que n\s tions conva9cues que ce culte (f5sait s\v]a9em5t la div9it1 et que n\s l'avions abjur ds l'enfance4 --,p]fide rponse1 s'cria madame de ,blamont2 ,lonore1 n'eussiez-v\s pas d tre plus prud5te8 --,les appro*es des plus affreux supplices1 rpondit ,lonore1 ne me f]ai5t jamais fe9dre sur cet objet1 madame4 -- ju/e ciel6 s'cria1 avec des pleurs1 madame de ,blamont1 dont l'ame dlicate et t5dre s'all>mait de t\t ce qui p>aissait enfre9dre les s5tim5s pieux auxquels elle tait inviolablem5t atta*e4 --,femme jamais respectable1 dit le comte1 en pr5ant les ma9s de son amie2 v\s tes tellem5t pure1 qu'un rcit mme v\s (f5se2 mais de grace1 laissons cont9u] votre fille4 4 4 4 ,eh bi56 ,lonore1 que v\s dem&a-t-on ensuite8 ,si n\s tions juives1 reprit l'aimable p\se de ,sa9ville1 n\s assurmes que non2 n\s dmes que n\s tions d/es1 et qu'il n'exi/ait aucun t\rm5t qui pt n\s faire *ang] de faon de p5s]4 --,on n\s dem&a si n\s aidions les hommes dans les vols qu'ils faisai5t2 n\s assurmes que non4 ,enf9 on n\s dem&a si n\s tions livres au dmon8 n\s prote/mes que non2 et nos rponses tant t\tes crites1 on n\s fit lev]4 ,le greffi] re/a la table2 ,clm5t9e et moi1 prs de lui1 sur des tab\rets2 le gr& vicaire et l'inquisiteur fur5t s'asseoir sur deux fauteuils1 placs dans celui des co9s qui n'tait po9t occup p> des app>eils de supplices4 ,ils appelr5t eux ,ca/ell9a2 ils lui ordonnr5t de se dp\ill] entirem5t2 elle recula d'horreur1 en prote/ant que cela ne lui tait jamais arriv devant aucun homme2 l'inquisiteur lui dit que cela devait tre a9si2 qu'il fallait absolum5t procd] la visite de son corps2 4 4 4 que ce qui tait crime devant les monda9s1 cessait de l'tre aux yeux des m9i/res du seigneur2 et comme elle refusait encore1 deux b\rreaux s'appro*r5t1 p> ordre de dom ,crispe2 ils la saisir5t et la dp\illr5t en un in/ant2 ds qu'elle fut en cet tat1 les b\rreaux se retirr5t2 un d'eux s'emp>a d'une spatule qu'il t9t au feu1 jusqu' ce qu'il ft appell4 ,il s'agit1 dit alors l'inquisiteur cette belle et malheureuse fille1 la pudeur sur le front1 et les j\es inondes de l>mes1 il s'agit de vrifi] sur t\tes les p>ties de votre corps1 si v\s ne portez po9t les /igmates du dmon2 appro*ez-v\s4 4 4 4 --,elle obx1 et dom ,crispe l'ayant1 p> un m\vem5t de son fauteuil1 enf]me entre le gr&-vicaire et lui1 t\s deux exam9r5t avec le plus gr& so9 *acune des diffr5tes p>ties du corps de cette fille1 qui se tr\vait t\rne v]s eux4 ,au b\t d'un assez long- tems1 on la fit *ang] d'attitude2 ensorte qu'elle (frait ma9t5ant l'un1 ce qu'elle v5ait de prs5t] l'autre4 ,le sil5ce tait pr(ond2 on obs]vait de =t prs1 et avec le so9 le plus exact4 ,les doigts vrifiai5t ce que l'il ne disc]nait pas bi51 4 4 4 facilitai5t les re*]*es1 ou fixai5t les positions2 il y avait prs d'une heure que l'exam5 durait1 et cette victime in=tune avait dj t visite trois fois de l'un et de l'autre ct1 p> *acun de ses juges1 sans qu'il se ft prononc une p>ole1 lorsque l'inquisiteur obs]va sur le se9 gau*e1 un signe noir presque imp]ceptible2 il le montra sur-le-*amp son confrre1 et t\s deux ordonnr5t au greffi] d'crire qu'on v5ait de reconnatre la p>tie qu'ils dsignr5t1 un /igmate bi5 c]ta9 du dmon1 ils lui enjoignir5t d'obs]v] et d'crire de mme le m\vem5t qu'allait faire cette enfant du diable1 lorsqu'on imprim]ait un f] ard5t sur ce signe impie4 ,selon eux la victime ne devait ri5 s5tir1 si le signe tait de ,satan4 ,la pauvre fille de ,brig&os voyant appro*] v]s elle le b\rreau arm du f]1 dem&a in/amm5t de n'tre pas brle1 jurant et prote/ant que ce signe lui v5ait de sa mre2 mais ri5 n'y fit2 dom ,crispe saisit le se91 et montra du doigt au b\rreau l'endroit o il devait faire son application1 p5dant que lui- mme conti5drait2 le f] fut appuy r\ge1 et la pati5te jetta deux ou trois cris4 --,allons1 dit l'inquisiteur1 ds que ce moy5 ne russit pas1 il faut us] d'un autre2 il n'e/ que trop c]ta91 p\rsuivit-il1 que cette crature e/ v\e au dmon2 et puisqu'elle refuse d'en conv5ir1 il faut tir] des rponses d'elle p> la voie des tortures2 alors elle fut saisie p> deux que/ionnaires qui la conduisir5t auprs du feu1 et lui fir5t endur] cette sorte de supplice4 4 4 4 ,les po9tes acides et aigus de cet lm5t1 n'eur5t pas plutt pntres la plante de ses pi$s1 imbibe de matires combu/ibles1 qu'elle p\ssa des cris affreux1 et conv9t qu'elle tait effectivem5t v\e au dmon ds son enfance4 ,on lui dem&a quel motif avait pu engag] ses p>5s en agir a9si2 elle dit qu'elle l'ignorait2 et on la rappliqua p\r tir] d'elle ce second aveu4 ,aprs avoir encore s\ff]t long-tems1 et ne sa*ant que rpondre cette "q3 elle dit p\r se s\/raire aux maux qu'elle endurait1 que ce qui fait qu'on l'avait v\e au dmon1 tait l'espoir de lui faire faire sa =tune1 et que c'tait d'ailleurs un des dogmes de sa religion4 --,enf9 on lui dem&a quels tai5t les complices que son pre p\vait avoir hors de la tr\pe8 elle dit qu'elle ne lui en connaissait aucun4 ,on la r*auffa1 mais de beauc\p plus prs4 ,elle jetta des cris p\vantables1 et tressaillit avec tant de viol5ce1 qu'elle s'enleva de plus de deux pi$s2 quoiqu'elle ft =tem5t cont5ue4 ,t\s ses traits tai5t r5v]ss1 ses *eveux hrisss sur sa tte1 s'agitai5t et se dressai5t d'eux-mmes2 ses muscles rac\rcis se cont\rnai5t de mille effrayantes manires1 et la malheureuse faisait reg>d]1 autant de piti que d'horreur4 ,alors je me rappelai les sec\rs que je lui avais vu donn] au sclrat1 cause des t\rm5s affreux qu'elle endurait4 --,je me peignis sa c&eur et sa bi5faisance1 et je me dis3 --,e/-il possible que des qualits si relles1 ne contrebalanc5t pas des vices imag9aires2 et le ciel e/-il ju/e1 qu& il ab&onne la v]tu de si gr&s t\rm5s4 ,mais si1 dans cet in/ant1 les infamies dont j'tais tmo91 m'engageai5t dclam] contre le ciel et contre les hommes1 combi5 l'vnem5t qui suivit1 n'augm5ta-t-il pas l'horreur que j'pr\vois contre t\te la t]re6 la troisime reprise1 ,ca/ell9a1 jeune et =te1 se df5dant avec vigueur1 ex]a celle de ses b\rreaux1 l'un d'eux s'agitant p\r la cont5ir2 laissa tomb]1 en se dbattant1 le capu*on qui lui c\vrait la tte4 4 4 4 ,oh ciel6 quel tait celui qui remplissait cette horrible fonction6 le croirez-v\s8 4 4 4 ,dom ,p$re1 4 4 4 l'excrable dom ,p$re1 4 4 4 cet insigne sclrat1 non cont5t d'avoir dnonc1 4 4 4 arrt lui-mme celle qui il devait la vie 4 4 4 se tr\vait encore au nombre de ses p]scuteurs2 4 4 4 que dis-je1 il tait le seul qui et agi qu& il avait fallu lui faire endur] le supplice 4 4 4 ,le seul qui allait agir encore1 elle le reconnut3 4 4 4 elle dt\rna les yeux avec horreur1 et le mon/re se raju/ant bi5 vite1 a*ve de lui calc9] les pi$s4 4 4 4 v\s1 qui mettez votre gloire et votre flicit sec\rir les maux de l'in=tune 4 4 4 v\s qui c\rrez *]*] l'indig5t s\s l'humble toit qui le recle 4 4 4 ,v\s qui s*ez ses pleurs et lui r5dez la vie1 4 4 4 que cette excration ne v\s arrte po9t2 t\tes les belles ames ne sont pas aussi malheureuses que ,ca/ell9a2 4 4 4 t\s les individus que l'on s\lage ne ressembl5t pas dom ,p$re4 ,enf9 la tri/e victime de tant de sclrats runis1 va9cue p> les d\leurs1 av\a t\t ce qu'on v\lut1 mais elle p]si/a dire que ,clm5t9e et moi n'tions tombes dans leurs ma9s que p> haz>d2 et que n\s n'tions nullem5t fautives4 ,on la rel*a1 et elle fut dcl>e c\pable sur ses aveux1 d'impits1 de comm]ce avec le diable1 et de vol public4 ,aprs l'avoir un in/ant laisse respir]1 l'inquisiteur ordonna qu'elle ft rapporte dans sa *ambre1 et qu'elle et s'y prp>] la mort4 ,elle t\rna v]s n\s ses deux gr&s yeux languissans et noys de l>mes4 4 4 4 ,elle s\pira1 sembla n\s adress] le d]ni] adieu1 et sortit4 ,voil comme fut traite une pauvre fille de seize ans1 belle comme un ange1 sage1 v]tueuse1 du plus excell5t c>actre1 qui peu de j\rs avant1 s'tait dp\ille p\r sec\rir celui qui s]vait auj\rd'hui de b\rreau4 4 4 4 ,in=tune1 dont l'unique tort tait d'app>t5ir des p>5s qui l'avait corrompue ds l'enfance4 ,quoique les aveux de ,ca/ell9a euss5t d n\s p>gn] les t\rm5s de la torture1 si la ju/ice eut rgn dans un tribunal aussi effroyable1 on n\s dcl>a qu'il fallait n\s prp>] au mme sort4 ,je fus appele1 4 4 4 me tr\vant t\t prs de ces mon/res1 je pus les obs]v]4 ,le feu sortait de leurs yeux1 ils etai5t l'un et l'autre dans une ardeur prodigieuse2 4 4 4 mais il tait difficile de dire quel tait le motif de cette irritation8 4 4 4 suppos] un in/ant la raison p\r eux1 devai5t-ils pr\v] autre *ose qu'une f]met compatissante1 et beauc\p de piti8 ,mais de tels s5tim5s ne sort5t pas l'ame de son assiette2 ils ne jett5t pas dans un tr\ble p>eil celui o tai5t ces sauvages2 ils ne font pas cum]1 ils ne font pas vomir des imprcations2 ils ne plac5t pas sur le front une sorte de colre tnbreuse1 presque impossible df9ir6 ,il y avait donc autre *ose dans ces curs p]v]s que ce qui devait naturellem5t y natre1 et quelle tait cette passion tumultueuse et dsordonne1 qui leur faisant un jeu des tortures qu'ils infligeai5t1 teignai5t en mme-tems les vrais m\vem5s p]mis dans leur situation4 v\s qui tolrez de tels tribunaux1 4 4 4 rfl*issez cette cruelle analyse1 et voyez si le bi5 que v\s retirez de ces dang]euses in/itutions1 vaut t\s les crimes secrets qu'elles entran5t4 ,l'inquisiteur en entrec\pant ses mots1 et respirant avec difficult1 me dem&a d'un air svre1 si les exemples que je v5ais de voir1 produisai5t quelqu'effets sur moi8 4 4 4 ,alors je me ress\v9s de ce qu'on m'avait dit1 et jugeant que ce n'tait pas le mom5t de l'aigrir1 je lui dis que ces effets tai5t si viol5s en moi que j'tais rsolue lui av\] des *oses =t secrettes1 et de nature ne p\voir tre dites qu' lui2 que j'implorais en consqu5ce vivem5t de ses bonts1 un int]rogatoire secret4 ,le gr&-vicaire dit que cela ne se p\vait pas2 que j'aurais d pr(it] de celui que j'avais eu1 mais qu'il tait impossible de m'en accord] un second2 que je n'avais qu' dire ce que j'avais rvl]1 aprs qu'au pralable la visite de mon corps aurait t faite2 4 4 4 et en disant cela1 sa physionomie se dmontait1 il lanait sur moi des reg>ds1 tels que le s]ai5t ceux du lion prt dvor] sa victime4 ,je me jettai aux g5\x de mes juges2 je leur dem&ai avec les plus vives in/ances1 de m'c\t] dans un endroit mo9s effrayant4 4 4 4 ,cela ne s'e/ jamais fait1 dit le gr&-vicaire1 et en mme temps il fit signe aux b\rreaux d'avanc]4 ,en ce mom5t je me pro/]nai la face contre t]re1 et r5\vellai mes in/ances avec tant de *aleur1 que dom ,crispe qui1 comme je m'en d\tais bi51 devait y cd]1 dit son confrre1 --eh bi56 je saurai dema9 ce que c'e/1 monsieur1 aprs dema9 mat9 je v\s donne r5dez-v\s ici p\r y t]m9] notre besogne4 ,le gr&-vicaire assez mcont5t1 se r5dit1 on me r5voya1 je les laissai t\s deux avec ma malheureuse amie1 qui1 ds ce mom5t1 me fut s\/raite1 et ne rep>ut plus ct de moi4 l'heure du dn] la porte de la *ambre de ,clm5t9e s'ouvrit1 une femme y entra1 j'appelai1 une voix trangre me rpondit1 et je fus f*e de mon imprud5ce4 ,cep5dant la conv]sation s'engagea4 ,mais je ne t>dai pas m'app]cevoir que cette femme n'tait place prs de moi que p\r me faire accept] les propositions qui m'allai5t tre faites4 ,v\s racont] t\tes les in/igations de cette c\rtire1 t\tes les ruses qu'elle employa p\r me sduire1 s]ait aussi long qu'ennuyeux4 ,v\s saurez seulem5t que le rsultat de ses manuvres fut de me conseill] d'accept] t\t ce que me propos]ait le gr& inquisiteur1 ds que j'tais assez heureuse p\r avoir obt5u la p]mission d'une seconde entrevue1 cette faveur tait la preuve c]ta9e des bons desse9s qu'il avait sur moi4 ,je s]ais une folle de rsi/] lui accord] de bonne grace1 ce qu'il ne t5ait qu' lui d'obt5ir de =ce4 ,v\s n'pr\v]ez d'ailleurs1 p\rsuivait cette femme1 en m'enjoignant le secret1 que ce qui m'e/ arriv moi-mme4 ,je devais p]dre la vie1 quoique mon crime ft bi5 mo9s grave que le votre4 ,il m'a tmoign de bons s5tim5s1 je m'y suis r5due1 et je t\*e l'in/ant de ma lib]t4 ,ne v\s effrayez po9t de son air2 cette gravit e/ de c\tume dans le mti] qu'il fait2 mais c'e/1 dans le fond1 le meilleur homme du monde1 et le plus aimable avec les femmes4 4 4 4 ,croyez-moi1 saisissez la =tune qu& elle s'(fre v\s2 vos refus p\rrai5t v\s cot] *]4 ,songez que cet homme e/ plus puissant que le roi lui-mme1 et qu'il peut1 en un mot1 fussiez-v\s c5t lieues d'ici1 v\s abs\dre ou v\s p]dre au plus lg] m\vem5t de sa volont #g4 ,dans les dispositions o j'tais de t\t obt5ir des s5tim5s que je v\lais inspir] l'inquisiteur1 je me g>dai bi5 de rfut] les propos de son ag5te2 je lui dis que je m'e/imais effectivem5t trs-heureuse de plaire ce s\v]a9 juge1 et que je n'avais ri5 de plus cur que de me tr\v] digne de ses bonts4 ,ds le mme soir mes rponses fur5t sues1 et le l5dema9 dom ,crispe1 press sans d\te d'en v5ir au dn\em5t1 me fit dire qu'il m'admettait l'honneur d'all] pr5dre du *ocolat *ez lui2 je me p>ai du mieux qu'il me fut possible2 je ne ngligeai ri5 de t\t ce qui p\vait relev] l'clat de quelques traits dont j'att5dais et ma lib]t et ma vie1 sans r5dre p\r cela mon amant plus heureux qu'aucun de ceux auxquels j'avais eu le bonheur d'*app] jusqu'ici4 ,on v9t me *]*] v]s les dix heures1 et je fus my/rieusem5t introduite dans l'app>tem5t de son m95ce3 il ordonna de f]m] t\tes les portes ds que je fus entre1 et df5dit expressm5t qu'on s'avist de l'int]rompre1 s\s quelques prtextes que ce pt tre4 ,il faisait =t *aud1 et monseigneur1 encore en d%abill1 n'tait c\v]t que d'une robe flottante de gros-de-,t\rs brune1 qui ne l'enveloppait pas trs-exactem5t2 il tait c\* dans une pr(onde b]gre1 qu& je p>us1 et sans se drang]1 il me fit plac] sur une *aise qui se tr\vait en face1 le plus prs possible de son sige4 ,mon enfant1 me dit-il1 sitt que je fus assise1 je fais p\r v\s ce que je me p]mets p\r bi5 peu de femmes2 mais je ne v\s ca*e pas que v\s m'avez pl2 votre sort e/ entre vos ma9s2 v\s avez vu ce qui e/ arriv hi] une de vos compagnes2 les mmes t\rm5s sont prp>s p\r v\s1 et dema9 cette heure-ci1 je ne s]ai plus le matre de v\s sauv]4 ,or cela va plus lo9 que v\s ne p5sez4 ,il e/ r>e de subir la "q1 sans tre intrieurem5t condamn la mort4 ,il s'agit donc ici de vos j\rs1 et je v\s prvi5s que v\s ne p\vez les sauv] qu'au prix de la s\mission la plus aveugle t\tes mes fantaisies1 duss5t-elles mme1 aj\ta-t-il1 en me fixant avec impud5ce1 n'tre pas de nature v\s plaire4 4 4 4 ,v\s s5tez bi5 que des g5s comme n\s n'agiss5t pas comme le commun des mortels2 4 4 4 l'habitude des femmes1 t\j\rs bi5 fatale leur culte4 ,cette sorte de despotisme et d'impunit dont n\s j\issons1 les ri*esses imm5ses qui sont en notre p\voir 4 4 4 ,ce droit de mort que n\s avons sur t\s les sujets de l'empire2 4 4 4 ,cette multitude d'esclaves qui n\s enc5se2 4 4 4 des dsirs satisfaits presqu'aussitt que =ms4 4 4 4 ,t\t cela corrompt les murs et dprave les gts 4 4 4 mais quelques soi5t enf9 les *oses o je vais v\s contra9dre1 cela vaudra t\j\rs mieux que d'tre supplicie4 4 4 4 ,je suis trop bon de m'abaiss] dem&] ce que le plus simple de mes ordres peut m'obt5ir dans la m9ute1 sans qu'il v\s soit possible d'y apport] le plus lg] ob/acle4 4 4 4 ,rfl*issez la dbilit de votre position2 v\s tes franaise1 4 4 4 loigne de votre patrie1 4 4 4 br\ille avec vos p>5s2 4 4 4 eussiez-v\s mille vies1 4 4 4 *tive crature1 et me plt-il de v\s en enlev] une t\s les j\rs1 4 4 4 pas un tre exi/ant sur la t]re ne vi5drait m'en dem&] raison4 ,que cette extrme infriorit v\s jette donc aux pi$s de ma puissance1 et humiliez-v\s sans dlais4 4 4 4 ,je vais essay] quelques prlim9aires ce mat91 je vrifi]ai votre s\mission2 4 4 4 et si j'ai lieu d'tre cont5t de v\s1 je v\s env]rai pr5dre ce soir p\r pass] la nuit avec moi4 ,oh6 monseigneur1 dis-je en me jettant aux pi$s de ce mon/re1 que mes intrts m'obligeai5t d'rig] en matre4 4 4 4 ,connaissez mieux l'n]gie de ce p\voir que v\s m'allguez2 v\s ne l't5dez que sur les p]sonnes1 et c'e/ au fond de mon cur que j'en pr\ve t\te la =ce4 4 4 4 ,ah6 n'ordonnez pas ce que v\s p\vez si bi5 mrit]2 ne comm&ez pas ce que v\s tes fait p\r obt5ir2 les actes de la plus sublime puissance val5t- ils un des droits de l'am\r8 4 4 4 ,t\te autre femme ne v\s p>l]ait pas comme je le fais1 humble esclave de vos caprices1 elle les satisf]ait en v\s mprisant2 v\s avez fait natre en moi des m\vem5s d'une bi5 autre sorte2 4 4 4 laissez-moi j\ir de leur dlicatesse2 ne tr\blez pas le *>me que je gte v\s les pe9dre2 ne glacez pas le cur o v\s tes fait p\r rgn]4 4 4 4 ,non1 ne l'arra*ez pas de la ma9 qui v\s l'(fre1 et laissez l'am\r le so9 de v\s en prp>] la j\issance4 4 4 4 ,comm5t1 dit le mo9e tonn1 en me relevant et me replaant auprs de lui1 se p\rrait-il que je t'eusse inspir quelque t5dresse8 4 4 4 et je baissai les yeux en r\gissant2 --mon enfant1 e/-il vrai que tu m'aimes8 4 4 4 --,il e/ vrai1 dis-je en jettant sur lui des reg>ds passionns1 que je n'ai jamais connu de mortel dont j'osasse espr] tant de bonheur4 4 4 4 ,il e/ vrai que si j'tais assez heureuse p\r faire natre en v\s la moiti de ce que j'pr\ve1 il n'y aurait pas de femme sur la t]re dont le sort pt se comp>] au mi54 4 4 4 ,mais1 cont9uai-je1 en essuyant quelques l>mes1 que j'eus l'air de sortir de mon cur3 4 4 4 ,quel va9 espoir e/ le mi52 e/-ce bi5 moi d'os] jett] les yeux sur le premi] s\v]a9 du monde4 4 4 4 ,ah6 qu'il daigne un in/ant c>t] sa gr&eur2 qu'il oublie les titres qui lui s\mett5t l'univ]s1 p\r ne plus song] qu' ceux de l'homme aimable 4 4 4 ,qu'il p]mette une in=tune d'ador] dans lui ce qui le r5drait digne des plus gr&es pr9cesses de la t]re4 ,ri5 n'e/ confiant comme l'am\r-propre2 le rvr5d pre dom ,crispe brutaldi b>b>ibos de tortur5tia1 le plus effrayant des hommes1 se crut au mme in/ant bi5 plus beau qu',adonis1 et la dpravation de ses murs1 tempre p> les illusions de l'orgueil1 il se p]suada si bi5 qu'il tait aim1 qu'il se crut t\t d'un c\p fait p\r l'tre4 4 4 4 ,mon enfant1 me dit-il1 en vrit1 si j'avais imag9 que tu pus ress5tir p\r moi une telle passion1 je t'aurais vit t\s les dsagrm5s qu'on t'a fait essuy]4 ,n\s sommes acc\tums j\ir ici des femmes1 sans que l'am\r dirige les hommages2 et c'e/ un s5tim5t que je connais bi5 mal2 mais avec quels dlices j'en f]ai l'preuve avec toi4 4 4 4 ,j'ai peu vu de cratures plus aimables 4 4 4 ,je n'en connais po9t de plus jolies4 4 4 4 ,eh bi56 mais cela ne *ange ri5 nos projets4 4 4 4 ,je t'env]rai t\j\rs pr5dre ce soir1 et n\s pass]ons ensemble une nuit dlicieuse4 -- ciel6 que dites-v\s1 repris-je avec effroi1 essay] les d\ceurs de l'am\r au milieu des b\rreaux6 4 4 4 respir] ses roses sur les p9es de l'esclavage6 p\rrai-je c\t] mon ame ent\re de t\tes ces horreurs8 ,et comm5t liriez-v\s dans cette ame en*ane1 le s5tim5t que v\s avez fait natre8 v\s auriez prs de v\s une idole1 et non la femme dlicate et s5sible qu'ont enflamme vos *>mes8 ,ah6 v\s ne connaissez pas l'imag9ation vive et ard5te d'une franaise3 un ri5 l'enivre1 un ri5 la blesse2 et quelqu'aimable que soit l'amant1 s'il ignore l'art d'enflamm] cette imag9ation1 p\r qui les *imres sont des dieux1 il a manqu l'objet qu'il *]*e2 il a v\lu plaire1 et ne l'a pas su4 ,quittons ce cloaque d'infamie2 v\s avez1 sans d\te1 une campagne1 allons-y *]*] le bonheur2 allons-y ranim] nos feux aux d\x *ants de la colombe am\reuse4 4 4 4 ,v5ez1 4 4 4 v5ez1 v\s que j'adore2 v5ez remplac] les nuds dont v\s *>gez mes ma9s1 p> les guirl&es de fleurs que n\s y cueill]ons ensemble2 semons-en le trne o v\s v\lez obt5ir la victoire2 ,zphire et ,flore embelliront nos jeux4 ,l t\t gay]a nos plaisirs1 t\t les ranim]a sans cesse1 et la nature au milieu de ses dons1 sembl]a n'exi/] que p\r n\s4 --,syrne en*ant]esse1 me dit dom ,crispe1 en m'attirant am\reusem5t v]s lui1 laisse-moi bais] ces levres d'o sort5t des mots si d\x4 4 4 4 ,mais me retirant aussi-tt de ses bras1 --non1 m'criai-je2 et p\rquoi v\lez-v\s que je v\s accorde1 qu& v\s ne me promettez ri58 ,le bais] que v\s exigez de moi e/ un des plus prcieux dons de l'am\r2 mon cur e/ prt v\s le donn]1 mais ma raison s'y oppose4 ,t\t ce que je vois drange ma tte2 t\t ce qui m'ent\re me glace2 quittons ces lieux 4 4 4 quittons-les au plutt1 et v\s v]rez quel *angem5t dans mon ame enivre6 4 4 4 ,sors1 friponne1 sors1 dit le mo9e en feu1 tes yeux et tes p>oles me *ang5t absolum5t 4 4 4 ,je ne me reconnais plus4 4 4 4 ,ds qu'il f]a nuit1 4 4 4 un homme sr vi5dra te *]*]4 4 4 4 ,tu le suivras1 4 4 4 n\s irons dans ce lieu de dlices que tu envies1 mais tu ne m'y quitt]as pas4 4 4 4 ,et si jamais ton ame p]fide2 --gr& ,dieu6 m'criai-je d'un air demi c\rr\ce1 4 4 4 quittez1 quittez ce ton effrayant de la m5ace4 4 4 4 ,que craignez-v\s1 qu& v\s avez mon cur8 4 4 4 ,que v\s faut-il qu& je v\s aime8 ,*>gez l'am\r du so9 de me donn] des f]s1 ils s]ont bi5 plus srs que ceux qui me captiv5t ici1 et v\s ne les aurez ds qu' v\s4 ,je sortis1 4 4 4 laissant mon mo9e aussi am\reux qu'il tait possible qu'il le ft4 4 4 4 pe9e fus-je r5tre1 que la femme qui tait prs de moi1 v\lut me faire quelques que/ions1 mais je prtextai le beso9 du sommeil1 et elle me laissa tranquille4 4 4 4 ,l'heure frappe1 on e/ exact1 et invoquant mon heureux de/91 je quitte cette inf]nale prison1 aussi dcide n'y plus rev5ir1 qu' ne jamais accord] ce qui p\vait m'en faire lgitimem5t1 ou plutt illgalem5t ouvrir les portes4 ,monseigneur e/ devant1 me dit t\t bas le laquais qui tait v5u me pr5dre1 et la voiture que v\s voyez e/ de/9e p\r v\s et moi2 c> je rponds de v\s sur ma vie1 jusqu' la maison de son m95ce4 ,je ne dis mot4 4 4 4 ,n\s n\s plaons t\s deux1 et en mo9s de deux heures1 trois mulles sup]bes n\s arriv5t une campagne loigne de plus de six lieues de ,madrid4 ,quoiqu'il ft nuit1 je rem>quai1 avec le plus gr& so91 t\s les abords de cette maison1 et v\s v]rez bi5tt si mes obs]vations fur5t ncessaires4 ,j'entre dans un sallon dlicieux1 o le mo9e b\illant d'am\r et d'impati5ce1 m'att5dait seul en habit de campagne la franaise1 qui ne le r5dait que plus gigantesque et plus effrayant encore4 4 4 4 ,es-tu satisfaite1 me dit-il en acc\rant v]s moi1 et m'embrassant avec transport1 recevrai-je enf9 ici le prix de t\t ce que je fais p\r te mrit]2 ,ah6 rpondis-je1 avec en?\siasme1 v\s me =cez de jo9dre la reconnaissance la plus vive1 t\s les s5tim5s que v\s m'avez inspir4 4 4 4 ,je ne suis plus matresse de mon cur2 il ne m'e/ pas possible de v\s le refus]4 4 4 4 ,ensuite1 p\r gagn] du temps1 je le priai de me faire voir sa maison4 ,c5t b\gies fur5t aussitt allumes1 et il me prom5a p>-t\t4 --,arrivs enf9 dans un cab9et *>mant1 o t\t inspirait la volupt1 o la quantit prodigieuse de glaces multipliai5t les situations1 o les canaps les plus molleux semblai5t (frir p>t\t des trnes l'am\r2 l'incont95ce de dom ,crispe p>la plus haut que sa dlicatesse4 ,il me s]re dans ses bras avec ardeur 4 4 4 me dit qu'il ne veut pas all] plus lo9 sans recevoir des preuves du s5tim5t que je lui av\e2 et ses ma9s lib]t9es err5t de t\s cts4 ,arrtez1 lui dis-je1 en me db>rassant le/em5t de lui4 4 4 4 ,je le vois bi52 v\s ignorez l'art de j\ir2 il m'tait rs]v de v\s l'appr5dre2 les plaisirs qu'on att5d sont les plus dlicieux de t\s2 ne prcipitons ri52 un lit n'e/-il pas bi5 meilleur que ces molles inv5tions du luxe1 qui ne satisfont que la vanit4 4 4 4 ,mais mon indocile coli]1 peu fait des raisonnem5s de cette nature 4 4 4 ,bi5 lo9 encore d'en saisir l'esprit1 ne me presse qu'avec plus de viol5ce4 ,mets-toi seulem5t1 me dit- il1 comme tu tais l'autre j\r2 ne prives pas mes yeux des plaisirs qu'ils att5d5t4 4 4 4 ,tu le vois1 ,lonore2 il faut ou que je j\isse1 ou que tu m'appaise4 ,montre donc ces attraits en*anteurs qui m'enflammr5t si vivem5t2 je ne les aurai pas plutt vus1 mes lvres ne se s]ont pas plutt imprimes sur eux1 que l'excs du dlire o ils plong]ont mes s5s1 me r5dra peut-tre ce calme o tu dsire que je sois4 --,quelle proposition1 rpondis-je1 4 4 4 ,quoi6 c'e/ mes dp5s que v\s v\lez j\ir8 ,ne rsult]a-t-il pas des privations p\r moi1 de cet excs de complaisance o v\s dsirez de m'entran]8 4 4 4 ,ah6 ne di/raisons ri5 des sacrifices que v\s devez (frir l'am\r3 fuyons1 fuyons ce lieu fatal1 o les triomphes qu'obti5drait mon orgueil1 nuirai5t autant mes plaisirs2 et je m'lance aussi-tt dans les app>tem5s vois9s1 il m'y suit4 4 4 4 ,dans le plus gr& dsordre1 pas assez matre de lui p\r se contra9dre2 pas assez esclave de l'am\r p\r n'c\t] que sa voix1 la luxure la plus grossire clate sur son visage1 ct des s5tim5s de la dlicatesse o j'essaye de le cont5ir1 et son emb>ras e/ tel1 qu'il ne sait plus1 ni ce qu'il fait1 ni ce qu'il dit4 ,le c\v]t tait mis1 lorsque n\s r$esc5dmes2 s\pons1 lui dis-je1 en app]cevant ces apprts1 ces n\veaux plaisirs1 en apaisant les feux qui v\s embrs5t1 r5dront ce que v\s att5dez plus piquant4 ,dom ,crispe1 t\j\rs dans le dlire1 t\j\rs me s]rant1 me t\*ant p>-t\t1 avait bi5 de la pe9e r5onc] ses premi]s projets2 mais lui *appant sans cesse1 et me plaant enf9 la premire table1 il m'y suit2 il faisait extraord9airem5t *aud4 ,n\s s\pions dans une petite salle *>mante1 de ple9-pi$ au j>d92 t\t tait plac prs de n\s1 et les valets ne devai5t plus entr]4 ,il avait un dsir trs-vif que n\s quittassions nos habits2 peu faits aux voluptueux mnagem5s de nos scnes d'am\r1 le rvr5d plaait t\tes ses ides1 ce sel de dbau*e auquel il tait acc\tum2 quelque difficile qu'il ft de me df5dre de cette invitation1 j'tais p\rtant trs-rsolue de ne po9t accord] une *ose qui aurait autant drang mes projets4 4 4 4 ,je lui dis que cette manire d'tre nuirait infailliblem5t ma sant4 4 4 4 ,eh bi56 la gorge1 dit-il 4 4 4 la gorge1 au mo9s4 ,il n'y eut pas moy5 de s'en df5dre2 il l'avait dj vue p> =ce2 je p\vais bi51 sans crime1 la lui laiss] voir de bon gr3 il e/ des cas o il faut savoir accord] un peu p\r obt5ir beauc\p4 ,mon rle tait d'ailleurs extrmem5t difficile3 il fallait -la-fois irrit] et te9dre ses dsirs1 les cont5ir dans les bornes de la dlicatesse1 et les emp*] de s'van\ir4 4 4 4 pe9e l'eus-je satisfait1 que quelques df5ses que je pusse oppos] ses doigts1 il ne me fut jamais possible de les cont5ir4 ,ce fut alors qu'il me pr\va t\te la grossiret de ses dsirs1 et combi5 peu l'purait les s5tim5s que je *]*ais lui inspir]4 4 4 4 ,il se mit nud1 quoique je lui dise1 il s'appro*a de moi dans cet tat1 et v\lut contra9dre mes ma9s 4 4 4 mais elles ne remplir5t pas son objet 4 4 4 je ne m'en s]vis que p\r le rep\ss]4 4 4 4 ,il me faisait horreur4 4 4 4 ,qu& le v9 eut *auff sa tte1 on n'imag9e pas t\t ce qu'il osa dire 4 4 4 ,quel drglem5t6 ,oh1 gr& ,dieu6 que s]ais-je dev5ue1 s'il avait fallu que je fusse la victime d'un tel excs d'irrgul>it4 ,j'haz>dai p5dant le s\p] de lui p>l] de ,clm5t9e1 mais il m'imposa sil5ce1 et je fus oblige de *ang] de propos4 ,il e/ enf9 temps de v\s dire quels tai5t les moy5s sur lesquels je comptais p\r me db>ass] des p\rsuites de ce vila9 mo9e1 et p\r me s\/raire encore ce n\veau dang]1 aussi heureusem5t que je m'tais tir des autres4 ,j'avais g>d avec le plus gr& so9 dans ma prison1 le somnifre prcieux1 dont ,brig&os m'avait *>g1 et comme ce qui m'en re/ait tait considrable1 si le qu>t de cette portion que je croyais suffisant ne russissait p\rtant pas ass\pir compltem5t mon p]scuteur1 mon int5tion tait d'aval] moi-mme le re/e1 p\r me procur] un sommeil t]nel qui me dlivra de t\s mes maux4 ,cette p\dre a9si que le peu d'arg5t que j'avais tait heureusem5t *app t\tes les re*]*es qui se font en entrant dans ces sortes d'endroits1 et ces objets fondai5t en ce mom5t mes plus *res esprances4 ,j'avais adroitem5t ca* dans ma ma9 la dose de/9e ,dom ,crispe1 et depuis que n\s tions table1 je ne m'occupais que des moy5s de la plac] dans son v]re4 t\rdi d'am\r et de v91 v]s le milieu du s\p]1 il se p5*e totalem5t dans mes bras p\r c\vrir mon se9 de bais]s1 au lieu de le rep\ss] comme j'avais c\tume1 ma ma9 gau*e captive sa tte sur ma gorge1 p5dant que j'introduisis le/em5t d]rire lui1 de la droite1 la p\dre que je ti5s prte1 son v]re tait ple91 elle s'y dlaya t\t de suite1 mon opration faite1 je le rep\ssai d\cem5t1 me v]sant boire moi-mme1 je l'invite me faire raison1 il avale et le suc prp> di/illant aussitt dans ses ve9es1 produisit un effet si prompt1 que dix m9utes aprs1 ses yeux s'appesantiss5t1 ses s5s se glac5t1 et il tombe dans une espce de l't>gie qui m'aurait effraye p\r t\t autre homme1 et dans t\t autre cas4 ,mais qu& il s'agit de sauv] son honneur et sa vie1 je ne sais si t\s les moy5s ne sont pas lgitimes p\r se db>rass] de son adv]saire4 ,ds que je vis dom ,crispe dans ce repos si heureux1 je ne songeai plus qu' fuir4 ,les dang]s o je m'exposais s'(frai5t moi dans t\te leur t5due1 il y allait de mes j\rs si j'tais reprise1 je ne me le dguisais pas1 mais en re/ant je manquais ce que j'avais de plus *] au monde2 ce malheur l n'tait-il pas p\r moi le plus cruel de t\s8 --,c\rage1 me dis-je alors1 ma bonne =tune ne m'a po9t ab&onn1 dans des occasions aussi prilleuses que celle-ci1 elle cont9u]a de me s]vir1 et en disant cel1 je m'lance dans le j>d91 laissant mon homme enseveli dans le plus pr(ond sommeil4 ,le temps tait sup]be1 la lune rfl*issait des feux si purs1 que la plus belle soire et t mo9s claire4 ,t\t l'enclos de cette maison tait ent\r de hautes murailles1 le sanctuaire des plaisirs des g5s de cette espce1 doit ressembl] ncessairem5t au local affreux qu'ils habit5t2 ah6 quel que soit le motif du crime1 qu'il soit dict p> le beso91 qu'il soit l'ouvrage du plaisir1 il lui faut t\j\rs des voiles et de l'obscurit4 ,fran*ir ces murs dans un lieu ou dans l'autre1 dev5ait gal1 puisqu'on n'entrait dans cette maison que p> une porte1 qui vraisemblablem5t devait tre f]me2 je pr(ite donc d'un endroit treillag p\r arriv] sur le haut du mur1 et quelqu'hauteur qu'il put avoir1 je rsolus de me prcipit] les yeux f]ms4 4 4 4 ,aucun autre p>ti ne s'(frait1 il fallut donc pr5dre celui-l4 4 4 4 ,je sautai1 mais la *ute fut si t]rible que je tombai presqu'van\ie2 je ne suis pas long-temps dans le repos1 mille s5tim5s aigus m'en rveill5t l'in/ant et je me mets c\rir trav]s les *amps comme une folle4 4 4 4 ,au b\t d'une heure je m'arrte1 et repr5ds un in/ant hale9e sur le bord d'un petit ruisseau4 ,l1 je crus qu'il tait prud5t de s'ori5t] p\r ne pas tomb] dans le pige1 en s'occupant le fuir1 je *]*ai le nord au moy5 de la direction de la lune1 et je m'y dirigeai1 bi5 sre en suivant cette m>*e1 de t\rn] le dos l',espagne1 et le visage aux ,pyr5es2 ensuite je t*ai de tr\v] un *em9 quelconque qui put peu prs remplir mon objet dans la direction projette4 ,j'en vis bi5tt un1 je le suis1 il y avait environ une demie heure que j'y m>*ais au has>d1 lorsque j'ent5dis des *eveaux gallop] d]rire moi4 --,oh ciel6 me dis-je1 c'e/ moi qu'on suit assurm5t1 et je me jette dans l'paisseur d'une haie vive1 p\r t*] de n'tre pas app]ue4 ,jugez si mon tr\ble augm5ta1 lorsqu'en passant prs de moi1 l'un des deux cavali]s dit l'autre1 n\s devons la tr\v] avant le j\r1 il n'y avait pas une demie heure qu'elle tait p>tie1 qu& monseigneur n\s a fait mont] *eval4 ,et celui qui v5ait de prononc] ces mots1 desc5dant ici p\r un lg] beso91 v9t se plac] exactem5t vis--vis de moi4 4 4 4 ,son cam>ade l'int]rogeant alors1 que crois-tu1 dit-il1 que monseigneur en f]a si n\s la lui ram5ons8 --,il la tu]a1 j'en suis c]ta91 ri5 n'galait sa fureur2 ma foi1 cont9ua- t-il en remontant sur son *eval1 je ne la pla9drai pas1 c> il n'e/ pas p]mis de j\] un t\r aussi sanglant4 ,et ils se remett5t galop]4 ,je ne v\s r5drai pas l'effet que ces p>oles produisir5t en moi1 la circulation de mon sang s'arrta t\t c\p1 un froid mortel me saisit1 je fus prte p]dre connaissance2 rev5ue des angoisses de cette premire crise1 j'tais inc]ta9e si je suivrais la mme r\te1 ou si je ret\rn]ais sur mes pas1 l'un et l'autre tait dang]eux1 et je ne savais auquel me rs\dre1 quelquefois j'tais t5te de demeur] l1 et de n'all] ni en avant ni en arrire1 lorsque prtant l'oreille avec att5tion1 j'ent5dis les deux cavali]s rev5ir4 --,ce fut p\r le c\p que je me crus p]due1 je me blottis dans ma haye1 et je m'y rapetissai tellem5t1 qu'un lap91 j'en suis sre1 n'aurait pas t5u mo9s de place4 4 4 4 ,nos g5s rev5ai5t1 mais plus d\cem5t1 et comme j'ent5dis une femme pleur]1 je ne d\tai pas qu'ils n'euss5t saisi leur proie4 4 4 4 ,ceci ranima mon c\rage1 j'c\te1 4 4 4 j'exam9e mme trav]s les feuilles avec un peu plus de h>diesse1 mais quel e/ mon tonnem5t qu& je di/+ue positivem5t au clair de lune1 les traits et la taille de ,flor5t9a celle de nos compagnes1 dont je v\s ai p>l1 et dont l'ge tait de #ad ans2 un mom5t je crois me tromp]1 mais l'affreuse scne qui se passe s\s mes yeux1 a*ve bi5tt de me conva9cre4 ,p>bleu6 dit l'un de ces hommes l'autre1 ce s]ait une gr&e dup]ie n\s1 de r5dre cette petite fille sans n\s en div]tir1 il faut en pr(it] puisque le has>d n\s la donne4 --,a9si soit fait1 dit le cavali]1 qui la portait en gr\ppe1 tu es un cam>ade discret1 je compte sur toi1 monseigneur ne s'en s\cie plus1 il ne la veut que p\r se v5g] du t\r qu'elle lui j\e1 et d'ailleurs si elle p>le1 n\s la dm5tirons4 --,on n\s croira plutt qu'elle1 dit l'autre4 --,et comme alors t\s deux se retr\vai5t au pi$ de ma haye1 ils jugr5t le lieu conv5able et s'y arrtr5t p\r y consomm] leur =fait4 ,ils dposr5t sur le gazon1 cette pauvre petite malheureuse si prs de moi1 qu'il ne m'e/ plus possible de la mconnatre1 et 4 4 4 mais comm5t v\s pe9dre ce qui se passa4 4 4 4 ,il v\s e/ plus ais de le dv9]1 qu'il n'e/ honnte moi de le dire1 ces deux brutaux ass\viss5t t\r--t\r leur abom9able passion1 et laiss5t au b\t de trois heures cette pauvre petite fille presque anantie de la grossiret de leur emportem5t4 ,enf9 le j\r comm5ait p>atre1 et ne les voyant po9t p>tir1 je frmissais d'tre dc\v]te4 --,p> ,sa9t-,*ri/ophe dit l'un de ces misrables1 las de ces impud5tes insultes1 et prt en faire cette pauvre crature de bi5 plus dang]euses p\r elle4 ,p> t\s les sa9ts du p>adis1 n\s f]ions mieux d'gorg] t\t d'un c\p cette coqu9e1 que de la ram5] monseigneur4 ,si elle p>le n\s sommes p]dus1 reg>de si une femme de plus ou de mo9s dans le monde1 vaut la pe9e de risqu] nos places4 ,puisque n\s en avons fait t\t ce que n\s v\lions1 puisque n\s en sommes rassasis p>tageons-la en dix-huit p>ts1 et mettons les morceaux dans cette haye1 n\s dirons que n\s ne l'avons po9t vue1 jamais aucunes circon/ances n'auront c\v]t un meurtre avec autant de sret2 ces cruelles p>oles rveillr5t la tri/e victime de la cruaut de ces b>b>es4 4 4 4 messieurs6 dit-elle en se jettant leurs g5\x1 je v\s prote/e sur-t\t ce que j'ai de plus sacr que je ne p>l]ai jamais de ce que v\s v5ez de faire4 ,c'e/ v\s qui me g>dez1 je s]ai t\j\rs dans vos ma9s1 ici comme *ez monseigneur2 ne s]ez-v\s pas de mme temps de me tu] si je dis un seul mot8 mais l'un d'eux1 celui qui avait propos le viol1 inf9im5t plus froce que l'autre1 saisissant d'une ma9 cette pauvre fille p> les *eveux1 et lui portant de l'autre la po9te d'un poign>d sur le cur1 non1 non1 dit- il1 po9t de qu>ti]1 tu p>l]as encore bi5 mo9s qu& tu s]as morte1 ami1 cont9ua-t-il son cam>ade1 t5ant t\j\rs cette malheureuse s\s le f]2 deux *oses s'(fr5t ici1 pse-les bi51 la mort de cette cat9 d'une "p1 de l'autre la p]te de notre =tune1 l'une de ces *oses ne t\*e que cette vile crature1 l'autre n\s intresse t\s les deux4 ,devons-n\s balanc] un in/ant8 --,arrte rpondit le cam>ade de cet homme froce1 je s5s t\te la vigueur de tes raisons1 mais c'e/ assez d'un crime1 n'en commettons pas deux1 elle n\s promet de ne ri5 dire1 croyons-la2 si elle manque sa promesse1 n\s saurons t\j\rs l'en punir4 ,p>tons1 le j\r vi5t1 on s]ait inquiet1 pressons-n\s4 ,tu t'en rep5tiras dit l'autre en l*ant la petite bohmi5ne1 s\vi5s-toi qu'il ne faut jamais faire un crime demi1 et qu'il n'y a jamais de puni que ceux qui ne l'a*v5t pas4 ,le pr9cipe n'e/ pas t\j\rs sr1 dit l'autre1 en mettant la petite fille d]rire son *eval et y remontant lui-mme p5dant que son ami en faisait autant1 mais vrai ou non1 on a t\j\rs au mo9s sa consci5ce dont la voix n\s console intrieurem5t1 de n'avoir pas fait t\t le mal possible1 et ils piqur5t des deux4 ,je n'avais pas une g\te de sang dans les ve9es1 mais avant de me livr] aucune comb9aison sur cette av5ture1 mon premi] so9 fut de m'loign] au plus vite de ce fatal endroit1 et cont9uant tri/em5t ma r\te non sans tre saisie de frayeur au mo9dre bruit1 je ne pus m'emp*] de me dem&] alors en moi-mme1 comm5t il tait possible que cette petite fille fut dans les ma9s de ces g5s-l8 n\s ne l'avions pas vue l'inquisition1 mais n\s tions bi5 srs qu'elle y tait avec n\s4 ,p> quel vnem5t s'en tait- elle *appe8 comm5t se tr\vait-elle sur la mme r\te que moi8 t\t cela dev5ait une nigme assez difficile rs\dre4 ,ma seule comb9aison fut1 qu'app>emm5t le gr& vicaire compagnon des crimes et des dbau*es de ,dom ,crispe1 avait sans d\te une maison prs del1 que ces lib]t9s s'tai5t p>tag un c]ta9 nombre de femmes de notre tr\pe1 et que celle-l s'vadait app>emm5t de *ez lui comme je m'*appais de *ez l'inquisiteur4 ,mais p\rquoi se sauv]8 ,elle n'avait pas les mmes raisons2 ce qui dev5ait une circon/ance affreuse p\r moi1 tait p\r elle l'poque de son bi5- tre4 ,quoi qu'il en fut1 je n'en ai jamais appris davantage2 et c'e/ la d]nire fois de ma vie que j'ai revu cette in=tune4 ,je cont9uai ma r\te3 avant midi je vis l',escurial sur ma gau*e1 je le trav]sais1 si j'eusse suivi le gr& *em91 mais ne m>*ant que p> des s5ti]s1 je le laissai l'c>t1 cela me suffit p\r me faire voir que ma direction tait ju/e1 et que je faisais effectivem5t face aux ,pyrnes4 ,je *em9ai t\t le j\r1 ne m'arrtant que quelques in/ans aux pi$s des arbres1 vitant t\s les endroits habits1 et ne vivant que de rac9es et d'eau4 ,je me tr\vai le soir si loigne de t\s les *em9s praticables1 que quoique ma direction fut t\j\rs ju/e1 je ne savais plus trop o j'tais4 ,je voyais p\rtant ces montagnes si leves qui sp>5t la vieille ,ca/ille de la n\velle1 je savais qu'il fallait les trav]s] p\r me r5dre ,sa9t-,ildephonse1 o je retr\v]ais la r\te des ,pyrnes1 mais comme il tait trop t>d p\r entrepr5dre alors ce passage1 je ne m'occupai qu' *]*] quelqu'abri1 o je pus att5dre le j\r2 un s5ti] que je suivis dans ce desse91 trav]s des taillis1 trs-frqu5s dans cette p>tie de l',espagne1 m'am5a auprs d'une maison isole1 la porte de laquelle je vis une enseigne2 je m'appro*ai d'une femme assise sur un banc1 prs de la maison et lui dem&ai p> quel has>d il se r5contrait une aub]ge dans une r\te aussi peu frqu5te1 il e/ vrai me dit cette femme1 que ce passage e/ trs-peu suivi1 il ne peut mme l'tre p> les voitures comme v\s le voyez1 mais beauc\p de m>*&s fraudant les droits royaux et qui pass5t des soyes de la ,ca/ille dans l',e/ramadure1 se tr\vant plus en sret p> cette r\te secrette1 la suiv5t et s'arrt5t *ez moi2 n\s y avons une bonne *ambre ma mie4 4 4 4 ,elle e/ vacante4 ,il ne n\s vi5dra p]sonne ce soir4 4 4 4 ,si v\s avez de quoi la pay]1 elle e/ votre s]vice2 trop heureuse d'une r5contre qui semblait au mo9s p\r cette nuit1 m'assur] du repos et de la sret2 je sortis de ma po*e un quadruple1 et priai cette femme dont l'abord me p>aissait honnte1 de se pay] de sa *ambre1 de son s\p]1 et de me r5dre le surplus1 ce qu'elle fit aussitt1 trs- honntem5t1 sans me ranonn] en aucune manire2 je montai2 cette *ambre tait beauc\p plus propre que je n'eusse d l'att5dre dans un tel lieu1 je m'y in/alai1 et trois qu>ts-d'heure aprs1 la femme elle-mme m'apporta un assez bon s\p]4 ,t\s ces procds p>aissant tablir la confiance1 mon repas fait1 je crus qu'une nuit tranquille devait m'att5dre dans le lit qui m'tait de/92 un excs de dlicatesse assez dplac dans ma position1 mais nanmo9s =t heureux p\r moi dans la circon/ance1 me fit reg>d] les g>nitures de ce lit1 je crus y voir plusieurs t*es de sang1 je s\ponnai que quelque malade p\vait y avoir c\*1 mon imag9ation ne fut pas plus lo91 c'en fut assez p\rtant p\r me dt]m9] ne po9t m'tablir dans l'ent\r de ces rideaux et transport] les matelats p> t]re desse9 d'y pass] la nuit1 et plus fra*em5t1 et plus proprem5t1 ds que je devais en espr] une tranquille2 mais combi5 mon espoir tait lo9 de se vrifi]1 j'tais dans le plus pr(ond sommeil1 il tait environ trois heures1 j'avais eu la prcaution de g>d] de la lumire1 lorsqu'un bruit p\vantable me rveilla t\t c\p en sursaut4 4 4 4 ,je me lve1 je jette les yeux sur ce fatal lit4 4 4 4 ,ju/e ciel6 j'tais crase si j'y eusse c\*e4 ,au moy5 d'un ressort1 l'impriale de ce lit g>ni d'une meule norme1 s'abaissait et pulvrisait en une m9ute ceux qui avai5t eu l'imprud5ce de s'y plac]4 4 4 4 ,v\s jugez aism5t de ma frayeur4 4 4 4 ,la prs5ce d'esprit ne m'ab&onna p\rtant po9t1 je m'habille1 et ne d\tant pas que les sclrats auxquels app>t5ait ce c\pe-gorge ne v9ss5t bi5tt vrifi] l'effet de leur p]fide /ratagme1 je me rs\s fuir avec la plus gr&e vivacit1 j'ouvre trs-d\cem5t ma f5tre1 j'entrevois le s5ti] que j'avais suivi la veille1 et me prcipitant au bas de la maison1 je gagne promptem5t ce *em91 en cont9uant de m>*] avec une rapidit surpr5ante1 jusqu' ce que j'eusse entirem5t p]du cette maison de vue4 4 4 4 ,gr& ,dieu 4 4 4 me dis-je1 alors en ral5tissant un peu ma m>*e1 et me livrant mes rflexions1 o n\s entrane une premire imprud5ce6 quelle f\le de maux m'ont afflige depuis que j'ai eu le malheur de quitt] ma famille1 et voil donc les hommes6 e/-il possible qu'on ne tr\ve jamais avec eux que f\rb]ie1 dbau*e1 m*ancet1 trahison1 viol5ce4 4 4 4 ,e/-ce donc l l'ouvrage d'un tre bon6 4 4 4 ,sont-ce donc p> ces traits qu'il ose prt5dre notre hommage6 4 4 4 ,ah6 ,brig&os1 vos pr9cipes ne sont pas si hors de raison1 et ds que je ne vois qu'infamies sur la t]re1 ce ne peut tre qu'un tre m*ant et indigne de nos cultes qui a cr t\t ce qui n\s environne4 ,ou l'a?isme1 ou ce sy/me1 le bon s5s n'y voit pas de milieu #h4 ,ces rflexions philosophiques me conduisir5t au pi$ des montagnes1 en un endroit o leur ouv]ture me fit croire que devait tre le passage qui conduit ,sa9t-,ildephonse1 je ne me trompais pas1 ce dfil qu'on nomme ,e pu]to del ,frante ,frio1 me conduisit effectivem5t ,sa9t- ,ildephonse1 avant que l'a/re ne ft son plus haut degr2 mais je n'entrai pas dans le b\rg de cette maison royale1 et me cont5tai1 suivant ma c\tume1 de suivre les s5ti]s latraux des po9ts de la gr&e r\te des ,pyr5es4 ,anantie1 absorbe ce j\r-l de ma cata/rophe nocturne1 je fis peu de *em91 et passai la nuit au pi$ d'un arbre1 prfrant cette situation aux risques de me tr\v] encore dans quelques maisons suspectes4 ,mon projet le l5dema91 tait de m'appro*] de ,sgovie1 mais ayant pris beauc\p trop gau*e1 je me tr\vai totalem5t g>e1 la nuit v9t je ne voyais plus ni r\te1 ni maison aut\r de moi1 et je suivais tri/em5t un petit *em9 moiti fray1 au has>d du lieu o il p\rrait me conduire1 lorsque j'ent5dis le son d'une clo*e1 je m'y dirigeai et p>v9s au b\t d'une demi-heure1 prs d'un c\v5t de capuc9s extraord9airem5t isol1 et qui me p>ut peu considrable1 je n'avais aucune envie comme v\s le croyez aism5t d'all] dem&] asyle ces bons pres1 je s]ais dev5ue dans leur retraite1 un morceau trop fri& p\r eux1 mais tr\vant l'glise ouv]te1 je m'y introduisis1 imag9ant au mo9s que l'air d'y pri]1 m'y f]ait pass] tranquillem5t la nuit2 j'entrai1 je me tapis dans un confessionnal1 et peu aprs j'ent5dis f]m] l'glise4 ,dans cette tranquille obscurit1 puise de faim et de fatigue1 je me livrai malgr moi au sommeil1 il y avait t\t au plus deux heures que je reposais1 lorsque j'ent5dis ouvrir la porte du *ur qui donnait dans le c\v5t1 je crus d'abord que les pres v5ai5t mat9es4 ,cette ide qui ne m'tait pas v5ue1 me fit frmir1 mais ce qui frappa mes reg>ds r$\bla bi5 mieux mes cra9tes1 deux religieux1 clairs d'une faible lampe1 s'introduisir5t pas l5ts2 ils portai5t l'un p> la tte1 et l'autre p> les pi$s1 un cadavre de femme t\t rcemm5t assass9e4 --,mettons la ici1 dit l'un d'eux en dposant le ct du corps qu'il t5ait1 sur la balu/rade du *ur1 et ouvrons vite un caveau4 --,la belle crature dit l'autre en la considrant4 4 4 4 sans les maudites re*]*es dont n\s sommes m5acs1 elle n\s aurait encore s]vi plus de six mois4 --,en voil p\rtant v+t-une qui n\s pass5t a9si p> les ma9s depuis quatre ans2 n\s dpeupl]ons la prov9ce4 --,ce sont nos maudites in/itutions qui sont cause de cel1 n\s sommes des hommes comme les autres1 et t\t comme eux n\s avons beso9 de femmes1 qu'on n\s en laisse volont1 et p\r dguis] des beso9s naturels1 n\s ne s]ons pas obligs d'avoir rec\rs au crime1 n\s ne s]ons pas contra9ts tu] les objets de nos j\issances1 de peur qu'ils ne n\s trahiss5t4 ,voil l'inconvni5t affreux que n'ont pas su prvoir les loix2 une jeune fille1 t5dre et crdule1 devi5t infanticide p\r dguis] sa faute1 un lib]t9 sujet des caprices1 p\r les ca*]1 en dtruit l'objet1 le mo9e incont95t devi5t un meurtri]1 qu'on f]me les yeux sur des torts qui ne sont qu'imag9aires1 sur des faiblesses qui n'(f5s5t en ri5 la socit1 et l'homme ne devi5dra pas d\blem5t crim9el p\r emp*] qu'on n'imag9e qu'il put se le r5dre une fois4 --,si les p>5s vi5n5t dema9 comme on n\s en m5ace1 n\s leur dirons qu'on les a tromps1 fausset1 trahison1 f\rb]ie1 ri5 ne cote aprs les crimes o l'on n\s =ce4 4 4 4 ,et voil comme on p]v]ti l'homme1 voil comme p\r le r5dre meilleur1 on l'oblige dev5ir plus mauvais4 --,alors l'un de ces mo9es s'avanant v]s le confessionnal o j'tais1 v9t ouvrir un caveau mo9s d'une toise de moi1 allons1 dit-il son confrre ds qu'il eut fait1 mettons cette malheureuse dans sa d]nire demeure1 et ils la reprir5t1 la placr5t sur le bord du caveau1 et se reposr5t encore un in/ant4 --,si jamais n\s tions vus dit l'un1 qu& n\s faisons de p>eilles *oses4 ,malheur celui qui n\s surpr5drait1 il pass]ait un mauvais qu>t-d'heure1 n\s ent]r]ions deux individus au lieu d'un4 ,fuss5t-ils v+t1 n\s les camp]ions dans le caveau4 --,heureusem5t que dans notre solitude1 ces surprises-l sont impossibles4 --,impossibles1 tu te trompes1 un voyageur peut s'tre arrt dans l'glise 4 4 4 ,s'y tre laiss enf]m]1 s'vad] ensuite le l5dema91 p\r all] n\s trahir et n\s p]dre4 --,en vrit n\s ne devrions jamais procd] de semblables expditions1 sans t\t exam9] avant2--,et v\s jugez si je frmissais4 --,allons plaons-l t\j\rs cont9ur5t-ils1 p\r auj\rd'hui il n'y a ri5 cra9dre2 il ne passe p]sonne les sam$is devant notre maison1 une autre-fois n\s s]ons plus prud5s4 --,ils desc5d5t t\s deux le cadavre1 remont5t au b\t de quelqu'in/ans1 ref]m5t le caveau1 et r5tr5t dans le c\v5t4 ,je n'avais1 ce qu'il me semblait ri5 pr\v jusqu'alors qui eut d me caus] autant d'all>mes mme dans l'av5ture de ,fior5t9a1 c> au mo9s l1 j'tais en pla9e2 absolum5t anantie1 j'c\tai un mom5t si je ne rvais pas4 4 4 4 -- =tune6 me dis-je1 comm5t me tir]as-tu de ce pas-ci8 4 4 4 ,il n'e/ pas possible que je ne sois vue dema91 qu& on ouvrira l'glise4 4 4 4 ,et si cel arrive1 je suis morte4 4 4 4 ,l'agitation1 l'inquitude1 la frayeur dont je fus t\rm5te le re/e de la nuit1 ne peut ni s'imag9]1 ni se pe9dre2 t\t in/ant j'app]cevais le fatal caveau s'ouvrir devant mes yeux p\r m'engl\tir vivante4 4 4 4 ,d'autrefois je ne m'y voyais desc5due qu'aprs avoir t p]ce de c5t c\p de poign>ds4 4 4 4 ,oh6 qu'elle me sembla longue cette effrayante nuit6 le j\r p>ut enf92 un frre du c\v5t v9t ouvrir les portes1 et dans l'in/ant une d\za9e de femmes et de paysans s'introduisir5t p\r ent5dre la premire messe2 je crus ici qu'il s]ait beauc\p plus prud5t d'avoir l'air d'entr] avec ces g5s-l1 que d'affi*] celui de fuir1 je me dgage donc le/em5t de mon co91 et me mlai p>mi ces villageois1 ils s'ag5\illr5t1 j'en fis autant1 il faut quelquefois savoir fe9dre4 ,une figure trangre e/ obs]ve dans des endroits c>ts comme ceux-l2 on jetta beauc\p les yeux sur moi1 mais l'on ne me dit mot4 ,le prtre p>ut4 4 4 4 ,c'tait un de ces mmes mo9es 4 4 4 un de ces mmes sclrats qui v5ait de se s\ill] de =faits1 dont les ma9s impures et sanglantes1 allai5t (frir le sacrifice div94 4 4 4 ,si j'ai jamais cru faire un crime moi-mme1 c'tait bi5 d'assi/] une aussi rvoltante idoltrie4 4 4 4 ciel6 me dis-je1 qu& il leva l'ho/ie1 s]ait-il donc possible qu'un miracle comme celui duquel on n\s p>le1 se ft s\s les p>oles de ce mon/re1 4 4 4 et je dt\rnai les yeux avec horreur4 ,voil l'poque o j'ai pris cette crmonie de l'glise1 dans une ha9e tellem5t inv9cible1 qu'il s]ait mo9s cruel p\r moi1 d'assi/] un supplice1 que de voir opr] ce my/re4 ,l'impit s'a*eva2 je sortis avec le peuple2 et bi5tt j'en fus ent\re2 on me que/ionna4 4 4 4 ,je me dis pel]9e franaise1 ret\rnant dans ma patrie1 le confrre de celui qui v5ait de dire la messe1 celui qui l'avait aid p5dant la nuit1 tait v5u se jo9dre aux paysans1 il me reg>da avec att5tion1 je vis aussitt la luxure clat] dans ses yeux4 ,il me dem&a o j'avais c\*8 s\s un arbre une lieue d'ici1 rpondis-je1 ne voyant nul abri o p\voir repos] ma tte2 il me proposa d'entr] au c\v5t1 m'assura que je le p\vais titre de pel]9e1 et que puisque je n'avais pas s\p la veille1 on m'y s]virait djen]2 eusse-je eu mille fois plus d'appetit1 je me s]ais bi5 g>d d'accept] de tels sec\rs2 4 4 4 il r$\bla ses in/ances1 4 4 4 je mis plus d'expression mes refus1 et priant un de ces villageois de m'indiqu] la r\te de ,sgovie1 je m'a*em9ai promptem5t v]s le ct qu'on m'indiquait1 sans os] seulem5t reg>d] d]rire moi4 pe9e eus-je fait deux lieues que je tr\vai une maison2 j'y entrai desse9 d'y pr5dre quelque n\rriture1 ce n'tait po9t une aub]ge1 mais une grosse f]me1 habite p> d'honntes g5s1 dont je fus trs-bi5 reue2 le premi] objet qui me frappa1 fut une jeune femme pleurant au co9 du feu de la cuis9e4 --,je dem&ai le sujet de son *agr94 --,c'e/ ma fille me rpondit un vieill>d1 qui me p>ut tre le *ef du logis1 depuis deux mois la *re femme ne peut se consol]4 --,et que lui e/-il donc arriv dem&ai-je8 --,elle avait une fille de qu9ze ans1 belle comme le j\r1 qui a disp>ue depuis l'poque que je v\s dis1 sans qu'il soit possible de savoir ce qu'elle e/ dev5ue4 4 4 4 ,une fille sage comme sa mre1 4 4 4 dvote comme un ange1 un enfant que n\s adorions2 4 4 4 c'tait l'espoir et la consolation de mes vieux j\rs4 4 4 4 et des l>mes humectr5t ici1 les yeux de ce brave homme4 --,mais dis-je alors ne d\tant plus de la fune/e liaison de ces deux faits1 n'avez-v\s nglig nulles re*]*es8 ,aucunes1 me dit le vieill>d4 4 4 4 ,de mauvaises g5s sont v5ues n\s dire qu'elle tait ca*e dans ce petit c\v5t de capuc9s1 auprs duquel v\s avez d pass]4 4 4 4 ,quelle app>5ce que des p]sonnes si sa9tes et si honntes1 euss5t fait une p>eille *ose4 4 4 4 ,ils ne sont que trois dans ce c\v5t1 et t\s les trois mrit5t d'tre canoniss4 ,un d'eux encore hi] au mat9 4 4 4 tait l qui n\s consolait 4 4 4 le sa9t homme4 4 4 4 ,il n\s disait que ,dieu n\s aimait1 puisqu'il n\s *tiait aussi cruellem5t 4 4 4 ,qu'il fallait pr5dre ce flau comme une des croix dont le fils de ,dieu fut humili1 et que celle que n\s pleurions tait peut-tre dans le ciel prs5t4 4 4 4 ,peut-on se p]mettre de s\ponn] de tels religieux6 4 4 4 ils s]ai5t bi5 plus capables de n\s la ram5] si elle avait failli1 que de n\s dsol] en n\s la ravissant4 4 4 4 ,la pauvre petite 4 4 4 ,ils l'ont connue t\te enfant1 l'un d'eux la confessait1 il e/ aussi le directeur de t\te notre famille4 4 4 4 ,c'e/ *ez eux qu'elle a appris lire1 4 4 4 *ez eux qu'elle remplit l'an pass ses premi]s devoirs de *rti5ne4 ,ils sont t\s les j\rs ici1 ils n\s conseill5t1 4 4 4 ils n\s *riss5t4 4 4 4 ,ce sont des sclrats ceux qui veul5t mettre la p]te de notre *re fille1 sur le compte de g5s aussi respectables4 ,ici je m'imposai le sil5ce le plus vig\reux2 quelqu'horrible que ft le crime de ces mo9es1 quelque c]ta9e que je dus tre1 que la fille p]due et la fille ent]re dans le c\v5t1 ne devait tre que la mme p]sonne1 ri5 ne put me dt]m9] dev5ir la dlatrice de ces malheureux1 je ne sauvais pas la vie de cette in=tune1 en accusant ceux qui l'avai5t fait prir1 il y a d'ailleurs quelque *ose de si obscur et de si l\*e sur-t\t cela1 dans les dcrets de la nature1 si c'e/ la p]te de l'individu qui c>actrise le crime1 n'en commettai-je pas un en faisant prir ces religieux8 et si ce n'e/ pas la p]te de l'individu qui con/ate le crime1 ou si cette p]te e/ gale aux loix de la nature1 qui ne se ma9ti5n5t que p> des p]tes4 4 4 4 ,re/ait-il alors bi5 pr\v que ces mo9es mritass5t la mort8 4 4 4 et puis t\s trois prissai5t p> mes aveux2 or1 un seul tre en vaut-il trois8 4 4 4 la mort du meurtri] enf91 emp*e-t-elle de n\veaux meurtres8 4 4 4 rp>e-t-elle celui qu'il a fait8 4 4 4 ranime-t-elle le sang qu'il a v]s8 4 4 4 mais ils en av\ai5t plusieurs4 ,il ne m'app>t5ait pas de les pr5dre sur de tels aveux1 je n'avais pas les indices de plusieurs crimes4 pe9e avais-je ceux d'un seul1 je dis pe9e1 puisque ce crime n'avait pas t commis s\s mes yeux1 je ne p\vais donc pas les dnonc] p\r plusieurs4 ,j'aurais enf9 t\t mis en uvre p\r que les mo9es de l'univ]s enti]1 euss5t eu la p]mission publique de se livr] au petit mal1 qui p\vait en emp*] de si gr&s1 mais je n'aurais pas fait un pas p\r p]dre des malheureux qui ne dev5ai5t crim9els que p> =ce 4 4 4 ,que1 contra9ts p> des loix absurdes que j'aurais eu le tort de s]vir1 en leur immolant ces victimes4 ,moy5nant quoi je me tus1 je plaignis le sort de ces bonnes g5s1 les payai l>gem5t de ma dp5se1 et suivis la r\te qu'ils m'assurai5t devoir me r5dre le mme soir ,sgovie4 ,cette r\te n'tait qu'un s5ti]1 seulem5t trois lieues del1 je devais tr\v] le gr& *em91 je le r5contrai comme on me l'avait dit1 mais ne me s\ciant po9t de le suivre1 t\j\rs dans la cra9te d'tre p\rsuivie comme fugitive de l'inquisition1 je me mis battre des trav]ses t\j\rs dans les directions de mes pr9cipaux po9ts1 de faon que m>*ant encore cette j\rne au has>d et n'ayant r5contr p]sonne1 je m'g>ai une seconde fois4 ,aucun abri dans les environs1 une nuit des plus obscures et qui m'otait t\te esprance de me retr\v] ce soir-l4 ,rassasie de malheurs1 frappe de t\s les objets s9i/res (f]ts moi depuis si long-temps1 une frayeur s\da9e me saisit1 et me laissa *eoir au pi$ d'un *ne1 presque sans =ce et sans m\vem5t1 j'tais pe9e dans ce fune/e tat1 qu'un homme arm d'une c>ab9e en b&\lire1 et d'une ce9ture g>nie de poign>ds et de pi/olets1 se laissa gliss] du haut de l'arbre1 et tomba t\t c\p mes pi$s 4 4 4 ,que fais-tu la p 4 4 4 me dit-il d'une voix t]rible1 et que vi5s-tu *]*] dans ce pays-ci8 4 4 4 ,hlas6 monsieur1 dis-je aussitt en me levant1 je ne suis pas ce que v\s croyez1 mais une malheureuse femme1 enleve de ,france p> un amant qui m'a p\se1 qui m'a t ravi lui-mme1 que je *]*e p> t\te la t]re et que je vais essay] de retr\v] dans ma patrie4 ,ces explications suffisai5t1 mais elles ne satisfaisai5t pas le sclrat qui j'avais faire4 --,tu es franaise me dit-il alors1 en se s]vant de notre langue1 et moi aussi ma mie1 allons paye la bi5 v5ue1 et m'ayant en mme-temps adosse contre l'arbre1 il se prp>ait ne me faire aucun qu>ti]1 malgr les nuds de la patrie2 dj une de ses ma9s emp*ait ma voix de s'*app]1 t&is que l'autre facilitait une entreprise dont j'allais infailliblem5t dev5ir la victime1 si dans l'in/ant une tr\pe de ces mmes brig&s ne n\s et ent\rs t\s les deux2 ils tai5t huit en t\t1 galem5t arms1 et t\s g5s de =t mauvaise m9e2 un mom5t1 dit l'un d'eux en arrtant avec viol5ce les p\rsuites de mon adv]saire1 un mom5t1 il faut que *acun en ait sa "p1 et il n'e/ pas ju/e que le plus n\veau passe le premi]2 capita9e1 s'cria celui qui v5ait de p>l]1 un autre homme qui arrivait1 v5ez dcid] la "q4 --,quelle e/ cette gueuse l dit cet homme rb>batif1 en me tirant vivem5t d'auprs de l'arbre1 p\r m'obs]v] un peu plus au j\r4 ,de p> t\s les diables1 elle n'e/ pas mal4 4 4 4 ,amis m5ons cela dans notre cav]ne1 v\s savez que n\s n'avons p]sonne p\r n\s faire mang]1 qu& n\s rev5ons de nos c\rses1 il n\s faut prp>] n\s-mmes de quoi n\s re/aur]4 4 4 4 ,cette p 4 4 4 l s]a excell5te 4 4 4 et p\r cela et p\r autre *ose1 4 4 4 qu& la fantaisie n\s en pr5dra1 4 4 4 ,m>*ons1 p\rsuivit-il1 il e/ t>d1 dema9 la voiture de ,madrid passe au co9 du bois1 l'aube du j\r1 je n'y veux laiss] ni un cu1 ni un voyageur1 j'ai tant de *agr9 d'avoir manqu auj\rd'hui la b]l9e du duc ,dalbuqu]ke1 que je veux m'en v5g] dema9 sur t\t ce que je r5contr]ai2 et l'on m>*ait t\j\rs durant cette *>mante conv]sation1 qui1 comme v\s voyez ne me laissa pas ignor] long-temps que j'avais p\r affreux de/91 d'tre tombe dans une tr\pe de voleurs1 4 4 4 que dis-je dans une tr\pe d'insignes assass9s1 qui ne faisait jamais grace qui que ce fut1 et qui s'tant r5due intr\vable dans la vieille ,ca/ille1 l'inondait depuis six mois des crimes les plus atroces4 ,je ne v\s dirai po9t mes rflexions1 j'tais si tellem5t anantie qu' pe9e avais-je la =ce de respir]4 ,quelquefois p\rtant je les suppliais de me faire grace et de me laiss] p\rsuivre mon *em92 mais ils riai5t ou me m5aai5t1 il fallait se rs\dre et m>*]2 au b\t d'une demie heure n\s arrivmes dans un taillis extrmem5t t\fu1 o l'paisseur des bran*es n\s laissait pe9e la possibilit de dfil]4 ,v]s le milieu de ce petit bois1 le *ef qui m>*ait en tte1 leva une pi]re c\v]te de br\ssailles1 un escali] s'(frit n\s1 n\s le desc5dmes dans le sil5ce et qu& n\s fmes prs de c5t pi$s s\s t]re1 n\s n\s tr\vmes dans un va/e caveau au fond duquel brlait une lampe1 on alluma plusieurs *&elles et dans l'in/ant je pus di/+u] la =me du local2 il p>aissait que cette retraite tait une anci5ne c>rire1 plusieurs s5ti]s ab\tissai5t la pr9cipale pice dans laquelle n\s tions1 et conduisai5t p> leur autre b\t diffr5tes petites *ambres galem5t tailles dans l'paisseur du roc4 ,l1 nos b&its se ds>mr5t1 et le capita9e en me reg>dant s\s le nez1 me dem&a qui j'tais1 je lui dis la mme *ose que j'avais avance celui de sa tr\pe qui m'avait p>l le premi]4 ,alors cet insigne brutal p\r t\te m>que d'intrt aux malheurs que je v5ais de lui pe9dre2 reprit sa c>ab9e1 et aprs un blasphme excrable1 ,bras de f]1 dit-il un de ses cam>ades1 j'ai bi5 envie de tir] cette pucelle au blanc1 je n'ai jamais tu de femme de ma vie1 je veux voir si cel s]ait meilleur dsorganis] qu'un homme1 bi5 dit1 capita9e1 rpondit ,bras de f]1 aussi bi5 les doigts me dmang5t1 je ne dors pas d'un bon somme qu& je n'ai pas tu quelqu'un2 plaons-la t\te nue au b\t de l'alle1 les jambes ouv]tes1 et le premi] qui mettra la bale dans le noir1 aura lui t\t seul le but9 qui se f]a dema94 4 4 4 ,mais qu& ils vir5t que je plissais1 4 4 4 que j'tais prte p]dre connaissance1 4 4 4 le capita9e quitta son arme1 et me dit d'tre tranquille1 qu'il ne faisait cela que p\r me faire voir le sort qui m'att5dait si je *]*ais me sauv] d'eux ou si je ne faisais pas mon devoir4 ,de ce mom5t on me mit en possession des in/rum5s de la cuis9e1 on me fit allum] du feu1 et on m'ordonna de prp>] les vi&es qui me fur5t remises cet effet4 ,ne voyant qu'une p>faite obissance et un peu de tal5t p\r att5drir mes n\veaux matres1 quoique je n'eus jamais fait ce mti]1 je l'entrepris avec un telle envie de russir1 que je leur fis un assez bon s\p]1 ils en fur5t si cont5ts qu'ils m'invitr5t me mettre table avec eux1 ce que je fis avec bi5 plus de frayeur que de faim4 ,en prp>ant ce repas1 j'avais bi5 p5s au somnifre qui m'avait si p>faitem5t russi avec l'inquisiteur2 de quelle utilit ne me ft-il pas dev5u dans une telle circon/ance1 mais en fran*issant les murs de dom ,crispe1 j'avais eu le malheur de le p]dre1 et je ne l'avais pas regrette1 n'imag9ant pas qu'il dt m'tre sitt ncessaire4 ,qu& nos brig&s eur5t bi5 s\p1 qu& ils eur5t vuid un gr& nombre de b\teilles de v91 leurs yeux se t\rnr5t v]s moi avec un peu plus d'intrt1 et comme il s'en fallait bi5 que l'am\r ou la galant]ie devnt l'lm5t de leur flamme1 il n'y eut sorte de brutalits qu'ils ne se prposr5t2 un c>t en amne un autre2 l'ennemi de la v]tu1 l'e/ galem5t de la dc5ce2 acc\tum fran*ir t\s les fre9s p\r l'intrt du crime o son p5*ant l'entrane1 jugez s'il en respecte o p>le sa luxure8 4 4 4 ,comm5t v\s r5dre t\t ce qui fut dit4 ,v\s le ca*] e/ manqu] le tableau2 j'us]ai donc de quelques figures1 il n'y a que les expressions malhonntes qui *oqu5t1 on peut t\t montr] s\s le voile4 ,ils prt5dir5t d'abord qu'il fallait me faire mettre nue au milieu d'eux1 te9dre t\tes les lumires1 et qu'a9si que des l\ps sur une brebis1 *acun se jett]oit sur moi p\r s'y satisfaire sa guise3 ensuite les op9ions *angr5t1 il fallait1 dir5t-ils rs]v] le meilleur p\r le j\r d'ensuite 4 4 4 se cont5t] seulem5t ce soir-l de jug] mon adresse1 4 4 4 et que celui qui1 mieux s]vi1 ou plus heureux1 arriv]ait au b en mo9s d'in/ant1 s]ait le premi] le l5dema9 dont je c\ronn]ais l'ardeur4 ,un troisime ouvrit un avis diffr5t3 la =t]esse1 prt5dit-il1 devant tre d'une rsi/ance =t vive1 il fallait1 af9 de se mettre en tat de l'attaqu] le j\r suivant1 esc>m\*] devant les demi-lunes1 et s'emp>] de la r$\te avant d'entr] dans le corps de la place4 ,d'autres dir5t des *oses encore plus obscnes2 il n'y eut sorte de complots odieux qu'ils ne fir5t contre moi1 sorte d'inv5tions crapuleuses ou b>b>es qui n'*auffass5t leur tte4 4 4 4 ,enf9 le capita9e apaisa t\t1 et dit que1 comme on devait p>tir dans une heure1 il ne v\lait pas que p]sonne me t\*t avant le ret\r2 mais que p\r pass] cette heure agrablem5t1 il fallait me j\] aux ds1 et mettre entre les ma9s du sort la dcision de l'ordre de ceux qui devi5drai5t mes amans t\r t\r3 ce projet s'excuta sur-le-*amp1 et les rangs s'crivir5t4 ,enfans1 dit le capita9e1 ds que cela fut fait1 t\t e/ dit1 p>tons ma9t5ant2 des devoirs plus ess5tiels n\s att5d5t4 4 4 4 ,s\v5ez-v\s que ce que n\s v5ons de faire n'e/ qu'un jeu3 je v\lais v\s t5ir en gaiet1 et v\s emp*] de dormir4 4 4 4 ,que cette malheureuse n\s s]ve1 la bonne heure1 n\s en avons beso94 4 4 4 ,mais s'il y en avait un seul d'entre-v\s qui s'avist de pr(it] de sa faiblesse et de son malheur1 p\r obt5ir p> la viol5ce1 ce qu'elle ne doit donn] qu' celui qui lui plaira le mieux1 je v\s av]tis que je reg>d]ais cet homme-l comme un l*e1 comme un malhonnte homme1 capable de n\s trahir n\s-mmes1 et qu'il n'y auroit ri5 que je ne fisse p\r m'en dfaire l'in/ant4 ,ce n'e/ ni contre le faible1 ni contre le pauvre que doiv5t se dirig] nos armes2 elles ne sont de/9es que p\r le =t et p\r l'opul5t3 notre mti]1 t\t aussi noble que celui d',alex&re1 n'a p\r objet que d'tablir p>mi les hommes1 une comp5sation drange p> la civilisation et les loix4 ,n\s manquons1 p]sonne ne n\s sec\re2 t\t n\s e/ p]mis p\r rp>] les torts de la =tune1 et la frocit du ri*e4 ,t\t n\s e/ df5du1 ds qu'il n'e/ "q que d'un crime4 ,il e/ dj assez malheureux p\r n\s d'tre obligs d'en commettre p\r vivre1 sans n\s y livr] gratuitem5t4 ,qu'il s'avance celui qui aurait envie de me contr$ire1 et je lui fais raison sur- le-*amp1 de telle manire qu'il v\dra l'ent5dre4 ,ce disc\rs fut univ]sellem5t applaudi2 t\s s'armr5t et p>tir5t1 en me laissant ce qu'il fallait leur prp>] au ret\r4 ,gr& ,dieu1 me dis-je1 confondue de ce que je v5ais d'ouir3 4 4 4 voil donc encore de la v]tu dans le se9 mme de l'infamie6 ,ces malheureux vi5n5t de se p]mettre des propos affreux1 sans d\te1 mais ils ne m'ont fait aucun mal1 et ils annonc5t clairem5t l'envie de ne m'en po9t faire2 ils ne m'ont po9t livre p> raison d'tat aux ma9s d'un roi b>b>e qui p\vait me dvor]3 ils n'ont po9t eu desse91 comme l'alcade de ,lisbonne1 d'abus] de ma misre1 p\r se procur] des j\issances1 ils ne m'ont pas vole p\r me contra9dre me jett] dans leurs bras2 ils ne m'ont po9t brle1 t5aille1 p\r obt5ir de moi l'aveu de crimes imag9aires2 ils ne m'ont po9t place entre le d%onneur et la mort1 p\r triomph] de ma faiblesse 4 4 4 ils ne me tu5t po9t p\r emp*] que je ne rvle leurs crimes4 4 4 4 ,ce ne s]a donc jamais que dans les tats proscrits p> la socit1 que je tr\v]ai de la piti et de la bi5faisance2 et ceux qui sont *>gs d'y ma9t5ir l'ordre et la paix1 ceux qui doiv5t y faire rgn] la pit et la religion t\r--t\r1 sduits p> le despotisme1 ou frmissant s\s le j\g de l'impo/ure1 ne m'(friront que des horreurs et des crimes6 la civilisation e/-elle donc un bonheur6 et si la plus gr&e somme de crimes se tr\ve t\j\rs s\s le manteau de l'autorit2 les fre9s dont elle n\s accable1 ne sont-ils pas plutt les in/rum5s de ses passions1 que les moy5s de la v]tu8 ,ces ides agitr5t mon esprit avec tant d'empire1 que je passai deux heures au co9 du feu comme anantie1 et sans reg>d] aut\r de moi4 ,je me levai enf91 curieuse de voir ma n\velle habitation1 comme les rayons du j\r n'y avai5t jamais pntrs1 je me munis d'une lampe1 et p>c\rus sa sombre lueur1 t\s les dt\rs de ce rduit4 4 4 4 ,quel fut mon tonnem5t1 qu& j'ent5dis p>l] bas au fond d'une vote obscure1 qui p>aissait recel] quelques lugubres habitations4 4 4 4 ,je m'avance1 je vois une porte1 et di/+ue clairem5t que les sons qui me frapp5t1 ne vi5n5t que de la *ambre que f]me cette porte4 4 4 4 ,je prte l'oreille4 4 4 4 6 ma *re ,anglique1 disait en franais une voix d'homme1 notre impo/ure n'en impos]a pas long-temps1 ds qu'on aura cess d'y croire1 la mort en devi5dra le prix1 et cette affreuse cav]ne e/ notre t]nel spul*re4 4 4 4 ,je m'enh>dis4 4 4 4 ,de tels mots1 p5s-je1 ne peuv5t v5ir que de compagnons d'in=tune2 c'e/ mon heureux sort qui me les envoie2 p>lons-leur4 --6 v\s1 dis-je d'une voix basse1 v\s qui gmissez comme moi dans ce lieu d'horreur1 4 4 4 je m'y crois plus libre que v\s2 enseignez-moi comm5t je peux v\s y s]vir8 --,qui tes-v\s1 me dit trav]s la porte le mme homme qui v5ait de p>l]1 votre piti trompeuse ne n\s abuse-t-elle pas8 --,ne le r$\tez po9t1 m'criai-je1 je suis comme v\s1 victime de la sclratesse des matres de cet affreux logis1 et desire1 p\r le mo9s1 aussi vivem5t que v\s1 de leur *app]1 quelque peu de raison que j'aie me pla9dre d'eux jusqu' ce mom5t-ci4 ,alors je dvoilai mes av5tures2 4 4 4 monsieur de ,b]sac1 c'tait le nom de ce cam>ade de malheur1 me raconta les si5nes et celles de sa femme4 ,ils tai5t l'un et l'autre comdi5s franais2 ils v5ai5t de ,cadix1 et ret\rnai5t dans leur patrie2 la voiture publique dans laquelle ils tai5t1 avait t pille2 presque t\s les voyageurs1 ou s'tai5t enfuis1 ou avai5t r5contr la mort1 et lui1 a9si que sa femme1 n'avai5t *app la rage de ces meurtri]s1 qu'en leur promettant de leur appr5dre un secret ess5tiel p\r eux4 ,ce subt]fuge n'avait eu p\r b que de p>v5ir p5dant ces dlais1 tr\v] les moy5s d'*app]4 ,ils avai5t dit ces voleurs1 que trois j\rs aprs eux1 la voiture de l'ambassadeur de ,france1 *>ge d'or et de bij\x1 devait pass] p> la mme r\te2 ils dem&ai5t la vie s'ils n'en imposai5t pas4 ,le moy5 avait russi2 mais ce qui le fondait tant imag9aire1 et l'in/ant o la fausset de leur hi/oire allait se dc\vrir1 tant prt d'arriv]1 comm5t espr] de se tir] d'affaire8 --,il faut prv5ir ce mom5t1 dis-je1 ces malheureux p\x1 il faut n\s sauv] t\s2 j'ai du c\rage et de l'adresse2 j'ai *app de plus gr&s prils2 rassurez-v\s1 votre lib]t me devi5t aussi *re que la mi5ne1 et je vais travaill] la r5dre t\s trois2 ces honntes g5s pleurr5t en m'c\tant2 ils jurr5t de consacr] leur vie m'tre utile1 si je p>v5ais rompre leurs f]s4 ,je les quittai p\r en all] tudi] les moy5s4 ,il me p>aissait impossible que les voleurs euss5t emport dans leur c\rse1 la clef du ca*ot de monsieur de ,b]sac2 elle devait assurm5t se tr\v]2 il ne s'agissait que de la *]*]4 ,je remuai t\t1 il ne fut pas un co9 de ce lugubre manoir que je ne visitai4 ,je dc\vris enf9 cette clef ca*e s\s deux gr&s sacs de l+e1 je m'en saisis1 4 4 4 je vole au ca*ot1 j'en ouvre la porte1 et sautant au col de mes compagnons1 quelle joie1 dis-je1 quel bon augure p\r les suites2 voil dj la moiti de vos li5s briss1 travaillons promptem5t au re/e4 ,monsieur de ,b]sac tait un homme de qu>ante-c9q ans1 d'une =t belle figure1 et sa femme1 ge d'environ qu>ante1 avait encore une phisionomie trs-agrable3 elle tait en possession au ?tre de l'emploi des gr&es coquettes1 et son m>i t5ait celui des pres nobles4 ,ri5 de plus t5dre que les m>ques de reconnaissance que me prodigur5t ces deux p\x2 mais en en recevant les expressions la hte1 sortons1 leur dis- je1 sortons2 tel doit tre prs5t notre unique objet2 une fois en lib]t1 n\s n\s livr]ons loisir aux s5tim5s mutuels qu'une telle r5contre n\s inspire2 ne songeons ma9t5ant qu' n\s vad]4 ,ils se ress\v5ai5t1 aussi-bi5 que moi1 du *em9 de l'escali]2 n\s le gagnons1 n\s escaladons le/em5t jusqu'au haut2 mais que dev9mes-n\s qu& n\s vmes que la trape semblait exactem5t f]me4 4 4 4 ,b]sac ne dsespre po9t1 4 4 4 il voit un j\r1 il p\sse de t\te la =ce de ses paules1 une grosse pi]re c\v]te de br\ssailles pesait seulem5t sur cette trape2 elle cde aux ef=ts de celui qui s\lve1 n\s l'aidons1 la pi]re se r5v]se2 et n\s voil dehors4 ,il faut avoir connu la situation de quelqu'un qui brise ses f]s p\r tre en tat de la r5dre2 c'e/ un n\vel air que l'on respire2 ce sont de n\velles s5sations qu'on pr\ve2 c'e/ un poids norme de mo9s dont on se db>rasse4 ,n\s ne pmes t5ir1 avant d'all] plus lo91 au plaisir de n\s embrass] encore t\s les trois2 puis n\s enc\rageant mutuellem5t1 p>tons1 dmes- n\s1 loignons-n\s avec vtesse2 n\s s]ions p]dus sans ress\rces1 si ces malheureux rev5ai5t4 ,il tait environ sept heures du mat91 n\s n\s s5tions en tat d'entrepr5dre une =te c\rse2 n\s fmes dix lieues avant le c\*] du soleil1 sans que ri5 tr\blt notre m>*e4 ,cette j\rne n\s appro*ait de ,valladolid2 n\s y arrivmes le l5dema94 ,mes compagnons ayant t\t p]du1 les seuls petits fonds que les voleurs n'avai5t pas song me pr5dre1 avai5t s]vi n\s conduire jusques-l4 ,mais ces ames honntes et s5sibles sur5t bi5tt me ddommag] du peu que j'avais fait2 ,b]sac et sa femme avai5t des amis ,valladolid1 ils fur5t les voir1 et en reur5t les sec\rs qu'ils en att5dai5t4 ,voil ce qui v\s app>ti5t1 madame1 me dit cet honnte ami1 en plaant devant moi la somme entire qu'ils v5ai5t de recevoir4 ,daignez accept] ceci comme une bi5 faible m>que de la reconnaissance que n\s v\s devons3 pr5ez t\t1 dirigez t\t1 et conduisez n\s seulem5t ,bayonne4 --,oh ciel6 dis-je ces braves amis1 quelle injure v\s me faites6 ,quoi1 v\s v\lez m't] la d\ceur de v\s avoir s]vi6 une ame comme la mi5ne connat-elle d'autre prix aux bi5faits1 que celui de les avoir r5dus8 4 4 4 ,mon pre1 dis-je ,b]sac1 en me jettant dans ses bras1 protgez ma jeunesse2 emp*ez-moi de heurt] encore contre de n\veaux cueils2 voil le prix que je dem&e du faible s]vice que v\s e/imez tant4 ,ensuite de cet lan de mon ame que ,b]sac reut avec t\te la s5sibilit possible1 il me dit qu'aprs mes malheurs1 aprs la situation o j'tais avec ma famille1 le dsir que j'avais de retr\v] mon p\x1 le peu de fonds dont j'tais munie1 il ne voyait p\r moi d'autre p>ti que le spectacle2 et qu& il s'app]ut que ce mot me faisait entrevoir de n\veaux prils 4 4 4 ,v\s v\s trompez1 me dit-il1 il n'y a po9t d'tat au monde o une femme puisse mieux cons]v] sa v]tu2 si son tal5t l'expose1 on peut dire aussi qu'il la g>antit3 elle peut t\j\rs l'oppos] p\r raison de ne pas se livr] au vice2 son organe1 sa taille1 sa sant1 sont des motifs qui doiv5t s]vir la r5dre sage1 et qu'elle peut t\j\rs object] ceux qui veul5t l'emp*] de l'tre4 ,une femme qui n'a d'autre ress\rce que dans son travail1 peut manqu]1 et tr\v] p> ce travail mme1 mille occasions d'tre sduite4 ,notre tal5t n'(fre aucun de ces dang]s2 -peu-prs t\j\rs pay au-del de ce qu'il faut p\r vivre2 il expose r>em5t au tri/e inconvni5t du beso92 si une femme a un tal5t transc5dant1 on la respecte et on l'attaque peu4 ,si elle n'en a qu'un mdiocre1 sa bonne conduite lui r5d la considration que le peu d'art lui refuse2 et elle e/ galem5t rvre4 ,non1 non1 ,lonore1 non1 n'imag9ez pas que le ?tre soit un cueil p\r la sagesse2 le devoir dlivre des p]scutions1 et l'on f9it p> v\s savoir gr de vos so9s les vit]4 ,d'ailleurs on fait corps1 on e/ s\t5u1 on a des cam>ades1 on e/ protge1 on e/ p\r-a9si-dire1 p> l'tat mme1 entirem5t l'abri de la misre et de l'insulte2 et ce que cet tat a de suprieur celui que le simple travail manuel p\rrait v\s donn]2 c'e/ que dans celui-ci1 votre sagesse1 si v\s tes pauvre1 devi5dra presque un ridicule2 au lieu que dans le ntre1 elle aj\t]a tonnamm5t l'clat de votre rputation4 ,on prononc]a sans cesse1 avec une sorte de respect1 les noms des ,gauss91 des ,doligni et des ,prville1 ils imprim]ont t\j\rs -la-fois des ides de tal5t et de v]tu4 ,rfl*issez d'ailleurs t\s les agrm5s du mti]2 j\issez du p>fum des roses1 moissonnes sur aussi peu d'p9es1 quoi de plus flatteur p\r l'am\r-propre1 que de se tr\v] l'idole de la scne6 de n'y jamais p>atre que p\r l'ent5dre ret5tir des applaudissem5s qu'on v\s prodigue2 comme on respire avec dlices l'enc5s (f]t ses autels2 votre nom vole de b\*e en b\*e2 il ne s'y prononce qu'avec des loges2 les hommes v\s aim5t1 v\s desir5t1 v\s re*]*5t2 les femmes v\s envi5t1 v\s cajol5t et v\s imit5t2 v\s donnez -la-fois le ton et les modes2 v\s ne p>aissez1 en un mot1 jamais1 sans que t\tes les s5sations de l'orgueil ne soi5t enivres t\r--t\r4 ,si v\s avez de la conduite1 les plus gr&es maisons v\s sont ouv]tes2 on v\s y reoit avec plaisir2 on v\s y p>le avec respect1 et p>-t\t v\s tr\vez des amis1 de la protection et des hommages4 ,v\s me sduisez1 mon pre1 dis-je ,b]sac1 mue et presque dcide4 4 4 4 ,mais v\s le voyez1 je n'ai po9t de tal5t4 4 4 4 pe9e sais-je le franais1 depuis le temps que je ne p>le que l'itali51 le portugais et l'espagnol1 t\s mes mots se sont corrompus4 --,cela revi5dra facilem5t1 me dit madame de ,b]sac2 abjurez ces langues trangres1 racc\tumez-v\s au fre9 des rgles grammaticales2 contraignez votre prononciation r$ev5ir pure et exacte1 p5dant que n\s allons voyag] ensemble1 et je v\s rponds qu'au del des ,pyrnes1 on ne s'app]cevra seulem5t pas que v\s ayez jamais quitt la ,france4 ,votre organe e/ d\x et flatteur1 il a de l't5due et de la ju/esse1 il e/ t5dre et flexible dans les hauts2 il n'a po9t de duret dans les bas4 ,v\s devez tre du d]ni] intrt dans les pleurs2 votre taille e/ lgre1 elle e/ agrablem5t prise2 vos bras sont sup]bes2 v\s avez de la fi]t dans le reg>d1 beauc\p de grace dans la dm>*e1 de la *aleur et de la vrit dans le dbit2 il ne s'agit plus que de rgl] t\t cela2 que de v\s donn] de la prcision1 de l'aplomb4 4 4 4 ,v\s appr5dre l'ent5te de la scne1 quelques tudes1 et je p>ie qu'avant deux mois n\s v\s mettons en tat de dbut]4 ,je fus entrane1 je l'av\e2 la protection que m'assurait madame de ,b]sac2 les so9s que me promettait son m>i1 l'espoir1 en allant a9si de ville en ville1 de p\voir appr5dre des n\velles de t\t ce qui m'tait le plus *] au monde1 t\tes ces raisons me dcidr5t1 et on m'a*eta sur-le-*amp des livres4 ,le l5dema9 aprs dn]1 madame de ,b]sac dit son m>i1 qu'il devait port] des pla9tes contre les sclrats de *ez qui n\s sortions1 et travaill] les faire arrt] sur-le-*amp2 ce que cet honnte homme rpondit ici1 me p>ut si sage1 si con=me ma faon de p5s]2 4 4 4 ju/ifiait si bi51 en un mot1 les raisons qui m'avai5t galem5t emp* de dnonc] l'aub]ge au lit tombant1 et les capuc9s ent]rant les objets ca*s de leur luxure1 que j'ai t\j\rs ret5u ses p>oles4 4 4 4 ,v\s me p]mettrez1 j'espre1 de v\s les r5dre4 ,je v\s p>donne1 dit-il1 sa femme1 ces lg]s m\vem5s de rigorisme et de svrit2 v\s arrivez d',espagne1 il faut bi5 que v\s ayez cons]v quelque *ose des murs ha9euses et rigori/es de ces maures demi polics2 mais appr5ez1 ma *re amie1 que je croirais me de%onor] moi-mme1 si je tranais p> une telle action1 ces malheureux l'*afaud2 ils m'ont attaqu1 ils m'ont dp\ill1 ils m'ont mis dans leurs f]s1 en voil plus qu'il n'en faut p\r que la pla9te me devi5ne int]dite1 et p\r que je ne l'osasse pas sans remords2 4 4 4 ,elle ne s]ait plus que l'ouvrage de la v9dication2 ce s5tim5t e/ odieux dans une ame s5sible2 il en dmontre la faiblesse4 ,c'e/ tre faible que de ne p\voir support] une injure2 c'e/ tre vraim5t gr&1 que de la mpris]2 j'ai fait1 en tudiant les hommes1 une rem>que assez s+ulire1 c'e/ qu'il n'y a presque jamais que les ames basses qui se livr5t au s5tim5t de la v5geance1 inf9im5t plus s5sibles l'insulte1 p>ce qu'elles n'ont la =ce de ri5 endur]1 elles ne peuv5t en s\t5ir la blessure2 et comme ces tres-l mrit5t peu1 ils croy5t t\j\rs qu'on ne leur r5d jamais assez4 ,l'homme1 au contraire1 d\ d'une ame =te1 qui n'imag9e pas que l'injure puisse all] lui1 ou ne la voit pas1 ou la mprise2 la v5geance affi*]ait l'insulte3 il aime mieux ne la pas s\ponn]1 que d'appr5dre1 en s'armant contre ceux qui l'ont outrag1 qu'il tait possible qu'on lui manqut4 ,que les vils satellites1 gags p\r le so9 fltrissant de conduire les in=tuns la mort1 se *>g5t de dc\vrir leur retraite2 mais elle ne s]a jamais indique p> moi2 il e/ odieux1 il e/ vil de dev5ir le dlateur de ceux dont n\s avons n\s pla9dre3 cette conduite t\ffe leurs rep5tirs2 elle les emp*e d'tre f*s d'avoir tr\bl une socit o devait se tr\v] de si m*antes g5s4 ,laissons aux autres l'emploi de les vex]1 mais ds que n\s avons t leurs victimes1 p>donnons-leur4 ,une fois v5gs1 n\s dev5ons aussi c\pables qu'eux1 puisque1 a9si qu'eux1 n\s commettons une lzion quelconque2 de ce mom5t n\s voil donc aussi bas1 et notre supriorit e/ t\j\rs entire si n\s leur p>donnons4 4 4 4 ,on frmit l'action d',atre2 4 4 4 les l>mes les plus d\ces c\l5t1 qu& ,gusman dit ,zamore3 ,des dieux que n\s s]vons connais la diffr5ce3 ,les ti5s1 t'ont comm& le meurtre et la v5geance2 ,et le mi51 4 4 4 qu& ton bras vi5t de m'assass9]1 ,m'ordonne de te pla9dre 4 4 4 et de te p>donn]4 ,ah6 mes amies1 cont9ua cet homme d\x et s5sible1 plus on connait les hommes1 plus on devi5t tolrant4 ,si ces malhonntes g5s devai5t se corrig]1 peut-tre entrepr5drais-je leur cure2 mais je s5s combi5 elle e/ impossible1 et j'ose dire1 avec un homme de beauc\p d'esprit #i1 qu'on n'a pas le droit de r5dre malheureux1 ceux qu'on ne peut pas r5dre bons4 ,croyez-v\s que si ces in=tuns tai5t ri*es1 ils ex]c]ai5t l'affreux mti] que v\s leur voyez faire8 ,le beso9 seul les y dt]m9e1 t&is que l'ambition et l'orgueil1 s5tim5s bi5 mo9s p>donnables1 entra95t aux mmes horreurs les hros que l'on glorifie1 ,bras-de-f] et ses compagnons qui s'uniss5t p\r vol] un co*e1 sont-ils autre *ose que deux s\v]a9s qui se li5t p\r en dp\ill] un troisime8 et cep5dant ceux-ci att5d5t des palmes1 et l'immortalit1 p\r des crimes commis sans beso91 t&is que les autres n'auront que le mpris1 la honte et la r\e1 p\r des crimes autoriss p> la faim1 la plus imprieuse des loix4 ,eh6 ne n\s mlons pas du mal qui se fait dans le monde2 t*ons de n'en pas tre blesss2 mais n'entrepr5ons pas de le rprim]2 les fam9es1 les gu]res1 les maladies dont n\s accable la nature1 ne n\s s]v5t-elles pas de preuves que la de/ruction e/ inhr5te ses pr9cipes2 4 4 4 qu'elle lui e/ ncessaire1 et que ce n'e/ enf9 qu' =ce de dtruire qu'elle peut russir crer4 ,or si cette de/ruction lui e/ utile1 si elle n'y p>vi5t que p> des crimes1 si elle en commet *aque j\r elle-mme1 si le crime enf9 e/ une de ses loix1 de quel droit le bannirons-n\s de la t]re8 qui n\s autorise le v5g]8 ,les malheureux compagnons de ,bras-de-f]1 qui s]v5t les vues de la nature1 comme une pe/e ou une fam9e1 sont-ils plus c\pables que la ma9 qui n\s envoie ces flaux8 ,p\rquoi n'osons-n\s insult] l'une1 et p\rquoi condamnons-n\s l'autre8 ,il ne s'agit donc ici que de l'hi/oire de la =ce4 ,n\s tolrons les maux que n\s ne p\vons emp*]1 et n\s punissons les auteurs de ceux qui sont en notre p\voir1 y a-t-il de la ju/ice cette conduite #aj8 ,eh6 rapportons-n\s-en la prud5ce de la mre sage qui n\s g\v]ne1 elle ma9ti5dra t\j\rs dans le monde un nombre gal de vices et de v]tus1 proportionn au beso9 qu'elle aura de l'un ou de l'autre2 elle f]a natre des ,augu/e1 des ,anton91 des ,trajan1 qu& il lui faudra des v]tus2 les meurtres lui devi5dront-ils ncessaires1 elle n\s env]ra des ,nrons1 des ,tibres1 des ,alex&res1 des ,tam]lans1 des fam9es1 des pe/es1 des inquisiteurs de la foi1 et des p>lem5s4 4 4 4 ,mais malheur au sophi/e qui conclurait de-l1 qu'il doit1 ou adopt] le vice1 ou se consol] de n'tre pas v]tueux1 puisqu'il accomplit les loix de la nature4 ,un homme qui dirait1 puisque la gu]re e/ un flau ncessaire1 je vais l'allum] dans l',europe1 ne s]ait-il pas un tyran8 ,ne reg>d]iez-v\s pas comme un imbcile1 celui qui raisonnant d'aprs les mmes pr9cipes1 os]ait dire1 je vais me donn] la fivre1 puisque la fivre e/ un flau de la nature8 ,considrez de mme comme un f\1 celui qui dira1 je vais me plong] dans le crime1 puisque le crime e/ dans la nature4 4 4 4 ,malheureux6 4 4 4 elle produit aussi des poisons1 cette nature o tu te livres aveuglm5t1 et cep5dant tu te g>des bi5 de t'en n\rrir2 ais la mme sagesse env]s le crime1 fuis-le1 4 4 4 dte/e-le2 4 4 4 il ne f]a jamais ton bonheur2 4 4 4 il lui e/ impossible de le faire4 ,trop de yeux sont ouv]ts sur toi1 trop d'intrts s'oppos5t ce que tu n'agisses que d'aprs le ti52 et ceux de la socit qui balanc5t t\j\rs cet gsme qui te conduit au crime1 ou t'emp*]ont de le commettre1 ou te puniront de l'avoir commis4 ,a9si raisonnait ce sage ami2 et p> t\s ces disc\rs1 il ne se bornait pas seulem5t1 comme v\s voyez1 me =m] au ?tre1 ou m'en donn] le gt1 il levait aussi mon cur1 il =tifiait ma raison4 ,je connaissais p> lui le prix de mes voyages2 il me montrait le fruit que je p\vais cueillir de mes malheurs4 ,p5dant ce tems sa digne p\se cultivait mes faibles tal5s2 et pe9e arrive au-del des monts1 j'tais dj en tat de dbut] dans huit rles4 ,mais j'ai devanc1 sans le v\loir1 les vnem5s de notre r\te3 repr5ons- les1 ils (fr5t1 avant que d'arriv] en ,france1 un vnem5t assez s+uli]1 p\r que je ne doive pas v\s le taire4 ,je craignais de sj\rn] dans les villes1 et sur-t\t de suivre les gr&es r\tes2 j'en avais dj tmoign mon inquitude ,b]sac1 qui1 in/ruit p> moi de mon av5ture de ,madrid1 m'assura que l'inquisiteur1 trop honteux de ce que j'aurais object] contre lui1 se g>d]ait bi5 de me p\rsuivre1 et que mes cra9tes tai5t *imriques1 je me livrai donc lui4 ,en p>tant de ,valladolid1 n\s fumes c\*] ,burgos2 les aub]ges sont aussi mauvaises que r>es en ,espagne1 sans la prcaution de port] t\t avec soi1 on y e/ s\v5t peu l'aise2 mais po9t en tat de n\s procur] ces facilits1 n\s n\s logions comme n\s p\vions1 trop heureux d'tre c\v]t1 et de p\voir vivre1 aprs t\s les maux que n\s avions s5ti4 ,quoique ,burgos ti5ne le premi] rang dans les tats des deux ,ca/illes1 n\s y fumes p\rtant beauc\p plus mal logs qu' ,valladolid2 il fallut se cont5t] d'un mauvais cab>et hors de la ville1 divis en quelques tri/es cellules mal closes1 et donnant t\tes les unes dans les autres2 v\s p>donn]ez ce petit dtail2 il e/ ess5tiel l'intellig5ce de l'av5ture qui n\s arriva dans cette misrable htell]ie4 --,qui donc va v5ir c\*] prs de n\s1 dis-je l'htesse1 en lui voyant prp>] un lit dans une petite *ambre contigu celle o n\s tions1 et dont ri5 ne n\s sp>ait6 ,dormez en paix1 brave dame1 me rpondit la matresse du lieu2 les vois9s que je v\s donne1 sont g5s aussi honntes que v\s4 ,c'e/ un alcade de l'inquisition de ,madrid1 7et jugez si je frmis ce mot7 4 4 4 qui vi5t d'p\s] dans la capitale une des plus belles filles de t\tes les ,espagnes2 il la mne en ,biscaye1 son pays lui1 et je crois que t\s deux y vont f9ir leurs j\rs4 4 4 4 ,trs-mue de cette rponse1 j'affectai p\rtant le plus gr& calme2 mais je tmoignai bi5 vte mes deux amis1 t\te la cra9te que me donnait une p>eille r5contre4 4 4 4 ,ils en fur5t d'abord aussi p\vants que moi2 la rflexion nanmo9s ram5a promptem5t ,b]sac2 les projets que cet alcade annonce1 me dit-il1 p>aiss5t bi5 loigns de t\t ce qui p\rrait devoir v\s caus] de l'inquitude2 v\s le voyez1 lo9 d'tre occup de v\s1 il e/ dans l'ivresse des premi]s plaisirs de l'hym52 il t\rne le dos l'inquisition1 il va s'tablir en ,biscaye2 4 4 4 il e/ sans suite4 ,rassurez-v\s1 ,rassurez-v\s1 ,lonore1 je crois jug] assez bi5 des vnem5s de la vie1 p\r v\s rpondre que cette av5ture n'e/ pas p\r v\s du plus petit dang]4 ,n\s n\s mmes donc table1 et ple9em5t calme p> ce disc\rs1 je s\pai comme mon ord9aire4 ,l'heure de se mettre au lit tant v5ue1 inquiets p\rtant de ne po9t voir nos vois9s se retir]1 n\s en dem&mes la cause la s]vante4 ,le m>i de cette dame1 n\s dit-elle1 voyage avec un c]ta9 monsieur ,rodolphe1 lieut5ant de dragons1 son anci5 cam>ade2 et comme ils s'aim5t beauc\p t\s les deux2 *aque soir ils font ensemble un peu de dbau*e2 mais la jeune femme aussi ennuye que v\s de ce ret>d1 va v5ir se retir] en att5dant4 ,ds qu'elle s]a c\*e1 v\s s]ez tranquilles2 n\s recomm&]ons dom ,santillana1 son p\x1 de ne po9t faire de bruit en v5ant la retr\v]1 et ri5 n'int]rompra votre repos4 pe9e1 en effet1 cette fille eut-elle cess de p>l]1 que la jeune dame monta1 suivie de l'htesse4 ,comme aucune porte ne n\s sp>ait1 p\r vit] de lui tre *>ge1 n\s ne pumes que dt\rn] nos reg>ds4 ,elle se c\*a1 n\s en fmes autant4 ,il y avait une heure au plus que j'tais endormie1 lorsque je me s5tis t\t- -c\p s]re p> un homme nud1 dont la situation trs-n]gique1 et les m\vem5s peu quivoques1 en me rveillant en sursaut1 fir5t peut-tre c\rir en cet in/ant1 ma v]tu1 des risques plus rels que t\s ceux o j'avais *app jusqu'alors4 4 4 4 ,me dgag] le/em5t de ses bras1 saut] t]re1 en criant au sec\rs1 et me prcipit] dans le lit o je supposais madame de ,b]sac1 e/ p\r moi l'affaire d'un in/ant2 et l1 croyant avoir tr\v le refuge que je *]*e1 j'embrasse1 je s]re de t\te ma =ce la femme que je pr5ds p\r l'p\se de mon protecteur1 lorsque de n\veaux cris se font ent5dre en mme temps que des lumires vi5n5t jett] du j\r sur les diffr5tes p>ties d'une scne aussi biz>re que peu att5due4 ,reprs5tez-v\s d'abord le comdi5 ,b]sac moiti nud1 t5ant d'une ma9 mal aff]mie deux flambeaux1 dont les reflets f*eux ne s]v5t qu' lui faire voir un homme galem5t nud1 remplissant auprs de madame de ,b]sac1 des devoirs conjugaux qui n'app>ti5n5t qu' lui2 et moi qui me suppose dans le se9 de cette amie1 moi qui vi5s la hte y *]*] des sec\rs1 s]rant1 embrassant de t\tes mes =ces 4 4 4 qui8 4 4 4 ,clm5t9e 4 4 4 cette malheureuse ,clm5t9e1 compagne d'une p>tie de mes in=tunes1 et que je v5ais de laiss] gmissante au fond des prisons de ,madrid4 ,comm5t v\s r5dre ici les s5tim5s div]s qui n\s agitr5t t\s -la- fois8 de quelles expressions se s]vir p\r v\s pe9dre ,b]sac1 frmissant de rage du =fait trop c]ta9 qu'il claire2 sa femme app]cevant son erreur1 jettant des cris de dsespoir2 le malheureux qui fait leur honte commune1 s'esquivant la hte1 fuyant trav]s les tnbres1 et la femme qu'il de%onore1 et le m>i qu'il outrage1 et p\r t]m9] en un mot la scne1 ,clm5t9e et moi1 n\s reconnaissant1 n\s embrassant t\tes deux dans le mme lit1 n\s accablant de que/ions rciproques1 et ne p\vant v5ir b\t de n\s ent5dre1 p> la multitude des m\vem5s qui n\s agit5t t\r--t\r4 ,ne v\s laissons pas contempl] plus long-tems ce tableau s+uli]1 ce s]ait refroidir votre att5tion1 que de ne pas v\s l'expliqu] t\t de suite4 ,clm5t9e tait la jeune femme qui v5ait de se c\*] prs de n\s2 elle tait cette p\se *rie de l'alcade ,santillana qui s'en allait avec lui en ,biscaye3 n\s allons rev5ir aux vnem5s qui l'avai5t am5e l3 p\rsuivons4 ,la dbau*e des deux amis1 mais quel tait ce second ami1 ,brig&os2 oui1 madame1 ,brig&os1 s\s le nom de ,rodolphe1 *app de l'inquisition1 p> les so9s de ,clm5t9e1 a9si que je vais bi5tt v\s l'appr5dre4 ,sa dbau*e1 dis-je avec ,santillana1 les ayant enf9 conduit plus avant qu'ils ne croyai5t1 dev5ait -la-fois1 et la raison qui les faisait retir] si t>d1 et celle qui1 v5ant d'altr] leurs s5s1 avait fait jett] le prt5due ,rodolphe dans le lit de ,clm5t9e1 et l'alcade de l'inquisition dans le mi52 mais p> une inconcevable fatalit1 qu& cette d\ble erreur s'oprait1 ,b]sac1 press d'un beso91 v5ait de se lev] p\r y satisfaire1 et les cris de ,clm5t9e1 ayant reconnu t\t de suite que ce n'tait po9t son m>i qui1 se plaait prs d'elle1 avait fait sauv] ,brig&os1 qui1 r5contrant le comdi5 dans sa m>*e rapide1 l'avait culbut du haut en bas de l'escali]4 ,b]sac1 furieux de la cata/rophe1 s'tait saisi1 en se relevant1 des lumires de la salle mang]1 prs de laquelle il v5ait de *eoir1 et remontant c\rageusem5t dans les *ambres1 il v5ait reconnatre l'orig9e du dsordre1 lorsque l'alcade ,santillana s'g>ant dans mon lit comme ,brig&os dans celui de ,clm5t9e2 effray de la rception que je lui avais faite1 s'tait lanc dans celui de madame de ,b]sac1 croyant tr\v] celui de sa femme1 a9si que j'avais moi-mme gagn celui de ,clm5t9e1 au lieu de pass] dans celui de la comdi5ne2 telles tai5t les raisons de t\t le bruit1 telles tai5t celles de l'tonnem5t /upfait de ,b]sac1 et de la fuite s\da9e de l'alcade1 reconnaissant qu'il avait beau saut] de lit en lit1 il ne cessait jamais de se tromp]4 ,mais malheureusem5t l'erreur commise dans celui de madame de ,b]sac1 avait eu des suites plus fune/es que dans t\tes les autres p>ties de la scne4 ,un in/ant suffit1 dit-on1 de%onor] la femme la plus sage2 et ce t]rible in/ant v5ait d'arriv] p\r la v]tueuse p\se du comdi54 4 4 4 ,d'une "p1 un jeune homme1 frais et vig\reux dans l'tat du monde le mo9s fait p\r la pati5ce2 de l'autre1 une femme moiti endormie1 4 4 4 qui s'imag9e recevoir les *a/es embrassem5s d'un p\x4 4 4 4 ,il n'en avait pas fallu davantage1 4 4 4 le malheur tait consomm4 4 4 4 ,madame de ,b]sac fut la premire le dire2 elle se jetta en pleurs aux pi$s de son m>i2 elle lui dem&e de la v5g] de l'outrage odieux qu'elle vi5t de recevoir2 et cette n\velle circon/ance *angeant t\t--c\p le tableau1 en v>ia les te9tes gracieuses de ,?alie1 contre les noirs p9ceaux de ,melpomne4 ,voyant les *oses dev5ir lugubres1 n\s volons1 ,clm5t9e et moi2 je nomme mon amie1 elle implore la grace de son p\x3 ,santillana1 en honnte homme1 acc\rt lui-mme aux g5\x de madame de ,b]sac1 la supplie d'oubli] une faute qu'il n'a commis que p> inadv]tance2 et se ret\rnant aussi-tt v]s le m>i1 il le conjure de se v5g]1 et qu'il ne s'en df5dra pas1 si ses excuses ne sont po9t acceptes4 ,l'attitude e/ fixe2 un mom5t *acun s'obs]ve et rfl*it4 ,b]sac6 m'criai-je1 mon protecteur6 v\s m'inspirez la clm5ce1 donnez m'en l'exemple auj\rd'hui1 madame1 p\rsuivis-je1 en pr5ant les ma9s d',anglique1 ne faites pas un j\r de sang d'un des plus heureux de ma vie1 puisqu'il vi5t r5dre ma t5dresse une amie p]due si long-temps4 4 4 4 ,*re dame1 dit ,clm5t9e en cajeolant la ,b]sac avec les manires naves et ple9es de grace qu'elle employait avec tant d'n]gie2 songez que je suis la premire (f5se1 et qu'en vrit il n'y a que moi qui doive se mettre en colre1 si quelqu'un en a le droit ici2 oublions donc t\t1 de "p et d'autre2--j'y cons5s1 rpondit ,b]sac1 j'aurais trop me repro*]1 si je tr\blais en ri5 la joie de ,lonore1 n'y p5sons plus1 madame1 dit-il son p\se2 si je v\s connaissais mo9s2 si v\s aviez fait un seul faux pas dans votre vie1 cette av5ture me tr\bl]ait peut-tre2 mais une femme sage1 v+t ans ne se dm5t pas dans un qu>t d'heure4 4 4 4 ,votre innoc5ce e/ reconnue4 4 4 4 ,et v\s1 monsieur1 dit-il l',alcade1 p]mettez que je ne voye qu'un ami1 dans l'p\x d'une des femmes de la t]re1 que ,lonore aime le mieux2 embrassons-n\s1 et que t\t s'oublie4 --,oh6 monsieur1 v\s tes *>mant1 v\s tes *>mant1 dit ,clm5t9e1 avec sa dlicieuse vivacit1 dev5ue plus agrable encore p> son joli acc5t dans les mots franais1 oui1 v\s tes *>mant2 voil comme un galant homme doit pr5dre les *oses2 mais p\r a*ev] de n\s pr\v] votre e/ime et votre p>don4 4 4 4 il e/ t>d1 passons le re/e de la nuit ensemble1 et p]mettez-n\s de v\s (frir djen]1 n\s y rirons t\s d'un vnem5t qui1 dans le fond1 ne fait mal p]sonne2 oui1 n\s n\s en amus]ons jusqu' l'heure fatale qui vas n\s sp>] p\r jamais1 sans d\te4 ,la proposition s'accepte1 ,b]sac se dcide1 son p\se se console1 on rappelle ,brig&os1 contusion du *oc dont il a culbut le comdi52 t\s deux s'embrass5t avec un peu mo9s de brutalit2 je saute dans les bras de mon anci5 *ef2 je lui tmoigne t\t le plaisir que j'ai de le revoir1 et l'on n'ent5d plus dans l'aub]ge que des ris1 on n'y voit plus que des m>ques de joie4 ,aprs quelques s\pes l'oignon1 quelques rties au v9 de ,madre1 ,clm5t9e t\j\rs gaie1 t\j\rs friponne et t\j\rs jolie1 n\s apprit comm5t elle tait *ape au glaive inquisitoire1 p> le sec\rs du jeune homme qu'elle avoit ma9t5ant avec elle1 et dont elle m'assura1 que quoique fugitive1 je n'avais srem5t ri5 cra9dre1 elle avait t assez heureuse p\r obt5ir de son amant la lib]t de notre *ef1 c'tait t\t ce qu'elle avait pu faire1 et une satisfaction bi5 relle p\r son ame d'avoir pu r5dre ,brig&os1 les s]vices que n\s en avions reu si obligeamm5t l'une et l'autre1 lorsque ne sa*ant que dev5ir aprs notre dsa/re de ,lisbonne1 n\s avions tr\v *ez cet honnte bohmi5 tant d'accueil et d'humanit2 p\r quant elle1 cont9ua cette aimable femme1 l'heure de la sance tant dpasse de beauc\p1 le j\r o je l'avais laisse dans la salle des t\rm5s1 ds que j'avais t sortie1 on l'avait congdie avec injonction de se retr\v] le l5dema9 au mme lieu p\r y subir la "q de la corde1 et l'inquisiteur qui1 comme v\s le savez1 avoit eu des raisons de dispos] de la *ambre qu'elle occupait prs de moi1 l'avait fait pass] dans un autre qu>ti]2 ce fut alors qu'elle tomba s\s la direction de ,santillana1 auquel elle inspira la passion la plus vive2 celui-ci s'ouvrit sur-le-*amp elle1 il en fut c\t1 elle mit t\t au prix de la lib]t de ,brig&os et de la si5ne1 fille dlicieuse sans d\te1 qui p>aissait en ce mom5t critique1 s'occup] encore plus des autres que d'elle-mme4 ,santillana promit1 et lui donna de si bons conseils1 il la protgea si vivem5t qu'il lui fit vit] t\s les n\veaux int]rogatoires1 p5dant ce tems1 il mnagea sa fuite et celle de notre *ef1 rsolu de quitt] lui-mme l'infme mti]1 que le drangem5t de sa jeunesse lui avait fait pr5dre1 puisqu'il p\vait dsormais s'en pass]1 au moy5 de la succession d'un oncle =t ri*e1 n\vellem5t dcd en ,biscaye2 il avait donc pris la rsolution de p>tir avec celle qu'il aimait1 d'en faire sa femme hors des portes de ,madrid1 et de la conduire1 s'emp>] avec lui de l'hritage qui allait les mettre t\s deux en tat de vivre dsormais de leurs bi5s1 sans avoir beso9 de qui que ce ft4 ,t\t avait russi1 et1 p> les so9s de ,santillana1 ,brig&os vad de la veille1 les att5dait dix lieues de ,madrid4 ,les deux p\x cont9uai5t donc leur r\te1 t\s les deux plus pris1 plus *>ms que jamais l'un de l'autre1 et ,clm5t9e bi5 rsolue r5onc] aux g>em5s de sa jeunesse p\r se consacr] dsormais t\te entire la flicit du jeune homme aimable qui s'tait immol p\r la si5ne2 mais ces g>em5s de ma compagne1 ,santillana ne les avait po9t ignor1 ,brig&os le c]tifia la socit1 et comme madame de ,b]sac en p>aissait un peu surprise4 4 4 4 ,eh6 quoi1 madame1 dit notre *ef1 en se livrant son gt de diss]tation philosophique1 o son rudition clatait t\j\rs1 quoi1 n'e/-ce donc pas un prjug /upide1 que d'exig] de la fidlit d'une femme1 mme avant que d'avoir connu son p\x8 ,devait-elle quelque *ose cet p\x1 dont elle ne s\ponnait seulem5t pas l'exi/5ce8 --,mais1 dit madame de ,b]sac1 on peut cra9dre que celle qui n'a pas t sage avant l'hym51 ne puisse le dev5ir aprs4 ,ce raisonnem5t n'e/ pas ju/e1 madame1 reprit notre *ef1 une fille n'a p\r cons]v] sa virg9it que les li5s les plus *imriques1 tant qu'elle e/ en puissance pat]nelle1 si elle la g>de avec tant de so9 alors1 c'e/ p> faiblesse ou p> ignorance2 mais elle n'y e/ po9t t5ue2 ri5 ne l'y oblige1 et jamais l'autorit des p>5s1 s'ils sont ju/es1 ne peut s't5dre jusqu' contra9dre leur fille la *a/et1 c'e/--dire un tat absolum5t contraire la nature1 elle peut dispos] d'elle1 aucun pacte ne la lie1 elle n'a fait aucune promesse1 elle n'e/ qu' elle1 et la raison qui semble prt] aux p>5s l'ombre du p\voir sur cet article1 n'e/ fonde que sur leur av>ice ou leur ambition1 ils craign5t de ne p\voir m>i] leurs filles1 ils les oblig5t respect] la fleur que l'hym5 doit pan\ir2 mais cette raison uniquem5t dicte p> l'intrt des pres1 e/ nulle aux yeux des enfans4 ,si les filles l'c\t5t1 elles ont s]vies les passions de leurs pres au dtrim5t des leurs1 c'e/--dire qu'elles ont fait une btise1 puisqu'elles ont donnes beauc\p plus que ce qu'elles ne reoiv5t1 la passion qu'elles immol5t tant bi5 autrem5t imprieuse que celles auxquelles elles sacrifi5t2 mais le prjug prononce contre elles1 cont9ue- t-on d'object]2 voil l'infamie2 voil l'inconsqu5ce2 voil l'atrocit2 voil l'inepte b>b>ie qui ne se voit que dans notre ,europe agre/e4 ,p>c\rons rapidem5t les usages des peuples qui ont mieux valu que n\s4 ,les ,brsili5s1 les ,sci!s1 les ,lapons pro/ituai5t aux trang]s des filles1 dont ils ne faisai5t pas mo9s leurs femmes aprs2 au ,pgu1 un trang] l\e une fille p\r le temps de son sj\r dans le pays1 et cette concub9e n'en tr\ve pas mo9s un p\x au sortir de-l4 ,*ez les ,t>t>es1 au-del du ,?ibet1 t\s ceux qui connaiss5t une fille lui donn5t un prs5t dont elle doit t\j\rs se p>]2 et la c]titude d'avoir un m>i n'e/ p\r elle1 qu'en raison de la quantit qu'elle peut (frir de ces preuves de son lib]t9age4 ,hrodote assure que les lidi5nes n'avai5t d'autre dot1 que le fruit de leur pro/itution1 et suivant ,ju/91 les filles de l',isle-de-,*ipre se r5dai5t dans les ports1 desse9 de se livr] aux trang]s qui v5ai5t dans l',isle1 et d'acqurir une dot p> ces moy5s2 on insulte une ,circassi5ne qu& on lui dit qu'elle n'a po9t d'amans2 le culte d',a/>te1 au temple de ,biblus1 consi/ait dans les plus gr&s excs de l'incont95ce des filles1 aucunes d'elles n'et tr\v d'p\x sans cela2 p]sonne ne s'allie une ,arm5i5ne1 si les prtres de ,tanas n'en avait abus de t\te sorte de manire2 je dis de t\tes manires1 c> telle tait sur ce po9t la manie de ces peuples1 que ce qui mme aj\t]ait d'aprs nos murs une te9te l'infamie1 dev5ait *ez eux un motif de plus aux prfr5ces1 il fallait que la pro/itution et t si entire1 qu'aucun des temples de l'am\r n'et t sans adorateurs1 et l'on en v\lait tre sr4 ,hrodote et ,/rabon n\s dis5t que les ,babiloni5nes tai5t obliges d'(frir a9si leurs prmices au temple de ,vnus1 le culte de la ,callipige des ,grecs e/ une preuve de ce que j'avance2 d'aprs t\te l'antiquit1 po9t de re/riction1 cette ,vnus le dsignait assez clairem5t2 t\s les peuples sages p5sr5t1 en un mot1 madame1 que jamais l'incont95ce d'une jeune fille ne devait lui port] ob/acle2 plusieurs1 comme v\s le voyez1 ne l'e/imr5t mme qu' ces conditions1 et crur5t avec beauc\p de sagesse1 que plus une femme a de mrite1 plus elle doit tre re*]*e3 si on ne lui a jamais ri5 dit1 c'e/ que sa valeur e/ mdiocre1 doit-on alors la pr5dre p\r femme8 ,il faut donc1 si l'on e/ vraim5t sage1 inconte/ablem5t prfr] p\r p\se la fille lib]t9e1 celle qui n'a jamais s]vi que la pudeur1 et cess] surt\t de croire que cette pudeur qui n'e/ que le trsor des laides1 puisse tre d'aucun prix avec les autres4 ,ah6 qu'ils soi5t en paix ces p\x timides1 cette mme fille faible qu& elle s'ap>t5ait1 va dev5ir la femme la plus mode/e une fois s\s les loix de l'hym53 s'tre r5due c\pable qu& on n'avait po9t de nuds1 n'e/ nullem5t une raison de prsum] qu'on ne s]a po9t exact rvr] ceux qu'on doit recevoir4 ,que les hommes dlicats sur cette matire pr5n5t de telles p\ses sur le pi$ de veuves2 mais les fltrir1 les dlaiss]1 les contra9dre aux horreurs d'un c\v5t ou les rduire au clibat p\r une faute commise dans le feu de la jeunesse1 t\j\rs bi5 plus l'ouvrage de la sduction des hommes que de la faiblesse des filles1 p\r une faute qui pr\ve qu'elles ont t\t ce qu'il faut p\r tre d'excell5tes p\ses2 ah1 madame6 cette duret e/ horrible1 il n'y a qu'une nation encore plonge dans les tnbres1 qui puisse en dev5ir c\pable au mpris des plus sa9tes loix de la raison1 de la nature et de l'humanit4 ,anglique se r5dit1 monsieur de ,b]sac1 que cette ?se consolait peut-tre un peu1 appr\va plus encore que le sy/me1 l'loqu5ce1 l'rudition de ,brig&os1 et la conv]sation r$ev9t gnrale4 l'g>d de mon hi/oire1 ,clm5t9e n\s dit qu'elle avait t si secrte qu'il tait dev5u absolum5t impossible cette compagne d'in=tune d'appr5dre aucune de mes n\velles1 qu'elle me supposait morte et qu'elle s'en tait plusieurs fois dsole avec ,santillana qui1 quoique de la maison1 n'avait p\rtant jamais pu russir savoir ce que j'tais dev5ue2 le sort de la tr\pe de ,brig&os lui avait t galem5t ca*1 et t\tes rflexions faites ne s'occupant que de moi seule et de notre aimable *ef1 elle avait pris peu de "p t\t le re/e4 ,brig&os croyait que ses deux enfans toi5t dev5us victimes du tribunal2 il et donn sa vie p\r les sauv]1 ne le p\vant pas1 il pr(itait au mo9s de ce qu'il avait obt5u p\r lui-mme1 et sans tre dgt du mti]1 il allait rassembl] une n\velle tr\pe en ,biscaye1 avec laquelle il avait desse9 de pass] en ,italie4 ,monsieur et madame de ,b]sac qui avai5t pris sur mes rcits le plus vif intrt ,clm5t9e1 fur5t en*ants de faire connaissance avec elle1 t\t ce qui me f*e1 dit ,b]sac1 en s\riant un peu1 malgr lui1 c'e/ que cette connaissance m'ait cot l'honneur4 --l'honneur dit ,clm5t9e1 en ta*ant de ram5] la gat qu'elle craignait voir se dissip] au s\v5ir de cette tri/e cata/rophe4 4 4 4 ,ah1 monsieur6 comme v\s v\s trompez1 si v\s croyez que l'honneur des hommes puisse rsult] de la conduite des femmes1 et que v\s importe ce que n\s faisons1 v\s tes bi5 dupes d'y pr5dre g>de1 le petit mal que v\s pr\vez de notre incont95ce n'e/ absolum5t que *imrique2 *angez de sy/me1 il devi5t nul4 4 4 4 ,soyez plus ju/es1 messieurs les m>is1 et ne n\s s\mettez pas un j\g qui v\s dsol]ait port]1 lo9 de v\s sc&alis] des dlices dont n\s osons n\s enivr] sans v\s2 dev5ez assez dlicats p\r n\s en procur] v\s- mmes1 la reconnaissance o v\s n\s contra9drez1 devi5dra volupt dans vos ames s5sibles4 ,v\s compr5drez que si nos s5s s'meuv5t un in/ant p\r d'autres1 ce qui e/ bi5 autrem5t prcieux2 ce qui ne dp5d que de l'ame seule1 ne v\s app>ti5t que plus srem5t1 et que v\s n\s en*anez t\j\rs1 mme en dgageant nos li5s4 4 4 4 ,ah6 je le dis1 comme je le p5se6 mais si j'tais homme1 voil comme j'agirais1 ou pas assez sr des plaisirs que je donn]ais ma femme1 ou craignant sans cesse de ne lui en pas procur] assez1 je la press]ais d'en pr5dre avec mes amis1 je reg>d]ais l'acceptation qu'elle en f]ait1 comme une preuve de son amiti et de sa confiance1 je la rem]ci]ais c5t fois du bonheur dont elle me f]ait j\ir1 en me p]mettant de travaill] au si54 4 4 4 ,d'tre tmo9 de son dlire1 oui1 monsieur1 voil en quoi consi/e la dlicatesse dans une ame bi5 organise1 il ne s'agit pas d'tre cont5t t\t seul2 il ne s'agit pas de ne v\loir r5dre nos p\ses heureuses1 que qu& n\s le sommes n\s- mmes1 il faut rp&re la flicit sur elles4 4 4 4 ,dut-ce mme tre nos dp5s1 et ne pas s'imag9] sur-t\t qu'on e/ ou pla9dre ou d%onor p>ce qu'elles ont pu gt] un in/ant de plaisir lo9 des nuds dont n\s les accablons4 ,b]sac dem&a au jeune p\x de ,clm5t9e1 s'il adoptait de p>eils sy/mes1 assurm5t1 monsieur1 rpondit cet aimable jeune homme1 on me v]ra sans cesse p>tag] t\s ceux qui p>atront faire le bonheur de ma femme2 la socit entire applaudit ces pr9cipes2 le srieux ,b]sac n'y put t5ir lui-mme2 la *a/e ,anglique en lorgnant ,santillana1 lui disait bas --,votre femme e/ folle4 4 4 4 ,mais v\s tes d'une imprud5ce 4 4 4 ,on ne fait pas de ces *oses-l4 4 4 4 ,je ne conois pas comm5t j'ai pu m'y tromp] un mom5t4 4 4 4 ,et le re/e de la nuit se passa dans une honnte joie et sans se quitt] qu' l'in/ant du d"p2 cette sp>ation ne se fit qu'avec des l>mes bi5 amres1 rp&ues entre ,clm5t9e et moi1 et mille prote/ations de n\s crire1 ce que n\s n'avons pas cess de faire jusqu' ce mom5t-ci1 o je puis assur] qu'elle vit cont5te1 heureuse et ri*e avec un m>i qui l'adore1 et qui ne s'occupe j\rnellem5t que de sa flicit4 ,brig&os cont9ua de les suivre1 et ce ne fut pas non plus sans att5drissem5ts que je me sp>ai de cet ami s9cre4 ,le re/e de notre r\te se p\rsuivit avec tranquillit1 n\s passmes heureusem5t les monts1 et n\s arrivmes bi5tt ,bayonne1 sans le plus lg] accid5t4 ,quoique la de/9ation de mes amis ft p\r ,bordeaux1 leur tal5t reconnu et *ri p> t\te la ,france1 les fit dsir] ,bayonne2 ils n'accordr5t v+t reprs5tations au directeur1 qu'aux conditions de mon db dans cette ville1 et que mes tal5s naissans y s]ai5t s\t5us2 je p>us donc p\r la premire fois dans ,iphignie de ,rac9e1 et dans ,luc9de1 de l',oracle4 ,mais je tremblai tellem5t1 que sans les puissantes taies que m'avai5t procur monsieur et madame de ,b]sac1 peut-tre euss-je quitt les plan*es ds le premi] j\r que je m'avisais d'y mont]4 ,le l5dema91 enc\rage p> mes amis1 je p>us avec beauc\p plus de h>diesse dans la ,junie1 de ,brittanicus et dans ,znde1 je fus extrmem5t applaudie2 le troisime j\r je j\ai ,rosalie dans ,mlanide1 et ,betti dans la jeune indi5ne1 cela fut encore mieux2 le quatrime j\r enf9 on m'ab&onna moi-mme1 et la ,sophie du pre de famille dev9t mon *ef-d'uvre4 ,mon succs se dcida ds-lors1 et repr5ant mes premi]s dbuts1 jo9ts de n\veaux rles que j'tudiais *aque j\r1 j'occupai la scne prs de deux mois ,bayonne1 avec les applaudissem5s gnraux4 ,le j\r o je j\ais ,znde1 je reu le soir au foy] des v]s *>mans1 et une invitation de s\p] des plus pressantes4 4 4 4 ,ah6 me dis-je alors1 au comble de mes vux 4 4 4 ,voil donc les seuls cueils contre lesquels je puis bris] prs5t4 4 4 4 ,c\rage1 4 4 4 tant qu'il ne m'en re/]a que de cette sorte1 j'en triomph]ai facilem5t4 ,la dc5ce et la politesse dcor5t au mo9s ceux-ci4 --,je n'ai plus de viol5ce r$\t]4 ,ne v\lant po9t me faire d'ennemis1 je refusai1 d'aprs le conseil de madame de ,b]sac1 avec autant d'honntet que de reconnaissance2 cela fit bruit1 je n'en fus que plus accueillie le l5dema94 ,je gagnai ,bayonne autant qu'il me fallait p\r ddommag] mes amis des frais qu'ils avai5t faits p\r me faire p>atre avec clat sur la scne1 mais ils ne v\lur5t jamais ri5 accept]2 je fus oblige de leur cd] sur ce po9t1 et ce ne fut qu' ,bordeaux1 o madame de ,b]sac v\lut bi5 recevoir de moi p\r c9quante ou soixante l\is de p>ures4 ,n\s arrivmes enf9 dans cette ville1 j'y tais att5due1 j'ose mme dire desire2 et j'allais y p>atre1 lorsque je fus assez heureuse p\r r5contr] t\t ce que j'adorais dans le monde1 et t\t ce que je *]*ais avec tant d'empressem5t4 ,v\s savez le re/e1 madame1 dit ,lonore1 le ciel en me ddommageant de tant de malheurs1 p> une f\le de prosprits inatt5dues1 a v\lu jo9dre au *>me de retr\v] un p\x1 celui de me r5dre une mre4 4 4 4 ,oh6 madame1 a-t-elle aj\t en se jettant dans les bras de la prsid5te1 que de maux on oubli]ait ce prix6 ,ici la belle p\se de ,sa9ville cessa de p>l]3 et comme il tait t>d1 aprs de mutuelles m>ques de t5dresse et d'affection1 *acun se retira1 except la prsid5te et le comte de ,beaul1 qui passr5t une p>tie de la nuit /atu] t\t ce qu'il y avait faire p\r complett] le bonheur de ces jeunes p\x4 ,ces dcisions1 dont on a bi5 v\lu me faire "p1 f]ont le sujet de ma premire lettre3 il me semble qu'en voil quelqu'unes de suite1 dont la longueur mrit]ait des excuses1 si ce qu'elles conti5n5t ne ddommageait pas un peu1 selon moi1 du tems que l'on p]d les lire4 ,je t'embrasse4 ,f9 de la sixime p>tie4 ,footnote #a4 ,v+t pi/oles font #bdj liv4 ,footnote #b4 ,voyez p4 #cfg1 morceau rfut p> celui-ci2 voyez aussi la page o ,brig&os dit laissez t\s ces vila9s vices l se punir les uns p> les autres4 ,footnote #c4 ,plut au ciel que ces effrayantes maximes ne se tr\vass5t qu'en ,espagne1 et qu'elles n'euss5t jamais s\illes nos annales6 ,footnote #d4 ,on a quelquefois dem& la raison de cette inconsqu5ce1 elle se tr\ve dans l'hi/oire du cur huma92 ce ne sont pas les mauvais attributs des autres qui humili5t notre orgueil1 ce sont leurs p]fections1 moy5nant quoi l'on pr5d peu g>de l'tre entirem5t mauvais qu& on n'a po9t de rapports avec lui4 ,mais les qualits de l'tre mixte1 dsespr5t l'am\r-propre1 rvolt du bi51 on veut voir s'il ne fait po9t de mal1 et l'on met t\s ses vices au j\r p\r se v5g] de ses v]tus4 ,fatale conclusion1 mais ne d\tons p\rtant po9t de sa bont1 la vritable sagesse e/ de se conduire la guise des hommes1 c'e/ le seul moy5 d'tre heureux1 or d'aprs ce pr9cipe1 celui qui a le malheur de ne p\voir tre t\t--fait bon1 f]a beauc\p mieux d'tre t\t--fait m*ant1 que de mlang] l'un et l'autre2 il aura tort aux yeux de la v]tu1 mais gr&em5t raison aux yeux des hommes2 et ce sont les hommes qui font notre sort4 ,rflexion affligeante mais ju/e4 ,footnote #e4 ,t\s ces dtails locaux sont faits sur les lieux mmes2 le lecteur peut tre sr de leur fidlit4 ,footnote #f4 ,la torture de la corde se donne en liant le crim9el une corde p> les bras r5v]ss en arrire4 ,p> le moy5 de cette corde qui j\e dans une p\lie1 on enlve le pati5t de v+t tr5te pi$s1 puis1 aprs l'avoir a9si laiss susp5du quelque tems1 on le laisse brusquem5t retomb] de t\te la hauteur jusqu' demi-pi$ de t]re2 ces sec\sses lui disloqu5t t\tes les jo9tures1 lui crv5t s\v5t l'e/oma*1 et font p\ss] des cris horribles4 --,la torture de l'eau consi/e faire aval] une quantit d'eau au pati5t1 ensuite on le c\*e sur un banc creux1 dans lequel on le s]re volont4 ,ce banc a un bton qui le trav]se et qui ti5t le corps du pati5t comme susp5du4 ,la position lui rompt l'p9e du dos avec des d\leurs incroyables4 ,la torture du feu e/ la plus rig\reuse de t\tes4 ,on allume un brsi] ard5t1 ensuite on frotte la plante des pi$s du crim9el de matires pntrantes et combu/ibles3 on l't5d p> t]re1 les pi$s t\rns v]s ce feu1 et on les lui brle a9si jusqu' ce qu'il av\e3 ces trois tortures se donn5t *acune l'espace d'une heure1 et s\v5t plus4 ,on y applique les femmes et les filles de t\t ge1 a9si que les hommes1 quelquefois c\v]tes d'une *emise de grosse toile1 s\v5t nues2 mais de t\tes manires elles sont t\j\rs dp\illes devant leurs juges3 ensorte1 dit l'auteur1 que n\s transcrivons mot mot dans cette note1 que la plup>t effrayes de cet immode/e app>eil1 dis5t et ni5t t\t ce qu'on veut1 af9 d'vit] les t\rm5s4 ,on n'a aucun g>d1 p\rsuit le mme criva91 ni l'ge1 ni au sexe3 on y traite t\t le monde avec une gale svrit4 ,t\s sont appliqus la torture ou presque nuds1 ou totalem5t nuds1 suivant le caprice des inquisiteurs1 qui ne manqu5t pas de trait] avec bi5 plus de rigueur les femmes ou les filles qui ne veul5t pas leur tre favorables4 ,celles qui p\rtant se r5d5t n'en sont pas plus heureuses4 ,ils les engag5t se livr] eux1 en leur faisant esp]] de les sauv]1 et ds qu'ils en ont j\i1 ils les condamn5t mort1 af9 que1 p> ce moy5 le crime qu'ils commett5t1 se tr\ve ensveli4 ,leurs excs enf9 montr5t tel po9t1 que ,clm5t ,,vi nomma une commission p>ticulire p\r in=m] contre leurs infamies4 ,ce fut ,b]n>d1 c>d9al de ,sa9t-,m>c1 qui en fut *>g4 ,voil p\rquoi enf9 ,miguet de ,mons>re1 auteur espagnol1 dans son livre de ,co5a ,dom9i1 leur dit3-- ,cimas esso mat e*ores comone t5egis v]gu5ca1 ni honoraque despues de av] ,gozado las mugu]es y ,donzellas que entran en vue/ro pod] despudes de av]tas ,gozado las ,entregays at ,fuego o impios pores que los viejos de ,suzanna4 ,voyez la seconde p>tie du tome ,,ii de l'hi/oire des ,crmonies religieuses des peuples du monde1 et l'hi/oire des ,inquisitions4 ,footnote #g4 ,quelle plus gr&e preuve de la puissance des inquisiteurs1 que la f9 tragique de dom ,c>los8 ,philippe ,,ii1 pre de ce malheureux pr9ce1 ne lui fit p]dre aussi cruellem5t la vie1 que p> l'in/igation de ces sclrats4 ,footnote #h4 ,si c'e/ l ce qu'on p5se l'cole du malheur1 elle n'e/ donc pas aussi bonne que les sots le croy5t4 ,le capita9e ,cook obs]ve dans ses relations1 que plus les g5s de son quipage tai5t malheureux1 et plus il les tr\vait cruels1 alors dit-il ils se livrai5t au meurtre sans aucune raison1 plus l'in=tune semblait les press]1 plus leurs esprits dev5ai5t ins5sibles1 plus leurs curs dev5ai5t froces1 l'effet de l'in=tune sur le cur de l'homme1 e/ de l'endurcir1 voil p\rquoi le bas peuple e/ t\j\rs plus cruel que les g5s qui ont reu une bonne ducation1 si cela e/1 et n\s ne devons pas en d\t]1 l'in=tune ne peut tre bonne ri51 c> ce qui blesse l'ame1 ce qui te9t les s5tim5s de s5sibilit1 ne saurait qu'entran] au crime4 ,c'e/ qu& l'homme e/ heureux1 qu'il *]*e r5dre tel t\t ce qui l'appro*e2 tombe-t-il dans l'adv]sit1 l'humeur1 le dpit1 le *agr91 corromp5t son ame2 l'endurciss5t1 et le conduis5t incessamm5t aux horreurs4 ,footnote #i4 ,le m>quis de ,vauv5>gues4 ,footnote #aj4 ,il ne s'agit pas de mettre en avant ici les intrts de la socit1 la rponse aux objections de ,b]sac s]ait purile3 il e/ "q de savoir p\rquoi on punit4 ,assurm5t la pe/e nuit la socit1 autant et beauc\p plus que le voleur de gr&s *em9s4 ,cep5dant n\s ne n\s v5geons pas de la ma9 qui n\s envoie la pe/e1 et n\s r\ons le voleur4 --,p\rquoi8 ,rpondez1 suppots des loix qui comm&5t le meurtre rpondez1 voil le seul tat de la "q4