,au lecteur ,cette v]sion lectronique reproduit dans son intgralit la v]sion orig9ale4 ,la p>tie crite en vieux franais e/ suivie p> la traduction en franais mod]ne4 ,l'or?ographe a t cons]ve4 ,seuls quelques mots ont t modifis4 ,la li/e des modifications se tr\ve la f9 du texte4 ,les corrections indiques p> les ,,errata ont t prises en compte4 ,la ponctuation n'a pas t modifie hormis quelques corrections m9eures4 ,les mots en gras dans l'orig9al sont ent\rs p> des 4 ,,essais ,,de ,,montaigne 7,self-dition 997 ,,texte ,,orig9al1 ,,accompagn ,,de ,,la ,,traduction ,,en ,,langage ,,de ,,nos ,,j\rs1 ,,p> le ,gal ,,mi*aud ,,troisi,,me ,,volume ,illu/ration ,,p>is ,,librairie ,,firm9-,,didot ,,et ,,cie1 ,,diteurs #ef1 rue ,jacob1 #ef #aijg 99 dition se suffisant elle-mme4 ,,essais ,,de ,,montaigne ,cet ouvrage se compose de quatre volumes1 compr5ant3 #a;er ,,volume4--,av]tissem5t1 table gnrale des *apitres1 texte et traduction du comm5cem5t au *apitre #f inclus du livre ,,ii4 #b;e ,,volume4--,texte et traduction du *apitre #g inclus du livre ,,ii au *apitre #ce inclus de ce mme livre4 #c;e ,,volume4--,texte et traduction du *apitre #cf du livre ,,ii jusqu' la f94 #d;e ,,volume 994--,notice sur ,montaigne1 etc42 sommaire des ,essais1 v>iantes1 notes1 lexique1 etc4 ,,illu/rations3 #a;er vol4--,portrait de l'auteur1 armoiries et signature4 #b;e vol4--,plan du doma9e et p]spective du manoir de ,montaigne4 #c;e vol4--,vue de la t\r de ,montaigne et plan des tages4 #d;e vol4--,fac-simil d'une page du manuscrit de ,bordeaux4 ,voir sur ces illu/rations1 la notice insre cet effet au quatrime volume1 en tte des ,notes4 99 ,ce volume1 indp5dant des autres1 e/ susceptible p> sa contexture d'tre aism5t utilis avec n'importe quelle dition des ,essais anci5ne ou mod]ne1 moy5nant un simple tableau de concordance de pag9ation facile tablir soi-mme4 ,illu/ration3 ,,ca*e ,,ta ,,vie ,illu/ration3 ,,plan*e ,,iii ,t\r de ,montaigne4 7,vue de l'extrieur47 ,t\r de ,montaigne4 7,vue de l'intrieur47 ,l,,g5de4--,rez-de-*ausse3 a1 #are entre2 b1 petite c\r d'entre2 c1 #b;e entre2 ,a1 *apelle2 1 autel4--#a;er tage3 ,b1 *ambre de ,montaigne2 o1 ouv]ture donnant vue sur l'autel2 e1 cab9et4--#b;e tage3 ,c1 librairie ou biblio?que2 i1 cab9et4 ,,essais ,,de ,,mi*el ,,seignevr ,,de ,,montaigne ,,ci ,i ,,xcv ,,texte ,,et ,,traduction 7,,suite ,,et ,,f97 ,,livre ,,second4 7,,orig9al7 7,suite47 ,,*apitre ,,xxxvi4 ,des plus excell5s hommes4 ,,si on me dem&oit le *oix de t\s les hommes qui sont v5us ma cognoissance1 il me semble en tr\u] trois excell5s au dessus de t\s les autres4 ,l'vn ,hom]e2 non pas qu',ari/ote ou ,v>ro1 p\r exemple1 ne fuss5t l'adu5ture aussi sauans que luy2 ny possible encore qu'en son art mesme1 ,virgile ne luy soit comp>able4 ,ie le laisse iug] ceux1 qui les cognoiss5t t\s deux4 ,moy qui n'en cognoy que l'vn1 puis seulem5t dire cela1 selon ma porte1 que ie ne croy pas que les ,muses mesmes allass5t au del du ,roma94 ,tale facit c>m5 docta te/ud9e1 quale ,cyn?ius impositis temp]at articulis4 ,t\tesfois en ce iugem5t1 encore ne faudroit il pas oubli]1 que c'e/ pr9cipalem5t d',hom]e que ,virgile ti5t sa suffisance1 que c'e/ son guide1 et mai/re d'escole2 et qu'vn seul traict de l',iliade1 a f\rny de corps et de mati]e1 cette gr&e et diu9e ,eneide4 ,ce n'e/ pas a9si que ie compte3 i'y mesle plusieurs autres circon/ances1 qui me r5d5t ce p]sonnage admirable1 quasi au dessus de l'huma9e condition4 ,et la v]it1 ie m'e/onne s\u5t1 que luy qui a produit1 et mis en cr$it au monde plusieurs deitez1 p> son auctorit1 n'a gaign r5g de ,dieu luy mesme4 ,e/ant aueugle1 indig5t2 e/ant auant que les sci5ces fuss5t r$iges en regle1 et obs]uations c]ta9es1 il les a tant cognues1 que t\s ceux qui se sont meslez depuis d'e/ablir des polices1 de conduire gu]res1 et d'escrire ou de la religion1 ou de la philosophie1 en quelque secte que ce soit1 ou des arts1 se sont s]uis de luy1 comme d'vn mai/re tres-p>faict en la cognoissance de t\tes *oses4 ,et de ses liures1 comme d'vne pep9i]e de t\te espece de suffisance1 ,qui quid sit pul*rum1 quid turpe1 quid vtile1 quid non1 ,pl5ius ac melius ,*rysippo ac ,crantore dicit3 ,et comme dit l'autre1 ,a quo1 ceu fonte p]5ni1 ,vatum ,pi]iis labra rigantur aquis4 ,et l'autre1 ,adde ,heliconiadum comites1 quorum vnus ,hom]us ,a/ra potitus4 ,et l'autre1 ,cuisque ex ore pr(uso ,omnis po/]itas latices 9 c>m9a duxit1 ,amnmque 9 t5ues ausa e/ d$uc]e riuos1 ,vnius fcunda bonis4 ,c'e/ contre l'ordre de ,nature1 qu'il a faict la plus excell5te production qui puisse e/re3 c> la naissance ord9aire des *oses1 elle e/ imp>faicte3 elles s'augm5t5t1 se =tifi5t p> l'accroissance4 ,l'enfance de la posie1 et de plusieurs autres sci5ces1 il l'a r5due meure1 p>faicte1 et accomplie4 ,a cette cause le peut on nomm] le premi] et d]ni] des potes1 suyuant ce beau tesmoignage que l'antiquit n\s a laiss de luy1 que n'ayant eu nul qu'il peu/ imit] auant luy1 il n'a eu nul apres luy qui le peu/ imit]4 ,ses p>olles1 selon ,ari/ote1 sont les seules p>olles1 qui ay5t m\uem5t et action3 ce sont les seuls mots sub/antiels4 ,alex&re le gr& ayant r5contr p>my les desp\lles de ,d>ius1 vn ri*e c(fret1 ordonna qu'on le luy res]ua/ p\r y log] son ,hom]e3 disant1 que c'e/oit le meilleur et plus fidelle conseill] qu'il eu/ en ses affaires militaires4 ,p\r cette mesme raison disoit ,cleom5es fils d',anax&ridas1 que c'e/oit le ,pote des ,lac$emoni5s1 p> ce qu'il e/oit tres-bon mai/re de la discipl9e gu]ri]e4 ,cette loange s+uli]e et p>ticuli]e luy e/ aussi demeure au iugem5t de ,plut>que1 que c'e/ le seul au!ur du monde1 qui n'a iamais s\l ne dg\/ les hommes1 se montrant aux lecteurs t\si\rs t\t autre1 et fleurissant t\si\rs en n\uelle grace4 ,ce fola/re d',alcibiades1 ayant dem& vn1 qui faisoit pr(ession des lettres1 vn liure d',hom]e1 luy donna vn s\fflet1 p> ce qu'il n'en auoit po9t3 comme qui tr\u]oit vn de nos pre/res sans breuiaire4 ,x5ophanes se pleignoit vn i\r ,hi]on1 tyran de ,syracuse1 de ce qu'il e/oit si pauure1 qu'il n'auoit dequoy n\rrir deux s]uiteurs3 ,et quoy1 luy respondit-il1 ,hom]e qui e/oit beauc\p plus pauure que toy1 en n\rrit bi5 plus de dix mille1 t\t mort qu'il e/4 ,que n'e/oit ce dire1 ,pantius1 qu& il nommoit ,platon l',hom]e des philosophes8 ,outre cela1 quelle gloire se peut comp>] la si5ne8 ,il n'e/ ri5 qui viue en la b\*e des hommes1 comme son nom et ses ouurages3 ri5 si cogneu1 et si reeu que ,troye1 ,hel5e1 et ses gu]res1 qui ne fur5t l'adu5ture iamais4 ,nos enfans s'appell5t encore des noms qu'il =gea1 il y a plus de trois mille ans4 ,qui ne cognoi/ ,hector1 et ,a*illes8 ,non seulem5t aucunes races p>ticuli]es1 mais la plus "p des nations1 *]*5t orig9e en ses inu5tions4 ,mahumet second de ce nom1 ,emp]eur des ,turcs1 escriuant no/re ,pape ,pie second3 ,ie m'e/onne1 dit-il1 comm5t les ,itali5s se b&5t contre moy1 att5du que n\s auons no/re orig9e commune des ,troy5s3 et que i'ay comme eux int]e/ de v5g] le sang d',hector sur les ,grecs1 lesquels ils vont fauorisant contre moy4 ,n'e/-ce pas vne noble f>ce1 de laquelle les ,roys1 les *oses publiques1 et les ,emp]eurs1 vont ioant leur p]sonnage tant de siecles1 et laquelle t\t ce gr& vniu]s s]t de !atre8 ,sept villes ,grecques entr]5t en debat du lieu de sa naissance1 tant son obscurit mesmes luy apporta d'honneur3 ,smyrna1 ,rhodos1 ,colophon1 ,salamis1 ,*ios1 ,argos1 ,a!n4 ,l'autre1 ,alex&re le gr&4 ,c> qui consid]]a l'aage qu'il comm5a ses entreprises3 le peu de moy5 auec lequel il fit vn si glorieux desse93 l'au?orit qu'il gaigna en cette si5ne enfance1 p>my les plus gr&s et exp]im5tez capita9es du monde1 desquels il e/oit suyui3 la faueur extraord9aire1 dequoy ,=tune embrassa1 et fauorisa tant de si5s exploits haz>deux1 et peu que ie ne die tem]aires3 ,impell5s quicquid sibi summa pet5ti ,ob/>et1 gaudnsque viam fecisse ru9a3 cette gr&eur1 d'auoir l'aage de tr5te trois ans1 pass victorieux t\te la t]re habitable1 et en vne demie vie auoir atte9t t\t l'ef=t de l'huma9e nature3 si que v\s ne p\uez imag9] sa dure legitime1 et la cont9uation de son accroissance1 en v]tu et en =tune1 iusques vn iu/e t]me d'aage1 que v\s n'imag9iez quelque *ose au dessus de l'homme3 d'auoir faict nai/re de ses soldats tant de bran*es ,royales3 laissant apres sa mort le monde en p>tage quatre successeurs1 simples capita9es de son arme1 desquels les desc5dans ont depuis si long temps dur1 ma9t5ans cette gr&e possession3 tant d'excell5tes v]tus qui e/oi5t en luy1 iu/ice1 temprance1 lib]alit1 foy en ses p>oles1 am\r enu]s les si5s1 humanit enu]s les va9cus3 c> ses murs sembl5t la v]it n'auoir aucun iu/e repro*e3 ouy bi5 aucunes de ses actions p>ticuli]es1 r>es1 et extraord9aires4 ,mais il e/ impossible de conduire si gr&s m\uem5s1 auec les regles de la iu/ice4 ,telles g5s veul5t e/re iugez en gros1 p> la mai/resse f9 de leurs actions4 ,la ruyne de ,!bes1 le meurtre de ,m5&]1 et du m$ec9 d',ephe/ion3 de tant de prisonni]s ,p]si5s vn c\p1 d'vne tr\ppe de soldats ,indi5s non sans int]e/ de sa p>olle1 des ,cosseens iusques aux petits enfans3 sont saillies vn peu mal excusables4 ,c> quant ,clytus1 la faute en fut am5de outre son poix3 et tesmoigne cette action autant que t\te autre1 la debonnairet de sa complexion1 et que c'e/oit de soy vne complexion excellemm5t =me la bont1 et a e/ +5ieusem5t dict de luy1 qu'il auoit de la ,nature ses v]tus1 de la ,=tune ses vices4 ,quant ce qu'il e/oit vn peu vanteur1 vn peu trop impati5t d'ouyr mesdire de soy1 et quant ses mangeoires1 armes1 et mors1 qu'il fit sem] aux ,indes3 t\tes ces *oses me sembl5t p\uoir e/re condones son aage1 et l'e/range prosp]it de sa =tune4 ,qui consid]]a qu& et qu&1 tant de v]tus militaires1 dilig5ce1 p\ruoyance1 pati5ce1 discipl9e1 subtilit1 magnanimit1 resolution1 bonheur1 en quoy1 qu& l'au?orit d',hannibal ne n\s l'auroit appris1 il a e/ le premi] des hommes3 les r>es beautez et conditions de sa p]sonne1 iusques au miracle3 ce port1 et ce v5]able ma9ti51 s\bs vn visage si ieune1 v]meil1 et flamboyant3 ,qualis1 vbi ,oceani p]fusus ,lucif] vnda1 ,quem ,v5us ante alios a/rorum diligit ignes1 ,extulit os sacrum clo1 t5ebrsque resoluit3 l'excell5ce de son sauoir et capacit3 la dure et gr&eur de sa gloire1 pure1 nette1 exempte de ta*e et d'enuie3 et qu'encore long temps apres sa mort1 ce fu/ vne religieuse croyance1 d'e/im] que ses m$ailles portass5t bon-heur ceux qui les auoy5t sur eux3 et que plus de ,roys1 et ,pr9ces ont escrit ses ge/es1 qu'autres hi/ori5s n'ont escrit les ge/es d'autre ,roy ou ,pr9ce que ce soit3 et qu'encores pres5t1 les ,mahumetans1 qui mespris5t t\tes autres hi/oires1 reoiu5t et honnor5t la si5ne seule p> special priuilege3 il confess]a1 t\t cela mis ensemble1 que i'ay eu raison de le pref]] ,cs> mesme1 qui seul m'a peu mettre en d\bte du *oix4 ,et il ne se peut ni]1 qu'il n'y aye plus du si5 en ses exploits1 plus de la ,=tune en ceux d',alex&re4 ,ils ont eu plusieurs *oses esgales1 et ,cs> l'adu5ture aucunes plus gr&es4 ,ce fur5t deux feux1 ou deux torr5s1 rauag] le monde p> diu]s endroits4 ,et velut immissi diu]sis p>tibus ignes ,ar5tem 9 siluam1 et virgulta sonantia lauro3 ,aut vbi decursu rapido de montibus altis ,dant sonitum spumosi amnes1 et 9 quora currunt1 ,quisque suum populatus it]4 ,mais qu& l'ambition de ,cs> auroit de soy plus de mod]ation1 elle a tant de mal'heur1 ayant r5contr ce vila9 subiect de la ruyne de son pays1 et de l'empirem5t vniu]sel du monde1 que t\tes pieces ramasses et mises en la balance1 ie ne puis que ie ne pan*e du co/ d',alex&re4 ,le ti]s1 et le plus excell5t1 mon gr1 c'e/ ,epam9ondas4 ,de gloire1 il n'en a pas beauc\p pres tant que d'autres 7aussi n'e/-ce pas vne piece de la sub/ance de la *ose17 de resolution et de vaillance1 non pas de celle qui e/ esguise p> ambition1 mais de celle que la sapi5ce et la raison peuu5t plant] en vne ame bi5 regle1 il en auoit t\t ce qui s'en peut imag9]4 ,de preuue de cette si5ne v]tu1 il en a faict autant1 mon aduis1 qu',alex&re mesme1 et que ,cs>3 c> encore que ses exploits de gu]re1 ne soy5t ny si frequ5s1 ny si enflez1 ils ne laiss5t pas p\rtant1 les bi5 consid]] et t\tes leurs circon/ances1 d'e/re aussi poisants et roides1 et portant autant de tesmoignage de h>diesse et de suffisance militaire4 ,les ,grecs luy ont faict cet honneur1 sans contr$it1 de le nomm] le premi] homme d'entre eux3 mais e/re le premi] de la ,grece1 c'e/ facilem5t e/re le prime du monde4 ,quant son sauoir et suffisance1 ce iugem5t anci5 n\s en e/ re/1 que iamais homme ne sceut tant1 et p>la si peu que luy4 ,c> il e/oit ,py?agorique de secte4 ,et ce qu'il p>la1 nul ne p>la iamais mieux3 excell5t orateur et tres p]suasif4 ,mais quant ses murs et consci5ce1 il a de bi5 lo+ surpass t\s ceux1 qui se sont iamais meslez de mani] affaires3 c> en cette p>tie1 qui doit e/re pr9cipalem5t consid]e1 qui seule m>que v]itablem5t1 quels n\s sommes3 et laquelle ie contrepoise seule t\tes les autres ensemble1 il ne c$e aucun philosophe1 non pas ,socrates mesmes4 ,en ce/uy-cy l'innoc5ce e/ vne qualit1 propre1 mai/resse1 con/ante1 vni=me1 incorruptible4 ,au p>angon de laquelle1 elle p>oi/ en ,alex&re subalt]ne1 inc]ta9e1 big>re1 molle1 et =tuite4 ,l'anci5net iugea1 qu' esplu*] p> le m5u t\ts les autres gr&s capita9es1 il se tr\ue en *ascun quelque speciale qualit1 qui le r5d illu/re4 ,en ce/uy-cy seul1 c'e/ vne v]tu et suffisance ple9e p> t\t1 et p>eille3 qui en t\ts les (fices de la vie huma9e ne laisse ri5 desir] de soy3 soit en occupation publique ou priue1 ou paisible1 ou gu]ri]e3 soit viure soit m\rir gr&em5t et glorieusem5t4 ,ie ne cognoy nulle ny =me ny =tune d'homme1 que ie reg>de auec tant d'honneur et d'am\r4 ,il e/ bi5 vray1 que son ob/9ation la pauuret1 ie la tr\ue aucunem5t scrupuleuse3 comme elle e/ pe9te p> ses meilleurs amis4 ,et cette seule action1 haute p\rtant et tres digne d'admiration1 ie la s5s vn peu aigrette1 p\r p> s\hait mesme en la =me qu'elle e/oit en luy1 m'en desir] l'imitation4 ,le seul ,scipion mylian1 qui luy donn]oit vne f9 aussi fi]e et magnifique1 et la cognoissance des sci5ces autant pr(onde et vniu]selle1 se p\rroit mettre l'encontre l'autre plat de la balance4 ,o quel desplaisir le temps m'a faict1 d'o/] de nos yeux po9ct nomm1 des premi]es1 la c\ple de vies iu/em5t la plus noble1 qui fu/ en ,plut>que1 de ces deux p]sonnages3 p> le commun cons5tem5t du monde1 l'vn le premi] des ,grecs1 l'autre des ,roma9s6 ,quelle mati]e1 quelle uuri]6 ,p\r vn homme non sa9t1 mais que n\s disons1 galant homme1 de murs ciuiles et communes3 d'vne hauteur mod]e3 la plus ri*e vie1 que ie sa*e1 e/re vescue entre les viuants1 comme on dit3 et e/(fe de plus de ri*es p>ties et desirables1 c'e/1 t\t consid]1 celle d',alcibiades mon gr4 ,mais quant ,epam9ondas1 p\r exemple d'vne excessiue bont1 ie veux adi\/] icy aucunes de ses op9ions4 ,le plus d\x cont5tem5t qu'il eut en t\te sa vie1 il tesmoigna que c'e/oit le plaisir qu'il auoit donn son p]e1 et sa m]e1 de sa victoire de ,leuctres3 il c\*e de beauc\p1 pref]ant leur plaisir1 au si5 si iu/e et si ple9 d'vne tant glorieuse action4 ,il ne p5soit pas qu'il fu/ loisible p\r rec\ur] mesmes la lib]t de son pays1 de tu] vn homme sans cognoissance de cause4 ,voyla p\rquoy il fut si froid l'entreprise de ,pelopidas son compaignon1 p\r la deliurance de ,!bes4 ,il t5oit aussi1 qu'en vne bataille il falloit fuyr la r5contre d'vn amy1 qui fu/ au p>ty contraire1 et l'esp>gn]4 ,et son humanit l'endroit des ennemis mesmes1 l'ayant mis en s\pon enu]s les ,boti5s1 de ce qu'apres auoir miraculeusem5t =c les ,lac$emoni5s de luy ouurir le pas1 qu'ils auoy5t entrepr9s de g>d] l'entre de la ,more pres de ,cor9!1 il s'e/oit cont5t de leur auoir pass sur le v5tre1 sans les p\rsuyure t\te outrance3 il fut depos de l'e/at de ,capita9e g5]al4 ,tres honorablem5t p\r vne telle cause3 et p\r la honte que ce leur fut d'auoir p> necessit le remont] tanto/ apres en son degr1 et recognoi/re1 combi5 dep5doit de luy leur gloire et leur salut3 la victoire le suyuant comme son ombre p> t\t o il guida/1 la prosp]it de son pays m\rut aussi luy mort1 comme elle e/oit ne p> luy4 ,,*apitre ,,xxxvii4 ,de la ressemblance des enfans aux p]es4 ,,ce fagotage de tant de diu]ses pieces1 se faict en cette condition1 que ie n'y mets la ma91 que lors qu'vne trop las*e oysiuet me presse1 et non ailleurs que *ez moy4 ,a9s9 il s'e/ ba/y diu]ses poses et int]ualles1 comme les occasions me deti5n5t ailleurs p> fois plusieurs moys4 ,au demeurant1 ie ne corrige po9t mes premi]es imag9ations p> les secondes1 ouy l'au5ture quelque mot3 mais p\r diu]sifi]1 non p\r o/]4 ,ie veux repres5t] le progrez de mes humeurs1 et qu'on voye *asque piece en sa naissance4 ,ie pr5drois plaisir d'auoir comm5c plu/o/1 et recognoi/re le tra9 de mes mutations4 ,vn valet qui me s]uoit les escrire s\bs moy1 p5sa faire vn gr& but9 de m'en desrob] plusieurs pieces *oisies sa po/e4 ,cela me console1 qu'il n'y f]a pas plus de ga91 que i'y ay fait de p]te4 ,ie me suis enuieilly de sept ou huict ans depuis que ie comm5ay4 ,ce n'a pas e/ sans quelque n\uel acque/4 ,i'y ay pratiqu la colique1 p> la lib]alit des ans3 leur comm]ce et longue conu]sation1 ne se passe aysm5t sans quelque tel fruit4 ,ie v\droy bi51 de plusieurs autres pres5s1 qu'ils ont faire1 ceux qui les hant5t long temps1 qu'ils en euss5t *oisi quelqu'vn qui m'eu/ e/ plus acceptable3 c> ils ne m'en euss5t seu faire1 que i'eusse en plus gr&e horreur1 des mon enfance4 ,c'e/oit po9ct nomm1 de t\s les accid5s de la vieillesse1 celuy que ie craignois le plus4 ,i'auoy p5s ma9te-fois "p moy1 que i'alloy trop auant3 et qu' faire vn si long *em91 ie ne faudroy pas de m'engag] en f91 en quelque malplaisant r5contre4 ,ie s5tois et prote/ois assez1 qu'il e/oit heure de p>tir1 et qu'il falloit tr5*] la vie dans le vif1 et dans le se91 suyuant la regle des *irurgi5s1 qu& ils ont c\pp] quelque membre4 ,qu' celuy1 qui ne la r5doit temps1 ,nature auoit acc\/um de faire pay] de bi5 rudes vsures4 ,il s'en faloit tant1 que i'en fusse pre/ lors1 qu'en dix-huict mois ou enuiron qu'il y a que ie suis en ce malplaisant e/at1 i'ay desia appris m'y accommod]4 ,i'entre desia en composition de ce viure coliqueux3 i'y tr\ue dequoy me consol]1 et dequoy esp]]4 ,tant les hommes sont accoqu9ez leur e/re mis]able1 qu'il n'e/ si rude condition qu'ils n'accept5t p\r s'y cons]u]4 ,oyez ,mc5as4 ,debilem facito manu1 ,debilem p$e1 coxa1 ,lubricos quate d5tes3 ,vita dum sup]e/1 b5e e/4 ,et c\uroit ,tamburlan d'vne sotte humanit1 la cruaut fanta/ique qu'il ex]oit contre les ladres1 en faisant mettre mort autant qu'il en v5oit sa coignoissance1 p\r1 disoit-il1 les deliur] de la vie qu'ils viuoi5t si p5ible4 ,c> il n'y auoit nul d'eux1 qui n'eu/ mieux aym e/re trois fois ladre1 que de n'e/re pas4 ,et ,anti/h5es le ,/oci51 e/ant =t malade1 et s'escriant3 ,qui me deliur]a de ces maux8 ,diog5es1 qui l'e/oit v5u veoir1 luy pres5tant vn c\teau3 ,ce/uy-cy1 si tu veux1 bi5 to/3 ,ie ne dy pas de la vie1 repliqua il1 ie dy des maux4 ,les s\ffrances qui me t\*5t simplem5t p> l'ame1 m'afflig5t beauc\p mo9s qu'elles ne font la plusp>t des autres hommes3 p>tie p> iugem5t3 c> le monde e/ime plusieurs *oses horribles1 ou euitables au prix de la vie1 qui me sont peu pres indiff]5tes3 p>tie1 p> vne complexion /upide et ins5sible1 que i'ay aux accid5ts qui ne donn5t moy de droit fil3 laquelle complexion i'e/ime l'vne des meilleures pieces de ma naturelle condition4 ,mais les s\ffrances vraym5t ess5tielles et corporelles1 ie les g\/e bi5 vifuem5t4 ,si e/-ce p\rtant1 que les preuoyant autrefois d'vne veu foible1 delicate1 et amollie p> la i\yssance de cette longue et heureuse sant et repos1 que ,dieu m'a pre/1 la meilleure "p de mon aage3 ie les auoy c\ceus p> imag9ation1 si insupportables1 qu' la v]it i'en auois plus de peur1 que ie n'y ay tr\u de mal4 ,p> o i'augm5te t\si\rs cette creance1 que la plusp>t des facultez de no/re ame1 comme n\s les employons1 tr\bl5t plus le repos de la vie1 qu'elles n'y s]u5t4 ,ie suis aux prises auec la pire de t\tes les maladies1 la plus s\da9e1 la plus d\l\reuse1 la plus mortelle1 et la plus irrem$iable4 ,i'en ay desia essay c9q ou six bi5 longs accez et p5ibles3 t\tesfois ou ie me flatte1 ou encores y a-t-il en cet e/at1 dequoy se s\/5ir1 qui a l'ame des*>ge de la cra9te de la mort1 et des*>ge des m5asses1 conclusions et consequ5ces1 dequoy la m$ec9e n\s ente/e4 ,mais l'effect mesme de la d\leur1 n'a pas cette aigreur si aspre et si poignante1 qu'vn homme rassis en doiue entr] en rage et en desespoir4 ,i'ay aumo9s ce pr(it de la *olique1 que ce que ie n'auoy encore peu sur moy1 p\r me concili] du t\t1 et m'acco9t] la mort1 elle le p>f]a3 c> d'autant plus elle me press]a1 et importun]a1 d'autant mo9s me s]a la mort cra9dre4 ,i'auoy desia gaign cela1 de ne t5ir la vie1 que p> la vie seulem5t3 elle desn\ra encore cette intellig5ce4 ,et ,dieu vueille qu'en f91 si son aspret vi5t surmont] mes =ces1 elle ne me reiette l'autre extremit non mo9s vitieuse1 d'aym] et desir] m\rir4 ,summum nec metuas diem1 nec optes4 ,ce sont deux passions cra9dre1 mais l'vne a son rem$e bi5 plus pre/ que l'autre4 ,au demeurant1 i'ay t\si\rs tr\u ce precepte c]emonieux1 qui ordonne si exactem5t de t5ir bonne cont5ance et vn ma9ti5 desdaigneux1 et pos1 la s\ffrance des maux4 ,p\rquoy la philosophie1 qui ne reg>de que le vif1 et les effects1 se va elle amusant ces app>5ces ext]nes8 ,qu'elle laisse ce so+ aux f>ceurs et mai/res de rhetorique1 qui font tant d'e/at de nos ge/es4 ,qu'elle condone h>dim5t au mal1 cette las*et voyelle1 si elle n'e/ ny cordiale1 ny /omacale3 et pre/e ses ple9tes volontaires au g5re des s\spirs1 sanglots1 palpitations1 pallissem5ts1 que ,nature a mis hors de no/re puissance4 ,p\rueu que le c\rage soit sans effroy1 les p>olles sans desespoir1 qu'elle se cont5te4 ,qu'importe que n\s tordions nos bras1 p\rueu que n\s ne tordions nos p5ses8 elle n\s dresse p\r n\s1 non p\r autruy1 p\r e/re1 non p\r sembl]4 ,qu'elle s'arre/e g\u]n] no/re ent5dem5t1 qu'elle a pris in/ruire4 ,qu'aux ef=ts de la *olique1 elle ma9ti5ne l'ame capable de se recognoi/re1 de suyure son tra9 acc\/um3 combatant la d\leur et la s\/5ant1 non se pro/]nant honteusem5t ses pi$s3 esmeu et es*auffe du combat1 non abatue et r5u]se3 capable d'entreti5 et d'autre occupation1 iusques c]ta9e mesure4 ,en accid5ts si extremes1 c'e/ cruaut de requ]ir de n\s vne dm>*e si compose4 ,si n\s auons beau ieu1 c'e/ peu que n\s ayons mauuaise m9e4 ,si le corps se s\lage en se plaignant1 qu'il le face2 si l'agitation luy plai/1 qu'il se t\rneb\le et tracasse sa fantasie3 s'il luy semble que le mal s'euapore aucunem5t 7comme aucuns m$ec9s dis5t que cela aide la deliurance des femmes ence9tes7 p\r p\ss] hors la voix auec plus gr&e viol5ce3 ou s'il en amuse son t\rm5t1 qu'il crie t\t faict4 ,ne comm&ons po9t cette voix1 qu'elle aille1 mais p]mettons le luy4 ,epicurus ne p>donne pas seulem5t son sage de cri] aux t\rm5ts1 mais il le luy conseille4 ,pugiles etiam quum f]iunt1 9 iact&is c/ibus +emiscunt1 quia pr(und5da voce omne corpus int5ditur1 v5itque plaga vehem5tior4 ,n\s auons assez de travail du mal1 sans n\s trauaill] ces regles sup]flues4 ,ce que ie dis p\r excus] ceux1 qu'on voit ord9airem5t se tempe/]1 aux sec\sses et assaux de cette maladie3 c> p\r moy1 ie l'ay passe iusques cette heure auec vn peu meilleure cont5ance et me cont5te de gemir sans braill]4 ,non p\rtant que ie me mette en pe9e1 p\r ma9t5ir cette dec5ce ext]ieure3 c> ie fay peu de compte d'vn tel aduantage4 ,ie pre/e en cela au mal autant qu'il veut3 mais ou mes d\leurs ne sont pas si excessiues1 ou i'y apporte plus de f]met que le commun4 ,ie me pla9s1 ,ie me despite1 qu& les aigres po9tures me press5t1 mais ie n'en vi5s po9t au desespoir1 comme celuy l3 ,eiulatu1 que/u1 gemitu1 fremitibus ,reson&o multum flebiles voces ref]t4 ,ie me ta/e au plus espais du mal3 et ay t\si\rs tr\u que i'e/oy capable de dire1 de p5s]1 de respondre aussi sa9em5t qu'en vne autre heure1 mais non si con/amm5t3 la d\leur me tr\blant et de/\rnant4 ,qu& on me ti5t le plus att]r1 et que les assi/ans m'esp>gn5t1 i'essaye s\u5t mes =ces et leur entame moy-mesme des propos les plus esloignez de mon e/at4 ,ie puis t\t p> vn s\da9 ef=t3 mais o/ez en la dure4 ,o que n'ay ie la facult de ce songeur de ,cic]o1 qui1 songeant embrass] vne g>se1 tr\ua qu'il s'e/oit des*>g de sa pi]re emmy ses draps6 ,les mi5nes me desg>s5t e/rangem5t4 ,aux int]ualles de cette d\leur excessiue lors que mes vret]es languiss5t sans me rong]1 ie me remets s\da9 en ma =me ord9aire3 d'autant que mon ame ne pr5d autre al>me1 que la s5sible et corporelle4 ,ce que ie doy c]ta9em5t au so+ que i'ay eu me prep>] p> disc\rs tels accid5s3 ,laborum ,nulla mihi n\a nunc facies inop9que surgit2 ,omnia prcepi1 atque animo mecum ant p]egi4 ,ie suis essay p\rtant vn peu bi5 rudem5t p\r vn appr5ti1 et d'vn *angem5t bi5 s\da9 et bi5 rude3 e/ant *eu t\t c\p1 d'vne tres-d\ce condition de vie1 et tres-heureuse1 la plus d\l\reuse1 et p5ible1 qui se puisse imag9]4 ,c> outre ce que c'e/ vne maladie bi5 =t cra9dre d'elle mesme1 elle fait en moy ses comm5cem5s beauc\p plus aspres et difficiles qu'elle n'a acc\/um4 ,les accs me repr5n5t si s\u5t1 que ie ne s5s quasi plus d'enti]e sant3 ie ma9ti5 t\tesfois1 iusques cette heure1 mon esprit en telle assiette1 que p\rueu que i'y puisse apport] de la con/ance1 ie me treuue en assez meilleure condition de vie1 que mille autres1 qui n'ont ny fiure1 ny mal1 que celuy qu'ils se donn5t eux mesmes1 p> la faute de leurs disc\rs4 ,il e/ c]ta9e faon d'humilit subtile1 qui nai/ de la presomption3 comme ce/e-cy3 ,que n\s recognoissons no/re ignorance1 en plusieurs *oses1 et sommes si c\rtois d'auoer1 qu'il y ait s ouurages de ,nature1 aucunes qualitez et conditions1 qui n\s sont imp]ceptibles1 et desquelles no/re suffisance ne peut desc\urir les moy5s et les causes4 ,p> cette honne/e et consci5tieuse decl>ation1 n\s esp]ons gaign] qu'on n\s croira aussi de celles1 que n\s dirons1 ent5dre4 ,n\s n'auons que faire d'all] tri] des miracles et des difficultez e/rang]es3 il me semble que p>my les *oses que n\s voyons ord9airem5t1 il y a des e/rangetez si incompreh5sibles1 qu'elles surpass5t t\te la difficult des miracles4 ,quel mon/re e/-ce1 que cette g\tte de sem5ce1 dequoy n\s sommes produits1 porte en soy les impressions1 non de la =me corporelle seulem5t1 mais des p5sem5s et des incl9ations de nos p]es8 ,cette g\tte d'eau1 o loge elle ce nombre inf9y de =mes8 et comme port5t elles ces ressemblances1 d'vn progrez si tem]aire et si desregl1 que l'arri]e fils respondra son bisayeul1 le nepueu l'oncle8 ,en la famille de ,lepidus ,rome1 il y en a eu trois1 non de suite1 mais p> int]ualles1 qui nasquir5t vn mesme uil c\u]t de c>tilage4 ,a ,!bes il y auoit vne race qui portoit ds le v5tre de la m]e1 la =me d'vn f] de lance1 et qui ne le portoit1 e/oit t5u illegitime4 ,ari/ote dit qu'en c]ta9e nation1 o les femmes e/oi5t communes1 on assignoit les enfans leurs p]es1 p> la ressemblance4 ,il e/ croire que ie dois mon p]e cette qualit pi]reuse3 c> il m\rut m]ueilleusem5t afflig d'vne grosse pi]re1 qu'il auoit en la vessie4 ,il ne s'app]ceut de son mal1 que le soixante septiesme an de son aage3 et auant cela il n'en auoit eu aucune m5asse ou ress5tim5t1 aux re9s1 aux co/ez1 ny ailleurs3 et auoit vescu iusques lors1 en vne heureuse sant1 et bi5 peu subiette maladies1 et dura encores sept ans en ce mal1 tra9ant vne f9 de vie bi5 d\l\reuse4 ,i'e/oy nay v+t c9q ans et plus1 auant sa maladie1 et durant le c\rs de son meilleur e/at1 le troisiesme de ses enfans en rang de naissance4 ,o se c\uoit tant de temps1 la prop5sion ce defaut8 ,et lors qu'il e/oit si lo+ du mal1 cette leg]e piece de sa sub/ance1 dequoy il me ba/it1 comm5t en portoit elle p\r sa "p1 vne si gr&e impression8 ,et comm5t encore si c\u]te1 que qu>ante c9q ans apres1 i'aye comm5c m'en ress5tir8 seul iusques cette heure1 entre tant de fr]es1 et de surs1 et t\s d'vne m]e4 ,qui m'esclaircira de ce progrez1 ie le croiray d'autant d'autres miracles qu'il v\dra3 p\rueu que1 comme ils font1 il ne me donne en payem5t1 vne doctr9e beauc\p plus difficile et fanta/ique1 que n'e/ la *ose mesme4 ,que les m$ec9s excus5t vn peu ma lib]t3 c> p> cette mesme infusion et ins9uation fatale1 i'ay receu la ha9e et le mespris de leur doctr9e4 ,cette antipa?ie1 que i'ay leur art1 m'e/ h]$itaire4 ,mon p]e a vescu soixante et quatorze ans1 mon ayeul soixante et neuf1 mon bisayeul pres de quatre v+ts1 sans auoir g\/ aucune sorte de m$ec9e4 ,et entre eux1 t\t ce qui n'e/oit de l'vsage ord9aire1 t5oit lieu de drogue4 ,la m$ec9e se =me p> exemples et exp]i5ce3 aussi fait mon op9ion4 ,voyla pas vne bi5 expresse exp]i5ce1 et bi5 aduantageuse8 ,ie ne say s'ils m'en tr\u]ont trois en leurs regi/res1 nais1 n\rris1 et trespassez1 en mesme f\er1 mesme toict1 ayans autant vescu p> leur conduite4 ,il faut qu'ils m'aduoent en cela1 que si ce n'e/ la raison1 aumo9s que la ,=tune e/ de mon p>ty3 or *ez les m$ec9s1 ,=tune vaut bi5 mieux que la raison4 ,qu'ils ne me pr5n5t po9t cette heure leur aduantage1 qu'ils ne me m5ass5t po9t1 att]r comme ie suis3 ce s]oit sup]*]ie4 ,aussi dire la v]it1 i'ay assez gaign sur eux p> mes exemples dome/iques1 encore qu'ils s'arre/5t l4 ,les *oses huma9es n'ont pas tant de con/ance3 il y a deux c5s ans1 il ne s'en faut que dix-huict1 que cet essay n\s dure3 c> le premi] nasquit l'an mil quatre c5s deux4 ,c'e/ vraym5t bi5 raison1 que cette exp]i5ce comm5ce n\s faillir4 ,qu'ils ne me repro*5t po9t les maux1 qui me ti5n5t a/eure la gorge3 d'auoir vescu sa9 qu>ante sept ans p\r ma "p1 n'e/-ce pas assez8 ,qu& ce s]a le b\t de ma c>ri]e1 elle e/ des plus longues4 ,mes ance/res auoi5t la m$ec9e contre-cur p> quelque incl9ation occulte et naturelle1 c> la veu mesme des drogues faisoit horreur mon p]e4 ,le ,seigneur de ,gauiac mon oncle pat]nel1 homme d',eglise1 maladif ds sa naissance1 et qui fit t\tesfois dur] cette vie debile1 iusques soixante sept ans1 e/ant tomb autrefois en vne grosse et vehem5te fiure cont9ue1 il fut ordonn p> les m$ec9s1 qu'on luy declair]oit1 s'il ne se v\loit ayd] 7ils appell5t sec\rs ce qui le plus s\u5t e/ empes*em5t7 qu'il e/oit infailliblem5t mort4 ,ce bon homme1 t\t effray comme il fut de cette horrible s5t5ce3 ,si1 respondit-il1 ie suis donq mort3 mais ,dieu r5dit tanto/ apres va9 ce progno/ique4 ,le d]ni] des fr]es1 ils e/oy5t quatre1 ,sieur de ,bussaguet1 et de bi5 lo+ le d]ni]1 se s\bmit seul1 cet art3 p\r le comm]ce1 ce croy-ie1 qu'il auoit auec les autres arts3 c> il e/oit conseill] en la c\r de p>lem5t3 et luy succ$a si mal1 qu'e/ant p> app>5ce de plus =te complexion1 il m\rut p\rtant long temps auant les autres1 sauf vn1 le ,sieur de ,sa9ct ,mi*el4 ,il e/ possible que i'ay receu d'eux cette dyspa?ie naturelle la m$ec9e3 mais s'il n'y eu/ eu que cette consid]ation1 i'eusse essay de la =c]4 ,c> t\tes ces conditions1 qui naiss5t en n\s sans raison1 elles sont vitieuses3 c'e/ vne espece de maladie qu'il faut combattre4 ,il peult e/re1 que i'y auois cette prop5sion1 mais ie l'ay appuye et =tifie p> les disc\rs1 qui m'en ont e/ably l'op9ion que i'en ay4 ,c> ie hay aussi cette consid]ation de refus] la m$ec9e p\r l'aigreur de son g\/4 ,ce ne s]oit aysm5t mon humeur1 qui tr\ue la sant digne d'e/re r'a*ete1 p> t\s les caut]es et incisions les plus p5ibles qui se fac5t4 ,et suyuant ,epicurus1 les voluptez me sembl5t euit]1 si elles tir5t leurs suittes des d\leurs plus gr&es3 et les d\leurs re*]*]1 qui tir5t leur suitte des voluptez plus gr&es4 ,c'e/ vne pretieuse *ose1 que la sant3 et la seule qui m]ite la v]it qu'on y employe1 non le temps seulem5t1 la sueur1 la pe9e1 les bi5s1 mais encore la vie sa p\rsuite3 d'autant que sans elle1 la vie n\s vi5t e/re iniurieuse4 ,la volupt1 la sagesse1 la sci5ce et la v]tu1 sans elle se t]niss5t et esuan\yss5t4 ,et aux plus f]mes et t5dus disc\rs1 que la philosophie n\s veuille imprim] au contraire1 n\s n'auons qu' oppos] l'image de ,platon1 e/ant frapp du haut mal1 ou d'vne apoplexie3 et en cette presupposition le deffi] d'appell] son sec\rs les ri*es facultez de son ame4 ,t\te voye qui n\s m5]oit la sant1 ne se peut dire p\r moy ny aspre1 ny *]e4 ,mais i'ay quelques autres app>5ces1 qui me font e/rangem5t deffi] de t\te cette m>*&ise4 ,ie ne dy pas qu'il n'y en puisse auoir quelque art3 qu'il n'y ait p>my tant d'ouurages de ,nature1 des *oses propres la cons]uation de no/re sant1 cela e/ c]ta94 ,i'ent5ds bi51 qu'il y a quelque simple qui humecte1 quelque autre qui asse*e3 ie say p> exp]i5ce1 et que les ref=ts produis5t des v5ts1 et que les feuilles du s5 las*5t le v5tre3 ie say plusieurs telles exp]i5ces3 comme ie say que le m\ton me n\rrit1 et que le v9 m'es*auffe4 ,et disoit ,solon1 que le mang] e/oit1 comme les autres drogues1 vne m$ec9e contre la maladie de la faim4 ,ie ne desadu\ pas l'vsage1 que n\s tirons du monde1 ny ne d\bte de la puissance et vb]t de ,nature1 et de son application no/re beso+4 ,ie vois bi5 que les bro*ets1 et les arondes se tr\u5t bi5 d'elle4 ,ie me deffie des inu5tions de no/re esprit3 de no/re sci5ce et art3 en faueur duquel n\s l'auons ab&onne1 et ses regles3 et auquel n\s ne sauons t5ir mod]ation1 ny limite4 ,comme n\s appellons iu/ice1 le pa/issage des premi]es loix qui n\s tomb5t en ma91 et leur disp5sation et pratique1 tres inepte s\u5t et tres inique4 ,et comme ceux1 qui s'en moqu5t1 et qui l'accus5t1 n'ent5d5t pas p\rtant iniuri] cette noble v]tu3 a9s condamn] seulem5t l'abus et pr(anation de ce sacr titre4 ,de mesme1 en la m$ec9e1 i'honore bi5 ce glorieux nom1 sa proposition1 sa promesse1 si vtile au g5re huma93 mais ce qu'il designe entre n\s1 ie ne l'honore1 ny l'e/ime4 ,en premi] lieu l'exp]i5ce me le fait cra9dre3 c> de ce que i'ay de cognoissance1 ie ne voy nulle race de g5s si to/ malade1 et si t>d gu]ie1 que celle qui e/ s\bs la iurisdiction de la m$ec9e4 ,leur sant mesme e/ alt]e et corrompue1 p> la contra9te des regimes4 ,les m$ec9s ne se cont5t5t po9t d'auoir la maladie en g\u]nem5t1 ils r5d5t la sant malade1 p\r g>d] qu'on ne puisse en aucune saison es*app] leur au?orit4 ,d'vne sant con/ante et enti]e1 n'en tir5t ils pas l'argum5t d'vne gr&e maladie future8 ,i'ay e/ assez s\u5t malade3 i'ay tr\u sans leurs sec\rs1 mes maladies aussi d\ces support] 7et en ay essay quasi de t\tes les sortes7 et aussi c\rtes1 qu' nul autre3 et si n'y ay po9t mesl l'am]tume de leurs ordonnances4 ,la sant1 ie l'ay libre et enti]e1 sans regle1 et sans autre discipl9e1 que de ma c\/ume et de mon plaisir4 ,t\t lieu m'e/ bon m'arre/]3 c> il ne me faut autres commoditez e/ant malade1 que celles qu'il me faut e/ant sa94 ,ie ne me passionne po9t d'e/re sans m$ec91 sans apotiquaire1 et sans sec\rs3 dequoy i'en voy la plus "p plus affligez que du mal4 ,quoy8 eux mesmes n\s font ils voir de l'heur et de la dure en leur vie1 qui n\s puisse tesmoign] quelque app>5t effect de leur sci5ce8 ,il n'e/ nation qui n'ait e/ plusieurs siecles sans la m$ec9e3 et les premi]s siecles1 c'e/ dire les meilleurs et les plus heureux3 et du monde la dixiesme p>tie ne s'en s]t pas encores cette heure4 ,inf9ies nations ne la cognoiss5t pas1 o l'on vit et plus sa9em5t1 et plus longuem5t1 qu'on ne fait icy3 et p>my n\s1 le commun peuple s'en passe heureusem5t4 ,les ,roma9s auoy5t e/ six c5s ans1 auant que de la receuoir3 mais apres l'auoir essaye1 ils la *ass]5t de leur ville1 p> l'entremise de ,caton le ,c5seur1 qui montra combi5 aysm5t il s'en p\uoit pass]1 ayant vescu quatre v+ts et c9q ans3 et faict viure sa femme iusqu' l'extreme vieillesse1 non pas sans m$ec9e3 mais ouy bi5 sans m$ec93 c> t\te *ose qui se tr\ue salubre no/re vie1 se peut nomm] m$ec9e4 ,il entret5oit1 ce dit ,plut>que1 sa famille en sant1 p> l'vsage1 ce me semble1 du lieure4 ,comme les ,arcades1 dit ,pl9e1 gu]iss5t t\tes maladies auec du laict de va*e4 ,et les ,lybi5s1 dit ,h]odote1 i\yss5t populairem5t d'vne r>e sant1 p> cette c\/ume qu'ils ont3 apres que leurs enfants ont atte9t quatre ans1 de leur cau/]iz] et brusl] les ve9es du *ef et des temples3 p> o ils c\p5t *em9 p\r leur vie1 t\te defluxion de rheume4 ,et les g5s de village de ce pays1 t\s accid5s n'employ5t que du v9 le plus =t qu'ils peuu5t1 mesl =ce safran et espice3 t\t cela auec vne =tune p>eille4 ,et dire vray1 de t\te cette diu]sit et confusion d'ordonnances1 quelle autre f9 et effect apres t\t y a il1 que de vuid] le v5tre8 ce que mille simples dome/iques peuu5t faire4 ,et si ne say si c'e/ si vtilem5t qu'ils dis5t3 et si no/re nature n'a po9t beso+ de la resid5ce de ses excrem5s1 iusques c]ta9e mesure1 comme le v9 a de sa lie p\r sa cons]uation4 ,v\s voyez s\u5t des hommes sa9s1 tomb] en vomissem5s1 ou flux de v5tre p> accid5t e/rang]1 et faire vn gr& vuidange d'excrem5s sans beso9 aucun prec$5t1 et sans aucune vtilit suyuante1 voire auec empirem5t et dommage4 ,c'e/ du gr& ,platon1 que i'appr9s n'agu]es1 que de trois sortes de m\uem5ts1 qui n\s app>ti5n5t1 le d]ni] et le pire e/ celuy des purgations3 que nul homme1 s'il n'e/ fol1 ne doit entrepr5dre1 qu' l'extreme necessit4 ,on va tr\blant et esueillant le mal p> oppositions contraires4 ,il faut que ce soit la =me de viure1 qui d\cem5t l'allanguisse et reconduise sa f94 ,les viol5tes h>pades de la drogue et du mal1 sont t\si\rs no/re p]te1 puis que la qu]elle se desmesle *ez n\s1 et que la drogue e/ vn sec\rs infiable3 de sa nature ennemy no/re sant1 et qui n'a accez en no/re e/at que p> le tr\ble4 ,laissons vn peu faire4 ,l'ordre qui p\ruoid aux puces et aux taulpes1 p\ruoid aussi aux hommes1 qui ont la pati5ce p>eille1 se laiss] g\u]n]1 que les puces et les taulpes4 ,n\s auons beau cri] bihore3 c'e/ bi5 p\r n\s enroer1 mais non p\r l'auanc]4 ,c'e/ vn ordre sup]be et impiteux4 ,no/re cra9te1 no/re desespoir1 le desg\/e et ret>de de no/re ayde1 au lieu de l'y conui]4 ,il doibt au mal son c\rs1 comme la sant4 ,de se laiss] corrompre en faueur de l'vn1 au preiudice des droits de l'autre1 il ne le f]a pas3 il tomb]oit en desordre4 ,suyuons de p> ,dieu1 suyuons4 ,il me9e ceux qui suyu5t3 ceux qui ne le suyu5t pas1 il les entra9e1 et leur rage1 et leur m$ec9e ensemble4 ,faittes ordonn] vne purgation vo/re c]uelle4 ,elle y s]a mieux employe1 qu' vo/re e/oma*4 ,on dem&oit vn ,lac$emoni51 qui l'auoit fait viure sa9 si long temps3 ,l'ignorance de la m$ec9e1 respondit-il4 ,et ,adrian l',emp]eur crioit sans cesse en m\rant1 que la presse des m$ec9s l'auoit tu4 ,vn mauuais luicteur se fit m$ec93 ,c\rage1 luy dit ,diog5es1 tu z raison1 tu mettras cette heure en t]re ceux qui t'y ont mis autresfois4 ,mais ils ont cet heur1 selon ,nicocles1 que le soleil esclaire leur succez1 et la t]re ca*e leur faute4 ,et outre cela1 ils ont vne faon bi5 auantageuse1 se s]uir de t\tes sortes d'eu5em5s3 c> ce que la ,=tune1 ce que la ,nature1 ou quelque autre cause e/rang]e1 desquelles le nombre e/ inf9i1 produit en n\s de bon et de salutaire1 c'e/ le priuilege de la m$ec9e de se l'attribu]4 ,t\s les heureux succez qui arriu5t au pati5t1 qui e/ s\bs son regime1 c'e/ d'elle qu'il les ti5t4 ,les occasions qui m'ont gu]y moy1 et qui gu]iss5t mille autres1 qui n'appell5t po9t les m$ec9s leurs sec\rs1 ils les vsurp5t en leurs subiects4 ,et quant aux mauuais accid5s1 ou ils les desaduoent t\t fait1 en attribuant la c\lpe au pati5t1 p> des raisons si va9es1 qu'ils n'ont g>de de faillir d'en tr\u] t\si\rs assez bon nombre de telles3 ,il a desc\u]t son bras1 il a ouy le bruit d'vn co*e3 ,rh$>um transitus arcto ,vicorum inflexu3 on a entr\u]t sa f5e/re1 il s'e/ c\* sur le co/ gau*e1 ou pass p> sa te/e quelque p5sem5t p5ible4 ,somme vne p>olle1 vn songe1 vne uillade1 leur semble suffisante excuse p\r se des*>g] de faute4 ,ou1 s'il leur plai/1 ils se s]u5t encore de cet empirem5t1 et en font leurs affaires1 p> cet autre moy5 qui ne leur peut iamais faillir3 c'e/ de n\s pay] lors que la maladie se tr\ue res*aufee p> leurs applications1 de l'asseurance qu'ils n\s donn5t1 qu'elle s]oit bi5 autrem5t empire sans leurs rem$es4 ,celuy qu'ils ont iett d'vn morfondem5t en vne fieure quotidi5ne1 il eu/ eu sans eux1 la cont9ue4 ,ils n'ont g>de de faire mal leurs besongnes1 puis que le dommage leur reui5t pr(it4 ,vrayem5t ils ont raison de requ]ir du malade1 vne application de creance fauorable3 il faut qu'elle le soit la v]it en bon esci5t1 et bi5 s\ple1 p\r s'appliqu] des imag9ations si mal aises croire4 ,platon disoit bi5 propos1 qu'il n'app>t5oit qu'aux m$ec9s de m5tir en t\te lib]t1 puis que no/re salut desp5d de la vanit1 et faucet de leurs promesses4 sope au!ur de tres-r>e excell5ce1 et duquel peu de g5s desc\ur5t t\tes les graces1 e/ plaisant n\s repres5t] cette au?orit tyrannique1 qu'ils vsurp5t sur ces pauures ames affoiblies et abatus p> le mal1 et la cra9te3 c> il conte1 qu'un malade e/ant int]rog p> son m$ec91 quelle op]ation il s5toit des m$icam5s1 qu'il luy auoit donnez3 ,i'ay =t su1 respondit-il4 ,cela e/ bon1 dit le m$ec94 ,vne autre fois il luy dem&a encore1 comme il s'e/oit port depuis3 ,i'ay eu vn froid extreme1 fit-il1 et si ay =t trembl4 ,cela e/ bon1 suyuit le m$ec93 la troisieme fois1 il luy dem&a de re*ef1 comm5t il se portoit3 ,ie me s5s1 dit-il1 enfl] et b\ffir comme d'hydropisie4 ,voyla qui va bi51 adi\/a le m$ec94 ,l'vn de ses dome/iques v5ant apres s'enqu]ir luy de son e/at3 ,c]tes mon amy1 respond-il1 =ce de bi5 e/re1 ie me meurs4 ,il y auoit en gypte vne loy plus iu/e1 p> laquelle le m$ec9 pr5oit son pati5t en *>ge les trois premi]s i\rs1 aux p]ils et =tunes du pati5t3 mais les trois i\rs passez1 c'e/oit aux si5s propres4 ,c> quelle raison y a-il1 qu'sculapius leur patron ait e/ frapp du f\dre1 p\r auoir r'am5 ,hypolitus de mort vie1 ,nam ,pat] omnipot5s aliquem indignatus ab vmbris ,mortalem inf]nis1 ad lum9a surg]e vit1 ,ipse rep]torem m$ic9 talis et artis1 ,fulm9e ,phbig5am ,/ygias detrusit ad vndas3 et ses suyuans soy5t abs\s1 qui enuoy5t tant d'ames de la vie la mort8 ,vn m$ec9 vantoit ,nicocls1 son art e/re de gr&e auctorit3 ,vrayem5t c'e/ mon1 dit ,nicocls1 qui peut impunem5t tu] tant de g5s4 ,au demeurant1 si i'eusse e/ de leur conseil1 i'eusse r5du ma discipl9e plus sacre et my/]ieuse3 ils auoy5t assez bi5 comm5c1 mais ils n'ont pas a*eu de mesme4 ,c'e/oit vn bon comm5cem5t1 d'auoir fait des dieux et des dmons au!urs de leur sci5ce1 d'auoir pris vn langage "p1 vne escriture "p4 ,quoy qu'en s5te la philosophie1 que c'e/ folie de conseill] vn homme p\r son pr(it1 p> mani]e non intelligible3 ,vt s quis m$icus imp]et vt sumat ,t]rig5am1 h]bigradam1 domiportam1 sangu9e cassam4 ,c'e/oit vne bonne regle en leur art1 et qui accompagne t\tes les arts fanatiques1 va9es1 et sup]naturelles1 qu'il faut que la foy du pati5t1 preoccupe p> bonne esp]ance et asseurance1 leur effect et op]ation4 ,laquelle regle ils ti5n5t iusques l1 que le plus ignorant et grossi] m$ec91 ils le tr\u5t plus propre celuy1 qui a fiance en luy1 que le plus exp]im5t1 et incognu4 ,le *oix mesmes de la plus "p de leurs drogues e/ aucunem5t my/]ieux et diu94 ,le pi$ gau*e d'vne tortue1 l'vr9e d'vn lez>t1 la fiante d'vn elephant1 le foye d'vne taupe1 du sang tir s\bs l'aile droite d'vn pigeon blanc3 et p\r n\s autres coliqueux 7tant ils abus5t desdaigneusem5t de no/re mis]e7 des crottes de rat pulu]ises1 et telles autres s+]ies1 qui ont plus le visage d'vn en*antem5t magici51 que de sci5ce solide4 ,ie laisse "p le nombre imp] de leurs pillules3 la de/9ation de c]ta9s i\rs et fe/es de l'anne3 la di/9ction des heures1 cueillir les h]bes de leurs +r$i5s3 et cette grimace reb>batiue et prud5te1 de leur port et cont5ance1 dequoy ,pl9e mesme se mocque4 ,mais ils ont failly1 veux-ie dire1 de ce qu' ce beau comm5cem5t1 ils n'ont adi\/ cecy1 de r5dre leurs assembles et consultations plus religieuses et secretes3 aucun homme pr(ane n'y deuoit auoir accez1 non plus qu'aux secretes c]emonies d'sculape4 ,c> il adui5t de cette faute1 que leur irresolution1 la foiblesse de leurs argum5s1 diu9ations et fondem5ts1 l'aspret de leurs conte/ations1 ple9es de ha9e1 de ial\sie1 et de consid]ation p>ticuli]e1 v5ants e/re desc\u]tes vn *acun1 il faut e/re m]ueilleusem5t aueugle1 si on ne se s5t bi5 haz>d entre leurs ma9s4 ,qui vid iamais m$ec9 se s]uir de la recepte de son compagnon1 sans y retran*] ou adi\/] quelque *ose8 ,ils trahiss5t assez p> l leur art3 et n\s font voir qu'ils y consid]5t plus leur reputation1 et p> consequ5t leur pr(it1 que l'int]e/ de leurs pati5s4 ,celuy l de leurs docteurs e/ plus sage1 qui leur a anci5nem5t prescript1 qu'vn seul se mesle de trait] vn malade3 c> s'il ne fait ri5 qui vaille1 le repro*e l'art de la m$ec9e1 n'en s]a pas =t gr& p\r la faute d'vn homme seul3 et au reb\rs1 la gloire en s]a gr&e1 s'il vi5t bi5 r5contr]3 l o qu& ils sont beauc\p1 ils descri5t t\s les c\ps le me/i]3 d'autant qu'il leur adui5t de faire plus s\u5t mal que bi54 ,ils se deuoi5t cont5t] du p]petuel desaccord1 qui se tr\ue s op9ions des pr9cipaux mai/res et au!urs anci5s de cette sci5ce1 lequel n'e/ cogneu que des hommes v]sez aux liures1 sans faire voir encore au peuple les contr\]ses et incon/ances de iugem5t1 qu'ils n\rriss5t et cont9u5t entre eux4 ,v\lons n\s vn exemple de l'anci5 debat de la m$ec9e8 ,hi]ophilus loge la cause orig9elle des maladies aux humeurs3 ,erasi/ratus1 au sang des art]es3 ,asclepiades1 aux atomes inuisibles s'esc\lants en noz pores3 ,alcmon1 en l'exup]ance ou deffaut des =ces corporelles3 ,diocles1 en l'inequalit des elem5s du corps1 et en la qualit de l'air1 que n\s respirons3 ,/rato1 en l'abondance1 crudit1 et corruption de l'alimant que n\s pr5ons3 ,hippocrates la loge aux esprits4 ,il y a l'vn de leurs amis1 qu'ils cognoiss5t mieux que moy1 qui s'escrie ce propos1 que la sci5ce la plus importante qui soit en no/re vsage1 comme celle qui a *>ge de no/re cons]uation et sant1 c'e/ de mal'heur1 la plus inc]ta9e1 la plus tr\ble1 et agite de plus de *angem5s4 ,il n'y a pas gr& dang] de n\s mescomt] la hauteur du soleil1 ou en la fraction de quelque supputation a/ronomique3 mais icy1 o il va de t\t no/re e/re1 ce n'e/ pas sagesse1 de n\s ab&onn] la m]cy de l'agitation de tant de v5ts contraires4 ,auant la gu]re ,peloponnesiaque1 il n'e/oit pas gr&s n\uelles de cette sci5ce3 ,hippocrates la mit en cr$it3 t\t ce que cettuy-cy auoit e/ably1 ,*rysippus le r5u]sa3 depuis ,erasi/ratus petit fils d',ari/ote1 t\t ce que ,*rysippus en auoit escrit4 ,apres ceux-cy1 suru9dr5t les ,empiriques1 qui pr9dr5t vne voye t\te diu]se des anci5s1 au maniem5t de cet art4 ,qu& le cr$it de ces d]ni]s comm5a s'enuieillir1 ,h]ophilus mit en vsage vne autre sorte de m$ec9e1 qu',asclepiades v9t combattre et aneantir son t\r4 ,a leur r5g gaign]5t au?orit les op9ions de ,!mison1 et depuis de ,musa1 et encore apres celles de ,vexius ,val5s1 m$ec9 fameux p> l'intellig5ce qu'il auoit auec ,messal9a4 ,l'empire de la m$ec9e tomba du temps de ,n]on ,!ssalus1 qui abolit et condamna t\t ce qui en auoit e/ t5u iusques luy4 ,la doctr9e de cettuy-cy fut abbattue p> ,cr9as de ,m>seille1 qui apporta de n\ueau1 de regl] t\tes les op]ations m$ec9ales1 aux ephem]ides et m\uem5s des a/res1 mang]1 dormir1 et boire l'heure qu'il plairoit la lune et ,m]cure4 ,son au?orit fut bi5 to/ apres supplante p> ,*>9us1 m$ec9 de cette mesme ville de ,m>seille4 ,cettuy-cy combattoit non seulem5t la m$ec9e anci5ne1 mais encore l'vsage des ba9s *auds1 public1 et tant de siecles aup>auant acc\/um4 ,il faisoit baign] les hommes dans l'eau froide1 en hyu] mesme1 et plongeoit les malades dans l'eau naturelle des ruisseaux4 ,iusques au temps de ,pl9e aucun ,roma9 n'auoit encore daign ex]c] la m$ec9e3 elle se faisoit p> des e/rang]s1 et ,grecs3 comme elle se fait entre n\s ,franois1 p> des ,lat9eurs4 ,c> comme dit vn tres-gr& m$ec91 n\s ne receuons pas aism5t la m$ec9e que n\s ent5dons2 non plus que la drogue que n\s cueillons4 ,si les nations1 desquelles n\s retirons le gayac1 la salsep]ille1 et le bois d'esqu9e1 ont des m$ec9s1 combi5 p5sons n\s p> cette mesme recomm5dation de l'e/ranget1 la r>et1 et la *]t1 qu'ils faent fe/e de noz *\lx1 et de no/re p]sil8 c> qui os]oit mespris] les *oses re*]*es de si lo+1 au haz>d d'vne si longue p]egr9ation et si p]illeuse8 ,depuis ces anci5nes mutations de la m$ec9e1 il y en a eu inf9ies autres iusques n\s2 et le plus s\u5t mutations enti]es et vniu]selles2 comme sont celles que produis5t de no/re temps1 ,p>acelse1 ,fiorauanti et ,arg5t]ius3 c> ils ne *ang5t pas seulem5t vne recepte1 mais1 ce qu'on me dit1 t\te la contexture et police du corps de la m$ec9e1 accusans d'ignorance et de pipp]ie1 ceux qui en ont faict pr(ession iusques eux4 ,ie v\s laisse p5s] o en e/ le pauure pati5t4 ,si encor n\s e/ions asseurez1 qu& ils se mescont5t1 qu'il ne n\s nuisi/ pas1 s'il ne n\s pr(ite2 ce s]oit vne bi5 raisonnable composition1 de se haz>d] d'acqu]ir du bi51 sans se mettre en dang] de p]te4 sope faict ce comte1 qu'vn qui auoit a*et vn ,m esclaue1 e/imant que cette c\leur luy fu/ v5ue p> accid5t1 et mauuais traictem5t de son premi] mai/re1 le fit m$ec9] de plusieurs ba9s et breuuages1 auec gr& so+3 il adu9t1 que le ,m n'en am5da aucunem5t sa c\leur basanee1 mais qu'il en p]dit enti]em5t sa premi]e sant4 ,combi5 de fois n\s adui5t-il1 de voir les m$ec9s imputans les vns aux autres1 la mort de leurs pati5s8 ,il me s\ui5t d'vne maladie populaire1 qui fut aux villes de mon vois9age1 il y a quelques annes1 mortelle et tres-dang]euse3 cet orage e/ant pass1 qui auoit emport vn nombre inf9y d'hommes2 l'vn des plus fameux m$ec9s de t\te la contre1 v9t publi] vn liuret1 t\*ant cette mati]e1 p> lequel il se rauise1 de ce qu'ils auoy5t vs de la saigne1 et confesse que c'e/ l'vne des causes pr9cipales du dommage1 qui en e/oit adu5u4 ,dauantage leurs au!urs ti5n5t1 qu'il n'y a aucune m$ec9e1 qui n'ait quelque p>tie nuisible4 ,et si celles mesmes qui n\s s]u5t1 n\s (f5c5t aucunem5t1 que doiu5t faire celles qu'on n\s applique du t\t hors de propos8 ,de moy1 qu& il n'y auroit autre *ose1 i'e/ime qu' ceux qui hayss5t le g\/ de la m$ec9e1 ce soit vn dang]eux ef=t1 et de preiudice1 de l'all] auall] vne heure si incommode1 auec tant de contre-cur3 et croy que cela essaye m]ueilleusem5t le malade1 en vne saison1 o il a tant beso9 de repos4 ,outre ce1 qu' consid]] les occasions1 surquoy ils fond5t ord9airem5t la cause de noz maladies1 elles sont si leg]es et si delicates1 que i'argum5te p> l1 qu'vne bi5 petite erreur en la disp5sation de leurs drogues1 peut n\s apport] beauc\p de nuisance4 ,or si le mescomte du m$ec9 e/ dang]eux1 il n\s va bi5 mal3 c> il e/ bi5 mal-ais qu'il n'y retombe s\u5t3 il a beso9 de trop de pieces1 consid]ations1 et circon/ances1 p\r affu/] iu/em5t son desse94 ,il faut qu'il cognoisse la complexion du malade1 sa temp]ature1 ses humeurs1 ses incl9ations1 ses actions1 ses p5sem5ts mesmes1 et ses imag9ations4 ,il faut qu'il se responde des circon/ances ext]nes1 de la nature du lieu1 condition de l'air et du temps1 assiette des planetes1 et leurs influances3 qu'il sa*e en la maladie les causes1 les signes1 les affections1 les i\rs critiques3 en la drogue1 le poix1 la =ce1 le pays1 la figure1 l'aage1 la disp5sation3 et faut que t\tes ces pieces1 il les sa*e proportionn] et rapport] l'vne l'autre1 p\r en eng5dr] vne p>faicte symmetrie4 ,a quoy s'il faut tant soit peu1 si de tant de ressorts1 il y en a vn t\t seul1 qui tire gau*e1 en voyla assez p\r n\s p]dre4 ,dieu sait1 de quelle difficult e/ la cognoissance de la plusp>t de ces p>ties3 c> p\r exemple1 comm5t tr\u]a-il le signe propre de la maladie2 *acune e/ant capable d'vn inf9y nombre de signes8 ,combi5 ont ils de debats entr'eux et de d\btes1 sur l'int]pretation des vr9es8 ,autrem5t d'o vi5droit cette alt]cation cont9uelle que n\s voyons entr'eux sur la cognoissance du mal8 ,comm5t excus]ions n\s cette faute1 o ils tomb5t si s\u5t1 de pr5dre m>tre p\r r5>d8 ,aux maux1 que i'ay eu1 p\r peu qu'il y eu/ de difficult1 ie n'en ay iamais tr\u trois d'accord4 ,ie rem>que plus volonti]s les exemples qui me t\*5t4 ,d]ni]em5t ,p>is vn ,g5til-homme fut taill p> l'ordonnance des m$ec9s1 auquel on ne tr\ua de pi]re non plus la vessie1 qu' la ma92 et l mesmes1 vn ,euesque qui m'e/oit =t amy1 auoit e/ in/amm5t sollicit p> la plusp>t des m$ec9s1 qu'il appelloit son conseil1 de se faire taill]3 i'aydoy moy mesme s\bs la foy d'autruy1 le luy suad]3 qu& il fut trespass1 et qu'il fut ouu]t1 on tr\ua qu'il n'auoit mal qu'aux re9s4 ,ils sont mo9s excusables en cette maladie1 d'autant qu'elle e/ aucunem5t palpable4 ,c'e/ p> l que la *irurgie me semble beauc\p plus c]ta9e1 p> ce qu'elle voit et manie ce qu'elle fait2 il y a mo9s coniectur] et deu9]4 ,l o les m$ec9s n'ont po9t de speculum matricis1 qui leur desc\ure no/re c]ueau1 no/re p\lmon1 et no/re foye4 ,les promesses mesmes de la m$ec9e sont incroyables4 ,c> ayant pr\uoir diu]s accid5ts et contraires1 qui n\s press5t s\u5t ensemble1 et qui ont vne relation quasi necessaire1 comme la *aleur du foye1 et froideur de l'e/oma*1 ils n\s vont p]suadant que de leurs +r$i5s1 cettuy-cy es*auff]a l'e/oma*1 cet autre refrai*ira le foye3 l'vn a sa *>ge d'all] droit aux re9s1 voire iusques la vessie1 sans e/al] ailleurs ses op]ations2 et cons]uant ses =ces et sa v]tu1 en ce long *em9 et ple9 de de/\rbi]s1 iusques au lieu1 au s]uice duquel il e/ de/91 p> sa propriet occulte3 l'autre asse*]a le c]ueau3 celuy l humect]a le p\lmon4 ,de t\t cet amas1 ayant fait vne mixtion de breuuage1 n'e/-ce pas quelque espece de resu]ie1 d'esp]] que ces v]tus s'aill5t diuisant1 et triant de cette confusion et meslange1 p\r c\rir *>ges si diu]ses8 ,ie cra9drois inf9iem5t qu'elles p]diss5t1 ou es*angeass5t leurs e?iquettes1 et tr\blass5t leurs qu>ti]s4 ,et qui p\rroit imag9]1 qu'en cette confusion liquide1 ces facultez ne se corromp5t1 confond5t1 et alt]5t l'vne l'autre8 ,quoy1 que l'execution de cette ordonnance desp5d d'vn autre (fici]1 la foy et m]cy duquel n\s ab&onnons encore vn c\p no/re vie8 ,comme n\s auons des p\rpo9ti]s1 des *ausseti]s p\r n\s ve/ir2 et en sommes d'autant mieux s]uis1 que *acun ne se mesle que de son subiect1 et a sa sci5ce plus re/re9te et plus c\rte1 que n'a vn tailleur1 qui embrasse t\t4 ,et comme1 n\s n\rrir1 les gr&s1 p\r plus de commodit ont des (fices di/+uez de potag]s et de ro/isseurs1 dequoy vn cuis9i]1 qui pr5d la *>ge vniu]selle1 ne peut si exquisem5t v5ir b\t4 ,de mesme n\s guairir1 les gypti5s auoi5t raison de reiect] ce g5]al me/i] de m$ec91 et desc\pp] cette pr(ession *asque maladie1 *asque p>tie du corps son uuri]4 ,c> cette p>tie en e/oit bi5 plus proprem5t et mo9s confusem5t traicte1 de ce qu'on ne reg>doit qu' elle specialem5t4 ,les no/res ne s'aduis5t pas1 que1 qui p\ruoid t\t1 ne p\ruoid ri53 que la totale police de ce petit monde1 leur e/ indige/ible4 ,cep5dant qu'ils craign5t d'arre/] le c\rs d'vn dys5t]ique1 p\r ne luy caus] la fieure1 ils me tu]5t vn amy1 qui valoit mieux1 que t\t tant qu'ils sont4 ,ils mett5t leurs diu9ations au poids1 l'encontre des maux pres5ts3 et p\r ne gu>ir le c]ueau au preiudice de l'e/oma*1 (f5c5t l'e/oma*1 et empir5t le c]ueau1 p> ces drogues tumultuaires et diss5tieuses4 ,quant la v>iet et foiblesse des raisons de cet' art1 elle e/ plus app>5te qu'en aucun' autre art4 ,les *oses ap]itiues sont vtiles vn homme coliqueux1 d'autant qu'ouurans les passages et les dilatans1 elles a*em95t cette mati]e gluante1 de laquelle se ba/it la graue1 et la pi]re1 et conduis5t contre-bas1 ce qui se comm5ce durcir et amass] aux re9s4 ,les *oses ap]itiues sont dang]euses vn homme coliqueux1 d'autant qu'ouurans les passages et les dilatans1 elles a*em95t v]s les re9s1 la mati]e propre ba/ir la graue1 lesquels s'en saisissans volonti]s p\r cette prop5sion qu'ils y ont1 il e/ mal ais qu'ils n'en arre/5t beauc\p de ce qu'on y aura *>ri4 ,d'auantage1 si de =tune il s'y r5contre quelque corps1 vn peu plus grosset qu'il ne faut p\r pass] t\s ces de/roicts1 qui re/5t fran*ir p\r l'expell] au dehors1 ce corps e/ant esbranl p> ces *oses ap]itiues1 et iett dans ces canaux e/roits1 v5ant les b\*]1 a*em9]a vne c]ta9e mort et tres-d\l\reuse4 ,ils ont vne p>eille f]met aux conseils qu'ils n\s donn5t de no/re regime de viure3 il e/ bon de tomb] s\u5t de l'eau1 c> n\s voyons p> exp]i5ce1 qu'en la laissant cr\pir1 n\s luy donnons loisir de se des*>g] de ses excrem5s1 et de sa lye1 qui s]uira de mati]e ba/ir la pi]re en la vessie3 il e/ bon de ne tomb] po9t s\u5t de l'eau1 c> les poisans excrem5ts qu'elle tra9e quant et elle1 ne s'emport]ont po9t1 s'il n'y a de la viol5ce1 comme on void p> exp]i5ce1 qu'vn torr5t qui r\le auecques roideur1 baloye bi5 plus nettem5t le lieu o il passe1 que ne fait le c\rs d'vn ruisseau mol et las*e4 ,p>eillem5t1 il e/ bon d'auoir s\u5t affaire aux femmes1 c> cela ouure les passages1 et a*em9e la graue et le sable4 ,il e/ bi5 aussi mauuais1 c> cela es*auffe les re9s1 les lasse et affoiblit4 ,il e/ bon de se baign] aux eaux *audes1 d'autant que cela relas*e et amollit les lieux1 o se cr\pit le sable et la pi]re4 ,mauuais aussi e/-il1 d'autant que cette application de *aleur ext]ne1 aide les re9s cuire1 durcir1 et petrifi] la mati]e qui y e/ dispose4 ,a ceux qui sont aux ba9s1 il e/ plus salubre de mang] peu le soir1 aff9 que le breuuage des eaux qu'ils ont pr5dre l5dema9 mat91 face plus d'op]ation1 r5contrant l'e/oma* vuide1 et non empes*4 ,au reb\rs1 il e/ meilleur de mang] peu au disn]1 p\r ne tr\bl] l'op]ation de l'eau1 qui n'e/ pas encore p>faite1 et ne *>g] l'e/oma* si s\da91 apres cet autre trauail1 et p\r laiss] l'(fice de dig]]1 la nuict1 qui le sait mieux faire que ne fait le i\r1 o le corps et l'esprit1 sont en p]petuel m\uem5t et action4 ,voila comm5t ils vont ba/elant1 et bagu5audant noz desp5s en t\s leurs disc\rs1 et ne me sauroi5t f\rnir proposition1 laquelle ie n'en reba/isse vne contraire1 de p>eille =ce4 ,qu'on ne crie donc plus apres ceux qui en ce tr\ble1 se laiss5t d\cem5t conduire leur appetit et au conseil de ,nature1 et se remett5t la =tune commune4 ,i'ay veu p> occasion de mes voyages1 quasi t\s les ba9s fameux de ,*re/i5t2 et depuis quelques annes ay comm5c m'en s]uir4 ,c> en g5]al i'e/ime le baign] salubre1 et croy que n\s enc\rons non leg]es incommoditez1 en no/re sant1 p\r auoir p]du cette c\/ume1 qui e/oit g5]alem5t obs]ue au temps pass1 quasi en t\tes les nations1 et e/ encores en plusieurs1 de se lau] le corps t\s les i\rs3 et ne puis pas imag9] que n\s ne vaillions beauc\p mo9s de t5ir a9si noz membres encr\/ez1 et noz pores e/\ppez de crasse4 ,et quant leur boisson1 la ,=tune a faict premi]em5t1 qu'elle ne soit aucunem5t ennemie de mon g\/3 secondem5t elle e/ naturelle et simple1 qui aumo9s n'e/ pas dang]euse1 si elle e/ va9e4 ,dequoy ie pr5s p\r respondant1 cette inf9it de peuples de t\tes sortes et complexions1 qui s'y assemble4 ,et encores que ie n'y aye app]ceu aucun effect extraord9aire et miraculeux3 a9s que m'en in=mant vn peu plus curieusem5t qu'il ne se faict1 i'aye tr\u mal fondez et faux1 t\s les bruits de telles op]ations1 qui se sem5t en ces lieux l1 et qui s'y croy5t 7comme le monde va se pippant aism5t de ce qu'il desire7 t\tesfois aussi1 n'ay-ie veu gu]e de p]sonnes que ces eaux ay5t empir2 et ne leur peut-on sans malice refus] cela1 qu'elles n'esueill5t l'appetit1 facilit5t la dige/ion1 et n\s pre/5t quelque n\uelle allegresse1 si on n'y va p> trop abbatu de =ces2 ce que ie desconseille de faire4 ,elles ne sont pas p\r releu] vne poisante ruyne3 elles peuu5t appuy] vne incl9ation leg]e1 ou pr\uoir la m5ace de quelque alt]ation4 ,qui n'y apporte assez d'allegresse1 p\r p\uoir i\yr le plaisir des compagnies qui s'y tr\u5t1 et des prom5ades et ex]cices1 quoy n\s conuie la beaut des lieux1 o sont communm5t assises ces eaux1 il p]d sans d\bte la meilleure piece et plus asseure de leur effect4 ,a cette cause i'ay *oisi iusques cette heure1 m'arre/] et me s]uir de celles1 o il y auoit plus d'amnit de lieu1 commodit de logis1 de viures et de compagnies1 comme sont en ,france1 les ba9s de ,bani]es3 en la fronti]e d',allemaigne1 et de ,lorra9e1 ceux de ,plombi]es3 en ,s\ysse1 ceux de ,bade3 en la ,toscane1 ceux de ,lucques2 et specialem5t ceux della ,villa1 desquels i'ay vs plus s\u5t1 et diu]ses saisons4 ,*asque nation a des op9ions p>ticuli]es1 t\*ant leur vsage1 et des loix et =mes de s'en s]uir1 t\tes diu]ses3 et selon mon exp]i5ce l'effect quasi p>eil4 ,le boire n'e/ aucunem5t receu en ,allemaigne4 ,p\r t\tes maladies1 ils se baign5t1 et sont gr5\ill] dans l'eau1 quasi d'vn soleil l'autre4 ,en ,italie1 qu& ils boiu5t neuf i\rs1 ils s'en baign5t p\r le mo9s tr5te2 et communm5t boiu5t l'eau mixtionne d'autres drogues1 p\r sec\rir son op]ation4 ,on n\s ordonne icy1 de n\s prom5] p\r la dig]]3 l on les arre/e au lict1 o ils l'ont prise1 iusques ce qu'ils l'ay5t vuide1 leur es*auffant cont9uellem5t l'e/oma*1 et les pi$s4 ,comme les ,allemans ont de p>ticuli]1 de se faire g5]alem5t t\s cornet] et vant\s]1 auec sc>ification dans le ba93 a9s9 ont les ,itali5s leurs doccie1 qui sont c]ta9es g\tti]es de cette eau *aude1 qu'ils conduis5t p> des cannes1 et vont baignant vne heure le mat91 et autant l'apres disne1 p> l'espace d'vn mois1 ou la te/e1 ou l'e/oma*1 ou autre p>tie du corps1 laquelle ils ont affaire4 ,il y a inf9ies autres diff]5ces de c\/umes1 en *asque contre3 ou p\r mieux dire1 il n'y a quasi aucune ressemblance des vnes aux autres4 ,voyl comm5t cette p>tie de m$ec9e1 laquelle seule ie me suis laiss all]1 quoy qu'elle soit la mo9s artificielle1 si a elle sa bonne "p de la confusion et inc]titude1 qui se voit p> t\t ailleurs en cet art4 ,les potes dis5t t\t ce qu'ils veul5t1 auec plus d'emphase et de grace2 tesmo+ ces deux epigrammes4 ,alcon he/]no signum ,i\is attigit4 ,ille1 ,quamuis m>moreus1 vim patitur m$ici4 ,ecce hodie iussus transf]ri ex de vetu/a1 ,eff]tur1 quamuis sit ,deus atque lapis4 ,et l'autre1 ,lotus nobiscum e/1 hil>is cnauit1 et idem ,inu5tus mane e/ mortuus ,&ragoras4 ,tam subit mortis causam1 ,fau/9e1 requiris8 ,9 somnis m$icum vid]at ,h]mocratem4 ,sur quoy ie veux faire deux comtes4 ,le ,b>on de ,caup5e en ,*alosse1 et moy1 auons en commun le droit de patronage d'vn b5efice1 qui e/ de gr&e e/5du1 au pi$ de noz montaignes1 qui se nomme ,lahontan4 ,il e/ des habitans de ce co91 ce qu'on dit de ceux de la vale d',angr\gne2 ils auoi5t vne vie "p1 les faons1 les ve/em5s1 et les murs "p3 regis et g\u]nez p> c]ta9es polices et c\/umes p>ticuli]es1 receus de p]e en filz1 ausquelles ils s'obligeoi5t sans autre contra9te1 que de la reu]5ce de leur vsage4 ,ce petit e/at s'e/oit cont9u de t\te anci5net en vne condition si heureuse1 qu'aucun iuge vois9 n'auoit e/ en pe9e de s'in=m] de leur affaire2 aucun aduocat employ leur donn] aduis1 ny e/rang] appell p\r e/e9dre leurs qu]elles2 et n'auoit on iamais veu aucun de ce de/roit l'aumosne4 ,ils fuyoi5t les alliances et le comm]ce de l'autre monde1 p\r n'alt]] la puret de leur police3 iusques ce1 comme ils recit5t1 que l'vn d'entre eux1 de la memoire de leurs p]es1 ayant l'ame espo9onne d'vne noble ambition1 alla s'aduis] p\r mettre son nom en cr$it et reputation1 de faire l'vn de ses enfans mai/re ,iean1 ou mai/re ,pi]re3 et l'ayant faict in/ruire escrire en quelque ville vois9e1 en r5dit en f9 vn beau notaire de village4 ,cettuy-cy1 deu5u gr&1 comm5a desdaign] leurs anci5nes c\/umes1 et leur mettre en te/e la pompe des regions de dea4 ,le premi] de ses comp]es1 qui on escorna vne *eure1 il luy conseilla d'en dem&] raison aux iuges ,royaux d'aut\r de l2 et de cettuy-cy vn autre1 iusques ce qu'il eu/ t\t aba/>dy4 ,a la suitte de cette corruption1 ils dis5t1 qu'il y en suru9t incont95t vn' autre1 de pire consequ5ce1 p> le moy5 d'vn m$ec91 qui il pr9t enuie d'esp\s] vne de leurs filles1 et de s'habitu] p>my eux4 ,cettuy-cy comm5a leur appr5dre premi]em5t le nom des fiebures1 des rheumes1 et des apo/emes1 la situation du cur1 du foye1 et des inte/9s1 qui e/oit vne sci5ce iusques lors tres esloigne de leur cognoissance3 et au lieu de l'ail1 dequoy ils auoy5t apris *ass] t\tes sortes de maux1 p\r aspres et extremes qu'ils fuss5t1 il les acc\/uma p\r vne t\x1 ou p\r vn morfondem5t1 pr5dre les mixtions e/rang]es1 et comm5a faire trafique1 non de leur sant seulem5t1 mais aussi de leur mort4 ,ils iur5t que depuis lors seulem5t1 ils ont app]eu que le s]a9 leur appesantissoit la te/e1 que le boire ayant *ault apportoit nuisance1 et que les v5ts de l'automne e/oy5t plus griefs que ceux du pr9temps3 que depuis l'vsage de cette m$ec9e1 ils se tr\u5t accablez d'vne legion de maladies inacc\/umes1 et qu'ils app]oiu5t vn g5]al des*et1 en leur anci5ne vigueur1 et leurs vies de moiti racc\rcies4 ,voyla le premi] de mes comtes4 ,l'autre e/1 qu'auant ma subiection graueleuse1 oyant faire cas du sang de b\c plusieurs1 comme d'vne manne cele/e enuoye en ces d]ni]s siecles1 p\r la tutelle et cons]uation de la vie huma9e2 et en oyant p>l] des g5s d'ent5dem5t comme d'vne drogue admirable1 et d'vne op]ation infaillible3 moy qui ay t\si\rs p5s e/re en bute t\s les accid5s1 qui peuu5t t\*] t\t autre homme1 pr9s plaisir en ple9e sant me pr\uoir de ce miracle2 et comm&ay *ez moy qu'on me n\rri/ vn b\c selon la recepte4 ,c> il faut que ce soit aux mois les plus *aleureux de l'e/1 qu'on le retire3 et qu'on ne luy donne mang] que des h]bes ap]itiues1 et boire que du v9 blanc4 ,ie me r5dis de =tune *ez moy le i\r qu'il deuoit e/re tu3 on me v9t dire que mon cuys9i] tr\uoit dans la panse deux ou trois grosses b\les1 qui se *ocquoi5t l'vne l'autre p>my sa mangeaille4 ,ie fus curieux de faire apport] t\te cette tripaille en ma pres5ce1 et fis ouurir cette grosse et l>ge peau3 il en sortit trois gros corps1 leg]s comme des esponges1 de faon qu'il semble qu'ils soy5t creuz1 durs au demeurant p> le dessus et f]mes1 big>rez de plusieurs c\leurs mortes3 l'vn p>faict en rondeur1 la mesure d'vne c\rte b\le3 les autres deux1 vn peu mo9dres1 ausquels l'arrondissem5t e/ imp>faict1 et semble qu'il s'y a*em9a/4 ,i'ai tr\u1 m'en e/ant faict enqu]ir ceux1 qui ont acc\/um d'ouurir de ces animaux1 que c'e/ vn accid5t r>e et inusit4 ,il e/ vray-semblable que ce sont des pi]res c\s9es des no/res4 ,et s'il e/ a9si1 c'e/ vne esp]ance bi5 va9e aux graueleux1 de tir] leur gu]ison du sang d'vne be/e1 qui s'en alloit elle mesme m\rir d'vn p>eil mal4 ,c> de dire que le sang ne se s5t pas de cette contagion1 et n'en alt]e sa v]tu acc\/ume1 il e/ plu/o/ croire1 qu'il ne s'eng5dre ri5 en vn corps que p> la conspiration et communication de t\tes les p>ties3 la masse agi/ t\t' enti]e1 quoy que l'vne piece y contribue plus que l'autre1 selon la diu]sit des op]ations4 ,p>quoy il y a gr&e app>5ce qu'en t\tes les p>ties de ce b\c1 il y auoit quelque qualit petrifiante4 ,ce n'e/oit pas tant p\r la cra9te de l'adu5ir1 et p\r moy1 que i'e/oy curieux de cette exp]i5ce3 comme c'e/oit1 qu'il adui5t *ez moy1 a9si qu'en plusieurs maisons1 que les femmes y font amas de telles m5ues drogu]ies1 p\r en sec\rir le peuple3 vsant de mesme recepte c9quante maladies1 et de telle recepte1 qu'elles ne pr5n5t pas p\r elles1 et si triomph5t en bons eu5em5s4 ,au demeurant1 i'honore les m$ec9s1 non pas suiuant le precepte1 p\r la necessit 7c> ce passage on en oppose vn autre du prophete1 repr5ant le ,roy ,asa d'auoir eu rec\rs au m$ec97 mais p\r l'am\r d'eux mesmes1 en ayant veu beauc\p d'honne/es hommes et dignes d'e/re aymez4 ,ce n'e/ pas eux que i'en veux1 c'e/ leur art1 et ne leur donne pas gr& blasme de faire leur pr(it de no/re sottise1 c> la plus "p du monde faict a9si4 ,plusieurs vacations et mo9dres et plus dignes que la leur1 n'ont fondem5t1 et appuy qu'aux abuz publiques4 ,ie les appelle en ma compagnie1 qu& ie suis malade1 s'ils se r5contr5t propos1 et dem&e en e/re entret5u1 et les paye comme les autres4 ,ie leur donne loy1 de me comm&] de m'abri] *auldem5t1 si ie l'ayme mieux a9si1 que d'autre sorte3 ils peuu5t *oisir d'entre les porreaux et les laictues1 dequoy il leur plaira que mon b\illon se face1 et m'ordonn] le blanc ou le clairet3 et a9si de t\tes autres *oses1 qui sont indiff]5tes mon appetit et vsage4 ,i'ent5s bi5 que ce n'e/ ri5 faire p\r eux1 d'autant que l'aigreur et l'e/ranget sont accid5s de l'ess5ce propre de la m$ec9e4 ,lycurgus ordonnoit le v9 aux ,sp>tiates malades4 ,p\rquoy8 p> ce qu'ils en haissoy5t l'vsage1 sa9s4 ,t\t a9si qu'vn ,g5til-homme mon vois9 s'en s]t p\r drogue tressalutaire ses fiebures1 p> ce que de sa nature il en hait mortellem5t le g\/4 ,combi5 en voyons n\s d'entr' eux1 e/re de mon humeur8 desdaign] la m$ec9e p\r leur s]uice1 et pr5dre vne =me de vie libre1 et t\te contraire celle qu'ils ordonn5t autruy8 ,qu'e/-ce cela1 si ce n'e/ abus] t\t de/r\ssm5t de no/re simplicit8 ,c> ils n'ont pas leur vie et leur sant mo9s *]e que n\s2 et accommod]oi5t leurs effects leur doctr9e1 s'ils n'en cognoissoy5t eux mesmes la faulcet4 ,c'e/ la cra9te de la mort et de la d\leur1 l'impati5ce du mal1 vne furieuse et indiscrete soif de la gu]ison1 qui n\s aueugle a9si4 ,c'e/ pure las*et qui n\s r5d no/re croyance si molle et maniable4 ,la plus "p p\rtant ne croy5t pas tant1 comme ils endur5t et laiss5t faire3 c> ie les oy se pla9dre et en p>l]1 comme n\s4 ,mais ils se resolu5t en f93 ,que f]oy-ie donc8 ,comme si l'impati5ce e/oit de soy quelque meilleur rem$e1 que la pati5ce4 ,y a il aucun de ceux qui se sont laissez all] cette mis]able subiection1 qui ne se r5de esgalem5t t\te sorte d'impo/ures8 qui ne se mette la m]cy de quiconque a cette impud5ce1 de luy donn] promesse de sa gu]ison8 ,les ,babyloni5s portoy5t leurs malades en la place3 le m$ec9 c'e/oit le peuple3 *acun des passants ayant p> humanit et ciuilit s'enqu]ir de leur e/at3 et1 selon son exp]i5ce1 leur donn] quelque aduis salutaire4 ,n\s n'en faisons gu]e autrem5t3 il n'e/ pas vne simple femmelette1 de qui n\s n'employons les b>bottages et les breuets3 et selon mon humeur1 si i'auoy en accept] quelqu'vne1 i'accept]ois plus volonti]s cette m$ec9e qu'aucune autre3 d'autant qu'aumo9s il n'y a nul dommage cra9dre4 ,ce qu',hom]e et ,platon disoy5t des gypti5s1 qu'ils e/oy5t t\s m$ec9s1 il se doit dire de t\s peuples4 ,il n'e/ p]sonne1 qui ne se vante de quelque recepte1 et qui ne la haz>de sur son vois91 s'il l'en veut croire4 ,i'e/oy l'autre i\r en vne compagnie1 o ie ne say qui1 de ma confrairie1 apporta la n\uelle d'vne sorte de pillules compiles de c5t1 et tant d'+r$i5s de comte fait3 il s'en esmeut vne fe/e et vne consolation s+uli]e3 c> quel ro*] s\/i5droit l'ef=t d'vne si nombreuse batt]ie8 ,i'ent5s t\tesfois p> ceux qui l'essay]5t1 que la mo9dre petite graue ne daigna s'en esm\uoir4 ,ie ne me puis despr5dre de ce papi]1 que ie n'en die encore ce mot1 sur ce qu'ils n\s donn5t p\r respondant de la c]titude de leurs drogues1 l'exp]i5ce qu'ils ont faicte4 ,la plus "p1 et ce croy-ie1 plus des deux ti]s des v]tus m$ec9ales1 consi/5t en la qu9te ess5ce1 ou propriet occulte des simples2 de laquelle n\s ne p\uons auoir autre in/ruction que l'vsage4 ,c> qu9te ess5ce1 n'e/ autre *ose qu'vne qualit1 de laquelle p> no/re raison n\s ne sauons tr\u] la cause4 ,en telles preuues1 celles qu'ils dis5t auoir acquises p> l'inspiration de quelque dmon1 ie suis cont5t de les receuoir1 7c> quant aux miracles1 ie n'y t\*e iamais7 ou bi5 encore les preuues qui se tir5t des *oses1 qui p\r autre consid]ation tomb5t s\u5t en no/re vsage3 comme si en la la9e1 dequoy n\s auons acc\/um de n\s ve/ir1 il s'e/ tr\u p> accid5t1 quelque occulte propriet desiccatiue1 qui gu]isse les mules au talon2 et si au ref=t1 que n\s mangeons p\r la n\rriture1 il s'e/ r5contr quelque op]ation ap]itiue4 ,gal5 recite1 qu'il adu9t vn ladre de receuoir gu]ison p> le moy5 du v9 qu'il beut1 d'autant que de =tune1 vne vip]e s'e/oit c\le dans le vaisseau4 ,n\s tr\uons en cet exemple le moy51 et vne conduitte vray-semblable cette exp]i5ce4 ,comme aussi en celles1 ausquelles les m$ec9s dis5t1 auoir e/ a*em9ez p> l'exemple d'aucunes be/es4 ,mais en la plus "p des autres exp]i5ces1 quoy ils dis5t auoir e/ conduis p> la =tune1 et n'auoir eu autre guide que le haz>d1 ie tr\ue le progrez de cette in=mation incroyable4 ,i'imag9e l'homme1 reg>dant au t\r de luy le nombre inf9y des *oses1 plantes1 animaux1 metaulx4 ,ie ne say p> o luy faire comm5c] son essay3 et qu& sa premi]e fantasie se iett]a sur la corne d'vn elan1 quoy il faut pre/] vne creance bi5 molle et aise3 il se tr\ue encore autant empes* en sa seconde op]ation4 ,il luy e/ propos tant de maladies1 et tant de circon/ances1 qu'auant qu'il soit v5u la c]titude de ce po9ct1 o doit io9dre la p]fection de son exp]i5ce1 le s5s huma9 y p]d son ,lat93 et auant qu'il ait tr\u p>my cette inf9it de *oses1 que c'e/ cette corne3 p>my cette inf9it de maladies1 l'epilepsie3 tant de complexions1 au melan*olique3 tant de saisons1 en hyu]3 tant de nations1 au ,franois3 tant d'aages1 en la vieillesse3 tant de mutations cele/es1 en la conionction de ,v5us et de ,saturne3 tant de p>ties du corps au doigt4 ,a t\t cela n'e/ant guid ny d'argum5t1 ny de coniecture1 ny d'exemple1 ny d'inspiration diu9e1 a9s du seul m\uem5t de la =tune1 il faudroit que ce fu/ p> vne =tune1 p>faictem5t artificielle1 regle et me?odique4 ,et puis1 qu& la gu]ison fut faicte1 comm5t se peut il asseur]1 que ce ne fu/1 que le mal e/oit arriu sa p]iode2 ou vn effect du haz>d8 ou l'op]ation de quelque autre *ose1 qu'il eu/ ou mang1 ou beu1 ou t\* ce i\r l8 ou le m]ite des pri]es de sa m]e-gr&8 ,dauantage1 qu& cette preuue auroit e/ p>faicte1 combi5 de fois fut elle reit]e8 et cette longue corde de =tunes et de r5contres1 r'enfile1 p\r en conclure vne regle8 ,qu& elle s]a conclue1 p> qui e/-ce8 de tant de millions1 il n'y a que trois hommes qui se mesl5t d'enregi/r] leurs exp]i5ces4 ,le sort aura il r'encontr po9ct nomm l'vn de ceux-cy8 ,quoy si vn autre1 et si c5t autres1 ont faict des exp]i5ces contraires8 ,a l'aduanture y v]rions n\s quelque lumi]e1 si t\s les iugem5ts1 et raisonnem5ts des hommes1 n\s e/oy5t cogneuz4 ,mais que trois tesmo+s et trois docteurs1 reg5t5t l'huma9 g5re1 ce n'e/ pas la raison3 il faudroit que l'huma9e nature les eu/ deputez et *oisis1 et qu'ils fuss5t decl>ez nos syndics p> expresse procuration4 ,a ,,madame ,,de ,,dvras4 ,madame1 v\s me tr\ua/es sur ce pas d]ni]em5t1 que v\s me v9/es voir4 ,p> ce qu'il p\rra e/re1 que ces inepties se r5contr]ont quelque fois entre vos ma9s3 ie veux aussi qu'elles port5t tesmoignage1 que l'au!ur se s5t bi5 =t honor de la faueur que v\s leur f]ez4 ,v\s y recognoi/rez ce mesme port1 et ce mesme air1 que v\s auez veu en sa conu]sation4 ,qu& i'eusse peu pr5dre quelque autre faon que la mi5ne ord9aire1 et quelque autre =me plus honorable et meilleure1 ie ne l'eusse pas faict3 c> ie ne veux tir] de ces escrits1 s9on qu'ils me repres5t5t vo/re memoire1 au naturel4 ,ces mesmes conditions et facultez1 que v\s auez pratiques et recueillies1 ,madame1 auec beauc\p plus d'honneur et de c\rtoisie qu'elles ne m]it5t1 ie les veux log]1 mais sans alt]ation et *angem5t1 en vn corps solide1 qui puisse dur] quelques annes1 ou quelques i\rs apres moy1 o v\s les retr\u]ez1 qu& il v\s plaira v\s en refres*ir la memoire1 sans pr5dre autrem5t la pe9e de v\s en s\u5ir3 aussi ne le vall5t elles pas4 ,ie desire que v\s cont9uez en moy1 la faueur de vo/re amiti1 p> ces mesmes qualitez1 p> le moy5 desquelles1 elle a e/ produite4 ,ie ne *]*e aucunem5t qu'on m'ayme et e/ime mieux1 mort1 que viuant4 ,l'humeur de ,tyb]e e/ ridicule1 et commune p\rtant1 qui auoit plus de so9 d'e/5dre sa r5omme l'adu5ir1 qu'il n'auoit de se r5dre e/imable et aggreable aux hommes de son temps4 ,si i'e/oy de ceux1 qui le monde peut deuoir loange1 ie l'en quitt]oy p\r la moiti1 et qu'il me la paya/ d'auance4 ,qu'elle se ha/a/ et ammoncela/ t\t aut\r de moy1 plus espesse qu'alonge1 plus ple9e que durable4 ,et qu'elle s'euan\it h>dim5t1 qu& et ma cognoissance1 et qu& ce d\x son ne t\*]a plus mes oreilles4 ,ce s]oit vne sotte humeur1 d'all] cet'heure1 que ie suis pre/ d'ab&onn] le comm]ce des hommes1 me produire eux1 p> vne n\uelle recomm&ation4 ,ie ne fay nulle recepte des bi5s que ie n'ay peu employ] l'vsage de ma vie4 ,quel que ie soye1 ie le veux e/re ailleurs qu'en papi]4 ,mon art et mon indu/rie ont e/ employez me faire valoir moy-mesme4 ,mes e/udes1 m'appr5dre faire1 non pas escrire4 ,i'ay mis t\s mes ef=ts =m] ma vie4 ,voyla mon me/i] et mon ouurage4 ,ie suis mo9s faiseur de liures1 que de nulle autre besongne4 ,i'ay desir de la suffisance1 p\r le s]uice de mes commoditez pres5tes et ess5tielles1 non p\r en faire magas91 et res]ue mes h]iti]s4 ,qui a de la valeur1 si le face cognoi/re en ses murs1 en ses propos ord9aires3 traict] l'am\r1 ou des qu]elles1 au ieu1 au lict1 la table1 la conduicte de ses affaires1 son conomie4 ,ceux que ie voy faire des bons liures s\s des mes*antes *ausses1 euss5t premi]em5t faict leurs *ausses1 s'ils m'en euss5t creu4 ,dem&ez vn ,sp>tiate1 s'il ayme mieux e/re bon rhetorici5 que bon soldat3 non pas moy1 que bon cuis9i]1 si ie n'auoy qui m'en s]ui/4 ,mon ,dieu1 ,madame1 que ie harois vne telle recomm&ation1 d'e/re habile homme p> escrit1 et e/re vn homme de neant1 et vn sot1 ailleurs4 ,i'ayme mieux encore e/re vn sot1 et icy1 et l1 que d'auoir si mal *oisi1 o employ] ma valeur4 ,aussi il s'en faut tant que i'att5de me faire quelque n\uel honneur p> ces sottises1 que ie f]ay beauc\p1 si ie n'y en p]s po9t1 de ce peu que i'en auois aquis4 ,c>1 outre ce que cette pe9ture morte1 et muete1 desrob]a mon e/re naturel1 elle ne se raporte pas mon meilleur e/at1 mais beauc\p des*eu de ma premi]e vigueur et allegresse1 tirant sur le fle/ry et le rance4 ,ie suis sur le fond du vaisseau1 qui s5t tanto/ le bas et la lye4 ,au demeurant1 ,madame1 ie n'eusse pas os remu] si h>dim5t les my/]es de la m$ec9e1 att5du le cr$it que v\s et tant d'autres luy donnez1 si ie n'y eusse e/ a*em9 p> ses au!urs mesmes4 ,ie croy qu'ils n'en n'ont que deux anci5s ,lat9s1 ,pl9e1 et ,celsus4 ,si v\s les voyez quelque i\r1 v\s tr\u]ez qu'ils p>l5t bi5 plus rudem5t leur art1 que ie ne fay3 ie ne fay que la p9c]1 ils l'esgorg5t4 ,pl9e se mocque entre autres *oses1 dequoy qu& ils sont au b\t de leur corde1 ils ont inu5t cette belle deffaite1 de r'enuoy] les malades qu'ils ont agitez et torm5tez p\r neant1 de leurs drogues et regimes1 les vns1 au sec\rs des vuz1 et miracles1 les autres aux eaux *audes4 ,ne v\s c\rr\ssez pas1 ,madame1 il ne p>le pas de celles de dea1 qui sont s\bs la protection de vo/re maison1 et t\tes ,gramontoises4 ,ils ont vne ti]ce sorte de deffaite1 p\r n\s *ass] d'aupres d'eux1 et se des*>g] des repro*es1 que n\s leur p\uons faire du peu d'am5dem5t1 noz maux1 qu'ils ont eu si long temps en g\u]nem5t1 qu'il ne leur re/e plus aucune inu5tion n\s amus]3 c'e/ de n\s enuoy] *]*] la bont de l'air de quelque autre contre4 ,madame en voyla assez3 v\s me donnez bi5 cong de repr5dre le fil de mon propos1 duquel ie m'e/oy de/\rn1 p\r v\s entret5ir4 ,ce fut ce me semble1 ,p]icles1 lequel e/ant enquis1 comme il se portoit3 ,v\s le p\uez1 dit-il1 iug] p> l3 montrant des breuets1 qu'il auoit atta*ez au col et au bras4 ,il v\loit inf]]1 qu'il e/oit bi5 malade1 puis qu'il en e/oit v5u iusques-l1 d'auoir rec\rs *oses si va9es1 et de s'e/re laiss equipp] en cette faon4 ,ie ne dy pas que ie ne puisse e/re emport vn i\r cette op9ion ridicule1 de remettre ma vie1 et ma sant1 la m]cy et g\u]nem5t des m$ec9s3 ie p\rray tomb] en cette resu]ie3 ie ne me puis respondre de ma f]met future3 mais lors aussi si quelqu'vn s'enqui]t moy1 comm5t ie me porte1 ie luy p\rray dire1 comme ,p]icles3 ,v\s le p\uez iug] p> l1 montrant ma ma9 *>ge de six dragmes d'opiate3 ce s]a vn bi5 euid5t signe d'vne maladie viol5te3 i'auray mon iugem5t m]ueilleusem5t desman*4 ,si l'impati5ce et la frayeur gaign5t cela sur moy1 on en p\rra conclure vne bi5 aspre fiure en mon ame4 ,i'ay pris la pe9e de plaid] cette cause1 que i'ent5s assez mal1 p\r appuy] vn peu et con=t] la prop5sion naturelle1 contre les drogues1 et pratique de no/re m$ec9e3 qui s'e/ d]iue en moy1 p> mes ance/res3 f9 que ce ne fu/ pas seulem5t vne incl9ation /upide et tem]aire1 et qu'elle eu/ vn peu plus de =me4 ,aussi que ceux qui me voy5t si f]me contre les exhortem5s et m5aces1 qu'on me fait1 qu& mes maladies me press5t1 ne p5s5t pas que ce soit simple op9ia/ret3 qu'il y ait quelqu'vn si fas*eux1 qui iuge encore1 que ce soit quelque esguillon de gloire4 ,ce s]oit vn desir bi5 ass51 de v\loir tir] honneur d'vne action1 qui m'e/ commune1 auec mon i>d9i] et mon muleti]4 ,c]tes ie n'ay po9t le cur si enfl1 ny si v5teux1 qu'vn plaisir solide1 *>nu1 et molleux1 comme la sant1 ie l'allasse es*ang]1 p\r vn plaisir imag9aire1 spirituel1 et ar4 ,la gloire1 voire celle des quatre fils ,aymon1 e/ trop *] a*ete vn homme de mon humeur1 si elle luy c\/e trois bons accez de colique4 ,la sant de p> ,dieu6 ,ceux qui aym5t no/re m$ec9e1 peuu5t auoir aussi leurs consid]ations bonnes1 gr&es1 et =tes3 ie ne hay po9t les fantasies contraires aux mi5nes4 ,il s'en faut tant que ie m'eff>\*e1 de voir de la discordance de mes iugem5s ceux d'autruy1 et que ie me r5de incompatible la socit des hommes1 p\r e/re d'autre s5s et p>ty que le mi53 qu'au reb\rs1 7comme c'e/ la plus g5]ale faon que ,nature aye suiuy1 que la v>iet1 et plus aux esprits1 qu'aux corps3 d'autant qu'ils sont de sub/ance plus s\ple et susceptible de =mes7 ie tr\ue bi5 plus r>e1 de voir conu5ir nos humeurs1 et nos desse9s4 ,et ne fut iamais au monde1 deux op9ions p>eilles1 non plus que deux poils1 ou deux gra9s4 ,leur plus vniu]selle qualit1 c'e/ la diu]sit4 ,,f9 ,,dv ,,second ,,livre4 7,,orig9al7 ,,livre ,,troisi,,me4 7,,orig9al7 ,,*apitre ,i4 ,de l'vtile et de l'hone/e4 ,,p]sonne n'e/ exempt de dire des fadaises3 le malheur e/1 de les dire curieusem5t3 ,n i/e magno conatu magnas nugas dix]it4 ,cela ne me t\*e pas2 les mi5nes m'es*app5t aussi non*allamm5t qu'elles le val5t4 ,d'o bi5 leur pr5d4 ,ie les quitt]ois s\da91 peu de c\/ qu'il y eu/4 ,et ne les a*ette1 ny ne les v5ds1 que ce qu'elles pois5t4 ,ie p>le au papi]1 comme ie p>le au premi] que ie r5contre4 ,qu'il soit vray1 voicy dequoy4 ,a qui ne doit e/re la p]fidie dete/able1 puis que ,tyb]e la refusa si gr& int]e/8 ,on luy m&a d',allemaigne1 que s'il le tr\uoit bon1 on le deff]oit d',arm9ius p> poison4 ,c'e/oit le plus puissant ennemy que les ,roma9s euss5t1 qui les auoit si vila9em5t traictez s\bs ,v>us1 et qui seul empes*oit l'accroissem5t de sa dom9ation en ces contrees l4 ,il fit responce1 que le peuple ,roma9 auoit acc\/um de se v5g] de ses ennemis p> voye ouu]te1 les armes en ma91 non p> fraude1 et en ca*ette3 il quitta l'vtile p\r l'hone/e4 ,c'e/oit1 me direz-v\s1 vn affronteur4 ,ie le croy3 ce n'e/ pas gr& miracle1 g5s de sa pr(ession4 ,mais la confession de la v]tu1 ne porte pas mo9s en la b\*e de celuy qui la hayt3 d'autant que la v]it la luy arra*e p> =ce1 et que s'il ne la veult receuoir en soy1 aumo9s il s'en c\ure1 p\r s'en p>]4 ,no/re ba/im5t et public et priu1 e/ ple9 d'imp]fection3 mais il n'y a ri5 d'inutile en ,nature1 non pas l'inutilit mesmes1 ri5 ne s'e/ +] en cet vniu]s1 qui n'y ti5ne place opportune4 ,no/re e/re e/ sim5t de qualitez maladiues3 l'ambition1 la ial\sie1 l'enuie1 la v5geance1 la sup]/ition1 le desespoir1 log5t en n\s1 d'vne si naturelle possession1 que l'image s'en recognoi/ aussi aux be/es4 ,voire et la cruaut1 vice si desnatur3 c> au milieu de la compassion1 n\s s5tons d$ans1 ie ne say quelle aigre-d\ce po9cte de volupt maligne1 voir s\ffrir autruy3 et les enfans la s5t5t3 ,suaue1 m>i magno1 turbantibus quora v5tis1 ,e t]ra magnum alt]ius spect>e laborem4 ,desquelles qualitez1 qui o/]oit les sem5ces en l'homme1 de/ruiroit les fondam5tales conditions de no/re vie4 ,de mesme1 en t\te police3 il y a des (fices necessaires1 non seulem5t abiects1 mais encores vicieux4 ,les vices y tr\u5t leur rang1 et s'employ5t la c\/ure de no/re liaison3 comme les v59s la cons]uation de no/re sant4 ,s'ils deui5n5t excusables1 d'autant qu'ils n\s font beso+1 et que la necessit commune efface leur vraye qualit3 il faut laiss] i\] cette p>tie1 aux citoy5s plus vig\reux1 et mo9s cra9tifs1 qui sacrifi5t leur honneur et leur consci5ce1 comme ces autres anci5s sacrifi]5t leur vie1 p\r le salut de leur pays4 ,n\s autres plus foibles pr5ons des rolles et plus aysez et mo9s haz>deux4 ,le bi5 public requi]t qu'on trahisse1 et qu'on m5te1 et qu'on massacre3 resignons cette commission g5s plus obeissans et plus s\pples4 ,c]tes i'ay eu s\u5t despit1 de voir des iuges1 attir] p> fraude et fauces esp]ances de faueur ou p>don1 le crim9el desc\urir son fait1 et y employ] la pip]ie et l'impud5ce4 ,il s]uiroit bi5 la iu/ice1 et ,platon mesme1 qui fauorise cet vsage1 de me f\rnir d'autres moy5s plus selon moy4 ,c'e/ vne iu/ice malicieuse3 et ne l'e/ime pas mo9s blessee p> soy-mesme1 que p> autruy4 ,ie respondy1 n'y a pas long temps1 qu' pe9e trahirois-ie le ,pr9ce p\r vn p>ticuli]1 qui s]ois tres-m>ry de trahir aucun p>ticuli]1 p\r le ,pr9ce4 ,et ne hay pas seulem5t pip]1 mais ie hay aussi qu'on se pipe en moy3 ie n'y veux pas seulem5t f\rnir de mati]e et d'occasion4 ,en ce peu que i'ay eu negoci] entre nos ,pr9ces1 en ces diuisions1 et subdiuisions1 qui n\s des*ir5t aui\rd'huy3 i'ay curieusem5t euit1 qu'ils se mespr9ss5t en moy1 et s'enf]rass5t en mon masque4 ,les g5s du me/i] se ti5n5t les plus c\u]ts1 et se pres5t5t et contrefont les plus moy5s1 et les plus voys9s qu'ils peuu5t3 moy1 ie m'(fre p> mes op9ions les plus viues1 et p> la =me plus mi5ne4 ,t5dre negotiateur et n\ice3 qui ayme mieux faillir l'affaire1 qu' moy4 'a e/ p\rtant iusques cette heure1 auec tel heur1 c> c]tes ,=tune y a la pr9cipalle "p1 que peu ont pass de ma9 autre1 auec mo9s de s\pon1 plus de faueur et de priuaut4 ,i'ay vne faon ouu]te1 aisee s'ins9u]1 et se donn] cr$it1 aux premi]es acco9tances4 ,la naifuet et la v]it pure1 en quelque siecle que ce soit1 tr\u5t encore leur opportunit et leur mise4 ,et puis de ceux-l e/ la lib]t peu suspecte1 et peu odieuse1 qui besongn5t sans aucun leur int]e/4 ,et peuu5t v]itablem5t employ] la responce de ,hipp]ides aux ,a!ni5s1 se plaignans de l'aspret de son p>l]3 ,messieurs1 ne consid]ez pas si ie suis libre1 mais si ie le suis1 sans ri5 pr5dre1 et sans am5d] p> l mes affaires4 ,ma lib]t m'a aussi aisem5t des*>g du s\pon de fa9tise1 p> sa vigueur 7n'esp>gnant ri5 dire p\r poisant et cuisant qu'il fu/3 ie n'eusse peu dire pis abs5t7 et en ce1 qu'elle a vne montre app>5te de simplesse et de non*alance4 ,ie ne pret5s autre fruict en agissant1 que d'agir1 et n'y atta*e longues suittes et propositions4 ,*asque action fait p>ticuli]em5t son ieu3 porte s'il peut4 ,au demeurant1 ie ne suis press de passion1 ou hayneuse1 ou am\reuse1 enu]s les gr&s3 ny n'ay ma volont g>rotee d'(f5ce1 ou d'obligation p>ticuli]e4 ,ie reg>de nos ,roys d'vne affection simplem5t legitime et ciuile1 ny emeu ny demeu p> int]e/ priu1 dequoy ie me say bon gr4 ,la cause g5]ale et iu/e ne m'atta*e non plus1 que mod]m5t et sans fiure4 ,ie ne suis pas subiet ces hypoteques et engagem5s p5etrans et intimes4 ,la *ol]e et la hayne sont au del du deuoir de la iu/ice3 et sont passions s]uans seulem5t ceux1 qui ne ti5n5t pas assez leur deuoir1 p> la raison simple3 ,vtatur motu animi1 qui vti ratione non pote/4 ,t\tes int5tions legitimes sont d'elles mesmes temp]ees3 s9on1 elles s'alt]5t en s$itieuses et illegitimes4 ,c'e/ ce qui me faict m>*] p> t\t1 la te/e haute1 le visage1 et le cur ouu]t4 ,a la v]it1 et ne cra9s po9t de l'adu\]1 ie port]ois facilem5t au beso+1 vne *&elle ,sa9ct ,mi*el1 l'autre son s]p5t1 suiuant le desse9 de la vieille4 ,ie suiuray le bon p>ty iusques au feu1 mais exclusiuem5t si ie puis4 ,que ,montaigne s'eng\ffre quant et la ruyne publique1 si beso+ e/3 mais s'il n'e/ pas beso+1 ie sauray bon gr la ,=tune qu'il se sauue3 et autant que mon deuoir me donne de corde1 ie l'employe sa cons]uation4 ,fut-ce pas ,atticus1 lequel se t5ant au iu/e p>ty1 et au p>ty qui p]dit1 se sauua p> sa mod]ation1 en cet vniu]sel naufrage du monde1 p>my tant de mutations et diu]sitez8 ,aux hommes1 comme luy priuez1 il e/ plus ais4 ,et en telle sorte de besongne1 ie tr\ue qu'on peut iu/em5t n'e/re pas ambitieux s'+]] et conui] soy-mesmes4 ,de se t5ir *ancelant et me/is1 de t5ir son affection immobile1 et sans incl9ation aux tr\bles de son pays1 et en vne diuision publique1 ie ne le tr\ue ny beau1 ny honne/e3 ,ea non m$ia1 s$ nulla via e/1 velut eu5tum expectantium1 qu =tun consilia sua applic5t4 ,cela peut e/re p]mis enu]s les affaires des voys9s3 et ,gelon tyran de ,syracuse1 susp5doit a9si son incl9ation en la gu]re des ,b>b>es contre les ,grecs1 t5ant vne ,ambassade ,delphes1 auec des pres5ts p\r e/re en es*auguette1 veoir de quel co/ tomb]oit la =tune1 et pr5dre l'occasion po9ct1 p\r le concili] aux victorieux4 ,ce s]oit vne espece de trahison1 de le faire aux propres et dome/iques affaires1 ausquels necessairem5t il faut pr5dre p>ty3 mais de ne s'embesongn] po9t1 homme qui n'a ny *>ge1 ny comm&em5t exprez qui le presse1 ie le tr\ue plus excusable 7et si ne practique p\r moy cette excuse7 qu'aux gu]res e/rang]es3 desquelles p\rtant1 selon nos loix1 ne s'empes*e qui ne veut4 ,t\tesfois ceux encore qui s'y engag5t t\t faict1 le peuu5t1 auec tel ordre et attrempance1 que l'orage debura c\l] p> dessus leur te/e1 sans (f5ce4 ,n'auions n\s pas raison de l'esp]] a9si du feu ,euesque d',orleans1 sieur de ,moruilli]s8 ,et i'en cognois entre ceux qui y ouur5t valeureusem5t cette heure1 de murs ou si equables1 ou si d\ces1 qu'ils s]ont1 p\r demeur] deb\t1 quelque iniurieuse mutation et *eute que le ciel n\s appre/e4 ,ie ti5s que c'e/ aux ,roys proprem5t1 de s'anim] contre les ,roys3 et me moque de ces esprits1 qui de gayet de cur se pres5t5t qu]elles si disproportionnees4 ,c> on ne pr5d pas qu]elle p>ticuli]e auec vn ,pr9ce1 p\r m>*] contre luy ouu]tem5t et c\rageusem5t1 p\r son honneur1 et selon son deuoir3 s'il n'aime vn tel p]sonnage1 il fait mieux1 il l'e/ime4 ,et notamm5t la cause des loix1 et def5ce de l'anci5 e/at1 a t\si\rs cela1 que ceux mesmes qui p\r leur desse9 p>ticuli] le tr\bl5t1 en excus5t les def5seurs1 s'ils ne les honor5t4 ,mais il ne faut pas appell] deuoir1 comme n\s faisons t\s les i\rs1 vne aigreur et vne inte/9e aspret1 qui nai/ de l'int]e/ et passion priuee1 ny c\rage1 vne conduitte trai/resse et malitieuse4 ,ils nomm5t zele1 leur prop5sion v]s la malignit1 et viol5ce4 ,ce n'e/ pas la cause qui les es*auffe1 c'e/ leur int]e/4 ,ils attis5t la gu]re1 non p> ce qu'elle e/ iu/e3 mais p> ce que c'e/ gu]re4 ,ri5 n'empes*e qu'on ne se puisse comport] commodm5t entre des hommes qui se sont ennemis1 et loyalem5t3 conduisez v\s y d'vne1 s9on p> t\t esgale affection 7c> elle peut s\ffrir diff]5tes mesures7 au mo9s temp]ee1 et qui ne v\s engage tant l'vn1 qu'il puisse t\t requ]ir de v\s4 ,et v\s cont5tez aussi d'vne moi5ne mesure de leur grace3 et de c\l] en eau tr\ble1 sans y v\loir pes*]4 ,l'autre mani]e de s'(frir de t\te sa =ce aux vns et aux autres1 a encore mo9s de prud5ce que de consci5ce4 ,celuy enu]s qui v\s en trahissez vn1 duquel v\s e/es p>eillem5t bi5 v5u3 sait-il pas1 que de soy v\s en faites autant son t\r8 ,il v\s ti5t p\r vn mes*ant homme3 ce p5dant il v\s oit1 et tire de v\s1 et fait ses affaires de vo/re desloyaut4 ,c> les hommes d\bles sont vtiles1 en ce qu'ils apport5t3 mais il se faut g>d]1 qu'ils n'emport5t que le mo9s qu'on peut4 ,ie ne dis ri5 l'vn1 que ie ne puisse dire l'autre1 son heure1 l'acc5t seulem5t vn peu *ang3 et ne rapporte que les *oses ou indiff]5tes1 ou cogneus1 ou qui s]u5t en commun4 ,il n'y a po9t d'vtilit1 p\r laquelle ie me p]mette de leur m5tir4 ,ce qui a e/ fi mon sil5ce1 ie le cele religieusem5t3 mais ie pr5s cel] le mo9s que ie puis4 ,c'e/ vne importune g>de1 du secret des ,pr9ces1 qui n'en a que faire4 ,ie pres5te volonti]s ce m>*1 qu'ils me fi5t peu3 mais qu'ils se fi5t h>dim5t1 de ce que ie leur apporte4 ,i'en ay t\si\rs plus sceu que ie n'ay v\lu4 ,vn p>l] ouu]t1 ouure vn autre p>l]1 et le tire hors1 comme fait le v9 et l'am\r4 ,philippides respondit sagem5t mon gr1 au ,roy ,lysima*us1 qui luy disoit1 ,que veux-tu que ie te communique de mes bi5s8 ,ce que tu v\dras1 p\rueu que ce ne soit de tes secrets4 ,ie voy que *acun se mut9e1 si on luy ca*e le fonds des affaires ausquels on l'employe1 et si on luy en a desrob quelque arri]e-s5s4 ,p\r moy1 ie suis cont5t qu'on ne m'en die non plus1 qu'on veut que i'en mette en besoigne3 et ne desire pas1 que ma sci5ce outrepasse et contraigne ma p>ole4 ,si ie dois s]uir d'in/rum5t de tromp]ie1 que ce soit aumo9s sauue ma consci5ce4 ,ie ne veux e/re t5u s]uiteur1 ny si affectionn1 ny si loyal1 qu'on me treuue bon trahir p]sonne4 ,qui e/ infidelle soy-mesme1 l'e/ excusablem5t son mai/re4 ,mais ce sont ,pr9ces1 qui n'accept5t pas les hommes moyti1 et mespris5t les s]uices limitez et conditionnez4 ,il n'y a rem$e3 ie leur dis fran*em5t mes bornes3 c> esclaue1 ie ne le doibs e/re que de la raison1 encore n'en puis-ie bi5 v5ir b\t4 ,et eux aussi ont tort1 d'exig] d'vn homme libre1 telle subiection leur s]uice1 et telle obligation1 que de celuy1 qu'ils ont faict et a*ett3 ou duquel la =tune ti5t p>ticuli]em5t et expressem5t la leur4 ,les loix m'ont o/ de gr& pe9e1 elles m'ont *oisi p>ty1 et donn vn mai/re3 t\te autre sup]iorit et obligation doibt e/re relatiue celle-l1 et retran*ee4 ,si n'e/-ce pas dire1 qu& mon affection me port]oit autrem5t1 qu'incont95t i'y portasse la ma93 la volont et les desirs se font loy eux mesmes1 les actions ont la receuoir de l'ordonnance publique4 ,t\t ce mi5 proc$]1 e/ vn peu bi5 dissonant nos =mes3 ce ne s]oit pas p\r produire gr&s effets1 ny p\r y dur]3 l'innoc5ce mesme ne sauroit cette heure ny negoti] sans dissimulation1 ny m>*&] sans m5t]ie4 ,aussi ne sont aucunem5t de mon gibi]1 les occupations publiques3 ce que ma pr(ession en requi]t1 ie l'y f\rnis1 en la =me que ie puis la plus priuee4 ,enfant1 on m'y plongea iusques aux oreilles1 et il succ$oit3 si m'en despr9s ie de belle heure4 ,i'ay s\u5t depuis uit de m'en mesl]1 r>em5t accepte1 iamais requis1 t5ant le dos t\rn l'ambition3 mais s9on comme les tireurs d'auiron1 qui s'auanc5t a9s9 reculons3 tellem5t t\tesfois1 que de ne m'y e/re po9ct emb>qu1 i'en suis mo9s oblig ma resolution1 qu' ma bonne =tune4 ,c> il y a des voyes mo9s ennemyes de mon g\/1 et plus con=mes ma portee1 p> lesquelles si elle m'eu/ appell autrefois au s]uice public1 et mon auancem5t v]s le cr$it du monde1 ie say que i'eusse pass p> dessus la raison de mes disc\rs1 p\r la suyure4 ,ceux qui dis5t communem5t contre ma pr(ession1 que ce que i'appelle fran*ise1 simplesse1 et naifuet1 en mes murs1 c'e/ art et f9esse3 et plu/o/ prud5ce1 que bont3 indu/rie1 que nature3 bon s5s1 que bonheur3 me font plus d'honneur qu'ils ne m'en o/5t4 ,mais c]tes ils font ma f9esse trop f9e4 ,et qui m'aura suyui et espi de pres1 ie luy donray gaign1 s'il ne confesse1 qu'il n'y a po9t de regle en leur escole1 qui seu/ rapport] ce naturel m\uem5t1 et ma9t5ir vne app>5ce de lib]t1 et de lic5ce1 si p>eille1 et inflexible1 p>my des r\tes si tortues et diu]ses3 et que t\te leur att5tion et eng91 ne les y sauroit conduire4 ,la voye de la v]it e/ vne et simple1 celle du pr(it p>ticuli]1 et de la commodit des affaires1 qu'on a en *>ge1 d\ble1 inegale1 et =tuite4 ,i'ay veu s\u5t en vsage1 ces lib]tez contrefaites1 et artificielles1 mais le plus s\u5t1 sans succez4 ,elles s5t5t volonti]s leur asne d',esope3 lequel p> emulation du *i51 v9t se iett] t\t gayem5t1 deux pi$s1 sur les espaules de son mai/re3 mais autant que le *i5 receuoit de c>esses1 de p>eille fe/e1 le pauure asne1 en reeut deux fois autant de ba/onnades4 ,id maxim quemque decet1 quod e/ cuiusque suum maxim4 ,ie ne veux pas priu] la tromp]ie de son rang1 ce s]oit mal ent5dre le monde3 ie say qu'elle a s]uy s\u5t pr(itablem5t1 et qu'elle ma9ti5t et n\rrit la plus "p des vacations des hommes4 ,il y a des vices legitimes1 comme plusieurs actions1 ou bonnes1 ou excusables1 illegitimes4 ,la iu/ice en soy1 naturelle et vniu]selle1 e/ autrem5t reglee1 et plus noblem5t1 que n'e/ cette autre iu/ice speciale1 nationale1 contra9te au beso+ de nos polices3 ,v]i iuris g]manque iu/iti solidam et expressam effigiem nullam t5emus3 vmbra et imag9ibus vtimur4 ,si que le sage ,d&amys1 oyant recit] les vies de ,socrates1 ,py?agoras1 ,diog5es1 les iugea gr&s p]sonnages en t\te autre *ose1 mais trop ass]uis la reu]5ce des loix4 ,p\r lesquelles auctoris]1 et second]1 la vraye v]tu a beauc\p se desmettre de sa vigueur orig9elle3 et non seulem5t p> leur p]mission1 plusieurs actions vitieuses ont lieu1 mais encores leur suasion4 ,ex ,s5atusconsultis plebisquescitis scel]a ex]c5tur4 ,ie suy le langage commun1 qui fait diff]5ce entre les *oses vtiles1 et les honne/es3 si que d'aucunes actions naturelles1 non seulem5t vtiles1 mais necessaires1 il les nomme de%onne/es et sales4 ,mais cont9uons no/re exemple de la trahison4 ,deux pret5dans au royaume de ,?race1 e/oi5t tombez en debat de leurs droicts1 l',emp]eur les empes*a de v5ir aux armes3 mais l'vn d'eux1 s\s c\leur de conduire vn accord amiable1 p> leur entreueu1 ayant assign son compagnon1 p\r le fe/oy] en sa maison1 le fit emprisonn] et tu]4 ,la iu/ice requ]oit1 que les ,roma9s euss5t raison de ce =faict3 la difficult en empes*oit les voyes ord9aires4 ,ce qu'ils ne peur5t legitimem5t1 sans gu]re1 et sans haz>d1 ils entrepr9dr5t de le faire p> trahison3 ce qu'ils ne peur5t honne/em5t1 ils le fir5t vtilem5t4 ,a quoy se tr\ua propre vn ,pomponius ,flaccus4 ,cettuy-cy1 s\bs fe9tes p>olles1 et asseurances1 ayant attir ce/ homme dans ses rets3 au lieu de l'honneur et faueur qu'il luy promettoit1 l'enuoya pi$s et po+s liez ,rome4 ,vn trai/re y trahit l'autre1 contre l'vsage commun4 ,c> ils sont ple9s de desfiance1 et e/ mal-ais de les surpr5dre p> leur art3 tesmo+ la poisante exp]i5ce1 que n\s v5ons d'en s5tir4 ,s]a ,pomponius ,flaccus qui v\dra1 et en e/ assez qui le v\dront4 ,quant moy1 et ma p>olle et ma foy1 sont1 comme le demeurant1 pieces de ce commun corps3 leur meilleur effect1 c'e/ le s]uice public3 ie ti5s cela p\r presuppos4 ,mais comme si on me comm&oit1 que ie pr9se la *>ge du ,palais1 et des plaids1 ie respondroy1 ,ie n'y ent5s ri53 ou la *>ge de conducteur de pionni]s1 ie diroy1 ,ie suis appell vn rolle plus digne3 de mesmes1 qui me v\droit employ]1 m5tir1 trahir1 et me p>iur]1 p\r quelque s]uice notable1 non que d'assass9] ou empoisonn]3 ie diroy1 ,si i'ay vol ou desrob quelqu'vn1 enuoyez moy plu/o/ en gall]e4 ,c> il e/ loysible vn homme d'honneur1 de p>l] a9si que les ,lac$emoni5s1 ayants e/ deffaicts p> ,antipat]1 sur le po9ct de leurs accords3 ,v\s n\s p\uez comm&] des *>ges poisantes et dommageables1 autant qu'il v\s plaira3 mais de honteuses1 et de%onne/es1 v\s p]drez vo/re temps de n\s en comm&]4 ,*acun doit auoir iur soy mesme1 ce que les ,roys d'gypte faisoi5t sol5nellem5t iur] leurs iuges1 qu'ils ne se desuoy]oi5t de leur consci5ce1 p\r quelque comm&em5t qu'eux mesmes leur en fiss5t4 ,a telles commissions il y a note euid5te d'ignom9ie1 et de condemnation4 ,et qui v\s la donne1 v\s accuse1 et v\s la donne1 si v\s l'ent5dez bi51 en *>ge et en pe9e4 ,autant que les affaires publiques s'am5d5t de vo/re exploict1 autant s'en empir5t les vo/res3 v\s y faictes d'autant pis1 que mieux v\s y faictes4 ,et ne s]a pas n\ueau1 ny l'auanture sans quelque air de iu/ice1 que celuy mesmes v\s rune1 qui v\s aura mis en besongne4 ,si la trahison doit e/re en quelque cas excusable3 lors seulem5t elle l'e/1 qu'elle s'employe *a/i] et trahir la trahison4 ,il se tr\ue assez de p]fidies1 non seulem5t refusees1 mais punies1 p> ceux en faueur desquels elles auoi5t e/ entreprises4 ,qui ne sait la s5t5ce de ,fabritius1 l'encontre du m$ec9 de ,pyrrhus8 ,mais cecy encore se tr\ue3 que tel l'a comm&ee1 qui p> apres l'a v5gee rig\reusem5t1 sur celuy qu'il y auoit employ3 refusant vn cr$it et p\uoir si effr51 et desadu\ant vn s]uage et vne obessance si ab&onnee1 et si las*e4 ,i>opelc ,duc de ,russie1 practiqua vn ,g5til-homme de ,hongrie1 p\r trahir le ,roy de ,p\longne ,boleslaus1 en le faisant m\rir1 ou donnant aux ,russi5s moy5 de luy faire quelque notable dommage4 ,cettuy-cy s'y porta en gal& homme3 s'addonna plus que deuant au s]uice de ce ,roy1 obt9t d'e/re de son conseil1 et de ses plus feaux4 ,auec ces aduantages1 et *oisissant po9t l'opportunit de l'abs5ce de son mai/re1 il trahit aux ,russi5s ,visilicie1 gr&e et ri*e cit3 qui fut enti]em5t saccagee1 et arse p> eux1 auec occision totale1 non seulem5t des habitans d'icelle1 de t\t sexe et aage1 mais de gr& nombre de noblesse de l aut\r1 qu'il y auoit assembl ces f9s4 ,i>opelc ass\uy de sa v5geance1 et de son c\rr\x1 qui p\rtant n'e/oit pas sans tiltre1 7c> ,boleslaus l'auoit =t (f5c1 et en p>eille conduitte7 et sa\l du fruict de cette trahison1 v5ant en consid]] la laideur nu et seule1 et la reg>d] d'vne veu sa9e1 et non plus tr\blee p> sa passion1 la pr9t vn tel remors1 et contre-cur1 qu'il en fit creu] les yeux1 et c\p] la langue1 et les p>ties honteuses1 son executeur4 ,antigonus p]suada les soldats ,argyraspides1 de luy trahir ,eum5es1 leur capita9e g5]al1 son adu]saire4 ,mais l'eut-il faict tu]1 apres qu'ils le luy eur5t liur1 il desira luy mesme e/re commissaire de la iu/ice diu9e1 p\r le *a/im5t d'vn =faict si dete/able3 et les consigna entre les ma9s du g\u]neur de la pr\9ce1 luy donnant tres-expres comm&em5t1 de les p]dre1 et mettre male f91 en quelque mani]e que ce fu/4 ,tellem5t que de ce gr& nombre qu'ils e/oi5t1 aucun ne vit onques puis1 l'air de ,mac$o9e4 ,mieux il en auoit e/ s]uy1 d'autant le iugea il auoir e/ plus mes*amm5t et punissablem5t4 ,l'esclaue qui trahit la ca*ette de ,p4 ,sulpicius son mai/re1 fut mis en lib]t1 suiuant la promesse de la proscription de ,sylla3 mais suiuant la promesse de la raison publique1 t\t libre1 il fut precipit du roc ,t>pei54 ,et no/re ,roy ,cl\is1 au lieu des armes d'or qu'il leur auoit promis1 fit p5dre les trois s]uiteurs de ,cannacre1 apres qu'ils luy eur5t trahy leur mai/re1 quoy il les auoit pratiquez4 ,ils les font p5dre auec la b\rse de leur payem5t au col4 ,ayant satisfaict leur seconde foy1 et speciale1 ils satisfont la g5]ale et premi]e4 ,mahom$ second1 se v\lant deffaire de son fr]e1 p\r la ial\sie de la dom9ation1 suiuant le /ile de leur race1 y employa l'vn de ses (fici]s3 qui le suffoqua1 l'engorgeant de quantit d'eau1 pr9se trop c\p4 ,cela faict1 il liura1 p\r l'expiation de ce meurtre1 le meurtri] entre les ma9s de la m]e du trespass 7c> ils n'e/oi5t fr]es que de p]e73 elle1 en sa pres5ce1 ouurit ce meurtri] l'e/oma*3 et t\t *audem5t de ses ma9s1 f\illant et arra*ant son cur1 le ietta mang] aux *i5s4 ,et ceux mesmes qui ne val5t ri51 il e/ si d\x1 ayant tir l'vsage d'vne action vicieuse1 y p\uoir hormais c\dre en t\te seuret1 quelque traict de bont1 et de iu/ice3 comme p> comp5sation1 et correction consci5tieuse4 ,io9t qu'ils reg>d5t les m9i/res de tels horribles malefices1 comme g5ts1 qui les leur repro*5t3 et *]*5t p> leur mort d'e/\ff] la cognoissance et tesmoignage de telles m5ees4 ,or si p> =tune on v\s en recomp5ce1 p\r ne fru/r] la necessit publique1 de cet extreme et desesp] rem$e3 celuy qui le fait1 ne laisse pas de v\s t5ir1 s'il ne l'e/ luy-mesme1 p\r vn homme maudit et execrable3 et v\s ti5t plus trai/re1 que ne faict celuy1 contre qui v\s l'e/es3 c> il t\*e la malignit de vo/re c\rage1 p> voz ma9s1 sans desadueu1 sans obiect4 ,mais il v\s employe1 t\t a9si qu'on faict les hommes p]dus1 aux executions de la haute iu/ice3 *>ge autant vtile1 comme elle e/ peu honne/e4 ,outre la vilit de telles commissions1 il y a de la pro/itution de consci5ce4 ,la fille ,seanus ne p\uant e/re punie mort1 en c]ta9e =me de iugem5t ,rome1 d'autant qu'elle e/oit vi]ge1 fut1 p\r donn] passage aux loix1 =cee p> le b\rreau1 auant qu'il l'e/rangla/4 ,non sa ma9 seulem5t1 mais son ame1 e/ esclaue la commodit publique4 ,qu& le premi] ,amura?1 p\r aigrir la punition contre ses subiects1 qui auoi5t donn support la p>ricide rebellion de son fils1 ordonna1 que leurs plus pro*es p>5ts pre/]oi5t la ma9 cette execution3 ie tr\ue tres-hone/e aucuns d'iceux1 d'auoir *oisi plu/o/1 d'e/re iniu/em5t t5us c\lpables du p>ricide d'vn autre1 que de s]uir la iu/ice de leur propre p>ricide4 ,et o en quelques bicoques =cees de mon temps1 i'ay veu des coqu9s1 p\r g>antir leur vie1 accept] de p5dre leurs amis et consorts1 ie les ay t5us de pire condition que les p5dus4 ,on dit que ,vuitolde ,pr9ce de ,lituanie1 introduisit en cette nation1 que le crim9el condamn mort1 eu/ luy mesme de sa ma91 se deffaire3 tr\uant e/range1 qu'vn ti]s innoc5t de la faute1 fu/ employ et *>g d'vn homicide4 ,le ,pr9ce1 qu& vne vrg5te circon/ance1 et quelque impetueux et inop9 accid5t1 du beso+ de son e/at1 luy fait gau*ir sa p>olle et sa foy1 ou autrem5t le iette hors de son deuoir ord9aire1 doibt attribu] cette necessit1 vn c\p de la v]ge diu9e4 ,vice n'e/-ce pas1 c> il a quitt sa raison1 vne plus vniu]selle et puissante raison3 mais c]tes c'e/ malheur4 ,de mani]e qu' quelqu'vn qui me dem&oit3 ,quel rem$e8 nul rem$e1 fis-ie1 s'il fut v]itablem5t geh5n entre ces deux extremes 7s$ videat ne quratur latebra p]iurio7 il le falloit faire3 mais s'il le fit1 sans regret1 s'il ne luy greua de le faire1 c'e/ signe que sa consci5ce e/ en mauuais t]mes4 ,qu& il s'en tr\u]oit quelqu'vn de si t5dre consci5ce1 qui nulle gu>ison ne sembla/ digne d'vn si poisant rem$e1 ie ne l'en e/im]oy pas mo9s4 ,il ne se sauroit p]dre plus excusablem5t et decemm5t4 ,n\s ne p\uons pas t\t4 ,a9si comme a9si n\s faut-il s\u5t1 comme la d]ni]e an*re1 remettre la protection de no/re vaisseau la pure conduitte du ciel4 ,a quelle plus iu/e necessit se res]ue il8 ,que luy e/-il mo9s possible faire que ce qu'il ne peut faire1 qu'aux desp5s de sa foy et de son honneur8 *oses1 qui l'au5ture luy doiu5t e/re plus *]es que son propre salut1 et que le salut de son peuple4 ,qu& les bras croisez il appell]a ,dieu simplem5t son aide1 n'aura-il pas esp]]1 que la diu9e bont n'e/ p\r refus] la faueur de sa ma9 extraord9aire vne ma9 pure et iu/e8 ,ce sont dang]eux exemples1 r>es1 et maladifues exceptions1 nos regles naturelles3 il y faut c$]1 mais auec gr&e mod]ation et circonspection4 ,aucune vtilit priuee1 n'e/ digne p\r laquelle n\s facions cet ef=t no/re consci5ce3 la publique bi51 lors qu'elle e/ et tres-app>5te1 et tres-importante4 ,timoleon se g>antit propos1 de l'e/ranget de son exploit1 p> les l>mes qu'il r5dit1 se s\u5ant que c'e/oit d'vne ma9 frat]nelle qu'il auoit tu le tyran4 ,et cela p9a iu/em5t sa consci5ce1 qu'il eu/ e/ necessit d'a*ett] l'vtilit publique1 tel prix de l'honne/et de ses murs4 ,le ,s5at mesme deliur de s]uitude p> son moy51 n'osa rondem5t decid] d'vn si haut faict1 et des*ir en deux si poisants et contraires visages4 ,mais les ,syracusa9s ayans t\t po9t1 l'heure mesme1 enuoy requ]ir les ,cor9?i5s de leur protection1 et d'vn *ef digne de re/ablir leur ville en sa premi]e dignit1 et nettoy] la ,sicile de plusieurs tyranneaux1 qui l'oppressoi5t3 il y deputa ,timoleon1 auec cette n\uelle deffaitte et decl>ation3 ,que selon qu'il se port]oit bi5 ou mal en sa *>ge1 leur arre/ pr5droit p>ty1 la faueur du lib]ateur de son pas1 ou la desfaueur du meurtri] de son fr]e4 ,cette fanta/ique conclusion1 a quelque excuse1 sur le dang] de l'exemple et importance d'vn faict si diu]s4 ,et feir5t bi51 d'en des*>g] leur iugem5t1 ou de l'appui] ailleurs1 et en des consid]ations ti]ces4 ,or les deportem5ts de ,timoleon en ce voyage r5dir5t bi5 to/ sa cause plus claire1 tant il s'y porta dignem5t et v]tueusem5t1 en t\tes faons4 ,et le bon heur qui l'accompagna aux aspretez qu'il eut va9cre en cette noble besongne1 sembla luy e/re enuoy p> les ,dieux conspirants et fauorables sa iu/ification4 ,la f9 de cettuy cy e/ excusable1 si aucune le p\uoit e/re4 ,mais le pr(it de l'augm5tation du reu5u publique1 qui s]uit de pretexte au ,s5at ,roma9 cette orde conclusion1 que ie m'en vay recit]1 n'e/ pas assez =t p\r mettre g>& vne telle iniu/ice4 ,c]ta9es citez s'e/oi5t ra*etees prix d'arg5t1 et remises en lib]t1 auec l'ordonnance et p]mission du ,s5at1 des ma9s de ,l4 ,sylla4 ,la *ose e/ant tombee en n\ueau iugem5t1 le ,s5at les condamna e/re taillables comme aup>auant3 et que l'arg5t qu'elles auoy5t employ p\r se ra*ett]1 demeur]oit p]du p\r elles4 ,les gu]res ciuiles produis5t s\u5t ces vila9s exemples3 ,que n\s punissons les priuez1 de ce qu'ils n\s ont creu1 qu& n\s e/ions autres4 ,et vn mesme magi/rat fait port] la pe9e de son *angem5t1 qui n'en peut mais4 ,le mai/re foitte son disciple de docilit1 et la guide son aueugle4 ,horrible image de iu/ice4 ,il y a des regles en la philosophie et faulses et molles4 ,l'exemple qu'on n\s propose1 p\r faire preualoir l'vtilit priuee1 la foy donnee1 ne reoit pas assez de poids p> la circon/ance qu'ils y mesl5t4 ,des voleurs v\s ont pr9s1 ils v\s ont remis en lib]t1 ayans retir de v\s s]m5t du paiem5t de c]ta9e somme4 ,on a tort de dire1 qu'vn homme de bi51 s]a quitte de sa foy1 sans pay]1 e/ant hors de leurs ma9s4 ,il n'en e/ ri54 ,ce que la cra9te m'a fait vne fois v\loir1 ie suis t5u de le v\loir encore sans cra9te4 ,et qu& elle n'aura =c que ma langue1 sans la volont3 encore suis ie t5u de faire la maille bonne de ma p>ole4 ,p\r moy1 qu& p> fois ell'a inconsid]m5t deuanc ma p5see1 i'ay faict consci5ce de la desaduoer p\rtant4 ,autrem5t de degr en degr1 n\s vi5drons abolir t\t le droit qu'vn ti]s pr5d de nos promesses4 ,quasi v] =ti viro vis possit adhib]i4 ,en cecy seulem5t a loy1 l'int]e/ priu1 de n\s excus] de faillir no/re promesse1 si n\s auons promis *ose mes*ante1 et inique de soy4 ,c> le droit de la v]tu doibt preualoir le droit de no/re obligation4 ,i'ay autrefois log ,epam9ondas au premi] rang des hommes excell5s3 et ne m'en desdy pas4 ,iusques o montoit-il la consid]ation de son p>ticuli] deuoir8 qui ne tua iamais homme qu'il eu/ va9cu3 qui p\r ce bi5 ine/imable1 de r5dre la lib]t son pas1 faisoit consci5ce de tu] vn tyran1 ou ses complices1 sans les =mes de la iu/ice3 et qui iugeoit mes*ant homme1 quelque bon citoy5 qu'il fu/1 celuy qui entre les ennemis1 et en la bataille1 n'esp>gnoit son amy et son ho/e4 ,voyla vne ame de ri*e composition4 ,il m>ioit aux plus rudes et viol5tes actions huma9es1 la bont et l'humanit1 voire la plus delicate1 qui se treuue en l'escole de la philosophie4 ,ce c\rage si gros1 enfl1 et ob/9 contre la d\leur1 la mort1 la pauuret1 e/oit-ce nature1 ou art1 qui l'eu/ att5dry1 iusques au po9ct d'vne si extreme d\ceur1 et debonnairet de complexion8 ,horrible de f] et de sang1 il va fracassant et rompant vne nation inu9cible contre t\t autre1 que contre luy seul3 et gau*it au milieu d'vne telle meslee1 au r5contre de son ho/e et de son amy4 ,vraym5t celuy l proprem5t comm&oit bi5 la gu]re1 qui luy faisoit s\ffrir le mors de la b5ignit1 sur le po9t de sa plus =te *aleur3 a9s9 enflammee qu'elle e/oit1 et t\te escumeuse de fureur et de meurtre4 ,c'e/ miracle1 de p\uoir mesl] telles actions quelque image de iu/ice3 mais il n'app>ti5t qu' la roideur d',epam9ondas1 d'y p\uoir mesl] la d\ceur et la facilit des murs les plus molles1 et la pure innoc5ce4 ,et o l'vn dit aux ,mamm]t9s1 que les /atuts n'auoi5t po9t de mise enu]s les hommes armez3 l'autre1 au ,tribun du peuple1 que le temps de la iu/ice1 et de la gu]re e/oi5t deux3 le ti]s1 que le bruit des armes l'empes*oit d'ent5dre la voix des loix3 cettuy-cy n'e/oit pas seulem5t empes* d'ent5dre celles de la ciuilit1 et pure c\rtoisie4 ,auoit-il pas emprunt de ses ennemis1 l'vsage de sacrifi] aux ,muses1 allant la gu]re1 p\r de/remp] p> leur d\ceur et gayet1 cette furie et aspret m>tiale8 ,ne craignons po9t apres vn si gr& precepteur1 d'e/im] qu'il y a quelque *ose illicite contre les ennemys mesmes3 que l'int]e/ commun ne doibt pas t\t requ]ir de t\s1 contre l'int]e/ priu3 man5te memoria1 etiam 9 dissidio publicorum fd]um1 priuati iuris3 ,et nulla pot5tia vires ,pr/&i1 ne quid peccet amicus1 habet3 et que t\tes *oses ne sont pas loisibles vn homme de bi51 p\r le s]uice de son ,roy1 ny de la cause g5]ale et des loix4 ,non enim patria pr/at omnibus (ficijs1 et ipsi conducit pios hab]e ciues 9 p>5tes4 ,c'e/ vne in/ruction propre au temps4 ,n\s n'auons que faire de durcir nos c\rages p> ces lames de f]1 c'e/ assez que nos espaules le soy5t3 c'e/ assez de tramp] nos plumes en ancre1 sans les tramp] en sang4 ,si c'e/ gr&eur de c\rage1 et l'effect d'vne v]tu r>e et s+uli]e1 de mespris] l'amiti1 les obligations priuees1 sa p>olle1 et la p>5t1 p\r le bi5 commun1 et obessance du magi/rat3 c'e/ assez vrayem5t p\r n\s en excus]1 que c'e/ vne gr&eur1 qui ne peut log] en la gr&eur du c\rage d',epam9ondas4 ,i'abom9e les exhortem5s enragez1 de cette autre ame desreglee1 ,dum tela micant1 non vos pietatis imago ,vlla1 nec adu]sa conspecti fronte p>5tes ,comm\eant1 vultus gladio turbate v]5dos4 ,o/ons aux mes*ants naturels1 et sangu9aires1 et trai/res1 ce pretexte de raison3 laissons l cette iu/ice enorme1 et hors de soy3 et n\s t5ons aux plus huma9es imitations4 ,combi5 peut le temps et l'exemple8 ,en vne r5contre de la gu]re ciuile contre ,c9na1 vn soldat de ,pompeius1 ayant tu sans y p5s] son fr]e1 qui e/oit au p>ty contraire1 se tua sur le *amp soy-mesme1 de honte et de regret4 ,et quelques annees apres1 en vne autre gu]re ciuile de ce mesme peuple1 vn soldat1 p\r auoir tu son fr]e1 dem&a recomp5se ses capita9es4 ,on argum5te mal l'honneur et la beaut d'vne action1 p> son vtilit3 et conclud-on mal1 d'e/im] que *acun y soit oblig1 et qu'elle soit hone/e *acun1 si elle e/ vtile4 ,omnia non p>it] r]um sunt omnibus apta4 ,*oisissons la plus necessaire et plus vtile de l'huma9e societ1 ce s]a le m>iage4 ,si e/-ce que le conseil des sa9cts1 tr\ue le contraire p>ty plus hone/e1 et en exclut la plus v5]able vacation des hommes3 comme n\s assignons au h>as1 les be/es qui sont de mo9dre e/ime4 ,,*apitre ,,ii4 ,du rep5tir4 ,,les autres =m5t l'homme1 ie le recite3 et en repres5te vn p>ticuli]1 bi5 mal =m2 et lequel si i'auoy faonn] de n\ueau1 ie f]ois vrayem5t bi5 autre qu'il n'e/3 mes-huy c'e/ fait4 ,or les traits de ma pe9ture1 ne se f\ruoy5t po9t1 quoy qu'ils se *ang5t et diu]sifi5t4 ,le monde n'e/ qu'vne branloire p]5ne4 ,t\tes *oses y branl5t sans cesse1 la t]re1 les ro*]s du ,caucase1 les pyramides d'gypte3 et du branle public1 et du leur4 ,la con/ance mesme n'e/ autre *ose qu'vn branle plus languissant4 ,ie ne puis asseur] mon obiect3 il va tr\ble et *ancelant1 d'vne yuresse naturelle4 ,ie le pr5s en ce po9ct1 comme il e/1 en l'in/ant que ie m'amuse luy4 ,ie ne pe9ds pas l'e/re1 ie pe9ds le passage3 non vn passage d'aage en autre1 ou comme dict le peuple1 de sept en sept ans1 mais de i\r en i\r1 de m9ute en m9ute4 ,il faut accommod] mon hi/oire l'heure4 ,ie p\rray tanto/ *ang]1 non de =tune seulem5t1 mais aussi d'int5tion4 ,c'e/ vn contr]olle de diu]s et muables accid5s1 et d'imag9ations irresolus1 et qu& il y es*et1 contraires3 soit que ie sois autre moy-mesme1 soit que ie saisisse les subiects1 p> autres circon/ances1 et consid]ations4 ,tant y a que ie me contr$is bi5 l'aduanture1 mais la v]it1 comme disoit ,demades1 ie ne la contr$y po9t4 ,si mon ame p\uoit pr5dre pi$1 ie ne m'essai]ois pas1 ie me res\drois3 elle e/ t\si\rs en appr5tissage1 et en espreuue4 ,ie propose vne vie basse1 et sans lu/re4 ,c'e/ t\t vn4 ,on atta*e aussi bi5 t\te la philosophie morale1 vne vie populaire et priuee1 qu' vne vie de plus ri*e e/(fe4 ,*aque homme porte la =me enti]e1 de l'huma9e condition4 ,les au!urs se communiqu5t au peuple p> quelque m>que speciale et e/rang]e3 moy le premi]1 p> mon e/re vniu]sel3 comme1 ,mi*el de ,montaigne3 non comme grammairi5 ou pote1 ou iurisconsulte4 ,si le monde se pla9t dequoy ie p>le trop de moy1 ie me pla9s dequoy il ne p5se seulem5t pas soy4 ,mais e/-ce raison1 que si p>ticuli] en vsage1 ie pret5de me r5dre public en cognoissance8 ,e/-il aussi raison1 que ie produise au monde1 o la faon et l'art ont tant de cr$it et de comm&em5t1 des effects de nature et crus et simples1 et d'vne nature encore bi5 foiblette8 ,e/-ce pas faire vne muraille sans pi]re1 ou *ose semblable1 que de ba/ir des liures sans sci5ce8 ,les fantasies de la musique1 sont conduites p> art1 les mi5nes p> sort4 ,aumo9s i'ay cecy selon la discipl9e1 que iamais homme ne traicta subiect1 qu'il ent5di/ ne cogneu/ mieux1 que ie fay celuy que i'ay entrepris3 et qu'en celuy l ie suis le plus sauant homme qui viue4 ,secondem5t1 que iamais aucun ne p5etra en sa mati]e plus auant1 ny en esplu*a plus di/9ctem5t les membres et suittes3 et n'arriua plus exactem5t et plus pla9em5t1 la f9 qu'il s'e/oit propos sa besongne4 ,p\r la p>faire1 ie n'ay beso+ d'y apport] que la fidelit3 celle-l y e/1 la plus s9c]e et pure qui se tr\ue4 ,ie dy vray1 non pas t\t mon sa\l3 mais autant que ie l'ose dire4 ,et l'ose vn peu plus en vieillissant3 c> il semble que la c\/ume conc$e cet aage1 plus de lib]t de bauass]1 et d'indiscretion p>l] de soy4 ,il ne peut adu5ir icy1 ce que ie voy adu5ir s\u5t1 que l'artizan et sa besongne se contr>i5t4 ,vn homme de si honne/e conu]sation1 a-t-il faict vn si sot escrit8 ,ou1 des escrits si sauans1 sont-ils p>tis d'vn homme de si foible conu]sation8 ,qui a vn entreti5 commun1 et ses escrits r>es3 c'e/ dire1 que sa capacit e/ en lieu d'o il l'emprunte1 et non en luy4 ,vn p]sonnage sauant n'e/ pas sauant p> t\t4 ,mais le suffisant e/ p> t\t suffisant1 et ignor] mesme4 ,icy n\s allons con=mm5t1 et t\t d'vn tra91 mon liure et moy4 ,ailleurs1 on peut recomm&] et accus] l'ouurage1 "p de l'ouuri]3 icy non3 qui t\*e l'vn1 t\*e l'autre4 ,celuy qui en iug]a sans le congnoi/re1 se f]a plus de tort qu' moy3 celuy qui l'aura cogneu1 m'a du t\t satisfaict4 ,heureux outre mon m]ite1 si i'ay seulem5t cette "p l'approbation publique1 que ie face s5tir aux g5s d'ent5dem5t1 que i'e/oy capable de faire mon pr(it de la sci5ce1 si i'en eusse eu3 et que ie m]itoy que la memoire me sec\ru/ mieux4 ,excusons icy ce que ie dy s\u5t1 que ie me rep5s r>em5t1 et que ma consci5ce se cont5te de soy3 non comme de la consci5ce d'vn ange1 ou d'vn *eual1 mais comme de la consci5ce d'vn homme4 ,adi\/ant t\si\rs ce refre91 non vn refre9 de c]emonie1 mais de naifue et ess5tielle submission3 ,que ie p>le enqu]ant et ignorant1 me rapportant de la resolution1 purem5t et simplem5t1 aux creances communes et legitimes4 ,ie n'enseigne po9t1 ie raconte4 ,il n'e/ vice v]itablem5t vice1 qui n'(f5ce1 et qu'vn iugem5t enti] n'accuse4 ,c> il a de la laideur et incommodit si app>5te1 qu' l'aduanture ceux-l ont raison1 qui dis5t1 qu'il e/ pr9cipalem5t produict p> be/ise et ignorance3 tant e/-il mal-ais d'imag9] qu'on le cognoisse sans le har4 ,la malice hume la plusp>t de son propre v591 et s'en empoisonne4 ,le vice laisse comme vn vlc]e en la *air1 vne rep5tance en l'ame1 qui t\si\rs s'esgratigne1 et s'ensanglante elle mesme4 ,c> la raison efface les autres tri/esses et d\leurs1 mais elle eng5dre celle de la rep5tance3 qui e/ plus griefue1 d'autant qu'elle nai/ au d$ans3 comme le froid et le *aud des fiures e/ plus poignant1 que celuy qui vi5t du dehors4 ,ie ti5s p\r vices1 mais *acun selon sa mesure1 non seulem5t ceux que la raison et la nature condamn5t1 mais ceux aussi que l'op9ion des hommes a =g1 voire fauce et erronee1 si les loix et l'vsage l'auctorise4 ,il n'e/ p>eillem5t bont1 qui ne resi\ysse vne nature bi5 nee4 ,il y a c]tes ie ne say quelle congratulation1 de bi5 faire1 qui n\s resi\it en n\s mesmes1 et vne fi]t g5]euse1 qui accompagne la bonne consci5ce4 ,vne ame c\rageusem5t vitieuse1 se peut l'adu5ture g>nir de securit3 mais de cette complaisance et satisfaction1 elle ne s'en peut f\rnir4 ,ce n'e/ pas vn leg] plaisir1 de se s5tir pres]u de la contagion d'vn siecle si ga/1 et de dire en soy3 ,qui me v]roit iusques dans l'ame1 encore ne me tr\u]oit-il c\pable1 ny de l'affliction et ruyne de p]sonne3 ny de v5geance ou d'enuie1 ny d'(f5ce publique des loix3 ny de n\uellet et de tr\ble3 ny de faute ma p>ole3 et quoy que la lic5ce du temps p]mi/ et appr9/ *acun1 si n'ay-ie mis la ma9 ny s bi5s1 ny en la b\rse d'homme ,franois1 et n'ay vescu que sur la mi5ne non plus en gu]re qu'en paix3 ny ne me suis s]uy du trauail de p]sonne1 sans loy]4 ,ces tesmoignages de la consci5ce1 plais5t1 et n\s e/ gr& b5efice que cette esi\yssance naturelle3 et le seul payem5t qui iamais ne n\s manque4 ,de fond] la recomp5ce des actions v]tueuses1 sur l'approbation d'autruy1 c'e/ pr5dre vn trop inc]ta9 et tr\ble fondem5t1 signamm5t en vn siecle corrompu et ignorant1 comme cettuy cy3 la bonne e/ime du peuple e/ iniurieuse4 ,a qui v\s fiez v\s1 de veoir ce qui e/ l\able8 ,dieu me g>de d'e/re homme de bi51 selon la description que ie voy faire t\s les i\rs p> honneur1 *acun de soy4 ,qu fu]ant viti1 mores sunt4 ,tels de mes amis1 ont p> fois entrepr9s de me *apitr] et m]curializ] cur ouu]t1 ou de leur propre m\uem5t1 ou semons p> moy1 comme d'vn (fice1 qui vne ame bi5 faicte1 non en vtilit seulem5t1 mais en d\ceur aussi1 surpasse t\s les (fices de l'amiti4 ,ie l'ay t\si\rs accueilli des bras de la c\rtoisie et recognoissance1 les plus ouu]ts4 ,mais1 en p>l] cette heure en consci5ce1 i'ay s\u5t tr\u en leurs repro*es et l\anges1 tant de fauce mesure1 que ie n'eusse gu]e failly1 de faillir plu/o/1 que de bi5 faire leur mode4 ,n\s autres pr9cipalem5t1 qui viuons vne vie priuee1 qui n'e/ en montre qu' n\s1 deuons auoir e/ably vn patron au d$ans1 auquel t\*] nos actions3 et selon iceluy n\s c>ess] tanto/1 tanto/ n\s *a/i]4 ,i'ay mes loix et ma c\r1 p\r iug] de moy1 et m'y adresse plus qu'ailleurs4 ,ie re/ra9s bi5 selon autruy mes actions1 mais ie ne les e/5ds que selon moy4 ,il n'y a que v\s qui sa*e si v\s e/es l*e et cruel1 ou loyal et deuotieux3 les autres ne v\s voy5t po9t1 ils v\s deu95t p> coniectures inc]ta9es3 ils voy5t1 non tant vo/re naturel1 que vo/re art4 ,p> a9si1 ne v\s t5ez pas leur s5t5ce1 t5ez v\s la vo/re4 ,tuo tibi iudicio e/ vt5dum4 ,virtutis et vitiorum graue ipsius consci5ti pondus e/3 qua sublata1 iac5t omnia4 ,mais ce qu'on dit1 que la rep5tance suit de pres le pe*1 ne semble pas reg>d] le pe* qui e/ en son haut app>eil3 qui loge en n\s comme en son propre domicile4 ,on peut desau\r et desdire les vices1 qui n\s surpr5n5t1 et v]s lesquels les passions n\s emport5t3 mais ceux qui p> longue habitude1 sont enrac9ez et ancrez en vne volont =te et vig\reuse1 ne sont subiects contradiction4 ,le rep5tir n'e/ qu'vne desdicte de no/re volont1 et opposition de nos fantasies1 qui n\s p\rm5e t\t s5s4 ,il faict desadu\r celuy-l1 sa v]tu passee et sa cont95ce4 ,qu m5s e/ hodie1 cur eadem non pu]o fuit1 ,vel cur 8 animis incolumes non r$eunt g58 ,c'e/ vne vie exquise1 celle qui se ma9ti5t en ordre iusques en son priu4 ,*acun peut auoir "p au battelage1 et repres5t] vn honne/e p]sonnage en l'es*affaut3 mais au d$ans1 et en sa poictr9e1 o t\t n\s e/ loisible1 o t\t e/ ca*1 d'y e/re regl1 c'e/ le po9ct4 ,le voys9 degr1 c'e/ de l'e/re en sa maison1 en ses actions ord9aires1 desquelles n\s n'auons r5dre raison p]sonne3 o il n'y a po9t d'e/ude1 po9t d'artifice4 ,et p\rtant ,bias peignant vn excell5t e/at de famille3 de laquelle1 dit-il1 le mai/re soit tel au d$ans1 p> luy-mesme1 comme il e/ au dehors1 p> la cra9te de la loy1 et du dire des hommes4 ,et fut vne digne p>ole de ,iulius ,drusus1 aux ouuri]s qui luy (froi5t p\r trois mille escus1 mettre sa maison en tel po9ct1 que ses voys9s n'y auroi5t plus la veu qu'ils y auoi5t3 ,ie v\s en donn]ay1 dit-il1 six mille1 et faictes que *acun y voye de t\tes p>ts4 ,on rem>que auec honneur l'vsage d',agesilaus1 de pr5dre en voyageant son logis dans les eglises1 aff9 que le peuple1 et les ,dieux mesmes1 viss5t dans ses actions priuees4 ,tel a e/ miraculeux au monde1 auquel sa femme et son valet n'ont ri5 veu seulem5t de rem]cable4 ,peu d'hommes ont e/ admirez p> leurs dome/iques4 ,nul a e/ prophete non seulem5t en sa maison1 mais en son pas1 dit l'exp]i5ce des hi/oires4 ,de mesmes aux *oses de neant4 ,et en ce bas exemple1 se void l'image des gr&s4 ,en mon climat de ,gascongne1 on ti5t p\r drol]ie de me veoir imprim4 ,d'autant que la cognoissance1 qu'on pr5d de moy1 s'esloigne de mon gi/e1 i'en vaux d'autant mieux4 ,i'a*ette les imprimeurs en ,gui5ne3 ailleurs ils m'a*ett5t4 ,sur cet accid5t se fond5t ceux qui se ca*5t viuants et pres5ts1 p\r se mettre en cr$it1 trepassez et abs5ts4 ,i'ayme mieux en auoir mo9s4 ,et ne me iette au monde1 que p\r la "p que i'en tire4 ,au p>tir de l1 ie l'en quitte4 ,le peuple reconuoye celuy-l1 d'vn acte public1 auec e/onnem5t1 iusqu' sa porte3 il laisse auec sa robbe ce rolle3 il en retombe d'autant plus bas1 qu'il s'e/oit plus haut mont4 ,au d$ans *ez luy1 t\t e/ tumultuaire et vil4 ,qu& le reglem5t s'y tr\u]oit1 il faut vn iugem5t vif et bi5 tri1 p\r l'app]ceuoir en ces actions basses et priuees4 ,io9t que l'ordre e/ vne v]tu morne et sombre4 ,gaign] vne bres*e1 conduire vne ambassade1 regir vn peuple1 ce sont actions esclatantes3 tanc]1 rire1 v5dre1 pay]1 aym]1 hayr1 et conu]s] auec les si5s1 et auec soy-mesme1 d\cem5t et iu/em5t3 ne relas*] po9t1 ne se desm5tir po9t1 c'e/ *ose plus r>e1 plus difficile1 et mo9s rem]quable4 ,les vies retirees s\/i5n5t p> l1 quoy qu'on die1 des deuoirs autant ou plus aspres et t5dus1 que ne font les autres vies4 ,et les priuez1 dit ,ari/ote1 s]u5t la v]tu plus difficilem5t et hautem5t1 que ne font ceux qui sont en magi/rat4 ,n\s n\s prep>ons aux occasions em95tes1 plus p> gloire que p> consci5ce4 ,la plus c\rte faon d'arriu] la gloire1 ce s]oit faire p\r la consci5ce ce que n\s faisons p\r la gloire4 ,et la v]tu d',alex&re me semble repres5t] assez mo9s de vigueur en son !atre1 que ne fait celle de ,socrates1 en cette ex]citation basse et obscure4 ,ie conois aism5t ,socrates1 en la place d',alex&re2 ,alex&re en celle de ,socrates1 ie ne puis4 ,qui dem&]a celuy-l1 ce qu'il sait faire1 il respondra1 ,subiugu] le monde3 qui le dem&]a cettuy-cy1 il dira1 ,m5] l'huma9e vie con=mm5t sa naturelle condition3 sci5ce bi5 plus g5]ale1 plus poisante1 et plus legitime4 ,le prix de l'ame ne consi/e pas all] haut1 mais ordonnm5t4 ,sa gr&eur ne s'ex]ce pas en la gr&eur3 c'e/ en la m$iocrit4 ,a9si que ceux qui n\s iug5t et t\*5t au d$ans1 ne font pas gr&'recette de la lueur de noz actions publiques3 et voy5t que ce ne sont que filets et po9tes d'eau f9e reiallies d'vn fond au demeurant limonneux et poisant4 ,en p>eil cas1 ceux qui n\s iug5t p> cette braue app>5ce du dehors1 conclu5t de mesmes de no/re con/itution int]ne3 et ne peuu5t acc\pl] des facultez populaires et p>eilles aux leurs1 ces autres facultez1 qui les e/onn5t1 si lo9 de leur visee4 ,a9si donnons n\s aux demons des =mes sauuages4 ,et qui non ,tamburlan des s\rcils esleuez1 des nazeaux ouu]ts1 vn visage afreux1 et vne taille desmesuree1 comme e/ la taille de l'imag9ation qu'il en a conceu p> le bruit de son nom8 ,qui m'eu/ faict veoir ,erasme autrefois1 il eu/ e/ mal-ais1 que ie n'eusse pr9s p\r adages et apoph!gmes1 t\t ce qu'il eu/ dit son vallet et son ho/esse4 ,n\s imag9ons bi5 plus sortablem5t vn artisan sur sa g>d]obe ou sur sa femme qu'vn gr& ,presid5t1 v5]able p> son ma9ti5 et suffisance4 ,il n\s semble que de ces hauts ?rones ils ne s'abaiss5t pas iusques viure4 ,comme les ames vicieuses sont incitees s\u5t bi5 faire1 p> quelque impulsion e/rang]e8 aussi sont les v]tueuses faire mal4 ,il les faut doncq iug] p> leur e/at rassis3 qu& elles sont *ez elles1 si quelquefois elles y sont3 ou au mo9s qu& elles sont plus voys9es du repos1 et en leur naifue assiette4 ,les incl9ations naturelles s'aid5t et =tifi5t p> in/itution3 mais elles ne se *ang5t gu]es et surmont5t4 ,mille natures1 de mon temps1 ont es*app v]s la v]tu1 ou v]s le vice1 au trau]s d'vne discipl9e contraire4 ,sic vbi desuet siluis 9 c>c]e claus ,mansueure f]1 et vultus posu]e m9aces1 ,atque hom9em didic]e pati1 si torrida p>uus ,v5it 9 ora cruor1 r$eunt rabisque furrque1 ,admonitque tum5t gu/ato sangu9e fauces2 ,f]uet1 et trepido vix ab/9et ira magi/ro4 ,on n'extirpe pas ces qualitez orig9elles1 on les c\ure1 on les ca*e4 ,le langage ,lat9 m'e/ comme naturel3 ie l'ent5ds mieux que le ,franois3 mais il y a qu>ante ans1 que ie ne m'en suis du t\t po9ct s]uy p>l]1 ny gu]e escrire4 ,si e/-ce qu' des extremes et s\da9es esmotions1 o ie suis tomb1 deux ou trois fois en ma vie3 et l'vne1 voyant mon p]e t\t sa91 se r5u]s] sur moy pasm3 i'ay t\si\rs eslanc du fonds des entrailles1 les premi]es p>oles ,lat9es3 ,nature se s\rdant et s'exprimant =ce1 l'encontre d'vn si long vsage3 et cet exemple se dit d'assez d'autres4 ,ceux qui ont essai de r'auis] les murs du monde1 de mon temps1 p> n\uelles op9ions1 re=m5t les vices de l'app>5ce1 ceux de l'ess5ce ils les laiss5t l1 s'ils ne les augm5t5t4 ,et l'augm5tation y e/ cra9dre4 ,on se sei\rne volonti]s de t\t autre bi5 faire1 sur ces re=mations ext]nes1 de mo9dre c\/ et de plus gr& m]ite3 et satisfait-on bon m>* p> l1 les autres vices naturels consub/antiels et inte/9s4 ,reg>dez vn peu1 comm5t s'en porte no/re exp]i5ce4 ,il n'e/ p]sonne1 s'il s'esc\te1 qui ne desc\ure en soy1 vne =me si5ne1 vne =me mai/resse1 qui lucte contre l'in/itution3 et contre la tempe/e des passions1 qui luy sont contraires4 ,de moy1 ie ne me s5s gu]es agit] p> sec\sse3 ie me tr\ue quasi t\si\rs en ma place1 comme font les corps l\rds et poisans4 ,si ie ne suis *ez moy1 i'en suis t\si\rs bi5 pres3 mes desbau*es ne m'emport5t pas =t lo+3 il n'y a ri5 d'extreme et d'e/range3 et si ay des rauisem5s sa9s et vig\reux4 ,la vraye condamnation1 et qui t\*e la commune faon de nos hommes1 c'e/1 que leur retraicte mesme e/ ple9e de corruption1 et d'ordure3 l'ide de leur am5dem5t *af\rree1 leur p5it5ce malade1 et en c\lpe1 autant peu pres que leur pe*4 ,aucuns1 ou p\r e/re collez au vice d'vne atta*e naturelle1 ou p> longue acc\/umance1 n'en tr\u5t plus la laideur4 ,a d'autres1 duquel regim5t ie suis1 le vice poise1 mais ils le contrebalanc5t auec le plaisir1 ou autre occasion3 et le s\ffr5t et s'y pre/5t1 c]ta9 prix4 ,vitieusem5t p\rtant1 et las*em5t4 ,si se p\rroit-il l'aduanture imag9]1 si esloignee disproportion de mesure1 o auec iu/ice1 le plaisir excus]oit le pe*1 comme n\s disons de l'vtilit4 ,non seulem5t s'il e/oit accid5tal1 et hors du pe*1 comme au l>rec91 mais en l'ex]cice mesme d'iceluy1 comme en l'acco9tance des femmes1 o l'incitation e/ viol5te1 et1 dit-on1 p> fois inu9cible4 ,en la t]re d'vn mi5 p>5t1 l'autre i\r que i'e/ois en ,armaignac1 ie vis vn paisant1 que *acun surnomme le ,l>ron4 ,il faisoit a9si le conte de sa vie3 ,qu'e/ant nay m5diant1 et tr\uant1 qu' gaign] son pa9 au trauail de ses ma9s1 il n'arriu]oit iamais se =tifi] assez contre l'indig5ce1 il s'aduisa de se faire l>ron3 et auoit employ ce me/i] t\te sa ieunesse1 en seuret1 p> le moy5 de sa =ce corporelle3 c> il moissonnoit et v5dangeoit des t]res d'autruy3 mais c'e/oit au lo+1 et si gros monceaux1 qu'il e/oit inimag9able qu'vn homme en eu/ tant emport en vne nuict sur ses espaules3 et auoit so+ outre cela1 d'egal]1 et disp]s] le dommage qu'il faisoit1 si que la f\le e/oit mo9s importable *aque p>ticuli]4 ,il se tr\ue cette heure en sa vieillesse1 ri*e p\r vn homme de sa condition1 m]cy cette trafique3 de laquelle il se confesse ouu]tem5t4 ,et p\r s'accommod] auec ,dieu1 de ses acque/s1 il dit1 e/re t\s les i\rs apres satisfaire p> bi5-faicts1 aux successeurs de ceux qu'il a desrobez3 et s'il n'a*eue 7c> d'y p\ruoir t\t la fois1 il ne peut7 qu'il en *>g]a ses h]iti]s1 la raison de la sci5ce qu'il a luy seul1 du mal qu'il a faict *acun4 ,p> cette description1 soit vraye ou fauce1 cettuy-cy reg>de le l>rec91 comme action des-honne/e1 et le hayt1 mais mo9s que l'indig5ce3 s'en rep5t bi5 simplem5t1 mais en tant qu'elle e/oit a9si contrebalancee et comp5see1 il ne s'en rep5t pas4 ,cela1 ce n'e/ pas cette habitude1 qui n\s incorpore au vice1 et y con=me no/re ent5dem5t mesme3 ny n'e/ ce v5t impetueux qui va tr\blant et aueuglant sec\sses no/re ame1 et n\s precipite p\r l'heure1 iugem5t et t\t1 en la puissance du vice4 ,ie fay c\/umi]em5t enti] ce que ie fay1 et m>*e t\t d'vne piece3 ie n'ay gu]e de m\uem5t qui se ca*e et desrobe ma raison1 et qui ne se conduise peu pres1 p> le cons5tem5t de t\tes mes p>ties3 sans diuision1 sans s$ition inte/9e3 mon iugem5t en a la c\lpe1 ou la l\ange enti]e3 et la c\lpe qu'il a vne fois1 il l'a t\si\rs3 c> quasi ds sa naissance il e/ vn1 mesme incl9ation1 mesme r\tte1 mesme =ce4 ,et en mati]e d'op9ions vniu]selles1 ds l'enfance1 ie me logeay au po9ct o i'auois me t5ir4 ,il y a des pe*ez impetueux1 prompts et subits1 laissons les "p3 mais en ces autres pe*ez1 tant de fois repr9s1 delib]ez1 et consultez1 ou pe*ez de complexion1 ou pe*ez de pr(ession et de vacation3 ie ne puis pas conceuoir1 qu'ils soi5t plantez si long temps en vn mesme c\rage1 sans que la raison et la consci5ce de celuy qui les poss$e1 le vueille con/amm5t1 et l'ent5de a9s94 ,et le rep5tir qu'il se vante luy en v5ir c]ta9 in/ant prescript1 m'e/ vn peu dur imag9] et =m]4 ,ie ne suy pas la secte de ,py?agoras1 que les hommes pr5n5t vne ame n\uelle1 qu& ils appro*5t des simulacres des ,dieux1 p\r recueillir leurs oracles4 ,s9on qu'il v\lu/ dire cela mesme1 qu'il faut bi5 qu'elle soit e/rang]e1 n\uelle1 et pre/ee p\r le temps3 la no/re montrant si peu de signe de purification et nettet condigne cet (fice4 ,ils font t\t l'opposite des preceptes ,/oiques3 qui n\s ordonn5t bi51 de corrig] les imp]fections et vices que n\s recognoissons en n\s1 mais n\s def5d5t d'en alt]] le repos de no/re ame4 ,ceux-cy n\s font croire1 qu'ils en ont gr&e desplaisance1 et remors au d$ans1 mais d'am5dem5t et correction ny d'int]ruption1 ils ne n\s en font ri5 app>oir4 ,si n'e/-ce pas gu]ison1 si on ne se des*>ge du mal4 ,si la rep5tance pesoit sur le plat de la balance1 elle emport]oit le pe*4 ,ie ne tr\ue aucune qualit si aysee contrefaire1 que la deuotion1 si on n'y con=me les murs et la vie3 son ess5ce e/ ab/ruse et occulte1 les app>5ces faciles et pompeuses4 ,quant moy1 ie puis desir] en g5]al e/re autre3 ie puis condamn] et me desplaire de ma =me vniu]selle1 et suppli] ,dieu p\r mon enti]e re=mation1 et p\r l'excuse de ma foiblesse naturelle3 mais cela1 ie ne le doibs nomm] rep5tir1 ce me semble1 non plus que le desplaisir de n'e/re ny ,ange ny ,caton4 ,mes actions sont reglees1 et con=mes ce que ie suis1 et ma condition4 ,ie ne puis faire mieux3 et le rep5tir ne t\*e pas proprem5t les *oses qui ne sont pas en no/re =ce3 ouy bi5 le regret4 ,i'imag9e inf9ies natures plus hautes et plus reglees que la mi5ne4 ,ie n'am5de p\rtant mes facultez3 comme ny mon bras1 ny mon esprit1 ne deui5n5t plus vig\reux1 p\r en conceuoir vn autre qui le soit4 ,si l'imag9] et desir] vn agir plus noble que le no/re1 produisoit la rep5tance du no/re1 n\s aurions n\s rep5tir de nos op]ations plus innoc5tes3 d'autant que n\s iugeons bi5 qu'en la nature plus excell5te1 elles auroy5t e/ conduictes d'vne plus gr&e p]fection et dignit3 et v\drions faire de mesme4 ,lors que ie consulte des deportem5s de ma ieunesse auec ma vieillesse1 ie tr\ue que ie les ay communem5t conduits auec ordre1 selon moy4 ,c'e/ t\t ce que peut ma resi/ance4 ,ie ne me flatte pas3 circon/ances p>eilles1 ie s]oy t\si\rs tel4 ,ce n'e/ pas ma*eure1 c'e/ plu/o/ vne te9ture vniu]selle qui me ta*e4 ,ie ne cognoy pas de rep5tance sup]ficielle1 moy5ne1 et de c]emonie4 ,il faut qu'elle me t\*e de t\tes p>ts1 auant que ie la nomme a9s93 et qu'elle p9se mes entrailles1 et les afflige autant pr(ondem5t1 que ,dieu me voit1 et autant vniu]sellem5t4 ,qu& aux negoces1 il m'e/ es*app plusieurs bonnes auantures1 faute d'heureuse conduitte3 mes conseils ont p\rtant bi5 *oisi1 selon les occurr5ces qu'on leur pres5toit4 ,leur faon e/ de pr5dre t\si\rs le plus facile et seur p>ty4 ,ie tr\ue qu'en mes delib]ations passees1 i'ay1 selon ma regle1 sagem5t proc$1 p\r l'e/at du subiect qu'on me proposoit3 et en f]ois autant d'icy mille ans1 en p>eilles occasions4 ,ie ne reg>de pas1 quel il e/ cette heure1 mais quel il e/oit1 qu& i'en consultois4 ,la =ce de t\t conseil gi/ au temps3 les occasions et les mati]es r\l5t et *ang5t sans cesse4 ,i'ay enc\ru quelques l\rdes erreurs en ma vie1 et importantes3 non p> faute de bon aduis1 mais p> faute de bon heur4 ,il y a des p>ties secrettes aux obiects1 qu'on manie1 et indiu9ables3 signamm5t en la nature des hommes3 des conditions muettes1 sans montre1 incognues p> fois du possesseur mesme3 qui se produis5t et esueill5t p> des occasions suru5antes4 ,si ma prud5ce ne les a peu p5etr] et pr(etiz]1 ie ne luy en say nul mauuais gr3 sa *>ge se conti5t en ses limites4 ,si l'eu5em5t me bat1 et s'il fauorise le p>ty que i'ay refus3 il n'y a rem$e1 ie ne m'en pr5s pas moy1 i'accuse ma =tune1 non pas mon ouurage3 cela ne s'appelle pas rep5tir4 ,phocion auoit donn aux ,a!ni5s c]ta9 aduis1 qui ne fut pas suiuy3 l'affaire p\rtant se passant contre son op9ion1 auec prosp]it1 quelqu'vn luy dit3 ,et bi5 ,phocion1 es tu cont5t que la *ose aille si bi58 ,bi5 suis-ie cont5t1 fit-il1 qu'il soit adu5u cecy1 mais ie ne me rep5s po9t d'auoir conseill cela4 ,qu& mes amis s'adress5t moy1 p\r e/re conseillez1 ie le fay librem5t et clairem5t1 sans m'arre/] comme faict quasi t\t le monde1 ce que la *ose e/ant haz>deuse1 il peut adu5ir au reb\rs de mon s5s1 p> o ils ay5t me faire repro*e de mon conseil3 dequoy il ne me *aut4 ,c> ils auront tort1 et ie n'ay deu leur refus] cet (fice4 ,ie n'ay gu]e me pr5dre de mes fautes ou in=tunes1 autre qu' moy4 ,c> en effect1 ie me s]s r>em5t des aduis d'autruy1 si ce n'e/ p> honneur de c]emonie3 sauf o i'ay beso+ d'in/ruction de sci5ce1 ou de la cognoissance du faict4 ,mais s *oses o ie n'ay employ] que le iugem5t3 les raisons e/rang]es peuu5t s]uir m'appuy]1 mais peu me de/\rn]4 ,ie les esc\te fauorablem5t et decemm5t t\tes4 ,mais1 qu'il m'en s\ui5ne1 ie n'en ay creu iusqu' cette heure que les mi5nes4 ,selon moy1 ce ne sont que m\s*es et atomes1 qui prome95t ma volont4 ,ie prise peu mes op9ions3 mais ie prise aussi peu celles des autres1 =tune me paye dignem5t4 ,si ie ne reoy pas de conseil1 i'en donne aussi peu4 ,i'en suis peu enquis1 et encore mo9s creu3 et ne sa*e nulle entrepr9se publique ny priuee1 que mon aduis aye r$ressee et ram5ee4 ,ceux mesmes que la =tune y auoit aucunem5t atta*ez1 se sont laissez plus volonti]s mani] t\te autre c]uelle qu' la mi5ne4 ,comme cil qui suis bi5 autant ial\x des droits de mon repos1 que des droits de mon auctorit1 ie l'ayme mieux a9si4 ,me laissant l1 on fait selon ma pr(ession1 qui e/1 de m'e/ablir et cont5ir t\t en moy4 ,ce m'e/ plaisir1 d'e/re des9t]ess des affaires d'autruy1 et desgag de leur g>iem5t4 ,en t\s affaires qu& ils sont passs1 comm5t que ce soit1 i'ay peu de regret3 c> cette imag9ation me met hors de pe9e1 qu'ils deuoy5t a9si pass]3 les voyla dans le gr& c\rs de l'vniu]s1 et dans l'en*e9eure des causes ,/oques4 ,vo/re fantasie n'en peut1 p> s\hait et imag9ation1 remu] vn po9ct1 que t\t l'ordre des *oses ne r5u]se et le pass et l'adu5ir4 ,au demeurant1 ie hay cet accid5tal rep5tir que l'aage apporte4 ,celuy qui disoit anci5nem5t1 e/re oblig aux annees1 dequoy elles l'auoy5t deffait de la volupt1 auoit autre op9ion que la mi5ne4 ,ie ne sauray iamais bon gr l'impuissance1 de bi5 qu'elle me face4 ,nec tam au]sa vnquam videbitur ab op]e suo pr\id5tia1 vt debilitas int] optima inu5ta sit4 ,nos appetits sont r>es en la vieillesse3 vne pr(onde satiet n\s saisit apres le c\p4 ,en cela ie ne voy ri5 de consci5ce4 ,le *agr91 et la foiblesse n\s imprim5t vne v]tu las*e1 et cat]reuse4 ,il ne n\s faut pas laiss] emport] si enti]s1 aux alt]ations naturelles1 que d'en aba/>dir notre iugem5t4 ,la ieunesse et le plaisir n'ont pas faict autrefois que i'aye mescogneu le visage du vice en la volupt3 ny ne fait cette heure1 le deg\/ que les ans m'apport5t1 que ie mescognoisse celuy de la volupt au vice4 ,ores que ie n'y suis plus1 i'en iuge comme si i'y e/oy4 ,moy qui la sec\ viuem5t et att5tiuem5t1 tr\ue que ma raison e/ celle mesme que i'auoy en l'aage plus lic5cieux3 s9on l'auanture1 d'autant qu'elle s'e/ affoiblie et empiree1 en vieillissant4 ,et tr\ue que ce qu'elle refuse de m'enf\rn] ce plaisir1 en consid]ation de l'int]e/ de ma sant corporelle1 elle ne le f]oit non plus qu'autrefois1 p\r la sant spirituelle4 ,p\r la voir hors de combat1 ie ne l'e/ime pas plus valeureuse4 ,mes t5tations sont si cassees et mortifiees1 qu'elles ne val5t pas qu'elle s'y oppose3 t5dant seulem5t les ma9s au deuant1 ie les coniure4 ,qu'on luy remette en pres5ce1 cette anci5ne concupisc5ce1 ie cra9s qu'elle auroit mo9s de =ce la s\/5ir1 qu'elle n'auoit autrefois4 ,ie ne luy voy ri5 iug] "p soy1 que lors elle ne iugea/1 ny aucune n\uelle cl>t4 ,p>quoy s'il y a conualesc5ce1 c'e/ vne conualesc5ce maleficiee4 ,mis]able sorte de rem$e1 deuoir la maladie sa sant4 ,ce n'e/ pas no/re malheur de faire cet (fice3 c'e/ au bon heur de no/re iugem5t4 ,on ne me fait ri5 faire p> les (f5ses et afflictions1 que les maudire4 ,c'e/ aux g5ts1 qui ne s'esueill5t qu' c\ps de f\t4 ,ma raison a bi5 son c\rs plus deliure en la prosp]it3 elle e/ bi5 plus di/raitte et occupee dig]] les maux1 que les plaisirs4 ,ie voy bi5 plus clair en temps s]a94 ,la sant m'adu]tit1 comme plus alaigrem5t1 aussi plus vtilem5t1 que la maladie4 ,ie me suis auanc le plus que i'ay peu1 v]s ma rep>ation et reglem5t1 lors que i'auoy en i\r4 ,ie s]oy honteux et enuieux1 que la mis]e et l'in=tune de ma vieillesse eu/ se pref]] mes bonnes annees1 sa9es1 esueillees1 vig\reuses4 ,et qu'on eu/ m'e/im]1 non p> o i'ay e/1 mais p> o i'ay cesse d'e/re4 ,a mon aduis1 c'e/ le viure heureusem5t1 non1 comme disoit ,anti/h5es1 le m\rir heureusem5t1 qui fait l'huma9e felicit4 ,ie ne me suis pas att5du d'atta*] mon/rueusem5t la queu d'vn philosophe la te/e et au corps d'vn homme p]du3 ny que ce *etif b\t eu/ desaduoer et desm5tir la plus belle1 enti]e et longue p>tie de ma vie4 ,ie me veux pres5t] et faire veoir p> t\t vni=mm5t4 ,si i'auois reuiure1 ie reuiurois comme i'ay vescu4 ,ny ie ne ple9s le pass1 ny ie ne cra9s l'adu5ir3 et si ie ne me deoy1 il e/ all du d$ans enuiron comme du dehors4 ,c'e/ vne des pr9cipales obligations1 que i'aye ma =tune1 que le c\rs de mon e/at corporel ayt e/ conduit1 *asque *ose en sa saison1 i'en ay veu l'h]be1 et les fleurs1 et le fruit3 et en voy la se*]esse4 ,heureusem5t1 puisque c'e/ naturellem5t4 ,ie porte bi5 plus d\cem5t les maux que i'ay1 d'autant qu'ils sont en leur po9ct3 et qu'ils me font aussi plus fauorablem5t s\u5ir de la longue felicit de ma vie passee4 ,p>eillem5t1 ma sagesse peut bi5 e/re de mesme taille1 en l'vn et en l'autre temps3 mais elle e/oit bi5 de plus d'exploit1 et de meilleure grace1 v]te1 gaye1 naue1 qu'elle n'e/ pres5t1 cassee1 grondeuse1 laborieuse4 ,ie r5once donc ces re=mations casuelles et d\l\reuses4 ,il faut que ,dieu n\s t\*e le c\rage3 il faut que no/re consci5ce s'am5de d'elle mesme1 p> r5=cem5t de no/re raison1 non p> l'affoiblissem5t de nos appetits4 ,la volupt n'en e/ en soy1 ny pasle1 ny desc\l\ree1 p\r e/re app]ceu p> des yeux *assieux et tr\bles4 ,on doibt aym] la temp]ance p> elle mesme1 et p\r le respect de ,dieu qui n\s l'a ordonnee1 et la *a/et3 celle que les cat]res n\s pre/5t1 et que ie doibs au b5efice de ma *olique1 ce n'e/ ny *a/et1 ny temp]ance4 ,on ne peut se vant] de mespris] et combatre la volupt1 si on ne la voit1 si on l'ignore1 et ses graces1 et ses =ces1 et sa beaut plus attrayante4 ,ie cognoy l'vne et l'autre1 c'e/ moy de le dire4 ,mais il me semble qu'en la vieillesse1 nos ames sont subiectes des maladies et imp]fections plus importunes1 qu'en la ieunesse4 ,ie le disois e/ant ieune1 lors on me donnoit de mon m5ton p> le nez3 ie le dis encore cette heure1 que mon poil gris m'en donne le cr$it4 ,n\s appellons sagesse1 la difficult de nos humeurs1 le desg\/ des *oses pres5tes3 mais la v]it1 n\s ne quittons pas tant les vices1 comme n\s les *angeons3 et1 mon op9ion1 en pis4 ,outre vne sotte et caduque fi]t1 vn babil ennuyeux1 ces humeurs esp9euses et inassociables1 et la sup]/ition1 et vn so9 ridicule des ri*esses1 lors que l'vsage en e/ p]du1 i'y tr\ue plus d'enuie1 d'iniu/ice et de malignit4 ,elle n\s atta*e plus de rides en l'esprit qu'au visage3 et ne se void po9t d'ames1 ou =t r>es1 qui en vieillissant ne s5t5t l'aigre et le moisi4 ,l'homme m>*e enti]1 v]s son croi/ et v]s son dcroi/4 ,a voir la sagesse de ,socrates1 et plusieurs circon/ances de sa condamnation1 i'os]oy croire1 qu'il s'y pre/a aucunem5t luy mesme1 p> preu>ication1 desse93 ayant de si prs1 aag de soixante et dix ans1 s\ffrir l'eng\rdissem5t des ri*es allures de son esprit1 et l'esbl\ssem5t de sa clairt acc\/ume4 ,quelles metamorphoses luy voy-ie faire t\s les i\rs1 en plusieurs de mes cognoissans8 c'e/ vne puissante maladie1 et qui se c\le naturellem5t et imp]ceptiblem5t3 il y faut gr&e pr\ision d'e/ude1 et gr&e precaution1 p\r euit] les imp]fections qu'elle n\s *>ge3 ou aumo9s affoiblir leur progrez4 ,ie s5s que nonob/ant t\s mes retran*em5s1 elle gaigne pi$ pi$ sur moy4 ,ie s\/i5 tant que ie puis1 mais ie ne say en f91 o elle me m5]a moy-mesme4 ,a t\tes auantures1 ie suis cont5t qu'on sa*e d'o ie s]ay tomb4 ,,*apitre ,,iii4 ,de trois comm]ces4 ,,il ne faut pas se cloer si =t ses humeurs et complexions4 ,no/re pr9cipalle suffisance1 c'e/1 sauoir s'appliqu] diu]s vsages4 ,c'e/ e/re1 mais ce n'e/ pas viure que se t5ir atta* et oblig p> necessit1 vn seul tra94 ,les plus belles ames sont celles qui ont plus de v>iet et de s\plesse4 ,voyla vn honorable tesmoignage du vieil ,caton3 ,huic v]satile +5ium sic p>it] ad omnia fuit1 vt natum ad id vnum dic]es1 quodcumque ag]et4 ,si c'e/oit moy me dress] ma mode1 il n'e/ aucune si bonne faon1 o ie v\lusse e/re fi*1 p\r ne m'en sauoir despr5dre4 ,la vie e/ vn m\uem5t inegal1 irreguli]1 et multi=me4 ,ce n'e/ pas e/re amy de soy1 et mo9s encore mai/re2 c'e/ en e/re esclaue1 de se suiure incessamm5t3 et e/re si pris ses incl9ations1 qu'on n'en puisse f\ruoy]1 qu'on ne les puisse tordre4 ,ie le dy cette heure1 p\r ne me p\uoir facilem5t despe/r] de l'importunit de mon ame1 en ce qu'elle ne sait communm5t s'amus]1 s9on o elle s'empes*e1 ny s'employ]1 que b&ee et enti]e4 ,p\r leg] subiect qu'on luy donne1 elle le grossit volonti]s1 et l'e/ire1 iusques au po9ct o elle ayt s'y embesongn] de t\te sa =ce4 ,son oysiuet m'e/ cette cause vne p5ible occupation1 et qui (f5se ma sant4 ,la plus "p des esprits ont beso+ de mati]e e/rang]e1 p\r se desg\rdir et ex]c]3 le mi5 en a beso+1 p\r se rassoir plu/o/ et sei\rn]1 vitia otij negotio discuti5da sunt4 ,c> son plus laborieux et pr9cipal e/ude1 c'e/1 s'e/udi] soy4 ,les liures sont1 p\r luy1 du g5re des occupations1 qui le desbau*5t de son e/ude4 ,aux premi]es p5sees qui luy vi5n5t1 il s'agite1 et fait preuue de sa vigueur t\t s5s3 ex]ce son maniem5t tanto/ v]s la =ce1 tanto/ v]s l'ordre et la grace1 se range1 mod]e1 et =tifie4 ,il a dequoy esueill] ses facultez p> luy mesme4 ,nature luy a donn comme t\s1 assez de mati]e si5ne1 p\r son vtilit1 et des subiects propres assez1 o inu5t] et iug]4 ,le m$it] e/ vn puissant e/ude et ple91 qui sait se ta/] et employ] vig\reusem5t4 ,i'ayme mieux =g] mon ame1 que la meubl]4 ,il n'e/ po9t d'occupation ny plus foible1 ny plus =te1 que celle d'entret5ir ses p5sees1 selon l'ame que c'e/4 ,les plus gr&es en font leur vacation1 quibus viu]e e/ cogit>e4 ,aussi l'a nature fauorisee de ce priuilege1 qu'il n'y a ri51 que n\s puissions faire si long temps3 ny action laquelle n\s n\s addonnions plus ord9airem5t et facilem5t4 ,c'e/ la besongne des ,dieux1 dit ,ari/ote1 de laquelle nai/ et leur beatitude et la no/re4 ,la lecture me s]t specialem5t esueill] p> diu]s obiects mon disc\rs3 embesongn] mon iugem5t1 non ma memoyre4 ,peu d'entreti5s doncq m'arre/5t sans vigueur et sans ef=t4 ,il e/ vray que la g5tillesse et la beaut me rempliss5t et occup5t1 autant ou plus1 que le pois et la pr(ondeur4 ,et d'autant que ie sommeille en t\te autre communication1 et que ie n'y pre/e que l'escorce de mon att5tion1 il m'adui5t s\u5t1 en telle sorte de propos abatus et las*es1 propos de cont5ance1 de dire et respondre des songes et be/ises1 indignes d'vn enfant1 et ridicules3 ou de me t5ir ob/9 en sil5ce1 plus ineptem5t encore et inciuilem5t4 ,i'ay vne faon resueuse1 qui me retire moy3 et d'autre "p vne l\rde ignorance et pu]ile1 de plusieurs *oses communes4 ,p> ces deux qualitez1 i'ay gaign1 qu'on puisse faire au vray1 c9q ou six contes de moy1 aussi niais que d'autre quel qu'il soit4 ,or suyuant mon propos1 cette complexion difficile me r5d delicat la pratique des hommes3 il me les faut tri] sur le volet3 et me r5d incommode aux actions communes4 ,n\s viuons1 et negotions auec le peuple3 si sa conu]sation n\s importune1 si n\s desdaignons n\s appliqu] aux ames basses et vulgaires3 et les basses et vulgaires sont s\u5t aussi reglees que les plus dliees3 et t\te sapi5ce e/ insipide qui ne s'accommode l'insipi5ce commune3 il ne n\s faut plus entremettre ny de nos propres affaires1 ny de ceux d'autruy3 et les publiques et les priuez se demesl5t auec ces g5s l4 ,les mo9s t5dues et plus naturelles alleures de no/re ame1 sont les plus belles3 les meilleures occupations1 les mo9s ef=cees4 ,mon ,dieu1 que la sagesse faict vn bon (fice ceux1 de qui elle r5ge les desirs leur puissance6 ,il n'e/ po9t de plus vtile sci5ce4 ,selon qu'on peut3 c'e/oit le refra9 et le mot fauory de ,socrates4 ,mot de gr&e sub/ance3 il faut adress] et arre/] nos desirs1 aux *oses les plus aysees et voys9es4 ,ne m'e/-ce pas vne sotte humeur1 de disconu5ir auec vn mili] qui ma =tune me io9t1 de qui ie ne me puis pass]1 p\r me t5ir vn ou deux1 qui sont hors de mon comm]ce3 ou plu/o/ vn desir fanta/ique1 de *ose que ie ne puis rec\ur]8 ,mes murs molles1 ennemies de t\te aigreur et aspret1 peuu5t aysem5t m'auoir des*>g d'enuies et d'inimitiez4 ,d'e/re aym1 ie ne dy1 mais de n'e/re po9t hay1 iamais homme n'en donna plus d'occasion4 ,mais la froideur de ma conu]sation1 m'a desrob auec raison1 la bi5-vueillance de plusieurs1 qui sont excusables de l'int]pret] autre1 et pire s5s4 ,ie suis tres-capable d'acqu]ir et ma9t5ir des amitiez r>es et exquises4 ,d'autant que ie me h>pe auec si gr&e faim aux acco9tances qui reui5n5t mon g\/1 ie m'y produis1 ie m'y iette si auidem5t1 que ie ne faux pas aysem5t de m'y atta*]1 et de faire impression o ie donne3 j'en ay faict s\u5t heureuse preuue4 ,aux amitiez communes1 ie suis aucunem5t /]ile et froid3 c> mon all] n'e/ pas naturel1 s'il n'e/ ple9e voyle4 ,outre ce1 que ma =tune m'ayant duit et affri& de ieunesse1 vne amiti seule et p>faicte1 m'a la v]it aucunem5t desg\/ des autres3 et trop imprim en la fantasie1 qu'elle e/ be/e de compagnie1 non pas de tr\pe1 comme disoit cet anci54 ,aussi1 que i'ay naturellem5t pe9e me communiqu] demy3 et auec modification1 et cette s]uile prud5ce et s\ponneuse1 qu'on n\s ordonne1 en la conu]sation de ces amitiez nombreuses1 et imp>faictes4 ,et n\s l'ordonne lon pr9cipalem5t en ce temps1 qu'il ne se peut p>l] du monde1 que dang]eusem5t1 ou faucem5t4 ,si voy-ie bi5 p\rtant1 que qui a comme moy1 p\r sa f91 les commoditez de sa vie1 ie dy les commoditez ess5tielles1 doibt fuyr comme la pe/e1 ces difficultez et delicatesse d'humeur4 ,ie l\]ois vn' ame diu]s e/ages1 qui sa*e et se t5dre et se desmont]3 qui soit bi5 p> t\t o sa =tune la porte3 qui puisse deuis] auec son vois91 de son ba/im5t1 de sa *asse et de sa qu]elle3 entret5ir auec plaisir vn *>p5ti] et vn i>d9i]4 ,i'enuie ceux1 qui sau5t s'apriuois] au mo9dre de leur suitte1 et dress] de l'entreti5 en leur propre tra94 ,et le conseil de ,platon ne me plai/ pas1 de p>l] t\si\rs d'vn langage mai/ral ses s]uiteurs1 sans ieu1 sans famili>it3 soit enu]s les masles1 soit enu]s les femelles4 ,c> outre ma raison1 il e/ inhuma9 et iniu/e1 de faire tant valoir cette telle quelle pr]ogatiue de la =tune3 et les polices1 o il se s\ffre mo9s de disp>it entre les valets et les mai/res1 me sembl5t les plus equitables4 ,les autres s'e/udi5t eslanc] et gu9d] leur esprit3 moy le baiss] et c\*]3 il n'e/ vicieux qu'en ext5tion4 ,n>ras et g5us aci1 ,et pugnata sacro bella sub ,ilio3 ,quo ,*ium pretio cadum ,m]cemur1 quis aquam temp]et ignibus1 ,quo prb5te domum1 et quota ,pelignis c>eam frigoribus1 taces4 ,a9si comme la vaillance ,lac$emoni5ne auoit beso+ de mod]ation1 et du son d\x et gratieux du ieu des flu/es1 p\r la flatt] en la gu]re1 de peur qu'elle ne se ietta/ la tem]it1 et la furie3 l o t\tes autres nations ord9airem5t employ5t des sons et des voix aigues et =tes1 qui esmeuu5t et qui es*auff5t outrance le c\rage des soldats3 il me semble de mesme1 contre la =me ord9aire1 qu'en l'vsage de no/re esprit1 n\s auons p\r la plus "p1 plus beso+ de plomb1 que d'ailes3 de froideur et de repos1 que d'ardeur et d'agitation4 ,sur t\t1 c'e/ mon gr bi5 faire le sot1 que de faire l'ent5du1 entre ceux qui ne le sont pas3 p>l] t\sj\rs b&1 fauell> 9 punta di =*etta4 ,il faut se desmettre au tra9 de ceux auec qui v\s e/es1 et p> fois affect] l'ignorance4 ,mettez "p la =ce et la subtilit3 en l'vsage commun1 c'e/ assez d'y res]u] l'ordre3 tra9ez v\s au demeurant t]re1 s'ils veul5t4 ,les sauans *op5t volonti]s cette pi]re3 ils font t\si\rs p>ade de leur magi/]e1 et sem5t leurs liures p> t\t4 ,ils en ont en ce temps entonn si =t les cab9ets et oreilles des dames1 que si elles n'en ont ret5u la sub/ance1 au mo9s elles en ont la m9e4 ,a t\te sorte de propos1 et mati]e1 p\r basse et populaire qu'elle soit1 elles se s]u5t d'vne faon de p>l] et d'escrire1 n\uelle et sauante4 ,hoc s]mone pau5t1 hoc iram1 gaudia1 curas1 ,hoc cuncta effundunt animi secreta1 quid vltr8 ,concumbunt doct4 ,et allegu5t ,platon et sa9ct ,?omas1 aux *oses ausquelles le premi] r5contr1 s]uiroit aussi bi5 de tesmo+4 ,la doctr9e qui ne leur a peu arriu] en l'ame1 leur e/ demeuree en la langue4 ,si les bi5-nees me croi5t1 elles se cont5t]ont de faire valoir leurs propres et naturelles ri*esses4 ,elles ca*5t et c\ur5t leurs beautez1 s\bs des beautez e/rang]es3 c'e/ gr&e simplesse1 d'e/\ff] sa cl>t p\r luire d'vne lumi]e empruntee4 ,elles sont ent]rees et enseuelies s\bs l'art de ,capsula tot4 ,c'e/ qu'elles ne se cognoiss5t po9t assez3 le monde n'a ri5 de plus beau3 c'e/ elles d'honnor] les arts1 et de f>d] le f>d4 ,que leur faut-il1 que viure aymees et honnorees8 ,elles n'ont1 et ne sau5t que trop1 p\r cela4 ,il ne faut qu'esueill] vn peu1 et res*auff] les facultez qui sont en elles4 ,qu& ie les voy atta*ees la rhetorique1 la iudiciaire1 la logique1 et semblables drogu]ies1 si va9es et inutiles leur beso+3 i'entre en cra9te1 que les hommes qui le leur conseill5t1 le fac5t p\r auoir loy de les reg5t] s\bs ce tiltre4 ,c> quelle autre excuse leur tr\u]ois-ie8 ,ba/e1 qu'elles peuu5t sans n\s1 r5g] la grace de leurs yeux1 la gayet1 la seu]it1 et la d\ceur3 assaisonn] vn n5ny1 de rudesse1 de d\bte1 et de faueur3 et qu'elles ne *]*5t po9t d'int]prete aux disc\rs qu'on faict p\r leur s]uice4 ,auec cette sci5ce1 elles comm&5t baguette1 et reg5t5t les reg5ts et l'escole4 ,si t\tesfois il leur fas*e de n\s c$] en quoy que ce soit1 et veul5t p> curiosit auoir "p aux liures3 la posie e/ vn amusem5t propre leur beso93 c'e/ vn art folla/re1 et subtil1 desguis1 p>li]1 t\t en plaisir1 t\t en montre1 comme elles4 ,elles tir]ont aussi diu]ses commoditez de l'hi/oire4 ,en la philosophie1 de la "p qui s]t la vie1 elles pr5dront les disc\rs qui les dress5t iug] de nos humeurs et conditions1 se deff5dre de nos trahisons3 regl] la tem]it de leurs propres desirs3 mesnag] leur lib]t3 allong] les plaisirs de la vie1 et port] huma9em5t l'incon/ance d'vn s]uiteur1 la rudesse d'vn m>y1 et l'importunit des ans1 et des rides1 et *oses semblables4 ,voyla p\r le plus1 la "p que ie leur assign]ois aux sci5ces4 ,il y a des naturels p>ticuli]s1 retirez et int]nes4 ,ma =me ess5tielle1 e/ propre la communication1 et la production3 ie suis t\t au dehors et en euid5ce1 nay la societ et l'amiti4 ,la solitude que i'ayme1 et que ie pres*e1 ce n'e/ pr9cipallem5t1 que ram5] moy mes affections1 et mes p5sees3 re/re9dre et ress]r]1 non mes pas1 a9s mes desirs et mon s\cy1 resignant la solicitude e/rang]e1 et fuyant mortellem5t la s]uitude1 et l'obligation3 et non tant la f\le des hommes1 que la f\le des affaires4 ,la solitude locale1 dire v]it1 m'e/5d plu/o/1 et m'esl>git au dehors3 ie me iette aux affaires d'e/at1 et l'vniu]s1 plus volonti]s qu& ie suis seul4 ,au ,l\ure et en la presse1 ie me ress]re et contra9ts en ma peau4 ,la f\le me rep\sse moy4 ,et ne m'entreti5s iamais si folem5t1 si lic5tieusem5t et p>ticuli]em5t1 qu'aux lieux de respect1 et de prud5ce c]emonieuse4 ,nos folies ne me font pas rire1 ce sont nos sapi5ces4 ,de ma complexion1 ie ne suis pas ennemy de l'agitation des c\rs3 i'y ay pass p>tie de la vie3 et suis faict me port] allaigrem5t aux gr&es compagnies3 p\rueu que ce soit p> int]ualles1 et mon po9ct4 ,mais cette mollesse de iugem5t1 dequoy ie p>le1 m'atta*e p> =ce la solitude4 ,voire *ez moy1 au milieu d'vne famille peuplee1 et maison des plus frequ5tees1 i'y voy des g5s assez1 mais r>em5t ceux1 auecq qui i'ayme communiqu]4 ,et ie res]ue l1 et p\r moy1 et p\r les autres1 vne lib]t inusitee4 ,il s'y faict trefue de c]emonie1 d'assi/ance1 et conuoiem5s1 et telles autres ordonnances p5ibles de no/re c\rtoisie 7 la s]uile et importune vsance7 *acun s'y g\u]ne sa mode1 y entreti5t qui veut ses p5sees3 ie m'y ti5s muet1 resueur1 et enf]m1 sans (f5ce de mes ho/es4 ,les hommes1 de la societ et famili>it desquels ie suis en que/e1 sont ceux qu'on appelle honne/es et habiles hommes3 l'image de ceux icy me deg\/e des autres4 ,c'e/ le bi5 pr5dre1 de nos =mes1 la plus r>e3 et =me qui se doit pr9cipallem5t la nature4 ,la f9 de ce comm]ce1 c'e/ simplem5t la priuaut1 frequ5tation1 et conf]5ce3 l'ex]cice des ames1 sans autre fruit4 ,en nos propos1 t\s subiects me sont gaux3 il ne me *aut qu'il y ayt ny poix1 ny pr(ondeur3 la grace et la p]t95ce y sont t\si\rs3 t\t y e/ te9ct d'vn iugem5t meur et con/ant1 et mesl de bont1 de fran*ise1 de gayet et d'amiti4 ,ce n'e/ pas au subiect des sub/itutions seulem5t1 que no/re esprit montre sa beaut et sa =ce1 et aux affaires des ,roys3 il la montre autant aux confabulations priuees4 ,ie congnois mes g5s au sil5ce mesme1 et leur s\bsrire1 et les desc\ure mieux l'aduanture table1 qu'au conseil4 ,hippoma*us disoit bi5 qu'il congnoissoit les bons lucteurs1 les voir simplem5t m>*] p> vne ru4 ,s'il plai/ la doctr9e de se mesl] nos deuis1 elle n'en s]a po9t refusee3 non magi/rale1 imp]ieuse1 et importune1 comme de c\/ume1 mais suffragante et docile elle mesme4 ,n\s n'y *]*ons qu' pass] le temps3 l'heure d'e/re in/ruicts et pres*ez1 n\s l'irons tr\u] en son ?rosne4 ,qu'elle se demette n\s p\r ce c\p s'il lui plai/3 c> t\te vtile et desirable qu'elle e/1 ie presuppose1 qu'encore au beso+ n\s en p\rrions n\s bi5 du t\t pass]1 et faire no/re effect sans elle4 ,vne ame bi5 nee1 et ex]cee la practique des hommes1 se r5d pla9em5t aggreable d'elle mesme4 ,l'art n'e/ autre *ose que le contr]olle1 et le regi/re des productions de telles ames4 ,c'e/ aussi p\r moy vn d\x comm]ce1 que celuy des belles et honne/es femmes3 nam nos quoque oculos eruditos habemus4 ,si l'ame n'y a pas tant i\yr qu'au premi]1 les s5s corporels qui p>ticip5t aussi plus cettuy-cy1 le ram55t vne proportion vois9e de l'autre3 quoy que selon moy1 non pas esgalle4 ,mais c'e/ vn comm]ce o il se faut t5ir vn peu sur ses g>des3 et notamm5t ceux en qui le corps peut beauc\p1 comme en moy4 ,ie m'y es*auday en mon enfance3 et y s\ffris t\tes les rages1 que les potes dis5t adu5ir ceux qui s'y laiss5t all] sans ordre et sans iugem5t4 ,il e/ vray que ce c\p de f\t m'a s]uy depuis d'in/ruction4 ,quicumque ,argolica de classe ,caph>ea fugit1 ,semp] ab ,euboicis vela retorquet aquis4 ,c'e/ folie d'y atta*] t\tes ses p5sees1 et s'y engag] d'vne affection furieuse et indiscrete4 ,mais d'autre "p1 de s'y mesl] sans am\r1 et sans obligation de volont1 en =me de com$i5s1 p\r i\] vn rolle commun1 de l'aage et de la c\/ume1 et n'y mettre du si5 que les p>olles3 c'e/ de vray p\ruoir sa seuret3 mais bi5 las*em5t1 comme celuy qui ab&onn]oit son honneur ou son pr(fit1 ou son plaisir1 de peur du dang]4 ,c> il e/ c]ta91 que d'vne telle pratique1 ceux qui la dress5t1 n'en peuu5t esp]] aucun fruict1 qui t\*e ou satisface vne belle ame4 ,il faut auoir en bon esci5t desir1 ce qu'on veut pr5dre en bon esci5t plaisir de i\yr4 ,ie dy qu& iniu/em5t =tune fauoris]oit leur masque3 ce qui adui5t s\u5t1 cause de ce qu'il n'y a aucune d'elles1 p\r malotre qu'elle soit1 qui ne p5se e/re bi5 aymable1 qui ne se recomm&e p> son aage1 ou p> son poil1 ou p> son m\uem5t 7c> de laides vniu]sellem5t1 il n'en e/ non plus que de belles7 et les filles ,bra*manes1 qui ont faute d'autre recomm5dation1 le peuple assembl cri publiq p\r cet effect1 vont en la place1 faisans montre de leurs p>ties matrimoniales3 veoir1 si p> l aumo9s elles ne val5t pas d'acqu]ir vn m>y4 ,p> consequ5t il n'en e/ pas vne qui ne se laisse facilem5t p]suad] au premi] s]m5t qu'on luy fait de la s]uir4 ,or de cette trahison commune et ord9aire des hommes d'aui\rd'huy1 il faut qu'il adui5ne1 ce que desia n\s montre l'exp]i5ce3 c'e/ qu'elles se r'alli5t et reiett5t elles mesmes1 ou entre elles1 p\r n\s fuyr3 ou bi5 qu'elles se r5g5t aussi de leur co/1 cet exemple que n\s leur donnons3 qu'elles ioent leur "p de la f>ce1 et se pre/5t cette negociation1 sans passion1 sans so+ et sans am\r3 ,neque affectui suo aut ali5o obnoxi4 ,e/imans1 suyuant la p]suasion de ,lysias en ,platon1 qu'elles se peuu5t addonn] vtilem5t et commodem5t n\s1 d'autant plus1 que mo9s n\s les aymons4 ,il en ira comme des com$ies1 le peuple y aura autant ou plus de plaisir que les com$i5s4 ,de moy1 ie ne connois non plus ,v5us sans ,cupidon1 qu'vne mat]nit sans engeance4 ,ce sont *oses qui s'entrepre/5t et s'entr$oiu5t leur ess5ce4 ,a9si cette pip]ie reiallit sur celuy qui la fait3 il ne luy c\/e gu]e1 mais il n'acqui]t aussi ri5 qui vaille4 ,ceux qui ont faict ,v5us ,deesse1 ont reg>d que sa pr9cipale beaut e/oit incorporelle et spirituelle4 ,mais celle que ces g5s cy c]*5t1 n'e/ pas seulem5t huma9e1 ny mesme brutale3 les be/es ne la veul5t si l\rde et si t]re/re4 ,n\s voyons que l'imag9ation et le desir les es*auffe s\u5t et solicite1 auant le corps3 n\s voyons en l'vn et l'autre sexe1 qu'en la presse elles ont du *oix et du triage en leurs affections1 et qu'elles ont entre-elles des acco9tances de longue bi5-vueillance4 ,celles mesmes qui la vieillesse refuse la =ce corporelle1 fremiss5t encores1 hanniss5t et tressaill5t d'am\r4 ,n\s les voyons auant le faict1 ple9es d'esp]ance et d'ardeur3 et qu& le corps a i\ son ieu1 se *at\ill] encor de la d\ceur de cette s\u5ance3 et en voyons qui s'enfl5t de fi]t au p>tir de l1 et qui en produis5t des *ants de fe/e et de triomphe1 lasses et sa\les4 ,qui n'a qu' des*>g] le corps d'vne necessit naturelle1 n'a que faire d'y embesongn] autruy auec des appre/s si curieux4 ,ce n'e/ pas vi&e vne grosse et l\rde faim4 ,comme celuy qui ne dem&e po9t qu'on me ti5ne p\r meilleur que ie suis1 ie diray cecy des erreurs de ma ieunesse3 non seulem5t p\r le dang] qu'il y a1 de la sant1 7si n'ay-ie sceu si bi5 faire1 que ie n'en aye eu deux atte9tes1 leg]es t\tesfois1 et preambulaires7 mais encores p> mespris1 ie ne me suis gu]e adonn aux acco9tances v5ales et publiques4 ,i'ay v\lu aiguis] ce plaisir p> la difficult1 p> le desir et p> quelque gloire4 ,et aymois la faon de l',emp]eur ,tib]e1 qui se pr5oit en ses am\rs1 autant p> la mode/ie et noblesse1 que p> autre qualit4 ,et l'humeur de la c\rtisane ,flora1 qui ne se pre/oit mo9s1 que d'vn ,dictateur1 ou ,consul1 ou ,c5seur3 et pr5oit son d$uit1 en la dignit de ses am\reux4 ,c]tes les p]les et le brocadel y conf]5t quelque *ose3 et les tiltres1 et le tra94 ,au demeurant1 ie faisois gr& compte de l'esprit1 mais p\rueu que le corps n'en fu/ pas dire4 ,c> respondre en consci5ce1 si l'vne ou l'autre des deux beautez deuoit necessairem5t y faillir1 i'eusse *oisi de quitt] plu/o/ la spirituelle4 ,elle a son vsage en meilleures *oses4 ,mais au subiect de l'am\r1 subiect qui pr9cipallem5t se rapporte la veu et l'at\*em5t1 on faict quelque *ose sans les graces de l'esprit1 ri5 sans les graces corporelles4 ,c'e/ le vray aduantage des dames que la beaut3 elle e/ si leur1 que la no/re1 quoy qu'elle desire des traicts vn peu autres1 n'e/ en son po9t1 que confuse auec la leur1 pu]ile et imb]be4 ,on dit que *ez le gr& ,seigneur1 ceux qui le s]u5t s\s titre de beaut1 qui sont en nombre inf9i1 ont leur cong1 au plus lo+1 v+t et deux ans4 ,les disc\rs1 la prud5ce1 et les (fices d'amiti1 se tr\u5t mieux *ez les hommes3 p\rtant g\u]n5t-ils les affaires du monde4 ,ces deux comm]ces sont =tuites1 et desp5dans d'autruy3 l'vn e/ ennuyeux p> sa r>et1 l'autre se fle/rit auec l'aage3 a9s9 ils n'euss5t pas assez pr\ueu au beso+ de ma vie4 ,celuy des liures1 qui e/ le troisiesme1 e/ bi5 plus seur et plus n\s4 ,il c$e aux premi]s les autres aduantages3 mais il a p\r sa "p la con/ance et facilit de son s]uice4 ,cettuy-cy co/oye t\t mon c\rs1 et m'assi/e p> t\t3 il me console en la vieillesse et en la solitude3 il me des*>ge du poix d'vne oisiuet ennuyeuse3 et me deffait t\te heure des compagnies qui me fas*5t3 il em\sse les po9tures de la d\leur1 si elle n'e/ du t\t extreme et mai/resse4 ,p\r me di/raire d'vne imag9ation importune1 il n'e/ que de rec\rir aux liures1 ils me de/\rn5t facilem5t eux1 et me la desrob5t4 ,et si ne se mut95t po9t1 p\r voir que ie ne les re*]*e1 qu'au deffaut de ces autres commoditez1 plus reelles1 viues et naturelles3 ils me reoiu5t t\si\rs de mesme visage4 ,il a bel all] pi$1 dit-on1 qui me9e son *eual p> la bride4 ,et no/re ,iacques ,roy de ,naples1 et de ,sicile1 qui beau1 ieune1 et sa91 se faisoit port] p> pays en ciui]e1 c\* sur vn mes*ant orill] de plume1 ve/u d'vne robe de drap gris1 et vn bonnet de mesme3 suiuy ce p5dant d'vne gr&e pompe royalle1 licti]es1 *euaux ma9 de t\tes sortes1 g5tils-hommes et (fici]s3 repres5toit vne au/]it t5dre encores et *ancellante4 ,le malade n'e/ pas pla9dre1 qui a la gu>ison en sa man*e4 ,en l'exp]i5ce et vsage de cette s5t5ce1 qui e/ tres-v]itable1 consi/e t\t le fruict que ie tire des liures4 ,ie ne m'en s]s en effect1 quasi non plus que ceux qui ne les cognoiss5t po9ct4 ,i'en i\ys1 comme les au>itieux des tresors1 p\r sauoir que i'en i\yray qu& il me plaira3 mon ame se rassasie et cont5te de ce droict de possession4 ,ie ne voyage sans liures1 ny en paix1 ny en gu]re4 ,t\tesfois il se pass]a plusieurs i\rs1 et des mois1 sans que ie les employe4 ,ce s]a tanto/1 dis-ie1 ou dema91 ou qu& il me plaira3 le temps c\rt et s'en va ce p5dant sans me bless]4 ,c> il ne se peut dire1 combi5 ie me repose et sei\rne en cette consid]ation1 qu'ils sont mon co/ p\r me donn] du plaisir mon heure3 et reconnoi/re1 combi5 ils port5t de sec\rs ma vie4 ,c'e/ la meilleure munition que i'aye tr\u cet huma9 voyage3 et pla9s extremem5t les hommes d'ent5dem5t1 qui l'ont dire4 ,i'accepte plu/o/ t\te autre sorte d'amusem5t1 p\r leg] qu'il soit3 d'autant que cettuy-cy ne me peut faillir4 ,*ez moy1 ie me de/\rne vn peu plus s\u5t ma librairie1 d'o1 t\t d'vne ma91 ie comm&e mon mesnage4 ,ie suis sur l'entree1 et vois s\bs moy1 mon i>d91 ma basse c\r1 ma c\r1 et dans la plus "p des membres de ma maison4 ,l ie feuillette cette heure vn liure1 cette heure vn autre1 sans ordre et sans desse91 pieces desc\sues4 ,tanto/ ie resue1 tanto/ i'enregi/re et dicte1 en me prom5ant1 mes songes que voicy4 ,elle e/ au troisiesme e/age d'vne t\r4 ,le premi]1 c'e/ ma *apelle1 le second vne *ambre et sa suitte1 o ie me c\*e s\u5t1 p\r e/re seul4 ,au dessus1 elle a vne gr&e g>d]obe4 ,c'e/oit au temps pass1 le lieu plus inutile de ma maison4 ,ie passe l et la plus "p des i\rs de ma vie1 et la plus "p des heures du i\r4 ,ie n'y suis iamais la nuict4 ,a sa suitte e/ vn cab9et assez poly1 capable receuoir du feu p\r l'hyu]1 tres-plaisamm5t p]c4 ,et si ie ne craignoy non plus le so+ que la desp5se1 le so+ qui me *asse de t\te besongne3 i'y p\rroy facilem5t c\dre *asque co/ vne gall]ie de c5t pas de long1 et d\ze de l>ge1 ple9 pi$3 ayant tr\u t\s les murs montez1 p\r autre vsage1 la hauteur qu'il me faut4 ,t\t lieu retir requi]t vn pr\m5oir4 ,mes p5sees dorm5t1 si ie les assis4 ,mon esprit ne va pas seul1 comme si les iambes l'agit5t4 ,ceux qui e/udi5t sans liure1 en sont t\s l4 ,la figure en e/ ronde1 et n'a de plat1 que ce qu'il faut ma table et mon siege3 et vi5t m'(frant en se c\rbant1 d'vne veu1 t\s mes liures1 r5gez sur des pulpitres c9q degrez t\t l'enuiron4 ,elle a trois veus de ri*e et libre prospect1 et seize pas de vuide en diametre4 ,en hyu] i'y suis mo9s cont9uellem5t3 c> ma maison e/ iu*ee sur vn t]tre1 comme dit son nom3 et n'a po9t de piece plus eu5tee que cette cy3 qui me plai/ d'e/re vn peu p5ible et l'esqu>t1 tant p\r le fruit de l'ex]cice1 que p\r recul] de moy la presse4 ,c'e/ l mon siege4 ,i'essaye m'en r5dre la dom9ation pure3 et s\/raire ce seul co+1 la communaut et coniugale1 et filiale1 et ciuile4 ,p> t\t ailleurs ie n'ay qu'vne auctorit v]bale3 en ess5ce1 confuse4 ,mis]able mon gr1 qui n'a *ez soy1 o e/re soy3 o se faire p>ticuli]em5t la c\r3 o se ca*]4 ,l'ambition paye bi5 ses g5ts1 de les t5ir t\si\rs en montre1 comme la /atue d'vn m>*4 ,magna s]uitus e/ magna =tuna4 ,ils n'ont pas seulem5t leur retraict p\r retraitte4 ,ie n'ay ri5 iug de si rude en l'au/]it de vie1 que nos religieux affect5t1 que ce que ie voy en quelqu'vne de leurs compagnies1 auoir p\r regle vne p]petuelle societ de lieu3 et assi/ance nombreuse entre eux1 en quelque action que ce soit4 ,et tr\ue aucunem5t plus supportable1 d'e/re t\si\rs seul1 que ne le p\uoir iamais e/re4 ,si quelqu'vn me dit1 que c'e/ auillir les muses1 de s'en s]uir seulem5t de i\et1 et de passetemps1 il ne sait pas comme moy1 combi5 vaut le plaisir1 le ieu et le passetemps3 pe9e que ie ne die t\te autre f9 e/re ridicule4 ,ie vis du i\r la i\rnee1 et p>lant en reu]5ce1 ne vis que p\r moy3 mes desse9s se t]m95t l4 ,i'e/udiay ieune p\r l'o/5tation2 depuis1 vn peu p\r m'assagir3 cette heure p\r m'esbattre3 iamais p\r le que/4 ,vne humeur va9e et desp5si]e que i'auois1 apres cette sorte de meuble3 non p\r en pr\uoir seulem5t mon beso+1 mais de trois pas au dela1 p\r m'en tapiss] et p>]3 ie l'ay piea ab&onnee4 ,les liures ont beauc\p de qualitez aggreables ceux qui les sau5t *oisir4 ,mais aucun bi5 sans pe9e4 ,c'e/ vn plaisir qui n'e/ pas net et pur1 non plus que les autres3 il a ses incommoditez1 et bi5 poisantes4 ,l'ame s'y ex]ce1 mais le corps1 duquel ie n'ay non plus oubli le so+1 demeure ce p5dant sans action1 s'att]re et s'attri/e4 ,ie ne sa*e excez plus dommageable p\r moy1 ny plus euit]1 en cette decl9aison d'aage4 ,voyla mes trois occupations fauories et p>ticuli]es4 ,ie ne p>le po9t de celles que ie doibs au monde p> obligation ciuile4 ,,*apitre ,,iiii4 ,de la ,diu]sion4 ,i',,ay autresfois e/ employ consol] vne dame vrayem5t affligee4 ,la plus "p de leurs deuils sont artificiels et c]emonieux4 ,vb]ibus semp] lacrymis1 semprque p>atis ,9 /atione sua1 atque expectantibus illam ,quo iubeat man>e modo4 ,on y proc$e mal1 qu& on s'oppose cette passion3 c> l'opposition les pique et les engage plus auant la tri/esse4 ,on exasp]e le mal p> la ial\sie du debat4 ,n\s voyons des propos communs1 que ce que i'auray dit sans so+1 si on vi5t me le conte/]1 ie m'en =malise1 ie l'esp\se3 beauc\p plus ce quoy i'aurois int]e/4 ,et puis en ce faisant1 v\s v\s pres5tez vo/re op]ation d'vne entree rude3 l o les premi]s accueils du m$ec9 enu]s son pati5t1 doiu5t e/re gracieux1 gays1 et aggreables4 ,iamais m$ec9 laid1 et re*ign n'y fit uure4 ,au contraire doncq1 il faut ayd] d'arriuee et fauoris] leur pla9cte1 et en tesmoign] quelque approbation et excuse4 ,p> cette intellig5ce1 v\s gaignez cr$it pass] outre1 et d'vne facile et ins5sible incl9ation1 v\s v\s c\lez aux disc\rs plus f]mes et propres leur gu]ison4 ,moy1 qui ne desirois pr9cipalem5t que de pip] l'assi/ance1 qui auoit les yeux sur moy1 m'aduisay de pla/r] le mal4 ,aussi me tr\ue-ie p> exp]i5ce1 auoir mauuaise ma9 et infructueuse p]suad]4 ,ou ie pres5te mes raisons trop po9tues et trop sei*es3 ou trop brusquem5t3 ou trop non*alamm5t4 ,apres que ie me fus appliqu vn temps son t\rm5t1 ie n'essayay pas de le gu>ir p> =tes et viues raisons3 p> ce que i'en ay faute1 ou que ie p5sois autrem5t faire mieux mon effect4 ,ny n'allay *oisissant les diu]ses mani]es1 que la philosophie prescrit consol]3 ,que ce qu'on pla9t n'e/ pas mal1 comme ,clean!s3 ,que c'e/ vn leg] mal1 comme les ,p]ipatetici5s3 ,que se pla9dre n'e/ action1 ny iu/e1 ny loable1 comme ,*rysippus3 ,ny cette cy d',epicurus1 plus vois9e mon /yle1 de transf]] la p5see des *oses fas*euses aux plaisantes3 ,ny faire vne *>ge de t\t cet amas1 le disp5sant p> occasion1 comme ,cic]o4 ,mais decl9ant t\t mollem5t noz propos1 et les gau*issant peu peu1 aux subiects plus voys9s1 et puis vn peu plus eslongnez1 selon qu'elle se pre/oit plus moy1 ie luy desrobay imp]ceptiblem5t cette p5see d\l\reuse3 et la t9s en bonne cont5ance et du t\t r'apaisee autant que i'y fus4 ,i'vsay de diu]sion4 ,ceux qui me suyuir5t ce mesme s]uice1 n'y tr\u]5t aucun am5dem5t3 c> ie n'auois pas port la coignee aux rac9es4 ,a l'adu5ture ay-ie t\* quelque espece de diu]sions publiques4 ,et l'vsage des militaires1 dequoy se s]uit ,p]icles en la gu]re ,peloponnesiaque3 et mille autres ailleurs1 p\r reuoqu] de leurs pas les =ces contraires1 e/ trop frequ5t aux hi/oires4 ,ce fut vn +5ieux de/\r1 dequoy le ,sieur d',himb]c\rt sauua et soy et d'autres1 en la ville du ,liege3 o le ,duc de ,b\rgongne1 qui la t5oit assiegee1 l'auoit fait entr]1 p\r execut] les conu5ances de leur r$dition accordee4 ,ce peuple assembl de nuict p\r y p\ruoir1 comm5ce se mut9] contre ces accords passez3 et delib]]5t plusieurs1 de c\rre sus aux negociateurs1 qu'ils t5oi5t en leur puissance4 ,luy1 s5tant le v5t de la premi]e ondee de ces g5s1 qui v5oi5t se ru] en son logis1 las*a s\da9 v]s eux1 deux des habitans de la ville1 7c> il y en auoit aucuns auec luy7 *>gez de plus d\ces et n\uelles (fres1 propos] en leur conseil1 qu'il auoit =gees sur le *amp p\r son beso+4 ,ces deux arre/]5t la premi]e tempe/e1 ram5ant cette t\rbe esmee en la maison de ville1 p\r ouyr leur *>ge1 et y delib]]4 ,la delib]ation fut c\rte4 ,voicy desbond] vn second orage1 autant anim que l'autre3 et luy leur despe*] en te/e1 quatre n\ueaux et semblables int]cesseurs1 prote/ans auoir leur decl>] ce c\p1 des pres5tations plus grasses1 du t\t leur cont5tem5t et satisfaction3 p> o ce peuple fut de re*ef rep\ss dans le conclaue4 ,somme1 que p> telle disp5sation d'amusem5s1 diu]tissant leur furie1 et la dissipant en va9es consultations1 il l'endormit en f91 et gaigna le i\r1 qui e/oit son pr9cipal affaire4 ,cet autre comte e/ aussi de ce pr$icam5t4 ,atalante fille de beaut excell5te1 et de m]ueilleuse disposition1 p\r se deffaire de la presse de mille p\rsuiuants1 qui la dem&oi5t en m>iage1 leur donna cette loy1 qu'elle accept]oit celuy qui l'egall]oit la c\rse1 p\rueu que ceux qui y faudroi5t1 en p]diss5t la vie4 ,il s'en tr\ua assez1 qui e/im]5t ce prix digne d'vn tel haz>d1 et qui enc\rur5t la pe9e de ce cruel m>*4 ,hippom5es ayant faire son essay apres les autres1 s'adressa la deesse tutrice de cette am\reuse ardeur1 l'appellant son sec\rs3 qui exauant sa pri]e1 le f\rnit de trois pommes d'or1 et de leur vsage4 ,le *amp de la c\rse ouu]t1 mesure qu',hippom5es s5t sa mai/resse luy press] les talons1 il laisse es*app]1 comme p> inadu]tance1 l'vne de ces pommes3 la fille amusee de sa beaut1 ne faut po9t de se de/\rn] p\r l'amass]3 ,ob/upuit virgo1 nitidique cupid9e pomi ,decl9at cursus1 aurmque volubile tollit4 ,autant en fit-il son po9ct1 et de la seconde et de la ti]ce3 iusques ce que p> ce f\ruoyem5t et diu]tissem5t1 l'aduantage de la c\rse luy demeura4 ,qu& les m$ec9s ne peuu5t purg] le cat]rhe1 ils le diu]tiss5t1 et desuoy5t vne autre p>tie mo9s dang]euse4 ,ie m'app]oy que c'e/ aussi la plus ord9aire recepte aux maladies de l'ame4 ,abduc5dus etiam nonnunquam animus e/ ad alia /udia1 solicitud9es1 curas1 negotia3 loci d5ique mutatione1 tanquam groti non conualesc5tes1 spe cur&us e/4 ,on luy fait peu *oqu] les maux de droit fil3 on ne luy en fait ny s\/5ir ny rabatre l'atte9te3 on la luy fait decl9] et gau*ir4 ,cette autre leon e/ trop haute et trop difficile4 ,c'e/ faire ceux de la premi]e classe1 de s'arre/] purem5t la *ose1 la consid]]1 la iug]4 ,il app>ti5t vn seul ,socrates1 d'acco9t] la mort d'vn visage ord9aire1 s'en appriuois] et s'en i\]4 ,il ne *]*e po9t de consolation hors de la *ose3 le m\rir luy semble accid5t naturel et indiff]5t3 il fi*e l iu/em5t sa veu1 et s'y res\lt1 sans reg>d] ailleurs4 ,les disciples d',hegesias1 qui se font m\rir de faim1 es*auffez des beaux disc\rs de ses leons1 et si dru que le ,roy ,ptolomee luy fit def5dre de plus entret5ir son es*ole de ces homicides disc\rs3 ceux l ne consid]5t po9t la mort en soy1 ils ne la iug5t po9t3 ce n'e/ pas l o ils arre/5t leur p5see3 ils c\r5t1 ils vis5t vn e/re n\ueau4 ,ces pauures g5s qu'on void sur l'es*affaut1 remplis d'vne ard5te deuotion1 y occupants t\s leurs s5s autant qu'ils peuu5t3 les aureilles aux in/ructions qu'on leur donne2 les yeux et les ma9s t5dues au ciel3 la voix des pri]es hautes1 auec vne esmotion aspre et cont9uelle1 font c]tes *ose l\able et conu5able vne telle necessit4 ,on les doibt l\] de religion3 mais non proprem5t de con/ance4 ,ils fuy5t la lucte3 ils de/\rn5t de la mort leur consid]ation3 comme on amuse les enfans p5dant qu'on leur veut donn] le c\p de lancette4 ,i'en ay veu1 si p> fois leur veu se raualoit ces horribles asprets de la mort1 qui sont aut\r d'eux1 s'en transir1 et reiett] auec furie ailleurs leur p5see4 ,a ceux qui pass5t vne pr(ondeur effroyable1 on ordonne de clorre ou de/\rn] leurs yeux4 ,subrius ,flauius1 ayant p> le comm&em5t de ,n]on1 e/re deffaict1 et p> les ma9s de ,nig]1 t\s deux *efs de gu]re3 qu& on le m5a au *amp1 o l'execution deuoit e/re faicte1 voyant le tr\ que ,nig] auoit fait cau] p\r le mettre1 inegal et mal =m3 ,ny cela1 mesme1 dit-il1 se t\rnant aux soldats qui y assi/oy5t1 n'e/ selon la discipl9e militaire4 ,et ,nig]1 qui l'exhortoit de t5ir la te/e f]me3 ,frapasses tu seulem5t aussi f]me4 ,et deu9a bi53 c> le bras tremblant ,nig]1 il la luy c\pa diu]s c\ps4 ,cettuy-cy semble auoir eu sa p5see droittem5t et fixem5t au subiect4 ,celuy qui meurt en la meslee1 les armes la ma91 il n'e/udie pas lors la mort1 il ne la s5t1 ny ne la consid]e3 l'ardeur du combat l'emporte4 ,vn honne/e homme de ma cognoissance1 e/ant tomb comme il se batoit en e/ocade1 et se s5tant dagu] t]re p> son ennemy de neuf ou dix c\ps1 *acun des assi/ans luy crioit qu'il p5sa/ sa consci5ce1 mais il me dit depuis1 qu'encores que ces voix luy v9ss5t aux oreilles1 elles ne l'auoi5t aucunem5t t\*1 et qu'il ne p5sa iamais qu' se des*>g] et se v5g]4 ,il tua son homme en ce mesme combat4 ,beauc\p fit p\r ,l4 ,syllanus1 celuy qui luy apporta sa condamnation3 de ce qu'ayant ouy sa response1 qu'il e/oit bi5 prep> m\rir1 mais non pas de ma9s scel]ees3 il se rua sur luy1 auec ses soldats p\r le =c]3 et comme luy t\t des>m1 se def5doit ob/9em5t de po+ts et de pi$s1 il le fit m\rir en ce debat3 dissipant en prompte *ol]e et tumultuaire1 le s5tim5t p5ible d'vne mort longue et prep>ee1 quoy il e/oit de/94 ,n\s p5sons t\si\rs ailleurs3 l'esp]ance d'vne meilleure vie n\s arre/e et appuye3 ou l'esp]ance de la valeur de nos enfans3 ou la gloire future de no/re nom3 ou la fuitte des maux de cette vie3 ou la v5geance qui m5asse ceux qui n\s caus5t la mort3 ,sp]o equidem m$iis1 si quid pia num9a possunt1 ,supplicia hausurum scopulis1 et nom9e ,dido ,spe vocaturum4 ,audiam1 et hc manes v5iet mihi fama sub imos4 ,x5ophon sacrifioit c\ronn qu& on luy v9t annonc] la mort de son fils ,gryllus1 en la bataille de ,mant9ee4 ,au premi] s5tim5t de cette n\uelle1 il ietta sa c\ronne t]re3 mais p> la suitte du propos1 ent5dant la =me d'vne mort tres-valeureuse1 il l'amassa1 et remit sur sa te/e4 ,epicurus mesme se console en sa f91 sur l'et]nit et l'vtilit de ses escrits4 ,omnes cl>i et nobilitati labores1 fiunt tol]abiles4 ,et la mesme playe1 le mesme trauail1 ne poise pas1 dit ,x5ophon1 vn g5]al d'armee1 comme vn soldat4 ,epam9ondas pr9t sa mort bi5 plus alaigrem5t1 ayant e/ in=m1 que la victoire e/oit demeuree de son co/4 ,hc sunt solatia1 hc fom5ta summorum dolorum4 ,et telles autres circon/ances n\s amus5t1 diu]tiss5t et de/\rn5t de la consid]ation de la *ose en soy4 ,voire les argum5ts de la philosophie1 vont t\ts c\ps co/oyans et gau*issans la mati]e1 et pe9e essuyans sa cr\/e4 ,le premi] homme de la premi]e es*ole philosophique1 et sur9t5dante des autres1 ce gr& ,z5on1 contre la mort3 ,nul mal n'e/ honorable3 la mort l'e/3 elle n'e/ pas donc mal4 ,contre l'yurongn]ie3 ,nul ne fie son secret l'yurongne3 *acun le fie au sage3 le sage ne s]a donc pas yurongne4 ,cela e/-ce donn] au blanc8 ,i'ayme veoir ces ames pr9cipales1 ne se p\uoir despr5dre de no/re consorce4 ,tant p>faicts hommes qu'ils soy5t1 ce sont t\si\rs bi5 l\rdem5t des hommes4 ,c'e/ vne d\ce passion que la v5geance1 de gr&e impression et naturelle3 ie le voy bi51 encore que ie n'en aye aucune exp]i5ce4 ,p\r en di/raire d]ni]em5t vn ieune ,pr9ce1 ie ne luy allois pas disant1 qu'il falloit pre/] la i\ celuy qui v\s auoit frapp l'autre1 p\r le deuoir de *>it3 ny ne luy allois repres5t] les tragiques eu5em5ts que la posie attribue cette passion4 ,ie la laissay l1 et m'amusay luy faire g\/] la beaut d'vne image contraire3 l'honneur1 la faueur1 la bi5-vueillance qu'il acqu]roit p> clem5ce et bont3 ie le de/\rnay l'ambition4 ,voyla comme lon en faict4 ,si vo/re affection en l'am\r e/ trop puissante1 dissipez la1 dis5t-ils4 ,et dis5t vray1 c> ie l'ay s\u5t essay auec vtilit4 ,rompez la diu]s desirs1 desquels il y en ayt vn reg5t et vn mai/re1 si v\s v\lez1 mais de peur qu'il ne v\s g\rm&e et tyrannise1 affoiblissez-le1 sei\rnez-le1 en le diuisant et diu]tissant4 ,cm morosa vago s+ultiet +u9e v5a1 ,coniicito humorem collectum 9 corpora quque4 ,et p\ruoyez y de bonne heure1 de peur que v\s n'en soyez en pe9e1 s'il v\s a vne fois saisi4 ,si non prima n\is conturbes vuln]a plagis1 ,volgiuagque vagus ,v5]e ante rec5tia cures4 ,ie fus autrefois t\* d'vn puissant desplaisir1 selon ma complexion3 et encores plus iu/e que puissant3 ie m'y fusse p]du l'adu5ture1 si ie m'en fusse simplem5t fi mes =ces4 ,ayant beso+ d'vne vehem5te diu]sion p\r m'en di/raire1 ie me fis p> art am\reux et p> e/ude3 quoy l'aage m'aydoit4 ,l'am\r me s\lagea et retira du mal1 qui m'e/oit caus p> l'amiti4 ,p> t\t ailleurs de mesme4 ,vne aigre imag9ation me ti5t3 ie tr\ue plus c\rt1 que de la dompt]1 la *ang]3 ie luy en sub/itue1 si ie ne puis vne contraire1 aumo9s vn' autre4 ,t\si\rs la v>iation s\lage1 diss\t et dissipe4 ,si ie ne puis la combatre1 ie luy es*appe3 et en la fuant1 ie f\ruoye1 ie ruse4 ,muant de lieu1 d'occupation1 de compagnie1 ie me sauue dans la presse d'autres amusem5s et p5sees1 o elle p]d ma trace1 et m'esg>e4 ,nature proc$e a9si1 p> le b5efice de l'incon/ance4 ,c> le temps qu'elle n\s a donn p\r s\u]a9 m$ec9 de nos passions1 gaigne son effect pr9cipalem5t p> l1 que f\rnissant autres et autres affaires no/re imag9ation1 il demesle et corrompt cette premi]e appreh5sion1 p\r =te qu'elle soit4 ,vn sage ne voit gu]e mo9s1 son amy m\rant1 au b\t de v+t et c9q ans1 qu'au premi] an2 et suiuant ,epicurus1 de ri5 mo9s3 c> il n'attribuoit aucun l5im5t des fas*]ies1 ny la preuoyance1 ny l'antiquit d'icelles4 ,mais tant d'autres cogitations trau]s5t cette-cy1 qu'elle s'alanguit1 et se lasse en f94 ,p\r de/\rn] l'incl9ation des bruits communs1 ,alcibiades c\ppa les oreilles et la queu son beau *i51 et le *assa en la place3 af9 que donnant ce subiect p\r babill] au peuple1 il laissa/ en paix ses autres actions4 ,i'ay veu aussi1 p\r cet effect de diu]tir les op9ions et coniectures du peuple1 et desuoy] les p>leurs1 des femmes1 c\urir leurs vrayes affections1 p> des affections contrefaictes4 ,mais i'en ay veu telle1 qui en se contrefaisant s'e/ laissee pr5dre bon esci5t1 et a quitt la vraye et orig9elle affection p\r la fe9te3 et apr9s p> elle1 que ceux qui se tr\u5t bi5 logez1 sont des sots de cons5tir ce masque4 ,les accueils et entreti5s publiques e/ans res]uez ce s]uiteur apo/1 croyez qu'il n'e/ gu]e habile1 s'il ne se met en f9 en vo/re place1 et v\s envoye en la si5ne4 ,cela c'e/ proprem5t taill] et c\dre vn s\li]1 p\r qu'vn autre le *ausse4 ,peu de *ose n\s diu]tit et de/\rne3 c> peu de *ose n\s ti5t4 ,n\s ne reg>dons gu]es les subiects en gros et seuls3 ce sont des circon/ances ou des images m5ues et sup]ficielles qui n\s frapp5t3 et des va9es escorces qui reialliss5t des subiects4 ,folliculos vt nunc t]etes /ate cicad ,l9quunt4 ,plut>que mesme regrette sa fille p> des s+]ies de son enfance4 ,le s\u5ir d'vn adieu1 d'vne action1 d'vne grace p>ticuli]e1 d'vne recomm&ation d]ni]e1 n\s afflige4 ,la robe de ,cs> tr\bla t\te ,romme1 ce que sa mort n'auoit pas faict4 ,le son mesme des noms1 qui n\s t9toine aux oreilles3 ,mon pauure mai/re1 ou mon gr& amy3 helas mon *] p]e1 ou ma bonne fille4 ,qu& ces r$ites me p9s5t1 et que i'y reg>de de pres1 ie tr\ue que c'e/ vne ple9te grammairi5e1 le mot et le ton me blesse4 ,comme les exclamations des pres*eurs1 esm\u5t leur auditoire s\u5t1 plus que ne font leurs raisons3 et comme n\s frappe la voix piteuse d'vne be/e qu'on tue p\r no/re s]uice3 sans que ie poise ou p5etre ce p5dant1 la vraye ess5ce et massiue de mon subiect4 ,8 se /imulis dolor ipse lacessit4 ,ce sont les fondem5s de no/re deuil4 ,l'op9ia/ret de mes pi]res1 specialem5t en la v]ge1 m'a p> fois iett en longues suppressions d'vr9e1 de trois1 de quatre i\rs3 et si auant en la mort1 que c'eu/ e/ follie d'esp]] l'euit]1 voyre desir]1 veu les cruels ef=ts que cet e/at m'apporte4 ,o que ce bon ,emp]eur1 qui faisoit li] la v]ge ses crim9els1 p\r les faire m\rir faute de piss]1 e/oit gr& mai/re en la sci5ce de b\rrell]ie6 ,me tr\uant l1 ie consid]oy p> combi5 leg]es causes et obiects1 l'imag9ation n\rrissoit en moy le regret de la vie3 de quels atomes se ba/issoit en mon ame1 le poids et la difficult de ce deslogem5t3 combi5 friuoles p5sees n\s donnions place en vn si gr& affaire4 ,vn *i51 vn *eual1 vn liure1 vn v]re1 et quoy non8 t5oi5t compte en ma p]te4 ,aux autres1 leurs ambitieuses esp]ances1 leur b\rse1 leur sci5ce1 non mo9s sottem5t mon gr4 ,ie voy non*alamm5t la mort1 qu& ie la voy vniu]sellem5t1 comme f9 de la vie4 ,ie la g\rm&e en bloc3 p> le m5u1 elle me pille4 ,les l>mes d'vn laquais1 la disp5sation de ma desf]re1 l'att\*em5t d'vne ma9 cognue1 vne consolation commune1 me desconsole et m'att5drit4 ,a9si n\s tr\bl5t l'ame1 les pla9tes des fables3 et les regrets de ,didon1 et d',ariadn passionn5t ceux mesmes qui ne les croy5t po9t en ,virgile et en ,catulle3 c'e/ vne exemple de nature ob/9ee et dure1 n'en s5tir aucune emotion3 comme on recite1 p\r miracle1 de ,polemon3 mais aussi ne pallit il pas seulem5t la morsure d'vn *i5 enrag1 qui luy emporta le gras de la iambe4 ,et nulle sagesse ne va si auant1 de conceuoir la cause d'vne tri/esse1 si viue et enti]e1 p> iugem5t1 qu'elle ne s\ffre accession p> la pres5ce1 qu& les yeux et les oreilles y ont leur "p3 p>ties qui ne peuu5t e/re agitees que p> va9s accid5s4 ,e/-ce raison que les arts mesmes se s]u5t et fac5t leur pr\fit1 de no/re imbecillit et be/ise naturelle8 ,l'orateur1 dit la rhetorique1 en cette f>ce de son plaidoi]1 s'esm\u]a p> le son de sa voix1 et p> ses agitations fe9tes2 et se lairra pip] la passion qu'il repres5te4 ,il s'imprim]a vn vray deuil et ess5tiel1 p> le moy5 de ce battelage qu'il i\1 p\r le transmettre aux iuges1 qui il t\*e encore mo9s4 ,comme font ces p]sonnes qu'on loe aux mortuaires1 p\r ayd] la c]emonie du deuil1 qui v5d5t leurs l>mes poix et mesure1 et leur tri/esse4 ,c> encore qu'ils s'esbranl5t en =me empruntee1 t\tesfois en habituant et r5geant la cont5ance1 il e/ c]ta9 qu'ils s'emport5t s\u5t t\s enti]s1 et reoiu5t en eux vne vraye melan*olie4 ,ie fus entre plusieurs autres de ses amis1 conduire ,soissons le corps de monsieur de ,grammont1 du siege de la ,f]e1 o il fut tu4 ,ie consid]ay que p> t\t o n\s passions1 n\s remplissions de lam5tation et de pleurs1 le peuple que n\s r5contrions1 p> la seule montre de l'app>eil de no/re conuoy3 c> seulem5t le nom du trespass n'y e/oit pas cogneu4 ,qu9tilian dit auoir veu des com$i5s si =t engagez en vn rolle de deuil1 qu'ils en pleuroi5t encore au logis3 et de soy mesme1 qu'ayant pr9s esm\uoir quelque passion en autruy1 il l'auoit esp\see1 iusques se tr\u] surpr9s1 non seulem5t de l>mes1 mais d'vne palleur de visage et port d'homme vrayem5t accabl de d\leur4 ,en vne contree pres de nos montaignes1 les femmes font le pre/re-m>t93 c> comme elles agr&iss5t le regret du m>y p]du1 p> la s\u5ance des bonnes et agreables conditions qu'il auoit1 elles font t\t d'vn tra9 aussi recueil et publi5t ses imp]fections3 comme p\r entr] d'elles mesmes en quelque comp5sation1 et se diu]tir de la piti au desda94 ,de bi5 meilleure grace encore que n\s1 qui la p]te du premi] cognu1 n\s piquons luy pre/] des l\anges n\uelles et fauces3 et le faire t\t autre1 qu& n\s l'auons p]du de veu1 qu'il ne n\s sembloit e/re1 qu& n\s le voyions4 ,comme si le regret e/oit vne p>tie in/ructiue3 ou que les l>mes en lauant no/re ent5dem5t1 l'esclairciss5t4 ,ie r5once ds pres5t aux fauorables tesmoignages1 qu'on me v\dra donn]1 non p> ce que i'en s]ay digne1 mais p> ce que ie s]ay mort4 ,qui dem&]a celuy l1 ,quel int]e/ auez v\s ce siege8 ,l'int]e/ de l'exemple1 dira-il1 et de l'obeyssance commune du ,pr9ce3 ie n'y pret5s pr(fit quelconque3 et de gloire1 ie say la petite "p qui en peut t\*] vn p>ticuli] comme moy3 ie n'ay icy ny passion ny qu]elle4 ,voyez le p\rtant le l5dema91 t\t *ang1 t\t b\illant et r\gissant de *ol]e1 en son rang de bataille p\r l'assaut4 ,c'e/ la lueur de tant d'aci]1 et le feu et t9tam>re de nos canons et de nos tamb\rs1 qui luy ont iett cette n\uelle rigueur et hayne dans les ve9es4 ,friuole cause1 me direz v\s4 ,comm5t cause8 il n'en faut po9t1 p\r agit] no/re ame4 ,vne resu]ie sans corps et sans subiect la reg5te et l'agite4 ,que ie me mette faire des *a/eaux en ,espaigne1 mon imag9ation m'y =ge des commoditez et des plaisirs1 desquels mon ame e/ reellem5t *at\illee et resi\ye4 ,combi5 de fois embr\illons n\s no/re esprit de *ol]e ou de tri/esse1 p> telles ombres1 et n\s ins]ons en des passions fanta/iques1 qui n\s alt]5t et l'ame et le corps8 ,quelles grimaces1 e/onnees1 ri>des1 confuses1 excite la resu]ie en noz visages6 ,quelles saillies et agitations de membres et de voix6 ,semble-il pas de cet homme seul1 qu'il aye des visions fauces1 d'vne presse d'autres hommes1 auec qui il negocie3 ou quelque demon int]ne1 qui le p]secute8 ,enqu]ez v\s v\s1 o e/ l'obiect de cette mutation8 ,e/-il ri5 sauf n\s1 en nature1 que l'inanit sub/ante1 sur quoy elle puisse8 ,cambyses p\r auoir song en dormant1 que son fr]e deuoit deu5ir ,roy de ,p]se1 le fit m\rir1 vn fr]e qu'il aymoit1 et duquel il s'e/oit t\si\rs fi4 ,ari/odemus ,roy des ,mess5i5s se tua1 p\r vne fantasie qu'il pr9t de mauuais augure1 de ie ne say quel hurlem5t de ses *i5s4 ,et le ,roy ,midas en fit autant1 tr\bl et fas* de quelque mal plaisant songe qu'il auoit song4 ,c'e/ pris] sa vie iu/em5t ce qu'elle e/1 de l'ab&onn] p\r vn songe4 ,oyez p\rtant no/re ame1 triomph] de la mis]e du corps1 de sa foiblesse1 de ce qu'il e/ en butte t\tes (f5ces et alt]ations3 vrayem5t elle a raison d'en p>l]4 ,o prima infelix f+5ti t]ra ,prome!o6 ,ille p>um cauti pectoris egit opus4 ,corpora dispon5s1 m5tem non vidit 9 arte1 ,recta animi primm debuit esse via4 ,,*apitre ,v4 ,sur des v]s de ,virgile4 ,a mesure que les p5sem5s vtiles sont plus ple9s1 et solides1 ils sont aussi plus empes*ans1 et plus on]eux4 ,le vice1 la mort1 la pauuret1 les maladies1 sont subiects graues1 et qui greu5t4 ,il faut auoir l'ame in/ruitte des moy5s de s\/5ir et combatre les maux1 et in/ruite des regles de bi5 viure1 et de bi5 croire3 et s\u5t l'esueill] et ex]c] en cette belle e/ude4 ,mais vne ame de commune sorte1 il faut que ce soit auec relas*e et mod]ation3 elle s'affolle1 d'e/re trop cont9uellem5t b&ee4 ,i'auoy beso+ en ieunesse1 de m'adu]tir et sollicit] p\r me t5ir en (fice4 ,l'alegresse et la sant ne conui5n5t pas tant bi51 dit-on1 auec ces disc\rs s]ieux et sages4 ,ie suis pres5t en vn autre e/at4 ,les conditions de la vieillesse1 ne m'adu]tiss5t que trop1 m'assagiss5t et me pres*5t4 ,de l'excez de la gayet1 ie suis tomb en celuy de la seu]it3 plus fas*eux4 ,p>quoy1 ie me laisse cette heure all] vn peu la desbau*e1 p> desse93 et employe quelque fois l'ame1 des p5sem5s fola/res et ieunes1 o elle se sei\rne4 ,ie ne suis me%uy que trop rassis1 trop poisant1 et trop meur4 ,les ans me font leon t\s les i\rs1 de froideur1 et de temp]ance4 ,ce corps fuyt le desreiglem5t1 et le cra9t3 il e/ son t\r de guid] l'esprit v]s la re=mation3 il reg5te son t\r3 et plus rudem5t et imp]ieusem5t4 ,il ne me laisse pas vne heure1 ny dormant ny veillant1 *aum] d'in/ruction1 de mort1 de pati5ce1 et de pnit5ce4 ,ie me deff5s de la temp]ance1 comme i'ay faict autresfois de la volupt3 elle me tire trop arri]e1 et iusques la /upidit4 ,or ie veux e/re mai/re de moy1 t\t s5s4 ,la sagesse a ses excez1 et n'a pas mo9s beso+ de mod]ation que la folie4 ,a9si1 de peur que ie ne se*e1 t>isse1 et m'aggraue de prud5ce1 aux int]ualles que mes maux me donn5t1 ,m5s int5ta suis ne siet vsque malis1 ie gau*is t\t d\cem5t1 et desrobe ma veu de ce ciel orageux et nubileux que i'ay deuant moy4 ,lequel1 ,dieu m]cy1 ie consid]e bi5 sans effroy1 mais non pas sans cont5tion1 et sans e/ude4 ,et me vay amusant en la recordation des ieunesses passees3 ,animus quod p]didit1 optat1 ,atque 9 prt]ita se totus imag9e v]sat4 ,que l'enfance reg>de deuant elle1 la vieillesse d]ri]e3 e/oit ce pas ce que signifioit le d\ble visage de ,ianus8 ,les ans m'entra9n5t s'ils veul5t1 mais reculons4 ,autant que mes yeux peuu5t recognoi/re cette belle saison expiree1 ie les y de/\rne sec\sses4 ,si elle es*appe de mon sang et de mes ve9es1 aumo9s n'en veux-ie drac9] l'image de la memoire4 ,hoc e/ ,viu]e bis1 vita posse priore frui4 ,platon ordonne aux vieill>ds d'assi/] aux ex]cices1 danses1 et ieux de la ieunesse1 p\r se resi\yr en autruy1 de la s\pplesse et beaut du corps1 qui n'e/ plus en eux3 et rappell] en leur s\u5ance1 la grace et faueur de cet aage v]dissant4 ,et veut qu'en ces esbats1 ils attribu5t l'honneur de la victoire1 au ieune homme1 qui aura le plus esbaudi et resi\i1 et plus gr& nombre d'entre eux4 ,ie m]quois autresfois les i\rs poisans et t5ebreux1 comme extraord9aires4 ,ceux-l sont tanto/ les mi5s ord9aires3 les extraord9aires sont les beaux et s]a9s4 ,ie m'en vay au tra9 de tressaillir1 comme d'vne n\uelle faueur1 qu& aucune *ose ne me deult4 ,que ie me *at\ille1 ie ne puis tanto/ plus arra*] vn pauure rire de ce mes*ant corps4 ,ie ne m'esgaye qu'en fantasie et en songe3 p\r de/\rn] p> ruse1 le *agr9 de la vieillesse4 ,mais c]tes il faudroit autre rem$e1 qu'en songe4 ,foible lucte1 de l'art contre la nature4 ,c'e/ gr& simplesse1 d'along] et anticip]1 comme *acun fait1 les incommoditez huma9es4 ,i'ayme mieux e/re mo9s long temps vieil1 que d'e/re vieil1 auant que de l'e/re4 ,iusques aux mo9dres occasions de plaisir que ie puis r5contr]1 ie les empoigne4 ,ie congnois bi5 p> ouyr dire1 plusieurs especes de voluptez prud5tes1 =tes et glorieuses3 mais l'op9ion ne peut pas assez sur moy p\r m'en mettre en appetit4 ,ie ne les veux pas tant magnanimes1 magnifiques et fa/ueuses1 comme ie les veux d\c]euses1 faciles et pre/es4 ,a natura disc$imus3 populo nos damus1 nullius rei bono auctori4 ,ma philosophie e/ en action1 en vsage naturel et pres5t3 peu en fantasie4 ,pr9ss-ie plaisir i\] aux noisettes et la t\pie6 ,non ponebat enim rumores ante salutem4 ,la volupt e/ qualit peu ambitieuse2 elle s'e/ime assez ri*e de soy1 sans y mesl] le prix de la reputation3 et s'ayme mieux l'ombre4 ,il faudroit donn] le foet vn ieune homme1 qui s'amus]oit *oisir le g\/ du v91 et des sauces4 ,il n'e/ ri5 que i'aye mo9s seu1 et mo9s pris3 cette heure ie l'appr5s4 ,i'en ay gr& honte1 mais qu'y f]oy-ie8 ,i'ay encor plus de honte et de despit1 des occasions qui m'y p\ss5t4 ,c'e/ n\s1 resu] et bagu5aud]1 et la ieunesse se t5ir sur la reputation et sur le bon b\t4 ,elle va v]s le monde1 v]s le cr$it3 n\s en v5ons4 ,sibi arma1 sibi equos1 sibi ha/as1 sibi clauam1 sibi pilam1 sibi natationes et cursus habeant3 nobis s5ibus1 ex lusionibus multis1 talos rel9quant et tess]as4 ,les loix mesme n\s enuoy5t au logis4 ,ie ne puis mo9s en faueur de cette *etiue condition1 o mon aage me p\sse1 que de luy f\rnir de ioets et d'amusoires1 comme l'enfance3 aussi y retombons n\s4 ,et la sagesse et la folie1 auront pr\ faire1 m'e/ay] et sec\rir p> (fices alt]natifs1 en cette calamit d'aage4 ,misce /ultitiam consiliis breuem4 ,ie fuis de mesme les plus leg]es po9tures3 et celles qui ne m'euss5t pas autresfois esgratign1 me transp]c5t cette heure4 ,mon habitude comm5ce de s'appliqu] si volonti]s au mal3 9 fragili corpore odiosa omnis (f5sio e/4 ,mnsque pati durum su/9et gra nihil4 ,i'ay e/ t\si\rs *at\illeux et delicat aux (f5ces1 ie suis plus t5dre cette heure1 et ouu]t p> t\t4 ,et m9im vires frang]e quassa val5t4 ,mon iugem5t m'empes*e bi5 de regimb] et grond] contre les inconu5i5ts que ,nature m'ordonne s\ffrir1 mais non pas de les s5tir4 ,ie c\rrois d'vn b\t du monde l'autre1 *]*] vn bon an de tranquillit plaisante et eni\ee1 moy1 qui n'ay autre f9 que viure et me resi\yr4 ,la tranquillit sombre et /upide1 se tr\ue assez p\r moy1 mais elle m'endort et ente/e3 ie ne m'en cont5te pas4 ,s'il y a quelque p]sonne1 quelque bonne compagnie1 aux *amps1 en la ville1 en ,france1 ou ailleurs1 resseante1 ou voyag]e1 qui mes humeurs soi5t bonnes1 de qui les humeurs me soy5t bonnes1 il n'e/ que de siffl] en paume1 ie leur iray f\rnir des ,essays1 en *air et en os4 ,puisque c'e/ le priuilege de l'esprit1 de se r'auoir de la vieillesse1 ie luy conseille autant que ie puis1 de le faire3 qu'il v]disse1 qu'il fleurisse ce p5dant1 s'il peut1 comme le guy sur vn arbre mort4 ,ie cra9s que c'e/ vn trai/re3 il s'e/ si e/roittem5t affret au corps1 qu'il m'ab&onne t\s c\ps1 p\r le suiure en sa necessit4 ,ie le flatte "p1 ie le practique p\r neant3 i'ay beau essay] de le de/\rn] de cette collig5ce1 et luy pres5t] et ,s5eque et ,catulle1 et les dames et les dances royalles3 si son compagnon a la *olique1 il semble qu'il l'ayt aussi4 ,les puissances mesmes qui luy sont p>ticuli]es et propres1 ne se peuu5t lors s\sleu]3 elles s5t5t euidemm5t le morfondu3 il n'y a po9ct d'allegresse en ses productions1 s'il n'en y a qu& et qu& au corps4 ,noz mai/res ont tort1 dequoy *]*ants les causes des eslancem5ts extraord9aires de no/re esprit1 outre ce qu'ils en attribu5t vn rauissem5t diu91 l'am\r1 l'aspret gu]ri]e1 la posie1 au v93 ils n'en ont donn sa "p la sant4 ,vne sant b\illante1 vig\reuse1 ple9e1 oysiue1 telle qu'autrefois la v]deur des ans et la securit1 me la f\rnissoi5t p> v5us4 ,ce feu de gayet suscite en l'esprit des eloises viues et claires outre no/re clairt naturelle3 et entre les en?\siasmes1 les plus gaill>ds1 s9on les plus esp]dus4 ,or bi51 ce n'e/ pas m]ueille1 si vn contraire e/at affesse mon esprit1 le cl\1 et en tire vn effect contraire4 ,ad nullum consurgit opus cum corpore languet4 ,et veut encores que ie luy sois t5u1 dequoy il pre/e1 comme il dit1 beauc\p mo9s ce cons5tem5t1 que ne porte l'vsage ord9aire des hommes4 ,aumo9s p5dant que n\s auons trefue1 *assons les maux et difficultez de no/re comm]ce1 ,dum licet1 obducta soluatur fronte s5ectus3 tetrica sunt amn&a iocul>ibus4 ,i'ayme vne sagesse gaye et ciuile1 et fuis l'aspret des murs1 et l'au/]it3 ayant p\r suspecte t\te m9e reb>batiue3 ,tri/mque vultus tetrici arrogantiam2 ,et habet tri/is quoque turba cyndos4 ,ie croy ,platon de bon cur1 qui dit les humeurs faciles ou difficiles1 e/re vn gr& preiudice la bont ou mauuai/i de l'ame4 ,socrates eut vn visage con/ant1 mais s]e9 et riant4 ,non fas*eusem5t con/ant1 comme le vieil ,crassus1 qu'on ne veit iamais rire4 ,la v]tu e/ qualit plaisante et gaye4 ,ie say bi5 que =t peu de g5s re*ign]ont la lic5ce de mes escrits1 qui n'ay5t plus re*ign] la lic5ce de leur p5see4 ,ie me con=me bi5 leur c\rage3 mais i'(f5ce leurs yeux4 ,c'e/ vne humeur bi5 ordonnee1 de p9s] les escrits de ,platon1 et c\l] ses negociations pret5dues auec ,ph$on1 ,dion1 ,/ella1 ,ar*eanassa4 ,non pudeat dic]e1 quod non pudet s5tire4 ,ie hay vn esprit h>gneux et tri/e1 qui glisse p> dessus les plaisirs de sa vie1 et s'empoigne et pai/ aux malheurs4 ,comme les m\*es1 qui ne peuu5t t5ir contre vn corps bi5 poly1 et bi5 liss1 et s'atta*5t et repos5t aux lieux scabreux et raboteux4 ,et comme les vant\ses1 qui ne hum5t et appet5t que le mauuais sang4 ,au re/e1 ie me suis ordonn d'os] dire t\t ce que i'ose faire3 et me desplai/ des p5sees mesmes impubliables4 ,la pire de mes actions et conditions1 ne me semble pas si laide1 comme ie tr\ue laid et las*e1 de ne l'os] adu\]4 ,*acun e/ discret en la confession1 on le deuroit e/re en l'action4 ,la h>diesse de faillir1 e/ aucunem5t comp5see et bridee1 p> la h>diesse de le confess]4 ,qui s'oblig]oit t\t dire1 s'oblig]oit ne ri5 faire de ce qu'on e/ contra9t de taire4 ,dieu vueille que cet excs de ma lic5ce1 attire nos hommes iusques la lib]t3 p> dessus ces v]tus c\>des et m9euses1 nees de nos imp]fections3 qu'aux desp5s de mon immod]ation1 ie les attire iusques au po9t de la raison4 ,il faut voir son vice1 et l'e/udi]1 p\r le r$ire3 ceux qui le cel5t autruy1 le cel5t ord9airem5t eux mesmes3 et ne le ti5n5t pas p\r asss c\u]t1 s'ils le voy5t4 ,ils le s\/ray5t et desguis5t leur propre consci5ce4 ,qu>e vitia sua nemo confitetur8 ,quia etiam nunc 9 illis e/1 somnium n>r>e vigilantis e/4 ,les maux du corps s'esclairciss5t en augm5tant4 ,n\s tr\uons que c'e/ g\tte1 ce que n\s nommions rheume ou f\lleure4 ,les maux de l'ame s'obscurciss5t en leurs =ces3 le plus malade les s5t le mo9s4 ,voyla p\rquoy il les faut s\u5t remani] au i\r1 d'vne ma9 impiteuse3 les ouurir et arra*] du creus de no/re poitr9e4 ,comme en mati]e de bi5s faicts1 de mesme en mati]e de mesfaicts1 c'e/ p> fois satisfaction que la seule confession4 ,e/-il quelque laideur au faillir1 qui n\s disp5se de n\s en confess]8 ,ie s\ffre pe9e me fe9dre3 si que i'euite de pr5dre les secrets d'autruy en g>de1 n'ayant pas bi5 le cur de desadu\] ma sci5ce4 ,ie puis la taire1 mais la ny]1 ie ne puis sans ef=t et desplaisir4 ,p\r e/re bi5 secret1 il le faut e/re p> nature1 non p> obligation4 ,c'e/ peu1 au s]uice des ,pr9ces1 d'e/re secret1 si on n'e/ m5teur encore4 ,celuy qui s'enque/oit ,?ales ,milesius1 s'il deuoit solemnellem5t ny] d'auoir paill>d1 s'il se fu/ address moy1 ie luy eusse respondu1 qu'il ne le deuoit pas faire1 c> le m5tir me semble encore pire que la paill>dise4 ,?ales luy conseilla t\t autrem5t1 et qu'il iura/1 p\r g>5tir le plus1 p> le mo9s4 ,t\tesfois ce conseil n'e/oit pas tant election de vice1 que multiplication4 ,sur quoy disons ce mot en passant1 qu'on fait bon m>* vn homme de consci5ce1 qu& on luy propose quelque difficult au contrepoids du vice3 mais qu& on l'enf]me entre deux vices1 on le met vn rude *oix4 ,comme on fit ,orig5e3 ou qu'il idolatra/1 ou qu'il se s\ffri/ i\yr *>nellem5t1 vn gr& vila9 ?iopi5 qu'on luy pres5ta4 ,il subit la premi]e condition3 et vitieusem5t1 dit-on4 ,p\rtant ne s]oi5t pas sans g\/1 selon leur erreur1 celles qui n\s prote/5t en ce temps1 qu'elles aym]oi5t mieux *>g] leur consci5ce de dix hommes1 que d'vne messe4 ,si c'e/ indiscretion de publi] a9si ses erreurs1 il n'y a pas gr& dang] qu'elle passe en exemple et vsage4 ,c> ,ari/on disoit1 que les v5s que les hommes craign5t le plus1 sont ceux qui les desc\ur5t4 ,il faut rebrass] ce sot haillon qui ca*e nos murs4 ,ils enuoy5t leur consci5ce au bordel1 et ti5n5t leur cont5ance en regle4 ,iusques aux trai/res et assass9s1 ils esp\s5t les loix de la c]emonie1 et atta*5t l leur deuoir4 ,si n'e/-ce1 ny l'iniu/ice de se pla9dre de l'inciuilit1 ny la malice de l'indiscretion4 ,c'e/ dommage qu'vn mes*ant homme ne soit encore vn sot1 et que la dec5ce pallie son vice4 ,ces incru/ations n'app>ti5n5t qu' vne bonne et sa9e p>oy1 qui m]ite d'e/re cons]uee1 d'tre blan*ie4 ,en faueur des ,hugu5ots1 qui accus5t no/re confession auriculaire et priuee1 ie me confesse en publiq1 religieusem5t et purem5t4 ,sa9ct ,augu/91 ,orig5e1 et ,hippocrates1 ont publi les erreurs de leurs op9ions3 moy encore de mes murs4 ,ie suis affam de me faire congnoi/re3 et ne me *aut combi51 p\rueu que ce soit v]itablem5t4 ,ou p\r dire mieux1 ie n'ay faim de ri53 mais ie fuis mortellem5t1 d'e/re pris en es*ange1 p> ceux qui il arriue de congnoi/re mon nom4 ,celuy qui fait t\t p\r l'honneur et p\r la gloire1 que p5se-il gaign]1 en se produisant au monde en masque1 desrobant son vray e/re la congnoissance du peuple8 ,l\ez un bossu de sa belle taille1 il le doit receuoir iniure3 si v\s e/es c\>d1 et qu'on v\s honnore p\r vn vaillant homme1 e/-ce de v\s qu'on p>le8 ,on v\s pr5d p\r vn autre4 ,i'aym]oy aussi *]1 que celuy-l se gratifia/ des bonnetades qu'on luy faict1 p5sant qu'il soit mai/re de la tr\ppe1 luy qui e/ des mo9dres de la suitte4 ,ar*elaus ,roy de ,mac$o9e1 passant p> la ru1 quelqu'vn v]sa de l'eau sur luy3 les assi/ans disoi5t qu'il deuoit le punir4 ,voyre mais1 fit-il1 il n'a pas v]s l'eau sur moy1 mais sur celuy qu'il p5soit que ie fusse4 ,socrates celuy1 qui l'adu]tissoit3 qu'on mesdisoit de luy4 ,po9t1 dit-il3 il n'y a ri5 en moy de ce qu'ils dis5t4 ,p\r moy1 qui me loeroit d'e/re bon pilote1 d'e/re bi5 mode/e1 ou d'e/re bi5 *a/e1 ie ne luy en deurois nul gramm]cy4 ,et p>eillem5t1 qui m'appell]oit trai/re1 voleur1 ou yurongne1 ie me ti5droy aussi peu (f5c4 ,ceux qui se mescognoiss5t1 se peuu5t pai/re de fauces approbations3 non pas moy1 qui me voy1 et qui me re*]*e iusques aux entrailles1 qui say bi5 ce qu'il m'app>ti5t4 ,il me plai/ d'e/re mo9s l\1 p\rueu que ie soy mieux congneu4 ,on me p\rroit t5ir p\r sage en telle condition de sagesse1 que ie ti5 p\r sottise4 ,ie m'ennuye que mes ,essais s]u5t les dames de meuble commun seulem5t1 et de meuble de sale3 ce *apitre me f]a du cab9et4 ,i'ayme leur comm]ce vn peu priu3 le publique e/ sans faueur et saueur4 ,aux adieux1 n\s es*auffons outre l'ord9aire l'affection enu]s les *oses que n\s ab&onnons4 ,ie pr5s l'extreme cong des ieux du monde3 voicy nos d]ni]es accolades4 ,mais v5ons mon !me4 ,qu'a faict l'action g5itale aux hommes1 si naturelle1 si necessaire1 et si iu/e1 p\r n'en os] p>l] sans v]gongne1 et p\r l'exclurre des propos s]ieux et reglez8 ,n\s prononons h>dim5t1 tu]1 desrob]1 trahir3 et cela1 n\s n'os]ions qu'entre les d5ts4 ,e/-ce dire1 que mo9s n\s en exhalons en p>ole1 d'autant n\s auons loy d'en grossir la p5see8 ,c> il e/ bon1 que les mots qui sont le mo9s en vsage1 mo9s escrits1 et mieux teuz1 sont les mieux sceus1 et plus g5]alem5t cognus4 ,nul aage1 nulles murs l'ignor5t non plus que le pa94 ,ils s'imprim5t en *ascun1 sans e/re exprimez1 et sans voix et sans figure4 ,et le sexe qui le fait le plus1 a *>ge de le taire le plus4 ,c'e/ vne action1 que n\s auons mis en la fran*ise du sil5ce1 d'o c'e/ crime de l'arra*]4 ,non pas p\r l'accus] et iug]4 ,ny n'osons la f\tt]1 qu'en p]iphrase et pe9ture4 ,gr& faueur vn crim9el1 d'e/re si execrable1 que la iu/ice e/ime iniu/e1 de le t\*] et de le veoir3 libre et sauu p> le b5efice de l'aigreur de sa condamnation4 ,n'en va-il pas comme en mati]e de liures1 qui se r5d5t d'autant plus v5aux et publiques1 de ce qu'ils sont supprimez8 ,ie m'en vay p\r moy1 pr5dre au mot l'aduis d',ari/ote1 qui dit1 ,l'e/re honteux1 s]uir d'ornem5t la ieunesse1 mais de repro*e la vieillesse4 ,ces v]s se pres*5t en l'escole anci5ne3 escole laquelle ie me ti5 bi5 plus qu' la mod]ne3 ses v]tus me sembl5t plus gr&es1 ses vices mo9dres4 ,ceux qui p> trop fuyant ,v5us e/riu5t1 ,faill5t autant que ceux qui trop la suiu5t4 ,tu1 ,dea1 tu r]um naturam sola gub]nas1 ,nec s9e te quicquam dias 9 lum9is oras ,exoritur1 neque fit ltum1 nec amabile quicquam4 ,ie ne say qui a peu mal mesl] ,pallas et les ,muses1 auec ,v5us1 et les refroidir enu]s l'am\r3 mais ie ne voy aucunes deitez qui s'aui5n5t mieux1 ny qui s'entr$oiu5t plus4 ,qui o/]a aux muses les imag9ations am\reuses1 leur desrob]a le plus bel entreti5 qu'elles ay5t1 et la plus noble mati]e de leur ouurage3 et qui f]a p]dre l'am\r la communication et s]uice de la posie l'affoiblira de ses meilleures armes4 ,p> a9s9 on *>ge le ,dieu d'acco9tance1 et de bi5-vueillance1 et les ,deesses protectrices d'humanit et de iu/ice1 du vice d'+ratitude et de mescognoissance4 ,ie ne suis pas de si long temps cass de l'e/at et suitte de ce ,dieu1 que ie n'aye la memoire in=mee de ses =ces et valeurs3 ,agnosco vet]is ve/igia flamm4 ,il y a encore quelque demeurant d'emotion et *aleur apres la fiure4 ,nec mihi deficiat calor hic1 hyemantibus annis4 ,t\t asse* que ie suis1 et appesanty1 ie s5s encore quelques ti$es re/es de cette ardeur passee4 ,qual l'alto geo p] *e ,aquilone o ,noto ,cessi1 *e tutto prima il vuolse et scosse1 ,non s'ac*eta ei p]to1 ma'l sono el' moto1 ,riti5 dell' onde anco agitate grosse4 ,mais de ce que ie m'y ent5ds1 les =ces et valeur de ce ,dieu1 se tr\u5t plus vifues et plus animees1 en la pe9ture de la posie1 qu'en leur propre ess5ce4 ,et v]sus digitos habet4 ,elle repres5te ie ne say quel air1 plus am\reux que l'am\r mesme4 ,v5us n'e/ pas si belle t\te ne1 et viue1 et haletante1 comme elle e/ icy *ez ,virgile4 ,dix]at1 et niueis h9c atque h9c ,diua lac]tis ,cunctantem amplexu molli f\et4 ,ille rep5te ,accepit solitam flammam1 nsque m$ullas ,intrauit calor1 et labefacta p] ossa cucurrit4 ,non secus atque olim tonitru cm rupta corusco ,ignea rima micans p]currit lum9e nimbos4 44444444444444444 ,ea v]ba loquutus1 ,optatos d$it amplexus1 placidmque petiuit ,coniugis infusus gremio p] membra soporem4 ,ce que i'y tr\ue consid]]1 c'e/ qu'il la pe9ct vn peu bi5 esmee p\r vne ,v5us m>itale4 ,en ce sage m>*1 les appetits ne se tr\u5t pas si folla/res3 ils sont sombres et plus m\sses4 ,l'am\r hait qu'on se ti5ne p> ailleurs que p> luy1 et se mesle las*em5t aux acco9tances qui sont dressees et entret5ues s\bs autre titre3 comme e/ le m>iage4 ,l'alliance1 les moy5s1 y pois5t p> raison1 autant ou plus1 que les graces et la beaut4 ,on ne se m>ie pas p\r soy1 quoy qu'on die3 on se m>ie autant ou plus1 p\r sa po/]it1 p\r sa famille4 ,l'vsage et l'int]e/ du m>iage t\*e no/re race1 bi5 lo+ p> del n\s4 ,p\rtant me plai/ cette faon1 qu'on le conduise plu/o/ p> ma9 ti]ce1 que p> les propres3 et p> le s5s d'autruy1 que p> le si54 ,t\t cecy1 combi5 l'opposite des conu5tions am\reuses8 ,aussi e/-ce vne espece d'ince/e1 d'all] employ] ce p>5tage v5]able et sacr1 les ef=ts et les extrauagances de la lic5ce am\reuse1 comme il me semble auoir dict ailleurs4 ,il faut1 dit ,ari/ote1 t\*] sa femme prudemm5t et seu]em5t1 de peur qu'en la *at\illant trop lasciuem5t1 le plaisir ne la face sortir hors des gons de raison4 ,ce qu'il dit p\r la consci5ce1 les m$ec9s le dis5t p\r la sant4 ,qu'vn plaisir excessiuem5t *aud1 voluptueux1 et assidu1 alt]e la sem5ce1 et empes*e la conception4 ,dis5t d'autre "p1 qu' vne congression languissante1 comme celle l e/ de sa nature3 p\r la remplir d'vne iu/e et f]tile *aleur1 il s'y faut pres5t] r>em5t1 et notables int]ualles2 ,quo rapiat siti5s ,v5]em int]isque recondat4 ,ie ne voy po9t de m>iages qui faill5t plu/o/1 et se tr\bl5t1 que ceux qui s'a*em95t p> la beaut1 et desirs am\reux4 ,il y faut des fondem5s plus solides1 et plus con/ans1 et y m>*] d'aguet3 cette boillante allegresse n'y vaut ri54 ,ceux qui p5s5t faire honneur au m>iage1 p\r y io9dre l'am\r1 font1 ce me semble1 de mesme ceux1 qui p\r faire faueur la v]tu1 ti5n5t que la noblesse n'e/ autre *ose que v]tu4 ,ce sont *oses qui ont quelque c\s9age3 mais il y a beauc\p de diu]sit3 on n'a que faire de tr\bl] leurs noms et leurs tiltres4 ,on fait tort l'vne ou l'autre de les confondre4 ,la noblesse e/ vne belle qualit1 et introduite auec raison3 mais d'autant que c'e/ vne qualit dep5dant d'autruy1 et qui peut tomb] en vn homme vicieux et de neant1 elle e/ en e/imation bi5 lo+ au dess\bs de la v]tu4 ,c'e/ vne v]tu1 si ce l'e/1 artificielle et visible3 dep5dant du temps et de la =tune3 diu]se en =me selon les contrees1 viuante et mortelle3 sans naissance1 non plus que la riui]e du ,nil3 g5ealogique et commune2 de suite et de similitude3 tiree p> consequ5ce1 et consequ5ce bi5 foible4 ,la sci5ce1 la =ce1 la bont1 la beaut1 la ri*esse1 t\tes autres qualitez1 tomb5t en communication et en comm]ce3 cetty-cy se consomme en soy1 de nulle emploite au s]uice d'autruy4 ,on proposoit l'vn de nos ,roys1 le *oix de deux competiteurs1 en vne mesme *>ge1 desquels l'vn e/oit ,g5til'homme1 l'autre ne l'e/oit po9t3 il ordonna que sans respect de cette qualit1 on *oisi/ celuy qui auroit le plus de m]ite3 mais o la valeur s]oit enti]em5t p>eille1 qu'alors on eu/ respect la noblesse3 c'e/oit iu/em5t luy donn] son rang4 ,antigonus vn ieune homme incogneu1 qui luy dem&oit la *>ge de son p]e1 homme de valeur1 qui v5oit de m\rir3 ,mon amy1 dit-il1 en tels bi5 faicts1 ie ne reg>de pas tant la noblesse de mes soldats1 comme ie fais leur proesse4 ,de vray1 il n'en doibt pas all] comme des (fici]s des ,roys de ,sp>te1 trompettes1 m5e/ri]s1 cuis9i]s1 qui en leurs *>ges succ$oi5t les enfants1 p\r ignorants qu'ils fuss5t1 auant les mieux exp]im5tez du me/i]4 ,ceux de ,callicut font des nobles1 vne espece p> dessus l'huma9e4 ,le m>iage leur e/ int]dit1 et t\te autre vacation que bellique4 ,de concub9es1 ils en peuu5t auoir leur sa\l3 et les femmes autant de ruffi5s3 sans ial\sie les vns des autres4 ,mais c'e/ vn crime capital et irremissible1 de s'acc\pl] p]sonne d'autre condition que la leur4 ,et se ti5n5t pollus1 s'ils en sont seulem5t t\*ez en passant3 et1 comme leur noblesse en e/ant m]ueilleusem5t iniuriee et int]essee1 tu5t ceux qui seulem5t ont appro* vn peu trop pres d'eux4 ,de mani]e que les ignobles sont t5us de cri] en m>*ant1 comme les gondoli]s de ,v5ise1 au cont\r des rus1 p\r ne s'entreheurt]3 et les nobles leur comm&5t de se iett] au qu>ti] qu'ils veul5t4 ,ceux cy euit5t p> l1 cette ignom9ie1 qu'ils e/im5t p]petuelle2 ceux l vne mort c]ta9e4 ,nulle duree de temps1 nulle faueur de ,pr9ce1 nul (fice1 ou v]tu1 ou ri*esse peut faire qu'vn roturi] deui5ne noble4 ,a quoy ayde cette c\/ume1 que les m>iages sont def5dus de l'vn me/i] l'autre4 ,ne peut vne de race cordonni]e1 esp\s] vn *>p5ti]3 et sont les p>5ts obligez de dress] les enfants la vacation des p]es1 precisem5t1 et non autre vacation3 p> o se ma9ti5t la di/9ction et cont9uation de leur =tune4 ,vn bon m>iage1 s'il en e/1 refuse la compagnie et conditions de l'am\r3 il tas*e repres5t] celles de l'amiti4 ,c'e/ vne d\ce societ de vie1 ple9e de con/ance1 de fiance1 et d'vn nombre inf9y d'vtiles et solides (fices1 et obligations mutuelles4 ,aucune femme qui en sau\re le g\/1 ,optato quam iunxit lum9e tda1 ne v\droit t5ir lieu de mai/resse son m>y4 ,si elle e/ logee en son affection1 comme femme1 elle y e/ bi5 plus honorablem5t et seurem5t logee4 ,qu& il f]a l'esmeu ailleurs1 et l'empress1 qu'on luy dem&e p\rtant lors1 qui il aym]oit mieux arriu] vne honte1 ou sa femme ou sa mai/resse1 de qui la des=tune l'afflig]oit le plus1 qui il desire plus de gr&eur3 ces dem&es n'ont aucun d\bte en vn m>iage sa94 ,ce qu'il s'en voit si peu de bons1 e/ signe de son prix et de sa valeur4 ,a le bi5 faonn] et le bi5 pr5dre1 il n'e/ po9t de plus belle piece en notre societ4 ,n\s ne n\s en p\uons pass]1 et l'allons auilissant4 ,il en adui5t ce qui se voit aux cages1 les oyseaux qui en sont dehors1 desesp]5t d'y entr]2 et d'vn p>eil so+ en sortir1 ceux qui sont au d$ans4 ,socrates1 enquis1 qui e/oit plus commode1 pr5dre1 ou ne pr5dre po9t de femme3 ,lequel des deux1 dit-il1 on face1 on s'en rep5tira4 ,c'e/ vne conu5tion laquelle se rapporte bi5 po9t ce qu'on dit1 homo hom9i1 ou ,deus1 ou lupus4 ,il faut le r5contre de beauc\p de qualitez le ba/ir4 ,il se tr\ue en ce temps plus commode aux ames simples et populaires1 o les delices1 la curiosit1 et l'oysiuet1 ne le tr\bl5t pas tant4 ,les humeurs desbau*ees1 comme e/ la mi5ne1 qui hay t\te sorte de liaison et d'obligation1 n'y sont pas si propres4 ,et mihi dulce magis resoluto viu]e collo4 ,de mon desse91 i'eusse fuy d'esp\s] la sagesse mesme1 si elle m'eu/ v\lu4 ,mais n\s auons beau dire3 la c\/ume et l'vsage de la vie commune1 n\s emporte4 ,la plus "p de mes actions se conduis5t p> exemple1 non p> *oix4 ,t\tesfois ie ne m'y conuiay pas proprem5t4 ,on m'y m5a1 et y fus port p> des occasions e/rang]es4 ,c> non seulem5t les *oses incommodes1 mais il n'en e/ aucune si laide et vitieuse et euitable1 qui ne puisse deu5ir acceptable p> quelque condition et accid5t1 tant l'huma9e po/ure e/ va9e4 ,et y fus port1 c]tes plus prep> lors1 et plus reb\rs1 que ie ne suis pres5t1 apres l'auoir essay4 ,et t\t lic5cieux qu'on me ti5t1 i'ay en v]it plus seu]em5t obs]u les loix de m>iage1 que ie n'auois ny promis ny esp]4 ,il n'e/ plus temps de regimb] qu& on s'e/ laiss entrau]4 ,il faut prudemm5t mesnag] sa lib]t3 mais depuis qu'on s'e/ submis l'obligation1 il s'y faut t5ir s\bs les loix du debuoir commun1 aumo9s s'en ef=c]4 ,ceux qui entrepr5n5t ce m>* p\r s'y port] auec hayne et mespris1 font iniu/em5t et incommodm5t4 ,et cette belle regle que ie voy pass] de ma9 en ma9 entre elles1 comme vn sa9ct oracle1 ,s]s ton m>y comme ton mai/re1 ,et t'en g>de comme d'vn trai/re3 qui e/ dire3 ,porte toy enu]s luy1 d'vne reu]5ce contra9te1 ennemye1 et deffiante 7cry de gu]re et de deffi7 e/ p>eillem5t iniurieuse et difficile4 ,ie suis trop mol p\r desse9s si esp9eux4 ,a dire vray1 ie ne suis pas arriu cette p]fection d'habilet et galantise d'esprit1 que de confondre la raison auec l'iniu/ice1 et mettre en risee t\t ordre et regle qui n'accorde mon appetit4 ,p\r hayr la sup]/ition1 ie ne me iette pas incont95t l'irreligion4 ,si on ne fait t\si\rs son debuoir1 au mo9s le faut il t\si\rs aym] et recognoi/re3 c'e/ trahison1 se m>i] sans s'esp\s]4 ,passons outre4 ,no/re pote repres5te vn m>iage ple9 d'accord et de bonne conu5ance1 auquel p\rtant il n'y a pas beauc\p de loyaut4 ,a il v\lu dire1 qu'il ne soit pas impossible de se r5dre aux ef=ts de l'am\r1 et ce neantmo9s res]u] quelque deuoir enu]s le m>iage3 et qu'on le peut bless]1 sans le rompre t\t faict8 ,tel valet f]re la mule au mai/re qu'il ne hayt pas p\rtant4 ,la beaut1 l'oportunit1 la de/9ee 7c> la de/9ee y met aussi la ma97 ,fatum e/ 9 p>tibus illis ,quas s9us abscondit3 nam si tibi sid]a cess5t1 ,nil faciet longi m5sura incognita n]ui1 l'ont atta*e vn e/rang]3 non pas si enti]e peut e/re1 qu'il ne luy puisse re/] quelque liaison p> o elle ti5t encore son m>y4 ,ce sont deux desse9s1 qui ont des r\tes di/+uees1 et non confondues4 ,vne femme se peut r5dre tel p]sonnage1 que nullem5t elle ne v\droit auoir esp\s3 ie ne dy pas p\r les conditions de la =tune1 mais p\r celles mesmes de la p]sonne4 ,peu de g5s ont esp\s des amies qui ne s'en soi5t rep5tis4 ,et iusques en l'autre monde1 quel mauuais mesnage fait ,iupit] avec sa femme1 qu'il auoit premi]em5t pratiquee et i\y p> am\rettes8 ,c'e/ ce qu'on dit1 *i] dans le pani]1 p\r apres le mettre sur sa te/e4 ,i'ay veu de mon temps en quelque bon lieu1 gu]ir honteusem5t et de%onne/em5t1 l'am\r1 p> le m>iage3 les consid]ations sont trop autres4 ,n\s aymons1 sans n\s empes*] deux *oses diu]ses1 et qui se contr>i5t4 ,isocrates disoit1 que la ville d',a!nes plaisoit la mode que font les dames qu'on s]t p> am\r1 *acun aymoit s'y v5ir prom5]1 et y pass] son temps3 nul ne l'aymoit p\r l'esp\s]3 c'e/ dire1 p\r s'y habitu] et domicili]4 ,i'ay auec despit1 veu des m>is hayr leurs femmes1 de ce seulem5t1 qu'ils leur font tort4 ,aumo9s ne les faut il pas mo9s aym]1 de no/re faute3 p> rep5tance et compassion aumo9s1 elles n\s en deuroi5t e/re plus *]es4 ,ce sont f9s diff]5tes1 et p\rtant compatibles1 dit-il1 en quelque faon4 ,le m>iage a p\r sa "p1 l'vtilit1 la iu/ice1 l'honneur1 et la con/ance3 vn plaisir plat1 mais plus vniu]sel4 ,l'am\r se fonde au seul plaisir3 et l'a de vray plus *at\illeux1 plus vif1 et plus aigu3 vn plaisir attiz p> la difficult3 il y faut de la piqueure et de la cuison4 ,ce n'e/ plus am\r1 s'il e/ sans fle*es et sans feu4 ,la lib]alit des dames e/ trop pr(use au m>iage1 et esm\sse la po9cte de l'affection et du desir4 ,p\r fur cet inconu5i5t1 voyez la pe9e qu'y pr5n5t en leurs loix ,lycurgus et ,platon4 ,les femmes n'ont pas tort du t\t1 qu& elles refus5t les regles de vie1 qui sont introduites au monde3 d'autant que ce sont les hommes qui les ont faictes sans elles4 ,il y a naturellem5t de la brigue et riotte entre elles et n\s4 ,le plus e/roit cons5tem5t que n\s ayons auec elles1 encores e/-il tumultuaire et tempe/ueux4 ,a l'aduis de no/re au!ur1 n\s les traictons inconsid]m5t en cecy4 ,apres que n\s auons cogneu1 qu'elles sont sans comp>aison plus capables et ard5tes aux effects de l'am\r que n\s1 et que ce pre/re anci5 l'a a9si tesmoign1 qui auoit e/ tanto/ homme1 tanto/ femme3 ,v5us huic erat vtraque nota4 ,et en outre1 que n\s auons appris de leur propre b\*e1 la preuue qu'en fir5t autrefois1 en diu]s siecles1 vn ,emp]eur et vne ,emp]i]e de ,rome1 mai/res ouuri]s et fameux en cette besongne3 luy despucela bi5 en vne nuict dix vi]ges ,s>mates ses captiues3 mais elle f\rnit reelem5t en vne nuict1 v+t et c9q entrepr9ses1 *angeant de compagnie selon son beso+ et son g\/1 ,adhuc ard5s rigid t5tig9e vulu3 ,et lassata viris1 nondum satiata recessit4 ,et que sur le diff]5t adu5u ,cateloigne1 entre vne femme1 se plaignant des ef=ts trop assiduelz de son m>y 7non tant mon aduis qu'elle en fu/ incommodee1 c> ie ne crois les miracles qu'en foy1 comme p\r retran*] s\bs ce pretexte1 et brid] en ce mesme1 qui e/ l'action fondam5tale du m>iage1 l'au?orit des m>is enu]s leurs femmes3 et p\r montr] que leurs h]gnes1 et leur malignit pass5t outre la c\*e nuptiale1 et f\l5t aux pi$s graces et d\ceurs mesmes de ,v5us7 laquelle pla9te1 le m>y respondoit1 homme vrayem5t brutal et desnatur1 qu'aux i\rs mesme de ieusne il ne s'en sauroit pass] mo9s de dix3 int]u9t ce notable arre/ de la ,royne d',aragon3 p> lequel1 apres meure delib]ation de conseil1 cette bonne ,royne1 p\r donn] regle et exemple t\t temps1 de la mod]ation et mode/ie requise en vn iu/e m>iage3 ordonna p\r bornes legitimes et necessaires1 le nombre de six p> i\r3 relas*ant et quitant beauc\p du beso+ et desir de son sexe1 p\r e/ablir1 disoit-elle1 vne =me aysee1 et p> consequ5t p]manante et immuable4 ,en quoy s'escri5t les docteurs1 quel doit e/re l'appetit et la concupisc5ce fem99e1 puisque leur raison1 leur re=mation1 et leur v]tu1 se taille ce prix8 consid]ans le diu]s iugem5t de nos appetits4 ,c> ,solon patron de l'es*ole legi/e ne taxe qu' trois fois p> mois1 p\r ne faillir po9t1 cette hantise coniugale4 ,apres avoir creu1 dis-ie1 et pres* cela1 n\s sommes allez1 leur donn] la cont95ce peculi]em5t en p>tage3 et sur pe9es d]ni]es et extremes4 ,il n'e/ passion plus pressante1 que cette cy1 laquelle n\s v\lons qu'elles resi/5t seules3 non simplem5t1 comme vn vice de sa mesure3 mais comme l'abom9ation et execration plus qu' l'irreligion et au p>ricide3 et n\s n\s y r5dons ce p5dant sans c\lpe et repro*e4 ,ceux mesme d'entre n\s1 qui ont essay d'en v5ir b\t1 ont assez au\ quelle difficult1 ou plu/o/ impossibilit il y auoit1 vsant de rem$es mat]iels1 mat]1 affoiblir et refroidir le corps4 ,n\s au contraire1 les v\lons sa9es1 vigoreuses1 en bon po9t1 bi5 n\rries1 et *a/es ensemble3 c'e/ dire1 et *audes et froides4 ,c> le m>iage1 que n\s disons auoir *>ge de les empes*] de brul]1 leur aporte peu de refrai*issem5t selon nos murs4 ,si elles en pr5n5t vn1 qui la vigueur de l'aage b\lt encores1 il f]a gloire de l'esp&re ailleurs4 ,sit t&em pudor1 aut eamus 9 ius1 ,multis m5tula millibus r$empta1 ,non e/ hc tua1 ,basse1 v5didi/i4 ,le philosophe ,polemon fut iu/em5t appell en iu/ice p> sa femme1 de ce qu'il alloit semant en vn *amp /]ile le fruict deu au *amp g5ital4 ,si c'e/ de ces autres cassez1 les voyla en ple9 m>iage1 de pire condition que vi]ges et vefues4 ,n\s les t5ons p\r bi5 f\rnies1 p> ce qu'elles ont vn homme aupres4 ,comme les ,roma9s t9dr5t p\r viollee ,clodia ,lta1 ve/ale1 que ,caligula auoit appro*e1 encore qu'il fu/ au]1 qu'il ne l'auoit qu'appro*e4 ,mais au reb\rs2 on re*>ge p> l1 leur necessit3 d'autant que l'att\*em5t et la compagnie de quelque masle que ce soit1 esueille leur *aleur1 qui demeur]oit plus quiete en la solitude4 ,et cette f91 comme il e/ vray-semblable1 de r5dre p> cette circon/ance et consid]ation1 leur *a/et plus m]itoire4 ,boleslaus et ,k+e sa femme1 ,roys de ,p\longne1 la v\r5t d'vn commun accord1 c\*ez ensemble1 le i\r mesme de leurs nopces3 et la ma9t9dr5t la b>be des commoditez m>itales4 ,n\s les dressons ds l'enfance1 aux entremises de l'am\r3 leur grace1 leur attiffeure1 leur sci5ce1 leur p>ole1 t\te leur in/ruction1 ne reg>de qu' ce b4 ,leurs g\u]nantes ne leur imprim5t autre *ose que le visage de l'am\r1 ne fu/ qu'en le leur repres5tant cont9uellem5t p\r les en desg\/]4 ,ma fille1 c'e/ t\t ce que i'ay d'enfans1 e/ en l'aage auquel les loix excus5t les plus es*auffees de se m>i]4 ,elle e/ d'vne complexion t>diue1 m9ce et molle1 et a e/ p> sa m]e esleuee de mesme1 d'vne =me retiree et p>ticuli]e3 si qu'elle ne comm5ce encore qu' se desniais] de la naifuet de l'enfance4 ,elle lisoit vn liure ,franois deuant moy3 le mot de1 f\teau1 s'y r5contra1 nom d'vn arbre cogneu3 la femme qu'ell' a p\r sa conduitte1 l'arre/a t\t c\rt1 vn peu rudem5t1 et la fit pass] p> dessus ce mauuais pas4 ,ie la laissay faire1 p\r ne tr\bl] leurs regles3 c> ie ne m'empes*e aucunem5t de ce g\u]nem5t4 ,la police fem99e a vn tra9 my/]ieux1 il faut le leur quitt]4 ,mais si ie ne me trompe1 le comm]ce de v+t laquays1 n'eu/ seu imprim] en sa fantasie1 de six moys1 l'intellig5ce et vsage1 et t\tes les consequ5ces du son de ces syllabes scel]ees1 comme fit cette bonne vieille1 p> sa reprim5de et son int]diction4 ,motus doc]i gaudet ,ionicos ,matura virgo1 et frangitur artubus1 ,iam nunc1 et ince/os amores ,de t5]o m$itatur vngui1 ,qu'elles se disp5s5t vn peu de la c]emonie1 qu'elles entr5t en lib]t de disc\rs1 n\s ne sommes qu'enfans au prix d'elles1 en cette sci5ce4 ,oyez leur repres5t] nos p\rsuittes et nos entreti5s3 elles v\s font bi5 cognoi/re que n\s ne leur apportons ri51 qu'elles n'ay5t seu et dig] sans n\s4 ,s]oit-ce ce que dit ,platon1 qu'elles ay5t e/ g>ons desbau*ez autresfois8 ,mon oreille se r5contra vn i\r en lieu1 o elle p\uoit desrob] aucun des disc\rs faicts entre elles sans s\pon3 que ne puis-ie le dire8 ,no/re dame1 7fis-ie71 allons cette heure e/udi] des frases d',amadis1 et des regi/res de ,boccace et de l',aret91 p\r faire les habiles3 n\s employons vrayem5t bi5 notre temps3 il n'e/ ny p>ole1 ny exemple1 ny dm>*e qu'elles ne sa*5t mieux que nos liures4 ,c'e/ vne discipl9e qui nai/ dans leurs ve9es1 ,et m5tem ,v5us ipsa d$it1 que ces bons mai/res d'escole1 nature1 ieunesse1 et sant1 leur s\ffl5t cont9uellem5t dans l'ame4 ,elles n'ont que faire de l'appr5dre1 elles l'eng5dr5t4 ,nec tantum niueo gauisa e/ ulla columbo ,comp>1 vel si quid dicitur improbius1 ,oscula mord5ti semp] dec]p]e ro/ro1 ,quantum prcipu multiuola e/ muli]4 ,qui n'eu/ t5u vn peu en bride cette naturelle viol5ce de leur desir1 p> la cra9te et honneur1 dequoy on les a p\rueus1 n\s e/ions diffamez4 ,t\t le m\uem5t du monde se res\lt et r5d cet acc\plage3 c'e/ vne mati]e infuse p> t\t3 c'e/ vn c5tre o t\tes *oses reg>d5t4 ,on void encore des ordonnances de la vieille et sage ,rome1 faictes p\r le s]uice de l'am\r3 et les preceptes de ,socrates1 in/ruire les c\rtisanes4 ,necnon libelli ,/oici int] s]icos ,iac]e puluillos amant4 ,z5on p>my les loix1 regloit aussi les esc>quillem5s1 et les sec\sses du depucelage4 ,de quel s5s e/oit le liure du philosophe ,/rato1 de la conionction *>nelle8 ,et dequoy traittoit ,!ophra/e1 en ceux qu'il intitula1 l'vn l',am\reux1 l'autre de l',am\r8 ,dequoy ,ari/ippus au si51 des anci5nes delices8 ,que veul5t pret5dre les descriptions si e/5dues et viues en ,platon1 des am\rs de son temps8 ,et le liure de l',am\reux1 de ,demetrius ,phal]eus3 et ,cl9ias1 ou l',am\reux =c de ,h]aclides ,ponticus8 ,et d',anti/h5es1 celuy de faire les enfants1 ou des nopces3 et l'autre1 du mai/re ou de l',amant8 ,et d',ari/o1 celuy1 des ex]cices am\reux8 de ,clean!s1 vn de l',am\r1 l'autre de l'art d'aym]8 ,les dialogues am\reux de ,sph]us8 ,et la fable de ,iupit] et ,iuno de ,*rysippus1 e%ontee au del de t\te s\ffrance8 ,et ses c9quante epi/res si lasciues8 ,ie veux laiss] "p les escrits des philosophes1 qui ont suiuy la secte d',epicurus protectrice de la volupt4 ,c9quante deitez e/oi5t au temps pass ass]uies cet (fice4 ,et s'e/ tr\u nation1 o p\r endormir la concupisc5ce de ceux qui v5oi5t la deuotion1 on t5oit aux temples des g>ses i\yr et e/oit acte de c]emonie de s'en s]uir auant v5ir l'(fice3 ,nimirum propt] cont95tiam incont95tia necess>ia e/1 inc5dium ignibus ext+uitur4 ,en la plus "p du monde1 cette p>tie de no/re corps e/oit deifiee4 ,en mesme pr\9ce1 les vns se l'escor*oi5t p\r en (frir et consacr] vn lop93 les autres (froi5t et consacroi5t leur sem5ce4 ,en vne autre1 les ieunes hommes se le p]oi5t publiquem5t1 et ouuroi5t en diu]s lieux entre *air et cuir1 et trau]soi5t p> ces ouu]tures1 des bro*ettes1 les plus longues et grosses qu'ils p\uoi5t s\ffrir3 et de ces bro*ettes faisoi5t apres du feu1 p\r (fr&e leurs ,dieux3 e/imez peu vig\reux et peu *a/es1 s'ils v5oi5t s'e/onn] p> la =ce de cette cruelle d\leur4 ,ailleurs1 le plus sacr magi/rat1 e/oit reu] et recogneu p> ces p>ties l4 ,et en plusieurs c]emonies l'effigie en e/oit portee en pompe1 l'honneur de diu]ses diu9itez4 ,les dames gypti5nes en la fe/e des ,bac*anales1 en portoi5t au col vn de bois1 exquisem5t =m1 gr& et pesant1 *acune selon sa =ce3 outre ce que la /atue de leur ,dieu1 en repres5toit1 qui surpassoit en mesure le re/e du corps4 ,les femmes m>ies icy pres1 en =g5t de leur c\ure*ef vne figure sur leur front1 p\r se glorifi] de la i\yssance qu'elles en ont3 et v5ant e/re vefues1 le c\*5t en arri]e1 et enseueliss5t s\bs leur coiffure4 ,les plus sages matrones ,rome1 e/oi5t honnorees d'(frir des fleurs et des c\ronnes au ,dieu ,priapus4 ,et sur ses p>ties mo9s honne/es1 faisoit-on soir les vi]ges1 au temps de leurs nopces4 ,encore ne say-ie si i'ay veu en mes i\rs quelque air de p>eille deuotion4 ,que v\loit dire cette ridicule piece de la *aussure de nos p]es1 qui se voit encore en nos ,suysses8 ,a quoy faire1 la montre que n\s faisons cette heure de nos pieces en =me1 s\bs nos grecgues3 et s\u5t1 qui pis e/1 outre leur gr&eur naturelle1 p> faucet et impo/ure8 ,il me pr5d enuie de croire1 que cette sorte de ve/em5t fut inu5tee aux meilleurs et plus consci5tieux siecles1 p\r ne pip] le monde3 p\r que *acun r5di/ en publiq compte de son faict4 ,les nations plus simples1 l'ont encore aucunem5t rapportant au vray4 ,lors on in/ruisoit la sci5ce de l'ouuri]1 comme il se faict1 de la mesure du bras ou du pi$4 ,ce bon homme qui en ma ieunesse1 *a/ra tant de belles et antiques /atues en sa gr&e ville1 p\r ne corrompre la veu1 suyuant l'aduis de cet autre anti5 bon homme1 ,flagitij pr9cipium e/ nud>e int] ciues corpora3 se deuoit aduis]1 comme aux my/]es de la bonne ,deesse1 t\te app>5ce mascul9e en e/oit =close1 que ce n'e/oit ri5 auanc]1 s'il ne faisoit encore *a/r]1 et *euaux1 et asnes1 et nature en f94 ,omne adeo g5us 9 t]ris1 hom9mque1 f]>mque1 ,et g5us quoreum1 pecudes pictque volucres1 ,9 furias ignmque ruunt4 ,les ,dieux1 dit ,platon1 n\s ont f\rni d'vn membre inob$i5t et tyrannique3 qui1 comme vn animal furieux1 entrepr5d p> la viol5ce de son appetit1 s\smettre t\t soy4 ,de mesmes aux femmes le leur1 comme vn animal gl\ton et auide1 auquel si on refuse alim5ts en sa saison1 il =c5e impati5t de delay2 et s\fflant sa rage en leurs corps1 empes*e les conduits1 arre/e la respiration1 causant mille sortes de maux3 iusques ce qu'ayant hum le fruit de la soif commune1 il en ayt l>gem5t arr\s et ensem5c le fond de leur matrice4 ,or se deuoit aduis] aussi mon legislateur1 qu' l'auanture e/-ce vn plus *a/e et fructueux vsage1 de leur faire de bonne heure cognoi/re le vif1 que de le leur laiss] deu9]1 selon la lib]t1 et *aleur de leur fantasie4 ,au lieu des p>ties vrayes1 elles en sub/itu5t p> desir et p> esp]ance1 d'autres extrauagantes au triple4 ,et tel de ma cognoissance s'e/ p]du1 p\r auoir faict la desc\u]te des si5nes1 en lieu o il n'e/oit encore au propre de les mettre en possession de leur plus s]ieux vsage4 ,quel dommage ne font ces enormes p\rtraicts1 que les enfants vont semant aux passages et escalli]s des maisons ,royalles8 ,de l leur vi5t vn cruel mespris de no/re portee naturelle4 ,que sait-on1 si ,platon ordonnant apres d'autres republiques bi5 in/ituees que les hommes1 femmes1 vieux1 ieunes1 se pres5t5t nuds la veu les vns des autres1 en ses gymna/iques1 n'a pas reg>d cela8 ,les ,indi5nes qui voy5t les hommes crud1 ont aumo9s refroidy le s5s de la veu4 ,et quoy que di5t les femmes de ce gr& royaume du ,pegu1 qui au dess\s de la ce9ture1 n'ont se c\urir qu'vn drap f5du p> le deuant3 et si e/roit1 que quelque c]imonieuse dec5ce qu'elles y c]*5t1 *asque pas on les void t\tes2 que c'e/ vne inu5tion tr\uee aux f9s d'attir] les hommes elles1 et les retir] des masles1 quoy cette nation e/ du t\t ab&onnee3 il se p\rroit dire1 qu'elles y p]d5t plus qu'elles n'auanc5t3 et qu'vne faim enti]e1 e/ plus aspre1 que celle qu'on a rassasiee1 au mo9s p> les yeux4 ,aussi disoit ,liuia1 qu' vne femme de bi51 vn homme nud1 n'e/ non plus qu'vne image4 ,les ,lac$emoni5nes1 plus vi]ges femmes1 que ne sont noz filles1 voyoy5t t\s les i\rs les ieunes hommes de leur ville1 desp\illez en leurs ex]cices3 peu exactes elles mesmes c\urir leurs cuisses en m>*ant3 s'e/imants1 comme dit ,platon1 assez c\u]tes de leur v]tu sans v]tugade4 ,mais ceux l1 desquels p>le ,sa9ct ,augu/91 ont donn vn m]ueilleux ef=t de t5tation la nudit1 qui ont mis en d\bte1 si les femmes au iugem5t vniu]sel1 resuscit]ont en leur sexe1 et non plu/o/ au no/re1 p\r ne n\s t5t] encore en ce sa9ct e/at4 ,on les leurre en somme1 et a*>ne1 p> t\s moy5s4 ,n\s es*auffons et incitons leur imag9ation sans cesse1 et puis n\s crions au v5tre4 ,confessons le vray1 il n'en e/ gu]e d'entre n\s1 qui ne craigne plus la honte1 qui luy vi5t des vices de sa femme1 que des si5s3 qui ne se soigne plus 7esm]ueillable *>it7 de la consci5ce de sa bonne esp\se1 que de la si5ne propre3 qui n'ayma/ mieux e/re voleur et sacrilege1 et que sa femme fu/ meurtri]e et h]etique1 que si elle n'e/oit plus *a/e que son m>y4 ,inique e/imation de vices4 ,n\s et elles sommes capables de mille corruptions plus dommageables et desnaturees1 que n'e/ la lasciuet4 ,mais n\s faisons et poisons les vices1 non selon nature1 mais selon no/re int]e/4 ,p> o ils pr5n5t tant de =mes inegales4 ,l'aspret de noz decrets1 r5d l'application des femmes ce vice1 plus aspre et plus vicieuse1 que ne porte sa condition3 et l'engage des suittes pires que n'e/ leur cause4 ,elles (friront volonti]s d'all] au palais qu]ir du ga91 et la gu]re de la reputation1 plu/o/ que d'auoir au milieu de l'oisiuet1 et des delices1 faire vne si difficile g>de4 ,voy5t-elles pas1 qu'il n'e/ ny m>*ant ny procureur1 ny soldat1 qui ne quitte sa besongne p\r c\rre cette autre3 et le cro*eteur1 et le saueti]1 t\t h>assez et hallebr5ez qu'ils sont de trauail et de faim8 ,num tu1 qu t5uit diues ,a*m5es1 ,aut p+uis ,phrygi ,mygdonias opes1 ,p]mut>e velis cr9e ,licymni1 ,pl5as aut ,arabum domos1 ,dum fragrantia detorquet ad oscula ,c]uicem1 aut facili suitia negat1 ,qu posc5te magis gaudeat eripi1 ,int]dum rap]e occupet8 ,ie ne say si les exploicts de ,cs> et d',alex&re surpass5t en rudesse la resolution d'vne belle ieune femme1 n\rrie no/re faon1 la lumi]e et comm]ce du monde1 battue de tant d'exemples contraires1 se ma9t5ant enti]e1 au milieu de mille cont9uelles et =tes p\rsuittes4 ,il n'y a po9t de faire1 plus esp9eux1 qu'e/ ce non faire1 ny plus actif4 ,ie tr\ue plus ays1 de port] vne cuirasse t\te sa vie1 qu'vn pucelage4 ,et e/ le vu de la virg9it1 le plus noble de t\s les vux1 comme e/ant le plus aspre4 ,diaboli virtus 9 lumbis e/3 dict ,sa9ct ,i]osme4 ,c]tes le plus ardu et le plus vig\reux des huma9s deuoirs1 n\s l'auons resign aux dames1 et leur en quittons la gloire4 ,cela leur doit s]uir d'vn s+uli] esguillon s'y op9ia/r]4 ,c'e/ vne belle mati]e n\s brau]1 et f\l] aux pi$s1 cette va9e preem95ce de valeur et de v]tu1 que n\s pret5dons sur elles4 ,elles tr\u]ont1 si elles s'en pr5n5t g>de1 qu'elles en s]ont non seulem5t tres-e/imees1 mais aussi plus aymees4 ,vn galant homme n'ab&onne po9t sa p\rsuitte1 p\r e/re refus1 p\rueu que ce soit vn refus de *a/et1 non de *oix4 ,n\s auons beau iur] et m5ass]1 et n\s pla9dre3 n\s m5tons1 n\s les en aymons mieux4 ,il n'e/ po9t de p>eil leurre1 que la sagesse1 non rude1 et r5frongnee4 ,c'e/ /upidit et las*et1 de s'op9ia/r] contre la hayne et le mespris4 ,mais contre vne resolution v]tueuse et con/ante1 meslee d'vne volont recognoissante1 c'e/ l'ex]cice d'vne ame noble et g5]euse4 ,elles peuu5t recognoi/re nos s]uices1 iusques c]ta9e mesure1 et n\s faire s5tir honne/em5t qu'elles ne n\s desdaign5t pas4 ,c> cette loy qui leur comm&e de n\s abom9]1 p> ce que n\s les adorons1 et n\s hayr de ce que n\s les aymons3 elle e/ c]tes cruelle1 ne fu/ que de sa difficult4 ,p\rquoy n'orront elles noz (fres et noz dem&es1 autant qu'elles se conti5n5t s\s le deuoir de la mode/ie8 ,que va lon deu9ant1 qu'elles sonn5t au d$ans1 quelque s5s plus libre8 ,vne ,royne de no/re temps1 disoit +5ieusem5t1 que de refus] ces abbors1 c'e/ tesmoignage de foiblesse1 et accusation de sa propre facilit3 et qu'vne dame non t5tee1 ne se p\uoit v5t] de sa *a/et4 ,les limites de l'honneur ne sont pas retran*ez du t\t si c\rt3 il a dequoy se relas*]1 il peut se disp5s] aucunem5t sans se =faire4 ,au b\t de sa fronti]e1 il y a quelque e/5due1 libre1 indiff]5te1 et neutre4 ,qui l'a peu *ass] et accul] =ce1 iusques dans son co9 et son =t3 c'e/ vn mal habile homme s'il n'e/ satisfaict de sa =tune4 ,le prix de la victoire se consid]e p> la difficult4 ,v\lez v\s sauoir quelle impression a faict en son cur1 vo/re s]uitude et vo/re m]ite8 mesurez-le ses murs4 ,telle peut donn] plus1 qui ne donne pas tant4 ,l'obligation du bi5-faict1 se rapporte enti]em5t la volont de celuy qui donne3 les autres circon/ances qui tomb5t au bi5 faire1 sont muettes1 mortes et casueles4 ,ce peu luy c\/e plus donn]1 qu' sa compaigne son t\t4 ,si en quelque *ose la r>et s]t d'e/imation1 ce doit e/re en cecy4 ,ne reg>dez pas combi5 peu c'e/1 mais combi5 peu l'ont4 ,la valeur de la monnoye se *ange selon le co9 et1 la m]que du lieu4 ,quoy que le despit et l'indiscretion d'aucuns leur puisse faire dire1 sur l'excez de leur mescont5tem5t3 t\si\rs la v]tu et la v]it regaigne son auantage4 ,i'en ay veu1 desquelles la reputation a e/ long temps int]essee p> iniure1 s'e/re remises en l'approbation vniu]selle des hommes1 p> leur seule con/ance1 sans so+ et sans artifice3 *acun se rep5t et se desm5t1 de ce qu'il en a creu4 ,de filles vn peu suspectes1 elles ti5n5t le premi] rang entre les dames d'honneur4 ,quelqu'vn disoit ,platon3 ,t\t le monde mesdit de v\s4 ,laissez les dire1 fit-il3 ie viuray de faon1 que ie leur f]ay *ang] de langage4 ,outre la cra9te de ,dieu1 et le prix d'vne gloire si r>e1 qui les doibt incit] se cons]u]1 la corruption de ce siecle les y =ce4 ,et si i'e/ois en leur place1 il n'e/ ri5 que ie ne fisse plu/o/ que de commettre ma reputation en ma9s si dang]euses4 ,de mon temps1 le plaisir d'en comt] 7plaisir qui ne doit gu]e en d\ceur celuy mesme de l'effect7 n'e/oit p]mis qu' ceux qui auoi5t quelque amy fidelle et vnique3 pres5t les entreti5s ord9aires des assemblees et des tables1 ce sont les vant]ies des faueurs receus1 et lib]alit secrette des dames4 ,vrayem5t c'e/ trop d'abiection1 et de bassesse de cur1 de laiss] a9si fi]em5t p]secut]1 pai/rir1 et f\rrag] ces t5dres et mign>des d\ceurs1 des p]sonnes +rates1 indiscretes1 et si volages4 ,cette no/re exasp]ation immod]ee1 et illegitime1 contre ce vice1 nai/ de la plus va9e et tempe/euse maladie qui afflige les ames huma9es1 qui e/ la ial\sie4 ,quis vetat apposito lum5 de lum9e sumi8 ,d5t licet assidu1 nil tam5 inde p]it4 ,celle-l1 et l'enuie sa sur1 me sembl5t des plus ineptes de la tr\ppe4 ,de cette-cy1 ie n'en puis gu]es p>l]3 cette passion qu'on pe9t si =te et si puissante1 n'a de sa grace aucune addresse en moy4 ,quant l'autre1 ie la cognois1 au mo9s de veu4 ,les be/es en ont ress5tim5t4 ,le pa/eur ,cratis e/ant tomb en l'am\r d'vne *eure1 son b\c1 a9si qu'il dormoit1 luy v9t p> ial\sie *oqu] la te/e1 de la si5ne1 et la luy escraza4 ,n\s auons mont l'excez de cette fieure1 l'exemple d'aucunes nations b>b>es4 ,les mieux discipl9ees en ont e/ t\*ees3 c'e/ raison3 mais non pas transportees3 ,ense m>itali nemo confossus adult]1 ,purpureo ,/ygias sangu9e t9xit aquas4 ,lucullus1 ,cs>1 ,pompeius1 ,antonius1 ,caton1 et d'autres braues hommes1 fur5t cocus1 et le seur5t1 sans en excit] tumulte4 ,il n'y eut en ce temps l1 qu'vn sot de ,lepidus1 qui en m\rut d'angoisse4 ,ah6 tum te mis]um malique fati1 ,quem attractis p$ibus1 pat5te porta1 ,p]curr5t mugilsque raphanique4 ,et le ,dieu de no/re pote1 qu& il surpr9t auec sa femme l'vn de ses compagnons1 se cont5ta de leur en faire honte3 ,atque aliquis de ,diis non tri/ibus optat1 ,sic fi]i turpis4 ,et ne laisse p\rtant de s'es*auff] des molles c>esses1 qu'elle luy (fre3 se plaignant qu'elle soit p\r cela entree en deffiance de son affection3 ,quid causas petis ex alto8 fiducia cessit ,quo tibi1 ,diua1 mei8 ,voyre elle luy fait reque/e p\r vn si5 ba/>d1 ,arma rogo g5itrix nato3 qui luy e/ lib]alem5t accordee4 ,et p>le ,vulcan d'neas auec honneur3 ,arma acri faci5da viro4 ,d'vne humanit la v]it plus qu'huma9e4 ,et cet excez de bont1 ie cons5s qu'on le quitte aux ,dieux3 ,nec diuis hom9es componi] quum e/4 ,quant la confusion des enfans1 outre ce que les plus graues legislateurs l'ordonn5t et l'affect5t en leurs republiques1 elle ne t\*e pas les femmes1 o cette passion e/ ie ne say comm5t encore mieux en siege4 ,spe etiam ,iuno1 maxima clicolum1 ,coniugis 9 culpa flagrauit quotidiana4 ,lors que la ial\sie saisit ces pauures ames1 foibles1 et sans resi/ance1 c'e/ piti1 comme elle les tirasse et tyrannise cruellem5t4 ,elle s'y ins9ue s\s tiltre d'amiti3 mais depuis qu'elle les poss$e1 les mesmes causes qui s]uoi5t de fondem5t la bi5-vueillance1 s]u5t de fondem5t de hayne capitale3 c'e/ des maladies d'esprit celle1 qui plus de *oses s]u5t d'alim5t1 et mo9s de *oses de rem$e4 ,la v]tu1 la sant1 le m]ite1 la reputation du m>y1 sont les b\tefeux de leur maltal5t et de leur rage4 ,null sunt inimiciti1 nisi amoris1 ac]b4 ,cette fiure laidit et corrompt t\t ce qu'elles ont de bel et de bon d'ailleurs4 ,et d'vne femme ial\se1 quelque *a/e qu'elle soit1 et mesnag]e1 il n'e/ action qui ne s5te l'aigre et l'importun4 ,c'e/ vne agitation enragee1 qui les reiette vne extremit du t\t contraire sa cause4 ,il fut bon d'vn ,octauius ,rome4 ,ayant c\* auec ,pontia ,po/humia1 il augm5ta son affection p> la i\yssance1 et p\rsuyuit t\te in/ance de l'esp\s]3 ne la p\uant p]suad]1 cet am\r extreme le precipita aux effects de la plus cruelle et mortelle inimiti3 il la tua4 ,p>eillem5t les symptomes ord9aires de cette autre maladie am\reuse1 ce sont ha9es inte/9es1 monopoles1 coniurations3 ,notumque1 fur5s quid fm9a possit3 et vne rage1 qui se ronge d'autant plus1 qu'elle e/ contra9cte de s'excus] du pretexte de bi5-vueillance4 ,or le deuoir de *a/et1 a vne gr&e e/5due4 ,e/-ce la volont que n\s v\lons qu'elles brid5t8 ,c'e/ vne piece bi5 s\pple et actiue4 ,elle a beauc\p de promptitude p\r la p\uoir arre/]4 ,comm5t8 si les songes les engag5t p> fois si auant1 qu'elles ne s'en puiss5t desdire4 ,il n'e/ pas en elles1 ny l'aduanture en la *a/et mesme1 puis qu'elle e/ femelle1 de se deff5dre des concupisc5ces et du desir]4 ,si leur volont seule n\s int]esse o en sommes n\s8 ,imag9ez la gr&' presse1 qui auroit ce priuilege1 d'e/re port t\t emp5n1 sans yeux1 et sans langue1 sur le po9ct de *acune qui l'accept]oit4 ,les femmes ,scy!s creuoy5t les yeux t\ts leurs esclaues et prisonni]s de gu]re1 p\r s'en s]uir plus librem5t et c\u]tem5t4 ,o le furieux aduantage que l'opportunit6 ,qui me dem&]oit la premi]e p>tie en l'am\r1 ie respondrois1 que c'e/ sauoir pr5dre le temps3 la seconde de mesme3 et encore la ti]ce4 ,c'e/ vn po9ct qui peut t\t4 ,i'ay eu faute de =tune s\u5t1 mais p> fois aussi d'entreprise4 ,dieu g>d' de mal qui peut encores s'en moqu]4 ,il y faut en ce siecle plus de tem]it3 laquelle nos ieunes g5s excus5t s\s pretexte de *aleur4 ,mais si elles y reg>doy5t de pres1 elles tr\u]oy5t qu'elle vi5t plu/o/ de mespris4 ,ie craignois sup]/itieusem5t d'(f5s]3 et respecte volonti]s1 ce que i'ayme4 ,outre ce qu'en cette m>*&ise1 qui en o/e la reu]5ce1 en efface le lu/re4 ,i'ayme qu'on y face vn peu l'enfant1 le cra9tif et le s]uiteur4 ,si ce n'e/ du t\t en cecy1 i'ay d'ailleurs quelques airs de la sotte honte dequoy p>le ,plut>que3 et en a e/ le c\rs de ma vie bless et ta* diu]sem5t4 ,qualit bi5 mal au5ante ma =me vniu]selle4 ,qu'e/-il de n\s aussi1 que s$ition et discrepance8 ,i'ay les yeux t5dres s\/5ir vn refus1 comme refus]4 ,et me poise tant de pois] autruy1 qu's occasions o le deuoir me =ce d'essay] la volont de quelqu'vn1 en *ose d\bteuse et qui lui c\/e1 ie le fais maigrem5t et enuis4 ,mais si c'e/ p\r mon p>ticuli]1 7quoy que die v]itablem5t ,hom]e1 qu' vn indig5t c'e/ vne sotte v]tu que la honte7 i'y commets ord9airem5t vn ti]s1 qui r\gisse en ma place3 et esconduis ceux qui m'emploi5t1 de p>eille difficult3 si qu'il m'e/ adu5u p> fois1 d'auoir la volont de ni]1 que ie n'en auois pas la =ce4 ,c'e/ donc folie1 d'essay] brid] aux femmes vn desir qui leur e/ si cuysant et si naturel4 ,et qu& ie les oye se vant] d'auoir leur volont si vi]ge et si froide1 ie me moque d'elles4 ,elles se recul5t trop arri]e4 ,si c'e/ vne vieille esd5tee decrepite1 ou vne ieune se*e et pulmonique3 s'il n'e/ du t\t croyable1 aumo9s elles ont app>5ce de le dire4 ,mais celles qui se meuu5t et qui respir5t encores1 elles en empir5t leur m>*4 ,d'autant que les excuses inconsid]ees s]u5t d'accusation4 ,comme vn ,g5tilhomme de mes voys9s1 qu'on s\ponnoit d'impuissance3 ,languidior t5]a cui p5d5s sicula beta1 ,numquam se m$iam su/ulit ad tunicam3 trois ou quatre i\rs apres ses nopces1 alla iur] t\t h>dim5t1 p\r se iu/ifi]1 qu'il auoit faict v+t po/es la nuict prec$5te3 dequoy on s'e/ s]uy depuis le conua9cre de pure ignorance1 et le desm>i]4 ,outre1 que ce n'e/ ri5 dire qui vaille4 ,c> il n'y a ny cont95ce ny v]tu1 s'il n'y a de l'ef=t au contraire4 ,il e/ vray1 faut-il dire1 mais ie ne suis pas pre/e me r5dre4 ,les sa9cts mesmes p>l5t a9si4 ,s'ent5d1 de celles qui se vant5t en bon esci5t1 de leur froideur et ins5sibilit1 et qui veul5t en e/re creus d'vn visage s]ieux3 c> qu& c'e/ d'vn visage affet1 o les yeux dem5t5t leurs p>olles1 et du i>gon de leur pr(ession1 qui porte c\p contrepoil1 ie le tr\ue bon4 ,ie suis =t s]uiteur de la nayfuet et de la lib]t3 mais il n'y a rem$e1 si elle n'e/ du t\t niaise ou enfant9e1 elle e/ inepte1 et messeante aux dames en ce comm]ce3 elle gau*it incont95t sur l'impud5ce4 ,leurs desguisem5ts et leurs figures ne tromp5t que les sots3 le m5tir y e/ en siege d'honneur3 c'e/ vn de/\r qui n\s conduit la v]it1 p> vne fauce porte4 ,si n\s ne p\uons cont5ir leur imag9ation1 que v\lons n\s d'elles8 les effects8 ,il en e/ assez qui es*app5t t\te communication e/rang]e1 p> lesquels la *a/et peult e/re corrompue4 ,illud spe facit1 quod s9e te/e facit4 ,et ceux que n\s craignons le mo9s1 sont l'auanture les plus cra9dre4 ,leurs pe*ez muets sont les pires4 ,(f5dor m*a simpliciore m9us4 ,il e/ des effects1 qui peuu5t p]dre sans impudicit leur pudicit3 et qui plus e/1 sans leur seu4 ,ob/etrix1 virg9is cuiusdam integritatem manu velut explorans1 siue maleuol5tia1 siue inscitia1 siue casu1 dum inspicit1 p]didit4 ,telle a adir sa virg9it1 p\r l'auoir c]*ee3 telle s'en esbattant l'a tuee4 ,n\s ne saurions leur circonscrire precisem5t les actions que n\s leur deff5dons4 ,il faut conceuoir no/re loy1 s\bs p>olles g5]alles et inc]ta9es4 ,l'idee mesme que n\s =geons leur *a/et e/ ridicule4 ,c> entre les extremes patrons que i'en aye1 c'e/ ,fatua femme de ,faunus1 qui ne se laissa voir oncques puis ses nopces masle quelconque4 ,et la femme de ,hi]on1 qui ne s5toit pas son m>y punais1 e/imant que ce fu/ vne qualit commune t\s hommes4 ,il faut qu'elles deui5n5t ins5sibles et inuisibles1 p\r n\s satisfaire4 ,or confessons que le neud du iugem5t de ce deuoir1 gi/ pr9cipallem5t en la volont4 ,il y a eu des m>is qui ont s\ff]t cet accid5t1 non seulem5t sans repro*e et (f5ce enu]s leurs femmes1 mais auec s+uli]e obligation et recomm&ation de leur v]tu4 ,telle1 qui aymoit mieux son honneur que sa vie1 l'a pro/itu l'appetit =c5 d'vn mortel ennemy1 p\r sauu] la vie son m>y3 et a faict p\r luy ce qu'elle n'eu/ aucunem5t faict p\r soy4 ,ce n'e/ pas icy le lieu d'e/5dre ces exemples3 ils sont trop hauts et trop ri*es1 p\r e/re repres5tez en ce lu/re3 g>dons-les vn plus noble siege4 ,mais p\r des exemples de lu/re plus vulgaire3 e/-il pas t\s les i\rs des femmes entre n\s qui p\r la seule vtilit de leurs m>is se pre/5t1 et p> leur expresse ordonnance et entremise8 ,et anci5nem5t ,phaulius l',argi5 (frit la si5ne au ,roy ,philippus p> ambition3 t\t a9si que p> ciuilit ce ,galba qui auoit donn s\p] ,mec5as1 voyant que sa femme et luy commanoi5t complot] d'uillades et de signes1 se laissa c\l] sur son c\ss91 repres5tant vn homme aggrau de sommeil3 p\r faire espaule leurs am\rs4 ,ce qu'il adu\a d'assez bonne grace3 c> sur ce po9ct1 vn valet ayant pris la h>diesse de port] la ma9 sur les vases1 qui e/oi5t sur la table3 il luy cria t\t fran*em5t3 ,comm5t coqu98 vois tu pas que ie ne dors que p\r ,mec5as8 ,telle a les murs desbordees1 qui a la volont plus re=mee que n'a cet' autre1 qui se conduit s\bs vne app>5ce reglee4 ,comme n\s en voyons1 qui se plaign5t d'auoir e/ v\ees *a/et1 auant l'aage de cognoissance3 i'en ay veu aussi1 se pla9dre v]itablem5t1 d'auoir e/ v\ees la desbau*e1 auant l'aage de cognoissance4 ,le vice des p>5s en peut e/re cause3 ou la =ce du beso+1 qui e/ vn rude conseill]4 ,aux ,indes ,ori5tales1 la *a/et y e/ant en s+uli]e recomm&ation1 l'vsage p\rtant s\ffroit1 qu'vne femme m>iee se peu/ ab&onn] qui luy pres5toit vn elephant3 et cela1 auec quelque gloire d'auoir e/ e/imee si haut prix4 ,ph$on le philosophe1 homme de maison1 apres la pr9se de son pas d',elide1 feit me/i] de pro/itu]1 autant qu'elle dura1 la beaut de sa ieunesse1 qui en v\lut1 prix d'arg5t1 p\r en viure4 ,et ,solon fut le premi] en la ,grece1 dit-on1 qui p> ses loix1 donna lib]t aux femmes aux desp5s de leur pudicit de pr\uoir au beso+ de leur vie3 c\/ume qu',h]odote dit auoir e/ receu auant luy1 en plusieurs polices4 ,et puis1 quel fruit de cette p5ible sollicitude8 ,c> quelque iu/ice1 qu'il y ayt en cette passion1 encore faudroit-il voir si elle n\s *>ie vtilem5t4 ,e/-il quelqu'vn1 qui les p5se b\cl] p> son indu/rie8 ,pone s]am1 cohibe3 s$ quis cu/odiet ipsos ,cu/odes8 cauta e/1 et ab illis incipit vxor4 ,quelle commodit ne leur e/ suffisante1 en vn siecle si sauant8 ,la curiosit e/ vicieuse p> t\t3 mais elle e/ p]nicieuse icy4 ,c'e/ folie de v\loir s'esclaircir d'vn mal1 auquel il n'y a po9t de m$ec9e1 qui ne l'empire et le r5grege3 duquel la honte s'augm5te et se publie pr9cipalem5t p> la ial\sie3 duquel la v5geance blesse plus nos enfans1 qu'elle ne n\s gu]it4 ,v\s asse*ez et m\rez la que/e d'vne si obscure v]ification4 ,combi5 piteusem5t y sont arriuez ceux de mon temps1 qui en sont v5us b\t8 ,si l'adu]tisseur n'y pres5te qu& et qu& le rem$e et son sec\rs1 c'e/ vn adu]tissem5t iniurieux1 et qui m]ite mieux vn c\p de poign>d1 que ne faict vn dem5tir4 ,on ne se moque pas mo9s de celuy qui e/ en pe9e d'y p\ruoir1 que de celuy qui l'ignore4 ,le *>act]e de la corn>dise e/ indelebile3 qui il e/ vne fois atta*1 il l'e/ t\si\rs4 ,le *a/iem5t l'exprime plus1 que la faute4 ,il faict beau voir1 arra*] de l'ombre et du d\bte1 nos malheurs priuez1 p\r les trompet] en es*affaux tragiques3 et malheurs1 qui ne p9s5t1 que p> le rapport4 ,c> bonne femme et bon m>iage1 se dit1 non de qui l'e/1 mais duquel on se tai/4 ,il faut e/re +5ieux euit] cette ennuyeuse et inutile cognoissance4 ,et auoy5t les ,roma9s en c\/ume1 reu5ans de voyage1 d'enuoy] au deuant en la maison1 faire sauoir leur arriuee aux femmes1 p\r ne les surpr5dre4 ,et p\rtant a introduit c]ta9e nation1 que le pre/re ouure le pas l'esp\see1 le i\r des nopces3 p\r o/] au m>i1 le d\bte et la curiosit1 de c]*] en ce premi] essay1 si elle vi5t luy vi]ge1 ou blessee d'vne am\r e/rang]e4 ,mais le monde en p>le4 ,ie say c5t honne/es hommes coquus1 honne/em5t et peu indecemm5t4 ,vn galant homme en e/ ple9t1 non pas dese/im4 ,faites que vo/re v]tu e/\ffe votre malheur3 que les g5s de bi5 en maudiss5t l'occasion3 que celuy qui v\s (f5ce1 tremble seulem5t le p5s]4 ,et puis1 de qui ne p>le on en ce s5s1 depuis le petit iusques au plus gr&8 ,tot qui legionibus imp]itauit1 ,et melior qum tu multis fuit1 improbe1 rebus4 ,voys tu qu'on engage en ce repro*e tant d'honne/es hommes en ta pres5ce1 p5se qu'on ne t'esp>gne non plus ailleurs4 ,mais iusques aux dames elles s'en moqu]ont4 ,et dequoy se moqu5t elles en ce temps plus volonti]s1 que d'vn m>iage paisible et bi5 compos8 ,*acun de v\s a fait quelqu'vn coqu3 or nature e/ t\te en p>eilles1 en comp5sation et vicissitude4 ,la frequ5ce de cet accid5t1 en doibt mes-huy auoir mod] l'aigreur3 le voyla tanto/ pass en c\/ume4 ,mis]able passion1 qui a cecy encore1 d'e/re incommunicable4 ,=s etiam no/ris inuidit que/ibus aures4 ,c> quel amy osez v\s fi] vos doleances3 qui1 s'il ne s'en rit1 ne s'en s]ue d'a*em9em5t et d'in/ruction p\r pr5dre luy-mesme sa "p la curee8 ,les aigreurs comme les d\ceurs du m>iage se ti5n5t secrettes p> les sages4 ,et p>my les autres importunes conditions1 qui se tr\u5t en iceluy1 cette cy vn homme languag]1 comme ie suis1 e/ des pr9cipales3 que la c\/ume r5de indec5t et nuisible1 qu'on communique p]sonne t\t ce qu'on en sait1 et qu'on en s5t4 ,de leur donn] mesme conseil elles1 p\r les desg\t] de la ial\sie1 ce s]oit temps p]du3 leur ess5ce e/ si confite en s\pon1 en vanit et en curiosit1 que de les gu>ir p> voye legitime1 il ne faut pas l'esp]]4 ,elles s'am5d5t s\u5t de cet inconu5i5t1 p> vne =me de sant1 beauc\p plus cra9dre que n'e/ la maladie mesme4 ,c> comme il y a des en*antem5s1 qui ne sau5t pas o/] le mal1 qu'en le re*>geant vn autre1 elles reiett5t a9si volonti]s cette fieure leurs m>is1 qu& elles la p]d5t4 ,t\tesfois dire vray1 ie ne say si on peut s\ffrir d'elles pis que la ial\sie4 ,c'e/ la plus dang]euse de leurs conditions1 comme de leurs membres1 la te/e4 ,pittacus disoit1 que *acun auoit son defaut3 que le si5 e/oit la mauuaise te/e de sa femme3 hors cela1 il s'e/im]oit de t\t po9t heureux4 ,c'e/ vn bi5 poisant inconu5i5t1 duquel vn p]sonnage si iu/e1 si sage1 si vaillant1 s5toit t\t l'e/at de sa vie alt]4 ,que deuons n\s faire n\s autres homm5ets8 ,le ,s5at de ,m>seille eut raison1 d'int]9] sa reque/e celuy qui dem&oit p]mission de se tu]1 p\r s'exempt] de la tempe/e de sa femme3 c> c'e/ vn mal1 qui ne s'emporte iamais qu'en emportant la piece3 et qui n'a autre composition qui vaille1 que la fuitte1 ou la s\ffrance3 quoy que t\tes les deux1 tres-difficiles4 ,celuy l s'y ent5doit1 ce me semble1 qui dit qu'vn bon m>iage se dressoit d'vne femme aueugle1 auec vn m>y s\rd4 ,reg>dons aussi que cette gr&e et viol5te aspret d'obligation1 que n\s leur enioignons1 ne produise deux effects contraires no/re f93 sauoir1 qu'elle aiguise les p\rsuyuants1 et face les femmes plus faciles se r5dre4 ,c> quant au premi] po9t1 montant le prix de la place1 n\s montons le prix et le desir de la conque/e4 ,s]oit-ce pas ,v5us mesme1 qui eu/ a9si f9em5t hauss le *euet sa m>*&ise1 p> le maqu]elage des loix3 cognoissant combi5 c'e/ vn sot desduit1 qui ne le f]oit valoir p> fantasie et p> *]t8 ,en f9 c'e/ t\te *air de porc1 que la sauce diu]sifie1 comme disoit l'ho/e de ,flam9ius4 ,cupidon e/ vn ,dieu felon4 ,il fait son ieu1 luitt] la deuotion et la iu/ice4 ,c'e/ sa gloire1 que sa puissance *ocque t\t' autre puissance1 et que t\tes autres regles c$5t aux si5nes4 ,mat]iam culp prosequitrque su4 ,et quant au second po9ct3 s]ions n\s pas mo9s coqus1 si n\s craignions mo9s de l'e/re8 suyuant la complexion des femmes3 c> la deff5ce les incite et conuie4 ,vbi velis nolunt1 vbi nolis volunt vltr3 ,concessa pudet ire via4 ,quelle meilleure int]pretation tr\u]ions n\s au faict de ,messal9a8 ,elle fit au comm5cem5t son m>y coqu ca*etes1 comme il se faict3 mais conduisant ses p>ties trop aysm5t1 p> la /upidit qui e/oit en luy1 elle desdaigna s\da9 cet vsage3 la voyla faire l'am\r la desc\u]te1 aduoer des s]uiteurs1 les entret5ir et les fauoris] la vee d'vn *acun4 ,elle v\loit qu'il s'en ress5ti/4 ,cet animal ne se p\uant esueill] p\r t\t cela1 et luy r5dant ses plaisirs mols et fades1 p> cette trop las*e facilit1 p> laquelle il sembloit qu'il les au?orisa/ et legitima/3 que fit elle8 ,femme d'vn ,emp]eur sa9 et viuant1 et ,rome1 au !atre du monde1 en ple9 midy1 en fe/e et c]emonie publique1 et auec ,silius1 duquel elle i\yssoit long temps deuant1 elle se m>ie vn i\r que son m>y e/oit hors de la ville4 ,semble-il pas qu'elle s'a*em9a/ deu5ir *a/e1 p> la non*allance de son m>y8 ,ou qu'elle *]*a/ vn autre m>y1 qui luy aiguisa/ l'appetit p> sa ial\sie1 et qui en luy insi/ant1 l'incita/8 ,mais la premi]e difficult qu'elle r5contra1 fut aussi la d]ni]e4 ,cette be/e s'esueilla en sursaut4 ,on a s\u5t pire m>* de ces s\rdaux endormis4 ,i'ay veu p> exp]i5ce1 que cette extreme s\ffrance1 qu& elle vi5t se desnoer1 produit des v5geances plus aspres4 ,c> pr5ant feu t\t c\p1 la *ol]e et la fureur s'emmoncelant en vn1 esclatte t\s ses ef=ts la premi]e *>ge4 ,ir>mque omnes effundit hab5as4 ,il la fit m\rir1 et gr& nombre de ceux de son intellig5ce3 iusques tel qui n'en p\uoit mais1 et qu'elle auoit conui son lict c\ps d'esc\rgee4 ,ce que ,virgile dit de ,v5us et de ,vulcan1 ,lucrece l'auoit dict plus sortablem5t1 d'vne i\yssance desrobee1 d'elle et de ,m>s4 ,belli f]a mn]a ,mauors ,armipot5s regit1 9 gremium qui spe tuum se ,reiicit1 t]no deu9ctus vuln]e amoris ,pascit amore auidos inhians 9 te1 ,dea1 visus1 ,eque tuo p5det resup9i spiritus ore3 ,hunc tu1 ,diua1 tuo recubantem corpore sancto ,circumfusa sup]1 suaueis ex ore loquelas ,funde4 ,qu& ie rum9e ce1 reiicit1 pascit1 inhians1 molli1 f\et1 m$ullas1 labefacta1 p5det1 p]currit1 et cette noble1 circumfusa1 m]e du g5til infusus1 i'ay desda9 de ces m5ues po9tes et allusions v]balles1 qui nasquir5t depuis4 ,a ces bonnes g5s1 il ne falloit d'aigue et subtile r5contre4 ,leur langage e/ t\t ple91 et gros d'vne vigueur naturelle et con/ante4 ,ils sont t\t epigramme3 non la queu seulem5t1 mais la te/e1 l'e/oma*1 et les pi$s4 ,il n'y a ri5 d'ef=c1 ri5 de tra9ant3 t\t y m>*e d'vne p>eille t5eur4 ,contextus totus virilis e/1 non sunt circa flosculos occupati4 ,ce n'e/ pas vne eloqu5ce molle1 et seulem5t sans (f5ce3 elle e/ n]ueuse et solide1 qui ne plai/ pas tant1 comme elle remplit et rauit3 et rauit le plus1 les plus =ts esprits4 ,qu& ie voy ces braues =mes de s'expliqu]1 si vifues1 si pr(ondes1 ie ne dis pas que c'e/ bi5 dire1 ie dis que c'e/ bi5 p5s]4 ,c'e/ la gaill>dise de l'imag9ation1 qui esleue et enfle les p>olles4 ,pectus e/ quod dis]tum facit4 ,nos g5s appell5t iugem5t1 langage1 et beaux mots1 les ple9es conceptions4 ,cette pe9ture e/ conduitte1 non tant p> dext]it de la ma91 comme p\r auoir l'obiect plus vifuem5t empre9t en l'ame4 ,gallus p>le simplem5t1 p> ce qu'il conoit simplem5t4 ,horace ne se cont5te po9t d'vne sup]ficielle expression1 elle le trahiroit3 il voit plus clair et plus outre dans les *oses3 son esprit cro*ette et furette t\t le magas9 des mots et des figures1 p\r se repres5t]3 et les luy faut outre l'ord9aire1 comme sa conception e/ outre l'ord9aire4 ,plut>que dit1 qu'il veid le langage ,lat9 p> les *oses4 ,icy de mesme3 le s5s esclaire et produit les p>olles3 non plus de v5t1 a9s de *air et d'os4 ,elles signifi5t1 plus qu'elles ne dis5t4 ,les imbecilles s5t5t encores quelque image de cecy4 ,c> en ,italie ie disois ce qu'il me plaisoit en deuis communs3 mais aux propos roides1 ie n'eusse os me fi] vn idiome1 que ie ne p\uois pli] ny cont\rn]1 outre son alleure commune4 ,i'y veux p\uoir quelque *ose du mi54 ,le maniem5t et employte des beaux esprits1 donne prix la langue3 non pas l'inn\ant1 tant1 comme la remplissant de plus vigoreux et diu]s s]uices1 l'e/irant et ployant4 ,ils n'y apport5t po9t des mots3 mais ils enri*iss5t les leurs1 appesantiss5t et enfonc5t leur signification et leur vsage3 luy appr55t des m\uem5ts inacc\/ums3 mais prudemm5t et +5ieusem5t4 ,et combi5 peu cela soit donn t\s1 il se voit p> tant d'escriua9s ,franois de ce siecle4 ,ils sont assez h>dis et ddaigneux1 p\r ne suyure la r\te commune3 mais faute d'inu5tion et de discretion les p]t4 ,il ne s'y voit qu'vne mis]able affectation d'e/ranget3 des desguisem5ts froids et absurdes1 qui au lieu d'esleu]1 abbatt5t la mati]e4 ,p\rueu qu'ils se gorgias5t en la n\uellet1 il ne leur *aut de l'efficace4 ,p\r saisir vn n\ueau mot1 ils quitt5t l'ord9aire1 s\u5t plus =t et plus n]ueux4 ,en no/re langage ie tr\ue assez d'e/(fe1 mais vn peu faute de faon4 ,c> il n'e/ ri51 qu'on ne fi/ du i>gon de nos *asses1 et de no/re gu]re1 qui e/ vn g5]eux t]re9 emprunt]4 ,et les =mes de p>l]1 comme les h]bes1 s'am5d5t et =tifi5t en les transplantant4 ,ie le tr\ue suffisamm5t abondant1 mais non pas maniant et vig\reux suffisamm5t4 ,il succombe ord9airem5t vne puissante conception4 ,si v\s allez t5du1 v\s s5tez s\u5t qu'il languit s\bs v\s1 et fles*it3 et qu' son deffaut le ,lat9 se pres5te au sec\rs1 et le ,grec d'autres4 ,d'aucuns de ces mots que ie vi5s de tri]1 n\s en app]euons plus mal-aysem5t l'en]gie1 d'autant que l'vsage et la frequ5ce1 n\s en ont aucunem5t auily et r5du vulgaire la grace4 ,comme en no/re commun1 il s'y r5contre des frases excell5tes1 et des metaphores1 desquelles la beaut fle/rit de vieillesse1 et la c\leur s'e/ t]nie p> maniem5t trop ord9aire4 ,mais cela n'o/e ri5 du g\/1 ceux qui ont bon nez3 ny ne desroge la gloire de ces anci5s au!urs1 qui1 comme il e/ vraysemblable1 mir5t premi]em5t ces mots en ce lu/re4 ,les sci5ces traict5t les *oses trop f9em5t1 d'vne mode artificielle1 et diff]5te la commune et naturelle4 ,mon page fait l'am\r1 et l'ent5d3 lisez luy ,leon ,hebreu1 et ,fic93 on p>le de luy1 de ses p5sees1 et de ses actions1 et si n'y ent5d ri54 ,ie ne recognois *ez ,ari/ote1 la plus "p de mes m\uem5s ord9aires4 ,on les a c\u]s et reue/us d'vne autre robbe1 p\r l'vsage de l'es*ole4 ,dieu leur do9t bi5 faire3 si i'e/ois du me/i]1 ie naturalis]ois l'art1 autant comme ils artialis5t la nature4 ,laissons l ,bembo et ,equicola4 ,qu& i'escris1 ie me passe bi5 de la compagnie1 et s\u5ance des liures3 de peur qu'ils n'int]romp5t ma =me4 ,aussi qu' la v]it1 les bons au!urs m'abbatt5t p> trop1 et romp5t le c\rage4 ,ie fais volonti]s le t\r de ce pe9tre1 lequel ayant mis]ablem5t repres5t des coqs1 deff5doit ses g>ons1 qu'ils ne laissass5t v5ir en sa b\tique aucun coq naturel4 ,et auroy plu/o/ beso+1 p\r me donn] vn peu de lu/re1 de l'inu5tion du musici5 ,ant9onydes1 qui1 qu& il auoit faire la musique1 mettoit ordre que deuant ou apres luy1 son auditoire fu/ abbreuu de quelques autres mauuais *antres4 ,mais ie me puis plus malaism5t deffaire de ,plut>que3 il e/ si vniu]sel et si pla91 qu' t\tes occasions1 et quelque suiect extrauagant que v\s ayez pris1 il s'+]e vo/re besonge1 et v\s t5d vne ma9 lib]ale et inespuisable de ri*esses1 et d'embellissem5s4 ,il m'en fait despit1 d'e/re si =t expos au pillage de ceux qui le hant5t4 ,ie ne le puis si peu raco9t]1 que ie n'en tire cuisse ou aile4 ,p\r ce mi5 desse91 il me vi5t aussi propos1 d'escrire *ez moy1 en pays sauuage1 o p]sonne ne m'aide1 ny me releve3 o ie ne hante communm5t homme1 qui ent5de le ,lat9 de son pat5o/re2 et de ,franois vn peu mo9s4 ,ie l'eusse faict meilleur ailleurs1 mais l'ouurage eu/ e/ mo9s mi54 ,et sa f9 pr9cipale et p]fection1 c'e/ d'e/re exactem5t mi54 ,ie corrig]ois bi5 vne erreur accid5tale1 dequoy ie suis ple91 a9si que ie c\rs inadu]temm5t3 mais les imp]fections qui sont en moy ord9aires et con/antes1 ce s]oit trahison de les o/]4 ,qu& on m'a dict ou que moy-mesme me suis dict3 ,tu es trop espais en figures1 voyla vn mot du cru de ,gascongne3 voyla vne phrase dang]euse3 7ie n'en refuis aucune de celles qui s'vs5t emmy les rues ,franoises3 ceux qui veul5t combatre l'vsage p> la grammaire se moqu5t7 voyl vn disc\rs ignorant3 voyl vn disc\rs p>adoxe1 en voyl vn trop fol3 tu te i\es s\u5t1 on e/im]a que tu dies droit1 ce que tu dis fe9te4 ,oy1 fais-ie1 mais ie corrige les fautes d'inadu]t5ce1 non celles de c\/ume4 ,e/-ce pas a9si que ie p>le p> t\t8 me repres5te-ie pas viuem5t8 suffit4 ,i'ay faict ce que i'ay v\lu3 t\t le monde me recognoi/ en mon liure1 et mon liure en moy4 ,or i'ay vne condition s+]esse et imitatrice4 ,qu& ie me meslois de faire des v]s1 et n'en fis iamais que des ,lat9s1 ils accusoi5t euidemm5t le pote que ie v5ois d]ni]em5t de lire4 ,et de mes premi]s ,essays1 aucuns pu5t vn peu l'e/rang]4 ,a ,p>is ie p>le vn langage aucunem5t autre qu' ,montaigne4 ,qui que ie reg>de auec att5tion1 m'imprime facilem5t quelque *ose du si54 ,ce que ie consid]e1 ie l'vsurpe3 vne sotte cont5ance1 vne desplaisante grimace1 vne =me de p>l] ridicule4 ,les vices plus4 ,d'autant qu'ils me po+n5t1 ils s'acro*5t moy1 et ne s'en vont pas sans sec\]4 ,on m'a veu plus s\u5t iur] p> similitude1 que p> complexion4 ,imitation meurtri]e1 comme celle des s+es horribles en gr&eur et en =ce1 que le ,roy ,alex&re r5contra en c]ta9e contree des ,indes4 ,desquels il eu/ e/ autrem5t difficile de v5ir b\t4 ,mais ils en pre/]5t le moy5 p> cette leur incl9ation contrefaire t\t ce qu'ils voy5t faire4 ,c> p> l les *asseurs appr9dr5t de se *auss] des s\li]s leur veu1 auec =ce nuds de li5s3 de s'affubl] d'acc\/rem5s de te/e t\t des lacs c\rants1 et o9dre p> semblant1 leurs yeux de glux4 ,a9si mettoy5t imprudemm5t mal1 ces pauures be/es1 leur complexion s+]esse4 ,ils s'engluoi5t1 s'en*eue/roy5t et g>rotoy5t eux mesmes4 ,cette autre facult1 de repres5t] +5ieusem5t les ge/es et p>olles d'vn autre1 p> desse9 qui apporte s\u5t plaisir et admiration1 n'e/ en moy1 non plus qu'en vne s\*e4 ,qu& ie iure selon moy1 c'e/ seulem5t1 p> ,dieu1 qui e/ le plus droit de t\ts les s]m5ts4 ,ils dis5t1 que ,socrates iuroit le *i53 ,z5on cette mesme int]iection1 qui s]t cette heure aux ,itali5s1 ,capp>i3 ,py?agoras1 l'eau et l'air4 ,ie suis si ais receuoir sans y p5s] ces impressions sup]ficielles1 que si i'ay eu en la b\*e1 ,sire ou ,altesse1 trois i\rs de suite1 huict i\rs apres ils m'es*app5t1 p\r excell5ce1 ou p\r seigneurie4 ,et ce que i'auray pris dire en battelant et en me moquant1 ie le diray l5dema9 s]ieusem5t4 ,p>quoy1 escrire1 i'accepte plus enuis les argum5s battus1 de peur que ie les traicte aux desp5s d'autruy4 ,t\t argum5t m'e/ egallem5t f]tile4 ,ie les pr5s sur vne m\*e4 ,et ,dieu vueille que celuy que i'ay icy en ma91 n'ait pas e/ pris1 p> le comm&em5t d'vne volont autant volage4 ,que ie comm5ce p> celle qu'il me plaira1 c> les mati]es se ti5n5t t\tes en*esnees les vnes aux autres4 ,mais mon ame me desplai/1 de ce qu'elle produit ord9airem5t ses plus pr(ondes resu]ies1 plus folles1 et qui me plais5t le mieux1 l'impr\ueu1 et lors que ie les *]*e mo9s3 lesquelles s'esuan\iss5t s\da91 n'ayant sur le *amp o les atta*]4 ,a *eual1 la table1 au lict4 ,mais plus *eual1 o sont mes plus l>ges entreti5s4 ,i'ay le p>l] vn peu delicatem5t ial\x d'att5tion et de sil5ce1 si ie p>le de =ce4 ,qui m'int]rompt1 m'arre/e4 ,en voyage1 la necessit mesme des *em9s c\ppe les propos4 ,outre ce1 que ie voyage plus s\u5t sans compagnie1 propre ces entreti5s de suite3 p> o ie pr5s t\t loisir de m'entret5ir moy-mesme4 ,il m'en adui5t comme de mes songes3 en songeant1 ie les recomm&e ma memoire1 c> ie songe volonti]s que ie songe1 mais le l5dema91 ie me repres5te bi5 leur c\leur1 comme elle e/oit1 ou gaye1 ou tri/e1 ou e/range1 mais quels ils e/oi5t au re/e1 plus i'ahane le tr\u]1 plus ie l'enfonce en l'oubliance4 ,aussi des disc\rs =tuites qui me tomb5t en fantasie1 il ne m'en re/e en memoire qu'vne va9e image3 autant seulem5t qu'il m'en faut p\r me faire rong]1 et despit] apres leur que/e1 inutilem5t4 ,or donc1 laissant les liures "p1 et p>lant plus mat]iellem5t et simplem5t3 ie tr\ue apres t\t1 que l'am\r n'e/ autre *ose1 que la soif de cette i\yssance en vn subiect desir3 ny ,v5us autre *ose1 que le plaisir des*>g] ses vases3 comme le plaisir que nature n\s donne des*>g] d'autres p>ties3 qui deui5t vicieux ou p> immod]ation1 ou p> indiscretion4 ,p\r ,socrates1 l'am\r e/ appetit de g5]ation p> l'entremise de la beaut4 ,et consid]ant ma9tefois la ridicule titillation de ce plaisir1 les absurdes m\uem5s esc]uelez et e/\rdis1 dequoy il agite ,z5on et ,cratippus3 cette rage indiscrete1 ce visage enflamm de fureur et de cruaut1 au plus d\x effect de l'am\r3 et puis cette morgue graue1 seu]e1 et ec/atique1 en vne action si folle1 qu'on ayt log pesle-mesle nos delices et nos ordures ensemble3 et que la supreme volupt aye du transy et du pla9tif1 comme la d\leur3 ie crois qu'il e/ vray1 ce que dit ,platon1 que l'homme a e/ faict p> les ,dieux p\r leur i\t4 ,qunam i/a ioc&i ,suitia8 ,et que c'e/ p> moqu]ie1 que ,nature n\s a laiss la plus tr\ble de nos actions1 la plus commune3 p\r n\s esgall] p> l1 et app>i] les fols et les sages1 et n\s et les be/es4 ,le plus contemplatif1 et prud5t homme1 qu& ie l'imag9e en cette assiette1 ie le ti5s p\r affronteur1 de faire le prud5t et le contemplatif4 ,ce sont les pi$s du paon1 qui abbat5t son orgueil4 ,rid5tem dic]e v]um ,quid vetat8 ,ceux qui p>mi les ieux1 refus5t les op9ions s]ieuses1 font1 dit quelqu'vn1 comme celuy qui cra9t d'ador] la /atu d'vn sa9ct1 si elle e/ sans deuanti]e4 ,n\s mangeons bi5 et beuuons comme les be/es3 mais ce ne sont pas actions qui empes*5t les (fices de no/re ame4 ,en celles-l1 n\s g>dons no/re auantage sur elles3 cette-cy met t\te autre p5see s\bs le i\g3 abrutit et abe/it p> son imp]ieuse au?orit1 t\te la !ologie et philosophie qui e/ en ,platon3 et si ne s'en pla9t pas4 ,p> t\t ailleurs v\s p\uez g>d] quelque dec5ce3 t\tes autres op]ations s\ffr5t des regles d'honne/et3 cette-cy ne se peut pas seulem5t imag9]1 que vicieuse ou ridicule4 ,tr\uez y p\r voir vn proc$] sage et discret4 ,alex&re disoit qu'il se connoissoit pr9cipallem5t mortel1 p> cette action1 et p> le dormir3 le sommeil suffoque et supprime les facultez de no/re ame1 la besongne les absorbe et dissipe de mesme4 ,c]tes c'e/ vne m>que non seulem5t de no/re corruption orig9ele3 mais aussi de no/re vanit et de=mit4 ,d'vn co/ ,nature n\s y p\sse1 ayant atta* ce desir1 la plus noble1 vtile1 et plaisante de t\tes ses functions3 et la n\s laisse d'autre "p accus] et fuyr1 comme insol5te et de%onne/e1 en r\gir et recomm&] l'ab/95ce4 ,sommes n\s pas bi5 bruttes1 de nomm] brutale l'op]ation qui n\s faict8 ,les peuples1 s religions1 se sont r5contrez en plusieurs conu5ances3 comme sacrifices1 lum9aires1 enc5sem5ts1 ieusnes1 (fr&es3 et entre autres1 en la condemnation de cette action4 ,t\tes les op9ions y vi5n5t1 outre l'vsage si e/5du des circoncisions4 ,n\s auons l'auanture raison1 de n\s blasm]1 de faire vne si sotte production que l'homme3 d'appell] l'action honteuse1 et honteuses les p>ties qui y s]u5t 7 cette heure sont les mi5nes proprem5t honteuses74 ,les ,ess5i5s1 dequoy p>le ,pl9e1 se ma9t5oi5t sans n\rrice1 sans maillot1 plusieurs siecles3 de l'abbord des e/rang]s1 qui1 suiuants cette belle humeur1 se r5geoi5t cont9uellem5t eux3 ayant t\te vne nation1 haz>d de s'ext]m9] plu/o/1 que s'engag] vn embrassem5t fem991 et de p]dre la suitte des hommes plu/o/1 que d'en =g] vn4 ,ils dis5t que ,z5on n'eut affaire femme1 qu'vne fois en sa vie3 et que ce fut p> ciuilit1 p\r ne sembl] d$aign] trop ob/9em5t le sexe4 ,*acun fuit le voir nai/re1 *acun c\rt le voir m\rir4 ,p\r le de/ruire1 on c]*e vn *amp spacieux en ple9e lumi]e3 p\r le con/ruire1 on se musse dans vn creux t5ebreux1 et le plus contra9t qu'il se peut4 ,c'e/ le deuoir1 de se ca*] p\r le faire1 et c'e/ gloire1 et naiss5t plusieurs v]tus1 de le sauoir deffaire4 ,l'vn e/ iniure1 l'autre e/ faueur3 c> ,ari/ote dit1 que bonifi] quelqu'vn1 c'e/ le tu]1 en c]ta9e phrase de son pas4 ,les ,a!ni5s1 p\r app>i] la deffaueur de ces deux actions1 ayants mundifi] l'isle de ,delos1 et se iu/ifi] enu]s ,apollo1 def5dir5t au p\rpris d'icelle1 t\t ent]rem5t1 et t\t enfantem5t ensemble4 ,no/ri nosmet pnitet4 ,il y a des nations qui se c\ur5t en mangeant4 ,ie say vne dame1 et des plus gr&es1 qui a cette mesme op9ion1 que c'e/ vne cont5ance desagreable1 de mas*]3 qui rabat beauc\p de leur grace1 et de leur beaut3 et ne se pres5te pas volonti]s en public auec appetit4 ,et say vn homme1 qui ne peut s\ffrir de voir mang]1 ny qu'on le voye3 et fuyt t\te assi/ance1 plus qu& il s'emplit1 que s'il se vuide4 ,en l'empire du ,turc1 il se void gr& nombre d'hommes1 qui1 p\r excell] les autres1 ne se laiss5t iamais veoir1 qu& ils font leur repas2 qui n'en font qu'vn la sepma9e3 qui se des*iquett5t et dec\p5t la face et les membres3 qui ne p>l5t iamais p]sonne4 ,g5s fanatiques1 qui p5s5t honnor] leur nature en se desnaturant3 qui se pris5t de leur mespris1 et s'am5d5t de leur empirem5t4 ,quel mon/rueux animal1 qui se fait horreur soy-mme1 qui ses plaisirs pois5t3 qui se ti5t mal-heur8 ,il y en a qui ca*5t leur vie1 ,exilique domos et dulcia lim9a mutant1 ,et la desrob5t de la veu des autres hommes3 qui euit5t la sant et l'allegresse1 comme qualitez ennemies et dommageables4 ,non seulem5t plusieurs sectes1 mais plusieurs peuples maudiss5t leur naissance1 et b5iss5t leur mort4 ,il en e/ o le soleil e/ abom91 les t5ebres adorees4 ,n\s ne sommes +5ieux qu' n\s mal m5]3 c'e/ le vray gibbi] de la =ce de no/re esprit3 dang]eux vtil en desreglem5t4 ,o mis]i quorum gaudia crim5 hab5t6 ,h pauure homme1 tu z assez d'incommoditez necessaires1 sans les augm5t] p> ton inu5tion3 et s assez mis]able de condition1 sans l'e/re p> art3 tu z des laideurs reelles et ess5tielles suffisance1 sans en =g] d'imag9aires4 ,tr\ues tu que tu sois trop l'aise si la moiti de ton aise ne te fas*e8 ,tr\ues tu que tu ayes remply t\s les (fices necessaires1 quoy ,nature t'engage1 et qu'elle soit oysiue *ez toy1 si tu ne t'obliges n\ueaux (fices8 ,tu ne cra9s po9t d'(f5c] ses lois vniu]selles et indubitables1 et te piques aux ti5nes p>tisanes et fanta/iques4 ,et d'autant plus qu'elles sont p>ticuli]es1 inc]ta9es1 et plus contr$ictes1 d'autant plus tu fais l ton ef=t4 ,les ordonnances positiues de ta p>oisse t'atta*5t3 celles du monde ne te t\*5t po9t4 ,c\rs vn peu p> les exemples de cette consid]ation3 ta vie en e/ t\te4 ,les v]s de ces deux potes1 traictans a9si res]um5t et discrettem5t de la lasciuet1 comme ils font1 me sembl5t la desc\urir et esclair] de plus pres4 ,les dames c\ur5t leur se9 d'vn reseul1 les pre/res plusieurs *oses sacrees1 les pe9tres ombrag5t leur ouurage1 p\r luy donn] plus de lu/re4 ,et dict-on que le c\p du soleil et du v5t1 e/ plus poisant p> reflexion qu' droit fil4 ,l'gypti5 respondit sagem5t celuy qui luy dem&oit1 ,que portes-tu l1 ca* s\bs ton manteau8 ,il e/ ca* s\bs mon manteau1 aff9 que tu ne sa*es pas que c'e/4 ,mais il y a c]ta9es autres *oses qu'on ca*e p\r les montr]4 ,oyez cetuy-l plus ouu]t1 ,et nudam pressi corpus adusque meum4 ,il me semble qu'il me *apone4 ,que ,m>tial retr\sse ,v5us sa po/e1 il n'arriue pas la faire p>oi/re si enti]e4 ,celuy qui dit t\t1 il n\s sa\le et n\s desg\/e4 ,celuy qui cra9t s'exprim]1 n\s a*em9e en p5s] plus qu'il n'en y a4 ,il y a de la trahison en cette sorte de mode/ie3 et notamm5t n\s entr'ouurant comme font ceux cy1 vne si belle r\te l'imag9ation4 ,et l'action et la pe9ture doiu5t s5tir leur l>rec94 ,l'am\r des ,espagnols1 et des ,itali5s1 plus respectueuse et cra9tifue1 plus m9euse et c\u]te1 me plai/4 ,ie ne say qui1 anci5nem5t1 desiroit le gosi] allong comme le col d'vne gru1 p\r sau\r] plus long temps ce qu'il aualloit4 ,ce s\hait e/ mieux propos en cette volupt1 vi/e et precipiteuse4 ,mesmes telles natures comme e/ la mi5ne1 qui suis vicieux en s\da9et4 ,p\r arre/] sa fuitte1 et l'e/5dre en preambules2 entre-eux1 t\t s]t de faueur et de recomp5se3 vne illade1 vne incl9ation1 vne p>olle1 vn signe4 ,qui se p\rroit disn] de la fumee du ro/1 f]oit-il pas vne belle esp>gne8 ,c'e/ vne passion qui mesle bi5 peu d'ess5ce solide1 beauc\p plus de vanit et resu]ie fieureuse3 il la faut pay] et s]uir de mesme4 ,appr5ons aux dames se faire valoir1 s'e/im]1 n\s amus]1 et n\s pip]4 ,n\s faisons no/re *>ge extreme la premi]e3 il y a t\si\rs de l'impetuosit ,franoise4 ,faisant fil] leurs faueurs1 et les e/allant en detail3 *acun1 iusques la vieillesse mis]able1 y tr\ue quelque b\t de lisi]e1 selon son vaillant et son m]ite4 ,qui n'a i\yssance1 qu'en la i\yssance3 qui ne gaigne que du haut po9ct3 qui n'ayme la *asse qu'en la prise3 il ne luy app>ti5t pas de se mesl] no/re escole4 ,plus il y a de m>*es et degrez1 plus il y a de hauteur et d'honneur au d]ni] siege4 ,n\s n\s deurions plaire d'y e/re conduicts1 comme il se faict aux palais magnifiques1 p> diu]s portiques1 et passages1 longues et plaisantes gall]ies1 et plusieurs de/\rs4 ,cette disp5sation reui5droit no/re commodit3 n\s y arre/]ions1 et n\s y aym]ions plus long temps4 ,sans esp]ance1 et sans desir1 n\s n'allons plus ri5 qui vaille4 ,no/re mai/rise et enti]e possession1 leur e/ inf9iem5t cra9dre4 ,depuis qu'elles sont du t\t r5dues la m]cy de no/re foy1 et con/ance1 elles sont vn peu bi5 has>dees4 ,ce sont v]tus r>es et difficiles3 s\da9 qu'elles sont n\s1 n\s ne sommes plus elles4 ,po/quam cupid m5tis satiata libido e/1 ,v]ba nihil metu]e1 nihil p]iuria curant4 ,et ,?rasonidez ieune homme ,grec1 fut si am\reux de son am\r1 qu'il refusa1 ayant gaign le cur d'vne mai/resse1 d'en i\yr3 p\r n'amortir1 rassasi] et allanguir p> la i\yssance cette ardeur inquiete1 de laquelle il se glorifioit et se paissoit4 ,la *]t donne g\/ la vi&e4 ,voyez combi5 la =me des salutations1 qui e/ p>ticuli]e no/re nation1 aba/>dit p> sa facilit1 la grace des bais]s1 lesquels ,socrates dit e/re si puissans et dang]eux vol] nos curs4 ,c'e/ vne desplaisante c\/ume1 et iniurieuse aux dames1 d'auoir pre/] leurs leures1 quiconque a trois valets sa suitte1 p\r mal plaisant qu'il soit1 ,cuius liuida n>ibus can9is1 ,dep5det glacies1 rigtque b>ba3 ,c5tum occurr]e malo culil+is4 ,et n\s mesme n'y gaignons gu]e3 c> comme le monde se voit p>ty1 p\r trois belles1 il n\s en faut bais] c9quante laides4 ,et vn e/oma* t5dre1 comme sont ceux de mon aage1 vn mauuais bais] en surpaie vn bon4 ,ils font les p\rsuyuans en ,italie1 et les transis1 de celles mesmes qui sont v5dre3 et se def5d5t a9si3 ,qu'il y a des degrez en la i\yssance3 et que p> s]uices ils veul5t obt5ir p\r eux1 celle qui e/ la plus enti]e4 ,elles ne v5d5t que le corps4 ,la volont ne peut e/re mise en v5te1 elle e/ trop libre et trop si5ne4 ,a9si ceux cy dis5t1 que c'e/ la volont qu'ils entrepr5n5t1 et ont raison4 ,c'e/ la volont qu'il faut s]uir et practiqu]4 ,i'ay horreur d'imag9] mi51 vn corps priu d'affection4 ,et me semble1 que cette =c5]ie e/ vois9e celle de ce g>on1 qui alla saillir p> am\r1 la belle image de ,v5us que ,praxiteles auoit faicte4 ,ou de ce furieux gypti51 es*auff apres la *>ongne d'vne morte qu'il embaumoit et ensu]oit4 ,lequel donna occasion la loy1 qui fut faicte depuis en gypte1 que les corps des belles et ieunes femmes1 et de celles de bonne maison1 s]oi5t g>dez trois i\rs1 auant qu'on les mi/ entre les ma9s de ceux qui auoi5t *>ge de pr\uoir leur ent]rem5t4 ,p]i&] fit plus m]ueilleusem5t3 qui e/5dit l'affection coniugale1 plus reglee et legitime1 la i\yssance de ,melissa sa femme trespassee4 ,ne semble ce pas e/re vne humeur lunatique de la ,lune1 ne p\uant autrem5t i\yr d',endymion son mignon1 l'all] endormir p\r plusieurs mois3 et se pai/re de la i\yssance d'vn g>on1 qui ne se remuoit qu'en songe8 ,ie dis p>eillem5t1 qu'on ayme vn corps sans ame1 qu& on ayme vn corps sans son cons5tem5t1 et sans son desir4 ,t\tes i\yssances ne sont pas vnes4 ,il y a des i\yssances e?iques et languissantes4 ,mille autres causes que la bi5-vueillance1 n\s peuu5t acqu]ir cet octroy des dames4 ,ce n'e/ suffisant tesmoignage d'affection4 ,il y peut es*oir de la trahison1 comme ailleurs3 elles n'y vont p> fois que d'vne fesse2 ,tanquam ?ura m]mque p>5t3 ,abs5tem m>moremue putes4 ,i'en say1 qui aym5t mieux pre/] cela1 que leur co*e3 et qui ne se communiqu5t1 que p> l4 ,il faut reg>d] si vo/re compagnie leur plai/ p\r quelque autre f9 encores1 ou p\r celle l seulem5t1 comme d'vn gros g>son d'e/able3 en quel rang et quel prix v\s y e/es log1 ,tibi si datur vni ,quo lapide illa diem c&idiore notet4 ,quoy1 si elle mange vo/re pa91 la sauce d'vne plus agreable imag9ation8 ,te t5et1 abs5tes alios suspirat amores4 ,comm5t8 auons n\s pas veu quelqu'vn en nos i\rs1 s'e/re s]uy de cette action1 l'vsage d'vne horrible v5geance3 p\r tu] p> l1 et empoisonn]1 comme il fit1 vne honne/e femme8 ,ceux qui cognoiss5t l',italie1 ne tr\u]ont iamais e/range1 si p\r ce subiect1 ie ne *]*e ailleurs des exemples4 ,c> cette nation se peut dire reg5te du re/e du monde en cela4 ,ils ont plus communm5t des belles femmes1 et mo9s de laydes que n\s3 mais des r>es et excell5tes beautez1 i'e/ime que n\s allons pair4 ,et en iuge autant des esprits3 de ceux de la commune faon1 ils en ont beauc\p plus1 et euidemm5t4 ,la brutalit y e/ sans comp>aison plus r>e3 d'ames s+uli]es et du plus haut e/age1 n\s ne leur en deuons ri54 ,si i'auois e/5dre cette similitude1 il me sembl]oit p\uoir dire de la vaillance1 qu'au reb\rs1 elle e/ au prix d'eux1 populaire *ez n\s1 et naturelle3 mais on la voit p> fois1 en leurs ma9s1 si ple9e et si vigoreuse1 qu'elle surpasse t\s les plus roides exemples que n\s en ayons4 ,les m>iages de ce pays l1 clo*5t en cecy4 ,leur c\/ume donne communem5t la loy si rude aux femmes1 et si s]ue1 que la plus esloignee acco9tance auec l'e/rang]1 leur e/ autant capitalle que la plus vois9e4 ,cette loy fait1 que t\tes les appro*es se r5d5t necessairem5t sub/antieles4 ,et puis que t\t leur reui5t mesme compte1 elles ont le *oix bi5 ays4 ,et ont elles bris ces cloisons8 ,croyez qu'elles font feu3 ,luxuria ipsis v9culis1 sicut f]a be/ia1 irritata1 de9de emissa4 ,il leur faut vn peu las*] les resnes4 ,vidi ego nup] equum1 contra sua fr5a t5acem1 ,ore reluctanti fulm9is ire modo4 ,on alanguit le desir de la compagnie1 en luy donnant quelque lib]t4 ,c'e/ vn bel vsage de no/re nation1 qu'aux bonnes maisons1 nos enfans soy5t receuz1 p\r y e/re n\rris et esleuez pages comme en vne escole de noblesse4 ,et e/ disc\rtoisie1 dit-on1 et iniure1 d'en refus] vn ,g5til-homme4 ,i'ay app]eu1 c> autant de maisons autant de diu]s /iles et =mes1 que les dames qui ont v\lu donn] aux filles de leur suite1 les regles plus au/]es1 n'y ont pas eu meilleure aduanture4 ,il y faut de la mod]ation4 ,il faut laiss] bonne p>tie de leur conduitte1 leur propre discretion3 c> a9si comme a9si n'y a il discipl9e qui les seut brid] de t\tes p>ts4 ,mais il e/ bi5 vray1 que celle qui e/ es*appee bagues sauues1 d'vn escolage libre1 apporte bi5 plus de fiance de soy1 que celle qui sort sa9e1 d'vne escole seu]e et prisonni]e4 ,nos p]es dressoi5t la cont5ance de leurs filles la honte et la cra9te 7les c\rages et les desirs t\si\rs p>eils71 n\s l'asseurance3 n\s n'y ent5dons ri54 ,c'e/ faire aux ,s>mates1 qui n'ont loy de c\*] auec homme1 que de leurs ma9s elles n'en ay5t tu vn autre en gu]re4 ,a moy qui n'y ay droit que p> les oreilles1 suffit1 si elles me reti5n5t p\r le conseil1 suyuant le priuilege de mon aage4 ,ie leur conseille donc1 et n\s aussi1 l'ab/95ce3 mais si ce siecle en e/ trop ennemy1 aumo9s la discretion et la mode/ie4 ,c>1 comme dit le compte d',ari/ippus1 p>lant des ieunes hommes1 qui r\gissoi5t de le veoir entr] *ez vne c\rtisane3 ,le vice e/1 de n'en pas sortir1 non pas d'y entr]4 ,qui ne veut exempt] sa consci5ce1 qu'elle exempte son nom3 si le fons n'en vaut gu]e1 que l'app>5ce ti5ne bon4 ,ie loe la gradation et la longueur1 en la disp5sation de leurs faueurs4 ,platon montre1 qu'en t\te espece d'am\r1 la facilit et promptitude e/ int]dicte aux t5ants4 ,c'e/ vn traict de g\rm&ise1 laquelle il faut qu'elles c\ur5t de t\t leur art1 de se r5dre a9si tem]airem5t en gros1 et tumultuairem5t4 ,se conduisant en leur disp5sation1 ordonnem5t et mesurem5t1 elles pip5t bi5 mieux no/re desir1 et ca*5t le leur4 ,qu'elles fuy5t t\si\rs deuant n\s3 ie dis celles mesmes qui ont se laiss] attrap]4 ,elles n\s batt5t mieux en fuyant1 comme les ,scy!s4 ,de vray1 selon la loy que ,nature leur donne1 ce n'e/ pas proprem5t elles de v\loir et desir]3 leur rolle e/ s\ffrir1 obeyr1 cons5tir4 ,c'e/ p\rquoy ,nature leur a donn vne p]petuelle capacit2 n\s1 r>e et inc]ta9e4 ,elles ont t\si\rs leur heure1 af9 qu'elles soy5t t\si\rs pre/es la no/re ,pati nat4 ,et o elle a v\lu que nos appetis euss5t montre et decl>ation prom9ante1 ell' a faict que les leurs fuss5t occultes et inte/9s4 ,et les a f\rnies de pieces impropres l'o/5tation3 et simplem5t p\r la def5siue4 ,il faut laiss] la lic5ce ,amazoni5ne p>eils traits cettuy cy4 ,alex&re passant p> l',hyrcanie1 ,?ale/ris ,royne des ,amazones le v9t tr\u] auec trois c5ts g5s-d>mes de son sexe3 bi5 montez et bi5 armez3 ayant laiss le demeurant d'vne grosse armee1 qui la suyuoit1 au del des vois9es montaignes4 ,et luy dit t\t haut1 et en publiq1 que le bruit de ses victoires et de sa valeur1 l'auoit m5ee l1 p\r le veoir1 luy (frir ses moy5s et sa puissance au sec\rs de ses entrepr9ses4 ,et que le tr\uant si beau1 ieune1 et vig\reux1 elle1 qui e/oit p>faitte en t\tes ses qualitez1 luy conseilloit qu'ils c\*ass5t ensemble3 af9 qu'il nasqui/ de la plus vaillante femme du monde1 et du plus vaillant homme1 qui fu/ lors viuant1 quelque *ose de gr& et de r>e1 p\r l'adu5ir4 ,alex&re la rem]cia du re/e3 mais p\r donn] temps l'accomplissem5t de sa d]ni]e dem&e1 il arre/a treize i\rs en ce lieu1 lesquels il fe/oya le plus alaigrem5t qu'il peut1 en faueur d'vne si c\rageuse ,pr9cesse4 ,n\s sommes quasi p> t\t iniques iuges de leurs actions1 comme elles sont des no/res4 ,i'aduoe la v]it lors qu'elle me nuit1 de mesme que si elle me s]t4 ,c'e/ vn vila9 desreglem5t1 qui les p\sse si s\u5t au *ange1 et les empes*e de f]mir leur affection en quelque subiect que ce soit3 comme on voit de cette ,deesse1 qui lon donne tant de *angem5s et d'amis4 ,mais si e/-il vray1 que c'e/ contre la nature de l'am\r1 s'il n'e/ violant1 et contre la nature de la violance1 s'il e/ con/ant4 ,et ceux qui s'en e/onn5t1 s'en escri5t1 et *]*5t les causes de cette maladie en elles1 comme desnaturee et incroyable3 que ne voy5t ils1 combi5 s\u5t ils la reoyu5t en eux1 sans esp\uantem5t et sans miracle8 ,il s]oit l'adu5ture plus e/range d'y voir de l'arre/4 ,ce n'e/ pas vne passion simplem5t corporelle4 ,si on ne tr\ue po9t de b\t en l'au>ice1 et en l'ambition1 il n'y en a non plus en paill>dise4 ,elle vit encore apres la satiet3 et ne luy peut on prescrire ny satisfaction con/ante1 ny f93 elle va t\si\rs outre sa possession4 ,et si l'incon/ance leur e/ l'adu5ture aucunem5t plus p>donnable qu' n\s4 ,elles peuu5t allegu] comme n\s1 l'incl9ation qui n\s e/ commune la v>iet et la n\uellet3 et allegu] secondem5t sans n\s1 qu'elles a*et5t *at en sac4 ,ieanne ,royne de ,naples1 feit e/rangl] ,&reosse son premi] m>y1 aux grilles de sa f5e/re1 auec un laz d'or et de soye1 tissu de sa ma9 propre3 sur ce qu'aux c\ruees matrimoniales1 elle ne luy tr\uoit ny les p>ties1 ny les ef=ts1 assez respondants l'esp]ance qu'elle en auoit c\eu1 veoir sa taille1 sa beaut1 sa ieunesse et disposition3 p> o elle auoit e/ pr9se et abusee4 ,que l'action a plus d'ef=t que n'a la s\ffrance3 a9si que de leur "p t\si\rs aumo9s il e/ p\rueu la necessit3 de no/re "p il peut au5ir autrem5t4 ,platon cette cause e/ablit sagem5t p> ses loix1 auant t\t m>iage1 p\r decid] de son opportunit1 que les iuges voi5t les g>ons1 qui y pret5d5t1 t\ts f9s nuds3 et les filles nus iusqu' la ce9ture seulem5t4 ,en n\s essayant1 elles ne n\s tr\u5t l'adu5ture pas digne de leur *oix3 ,exp]ta latus1 madidoque simillima loro ,+u9a1 nec lassa />e coacta manu1 ,des]it imbelles ?alamos4 ,ce n'e/ pas t\t1 que la volont *>rie droict4 ,la foiblesse et l'incapacit1 romp5t legitimem5t vn m>iage3 ,et qur5dum aliunde =et n]uosius illud1 ,quod posset zonam solu]e virg9eam4 ,p\rquoy non1 et selon sa mesure1 vne intellig5ce am\reuse1 plus lic5tieuse et plus actiue8 ,si bl&o nequeat sup]esse labori4 ,mais n'e/-ce pas gr&e impud5ce1 d'apport] nos imp]fections et foiblesses1 en lieu o n\s desirons plaire1 et y laiss] bonne e/ime de n\s et recomm&ation8 ,p\r ce peu qu'il m'en faut cette heure1 ,ad vnum ,mollis opus1 ie ne v\drois importun] vne p]sonne1 que i'ay a reu]] et cra9dre4 ,fuge suspic>i1 ,cuius vnd5um trepidauit tas ,claud]e lu/rum4 ,nature se deuoit cont5t] d'auoir r5du cet aage mis]able1 sans le r5dre encore ridicule4 ,ie hay de le voir1 p\r vn p\ce de *etiue vigueur1 qui l'es*aufe trois fois la sema9e1 s'empress] et se g5d>m]1 de p>eille aspret1 comme s'il auoit quelque gr&e et legitime i\rnee dans le v5tre3 vn vray feu d'e/\pe4 ,et admire sa cuisson1 si viue et fretillante1 en vn mom5t si l\rdem5t congelee et e/e9te4 ,cet appetit ne deuroit app>t5ir qu' la fleur d'vne belle ieunesse4 ,fiez v\s y1 p\r voir1 second] cett' ardeur indefatigable1 ple9e1 con/ante1 et magnanime1 qui e/ en v\s3 il v\s la lairra vraym5t en beau *em94 ,r5uoyez le h>dim5t plu/o/ v]s quelque enfance molle1 e/onnee1 et ignorante1 qui tremble encore s\bs la v]ge1 et en r\gisse1 ,indum sangu9eo veluti violau]it o/ro ,si quis ebur1 vel mi/a rub5t vbi lilia multa ,alba rosa4 ,qui peut att5dre le l5dema91 sans m\rir de honte1 le desda9 de ces beaux yeux1 cons5s de sa las*et et imp]t95ce3 ,et taciti fec]e tam5 conuitia vultus1 il n'a iamais s5ty le cont5tem5t et la fi]t1 de les leur auoir battus et t]nis1 p> le vig\reux ex]cice d'vne nuict (ficieuse et actiue4 ,qu& i'en ay veu quelqu'vne s'ennuy] de moy1 ie n'en ay po9t incont95t accus sa leg]et3 i'ay mis en d\bte1 si ie n'auois pas raison de m'en pr5dre ,nature plu/o/4 ,c]tes elle m'a traitt illegitimem5t et inciuilem5t1 ,si non longa satis1 si non b5 m5tula crassa3 ,nimirum sapiunt vidntque p>uam ,matron quoque m5tulam illib5t]3 et d'vne lesion enormissime4 ,*acune de mes pieces e/ esgalem5t mi5ne1 que t\te autre4 ,et nulle autre ne me fait plus proprem5t homme que cette cy4 ,ie doy au publiq vniu]sellem5t mon p\rtrait4 ,la sagesse de ma leon e/ en v]it1 en lib]t1 en ess5ce1 t\te4 ,d$eignant au rolle de ses vrays deuoirs1 ces petites regles1 fe9tes1 vsuelles1 pr\9ciales4 ,naturelle t\te1 con/ante1 g5]ale4 ,de laquelle sont filles1 mais ba/>des1 la ciuilit1 la c]emonie4 ,n\s aurons bi5 les vices de l'app>5ce1 qu& n\s aurons eu ceux de l'ess5ce4 ,qu& n\s aurons faict ceux icy1 n\s c\rrons sus aux autres1 si n\s tr\uons qu'il y faille c\rir4 ,c> il y a dang]1 que n\s fantasions des (fices n\ueaux1 p\r excus] no/re neglig5ce enu]s les naturels (fices1 et p\r les confondre4 ,qu'il soit a9s91 il se void1 qu's lieux1 o les fautes sont malefices1 les malefices ne sont que fautes4 ,qu's nations1 o les loix de la bi5seance sont plus r>es et las*es1 les loix primitiues de la raison commune sont mieux obs]uees3 l'innum]able multitude de tant de deuoirs1 suffoquant no/re so+1 l'allanguissant et dissipant4 ,l'application aux leg]es *oses n\s retire des iu/es4 ,o que ces hommes sup]ficiels1 pr5n5t vne r\tte facile et plausible1 au prix de la no/re6 ,ce sont ombrages1 dequoy n\s n\s pla/rons et entrepayons4 ,mais n\s n'en payons pas1 a9ois en re*>geons no/re debte1 enu]s ce gr& iuge1 qui tr\sse nos panneaus et haillons1 d'aut\r noz p>ties honteuses3 et ne se fe9t po9t n\s veoir p> t\t1 iusques noz intimes et plus secrettes ordures3 vtile dec5ce de no/re virg9ale pudeur1 si elle luy p\uoit int]dire cette desc\u]te4 ,en f91 qui desniais]oit l'homme1 d'vne si scrupuleuse sup]/ition v]bale1 n'apport]oit pas gr&e p]te au monde4 ,no/re vie e/ p>tie en folie1 p>tie en prud5ce4 ,qui n'en escrit que reu]emm5t et reguli]em5t1 il en laisse en arri]e plus de la moiti4 ,ie ne m'excuse pas enu]s moy3 et si ie le faisoy1 ce s]oit plu/o/ de mes excuses1 que ie m'excus]oy1 que d'autre mi5ne faute4 ,ie m'excuse c]ta9es humeurs1 que i'e/ime plus =tes en nombre que celles1 qui sont de mon co/4 ,en leur consid]ation1 ie diray encore cecy 7c> ie desire de cont5t] *acun2 *ose p\rtant difficile1 esse vnum hom9em accommodatum ad tantam morum ac s]monum et voluntatum v>ietatem7 qu'ils n'ont se pr5dre moy1 de ce que ie fay dire aux auctoritez receus et appr\uees de plusieurs siecles3 et que ce n'e/ pas raison1 qu' faute de ry?me ils me refus5t la disp5se1 que mesme des hommes ecclesia/iques1 des no/res1 i\yss5t en ce siecle4 ,en voicy deux1 et des plus cre/ez3 ,rimula1 disp]eam1 ni monogramma tua e/4 ,vn vit d'amy la cont5te et bi5 traitte4 ,quoy tant d'autres8 ,i'ayme la mode/ie3 et n'e/ p> iugem5t1 que i'ay *oisi cette sorte de p>l] sc&aleux3 c'e/ ,nature1 qui l'a *oisi p\r moy4 ,ie ne le l\1 non plus que t\tes =mes contraires l'vsage receu3 mais ie l'excuse3 p> circon/ances tant g5]ales que p>ticuli]es1 en allege l'accusation4 ,suiuons4 ,p>eillem5t d'o peut v5ir cette vsurpation d'au?orit s\u]a9e1 que v\s pr5ez sur celles1 qui v\s fauoris5t leurs desp5s1 ,si furtiua d$it nigra munuscula nocte1 que v\s en inue/issez incont95t l'int]e/1 la froideur1 et vne auctorit m>itale8 ,c'e/ vne conu5tion libre1 que ne v\s y pr5ez v\s1 comme v\s les y v\lez t5ir8 ,il n'y a po9t de prescription sur les *oses volontaires4 ,c'e/ contre la =me1 mais il e/ vray p\rtant1 que i'ay en mon temps conduict ce m>*1 selon que sa nature peut s\ffrir1 aussi consci5tieusem5t qu'autre m>*1 et auec quelque air de iu/ice3 et que ie ne leur ay tesmoign de mon affection1 que ce que i'en s5tois2 et leur en ay repres5t naifuem5t1 la decad5ce1 la vigueur1 et la naissance3 les accez et les remises4 ,on n'y va pas t\si\rs vn tra94 ,i'ay e/ si esp>gnant promettre1 que ie p5se auoir plus t5u que promis1 ny deu4 ,elles y ont tr\u de la fidelit1 iusques au s]uice de leur incon/ance4 ,ie dis incon/ance adu\ee1 et p> fois multipliee4 ,ie n'ay iamais rompu auec elles1 tant que i'y t5ois1 ne fu/ que p> le b\t d'vn filet4 ,et quelques occasions qu'elles m'en ay5t donn1 n'ay iamais rompu1 iusques au mespris et la hayne4 ,c> telles priuautez1 lors mesme qu'on les acqui]t p> les plus honteuses conu5tions1 encores m'oblig5t elles quelque bi5-vueillance4 ,de *ol]e et d'impati5ce vn peu indiscrette1 sur le po9ct de leurs ruses et desfuites1 et de nos conte/ations1 ie leur en ay faict voir p> fois4 ,c> ie suis de ma complexion1 subiect des emotions brusques1 qui nuis5t s\u5t mes m>*ez1 quoy qu'elles soy5t leg]es et c\rtes4 ,si elles ont v\lu essay] la lib]t de mon iugem5t1 ie ne me suis pas fe9t1 leur donn] des aduis pat]nels et mordans1 et les p9s] o il leur cuysoit4 ,si ie leur ay laiss se pla9dre de moy1 c'e/ plu/o/ d'y auoir tr\u vn am\r1 au prix de l'vsage mod]ne1 sottem5t consci5cieux4 ,i'ay obs]u ma p>olle1 s *oses dequoy on m'eu/ aysem5t disp5s4 ,elles se r5doi5t lors p> fois auec reputation1 et s\bs des capitulations1 qu'elles s\ffroi5t aysem5t e/re faussees p> le va9cueur4 ,i'ay faict cal] s\bs l'int]e/ de leur honneur1 le plaisir1 en son plus gr& ef=t1 plus d'vne fois4 ,et o la raison me pressoit1 les ay armees contre moy3 si qu'elles se conduisoi5t plus seurem5t et seu]em5t1 p> mes regles1 qu& elles s'y e/oi5t fran*em5t remises1 qu'elles n'euss5t faict p> les leurs propres4 ,i'ay autant que i'ay peu *>g sur moy seul1 le haz>d de nos assignations1 p\r les en des*>g]3 et ay dress nos p>ties t\si\rs p> le plus aspre1 et inop91 p\r e/re mo9s en s\spon1 et en outre p> mon aduis1 plus accessible4 ,ils sont ouu]ts1 pr9cipalem5t p> les endroits qu'ils ti5n5t de soy c\u]ts4 ,les *oses mo9s cra9tes sont mo9s def5dues et obs]uees4 ,on peut os] plus aysem5t1 ce que p]sonne ne p5se que v\s os]ez1 qui deui5t facile p> sa difficult4 ,iamais homme n'eut ses appro*es plus imp]t9emm5t g5itales4 ,cette voye d'aym]1 e/ plus selon la discipl9e4 ,mais combi5 elle e/ ridicule nos g5s1 et peu effectuelle1 qui le sait mieux que moy8 ,si ne m'en vi5dra po9t le rep5tir4 ,ie n'y ay plus que p]dre1 ,me tabula sac] ,votiua p>ies indicat vuida1 ,susp5disse pot5ti ,ve/im5ta m>is ,deo4 ,il e/ cette heure temps d'en p>l] ouu]tem5t4 ,mais t\t a9si comme vn autre1 ie dirois l'auanture1 ,mon amy tu resues1 l'am\r de ton temps a peu de comm]ce auec la foy et la preud'hommie2 ,hc si tu po/ules ,ratione c]ta fac]e1 nihilo plus agas1 ,qum si des op]am1 vt cum ratione insanias4 ,aussi au reb\rs1 si c'e/oit moy de recomm5c]1 ce s]oit c]tes le mesme tra9 et p> mesme progrez1 p\r infructueux qu'il me peu/ e/re4 ,l'insuffisance et la sottise e/ loable en vne action mesl\able4 ,autant que ie m'eslongne de leur humeur en cela1 ie m'appro*e de la mi5ne4 ,au demeurant1 en ce m>*1 ie ne me laissois pas t\t all]3 ie m'y plaisois1 mais ie ne m'y oubliois pas3 ie res]uois en son enti]1 ce peu de s5s et de discretion1 que ,nature m'a donn1 p\r leur s]uice1 et p\r le mi53 vn peu d'esmotion1 mais po9t de resu]ie4 ,ma consci5ce s'y engageoit aussi1 iusques la desbau*e et dissolution1 mais iusques l'+ratitude1 trahison1 malignit1 et cruaut1 non4 ,ie n'a*etois pas le plaisir de ce vice t\t prix3 et me cont5tois de son propre et simple c\/4 ,nullum intra se vitium e/4 ,ie hay quasi p>eille mesure vne oysiuet cr\pie et endormie1 comme vn embesongnem5t esp9eux et p5ible4 ,l'vn me p9ce1 l'autre m'ass\pit4 ,i'ayme autant les blesseures1 comme les meurtrisseures1 et les c\ps tr5*ans1 comme les c\ps orbes4 ,i'ay tr\u en ce m>*1 qu& i'y e/ois plus propre1 vne iu/e mod]ation entre ces deux extremitez4 ,l'am\r e/ vne agitation esueillee1 viue1 et gaye4 ,ie n'en e/ois ny tr\bl1 ny afflig1 mais i'en e/ois es*auff1 et encores alt]3 il s'en faut arre/] l4 ,elle n'e/ nuisible qu'aux fols4 ,vn ieune homme dem&oit au philosophe ,panetius1 s'il si]oit bi5 au sage d'e/re am\reux3 ,laissons l le sage1 respondit-il1 mais toy et moy1 qui ne le sommes pas1 ne n\s engageons en *ose si esmeu et viol5te1 qui n\s esclaue autruy1 et n\s r5de contemptibles n\s4 ,il disoit vray3 qu'il ne faut pas fi] *ose de soy si precipiteuse1 vne ame qui n'aye dequoy en s\/5ir les v5ues1 et dequoy rabatre p> effect la p>ole d',agesilaus1 que la prud5ce et l'am\r ne peuu5t ensemble4 ,c'e/ vne va9e occupation1 il e/ vray1 messeante1 honteuse1 et illegitime4 ,mais la conduire en cette faon1 ie l'e/ime salubre1 propre desg\rdir vn esprit1 et vn corps poisant4 ,et comme m$ec91 l'ordonn]ois vn homme de ma =me et condition1 autant volonti]s qu'aucune autre recepte3 p\r l'esueill] et t5ir en =ce bi5 auant dans les ans1 et le dilai] des prises de la vieillesse4 ,p5dant que n\s n'en sommes qu'aux fauxb\rgs1 que le p\ls bat encores1 ,dum n\a canities1 dum prima et recta s5ectus1 ,dum sup]e/ ,la*esi quod torqueat1 et p$ibus me ,porto meis1 nullo dextram subeunte bacillo1 n\s auons beso+ d'e/re sollicitez et *at\illez1 p> quelque agitation mordicante1 comme e/ cette-cy4 ,voyez combi5 elle a r5du de ieunesse1 vigueur et de gayet1 au sage ,anacreon4 ,et ,socrates1 plus vieil que ie ne suis1 p>lant d'vn obiect am\reux3 ,m'e/ant1 dit-il1 appuy contre son espaule1 de la mi5ne1 et appro* ma te/e la si5ne1 a9si que n\s reg>dions ensemble dans vn liure1 ie s5ty sans m5tir1 s\da9 vne piqueure dans l'espaule1 comme de quelque morsure de be/e2 et fus plus de c9q i\rs depuis1 qu'elle me f\rmilloit3 et m'esc\la dans le cur vne demangeaison cont9uelle4 ,vn att\*em5t1 et =tuite1 et p> vne espaule1 all] es*auff]1 et alt]] vne ame refroidie1 et esn]uee p> l'aage1 et la premi]e de t\tes les huma9es1 en re=mation4 ,p\rquoy non dea8 ,socrates e/oit homme1 et ne v\loit ny e/re ny sembl] autre *ose4 ,la philosophie n'e/riue po9t contre les voluptez naturelles1 p\rueu que la mesure y soit io9cte3 et en pres*e la mod]ation1 non la fuitte4 ,l'ef=t de sa resi/ance s'emploie contre les e/rang]es et ba/>des4 ,elle dit que les appetits du corps ne doiu5t pas e/re augm5tez p> l'esprit4 ,et n\s adu]tit +5ieusem5t1 de ne v\loir po9t esueill] no/re faim p> la saturit3 de ne v\loir f>cir1 au lieu de remplir le v5tre3 d'euit] t\te i\yssance1 qui n\s met en disette3 et t\te vi&e et breuuage1 qui n\s alt]e1 et affame4 ,comme au s]uice de l'am\r elle n\s ordonne1 de pr5dre vn obiect qui satisface simplem5t au beso+ du corps1 qui n'esmeuue po9t l'ame3 laquelle n'en doit pas faire son faict1 a9s suyure nem5t et assi/] le corps4 ,mais ay-ie pas raison d'e/im]1 que ces preceptes1 qui ont p\rtant d'ailleurs1 selon moy1 vn peu de rigueur1 reg>d5t vn corps qui face son (fice3 et qu' vn corps abbattu1 comme vn e/oma* pro/]n1 il e/ excusable de le re*auff] et s\/5ir p> art3 et p> l'entremise de la fantasie1 luy faire reu5ir l'appetit et l'allegresse1 puis que de soy il l'a p]due8 ,p\uons n\s pas dire1 qu'il n'y a ri5 en n\s1 p5dant cette prison t]re/re1 purem5t1 ny corporel1 ny spirituel3 et qu'iniurieusem5t n\s desmembrons vn homme t\t vif3 et qu'il semble y auoir raison1 que n\s n\s portions enu]s l'vsage du plaisir1 aussi fauorablem5t aumo9s1 que n\s faisons enu]s la d\leur8 ,elle e/oit1 p\r exemple1 vehem5te1 iusques la p]fection1 en l'ame des sa9cts p> la pnit5ce4 ,le corps y auoit naturellem5t "p1 p> le droict de leur colligance1 et si p\uoit auoir peu de "p la cause3 si ne se sont ils pas cont5tez qu'il suyui/ nuem5t1 et assi/a/ l'ame affligee4 ,ils l'ont afflig luymesme1 de pe9es atroces et propres3 aff9 qu' l'enuy l'vn de l'autre1 l'ame et le corps plongeass5t l'homme dans la d\leur1 d'autant plus salutaire1 que plus aspre4 ,en p>eil cas1 aux plaisirs corporels1 e/-ce pas iniu/ice d'en refroidir l'ame1 et dire1 qu'il l'y faille entra9]1 comme quelque obligation et necessit contre9te et s]uile8 ,c'e/ elle plu/o/ de les c\u] et fom5t]3 de s'y pres5t] et conui]3 la *>ge de regir luy app>t5ant4 ,comme c'e/ aussi mon aduis elle1 aux plaisirs1 qui luy sont propres1 d'en inspir] et infondre au corps t\t le ress5tim5t que porte sa condition1 et de s'e/udi] qu'ils luy soi5t d\x et salutaires4 ,c> c'e/ bi5 raison1 comme ils dis5t1 que le corps ne suyue po9t ses appetits au dommage de l'esprit4 ,mais p\rquoy n'e/-ce pas aussi raison1 que l'esprit ne suiue pas les si5s1 au dommage du corps8 ,ie n'ay po9t autre passion qui me ti5ne en hale9e4 ,ce que l'au>ice1 l'ambition1 les qu]elles1 les procs1 font l'endroit des autres1 qui comme moy1 n'ont po9t de vacation assignee1 l'am\r le f]oit plus commodm5t4 ,il me r5droit1 la vigilance1 la sobriet1 la grace1 le so+ de ma p]sonne3 r'asseur]oit ma cont5ance1 ce que les grimaces de la vieillesse1 ces grimaces dif=mes et pitoyables1 ne v9ss5t la corrompre3 me remettroit aux e/udes sa9s et sages1 p> o ie me peusse r5dre plus e/im et plus aym3 o/ant mon esprit le desespoir de soy1 et de son vsage1 et le racco9tant soy3 me diu]tiroit de mille p5sees ennuyeuses1 de mille *agr9s melan*oliques que l'oysiuet n\s *>ge en tel aage1 et le mauuais e/at de no/re sant3 res*auff]oit aumo9s en songe1 ce sang que nature ab&onne3 s\/i5droit le m5ton1 et allong]oit vn peu les n]fs1 et la vigueur et allegresse de la vie1 ce pauure homme1 qui s'en va le gr& tra9 v]s sa ru9e4 ,mais i'ent5s bi5 que c'e/ vne commodit =t mal-aise rec\ur]4 ,p> foiblesse1 et longue exp]i5ce1 no/re g\/ e/ deu5u plus t5dre et plus exquis4 ,n\s dem&ons plus1 lors que n\s apportons mo9s4 ,n\s v\lons le plus *oisir1 lors que n\s m]itons le mo9s d'e/re acceptez4 ,n\s cognoissans tels1 n\s sommes mo9s h>dis1 et plus defians3 ri5 ne n\s peut asseur] d'e/re aymez1 veu no/re condition1 et la leur4 ,i'ay honte de me tr\u] p>my cette v]te et b\illante ieunesse1 ,cuius 9 indomito con/antior +u9e n]uus1 ,qum n\a collibus arbor inhret4 ,qu'irions n\s pres5t] no/re mis]e p>my cette allgresse8 ,poss9t vt iuu5es vis]e f]uidi ,multo non s9e risu1 ,dilapsam 9 c9]es facem4 ,ils ont la =ce et la raison p\r eux3 faisons leur place3 n\s n'auons plus que t5ir4 ,et ce g]me de beaut naissante1 ne se laisse mani] ma9s si g\rdes1 et prattiqu] moy5s purs mat]iels4 ,c>1 comme respondit ce philosophe anci51 celuy qui se moquoit1 dequoy il n'auoit seu gaign] la bonne grace d'vn t5dron qu'il p\r*assoit3 ,mon amy1 le hameon ne mord pas du fromage si frais4 ,or c'e/ vn comm]ce qui a beso9 de relation et de correspondance4 ,les autres plaisirs que n\s receuons1 se peuu5t recognoi/re p> recomp5ses de nature diu]se3 mais cettuy-cy ne se paye que de mesme espece de monnoye4 ,en v]it en ce desduit1 le plaisir que ie fay1 *at\ille plus d\cem5t mon imag9ation1 que celuy qu'on me fait4 ,or cil n'a ri5 de g5]eux1 qui peut receuoir plaisir o il n'en donne po9t2 c'e/ vne vile ame1 qui veut t\t deuoir1 et qui se plai/ de n\rrir de la conf]5ce1 auec les p]sonnes ausquels il e/ en *>ge4 ,il n'y a beaut1 ny grace1 ny priuaut si exquise1 qu'vn galant homme deu/ desir] ce prix4 ,si elles ne n\s peuu5t faire du bi5 que p> piti3 i'ayme bi5 plus *] ne viure po9t1 que de viure d'aumosne4 ,ie v\drois auoir droit de leur dem&]1 au /ile auquel i'ay veu que/] en ,italie3 ,fate b5e p] voi3 ou la guise que ,cyrus exhortoit ses soldats1 ,qui m'aym]a1 si me suiue4 ,r'alliez v\s1 me dira lon1 celles de vo/re condition1 que la compagnie de mesme =tune v\s r5dra plus aysees4 ,o la sotte composition et insipide6 ,nolo ,b>bam vell]e mortuo leoni4 ,x5ophon employe p\r obiection et accusation1 contre ,m5on1 qu'en son am\r il embesongna des obiects passants fleur4 ,ie tr\ue plus de volupt seulem5t veoir le ju/e et d\x meslange de deux ieunes beauts3 ou le seulem5t consid]] p> fantasie1 qu' faire moy mesme le second1 d'vn meslange tri/e et in=me4 ,ie resigne cet appetit fanta/ique1 l',emp]eur ,galba1 qui ne s'addonnoit qu'aux *airs dures et vieilles3 et ce pauure mis]able1 ,o ego di faciant talem te c]n]e possim1 ,*>que mutatis oscula f]re comis1 ,amplectique meis corpus non p+ue lac]tis6 ,et entre les premi]es laideurs1 ie compte les beautez artificielles et =cees4 ,emonez ieune g>s de ,*io1 p5sant p> des beaux att\rs1 acqu]ir la beaut que nature luy o/oit1 se pres5ta au philosophe ,arcesilaus3 et luy dem&a si vn sage se p\rroit veoir am\reux3 ,ouy dea1 respondit l'autre1 p\rueu que ce ne fu/ pas d'vne beaut p>ee et sophi/iquee comme la ti5ne4 ,la laideur d'vne vieillesse adu\ee1 e/ mo9s vieille1 et mo9s laide mon gr1 qu'vne autre pe9te et lissee4 ,le diray-ie1 p\rueu qu'on ne m'en pr5ne la gorge8 ,l'am\r ne me semble proprem5t et naturellem5t en sa saison1 qu'en l'aage vois9 de l'enfance3 ,quem si puell>um ins]]es *oro1 ,mille sagaces fall]et hospites ,discrim5 obscurum1 solutis ,cr9ibus1 ambiguque vultu4 ,et la beaut non plus4 ,c> ce qu',hom]e l'e/5d iusqu' ce que le m5ton comm5ce s'ombrag]1 ,platon mesme l'a rem>qu p\r r>e4 ,et e/ notoire la cause p\r laquelle le sophi/e ,dion appelloit les poils folets de l'adolesc5ce1 ,ari/ogitons et ,h>modi5s4 ,en la virilit1 ie le tr\ue desia aucunem5t hors de son siege1 non qu'en la vieillesse4 ,importunus enim transuolat aridas ,qu]cus4 ,et ,m>gu]ite ,royne de ,nau>re1 alonge en femme1 bi5 lo+1 l'auantage des femmes3 ordonnant qu'il e/ saison tr5te ans1 qu'elles *ang5t le titre de belles en bonnes4 ,plus c\rte possession n\s luy donnons sur no/re vie1 mieux n\s en valons4 ,voyez son port4 ,c'e/ vn m5ton pu]ile1 qui ne sait en son es*ole1 combi5 on proc$e au reb\rs de t\t ordre4 ,l'e/ude1 l'ex]citation1 l'vsage1 sont voyes l'insuffisance3 les n\ices y reg5t5t4 ,amor ord9em nescit4 ,c]tes sa conduicte a plus de galbe1 qu& elle e/ meslee d'inadu]tance1 et de tr\ble3 les fautes1 les succez contraires y donn5t po9cte et grace4 ,p\rueu qu'elle soit aspre et affamee1 il *aut peu1 qu'elle soit prud5te4 ,voyez comme il va *ancelant1 *opant1 et fola/rant4 ,on le met aux ceps1 qu& on le guide p> art1 et sagesse4 ,et contra9t on sa diu9e lib]t1 qu& on le submet ces ma9s b>bues et calleuses4 ,au demeurant1 ie leur oy s\u5t pe9dre cette intellig5ce t\te spirituelle1 et desdaign] de mettre en consid]ation l'int]e/ que les s5s y ont4 ,t\t y s]t4 ,mais ie puis dire auoir veu s\u5t1 que n\s auons excus la foiblesse de leurs esprits1 en faueur de leurs beautez corporelles1 mais que ie n'ay po9t encore veu1 qu'en faueur de l'esprit1 tant rassis1 et meur soit-il1 elles vueill5t pre/] la ma9 vn corps1 qui tombe tant soit peu en decad5ce4 ,que ne pr5d il enuie quelqu'vne1 de faire cette noble h>de ,socratique1 du corps l'esprit1 a*etant au prix de ses cuisses1 vne intellig5ce et g5]ation philosophique et spirituelle3 le plus haut prix o elle les puisse mont]3 ,platon ordonne en ses loix1 que celuy qui aura faict quelque signal et vtile exploit en la gu]re1 ne puisse e/re refus durant l'exp$ition d'icelle1 sans respect de sa laideur ou de son aage1 du bais]1 ou autre faueur am\reuse1 de qui il la vueille4 ,ce qu'il tr\ue si iu/e en recomm&ation de la valeur militaire1 ne le peut il pas e/re aussi1 en recomm&ation de quelque autre valeur8 ,et que ne pr5d il enuie vne de preoccup] sur ses compagnes la gloire de cet am\r *a/e8 *a/e dis-ie bi51 ,nam si qu&o ad prlia v5tum e/1 ,vt quondam 9 /ipulis magnus s9e viribus ignis ,incassum furit4 ,les vices qui s'e/\ff5t en la p5see1 ne sont pas des pires4 ,p\r f9ir ce notable comm5taire1 qui m'e/ es*app d'vn flux de caquet3 flux impetueux p> fois et nuisible1 ,vt missum sponsi furtiuo mun]e malum ,procurrit ca/o virg9is gremio3 ,quod mis] oblit molli sub ve/e locatum1 ,dum adu5tu matris prosilit1 excutitur1 ,atque illud prono prceps agitur decursu3 ,huic manat tri/i conscius ore rubor4 ,ie dis1 que les masles et femelles1 sont iettez en mesme m\le1 sauf l'in/itution et l'vsage1 la diff]5ce n'y e/ pas gr&e4 ,platon appelle indiff]emm5t les vns et les autres1 la societ de t\s e/udes1 ex]cices1 *>ges et vacations gu]ri]es et paisibles1 en sa republique4 ,et le philosophe ,anti/h5es1 o/oit t\te di/9ction entre leur v]tu et la no/re4 ,il e/ bi5 plus ais d'accus] l'vn sexe1 que d'excus] l'autre4 ,c'e/ ce qu'on dit1 ,le f\rgon se moque de la paele4 ,,*apitre ,,vi4 ,des ,co*es4 ,,il e/ bi5 ais v]ifi]1 que les gr&s au!urs1 escriuans des causes1 ne se s]u5t pas seulem5t de celles qu'ils e/im5t e/re vrayes1 mais de celles encores qu'ils ne croi5t pas1 p\rueu qu'elles ay5t quelque inu5tion et beaut4 ,ils dis5t assez v]itablem5t et vtilem5t1 s'ils dis5t +5ieusem5t4 ,n\s ne p\uons n\s asseur] de la mai/resse cause1 n\s en entassons plusieurs1 p\r voir si p> r5contre elle se tr\u]a en ce nombre1 ,namque vnam dic]e causam ,non satis e/1 v]um plures1 vnde vna tam5 sit4 ,me dem&ez v\s d'o vi5t cette c\/ume1 de b5ir ceux qui e/]nu5t8 ,n\s produisons trois sortes de v5t2 celuy qui sort p> embas e/ trop sale3 celuy qui sort p> la b\*e1 porte quelque repro*e de g\rm&ise3 le troisiesme e/ l'e/]nuem5t3 et p>ce qu'il vi5t de la te/e1 et e/ sans blasme1 n\s luy faisons cet honne/e recueil4 ,ne v\s moquez pas de cette subtilit1 elle e/1 dit-on1 d',ari/ote4 ,il me semble auoir veu en ,plut>que 7qui e/ de t\s les au!urs que ie cognoisse1 celuy qui a mieux mesl l'art la nature1 et le iugem5t la sci5ce7 r5dant la cause du s\sleuem5t d'e/oma*1 qui adui5t ceux qui voyag5t en m]1 que cela leur arriue de cra9te1 ayant tr\u quelque raison1 p> laquelle il pr\ue1 que la cra9te peut produire vn tel effect4 ,moy qui y suis =t subiect1 say bi51 que cette cause ne me t\*e pas4 ,et le say1 non p> argum5t1 mais p> necessaire exp]i5ce4 ,sans allegu] ce qu'on m'a dict1 qu'il en arriue de mesme s\u5t aux be/es1 specialem5t aux p\rceaux1 hors de t\te appreh5sion de dang]3 et ce qu'vn mi5 cognoissant1 m'a tesmoign de soy1 qu'y e/ant =t subiect1 l'enuie de vomir luy e/oit passee1 deux ou trois fois1 se tr\uant press de frayeur1 en gr&e t\rm5te4 ,comme cet anci53 ,peius vexab> qum vt p]iculum mihi succurr]et4 ,ie n'euz iamais peur sur l'eau3 comme ie n'ay aussi ailleurs 7et s'en e/ assez s\u5t (f]t de iu/es1 si la mort l'e/7 qui m'ait tr\bl ou esbl\y4 ,elle nai/ p> fois de faute de iugem5t1 comme de faute de cur4 ,t\s les dang]s que i'ay veu1 'a e/ les yeux ouu]ts1 la veu libre1 sa9e1 et enti]e4 ,encore faut-il du c\rage cra9dre4 ,il me s]uit autrefois au prix d'autres1 p\r conduire et t5ir en ordre ma fuite1 qu'elle fu/ s9on sans cra9te1 t\tesfois sans effroy1 et sans e/onnem5t4 ,elle e/oit esmeue1 mais non pas e/\rdie ny esp]due4 ,les gr&es ames vont bi5 plus outre1 et repres5t5t des fuites1 non rassises seulem5t1 et sa9es1 mais fi]es4 ,disons celle qu',alcibiades recite de ,socrates1 son compagnon d'armes3 ,ie le tr\uay1 dit-il1 apres la r\te de no/re armee1 luy et ,la*ez1 des d]ni]s entre les fuyans3 et le consid]ay t\t mon aise1 et en seuret1 c> i'e/ois sur vn bon *eual1 et luy pi$1 et auions a9si combatu4 ,ie rem>quay premi]em5t1 combi5 il montroit d'auisem5t et de resolution1 au prix de ,la*ez3 et puis la brau]ie de son m>*]1 nullem5t diff]5t du si5 ord9aire3 sa veue f]me et reglee1 consid]ant et iugeant ce qui se passoit aut\r de luy3 reg>dant tanto/ les vns1 tanto/ les autres1 amis et ennemis1 d'vne faon1 qui enc\rageoit les vns1 et signifioit aux autres1 qu'il e/oit p\r v5dre bi5 *] son sang et sa vie1 qui essay]oit de la luy o/]1 et se sauu]5t a9si3 c> volonti]s on n'attaque pas ceux-cy1 on c\rt apres les effraiez4 ,voyl le tesmoignage de ce gr& capita9e3 qui n\s appr5d ce que n\s essaions t\s les i\rs1 qu'il n'e/ ri5 qui n\s iette tant aux dang]s1 qu'vne faim inconsid]ee de n\s en mettre hors4 ,quo timoris m9us e/1 eo m9us f]m p]iculi e/4 ,no/re peuple a tort1 de dire1 celuy-l cra9t la mort1 qu& il veut exprim]1 qu'il y songe1 et qu'il la preuoit4 ,la preuoyance conui5t egallem5t ce qui n\s t\*e en bi51 et en mal4 ,consid]] et iug] le dang]1 e/ aucunem5t le reb\rs de s'en e/onn]4 ,ie ne me s5s pas assez =t p\r s\/5ir le c\p1 et l'impetuosit1 de cette passion de la peur1 ny d'autre vehem5te4 ,si i'en e/ois vn c\p va9cu1 et att]r1 ie ne m'en releu]ois iamais bi5 enti]4 ,qui auroit faict p]dre pi$ mon ame1 ne la remettroit iamais droicte en sa place4 ,elle se reta/e et re*]*e trop vifuem5t et pr(ondem5t4 ,et p\rtant1 ne lairroit iamais ress\dre et consolid] la playe qui l'auroit p]cee4 ,il m'a bi5 pris qu'aucune maladie ne me l'ayt encore desmise4 ,a *asque *>ge qui me vi5t1 ie me pres5te et oppose1 en mon haut app>eil4 ,a9si la premi]e qui m'emport]oit1 me mettroit sans ress\rce4 ,ie n'en fais po9t deux4 ,p> quelque endroict que le rauage faua/ ma leuee1 me voyla ouu]t1 et noy sans rem$e4 ,epicurus dit1 que le sage ne peut iamais pass] vn e/at contraire4 ,i'ay quelque op9ion de l'enu]s de cette s5t5ce2 que qui aura e/ vne fois bi5 fol1 ne s]a nulle autre fois bi5 sage4 ,dieu me donne le froid selon la robe1 et me donne les passions selon le moy5 que i'ay de les s\/5ir4 ,nature m'ayant desc\u]t d'vn co/1 m'a c\u]t de l'autre3 m'ayant des>m de =ce1 m'a arm d'ins5sibilit1 et d'vne appreh5sion reglee1 ou m\sse4 ,or ie ne puis s\ffrir long temps1 et les s\ffrois plus difficilem5t en ieunesse1 ny co*e1 ny litti]e1 ny bateau1 et hay t\te autre voiture que de *eual1 en la ville1 et aux *amps4 ,mais ie puis s\ffrir la licti]e1 mo9s qu'vn co*e3 et p> mesme raison1 plus aisem5t vne agitation rude sur l'eau1 d'o se produict la peur1 que le m\uem5t qui se s5t en temps calme4 ,p> cette leg]e sec\sse1 que les auirons donn5t1 desrobant le vaisseau s\bs n\s1 ie me s5s br\ill]1 ie ne say comm5t1 la te/e et l'e/oma*3 comme ie ne puis s\ffrir s\s moy vn siege tremblant4 ,qu& la voile1 ou le c\rs de l'eau1 n\s emporte esgallem5t1 ou qu'on n\s t\1 cette agitation vnie1 ne me blesse aucunem5t4 ,c'e/ vn remuem5t int]rompu1 qui m'(f5ce3 et plus1 qu& il e/ languissant4 ,ie ne saurois autrem5t pe9dre sa =me4 ,les m$ec9s m'ont ordonn de me press] et sangl] d'vne s]uiette le bas du v5tre1 p\r rem$i] cet accid5t3 ce que ie n'ay po9t essay1 ayant acc\/um de luct] les deffauts qui sont en moy1 et les dompt] p> moy-mesme4 ,si i'en auoy la memoire suffisamm5t in=mee1 ie ne ple9droy mon temps dire icy l'inf9ie v>iet1 que les hi/oires n\s pres5t5t de l'vsage des co*es1 au s]uice de la gu]re3 diu]s selon les nations1 selon les siecles3 de gr& effect1 ce me semble1 et necessit4 ,si que c'e/ m]ueille1 que n\s en ayons p]du t\te cognoissance4 ,i'en diray seulem5t cecy1 que t\t fres*em5t1 du temps de nos p]es1 les ,hongres les mir5t tres-vtilem5t en besongne contre les ,turcs3 en *acun y ayant vn rondeli] et vn m\squetaire1 et nombre de h>quebuzes r5gees1 pre/es et *>gees3 le t\t c\u]t d'vne pauesade1 la mode d'vne galliotte4 ,ils faisoi5t front leur bataille de trois mille tels co*es et apres que le canon auoit i\1 les faisoi5t tir]1 et auall] aux ennemys cette salue1 auant que de ta/] le re/e3 qui n'e/oit pas vn leg] auancem5t3 ou desco*oi5t lesdits co*es dans leurs escadrons1 p\r les rompre et y faire i\r3 outre le sec\rs qu'ils en p\uoi5t pr5dre1 p\r flanqu] en lieu *at\illeux1 les tr\ppes m>*ants en la campagne3 ou c\urir vn logis la ha/e1 et le =tifi]4 ,de mon temps1 vn ,g5til-homme1 en l'vne de nos fronti]es1 impo/ de sa p]sonne1 et ne tr\uant *eual capable de son poids1 ayant vne qu]elle1 m>*oit p> pas en co*e1 de mesme cette pe9ture1 et s'en tr\uoit tres-bi54 ,mais laissons ces co*es gu]ri]s4 ,comme si leur neantise n'e/oit assez cognue meilleures enseignes1 les d]ni]s ,roys de no/re premi]e race m>*oi5t p> pas en vn *>iot m5 de quatre bufs4 ,m>c ,anto9e fut le premi]1 qui se fit tra9] ,rome1 et vne g>se m5e/ri]e qu& et luy1 p> des lyons attelez vn co*e4 ,heliogabalus en fit depuis autant1 se disant ,cibel la m]e des ,dieux3 et aussi p> des tigres1 contrefaisant le ,dieu ,bac*us3 il attela aussi p> fois deux c]fs son co*e3 et vne autre fois quatre *i5s3 et encore quatre g>ses nues1 se faisant tra9] p> elles1 en pompe1 t\t nud4 ,l'emp]eur ,firmus fit m5] son co*e1 des autru*es de m]ueilleuse gr&eur1 de mani]e qu'il sembloit plus vol] que r\l]4 ,l'e/ranget de ces inu5tions1 me met en te/e cett' autre fantasie3 ,que c'e/ vne espece de pusillanimit1 aux mon>ques1 et vn tesmoignage de ne s5tir po9t assez1 ce qu'ils sont1 de trauaill] se faire valloir et p>oi/re1 p> desp5ses excessiues4 ,ce s]oit *ose excusable en pays e/rang]3 mais p>my ses subiects1 o il peut t\t1 il tire de sa dignit1 le plus extreme degr d'honneur1 o il puisse arriu]4 ,comme vn ,g5til-homme1 il me semble1 qu'il e/ sup]flu de se ve/ir curieusem5t en son priu3 sa maison1 son tra91 sa cuys9e respond5t assez de luy4 ,le conseil qu',isocrates donne son ,roy1 ne me semble sans raison3 ,qu'il soit spl5dide en meubles et vt5siles3 d'autant que c'e/ vne desp5se de duree1 qui passe iusques ses successeurs3 et qu'il fuye t\tes magnific5ces1 qui s'esc\l5t incont95t et de l'vsage et de la memoire4 ,i'aymois me p>] qu& i'e/oy cadet1 faute d'autre p>ure3 et me seoit bi54 ,il en e/ sur qui les belles robes pleur5t4 ,n\s auons des comtes m]ueilleux de la frugalit de nos ,roys au t\r de leurs p]sonnes1 et en leurs dons3 gr&s ,roys en cr$it1 en valeur1 et en =tune4 ,demo/h5es combat outrance1 la loy de sa ville1 qui assignoit les d5i]s publics aux pompes des ieux1 et de leurs fe/es4 ,il veut que leur gr&eur se montre1 en quantit de vaisseaux bi5 equippez1 et bonnes armees bi5 f\rnies4 ,et a lon raison d'accus] ,!ophra/us1 qui e/ablit en son liure des ri*esses1 vn aduis contraire3 et ma9ti5t telle nature de desp5se1 e/re le vray fruit de l'opul5ce4 ,ce sont plaisirs1 dit ,ari/ote1 qui ne t\*5t que la plus basse commune3 qui s'euan\iss5t de la s\u5ance aussi to/ qu'on en e/ rassasi3 et desquels nul homme iudicieux et graue ne peut faire e/ime4 ,l'emploitte me sembl]oit bi5 plus royale1 comme plus vtile1 iu/e et durable1 en ports1 en haures1 =tifications et murs3 en ba/im5ts somptueux1 en eglises1 hospitaux1 colleges1 re=mation de rus et *em9s3 en quoy le ,pape ,gregoire treziesme lairra sa memoire recomm&able long temps3 et en quoy no/re ,royne ,ca!r9e tesmoign]oit longues annees sa lib]alit naturelle et munific5ce1 si ses moy5s suffisoi5t son affection4 ,la ,=tune m'a faict gr& desplaisir d'int]rompre la belle /ructure du ,pont neuf1 de no/re gr&' ville1 et m'o/] l'espoir auant m\rir d'en veoir en tra9 le s]uice4 ,outre ce1 il semble aux subiects spectateurs de ces triomphes1 qu'on leur fait montre de leurs propres ri*esses1 et qu'on les fe/oye leurs desp5s4 ,c> les peuples presum5t volonti]s des ,roys1 comme n\s faisons de nos valets3 qu'ils doiu5t pr5dre so+ de n\s appre/] en abondance t\t ce qu'il n\s faut1 mais qu'ils n'y doiu5t aucunem5t t\*] de leur "p4 ,et p\rtant l',emp]eur ,galba1 ayant pris plaisir vn musici5 p5dant son s\p]1 se fit port] sa bote1 et luy donna en sa ma9 vne poignee d'escus1 qu'il y pes*a1 auec ces p>oles3 ,ce n'e/ pas du public1 c'e/ du mi54 ,tant y a1 qu'il adui5t le plus s\u5t1 que le peuple a raison3 et qu'on repai/ ses yeux1 de ce dequoy il auoit pai/re son v5tre4 ,la lib]alit mesme n'e/ pas bi5 en son lu/re en ma9 s\u]a9e3 les priuez y ont plus de droict4 ,c> le pr5dre exactem5t1 vn ,roy n'a ri5 proprem5t si52 il se doibt soy-mesmes autruy4 ,la iurisdiction ne se donne po9t en faueur du iuridiciant3 c'e/ en faueur du iuridici4 ,on fait vn sup]ieur1 non iamais p\r son pr(it1 a9s p\r le pr(it de l'inf]ieur3 et vn m$ec9 p\r le malade1 non p\r soy4 ,t\te magi/rature1 comme t\t art1 iette sa f9 hors d'elle4 ,nulla ars 9 se v]satur4 ,p>quoy les g\u]neurs de l'enfance des ,pr9ces1 qui se piqu5t leur imprim] cette v]tu de l>gesse3 et les pres*5t de ne sauoir ri5 refus]1 et n'e/im] ri5 si bi5 employ1 que ce qu'ils donront 7in/ruction que i'ay veu en mon temps =t en cr$it7 ou ils reg>d5t plus leur pr\fit1 qu' celuy de leur mai/re3 ou ils ent5d5t mal qui ils p>l5t4 ,il e/ trop ays d'imprim] la lib]alit1 en celuy1 qui a dequoy y f\rnir autant qu'il veut1 aux desp5s d'autruy4 ,et son e/imation se reglant1 non la mesure du pres5t1 mais la mesure des moy5s de celuy qui l'ex]ce1 elle vi5t e/re va9e en ma9s si puissantes4 ,ils se tr\u5t prodigues1 auant qu'ils soi5t lib]aux4 ,p\rtant e/ elle de peu de recomm&ation1 au prix d'autres v]tus royalles4 ,et la seule1 comme disoit le tyran ,dionysius1 qui se comporte bi5 auec la tyrannie mesme4 ,ie luy appr5droy plu/o/ ce v]set du lab\reur anci51 1 ,qu'il faut qui en veut retir] fruict1 sem] de la ma91 non pas v]s] du sac3 il faut esp&re le gra91 non pas le resp&re3 et qu'ayant donn]1 ou p\r mieux dire1 pay]1 et r5dre tant de g5s1 selon qu'ils ont des]uy1 il en doibt e/re loyal et auis disp5sateur4 ,si la lib]alit d'vn ,pr9ce e/ sans discretion et sans mesure1 ie l'ayme mieux au>e4 ,la v]tu ,royalle semble consi/] le plus en la iu/ice4 ,et de t\tes les p>ties de la iu/ice1 celle l rem]que mieux les ,roys1 qui accompagne la lib]alit4 ,c> ils l'ont p>ticuli]em5t res]uee leur *>ge3 l o t\te autre iu/ice1 ils l'ex]c5t volonti]s p> l'entremise d'autruy4 ,l'immod]ee l>gesse1 e/ vn moy5 foible leur acqu]ir bi5-vueillance3 c> elle rebute plus de g5s1 qu'elle n'en practique3 ,quo 9 plures vsus sis1 m9us 9 multos vti possis4 ,quid autem e/ /ultius1 qum1 quod lib5t] facias1 cur>e vt id diutius fac]e non possis8 ,et si elle e/ employee sans respect du m]ite1 fait v]gongne qui la reoit3 et se reoit sans grace4 ,des tyrans ont e/ sacrifiez la hayne du peuple1 p> les ma9s de ceux mesme1 qu'ils auoy5t iniquem5t auancez3 telle mani]e d'hommes1 e/imants asseur] la possession des bi5s indeuem5t receuz1 s'ils montr5t auoir mespris et hayne1 celuy duquel ils les t5oy5t1 et se r'alli5t au iugem5t et op9ion commune en cela4 ,les subiects d'vn ,pr9ce excessif en dons1 se r5d5t excessifs en dem&es3 ils se taill5t1 non la raison1 mais l'exemple4 ,il y a c]tes s\u5t1 dequoy r\gir1 de no/re impud5ce4 ,n\s sommes surpayez selon iu/ice1 qu& la recomp5ce esgalle no/re s]uice3 c> n'en deuons n\s ri5 nos ,pr9ces d'obligation naturelle8 ,s'il porte no/re desp5ce1 il fait trop3 c'e/ assez qu'il l'ayde3 le surplus s'appelle bi5-faict1 lequel ne se peut exig]3 c> le nom mesme de la lib]alit sonne lib]t4 ,a no/re mode1 ce n'e/ iamais faict3 le reeu ne se met plus en compte3 on n'ayme la lib]alit que future4 ,p> quoy plus vn ,pr9ce s'espuise en donnant1 plus il s'appa\rit d'amys4 ,comm5t ass\uiroit il les enuies1 qui croiss5t1 mesure qu'elles se rempliss5t8 ,qui a sa p5see pr5dre1 ne l'a plus ce qu'il a pr9s4 ,la conuoitise n'a ri5 si propre que d'e/re +rate4 ,l'exemple de ,cyrus ne duira pas mal en ce lieu1 p\r s]uir aux ,roys de ce temps1 de t\*e1 recognoi/re leurs dons1 bi5 ou mal employez3 et leur faire veoir1 combi5 cet ,emp]eur les ass5oit plus heureusem5t1 qu'ils ne font4 ,p> o ils sont r$uits faire leurs emprunts1 apres sur les subiects incognus1 et plu/o/ sur ceux1 qui ils ont faict du mal1 que sur ceux1 qui ils ont faict du bi53 et n'en reoiu5t aydes1 o il y aye ri5 de gratuit1 que le nom4 ,crsus luy repro*oit sa l>gesse3 et calculoit combi5 se mont]oit son ?resor1 s'il eu/ eu les ma9s plus re/re9tes4 ,il eut enuie de iu/ifi] sa lib]alit3 et despes*ant de t\tes p>ts1 v]s les gr&s de son e/at1 qu'il auoit p>ticuli]em5t auancez3 pria *acun de le sec\rir1 d'autant d'arg5t qu'il p\rroit1 vne si5ne necessit3 et le luy enuoy] p> decl>ation4 ,qu& t\ts ces bord]eaux luy fur5t apportez1 *acun de ses amys1 n'e/imant pas que ce fu/ assez faire1 de luy en (frir seulem5t autant qu'il en auoit reeu de sa munific5ce1 y en meslant du si5 propre beauc\p1 il se tr\ua1 que cette somme se montoit bi5 plus que ne disoit l'esp>gne de ,crsus4 ,sur quoy ,cyrus3 ,ie ne suis pas mo9s am\reux des ri*esses1 que les autres ,pr9ces1 et en suis plu/o/ plus mesnag]4 ,v\s voyez combi5 peu de mise i'ay acquis le ?resor ine/imable de tant d'amis3 et combi5 ils me sont plus fideles ?resori]s1 que ne s]oi5t des hommes m]c5aires1 sans obligation1 sans affection3 et ma *euance mieux logee qu'en des c(fres1 appellant sur moy la ha9e1 l'enuie1 et le mespris des autres ,pr9ces4 ,les ,emp]eurs tiroi5t excuse la sup]fluit de leurs ieux et montres publiques1 de ce que leur au?orit dep5doit aucunem5t1 aumo9s p> app>5ce1 de la volont du peuple ,roma93 lequel auoit de t\t temps acc\/um d'e/re flat p> telle sorte de spectacles et d'excez4 ,mais c'e/oy5t p>ticuli]s qui auoy5t n\rry cette c\/ume1 de gratifi] leurs concitoy5s et compagnons3 pr9cipalem5t sur leur b\rse1 p> telle pr(usion et magnific5ce4 ,elle eut t\t autre g\/1 qu& ce fur5t les mai/res qui v9dr5t l'imit]4 ,pecuni>um translatio iu/is dom9is ad ali5os non debet lib]alis vid]i4 ,philippus de ce que son fils essayoit p> pres5ts1 de gaign] la volont des ,mac$oni5s1 l'en tana p> vne lettre1 en cette mani]e4 ,quoy8 z tu enuie1 que tes subiects te ti5n5t p\r leur b\rsi]1 non p\r leur ,roy8 ,veux tu les prattiqu]8 ,prattique les1 des bi5-faicts de ta v]tu1 non des bi5-faicts de ton c(fre4 ,c'etoit p\rtant vne belle *ose1 d'all] faire apport] et plant] en la place aux ar5es1 vne gr&e quantit de gros arbres1 t\s bran*us et t\s v]ts1 repres5tans vne gr&e =e/ ombrageuse1 desp>tie en belle symmetrie3 et le premi] i\r1 iett] l d$ans mille au/ru*es1 mille c]fs1 mille sangli]s1 et mille da9s1 les ab&onnant pill] au peuple3 le l5dema9 faire assomm] en sa pres5ce1 c5t gros lyons1 c5t leop>ds1 et trois c5s ours3 et p\r le troisiesme i\r1 faire combatre outrance1 trois c5s paires de gladiateurs1 comme fit l',emp]eur ,probus4 ,c'e/oit aussi belle *ose voir1 ces gr&s amphi!atres encr\/ez de m>bre au dehors1 lab\r d'ouurages et /atues1 le d$ans reluisant de r>es enri*issem5s1 ,bal!us en gemmis1 en illita porticus auro4 ,t\s les co/ez de ce gr& vuide1 remplis et enuironnez depuis le fons iusques au comble1 de soixante ou quatre v+ts rangs d'es*elons1 aussi de m>bre1 c\u]s de c>reaux1 ,exeat1 inquit1 ,si pudor e/1 et pulu9o surgat eque/ri1 ,cuius res legi non sufficit1 o se peuss5t r5g] c5t mille hommes1 assis leur aise4 ,et la place du fons1 o les ieux se i\oy5t1 la faire premi]em5t p> art1 entr'ouurir et f5dre en creuasses1 repres5tant des antres qui vomissoi5t les be/es de/9ees au spectacle3 et puis secondem5t l'inond] d'vne m] pr(onde1 qui *>ioit =ce mon/res m>9s1 *>gee de vaisseaux armez repres5t] vne bataille naualle3 et ti]cem5t1 l'applanir et asse*] de n\ueau1 p\r le combat des gladiateurs3 et p\r la quatriesme faon1 la sabl] de v]millon et de /orax1 au lieu d'ar5e1 p\r y dress] vn fe/9 solemne1 t\t ce nombre inf9y de peuple3 le d]ni] acte d'vn seul i\r4 ,quoties nos desc5d5tis ar5 ,vidimus 9 p>tes1 ruptque vorag9e t]r ,em]sisse f]as1 et ijsdem spe latebris ,aurea cum croceo creu]unt arbuta libro6 ,nec solm nobis silue/ria c]n]e mon/ra ,contigit1 quoreos ego cum c]tantibus vrsis ,spectaui vitulos1 et equorum nom9e dignum1 ,s$ de=me pecus4 ,quelquefois on y a faict nai/re1 vne haute montaigne ple9e de fruiti]s et arbres v]doyans1 r5dant p> son fe/e1 vn ruisseau d'eau1 comme de la b\*e d'vne viue fonta9e4 ,quelquefois on y prom5a vn gr& nauire1 qui s'ouuroit et despr5oit de soy-mesmes1 et apres auoir vomy de son v5tre1 quatre ou c9q c5s be/es combat1 se ress]roit et s'esuan\issoit1 sans ayde4 ,autresfois1 du bas de cette place1 ils faisoi5t eslanc] des surgeons et filets d'eau1 qui reiallissoi5t contremont1 et cette hauteur inf9ie1 alloi5t arr\sant et embaumant cette inf9ie multitude4 ,p\r se c\urir de l'iniure du temps1 ils faisoi5t t5dre cette imm5se capacit1 tanto/ de voyles de p\rpre lab\rez l'guille1 tanto/ de soye1 d'vne ou autre c\leur1 et les auanoy5t et retiroy5t en vn mom5t1 comme il leur v5oit en fantasie1 ,quamuis non modico caleant spectacula sole1 ,vela r$ucuntur1 cm v5it ,h]mog5es4 ,les rets aussi qu'on mettoit au deuant du peuple1 p\r le def5dre de la viol5ce de ces be/es eslancees1 e/oi5t tyssus d'or1 ,auro quoque torta refulg5t ,retia4 ,s'il y a quelque *ose qui soit excusable en tels excez1 c'e/1 o l'inu5tion et la n\ueaut1 f\rnit d'admiration1 non pas la desp5ce4 ,en ces vanitez mesme1 n\s desc\urons combi5 ces siecles e/oy5t f]tiles d'autres esprits que ne sont les no/res4 ,il va de cette sorte de f]tilit1 comme il fait de t\tes autres productions de la ,nature4 ,ce n'e/ pas dire qu'elle y ayt lors employ son d]ni] ef=t4 ,n\s n'allons po9t1 n\s rodons plu/o/1 et t\rneuirons et l3 n\s n\s prom5ons sur nos pas4 ,ie cra9s que no/re cognoissance soit foible en t\s s5s4 ,n\s ne voyons ny gu]es lo+1 ny gu]e arri]e4 ,elle embrasse peu1 et vit peu3 c\rte et en e/5due de temps1 et en e/5due de mati]e4 ,vix]e =tes ante ,agamemnona ,multi1 s$ omnes illacrymabiles ,vrg5tur1 ignotique longa ,nocte4 ,et sup]a bellum ,troianum et fun]a ,troi1 ,multi alias alij quoque res cec9]e poet4 ,et la n>ration de ,solon1 sur ce qu'il auoit appr9s des pre/res d'gypte de la longue vie de leur e/at1 et mani]e d'appr5dre et cons]u] les hi/oires e/rang]es1 ne me semble tesmoignage de refus en cette consid]ation4 ,si int]m9atam 9 omnes p>tes magnitud9em regionum vid]emus et temporum1 9 quam se iniici5s animus et int5d5s1 ita lat longeque p]egr9atur1 vt nullam oram vltimi videat1 9 qua possit insi/]e3 9 hac imm5sitate inf9ita1 vis innum]abilium app>]et =m>um4 ,qu& t\t ce qui e/ v5u p> rapport du pass1 iusques n\s1 s]oit vray1 et s]oit seu p> quelqu'vn1 ce s]oit mo9s que ri51 au prix de ce qui e/ ignor4 ,et de cette mesme image du monde1 qui c\le p5dant que n\s y sommes1 combi5 *etiue et rac\rcie e/ la cognoissance des plus curieux8 ,non seulem5t des eu5em5s p>ticuli]s1 que ,=tune r5d s\u5t exemplaires et poisans3 mais de l'e/at des gr&es polices et nations1 il n\s en es*appe c5t fois plus1 qu'il n'en vi5t a no/re sci5ce4 ,n\s escrions1 du miracle de l'inu5tion de no/re artill]ie1 de no/re impression3 d'autres hommes1 vn autre b\t du monde la ,*9e1 en i\yssoit mille ans aup>auant4 ,si n\s voyions autant du monde1 comme n\s n'en voyons pas1 n\s app]ceurions1 comme il e/ croire1 vne p]petuelle multiplication et vicissitude de =mes4 ,il n'y a ri5 de seul et de r>e1 eu esg>d ,nature1 ouy bi5 eu esg>d no/re cognoissance3 qui e/ vn mis]able fondem5t de nos regles1 et qui n\s repres5te volonti]s vne tres-fauce image des *oses4 ,comme va9em5t n\s concluons aui\rd'huy1 l'incl9ation et la decrepitude du monde1 p> les argum5ts que n\s tirons de no/re propre foiblesse et decad5ce3 ,imque adeo affecta e/ tas1 affectque tellus4 ,a9si va9em5t concluoit cettuy-la1 sa naissance et ieunesse1 p> la vigueur qu'il voyoit aux esprits de son temps1 abondans en n\uelletez et inu5tions de diu]s arts3 ,v]um1 vt op9or1 habet n\itatem summa1 recnsque ,natura e/ mundi1 neque pridem exordia cpit3 ,qu>e etiam qudam nunc artes expoliuntur1 ,nunc etiam augescunt1 nunc addita nauigiis sunt ,multa4 ,no/re monde vi5t d'en tr\u] vn autre 7et qui n\s respond si c'e/ le d]ni] de ses fr]es1 puis que les ,dmons1 les ,sybilles1 et n\s1 auons ignor cettuy-cy iusqu' cette heure87 non mo9s gr&1 pla91 et membru1 que luy3 t\tesfois si n\ueau et si enfant1 qu'on luy appr5d encore son a1 b1 c4 ,il n'y a pas c9quante ans1 qu'il ne sauoit1 ny lettres1 ny poix1 ny mesure1 ny ve/em5ts1 ny bl$s1 ny vignes4 ,il e/oit encore t\t nud1 au giron1 et ne viuoit que des moy5s de sa m]e n\rrice4 ,si n\s concluons bi51 de no/re f91 et ce pote de la ieunesse de son siecle1 cet autre monde ne f]a qu'entr] en lumi]e1 qu& le no/re en sortira4 ,l'vniu]s tomb]a en p>alysie3 l'vn membre s]a p]clus1 l'autre en vigueur4 ,bi5 cra9s-ie1 que n\s aurons tres-=t ha/ sa decl9aison et sa ruyne1 p> no/re contagion3 et que n\s luy aurons bi5 *] v5du nos op9ions et nos arts4 ,c'e/oit vn monde enfant3 si ne l'auons n\s pas f\t et s\bsmis no/re discipl9e1 p> l'auantage de no/re valeur1 et =ces naturelles3 ny ne l'auons practiqu p> no/re iu/ice et bont3 ny subiugu p> no/re magnanimit4 ,la plus "p de leurs responces1 et des negotiations faictes auec eux1 tesmoign5t qu'ils ne n\s deuoi5t ri5 en cl>t d'esprit naturelle1 et en p]t95ce4 ,l'esp\u5table magnific5ce des villes de ,cusco et de ,mexico1 et entre plusieurs *oses p>eilles1 le i>d9 de ce ,roy1 o t\s les arbres1 les fruicts1 et t\tes les h]bes1 selon l'ordre et gr&eur qu'ils ont en vn i>d91 e/oi5t excellemm5t =mees en or3 comme en son cab9et1 t\s les animaux1 qui naissoi5t en son e/at et en ses m]s3 et la beaut de leurs ouurages1 en pi]r]ie1 en plume1 en cotton1 en la pe9ture1 montr5t qu'ils ne n\s c$oi5t non plus en l'indu/rie4 ,mais quant la deuotion1 obs]uance des loix1 bont1 lib]alit1 loyaut1 fran*ise1 il n\s a bi5 s]uy1 de n'en auoir pas tant qu'eux4 ,ils se sont p]dus p> cet aduantage1 et v5dus1 et trahis eux mesmes4 ,quant la h>diesse et c\rage1 quant la f]met1 con/ance1 resolution contre les d\leurs et la faim1 et la mort1 ie ne cra9drois pas d'oppos] les exemples1 que ie tr\u]ois p>my eux1 aux plus fameux exemples anci5s1 que n\s ayons aux memoires de no/re monde p>de4 ,c> p\r ceux qui les ont subiuguez1 qu'ils o/5t les ruses et batelages1 dequoy ils se sont s]uis les pip]3 et le iu/e e/onnem5t1 qu'apportoit ces nations l1 de voir arriu] si inop9em5t des g5s b>bus1 diu]s en langage1 religion1 en =me1 et en cont5ance3 d'vn endroit du monde si esloign1 et o ils n'auoi5t iamais seu qu'il y eu/ habitation quelconque3 montez sur des gr&s mon/res incongneuz3 contre ceux1 qui n'auoi5t non seulem5t iamais veu de *eual1 mais be/e quelconque1 duicte port] et s\/5ir homme ny autre *>ge3 g>nis d'vne peau luysante et dure1 et d'vne arme tr5*ante et respl5dissante3 contre ceux1 qui p\r le miracle de la lueur d'vn miroir ou d'vn c\/eau1 alloy5t es*angeant vne gr&e ri*esse en or et en p]les1 et qui n'auoi5t ny sci5ce ny mati]e1 p> o t\t loysir1 ils seuss5t p]c] no/re aci]3 adi\/ez y les f\dres et tonn]res de nos pieces et h>quebuses1 capables de tr\bl] ,cs> mesme1 qui l'en eu/ surpris autant inexp]im5t3 et cett'heure1 contre des peuples nuds1 si ce n'e/ o l'inu5tion e/oit arriuee de quelque tyssu de cotton3 sans autres armes p\r le plus1 que d'arcs1 pi]res1 ba/ons et b\cli]s de bois3 des peuples surpris s\bs c\leur d'amiti et de bonne foy1 p> la curiosit de veoir des *oses e/rang]es et incognues3 o/ez1 dis-ie1 aux conqu]ans cette disp>it1 v\s leur o/ez t\te l'occasion de tant de victoires4 ,qu& ie reg>de cette ardeur indomtable1 dequoy tant de milli]s d'hommes1 femmes1 et enfans1 se pres5t5t et reiett5t tant de fois1 aux dang]s ineuitables1 p\r la deff5ce de leurs dieux1 et de leur lib]t3 cette g5]euse ob/9ation de s\ffrir t\tes extremitez et difficultez1 et la mort1 plus volonti]s1 que de se s\bsmettre la dom9ation de ceux1 de qui ils ont e/ si honteusem5t abusez3 et aucuns1 *oisissans pluto/ de se laiss] defaillir p> faim et p> ieusne1 e/ans pris1 que d'accept] le viure des ma9s de leurs ennemis1 si vilem5t victorieuses3 ie preuois que qui les eu/ attaquez pair pair1 et d'armes1 et d'exp]i5ce1 et de nombre1 il y eu/ faict aussi dang]eux1 et plus1 qu'en autre gu]re que n\s voyons4 ,que n'e/ tombee s\bs ,alex&re1 ou s\bs ces anci5s ,grecs et ,roma9s1 vne si noble conque/e3 et vne si gr&e mutation et alt]ation de tant d'empires et de peuples1 s\bs des ma9s1 qui euss5t d\cem5t poly et defri* ce qu'il y auoit de sauuage3 et euss5t con=t et promeu les bonnes sem5ces1 que ,nature y auoit produit3 meslant non seulem5t la culture des t]res1 et ornem5t des villes1 les arts de dea1 en tant qu'elles y euss5t e/ necessaires1 mais aussi1 meslant les v]tus ,grecques et ,roma9es1 aux orig9eles du pays8 ,quelle rep>ation eu/-ce e/1 et quel am5dem5t t\te cette ma*9e1 que les premi]s exemples et deportem5s no/res1 qui se sont pres5tez p> del1 euss5t appell ces peuples1 l'admiration1 et imitation de la v]tu1 et euss5t dress entre-eux et n\s1 vne frat]nelle societ et intellig5ce8 ,combi5 il eu/ e/ ais1 de faire son pr(it1 d'ames si neuues1 si affamees d'appr5tissage1 ayants p\r la plus "p1 de si beaux comm5cem5s naturels8 ,au reb\rs1 n\s n\s sommes s]uis de leur ignorance1 et inexp]i5ce1 les pli] plus facilem5t v]s la trahison1 luxure1 au>ice1 et v]s t\te sorte d'inhumanit et de cruaut1 l'exemple et patron de nos murs4 ,qui mit iamais tel prix1 le s]uice de la m]cad5ce et de la trafique8 ,tant de villes rasees1 tant de nations ext]m9ees1 tant de millions de peuples1 passez au fil de l'espee1 et la plus ri*e et belle p>tie du monde b\leu]see1 p\r la negotiation des p]les et du poiure4 ,me*aniques victoires4 ,iamais l'ambition1 iamais les inimitiez publiques1 ne p\ss]5t les hommes1 les vns contre les autres1 si horribles ho/ilitez1 et calamitez si mis]ables4 ,en co/oyant la m] la que/e de leurs m9es1 aucuns ,espagnols pr9dr5t t]re en vne contree f]tile et plaisante1 =t habitee3 et fir5t ce peuple leurs remon/rances acc\/umees3 ,qu'ils e/oi5t g5s paisibles1 v5ans de lo+ta9s voyages1 enuoyez de la "p du ,roy de ,ca/ille1 le plus gr& ,pr9ce de la t]re habitable1 auquel le ,pape1 repres5tant ,dieu en t]re1 auoit donn la pr9cipaut de t\tes les ,indes4 ,que s'ils v\loi5t luy e/re tributaires1 ils s]oi5t tres-b5ignem5t traictez3 leur dem&oi5t des viures1 p\r leur n\rriture1 et de l'or p\r le beso+ de quelque m$ec9e4 ,leur remontroi5t au demeurant1 la creance d'vn seul ,dieu1 et la v]it de no/re religion1 laquelle ils leur conseilloi5t d'accept]1 y adi\/ans quelques m5asses4 ,la responce fut telle3 ,que qu& e/re paisibles1 ils n'en portoi5t pas la m9e1 s'ils l'e/oi5t4 ,quant leur ,roy1 puis qu'il dem&oit1 il deuoit e/re indig5t1 et necessiteux3 et celuy qui luy auoit faict cette di/ribution1 homme aymant diss5sion1 d'all] donn] vn ti]s1 *ose qui n'e/oit pas si5ne1 p\r le mettre en debat contre les anci5s possesseurs4 ,quant aux viures1 qu'ils leur en f\rniroi5t3 d'or1 ils en auoi5t peu3 et que c'e/oit *ose qu'ils mettoi5t en nulle e/ime1 d'autant qu'elle e/oit inutile au s]uice de leur vie1 l o t\t leur so9 reg>doit seulem5t la pass] heureusem5t et plaisamm5t3 p\rtant ce qu'ils en p\rroi5t tr\u]1 sauf ce qui e/oit employ au s]uice de leurs dieux1 qu'ils le pr9ss5t h>dim5t4 ,quant vn seul ,dieu1 le disc\rs leur en auoit pleu3 mais qu'ils ne v\loi5t *ang] leur religion1 s'en e/ans si vtilem5t s]uis si long temps3 et qu'ils n'auoi5t acc\/um pr5dre conseil1 que de leurs amis et cognoissans4 ,quant aux m5asses1 c'e/oit signe de faute de iugem5t1 d'all] m5assant ceux1 desquels la nature1 et les moy5s e/oi5t incongnuz4 ,a9si qu'ils se despes*ass5t promptem5t de vuyd] leur t]re1 c> ils n'e/oi5t pas acc\/umez de pr5dre en bonne "p1 les honne/etez et remon/rances de g5s armez1 et e/rang]s3 autrem5t qu'on f]oit d'eux1 comme de ces autres1 leur montrant les te/es d'aucuns hommes iu/iciez aut\r de leur ville4 ,voyl vn exemple de la balbucie de cette enfance4 ,mais tant y a1 que ny en ce lieu-l1 ny en plusieurs autres1 o les ,espagnols ne tr\u]5t les m>*&ises qu'ils *]*oi5t1 ils ne feir5t arre/ ny entrepr9se3 quelque autre commodit qu'il y eu/3 tesmo+ mes ,cannibales4 ,des deux les plus puissans ,mon>ques de ce monde l1 et l'auanture de cettuy-cy1 ,roys de tant de ,roys3 les d]ni]s qu'ils en *ass]5t3 celuy du ,p]u1 ayant e/ pris en vne bataille1 et mis vne ranon si excessiue1 qu'elle surpasse t\te creance1 et celle l fidellem5t payee3 et auoir donn p> sa conu]sation signe d'vn c\rage franc1 lib]al1 et con/ant1 et d'vn ent5dem5t net1 et bi5 compos3 il pr9t enuie aux va9queurs1 apres en auoir tir vn million trois c5s v+t c9q mille c9q c5s poisant d'or3 outre l'arg5t1 et autres *oses1 qui ne mont]5t pas mo9s 7si que leurs *euaux n'alloi5t plus f]rez1 que d'or massif7 de voir encores1 au prix de quelque desloyaut que ce fu/1 quel p\uoit e/re le re/e des ?resors de ce ,roy1 et i\yr librem5t de ce qu'il auoit res]r4 ,on luy appo/a vne fauce accusation et preuue3 ,qu'il desseignoit de faire s\sleu] ses pr\9ces1 p\r se remettre en lib]t4 ,sur quoy p> beau iugem5t1 de ceux mesme qui luy auoi5t dress cette trahison1 on le condamna e/re p5du et e/rangl publiquem5t3 luy ayant faict ra*et] le t\rm5t d'e/re brusl t\t vif1 p> le baptesme qu'on luy donna au supplice mesme4 ,accid5t horrible et in\y3 qu'il s\ffrit p\rtant sans se desm5tir1 ny de cont5ance1 ny de p>ole1 d'vne =me et grauit vrayem5t royalle4 ,et puis1 p\r endormir les peuples e/onnez et transis de *ose si e/range1 on contrefit vn gr& deuil de sa mort1 et luy ordonna on des somptueuses fun]ailles4 ,l'autre ,roy de ,mexico1 ayant long temps def5du sa ville assiegee1 et montr en ce siege t\t ce que peut et la s\ffrance1 et la p]seu]ance1 si onques ,pr9ce et peuple le montra3 et son malheur l'ayant r5du vif1 entre les ma9s des ennemis1 auec capitulation d'e/re trait en ,roy3 aussi ne leur fit-il ri5 voir en la prison1 indigne de ce tiltre3 ne tr\uant po9t apres cette victoire1 t\t l'or qu'ils s'e/oi5t promis3 qu& ils eur5t t\t remu1 et t\t f\ill1 ils se mir5t en *]*] des n\uelles1 p> les plus aspres geh5nes1 dequoy ils se peur5t aduis]1 sur les prisonni]s qu'ils t5oi5t4 ,mais p\r n'auoir ri5 pr(it1 tr\uant des c\rages plus =ts que leurs t\rm5ts1 ils en v9dr5t en f9 telle rage1 que contre leur foy et contre t\t droict des g5s1 ils condamn]5t le ,roy mesme1 et l'vn des pr9cipaux seigneurs de sa c\r la geh5ne1 en pres5ce l'vn de l'autre4 ,ce seigneur se tr\uant =c de la d\leur1 enuironn de brazi]s ard5s1 t\rna sur la f91 piteusem5t sa veue v]s son mai/re1 comme p\r luy dem&] m]cy1 de ce qu'il n'en p\uoit plus4 ,le ,roy plantant fi]em5t et rig\reusem5t les yeux sur luy1 p\r repro*e de sa las*et et pusillanimit1 luy dit seulem5t ces mots1 d'vne voix rude et f]me3 ,et moy1 suis ie dans vn ba91 suis-ie pas plus mon aise que toy8 ,celuy-l s\da9 apres succomba aux d\leurs1 et m\rut sur la place4 ,le ,roy demy ro/y1 fut emport de l4 ,non tant p> piti 7c> quelle piti t\*a iamais des ames si b>b>es1 qui p\r la d\bteuse in=mation de quelque vase d'or pill]1 fiss5t grill] deuant leurs yeux vn homme3 non qu'vn ,roy1 si gr&1 et en =tune1 et en m]ite7 mais ce fut que sa con/ance r5doit de plus en plus honteuse leur cruaut4 ,ils le p5dir5t depuis1 ayant c\rageusem5t entrepris de se deliur] p> armes d'vne si longue captiuit et subiection3 o il fit sa f9 digne d'vn magnanime ,pr9ce4 ,a vne autre fois ils mir5t brusl] p\r vn c\p1 en mesme feu1 quatre c5s soixante hommes t\s vifs1 les quatre c5s du commun peuple1 les soixante des pr9cipaux seigneurs d'vne pr\9ce1 prisonni]s de gu]re simplem5t4 ,n\s t5ons d'eux-mesmes ces n>rations3 c> ilz ne les adu\5t pas seulem5t1 ils s'en v5t5t1 et les pres*5t4 ,s]oit-ce p\r tesmoignage de leur iu/ice1 ou zele enu]s la religion8 ,c]tes ce sont voyes trop diu]ses1 et ennemies d'vne si sa9cte f94 ,s'ils se fuss5t proposs d'e/5dre no/re foy1 ils euss5t consid] que ce n'e/ pas en possession de t]res qu'elle s'amplifie1 mais en possession d'hommes3 et se fuss5t trop cont5tez des meurtres que la necessit de la gu]re apporte1 sans y mesl] indiff]emm5t vne b\*]ie1 comme sur des be/es sauuages3 vniu]selle1 autant que le f] et le feu y ont peu atta9dre3 n'en ayant cons]u p> leur desse91 qu'autant qu'ils en ont v\lu faire de mis]ables esclaues1 p\r l'ouurage et s]uice de leurs m9i]es4 ,si que plusieurs des *efs ont e/ punis mort1 sur les lieux de leur conque/e1 p> ordonnance des ,roys de ,ca/ille1 iu/em5t (f5cez de l'horreur de leurs deportem5s1 et quasi t\s dese/imez et mal-v\lus4 ,dieu a m]itoirem5t p]mis1 que ces gr&s pillages se soi5t absorbez p> la m] en les transportant3 ou p> les gu]res inte/9es1 dequoy ils se sont mangez entre-eux3 et la plus "p s'ent]r]5t sur les lieux1 sans aucun fruict de leur victoire4 ,quant ce que la recepte1 et entre les ma9s d'vn ,pr9ce mesnag]1 et prud5t1 respond si peu l'esp]ance1 qu'on en donna ses pr$ecesseurs1 et cette premi]e abondance de ri*esses1 qu'on r5contra l'abord de ces n\uelles t]res 7c> encore qu'on en retire beauc\p1 n\s voyons que ce n'e/ ri51 au prix de ce qui s'en deuoit att5dre7 c'e/ que l'vsage de la monnoye e/oit enti]em5t incognu1 et que p> consequ5t1 leur or se tr\ua t\t assembl1 n'e/ant en autre s]uice1 que de montre1 et de p>ade1 comme vn meuble res]u de p]e en fils1 p> plusieurs puissants ,roys1 qui espuisoi5t t\si\rs leurs m9es1 p\r faire ce gr& monceau de vases et /atues1 l'ornem5t de leurs palais1 et de leurs temples3 au lieu que no/re or e/ t\t en emploite et en comm]ce4 ,n\s le m5uisons et alt]ons en mille =mes1 l'esp&ons et disp]sons4 ,imag9ons que nos ,roys amoncelass5t a9si t\t l'or1 qu'ils p\rroi5t tr\u] en plusieurs siecles1 et le g>dass5t immobile4 ,ceux du royaume de ,mexico e/oi5t aucunem5t plus ciuilisez1 et plus arti/es1 que n'e/oi5t les autres nations de l4 ,aussi iugeoi5t-ils1 a9si que n\s1 que l'vniu]s fu/ pro*e de sa f93 et en pr9dr5t p\r signe la desolation que n\s y apportasmes4 ,ils croyoy5t que l'e/re du monde1 se dep>t en c9q aages1 et en la vie de c9q soleils consecutifs1 desquels les quatre auoi5t desia f\rny leurs temps1 et que celuy qui leur esclairoit1 e/oit le c9quiesme4 ,le premi] p]it auec t\tes les autres creatures1 p> vniu]selle inondation d'eaux4 ,le second1 p> la *eute du ciel sur n\s1 qui e/\ffa t\te *ose viuante3 auquel aage ils assign5t les geants1 et en fir5t voir aux ,espagnols des ossem5ts2 la proportion desquels1 la /ature des hommes reu5oit v+t paumes de hauteur4 ,le troisiesme1 p> feu1 qui embrasa et consuma t\t4 ,le quatriesme1 p> vne motion d'air1 et de v5t1 qui abbatit iusques plusieurs montaignes3 les hommes n'en m\rur5t po9t1 mais ils fur5t *angez en magots 7quelles impressions ne s\ffre la las*et de l'huma9e creance67 ,apres la mort de ce quatriesme soleil1 le monde fut v+t-c9q ans en p]petuelles t5ebres4 ,au qu9ziesme desquels fut cre vn homme1 et vne femme1 qui refir5t l'huma9e race4 ,dix ans apres1 c]ta9 de leurs i\rs1 le soleil p>ut n\uellem5t cre3 et comm5ce depuis1 le compte de leurs annees p> ce i\r l4 ,le troisiesme i\r de sa creation1 m\rur5t les ,dieux anci5s3 les n\ueaux sont nays depuis du i\r la i\rnee4 ,ce qu'ils e/im5t de la mani]e que ce d]ni] soleil p]ira1 mon au!ur n'en a ri5 appris4 ,mais leur nombre de ce quatriesme *angem5t1 r5contre cette gr&e conionction des a/res1 qui produisit il y a huict c5s tant d'ans1 selon que les a/rologi5s e/im5t1 plusieurs gr&es alt]ations et n\uelletez au monde4 ,quant la pompe et magnific5ce1 p> o ie suis entr en ce propos1 ny ,grce1 ny ,rome1 ny gypte1 ne peut1 soit en vtilit1 ou difficult1 ou noblesse1 comp>] aucun de ses ouurages1 au *em9 qui se voit au ,p]u1 dress p> les ,roys du pas1 depuis la ville de ,quito1 iusques celle de ,cusco 7il y a trois c5s lieus7 droit1 vny1 l>ge de v+t-c9q pas1 pau1 reue/u de co/ et d'autre de belles et hautes murailles1 et le long d'icelles p> le d$ans1 deux ruisseaux p]5nes1 bordez de beaux arbres1 qu'ils nomm5t1 ,moly4 ,o ils ont tr\u des montaignes et ro*]s1 ils les ont taillez et applanis1 et combl les fondri]es de pi]re et *aux4 ,au *ef de *asque i\rnee1 il y a de beaux palais f\rnis de viures1 de ve/em5ts1 et d'armes1 tant p\r les voyageurs1 que p\r les armees qui ont y pass]4 ,en l'e/imation de cet ouurage1 i'ay compt la difficult1 qui e/ p>ticuli]em5t consid]able en ce lieu l4 ,ils ne ba/issoi5t po9t de mo9dres pi]res1 que de dix pi$s en c>r3 ils n'auoi5t autre moy5 de *>ri]1 qu' =ce de bras en tra9ant leur *>ge3 et pas seulem5t l'art d'es*affaud]3 n'y sa*ants autre f9esse1 que de hauss] autant de t]re1 contre leur ba/im5t1 comme il s'esleue1 p\r l'o/] apres4 ,retombons nos co*es4 ,en leur place1 et de t\te autre voiture1 ils se faisoi5t port] p> les hommes1 et sur les espaules4 ,ce d]ni] ,roy du ,p]u1 le i\r qu'il fut pris1 e/oit a9si port sur des branc>s d'or1 et assis dans vne *aize d'or1 au milieu de sa bataille4 ,autant qu'on tuoit de ces porteurs1 p\r le faire *oir bas1 c> on le v\loit pr5dre vif1 autant d'autres1 et l'enuy1 pr5oi5t la place des morts3 de faon qu'on ne le peut onques abbatre1 quelque meurtre qu'on fi/ de ces g5s l1 iusques ce qu'vn homme de *eual l'alla saisir au corps1 et l'aualla p> t]re4 ,,*apitre ,,vii4 ,de l'incommodit de la gr&eur4 ,,pvisqve n\s ne la p\uons aue9dre1 v5geons n\s en mesdire4 ,si n'e/-ce pas enti]em5t mesdire de quelque *ose1 d'y tr\u] des deffauts3 il s'en tr\ue en t\tes *oses1 p\r belles et desirables qu'elles soy5t4 ,en g5]al1 elle a cet euid5t auantage1 qu'elle se raualle qu& il luy plai/1 et qu' peu pres1 elle a le *oix1 de l'vne et l'autre condition4 ,c> on ne tombe pas de t\te hauteur1 il en e/ plus1 desquelles on peut desc5dre1 sans tomb]4 ,bi5 me semble-il1 que n\s la faisons trop valoir3 et trop valoir aussi la resolution de ceux que n\s auons ou veu ou ouy dire1 l'auoir mesprisee1 ou s'en e/re desmis1 de leur propre desse94 ,son ess5ce n'e/ pas si euidemm5t commode1 qu'on ne la puisse refus] sans miracle4 ,ie tr\ue l'ef=t bi5 difficile la s\ffrance des maux1 mais au cont5tem5t d'vne m$iocre mesure de =tune1 et fuite de la gr&eur1 i'y tr\ue =t peu d'affaire4 ,c'e/ vne v]tu1 ce me semble1 o moy1 qui ne suis qu'vn oyson1 arriu]ois sans beauc\p de cont5tion4 ,que doiu5t faire ceux1 qui mettroi5t encores en consid]ation1 la gloire qui accompagne ce refus1 auquel il peut es*eoir plus d'ambition1 qu'au desir mesme et i\yssance de la gr&eur8 ,d'autant que l'ambition ne se conduit iamais mieux selon soy1 que p> vne voye esg>ee et inusitee4 ,i'aiguise mon c\rage v]s la pati5ce1 ie l'affoiblis v]s le desir4 ,autant ay-ie s\haitt] qu'vn autre1 et laisse mes s\haits autant de lib]t et d'indiscretion3 mais p\rtant1 si ne m'e/-il iamais adu5u1 de s\haitt] ny empire ny royaut1 ny l'em95ce de ces hautes =tunes et comm&]esses4 ,ie ne vise pas de ce co/ l3 ie m'aime trop4 ,qu& ie p5se croi/re1 c'e/ bassem5t3 d'vne accroissance contra9te et coarde3 proprem5t p\r moy3 en resolution1 en prud5ce1 en sant1 en beaut1 et en ri*esse encore4 ,mais ce cr$it1 cette auctorit si puissante1 f\le mon imag9ation4 ,et t\t l'opposite de l'autre1 m'aym]ois l'auanture mieux1 deuxiesme ou troisiesme ,p]igueux1 que premi] ,p>is3 au mo9s sans m5tir1 mieux troisiesme ,p>is1 que premi] en *>ge1 ,ie ne veux ny debattre auec vn huissi] de porte1 mis]able incognu3 ny faire f5dre en adoration1 les presses o ie passe4 ,ie suis duit vn e/age moy51 comme p> mon sort1 aussi p> mon g\/4 ,et ay montr en la conduitte de ma vie1 et de mes entrepr9ses1 que i'ay plu/o/ fuy1 qu'autrem5t1 d'eniamb] p> dessus le degr de =tune1 auquel ,dieu logea ma naissance4 ,t\te con/itution naturelle1 e/ p>eillem5t iu/e et aysee4 ,i'ay a9si l'ame poltrone1 que ie ne mesure pas la bonne =tune selon sa hauteur1 ie la mesure selon sa facilit4 ,mais si ie n'ay po9t le cur gros assez1 ie l'ay l'equipoll5t ouu]t1 et qui m'ordonne de publi] h>dim5t sa foiblesse4 ,qui me donn]oit conf]] la vie de ,l4 ,?orius ,balbus1 gallant homme1 beau1 sauant1 sa91 ent5du et abondant en t\te sorte de commoditez et plaisirs1 conduisant vne vie tranquille1 et t\te si5ne1 l'ame bi5 prep>ee contre la mort1 la sup]/ition1 les d\leurs1 et autres encombri]s de l'huma9e necessit1 m\rant en f9 en bataille1 les armes en la ma91 p\r la def5se de son pas1 d'vne "p3 et d'autre "p la vie de ,m4 ,regulus1 a9si gr&e et hauta9e1 que *ascun la cognoi/1 et sa f9 admirable3 l'vne sans nom1 sans dignit3 l'autre exemplaire et glorieuse m]ueilles3 i'en diroy c]tes ce qu'en dit ,cic]o1 si ie sauoy aussi bi5 dire que luy4 ,mais s'il me les falloit c\*] sur la mi5ne1 ie diroy aussi1 que la premi]e e/ autant selon ma portee1 et selon mon desir1 que ie con=me ma portee1 comme la seconde e/ lo+ au del4 ,qu' cette cy1 ie ne puis adu5ir que p> v5]ation3 i'adui5droy volonti]s l'autre p> vsage4 ,ret\rnons no/re gr&eur temporelle1 d'o n\s sommes p>tis4 ,ie suis desg\/ de mai/rise1 et actiue et passiue4 ,otanez l'vn des sept1 qui auoi5t droit de pret5dre au royaume de ,p]se1 pr9t vn p>ty1 que i'eusse pr9s volonti]s3 c'e/ qu'il quitta ses compagnons son droit d'y p\uoir arriu] p> election1 ou p> sort3 p\rueu que luy et les si5s1 vescuss5t en cet empire hors de t\te subiection et mai/rise1 sauf celle des loix antiques3 et y euss5t t\te lib]t1 qui ne port]oit preiudice icelles3 impati5t de comm&]1 comme d'e/re comm&4 ,le plus aspre et difficile me/i] du monde1 mon gr1 c'e/1 faire dignem5t le ,roy4 ,i'excuse plus de leurs fautes1 qu'on ne fait communem5t1 en consid]ation de l'horrible poix de leur *>ge1 qui m'e/onne4 ,il e/ difficile de g>d] mesure1 vne puissance si desmesuree4 ,si e/-ce que c'e/ enu]s ceux-mesmes qui sont de mo9s excell5te nature1 vne s+uli]e incitation la v]tu1 d'e/re log en tel lieu1 o v\s ne faciez aucun bi51 qui ne soit mis en regi/re et en compte3 et o le mo9dre bi5 faire1 porte sur tant de g5s3 et o vo/re suffisance1 comme celle des pres*eurs1 s'adresse pr9cipallem5t au peuple1 iuge peu exacte1 facile pip]1 facile cont5t]4 ,il e/ peu de *oses1 ausquelles n\s puissions donn] le iugem5t sync]e1 p> ce qu'il en e/ peu1 ausquelles en quelque faon n\s n'ayons p>ticuli] int]e/4 ,la sup]iorit et inf]iorit1 la mai/rise1 et la subiection1 sont obligees vne naturelle enuie et conte/ation3 il faut qu'elles s'entrepill5t p]petuellem5t4 ,ie ne crois ny l'vne ny l'autre1 des droicts de sa compagne3 laissons en dire la raison1 qui e/ inflexible et impassible1 qu& n\s en p\rrons f9]4 ,ie feuilletois il n'y a pas vn mois1 deux liures ,escossois1 se combattans sur ce subiect4 ,le populaire r5d le ,roy de pire condition qu'vn *>reti]1 le mon>*ique le loge quelques brasses au dessus de ,dieu1 en puissance et s\u]a9et4 ,or l'incommodit de la gr&eur1 que i'ay pris icy rem]qu]1 p> quelque occasion qui vi5t de m'en adu]tir1 e/ cette-cy4 ,il n'e/ l'auanture ri5 plus plaisant au comm]ce des hommes1 que les essais que n\s faisons les vns contre les autres1 p> ial\sie d'honneur et de valeur1 soit aux ex]cices du corps ou de l'esprit3 ausquels la gr&eur s\u]a9e n'a aucune vraye "p4 ,a la v]it il m'a sembl s\u5t1 qu' =ce de respect1 on y traicte les ,pr9ces desdaigneusem5t et iniurieusem5t4 ,c> ce dequoy ie m'(f5ois inf9iem5t en mon enfance1 que ceux qui s'ex]oi5t auec moy1 esp>gnass5t de s'y employ] bon esci5t1 p\r me tr\u] indigne contre qui ils s'ef=ass5t3 c'e/ ce qu'on voit leur adu5ir t\s les i\rs1 *acun se tr\uant indigne de s'ef=c] contre eux4 ,si on recognoi/ qu'ils ay5t tant soit peu d'affection la victoire1 il n'e/ celuy1 qui ne se trauaille la leur pre/]3 et qui n'ayme mieux trahir sa gloire1 que d'(f5s] la leur4 ,on n'y employe qu'autant d'ef=t qu'il en faut p\r s]uir leur honneur4 ,quelle "p ont ils la meslee1 en laquelle *acun e/ p\r eux8 ,il me semble voir ces palad9s du temps pass1 se pres5tans aux i\/es et aux combats1 auec des corps1 et des armes faes4 ,brisson c\rant contre ,alex&re1 se feignit en la c\rse3 ,alex&re l'en tana3 mais il luy en deuoit faire donn] le foet4 ,p\r cette consid]ation1 ,c>neades disoit1 que les enfans des ,pr9ces n'appr5n5t ri5 droict qu' mani] des *euaux3 d'autant qu'en t\t autre ex]cice1 *acun fles*it s\bs eux1 et leur donne gaign3 mais vn *eual qui n'e/ ny flateur ny c\rtisan1 v]se le fils du ,roy p> t]re1 comme il f]oit le fils d'vn cro*eteur4 ,hom]e a e/ contra9ct de cons5tir que ,v5us fut blessee au combat de ,troye1 vne si d\ce sa9cte et si delicate1 p\r luy donn] du c\rage et de la h>diesse1 qualitez qui ne tomb5t aucunem5t en ceux qui sont exempts de dang]4 ,on fait c\rr\c]1 cra9dre1 fuyr les ,dieux1 s'enial\s]1 se d\loir1 et se passionn]1 p\r les honor] des v]tus qui se ba/iss5t entre n\s1 de ces imp]fections4 ,qui ne p>ticipe1 au haz>d et difficult1 ne peut pret5dre int]e/ l'honneur et plaisir qui suit les actions haz>deuses4 ,c'e/ piti de p\uoir tant1 qu'il adui5ne que t\tes *oses v\s c$5t4 ,vo/re =tune reiette trop lo+ de v\s la societ et la compagnie1 elle v\s plante trop l'esc>t4 ,cette aysance et las*e facilit1 de faire t\t baiss] s\bs soy1 e/ ennemye de t\te sorte de plaisir4 ,c'e/ gliss] cela1 ce n'e/ pas all]3 c'e/ dormir1 ce n'e/ pas viure6 ,conceuez l'homme accompagn d'omnipot5ce1 v\s l'abysmez3 il faut qu'il v\s dem&e p> aumosne1 de l'empes*em5t et de la resi/ance4 ,son e/re et son bi5 e/ en indig5ce4 ,leurs bonnes qualitez sont mortes et p]dues3 c> elles ne se s5t5t que p> comp>aison1 et on les en met hors3 ils ont peu de cognoissance de la vraye loange1 e/ans batus d'vne si cont9uelle approbation et vni=me4 ,ont ils affaire au plus sot de leurs subiects8 ils n'ont aucun moy5 de pr5dre aduantage sur luy3 en disant1 ,c'e/ p\r ce qu'il e/ mon ,roy1 il luy semble auoir assez dict1 qu'il a pre/ la ma9 se laiss] va9cre4 ,cette qualit e/\ffe et consomme les autres qualitez vrayes et ess5tielles3 elles sont enfoncees dans la royaut3 et ne leur laisse eux faire valoir1 que les actions qui la t\*5t directem5t1 et qui luy s]u5t3 les (fices de leur *>ge4 ,c'e/ tant e/re ,roy1 qu'il n'e/ que p> l4 ,cette lueur e/rang]e qui l'enuironne1 le ca*e1 et n\s le desrobe3 no/re veu s'y rompt et s'y dissipe1 e/ant remplie et arre/ee p> cette =te lumi]e4 ,le ,s5at ordonna le prix d'eloqu5ce ,tyb]e3 il le refusa1 n'e/imant pas d'vn iugem5t si peu libre1 qu& bi5 il eu/ e/ v]itable1 il s'en peu/ ress5tir4 ,comme on leur c$e t\s auantages d'honneur1 aussi con=te lon et auctorise les deffauts et vices qu'ils ont3 non seulem5t p> approbation1 mais aussi p> imitation4 ,*acun des suiuans d',alex&re portoit comme luy1 la te/e co/4 ,et les flateurs de ,dionisius1 s'entrehurtoi5t en sa pres5ce1 p\ssoy5t et v]soi5t ce qui se r5controit leurs pi$s1 p\r dire qu'ils auoi5t la veu aussi c\rte que luy4 ,les greueures ont aussi p> fois s]uy de recomm&ation et faueur4 ,i'en ay veu la surdit en affectation4 ,et p> ce que le mai/re hayssoit sa femme1 ,plut>que a veu les c\rtisans repudi] les leurs1 qu'ils aymoi5t4 ,qui plus e/1 la paill>dise s'en e/ veu en cr$it1 et t\te dissolution3 comme aussi la desloyaut1 les blasphemes1 la cruaut3 comme l'h]esie1 comme la sup]/ition1 l'irreligion1 la mollesse1 et pis si pis il y a4 ,p> vn exemple encores plus dang]eux1 que celuy des flateurs de ,mi?ridates1 qui d'autant que leur mai/re pret5doit l'honneur de bon m$ec91 luy portoi5t incis] et caut]is] leurs membres4 ,c> ces autres s\ffr5t caut]is] leur ame1 p>tie plus delicate et plus noble4 ,mais p\r a*eu] p> o i'ay comm5c3 ,adrian l',emp]eur debatant auec le philosophe ,fauor9us de l'int]pretation de quelque mot3 ,fauor9us luy en quitta bi5 to/ la victoire3 ses amys se plaignans luy3 ,v\s v\s moquez1 fit-il1 v\driez v\s qu'il ne fu/ pas plus sauant que moy1 luy qui comm&e tr5te legions8 ,augu/e escriuit des v]s contre ,as9ius ,pollio3 ,et moy1 dit ,pollio1 ie me tais3 ce n'e/ pas sagesse d'escrire l'enuy de celuy1 qui peut proscrire4 ,et auoi5t raison4 ,c> ,dionysius p\r ne p\uoir esgall] ,philox5us en la posie1 et ,platon en disc\rs3 en condamna l'vn aux c>ri]es1 et enuoya v5dre l'autre esclaue en l'isle d'g9e4 ,,*apitre ,,viii4 ,de l'art de conf]]4 ,c',,e/ vn vsage de no/re iu/ice1 d'en condamn] aucuns1 p\r l'adu]tissem5t des autres4 ,de les condamn]1 p> ce qu'ils ont failly1 ce s]oit be/ise1 comme dit ,platon4 ,c> ce qui e/ faict1 ne se peut deffaire3 mais c'e/ af9 qu'ils ne faill5t plus de mesmes1 ou qu'on fuye l'exemple de leur faute4 ,on ne corrige pas celuy qu'on p5d1 on corrige les autres p> luy4 ,ie fais de mesmes4 ,mes erreurs sont tanto/ naturelles et incorrigibles et irrem$iables4 ,mais ce que les honne/es hommes pr(it5t au public en se faisant imit]1 ie le pr(it]ay l'auanture me faire euit]4 ,nnne vides ,albi vt mal viuat filius1 vtque ,b>rus inops8 magnum docum5tum1 ne patriam rem ,p]d]e quis velit4 ,publiant et accusant mes imp]fections1 quelqu'vn appr5dra de les cra9dre4 ,les p>ties que i'e/ime le plus en moy1 tir5t plus d'honneur de m'accus]1 que de me recomm&]4 ,voyl p\rquoy i'y retombe1 et m'y arre/e plus s\u5t4 ,mais qu& t\t e/ compt1 on ne p>le iamais de soy1 sans p]te4 ,les propres condemnations sont t\si\rs accreus1 les l\anges mescrus4 ,il en peut e/re aucuns de ma complexion1 qui m'in/ruis mieux p> contr>iet que p> similitude3 et p> fuite que p> suite4 ,a cette sorte de discipl9e reg>doit le vieux ,caton1 qu& il dict1 que les sages ont plus appr5dre des fols1 que les fols des sages4 ,et cet anci5 i\eur de lyre1 que ,pausanias recite1 auoir acc\/um contra9dre ses disciples d'all] ouyr vn mauuais sonneur1 qui logeoit vis vis de luy3 o ils appr9ss5t hayr ses desaccords et fauces mesures4 ,l'horreur de la cruaut me reiecte plus auant en la clem5ce1 qu'aucun patron de clem5ce ne me sauroit attir]4 ,vn bon escuy] ne r$resse pas tant mon assiete1 comme fait vn procureur1 ou vn ,v5iti5 *eual4 ,et vne mauuaise faon de langage1 re=me mieux la mi5ne1 que ne fait la bonne4 ,t\s les i\rs la sotte cont5ance d'vn autre1 m'adu]tit et m'aduise4 ,ce qui po9cte1 t\*e et esueille mieux1 que ce qui plai/4 ,ce temps e/ propre n\s am5d] reculons1 p> disconu5ance plus que p> conu5ance2 p> diff]5ce1 que p> accord4 ,e/ant peu appr9s p> les bons exemples1 ie me s]s des mauuais3 desquels la leon e/ ord9aire4 ,ie me suis ef=c de me r5dre autant aggreable comme i'en voyoy de fas*eux3 aussi f]me1 que i'en voyoy de mols3 aussi d\x1 que i'en voyoy d'aspres3 aussi bon1 que i'en voyoy de mes*ants4 ,mais ie me proposoy des mesures inu9cibles4 ,le plus fructueux et naturel ex]cice de no/re esprit1 c'e/ mon gr la conf]5ce4 ,i'en tr\ue l'vsage plus d\x1 que d'aucune autre action de no/re vie4 ,et c'e/ la raison p\rquoy1 si i'e/ois cette heure =c de *oisir1 ie cons5tirois plu/o/1 ce crois-ie1 de p]dre la veu1 que l'ouyr ou le p>l]4 ,les ,a!ni5s1 et encore les ,roma9s1 cons]uoi5t en gr& honneur cet ex]cice en leurs ,academies4 ,de no/re temps1 les ,itali5s en reti5n5t quelques ve/iges1 leur gr& pr(it3 comme il se voit p> la comp>aison de nos ent5dem5s aux leurs4 ,l'e/ude des liures1 c'e/ vn m\uem5t languissant et foible qui n'es*auffe po9t3 l o la conf]5ce1 appr5d et ex]ce en vn c\p4 ,si ie conf]e auec vne ame =te1 et vn roide i\/eur1 il me presse les flancs1 me picque gau*e et dextre3 ses imag9ations eslanc5t les mi5nes4 ,la ial\sie1 la gloire1 la cont5tion1 me p\ss5t et rehauss5t au dessus de moy-mesmes4 ,et l'vnisson1 e/ qualit du t\t ennuyeuse en la conf]5ce4 ,mais comme no/re esprit se =tifie p> la communication des esprits vig\reux et reglez1 il ne se peut dire1 combi5 il p]d1 et s'aba/>dit1 p> le cont9uel comm]ce1 et frequ5tation1 que n\s auons auec les esprits bas et maladifs4 ,il n'e/ contagion qui s'esp&e comme celle-l4 ,ie say p> assez d'exp]i5ce1 combi5 en vaut l'aune4 ,i'ayme conte/]1 et disc\rir1 mais c'e/ auec peu d'hommes1 et p\r moy4 ,c> de s]uir de spectacle aux gr&s1 et faire l'enuy p>ade de son esprit1 et de son caquet1 ie tr\ue que c'e/ vn me/i] tres-messeant vn homme d'honneur4 ,la sottise e/ vne mauuaise qualit1 mais de ne la p\uoir support]1 et s'en despit] et rong]1 comme il m'adui5t1 c'e/ vne autre sorte de maladie1 qui ne doit gu]e la sottise1 en importunit4 ,et e/ ce qu' pres5t ie veux accus] du mi54 ,i'entre en conf]5ce et en dispute1 auec gr&e lib]t et facilit3 d'autant que l'op9ion tr\ue en moy le t]re9 mal propre y p5etr]1 et y p\ss] de hautes rac9es4 ,nulles propositions m'e/onn5t1 nulle creance me blesse1 quelque contr>iet qu'elle aye la mi5ne4 ,il n'e/ si friuole et si extrauagante fantasie1 qui ne me semble bi5 sortable la production de l'esprit huma94 ,n\s autres1 qui priuons no/re iugem5t du droict de faire des arre/s1 reg>dons mollem5t les op9ions diu]ses3 et si n\s n'y pre/ons le iugem5t1 n\s y pre/ons aysem5t l'oreille4 ,o l'vn plat e/ vuide du t\t en la balance1 ie laisse vacill] l'autre1 s\s les songes d'vne vieille4 ,et me semble e/re excusable1 si i'accepte plu/o/ le nombre impair3 le ieudy au prix du v5dr$y3 si ie m'aime mieux d\ziesme ou quatorziesme1 que treiziesme table3 si ie vois plus volonti]s vn liure co/oyant1 que trau]sant mon *em91 qu& ie voyage3 et donne plu/o/ le pi$ gau*e1 que le droict1 *auss]4 ,t\tes telles reuass]ies1 qui sont en cr$it aut\r de n\s1 m]it5t aumo9s qu'on les esc\te4 ,p\r moy1 elles emport5t seulem5t l'inanit1 mais elles l'emport5t4 ,encores sont en poids1 les op9ions vulgaires et casuelles1 autre *ose1 que ri51 en nature4 ,et qui ne s'y laisse all] iusques l1 tombe l'auanture au vice de l'op9ia/ret1 p\r euit] celuy de la sup]/ition4 ,les contradictions donc des iugem5s1 ne m'(f5c5t1 ny m'alt]5t3 elles m'esueill5t seulem5t et m'ex]c5t4 ,n\s fuyons la correction1 il s'y faudroit pres5t] et produire notamm5t qu& elle vi5t p> =me de conf]5ce1 non de reg5ce4 ,a *asque opposition1 on ne reg>de pas si elle e/ iu/e1 mais1 tort1 ou droit1 comme on s'en deff]a4 ,au lieu d'y t5dre les bras1 n\s y t5dons les griffes4 ,ie s\ffrirois e/re rudem5t heurt p> mes amis3 ,tu s vn sot1 tu resues4 ,i'ayme entre les galans hommes1 qu'on s'exprime c\rageusem5t3 que les mots aill5t o va la p5see4 ,il n\s faut =tifi] l'ouye1 et la durcir1 contre cette t5dreur du son c]emonieux des p>olles4 ,i'ayme vne societ1 et famili>it =te1 et virile3 vne amiti1 qui se flatte en l'aspret et vigueur de son comm]ce3 comme l'am\r1 s morsures et esgratigneures sanglantes4 ,elle n'e/ pas assez vig\reuse et g5]euse1 si elle n'e/ qu]elleuse3 si elle e/ ciuilisee et arti/e3 si elle cra9t le heurt1 et a ses allures contre9tes4 ,neque enim disput>i s9e repreh5sione pote/4 ,qu& on me contr>ie1 on esueille mon att5tion1 non pas ma *ol]e3 ie m'auance v]s celuy qui me contr$it1 qui m'in/ruit4 ,la cause de la v]it1 deuroit e/re la cause commune l'vn et l'autre4 ,que respondra-il8 la passion du c\rr\x luy a desia frapp le iugem5t3 le tr\ble s'en e/ saisi1 auant la raison4 ,il s]oit vtile1 qu'on passa/ p> gageure1 la decision de nos disputes3 qu'il y eu/ vne m>que mat]ielle de nos p]tes3 aff9 que n\s en t9ssions e/at1 et que mon valet me peu/ dire3 ,il v\s c\/a l'annee passee c5t escus1 v+t fois1 d'auoir e/ ignorant et op9ia/re4 ,ie fe/oye et c>esse la v]it en quelque ma9 que ie la tr\ue1 et m'y r5ds alaigrem5t1 et luy t5ds mes armes va9cues1 de lo+ que ie la vois appro*]4 ,et p\rueu qu'on n'y proc$e d'vne troigne trop imp]ieusem5t magi/rale1 ie pr5s plaisir e/re repr9s4 ,et m'accommode aux accusateurs1 s\u5t plus1 p> raison de ciuilit1 que p> raison d'am5dem5t3 aymant gratifi] et n\rrir la lib]t de m'adu]tir1 p> la facilit de c$]4 ,t\tesfois il e/ malais d'y attir] les hommes de mon temps4 ,ils n'ont pas le c\rage de corrig]1 p> ce qu'ils n'ont pas le c\rage de s\ffrir l'e/re4 ,et p>l5t t\si\rs auec dissimulation1 en pres5ce les vns des autres4 ,ie pr5s si gr& plaisir d'e/re iug et cogneu1 qu'il m'e/ comme indiff]5t1 en quelle des deux =mes ie le soys4 ,mon imag9ation se contr$it elle mesme si s\u5t1 et condamne1 que ce m'e/ t\t vn1 qu'vn autre le face3 veu pr9cipalem5t que ie ne donne sa repreh5sion1 que l'au?orit que ie veux4 ,mais ie romps paille auec celuy1 qui se ti5t si haut la ma93 comme i'en cognoy quelqu'vn1 qui pla9t son adu]tissem5t1 s'il n'en e/ creu3 et pr5d iniure1 si on e/riue le suiure4 ,ce que ,socrates recueilloit t\si\rs riant1 les contradictions1 qu'on opposoit son disc\rs1 on p\rroit dire1 que sa =ce en e/oit cause3 et que l'auantage ayant tomb] c]ta9em5t de son co/1 il les acceptoit1 comme mati]e de n\uelle victoire4 ,t\tesfois n\s voyons au reb\rs1 qu'il n'e/ ri51 qui n\s y r5de le s5tim5t si delicat1 que l'op9ion de la prem95ce1 et desda+ de l'adu]saire4 ,et que p> raison1 c'e/ au foible plu/o/1 d'accept] de bon gr les oppositions qui le r$ress5t et rabill5t4 ,ie *]*e la v]it plus la frequ5tation de ceux qui me g\rm5t1 que de ceux qui me craign5t4 ,c'e/ vn plaisir fade et nuisible1 d'auoir affaire g5s qui n\s admir5t et fac5t place4 ,anti/h5es comm&a ses enfans1 de ne sauoir iamais gr ny grace1 homme qui les l\a/4 ,ie me s5s bi5 plus fi]1 de la victoire que ie gaigne sur moy1 qu& en l'ardeur mesme du combat1 ie me faits pli] s\bs la =ce de la raison de mon adu]saire3 que ie ne me s5s gr1 de la victoire que ie gaigne sur luy1 p> sa foiblesse4 ,en f91 ie reois et adu\e t\te sorte d'atte9ctes qui sont de droict fil1 p\r foibles qu'elles soi5t3 mais ie suis p> trop impati5t1 de celles qui se donn5t sans =me4 ,il me *aut peu de la mati]e1 et me sont les op9ions vnes1 et la victoire du subiect peu pres indiff]5te4 ,t\t vn i\r ie conte/]ay paisiblem5t1 si la conduicte du debat se suit auec ordre4 ,ce n'e/ pas tant la =ce et la subtilit1 que ie dem&e1 comme l'ordre4 ,l'ordre qui se voit t\s les i\rs1 aux alt]cations des b]g]s et des enfants de b\tique3 iamais entre n\s4 ,s'ils se detraqu5t1 c'e/ en inciuilit3 si faisons n\s bi54 ,mais leur tumulte et impati5ce1 ne les deuoye pas de leur !me4 ,leur propos suit son c\rs4 ,s'ils preui5n5t l'vn l'autre1 s'ils ne s'att5d5t pas1 aumo9s ils s'ent5d5t4 ,on respond t\si\rs trop bi5 p\r moy1 si on respond ce que ie dits4 ,mais qu& la dispute e/ tr\ble et des-reglee1 ie quitte la *ose1 et m'atta*e la =me1 auec despit et indiscretion3 et me iette vne faon de debattre1 te/ue1 malicieuse1 et imp]ieuse1 dequoy i'ay r\gir apres4 ,il e/ impossible de traitt] de bonne foy auec vn sot4 ,mon iugem5t ne se corrompt pas seulem5t la ma9 d'vn mai/re si impetueux3 mais aussi ma consci5ce4 ,noz disputes deuroi5t e/re def5dues et punies1 comme d'autres crimes v]baux4 ,quel vice n'esueill5t elles et n'amoncell5t1 t\si\rs regies et comm&ees p> la *ol]e8 ,n\s entrons en inimiti1 premi]em5t contre les raisons1 et puis contre les hommes4 ,n\s n'appr5ons disput] que p\r contr$ire3 et *ascun contr$isant et e/ant contr$ict1 il en adui5t que le fruit du disput]1 c'e/ p]dre et aneantir la v]it4 ,a9si ,platon en sa republique1 prohibe cet ex]cice aux esprits ineptes et mal nays4 ,a quoy faire v\s mettez v\s en voye de que/] ce qui e/1 auec celuy qui n'a ny pas1 ny alleure qui vaille8 ,on ne fait po9t tort au subiect1 qu& on le quicte1 p\r voir du moy5 de le traict]4 ,ie ne dis pas moy5 s*ola/ique et arti/e1 ie dis moy5 naturel1 d'vn sa9 ent5dem5t4 ,que s]a-ce en f98 l'vn va en ,ori5t1 l'autre en ,occid5t4 ,ils p]d5t le pr9cipal1 et l'esc>t5t dans la presse des incid5s4 ,au b\t d'vne heure de tempe/e1 ils ne sau5t ce qu'ils *]*5t3 l'vn e/ bas1 l'autre haut1 l'autre co/i]4 ,qui se pr5d vn mot et vne similitude4 ,qui ne s5t plus ce qu'on luy oppose1 tant il e/ engag en sa c\rse1 et p5se se suiure1 non pas v\s4 ,qui se tr\uant foible de re9s1 cra9t t\t1 refuse t\t1 mesle dez l'entree1 et confond le propos3 ou sur l'ef=t du debat1 se mut9e se taire t\t plat3 p> vne ignorance despite1 affectant vn orgueilleux mesprix3 ou vne sottem5t mode/e fuitte de cont5tion4 ,p\rueu que cettuy-cy frappe1 il ne luy *aut combi5 il se desc\ure4 ,l'autre compte ses mots1 et les poise p\r raisons4 ,celuy-l n'y employe que l'auantage de sa voix1 et de ses p\lmons4 ,en voyla vn qui conclud contre soy-mesme3 et cettuy-cy qui v\s ass\rdit de prefaces et digressions inutiles4 ,cet autre s'arme de pures iniures1 et *]*e vne qu]elle d',alemaigne1 p\r se deffaire de la societ et conf]5ce d'vn esprit1 qui presse le si54 ,ce d]ni] ne voit ri5 en la raison1 mais il v\s ti5t assieg sur la clo/ure dialectique de ses clauses1 et sur les =mules de son art4 ,or qui n'entre en deffiance des sci5ces1 et n'e/ en d\bte1 s'il s'en peut tir] quelque solide fruict1 au beso9 de la vie3 consid]] l'vsage que n\s en auons8 ,nihil sanantibus litt]is4 ,qui a pris de l'ent5dem5t en la logique8 o sont ses belles promesses8 ,nec ad melius viu5dum1 nec ad commodius diss]5dum4 ,voit-on plus de b>b\illage au caquet des h>5g]es1 qu'aux disputes publiques des hommes de cette pr(ession8 ,i'aym]oy mieux1 que mon fils appr9t aux tau]nes p>l]1 qu'aux es*oles de la p>l]ie4 ,ayez vn mai/re s arts1 conf]ez auec luy1 que ne n\s fait-il s5tir cette excell5ce artificiele1 et ne rauit les femmes1 et les ignorans comme n\s sommes1 p> l'admiration de la f]met de ses raisons1 de la beaut de son ordre8 que ne n\s dom9e-il et p]suade comme il veut8 ,vn homme si auantageux en mati]e1 et en conduicte1 p\rquoy mesle-il son escrime les iniures1 l'indiscretion et la rage8 ,qu'il o/e son *app]on1 sa robbe1 et son ,lat91 qu'il ne batte pas nos aureilles d',ari/ote t\t pur et t\t creu1 v\s le pr5drez p\r l'vn d'entre n\s1 ou pis4 ,il me semble de cette implication et entrelasseure du langage1 p> o ils n\s press5t1 qu'il en va comme des i\eurs de passe-passe3 leur s\plesse combat et =ce nos s5s1 mais elle n'esbranle aucunem5t no/re creance3 hors ce ba/elage1 ils ne font ri5 qui ne soit commun et vil4 ,p\r e/re plus sauans1 ils n'en sont pas mo9s ineptes4 ,i'ayme et honore le sauoir1 autant que ceux qui l'ont4 ,et en son vray vsage1 c'e/ le plus noble et puissant acque/ des hommes4 ,mais en ceux-l1 et il en e/ vn nombre inf9y de ce g5re1 qui en e/abliss5t leur fondam5tale suffisance et valeur3 qui se rapport5t de leur ent5dem5t leur memoire1 sub ali5a vmbra lat5tes3 et ne peuu5t ri5 que p> liure3 ie le hay1 si ie l'ose dire1 vn peu plus que la be/ise4 ,en mon pays1 et de mon temps1 la doctr9e am&e assez les b\rses1 nullem5t les ames4 ,si elle les r5contre m\sses1 elle les aggraue et suffoque3 masse crue et indige/e3 si desliees1 elle les purifie volonti]s1 cl>ifie et subtilise iusques l'ex9anition4 ,c'e/ *ose de qualit peu pres indiff]5te3 tres-vtile accessoire1 vne ame bi5 nee1 p]nicieux vne autre ame et dommageable4 ,ou plu/o/1 *ose de tres-precieux vsage1 qui ne se laisse pas poss$] vil prix3 en quelque ma9 c'e/ vn sceptre1 en quelque autre1 vne m>otte4 ,mais suyuons4 ,quelle plus gr&e victoire att5dez v\s1 que d'appr5dre vo/re ennemy qu'il ne v\s peut combattre8 ,qu& v\s gaignez l'auantage de vo/re proposition1 c'e/ la v]it qui gaigne3 qu& v\s gaignez l'auantage de l'ordre1 et de la conduitte1 c'e/ v\s qui gaignez4 ,il m'e/ aduis qu'en ,platon et ,x5ophon ,socrates dispute plus1 en faueur des disputants qu'en faueur de la dispute3 et p\r in/ruire ,eu?ydemus et ,protagoras de la cognoissance de leur imp]t95ce1 plus que de l'imp]t95ce de leur art4 ,il empoigne la premi]e mati]e1 comme celuy qui a vne f9 plus vtile que de l'aisclaircir1 assauoir esclaircir les esprits1 qu'il pr5d mani] et ex]c]4 ,l'agitation et la *asse e/ proprem5t de no/re gibi]1 n\s ne sommes pas excusables de la conduire mal et imp]t9emm5t3 de faillir la prise1 c'e/ autre *ose4 ,c> n\s sommes nais que/] la v]it1 il app>ti5t de la poss$] vne plus gr&e puissance4 ,elle n'e/ pas1 comme disoit ,democritus1 ca*ee dans le fonds des abysmes3 mais plu/o/ esleuee en hauteur inf9ie en la cognoissance diu9e4 ,le monde n'e/ qu'vne escole d'inquisition4 ,ce n'e/ pas qui mettra d$ans1 mais qui f]a les plus belles c\rses4 ,autant peut faire le sot1 celuy qui dit vray1 que celuy qui dit faux3 c> n\s sommes sur la mani]e1 non sur la mati]e du dire4 ,mon humeur e/ de reg>d] autant la =me1 qu' la sub/ance3 autant l'aduocat qu' la cause1 comme ,alcibiades ordonnoit qu'on fi/4 ,et t\s les i\rs m'amuse lire en des au!urs1 sans so+ de leur sci5ce3 y *]*ant leur faon1 non leur subiect4 ,t\t a9si que ie p\rsuy la communication de quelque esprit fameux1 non aff9 qu'il m'enseigne1 mais aff9 que ie le cognoisse1 et que le cognoissant1 s'il le vaut1 ie l'imite4 ,t\t homme peut dire v]itablem5t1 mais dire ordonnem5t1 prudemm5t1 et suffisamm5t1 peu d'hommes le peuu5t4 ,p> a9si la faucet qui vi5t d'ignorance1 ne m'(f5ce po9t3 c'e/ l'ineptie4 ,i'ay rompu plusieurs m>*ez qui m'e/oi5t vtiles1 p> l'imp]t95ce de la conte/ation de ceux1 auec qui ie m>*&ois4 ,ie ne m'esmeus pas vne fois l'an1 des fautes de ceux sur lesquels i'ay puissance3 mais sur le po9ct de la be/ise et op9ia/ret de leurs allegations1 excuses et def5ces1 asni]es et brutales1 n\s sommes t\s les i\rs n\s en pr5dre la gorge4 ,ils n'ent5d5t ny ce qui se dit1 ny p\rquoy1 et respond5t de mesme3 c'e/ p\r desesp]]4 ,ie ne s5s heurt] rudem5t ma te/e1 que p> vne autre te/e4 ,et entre plu/o/ en composition auec le vice de mes g5s1 qu'auec leur tem]it1 importunit et leur sottise4 ,qu'ils fac5t mo9s1 p\rueu qu'ils soi5t capables de faire4 ,v\s viuez en esp]ance d'es*auff] leur volont4 ,mais d'vne s\*e1 il n'y a ny qu'esp]]1 ny que i\yr qui vaille4 ,or quoy1 si ie pr5ds les *oses autrem5t qu'elles ne sont8 ,il peut e/re4 ,et p\rtant i'accuse mon impati5ce4 ,et ti5s1 premi]em5t1 qu'elle e/ esgallem5t vitieuse en celuy qui a droit1 comme en celuy qui a tort4 ,c> c'e/ t\si\rs vn'aigreur tyrannique1 de ne p\uoir s\ffrir vne =me diu]se la si5ne4 ,et puis1 qu'il n'e/ la v]it po9t de plus gr&e fadese1 et plus con/ante1 que de s'esm\uoir et piqu] des fadeses du monde1 ny plus het]oclite4 ,c> elle n\s =malise pr9cipallem5t contre n\s3 et ce philosophe du temps pass n'eu/ iamais eu faute d'occasion ses pleurs1 tant qu'il se fu/ consid]4 ,mison l'vn des sept sages1 d'vne humeur ,timoni5e et ,democriti5e int]rog1 dequoy il rioit seul3 ,de ce que ie ris seul3 respondit-il4 ,combi5 de sottises dis-ie1 et respons-ie t\s les i\rs1 selon moy3 et volonti]s donq combi5 plus frequ5tes1 selon autruy8 ,si ie m'en mors les leures1 qu'en doiu5t faire les autres8 ,somme1 il faut viure entre les viuants1 et laiss] la riui]e c\rre s\s le pont1 sans no/re so+3 ou t\t le mo9s1 sans no/re alt]ation4 ,de vray1 p\rquoy sans n\s esm\uoir1 r5controns n\s quelqu'vn qui ayt le corps tortu et mal ba/y1 et ne p\uons s\ffrir le r5contre d'vn esprit mal r5g1 sans n\s mettre en *ol]e8 ,cette vitieuse aspret ti5t plus au iuge1 qu' la faute4 ,ayons t\si\rs en la b\*e ce mot de ,platon3 ,ce que ie treuue mal sa91 n'e/-ce pas p\r e/re moy-mesmes mal sa98 ,ne suis-ie pas moy-mesmes en c\lpe8 mon adu]tissem5t se peut-il pas r5u]s] contre moy8 ,sage et diu9 refre91 qui f\ete la plus vniu]selle1 et commune erreur des hommes4 ,non seulem5t les repro*es1 que n\s faisons les vns aux autres1 mais noz raisons aussi1 et noz argum5ts et mati]es contr\]ses1 sont ord9airem5t retorquables n\s3 et n\s enf]rons de noz armes4 ,dequoy l'anci5net m'a laiss assez de graues exemples4 ,ce fut +5ieusem5t dit et bi5 propos1 p> celuy qui l'inu5ta3 ,/]cus cuique suum b5e olet4 ,noz yeux ne voy5t ri5 en d]ri]e4 ,c5t fois le i\r1 n\s n\s moquons de n\s sur le subiect de no/re voys91 et dete/ons en d'autres1 les defauts qui sont en n\s plus clairem5t3 et les admirons d'vne m]ueilleuse impud5ce et inadu]t5ce4 ,encores hi] ie fus mesmes1 de veoir vn homme d'ent5dem5t se moquant autant plaisamm5t que iu/em5t1 de l'inepte faon d'vn autre1 qui rompt la te/e t\t le monde du regi/re de ses g5ealogies et alliances1 plus de moiti fauces 7ceux-l se iett5t plus volonti]s sur tels sots propos1 qui ont leurs qualitez plus d\bteuses et mo9s seures7 et luy s'il eu/ recul sur soy1 se fu/ tr\u non gu]e mo9s intemp]ant et ennuyeux sem] et faire valoir la pr]ogatiue de la race de sa femme4 ,o importune presomption1 de laquelle la femme se voit armee p> les ma9s de son m>y mesme8 ,s'il ent5doit du ,lat91 il luy faudroit dire1 ,age6 si hc non insanit satis sua sponte1 in/iga4 ,ie ne dis pas1 que nul n'accuse1 qui ne soit net3 c> nul n'accus]oit3 voire ny net1 en mesme sorte de ta*e4 ,mais i'ent5s1 que no/re iugem5t *>geant sur vn autre1 duquel p\r lors il e/ "q1 ne n\s esp>gne pas1 d'vne int]ne et seu]e iurisdiction4 ,c'e/ (fice de *>it1 que1 qui ne peut o/] vn vice en soy1 *]*e ce neantmo9s l'o/] en autruy3 o il peut auoir mo9s maligne et reues*e sem5ce4 ,ny ne me semble responce propos1 celuy1 qui m'adu]tit de ma faute1 dire qu'elle e/ aussi en luy4 ,quoy p\r cela8 ,t\si\rs l'adu]tissem5t e/ vray et vtile4 ,si n\s auions bon nez1 no/re ordure n\s deuroit plus pur1 d'autant qu'elle e/ no/re4 ,et ,socrates e/ d'aduis1 que qui se tr\u]oit c\lpable1 et son fils1 et vn e/rang]1 de quelque viol5ce et iniure1 deuroit comm5c] p> soy1 se pres5t] la condamnation de la iu/ice1 et implor]1 p\r se purg]1 le sec\rs de la ma9 du b\rreau3 secondem5t p\r son fils3 et d]ni]em5t p\r l'e/rang]4 ,si ce precepte pr5d le ton vn peu trop haut3 au mo9s se doibt il pres5t] le premi]1 la punition de sa propre consci5ce4 ,les s5s sont nos propres et premi]s iuges1 qui n'app]oiu5t les *oses que p> les accid5s ext]nes3 et n'e/ m]ueille1 si en t\tes les pieces du s]uice de no/re societ1 il y a vn si p]petuel1 et vniu]sel meslange de c]emonies et app>5ces sup]ficielles3 si que la meilleure et plus effectuelle "p des polices1 consi/e en cela4 ,c'e/ t\si\rs l'homme que n\s auons affaire1 duquel la condition e/ m]ueilleusem5t corporelle4 ,que ceux qui n\s ont v\lu ba/ir ces annees passees1 vn ex]cice de religion1 si contemplatif et immat]iel1 ne s'e/onn5t po9t1 s'il en tr\ue1 qui p5s5t1 qu'elle fu/ es*appe et fondue entre leurs doigts1 si elle ne t5oit p>my n\s1 comme m>que1 tiltre1 et in/rum5t de diuision et de "p1 plus que p> soy-mesmes4 ,comme en la conf]5ce4 ,la grauit1 la robbe1 et la =tune de celuy qui p>le1 donne s\u5t cr$it des propos va9s et ineptes4 ,il n'e/ pas presum]1 qu'vn monsieur1 si suiuy1 si r$\t1 n'aye au d$ans quelque suffisance autre que populaire3 et qu'vn homme qui on donne tant de commissions1 et de *>ges1 si desdaigneux et si morguant1 ne soit plus habile1 que cet autre1 qui le salue de si lo+1 et que p]sonne n'employe4 ,non seulem5t les mots1 mais aussi les grimaces de ces g5s l1 se consid]5t et mett5t en compte3 *acun s'appliquant y donn] quelque belle et solide int]pretation4 ,s'ils se rabaiss5t la conf]5ce commune1 et qu'on leur pres5te autre *ose qu'approbation et reu]5ce1 ils v\s assomm5t de l'au?orit de leur exp]i5ce3 ils ont ouy1 ils ont veu1 ils ont faict1 v\s e/es accabl d'exemples4 ,ie leur dirois volonti]s1 que le fruict de l'exp]i5ce d'vn *irurgi51 n'e/ pas l'hi/oire de ses practiques1 et se s\u5ir qu'il a gu>y quatre empe/ez et trois g\teux1 s'il ne sait de cet vsage1 tir] dequoy =m] son iugem5t1 et ne n\s sait faire s5tir1 qu'il en soit deu5u plus sage l'vsage de son art4 ,comme en vn conc]t d'in/rum5ts1 on n'oit pas vn leut1 vne esp9ete1 et la flutte3 on oyt vne h>monie en globe3 l'assemblage et le fruict de t\t cet amas4 ,si les voyages et les *>ges les ont am5dez1 c'e/ la production de leur ent5dem5t de le faire p>oi/re4 ,ce n'e/ pas assez de compt] les exp]i5ces1 il les faut pois] et assortir3 et les faut auoir dig]ees et alambiquees1 p\r en tir] les raisons et conclusions qu'elles port5t4 ,il ne fut iamais tant d'hi/ori5s4 ,bon e/-il t\si\rs et vtile de les ouyr1 c> ils n\s f\rniss5t t\t ple9 de belles in/ructions et l\ables du magas9 de leur memoire4 ,gr&e p>tie c]tes1 au sec\rs de la vie4 ,mais n\s ne *]*ons pas cela p\r cette heure1 n\s *]*ons si ces recitateurs et recueilleurs sont l\ables eux-mesmes4 ,ie hay t\te sorte de tyrannie1 et la p>li]e1 et l'effectuelle4 ,ie me b&e volonti]s contre ces va9es circon/ances1 qui pip5t no/re iugem5t p> les s5s3 et me t5ant au guet de ces gr&eurs extraord9aires1 ay tr\u que ce sont p\r le plus1 des hommes comme les autres3 ,r>us enim f]m s5sus communis 9 illa ,=tuna4 ,a l'auanture les e/ime lon1 et app]oit mo9dres qu'ils ne sont1 d'autant qu'ils entrepr5n5t plus1 et se montr5t plus1 ils ne respond5t po9t au faix qu'ils ont pris4 ,il faut qu'il y ayt plus de vigueur1 et de p\uoir au porteur1 qu'en la *>ge4 ,celuy qui n'a pas remply sa =ce1 il v\s laisse deu9]1 s'il a encore de la =ce au del1 et s'il a e/ essay iusques son d]ni] po9ct4 ,celuy qui succombe sa *>ge1 il desc\ure sa mesure1 et la foiblesse de ses espaules4 ,c'e/ p\rquoy on voit tant d'ineptes ames entre les sauantes1 et plus que d'autres4 ,il s'en fu/ faict des bons hommes de mesnage1 bons m>*ans1 bons artizans3 leur vigueur naturelle e/oit taillee cette proportion4 ,c'e/ *ose de gr& poix que la sci5ce1 ils fond5t dess\bs4 ,p\r e/all] et di/ribu] cette ri*e et puissante mati]e1 p\r l'employ] et s'en ayd]3 leur eng9 n'a1 ny assez de vigueur1 ny assez de maniem5t4 ,elle ne peut qu'en vne =te nature3 or elles sont bi5 r>es4 ,et les foibles1 dit ,socrates1 corromp5t la dignit de la philosophie en la maniant4 ,elle p>oi/ et inutile et vicieuse1 qu& elle e/ mal e/uyee4 ,voyla comm5t ils se ga/5t et affoll5t4 ,humani qualis simulator simius oris1 ,quem pu] arrid5s1 pretioso /am9e s]um ,velauit1 nudsques nates ac t]ga reliquit1 ,ludibrium m5sis4 ,a ceux p>eillem5t1 qui n\s regiss5t et comm&5t1 qui ti5n5t le monde en leur ma91 ce n'e/ pas assez d'auoir vn ent5dem5t commun3 de p\uoir ce que n\s p\uons4 ,ils sont bi5 lo+ au dess\bs de n\s1 s'ils ne sont bi5 lo+ au dessus4 ,comme ils promett5t plus1 ils doiu5t aussi plus4 ,et p\rtant leur e/ le sil5ce1 non seulem5t cont5ance de respect et grauit1 mais encore s\u5t de pr(it et de mesnage4 ,c> ,megabysus e/ant all voir ,apelles en son ouur\]1 fut long temps sans mot dire3 et puis comm5a disc\rir de ses ouurages4 ,dont il reeut cette reprim5de3 ,t&is que tu z g>d sil5ce1 tu semblois quelque gr&e *ose1 cause de tes *e9es et de ta pompe3 mais ma9t5ant1 qu'on t'a ouy p>l]1 il n'e/ pas iusques aux g>sons de ma b\tique qui ne te mespris5t4 ,ces magnifiques at\rs1 ce gr& e/at1 ne luy p]mettoi5t po9t d'e/re ignorant d'vne ignorance populaire3 et de p>l] imp]t9emm5t de la pe9ture4 ,il deuoit ma9t5ir muet1 cette ext]ne et presomptiue suffisance4 ,a combi5 de sottes ames en mon temps1 a s]uy vne m9e froide et taciturne1 de tiltre de prud5ce et de capacit8 ,les dignitez1 les *>ges1 se donn5t necessairem5t1 plus p> =tune que p> m]ite3 et a lon tort s\u5t de s'en pr5dre aux ,roys4 ,au reb\rs c'e/ m]ueille qu'ils y ay5t tant d'heur1 y ayans si peu d'adresse3 ,pr9cipis e/ virtus maxima1 nosse suos4 ,c> la nature ne leur a pas donn la veu1 qui se puisse e/5dre tant de peuple1 p\r en disc]n] la precell5ce3 et p]s] nos poitr9es1 o loge la cognoissance de no/re volont et de no/re meilleure valeur4 ,il faut qu'ils n\s tri5t p> coniecture1 et ta/ons3 p> la race1 les ri*esses1 la doctr9e1 la voix du peuple3 tres-foibles argum5s4 ,qui p\rroit tr\u] moy51 qu'on en peu/ iug] p> iu/ice1 et *oisir les hommes p> raison1 e/abliroit de ce seul trait1 vne p>faite =me de police4 ,ouy mais1 il a m5 po9ct ce gr& affaire4 ,c'e/ dire quelque *ose2 mais ce n'e/ pas assez dire4 ,c> cette s5t5ce e/ iu/em5t receu1 ,qu'il ne faut pas iug] les conseils p> les eu5em5s4 ,les ,c>?ag9ois punissoi5t les mauuais aduis de leurs capita9es1 encore qu'ils fuss5t corrigez p> vne heureuse yssue4 ,et le peuple ,roma9 a s\u5t refus le triomphe des gr&es et tres-vtiles victoires1 p> ce que la conduitte du *ef ne respondoit po9t son bon heur4 ,on s'app]oit ord9airem5t aux actions du monde1 que la =tune1 p\r n\s appr5dre1 combi5 elle peut en t\tes *oses3 et qui pr5t plaisir rabatre no/re presomption3 n'ayant peu faire les mal-habiles sages1 elle les fait heureux1 l'enuy de la v]tu4 ,et se mesle volonti]s fauoris] les executions1 o la trame e/ plus purem5t si5ne4 ,d'o il se voit t\s les i\rs1 que les plus simples d'entre n\s1 mett5t f9 de tres-gr&es besongnes et publiques et priuees4 ,et comme ,sirannez le ,p]si51 respondit ceux qui s'e/onnoi5t comme ses affaires succ$oi5t si mal1 veu que ses propos e/oi5t si sages3 ,qu'il e/oit seul mai/re de ses propos1 mais du succez de ses affaires1 c'e/oit la =tune4 ,ceux-cy peuu5t respondre de mesme3 mais d'vn contraire biais4 ,la plus "p des *oses du monde se font p> elles mesmes4 ,fata viam inu5iunt4 ,l'issu au?orise s\u5t vne tres9epte conduite4 ,no/re entremise n'e/ quasi qu'vne r\t9e3 et plus communem5t consid]ation d'vsage1 et d'exemple1 que de raison4 ,e/onn de la gr&eur de l'affaire1 i'ay autrefois seu p> ceuz qui l'auoi5t m5 f91 leurs motifs et leur addresse3 ie n'y ay tr\u que des aduis vulgaires3 et les plus vulgaires et vsitez1 sont aussi peut-e/re1 les plus seurs et plus commodes la pratique1 s9on la montre4 ,quoy si les plus plattes raisons1 sont les mieux assises3 les plus basses et las*es1 et les plus battues1 se c\*5t mieux aux affaires8 ,p\r cons]u] l'au?orit du conseil des ,roys1 il n'e/ pas beso+ que les p]sonnes pr(anes y p>ticip5t1 et y voy5t plus auant que de la premi]e b>ri]e4 ,il se doibt reu]] cr$it et en bloc1 qui en veut n\rrir la reputation4 ,ma consultation esbau*e vn peu la mati]e1 et la consid]e leg]em5t p> ses premi]s visages3 le =t et pr9cipal de la besongne1 i'ay acc\/um de le resign] au ciel1 ,p]mitte diuis ct]a4 ,l'heur et le mal'heur1 sont mon gr deux s\u]a9es puissances4 ,c'e/ imprud5ce1 d'e/im] que l'huma9e prud5ce puisse remplir le rolle de la =tune4 ,et va9e e/ l'entreprise de celuy1 qui presume d'embrass] et causes et consequ5ces1 et m5] p> la ma91 le progrez de son faict4 ,va9e sur t\t aux delib]ations gu]ri]es4 ,il ne fut iamais plus de circonspection et prud5ce militaire1 qu'il s'en voit p> fois entre n\s4 ,s]oit ce qu'on cra9ct de se p]dre en *em91 se res]uant la cata/rophe de ce ieu8 ,ie dis plus1 que no/re sagesse mesme et consultation1 suit p\r la plus "p la conduicte du haz>d4 ,ma volont et mon disc\rs1 se remue tanto/ d'vn air1 tanto/ d'vn autre3 et y a plusieurs de ces m\uem5s1 qui se g\u]n5t sans moy4 ,ma raison a des impulsions et agitations i\rnalli]es1 et casuelles3 ,v]tuntur species animorum1 et pectora motus ,nunc alios1 alios dum nubila v5tus agebat1 ,concipiunt4 ,qu'on reg>de qui sont les plus puissans aux villes1 et qui font mieux leurs besongnes3 on tr\u]a ord9airem5t1 que ce sont les mo9s habiles4 ,il e/ adu5u aux femmelettes1 aux enfans1 et aux ins5sez1 de comm&] des gr&s e/ats1 l'esgal des plus suffisans ,pr9ces4 ,et y r5contr5t1 dit ,?ucydides1 plus ord9airem5t les grossi]s que les subtils4 ,n\s attribuons les effects de leur bonne =tune leur prud5ce4 ,vt quisque ,=tuna vtitur1 ,ita prcellet3 atque ex9de sap]e illum omnes dicimus4 ,p>quoy ie dis bi51 en t\tes faons1 que les eu5em5s1 sont maigres tesmo+s de no/re prix et capacit4 ,or i'e/ois sur ce po9ct1 qu'il ne faut que voir vn homme esleu en dignit3 qu& n\s l'aurions cogneu trois i\rs deuant1 homme de peu3 il c\le ins5siblem5t en nos op9ions1 vne image de gr&eur1 de suffisance1 et n\s p]suadons que croissant de tra9 et de cr$it1 il e/ creu de m]ite4 ,n\s iugeons de luy non selon sa valeur3 mais la mode des getons1 selon la pr]ogatiue de son rang4 ,que la *anse t\rne aussi1 qu'il retombe et se mesle la presse3 *acun s'enqui]t auec admiration de la cause qui l'auoit gu9d si haut4 ,e/-ce luy8 faict on3 n'y sauoit il autre *ose qu& il y e/oit8 les ,pr9ces se cont5t5t ils de si peu8 n\s e/ions vrayem5t en bonnes ma9s4 ,c'e/ *ose que i'ay veu s\u5t de mon temps4 ,voyre et le masque des gr&eurs1 qu'on repres5te aux com$ies1 n\s t\*e aucunem5t et n\s pippe4 ,ce que i'adore moy-mesmes aux ,roys1 c'e/ la f\le de leurs adorateurs4 ,t\te incl9ation et s\bmission leur e/ deu1 sauf celle de l'ent5dem5t4 ,ma raison n'e/ pas duite se c\rb] et fles*ir1 ce sont mes g5\x4 ,melan?ius int]rog ce qu'il luy sembloit de la trag$ie de ,dionysius3 ,ie ne l'ay1 dit-il1 po9t veu1 tant elle e/ (fusquee de langage4 ,aussi la plusp>t de ceux qui iug5t les disc\rs des grans1 deburoi5t dire3 ,ie n'ay po9t ent5du son propos1 tant il e/oit (fusqu de grauit1 de gr&eur1 et de maje/4 ,anti/h5es suadoit vn i\r aux ,a!ni5s1 qu'ils comm&ass5t1 que leurs asnes fuss5t aussi bi5 employez au lab\rage des t]res1 comme e/oy5t les *euaux3 sur quoy il luy fut respondu1 que cet animal n'e/oit pas nay vn tel s]uice3 ,c'e/ t\t vn1 repliqua il2 il n'y va que de vo/re ordonnance3 c> les plus ignorans et incapables hommes1 que v\s employez aux comm&em5s de vos gu]res1 ne laiss5t pas d'en deu5ir incont95t tres-dignes1 p> ce que v\s les y employez4 ,a quoy t\*e l'vsage de tant de peuples1 qui canoniz5t le ,roy1 qu'ils ont faict d'entre eux1 et ne se cont5t5t po9t de l'honnor]1 s'ils ne l'ador5t4 ,ceux de ,mexico1 dpuis que les c]emonies de son sacre sont p>a*euees1 n'os5t plus le reg>d] au visage3 a9s comme s'ils l'auoi5t deifi p> sa royaut1 entre les s]m5ts qu'ils luy font iur]1 de ma9t5ir leur religion1 leurs loix1 leurs lib]tez1 d'e/re vaillant1 iu/e et debonnaire3 il jure aussi1 de faire m>*] le soleil en sa lumi]e acc\/umee3 d'esg\/] les nuees en temps opportun3 c\rir aux riui]es leurs c\rs3 et faire port] la t]re t\tes *oses necessaires son peuple4 ,ie suis diu]s cette faon commune3 et me deffie plus de la suffisance1 qu& ie la vois accompagne de gr&eur de =tune1 et de recomm&ation populaire4 ,il n\s fault pr5dre g>de1 combi5 c'e/1 de p>l] son heure1 de *oisir son po9ct1 de rompre le propos1 ou le *ang]1 d'vne au?orit magi/rale3 de se deff5dre des oppositions d'autruy1 p> vn m\uem5t de te/e1 vn s\s-ris1 ou vn sil5ce1 deuant vne assi/ance1 qui tremble de reu]5ce et de respect4 ,vn homme de mon/rueuse =tune1 v5ant mesl] son aduis c]ta9 leg] propos1 qui se dem5oit t\t las*em5t1 en sa table1 comm5a iu/em5t a9si3 ,ce ne peut e/re qu'vn m5teur ou ignorant1 qui dira autrem5t que1 etc4 ,suyuez cette po9cte philosophique1 vn poign>t la ma94 ,voicy vn autre adu]tissem5t1 duquel ie tire gr& vsage4 ,c'e/ qu'aux disputes et conf]5ces1 t\s les mots qui n\s sembl5t bons1 ne doiu5t pas incont95t e/re acceptez4 ,la plus "p des hommes sont ri*es d'vne suffisance e/rang]e4 ,il peut bi5 adu5ir tel1 de dire vn beau traict1 vne bonne responce et s5t5ce1 et la mettre en auant1 sans en cognoi/re la =ce4 ,qu'on ne ti5t pas t\t ce qu'on emprunte1 l'adu5ture se p\rra-il v]ifi] p> moy-mesme4 ,il n'y faut po9t t\si\rs c$]1 quelque v]it ou beaut qu'elle ayt4 ,ou il la faut combatre esci5t1 ou se tir] arri]e1 s\bs c\leur de ne l'ent5dre pas3 p\r ta/] de t\tes p>ts1 comm5t elle e/ logee en son au!ur4 ,il peut adu5ir1 que n\s n\s enf]rons1 et aydons au c\p1 outre sa portee4 ,i'ay autrefois employ la necessit et presse du combat1 des reuirades1 qui ont faict faucee outre mon desse91 et mon esp]ance4 ,ie ne les donnois qu'en nombre1 on les reeuoit en poix4 ,t\t a9si1 comme1 qu& ie debats contre vn homme vig\reux2 ie me plais d'anticip] ses conclusions3 ie luy o/e la pe9e de s'int]pret]3 i'essaye de preu5ir son imag9ation imp>faicte encores et naissante3 l'ordre et la p]t95ce de son ent5dem5t1 m'adu]tit et m5ace de lo+3 de ces autres ie fais t\t le reb\rs1 il ne faut ri5 ent5dre que p> eux1 ny ri5 presuppos]4 ,s'ils iug5t en p>olles vniu]selles3 ,cecy e/ bon1 cela ne l'e/ pas2 et qu'ils r5contr5t1 voyez si c'e/ la =tune1 qui r5contre p\r eux4 ,qu'ils circonscriu5t et re/reign5t vn peu leur s5t5ce3 ,p\rquoy c'e/2 p> o c'e/4 ,ces iugem5ts vniu]sels1 que ie voy si ord9aires1 ne dis5t ri54 ,ce sont g5ts1 qui salent t\t vn peuple1 en f\lle et en tr\pe4 ,ceux qui en ont vraye cognoissance1 le salent et rem>qu5t nommem5t et p>ticuli]em5t4 ,mais c'e/ vne haz>deuse entrepr9se4 ,d'o i'ay veu plus s\u5t que t\s les i\rs1 adu5ir que les esprits foiblem5t fondez1 v\lants faire les +5ieux rem>qu] en la lecture de quelque ouurage1 le po9t de la beaut3 arre/5t leur admiration1 d'vn si mauuais *oix1 qu'au lieu de n\s apppr5dre l'excell5ce de l'au!ur1 ils n\s appr5n5t leur propre ignorance4 ,cette exclamation e/ seure3 ,voyla qui e/ beau3 ayant oy vne enti]e page de ,v]gile4 ,p> l se sauu5t les f9s4 ,mais d'entrepr5dre le suiure p> espaulettes1 et de iugem5t expres et tri1 v\loir rem>qu] p> o vn bon au!ur se surmonte3 poisant les mots1 les phrases1 les inu5tions et ses diu]ses v]tus1 l'vne apres l'autre3 o/ez v\s de l4 ,vid5dum e/ non modo quid quisque loquatur1 s$ etiam quid quisque s5tiat1 atque etiam qua de causa quisque s5tiat4 ,i'oy j\rnellem5t dire des sots1 des mots non sots4 ,ils dis5t vne bonne *ose3 sa*ons iusques o ils la cognoiss5t1 voyons p> o ils la ti5n5t4 ,n\s les aydons employ] ce beau mot1 et cette belle raison1 qu'ils ne poss$5t pas1 ils ne l'ont qu'en g>de3 ils l'auront produicte l'auanture1 et ta/ons1 n\s la leur mettons en cr$it et en prix4 ,v\s leur pre/ez la ma94 ,a quoy faire8 ,ils ne v\s en sau5t nul gr1 et en deui5n5t plus ineptes4 ,ne les secondez pas1 laissez les all]3 ils mani]ont cette mati]e1 comme g5s qui ont peur de s'es*aud]1 ils n'os5t luy *ang] d'assiette et de i\r1 ny l'enfonc]4 ,cr\llez la tant soit peu2 elle leur es*appe3 ils v\s la quitt5t1 t\te =te et belle qu'elle e/4 ,ce sont belles armes3 mais elles sont mal emman*ees4 ,combi5 de fois en ay-ie veu l'exp]i5ce8 ,or si v\s v5ez les esclaircir et confirm]1 ils v\s saisiss5t et desrob5t incont95t cet aduantage de vo/re int]pretation3 ,c'e/oit ce que ie v\lois dire3 voyla iu/em5t ma conception3 si ie ne l'ay a9s9 exprim1 ce n'e/ que faute de langue4 ,s\flez4 ,il faut employ] la malice mesme1 corrig] cette fi]e be/ise4 ,le dogme d',hegesias1 ,qu'il ne faut ny har1 ny accus]3 a9s in/ruire3 a de la raison ailleurs4 ,mais icy1 c'e/ iniu/ice et inhumanit de sec\rir et r$ress] celuy1 qui n'en a que faire1 et qui en vaut mo9s4 ,i'ayme les laiss] emb\rb] et empe/r] encore plus qu'ils ne sont3 et si auant1 s'il e/ possible1 qu'en f9 ils se recognoiss5t4 ,la sottise et desreglem5t de s5s1 n'e/ pas *ose gu]issable p> vn traict d'adu]tissem5t4 ,et p\uons proprem5t dire de cette rep>ation1 ce que ,cyrus respond celuy1 qui le presse d'enhort] son o/1 sur le po9t d'vne bataille3 ,que les hommes ne se r5d5t pas c\rageux et belliqueux sur le *amp1 p> vne bonne h>angue3 non plus qu'on ne deui5t incont95t musici51 p\r ouyr vne bonne *anson4 ,ce sont appr5tissages1 qui ont e/re faicts auant la ma91 p> longue et con/ante in/itution4 ,n\s deuons ce so+ aux no/res1 et cette assiduit de correction et d'in/ruction3 mais d'all] pres*] le premi] passant1 et reg5t] l'ignorance ou ineptie du premi] r5contr1 c'e/ vn vsage auquel ie veux gr& mal4 ,r>em5t le fais-ie1 aux propos mesme qui se pass5t auec moy1 et quitte plu/o/ t\t1 que de v5ir ces in/ructions reculees et magi/rales4 ,mon humeur n'e/ propre1 non plus p>l] qu' escrire1 p\r les pr9cipians4 ,mais aux *oses qui se dis5t en commun1 ou entre autres1 p\r fauces et absurdes que ie les iuge1 ie ne me iette iamais la trau]se1 ny de p>ole ny de signe4 ,au demeurant ri5 ne me despite tant en la sottise1 que1 dequoy elle se plai/ plus1 que aucune raison ne se peut raisonnablem5t plaire4 ,c'e/ mal'heur1 que la prud5ce v\s deff5d de v\s satisfaire et fi] de v\s1 et v\s en enuoye t\si\rs mal cont5t et cra9tif3 l o l'op9ia/ret et la tem]it1 rempliss5t leurs ho/es d'esi\ssance et d'asseurance4 ,c'e/ aux plus mal habiles de reg>d] les autres hommes p> dessus l'espaule1 s'en ret\rnans t\si\rs du combat1 ple9s de gloire et d'allegresse4 ,et le plus s\u5t encore cette outrecuidance de langage et gayet de visage1 leur donne gaign1 l'endroit de l'assi/ance1 qui e/ communm5t foible et incapable de bi5 iug]1 et disc]n] les vrays aduantages4 ,l'ob/9ation et ardeur d'op9ion1 e/ la plus seure preuue de be/ise4 ,e/ il ri5 c]ta91 resolu1 d$eigneux1 contemplatif1 s]ieux1 graue1 comme l'asne8 ,p\uons n\s pas mesl] au tiltre de la conf]5ce et communication1 les deuis po9ctus et c\pez que l'alegresse et la priuaut introduit entre les amis1 gaussans et gaudissans plaisamm5t et vifuem5t les vns les autres8 ,ex]cice auquel ma gayet naturelle me r5d assez propre4 ,et s'il n'e/ aussi t5du et s]ieux que cet autre ex]cice que ie vi5s de dire1 il n'e/ pas mo9s aigu et +5ieux1 ny mo9s pr(itable1 comme il sembloit ,lycurgus4 ,p\r mon reg>d i'y apporte plus de lib]t que d'esprit1 et y ay plus d'heur que d'inu5tion3 mais ie suis p>faict en la s\ffrance3 c> i'endure la reu5*e1 non seulem5t aspre1 mais indiscrete aussi1 sans alt]ation4 ,et la *>ge qu'on me fait1 si ie n'ay dequoy rep>tir brusquem5t sur le *amp1 ie ne vay pas m'amusant suiure cette po9cte1 d'vne conte/ation ennuyeuse et las*e1 tirant l'op9ia/ret4 ,ie la laisse pass]1 et baissant ioyeusem5t les oreilles1 remets d'en auoir ma raison quelque heure meilleure4 ,il n'e/ pas m>*ant qui t\si\rs gaigne4 ,la plus "p *ang5t de visage1 et de voix1 o la =ce leur faut3 et p> vne importune *ol]e1 au lieu de se v5g]1 accus5t leur foiblesse1 ensemble et leur impati5ce4 ,en cette gaill>dise n\s p9ons p> fois des cordes secrettes de nos imp]fections1 lesquelles1 rassis1 n\s ne p\uons t\*] sans (f5ce3 et n\s entradu]tissons vtilem5t de nos deffauts4 ,il y a d'autres ieux de ma91 indiscrets et aspres1 la ,franoise3 que ie hay mortellem5t3 i'ay la peau t5dre et s5sible3 i'en ay veu en ma vie1 ent]r] deux ,pr9ces de no/re sang royal4 ,il fait laid se battre en s'esbatant4 ,au re/e1 qu& ie veux iug] de quelqu'vn1 ie luy dem&e combi5 il se cont5te de soy3 iusques o son p>l] ou sa besongne luy plai/4 ,ie veux euit] ces belles excuses1 ,ie le fis en me ioant3 ,ablatum m$iis opus e/ incudibus i/ud3 ie n'y fus pas vne heure3 ie ne l'ay reueu depuis4 ,or dis-ie1 laissons donc ces pieces1 donnez m'en vne qui v\s repres5te bi5 enti]1 p> laquelle il v\s plaise qu'on v\s mesure4 ,et puis3 que tr\uez v\s le plus beau en vo/re ouurage8 e/-ce ou cette p>tie1 ou cette cy8 la grace1 ou la mati]e1 ou l'inu5tion1 ou le iugem5t1 ou la sci5ce8 ,c> ord9airem5t ie m'app]oy1 qu'on faut autant iug] de sa propre besongne1 que de celle d'autruy4 ,non seulem5t p\r l'affection qu'on y mesle3 mais p\r n'auoir la suffisance de la cognoi/re et di/+u]4 ,l'ouurage de sa propre =ce1 et =tune1 peult second] l'ouuri] et le deuanc] outre son inu5tion1 et cognoissance4 ,p\r moy1 ie ne iuge la valeur d'autre besongne1 plus obscurem5t que de la mi5ne3 et loge les ,essais tanto/ bas1 tanto/ haut1 =t incon/amm5t et d\bteusem5t4 ,il y a plusieurs liures vtiles raison de leurs subiects1 desquels l'au!ur ne tire aucune recomm&ation3 et des bons liures1 comme des bons ouurages1 qui font honte l'ouuri]4 ,i'escriray la faon de nos conuiues1 et de nos ve/em5s3 et l'escriray de mauuaise grace3 ie publi]ay les edicts de mon temps1 et les lettres des ,pr9ces qui pass5t s ma9s publiques3 ie f]ay vn abbreg sur vn bon liure 7et t\t abbreg sur vn bon liure e/ vn sot abbreg7 lequel liure vi5dra se p]dre3 et *oses semblables4 ,la po/]it retir]a vtilit s+uli]e de telles compositions3 moy quel honneur1 si ce n'e/ de ma bonne =tune8 ,bonne "p des liures fameux1 sont de cette condition4 ,qu& ie leuz ,philippes de ,com9es1 il y a plusieurs annees1 tresbon au!ur c]tes2 i'y rem>quay ce mot p\r non vulgaire3 ,qu'il se faut bi5 g>d] de faire tant de s]uice son mai/re1 qu'on l'empes*e d'en tr\u] la iu/e recomp5ce4 ,ie deuois l\] l'inu5tion1 non pas luy4 ,ie la r5contray en ,tacitus1 il n'y a pas long temps3 ,b5eficia e vsque lta sunt1 dum vid5tur exolui passe2 vbi multum anteu5]e1 pro gratta odium r$ditur4 ,et ,s5eque vig\reusem5t3 ,nam qui putat esse turpe non r$d]e1 non vult esse cui r$dat4 ,q4 ,cic]o d'vn biais plus las*e3 ,qui se non putat satisfac]e modo amicus esse nullo1 pote/4 ,le subiect selon qu'il e/1 peut faire tr\u] vn homme sauant et memorieux3 mais p\r iug] en luy les p>ties plus si5nes1 et plus dignes1 la =ce et beaute de son ame3 il faut sauoir ce qui e/ si51 et ce qui ne l'e/ po9t3 et en ce qui n'e/ pas si51 combi5 on luy doibt en consid]ation du *oix1 disposition1 ornem5t1 et langage qu'il a f\rny4 ,quoy1 s'il y a emprunt la mati]e1 et empir la =me8 comme il adui5t s\u5t4 ,n\s autres qui auons peu de practique auec les liures1 sommes en cette pe9e3 que qu& n\s voyons quelque belle inu5tion en vn pote n\ueau1 quelque =t argum5t en vn pres*eur1 n\s n'osons p\rtant les en l\]1 que n\s n'ayons pr9s in/ruction de quelque sauant1 si cette piece leur e/ propre1 ou si elle e/ e/rang]e4 ,iusques lors ie me ti5s t\si\rs sur mes g>des4 ,ie vi5s de c\rre d'vn fil1 l'hi/oire de ,tacitus 7ce qui ne m'adui5t gu]e1 il y a v+t ans que ie ne mis en liure1 vne heure de suite7 et l'ay faict1 la suasion d'vn ,g5til-homme que la ,france e/ime beauc\p3 tant p\r sa valeur propre1 que p\r vne con/ante =me de suffisance1 et bont1 qui se voit en plusieurs fr]es qu'ils sont4 ,ie ne sa*e po9t d'au!ur1 qui mesle vn regi/re public1 tant de consid]ation des murs1 et incl9ations p>ticuli]es4 ,et me semble le reb\rs1 de ce qu'il luy semble luy3 qu'ayant specialem5t suiure les vies des ,emp]eurs de son temps1 si diu]ses et extremes1 en t\te sorte de =mes3 tant de notables actions1 que nommm5t leur cruaut produisit en leurs subiects3 il auoit vne mati]e plus =te et attirante1 disc\rir et n>r]1 que s'il eu/ eu dire des batailles et agitations vniu]selles4 ,si que s\u5t ie le tr\ue /]ile1 c\rant p> dessus ces belles morts1 comme s'il craignoit n\s fas*] de leur multitude et longueur4 ,cette =me d'hi/oire1 e/ de beauc\p la plus vtile4 ,les m\uem5s publics1 dep5d5t plus de la conduicte de la ,=tune1 les priuez de la no/re4 ,c'e/ plu/o/ vn iugem5t1 que d$uction d'hi/oire3 il y a plus de preceptes1 que de contes3 ce n'e/ pas vn liure lire1 c'e/ vn liure e/udi] et appr5dre3 il e/ si ple9 de s5t5ces1 qu'il y en a tort et droict3 c'e/ vne pep9i]e de disc\rs e?iques1 et politiques1 p\r la pr\ision et ornem5t de ceux1 qui ti5n5t quelque rang au maniem5t du monde4 ,il plaide t\si\rs p> raisons solides et vig\reuses1 d'vne faon po9ctue1 et subtile3 suyuant le /ile affect du siecle4 ,ils aymoi5t tant s'enfl]1 qu'o ils ne tr\uoy5t de la po9cte et subtilit aux *oses1 ils l'empruntoy5t des p>olles4 ,il ne retire pas mal l'escrire de ,s5eque4 ,il me semble plus *>nu1 ,s5eque plus aigu4 ,son s]uice e/ plus propre vn e/at tr\ble et malade1 comme e/ le no/re pres5t3 v\s diriez s\u5t qu'il n\s pe9ct et qu'il n\s p9se4 ,ceux qui d\bt5t de sa foy1 s'accus5t assez de luy v\loir mal d'ailleurs4 ,il a les op9ions sa9es1 et p5d du bon p>ty aux affaires ,roma9es4 ,ie me pla9s vn peu t\tesfois1 dequoy il a iug de ,pompeius plus aigrem5t1 que ne porte l'aduis des g5s de bi51 qui ont vescu et traict auec luy3 de l'auoir e/im du t\t p>eil ,m>ius et ,sylla1 s9on d'autant qu'il e/oit plus c\u]t4 ,on n'a pas exempt d'ambition1 son int5tion au g\u]nem5t des affaires1 ny de v5geance3 et ont cra9ct ses amis mesmes1 que la victoire l'eu/ emport outre les bornes de la raison3 mais non pas iusques a vne mesure si effr5ee4 ,il n'y a ri5 en sa vie1 qui n\s ayt m5ass d'vne si expresse cruaut et tyrannie4 ,encores ne faut-il pas contrepois] le s\spon l'euid5ce3 a9si ie ne l'en crois pas4 ,que ses n>rations soi5t naifues et droictes1 il se p\rroit l'auanture argum5t] de cecy mesme3 ,qu'elles ne s'appliqu5t pas t\si\rs exactem5t aux conclusions de ses iugem5ts3 lesquels il suit selon la p5te qu'il y a prise1 s\u5t outre la mati]e qu'il n\s montre3 laquelle il n'a daign incl9] d'vn seul air4 ,il n'a pas beso+ d'excuse1 d'auoir appr\u la religion de son temps1 selon les loix qui luy comm&oi5t1 et ignor la vraye4 ,cela1 c'e/ son malheur1 non pas son defaut4 ,i'ay pr9cipalem5t consid] son iugem5t1 et n'en suis pas bi5 esclaircy p> t\t4 ,comme ces mots de la lettre que ,tib]e vieil et malade1 enuoyoit au ,s5at3 ,que v\s escriray-ie messieurs1 ou comm5t v\s escriray-ie1 ou que ne v\s escriray-ie po9t1 en ce temps8 ,les dieux1 et les deesses me p]d5t pirem5t1 que ie ne me s5s t\s les i\rs p]ir1 si ie le say4 ,ie n'app]oy pas p\rquoy il les applique si c]ta9em5t1 vn poignant remors qui t\rm5te la consci5ce de ,tib]e4 ,aumo9s lors que i'e/ois mesme1 ie ne le vis po9t4 ,cela m'a sembl aussi vn peu las*e1 qu'ayant eu dire1 qu'il auoit ex]c c]ta9 honnorable magi/rat ,rome1 il s'aille excusant que ce n'e/ po9t p> o/5tation1 qu'il l'a dict4 ,ce traict me semble bas de poil1 p\r vne ame de sa sorte4 ,c> le n'os] p>l] rondem5t de soy1 accuse quelque faute de cur4 ,vn iugem5t roide et hauta91 et qui iuge sa9em5t1 et seurem5t3 il vse t\tes ma9s1 des propres exemples1 a9si que de *ose e/rang]e3 et tesmoigne fran*em5t de luy1 comme de *ose ti]ce4 ,il faut pass] p> dessus ces regles populaires1 de la ciuilit1 en faueur de la v]it1 et de la lib]t4 ,i'ose non seulem5t p>l] de moy3 mais p>l] seulem5t de moy4 ,ie f\ruoye qu& i'escry d'autre *ose1 et me desrobe mon subiect4 ,ie ne m'ayme pas si indiscretem5t1 et ne suis si atta* et mesl moy1 que ie ne me puisse di/+u] et consid]] qu>ti]3 comme vn voys91 comme vn arbre4 ,c'e/ p>eillem5t faillir1 de ne veoir pas iusques o on vaut1 ou d'en dire plus qu'on n'en void4 ,n\s deuons plus d'am\r ,dieu1 qu' n\s1 et le cognoissons mo9s1 et si en p>lons t\t no/re sa\l4 ,si ses escrits rapport5t aucune *ose de ses conditions3 c'e/oit vn gr& p]sonnage1 droicturi]1 et c\rageux1 non d'vne v]tu sup]/itieuse1 mais philosophique et g5]euse4 ,on le p\rra tr\u] h>dy en ses tesmoignages4 ,comme o il ti5t1 qu'vn soldat portant vn fais de bois1 ses ma9s se roidir5t de froid1 et se coll]5t sa *>ge1 si qu'elles y demeur]5t atta*ees et mortes1 s'e/ants dep>ties des bras4 ,i'ay acc\/um en telles *oses1 de pli] s\bs l'au?orit de si gr&s tesmo+s4 ,ce qu'il dit aussi1 que ,vespasian1 p> la faueur du ,dieu ,s]apis1 gu>it en ,alex&rie vne femme aueugle1 en luy oignant les yeux de sa saliue3 et ie ne say quel autre miracle3 il le fait p> l'exemple et deuoir de t\s bons hi/ori5s4 ,ils ti5n5t regi/res des eu5em5ts d'importance4 ,p>my les accid5s publics1 sont aussi les bruits et op9ions populaires4 ,c'e/ leur rolle1 de recit] les communes creances1 non pas de les regl]4 ,cette "p t\*e les !ologi5s1 et les philosophes directeurs des consci5ces4 ,p\rtant tres-sagem5t1 ce si5 compagnon et gr& homme comme luy3 ,equidem plura transcribo qum cr$o3 nam nec affirm>e su/9eo de quibus dubito1 nec subduc]e qu accepi3 et l'autre3 ,hc neque affirm>e neque refell]e op] pretium e/3 fam r]um /&um e/4 ,et escriuant en vn siecle1 auquel la creance des prodiges comm5oit dim9u]1 il dit ne v\loir p\rtant laiss] d'ins]] en ses annales1 et donn] pi$ *ose receu de tant de g5s de bi51 et auec si gr&e reu]5ce de l'antiquit4 ,c'e/ tresbi5 dict4 ,qu'ils n\s r5d5t l'hi/oire1 plus selon qu'ils reoyu5t1 que selon qu'ils e/im5t4 ,moy qui suis ,roy de la mati]e que ie traicte1 et qui n'en dois compte p]sonne1 ne m'en crois p\rtant pas du t\t4 ,ie haz>de s\u5t des b\tades de mon esprit1 desquelles ie me deffie3 et c]ta9es f9esses v]bales dequoy ie sec\e les oreilles3 mais ie les laisse c\rir l'auanture1 ie voys qu'on s'honore de p>eilles *oses3 ce n'e/ pas moy seul d'en iug]4 ,ie me pres5te deb\t2 et c\*2 le deuant et le d]ri]e2 droitte et gau*e2 et en t\ts mes naturels plis4 ,les esprits1 voire p>eils en =ce1 ne sont pas t\si\rs p>eils en application et en g\/4 ,voyla ce que la memoire m'en pres5te en gros1 et assez inc]ta9em5t4 ,t\s iugem5s en gros1 sont las*es et imp>faicts4 ,,*apitre ,,ix4 ,de la vanit4 ,,il n'en e/ l'auanture aucune plus expresse1 que d'en escrire si va9em5t4 ,ce que la diu9it n\s en a si diu9em5t exprim1 deburoit e/re soigneusem5t et cont9uellem5t m$it1 p> les g5s d'ent5dem5t4 ,qui ne voit1 que i'ay pris vne r\te1 p> laquelle sans cesse et sans trauail1 i'iray autant1 qu'il y aura d'ancre et de papi] au monde8 ,ie ne puis t5ir regi/re de ma vie1 p> mes actions3 ,=tune les met trop bas3 ie le ti5s p> mes fantasies4 ,si ay-ie veu vn ,g5til-homme1 qui ne communiquoit sa vie1 que p> les op]ations de son v5tre4 ,v\s voyiez *ez luy1 en montre1 vn ordre de bass9s de sept ou huict i\rs4 ,c'e/oit son e/ude1 ses disc\rs4 ,t\t autre propos luy puoit4 ,ce sont icy1 vn peu plus ciuilem5t1 des excrem5s d'vn vieil esprit3 dur tanto/1 tanto/ las*e3 et t\si\rs indige/e4 ,et qu& s]ay-ie b\t de repres5t] vne cont9uelle agitation et mutation de mes p5sees1 en quelque mati]e qu'elles tomb5t1 puisque ,diom$es remplit six mille liures1 du seul subiect de la grammaire8 ,que doit produire le babil1 puisque le begaiem5t et desn\em5t de la langue1 e/\ffa le monde d'vne si horrible *>ge de volumes8 ,tant de p>oles1 p\r les p>oles seules4 ,o ,py?agoras1 que n'esconjuras-tu cette tempe/e6 ,on accusoit vn ,galba du temps pass1 de ce qu'il viuoit oyseusem5t4 ,il respondit1 que *acun deuoit r5dre raison de ses actions1 non pas de son sei\r4 ,il se trompoit3 c> la iu/ice a cognoissance et animadu]sion aussi1 sur ceux qui *aum5t4 ,mais il y deuroit auoir quelque corction des loix1 contre les escriua9s ineptes et inutiles1 comme il y a contre les vagabons et fa9eants4 ,on banniroit des ma9s de no/re peuple1 et moy1 et c5t autres4 ,ce n'e/ pas moqu]ie4 ,l'escriuaill]ie semble e/re quelque symptome d'vn siecle desbord4 ,qu& escriuismes n\s tant1 que depuis que n\s sommes en tr\ble8 qu& les ,roma9s tant1 que lors de leur ruyne8 ,outre-ce que l'aff9em5t des esprits1 ce n'en e/ pas l'assagissem5t1 en vne police3 cet embesongnem5t oisif1 nai/ de ce que *acun se pr5t las*em5t l'(fice de sa vacation1 et s'en desbau*e4 ,la corruption du siecle se fait1 p> la contribution p>ticuli]e de *acun de n\s4 ,les vns y conf]5t la trahison1 les autres l'iniu/ice1 l'irreligion1 la tyrannie1 l'au>ice1 la cruaut1 selon qu'ils sont plus puissans3 les plus foibles y apport5t la sottise1 la vanit1 l'oisiuet3 desquels ie suis4 ,il semble que ce soit la saison des *oses va9es1 qu& les dommageables n\s press5t4 ,en vn temps1 o le mes*amm5t faire e/ si commun1 de ne faire qu'inutilem5t1 il e/ comme l\able4 ,ie me console que ie s]ay des d]ni]s1 sur qui il faudra mettre la ma94 ,ce p5dant qu'on p\ruoira aux plus pressans1 i'auray loy de m'am5d]4 ,c> il me semble que ce s]oit contre raison1 de p\rsuyure les m5us inconu5i5ts1 qu& les gr&s n\s infe/5t4 ,et le m$ec9 ,philotimus1 vn qui luy pres5toit le doigt p5s]1 auquel il recognoissoit au visage1 et l'hale9e1 vn vlc]e aux p\lmons3 ,mon amy1 fit-il1 ce n'e/ pas cette heure le temps de t'amus] tes ongles4 ,ie vis p\rtant sur ce propos1 il y a quelques annees1 qu'vn p]sonnage1 de qui i'ay la memoire en recomm&ation s+uli]e1 au milieu de nos gr&s maux1 qu'il n'y auoit ny loy1 ny iu/ice1 ny magi/rat1 qui fi/ son (fice3 non plus qu' cette heure3 alla publi] ie ne say quelles *etiues re=mations1 sur les habillem5s1 la cuis9e et la *icane4 ,ce sont amusoires dequoy on pai/ vn peuple mal-m51 p\r dire qu'on ne l'a pas du t\t mis en oubly4 ,ces autres font de mesme1 qui s'arre/5t deff5dre t\te in/ance1 des =mes de p>l]1 les dances1 et les ieux1 vn peuple ab&onn t\te sorte de vices execrables4 ,il n'e/ pas temps de se lau] et decrass]1 qu& on e/ atte9t d'vne bonne fiure4 ,c'e/ faire aux seuls ,sp>tiates1 de se mettre se peign] et te/onn]1 sur le po9ct qu'ils se vont precipit] quelque extreme haz>d de leur vie4 ,quant moy1 i'ay cette autre pire c\/ume1 que si i'ay vn esc>p9 de trau]s1 ie laisse encores de trau]s1 et ma *emise et ma cappe3 ie desdaigne de m'am5d] demy4 ,qu& ie suis en mauuais e/at1 ie m'a*>ne au mal4 ,ie m'ab&onne p> desespoir1 et me laisse all] v]s la *eute1 et iette1 comme lon dit1 le man*e apres la coignee4 ,ie m'ob/9e l'empirem5t3 et ne m'e/ime plus digne de mon so+4 ,ou t\t bi5 ou t\t mal4 ,ce m'e/ faueur1 que la desolation de cet e/at1 se r5contre la desolation de mon aage4 ,ie s\ffre plus volonti]s1 que mes maux en soi5t re*>gez1 que si mes bi5s en euss5t e/ tr\blez4 ,les p>oles que i'exprime au mal-heur1 sont p>oles de despit4 ,mon c\rage se h]isse au lieu de s'applatir4 ,et au reb\rs des autres1 ie me tr\ue plus deuo/1 en la bonne1 qu'en la mauuaise =tune3 suyuant le precepte de ,x5ophon1 s9on suyuant sa raison4 ,et fais plus volonti]s les d\x yeux au ciel1 p\r le rem]ci]1 que p\r le requ]ir4 ,i'ay plus de so+ d'augm5t] la sant1 qu& elle me rit1 que ie n'ay de la remettre1 qu& ie l'ay esc>tee4 ,les prosp]itez me s]u5t de discipl9e et d'in/ruction1 comme aux autres1 les adu]sitez et les v]ges4 ,comme si la bonne =tune e/oit incompatible auec la bonne consci5ce3 les hommes ne se r5d5t g5ts de bi51 qu'en la mauuaise4 ,le bon heur m'e/ vn s+uli] aiguillon1 la mod]ation1 et mode/ie4 ,la pri]e me gaigne1 la m5ace me rebute1 la faueur me ploye1 la cra9te me roydit4 ,p>my les conditions huma9es1 cette-cy e/ assez commune1 de n\s plaire plus des *oses e/rang]es que des no/res1 et d'aym] le remuem5t et le *angem5t4 ,ipsa dies ideo nos grato p]luit hau/u1 ,qud p]mutatis hora recurrit equis4 ,i'en ti5s ma "p4 ,ceux qui suyu5t l'autre extremit1 de s'aggre] en eux-mesmes3 d'e/im] ce qu'ils ti5n5t au dessus du re/e3 et de ne recognoi/re aucune =me plus belle1 que celle qu'ils voy5t3 s'ils ne sont plus aduisez que n\s1 ils sont la v]it plus heureux4 ,ie n'enuie po9t leur sagesse1 mais ouy leur bonne =tune4 ,cette humeur auide des *oses n\uelles et incognues1 ayde bi5 n\rrir en moy1 le desir de voyag]3 mais assez d'autres circon/ances y conf]5t4 ,ie me de/\rne volonti]s du g\u]nem5t de ma maison4 ,il y a quelque commodit comm&]1 fu/ ce dans vne grange1 et e/re obey des si5s4 ,mais c'e/ vn plaisir trop vni=me et languissant4 ,et puis il e/ p> necessit mesl de plusieurs p5sem5ts fas*eux4 ,tanto/ l'indig5ce et l'oppression de vo/re peuple3 tanto/ la qu]elle d'entre vos voys9s3 tanto/ l'vsurpation qu'ils font sur v\s1 v\s afflige3 ,aut v]b]at gr&9e v9e1 ,fundusque m5dax1 arbore nunc aquas ,culpante1 nunc torr5tia agros ,syd]a1 nunc hyemes iniquas4 ,et qu' pe9e en six mois1 enuoy]a ,dieu vne saison1 dequoy vo/re receueur se cont5te bi5 pla93 et que si elle s]t aux vignes1 elle ne nuyse aux prez4 ,aut nimiis torret f]uoribus !rius sol1 ,aut subiti p]imunt imbres1 gelidque pru91 ,flabrque v5torum viol5to turb9e vexant4 ,io9ct le s\li] neuf1 et bi5 =m1 de cet homme du temps pass1 qui v\s blesse le pi$4 ,et que l'e/rang] n'ent5d pas1 combi5 il v\s c\/e1 et combi5 v\s pre/ez1 ma9t5ir l'app>5ce de cet ordre1 qu'on void en vo/re famille3 et qu' l'auanture l'a*etez v\s trop *]4 ,ie me suis pris t>d au mesnage4 ,ceux que ,nature auoit fait nai/re auant moy1 m'en ont des*>g long temps4 ,i'auois des-ja pris vn autre ply1 plus selon ma complexion4 ,t\tesfois de ce que i'en ay veu1 c'e/ vn' occupation plus empes*ante1 que difficile4 ,quiconque e/ capable d'autre *ose1 le s]a bi5 aysm5t de celle l4 ,si ie *]*ois m'enri*ir1 cette voye me sembl]oit trop longue4 ,i'eusse s]uy les ,roys1 trafique plus f]tile que t\te autre4 ,puis que ie ne pret5s acqu]ir que la reputation de n'auoir ri5 acquis1 non plus que dissip3 con=mm5t au re/e de ma vie1 impropre faire bi5 et faire mal qui vaille3 et que ie ne *]*e qu' pass]1 ie le puis faire1 ,dieu m]cy1 sans gr&e att5tion4 ,au pis all]1 c\rez t\si\rs p> retran*em5t de desp5ce1 deuant la pauuret4 ,c'e/ quoy ie m'att5ds1 et de me re=m]1 auant qu'elle m'y =ce4 ,i'ay e/ably au demeurant1 en mon ame1 assez de degrez1 me pass] de mo9s1 que ce que i'ay4 ,ie dis1 pass] auec cont5tem5t4 ,non /imatione c5sus1 v]m victu atque cultu1 t]m9atur pecuni modus4 ,mon vray beso+ n'occupe pas si iu/em5t t\t mon auoir1 que sans v5ir au vif1 ,=tune n'ait o mordre sur moy4 ,ma pres5ce1 t\te ignorante et desdaigneuse qu'elle e/1 pre/e gr&e espaule mes affaires dome/iques4 ,ie m'y employe1 mais despiteusem5t4 ,io9ct que i'ay cela *ez moy1 que p\r brusl] "p1 la *&elle p> mon b\t1 l'autre b\t ne s'esp>gne de ri54 ,les voyages ne me bless5t que p> la desp5ce1 qui e/ gr&e1 et outre mes =ces3 ayant acc\/um d'y e/re auec equippage non necessaire seulem5t1 mais aussi honne/e4 ,il me les en faut faire d'autant plus c\rts et mo9s frequ5ts3 et n'y employe que l'escume1 et ma res]ue1 temporisant et diff]ant1 selon qu'elle vi5t4 ,ie ne veux pas1 que le plaisir de me prom5]1 corrompe le plaisir de me retir]4 ,au reb\rs1 i'ent5ds qu'ils se n\rriss5t1 et fauoris5t l'vn l'autre4 ,la ,=tune m'a ayd en cecy3 que puis que ma pr9cipale pr(ession en cette vie1 e/oit de la viure mollem5t1 et plu/o/ las*em5t qu'affaireusem5t2 elle m'a o/ le beso+ de multipli] en ri*esses1 p\r p\ruoir la multitude de mes h]iti]s4 ,p\r vn1 s'il n'a assez de ce1 dequoy i'ay eu si plantureusem5t assez1 son dam4 ,son imprud5ce ne m]it]a pas1 que ie luy en desire d'auantage4 ,et *ascun1 selon l'exemple de ,phocion1 p\ruoid suffisamm5t ses enfants1 qui leur p\ruoid1 en tant qu'ils ne luy sont dissemblables4 ,nullem5t s]oy-ie d'aduis du faict de ,crates4 ,il laissa son arg5t *ez vn banqui]1 auec cette condition3 si ses enfants e/oi5t des sots1 qu'il le leur donna/2 s'ils e/oi5t habiles1 qu'il le di/ribua/ aux plus sots du peuple4 ,comme si les sots1 p\r e/re mo9s capables de s'en pass]1 e/oi5t plus capables d'vs] des ri*esses4 ,tant y a1 que le dommage qui vi5t de mon abs5ce1 ne me semble po9t m]it]1 p5dant que i'auroy dequoy le port]1 que ie refuse d'accept] les occasions qui se pres5t5t1 de me di/raire de cette assi/ance p5ible4 ,il y a t\si\rs quelque piece qui va de trau]s4 ,les negoces1 tanto/ d'vne maison1 tanto/ d'vne autre1 v\s tirass5t4 ,v\s esclairez t\tes *oses de trop pres4 ,votre p]spicacit v\s nuit icy1 comme si fait elle assez ailleurs4 ,ie me desrobe aux occasions de me fas*]3 et me de/\rne de la cognoissance des *oses1 qui vont mal4 ,et si ne puis tant faire1 qu' t\te heure ie ne heurte *ez moy1 en quelque r5contre1 qui me desplaise4 ,et les fripponn]ies1 qu'on me ca*e le plus1 sont celles que ie say le mieux4 ,il en e/ que p\r faire mo9s mal1 il faut ayd] soy mesme ca*]4 ,va9es po9tures3 va9es p> fois1 mais t\si\rs po9tures4 ,les plus m5us et graisles empes*em5s1 sont les plus p]sans4 ,et comme les petites lettres lass5t plus les yeux1 aussi n\s piqu5t plus les petits affaires3 la t\rbe des m5us maux1 (f5ce plus1 que la viol5ce d'vn1 p\r gr& qu'il soit4 ,a mesure que ces esp9es dome/iques sont drues et desliees1 elles n\s mord5t plus aigu1 et sans m5ace1 n\s surpr5ant facilem5t l'imp\rueu4 ,ie ne suis pas philosophe4 ,les maux me f\ll5t selon qu'ils pois5t3 et pois5t selon la =me1 comme selon la mati]e3 et s\u5t plus4 ,i'y ay plus de p]spicacit que le vulgaire1 si i'y ay plus de pati5ce4 ,en f9 s'ils ne me bless5t1 ils me pois5t4 ,c'e/ *ose t5dre que la vie1 et aysee tr\bl]4 ,depuis que i'ay le visage t\rn v]s le *agr91 nemo enim resi/it sibi cm cp]it impelli1 p\r sotte cause qui m'y ayt port3 i'irrite l'humeur de ce co/ l3 qui se n\rrit apres1 et s'exasp]e1 de son propre branle1 attirant et ammoncellant vne mati]e sur autre1 dequoy se pai/re4 ,/illicidi casus lapidem cauat4 ,ces ord9aires g\ti]es me mang5t1 et m'vlc]5t4 ,les inconu5i5ts ord9aires ne sont iamais leg]s4 ,ils sont cont9uels et irrep>ables1 qu& ils naiss5t des membres du mesnage1 cont9uels et insep>ables4 ,qu& ie consid]e mes affaires de lo+1 et en gros2 ie tr\ue1 soit p\r n'en auoir la memoire gu]es exacte1 qu'ils sont allez iusques cette heure1 en prosp]ant1 outre mes contes et mes raisons4 ,i'en retire ce me semble plus1 qu'il n'y en a3 leur bon heur me trahit4 ,mais suis-ie au d$ans de la besongne1 voy-ie m>*] t\tes ces p>celles8 ,tum v] 9 curas animum diducimur omnes3 mille *oses m'y donn5t desir] et cra9dre4 ,de les ab&onn] du t\t1 il m'e/ tres-facile3 de m'y pr5dre sans m'en pe9]1 tres-difficile4 ,c'e/ piti1 d'e/re en lieu o t\t ce que v\s voyez1 v\s embesongne1 et v\s conc]ne4 ,et me semble i\yr plus gayem5t les plaisirs d'vne maison e/rang]e1 et y apport] le g\/ plus libre et pur4 ,diog5es respondit selon moy1 celuy qui luy dem&a quelle sorte de v9 il tr\uoit le meilleur3 ,l'e/rang]1 feit il4 ,mon p]e aymoit ba/ir ,montaigne1 o il e/oit nay3 et en t\te cette police d'affaires dome/iques1 i'ayme me s]uir de son exemple1 et de ses regles2 et y atta*]ay mes successeurs autant que ie p\rray4 ,si ie p\uois mieux p\r luy1 ie le f]oys4 ,ie me glorifie que sa volont s'ex]ce encores1 et agisse p> moy4 ,ia ,dieu ne p]mette que ie laisse faillir entre mes ma9s1 aucune image de vie1 que ie puisse r5dre vn si bon p]e4 ,ce que ie me suis mesl d'a*eu] quelque vieux pan de mur1 et de r5g] quelque piece de ba/im5t mal dol1 'a e/ c]tes1 reg>dant plus son int5tion1 qu' mon cont5tem5t4 ,et accuse ma fa9eance1 de n'auoir pass outre1 p>faire les comm5cem5ts qu'il a laissez en sa maison3 d'autant plus1 que ie suis en gr&s t]mes d'en e/re le d]ni] possesseur de ma race1 et d'y port] la d]ni]e ma94 ,c> quant mon application p>ticuli]e1 ny ce plaisir de ba/ir1 qu'on dit e/re si attrayant1 ny la *asse1 ny les i>d9s1 ny ces autres plaisirs de la vie retiree1 ne me peuu5t beauc\p amus]4 ,c'e/ *ose dequoy ie me veux mal1 comme de t\tes autres op9ions qui me sont incommodes4 ,ie ne me s\cie pas tant de les auoir vig\reuses et doctes1 comme ie me s\cie de les auoir aisees et commodes la vie4 ,elles sont bi5 assez vrayes et sa9es1 si elles sont vtiles et aggreables4 ,ceux qui m'oyans dire mon insuffisance aux occupations du mesnage1 me vi5n5t s\ffl] aux oreilles que c'e/ desda+1 et que ie laisse de sauoir les in/rum5s du lab\rage1 ses saisons1 son ordre1 comm5t on fait mes v9s1 comme on ente1 et de sauoir le nom et la =me des h]bes et des fruicts1 et l'appre/ des vi&es1 dequoy ie vis3 le nom et prix des e/(fes1 de quoy ie m'abille1 p\r auoir cur quelque plus haute sci5ce1 ils me font m\rir4 ,cela1 c'e/ sottise3 et plu/o/ be/ise1 que gloire4 ,ie m'aym]ois mieux bon escuy]1 que bon logici54 ,qu9 tu aliquid saltem potius quorum indiget vsus1 ,vim9ibus mollique p>as detex]e iunco8 ,n\s empes*ons noz p5sees du g5]al1 et des causes et conduittes vniu]selles3 qui se conduis5t tresbi5 sans n\s3 et laissons en arri]e no/re faict3 et ,mi*el1 qui n\s t\*e encore de plus pres que l'homme4 ,or i'arre/e bi5 *ez moy le plus ord9airem5t3 mais ie v\drois m'y plaire plus qu'ailleurs4 ,sit me s$es vt9am s5ect1 ,sit modus lasso m>is1 et vi>um1 ,militique6 ,ie ne say si i'en vi5dray b\t4 ,ie v\drois qu'au lieu de quelque autre piece de sa succession1 mon p]e m'eut resign cette passionnee am\r1 qu'en ses vieux ans il portoit son mesnage4 ,il e/oit bi5 heureux1 de ram5] ses desirs1 sa =tune1 et de se sauoir plaire de ce qu'il auoit4 ,la philosophie politique aura bel accus] la bassesse et /]ilit de mon occupation1 si i'en puis vne fois pr5dre le g\/1 comme luy4 ,ie suis de cet auis1 que la plus honorable vacation1 e/ de s]uir au publiq1 et e/re vtile beauc\p4 ,fructus enim +5ij et virtutis1 omnisque pr/anti tum maximus accipitur1 quum 9 proximum quemque conf]tur4 ,p\r mon reg>d ie m'en desp>s3 p>tie p> consci5ce3 7c> p> o ie vois le poix qui t\*e telles vacations1 ie vois aussi le peu de moy5 que i'ay d'y f\rnir3 et ,platon mai/re ouuri] en t\t g\u]nem5t politique1 ne laissa de s'en ab/5ir7 p>tie p> poltron]ie4 ,ie me cont5te de i\r le monde1 sans m'en empress]3 de viure vne vie1 seulem5t excusable3 et qui seulem5t ne poise1 ny moy1 ny autruy4 ,iamais homme ne se laissa all] plus pla9em5t et plus las*em5t1 au so+ et g\u]nem5t d'vn ti]s1 que ie f]ois1 si i'auois qui4 ,l'vn de mes s\haits p\r cette heure1 ce s]oit de tr\u] vn g5dre1 qui seu/ appa/] commodm5t mes vieux ans1 et les endormir3 entre les ma9s de qui ie deposasse en t\te s\u]a9et1 la conduite et vsage de mes bi5s3 qu'il en fi/ ce que i'en fais1 et gaigna/ sur moy ce que i'y gaigne3 p\rueu qu'il y apporta/ vn c\rage vrayem5t recognoissant1 et amy4 ,mais quoy8 n\s viuons en vn monde1 o la loyaut des propres enfans e/ incognue4 ,qui a la g>de de ma b\rse en voyage1 il l'a pure et sans contr]olle3 aussi bi5 me tromp]oit il en comptant4 ,et si ce n'e/ vn diable1 ie l'oblige bi5 faire1 p> vne si ab&onnee confiance4 ,multi fall]e docu]unt1 dum tim5t falli1 et aliis ius pecc&i suspic&o fec]unt4 ,la plus commune seuret1 que ie pr5s de mes g5s1 c'e/ la mescognoissance4 ,ie ne presume les vices qu'apres que ie les aye veuz3 et m'en fie plus aux ieunes1 que i'e/ime mo9s ga/ez p> mauuais exemple4 ,i'oy plus volonti]s dire1 au b\t de deux mois1 que i'ay desp&u quatre c5s escus1 que d'auoir les oreilles battues t\s les soirs1 de trois1 c9q1 sept4 ,si ay-ie e/ desrob aussi peu qu'vn autre de cette sorte de l>rec94 ,il e/ vray1 que ie pre/e la ma9 l'ignorance4 ,ie n\rris esci5t1 aucunem5t tr\ble et inc]ta9e la sci5ce de mon arg5t4 ,iusques c]ta9e mesure1 ie suis cont5t1 d'en p\uoir d\bt]4 ,il faut laiss] vn peu de place la desloyaut1 ou imprud5ce de vo/re valet4 ,s'il n\s en re/e en gros1 dequoy faire no/re effect1 cet excez de la lib]alit de la ,=tune1 laissons le vn peu plus c\rre sa m]cy4 ,la portion du glanneur4 ,apres t\t1 ie ne prise pas tant la foy de mes g5ts1 comme ie mesprise leur iniure4 ,o le vila9 et sot e/ude1 d'e/udi] son arg5t1 se plaire le mani] et recomt]6 c'e/ p> l1 que l'au>ice faict ses appro*es4 ,dpuis dix huict ans1 que ie g\u]ne des bi5s1 ie n'ay seu gaign] sur moy1 de voir1 ny tiltres1 ny mes pr9cipaux affaires qui ont necessairem5t pass] p> ma sci5ce1 et p> mon so+4 ,ce n'e/ pas vn mespris philosophique1 des *oses transitoires et monda9es3 ie n'ay pas le g\/ si espur1 et les prise p\r le mo9s ce qu'elles val5t3 mais c]tes c'e/ p>esse et neglig5ce inexcusable et pu]ile4 ,que ne f]oy ie plu/o/ que de lire vn contract8 ,et plu/o/1 que d'all] secoant ces pap]asses p\dreuses1 s]f de mes negoces8 ou encore pis1 de ceux d'autruy1 comme font tant de g5ts prix d'arg5t8 ,ie n'ay ri5 *] que le s\cy et la pe9e3 et ne *]*e qu' m'anon*alir et aua*ir4 ,i'e/oy1 ce croy-je1 plus propre1 viure de la =tune d'autruy1 s'il se p\uoit1 sans obligation et sans s]uitude4 ,et si ne say1 l'exam9] de pres1 si selon mon humeur et mon sort1 ce que i'ay s\ffrir des affaires1 et des s]uiteurs1 et des dome/iques1 n'a po9t plus d'abiection1 d'importunit1 et d'aigreur1 que n'auroit la suitte d'vn homme1 nay plus gr& que moy1 qui me guida/ vn peu mon aise4 ,s]uitus ob$i5tia e/ fracti animi et abiecti1 arbitrio c>5tis suo4 ,crates fit pis1 qui se ietta en la fran*ise de la pauuret1 p\r se deffaire des indignitez et cures de la maison4 ,cela ne f]ois-ie pas4 ,ie hay la pauuret pair de la d\leur3 mais ouy bi51 *ang] cette sorte de vie1 vne autre mo9s braue1 et mo9s affaireuse4 ,abs5t1 ie me desp\ille de t\s tels p5sem5s3 et s5tirois mo9s lors la ruyne d'vne t\r1 que ie ne fais pres5t1 la *eute d'vne ardoyse4 ,mon ame se dmesle bi5 aysem5t "p1 mais en pres5ce1 elle s\ffre1 comme celle d'vn vign]on4 ,vne r5e de trau]s mon *eual1 vn b\t d'e/riui]e qui batte ma iambe1 me ti5dront t\t vn i\r en es*ec4 ,i'esleue assez mon c\rage l'encontre des inconu5i5s1 les yeux1 ie ne puis4 ,s5sus6 sup]i s5sus6 ,ie suis *ez moy1 respondant de t\t ce qui va mal4 ,peu de mai/res1 ie p>le de ceux de moy5ne condition1 comme e/ la mi5ne3 et s'il en e/1 ils sont plus heureux3 se peuu5t tant repos]1 sur vn second1 qu'il ne leur re/e bonne "p de la *>ge4 ,cela o/e volonti]s quelque *ose de ma faon1 au traittem5t des suru5ants3 et en ay peu arre/] quelcun p> adu5ture plus p> ma cuis9e1 que p> ma grace3 comme font les fas*eux3 et o/e beauc\p du plaisir que ie deurois pr5dre *ez moy1 de la visitation et assemblees de mes amys4 ,la plus sotte cont5ance d'vn ,g5til-homme en sa maison1 c'e/ de le voir empes* du tra9 de sa police3 p>l] l'oreille d'vn valet1 en m5ac] vn autre des yeux4 ,elle doit c\l] ins5siblem5t1 et repres5t] vn c\rs ord9aire4 ,et treuue laid1 qu'on entreti5ne ses ho/es1 du traictem5t qu'on leur fait1 autant l'excus] qu' le vant]4 ,i'ayme l'ordre et la nettet1 ,et can?>us et lanx ,o/5dunt mihi me1 au prix de l'abondance3 et reg>de *ez moy exactem5t la necessit1 peu la p>ade4 ,si vn valet se bat *ez autruy1 si vn plat se v]se1 v\s n'en faites que rire3 v\s dormez ce p5dant que monsieur r5ge auec son mai/re d'ho/el1 son faict1 p\r vo/re traictem5t du l5dema94 ,i'en p>le selon moy4 ,ne laissant pas en g5]al d'e/im]1 combi5 c'e/ vn d\x amusem5t c]ta9es natures1 qu'vn mesnage paisible1 prosp]e1 conduict p> vn ordre regl4 ,et ne v\lant atta*] la *ose1 mes propres erreurs et inconu5i5ts4 ,ny desdire ,platon1 qui e/ime la plus heureuse occupation *ascun1 faire ses p>ticuli]s affaires sans iniu/ice4 ,qu& ie voyage1 ie n'ay p5s] qu' moy1 et l'emploicte de mon arg5t3 cela se dispose d'vn seul precepte4 ,il e/ requis trop de p>ties amass]3 ie n'y ent5s ri54 ,a desp5dre1 ie m'y ent5s vn peu1 et donn] i\r ma desp5ce3 qui e/ de vray son pr9cipal vsage4 ,mais ie m'y att5s trop ambitieusem5t2 qui la r5d inegalle et dif=me3 et en outre immod]ee en l'vn et l'autre visage4 ,si elle p>oi/1 si elle s]t1 ie m'y laisse indiscretem5t all]3 et me ress]re autant indiscretem5t1 si elle ne luyt1 et si elle ne me rit4 ,qui que ce soit1 ou art1 ou nature1 qui n\s imprime cette condition de viure1 p> la relation autruy1 n\s fait beauc\p plus de mal que de bi54 ,n\s n\s defraudons de nos propres vtilitez1 p\r =m] les app>5ces l'op9ion commune4 ,il ne n\s *aut pas tant1 quel soit no/re e/re1 en n\s1 et en effect1 comme quel il soit1 en la cognoissance publique4 ,les bi5s mesmes de l'esprit1 et la sagesse1 n\s sembl5t sans fruict1 si elle n'e/ i\ye que de n\s3 si elle ne se produict la veu et approbation e/rang]e4 ,il y en a1 de qui l'or c\lle gros b\illons1 p> des lieux s\/]re9s1 imp]ceptiblem5t3 d'autres l'e/5d5t t\t en lames et en feuilles4 ,si qu'aux vns les li>s val5t escuz1 aux autres le contraire3 le monde e/imant l'emploite et la valeur1 selon la montre4 ,t\t so+ curieux aut\r des ri*esses s5t l'au>ice4 ,leur disp5sation mesme1 et la lib]alit trop ordonnee et artificielle3 elles ne val5t pas vne adu]tance et sollicitude p5ible4 ,qui veut faire sa desp5se iu/e1 la fait e/roitte et contra9te4 ,la g>de1 ou l'emploitte1 sont de soy *oses indiff]5tes1 et ne pr5n5t c\leur de bi5 ou de mal1 que selon l'application de no/re volont4 ,l'autre cause qui me conuie ces prom5ades1 c'e/ la disconu5ance aux murs pres5tes de no/re e/at3 ie me consol]ois aysem5t de cette corruption1 p\r le reg>d de l'int]e/ public3 ,peioraque scula f]ri ,temporibus1 quorum scel]i non inu5it ipsa ,nom51 et nullo posuit natura metallo3 mais p\r le mi51 non4 ,i'en suis en p>ticuli] trop press4 ,c> en mon vois9age1 n\s sommes tanto/ p> la longue lic5ce de ces gu]res ciuiles1 enuieillis en vne =me d'e/at si desbordee1 ,quippe vbi fas v]sum atque nefas3 qu' la v]it1 c'e/ m]ueille qu'elle se puisse ma9t5ir4 ,armati t]ram ex]c5t1 semprque rec5tes ,conuect>e iuuat prdas1 et viu]e rapto4 ,en f9 ie vois p> no/re exemple1 que la societ des hommes se ti5t et se c\/1 quelque prix que ce soit4 ,en quelque assiette qu'on les c\*e1 ils s'appil5t1 et se r5g5t1 en se remuant et s'entassant3 comme des corps mal vnis qu'on empo*e sans ordre1 tr\u5t d'eux mesmes la faon de se io9dre1 et s'emplac]1 les vns p>my les autres3 s\u5t mieux1 que l'art ne les eu/ seu dispos]4 ,le ,roy ,philippus fit vn amas1 des plus mes*ans hommes et incorrigibles qu'il peut tr\u]1 et les logea t\s en vne ville1 qu'il leur fit ba/ir1 qui en portoit le nom4 ,i'e/ime qu'ils dress]5t des vices mesme1 vne contexture politique entre eux1 et vne commode et iu/e societ4 ,ie vois1 non vne action1 ou trois1 ou c5t1 mais des murs1 en vsage commun et reeu1 si f>\*es1 en inhumanit sur t\t et desloyaut1 qui e/ p\r moy la pire espece des vices1 que ie n'ay po9t le c\rage de les conceuoir sans horreur3 et les admire1 quasi autant que ie les dete/e4 ,l'ex]cice de ces mes*ancetez insignes1 porte m>que de vigueur et =ce d'ame1 autant que d'erreur et desreglem5t4 ,la necessit compose les hommes et les assemble4 ,cette c\/ure =tuite se =me apres en loix4 ,c> il en a e/ d'aussi sauuages qu'aucune op9ion huma9e puisse enfant]1 qui t\tesfois ont ma9t5u leurs corps1 auec autant de sant et longueur de vie1 que celles de ,platon et ,ari/ote sauroi5t faire4 ,et c]tes t\tes ces descriptions de police1 fe9tes p> art1 se tr\u5t ridicules1 et ineptes mettre en practique4 ,ces gr&es et longues alt]cations1 de la meilleure =me de societ3 et des regles plus commodes n\s atta*]1 sont alt]cations propres seulem5t l'ex]cice de no/re esprit4 ,comme il se tr\ue s arts1 plusieurs subiects qui ont leur ess5ce en l'agitation et en la dispute1 et n'ont aucune vie hors de l4 ,telle pe9ture de police1 s]oit de mise1 en vn n\ueau monde3 mais n\s pr5ons vn monde desia faict et =m c]ta9es c\/umes4 ,n\s ne l'eng5drons pas comme ,pyrrha1 ou comme ,cadmus4 ,p> quelque moy5 que n\s ayons loy de le r$ress]1 et r5g] de n\ueau1 n\s ne p\uons gu]es le tordre de son acc\/um ply1 que n\s ne rompions t\t4 ,on dem&oit ,solon1 s'il auoit e/ably les meilleures loyx qu'il auoit peu aux ,a!ni5s3 ,ouy bi51 respondit-il1 de celles qu'ils euss5t receus4 ,v>ro s'excuse de p>eil air3 ,que s'il auoit t\t de n\ueau escrire de la religion1 il diroit ce1 qu'il en croid4 ,mais1 e/ant desia receu1 il en dira selon l'vsage1 plus que selon nature4 ,non p> op9ion1 mais en v]it1 l'excell5te et meilleure police1 e/ *acune nation1 celle s\bs laquelle elle s'e/ ma9t5u4 ,sa =me et commodit ess5tielle desp5d de l'vsage4 ,n\s n\s desplaisons volonti]s de la condition pres5te4 ,mais ie ti5s p\rtant1 que d'all] desirant le comm&em5t de peu1 en vn e/at populaire3 ou en la mon>*ie1 vne autre espece de g\u]nem5t1 c'e/ vice et folie4 ,ayme l'e/at tel que tu le vois e/re3 ,s'il e/ royal1 ayme la royaut2 ,s'il e/ de peu1 ou bi5 communaut1 ,ayme l'aussi1 c> ,dieu t'y a faict nai/re4 ,a9s9 en p>loit le bon monsieur de ,pibrac1 que n\s v5ons de p]dre3 vn esprit si g5til1 les op9ions si sa9es1 les murs si d\ces4 ,cette p]te1 et celle qu'en mesme temps n\s auons faicte de monsieur de ,foix1 sont p]tes importantes no/re c\ronne4 ,ie ne say s'il re/e la ,france dequoy sub/itu] vne autre c\pple1 p>eille ces deux ,gascons1 en sync]it1 et en suffisance1 p\r le conseil de nos ,roys4 ,c'e/oy5t ames diu]sem5t belles1 et c]tes selon le siecle1 r>es et belles1 *acune en sa =me4 ,mais qui les auoit logees en cet aage1 si desconu5ables et si disproportionnees no/re corruption1 et nos tempe/es8 ,ri5 ne presse vn e/at que l'inn\ation3 le *angem5t donne seul =me l'iniu/ice1 et la tyrannie4 ,qu& quelque piece se dman*e1 on peut l'e/ay]3 on peut s'oppos] ce que l'alt]ation et corruption naturelle t\tes *oses1 ne n\s esloigne trop de nos comm5cem5s et pr9cipes4 ,mais d'entrepr5dre refondre vne si gr&e masse1 et *ang] les fondem5ts d'vn si gr& ba/im5t1 c'e/ faire ceux qui p\r descrass] effac5t3 qui veul5t am5d] les deffauts p>ticuli]s1 p> vne confusion vniu]selle1 et gu>ir les maladies p> la mort3 non tam commut&>um qum eu]t5d>um r]um cupidi4 ,le monde e/ inepte se gu>ir4 ,il e/ si impati5t de ce qui le presse1 qu'il ne vise qu' s'en deffaire1 sans reg>d] quel prix4 ,n\s voyons p> mille exemples1 qu'il se gu>it ord9airem5t ses desp5s3 la des*>ge du mal pres5t1 n'e/ pas gu>ison1 s'il n'y a en g5]al am5dem5t de condition4 ,la f9 du *irurgi51 n'e/ pas de faire m\rir la mauuaise *air3 ce n'e/ que l'a*em9em5t de sa cure3 il reg>de au del1 d'y faire r5ai/re la naturelle1 et r5dre la p>tie son deu e/re4 ,quiconque propose seulem5t d'emport] ce qui le mas*e1 il demeure c\rt3 c> le bi5 ne succ$e pas necessairem5t au mal3 vn autre mal luy peut succ$]2 et pire4 ,comme il adu9t aux tueurs de ,ces>1 qui iett]5t la *ose publique tel po9ct1 qu'ils eur5t se rep5tir de s'en e/re meslez4 ,a plusieurs depuis1 iusques nos siecles1 il e/ adu5u de mesmes4 ,les ,franois mes contemporanees sau5t bi5 qu'en dire4 ,t\tes gr&es mutations esbranl5t l'e/at1 et le desordonn5t4 ,qui vis]oit droit la gu>ison1 et en consult]oit auant t\te uure1 se refroidiroit volonti]s d'y mettre la ma94 ,pacuuius ,calauius corrigea le vice de ce proc$]1 p> vn exemple insigne4 ,ses concitoy5s e/oi5t mut9ez contre leurs magi/rats3 luy p]sonnage de gr&e au?orit en la ville de ,cap\1 tr\ua vn i\r moy5 d'enf]m] le ,s5at dans le ,palais3 et conuoquant le peuple en la place1 leur dit3 ,que le i\r e/oit v5u1 auquel en ple9e lib]t ils p\uoi5t pr5dre v5geance des tyrans qui les auoy5t si long temps oppressez1 lesquels il t5oit sa m]cy seuls et des>mez4 ,fut d'aduis1 qu'au sort1 on les tira/ hors1 l'vn apres l'autre3 et de *acun on ordonna/ p>ticuli]em5t3 faisant sur le *amp1 execut] ce qui en s]oit decret3 p\rueu aussi que t\t d'vn tra9 ils aduisass5t d'e/ablir quelque homme de bi51 en la place du condamn1 aff9 qu'elle ne demeura/ vuide d'(fici]4 ,ils n'eur5t pas plu/o/ ouy le nom d'vn s5ateur1 qu'il s'esleua vn cry de mescont5tem5t vniu]sel l'encontre de luy3 ,ie voy bi51 dit ,pacuuius1 il faut demettre cettuy-cy3 c'e/ vn mes*ant3 ayons en vn bon en *ange4 ,ce fut vn prompt sil5ce3 t\t le monde se tr\uant bi5 empes* au *oix4 ,au premi] plus effront1 qui dit le si53 voyla vn cons5tem5t de voix encore plus gr& refus] celuy l4 ,c5t imp]fections1 et iu/es causes1 de le rebut]4 ,ces humeurs contradictoires1 s'e/ans es*auffees1 il adu9t encore pis du second ,s5ateur1 et du ti]s4 ,autant de discorde l'election1 que de conu5ance la demission4 ,s'e/ans inutilem5t lassez ce tr\ble1 ils comm5c5t1 qui de1 qui del1 se desrob] peu peu de l'assemblee3 rapportant *acun cette resolution en son ame1 que le plus vieil et mieux cogneu mal1 e/ t\si\rs plus supportable1 que le mal rec5t et inexp]im5t4 ,p\r n\s voir bi5 piteusem5t agitez3 c> que n'auons n\s faict8 ,eheu6 cicatricum et scel]is pudet1 ,fratrmque3 quid nos dura refugimus tas8 quid intactum nefa/i ,liquimus8 vnde manus iuu5tus ,metu ,deorum cont9uit8 quibus ,pep]cit aris8 ie ne vay pas s\da9 me resoluant1 ,ipsa si velit ,salus1 ,s]u>e prorsus non pote/ hanc familiam4 ,n\s ne sommes pas p\rtant l'auanture1 no/re d]ni] p]iode4 ,la cons]uation des e/ats1 e/ *ose qui vray-semblablem5t surpasse no/re intellig5ce4 ,c'e/1 comme dit ,platon1 *ose puissante1 et de difficile dissolution1 qu'vne ciuile police1 elle dure s\u5t contre des maladies mortelles et inte/9es3 contre l'iniure des loix iniu/es1 contre la tyrannie1 contre le debordem5t et ignorance des magi/rats1 lic5ce et s$ition des peuples4 ,en t\tes nos =tunes1 n\s n\s comp>ons ce qui e/ au dessus de n\s1 et reg>dons v]s ceux qui sont mieux4 ,mesurons n\s ce qui e/ au dess\s3 il n'en e/ po9t de si mis]able1 qui ne tr\ue mille exemples o se consol]4 ,c'e/ no/re vice1 que n\s voyons plus mal volonti]s1 ce qui e/ dessus n\s1 que volonti]s1 ce qui e/ dess\bs4 ,si disoit ,solon1 qui dress]oit vn tas de t\s les maux ensemble1 qu'il n'e/ aucun1 qui ne *oisi/ plu/o/ de remport] auec soy les maux qu'il a1 que de v5ir diuision legitime1 auec t\s les autres hommes1 de ce tas de maux1 et en pr5dre sa quotte "p4 ,no/re police se porte mal4 ,il en a e/ p\rtant de plus malades1 sans m\rir4 ,les dieux s'esbat5t de n\s la pelote1 et n\s agit5t t\tes ma9s1 enimu]o ,dij nos hom9es quasi pilas hab5t4 ,les a/res ont fatalem5t de/9 l'e/at de ,rome1 p\r exemplaire de ce qu'ils peuu5t en ce g5re4 ,il compr5d en soy t\tes les =mes et auantures1 qui t\*5t vn e/at3 t\t ce que l'ordre y peut1 et le tr\ble1 et l'heur1 et le mal'heur4 ,qui se doit desesp]] de sa condition1 voyant les sec\sses et m\uem5s dequoy celuy l fut agit1 et qu'il supporta8 ,si l'e/5due de la dom9ation1 e/ la sant d'vn e/at1 dequoy ie ne suis aucunem5t d'aduis 7et me plai/ ,isocrates1 qui in/ruit ,nicocles1 non d'enui] les ,pr9ces1 qui ont des dom9ations l>ges1 mais qui sau5t bi5 cons]u] celles qui leur sont es*eus7 celuy-l ne fut iamais si sa91 que qu& il fut le plus malade4 ,la pire de ses =mes1 luy fut la plus =tunee4 ,a pe9e recognoi/-on l'image d'aucune police1 s\bs les premi]s ,emp]eurs3 c'e/ la plus horrible et la plus espesse confusion qu'on puisse conceuoir4 ,t\tesfois il la supporta3 et y dura1 cons]uant1 non pas vne mon>*ie ress]ree en ses limites1 mais tant de nations1 si diu]ses1 si esloignees1 si mal affectionnees1 si desordonnem5t comm&ees1 et iniu/em5t conquises4 ,nec g5tibus vllis ,commodat 9 populum1 t]r pelagique pot5tem1 ,inuidiam =tuna suam4 ,t\t ce qui branle ne tombe pas4 ,la contexture d'vn si gr& corps ti5t plus d'vn cl\4 ,il ti5t mesme p> son antiquit3 comme les vieux ba/im5s1 ausquels l'aage a desrob le pi$1 sans cr\/e et sans cym5t1 qui p\rtant viu5t et s\/i5n5t en leur propre poix1 ,nec iam validis radicibus hr5s1 ,pond]e tuta suo e/4 ,d'auantage ce n'e/ pas bi5 proc$1 de recognoi/re seulem5t le flanc et le foss3 p\r iug] de la seuret d'vne place1 il faut voir1 p> o on y peut v5ir1 en quel e/at e/ l'assaillant4 ,peu de vaisseaux fond5t de leur propre poix1 et sans viol5ce e/rang]e4 ,or t\rnons les yeux p> t\t1 t\t cr\lle aut\r de n\s4 ,en t\s les gr&s e/ats1 soit de ,*re/i5t1 soit d'ailleurs1 que n\s cognoissons1 reg>dez y1 v\s y tr\u]ez vne euid5te m5asse de *angem5t et de ruyne3 ,et sua sunt illis incommoda1 prque p] omnes ,tempe/as4 ,les a/rologues ont beau ieu1 n\s adu]tir1 comme ils font1 de gr&es alt]ations1 et mutations pro*a9es3 leurs deu9ations sont pres5tes et palpables1 il ne faut pas all] au ciel p\r cela4 ,n\s n'auons pas seulem5t tir] consolation1 de cette societ vniu]selle de mal et de m5asse3 mais encores quelque esp]ance1 p\r la duree de no/re e/at3 d'autant que naturellem5t1 ri5 ne tombe1 l o t\t tombe4 ,la maladie vniu]selle e/ la sant p>ticuli]e4 ,la con=mit1 e/ qualit ennemie la dissolution4 ,p\r moy1 ie n'en entre po9t au desespoir1 et me semble y voir des r\tes n\s sauu]6 ,deus hc =tasse b5igna ,r$ucet 9 s$em vice4 ,qui sait1 si ,dieu v\dra qu'il en adui5ne1 comme des corps qui se purg5t1 et remett5t en meilleur e/at1 p> longues et griefues maladies3 lesquelles leur r5d5t vne sant plus enti]e et plus nette1 que celle qu'elles leur auoi5t o/8 ,ce qui me poise le plus1 c'e/ qu' cont] les symptomes de no/re mal1 i'en vois autant de naturels1 et de ceux que le ciel n\s enuoye1 et proprem5t si5s1 que de ceux que no/re desreglem5t1 et l'imprud5ce huma9e y conf]5t4 ,il semble que les a/res mesmes ordonn5t1 que n\s auons assez dur1 et outre les t]mes ord9aires4 ,et cecy aussi me poise1 que le plus voys9 mal1 qui n\s m5ace1 ce n'e/ pas alt]ation en la masse enti]e et solide1 mais sa dissipation et diuulsion3 l'extreme de noz cra9tes4 ,encores en ces reuass]ies icy cra9s-ie la trahison1 de ma memoire1 que p> inadu]tance1 elle m'aye faict enregi/r] vne *ose deux fois4 ,ie hay me recognoi/re3 et ne reta/e iamais qu'enuis ce qui m'e/ vne fois es*app4 ,or ie n'apporte icy ri5 de n\uel appr5tissage4 ,ce sont imag9ations communes3 les ayant l'auanture conceus c5t fois1 i'ay peur de les auoir desia enrollees4 ,la r$icte e/ p> t\t ennuyeuse1 fut ce dans ,hom]e4 ,mais elle e/ ruyneuse1 aux *oses qui n'ont qu'vne montre sup]ficielle et passag]e4 ,ie me desplais de l'inculcation1 voire aux *oses vtiles1 comme en ,s5eque4 ,et l'vsage de son escole ,/oque me desplai/1 de r$ire sur *asque mati]e1 t\t au long et au l>ge1 les pr9cipes et presuppositions1 qui s]u5t en g5]al3 et reallegu] t\si\rs de n\ueau les argum5ts et raisons communes et vniu]selles4 ,ma memoire s'empire cruellem5t t\s les i\rs3 ,pocula ,le?os vt si duc5tia somnos1 ,ar5te fauce trax]im4 ,il faudra doresnauant 7c> ,dieu m]cy iusques cette heure1 il n'en e/ pas adu5u de faute7 qu'au lieu que les autres *]*5t temps1 et occasion de p5s] ce qu'ils ont dire1 ie fuye me prep>]1 de peur de m'atta*] quelque obligation1 de laquelle i'aye desp5dre4 ,l'e/re t5u et oblig1 me f\ruoye et le desp5dre d'vn si foible in/rum5t qu'e/ ma memoire4 ,ie ne lis iamais cette hi/oire1 que ie ne m'en (f5ce1 d'vn ress5tim5t propre et naturel4 ,lynce/ez accus de coniuration1 contre ,alex&re1 le i\r qu'il fut m5 en la pres5ce de l'arme1 suiuant la c\/ume1 p\r e/re ouy en ses deff5ces1 auoit en sa te/e vne h>angue e/udie1 de laquelle t\t hesitant et begayant il pronona quelques p>oles4 ,comme il se tr\bloit de plus en plus1 ce p5dant qu'il lucte auec sa memoire1 et qu'il la reta/e1 le voila *>g et tu c\ps de pique1 p> les soldats1 qui luy e/oy5t plus vois9s3 le t5ans p\r conua9cu4 ,son e/onnem5t et son sil5ce1 leur s]uit de confession4 ,ayant eu en prison tant de loysir de se prep>]1 ce n'e/ leur aduis1 plus la memoire qui luy manque3 c'e/ la consci5ce qui luy bride la langue1 et luy o/e la =ce4 ,vrayem5t c'e/ bi5 dit4 ,le lieu e/onne1 l'assi/ance1 l'expectation1 lors mesme qu'il n'y va que de l'ambition de bi5 dire4 ,que peut on faire1 qu& c'e/ vne h>angue1 qui porte la vie en consequ5ce8 ,p\r moy1 cela mesme1 que ie sois li ce que i'ay dire1 s]t m'en despr5dre4 ,qu& ie me suis commis et assign enti]em5t ma memoire1 ie p5ds si =t sur elle1 que ie l'accable3 elle s'effraye de sa *>ge4 ,autant que ie m'en rapporte elle1 ie me mets hors de moy3 iusques essay] ma cont5ance4 ,et me suis veu quelque i\r en pe9e1 de cel] la s]uitude en laquelle i'e/ois entrau4 ,l o mon desse9 e/1 de repres5t] en p>lant1 vne pr(onde non*alance d'acc5t et de visage1 et des m\uem5s =tuites et imprem$itez1 comme naissans des occasions pres5tes3 aymant aussi *] ne ri5 dire qui vaille1 que de montr] e/re v5u prep> p\r bi5 dire3 *ose messeante1 sur t\t g5s de ma pr(ession3 et *ose de trop gr&e obligation1 qui ne peut beauc\p t5ir4 ,l'appre/ donne plus esp]]1 qu'il ne porte4 ,on se met s\u5t sottem5t en p\rpo9ct1 p\r ne saut] pas mieux qu'en saye4 ,nihil e/ 81 qui plac]e volunt1 tam adu]s>ium1 qum expectatio4 ,ils ont laiss p> escrit de l'orateur ,curio1 que qu& il proposoit la di/ribution des pieces de son oraison1 en trois1 ou en quatre3 ou le nombre de ses argum5ts et raisons1 il luy adu5oit volonti]s1 ou d'en oubli] quelqu'vn1 ou d'y en adi\/] vn ou deux de plus4 ,i'ay t\si\rs bi5 euit1 de tomb] en cet inconu5i5t3 ayant hay ces promesses et prescriptions3 non seulem5t p\r la deffiance de ma memoire3 mais aussi p\rce que cette =me retire trop l'arti/e4 ,simpliciora milit>es dec5t4 ,ba/e1 que ie me suis me%uy promis1 de ne pr5dre plus la *>ge de p>l] en lieu de respect4 ,c> quant p>l] en lisant son escript3 outre ce qu'il e/ tres9epte1 il e/ de gr& desauantage ceux1 qui p> nature p\uoi5t quelque *ose en l'action4 ,et de me iett] la m]cy de mon inu5tion pres5te1 encore mo9s3 ie l'ay l\rde et tr\ble1 qui ne sauroit f\rnir aux s\da9es necessitez1 et importantes4 ,laisse ,lecteur c\rir encore ce c\p d'essay1 et ce troisiesme alongeail1 du re/e des pieces de ma pe9ture4 ,i'adi\/e1 mais ie ne corrige pas4 ,premi]em5t1 p> ce que celuy qui a hypo!qu au monde son ouurage1 ie tr\ue app>5ce1 qu'il n'y ayt plus de droict4 ,qu'il die1 s'il peut1 mieux ailleurs1 et ne corrompe la besongne qu'il a v5du4 ,de telles g5s1 il ne faudroit ri5 a*et] qu'apres leur mort4 ,qu'ils y p5s5t bi51 auant que de se produire4 ,qui les ha/e8 ,mon liure e/ t\si\rs vn3 sauf qu' mesure1 qu'on se met le r5\uell]1 af9 que l'a*etteur ne s'en aille les ma9s du t\t vuides1 ie me donne loy d'y atta*] 7comme ce n'e/ qu'vne m>quet]ie mal io9te7 quelque embleme sup]num]aire4 ,ce ne sont que surpoids1 qui ne condamn5t po9t la premi]e =me1 mais donn5t quelque prix p>ticuli] *acune des suiuantes1 p> vne petite subtilit ambitieuse4 ,de l t\tesfois il adui5dra facilem5t1 qu'il s'y mesle quelque transposition de *ronologie3 mes contes pr5ants place selon leur opportunit1 non t\si\rs selon leur aage4 ,secondem5t1 cause que p\r mon reg>d1 ie cra9s de p]dre au *ange4 ,mon ent5dem5t ne va pas t\si\rs auant1 il va reculons aussi4 ,ie ne me deffie gu]es mo9s de mes fantasies1 p\r e/re secondes ou ti]ces1 que premi]es3 ou pres5tes1 que passees4 ,n\s n\s corrigeons aussi sottem5t s\u5t1 comme n\s corrigeons les autres4 ,ie suis enuieilly de nombre d'ans1 depuis mes premi]es publications1 qui fur5t l'an mille c9q c5s quatre v+ts4 ,mais ie fais d\te que ie sois assagi d'vn p\ce4 ,moy cette heure1 et moy tanto/1 sommes bi5 deux4 ,qu& meilleur1 ie n'en puis ri5 dire4 ,il f]oit bel e/re vieil1 si n\s ne m>*ions1 que v]s l'am5dem5t4 ,c'e/ vn m\uem5t d'yuroigne1 titubant1 v]tig9eux1 in=me3 ou des ion*ez1 que l'air manie casuellem5t selon soy4 ,antio*us auoit vig\reusem5t escript en faueur de l',academie3 il pr9t sur ses vieux ans vn autre p>ty3 lequel des deux ie suyuisse1 s]oit ce pas t\si\rs suiure ,antio*us8 ,apres auoir e/ably le d\bte1 v\loir e/ablir la c]titude des op9ions huma9es1 e/oit ce pas e/ablir le d\bte1 non la c]titude8 et promettre1 qui luy eu/ donn encore vn aage dur]1 qu'il e/oit t\si\rs en t]mes de n\uelle agitation3 non tant meilleure1 qu'autre8 ,la faueur publique m'a donn vn peu plus de h>diesse que ie n'esp]ois3 mais ce que ie cra9s le plus1 c'e/ de sa\l]4 ,i'aym]ois mieux po9dre que lass]4 ,comme a faict vn sauant homme de mon temps4 ,la l\ange e/ t\si\rs plaisante1 de qui1 et p\rquoy elle vi5ne4 ,si faut-il p\r s'en aggre] iu/em5t1 e/re in=m de sa cause4 ,les imp]fections mesme ont leur moy5 de se recomm&]4 ,l'e/imation vulgaire et commune1 se voit peu heureuse en r5contre4 ,et de mon temps1 ie suis tromp1 si les pires escrits ne sont ceux qui ont gaign le dessus du v5t populaire4 ,c]tes ie r5ds graces des honne/es hommes1 qui daign5t pr5dre en bonne "p1 mes foibles ef=ts4 ,il n'e/ lieu o les fautes de la faon p>oiss5t tant1 qu'en vne mati]e qui de soy n'a po9t de recomm&ation4 ,ne te pr5s po9t moy1 ,lecteur1 de celles qui se c\l5t icy1 p> la fantasie1 ou inadu]tance d'autruy3 *asque ma91 *asque ouuri]1 y apporte les si5nes4 ,ie ne me mesle1 ny d'or?ographe1 et ordonne seulem5t qu'ils suiu5t l'anci5ne1 ny de la punctuation3 ie suis peu exp]t en l'vn et en l'autre4 ,o ils romp5t du t\t le s5s1 ie m'en donne peu de pe9e1 c> aumo9s ils me des*>g5t4 ,mais o ils en sub/itu5t vn faux1 comme ils font si s\u5t1 et me de/\rn5t leur conception1 ils me ruyn5t4 ,t\tesfois qu& la s5t5ce n'e/ =te ma mesure1 vn honne/e homme la doit refus] p\r mi5ne4 ,qui cognoi/ra combi5 ie suis peu laborieux1 combi5 ie suis faict ma mode1 croira facilem5t1 que ie r$ict]ois plus volonti]s1 encore autant d',essais1 que de m'assuiettir resuiure ceux-cy1 p\r cette pu]ile correction4 ,ie disois donc tanto/1 qu'e/ant plant en la plus pr(onde m9i]e de ce n\ueau metal1 non seulem5t ie suis priu de gr&e famili>it1 auec g5s d'autres murs que les mi5nes3 et d'autres op9ions1 p> lesquelles ils ti5n5t ensemble d'vn nud1 qui comm&e t\t autre nud4 ,mais encore ie ne suis pas sans haz>d1 p>my ceux1 qui t\t e/ esgalem5t loisible3 et desquels la plus "p ne peut empir] me%uy son m>*1 v]s no/re iu/ice4 ,d'o nai/ l'extreme degr de lic5ce4 ,comptant t\tes les p>ticuli]es circon/ances qui me reg>d5t1 ie ne tr\ue homme des no/res1 qui la deff5ce des loix1 c\/e1 et en ga9 cessant1 et en dommage em]geant1 dis5t les cl]cs1 plus qu' moy4 ,et tels font bi5 les braues1 de leur *aleur et aspret1 qui font beauc\p mo9s que moy1 en iu/e balance4 ,comme maison de t\t temps libre1 de gr& abbord1 et (ficieuse *acun 7c> ie ne me suis iamais laiss induire1 d'en faire vn outil de gu]re3 laquelle ie vois *]*] plus volonti]s1 o elle e/ le plus eslo+nee de mon vois9age7 ma maison a m]it assez d'affection populaire3 et s]oit bi5 mal-ais de me g\rm&] sur mon fumi]4 ,et i'e/ime vn m]ueilleux *ef d'uure1 et exemplaire1 qu'elle soit encore vi]ge de sang1 et de sac1 s\bs vn si long orage1 tant de *angem5s et agitations vois9es4 ,c> dire vray1 il e/oit possible vn homme de ma complexion1 d'es*app] vne =me con/ante1 et cont9ue1 telle qu'elle fu/4 ,mais les inuasions et incursions contraires1 et alt]nations et vicissitudes de la =tune1 au t\r de moy1 ont iusqu' cette heure plus exasp] qu'amolly l'humeur du pays3 et me re*>g5t de dang]s1 et difficultez inu9cibles4 ,i'es*ape4 ,mais il me desplai/ que ce soit plus p> =tune3 voire1 et p> ma prud5ce1 que p> iu/ice3 et me desplai/ d'e/re hors la protection des loix1 et s\bs autre sauueg>de que la leur4 ,comme les *oses sont1 ie vis plus qu' demy1 de la faueur d'autruy3 qui e/ vne rude obligation4 ,ie ne veux debuoir ma seuret1 ny la bont1 et b5ignit des gr&s1 qui s'aggre5t de ma legalit et lib]t3 ny la facilit des murs de mes pr$ecesseurs1 et mi5nes3 c> quoy si i'e/ois autre8 ,si mes desportem5s et la fran*ise de ma conu]sation1 oblig5t mes vois9s1 ou la p>5t3 c'e/ cruaut qu'ils s'en puiss5t acquitt]1 en me laissant viure1 et qu'ils puiss5t dire3 ,n\s luy condonons la libre cont9uation du s]uice diu91 en la *apelle de sa maison1 t\tes les eglises d'aut\r1 e/ants p> n\s des]tes3 et luy condonons l'vsage de ses bi5s1 et sa vie1 comme il cons]ue nos femmes1 et nos bufs au beso+4 ,de longue ma9 *ez moy1 n\s auons "p la l\ange de ,lycurgus ,a!ni51 qui e/oit g5]al depositaire et g>di5 des b\rses de ses concitoy5s4 ,or ie ti5s1 qu'il faut viure p> droict1 et p> auctorit1 non p> recomp5se ny p> grace4 ,combi5 de galans hommes ont mieux aym p]dre la vie1 que la deuoir8 ,ie fuis me submettre t\te sorte d'obligation4 ,mais sur t\t1 celle qui m'atta*e1 p> deuoir d'honneur4 ,ie ne tr\ue ri5 si *]1 que ce qui m'e/ donn3 et ce p\rquoy1 ma volont demeure hypo!quee p> tiltre de gratitude4 ,et reois plus volonti]s les (fices1 qui sont v5dre4 ,ie croy bi54 ,p\r ceux-cy1 ie ne donne que de l'arg5t3 p\r les autres1 ie me donne moy-mesme4 ,le neud1 qui me ti5t p> la loy d'honne/et1 me semble bi5 plus pressant et plus poisant1 que n'e/ celuy de la contra9cte ciuile4 ,on me g>otte plus d\cem5t p> vn notaire1 que p> moy4 ,n'e/-ce pas raison1 que ma consci5ce soit beauc\p plus engagee1 ce1 en quoy on s'e/ simplem5t fi d'elle8 ,ailleurs1 ma foy ne doit ri53 c> on ne luy a ri5 pre/4 ,qu'on s'ayde de la fiance et asseurance1 qu'on a prise hors de moy4 ,i'aym]oy bi5 plus *]1 rompre la prison d'vne muraille1 et des loix1 que de ma p>ole4 ,ie suis delicat l'obs]uation de mes promesses1 iusques la sup]/ition3 et les fay en t\s subiects volonti]s inc]ta9es et conditionnelles4 ,a celles1 qui sont de nul poids1 ie donne poids de la ial\sie de ma regle3 elle me geh5ne et *>ge de son propre int]e/4 ,ouy1 s entrepr9ses t\tes mi5nes et libres1 si i'en dy le po9ct1 il me semble1 que ie me les prescry3 et que1 le donn] la sci5ce d'autruy1 c'e/ le preordonn] soy4 ,il me semble que ie le promets1 qu& ie le dy4 ,a9si i'eu5te peu mes propositions4 ,la condemnation que ie fais de moy1 e/ plus vifue et roide1 que n'e/ celle des iuges1 qui ne me pr5n5t que p> le visage de l'obligation commune3 l'e/re9te de ma consci5ce plus s]ree1 et plus seu]e4 ,ie suy las*em5t les debuoirs ausquels on m'entra9]oit1 si ie n'y allois4 ,hoc ipsum ita iu/um e/ quod rect fit1 si e/ volunt>ium4 ,si l'action n'a quelque spl5deur de lib]t1 elle n'a po9t de grace1 ny d'honneur4 ,quod me ius cogit1 vix voluntate impetr5t4 ,o la necessit me tire1 i'ayme la*] la volont4 ,quia quicquid imp]io cogitur1 exig5ti magis1 qum pr/anti acceptum ref]tur4 ,i'en say qui suyu5t cet air1 iusques l'iniu/ice3 donn5t plu/o/ qu'ils ne r5d5t1 pre/5t plu/o/ qu'ilz ne pay5t3 font plus es*>sem5t bi5 celuy1 qui ils en sont t5us4 ,ie ne vois pas l1 mais ie t\*e contre4 ,i'ayme tant me des*>g] et desoblig]1 que i'ay p>fois compt pr(it1 les +ratitudes1 (f5ces1 et indignitez1 que i'auois reeu de ceux1 qui ou p> nature1 ou p> accid5t1 i'auois quelque deuoir d'amiti3 pr5ant cette occasion de leur faute1 p\r autant d'acquit1 et des*>ge de ma debte4 ,encore que ie cont9ue leur pay] les (fices app>5ts1 de la raison publique1 ie tr\ue gr&e esp>gne p\rtant faire p> iu/ice1 ce que ie faysoy p> affection1 et me s\lag] vn peu1 de l'att5tion et sollicitude1 de ma volont au d$ans4 ,e/ prud5tis su/9]e vt cursum1 sic impetum b5euol5ti4 ,laquelle i'ay trop vrg5te et pressante1 o ie m'addonne3 aumo9s p\r vn homme1 qui ne veut e/re aucunem5t en presse4 ,et me s]t cette mesnag]ie1 de quelque consolation1 aux imp]fections de ceux qui me t\*5t4 ,ie suis bi5 desplaisant qu'ils en vaill5t mo9s1 mais tant y a1 que i'en esp>gne aussi quelque *ose de mon application et engagem5t enu]s eux4 ,i'appr\ue celuy qui ayme mo9s son enfant1 d'autant qu'il e/ ou teigneux ou bossu4 ,et non seulem5t1 qu& il e/ malicieux2 mais aussi qu& il e/ malheureux1 et mal nay 7,dieu mesme en a rabbatu cela de son prix1 et e/imation naturelle7 p\rueu qu'il se porte en ce refroidissem5t1 auec mod]ation1 et iu/ice exacte4 ,en moy1 la proximit n'allege pas les deffauts1 elle les aggraue plu/o/4 ,apres t\t1 selon que ie m'ent5ds en la sci5ce du bi5-faict et de recognoissance1 qui e/ vne subtile sci5ce et de gr& vsage1 ie ne vois p]sonne1 plus libre et mo9s endebt1 que ie suis iusques cette heure4 ,ce que ie doibs1 ie le doibs simplem5t aux obligations communes et naturelles4 ,il n'en e/ po9t1 qui soit plus nettem5t quitte d'ailleurs4 ,nec sunt mihi nota pot5tum ,mun]a4 ,les ,pr9ces me donn5t pr\1 s'ils ne m'o/5t ri53 et me font assez de bi51 qu& ils ne me font po9t de mal3 c'e/ t\t ce que i'en dem&e4 ,o combi5 ie suis t5u ,dieu1 de ce qu'il luy a pleu1 que i'aye reeu imm$iatem5t de sa grace1 t\t ce que i'ay3 qu'il a ret5u p>ticuli]em5t soy t\te ma debte6 ,combi5 ie supplie in/amm5t sa sa9cte mis]icorde1 que iamais ie ne doiue vn ess5tiel gramm]cy p]sonne6 ,bi5 heureuse fran*ise3 qui m'a conduit si lo+4 ,qu'elle a*eue4 ,i'essaye n'auoir expres beso+ de nul4 ,9 me omnis spes e/ mihi4 ,c'e/ *ose que *acun peut en soy3 mais plus facilem5t ceux1 que ,dieu a mis l'abry des necessitez naturelles et vrg5tes4 ,il fait bi5 piteux1 et haz>deux1 desp5dre d'vn autre4 ,n\s mesmes qui e/ la plus iu/e adresse1 et la plus seure1 ne n\s sommes pas assez asseurez4 ,ie n'ay ri5 mi51 que moy2 et si en e/ la possession en p>tie manque et empruntee4 ,ie me cultiue et en c\rage1 qui e/ le plus =t3 et encores en =tune1 p\r y tr\u] dequoy me satisfaire1 qu& ailleurs t\t m'ab&onn]oit4 ,eleus ,hippias ne se f\rnit pas seulem5t de sci5ce1 p\r au giron des muses se p\uoir ioyeusem5t esqu>t] de t\te autre compagnie au beso+3 ny seulem5t de la cognoissance de la philosophie1 p\r appr5dre son ame de se cont5t] d'elle1 et se pass] virilem5t des commoditez qui lui vi5n5t du dehors1 qu& le sort l'ordonne4 ,il fut si curieux1 d'appr5dre encore faire sa cuis9e1 et son poil1 ses robes1 ses s\li]s1 ses bragues1 p\r se fond] en soy1 autant qu'il p\rroit1 et s\/raire au sec\rs e/rang]4 ,on i\yt bi5 plus librem5t1 et plus gayem5t1 des bi5s empruntez3 qu& ce n'e/ pas vne i\yssance obligee et contra9te p> le beso+3 et qu'on a1 et en sa volont1 et en sa =tune1 la =ce et les moy5s de s'en pass]4 ,ie me connoy bi54 ,mais il m'e/ malais d'imag9] nulle si pure lib]alit de p]sonne enu]s moy1 nulle hospitalit si fran*e et gratuite1 qui ne me sembla/ disgratie1 tyrannique1 et te9te de repro*e1 si la necessit m'y auoit en*eue/r4 ,comme le donn] e/ qualit ambitieuse1 et de pr]ogatiue1 aussi e/ l'accept] qualit de summission4 ,tesmo9 l'iniurieux1 et qu]elleux refus1 que ,baiazet feit des pres5ts1 que ,temir luy enuoyoit4 ,et ceux qu'on (frit de la "p de l',emp]eur ,solyman1 l',emp]eur de ,calicut1 le mir5t en si gr& despit1 que non seulem5t il les refusa rudem5t3 disant1 que ny luy ny ses pr$ecesseurs n'auoi5t acc\/um de pr5dre3 et que c'e/oit leur (fice de donn]3 mais en outre feit mettre en vn cul de fosse1 les ambassadeurs enuoyez cet effect4 ,qu& ,!tis1 dit ,ari/ote1 flatte ,iuppit]3 qu& les ,lac$emoni5s flatt5t les ,a!ni5s3 ils ne vont pas leur rafres*issant la memoire des bi5s1 qu'ils leur ont faits1 qui e/ t\si\rs odieuse3 mais la memoire des bi5-faicts qu'ils ont receuz d'eux4 ,ceux que ie voy si famili]em5t employ] t\t *acun et s'y engag]3 ne le f]oi5t pas1 s'ils sau\roi5t comme moy la d\ceur d'vne pure lib]t3 et s'ils poisoi5t autant que doit pois] vn sage homme1 l'engageure d'vne obligation4 ,elle se paye l'adu5ture quelquefois3 mais elle ne se diss\t iamais4 ,cruel g>rotage1 qui ayme d'affran*ir les c\dees de sa lib]t1 en t\t s5s4 ,mes cognoissants1 et au dessus et au dess\s de moy1 sau5t1 s'ils en ont iamais veu1 de mo9s sollicitant1 requ]ant1 suppliant1 ny mo9s *>geant sur autruy4 ,si ie le suis1 au del de t\t exemple mod]ne1 ce n'e/ pas gr&e m]ueille3 tant de pieces de mes murs y contribuants4 ,vn peu de fi]t naturelle3 l'impati5ce du refus3 contraction de mes desirs et desse9s3 inhabilet t\te sorte d'affaires4 ,et mes qualitez plus fauories1 l'oysiuet1 la fran*ise4 ,p> t\t cela1 i'ay pr9s ha9e mortelle1 d'e/re t5u ny autre1 ny p> autre que moy4 ,i'employe bi5 viuem5t1 t\t ce que ie puis1 m'en pass]3 auant que i'employe la b5efic5ce d'vn autre1 en quelque1 ou leg]e ou poisante occasion ou beso+ que ce soit4 ,mes amis m'importun5t e/rangem5t1 qu& ils me requi]5t1 de requ]ir vn ti]s4 ,et ne me semble gu]e mo9s de c\/1 des5gag] celuy qui me doibt1 vsant de luy3 que m'engag] enu]s celuy1 qui ne me doibt ri54 ,cette condition o/ee1 et cet' autre1 qu'ils ne vueill5t de moy *ose negotieuse et s\cieuse 7c> i'ay d5onc t\t so+ gu]re capitale7 ie suis commodem5t facile et pre/ au beso+ de *acun4 ,mais i'ay encore plus fuy receuoir1 que ie n'ay *]* donn]3 aussi e/ il bi5 plus ays selon ,ari/ote4 ,ma =tune m'a peu p]mis de bi5 faire autruy3 et ce peu qu'elle m'en a p]mis1 elle l'a assez maigrem5t log4 ,si elle m'eu/ faict nai/re p\r t5ir quelque rang entre les hommes1 i'eusse e/ ambitieux de me faire aym]3 non de me faire cra9dre ou admir]4 ,l'exprim]ay-ie plus insolamm5t8 i'eusse autant reg>d1 au plaire1 qu'au pr\ffit]4 ,cyrus tres-sagem5t1 et p> la b\*e d'vn tres bon capita9e1 et meilleur philosophe encores1 e/ime sa bont et ses bi5s faicts1 lo+ au del de sa vaillance1 et belliqueuses conque/es4 ,et le premi] ,scipion1 p> t\t o il se veut faire valoir1 poise sa debonnairet et humanit1 au dessus de sa h>diesse et de ses victoires3 et a t\si\rs en la b\*e ce glorieux mot1 ,qu'il a laiss aux ennemys1 autant l'aym]1 qu'aux amys4 ,ie veux donc dire1 que s'il faut a9si debuoir quelque *ose1 ce doibt e/re plus legitime tiltre1 que celuy dequoy ie p>le1 auquel la loy de cette mis]able gu]re m'engage3 et non d'vn si gros debte1 comme celuy de ma totale cons]uation3 il m'accable4 ,ie me suis c\* mille fois *ez moy1 imag9ant qu'on me trahiroit et assomm]oit cette nuict l3 composant auec la ,=tune1 que ce fu/ sans effroy et sans langueur4 ,et me suis escri apres mon pat5o/re1 ,impius hc tam culta n\alia miles habebit8 ,quel rem$e8 c'e/ le lieu de ma naissance1 et de la plus "p de mes ance/res3 ils y ont mis leur affection et leur nom4 ,n\s n\s durcissons t\t ce que n\s acc\/umons4 ,et vne mis]able condition1 comme e/ la no/re1 'a e/ vn tresfauorable pres5t de ,nature1 que l'acc\/umance1 qui endort no/re s5tim5t la s\ffrance de plusieurs maux4 ,les gu]res ciuiles ont cela de pire que les autres gu]res1 de n\s mettre *acun en e*auguette en sa propre maison4 ,qum mis]um1 porta vitam murque tu]i1 ,vixque su tutum viribus esse domus6 ,c'e/ gr&e extremit1 d'e/re press iusques dans son mesnage1 et repos dome/ique4 ,le lieu o ie me ti5s1 e/ t\si\rs le premi] et le d]ni]1 la batt]ie de nos tr\bles3 et o la paix n'a iamais son visage enti]1 ,tum quoque cm pax e/1 trepidant =mid9e belli4 ,quoties pacem =tuna lacessit1 ,hc it] e/ bellis3 melius1 =tuna1 d$isses ,orbe sub ,eoo s$em1 gelidque sub ,arcto1 ,errantsque domos4 ,ie tire p> fois1 le moy5 de me f]mir contre ces consid]ations1 de la non*alance et las*et4 ,elles n\s m55t aussi aucunem5t la resolution4 ,il m'adui5t s\u5t1 d'imag9] auec quelque plaisir1 les dang]s mortels1 et les att5dre4 ,ie me plonge la te/e baissee1 /upidem5t dans la mort1 sans la consid]] et recognoi/re1 comme dans vne pr(ondeur muette et obscure1 qui m'engl\tit d'vn saut1 et m'e/\ffe en vn in/ant1 d'vn puissant sommeil1 ple9 d'insipidit et indol5ce4 ,et en ces morts c\rtes et viol5tes1 la consequ5ce que i'en preuoy1 me donne plus de consolation1 que l'effait de cra9te4 ,ils dis5t1 comme la vie n'e/ pas la meilleure1 p\r e/re longue1 que la mort e/ la meilleure1 p\r n'e/re pas longue4 ,ie ne m'e/range pas tant de l'e/re mort1 comme i'entre en confid5ce auec le m\rir4 ,ie m'enueloppe et me tapis en cet orage1 qui me doit aueugl] et rauir de furie1 d'vne *>ge prompte et ins5sible4 ,encore s'il adu5oit1 comme dis5t aucuns i>d9i]s1 que les roses et violettes naiss5t plus odorif]antes pres des aulx et des oignons1 d'autant qu'ils sucent et tir5t eux1 ce qu'il y a de mauuaise odeur en la t]re3 aussi que ces depraues natures1 humass5t t\t le v59 de mon air et du climat1 et m'en r5diss5t d'autant meilleur et plus pur1 p> leur voys9age3 que ie ne p]disse pas t\t4 ,cela n'e/ pas3 mais de cecy il en peut e/re quelque *ose1 que la bont e/ plus belle et plus attraiante qu& elle e/ r>e1 et que la contr>iet et diu]sit1 roidit et ress]re en soy le bi5 faire3 et l'enflamme p> la ial\sie de l'opposition1 et p> la gloire4 ,les voleurs de leur grace1 ne m'en veul5t pas p>ticuli]em5t4 ,ne fay-ie pas moy eux4 ,il m'en faudroit trop de g5ts4 ,p>eilles consci5ces log5t s\s diu]ses sortes de robes4 ,p>eille cruaut1 desloyaut1 vol]ie4 ,et d'autant pire1 qu'elle e/ plus las*e1 plus seure1 et plus obscure1 s\s l'ombre des loix4 ,ie hay mo9s l'iniure pr(esse que trahitresse2 gu]ri]e que pacifique et iuridique4 ,no/re fieure e/ suru5u en vn corps1 qu'elle n'a de gu]e empir4 ,le feu y e/oit1 la flamme s'y e/ pr9se4 ,le bruit e/ plus gr&3 le mal1 de peu4 ,ie respons ord9airem5t1 ceux qui me dem&5t raison de mes voyages3 ,que ie say bi5 ce que ie fuis1 mais non pas ce que ie *]*e4 ,si on me dit1 que p>my les e/rang]s il y peut auoir aussi peu de sant1 et que leurs murs ne sont pas mieux nettes que les no/res3 ie respons premi]em5t1 qu'il e/ malays3 ,tam mult scel]um facies6 ,secondem5t1 c'e/ t\si\rs ga91 de *ang] vn mauuais e/at vn e/at inc]ta94 ,et que les maux d'autruy ne n\s doiu5t pas po9dre comme les no/res4 ,ie ne veux pas oubli] cecy1 que ie ne me mut9e iamais tant contre la ,france1 que ie ne reg>de ,p>is de bon il4 ,elle a mon cur des mon enfance4 ,et m'en e/ adu5u comme des *oses excell5tes3 plus i'ay veu dpuis d'autres villes belles1 plus la beaut de cette cy1 peut1 et gaigne sur mon affection4 ,ie l'ayme p> elle mesme1 et plus en son e/re seul1 que re*>gee de pompe e/rang]e4 ,ie l'ayme t5drem5t1 iusques ses v]rues et ses ta*es4 ,ie ne suis ,franois1 que p> cette gr&e cit3 gr&e en peuples1 gr&e en felicit de son assiette3 mais sur t\t gr&e1 et incomp>able en v>iet1 et diu]sit de commoditez3 la gloire de la ,france1 et l'vn des plus nobles ornem5ts du monde4 ,dieu en *asse lo+ nos diuisions3 enti]e et vnie1 ie la tr\ue deff5due de t\te autre viol5ce4 ,ie l'aduise1 que de t\s les p>tis1 le pire s]a celuy qui la mettra en discorde4 ,et ne cra9s p\r elle1 qu'elle mesme4 ,et cra9s p\r elle1 autant c]tes1 que p\r autre piece de cet e/at4 ,tant qu'elle dur]a1 ie n'auray faute de retraicte1 o r5dre mes abboys3 suffisante me faire p]dre le regret de t\t' autre retraicte4 ,non p> ce que ,socrates l'a dict1 mais p> ce qu'en v]it c'e/ mon humeur1 et l'auanture non sans quelque excez1 i'e/ime t\s les hommes mes compatriotes3 et embrasse vn ,polonois comme vn ,franois1 po/posant cette lyaison nationale1 l'vniu]selle et commune4 ,ie ne suis gu]e f]u de la d\ceur d'vn air naturel4 ,les cognoissances t\tes neufues1 et t\tes mi5nes1 me sembl5t bi5 valoir ces autres communes et =tuites cognoissances du vois9age4 ,les amitiez pures de no/re acque/1 emport5t ord9airem5t1 celles ausquelles la communication du climat1 ou du sang1 n\s ioign5t4 ,nature n\s a mis au monde libres et desliez1 n\s n\s emprisonnons en c]ta9s de/roits3 comme les ,roys de ,p]se qui s'obligeoi5t de ne boire iamais autre eau1 que celle du fleuue de ,*oaspez1 r5onoy5t p> sottise1 leur droict d'vsage en t\tes les autres eaux3 et asse*oi5t p\r leur reg>d1 t\t le re/e du monde4 ,ce que ,socrates feit sur sa f91 d'e/im] vne s5t5ce d'exil pire1 qu'vne s5t5ce de mort contre soy3 ie ne s]ay1 mon aduis1 iamais ny si cass1 ny si e/roittem5t habitu en mon pas1 que ie le feisse4 ,ces vies cele/es1 ont assez d'images1 que i'embrasse p> e/imation plus que p> affection4 ,et en ont aussi1 de si esleuees1 et extraord9aires1 que p> e/imation mesme ie ne les puis embrass]1 d'autant que ie ne les puis conceuoir4 ,cette humeur fut bi5 t5dre vn homme1 qui iugeoit le monde sa ville4 ,il e/ vray1 qu'il d$aignoit les p]egr9ations1 et n'auoit gu]es mis le pi$ hors le t]ritoire d',attique4 ,quoy1 qu'il plaignoit l'arg5t de ses amis des5gag] sa vie3 et qu'il refusa de sortir de prison p> l'entremise d'autruy1 p\r ne desober aux loix en vn temps1 qu'elles e/oi5t d'ailleurs si =t corrompus8 ,ces exemples sont de la premi]e espece1 p\r moy4 ,de la seconde1 sont d'autres1 que ie p\rroy tr\u] en ce mesme p]sonnage4 ,plusieurs de ces r>es exemples surpass5t la =ce de mon action3 mais aucuns surpass5t encore la =ce de mon iugem5t4 ,outre ces raisons1 le voyag] me semble vn ex]cice pr(itable4 ,l'ame y a vne cont9uelle ex]citation1 rem>qu] des *oses incogneus et n\uelles4 ,et ie ne sa*e po9t meilleure escole1 comme i'ay dict s\u5t1 faonn] la vie1 que de luy propos] incessamm5t la diu]sit de tant d'autres vies1 fantasies1 et vsances3 et luy faire g\/] vne si p]petuelle v>iet de =mes de no/re nature4 ,le corps n'y e/ ny oisif ny trauaill3 et cette mod]ee agitation le met en hale9e4 ,ie me ti5 *eual sans demont]1 t\t *oliqueux que ie suis1 et sans m'y ennuy]1 huict et dix heures1 ,vires vltra sortmque s5ect4 ,nulle saison m'e/ ennemye1 que le *aut aspre d'vn soleil poignant4 ,c> les ombrelles1 dequoy dpuis les anci5s ,roma9s l',italie se s]t1 *>g5t plus les bras1 qu'ils ne des*>g5t la te/e4 ,ie v\droy sauoir quelle indu/rie c'e/oit aux ,p]ses1 si anci5nem5t1 et en la naissance de la luxure1 de se faire du v5t frais1 et des ombrages leur po/e1 comme dict ,x5ophon4 ,i'ayme les pluyes et les crotes comme les cannes4 ,la mutation d'air et de climat ne me t\*e po9t4 ,t\t ciel m'e/ vn4 ,ie ne suis battu que des alt]ations int]nes1 que ie produicts en moy1 et celles l m'arriu5t mo9s en voyageant4 ,ie suis mal-ais esbranl]3 mais e/ant auoy1 ie vay tant qu'on veut4 ,i'e/riue autant aux petites entreprises1 qu'aux gr&es3 et m'equip] p\r faire vne i\rne1 et visit] vn vois91 que p\r vn iu/e voyage4 ,i'ay apris faire mes i\rnees l',espagnole1 d'vne traicte3 gr&es et raisonnables i\rnees4 ,et aux extremes *aleurs1 les passe de nuict1 du soleil c\*ant iusques au leuant4 ,l'autre faon de repai/re en *em91 en tumulte et ha/e1 p\r la disnee1 nommm5t aux c\rs i\rs1 e/ incommode4 ,mes *euaux en val5t mieux4 ,iamais *eual ne m'a failly1 qui a sceu faire auec moy la premi]e i\rnee4 ,ie les abreuue p> t\t3 et reg>de seulem5t qu'ils ay5t assez de *em9 de re/e1 p\r battre leur eau4 ,la p>esse me leu]1 donne loisir ceux qui me suyu5t1 de disn] leur aise1 auant p>tir4 ,p\r moy1 ie ne mange iamais trop t>d3 l'appetit me vi5t en mangeant1 et po9t autrem5t3 ie n'ay po9t de faim qu' table4 ,aucuns se plaign5t dequoy ie me suis agre cont9u] cet ex]cice1 m>i1 et vieil4 ,ils ont tort4 ,il e/ mieux temps d'ab&onn] sa maison1 qu& on l'a mise en tra9 de cont9u] sans n\s3 qu& on y a laiss de l'ordre qui ne dem5te po9t sa =me passee4 ,c'e/ bi5 plus d'imprud5ce1 de s'eslo+n]1 laissant en sa maison vne g>de mo9s fidele1 et qui ait mo9s de so+ de p\ruoir vo/re beso+4 ,la plus vtile et honnorable sci5ce et occupation vne m]e de famille1 c'e/ la sci5ce du mesnage4 ,i'en vois quelqu'vne au>e2 de mesnag]e1 =t peu4 ,c'e/ sa mai/resse qualit1 et qu'on doibt *]*]1 auant t\te autre3 comme le seul d\aire qui s]t ruyn] ou sauu] nos maisons4 ,qu'on ne m'en p>le pas2 selon que l'exp]i5ce m'en a appr9s1 ie requi]s d'vne femme m>iee1 au dessus de t\te autre v]tu1 la v]tu conomique4 ,ie l'en mets au propre1 luy laissant p> mon abs5ce t\t le g\u]nem5t en ma94 ,ie vois auec despit en plusieurs mesnages1 monsieur reu5ir maussade et t\t m>miteux du tracas des affaires1 enuiron midy1 que madame e/ encore apres se coiff] et attiff]1 en son cab9et4 ,c'e/ faire aux ,roynes3 encores ne say-ie4 ,il e/ ridicule et iniu/e1 que l'oysiuet de nos femmes1 soit entret5u de no/re sueur et trauail4 ,il n'adui5dra1 que ie puisse1 p]sonne1 d'auoir l'vsage de ses bi5s plus liquide que moy1 plus quiete et plus quitte4 ,si le m>y f\rnit de mati]e1 ,nature mesme veut qu'elles f\rniss5t de =me4 ,quant aux deuoirs de l'amiti m>itale1 qu'on p5se e/re int]essez p> cette abs5ce3 ie ne le crois pas4 ,au reb\rs1 c'e/ vne intellig5ce1 qui se refroidit volonti]s p> vne trop cont9uelle assi/ance1 et que l'assiduit blesse4 ,t\te femme e/rang]e n\s semble honne/e femme4 ,et *acun s5t p> exp]i5ce1 que la cont9uation de se voir1 ne peut repres5t] le plaisir que lon s5t se despr5dre1 et repr5dre sec\sses4 ,ces int]ruptions me rempliss5t d'vne am\r rec5te enu]s les mi5s1 et me r$onn5t l'vsage de ma maison plus d\x3 la vicissitude es*aufe mon appetit1 v]s l'vn1 puis v]s l'autre p>ty4 ,ie say que l'amiti a les bras assez longs1 p\r se t5ir et se io9dre1 d'vn co9 de monde l'autre3 et specialem5t cette cy1 o il y a vne cont9uelle communication d'(fices1 qui en reueill5t l'obligation et la s\u5ance4 ,les ,/oci5s dis5t bi51 qu'il y a si gr&e colligance et relation entre les sages1 que celuy qui disne en ,france1 repai/ son compagnon en gypte2 et qui e/5d seulem5t son doigt1 o que ce soit1 t\s les sages qui sont sur la t]re habitable1 en s5t5t ayde4 ,la i\yssance1 et la possession1 app>ti5n5t pr9cipalem5t l'imag9ation4 ,elle embrasse plus *audem5t et plus cont9uellem5t ce qu'elle va qu]ir1 que ce que n\s t\*ons4 ,comptez voz amusem5ts i\rnali]s2 v\s tr\u]ez que v\s e/es lors plus abs5t de vo/re amy1 qu& il v\s e/ pres5t4 ,son assi/ance relas*e vo/re att5tion1 et donne lib]t vo/re p5see1 de s'abs5t] t\te heure1 p\r t\te occasion4 ,de ,rome en hors1 ie ti5s et reg5te ma maison1 et les commoditez que i'y ay laiss3 ie voy croi/re mes murailles1 mes arbres1 et mes r5tes1 et descroi/re deux doigts pres1 comme qu& i'y suis1 ,ante oculos errat domus1 errat =ma locorum4 ,si n\s ne i\yssons que ce que n\s t\*ons1 adieu noz escus qu& ils sont en noz c(fres1 et noz enfans s'ils sont la *asse4 ,n\s les v\lons plus pres4 ,au i>d9 e/-ce lo+8 ,a vne demy i\rnee8 ,quoy1 dix lieus e/-ce lo+1 ou pres8 ,si c'e/ pres3 quoy onze1 d\ze1 treze8 et a9si pas pas4 ,vraym5t celle qui saura prescripre son m>y1 le quantiesme pas f9it le pres1 et le quantiesme pas donne comm5cem5t au lo+1 ie suis d'aduis qu'elle l'arre/e entre-deux4 ,excludat iurgia f9is4 ,vtor p]misso1 caudque pilos vt equ9 ,paulatim vello3 et demo vnum1 demo etiam vnum1 ,dum cadat elusus ratione ru5tis ac]ui4 ,et qu'elles appell5t h>dim5t la philosophie leur sec\rs4 ,a qui quelqu'vn p\rroit repro*]1 puis qu'elle ne voit ny l'un ny l'autre b\t de la io9ture1 entre le trop et le peu1 le long et le c\rt1 le leg] et le poisant1 le pres et le lo+3 puis qu'elle n'en recognoi/ le comm5cem5t ny la f91 qu'elle iuge bi5 inc]ta9em5t du milieu4 ,r]um natura nullam nobis d$it cognitionem f9ium4 ,sont-elles pas encore femmes et amies des trespassez2 qui ne sont pas au b\t de cettuy-cy1 mais en l'autre monde8 ,n\s embrassons et ceux qui ont e/1 et ceux qui ne sont po9t encore1 non que les abs5s4 ,n\s n'auons pas faict m>*1 en n\s m>iant1 de n\s t5ir cont9uellem5t acc\ez1 l'vn l'autre1 comme ie ne say quels petits animaux que n\s voyons1 ou comme les ensorcelez de ,k>5ty1 d'vne mani]e *i5n9e4 ,et ne doibt vne femme auoir les yeux si g\rm&em5t fi*ez sur le deuant de son m>y1 qu'elle n'en puisse veoir le d]ri]e1 o beso+ e/4 ,mais ce mot de ce pe9tre si excell5t1 de leurs humeurs1 s]oit-il po9t de mise en ce lieu1 p\r repres5t] la cause de leurs pla9tes8 ,vxor1 si cesses1 aut te am>e cogitat1 ,aut tete am>i1 aut pot>e1 aut animo obsequi1 ,et tibi b5e esse soli1 cm sibi sit mal4 ,ou bi5 s]oit-ce pas1 que de soy l'opposition et contradiction les entreti5t et n\rrit3 et qu'elles s'accommod5t assez1 p\rueu qu'elles v\s incommod5t8 ,en la vraye amiti1 de laquelle ie suis exp]t1 ie me donne mon amy1 plus que ie ne le tire moy4 ,ie n'ayme pas seulem5t mieux1 luy faire bi51 que s'il m'en faisoit3 mais encore qu'il s'en face1 qu' moy3 il m'en faict lors le plus1 qu& il s'en faict4 ,et si l'abs5ce luy e/ ou plaisante ou vtile1 elle m'e/ bi5 plus d\ce que sa pres5ce3 et ce n'e/ pas proprem5t abs5ce1 qu& il y a moy5 de s'entr'adu]tir4 ,i'ay tir autrefois vsage de no/re eslo+nem5t et commodit4 ,n\s remplissions mieux1 et e/&ions1 la possession de la vie1 en n\s sep>ant3 il viuoit1 il i\yssoit1 il voyoit p\r moy1 et moy p\r luy1 autant pla9em5t que s'il y eu/ e/3 l'vne p>tie demeuroit oisiue1 qu& n\s e/ions ensemble3 n\s n\s confondions4 ,la sep>ation du lieu r5doit la conionction de noz volontez plus ri*e4 ,cette faim insatiable de la pres5ce corporelle1 accuse vn peu la foiblesse en la i\issance des ames4 ,quant la vieillesse1 qu'on m'allegue2 au reb\rs3 c'e/ la ieunesse s'ass]uir aux op9ions communes1 et se contra9dre p\r autruy4 ,elle peut f\rnir t\s les deux1 au peuple et soy3 n\s n'auons que trop faire1 n\s seuls4 ,a mesure que les commoditez naturelles n\s faill5t1 s\/5ons n\s p> les artificielles4 ,c'e/ iniu/ice1 d'excus] la ieunesse de suyure ses plaisirs1 et deff5dre la vieillesse d'en *]*]4 ,ieune1 ie c\urois mes passions eni\ees1 de prud5ce3 vieil1 ie demesle les tri/es1 de dbau*e4 ,si prohib5t les loix ,platoniques1 de p]egr9] auant qu>ante ans1 ou c9quante3 p\r r5dre la p]egr9ation plus vtile et in/ructiue4 ,ie cons5tiroy plus volonti]s1 cet autre second article1 des mesmes loix1 qui l'int]dit1 apres soixante4 ,mais en tel aage1 v\s ne reui5drez iamais d'vn si long *em94 ,que m'en *aut-il8 ie ne l'entrepr5s1 ny p\r en reu5ir1 ny p\r le p>faire4 ,i'entrepr5s seulem5t de me branl]1 p5dant que le branle me plai/1 et me pr\me9e p\r me pr\m5]4 ,ceux qui c\r5t vn b5efice1 ou vn lieure1 ne c\r5t pas4 ,ceux l c\r5t1 qui c\r5t aux b>res1 et p\r ex]c] leur c\rse4 ,mon desse9 e/ diuisible p> t\t1 il n'e/ pas fond en gr&es esp]ances3 *asque i\rnee en faict le b\t4 ,et le voyage de ma vie se conduict de mesme4 ,i'ay veu p\rtant assez de lieux eslo+nez1 o i'eusse desir qu'on m'eu/ arre/4 ,p\rquoy non1 si ,*rysippus1 ,clean!s1 ,diog5es1 ,z5on1 ,antipat]1 tant d'hommes sages1 de la secte plus r5fro+ne1 ab&onn]5t bi5 leur pays1 sans aucune occasion de s'en pla9dre3 et seulem5t p\r la i\issance d'vn autre air8 ,c]tes le plus gr& desplaisir de mes p]egr9ations1 c'e/ que ie n'y puisse apport] cette resolution1 d'e/ablir ma demeure o ie me plairoy4 ,et qu'il me faille t\si\rs propos] de reu5ir1 p\r m'accommod] aux humeurs communes4 ,si ie cra+nois de m\rir en autre lieu1 que celuy de ma naissance3 si ie p5sois m\rir mo9s mon aise1 eslo+n des mi5s3 pe9e sortiroy-ie hors de ,france1 ie ne sortirois pas sans effroy hors de ma p>roisse4 ,ie s5s la mort qui me p9ce cont9uellem5t la gorge1 ou les re9s4 ,mais ie suis autrem5t faict3 elle m'e/ vne p> t\t4 ,si t\tesfois i'auois *oisir3 ce s]oit1 ce croy-ie1 plu/o/ *eual1 que dans vn lict3 hors de ma maison1 et lo+ des mi5s4 ,il y a plus de creuecur que de consolation1 pr5dre cong de ses amis4 ,i'oublie volonti]s ce deuoir de no/re entreg5t4 ,c> des (fices de l'amiti1 celuy-l e/ le seul desplaisant3 et oubli]ois a9si volonti]s dire ce gr& et et]nel adieu4 ,s'il se tire quelque commodit de cette assi/ance1 il s'en tire c5t incommoditez4 ,i'ay veu plusieurs m\rans bi5 piteusem5t1 assiegez de t\t ce tra93 cette presse les e/\ffe4 ,c'e/ contre le deuoir1 et e/ tesmoignage de peu d'affection1 et de peu de so+1 de v\s laiss] m\rir en repos4 ,l'vn t\rm5te vos yeux1 l'autre vos oreilles1 l'autre la b\*e3 il n'y a s5s1 ny membre1 qu'on ne v\s fracasse4 ,le cur v\s s]re de piti1 d'our les pla9tes des amis2 et de despit l'aduanture1 d'our d'autres pla9tes1 fe9tes et masques4 ,qui a t\si\rs eu le g\/ t5dre1 affoibly1 il l'a encore plus4 ,il luy faut en vne si gr&e necessit1 vne ma9 d\ce1 et accommode son s5tim5t p\r le grat] iu/em5t o il luy cuit4 ,ou qu'on ne le grate po9t du t\t4 ,si n\s auons beso+ de sage femme1 n\s mettre au monde3 n\s auons bi5 beso+ d'vn homme encore plus sage1 n\s en sortir4 ,tel1 et amy1 le faudroit-il a*et] bi5 *]em5t1 p\r le s]uice d'vne telle occasion4 ,ie ne suis po9t arriu cette vigueur desdaigneuse1 qui se =tifie en soy-mesme1 que ri5 n'aide1 ny ne tr\ble2 ie suis d'vn po9ct plus bas4 ,ie *]*e conill]1 et me desrob] de ce passage3 non p> cra9te1 mais p> art4 ,ce n'e/ pas mon aduis1 de faire en cette action1 preuue ou montre de ma con/ance4 ,p\r qui8 ,lors cess]a t\t le droict et l'int]e/1 que i'ay la reputation4 ,ie me cont5te d'vne mort recueillie en soy1 quiete1 et solitaire1 t\te mi5ne1 conu5able ma vie retire et priue4 ,au reb\rs de la sup]/ition ,roma9e1 o on e/imoit malheureux1 celuy qui m\roit sans p>l]3 et qui n'auoit ses plus pro*es luy clorre les yeux4 ,i'ay assez affaire me consol]1 sans auoir consol] autruy2 assez de p5ses en la te/e1 sans que les circon/ances m'en apport5t de n\uelles3 et assez de mati]e m'entret5ir1 sans l'emprunt]4 ,cette p>tie n'e/ pas du rolle de la societ3 c'e/ l'acte vn seul p]sonnage4 ,viuons et rions entre les no/res1 allons m\rir et re*ign] entre les inconnuz4 ,on tr\ue en payant1 qui v\s t\rne la te/e1 et qui v\s frotte les pi$s3 qui ne v\s presse qu'autant que v\s v\lez1 v\s pres5tant vn visage indiff]5t1 v\s laissant v\s g\u]n]1 et pla9dre vo/re mode4 ,ie me deffais t\s les i\rs p> disc\rs1 de cette humeur pu]ile et inhuma9e1 qui faict que n\s desirons d'esm\uoir p> nos maux1 la compassion et le dueil en nos amis4 ,n\s faisons valoir nos inconu5i5s outre leur mesure1 p\r attir] leurs l>mes4 ,et la f]met que n\s l\ons en *acun1 s\/5ir sa mauuaise =tune1 n\s l'accusons et repro*ons nos pro*es1 qu& c'e/ en la no/re4 ,n\s ne n\s cont5tons pas qu'ils se ress5t5t de nos maux1 si encores ils ne s'en afflig5t4 ,il faut e/5dre la ioye1 mais retran*] autant qu'on peut la tri/esse4 ,qui se faict pla9dre sans raison1 e/ homme p\r n'e/re pas pla9t1 qu& la raison y s]a4 ,c'e/ p\r n'e/re iamais pla9t1 que se pla9dre t\si\rs1 faisant si s\u5t le piteux1 qu'on ne soit pitoyable p]sonne4 ,qui se faict mort viuant1 e/ subiect d'e/re t5u p\r vif m\rant4 ,i'en ay veu pr5dre la *eure1 de ce qu'on leur tr\uoit le visage frais1 et le p\ls pos3 contra9dre leur ris1 p> ce qu'il trahissoit leur guairison3 et har la sant1 de ce qu'elle n'e/oit pas regrettable4 ,qui bi5 plus e/1 ce n'e/oy5t pas femmes4 ,ie repres5te mes maladies1 p\r le plus1 telles qu'elles sont1 et euite les p>oles de mauuais progno/ique1 et les exclamations composes4 ,s9on l'allegresse1 aumo9s la cont5ance rassise des assi/ans1 e/ propre1 pres d'vn sage malade4 ,p\r se voir en vn e/at contraire1 il n'entre po9t en qu]elle auec la sant4 ,il luy plai/ de la contempl] en autruy1 =te et enti]e2 et en i\yr au mo9s p> compagnie4 ,p\r se s5tir fondre contre-bas1 il ne reiecte pas du t\t les p5ses de la vie1 ny ne fuit les entreti5s communs4 ,ie veux e/udi] la maladie qu& ie suis sa93 qu& elle y e/1 elle faict son impression assez rele1 sans que mon imag9ation l'aide4 ,n\s n\s prep>ons auant la ma91 aux voyages que n\s entrepr5ons1 et y sommes resolus3 l'heure qu'il n\s faut mont] *eual1 n\s la donnons l'assi/ance1 et en sa faueur1 l'e/5dons4 ,ie s5s ce pr(fit inesp] de la publication de mes murs1 qu'elle me s]t aucunem5t de regle4 ,il me vi5t p> fois quelque consid]ation de ne trahir l'hi/oire de ma vie4 ,cette publique decl>ation1 m'oblige de me t5ir en ma r\te2 et ne desm5tir l'image de mes conditions3 communm5t mo9s desfigures et contr$ictes1 que ne porte la malignit1 et maladie des iugem5s d'aui\rd'huy4 ,l'vni=mit et simplesse de mes murs1 produict bi5 vn visage d'aise int]pretation1 mais p>ce que la faon en e/ vn peu n\uelle1 et hors d'vsage1 elle donne trop beau ieu la mesdisance4 ,si e/-il vray1 qu' qui me veut loyallem5t iniuri]1 il me semble f\rnir bi5 suffisamm5t1 o mordre1 en mes imp]fections aduoes1 et cogneus3 et dequoy s'y sa\l]1 sans s'esc>m\*] au v5t4 ,si p\r en preoccup] moy-mesme l'accusation1 et la desc\u]te1 il luy semble que ie luy esd5te sa morsure1 c'e/ raison qu'il pr5ne son droict1 v]s l'amplification et ext5tion4 ,l'(f5ce a ses droicts outre la iu/ice4 ,et que les vices dequoy ie luy montre des rac9es *ez moy1 il les grossisse en arbres4 ,qu'il y employe non seulem5t ceux qui me poss$5t1 mais ceux aussi qui ne font que me m5ass]4 ,iniurieux vices1 et en qualit1 et en nombre4 ,qu'il me batte p> l4 ,i'embrass]oy volonti]s l'exemple du philosophe ,dion4 ,antigonus le v\loit piqu] sur le subiet de son orig9e4 ,il luy c\pa bro*e3 ,ie suis1 dit-il1 fils d'vn s]f1 b\*]1 /igmatiz1 et d'vne puta91 que mon p]e esp\sa p> la bassesse de sa =tune4 ,t\s deux fur5t punis p\r quelque mesfaict4 ,vn orateur m'a*etta enfant1 me tr\uant beau et adu5ant3 et m'a laiss m\rant t\s ses bi5s2 lesquels ayant transport en cette ville d',a!nes1 ie me suis addonn la philosophie4 ,que les hi/ori5s ne s'empes*5t *]*] n\uelles de moy3 ie leur en diray ce qui en e/4 ,la confession g5]euse et libre1 en]ue le repro*e1 et des>me l'iniure4 ,tant y a que t\t cont1 il me semble qu'aussi s\u5t on me loe1 qu'on me desprise outre la raison4 ,comme il me semble aussi que ds mon enfance1 en rang et degr d'honneur1 on m'a donn lieu1 plu/o/ au dessus1 qu'au dess\bs de ce qui m'app>ti5t4 ,ie me tr\u]oy mieux en pas1 auquel ces ordres fuss5t ou reglez ou mesprisez4 ,entre les masles dpuis que l'alt]cation de la pr]ogatiue au m>*] ou se seoir1 passe trois repliques1 elle e/ inciuile4 ,ie ne cra9 po9t de c$] ou proc$] iniquem5t1 p\r fuir vne si importune conte/ation4 ,et iamais homme n'a eu enuie de ma presseance1 qui ie ne l'aye quitte4 ,outre ce pr(it1 que ie tire d'escrire de moy1 i'en ay esp] cet autre1 que s'il adu5oit que mes humeurs pleuss5t1 et accordass5t quelque honne/e homme1 auant mon trespas1 il re*]*]oit de n\s io9dre4 ,ie luy ay donn beauc\p de pas gaign3 c> t\t ce qu'vne longue cognoissance et famili>it1 luy p\rroit auoir acquis en plusieurs annes1 il l'a veu en trois i\rs dans ce regi/re1 et plus seurem5t et exactem5t4 ,plaisante fantasie3 plusieurs *oses1 que ie ne v\droy dire au p>ticuli]1 ie les dis au public4 ,et sur mes plus secretes sci5ces ou p5ses1 r5uoye vne b\tique de libraire1 mes amis plus feaux3 ,excuti5da damus prcordia4 ,si si bonnes enseignes1 i'eusse sceu quelqu'vn qui m'eu/ e/ propre1 c]tes ie l'eusse e/ tr\u] bi5 lo+4 ,c> la d\ceur d'vne sortable et aggreable compagnie1 ne se peut assez a*et] mon gr4 ,eh qu'e/-ce qu'vn amy6 ,combi5 e/ vraye cette anci5ne s5t5ce1 que l'vsage en e/ plus necessaire1 et plus d\x1 que des elem5s de l'eau et du feu6 ,p\r reu5ir mon conte4 ,il n'y a donc pas beauc\p de mal de m\rir lo+1 et "p4 ,si e/imons n\s deuoir de n\s retir] p\r des actions naturelles1 mo9s disgraties que cette-cy1 et mo9s hideuses4 ,mais encore ceux qui en vi5n5t l1 de tra9] languissans vn long espace de vie1 ne deuroi5t l'aduanture s\hait]1 d'empes*] de leur mis]e vne gr&e famille4 ,p\rtant les ,indois en c]ta9e pr\9ce1 e/imoi5t iu/e de tu] celuy1 qui s]oit tomb en telle necessit4 ,en vne autre de leurs pr\9ces1 ils l'ab&onnoi5t seul se sauu]1 comme il p\rroit4 ,a qui ne se r5d5t-ils en f9 ennuyeux et insupportables8 les (fices communs n'en vont po9t iusques l4 ,v\s appr5ez la cruaut p> =ce1 vos meilleurs amis3 durcissant et femme et enfans1 p> long vsage1 ne s5tir et pla9dre plus vos maux4 ,les s\spirs de ma *olique1 n'apport5t plus d'esmoy p]sonne4 ,et qu& n\s tir]ions quelque plaisir de leur conu]sation 7ce qui n'adui5t pas t\si\rs1 p\r la disp>it des conditions1 qui produict aism5t mespris ou enuie1 enu]s qui que ce soit7 n'e/-ce pas trop1 d'en abus] t\t vn aage8 ,plus ie les v]rois se contra9dre de bon cur p\r moy1 plus ie pla9drois leur pe9e4 ,n\s auons loy de n\s appuy]1 non pas de n\s c\*] si l\rdem5t sur autruy3 et n\s e/ay] en leur ruyne4 ,comme celuy qui faisoit esgorg] des petits enfans1 p\r se s]uir de leur sang1 gu>ir vne si5ne maladie4 ,ou cet autre1 qui on f\rnissoit des ieunes t5drons1 c\u] la nuict ses vieux membres3 et mesl] la d\ceur de leur hale9e1 la si5ne aigre et poisante4 ,la decrepitude e/ qualit solitaire4 ,ie suis sociable iusques l'excez4 ,si me semble-il raisonnable1 que me%uy ie s\/raye de la veu du monde1 mon importunit1 et la c\ue moy seul4 ,que ie m'appile et me recueille en ma coque1 comme les tortus3 i'appr5ne veoir les hommes1 sans m'y t5ir4 ,ie leur f]ois outrage en vn pas si p5dant4 ,il e/ temps de t\rn] le dos la compagnie4 ,mais en ces voyages v\s s]ez arre/ mis]ablem5t en vn caign>t1 o t\t v\s manqu]a4 ,la plus-"p des *oses necessaires1 ie les porte quant et moy4 ,et puis1 n\s ne saurions euit] la ,=tune1 si elle entrepr5d de n\s c\rre sus4 ,il ne me faut ri5 d'extraord9aire1 qu& ie suis malade4 ,ce que ,nature ne peut en moy1 ie ne veux pas qu'vn bolus le face4 ,t\t au comm5cem5t de mes fiures1 et des maladies qui m'att]r5t2 enti] encores1 et vois9 de la sant1 ie me reconcilie ,dieu1 p> les d]ni]s (fices ,*re/i5s4 ,et m'en tr\ue plus libre1 et des*>g2 me semblant en auoir d'autant meilleure raison de la maladie4 ,de notaire et de conseil1 il m'en faut mo9s que de m$ec9s4 ,ce que ie n'auray e/ably de mes affaires t\t sa91 qu'on ne s'att5de po9t que ie le face malade4 ,ce que ie veux faire p\r le s]uice de la mort1 e/ t\si\rs faict4 ,ie n'os]ois le dislay] d'vn seul i\r4 ,et s'il n'y a ri5 de faict1 c'e/ dire1 ou que le d\bte m'en aura ret>d le *oix3 c> p> fois1 c'e/ bi5 *oisir de ne *oisir pas3 ou que t\t faict1 ie n'auray ri5 v\lu faire4 ,i'escris mon liure peu d'hommes1 et peu d'annes4 ,si 'eu/ e/ vne mati]e de dure1 il l'eu/ fallu commettre vn langage plus f]me4 ,selon la v>iation cont9uelle1 qui a suiuy le no/re iusques cette heure1 qui peut esp]] que sa =me pres5te soit en vsage1 d'icy c9quante ans8 ,il esc\le t\ts les i\rs de nos ma9s3 et depuis que ie vis1 s'e/ alt] de moiti4 ,n\s disons1 qu'il e/ cette heure p>faict4 ,autant en dict du si51 *asque siecle4 ,ie n'ay g>de de l'en t5ir l tant qu'il fuira1 et s'ira dif=mant comme il faict4 ,c'e/ aux bons et vtiles escrits1 de le cl\] eux1 et ira son cr$it1 selon la =tune de no/re e/at4 ,p\rtant ne cra9s-ie po9t d'y ins]] plusieurs articles priuez1 qui consum5t leur vsage entre les hommes qui viu5t aui\rd'huy3 et qui t\*5t la p>ticuli]e sci5ce d'aucuns1 qui y v]ront plus auant1 que de la commune intellig5ce4 ,ie ne veux pas1 apres t\t1 comme ie vois s\u5t agit] la memoire des trespassez1 qu'on aille debattant3 ,il iugeoit1 il viuoit a9s93 il v\loit cecy3 s'il eu/ p>l sur sa f9 il eu/ dict1 il eu/ donn2 ie le cognoissois mieux que t\t autre4 ,or autant que la bi5-seance me le p]met1 ie fais icy s5tir mes incl9ations et affections4 ,mais plus librem5t1 et plus volonti]s1 le fais-ie de b\*e1 quiconque desire en e/re in=m4 ,tant y a1 qu'en ces memoires1 si on y reg>de1 on tr\u]a que i'ay t\t dit1 ou t\t design4 ,ce que ie ne puis exprim]1 ie le montre au doigt4 ,v]um animo satis hc ve/igia p>ua sagaci ,sunt1 p] qu possis cognosc]e ct]a tute4 ,ie ne laisse ri5 desir]1 et deu9] de moy4 ,si on doit s'en entret5ir1 ie veux que ce soit v]itablem5t et iu/em5t4 ,ie reuiundrois volonti]s de l'autre monde1 p\r dm5tir celuy1 qui me =m]oit autre que ie n'e/ois1 fu/-ce p\r m'honor]4 ,des viuans mesme1 ie s5s qu'on p>le t\si\rs autrem5t qu'ils ne sont4 ,et si t\te =ce1 ie n'eusse ma9t5u vn amy que i'ay p]du1 on me l'eu/ des*ir en mille contraires visages4 ,p\r a*eu] de dire mes foibles humeurs3 i'adu\1 qu'en voyageant1 ie n'arriue gu]e en logis1 o il ne me passe p> la fantasie1 si i'y p\rray e/re1 et malade1 et m\rant mon aise4 ,ie veux e/re log en lieu1 qui me soit bi5 p>ticuli]1 sans bruict1 non maussade1 ou fumeux1 ou e/\ff4 ,ie *]*e flatt] la mort1 p> ces friuoles circon/ances4 ,ou p\r mieux dire1 me des*>g] de t\t autre empes*em5t3 af9 que ie n'aye qu' m'att5dre elle1 qui me pois]a volonti]s assez1 sans autre re*>ge4 ,ie veux qu'elle ait sa "p l'aisance et commodit de ma vie4 ,c'en e/ vn gr& lop91 et d'importance1 et esp]e me%uy qu'il ne dem5tira pas le pass4 ,la mort a des =mes plus aises les vnes que les autres1 et pr5d diu]ses qualitez selon la fantasie de *acun4 ,entre les naturelles1 celle qui vi5t d'affoiblissem5t et appesantissem5t1 me semble molle et d\ce4 ,entre les viol5tes1 i'imag9e plus mal-aism5t vn precipice1 qu'vne rune qui m'accable3 et vn c\p tr5*ant d'vne espe1 qu'vne h>quebusade3 et eusse plu/o/ beu le breuuage de ,socrates1 que de me frap]1 comme ,caton4 ,et quoy que ce soit vn1 si s5t mon imag9ation diff]5ce1 comme de la mort la vie1 me iett] dans vne f\rnaise ard5te1 ou dans le canal d'vne platte riui]e4 ,tant sottem5t no/re cra9te reg>de plus au moy5 qu' l'effect4 ,ce n'e/ qu'vn in/ant2 mais il e/ de tel poix1 que ie donn]oy volonti]s plusieurs i\rs de ma vie1 p\r le pass] ma mode4 ,puisque la fantasie d'vn *acun tr\ue du plus et du mo9s1 en son aigreur3 puisque *acun a quelque *oix entre les =mes de m\rir1 essayons vn peu plus auant d'en tr\u] quelqu'vne des*>ge de t\t desplaisir4 ,p\rroit on pas la r5dre encore voluptueuse1 comme les comm\rans d',antonius et de ,cleopatra8 ,ie laisse "p les ef=ts que la philosophie1 et la religion produis5t1 aspres et exemplaires4 ,mais entre les hommes de peu1 il s'en e/ tr\u1 comme vn ,petronius1 et vn ,tigill9us ,rome1 engagez se donn] la mort1 qui l'ont comme endormie p> la mollesse de leurs appre/s4 ,ils l'ont faicte c\l] et gliss] p>my la las*et de leurs passetemps acc\/umez4 ,entre des g>ses et bons compagnons2 nul propos de consolation1 nulle m5tion de te/am5t1 nulle affectation ambitieuse de con/ance1 nul disc\rs de leur condition future3 p>my les ieux1 les fe/9s1 facecies1 entreti5s communs et populaires1 et la musique1 et des v]s am\reux4 ,ne saurions n\s imit] cette resolution en plus honne/e cont5ance8 ,puis qu'il y a des morts bonnes aux fols1 bonnes aux sages3 tr\uons-en qui soi5t bonnes ceux d'entre deux4 ,mon imag9ation m'en pres5te quelque visage facile1 et1 puis qu'il faut m\rir1 desirable4 ,les tyrans ,roma9s p5soi5t donn] la vie au crim9el1 qui ils donnoi5t le *oix de sa mort4 ,mais ,!ophra/e philosophe si delicat1 si mode/e1 si sage1 a-il pas e/ =c p> la raison1 d'os] dire ce v]s lat9is p> ,cic]on3 ,vitam regit =tuna1 non sapi5tia4 ,la =tune aide la facilit du m>* de ma vie3 l'ayant loge en tel po9ct1 qu'elle ne faict me%uy ny beso+ aux mi5s1 ny empes*em5t4 ,c'e/ vne condition que i'eusse accepte en t\tes les saisons de mon aage3 mais en cette occasion1 de tr\ss] mes bribes1 et de pli] bagage1 ie pr5s plus p>ticuli]em5t plaisir ne leur apport] ny plaisir ny deplaisir1 en m\rant4 ,elle a1 d'vne arti/e comp5sation1 faict1 que ceux qui peuu5t pret5dre quelque mat]iel fruict de ma mort1 en reoiu5t d'ailleurs1 conio9tem5t1 vne mat]ielle p]te4 ,la mort s'appesantit s\u5t en n\s1 de ce qu'elle poise aux autres3 et n\s int]esse de leur int]e/1 quasi autant que du no/re3 et plus et t\t p> fois4 ,en cette commodit de logis que ie *]*e1 ie n'y mesle pas la pompe et l'amplitude3 ie la hay plu/o/3 mais c]ta9e propriet simple1 qui se r5contre plus s\u5t aux lieux o il y a mo9s d'art1 et que ,nature honore de quelque grace t\te si5ne4 ,non amplit] s$ mundit] conuiuium4 ,plus salis qum sumptus4 ,et puis1 c'e/ faire ceux que les affaires entra95t en pla9 hyu]1 p> les ,grisons1 d'e/re surpris en *em9 en cette extremit4 ,moy qui le plus s\u5t voyage p\r mon plaisir1 ne me guide pas si mal4 ,s'il faict laid droicte1 ie pr5s gau*e3 si ie me tr\ue mal propre mont] *eual1 ie m'arre/e4 ,et faisant a9si1 ie ne vois la v]it ri51 qui ne soit aussi plaisant et commode que ma maison4 ,il e/ vray que ie tr\ue la sup]fluit t\si\rs sup]flu3 et rem>que de l'empes*em5t en la delicatesse mesme et en l'abondance4 ,ay-ie laiss quelque *ose voir d]ri]e moy1 i'y ret\rne3 c'e/ t\si\rs mon *em94 ,ie ne trace aucune ligne c]ta9e1 ny droicte ny c\rbe4 ,ne tr\ue-ie po9t o ie vay1 ce qu'on m'auoit dict8 comme il adui5t s\u5t que les iugem5s d'autruy ne s'accord5t pas aux mi5s1 et les ay tr\uez le plus s\u5t faux3 ie ne pla9s pas ma pe9e3 i'ay apris que ce qu'on disoit n'y e/ po9t4 ,i'ay la complexion du corps libre1 et le g\/ commun1 autant qu'homme du monde4 ,la diu]sit des faons d'vne nation autre1 ne me t\*e que p> le plaisir de la v>iet4 ,*aque vsage a sa raison4 ,soy5t des assietes d'e/a91 de bois1 de t]re3 b\illy ou ro/y2 beurre1 ou huyle1 de noix ou d'oliue1 *aut ou froit1 t\t m'e/ vn4 ,et si vn1 que vieillissant1 i'accuse cette g5]euse facult3 et auroy beso9 que la delicatesse et le *oix1 arre/a/ l'indiscretion de mon appetit1 et p> fois s\lagea/ mon e/oma*4 ,qu& i'ay e/ ailleurs qu'en ,france3 et que1 p\r me faire c\rtoisie1 on m'a dem&1 si ie v\loy e/re s]ui la ,franoise1 ie m'en suis mocqu1 et me suis t\si\rs iett aux tables les plus espesses d'e/rang]s4 ,i'ay honte de voir nos hommes1 enyurez de cette sotte humeur1 de s'eff>\*] des =mes contraires aux leurs4 ,il leur semble e/re hors de leur elem5t1 qu& ils sont hors de leur village4 ,o qu'ils aill5t1 ils se ti5n5t leurs faons1 et abom95t les e/rang]es4 ,retr\u5t ils vn compatriote en ,hongrie1 ils fe/oi5t cette auanture3 les voyla se r'ali]2 et se rec\dre ensemble2 condamn] tant de murs b>b>es qu'ils voy5t4 ,p\rquoy non b>b>es1 puis qu'elles ne sont ,franoises8 ,encore sont ce les plus habilles1 qui les ont recognus1 p\r en mesdire4 ,la plusp>t ne pr5n5t l'all] que p\r le v5ir4 ,ils voyag5t c\u]ts et ress]rez1 d'vne prud5ce taciturne et incommunicable1 se def5dans de la contagion d'vn air incogneu4 ,ce que ie dis de ceux l1 me ram5toit en *ose semblable1 ce que i'ay p> fois app]eu en aucuns de noz ieunes c\rtisans4 ,ils ne ti5n5t qu'aux hommes de leur sorte3 n\s reg>d5t comme g5s de l'autre monde1 auec desda91 ou piti4 ,o/ez leur les entreti5s des my/]es de la c\r1 ils sont hors de leur gibi]4 ,aussi neufs p\r n\s et malhabiles1 comme n\s sommes eux4 ,on dict bi5 vray1 qu'vn honne/e homme1 c'e/ vn homme mesl4 ,au reb\rs1 ie p]egr9e tressa\l de nos faons3 non p\r *]*] des ,gascons en ,sicile1 i'en ay assez laiss au logis3 ie *]*e des ,grecs plu/o/1 et des ,p]sans3 i'acco9te ceux-la1 ie les consid]e3 c'e/ l o ie me pre/e1 et o ie m'employe4 ,et qui plus e/1 il me semble1 que ie n'ay r5contr gu]e de mani]es1 qui ne vaill5t les no/res4 ,ie c\*e de peu3 c> pe9e ay-ie p]du mes giroettes de veu4 ,au demeurant1 la plus-"p des compaignies =tuites que v\s r5contrez en *em91 ont plus d'incommodit que de plaisir3 ie ne m'y atta*e po9t1 mo9s a/eure1 que la vieillesse me p>ticul>ise et seque/re aucunem5t1 des =mes communes4 ,v\s s\ffrez p\r autruy1 ou autruy p\r v\s4 ,l'vn et l'autre inconu5i5t e/ poisant1 mais le d]ni] me semble encore plus rude4 ,c'e/ vne r>e =tune1 mais de s\lagem5t ine/imable1 d'auoir vn honne/e homme1 d'ent5dem5t f]me1 et de murs con=mes aux vo/res1 qui aime v\s suiure4 ,i'en ay eu faute extreme1 en t\s mes voyages4 ,mais vne telle compaignie1 il la faut auoir *oisie et acquise ds le logis4 ,nul plaisir n'a saueur p\r moy sans communication4 ,il ne me vi5t pas seulem5t vne gaill>de p5se en l'ame1 qu'il ne me fas*e de l'auoir produite seul1 et n'ayant qui l'(frir4 ,si cum hac exceptione detur sapi5tia1 vt illam inclusam t5eam1 nec enuntiem1 reijciam4 ,l'autre l'auoit mont d'vn ton au dessus4 ,si contig]it ea vita sapi5ti1 vt omnium r]um afflu5tibus copijs1 quamuis omnia1 qu cognitione digna sunt1 summo otio secum ipse consid]et1 et contempletur1 tam5 si solitudo tanta sit1 vt hom9em vid]e non possit1 exc$at vita4 ,l'op9ion d',ar*ytas m'agre1 qu'il f]oit desplaisant au ciel mesme1 et se prom5] dans ces gr&s et diu9s corps cele/es1 sans l'assi/ance d'vn compaignon4 ,mais il vaut mieux encore e/re seul1 qu'en compaignie ennuyeuse et inepte4 ,ari/ippus s'aymoit viure e/rang] p> t\t1 ,me si fata meis pat]5tur duc]e vitam ,auspicijs1 ie *oisirois la pass] le cul sur la selle3 ,vis]e ge/i5s1 ,qua p>te debac*5tur ignes1 ,qua nebul pluuijque rores4 ,auez-v\s pas des passe-temps plus aisez8 dequoy auez-v\s faute8 ,vo/re maison e/-elle pas en bel air et sa91 suffisamm5t f\rnie1 et capable plus que suffisamm5t8 ,la maje/ ,royalle y a peu plus d'vne fois en sa pompe4 ,vo/re famille n'en laisse-elle pas en reglem5t1 plus au dess\bs d'elle1 qu'elle n'en a au dessus1 en em95ce8 ,y a il quelque p5se locale1 qui v\s vlc]e1 extraord9aire1 indige/ible8 ,qu te nunc coquat et vexet sub pectore fixa8 ,o cuidez-v\s p\uoir e/re sans empes*em5t et sans de/\rbi]8 ,nunquam simplicit] =tuna indulget4 ,voyez donc1 qu'il n'y a que v\s qui v\s empes*ez3 et v\s v\s suiurez p> t\t1 et v\s pla9drez p> t\t4 ,c> il n'y a satisfaction a bas1 que p\r les ames ou brutales ou diu9es4 ,qui n'a du cont5tem5t vne si iu/e occasion1 o p5se-il le tr\u]8 ,a combi5 de milli]s d'hommes1 arre/e vne telle condition que la vo/re1 le b de leurs s\haits8 ,re=mez v\s seulem5t3 c> en cela v\s p\uez t\t3 l o v\s n'aurez droict que de pati5ce1 enu]s la =tune4 ,nulla placida quies e/1 nisi quam ratio composuit4 ,ie voy la raison de cet adu]tissem5t1 et la voy tresbi54 ,mais on auroit plu/o/ faict1 et plus p]t9emm5t1 de me dire en vn mot3 ,soyez sage4 ,cette resolution1 e/ outre la sagesse3 c'e/ son ouurage1 et sa production4 ,a9si fait le m$ec91 qui va criaillant apres vn pauure malade languissant1 qu'il se resi\ysse3 il luy conseill]ait vn peu mo9s ineptem5t1 s'il luy disoit3 ,soyez sa94 ,p\r moy1 ie ne suis qu'homme de la commune sorte4 ,c'e/ vn precepte salutaire1 c]ta91 et d'aisee intellig5ce3 ,cont5tez v\s du vo/re3 c'e/ dire1 de la raison3 l'execution p\rtant1 n'en e/ non plus aux plus sages1 qu'en moy4 ,c'e/ vne p>ole populaire1 mais elle a vne t]rible e/5due4 ,que ne compr5d elle8 ,t\tes *oses tomb5t en discretion et modification4 ,ie say bi5 qu' le pr5dre la lettre1 ce plaisir de voyag]1 porte tesmoignage d'inquietude et d'irresolution4 ,aussi sont ce nos mai/resses qualitez1 et prdom9antes4 ,ouy2 ie le confesse3 ie ne vois ri5 seulem5t en songe1 et p> s\hait1 o ie me puisse t5ir4 ,la seule v>iet me paye1 et la possession de la diu]sit3 au mo9s si quelque *ose me paye4 ,a voyag]1 cela mesme me n\rrit1 que ie me puis arre/] sans int]e/3 et que i'ay o m'en diu]tir commodm5t4 ,i'ayme la vie priuee1 p> ce que c'e/ p> mon *oix que ie l'ayme1 non p> disconu5ance la vie publique3 qui e/ l'auanture1 autant selon ma complexion4 ,i'en s]s plus gayem5t mon ,pr9ce1 p> ce que c'e/ p> libre eslection de mon jugem5t1 et de ma raison1 sans obligation p>ticuli]e4 ,et que ie n'y suis pas reiect1 ny contra9ct1 p\r e/re irreceuable t\t autre p>ty1 et mal v\lu4 ,a9si du re/e4 ,ie hay les morceaux que la necessit me taille4 ,t\te commodit me ti5droit la gorge1 de laquelle seule i'aurois desp5dre3 ,alt] remus aquas1 alt] mihi radat ar5as4 ,vne seule corde ne m'arre/e iamais assez4 ,il y a de la vanit1 dites v\s1 en cet amusem5t4 ,mais o non8 ,et ces beaux preceptes1 sont vanit1 et vanit t\te la sagesse4 ,dom9us n\it cogitationes sapi5tium1 quoniam van sunt4 ,ces exquises subtilitez1 ne sont propres qu'au pres*e4 ,ce sont disc\rs qui n\s veul5t enuoy] t\s ba/ez en l'autre monde4 ,la vie e/ vn m\uem5t mat]iel et corporel3 action imp>faicte de sa propre ess5ce1 et desregle4 ,ie m'employe la s]uir selon elle4 ,quisque suos patimur manes4 ,sic e/ faci5dum1 vt contra naturam vniu]sam nihil cont5damus3 ea tam5 cons]uata1 propriam sequamur4 ,a quoy faire1 ces po9ctes esleues de la philosophie1 sur lesquelles1 aucun e/re huma9 ne se peut rasseoir3 et ces regles qui exc$5t no/re vsage et no/re =ce8 ,ie voy s\u5t qu'on n\s propose des images de vie1 lesquelles1 ny le proposant1 ny les auditeurs1 n'ont aucune esp]ance de suiure1 ny qui plus e/1 enuie4 ,de ce mesme papi] o il vi5t d'escrire l'arre/ de condemnation contre vn adult]e1 le iuge en desrobe vn lop91 p\r en faire vn p\let la femme de son compagnon4 ,celle qui v\s vi5drez de v\s frott] illicitem5t1 cri]a plus asprem5t1 tanto/1 en vo/re pres5ce mesme1 l'encontre d'vne p>eille faute de sa compaigne1 que ne f]oit ,porcie4 ,et tel condamne les hommes m\rir1 p\r des crimes1 qu'il n'e/ime po9t fautes4 ,i'ay veu en ma ieunesse1 vn galant homme1 pres5t] d'vne ma9 au peuple des v]s excell5s et en beaut et en desbordem5t2 et de l'autre ma9 en mesme in/ant1 la plus qu]eleuse re=mation !ologi5ne1 dequoy le monde se soit desieun il y a long temps4 ,les hommes vont a9s94 ,on laisse les loix1 et preceptes suiure leur voye1 n\s en t5ons vne autre4 ,non p> desreglem5t de murs seulem5t1 mais p> op9ion s\u5t1 et p> iugem5t contraire4 ,s5tez lire vn disc\rs de philosophie3 l'inu5tion1 l'eloqu5ce1 la p]t95ce1 frappe incont95t vo/re esprit1 et v\s esmeut4 ,il n'y a ri5 qui *at\ille ou poigne vo/re consci5ce3 ce n'e/ pas elle qu'on p>le4 ,e/-il pas vray8 ,si disoit ,ari/on1 que ny vne e/uue ny vne leon1 n'e/ d'aucun fruict si elle ne nettoye et ne decrasse4 ,on peut s'arre/] l'escorce3 mais c'e/ apres qu'on en a retir la m\elle4 ,comme apres auoir aual le bon v9 d'vne belle c\pe1 n\s en consid]ons les graueures et l'ouurage4 ,en t\tes les *ambres de la philosophie anci5ne1 cecy se tr\u]a1 qu'vn mesme ouuri]1 y publie des regles de temp]ance1 et publie ensemble des escrits d'am\r et desbau*e4 ,et ,x5ophon1 au giron de ,cl9ias1 escriuit contre la v]tu ,ari/ippique4 ,ce n'e/ pas qu'il y ait vne conu]sion miraculeuse1 qui les agite ondes4 ,mais c'e/ que ,solon se repres5te tanto/ soy-mesme1 tanto/ en =me de legislateur3 tanto/ il p>le p\r la presse1 tanto/ p\r soy4 ,et pr5d p\r soy les regles libres et naturelles1 s'asseurant d'vne sant f]me et enti]e4 ,cur5tur dubij m$icis maioribus gri4 ,anti/h5es p]met au sage d'aim]1 et faire sa mode ce1 qu'il tr\ue e/re opportun1 sans s'att5dre aux loix3 d'autant qu'il a meilleur aduis qu'elles1 et plus de cognoissance de la v]tu4 ,son disciple ,diog5es1 disoit1 oppos] aux p]turbations1 la raison3 =tune1 la confid5ce3 aux loix1 nature4 ,p\r les e/oma*s t5dres1 il faut des ordonnances contra9tes et artificielles4 ,les bons e/oma*s se s]u5t simplem5t1 des prescriptions de leur naturel appetit4 ,a9si font nos m$ec9s1 qui mang5t le melon et boiu5t le v9 fraiz1 ce p5dant qu'ils ti5n5t leur pati5t oblig au sirop et la panade4 ,ie ne say quels liures1 disoit la c\rtisanne ,lays1 quelle sapi5ce1 quelle philosophie1 mais ces g5s-l1 batt5t aussi s\u5t ma porte1 qu'aucuns autres4 ,d'autant que no/re lic5ce n\s porte t\si\rs au del de ce qui n\s e/ loisible1 et p]mis1 on a e/ressy s\u5t outre la raison vniu]selle1 les preceptes et loix de no/re vie4 ,nemo satis cr$it tantum del9qu]e1 quantum ,p]mittas4 ,il s]oit desir]1 qu'il y eu/ plus de proportion du comm&em5t l'obessance4 ,et semble la vise iniu/e1 laquelle on ne peut atte9dre4 ,il n'e/ si homme de bi51 qu'il mette l'exam5 des loix t\tes ses actions et p5ses1 qui ne soit p5dable dix fois en sa vie4 ,voire tel1 qu'il s]oit tres-gr& dommage1 et tres-iniu/e de punir et de p]dre4 ,ole1 quid ad te1 ,de cute quid faciat ille1 vel illa sua8 ,et tel p\rroit n'(f5c] po9t les loix1 qui n'en m]it]oit po9t la loange d'homme de v]tu3 et que la philosophie f]oit tres-iu/em5t foit]4 ,tant cette relation e/ tr\ble et inegale4 ,n\s n'auons g>de d'e/re g5s de bi5 selon ,dieu3 n\s ne le saurions e/re selon n\s4 ,l'huma9e sagesse1 n'arriua iamais aux deuoirs qu'elle s'e/oit elle mesme prescript4 ,et si elle y e/oit arriuee1 elle s'en prescriroit d'autres au del1 o elle aspira/ t\si\rs et pret5di/4 ,tant no/re e/at e/ ennemy de consi/ance4 ,l'homme s'ordonne soy mesme1 d'e/re necessairem5t en faute4 ,il n'e/ gu]e f91 de taill] son obligation1 la raison d'vn autre e/re1 que le si54 ,a qui prescript-il ce1 qu'il s'att5d que p]sonne ne face8 ,luy e/-il iniu/e de ne faire po9t ce qu'il luy e/ impossible de faire8 ,les loix qui n\s condamn5t1 ne p\uoir pas1 n\s condamn5t de ce que n\s ne p\uons pas4 ,au pis all]1 cette dif=me lib]t1 de se pres5t] deux endroicts1 et les actions d'vne faon1 les disc\rs de l'autre2 soit loisible ceux1 qui dis5t les *oses4 ,mais elle ne le peut e/re ceux1 qui se dis5t eux mesmes1 comme ie fais1 ,il faut que i'aille de la plume comme des pi$s4 ,la vie commune1 doibt auoir conf]5ce aux autres vies4 ,la v]tu de ,caton e/oit vig\reuse1 outre la raison de son siecle3 et vn homme qui se mesloit de g\u]n] les autres1 de/9 au s]uice commun2 il se p\rroit dire1 que c'e/oit vne iu/ice1 s9on iniu/e1 au mo9s va9e et hors de saison4 ,mes murs mesmes1 qui ne desconui5n5t de celles1 qui c\r5t1 pe9e de la l>geur d'vn p\lce1 me r5d5t p\rtant aucunem5t f>\*e mon aage1 et inassociable4 ,ie ne say pas1 si ie me tr\ue desg\t sans raison1 du monde1 que ie hante2 mais ie say bi51 que ce s]oit sans raison1 si ie me plaignoy1 qu'il fu/ desg\t de moy1 puis que ie le suis de luy4 ,la v]tu assignee aux affaires du monde1 e/ vne v]tu plusieurs plis1 encoigneures1 et c\ddes1 p\r s'appliqu] et io9dre l'huma9e foiblesse3 meslee et artificielle2 non droitte1 nette1 con/ante1 ny purem5t innoc5te4 ,les annales repro*5t iusques cette heure quelqu'vn de nos ,roys1 de s'e/re trop simplem5t laiss all] aux consci5cieuses p]suasions de son confesseur4 ,les affaires d'e/at ont des preceptes plus h>dis4 ,exeat aula1 ,qui vult esse pius4 ,i'ay autresfois essay d'employ] au s]uice des maniem5s publiques1 les op9ions et regles de viure1 a9si rudes1 neufues1 impolies ou impollues1 comme ie les ay nes *ez moy1 ou rapportees de mon in/itution et desquelles ie me s]s1 s9on si commodeem5t au mo9s seurem5t en p>ticuli]3 une v]tu s*ola/ique et n\ice3 ie les y ay tr\uees ineptes et dang]euses4 ,celuy qui va en la presse1 il faut qu'il gau*isse1 qu'il s]re ses c\ddes1 qu'il recule1 ou qu'il auance1 voire qu'il quitte le droict *em91 selon ce qu'il r5contre4 ,qu'il viue non tant selon soy1 que selon autruy3 non selon ce qu'il se propose1 mais selon ce qu'on luy propose3 selon le temps1 selon les hommes1 selon les affaires4 ,platon dit1 que qui es*appe1 brayes nettes1 du maniem5t du monde1 c'e/ p> miracle1 qu'il en es*appe4 ,et dit aussi1 que qu& il ordonne son philosophe *ef d'vne police1 il n'ent5d pas le dire d'vne police corrompue1 comme celle d',a!nes3 et encore bi5 mo9s1 comme la no/re1 enu]s lesquelles la sagesse mesme p]droit son ,lat94 ,et vne bonne h]be1 transplantee1 en solage =t diu]s sa condition1 se con=me bi5 plu/o/ iceluy1 qu'elle ne le re=me soy4 ,ie s5s que si i'auois me dress] t\t fait telles occupations1 il m'y faudroit beauc\p de *angem5t et de rabillage4 ,qu& ie p\rrois cela sur moy1 et p\rquoy ne le p\rrois ie1 auec le temps et le so+8 ie ne le v\drois pas4 ,de ce peu que ie me suis essay en cette vacation2 ie m'en suis d'autant deg\/4 ,ie me s5s fum] en l'ame p> fois1 aucunes t5tations v]s l'ambition3 mais ie me b&e et ob/9e au contraire3 ,at tu1 ,catulle1 ob/9atus obdura4 ,on ne m'y appelle gu]es1 et ie m'y conuie aussi peu4 ,la lib]t et l'oysiuet1 qui sont mes mai/resses qualitez1 sont qualitez1 diametralem5t contraires ce me/i] l4 ,n\s ne sauons pas di/+u] les facultez des hommes4 ,elles ont des diuisions1 et bornes1 mal-aysees *oisir et delicates4 ,de conclurre p> la suffisance d'vne vie p>ticuli]e1 quelque suffisance l'vsage public1 c'e/ mal conclud4 ,tel se conduict bi51 qui ne conduict pas bi5 les autres3 et faict des ,essais1 qui ne sauroit faire des effects4 ,tel dresse bi5 vn siege1 qui dress]oit mal vne bataille3 et disc\rt bi5 en priu1 qui h>angu]oit mal ou vn peuple ou vn ,pr9ce4 ,voire l'auanture1 e/-ce plu/o/ tesmoignage celuy qui peut l'vn1 de ne p\uoir po9t l'autre1 qu'autrem5t4 ,ie tr\ue que les esprits hauts1 ne sont de gu]e mo9s aptes aux *oses basses1 que les bas esprits aux hautes4 ,e/oit-il croire1 que ,socrates eu/ appre/ aux ,a!ni5s mati]e de rire ses desp5s1 p\r n'auoir onques seu comput] les suffrages de sa tribu1 et en faire rapport au conseil8 ,c]tes la v5]ation1 en quoy i'ay les p]fections de ce p]sonnage1 m]ite1 que sa =tune f\rnisse l'excuse de mes pr9cipales imp]fections1 vn si magnifique exemple4 ,no/re suffisance e/ detaillee m5ues pieces4 ,la mi5ne n'a po9t de latitude1 et si e/ *etifue en nombre4 ,saturn9us1 ceux qui luy auoi5t def] t\t comm&em5t3 ,compaignons1 fit-il1 v\s auez p]du vn bon capita9e1 p\r en faire vn mauvais g5]al d'armee4 ,qui se vante1 en vn temps malade1 comme ce/uy-cy1 d'employ] au s]uice du monde1 vne v]tu naifue et s9c]e3 ou il ne la cognoi/ pas1 les op9ions se corrompans auec les murs 7de vray1 oyez la leur pe9dre1 oyez la plusp>t se glorifi] de leurs deportem5s1 et =m] leurs regles2 au lieu de pe9dre la v]tu1 ils peign5t l'iniu/ice t\te pure et le vice3 et la pres5t5t a9si fauce l'in/itution des ,pr9ces7 ou s'il la cognoi/1 il se vante tort3 et quoy qu'il die1 faict mille *oses1 dequoy sa consci5ce l'accuse4 ,ie croirois volonti]s ,s5eca de l'exp]i5ce qu'il en fit en p>eille occasion1 p\rueu qu'il m'en v\lu/ p>l] cur ouu]t4 ,la plus honnorable m>que de bont1 en vne telle necessit1 c'e/ recognoi/re librem5t sa faute1 et celle d'autruy3 appuy] et ret>d] de sa puissance1 l'incl9ation v]s le mal3 suyure enuis cette p5te1 mieux esp]] et mieux desir]4 ,i'app]ois en ces desmembrem5s de la ,france1 et diuisions1 o n\s sommes tombez1 *acun se trauaill] deff5dre sa cause3 mais iusques aux meilleurs1 auec desguisem5t et m5songe4 ,qui en escriroit rondem5t1 en escriroit tem]airem5t et vitieusem5t4 ,le plus iu/e p>ty1 si e/-ce encore le membre d'vn corps v]m\lu et v]eux4 ,mais d'vn tel corps1 le membre mo9s malade s'appelle sa93 et bon droit1 d'autant que nos qualitez n'ont tiltre qu'en la comp>aison4 ,l'innoc5ce ciuile1 se mesure selon les lieux et saisons4 ,i'aym]ois bi5 voir en ,x5ophon1 vne telle loange d',agesilaus4 ,e/ant pri p> vn ,pr9ce vois91 auec lequel il auoit autresfois e/ en gu]re1 de le laiss] pass] en ses t]res1 il l'octroya3 luy donnant passage trau]s le ,peloponnese3 et non seulem5t ne l'emprisonna ou empoisonna1 le t5ant sa m]cy3 mais l'accueillit c\rtoisem5t1 suyuant l'obligation de sa promesse1 sans luy faire (f5ce4 ,a ces humeurs l1 ce ne s]oit ri5 dire4 ,ailleurs et en autre temps1 il se f]a conte de la fran*ise1 et magnanimit d'vne telle action4 ,ces bab\yns capettes s'en fuss5t moquez4 ,si peu retire l'innoc5ce ,sp>ta9e la ,franoise4 ,n\s ne laissons pas d'auoir des hommes v]tueux3 mais c'e/ selon n\s4 ,qui a ses murs e/ablies en reglem5t au dessus de son siecle3 ou qu'il torde1 et m\sse ses regles3 ou1 ce que ie luy conseille plu/o/1 qu'il se retire qu>ti]1 et ne se mesle po9t de n\s4 ,qu'y gaign]oit-il8 ,egregium sanctmque virum si c]no1 bimembri ,hoc mon/rum pu]o1 et miranti iam sub aratro ,piscibus inu5tis1 et ft comp>o mul4 ,on peut regrett] les meilleurs temps3 mais non pas fuyr aux pres5s3 on peut desir] autres magi/rats1 mais il faut ce nonob/ant1 obeyr ceux icy4 ,et l'aduanture y a il plus de recomm5dation d'obeyr aux mauuais1 qu'aux bons4 ,autant que l'image des loix receus1 et anci5nes de cette mon>*ie1 reluyra en quelque co91 m'y voila plant4 ,si elles vi5n5t p> malheur1 se contr$ire1 et empes*] entr'elles1 et produire deux p>ts1 de *ois d\bteux1 et difficile3 mon election s]a volonti]s1 d'es*app]1 et me desrob] cette tempe/e4 ,nature m'y p\rra pre/] ce p5dant la ma93 ou les haz>ds de la gu]re4 ,entre ,cs> et ,pompeius1 ie me fusse fran*em5t decl>4 ,mais entre ces trois voleurs1 qui v9dr5t depuis1 ou il eu/ fallu se ca*]1 ou suyure le v5t4 ,ce que i'e/ime loisible1 qu& la raison ne guide plus4 ,quo diu]sus abis8 ,cette f>cisseure1 e/ vn peu hors de mon !me4 ,ie m'esg>e3 mais plu/o/ p> lic5ce1 que p> mesg>de4 ,mes fantasies se suyu5t3 mais p> fois c'e/ de lo+3 et se reg>d5t1 mais d'vne veu oblique4 ,i'ay pass les yeux sur tel dialogue de ,platon3 mi p>ty d'vne fanta/ique big>rure3 le deuant l'am\r1 t\t le bas la rhetorique4 ,ils ne craign5t po9t ces muances3 et ont vne m]ueilleuse grace se laiss] a9si r\ll] au v5t3 ou le sembl]4 ,les noms de mes *apitres n'en embrass5t pas t\si\rs la mati]e3 s\u5t ils la d5ot5t seulem5t1 p> quelque m>que3 comme ces autres l',&rie1 l',eunu*e2 ou ceux cy1 ,sylla1 ,cic]o1 ,torquatus4 ,i'ayme l'alleure potique1 sauts et gambades4 ,c'e/ vn art1 comme dit ,platon1 leg]1 volage1 demoniacle4 ,il e/ des ouurages en ,plut>que1 o il oublie son !me1 o le propos de son argum5t ne se tr\ue que p> incid5t1 t\t e/\ff en mati]e e/rang]e4 ,voyez ses alleures au ,dmon de ,socrates4 ,o ,dieu1 que ces gaill>des escapades1 que cette v>iation a de beaut3 et plus lors1 que plus elle retire au non*alant et =tuit6 ,c'e/ l'indilig5t lecteur1 qui p]d mon subiect2 non pas moy4 ,il s'en tr\u]a t\si\rs en vn co+ quelque mot1 qui ne laisse pas d'e/re ba/ant1 quoy qu'il soit s]r4 ,ie vois au *ange1 indiscrettem5t et tumultuairem5t3 mon /ile1 et mon esprit1 vont vagabondant de mesmes4 ,il faut auoir vn peu de folie1 qui ne veut auoir plus de sottise3 dis5t1 et les preceptes de nos mai/res1 et encores plus leurs exemples4 ,mille potes tra95t et languiss5t la prosaque1 mais la meilleure prose anci5ne1 et ie la seme ceans indiff]emm5t p\r v]s1 reluit p> t\t1 de la vigueur et h>diesse potique1 et repres5te quelque air de sa fureur4 ,il luy faut c]tes quitt] la mai/rise1 et preem95ce en la p>l]ie4 ,le pote1 dit ,platon1 assis sur le trepi$ des ,muses1 v]se de furie1 t\t ce qui luy vi5t en la b\*e3 comme la g>g\lle d'vne fonta9e1 sans le rum9] et pois]3 et luy es*appe des *oses1 de diu]se c\leur1 de contraire sub/ance1 et d'vn c\rs rompu4 ,et la vieille !ologie e/ t\te posie1 dis5t les sauants1 et la premi]e philosophie4 ,c'e/ l'orig9el langage des ,dieux4 ,i'ent5ds que la mati]e se di/+ue soy-mesmes4 ,elle montre assez o elle se *ange1 o elle conclud1 o elle comm5ce1 o elle se repr5d3 sans l'entrelass] de p>olles1 de liaison1 et de c\/ure1 introduictes p\r le s]uice des oreilles foibles1 ou non*allantes3 et sans me glos] moy-mesme4 ,qui e/ celuy1 qui n'ayme mieux n'e/re pas leu1 que de l'e/re en dormant ou en fuyant8 ,nihil e/ tam vtile1 quod 9 transitu prosit4 ,si pr5dre des liures1 e/oit les appr5dre3 et si les veoir1 e/oit les reg>d]3 et les p>c\rir1 les saisir1 i'auroy tort de me faire du t\t si ignorant que ie dy4 ,puisque ie ne puis arre/] l'att5tion du lecteur p> le poix3 manco male1 s'il adui5t que ie l'arre/e p> mon embr\lleure4 ,voire mais1 il se rep5tira p> apres1 de s'y e/re amus4 ,c'e/ mon3 mais il s'y s]a t\si\rs amus4 ,et puis il e/ des humeurs comme cela1 qui l'intellig5ce porte desda93 qui m'en e/im]ont mieux de ce qu'ils ne sauront ce que ie dis3 ils conclurront la pr(ondeur de mon s5s1 p> l'obscurit4 ,laquelle p>l] en bon esci5t1 ie hay bi5 =t3 et l'euit]ois1 si ie me sauois euit]4 ,ari/ote se vante en quelque lieu1 de l'affect]4 ,vitieuse affectation4 ,p> ce que la c\pure si frequ5te des *apitres1 dequoy i'vsoy au comm5cem5t1 m'a sembl rompre l'att5tion auant qu'elle soit ne1 et la diss\dre3 d$aignant s'y c\*] p\r si peu1 et se recueillir3 ie me suis mis les faire plus longs3 qui requi]5t de la proposition et du loisir assign4 ,en telle occupation1 qui on ne veut donn] vne seule heure1 on ne veut ri5 donn]4 ,et ne fait on ri5 p\r celuy1 p\r qui on ne fait1 qu'autre *ose faisant4 ,io9t1 qu' l'adu5ture ay-ie quelque obligation p>ticuli]e1 ne dire qu' demy1 dire confusem5t1 dire discordamm5t4 ,ie veux donq mal cette raison tr\ble-fe/e4 ,et ces proiects extrauagants qui trauaill5t la vie1 et ces op9ions si f9es1 si elles ont de la v]it2 ie la tr\ue trop *]e et trop incommode4 ,au reb\rs3 ie m'employe faire valoir la vanit mesme1 et l'asn]ie1 si elle m'apporte du plaisir4 ,et me laisse all] apres mes incl9ations naturelles sans les contr]oll] de si pres4 ,i'ay veu ailleurs des maisons ruynes1 et des /atues1 et du ciel et de la t]re3 ce sont t\si\rs des hommes4 ,t\t cela e/ vray3 et si p\rtant ne sauroy reuoir si s\u5t le tombeau de cette ville1 si gr&e1 et si puissante1 que ie ne l'admire et reu]e4 ,le so+ des morts n\s e/ en recomm&ation4 ,or i'ay e/ n\rry des mon enfance1 auec ceux icy4 ,i'ay eu cognoissance des affaires de ,rome1 longtemps auant que ie l'ay eu de ceux de ma maison4 ,ie sauois le ,capitole et son plant1 auant que ie sceusse le ,l\ure3 et le ,tibre auant la ,se9e4 ,j'ay eu plus en te/e1 les conditions et =tunes de ,lucullus1 ,metellus1 et ,scipion1 que ie n'ay d'aucuns hommes des no/res4 ,ils sont tres passez4 ,si e/ bi5 mon p]e3 aussi enti]em5t qu'eux3 et s'e/ esloign de moy1 et de la vie1 autant en dixhuict ans1 que ceux-l ont faict en seize c5s3 duquel p\rtant ie ne laisse pas d'embrass] et practiqu] la memoire1 l'amiti et societ1 d'vne p>faicte vnion et tres-viue4 ,voire1 de mon humeur1 ie me r5ds plus (ficieux enu]s les trespassez4 ,ils ne s'ayd5t plus1 ils en requi]5t ce me semble d'autant plus mon ayde4 ,la gratitude e/ l1 iu/em5t en son lu/re4 ,le bi5-faict e/ mo9s ri*em5t assign1 o il y a retrogradation1 et reflexion4 ,arcesilaus visitant ,ctesibius malade1 et le tr\uant en pauure e/at1 luy f\rra t\t bellem5t s\bs le *euet du lict1 de l'arg5t qu'il luy donnoit4 ,et en le luy celant1 luy donnoit en outre1 quittance de luy en sauoir gr4 ,ceux qui ont m]it de moy1 de l'amiti et de la recognoissance1 ne l'ont iamais p]due p\r n'y e/re plus3 ie les ay mieux payez1 et plus soigneusem5t1 abs5s et ignorans4 ,ie p>le plus affectueusem5t de mes amis1 qu& il n'y a plus de moy5 qu'ils le sa*5t4 ,or i'ay attaqu c5t qu]elles p\r la deff5ce de ,pompeius1 et p\r la cause de ,brutus4 ,cette acco9tance dure encore entre n\s4 ,les *oses pres5tes mesmes1 n\s ne les t5ons que p> la fantasie4 ,me tr\uant inutile ce siecle ie me reiecte cet autre4 ,et en suis si embab\yn1 que l'e/at de cette vieille ,rome1 libre1 iu/e1 et florissante1 c> ie n'en ayme1 ny la naissance1 ny la vieillesse1 m'int]esse et me passionne4 ,p>quoy ie ne sauroy reuoir si s\u5t1 l'assiette de leurs rues1 et de leurs maisons1 et ces ruynes pr(ondes iusques aux ,antipodes1 que ie ne m'y amuse4 ,e/-ce p> nature1 ou p> erreur de fantasie1 que la veu des places1 que n\s sauons auoir e/ hantes et habites p> p]sonnes1 desquelles la memoire e/ en recomm5dation1 n\s emeut aucunem5t plus1 qu'our le recit de leurs faicts1 ou lire leurs escrits8 ,tanta vis admonitionis ine/ 9 locis6 ,et id quidem 9 hac vrbe inf9itum3 quacumque enim +r$imur1 9 aliquam hi/oriam ve/igium ponimus4 ,il me plai/ de consid]] leur visage1 leur port1 et leurs ve/em5ts4 ,ie remas*e ces gr&s noms entre les d5ts1 et les fais ret5tir mes oreilles4 ,ego illos v5]or1 et tantis nom9ibus semp] assurgo4 ,des *oses qui sont en quelque p>tie gr&es et admirables1 i'en admire les p>ties mesmes communes4 ,ie les visse volonti]s deuis]1 prom5]1 et s\pp]4 ,ce s]oit +ratitude1 de mespris] les reliques1 et images de tant d'honne/es hommes1 et si valeureux lesquels i'ay veu viure et m\rir3 et qui n\s donn5t tant de bonnes in/ructions p> leur exemple1 si n\s les sauions suyure4 ,et puis cette mesme ,rome que n\s voyons1 m]ite qu'on l'ayme4 ,conf$]e de si long temps1 et p> tant de tiltres1 no/re c\ronne4 ,seule ville commune1 et vniu]selle4 ,le magi/rat s\u]a9 qui y comm&e1 e/ recognu p>eillem5t ailleurs3 c'e/ la ville metropolita9e de t\tes les nations ,*re/i5nes4 ,l',espaignol et le ,franois1 *acun y e/ *ez soy4 ,p\r e/re des ,pr9ces de cet e/at1 il ne faut qu'e/re de ,*re/i5t1 o qu'elle soit4 ,il n'e/ lieu bas1 que le ciel ayt embrass auec telle influ5ce de faueur1 et telle con/ance4 ,sa ruyne mesme e/ glorieuse et enfle4 ,laud&is preciosior ru9is4 ,encore reti5t elle au tombeau des m>ques et image d'empire4 ,vt palam sit vno 9 loco gaud5tis opus esse natur4 ,quelqu'vn se blasm]oit1 et se mut9]oit en soy-mesme1 de se s5tir *at\ll] d'vn si va9 plaisir4 ,nos humeurs ne sont pas trop va9es1 qui sont plaisantes4 ,quelles qu'elles soy5t qui cont5t5t con/amm5t vn homme capable de s5s commun1 ie ne saurois auoir le cur de le pla9dre4 ,ie doibs beauc\p la ,=tune1 dequoy iusques cette heure1 elle n'a ri5 fait contre moy d'outrageux au del de ma porte4 ,s]oit ce pas sa faon1 de laiss] en paix1 ceux de qui elle n'e/ po9t importune8 ,quanto quisque sibi plura negau]it1 ,a ,diis plura f]et3 nil cupi5tium ,nudus ca/ra peto3 multa pet5tibus1 ,desunt multa4 ,si elle cont9ue1 elle me r'enuoy]a tres-cont5t et satisfaict1 ,nihil supra ,deos lacesso4 ,mais g>e le heurt4 ,il en e/ mille qui romp5t au port4 ,ie me console aisem5t1 de ce qui adui5dra icy1 qu& ie n'y s]ay plus4 ,les *oses pres5tes m'embesongn5t assez1 ,=tun ct]a m&o4 ,aussi n'ay-ie po9t cette =te liaison1 qu'on dit atta*] les hommes l'adu5ir1 p> les enfans qui port5t leur nom1 et leur honneur4 ,et en doibs desir] l'auanture d'autant mo9s1 s'ils sont si desirables4 ,ie ne ti5s que trop au monde1 et cette vie p> moy-mesme4 ,ie me cont5te d'e/re en prise de la ,=tune1 p> les circon/ances proprem5t necessaires mon e/re1 sans luy along] p> ailleurs sa iurisdiction sur moy4 ,et n'ay iamais e/im qu'e/re sans enfans1 fu/ vn defaut qui deu/ r5dre la vie mo9s complete1 et mo9s cont5te4 ,la vacation /]ile1 a bi5 aussi ses commoditez4 ,les enfans sont du nombre des *oses1 qui n'ont pas =t dequoy e/re desires1 notamm5t cette heure1 qu'il s]oit si difficile de les r5dre bons4 ,bona iam nec nasci licet1 ita corrupta sunt sem9a4 ,et si ont iu/em5t dequoy e/re regrettes1 qui les p]d1 apres les auoir acquises4 ,celuy qui me laissa ma maison en *>ge1 progno/iquoit que ie la deusse ruyn]1 reg>dant mon humeur1 si peu casani]e4 ,il se trompa2 me voicy comme i'y entray3 s9on vn peu mieux4 ,sans (fice p\rtant et sans b5efice4 ,au demeurant1 si la ,=tune ne m'a faict aucune (f5ce viol5te1 et extraord9aire1 aussi n'a-elle pas de grace4 ,t\t ce qu'il y a de ses dons *ez n\s1 il y e/ auant moy1 et au del de c5t ans4 ,ie n'ay p>ticuli]em5t aucun bi5 ess5tiel1 et solide1 que ie doiue sa lib]alit4 ,elle m'a faict quelques faueurs v5teuses1 honnoraires1 et titulaires1 sans sub/ance4 ,et me les a aussi la v]it1 non pas accordes1 mais (f]tes4 ,dieu sait1 moy3 qui suis t\t mat]iel1 qui ne me paye que de la realit1 encores bi5 massiue3 et qui1 si ie l'osois confess]1 ne tr\u]ois l'au>ice1 gu]e mo9s excusable que l'ambition3 ny la d\leur1 mo9s euitable que la honte3 ny la sant1 mo9s desirable que la doctr9e3 ou la ri*esse1 que la noblesse4 ,p>my ses faueurs va9es1 ie n'en ay po9t qui plaise tant cette niaise humeur1 qui s'en pai/ *ez moy1 qu'vne bulle au!ntique de b\rgeoisie ,roma9e3 qui me fut octroye d]ni]em5t que i'y e/ois1 pompeuse en seaux1 et lettres dores3 et octroye auec t\te gratieuse lib]alit4 ,et p> ce qu'elles se donn5t en diu]s /ile1 plus ou mo9s fauorable3 et qu'auant que i'en eusse veu1 i'eusse e/ bi5 aise1 qu'on m'en eu/ montr vn =mulaire3 ie veux1 p\r satisfaire quelqu'vn1 s'il s'en tr\ue malade de p>eille curiosit la mi5ne1 la transcrire icy en sa =me4 ,quod ,horatius ,maximus1 ,m>tius ,cecius1 ,alex&] ,mutus1 alm vrbis cons]uatores de ,illu/rissimo viro ,mi*ale ,montano equite sancti ,mi*alis1 et cubiculo ,regis ,*ri/ianissimi1 ,romana ,ciuitate don&o1 ad ,s5atum retul]unt1 ,s4 ,p4 ,q4 ,r4 de ea re ita fi]i c5suit4 ,,cvm1 vet]i m et in/ituto1 cupid illi semp] /udiosque suscepti s9t1 qui1 virtute ac nobilitate pr/antes1 magno ,reip4 no/r vsui atque ornam5to fuiss5t1 vel esse aliqu&o poss5t3 ,nos1 maiorum no/rorum exemplo atque auctoritate p]moti1 prcl>am hanc consuetud9em nobis imit&am ac s]u&am =e c5semus4 ,quamobrem cum ,illu/rissimus ,mi*al ,montanus1 ,eques sancti ,mi*alis1 et a cubiculo ,regis ,*ri/ianissimi ,romani nom9is /udiosissimus1 et famili laude atque spl5dore et propriis virtutum m]itis dignissimus sit1 qui summo ,s5atus ,populique ,romani iudicio ac /udio 9 ,romanam ,ciuitatem adsciscatur2 plac]e ,s5atui ,p4 ,q4 ,r4 ,illu/rissimum ,mi*alem ,montanum rebus omnibus ornatissimum1 atque huic inclyto populo *>issimum1 ipsum po/]osque 9 ,romanam ,ciuitatem adscribi1 orn>ique omnibus et prmiis et honoribus1 quibus illi fruuntur1 qui ,ciues ,patriciique ,romani nati aut iure optimo facti sunt4 ,9 quo c5s]e ,s5atum ,p4 ,q4 ,r4 se non tam illi ,ius ,ciuitatis l>giri qum debitum tribu]e1 neque magis b5eficium d>e qum ab ipso accip]e1 qui hoc ,ciuitatis mun]e accipi5do1 s+ul>i ,ciuitatem ipsam ornam5to atque honore affec]it4 ,quam quidem ,s4 ,c4 auctoritatem iidem ,cons]uatores p] ,s5atus ,p4 ,q4 ,r4 scribas 9 acta ref]ri atque 9 ,capitolij curia s]u>i1 priuilegiumque huiusmodi fi]i1 solitoque vrbis sigillo communiri cur>unt4 ,anno ab vrbe condita ,,cx,,cccxxxi1 po/ ,*ri/um natum ,m4 ,d4 ,,lxxxi4 ,,iii4 ,idus ,m>tij4 ,horatius ,fuscus sacri ,s4 ,p4 ,q4 ,r4 scriba4 ,v9c5t4 ,m>?olus sacri ,s4 ,p4 ,q4 ,r4 scriba4 ,n'e/ant b\rgeois d'aucune ville1 ie suis bi5 aise de l'e/re de la plus noble qui fut et qui s]a onques4 ,si les autres se reg>doi5t att5tiuem5t1 comme ie fay1 ils se tr\u]oi5t comme ie fay1 ple9s d'inanit et de fadaise4 ,de m'en deffaire1 ie ne puis1 sans me deffaire moy-mesmes4 ,n\s en sommes t\s confits1 tant les vns que les autres4 ,mais ceux qui le s5t5t1 en ont vn peu meilleur compte3 encore ne say-ie4 ,cette op9ion et vsance commune1 de reg>d] ailleurs qu' n\s1 a bi5 p\rueu no/re affaire4 ,c'e/ vn obiect ple9 de mescont5tem5t4 ,n\s n'y voyons que mis]e et vanit4 ,p\r ne n\s descon=t]1 ,nature a reiett bi5 propos1 l'action de no/re veu1 au dehors4 ,n\s allons en auant vau l'eau1 mais de rebr\ss] v]s n\s1 no/re c\rse1 c'e/ vn m\uem5t p5ible3 la m] se br\ille et s'empes*e a9si1 qu& elle e/ rep\sse soy4 ,reg>dez1 dict *acun1 les branles du ciel3 reg>dez au public3 la qu]elle de ce/uy-l3 au p\ls d'vn tel3 au te/am5t de cet autre3 somme reg>dez t\si\rs haut ou bas1 ou co/1 ou deuant1 ou d]ri]e v\s4 ,c'e/oit vn comm&em5t p>adoxe1 que n\s faisoit anci5nem5t ce ,dieu ,delphes3 ,reg>dez dans v\s1 recognoissez v\s1 t5ez v\s v\s4 ,vo/re esprit1 et vo/re volont1 qui se consomme ailleurs1 ram5ez la en soy3 v\s v\s esc\lez1 v\s v\s resp&ez3 appilez v\s1 s\/5ez v\s3 on v\s trahit1 on v\s dissipe1 on v\s desrobe v\s4 ,voy tu pas1 que ce monde ti5t t\tes ses veus contra9tes au d$ans1 et ses yeux ouu]ts se contempl] soy-mesme8 ,c'e/ t\si\rs vanit p\r toy1 d$ans et dehors3 mais elle e/ mo9s vanit1 qu& elle e/ mo9s e/5due4 ,sauf toy1 homme1 disoit ce ,dieu1 *asque *ose s'e/udie la premi]e1 et a selon son beso91 des limites ses trauaux et desirs4 ,il n'en e/ vne seule si vuide et necessiteuse que toy1 qui embrasses l'vniu]s4 ,tu s le scrutateur sans cognoissance3 le magi/rat sans iuridiction3 et apres t\t1 le bad9 de la f>ce4 ,,*apitre ,x4 ,de mesnag] sa volont4 ,,av prix du commun des hommes1 peu de *oses me t\*5t3 ou p\r mieux dire1 me ti5n5t4 ,c> c'e/ raison qu'elles t\*5t1 p\rueu qu'elles ne n\s poss$5t4 ,i'ay gr& so9 d'augm5t] p> e/ude1 et p> disc\rs1 ce priuilege d'ins5sibilit1 qui e/ naturellem5t bi5 auanc en moy4 ,i'esp\se1 et me passionne p> consequ5t1 de peu de *oses4 ,i'ay la veu cl]e3 mais ie l'atta*e peu d'obiects3 le s5s delicat et mol3 mais l'appreh5sion et l'application1 ie l'ay dure et s\rde4 ,ie m'engage difficilem5t4 ,autant que ie puis ie m'employe t\t moy4 ,et en ce subiect mesme1 ie brid]ois p\rtant et s\/i5drois volonti]s1 mon affection1 qu'elle ne s'y plonge trop enti]e3 puis que c'e/ vn subiect1 que ie poss$e la m]cy d'autruy1 et sur lequel la ,=tune a plus de droict que ie n'ay4 ,de mani]e1 que iusques la sant1 que i'e/ime tant1 il me s]oit beso+1 de ne la pas desir]1 et m'y addonn] si furieusem5t1 que i'en tr\ue les maladies importables4 ,on se doibt mod]]1 entre la ha9e de la d\leur1 et l'am\r de la volupt4 ,et ordonne ,platon vne moy5ne r\te de vie entre les deux4 ,mais aux affections qui me di/ray5t de moy1 et atta*5t ailleurs1 celles l c]tes m'oppose-ie de t\te ma =ce4 ,mon op9ion e/1 qu'il se faut pre/] autruy1 et ne se donn] qu' soy-mesme4 ,si ma volont se tr\uoit ayse s'hypo!qu] et s'appliqu]1 ie n'y dur]ois pas4 ,ie suis trop t5dre1 et p> nature et p> vsage1 ,fugax r]um1 securque 9 otia natus4 ,les debats conte/ez et op9ia/rez1 qui donn]oi5t en f9 aduantage mon adu]saire2 l'issue qui r5droit honteuse ma *aulde p\rsuitte1 me rong]oit l'aduanture bi5 cruellem5t4 ,si ie mordois mesme1 comme font les autres2 mon ame n'auroit iamais la =ce de port] les al>mes1 et emotions1 qui suyu5t ceux qui embrass5t tant4 ,elle s]oit incont95t disloque p> cette agitation inte/9e4 ,si quelquefois on m'a p\ss au maniem5t d'affaires e/rang]es1 i'ay promis de les pr5dre en ma91 non pas au p\lmon et au foye2 de m'en *>g]1 non de les incorpor]3 de m'en soign]1 ouy2 de m'en passionn]1 nullem5t3 i'y reg>de1 mais ie ne les c\ue po9t4 ,i'ay assez affaire dispos] et rang] la presse dome/ique que i'ay dans mes entrailles1 et dans mes ve9es1 sans y log]1 et me f\l] d'vne presse e/rang]e4 ,et suis assez int]ess de mes affaires ess5tiels1 propres1 et naturels1 sans en conui] d'autres =a9s4 ,ceux qui sau5t combi5 ils se doiu5t1 et de combi5 d'(fices ils sont obligez eux1 tr\u5t que ,nature leur a donn cette commission pla9e assez1 et nullem5t oysifue4 ,tu z bi5 l>gem5t affaire *ez toy1 ne t'esloigne pas4 ,les hommes se donn5t l\age4 ,leurs facultez ne sont pas p\r eux2 elles sont p\r ceux1 qui ils s'ass]uiss5t2 leurs locataires sont *ez eux1 ce ne sont pas eux4 ,cette humeur commune ne me plai/ pas4 ,il faut mesnag] la lib]t de no/re ame1 et ne l'hypotequ] qu'aux occasions iu/es4 ,lesquelles sont en bi5 petit nombre1 si n\s iugeons sa9em5t4 ,voyez les g5s appris se laiss] emport] et saisir1 ils le font p> t\t4 ,aux petites *oses comme aux gr&es2 ce qui ne les t\*e po9t1 comme ce qui les t\*e4 ,ils s'+]5t indiff]emm5t o il y a de la besongne2 et sont sans vie1 qu& ils sont sans agitation tumultuaire4 ,9 negotiis sunt1 negotij causa4 ,ils ne *]*5t la besongne que p\r embesongnem5t4 ,ce n'e/ pas1 qu'ils vueill5t all]1 tant1 comme c'e/1 qu'ils ne se peuu5t t5ir4 ,ne plus ne mo9s1 qu'vne pi]re esbranle en sa *eute1 qui ne s'arre/e iusqu' tant qu'elle se c\*e4 ,l'occupation e/ c]ta9e mani]e de g5ts1 m>que de suffisance et de dignit4 ,leur esprit *]*e son repos au bransle1 comme les enfans au b]ceau4 ,ils se peuu5t dire autant s]uiables leurs amis1 comme importuns eux mesmes4 ,p]sonne ne di/ribue son arg5t autruy1 *acun y di/ribue son temps et sa vie4 ,il n'e/ ri5 dequoy n\s soyons si prodigues1 que de ces *oses l1 desquelles seules l'au>ice n\s s]oit vtile et l\able4 ,ie pr5s vne complexion t\te diu]se4 ,ie me ti5s sur moy4 ,et communm5t desire mollem5t ce que ie desire1 et desire peu3 m'occupe et embesongne de mesme1 r>em5t et tranquillem5t4 ,t\t ce qu'ils veul5t et conduis5t1 ils le font de t\te leur volont et vehem5ce4 ,il y a tant de mauuais pas1 que p\r le plus seur1 il faut vn peu leg]em5t et sup]ficiellem5t c\l] ce monde3 et le gliss]1 non pas l'enfonc]4 ,la volupt mesme1 e/ d\l\reuse en sa pr(ondeur4 ,inc$is p] ignes ,subpositos c9]i doloso4 ,messieurs de ,bordeaux m'esleur5t ,maire de leur ville1 e/ant esloign de ,france2 et encore plus esloign d'vn tel p5sem5t4 ,ie m'en excusay4 ,mais on m'appr9t que i'auois tort2 le comm&em5t du ,roy s'y int]posant aussi4 ,c'e/ vne *>ge1 qui doit sembl] d'autant plus belle1 qu'elle n'a1 ny loy] ny ga91 autre que l'honneur de son execution4 ,elle dure deux ans2 mais elle peut e/re cont9ue p> seconde eslection4 ,ce qui adui5t tres r>em5t4 ,elle le fut moy2 et ne l'auoit e/ que deux fois aup>auant3 quelques annes y auoit1 ,monsieur de ,lansac2 et frai*em5t ,monsieur de ,biron ,m>es*al de ,france4 ,en la place duquel ie succ$ay2 et laissay la mi5ne1 ,monsieur de ,matignon aussi ,m>es*al de ,france4 ,glorieux de si noble assi/ance4 ,vt]que bonus pacis bellique m9i/]4 ,la ,=tune v\lut "p ma promotion1 p> cette p>ticuli]e circon/ance qu'elle y mit du si54 ,non va9e du t\t4 ,c> ,alex&re desdaigna les ,ambassadeurs ,cor9?i5s qui lui (froy5t la b\rgeoisie de leur ville2 mais qu& ils v9dr5t luy d$uire1 comme ,bac*us et ,h]cules e/oy5t aussi en ce regi/re1 il les en rem]cia gratieusem5t4 ,a mon arriue1 ie me des*iffray fidelem5t1 et consci5tieusem5t1 t\t tel que ie me s5s e/re3 sans memoire1 sans vigilance1 sans exp]i5ce1 et sans vigueur3 sans hayne aussi1 sans ambition1 sans au>ice1 et sans viol5ce3 ce qu'ils fuss5t in=mez et in/ruicts de ce qu'ils auoy5t att5dre de mon s]uice4 ,et p> ce que la cognoissance de feu mon p]e les auoit seule incitez cela1 et l'honneur de sa memoire3 ie leur adi\/ay bi5 clairem5t1 que ie s]ois tres-m>ry que *ose quelconque fi/ autant d'impression en ma volont1 comme auoy5t faict autrefois en la si5ne1 leurs affaires1 et leur ville1 p5dant qu'il l'auoit en g\u]nem5t1 en ce lieu mesme auquel ils m'auoy5t appell4 ,il me s\u5oit1 de l'auoir veu vieil1 en mon enfance1 l'ame cruellem5t agite de cette tracass]ie publique2 oubliant le d\x air de sa maison1 o la foiblesse des ans l'auoit atta* long temps auant2 et son mesnage1 et sa sant2 et mesprisant c]tes sa vie1 qu'il y cuida p]dre1 engag p\r eux1 des longs et p5ibles voyages4 ,il e/oit tel2 et luy p>toit cette humeur d'vne gr&e bont de nature4 ,il ne fut iamais ame plus *>itable et populaire4 ,ce tra91 que ie l\ en autruy1 ie n'ayme po9t le suiure4 ,et ne suis pas sans excuse4 ,il auoit ouy dire1 qu'il se falloit oubli] p\r le pro*a92 que le p>ticuli] ne v5oit en aucune consid]ation au prix du g5]al4 ,la plus "p des regles et preceptes du monde pr5n5t ce tra91 de n\s p\ss] hors de n\s1 et *ass] en la place1 l'vsage de la societ publique4 ,ils ont p5s faire vn bel effect1 de n\s de/\rn] et di/raire de n\s2 presupposans que n\s n'y t9sions que trop1 et d'vne atta*e trop naturelle2 et n'ont esp>gn ri5 dire p\r cette f94 ,c> il n'e/ pas n\ueau aux sages1 de pres*] les *oses comme elles s]u5t1 non comme elles sont4 ,la v]it a ses empes*em5ts1 incommoditez et incompatibilitez auec n\s4 ,il n\s faut s\u5t tromp]1 af9 que n\s ne n\s trompions4 ,et sill] no/re veu1 e/\rdir no/re ent5dem5t1 p\r les r$ress] et am5d]4 ,imp]iti enim iudicant1 et qui frequ5t] 9 hoc ipsum fall5di sunt1 ne err5t4 ,qu& ils n\s ordonn5t1 d'aym] auant n\s1 trois1 quatre1 et c9quante degrez de *oses2 ils repres5t5t l'art des ar*]s1 qui p\r arriu] au po9ct1 vont pr5ant leur vise gr&e espace au dessus de la bute4 ,p\r dress] vn bois c\rbe1 on le rec\rbe au reb\rs4 ,i'e/ime qu'au temple de ,pallas1 comme n\s voyons en t\tes autres religions1 il y auoit des my/]es app>5s1 p\r e/re montrez au peuple2 et d'autres my/]es plus secrets1 et plus haults1 p\r e/re montrs seulem5t ceux qui en e/oy5t pr(ez4 ,il e/ vray-semblable qu'en ceux-cy1 se tr\ue le vray po9ct de l'amiti que *acun se doit4 ,non vne amiti faulce1 qui n\s faict embrass] la gloire1 la sci5ce1 la ri*esse1 et telles *oses1 d'vne affection pr9cipalle et immod]e1 comme membres de no/re e/re2 ny vne amiti molle et indiscrette2 en laquelle il adui5t ce qui se voit au li]re1 qu'il corrompt et ruyne la p>oy qu'il accole4 ,mais vne amiti salutaire et regle2 esgalem5t vtile et plaisante4 ,qui en sait les deuoirs1 et les ex]ce1 il e/ vrayem5t du cab9et des ,muses2 il a atta9t le sommet de la sagesse huma9e1 et de no/re bon heur4 ,cettuy-cy1 sa*ant exactem5t ce qu'il se doit1 tr\ue dans son rolle1 qu'il doit appliqu] soy1 l'vsage des autres hommes1 et du monde2 et p\r ce faire1 contribu] la societ publique les deuoirs et (fices qui le t\*5t4 ,qui ne vit aucunem5t autruy1 ne vit gu]e soy4 ,qui sibi amicus e/1 scito hunc amicum omnibus esse4 ,la pr9cipale *>ge que n\s ayons1 c'e/ *acun sa conduite4 ,et e/ ce p\rquoy n\s sommes icy4 ,comme qui oubli]oit de bi5 et sa9tem5t viure2 et p5s]oit e/re quitte de son deuoir1 en y a*em9ant et dressant les autres2 ce s]oit vn sot4 ,t\t de mesme1 qui ab&onne en son propre1 le sa9em5t et gayem5t viure1 p\r en s]uir autruy1 pr5t mon gr vn mauuais et desnatur p>ty4 ,ie ne veux pas1 qu'on refuse aux *>ges qu'on pr5d1 l'att5tion1 les pas1 les p>olles1 et la sueur1 et le sang au beso+3 ,non ipse pro *>is amicis ,aut patria timidus p]ire4 ,mais c'e/ p> emprunt et accid5talem5t2 l'esprit se t5ant t\si\rs en repos et en sant3 non pas sans action1 mais sans vexation1 sans passion4 ,l'agir simplem5t1 luy c\/e si peu1 qu'en dormant mesme il agit4 ,mais il luy faut donn] le bransle1 auec discretion4 ,c> le corps reoit les *>ges qu'on luy met sus1 iu/em5t selon qu'elles sont3 l'esprit les e/5d et les appesantit s\u5t ses desp5s1 leur donnant la mesure que bon luy semble4 ,on faict p>eilles *oses auec diu]s ef=ts1 et diff]5te cont5tion de volont4 ,l'vn va bi5 sans l'autre4 ,c> combi5 de g5s se haz>d5t t\s les i\rs aux gu]res1 dequoy il ne leur *ault3 et se press5t aux dang]s des battailles1 desquelles la p]te1 ne leur tr\bl]a pas le vois9 sommeil8 ,tel en sa maison1 hors de ce dang]1 qu'il n'os]oit auoir reg>d1 e/ plus passionn de l'yssue de cette gu]re1 et en a l'ame plus trauaille1 que n'a le soldat qui y employe son sang et sa vie4 ,i'ay peu me mesl] des *>ges publiques1 sans me desp>tir de moy1 de la l>geur d'vne ongle1 et me donn] autruy sans m'o/] moy4 ,cette aspret et viol5ce de desirs1 empes*e plus1 qu'elle ne s]t la conduitte de ce qu'on entrepr5d4 ,n\s remplit d'impati5ce enu]s les eu5em5s1 ou contraires1 ou t>difs3 et d'aigreur et de s\pon enu]s ceux1 auec qui n\s negotions4 ,n\s ne conduisons iamais bi5 la *ose de laquelle n\s sommes poss$ez et conduicts4 ,mal cuncta m9i/rat ,impetus4 ,celuy qui n'y employe que son iugem5t1 et son addresse1 il y proc$e plus gayem5t3 il fe9t1 il ploye1 il diff]e t\t son aise1 selon le beso+ des occasions3 il faut d'atte9te1 sans t\rm5t1 et sans affliction1 pre/ et enti] p\r vne n\uelle entreprise3 il m>*e t\si\rs la bride la ma94 ,en celuy qui e/ enyur de cette int5tion viol5te et tyrannique1 on voit p> necessit beauc\p d'imprud5ce et d'iniu/ice4 ,l'impetuosit de son desir l'emporte4 ,ce sont m\uem5ts tem]aires1 et1 si ,=tune n'y pre/e beauc\p1 de peu de fruict4 ,la philosophie veut qu'au *a/iem5t des (f5ces receus1 n\s en di/rayons la *ol]e3 non af9 que la v5geance en soit mo9dre1 a9s au reb\rs1 af9 qu'elle en soit d'autant mieux ass5ee et plus poisante4 ,a quoy il luy semble que cette impetuosit porte empes*em5t4 ,non seulem5t la *ol]e tr\ble3 mais de soy1 elle lasse aussi les bras de ceux qui *a/i5t4 ,ce feu e/\rdit et consomme leur =ce4 ,comme en la precipitation1 fe/9atio t>da e/4 ,la ha/iuet se donne elle mesme la iambe1 s'entraue et s'arre/e4 ,ipsa se velocitas implicat4 ,p\r exemple4 ,selon ce que i'en vois p> vsage ord9aire1 l'au>ice n'a po9t de plus gr& de/\rbi] que soy-mesme4 ,plus elle e/ t5due et vig\reuse1 mo9s elle en e/ f]tile4 ,communem5t elle attrape plus promptem5t les ri*esses1 masque d'vn' image de lib]alit4 ,vn ,g5tilhomme tres-homme de bi51 et mon amy1 cuyda br\ill] la sant de sa te/e1 p> vne trop passionne att5tion et affection aux affaires d'vn ,pr9ce1 son mai/re4 ,lequel mai/re1 s'e/ a9si pe9ct soy-mesmes moy3 ,qu'il voit le poix des accid5s1 comme vn autre3 mais qu' ceux qui n'ont po9t de rem$e1 il se res\lt s\da9 la s\ffrance3 aux autres1 apres y auoir ordonn les pr\isions necessaires1 ce qu'il peut faire promptem5t p> la viuacit de son esprit1 il att5d en repos ce qui s'en peut ensuiure4 ,de vray1 ie l'ay veu mesme1 ma9t5ant vne gr&e non*alance et lib]t d'actions et de visage1 au trau]s de bi5 gr&s affaires et bi5 esp9eux4 ,ie le tr\ue plus gr& et plus capable1 en vne mauuaise1 qu'en vne bonne =tune4 ,ses p]tes luy sont plus glorieuses1 que ses victoires1 et son deuil que son triomphe4 ,consid]ez1 qu'aux actions mesmes qui sont va9es et friuoles3 au ieu des es*ecs1 de la paulme1 et semblables1 cet engagem5t aspre et ardant d'vn desir impetueux1 iette incont95t l'esprit et les membres1 l'indiscretion1 et au desordre4 ,on s'esbl\it1 on s'emb>asse soy mesme4 ,celuy qui se porte plus mod]m5t enu]s le ga91 et la p]te1 il e/ t\si\rs *ez soy4 ,mo9s il se pique et passionne au ieu1 il le conduit d'autant plus auantageusem5t et seurem5t4 ,n\s empes*ons au demeurant1 la prise et la s]re de l'ame1 luy donn] tant de *oses saisir4 ,les vnes1 il les luy faut seulem5t pres5t]1 les autres atta*]1 les autres incorpor]4 ,elle peut voir et s5tir t\tes *oses1 mais elle ne se doit pai/re que de soy4 ,et doit e/re in/ruicte1 de ce qui la t\*e proprem5t1 et qui proprem5t e/ de son auoir1 et de sa sub/ance4 ,les loix de ,nature n\s appr5n5t ce que iu/em5t1 il n\s faut4 ,apres que les sages n\s ont dit1 que selon elle p]sonne n'e/ indig5t1 et que *acun l'e/ selon l'op9ion1 ils di/+u5t a9si subtilem5t1 les desirs qui vi5n5t d'elle1 de ceux qui vi5n5t du desreglem5t de no/re fantasie4 ,ceux desquels on voit le b\t1 sont si5s1 ceux qui fuy5t deuant n\s1 et desquels n\s ne p\uons io9dre la f91 sont no/res4 ,la pauuret des bi5s1 e/ aise gu]ir2 la pauuret de l'ame1 impossible4 ,nam si1 quod satis e/ hom9i1 id satis esse potesset1 ,hoc sat erat3 nunc1 quum hoc non e/1 qu cr$imus porro1 ,diuitias vllas animum m'i expl]e potesse8 ,socrates voyant port] en pompe p> sa ville1 gr&e quantit de ri*esse1 ioyaux et meubles de prix3 ,combi5 de *oses1 dit-il1 ie ne desire po9t6 ,metrodorus viuoit du poix de d\ze onces p> i\r1 ,epicurus mo9s3 ,metroclez dormoit en hyu] auec les m\tons1 en e/ aux cloi/res des ,eglises4 ,sufficit ad id natura1 quod poscit4 ,clean!s viuoit de ses ma9s1 et se vantoit1 que ,clean!s1 s'il v\loit1 n\rriroit encore vn autre ,clean!s4 ,si ce que ,nature exactem5t1 et orig9elem5t n\s dem&e1 p\r la cons]uation de no/re e/re1 e/ trop peu 7comme de vray combi5 ce l'e/1 et combi5 bon comte no/re vie se peut ma9t5ir1 il ne se doit exprim] mieux que p> cette consid]ation3 ,que c'e/ si peu1 qu'il es*appe la prise et le *oc de la ,=tune1 p> sa petitesse7 disp5sons n\s de quelque *ose plus outre2 appellons encore nature1 l'vsage et condition de *acun de n\s2 taxons n\s1 traitons n\s cette mesure2 e/5dons noz app>t5ances et noz comtes iusques l4 ,c> iusques l1 il me semble bi51 que n\s auons quelque excuse4 ,l'acc\/umance e/ vne seconde nature1 et non mo9s puissante4 ,ce qui manque ma c\/ume ie ti5s qu'il me manque4 ,et i'aym]ois presque esgalem5t qu'on m'o/a/ la vie1 que si on me l'essimoit et retran*oit bi5 lo+ de l'e/at auquel ie l'ay vescue si long temps4 ,ie ne suis plus en t]mes d'vn gr& *angem5t1 ny de me iett] vn n\ueau tra9 et inusit2 non pas mesme v]s l'augm5tation3 il n'e/ plus temps de deu5ir autre4 ,et comme ie pla9drois quelque gr&e adu5ture1 qui me tomba/ cette heure entre ma9s1 qu'elle ne s]oit v5u en temps que i'en peusse i\yr1 ,quo mihi =tun1 si non conc$itur vti8 ,ie me pla9droy de mesme1 de quelque acque/ int]ne4 ,il vault quasi mieux iamais1 que si t>d1 deu5ir honne/e homme4 ,et bi5 ent5du viure1 lors qu'on n'a plus de vie4 ,moy1 qui m'en vay1 resign]oy facilem5t quelqu'vn1 qui v9/1 ce que i'appr5ds de prud5ce1 p\r le comm]ce du monde4 ,m\/>de apres disn]4 ,ie n'ay que faire du bi51 duquel ie ne puis ri5 faire4 ,a quoy la sci5ce1 qui n'a plus de te/e8 ,c'e/ iniure et deffaueur de ,=tune1 de n\s (frir des pres5ts1 qui n\s rempliss5t d'vn iu/e despit de n\s auoir failly en leur saison4 ,ne me guidez plus3 ie ne puis plus all]4 ,de tant de membres1 qu'a la suffisance1 la pati5ce n\s suffit4 ,donnez la capacit d'vn excell5t dessus1 au *antre qui a les p\lmons p\rris6 ,et d'eloqu5ce l'eremite relegu aux des]ts d',arabie4 ,il ne faut po9t d'art1 la *eute4 ,la f9 se tr\ue de soy1 au b\t de *asque besongne4 ,mon monde e/ failly1 ma =me expire4 ,ie suis t\t du pass4 ,et suis t5u de l'au?oriz] et d'y con=m] mon issue4 ,ie veux dire cecy p> mani]e d'exemple4 ,que l'eclipsem5t n\ueau des dix i\rs du ,pape1 m'ont pr9s si bas1 que ie ne m'en puis bonnem5t acc\/r]4 ,ie suis des annes1 ausquelles n\s comtions autrem5t4 ,vn si anci5 et long vsage1 me v5dique et rappelle soy4 ,ie suis contra9t d'e/re vn peu h]etique p> l4 ,incapable de n\uellet1 mesme correctiue4 ,mon imag9ation en despit de mes d5ts se iette t\si\rs dix i\rs plus auant1 ou plus arri]e3 et grommelle mes oreilles4 ,cette regle t\*e ceux1 qui ont e/re4 ,si la sant mesme1 si succre vi5t me retr\u] p> b\tades1 c'e/ p\r me donn] regret plu/o/ que possession de soy4 ,ie n'ay plus o la retir]4 ,le temps me laisse4 ,sans luy ri5 ne se poss$e4 ,o que ie f]oy peu d'e/at de ces gr&es dignitez electiues1 que ie voy au monde1 qui ne se donn5t qu'aux hommes pre/s p>tir3 ausquelles on ne reg>de pas tant1 combi5 deum5t on les ex]c]a1 que combi5 peu longuem5t on les ex]c]a3 ds l'entre on vise l'issue4 ,somme3 me voicy apres d'a*eu] cet homme1 non d'en refaire vn autre4 ,p> long vsage1 cette =me m'e/ passe en sub/ance1 et =tune en nature4 ,ie dis donc1 que *acun d'entre n\s foiblets1 e/ excusable d'e/im] si51 ce qui e/ compris s\bs cette mesure4 ,mais aussi au del de ces limites1 ce n'e/ plus que confusion4 ,c'e/ la plus l>ge e/&ue que n\s puissions octroy] noz droicts4 ,plus n\s amplifions no/re beso+ et possession1 d'autant plus n\s engageons n\s aux c\ps de la ,=tune1 et des adu]sitez4 ,la c>ri]e de noz desirs doit e/re circonscripte1 et re/ra9cte1 vn c\rt limite1 des commoditez les plus pro*es et contigues4 ,et doit en outre1 leur c\rse1 se mani]1 non en ligne droicte1 qui face b\t ailleurs1 mais en rond1 duquel les deux po9tes se ti5n5t et t]m95t en n\s1 p> vn brief cont\r4 ,les actions qui se conduis5t sans cette reflexion1 s'ent5d vois9e reflexion et ess5tielle1 comme sont celles des au>icieux1 des ambitieux1 et tant d'autres1 qui c\r5t de po9te1 desquels la c\rse les emporte t\si\rs deuant eux1 ce sont actions errones et maladiues4 ,la plus "p de noz vacations sont f>cesques4 ,mundus vniu]sus ex]cet hi/rioniam4 ,il faut i\] deuem5t no/re rolle1 mais comme rolle d'vn p]sonnage emprunt4 ,du masque et de l'app>5ce1 il n'en faut pas faire vne ess5ce relle1 ny de l'e/rang] le propre4 ,n\s ne sauons pas di/+u] la peau de la *emise4 ,c'e/ asss de s'enf>9] le visage1 sans s'enf>9] la poictr9e4 ,i'en vois qui se trans=m5t et se transsub/anti5t en autant de n\uelles figures1 et de n\ueaux e/res1 qu'ils entrepr5n5t de *>ges3 et qui se prelat5t iusques au foye et aux inte/9s3 et entra95t leur (fice iusques en leur g>d]obe4 ,ie ne puis leur appr5dre di/+u] les bonnetades1 qui les reg>d5t1 de celles qui reg>d5t leur commission1 ou leur suitte1 ou leur mule4 ,tantum se =tun p]mittunt1 etiam vt naturam d$iscant4 ,ils enfl5t et grossiss5t leur ame1 et leur disc\rs naturel1 selon la haulteur de leur siege magi/ral4 ,le ,maire et ,montaigne1 ont t\si\rs e/ deux1 d'vne sep>ation bi5 claire4 ,p\r e/re aduocat ou f9anci]1 il n'en faut pas mescognoi/re la f\rbe1 qu'il y a en telles vacations4 ,vn honne/e homme n'e/ pas comtable du vice ou sottise de son me/i]2 et ne doit p\rtant en refus] l'ex]cice4 ,c'e/ l'vsage de son pays1 et il y a du pr(fit4 ,il faut viure du monde1 et s'en preualoir1 tel qu'on le tr\ue4 ,mais le iugem5t d'vn ,emp]eur1 doit e/re au dessus de son empire2 et le voir et consid]]1 comme accid5t e/rang]4 ,et luy doit sauoir i\yr de soy "p2 et se communicqu] comme ,iacques et ,pi]re3 au mo9s soy-mesmes4 ,ie ne say pas m'engag] si pr(ondem5t1 et si enti]4 ,qu& ma volont me donne vn p>ty1 ce n'e/ pas d'vne si viol5te obligation1 que mon ent5dem5t s'en infecte4 ,aux pres5s br\illis de cet e/at1 mon int]e/ ne m'a faict mescognoi/re1 ny les qualitez l\ables en noz adu]saires1 ny celles qui sont repro*ables en ceux que i'ay suiuy4 ,ils ador5t t\t ce qui e/ de leur co/3 moy ie n'excuse pas seulem5t la plus "p des *oses1 qui sont du mi54 ,vn bon ouurage1 ne p]d pas ses graces1 p\r plaid] contre moy4 ,hors le nud du debat1 ie me suis ma9t5u en equanimit1 et pure indiff]5ce4 ,neque extra necessitates belli1 prcipuum odium g]o4 ,dequoy ie me gratifie1 d'autant que ie voy communm5t faillir au contraire4 ,ceux qui allong5t leur *ol]e1 et leur ha9e au del des affaires1 comme faict la plus "p1 montr5t qu'elle leur "p d'ailleurs1 et de cause p>ticuli]e4 ,t\t a9si comme1 qui e/ant gu>y de son vlc]e1 la fiebure demeure encore1 montre qu'elle auoit vn autre pr9cipe plus ca*4 ,c'e/ qu'ils n'en ont po9t la cause1 en commun3 et entant qu'elle blesse l'int]e/ de t\ts1 et de l'e/at4 ,mais luy en veul5t1 seulem5t en ce1 qu'elle leur mas*e en priu4 ,voyla p\rquoy1 ils s'en picqu5t de passion p>ticuli]e1 et au del de la iu/ice1 et de la raison publique4 ,non tam omnia vniu]si1 qum ea1 qu ad quemque p]t9]5t1 s+uli c>pebant4 ,ie veux que l'aduantage soit p\r n\s3 mais ie ne =c5e po9t1 s'il ne l'e/4 ,ie me pr5s f]mem5t au plus sa9 des p>tis4 ,mais ie n'affecte pas qu'on me rem>que specialem5t1 ennemy des autres1 et outre la raison g5]alle4 ,i'accuse m]ueilleusem5t cette vitieuse =me d'op9]3 ,il e/ de la ,ligue3 c> il admire la grace de ,monsieur de ,guyse4 ,l'actiuet du ,roy de ,nau>re l'e/onne3 il e/ ,hugu5ot4 ,il tr\ue cecy dire aux murs du ,roy3 il e/ s$itieux en son cur4 ,et ne conc$ay pas au magi/rat mesme1 qu'il eu/ raison1 de condamn] vn liure1 p\r auoir log entre les meilleurs potes de ce siecle1 vn h]etique4 ,n'os]ions n\s dire d'vn voleur1 qu'il a belle greue8 ,faut-il1 si elle e/ puta91 qu'elle soit aussi punaise8 ,aux siecles plus sages1 reuoqua-on le sup]be tiltre de ,capitol9us1 qu'on auoit aup>auant donn ,m>cus ,manlius1 comme cons]uateur de la religion et lib]t publique8 ,e/\ffa-on la memoire de sa lib]alit1 et de ses faicts d'armes1 et recomp5ses militaires ottroyes sa v]tu1 p> ce qu'il affecta depuis la ,royaut1 au preiudice des loix de son pays8 ,s'ils ont pr9s en ha9e vn aduocat1 l'endema9 il leur deui5t ineloqu5t4 ,i'ay t\* ailleurs le zele1 qui p\lsa des g5s de bi5 semblables fautes4 ,p\r moy1 ie say bi5 dire3 ,il faict mes*amm5t cela1 et v]tueusem5t cecy4 ,de mesmes1 aux progno/iques ou eu5em5ts s9i/res des affaires1 ils veul5t1 que *acun en son p>ty soit aueugle ou hebet3 que no/re p]suasion et iugem5t1 s]ue non la v]it1 mais au proiect de no/re desir4 ,ie faudroy plu/o/ v]s l'autre extremit3 tant ie cra9s1 que mon desir me suborne4 ,io9t1 que ie me deffie vn peu t5drem5t1 des *oses que ie s\haitte4 ,i'ay veu de mon temps1 m]ueilles en l'indiscrette et prodigieuse facilit des peuples1 se laiss] m5] et mani] la creance et l'esp]ance1 o il a pleu et s]uy leurs *efs3 p> dessus c5t mescomtes1 les vns sur les autres3 p> dessus les fantosmes1 et les songes4 ,ie ne m'e/onne plus de ceux1 que les s+]ies d',apollonius et de ,mahum$ embuffl]5t4 ,leur s5s et ent5dem5t1 e/ enti]em5t e/\ff en leur passion4 ,leur discretion n'a plus d'autre *oix1 que ce qui leur rit1 et qui con=te leur cause4 ,i'auoy rem>qu s\u]a9em5t cela1 au premi] de noz p>tis fiebureux4 ,cet autre1 qui e/ nay depuis1 en l'imitant1 le surmonte4 ,p> o ie m'aduise1 que c'e/ vne qualit insep>able des erreurs populaires4 ,apres la premi]e qui "p1 les op9ions s'entrep\ss5t1 suiuant le v5t1 comme les flotz4 ,on n'e/ pas du corps1 si on s'en peut desdire3 si on ne vague le tra9 commun4 ,mais c]tes on faict tort aux p>tis iu/es1 qu& on les veut sec\rir de f\rbes4 ,i'y ay t\si\rs contr$ict4 ,ce moy5 ne porte qu'enu]s les te/es malades4 ,enu]s les sa9es1 il y a des voyes plus seures1 et non seulem5t plus honne/es1 ma9t5ir les c\rages1 et excus] les accid5ts contraires4 ,le ciel n'a po9t veu vn si poisant desaccord1 que celuy de ,cs>1 et de ,pompeius2 ny ne v]ra p\r l'adu5ir4 ,t\tesfois il me semble recognoi/re en ces belles ames1 vne gr&e mod]ation de l'vn enu]s l'autre4 ,c'e/oit vne ial\sie d'honneur et de comm&em5t1 qui ne les emporta pas hayne furieuse et indiscrette2 sans malignit et sans detraction4 ,en leurs plus aigres exploicts1 ie desc\ure quelque demeurant de respect1 et de bi5-vueillance4 ,et iuge a9si2 que s'il leur eu/ e/ possible1 *acun d'eux eu/ desir de faire son affaire sans la ruyne de son compagnon1 plu/o/ qu'auec sa ruyne4 ,combi5 autrem5t il en va de ,m>ius1 et de ,sylla3 pr5ez y g>de4 ,il ne faut pas se precipit] si esp]duem5t apres nos affections1 et int]e/z4 ,comme e/ant ieune1 ie m'opposois au progrez de l'am\r1 que ie s5toy trop auanc] sur moy2 et m'e/udiois qu'il ne me fu/ si aggreable1 qu'il v9/ me =c] en f91 et captiu] du t\t sa m]cy4 ,i'en vse de mesme t\tes autres occasions1 o ma volont se pr5d auec trop d'appetit4 ,ie me pan*e l'opposite de son incl9ation1 comme ie la voy se plong]1 et enyur] de son v94 ,ie fuis n\rrir son plaisir si auant1 que ie ne l'en puisse plus r'auoir1 sans p]te sanglante4 ,les ames qui p> /upidit ne voy5t les *oses qu' demy1 i\iss5t de cet heur1 que les nuisibles les bless5t mo9s4 ,c'e/ vne ladr]ie spirituelle1 qui a quelque air de sant2 et telle sant1 que la philosophie ne mesprise pas du t\t4 ,mais p\rtant1 ce n'e/ pas raison de la nomm] sagesse3 ce que n\s faisons s\u5t4 ,et de cette mani]e se moqua quelqu'vn anci5nem5t de ,diog5es1 qui alloit embrassant en ple9 hyu] t\t nud1 vne image de neige p\r l'essay de sa pati5ce4 ,celuy-l le r5contrant en cette desm>*e3 ,z tu gr& froid cette heure1 luy dit-il8 ,du t\t po9t1 respond ,diog5es4 ,or suiuit l'autre3 ,que p5ses-tu donc faire de difficile1 et d'exemplaire te t5ir l8 ,p\r mesur] la con/ance1 il faut necessairem5t sauoir la s\ffrance4 ,mais les ames qui auront voir les eu5em5s contraires1 et les iniures de la ,=tune1 en leur pr(ondeur et aspret1 qui auront les pois] et g\/]1 selon leur aigreur naturelle1 et leur *>ge1 qu'elles emploi5t leur art1 se g>d] d'en enfil] les causes1 et en de/\rn5t les adu5ues4 ,que fit le ,roy ,cotys8 il paya lib]alem5t la belle et ri*e vaisselle qu'on lui auoit pres5te3 mais p>ce qu'elle e/oit s+uli]em5t fragile1 il la cassa incont95t luy-mesme2 p\r s'o/] de bonne heure vne si aise mati]e de c\rr\x contre ses s]uiteurs4 ,p>eillem5t1 i'ay volonti]s euit de n'auoir mes affaires confus3 et n'ay *]*1 que mes bi5s fuss5t contigus mes pro*es3 et ceux qui i'ay me io9dre d'vne e/roitte amiti3 d'o naiss5t ord9airem5t mati]es d'ali5ation et dissociation4 ,i'aymois autresfois les ieux haz>deux des c>tes et detz2 ie m'en suis deffaict1 il y a long temps2 p\r cela seulem5t1 que quelque bonne m9e que ie fisse en ma p]te1 ie ne laissois pas d'en auoir au d$ans de la picqueure4 ,vn homme d'honneur1 qui doit s5tir vn desm5ti1 et vne (f5ce iusques au cur1 qui n'e/ p\r pr5dre vne mauuaise excuse en payem5t et consolation1 qu'il euite le progrez des alt]cations cont5tieuses4 ,ie fuis les complexions tri/es1 et les hommes h>gneux1 comme les empe/ez4 ,et aux propos que ie ne puis traict] sans int]e/1 et sans emotion1 ie ne m'y mesle1 si le deuoir ne m'y =ce4 ,melius non incipi5t1 qum des95t4 ,la plus seure faon e/ donc1 se prep>] auant les occasions4 ,ie say bi51 qu'aucuns sages ont pris autre voye2 et n'ont pas cra9ct de se h>p] et engag] iusques au vif1 plusieurs obiects4 ,ces g5s l s'asseur5t de leur =ce1 s\bs laquelle ils se mett5t c\u]t en t\te sorte de succez ennemis1 faisant luct] les maux1 p> la vigueur de la pati5ce3 ,velut rupes va/um qu prodit 9 quor1 ,obuia v5torum furiis1 expo/que ponto ,vim cunctam atque m9as p]f]t clique m>isque1 ,ipsa immota man5s4 ,n'attaquons pas ces exemples2 n\s n'y arriu]ions po9t4 ,ils s'ob/95t voir resoluem5t1 et sans se tr\bl]1 la ruyne de leur pays1 qui poss$oit et comm&oit t\te leur volont4 ,p\r noz ames communes1 il y a trop d'ef=t1 et trop de rudesse cela4 ,caton en ab&onna la plus noble vie1 qui fut onques4 ,a n\s autres petis1 il faut fuyr l'orage de plus lo+3 il faut p\ruoir au s5tim5t1 non la pati5ce2 et es*eu] aux c\ps que n\s ne saurions p>]4 ,z5on voyant appro*] ,*remonidez ieune homme qu'il aymoit1 p\r se seoir au pres de luy3 se leua s\da94 ,et ,clean!s1 luy en dem&ant la raison3 ,i'ent5dz1 dit-il1 que les m$ec9s ordonn5t le repos pr9cipalem5t1 et deff5d5t l'emotion t\tes tumeurs4 ,socrates ne dit po9t3 ,ne v\s r5dez pas aux attraicts de la beaut2 s\/5ez la1 ef=cez v\s au contraire4 ,fuyez la1 faict-il1 c\rez hors de sa veu et de son r5contre1 comme d'vne poison puissante qui s'eslance et frappe de lo+4 ,et son bon disciple feignant ou recitant2 mais1 mon aduis1 recitant plu/o/ que feignant1 les r>es p]fections de ce gr& ,cyrus1 le fait deffiant de ses =ces port] les attraicts de la diu9e beaut de cette illu/re ,pan?e sa captiue1 et en commettant la visite et g>de vn autre1 qui eu/ mo9s de lib]t que luy4 ,et le ,sa9ct ,esprit de mesme1 ne nos inducas 9 t5tationem4 ,n\s ne prions pas que no/re raison ne soit combatue et surmonte p> la concupisc5ce1 mais qu'elle n'en soit pas seulem5t essaye3 que n\s ne soyons conduits en e/at o n\s ayons seulem5t s\ffrir les appro*es1 solicitations1 et t5tations du pe*3 et supplions no/re ,seigneur de ma9t5ir no/re consci5ce tranquille1 pla9em5t et p>faictem5t deliure du comm]ce du mal4 ,ceux qui dis5t auoir raison de leur passion v9dicatiue1 ou de quelqu'autre espece de passion p5ible3 dis5t s\u5t vray3 comme les *oses sont1 mais non pas comme elles fur5t4 ,ils p>l5t n\s1 lors que les causes de leur erreur sont n\rries et auances p> eux mesmes4 ,mais reculez plus arri]e1 r'appelez ces causes leur pr9cipe3 l1 v\s les pr5drez sans v]t4 ,veul5t ils que leur faute soit mo9dre1 p\r e/re plus vieille3 et que d'vn iniu/e comm5cem5t la suitte soit iu/e8 ,qui desir]a du bi5 son pas comme moy1 sans s'en vlc]] ou maigrir1 il s]a desplaisant1 mais non pas transi1 de le voir m5assant1 ou sa ru9e1 ou vne dure non mo9s ru9euse4 ,pauure vaisseau1 que les flots1 les v5ts1 et le pilote1 tirass5t si contraires desse9s6 ,9 tam diu]sa1 magi/]1 ,v5tus et vnda trahunt4 ,qui ne bee po9t apres la faueur des ,pr9ces1 comme apres *ose dequoy il ne se sauroit pass]2 ne se picque pas beauc\p de la froideur de leur recueil1 et de leur visage1 ny de l'incon/ance de leur volont4 ,qui ne c\ue po9t ses enfans1 ou ses honneurs1 d'vne prop5sion esclaue1 ne laisse pas de viure commodm5t apres leur p]te4 ,qui fait bi5 pr9cipalem5t p\r sa propre satisfaction1 ne s'alt]e gu]e p\r voir les hommes iug] de ses actions contre son m]ite4 ,vn qu>t d'once de pati5ce1 pr\uoit tels inconu5i5ts4 ,ie me tr\ue bi5 de cette recepte2 me ra*eptant des comm5cem5s1 au meilleur compte que ie puis4 ,et me s5s auoir es*app p> son moy5 beauc\p de trauail et de difficultez4 ,auec bi5 peu d'ef=t1 i'arre/e ce premi] bransle de mes esmotions4 ,et ab&onne le subject1 qui me comm5ce pois]1 et auant qu'il m'emporte4 ,qui n'arre/e le p>tir1 n'a g>de d'arre/] la c\rse4 ,qui ne sait leur f]m] la porte1 ne les *ass]a pas entres4 ,qui ne peut v5ir b\t du comm5cem5t1 ne vi5dra pas b\t de la f94 ,ny n'en s\/i5dra la *eute1 qui n'en a peu s\/5ir l'esbranslem5t4 ,et5im ips se impellunt1 vbi semel ratione discessum e/3 ipsque sibi imbecillitas indulget1 9 altmque pr\ehitur imprud5s1 nec rep]it locum consi/5di4 ,ie s5s temps1 les petits v5ts qui me vi5n5t ta/] et bruire au d$ans1 auant-c\reurs de la tempe/e3 ,ceu flam9a prima ,cm depr5sa fremunt syluis1 et cca volutant ,murmura1 v5turos nautis prod5tia v5tos4 ,a combi5 de fois me suis-ie faict vne bi5 euid5te iniu/ice1 p\r fuyr le haz>d de la receuoir encore pire des iuges1 apres vn siecle d'ennuys1 et d'ordes et viles practiques1 plus ennemies de mon naturel1 que n'e/ la geh5ne et le feu8 ,conu5it litibus quantum licet1 et nescio an paulo plus etiam qum licet1 abhorr5tem esse3 ,e/ enim non modo lib]ale1 paululum nonnunquam de suo iure dec$]e1 s$ int]dum etiam fructuosum4 ,si n\s e/ions bi5 sages1 n\s n\s deurions resi\ir et v5t]1 a9si que i'ouy vn i\r bi5 nauem5t1 vn enfant de gr&e maison1 faire fe/e *acun1 dequoy sa m]e v5oit de p]dre son procs3 comme sa t\x1 sa fiebure1 ou autre *ose d'importune g>de4 ,les faueurs mesmes1 que la ,=tune p\uoit m'auoir donn1 p>5tez1 et acco9tances1 enu]s ceux1 qui ont s\u]a9e au?orit en ces *oses l3 i'ay beauc\p faict selon ma consci5ce1 de fuyr in/amm5t de les employ] au preiudice d'autruy1 et de ne mont] p> dessus leur droicte valeur1 mes droicts4 ,en f9 i'ay tant fait p> mes i\rnes1 la bonne heure le puisse-ie dire1 que me voicy encore vi]ge de procs1 qui n'ont pas laiss de se conui] plusieurs fois mon s]uice1 p> bi5 iu/e tiltre1 s'il m'eu/ pleu d'y ent5dre4 ,et vi]ge de qu]elles4 ,i'ay sans (f5ce de poix1 passiue ou actiue1 esc\l tanto/ vne longue vie3 et sans auoir ouy pis que mon nom4 ,r>e grace du ciel4 ,noz plus gr&es agitations1 ont des ressorts et causes ridicules4 ,combi5 enc\rut de ruyne no/re d]ni] ,duc de ,b\rgongne1 p\r la qu]elle d'vne *>rete de peaux de m\ton6 ,et l'engraueure d'vn ca*et1 fu/-ce pas la premi]e et mai/resse cause1 du plus horrible cr\llem5t1 que cette ma*9e aye onques s\ff]t8 ,c> ,pompeius et ,cs>1 ce ne sont que les reiectons et la suitte1 des deux autres4 ,et i'ay veu de mon temps1 les plus sages te/es de ce royaume1 assembles auec gr&e c]emonie1 et publique desp5ce1 p\r des traictez et accords1 desquels la vraye decision1 desp5doit ce p5dant en t\te s\u]a9et1 des deuis du cab9et des dames1 et incl9ation de quelque femmelette4 ,les potes ont bi5 ent5du cela1 qui ont mis1 p\r vne pomme1 la ,grece et l',asie feu et sang4 ,reg>dez p\rquoy celuy-l s'en va c\rre =tune de son honneur et de sa vie1 t\t son espe et son poign>t2 qu'il v\s die d'o vi5t la s\rce de ce debat1 il ne le peut faire sans r\gir2 tant l'occasion en e/ va9e1 et friuole4 ,a l'enf\rn]1 il n'y va que d'vn peu d'auisem5t1 mais depuis que v\s e/es emb>qu1 t\tes les cordes tir5t4 ,il y faict beso+ de gr&es pr\isions1 bi5 plus difficiles et importantes4 ,de combi5 e/ il plus ais1 de n'y entr] pas que d'en sortir8 ,or il faut proc$] au reb\rs du roseau1 qui produict vne longue tige et droicte1 de la premi]e v5ue2 mais apres1 comme s'il s'e/oit allanguy et mis hors d'hale9e1 il vi5t faire des nuds frequ5s et espais1 comme des pauses2 qui montr5t qu'il n'a plus cette premi]e vigueur et con/ance4 ,il faut plu/o/ comm5c] bellem5t et froidem5t2 et g>d] son hale9e et ses vig\reux eslans1 au =t et p]fection de la besongne4 ,n\s guidons les affaires en leurs comm5cem5s1 et les t5ons no/re m]cy3 mais p> apres1 qu& ils sont esbranlez1 ce sont eux qui n\s guid5t et emport5t1 et auons les suyure4 ,p\rtant n'e/-ce pas dire1 que ce conseil m'aye des*>g de t\te difficult2 et que ie n'aye eu affaire s\u5t g\rm] et brid] mes passions4 ,elles ne se g\u]n5t pas t\si\rs selon la mesure des occasions3 et ont leurs entres mesmes1 s\u5t aspres et viol5tes4 ,tant y a1 qu'il s'en tire vne belle esp>gne1 et du fruict4 ,sauf p\r ceux1 qui au bi5 faire1 ne se cont5t5t de nul fruict1 si la reputation en e/ dire4 ,c> la v]it1 vn tel effect1 n'e/ en comte qu' *acun en soy4 ,v\s en e/es plus cont5t2 mais non plus e/im3 v\s e/ant re=m1 auant que d'e/re en danse1 et que la mati]e fu/ en veu4 ,t\tesfois aussi1 non en cecy seulem5t1 mais en t\s autres deuoirs de la vie1 la r\te de ceux qui vis5t l'honneur1 e/ bi5 diu]se celle que ti5n5t ceux qui se propos5t l'ordre et la raison4 ,i'en tr\ue1 qui se mett5t inconsid]m5t et furieusem5t en lice1 et s'al5tiss5t en la c\rse4 ,comme ,plut>que dit1 que ceux qui p> le vice de la mauuaise honte1 sont mols et faciles1 accord] quoy qu'on leur dem&e1 sont faciles apres faillir de p>ole1 et se desdire4 ,p>eillem5t qui entre leg]em5t en qu]elle1 e/ subiect d'en sortir aussi leg]em5t4 ,cette mesme difficult1 qui me g>de de l'entam]1 m'incit]oit d'y t5ir f]me1 qu& ie s]ois esbranl et es*auff4 ,c'e/ une mauuaise faon4 ,depuis qu'on y e/1 il faut all] ou creu]4 ,entrepr5ez froidem5t1 disoit ,bias1 mais p\rsuiuez ardamm5t4 ,de faute de prud5ce1 on retombe en faute de cur2 qui e/ encore mo9s supportable4 ,la plus "p des accords de noz qu]elles du i\rd'hui1 sont honteux et m5teurs4 ,n\s ne *]*ons qu' sauu] les app>5ces et trahissons cep5dant1 et desadu\ons noz vrayes int5tions4 ,n\s pla/rons le faict4 ,n\s sauons comm5t n\s l'auons dict1 et en quel s5s1 et les assi/ans le sau5t1 et noz amis qui n\s auons v\lu faire s5tir no/re aduantage4 ,c'e/ aux desp5s de no/re fran*ise1 et de l'honneur de no/re c\rage1 que n\s desadu\ons no/re p5se1 et *]*ons des conilli]es en la faucet1 p\r n\s accord]4 ,n\s n\s desm5tons n\s mesmes1 p\r sauu] vn desm5tir que n\s auons donn vn autre4 ,il ne faut pas reg>d] si vo/re action ou vo/re p>ole1 peut auoir autre int]pretation1 c'e/ vo/re vraye et s9c]e int]pretation1 qu'il faut mes-huy ma9t5ir2 quoy qu'il v\s c\/e4 ,on p>le vo/re v]tu1 et vo/re consci5ce3 ce ne sont p>ties mettre en masque4 ,laissons ces vils moy5s1 et ces exp$i5s1 la *icane du palais4 ,les excuses et rep>ations1 que ie voy faire t\s les i\rs1 p\r purg] l'indiscretion1 me sembl5t plus laides que l'indiscretion mesme4 ,il vaudroit mieux l'(f5c] encore vn c\p1 que de s'(f5c] soy mesme1 en faisant telle am5de son adu]saire4 ,v\s l'auez brau esmeu de *ol]e1 et v\s l'allez rappais] et flatt] en vo/re froid et meilleur s5s3 a9si v\s v\s s\bsmettez plus1 que v\s ne v\s e/iez aduanc4 ,ie ne tr\ue aucun dire si vicieux vn ,g5til-homme1 comme le desdire me semble luy e/re honteux3 qu& c'e/ vn desdire1 qu'on luy arra*e p> au?orit4 ,d'autant que l'op9ia/ret1 luy e/ plus excusable1 que la pusillanimit4 ,les passions1 me sont autant aises euit]1 comme elles me sont difficiles mod]]4 ,exc9duntur facilius animo1 qum temp]antur4 ,qui ne peut atte9dre cette noble impassibilit ,/oique1 qu'il se sauue au giron de cette mi5ne /upidit populaire4 ,ce que ceux-l faisoy5t p> v]tu1 ie me duits le faire p> complexion4 ,la moy5ne region loge les tempe/es2 les deux extremes1 des hommes philosophes1 et des hommes ruraux1 concurr5t en tranquillit et en bon heur2 ,felix qui potuit r]um cognosc]e causas1 ,atque metus omnes et inexorabile fatum ,subiecit p$ibus1 /repitmque ,a*]ontis au>i6 ,=tunatus et ille1 ,deos qui n\it agre/es1 ,panque1 ,syluanmque s5em1 ,nymphsque sorores6 ,de t\tes *oses les naissances sont foibles et t5dres4 ,p\rtant faut-il auoir les yeux ouu]ts aux comm5cem5ts4 ,c> comme lors en sa petitesse1 on n'en desc\ure pas le dang]1 qu& il e/ accreu1 on n'en desc\ure plus le rem$e4 ,i'eusse r5contr vn million de trau]ses1 t\s les i\rs1 plus mal aises dig]]1 au c\rs de l'ambition1 qu'il ne m'a e/ mal-ays d'arre/] l'incl9ation naturelle qui m'y portoit4 ,iure p]horrui ,lat conspicuum toll]e v]ticem4 ,t\tes actions publiques sont subiectes inc]ta9es1 et diu]ses int]pretations3 c> trop de te/es en iug5t4 ,aucuns dis5t1 de cette mi5ne occupation de ville 7et ie suis cont5t d'en p>l] vn mot3 non qu'elle le vaille1 mais p\r s]uir de montre de mes murs en telles *oses7 que ie m'y suis port en homme qui s'esmeut trop las*em5t1 et d'vne affection languissante3 et ils ne sont pas du t\t esloignez d'app>5ce4 ,i'essaye t5ir mon ame et mes p5ses en repos4 ,cm semp] natura1 tum etiam tate iam quietus4 ,et si elles se desbau*5t p> fois1 quelque impression rude et p5etrante1 c'e/ la v]it sans mon conseil4 ,de cette langueur naturelle1 on ne doibt p\rtant tir] aucune preuue d'impuissance3 c> faute de so+1 et faute de s5s1 ce sont deux *oses3 et mo9s de mes-cognoissance et d'+ratitude enu]s ce peuple1 qui employa t\s les plus extremes moy5s qu'il eu/ en ses ma9s1 me gratifi]3 et auant m'auoir cogneu1 et apres4 ,et fit bi5 plus p\r moy1 en me r$onnant ma *>ge1 qu'en me la donnant premi]em5t4 ,ie luy veux t\t le bi5 qui se peut4 ,et c]tes si l'occasion y eu/ e/1 il n'e/ ri5 que i'eusse esp>gn p\r son s]uice4 ,ie me suis esbranl p\r luy1 comme ie fais p\r moy4 ,c'e/ vn bon peuple1 gu]ri] et g5]eux3 capable p\rtant d'obeyssance et discipl9e1 et de s]uir quelque bon vsage1 s'il y e/ bi5 guid4 ,ils dis5t aussi1 cette mi5ne vacation s'e/re passe sans m>que et sans trace4 ,il e/ bon4 ,on accuse ma cessation1 en vn temps1 o quasi t\t le monde e/oit conua9cu de trop faire4 ,i'ay vn agir trepignant o la volont me *>rie4 ,mais cette po9te e/ ennemye de p]seu]ance4 ,qui se v\dra s]uir de moy1 selon moy1 qu'il me donne des affaires o il face beso+ de vigueur1 et de lib]t3 qui ay5t vne conduitte droicte1 et c\rte3 et encores haz>deuse3 i'y p\rray quelque *ose4 ,s'il la faut longue1 subtile1 laborieuse1 artificielle1 et tortue1 il f]a mieux de s'address] quelqu'autre4 ,t\tes *>ges importantes ne sont pas difficiles4 ,i'e/ois prep> m'embesongn] plus rudem5t vn peu1 s'il en eu/ e/ gr& beso+4 ,c> il e/ en mon p\uoir1 de faire quelque *ose plus que ie ne fais1 et que ie n'ayme faire4 ,ie ne laissay que ie sa*e1 aucun m\uem5t1 que le deuoir requi/ en bon esci5t de moy4 ,i'ay facilem5t oubli ceux1 que l'ambition mesle au deuoir1 et c\ure de son tiltre4 ,ce sont ceux1 qui le plus s\u5t rempliss5t les yeux et les oreilles1 et cont5t5t les hommes4 ,non pas la *ose1 mais l'app>5ce les paye4 ,s'ils n'oy5t du bruict1 il leur semble qu'on dorme4 ,mes humeurs sont contradictoires aux humeurs bruyantes4 ,i'arre/]ois bi5 vn tr\ble1 sans me tr\bl]1 et *a/i]ois vn desordre sans alt]ation4 ,ay-ie beso+ de *ol]e1 et d'inflammation8 ie l'emprunte1 et m'en masque4 ,mes murs sont m\sses1 plu/o/ fades1 qu'aspres4 ,ie n'accuse pas vn magi/rat qui dorme1 p\rueu que ceux qui sont s\bs sa ma91 dorm5t qu& et luy4 ,les loix dorm5t de mesme4 ,p\r moy1 ie l\ vne vie glissante1 sombre et muette4 ,neque submissam et abiectam1 neque se eff]5tem4 ,ma =tune le veut a9si4 ,ie suis nay d'vne famille1 qui a c\l sans esclat1 et sans tumulte3 et de longue memoire1 p>ticuli]em5t ambitieuse de preud'hommie4 ,nos hommes sont si =mez l'agitation et o/5tation1 que la bont1 la mod]ation1 l'equabilit1 la con/ance1 et telles qualitez quietes et obscures1 ne se s5t5t plus4 ,les corps raboteux se s5t5t1 les polis se mani5t imp]ceptiblem5t4 ,la maladie se s5t1 la sant1 peu ou po9t3 ny les *oses qui n\s oign5t1 au prix de celles qui n\s poign5t4 ,c'e/ agir p\r sa reputation1 et pr(fit p>ticuli]1 non p\r le bi51 de remettre faire en la place1 ce qu'on peut faire en la *ambre du conseil3 et en pla9 midy1 ce qu'on eu/ faict la nuict prec$5te3 et d'e/re ial\x de faire soy-mesme1 ce que son compaignon faict aussi bi54 ,a9si faisoy5t aucuns *irurgi5s de ,grece1 les op]ations de leur art1 sur des es*affaux la veu des passans1 p\r en acqu]ir plus de practique1 et de *al&ise4 ,ils iug5t1 que les bons reglem5s ne se peuu5t ent5dre1 qu'au son de la trompette4 ,l'ambition n'e/ pas vn vice de petis compaignons1 et de tels ef=ts que les no/res4 ,on disoit ,alex&re3 ,vo/re p]e v\s lairra vne gr&e dom9ation1 ayse1 et pacifique3 ce g>on e/oit enuieux des victoires de son p]e1 et de la iu/ice de son g\u]nem5t4 ,il n'eu/ pas v\lu i\yr l'empire du monde1 mollem5t et paisiblem5t4 ,alcibiades en ,platon1 ayme mieux m\rir1 ieune1 beau1 ri*e1 noble1 sauant1 t\t cela p> excell5ce1 que de s'arre/] en l'e/at de cette condition4 ,cette maladie e/ l'auanture excusable1 en vne ame si =te et si pla9e4 ,qu& ces ametes na9es1 et *etiues1 s'en vont embab\ynant3 et p5s5t esp&re leur nom1 p\r auoir iug droict vn affaire1 ou cont9u l'ordre des g>des d'vne porte de ville3 ils en montr5t d'autant plus le cul1 qu'ils esp]5t en hauss] la te/e4 ,ce m5u bi5 faire1 n'a ne corps ne vie4 ,il va s'esuan\yssant en la premi]e b\*e3 et ne se prome9e que d'vn c>ref\r de ru l'autre4 ,entret5ez en h>dim5t vo/re fils et vo/re valet4 ,comme cet anci51 qui n'ayant autre auditeur de ses loanges1 et cons5t de sa valeur1 se brauoit auec sa *ambri]e1 en s'escriant3 ,o ,p]rete1 le galant et suffisant homme de mai/re que tu z6 ,entret5ez v\s en v\s-mesme1 au pis all]4 ,comme vn conseill] de ma cognoissance1 ayant desgorg vne battele de p>agraphes1 d'vne extreme cont5tion1 et p>eille ineptie3 s'e/ant retir de la *ambre du conseil1 au pissoir du palais3 fut ouy m>motant entre les d5ts t\t consci5tieusem5t3 ,non nobis1 ,dom9e1 non nobis1 s$ nom9i tuo da gloriam4 ,qui ne peut d'ailleurs1 si se paye de sa b\rse4 ,la r5omme ne se pro/itue pas si vil comte4 ,les actions r>es et exemplaires1 qui elle e/ deu ne s\ffriroi5t pas la compagnie de cette f\le innum]able de petites actions i\rnali]es4 ,le m>bre esleu]a vos titres tant qu'il v\s plaira1 p\r auoir faict repetass] vn pan de mur1 ou descrot] vn ruisseau public3 mais non pas les hommes1 qui ont du s5s4 ,le bruit ne suit pas t\te bont1 si la difficult et e/ranget n'y e/ io9cte4 ,voyre ny la simple e/imation1 n'e/ deu t\te action1 qui n'ait de la v]tu1 selon les ,/oci5s4 ,et ne veul5t1 qu'on sa*e seulem5t gr1 celuy qui p> temp]ance1 s'ab/i5t d'vne vieille *assieuse4 ,ceux qui ont cognu les admirables qualitez de ,scipion l',africa91 refus5t la gloire1 que ,pantius luy attribue d'auoir e/ ab/95t de dons3 comme gloire non tant si5ne comme de son siecle4 ,n\s auons les voluptez sortables no/re =tune3 n'vsurpons pas celles de la gr&eur4 ,les no/res sont plus naturelles4 ,et d'autant plus solides et seures1 qu'elles sont plus basses4 ,puis que ce n'e/ p> consci5ce1 aumo9s p> ambition refusons l'ambition4 ,desdaignons cette faim de r5omme et d'honneur1 basse et beli/resse1 qui n\s le faict coqu9] de t\te sorte de g5s3 ,qu e/ i/a laus qu possit macello peti8 p> moy5s abiects1 et quelque vil prix que ce soit4 ,c'e/ de%onneur d'e/re a9s9 honnor4 ,appr5ons n'e/re non plus auides1 que n\s sommes capables de gloire4 ,de s'enfl] de t\te action vtile et innoc5te1 c'e/ faire g5s qui elle e/ extraord9aire et r>e4 ,ils la veul5t mettre1 p\r le prix qu'elle leur c\/e4 ,a mesure1 qu'vn bon effect e/ plus esclatant3 ie rabats de sa bont1 le s\pon en quoy i'entre1 qu'il soit produict1 plus p\r e/re esclatant1 que p\r e/re bon4 ,e/al1 il e/ demy v5du4 ,ces actions l1 ont bi5 plus de grace1 qui es*app5t de la ma9 de l'ouuri]1 non*alamm5t et sans bruict3 et que quelque honne/e homme1 *oisit apres1 et releue de l'ombre1 p\r les p\ss] en lumi]e3 cause d'elles mesmes4 ,mihi quidem laudabiliora vid5tur omnia1 qu s9e v5ditatione1 et s9e populo te/e fiunt3 dit le plus glorieux homme du monde4 ,ie n'auois qu' cons]u] et dur]1 qui sont effects s\rds et ins5sibles4 ,l'inn\ation e/ de gr& lu/re4 ,mais elle e/ int]dicte en ce temps1 o n\s sommes pressez1 et n'auons n\s deff5dre que des n\uelletez4 ,l'ab/95ce de faire1 e/ s\u5t aussi g5]euse1 que le faire3 mais elle e/ mo9s au i\r4 ,et ce peu1 que ie vaux1 e/ quasi t\t de cette espece4 ,en somme les occasions en cette *>ge ont suiuy ma complexion3 dequoy ie leur say tresbon gr4 ,e/-il quelqu'vn qui desire e/re malade1 p\r voir son m$ec9 en besongne8 ,et faudroit-il pas f\t] le m$ec91 qui n\s desir]oit la pe/e1 p\r mettre son art en practique8 ,ie n'ay po9t eu cett'humeur inique et assez commune1 de desir] que le tr\ble et maladie des affaires de cette cit1 rehaussa/ et honnora/ mon g\u]nem5t4 ,i'ay pre/ de bon cur1 l'espaule leur aysance et facilit4 ,qui ne me v\dra sauoir gr de l'ordre1 de la d\ce et muette tranquillit1 qui a accompaign ma conduitte3 aumo9s ne peut-il me priu] de la "p qui m'en app>ti5t1 p> le tiltre de ma bonne =tune4 ,et ie suis a9si faict3 que i'ayme autant e/re heureux que sage3 et deuoir mes succez1 purem5t la grace de ,dieu1 qu' l'entremise de mon op]ation4 ,i'auois assez dis]tem5t publi au monde mon insuffisance1 en tels maniem5s publiques4 ,i'ay encore pis1 que l'insuffisance3 c'e/ qu'elle ne me desplai/ gu]e3 et que ie ne *]*e gu]e la gu>ir1 veu le tra9 de vie que i'ay desseign4 ,ie ne me suis en cette entremise1 non plus satisfaict moy-mesme4 ,mais peu pres1 i'en suis arriu ce que ie m'en e/ois promis3 et si ay de beauc\p surmont1 ce que i'en auois promis ceux1 qui i'auois faire4 ,c> ie promets volonti]s vn peu mo9s de ce que ie puis1 et de ce que i'esp]e t5ir4 ,ie m'asseure1 n'y auoir laiss ny (f5ce ny ha9e4 ,d'y laiss] regret et desir de moy3 ie say t\t le mo9s bi5 cela1 que ie ne l'ay pas =t affect3 ,mne huic confid]e mon/ro6 ,mne salis placidi vultum1 fluctsque quietos ,ignor>e6 ,,*apitre ,,xi4 ,des boyteux4 ,,il y a deux ou trois ans1 qu'on acc\rsit l'an de dix i\rs en ,france4 ,combi5 de *angem5s doiu5t suyure cette re=mation6 ,ce fut proprem5t remu] le ciel et la t]re la fois4 ,ce neantmo9s1 il n'e/ ri5 qui b\ge de sa place4 ,mes vois9s tr\u5t l'heure de leurs sem5ces1 de leur recolte1 l'opportunit de leurs negoces1 les i\rs nuisibles et propices1 au mesme po9ct iu/em5t1 o ils les auoy5t assignez de t\t temps4 ,ny l'erreur ne se s5toit en no/re vsage1 ny l'am5dem5t ne s'y s5t4 ,tant il y a d'inc]titude p> t\t3 tant no/re app]ceuance e/ grossi]e1 obscure et obtuse4 ,on dit1 que ce reglem5t se p\uoit conduire d'vne faon mo9s incommode3 s\/raiant l'exemple d',augu/e1 p\r quelques annes1 le i\r du bissexte3 qui a9si comme a9s91 e/ vn i\r d'empes*em5t et de tr\ble3 iusques ce qu'on fu/ arriu satisfaire exactem5t ce debte4 ,ce que mesme on n'a pas faict1 p> cette correction3 et demeurons encores en arr]ages de quelques i\rs4 ,et si p> mesme moy51 on p\uoit pr\uoir l'adu5ir1 ordonnant qu'apres la reuolution de tel ou tel nombre d'annes1 ce i\r extraord9aire s]oit t\si\rs eclips3 si que no/re mesconte ne p\rroit d'ores-enauant exc$] v+t et quatre heures4 ,n\s n'auons autre comte du temps1 que les ans4 ,il y a tant de siecles que le monde s'en s]t3 et si c'e/ vne mesure que n\s n'auons encore a*eu d'arre/]4 ,et telle1 que n\s d\btons t\s les i\rs1 quelle =me les autres nations luy ont diu]sem5t donn3 et quel en e/oit l'vsage4 ,quoy ce que dis5t aucuns1 que les cieux se comprim5t v]s n\s en vieillissant1 et n\s iett5t en inc]titude des heures mesme et des i\rs8 ,et des moys1 ce que dit ,plut>que3 qu'encore de son temps l'a/rologie n'auoit seu born] le m\uem5t de la lune8 ,n\s voyla bi5 accommodez1 p\r t5ir regi/re des *oses passes4 ,ie resuassois pres5tem5t1 comme ie fais s\u5t1 sur ce1 combi5 l'huma9e raison e/ vn in/rum5t libre et vague4 ,ie vois ord9airem5t1 que les hommes1 aux faicts qu'on leur propose1 s'amus5t plus volonti]s en *]*] la raison1 qu' en *]*] la v]it4 ,ils pass5t p> dessus les presuppositions1 mais ils exam95t curieusem5t les consequ5ces4 ,ils laiss5t les *oses1 et c\r5t aux causes4 ,plaisans causeurs4 ,la cognoissance des causes t\*e seulem5t celuy1 qui a la conduitte des *oses3 non n\s1 qui n'en auons que la s\ffrance4 ,et qui en auons l'vsage p>faictem5t ple9 et accompli1 selon no/re beso+1 sans en p5etr] l'orig9e et l'ess5ce4 ,ny le v9 n'en e/ plus plaisant celuy qui en sait les facultez premi]es4 ,au contraire3 et le corps et l'ame1 int]romp5t et alt]5t le droit qu'ils ont de l'vsage du monde1 et de soy-mesmes1 y meslant l'op9ion de sci5ce4 ,les effectz n\s t\*5t1 mais les moy5s1 nullem5t4 ,le det]m9] et le di/ribu]1 app>ti5t la mai/rise1 et la reg5ce3 comme la subiection et appr5tissage1 l'accept]4 ,repr5ons no/re c\/ume4 ,ils comm5c5t ord9airem5t a9si3 ,comm5t e/-ce que cela se fait8 mais1 se fait-il8 faudroit il dire4 ,no/re disc\rs e/ capable d'e/(f] c5t autres mondes1 et d'en tr\u] les pr9cipes et la contexture4 ,il ne luy faut ny mati]e ny baze4 ,laissez le c\rre3 il ba/it aussi bi5 sur le vuide que sur le pla91 et de l'inanit que de mati]e1 ,d>e pondus idonea fumo4 ,ie tr\ue quasi p> t\t1 qu'il faudroit dire3 ,il n'en e/ ri54 ,et employ]ois s\u5t cette responce3 mais ie n'ose3 c> ils cri5t1 que c'e/ vne deffaicte produicte de foiblesse d'esprit et d'ignorance4 ,et me faut ord9airem5t ba/el] p> compaignie1 traict] des subiects1 et contes friuoles1 que ie mescrois enti]em5t4 ,io9ct qu' la v]it1 il e/ vn peu rude et qu]eleux1 de ni] t\t sec1 vne proposition de faict4 ,et peu de g5s faill5t3 notamm5t aux *oses malayses p]suad]1 d'aff]m] qu'ils l'ont veu3 ou d'allegu] des tesmo9s1 desquels l'au?orit arre/e notre contradiction4 ,suyuant cet vsage1 n\s sauons les fondem5s1 et les moy5s1 de mille *oses qui ne fur5t onques4 ,et s'esc>m\*e le monde1 en mille que/ions1 desquelles1 et le p\r et le contre1 e/ faux4 ,ita f9itima sunt falsa v]is1 vt 9 prcipitem locum non debeat se sapi5s committ]e4 ,la v]it et le m5songe ont leurs visages con=mes1 le port1 le g\/1 et les alleures p>eilles3 n\s les reg>dons de mesme il4 ,ie tr\ue que n\s ne sommes pas seulem5t las*es n\s def5dre de la pip]ie3 mais que n\s *]*ons1 et conuions n\s y enf]r]4 ,n\s aymons n\s embr\ll] en la vanit1 comme con=me no/re e/re4 ,i'ay veu la naissance de plusieurs miracles de mon temps4 ,encore qu'ils s'e/\ff5t en naissant1 n\s ne laissons pas de preuoir le tra9 qu'ils euss5t pris1 s'ils euss5t vescu leur aage4 ,c> il n'e/ que de tr\u] le b\t du fil1 on en desuide tant qu'on veut4 ,et y a plus lo+1 de ri51 la plus petite *ose du monde1 qu'il n'y a de celle l1 iusques la plus gr&e4 ,or les premi]s qui sont abbreuuez de ce comm5cem5t d'e/ranget1 v5ans sem] leur hi/oire1 s5t5t p> les oppositions qu'on leur fait1 o loge la difficult de la p]suasion1 et vont calfeutrant cet endroict de quelque piece fauce4 ,outre ce que1 insita hom9ibus libid9e al5di de indu/ria rumores1 n\s faisons naturellem5t consci5ce1 de r5dre ce qu'on n\s a pre/1 sans quelque vsure1 et accession de no/re creu4 ,l'erreur p>ticuli]e1 fait premi]em5t l'erreur publique3 et son t\r apres1 l'erreur publique fait l'erreur p>ticuli]e4 ,a9si va t\t ce ba/im5t1 s'e/(fant et =mant1 de ma9 en ma93 de mani]e que le plus eslongn tesmo91 en e/ mieux in/ruict que le plus vois93 et le d]ni] in=m1 mieux p]suad que le premi]4 ,c'e/ vn progrez naturel4 ,c> quiconque croit quelque *ose1 e/ime que c'e/ ouurage de *>it1 de la p]suad] vn autre4 ,et p\r ce faire1 ne cra9t po9t d'adi\/] de son inu5tion1 autant qu'il voit e/re necessaire en son compte1 p\r supple] la resi/ance et au deffaut qu'il p5se e/re en la conception d'autruy4 ,moy-mesme1 qui fais s+uli]e consci5ce de m5tir3 et qui ne me s\cie gu]e de donn] creance et au?orit ce que ie dis1 m'app]oy t\tesfois1 aux propos que i'ay en ma91 qu'e/ant es*auff ou p> la resi/ance d'vn autre1 ou p> la propre *aleur de ma n>ration1 ie grossis et enfle mon subiect1 p> voix1 m\uem5s1 vigueur et =ce de p>olles3 et encore p> ext5tion et amplification3 non sans int]e/ de la v]it nayfue4 ,mais ie le fais en condition p\rtant1 qu'au premi] qui me rame9e1 et qui me dem&e la v]it nu et cru3 ie quitte s\da9 mon ef=t1 et la luy donne1 sans exagg]ation1 sans emphase1 et remplissage4 ,la p>ole viue et bruyante1 comme e/ la mi5ne ord9aire1 s'emporte volonti]s l'hyp]bole4 ,il n'e/ ri5 quoy communem5t les hommes soy5t plus t5dus1 qu' donn] voye leurs op9ions4 ,o le moy5 ord9aire n\s faut1 n\s y adi\/ons1 le comm&em5t1 la =ce1 le f]1 et le feu4 ,il y a du mal'heur1 d'en e/re l1 que la meilleure t\*e de la v]it1 ce soit la multitude des croyans1 en vne presse o les fols surpass5t de tant1 les sages1 en nombre4 ,quasi v] quidquam sit tam vald1 qum nil sap]e vulg>e4 ,sanitatis patroc9ium e/1 insani5tium turba4 ,c'e/ *ose difficile de res\ldre son iugem5t contre les op9ions communes4 ,la premi]e p]suasion pr9se du subiect mesme1 saisit les simples3 de l elle s'esp& aux habiles1 s\bs l'au?orit du nombre et anci5net des tesmoignages4 ,p\r moy1 de ce que ie n'en croirois pas vn1 ie n'en croirois pas c5t vns4 ,et ne iuge pas les op9ions1 p> les ans4 ,il y a peu de temps1 que l'vn de nos ,pr9ces1 en qui la g\te auoit p]du vn beau naturel1 et vne allegre composition3 se laissa si =t p]suad]1 au rapport qu'on faisoit des m]ueilleuses op]ations d'vn pre/re1 qui p> la voye des p>olles et des ge/es1 gu]issoit t\tes maladies3 qu'il fit vn long voyage p\r l'all] tr\u]3 et p> la =ce de son appreh5sion1 p]suada1 et endormit ses iambes p\r quelques heures1 si qu'il en tira du s]uice1 qu'elles auoy5t desapris luy faire1 il y auoit long temps4 ,si la ,=tune eu/ laiss emmoncel] c9q ou six telles aduantures1 elles e/oi5t capables de mettre ce miracle en nature4 ,on tr\ua depuis1 tant de simplesse1 et si peu d'art1 en l'ar*itecte de tels ouurages1 qu'on le iugea indigne d'aucun *a/iem5t4 ,comme si f]oit on1 de la plus "p de telles *oses1 qui les recognoi/roit en leur gi/e4 ,miramur ex int]uallo fall5tia4 ,no/re veu repres5te a9si s\u5t de lo+1 des images e/ranges1 qui s'esuan\yss5t en s'appro*ant4 ,nunquam ad liquidum fama p]ducitur4 ,c'e/ m]ueille1 de combi5 va9s comm5cem5s1 et friuoles causes1 naiss5t ord9airem5t si fameuses impressions4 ,cela mesmes en empes*e l'in=mation4 ,c> p5dant qu'on *]*e des causes1 et des f9s =tes1 et poisantes1 et dignes d'vn si gr& nom1 on p]t les vrayes4 ,elles es*ap5t de no/re veu p> leur petitesse4 ,et la v]it1 il e/ requis vn bi5 prud5t1 att5tif1 et subtil inquisiteur1 en telles re*]*es3 indiff]5t1 et non preoccup4 ,iusques cette heure1 t\s ces miracles1 et eu5em5s e/ranges1 se ca*5t deuant moy4 ,ie n'ay veu mon/re et miracle au monde1 plus expres1 que moy-mesme4 ,on s'appriuoise t\te e/ranget p> l'vsage et le temps3 mais plus ie me hante et me cognois1 plus ma dif=mit m'e/onne3 mo9s ie m'ent5s en moy4 ,le pr9cipal droict d'auanc] et produire tels accid5s1 e/ res]u la ,=tune4 ,passant auant hi] dans vn village1 deux lieus de ma maison1 ie tr\uay la place encore t\te *aude1 d'vn miracle qui v5oit d'y faillir3 p> lequel le vois9age auoit e/ amus plusieurs mois1 et comm5oi5t les pr\9ces vois9es1 de s'en esm\uoir1 et y acc\rir grosses tr\pes1 de t\tes qualitez4 ,vn ieune homme du lieu1 s'e/oit io contrefaire vne nuict en sa maison1 la voix d'vn esprit1 sans p5s] autre f9esse1 qu' ioir d'vn bad9age pres5t3 cela luy ayant vn peu mieux succ$ qu'il n'esp]oit1 p\r e/5dre sa f>ce plus de ressorts1 il y associa vne fille de village1 du t\t /upide1 et niaise3 et fur5t trois en f91 de mesme aage et p>eille suffisance3 et de pres*es dome/iques en fir5t des pres*es publics1 se ca*ans s\bs l'autel de l'glise1 ne p>lans que de nuict1 et deff5dans d'y apport] aucune lumi]e4 ,de p>oles1 qui t5doi5t la conu]sion du monde1 et m5ace du i\r du iugem5t 7c> ce sont subiects s\bs l'au?orit et reu]5ce desquels1 l'impo/ure se tapit plus aism5t7 ils v9dr5t quelques visions et m\uem5ts1 si niais1 et si ridicules3 qu' pe9e y a-il ri5 si grossi] au ieu des petits enfans4 ,si t\tesfois la ,=tune y eu/ v\lu pre/] vn peu de faueur1 qui sait1 iusques o se fu/ accreu ce battelage8 ,ces pauures diables sont cette heure en prison2 et port]ont volonti]s la pe9e de la sottise commune3 et ne say si quelque iuge se v5g]a sur eux1 de la si5ne4 ,on voit clair en cette-cy1 qui e/ desc\u]te3 mais en plusieurs *oses de p>eille qualit1 surpassant no/re cognoissance3 ie suis d'aduis1 que n\s s\/5ions no/re iugem5t1 aussi bi5 reiet]1 qu' receuoir4 ,il s'eng5dre beauc\p d'abus au monde3 ou p\r dire plus h>dim5t1 t\s les abus du monde s'eng5dr5t1 de ce1 qu'on n\s appr5d cra9dre de faire pr(ession de no/re ignorance2 et sommes t5us d'accept]1 t\t ce que n\s ne p\uons refut]4 ,n\s p>lons de t\tes *oses p> preceptes et resolution4 ,le /ile ,rome portoit1 que cela mesme1 qu'vn tesmo9 deposoit1 p\r l'auoir veu de ses yeux1 et ce qu'vn iuge ordonnoit de sa plus c]ta9e sci5ce1 e/oit conceu en cette =me de p>l]3 ,il me semble4 ,on me faict har les *oses vray-semblables1 qu& on me les plante p\r infaillibles4 ,i'aime ces mots1 qui amolliss5t et mod]5t la tem]it de nos propositions3 l'auanture1 aucunem5t1 quelque1 on dit1 ie p5se1 et semblables4 ,et si i'eusse eu dress] des enfans1 ie leur eusse tant mis en la b\*e1 cette faon de respondre3 enque/5te1 non resolutiue3 ,qu'e/-ce dire8 ie ne l'ent5s pas2 il p\rroit e/re3 e/-il vray8 qu'ils euss5t plu/o/ g>d la =me d'appr5tis soixante ans1 que de repres5t] les docteurs dix ans3 comme ils font4 ,qui veut gu]ir de l'ignorance1 il faut la confess]4 ,iris e/ fille de ,?aumantis4 ,l'admiration e/ fondem5t de t\te philosophie3 l'inquisition1 le progrez3 l'ignorance1 le b\t4 ,voire dea1 il y a quelque ignorance =te et g5]euse1 qui ne doit ri5 en honneur et en c\rage la sci5ce1 ignorance p\r laquelle conceuoir1 il n'y a pas mo9s de sci5ce1 qu' conceuoir la sci5ce4 ,ie vy en mon enfance1 vn procez que ,corras conseill] de ,?\l\ze fit imprim]1 d'vn accid5t e/range2 de deux hommes1 qui se pres5toi5t l'vn p\r l'autre3 il me s\ui5t1 et ne me s\ui5t aussi d'autre *ose1 qu'il me sembla auoir r5du l'impo/ure de celuy qu'il iugea c\lpable1 si m]ueilleuse et exc$ant de si lo+ no/re cognoissance1 et la si5ne1 qui e/oit iuge1 que ie tr\uay beauc\p de h>diesse en l'arre/ qui l'auoit condamn e/re p5du4 ,receuons quelque =me d'arre/ qui die3 ,la ,c\r n'y ent5d ri52 plus librem5t et +5um5t1 que ne fir5t les ,areopagites3 lesquels se tr\uans pressez d'vne cause1 qu'ils ne p\uoi5t desuelopp]1 ordonn]5t que les p>ties en vi5droi5t c5t ans4 ,les sorci]es de mon vois9age1 c\r5t haz>d de leur vie1 sur l'aduis de *asque n\uel au!ur1 qui vi5t donn] corps leurs songes4 ,p\r accommod] les exemples que la diu9e p>olle n\s (fre de telles *oses2 tres-c]ta9s et irrefragables exemples2 et les atta*] nos eu5em5s mod]nes3 puisque n\s n'en voyons1 ny les causes1 ny les moy5s3 il y faut autre eng9 que le no/re4 ,il app>ti5t l'auanture1 ce seul tres-puissant tesmoignage1 de n\s dire3 ,cettuy-cy en e/1 et celle-l3 et non cet autre4 ,dieu en doit e/re creu3 c'e/ vrayem5t bi5 raison4 ,mais non p\rtant vn d'entre n\s1 qui s'e/onne de sa propre n>ration 7et necessairem5t il s'en e/onne1 s'il n'e/ hors du s5s7 soit qu'il l'employe au faict d'autruy3 soit qu'il l'employe contre soy-mesme4 ,ie suis l\rd1 et me ti5s vn peu au massif1 et au vray-semblable3 euitant les repro*es anci5s4 ,maiorem fidem hom9es adhib5t ijs qu non intelligunt4 ,cupid9e humani +5ij lib5tius obscura cr$untur4 ,ie vois bi5 qu'on se c\rr\ce3 et me deff5d-on d'en d\bt]1 sur pe9e d'iniures execrables4 ,n\uelle faon de p]suad]4 ,p\r ,dieu m]cy4 ,ma creance ne se manie pas c\ps de po+4 ,qu'ils g\rm&5t ceux qui accus5t de faucet leur op9ion3 ie ne l'accuse que de difficult et de h>diesse4 ,et condamne l'affirmation opposite1 egallem5t auec eux3 s9on si imp]ieusem5t4 ,qui e/ablit son disc\rs p> brau]ie et comm&em5t1 montre que la raison y e/ foible4 ,p\r vne alt]cation v]bale et s*ola/ique1 qu'ils ay5t autant d'app>5ce que leurs contradicteurs4 ,videantur san1 non affirm5tur modo4 ,mais en la consequ5ce effectuelle qu'ils en tir5t1 ceux-cy ont bi5 de l'auantage4 ,a tu] les g5s3 il faut vne clairt lum9euse et nette4 ,et e/ no/re vie trop relle et ess5tielle1 p\r g>antir ces accid5s1 sup]naturels et fanta/iques4 ,quant aux drogues et poisons1 ie les mets hors de mon conte3 ce sont homicides1 et de la pire espece4 ,t\tesfois en cela mesme1 on dit qu'il ne faut pas t\si\rs s'arre/] la propre confession de ces g5s icy4 ,c> on leur a veu p> fois s'accus] d'auoir tu des p]sonnes1 qu'on tr\uoit sa9es et viuantes4 ,en ces autres accusations extrauagantes1 ie dirois volonti]s2 que c'e/ bi5 assez2 qu'vn homme1 quelque recomm5dation qu'il aye1 soit creu de ce qui e/ huma94 ,de ce qui e/ hors de sa conception1 et d'vn effect sup]naturel3 il en doit e/re creu1 lors seulem5t1 qu'vne approbation sup]naturelle l'a au?oris4 ,ce priuilege qu'il a pleu ,dieu1 donn] aucuns de nos tesmoignages1 ne doit pas e/re auily1 et communiqu leg]em5t4 ,i'ay les oreilles battus de mille tels contes4 ,trois le vir5t vn tel i\r1 en leuant3 trois le vir5t l5dema91 en occid5t3 telle heure1 tel lieu1 a9si ve/u3 c]tes ie ne m'en croirois pas moy-mesme4 ,combi5 tr\u-ie plus naturel1 et plus vray-semblable1 que deux hommes m5t5t3 que ie ne fay qu'vn homme en d\ze heures1 passe1 quant et les v5ts1 d'ori5t en occid5t8 ,combi5 plus naturel que no/re ent5dem5t soit emport de sa place1 p> la volubilit de notre esprit detraqu2 que cela1 qu'vn de n\s soit enuol sur vn balay1 au long du tuiau de sa *em9e1 en *air et en os1 p> vn esprit e/rang]8 ,ne *]*ons pas des illusions du dehors1 et incogneus3 n\s qui sommes p]petuellem5t agitez d'illusions dome/iques et no/res4 ,il me semble qu'on e/ p>donnable1 de mescroire vne m]ueille1 autant au mo9s qu'on peut en de/\rn] et elid] la v]ification1 p> voye non m]ueilleuse4 ,et suis l'aduis de ,s4 ,augu/93 qu'il vaut mieux pan*] v]s le d\te1 que v]s l'asseurance1 s *oses de difficile preuue1 et dang]euse creance4 ,il y a quelques annes1 que ie passay p> les t]res d'vn ,pr9ce s\u]a93 lequel en ma faueur1 et p\r rabattre mon incr$ulit1 me fit cette grace1 de me faire voir en sa pres5ce1 en lieu p>ticuli]1 dix ou d\ze prisonni]s de ce g5re2 et vne vieille entre autres1 vraym5t bi5 sorci]e en laideur et de=mit1 tres-fameuse de longue ma9 en cette pr(ession4 ,ie vis et preuues1 et libres confessions1 et ie ne say quelle m>que ins5sible sur cette mis]able vieille3 et m'enquis1 et p>lay t\t mon sa\l1 y apportant la plus sa9e att5tion que ie peusse3 et ne suis pas homme qui me laisse gu]e g>rot] le iugem5t p> preoccupation4 ,en f9 et en consci5ce1 ie leur eusse plu/o/ ordonn de l'ellebore que de la cigu4 ,captisque res magis m5tibus1 qum conscel]atis similis visa4 ,la iu/ice a ses propres corrections p\r telles maladies4 ,quant aux oppositions et argum5ts1 que des honne/es hommes m'ont faict1 et l1 et s\u5t ailleurs3 ie n'en ay po9t s5ty1 qui m'atta*5t3 et qui ne s\ffr5t solution t\si\rs plus vray-semblable1 que leurs conclusions4 ,bi5 e/ vray que les preuues et raisons qui se fond5t sur l'exp]i5ce et sur le faict3 celles-l1 ie ne les desn\ po9t2 aussi n'ont elles po9t de b\t3 ie les tran*e s\u5t1 comme ,alex&re son nud4 ,apres t\t c'e/ mettre ses coniectures bi5 haut prix1 que d'en faire cuire vn homme t\t vif4 ,on recite p> diu]s exemples 7et ,pre/antius de son p]e7 qu'ass\py et endormy bi5 plus l\rdem5t1 que d'vn p>faict sommeil3 il fantasia e/re ium5t1 et s]uir de sommi] des soldats3 et1 ce qu'il fantasioit1 il l'e/oit4 ,si les sorci]s song5t a9si mat]iellem5t3 si les songes p> fois se peuu5t a9s9 incorpor] en effects3 encore ne croy-ie pas1 que no/re volont en fu/ t5u la iu/ice4 ,ce que ie dis1 comme celuy qui n'e/ pas iuge ny conseill] des ,roys2 ny s'en e/ime de bi5 lo+ digne3 a9s homme du commun3 nay et vo l'obessance de la raison publique1 et en ses faicts1 et en ses dicts4 ,qui mettroit mes resu]ies en conte1 au preiudice de la plus *etiue loy de son village1 ou op9ion1 ou c\/ume1 il se f]oit gr& tort1 et encores autant moy4 ,c> en ce que ie dy1 ie ne pleuuis autre c]titude1 s9on que c'e/ ce1 que lors i'en auoy en la p5se4 ,p5se tumultuaire et vacillante4 ,c'e/ p> mani]e de deuis1 que ie p>le de t\t1 et de ri5 p> mani]e d'aduis4 ,nec me pudet1 vt i/os1 fat]i nescire quod nesciam4 ,ie ne s]ois pas si h>dy p>l]1 s'il m'app>t5oit d'en e/re creu4 ,et fut1 ce que ie respondis vn gr&1 qui se plaignoit de l'aspret et cont5tion de mes enhortem5s4 ,v\s s5tant b& et prep> d'vne "p1 ie v\s propose l'autre1 de t\t le so+ que ie puis3 p\r escl>cir vo/re iugem5t1 non p\r l'oblig]4 ,dieu ti5t vos c\rages1 et v\s f\rnira de *oix4 ,ie ne suis pas si presomptueux1 de desir] seulem5t1 que mes op9ions donnass5t p5te1 *ose de telle importance4 ,ma =tune1 ne les a pas dresses si puissantes et si esleues conclusions4 ,c]tes1 i'ay non seulem5t des complexions en gr& nombre3 mais aussi des op9ions assez1 desquelles ie dg\t]ois volonti]s mon fils1 si i'en auois4 ,quoy8 si les plus vrayes ne sont pas t\si\rs les plus commodes l'homme2 tant il e/ de sauuage composition4 ,a propos1 ou hors de propos1 il n'importe4 ,on dit en ,italie en commun pr\]be1 que celuy-l ne cognoi/ pas ,v5us en sa p>faicte d\ceur1 qui n'a c\* auec la boiteuse4 ,la =tune1 ou quelque p>ticuli] accid5t1 ont mis il y a long temps ce mot en la b\*e du peuple2 et se dict des masles comme des femelles4 ,c> la ,royne des ,amazones1 respondit au ,scy! qui la conuioit l'am\r1 1 le boiteux le faict le mieux4 ,en cette republique fem99e1 p\r fuir la dom9ation des masles1 elles les /ropioi5t ds l'enfance1 bras1 iambes1 et autres membres qui leur donnoi5t auantage sur elles1 et se s]uoi5t d'eux1 ce seulem5t1 quoy n\s n\s s]uons d'elles p> de4 ,i'eusse dit1 que le m\uem5t detraqu de la boiteuse1 apporta/ quelque n\ueau plaisir la besoigne1 et quelque po9cte de d\ceur1 ceux qui l'essay5t3 mais ie vi5s d'appr5dre1 que mesme la philosophie anci5ne en a decid4 ,elle dict1 que les iambes et cuisses des boiteuses1 ne receuans cause de leur imp]fection1 l'alim5t qui leur e/ deu1 il en adui5t que les p>ties g5itales1 qui sont au dessus1 sont plus pla9es1 plus n\rries1 et vig\reuses4 ,ou bi5 que ce defaut empes*ant l'ex]cice1 ceux qui en sont enta*ez1 dissip5t mo9s leurs =ces1 et en vi5n5t plus enti]s aux ieux de ,v5us4 ,qui e/ aussi la raison1 p\rquoy les ,grecs descrioi5t les tiss]&es1 d'e/re plus *audes1 que les autres femmes3 cause du me/i] s$5taire qu'elles font1 sans gr& ex]cice du corps4 ,dequoy ne p\uons n\s raisonn] ce prix-l8 ,de celles icy1 ie p\rrois aussi dire2 que ce trem\ssem5t que leur ouurage leur donne a9s9 assises1 les esueille et sollicite3 comme faict les dames1 le cr\lem5t et tremblem5t de leurs co*es4 ,ces exemples1 s]u5t-ils pas ce que ie disois au comm5cem5t3 ,que nos raisons anticip5t s\u5t l'effect1 et ont l'e/5du de leur iurisdiction si inf9ie1 qu'elles iug5t et s'ex]c5t en l'inanit mesme1 et au non e/re8 ,outre la flexibilit de no/re inu5tion1 =g] des raisons t\tes sortes de songes2 no/re imag9ation se tr\ue p>eillem5t facile1 receuoir des impressions de la faucet1 p> bi5 friuoles app>5ces4 ,c> p> la seule au?orit de l'vsage anci51 et publique de ce mot3 ie me suis autresfois faict accroire1 auoir receu plus de plaisir d'vne femme1 de ce qu'elle n'e/oit pas droicte1 et mis cela au compte de ses graces4 ,torquato ,tasso1 en la comp>aison qu'il faict de la ,france l',italie2 dit auoir rem>qu cela1 que n\s auons les iambes plus gresles1 que les ,g5tils-hommes ,itali5s2 et en attribue la cause1 ce que n\s sommes cont9uellem5t *eual4 ,qui e/ celle-mmes de laquelle ,suetone tire vne t\te contraire conclusion4 ,c> il dit au reb\rs1 que ,g]manicus auoit grossi les si5nes1 p> cont9uation de ce mesme ex]cice4 ,il n'e/ ri5 si s\pple et erratique1 que no/re ent5dem5t4 ,c'e/ le s\li] de ,!ram5ez1 bon t\s pi$s4 ,et il e/ d\ble et diu]s1 et les mati]es d\bles1 et diu]ses4 ,donne moy vne dragme d'arg5t1 disoit vn philosophe ,cynique ,antigonus4 ,ce n'e/ pas pres5t de ,roy1 respondit-il4 ,donne moy donc vn tal5t4 ,ce n'e/ pas pres5t p\r ,cynique4 ,seu plures calor ille vias1 et cca relaxat ,spiram5ta1 n\as v5iat qua succus 9 h]bas3 ,seu durat magis1 et v5as a/r+it hiantes1 ,ne t5ues pluui1 rapidiue pot5tia solis ,acrior1 aut ,bore p5etrabile frigus adurat4 ,ogni m$aglia ha il suo riu]so4 ,voila p\rquoy ,clitoma*us disoit anci5nem5t1 que ,c>neades auoit surmont les labeurs d',h]cules2 p\r auoir arra* des hommes le cons5tem5t3 c'e/ dire1 l'op9ion1 et la tem]it de iug]4 ,cette fantasie de ,c>neades1 si vig\reuse1 nasquit mon aduis anci5nem5t1 de l'impud5ce de ceux qui font pr(ession de sauoir1 et de leur outre-cuidance desmesure4 ,on mit sope en v5te1 auec deux autres esclaues3 l'a*eteur s'enquit du premi] ce qu'il sauoit faire1 celuy-la p\r se faire valoir1 respondit monts et m]ueilles1 qu'il sauoit et cecy et cela3 le deuxiesme en respondit de soy autant ou plus3 qu& ce fut sope1 et qu'on luy eu/ aussi dem& ce qu'il sauoit faire3 ,ri51 dit-il1 c> ceux cy ont t\t preoccup3 ils sau5t t\t4 ,a9s9 e/-il adu5u en l'escole de la philosophie4 ,la fi]t1 de ceux qui attribuoi5t l'esprit huma9 la capacit de t\tes *oses1 causa en d'autres1 p> despit et p> emulation1 cette op9ion1 qu'il n'e/ capable d'aucune *ose4 ,les vns ti5n5t en l'ignorance1 cette mesme extremit1 que les autres ti5n5t en la sci5ce4 ,af9 qu'on ne puisse ni]1 que l'homme ne soit immod] p> t\t3 et qu'il n'a po9t d'arre/1 que celuy de la necessit1 et impuissance d'all] outre4 ,,*apitre ,,xii4 ,de la ,physionomie4 ,,qvasi t\tes les op9ions que n\s auons1 sont pr9ses p> au?orit et cr$it4 ,il n'y a po9t de mal4 ,n\s ne saurions pirem5t *oisir1 que p> n\s1 en vn siecle si foible4 ,cette image des disc\rs de ,socrates1 que ses amis n\s ont laisse1 n\s ne l'appr\uons1 que p\r la reu]5ce de l'approbation publique4 ,ce n'e/ pas p> no/re cognoissance3 ils ne sont pas selon no/re vsage4 ,s'il naissoit cette heure1 quelque *ose de p>eil1 il e/ peu d'hommes qui le prisass5t4 ,n\s n'app]ceuons les graces que po9tues1 b\ffies1 et enfles d'artifice4 ,celles qui c\l5t s\bs la nafuet1 et la simplicit1 es*app5t aism5t vne veu grossi]e comme e/ la no/re4 ,elles ont vne beaut delicate et ca*e3 il faut la veu nette et bi5 purge1 p\r desc\urir cette secrette lumi]e4 ,e/ pas1 la nafuet1 selon n\s1 g]ma9e la sottise1 et qualit de repro*e8 ,socrates faict m\uoir son ame1 d'vn m\uem5t naturel et commun4 ,a9si dict vn pasan1 a9si dict vne femme4 ,il n'a iamais en la b\*e1 que co*]s1 m5uisi]s1 saueti]s et maisons4 ,ce sont inductions et similitudes1 tires des plus vulgaires et cogneus actions des hommes3 *acun l'ent5d4 ,s\s vne si vile =me1 n\s n'eussions iamais *oisi la noblesse et spl5deur de ses conceptions admirables3 n\s qui e/imons plates et basses1 t\tes celles que la doctr9e ne releue2 qui n'app]ceuons la ri*esse qu'en montre et en pompe4 ,no/re monde n'e/ =m qu' l'o/5tation4 ,les hommes ne s'enfl5t que de v5t3 et se mani5t bonds1 comme les balons4 ,cettuy-cy ne se propose po9t des va9es fantasies4 ,sa f9 fut1 n\s f\rnir de *oses et de preceptes1 qui reellem5t et plus io9ctem5t s]u5t la vie3 ,s]u>e modum1 f9mque t5]e1 ,naturmque sequi4 ,il fut aussi t\si\rs vn et p>eil4 ,et se monta1 non p> b\tades1 mais p> complexion1 au d]ni] po9ct de vigueur4 ,ou p\r mieux dire3 il ne monta ri51 mais rauala plu/o/ et ram5a son po9ct1 orig9el et naturel1 et luy s\bmit la vigueur1 les aspretez et les difficultez4 ,c> en ,caton1 on void bi5 clair1 que c'e/ vne alleure t5du bi5 lo+ au dessus des communes4 ,aux braues exploits de sa vie1 et en sa mort1 on le s5t t\si\rs mont sur ses gr&s *euaux4 ,cettuy-cy ralle t]re3 et d'vn pas mol et ord9aire1 traicte les plus vtiles disc\rs1 et se conduict et la mort et aux plus esp9euses trau]ses1 qui se puiss5t pres5t] au tra9 de la vie huma9e4 ,il e/ bi5 adu5u1 que le plus digne homme d'e/re cogneu1 et d'e/re pres5t au monde p\r exemple1 ce soit celuy duquel n\s ayons plus c]ta9e cognoissance4 ,il a e/ esclair p> les plus clair-voyans hommes1 qui fur5t onques4 ,les tesmo9s que n\s auons de luy1 sont admirables en fidelit et en suffisance4 ,c'e/ gr& cas1 d'auoir peu donn] tel ordre1 aux pures imag9ations d'vn enfant1 que sans les alt]] ou e/ir]1 il en ait produict les plus beaux effects de no/re ame4 ,il ne la repres5te ny esleue ni ri*e3 il ne la repres5te que sa9e3 mais c]tes d'vne bi5 allegre et nette sant4 ,p> ces vulguaires ressorts et naturels3 p> ces fantasies ord9aires et communes3 sans s'esm\uoir et sans se piqu]1 il dressa non seulem5t les plus regles1 mais les plus hautes et vig\reuses creances1 actions et murs1 qui fur5t onques4 ,c'e/ luy1 qui ram5a du ciel1 o elle p]doit son temps1 la sagesse huma9e1 p\r la r5dre l'homme3 o e/ sa plus iu/e et plus laborieuse besoigne4 ,voyez-le plaid] deuant ses iuges3 voyez p> quelles raisons1 il esueille son c\rage aux haz>ds de la gu]re1 quels argum5s =tifi5t sa pati5ce1 contre la calomnie1 la tyrannie1 la mort1 et contre la te/e de sa femme3 il n'y a ri5 d'emprunt de l'art1 et des sci5ces4 ,les plus simples y recognoiss5t leurs moy5s et leur =ce3 il n'e/ possible d'all] plus arri]e et plus bas4 ,il a faict gr& faueur l'huma9e nature1 de montr] combi5 elle peut d'elle mesme4 ,n\s sommes *acun plus ri*e1 que n\s ne p5sons3 mais on n\s dresse l'emprunt1 et la que/e3 on n\s duict n\s s]uir plus de l'autruy1 que du no/re4 ,en aucune *ose l'homme ne sait s'arre/] au po9ct de son beso+4 ,de volupt1 de ri*esse1 de puissance1 il en embrasse plus qu'il n'en peut e/re9dre4 ,son auidit e/ incapable de mod]ation4 ,ie tr\ue qu'en curiosit de sauoir1 il en e/ de mesme3 il se taille de la besoigne bi5 plus qu'il n'en peut faire1 et bi5 plus qu'il n'en a affaire4 ,e/5dant l'vtilit du sauoir1 autant qu'e/ sa mati]e4 ,vt omnium r]um1 sic litt]>um quoque1 intemp]antia laboramus4 ,et ,tacitus a raison1 de l\] la m]e d',agricola1 d'auoir brid en son fils1 vn appetit trop b\illant de sci5ce4 ,c'e/ vn bi51 le reg>d] d'yeux f]mes1 qui a1 comme les autres bi5s des hommes1 beauc\p de vanit1 et foiblesse propre et naturelle3 et d'vn *] c\/4 ,l'acquisition en e/ bi5 plus haz>deuse1 que de t\te autre vi&e ou boisson4 ,c> ailleurs1 ce que n\s auons a*ett1 n\s l'emportons au logis1 en quelque vaisseau1 et l n\s auons loy d'en exam9] la valeur3 combi51 et quelle heure1 n\s en pr5drons4 ,mais les sci5ces1 n\s ne les p\uons d'arriuee mettre en autre vaisseau1 qu'en no/re ame3 n\s les auallons en les a*ettans1 et sortons du m>* ou infects desia1 ou am5dez4 ,il y en a1 qui ne font que n\s empes*] et *>g]1 au lieu de n\rrir3 et telles encore1 qui s\s tiltre de n\s gu>ir1 n\s empoisonn5t4 ,i'ay pris plaisir de voir en quelque lieu1 des hommes p> deuotion1 faire vu d'ignorance1 comme de *a/et1 de pauuret1 de pnit5ce4 ,c'e/ aussi *a/r] nos appetits desordonnez1 d'esm\ss] cette cupidit qui n\s espo9onne l'e/ude des liures3 et priu] l'ame de cette complaisance voluptueuse1 qui n\s *at\ille p> l'op9ion de sci5ce4 ,et e/ ri*em5t accomplir le vu de pauuret1 d'y io9dre encore celle de l'esprit4 ,il ne n\s faut gu]e de doctr9e1 p\r viure no/re aise4 ,et ,socrates n\s appr5d qu'elle e/ en n\s1 et la mani]e de l'y tr\u]1 et de s'en ayd]4 ,t\te cette no/re suffisance1 qui e/ au del de la naturelle1 e/ peu pres va9e et sup]flue4 ,c'e/ beauc\p si elle ne n\s *>ge et tr\ble plus qu'elle ne n\s s]t4 ,paucis opus e/ litt]is ad m5tem bonam4 ,ce sont des excez fieureux de no/re esprit3 in/rum5t br\illon et inquiete4 ,recueillez v\s1 v\s tr\u]ez en v\s1 les argum5s de la ,nature1 contre la mort1 vrais1 et les plus propres v\s s]uir la necessit4 ,ce sont ceux qui font m\rir vn paysan et des peuples enti]s1 aussi con/amm5t qu'vn philosophe4 ,fusse ie mort mo9s allegrem5t auant qu'auoir veu les ,tusculanes8 ,i'e/ime que non4 ,et qu& ie me tr\ue au propre1 ie s5s1 que ma langue s'e/ enri*ie1 mon c\rage de peu4 ,il e/ comme ,nature me le =gea4 ,et se t>gue p\r le conflict1 non que d'vne m>*e naturelle et commune4 ,les liures m'ont s]ui non tant d'in/ruction que d'ex]citation4 ,quoy1 si la sci5ce1 essayant de n\s arm] de n\uelles deff5ces1 contre les inconu5i5s naturels1 n\s a plus imprim en la fantasie1 leur gr&eur et leur poix1 qu'elle n'a ses raisons et subtilitez1 n\s en c\urir8 ,ce sont voirem5t subtilitez3 p> o elle n\s esueille s\u5t bi5 va9em5t4 ,les au!urs mesmes plus s]rez et plus sages1 voyez aut\r d'vn bon argum5t1 combi5 ils en sem5t d'autres leg]s1 et1 qui y reg>de de pres1 incorporels4 ,ce ne sont qu'arguties v]bales1 qui n\s tromp5t4 ,mais d'autant que ce peut e/re vtilem5t1 ie ne les veux pas autrem5t esplu*]4 ,il y en a ceans assez de cette condition1 en diu]s lieux3 ou p> emprunt1 ou p> imitation4 ,si se faut il pr5dre vn peu g>de1 de n'appell] pas =ce1 ce qui n'e/ que g5tilesse3 et ce1 qui n'e/ qu'aigu1 solide3 ou bon1 ce qui n'e/ que beau3 qu magis gu/ata qum potata delectant4 ,t\t ce qui plai/1 ne pai/ pas1 vbi non +5ij s$ animi negotium agitur4 ,a veoir les ef=ts que ,s5eque se donne p\r se prep>] contre la mort1 le voir su] d'ahan1 p\r se roid] et p\r s'asseur]1 et se debattre si long temps en cette p]*e1 i'eusse esbranl sa reputation1 s'il ne l'eu/ en m\rant1 tresuaillamm5t ma9t5u4 ,son agitation si ardante1 si frequ5te1 montre qu'il e/oit *aud et impetueux luy mesme4 ,magnus animus remissius loquitur1 et securius4 ,non e/ alius +5io1 alius animo color4 ,il le faut conua9cre ses desp5s4 ,et montre aucunem5t qu'il e/oit press de son adu]saire4 ,la faon de ,plut>que1 d'autant qu'elle e/ plus desdaigneuse1 et plus de/5due1 elle e/ selon moy1 d'autant plus virile et p]suasiue4 ,ie croirois aysm5t1 que son ame auoit les m\uem5s plus asseurez1 et plus reglez4 ,l'vn plus aigu1 n\s pique et n\s eslance en sursaut3 t\*e plus l'esprit4 ,l'autre plus solide1 n\s in=me1 e/ablit et con=te con/amm5t3 t\*e plus l'ent5dem5t4 ,celuy l rauit no/re iugem5t3 ce/uy-ci le gaigne4 ,i'ay veu p>eillem5t d'autres escrits1 encore plus reu]ez1 qui en la pe9ture du combat qu'ils s\/i5n5t contre les aiguillons de la *air1 les repres5t5t si cuisants1 si puissants et inu9cibles1 que n\s mesmes1 qui sommes de la voirie du peuple1 auons autant admir] l'e/ranget et vigueur incognu de leur t5tation1 que leur resi/ance4 ,a quoy faire n\s allons g5d>mant p> ces ef=ts de la sci5ce8 ,reg>dons t]re1 les pauures g5s que n\s y voyons esp&us1 la te/e pan*ante apres leur besongne3 qui ne sau5t ny ,ari/ote ny ,caton1 ny exemple ny precepte4 ,de ceux-l1 tire ,nature t\s les i\rs1 des effects de con/ance et de pati5ce1 plus purs et plus roides1 que ne sont ceux que n\s e/udions si curieusem5t en l'escole4 ,combi5 en vois ie ord9airem5t1 qui mescognoiss5t la pauuret3 combi5 qui desir5t la mort1 ou qui la pass5t sans al>me et sans affliction8 ,celui l qui f\t mon i>d91 il a ce mat9 ent]r son p]e ou son fils4 ,les noms mesme1 dequoy ils appell5t les maladies1 en add\ciss5t et amolliss5t l'aspret4 ,la ph?ysie1 c'e/ la t\x p\r eux3 la dys5t]ie1 deuoyem5t d'e/oma*3 vn pleuresis1 c'e/ vn morfondem5t3 et selon qu'ils les nomm5t d\cem5t1 ils les support5t aussi4 ,elles sont bi5 griefues1 qu& elles romp5t leur trauail ord9aire3 ils ne s'allit5t que p\r m\rir4 ,simplex illa et ap]ta virtus 9 obscuram et sol]tem sci5tiam v]sa e/4 ,i'escriuois cecy enuiron le temps1 qu'vne =te *>ge de nos tr\bles1 se cr\pit plusieurs mois1 de t\t son poix1 droict sur moy4 ,i'auois d'vne "p1 les ennemis ma porte3 d'autre "p1 les picoreurs1 pires ennemis1 non armis1 s$ vitiis1 c]tatur4 ,et essayois t\te sorte d'iniures militaires1 la fois3 ,ho/is ade/ dextra luque p>te tim5dus4 ,vic9que malo t]ret vtrumque latus4 ,mon/rueuse gu]re4 ,les autres agiss5t au dehors1 ce/e-cy encore contre soy3 se ronge et se desfaict1 p> son propre v594 ,elle e/ de nature si maligne et ru9euse1 qu'elle se ru9e qu& et qu& le re/e3 et se des*ire et despece de rage4 ,n\s la voyons plus s\u5t1 se diss\dre p> elle mesme1 que p> disette d'aucune *ose necessaire1 ou p> la =ce ennemie4 ,t\te discipl9e la fut4 ,elle vi5t gu]ir la s$ition1 et en e/ ple9e4 ,veut *a/i] la desobeissance1 et en montre l'exemple3 et employee la deff5ce des loix1 faict sa "p de rebellion l'encontre des si5nes propres4 ,o en sommes n\s8 ,no/re m$ec9e porte infection4 ,no/re mal s'empoisonne ,du sec\rs qu'on luy donne4 ,exup]at magis grescitque m$5do4 ,omnia f&a nef&a1 malo p]mi/a furore1 ,iu/ificam nobis m5tem au]tre deorum4 ,en ces maladies populaires1 on peut di/+u] sur le comm5cem5t1 les sa9s des malades3 mais qu& elles vi5n5t dur]1 comme la no/re1 t\t le corps s'en s5t1 et la te/e et les talons3 aucune p>tie n'e/ exempte de corruption4 ,c> il n'e/ air1 qui se hume si g\luem5t3 qui s'esp&e et p5etre1 comme faict la lic5ce4 ,nos armees ne se li5t et ti5n5t plus que p> simant e/rang]3 des ,franois on ne sait plus faire vn corps d'armee1 con/ant et regl4 ,quelle honte8 ,il n'y a qu'autant de discipl9e1 que n\s en font voir des soldats empruntez4 ,quant n\s1 n\s n\s conduisons discretion1 et non pas du *ef2 *acun selon la si5ne3 il a plus affaire au d$ans qu'au dehors4 ,c'e/ au comm&em5t de suiure1 c\rtiz]1 et pli]3 luy seul d'ober3 t\t le re/e e/ libre et dissolu4 ,il me plai/ de voir1 combi5 il y a de las*et et de pusillanimit en l'ambition3 p> combi5 d'abiection et de s]uitude1 il luy faut arriu] son b4 ,mais cecy me deplai/-il de voir1 des natures debonnaires1 et capables de iu/ice1 se corrompre t\s les i\rs1 au maniem5t et comm&em5t de cette confusion4 ,la longue s\ffrance1 eng5dre la c\/ume2 la c\/ume1 le cons5tem5t et l'imitation4 ,n\s auions assez d'ames mal nes1 sans ga/] les bonnes et g5]euses4 ,si que1 si n\s cont9uons1 il re/]a mal-ayseem5t qui fi] la sant de cet e/at1 au cas que ,=tune n\s la r$onne4 ,hunc saltem eu]so iuu5em succurr]e seclo1 ,ne prohibete6 ,qu'e/ deu5u cet anci5 precepte3 ,que les soldats ont plus cra9dre leur *ef1 que l'ennemy8 ,et ce m]ueilleux exemple3 ,qu'vn pommi] s'e/ant tr\u enf]m dans le p\rpris du camp de l'armee ,roma9e1 elle fut veu l'endema9 en deslog]1 laissant au possesseur1 le comte enti] de ses pommes1 meures et delicieuses8 ,i'aym]oy bi51 que no/re ieunesse1 au lieu du temps qu'elle employe1 des p]egr9ations mo9s vtiles1 et appr5tissages mo9s honorables1 elle le mi/1 moiti veoir de la gu]re sur m]1 s\s quelque bon capita9e comm&eur de ,rhodes3 moiti recognoi/re la discipl9e des armees ,turkesques4 ,c> elle a beauc\p de diff]5ces1 et d'auantages sur la no/re4 ,cecy en e/3 que nos soldats deui5n5t plus lic5tieux aux exp$itions3 l1 plus ret5us et cra9tifs4 ,c> les (f5ses ou l>rec9s sur le m5u peuple1 qui se puniss5t de ba/onades en la paix1 sont capitales en la gu]re4 ,p\r vn uf pr9s sans pay]1 ce sont de conte prefix1 c9quante c\ps de ba/on4 ,p\r t\te autre *ose1 tant leg]e soit elle1 non necessaire la n\rriture1 on les empale1 ou decapite sans deport4 ,ie me suis e/onn1 en l'hi/oire de ,selim1 le plus cruel conqu]ant qui fut onques1 veoir1 que lors qu'il subiugua l'gypte1 les beaux i>d9s d'aut\r de la ville de ,damas1 t\s ouu]s1 et en t]re de conque/e1 son armee campant sur le lieu mesmes1 fur5t laisss vi]ges des ma9s des soldats1 p>ce qu'ils n'auoi5t pas eu le signe de pill]4 ,mais e/-il quelque mal en vne police1 qui vaille e/re combatu p> vne drogue si mortelle8 ,non pas1 disoit ,fauonius1 l'vsurpation de la possession tyrannique d'vne republique4 ,platon de mesme ne cons5t pas qu'on face viol5ce au repos de son pas1 p\r le gu]ir3 et n'accepte pas l'am5dem5t qui tr\ble et haz>de t\t1 et qui c\/e le sang et ru9e des citoy5s4 ,e/ablissant l'(fice d'vn homme de bi51 en ce cas1 de laiss] t\t l3 seulem5t pri] ,dieu qu'il y porte sa ma9 extraord9aire4 ,et semble sauoir mauuais gr ,dion son gr& amy1 d'y auoir vn peu autrem5t proc$4 ,i'e/ois ,platonici5 de ce co/ l1 avant que ie seusse qu'il y eu/ de ,platon au monde4 ,et si ce p]sonnage1 doit purem5t e/re refus de no/re consorce3 7luy1 qui p> la s9c]it de sa consci5ce1 m]ita enu]s la faueur diu9e1 de p5etr] si auant en la ,*re/i5ne lumi]e1 au trau]s des t5ebres publiques1 du monde de son temps17 ie ne p5se pas1 qu'il n\s sie bi51 de n\s laiss] in/ruire vn pay54 ,combi5 c'e/ d'impiet1 de n'at5dre de ,dieu1 nul sec\rs simplem5t si51 et sans no/re coop]ation4 ,ie d\bte s\u5t1 si entre tant de g5s1 qui se mesl5t de telle besoigne1 nul s'e/ r5contr1 d'ent5dem5t si imbecille1 qui on aye en bon esci5t p]suad1 qu'il alloit v]s la re=mation1 p> la d]ni]e des dif=mations3 qu'il tiroit v]s son salut1 p> les plus expresses causes que n\s ayons de tres c]ta9e damnation3 que r5u]sant la police1 le magi/rat1 et les loix1 en la tutelle desquelles ,dieu l'a colloqu3 remplissant de ha9es p>ricides1 les c\rages frat]nels3 appellant son ayde1 les diables et les furies3 il puisse apport] sec\rs la sacrosa9cte d\ceur et iu/ice1 de la loy diu9e4 ,l'ambition1 l'au>ice1 la cruaut1 la v5geance1 n'ont po9t assez de propre et naturelle impetuosit3 amorons-les et les attisons1 p> le glorieux titre de iu/ice et deuotion4 ,il ne se peut imag9] vn pire e/at des *oses1 qu'o la mes*ancet vi5t e/re legitime3 et pr5dre auec le cong du magi/rat1 le manteau de la v]tu3 ,nihil 9 speciem fallacius qum praua religio1 vbi deorum num5 prt5ditur scel]ibus4 ,l'extreme espece d'iniu/ice1 selon ,platon1 c'e/ que1 ce qui e/ iniu/e1 soit t5u p\r iu/e4 ,le peuple y s\ffrit bi5 l>gem5t lors1 non les dommages pres5s seulem5t1 ,vndique totis ,vsque adeo turbatur agris1 mais les futurs aussi4 ,les viuans y eur5t patir1 si eur5t ceux qui n'e/oi5t encore nays4 ,on le pilla1 et moy p> consequ5t1 iusques l'esp]ance3 luy rauissant t\t ce qu'il auoit s'appre/] viure p\r longues annees1 ,qu nequeunt secum f]re aut abduc]e1 p]dunt2 ,et cremat insontes turba scele/a casas4 ,muris nulla fides1 squall5t populatibus agri4 ,outre cette sec\sse1 i'en s\ffris d'autres4 ,i'enc\rus les inconu5i5s1 que la mod]ation apporte en telles maladies4 ,ie fus pelaud t\tes ma9s4 ,au ,gibel9 i'e/ois ,guelphe1 au ,guelphe ,gibel94 ,quelqu'vn de mes poetes dict bi5 cela1 mais ie ne say o c'e/4 ,la situation de ma maison1 et l'acco9tance des hommes de mon vois9age1 me pres5toi5t d'vn visage3 ma vie et mes actions d'vn autre4 ,il ne s'en faisoit po9t des accusations =mes3 c> il n'y auoit o mordre4 ,ie ne desemp>e iamais les loix3 et qui m'eu/ re*]*1 m'en eu/ deu de re/e4 ,c'e/oi5t suspicions muettes1 qui c\roi5t s\s ma91 ausquelles il n'y a iamais faute d'app>5ce1 en vn meslange si confus1 non plus que d'espris ou enuieux ou ineptes4 ,i'ayde ord9airem5t aux presomptions iniurieuses1 que la ,=tune seme contre moy3 p> vne faon1 que i'ay ds t\si\rs1 de fuyr me iu/ifi]1 excus] et int]pret]3 e/imant que c'e/ mettre ma consci5ce en compromis1 de playd] p\r elle4 ,p]spicuitas enim argum5tatione eleuatur4 ,et comme1 si *acun voyoit en moy1 aussi cl] que ie fay3 au lieu de me tir] arri]e de l'accusation1 ie m'y auance2 et la r5*]y plu/o/1 p> vne confession ironique et moqueuse3 si ie ne m'en tais t\t plat1 comme de *ose indigne de response4 ,mais ceux qui le pr5n5t p\r vne trop hauta9e confiance1 ne m'en veul5t gu]es mo9s de mal1 que ceux1 qui le pr5n5t p\r foiblesse d'vne cause indef5sible4 ,nommeem5t les gr&s1 enu]s lesquels faute de sommission1 e/ l'extreme faute4 ,rudes t\te iu/ice1 qui se cognoi/1 qui se s5t3 non demise1 humble et suppliante4 ,i'ay s\u5t heurt ce pilli]4 ,tant y a que de ce qui m'adu9t lors1 vn ambitieux s'en fu/ p5du3 si eu/ faict vn au>itieux4 ,ie n'ay so+ quelconque d'acqu]ir4 ,sit mihi quod nunc e/1 etiam m9us2 vt mihi viuam ,quod sup]e/ ui1 si quid sup]esse vol5t dij4 ,mais les p]tes qui me vi5n5t p> l'iniure d'autruy1 soit l>rec91 soit viol5ce1 me p9c5t1 enuiron comme vn homme malade et geh5n d'au>ice4 ,l'(f5ce a sans mesure plus d'aigreur1 que n'a la p]te4 ,mille diu]ses sortes de maux acc\rur5t moy la file4 ,ie les eusse plus gaill>dem5t s\ff]ts1 la f\le4 ,ie p5say desia1 entre mes amis1 qui ie p\rrois commettre vne vieillesse necessiteuse et disgratiee4 ,apres auoir rod les yeux p> t\t1 ie me tr\uay en p\rpo9t4 ,p\r se laiss] tomb] plomb1 et de si haut1 il faut que ce soit entre les bras d'vne affection solide1 vig\reuse et =tunee4 ,elles sont r>es1 s'il y en a4 ,en f9 ie cogneus que le plus seur1 e/oit de me fi] moy-mesme de moy1 et de ma necessit4 ,et s'il m'adu5oit d'e/re froidem5t en la grace de la ,=tune1 que ie me recomm&asse de plus =t la mi5ne3 m'atta*asse1 reg>dasse de plus pres moy4 ,en t\tes *oses les hommes se iett5t aux appuis e/rang]s1 p\r esp>gn] les propres3 seuls c]ta9s et seuls puissans1 qui sait s'en arm]4 ,*acun c\rt ailleurs1 et l'adu5ir1 d'autant que nul n'e/ arriu soy4 ,et me resolus1 que c'e/oi5t vtiles inconu5i5s3 d'autant premi]em5t qu'il faut adu]tir c\ps de foyt1 les mauuais disciples1 qu& la raison n'y peut assez1 comme p> le feu et viol5ce des co9s1 n\s ram5ons vn bois tortu sa droicteur4 ,ie me pres*e1 il y a si long temps1 de me t5ir moy1 et sep>] des *oses e/rang]es3 t\tesfois1 ie t\rne encores t\si\rs les yeux co/4 ,l'incl9ation1 vn mot fauorable d'vn gr&1 vn bon visage1 me t5te4 ,dieu sait s'il en e/ *]t en ce temps1 et quel s5s il porte4 ,i'oys encore sans rid] le front1 les subornem5s qu'on me faict1 p\r me tir] en place m>*&e3 et m'en deff5s si mollem5t1 qu'il semble1 que ie s\ffrisse plus volonti]s d'en e/re va9cu4 ,or vn esprit si indocile1 il faut des ba/onnades3 et faut rebattre et res]r]1 bons c\ps de mail1 ce vaisseau qui se despr5t1 se desc\t1 qui s'es*appe et desrobe de soy4 ,secondem5t1 que cet accid5t me s]uoit d'ex]citation1 p\r me prep>] pis3 si moy1 qui et p> le b5efice de la ,=tune1 et p> la condition de mes murs1 esp]ois e/re des d]ni]s1 v5ois e/re des premi]s attrapp de cette tempe/e4 ,m'in/ruisant de bonne heure1 contra9dre ma vie1 et la r5g] p\r vn n\uel e/at4 ,la vraye lib]t c'e/ p\uoir t\te *ose sur soy4 ,pot5tissimus e/ qui se habet 9 pote/ate4 ,en vn temps ord9aire et tranquille1 on se prep>e des accid5s mod]ez et communs3 mais en cette confusion1 o n\s sommes depuis tr5te ans1 t\t homme ,franois1 soit en p>ticuli]1 soit en g5]al1 se voit *aque heure1 sur le po9ct de l'enti] r5u]sem5t de sa =tune4 ,d'autant faut-il t5ir son c\rage f\rny de pr\isions plus =tes et vig\reuses4 ,sa*ons gr au sort1 de n\s auoir faict viure en vn siecle1 non mol1 languissant1 ny oisif4 ,tel qui ne l'eu/ e/ p> autre moy51 se r5dra fameux p> son malheur4 ,comme ie ne ly gu]e s hi/oires1 ces confusions1 des autres e/ats1 sans regret de ne les auoir peu mieux consid]] pres5t4 ,a9si faict ma curiosit1 que ie m'aggree aucunem5t1 de veoir de mes yeux1 ce notable spectacle de no/re mort publique1 ses symptomes et sa =me4 ,et puis que ie ne la saurois ret>d]1 suis cont5t d'e/re de/9 y assi/]1 et m'en in/ruire4 ,si *]*ons n\s euidemm5t de recognoi/re en ombre mesme1 et en la fable des ,!atres1 la montre des ieux tragiques de l'huma9e =tune4 ,ce n'e/ pas sans compassion de ce que n\s oyons3 mais n\s n\s plaisons d'esueill] no/re desplaisir1 p> la r>et de ces pitoyables eu5em5s4 ,ri5 ne *at\ille1 qui ne p9ce4 ,et les bons hi/ori5s1 fuy5t comme vne eaue dormante1 et m] morte1 des n>rations calmes3 p\r regaign] les s$itions1 les gu]res1 o ils sau5t que n\s les appellons4 ,ie d\te si ie puis assez honne/em5t adu\r1 combi5 vil prix du repos et tranquillit de ma vie1 ie l'ay plus de moiti passee en la ru9e de mon pays4 ,ie me donne vn peu trop bon m>* de pati5ce1 s accid5s qui ne me saisiss5t au propre3 et p\r me pla9dre moy1 reg>de non tant ce qu'on m'o/e1 que ce qui me re/e de sauue1 et d$ans et dehors4 ,il y a de la consolation1 es*eu] tanto/ l'vn1 tanto/ l'autre1 des maux qui n\s guign5t de suitte1 et ass55t ailleurs1 aut\r de n\s4 ,aussi1 qu'en mati]e d'int]e/s publiques1 mesure1 que mon affection e/ plus vniu]sellem5t esp&ue1 elle en e/ plus foible4 ,io9ct qu'il e/ vray demy1 ,tantum ex publicis malis s5timus1 quantum ad priuatas res p]t9et4 ,et que la sant1 d'o n\s p>tismes e/oit telle1 qu'elle s\lage elle mesme le regret1 que n\s en deurions auoir4 ,c'e/oit sant1 mais non qu' la comp>aison de la maladie1 qui l'a suyuie4 ,n\s ne sommes *eus de gu]es haut4 ,la corruption et le brig&age1 qui e/ en dignit et en (fice1 me semble le mo9s supportable4 ,on n\s volle mo9s iniurieusem5t dans vn bois1 qu'en lieu de seuret4 ,c'e/oit vne io9ture vniu]selle de membres ga/ez en p>ticuli] l'enuy les vns des autres3 et la plus "p1 d'vlc]es enuieillis1 qui ne receuoi5t plus1 ny ne dem&oi5t gu]ison4 ,ce cr\lem5t donq m'anima c]tes plus1 qu'il ne m'att]ra1 l'aide de ma consci5ce1 qui se portoit non paisiblem5t seulem5t1 mais fi]em5t2 et ne tr\uois en quoy me pla9dre de moy4 ,aussi1 comme ,dieu n'enuoye iamais non plus les maux1 que les bi5s t\s purs aux hommes1 ma sant t9t bon ce temps-l1 outre son ord9aire4 ,et a9si que sans elle ie ne puis ri51 il e/ peu de *oses1 que ie ne puisse auec elle4 ,elle me donna moy5 d'esueill] t\tes mes pr\isions1 et de port] la ma9 au deuant de la playe1 qui eu/ pass volonti]s plus outre4 ,et espr\uay en ma pati5ce1 que i'auois quelque t5ue contre la ,=tune3 et qu' me faire p]dre mes arons1 il falloit vn gr& heurt4 ,ie ne le dis pas1 p\r l'irrit] me faire vne *>ge plus vig\reuse4 ,ie suis son s]uiteur3 ie luy t5ds les ma9s4 ,p\r ,dieu qu'elle se cont5te4 ,si ie s5s ses assaux8 si fais4 ,comme ceux que la tri/esse accable et poss$e1 se laiss5t p\rtant p> int]ualles ta/onn] quelque plaisir1 et leur es*appe vn s\srire3 ie puis aussi assez sur moy1 p\r r5dre mon e/at ord9aire1 paisible1 et des*>g d'ennuyeuse imag9ation3 mais ie me laisse p\rtant b\tades1 surpr5dre des morsures de ces malplaisantes p5sees1 qui me bat5t1 p5dant que ie m'arme p\r les *ass]1 ou p\r les luict]4 ,voicy vn autre r5gregem5t de mal1 qui m'arriua la suitte du re/e4 ,et dehors et d$ans ma maison1 ie fus accueilly d'vne pe/e1 vehem5te au prix de t\te autre4 ,c> comme les corps sa9s sont subiects plus griefues maladies1 d'autant qu'ils ne peuu5t e/re =cez que p> celles-l3 aussi mon air tressalubre1 o d'aucune memoire1 la contagion1 bi5 que vois9e1 n'auoit seu pr5dre pi$1 v5ant s'empoisonn]1 produisit des effects e/ranges4 ,mi/a s5um et iuu5um d5santur fun]a1 nullum ,sua caput ,pros]p9a fugit4 ,i'euz s\ffrir cette plaisante condition1 que la veue de ma maison m'e/oit effroyable4 ,t\t ce qui y e/oit1 e/oit sans g>de1 et l'ab&on de qui en auoit enuie4 ,moy qui suis si hospitali]1 fus en tres p5ible que/e de retraicte1 p\r ma famille4 ,vne famille esg>ee1 faisant peur ses amis1 et soy-mesme1 et horreur o qu'elle *]*a/ se plac]3 ayant *ang] de demeure1 s\da9 qu'vn de la tr\ppe comm5oit se d\loir du b\t du doigt4 ,t\tes maladies sont alors prises p\r pe/e3 on ne se donne pas le loysir de les recognoi/re4 ,et c'e/ le bon3 que selon les regles de l'art1 t\t dang] qu'on appro*e1 il faut e/re qu>ante i\rs en transe de ce mal3 l'imag9ation v\s ex]ceant cep5dant sa mode1 et enfleurant vo/re sant mesme4 ,t\t cela m'eu/ beauc\p mo9s t\*1 si ie n'eusse eu me ress5tir de la pe9e d'autruy1 et s]uir six mois mis]ablem5t1 de guide cette c>auane4 ,c> ie porte en moy mes pres]uatifs1 qui sont1 resolution et s\ffrance4 ,l'appreh5sion ne me presse gu]e3 laquelle on cra9t p>ticuli]em5t en ce mal4 ,et si e/ant seul1 ie l'eusse v\lu pr5dre1 c'eu/ e/ vne suitte1 bi5 plus gaill>de et plus esloignee4 ,c'e/ vne mort1 qui ne me semble des pires4 ,elle e/ communm5t c\rte1 d'e/\rdissem5t1 sans d\leur1 consolee p> la condition publique3 sans c]emonie1 sans deuil1 sans presse4 ,mais quant au monde des enuirons1 la c5tiesme p>tie des ames ne se peut sauu]4 ,videas des]tque regna ,p/orum1 et long saltus latque vacantes4 ,en ce lieu1 mon meilleur reu5u e/ manuel4 ,ce que c5t hommes trauailloi5t p\r moy1 *auma p\r long temps4 ,or lors1 quel exemple de resolution ne vismes n\s1 en la simplicit de t\t ce peuple8 ,g5]alem5t1 *acun r5onoit au so+ de la vie4 ,les rais9s demeur]5t susp5dus aux vignes1 le bi5 pr9cipal du pays3 t\s indiff]emm5t se prep>ans et att5dans la mort1 ce soir1 ou au l5dema93 d'vn visage et d'vne voix si peu effroyee1 qu'il sembloit qu'ils euss5t compromis cette necessit1 et que ce fu/ vne condemnation vniu]selle et ineuitable4 ,elle e/ t\si\rs telle4 ,mais combi5 peu1 ti5t la resolution au m\rir8 ,la di/ance et diff]5ce de quelques heures3 la seule consid]ation de la compagnie1 n\s en r5d l'appreh5sion diu]se4 ,voyez ceux-cy3 p\r ce qu'ils meur5t en mesme mois3 enfans1 ieunes1 vieill>ds1 ils ne s'e/onn5t plus1 ils ne se pleur5t plus4 ,i'en vis qui craignoi5t de demeur] d]ri]e1 comme en vne horrible solitude4 ,et n'y cogneu communm5t1 autre so+ que des sepultures3 il leur fas*oit de voir les corps esp>s emmy les *amps1 la m]cy des be/es3 qui y peupl]5t incont95t4 ,comm5t les fantasies huma9es se desc\pp5t6 ,les ,neorites1 nation qu',alex&re subiugua1 iett5t les corps des morts au plus pr(ond de leurs bois1 p\r y e/re mangez4 ,seule sepulture e/imee entr'eux heureuse4 ,tel sa9 faisoit desia sa fosse3 d'autres s'y c\*oi5t encore viuans4 ,et vn maneuure des mi5s1 auec ses ma9s1 et ses pi$s1 attira sur soy la t]re en m\rant4 ,e/oit ce pas s'abri] p\r s'endormir plus son aise8 ,d'vne entreprise en hauteur aucunem5t p>eille celle des soldats ,roma9s1 qu'on tr\ua apres la i\rnee de ,cannes1 la te/e plongee dans des tr\s1 qu'ils auoi5t faicts et comblez de leurs ma9s1 en s'y suffoquant4 ,somme t\te vne nation fut incont95t p> vsage1 logee en vne m>*e1 qui ne c$e en roideur aucune resolution e/udiee et consultee4 ,la plus "p des in/ructions de la sci5ce1 n\s enc\rag]1 ont plus de montre que de =ce1 et plus d'ornem5t que de fruict4 ,n\s auons ab&onn ,nature1 et luy v\lons appr5dre sa leon3 elle1 qui n\s m5oit si heureusem5t et si seurem5t4 ,et ce p5dant1 les traces de son in/ruction1 et ce peu qui p> le b5efice de l'ignorance1 re/e de son image1 empre9t en la vie de cette t\rbe ru/ique d'hommes impollis3 la sci5ce e/ contra9te1 de l'all] t\s les i\rs empruntant1 p\r en faire patron ses disciples1 de con/ance1 d'innoc5ce1 et de tranquillit4 ,il fait beau voir1 que ceux-cy pla9s de tant de belle cognoissance1 ay5t imit] cette sotte simplicit3 et l'imit]1 aux premi]es actions de la v]tu4 ,et que no/re sapi5ce1 appr5ne des be/es mesmes1 les plus vtiles enseignem5s1 aux plus gr&es et necessaires p>ties de no/re vie4 ,comme il n\s faut viure et m\rir1 mesnag] nos bi5s1 aym] et esleu] nos enfans1 entret5ir iu/ice4 ,s+uli] tesmoignage de l'huma9e maladie3 et que cette raison qui se manie no/re po/e1 tr\uant t\si\rs quelque diu]sit et n\uellet1 ne laisse *ez n\s aucune trace app>5te de la ,nature4 ,et en ont faict les hommes1 comme les p>fumi]s de l'huile3 ils l'ont sophi/iquee de tant d'argum5tations1 et de disc\rs appellez du dehors1 qu'elle en e/ deu5ue v>iable1 et p>ticuli]e *acun3 et a p]du son propre visage1 con/ant1 et vniu]sel4 ,et n\s faut en *]*] tesmoignage des be/es1 non subiect faueur1 corruption1 ny diu]sit d'op9ions4 ,c> il e/ bi5 vray1 qu'elles mesmes ne vont pas t\si\rs exactem5t dans la r\te de ,nature1 mais ce qu'elles en desuoy5t1 c'e/ si peu1 que v\s en app]ceuez t\si\rs l'orni]e4 ,t\t a9si que les *euaux qu'on me9e en ma91 font bi5 des bonds1 et des escapades1 mais c'e/ la longueur de leurs longes3 et suyu5t neantmo9s t\si\rs les pas de celuy qui les guide3 et comme l'oiseau pr5d son vol1 mais s\s la bride de sa fili]e4 ,exilia1 torm5ta1 bella1 morbos1 naufragia m$it>e1 vt nullo sis malo tyro4 ,a quoy n\s s]t cette curiosit1 de preoccup] t\s les inconu5i5s de l'huma9e nature1 et n\s prep>] auec tant de pe9e l'encontre de ceux mesme1 qui n'ont l'auanture po9t n\s t\*]8 7,p>em passis tri/itiam facit1 pati posse4 ,non seulem5t le c\p1 mais le v5t et le pet n\s frappe74 ,ou comme les plus fieureux1 c> c]tes c'e/ fieure1 all] ds cette heure v\s faire donn] le f\t1 p> ce qu'il peut adu5ir1 que ,=tune v\s le f]a s\ffrir vn i\r3 et pr5dre vo/re robe f\rree ds la ,s4 ,iean1 p\r ce que v\s en aurez beso+ ,noel8 ,iettez v\s l'exp]i5ce de t\s les maux qui v\s peuu5t arriu]1 nommem5t des plus extremes3 espr\uez v\s l1 dis5t-ils1 asseurez v\s l4 ,au reb\rs2 le plus facile et plus naturel1 s]oit en des*>g] mesme sa p5see4 ,ils ne vi5dront pas assez to/1 leur vray e/re ne n\s dure pas assez1 il faut que no/re esprit les e/5de et les allonge1 et qu'auant la ma9 il les incorpore en soy1 et s'en entreti5ne1 comme s'ils ne poisoi5t pas raisonnablem5t nos s5s4 ,ils pois]ont assez1 qu& ils y s]ont 7dit vn des mai/res1 non de quelque t5dre secte1 mais de la plus dure7 cep5dant fauorise toy3 croy ce que tu aimes le mieux3 que te s]t il d'all] recueillant et preu5ant ta male =tune3 et de p]dre le pres5t1 p> la cra9te du futur3 et e/re ds cette heure mis]able1 p> ce que tu le dois e/re auec le temps8 ,ce sont ses mots4 ,la sci5ce n\s faict volonti]s vn bon (fice1 de n\s in/ruire bi5 exactem5t des dim5sions des maux4 ,curis acu5s mortalia corda4 ,ce s]oit dommage1 si p>tie de leur gr&eur es*appoit no/re s5tim5t et cognoissance4 ,il e/ c]ta91 qu' la plus "p1 la prep>ation la mort1 a donn plus de torm5t1 que n'a faict la s\ffrance4 ,il fut iadis v]itablem5t dict1 et p> vn bi5 iudicieux au!ur3 ,m9us afficit s5sus fatigatio1 qum cogitatio4 ,le s5tim5t de la mort pres5te1 n\s anime p> fois de soy mesme1 d'vne prompte resolution1 de ne plus euit] *ose du t\t ineuitable4 ,plusieurs gladiateurs se sont veus au temps pass1 apres auoir c\>dem5t combattu1 auall] c\rageusem5t la mort2 (frans leur gosi] au f] de l'ennemy1 et le conuians4 ,la veue esloignee de la mort adu5ir1 a beso+ d'vne f]met l5te1 et difficile p> consequ5t f\rnir4 ,si v\s ne sauez pas m\rir1 ne v\s *aille4 ,nature v\s en in=m]a sur le *amp1 pla9em5t et suffisamm5t2 elle f]a exactem5t cette besongne p\r v\s1 n'en empes*ez vo/re so+4 ,inc]tam fru/ra1 mortales1 fun]is horam ,quritis1 et qua sit mors aditura via4 ,pna m9or c]tam subito p]f]re ru9am1 ,quod timeas grauius su/9uisse diu4 ,n\s tr\blons la vie p> le so+ de la mort1 et la mort p> le so+ de la vie4 ,l'vne n\s ennuye1 l'autre n\s effraye4 ,ce n'e/ pas contre la mort1 que n\s n\s prep>ons1 c'e/ *ose trop mom5tanee4 ,vn qu>t d'heure de passion sans consequ5ce1 sans nuisance1 ne m]ite pas des preceptes p>ticuli]s4 ,a dire vray1 n\s n\s prep>ons contre les prep>ations de la mort4 ,la philosophie n\s ordonne1 d'auoir la mort t\si\rs deuant les yeux1 de la preuoir et consid]] auant le temps3 et n\s donne apres1 les regles et les precautions1 p\r pr\uoir ce1 que cette preuoyance1 et cette p5see ne n\s blesse4 ,a9si font les m$ec9s qui n\s iett5t aux maladies1 af9 qu'ils ay5t o employ] leurs drogues et leur art4 ,si n\s n'auons seu viure1 c'e/ iniu/ice de n\s appr5dre m\rir et dif=m] la f9 de son total4 ,si n\s auons seu viure1 con/amm5t et tranquillem5t1 n\s saurons m\rir de mesme4 ,ils s'en v5t]ont tant qu'il leur plaira4 ,tota philosophorum vita comm5tatio mortis e/4 ,mais il m'e/ aduis1 que c'e/ bi5 le b\t1 non p\rtant le b de la vie4 ,c'e/ sa f91 son extremit1 non p\rtant son obiect4 ,elle doit e/re elle mesme soy1 sa visee1 son desse94 ,son droit e/ude e/ se regl]1 se conduire1 se s\ffrir4 ,au nombre de plusieurs autres (fices1 que compr5d le g5]al et pr9cipal *apitre de sauoir viure1 e/ cet article de sauoir m\rir4 ,et des plus leg]s1 si no/re cra9te ne luy donnoit poids4 ,a les iug] p> l'vtilit1 et p> la v]it naifue1 les leons de la simplicit1 ne c$5t gu]es celles que n\s pres*e la doctr9e au contraire4 ,les hommes sont diu]s en s5tim5t et en =ce3 il les faut m5] leur bi51 selon eux3 et p> r\tes diu]ses4 ,qu me cumque rapit tempe/as1 def]or hospes4 ,ie ne vy iamais paysan de mes vois9s1 entr] en cogitation de quelle cont5ance1 et asseurance1 il pass]oit cette heure d]ni]e4 ,nature luy appr5d ne song] la mort1 que qu& il se meurt4 ,et lors il y a meilleure grace qu',ari/ote3 lequel la mort presse d\blem5t1 et p> elle1 et p> vne si longue prem$itation4 ,p\rtant fut-ce l'op9ion de ,cs>1 que la mo9s prem$itee mort1 e/oit la plus heureuse1 et plus des*>gee4 ,plus dolet qum necesse e/1 qui ant dolet qum necesse e/4 ,l'aigreur de cette imag9ation1 nai/ de no/re curiosit4 ,n\s n\s empes*ons t\si\rs a9si3 v\lans deuanc] et reg5t] les prescriptions naturelles4 ,ce n'e/ qu'aux docteurs1 d'en disn] plus mal1 t\s sa9s1 et se r5froign] de l'image de la mort4 ,le commun1 n'a beso+ ny de rem$e ny de consolation1 qu'au heurt1 et au c\p4 ,et n'en consid]e qu'autant iu/em5t qu'il en s\ffre4 ,e/-ce pas ce que n\s disons1 que la /upidit1 et faute d'appreh5sion1 du vulgaire1 luy donne cette pati5ce aux maux pres5s1 et cette pr(onde non*alance des s9i/res accid5s futurs8 ,que leur ame p\r e/re plus crasse1 et obtuse1 e/ mo9s p5etrable et agitable8 ,p\r ,dieu s'il e/ a9si1 t5ons d'ores en auant escole de be/ise4 ,c'e/ l'extreme fruit1 que les sci5ces n\s promett5t1 auquel ce/e-cy conduict si d\cem5t ses disciples4 ,n\s n'aurons pas faute de bons reg5s1 int]pretes de la simplicit naturelle4 ,socrates en s]a l'vn4 ,c> de ce qu'il m'en s\ui5t1 il p>le enuiron en ce s5s1 aux iuges qui delib]5t de sa vie3 ,i'ay peur1 messieurs1 si ie v\s prie de ne me faire m\rir1 que ie m'enf]re en la delation de mes accusateurs2 qui e/3 ,que ie fais plus l'ent5du que les autres3 comme ayant quelque cognoissance plus ca*ee1 des *oses qui sont au dessus et au dess\s de n\s4 ,ie say que ie n'ay ni frequ5t1 ny recogneu la mort1 ni n'ay veu p]sonne qui ait essay ses qualitez1 p\r m'en in/ruire4 ,ceux qui la craign5t presuppos5t la cognoi/re3 quant moy1 ie ne say ny quelle elle e/1 ny quel il faict en l'autre monde4 ,a l'auanture e/ la mort *ose indiff]5te1 l'auanture desirable4 ,il e/ croire p\rtant1 si c'e/ vne transmigration d'vne place autre1 qu'il y a de l'am5dem5t1 d'all] viure auec tant de gr&s p]sonnages trespassez3 et d'e/re exempt d'auoir plus affaire iuges iniques et corrompus4 ,si c'e/ vn aneantissem5t de no/re e/re1 c'e/ encore am5dem5t d'entr] en vne longue et paisible nuit4 ,n\s ne s5tons ri5 de plus d\x en la vie1 qu'vn repos et sommeil tranquille1 et pr(ond sans songes4 ,les *oses que ie say e/re mauuaises1 comme d'(f5c] son pro*a91 et desobeir au sup]ieur1 soit ,dieu1 soit homme1 ie les euite soigneusem5t3 celles desquelles ie ne say1 si elles sont bonnes ou mauuaises1 ie ne les saurois cra9dre4 ,si ie m'en vay m\rir1 et v\s laisse en vie3 les ,dieux seuls voy5t1 qui1 de v\s ou de moy1 il en ira mieux4 ,p>quoy p\r mon reg>d1 v\s en ordonn]ez1 comme il v\s plaira4 ,mais selon ma faon de conseill] les *oses iu/es et vtiles1 ie dy bi51 que p\r vo/re consci5ce v\s f]ez mieux de m'esl>gir1 si v\s ne voyez plus auant que moy en ma cause4 ,et iugeant selon mes actions passees1 et publiques1 et priuees1 selon mes int5tions1 et selon le pr(it1 que tir5t t\s les i\rs de ma conu]sation tant de nos citoy5s1 ieunes et vieux1 et le fruit1 que ie v\s fay t\s1 v\s ne p\uez dum5t v\s des*>g] enu]s mon m]ite1 qu'en ordonnant1 que ie sois n\rry1 att5du ma pauuret1 au ,prytanee1 aux desp5s publiques3 ce que s\u5t ie v\s ay veu mo9dre raison1 octroy] d'autres4 ,ne pr5ez pas ob/9ation ou desda+1 que1 suyuant la c\/ume1 ie n'aille v\s suppliant et esm\uant commis]ation4 ,i'ay des amis et des p>5ts1 n'e/ant1 comme dict ,hom]e1 eng5dr ny de bois1 ny de pi]re non plus que les autres3 capables de se pres5t]1 avec des l>mes1 et le dueil3 et ay trois enfans esplorez1 dequoy v\s tir] piti4 ,mais ie f]oy honte no/re ville1 en l'aage que ie suis1 et en telle reputation de sagesse1 que m'en voyci en preu5tion1 de m'all] desmettre si las*es cont5ances4 ,que diroit-on des autres ,a!ni5s8 ,i'ay t\si\rs admonne/ ceux qui m'ont ouy p>l]1 de ne ra*et] leur vie1 p> vne action de%onnete4 ,et aux gu]res de mon pays ,amphipolis1 ,potidee1 ,delie1 et autres o ie me suis tr\u1 i'ay montr p> effect1 combi5 i'e/oy lo+ de g>antir ma seuret p> ma honte4 ,d'auantage i'int]ess]ois vo/re deuoir1 et v\s conui]ois *oses laydes3 c> ce n'e/ pas mes pri]es de v\s p]suad]3 c'e/ aux raisons pures et solides de la iu/ice4 ,v\s auez iur aux ,dieux d'a9si v\s ma9t5ir4 ,il sembl]oit1 que ie v\s v\sisse s\ponn] et recrim9]1 de ne croire pas1 qu'il y en aye4 ,et moy mesme tesmoign]oy contre moy1 de ne croire po9t en eux1 comme ie doy3 me deffiant de leur conduicte1 et ne remettant purem5t en leurs ma9s mon affaire4 ,ie m'y fie du t\t3 et ti5s p\r c]ta91 qu'ils f]ont en cecy1 selon qu'il s]a plus propre v\s et moy4 ,les g5s de bi5 ny viuans1 ny morts1 n'ont aucunem5t se cra9dre des ,dieux4 ,voyla pas vn playdoy pu]ile1 d'vne hauteur inimag9able et employ en quelle necessit8 ,vrayem5t ce fut raison1 qu'il le pref]a/ celuy1 que ce gr& orateur ,lysias1 auoit mis p> escrit p\r luy3 excellemm5t faonn au /ile iudiciaire3 mais indigne d'vn si noble crim9el4 ,eu/ on ou de la b\*e de ,socrates vne voix suppliante8 ,cette sup]be v]tu1 eu/ elle cal1 au plus =t de sa montre8 ,et sa ri*e et puissante nature1 eu/ elle commis l'art sa def5se3 et en son plus haut essay1 r5onc la v]it et nauet1 ornem5s de son p>l]1 p\r se p>] du f>d1 des figures1 et fe9tes1 d'vne oraison appr9se8 ,il feit tressagem5t1 et selon luy1 de ne corrompre vne t5eur de vie incorruptible1 et vne si sa9cte image de l'huma9e =me1 p\r allong] d'vn an sa decrepitude3 et trahir l'immortelle memoire de cette f9 glorieuse4 ,il deuoit sa vie1 non pas soy1 mais l'exemple du monde4 ,s]oit ce pas dommage publique1 qu'il eu/ a*euee d'vne oysiue et obscure faon8 ,c]tes vne si non*allante et molle consid]ation de sa mort1 m]itoit que la po/]it la consid]a/ d'autant plus p\r luy4 ,ce qu'elle fit4 ,et il n'y a ri5 en la iu/ice si iu/e1 que ce que la ,=tune ordonna p\r sa recomm&ation4 ,c> les ,a!ni5s eur5t en telle abom9ation ceux1 qui en auoi5t e/ cause1 qu'on les fuyoit comme p]sonnes excommuniees4 ,on t5oit pollu t\t ce1 quoy ils auoi5t t\*3 p]sonne l'e/uue ne lauoit auec eux1 p]sonne ne les saluoit ni acco9toit3 si qu'en f9 ne p\uant plus port] cette ha9e publique1 ils se p5dir5t eux mesmes4 ,si quelqu'vn e/ime1 que p>my tant d'autres exemples que i'auois *oisir p\r le s]uice de mon propos1 s dits de ,socrates1 i'aye mal tri ce/uy-cy3 et qu'il iuge1 ce disc\rs e/re esleu au dessus des op9ions communes3 ie l'ay faict esci5t3 c> ie iuge autrem5t4 ,et ti5s que c'e/ vn disc\rs1 en rang1 et en nafuet bi5 plus arri]e1 et plus bas1 que les op9ions communes4 ,il repres5te en vne h>diesse in>tificielle et securit enfant9e la pure et premi]e impression et ignorance de nature4 ,c> il e/ croyable1 que n\s auons naturellem5t cra9te de la d\leur2 mais non de la mort1 cause d'elle4 ,c'e/ vne p>tie de no/re e/re1 non mo9s ess5tielle que le viure4 ,a quoy faire1 n\s en auroit ,nature eng5dr la ha9e et l'horreur1 veu qu'elle luy ti5t rang de tres-gr&e vtilit1 p\r n\rrir la succession et vicissitude de ses ouurages8 ,et qu'en cette republique vniu]selle1 elle s]t plus de naissance et d'augm5tation1 que de p]te ou ruyne3 ,sic r]um summa n\atur3 ,mille animas vna necata d$it4 ,la deffaillance d'vne vie1 e/ le passage mille autres vies4 ,nature a empre9t aux be/es1 le so+ d'elles et de leur cons]uation4 ,elles vont iusques-l1 de cra9dre leur empirem5t3 de se heurt] et bless]3 que n\s les en*eue/rions et battions1 accid5ts subiects leur s5s et exp]i5ce4 ,mais que n\s les tuions1 elles ne le peuu5t cra9dre1 ny n'ont la facult d'imag9] et conclurre la mort4 ,si dit-on encore qu'on les void1 non seulem5t la s\ffrir gayem5t3 la plus-"p des *euaux hanniss5t en m\rant1 les cygnes la *ant5t3 mais de plus1 la re*]*] leur beso+2 comme port5t plusieurs exemples des elephans4 ,outre ce1 la faon d'argum5t]1 de laquelle se s]t icy ,socrates1 e/-elle pas admirable esgallem5t1 en simplicit et en vehem5ce8 ,vraym5t il e/ bi5 plus ais1 de p>l] comme ,ari/ote1 viure comme ,cs>1 qu'il n'e/ ais de p>l] et viure comme ,socrates4 ,l1 loge l'extreme degr de p]fection et de difficult3 l'art n'y peut io9dre4 ,or nos facultez ne sont pas a9si dresses4 ,n\s ne les essayons1 ny ne les cognoissons3 n\s n\s inue/issons de celles d'autruy1 et laissons *om] les no/res4 ,comme quelqu'vn p\rroit dire de moy3 que i'ay seulem5t faict icy vn amas de fleurs e/rang]es1 n'y ayant f\rny du mi51 que le filet les li]4 ,c]tes i'ay donn l'op9ion publique1 que ces p>em5ts empruntez m'accompaign5t3 mais ie n'ent5ds pas qu'ils me c\ur5t1 et qu'ils me ca*5t3 c'e/ le reb\rs de mon desse94 ,qui ne veux faire montre que du mi5 et de ce qui e/ mi5 p> nature4 ,et si ie m'en fusse creu1 t\t haz>d1 i'eusse p>l t\t f9 seul4 ,ie m'en *>ge de plus =t1 t\s les i\rs1 outre ma proposition et ma =me premi]e1 sur la fantasie du siecle3 et p> oisiuet4 ,s'il me messi$ moy1 comme ie le croy1 n'importe3 il peut e/re vtile quelque autre4 ,tel allegue ,platon et ,hom]e1 qui ne les vid onques3 et moy1 ay pr9s des lieux assez1 ailleurs qu'en leur s\rce4 ,sans pe9e et sans suffisance1 ayant mille volumes de liures1 aut\r de moy1 en ce lieu o i'escris1 i'emprunt]ay pres5tem5t s'il me plai/1 d'vne d\za9e de tels rauaudeurs1 g5s que ie ne fueillette gu]e1 dequoy esmaill] le traict de la ,physionomie4 ,il ne faut que l'epitre lim9aire d'vn ,allem& p\r me f>cir d'allegations3 et n\s allons que/] p> l vne fri&e gloire1 pip] le sot monde4 ,ces pa/issages de lieux communs1 dequoy tant de g5ts mesnag5t leur e/ude1 ne s]u5t gu]e qu' subiects communs3 et s]u5t n\s montr]1 non n\s conduire3 ridicule fruict de la sci5ce1 que ,socrates exagite si plaisamm5t contre ,eu?ydemus4 ,i'ay veu faire des liures de *oses1 ny iamais e/udies ny ent5dus3 l'au!ur commettant diu]s de ses amis sauants1 la re*]*e de cette-cy1 et de cette autre mati]e1 le ba/ir3 se cont5tant p\r sa "p1 d'en auoir proiett le desse91 et li p> son indu/rie1 ce fagot de pr\isions incogneus3 au mo9s e/ si5 l'ancre1 et le papi]4 ,cela1 c'e/ a*ett]1 ou emprunt] vn liure1 non pas le faire4 ,c'e/ appr5dre aux hommes1 non qu'on sait faire vn liure1 mais1 ce dequoy ils p\uoi5t e/re en d\te1 qu'on ne le sait pas faire4 ,vn presid5t se v5toit o i'e/ois1 d'auoir amoncel deux c5s tant de lieux e/rang]s1 en vn si5 arre/ presid5tal4 ,en le pres*ant1 il effaoit la gloire qu'on luy en donnoit4 ,pusillanime et absurde v5t]ie mon gr1 p\r vn tel subiect et telle p]sonne4 ,ie fais le contraire3 et p>my tant d'emprunts1 suis bi5 aise d'en p\uoir desrob] quelqu'vn3 le desguisant et dif=mant n\ueau s]uice4 ,au haz>d1 que ie laisse dire1 que c'e/ p> faute d'auoir ent5du son naturel vsage1 ie luy donne quelque p>ticuli]e adresse de ma ma91 ce qu'il en soit d'autant mo9s purem5t e/rang]4 ,ceux-cy mett5t leurs l>rec9s en p>ade et en conte4 ,aussi ont-ils plus de cr$it aux loix que moy4 ,n\s autres naturali/es1 e/imons1 qu'il y aye gr&e et incomp>able pref]5ce1 de l'honneur de l'inu5tion1 l'honneur de l'allegation4 ,si i'eusse v\lu p>l] p> sci5ce1 i'eusse p>l plu/o/4 ,i'eusse escrit du temps plus vois9 de mes e/udes1 que i'auois plus d'esprit et de memoire4 ,et me fusse plus fi la vigueur de cet aage l1 qu' cettuy-cy1 si i'eusse v\lu faire me/i] d'escrire4 ,et quoy1 si cette faueur gratieuse1 que la ,=tune m'a n'agu]e (f]te p> l'entremise de cet ouurage1 m'eu/ peu r5contr] en telle saison au lieu de celle-cy2 o elle e/ egallem5t desirable poss$]1 et pre/e p]dre8 ,deux de mes cognoissans1 gr&s hommes en cette facult1 ont p]du p> moiti1 mon aduis1 d'auoir refus de se mettre au i\r1 qu>ante ans1 p\r att5dre les soixante4 ,la maturit a ses deffaux1 comme la v]deur1 et pires4 ,et autant e/ la vieillesse incommode cette nature de besongne1 qu' t\te autre4 ,quiconque met sa decrepitude s\bs la presse1 faict folie1 s'il esp]e en espre9dre des humeurs1 qui ne s5t5t le disgrati1 le resueur et l'ass\py4 ,no/re esprit se con/ipe et s'espessit en vieillissant4 ,ie dis pompeusem5t et opulemm5t l'ignorance1 et dis la sci5ce maigrem5t et piteusem5t4 ,accessoirem5t cette-cy1 et accid5talem5t3 celle-l expressm5t1 et pr9cipallem5t4 ,et ne traicte po9ct nomm de ri51 que du ri53 ny d'aucune sci5ce1 que de celle de l'insci5ce4 ,i'ay *oisi le temps1 o ma vie1 que i'ay pe9dre1 ie l'ay t\te deuant moy3 ce qui en re/e1 ti5t plus de la mort4 ,et de ma mort seulem5t1 si ie la r5controis babill>de1 comme font d'autres1 donrois-ie encores volonti]s aduis au peuple1 en deslogeant4 ,socrates a e/ vn exemplaire p>faict en t\tes gr&es qualitez4 ,i'ay despit1 qu'il eu/ r5contr vn corps si disgrati1 comme ils dis5t1 et si disconu5able la beaut de son ame1 luy si am\reux et si affol de la beaut4 ,nature luy fit iniu/ice4 ,il n'e/ ri5 plus vray-semblable1 que la con=mit et relation du corps l'esprit4 ,ipsi animi1 magni ref]t1 quali 9 corpore locati s9t3 multa enim corpore exi/unt1 qu acuant m5tem3 multa1 qu obtundant4 ,cettuy-cy p>le d'vne laideur desnature1 et dif=mit de membres3 mais n\s appellons laideur aussi1 vne mesau5ance au premi] reg>d1 qui loge pr9cipallem5t au visage3 et n\s desg\te p> le te9t1 vne ta*e1 vne rude cont5ance1 p> quelque cause s\u5t inexplicable1 en des membres p\rtant bi5 ordonnez et enti]s4 ,la laideur1 qui reue/oit vne ame tres-belle en la ,boittie1 e/oit de ce pr$icam5t4 ,cette laideur sup]ficielle1 qui e/ t\tesfois la plus imp]ieuse1 e/ de mo9dre preiudice l'e/at de l'esprit3 et a peu de c]titude en l'op9ion des hommes4 ,l'autre1 qui d'vn plus propre nom1 s'appelle dif=mit plus sub/antielle1 porte plus volonti]s c\p iusques au d$ans4 ,non pas t\t s\li] de cuir bi5 liss1 mais t\t s\li] bi5 =m1 montre l'int]ieure =me du pi$4 ,comme ,socrates disoit de la si5ne1 qu'elle en accusoit iu/em5t1 autant en son ame1 s'il ne l'eu/ corrige p> in/itution4 ,mais en le disant1 ie ti5s qu'il se mocquoit1 suiuant son vsage3 et iamais ame si excell5te1 ne se fit elle-mesme4 ,ie ne puis dire assez s\u5t1 combi5 i'e/ime la beaut1 qualit puissante et aduantageuse4 ,il l'appelloit1 vne c\rte tyrannie3 et ,platon1 le priuilege de nature4 ,n\s n'en auons po9t qui la surpasse en cr$it4 ,elle ti5t le premi] rang au comm]ce des hommes4 ,elle se pres5te au deuant3 s$uict et preoccupe no/re iugem5t1 auec gr&e au?orit et m]ueilleuse impression4 ,phryn p]doit sa cause1 entre les ma9s d'vn excell5t aduocat1 si1 ouurant sa robbe1 elle n'eu/ corrompu ses iuges1 p> l'esclat de sa beaut4 ,et ie tr\ue1 que ,cyrus1 ,alex&re1 ,cs>1 ces trois mai/res du monde1 ne l'ont pas oublie faire leurs gr&s affaires4 ,non a pas le premi] ,scipion4 ,vn mesme mot embrasse en ,grec le bel et le bon4 ,et le ,s4 ,esprit appelle s\u5t bons1 ceux qu'il veut dire beaux4 ,ie ma9ti5droy volonti]s le rang des bi5s1 selon que portoit la *anson1 que ,platon dit auoir e/ triuiale1 pr9se de quelque anci5 pote3 ,la sant1 la beaut1 la ri*esse4 ,ari/ote dit1 app>t5ir aux beaux1 le droict de comm&]3 et qu& il en e/1 de qui la beaut appro*e celle des images des ,dieux1 que la v5]ation leur e/ p>eillem5t deu4 ,a celuy qui luy dem&oit1 p\rquoy plus long temps1 et plus s\u5t1 on hantoit les beaux3 ,cette dem&e1 feit-il1 n'app>ti5t e/re faicte1 que p> vn aueugle4 ,la plus-"p et les plus gr&s philosophes1 pay]5t leur es*olage1 et acquir5t la sagesse1 p> l'entremise et faueur de leur beaut4 ,non seulem5t aux hommes qui me s]u5t1 mais aux be/es aussi1 ie la consid]e deux doigts pres de la bont4 ,si me semble-il1 que ce traict et faon de visage1 et ces l9eam5ts1 p> lesquels on argum5te aucunes complexions int]nes1 et nos =tunes v5ir1 e/ *ose qui ne loge pas bi5 directem5t et simplem5t1 s\bs le *apitre de beaut et de laideur4 ,non plus que t\te bonne odeur1 et s]5it d'air1 n'en promet pas la sant3 ny t\te espesseur et puanteur1 l'infection1 en temps pe/il5t4 ,ceux qui accus5t les dames1 de contre-dire leur beaut p> leurs murs1 ne r5contr5t pas t\si\rs4 ,c> en vne face qui ne s]a pas trop bi5 compose1 il peut log] quelque air de probit et de fiance4 ,comme au reb\rs1 i'ay leu p> fois entre deux beaux yeux1 des m5asses d'vne nature maligne et dang]euse4 ,il y a des physionomies fauorables3 et en vne presse d'ennemis victorieux1 v\s *oisirez incont95t p>my des hommes incogneus1 l'vn plu/o/ que l'autre1 qui v\s r5dre et fi] vo/re vie3 et non proprem5t p> la consid]ation de la beaut4 ,c'e/ vne foible g>antie que la m9e1 t\tesfois elle a quelque consid]ation4 ,et si i'auois les foyt]1 ce s]oit plus rudem5t1 les mes*ans qui dem5t5t et trahiss5t les promesses que ,nature leur auoit plantes au front4 ,ie punirois plus aigrem5t la malice1 en vne app>5ce debonnaire4 ,il semble qu'il y ait aucuns visages heureux1 d'autres mal5contreux4 ,et crois1 qu'il y a quelque art1 di/+u] les visages debonnaires des niais1 les seu]es des rudes1 les malicieux des *agr9s1 les desdaigneux des melan*oliques1 et telles autres qualitez vois9es4 ,il y a des beautez1 non fi]es seulem5t1 mais aigres3 il y en a d'autres d\ces1 et encores au del1 fades4 ,d'en progno/iqu] les auantures futures1 ce sont mati]es que ie laisse indecises4 ,i'ay pris1 comme i'ay dict ailleurs1 bi5 simplem5t et crum5t1 p\r mon reg>d1 ce precepte anci53 ,que n\s ne saurions faillir suiure ,nature3 que le s\u]a9 precepte1 c'e/ de se con=m] elle4 ,ie n'ay pas corrig comme ,socrates1 p> la =ce de la raison1 mes complexions naturelles3 et n'ay aucunem5t tr\bl p> art1 mon incl9ation4 ,ie me laisse all]1 comme ie suis v5u4 ,ie ne combats ri54 ,mes deux mai/resses pieces viu5t de leur grace en paix et bon accord3 mais le laict de ma n\rrice a e/1 ,dieu m]cy1 m$iocrem5t sa9 et temp]4 ,diray-ie cecy en passant3 que ie voy t5ir en plus de prix qu'elle ne vaut1 qui e/ seule quasi en vsage entre n\s1 c]ta9e image de preud'hommie s*ola/ique1 s]ue des preceptes1 contra9cte s\bs l'esp]ance et la cra9te8 ,ie l'aime telle que loix et religions1 non fac5t1 mais p>fac5t1 et au?oris5t3 qui se s5te dequoy se s\/5ir sans aide3 ne en n\s de ses propres rac9es1 p> la sem5ce de la raison vniu]selle1 empre9te en t\t homme non desnatur4 ,cette raison1 qui r$resse ,socrates de son vicieux ply1 le r5d obessant aux hommes et aux ,dieux1 qui comm&5t en sa ville3 c\rageux en la mort1 non p>ce que son ame e/ immortelle1 mais p>ce qu'il e/ mortel4 ,ru9euse in/ruction t\te police1 et bi5 plus dommageable qu'+5ieuse et subtile1 qui p]suade aux peuples1 la religieuse creance suffire seule1 et sans les murs1 cont5t] la diu9e iu/ice4 ,l'vsage n\s faict veoir1 vne di/9ction enorme1 entre la deuotion et la consci5ce4 ,i'ay vne app>5ce fauorable1 et en =me et en int]pretation4 ,quid dixi hab]e me8 ,im habui ,*reme6 ,heu tantm attriti corporis ossa vides6 ,et qui faict vne contraire montre celle de ,socrates4 ,il m'e/ s\u5t adu5u1 que sur le simple cr$it de ma pres5ce1 et de mon air1 des p]sonnes qui n'auoi5t aucune cognoissance de moy1 s'y sont gr&em5t fies1 soit p\r leurs propres affaires1 soit p\r les mi5nes4 ,et en ay tir s pas e/rang]s des faueurs s+uli]es et r>es4 ,mais ces deux exp]i5ces1 val5t l'auanture1 que ie les recite p>ticuli]em5t4 ,vn quidam delib]a de surpr5dre ma maison et moy4 ,son art fut1 d'arriu] seul ma porte1 et d'en press] vn peu in/amm5t l'entre4 ,ie le cognoissois de nom1 et auois occasion de me fi] de luy1 comme de mon vois9 et aucunem5t mon alli4 ,ie luy fis ouurir comme ie fais *acun4 ,le voicy t\t effroy1 son *eual hors d'hale9e1 =t h>ass4 ,il m'entret9t de cette fable3 ,qu'il v5oit d'e/re r5contr vne demie lieu de l1 p> vn si5 ennemy1 lequel ie cognoissois aussi1 et auois ouy p>l] de leur qu]elle3 que cet ennemy luy auoit m]ueilleusem5t *auss les esp]ons3 et qu'ayant e/ surpris en des>roy et plus foible en nombre1 il s'e/oit iett ma porte sauuet4 ,qu'il e/oit en gr& pe9e de ses g5s1 lesquels il disoit t5ir p\r morts ou pr9s4 ,i'essayay t\t nafuem5t de le con=t]1 asseur]1 et refres*ir4 ,tanto/ apres1 voila quatre ou c9q de ses soldats1 qui se pres5t5t en mesme cont5ance1 et effroy1 p\r entr]3 et puis d'autres1 et d'autres encores apres1 bi5 equippez1 et bi5 armez3 iusques v+t c9q ou trante1 feignants auoir leur ennemy aux talons4 ,ce my/]e comm5oit ta/] mon s\pon4 ,ie n'ignorois pas en quel siecle ie viuois1 combi5 ma maison p\uoit e/re enuie1 et auois plusieurs exemples d'autres de ma cognoissance1 qui il e/oit mes-adu5u de mesme4 ,tant y a1 que tr\uant qu'il n'y auoit po9t d'acque/ d'auoir comm5c faire plaisir1 si ie n'a*euois1 et ne p\uant me deffaire sans t\t rompre2 ie me laissay all] au p>ty le plus naturel et le plus simple1 comme ie fais t\si\rs3 comm5dant qu'ils entrass5t4 ,aussi la v]it1 ie suis peu deffiant et s\ponneux de ma nature4 ,ie pan*e volonti]s v]s l'excuse1 et l'int]pretation plus d\ce4 ,ie pr5s les hommes selon le commun ordre1 et ne croy pas ces incl9ations p]u]ses et desnatures1 si ie n'y suis =c p> gr& tesmoignage2 non plus que les mon/res et miracles4 ,et suis homme en outre1 qui me commets volonti]s la ,=tune1 et me laisse all] corps p]du1 entre ses bras4 ,dequoy iusques cette heure i'ay eu plus d'occasion de me l\r1 que de me pla9dre4 ,et l'ay tr\ue et plus auise1 et plus amie de mes affaires1 que ie ne suis4 ,il y a quelques actions en ma vie1 desquelles on peut iu/em5t nomm] la conduite difficile2 ou1 qui v\dra1 prud5te4 ,de celles-l mesmes1 posez1 que la ti]ce p>tie soit du mi51 c]tes les deux ti]ces sont ri*em5t elle4 ,n\s faillons1 ce me semble1 en ce que n\s ne n\s fions pas assez au ciel de n\s4 ,et pret5dons plus de no/re conduite1 qu'il ne n\s app>ti5t4 ,p\rtant f\ruoy5t si s\u5t nos desse9s4 ,il e/ enuieux de l'e/5du1 que n\s attribuons aux droicts de l'huma9e prud5ce1 au preiudice des si5s4 ,et n\s les rac\rcit d'autant plus1 que n\s les amplifions4 ,ceux-cy se t9dr5t *eual1 en ma c\r3 le *ef auec moy dans ma sale1 qui n'auoit v\lu qu'on e/abla/ son *eual1 disant auoir se retir] incont95t qu'il auroit eu n\uelles de ses hommes4 ,il se veid mai/re de son entrepr9se3 et n'y re/oit sur ce po9ct1 que l'execution4 ,s\u5t depuis il a dict1 c> il ne craignoit pas de faire ce conte1 que mon visage1 et ma fran*ise1 luy auoi5t arra* la trahison des po+s4 ,il remonte *eual1 ses g5s ayants cont9uellem5t les yeux sur luy1 p\r voir quel signe il leur donn]oit3 bi5 e/onnez de le voir sortir et ab&onn] son aduantage4 ,vne autre fois1 me fiant ie ne say quelle treue1 qui v5oit d'e/re publie en nos armes1 ie m'a*em9ay vn voyage1 p> pas e/rangem5t *atoilleux4 ,ie ne fus pas si to/ esu5t1 que voila trois ou quatre caualcades de diu]s lieux p\r m'attrap]4 ,l'vne me ioignit la troisieme i\rne3 o ie fus *>g p> qu9ze ou v+t ,g5tils-hommes masquez1 suiuis d'vne onde d'arg\lets4 ,me voila pris et r5du1 retir dans l'espais d'vne =e/ vois9e1 desmont1 deualiz1 mes c(res f\illez1 ma boite prise1 *euaux et esquipage disp]s n\ueaux mai/res4 ,n\s fusmes long temps conte/] dans ce hali]1 sur le faict de ma ranon3 qu'ils me tailloi5t si haute1 qu'il p>oissoit bi5 que ie ne leur e/ois gu]e cogneu4 ,ils entr]5t en gr&e conte/ation de ma vie4 ,de vray1 il y auoit plusieurs circon/ances1 qui me m5assoy5t du dang] o i'en e/ois4 ,tunc animis opus1 nea1 tunc pectore firmo4 ,ie me ma9t9s t\si\rs sur le tiltre de ma trefue1 leur quitt] seulem5t le ga9 qu'ils auoi5t faict de ma desp\ille1 qui n'e/oit pas mespris]1 sans promesse d'autre ranon4 ,apres deux ou trois heures1 que n\s eusmes e/ l1 et qu'ils m'eur5t faict mont] sur vn *eual1 qui n'auoit g>de de leur es*app]1 et commis ma conduicte p>ticuli]e qu9ze ou v+t h>quebusi]s1 et disp]s mes g5s d'autres1 ayant ordonn qu'on n\s m5a/ prisonni]s1 diu]ses r\tes1 et moy desia a*em9 deux ou trois h>quebusades de l1 ,iam prece ,pollucis1 iam ,ca/oris implorata3 voicy vne s\da9e et tres-inop9e mutation qui leur pr9t4 ,ie vis reu5ir moy le *ef1 auec p>oles plus d\ces3 se mettant en pe9e de re*]*] en la tr\ppe mes h>des esc>tes1 et me les faisant r5dre1 selon qu'il s'en p\uoit rec\ur]1 iusques ma boite4 ,le meilleur pres5t qu'ils me fir5t1 ce fut en f9 ma lib]t3 le re/e ne me t\*oit gu]es en ce temps-l4 ,la vraye cause d'vn *angem5t si n\ueau1 et de ce rauisem5t1 sans aucune impulsion app>5te1 et d'vn rep5tir si miraculeux1 en tel temps1 en vne entrepr9se p\rp5se et delib]e1 et deu5ue iu/e p> l'vsage1 7c> d'arriue ie leur confessay ouu]tem5t le p>ty duquel i'e/ois1 et le *em9 que ie t5ois7 c]tes ie ne say pas bi5 encores quelle elle e/4 ,le plus app>5t qui se demasqua1 et me fit cognoi/re son nom1 me r$i/ lors plusieurs fois1 que ie deuoy cette deliurance mon visage1 lib]t1 et f]met de mes p>olles1 qui me r5doi5t indigne d'vne telle mes-adu5ture1 me dem&a asseurance d'vne p>eille4 ,il e/ possible1 que la bont diu9e se v\lut s]uir de ce va9 in/rum5t p\r ma cons]uation4 ,elle me deff5dit encore l5dema9 d'autres pires embus*es1 desquelles ceux-cy mesme m'auoi5t adu]ty4 ,le d]ni] e/ encore en pi$s1 p\r en faire le conte3 le premi] fut tu il n'y a pas long temps4 ,si mon visage ne respondoit p\r moy1 si on ne lisoit en mes yeux1 et en ma voix1 la simplicit de mon int5tion1 ie n'eusse pas dur sans qu]elle1 et sans (f5ce1 si long temps3 auec cette indiscrette lib]t1 de dire tort et droict1 ce qui me vi5t en fantasie1 et iug] tem]airem5t des *oses4 ,cette faon peut p>oi/re auec raison inciuile1 et mal accommode no/re vsage3 mais outrageuse et malitieuse1 ie n'ay veu p]sonne qui l'en ait iuge3 ny qui se soit piqu de ma lib]t1 s'il l'a receu de ma b\*e4 ,les p>oles r$ites1 ont comme autre son1 autre s5s4 ,aussi ne hay-ie p]sonne4 ,et suis si las*e (f5c]1 que p\r le s]uice de la raison mesme1 ie ne le puis faire4 ,et lors que l'occasion m'a conui aux condemnations crim9elles1 i'ay plu/o/ manqu la iu/ice4 ,vt magis pecc>i nolim1 qum satis animi ad v9dic&a peccata habeam4 ,on repro*oit1 dit-on1 ,ari/ote1 d'auoir e/ trop mis]icordieux enu]s vn mes*ant homme3 ,i'ay e/ de vray1 dit-il1 mis]icordieux enu]s l'homme1 non enu]s la mes*ancet4 ,les iugem5ts ord9aires1 s'exasp]5t la punition p> l'horreur du meffaict4 ,cela mesme refroidit le mi54 ,l'horreur du premi] meurtre1 m'en faict cra9dre vn second4 ,et la laideur de la premi]e cruaut m'en faict abhorr] t\te imitation4 ,a moy1 qui ne suis qu'escuy] de trefles1 peut t\*]1 ce qu'on disoit de ,*>illus ,roy de ,sp>te3 ,il ne sauroit e/re bon1 puis qu'il n'e/ pas mauuais aux mes*ans4 ,ou bi5 a9si3 c> ,plut>que le pres5te en ces deux sortes1 comme mille autres *oses diu]sem5t et contrairem5t3 ,il faut bi5 qu'il soit bon1 puis qu'il l'e/ aux mes*ants mesme4 ,de mesme qu'aux actions legitimes1 ie me fas*e de m'y employ]1 qu& c'e/ enu]s ceux qui s'en desplais5t3 aussi dire v]it1 aux illegitimes1 ie ne fay pas assez de consci5ce1 de m'y employ]1 qu& c'e/ enu]s ceux qui y cons5t5t4 ,,*apitre ,,xiii4 ,de l',exp]i5ce4 ,,il n'e/ desir plus naturel que le desir de cognoissance4 ,n\s essayons t\s les moy5s qui n\s y peuu5t m5]4 ,qu& la raison n\s faut1 n\s y employons l'exp]i5ce4 ,p] v>ios vsus artem exp]i5tia fecit3 ,exemplo mon/rante viam4 ,qui e/ vn moy5 de beauc\p plus foible et plus vil4 ,mais la v]it e/ *ose si gr&e1 que n\s ne deuons desdaign] aucune entremise qui n\s y conduise4 ,la raison a tant de =mes1 que n\s ne sauons laquelle n\s pr5dre4 ,l'exp]i5ce n'en a pas mo9s4 ,la consequ5ce que n\s v\lons tir] de la conf]5ce des eu5em5s1 e/ mal seure1 d'autant qu'ils sont t\si\rs dissemblables4 ,il n'e/ aucune qualit si vniu]selle1 en cette image des *oses1 que la diu]sit et v>iet4 ,et les ,grecs1 et les ,lat9s1 et n\s1 p\r le plus expres exemple de similitude1 n\s s]uons de celuy des ufs4 ,t\tesfois il s'e/ tr\u des hommes1 et notamm5t vn en ,delphes1 qui recognoissoit des m>ques de diff]5ce entre les ufs1 si qu'il n'en pr5oit iamais l'vn p\r l'autre4 ,et y ayant plusieurs p\les1 sauoit iug] de laquelle e/oit l'uf4 ,la dissimilitude s'+]e d'elle-mesme en nos ouurages1 nul art peut arriu] la similitude4 ,ny ,p]rozet ny autre1 ne peut si soigneusem5t polir et blan*ir l'enu]s de ses c>tes1 qu'aucuns i\eurs ne les di/+u5t1 les voir seulem5t c\l] p> les ma9s d'vn autre4 ,la ressemblance ne faict pas tant1 vn1 comme la diff]5ce faict1 autre4 ,nature s'e/ oblige ne ri5 faire autre1 qui ne fu/ dissemblable4 ,p\rtant1 l'op9ion de celuy-l ne me plai/ gu]e1 qui p5soit p> la multitude des loix1 brid] l'au?orit des iuges1 en leur taillant leurs morceaux4 ,il ne s5toit po9t1 qu'il y a autant de lib]t et d'e/5du l'int]pretation des loix1 qu' leur faon4 ,et ceux-l se moqu5t1 qui p5s5t appetiss] nos debats1 et les arre/]1 en n\s r'appellant l'expresse p>olle de la ,bible4 ,d'autant que no/re esprit ne tr\ue pas le *amp mo9s spatieux1 contre-roll] le s5s d'autruy1 qu' repres5t] le si53 et comme s'il y auoit mo9s d'animosit et d'aspret glos] qu' inu5t]4 ,n\s voyons1 combi5 il se trompoit4 ,c> n\s auons en ,france1 plus de loix que t\t le re/e du monde ensemble2 et plus qu'il n'en faudroit regl] t\s les mondes d',epicurus3 ,vt olim flagitijs1 sic nunc legibus laboramus3 et si auons tant laiss op9] et decid] nos iuges1 qu'il ne fut iamais lib]t si puissante et si lic5cieuse4 ,qu'ont gaign nos legislateurs *oisir c5t mille especes et faicts p>ticuli]s1 et y atta*] c5t mille loix8 ,ce nombre n'a aucune proportion1 auec l'inf9ie diu]sit des actions huma9es4 ,la multiplication de nos inu5tions1 n'arriu]a pas la v>iation des exemples4 ,adi\/ez y en c5t fois autant3 il n'adui5dra pas p\rtant1 que des eu5em5s v5ir1 il s'en tr\ue aucun1 qui en t\t ce gr& nombre de milli]s d'eu5em5s *oisis et enregi/rez1 en r5contre vn1 auquel il se puisse io9dre et app>i]1 si exactem5t1 qu'il n'y re/e quelque circon/ance et diu]sit1 qui requi]e diu]se consid]ation de iugem5t4 ,il y a peu de relation de nos actions1 qui sont en p]petuelle mutation1 auec les loix fixes et immobiles4 ,les plus desirables1 ce sont les plus r>es1 plus simples1 et g5]ales4 ,et encore crois-ie1 qu'il vaudroit mieux n'en auoir po9t du t\t1 que de les auoir en tel nombre que n\s auons4 ,nature les donne t\si\rs plus heureuses1 que ne sont celles que n\s n\s donnons4 ,tesmo+ la pe9ture de l'aage dor des potes3 et l'e/at o n\s voyons viure les nations1 qui n'en ont po9t d'autres4 ,en voila1 qui p\r t\s iuges1 employ5t en leurs causes1 le premi] passant1 qui voyage le long de leurs montaignes4 ,et ces autres1 eslis5t le i\r du m>*1 quelqu'vn d'entr'eux1 qui sur le *amp decide t\s leurs proces4 ,quel dang] y auroit-il1 que les plus sages vuidass5t a9si les no/res1 selon les occurr5ces1 et l'il2 sans obligation d'exemple1 et de consequ5ce8 ,a *aque pi$ son s\li]4 ,le ,roy ,f]d9&1 enuoyant des colonies aux ,indes1 pr\ueut sagem5t qu'on n'y m5a/ aucuns es*oli]s de la jurisprud5ce3 de cra9te1 que les proces ne peuplass5t en ce n\ueau monde4 ,comme e/ant sci5ce de sa nature1 g5]atrice d'alt]cation et diuision1 iugeant auec ,platon1 que c'e/ vne mauuaise pr\ision de pas1 que iurisconsultes1 et m$ec9s4 ,p\rquoy e/-ce1 que notre langage commun1 si ais t\t autre vsage1 deui5t obscur et non intelligible1 en contract et te/am5t3 et que celuy qui s'exprime si clairem5t1 quoy qu'il die et escriue1 ne tr\ue en cela1 aucune mani]e de se decl>]1 qui ne tombe en d\te et contradiction8 ,si ce n'e/1 que les ,pr9ces de cet art s'appliquans d'vne peculi]e att5tion1 tri] des mots solemnes1 et =m] des clauses arti/es1 ont tant pois *asque syllabe1 esplu* si primem5t *asque espece de c\/ure1 que les voila enfrasquez et embr\illez en l'inf9it des figures1 et si m5us p>titions3 qu'elles ne peuu5t plus tomb] s\bs aucun reglem5t et prescription1 ny aucune c]ta9e intellig5ce3 ,confusum e/ quidquid vsque 9 pulu]em sectum e/4 ,qui a veu des enfans1 essayans de r5g] c]ta9 nombre1 vne masse d'arg5t vif3 plus ils le press5t et pe/riss5t1 et s'e/udi5t le contra9dre leur loy1 plus ils irrit5t la lib]t de ce g5]eux metal3 il fuit leur art1 et se va m5uisant et esp>pillant1 au del de t\t conte4 ,c'e/ de mesme2 c> en subdiuisant ces subtilitez1 on appr5d aux hommes d'accroi/re les d\btes3 on n\s met en tra91 d'e/5dre et diu]sifi] les difficultez3 on les allonge1 on les disp]se4 ,en semant les que/ions et les retaillant1 on faict fructifi] et foisonn] le monde1 en inc]titude et en qu]elle4 ,comme la t]re se r5d f]tile1 plus elle e/ esmie et pr(ondem5t remue4 ,difficultatem facit doctr9a4 ,n\s d\tions sur ,vlpian1 et r$\tons encore sur ,b>tolus et ,baldus4 ,il falloit effac] la trace de cette diu]sit innum]able d'op9ions3 non po9t s'en p>]1 et en ente/] la po/]it4 ,ie ne say qu'en dire3 mais il se s5t p> exp]i5ce1 que tant d'int]pretations dissip5t la v]it1 et la romp5t4 ,ari/ote a escrit p\r tre ent5du2 s'il ne l'a peu1 mo9s le f]a vn mo9s habille3 et vn ti]s1 que celuy qui traicte sa propre imag9ation4 ,n\s ouurons la mati]e1 et l'esp&ons en la de/rempant4 ,d'vn subiect n\s en faisons mille3 et retombons en multipliant et subdiuisant1 l'inf9it des atomes d',epicurus4 ,iamais deux hommes ne iug]5t p>eillem5t de mesme *ose4 ,et e/ impossible de voir deux op9ions semblables exactem5t3 non seulem5t en diu]s hommes1 mais en mesme homme1 diu]ses heures4 ,ord9airem5t ie tr\ue d\bt]1 en ce que le comm5taire n'a daign t\*]4 ,ie bron*e plus volonti]s en pas plat3 comme c]ta9s *euaux1 que ie cognois1 qui *opp5t plus s\u5t en *em9 vny4 ,qui ne diroit que les gloses augm5t5t les d\btes et l'ignorance1 puis qu'il ne se voit aucun liure1 soit huma91 soit diu91 sur qui le monde s'embesongne1 duquel l'int]pretation face t>ir la difficult8 ,le c5tiesme comm5taire1 le r5uoye son suiuant1 plus esp9eux1 et plus scabreux1 que le premi] ne l'auoit tr\u4 ,qu& e/-il conu5u entre n\s1 ce liure en a assez1 il n'y a me%uy plus que dire8 ,cecy se voit mieux en la *icane4 ,on donne au?orit de loy inf9is docteurs1 inf9is arre/s1 et autant d'int]pretations4 ,tr\uons n\s p\rtant quelque f9 au beso9 d'int]pret]8 s'y voit-il quelque progrez et aduancem5t v]s la tranquillit8 n\s faut-il mo9s d'aduocats et de iuges1 que lors que cette masse de droict1 e/oit encore en sa premi]e enfance8 ,au contraire1 n\s obscurcissons et enseuelissons l'intellig5ce4 ,n\s ne la desc\urons plus1 qu' la m]cy de tant de clo/ures et b>ri]es4 ,les hommes mescognoiss5t la maladie naturelle de leur esprit4 ,il ne faict que furet] et que/]2 et va sans cesse1 t\rnoyant1 ba/issant1 et s'empe/rant1 en sa besongne3 comme nos v]s soye1 et s'y e/\ffe4 ,mus 9 pice4 ,il p5se rem>qu] de lo+1 ie ne say quelle app>5ce de cl>t et v]it imag9aire3 mais p5dant qu'il y c\rt1 tant de difficultez luy trau]s5t la voye1 d'empes*em5s et de n\uelles que/es1 qu'elles l'esg>5t et l'enyur5t4 ,non gu]e autrem5t1 qu'il adu9t aux *i5s d',esope1 lesquels desc\urans quelque app>5ce de corps mort flott] en m]1 et ne le p\uans appro*]1 entrepr9dr5t de boire cette eau1 d'assei*] le passage1 et s'y e/\ff]5t4 ,a quoy se r5contre1 ce qu'vn ,crates disoit des escrits de ,h]aclitus1 qu'ils auoi5t beso9 d'vn lecteur bon nageur1 af9 que la pr(ondeur et pois de sa doctr9e1 ne l'engl\ti/ et suffoqua/4 ,ce n'e/ ri5 que foiblesse p>ticuli]e1 qui n\s faict cont5t] de ce que d'autres1 ou que n\s-mesmes auons tr\u en cette *asse de cognoissance3 vn plus habile ne s'en cont5t]a pas4 ,il y a t\si\rs place p\r vn suiuant1 ouy et p\r n\s mesmes1 et r\te p> ailleurs4 ,il n'y a po9t de f9 en nos inquisitions4 ,no/re f9 e/ en l'autre monde4 ,c'e/ signe de rac\rcissem5t d'esprit1 qu& il se cont5te3 ou signe de lasset4 ,nul esprit g5]eux1 ne s'arre/e en soy4 ,il pret5d t\si\rs1 et va outre ses =ces4 ,il a des eslans au del de ses effects4 ,s'il ne s'auance1 et ne se presse1 et ne s'accule1 et ne se *oque et t\rneuire1 il n'e/ vif qu' demy4 ,ses p\rsuites sont sans t]me1 et sans =me4 ,son alim5t1 c'e/ admiration1 *asse1 ambiguit4 ,ce que decl>oit assez ,apollo1 p>lant t\si\rs n\s d\blem5t1 obscurem5t et obliquem5t3 ne n\s repaissant pas1 mais n\s amusant et embesongnant4 ,c'e/ vn m\uem5t irreguli]1 p]petuel1 sans patron et sans b4 ,ses inu5tions s'es*auff5t1 se suiu5t1 et s'entreproduis5t l'vne l'autre4 ,a9si voit-on en vn ruisseau c\lant1 ,sans f9 l'vne eau1 apres l'autre r\lant1 ,et t\t de rang1 d'vn et]nel conduict2 ,l'vne suit l'autre1 et l'vne l'autre fuit4 ,p> cette-cy1 celle-l e/ p\sse1 ,et cette-cy1 p> l'autre e/ deuance3 ,t\si\rs l'eau va dans l'eau1 et t\si\rs e/ ce ,mesme ruisseau1 et t\si\rs eau diu]se4 ,il y a plus affaire int]pret] les int]pretations1 qu' int]pret] les *oses3 et plus de liures sur les liures1 que sur autre subiect4 ,n\s ne faisons que n\s entreglos]4 ,t\t f\rmille de comm5taires3 d'au!urs1 il en e/ gr& *]t4 ,le pr9cipal et plus fameux sauoir de nos siecles1 e/-ce pas sauoir ent5dre les sauants8 ,e/-ce pas la f9 commune et d]ni]e de t\ts e/udes8 ,nos op9ions s'ent5t les vnes sur les autres4 ,la premi]e s]t de tige la seconde3 la seconde la ti]ce4 ,n\s es*ellons a9si de degr en degr4 ,et adui5t de l1 que le plus haut mont1 a s\u5t plus d'honneur1 que de m]ite4 ,c> il n'e/ mont que d'vn gra91 sur les espaules du p5ultime4 ,combi5 s\u5t1 et sottem5t l'auanture1 ay-ie e/5du mon liure p>l] de soy8 ,sottem5t1 qu& ce ne s]oit que p\r cette raison3 ,qu'il me deuoit s\u5ir1 de ce que ie dy des autres1 qui en font de mesmes4 ,que ces illades si frequ5tes leurs ouurages1 tesmoign5t que le cur leur frissonne de son am\r1 et les rudoyem5ts mesmes1 desdaigneux dequoy ils le batt5t1 que ce ne sont que mign>dises1 et affett]ies1 d'vne faueur mat]nelle4 ,suiuant ,ari/ote1 qui1 et se pris] et se mespris]1 naiss5t s\u5t de p>eil air d'arrogance4 ,c> mon excuse3 ,que ie doy auoir en cela plus de lib]t que les autres1 d'autant qu' po9ct nomm1 i'escry de moy1 et de mes escrits1 comme de mes autres actions3 que mon !me se r5u]se en soy3 ie ne say1 si *acun la pr5dra4 ,i'ay veu en ,allemagne1 que ,lu!r a laiss autant de diuisions et d'alt]cations1 sur le d\bte de ses op9ions1 et plus1 qu'il n'en esmeut sur les escritures sa9ctes4 ,no/re conte/ation e/ v]bale4 ,ie dem&e que c'e/ que nature1 volupt1 c]cle1 et sub/itution4 ,la "q e/ de p>olles1 et se paye de mesme4 ,vne pi]re c'e/ vn corps3 mais qui press]oit3 ,et corps qu'e/-ce8 sub/ance3 et sub/ance quoy8 a9si de suitte3 accul]oit en f9 le respondant au b\t de son ,calep94 ,on es*ange vn mot p\r vn autre mot1 et s\u5t plus incogneu4 ,ie say mieux que c'e/ qu'homme1 que ie ne say que c'e/ animal1 ou mortel1 ou raisonnable4 ,p\r satisfaire vn d\te1 ils m'en donn5t trois4 ,c'e/ la te/e d',hydra4 ,socrates dem&oit ,memnon1 que c'e/oit que v]tu3 ,il y a1 di/ ,memnon1 v]tu d'homme et de femme1 de magi/rat et d'homme priu1 d'enfant et de vieill>t4 ,voicy qui va bi51 s'escria ,socrates3 n\s e/ions en *]*e d'vne v]tu1 tu n\s en apporte vn exaim4 ,n\s communiquons vne "q1 on n\s en r$onne vne ru*e4 ,comme nul eu5em5t et nulle =me1 ressemble enti]em5t vne autre1 aussi ne diff]e l'vne de l'autre enti]em5t4 ,+5ieux meslange de ,nature4 ,si nos faces n'e/oi5t semblables1 on ne sauroit disc]n] l'homme de la be/e3 si elles n'e/oi5t dissemblables1 on ne sauroit disc]n] l'homme de l'homme4 ,t\tes *oses se ti5n5t p> quelque similitude4 ,t\t exemple clo*e4 ,et la relation qui se tire de l'exp]i5ce1 e/ t\si\rs defaillante et imp>faicte4 ,on io9ct t\tesfois les comp>aisons p> quelque b\t4 ,a9si s]u5t les loix2 et s'assortiss5t a9s91 *acun de nos affaires1 p> quelque int]pretation de/\rne1 contra9te et biaise4 ,puisque les loix e?iques1 qui reg>d5t le deuoir p>ticuli] de *acun en soy1 sont si difficiles dress]3 comme n\s voyons qu'elles sont3 ce n'e/ pas m]ueille1 si celles qui g\u]n5t tant de p>ticuli]s1 le sont d'auantage4 ,consid]ez la =me de cette iu/ice qui n\s regit2 c'e/ vn vray tesmoignage de l'huma9e imbecillit3 tant il y a de contradiction et d'erreur4 ,ce que n\s tr\uons faueur et rigueur en la iu/ice3 et y en tr\uons tant1 que ie ne say si l'entre-deux s'y tr\ue si s\u5t3 ce sont p>ties maladiues1 et membres iniu/es1 du corps mesmes et ess5ce de la iu/ice4 ,des pasans1 vi5n5t de m'adu]tir en ha/e1 qu'ils ont laiss pres5tem5t en vne =e/ qui e/ moy1 vn homme meurtry de c5t c\ps1 qui respire encores1 et qui leur a dem& de l'eau p> piti1 et du sec\rs p\r le s\sleu]4 ,dis5t qu'ils n'ont os l'appro*]1 et s'en sont fuis1 de peur que les g5s de la iu/ice ne les y attrapass5t3 et comme il se faict de ceux qu'on r5contre pres d'vn homme tu1 ils n'euss5t r5dre conte de cet accid5t1 leur totale ruyne3 n'ayans ny suffisance1 ny arg5t1 p\r deff5dre leur innoc5ce4 ,que leur euss-ie dict8 ,il e/ c]ta91 que cet (fice d'humanit1 les eu/ mis en pe9e4 ,combi5 auons n\s desc\u]t d'innoc5s auoir e/ punis3 ie dis sans la c\lpe des iuges2 et combi5 en y a-il eu1 que n\s n'auons pas desc\u]t8 ,cecy e/ adu5u de mon temps4 ,c]ta9s sont condamnez la mort p\r vn homicide2 l'arre/ s9on prononc1 au mo9s conclud et arre/4 ,sur ce po9ct1 les iuges sont adu]tis p> les (fici]s d'vne c\r subalt]ne1 vois9e1 qu'ils ti5n5t quelques prisonni]s1 lesquels aduoent dis]tem5t cet homicide1 et apport5t t\t ce faict1 vne lumi]e indubitable4 ,on delib]e1 si p\rtant on doit int]rompre et diff]] l'execution de l'arre/ donn contre les premi]s4 ,on consid]e la n\uellet de l'exemple1 et sa consequ5ce1 p\r accro*] les iugem5s3 ,que la condemnation e/ iuridiquem5t passe2 les iuges priuez de rep5tance4 ,somme1 ces pauures diables sont consacrez aux =mules de la iu/ice4 ,philippus1 ou quelque autre1 pr\ueut vn p>eil inconu5i5t1 en cette mani]e4 ,il auoit condamn en grosses am5des1 vn homme enu]s vn autre1 p> vn iugem5t resolu4 ,la v]it se desc\urant quelque temps apres1 il se tr\ua qu'il auoit iniquem5t iug4 ,d'vn co/ e/oit la raison de la cause3 de l'autre co/ la raison des =mes iudiciaires4 ,il satisfit aucunem5t t\tes les deux1 laissant en son e/at la s5t5ce1 et recomp5sant de sa b\rse1 l'int]e/ du condamn4 ,mais il auoit affaire vn accid5t rep>able2 les mi5s fur5t p5dus irrep>ablem5t4 ,combi5 ay-ie veu de condemnations1 plus crim9euses que le crime8 ,t\t cecy me faict s\u5ir de ces anci5nes op9ions3 ,qu'il e/ =ce de faire tort en detail1 qui veut faire droict en gros2 et iniu/ice en petites *oses1 qui veut v5ir *ef de faire iu/ice s gr&es3 ,que l'huma9e iu/ice e/ =me au modelle de la m$ec9e1 selon laquelle1 t\t ce qui e/ vtile e/ aussi iu/e et honne/e4 ,et de ce que ti5n5t les ,/oci5s1 que ,nature mesme proc$e contre iu/ice1 en la plus-"p de ses ouurages4 ,et de ce que ti5n5t les ,cyr5aques1 qu'il n'y a ri5 iu/e de soy3 que les c\/umes et loix =m5t la iu/ice4 ,et les ,!odori5s1 qui tr\u5t iu/e au sage le l>rec91 le sacrilege1 t\te sorte de paill>dise1 s'il cognoi/ qu'elle luy soit pr(itable4 ,il n'y a rem$e4 ,i'en suis l1 comme ,alcibiades1 que ie ne me repres5t]ay iamais1 que ie puisse1 homme qui decide de ma te/e3 o mon honneur1 et ma vie1 dep5de de l'indu/rie et so+ de mon procureur1 plus que de mon innoc5ce4 ,ie me haz>d]ois vne telle iu/ice1 qui me recogneu/ du bi5 faict1 comme du mal faict3 o i'eusse autant esp]]1 qu' cra9dre4 ,l'indemnit n'e/ pas monnoye suffisante1 vn homme qui faict mieux1 que de ne faillir po9t4 ,no/re iu/ice ne n\s pres5te que l'vne de ses ma9s2 et encore la gau*e4 ,quiconque il soit1 il en sort auecques p]te4 ,en la ,*9e1 duquel royaume la police et les arts1 sans comm]ce et cognoissance des no/res1 surpass5t nos exemples1 en plusieurs p>ties d'excell5ce3 et duquel l'hi/oire m'appr5d1 combi5 le monde e/ plus ample et plus diu]s1 que ny les anci5s1 ny n\s1 ne p5etrons3 les (fici]s deputez p> le ,pr9ce1 p\r visit] l'e/at de ses pr\9ces1 comme ils puniss5t ceux1 qui malu]s5t en leur *>ge1 ils remun]5t aussi de pure lib]alit1 ceux qui s'y sont bi5 portez outre la commune sorte1 et outre la necessit de leur deuoir3 on s'y pres5te1 non p\r se g>antir seulem5t1 mais p\r y acqu]ir3 ny simplem5t p\r e/re pay1 mais p\r y e/re e/r54 ,nul iuge n'a encore1 ,dieu m]cy1 p>l moy comme iuge1 p\r quelque cause que ce soit1 ou mi5ne1 ou ti]ce1 ou crim9elle1 ou ciuile4 ,nulle prison m'a receu1 non pas seulem5t p\r m'y prom5]4 ,l'imag9ation m'en r5d la veu mesme du dehors1 desplaisante4 ,ie suis si affady apres la lib]t1 que qui me deff5droit l'accez de quelque co9 des ,indes1 i'en viurois aucunem5t plus mal mon aise4 ,et tant que ie tr\u]ay t]re1 ou air ouu]t ailleurs1 ie ne cr\piray en lieu1 o il me faille ca*]4 ,mon ,dieu1 que mal p\rroy-ie s\ffrir la condition1 o ie vois tant de g5s1 cl\ez vn qu>ti] de ce royaume1 priuez de l'entre des villes pr9cipales1 et des c\rts1 et de l'vsage des *em9s publics1 p\r auoir qu]ell nos loix4 ,si celles que ie s]s1 me m5assoi5t seulem5t le b\t du doigt1 ie m'en irois incont95t en tr\u] d'autres1 o que ce fu/4 ,t\te ma petite prud5ce1 en ces gu]res ciuiles o n\s sommes1 s'employe ce1 qu'elles n'int]romp5t ma lib]t d'all] et v5ir4 ,or les loix se ma9ti5n5t en cr$it1 non p> ce qu'elles sont iu/es1 mais p> ce qu'elles sont loix4 ,c'e/ le fondem5t my/ique de leur au?orit3 elles n'en ont po9t d'autre4 ,qui bi5 leur s]t4 ,elles sont s\u5t faictes p> des sots4 ,plus s\u5t p> des g5s1 qui en ha9e d'equalit ont faute d'equit4 ,mais t\si\rs p> des hommes1 au!urs va9s et irresolus4 ,il n'e/ ri5 si l\rdem5t1 et l>gem5t fauti]1 que les loix3 ny si ord9airem5t4 ,quiconque leur obeit p> ce qu'elles sont iu/es1 ne leur obeyt pas iu/em5t p> o il doit4 ,les no/res ,franoises1 pre/5t aucunem5t la ma91 p> leur desreiglem5t et de=mit1 au desordre et corruption1 qui se voit en leur disp5sation1 et execution4 ,le comm&em5t e/ si tr\ble1 et incon/ant1 qu'il excuse aucunem5t1 et la desobeissance1 et le vice de l'int]pretation1 de l'adm9i/ration1 et de l'obs]uation4 ,quel que soit donq le fruict que n\s p\uons auoir de l'exp]i5ce1 pe9e s]uira beauc\p no/re in/itution1 celle que n\s tirons des exemples e/rang]s1 si n\s faisons si mal no/re pr(it1 de celle1 que n\s auons de n\s mesme1 qui n\s e/ plus famili]e3 et c]tes suffisante n\s in/ruire de ce qu'il n\s faut4 ,ie m'e/udie plus qu'autre subiect4 ,c'e/ ma metaphysique1 c'e/ ma physique4 ,qua ,deus hanc mundi temp]et arte domum3 ,qua v5it exori5s1 qua deficit1 vnde coactis ,cornibus 9 pl5um m5/rua luna r$it3 ,vnde salo sup]ant v5ti1 quid flam9e captet ,eurus1 et 9 nubes vnde p]5nis aqua3 ,sit v5tura dies mundi qu subruat arces1 ,qurite quos agitat mundi labor4 ,en cette vniu]sit1 ie me laisse ignoramm5t et negligemm5t mani] la loy g5]ale du monde4 ,ie la sauray assez1 qu& ie la s5tiray4 ,ma sci5ce ne luy peut faire *ang] de r\tte4 ,elle ne se diu]sifi]a pas p\r moy3 c'e/ folie de l'esp]]4 ,et plus gr&e folie1 de s'en mettre en pe9e3 puis qu'elle e/ necessairem5t semblable1 publique1 et commune4 ,la bont et capacit du g\u]neur n\s doit pur et ple9 des*>g] du so+ de g\u]nem5t4 ,les inquisitions et contemplations philosophiques1 ne s]u5t que d'alim5t no/re curiosit4 ,les philosophes1 auec gr&e raison1 n\s r5uoy5t aux regles de ,nature4 ,mais elles n'ont que faire de si sublime cognoissance4 ,ils les falsifi5t1 et n\s pres5t5t son visage pe9t1 trop haut en c\leur1 et trop sophi/iqu3 d'o naiss5t tant de diu]s p\rtraits d'vn subiect si vni=me4 ,comme elle n\s a f\rny de pi$s m>*]1 aussi a elle de prud5ce n\s guid] en la vie4 ,prud5ce non tant +5ieuse1 robu/e et pompeuse1 comme celle de leur inu5tion3 mais l'adu5ant1 facile1 quiete et salutaire4 ,et qui faict tresbi5 ce que l'autre dit3 en celuy1 qui a l'heur1 de sauoir l'employ] nauem5t et ordonnm5t3 c'e/ dire naturellem5t4 ,le plus simplem5t se commettre ,nature1 c'e/ s'y commettre le plus sagem5t4 ,o que c'e/ vn d\x et mol *euet1 et sa91 que l'ignorance et l'incuriosit1 repos] vne te/e bi5 faicte4 ,i'aym]ois mieux m'ent5dre bi5 en moy1 qu'en ,cic]on4 ,de l'exp]i5ce que i'ay de moy1 ie tr\ue assez dequoy me faire sage1 si i'e/oy bon es*oli]4 ,qui remet en sa memoire l'excez de sa *ol]e passee1 et iusques o cette fieure l'emporta1 voit la laideur de cette passion1 mieux que dans ,ari/ote1 et en conoit vne ha9e plus iu/e4 ,qui se s\ui5t des maux qu'il a c\ru1 de ceux qui l'ont m5ass1 des leg]es occasions qui l'ont remu d'vn e/at autre1 se prep>e p> l1 aux mutations futures1 et la recognoissance de sa condition4 ,la vie de ,cs> n'a po9t plus d'exemple1 que la no/re p\r n\s4 ,et emp]i]e1 et populaire3 c'e/ t\si\rs vne vie1 que t\s accid5ts huma9s reg>d5t4 ,esc\tons y seulem5t3 n\s n\s disons1 t\t ce1 dequoy n\s auons pr9cipalem5t beso+4 ,qui se s\ui5t de s'e/re tant et tant de fois mescont de son propre iugem5t3 e/-il pas vn sot1 de n'en entr] p\r iamais en deffiance8 ,qu& ie me tr\ue conua9cu p> la raison d'autruy1 d'vne op9ion fauce2 ie n'appr5s pas tant1 ce qu'il m'a dit de n\ueau1 et cette ignorance p>ticuli]e3 ce s]oit peu d'acque/3 comme en g5]al i'appr5s ma debilit1 et la trahison de mon ent5dem5t3 d'o ie tire la re=mation de t\te la masse4 ,en t\tes mes autres erreurs1 ie fais de mesme3 et s5s de cette regle gr&e vtilit la vie4 ,ie ne reg>de pas l'espece et l'indiuidu1 comme vne pi]re o i'aye bron*4 ,i'appr5s cra9dre mon alleure p> t\t1 et m'att5s la regl]4 ,d'appr5dre qu'on a dit ou fait vne sottise1 ce n'e/ ri5 que cela4 ,il faut appr5dre1 qu'on n'e/ qu'vn sot4 ,in/ruction bi5 plus ample1 et importante4 ,les faux pas1 que ma memoire m'a fait si s\u5t1 lors mesme qu'elle s'asseure le plus de soy1 ne se sont pas inutilem5t p]duz4 ,elle a beau me iur] cette heure et m'asseur]3 ie secoe les oreilles3 la premi]e opposition qu'on faict son tesmoignage1 me met en susp5s4 ,et n'os]ois me fi] d'elle1 en *ose de poix3 ny la g>5tir sur le faict d'autruy4 ,et n'e/oit1 que ce que ie fay p> faute de memoire1 les autres le font encore plus s\u5t1 p> faute de foy1 ie pr5drois t\si\rs en *ose de faict1 la v]it de la b\*e d'vn autre1 plu/o/ que de la mi5ne4 ,si *acun espioit de pres les effects et circon/ances des passions qui les reg5t5t1 comme i'ay faict de celle qui i'e/ois tomb en p>tage3 il les v]roit v5ir3 et rall5tiroit vn peu leur impetuosit et leur c\rse4 ,elles ne n\s saut5t pas t\si\rs au collet d'vn pr9sault1 il y a de la m5asse et des degrez4 ,fluctus vti prim cpit cm albesc]e v5to1 ,paulatim sese tollit m>e1 et altius vndas ,erigit1 inde imo consurgit ad !ra fundo4 ,le iugem5t ti5t *ez moy vn siege magi/ral1 au mo9s il s'en ef=ce soigneusem5t4 ,il laisse mes appetis all] leur tra93 et la ha9e et l'amiti1 voire et celle que ie me porte moy mesme1 sans s'en alt]] et corrompre4 ,s'il ne peut re=m] les autres p>ties selon soy1 au mo9s ne se laisse il pas dif=m] elles3 il faict son ieu "p4 ,l'adu]tissem5t *acun de se cognoi/re1 doit e/re d'vn important effect1 puisque ce ,dieu de sci5ce et de lumi]e le fit plant] au front de son temple3 comme compr5ant t\t ce qu'il auoit n\s conseill]4 ,platon dict aussi1 que prud5ce n'e/ autre *ose1 que l'execution de cette ordonnance3 et ,socrates1 le v]ifie p> le m5u en ,x5ophon4 ,les difficultez et l'obscurit1 ne s'app]oyu5t en *acune sci5ce1 que p> ceux qui y ont entree4 ,c> encore faut il quelque degr d'intellig5ce1 p\uoir rem>qu] qu'on ignore3 et faut p\ss] vne porte1 p\r sauoir qu'elle n\s e/ close4 ,d'o nai/ cette ,platonique subtilit1 que ny ceux qui sau5t1 n'ont s'enqu]ir1 d'autant qu'ils sau5t3 ny ceux qui ne sau5t1 d'autant que p\r s'enqu]ir1 il faut sauoir1 dequoy on s'enqui]t4 ,a9s91 en cette cy de se cognoi/re soy-mesme3 ce que *acun se voit si resolu et satisfaict1 ce que *acun y p5se e/re suffisamm5t ent5du1 signifie que *acun n'y ent5d ri5 du t\t1 comme ,socrates appr5d ,eu?ydeme4 ,moy1 qui ne fais autre pr(ession1 y tr\ue vne pr(ondeur et v>iet si inf9ie1 que mon appr5tissage n'a autre fruict1 que de me faire s5tir1 combi5 il me re/e appr5dre4 ,a ma foiblesse si s\u5t recognu1 ie dois l'incl9ation que i'ay la mode/ie3 l'obessance des creances qui me sont prescrites3 vne con/ante froideur et mod]ation d'op9ions3 et la ha9e de cette arrogance importune et qu]eleuse1 se croyant et fiant t\te soy1 ennemie capitale de discipl9e et de v]it4 ,oyez les reg5t]4 ,les premi]es sottises qu'ils mett5t en auant1 c'e/ au /yle qu'on e/ablit les religions et les loix4 ,nihil e/ turpius1 qum cognitioni et p]ceptioni ass]tionem approbationmque prcurr]e4 ,ari/>*us disoit1 qu'anci5nem5t1 pe9e se tr\ua-il sept sages au monde3 et que de son temps pe9e se tr\uoit-il sept ignorans4 ,aurions n\s pas plus de raison que luy1 de le dire en no/re temps8 ,l'affirmation et l'op9ia/ret1 sont signes exprez de be/ise4 ,ce/uy-ci aura donn du nez t]re1 c5t fois p\r vn i\r3 le voyla sur ses ergots1 aussi resolu et enti] que deuant4 ,v\s diriez qu'on luy a infus depuis1 quelque n\uelle ame1 et vigueur d'ent5dem5t4 ,et qu'il luy adui5t1 comme cet anci5 fils de la t]re1 qui repr5oit n\uelle f]met1 et se r5=oit p> sa *eute4 ,cui cum tetig]e p>5tem1 ,iam defecta vig5t r5\ato robore membra4 ,ce te/u indocile1 p5se-il pas repr5dre vn n\uel esprit1 p\r repr5dre vne n\uelle dispute8 ,c'e/ p> mon exp]i5ce1 que i'accuse l'huma9e ignorance4 ,qui e/1 mon aduis1 le plus seur p>ty de l'escole du monde4 ,ceux qui ne la veul5t conclure en eux1 p> vn si va9 exemple que le mi51 ou que le leur1 qu'ils la recognoiss5t p> ,socrates1 le mai/re des mai/res4 ,c> le philosophe ,anti/h5es1 ses disciples1 ,allons1 disoit-il1 v\s et moy ouyr ,socrates4 ,l ie s]ay disciple auec v\s4 ,et s\/5ant ce dogme1 de sa secte ,/oque1 que la v]tu suffisoit r5dre vne vie pla9em5t heureuse1 et n'ayant beso9 de *ose quelconque1 s9on de la =ce de ,socrates1 adi\/oit-il4 ,cette longue att5tion que i'employe me consid]]1 me dresse iug] aussi passablem5t des autres4 ,et e/ peu de *oses1 dequoy ie p>le plus heureusem5t et excusablem5t4 ,il m'adui5t s\u5t1 de voir et di/+u] plus exactem5t les conditions de mes amis1 qu'ils ne font eux mesmes4 ,i'en ay e/onn quelqu'vn1 p> la p]t95ce de ma description3 et l'ay adu]ty de soy4 ,p\r m'e/re ds mon enfance1 dress mir] ma vie dans celle d'autruy1 i'ay acquis vne complexion /udieuse en cela4 ,et qu& i'y p5se1 ie laisse es*ap] aut\r de moy peu de *oses qui y s]u5t3 cont5ances1 humeurs1 disc\rs4 ,i'e/udie t\t3 ce qu'il me faut fur1 ce qu'il me faut suyure4 ,a9s9 mes amis1 ie desc\ure p> leurs productions1 leurs incl9ations int]nes4 ,non p\r r5g] cette inf9ie v>iet d'actions si diu]ses et si desc\ppees1 c]ta9s g5res et *apitres1 et di/ribu] di/9ctem5t mes p>tages et diuisions1 en classes et regions cognus1 ,s$ neque qum mult species1 et nom9a qu s9t1 ,e/ num]us4 ,les sauans p>l5t1 et d5ot5t leurs fantasies1 plus specifiquem5t1 et p> le m5u4 ,moy1 qui n'y voy qu'autant que l'vsage m'en in=me1 sans regle1 pres5te g5]alem5t les mi5nes1 et ta/ons4 ,comme en cecy3 ,ie prononce ma s5t5ce p> articles desc\sus3 c'e/ *ose qui ne se peut dire la fois1 et en bloc4 ,la relation1 et la con=mit1 ne se tr\u5t po9t en telles ames que les no/res1 basses et communes4 ,la sagesse e/ vn ba/im5t solide et enti]1 dont *aque piece ti5t son rang et porte sa m>que4 ,sola sapi5tia 9 se tota conu]sa e/4 ,ie laisse aux arti/es1 et ne say s'ils en vi5n5t b\t1 en *ose si meslee1 si m5ue et =tuite1 de r5g] en b&es1 cette inf9ie diu]sit de visages2 et arre/] no/re incon/ance1 et la mettre p> ordre4 ,non seulem5t ie tr\ue malays1 d'atta*] nos actions les vnes aux autres3 mais *acune "p soy1 ie tr\ue malays1 de la design] proprem5t1 p> quelque qualit pr9cipale3 tant elles sont d\bles et big>rees diu]s lu/res4 ,ce qu'on rem>que p\r r>e1 au ,roy de ,mac$o9e1 ,p]seus1 que son esprit1 ne s'atta*ant aucune condition1 alloit errant p> t\t g5re de vie3 et repres5tant des murs1 si essorees et vagabondes qu'il n'e/oit cogneu ny de luy ny d'autre1 quel homme ce fu/1 me semble peu pres conu5ir t\t le monde4 ,et p> dessus t\s1 i'ay veu quelque autre de sa taille1 qui cette conclusion s'appliqu]oit plus proprem5t encore1 ce croy-ie4 ,nulle assiette moy5ne3 s'emportant t\si\rs de l'vn l'autre extreme1 p> occasions indiu9ables3 nulle espece de tra91 sans trau]se1 et contr>iet m]ueilleuse3 nulle facult simple3 si que le plus vray-semblablem5t qu'on en p\rra fe9dre vn i\r1 ce s]a1 qu'il affectoit1 et e/udioit de se r5dre cogneu1 p> e/re mescognoissable4 ,il faict beso9 d'oreilles bi5 =tes1 p\r s'ouyr fran*em5t iug]4 ,et p> ce qu'il en e/ peu1 qui le puiss5t s\ffrir sans morsure3 ceux qui se haz>d5t de l'entrepr5dre enu]s n\s1 n\s montr5t vn s+uli] effect d'amiti4 ,c> c'e/ aim] sa9em5t1 d'entrepr5dre bless] et (f5c]1 p\r pr(it]4 ,ie tr\ue rude de iug] celuy l1 en qui les mauuaises qualitez surpass5t les bonnes4 ,platon ordonne trois p>ties1 qui veut exam9] l'ame d'vn autre1 sci5ce1 bi5ueillance1 h>diesse4 ,quelquefois on me dem&oit1 quoy i'eusse p5s e/re bon1 qui se fu/ aduis de se s]uir de moy1 p5dant que i'en auois l'aage3 ,dum melior vires sanguis dabat1 mula necdum ,temporibus gem9is canebat sp>sa s5ectus4 ,a ri51 fis-ie4 ,et m'excuse volonti]s de ne sauoir faire *ose1 qui m'esclaue autruy4 ,mais i'eusse dit ses v]itez mon mai/re1 et eusse contr]oll ses murs1 s'il eu/ v\lu4 ,non en gros1 p> leons s*ola/iques1 que ie ne say po9t1 et n'en vois nai/re aucune vraye re=mation1 en ceux qui les sau5t4 ,mais les obs]uant pas pas1 t\te opportunit3 et en iugeant l'il1 piece piece1 simplem5t et naturellem5t4 ,luy faisant voir quel il e/ en l'op9ion commune3 m'opposant ses flatteurs4 ,il n'y a nul de n\s1 qui ne valu/ mo9s que les ,roys1 s'il e/oit a9si cont9uellem5t corrompu1 comme ils sont1 de cette canaille de g5s4 ,comm5t1 si ,alex&re1 ce gr& et ,roy et philosophe1 ne peut s'en deff5dre8 ,i'eusse eu assez de fidelit1 de iugem5t1 et de lib]t1 p\r cela4 ,ce s]oit vn (fice sans nom2 autrem5t il p]droit son effect et sa grace4 ,et e/ vn roolle qui ne peut indiff]emm5t app>t5ir t\s4 ,c> la v]it mesme1 n'a pas ce priuilege1 d'e/re employee t\te heure1 et en t\te sorte3 son vsage t\t noble qu'il e/1 a ses circonscriptions1 et limites4 ,il adui5t s\u5t1 comme le monde e/1 qu'on la las*e l'oreille du ,pr9ce1 non seulem5t sans fruict1 mais dommageablem5t1 et encore iniu/em5t4 ,et ne me f]a lon pas accroire1 qu'vne sa9te remon/rance1 ne puisse e/re appliquee vitieusem5t3 et que l'int]e/ de la sub/ance1 ne doyue s\u5t c$] l'int]e/ de la =me4 ,ie v\drois ce me/i]1 vn homme contant de sa =tune1 ,quod sit1 esse velit1 nihilque malit3 et nay de moy5ne =tune4 ,d'autant1 que d'vne "p1 il n'auroit po9t de cra9te de t\*] viuem5t et pr(ondem5t le cur du mai/re1 p\r ne p]dre p> l1 le c\rs de son auancem5t4 ,et d'autre "p1 p\r e/re d'vne condition moy5ne1 il auroit plus aysee communication t\te sorte de g5s4 ,ie le v\droy vn homme seul3 c> resp&re le priuilege de cette lib]t et priuaut plusieurs1 eng5dr]oit vne nuisible irreu]5ce4 ,ouy1 et de celuy l1 ie requ]roy sur t\t la fidelit du sil5ce4 ,vn ,roy n'e/ pas croire1 qu& il se vante de sa con/ance1 att5dre le r5contre de l'ennemy1 p\r sa gloire3 si p\r son pr(it et am5dem5t1 il ne peut s\ffrir la lib]t des p>olles d'vn amy1 qui n'ont autre ef=t1 que de luy p9c] l'ouye3 le re/e de leur effect e/ant en sa ma94 ,or il n'e/ aucune condition d'homme1 qui ait si gr& beso+1 que ceux-l1 de vrais et libres adu]tissem5s4 ,ils s\ti5n5t vne vie publique1 et ont agre] l'op9ion de tant de spectateurs1 que comme on a acc\/um de leur taire t\t ce qui les diu]tit de leur r\te1 ils se tr\u5t sans le s5tir1 engagez en la ha9e et dete/ation de leurs peuples1 p\r des occasions s\u5t1 qu'ils euss5t peu euit]1 nul int]e/ de leurs plaisirs mesme1 qui les en eu/ aduisez et r$ressez temps4 ,communem5t leurs fauorits reg>d5t soy1 plus qu'au mai/re4 ,et il leur va de bon3 d'autant qu' la v]it1 la plus "p des (fices de la vraye amiti1 sont enu]s le s\u]a91 en vn rude et p]illeux essay4 ,de mani]e1 qu'il y fait beso91 non seulem5t de beauc\p d'affection et de fran*ise1 mais encore de c\rage4 ,en f91 t\te cette fricassee que ie b>b\ille ici1 n'e/ qu'vn regi/re des essais de ma vie3 qui e/ p\r l'int]ne sant exemplaire assez1 pr5dre l'in/ruction contrepoil4 ,mais quant la sant corporelle1 p]sonne ne peut f\rnir d'exp]i5ce plus vtile que moy3 qui la pres5te pure1 nullem5t corrompue et alt]ee p> art1 et p> op9ation4 ,l'exp]i5ce e/ proprem5t sur son fumi] au subiect de la m$ec9e1 o la raison luy quitte t\te la place4 ,tyb]e disoit1 que quiconque auoit vescu v+t ans1 se deuoit respondre des *oses qui luy e/oi5t nuisibles ou salutaires1 et se sauoir conduire sans m$ec9e4 ,et le p\uoit auoir appr9s de ,socrates3 lequel conseillant ses disciples soigneusem5t1 et comme vn tres pr9cipal e/ude1 l'e/ude de leur sant1 adi\/oit1 qu'il e/oit malais1 qu'vn homme d'ent5dem5t1 pr5ant g>de ses ex]cices son boire et son mang]1 ne disc]na/ mieux que t\t m$ec91 ce qui luy e/oit bon ou mauuais4 ,si fait la m$ec9e pr(ession d'auoir t\si\rs l'exp]i5ce1 p\r t\*e de son op]ation4 ,a9si ,platon auoit raison de dire1 que p\r e/re vray m$ec91 il s]oit necessaire que celuy qui l'entrepr5droit1 eu/ pass p> t\tes les maladies1 qu'il veut gu]ir1 et p> t\s les accid5s et circon/ances dequoy il doit iug]4 ,c'e/ raison qu'ils pr5n5t la v]ole1 s'ils la veul5t sauoir p5s]4 ,vrayem5t ie m'en fi]ois celuy l4 ,c> les autres n\s guid5t1 comme celuy qui pe9t les m]s1 les escueils et les ports1 e/ant assis1 sur sa table1 et y faict prom5] le modele d'vn nauire en t\te seurt4 ,iettez-le l'effect1 il ne sait p> o s'y pr5dre4 ,ils font telle description de nos maux1 que faict vn trompette de ville1 qui crie vn *eual ou vn *i5 p]du1 tel poil1 telle hauteur1 telle oreille3 mais pres5tez le luy1 il ne le cognoit pas p\rtant4 ,p\r ,dieu1 que la m$ec9e me face vn i\r quelque bon et p]ceptible sec\rs1 voir comme ie cri]ay de bonne foy1 ,t&em efficaci d manus sci5ti6 ,les arts qui promett5t de n\s t5ir le corps en sant1 et l'ame en sant1 n\s promett5t beauc\p3 mais aussi n'en e/-il po9t1 qui ti5n5t mo9s ce qu'elles promett5t4 ,et en no/re temps1 ceux qui font pr(ession de ces arts entre n\s1 en montr5t mo9s les effects que t\s autres hommes4 ,on peut dire d'eux1 p\r le plus1 qu'ils v5d5t les drogues m$ec9ales3 mais qu'ils soi5t m$ec9s1 cela ne peut on dire4 ,i'ay assez vescu1 p\r mettre en comte l'vsage1 qui m'a conduict si lo+4 ,p\r qui en v\dra g\/]3 i'en ay faict l'essay1 son es*anon4 ,en voyci quelques articles1 comme la s\u5ance me les f\rnira4 ,ie n'ay po9t de faon1 qui ne soit allee v>iant selon les accid5ts4 ,mais i'enregi/re celles1 que i'ay plus s\u5t veu en tra93 qui ont eu plus de possession en moy iusqu' cette heure4 ,ma =me de vie1 e/ p>eille en maladie comme en sant3 mesme lict1 mesmes heures1 mesmes vi&es me s]u5t1 et mesme breuuage4 ,ie n'y adi\/e du t\t ri51 que la mod]ation du plus et du mo9s1 selon ma =ce et appetit4 ,ma sant1 c'e/ ma9t5ir sans de/\rbi] mon e/at acc\/um4 ,ie voy que la maladie m'en desloge d'vn co/3 si ie crois les m$ec9s1 ils m'en de/\rn]ont de l'autre3 et p> =tune1 et p> art1 me voyla hors de ma r\tte4 ,ie ne crois ri5 plus c]ta9em5t que cecy3 que ie ne sauroy e/re (f5c p> l'vsage des *oses que i'ay si long temps acc\/umees4 ,c'e/ la c\/ume de donn] =me no/re vie1 telle qu'il luy plai/1 elle peult t\t en cela4 ,c'e/ le breuuage de ,circ1 qui diu]sifie no/re nature1 comme bon luy semble4 ,combi5 de nations1 et trois pas de n\s1 e/im5t ridicule la cra9cte du s]e91 qui n\s blesse si app>emm5t3 et nos bateli]s et nos paysans s'en moqu5t4 ,v\s faites malade vn ,alleman1 de le c\*] sur vn matelas3 comme vn ,itali5 sur la plume1 et vn ,franois sans rideau et sans feu4 ,l'e/oma* d'vn ,espagnol1 ne dure pas no/re =me de mang]1 ny le no/re boire la ,s\ysse4 ,vn ,allem& me feit plaisir ,augu/e1 de combattre l'incommodit de nos f\y]s1 p> ce mesme argum5t1 dequoy n\s n\s s]uons ord9airem5t condamn] leurs poyles4 ,c> la v]it1 cette *aleur cr\pie1 et puis la s5teur de cette mati]e res*auffe1 dequoy ils sont composez1 ente/e la plus "p de ceux qui n'y sont exp]im5tez3 moy non4 ,mais au demeurant1 e/ant cette *aleur egale1 con/ante et vniu]selle1 sans lueur1 sans fume1 sans le v5t que l'ouu]ture de nos *em9es n\s apporte1 elle a bi5 p> ailleurs1 dequoy se comp>] la no/re4 ,que n'imitons n\s l'ar*itecture ,roma9e8 ,c> on dit1 qu'anci5nem5t1 le feu ne se faisoit en leurs maisons que p> le dehors1 et au pi$ d'icelles3 d'o s'inspiroit la *aleur t\t le logis1 p> les tuyaux practiquez dans l'espais du mur1 lesquels alloi5t embrassant les lieux qui en deuoi5t e/re es*auffez4 ,ce que i'ay veu clairem5t signifi1 ie ne say o1 en ,s5eque4 ,ce/uy-cy1 m'oyant l\r les commoditez1 et beautez de sa ville3 qui le m]ite c]tes3 comm5a me pla9dre1 dequoy i'auois m'en eslongn]4 ,et des premi]s inconu5i5s qu'il m'allega1 ce fut la poisanteur de te/e1 que m'apport]oi5t les *em9es ailleurs4 ,il auoit ou faire cette pla9te quelqu'vn1 et n\s l'atta*oit1 e/ant priu p> l'vsage de l'app]ceuoir *ez luy4 ,t\te *aleur qui vi5t du feu1 m'affoiblit et m'appesantit4 ,si disoit ,eu5us1 que le meilleur condim5t de la vie1 e/oit le feu4 ,ie pr5s plu/o/ t\te autre faon d'es*ap] au froid4 ,n\s craignons les v9s au bas3 en ,portugal1 cette fume e/ en delices1 et e/ le breuuage des ,pr9ces4 ,en somme1 *asque nation a plusieurs c\/umes et vsances1 qui sont non seulem5t incognues1 mais f>\*es et miraculeuses quelque autre nation4 ,que f]ons n\s ce peuple1 qui ne fait recepte que de tesmoignages imprimez1 qui ne croit les hommes s'ils ne sont en liure1 ny la v]it1 si elle n'e/ d'aage competant8 ,n\s mettons en dignit nos sottises1 qu& n\s les mettons en m\le4 ,il y a bi5 p\r luy1 autre poix1 de dire2 ie l'ay leu3 que si v\s dictes3 ie l'ay ouy dire4 ,mais moy1 qui ne mescrois non plus la b\*e1 que la ma9 des hommes3 et qui say qu'on escript autant indiscretem5t qu'on p>le3 et qui e/ime ce siecle1 comme vn autre pass1 i'allegue aussi volonti]s vn mi5 amy1 que ,aulugelle1 et que ,macrobe3 et ce que i'ay veu1 que ce qu'ils ont escrit4 ,et comme ils ti5n5t de la v]tu1 qu'elle n'e/ pas plus gr&e1 p\r e/re plus longue3 i'e/ime de mesme de la v]it1 que p\r e/re plus vieille1 elle n'e/ pas plus sage4 ,ie dis s\u5t que c'e/ pure sottise1 qui n\s fait c\rir apres les exemples e/rang]s et s*ola/iques4 ,leur f]tilit e/ p>eille cette heure celle du temps d',hom]e et de ,platon4 ,mais n'e/-ce pas1 que n\s *]*ons plus l'honneur de l'allegation1 que la v]it du disc\rs8 ,comme si c'e/oit plus d'emprunt]1 de la b\tique de ,vascosan1 ou de ,plant91 nos preuues1 que de ce qui se voit en no/re village4 ,ou bi5 c]tes1 que n\s n'auons pas l'esprit1 d'esplu*]1 et faire valoir1 ce qui se passe deuant n\s1 et le iug] assez vifuem5t1 p\r le tir] en exemple4 ,c> si n\s disons1 que l'au?orit n\s manque1 p\r donn] foy no/re tesmoignage1 n\s le disons hors de propos4 ,d'autant qu' mon aduis1 des plus ord9aires *oses1 et plus communes1 et cognus1 si n\s sauons tr\u] leur i\r1 se peuu5t =m] les plus gr&s miracles de nature1 et les plus m]ueilleux exemples1 notamm5t sur le subiect des actions huma9es4 ,or sur mon subiect1 laissant les exemples que ie say p> les liures3 et ce que dit ,ari/ote d',&ron ,argi51 qu'il trau]soit sans boire les arides sablons de la ,lybie3 vn ,g5til-homme qui s'e/ acquitt dignem5t de plusieurs *>ges1 disoit o i'e/ois qu'il e/oit all de ,madrid ,lisbonne1 en pla9 e/1 sans boire4 ,il se porte vig\reusem5t p\r son aage1 et n'a ri5 d'extraord9aire en l'vsage de sa vie1 que cecy1 d'e/re deux ou trois mois1 voire vn an1 ce m'a-il dit1 sans boire4 ,il s5t de l'alt]ation1 mais il la laisse pass]3 et ti5t1 que c'e/ vn appetit qui s'alanguit aisem5t de soy-mesme3 et boit plus p> caprice1 que p\r le beso+1 ou p\r le plaisir4 ,en voicy d'vn autre4 ,il n'y a pas long temps1 que ie r5contray l'vn des plus sauans hommes de ,france1 entre ceux de non m$iocre =tune1 e/udiant au co9 d'vne sale1 qu'on luy auoit remb>r de tapiss]ie3 et aut\r de luy1 vn tabut de ses valets1 pla9 de lic5ce4 ,il me dit1 et ,s5eque quasi autant de soy1 qu'il faisoit son pr(it de ce t9tam>re3 comme si battu de ce bruict1 il se ram5a/ et res]ra/ plus en soy1 p\r la contemplation1 et que cette tempe/e de voix rep]cuta/ ses p5ses au d$ans4 ,e/ant es*oli] ,padoe1 il eut son e/ude si long temps log la batt]ie des co*es1 et du tumulte de la place1 qu'il se =ma non seulem5t au mespris1 mais l'vsage du bruit1 p\r le s]uice de ses e/udes4 ,socrates respondit ,alcibiades1 s'e/onnant comme il p\uoit port] le cont9uel t9tam>re de la te/e de sa femme3 ,comme ceux1 qui sont acc\/umez l'ord9aire bruit des r\s puis] de l'eau4 ,ie suis bi5 au contraire3 i'ay l'esprit t5dre et facile pr5dre l'essor4 ,qu& il e/ empes* "p soy1 le mo9dre b\rdonnem5t de m\s*e l'assass9e4 ,s5eque en sa ieunesse1 ayant mordu *audem5t1 l'exemple de ,sextius1 de ne mang] *ose1 qui eu/ pr9s mort1 s'en passoit dans vn an1 auec plaisir1 comme il dit4 ,et s'en deporta seulem5t1 p\r n'e/re s\ponn1 d'emprunt] cette regle d'aucunes religions n\uelles1 qui la semoy5t4 ,il pr9t qu& et qu& des preceptes d',attalus1 de ne se c\*] plus sur des l\di]s1 qui enfondr5t3 et employa iusqu' la vieillesse ceux qui ne c$5t po9t au corps4 ,ce que l'vsage de son temps1 luy faict compt] rudesse1 le no/re1 n\s le faict t5ir mollesse4 ,reg>dez la diff]5ce du viure de mes valets bras1 la mi5ne3 les ,scy!s et les ,indes n'ont ri5 plus eslongn de ma =ce1 et de ma =me4 ,ie say1 auoir retir de l'aumosne1 des enfans p\r m'en s]uir1 qui bi5 to/ apres m'ont quict et ma cuis9e1 et leur liure3 seulem5t1 p\r se r5dre leur premi]e vie4 ,et en tr\uay vn1 amassant depuis1 des m\les1 emmy la voirie1 p\r son disn]1 que p> pri]e1 ny p> m5asse1 ie ne seu di/raire de la saueur et d\ceur1 qu'il tr\uoit en l'indig5ce4 ,les gueux ont leurs magnific5ces1 et leurs voluptez1 comme les ri*es3 et1 dit-on1 leurs dignitez et ordres politiques4 ,ce sont effects de l'acc\/umance4 ,elle n\s peut duire1 non seulem5t telle =me qu'il luy plai/ 7p\rtant1 dis5t les sages1 n\s faut-il plant] la meilleure1 qu'elle n\s facilit]a incont95t7 mais aussi au *angem5t et la v>iation3 qui e/ le plus noble1 et le plus vtile de ses appr5tissages4 ,la meilleure de mes complexions corporelles1 c'e/ d'e/re flexible et peu op9ia/re4 ,i'ay des incl9ations plus propres et ord9aires1 et plus aggreables1 que d'autres4 ,mais auec bi5 peu d'ef=t1 ie m'en de/\rne1 et me c\le aisem5t la faon contraire4 ,vn ieune homme1 doit tr\bl] ses regles1 p\r esueill] sa vigueur3 la g>d] de moisir et s'apoltronir4 ,et n'e/ tra9 de vie1 si sot et si debile1 que celuy qui se conduict p> ordonnance et discipl9e4 ,ad primum lapidem vect>i cm placet1 hora ,sumitur ex libro2 si prurit frictus ocelli ,angulus1 inspecta g5esi collyria qurit4 ,il se reiett]a s\u5t aux excez mesme1 s'il m'en croit3 autrem5t1 la mo9dre desbau*e le ruyne4 ,il se r5d incommode et desaggreable en conu]sation4 ,la plus contraire qualit vn honne/e homme1 c'e/ la delicatesse et obligation c]ta9e faon p>ticuli]e4 ,et elle e/ p>ticuli]e1 si elle n'e/ ployable1 et s\pple4 ,il y a de la honte1 de laiss] faire p> impuissance1 ou de n'os]1 ce qu'on voit faire ses compaignons4 ,que telles g5s g>d5t leur cuis9e4 ,p> t\t ailleurs1 il e/ indec5t3 mais vn homme de gu]re1 il e/ vitieux et insupportable4 ,lequel1 comme disoit ,philopm51 se doit acc\/um] t\te diu]sit1 et inegalit de vie4 ,quoy que i'aye e/ dress autant qu'on a peu1 la lib]t et l'indiff]5ce1 si e/-ce que p> non*alance1 m'e/ant en vieillissant1 plus arre/ sur c]ta9es =mes 7mon aage e/ hors d'in/itution1 et n'a desormais dequoy reg>d] ailleurs qu' se ma9t5ir7 la c\/ume a desia sans y p5s]1 imprim si bi5 en moy son *>act]e1 en c]ta9es *oses1 que i'appelle excez de m'en desp>tir4 ,et sans m'essay]1 ne puis1 ny dormir sur i\r1 ny faire collation entre les repas1 ny desieun]1 ny m'all] c\*] sans gr& int]ualle1 comme de trois heures1 apres le s\pp]1 ny faire des enfans1 qu'auant le sommeil3 ny les faire deb\t3 ny port] ma sueur3 ny m'abreuu] d'eau pure ou de v9 pur3 ny me t5ir nud te/e long temps3 ny me faire tondre apres disn]4 ,et me pass]ois autant mal-aism5t de mes gans1 que de ma *emise3 et de me lau] l'issu de table1 et mon leu]3 et de ciel et rideaux mon lict1 comme de *oses bi5 necessaires4 ,ie disn]ois sans nape3 mais l',alem&e sans s]uiette blan*e1 tres-incommodem5t4 ,ie les s\lle plus qu'eux et les ,itali5s ne font3 et m'ayde peu de culli]1 et de f\r*ete4 ,ie pla9s qu'on n'aye suyuy vn tra91 que i'ay veu comm5c] l'exemple des ,roys3 ,qu'on n\s *angea/ de s]uiette1 selon les s]uices1 comme d'assiette4 ,n\s t5ons de ce laborieux soldat ,m>ius1 que vieillissant1 il deu9t delicat en son boire3 et ne le pr5oit qu'en vne si5ne c\ppe p>ticuli]e4 ,moy ie me laisse all] de mesme c]ta9e =me de v]res1 et ne boy pas volonti]s en v]re commun4 ,non plus que d'vne ma9 commune4 ,t\t metail m'y desplai/ au prix d'vne mati]e claire et transp>ante4 ,que mes yeux y ta/5t aussi selon leur capacit4 ,ie dois plusieurs telles mollesses l'vsage4 ,nature m'a aussi d'autre "p apport les si5nes3 comme de ne s\/5ir plus deux pla9s repas en vn i\r1 sans sur*>g] mon e/oma*3 ny l'ab/95ce pure de l'vn des repas3 sans me remplir de v5ts1 asse*] ma b\*e1 e/onn] mon appetit4 ,de m'(f5s] d'vn long s]e94 ,c> depuis quelques annes1 aux c\rues de la gu]re1 qu& t\te la nuict y c\rt1 comme il adui5t communm5t1 apres c9q ou six heures1 l'e/oma* me comm5ce tr\bl]1 auec vehem5te d\leur de te/e3 et n'arriue po9t au i\r1 sans vomir4 ,comme les autres s'en vont desieun]1 ie m'en vay dormir3 et au p>tir de l1 aussi gay qu'au p>auant4 ,i'auois t\si\rs appris1 que le s]e9 ne s'esp&oit qu' la naissance de la nuict3 mais hantant ces annes passes famili]em5t1 et long temps1 vn seigneur imbu de cette creance1 que le s]e9 e/ plus aspre et dang]eux sur l'incl9ation du soleil1 vne heure ou deux auant son c\*]3 lequel il euite songneusem5t1 et mesprise celuy de la nuict3 il a cuid m'imprim]1 non tant son disc\rs1 que son s5tim5t4 ,quoy1 que le d\bte mesme1 et l'inquisition frappe no/re imag9ation1 et n\s *ange8 ,ceux qui c$5t t\t c\p ces p5tes1 attir5t l'enti]e ru9e sur eux4 ,et pla9s plusieurs ,g5tils-hommes1 qui p> la sottise de leurs m$ec9s1 se sont mis en *>tre t\s ieunes et enti]s4 ,encores vaudroit-il mieux s\ffrir vn reume1 que de p]dre p\r iamais1 p> desacc\/umance1 le comm]ce de la vie commune1 en action de si gr& vsage4 ,fas*euse sci5ce3 qui n\s descrie les plus d\ces heures du i\r4 ,e/5dons no/re possession iusques aux d]ni]s moy5s4 ,le plus s\u5t on s'y durcit1 en s'op9ia/rant1 et corrige lon sa complexion3 comme fit ,cs> le haut mal1 =ce de le mespris] et corrompre4 ,on se doit adonn] aux meilleures regles1 mais non pas s'y ass]uir3 si ce n'e/ celles1 s'il y en a quelqu'vne1 ausquelles l'obligation et s]uitude soit vtile4 ,et les ,roys et les philosophes fi5t5t1 et les dames aussi4 ,les vies publiques se doiu5t la c]emonie3 la mi5ne obscure et priue1 i\t de t\te disp5ce naturelle4 ,soldat et ,gascon1 sont qualitez aussi1 vn peu subiettes l'indiscretion4 ,p>quoy1 ie diray cecy de cette action3 qu'il e/ beso+ de la r5uoy] c]ta9es heures1 prescriptes et nocturnes1 et s'y =c] p> c\/ume1 et assubiectir1 comme i'ay faict4 ,mais non s'assuiectir1 comme i'ay faict en vieillissant1 au so+ de p>ticuli]e commodit de lieu1 et de siege1 p\r ce s]uice3 et le r5dre empes*ant p> longueur et mollesse4 ,t\tesfois aux plus sales (fices1 e/-il pas aucunem5t excusable1 de requ]ir plus de so+ et de nettet8 ,natur homo mundum et elegans animal e/4 ,de t\tes les actions naturelles1 c'e/ celle1 que ie s\ffre plus mal volonti]s m'e/re int]rompue4 ,i'ay veu beauc\p de g5s de gu]re1 incommodez du desreiglem5t de leur v5tre4 ,t&is que le mi5 et moy1 ne n\s faillions iamais au po9ct de no/re assignation3 qui e/ au sault du lict1 si quelque viol5te occupation1 ou maladie ne n\s tr\ble4 ,ie ne iuge donc po9t1 comme ie disois1 o les malades se puiss5t mettre mieux en seurt1 qu'en se t5ant coy1 dans le tra9 de vie1 o ils se sont esleuez et n\rris4 ,le *angem5t1 quel qu'il soit1 e/onne et blesse4 ,allez croire que les *a/aignes nuis5t vn ,p]ig\rd91 ou vn ,lucquois3 et le laict et le fromage aux g5s de la montaigne4 ,on leur va ordonnant1 vne non seulem5t n\uelle1 mais contraire =me de vie4 ,mutation qu'vn sa9 ne p\rroit s\ffrir4 ,ordonnez de l'eau vn ,breton de soixante dix ans3 enf]mez dans vne e/uue vn homme de m>9e3 deff5dez le prom5] vn laquay ,basque3 ils les priu5t de m\uem5t et en f9 d'air et de lumi]e4 ,an viu]e tanti e/8 ,cogimur suetis animum susp5d]e rebus1 ,atque1 vt viuamus1 viu]e des9imus3 ,hos sup]esse reor1 quibus et spirabilis a]1 ,et lux1 qua regimur1 r$ditur ipsa grauis4 ,s'ils ne font autre bi51 ils font aumo9s cecy1 qu'ils prep>5t de bonne heure les pati5s la mort1 leur sapant peu peu et retran*ant l'vsage de la vie4 ,et sa9 et malade1 ie me suis volonti]s laiss all] aux appetits qui me pressoi5t4 ,ie donne gr&e au?orit mes desirs et prop5sions4 ,ie n'ayme po9t gu>ir le mal p> le mal4 ,ie hay les rem$es qui importun5t plus que la maladie4 ,d'e/re subiect la colique1 et subiect m'ab/5ir du plaisir de mang] des huitres1 ce sont deux maux p\r vn4 ,le mal n\s p9se d'vn co/1 la regle de l'autre4 ,puis-qu'on e/ au haz>d de se mescont]1 has>dons n\s plu/o/ la suitte du plaisir4 ,le monde faict au reb\rs1 et ne p5se ri5 vtile1 qui ne soit p5ible4 ,la facilit luy e/ suspecte4 ,mon appetit en plusieurs *oses1 s'e/ assez heureusem5t accommod p> soy-mesme1 et rang la sant de mon e/oma*4 ,l'acrimonie et la po9te des sauces m'agrer5t e/ant ieune3 mon e/oma* s'en ennuyant depuis1 le g\/ l'a incont95t suyuy4 ,le v9 nuit aux malades3 c'e/ la premi]e *ose1 dequoy ma b\*e se desg\/e1 et d'vn deg\/ inu9cible4 ,quoy que ie reoiue desagreablem5t1 me nuyt2 et ri5 ne me nuyt1 que ie face auec faim1 et allegresse4 ,ie n'ay iamais receu nuysance d'action1 qui m'eu/ e/ bi5 plaisante4 ,et si ay fait c$] mon plaisir1 bi5 l>gem5t1 t\te conclusion m$ic9alle4 ,et me suis ieune1 ,quem circumcursans huc atque huc spe ,cupido ,fulgebat croc9a spl5didus 9 tunica1 pre/ autant lic5tieusem5t et inconsidrem5t qu'autre1 au desir qui me t5oit saisi3 ,et militaui non s9e gloria4 ,plus t\tesfois en cont9uation et en dure1 qu'en saillie4 ,sex me vix mem9i su/9uisse vices4 ,il y a du malheur c]tes1 et du miracle1 confess]1 en quelle foiblesse d'ans1 ie me r5contray premi]em5t en sa subiection4 ,ce fut bi5 r5contre3 c> ce fut long temps auant l'aage de *oix et de cognoissance4 ,il ne me s\ui5t po9t de moy de si lo+4 ,et peut on m>i] ma =tune celle de ,qu>tilla1 qui n'auoit po9t memoire de son fillage4 ,inde tragus cel]sque pili1 mir&que matri ,b>ba me4 ,les m$ec9s ploy5t ord9airem5t auec vtilit1 leurs regles1 la viol5ce des enuies aspres1 qui surui5n5t aux malades4 ,ce gr& desir ne se peut imag9]1 si e/rang] et vicieux1 que ,nature ne s'y applique4 ,et puis1 combi5 e/-ce de cont5t] la fantasie8 ,a mon op9ion cette piece l importe de t\t3 au mo9s1 au del de t\te autre4 ,les plus griefs et ord9aires maux1 sont ceux que la fantasie n\s *>ge4 ,ce mot ,espagnol me plai/ plusieurs visages3 ,defi5da me ,dios de my4 ,ie pla9s e/ant malade1 dequoy ie n'ay quelque desir qui me donne ce cont5tem5t de l'ass\uir3 pe9e m'en de/\rn]oit la m$ec9e4 ,autant en fay-ie sa94 ,ie ne voy gu]e plus qu'esp]] et v\loir4 ,c'e/ piti d'e/re alanguy et affoibly1 iusques au s\hait]4 ,l'art de m$ec9e1 n'e/ pas si resolue1 que n\s soyons sans au?orit1 quoy que n\s facions4 ,elle *ange selon les climats1 et selon les ,lunes3 selon ,f]nel et selon l',escale4 ,si vo/re m$ec9 ne tr\ue bon1 que v\s dormez1 que v\s vsez de v91 ou de telle vi&e3 ne v\s *aille3 ie v\s en tr\u]ay vn autre qui ne s]a pas de son aduis4 ,la diu]sit des argum5ts et op9ions m$ic9ales1 embrasse t\te sorte de =mes4 ,ie vis vn mis]able malade1 creu] et se pasm] d'alt]ation1 p\r se gu>ir3 et e/re moqu depuis p> vn autre m$ec93 condamnant ce conseil comme nuisible4 ,auoit-il pas bi5 employ sa pe9e8 ,il e/ mort fres*em5t de la pi]re1 vn homme de ce me/i]1 qui s'e/oit s]uy d'extreme ab/95ce combattre son mal3 ses compagnons dis5t1 qu'au reb\rs1 ce ieusne l'auoit asse*1 et luy auoit cuit le sable dans les rongnons4 ,i'ay app]ceu qu'aux blesseures1 et aux maladies1 le p>l] m'esmeut et me nuit1 autant que desordre que ie face4 ,la voix me c\/e1 et me lasse3 c> ie l'ay haute et ef=ce4 ,si que1 qu& ie suis v5u entret5ir l'oreille des gr&s1 d'affaires de poix1 ie les ay mis s\u5t en so+ de mod]] ma voix4 ,ce compte m]ite de me diu]tir4 ,quelqu'vn1 en c]ta9e es*ole ,grecque1 p>loit haut comme moy3 le mai/re des c]emonies luy m&a qu'il p>la/ plus bas3 ,qu'il m'enuoye1 fit-il1 le ton auquel il veut que ie p>le4 ,l'autre luy repliqua1 qu'il pr9/ son ton des oreilles de celuy qui il p>loit4 ,c'e/oit bi5 dit1 p\rueu qu'il s'ent5de3 ,p>lez selon ce que v\s auez affaire vo/re auditeur4 ,c> si c'e/ dire1 suffise v\s qu'il v\s oye3 ou1 reglez v\s p> luy3 ie ne tr\ue pas que ce fu/ raison4 ,le ton et m\uem5t de la voix1 a quelque expression1 et signification de mon s5s3 c'e/ moy le conduire1 p\r me repres5t]4 ,il y a voix p\r in/ruire1 voix p\r flat]1 ou p\r tanc]4 ,ie veux que ma voix non seulem5t arriue luy1 mais l'auanture qu'elle le frappe1 et qu'elle le p]se4 ,qu& ie ma/9e mon laquay1 d'vn ton aigre et poignant3 il s]oit bon qu'il v9/ me dire3 ,mon mai/re p>lez plus d\x1 ie v\s oy bi54 ,e/ qudam vox ad auditum accommodata1 non magnitud9e1 s$ proprietate4 ,la p>ole e/ moiti celuy qui p>le1 moiti celuy qui l'esc\te4 ,ce/uy-cy se doibt prep>] la receuoir1 selon le branle qu'elle pr5d4 ,comme entre ceux qui ioent la paume1 celuy qui s\/i5t1 se desm>*e et s'appre/e1 selon qu'il voit remu] celuy qui luy iette le c\p1 et selon la =me du c\p4 ,l'exp]i5ce m'a encores appris cecy1 que n\s n\s p]dons d'impati5ce4 ,les maux ont leur vie1 et leurs bornes1 leurs maladies et leur sant4 ,la con/itution des maladies1 e/ =me au patron de la con/itution des animaux4 ,elles ont leur =tune limite ds leur naissance3 et leurs i\rs4 ,qui essaye de les abbreg] imp]ieusem5t1 p> =ce1 au trau]s de leur c\rse1 il les allonge et multiplie3 et les h>selle1 au lieu de les appais]4 ,ie suis de l'aduis de ,crantor1 qu'il ne faut ny ob/9em5t s'oppos] aux maux1 et l'e/\rdi3 ny leur succomb] de mollesse3 mais qu'il leur faut c$] naturellem5t1 selon leur condition et la no/re4 ,on doit donn] passage aux maladies3 et ie tr\ue qu'elles arre/5t mo9s *ez moy1 qui les laisse faire4 ,et en ay p]du de celles qu'on e/ime plus op9ia/res et t5aces1 de leur propre decad5ce3 sans ayde et sans art1 et contre ses regles4 ,laissons faire vn peu ,nature3 elle ent5d mieux ses affaires que n\s4 ,mais vn tel en m\rut4 ,si f]ez v\s3 s9on de ce mal l1 d'vn autre4 ,et combi5 n'ont pas laiss d'en m\rir1 ayants trois m$ec9s leur cul8 ,l'exemple e/ vn miroer vague1 vniu]sel et t\t s5s4 ,si c'e/ vne m$ec9e voluptueuse1 acceptez la2 c'e/ t\si\rs autant de bi5 pres5t4 ,ie ne m'arre/]ay ny au nom ny la c\leur1 si elle e/ delicieuse et appetissante4 ,le plaisir e/ des pr9cipales especes du pr(it4 ,i'ay laiss enuieillir et m\rir en moy1 de mort naturelle1 des rheumes2 defluxions g\tteuses2 relaxation2 battem5t de cur2 micra9es2 et autres accid5s1 que i'ay p]du1 qu& ie m'e/ois demy =m les n\rrir4 ,on les coniure mieux p> c\rtoisie1 que p> brau]ie4 ,il faut s\ffrir d\cem5t les loix de no/re condition4 ,n\s sommes p\r vieillir1 p\r affoiblir1 p\r e/re malades1 en despit de t\te m$ec9e4 ,c'e/ la premi]e leon1 que les ,mexica9s font leurs enfans2 qu& au p>tir du v5tre des m]es1 ils les vont saluant1 a9s93 ,enfant1 tu s v5u au monde p\r endur]3 endure1 s\ffre1 et tais toy4 ,c'e/ iniu/ice de se d\loir qu'il soit adu5u quelqu'vn1 ce qui peut adu5ir *acun4 ,indign>e si quid 9 te iniqu propri con/itutum e/4 ,voyez vn vieill>t1 qui dem&e ,dieu qu'il luy ma9ti5ne sa sant enti]e et vig\reuse2 c'e/ dire qu'il le remette en ieunesse4 ,/ulte1 quid hc fru/ra votis pu]ilibus optas8 ,n'e/-ce pas folie8 ,sa condition ne le porte pas4 ,la g\tte1 la grauelle1 l'indige/ion1 sont symptomes des longues annes2 comme des longs voyages1 la *aleur1 les pluyes1 et les v5ts4 ,platon ne croit pas1 qu'sculape se mi/ en pe9e1 de pr\uoir p> regimes1 faire dur] la vie1 en vn corps ga/ et imbecille3 inutile son pays1 inutile sa vacation3 et produire des enfants sa9s et robu/es3 et ne tr\ue pas ce so+ conu5able la iu/ice et prud5ce diu9e1 qui doit conduire t\tes *oses l'vtilit4 ,mon bon homme1 c'e/ faict3 on ne v\s sauroit r$ress]3 on v\s pla/r]a p\r le plus1 et e/anonn]a vn peu1 et allong]a-lon de quelque heure vo/re mis]e4 ,non secus in/antem cupi5s fulcire ru9am1 ,diu]sis contr nititur obijcibus1 ,donec c]ta dies1 omni compage soluta1 ,ipsum cum rebus subruat auxilium4 ,il faut appr5dre s\ffrir1 ce qu'on ne peut euit]4 ,no/re vie e/ compose1 comme l'h>monie du monde1 de *oses contraires1 aussi de diu]s tons1 d\x et aspres1 aigus et plats1 mols et graues4 ,le musici5 qui n'en aym]oit que les vns1 que v\droit il dire8 ,il faut qu'il s'en sa*e s]uir en commun1 et les mesl]4 ,et n\s aussi1 les bi5s et les maux1 qui sont consub/antiels no/re vie4 ,no/re e/re ne peut sans ce meslange2 et y e/ l'vne b&e non mo9s necessaire que l'autre4 ,d'essay] regimb] contre la necessit naturelle1 c'e/ repres5t] la folie de ,ctesiphon1 qui entrepr5oit de faire c\ps de pi$ auec sa mule4 ,ie consulte peu1 des alt]ations1 que ie s5s4 ,c> ces g5s icy sont auantageux1 qu& ils v\s ti5n5t leur mis]icorde4 ,ils v\s g\rm&5t les oreilles1 de leurs progno/iques1 et me surpr5ant autre fois affoibly du mal1 m'ont iniurieusem5t traict de leurs dogmes1 et troigne magi/rale3 me m5assant tanto/ de gr&es d\leurs1 tanto/ de mort pro*a9e4 ,ie n'en e/ois abbatu1 ny deslog de ma place1 mais i'en e/ois heurt et p\ss4 ,si mon iugem5t n'en e/ ny *ang1 ny tr\bl3 au mo9s il en e/oit empes*4 ,c'e/ t\si\rs agitation et combat4 ,or ie traicte mon imag9ation le plus d\cem5t que ie puis2 et la des*>g]ois si ie p\uois1 de t\te pe9e et conte/ation4 ,il la faut sec\rir1 et flatt]1 et pipp] qui peut4 ,mon esprit e/ propre cet (fice4 ,il n'a po9t faute d'app>5ces p> t\t4 ,s'il p]suadoit1 comme il pres*e1 il me sec\rroit heureusem5t4 ,v\s en plai/-il vn exemple8 ,il dict1 que c'e/ p\r mon mieux1 que i'ay la grauele4 ,que les ba/im5s de mon aage1 ont naturellem5t s\ffrir quelque g\tti]e4 ,il e/ temps qu'ils comm5c5t se las*] et desm5tir4 ,c'e/ vne commune necessit4 ,et n'eu/ on pas faict p\r moy1 vn n\ueau miracle4 ,ie paye p> l1 le loy] deu la vieillesse2 et ne saurois en auoir meilleur comte4 ,que la compagnie me doit consol]2 e/ant tomb en l'accid5t le plus ord9aire des hommes de mon temps4 ,i'en vois p> t\t d'affligez de mesme nature de mal4 ,et m'en e/ la societ honorable1 d'autant qu'il se pr5d plus volonti]s aux gr&s3 son ess5ce a de la noblesse et de la dignit4 ,que des hommes qui en sont frappez1 il en e/ peu de quittes meilleure raison3 et si1 il leur c\/e la pe9e d'vn fa*eux regime1 et la prise ennuieuse1 et quotidi5ne1 des drogues m$ec9ales4 ,l o1 ie le doy purem5t ma bonne =tune4 ,c> quelques b\illons communs de l'er+ium1 et h]be du ,turc1 que deux ou trois fois i'ay aual1 en faueur des dames1 qui plus gracieusem5t que mon mal n'e/ aigre1 m'en (froy5t la moiti du leur1 m'ont sembl egalem5t faciles pr5dre1 et inutiles en op]ation4 ,ils ont pay] mille vux sculape1 et autant d'escus leur m$ec91 de la pr(luuion de sable aise et abondante1 que ie reoy s\u5t p> le b5efice de ,nature4 ,la dec5ce mesme de ma cont5ance en compagnie1 n'en e/ pas tr\ble3 et porte mon eau dix heures1 et aussi long temps qu'vn sa94 ,la cra9te de ce mal1 dit-il1 t'effrayoit autresfois1 qu& il t'e/oit incogneu4 ,les cris et le desespoir1 de ceux qui l'aigriss5t p> leur impati5ce1 t'en eng5droi5t l'horreur4 ,c'e/ vn mal1 qui te bat les membres1 p> lesquels tu z le plus failly4 ,tu s homme de consci5ce3 ,qu v5it indign pna1 dol5da v5it4 ,reg>de ce *a/iem5t2 il e/ bi5 d\x au prix d'autres1 et d'vne faueur pat]nelle4 ,reg>de sa t>difuet3 il n'incommode et occupe1 que la saison de ta vie1 qui a9si comme a9s9 e/ mes-huy p]due et /]ile2 ayant faict place la lic5ce et plaisirs de ta ieunesse1 comme p> composition4 ,la cra9te et piti1 que le peuple a de ce mal1 te s]t de mati]e de gloire4 ,qualit1 de laquelle si tu z le iugem5t purg1 et en z gu]y ton disc\rs1 tes amis p\rtant en recognoiss5t encore quelque te9ture en ta complexion4 ,il y a plaisir ouyr dire de soy3 ,voyla bi5 de la =ce3 voila bi5 de la pati5ce4 ,on te voit su] d'ahan1 pallir1 r\gir1 trembl]1 vomir iusques au sang1 s\ffrir des contractions et conuulsions e/ranges1 deg\tt] p> fois de grosses l>mes des yeux1 r5dre les vr9es espesses1 noires1 et effroyables1 ou les auoir arre/es p> quelque pi]re esp9euse et h]isse qui te po9ct1 et escor*e cruellem5t le col de la v]ge1 entret5ant cep5dant les assi/ans1 d'vne cont5ance commune2 b\ffonant pauses auec tes g5s3 t5ant ta p>tie en vn disc\rs t5du3 excusant de p>olle ta d\leur1 et rabbatant de ta s\ffrance4 ,te s\ui5t-il de ces g5s du temps pass1 qui re*]*oy5t les maux auec si gr& faim1 p\r t5ir leur v]tu en hale9e1 et en ex]cice8 mets le cas que ,nature te porte1 et te p\sse cette glorieuse escole1 en laquelle tu ne fusses iamais entr de ton gr4 ,si tu me dis1 que c'e/ vn mal dang]eux et mortel3 quels autres ne le sont8 ,c> c'e/ vne pipp]ie m$ec9ale1 d'en except] aucuns2 qu'ils dis5t n'all] po9t de droict fil la mort4 ,qu'importe1 s'ils y vont p> accid5t2 et s'ils gliss5t1 et gau*iss5t aism5t1 v]s la voye qui n\s y me9e8 ,mais tu ne meurs pas de ce que tu es malade3 tu meurs de ce que tu es viuant4 ,la mort te tue bi51 sans le sec\rs de la maladie4 ,et d'aucuns1 les maladies ont esloign la mort3 qui ont plus vescu1 de ce qu'il leur sembloit s'en all] m\rants4 ,io9t qu'il e/1 comme des playes1 aussi des maladies m$ec9ales et salutaires4 ,la colique e/ s\u5t non mo9s viuace que v\s4 ,il se voit des hommes1 ausquels elle a cont9u depuis leur enfance iusques leur extreme vieillesse2 et s'ils ne luy euss5t failly de compagnie1 elle e/oit p\r les assi/] plus outre4 ,v\s la tuez plus s\u5t qu'elle ne v\s tue4 ,et qu& elle te pres5t]oit l'image de la mort vois9e1 s]oit-ce pas vn bon (fice1 vn homme de tel aage1 de le ram5] aux cogitations de sa f98 ,et qui pis e/1 tu n'z plus p\r quoy gu]ir4 ,a9si comme a9s91 au premi] j\r la commune necessit t'appelle4 ,consid]e combi5 artificielem5t et d\cem5t1 elle te desg\/e de la vie1 et despr5d du monde3 non te =ant1 d'vne subiection tyrannique1 comme tant d'autres maux1 que tu vois aux vieill>ds1 qui les ti5n5t cont9uellem5t entrauez1 et sans relas*e de foiblesses et d\leurs3 mais p> adu]tissem5s1 et in/ructions reprises int]ualles2 entremeslant des longues pauses de repos1 comme p\r te donn] moy5 de m$it] et repet] sa leon ton aise4 ,p\r te donn] moy5 de iug] sa9em5t1 et pr5dre p>ty en homme de cur1 elle te pres5te l'e/at de ta condition enti]e1 et en bi5 et en mal2 et en mesme i\r1 vne vie tres-alegre tanto/1 tanto/ insupportable4 ,si tu n'accoles la mort1 au mo9s tu luy t\*es en paume1 vne fois le mois4 ,p> o tu z de plus esp]]1 qu'elle t'attrapp]a vn i\r sans m5ace4 ,et qu'e/ant si s\u5t conduit iusques au port3 te fiant d'e/re encore aux t]mes acc\/umez1 on t'aura et ta fiance1 pass l'eau vn mat91 inop9m5t4 ,on n'a po9t se pla9dre des maladies1 qui p>tag5t loyallem5t le temps auec la sant4 ,ie suis oblig la ,=tune1 dequoy elle m'assaut si s\u5t de mesme sorte d'armes4 ,elle m'y faonne1 et m'y dresse p> vsage1 m'y durcit et habitue3 ie say peu pres mes-huy1 en quoy i'en dois e/re quitte4 ,a faute de memoire naturelle1 i'en =ge de papi]4 ,et comme quelque n\ueau symptome surui5t mon mal1 ie l'escris3 d'o il adui5t1 qu' cette heure1 e/ant quasi pass p> t\te sorte d'exemples3 si quelque e/onnem5t me m5ace3 feuilletant ces petits breuets desc\sus1 comme des feuilles ,sybill9es1 ie ne faux plus de tr\u] o me consol]1 de quelque progno/ique fauorable1 en mon exp]i5ce passe4 ,me s]t aussi l'acc\/umance1 mieux esp]] p\r l'adu5ir4 ,c> la conduicte de ce vuidange1 ayant cont9u si long temps2 il e/ croire1 que ,nature ne *ang]a po9t ce tra91 et n'en adui5dra autre pire accid5t1 que celuy que ie s5s4 ,en outre2 la condition de cette maladie n'e/ po9t mal adu5ante ma complexion prompte et s\da9e4 ,qu& elle m'assault mollem5t1 elle me faict peur1 c> c'e/ p\r long temps4 ,mais naturellem5t1 elle a des excez vig\reux et gaill>ts4 ,elle me sec\ outrance1 p\r vn i\r ou deux4 ,mes re9s ont dur vn aage1 sans alt]ation2 il y en a tanto/ vn autre1 qu'ils ont *ang d'e/at4 ,les maux ont leur p]iode comme les bi5s3 l'aduanture e/ cet accid5t sa f94 ,l'aage affoiblit la *aleur de mon e/oma*2 sa dige/ion en e/ant mo9s p>faicte1 il r5uoye cette mati]e cru mes re9s4 ,p\rquoy ne p\rra e/re c]ta9e reuolution1 affoiblie p>eillem5t la *aleur de mes re9s2 si qu'ils ne puiss5t plus petrifi] mon flegme2 et ,nature s'a*em9] pr5dre quelque autre voye de purgation8 ,les ans m'ont euidemm5t faict t>ir aucuns rheumes4 ,p\rquoy ces excrem5s1 qui f\rniss5t de mati]e la graue8 ,mais e/-il ri5 d\x1 au prix de cette s\da9e mutation2 qu& d'vne d\leur extreme1 ie vi5s p> le vuidange de ma pi]re1 rec\ur]1 comme d'vn esclair1 la belle lumi]e de la sant3 si libre1 et si ple9e3 comme il adui5t en noz s\da9es et plus aspres coliques8 ,y a il ri5 en cette d\leur s\ff]te1 qu'on puisse contrepois] au plaisir d'vn si prompt am5dem5t8 ,de combi5 la sant me semble plus belle apres la maladie1 si vois9e et si contigue1 que ie les puis recognoi/re en pres5ce l'vne de l'autre1 en leur plus hault app>eil3 o elles se mett5t l'enuy1 comme p\r se faire te/e et contrec>re6 ,t\t a9si que les ,/oci5s dis5t1 que les vices sont vtilem5t introduicts1 p\r donn] prix et faire espaule la v]tu3 n\s p\uons dire1 auec meilleure raison1 et coniecture mo9s h>die1 que ,nature n\s a pre/ la d\leur1 p\r l'honneur et s]uice de la volupt et indol5ce4 ,lors que ,socrates apres qu'on l'eu/ des*>g de ses f]s1 s5tit la fri&ise de cette demangeaison1 que leur pesanteur auoit caus en ses iambes3 il se resi\it1 consid]] l'e/roitte alliance de la d\leur la volupt3 comme elles sont associes d'vne liaison necessaire3 si qu' t\rs1 elles se suyu5t1 et entr'eng5dr5t3 et s'escrioit au bon ,esope1 qu'il deu/ auoir pris1 de cette consid]ation1 vn corps propre vne belle fable4 ,le pis que ie voye aux autres maladies1 c'e/ qu'elles ne sont pas si griefues en leur effect1 comme elles sont en leur yssue4 ,on e/ vn an se rauoir1 t\si\rs ple9 de foiblesse1 et de cra9te4 ,il y a tant de haz>d1 et tant de degrez1 se reconduire sauuet1 que ce n'e/ iamais faict4 ,auant qu'on v\s aye deffubl d'vn c\ure*ef1 et puis d'vne calote1 auant qu'on v\s aye r5du l'vsage de l'air1 et du v91 et de vo/re femme1 et des melons1 c'e/ gr& cas si v\s n'e/es re*eu en quelque n\uelle mis]e4 ,cette-cy a ce priuilege1 qu'elle s'emporte t\t net4 ,l o les autres laiss5t t\si\rs quelque impression1 et alt]ation1 qui r5d le corps susceptible de n\ueau mal1 et se pre/5t la ma9 les vns aux autres4 ,ceux l sont excusables1 qui se cont5t5t de leur possession sur n\s1 sans l'e/5dre1 et sans introduire leur sequele4 ,mais c\rtois et gratieux sont ceux1 de qui le passage n\s apporte quelque vtile consequ5ce4 ,depuis ma colique1 ie me tr\ue des*>g d'autres accid5s3 plus ce me semble que ie n'e/ois aup>auant1 et n'ay po9t eu de fiebure depuis4 ,i'argum5te1 que les vomissem5s extremes et frequ5s que ie s\ffre1 me purg5t3 et d'autre co/1 mes deg\/em5s1 et les ieusnes e/ranges1 que ie passe1 dig]5t mes humeurs peccantes3 et ,nature vuide en ces pi]res1 ce qu'elle a de sup]flu et nuysible4 ,qu'on ne me die po9t1 que c'e/ vne m$ec9e trop *] v5due4 ,c> quoy tant de puans breuuages1 caut]es1 incisions1 sues1 s$ons1 dietes1 et tant de =mes de gu>ir1 qui n\s apport5t s\u5t la mort1 p\r ne p\uoir s\/5ir leur viol5ce1 et importunit8 ,p> a9si1 qu& ie suis atta9t1 ie le pr5s m$ec9e3 qu& ie suis exempt1 ie le pr5s con/ante et enti]e deliurance4 ,voicy encore vne faueur de mon mal1 p>ticuli]e4 ,c'e/ qu' peu pres1 il faict son ieu "p1 et me laisse faire le mi52 o il ne ti5t qu' faute de c\rage4 ,en sa plus gr&e esmotion1 ie l'ay t5u dix heures *eual4 ,s\ffrez seulem5t1 v\s n'auez que faire d'autre regime4 ,i\ez1 disnez1 c\rez1 faictes cecy1 et faictes encore cela1 si v\s p\uez2 vo/re desbau*e y s]uira plus1 qu'elle n'y nuira4 ,dictes en autant vn v]ol1 vn g\tteux1 vn h]nieux4 ,les autres maladies1 ont des obligations plus vniu]selles2 geh5n5t bi5 autrem5t noz actions2 tr\bl5t t\t no/re ordre1 et engag5t leur consid]ation1 t\t l'e/at de la vie4 ,cette-cy ne faict que p9s] la peau2 elle v\s laisse l'ent5dem5t1 et la volont en vo/re disposition1 et la langue1 et les pi$s1 et les ma9s4 ,elle v\s esueille plu/o/ qu'elle ne v\s ass\pit4 ,l'ame e/ frape de l'ardeur d'vne fiebure1 et att]re d'vne epilepsie1 et disloque p> vne aspre micra9e1 et en f9 e/onne p> t\tes les maladies qui bless5t la masse1 et les plus nobles p>ties4 ,icy1 on ne l'attaque po9t4 ,s'il luy va mal1 sa c\lpe4 ,elle se trahit elle mesme1 s'ab&onne1 et se desmonte4 ,il n'y a que les fols qui se laiss5t p]suad]1 que ce corps dur et massif1 qui se cuyt en noz rognons1 se puisse diss\dre p> breuuages4 ,p>quoy depuis qu'il e/ esbranl1 il n'e/ que de luy donn] passage1 aussi bi5 le pr5dra-il4 ,ie rem>que encore cette p>ticuli]e commodit1 que c'e/ vn mal1 auquel n\s auons peu deu9]4 ,n\s sommes disp5sez du tr\ble1 auquel les autres maux n\s iett5t1 p> l'inc]titude de leurs causes1 et conditions1 et progrez4 ,tr\ble inf9iem5t p5ible4 ,n\s n'auons que faire de consultations et int]pretations doctorales3 les s5s n\s montr5t que c'e/1 et o c'e/4 ,p> tels argum5s1 et =ts et foibles1 comme ,cic]o le mal de sa vieillesse1 i'essaye d'endormir et amus] mon imag9ation1 et graiss] ses playes4 ,si elles s'empir5t dema91 dema9 n\s y p\ruoyrons d'autres es*appatoires4 ,qu'il soit vray4 ,voicy depuis de n\ueau1 que les plus leg]s m\uem5ts espreign5t le pur sang de mes re9s4 ,quoy p\r cela8 ie ne laisse de me m\uoir comme deuant1 et picqu] apres mes *i5s1 d'vne iuu5ile ardeur1 et insol5te4 ,et tr\ue que i'ay gr& raison1 d'vn si important accid5t3 qui ne me c\/e qu'vne s\rde poisanteur1 et alt]ation en cette p>tie4 ,c'e/ quelque grosse pi]re1 qui f\lle et consomme la sub/ance de mes roignons3 et ma vie1 que ie vuide peu peu3 non sans quelque naturelle d\ceur1 comme vn excrem5t hormais sup]flu et empes*ant4 ,or s5s-ie quelque *ose qui cr\sle2 ne v\s att5dez pas que i'aille m'amusant recognoi/re mon p\x1 et mes vr9es1 p\r y pr5dre quelque preuoyance ennuyeuse4 ,ie s]ay assez temps s5tir le mal1 sans l'allong] p> le mal de la peur4 ,qui cra9t de s\ffrir1 il s\ffre desia de ce qu'il cra9t4 ,io9t que la dubitation et ignorance de ceux1 qui se mesl5t d'expliqu] les ressorts de ,nature1 et ses int]nes progrez3 et tant de faux progno/iques de leur art3 n\s doit faire cognoi/re1 qu'ell'a ses moy5s inf9im5t incognuz4 ,il y a gr&e inc]titude1 v>iet et obscurit1 de ce qu'elle n\s promet ou m5ace4 ,sauf la vieillesse1 qui e/ vn signe indubitable de l'appro*e de la mort3 de t\s les autres accid5ts1 ie voy peu de signes de l'adu5ir1 surquoy n\s ayons fond] no/re diu9ation4 ,ie ne me iuge que p> vray s5tim5t1 non p> disc\rs4 ,a quoy faire8 puisque ie n'y veux apport] que l'att5te et la pati5ce4 ,v\lez v\s sauoir combi5 ie gaigne cela8 ,reg>dez ceux qui font autrem5t1 et qui dep5d5t de tant de diu]ses p]suasions et conseils3 combi5 s\u5t l'imag9ation les presse sans le corps4 ,i'ay ma9tesfois pr9s plaisir e/ant en seurt1 et deliure de ces accid5s dang]eux1 de les communiqu] aux m$ec9s1 comme naissans lors en moy4 ,ie s\ffrois l'arre/ de leurs horribles conclusions1 bi5 mon aise2 et en demeurois de tant plus oblig ,dieu de sa grace1 et mieux in/ruict de la vanit de cet art4 ,il n'e/ ri5 qu'on doiue tant recomm&] la ieunesse1 que l'actiuet et la vigilance4 ,no/re vie1 n'e/ que m\uem5t4 ,ie m'esbransle difficilem5t1 et suis t>dif p> t\t3 me leu]1 me c\*]1 et mes repas4 ,c'e/ mat9 p\r moy que sept heures3 et o ie g\u]ne1 ie ne disne1 ny auant onze1 ny ne s\ppe1 qu'apres six heures4 ,i'ay autrefois attribu la cause des fiebures1 et maladies o ie suis tomb1 la pesanteur et ass\pissem5t1 que le long sommeil m'auoit apport4 ,et me suis t\si\rs rep5ty de me r5dormir le mat94 ,platon veut plus de mal l'excs du dormir1 qu' l'excs du boire4 ,i'ayme c\*] dur1 et seul2 voire sans femme1 la royalle3 vn peu bi5 c\u]t4 ,on ne bass9e iamais mon lict2 mais depuis la vieillesse1 on me donne qu& i'en ay beso+1 des draps1 es*auff] les pi$s et l'e/oma*4 ,on tr\uoit r$ire au gr& ,scipion1 d'e/re dorm>t1 non mon aduis p\r autre raison1 s9on qu'il fas*oit aux hommes1 qu'en luy seul1 il n'y eu/ aucune *ose r$ire4 ,si i'ay quelque curiosit en mon traictem5t1 c'e/ plu/o/ au c\*] qu' autre *ose2 mais ie c$e et m'accommode en g5]al1 autant que t\t autre1 la necessit4 ,le dormir a occup vne gr&e p>tie de ma vie3 et le cont9u encores en cet aage1 huict ou neuf heures1 d'vne hale9e4 ,ie me retire auec vtilit1 de cette prop5sion p>esseuse3 et en vaulx euidemm5t mieux4 ,ie s5s vn peu le c\p de la mutation3 mais c'e/ faict en trois i\rs4 ,et n'en voy gu]es1 qui viue mo9s1 qu& il e/ beso93 et qui s'ex]ce plus con/amm5t1 ny qui les corues pois5t mo9s4 ,mon corps e/ capable d'vne agitation f]me2 mais non pas vehem5te et s\da9e4 ,ie fuis me%uy1 les ex]cices viol5ts1 et qui me me95t la sueur3 mes membres se lass5t auant qu'ils s'es*auff5t4 ,ie me ti5s deb\t1 t\t le long d'vn i\r1 et ne m'ennuye po9t me prom5]4 ,mais sur le pau1 depuis mon premi] aage1 ie n'ay aym d'all] qu' *eual4 ,a pi$1 ie me crotte iusques aux fesses3 et les petites g5s1 sont subiects p> ces rus1 e/re *ocquez et c\doyez faute d'app>5ce4 ,et ay aym me repos]1 soit c\*1 soit assis1 les iambes autant ou plus haultes que le siege4 ,il n'e/ occupation plaisante comme la militaire3 occupation et noble en execution 7c> la plus =te1 g5]euse1 et sup]be de t\tes les v]tus1 e/ la vaillance7 et noble en sa cause4 ,il n'e/ po9t d'vtilit1 ny plus iu/e1 ny plus vniu]selle1 que la protection du repos1 et gr&eur de son pays4 ,la compagnie de tant d'hommes v\s plai/1 nobles1 ieunes1 actifs3 la veu ord9aire de tant de spectacles tragiques3 la lib]t de cette conu]sation1 sans art1 et vne faon de vie1 masle et sans c]emonie3 la v>iet de mille actions diu]ses3 cette c\rageuse h>monie de la musique gu]ri]e1 qui v\s entreti5t et es*auffe1 et les oreilles1 et l'ame3 l'honneur de cet ex]cice3 son aspret mesme et sa difficult1 que ,platon e/ime si peu1 qu'en sa republique il en faict "p aux femmes et aux enfants4 ,v\s v\s conuiez aux rolles1 et haz>ds p>ticuli]s1 selon que v\s iugez de leur esclat1 et de leur importance3 soldat volontaire3 et voyez qu& la vie mesme y e/ excusablem5t employe1 ,pul*rmque mori succurrit 9 armis4 ,de cra9dre les haz>ds communs1 qui reg>d5t vne si gr&e presse2 de n'os] ce que tant de sortes d'ames os5t1 et t\t vn peuple1 c'e/ faire vn cur mol1 et bas outre mesure4 ,la compagnie asseure iusques aux enfans4 ,si d'autres v\s surpass5t en sci5ce1 en grace1 en =ce1 en =tune2 v\s auez des causes ti]ces1 qui v\s en pr5dre2 mais de leur c$] en f]met d'ame1 v\s n'auez v\s en pr5dre qu' v\s4 ,la mort e/ plus abiecte1 plus languissante1 et p5ible dans vn lict1 qu'en vn combat3 les fiebures et les cat]rhes1 autant d\l\reux et mortels1 qu'vne h>quebuzade4 ,qui s]oit faict1 port] valeureusem5t1 les accid5s de la vie commune1 n'auroit po9t grossir son c\rage1 p\r se r5dre g5d>me4 ,viu]e1 mi ,lucilli1 milit>e e/4 ,il ne me s\ui5t po9t de m'e/re iamais veu galleux4 ,si e/ la gratt]ie1 des gratifications de ,nature les plus d\ces1 et autant ma94 ,mais ell'a la p5it5ce trop importunm5t vois9e4 ,ie l'ex]ce plus aux oreilles1 que i'ay au d$ans pruantes1 p> sec\sses4 ,ie suis nay de t\s les s5s1 enti]s quasi la p]fection4 ,mon e/oma* e/ commodm5t bon1 comme e/ ma te/e3 et le plus s\u5t1 se ma9ti5n5t au trau]s de mes fiebures1 et aussi mon hale9e4 ,i'ay outrepass l'aage auquel des nations1 non sans occasion1 auoi5t prescript vne si iu/e f9 la vie1 qu'elles ne p]mettoy5t po9t qu'on l'exc$a/4 ,si ay-ie encore des remises3 quoy qu'incon/antes et c\rtes1 si nettes1 qu'il y a peu dire de la sant et indol5ce de ma ieunesse4 ,ie ne p>le pas de la vigueur et allegresse3 ce n'e/ pas raison qu'elle me suyue hors ses limites3 ,non hoc amplius e/ lim9is1 aut aqu ,cle/is1 pati5s latus4 ,mon visage et mes yeux me desc\ur5t incont95t4 ,t\s mes *angem5s comm5c5t p> l3 et vn peu plus aigres1 qu'ils ne sont en effect4 ,ie fais s\u5t piti mes amis1 auant que i'en s5te la cause4 ,mon miroer ne m'e/onne pas3 c> en la ieunesse mesme1 il m'e/ adu5u plus d'vne fois1 de *auss] a9s9 vn te9ct1 et vn port tr\ble1 et de mauuais progno/ique1 sans gr& accid5t3 en mani]e que les m$ec9s1 qui ne tr\uoy5t au d$ans cause qui respondi/ cette alt]ation ext]ne1 l'attribuoi5t l'esprit1 et quelque passion secrette1 qui me rongea/ au d$ans4 ,ils se trompoy5t4 ,si le corps se g\u]noit autant selon moy1 que faict l'ame1 n\s m>*]ions vn peu plus no/re aise4 ,ie l'auois lors1 non seulem5t exempte de tr\ble1 mais encore ple9e de satisfaction1 et de fe/e3 comme elle e/ le plus ord9airem5t3 moyti de sa complexion1 moyti de son desse93 ,nec vitiant artus gr contagia m5tis4 ,ie ti5s1 que cette si5ne temp]ature1 a releu ma9tesfois le corps de ses *eutes4 ,il e/ s\u5t abbatu2 que si elle n'e/ eni\e1 elle e/ au mo9s en e/at tranquille et repos4 ,i'euz la fiebure qu>te1 quatre ou c9q mois1 qui m'auoit t\t desuisag3 l'esprit alla t\si\rs non paisiblem5t1 mais plaisamm5t4 ,si la d\leur e/ hors de moy1 l'affoiblissem5t et langueur ne m'attri/5t gu]e4 ,ie vois plusieurs deffaillances corporelles1 qui font horreur seulem5t nomm]1 que ie cra9drois mo9s que mille passions d'esprit que ie vois en vsage4 ,ie pr5s p>ty de ne plus c\rre1 c'e/ assez que ie me tra9e2 ny ne me pla9s de la decadance naturelle qui me ti5t1 ,quis tumidum guttur miratur 9 ,alpibus8 ,non plus1 que ie ne regrette1 que ma dure ne soit aussi longue et enti]e que celle d'vn *esne4 ,ie n'ay po9t me pla9dre de mon imag9ation3 i'ay eu peu de p5ses en ma vie qui m'ay5t seulem5t int]rompu le c\rs de mon sommeil1 si elles n'ont e/ du desir1 qui m'esueilla/ sans m'afflig]4 ,ie songe peu s\u5t2 et lors c'e/ des *oses fanta/iques et des *im]es1 produictes communm5t de p5ses plaisantes3 pluto/ ridicules que tri/es4 ,et ti5s qu'il e/ vray1 que les songes sont loyaux int]pretes de noz incl9ations2 mais il y a de l'art les assortir et ent5dre4 ,res qu 9 vita vsurpant hom9es1 cogitant1 curant1 vid5t1 ,quque agunt vigilantes1 agitntque1 ea sicut 9 somno accidunt1 ,m9us mir&um e/4 ,platon dit dauantage1 que c'e/ l'(fice de la prud5ce d'en tir] des in/ructions diu9atrices p\r l'adu5ir4 ,ie ne voy ri5 cela1 s9on les m]ueilleuses exp]i5ces1 que ,socrates1 ,x5ophon1 ,ari/ote en recit5t1 p]sonnages d'au?orit irrepro*able4 ,les hi/oires dis5t1 que les ,atlantes ne song5t iamais3 qui ne mang5t aussi ri51 qui aye pr9s mort4 ,ce que i'adi\/e1 d'autant que c'e/ l'adu5ture l'occasion1 p\rquoy ils ne song5t po9t4 ,c> ,py?agoras ordonnoit c]ta9e prep>ation de n\rriture1 p\r faire les songes propos4 ,les mi5s sont t5dres3 et ne m'apport5t aucune agitation de corps1 ny expression de voix4 ,i'ay veu plusieurs de mon temps1 en e/re m]ueilleusem5t agitez4 ,!on le philosophe1 se prom5oit1 en songeant3 et le valet de ,p]icles sur les tuilles mesmes et fai/e de la maison4 ,ie ne *oisis gu]e table2 et me pr5s la premi]e *ose et plus vois9e3 et me remue mal volonti]s d'vn g\/ vn autre4 ,la presse des plats1 et des s]uices me desplai/1 autant qu'autre presse4 ,ie me cont5te aism5t de peu de mets2 et hay l'op9ion de ,fauor9us1 qu'en vn fe/91 il faut qu'on v\s desrobe la vi&e o v\s pr5ez appetit1 et qu'on v\s en sub/itue t\si\rs vne n\uelle3 et que c'e/ vn mis]able s\pp]1 si on n'a sa\ll les assi/ans de cr\ppions de diu]s oyseaux2 et que le seul bequefigue m]ite qu'on le mange enti]4 ,i'vse famili]em5t de vi&es salles2 si ayme-ie mieux le pa9 sans sel4 ,et mon b\lang] *ez moy1 n'en s]t pas d'autre p\r ma table1 contre l'vsage du pays4 ,on a eu en mon enfance pr9cipalem5t corrig]1 le refus1 que ie faisois des *oses que communm5t on ayme le mieux1 en cet aage2 succres1 confitures1 pieces de f\r4 ,mon g\u]neur combatit cette hayne de vi&es delicates1 comme vne espece de delicatesse4 ,aussi n'e/ elle autre *ose1 que difficult de g\/1 o qu'il s'applique4 ,qui o/e vn enfant1 c]ta9e p>ticuli]e et ob/9e affection au pa9 bis1 et au l>d1 ou l'ail1 il luy o/e la fri&ise4 ,il en e/1 qui font les laborieux1 et les pati5s p\r regrett] le buf1 et le iambon1 p>my les p]dris4 ,ils ont bon temps3 c'e/ la delicatesse des delicats2 c'e/ le g\/ d'vne molle =tune1 qui s'affadit aux *oses ord9aires et acc\/umes1 ,p] qu luxuria diuiti>um tdio ludit4 ,laiss] faire bonne *]e de ce qu'vn autre la faict2 auoir vn so+ curieux de son traictem5t2 c'e/ l'ess5ce de ce vice2 ,si modica cn>e times olus omne patella4 ,il y a bi5 vrayem5t cette diff]5ce1 qu'il vaut mieux oblig] son desir1 aux *oses plus aises rec\ur]2 mais c'e/ t\si\rs vice de s'oblig]4 ,i'appellois autresfois1 delicat vn mi5 p>5t1 qui auoit desapris en noz gal]es1 se s]uir de noz licts1 et se desp\ill] p\r se c\*]4 ,si i'auois des enfans masles1 ie leur desirasse volonti]s ma =tune4 ,le bon p]e que ,dieu me donna 7qui n'a de moy que la recognoissance de sa bont1 mais c]tes bi5 gaill>de7 m'enuoya ds le b]ceau1 n\rrir vn pauure village des si5s1 et m'y t9t autant que ie fus en n\rrisse1 et encores au del3 me dressant la plus basse et commune faon de viure3 ,magna p>s lib]tatis e/ b5 moratus v5t]4 ,ne pr5ez iamais1 et donnez encore mo9s vos femmes1 la *>ge de leur n\rriture3 laissez les =m] la =tune1 s\z des loix populaires et naturelles3 laissez la c\/ume1 de les dress] la frugalit et l'au/]it2 qu'ils ay5t plu/ot desc5dre de l'aspret1 qu' mont] v]s elle4 ,son humeur visoit encore vne autre f94 ,de me ralli] auec le peuple1 et cette condition d'hommes1 qui a beso9 de no/re ayde3 et e/imoit que ie fusse t5u de reg>d] plu/o/1 v]s celuy qui me t5d les bras1 que v]s celuy1 qui me t\rne le dos4 ,et fut cette raison1 p\rquoy aussi il me donna t5ir sur les fons1 des p]sonnes de la plus abiecte =tune1 p\r m'y oblig] et atta*]4 ,son desse9 n'a pas du t\t mal succ$4 ,ie m'adonne volonti]s aux petits2 soit p\r ce qu'il y a plus de gloire3 soit p> naturelle compassion1 qui peut inf9iem5t en moy4 ,le p>ty que ie condemn]ay en noz gu]res1 ie le condemn]ay plus asprem5t1 fleurissant et prosp]e4 ,il s]a p\r me concili] aucunem5t soy qu& ie le v]ray mis]able et accabl4 ,combi5 volonti]s ie consid]e la belle humeur de ,*elonis1 fille et femme de ,roys de ,sp>te6 ,p5dant que ,cleombrotus son m>y1 aux desordres de sa ville1 eut auantage sur ,leonidas son p]e1 elle fit la bonne fille3 se r'allie auec son p]e1 en son exil1 en sa mis]e1 s'opposant au victorieux4 ,la *ance v9t elle t\rn]8 la voila *ange de v\loir avec la =tune1 se rangeant c\rageusem5t son m>y3 lequel elle suiuit p> t\t1 o sa ru9e le porta3 n'ayant ce me semble autre *oix1 que de se iett] au p>ty1 o elle faisoit le plus de beso91 et o elle se montroit plus pitoyable4 ,ie me laisse plus naturellem5t all] apres l'exemple de ,flam9ius1 qui se pre/oit ceux qui auoy5t beso9 de luy1 plus qu' ceux qui luy p\uoi5t bi5-faire3 que ie ne fais celuy de ,pyrrhus1 propre s'abaiss] s\bs les gr&s1 et s'enorgueillir sur les petits4 ,les longues tables m'ennuy5t1 et me nuis5t3 c> soit p\r m'y e/re acc\/um enfant1 faute de meilleure cont5ance1 ie mange autant que i'y suis4 ,p\rtant *ez moy1 quoy qu'elle soit des c\rtes1 ie m'y mets volonti]s vn peu apres les autres2 sur la =me d',augu/e3 mais ie ne l'imite pas1 en ce qu'il en sortoit aussi auant les autres4 ,au reb\rs1 i'ayme me repos] long temps apres1 et en ouyr comt]3 p\rueu que ie ne m'y mesle po9t2 c> ie me lasse et me blesse de p>l]1 l'e/oma* pla93 autant comme ie tr\ue l'ex]cice de cri]1 et conte/]1 auant le repas1 tressalubre et plaisant4 ,les anci5s ,grecs et ,roma9s auoy5t meilleure raison que n\s1 assignans la n\rriture1 qui e/ vne action pr9cipale de la vie1 si autre extraord9aire occupation ne les en diu]tissoit1 plusieurs heures1 et la meilleure p>tie de la nuict3 mangeans et beuuans mo9s ha/iuem5t que n\s1 qui passons en po/e t\tes noz actions3 et e/5dans ce plaisir naturel1 plus de loisir et d'vsage1 y entresemans diu]s (fices de conu]sation1 vtiles et aggreables4 ,ceux qui doiu5t auoir so+ de moy1 p\rroy5t bon m>* me desrob] ce qu'ils p5s5t m'e/re nuisible3 c> en telles *oses1 ie ne desire iamais1 ny ne tr\ue dire1 ce que ie ne vois pas3 mais aussi de celles qui se pres5t5t1 ils p]d5t leur temps de m'en pres*] l'ab/95ce4 ,si que qu& ie veux ieusn]1 il me faut mettre "p des s\ppeurs2 et qu'on me pres5te iu/em5t1 autant qu'il e/ beso9 p\r vne regle collation3 c> si ie me mets table1 i'oublie ma resolution4 ,qu& i'ordonne qu'on *ange d'appre/ quelque vi&e2 mes g5s sau5t1 que c'e/ dire1 que mon appetit e/ allanguy1 et que ie n'y t\*]ay po9t4 ,en t\tes celles qui le peuu5t s\ffrir1 ie les ayme peu cuittes4 ,et les ayme =t mortifies3 et iusques l'alt]ation de la s5teur1 en plusieurs4 ,il n'y a que la duret qui g5]alem5t me fas*e 7de t\te autre qualit1 ie suis aussi non*alant et s\ffrant qu'homme que i'aye cogneu7 si que contre l'humeur commune1 entre les poissons mesme1 il m'adui5t d'en tr\u]1 et de trop frais1 et de trop f]mes4 ,ce n'e/ pas la faute de mes d5ts1 que i'ay eu t\si\rs bonnes iusques l'excell5ce2 et que l'aage ne comm5ce de m5ass] qu' cette heure4 ,i'ay appr9s ds l'enfance1 les frott] de ma s]uiette1 et le mat91 et l'entre et issu de la table4 ,dieu faict grace ceux qui il s\/rait la vie p> le m5u4 ,c'e/ le seul b5efice de la vieillesse4 ,la d]ni]e mort en s]a d'autant mo9s pla9e et nuisible3 elle ne tu]a plus qu'vn demy1 ou vn qu>t d'homme4 ,voila vne d5t qui me vi5t de *oir1 sans d\leur1 sans ef=t3 c'e/oit le t]me naturel de sa dure4 ,et cette p>tie de mon e/re1 et plusieurs autres1 sont desia mortes1 autres demy mortes1 des plus actiues1 et qui t5oy5t le premi] rang p5dant la vigueur de mon aage4 ,c'e/ a9si que ie fons1 et es*appe moy4 ,quelle be/ise s]a-ce mon ent5dem5t1 de s5tir le sault de cette *eute1 desia si auance1 comme si elle e/oit enti]e8 ,ie ne l'esp]e pas4 ,a la v]it1 ie reoy vne pr9cipale consolation aux p5ses de ma mort1 qu'elle soit des iu/es et naturelles3 et que mes-huy ie ne puisse en cela1 requ]ir ni esp]] de la de/9e1 faueur qu'illegitime4 ,les hommes se font accroire1 qu'ils ont eu autres-fois1 comme la /ature1 la vie aussi plus gr&e4 ,mais ils se tromp5t3 et ,solon1 qui e/ de ces vieux temps-l1 en taille p\rtant l'extreme dure soixante et dix ans4 ,moy qui ay tant ador et si vniu]sellem5t cet 1 du temps pass3 et qui ay tant pris p\r la plus p>faicte1 la moy5ne mesure3 pret5dray-ie vne desmesure et prodigieuse vieillesse8 ,t\t ce qui vi5t au reu]s du c\rs de nature1 peut e/re fas*eux3 mais ce1 qui vi5t selon elle1 doibt e/re t\si\rs plaisant4 ,omnia1 qu secundum naturam fiunt1 sunt hab5da 9 bonis4 ,p> a9si1 dit ,platon1 la mort1 que les playes ou maladies apport5t1 soit viol5te3 mais celle1 qui n\s surpr5d1 la vieillesse n\s y conduisant1 e/ de t\tes la plus leg]e1 et aucunem5t delicieuse4 ,vitam adolesc5tibus vis auf]t1 s5ibus maturitas4 ,la mort se mesle et confond p> t\t no/re vie3 le decl9 proccupe son heure1 et s'+]e au c\rs de no/re auancem5t mesme4 ,i'ay des portraits de ma =me de v+t et c9q1 et de tr5te c9q ans3 ie les comp>e auec celuy d'a/eure4 ,combi5 de fois1 ce n'e/ plus moy3 combi5 e/ mon image pres5te plus eslongne de celles l1 que de celle de mon trespas4 ,c'e/ trop abus de nature1 de la tracass] si lo+1 qu'elle soit contra9te de n\s quitt]3 et ab&onn] no/re conduite1 nos yeux1 nos d5s1 nos iambes1 et le re/e1 la m]cy d'vn sec\rs e/rang] et m&i3 et n\s resign] entre les ma9s de l'art1 las de n\s suyure4 ,ie ne suis excessiuem5t desireux1 ny de salades1 ny de fruits3 sauf les melons4 ,mon p]e hassoit t\te sorte de sauces1 ie les ayme t\tes4 ,le trop mang] m'empes*e3 mais p> sa qualit1 ie n'ay encore cognoissance bi5 c]ta9e1 qu'aucune vi&e me nuise3 comme aussi ie ne rem>que1 ny lune pla9e1 ny basse1 ny l'automne du pr9temps4 ,il y a des m\uem5s en n\s1 incon/ans et incognuz4 ,c> des re=s1 p\r exemple1 ie les ay tr\uez premi]em5t commodes1 depuis fas*eux1 pres5t de re*ef commodes4 ,en plusieurs *oses1 ie s5s mon e/oma* et mon appetit all] a9si diu]sifiant4 ,i'ay re*ang du blanc au clairet1 et puis du clairet au blanc4 ,ie suis fri& de poisson1 et fais mes i\rs gras des maigres3 et mes fe/es des i\rs de ieusne4 ,ie croy ce qu'aucuns dis5t1 qu'il e/ de plus aise dige/ion que la *air4 ,comme ie fais consci5ce de mang] de la vi&e1 le i\r de poisson3 aussi fait mon g\/1 de mesl] le poisson la *air4 ,cette diu]sit me semble trop eslongne4 ,ds ma ieunesse1 ie desrobois p> fois quelque repas3 ou f9 d'esguis] mon appetit au l5dema9 7c> comme ,epicurus ieusnoit et faisoit des repas maigres1 p\r acc\/um] sa volupt se pass] de l'abondance3 moy au reb\rs1 p\r dress] ma volupt1 faire mieux son pr(it1 et se s]uir plus alaigrem5t1 de l'abondance7 ou ie ieusnois1 p\r cons]u] ma vigueur au s]uice de quelque action de corps ou d'esprit3 c> et l'vn et l'autre1 s'app>esse cruellem5t en moy1 p> la repletion3 7et sur t\t1 ie hay ce sot acc\plage1 d'vne ,deesse si sa9e et si alegre1 auec ce petit ,dieu indige/ et roteur1 t\t b\ffy de la fume de sa liqueur7 ou p\r gu>ir mon e/oma* malade3 ou p\r e/re sans compaignie propre4 ,c> ie dy comme ce mesme ,epicurus1 qu'il ne faut pas tant reg>d] ce qu'on mange1 qu'auec qui on mange4 ,et l\ ,*ilon1 de n'auoir v\lu promettre de se tr\u] au fe/9 de ,p]i&]1 auant que d'e/re in=m1 qui e/oy5t les autres conuiez4 ,il n'e/ po9t de si d\x appre/ p\r moy1 ny de sauce si appetissante1 que celle qui se tire de la societ4 ,ie croys qu'il e/ plus sa91 de mang] plus bellem5t et mo9s3 et de mang] plus s\u5t4 ,mais ie veux faire valoir l'appetit et la faim3 ie n'aurois nul plaisir tra9] la m$ec9ale1 trois ou quatre *etifs repas p> i\r1 a9si contra9s4 ,qui m'asseur]oit que le g\/ ouu]t1 que i'ay ce mat91 ie le retr\uasse encore s\p]8 ,pr5ons1 sur t\t les vieill>ds3 le premi] temps opportun qui n\s vi5t4 ,laissons aux faiseurs d'almana*s les esp]ances et les progno/iques4 ,l'extreme fruict de ma sant1 c'e/ la volupt3 t5ons n\s la premi]e pres5te et cognu4 ,i'euite la con/ance en ces loix de ieusne4 ,qui veut qu'vne =me luy s]ue1 fuye la cont9u]3 n\s n\s y durcissons1 nos =ces s'y endorm5t3 six mois apres1 v\s y aurez si bi5 acoqu9 vo/re e/oma*1 que vo/re pr(fit1 ce ne s]a que d'auoir p]du la lib]t d'en vs] autrem5t sans dommage4 ,ie ne porte les iambes1 et les cuisses1 non plus c\u]tes en hyu] qu'en e/1 vn bas de soye t\t simple4 ,ie me suis laiss all] p\r le sec\rs de mes reumes1 t5ir la te/e plus *aude1 et le v5tre1 p\r ma colique4 ,mes maux s'y habitu]5t en peu de i\rs1 et desdaign]5t mes ord9aires pr\isions4 ,i'e/ois mont d'vne coiffe vn c\ure*ef1 et d'vn bonnet vn *apeau d\ble4 ,les emb\rreures de mon p\rpo9t1 ne me s]u5t plus que de galbe3 ce n'e/ ri53 si ie n'y adi\/e vne peau de lieure ou de vaut\r3 vne calote ma te/e4 ,suyuez cette gradation1 v\s irez beau tra94 ,ie n'en f]ay ri54 ,et me d$irois volonti]s du comm5cem5t que i'y ay donn1 si i'osois4 ,tombez v\s en quelque inconu5i5t n\ueau8 cette re=mation ne v\s s]t plus3 v\s y e/es acc\/um1 *]*ez en vne autre4 ,a9si se ru95t ceux qui se laiss5t empe/r] des regimes contra9cts1 et s'y a/reign5t sup]/itieusem5t3 il leur en faut encore1 et encore apres1 d'autres au del3 ce n'e/ iamais fait4 ,p\r nos occupations1 et le plaisir3 il e/ beauc\p plus commode1 comme faisoy5t les anci5s1 de p]dre le disn]1 et remettre faire bonne *]e l'heure de la retraicte et du repos1 sans rompre le i\r3 a9si le faisois-ie autresfois4 ,p\r la sant1 ie tr\ue depuis p> exp]i5ce au contraire1 qu'il vaut mieux disn]1 et que la dige/ion se faict mieux en veillant4 ,ie ne suis gu]e subiect e/re alt] ny sa9 ny malade3 i'ay bi5 volonti]s lors la b\*e se*e1 mais sans soif4 ,et communem5t1 ie ne bois que du desir qui m'en vi5t en mangeant1 et bi5 auant dans le repas4 ,ie bois assez bi51 p\r vn homme de commune faon4 ,en e/1 et en vn repas appetissant1 ie n'outrepasse po9t seulem5t les limites d',augu/e1 qui ne beuuoit que trois fois precisem5t3 mais p\r n'(f5s] la regle de ,democritus1 qui deff5doit de s'arre/] quattre1 comme vn nombre mal =tun1 ie c\le vn beso+1 iusques c9q3 trois demyseti]s1 enuiron4 ,c> les petis v]res sont les mi5s fauoris3 et me plai/ de les vuid]1 ce que d'autres euit5t comme *ose mal seante4 ,ie trempe mon v9 plus s\u5t moiti1 p> fois au ti]s d'eau4 ,et qu& ie suis en ma maison1 d'vn anci5 vsage que son m$ec9 ordonnoit mon p]e1 et soy1 on mesle celuy qu'il me faut1 des la sommel]ie1 deux ou trois heures auant qu'on s]ue4 ,ils dis5t1 que ,cranaus ,roy des ,a!ni5s fut inu5teur de cet vsage1 de tremp] le v93 vtilem5t ou non1 i'en ay veu debattre4 ,i'e/ime plus dec5t et plus sa91 que les enfans n'en vs5t qu'apres seize ou dix-huict ans4 ,la =me de viure plus vsite et commune1 e/ la plus belle4 ,t\te p>ticul>it1 m'y semble euit]3 et harois autant vn ,aleman qui mi/ de l'eau au v91 qu'vn ,franois qui le buroit pur4 ,l'vsage publiq donne loy telles *oses4 ,ie cra9s vn air empes*1 et fuys mortellem5t la fume3 7la premi]e rep>ation o ie c\rus *ez moy1 ce fut aux *em9es1 et aux retraicts1 vice commun des vieux ba/im5s1 et insupportable7 et entre les difficultez de la gu]re1 comte ces espaisses p\ssi]es1 dans lesquelles on n\s ti5t ent]rez au *ault1 t\t le long d'vne i\rne4 ,i'ay la respiration libre et ayse3 et se pass5t mes morfondem5ts le plus s\u5t sans (f5ce du p\lmon1 et sans t\x4 ,l'aspret de l'e/ m'e/ plus ennemie que celle de l'hyu]3 c> outre l'incommodit de la *aleur1 mo9s rem$iable que celle du froid1 et outre le c\p que les rayons du soleil donn5t la te/e3 mes yeux s'(f5c5t de t\te lueur esclatante3 ie ne saurois cette heure disn] assiz1 vis vis d'vn feu ard5t1 et lum9eux4 ,p\r amortir la blan*eur du papi]1 au temps que i'auois plus acc\/um de lire1 ie c\*ois sur mon liure1 vne piece de v]re1 et m'en tr\uois =t s\lag4 ,i'ignore iusques pres5t1 l'vsage des lunettes3 et vois aussi lo+1 que ie fis onques1 et que t\t autre4 ,il e/ vray1 que sur le decl9 du i\r1 ie comm5ce s5tir du tr\ble1 et de la foiblesse lire3 dequoy l'ex]cice a t\si\rs trauaill mes yeux3 mais sur t\t nocturne4 ,voyla vn pas en arri]e3 t\te pe9e s5sible4 ,ie recul]ay d'vn autre2 du second au ti]s1 du ti]s au qu>t1 si coem5t qu'il me faudra e/re aueugle =m1 auant que ie s5te la decad5ce et vieillesse de ma veu4 ,tant les ,p>ques de/ord5t artificiellem5t no/re vie4 ,si suis-ie en d\bte1 que mon oue m>*&e s'espaissir3 et v]rez que ie l'auray demy p]due1 que ie m'en pr5dray encore la voix de ceux qui p>l5t moy4 ,il faut bi5 b&] l'ame1 p\r luy faire s5tir1 comme elle s'esc\le4 ,mon m>*] e/ prompt et f]me3 et ne say lequel des deux1 ou l'esprit ou le corps1 i'ay arre/ plus mal-aism5t1 en mesme po9ct4 ,le pres*eur e/ bi5 de mes amys1 qui oblige mon att5tion1 t\t vn s]mon4 ,aux lieux de c]emonie1 o *acun e/ si b& en cont5ance1 o i'ay veu les dames t5ir leurs yeux mesmes si c]ta9s1 ie ne suis iamais v5u b\t1 que quelque piece des mi5nes n'extrauague t\si\rs3 encore que i'y sois assis1 i'y suis peu rassis4 ,comme la *ambri]e du ,philosophe ,*rysippus1 disoit de son mai/re1 qu'il n'e/oit yure que p> les iambes3 c> il auoit cette c\/ume de les remu]1 en quelque assiette qu'il fu/3 et elle le disoit1 lors que le v9 esm\uant ses compaignons1 luy n'en s5toit aucune alt]ation4 ,on a peu dire aussi ds mon enfance1 que i'auoy de la follie aux pi$s1 ou de l'arg5t vif3 tant i'y ay de remuem5t et d'incon/ance naturelle1 en quelque lieu1 que ie les place4 ,c'e/ indec5ce1 outre ce qu'il nuit la sant1 voire et au plaisir1 de mang] g\luem5t1 comme ie fais4 ,ie mors s\u5t ma langue1 p> fois mes doigts1 de ha/iuet4 ,diog5es1 r5contrant vn enfant qui mangeoit a9s91 en donna vn s\fflet son precepteur4 ,il y auoit des hommes ,rome1 qui enseignoy5t mas*]1 comme m>*]1 de bonne grace4 ,i'en p]s le loisir de p>l]1 qui e/ vn si d\x assaisonnem5t des tables1 p\rueu que ce soy5t des propos de mesme1 plaisans et c\rts4 ,il y a de la ial\sie et enuie entre nos plaisirs1 ils se *oqu5t et empes*5t l'vn l'autre4 ,alcibiades1 homme bi5 ent5du faire bonne *]e1 *assoit la musique mesme des tables1 p\r qu'elle ne tr\bla/ la d\ceur des deuis1 p> la raison1 que ,platon luy pre/e4 ,que c'e/ vn vsage d'hommes populaires1 d'appell] des ioeurs d'in/rum5ts et des *antres aux fe/9s1 faute de bons disc\rs et aggreables entreti5s1 dequoy les g5s d'ent5dem5t sau5t s'entrefe/oy]4 ,v>ro dem&e cecy au conuiue3 l'assemble de p]sonnes belles de pres5ce1 et aggreables de conu]sation1 qui ne soy5t ny muets ny bau>ts3 nettet et delicatesse aux viures1 et au lieu3 et le temps s]e94 ,ce n'e/ pas vne fe/e peu artificielle1 et peu voluptueuse1 qu'vn bon traittem5t de table4 ,ny les gr&s *efs de gu]re1 ny les gr&s philosophes1 n'en ont desdaign l'vsage et la sci5ce4 ,mon imag9ation en a donn trois en g>de ma memoire1 que la =tune me r5dit de s\u]a9e d\ceur1 en diu]s temps de mon aage plus fleurissant4 ,mon e/at pres5t m'en =clo/4 ,c> *acun p\r soy y f\rnit de grace pr9cipale1 et de saueur1 selon la bonne trampe de corps et d'ame1 en quoy lors il se tr\ue4 ,moy qui ne manie que t]re t]re1 hay cette inhuma9e sapi5ce1 qui n\s veut r5dre desdaigneux et ennemis de la culture du corps4 ,i'e/ime p>eille iniu/ice1 de pr5dre contre cur les voluptez naturelles1 que de les pr5dre trop cur4 ,x]xes e/oit un fat1 qui enuelopp en t\tes les voluptez huma9es1 alloit propos] prix qui luy en tr\u]oit d'autres4 ,mais non gu]e mo9s fat e/ celuy1 qui retran*e celles1 que nature luy a tr\ues4 ,il ne les faut ny suyure ny fuyr3 il les faut receuoir4 ,ie les reois vn peu plus grassem5t et gratieusem5t1 et me laisse plus volonti]s all] v]s la p5te naturelle4 ,n\s n'auons que faire d'exagg]] leur inanit3 elle se faict assez s5tir1 et se produit assez4 ,m]cy no/re esprit maladif1 rabat-ioye1 qui n\s desg\/e d'elles1 comme de soy-mesme4 ,il traitte et soy1 et t\t ce qu'il reoit1 tanto/ auant1 tanto/ arri]e1 selon son e/re insatiable1 vagabond et v]satile3 ,s9c]um e/ nisi vas1 quodcunque infundis1 acescit4 ,moy1 qui me v5te d'embrass] si curieusem5t les commoditez de la vie1 et si p>ticuli]em5t3 n'y tr\ue1 qu& i'y reg>de a9si f9em5t1 peu pres que du v5t4 ,mais quoy8 n\s sommes p> t\t v5t4 ,et le v5t encore1 plus sagem5t que n\s s'ayme bruire1 s'agit]3 et se cont5te en ses propres (fices3 sans desir] la /abilit1 la solidit1 qualitez non si5nes4 ,les plaisirs purs de l'imag9ation1 a9si que les desplaisirs1 dis5t aucuns1 sont les plus gr&s3 comme l'exprimoit la balance de ,critolas4 ,ce n'e/ pas m]ueille4 ,elle les compose sa po/e1 et se les taille en ple9 drap4 ,i'en voy t\s les i\rs1 des exemples insignes1 et l'adu5ture desirables4 ,mais moy1 d'vne condition mixte1 grossi]1 ne puis mordre si faict1 ce seul obiect1 si simple3 que ie ne me laisse t\t l\rdem5t all] aux plaisirs pres5ts1 de la loy huma9e et g5]ale4 ,intellectuellem5t s5sibles1 s5siblem5t intellectuels4 ,les philosophes ,cyr5aques veul5t1 que comme les d\leurs1 aussi les plaisirs corporels soy5t plus puissants3 et comme d\bles1 et comme plus iu/es4 ,il en e/1 comme dit ,ari/ote1 qui d'vne f>\*e /upidit1 en font les desg\/ez4 ,i'en cognoy d'autres qui p> ambition le font4 ,que ne r5onc5t ils encore au respir]8 que ne viu5t-ils du leur1 et ne refus5t la lumi]e1 de ce qu'elle e/ gratuite3 ne leur c\tant ny inu5tion ny vigueur8 ,que ,m>s1 ou ,pallas1 ou ,m]cure1 les sub/ant5t p\r voir1 au lieu de ,v5us1 de ,c]ez1 et de ,bac*us4 ,*]*]ont ils pas la quadrature du c]cle1 iu*ez sur leurs femmes8 ,ie hay1 qu'on n\s ordonne d'auoir l'esprit aux nues1 p5dant que n\s auons le corps table4 ,ie ne veux pas que l'esprit s'y cl\1 ny qu'il s'y veautre3 mais ie veux qu'il s'y applique3 qu'il s'y see1 non qu'il s'y c\*e4 ,ari/ippus ne def5doit que le corps1 comme si n\s n'auions pas d'ame3 ,z5on n'embrassoit que l'ame1 comme si n\s n'auions pas de corps4 ,t\ts deux vicieusem5t4 ,py?agoras1 dis5t-ils1 a suiuy vne philosophie t\te en contemplation3 ,socrates1 t\te en murs et en action3 ,platon en a tr\u le temp]am5t entre les deux4 ,mais ils le dis5t1 p\r en cont]4 ,et le vray temp]am5t se tr\ue en ,socrates2 et ,platon e/ plus ,socratique1 que ,py?agorique3 et luy si$ mieux4 ,qu& ie dance1 ie dance3 qu& ie dors1 ie dors4 ,voire1 et qu& ie me prome9e solitairem5t en vn beau v]g]1 si mes p5sees se sont entret5us des occurr5ces e/rang]es quelque p>tie du temps3 quelque autre p>tie1 ie les rame9e la prom5ade1 au v]g]1 la d\ceur de cette solitude1 et moy4 ,nature a mat]nellem5t obs]u cela1 que les actions qu'elle n\s a enio9ctes p\r no/re beso+1 n\s fuss5t aussi voluptueuses4 ,et n\s y conuie1 non seulem5t p> la raison3 mais aussi p> l'appetit3 c'e/ iniu/ice de corrompre ses regles4 ,qu& ie vois1 et ,cs>1 et ,alex&re1 au plus espaiz de sa gr&e besongne1 i\r si pla9em5t des plaisirs huma9s et corporels1 ie ne dis pas que ce soit relas*] son ame1 ie dis que c'e/ la roidir3 s\smettant p> vigueur de c\rage1 l'vsage de la vie ord9aire1 ces viol5tes occupations et laborieuses p5ses4 ,sages1 s'ils euss5t creu1 que c'e/oit l leur ord9aire vocation1 cette-cy1 l'extraord9aire4 ,n\s sommes de gr&s fols4 ,il a pass sa vie en oisiuet1 disons-n\s3 ie n'ay ri5 faict d'aui\rd'huy4 ,quoy8 auez-v\s pas vescu8 ,c'e/ non seulem5t la fondam5tale1 mais la plus illu/re de vos occupations4 ,si on m'eu/ mis au propre des gr&s maniem5ts1 i'eusse montr ce que ie sauoy faire4 ,auez v\s sceu m$it] et mani] vo/re vie8 v\s auez faict la plus gr&e besoigne de t\tes4 ,p\r se montr] et exploict]1 nature n'a que faire de =tune4 ,elle se montre egallem5t en t\s e/ages3 et d]ri]e1 comme sans rideau4 ,auez-v\s sceu compos] vos murs3 v\s auez bi5 plus faict que celuy qui a compos des liures4 ,auez-v\s sceu pr5dre du repos3 v\s auez plus faict1 que celuy qui a pris des ,empires et des villes4 ,le glorieux *ef-d'uure de l'homme1 c'e/ viure propos4 ,t\tes autres *oses3 regn]1 !sauris]1 ba/ir1 n'en sont qu'app5dicules et adm9icules1 p\r le plus4 ,ie pr5s plaisir de voir vn g5]al d'arme au pi$ d'vne bre*e qu'il veut tanto/ attaqu]1 se pre/ant t\t enti] et deliure1 son disn]1 au deuis1 entre ses amis4 ,et ,brutus1 ayant le ciel et la t]re conspirez l'encontre de luy1 et de la lib]t ,roma9e1 desrob] ses rondes1 quelque heure de nuict1 p\r lire et breuet] ,polybe en t\te securit4 ,c'e/ aux petites ames enseuelies du poix des affaires1 de ne s'en sauoir purem5t desmesl]3 de ne les sauoir et laiss] et repr5dre4 ,o =tes peiorque passi ,mecum spe viri1 nunc v9o pellite curas1 ,cras +5s it]abimus quor4 ,soit p> goss]ie1 soit c]tes1 que le v9 !ologal et ,sorbonique e/ pass en pr\]be1 et leurs fe/9s3 ie tr\ue que c'e/ raison1 qu'ils en disn5t d'autant plus commodm5t et plaisamm5t1 qu'ils ont vtilem5t et s]ieusem5t employ la mat9e l'ex]cice de leur es*ole4 ,la consci5ce d'auoir bi5 disp5s les autres heures1 e/ vn iu/e et sau\reux condim5t des tables4 ,a9s9 ont vescu les sages4 ,et cette inimitable cont5tion la v]tu1 qui n\s e/onne en l'vn et l'autre ,caton1 cette humeur seu]e iusques l'importunit1 s'e/ a9si mollem5t submise1 et pleu aux loix de l'huma9e condition1 et de ,v5us et de ,bac*us4 ,suiuant les preceptes de leur secte1 qui dem&5t le sage p>faict1 autant exp]t et ent5du l'vsage des voluptez qu'en t\t autre deuoir de la vie4 ,cui cor sapiat1 ei et sapiat palatus4 ,le relas*em5t et facilit honore ce semble m]ueilles1 et si$ mieux vne ame =te et g5]euse4 ,epam9ondas n'e/imoit pas que de se mesl] la dance des g>ons de sa ville1 de *ant]1 de sonn]1 et s'y embesongn] auec att5tion1 fu/ *ose qui d]ogea/ l'honneur de ses glorieuses victoires1 et la p>faicte re=mation des murs qui e/oit en luy4 ,et p>my tant d'admirables actions de ,scipion l'ayeul1 p]sonnage digne de l'op9ion d'vne g5iture cele/e1 il n'e/ ri5 qui luy donne plus de grace1 que de le voir non*alamm5t et pu]ilem5t bagu5audant amass] et *oisir des coquilles1 et ioer corni*on va deuant1 le long de la m>9e auec ,llius4 ,et s'il faisoit mauuais temps1 s'amusant et se *at\illant1 repres5t] p> escript en com$ies1 les plus populaires et basses actions des hommes4 ,et la te/e ple9e de cette m]ueilleuse entrepr9se d',annibal et d',afrique2 visitant les es*oles en ,sicile1 et se tr\uant aux leons de la philosophie1 iusques en auoir arm les d5ts de l'aueugle enuie de ses ennemis ,rome4 ,ny *ose plus rem>quable en ,socrates1 que ce que t\t vieil1 il tr\ue le temps de se faire in/ruire ball]1 et i\r des in/rum5s3 et le ti5t p\r bi5 employ4 ,cettuy-cy1 s'e/ veu en ec/ase deb\t1 vn i\r enti] et vne nuict1 en pres5ce de t\te l'arme ,grecque1 surpris et rauy p> quelque pr(onde p5se4 ,il s'e/ veu le premi] p>my tant de vaillants hommes de l'arme1 c\rir au sec\rs d',alcibiades1 accabl des ennemis3 le c\urir de son corps1 et le des*>g] de la presse1 viue =ce d'armes4 ,en la bataille ,deli5ne1 releu] et sauu] ,x5ophon1 r5u]s de son *eual4 ,et emmy t\t le peuple d',a!nes1 outr1 comme luy1 d'vn si indigne spectacle1 se pres5t] le premi] rec\rir ,!ram5es1 que les tr5te tyrans faisoi5t m5] la mort p> leurs satellites3 et ne desi/a cette h>die entrepr9se1 qu' la remontrance de ,!ram5es mesme3 quoy qu'il ne fu/ suiuy que de deux1 en t\t4 ,il s'e/ veu1 re*]* p> vne beaut1 de laquelle il e/oit espr9s1 ma9t5ir au beso+ vne seu]e ab/95ce4 ,il s'e/ veu cont9uellem5t m>*] la gu]re1 et f\l] la glace les pi$s nuds2 port] mesme robbe en hyu] et en e/3 surmont] t\s ses compaignons en pati5ce de trauail1 ne mang] po9t autrem5t en fe/9 qu'en son ord9aire4 ,il s'e/ veu v+t et sept ans1 de p>eil visage1 port] la faim1 la pauuret1 l'indocilit de ses enfants1 les griffes de sa femme4 ,et en f9 la calomnie1 la tyrannie1 la prison1 les f]s1 et le v594 ,mais cet homme l e/oit-il conui de boire lut p> deuoir de ciuilit8 c'e/oit aussi celuy de l'arme1 qui en demeuroit l'aduantage4 ,et ne refusoit ny i\r aux noisettes auec les enfans1 ny c\rir auec eux sur vn *eual de bois1 et y auoit bonne grace3 c> t\tes actions1 dit la philosophie1 sie5t egallem5t bi5 et honnor5t egallem5t le sage4 ,on a dequoy1 et ne doit-on iamais se lass] de pres5t] l'image de ce p]sonnage t\s patrons et =mes de p]fection4 ,il e/ =t peu d'exemples de vie1 ple9s et purs4 ,et faict-on tort no/re in/ruction1 de n\s en propos] t\s les i\rs1 d'imbecilles et manques3 pe9e bons vn seul ply3 qui n\s tir5t arri]e plu/o/3 corrupteurs plu/o/ que correcteurs4 ,le peuple se trompe3 on va bi5 plus facilem5t p> les b\ts1 o l'extremit s]t de borne1 d'arre/ et de guide1 que p> la voye du milieu l>ge et ouu]te1 et selon l'art1 que selon nature2 mais bi5 mo9s noblem5t aussi1 et mo9s recomm5dablem5t4 ,la gr&eur de l'ame n'e/ pas tant1 tir] mont1 et tir] auant1 comme sauoir se rang] et circonscrire4 ,elle ti5t p\r gr&1 t\t ce qui e/ assez4 ,et montre sa hauteur1 aim] mieux les *oses moy5nes1 que les em95tes4 ,il n'e/ ri5 si beau et legitime1 que de faire bi5 l'homme et deum5t4 ,ny sci5ce si ardu que de bi5 sauoir viure cette vie4 ,et de nos maladies la plus sauuage1 c'e/ mespris] no/re e/re4 ,qui veut esc>t] son ame1 le face h>dim5t s'il peut1 lors que le corps se port]a mal1 p\r la des*>g] de cette contagion4 ,ailleurs au contraire3 qu'elle l'assi/e et fauorise1 et ne refuse po9t de p>ticip] ses naturels plaisirs1 et de s'y complaire coniugalem5t3 y apportant1 si elle e/ plus sage1 la mod]ation1 de peur que p> indiscretion1 ils ne se confond5t auec le desplaisir4 ,l'intemp]ance1 e/ pe/e de la volupt3 et la temp]ance n'e/ pas son fleau3 c'e/ son assaisonnem5t4 ,eudoxus1 qui en e/ablissoit le s\u]a9 bi51 et ses compaignons1 qui la mont]5t si haut prix1 la sau\r]5t en sa plus gracieuse d\ceur1 p> le moy5 de la temp]ance1 qui fut en eux s+uli]e et exemplaire4 ,i'ordonne mon ame1 de reg>d] et la d\leur1 et la volupt1 de veu p>eillem5t regle3 eodem enim vitio e/ effusio animi 9 ltitia1 quo 9 dolore contractio3 et p>eillem5t f]me3 mais gayem5t l'vne1 l'autre seu]em5t4 ,et selon ce qu'elle y peut apport]1 autant soigneuse d'en e/e9dre l'vne1 que d'e/5dre l'autre4 ,le voir sa9em5t les bi5s1 tire apres soy le voir sa9em5t les maux4 ,et la d\leur a quelque *ose de non euitable1 en son t5dre comm5cem5t3 et la volupt quelque *ose d'euitable en sa f9 excessiue4 ,platon les acc\ple3 et veut1 que ce soit p>eillem5t l'(fice de la =titude combattre l'encontre de la d\leur1 et l'encontre des immod]es et *>m]esses bl&ices de la volupt4 ,ce sont deux fonta9es1 ausquelles1 qui puise1 d'o1 qu& et combi5 il faut1 soit cit1 soit homme1 soit be/e1 il e/ bi5 heureux4 ,la premi]e1 il la faut pr5dre p> m$ec9e et p> necessit1 plus es*>sem5t3 l'autre p> soif1 mais non iusques l'yuresse4 ,la d\leur1 la volupt1 l'am\r1 la ha9e1 sont les premi]es *oses1 que s5t vn enfant3 si la raison suru5ant elles s'appliqu5t elle3 cela c'e/ v]tu4 ,i'ay vn dictionaire t\t "p moy3 ie passe le temps1 qu& il e/ mauuais et incommode2 qu& il e/ bon1 ie ne le veux pas pass]1 ie le reta/e1 ie m'y ti5s4 ,il faut c\rir le mauuais1 et se rassoir au bon4 ,cette fraze ord9aire de passe-temps1 et de pass] le temps1 repres5te l'vsage de ces prud5tes g5s1 qui ne p5s5t po9t auoir meilleur conte de leur vie1 que de la c\l] et es*ap]3 de la pass]1 gau*ir1 et autant qu'il e/ en eux1 ignor] et fuir2 comme *ose de qualit ennuyeuse et desdaignable4 ,mais ie la cognois autre3 et la tr\ue1 et prisable et commode1 voire en son d]ni] dec\rs1 o ie la ti5s4 ,et n\s l'a nature mise en ma91 g>nie de telles circon/ances et si fauorables1 que n\s n'auons n\s pla9dre qu' n\s1 si elle n\s presse2 et si elle n\s es*appe inutilem5t4 ,/ulti vita +rata e/1 trepida e/1 tota 9 futurum f]tur4 ,ie me compose p\rtant la p]dre sans regret3 mais comme p]dable de sa condition1 non comme mole/e et importune4 ,aussi ne si$-il proprem5t bi51 de ne se desplaire m\rir qu' ceux1 qui se plais5t viure4 ,il y a du mesnage la i\yr3 ie la i\is au d\ble des autres3 c> la mesure en la i\issance1 dep5d du plus ou mo9s d'application1 que n\s y pre/ons4 ,pr9cipalem5t cette heure1 que i'app]oy la mi5ne si briefue en temps1 ie la veux e/5dre en poix4 ,ie veux arre/] la promptitude de sa fuite p> la promptitude de ma saisie3 et p> la vigueur de l'vsage1 comp5s] la ha/iuet de son esc\lem5t4 ,a mesure que la possession du viure e/ plus c\rte1 il me la faut r5dre plus pr(onde1 et plus ple9e4 ,les autres s5t5t la d\ceur d'vn cont5tem5t1 et de la prosp]it3 ie la s5s a9si qu'eux3 mais ce n'e/ pas en passant et glissant4 ,si la faut-il e/udi]1 sau\r] et rum9]1 p\r en r5dre graces condignes celuy qui n\s l'ottroye4 ,ils i\yss5t les autres plaisirs1 comme ils font celuy du sommeil1 sans les cognoi/re4 ,a celle f9 que le dormir mesme ne m'es*appa/ a9si /upidem5t1 i'ay autresfois tr\u bon qu'on me le tr\bla/1 af9 que ie l'entreuisse4 ,ie consulte d'vn cont5tem5t auec moy3 ie ne l'escume pas1 ie le sonde1 et plie ma raison le recueillir1 deu5u *agrigne et desg\/e4 ,me tr\u-ie en quelque assiette tranquille1 y a il quelque volupt qui me *at\ille1 ie ne la laisse pas friponn] aux s5s2 i'y associe mon ame4 ,non pas p\r s'y engag]1 mais p\r s'y agre]2 non pas p\r s'y p]dre1 mais p\r s'y tr\u]4 ,et l'employe de sa "p1 se mir] dans ce prosp]e e/at1 en pois] et e/im] le bon heur1 et l'amplifi]4 ,elle mesure combi5 c'e/ qu'elle doit ,dieu1 d'e/re en repos de sa consci5ce et d'autres passions inte/9es2 d'auoir le corps en sa disposition naturelle3 i\issant ordonnm5t et competemm5t1 des functions molles et flatteuses1 p> lesquelles il luy plai/ comp5s] de sa grace1 les d\leurs1 dequoy sa iu/ice n\s bat son t\r4 ,combi5 luy vaut d'e/re logee en tel po9ct1 que o qu'elle iette sa veu1 le ciel e/ calme aut\r d'elle3 nul desir1 nulle cra9te ou d\bte1 qui luy tr\ble l'air3 aucune difficult passe1 pres5te1 future1 p> dessus laquelle son imag9ation ne passe sans (f5ce4 ,cette consid]ation pr5d gr& lu/re de la comp>aison des conditions diff]5tes4 ,a9si1 ie me propose en mille visages1 ceux que la =tune1 ou que leur propre erreur emporte et tempe/e4 ,et encores ceux cy plus pres de moy1 qui reoiu5t si las*em5t1 et incurieusem5t leur bonne =tune4 ,ce sont g5s qui pass5t voirem5t leur temps2 ils outrepass5t le pres5t1 et ce qu'ils poss$5t1 p\r s]uir l'esp]ance1 et p\r des ombrages et va9es images1 que la fantasie leur met au deuant1 ,morte obita quales fama e/ volit>e figuras1 ,aut qu sopitos deludunt somnia s5sus2 lesquelles ha/5t et allong5t leur fuitte1 mesme qu'on les suit4 ,le fruict et b de leur p\rsuitte1 c'e/ p\rsuiure3 comme ,alex&re disoit que la f9 de son trauail1 c'e/oit trauaill]4 ,nihil actum cr$5s1 cm quid sup]esset ag5dum4 ,p\r moy donc1 i'ayme la vie1 et la cultiue1 telle qu'il a pleu ,dieu n\s l'octroy]4 ,ie ne vay pas desirant1 qu'elle eu/ dire la necessit de boire et de mang]4 ,et me sembl]oit faillir non mo9s excusablem5t1 de desir] qu'elle l'eu/ d\ble4 ,sapi5s diuiti>um naturalium qusitor ac]rimus4 ,ny que n\s n\s sub/antassions1 mettans seulem5t en la b\*e vn peu de cette drogue p> laquelle ,epim5ides se priuoit d'appetit1 et se ma9t5oit4 ,ny qu'on produisi/ /upidem5t des enfans1 p> les doigts1 ou p> les talons1 a9s p>lant en reu]5ce1 que plu/o/ encores1 on les produisi/ voluptueusem5t1 p> les doigts1 et p> les talons4 ,ny que le corps fu/ sans desir et sans *at\illem5t4 ,ce sont pla9tes +rates et iniques4 ,i'accepte de bon cur et recognoissant1 ce que nature a faict p\r moy3 et m'en aggree et m'en l\e4 ,on faict tort ce gr& et t\t puissant donneur1 de refus] son don1 l'annull] et desfigur]1 t\t bon1 il a faict t\t bon4 ,omnia1 qu secundum naturam sunt1 /imatione digna sunt4 ,des op9ions de la philosophie1 i'embrasse plus volonti]s celles qui sont les plus solides3 c'e/ dire les plus huma9es1 et no/res4 ,mes disc\rs sont con=mm5t mes murs1 bas et humbles4 ,elle faict bi5 l'enfant mon gr1 qu& elle se met sur ses ergots1 p\r n\s pres*]4 ,que c'e/ vne f>r\*e alliance1 de m>i] le diu9 auec le t]re/re1 le raisonnable auec le desraisonnable1 le seu]e l'indulg5t1 l'honne/e au des-honne/e4 ,que la volupt1 e/ qualit brutale1 indigne que le sage la g\/e4 ,le seul plaisir1 qu'il tire de la i\yssance d'vne belle ieune esp\se1 que c'e/ le plaisir de sa consci5ce1 de faire vne action selon l'ordre4 ,comme de *auss] ses bottes p\r vne vtile *euau*ee4 ,n'euss5t ses suyuans1 non plus de droit1 et de n]fs1 et de suc1 au despucelage de leurs femmes1 qu'en a sa leon4 ,ce n'e/ pas ce que dit ,socrates1 son precepteur et le no/re4 ,il prise1 comme il doit1 la volupt corporelle3 mais il pref]e celle de l'esprit1 comme ayant plus de =ce1 de con/ance1 de facilit1 de v>iet1 de dignit4 ,cette cy ne va nullem5t seule1 selon luy2 il n'e/ pas si fanta/ique3 mais seulem5t1 premi]e4 ,p\r luy1 la temp]ance e/ mod]atrice1 non adu]saire des voluptez4 ,nature e/ vn d\x guide3 mais non pas plus d\x1 que prud5t et iu/e4 ,intr&um e/ 9 r]um naturam1 et p5itus quid ea po/ulet1 p]uid5dum4 ,ie que/e p> t\t sa pi/e3 n\s l'auons confonde de traces artificielles4 ,et ce s\u]a9 bi5 ,academique1 et ,p]ipatetique1 qui e/ viure selon icelle3 deui5t cette cause difficile born] et expliqu]4 ,et celuy des ,/oci5s1 vois9 celuy-l1 qui e/1 cons5tir nature4 ,e/-ce pas erreur1 d'e/im] aucunes actions mo9s dignes de ce qu'elles sont necessaires8 ,si ne m'o/]ont-ils pas de la te/e1 que ce ne soit vn tres-conu5able m>iage1 du plaisir auec la necessit1 auec laquelle1 dit vn anci51 les ,dieux complott5t t\si\rs4 ,a quoy faire desmembrons n\s en diuorce1 vn ba/im5t tissu d'vne si io9cte et frat]nelle correspondance8 ,au reb\rs1 r5\ons le p> mutuels (fices3 que l'esprit esueille et viuifie la pesanteur du corps1 le corps arre/e la leg]et de l'esprit1 et la fixe1 ,qui velut summum bonum laudat anim naturam1 et tanquam malum naturam c>nis accusat1 pr(ect et animam c>nalit] appetit et c>nem c>nalit] fugit1 quoniam id vanitate s5tit humana1 non v]itate diu9a4 ,il n'y a piece indigne de no/re so+1 en ce pres5t que ,dieu n\s a faict3 n\s en deuons comte iusques vn poil4 ,et n'e/ pas vne commission p> acquit l'homme1 de conduire l'homme selon sa condition4 ,elle e/ expresse1 nafue et tres-pr9cipale3 et n\s l'a le ,createur donnee s]ieusem5t et seu]em5t4 ,l'au?orit peut seule enu]s les communs ent5dem5s3 et poise plus en langage p]egr94 ,res*>geons en ce lieu4 ,/ultiti proprium quis non dix]it1 ignau et contumacit] fac]e qu faci5da sunt3 et alio corpus impell]e1 alio animum3 di/rahique int] diu]sissimos motus8 ,or sus p\r voir1 faictes v\s dire vn i\r1 les amusem5s et imag9ations1 que celuy-l met en sa te/e1 et p\r lesquelles il de/\rne sa p5see d'vn bon repas1 et pla9ct l'heure qu'il employe se n\rrir3 v\s tr\u]ez qu'il n'y a ri5 si fade1 en t\s les mets de vo/re table1 que ce bel entreti5 de son ame 7le plus s\u5t il n\s vaudroit mieux dormir t\t faict1 que de veill] ce1 quoy n\s veillons7 et tr\u]ez que son disc\rs et int5tions1 ne val5t pas vo/re capirotade4 ,qu& ce s]oi5t les rauissem5s d',ar*im$es mesme1 que s]oit-ce8 ,ie ne t\*e pas icy1 et ne mesle po9t cette m>maille d'hommes que n\s sommes1 et cette vanit de desirs et cogitations1 qui n\s diu]tiss5t1 ces ames v5]ables1 esleuees p> ardeur de deuotion et religion1 vne con/ante et consci5tieuse m$itation des *oses diu9es1 lesquelles preoccupans p> l'ef=t d'vne viue et vehem5te esp]ance1 l'vsage de la n\rriture et]nelle1 b f9al1 et d]ni] arre/ des ,*re/i5s desirs3 seul plaisir con/ant1 incorruptible3 desdaign5t de s'att5dre nos necessiteuses commoditez1 fluides et ambigues3 et resign5t facilem5t au corps1 le so9 et l'vsage1 de la pa/ure s5suelle et temporelle4 ,c'e/ vn e/ude priuileg4 ,entre n\s1 ce sont *oses1 que i'ay t\si\rs veus de s+uli] accord3 les op9ions sup]cele/es1 et les murs s\/]ra9es4 ,esope ce gr& homme vid son mai/re qui pissoit en se prom5ant1 ,quoy donq1 fit-il1 n\s faudra-il *i] en c\rant8 ,mesnageons le temps1 encore n\s en re/e-il beauc\p d'oisif1 et mal employ4 ,no/re esprit n'a volonti]s pas assez d'autres heures1 faire ses besongnes1 sans se desassoci] du corps en ce peu d'espace qu'il luy faut p\r sa necessit4 ,ils veul5t se mettre hors d'eux1 et es*app] l'homme4 ,c'e/ folie3 au lieu de se trans=m] en ,anges1 ils se trans=m5t en be/es3 au lieu de se hauss]1 ils s'abbatt5t4 ,ces humeurs transc5d5tes m'effray5t1 comme les lieux hauta9s et inaccessibles4 ,et ri5 ne m'e/ fa*eux dig]] en la vie de ,socrates1 que ses ec/ases et ses demon]ies4 ,ri5 si huma9 en ,platon1 que ce p\rquoy ils dis5t1 qu'on l'appelle diu94 ,et de nos sci5ces1 celles-l me sembl5t plus t]re/res et basses1 qui sont les plus haut montees4 ,et ie ne tr\ue ri5 si humble et si mortel en la vie d',alex&re1 que ses fantasies aut\r de son immortalisation4 ,philotas le mordit plaisamm5t p> sa responce4 ,il s'e/oit coni\y auec luy p> lettre1 de l'oracle de ,iupit] ,hammon1 qui l'auoit log entre les ,dieux4 ,p\r ta consid]ation1 i'en suis bi5 ayse3 mais il y a dequoy pla9dre les hommes1 qui auront viure auec vn homme1 et luy obeyr1 lequel outrepasse1 et ne se cont5te de la mesure d'vn homme4 ,diis te m9orem qud g]is1 imp]as4 ,la g5tille inscription1 dequoy les ,a!ni5s honnor]5t la v5ue de ,pompeius en leur ville1 se con=me mon s5s3 ,d'autant es tu ,dieu1 comme ,tu te recognois homme4 ,c'e/ vne absolu p]fection1 et comme diu9e1 de sauoir i\yr loyallem5t de son e/re4 ,n\s *]*ons d'autres conditions1 p\r n'ent5dre l'vsage des no/res3 et sortons hors de n\s1 p\r ne sauoir quel il y faict4 ,si auons n\s beau mont] sur des es*asses1 c> sur des es*asses encores faut-il m>*] de nos iambes4 ,et au plus esleu ?rone du monde1 si ne sommes n\s assis1 que sus no/re cul4 ,les plus belles vies1 sont mon gr celles1 qui se rang5t au modelle commun et huma9 auec ordre3 mais sans miracle1 sans extrauagance4 ,or la vieillesse a vn peu beso9 d'e/re traictee plus t5drem5t4 ,recomm&ons la ce ,dieu protecteur de sant et de sagesse3 mais gaye et sociale3 ,frui p>atis et valido mihi1 ,latoe1 dones2 et precor1 integra ,cum m5te1 nec turpem s5ectam ,deg]e1 nec ,cy?>a c>5tem4 ,,f9 ,,des ,,essais4 7,,orig9al7 ,,livre ,,second4 7,,traduction7 7,suite47 ,,*apitre ,,xxxvi4 ,a quels hommes entre t\s donn] la prm95ce4 ,si on me dem&ait de *oisir entre t\s les hommes v5us ma connaissance1 je crois possible d'en tr\v] trois que je plac]ais au-dessus de t\s les autres4 ,prm95ce d',homre sur les plus gr&s gnies2 e/ime que l'on en a faite dans t\s les temps4--,l'un e/ ,homre1 non qu',ari/ote ou ,v>ron1 p> exemple1 n'ai5t pas t aussi savants que lui1 ni encore que1 dans son art mme1 ,virgile ne puisse lui tre comp>1 je laisse jug] de ce d]ni] po9t ceux qui les connaiss5t t\s deux2 moi1 qui n'en connais qu'un1 je ne puis que dire1 dans la mesure o je suis mme de me prononc]1 que je ne crois pas que les ,muses elles-mmes puiss5t surpass] le pote lat93 ,il *ante sur sa lyre savante des v]s p>eils ceux qu',apollon lui-mme module sur la si5ne 7,prop]ce74 ,t\tefois1 en jugeant a9si1 ne faudrait-il pas oubli] que c'e/ surt\t d'aprs ,homre que ,virgile s'e/ =m1 qu'il l'a pris p\r guide1 p\r matre d'cole1 et qu'un seul passage de l',iliade a suffi f\rnir le sujet et les dveloppem5ts de cette gr&e et div9e nide4 ,mais ce n'e/ pas a9si que je calcule1 je ti5s compte des p>ticul>its div]ses qui font qu',homre e/ admirable et presque au-dessus des conditions huma9es2 et1 en vrit1 je m'tonne s\v5t que lui1 dont le gnie a cr et mis en faveur de p> le monde un c]ta9 nombre de div9its1 n'ait pas t lui-mme lev au rang des dieux4 ,il tait aveugle1 indig5t et vivait avant que les sci5ces euss5t t codifies et que les obs]vations d'o elles sont nes euss5t acquis de la c]titude2 il les a1 nonob/ant1 tellem5t connues que t\s ceux qui1 depuis1 ont entrepris d'organis] l'adm9i/ration d'un tat1 dirig] des gu]res1 crire sur la religion1 sur la philosophie1 quelle que ft la secte dont il s'agissait1 sur les arts1 ont u de lui comme d'une autorit trs sre p> ses connaissances en t\tes *oses1 et de ses livres comme d'une biblio?que suffisant t\t3 ,il n\s dit1 bi5 mieux et plus clairem5t que ,*rysippe et ,crantor1 ce qui e/ honnte ou ce qui ne l'e/ pas2 ce qu'il faut faire et ce qu'il faut vit] 7,horace74 ,il e/1 comme l'exprime un autre3 ,la s\rce int>issable o les potes vi5n5t t\r t\r s'enivr] des eaux sacres du ,p]messe 7,ovide74 ,un autre dit3 ,aj\tez-y les compagnons des ,muses1 p>mi lesquels ,homre ti5t le sceptre 7,lucrce72 un autre3 ,s\rce abondante qui a c\l avec pr(usion dans les v]s de la po/rit1 fleuve imm5se divis en mille petits ruisseaux2 hritage d'un seul1 qui pr(ite t\s 7,manilius74 ,c'e/ contre l'ordre de la nature qu'il a produit la meilleure des uvres que puisse enfant] l'esprit huma93 d'ord9aire t\tes *oses leur naissance sont imp>faites1 elles augm5t5t et se =tifi5t au fur et mesure qu'elles croiss5t2 p> lui1 la posie1 ds son enfance1 e/ app>ue mre1 accomplie1 et avec elle div]ses autres sci5ces4 ,c'e/ p\r cela qu'on peut le nomm] le premi] et le d]ni] des potes2 p>ce que1 suivant ce beau tmoignage que l'antiquit n\s a laiss de lui3 ,il n'y a eu p]sonne avant lui qu'il ait pu imit] et p]sonne aprs lui n'a pu l'imit] lui-mme4 ,ses expressions1 suivant ,ari/ote1 sont uniques p\r pe9dre le m\vem5t et l'action1 t\s ses mots sont significatifs4--,alex&re le ,gr&1 ayant rem>qu dans les dp\illes de ,d>ius un ri*e c(fret1 ordonna qu'on le lui rs]vt p\r y plac] son ,homre1 disant que c'tait son meilleur et plus fidle conseill] en art militaire4--,c'e/ p\r cette mme raison1 p>ce qu'il e/ trs bon matre dans les que/ions affr5tes la conduite des gu]res1 disait ,clomne fils d',anax&ridas1 qu'il e/ le pote des ,lacdmoni5s4--,plut>que lui dc]ne galem5t cet loge bi5 r>e et qui lui e/ p]sonnel1 c'e/ qu'il e/ le seul auteur au monde1 qui n'ait jamais fatigu ni dgt ses lecteurs1 auxquels il se montre t\j\rs s\s un j\r n\veau1 leur app>aissant sans cesse avec des grces n\velles4--,alcibiade1 t\j\rs port aux exc5tricits1 ayant dem& un exemplaire d',homre quelqu'un faisant pr(ession de cultiv] les lettres1 lui donna un s\fflet p>ce qu'il n'en avait pas1 *ose aussi condamnable1 selon lui1 qu'un de nos prtres qui s]ait tr\v sans son brviaire4--,xnophane se plaignait un j\r ,hiron1 tyran de ,syracuse1 d'tre si pauvre qu'il n'avait pas de quoi entret5ir deux s]viteurs3 ,eh quoi1 lui rpondit ,hiron1 ,homre1 qui tait beauc\p plus pauvre que toi1 en entreti5t bi5 plus de dix mille1 t\t mort qu'il e/4--,quel hommage r5du ,platon p> ,pantius1 qu& il le nommait l',homre des philosophes6--,outre cela1 quelle gloire peut se comp>] la si5ne8 ,ri5 n'e/ plus dans la b\*e des hommes que son nom et ses ouvrages2 ri5 n'e/ plus connu1 ri5 n'e/ plus admis que ,troie1 ,hlne et ses gu]res qui peut-tre n'ont jamais exi/2 nos enfants port5t encore des noms qu'il a imag9s il y a plus de trois mille ans4 ,qui ne connat ,hector et ,a*ille8 ,ce ne sont pas seulem5t quelques races p>ticulires qui font remont] leur orig9e aux p]sonnages qu'il a inv5ts1 la plup>t des nations s'en rclam5t3 ,mahomet ,,ii1 emp]eur des ,turcs1 n'crivait-il pas notre pape ,pie ,,ii3 ,je m'tonne que les ,itali5s se ligu5t contre moi2 ne desc5dons-n\s pas1 v\s et moi1 des ,troy5s2 et n'avons-n\s pas un intrt commun v5g] le sang d',hector sur les ,grecs8 cep5dant v\s les s\t5ez contre moi6--,n'e/-ce pas une uvre d'imag9ation ple9e de noblesse1 que celle qui cre une scne sur laquelle rois1 peuples et emp]eurs vont j\ant t\j\rs les mmes rles depuis tant de sicles1 et laquelle l'univ]s enti] s]t de ?tre8--,sept villes se sont disput laquelle lui a donn naissance3 ,smyrne1 ,rhodes1 ,colophon1 ,salam9e1 ,*io1 ,argos et ,a?nes 7,aulu-,gelle72 son obscurit mme lui a valu ce rega9 d'honneur4 ,alex&re le ,gr&2 ses belles actions p5dant sa vie si c\rte2 il e/ prfrable ,cs>4--,le second de ces trois hommes suprieurs1 c'e/ ,alex&re le ,gr&4 ,considrez en effet quel ge il a comm5c ses conqutes2 le peu de moy5s dont il disposait p\r une si glorieuse entreprise2 l'autorit qu'il sut acqurir1 encore adolesc5t1 sur ces capita9es qui le suivai5t et qui tai5t les plus gr&s et les plus exprim5ts qu'il y et au monde2 les succs extraord9aires dont la =tune favorisa et gratifia ses exploits1 p>mi lesquels s'en tr\vr5t de si has>deux1 p\r ne pas dire tmraires3 ,il r5v]sait t\t ce qui faisait ob/acle son ambition et aimait s'ouvrir un *em9 trav]s les ru9es 7,luca974 ,quelle gr&eur d'avoir1 l'ge de tr5te-trois ans1 p>c\ru en va9queur t\te la t]re habite cette poque1 et1 dans une moiti de vie huma9e1 tre p>v5u au plus haut degr auquel peuv5t atte9dre t\s les ef=ts de l'homme2 si bi51 que v\s ne p\vez imag9] ce qui s]ait arriv1 si cette exi/5ce et eu une dure normale et1 si se prolongeant jusqu'au t]me qui lui e/ d'ord9aire assign1 sa valeur et sa =tune tai5t alles croissant sans cesse4 ,n'e/-ce pas dj quelque *ose au-dessus de ce qu'il e/ donn l'homme d'accomplir1 que d'avoir fait ses soldats s\*es de tant de maisons royales2 d'avoir laiss sa mort le monde en p>tage quatre successeurs simples capita9es de son arme1 dont les desc5dants se sont si longtemps ma9t5us sur leurs trnes8--,que de v]tus de premi] ordre tai5t en lui3 ju/ice1 temprance1 gnrosit1 fidlit sa p>ole1 am\r p\r les si5s1 humanit vis--vis des va9cus6 ,ses murs sembl5t en vrit n'avoir t enta*es d'aucun repro*e1 et quelques-uns de ses actes p]sonnels ont t extraord9aires et se voi5t r>em5t4 ,mais il e/ impossible de conduire des masses p>eilles en de semblables circon/ances1 sans jamais s'c>t] des rgles de la ju/ice2 et les g5s qui1 comme lui1 en ont la *>ge1 sont jug] d'une faon gnrale1 d'aprs l'ide matresse qui a prsid leurs actions4 ,malgr cela1 la ru9e de ,?bes1 les meurtres de ,mn&re et du mdec9 d',hphe/ion1 de tant de prisonni]s p]ses mis mort la fois2 de cette tr\pe de soldats indi5s1 env]s lesquels sa p>ole avait t engage2 des ,cossi5s1 dont on ext]m9a jusqu'aux enfants en bas ge1 sont des m\vem5ts d'g>em5t qui s'excus5t mal4 ,p\r ce qui e/ du meurtre de ,clitus1 la rp>ation en a dpass la faute1 et ce fait tmoigne1 autant que t\t autre1 de la bont excessive qui tait le fond de son c>actre auquel1 p> tempram5t1 il tait port s'ab&onn]2 c'e/ avec autant d'esprit que de vrit qu'on a dit de lui qu'il t5ait ses v]tus de la nature et ses vices de la =tune4 ,il aimait un peu trop la l\ange1 et tait un peu trop s5sible la critique2 ses armes1 les mangeoires et les mors de ses *evaux sems dans les ,indes1 t\t cela semble p\voir tre excus p> son ge et son trange prosprit4--,considrez aussi ses qualits militaires si nombreuses3 sa dilig5ce1 sa prvoyance1 sa pati5ce1 son respect de la discipl9e1 sa sagacit1 sa magnanimit1 sa dcision1 son bonheur qui en ont fait le premi] des hommes de gu]re1 lors mme qu',annibal1 avec l'autorit qui s'atta*e lui1 ne l'et lui-mme proclam tel2 considrez sa beaut exceptionnelle et ses qualits physiques qui dpassai5t t\t ce qu'on p\vait imag9]1 son port et son ma9ti5 qui comm&ai5t le respect1 alors que son visage app>aissait jeune1 v]meil et flamboyant1 semblable l'a/re brillant du mat91 a/re que ,vnus *rit entre t\s les feux du firmam5t1 lorsque1 baign des eaux de l',ocan1 il s'lve maje/ueux et dissipe les tnbres de la nuit 7,virgile72 son savoir et sa capacit qui embrassai5t t\t2 la dure et la gr&eur de sa gloire pure1 nette1 sans ta*e1 que l'envie n'a pas effleure2 que longtemps aprs sa mort1 une foi sup]/itieuse v\lait que ses mdailles portass5t bonheur ceux qui les avai5t sur eux2 que ses hauts faits ont t rapports p> plus de rois et de pr9ces qu'il n'y a d'hi/ori5s p\r reproduire ceux de t\t autre gr& de la t]re quel qu'il soit2 enf91 qu'encore ma9t5ant1 les ,mahomtans1 qui mpris5t t\tes les lg5des1 accept5t et honor5t la si5ne1 faisant exception p\r lui seul4--,t\t cela1 dans son ensemble1 amne reconnatre que j'ai raison de le prfr] mme ,cs>1 qui seul p\vait me faire hsit] dans le *oix que j'ai fait2 c> on ne peut ni] que la p]sonnalit de celui-ci a eu plus de "p dans ses exploits1 t&is qu',alex&re dans les si5s doit davantage la =tune2 gaux s\s bi5 des rapports1 ,cs> l'emporte peut-tre c]ta9s g>ds4 ,ce fur5t deux inc5dies1 deux torr5ts qui1 en des contres div]ses1 ravagr5t le monde3 ,tels des feux allums en diffr5ts po9ts d'une =t ple9e de br\ssailles et de lauri]s secs et ptillants1 ou tels des torr5ts qui tomb5t avec fracas du haut des montagnes et c\r5t en b\illonnant la m]1 aprs avoir t\t dva/ sur leur passage 7,virgile74 ,mais en admettant mme que ,cs> ait apport plus de modration dans son ambition1 elle a caus tant de malheurs1 ab\tissant ce tri/e rsultat d'avoir am5 la ru9e de son pays1 et de p> le monde une dpravation univ]selle1 que1 t\t runi et mis en balance1 je ne puis m'emp*] de p5*] en faveur d',alex&re4 pam9ondas e/ le meilleur de t\s2 il l'emporte sur ,alex&re et ,cs>1 mais son ?tre d'action a t plus re/re9t2 il runissait en lui t\tes les v]tus que l'on tr\ve p>ses *ez d'autres4--,le troisime1 et p\r moi le meilleur de t\s1 c'e/ pam9ondas4 ,il n'a pas1 beauc\p prs1 autant de gloire que bi5 d'autres2 mais ce n'e/ pas l un po9t ess5tiel en la matire2 et1 en fait de rsolution et de vaillance1 non de celles qu'aiguillonne l'ambition1 mais de celles que la sagesse et la raison font natre dans une me bi5 pondre1 il en avait autant qu'on peut se l'imag9]4 ,de ces v]tus1 il a1 mon s5s1 donn des preuves autant qu',alex&re lui-mme et que ,cs>2 et1 bi5 que ses exploits gu]ri]s ne soi5t ni si nombreux1 ni si importants1 ils ne laiss5t cep5dant pas1 bi5 les considr]1 eux et les circon/ances dans lesquelles ils se sont produits1 d'tre aussi srieux1 de difficults d'excution aussi gr&es que les leurs1 tmoignant d'autant de h>diesse et de capacit militaire4 ,les ,grecs lui ont fait l'honneur de le nomm] le premi] d'entre eux1 et cela1 sans qu'il se soit tr\v de contradicteur2 or tre le premi] en ,grce1 c'tait facilem5t tre le premi] du monde4 ,quant son intellig5ce1 il n\s re/e1 ce sujet1 ce jugem5t port sur lui p> ses contempora9s3 ,jamais p]sonne ne sut tant et ne p>la si peu1 c> il app>t5ait la secte de ,py?agore4 ,*aque fois qu'il a p>l1 nul n'a jamais mieux dit2 il tait excell5t orateur et avait le don de p]suasion4 ,p\r ce qui e/ de ses murs et de sa consci5ce1 il a surpass de beauc\p s\s ce rapport t\s ceux qui ont p>ticip la ge/ion des affaires publiques2 c>1 sur ce po9t ess5tiel p\r n\s considr]1 p>ce que seul il donne la mesure relle de notre valeur1 et qu' lui seul il fait quilibre t\s les autres runis1 il ne le cde aucun philosophe1 pas mme ,socrate4 ,*ez lui1 l'innoc5ce e/ une qualit matresse1 inhr5te sa nature1 con/ante1 uni=me1 incorruptible1 qui e/ telle qu'elle p>at2 mise en p>allle avec celle d',alex&re1 on reconnat que *ez ce d]ni] elle ne vi5t qu'en seconde ligne1 e/ inc]ta9e1 a des 9galits1 n'e/ pas f]me et n'app>at que p> ci1 p> l4 ,l'antiquit a e/im1 en s\mettant une critique m9utieuse ses gr&s capita9es pris un un1 que *ez *acun des autres on dc\vre quelque qualit spciale laquelle il doit son illu/ration2 *ez pam9ondas seul1 la v]tu et la capacit sont en t\t et p>t\t con/amm5t ple9es et p>eilles elles-mmes2 en n'importe quelle circon/ance de la vie huma9e1 elles ne laiss5t ri5 dsir] en lui1 qu'il s'agisse d'affaires publiques ou d'affaires prives1 qu'on soit en paix ou en gu]re1 que ce soit p\r vivre ou p\r m\rir avec gr&eur et gloire2 je ne connais aucune autre =tune huma9e1 s\s quelque =me que je l'envisage1 que j'honore et aime autant4 ,je tr\ve1 il e/ vrai1 empre9te de trop de scrupule son ob/9ation v\loir demeur] pauvre1 et ses meilleurs amis p5sai5t de mme2 ce s5tim5t1 p\rtant si lev et si digne d'admiration1 e/ le seul po9t en lui qui me semble1 p> son exagration1 prt] la critique2 et je ne s\hait]ais pas p\r moi-mme tre en cela port l'imit] ce mme degr4 ,scipion mili5 p\rrait lui tre comp>2 ce qu'on peut dire d',alcibiade4--,scipion mili51 s'il avait eu une f9 aussi hroque et sup]be que la si5ne et une connaissance aussi appr(ondie et univ]selle des sci5ces que celle qu'pam9ondas possdait1 e/ le seul homme qui et pu entr] en balance avec lui4 ,combi5 je regrette que le p>allle tabli p> ,plut>que1 dans lequel il jugeait comp>ativem5t les deux vies prcism5t les plus nobles dont il se soit occup1 celles de ces deux p]sonnages qui1 d'une voix unanime1 fur5t1 l'un le premi] des ,grecs1 l'autre le premi] des ,roma9s1 soit des premi]s d'entre ceux qui ne sont pas p>v5us jusqu' n\s6 ,quel magnifique sujet et quel metteur en uvre sans p>eil6 ,p\r un homme qu'on ne saurait mettre au rang de ces exceptions1 mais qui e/ de ceux que n\s disons tre des hommes honorables1 dont les murs ont t conv5ables sans ri5 (frir d'extraord9aire1 bi5 d\1 sans tre d'un gnie transc5dant1 la vie d',alcibiade1 t\t bi5 considr1 me semble1 d'entre celles que je connais1 la plus ri*e de celles vcues en ce monde1 comme on dit communm5t1 p> les phases rem>quables et des plus enviables qu'elle a prs5tes4 ,bont1 quit et humanit d'pam9ondas4--,p\r tmoign] de l'excell5ce d'pam9ondas1 j'indiqu]ai encore ici quelques-unes de ses manires de voir4 ,la plus gr&e satisfaction de t\te sa vie a t1 d'aprs lui-mme1 le plaisir que p> lui son pre et sa mre ont pr\v de sa victoire de ,leuctres2 il e/ p>ticulirem5t t\*ant de le voir mettre leur cont5tem5t au-dessus de celui que lui-mme devait si ju/em5t et si compltem5t ress5tir d'un haut fait aussi glorieux4--,il ne croyait pas p]mis1 mme p\r r5dre la lib]t son pays1 de mettre mort quelqu'un sans l'avoir au pralable mis en jugem5t2 c'e/ ce qui fit qu'il se montra si peu empress se jo9dre ,plopidas1 son ami1 dans la conjuration ourdie p\r la dlivrance de ,?bes4--,il e/imait encore que dans une bataille il fallait vit] de se r5contr] avec un ami qui se tr\v]ait dans les rangs opposs1 et l'p>gn]4--,son humanit l'g>d des ennemis eux-mmes le r5dit suspect aux ,boti5s1 lorsque1 ayant1 p> miracle1 contra9t les ,lacdmoni5s lui ouvrir les dfils qui1 prs de ,cor9!1 f]m5t l'entre de la ,more et qu'ils avai5t entrepris de df5dre1 il s'tait cont5t de leur pass] sur le corps1 sans les p\rsuivre outrance4 ,p\r ce fait1 il fut dpos de sa *>ge de capita9e-gnral3 rvocation qui l'honore au plus haut po9t en raison de la cause qui l'a am5e1 si bi5 que ceux qui l'avai5t prononce1 eur5t la honte de se tr\v] dans l'obligation de le replac] dans ces fonctions1 reconnaissant que de lui dp5dai5t leur salut et leur gloire1 la victoire le suivant comme son ombre p>t\t o il portait ses pas4 ,a sa mort1 de mme qu'elle tait ne p> lui1 avec lui m\rut la prosprit de la patrie4 ,,*apitre ,,xxxvii4 ,de la ressemblance des enfants avec leurs pres4 ,comm5t ,montaigne faisait son livre2 il n'y travaillait que dans ses mom5ts de loisir4--,je ne mets la ma9 cette sorte de fagotage qu'e/ ce livre =m de tant de pices div]ses1 que lorsque je n'ai absolum5t ri5 autre faire et que je suis *ez moi2 aussi1 s'e/-il fait diffr5tes reprises et p> int]valles1 les circon/ances faisant que je demeure p>fois abs5t plusieurs mois conscutifs4 ,du re/e1 je ne sub/itue jamais de n\velles ides aux premires2 il peut m'arriv] de *ang] un mot p\r v>i] mes expressions1 mais non de les modifi]4 ,je *]*e reprs5t] le c\rs de mes p5ses et v\drais qu'on les saisisse *acune son orig9e2 je regrette de ne pas avoir comm5c plus tt1 de manire p\voir suivre leurs trans=mations successives4 ,un valet que j'employais les crire s\s ma dicte1 s'e/ imag9 faire un beau c\p1 en me volant quelques fragm5ts de mon ouvrage1 qu'il a eu so9 de *oisir2 je m'en console en p5sant qu'il n'y gagn]a pas plus que je n'y ai p]du4 ,il y a sept ou huit ans qu'il a comm5c l'crire1 et depuis dix-huit mois il s\ffre d'un mal qu'il avait t\j\rs r$\t1 de la colique4--,depuis que j'ai comm5c1 je suis dev5u plus vieux de sept ou huit ans2 ce n'a pas t sans faire quelque acquisition n\velle1 j'y ai gagn notamm5t des coliques nphrtiques que m'a values la libralit des ans1 c> leur comm]ce et leur compagnie1 en se prolongeant1 ne se pass5t gure sans qu'on en recueille quelque fruit de ce g5re4 ,j'aurais bi5 v\lu que p>mi les prs5ts div]s dont ils peuv5t gratifi] ceux qui les frqu5t5t longtemps1 ils en euss5t *oisi p\r moi un autre plus ma conv5ance2 ils ne p\vai5t m'en donn] un que j'aie plus en horreur1 et cela depuis mon enfance2 c> c'e/ prcism5t1 de t\s les accid5ts de la vieillesse1 celui que je r$\tais le plus4 ,combi5 les hommes sont atta*s a la vie6 il comm5ce a s'habitu] cette cruelle maladie4--,ma9tes fois1 "p moi1 j'ai p5s que j'allais trop de l'avant dans le s5ti] de la vie2 qu' =ce de faire un si long *em91 je ne devais pas manqu] de f9ir p> une mauvaise r5contre2 je le s5tais et je prote/ais1 me disant qu'il tait l'heure de p>tir1 qu'il faut int]rompre l'exi/5ce1 en tran*ant dans le vif1 qu& on e/ encore sa9 de corps1 comme font les *irurgi5s lorsqu'ils ont c\p] quelque membre2 me rptant qu' celui qui ne r5d pas temps la vie qu'elle lui prte1 la nature se fait d'ord9aire pay] avec une bi5 rig\reuse usure4 ,et cep5dant1 il s'en fallait tellem5t qu' ce mom5t je fusse prt p\r ce d"p que1 depuis dix-huit mois ou peu prs que je suis en ce dplaisant tat1 je comm5ce dj m'en accommod]2 je me fais ces d\leurs qui sont dev5ues les compagnes insp>ables de mon exi/5ce1 j'y tr\ve des sujets de consolation et d'esprance2 les hommes sont tellem5t acoqu9s leur misrable vie1 qu'il n'e/ si rude condition qu'ils n'accept5t p\r la cons]v]4 c\tez ,mcne3 ,que je ne puisse faire usage de mes ma9s1 de mes pi$s1 que je sois cul-de-jatte1 que j'aie p]du mes d5ts1 qu'importe6 t\t e/ bi51 du mom5t que je vis encore4--,c'tait de la "p de ,tam]lan masqu]1 s\s les dehors d'une sotte humanit1 la cruaut trange dont il usait l'g>d des lpreux qu'il faisait mettre mort1 ds qu'il lui en tait signal1 af91 disait-il1 de les dlivr] de l'exi/5ce si pnible qu'ils m5ai5t2 comme si t\s1 sans exception1 n'euss5t pas prfr tre trois fois lpreux et cont9u] vivre4--,anti/hne le cynique1 tant =t malade1 criait3 ,qui me dlivr]a de mes maux8 ,diogne1 qui tait v5u le voir1 lui prs5ta un c\teau1 en lui disant3 ,ceci et de suite1 si tu le veux4--,je ne dem&e pas1 rpliqua ,anti/hne1 tre dlivr de la vie1 mais seulem5t de mes maux4--,les s\ffrances qui n'affect5t que l'me ont beauc\p mo9s de prise sur moi que sur la plup>t des autres hommes3 p>tie1 p> un effet de ma raison1 le monde t5ant c]ta9es *oses p\r si horribles1 qu'elles lui sembl5t vit] mme au prix de la vie1 t&is qu'elles me sont moi peu prs indiffr5tes2 p>tie1 p> un effet de ma con/itution qui fait que je ne compr5ds pas les accid5ts et y demeure ins5sible1 qu& ils ne se manife/5t pas p> la d\leur1 disposition que je considre comme une des meilleures *oses qui soi5t en moi4 ,p\r ce qui e/ des s\ffrances auxquelles notre corps e/ rellem5t en butte et dont n\s ne p\vons n\s df5dre1 j'y suis excessivem5t s5sible2 et p\rtant1 jadis1 les envisageant d'un reg>d mal assur1 p> trop s5sible et amolli p> l'effet d'une heureuse sant1 dont il m'a t donn de j\ir longtemps1 et de la tranquillit que ,dieu m'a accorde durant la plus gr&e p>tie de mon exi/5ce1 je les avais1 p> la p5se1 conues si intolrables1 qu'en vrit j'en avais plus de peur que je n'en ai ress5ti de mal2 ce qui vi5t encore l'appui de cette croyance que la plup>t des facults de l'me1 telles que n\s en usons1 apport5t plus de tr\ble en notre vie qu'elles ne n\s r5d5t s]vice4 ,je suis actuellem5t en proie la pire de t\tes les maladies1 la plus s\da9e1 la plus d\l\reuse1 la plus mortelle1 celle p\r laquelle les mdec9s sont le plus impuissants4 ,j'en ai dj subi c9q ou six accs bi5 longs et bi5 pnibles2 et cep5dant1 ou je me flatte1 ou je crois que1 malgr t\t1 il e/ encore possible de les endur] p\r celui dont l'me e/ dgage de la cra9te de la mort et ne prte pas att5tion aux m5aces1 conclusions et consqu5ces que les mdec9s n\s mett5t en tte2 la d\leur n'a pas1 elle seule1 une acuit tellem5t viol5te et vive1 qu'un homme calme doive en concevoir de la rage et du dsespoir4 ,ces coliques ont eu au mo9s p\r moi cet avantage1 qu'elles me dt]m9]ont ce que je n'ai encore pu pr5dre sur moi1 d'tre t\t fait prt et famili>is avec l'ide de la mort2 c> plus elles me press]ont et m'importun]ont1 plus je p>vi5drai mo9s r$\t] d'en f9ir4 ,j'en tais dj arriv ne t5ir uniquem5t la vie1 que p>ce que je vis2 elles dn\]ont cet atta*em5t qui demeure encore2 et ,dieu veuille que1 si f9alem5t leur viol5ce v5ait excd] mes =ces1 elles ne me rejett5t pas dans l'extrme oppos1 non mo9s condamnable1 d'aim] et de dsir] m\rir6 ,ne craignez ni ne dsirez votre d]ni] j\r 7,m>tial74 ,ce sont l deux passions r$\t]2 mais le remde e/ plus notre porte p\r l'une que p\r l'autre4 ,il n'e/ pas de ceux qui rpr\v5t que l'on tmoigne p> des pla9tes et des cris les s\ffrances que l'on ress5t4--,au surplus1 j'ai t\j\rs e/im de pure reprs5tation1 ce prcepte qui ordonne 99 si rig\reusem5t et si positivem5t de faire bonne cont5ance et d'affect] le dda9 et le calme devant la s\ffrance que n\s cause le mal4 ,p\rquoi la philosophie1 qui ne ti5t compte que de ce qui e/ rel et de ses consqu5ces1 va-t-elle s'amus] ces app>5ces extrieures8 ,qu'elle laisse donc ce so9 aux f>ceurs et ceux qui pr(ess5t la rhtorique et atta*5t une si gr&e importance nos ge/es2 qu'elle concde fran*em5t1 lors mme qu'elle ne "p ni du cur1 ni de l'e/omac1 cette faiblesse qui se dcle p> la voix1 et qu'elle range 99 ces pla9tes qu'on p\rrait cont5ir1 dans la catgorie des s\pirs1 des sanglots1 des palpitations1 des pleurs que la nature a faits indp5dants de notre volont2 et1 p\rvu que le c\rage soit sans effroi1 nos p>oles sans dsespoir1 qu'elle se dcl>e satisfaite2 qu'importe que n\s n\s tordions les bras1 p\rvu que n\s ne tordions pas nos p5ses4 ,c'e/ p\r n\s1 et non p\r autrui1 que la philosophie n\s =me2 p\r que n\s soyons et non p\r que n\s p>aissions tre2 qu'elle se borne ex]c] son action sur notre ent5dem5t qu'elle s'e/ applique dress]2 qu'aux ef=ts de la colique1 elle ma9ti5ne notre me mme de se reconnatre1 de suivre son tra9 acc\tum1 de combattre la s\ffrance et d'y rsi/]1 au lieu de se pro/]n] honteusem5t ses pi$s2 elle peut tre mue1 *auffe p> la lutte qu'elle a s\t5ir1 elle ne doit en tre ni abattue ni r5v]se2 elle doit demeur] capable1 dans une c]ta9e mesure1 de cons]v] ses relations1 de conv]s]1 de vaqu] aux autres occupations qui lui sont dvolues4 ,dans d'aussi extrmes accid5ts1 c'e/ cruaut d'exig] de n\s une attitude si hors nature2 si notre me e/ en bon tat1 c'e/ peu que n\s ayons mauvaise m9e2 si ce doit tre p\r le corps un s\lagem5t que de se pla9dre1 qu'il se plaigne2 si l'agitation lui plat1 qu'il se t\rne et se ret\rne1 qu'il se dmne sa fantaisie2 s'il s'imag9e tr\v] une sorte de drivatif son mal 7a9si que c]ta9s mdec9s dis5t que cela vi5t en aide aux femmes ence9tes1 au mom5t de leur dlivrance7 en vocifrant autant qu'il e/ en lui1 si cela doit le di/raire de ses s\ffrances1 qu'il crie tue-tte4 ,ne comm&ons pas ces manife/ations1 mais p]mettons-les4 ,non seulem5t picure p>donne au sage de cri] au milieu des t\rm5ts1 mais il le lui conseille3 ,les lutteurs font de mme2 t\t en frappant l'adv]saire1 t\t en agitant leurs ce/es1 ils font ent5dre des gmissem5ts2 c'e/ que1 s\s l'ef=t de la voix1 t\t le corps se raidit et que le c\p e/ assn avec plus de vigueur 7,cicron74--,le mal n\s donne p> lui-mme assez de travail1 sans encore n\s emb>rass] de rgles sup]flues4 ,p\r lui1 il p>vi5t assez bi5 se cont5ir et1 mme dans les plus gr&es d\leurs1 il cons]ve sa lucidit d'esprit4--,ce que j'en dis1 c'e/ p\r excus] ceux qu'on voit d'ord9aire tempt] lorsqu'ils sont aux prises avec cette maladie et qu'ils ont en s\t5ir les assauts2 c> p\r moi1 jusqu' cette heure1 j'ai russi faire un peu meilleure cont5ance1 me cont5tant de gmir sans jet] les hauts cris2 non que je me mette en pe9e p\r cons]v] ce decorum extrieur1 c> je prise peu un semblable mrite et fais au mal t\tes les concessions qu'il veut2 mais p>ce que1 ou mes d\leurs ne sont pas aussi excessives que les leurs1 ou que j'y apporte plus de f]met que la plup>t d'entre eux4 ,je me pla9s1 je me dpite qu& ces piqres aigus me press5t trop1 mais il en e/ qui cri5t1 qui gmiss5t1 qui font ret5tir l'air de voix lam5tables 7,attius72 moi1 je n'en arrive pas un p>eil dsespoir4 ,je me palpe au plus =t de mes crises1 et t\j\rs j'ai con/at que je ne cesse dans ces mom5ts d'tre capable de p>l]1 de p5s]1 de rpondre aussi raisonnablem5t qu' t\t autre1 non cep5dant d'une faon aussi suivie1 la d\leur tr\blant et c\pant mon att5tion4 ,qu& on me croit le plus abattu1 que les assi/ants me mnag5t en ne me p>lant pas1 p\r pr\v] mes =ces je leur ti5s s\v5t de moi-mme des propos qui n'ont pas le mo9dre rapport avec mon tat4 ,en somme1 je demeure capable de t\t p> un ef=t mom5tan1 mais qu'il ne faut pas prolong]4 ,que n'ai-je la *ance de ce rveur que n\s prs5te ,cicron1 qui1 en songe1 lut9ant une fille de joie1 se tr\va db>rass de la pi]re qui lui ob/ruait le canal de l'ur?re et qui v9t se p]dre dans les draps6 ,ce sont des j\issances de t\t autre nature que me caus5t les pi]res qui se =m5t en moi4 ,dans les int]valles de d\leur excessive1 lorsque mon mal fait trve1 je me retr\ve aussitt dans mon tat normal1 d'autant que mon me ne s'en al>me pas1 elle ne fait que recevoir le contre-c\p des s5sations d\l\reuses qu'pr\ve le corps1 ce dont je suis c]ta9em5t r$evable au so9 avec lequel je me suis raisonn propos de ces accid5ts3 ,ma9t5ant1 aucune pe9e1 aucun dang] ne saurai5t me surpr5dre2 j'ai t\t prvu1 je suis prp> t\t 7,virgile74 ,et cep5dant1 p\r un appr5ti1 je suis s\mis une assez rude preuve2 la transition a t bi5 prompte et bi5 dure1 tant pass t\t c\p d'une vie trs d\ce et trs heureuse1 un tat des plus d\l\reux et des plus pnibles qui se puiss5t imag9]2 outre que cette maladie e/ =t r$\table p> elle-mme1 elle a eu *ez moi des dbuts beauc\p plus aigus et difficiles qu'ils ne sont d'ord9aire1 et les accs me revi5n5t si s\v5t que ma sant m'en p>at atte9te t\t jamais4 ,je suis t\tefois p>v5u jusqu'ici me ma9t5ir dans une situation d'esprit telle que1 si elle ne s'altre pas1 je me tr\v]ai avoir encore une exi/5ce en meilleures conditions que mille autres1 qui ne s\ffr5t ni de la fivre1 ni d'autre mal que celui qu'ils se donn5t eux-mmes p>ce que leur jugem5t e/ en dfaut4 ,ce qui l'tonne et ne peut s'expliqu]1 ce sont ces transmissions physiques et morales1 directes et indirectes des pres1 aeux et bisaeuls aux enfants4--,il e/ un g5re d'humilit =t adroite1 qui nat de la prsomption3 c'e/ de reconnatre notre ignorance en c]ta9es *oses et d'av\] c\rtoisem5t que dans les uvres de la nature1 il y a des qualits et des conditions que n\s ne p\vons saisir1 dont n\s sommes impuissants dc\vrir les moy5s et les causes4 ,p> cette honnte et consci5cieuse dcl>ation1 n\s esprons gagn] qu'on n\s croira aussi1 qu& n\s p>l]ons de *oses que n\s disons compr5dre4 ,a quoi bon faire un triage p>mi les miracles et les *oses *appant notre ent5dem5t qui ne n\s t\*5t pas6 il me semble que p>mi celles que n\s avons cont9uellem5t s\s les yeux1 il y en a de si trangem5t incomprh5sibles1 qu'elles surpass5t t\s les miracles1 p> la difficult que n\s avons de les expliqu]4 ,quelle *ose prodigieuse n'e/-ce pas1 que cette g\tte prolifique qui n\s eng5dre et qui porte avec elle des empre9tes1 non seulem5t de la con/itution physique de nos pres1 mais aussi de leurs p5ses et de leurs p5*ants8 ,o se loge1 en cette g\tte d'eau1 ce nombre inf9i de =mes embryonnaires8 ,comm5t ces g]mes de ressemblance sont-ils disposs en elle1 p\r que1 p> une progression s+ulire et qui *appe t\te rgle1 un arrire-petit-fils ti5ne de son bisaeul1 un neveu de son oncle8 ,dans la maison des ,lpide1 ,rome1 trois membres de cette famille1 non de pre en fils1 mais avec des int]valles dans la filiation1 sont ns avec des taies sur le mme il4 ,a ,?bes1 il y avait une ligne o *acun1 alors qu'il tait encore dans le se9 de la mre1 portait une empre9te de f] de lance1 si bi5 que ceux qui ne l'avai5t pas1 tai5t t5us p\r illgitimes4 ,ari/ote dit que *ez un peuple o les femmes tai5t en commun1 on attribuait aux pres leurs enfants1 p> la ressemblance des uns avec les autres4 ,il p5se t5ir de son pre ce mal de la pi]re dont il e/ afflig1 comme aussi il a hrit de lui son antipa?ie p\r les mdec9s4--,il e/ croire que je dois mon pre cette disposition la pi]re2 c> il e/ mort d'un calcul de =te dim5sion qu'il avait dans la vessie et dont il s\ffrait considrablem5t4 ,il ne s'e/ ap]u de son mal que dans sa soixante-septime anne2 jusque-l1 il n'avait ri5 pr\v de nature le mettre sur ses g>des1 ri5 ress5ti ni dans les re9s1 ni dans le ct1 ni ailleurs2 il avait vcu jusqu'alors en p>faite sant et n'tait pas sujet aux maladies2 celle-ci dura encore sept ans1 durant lesquels il m5a une f9 d'exi/5ce des plus d\l\reuses4 ,j'tais n v+t-c9q ans1 et mme davantage1 avant que le mal ne se dcl>t1 alors que sa sant tait dans son meilleur tat2 p> ordre de naissance1 j'tais le troisime de ses enfants4 ,o1 p5dant t\t ce temps1 a c\v cette prop5sion cette infirmit2 et1 alors que mon pre tait si lo9 d'en s\ffrir1 comm5t cette si faible manation de lui-mme1 d'o je suis sorti1 a-t-elle t1 p\r sa "p1 impressionne au po9t que je n'ai comm5c la ress5tir que qu>ante-c9q ans aprs1 et que1 jusqu'ici1 de tant de frres et de surs1 t\s issus de la mme mre1 je sois le seul dans ce cas8 ,celui qui m'clair]a cet g>d1 peut tre assur que je le croirai dans les explications qu'il me donn]a sur t\s autres miracles qu'il v\dra1 p\rvu qu'il ne me paie pas1 comme cela arrive d'ord9aire1 d'une ?orie beauc\p plus fanta/ique et difficile admettre que la *ose elle-mme4 ,que les mdec9s excus5t un peu ma lib]t de langage2 mais cette infusion1 cette ins9uation uvre de la fatalit1 m'ont galem5t communiqu la ha9e et le mpris que je porte leurs doctr9es2 cette antipa?ie p\r leur art m'e/ hrditaire4 ,mon pre a vcu soixante-quatorze ans2 mon aeul1 soixante-neuf2 mon bisaeul1 prs de quatre-v+ts2 t\s1 sans avoir pris aucun remde d'aucune sorte1 et1 p\r eux1 t\t ce qui n'tait pas d'usage ord9aire1 tait considr comme drogue4 ,la mdec9e s'e/ =me d'obs]vations et d'expri5ce2 il en a t de mme de ma manire de voir4 ,cette longvit n'e/-elle pas un fait d'expri5ce des mieux tabli8 ,je ne sais si t\s les mdec9s runis p\rrai5t relev] sur leurs regi/res trois cas p>eils d'hommes ns1 levs et morts au mme foy]1 s\s le mme toit1 ayant vcu autant grce leur int]v5tion4 ,ils s]ont bi5 obligs d'av\] que si1 en cela1 la raison n'e/ pas p\r moi1 j'ai du mo9s de mon ct le has>d2 or1 *ez eux1 le has>d e/ un bi5 plus gr& matre que la raison4 ,qu'ils ne tir5t pas avantage de ma situation prs5te1 qu'ils ne me m5ac5t pas2 att]r comme je le suis1 ce ne s]ait pas loyal4 ,a dire vrai1 les exemples tirs de ma propre famille1 me donn5t assez avantage sur eux1 bi5 qu'ils s'arrt5t l2 mais les *oses huma9es p]si/5t r>em5t aussi longtemps1 et il ne s'en faut que de dix-huit ans1 que celle-ci ait dj une dure de deux c5ts ans1 la naissance de mon bisaeul remontant en effet l'an mil quatre c5t deux2 il ne s]ait donc pas tonnant que cette expri5ce comm5t t\rn] autrem5t4 ,qu'ils ne me repro*5t pas les maux qui m'assaill5t cette heure2 j'ai vcu p\r ma "p qu>ante-sept ans en p>faite sant1 n'e/-ce pas suffisant8 ,si ma vie pr5ait f9 ce mom5t1 elle s]ait encore des plus longues4 ,mes anctres1 p> une t5dance qui tait dans leur nature1 et qui *ez eux tait irraisonne1 apprciai5t peu la mdec9e2 la seule vue des drogues faisait horreur mon pre4 ,le sieur de ,gaviac1 mon oncle pat]nel1 homme d'glise1 tait maladif depuis sa naissance2 il n'en a pas mo9s vcu1 avec sa sant dbile1 jusqu' soixante-sept ans4 ,ayant t pris jadis d'une =te et viol5te fivre cont9ue1 les mdec9s dcidr5t de lui dcl>] que s'il ne v\lait pas s'en remettre leurs so9s 7ils appell5t so9s ce qui le plus s\v5t n\s emp*e de gurir71 il tait infailliblem5t p]du4 ,le bon homme1 =t effray de cette horrible s5t5ce1 leur rpondit3 ,alors1 c'en e/ fait1 je suis un homme mort2 mais ,dieu ne t>da pas mettre ce prono/ic en dfaut4 ,ils tai5t quatre frres2 seul1 le sieur de ,bussaguet1 qui tait le plus jeune et de beauc\p1 eut rec\rs eux2 je suis port croire que c'tait en raison des rapports qu'il avait avec les p]sonnes d'autres pr(essions1 c> lui-mme tait conseill] au p>lem5t4 ,mal lui en prit1 c> bi5 que p>aissant le plus robu/e de con/itution des quatre1 il m\rut longtemps avant les autres2 un seul1 le sieur de ,sa9t-,mi*el1 l'avait prcd au tombeau4 ,motif du peu d'e/ime en laquelle il ti5t leur sci5ce2 elle fait plus de malades qu'elle n'en gurit4--,il e/ possible que je ti5ne d'eux cette av]sion naturelle p\r la mdec9e2 mais1 s'il n'y et eu que cette seule considration1 j'aurais essay de la surmont]1 c> t\s ces p>tis pris qui naiss5t en n\s sans raison1 sont mauvais2 c'e/ une sorte de maladie qu'il faut combattre4 ,peut-tre tait-ce une prdisposition1 mais1 depuis1 la raison e/ surv5ue qui1 l'appuyant et la =tifiant1 a dt]m9 l'op9ion que j'en ai1 c> je hais galem5t de se dcl>] contre cet art en raison de ce que ses procds ont de dsagrable4 ,ce s]ait contraire ma disposition d'esprit qui me porte tr\v] que la sant vaut d'tre cons]ve au prix de t\tes les incisions et cautrisations1 si pnibles qu'elles soi5t2 c> si1 d'accord avec picure1 les volupts qui ont p\r consqu5ce des d\leurs trop gr&es me sembl5t vit]1 les d\leurs qui ont p\r rsultat des volupts qui les excd5t me p>aiss5t re*]*]4--,c'e/ une *ose prcieuse que la sant1 la seule qui1 en vrit1 mrite qu'on y emploie p\r se la procur]1 non seulem5t le temps1 la sueur1 la pe9e1 les bi5s dont on dispose1 mais la vie elle-mme2 d'autant que1 sans elle1 l'exi/5ce n\s devi5t 99 pnible et *>ge2 sans elle1 la volupt1 la sagesse1 la sci5ce1 la v]tu elle-mme se t]niss5t et s'van\iss5t4 ,aux raisonnem5ts les plus f]mes et les plus s]rs p> lesquels la philosophie p\rrait *]*] n\s pr\v] le contraire1 il suffit d'oppos] l'impossibilit dans laquelle ,platon1 suppos frapp d'un accs d'pilepsie ou d'une attaque d'apoplexie1 se s]ait tr\v de tir] la mo9dre aide des ri*es facults de son me4 ,t\t *em9 qui mn]ait la sant1 ne s]ait p\r moi ni rude1 ni coteux2 mais j'ai c]ta9es raisons1 au mo9s app>5tes1 qui font que je me dfie trangem5t de t\tes les ass]tions des mdec9s4 ,je ne dis pas que la mdec9e n'ait quelques donnes srieuses2 que1 p>mi tant de productions de la nature1 il n'y en ait pas qui soi5t propres la cons]vation de notre sant1 cela e/ c]ta93 je sais qu'il y a des h]bes qui provoqu5t la transpiration1 d'autres qui l'arrt5t2 je sais1 p> expri5ce1 que le rai=t produit des v5ts1 et que les feuilles de sn amn5t un rel*em5t du v5tre2 plusieurs autres faits d'obs]vation me sont connus1 t\t comme je sais que le m\ton e/ n\rrissant et que le v9 rcon=te2 ,solon ne disait-il pas que mang] e/ un mdicam5t comme un autre1 que c'e/ le remde qui s'emploie contre la maladie de la faim4 ,je ne dsav\e pas que n\s mettions pr(it les productions de ce monde1 et ne d\te pas de la puissance et des ress\rces de la nature1 ni de la possibilit de la faire s]vir nos beso9s2 je vois combi5 les bro*ets et les hirondelles se tr\v5t p>faitem5t de s'en remettre elle2 mais je me dfie des inv5tions de notre esprit1 de notre sci5ce1 de notre art1 p\r lesquelles n\s l'avons ab&onne elle et ses rgles1 et que n\s ne savons cont5ir dans de sages limites4--,de mme que n\s dcorons du nom de ju/ice un fatras des premires lois v5ues1 mises en vigueur et appliques dans des conditions s\v5t =t ineptes et =t iniques1 et que ceux qui critiqu5t un p>eil sy/me et le dnonc5t1 n'ent5d5t p\rtant pas condamn] cette noble v]tu dont il a emprunt le nom1 mais seulem5t l'abus et la pr(anation de cette appellation si respectable2 de mme1 dans la mdec9e1 j'honore son nom glorieux1 ce qu'elle se propose1 ce qu'elle n\s promet de si gr&e utilit p\r le g5re huma92 mais ce quoi n\s l'appliquons1 qu& n\s en p>lons1 je ne l'honore1 ni l'e/ime4 ,en premi] lieu1 l'expri5ce m'a appris r$\t] les mdec9s2 c>1 ma connaissance1 il n'e/ pas de g5s si tt malades1 si t>d guris1 que ceux qui se mett5t entre leurs ma9s2 leur sant elle-mme e/ altre et compromise p> les rgimes qu'on leur impose4 ,les mdec9s ne se cont5t5t pas de rg5t] la maladie1 ils vont jusqu' r5dre la sant malade1 af9 qu'en aucun mom5t on ne puisse *app] leur autorit2 d'une sant qui1 jamais1 ne laisse ri5 dsir]1 ne conclu5t-ils pas qu'elle e/ l'indice d'une maladie grave qui survi5dra dans l'av5ir8 ,j'ai t assez s\v5t malade et1 sans avoir rec\rs eux1 mes maladies1 et j'en ai eu1 je puis dire1 de t\tes sortes1 ne m'ont pas plus fait s\ffrir et ont t aussi c\rtes que *ez n'importe quel autre1 sans que j'y aie ml l'am]tume de leurs ordonnances4 ,qu& je suis en sant1 j'en agis compltem5t ma guise1 sans m'impos] de rgle1 ne t5ant compte que de mes habitudes et de mon plaisir4 ,si je voyage1 t\t lieu m'e/ bon p\r y /ationn]1 p>ce que lorsque je suis malade1 je n'ai pas beso9 d'un rgime autre que celui que j'obs]ve tant bi5 portant1 p> suite je ne m'inquite pas de me tr\v] sans mdec91 sans apo?icaire1 sans sec\rs1 ce dont j'en vois qui se t\rm5t5t plus que de leur mal4 ,du re/e1 p> leur tat de sant et la dure de leur vie1 les mdec9s sont-ils eux-mmes un tmoignage dj si probant de bons effets de leur sci5ce8 ,la plup>t des peuples1 entre autres les ,roma9s1 ont longtemps exi/ sans connatre les mdec9s4--,il n'e/ pas de peuple qui ne soit demeur plusieurs sicles sans mdec9s2 et ces sicles1 les premi]s de leur exi/5ce1 en fur5t les meilleurs et les plus heureux4 ,encore cette heure1 la dixime p>tie des g5s de p> le monde n'en use pas2 nombre de nations o on vit en meilleure sant et plus longtemps qu'ici1 ne les connaiss5t pas2 et1 p>mi n\s1 le bas peuple s'en passe et s'en tr\ve bi54 ,les ,roma9s sont demeurs six c5ts ans avant de les admettre1 et1 aprs en avoir essay1 les ont *asss de leur ville1 l'in/igation de ,caton le c5seur1 qui montra comm5t il p\vait aism5t s'en pass] en vivant quatre-v+t-c9q ans1 et faisant vivre sa femme jusqu' l'ge le plus avanc1 non sans le sec\rs de la mdec9e1 mais bi5 sans celui des mdec9s1 c> ce nom de mdec9e se peut appliqu] t\t ce qui e/ susceptible de conc\rir la cons]vation de notre sant4 ,il ma9t5ait sa famille bi5 portante1 dit ,plut>que1 en lui faisant mang] =ce livres1 je crois2 comme les ,arcadi5s qui1 au dire de ,pl9e1 gurissai5t t\tes les maladies avec du lait de va*e1 et les ,liby5s qui1 d'aprs ,hrodote1 j\iss5t en gnral d'une sant exceptionnelle grce la c\tume qu'ils ont de cautris]1 en y appliquant le feu1 les ve9es du c\ et des tempes leurs enfants1 qu& ils ont atte9t l'ge de quatre ans1 c\pant c\rt p> l1 p\r t\te leur vie1 t\te production de rhume4 ,dans mon pays mme1 les g5s de la campagne n'emploi5t1 p\r t\s les accid5ts1 que du v9 aussi =t qu'il se peut1 ml quantit de safran et d'autres pices2 et ils en us5t avec un gal succs dans t\s les cas4 ,l'utilit des purgations imag9es p> la mdec9e n'e/ ri5 mo9s que pr\ve2 sait-on du re/e jamais si un remde agit en bi5 ou en mal1 et s'il n'et pas mieux valu laiss] faire la nature8--,et vrai dire1 quels autres b et effet1 t5d1 aprs t\t cette div]sit d'ordonnances confuses1 si ce n'e/ vid] le v5tre1 ce que peuv5t faire mille h]bages que n\s avons con/amm5t s\s la ma98 et puis1 je ne sais trop si cette pratique e/ aussi utile qu'on le dit1 et si notre nature n'a pas beso9 que les excrm5ts demeur5t dans une c]ta9e mesure1 t\t comme la lie du v9 e/ ncessaire sa cons]vation4 ,ne voit-on pas s\v5t des hommes en bonne sant avoir1 s\s l'effet d'un accid5t n'affectant pas cette p>tie du corps1 des vomissem5ts et des flux de v5tre1 et vacu] une gr&e quantit d'excrm5ts1 sans qu'avant l'accid5t ils en euss5t beso91 et sans qu'aprs ce leur soit bon1 en pr\vant mme des inconvni5ts et une aggravation de leur tat4 ,c'e/ du gr& ,platon que j'ai appris nagure que des trois sortes de p]turbations qu'il n\s e/ possible de provoqu] en n\s1 la d]nire et la pire e/ celle occasionne p> les purgations auxquelles nul homme1 mo9s qu'il ne soit f\1 ne doit avoir rec\rs qu' la d]nire extrmit4 ,on va a9si tr\blant et veillant le mal p> ce qu'on lui oppose et dont les effets sont contraires1 alors qu'il faudrait que ce soit uniquem5t notre g5re de vie qui1 peu peu1 l'alanguisse et l'amne pr5dre f94 ,les combats viol5ts que se livr5t la drogue et le mal sont t\j\rs notre prjudice1 puisqu'ils se pass5t en n\s et que la drogue ne n\s e/ que d'un sec\rs auquel n\s ne p\vons n\s fi]2 que1 p> elle-mme1 elle n'e/ pas favorable notre sant et qu'elle n'a accs en n\s que p>ce que n\s ne sommes pas en bon tat4 ,laissons un peu faire la nature2 l'ordre p> lequel elle assure la cons]vation des puces et des taupes1 assure de mme celle des hommes1 lorsque avec la mme pati5ce qu'y mett5t les puces et les taupes ils se laiss5t g\v]n] p> elle4 ,a cet ordre1 n\s avons beau cri]3 ,bihorre 7,allons vite76 n\s arriv]ons n\s enr\]1 mais non activ] sa m>*e que ri5 ne tr\ble ni infl*it2 notre cra9te1 notre dsespoir1 lo9 de l'incit] n\s prt] son aide1 l'en dgte et le lui fait diffr]2 il doit assur] au mal aussi bi5 qu' la sant de suivre leur c\rs1 il ne saurait se prt] favoris] l'un au dtrim5t de l'autre1 et il ne le f]a pas1 p>ce qu'il ne s]ait plus l'ordre1 il s]ait le dsordre4 ,suivons-le1 de p> ,dieu6 suivons-le2 il dirige ceux qui le suiv5t2 ceux qui ne le suiv5t pas1 il les entrane et1 avec eux1 leur rage et leur mdec9e1 le t\t ensemble4 ,faites-v\s ordonn] une purgation p\r votre c]velle1 elle s]a de meilleur effet que p\r votre e/omac4 ,on dem&ait un ,lacdmoni5 quoi il devait d'avoir vcu si bi5 portant et si longtemps3 ,a ce que je ne sais pas ce que c'e/ que se drogu]1 rpondit-il4--,l'emp]eur ,adri51 lors de sa mort1 rptait sans cesse que l'afflu5ce des mdec9s l'avait tu4--,un mauvais lutteur s'tait fait mdec93 ,c\rage1 lui dit ,diogne1 tu z raison2 tu vas p\voir ma9t5ant mettre en t]re1 ceux qui t'y ont mis autrefois4--,ils ont cette heureuse *ance1 disait ,nicocls1 que le soleil claire leurs succs et que la t]re ca*e leurs fautes4 ,les mdec9s se t>gu5t de t\tes les amliorations qu'pr\ve le malade1 et tr\v5t t\j\rs excus] le mauvais succs de leurs ordonnances4--,en outre1 ils ont une faon bi5 avantageuse de faire t\rn] leur pr(it les vnem5ts quels qu'ils soi5t3 ,si le has>d1 la nature ou t\te autre cause 7et le nombre en e/ inf9i7 laquelle ils sont trang]s1 ont sur v\s une action favorable et salutaire1 c'e/ leur privilge de se l'attribu]2 eux revi5t le mrite de t\tes les amliorations que ress5t le pati5t qui s'e/ mis entre leurs ma9s2 ce qui m'a guri1 moi et mille autres qui n'appelons pas les mdec9s notre aide1 ils s'en font honneur auprs de ceux qu'ils trait5t4 ,quant aux accid5ts f*eux qui leur arriv5t1 ou ils les dsav\5t compltem5t et les imput5t la faute de leur malade1 en invoquant des raisons si futiles1 qu'ils ne peuv5t manqu] d'en tr\v] bon nombre donn]3 ,il a dc\v]t son bras2 il a ent5du le bruit d'une voiture1 le bruit de *>s emb>rasss au dt\r de rues troites 7,juvnal72 on a entr'ouv]t sa f5tre2 il s'e/ c\* sur le ct2 il lui e/ pass p> la tte des ides pnibles4 ,en somme1 une p>ole1 un songe1 un reg>d de quelqu'un ayant le mauvais il leur sembl5t une excuse suffisante p\r se d*>g] de leur faute4 ,ou encore1 si cela leur convi5t mieux1 ils se s]v5t de cette aggravation au mieux de leurs intrts1 en s'y pr5ant de la manire suivante1 qui ne peut jamais leur donn] de mcompte3 lorsque la maladie r$\ble p> l'effet de leur mdicam5tation1 ils n\s en ddommag5t en affirmant que1 sans leurs remdes1 c'et t bi5 pire1 et que celui dont ils ont trans=m un refroidissem5t en un accs de fivre passagre et t1 sans eux1 atte9t de fivre cont9ue4 ,peu leur importe de ne pas russir1 le dommage tant t\t pr(it p\r eux4 ,ils ont vraim5t bi5 raison de requrir de leurs malades une confiance aussi optimi/e1 et il la faut en vrit ceux-ci bi5 entire et bi5 s\ple1 p\r en arriv] accept] t\t ce que leurs mdec9s imag95t1 si peu croyable que ce soit4 ,platon disait avec ju/e raison que les mdec9s peuv5t m5tir en t\te lib]t1 puisque notre salut dp5d de la frivolit et de la fausset des assurances qu'ils n\s donn5t4--sope1 cet auteur d'un tal5t exceptionnel1 dont peu de g5s sont en tat de disc]n] la grce1 e/ plaisant qu& il n\s dcrit l'autorit tyrannique qu'ils usurp5t sur ces pauvres esprits affaiblis et abattus p> le mal et la cra9te4 ,il conte qu'un malade1 que/ionn p> son mdec9 sur l'effet produit p> des mdicam5ts qu'il lui a fait pr5dre1 lui rpond3 ,j'ai beauc\p transpir4--,cela e/ bon1 dit le mdec94 ,une autre fois1 lui ayant dem& comm5t il s'tait comport depuis qu'il ne l'avait vu3 ,j'ai eu excessivem5t froid1 lui rpond le malade1 et de viol5ts frissons4--,trs bi51 fait aussitt le mdec94 ,une troisime fois1 s'enqurant encore comm5t il se portait3 ,je me s5s1 rpond-il1 enfl] et dev5ir b\ffi1 comme si j'tais hydropique4--,voil qui e/ p>fait1 rplique le mdec94 ,un des dome/iques du pati5t v5ant1 aprs cette d]nire visite1 s'in=m] auprs de lui de son tat3 ,je vais bi51 mon ami1 lui dit-il1 si bi5 qu' =ce d'all] bi51 je me meurs4 ,loi des gypti5s r5dant les mdec9s responsables de l'efficacit du traitem5t de leurs malades4--,il y avait en gypte une loi =t ju/e1 qui d*>geait le mdec9 de t\te responsabilit p5dant les trois premi]s j\rs1 qu& un malade se confiait lui2 durant ce temps1 son cli5t tait trait ses propres risques et prils2 mais1 ces trois j\rs c\ls1 le mdec9 dev5ait responsable et le traitem5t passait sa *>ge4 ,esculape1 leur patron1 a bi5 t frapp de la f\dre p\r avoir ram5 ,hippolyte de la mort la vie3 ,jupit]1 indign qu'un mortel et t rappel de la nuit inf]nale la lumire du j\r1 frappa de la f\dre le fils d',apollon1 l'inv5teur de cet art audacieux1 et le prcipita dans le ,/yx 7,virgile71 p\rquoi ses successeurs1 qui font pass] tant d'mes de vie trpas1 s]ai5t-ils indemnes8 ,l'un d'eux vantait ,nicocls l'autorit considrable laquelle son art tait p>v5u3 ,c'e/ bi5 mon s5tim5t1 dit ,nicocls1 puisqu'il peut tu] tant de g5s impunm5t4 ,le my/re si$ la mdec9e2 le *>latanisme que les mdec9s apport5t dans la confection de leurs ordonnances1 leur attitude compasse auprs des malades1 en impos5t2 ils devrai5t aussi ne jamais discut] qu' huis clos et se g>d] de trait] plusieurs un mme malade4--,si j'avais t admis donn] mon avis1 j'aurais v\lu p\r eux des traditions o la div9it et le my/re euss5t eu plus de "p2 ils avai5t bi5 comm5c1 mais ils n'ont pas p\rsuivi4 ,c'tait un bon po9t de d"p que d'avoir fait man] leur sci5ce des dieux et des dmons1 d'avoir pris un langage "p1 une criture "p1 quoi qu'en p5se la philosophie qui e/ime que c'e/ folie de v\loir donn] en t]mes in9telligibles des conseils un homme qui a en faire son pr(it3 ,comme si1 p\r conseill] un malade d'aval] un esc>got1 un mdec9 lui ordonnait de pr5dre un enfant de la t]re1 m>*ant dans l'h]be1 dp\rvu de sang et portant sa maison sur son dos 7,cicron74--,c'tait une bonne rgle p\r leur art1 qu'on retr\ve du re/e dans t\s les arts 99 fanta/iques qui ne sont pas srieux et qui ont p\r base le surnaturel1 que celle qui pose que la foi du pati5t1 p> l'esprance et l'assurance qu'elle eng5dre en lui1 doit second] l'action du mdec9 et en facilit] l'effet2 cette rgle1 *ez eux1 va jusqu' tablir que le pratici5 le plus ignorant1 le plus grossi]1 si l'on a confiance en lui1 e/ prfrable au plus exprim5t1 si celui-ci e/ inconnu4--,le *oix mme de leurs drogues a quelque *ose de my/rieux et de sacr3 le pi$ gau*e d'une tortue1 l'ur9e d'un lz>d1 la fi5te d'un lphant1 le foie d'une taupe1 du sang tir de dess\s l'aile droite d'un pigeon blanc1 et1 p\r n\s autres1 atte9ts de coliques nphrtiques 7e/-ce assez abus] de nos misres71 des crottes de rat pulvrises et telles autres prescriptions biz>res qui ti5n5t plus des en*antem5ts de la magie que d'une sci5ce srieuse4 ,je laisse de ct ces autres s+ul>its3 que les pilules sont pr5dre en nombre impair2 qu'il faut1 p\r les pr5dre1 faire *oix de c]ta9s j\rs et ftes de l'anne2 que les h]bes entrant dans leurs +rdi5ts sont cueillir des heures dt]m9es2 enf9 l'air rb>batif et rfl*i1 dont se moque ,pl9e lui-mme1 qu'ils apport5t dans leur attitude et leur cont5ance4 ,seulem5t1 avec de si beaux dbuts1 ils ont1 dirais-je1 commis la faute de ne pas avoir aj\t que leurs assembles et leurs consultations aurai5t un c>actre religieux et s]ai5t secrtes2 qu'aucun pr(ane n'y aurait accs1 pas plus que lorsqu'on clbre les my/res du culte d',esculape2 de cette faute1 il arrive que leurs irrsolutions1 la faiblesse de leurs raisonnem5ts sur ce qu'ils croi5t dev9] et qui s]t de base leurs discussions si acrimonieuses1 ple9es de ha9e1 de jal\sie1 de considrations p]sonnelles1 v5ant tre rvles t\t un *acun1 il faut tre tonnamm5t aveugle1 p\r ne pas se s5tir bi5 av5tur qu& on se remet entre leurs ma9s4--,qui a jamais vu un mdec9 confirm] t\t simplem5t l'ordonnance d'un confrre1 sans y ri5 aj\t] ou retran*]8 ils trahiss5t p> l l'inanit de leur art1 et n\s font voir qu'ils se proccup5t plus de leur rputation et p> suite de leurs pr(its1 que de leurs malades4 ,celui-l de leurs docteurs a t le plus sage qui1 anci5nem5t1 leur a recomm& de n'tre qu'un s'occup] d'un mme malade2 s'il ne fait ri5 qui vaille1 la faute d'un seul ne s]a pas de gr&e importance p\r le bon r5om de la corporation2 et une gr&e gloire rejaillira sur t\s1 si1 au contraire1 il vi5t bi5 r5contr]4 ,qu& ils sont plusieurs s'occup] d'un mme cas1 ils dcri5t cont9uellem5t le mti]1 d'autant qu'il leur arrive de faire plus s\v5t mal que bi54 ,ils devrai5t se cont5t] du p]ptuel dsaccord qui exi/e dans les op9ions des pr9cipaux matres et auteurs de leur sci5ce dans l'antiquit1 dsaccord que connaiss5t seuls les g5s qui sont v]ss dans les lettres1 sans laiss] voir au vulgaire les controv]ses et les *angem5ts d'ides qui cont9u5t abond] en eux et les divis]4 ,sur la cause mme des maladies que d'op9ions div]ses6--,v\lons-n\s un exemple des dbats de la mdec9e1 aux temps anci5s8 ,hirophile attribue nos humeurs la cause orig9elle de nos maladies2 rasi/rate1 au sang des artres2 ,asclpiade1 aux atomes invisibles qui pntr5t p> nos pores2 ,alcmon1 une surabondance ou un affaiblissem5t des =ces corporelles2 ,diocls1 une 9galit dans la proportion des lm5ts dont se compose le corps1 a9si qu' la qualit de l'air que n\s respirons2 ,/raton1 un excs1 une difficult d'assimilation et une corruption des alim5ts que n\s pr5ons2 ,hippocrate l'attribue aux esprits4 ,un de leurs amis1 qu'ils connaiss5t mieux que moi1 dit ce propos que la sci5ce la plus importante p\r n\s1 celle qui a *>ge de notre cons]vation et de notre sant1 e/1 p> malheur1 la plus inc]ta9e1 la plus confuse1 la plus agite p> les *angem5ts qui s'y produis5t4 ,il n'y a pas gr& mal ce que n\s fassions erreur dans la mesure de la hauteur du soleil1 non plus que dans la rsolution de quelque calcul a/ronomique2 mais ici1 o il y va de t\t notre tre1 il n'e/ pas sage de n\s ab&onn] la m]ci de l'agitation produite p> tant de v5ts contraires4 poque laquelle la mdec9e a comm5c tre en crdit et fluctuations qu'ont1 depuis cette orig9e1 subies les pr9cipes sur lesquels elle repose4--,avant la gu]re du ,ploponse1 il n'tait gure "q de cette sci5ce2 ,hippocrate la mit en crdit4 ,t\tes les rgles qu'il en posa1 fur5t po/rieurem5t modifies p> ,*rysippe2 rasi/rate1 petit-fils d',ari/ote1 r5v]sa t\t ce que ,*rysippe en avait crit4 ,aprs eux1 v9r5t les ,empiriques qui appliqur5t cet art une m?ode t\te diffr5te de celle suivie jusqu'alors4 ,qu& le crdit de ces d]ni]s comm5a vieillir1 ,hrophile fit application d'une mdec9e t\te autre1 contre laquelle ,asclpiade1 qui v9t aprs1 s'leva et dont il triompha son t\r4 ,les op9ions de ,?misson1 puis celles de ,musa 99 v9r5t plus t>d faire autorit2 puis encore aprs1 celles de ,vectius ,val5s1 fameux p> ses relations intimes avec ,messal9e4 ,au temps de ,nron1 ,!ssalus t9t le sceptre2 il abolit et condamna t\t ce qui avait t admis jusqu' lui4 ,sa doctr9e fut r5v]se p> ,cr9as de ,m>seille qui introduisit n\veau de rgl] t\tes les oprations mdicales d'aprs les tables a/ronomiques et le c\rs des a/res2 de mang]1 boire et dormir aux heures qui plaisai5t la ,lune et ,m]cure4 ,son autorit ne t>da pas tre supplante p> celle de ,*>9us1 mdec9 de cette mme ville de ,m>seille1 qui non seulem5t combattit les procds de la mdec9e anci5ne1 mais encore l'usage des ba9s *auds que t\t le monde pratiquait et qui1 depuis tant de sicles1 tai5t passs dans les habitudes3 il faisait baign] les g5s dans l'eau froide1 mme en hiv]1 et plongeait ses malades dans l'eau telle qu'on la puisait dans les ruisseaux4--,jusqu'au temps de ,pl9e1 aucun ,roma9 n'avait encore daign ex]c] la mdec9e2 elle se faisait p> les trang]s et les ,grecs1 comme cela a lieu *ez n\s ,franais1 o elle se fait p> des g5s b>ag\9ant le lat92 c>1 a9si que le dit un trs gr& mdec91 n\s n'acceptons pas aism5t la mdec9e que n\s compr5ons1 pas plus que la drogue que n\s cueillons n\s-mmes4 ,si1 dans les contres d'o n\s tirons le gaiac1 la salsep>eille et le bois d'esqu9e1 il y a des mdec9s1 combi5 y doit-on faire fte nos *\x et notre p]sil1 en raison de la vogue dont j\iss5t les produits qui sont trang]s1 r>es et *]s1 p]sonne n'osant faire fi de *oses qu'on a t *]*] si lo91 en s'exposant aux risques d'un long et prilleux voyage8--,entre ces trans=mations de la mdec9e dans les temps anci5s et notre poque1 il y en a eu d'autres en nombre inf9i2 le plus s\v5t1 elles ont t radicales et univ]selles1 comme celles introduites de notre temps p> ,p>acelse1 ,fioravanti et ,arg5t>ius1 qui ne *ang5t pas seulem5t une recette mais1 ce que l'on m'a dit1 t\t ce qui fait loi en mdec9e1 a9si que les conditions mmes dans lesquelles elle s'ex]ce1 accusant d'ignorance et de *>latanisme t\s ceux qui1 avant eux1 ont ex]c cette pr(ession4 ,je v\s laisse p5s] ce que1 dans t\t cela1 devi5t le pauvre pati5t4 ,ri5 de mo9s c]ta9 que les mdicam5ts ne fass5t pas de mal s'ils ne font pas de bi52 en outre1 les mprises sont frqu5tes2 la *irurgie (fre une bi5 plus gr&e c]titude4--,si encore1 qu& ils se tromp5t1 n\s tions assurs que si n\s n'en retirons pr(it cela du mo9s ne n\s nuit pas1 ce s]ait un compromis honorable que d'avoir *ance de n\s bi5 port]1 sans risqu] de c\rir notre p]te4 sope1 dans ses contes1 n\s dit que quelqu'un ayant a*et un esclave maure et croyant que la c\leur de sa peau tait le fait d'un accid5t et prov5ait de mauvais traitem5ts que lui aurait fait endur] son premi] matre1 lui fit suivre1 avec gr& so91 un rgime comportant ba9s et tisanes qui eut p\r effet de ne modifi] en ri5 le te9t basan du ,maure1 mais altra compltem5t sa sant excell5te aup>avant4--,combi5 ne voyons-n\s pas les mdec9s s'imput] les uns aux autres la mort de leurs pati5ts8 ,j'ai s\v5ance d'une maladie trs dang]euse1 s\v5t mortelle1 atteignant surt\t les basses classes1 qui1 il y a quelques annes1 svit dans les villes de mon vois9age4 ,l'pidmie passe aprs avoir fait un nombre considrable de victimes1 un des plus fameux mdec9s de la contre publia sur la matire un ouvrage dans lequel il critiquait l'usage qui avait t fait de la saigne p\r combattre cette maladie1 confessant que c'tait l l'une des pr9cipales causes des p]tes qui avai5t t faites4 ,il y a mieux1 ceux d'entre eux qui criv5t1 convi5n5t qu'il n'y a pas de mdicam5t qui n'ait un effet nuisible2 si ceux mmes qui n\s sont d'un effet utile1 n\s nuis5t d'une faon ou d'une autre1 que doiv5t produire ceux qu'on n\s fait absorb] hors de propos8 ,qu& ce ne s]ait que cela1 j'e/ime que p\r ceux auxquels en rpugne le gt1 c'e/ un ef=t dang]eux qui peut leur tre prjudiciable1 que de les leur faire pr5dre a9si contre-cur1 p>eil mom5t2 je crois que c'e/ s\mettre le malade une bi5 rude preuve1 alors qu'il a tant beso9 de repos2 sans compt] qu' considr] les incid5ts si lg]s1 si insignifiants qui1 d'aprs les mdec9s1 sont ord9airem5t cause de nos maladies1 j'en arrive conclure qu'une =t petite erreur dans l'adm9i/ration de leurs drogues peut n\s nuire considrablem5t4 ,or1 si l'erreur d'un mdec9 e/ dang]euse1 n\s sommes en bi5 mauvaise situation1 c> il lui e/ bi5 difficile de ne pas y retomb] s\v5t2 il a beso9 de trop de docum5ts1 d'exam5s1 d'tre au fait de trop de circon/ances1 p\r asseoir judicieusem5t ses rsolutions2 il faut qu'il connaisse le tempram5t du malade1 sa temprature1 son humeur1 ses dispositions1 ses occupations et mme ce qu'il p5se et ce qu'il rve2 il faut qu'il se r5de compte des conditions ambiantes1 de la nature du lieu1 de l'air1 du climat1 o en sont les plantes de leur rvolution et leurs influ5ces2 il doit savoir les causes de la maladie1 les c>actres s\s lesquels elle se prs5te1 ses effets1 les j\rs critiques2 de la drogue dont il f]a emploi1 il a connatre le poids1 l'action1 le pays d'o elle vi5t1 son aspect1 quelle poque elle remonte p\r jug] de sa =ce1 les quantits ordonn]2 et1 t\tes ces conditions envisages1 il faut qu'il sa*e les proportionn] les unes aux autres1 de manire ce qu'elles s'h>monis5t p>faitem5t4 ,p\r peu qu'il se mpr5ne1 que de tant d'lm5ts div]s1 un seul agisse contre-temps1 en voil assez p\r que n\s soyons p]dus2 et ,dieu sait de quelles difficults e/ la connaissance de ces div]ses p>ticul>its6 ,comm5t1 p> exemple1 dt]m9] le c>actre propre de la maladie1 *acune se prs5tant s\s une inf9it de =mes8 ,que de dbats et de d\tes s\lv5t *ez les pratici5s les dductions tir] de l'exam5 des ur9es6 ,sans ces difficults1 ils ne s]ai5t pas1 comme n\s les voyons1 en cont9uelles discussions sur le diagno/ic du mal1 et quelles excuses aurai5t-ils p\r cette faute qu'ils commett5t si s\v5t de pr5dre une m>tre p\r un r5>d8 ,qu& je les ai consults sur mes propres maux1 p\r peu que le cas prs5tt quelque difficult1 je n'en ai jamais tr\v trois qui ai5t pu se mettre d'accord4 ,naturellem5t1 mes rem>ques cet g>d se port5t plus p>ticulirem5t sur les faits qui me t\*5t3 d]nirem5t1 ,p>is1 un g5tilhomme1 sur une consultation de mdec9s1 se s\mit l'opration de la taille2 on ne tr\va pas plus de pi]re dans sa vessie que dans sa ma94 ,ici mme1 un vque1 avec lequel j'tais =t li1 avait t in/amm5t conseill p> la plup>t des mdec9s qui l'avai5t exam91 de se faire opr] p\r cette mme maladie2 je m'tais mme entremis p\r l'y dcid]1 conva9cu que j'tais1 sur la foi d'autrui1 qu'il y avait lieu2 lorsqu'il fut mort et qu'on fit son autopsie1 on tr\va qu'il n'avait que mal aux re9s4 ,les mdec9s1 qu& il s'agit de cette maladie1 sont mo9s excusables qu'en t\tes autres1 p>ce que l le mal e/ p\r a9si dire palpable4--,c'e/ en quoi la *irurgie me semble tre une sci5ce qui (fre beauc\p plus de c]titude1 p>ce qu'on y voit et s5t ce qu'on fait1 il y a mo9s conjectur] et dev9]2 t&is que les mdec9s n'ont pas de speculum leur p]mettant d'exam9] le c]veau1 les p\mons1 le foie comme ils sont mme de le faire p\r la matrice4 ,comm5t aj\t] foi des mdicam5ts complexes1 composs en vue d'actions diffr5tes et p>fois opposes8--,n\s ne p\vons mme pas aj\t] foi aux assurances qu'ils n\s donn5t1 c> lorsqu'ils ont p\rvoir div]s accid5ts produisant des effets contraires qui n\s oppress5t simultanm5t et ont entre eux des rapports presque 9vitables1 comme dans le cas o n\s pr\vons de la *aleur au foie et du froid l'e/omac1 ils vont n\s p]suadant que de leurs +rdi5ts1 ceci r*auff]a l'e/omac1 cela refroidira le foie2 l'un doit all] droit aux re9s1 voire mme jusqu' la vessie1 sans faire s5tir son action sur d'autres p>ties de n\s-mmes1 et1 durant ce long p>c\rs ple9 d'emb>ras1 doit cons]v] ses =ces et sa v]tu jusqu' ce qu'il soit p>v5u au po9t o il doit agir p> ses proprits occultes2 un autre ass*]a le c]veau1 celui-l humect]a le p\mon2 et ayant ml le t\t ensemble p\r en con/itu] le breuvage qu'il va falloir absorb]1 n'e/-ce pas en quelque sorte rv] que d'espr] qu'alors1 dans ce mlange confus1 *acune de ces div]ses proprits1 se triant d'elle-mme1 se sp>]a des autres et ira satisfaire celui de ces div]s (fices qui lui e/ dvolu8 ,aussi je cra9s =t qu'elles ne s'g>5t ou que1 se trompant de de/9ation1 ne vi5n5t port] le tr\ble l o elles ont affaire4 ,n'e/-il pas galem5t apprh5d] que dans ce ple-mle liquide1 elles ne se corromp5t1 ne se confond5t1 ne s'altr5t les unes les autres8 ,enf91 c'e/ un autre que celui qui l'a =mule1 qu'incombe l'excution de cette ordonnance1 la foi1 la m]ci de laquelle n\s n\s ab&onnons1 et dont1 je le rpte1 dp5d notre vie6 ,*aque maladie devrait tre traite p> un mdec9 di/9ct qui s'en s]ait spcialem5t occup4--,n\s avons1 p\r n\s habill]1 des g5s qui ne confectionn5t que des p\rpo9ts1 t&is que d'autres ne font que des *ausses2 et n\s sommes d'autant mieux s]vis que *acun d'eux ne se mle que de ce qui le reg>de et que son tal5t s'ex]ce dans des limites plus re/re9tes1 mieux que n\s ne le s]ions p> un tailleur qui fait le t\t4 ,p\r ce qui e/ de la n\rriture1 les gr&s1 p\r la prp>ation de leurs alim5ts1 ont avantage avoir des g5s qui prp>5t les potages et d'autres les rtis2 un cuis9i] qui a *>ge des uns et des autres ne p>vi5t pas les russir t\s aussi bi54 ,c'e/ une ide analogue qui faisait qu'avec raison1 les gypti5s n'admettai5t pas qu'en ce qui t\*e l'art de gurir1 le mdec9 ft univ]sel3 ils spcialisai5t les diffr5tes bran*es de cette pr(ession2 *aque maladie1 *aque p>tie du corps avait son spciali/e2 de la sorte1 *acun ne s'occupant que d'elle1 *acune tait beauc\p mieux traite et plus suivant ce qui lui conv5ait4 ,les mdec9s de nos j\rs ne rfl*iss5t pas que qui p\rvoit t\t1 ne p\rvoit ri51 et que s'occup] de t\tes les affaires de ce petit monde qu'e/ le corps huma91 dpasse leurs moy5s4 ,en craignant d'arrt] la dyss5t]ie *ez un ami moi1 qui valait mieux qu'eux t\s tant qu'ils sont1 p\r ne pas lui caus] de fivre ils me l'ont tu4 ,ils r5d5t leurs oracles au poids1 sans t5ir compte des maux qu'ils ont combattre2 et1 p\r ne pas gurir le c]veau au prjudice de l'e/omac p> leurs drogues aux qualits discordantes qui agiss5t d'une faon dsordonne1 ils r5d5t malade l'e/omac et aggrav5t la maladie du c]veau4 ,faiblesse et inc]titude des raisonnem5ts sur lesquels e/ fond l'art de la mdec9e2 l'un condamne ce que l'autre appr\ve4--,quant la faiblesse et la div]sit des raisonnem5ts qu'ils n\s ti5n5t1 elles sont1 dans cet art1 plus app>5tes que dans t\t autre4 ,ils v\s dis5t1 tantt que les sub/ances apritives convi5n5t un homme en proie la colique1 p>ce qu'ouvrant et dilatant les conduits int]nes1 elles entran5t v]s les re9s cette matire gluante gnratrice de la gravelle et de la pi]re1 et prcipit5t en contre-bas ce qui comm5ce s'amass] et durcir dans les re9s2 tantt que ces mmes sub/ances sont dang]euses p\r un homme en proie cette affection1 p>ce qu'ouvrant et dilatant ces conduits1 elles a*em95t v]s les re9s cette matire qui se trans=me en gravi]1 que cet organe saisit d'autant mieux que cela r5tre dans ses fonctions1 et expose ce qu'il en reti5ne beauc\p sur la quantit qui lui arrive2 aj\tant que1 si p> has>d il se r5contre un corps tant soit peu plus gros qu'il ne faut p\r p\voir trav]s] t\s ces canaux troits qui lui re/5t fran*ir p\r tre expuls au dehors1 entran p> ces sub/ances apritives1 il y pntre et1 s'il vi5t les ob/ru]1 occasionne 9vitablem5t la mort et une mort trs d\l\reuse4--,leurs conseils sur le rgime qu'il convi5t que n\s suivions1 n'ont pas plus de fixit3 tantt ils dis5t qu'il e/ bon d'ur9] frquemm5t1 p>ce que l'expri5ce n\s montre qu'en lui donnant le loisir de cr\pir1 l'ur9e se d*>ge des excrm5ts qui s'y tr\v5t en susp5sion1 lesquels con/itu5t une sorte de lie qui s]t la =mation des calculs dans la vessie2 tantt qu'il e/ bon de ne pas ur9] s\v5t1 p>ce qu'autrem5t1 en raison de leur poids1 ces lm5ts que l'ur9e *>rie1 ne s]ont po9t entrans si le jet n'e/ pas d'une =ce suffisante1 l'expri5ce montrant qu'un torr5t au c\rs imptueux fait place nette p>t\t o il passe1 bi5 plus qu'un ruisseau c\lant l5tem5t et ins5siblem5t4--,de mme1 ils n\s dis5t tantt qu'il e/ bon d'avoir des rapports frqu5ts avec la femme1 p>ce que cela ouvre les conduits et fait circul] le gravi] et le sable2 tantt que c'e/ mauvais1 p>ce que cela *auffe les re9s1 les lasse et les affaiblit4 ,tantt encore que les ba9s *auds sont bons1 p>ce qu'ils dt5d5t et r5d5t plus s\ples les organes o sj\rn5t le sable et la pi]re2 tantt qu'ils sont mauvais1 p>ce que l'action de cette *aleur ext]ne sur les re9s1 les aide cuire1 durcir et ptrifi] la matire prte cette trans=mation4--,a ceux qui pr5n5t les eaux !rmales1 ils vont disant qu'il convi5t de mang] peu le soir1 af9 que les eaux qu'ils doiv5t boire le l5dema9 mat91 ai5t plus d'action1 l'e/omac tant vide et n'tant pas contr>i dans ses fonctions2 mo9s t\tefois qu'ils ne leur dis5t le contraire3 qu'il vaut mieux mang] peu au repas de midi1 p\r ne pas tr\bl] l'action de l'eau qui n'e/ pas encore compltem5t a*eve1 ne pas *>g] l'e/omac aussitt aprs l'ef=t qu'il vi5t de faire et report] le pr9cipal travail de la dige/ion la nuit qui s'y prte mieux que le j\r o le corps et l'esprit sont p]ptuellem5t en m\vem5t et en action4 ,voil comm5t les mdec9s raisonn5t con/amm5t1 faisant des bonim5ts et se j\ant nos dp5s2 ils ne saurai5t mettre une seule proposition1 laquelle je ne puisse en oppos] une absolum5t contraire et de mme valeur4 ,qu'on ne crie donc pas contre ceux qui1 devant de telles contradictions1 se laiss5t d\cem5t all] ce que leur dict5t leurs p5*ants et les conseils de la nature1 s'en remettant la =tune qui prside aux de/9es de t\s4 ,quoique ,montaigne n'ait confiance en aucun remde1 il reconnat que les ba9s sont utiles2 peut-tre aussi les eaux !rmales4 ,div]sit dans les modes d'emploi de ces eaux4--,j'ai eu occasion de visit]1 dans mes voyages1 presque t\tes les /ations balnaires de la *rti5t1 et depuis quelques annes j'en fais usage1 p>ce que d'une faon gnrale j'e/ime que les ba9s sont *ose hyginique et crois que nombre d'affections d'une c]ta9e gravit1 ti5n5t ce que n\s avons p]du l'habitude de n\s lav] le corps t\s les j\rs1 a9si que cela tait dans les c\tumes de presque t\tes les nations des temps passs et que cela s'e/ encore ma9t5u *ez plusieurs2 je n'arrive pas m'imag9] que n\s ayons avantage t5ir a9si nos membres encrots et nos pores b\*s p> la crasse4 ,p\r ce qui e/ de pr5dre ces eaux en boisson1 la =tune a fait d'abord que cela n'e/ aucunem5t contraire mes gts1 en second lieu que c'e/ *ose naturelle et simple qui du mo9s1 si elle n'e/ utile1 n'e/ pas dang]euse1 ce que me p]met d'affirm] ce nombre inf9i de g5s de t\tes sortes et de t\s tempram5ts qui s'y r5d5t4 ,bi5 qu'encore je n'aie pas con/at qu'elles ai5t produit aucun rsultat miraculeux ou extraord9aire1 et qu'en m'in=mant d'un peu plus prs qu'on ne le fait d'habitude1 j'aie tr\v faux et dnus de fondem5t t\s les bruits de faits de cette nature qui se rp&5t en ces lieux et auxquels on aj\te foi 7le monde se trompe si aism5t sur ce qu'il dsire72 p> contre1 je n'ai gure vu de p]sonnes dont ces eaux ai5t empir l'tat4 ,on ne peut1 sans p>ti pris1 leur refus] qu'elles veill5t l'apptit1 facilit5t la dige/ion et n\s r5d5t p\r a9si dire plus guill]ets1 si on n'y va pas b\t de =ces1 ce que je dconseille bi52 impuissantes relev] d'une ru9e imm95te1 elles peuv5t v5ir en aide dans le cas d'un lg] branlem5t1 ou p>] la m5ace d'une altration pro*a9e4 ,qui y vi5t sans tre en disposition suffisante p\r p\voir j\ir de la compagnie qui s'y tr\ve1 des prom5ades et des excursions auxquelles n\s convie la beaut des lieux o se tr\v5t la plup>t de ces eaux1 p]d indubitablem5t le meilleur et le plus efficace de leurs effets4 ,aussi ai-je t\j\rs1 jusqu' prs5t1 fait *oix1 p\r y sj\rn] et en faire usage1 des localits les plus agrables p> leurs sites et qui1 en mme temps1 (fr5t le plus de commodit s\s le rapport du logem5t1 de la n\rriture et de la socit1 comme sont3 en ,france1 les ba9s de ,bagnres2 sur les conf9s de l',allemagne et de la ,lorra9e1 ceux de ,plombires2 en ,suisse1 ceux de ,bade2 en ,toscane1 ceux de ,lucques1 et en p>ticuli] ceux della ,villa1 dont j'ai u le plus s\v5t et en div]ses saisons4 ,*aque nation a ses ides p>ticulires sur le mode d'emploi des eaux et les conditions dans lesquelles elles doiv5t tre prises1 lesquelles sont =t v>iables2 quant leur effet1 il e/1 d'aprs ce que j'en ai pr\v1 peu prs le mme p>t\t4 ,en ,allemagne1 on ne les boit jamais2 p\r t\tes les maladies1 on les pr5d s\s =me de ba9s et on passe t\t son temps b>bot] dans l'eau1 presque d'un soleil l'autre4 ,en ,italie1 qu& on boit p5dant neuf j\rs1 on se baigne p5dant tr5te au mo9s2 l'eau se boit d'ord9aire additionne d'autres drogues qui en second5t l'action4 ,dans c]ta9es /ations1 on v\s ordonne de v\s prom5] p\r la bi5 digr]2 dans d'autres1 on la pr5d au lit que l'on g>de jusqu' ce qu'on l'ait r5due1 et1 durant ce temps1 on entreti5t1 en les *auffant1 une *aleur cont9ue l'e/omac et aux pi$s4 ,les ,allem&s ont de p>ticuli] que la plup>t se font1 dans le ba91 appliqu] des v5t\ses sc>ifies4 ,les ,itali5s pratiqu5t les d\*es1 qui se donn5t au moy5 de conduites qui amn5t cette eau *aude dans des espces de g\ttires1 d'o elle tombe2 on la reoit a9si p5dant une heure le mat9 et autant l'aprs-dn]1 un mois durant1 soit sur la tte1 soit sur l'e/omac1 soit sur t\te autre p>tie du corps laquelle on veut en faire l'application4 ,il y a une inf9it d'autres c\tumes propres *aque contre ou1 p\r mieux dire1 il n'y a presque aucune ressemblance entre ce qui se fait *ez les uns et ce qui a lieu *ez les autres4 ,voil comm5t cette p>tie de la mdec9e1 la seule que je me sois laiss all] pratiqu]1 bi5 que con/ituant le mo9s artificiel des procds dont elle use1 a cep5dant1 elle aussi1 sa bonne "p de la confusion et de l'inc]titude qui se voi5t p>t\t ailleurs dans cet art4 ,les potes trait5t avec plus d'emphase et de grce que n\s1 t\s les sujets qu'ils abord5t1 tmo9 ces deux pigrammes3 ,hi]1 le mdec9 ,alcon a t\* la /atue de ,jupit]2 et1 quoique de m>bre1 le dieu a pr\v le p\voir du mdec94 ,auj\rd'hui1 on le tire de son vieux temple et on va l'ent]r]1 t\t dieu et pi]re qu'il e/ 7,ausone74--,&ragoras s'e/ baign hi] avec n\s1 puis a s\p gaiem5t2 ce mat91 on l'a tr\v mort4 ,veux-tu savoir1 ,fau/9us1 la cause d'un trpas si subit8 ,il a vu en songe le mdec9 ,h]mocrate 7,m>tial74--,sur ce mme sujet1 je v\drais rapport] deux contes4 ,conte assez plaisant contre les g5s de loi et les mdec9s4--,le b>on de ,caupne en ,*alosse et moi1 avons en commun le droit de patronage sur un bnfice du nom de ,lahontan1 qui e/ de gr&e t5due et situ au pi$ de nos montagnes4 ,il en e/ des habitants de ce co9 de t]re1 comme l'on dit tre de ceux de la valle d',angr\gne3 ils avai5t une vie "p1 des faons1 des vtem5ts1 des murs "p2 tai5t rgis et adm9i/rs suivant des in/itutions et des c\tumes p>ticulires qui se transmettai5t de pre en fils et qu'ils obs]vai5t1 sans y tre autrem5t obligs que p> le respect qu'ils portai5t un ordre de *oses tabli4 ,ce petit tat s'tait1 de t\s temps1 ma9t5u dans de si heureuses conditions1 qu'aucun juge du vois9age n'avait eu s'occup] de ses affaires1 aucun avocat n'avait eu y donn] de consultations1 aucun trang] n'y avait t appel p\r mettre f9 aux qu]elles qui s'y levai5t2 jamais on n'avait vu quelqu'un du pays se livr] la m5dicit2 on y fuyait les alliances et les rapports avec le monde du dehors p\r ne pas altr] la puret des in/itutions4 ,cela dura1 a9si qu'ils le cont5t eux-mmes1 le t5ant de la mmoire de leurs pres1 jusqu' ce que l'un d'eux1 l'me pique d'une noble ambition1 s'avisa1 p\r mettre son nom en relief et acqurir de la rputation1 de faire d'un de ses enfants un matre ,jean1 ou un matre ,pi]re1 autrem5t dit un p]sonnage1 et1 lui ayant fait appr5dre crire dans quelque ville vois9e1 arriva en faire un beau notaire de village4 ,celui-ci1 dev5u gr&1 comm5a p> ddaign] les anci5nes c\tumes de sa valle et mont] la tte son ent\rage1 en lui faisant miroit] ce que les rgions vois9es avai5t de beau4 ,au premi] de ses compres auquel on corna une *vre1 il conseilla de s'adress] aux juges royaux1 dont ils relevai5t1 p\r obt5ir rp>ation2 de celui-ci1 il passa un autre1 jusqu' ce qu'il et t\t gt4--,a la suite de ce premi] g]me de corruption1 aj\t5t-ils1 il se produisit presque aussitt un autre fait qui eut de plus f*euses consqu5ces encore3 il prit envie un mdec9 d'p\s] une de leurs filles et de v5ir s'tablir p>mi eux4 ,ce mdec9 comm5a p> leur appr5dre le nom des fivres1 des rhumes1 des abcs2 o se tr\v5t le cur1 le foie1 les inte/9s1 sci5ce dont1 jusqu'alors1 ils n'avai5t pas la mo9dre connaissance2 et1 au lieu de l'ail qui leur s]vait p\r se db>rass] de t\s les maux1 si pnibles et si graves qu'ils fuss5t1 il les am5a faire usage p\r une t\x1 un refroidissem5t1 de mixtions composes de sub/ances exotiques et se mit spcul] non seulem5t sur leur sant1 mais encore sur leur mort4 ,ils jur5t que ce n'e/ que depuis cette poque qu'ils se sont ap]u que le s]e9 cause des l\rdeurs de tte1 qu'on peut attrap] mal en buvant qu& on a *aud1 que les v5ts d'automne sont plus malsa9s que ceux du pr9temps1 et que1 depuis que la mdec9e a t introduite *ez eux1 accabls d'une lgion de maladies qu'ils ne connaissai5t pas1 ils con/at5t une dcad5ce gnrale dans leur vigueur physique et une rduction de moiti dans la dure de leur vie4 ,c'e/ l le premi] de mes contes4 ,autre conte conc]nant la mdec9e4--,voici le second4 ,avant que je ne fusse atte9t de la gravelle1 ayant ent5du quelques p]sonnes faire cas du sang de b\c comme d'une manne cle/e envoye1 en ces sicles d]ni]s1 p\r recon/itu] et assur] la cons]vation de la vie huma9e1 et ent5dant des g5s raisonnables en p>l] comme d'une drogue admirable1 d'une russite infaillible1 moi1 qui t\j\rs ai p5s que je p\vais tre atte9t de t\s les accid5ts qui peuv5t surv5ir t\t autre homme1 j'eus l'ide de me p\rvoir1 alors que j'tais en ple9e sant1 de ce baume miraculeux4 ,je comm&ai donc1 *ez moi1 qu'on levt un b\c selon la recette donne3 il faut que ce soit p5dant les mois les plus *auds de l't qu'on le mette au rgime2 on ne lui donne plus alors mang] que des h]bes purgatives et on ne lui fait plus boire que du v9 blanc4 ,p> has>d1 j'tais *ez moi le j\r o on devait le tu]2 on v9t me dire que le cuis9i] s5tait dans sa panse deux ou trois grosses b\les mobiles se heurtant l'une l'autre au milieu des alim5ts qui la g>nissai5t4 ,la curiosit me fit dire qu'on m'apportt ses entrailles1 et je fis ouvrir devant moi cette grosse et l>ge peau4 ,il en sortit trois corps assez volum9eux1 lg]s comme des ponges au po9t qu'ils p>aissai5t creux1 durs la surface1 f]mes1 te9ts de div]ses c\leurs mortes3 l'un tait absolum5t rond et de la grosseur d'une petite b\le2 les deux autres1 un peu mo9s gros1 tai5t imp>faitem5t arrondis1 mais devai5t t5dre galem5t =m] b\le4 ,ayant fait pr5dre des r5seignem5ts auprs de ceux qui ont l'habitude de dpec] ces animaux1 j'appris que c'tait l un accid5t inusit1 se produisant r>em5t4 ,il e/ vraisemblable que ces corps sont des pi]res pro*es p>5tes des ntres2 s'il en e/ a9si1 c'e/ une esprance bi5 va9e que celle que l'on donne aux graveleux de p\voir gurir en buvant le sang d'une bte en passe de m\rir d'un mal semblable1 c> on ne saurait dire qu'il n'y a l aucune *ance de contagion et que la nature du sang de cet animal ne s'en tr\ve pas altre4 ,il y a plutt lieu de croire que ri5 ne s'eng5dre dans un corps1 sans que t\tes ses p>ties1 solidaires les unes des autres1 n'y coopr5t2 la vrit1 c]ta9es plus que d'autres1 suivant la nature de l'opration1 mais t\tes y p>ticip5t2 et il y a app>5ce que dans t\tes celles de ce b\c il y avait quelque disposition la production de ces concrtions calcaires4 ,ce n'tait pas tant la cra9te de ce qui p\vait en adv5ir p\r moi-mme qui m'avait r5du si curieux de cette expri5ce1 que p>ce que je craignais qu'il n'arrivt *ez moi ce qui a lieu dans bi5 des maisons o les femmes1 en vue de sec\rir les pauvres g5s1 amass5t =ce drogues insignifiantes qu'elles font s]vir p\r c9quante maladies div]ses1 auxquelles elles ne s'appliqu5t nullem5t et qui p\rtant russiss5t dans quelques heureuses circon/ances4 ,ce n'e/ que leur sci5ce que ,montaigne attaque *ez les mdec9s et non leur p]sonnalit2 limite dans laquelle il se confie eux2 combi5 peu1 au surplus1 font usage p\r eux-mmes des drogues qu'ils prescriv5t autrui4--,quoi qu'il en soit1 j'honore les mdec9s1 non suivant le prcepte p>ce qu'ils sont ncessaires 7 ce passage de l',ecclsia/e1 on en oppose un autre du prophte qui blme le roi ,asa d'avoir eu rec\rs aux mdec9s71 mais p> affection p\r leur p]sonne1 en ayant vu beauc\p qui sont d'honntes g5s et dignes d'tre aims4 ,ce n'e/ pas eux que j'en veux1 mais leur art2 et je ne leur fais pas gr& repro*e de tir] pr(it de notre sottise1 p>ce que la plup>t du monde e/ a9si faite2 combi51 en effet1 de pr(essions mo9s honorables ou qui le sont plus que la leur1 ne subsi/5t et ne prospr5t qu'en abusant le public4 ,je les m&e prs de moi1 qu& je suis malade2 s'ils se tr\v5t l po9t p\r rpondre mon appel1 je leur dem&e qu'ils s'occup5t de moi1 et je les paie comme font les autres4 ,je leur p]mets de m'ordonn] de me t5ir *audem5t1 lorsque je prfre qu'il en soit a9si qu'autrem5t2 je leur donne t\te latitude p\r me faire faire le b\illon que je dois pr5dre1 leur *oix avec des poireaux ou avec des laitues1 et me prescrire1 suivant ce qui leur plat1 du v9 blanc ou du v9 clairet1 et a9si de t\tes *oses p\r lesquelles je n'ai pas une prfr5ce m>que et dont l'usage m'e/ indiffr5t4 ,en cela1 j'ent5ds bi5 ne leur faire aucune concession1 d'autant qu'il e/ de l'ess5ce mme de la mdec9e1 que t\t ce dont elle fait emploi se di/+ue p> son mauvais gt et son tranget4 ,p\rquoi ,lycurgue ordonnait-il le v9 aux ,sp>tiates qu& ils tai5t malades1 si ce n'e/ p>ce qu'ils ne p\vai5t le s\ffrir qu& ils tai5t bi5 portants8 ,c'e/ p\r cette mme raison qu'un g5tilhomme1 qui e/ mon vois91 s'en s]t contre ses fivres1 comme d'une drogue d'un excell5t effet1 p>ce que1 dans son tat normal1 il en a le gt en horreur4--,combi5 ne voyons-n\s pas de mdec9s tre dans mes ides1 ddaign] la mdec9e p\r eux-mmes et vivre comme ils l'ent5d5t1 et d'une faon absolum5t contraire celle qu'ils ordonn5t aux autres8 ,qu'e/-ce que cela1 s9on abus] ouv]tem5t de notre simplicit8 ,c> enf91 leur vie et leur sant ne leur sont pas mo9s *res que les ntres n\s-mmes1 et ils accommod]ai5t c]ta9em5t leurs actes leur doctr9e1 si de celle-ci1 ils ne reconnaissai5t eux aussi la fausset4 ,c'e/ la cra9te de la d\leur1 de la mort1 qui fait qu'on se livre si communm5t aux mdec9s4--,c'e/ la cra9te de la d\leur1 de la mort1 l'impati5ce du mal1 une soif ard5te et sans mesure de gurison1 qui n\s aveugl5t ce degr2 c'e/ pure l*et de notre "p1 si n\s avons une confiance si facile capt] et si la/ique4 ,p\rtant1 la plup>t d'entre n\s ne s'abus5t pas autant qu'ils ne tolr5t et laiss5t faire2 je les ent5ds1 en effet1 se pla9dre et p>l] comme n\s faisons n\s-mmes1 p\r f9ir p> dire3 ,alors1 que faire8 comme si l'impati5ce p> elle-mme tait un meilleur remde que la pati5ce6 ,p>mi t\s ceux qui se sont laisss all] subir cette misrable sujtion1 y en a-t-il un seul qui ne soit galem5t prt accept] les impo/ures de t\tes sortes et ne se mette la m]ci de quiconque a l'impud5ce de lui donn] l'assurance qu'il gurira8--,les ,babyloni5s exposai5t leurs malades sur les places publiques2 le mdec9 c'tait t\t le monde3 *acun qui passait s'in=mait p> humanit et p> civilit de leur tat et1 suivant son expri5ce1 donnait un avis plus ou mo9s salutaire4 ,n\s ne faisons gure autrem5t3 il n'e/ pas simple femmelette dont n\s n'employions les m>mottages de/9s conjur] le mal et les amulettes2 si mon humeur se prtait en accept]1 j'accept]ais plus volonti]s celles prov5ant de cette s\rce que de t\te autre1 au mo9s ne cra9drais-je pas d'en pr\v] de dommages4 ,homre et ,platon disai5t des gypti5s qu'ils tai5t t\s mdec9s2 ne p\rrait-on en dire autant de t\s les peuples8 ,il n'e/1 de fait1 p]sonne qui ne se vante de possd] une recette quelconque1 et ne se has>de l'essay] sur son vois9 si celui-ci s'y prte4 ,j'tais1 l'autre j\r1 en compagnie1 lorsque je ne sais qui1 atte9t de la mme affection que moi1 annona l'app>ition d'une sorte de pilule n\velle dans la composition de laquelle1 t\t compte fait1 entrai5t c5t et tant d'+rdi5ts2 cette in=mation produisit une motion et un s\lagem5t s+uli]s2 quel ro*]1 se disait-on1 rsi/]a aux ef=ts d'une p>eille conc5tration de moy5s d'action8 ,il m'e/ rev5u depuis1 p> ceux qui en ont essay1 que pas la mo9dre p>celle de gravi] n'a daign s'en m\voir4 ,sur quoi1 du re/e1 la connaissance que les mdec9s prt5d5t avoir de l'efficacit de leurs remdes1 e/-elle fonde8--,je ne puis quitt] mon papi]1 sans dire encore un mot sur ce que les mdec9s n\s donn5t comme g>antie de l'efficacit de leurs drogues1 savoir l'expri5ce qu'ils en ont faite4 ,la plup>t1 peut-tre plus des deux ti]s des v]tus mdic9ales des mdicam5ts1 provi5n5t de la qu9tess5ce des simples1 sur les proprits ca*es desquelles l'usage seul n\s r5seigne2 or1 la qu9tess5ce d'une *ose n'e/ autre que la qualit matresse qui lui e/ propre et qui *appe notre raison1 laquelle n'arrive pas en dc\vrir la cause4 ,p>mi ces preuves d'efficacit1 il en e/1 dis5t-ils1 qui leur ont t rvles p> quelque dmon2 qu& ils p>l5t a9si1 je me cont5te de les c\t]1 c>1 p\r ce qui e/ des miracles1 je ne les discute jamais4 ,d'autres ressort5t de l'usage mme que1 p\r d'autres considrations1 n\s faisons des *oses2 comme dans le cas o la la9e1 p> exemple1 dont n\s usons d'habitude p\r n\s vtir1 aurait t1 p> accid5t1 reconnue possd] quelque proprit ca*e dessiccative1 qui gurisse les mules qui aurai5t mal au talon2 ou dans celui o on aurait con/at une action purgative au rai=t qui compte p>mi nos alim5ts4--,gali5 raconte qu'un lpreux a t guri p\r avoir bu du v9 d'un vase dans lequel s'tait1 p> has>d1 glisse une vipre2 c'e/ l un fait susceptible d'effet et qui p]met d'admettre l'expri5ce comme vraisemblablem5t acquise2 de mme de t\tes celles que les mdec9s n\s donn5t comme rsultant d'exemples f\rnis p> c]ta9s animaux2 mais1 dans la plup>t des expri5ces autres1 auxquelles ils ont t conduits1 dis5t-ils1 p> leur bonne =tune1 sans autre guide que le has>d1 je tr\ve que les dductions qu'ils en tir5t ne s'impos5t pas4 ,imag9ons l'homme embrassant du reg>d le nombre inf9i des *oses1 plantes1 animaux1 mtaux qui sont aut\r de lui1 je me dem&e p> o1 en p>eil cas1 comm5c]ont ses essais8 ,supposons que sa fantaisie fasse que1 t\t d'abord1 ce soit p> la corne d'un lan2 ce *oix1 a9si n de son caprice1 ne peut tre admis que p> une confiance bi5 s\ple et bi5 accommodante1 et le mme emb>ras se reproduira qu& il s'agira d'en tir] p>ti4 ,il se tr\ve1 en effet1 en prs5ce de tant de maladies et de tant de circon/ances qui int]vi5n5t1 que l'esprit huma9 s'y p]d avant d'arriv] tre c]ta9 du po9t auquel1 p\r tre concluants1 doiv5t s'arrt] les rsultats de l'expri5ce qu'il a entreprise3 ne lui faut-il pas dt]m9] au pralable que1 de cette inf9it de *oses sur lesquelles peuv5t port] ses re*]*es1 c'e/ prcism5t cette corne d'lan qui convi5t2 que p>mi cette multitude de maladies1 c'e/ l'pilepsie qu'il y a lieu d'en faire application2 que p>mi tant de tempram5ts div]s1 c'e/ celui qui e/ port la mlancolie2 que sur tant des saisons1 c'e/ en hiv] qu'il faut opr]2 que p>mi tant de nations1 c'e/ sur le ,franais que cela aura action2 p>mi tant de g5s d'ges diffr5ts1 sur le vieill>d2 que de tant de mom5ts m>qus p> le m\vem5t des corps cle/es1 la conjonction de ,vnus et de ,saturne e/ celui qui prs5te le plus de *ances de russite2 qu'enf9 p>mi tant de p>ties du corps sur lesquelles on peut agir1 c'e/ au doigt qu'il faut s'adress]4 ,si on considre que1 dans t\t cela1 il n'a1 p\r le guid]1 ni argum5t1 ni conjecture1 ni faits antrieurs1 ni inspiration div9e2 que c'e/ la =tune seule qui le conduit1 il faudrait vraim5t1 p\r qu'il arrivt ju/e1 que ce soit une =tune issue d'un art qui ait atte9t la p]fection1 qui ait des rgles et une m?ode prcises4 ,et puis1 admettons la gurison3 comm5t avoir l'assurance que le mal n'tait pas son t]me8 qu'elle n'e/ pas due au has>d1 ou l'effet d'autre *ose que le malade aurait mange1 bue ou t\*e ce j\r-l8 ou encore1 qu'elle n'a pas t accorde au mrite des prires d'une gr&'mre8 ,bi5 plus1 alors mme que le fait s]ait pr\v1 combi5 de fois s'e/-il r5\vel8 ,y a-t-il l une longue srie de rsultats prvus1 de con/atations avres1 se t5ant les uns les autres1 ncessaires p\r en tir] une conclusion8 ,et cette conclusion1 qui incombe-t-il de la pr5dre8 ,de tant de millions d'hommes se livrant ces expri5ces1 il n'y en a que trois qui se soi5t donn la t*e d'enregi/r] celles qu'eux-mmes ont t5tes2 le has>d aura-t-il fait que ce soit l'un des trois qui1 po9t nomm1 ait relev celle-ci8 ,et puis un autre1 c5t autres n'ont-ils pu faire des expri5ces qui ai5t ab\ti des rsultats contraires8 ,peut-tre s]ions-n\s plus clairs1 si les jugem5ts et les raisonnem5ts de t\s n\s tai5t connus2 mais admettre que trois tmoignages apports p> trois docteurs suffis5t p\r rg5t] le g5re huma91 n'e/ pas raisonnable2 il faudrait1 p\r qu'ils ai5t une telle autorit1 qu'ils euss5t t *oisis et dlgus p> lui1 et que1 p> procuration expresse1 n\s les ayons con/itus nos m&ataires4 ,a ,madame de ,duras1 ,elle lui a ent5du expos] ses ides sur la mdec9e2 elle les retr\v]a dans son ouvrage1 o il se pe9t tel qu'il e/4--,madame1 lorsque1 d]nirem5t1 v\s tes v5ue me voir1 v\s m'avez tr\v occup crire les lignes qui prcd5t4 ,il se peut que ces inepties v\s tomb5t quelquefois s\s la ma92 je veux que1 dans ce cas1 elles tmoign5t aussi combi5 je suis honor de la faveur que v\s leur f]ez en les lisant4 ,v\s y reconnatrez les mmes ides et la mme manire de les exprim] que lorsque n\s en causions ensemble4 ,alors mme qu'il m'et t possible d'y employ] un autre langage que celui dont j'use d'ord9aire et une =me plus honorable et meilleure1 je ne l'eusse pas fait1 p>ce que je ne veux pas que ces lignes me rappell5t votre mmoire autrem5t que je ne suis4 ,ces obs]vations et les considrations dont elles dc\l5t1 que v\s avez ent5dues et admises1 ,madame1 avec plus de c\rtoisie et en leur faisant plus d'honneur qu'elles n'en mrit5t1 je veux1 sans t\tefois les altr] ni les modifi]1 les consign] dans un ouvrage qui me survive quelques annes ou quelques j\rs1 o v\s les retr\v]ez1 qu& il v\s plaira de v\s les remmor]1 sans pr5dre autrem5t la pe9e de les cons]v] dans votre s\v5ir2 du re/e1 elles n'en val5t pas la pe9e4 ,je dsire que v\s veuillez bi5 me cont9u] la faveur de votre amiti1 en raison de ces mmes qualits que v\s avez cru reconnatre en moi et qui me l'ont value4 ,je ne me propose nullem5t qu'on m'aime et qu'on m'e/ime davantage mort que vivant2 la manire de faire de ,tibre1 qui avait plus s\ci de la r5omme qu'il laiss]ait aprs lui que de se r5dre agrable ses contempora9s et d'acqurir leur e/ime1 e/ ridicule1 quoique se r5contrant communm5t4 ,si j'tais de ceux auxquels le monde puisse devoir des l\anges1 je l'en ti5drais quitte de moiti1 s'il v\lait me pay] d'avance2 je v\drais ces l\anges immdiates1 m'enveloppant comme une sorte d'atmosphre plutt d5se qu't5due1 bi5 f\rnie plutt que de longue dure1 sauf ce qu'elle se dissipe subitem5t en mme temps que je cess]ai d'tre et que ce son si d\x ne p\rra plus arriv] mes oreilles4 ,ce s]ait une sotte ide que d'all]1 cette heure o mes rapports avec les hommes sont sur le po9t de se rompre1 me montr] eux s\s un j\r plus favorable que celui s\s lequel ils m'ont connu4 ,je ti5s comme non av5us les bi5s dont je n'ai pu us] de mon vivant4 ,n'importe comme je suis1 tel je veux tre en t\t et p\r t\t et non pas seulem5t sur le papi]2 j'ai employ t\t mon art et t\te mon indu/rie m'amlior]2 mes tudes ont eu p\r objet de m'appr5dre non crire mais dev5ir ce que je suis2 t\s mes ef=ts ont t5du faire ma vie1 cela a t mon mti] et mon uvre2 je me suis mo9s occup faire des livres1 qu' t\te autre besogne4 ,j'ai dsir tre un homme capable1 en vue des avantages ess5tiels que j'en retire p\r le prs5t1 et non p\r mettre mes capacits en magas9 et en faire bnfici] mes hriti]s4 ,celui qui a du mrite1 c'e/ p\r qu'il se manife/e dans ses murs1 dans les propos qu'il ti5t d'ord9aire1 qu& il fait l'am\r1 qu'il a des qu]elles1 au jeu1 au lit1 table1 dans la conduite de ses affaires et la 99 ge/ion de sa maison2 ceux auxquels je vois faire de beaux livres et qui ont des vtem5ts en mauvais tat1 euss5t d'abord1 s'ils m'avai5t cru1 comm5c p> remettre de l'ordre dans leur t5ue4 ,dem&ez un ,sp>tiate s'il prfre tre un bon rhtorici5 plutt qu'un bon soldat1 mais ne me le dem&ez pas moi qui aim]ais mieux tre un bon cuis9i] si je n'en avais pas un mon s]vice4 ,dieu6 que je harais1 ,madame1 d'acqurir p> mes crits la rputation d'tre un habile homme et de n'tre1 en dehors d'eux1 qu'un homme sans valeur et un sot2 si cela tait1 j'aim]ais mieux encore tre t\t la fois un sot dans mes crits et dans la vie ord9aire que d'avoir aussi mal *oisi quoi employ] ce que je puis valoir4 ,aussi1 il s'en faut tant que je m'att5de ce que ces sottises me soi5t de quelque honneur1 que ce s]a beauc\p si je n'y p]ds pas p>tie du peu que j'en ai acquis1 p>ce que cette pe9ture morte et muette de moi-mme1 qui se retr\ve dans mon ouvrage1 n'e/ pas mon avantage2 elle a trait non l'poque de mon exi/5ce o j'tais en mon meilleur tat mais celle o1 bi5 d*u de ma vigueur primitive et de mon entra91 je comm5ce me fltrir et s5tir le rance2 j'appro*e du fond du vase et suis sur le po9t d'en t\*] la p>tie infrieure et la lie4 ,du re/e1 s'il a p>l si mal de la mdec9e1 ce n'a t qu' l'exemple de ,pl9e et de ,celse1 les seuls mdec9s de ,rome anci5ne qui ai5t crit sur leur art4--,au surplus1 ,madame1 je n'eusse pas os f\ill] si h>dim5t les my/res de la mdec9e1 vu le crdit dont cet art j\it auprs de v\s et de tant d'autres1 si je n'y eusse t incit p> ceux-l mmes qui l'ont ex]c4 ,je crois que p>mi les anci5s lat9s1 il n'y en a eu que deux1 ,pl9e et ,celse1 qui ai5t en outre crit sur la matire2 si quelque j\r v\s les lisez1 v\s v]rez qu'ils en p>l5t bi5 plus rudem5t que moi2 je ne fais que p9c]1 eux gorg5t4 ,pl9e se moque1 entre autres *oses1 de ce que les mdec9s1 b\t d'expdi5ts1 ai5t inv5t cette belle dfaite de r5voy] les malades1 qu'ils ont agits et t\rm5ts avec leurs drogues et les rgimes auxquels ils les ont s\mis et cela p\r n'arriv] ri51 les uns faire des vux et implor] des miracles1 les autres all] pr5dre les eaux !rmales 7ne v\s c\rr\cez pas1 ,madame1 il ne p>le pas de celles de ces s\rces qui sont de ce ct-ci de la ,g>onne1 que v\s et votre maison patronnez et qui sont dp5dance des de ,grammont74 ,ils ont encore une troisime corde leur arc3 p\r n\s loign] d'eux et s'vit] les repro*es que n\s p\rrions leur adress] du peu d'amlioration qu'ils ont apport nos maux1 dont ils se sont si longtemps occups qu'ils n'ont plus de quoi n\s leurr]1 ils n\s envoi5t dans une autre contre1 *]*] un air meilleur4 ,en voil assez1 je p5se1 ,madame1 p\r que v\s me p]mettiez de repr5dre le fil de mon sujet dont je me suis dt\rn p\r caus] avec v\s4 ,il se peut que lui-mme en arrive se remettre entre les ma9s des mdec9s2 c'e/ qu'alors1 comme tant d'autres1 il s]a gravem5t atte9t et ne j\ira plus de la plnitude de ses facults4--,c'e/ ,pricls1 ce me semble1 auquel on dem&ait comm5t il se portait1 qui rpondit en montrant les amulettes atta*es son c\ et son bras3 ,v\s p\vez en jug] p> cela6 ,il v\lait indiqu] p> l1 qu'il tait bi5 malade1 p\r en tre arriv avoir rec\rs p>eille inutilit et s'tre laiss quip] de la sorte4--,je ne dis pas qu'il ne m'arriv]a pas un j\r de cd] cette ide commune1 si ridicule1 de remettre ma vie et ma sant la m]ci et la direction des mdec9s2 peut-tre tomb]ai-je en p>eille faiblesse1 je ne puis rpondre de ma f]met dans l'av5ir2 mais alors aussi1 si quelqu'un vi5t s'enqurir auprs de moi de ma sant1 je p\rrai lui dire comme ,pricls1 montrant ma ma9 enveloppe et enduite d'un ongu5t quelconque3 ,v\s p\vez en jug] p> l4 ,ce s]a bi5 l le signe vid5t d'une maladie grave2 si l'impati5ce et la frayeur m'ont gagn au po9t que mon jugem5t en soit aussi tonnamm5t dsemp>1 on p\rra en conclure que j'ai l'me en proie une bi5 =te fivre4 ,j'ai pris la pe9e de plaid] cette cause que j'ent5ds assez mal1 p\r ju/ifi] un peu et aff]mir en moi la rpulsion que je ti5s de mes anctres et que1 d'in/9ct1 j'pr\ve contre les drogues et les pratiques de la mdec9e telle qu'elle s'ex]ce de nos j\rs2 et cela1 af9 que ce ne soit pas de ma "p le fait d'une ide prconue et irraisonne1 qu'elle revte une =me tant soit peu prcise1 que ceux qui me voi5t si rebelle aux exhortations et aux m5aces qu'on me fait qu& la maladie m'oppresse1 ne s'imag95t pas que c'e/ p> pur enttem5t1 99 ou encore qu'un de ces individus1 qui pr5n5t t\t p> le mauvais ct1 ne juge pas que ce soit p> gloriole2 et vraim5t1 ce s]ait un dsir bi5 s+uli] que de v\loir me faire honneur d'une action qui m'e/ commune avec mon j>d9i] et mon muleti]6 ,c]tes1 je n'ai pas le cur si b\ffi d'orgueil que j'aille *ang] une satisfaction comme la sant1 si srieuse1 de si gr&e importance1 si d\ce possd]1 p\r une autre imag9aire1 immatrielle1 ?re comme la gloire4 ,ft-elle celle des quatre fils ,aymon1 elle s]ait a*ete trop *]1 p> un homme dans mes ides1 au prix de trois viol5ts accs de colique3 ,p> ,dieu6 la sant1 la sant1 avant t\t4--,ceux qui aim5t la mdec9e de notre poque1 peuv5t aussi avoir p\r cela leurs raisons bonnes1 gr&es et =tes2 je ne hais pas les ides en contradiction avec les mi5nes2 il s'en faut mme tant que je m'(fusque de la div]g5ce qui peut exi/] entre ma manire de voir et celle des autres1 et cela m'emp*e si peu de m'accommod] de la socit de g5s qui p5s5t et agiss5t autrem5t que moi1 que je considre1 au contraire1 comme tant bi5 mo9s frqu5t encore qu'il y ait en n\s-mmes accord entre nos humeurs et nos desse9s2 la v>it1 du re/e1 e/ une des proprits les plus inhr5tes la nature et se retr\ve plus encore dans les esprits que dans les corps1 les premi]s tant plus s\ples et plus susceptibles de trans=mations4 ,il n'y a jamais eu au monde deux op9ions id5tiques1 non plus que deux poils ou deux gra9s qui l'ai5t t4 ,de t\tes les qualits1 la plus univ]selle c'e/ la div]sit2 on la retr\ve en t\tes *oses4 ,,f9 ,,du ,,livre ,,second4 7,,traduction7 ,,livre ,,troisi,,me4 7,,traduction7 ,,*apitre ,,premi]4 ,de ce qui e/ utile et de ce qui e/ honnte4 ,p]sonne n'e/ exempt de dire des niais]ies1 le mal e/ d'y mettre de la prt5tion3 ,cet homme va probablem5t n\s dire avec emphase quelques grosses sottises 7,tr5ce74 ,ce second po9t ne me t\*e pas2 je ne pr5ds pas g>de1 plus que cela ne vaut1 aux baliv]nes qui m'*app5t2 et c'e/ heureux p\r elles1 c> je les dsav\]ais immdiatem5t1 si elles devai5t me cot] quoi que ce soit2 je ne les a*te1 ni les v5ds au del de leur valeur2 j'cris comme je p>le au premi] v5u que je r5contre2 p\rvu que je demeure dans la vrit1 cela me suffit4 ,la p]fidie e/ si odieuse1 que les hommes les plus p]v]s ont p>fois refus de l'employ]1 mme qu& ils avai5t intrt le faire4--,qui ne doit dte/] la p]fidie1 puisque ,tibre lui-mme refusa d'y avoir rec\rs1 alors qu'il avait gr& intrt en us]8 ,on lui m&ait d',allemagne que s'il le tr\vait bon1 on le db>rass]ait d',arm9ius p> le poison4 ,c'tait l'ennemi le plus puissant qu'euss5t les ,roma9s2 il avait =t malm5 leurs tr\pes comm&es p> ,v>us et1 seul1 il faisait ob/acle ce qu'ils t5diss5t leur dom9ation sur ces contres4 ,tibre rpondit que le peuple roma9 avait c\tume de se v5g] ouv]tem5t de ses ennemis1 les armes la ma91 et non tratreusem5t et la drobe2 et il r5ona ce qui lui et t utile p\r faire ce qui tait honnte4 ,c'tait un effront1 me direz-v\s4 ,je le crois1 mais des faits semblables ne sont pas r>es *ez des g5s en sa situation1 et la reconnaissance de la v]tu p> la b\*e de qui la hait1 a son importance2 d'autant que c'e/ la vrit qui le contra9t cet aveu et que s'il ne veut pas la pratiqu]1 au mo9s *]*e-t-il s'en c\vrir p\r s'en p>]4 ,l'imp]fection de la nature huma9e e/ si gr&e1 que des vices et des passions trs blmables sont s\v5t ncessaires l'exi/5ce des socits2 c'e/ a9si que la ju/ice rec\rt s\v5t1 et bi5 tort1 de fausses promesses p\r obt5ir des aveux4--,le monde que n\s habitons1 envisag quelque po9t de vue que ce soit ou pris dans son ensemble1 e/ ple9 d'imp]fections2 cep5dant ri5 n'e/ inutile dans la nature1 pas mme les inutilits2 ri5 n'exi/e dans cet univ]s qui n'y occupe la place laquelle il convi5t4 ,notre tre e/ une agglomration de qualits qui sont autant de maladies3 l'ambition1 la jal\sie1 l'envie1 la v5geance1 la sup]/ition1 le dsespoir ont lu domicile en n\s et cela si naturellem5t1 que n\s en retr\vons des traces mme *ez les animaux4 ,la cruaut elle-mme1 ce vice si contre nature1 y a place1 c>1 en mme temps que n\s sommes pris de compassion1 n\s pr\vons en n\s-mmes je ne sais quel s5tim5t aigre-d\x de volupt malsa9e au spectacle des s\ffrances d'autrui2 les enfants eux-mmes le ress5t5t3 ,il e/ d\x1 p5dant la tempte1 de contempl] du rivage les vaisseaux luttant contre la fureur des flots 7,lucrce74 ,celui qui arra*]ait du cur de l'homme le g]me de ces mauvais s5tim5ts1 dtruirait en lui les conditions ess5tielles de la vie4--,dans t\t g\v]nem5t il y a de mme des *>ges ncessaires1 qui non seulem5t sont abjectes mais encore vicieuses2 le vice y ti5t son rang et s'emploie s\d] les lm5ts div]s dont se compose la socit1 comme le poison la cons]vation de notre sant4 ,s'il devi5t excusable1 p>ce qu'il fait beso9 et que son emploi1 ncessaire l'intrt commun1 en efface sa vritable qualification1 il faut en laiss] la pratique aux citoy5s plus n]giques et mieux tremps que les autres1 que n'arrte pas la cra9te de sacrifi] leur honneur et leur consci5ce p\r le salut de leur pays1 comme jadis ces hros de l'antiquit qui lui sacrifiai5t leur vie2 n\s autres1 qui sommes de c>actre plus faible1 n'abordons que des rles plus faciles et prs5tant mo9s de risques4 ,l'intrt public veut qu'on trahisse1 qu'on m5te1 qu'on tue1 *>geons de ces missions des g5s plus obissants et plus s\ples que n\s ne sommes4 ,j'ai vu s\v5t1 avec dpit1 des juges provoqu] p> fraude les aveux des crim9els1 en leur donnant de fausses esprances de faveur ou de p>don1 y employant la tromp]ie et l'impud5ce4 ,il sirait mieux la ju/ice1 et mme ,platon qui prne ces errem5ts1 d'us] de moy5s se rappro*ant davantage de ce que j'en p5se4 ,une ju/ice p>eille e/ dans une mauvaise voie1 et j'e/ime qu'elle se fait a9si autant de tort p> elle-mme1 que lui en font ceux qui la critiqu5t4 ,dans le peu d'affaires politiques auxquelles ,montaigne a t ml1 il a t\j\rs cru de son devoir de se montr] franc et consci5cieux4--,il n'y a pas longtemps1 je rpondais quelqu'un que j'aurais gr&'pe9e trahir les intrts du pr9ce p\r s]vir un p>ticuli]1 et que je s]ais trs dsol de trahir les intrts d'un p>ticuli] p\r la cause du pr9ce2 je ne dte/e pas seulem5t tromp]1 je hais de mme qu'on se trompe sur moi et ne veux en donn] ni sujet1 ni occasion2 aussi1 dans les quelques ngociations entre nos pr9ces auxquelles j'ai t employ au c\rs des divisions de nuances si div]ses qui n\s d*ir5t auj\rd'hui1 ai-je vit avec so9 qu'on se mprt sur mon compte et qu'on ne se f\rvoyt en me pr5ant p\r ce que je ne suis pas4 ,les g5s du mti] se dc\vr5t le mo9s qu'ils peuv5t3 ils se prs5t5t feignant la neutralit la plus complte et tre d'ides aussi rappro*es que possible de celles de ceux avec lesquels ils trait5t2 moi1 je ne ca*e pas mes op9ions1 si tran*es qu'elles soi5t1 et me montre tel que je suis3 un ngociateur naf et inexprim5t1 qui prfre *\] dans ma mission1 que de me manqu] moi-mme4 ,p\rtant1 jusqu'ici1 j'ai t si heureux dans ce rle1 o la =tune a assurm5t trs l>ge "p1 que peu d'hommes se sont entremis en veillant mo9s les s\pons et ont t accueillis avec plus de faveur et de bi5veillance4 ,j'ai une faon ouv]te de trait] avec les g5s1 qui fait que je m'ins9ue aism5t auprs d'eux et1 ds nos premires relations1 me gagne leur confiance4 ,la fran*ise et la vrit1 en quelque sicle que ce soit1 sont encore de mise et opportunes2 et puis1 on ne s\ponne pas et on ne se =malise pas de la lib]t d'allure de ceux qui ngoci5t sans intrt p]sonnel et peuv5t rpondre comme ,hypride aux ,a?ni5s qui se plaignai5t de la rudesse de son langage3 ,ne prtez pas att5tion1 ,messieurs1 ma lib]t de p>ole2 mais seulem5t si j'en use sans ri5 m'appropri]1 ou en tir] pr(it dans mon propre intrt4--,mon franc p>l] m'a p>gn le s\pon de dissimulation1 d'abord1 p>ce que je m'exprimais avec n]gie1 n'hsitant jamais sur ce qui tait dire1 si svre et si dur que ce ft 7euss-je t lo9 des g5s auxquels je m'adressais1 que je n'aurais pas dit pis72 et ensuite1 en raison de la navet et de l'indiffr5ce app>5tes que j'y apportais4 ,dans ce que je fais1 je ne prt5ds aucun autre rsultat que d'agir1 et je le fais sans mdit] longuem5t l'avance sur les consqu5ces comme sans p>ti pris2 *acun de mes actes vise un objet dt]m93 il russit ou ne russit pas1 j'ai fait p\r le mieux4 ,je n'ai ni s5tim5t de ha9e1 ni de pr(onde affection p\r les gr&s2 ma volont n'e/ influ5ce ni p> les mauvais procds dont j'aurais t victime1 ni p> les obligations p]sonnelles que j'aurais pu contract]4 ,j'ai p\r nos rois l'atta*em5t lgitime que je leur dois comme citoy52 je ne suis ni port v]s eux1 ni dt\rn d'eux p> aucun intrt p]sonnel1 ce dont je me flicite2 je ne suis que modrm5t atta* la cause laquelle le plus gr& nombre e/ ralli1 bi5 que j'e/ime que le bon droit lui app>ti5ne2 elle ne me passionne pas4 ,je ne suis pas encl9 donn] prise sur moi1 en pr5ant des engagem5ts p]sonnels et absolus4 ,la colre et la ha9e n'ont ri5 voir avec la ju/ice2 ce sont des passions auxquelles peuv5t seuls s'ab&onn] ceux *ez lesquels le devoir ne prvaut pas1 p>ce que seul1 celui-l qui ne peut matris] sa raison1 se laisse all] aux m\vem5ts dsordonns de l'me 7,cicron74 ,t\tes les int5tions lgitimes 99 et quitables sont p> elles-mmes acceptables 99 et modres1 s9on elles devi5n5t sditieuses et illgitimes2 c'e/ ce qui fait que p>t\t je m>*e la tte haute1 le visage et le cur dc\v]t4 ,a la vrit1 et je ne cra9s pas de l'av\]1 s'il le fallait1 je port]ais facilem5t1 comme fit la vieille1 un ci]ge sa9t ,mi*el et un autre au dragon1 prt suivre1 jusqu' la d]nire extrmit1 le p>ti qui a le bon droit1 mais jusque-l exclusivem5t1 si cela m'e/ possible4 ,que ,montaigne sombre en mme temps que la =tune publique1 si beso9 en e/1 je m'y rsigne2 mais si ce n'e/ pas indisp5sable1 je saurai gr la =tune de l'p>gn] et1 autant que mon devoir m'en donne la possibilit1 je m'ef=ce d'assur] sa cons]vation4 ,n'e/-ce pas ,atticus qui1 atta* au p>ti qui avait p\r lui la ju/ice et qui eut le dess\s1 fut sauv p> sa modration dans ce cataclysme univ]sel qui s'abattit sur le monde1 et occasionna tant de b\lev]sem5ts et de *angem5ts de situations8 ,semblable attitude e/ plus aise p\r les hommes qui1 comme lui1 ne sont pas inve/is de fonctions publiques2 je tr\ve1 du re/e1 que dans de p>eils t\rm5tes1 on a raison de n'avoir pas l'ambition d'y tre ml et de ne pas s'y engag] de soi-mme4 ,quelque dang] qu'il y ait pr5dre p>ti dans les tr\bles intrieurs1 il n'e/ ni beau ni honnte de re/] neutre4--,demeur] hsitant et p>tag entre les deux p>tis1 ne m>qu] aucune sympa?ie ni prop5sion1 ni p\r l'un ni p\r l'autre1 qu& le tr\ble rgne dans votre pays et le divise1 je ne tr\ve cela ni beau ni honnte2 ce n'e/ pas suivre un *em9 int]mdiaire1 c'e/ n'en pr5dre aucun2 c'e/ att5dre l'vnem5t p\r pass] du ct de la =tune 7,tite ,live74 ,cela peut tre p]mis qu& il s'agit des affaires de ses vois9s3 ,glon1 tyran de ,syracuse1 indcis sur le p>ti embrass] lors de la gu]re des ,b>b>es contre les ,grecs1 avait ,delphes une ambassade munie de prs5ts1 qui se t5ait en obs]vation p\r voir de quel ct incl9]ait la =tune1 af9 de saisir l'occasion po9t nomm et se concili] le va9queur4 ,ce s]ait une sorte de flonie1 que d'en agir a9si dans ses propres affaires dome/iques1 o il faut ncessairem5t pr5dre p>ti 99 de propos dlibr2 cep5dant1 ne pas s'en ml]1 qu& on n'a ni *>ge ni comm&em5t qui v\s y oblig5t1 je le tr\ve plus excusable1 quoique ce ne soit pas mon fait1 que dans le cas de gu]res trangres1 auxquelles p\rtant1 d'aprs nos lois1 qui le v\drait ne peut s'vit] de p>ticip]4 ,t\tefois1 ceux-l mmes qui s'y donn5t t\t enti]s peuv5t le faire dans des conditions de modration telles que1 lorsque grond]a l'orage1 il pass]a au-dessus de leurs ttes1 sans les atte9dre2 n'en a-t-il pas t a9si1 comme n\s l'esprions avec ju/e raison1 de feu le sieur de ,morvilli]s vque d',orlans8 ,j'en connais1 p>mi ceux qui1 cette heure1 travaill5t avec ardeur au triomphe de leur cause1 qui sont de murs si pondres ou si d\ces1 qu'il faut espr] qu'ils demeur]ont deb\t1 quels que soi5t les f*eux *angem5ts et la *ute que le ciel n\s prp>e4 ,je ti5s que c'e/ aux rois rgl] eux-mmes leurs diffr5ds avec les rois1 et je raille ces esprits qui1 de gat de cur1 se ml5t des qu]elles si disproportionnes p\r eux2 on n'e/ pas p]sonnellem5t en qu]elle avec le pr9ce1 p>ce qu'on m>*e contre lui ouv]tem5t et c\rageusem5t p\r satisfaire honorablem5t son devoir2 en p>eil cas1 s'il ne v\s aime pas1 il fait mieux1 il v\s e/ime2 et qu&1 en p>ticuli]1 c'e/ p\r le ma9ti5 des lois1 p\r la df5se de l'anci5 tat de *oses1 il arrive t\j\rs que ceux mmes qui1 dans un intrt p]sonnel1 ont excit les tr\bles1 excus5t1 lorsqu'ils ne les honor5t pas1 ceux qui df5d5t ce qu'eux-mmes veul5t r5v]s]4 ,mais il ne faut pas appel] devoir1 comme n\s le faisons t\s les j\rs1 cette pret1 cette rudesse qu'eng5dr5t en n\s notre intrt et nos passions p]sonnelles2 une conduite empre9te de trahison et de mauvais s5tim5ts1 n'e/ pas davantage du c\rage4 ,les g5s *ez lesquels il en e/ a9si1 qualifi5t zle leur p5*ant la m*ancet et la viol5ce2 ce n'e/ pas la cause qui les excite1 mais l'avantage qu'ils y tr\v5t2 ils attis5t la gu]re1 non p>ce qu'elle e/ ju/e1 mais p>ce que c'e/ la gu]re4 ,quel que soit le p>ti que l'on embrasse1 la modration e/ obs]v] l'g>d des uns comme des autres4--,ri5 n'emp*e qu'on puisse se comport] conv5ablem5t et loyalem5t entre hommes qui sont dev5us ennemis4 ,tmoignez *acun des adv]saires une affection qui1 si elle n'e/ pas la mme p\r t\s 7elle peut comport] des degrs div]s71 soit au mo9s tempre et ne v\s engage env]s p]sonne au po9t de donn] quelqu'un le droit de t\t exig] de v\s2 cont5tez-v\s d'avoir "p dans une mesure moy5ne aux bonnes grces des uns et des autres1 et de navigu] en eau tr\ble1 sans v\loir y p*]4 ,il e/ des g5s qui s]v5t les deux p>tis la fois2 ils sont utilis]1 mais en se g>dant du mal qu'ils peuv5t v\s faire4--,quant cette autre manire qui consi/e s'(frir t\t enti] aux uns et aussi aux autres1 c'e/ plus encore de l'imprud5ce qu'un manque de consci5ce4 ,celui auprs duquel v\s en trahissez un autre1 a beau v\s accueillir p>faitem5t1 ne sait-il pas que son t\r vi5dra o v\s en agirez de mme contre lui8 ,il v\s ti5t p\r un m*ant homme1 t\t en usant de v\s p5dant qu'il v\s a1 faisant s]vir votre dloyaut avanc] ses affaires2 c> les g5s d\ble visage sont utiles p> ce qu'ils v\s apport5t1 seulem5t il faut veill] ce qu'ils n'emport5t que le mo9s qu'il se peut4 ,quant ,montaigne1 il disait t\s les *oses telles qu'il les p5sait et ne *]*ait pntr] les secrets de p]sonne1 ne v\lant tre l'homme lige de qui que ce ft4--,je ne dis ri5 l'un1 que je ne puisse1 son heure1 dire l'autre1 le ton *angeant seul un peu2 je ne leur rapporte que les *oses qui sont ou indiffr5tes1 ou connues1 ou qui les s]v5t t\s deux la fois4 ,il n'e/ ri5 qui soit si utile que1 p\r y atte9dre1 je me p]mette de leur m5tir4 ,ce sur quoi le sil5ce m'e/ recomm&1 je le ca*e religieusem5t3 mais je n'accepte que le mo9s que je puis ce qu'il me faut ca*]2 les secrets des pr9ces sont gnants g>d]1 p\r qui n'en a que faire4 ,je leur mets volonti]s ce m>* en ma93 ,qu'ils me confi5t peu de *ose1 mais qu'ils se fi5t compltem5t moi sur ce que je leur apporte4 ,j'en ai t\j\rs su plus que je ne v\lais4 ,un langage ouv]t fait qu'on v\s p>le de mme1 sans rtic5ces1 produisant le mme effet que le v9 et l'am\r4 ,philippide rpondit sagem5t1 suivant moi1 au roi ,lysimaque1 qui lui dem&ait quelles indications il v\lait qu'il lui communiqut sur sa situation3 ,ce que tu v\dras1 p\rvu que ce ne soit ri5 de tes secrets4 ,je vois *acun se rvolt]1 qu& on lui ca*e le fond des affaires auxquelles on l'emploie1 ou qu'on ne lui en a pas rvl quelque arrire-p5se2 moi1 je suis cont5t qu'on ne m'en dise pas plus qu'on ne veut p\r la mission que j'ai remplir1 et ne dsire pas que ce que j'en puis connatre excde ce que j'ai dire et m'oblige m'obs]v] qu& je p>le4 ,si je dois s]vir tromp] quelqu'un1 qu'au mo9s ma consci5ce soit sauve2 je ne veux pas qu'on me reg>de comme un s]viteur si affectionn1 si loyal1 que l'on me tr\ve bon m'engag] dans une trahison2 qui n'e/ pas dispos t\t p\r soi-mme1 e/ excus de ne pas l'tre davantage vis--vis de son matre4--,il y a des pr9ces qui n'accept5t pas les hommes qui ne se donn5t eux qu' moiti1 et mpris5t les s]viteurs qui pos5t des bornes et des conditions leurs s]vices2 cela1 il n'y a pas de remde2 eux comme aux autres1 j'indique fran*em5t dans quelles limites j'ent5ds les s]vir1 c> je ne veux tre esclave que de la raison et encore je n'y arrive que bi5 difficilem5t4 ,quant eux1 ils ont tort d'exig] une telle sujtion d'un homme qui e/ indp5dant1 et de lui impos] des obligations1 comme ils f]ai5t quelqu'un qui e/ leur crature et qu'ils ont a*et1 ou dont la =tune e/ atta*e la leur d'une faon p>ticulire et absolue4--,les lois m'ont p>gn de graves difficults2 elles ont dcid le p>ti que j'avais suivre1 ce sont elles qui m'ont donn mon matre2 t\te autre raison1 d'ordre si lev soit-elle et quelles que soi5t les obligations qui en sont rsultes1 s'efface devant celle-l et devi5t caduque2 c'e/ p\rquoi1 lors mme que mon affection me port]ait v]s le p>ti oppos1 cela ne veut pas dire que je m'y jo9drais immdiatem5t2 notre volont et nos dsirs ne reoiv5t de loi que d'eux-mmes1 t&is que nos actes ont la recevoir des rgles qui prsid5t l'ordre public4 ,cette manire de faire n'e/ pas celle que l'on pratique d'ord9aire1 mais il tait peu apte aux affaires publiques1 qui exig5t s\v5t une dissimulation qui n'e/ pas dans son c>actre4--,ma manire de faire n'e/ gure en h>monie avec ce qui se pratique et n'aurait *ance d'avoir ni gr& effet1 ni dure2 l'innoc5ce elle-mme ne saurait1 notre poque1 s'entremettre1 sans rec\rir la dissimulation1 ni ngoci] sans tre oblige de m5tir2 aussi les occupations de la vie publique ne sont-elles pas mon fait2 ce que ma pr(ession exige cet g>d1 j'y satisfais s\s la =me la mo9s (ficielle que je puis4 ,qu& j'tais jeune1 on m'y a plong jusqu'aux oreilles2 j'tais de/9 en faire ma c>rire1 je m'en suis dfait de bonne heure4 ,depuis1 j'ai s\v5t vit d'y tre ml n\veau2 je l'ai r>em5t accept et ne l'ai jamais re*]*2 t\rnant le dos l'ambition1 non la faon des g5s qui mani5t l'aviron et avanc5t a9si reculons1 et cep5dant1 si je suis p>v5u m'y s\/raire1 je le dois plus ma bonne =tune qu' ma rsolution1 c> il y a dans cette p>tie des voies assez en rapport avec mes gts et ma porte2 et si j'eusse autrefois t appel pr5dre "p aux affaires publiques et me faire une situation dans le monde en les suivant1 je s]ais c]ta9em5t demeur s\rd la voix de la raison et m'y s]ais engag4--,ceux qui1 malgr ce que j'en dis1 vont rptant que ce que j'appelle fran*ise1 simplicit et navet de murs e/1 *ez moi1 de l'art et de la f9esse2 que c'e/ prud5ce1 plus que bont2 que j'ai de l'adresse plus que du naturel1 du bon s5s plus que du bonheur1 me font plus d'honneur qu'ils ne m'en t5t4 ,ils me prt5t assurm5t plus d'a/uce que je n'en ai2 et celui d'entre eux qui m'aurait suivi et pi de prs1 je donn]ais ga9 de cause1 s'il ne confessait que son cole n'a ri5 qui l'emporte sur cette manire de faire qui n\s p]met1 t\t en demeurant n\s-mmes et sans p>atre abdiqu] notre lib]t et notre indp5dance1 de t\j\rs m>*] droit et mme allure p> les r\tes si tortueuses et si div]ses p> lesquelles il n\s faut all] et o t\te notre att5tion et notre +niosit ne peuv5t n\s dirig] srem5t4 ,la voie de la vrit e/ une et simple2 celle que n\s font suivre notre intrt p]sonnel et la commodit des affaires dont n\s avons la *>ge e/ d\ble1 9gale1 sujette des *ances v>iables4 ,j'ai s\v5t vu us] de ces lib]ts contrefaites et factices1 mais t\j\rs sans succs2 elles rappell5t volonti]s l'ne d'sope qui1 v\lant rivalis] avec le *i51 v9t t\t gam5t mettre ses deux pi$s sur les paules de son matre2 mais t&is que1 p\r ce tmoignage d'affection1 le *i5 recevait des c>esses1 le pauvre ne reut en place deux fois autant de c\ps de bton3 ,ce qui si$ le mieux *acun1 c'e/ ce qui lui e/ le plus naturel 7,cicron74 ,je ne veux cep5dant pas refus] la tromp]ie le rang qu'elle mrite1 ce s]ait ne pas connatre le monde2 je sais qu'elle a s\v5t r5du des s]vices1 qu'elle e/ ncessaire p\r p\voir remplir la plup>t des *>ges qui incomb5t l'homme2 il y a des vices lgitimes1 comme il y a des actions qui sont ou bonnes1 ou excusables1 ou illgitimes4 ,il y a une ju/ice naturelle1 bi5 plus p>faite que celles spciales *aque nation qui autoris5t p>fois des actes condamnables lorsque le rsultat doit en tre utile4--,la ju/ice p> elle-mme1 considre en son tat naturel et s'appliquant l'univ]salit des tres1 a des rgles diffr5tes et plus leves que celles de cette autre ju/ice spciale qui e/ inhr5te *aque pays et qui ti5t compte des beso9s de son g\v]nem5t3 ,n\s ne possdons po9t de modle solide et positif du vritable droit et d'une ju/ice p>faite1 n\s n'en avons qu'une ombre et qu'une image 7,cicron74 ,c'e/ ce qui faisait qu'ent5dant le rcit des vies de ,socrate1 de ,py?agore et de ,diogne1 le sage ,d&amis les jugeait de gr&s hommes s\s t\s les autres rapports1 mais obs]vateurs trop respectueux des lois1 que la vraie v]tu ne peut accept] et appuy] qu'en se rel*ant beauc\p de la rigidit qui e/ son pr9cipe ess5tiel2 c>1 non seulem5t les lois p]mett5t des actes condamnables1 mais encore n\s y incit5t3 ,il e/ des crimes autoriss p> les snatus-consultes et les plbiscites 7,snque74 ,je p5se comme on p>le communm5t1 di/+uant entre les *oses utiles et celles qui sont honntes et qualifiant de d%onntes et de malpropres1 c]ta9s actes naturels1 non seulem5t utiles1 mais encore ncessaires4 ,la trahison1 p> exemple1 e/ utile dans quelques cas2 elle n'en e/ pas plus honnte1 et on ne saurait n\s impos] d'en commettre4--,repr5ons p\r exemple la trahison4--,deux prt5dants au royaume de ,?race1 se le disputai5t2 l',emp]eur les emp*a de p\rsuivre leurs rev5dications ma9 arme4 ,alors l'un d'eux1 feignant de v\loir1 dans une entrevue1 conclure un accord l'amiable1 convia son concurr5t v5ir *ez lui s\s prtexte de lui faire fte1 et le fit emprisonn] puis mettre mort4 ,la ju/ice aurait v\lu que les ,roma9s puniss5t ce =fait2 mais il tait difficile de rec\rir aux voies ord9aires1 et ils se rsolur5t faire1 p> trahison1 ce qui ne p\vait lgitimem5t s'obt5ir sans c\rir les risques d'une gu]re4 ,ce qu'ils ne p\vai5t faire honntem5t1 ils le fir5t en ne se proccupant que de l'utilit1 ce quoi se tr\va propre un c]ta9 ,pomponius ,flaccus4 ,celui-ci1 p> des p>oles et des assurances trompeuses1 ayant attir notre homme dans ses filets1 au lieu des honneurs et des faveurs qu'il lui avait promis1 l'envoya ,rome pi$s et po+s lis4 ,un tratre en trahit un autre1 ce qui n'e/ pas commun1 p>ce qu'ils sont =t dfiants et qu'il e/ malais de les surpr5dre en usant de leurs propres subt]fuges2 tmo9 la fatale expri5ce que n\s v5ons d'en faire4 ,ce rle de ,pomponius ,flaccus1 le pr5dra qui v\dra et assez le v\dront2 quant moi1 ma p>ole et la confiance que je puis inspir] app>ti5n5t1 comme le re/e de moi-mme1 la socit dont je fais p>tie2 c'e/ employes les s]vir1 qu'elles peuv5t avoir le meilleur effet2 cela1 je l'admets comme ne faisant pas d\te2 mais1 de mme que si on me comm&ait de pr5dre la direction du palais de ju/ice et des audi5ces1 je rpondrais3 ,je n'y ent5ds ri52 que je dirais1 si on m'imposait de surveill] le travail des pionni]s3 ,je suis fait p\r ex]c] un emploi plus relev2 de mme qui v\drait m'employ] m5tir1 trahir1 me p>jur] en vue d'un s]vice d'une c]ta9e importance sans mme all] jusqu' assass9]1 empoisonn]1 je dirais3 ,plutt que de faire que je vole ou dp\ille quelqu'un1 envoyez-moi aux galres4 ,il e/ t\j\rs loisible1 en effet1 un homme d'honneur de p>l] comme fir5t les ,lacdmoni5s traitant avec ,antipat] qui v5ait de les va9cre3 ,v\s p\vez n\s impos] autant qu'il v\s plaira de *>ges qui n\s cras5t et n\s soi5t prjudiciables1 mais v\s p]dez votre temps v\loir exig] de n\s des *oses honteuses et d%onntes4 ,*acun doit s'tre jur soi-mme ce que les rois d',egypte faisai5t sol5nellem5t jur] leurs juges3 qu'ils ne dvi]ai5t pas de ce que leur ordonn]ait leur consci5ce1 quelque ordre qu'eux-mmes leur donn]ai5t4--,a de telles commissions1 e/ atta* un /igmate vid5t d'ignom9ie et une condamnation4 ,qui v\s les donne1 v\s accuse2 et1 en v\s les donnant1 v\s impose1 si v\s v\s en r5dez bi5 compte1 une *>ge et du mme c\p v\s frappe d'une pe9e4 ,autant les affaires publiques bnfici]ont de votre exploit1 autant les vtres y p]dront2 v\s v\s f]ez d'autant plus de tort que v\s f]ez mieux2 bi5 plus1 ce ne s]a pas *ose n\velle si v\s tes ru9 p> celui-l mme p\r lequel v\s aurez fait cette besogne1 on s]a mme port tr\v] que c'e/ ju/ice4 ,si elle e/ excusable1 ce n'e/ qu'oppose une autre trahison sans que1 p\r cela1 le tratre cesse d'tre mpris et p>fois puni p> ceux-l mmes qu'il a s]vis4--,s'il e/ des cas o la trahison peut tre excusable1 c'e/ seulem5t lorsqu'elle e/ employe *ti] et trahir un tratre4 ,on voit s\v5t la p]fidie1 non seulem5t rep\sse1 mais encore punie p> ceux-l mmes dans l'intrt desquels elle a t conue2 *acun connat la mesure prise p> ,fabricius contre le mdec9 de ,pyrrhus4 ,il arrive aussi que tel qui l'a ordonne1 la v5ge ensuite cruellem5t1 en svissant contre celui qui l'a s]vi1 se dniant en quelque sorte lui-mme une autorit et un p\voir si effrn1 et dsav\ant *ez celui qu'il a employ un s]vage et une obissance si passifs et si l*es4--,j>opelc1 duc de ,russie1 gagnant un g5tilhomme de ,hongrie1 l'avait dt]m9 trahir ,boleslas1 roi de ,pologne1 soit en le faisant m\rir1 soit en donnant aux ,russes le moy5 de lui caus] des dommages importants4 ,le tratre s'y prit en habile homme3 il dploya t\t le zle imag9able p\r le s]vice du roi1 p>v9t tre de son conseil1 et compta bi5tt p>mi ses p>tisans les plus fidles4 ,grce la confiance qu'il avait capte1 pr(itant d'un mom5t r5du opportun p> l'abs5ce de son matre1 il livra aux ,russes ,visilicie1 gr&e et ri*e cit qui fut entirem5t saccage puis inc5die p> eux2 la population de t\t sexe et de t\t ge fut t\t entire massacre et1 avec elle1 un gr& nombre de nobles des al5t\rs que le ,hongrois y avait rassembls en vue de ce qui arriva4 ,j>opelc1 aprs avoir ass\vi sa v5geance et sa colre qui n'tai5t pas sans motif 7,boleslas l'avait gravem5t (f5s en agissant env]s lui de semblable faon71 repu des rsultats de cette trahison1 se r5dant compte de sa laideur ne considr] que le fait mme1 l'envisageant sans p>ti pris et non plus s\s l'empire de la passion1 en pr\va de tels remords et un tel dgt1 qu'il fit crev] les yeux1 c\p] la langue et les p>ties gnitales au tratre qui l'avait commise4 ,antigone avait p]suad au corps des ,argyraspides de lui livr] ,eumne1 leur capita9e gnral1 avec lequel il tait en comptition4 ,a pe9e l'eut-il en son p\voir1 qu'il le fit tu]2 et1 s'in/ituant m9i/re de la ju/ice div9e p\r le *tim5t d'une si dte/able trahison1 il crivit au g\v]neur de la prov9ce1 lui intimant l'ordre exprs de p]dre ceux qui l'avai5t commise et de les ext]m9] de quelque manire que ce ft1 si bi5 que du gr& nombre qu'ils tai5t1 pas un ne revit jamais la ,macdo9e2 mieux il en avait t s]vi1 plus il jugea leur conduite mauvaise et punissable4 ,l'esclave qui rvla l'endroit o se ca*ait ,p4 ,sulpitius son matre1 fut affran*i comme ,sylla s'y tait engag dans son dit de proscription2 mais1 p\r donn] satisfaction la consci5ce publique1 t\t libre qu'il tait dev5u1 on le prcipita du haut de la ro*e t>pi5ne4 ,clovis1 l'un de nos rois1 au lieu des armes d'or qu'il leur avait promises1 fit p5dre les trois s]viteurs du roi ,cannacre qui1 son in/igation1 avai5t trahi leur matre4 ,on les p5dit avec1 atta*e au c\1 la b\rse cont5ant le prix de leur mfait2 de telle sorte1 qu'aprs avoir fidlem5t rempli les engagem5ts p>ticuli]s pris env]s eux1 il fut satisfait ensuite la moralit publique qui prime t\te autre considration4 ,mahomet ,,ii v\lant se dfaire de son frre dont il r$\tait la comptition au trne1 ce qui e/ frqu5t *ez les ,ottomans1 y employa un de ses (fici]s qui t\ffa sa victime1 en lui +urgitant de =ce une gr&e quantit d'eau la fois4 ,le crime accompli1 ,mahomet livra en expiation celui qui l'avait excut la mre du mort 7ils n'tai5t frres que de pre74 ,celle-ci fit1 en sa prs5ce1 ouvrir la poitr9e au meurtri] et1 alors qu'il palpitait encore1 y f\illant de ses ma9s1 en arra*a le cur qu'elle jeta mang] aux *i5s4 ,il e/ si d\x1 ceux mmes qui n'ont que de mauvais s5tim5ts1 de p\voir1 aprs avoir recueilli le fruit d'une de ces actions abom9ables1 y ratta*]1 sans avoir dsormais en s\ffrir1 quelque trait de bont et de ju/ice en comp5sation en quelque sorte de leur complicit et de s\lag] a9si leur consci5ce2 d'autant qu'ils ne cess5t de voir en ceux qui les ont assi/s dans l'excution de leur =fait1 des g5s qui les leur repro*5t1 et qu'ils *]*5t t\ff]1 p> leur mort1 la connaissance qu'ils en ont eue et la preuve de leur p>ticipation4 ,si v\s tes1 p> has>d1 rcomp5s de p>eils s]vices1 p\r que la socit ne soit pas emp*e d'us] de cette ress\rce extrme et dsespre qui lui e/ indisp5sable1 celui qui v\s en remet le prix1 ne laisse pas de v\s t5ir1 si lui-mme n'e/ pas tel1 p\r un misrable et un maudit4 ,il v\s considre avec plus de mpris encore que ne fait celui que v\s avez trahi1 p>ce qu'il sait le peu que v\s valez1 qu'il v\s a vu l'uvre1 sans prote/ation1 sans dsaveu de votre "p2 il v\s emploie t\t comme on fait de ces hommes p]dus dont se s]t la ju/ice p\r les excutions capitales1 *>ge aussi utile que peu honorable4--,outre ce que de semblables commissions ont de vil1 elles d%onor5t4 ,la fille de ,sjan ne p\vant1 d'aprs la lgislation roma9e1 tre mise mort1 p>ce qu'elle tait encore vi]ge1 fut1 p\r p]mettre l'application de la loi1 viole p> le b\rreau1 avant qu'il ne l'tranglt2 l'(fice que celui-ci remplissait dans l'intrt public1 rclama de lui1 en cette circon/ance1 qu'il avilt et sa ma9 et son me4 ,ceux qui cons5t5t tre les b\rreaux de leurs p>5ts et de leurs compagnons mrit5t la rprobation publique4--,amurat ,i1 p\r aggrav] le *tim5t de ceux de ses sujets qui avai5t appuy la rbellion de son fils 99 contre lui et s'tai5t faits complices de ce p>ricide1 ordonna que leurs plus pro*es p>5ts prt]ai5t la ma9 leur excution4 ,je tr\ve trs honorable le refus qu'opposr5t c]ta9s d'entre eux qui prfrr5t tre considrs tort comme complices du =fait commis p> un autre1 plutt que de se r5dre eux-mmes c\pables d'un crime semblable en s'associant l'uvre de la ju/ice4--,dans quelques bicoques qui ont t prises d'assaut dans les gu]res de notre temps1 j'ai vu des coqu9s qui1 p\r sauv] leur vie1 acceptai5t de p5dre leurs amis et allis2 je les ti5s de pire condition que les p5dus4--,on dit que ,witolde1 pr9ce de ,li?uanie1 tablit dans cette nation que t\t crim9el condamn mort devrait se dtruire lui-mme1 tr\vant trange qu'un ti]s1 innoc5t de la faute1 ft employ commettre un homicide et en et *>ge4 ,les pr9ces sont quelquefois dans la ncessit de manqu] leur p>ole2 on ne saurait les en abs\dre que s'ils se sont tr\vs dans l'impossibilit absolue d'assur] autrem5t les intrts publics dont ils ont *>ge4--,le pr9ce qu'une circon/ance urg5te et quelque accid5t viol5t et inop9 inhr5t sa position oblig5t manqu] sa p>ole et la foi qu'il a donne1 ou qui encore le jett5t en dehors de ce qui e/ ord9airem5t son devoir1 doit considr] cette ncessit dans laquelle il e/ plac1 comme une preuve que ,dieu lui impose4 ,*ez lui1 ce n'e/ pas vice2 sa raison e/ contra9te de cd] une autre plus puissante que la si5ne et qui s't5d sur t\t2 mais c'e/ c]ta9em5t un malheur4 ,a quelqu'un qui me dem&ait quel remde p\vait y tre apport3 ,il n'y en a pas1 ai-je rpondu1 si vritablem5t ce pr9ce e/ press entre ces deux p>tis extrmes3 mais surt\t qu'il se g>de bi5 de *]*] des prtextes son p>jure 7,cicron72 il a a9si agi1 p>ce qu'il s'y tr\vait oblig2 mais s'il a satisfait sans regret cette ncessit1 s'il ne lui en a pas cot de manqu] sa foi1 c'e/ signe que sa consci5ce e/ vreuse4--,s'il s'en tr\vait un de consci5ce si scrupuleuse que nulle ncessit ne lui p>t ju/ifi] un si grave remde1 je ne l'en e/im]ais pas mo9s2 on ne saurait p]dre ses tats d'une faon plus excusable et plus honorable4 ,n\s ne p\vons t\t2 aussi faut-il s\v5t n\s en remettre au ciel de la direction de notre navire2 la protection div9e e/ notre d]nire ancre de salut4 ,quelle ncessit ju/ifie davantage qu'il s'adresse elle8 ,e/-il quelque *ose quoi un pr9ce puisse mo9s cons5tir1 qu' ce qu'il ne peut faire qu'aux dp5s de sa foi et de son honneur qui1 dans c]ta9es circon/ances1 doiv5t lui tre plus *]s que son propre salut1 99 oui assurm5t1 et mme que le salut de son peuple8 ,qu&1 les bras croiss1 il appell]ait simplem5t ,dieu son aide1 n'a-t-il pas espr] que la bont div9e ne lui refus]a pas1 lui dont la cause e/ ju/e et bonne1 la faveur d'un appui auquel t\t e/ possible8 ,ce sont l de dang]eux exemples qui sont des drogations r>es et malsa9es aux rgles naturelles2 il faut y cd]1 mais avec une gr&e modration et beauc\p de circonspection2 nul intrt priv ne mrite que n\s fassions notre consci5ce une p>eille viol5ce1 qui dans l'intrt public e/ admissible1 lorsque l'utilit en e/ bi5 app>5te et qu'elle e/ d'importance capitale4 ,comm5t le snat de ,cor9! s'en remit la =tune du jugem5t qu'il avait port] sur ,timolon1 qui v5ait de tu] son propre frre4--,timolon se prs]va de la rprobation que son acte trange tait susceptible de s\lev] contre lui p> les l>mes abondantes que lui fit rp&re la p5se con/ante que c'tait lui1 son frre1 qui avait tu le tyran2 et c'e/ ju/ice si sa consci5ce a s\ff]t de ce qu'il avait t dans l'absolue ncessit de sacrifi] l'intrt public sa rectitude de murs4 ,le snat lui-mme1 qu'il avait a9si dlivr1 n'osa se prononc] nettem5t sur un fait de cette importance et se tr\va hsitant entre ces deux considrations1 t\tes deux d'un si gr& poids4 ,les ,syracusa9s v9r5t =t propos1 ce mom5t1 sollicit] des ,cor9?i5s leur protection et l'envoi d'un *ef capable de r5dre leur ville son anci5ne spl5deur et de purg] la ,sicile de l'oppression de plusieurs petits tyrans4 ,le snat leur envoya ,timolon1 en pr5ant avec lui-mme cet arrangem5t de n\velle sorte3 ,selon qu'il s'acquitt]ait bi5 ou mal de la mission qu'on lui confiait1 l'arrt que ce corps politique avait r5dre1 lui s]ait1 ou favorable ne considrant en lui que le librateur de son pays1 ou dfavorable ne l'envisageant que comme le meurtri] de son frre4 ,cette s+ulire conclusion s'explique p> le dang] rsultant d'un semblable exemple et la gravit d'un acte si en dehors de ce qui se voit d'ord9aire2 les ,cor9?i5s eur5t raison de ne pas s'en rapport] leur propre jugem5t et de faire int]v5ir1 p\r tran*] la "q1 des considrations tires d'un autre ordre de faits4 ,la conduite de ,timolon dans cette mission claira rapidem5t sur ce qu'il fallait p5s] de lui tant il se comporta1 s\s t\s rapports1 avec dignit et v]tu2 le bonheur avec lequel il se tira des grosses difficults qu'il eut surmont] dans sa t*e1 sembla lui avoir t envoy p\r sa ju/ification p> les dieux conspirant en sa faveur4 ,acte inexcusable du snat roma9 rev5ant sur un trait qu'il avait ratifi4--,le b qui avait fait agir ,timolon l'excuse1 autant qu'un acte de cette nature peut tre excus4 ,mais le bnfice que retira le trsor public et qui fut le prtexte dont usa le ,snat roma9 en la circon/ance1 n'e/ pas suffisant p\r faire admettre une inju/ice comme celle qu'il commit dans cette affaire malpropre que je vais rapport]3 ,c]ta9es villes s'tai5t ra*etes prix d'arg5t et avai5t rec\vr leurs fran*ises sur ordonnances r5dues p> le ,snat1 qui avait ratifi cette mesure prise p> ,sylla4 ,celui-ci mort1 le ,snat1 saisi n\veau de la "q1 replaa ces villes s\s le rgime de la taille et dcida que l'arg5t qu'elles avai5t pay p\r leur ra*at1 ne leur s]ait pas r5du4 ,les gu]res civiles produis5t s\v5t d'aussi vila9s exemples3 n\s punissons les p>ticuli]s de ce qu'ils n\s ont crus1 qu& n\s tions autres que n\s ne sommes dev5us2 le magi/rat fait port] la pe9e du *angem5t qui s'e/ produit en lui1 qui n'en peut mais2 le matre d'cole f\ette son coli] p\r avoir t trop docile2 le clairvoyant1 l'aveugle auquel il s]t de guide4 ,quelle horrible image de la ju/ice cela n\s donne6 ,l'intrt priv ne doit jamais prvaloir sur la foi donne2 ce n'e/ que si on s'e/ engag quelque *ose d'inique ou de crim9el1 que l'on peut manqu] sa p>ole4--,il y a en philosophie des rgles qui sont fausses et p> trop la/iques4 ,l'exemple ci-aprs qu'on n\s propose comme un cas o l'intrt p>ticuli] peut prim] la foi engage1 ne tire pas des circon/ances mmes que l'on indique1 une autorit suffisante3 ,des brig&s se sont emp>s de v\s1 et v\s ont r5du la lib]t aprs v\s avoir fait jur] de leur pay] comme ranon une somme dt]m9e2 e/-on fond prt5dre qu'un homme de bi51 une fois hors de leurs ma9s1 e/ dgag de son s]m5t1 s'il ne paie pas8 ,non2 ce que la cra9te m'a fait v\loir1 je dois le v\loir encore1 lorsque je n'ai plus cra9dre2 et lors mme que c'e/ cette cra9te qui a contra9t ma langue prononc] ce que ma volont ne ratifiait pas1 je suis encore t5u d'obs]v] exactem5t ma p>ole4--,*ez moi1 qu& p>fois la p>ole a t inconsidrm5t plus lo9 que la p5se1 je ne m'en suis pas mo9s fait un cas de consci5ce de ne pas me dsav\]2 autrem5t1 de degr en degr1 n\s arriv]ions abolir t\t droit qu'un ti]s peut fond] sur nos promesses et 99 nos s]m5ts3 ,la viol5ce peut-elle quelque *ose sur un homme de cur 7,cicron78 ,l'intrt priv ne peut tre p\r n\s une excuse de manqu] nos promesses que dans le cas o n\s aurions promis une *ose mauvaise et inju/e p> elle-mme1 p>ce que les droits de la v]tu doiv5t l'emport] sur t\s autres dont n\s avons contract l'obligation4 ,*ez pam9ondas l'esprit de ju/ice et la dlicatesse de s5tim5ts ont t\j\rs t prdom9ants2 son exemple montre qu'il e/ des actes qu'un homme ne peut se p]mettre mme p\r le s]vice de son roi1 mme p\r le bi5 de son pays4--,j'ai1 plus haut1 mis pam9ondas au premi] rang des hommes les meilleurs2 je ne m'en ddis pas4 ,a quelle hauteur ne plaait-il pas ce qu'il considrait comme son devoir p]sonnel1 lui qui ne tua jamais un homme qu'il avait va9cu2 qui1 mme dans le b au plus haut po9t e/imable de r5dre la lib]t son pays1 se faisait consci5ce de tu]1 en dehors des =mes de la ju/ice1 un tyran ou ses complices2 qui jugeait m*ant1 si bon citoy5 qu'il ft1 celui qui1 dans une bataille1 n'p>gnait dans les rangs ennemis ni son ami1 ni son hte6 ,voil une me ri*em5t compose3 dans l'accomplissem5t des actes les plus rudes et les plus viol5ts de l'humanit1 il demeurait bon et huma91 et cela dans les conditions les plus dlicates que conoive l'enseignem5t de la philosophie4 ,ce c\rage si gr&1 si manife/e1 si op9itre contre la d\leur1 la mort1 la pauvret1 e/-ce la nature ou l'art qu'il devait de l'avoir att5dri au po9t d'en tre arriv cette extrme d\ceur et cette bont qui s'tai5t inc>nes en lui8 ,horrible s\s le f] et le sang qui le c\vr5t1 il va fracassant1 rompant une nation inv9cible p\r t\s1 sauf p\r lui1 et1 au milieu des plus effroyables mles1 se dt\rne s'il se tr\ve en prs5ce d'un hte ou d'un ami6 ,en vrit1 celui-l comm&ait bi5 la gu]re1 qui avait su lui impos] sa bont1 comme un fre9 qu'elle subissait mme aux plus =ts mom5ts du combat1 alors qu'elle tait dans t\te sa surexcitation1 cumant de fureur et de meurtre4 ,c'e/ miracle de p\voir ml] de telles actions quelque image de la ju/ice1 et la rigueur de pr9cipes d'pam9ondas app>ti5t seul d'avoir pu y associ] la d\ceur et la pratique des murs les plus tolrantes1 l'innoc5ce dans t\te sa puret4 ,l o l'un dit aux ,mam]t9s que les traits n'ont plus c\rs1 qu& on e/ en armes2 un autre1 un tribun du peuple1 que le temps de la ju/ice et celui de la gu]re sont deux2 un troisime1 que le bruit des armes l'emp*e d'ent5dre la voix des lois1 pam9ondas ent5dait mme celle de la civilit et de la simple c\rtoisie4 ,n'avait-il pas t jusqu' emprunt] ses ennemis l'usage de sacrifi] aux ,muses en m>*ant au combat p\r attnu]1 p> la d\ceur et la gat qu'elles rp&5t1 la furie et la rudesse du gu]ri]8 ,n'hsitons donc pas p5s] aprs un si gr& modle que1 mme contre un ennemi1 t\t n'e/ pas p]mis2 que l'intrt gnral n'e/ pas autoris t\t rev5diqu] au mpris des intrts privs3 ,le s\v5ir du droit priv subsi/e au milieu des diss5sions publiques 7,tite ,live72 ,il n'y a pas de puissance qui puisse n\s faire enfre9dre les droits de l'amiti 7,ovide72 disons-n\s qu'il y a des *oses int]dites un homme de bi5 qui s]t son roi1 ou la cause de l'ordre et des lois1 c> la patrie n't\ffe pas t\s les devoirs1 et il lui importe d'avoir des citoy5s qui soi5t pieux env]s leurs p>5ts 7,cicron74 ,c'e/ l une ducation rp&re notre poque4 ,n\s n'avons que faire de pr9cipes exclusifs2 c'e/ assez que nos paules soi5t b>des de f] sans que nos mes le soi5t2 c'e/ assez de tremp] nos plumes dans l'encre1 sans encore que n\s les trempions dans le sang4 ,si c'e/ le comble du c\rage1 l'effet d'une v]tu p>ticulirem5t r>e que de mpris] l'amiti1 les obligations que n\s avons les uns env]s les autres1 la p>ole donne1 les li5s de p>5t p\r le bi5 commun et l'obissance aux magi/rats1 il suffit bi51 p\r n\s excus] de ne po9t possd] une telle gr&eur de s5tim5ts1 qu'elle n'ait po9t pris place dans ce qui faisait la gr&eur d'me d'pam9ondas4 ,j'abom9e les appels la viol5ce de cette autre me en dlire3 ,tant que l'pe s]a tire du f\rreau1 *assez t\te piti de vos curs1 que la vue mme de vos pres dans le camp adv]se ne v\s arrte pas1 frappez du f] ces ttes vnrables 7,luca974 ,otons ceux qui1 p> nature1 sont m*ants1 sangu9aires et tratres1 ce prtexte se livr] leurs p5*ants2 laissons l cette ju/ice excessive qui ne n\s app>ti5t pas et t5ons-n\s-en des exemples plus empre9ts des droits de l'humanit4--,a cet g>d l'poque et l'exemple peuv5t beauc\p4 ,durant la gu]re civile1 dans un engagem5t contre ,c9na1 un soldat de ,pompe ayant1 p> mg>de1 tu son frre qui tait dans les rangs opposs1 se tua lui-mme sur le *amp p> honte et p> regret4 ,quelques annes aprs1 dans le c\rs d'une autre gu]re civile1 t\j\rs *ez ce mme peuple1 un soldat qui avait tu son frre dem&ait1 p\r ce fait1 une rcomp5se ses *efs4 ,en rsum1 l'utilit d'une action ne suffit pas p\r la r5dre honorable4--,c'e/ tort qu'on v\drait ju/ifi] de 99 l'honntet et de la beaut d'une action p> ce fait seul qu'elle e/ utile1 et en conclure que *acun peut tre t5u de l'accomplir et doit l'e/im] honnte en raison de son utilit3 ,t\tes *oses ne convi5n5t pas galem5t t\s 7,prop]ce74 ,considrons celle qui e/ la plus ncessaire et la plus utile la socit huma9e1 le m>iage2 le conseil des sa9ts ne tr\ve-t-il pas qu'il e/ plus honnte de s'en ab/5ir1 rpr\vant a9si1 p>mi les devoirs de l'homme1 celui qui e/ le plus respectable1 comme n\s-mmes en agissons vis--vis des animaux1 en envoyant dans les h>as ceux dont n\s faisons le mo9s de cas4 ,,*apitre ,,ii4 ,du rep5tir4 ,t\t1 en ce monde1 e/ s\mis des *angem5ts cont9uels2 c'e/ ce qui fait que ,montaigne1 qui se dpe9t au j\r le j\r1 peut ne pas se montr] con/amm5t avec les mmes s5tim5ts et les mmes ides4--,les autres auteurs se propos5t l'ducation de l'homme2 je me borne le dcrire4 ,celui que je dpe9s e/ bi5 mal compos2 si j'avais le faonn] n\veau1 je le f]ais c]ta9em5t t\t autre qu'il n'e/1 mais auj\rd'hui c'e/ *ose faite4 ,les traits s\s lesquels je le prs5te1 sont bi5 tels1 quoique *angeant et se div]sifiant2 c> le monde n'e/ autre qu'un m\vem5t p]ptuel2 t\t y e/ cont9uellem5t en branle2 la t]re1 les ro*]s du ,caucase1 les pyramides d'gypte p>ticip5t du m\vem5t gnral et de celui qui leur e/ propre2 l'immobilit elle-mme n'e/ qu'un m\vem5t mo9s acc5tu4 ,je ne puis fix] l'objet que je veux reprs5t]3 il se meut vague et *ancelant comme s\s l'influ5ce d'une ivresse naturelle2 je le pr5ds tel qu'il e/ l'in/ant o mon int5tion se porte sur lui2 je ne le pe9s pas tel qu'il e/1 mais tel qu'il m'app>at au passage2 passage non d'un ge un autre1 ni1 comme on dit dans le peuple1 de sept ans en sept ans1 mais de j\r en j\r1 de m9ute en m9ute4 ,c'e/ donc sur le mom5t mme qu'il me faut a*ev] ma description2 un in/ant plus t>d1 je p\rrais me tr\v] non seulem5t en prs5ce d'une physionomie qui s'e/ modifie1 mais encore les ides d'aprs lesquelles je l'apprcie n'tre plus elles-mmes celles que j'avais le mom5t d'avant4 ,je relve les accid5ts div]s et v>iables qui se produis5t en moi et les conceptions plus ou mo9s fugitives qu'eng5dre mon imag9ation1 lesquelles s\v5t sont le contraire les unes des autres1 soit qu' c]ta9s mom5ts je sois autre que moi-mme1 soit que ce qui en e/ l'objet m'app>aisse dans un cadre et s\s un j\r autres2 si bi5 qu'il m'arrive de temps en temps de me contr$ire et cep5dant1 comme disait ,demade1 jamais je ne cesse d'tre vrai4 ,si mon me p\vait se fix]1 je ne s]ais pas hsitant1 je p>l]ais nettem5t1 en homme sr de lui-mme2 mais elle e/ sans cesse *]*ant sa voie et s'essayant4 ,quoique sa vie n'(fre ri5 de p>ticuli]1 l'tude qu'il en fait n'en a pas mo9s son utilit1 d'autant que jamais auteur n'a mieux connu son sujet4--,j'expose une vie t\t fait des plus ord9aires1 qui ne prs5te ri5 de saillant1 ce qui e/ t\t un4 ,la vie intime de l'homme du peuple e/ du re/e un sujet de philosophie et de moralit au mme degr qu'une vie vcue dans de plus brillantes conditions2 dans *aque homme se retr\ve l'homme t\t enti]4 ,les auteurs trait5t communm5t des sujets spciaux auxquels leur p]sonnalit demeure trangre2 drogeant cette habitude1 ce qui e/ la premire fois que cela arrive1 c'e/ moi-mme1 dans ma plus complte intgrit1 que je livre au public1 c'e/ ,mi*el de ,montaigne en p]sonne et non ,mi*el de ,montaigne grammairi51 pote ou jurisconsulte4 ,si le monde se pla9t de ce que je p>le trop de moi1 je me pla9s de ce que lui ne p5se seulem5t pas lui-mme4 ,mais e/-il raisonnable1 ne vivant que p\r moi1 de prt5dre initi] le public la connaissance de moi-mme8 ,e/-ce raisonnable aussi de prs5t] dans t\te leur crudit1 au monde auprs duquel la faon et l'art ont tant de poids et sont tant priss1 de simples effets de la nature1 et encore d'une nature qui n'a que bi5 peu de ressort8 ,n'e/-ce pas v\loir con/ruire un mur sans avoir de pi]res1 ou entrepr5dre t\te autre *ose du mme g5re1 que d'crire un livre sans la sci5ce et le tal5t 99 v\lus8 ,c'e/ l'art qui p]met d'adapt] la musique aux ides que l'on veut r5dre2 les mi5nes ne procd5t que du has>d4 ,j'ai du mo9s p\r moi ceci de con=me la rgle1 c'e/ que p]sonne n'a trait un sujet1 le possdant avec plus de connaissance que je n'ai de celui qui m'occupe2 je suis cet g>d plus savant que qui que ce soit2 en second lieu1 jamais p]sonne ne l'a scrut davantage1 n'en a plus analys les div]ses p>ties et les consqu5ces qui en dc\l5t1 et n'a une ide plus exacte et plus complte du b qu'il se propose4 ,p\r m5] bi5 ce travail1 je n'ai beso9 que de s9crit1 et cette qualit-l s'y tr\ve aussi relle1 aussi pure qu'il se peut4 ,je dis la vrit1 non pas aussi nette que je v\drais1 mais que je l'ose1 et j'ose un peu plus au fur et mesure que je vieillis1 p>ce que j'ai rem>qu qu'aux g5s avancs en ge on concde une plus gr&e lib]t de bav>d] et de s't5dre complaisamm5t sur ce qui les t\*e4 ,ici1 il n'y a pas cra9dre1 ce qui arrive s\v5t1 que l'artisan et le travail qu'il produit soi5t en contradiction1 et qu'on vi5ne dire3 ,comm5t se peut-il qu'un homme qui cause si bi51 ait crit un ouvrage aussi sot8 ou encore3 ,comm5t cet ouvrage1 qui dnote tant de savoir1 a-t-il pu tre crit p> un homme qui a une si faible conv]sation8 ,qu& la socit de quelqu'un e/ banale et que ses ouvrages ont de la valeur1 c'e/ que la capacit qu'il y montre1 provi5t d'une s\rce laquelle il l'emprunte et n'e/ pas de son cru4 ,un savant n'e/ pas savant en t\tes *oses1 mais l'homme capable1 l'e/ en t\t1 jusque dans son ignorance4 ,mon livre et moi sommes si bi5 assortis1 que n\s allons de pair2 ailleurs1 on peut apprci] ou ne pas apprci] l'ouvrage et avoir une ide autre sur l'auteur2 tel n'e/ pas ici le cas1 le jugem5t port sur l'un s'applique l'autre4 ,celui qui jug]a sans se r5dre compte1 se f]a plus de tort qu' moi2 celui qui jug]a en connaissance de cause1 aura ple9em5t satisfait ce que je s\haite4 ,je s]ai plus heureux que je ne le mrite1 si j'arrive me concili] suffisamm5t l'approbation publique p\r que les g5s qui ont du bon s5s1 veuill5t bi5 admettre que j'eusse t capable de tir] pr(it de la sci5ce si j'en avais eu1 et qu'il e/ regrettable que ma mmoire ne m'ait pas mieux s]vi4 ,expliquons ici ce que je rpte s\v5t3 que je ne me rep5s que r>em5t et que ma consci5ce se cont5te de son propre tmoignage1 non comme si j'avais la consci5ce d'un ange ou d'une bte1 mais comme fait une consci5ce huma9e2 quoi j'aj\t]ai cette r$ite cont9uelle qui n'e/ pas *ez moi un va9 talage de mots1 mais un acte de s\mission complte et absolue3 ,ce que je dis1 e/ le fait de quelqu'un qui ne sait pas et qui s'enqui]t2 et1 comme conclusion1 je m'en remets purem5t et simplem5t aux croyances univ]sellem5t admises et qui n\s ont t lgitimem5t transmises4 ,je n'enseigne pas1 je raconte4 ,t\t vice laisse dans l'me une plaie qui la t\rm5te sans cesse2 une bonne consci5ce procure1 au contraire1 une satisfaction durable4--,il n'y a pas de vice1 mritant rellem5t cette qualification1 qui ne n\s (f5se et que ne fasse ressortir un jugem5t sa94 ,la laideur et les inconvni5ts du vice sont1 en effet1 si app>5ts que peut-tre ceux-l ont-ils raison1 qui dis5t qu'il e/ surt\t le rsultat de la btise et de l'ignorance1 tant il e/ difficile d'imag9] qu'on puisse le connatre sans le har4 ,la m*ancet rsorbe la majeure p>tie de son propre v59 et s'en empoisonne elle-mme4 ,le vice amne un remords dans l'me1 qui e/ comme un ulcre dans les *airs2 t\j\rs elle s'gratigne et s'ensanglante elle-mme4 ,la raison efface t\tes les autres tri/esses1 t\tes les autres d\leurs1 t&is qu'elle entreti5t celles qui n\s vi5n5t du remords1 qui e/ d'autant plus aigu qu'il nat au d$ans de n\s1 semblable en cela au froid et au *aud qui1 occasionns p> la fivre1 n\s sont plus pnibles que lorsqu'ils provi5n5t de causes ext]nes4 ,j'appelle vice 7*acun t\tefois dans la mesure qui lui e/ propre71 non seulem5t ce que condamn5t la nature et la raison1 mais aussi ce qu' tort ou raison l'homme a dcrt tel1 lorsque les lois et l'usage l'ont ratifi4 ,de mme1 t\t ce qui e/ bon rj\it une nature bi5 ne2 bi5 faire procure t\j\rs je ne sais quelle satisfaction qui n\s rcon=te dans notre = intrieur et n\s inspire cette gnreuse fi]t compagne d'une bonne consci5ce2 une me qui apporte du c\rage dans le vice1 peut1 p> exception1 se donn] la scurit1 mais n'arrive ni se complaire1 ni tre satisfaite4 ,ce n'e/ pas un lg] cont5tem5t que l'on pr\ve1 de se s5tir prs]v de la contagion d'un sicle si contam9 et de p\voir se dire en soi-mme3 ,qui plong]ait ses reg>ds jusque dans le fond de mon me1 ne me tr\v]ait1 jusqu' prs5t1 c\pable ni d'avoir afflig ou ru9 quelqu'un1 ni de m'tre v5g ou avoir port envie1 non plus que d'avoir att5t publiquem5t aux lois1 d'avoir contribu faire prvaloir des n\veauts1 p>ticip aux tr\bles1 manqu ma p>ole2 et1 bi5 que la lic5ce des temps l'ait p]mis et appris *acun le pratiqu]1 je n'ai mis la ma9 ni sur les bi5s1 ni sur la b\rse d'aucun ,franais2 je n'ai vcu que de la mi5ne1 aussi bi5 p5dant la gu]re que p5dant la paix1 et n'ai jamais u du travail de p]sonne sans le pay]4 ,de p>eils tmoignages de consci5ce plais5t2 et cette satisfaction intime1 qui e/ la seule rcomp5se qui jamais ne n\s fasse dfaut1 e/ d'un gr& prix4 ,*acun devrait tre son propre juge1 les autres n'ont1 p\r n\s jug]1 qu'une fausse mesure leur disposition4--,*]*]1 dans l'approbation d'autrui1 la rcomp5se des actions v]tueuses1 c'e/ pr5dre une base d'apprciation trop inc]ta9e et mal df9ie1 surt\t dans un sicle corrompu et ignorant comme celui-ci1 o l'e/ime que v\s tmoigne la f\le e/ injurieuse1 et o on ne sait qui se fi] qui soit mme de di/+u] ce qui mrite d'tre l\6 ,dieu me g>de d'tre un homme de bi5 semblable ceux auxquels t\s les j\rs je vois1 p\r leur faire honneur1 attribu] cette qualification3 ,les vices d'autrefois sont dev5us les murs d'auj\rd'hui 7,snque74--,c]ta9s de mes amis ont1 p>fois1 entrepris de me *apitr] et de me c5sur] en t\te s9crit1 soit de leur propre m\vem5t1 soit sollicits p> moi1 p>ce que c'e/ l un s]vice qui1 p\r une me bi5 faite1 surpasse comme bon procd1 aussi bi5 qu'en utilit1 t\s ceux que l'amiti peut n\s r5dre4 ,t\t en faisant ces critiques l'accueil le plus c\rtois et le plus reconnaissant1 je puis dire auj\rd'hui en consci5ce que j'ai s\v5t con/at si peu de ju/esse dans leurs repro*es comme dans leurs l\anges1 qu'il ne s'en e/ pas fallu de beauc\p qu'en m'y pr5ant leur manire1 je ne fisse mal plutt que bi54 ,surt\t n\s autres p>ticuli]s1 dont les s5tim5ts ne se manife/5t gure au dehors de n\s1 avons beso9 d'avoir au d$ans un juge qui prononce sur la valeur de nos actes et qui tantt n\s enc\rage1 tantt n\s *tie selon ce qu'il apprcie4 ,p\r jug] des mi5s1 j'ai des lois et une c\r de ju/ice qui me sont propres1 et c'e/ elles que j'ai le plus s\v5t rec\rs2 je modifie bi5 mes actions suivant le jugem5t d'autrui1 mais c'e/ uniquem5t d'aprs moi que je les juge4 ,il n'y a que v\s qui sa*iez si v\s tes l*e et cruel1 si v\s tes loyal1 si v\s avez des ides religieuses2 les autres ne v\s voi5t pas1 ils v\s dev95t d'aprs des conjectures inc]ta9es2 ce n'e/ pas tant votre naturel qu'ils ap]oiv5t que l'app>5ce que1 p> l'effet de l'art1 v\s tes arriv v\s donn]2 ne v\s en rapportez donc pas leur s5t5ce1 t5ez-v\s-en la vtre3 ,usez de votre propre jugem5t444 ,le tmoignage qu'en v\s-mmes se r5d5t le vice et la v]tu e/ d'un gr& poids2 en dehors de lui1 t\t le re/e n'e/ ri5 7,cicron74 ,le rep5tir e/1 dit-on1 la suite 9vitable d'une faute2 cela n'e/ pas exact p\r les vices enrac9s en n\s4--,on dit que le rep5tir suit de prs la faute1 cela ne semble pas s'appliqu] celle monte un si haut diapason1 qu'elle a fait lection de domicile en n\s au po9t d'y tre comme *ez elle4 ,on peut dsav\] et r5i] les vices qui ne sont qu'accid5tels et v]s lesquels la passion n\s a une fois entrans2 mais ceux qui1 la suite d'une longue habitude1 se sont enrac9s et ancrs p> l'effet d'une volont =te et p]si/ante1 ne sont pas sujets rsipisc5ce4 ,le rep5tir n'e/ autre qu'un ddit de notre volont1 une rvolte qui n\s passe p> l'esprit1 une contradiction avec n\s-mmes qui fait que n\s allons en t\s s5s2 il amne l'un dsav\] le vice1 un autre sa v]tu et sa cont95ce des temps passs3 ,que n'avais-je autrefois l'expri5ce que j'ai auj\rd'hui2 et que mes j\es n'ont-elles cons]v le duvet de la jeunesse 7,horace76 ,la vie extrieure d'un homme n'e/ pas sa vie relle2 il n'e/ lui-mme que dans sa vie intrieure4--,c'e/ une exi/5ce exquise que celle qui1 jusque dans la vie prive1 ne se dp>tit jamais de la rgle4 ,t\t le monde peut faire le mti] de bateleur et1 sur les trteaux1 reprs5t] un p]sonnage honnte2 mais au d$ans de n\s1 dans notre = intrieur o n\s rgnons en matre et o t\t ce qui se passe demeure ca*1 ne pas n\s c>t] de cette rgle-l e/ le difficile4 ,c'e/ appro*] de cette p]fection que d'tre pondr *ez soi1 dans nos actions ord9aires dont n\s n'avons de comptes r5dre p]sonne1 qui se font sans que n\s les tudiions l'avance et sans apprts4--,c'e/ dans cet esprit que ,bias traait son tableau d'une famille modle1 dont le *ef1 disait-il1 e/ au d$ans p> sa propre v]tu1 ce qu'il e/ au dehors p> la cra9te des lois et de l'op9ion publique2 et1 c'e/ une p>ole digne d'tre rapporte que celle de ,livius ,drusus rpondant aux ouvri]s qui lui (frai5t de mettre1 p\r trois mille cus1 sa maison l'abri des vues que ses vois9s y avai5t3 ,je v\s en donn]ai six mille1 si v\s faites que p>t\t *acun puisse voir ce qui s'y passe4 ,agsilas avait une habitude qui lui faisait honneur3 qu& il tait en voyage1 il logeait dans les temples1 af9 que le peuple et les dieux eux-mmes fuss5t tmo9s incessants de ses faits et ge/es4--,tel passe aux yeux du monde p\r avoir accompli des miracles1 *ez lequel ni sa femme1 ni son valet de *ambre n'ont ri5 ap]u qui soit mme digne de rem>que2 peu d'hommes ont t un sujet d'admiration p\r leurs dome/iques2 nul n'a t prophte dans sa maison1 ni mme dans son pays1 dis5t les enseignem5ts de l'hi/oire4 ,il en e/ de mme des *oses sans importance2 et si insignifiant que soit ce qui se passe mon sujet1 c'e/ exactem5t ce qui a lieu *ez les gr&s3 dans ma prov9ce de ,gascogne1 on tr\ve drle de me voir imprim2 et plus ceux qui ent5d5t p>l] de moi habit5t lo9 de mon manoir1 plus ils font cas de moi2 en ,guy5ne il me faut pay] mes imprimeurs1 ailleurs ce sont eux qui m'a*t5t4--,de ce qu'il en e/ a9si1 c]ta9s1 qui de leur vivant et alors qu'ils sont l re/5t ignors1 espr5t acqurir de la rputation qu& ils s]ont morts et qu'ils ne s]ont plus2 je prfre avoir mo9s de succs po/humes1 et ne me donne au monde que p\r ce que je puis en retir]2 du re/e1 je l'en ti5s quitte4 ,celui qu'au ret\r d'une crmonie publique1 le peuple baubi reconduit jusqu' sa porte1 cesse son rle en quittant la robe qu'il a revtue p\r le j\] et retombe d'autant plus bas que1 il y a un in/ant1 il tait mont plus haut2 *ez lui1 dans son intrieur1 t\t e/ tumultueux et vil4--,alors mme que les actions les plus humbles de notre vie prive s]ai5t t\j\rs ordonnes1 il faudrait un jugem5t pntrant et p>ticulirem5t apte p\r le con/at]1 d'autant que l'ordre e/ une v]tu sans clat qui ne provoque pas l'att5tion4 ,enlev] une br*e1 dirig] une ambassade1 g\v]n] un peuple1 sont des actions qui ressort5t2 rprim&]1 rire1 v5dre1 a*et]1 aim]1 har1 caus] avec les si5s et avec soi-mme et cela t\j\rs d\cem5t1 raisonnablem5t sans jamais ni se nglig]1 ni se dm5tir1 sont *oses plus r>es1 plus difficiles et mo9s rem>quables4 ,ceux qui mn5t une exi/5ce retire du monde ont en cela satisfaire1 quoi qu'on en dise1 des devoirs aussi pnibles1 aussi t5dus s9on plus1 que ceux qui viv5t autrem5t2 et les simples p>ticuli]s1 dit ,ari/ote1 pratiqu5t la v]tu dans des conditions plus difficiles et plus hautes que ne font ceux qui rempliss5t des *>ges publiques2 c'e/ p> le dsir d'arriv] la gloire1 plus que p> consci5ce1 que n\s re*]*ons les situations leves4--,le moy5 le plus prompt d'acqurir de la gloire devrait tre de faire p> consci5ce ce que n\s faisons p\r la gloire4 ,le c\rage mme d',alex&re me semble reprs5t] sur le ?tre o il s'e/ ex]c1 une somme d'n]gie notablem5t infrieure celle qu'il a fallu ,socrate p\r pratiqu] ses v]tus dans le milieu peu lev et obscur o il a vcu4 ,je me figure aism5t ,socrate la place d',alex&re1 je ne puis m'imag9] ,alex&re la place de ,socrate2 dem&ez celui-l ce qu'il sait faire1 il v\s dira3 ,subjugu] le monde2 posez la mme "q celui-ci1 il v\s dira3 ,vivre de la vie huma9e dans les conditions que n\s a faites la nature2 sci5ce bi5 plus va/e1 plus l\rde et qui a plus sa raison d'tre4 ,la gr&eur d'me se manife/e surt\t *ez les hommes de condition sociale mdiocre4--,le mrite de l'me n'e/ pas de s'lev] haut1 mais d'all] d'une faon ordonne2 sa gr&eur ne se manife/e pas dans la gr&eur1 mais dans la mdiocrit4 ,ceux qui scrut5t ce qui e/ en d$ans de n\s et n\s jug5t d'aprs ce qu'ils y con/at5t1 ne ti5n5t pas gr& compte de la lueur que peuv5t rp&re les actes de notre vie publique2 ils voi5t que ce ne sont que de m9ces filets d'eau1 m]geant en g\ttelettes d'un fond en somme limoneux et pais2 quant ceux qui n\s jug5t sur ces app>5ces brillantes qui s'ap]oiv5t de dehors1 ils conclu5t qu'intrieurem5t n\s sommes tels2 ils ne peuv5t acc\pl] les facults communes1 semblables aux leurs qui sont galem5t en n\s1 avec ces autres facults qui les tonn5t et sont si lo9 de ce quoi ils song5t atte9dre4 ,c'e/ a9si que n\s attribuons aux dmons des =mes tranges4 ,qui ne se reprs5te ,tam]lan avec des s\rcils relevs1 de l>ges n>9es1 un visage affreux1 une taille dmesure que notre imag9ation conoit tels1 d'aprs le bruit qui s'e/ fait aut\r de son nom8 ,qui m'et jadis montr rasme1 m'aurait difficilem5t emp* de voir autre *ose que des maximes et des s5t5ces dans t\t ce qu'il disait son dome/ique et son htesse4 ,n\s n\s reprs5tons bi5 plus un artisan sur sa g>de-robe ou sur sa femme1 qu'un premi] prsid5t vnrable p> son ma9ti5 et ses capacits2 il n\s semble que de ces trnes si haut placs1 on ne s'abaisse pas daign] vivre4 ,les mes vicieuses sont s\v5t incites bi5 faire p> quelque cause trangre2 rciproquem5t1 les mes v]tueuses sont p>fois sollicites au mal2 il ne faut donc1 p> suite1 les jug] que lorsqu'elles sont dans leur tat normal1 qu& elles sont *ez elles1 s'il leur arrive quelquefois d'y tre1 ou1 au mo9s1 qu& elles sont peu prs au calme et dans leur assiette naturelle4 ,ceux qui entrepr5n5t de r=m] les murs se tromp5t en croyant y arriv]2 ils ne p>vi5n5t *ang] que l'app>5ce4--,les p5*ants naturels se dvelopp5t et se =tifi5t p> l'ducation1 mais ne se modifi5t gure ni ne se surmont5t4 ,de mon temps1 mille natures ont dvi soit v]s la v]tu1 soit v]s le vice1 malgr un sy/me d'ducation qui et d produire un rsultat oppos3 ,a9si les btes fauves d%abitues de leurs =ts1 semblant s'tre ad\cies en captivit1 dp\illant leur m9e f>\*e1 s\ffr5t enf9 l'empire de l'homme2 mais si1 d'av5ture1 un peu de sang vi5t t\*] leurs lvres enflammes1 leur rage se rveille1 leur gosi] en e/ altr1 elles brl5t de s'en ass\vir2 et c'e/ pe9e si1 dans leur fureur1 elles se reti5n5t de d*ir] leur matre ple de frayeur 7,luca974 ,on ne drac9e pas des qualits orig9elles1 on n'arrive qu' les dissimul]1 les ca*]4 ,a9si1 la langue lat9e e/ comme ma langue mat]nelle1 je la compr5ds mieux que le franais2 mais il y a qu>ante ans que je ne m'en suis plus du t\t s]vi p\r p>l] et gure p\r crire2 cep5dant qu& de trs =tes motions se sont emp>es subitem5t de moi1 ce qui m'e/ arriv deux ou trois fois dans ma vie1 dont l'une en voyant mon pre1 en ple9e sant1 tomb] inanim dans mes bras1 les premires p>oles qui me sont *appes du fond du cur1 ont t\j\rs t en lat91 la nature se faisant j\r p> la =ce mme des *oses1 bi5 que t5ue depuis longtemps l'c>t2 et de cela1 on cite bi5 d'autres exemples4 ,ceux qui essai5t de corrig] les murs publiques de notre poque en modifiant les ides ayant c\rs1 ne r=m5t que ce que l'app>5ce a de vicieux1 mais non le fond des *oses qui demeure1 si mme il ne s'aggrave4 ,l'aggravation e/ cra9dre1 p>ce que ces modifications ne portant que sur des que/ions de =me1 laisses l'apprciation de *acun 991 cotant mo9s pratiqu] et n\s faisant valoir davantage1 font qu'on s'ab/i5t de t\t autre *angem5t susceptible de conc\rir notre amlioration et que1 de la sorte1 n\s p\vons1 bon m>*1 n\s ab&onn] aux autres vices inhr5ts notre nature et que n\s reclons l'tat lat5t4 ,reg>dez un peu ce qui se passe dans la ralit3 il n'e/ p]sonne1 s'il s'exam9e1 qui ne dc\vre en soi une disposition qui lui soit propre1 disposition matresse qui rsi/e aux effets de l'ducation et aux assauts de t\tes les passions contraires ce p5*ant dom9ant4--,p\r moi1 je n'pr\ve gure de ces sec\sses2 je suis presque t\j\rs dans mon assiette naturelle1 comme il arrive des corps massifs qui ont du poids2 si je ne suis pas en possession de moi-mme1 je suis t\j\rs bi5 prs d'y tre4 ,mes c>ts ne sont jamais considrables1 n'ont ri5 d'excessif ni d'trange1 et mes ret\rs en moi-mme sont t\j\rs srieux et s9cres4 ,les hommes en gnral1 mme dans leur rep5tir1 ne s'am5d5t pas2 s'ils *]*5t tre autres1 c'e/ qu'ils espr5t s'en mieux tr\v]4 ,p\r lui1 son jugem5t a t\j\rs dirig sa consci5ce4--,ce qui n\s e/ une vritable condamnation et s'applique notre manire de faire t\s1 c'e/ que lorsque n\s rev5ons sur nos erreurs1 notre rep5tir mme e/ enta* de corruption et de mauvaises int5tions2 n\s n'avons que confusm5t l'ide de n\s am5d]1 n\s ludons la pnit5ce que n\s en faisons1 et n\s n\s y comportons d'une faon peu prs aussi fautive que lorsque n\s cdions au p*4 ,quelques-uns1 soit p>ce que le vice e/ dans leur nature1 soit p>ce que depuis longtemps il e/ dans leurs habitudes1 n'en saisiss5t plus la laideur2 *ez d'autres1 du nombre desquels je suis1 il leur e/ *>ge1 mais mettant en balance le plaisir ou t\t autre avantage qu'ils en retir5t1 ils le support5t ou s'y prt5t1 moy5nant une transaction qui ne laisse pas d'tre encore du vice et de la l*et4 ,cep5dant on peut concevoir p>fois entre le vice et le plaisir qu'il procure une disproportion telle1 qu'avec quelque raison elle excuse le p*1 comme n\s disons d'une faute lgre dont n\s retirons des avantages importants2 et cela1 non seulem5t s'il s'agit de plaisirs accid5tels dont on ne j\it que hors du p*1 c'e/--dire qu'aprs qu'il a t commis1 tels que ceux que procure le l>c91 mais mme de ces plaisirs qu'on ress5t l'in/ant mme o se produit la faute1 comme il arrive qu& on entre en j\issance de la femme1 laquelle n\s induit une t5tation viol5te1 quelquefois mme irrsi/ible1 dit-on4--,j'tais l'autre j\r en ,armagnac1 dans le doma9e d'un de mes p>5ts2 j'y vis un paysan qu'on dsigne p> ce surnom3 le ,l>ron4 ,il racontait a9si son exi/5ce3 ,n de p>5ts adonns la m5dicit1 et tr\vant que s'il lui fallait gagn] sa vie en travaillant honntem5t1 il n'arriv]ait jamais se mettre l'abri de la misre1 il s'avisa de se faire voleur1 mti] qu'il pratiqua durant t\te sa jeunesse1 sans jamais se compromettre en raison de sa =ce physique4 ,il allait moissonn] et v5dang] les t]res d'autrui2 mais au lo9 et sur des t5dues telles qu'on ne p\vait suppos] qu'un homme seul pt1 sur ses paules1 emport] des rcoltes en aussi gr&e quantit en une seule nuit2 de plus1 il avait so9 de rp>tir sur div]s le dommage qu'il commettait1 de sorte que les p]tes subies tai5t de mo9dre importance p\r *acun4 ,auj\rd'hui qu'il e/ vieux1 grce ce mode d'opr] qu'il confesse ouv]tem5t1 il e/ ri*e p\r un homme de sa condition4 ,p\r entr] en arrangem5t avec ,dieu au sujet de ces bi5s mal acquis1 il dit1 que t\s les j\rs il indemnise p> ses bi5faits les successeurs de ceux qu'il a pills2 et que1 s'il n'arrive pas les ds9tress] compltem5t 7ce qu'il ne peut faire d'une seule fois71 il en *>g]a ses hriti]s1 tant seul mme de les r5seign] cet g>d1 p>ce que seul il connat le prjudice caus *acun4 ,que cette hi/oire soit vraie ou fausse1 celui qui l'a conte1 considre le l>c9 comme une *ose d%onnte et l'a en ha9e1 mais mo9s encore que l'indig5ce2 il se rep5t d'une faon gnrale d'y avoir eu rec\rs1 mais tant donns les avantages qu'il en a retirs et la rp>ation qu'il y apporte1 il ne s'en rep5t pas4 ,ce n'e/ pas l assurm5t le cas d'habitudes qui font que le vice s'inc>ne en n\s et oblitre notre ent5dem5t2 ce n'e/ pas davantage le fait d'un ouragan qui1 branlant violemm5t notre me1 la tr\ble1 l'aveugle et1 sur le mom5t1 prcipite notre jugem5t et1 avec lui1 t\t notre tre1 en la puissance du vice4 ,d'ord9aire1 je suis t\t enti] ce que je fais et vais t\t d'une pice2 je n'ai gure de m\vem5t qui se drobe1 *appe ma raison1 et qui ne se produise d'accord avec peu prs t\tes les p>ties de moi-mme1 sans qu'il y ait division ou antagonisme entre elles2 mon jugem5t en porte uniquem5t la faute ou le mrite1 et lorsque1 sur un po9t1 il y a erreur de sa "p1 c'e/ p\r t\j\rs1 c> depuis presque ma naissance il n'a pas v>i2 ses p5*ants1 sa voie1 sa =ce sont les mmes et1 sur les que/ions d'ordre gnral1 ds l'enfance j'ai conu les op9ions que j'ai t\j\rs g>des depuis4--,il y a des p*s imptueux1 prompts1 subits3 ne n\s en occupons pas2 mais il y en a d'autres qui se reproduis5t si s\v5t en n\s1 sur lesquels n\s dlibrons et consultons sans cesse1 qui ti5n5t notre tempram5t1 notre pr(ession1 la *>ge que n\s remplissons1 et je ne puis compr5dre que ceux-ci n\s demeur5t si longtemps sans que n\s ayons le c\rage de n\s y s\/raire1 si la raison et la consci5ce de celui *ez lequel ils exi/5t ne v\lai5t et ne se prtai5t con/amm5t ce qu'il en soit a9si2 aussi j'imag9e et conois difficilem5t que le rep5tir1 qu' un mom5t donn il prt5d ress5tir1 soit rel4 ,je ne compr5ds pas la secte de ,py?agore1 qu& elle dit que les hommes pr5n5t une me n\velle1 qu& ils appro*5t des images des dieux p\r recueillir leurs oracles1 si cela ne signifie qu'il faut bi5 que1 p\r la circon/ance1 notre me soit trangre elle-mme1 soit n\velle1 qu'elle n\s ait t mom5tanm5t prte2 p>ce que telle qu'elle e/1 elle tmoigne trop peu qu'elle se soit purifie et ait atte9t le degr de nettet qui convi5t p\r appro*] la div9it4 ,n\s faisons t\t l'oppos de ce que prn5t les ,/oci5s qui1 t\t en n\s ordonnant de corrig] les imp]fections et les vices que n\s reconnaissons en n\s1 n\s df5d5t de faire que ce soit un sujet de tr\ble p\r le repos de notre me4 ,n\s1 n\s *]*ons faire croire que n\s en avons un gr& regret et que le remords n\s dvore intrieurem5t2 mais que n\s n\s am5dions1 que n\s n\s corrigions1 que n\s int]rompions nos progrs dans la mauvaise voie1 il n'y p>at pas4 ,il n'y a de gurison que si on se d*>ge de son mal2 un rep5tir s9cre mis dans un plateau de la balance1 l'emport]ait aism5t sur le p* plac dans l'autre4 ,je ne vois aucune qualit si aise contrefaire que la dvotion1 si on n'y con=me ni ses murs1 ni sa vie2 elle e/1 p> ess5ce1 ca*e et difficile pntr]1 l'app>5ce en e/ facile et produit =t bel effet4 ,il ne se rep5t aucunem5t de sa vie passe1 et les erreurs qu'il a pu commettre1 c'e/ la =tune et non son jugem5t qu'il en impute la faute4--,p]sonnellem5t1 je puis s\hait]1 d'une faon gnrale1 tre autre que je suis2 je puis me condamn] et me dplaire dans mon ensemble1 suppli] ,dieu de me modifi] du t\t au t\t et lui dem&] d'excus] ma faiblesse naturelle2 mais1 cela1 je ne saurais l'appel] du rep5tir1 pas plus que je ne nomme a9si le dplaisir que j'pr\ve de n'tre ni un ange1 ni un ,caton4 ,mes actions sont rgles et con=mes ce que je suis et ma condition2 je ne puis faire mieux1 et le rep5tir ne s'applique pas aux *oses qui sont au-dessus de nos =ces1 t\t au plus e/-ce du regret que n\s p\vons en pr\v]4 ,j'imag9e qu'il exi/e des natures inf9im5t plus leves et mieux ordonnes que la mi5ne2 cela ne fait pas que je puisse p]fectionn] mes qualits1 pas plus que ni mon bras1 ni mon esprit n'acquir5t plus de vigueur1 p>ce que j'en conois qui en ai5t davantage4 ,si imag9] et dsir] agir plus noblem5t que n\s ne le faisons1 avait p\r effet que n\s n\s rep5tions de ce que n\s avons fait1 n\s aurions n\s rep5tir de nos actions les plus innoc5tes1 d'autant que n\s n\s r5dons bi5 compte que *ez une nature meilleure que la ntre1 elles euss5t t accomplies avec plus de p]fection et de dignit1 et n\s v\drions faire de mme4 ,lorsque1 ma9t5ant que j'ai atte9t la vieillesse1 je rfl*is la manire dont je me suis comport dans ma jeunesse1 je tr\ve que je me suis presque t\j\rs conduit avec ordre2 selon ce qui m'tait possible1 j'ai oppos au mal t\te la rsi/ance dont j'tais capable4 ,en ceci je ne me flatte pas et1 en p>eilles circon/ances1 je s]ais1 encore et t\j\rs1 tel que j'ai t2 ce n'e/ pas une ta*e qui e/ en moi1 c'e/ mon te9t gnral qui e/ a9si4 ,je ne connais pas de rep5tir sup]ficiel1 mitig ou de pure crmonie2 p\r qu'il y ait rep5tir1 il faut1 selon moi1 que ri5 ne demeure hors de son atte9te1 qu'il me t5aille les entrailles1 les meurtrisse aussi pr(ondm5t que pntre le reg>d de ,dieu et que1 comme lui1 il s't5de t\t mon tre4 ,p\r ce qui e/ de mes affaires d'intrt1 j'en ai manqu plusieurs de trs avantageuses1 faute de les avoir bi5 m5es2 les rflexions qui les avai5t prcdes n'ont p\rtant jamais cess d'tre ju/es1 eu g>d aux circon/ances qui se prs5tai5t2 du re/e1 je me rs\s t\j\rs au p>ti le plus facile et le plus sr4 ,en rev5ant auj\rd'hui sur ce pass1 je tr\ve qu'en obs]vant t\j\rs cette rgle1 j'ai sagem5t procd vu l'tat de la "q sur laquelle j'avais prononc] et1 qu'en p>eilles occasions1 je f]ais de mme dans mille ans d'ici2 je ne considre pas1 bi5 ent5du1 ce qui e/ l'heure prs5te1 mais ce qui tait qu& j'ai eu dcid]2 la valeur d'une dcision e/ t\te mom5tane1 les circon/ances et les matires auxquelles elle a trait1 allant r\lant et se modifiant sans cesse4--,j'ai1 dans mon exi/5ce1 commis quelques l\rdes erreurs1 importantes mme1 non p>ce que je n'ai pas vu ju/e1 mais p> mal*ance4 ,il y a1 dans t\te affaire que l'on traite1 des po9ts ca*s que l'on ne peut dev9]1 p>ticulirem5t ceux ayant trait la nature des hommes2 des conditions qui n'app>aiss5t1 ni ne se rvl5t1 p>fois mme inconnues de celui *ez lequel elles exi/5t1 et qui ne s'veill5t et ne surgiss5t que p>ce que l'occasion survi5t4 ,si ma prud5ce n'a pu les pntr]1 ni les prophtis]1 je ne lui en sais pas mauvais gr2 elle a agi dans les limites de ce qui lui incombait4 ,si l'vnem5t me trahit1 s'il favorise la solution que j'ai c>te1 il n'y a pas de remde2 mais je ne m'en pr5ds pas moi1 j'accuse la =tune et non ce que j'ai fait4 ,cela1 non plus1 n'e/ pas du rep5tir4 ,les conseils sont indp5dants des vnem5ts4 ,montaigne en dem&ait peu et en donnait r>em5t2 une fois l'affaire f9ie1 il ne se t\rm5tait pas de la suite laquelle elle avait ab\ti4--,phocion avait donn aux ,a?ni5s un conseil qui ne fut pas adopt2 l'affaire ayant cep5dant russi contre ce qu'il en avait p5s1 quelqu'un lui dit3 ,eh bi51 ,phocion1 es-tu cont5t de voir que cela m>*e si bi58--,je suis cont5t1 rpondit-il1 que les *oses ai5t a9si t\rn1 mais je ne me rep5s pas du conseil que j'ai donn4--,qu& mes amis s'adress5t moi p\r avoir un avis1 je le leur donne librem5t1 nettem5t1 sans m'inquit]1 comme fait presque t\t le monde1 de ce que1 si la *ose e/ has>deuse1 il peut arriv] qu'elle t\rne l'inv]se de ce que j'ai cru1 et qu'on p\rra me repro*] le conseil que j'ai mis2 cette v5tualit m'importe peu1 ceux qui m'en f]ai5t repro*e aurai5t tort et cela ne saurait faire que j'eusse d leur refus] ce s]vice4 ,je n'ai gure m'en pr5dre d'autres qu' moi1 de mes fautes ou de mes in=tunes2 c>1 en ralit1 je n'ai gure rec\rs aux avis d'autrui1 si ce n'e/ p> dfr5ce1 ou lorsque j'ai beso9 d'tre r5seign1 n'ayant pas la sci5ce1 ou une connaissance suffisante du fait4 ,mais1 dans les *oses o le jugem5t seul e/ en cause1 les raisons mises p> d'autres peuv5t s]vir m'aff]mir dans ma dcision1 elles ne me font gure rev5ir dessus2 je les c\te t\tes avec intrt et att5tion2 seulem5t1 autant qu'il m'en s\vi5t1 je ne m'en suis jamais rapport jusqu'ici qu' moi-mme4 ,j'e/ime que ce ne sont que des m\*es1 des ri5s qui font vacill] ma volont2 je prise peu mes propres op9ions1 mais je ne fais pas plus cas de celles des autres4 ,la =tune me le r5d bi53 si je ne reois pas de conseils1 j'en donne aussi =t peu2 on ne m'en dem&e gure1 on les suit mo9s encore1 et je ne connais pas d'affaire publique ou prive que mon avis ait modifie et remise sur pi$4 ,ceux mmes que les circon/ances ont mis dans le cas de me consult]1 se sont d'ord9aire laiss conduire plutt p> d'autres c]velles que p> la mi5ne2 et comme je suis aussi jal\x de mon repos que de mon autorit1 je prfre qu'il en soit a9si3 en me laissant de ct1 on satisfait mes gts qui sont de p5s] moi-mme et de cons]v] p> dev]s moi le fruit de mes rflexions4 ,j'ai plaisir me tr\v] ds9tress des affaires d'autrui et n'en avoir pas de responsabilit4 ,t\te affaire t]m9e1 n'importe de quelle faon1 me laisse peu de regrets2 l'ide qu'il devait en tre a9si1 m'te t\t s\ci2 la voil entre dans le gr& c\rant univ]sel1 dans cet en*anem5t des causes dont1 au dire des ,/oci5s1 dp5d5t t\s les vnem5ts futurs1 auquel votre caprice ne peut ni s\hait] ni imag9] la plus petite modification4 ,s'il en tait autrem5t1 ce s]ait le r5v]sem5t de t\t l'ordre de *oses dans le pass et dans l'av5ir4 ,on ne saurait appel] rep5tir les *angem5ts que l'ge apporte dans notre manire de voir2 la sagesse des vieill>ds n'e/ que de l'impuissance1 ils raisonn5t autrem5t mais peut-tre mo9s s5sm5t que dans la vigueur de l'ge4--,je hais ce rep5tir accid5tel que l'ge apporte4 ,je ne suis pas de l'avis de celui qui1 dans l'antiquit1 disait devoir aux annes l'obligation d'tre db>rass de la volupt4 ,quel que soit le bi5 que j'en puisse retir]1 je ne me rsign]ai jamais de bonne grce l'impuissance qui s'e/ emp>e de moi3 ,jamais la ,provid5ce ne s]a si ennemie de son uvre1 que l'affaiblissem5t de nos facults gnratrices soit mis au rang des meilleures *oses 7,qu9tili574 ,nos dsirs sont peu frqu5ts qu& n\s sommes arrivs la vieillesse2 une pr(onde satit s'emp>e de n\s ds que n\s les avons satisfaits2 cela1 la consci5ce n'a ri5 voir2 l'puisem5t et la pro/ration qui en rsult5t1 n\s inspir5t une v]tu qui n'e/ que de la fatigue et du cat>rhe4 ,il ne faut pas n\s laiss] si compltem5t impressionn] p> ces altrations qui sont dans l'ordre naturel des *oses1 que notre jugem5t en soit atte9t4 ,la jeunesse et le plaisir ne m'ont pas emp* jadis de reconnatre le vice s\s le masque de la volupt2 le manque d'apptit que les ans m'apport5t1 ne font pas qu' cette heure je mconnaisse la volupt s\s le masque du vice2 ma9t5ant que je n'y suis plus intress1 je juge comme si je l'tais4 ,moi qui sec\e vivem5t et att5tivem5t ma raison1 je tr\ve qu'elle e/ la mme que lorsque j'tais un ge o l'on e/ plus port la dbau*e1 avec cette seule diffr5ce que peut-tre elle s'e/ affaiblie et e/ dev5ue pire en vieillissant2 je ne tr\ve pas que les plaisirs auxquels elle refuse que je me livre auj\rd'hui p> considration p\r la sant de mon corps1 elle me les refus]ait dans l'intrt du salut de mon me plus qu'elle ne l'a fait autrefois4 ,de ce qu'elle e/ hors de combat1 je ne l'en e/ime pas plus valeureuse p\r cela2 mes t5tations sont si passagres1 si attnues1 qu'elles ne val5t pas la pe9e qu'elle s'y oppose2 il me suffit auj\rd'hui de les c>t] d'un signe de la ma9 p\r les conduire4 ,qu'on la mette en prs5ce de ces dsirs ard5ts qui me possdai5t jadis1 je cra9drais qu'elle ait encore mo9s de =ce de rsi/ance qu'autrefois2 je ne vois pas qu'elle en juge autrem5t qu'elle en jugeait alors1 ni plus sa9em5t2 si donc elle e/ en voie de gurison1 l'amlioration e/ due en ce qu'elle e/ en de mo9s bonnes conditions2 quelle misre qu'un tel remde1 qui n\s fait devoir la sant la maladie6 ,ce n'e/ pas notre malheur que n\s devrions tre r$evables de ce s]vice1 mais au bonheur d'avoir un jugem5t apte n\s le r5dre4--,on n'obti5t ri5 de moi p> les (f5ses et les svices2 ils ne font que m'irrit]1 ce sont procds bons p\r les g5s qui ne m>*5t qu' c\ps de f\et4 ,ma raison s'ex]ce bi5 plus librem5t qu& les *oses vont mon gr2 elle e/ bi5 plus absorbe1 proccupe1 lorsqu'il lui faut se rsign] au mal que song] au plaisir4 ,je juge bi5 mieux1 qu& je suis en bonne disposition2 en sant1 je vois les *oses s\s un j\r plus allgre et plus pratique que lorsque je suis malade4--,je me suis mis en rgle et me suis rconcili avec ma consci5ce le plus que j'ai pu1 alors que j'tais encore mme de j\ir de cet tat rp>ateur2 j'eusse t honteux et jal\x que ma vieillesse1 en son tat de misre et d'in=tune1 et t mieux p>tage s\s ce rapport que mes bonnes annes1 alors que j'tais sa91 veill et vig\reux1 et qu'on et actuellem5t me jug]1 non sur la vie que j'ai m5e1 mais sur l'tat en lequel je suis qu& je vais cess] d'tre4 ,a mon avis1 le bonheur de l'homme consi/e vivre heureux2 et non1 comme disait ,anti/hnes1 m\rir heureux4 ,je n'ai pas att5du d'en tre rduit cette mon/ruosit d'affubl] une tte et un corps d'homme dj p]du1 d'une queue de philosophe1 et que le peu de temps qui me re/e vgt] ft un dsaveu et un dm5ti de la plus belle1 la plus complte et la plus longue p>tie de ma vie2 je veux me prs5t] et qu'on me voie1 t\s g>ds1 s\s un j\r uni=me4 ,si j'avais revivre1 je revivrais comme j'ai vcu2 je ne regrette pas le pass et ne r$\te pas l'av5ir2 si je ne m'abuse1 mes p5ses ont t\j\rs t peu prs de pair avec mes actes4--,c'e/ une des pr9cipales obligations que je dois ma bonne =tune1 que mon tat physique ait t\j\rs rpondu ce que comportai5t mes saisons2 j'en ai vu l'h]be1 les fleurs1 le fruit1 et j'en vois heureusem5t la s*]esse2 je dis heureusem5t1 p>ce que c'e/ dans l'ordre de la nature4 ,je supporte assez d\cem5t les maux dont je suis afflig1 d'autant qu'ils vi5n5t leur heure1 me r5dant plus agrable le s\v5ir de la longue flicit dont j'ai j\i dans le pass4 ,ma sagesse a bi5 t s5siblem5t la mme ces div]ses poques de ma vie2 cep5dant jadis1 bi5 plus entrepr5ante1 elle avait meilleure grce1 tait plus al]te1 gaie1 naturelle1 qu'elle n'e/ prs5t casse1 grondeuse1 pnible2 je r5once donc t\tes les modifications de circon/ance1 qui n\s cot5t tant1 auxquelles n\s sommes sollicits sur la f9 de nos j\rs4 ,que ,dieu n\s en donne le c\rage1 mais il faut que notre consci5ce s'am5de d'elle-mme1 p> le fait que notre raison pr5d plus de =ce et non p>ce que nos apptits se rduis5t2 la volupt n'e/ p> elle-mme ni ple1 ni dcolore de ce que notre vue affaiblie et tr\ble n\s la fait ap]cevoir s\s cette app>5ce4 ,il faut s'obs]v] dans la vieillesse p\r vit]1 autant que possible1 les imp]fections qu'elle apporte avec elle4--,on doit aim] la temprance p\r elle-mme et p> respect p\r ,dieu qui n\s l'a prescrite2 il doit en tre de mme de la *a/et4 ,l'ab/95ce laquelle n\s oblig5t les cat>rhes qu& n\s en sommes affligs1 et que m'impos5t les coliques auxquelles je suis en butte1 n'e/ ni de la *a/et1 ni de la temprance2 d'autre "p1 on ne saurait se vant] de mpris] la volupt et de lui rsi/]1 si on ne la voit1 si on l'ignore1 elle1 ses grces1 sa puissance et sa beaut si attrayante2 connaissant l'une et l'autre1 j'ai qualit p\r en p>l]4 ,il me semble qu'en la vieillesse1 nos mes sont sujettes des maladies et des imp]fections plus importunes qu'en la jeunesse2 je le disais dj qu& j'tais jeune1 on m'objectait alors que je n'avais pas de b>be au m5ton p\r en p>l] sciemm5t2 je le dis encore auj\rd'hui1 autoris cette fois p> mes *eveux gris4 ,a ce po9t de notre exi/5ce1 n\s appelons sagesse nos humeurs *agr9es et le dgt qui s'e/ emp> de n\s2 la vrit1 c'e/ que n\s n'avons pas tant r5onc au vice que n\s n'en avons *ang1 et1 mon avis1 p\r faire plus mal4 ,outre une fi]t sotte et caduque1 un v]biage ennuyeux1 une humeur po9tilleuse et insociable1 de la sup]/ition1 un beso9 ridicule de ri*esses alors que n\s n'en avons plus l'usage1 la vieillesse fait natre en n\s1 ce qu'il me p>at1 de plus gr&es dispositions l'envie1 l'inju/ice et la malignit2 n\s lui devons plus encore de rides l'esprit qu'au visage1 et on ne voit pas d'mes1 ou bi5 peu1 qui1 en vieillissant1 ne s5t5t l'aigre et le moisi4 ,l'homme gr&it et dcrot dans t\tes ses p>ties la fois4 ,a voir la sagesse de ,socrate et c]ta9es p>ticul>its de sa condamnation1 je suis port croire qu'il s'y e/ prt quelque peu de lui-mme2 rompant avec ses pr9cipes1 il a1 desse91 r5onc se df5dre p>ce que1 g de soixante-dix ans1 il se s5tait expos voir1 d'un mom5t l'autre1 les allures si ri*es de son esprit s'eng\rdir1 et sa lucidit habituelle s'affaiblir4 ,quelles mtamorphoses je vois la vieillesse opr] t\s les j\rs *ez des p]sonnes de ma connaissance8 ,c'e/ une maladie puissante qui s'infiltre naturellem5t en n\s1 sans que n\s n\s en ap]cevions2 il faut beauc\p s'y tre prp> et pr5dre de gr&es prcautions p\r vit] la d*ance dont elle n\s frappe1 ou au mo9s en ret>d] les progrs4 ,je s5s que1 malgr t\te la rsi/ance que je lui oppose1 elle gagne peu peu sur moi2 je lutte autant que je puis1 mais sans savoir jusqu'o je f9irai p> tre entran4 ,quoi qu'il advi5ne1 je suis satisfait qu'on sa*e de quelle hauteur je s]ai tomb4 ,,*apitre ,,iii4 ,de la socit des hommes1 des femmes et de celle des livres4 ,la div]sit des occupations e/ un des c>actres pr9cipaux de l'me huma9e2 le comm]ce des livres e/ de ceux qui la di/rai5t4--,il ne faut pas se mettre s\s la dp5dance exclusive de son humeur et de son tempram5t2 notre pr9cipale supriorit rside dans les div]ses applications que n\s savons faire de nos facults4 ,se t5ir atta*1 oblig p> ncessit une occupation unique1 c'e/ tre1 mais ce n'e/ pas vivre2 les mes les mieux d\es sont celles qui ont en elles le plus de v>it et de s\plesse4 ,caton l'anci5 en e/ un honorable tmoignage3 ,il avait l'esprit si flexible et si galem5t propre t\tes *oses que1 quoi qu'il ft on et dit qu'il tait uniquem5t n p\r cela 7,tite ,live74--,s'il m'app>t5ait de me dress] comme je le conois1 il n'e/ ri51 quelque relief que cela puisse donn]1 que je ne v\drais possd] au po9t de ne p\voir m'en dta*]4 ,la vie e/ un m\vem5t 9gal1 irrguli]1 aux =mes multiples4 ,ce n'e/ pas tre son propre ami1 et encore mo9s son matre1 c'e/ tre son esclave que de se suivre sans cesse et de se laiss] tellem5t all] ses p5*ants qu'on ne puisse ni s'y s\/raire1 ni leur faire viol5ce4 ,je le reconnais cette heure1 p>ce que je n'arrive pas aism5t *app] aux importunits de mon me qui ne sait pas d'ord9aire se di/raire sans se laiss] accap>]3 si elle s'occupe quelque *ose1 elle s'y applique et s'y donne t\t entire2 si peu important que soit le sujet sur lequel son att5tion e/ appele1 elle le grossit volonti]s ou l'tire jusqu' ce qu'il soit arriv valoir qu'elle s'y atta*e de t\tes ses =ces2 aussi1 qu& elle e/ inoccupe1 son oisivet me pse et affecte mme ma sant4 ,la plup>t des esprits ont beso9 de se report] sur des sujets trang]s p\r se dg\rdir et s'ex]c]2 le mi5 en a plutt beso9 p\r se calm] et tr\v] le repos3 ,c'e/ le travail qui fait que n\s *appons aux vices de l'oisivet 7,snque71 c> sa pr9cipale et plus laborieuse tude e/ de s'tudi] lui-mme4 ,les livres sont du nombre des occupations qui le di/rai5t de cette tude2 aux premires p5ses qui lui vi5n5t1 il s'agite1 les ressorts de sa vigueur j\5t en t\s s5s2 c'e/ p\r lui un ex]cice o il se montre tantt viol5t1 tantt pondr et ple9 de grce2 et f9alem5t1 il se range1 se modre et n'en devi5t que plus =t4 ,il a en lui de quoi t5ir ses facults en veil2 la nature lui a donn1 comme t\s autres1 assez de fond p\r ce qu'il a en faire1 et les sujets qui se prt5t ses re*]*es et ses apprciations ne lui font pas dfaut4 ,p\r ,montaigne1 son occupation favorite tait de mdit] sur lui-mme2 la lecture aj\tait ses sujets de mditation2 il se plaisait aussi aux conv]sations srieuses2 les entreti5s frivoles tai5t p\r lui sans intrt4--,mdit]1 p\r qui sait se tt] et n'hsite pas tir] p>ti de ses obs]vations1 e/ une tude de premire utilit et qui s't5d t\t1 et je prfre faonn] mon me que la meubl]4 ,il n'y a pas d'occupation qui1 selon la nature de notre me1 ait mo9s de valeur1 ni qui en ait davantage1 que de s'entret5ir avec soi-mme2 les plus gr&s esprits1 p\r lesquels vivre c'e/ p5s] 7,cicron71 y ont consacr la meilleure p>tie de leur temps2 aussi la nature y a-t-elle atta* ce privilge1 qu'il n'y a ri5 que n\s ne puissions faire si longtemps1 et qu'il n'e/ pas une *ose laquelle n\s n\s adonnions plus frquemm5t et plus facilem5t4 ,c'e/ l'occupation des dieux1 dit ,ari/ote1 de laquelle naiss5t leur batitude et la ntre4 ,la lecture me s]t surt\t me f\rnir de sujets qui me port5t rfl*ir2 elle fait travaill] mon jugem5t1 mais non ma mmoire4 ,peu de conv]sations m'intress5t1 dont l'objet n'e/ pas srieux et ne prte pas rfl*ir2 cep5dant1 je dois av\] que1 p> sa g5tillesse et sa beaut1 un sujet peut me ret5ir et me captiv] autant1 et mme plus1 que d'autres graves et srieux2 mais sur t\t autre1 je ne prte qu'une att5tion sup]ficielle t\t ce qui se dit aut\r de moi2 je sommeille et il m'arrive s\v5t dans les conv]sations de pure conv5ance1 o il n'e/ "q que de *oses frivoles et sans importance1 soit de rpondre1 comme si je sortais d'un songe1 des btises ridicules qu'on n'admettrait mme pas de la b\*e d'un enfant1 soit de g>d] un sil5ce ob/9 encore plus sot et1 de plus1 impoli4 ,j'ai une faon de rv]ie qui fait que je me replie en moi-mme2 d'autre "p1 je suis d'une ignorance purile sur bi5 des *oses que gnralem5t t\t le monde sait2 ces deux dfauts m'ont valu qu'on peut racont] sur moi c9q ou six faits =t exacts1 me dpeignant aussi niais que n'importe qui1 quel qu'il soit4 ,il tait peu port se li] et apportait beauc\p de circonspection dans les rapports d'amiti qu'eng5dre la vie j\rnalire2 mais1 assoiff d'amiti vraie1 il se livrait sans re/riction s'il v5ait r5contr] quelqu'un rpondant son idal4--,cette organisation si dfectueuse que je vi5s de signal]1 me r5d difficile le *oix de mes frqu5tations1 auxquelles il me faut apport] une gr&e circonspection1 et fait que je suis peu propre m'occup] des que/ions qui =m5t le fond de la vie c\rante4 ,n\s vivons et faisons affaire avec le peuple2 si sa conv]sation n\s importune1 si n\s ddaignons d'entr] en rapport avec les g5s de condition infime et sans ducation 7et ils ont s\v5t t\t autant de bon s5s que les plus clairvoyants71 comme t\te sagesse qui ne s'accommode pas des propos insignifiants qui se dbit5t communm5t manque son effet1 il ne faut n\s ml] ni de nos propres affaires1 ni de celles d'autrui1 puisque ce n'e/ qu'avec eux que se trait5t les que/ions d'intrt public comme celles d'intrt priv4--,les allures de l'me sont d'autant plus belles qu'elles sont mo9s =ces et plus naturelles2 nos meilleures occupations sont celles qui exig5t de n\s le mo9s d'ef=ts4 ,mon ,dieu1 que la sagesse r5d donc s]vice ceux dont elle subordonne les dsirs au p\voir qu'ils ont de les ralis]6 ,il n'y a pas de sci5ce plus utile3 ,suivant ce qu'on peut tait le refra9 et le mot favori de ,socrate2 mot bi5 pr(ond6 ,il faut faire port] nos dsirs sur les *oses les plus aises1 celles qui sont notre porte1 et les y limit]4 ,n'e/-ce pas une sotte ide de ma "p de ne pas li] comm]ce d'amiti avec une f\le de g5s que le sort a placs dans mon vois9age et dont je ne puis me pass]1 p\r m'en t5ir une p]sonne ou deux qui sont en dehors de mon c]cle habituel8 ne s]ait-ce pas l le fait du dsir irralisable que j'ai d'une *ose p]due et que je ne puis rec\vr]8 ,ma tolrance de murs1 ennemie de t\te rancune et de rigorisme1 a pu aism5t me prs]v] d'excit] l'envie ou l'inimiti2 jamais homme n'a donn plus d'occasions1 je ne dis pas d'tre aim1 mais de n'tre pas ha2 p> contre1 la rs]ve que j'apporte dans mes relations m'a1 avec raison1 alin la bi5veillance d'un c]ta9 nombre qui sont excusables de l'avoir prise dans un s5s qu'elle n'avait pas et en mauvaise "p4 ,je suis trs capable d'acqurir et de cons]v] des amitis exquises comme il en exi/e peu2 d'autant que lorsque des liaisons me convi5n5t1 je les re*]*e comme un affam2 je fais des avances1 j'y apporte une telle avidit que je manque r>em5t de les n\] et de f9ir p> tre pay de ret\r2 j'en ai fait s\v5t l'heureuse expri5ce4 ,je suis peu port aux amitis banales1 telles qu'elles se r5contr5t d'ord9aire3 elles me laiss5t froid1 c> outre qu'il e/ dans ma nature de ne pas me livr] si je ne me donne t\t enti]1 ma bonne toile a fait que1 ds 99 ma jeunesse1 j'ai t r5du extrmem5t dlicat s\s ce rapport p> une amiti unique1 mais p>faite1 qui1 la vrit1 m'a un peu dgt des autres1 et peut-tre trop mis en tte l'ide que1 comme dit un anci51 l'amiti s'accommode d'une compagnie re/re9te mais non d'une socit nombreuse2 et puis1 j'ai naturellem5t pe9e ne me donn] qu' moiti et s\s re/riction1 en obs]vant cette prud5ce s\ponneuse1 dgradante1 qu'on n\s recomm&e de cons]v] dans les rapports qu'entran5t des amitis trop t5dues et qui n'(fr5t pas t\te g>antie1 rs]ve qui e/ de t\te ncessit1 surt\t en ce temps1 o il y a cont9uellem5t dang] p>l] fran*em5t de quelqu'un4 ,il e/ utile de savoir s'entret5ir familirem5t avec t\tes sortes de g5s1 et il faut savoir se mettre au niveau de ceux avec lesquels on conv]se4--,aussi je vois bi5 que celui qui1 comme moi1 se propose de j\ir des commodits de la vie 7je veux dire des commodits ess5tielles71 doit fuir comme la pe/e ces difficults et dlicatesses d'humeur4 ,je l\]ais une me qui s]ait compose de plusieurs tages et qui1 sa*ant se mont] et se dmont]1 s'adapt]ait t\t ce avec quoi sa =tune la mettrait en prs5ce2 qui p\rrait caus] avec son vois9 de ses con/ructions1 de ses *asses1 de ses qu]elles1 s'entreti5drait volonti]s avec un *>p5ti]1 un j>d9i]2 j'envie ceux qui sav5t s'accommod] du mo9dre p]sonnage de leur suite et rgl] leur conv]sation de manire se mettre sa porte4 ,je ne suis pas de l'avis de ,platon conseillant de t\j\rs p>l] en matre ses s]viteurs1 hommes ou femmes1 en bannissant t\te plaisant]ie1 t\te famili>it4 ,outre la raison que j'en ai donne ci-dessus1 il e/ inhuma9 et inju/e de se prvaloir ce degr de cette prrogative de la =tune2 et les murs qui comport5t le mo9s d'9galit entre les valets et les matres1 me sembl5t les plus con=mes l'quit4 ,il e/ des p]sonnes qui s'tudi5t avoir l'esprit gu9d1 planant dans les rgions leves2 je ma9ti5s le mi5 plat dans les rgions infrieures2 son seul tort e/ de s'occup] de t\t3 ,v\s me racontez ce qu'ont fait les desc5dants d',eaque1 et t\s les combats livrs s\s les murs sacrs d',ilion2 mais v\s ne me dites pas combi5 cote le v9 de ,*io1 quel esclave doit me prp>] mon ba91 ni dans quelle maison et quelle heure je me mettrai l'abri du froid des montagnes des ,abruzzes 7,horace74 ,de mme qu' la gu]re la valeur des ,lacdmoni5s avait beso91 de peur qu'elle ne t\rne la tmrit et la furie1 d'tre modre p> le son d\x et gracieux des fltes dans les circon/ances o t\tes les autres nations emploi5t des in/rum5ts aigus et ret5tissants et p\ss5t des vocifrations p\r m\voir et *auff] outrance le c\rage de leurs soldats1 a9si1 il me semble1 l'encontre de ce qui e/ gnralem5t admis que1 *ez la plup>t d'entre n\s l'esprit a1 dans ses actes1 plus beso9 de plomb que d'ailes1 de calme et de repos que d'ardeur et d'agitation2 et1 p>-dessus t\t1 j'e/ime que c'e/ bi5 faire le sot1 que d'avoir l'air ent5du avec des g5s qui ne le sont pas1 de t\j\rs p>l] un langage re*]*1 et disput] sur la po9te d'une aiguille4 ,il faut se rang] la manire d'tre de ceux avec qui l'on e/1 et p>fois affect] l'ignorance2 dans l'usage c\rant1 mettez de ct la =ce et la subtilit1 il suffit d'tre logique2 demeurez mme t]re t]re1 si on le veut4 ,les savants ont s\v5t un langage prt5tieux1 et ce mme dfaut lui fait fuir les femmes savantes4 ,que la femme ne se cont5te-t-elle de ses dons naturels2 cep5dant si elle veut tudi]1 qu'elle cultive la posie1 l'hi/oire et ce qui1 dans la philosophie1 peut l'aid] support] les pe9es de la vie4--,c'e/ un dfaut dans lequel tomb5t volonti]s les savants que de faire con/amm5t p>ade de leur sci5ce doctorale et sem] leurs livres p>t\t2 ils en ont1 en ces temps-ci1 si =t rempli les b\doirs et les oreilles de ces dames que1 si elles n'en ont pas ret5u le fond1 elles en ont du mo9s adopt la =me3 t\t propos1 t\t sujet1 si peu relevs1 si communs qu'ils soi5t1 elles emploi5t une n\velle et docte faon d'crire et de p>l]3 ,cra9te1 colre1 joie1 *agr91 t\t jusqu' leurs plus secrtes passions1 e/ exprim dans ce /yle2 que dirai-je encore8 c'e/ doctem5t qu'elles se pm5t 7,juvnal74 ,elles cit5t ,platon et sa9t ,?omas p\r des *oses sur lesquelles le tmoignage du premi] v5u suffirait aussi bi52 la doctr9e1 qui n'a pu pntr] jusqu' leur me1 e/ demeure dans leur langue4 ,si celles qui sont conv5ablem5t leves m'en croi5t1 elles se cont5t]ont de faire valoir les ri*esses naturelles qu'elles ont en propre4 ,elles ca*5t et dissimul5t leurs beauts s\s des beauts trangres2 c'e/ une gr&e simplicit d'esprit que d't\ff] sa propre cl>t1 p\r luire d'une lumire emprunte2 elles sont comme ent]res et ensevelies s\s l'art auquel elles ont rec\rs3 ,elles ne sont que f>d et p>fum 7,snque72 c'e/ qu'elles ne se connaiss5t pas assez1 le monde n'a ri5 de plus beau2 au reb\rs de ce qui e/1 c'e/ elles faire honneur aux arts1 donn] de l'clat au f>d4 ,de quoi ont-elles beso98 de vivre aimes et honores2 elles n'ont et n'en sav5t que trop p\r ralis] ce b1 p\r lequel il ne faut qu'veill] un peu et r*auff] les qualits qui sont en elles4 ,qu& je les vois s'adonn] la rhtorique1 la sci5ce judiciaire1 la logique et autres drogu]ies semblables1 si va9es et qui leur sont si inutiles1 je me pr5ds cra9dre que ceux qui le leur conseill5t1 ne le fass5t que p\r avoir1 s\s ce prtexte1 le droit de les rg5t]2 quelle autre excuse1 en effet1 puis-je leur tr\v]8 ,c'e/ assez que1 sans n\s1 elles puiss5t faire exprim] leurs reg>ds si gracieux la gat1 la svrit1 la d\ceur2 accompagn] un refus de rudesse1 de d\te1 d'esprance2 qu'elles compr5n5t sans int]prte les disc\rs que leur ti5n5t leurs adorateurs2 cette sci5ce leur suffit p\r qu'elles se fass5t obir la baguette et g\v]n5t l'cole et ceux qui y pr(ess5t4 ,si cep5dant elles tai5t contr>ies de n\s cd] sur un po9t quelconque et qu'elles veuill5t aussi *]*] des di/ractions dans les livres1 la posie e/ un passe-temps appropri leurs beso9s2 c'e/ un art foltre et spirituel o t\t e/ prs5t trave/i1 o l'expression l'emporte sur la p5se1 o dom95t le dsir de plaire et de faire de l'effet t\t comme *ez elles4 ,l'hi/oire leur f\rnit aussi des sujets faits p\r les intress]4 ,en philosophie1 de ce qui s]t n\s conduire dans la vie1 elles pr5dront les indications qui les mett5t mme de jug] de nos humeurs et de nos c>actres1 de se df5dre contre nos trahisons1 de cont5ir les tmrits de leurs propres dsirs1 de mnag] leur lib]t1 de prolong] les plaisirs de la vie1 de support] huma9em5t l'incon/ance d'un am\reux1 la rudesse d'un m>i1 l'importunit des ans et des rides et autres *oses semblables4 ,voil la limite extrme de ce que je leur concd]ais dans l'tude des sci5ces4 ,montaigne1 de c>actre ouv]t et exubrant1 s'isolait volonti]s1 soit p> la p5se au milieu des f\les1 la c\r p> exemple2 soit d'une manire effective *ez lui1 o on tait affran*i de t\tes les contra9tes sup]flues que la civilit n\s impose4--,il y a des natures p>ticulires1 r5f]mes en elles-mmes2 je suis1 moi1 ess5tiellem5t communicatif et exubrant2 je suis t\t en dehors et1 du premi] c\p d'il1 on me voit tel que je suis1 n p\r la socit et l'amiti4 ,j'aime et pr*e la solitude2 mais1 p\r moi1 elle consi/e surt\t tre plus compltem5t en tte--tte avec mes affections et mes p5ses2 je m'applique non re/re9dre l'espace dans lequel je vais et je vi5s1 mais mes dsirs et mes s\cis1 et j'c>te de moi les proccupations que p\rrai5t me caus] les affaires d'autrui1 fuyant la s]vitude et les obligations1 qui sont ma mort2 ce n'e/ pas tant le comm]ce des hommes qui me pse1 que la multiplicit des affaires4--,a dire vrai1 la solitude1 qu& elle e/ occasionne p> un isolem5t effectif1 t5d plutt me dilat] les ides et faire qu'elles se port5t davantage sur les faits extrieurs2 qu& je suis seul1 c'e/ surt\t sur les affaires de l'tat et sur celles de l'univ]s que ma p5se se reporte4--,au ,l\vre et en nombreuse socit1 je me replie sur moi-mme et m'y cantonne2 les f\les me font r5tr] en moi1 et mes tte--tte avec moi-mme ne port5t jamais sur des sujets si foltres1 si lic5cieux1 si p]sonnels1 que lorsque je me tr\ve dans des lieux o le crmonial prescrit le respect et la prud5ce4 ,ce ne sont pas nos folies qui me font rire1 mais ce que n\s t5ons p\r tre de la sagesse4 ,p> tempram5t je ne suis pas ennemi de l'agitation des c\rs2 j'y ai pass une p>tie de ma vie et suis mme de bi5 t5ir ma place dans la haute socit1 p\rvu que ce ne soit que de temps autre et qu& j'y suis dispos2 mais le peu d'att5tion que je prte ce dont on p>le1 me jette =cm5t dans la solitude4--,*ez moi1 au milieu de ma famille qui e/ nombreuse1 dans ma maison qui e/ des plus frqu5tes1 je vois assez de monde2 mais les p]sonnes avec lesquelles j'aime m'entret5ir y sont r>es4 ,j'y ai tabli1 p\r moi comme p\r les autres1 une lib]t qui n'exi/e pas d'ord9aire ailleurs3 t\te crmonie en e/ bannie1 on ne va pas au-devant de ceux qui arriv5t1 on n'accompagne pas ceux qui s'en vont2 de mme de t\tes les autres obligations pnibles que n\s impose la c\rtoisie aux usages si s]viles et si importuns6 ,*acun s'y conduit comme il l'ent5d1 s'entreti5t sa guise avec ses p5ses seul seul ou avec qui bon lui semble2 j'y demeure muet1 rveur1 r5f]m1 sans que mes htes s'en (f5s5t4 ,dans le monde1 il re*]*ait la socit des g5s l'esprit ju/e et sage2 nature des conv]sations qu'il avait avec eux4 ,c'e/ l ce que f9alem5t il appelle son premi] comm]ce4--,les hommes dont je re*]*e la socit et l'intimit sont ceux dont on dit qu'ils sont honntes et aviss2 ceux que je vois ici1 me dgt5t de t\s autres qui ne satisfont pas ces conditions2 le bi5 pr5dre1 c'e/ en effet une catgorie des plus r>es et qui e/ surt\t le fait de la nature4 ,ce que je re*]*e dans leur frqu5tation1 c'e/ uniquem5t une intimit1 une compagnie1 des ress\rces de conv]sation1 un moy5 p\r l'me de s'ex]c]2 je n'ai en vue aucun autre bnfice4 ,qu& je cause avec de p>eilles g5s1 t\t sujet m'e/ bon2 peu m'importe qu'il soit srieux ou frivole1 il e/ t\j\rs opportun et agrable1 t\t y porte l'empre9te du bon s5s et de l'expri5ce avec un mlange de bont1 de fran*ise1 de gat et d'amiti4 ,ce n'e/ pas seulem5t qu& on traite ces que/ions si compliques de sub/itution ou les affaires des rois que notre esprit montre sa beaut et sa =ce1 elles se rvl5t t\t aussi bi5 dans les entreti5s famili]s2 je me r5ds compte de la valeur de ceux qui m'ent\r5t mme leur sil5ce1 leur s\rire1 et les pntre peut-tre mieux table qu'au conseil2 ,hippomaque ne disait-il pas qu'il reconnaissait les bons lutteurs ri5 qu' les voir m>*] dans la rue8 ,s'il plat l'rudition de figur] notre programme1 n\s ne l'v9c]ons pas1 s\s condition que ce ne soit pas s\s la =me magi/rale1 imprieuse et importune qu'elle revt d'ord9aire1 mais mode/e et seulem5t titre accessoire2 n\s ne *]*ons ici qu' pass] le temps2 aux heures consacres n\s in/ruire et tre endoctr9s1 n\s irons la tr\v] l o elle trne2 p\r le mom5t1 qu'elle s'abaisse jusqu' n\s s'il lui plat d'tre admise1 c>1 t\t utile et dsirable qu'elle e/1 je suppose qu'au beso9 n\s p\rrions bi5 encore n\s en pass] compltem5t et faire sans elle ce que n\s n\s proposons4 ,une me bi5 leve1 qui e/ =me frqu5t] la socit1 se r5d ple9em5t agrable d'elle-mme2 la sci5ce n'e/ autre *ose que le contrle et le relev de ce que produis5t de telles mes4 ,le comm]ce avec les femmes vi5t en second lieu2 il a sa d\ceur1 mais aussi ses dang]s4 ,montaigne v\drait que1 de "p et d'autre1 on y apportt de la s9crit2 cet g>d l'homme e/ au-dess\s de la brute4--,c'e/ galem5t p\r moi un d\x comm]ce que la frqu5tation des belles et honntes femmes1 c> n\s aussi avons des yeux qui s'y connaiss5t 7,cicron74 ,si l'me n'y tr\ve pas tant de j\issance que dans les relations de socit dont il vi5t d'tre "q1 la satisfaction qu'en pr\v5t nos s5s1 qui y ont plus l>ge "p1 en e/ presque l'quival5t1 pas t\t fait cep5dant mon avis4 ,mais c'e/ un comm]ce o il faut un peu se t5ir sur ses g>des1 notamm5t ceux *ez qui les apptits *>nels sont1 comme *ez moi1 trs prononcs4 ,j'y ai t *aud dans ma jeunesse et en ai s\ff]t t\tes les tortures que les potes dis5t adv5ir ceux qui s'y livr5t d'une faon drgle et draisonnable2 il e/ vrai que1 depuis1 ce c\p de f\et a s]vi mon in/ruction3 ,quiconque de la flotte grecque s'e/ sauv d'entre les ro*]s de ,caph>e1 dt\rne t\j\rs ses voiles des eaux p]fides de l',eube 7,ovide74 ,c'e/ folie d'y atta*] t\tes ses p5ses et de s'y engag] d'une affection passionne et sans limite4--,mais1 d'autre "p1 s'y ml] sans am\r p\r1 comme des comdi5s1 j\] sans scrupule le rle que t\t le monde j\e cet ge et qui e/ dans les habitudes1 en n'y mettant du si5 que des p>oles m5teuses1 c'e/ la vrit p\rvoir sa sret1 mais bi5 l*em5t1 comme f]ait celui qui1 de peur du dang]1 ab&onn]ait son honneur ou r5onc]ait un pr(it ou un plaisir2 c> il e/ c]ta9 que ceux qui agiss5t a9si1 ne peuv5t ri5 en espr] qui t\*e et satisfasse une belle me4 ,il ne faut jet]1 en p>eil cas1 son dvolu qu'en p>faite connaissance de cause1 si on veut gt] rellem5t le plaisir de j\ir d'une femme que l'on dsire1 lorsque bi5 inju/em5t la =tune a favoris les s5tim5ts hypocrites qu'on lui tmoigne1 ce qui arrive s\v5t1 c> il n'en e/ pas qui ne se laisse facilem5t p]suad] p> le premi] s]m5t qui lui e/ fait de la s]vir4 ,aucune1 en effet1 si grossire et si mal leve qu'elle soit1 qui ne s'imag9e tre trs aimable1 soit qu'elle ait p\r elle son ge1 la nuance de sa *evelure ou sa dm>*e 7c> il n'y en a pas plus de laides t\s g>ds1 que d'univ]sellem5t belles71 au po9t que les filles des ,brahm9es1 faute d'autre recomm&ation1 vont se prs5tant sur la place1 la f\le p\r ce assemble p> la voix du crieur public1 montrant leurs p>ties matrimoniales1 af9 que *acun juge si1 au mo9s s\s ce rapport1 elles ne val5t pas qu'un m>i s'atta*e elles4 ,cette trahison commune et ord9aire aux hommes de notre poque1 amne =cm5t ce que dj l'expri5ce enseigne1 c'e/ que les femmes s'isol5t ou se gr\p5t entre elles p\r n\s fuir1 ou1 notre exemple1 j\ant1 elles aussi1 leur rle dans la comdie1 se prt5t ces relations1 mais sans y apport] ni passion1 ni att5tions1 ni am\r4 ,incapables d'atta*em5t1 ins5sibles celui des autres 7,tacite71 elles e/im5t1 selon les pr9cipes poss p> ,lysias dans ,platon1 qu'elles peuv5t se donn] n\s avec d'autant plus 99 d'utilit et d'avantage1 que n\s les aimons mo9s2 et il arrive alors que1 comme au ?tre1 le public y a autant et mme plus de plaisir que les acteurs4 ,p\r moi1 je ne connais pas plus ,vnus sans ,cupidon qu'une mat]nit sans progniture1 ce sont *oses qui vont ensemble et dc\l5t l'une de l'autre4 ,au surplus1 cette tromp]ie se ret\rne contre celui qui la commet2 si elle ne lui cote gure1 elle n'ab\tit p> contre ri5 qui vaille4 ,ceux qui ont fait de ,vnus une desse ont considr que sa beaut e/ surt\t immatrielle et spirituelle2 or la j\issance que cette sorte de g5s y *]*5t e/ t\te s5suelle1 ce n'e/ pas celle que l'homme devrait se propos]1 ce n'e/ mme pas celle de la brute4--,les animaux ne la veul5t pas grossire et matrielle ce po9t2 n\s voyons leur imag9ation et leurs dsirs s\v5t sollicits et surexcits avant leurs organes2 qu'ils soi5t de l'un ou de l'autre sexe1 on les voit dans le nombre apport] du *oix dans leurs affections1 des prfr5ces1 et l'atta*em5t qu'ils ont depuis longtemps les uns p\r les autres dt]m9] s\v5t leur acc\plem5t4 ,ceux mmes *ez lesquels l'ge a t>i la vigueur physique1 frmiss5t encore1 h5niss5t1 tressaill5t d'am\r4 ,n\s les con/atons ple9s de convoitise et d'ardeur1 avant le fait2 n\s les voyons aprs1 qu& le corps n'e/ plus en action1 se complaire encore ce d\x s\v5ir2 il y en a qui1 s'en montrant fi]s1 font ent5dre des *ants de joie et de triomphe et tomb5t extnus et repus4 ,qui n'y *]*e qu' se d*>g] d'une ncessit que n\s impose la nature1 n'a que faire de la coopration d'autrui et d'y ml] tant d'apprts2 ce n'e/ pas l un mets de/9 apais] une faim gl\tonne et excessive4 ,ide qu'il donne de ses am\rs2 les grces du corps l'emport5t ici sur celles de l'esprit1 bi5 que celles-ci y ai5t aussi leur prix4--,comme quelqu'un qui ne dem&e pas qu'on le ti5ne p\r meilleur qu'il n'e/1 je dirai ici un mot des erreurs de ma jeunesse4 ,je ne me suis gure adonn aux femmes qui se livr5t au premi] v5u qui les paie1 et cela1 autant p> mpris1 qu'en raison du dang] qu'y c\rt la sant2 si bi5 que je m'y sois pris1 je n'en ai pas mo9s eu subir deux atte9tes lgres la vrit et de db4 ,j'ai v\lu aiguis] ce plaisir p> le dsir que j'en avais1 la difficult de le satisfaire et aussi la gloire qui devait m'en rev5ir4 ,j'aimais la faon de l'emp]eur ,tibre qui1 dans ses matresses1 re*]*ait autant la mode/ie1 la noblesse1 que les autres qualits de la femme2 ou encore la manire de ,flora qui ne se prtait pas qui n'tait au mo9s dictateur1 consul ou c5seur1 et mettait son am\r-propre n'avoir que des amants de haut rang4 ,il e/ c]ta9 que les p]les et le broc>t donn5t de la saveur la *ose1 de mme les titres que l'on porte et le tra9 de vie que l'on mne4 ,en outre je faisais gr& cas de l'esprit1 p\rvu t\tefois que le physique ne laisst pas compltem5t dsir]2 c> p\r tre franc1 si l'un ou l'autre de ces deux g5res de beaut et d ncessairem5t faire dfaut1 j'eusse plutt r5onc celle de l'esprit4 ,celui-ci a sa place dans les meilleures *oses2 mais en am\r1 o la vue et le t\*] prdom95t1 on arrive qu& mme quelque *ose sans ses grces1 et ri5 sans les *>mes physiques4 ,la beaut c'e/ l le vritable avantage qu'ont les femmes2 elle leur app>ti5t d'une faon si exclusive1 que celle de l'homme1 quoique re*]*e avec quelque v>iante dans les traits1 e/ d'autant plus sduisante que la physionomie encore enfant9e et imb]be une vague ressemblance avec celle de la femme4 ,on dit que *ez le ,gr& ,seigneur les adolesc5ts qui1 en nombre inf9i1 sont1 en raison de leur beaut1 atta*s son s]vice1 sont congdis au plus t>d qu& ils ont v+t-deux ans4--,la raison1 la prud5ce1 les s]vices que peut r5dre l'amiti1 se tr\v5t un plus haut degr *ez les hommes que *ez la femme1 aussi g\v]n5t-ils les affaires de ce monde4 ,un troisime comm]ce dont l'homme a la disposition1 e/ celui des livres2 c'e/ le plus sr1 le seul qui ne dp5de pas d'autrui2 les livres consol5t ,montaigne dans sa vieillesse et dans la solitude4--,ces deux comm]ces1 l'un avec les hommes p> une conv]sation libre et familire1 l'autre avec les femmes p> l'am\r1 sont alatoires et dp5d5t d'autrui2 l'un a l'inconvni5t qu'il ne peut avoir lieu qu' de trop r>es int]valles1 l'autre qu'il p]d de son agrm5t avec l'ge2 aussi n'euss5t-ils pas suffi aux beso9s de ma vie4 ,le comm]ce des livres1 qui e/ le troisime1 e/ de beauc\p plus c]ta9 et plus n\s2 il n'a pas les avantages des deux premi]s1 mais il a p\r lui que n\s p\vons facilem5t et t\s mom5ts y avoir rec\rs4 ,con/amm5t ma porte durant t\t le c\rs de mon exi/5ce1 il m'assi/e en t\s lieux1 en t\tes circon/ances1 me console dans la vieillesse et la solitude1 me d*>ge du poids d'une oisivet ennuyeuse1 et me db>rasse1 t\te heure1 de g5s dont la prs5ce me contr>ie2 il amortit enf9 les lancem5ts de la d\leur1 lorsqu'elle n'e/ pas trop aigu1 et qu'elle ne l'emporte pas sur t\t palliatif4 ,p\r me di/raire d'une ide importune1 il n'e/ ri5 comme de rec\rir aux livres2 ils s'emp>5t aism5t de moi et me la font p]dre de vue4 ,jamais ils ne se bless5t de ce que je ne les re*]*e qu' dfaut des satisfactions plus relles1 plus vives1 plus naturelles que procure la frqu5tation des hommes et de la femme1 et t\j\rs ils me font mme figure4 ,il n'y a pas gr& mrite1 dit-on1 all] pi$1 p\r qui mne aprs lui son *eval p> la bride2 et notre ,jacques1 roi de ,naples et de ,sicile1 beau1 jeune1 bi5 portant1 qui1 en voyage1 se faisait transport] sur une civire1 c\* sur un m*ant oreill] de plumes1 vtu d'une robe de drap gris1 avec un bonnet de mme t(fe1 suivi1 malgr cela1 d'une gr&e pompe royale3 litires1 *evaux de ma9 de t\tes sortes1 g5til%ommes et (fici]s1 faisait preuve d'une au/rit facile endur] et peu mritoire2 le malade qui a la gurison s\s la ma91 n'e/ pas pla9dre4--,c'e/ dans l'application et l'expri5ce que j'ai faites de cette maxime1 qui e/ trs ju/e1 que consi/e t\t le fruit que je tire des livres4 ,je ne m'en s]s1 en effet1 pas beauc\p plus que ceux qui n'en ont pas2 j'en j\is comme les av>es de leurs trsors1 p> le seul fait que je sais que je p\rrai en j\ir qu& il me plaira2 ce droit de possession suffit mon me qui s'en cont5te4 ,je ne voyage jamais sans livres1 que ce soit en paix ou que ce soit la gu]re2 t\tefois1 il se pass]a des j\rs1 des mois sans que je m'en s]ve4 ,ce s]a p\r tantt1 dis-je1 ou p\r dema91 ou p\r qu& cela me convi5dra2 et le temps s'c\le1 passe1 sans m'tre *>ge4 ,je ne saurais dire combi5 c'e/ un repos et un dlassem5t p\r moi1 que la p5se que je les ai s\s la ma9 et puis y pr5dre plaisir mon heure2 je ne puis reconnatre assez de quel sec\rs ils me sont dans la vie4 ,ils con/itu5t les meilleures provisions que j'aie pu me procur]1 p\r ce voyage qu'e/ la vie de l'homme1 et je pla9s extrmem5t les g5s intellig5ts qui en sont privs4 ,j'accepte d'autant mieux t\t autre passe-temps qui se prs5te si lg] qu'il soit1 que je sais que celui-ci ne peut me faire dfaut4 ,sa biblio?que e/ son lieu de retraite prfr2 description qu'il en donne4--,*ez moi1 je suis assez s\v5t dans ma biblio?que1 d'o1 d'un c\p d'il1 je vois t\t ce qui se passe dans ma maison4 ,de l'entre1 j'ap]ois en contre-bas le j>d91 la basse-c\r1 la c\r1 et plonge dans la plup>t des pices4 ,a un mom5t j'y feuillette un livre1 puis c'e/ un autre1 et cela sans ordre1 sans desse9 prconu1 btons rompus4 ,tantt j'y rve1 tantt je pr5ds des notes ou dicte1 en me prom5ant1 les rv]ies qui sont consignes ici4--,cette biblio?que e/ au troisime tage d'une t\r4 ,au premi]1 e/ ma *apelle2 au second1 une *ambre et ses dp5dances1 o je c\*e s\v5t qu& je veux tre seul2 au-dessus se tr\ve une va/e g>de-robe4 ,jadis1 ce local tait inutilis2 j'y passe la plus gr&e p>tie de mes j\rnes et la plup>t des heures du j\r2 je n'y vais jamais la nuit4 ,lui faisant suite1 se tr\ve un cab9et assez bi5 dcor1 o l'on peut faire du feu l'hiv] et d'o l'on a une jolie vue2 et1 si je ne r$\tais autant l'emb>ras que la dp5se rsultant du travail que cela ncessit]ait et durant lequel je ne p\rrais me livr] aucune occupation1 je p\rrais facilem5t con/ruire de *aque ct et y att5ant une gal]ie de c5t pas de long sur d\ze de l>ge1 qui s]ait de pla9-pi$2 les murs de s\tnem5t exi/5t et ont la hauteur v\lue1 levs qu'ils ont t dans un autre b4 ,t\t lieu dont on veut faire un lieu de retraite1 doit avoir un prom5oir2 mes p5ses sommeill5t qu& je suis assis2 mon esprit ne m>*e pas seul1 il semble qu'il faille que mes jambes lui communiqu5t leur m\vem5t2 et ceux qui tudi5t sans le sec\rs des livres1 en sont t\s l4--,la pice1 sauf dans la p>tie o se tr\v5t ma table et mon sige et o la p>oi e/ en ligne droite1 e/ de =me circulaire1 ce qui me p]met d'ap]cevoir t\s mes livres disposs t\t aut\r1 sur c9q ranges de tablettes2 il s'y tr\ve trois f5tres d'o l'on a une vue belle et t5due2 l'espace demeur libre a seize pas de diamtre4 ,en hiv]1 j'y suis mo9s cont9uellem5t1 p>ce que ma maison e/1 comme l'indique son nom1 ju*e sur un t]tre et que1 de t\tes ses pices1 celle-ci e/ la plus v5te2 qu'en outre1 elle e/ loigne et d'accs un peu pnible1 ce qui me plat assez1 tant p> l'ex]cice auquel cela m'a/re9t que p>ce que cela me dlivre de l'importunit des g5s4 ,c'e/ l mon repaire2 j'essaie de faire que ce co9 soit mon doma9e exclusif et demeure en dehors de t\te communaut avec ma femme1 ma fille et n'importe quels autres2 p>t\t ailleurs1 j'ai bi5 autorit1 mais elle e/ plus nom9ale que relle et plus vague que directe4 ,bi5 misrable1 en effet1 mon s5s1 celui qui1 *ez soi1 n'a pas o tre *ez soi1 o ne song] qu' soi1 o se ca*]6 ,l'ambition fait pay] *] ses faveurs ses esclaves1 en les mettant t\j\rs en vid5ce1 comme une /atue sur un *amp de foire3 ,une gr&e situation e/ une gr&e s]vitude 7,snque72 ils n'ont nulle "p o s'isol]1 pas mme dans leur cab9et d'aisances4 ,je ne tr\ve ri5 de si pnible dans la vie au/re qu'embrass5t les religieux que cette rgle1 que je vois se pratiqu] dans c]ta9es congrgations1 d'tre p]ptuellem5t runis dans un mme local1 =mant a9si une nombreuse assi/ance con/amm5t tmo9 des actes de *acun2 je tr\ve en quelque sorte plus supportable d'tre t\j\rs seul1 que de ne p\voir l'tre jamais4 ,les ,muses sont le dlassem5t de l'esprit4 ,dans sa jeunesse1 ,montaigne tudiait p\r brill]2 depuis l'ge mr1 p\r dev5ir plus sage2 dev5u vieux1 il tudie p\r se di/raire4--,quelqu'un qui me dirait que c'e/ avilir les ,muses que de ne s'en s]vir que comme j\et et comme passe-temps1 ignor]ait ce que val5t ce plaisir1 ce jeu1 ce passe-temps que j'apprcie si bi51 que peu s'en faut que je ne dise qu'il e/ ridicule de s'en propos] autre *ose4 ,je vis au j\r le j\r1 et1 ne v\s en dplaise1 ne vis que p\r moi et n'aspire ri5 de plus4 ,qu& j'tais jeune1 j'tudiais p\r brill]2 plus t>d1 un peu p\r gagn] en sagesse2 ma9t5ant1 je le fais p\r me di/raire2 jamais cela n'a t p\r en retir] pr(it4 ,cdant un s5tim5t bi5 frivole1 j'ai beauc\p dp5s p\r mes livres1 non seulem5t p\r p\rvoir mes beso9s1 mais1 p> surcrot1 p\r satisfaire ma vanit et me donn] le luxe d'augm5t] les volumes de ma biblio?que2 il y a longtemps que cela ne m'e/ plus arriv4 ,le comm]ce des livres a1 lui aussi1 ses inconvni5ts2 il n'ex]ce pas le corps et1 de ce fait1 e/1 dans la vieillesse surt\t1 prjudiciable la sant4--,les livres sont1 s\s bi5 des rapports1 d'un bi5 gr& agrm5t p\r qui sait les *oisir2 mais il n'e/ pas de bi5 sans pe9e1 et le plaisir qu'ils procur5t n'e/ pas plus que les autres net et pur4 ,il a ses inconvni5ts et des inconvni5ts trs srieux3 l'me s'y ex]ce1 mais1 p5dant ce temps1 le corps1 dont il ne faut pas oubli] les so9s qu'il rclame1 demeure inactif1 ce qui amne en lui de l'abattem5t et de la tri/esse4 ,je ne connais pas d'excs qui1 au dcl9 de la vie1 me soit plus prjudiciable et que je doive plus vit]4 ,ce sont l mes trois occupations favorites1 d'entre celles que je pratique le plus1 indp5damm5t des obligations que me crent vis--vis du monde mes devoirs civiques et de socit4 ,,*apitre ,,iv4 ,de la div]sion4 ,c'e/ p> la div]sion que l'on peut arriv] calm] les plus vives d\leurs2 on console mal p> le raisonnem5t4--,j'ai t autrefois *>g de consol] une dame qui tait dans une relle affliction2 99 c> la plup>t des deuils *ez les p]sonnes de ce sexe ne sont pas naturels1 c'e/ surt\t affaire de crmonie3 ,une femme a t\j\rs des l>mes t\tes prtes qui1 sur comm&e1 c\l5t en abondance 7,juvnal74 ,on ne s'y pr5d pas bi5 en *]*ant les arrt] dans ces manife/ations1 c> t\te opposition les excite et les porte davantage encore la tri/esse2 on exaspre le mal p> la jal\sie qu'il ress5t d'tre contrec>r4 ,*aque j\r1 dans nos conv]sations1 lorsque ce que n\s avons dit sans y mettre d'importance vi5t tre conte/1 ne n\s arrive-t-il pas de n\s en =malis] et de n\s y atta*] alors s\v5t beauc\p plus qu' ce qui s]ait p\r n\s d'un rel intrt8 ,et puis1 en allant a9si directem5t au b1 en v\s opposant fran*em5t leur tri/esse1 votre entre en matire e/ brutale1 t&is que les premi]s rapports du mdec9 avec son pati5t doiv5t tre gracieux1 gais1 agrables2 jamais docteur laid et re*ign n'a russi4 ,il faut1 au contraire1 ds l'abord1 aid] et provoqu] leurs pan*em5ts1 tmoign] qu'on appr\ve leur d\leur et qu'on l'excuse4 ,cette complicit v\s fait gagn] qu'on v\s accorde de pass] outre et1 p> trahison facile et ins5sible1 v\s arrivez faire ent5dre des p>oles plus f]mes1 propres am5] gurison4--,en la circon/ance1 dsireux de surpr5dre1 p> mon savoir-faire1 l'assi/ance qui avait les yeux sur moi1 je m'avisai de combattre le mal visage dc\v]t4 ,je reconnus bi5tt1 p> l'effet produit1 que je m'y tais mal pris et que je n'arriv]ais pas p]suad]2 mes raisonnem5ts sont d'habitude trop incisifs et pas assez ins9uants1 j'agis ou trop brusquem5t ou avec pas assez d'n]gie4 ,aussi1 aprs quelques mom5ts employs calm] sa pe9e1 je n'essayai pas de l'en gurir p> de =tes et impressionnantes raisons1 p>ce que je n'en tr\vais pas et que je p5sais produire plus srem5t mon effet d'autre faon4 ,ce ne fut pas non plus en faisant un *oix p>mi les moy5s div]s de consolation que la philosophie met notre disposition1 tels que3 ,ce dont on gmit n'e/ pas un mal1 comme dit ,clan!2 ou selon les ,pripattici5s1 n'e/ qu'un mal lg]2 ou encore1 d'aprs ,*rysippe3 ,la pla9te n'e/ *ose ni ju/e1 ni lgitime4 ,je ne suivis pas davantage le conseil d'picure consi/ant report] sa p5se des *oses attri/antes sur d'autres qui v\s di/rai5t1 ce qui p\rtant r5tre assez dans ma manire de faire4 ,laissant de ct ces div]s procds que ,cicron recomm&e de mettre en jeu propos1 je fis dvi] ins5siblem5t la conv]sation1 l'infl*issant peu peu v]s des sujets qui s'y ratta*ai5t1 puis1 au fur et mesure que mon int]locutrice se confiait davantage en moi1 sur d'autres qui avai5t de mo9s en mo9s de rapport avec son *agr91 je l'arra*ai sans qu'elle s'en d\tt ses p5ses d\l\reuses et l'am5ai retr\v] du calme et faire bonne cont5ance t\t le temps que je demeurai2 en un mot1 je crai une div]sion4 ,ceux qui1 aprs moi1 s'employr5t consol] cette dame1 n'en fur5t pas plus avancs p>ce que ce n'tait pas la rac9e du mal que j'avais port la cogne4 ,a la gu]re1 les div]sions se pratiqu5t utilem5t p\r loign] d'un pays un ennemi qui l'a envahi et p\r gagn] du temps4--,ailleurs1 dans le c\rs de mon livre1 j'ai eu occasion de cit] des div]sions int]v5ues dans des affaires publiques2 il en e/ fait frquemm5t usage la gu]re1 a9si que le relate l'hi/oire1 l'in/> de ,pricls dans la gu]re du ,ploponse et de mille autres1 p\r loign] d'un pays les =ces ennemies qui l'ont envahi4--,ce fut un +nieux artifice que celui auquel eut rec\rs1 ,lige1 le sieur d',himb]c\rt qui lui dut son salut1 lui et quelques autres envoys avec lui dans cette ville1 qu'assigeait le duc de ,b\rgogne1 p\r veill] l'excution des conditions de capitulation de la place qui s'tait r5due4 ,le peuple1 convoqu durant la nuit p\r cette mise excution1 comm5a s'ameut] contre les conv5tions passes1 et plusieurs proposr5t de c\rir sus aux ngociateurs qu'ils t5ai5t en leur p\voir4 ,au premi] avis qu'il eut de l'appro*e des premires b&es de ces g5s se ruant sur son logis1 le sieur d',himb]c\rt leur dp*a immdiatem5t deux habitants de la ville 7il en avait quelques-uns prs de lui71 *>gs de faire au conseil qui reprs5tait la population1 de n\velles (fres mo9s rig\reuses1 qu'il avait sur-le-*amp imag9es p\r p>] la difficult de la situation4 ,ces deux messag]s arrtr5t le flot des manife/ants malgr leur exaspration1 et les ram5r5t l'htel de ville p\r ent5dre les propositions qu'ils apportai5t et en dlibr]4 ,la dlibration fut c\rte1 et une f\le tumultueuse1 aussi anime que la premire fois1 se porta d]e*ef sur la demeure de l'envoy du duc4 ,d',himb]c\rt lui dta*a aussitt quatre n\veaux entremetteurs qui1 prote/ant auprs de ceux qui t5ai5t la tte du m\vem5t que1 p\r le c\p1 ils sont porteurs de propositions beauc\p plus avantageuses qui leur donn]ont ple9e et entire satisfaction1 p>vi5n5t1 p> leurs assurances1 leur faire rebr\ss] *em9 et se report] o les m5eurs t5ai5t conseil2 de la sorte1 amusant le peuple p> ces temporisations1 v>iant1 p> ces va9es consultations auxquelles il le conviait1 le c\rs de sa furie1 le ngociateur p>v9t l'endormir et gagn] le j\r1 ce qui tait p\r lui le po9t capital4 ,cet autre conte e/ du mme g5re3 ,atalante1 demoiselle d'une beaut p>faite et d'une m]veilleuse lgret la c\rse1 cons5tit1 p\r se dfaire des nombreux prt5dants qui la dem&ai5t en m>iage1 p\s] celui qui l'gal]ait en vitesse1 s\s condition que ceux qui s]ai5t va9cus1 p]drai5t la vie4 ,il s'en tr\va quelques-uns qui1 jugeant que le prix valait d'en c\rir les risques1 fur5t victimes de ce cruel m>*4 ,qu&1 aprs eux1 v9t p\r ,hippomne le mom5t de t5t] l'preuve1 il s'adressa la desse qui lui inspirait cet ard5t am\r1 l'appelant son sec\rs2 celle-ci1 exauant sa prire1 lui remit trois pommes d'or en lui faisant connatre l'usage en faire4 ,une fois en lice1 qu& ,hippomne s5t sa matresse sur le po9t de l'atte9dre1 il laisse1 comme p> mg>de1 *app] une de ses pommes2 ,atalante1 intresse p> la beaut de ce fruit1 ne manque pas de se dt\rn] de sa c\rse p\r le ramass]3 ,surprise1 *>me p> la beaut de cette pomme1 la vi]ge ral5tit son allure p\r saisir cet or qui r\le ses pi$s 7,ovide74 ,il agit de mme au mom5t opportun avec la seconde1 puis avec la troisime1 si bi5 que p> ce subt]fuge et cette div]sion1 l'avantage de la c\rse lui demeure4 ,c'e/ aussi un excell5t remde contre les maladies de l'me2 p> elle1 on r5d mo9s am]s nos d]ni]s mom5ts4 ,socrate e/ le seul qui1 dans l'att5te de la mort1 sans cess] de s'en entret5ir1 ait con/amm5t1 durant un long espace de temps1 cons]v la plus p>faite srnit4--,qu& les mdec9s ne peuv5t n\s db>rass] d'un cat>rhe1 ils le font dvi] et se port] sur une p>tie de notre tre o son action soit mo9s dang]euse4 ,je con/ate que c'e/ galem5t le remde le plus communm5t appliqu aux maladies de l'me3 ,il e/ bon p>fois de dt\rn] l'me v]s d'autres gts1 d'autres so9s1 d'autres occupations2 s\v5t il faut essay] de la gurir p> un *angem5t de lieu1 comme les malades qui ne saurai5t autrem5t rec\vr] la sant 7,cicron74 ,on arrive r>em5t triomph] des maux auxquels elle e/ en proie1 en les attaquant directem5t2 on ne p>vi5t a9si ni aid] sa =ce de rsi/ance ni dim9u] celle du mal1 mais on peut le faire dvi] et le trans=m]4 ,socrate n\s donne sur la manire d'envisag] les accid5ts de la vie1 une autre leon1 mais si haute1 d'application si difficile1 qu'il n'app>ti5t qu'aux esprits les plus m95ts d'avoir possibilit d'y arrt] leur p5se1 de la mdit] et de l'apprci]4 ,il e/ le seul *ez lequel l'att5te de la mort n'altre en ri5 l'humeur ord9aire2 il se famili>ise avec cette ide et s'en fait un jeu2 il ne *]*e pas de consolation en dehors d'elle3 m\rir lui app>at un accid5t naturel qui le laisse indiffr5t2 il y arrte sa p5se et s'y rs\t sans autre proccupation4--,les disciples d',hgsias1 exalts p> les beaux raisonnem5ts qu'il leur inculque1 se donn5t la mort en se laissant m\rir de faim2 et ils sont si nombreux ceux qui agiss5t a9si1 que le roi ,ptolme fait df5dre leur matre de prn] dsormais dans son cole un enseignem5t qui p\sse au suicide4 ,ces g5s-l ne considrai5t pas la mort en elle-mme1 ils ne s'en occupai5t pas2 ce n'e/ pas sur elle que leur p5se se reportait3 ils rvai5t une trans=mation de leur tre1 et avai5t hte qu'elle se ralist4 ,*ez les condamns mort la dvotion devi5t une div]sion leur t]reur4--,ces malheureux1 prs d'tre excuts1 qu'on voit sur l'*afaud1 pntrs d'une ard5te dvotion qui s'e/ emp>e de t\s leurs s5s et laquelle ils apport5t t\te la f]veur possible1 prtant l'oreille aux in/ructions qu'on leur donne1 les yeux levs et les ma9s t5dues v]s le ciel1 rcitant des prires haute voix avec une motion vive et cont9ue1 font l une *ose c]ta9em5t digne d'loge et approprie aux circon/ances2 ils sont l\] au po9t de vue de la religion1 mais non1 proprem5t p>l]1 s\s celui de la f]met4 ,ils fui5t la lutte1 vit5t de reg>d] la mort en face1 comme les enfants qu'on di/rait qu& on veut leur donn] un c\p de lancette4 ,j'en ai vu qui1 lorsque leur vue tombait sur les horribles apprts de leur supplice1 en tai5t t]rifis et reportai5t1 en quelque sorte avec furie1 leur p5se v]s autre *ose4 ,ne recomm&e-t-on pas ceux qui ont fran*ir un vide1 de pr(ondeur telle qu'on peut en pr\v] de l'effroi1 de f]m] et de dt\rn] les yeux8 ,f]met1 lors de son excution1 de ,subrius ,flavius condamn mort4--,subrius ,flavius devait1 sur l'ordre de ,nron1 tre dcapit de la ma9 mme de ,nig]1 comme lui (fici] de l'arme roma9e4 ,am5 sur le t]ra9 o devait avoir lieu l'excution et o ,nig] avait fait creus] la fosse o devait tre inhume sa victime1 fosse qui avait t faite sans so9 et sans rgul>it1 ,flavius se t\rnant v]s les soldats qui tai5t l1 leur dit3 ,ce n'e/ pas l un travail tel que le comporte une bonne discipl9e4 ,puis1 s'adressant ,nig] qui l'exhortait t5ir la tte f]me3 ,puisses-tu seulem5t frapp] avec la mme f]met6 ,et ses press5tim5ts tai5t fonds1 c> ,nig]1 dont le bras tremblait1 dut s'y repr5dre plusieurs fois4 ,ce ,flavius semble avoir envisag son sort sans en tre autrem5t mu1 et sa p5se ne pas s'en tre un in/ant dt\rne4 ,dans une bataille1 dans un duel1 l'ide de la mort e/ abs5te de la p5se des combattants4--,celui qui meurt dans la mle les armes la ma91 ne songe pas la mort1 il ne la press5t pas et ne s'en proccupe pas2 l'ardeur du combat le ti5t t\t enti]4--,une p]sonne de ma connaissance1 d'un c\rage inconte/able1 se battant en duel en *amp clos1 tomba1 et1 tant t]re1 fut cribl p> son adv]saire de neuf dix c\ps de dague4 ,les assi/ants1 le croyant p]du1 lui criai5t de recomm&] son me ,dieu2 mais1 il me l'a dit depuis1 bi5 que ces voix p>v9ss5t son oreille1 elles fur5t sans effet sur lui3 il ne p5sait qu' se tir] d'affaire et se v5g]1 et le combat se t]m9a p> la mort de l'autre4--,celui qui notifia ,l4 ,silanus son arrt de mort1 lui r5dit un gr& s]vice2 l'ent5dant lui rpondre qu'il s'att5dait bi5 m\rir1 mais non de la ma9 de sclrats1 il se rua sur lui avec ses soldats1 p\r l'oblig] se rtract]4 ,silanus1 quoique ds>m1 se df5dit ob/9m5t c\ps de po+ et c\ps de pi$ et fut tu dans le c\rs de la bag>re4 ,p> le fait de la viol5te colre qui s'tait emp>e de lui1 il *appa l'oppression d\l\reuse que lui aurai5t cause l'att5te de la mort l5te laquelle il tait rs]v et la vue des prp>atifs4 ,dans les plus cruelles calamits1 en face de la mort1 nombre de considrations se prs5t5t notre esprit1 l'occup5t1 le di/rai5t et r5d5t notre situation mo9s pnible4--,notre p5se e/ t\j\rs ailleurs2 c'e/1 soit l'esprance d'une vie meilleure qui n\s arrte et n\s s\ti5t1 soit l'espoir des avantages qui peuv5t en rev5ir nos enfants1 soit la gloire qu'en acqu]ra notre nom dans l'av5ir1 ou encore l'ide que n\s allons tre affran*is des maux de cette vie1 ou celle de la v5geance qui att5d ceux qui sont cause de notre mort3 ,s'il e/ des dieux ju/es1 j'espre que tu tr\v]as ton supplice sur les cueils et qu'en expirant1 tu invoqu]as le nom de ,didon2 je le saurai1 le bruit en vi5dra jusqu' moi dans le sj\r des ,mnes 7,virgile74 ,xnophon1 c\ronn de fleurs1 (frait un sacrifice1 qu& on v9t lui annonc] la mort de son fils ,gryllus1 tomb la bataille de ,mant9e4 ,aux premi]s mots de cette n\velle1 il jeta sa c\ronne t]re2 mais qu&1 p\rsuivant1 on lui apprit de quelle valeur il avait fait preuve en succombant1 il la ramassa et la remit sur sa tte4--,jusqu' picure qui se console de sa f9 pro*a9e1 en songeant l'utilit de ses crits qu'il espre voir pass] l't]nit3 ,t\s les travaux qui ont de l'clat et sont susceptibles de n\s illu/r]1 sont faciles support] 7,cicron74--,une mme blessure1 une mme fatigue1 dit ,xnophon1 ne sont pas de mme poids p\r un gnral et p\r un soldat4 pam9ondas se rsigne bi5 plus allgrem5t la mort1 qu& il sait qu'il a remport la victoire3 c'e/ l ce qui console1 ce qui ad\cit les plus gr&es d\leurs 7,cicron72 nombre d'autres circon/ances n\s amus5t1 n\s di/rai5t et n\s dt\rn5t de l'att5tion que n\s s]ions t5ts de prt] la *ose elle-mme4 ,aussi les argum5ts de la philosophie vont-ils cont9uellem5t ctoyant1 cont\rnant ce sujet2 s'ils l'entam5t1 ce n'e/ que sup]ficiellem5t4--,le gr& ,znon1 *ef de cette cole philosophique des ,/oci5s qui dom9e t\tes les autres p> l'lvation de sa doctr9e1 disait en p>lant de la mort3 ,aucun mal n'e/ honorable2 la mort e/ honorable1 donc elle n'e/ pas un mal4 ,contre l'ivrogn]ie1 il s'exprimait a9si3 ,nul ne confie son secret l'ivrogne1 t\t le monde le confie au sage2 le sage ne s]a donc pas un ivrogne4 ,e/-ce l all] droit au b1 n'e/-ce pas biais]8 ,j'aime voir ces mes d'lite ne p\voir se dgag] de nos errem5ts2 si p>faits qu'ils soi5t comme hommes1 ce ne sont t\j\rs que des hommes et ils en ont t\tes les faiblesses4 ,moy5 de dissip] un ard5t dsir de v5geance4--,la v5geance e/ une d\ce passion qui e/ naturelle l'homme et a sur n\s un gr& empire2 je m'en r5ds bi5 compte quoique n'en ayant pas fait l'expri5ce4 ,d]nirem5t1 p\r en dt\rn] un jeune pr9ce1 je ne lui dis pas1 suivant le prcepte de la *>it1 qu' celui qui v\s a frapp sur une j\e il faut t5dre l'autre2 je ne lui reprs5tai pas davantage les consqu5ces tragiques que la posie attribue cette passion4 ,n'en prononant mme pas le nom1 je me mis lui faire gt] la beaut des s5tim5ts contraires3 l'honneur1 la popul>it1 l'affection qu'il acqu]rait en se montrant bon et clm5t2 je fis une div]sion en mettant en veil son ambition4 ,c'e/ a9si qu'il faut procd]4 ,c'e/ encore p> la div]sion qu'on se gurit de l'am\r et de t\te autre passion2 le temps1 qui calme t\t1 agit de la mme faon4--,si en am\r l'affection risque de v\s entran] au del de ce qui doit tre1 c'e/ l1 dit-on1 une disposition qui e/ combattre p> une div]sion4 ,et l'on dit vrai2 je l'ai s\v5t essay avec succs4 ,rompez-en la viol5ce1 en div]sifiant vos dsirs2 mme1 il n'y a pas inconvni5t ce que1 si v\s le v\lez1 l'un d'eux prime et dom9e les autres1 t\tefois de peur qu'il ne vi5ne v\s absorb] et v\s tyrannis]1 affaiblissez-le1 amortissez-le1 en ne lui consacrant pas une att5tion exclusive et multipliant vos di/ractions3 ,lorsque v\s tes t\rm5t p> de trop ard5ts dsirs 7,p]se71 ass\vissez-les sur le premi] objet qui s'(fre 7,lucrce72 seulem5t p\rvoyez-y de bonne heure1 de peur que v\s n'ayez pe9e rec\vr] votre lib]t une fois qu'il se s]a emp> de v\s1 qu' de premires blessures v\s n'aj\tiez de n\veaux c\ps1 que de n\velles motions n'effac5t les anci5nes 7,lucrce74 ,j'ai pr\v jadis1 en raison de ma nature impressionnable1 un viol5t *agr91 plus ju/ifi encore qu'il n'tait viol5t2 j'en eusse peut-tre t accabl1 si je m'tais uniquem5t fi mes propres =ces4 ,une div]sion n]gique tait indisp5sable p\r m'en di/raire3 je me fis am\reux p> calcul1 en mme temps que p\r me livr] une tude de ce s5tim5t2 mon ge du re/e s'y prtait1 et l'am\r me s\lagea me dlivrant du mal que l'amiti m'avait caus4--,il en e/ de mme p\r t\t2 ds qu'une ide pnible me ti5t1 je tr\ve plus simple de *ang] le c\rs de mes p5ses1 plutt que d'essay] de la surmont]2 je lui sub/itue une ide contraire si je puis1 ou t\t au mo9s une qui soit autre2 t\j\rs le *angem5t me s\lage1 diss\t et dissipe l'ide qui m'oppresse4 ,si je ne puis la combattre1 je lui *appe1 et1 t\t en fuyant1 je *]*e l'g>] et ruse avec elle2 je *ange de lieu1 d'occupation1 de compagnie1 j'accumule p\r me sauv] les amusem5ts1 les sujets de mditation1 p\r faire qu'elle p]de ma trace et m'ab&onne4 ,la nature procde de mme1 elle met notre v]satilit pr(it2 c'e/ p> l qu'agit surt\t le temps qu'elle n\s a donn comme s\v]a9 remde nos passions2 en alim5tant encore et encore notre imag9ation d'affaires de t\tes sortes1 il dsagrge et altre l'impression premire si =te qu'elle soit4 ,un sage ne songe gure mo9s son ami mort depuis v+t-c9q ans1 que s'il n'y avait qu'un an2 d'aprs picure1 son impression demeure celle des premi]s j\rs2 il n'e/imait pas1 en effet1 que les s5sations pnibles soi5t attnues ni p>ce qu'elles ont t prvues1 ni p> le long temps auquel elles remont5t2 mais tant d'autres p5ses s'entreml5t aux premires1 que celles-ci p]d5t leur acuit et f9iss5t p> se lass]4 ,de mme1 en dt\rnant l'att5tion1 on fait tomb] un bruit public qui v\s (f5se4--,p\r dt\rn] de lui l'att5tion publique1 ,alcibiade c\pe les oreilles et la queue un beau *i5 qu'il possde et le *asse p> les rues de la ville1 af9 que la f\le1 ayant l sujet de babill]1 ne s'occupe pas de ses autres faits et ge/es4--,j'ai connu aussi des femmes qui1 dans le b de dt\rn] d'elles les conv]sations et les suppositions des g5s et dsori5t] les bav>ds1 ca*ai5t leurs vritables affections s\s d'autres simules4 ,j'en ai vu une qui1 *]*ant donn] le *ange l'op9ion1 s'e/ laiss pr5dre p\r t\t de bon1 rompant avec le s5tim5t qu'elle pr\vait rellem5t au db1 p\r suivre celui qui t\t d'abord tait fe9t4 ,j'ai appris de la sorte1 p> cet exemple1 que ceux que ces dames favoris5t sont bi5 sots de cons5tir de telles sup]*]ies2 il faudrait vraim5t que celui qui s'entremet a9si p\r v\s s]vir et auquel sont rs]vs bon accueil et entreti5s intimes en public1 soit bi5 maladroit p\r ne pas f9ir p> pr5dre votre place et v\s envoy] la si5ne4 ,c'e/ ce qui vulgairem5t s'appelle taill] et c\dre un s\li] p\r qu'un autre le *ausse4 ,un ri5 suffit p\r attir] et dt\rn] notre esprit2 en prs5ce mme de la mort les objets les plus frivoles entreti5n5t en n\s le regret de la vie4--,il faut peu de *ose p\r n\s di/raire et dt\rn] notre att5tion p>ce que peu de *ose n\s captive4 ,n\s n'envisageons gure les *oses dans leur ensemble et dgages de t\te considration trangre2 ce qui n\s frappe1 ce sont des circon/ances ou des dtails de peu d'importance et t\t sup]ficiels1 et la =me1 si frivole soit-elle1 l'emporte sur le fond1 comme ces enveloppes lgres dont les cigales se dp\ill5t en t 7,lucrce74 ,ce qui rappelle ,plut>que sa fille regrette1 ce sont ses espigl]ies qu& elle tait enfant4 ,le s\v5ir d'un adieu1 d'un fait1 d'un ge/e gracieux1 d'une recomm&ation d]nire n\s afflige4 ,la robe de ,cs> prom5e dans ,rome tr\bla la ville entire plus que sa mort ne l'avait fait4 ,il en e/ de mme de ces expressions qui n\s t9t5t sans cesse aux oreilles3 ,mon pauvre matre6 ou ,mon gr& ami6 ,hlas1 mon pre *ri6 ,ma bonne fille6 ,qu& j'ent5ds ces banalits et que j'y reg>de de prs1 je tr\ve que ce sont t\t simplem5t des pla9tes tires d'un vocabulaire1 99 des sons sans signification relle dont les t]mes et le ton me bless5t2 ils me rappell5t les exclamations des prdicateurs qui s\v5t p> l meuv5t leur auditoire1 plus que p> les raisons qu'ils expos5t2 ou encore l'impression que n\s cause la voix pla9tive des btes que l'on tue p\r notre s]vice4 ,sans que j'analyse ni dveloppe la cause vritable et gnrale de cet effet1 c'e/ a9si que la d\leur s'excite d'elle-mme 7,lucrce71 c'e/ surt\t p> l que n\s manife/ons notre deuil4 ,la p]si/ance des gravi]s que je r5ds1 m'a p>fois occasionn1 p>ticulirem5t qu& ils sj\rn5t dans la v]ge1 des rt5tions d'ur9e de longue dure1 de trois et quatre j\rs1 me faisant c\rir risque de la mort1 au po9t que c'et t folie de p5s] l'vit]1 et mme de dsir] qu'elle ne vnt pas1 tant sont cruelles les s\ffrances que cet tat m'occasionne4 ,oh6 que ce bon emp]eur1 qui faisait li] l'extrmit de la v]ge aux crim9els1 p\r les faire m\rir faute de p\voir ur9]1 tait pass matre en la sci5ce du b\rreau6 ,en tant l1 je considrais p> combi5 de causes lgres1 d'objets futiles mon imag9ation faisait natre en moi le regret de quitt] la vie2 quels ri5s crai5t en mon me de la difficult et donnai5t de l'importance ce dmnagem5t2 combi5 de frivolits je songeais un mom5t si srieux3 un *i51 un *eval1 un livre1 un v]re1 t\t en vrit1 tai5t p\r moi des sujets de proccupation1 p\r le cas o je disp>atrais2 *ez d'autres1 ce sont d'ambitieuses esprances1 leur b\rse1 leur sci5ce qui les proccup5t non mo9s sottem5t mon avis4 ,je vois la mort avec indiffr5ce qu& je la considre comme1 d'aprs une loi univ]selle1 le po9t auquel ab\tit fatalem5t la vie4 ,je la brave d'une faon gnrale1 mais en dtail je suis mo9s rsolu2 les l>mes d'un laquais1 la di/ribution de ma dfroque1 une connaissance qui me s]re la ma91 une consolation banale me dsol5t et m'att5driss5t4 ,c'e/ le mme tr\ble que n\s caus5t les pla9tes que n\s lisons dans les rcits fabuleux1 o les regrets de ,didon et d',ariane1 dcrits dans ,virgile et dans ,catulle1 passionn5t ceux mmes qui n'y croi5t pas4 ,c'e/ le fait d'une nature ob/9e et dure de n'en ress5tir aucune motion1 ce qui1 *ose extraord9aire1 tait1 dit-on1 le cas de ,polmon2 mais ne dit-on pas aussi de lui qu'un *i5 enrag le mordant1 put lui emport] t\t le gras du mollet sans que son visage plit4 ,nulle sagesse n'e/ p>v5ue concevoir la cause de la tri/esse si vive1 si complte que notre imag9ation peut faire natre en n\s1 alors que n'y p>vi5t pas la ralit qu& bi5 mme y ont "p les yeux et les oreilles1 organes que n'impressionn5t cep5dant pas des accid5ts imag9aires4 ,s\v5t l'orateur et le comdi5 arriv5t ress5tir en ralit les s5tim5ts qu'ils *]*5t communiqu] leur auditoire4--,c'e/ sans d\te la raison qui fait que les arts eux-mmes us5t et mett5t pr(it notre faiblesse et notre btise naturelles4 ,l'orateur1 e/-il pr(ess dans les coles de rhtorique1 devra1 dans cette f>ce qu'e/ un plaidoy]1 s'm\voir au son de sa propre voix et s\s l'effet de l'agitation laquelle il sembl]a en proie2 il se laiss]a tromp] p> la passion qu'il dpe9t dans cette comdie qu'il j\e1 se donn]a t\tes les app>5ces d'un deuil vrai et s9cre p\r communiqu] ces s5tim5ts aux juges que cela t\*e mo9s encore1 comme il advi5t *ez ces p]sonnes qu'on l\e p\r assi/] aux crmonies mortuaires et donn] plus d'app>at aux funrailles1 qui v5d5t leurs l>mes et leur tri/esse dans la mesure o on les leur a*te et *ez lesquelles il en e/ qui1 t\t en rglant leur motion suivant ce qui e/ de conv5tion1 en arriv5t1 p> l'habitude et la cont5ance qu'elles pr5n5t1 se pntr] tellem5t de leur rle qu'une mlancolie relle f9it p> les gagn]4--tant all1 avec quelques autres de ses amis1 conduire ,soissons le corps de ,m4 de ,grammont qui avait t tu au sige de la ,fre1 je rem>quai que1 p>t\t o n\s passions1 les g5s que n\s r5contrions se lam5tai5t et pleurai5t la seule vue du convoi que n\s =mions1 c> ils ne connaissai5t mme pas le nom du trpass4--,qu9tili5 raconte avoir vu des comdi5s si =t entrs dans un rle de deuil1 qu'ils en pleurai5t encore une fois r5trs *ez eux2 et qu'il lui tait arriv lui-mme d'avoir t tellem5t mu de s5tim5ts qu'il avait *]* inculqu] d'autres1 qu'il les avait p>tags au po9t de se surpr5dre non seulem5t pleurant1 mais le visage ple et dans l'attitude de quelqu'un vraim5t accabl de d\leur4 ,s+uli] moy5 que n\s mettons en uvre p\r faire div]sion la d\leur que nos deuils peuv5t n\s caus]4--,dans un pays pro*e de nos montagnes1 les femmes font le prtre ,m>t92 non seulem5t elles aviv5t les regrets qu'elles pr\v5t de la p]te d'un m>i1 en rappelant les bonnes et agrables qualits qu'il avait1 mais1 rev5ant du mme c\p en arrire1 elles publi5t galem5t ses imp]fections1 comme p\r se mnag] elles-mmes quelques comp5sations et faire1 p> le dda91 div]sion leur piti4 ,en cela1 elles ont encore meilleure grce que n\s qui1 en les mmes circon/ances1 la p]te de quelqu'un que n\s connaissons pe9e1 n\s v]tuons lui prodigu] des loges aussi n\veaux p\r lui que peu mrits et le dpeignons1 alors qu'il n'e/ plus1 t\t autre qu'il n\s app>aissait lorsqu'il tait encore de ce monde1 comme si le regret tait une s\rce de r5seignem5ts 9dits1 n\s rvlant *ez le dfunt des qualits jusqu'alors inconnues1 ou que les l>mes1 lavant notre ent5dem5t1 lui donn5t plus de lucidit4 ,ds ma9t5ant1 je r5once aux tmoignages favorables qu'on v\dra exprim] sur mon compte1 non p>ce que j'en s]ai indigne1 mais p>ce que je s]ai mort4 ,n\s n\s laissons frquemm5t influ5c] p> de purs effets d'imag9ation2 p>fois1 il n'en faut pas davantage p\r n\s port] aux pires rsolutions4--,quelqu'un auquel on dem&]ait quel intrt il a pr5dre "p un sige auquel il assi/e1 rpondra3 ,c'e/ en raison de l'exemple qui m'e/ donn1 de l'obissance que n\s devons t\s notre pr9ce1 que je m'y tr\ve2 je ne prt5ds en retir] aucun pr(it2 quant la gloire1 je sais combi5 e/ faible la "p qui peut en rev5ir un simple p>ticuli] comme moi2 je n'y apporte ni entranem5t1 ni animosit4 ,voyez-le p\rtant le l5dema9 son rang de bataille1 au mom5t de l'assaut3 il e/ trans=m1 il b\t1 il r\git de colre2 cette fureur qu'il ne manife/ait pas hi]1 cette ha9e qu'il a au cur1 ce sont le reflet t9celant de tant d'aci]1 le feu1 le t9tam>re que produis5t les canons et les tamb\rs1 qui les ont fait s\rdre en lui4 ,quelle cause futile6 direz-v\s4 ,comm5t6 v\s croyez qu' cela il y a une cause8 ,il n'en e/ pas beso9 p\r agit] notre me2 une simple rv]ie1 qui n'a ni corps ni sujet d'tre1 la g\v]ne et la tr\ble4 ,que je me mette faire des *teaux en ,espagne1 mon imag9ation s'y =ge avantages et plaisirs dont mon me tressaille d'aise et se rj\it4 ,combi5 de fois aussi ces mmes songes font-ils que la colre et la tri/esse n\s envahiss5t1 et que n\s n\s livrons de fanta/iques ides qui altr5t en n\s le corps et l'me4 ,que de grimaces peignant l'tonnem5t1 le comique1 la confusion1 nos rves amn5t sur notre visage2 que de s\bresauts1 d'agitations ne communiqu5t-ils pas nos membres et la voix6 ,ne dirait-on pas que cet homme1 qui e/ seul1 semble avoir la vision de g5s en gr& nombre avec lesquels il dispute1 ou d'un dmon intrieur qui le p]scute8 ,int]rogez-v\s v\s-mmes sur la cause de semblables illusions2 e/-il dans la nature autre *ose en dehors de n\s1 sur laquelle ce qui n'e/ pas ait action8--,cambyse1 la suite d'un songe o son frre lui tait app>u comme devant dev5ir roi de ,p]se1 le fit m\rir2 et ce frre1 il l'aimait et avait t\j\rs eu confiance en lui4--,ari/odme1 roi des ,messni5s1 se tua1 p>ce que l'ide lui v9t que je ne sais quel hurlem5t de son *i5 tait de mauvais augure4--,le roi ,midas1 la suite d'un songe dplaisant qu'il avait eu1 en fit autant1 tant il en pr\va de tr\ble et de contr>it4--,c'e/ faire de la vie exactem5t le cas qu'elle vaut1 que de la quitt] p\r un songe4 ,reg>dez cep5dant combi5 notre me triomphe des misres qu'endure le corps1 de sa faiblesse1 de ce qu'il e/ en butte t\tes les (f5ses et altrations2 il lui app>ti5t vraim5t bi5 d'en p>l]6 ,o premi] argile1 faonne si malheureusem5t p> ,prom?e6 ,qu'il apporta donc peu de sagesse la confection de son uvre6 ,il n'a vu que le corps dans son art1 sans se proccup] de l'esprit2 c'e/ p\rtant p> l'esprit qu'il et d comm5c] 7,prop]ce76 ,,*apitre ,v4 ,a propos de quelques v]s de ,virgile4 ,la vieillesse e/ si naturellem5t porte v]s les ides tri/es et srieuses que1 p\r se di/raire1 elle a beso9 de se livr] quelquefois des accs de gat4--,a mesure que nos rflexions ayant un c>actre d'utilit1 sont plus srieuses et plus appr(ondies1 elles devi5n5t plus emb>rassantes et plus pnibles2 le vice1 la mort1 la pauvret1 les maladies sont des sujets graves1 sur lesquels n\s ne p\vons mdit] longtemps sans fatigue4 ,il faut avoir l'me bi5 in/ruite des moy5s de rsi/] au mal et de le combattre1 des rgles qui font que notre vie et notre foi sont dans la voie droite1 et s\v5t lui rappel] cette belle tude et l'y ex]c]2 mais1 si cette me app>ti5t un milieu r5trant dans la catgorie gnrale1 il faut procd] p> int]mitt5ces et avec modration2 elle s'affol]ait1 si on lui imposait une application trop cont9ue4--,j'avais beso91 qu& j'tais jeune1 de m'av]tir et de me raisonn] p\r demeur] dans le devoir2 c> l'allgresse et la sant ne se prt5t gure1 dit-on1 aux raisonnem5ts srieux et sages2 auj\rd'hui que ma situation e/ autre1 les misres de la vieillesse ne m'av]tiss5t que trop1 elles m'assagiss5t et me s]monn5t4 ,de l'excs de gat1 je suis tomb dans celui de la svrit1 qui e/ un tat plus f*eux2 c'e/ p\rquoi1 ma9t5ant1 de p>ti pris1 je me livre un peu la dbau*e1 laissant p>fois mon esprit s'ab&onn] des p5ses foltres et d'un autre ge qui le repos5t4 ,je ne suis1 cette heure1 que trop rassis1 trop l\rd1 trop mr2 les ans me sont *aque j\r une leon qui m'invite au calme et la temprance4 ,mon corps fuit t\t c>t et les r$\te2 c'e/ lui qui1 son t\r1 porte mon esprit se rang]2 son t\r il le rg5te et plus rudem5t et d'une faon plus imprieuse qu'il ne l'a t lui-mme p> lui2 que je dorme ou que je veille1 il ne me laisse pas *m] une heure sans m'entret5ir de la mort1 de la pati5ce et de la pnit5ce4 ,je me df5ds auj\rd'hui contre la temprance1 comme autrefois contre la volupt2 elle me tire tellem5t en arrire1 que j'en devi5s /upide4 ,or1 je veux demeur] matre de moi t\s g>ds2 la sagesse1 elle aussi1 a ses excs et n'a pas mo9s beso9 d'tre modre que la folie4 ,aussi1 de peur que p> excs de prud5ce je me dess*e1 me t>isse et compromette mon tat1 dans les int]valles o mes s\ffrances me laiss5t du rpit1 de peur que mon me ne soit trop att5tive ses maux 7,ovide71 je dvie t\t d\cem5t1 je dt\rne les yeux de ce ciel orageux et nbuleux que j'ai devant moi et que1 ,dieu m]ci1 je considre bi5 sans effroi mais non sans ef=t1 ni sans que ma p5se s'y reporte2 et me voil m'amusant du s\v5ir des folies de ma jeunesse passe2 mon esprit1 s\pirant aprs ce qu'il a p]du1 se rejette t\t enti] dans le pass 7,ptrone74 ,que l'enfant porte ses reg>ds en avant de lui et le vieill>d en arrire2 n'e/-ce pas l ce que signifiait le d\ble visage de ,janus6 ,a ces mom5ts1 les ans peuv5t m'entran] s'ils le veul5t1 mais ce s]a reculons2 tant que mes yeux p\rront reconnatre cette belle saison qui p\r moi n'e/ plus1 j'y report]ai mes reg>ds de temps autre2 si elle s'*appe de mon sang et de mes ve9es1 du mo9s je ne veux pas en drac9] l'image de ma mmoire3 ,c'e/ vivre deux fois1 que de vivre de sa vie passe 7,m>tial74 ,aussi ,montaigne saisit-il t\tes les occasions de gt] quelque plaisir et p5se qu'il vaut mieux tre mo9s longtemps vieux1 que vieux avant de l'tre4--,platon recomm&e aux vieill>ds d'assi/] aux ex]cices1 aux danses et t\s les jeux de la jeunesse1 p\r se rj\ir p> les autres de la s\plesse et de la beaut physique qu'ils n'ont plus et se ress\v5ir des grces et des avantages de cet ge si v]doyant4 ,il veut que dans ces bats dont ils s]ont les tmo9s1 ils attribu5t l'honneur de la victoire au jeune homme qui aura le plus di/rait et caus de s5sations agrables au plus gr& nombre d'entre eux4--,autrefois1 je notais comme j\rnes extraord9aires les j\rs l\rds et sombres2 actuellem5t1 ils sont passs *ez moi l'tat d'habitude1 ce sont les j\rs beaux et s]e9s qui sont dev5us r>es2 je suis en passe de me flicit]1 comme d'une faveur n\velle1 qu& je ne s\ffre de nulle "p4 ,je puis me *at\ill]1 je n'arrive plus arra*] un pauvre rire ce m*ant corps2 je ne m'gaie qu'en ide et en songe1 dt\rnant p> cette ruse les *agr9s de la vieillesse2 mais il me 99 faudrait c]tes bi5 quelque autre remde qu'un rve6 c'e/ un assaut o l'art lutte va9em5t contre la nature4--,quelle gr&e simplicit d'esprit que de prolong]1 comme n\s le faisons t\s1 les incommodits huma9es1 d'anticip] sur leur v5ue en n\s sevrant des j\issances qui n\s re/5t encore6 ,je prfre tre vieux mo9s longtemps1 que vieux avant de l'tre2 aussi les mo9dres occasions de plaisir que je puis r5contr]1 je les saisis4 ,je sais bi5 p> ou dire qu'il exi/e quelques g5res de volupt1 telles que les satisfactions d'am\r-propre1 qui ne port5t pas atte9te la sobrit qu'il n\s faut obs]v] et qui sont =tes et glorieuses2 mais elles relv5t de l'op9ion1 et l'op9ion n'a pas sur moi un p\voir suffisant p\r me les faire dsir]1 c> je ne les re*]*e pas tant magnanimes1 magnifiques et fa/ueuses1 que je ne les dsire d\c]euses1 faciles et immdiates3 ,s'loign] de la nature p\r suivre le peuple1 c'e/ pr5dre un guide peu sr 7,snque74 ,ma philosophie e/ dans les actes1 t\te d'actualit et con=me la nature2 l'imag9ation y a peu de "p4 ,que ne puis-je1 p> exemple1 pr5dre encore plaisir j\] aux noisettes et la t\pie6 ,aux approbations de la f\le je prfre le tmoignage de ma consci5ce 7,ennius74 ,la volupt e/ peu ambitieuse1 elle s'e/ime assez ri*e p> elle-mme p\r ne pas v\loir faire la dp5se de ce que cot5t les rputations2 elle aime mieux demeur] dans l'ombre4 ,il faudrait donn] le f\et un jeune homme qui f]ait consi/] son plaisir dgu/] les v9s et les sauces2 il n'e/ ri5 que je n'aie mo9s su faire et mo9s apprci]2 c'e/ cette heure que je l'appr5ds4 ,j'en ai gr&'honte1 mais qu'y faire8 j'ai encore plus de confusion des motifs qui m'y p\ss5t4--,a n\s de rv] et de bagu5aud]2 la jeunesse le bon b\t1 elle de s\t5ir sa rputation4 ,elle m>*e la conqute du monde1 sa dom9ation2 n\s1 n\s en v5ons3 ,a elle1 les armes1 les *evaux1 les javelots1 la massue1 la paume1 la nage1 la c\rse2 n\s1 vieill>ds1 les ds et les osselets 7,cicron74 ,les lois elles-mmes n\s r5voi5t au logis4 ,je ne puis mo9s faire1 en ddommagem5t des piteuses conditions que je dois aux annes1 que de rec\rir aux j\ets et aux amusettes comme fait l'enfance en laquelle n\s retombons2 la sagesse et la folie auront bi5 faire p\r1 elles deux et en s'y repr5ant t\r de rle1 me s\t5ir et me v5ir en aide en cet tat calamiteux qu'amne l'ge3 ,mle ta sagesse un gra9 de folie 7,horace74--,je fuis de mme les plus lgres piqres2 celles qui1 autrefois1 ne m'euss5t mme pas rafl1 me transp]c5t auj\rd'hui2 s\ffrir comm5ce tant r5tr] dans mes habitudes6 ,p\r un corps dbile1 la mo9dre atte9te e/ insupportable 7,cicron72--un esprit malade ne peut ri5 support] de pnible 7,ovide74 ,j'ai t\j\rs t =t impressionnable et trs susceptible l'effet de la d\leur2 j'y suis plus s5sible encore et de t\tes p>ts accessible1 le mo9dre *oc brise ce qui e/ dj fl 7,ovide74 ,ma raison s'oppose bi5 ce que je rcrim9e et me rvolte contre les incommodits que la nature m'inflige1 mais elle ne peut m'emp*] de les s5tir2 je c\rrais d'un b\t du monde l'autre1 p\r avoir une bonne anne de tranquillit gaie et agrable1 moi qui n'ai d'autre b que de vivre et d'tre de bonne humeur4 ,je j\is assez s\v5t d'une tranquillit morose et /upide1 mais elle m'endort et me fait mal la tte2 cela ne me suffit pas4 ,si1 soit la ville soit la campagne1 en ,france ou ailleurs1 il y a quelqu'un ou quelque bonne compagnie1 aimant son *ez soi ou prfrant voyag]1 qui s'accommod]ai5t des conditions dans lesquelles je suis1 et moi des leurs1 ils n'ont qu' me faire signe1 je leur amn]ai aussitt l'auteur des ,essais en p]sonne4 ,ce qu'il y a de pire dans la vieillesse1 c'e/ que l'esprit se ress5t des s\ffrances et de l'affaiblissem5t du corps4--,puisque c'e/ le privilge de l'esprit de p\voir *app] la vieillesse1 autant que je le puis je lui conseille de le faire2 que mme p5dant cet ge1 il v]disse1 il fleurisse s'il e/ possible1 comme le gui sur un arbre mort4 ,mais je cra9s bi5 d'avoir affaire un tratre2 il e/ si troitem5t li au corps1 qu'il m'ab&onne cont9uellem5t p\r le suivre et p>ticip] sa d*ance4 ,alors je le pr5ds "p1 je le flatte1 mais en va92 j'ai beau le dt\rn] de cette liaison p> trop intime1 lui prs5t] et ,snque et ,catulle1 les dames et les danses de la c\r1 si son compagnon a la colique1 il semble qu'il l'ait aussi2 les oprations mmes qui lui sont propres1 qui sont si5nes1 ne peuv5t s'accomplir2 elles font t\t l'effet d'tre figes2 il n'y a aucune animation dans ce qui vi5t de lui si en mme temps le corps n'en prs5te pas4 ,la sant1 la vigueur physique font clore les gr&es conceptions de l'esprit2 la sagesse n'a que faire d'une trop gr&e au/rit de murs4--,nos matres ont eu tort1 lorsque re*]*ant les causes des lans p>fois extraord9aires de notre esprit1 aprs les avoir attribus une inspiration div9e1 l'am\r1 une exaltation gu]rire1 la posie1 au v91 ils n'ont pas fait la "p de la sant2 de cette sant b\illante1 vig\reuse1 entire1 sans s\ci1 telle qu'autrefois la =ce de l'ge et la quitude l'entret5ai5t en moi d'une faon cont9ue4 ,ce feu de joie fait saillir en l'esprit1 en plus de son ptillem5t naturel1 des clairs vifs et t9celants qui s\lv5t les en?\siasmes les plus gaill>ds1 p\r ne pas dire les plus extravagants4 ,aussi n'e/-ce pas m]veille si un tat contraire affaiblit mon esprit1 l'immobilise et lui fait produire un effet oppos3 ,l'esprit p]d sa vigueur dans un corps languissant 7,pseudo-,gallus72 et encore il v\drait que je lui sa*e gr de ce qu' ces sollicitations il rsi/e beauc\p plus que cela n'arrive d'ord9aire *ez la plup>t des hommes6 ,au mo9s p5dant que n\s avons trve1 *assons les maux et les difficults avec lesquels n\s sommes aux prises3 ,que la vieillesse se dride1 lorsqu'elle le peut encore 7,horace72--il e/ bon d'ad\cir p> l'enj\em5t les noirs *agr9s de la vie 7,sido9e ,apoll9aire74--,j'affectionne une sagesse gaie et sociable1 et fuis une rudesse de murs p> trop au/res2 t\te m9e rb>bative m'e/ suspecte comme aussi la tri/esse arrogante d'un visage r5frogn1--c> dans cette f\le de g5s au ma9ti5 svre se ca*e plus d'un dbau* 7,m>tial74 ,je crois ,platon de bon cur1 qu& il dit que les humeurs1 suivant qu'elles sont faciles ou difficiles1 sont de gr&e influ5ce sur la bont ou la p]v]sit de l'me4 ,socrate avait une physionomie qui jamais ne v>iait1 t\j\rs s]e9e et riante2 ce n'tait pas comme le vieux ,crassus qui avait sans cesse l'air mcont5t et qu'on ne vit jamais rire4 ,la v]tu e/ foncirem5t gaie et enj\e4 ,ceux qui se bless]ont de la lic5ce de cet ouvrage devront bi5 plutt blm] la lic5ce de leurs propres p5ses2 quant lui ,montaigne1 il ose dire t\t ce qu'il ose faire2 il croit du re/e que la confession de ses fautes aura peu d'imitateurs4--,je sais que p>mi les g5s qui se sc&alis]ont de la lic5ce de mes crits1 s'en tr\v]ont =t peu qui n'aurai5t se sc&alis] davantage de la lic5ce de leurs p5ses2 j'cris bi5 suivant leur gt1 mais j'(f5se leurs reg>ds4 ,il e/ de bon ton de critiqu] les crits de ,platon et de pass] lgrem5t sur les relations qu'on lui prte avec ,phdon1 ,dion1 ,/ella1 ,ar*anassa4 ,n'ayez pas honte de dire ce que v\s n'avez pas honte d'appr\v] t\t bas4 ,je hais un esprit h>gneux et tri/e qui glisse p>-dessus les plaisirs de sa vie et ne songe qu' ses pe9es1 ne considre qu'elles1 comme les m\*es qui ne peuv5t se t5ir sur une surface bi5 polie et bi5 lisse et qui s'atta*5t et repos5t sur ce qui e/ rugueux et raboteux1 ou encore comme les v5t\ses qui ne re*]*5t et ne s\tir5t que le mauvais sang4 ,du re/e1 je me suis fait une loi d'os] dire t\t ce que j'ose faire1 et vais jusqu' regrett] que t\te p5se ne puisse tre publie2 le pire de t\s mes actes1 la pire de t\tes les situations en lesquelles je puis tre1 ne me sembl5t pas si laids1 que je ne tr\ve de laideur et de l*et ne pas os] les av\]4 ,*acun e/ discret qu& il se confesse1 on devrait bi5 l'tre aussi qu& on agit2 la h>diesse dans la faute e/ quelque peu attnue et matrise p> la h>diesse la confess]2 qui s'oblig]ait t\t dire s'oblig]ait ne ri5 faire de ce qu'on e/ contra9t de taire4 ,dieu veuille que cette lic5ce excessive de ma "p dcide les autres plus d'expansion1 en t5ant mo9s compte de ces v]tus timores et m9audires nes de nos imp]fections1 et que le sacrifice de ma mode/ie les amne ce qui e/ raisonnable4 ,il faut1 qu& on veut les cont]1 reconnatre ses vices et les tudi]2 ceux qui les ca*5t aux autres1 se les ca*5t d'ord9aire eux-mmes2 ils ne les considr5t pas comme suffisamm5t dissimuls1 s'ils les ap]oiv5t2 ils les s\/rai5t et les dguis5t leur propre consci5ce3 ,p\rquoi p]sonne n'av\e-t-il ses vices8 ,p>ce que n\s en sommes encore esclaves2 il faut tre veill p\r racont] un songe 7,snque74--,les maux du corps se dess95t davantage qu& ils acquir5t plus de gravit2 n\s con/atons que ce que n\s nommions rhume ou f\lure e/ bel et bi5 la g\tte4 ,les maux de l'me1 au contraire1 devi5n5t mo9s saisissables mesure qu'ils s'aggrav5t2 celui qui en e/ le plus malade e/ celui qui le s5t le mo9s2 voil p\rquoi il faut s\v5t les exam9] au gr& j\r1 d'une ma9 impitoyable qui les met dc\v]t et les arra*e du fond de nos poitr9es4 ,il en e/ des mauvaises actions comme des bonnes1 leur confession e/ p>fois elle seule une satisfaction1 et il n'e/ pas de faute dont la laideur puisse n\s disp5s] de la confess]4--,je s\ffre qu& il me faut dissimul]1 aussi j'vite de dev5ir le confid5t des secrets d'autrui1 n'ayant gure le cur ni] que je les connais2 je puis les taire1 mais les ni]1 je ne le puis sans faire ef=t et sans en pr\v] du dplaisir4 ,p\r bi5 g>d] un secret1 il faut que ce soit dans notre nature et non p> l'obligation que n\s en avons4 ,qu& on e/ au s]vice des pr9ces1 c'e/ peu d'tre discret si en mme temps on n'e/ pas m5teur4 ,si celui qui dem&ait ,?als de ,milet s'il devait ni] p> s]m5t sol5nel avoir commis un adultre dont il tait c\pable1 se ft adress moi1 je lui eusse rpondu qu'il ne devait pas se p>jur]1 un m5songe me p>aissant pire encore que l'adultre4 ,?als1 au contraire1 le lui conseilla p\r p>] un plus gr& mal p> un mo9dre1 solution qui n'ab\tissait pas tant faire *oix entre deux maux1 qu' aj\t] l'un l'autre4 ,a ce propos1 disons en passant qu'un homme qui a de la consci5ce1 e/ mis son aise qu&1 en comp5sation d'une faute1 on le met en prs5ce de quelque entreprise prilleuse laquelle il aura satisfaire2 mais que c'e/ le s\mettre une rude preuve que de ne lui laiss] le *oix qu'entre deux fautes1 a9si qu'il arriva ,origne4 ,plac dans l'alt]native de sacrifi] aux idoles1 ou de s\ffrir de s]vir ass\vir les apptits *>nels d'un gr& vila9 ?iopi5 qu'on lui prs5tait1 ,origne se rsigna la premire de ces conditions1 ce qui fut un gros p*1 dit-on4 ,il faut conv5ir cep5dant que les femmes qui1 de notre temps1 consqu5tes avec leurs ides fausses sur la religion1 n\s prote/5t qu'elles aim]ai5t mieux *>g] leur consci5ce de dix hommes que d'une messe1 n'euss5t pas pr\v le mme dgt4 ,si c'e/ une indiscrtion de publi] a9si ses erreurs1 il n'y a pas gr& dang] qu'elle soit prise p\r exemple et passe dans les usages2 ,ari/on ne disait-il pas que les v5ts que les hommes r$\t5t le plus1 sont ceux qui les dc\vr5t4 ,il faut retr\ss] ce sot haillon qui ca*e nos murs4 ,on envoie sa consci5ce dans les lieux de dbau*e et on se donne une cont5ance irrpro*able2 jusqu'aux tratres et aux assass9s qui s'atta*5t l'obs]vation des lois de l'tiquette1 bornant l leur devoir4 ,ce n'e/ ni l'inju/ice de se pla9dre de l'impolitesse2 ni la malice1 de l'indiscrtion4 ,il e/ dommage que le m*ant ne soit pas en outre un imbcile et que la dc5ce pallie ses m*ancets2 ces enduits ne convi5n5t qu' des cloisons intrieures bi5 bties et en bon tat1 valant la pe9e qu'on les badigeonne p\r en assur] la cons]vation4 ,ce que les hommes craign5t le plus1 c'e/ qu'une occasion ne mette leurs murs dc\v]t4 ,montaigne va ma9t5ant entr] dans le vif de son sujet2 il apprh5de que ce *apitre ne fasse conf9] son livre du salon de ces dames dans leur b\doir4--,p\r plaire aux ,hugu5ots qui blm5t notre confession en ap>t et l'oreille d'un ti]s1 je me confesse publiquem5t1 en t\te conviction et s9crit4 ,sa9t ,augu/91 ,origne et ,hippocrate ont publi leurs erreurs d'op9ions2 j'y aj\te1 moi1 mes erreurs de murs4 ,j'ai le plus ard5t dsir de me faire connatre1 et peu m'importe quel prix1 p\rvu que ce soit s\s mon vrai j\r2 c>1 p\r mieux dire1 je ne dsire ri51 mais j'pr\v]ais un mortel dplaisir tre pris p\r autre que je ne suis p> ceux auxquels il arrive de connatre mon nom4 ,celui qui n'a en vue que l'honneur et la gloire1 qu'espre-t-il gagn] en se produisant au monde s\s un masque qui drobe la connaissance des f\les ce qu'il e/ rellem5t8 ,l\ez un bossu de sa belle taille1 il ne saurait faire autrem5t que de considr] cet loge comme une injure2 si v\s tes un l*e et qu'on v\s honore comme un vaillant1 e/-ce de v\s dont on p>le8 on v\s pr5d p\r un autre2 le croire1 c'e/ faire comme celui qui se montrait fi] des saluts qu'on lui adressait1 le pr5ant p\r le matre de la tr\pe1 lui qui n'tait qu'un des mo9dres p]sonnages de sa suite4--,le roi de ,macdo9e ,ar*laus passant dans une rue1 quelqu'un lui v]sa de l'eau sur la tte2 les assi/ants l'excitai5t le punir3 ,oui1 leur dit-il1 seulem5t ce n'e/ pas sur moi qu'il a v]s de l'eau1 mais sur celui p\r lequel il me pr5ait4--,socrate rpondait un autre qui lui disait qu'on mdisait de lui3 ,non1 il n'y a ri5 en moi de ce que dis5t ces g5s4--,quant moi1 je ne saurais aucun gr qui me l\]ait d'tre un bon pilote1 d'avoir beauc\p de mode/ie ou de *a/et2 et p>eillem5t1 je ne me considr]ais non plus comme (f5s p> qui dirait de moi que je suis un tratre1 un voleur ou un ivrogne4 ,ceux qui ne se connaiss5t pas1 peuv5t se repatre d'approbations qu'ils ne mrit5t pas2 moi1 je ne le puis1 p>ce que je me vois1 me scrute jusqu'au fond des entrailles et sais bi5 ce qui m'app>ti5t2 il me plat qu'on me l\e mo9s1 p\rvu qu'on me connaisse mieux2 on p\rrait me t5ir p\r un sage dans des conditions de sagesse que je ti5s tre de la sottise4 ,alors que mes ,essais sont lus communm5t p> les dames et tran5t sur les meubles de leur salon1 ce *apitre va les faire pass] dans leur b\doir o elles les liront en ca*ette2 j'av\e que c'e/ surt\t en tte--tte que j'aime leur socit1 en public elle manque de saveur et ne con/itue plus une faveur4--,dans nos adieux1 n\s exagrons1 au del de ce qui e/ d'ord9aire1 l'affection que n\s portons ce que n\s ab&onnons2 en tra9 de quitt] les jeux de ce monde1 ce sont ici les d]nires accolades que n\s n\s donnions1 eux et moi4 ,comm5t se fait-il que l'acte p> lequel se p]ptue le g5re huma91 p>aisse si honteux qu'on n'ose le nomm]8--,rev5ons-en notre ?me4 ,qu'a donc fait aux hommes l'acte gnital1 p\rtant si naturel1 si ncessaire1 si ju/e1 p\r que n\s n'osions pas en p>l] sans en avoir honte1 et p\r l'exclure des conv]sations srieuses et de bon ton8 ,n\s disons h>dim5t3 tu]1 drob]1 trahir2 et cet autre mot1 n\s n'osons le prononc] qu'entre les d5ts4 ,s]ait-ce p>ce que mo9s n\s en p>lons1 plus n\s y p5sons8 ,il y a lieu de rem>qu] en effet que les mots les mo9s en usage1 qu'on n'crit gure et sur lesquels on se tait le plus1 sont ceux qu'on sait le mieux et qui sont le plus gnralem5t connus2 celui-ci1 quel que soit l'ge1 quelles que soi5t les murs1 nul ne l'ignore non plus que le pa92 il e/ imprim en *acun de n\s1 sans qu'il ait t prononc1 sans qu'il se soit fait ent5dre ou ait t vu2 et le sexe qui en use le plus1 e/ celui auquel il e/ impos de s'en taire davantage4 ,ce qu'il y a de rem>quable 991 c'e/ que n\s avons mis cet acte s\s la sauveg>de du sil5ce1 d'o c'e/ un crime de l'arra*]1 mme p\r l'accus] et le jug]2 n\s n'osons le critiqu] qu'en usant de priphrases et en ayant rec\rs des =mes images4 ,quelle insigne faveur p\r un crim9el d'tre si excrable que la ju/ice e/ime qu'il ne doit tre ni t\*1 ni vu et qui1 grce la duret de la condamnation qui le frappe1 demeure libre et sauf4 ,n'en e/-il pas de lui comme des livres qui se rp&5t et se v5d5t d'autant plus qu'ils sont int]dits8 ,quant moi1 je me rallie ce qu'en dit ,ari/ote3 ,acte pudique1 qui p>e la jeunesse et attire des repro*es la vieillesse4--,les v]s suivants avai5t c\rs dans l'cole anci5ne1 qui e/ plus dans mes ides que l'cole mod]ne p>ce que j'e/ime que les v]tus y tai5t plus gr&es et les dfauts mo9dres3 ,ceux qui fuyant p> trop ,vnus l'esquiv5t1 sont en faute autant que ceux qui p> trop la suiv5t 7,plut>que74 ,o desse1 seule tu g\v]nes la nature2 sans toi1 ri5 ne voit la lumire du j\r1 ri5 n'e/ gai1 ri5 n'e/ aimable 7,lucrce74 ,p\rquoi avoir v\lu br\ill] les ,muses avec ,vnus8 leur accord leur si$ si bi51 a9si qu'en tmoign5t les v]s de ,virgile o le pote dcrit une entrevue am\reuse de cette desse avec ,vulca94--,je ne sais qui a pu br\ill] ,pallas et les ,muses avec ,vnus1 et les mettre en froid avec l',am\r2 je ne vois aucunes div9its qui se convi5n5t mieux et qui ne doiv5t davantage les unes aux autres4 ,qui enlv]ait aux ,muses leurs productions inspires p> l'am\r1 leur drob]ait le plus beau sujet sur lequel elles ont s'ex]c] et ce qu'il y a de plus noble dans leurs uvres2 qui f]ait p]dre l',am\r le conc\rs que lui prt5t la posie et les s]vices qu'elle lui r5d1 l'affaiblirait en le privant a9si des meilleures de ses armes2 ce s]ait enta*] d'+ratitude et d'in9tellig5ce ce dieu ess5tiellem5t sociable et bi5veillant et ces desses protectrices de l'humanit et de la ju/ice4--,il n'y a pas si longtemps que j'ai d r5onc] son culte et cess de faire p>tie de ses adorateurs1 p\r que je ne cons]ve pas le s\v5ir prcis de sa =ce et de sa valeur3 ,je s5s encore les brlures d'une anci5ne flamme 7,virgile74 ,la fivre laisse aprs elle un re/e d'agitation et de *aleur3 ,heureux si1 dans mes annes d'hiv]1 ce re/e de *aleur ne m'ab&onne pas 7,jean ,second72 et1 si puis et al\rdi que je suis1 j'pr\ve quelque peu encore les effets affaiblis de cette ardeur passe3 ,telle la m] ge1 battue p> l',aquilon ou le ,notus1 ne s'apaise pas subitem5t aprs la tempte2 longtemps t\rm5te1 elle s'agite et gronde encore 7,le ,tasse74 ,mais autant que je puis m'y connatre1 la =ce et la valeur de ce dieu sont prs5tes plus vives et plus animes dans les descriptions qu'en donne la posie1 qu'elles ne le sont dans la ralit3 ,le v]s du pote a des doigts et *at\ille 7,juvnal72 elle sait donn] l',am\r je ne sais quel air plus lang\reux que celui qu'il revt2 et ,vnus1 dans la plus complte nudit1 n'e/ ni si belle1 si vive1 si haletante que la pe9t ,virgile dans ce passage3 ,elle dit1 et1 comme il hsite1 la desse l'ent\re mollem5t de ses beaux bras plus blancs que la neige et l'*auffe dans un embrassem5t4 ,a ce contact1 ,vulca9 s5t r5atre son ardeur acc\tume1 une *aleur qu'il connat bi5 l'envahit de t\tes p>ts1 et jusque dans la moelle des os4 ,a9si brille l'clair dans la nue p\rf5due p> le tonn]re et qui1 de ses rubans de feu1 sillonne les nuages p>s dans les airs44444 ,enf91 ,vulca9 satisfait aux sollicitations am\reuses de son p\se et1 inc>n en elle1 s'ab&onne t\t enti] aux *>mes d'un sommeil rp>ateur4 ,le m>iage diffre de l'am\r2 contract en vue de la po/rit1 les extravagances am\reuses doiv5t en tre bannies2 du re/e ceux auxquels l'am\r seul a prsid1 plus que t\s autres ont t5dance mal t\rn]4--,ce que j'obs]ve dans cette description1 c'e/ que ,virgile n\s dpe9t une ,vnus bi5 passionne p\r une p\se2 dans ce m>*1 dict p> la sagesse1 qu'e/ le m>iage1 les apptits sont mo9s foltres1 les bats mo9s tumultueux et plus temprs4 ,l'am\r hait t\te union contracte en dehors de son int]v5tion exclusive1 et ne p>ticipe que faiblem5t aux rappro*em5ts sexuels qui ont t prp>s et s'accompliss5t t\t autre titre1 comme c'e/ le cas dans le m>iage o des considrations d'alliances1 de situations de =tune y ont1 avec raison1 autant et plus de "p que les grces et la beaut4 ,on ne se m>ie pas p\r soi2 quoi qu'on dise1 on se m>ie au mo9s autant1 s9on plus1 p\r sa famille et sa po/rit2 les conditions dans lesquelles s'effectue un m>iage et les rsultats qu'il doit produire1 intress5t notre race1 bi5 au del de n\s-mmes2 c'e/ p\rquoi il me plat de les voir ngoci] p> des int]mdiaires plutt que p> les intresss1 n\s en rapportant plus au s5tim5t d'autrui qu'au ntre1 pr9cipe qui va bi5 l'encontre des ides de ceux qui sont p\r les m>iages d'incl9ation4 ,aussi e/-ce commettre une sorte d'ince/e que de se livr]1 dans ces rapports vnrables et sacrs entre m>i et femme qui se propos5t d'eng5dr]1 t\tes les viol5ces et extravagances de l'am\r en folie1 ce que je crois avoir dj exprim prcdemm5t2 il faut1 dit ,ari/ote1 appro*] sa femme avec rs]ve et avec calme1 de peur que des c>esses trop lascives n'veill5t en elle le plaisir un degr qui la mette hors d'elle plus que de raison4 ,ce qu'il prne en faisant appel la consci5ce1 les mdec9s le rpt5t au nom de la sant3 ,un plaisir trop *aleureux1 trop voluptueux1 trop s\v5t r5\vel1 altre la sem5ce et emp*e la conception2 ils dis5t encore que ces att\*em5ts empre9ts de langueur1 comme le veut ici la nature1 p\r que le rsultat rponde l'att5te et soit fcond1 doiv5t n'avoir lieu que r>em5t et de notables int]valles1 af9 que la femme saisisse plus avidem5t les dons de ,vnus et les recle pr(ondm5t dans son se9 7,virgile74 ,je ne connais pas de m>iages qui soi5t plus rapidem5t tr\bls et arriv5t plus tt t\rn] mal1 que ceux auxquels ont conduit la beaut et les dsirs am\reux4 ,il faut cette union des bases plus solides et de plus longue dure2 on ne doit s'y engag] qu'avec circonspection1 un entranem5t irrfl*i n'y vaut ri54 ,l'am\r ne fait pas p>tie intgrante du m>iage1 pas plus que la v]tu n'e/ lie d'une manire absolue la noblesse4 ,digression sur le rang en lequel sont t5us les nobles dans le royaume de ,calicut4--,ceux qui p5s5t honor] le m>iage en y joignant l'am\r1 me font le mme effet que ceux qui1 p\r rehauss] la v]tu1 ti5n5t que la noblesse et elle sont mme *ose4 ,elles sont quelque peu p>5tes1 mais que de diffr5ces entre elles6 c'e/ erreur de ml] leurs noms et leurs titres2 les confondre1 c'e/ faire tort soit l'une1 soit l'autre4 ,la noblesse e/ une belle qualit1 qui a t introduite avec raison2 mais c'e/ une qualit qui e/ octroye p> autrui et peut *oir un homme de ri5 et vicieux2 aussi e/-elle beauc\p mo9s e/ime que la v]tu4 ,si c'en e/ une1 c'e/ une v]tu artificielle et app>5te qui dp5d des temps et de la =tune2 qui1 suivant les pays1 revt des =mes diffr5tes3 vivante et mortelle1 elle n'a pas de naissance non plus que le ,nil dont la s\rce e/ inconnue2 elle a une gnalogie et e/ un bi5 de communaut2 elle se transmet comme elle a t acquise2 elle cre des obligations bi5 faiblem5t obs]ves4 ,la sci5ce1 la =ce1 la bont1 la beaut1 la ri*esse et t\tes les autres qualits se communiqu5t et on peut en trafiqu]2 la noblesse ne s]t qu' celui qui la possde1 elle e/ de nul emploi p\r autrui4--,on s\mettait l'un de nos rois de se prononc] entre deux c&idats prs5ts p\r une mme *>ge1 dont l'un tait g5tilhomme et l'autre ne l'tait pas2 il prescrivit que sans t5ir compte de cette qualit1 on *oisit celui qui avait le plus de mrite2 mais qu' mrite gal1 on et g>d la noblesse2 c'tait assign] bi5 exactem5t celle-ci le rang qu'elle doit occup]4--,a un jeune homme qui ne s'tait pas encore rvl et qui dem&ait succd]1 dans la *>ge qu'il occupait1 son pre qui tait un homme de valeur et qui v5ait de m\rir1 ,antigone rpondait3 ,mon ami1 p\r l'attribution de ces bnfices1 je ne ti5s pas tant compte de la noblesse de mes soldats1 que des preuves de c\rage qu'ils ont donnes4 ,il ne saurait en effet en tre de cela comme ,sp>te1 o dans les div]s (fices remplir auprs des rois3 trompettes1 mntri]s1 cuis9i]s1 les enfants tai5t admis succd] leurs pres1 quelle que ft leur ignorance en la matire et avant t\s autres1 si exprim5ts que fuss5t ceux-ci dans la p>tie4--,dans le royaume de ,calicut1 les nobles con/itu5t une espce au-dessus du commun des mortels2 le m>iage leur e/ int]dit1 a9si que t\te pr(ession autre que celle des armes2 les hommes peuv5t avoir autant de concub9es qu'ils veul5t1 et p>eillem5t les femmes autant de galants qu'il leur plat1 sans que jamais il s'lve de jal\sie dans t\t ce monde2 mais c'e/ un crime capital et irrmissible de pr5dre ces concub9es et ces galants en dehors de leur propre ca/e4 ,ils se ti5n5t p\r s\ills p> le simple contact de quiconque n'e/ pas des leurs et vi5t les frl] en passant2 c'e/ une atte9te tellem5t grave et injurieuse1 qu'ils tu5t t\s ceux qui les appro*5t seulem5t d'un peu trop prs2 de telle sorte que les g5s des classes nes d'infamie1 qui circul5t p> la ville1 sont t5us de cri] au t\rnant des rues1 comme font les gondoli]s de ,v5ise1 p\r vit] de se heurt]2 et les nobles leur comm&5t de se jet] du ct qui leur convi5t3 de la sorte ceux-ci vit5t une ta*e qu'ils e/im5t ne jamais p\voir tre efface et ceux-l une mort c]ta9e4 ,nulle priode de temps si longue soit-elle1 nulle faveur du pr9ce1 nul s]vice r5du1 pas plus que la v]tu ou la ri*esse ne peuv5t faire que1 dans ce pays1 un roturi] devi5ne noble2 c\tume l'appui de laquelle vi5t encore la df5se de se m>i] entre g5s de mti]s diffr5ts2 une fille de famille de cordonni]s ne peut p\s] un *>p5ti]2 les p>5ts sont dans l'obligation de prp>] leurs enfants ex]c] la pr(ession de leurs pres l'exclusion de t\te autre1 ce qui ma9ti5t les di/9ctions sociales et fait que les situations de *acun vont se p\rsuivant sans jamais se modifi]4 ,un bon m>iage1 s'il en e/1 e/ une union faite d'amiti et de confiance2 il n'e/ pas d'tat plus heureux dans la socit huma9e4--,un bon m>iage1 s'il en exi/e1 refuse de se n\] s\s les auspices de l'am\r et de l'admettre en ti]s2 il doit plutt vis] tre un pacte d'amiti4 ,c'e/ une d\ce association de deux exi/5ces1 ple9e de con/ance1 de confiance1 d'un nombre inf9i d'utiles et solides s]vices et d'obligations rciproques4 ,aucune femme1 qui en a sav\r les dlices1 unie p> l'hym5 l'homme de son *oix 7,catulle71 ne v\drait t5ir lieu de matresse son m>i2 si elle a "p son affection comme p\se1 elle y e/ en position bi5 plus honorable et plus sre4 ,si ailleurs il s\pire et fait l'empress1 qu'on lui dem&e1 ce mom5t1 qui1 de sa femme ou de sa matresse1 il prfre voir arriv] une msav5ture honteuse8 quelle e/ celle des deux dont l'in=tune l'afflig]ait le plus8 laquelle il dsire le plus de gr&eur8 il n'y a pas de d\te que ce ne soit celle qui lui e/ unie p> un m>iage en bonnes conditions4 ,p> cela mme qu'on en voit si peu de bons1 on peut en apprci] le prix et la valeur4 ,t\t bi5 considr1 il n'e/ ri5 dans notre socit qui soit plus beau qu'un tel m>iage4 ,c'e/ l une in/itution dont n\s ne p\vons n\s pass] et n\s l'avilissons qui mieux mieux2 il en advi5t comme de ce qui se voit aux cages d'oiseaux3 ceux qui sont dehors1 se dsespr5t de n'y p\voir entr]2 ceux qui sont d$ans1 ont le mme dsir d'en sortir4 ,socrate auquel on dem&ait ce qui valait le mieux de pr5dre femme ou de n'en pas pr5dre1 rpondit3 ,que v\s fassiez l'un ou l'autre1 v\s v\s en rep5tirez4 ,c'e/ une association de laquelle on peut ju/em5t dire3 ,l'homme e/ l'homme1 ou un dieu 7,ccilius71 ou un l\p 7,plaute72 il faut que de nombreuses qualits se r5contr5t p\r la crer4 ,en ce temps-ci1 les mes simples *ez le peuple s'y prt5t volonti]s1 p>ce que les plaisirs1 la curiosit et l'oisivet n'occup5t pas en eux une place prpondrante2 p> contre1 les c>actres ports la dbau*e1 comme e/ le mi51 qui sont rebelles t\tes liaisons et obligations de quelque nature que ce soit1 y sont mo9s propres3 ,il m'e/ plus d\x de vivre exempt de cette *ane 7,pseudo-,gallus74 ,montaigne a cd l'exemple et aux usages1 mais il rpugnait au m>iage2 il en a1 nonob/ant1 obs]v les lois un degr dont il ne se croyait pas capable2 ceux qui se m>i5t avec la rsolution contraire ont gr& tort4--,a suivre mon incl9ation naturelle1 je me s]ais enfui plutt que d'p\s] la sagesse en p]sonne1 si elle m'et v\lu2 mais n\s avons beau dire1 les c\tumes et les usages admis de t\s n\s entran5t4 ,la plup>t de mes actes sont une consqu5ce des exemples que j'ai eus s\s les yeux1 bi5 plus qu'ils ne dc\l5t de mes prfr5ces2 celui-ci notamm5t je ne suis pas v5u de moi-mme1 on m'y a am52 j'y ai t port p> des circon/ances qui y tai5t trangres1 c> mme les *oses qui prs5t5t des inconvni5ts peuv5t1 p> le fait de quelques p>ticul>its et accid5ts1 dev5ir acceptables1 et il n'en e/ aucune si laide1 si vicieuse1 si vitable soit-elle1 qui ne puisse en arriv] l1 tant les dispositions de l'homme sont v]satiles4 ,j'y ai t port1 c]ta9em5t plus mal prp> alors et plus contre-cur que je ne le suis auj\rd'hui aprs en avoir essay2 et1 p\r si lic5cieux qu'on me ti5ne1 j'ai1 en vrit1 plus svrem5t obs]v les lois du m>iage que je ne l'avais promis et espr4 ,il n'e/ plus temps de se montr] rcalcitrant1 qu& on s'e/ laiss entrav]2 il faut se g>d] d'engag] imprudemm5t sa lib]t1 mais aprs qu'on en a accept les obligations1 il faut obs]v] les lois d'un devoir qui e/ rciproque1 ou au mo9s faire ef=t cet effet4--,ceux qui se prt5t ce m>* avec des s5tim5ts de ha9e et de mpris1 en agiss5t d'une faon =t inju/e1 qui devi5dra p\r eux une s\rce de difficult2 et les femmes qui accept5t comme un oracle sacr1 cette belle rgle que je les vois se pass] de ma9s en ma9s3 ,s]s ton m>i comme ton matre1 et t'en g>de comme d'un tratre1 ce qui veut dire3 ,cons]ve vis--vis de lui une dfr5ce contra9te1 ho/ile et mfiante1 se ralli5t un cri de gu]re et de dfi qui1 lui aussi1 e/ injurieux et s]a la s\rce de relations difficiles4 ,je n'ai pas assez d'n]gie p\r me jet] dans une voie aussi p9euse2 et vrai dire1 je n'en suis pas encore arriv cette p]fection d'habilet et de galant]ie d'esprit qui fait confondre raison avec inju/ice1 et t\rn] en ridicule t\t ordre1 t\te rgle qui ne s'accord5t pas avec mes dsirs2 de ce que je hais la sup]/ition1 je ne me jette pas1 tte baisse1 dans l'irrligion4 ,si on ne satisfait pas t\j\rs au devoir1 encore faut-il t\j\rs le reconnatre et l'aim]2 et c'e/ une trahison que de se m>i]1 sans remplir ses obligations conjugales4 ,assez sur ce po9t1 cont9uons4 ,diffr5ce entre le m>iage et l'am\r2 une femme peut cd] un homme dont elle ne v\drait pas p\r m>i4--,virgile n\s dpe9t un m>iage o rgne l'accord1 qui satisfait aux conv5ances et dans lequel cep5dant il n'y a pas beauc\p de loyaut4 ,a-t-il v\lu dire qu'il n'e/ pas impossible de cd] aux in/igations de l'am\r1 t\t en se rs]vant de satisfaire dans une c]ta9e mesure aux devoirs matrimoniaux2 qu'on peut manqu] ces devoirs1 sans s'y drob] t\t fait8 il y a des valets qui vol5t leurs matres1 sans p\r cela les har6--,la beaut1 l'opportunit1 la de/9e1 c> la de/9e y met aussi la ma93 ,il y a une fatalit qui pse sur ces organes que ca*5t nos vtem5ts1 c> si les a/res ne te protg5t1 il ne te s]vira de ri5 d'avoir les plus belles app>5ces de virilit 7,juvnal71 t\tes ces causes font que l'p\se s'atta*e un trang]1 sans se livr] p\rtant si compltem5t lui qu'il ne subsi/e encore quelque li5 p> lequel elle ti5t son m>i4 ,ce sont l deux ides di/9ctes1 qui procd5t diffremm5t et ne saurai5t tre confondues3 ,une femme peut se donn] tel individu qu'elle ne v\drait absolum5t pas p\r p\x1 je ne dis pas en raison seulem5t de sa situation dans le monde1 mais p\r lui-mme4 ,peu de g5s ont p\s des amies1 qui ne s'en soi5t rep5tis2 cela se voit jusque dans l'autre monde2 quel mauvais mnage a fait1 dit-on1 ,jupit] avec sa femme qu'il avait connue avant le m>iage et avec laquelle il avait dj fait l'am\r6 ,c'e/ ce qui se traduit p>3 ,se s\lag] dans un pani] et le mettre ensuite sur sa tte4 ,j'ai vu de mon temps dans des milieux =t honorables le m>iage mettre f9 l'am\r entre p]sonnes qui le pratiquai5t d'une faon immorale et sc&aleuse2 c'e/ qu'aussi ce sont l deux tats qui relv5t de considrations qui sont bi5 lo9 d'tre les mmes4 ,n\s sommes ports1 de n\s-mmes1 deux *oses diffr5tes et qui se contr>i5t4 ,isocrate disait qu',a?nes tait une ville qui plaisait1 la mode de ces femmes qu'on frqu5te p>ce qu'elles se prt5t l'am\r2 *acun aimait s'y prom5] et y pass] un mom5t1 mais nul ne l'aimait en vue de l'p\s]1 c'e/--dire p\r y lire domicile et y pass] sa vie4--,j'ai vu avec dpit des m>is har leurs femmes1 p\r cette seule raison qu'ils avai5t des torts env]s elles4 ,au mo9s ne faudrait-il pas les aim] mo9s p>ce qu'on s'e/ mis en faute2 le rep5tir et la compassion devrai5t au contraire n\s les r5dre plus *res4 ,nos lois sont trop svres env]s les femmes2 n\s v\lons qu'elles matris5t leurs dsirs plus ard5ts que les ntres que n\s n'essayons pas mme pas de modr]4--,les buts p\rsuivis sont autres1 aj\tait ,isocrate1 sans t\tefois tre incompatibles4 ,le m>iage a p\r lui son utilit1 sa lgitimit1 son honorabilit1 sa p]man5ce2 il procure un plaisir modr1 mais qui s't5d t\t4 ,l'am\r1 lui1 ne vise que le plaisir1 mais il e/ vrai qu'il e/ plus excitant1 plus vif1 plus pntrant2 c'e/ un plaisir qu'attise la difficult et o il faut du piquant1 du mordant2 ce n'e/ plus l'am\r1 s'il n'a ni ses fl*es1 ni son feu4 ,dans le m>iage1 les dames se donn5t n\s avec trop de prodigalit1 ce qui m\sse l'acuit de notre affection et de nos dsirs4 ,voyez combi51 p\r vit] cet inconvni5t1 ,lycurgue et ,platon se donn5t de pe9e dans leurs lois4 ,les femmes ne sont pas du t\t dans leur tort1 qu& elles refus5t de reconnatre les rgles de conduite qu'a poses la socit1 d'autant que ces rgles faites p> les hommes1 l'ont t sans leur p>ticipation4 ,p> la =ce mme des *oses1 ce sont con/amm5t entre elles et n\s des f9ass]ies et de petites qu]elles2 et dans les mom5ts mmes o1 d'un cons5tem5t rciproque1 n\s sommes le plus troitem5t unis elles1 il y a dsordre et dispute4 ,de l'avis de ce mme ,isocrate1 n\s ne t5ons pas suffisamm5t compte de ce que n\s savons cep5dant bi51 que la femme e/1 sans comp>aison1 plus ard5te que l'homme aux effets de l'am\r4 ,ce prtre de l'antiquit1 qui fut tantt homme1 tantt femme et connaissait les plaisirs des deux sexes 7,ovide71 en a tmoign4--,n\s avons aussi cet g>d les dcl>ations que n\s t5ons de leur propre b\*e1 faites autrefois en des sicles diffr5ts1 p> un emp]eur et une impratrice de ,rome1 passs matres et des plus fameux en la matire3 lui1 en une nuit1 dpucela il e/ vrai jusqu' dix vi]ges s>mates ses captives2 mais elle1 dans le mme laps de temps1 se livra bel et bi5 v+t-c9q fois1 *angeant de compagnie suivant qu'il en tait beso91 ou que la fantaisie l'en pr5ait3 jusqu' ce que1 puise mais non rassasie1 elle dt s'arrt] brlante encore de volupt 7,juvnal74--,relevons galem5t le diffr5d s\lev en ,catalogne p> une femme qui se plaignait des assauts p> trop rpts qu'elle avait subir de la "p de son m>i2 pla9te motive1 suivant moi1 mo9s p> l'incommodit qu'elle en pr\vait 7c'et t l un miracle et je ne crois aux miracles qu'en matire de foi71 que p\r1 en se s\/rayant p>tiellem5t s\s ce prtexte cet acte base fondam5tale du m>iage1 conte/] l'autorit du m>i sur la femme et montr] que l'humeur qu]elleuse et la malice de ce sexe vont plus lo9 que la c\*e nuptiale et f\l5t aux pi$s jusqu'aux dons et aux d\ceurs dont n\s sommes r$evables ,vnus4 ,a cette pla9te1 le m>i1 d\1 la vrit1 d'un tempram5t exceptionnellem5t brutal1 rpondait que1 mme les j\rs de jene1 il ne savait se pass] de l'appro*] mo9s de dix fois4 ,l'affaire donna lieu cet arrt s+uli] de la re9e d',aragon1 r5du aprs mre dlibration du conseil1 p> lequel cette bonne s\v]a9e1 af9 d'tablir une rgle et fix] les ides sur la modration et la rs]ve apport] en t\s temps1 dans les rapports entre p\x lgalem5t unis1 ordonnait comme limite lgitime et ncessaire de ces rappro*em5ts le nombre de six p> j\r2 le dit arrt1 disait la re9e1 re/reignant et sacrifiant de beauc\p les beso9s et les dsirs de son sexe p\r tablir une rgle d'application facile et p> consqu5t p]man5te et immuable4 ,sur quoi1 les docteurs comp>ant ces beso9s av\s ceux de l'homme1 de s'cri]3 ,quels doiv5t donc tre l'apptit et l'ardeur am\reuse de la femme1 puisqu'il faut en arriv] ce degr1 p\r y satisfaire dans des conditions raisonnables1 prv5ir t\t c>t et sauveg>d] leur v]tu1 alors que ,solon1 le modle de ceux qui veul5t que t\te *ose soit rgle p> la loi1 ne taxe cette frqu5tation de la femme p> le m>i qu' trois fois p> mois1 af9 que celui-ci soit t\j\rs en mesure de remplir ce devoir6--,et c'e/1 dis-je1 nonob/ant cette donne1 et t\t en admettant que *ez la femme les beso9s de cette nature sont plus gr&s que *ez l'homme1 que n\s avons t leur impos] la cont95ce1 elles exclusivem5t1 allant jusqu' dict] cet g>d les *tim5ts les plus svres et mme la pe9e de mort4 ,il n'y a pas de passion plus imprieuse1 et n\s n\s opposons ce qu'elles en tempr5t les effets ou reoiv5t entire satisfaction4--,il n'y a pas de passion plus imprieuse que celle-ci laquelle n\s v\lons qu'elles seules rsi/5t1 non simplem5t dans la mesure que cela comporte1 mais comme un vice abom9able1 excrable1 pire que l'irrligion et le p>ricide2 t&is que n\s autres hommes1 n\s n\s y ab&onnons sans que ce soit p\r n\s une faute1 sans que cela n\s vaille un repro*e4 ,ceux d'entre n\s qui ont essay d'en triomph]1 ont assez av\ quelle difficult ils ont pr\ve1 ou plutt en quelle impossibilit ils ont t d'y p>v5ir1 bi5 qu'ayant eu rec\rs un rgime spcial p\r mat]1 affaiblir et refroidir les rvoltes de la *air2 et elles1 n\s les v\lons1 au contraire1 bi5 portantes1 vig\reuses1 bi5 po9t1 en bonnes dispositions et *a/es t\t la fois2 c'e/--dire *audes et froides en mme temps6--,le m>iage qui1 ce que n\s prt5dons1 doit les emp*] de se consum]1 leur procure en l'tat de nos murs bi5 peu d'apaisem5t3 si le m>i qu'elles pr5n5t e/ encore un ge o le sang b\illonne1 il se f]a gloire de se dp5s] ailleurs3 ,aie enf9 de la pudeur1 ,bassus1 ou allons en ju/ice2 tu m'z v5du cet organe1 je l'ai pay trs *]1 il n'e/ donc plus toi 7,m>tial74 ,c'e/ bon droit que ,polmon le philosophe fut cit en ju/ice p> sa femme1 p>ce qu'il allait semant en t]ra9 /rile la sem5ce qu'il et d rp&re en t]ra9 propice la fcondation4 ,quant aux femmes qui p\s5t des hommes us1 elles sont1 bi5 que m>ies1 dans une condition pire que les vi]ges et les veuves4 ,n\s les t5ons p\r suffisamm5t loties1 ds qu'elles ont un homme auprs d'elles1 comme fir5t les ,roma9s qu& ils t9r5t p\r viole ,clodia ,lta que ,caligula avait appro*e1 quoiqu'il ft avr qu'il ne l'avait pas possde1 t&is qu'au contraire1 p> l1 on avive en elles ce beso9 de la nature1 l'att\*em5t et la compagnie d'un mle quel qu'il soit1 rveillant la *aleur de leurs s5s1 qui demeur]ai5t plus calmes si on les laissait seules4 ,aussi1 e/-ce vraisemblablem5t dans le b de r5dre1 p> ce moy5 et ses effets1 leur *a/et plus mritoire1 que ,boleslas roi de ,pologne et ,k+e sa femme1 selon un vu =m de commun accord le j\r mme de leurs noces1 se privr5t1 bi5 que c\*ant ensemble1 ce j\r-l et t\t jamais1 des satisfactions que leur p]mettait le m>iage4 ,l'ducation qu'on donne aux jeunes filles1 t\t oppose ce qu'on exige d'elles1 veille con/amm5t en elles ce s5tim5t2 elles n'ent5d5t p>l] que d'am\r et ce qu'on leur en ca*e1 s\v5t maladroitem5t1 elles le dev95t4--,n\s les =mons ds l'enfance en vue de les prp>] l'am\r2 leurs grces1 leur p>ure1 leur savoir1 leur langage1 t\te leur ducation sont dirigs en consqu5ce2 leurs g\v]nantes ne cess5t d'en entret5ir leur imag9ation1 ne s]ait-ce qu'en s'appliquant cont9uellem5t les en dgt]4 ,ma fille 7le seul enfant que j'aie7 e/ l'ge o les lois tolr5t que se m>i5t celles *ez lesquelles les s5s p>l5t de bonne heure2 son dveloppem5t e/ t>dif1 elle e/ fluette et d'un tempram5t lymphatique1 contre lequel ne ragit pas sa mre qui l'lve prs d'elle1 la produisant peu1 si bi5 qu'elle ne fait que comm5c] se dfaire des navets de l'enfance4 ,elle lisait ces j\rs-ci1 devant moi1 un livre franais o se r5contrait le mot f\teau1 qui s]t p>fois dsign] un arbre assez connu2 la femme *>ge de s'occup] d'elle1 l'arrta c\rt et assez rudem5t sur ce mot d\ble s5s1 lui faisant saut] le passage scabreux o il figurait4 ,je la laissai faire p\r ne pas tr\bl] sa manire ord9aire de procd] dans laquelle je n'int]vi5s pas2 mais il faut conv5ir que la direction imprime la femme e/ bi5 s+ulire et qu'elle e/ *ang]4 ,ou je me trompe bi51 ou la frqu5tation de v+t laquais p5dant six mois n'aurait pas fait travaill] l'imag9ation de ma fille p\r tr\v] l'usage et la signification de l'autre s5s de ces syllabes incrim9es1 comme le fit cette bonne vieille p> sa rprim&e et son int]diction de les prononc]3 ,la vi]ge nubile se plat appr5dre des danses lascives1 jusqu' s'en c\rbatur] les membres2 elle rve ds l'enfance des am\rs impudiques 7,horace74--,lorsque les femmes vi5n5t se rel*] un peu de leur attitude crmonieuse1 qu'elles se laiss5t all] p>l] en t\te lib]t1 n\s ne sommes que des enfants1 comp>s elles1 s\s le rapport de ce qu'elles sav5t sur ce sujet4 c\tez-les caus] de nos p\rsuites et des propos que n\s leur t5ons1 v\s arriv]ez bi5tt v\s conva9cre que n\s ne leur appr5ons ri5 qu'elles ne sa*5t et sur quoi elles ne soi5t claires autrem5t que p> n\s4 ,s]ait-ce1 comme le dit ,platon1 p>ce que1 dans une vie antrieure1 elles ont t g>ons et adonnes la dbau*e8 ,je me tr\vais une fois dans un endroit1 d'o j'ent5dais1 sans que ma prs5ce pt tre s\ponne1 une conv]sation qu'elles t5ai5t2 que ne puis-je la reproduire8 ,sa9te ,vi]ge1 me dis-je1 n\s p\vons bi51 cette heure1 p\r acqurir de l'habilet1 tudi] les phrases d',amadis et les vocabulaires de ,boccace et de l',art91 c'e/ vraim5t bi5 employ] notre temps6 ,il n'e/ pas un mot1 pas un acte1 pas une r\]ie qu'elles ne connaiss5t mieux que nos livres ne les relat5t2 elles ont cela dans le sang1 ,vnus elle-mme le leur a inspir 7,virgile72 ces bons matres d'cole que sont la nature1 la jeunesse1 la sant le leur s\ffl5t cont9uellem5t dans l'me1 elles n'ont que faire de l'appr5dre1 elles l'eng5dr5t3 ,jamais colombe1 ou tel autre oiseau plus lascif encore que v\s p\rrez nomm]1 n'a1 p> de d\ces morsures1 sollicit plus am\reusem5t les bais]s1 qu'une femme qui s'ab&onne sa passion 7,catulle74 ,du re/e1 c'e/ l'am\r1 c'e/ l'union des sexes qui e/ la gr&e affaire de ce monde2 aussi ne faut-il pas s'tonn] si les plus gr&s philosophes ont crit sur ce sujet4--,si la f\gue naturelle de leurs dsirs n'et t un peu t5ue en bride p> la cra9te et les ides d'honneur qu'on leur a inculques1 n\s prt]ions t\s au ridicule4 ,t\t le m\vem5t du monde a cette conjonction des sexes p\r objectif et ab\tit elle2 elle se retr\ve p>t\t2 elle e/ le c5tre v]s lequel t5d5t t\tes *oses4 ,il subsi/e encore des ordonnances de ,rome antique et sage1 traitant de que/ions affr5tes l'am\r2 ,socrate donne des prceptes p\r l'in/ruction des c\rtisanes2 s\v5t ces petits livres qui ti5n5t sur les c\ss9s de soie de nos belles1 sont l'ouvrage de ,/oci5s 7,horace74 ,znon1 dans ses lois1 va jusqu' p>l] des c>quillem5ts et des sec\sses qui se produis5t dans le dpucelage4 ,sur quoi portai5t le livre du philosophe ,/raton1 intitul l'uvre de *air2 ceux de ,?ophra/e ayant p\r titre1 l'un l',am\reux1 l'autre de l',am\r2 celui d',ari/ippe1 ,dlices des temps passs8 ,a quoi t5dai5t les descriptions si t5dues1 si images de ,platon1 des pratiques am\reuses 99 autrem5t hontes1 auxquelles on se livrait de son temps2 l'ouvrage de l',am\reux1 de ,dmtrius de ,phalre2 ,cl9ias1 ou l'am\reux malgr lui1 d',hraclide du ,pont2 celui d',anti/hne1 des ,noces ou l'art de faire les enfants2 et cet autre du mme auteur1 du ,matre et de l'amant2 celui d',ari/on1 des bats am\reux2 ceux de ,clan!1 de l',am\r et de l',art d'aim]2 les dialogues am\reux de ,sphreus2 la fable1 effronte au d]ni] po9t1 de ,jupit] et de ,junon1 p> ,*rysippe1 et les c9quante lettres si lascives qu'il a crites8 ,je laisse de ct les ouvrages des philosophes de l'cole d'picure1 qui tait favorable la volupt et la prnait4--,aux temps anci5s1 c9quante div9its tai5t prposes cet acte1 et il a exi/ une nation o1 p\r endormir la concupisc5ce de ceux qui v5ai5t faire leurs dvotions1 on avait dans les temples des filles 99 et des g>ons dont on p\vait se procur] la j\issance2 il entrait dans le crmonial du culte1 d'en us] avant d'appro*] des autels3 ,p>ce que l'incont95ce e/ ncessaire p\r obs]v] la cont95ce1 et que l'inc5die s'te9t p> le feu4 ,dans l'antiquit1 les organes de la gnration tai5t difis2 auj\rd'hui comme alors1 t\t1 du fait de l'homme comme de celui de la nature1 rappelle con/amm5t l'am\r aux yeux de *acun4--,dans la majeure p>tie du monde1 cette pice de notre corps tait difie2 dans une contre1 il y en avait qui se l'cor*ai5t p\r en (frir et en consacr] quelque p>celle la div9it1 t&is que c'tait leur sem5ce que d'autres (frai5t et consacrai5t4 ,dans une autre rgion1 les jeunes g5s se la p]ai5t en public et1 dans les ouv]tures a9si pratiques1 introduisai5t1 entre la peau et la *air1 des bro*es en bois1 les plus longues et les plus grosses qu'ils p\vai5t endur]1 qu'ils brlai5t ensuite en holocau/e leurs dieux2 ceux qui tressaillai5t s\s l'int5sit de cette cruelle d\leur1 tai5t jugs n'tre ni vig\reux1 ni *a/es4 ,ailleurs1 la dsignation du gr& pontife et la considration dont il j\issait1 tai5t bases sur la dim5sion de cet organe1 dont l'effigie1 dans les crmonies en l'honneur de c]ta9es div9its1 tait prom5e en gr&e pompe4--,en gypte1 la fte des ,bac*anales1 les dames en portai5t au c\ une image en bois d'une gr&e ri*esse d'ornem5tation1 de =tes proportions et l\rde suivant la =ce de *acune2 en outre1 la /atue du dieu en prs5tait un qui excdait presque en dim5sion le re/e du corps4--,prs de n\s1 les femmes m>ies en font pr5dre1 sur leur front1 la =me leur voilette1 p\r se glorifi] de la j\issance qu'elles en ont2 et si elles devi5n5t veuves1 elles le rejett5t en arrire s\s leur coiffure o il se p]d4--,a ,rome1 les matrones les plus sages t5ai5t honneur d'(frir des fleurs et des c\ronnes au dieu ,priape2 et1 le j\r de leurs noces1 on faisait asseoir celles qui tai5t vi]ges sur les p>ties les mo9s honntes de sa /atue4--,je ne sais trop si1 de nos j\rs1 on ne peut relev] c]ta9es pratiques se ratta*ant cette mme dvotion8 ,quelle signification avait cette pice ridicule des hauts de *ausses ou culotte de nos pres1 qui se voit encore dans ceux que port5t nos ,suisses8 ,dans quel b1 l'heure actuelle1 faisons-n\s que1 s\s ce vtem5t1 nos p>ties gnitales se dess95t d'une faon si app>5te et1 ce qui e/ pire1 accroissant s\v5t p> artifice et impo/ure leur dim5sion naturelle8 ,je suis port croire que cette disposition a t inv5te dans des sicles meilleurs o rgnait plus de bonne foi qu'auj\rd'hui1 p\r ne tromp] p]sonne et que *acun app>t en public tel qu'il tait1 comme il arrive encore *ez les peuples de murs plus simples1 qui port5t des vtem5ts accusant dans leur ralit les =mes des p>ties qu'elles rec\vr5t1 ce qui p]mettait d'apprci] l'ouvri] p> ce dont il semblait capable1 comme s\s d'autres rapports n\s le jugeons d'aprs les proportions de son bras ou de son pi$4--,ce bonhomme qui1 au temps de ma jeunesse1 fit1 dans sa capitale1 *tr] tant de belles et antiques /atues1 p\r qu'elles ne bless5t pas la vue1 appliquant cette maxime de cet autre non mo9s pudibond de l'antiquit3 ,c'e/ une cause de drglem5ts1 que d'tal] en public des nudits 7,ennius71 et d s'avis] aussi que1 comme dans la clbration des my/res de la bonne desse d'o t\t ce qui rappelait le sexe mascul9 tait banni1 cela ne l'avanait en ri51 s'il ne faisait encore *tr] les *evaux1 les nes1 t\te la nature enf93 ,sur la t]re1 les hommes1 les btes fauves1 les animaux dome/iques2 dans l'eau1 les poissons2 dans l'air1 les oiseaux aux mille c\leurs1 t\t brle1 t\t pr\ve les fureurs de l'am\r 7,virgile74 ,les dieux1 dit ,platon1 n\s ont p\rvus d'un membre qui ne connat pas l'obissance et qui n\s tyrannise2 qui1 comme un animal furieux1 prt5d1 dans la viol5ce de ses apptits1 t\t s\mettre lui2 les femmes ont p>eillem5t le leur qui1 la faon d'un animal gl\ton et avide1 dlire qu& on lui refuse des alim5ts alors que le mom5t de lui en donn] e/ v5u1 et ne s\ffre pas qu'on le fasse att5dre2 il fait pass] en leur corps la rage qui l'anime1 il en tr\ble le fonctionnem5t1 arrte la respiration1 e/ cause de mille maux de t\tes sortes1 jusqu' ce qu'ayant aspir le fruit de la soif commune qui dvore et l'homme et la femme1 il en ait l>gem5t arros et ensem5c le fond de la matrice4 ,mieux vaudrait r5seign] de bonne heure la femme sur les *oses de l'am\r que de laiss] son imag9ation travaill]2 en somme1 dans t\tes les rgles qu'il a dictes ce sujet1 l'homme n'a que lui-mme en vue4--,ce mme lgislateur1 qui ordonna cet acte de v&alisme1 et bi5 d s'avis] aussi que ce s]ait peut-tre une mesure plus *a/e et d'un rsultat plus c]ta91 de r5seign] de bonne heure les femmes sur ce qui en e/1 plutt que de laiss] leur esprit livr lui-mme et1 plus ou mo9s *auff1 *]*] dev9]2 le dsir1 l'esprance leur font sub/itu] la ralit des conceptions trois fois plus extravagantes2 j'ai connu quelqu'un qui s'e/ p]du1 p\r avoir fait en lui la dc\v]te de ce don de la nature en un lieu o il ne conv5ait pas d'en us] dans t\te la mesure o1 en vue du rle auquel il e/ de/91 n\s en avons la possibilit4--,que de mal font ces images mon/rueuses que les enfants en trac5t sur les murs et les portes des difices publics6 cela induit la femme un cruel mpris notre g>d qu& elle con/ate la disproportion avec ce dont la nature n\s a gratifis4 ,sait-on si ,platon n'a pas t guid p> cette considration qu&1 l'in/> d'autres rpubliques dont les in/itutions sont des modles1 il ordonnait que1 dans les gymnases o se pratiquai5t les ex]cices physiques1 hommes et femmes1 quel que ft l'ge1 se prs5tass5t nus aux yeux les uns des autres4--,les ,indi5nes qui1 cont9uellem5t1 voi5t les hommes a9si1 se tr\v5t1 de ce fait1 avoir au mo9s un de leurs s5s1 celui de la vue1 qui *appe t\te exagration4 ,dans ce gr& royaume de ,pgu1 elles n'ont elles-mmes1 p\r se c\vrir1 p>tir de la ce9ture1 qu'une b&e d't(fe f5due sur le devant et tellem5t troite que1 quels que soi5t les ef=ts qu'elles peuv5t faire p\r sauveg>d] la dc5ce1 *aque pas elles sont compltem5t dc\v]t4 ,bi5 qu'on dise que c'e/ l un usage ayant p\r b d'attir] les hommes elles et de di/+u] les sexes *ez ce peuple1 o *acun e/ libre de s'ab&onn] ses in/9cts1 il se p\rrait que cette c\tume ab\tt un effet contraire ce que l'on en att5d2 la faim demeure entire e/ plus pnible support] que si elle a dj t en p>tie satisfaite1 comme cela arrive dans le cas actuel1 au mo9s p> les yeux2 c'e/ ce qui faisait dire ,livie que1 p\r une honnte femme1 un homme nu n'e/ pas plus qu'une image4--,les ,lacdmoni5nes1 qui1 femmes1 tai5t plus vi]ges d'imag9ation que ne sont nos filles1 voyai5t t\s les j\rs les jeunes g5s de leur ville dp\rvus de t\t vtem5t1 qu& ils se livrai5t leurs ex]cices2 elles-mmes ne pr5ai5t gure so91 qu& elles m>*ai5t1 que leurs cuisses demeurass5t c\v]tes1 e/imant1 comme fait ,platon1 que leur v]tu les protgeait assez1 sans qu'il ft encore beso9 de jupes b\ffantes4 ,p> contre ceux-l1 dont p>le sa9t ,augu/91 ont attribu un p\voir prodigieux la t5tation que fait natre la nudit1 qui mett5t en d\te si1 au jugem5t univ]sel1 les femmes cons]v]ont leur sexe la rsurrection ou pr5dront le ntre1 p\r ne pas n\s induire encore en t5tation qu& n\s j\irons de la batitude t]nelle4--,en rsum1 on les provoque et on les surexcite p> t\s les moy5s2 sans cesse n\s *auffons et n\s excitons leur imag9ation1 puis n\s en faisons repro*e leur v5tre4 ,confessons donc la vrit3 il n'en e/ gure p>mi n\s qui ne r$\te plus la honte qui peut lui adv5ir p> les fautes de sa femme que p> les si5nes2 qui ne se proccupe plus 7 m]veilleuse *>it67 de la consci5ce de son p\se qu'il veut irrpro*able1 que de la si5ne2 qui ne prfr]ait tre lui-mme un voleur et un sacrilge et que sa femme ft meurtrire et hrtique1 que de ne pas la voir plus *a/e que son m>i2 quelle inique apprciation du vice6 ,n\s et elles sommes capables de mille corruptions1 qui caus5t plus de dommages et sont plus contraires aux lois naturelles que n'e/ la luxure1 mais n\s e/imons qu'une *ose con/itue un vice1 et un vice plus ou mo9s grave1 non d'aprs sa nature1 mais selon notre intrt2 et c'e/ l la raison p\r laquelle il y a tant d'9galit dans nos apprciations sur son degr de gravit4 ,il e/ bi5 difficile1 dans l'tat actuel de nos murs1 qu'une femme soit t\j\rs *a/e et fidle4--,la rigueur que n\s avons dicte contre la femme qui succombe ces t5tations1 leur en fait un crime beauc\p plus gr& que cela ne vaut et a p\r elles des consqu5ces hors de proportion avec la *ose elle-mme2 mieux leur vaudrait all] au palais plaid] p\r faire =tune1 ou la gu]re conqurir un gr& nom1 plutt que d'avoir *>ge1 au milieu de l'oisivet et des satisfactions de t\s g5res1 de faire une df5se si difficile4 ,ne voi5t-elles pas qu'il n'y a ni m>*&1 ni procureur1 ni soldat qui ne quitt5t leurs occupations pr(essionnelles p\r se livr] cette autre gu]re dirige contre elles1 et qu'il en e/ de mme du mo9dre cro*eteur1 du plus misrable saveti]1 si h>cels et puiss qu'ils soi5t p> le travail et la faim8 ,t\s les trsors d',a*mns1 t\tes les ri*esses de l',arabie et de la ,phrygie1 p\rrai5t-ils pay] un seul des *eveux de ,licymnie dans ces d\x mom5ts o1 t\rnant la tte1 elle apporte sa b\*e tes bais]s1 ou que1 p> un d\x caprice1 elle refuse ce qu'elle veut se laiss] ravir1 sauf te prv5ir bi5tt elle-mme 7,horace78 ,je ne sais si les exploits de ,cs> et d',alex&re surpass5t en difficult la rsolution d'une femme jeune et belle1 leve notre faon1 dans la frqu5tation d'un monde o elle brille1 ayant contre elle tant d'exemples contraires et se ma9t5ant dans t\te sa puret1 au milieu de mille p\rsuites cont9ues et pressantes4 ,ri5 de ce qu'elle p\rrait faire n'e/ aussi p9eux et n'exige qu'elle se dmne davantage que ce qu'elle ne fait pas4 ,je tr\ve plus ais de port] t\te la vie une cuirasse qu'un pucelage2 et c'e/ p>ce qu'il e/ le plus pnible de t\s1 que le vu de virg9it e/ le plus noble3 ,la puissance de ,satan a son sige dans les rognons1 dit ,s4 ,jrme4 ,elles n'en ont que plus de mrite lorsqu'elles p>vi5n5t demeur] sages1 mais ce n'e/ pas en se montrant prudes et rev*es qu'elles f]ont croire davantage leur v]tu2 l'indiscrtion des hommes e/ un gr& t\rm5t p\r elles4--,c]tes le plus ardu des devoirs imposs l'humanit1 celui qui ncessite le plus d'ef=ts1 n\s l'avons abdiqu entre les ma9s des dames et leur en ab&onnons la gloire4 ,c'e/ l un /imulant suffisamm5t puissant p\r qu'elles s'op9itr5t l'obs]v]1 et un t]ra9 m9emm5t favorable p\r n\s dfi] et f\l] aux pi$s cette illusoire supriorit de valeur et de v]tu que n\s prt5dons avoir sur elles2 p\r peu qu'elles veill5t ne pas s'en dp>tir1 elles y gagn5t non seulem5t une plus gr&e e/ime1 mais encore qu'on les aime davantage4 ,un galant homme ne discont9ue pas ses p\rsuites p>ce qu'il a pr\v un refus1 si ce refus e/ motiv p> la *a/et et non p>ce qu'il ne plat pas2 n\s avons beau jur]1 m5ac] et n\s pla9dre1 n\s ne les en aimons que mieux1 et m5tons qu& n\s affirmons le contraire2 il n'e/ ri5 qui n\s attire davantage qu'une femme qui se ma9ti5t sage sans cess] d'tre d\ce et bi5veillante4 ,il e/ l*e et /upide de p]si/] p\rsuivre de ses assiduits une femme qui v\s tmoigne de la ha9e et du mpris2 mais vis--vis de celle qui ne v\s objecte qu'une rsolution dicte de p>ti pris p> la v]tu et laquelle se mle de sa "p de la gratitude1 ne pas rompre t\te relation e/ le fait d'une me noble et gnreuse4 ,il e/ possible la femme de n\s tre1 dans une c]ta9e mesure1 reconnaissante de nos att5tions et de n\s m>qu]1 sans manqu] aux rgles de l'honntet1 qu'elle ne n\s ddaigne pas2 cette loi qu'on leur fait de n\s avoir en horreur p>ce que n\s les adorons1 de n\s har p>ce que n\s les aimons1 e/ cruelle1 ne s]ait-ce que p> sa difficult d'application4 ,p\rquoi n'c\t]ai5t-elles pas nos (fres et nos dem&es1 si elles ne transgress5t pas ce dont la mode/ie leur fait un devoir8 e/-ce p>ce qu'on suppose qu'en elles rsonne quelque s5s que ces propos peuv5t m\/ill]8 ,une re9e1 de nos j\rs1 disait avec beauc\p d'esprit que refus] de prt] l'oreille ces avances1 e/ un tmoignage de faiblesse1 c'e/ dnonc] sa prop5sion cd]1 et qu'une dame qui n'a pas t expose la t5tation1 ne peut se vant] de la *a/et qu'elle a g>de4--,l'honneur n'e/ pas r5f]m dans de si troites limites2 il peut se dt5dre1 se donn] quelque lib]t sans se r5dre c\pable2 au del de son doma9e1 il e/ une zone neutre o l'on e/ libre1 o ce qui se passe e/ sans consqu5ce2 qui a pu le *ass] et l'accul] aux conf9s extrmes p\r arriv] va9cre sa rsi/ance f9ale1 e/ bi5 difficile1 s'il n'e/ satisfait d'une semblable =tune2 l'importance du succs se mesure la difficult surmonte4 ,v\lez-v\s savoir l'impression que v\s faites sur le cur d'une femme p> vos hommages et vos mrites8 jugez-en d'aprs son c>actre4 ,telle donne plus1 qui ne donne pas autant2 une faveur vaut uniquem5t p> le prix qu'y atta*e celle qui l'octroie2 les autres circon/ances qui l'accompagn5t ne sont que des accid5ts =tuits qui n'y aj\t5t ri51 et sont comme si elles n'exi/ai5t pas2 le peu que celle-l concde1 peut lui cot] plus donn]1 qu' sa compagne de se livr] t\t entire4 ,si en quelque *ose la r>et aj\te au prix d'un objet1 c'e/ bi5 ici2 ne reg>dez pas combi5 peu v\s obt5ez1 mais combi5 peu l'ont obt5u2 la valeur d'une pice de monnaie dp5d du lieu o elle a t frappe et de la m>que qu'elle porte4--,quelque *ose que le dpit et l'indiscrtion de quelques-uns les amn5t dire dans l'excs de leur mcont5tem5t1 t\j\rs la v]tu et la vrit f9iss5t p> repr5dre le dessus4 ,j'ai vu des femmes dont la rputation tait demeure longtemps inju/em5t compromise1 regagn] l'approbation de t\s en p]svrant t\t simplem5t dans leur ligne de conduite1 sans qu'elles se soi5t proccupes de ce qui p\vait se dire1 ni rec\rir aucun artifice2 *acun en v9t se rep5tir et confess] son erreur4 ,alors qu'elles n'tai5t pas m>ies1 on les avait un peu en suspicion2 dev5ues dames1 elles ti5n5t auj\rd'hui le premi] rang p>mi celles que l'on e/ime4--,quelqu'un disait ,platon3 ,t\t le monde p>le mal de v\s4--,laissez dire1 rpondit-il1 je vivrai de faon qu'il faudra bi5 que l'on *ange de langage4--,outre que la cra9te de ,dieu et la valeur d'une gloire qui s'acqui]t si r>em5t doiv5t les incit] ne pas succomb]1 la corruption de ce sicle leur en fait une obligation2 et si j'tais leur place1 il n'y a ri5 que je ne fisse plutt que de livr] ma rputation la m]ci de g5s si dang]eux4 ,de mon temps1 le plaisir de cont] ses bonnes =tunes 7plaisir qui ne doit gure le cd] en d\ceur la *ose elle-mme7 n'tait p]mis qu' ceux qui avai5t un ami unique et fidle1 qu'ils pr5ai5t p\r confid5t2 prs5t1 dans les runions et table1 on passe le temps se vant] des faveurs obt5ues et l'on rvle les plus intimes secrets de l'alcve4 ,c'e/ vraim5t trop d'abjection et de bassesse de cur1 que de rvl] a9si ouv]tem5t et donn] en pture aux comm5taires et la malignit de t\s1 ces pan*em5ts intimes si t5dres1 si dlicats2 c'e/ le fait de p]sonnes +rates1 indiscrtes et volages4 ,la jal\sie e/ une passion inique2 le prjug qui n\s fait reg>d] comme une honte l'infidlit de la femme1 n'e/ pas plus raisonnable4--,notre exaspration inique et immodre contre les faiblesses de la femme1 vi5t de cette maladie qu'e/ la jal\sie1 la plus malsa9e d'entre celles qui afflig5t l'me huma9e en laquelle elle s\lve les plus viol5ts orages4 ,qu'e/-ce qui emp*e de pr5dre de la lumire la lumire8 celle-ci s'en tr\ve-t-elle dim9ue 7,ovide78 ,la jal\sie et l'envie sa sur me p>aiss5t les plus ineptes de t\tes nos infirmits morales4 ,de cette d]nire1 qui passe p\r tre une passion si t5ace et si puissante1 je ne puis gure p>l] ne l'ayant1 ,dieu m]ci1 jamais ress5tie2 quant la jal\sie1 je la connais au mo9s de vue4 ,les btes l'pr\v5t3 ,une de ses *vres tant tombe am\reuse du b]g] ,cratis1 son b\c1 p> jal\sie1 v9t1 p5dant qu'il dormait1 *oqu] sa tte contre la si5ne et la lui crasa4--,n\s avons1 l'exemple de c]ta9es nations b>b>es1 exagr cette fivre2 comme de ju/e1 les mes les mieux discipl9es n'y *app5t naturellem5t pas1 mais sans en p]dre la raison3 ,jamais un homme adultre1 p]c de l'pe d'un m>i1 n'a r\gi de son sang les eaux du ,/yx 7,jean ,second74 ,lucullus1 ,cs>1 ,pompe1 ,anto9e1 ,caton et autres de brav\re inconte/able1 fur5t des m>is tromps et le sur5t1 sans en faire autrem5t de tapage2 il n'y eut1 cette poque1 qu'un ,lpide qui fut assez sot p\r s'en t\rm5t] au po9t d'en m\rir3 ,malheureux6 si ton mauvais de/9 veut que tu sois pris sur le fait1 tu s]as tran p> les pi$s hors du logis1 et p> les voies qui leur s]ont mnages1 raves et surmulets s'introduiront en toi 7,catulle76--,qu& ,vulca91 au dire du pote1 surprit sa femme avec un autre dieu1 il se cont5ta de les livr] t\s deux la rise de t\s les autres dieux1 ce qui fit dire l'un d'eux des mo9s au/res1 qu'il cons5tirait bi51 lui aussi1 subir une telle honte 7,ovide74 ,vulca9 ne se drobe pas1 p\r cela1 aux 99 d\ces c>esses que lui (fre l'infidle et1 t\t en se r*auffant sur son se91 lui repro*e la dfiance dont1 en raison de cette v5geance m>itale1 semble empre9te son affection3 ,a quoi bon tant de dt\rs8 p\rquoi1 desse1 ne pas v\s fi] votre p\x 7,virgile78 ,quant elle1 elle lui adresse une requte p\r ,ene1 un de ses bt>ds3 ,c'e/ une mre qui v\s dem&e des armes p\r son fils 7,virgile72 ce qu'il lui accorde gnreusem5t1 s'exprimant en outre de la faon la plus honorable sur ce rejeton3 ,il s'agit de faire des armes p\r un hros 7,virgile74 ,c'e/ l1 la vrit1 une abngation qui dpasse ce dont l'homme e/ capable1 et je convi5s qu'un tel excs de mansutude demeure l'apanage des dieux2 on ne saurait1 en effet1 tablir de comp>aison entre les hommes et eux 7,catulle74 ,*ez la femme1 la jal\sie e/ encore plus t]rible que *ez l'homme2 elle p]v]tit t\t ce qu'il y a en elle de beau et la r5d susceptible des plus gr&s mfaits4--,p\r ce qui e/ de la confusion qui en rsulte entre les enfants1 fruits de ces unions tant lgitimes qu'illgitimes1 outre que les plus graves lgislateurs ordonn5t de n'en pas t5ir compte et ont fait prvaloir cette manire de faire dans t\tes les con/itutions qu'ils ont donnes1 cela ne t\*e pas les femmes qui1 elles1 n'ont pas d'hsitation sur ceux qui leur app>ti5n5t2 plus que n\s cep5dant1 et je ne sais comm5t cela se fait1 elles sont en proie cette passion3 ,s\v5t la jal\sie de ,junon ne tr\va que trop s'ex]c] dans les infidlits quotidi5nes de son p\x 7,catulle74--,lorsque la jal\sie s'emp>e de ces pauvres mes faibles et incapables de rsi/ance1 c'e/ piti avec quelle cruaut elle les tiraille et les tyrannise2 elle s'introduit en elles s\s c\leur d'amiti2 mais1 une fois dans la place1 les mmes causes qui1 aup>avant1 faisai5t clore leur bi5veillance1 devi5n5t des sujets de ha9e mortelle4 ,elle e/1 d'entre les maladies de l'esprit1 celle laquelle t\t f\rnit le plus d'alim5ts et qui comporte le mo9s de remde3 la sant1 la v]tu1 le mrite1 la rputation du m>i sont autant de prtextes qui surexcit5t leur dpit et leur rage3 ,il n'y a pas de ha9es plus implacables que celles de l'am\r 7,prop]ce74 ,cette fivre enlaidit et corrompt t\t ce que1 s\s d'autres rapports1 il y a de beau et de bon en elles4 ,t\t ce que fait une femme jal\se1 si *a/e1 si bonne mnagre soit-elle1 a quelque *ose d'aigre et d'importun2 elle e/ possde d'une agitation enrage qui indispose contre elle1 produisant un effet t\t contraire ce qu'elle en att5d4 ,ce fut bi5 le cas1 ,rome1 d'un c]ta9 ,octavius3 il avait c\* avec ,pontia ,po/humia2 son affection p\r elle s'accrut p> la j\issance qu'il en avait eue4 ,il lui adressa in/ances sur in/ances p\r qu'elle cons5tit l'p\s]2 ne p\vant l'y dcid]1 l'am\r extrme qu'elle lui inspirait1 le porta agir comme s'il et t son plus cruel et mortel ennemi1 il la tua4--,les symptmes ord9aires de cette maladie inhr5te l'am\r1 sont de mme ordre2 ce sont des ha9es inte/9es1 de s\rdes m5es1 des complots incessants3 on sait jusqu'o peut all] la fureur d'une femme 7,virgile72 c'e/ une rage qui se ronge elle-mme1 d'autant plus que1 p\r excus] ses mfaits1 elle e/ oblige de se c\vrir d'int5tions bi5veillantes l'g>d de celui qu'elle p\rsuit4 ,la *a/et e/-elle *ez la femme une "q de volont8 ,p\r russir auprs d'elles t\t dp5d des occasions1 et il faut savoir os]2 du re/e1 ce que n\s ent5dons leur int]dire e/ assez mal df9i4--,la *a/et e/ un devoir susceptible d'une gr&e ext5sion4 ,e/-ce p> exemple la volont de la femme que1 p> elle1 n\s *]*ons matris]8 ,si c'e/ sa volont3 sa s\plesse1 sa s\da9et font qu'elle e/ beauc\p trop prompte excut] ce qu'elle conoit1 p\r que la *a/et ait possibilit de l'arrt]4 ,un songe suffit p\r l'engag] au po9t qu'elle ne peut se ddire4 ,il n'e/ pas en son p\voir de se df5dre p> elle-mme contre les concupisc5ces et les dsirs1 mme avec l'aide de la *a/et qui1 elle aussi du sexe fm991 e/ de ce fait en butte aux mmes assauts4 ,si1 seule1 sa volont n\s importe1 o cela n\s conduit-il8 ,supposez quelqu'un de n\s1 sans yeux ni langue1 ayant le don de se tr\v] po9t nomm1 ne voyant pas1 ne p>lant pas1 dans la c\*e de t\te femme dispose lui faire bon accueil2 avec quel empressem5t elles le re*]*]ai5t6 ,les femmes scy!s ne crevai5t-elles pas les yeux leurs esclaves et leurs prisonni]s de gu]re1 p\r p\voir en us] plus librem5t et sans tre reconnues4--,oh6 quel imm5se avantage que de savoir pr(it] de l'occasion4 ,a qui me dem&]ait ce qui importe le plus en am\r1 je rpondrais que c'e/ t\t d'abord de savoir saisir le mom5t opportun2 en second lieu cela encore1 et1 en troisime lieu t\j\rs cela4 ,c'e/ de l que t\t dp5d4--,il m'e/ arriv s\v5t de manqu] une bonne =tune2 p>fois1 p\r n'avoir pas t assez entrepr5ant2 que ,dieu g>de de t\t mal quiconque1 cet g>d1 en e/ encore se moqu] de moi6 ,en ce sicle1 il faut plus de tmrit que je n'en ai1 tmrit dont les jeunes g5s s'excus5t en la mettant sur le compte de la *aleur qui les transporte1 mais que1 si elles y reg>dai5t de prs1 les femmes reconnatrai5t prov5ir plutt du mpris qu'on a p\r leur v]tu4 ,c'tait une sup]/ition *ez moi que de cra9dre de les (f5s]1 c> je suis port respect] ce que j'aime2 de plus1 indp5damm5t de ce qu'en p>eille circon/ance un manque de respect dprcie la faveur qui n\s e/ faite1 j'aime qu'on s'y comporte un peu comme un enfant1 qu'on se montre timide et qu'on soit aux petits so9s4--,j'ai d'ailleurs1 s9on t\te1 du mo9s quelque peu de cette honte qui e/ sottise dont p>le ,plut>que1 et j'ai eu en ptir et le regrett] s\s ma9ts rapports dans le c\rs de ma vie2 c'e/ l un dfaut qui s'accorde assez mal avec ma nature en gnral1 mais ne sommes-n\s pas un compos de s5tim5ts et d'ides en p]ptuelle contradiction8 ,j'ai de la pe9e qu& j'pr\ve un refus1 comme aussi lorsque c'e/ moi qui refuse2 il m'en cote tant de caus] de la contr>it autrui1 que dans les occasions o c'e/ un devoir p\r moi d'essay] de dcid] quelqu'un une *ose qui lui e/ pnible et o l'hsitation e/ p]mise1 je n'insi/e que faiblem5t et contre-cur4 ,dans les affaires de ce g5re o je suis directem5t intress1 bi5 qu',homre dise avec raison que *ez un indig5t la honte e/ une sotte v]tu1 je *>ge d'ord9aire un ti]s de subir ce dsagrm5t ma place1 de mme que je dcl9e t\te mission de ce g5re qu& on veut m'y employ]2 c> ma timidit e/ telle sur ce po9t qu'il m'e/ arriv p>fois d'avoir la volont de refus] et de n'en avoir pas la =ce4 ,donc c'e/ folie d'entrepr5dre de combattre *ez les femmes un dsir si cuisant et si naturel4 ,aussi lorsque je les ent5ds se vant] que1 de p> leur volont1 leur imag9ation e/ demeure vi]ge et ins5sible1 je me moque d'elles1 elles recul5t p> trop4 ,si c'e/ une vieille dcrpite1 n'ayant plus de d5ts1 ou une jeune qui soit tique et s'en aille de la poitr9e qui ti5t ce langage1 elles peuv5t avoir l'app>5ce de dire vrai sans t\tefois tre compltem5t croire2 mais dans la b\*e de celles qui se meuv5t et respir5t encore1 c'e/ v\loir trop pr\v]1 elles n'en r5d5t leur v]tu que plus suspecte4 ,les excuses inconsidres qu'elles mett5t en avant tmoign5t contre elles1 comme il arriva un g5tilhomme de mes vois9s qu'on s\ponnait d'impuissance1 ins5sible aux plus lascives c>esses1 jamais il n'avait donn le mo9dre signe de vigueur 7,catulle74 ,trois ou quatre j\rs aprs ses noces1 ce g5tilhomme1 p\r faire croire aux moy5s qui lui manquai5t1 jurait sans s\rcill] que v+t fois dans la nuit prcd5te il avait appro* sa femme1 propos dont on usa depuis p\r le conva9cre que jamais il ne l'avait connue et cass] son m>iage4 ,une p>eille ass]tion ne signifie ri51 puisqu'il ne saurait y avoir ni cont95ce ni v]tu1 qu'autant qu'on a rsi/ la t5tation qui p\sse y manqu]2 la seule *ose qu'elles soi5t fondes dire1 c'e/ qu'elles ne sont pas disposes se r5dre2 les sa9ts eux-mmes s'exprim5t de la sorte4 ,je p>le ici1 bi5 ent5du1 des femmes qui1 sa*ant bi5 ce qu'elles dis5t1 se vant5t de leur froideur et de leur ins5sibilit1 et veul5t qu'on pr5ne leurs affirmations au srieux2 c> je n'y tr\ve pas r$ire qu& cela vi5t de celles dont1 en p>lant a9si1 le visage m9aude et les yeux dm5t5t les p>oles et qui ne font qu'us] d'une =me de langage qui leur e/ propre1 o t\t se qui se dit e/ pr5dre contre-pi$4 ,je suis =t pris de la navet et de la lib]t2 mais il n'y a pas de milieu1 et il faut que ces qualits cons]v5t leur simplicit enfant9e1 s9on ce n'e/ plus qu'ineptie =t dplace en p>eil cas *ez des dames et qui t\rne immdiatem5t l'impud5ce4 ,ces =mes dguises qu'elles emploi5t1 aussi bi5 que leurs m9es1 ne tromp5t que les sots2 le m5songe y occupe une place d'honneur1 et1 bi5 qu'avec elles on n'avance que p> voie dt\rne1 on n'en arrive pas mo9s la vrit p> une fausse porte4--,puisque n\s ne p\vons cont5ir l'imag9ation de la femme1 que v\lons-n\s donc d'elle8 ,e/-ce d'en combattre les effets8 ,mais combi5 sont ignors1 qui n'en port5t pas mo9s atte9te la *a/et3 ,s\v5t la femme fait ce qui peut se faire sans tmo9 7,m>tial72 ce que n\s craignons le mo9s e/ p>fois ce qui e/ le plus r$\t]2 et1 d'entre leurs p*s1 ceux que ri5 ne trahit sont encore les pires3 ,je hais mo9s une femme vicieuse lorsqu'elle ne dissimule pas ses vices 7,m>tial74 ,il e/ des actes qui peuv5t les dflor]1 sans qu'il y ait impudicit de leur "p1 et qui plus e/1 sans qu'elles s'en d\t5t3 ,il e/ telle sage-femme qui1 en inspectant de la ma9 si une jeune fille e/ vi]ge1 lui en fait p]dre le c>actre1 soit sciemm5t1 soit inconsciemm5t1 soit p> accid5t 7,s4 ,augu/972 cela e/ arriv des jeunes filles *]*ant se r5dre compte1 d'autres en se j\ant4 ,n\s ne saurions circonscrire avec prcision ce que n\s leur df5dons1 n\s ne p\vons =mul] nos exig5ces que d'une faon vague et gnrale2 p>fois mme1 l'ide que n\s n\s faisons de leur *a/et e/ ridicule4 ,p>mi les exemples les plus s+uli]s que j'en puis donn]1 je cit]ai celui de ,fatua femme de ,faunus1 qui1 aprs ses noces1 ne laissa plus ap]cevoir ses traits p> aucun homme1 et celui de la femme de ,hiron qui ne s'ap]cevait pas que son m>i exhalait p> le nez une odeur dsagrable1 s'imag9ant que c'tait l une p>ticul>it commune t\s les hommes4 ,p\r que n\s ayons satisfaction1 il faudrait qu'elles dev9ss5t ins5sibles et invisibles4 ,c'e/ d'aprs l'int5tion qu'il faut jug] si la femme manque ou non ses devoirs2 son infidlit ne peut t\j\rs lui tre repro*e2 et puis1 quel pr(it retirons-n\s de pr5dre trop de s\ci de la sagesse de nos femmes8--,reconnaissons donc que c'e/ pr9cipalem5t d'aprs l'int5tion qu'il faut jug] s'il y a1 ou non1 manquem5t ce devoir4 ,il y a des m>is qui ont pr\v ce g5re d'in=tune1 non seulem5t sans le repro*] leur femme1 sans y voir d'(f5se de leur "p1 mais en leur en ayant une gr&e obligation1 tr\vant mme1 dans leur conduite1 une confirmation de leur v]tu3 telle qui prfrait l'honneur la vie1 s'e/ pro/itue et livre aux embrassem5ts =c5s d'un ennemi mortel p\r obt5ir la vie de son m>i1 faisant p\r lui ce qu'elle n'et jamais fait p\r elle-mme4 ,ce n'e/ pas ici le mom5t d'en cit] des exemples2 ils sont d'une nature trop leve et trop ri*e p\r pr5dre place dans ce cadre1 rs]vons-les p\r les produire en plus noble exposition4 ,mais1 p>mi ceux inspirs p> des considrations plus vulgaires1 ne voyons-n\s pas t\s les j\rs1 aut\r de n\s1 des femmes qui se prt5t p\r simplem5t tre utiles leurs m>is1 p>fois sur leur ordre exprs et p> leur entremise8 ,dans l'antiquit ,phaulius d',argos (frit la si5ne p> ambition au roi ,philippe2 et1 p> civilit1 un c]ta9 ,galba1 qui avait donn s\p] ,mcne et voyait sa femme et son hte comm5c] se faire les yeux d\x et *ang] des signes d'intellig5ce1 se laissa all] sur son c\ss91 feignant d'tre accabl de sommeil1 p\r se prt] leurs am\rs2 ce qu'il av\a du re/e d'assez bonne grce1 c> un valet ayant t assez os p\r1 ce mom5t1 faire ma9 basse sur les vases qui tai5t sur la table1 il lui cria sans ambages3 ,comm5t1 coqu96 tu ne vois donc pas que ce n'e/ que p\r ,mcne1 que je suis endormi8--,il y a des femmes de murs lgres1 dont la volont e/ mo9s contam9e que *ez d'autres qui ont une conduite d'app>5ce plus rgulire4 ,il y en a qui se plaign5t d'avoir t v\es la *a/et avant d'avoir atte9t l'ge o elles ont eu leur ple9e connaissance2 de mme j'en ai vu se pla9dre1 en t\te s9crit1 d'avoir t livres la dbau*e avant cet ge3 peut-tre tait-ce p> la faute de p>5ts vicieux1 peut-tre p> la misre qui e/ un rude conseill]4 ,aux ,indes ori5tales1 o la *a/et e/ p>ticulirem5t en honneur1 il tait admis p> l'usage qu'une femme m>ie p\vait s'ab&onn] qui lui faisait prs5t d'un lphant2 la gloire d'tre e/ime un si haut prix1 l'excusait4 ,le philosophe ,phdon1 qui tait de bonne famille1 fit mti]1 p\r vivre1 aprs la conqute de l',elide son pays1 de se pro/itu] contre arg5t comptant1 qui v\lut de lui1 et cela dura aussi longtemps que sa beaut le lui p]mit4 ,solon fut1 dit-on1 le premi] qui1 en ,grce1 concda aux femmes1 p> ses lois1 la lib]t de p\rvoir p> la pro/itution aux beso9s de l'exi/5ce1 c\tume qui1 dit ,hrodote1 avait t introduite avant lui dans les in/itutions de plusieurs peuples4--,f9alem5t1 quel fruit n\s rapporte ce s\ci qui n\s e/ si pnible8 si fonde que soit notre jal\sie1 encore faudrait-il voir si cette passion n\s torture utilem5t8 ,eh bi51 e/-il quelqu'un qui p5se avoir un moy5 efficace de matris] la femme8 ,mettez-la s\s clef1 donnez-lui des g>di5s2 mais qui les g>d]a eux-mmes8 ,elle e/ ruse1 c'e/ p> eux qu'elle comm5c]a 7,juvnal72 la mo9dre facilit1 en ce sicle si raff91 lui suffit p\r *app]4 ,il vaut mieux ignor] que connatre leur mauvaise conduite2 un honnte homme n'e/ pas mo9s e/im p>ce que sa femme le trompe2 c'e/ un mal qu'il faut g>d] secret4 ,mais c'e/ l un conseil qu'une femme jal\se ne saurait admettre1 tant cette passion1 qui l'amne r5dre la vie intolrable son m>i1 la dom9e une fois qu'elle s'e/ emp>e d'elle4--,la curiosit e/ t\j\rs un dfaut1 mais ici1 elle e/ p]nicieuse3 c'e/ folie de v\loir s'clair] sur un mal qui ne comporte pas de traitem5t qui ne l'accroisse et ne l'aggrave1 dont la honte s'augm5te et acqui]t de la publicit surt\t p> la jal\sie1 dont la v5geance qu'on en tire blesse plus nos enfants qu'elle ne n\s gurit4 ,v\s v\s dess*ez1 v\s m\rrez la pe9e1 en v\lant lucid] une "q aussi malaise vrifi]4 ,combi5 piteusem5t y sont arrivs ceux qui1 de mon temps1 en sont v5us b\t6 ,si celui qui v\s dnonce l'infidlit de votre femme ne v\s apporte en mme temps le remde qui v\s tire d'emb>ras1 l'avis qu'il v\s donne con/itue une injure qui mrite plus un c\p de poign>d que s'il v\s donnait un dm5ti4 ,on ne se moque pas mo9s de celui qui se met en pe9e de se v5g]1 que de celui qui ignore2 la ta*e d'un m>i tromp e/ indlbile1 celui qui une fois l'a t l'e/ p\r t\j\rs2 le *tim5t affirme son in=tune plus encore que ne le fait la faute elle-mme4 ,il e/ trange de voir arra*] de l'ombre et du d\te nos malheurs privs et1 en leur donnant des consqu5ces tragiques1 les publi] en quelque sorte son de trompe2 d'autant que ce sont des malheurs que n\s ne ress5tons que p> la connaissance que n\s en avons1 c> ,bonne femme et ,bon mnage se dis5t non de qui l'e/1 mais de qui l'on se tait4 ,il y a plus d'esprit vit] cette ennuyeuse et inutile connaissance2 aussi les ,roma9s avai5t-ils c\tume1 lorsqu'ils rev5ai5t de voyage1 de se faire prcd] *ez eux de quelqu'un *>g d'annonc] leur arrive leurs femmes1 af9 de ne pas les surpr5dre4 ,c'e/ aussi p\r cela que *ez c]ta9e nation1 avait t tabli l'usage que le prtre c\*t le premi] avec la m>ie1 le j\r des noces1 p\r t] au m>i le d\te et la curiosit de *]*] savoir1 ds ses premi]s rapports avec elle1 si elle lui v5ait vi]ge1 ou dflore p> un autre qui l'aurait possde avant lui4 ,mais1 dira-t-on1 il y a les propos du monde4 ,je sais c5t honntes g5s qui sont des m>is tromps1 sans qu'on en p>le1 ni que cela ait fait escl&re4 ,on pla9t un galant homme auquel cela arrive1 mais l'e/ime qu'on a p\r lui n'en e/ pas altre4 ,faites donc qu'en raison de votre v]tu votre in=tune passe inap]ue1 que les g5s de bi5 v\s g>d5t leur sympa?ie1 et qu' celui qui v\s a outrag la p5se en soit odieuse4 ,et puis1 qui1 depuis le plus petit jusqu'au plus gr&1 jusqu'au gnral qui a comm& tant de lgions et qui1 en t\t1 e/ suprieur un misrable comme toi 7,lucrce71 ne prte-t-on pas p>eille msav5ture8 ,c'e/ une imputation qu'en ta prs5ce tu vois adress] tant de p]sonnes honorables1 que tu peux bi5 p5s] que tu ne dois pas tre p>gn qu& tu n'es pas l4 ,il n'e/ pas jusqu'aux dames qui n'en plaisant5t2 mais de quoi plaisante-t-on davantage1 en ces temps-ci1 si ce n'e/ d'un mnage paisible et bi5 assorti8 ,*acun de v\s a inflig cet affront quelqu'un3 att5dez-v\s la p>eille1 c> comp5sations et reprsailles sont dans l'ordre naturel des *oses4 ,la frqu5ce de cet accid5t doit auj\rd'hui en tempr] l'am]tume1 c> il e/ presque pass en c\tume4 ,malheureuse passion6 qui a encore le dsagrm5t qu'on ne peut s'en entret5ir avec autrui3 ,le sort n\s envie jusqu' la consolation de faire ent5dre nos pla9tes 7,catulle76 ,a quel ami1 en effet1 confi] nos dolances sans que1 s'il n'en rit1 cela ne lui donne l'ide et ne le r5seigne sur la possibilit de pr5dre "p1 lui aussi1 la cure6 ,les sages g>d5t le secret sur les am]tumes comme sur les d\ceurs du m>iage2 et1 p>mi les dsagrm5ts que prs5te le cas qui n\s occupe1 l'un des pr9cipaux p\r un homme bav>d1 comme je le suis1 c'e/ qu'il e/ dans les usages qu'il e/ indc5t de communiqu] des ti]s ce que l'on en sait et ce que l'on en ress5t1 et qu'il y a mme inconvni5t le faire4 ,ce s]ait temps p]du que de donn] ce mme conseil aux femmes p\r les dgt] d'tre jal\ses2 elles sont p> nature si s\ponneuses1 si frivoles1 si curieuses1 qu'il ne faut pas espr] les gurir en les traitant suivant les rgles4 ,elles se corrig5t s\v5t de ce dfaut1 mais en rev5ant la sant dans des conditions beauc\p plus r$\t] que n'tait la maladie elle-mme2 c> il en e/ ici comme de ces en*antem5ts qui ne v\s db>rass5t de votre mal qu'en le transmettant un autre3 qu& cette fivre les quitte1 c'e/ d'ord9aire qu'elles la pass5t leurs m>is4--,je ne sais1 vrai dire1 si quelque *ose peut n\s faire plus s\ffrir que leur jal\sie2 c'e/ le plus dang]eux tat d'esprit en lequel elles peuv5t se tr\v]1 comme la tte e/ des p>ties de leur corps ce qu'elles ont de pire4 ,pittacus disait que *acun avait son infirmit2 que la si5ne c'tait la mauvaise tte de sa femme1 et que1 n'tait cela1 il s'e/im]ait heureux s\s t\s rapports4 ,c'e/ un bi5 gr& inconvni5t2 et s'il a pes si l\rdem5t sur l'exi/5ce d'un homme si ju/e1 si sage1 si vaillant1 que t\te sa vie il en ait s\ff]t1 qu'en advi5t-il de n\s qui sommes de si m9ces p]sonnages8--,le snat de ,m>seille jugea sa9em5t1 en accdant la requte de ce m>i qui dem&ait l'autorisation de se tu] p\r *app] la vie inf]nale que lui faisait sa femme1 c> c'e/ l un mal qui ne disp>at qu'en emportant la pice et auquel il n'e/ d'autre expdi5t que la fuite ou la s\ffrance1 solutions t\tes deux galem5t =t difficiles4 ,celui-l s'y ent5dait1 ce me semble1 qui a dit que p\r qu'un m>iage soit bon1 il faut la femme aveugle et le m>i s\rd4 ,un m>i ne gagne ri5 us] de trop de contra9te env]s sa femme2 t\te gne aiguise les dsirs de la femme et ceux de ses p\rsuivants4--,pr5ons g>de d'un autre ct que ces obligations que n\s leur imposons1 p> l'ext5sion et la rigueur que n\s y mettons1 ne conduis5t deux rsultats contraires ce que n\s n\s proposons3 qu'elles ne soi5t un /imulant p\r ceux qui les h>cl5t de leurs p\rsuites1 et qu'elles-mmes n'en devi5n5t que plus faciles se r5dre4--,p\r ce qui e/ du premi] po9t1 p> ce fait que n\s augm5tons la valeur de la femme1 n\s surexcitons le dsir de la conqurir et aj\tons au prix qu'on y atta*e4 ,ne s]ait-ce pas ,vnus qui a a9si fait adroitem5t r5*rir sa m>*&ise1 sa*ant bi5 qu'on transgress]ait ces lois qui1 p> leurs sottes exig5ces1 ne font que surexcit] l'imag9ation et surlev] les prix1 c> en somme1 p\r me s]vir de l'expression de l'hte de ,flam9ius3 t\tes tant qu'elles sont1 ne sont qu'un mme gibi] que diffr5cie seule la sauce qui l'accompagne4 ,cupidon e/ un dieu rebelle1 il met son plaisir lutt] contre la dvotion et la ju/ice1 et sa gloire oppos] sa t\te-puissance t\te autre puissance que ce soit1 ce que t\te rgle cde devant la si5ne3 ,sans cesse il *]*e l'occasion de n\veaux excs 7,ovide74--,quant au second po9t1 s]ions-n\s autant tromps1 si n\s craignions mo9s de l'tre8 ,c'e/ dans le tempram5t de la femme2 mais la df5se mme qui lui en e/ faite l'y incite et l'y convie3 ,v\lez-v\s1 elles ne veul5t plus2 ne v\lez-v\s plus1 elles veul5t 7,tacite72 il leur rpugne de suivre une r\le qui leur e/ p]mise 7,luca974 ,quelle meilleure preuve en avons-n\s que le fait de ,messal9e1 l'p\se de ,claude8 ,au db1 elle trompe son m>i en ca*ette1 a9si que cela se fait2 mais la /upidit de celui-ci lui r5dant ses intrigues trop faciles1 subitem5t elle ddaigne d'obs]v] cet usage et la voil qui se met faire l'am\r dc\v]t1 av\ant ses amants1 les entret5ant1 leur donnant ses faveurs la vue de t\s2 elle veut que son p\x en pr5ne ombrage4 ,mais ri5 de t\t cela ne p\vant donn] l'veil cette brute1 et la trop l*e facilit avec laquelle il tolrait ses dbordem5ts1 qu'il p>aissait autoris] et lgitim]1 tant ses plaisirs leur saveur et leur piquant1 que fait-elle8 ,femme d'un emp]eur ple9 de vie et de sant1 ,rome1 en ple9 midi1 la face du monde enti]1 au milieu des ftes et au c\rs d'une crmonie publique1 un j\r que son m>i tait abs5t de la ville1 elle p\se ,silius qui depuis longtemps dj tait son amant6 ,ne semble-t-il pas que la non*alance de son m>i l'am5ait dev5ir *a/e1 ou qu'elle *]*ait1 en en p\sant un autre1 accrotre en elle l'ardeur de ses propres dsirs p> la jal\sie qu'elle inspir]ait ce second p\x1 qu'elle surexcit]ait son t\r en lui rsi/ant8 ,mais la premire difficult laquelle elle se heurta fut aussi la d]nire4 ,la bte s'veilla en sursaut et1 comme il n'y a de pire que d'avoir affaire ces g5s qui font les s\rds et sembl5t endormis1 qu'en outre1 a9si que j'en ai fait l'expri5ce1 cette pati5ce excessive1 qu& elle vi5t pr5dre f91 se traduit p> des v5geances qui n'en sont que plus pres1 p>ce que1 pr5ant feu subitem5t1 la colre et la fureur qui se sont accumules en n\s clat5t du premi] c\p avec t\te leur int5sit2 l*ant la bride ses transports 7,virgile71 ,claude la fit mettre mort1 elle et un gr& nombre de ceux auxquels elle s'tait donne1 y compris c]ta9s qui n'en p\vai5t mais1 l'g>d desquels elle avait d employ] le f\et p\r les dcid] v5ir pr5dre place dans son lit4 ,lucrce a pe9t les am\rs de ,vnus et de ,m>s avec des c\leurs plus naturelles que ,virgile dcrivant les rapports matrimoniaux de ,vnus et de ,vulca92 quelle vigueur dans ces deux tableaux si expressifs6 ,c>actre de la vritable loqu5ce4--,ce que ,virgile dit des rapports matrimoniaux de ,vnus et de ,vulca91 ,lucrce l'avait exprim avec plus de naturel encore en dcrivant ses mom5ts d'ab&on entre elle et ,m>s3 ,s\v5t le dieu des combats1 le r$\table ,m>s1 enivr de ton am\r1 se dp>tit de sa fi]t et s'effondre dans tes bras444 ,p5* avidem5t sur ton se91 son s\ffle susp5du tes lvres1 il ne peut assez se repatre de la vue de tes *>mes4 ,alors que tu le ti5s enlac de ton beau corps1 desse1 c'e/ le mom5t opportun p\r lui p>l] en faveur des ,roma9s 7,lucrce74--,qu& me revi5n5t l'esprit les mots employs p> ces deux potes et dont la traduction attnue si notablem5t l'expression3 reiicit 7s'effondre dans tes bras71--pascit 7il ne peut assez se repatre de tes *>mes71--pudet1 inhians 7p5* avidem5t sur ton se91 son s\ffle susp5du tes lvres71--molli favet 7l'*auffe dans un t5dre embrassem5t71--m$ullas1 labefacta 7la *aleur l'envahit de p>t\t et le pntre jusqu' la moelle des os71--p]currit 7sillonn de ses rubans de feu71--et ce circumfusa 7tu le ti5s enlac7 si noble et mre de cet autre si gracieux infusus 7inc>n en elle71 j'ai du dda9 p\r ces locutions qui veul5t tre piquantes et sont si peu expressives1 p\r ces mots allusions qui sont ns depuis4 ,a ces bonnes g5s qu'tai5t les anci5s1 ce n'tait pas un /yle de temps autre incisif et subtil qu'il fallait1 mais un langage disant bi5 ce qu'il v\lait dire1 naturel1 ne se dp>tissant jamais de son n]gie2 l'pigramme se r5contre con/amm5t *ez eux1 non seulem5t dans la conclusion1 mais au comm5cem5t et au milieu2 non seulem5t la queue1 mais la tte1 l'e/omac1 aux pi$s4 ,il n'y a ri5 de =c1 de tranant1 t\t y va mme allure1 leur disc\rs e/ d'une contexture virile1 ils ne s'atta*5t pas l'orn] de fleurs 7,snque74 ,ce n'e/ pas une loqu5ce effm9e1 o ri5 ne *oque2 elle e/ n]veuse1 solide1 elle satisfait et ravit plus encore qu'elle ne plat1 et les esprits sont conquis d'autant plus qu'ils sont mieux tremps4--,qu& je vois cette faon audacieuse de s'exprim]1 si vive1 si pr(onde1 je ne dis pas que c'e/ bi5 dire1 je dis que c'e/ bi5 p5s]4 ,c'e/ la h>diesse de l'imag9ation qui lve et donne du poids aux p>oles1 c'e/ le cur qui r5d loqu5t 7,qu9tili572 de nos j\rs1 on nomme jugem5t ce qui n'e/ que v]biage1 et les belles phrases sont dites des conceptions ayant de l'ampleur4 ,ce que peignai5t les anci5s ne rvle pas tant la dextrit de ma91 que la =te impression que le sujet qu'ils traitai5t faisait sur leur me4 ,gallus p>le simplem5t1 p>ce qu'il conoit de mme4 ,horace ne se cont5te pas d'une expression sup]ficielle1 elle ne r5drait pas son ide2 il voit plus clair et plus pr(ondm5t2 son esprit cro*te le magas9 aux mots et aux expressions et y f\ille p\r y pr5dre ce qui pe9dra le mieux sa p5se2 il lui faut plus que ce qu'on y tr\ve d'ord9aire1 comme sa conception dpasse1 elle aussi1 ce qui e/ c\rant4 ,plut>que dit qu'il apprit le lat9 p> les *oses qui lui tai5t dcrites en cette langue2 il en e/ ici de mme1 le s5s claire et fait ressortir les t]mes employs2 ce ne sont plus simplem5t des sons2 ils ont *air et os2 ils signifi5t plus qu'ils ne dis5t1 et il n'e/ pas jusqu'aux imbciles qui ne saisiss5t quelque *ose de ce dont il s'agit4--,en ,italie1 je disais t\t ce qui me plaisait en fait de conv]sations banales2 mais qu& elles portai5t sur des po9ts srieux1 je n'aurais pas os me fi] un idiome que je n'tais pas en tat de pli] et d'adapt] mon sujet1 en dehors des acceptions communes2 en p>eil cas1 je veux p\voir y mettre quelque *ose de moi4 ,enri*ir et p]fectionn] leur langue e/ le propre des beaux criva9s2 combi5 sont peu nombreux ceux du sicle de ,montaigne se tr\vant tre de cette catgorie4--,les beaux esprits aj\t5t la ri*esse de la langue p> la manire dont ils la mani5t et l'emploi5t2 non pas tant en innovant qu'en y introduisant plus de vigueur et la r5dant apte plus d'applications div]ses1 en l'tirant et lui donnant de l'la/icit4 ,ils n'y apport5t pas de mots n\veaux1 mais ils donn5t de la valeur ceux auxquels ils ont rec\rs1 les acc5tu5t et fix5t leur signification et leur usage2 ils font admettre des t\rnures de phrase n\velles et t\t cela avec prud5ce et propos4 ,mais combi5 peu e/-il donn qu'il en soit a9si6 on peut en jug] p> nombre d'criva9s franais de ce sicle4 ,ils sont assez h>dis et ddaigneux du pass1 p\r ne pas suivre la voie commune1 mais leur peu d'inv5tion et de discrtion les p]d2 on ne voit *ez eux qu'une affectation assez misrable p\r ce qui e/ trange1 des circonlocutions froides et absurdes qui1 au lieu de relev] le sujet1 le rabaiss5t2 p\rvu qu'ils produis5t quelque n\veaut qui leur f\rnisse de quoi s'applaudir1 peu leur importe son plus ou mo9s de ju/esse2 p\r la satisfaction de produire un mot n\veau1 ils cess5t de se s]vir de ceux employs d'habitude1 qui s\v5t ont plus de =ce et d'n]gie4 ,la langue franaise se prte mal1 en l'tat1 r5dre les ides dont l'expression comporte de l'orig9alit et de la vigueur2 mais on n'en tire pas t\t ce que l'on p\rrait4 ,on apporte aussi trop d'art dans le langage employ p\r les sci5ces4--,notre langue me semble assez t(fe1 mais manqu] un peu de faon4 ,elle en aurait autant que beso9 e/1 si on mettait contribution le j>gon dont n\s usons la *asse et la gu]re1 qui con/itue une m9e de =t r5dem5t4 ,a l'in/> des plantes1 les div]ses =mes que revt le langage1 s'am5d5t et se =tifi5t p> la transplantation4 ,le ntre e/ suffisamm5t f\rni1 mais ne se prte pas aism5t tre mani avec vigueur2 il e/ d'ord9aire hors d'tat de r5dre de =tes ides4 ,si v\s v\lez en exprim] de cet ordre1 v\s le s5tez languir et fl*ir s\s v\s2 il faut qu' dfaut de ress\rces qui lui sont propres1 le lat9 p\r les uns1 le grec p\r les autres1 vi5n5t son sec\rs4--,p>mi ces mots de ,virgile et de ,lucrce que j'ai signals plus haut1 il en e/ dont n\s ne saisissons que difficilem5t l'n]gie1 p>ce que l'usage et l'emploi frqu5ts en ont un peu avili et p> trop vulg>is la grce2 de mme dans notre langue1 telle qu'on la p>le communm5t1 il y a des t\rnures de phrase excell5tes1 des mtaphores dont la beaut n'e/ fltrie que p> le long temps auquel en remonte l'emploi et dont la vivacit de c\leur e/ t]nie p> un usage trop c\rant2 mais cela ne leur te ri5 de leur gt p\r ceux qui ont le palais dlicat1 et ne porte pas atte9te la gloire de ceux d'entre les auteurs anci5s qui1 selon t\te probabilit1 ont t les premi]s donn] ces mots le relief qu'ils ont acquis4 ,on emploie p\r les sci5ces un /yle trop relev1 trop artificiel1 qui diffre du /yle naturel dont on use d'habitude4 ,mon page fait l'am\r et en connat le langage2 lisez-lui ,lon l'hbreu et ,fic91 on y p>le de lui1 de ses p5ses1 de ses actions1 et cep5dant il n'y compr5d ri54 ,je ne reconnais 99 pas dans ,ari/ote la plup>t des impressions que j'pr\ve ord9airem5t2 on les a c\v]tes1 affubles d'une autre robe1 p\r l'usage de l'cole4 ,assurm5t ils doiv5t avoir raison d'en agir a9si2 t\tefois si j'tais du mti]1 autant on apporte d'art trave/ir la nature1 autant je m'appliqu]ais trait] l'art avec t\t le naturel possible4 ,quant ,bembo et ,equicola1 je n'en p>l]ai mme pas4 ,montaigne1 qu& il crivait1 aimait s'isol] et se pass] de livres p\r ne pas se laiss] influ5c] p> les conseils et ses lectures2 il ne faisait exception que p\r ,plut>que4--,qu& j'cris1 je n'ai rec\rs ni aux livres1 ni aux s\v5irs que j'en cons]ve1 de peur qu'ils n'influ5c5t ma manire d'crire1 sans compt] que les bons auteurs me dsespr5t p> trop et me dc\rag5t4 ,j'imite volonti]s la faon de ce pe9tre qui1 ayant reprs5t des coqs d'une faon peu heureuse1 df5dait ses aides1 p\r emp*] t\te comp>aison1 de laiss] entr] de vrais coqs dans son ateli]4 ,j'aurais plutt beso91 p\r me donn] un peu de brillant1 d'appliqu] le procd d',antignide1 ce musici5 qui1 lorsqu'il avait j\] sa musique1 faisait en sorte qu'avant ou aprs qu'il s'tait fait ent5dre1 les assi/ants euss5t endur] l'audition de quelques autres mauvais *anteurs4 ,mais il m'e/ plus difficile de me dfaire de ,plut>que4 ,cet auteur e/ si univ]sel et si complet1 qu'en t\tes occasions1 quelque extraord9aire que soit le sujet dont v\s v\s occupiez1 il s'+re dans votre travail1 v\s t5d une ma9 librale et v\s e/ une s\rce int>issable de ri*esses et d'embellissem5ts2 aussi ai-je pe9e le voir si =t expos tre pill p> ceux qui le hant5t4 ,p\r moi1 *aque fois que je le frqu5te si peu que ce soit1 je ne puis m'emp*] de lui s\tir] une cuisse ou une aile4 ,j'ai aussi desse9 dcid d'crire cet ouvrage *ez moi1 en pays sauvage1 o p]sonne ne me vi5t en aide1 ni ne me corrige2 o je ne frqu5te que des g5s qui ne compr5n5t mme pas le lat9 de leur pat5tre1 et le franais encore mo9s4 ,fait ailleurs1 il et t meilleur1 mais il et t mo9s de moi2 et son b pr9cipal1 comme son mrite1 sont d'tre exactem5t moi4 ,je corrige bi5 une erreur accid5telle 7elles y foisonn5t1 p>ce que j'cris au c\rant de la plume1 sans faire att5tion71 mais les imp]fections j\rnalires et l'tat d'habitude qui sont en moi1 ce s]ait de la dloyaut de les faire disp>atre4 ,qu& on me dit1 ou que je me suis dit moi-mme3 ,tu abuses des figures1--voil un mot des crus de la ,gascogne1--c'e/ l une locution scabreuse 7je n'en c>te aucune de celles qui1 en ,france1 s'emploi5t en ple9e rue1 et ceux qui prt5d5t oppos] la grammaire l'usage sont de drles de g5s71--ce passage tmoigne de l'ignorance1--celui-ci e/ p>adoxal1--en voici un p> trop b\ffon1--tu plaisantes trop s\v5t1 on croit que tu p>les srieusem5t1 alors que tu bad9es2--je rponds3 ,c'e/ vrai1 mais je ne corrige que les fautes d'inatt5tion et non celles qui me sont habituelles4 ,e/-ce que ce n'e/ pas a9si que t\j\rs je p>le8 ,e/-ce que je ne me reprs5te pas tel que je suis8 ,eh bi51 cela suffit4 ,j'en suis arriv ce que je v\lais1 puisque t\t le monde me reconnat dans mon livre1 et le retr\ve en moi4 ,il a une gr&e t5dance imit] les criva9s dont il lit les ouvrages1 aussi traite-t-il de prfr5ce des sujets qui ne l'ont pas encore t2 n'importe lequel1 un ri5 lui suffit4--,j'ai1 comme les s+es1 une =te prop5sion l'imitation4 ,qu& je me mlais de faire des v]s 7je n'en ai jamais fait qu'en lat971 ils accusai5t d'une faon vid5te le pote que j'avais lu en d]ni] lieu2 de mme mes ,essais3 les premi]s feuillets s5t5t un peu un t]roir autre que le mi52 ,p>is1 je p>le un langage un peu diffr5t qu' ,montaigne4 ,une p]sonne que je reg>de avec att5tion1 imprime facilem5t en moi quelque *ose d'elle2 ce que je considre1 je m'en emp>e3 une attitude peu conv5able1 une grimace dplaisante1 une =me de langage ridicule1 les dfauts pr9cipalem5t2 plus ces trav]s me frapp5t1 plus ils me demeur5t accro*s et ils ne s'en vont qu' =ce que je les sec\e4 ,on m'a vu plus s\v5t jur]1 s\s l'influ5ce du milieu o je me tr\vais1 que p> tempram5t1 imitation dsa/reuse comme celle de ces s+es horribles p> leur taille et leur =ce1 que le roi ,alex&re r5contra dans c]ta9es contres de l',inde1 et dont il et t difficile de v5ir b\t1 s'ils n'en avai5t f\rni eux-mmes le moy5 p> leur disposition contrefaire t\t ce qu'ils voyai5t faire1 ce qui am5a ceux qui les *assai5t leur appr5dre1 en le faisant eux-mmes devant eux1 *auss] des s\li]s en n\ant =ce cordons1 s'affubl] la tte d'acc\trem5ts avec nuds c\lants1 o9dre leurs yeux de glu1 en en faisant eux-mmes le simulacre4 ,ces malheureuses btes1 dans leur esprit d'imitation1 s'englur5t1 et passant leurs ttes dans les lacets1 se g>rottr5t 99 d'elles-mmes et se mir5t imprudemm5t de la sorte la m]ci de ceux qui v\lai5t les captur]4--,quant cette autre facult de reproduire +nieusem5t1 en les imitant1 les ge/es et les p>oles d'autrui1 cela qui1 fait desse91 cause s\v5t du plaisir et excite l'admiration1 je ne l'ai pas plus que ne le possde une s\*e4 ,lorsque je jure1 me laissant all] moi-mme1 c'e/ uniquem5t en disant3 ,p> ,dieu6 qui1 de t\s les jurons1 e/ celui qui vi5t le plus naturellem5t l'ide4 ,on dit que ,socrate jurait p> le *i52 ,znon aurait employ cette mme apo/rophe dont se s]v5t ma9t5ant les ,itali5s3 ,cpri]6 ,py?agore disait3 ,air et eau4 ,je suis tellem5t dispos recevoir1 sans que je m'en r5de compte1 ces impressions t\tes sup]ficielles que lorsque1 p5dant trois j\rs de suite1 j'ai eu la b\*e ces mots de ,sire et d',altesse1 huit j\rs encore aprs1 il m'*appe de les employ] p\r ,excell5ce ou ,monseigneur2 et que ce que je me suis mis dire en bad9ant et plaisantant1 le l5dema91 je le dis =t srieusem5t4 ,aussi1 qu& j'cris1 c'e/ malgr moi que je pr5ds des sujets dj rebattus1 de peur de ne les trait] qu'aux dp5s d'autrui4 ,t\s me sont galem5t bons1 une m\*e suffit m'en f\rnir2 et ,dieu veuille que celui dont je m'occupe en ce mom5t ne provi5ne pas du fait d'une volont aussi volage6 ,je puis comm5c] p> o il me plat1 t\tes les matires qui doiv5t pass] p> ma plume1 se tr\vant lies les unes aux autres4 ,les ides les plus pr(ondes1 comme les plus folles1 lui vi5n5t l'improvi/e1 surt\t lorsqu'il e/ *eval1 et le s\v5ir qu'il en cons]ve e/ des plus fugitifs4--,ce qui me contr>ie1 c'e/ que mon me s'ab&onne d'ord9aire ses plus pr(ondes rv]ies1 et aussi celles qui sont le plus *imriques et qui me plais5t le mieux1 l'improvi/e1 lorsque je les re*]*e le mo9s1 et qu'elles s'van\iss5t subitem5t1 p>ce que je n'ai ri5 s\s la ma9 p\r les fix] sur-le-*amp2 c'e/ surt\t qu& je suis *eval1 table1 au lit1 mais pr9cipalem5t *eval1 mom5t o je m'entreti5s le plus avec moi-mme4--,qu& je p>le1 j'ai absolum5t beso9 qu'on me prte att5tion et qu'on fasse sil5ce1 si je traite un sujet qui me dem&e un peu d'ef=t2 si on vi5t m'int]rompre1 je m'arrte4 ,en voyage1 l'tat mme des *em9s amne des int]ruptions dans les conv]sations1 d'autant que le plus s\v5t je fais r\te alors en compagnie de g5s avec lesquels je ne puis caus] longtemps de suite1 ce qui me laisse t\t le loisir de m'entret5ir avec moi-mme4 ,j'pr\ve1 en p>eil cas1 ce qui m'arrive qu& j'ai des songes2 lorsque je rve 7et je me figure s\v5t que je rve71 je recomm&e ma mmoire d'en cons]v] s\v5ir2 mais1 le l5dema91 si je me rappelle encore que ces songes tai5t de nature gaie1 tri/e ou trange1 c'e/ en va9 que je fais ef=t p\r m'en remmor] les dtails2 plus je *]*e1 plus l'oubli s'acc5tue4 ,de mme des ides qui1 p> has>d1 me vi5n5t en tte3 je n'en cons]ve qu'un vague s\v5ir1 t\t ju/e ce qu'il en faut p\r faire que je me fatigue l'esprit et me t\rm5te inutilem5t les retr\v]4 ,montaigne e/ime que l'am\r n'e/ autre que le dsir d'une j\issance physique2 l'acte en lui-mme e/ tel1 que les dieux sembl5t avoir v\lu p> l app>i] les f\s et les sages1 les hommes et les btes4--,laissant donc les livres de ct et envisageant les *oses simplem5t et uniquem5t au po9t de vue matriel1 je tr\ve qu'aprs t\t1 l'am\r n'e/ que la soif1 qui n\s ti5t1 de la j\issance que n\s pr\vons avec qui e/ l'objet de nos dsirs2 et ,vnus1 autre *ose que le plaisir que n\s avons faire que c]ta9s de nos organes se dv]s5t1 satisfaction analogue celle que la nature n\s procure galem5t p\r c]ta9es autres p>ties de notre corps2 soif et plaisir qui ne devi5n5t vicieux que lorsque n\s y apportons un manque de modration ou de discrtion4 ,p\r ,socrate1 l'am\r tait le beso9 de procrer1 en usant de la beaut p\r int]mdiaire4--,en considrant att5tivem5t l'agitation fbrile et ridicule en laquelle n\s met ce plaisir1 les m\vem5ts absurdes si dsordonns1 et les divagations qui1 dans cet acte de folie1 s'emp>5t de ,znon et de ,cratippe eux-mmes2 analysant les motions qu'il n\s cause1 cette rage sans ret5ue1 ce visage enflamm de fureur et de cruaut au mom5t mme o l'am\r n\s pntre de ses plus d\ces s5sations1 transports auxquels succde une pro/ration1 sorte d'extase empre9te de gravit et de svrit2 en voyant1 dis-je1 nos dlices et nos scrtions avoir1 dans notre organisme1 le mme sige2 notre suprme volont n\s occasionn] des transes1 n\s arra*] des pla9tes comme fait la d\leur1 je crois que ,platon e/ dans le vrai qu& il dit que l'homme a t cr p> les dieux p\r leur s]vir de j\et3 ,cruelle manire de se j\] 7,claudi576 et que c'e/ p\r se moqu]1 que la nature n\s a laiss cette facult qui1 de t\tes nos actions1 con/itue celle o n\s agissons le plus l'aveugle et qui e/ dans les moy5s de t\s2 elle a v\lu1 p> l1 raval] au mme niveau les f\s et les sages1 n\s et les btes4 ,qu& je me reprs5te l'homme le plus contemplatif1 le plus prud5t1 passant p> cet tat1 je le ti5s p\r un effront de se prt5dre un tre prud5t et contemplatif2 ce sont les pi$s du paon qui rabatt5t son orgueil4--,qu'e/-ce qui emp*e de dire la vrit en riant 7,horace78 ,ceux qui n'admett5t pas qu'on puisse mettre des ides srieuses en se j\ant1 font1 dit quelqu'un1 comme celui qui hsite ador] la /atue d'un sa9t si elle lui app>at sans tre vtue des pi$s la tte4 ,a la vrit1 n\s mangeons et buvons comme font les animaux1 et cela n'entrave en ri5 les fonctions de notre me1 ce qui fait que dans ces actes1 n\s cons]vons notre supriorit sur eux2 mais1 dans l'accomplissem5t de l'acte vnri51 t\te p5se autre cesse d'exi/]1 son imprieuse tyrannie fait que1 sans en avoir consci5ce1 t\te la ?ologie1 t\te la philosophie qui sont en ,platon1 ne sont plus que btises1 sans porte aucune1 et n\s ne n\s en plaignons pas4 ,en t\tes autres *oses1 on peut cons]v] quelque dc5ce et des rgles ont pu tre poses p\r sauveg>d] la pudeur2 ici1 on ne peut seulem5t pas en imag9]1 si ce n'e/ de vicieuses ou de ridicules4 ,essayez donc de tr\v] un procd sage et discret p\r y satisfaire4 ,alex&re disait que c'tait surt\t p> cela et le sommeil qu'il se reconnaissait app>t5ir la race des mortels4 ,le sommeil ass\pit et susp5d les facults de l'me2 ce travail les absorbe et les dissipe galem5t4 ,c'e/ c]ta9em5t une m>que1 non seulem5t de notre corruption et de notre orgueil1 mais aussi de notre vanit et d'un vice de con=mation4 ,d'autre "p1 p\rquoi reg>d] comme honteuse une action si utile et comm&e p> la nature8 ,on se ca*e et on se conf9e p\r con/ruire un homme1 p\r le dtruire on re*]*e le gr& j\r et de va/es t5dues4--,d'un ct la nature n\s p\sse cette union des sexes1 atta*ant au dsir que n\s en avons1 la plus noble1 la plus utile et la plus agrable de t\tes ses fonctions2 d'autre "p1 elle n\s fait la tax] de manque de respect1 la fuir comme d%onnte1 en r\gir et en recomm&] l'ab/95ce4 ,sommes-n\s assez brutes de qualifi] de brutal un acte auquel n\s devons l'exi/5ce6 ,les peuples se sont r5contrs dans c]ta9es de leurs pratiques religieuses1 telles que les sacrifices1 l'emploi de lum9aires1 de l'enc5s1 le jene1 les (fr&es et aussi la prohibition de cet acte2 c'e/ un po9t sur lequel t\tes les religions sont d'accord1 sans p>l] de l'usage si rp&u de la circoncision1 99 qui en e/ une punition4 ,peut-tre1 aprs t\t1 e/-ce avec raison que n\s n\s blmons de faire une aussi sotte production qu'e/ l'homme1 et de qualifi] de honteux l'acte duquel il drive et aussi les organes qui y ont "p 7les mi5s auj\rd'hui sont bi5 rellem5t honteux 99 et p5auds74--,les ,essni5s1 dont p>le ,pl9e1 demeurr5t plusieurs sicles1 sans avoir beso9 ni de n\rrices1 ni de maillots2 cont9uellem5t des trang]s leur arrivai5t v5ant grossir leur secte1 sduits qu'ils tai5t p> la belle rgle qu'ils s'tai5t impose1 de s'ext]m9] plutt que d'avoir des relations sexuelles avec les femmes1 et de voir s'te9dre la race des huma9s plutt que de se prt] en procrer un seul4--,on dit que ,znon n'en connut qu'une et ne la connut qu'une fois dans sa vie2 et que ce ne fut que p> civilit1 p\r ne pas p>atre les ddaign] de p>ti pris4--,*acun vite1 l'g>d de l'homme1 d'tre tmo9 de sa naissance et acc\rt p\r le voir m\rir4 ,p\r le dtruire1 on re*]*e un *amp spacieux1 en ple9e lumire2 p\r le con/ruire1 on se ca*e dans une anfractuosit sombre o on soit le plus l'abri possible4 ,c'e/ un devoir de se drob] p\r le faire et 99 d'en avoir honte1 c'e/ une gloire laquelle conc\r5t plusieurs v]tus que de le dfaire2 l'un e/ un acte injurieux1 l'autre con/itue un mrite4 ,ari/ote ne dit-il pas que1 d'aprs c]ta9 dicton de son pays1 bonifi] quelqu'un1 c'e/ le tu]4 ,les ,a?ni5s1 ayant purifi] l'le de ,dlos et se concili] ,apollon1 p\r faire "p gale ces deux actes de l'exi/5ce huma9e1 df5dir5t la fois t\te inhumation et t\t acc\*em5t sur le t]ritoire de cette le3 ,n\s e/imons n'exi/] que p> le fait d'une faute commise 7,tr5ce74 ,n'y a-t-il pas des hommes et mme des peuples qui se ca*5t p\r mang]1 des fanatiques qui se dfigur5t1 des g5s qui s'isol5t du re/e de l'humanit6 ,on ab&onne les lois de la nature p\r suivre celles plus ou mo9s fantasques des prjugs4--,il y a des peuples o l'on se c\vre le bas du visage p\r mang]4 ,je connais une dame1 et des plus gr&es1 qui e/ dans ces ides3 elle e/ime que m*] donne une cont5ance dsagrable qui dim9ue de beauc\p la grce et la beaut de la femme1 et1 qu& elle dne en public1 elle mange le mo9s qu'elle peut4 ,je connais aussi un homme qui ne peut support] ni voir mang]1 ni tre vu lorsqu'il mange et qui vite t\te assi/ance plus encore qu& il se remplit que lorsqu'il se vide4--,*ez les ,turcs1 on voit un gr& nombre de g5s qui1 p\r acqurir plus de mrite que les autres1 ne se laiss5t jamais voir qu& ils pr5n5t leurs repas et n'en font qu'un p> sema9e2 ils se taillad5t1 se d*iquett5t la figure et les membres1 ne p>l5t p]sonne2 ce sont des fanatiques qui p5s5t honor] leur nature en la dnaturant1 qui s'e/im5t de se mpris]1 et p5s5t dev5ir meilleurs en se r5dant pires6 ,quel mon/rueux animal que l'homme2 il se fait horreur lui-mme2 ses plaisirs lui sont *>ge1 il re*]*e le mal6--,il y en a qui ca*5t l'exi/5ce qu'ils mn5t1 ds]tant p> un exil volontaire leur demeure et leur d\x intrieur 7,virgile72 ils la drob5t la vue des autres et vit5t la sant et l'allgresse comme autant de *oses contraires et qui peuv5t tre nuisibles4 ,des sectes1 et mme des peuples enti]s maudiss5t leur naissance et bniss5t leur mort2 il en e/ qui ont le soleil en abom9ation et ador5t les tnbres4 ,n\s ne sommes +nieux qu' n\s malm5]2 c'e/ cela surt\t que n\s appliquons t\tes les ress\rces de notre esprit1 qui e/ un bi5 dang]eux in/rum5t de drglem5t3 ,les malheureux6 ils se font un crime de leurs joies 7,pseudo-,gallus74 ,h6 pauvre homme6 tu z bi5 assez d'incommodits que tu es oblig de subir1 sans les accrotre encore p> tes inv5tions6 ,ta condition e/ assez misrable1 sans que tu t'+nies l'tre encore davantage6 ,tu z en quantit bi5 suffisante des laideurs relles1 portant sur des po9ts ess5tiels2 inutile de t'en =g] d'imag9aires6 ,te tr\ves-tu donc trop l'aise1 que tu te plaignes de la moiti de cette aise8 ,p5ses-tu que p\r satisfaire t\s les devoirs qui te sont d'obligation et que tu ti5s de la nature1 il faille t'en crer de n\veaux1 sans quoi elle s]ait 99 en dfaut et oisive en toi6 ,tu ne cra9s pas d'(f5s] ses lois qui sont univ]selles et sur lesquelles le d\te n'e/ pas possible1 et tu te piques d'obs]v] les ti5nes qui sont fantasques et dictes p> des prjugs1 t'y appliquant d'autant plus qu'elles sont plus p>ticulires1 inc]ta9es et controv]ses2 les ordonnances spciales ta p>oisse t'occup5t et t'atta*5t1 celles du monde ne te t\*5t po9t4 ,conduis-toi donc un peu suivant les considrations que je t'indique1 c'e/ l t\te ta vie4 ,p>l] discrtem5t de l'am\r1 comme l'ont fait ,lucrce et ,virgile1 c'e/ lui donn] plus de piquant4--,les v]s de nos deux potes traitant de la sorte avec ret5ue et discrtion de la lascivit1 me p>aiss5t la mettre j\r et l'clair] de tons qui la font ressortir mieux encore4 ,les dames ne se c\vr5t-elles pas les se9s d'une gaze8 les prtres ne mett5t-ils pas l'abri des reg>ds c]ta9s objets sacrs8 les pe9tres ne donn5t-ils pas du relief leurs tableaux p> les ombres qu'ils y dispos5t1 et ne dit-on pas que le soleil et le v5t se font s5tir davantage p> rflexion1 que lorsqu'ils n\s arriv5t directem5t8--,c'tait une sage rponse que celle faite p> cet gypti5 quelqu'un qui lui disait3 ,que portes-tu l1 ca* s\s ton manteau8 et auquel il rpondait3 ,si je le ca*e s\s mon manteau1 c'e/ p\r que tu ne sa*es pas ce que c'e/6 mais il e/ c]ta9es autres *oses qu'on ne ca*e que p\r mieux les faire rem>qu]4 ,ovide y met mo9s de faon2 aussi1 qu& il dit3 ,et1 t\te nue1 je la pressai sur mon se91 il e/ p> trop cru et cela me laisse aussi ins5sible que si j'tais priv de virilit4 ,m>tial retr\ssant sa ,vnus autant qu'il lui plat1 n'arrive pas davantage n\s la prs5t] au mme degr dans la plnitude de ses attraits2 qui dit t\t1 n\s sle et n\s dgte4 ,celui qui1 au contraire1 reg>de s'exprim]1 n\s porte en p5s] plus qu'il n'y en a2 c'e/ l un g5re de mode/ie qui ti5t de la tratrise2 c'e/ notamm5t ce que font ,virgile et ,lucrce1 en entr'ouvrant une si belle r\te notre imag9ation2 l'action et la pe9ture qui la reprs5te1 se ress5t5t du t\r +nieux que ces auteurs donn5t leurs phrases4 ,l'am\r1 tel que le pratiqu5t les ,espagnols et les ,itali5s1 plus respectueux et plus timide1 que *ez les ,franais1 plat ,montaigne qui en aime les prambules2 quant la femme1 ds l'in/ant qu'elle e/ n\s1 son p\voir pr5d f94--,l'am\r *ez les ,espagnols et les ,itali5s1 plus respectueux1 plus timide1 plus m9audi]1 plus voil que *ez n\s1 me plat4 ,je ne sais qui1 dans l'antiquit1 aurait v\lu avoir le gosi] allong comme le c\ d'une grue1 af9 de sav\r] plus longtemps ce qu'il avalait2 un tel s\hait convi5t bi5 p\r ce g5re de volupt qui e/ prompte et prcipite1 mme p\r des natures comme la mi5ne1 *ez lesquelles le vice aime les satisfactions immdiates4 ,p\r accrotre ces s5sations1 il faut en prolong] les prambules2 *ez ces peuples1 t\t de la "p de la femme e/ faveur et rcomp5se p\r l'am\reux3 une illade1 une incl9aison de tte1 un mot1 un ge/e4 ,qui p\rrait dn] du fumet d'un rti1 ne vivrait-il pas bon compte8 ,l'am\r e/ une passion qui1 une bi5 petite dose de srieux1 mle beauc\p plus de vanit et de rv]ie fivreuse2 il faut en us] et la pay] de mme monnaie4 ,appr5ons aux dames se faire valoir1 n\s amus] et mme se j\] de n\s2 avec cette imptuosit qui n\s c>actrise1 n\s ,franais1 n\s v\lons t\t emport] du premi] c\p2 si n\s tions plus mnag]s de leurs faveurs1 les conqurant en dtail1 *acun1 jusqu'au malheureux vieill>d1 y tr\v]ait glan] selon ce qu'il peut et ce qu'il mrite4 ,celui qui n'a de j\issance que dans la j\issance1 qui ne veut gagn] que le gros lot1 qui n'aime la *asse que p\r ce qu'il y pr5d1 n'e/ pas de notre cole2 plus il y a de m>*es et de degrs mont]1 plus celui qui a atte9t le sommet se tr\ve lev et honor2 n\s devrions n\s plaire tre m5s1 qu& n\s *]*ons gagn] les bonnes grces de la femme1 comme lorsque n\s pntrons dans ces palais magnifiques o l'on accde p> des portiques et des ve/ibules v>is1 p> de longues et agrables gal]ies et de nombreux dt\rs4 ,cette faon d'all] s]ait t\te notre avantage2 n\s f]ions des /ations *em9 faisant1 et notre am\r en aurait une plus longue dure2 t&is que lorsque le dsir et l'esprance sont te9ts1 n\s allons1 mais cela ne mne plus ri5 qui vaille4 ,la femme a t\t cra9dre de n\s1 qu& n\s sommes matres d'elle et que n\s en avons pris ple9e possession2 ds qu'elle s'e/ entirem5t ab&onne la m]ci de notre foi et de notre con/ance1 v]tus r>es et difficiles1 elle e/ compltem5t la m]ci du has>d2 de l'in/ant o elle e/ n\s1 n\s ne sommes plus elle3 ,une fois le caprice de notre passion ass\vi1 n\s comptons p\r ri5 nos promesses et nos s]m5ts 7,catulle74 ,un jeune ,grec1 ,?rasonide1 tait tellem5t jal\x de son am\r que1 matre du cur d'une matresse1 il se refusa en j\ir p\r ne pas s'en rassasi]1 ne pas te9dre ni alanguir p> la j\issance l'ardeur inquite dont il se glorifiait et se dlectait4 ,la c\tume d'embrass] les femmes lorsqu'on les salue lui dplat2 c'e/ pr(an] le bais]1 les hommes eux-mmes n'y gagn5t pas4--,un haut prix aj\te la qualit des *oses3 voyez combi51 *ez n\s1 la =me1 t\te spciale notre nation1 que n\s donnons nos salutations1 dprcie1 p> la facilit avec laquelle n\s les prodiguons1 la grce du bais] qui les accompagne et dont1 au dire de ,socrate1 la puissance e/ si gr&e et si dang]euse p\r s'emp>] de nos curs4 ,c'e/ une c\tume dplaisante et injurieuse p\r nos dames1 d'avoir prs5t] leurs lvres quiconque mne trois valets sa suite1 si mal plaisant qu'il soit1 tel qui a un nez de *i51 d'o p5d5t des glaons livides dont sa b>be e/ englue2 j'aim]ais c5t fois mieux lui bais] le d]rire 7,m>tial74 ,n\s-mmes n'y gagnons gure1 c> la manire dont le monde e/ rp>ti1 p\r trois belles embrass]1 il n\s faut en embrass] c9quante laides2 et p\r un e/omac s5sible1 comme l'ont les g5s de mon ge1 un mauvais bais] e/ bi5 lo9 d'tre comp5s p> un bon4 ,il appr\ve que mme avec des c\rtisanes1 on *]*e gagn] leur affection1 p\r ne pas avoir que leur corps seulem5t4--,en ,italie1 mme les femmes qui se donn5t au premi] v5u qui les paie1 on ne les appro*e qu'avec dfr5ce et en les ent\rant d'att5tions4 ,on dit cela qu'il y a des degrs dans la j\issance qu'on peut pr\v] avec une femme2 que ces att5tions ont p\r objet d'obt5ir d'elles qu'elles se donn5t le plus entirem5t possible p>ce que1 qu& elles se v5d5t1 elles ne v5d5t que leur corps1 et que leur volont1 qui cons]ve t\te sa lib]t et dont elles ne cess5t de dispos]1 demeure =cm5t en dehors du m>*4 ,c'e/ cette volont que l'on *]*e a9si gagn]1 et on a raison2 il importe de se la concili] et on ne peut y arriv] que p> des prv5ances4--,l'ide de p5s] que je puisse possd] un corps dont je n'ai pas l'affection1 me fait horreur2 il me semble que c'e/ commettre l un acte de frnsie analogue celui de ce g>on qui se polluait p> am\r p\r cette belle /atue de ,vnus1 sortie du ciseau de ,praxitle2 ou de cet gypti5 =c51 s\illant le cadavre d'une morte qu'il avait *>ge d'embaum] et de mettre dans le l9ceul2 ce qui donna lieu la loi1 dicte depuis en gypte1 prescrivant de ne remettre que trois j\rs aprs leur mort1 aux ma9s de ceux *>gs de les inhum]1 les corps des femmes qui tai5t jeunes et belles ou de bonne famille4--,pri&re fit quelque *ose de plus tonnant encore3 il cont9ua ,mlissa sa femme1 alors qu'elle tait morte1 ses m>ques d'affection conjugale 7qui plus lgitime1 et d tre plus cont5ue71 allant jusqu' entr] en j\issance d'elle4--,la lune n'obx-elle pas une ide vraim5t lunatique1 qu&1 ne p\vant j\ir autrem5t d',endymion son favori1 elle le t9t endormi p5dant plusieurs mois1 p\r avoir t\te latitude de se repatre de la j\issance qu'elle p\vait ress5tir avec un tre qui ne se donnait qu'en songe4--,je dis p>eillem5t que c'e/ aim] un corps sans me 99 ou priv de s5tim5t1 que d'en aim] un qui ne soit pas cons5tant ou ne v\s dsire pas4 ,t\tes les j\issances ne sont pas unes2 il en e/ d'tiques et de languissantes4 ,mille autres causes que la bi5veillance de la femme notre g>d peuv5t faire qu'elle se donne n\s2 ce n'e/ pas l1 p> soi-mme1 un tmoignage d'affection4 ,l comme ailleurs1 il peut y avoir une arrire-p5se2 p>fois1 elle se borne se laiss] faire1 aussi impassible que si elle prp>ait le v9 et l'enc5s du sacrifice4441 v\s diriez qu'elle e/ abs5te ou de m>bre 7,m>tial74 ,j'en connais qui prfr5t prt] leur p]sonne que leur voiture1 c'e/ mme la seule *ose qu'elles soi5t disposes prt]4 ,il peut encore se faire que votre compagnie plaise1 en vue d'une ide autre que le dsir de v\s app>t5ir1 ou encore comme lui plairait la compagnie d'un gros g>on d'table4 ,il y a aussi considr] quel prix v\s avez "p ses faveurs3 ,si elle se donne v\s seul1 et m>que ce j\r-l d'une pi]re blan*e 7,tibulle72 ou si mangeant votre pa91 elle l'assaisonne d'une sauce que son imag9ation lui r5d plus agrable3 ,c'e/ v\s qu'elle presse dans ses bras et c'e/ p\r un autre qu'elle s\pire 7,tibulle74 ,n'avons-n\s pas t jusqu' voir quelqu'un1 de nos j\rs1 rec\rir cet acte p\r satisfaire une horrible v5geance et tu]1 en l'empoisonnant1 une honnte femme p\r que dans ses embrassem5ts avec son ennemi elle lui communique la mort8 cela e/ p\rtant arriv6 ,les femmes sont plus belles et les hommes ont plus d'esprit en ,italie qu'en ,france1 mais n\s avons autant de sujets d'lite que les ,itali5s2 *ez eux1 la femme m>ie e/ trop troitem5t t5ue4--,ceux qui connaiss5t l',italie1 ne s'tonn]ont jamais si1 p\r ce sujet1 je ne vais pas *]*] d'exemples ailleurs1 p>ce qu'en cette matire cette nation l'emporte sur le re/e du monde4--,dans ce pays1 les belles femmes sont plus communes et il y en a mo9s de laides que *ez n\s2 mais j'e/ime que n\s allons de pair avec eux p\r ce qui e/ des beauts assez r>es appro*ant de la p]fection4 ,il en e/ de mme des g5s d'esprit3 ils en ont inconte/ablem5t beauc\p plus que n\s1 la btise y e/ sans comp>aison plus r>e2 mais1 en fait de natures d'lite se di/+uant d'une faon p>ticulire1 n\s n'avons ri5 leur envi]4 ,si j'avais t5dre ce p>allle1 il me semble que je s]ais fond dire que1 s\s le rapport de la vaillance1 la situation e/ inv]se3 comp>e ce qu'elle e/ *ez eux1 cette v]tu e/ *ez n\s en quelque sorte inne et rp&ue dans t\tes les classes de la socit2 mais on la tr\ve p>fois *ez c]ta9s d'entre eux porte un tel degr d'abngation et de vigueur1 qu'elle surpasse les plus beaux spcim5s que n\s en ayons4 ,*ez eux1 le m>iage p*e en ce que leurs murs impos5t aux femmes une loi si svre1 les assujettit tellem5t1 que le mo9dre rapport avec un trang] con/itue une faute capitale prs5tant autant de gravit que les relations les plus intimes2 il en rsulte ncessairem5t que c'e/ t\j\rs l qu'elles en arriv5t2 leur dt]m9ation e/ vite prise1 puisque les consqu5ces sont les mmes2 et une fois le pas fran*i1 croyez bi5 qu'elles sont t\t flamme3 ,la luxure e/ comme une bte froce qui s'irrite de ses *anes et ne s'en *appe qu'avec plus de fureur 7,tite-,live74 ,il faudrait qu'on leur l*t un peu les rnes3 ,j'ai vu nagure un *eval rebelle au fre91 lutt] de la b\*e et s'lanc] comme la f\dre 7,ovide74 ,p> un peu de lib]t1 on r5d mo9s ard5t le dsir d'avoir de la compagnie4 99 ,eux et n\s1 c\rons peu prs les mmes risques3 eux p> trop de contra9te1 n\s p> trop de lic5ce4--,c'e/ un heureux usage *ez n\s1 que nos enfants soi5t admis dans de bonnes maisons1 p\r y tre levs et dresss en qualit de pages comme dans une cole de noblesse2 c'e/ mme un acte rput peu c\rtois et blessant que de ne pas satisfaire une dem&e de cette nature faite p\r un g5tilhomme4 ,j'ai con/at galem5t 7c> autant de maisons1 autant de g5res et de procds diffr5ts7 que des dames qui ont v\lu impos] aux filles de leur suite c]ta9e au/rit de conduite1 n'ont pas eu beauc\p se l\] du rsultat de leurs ef=ts2 il faut cela apport] de la modration et s'en remettre p\r une bonne "p la discrtion de *acune1 c>1 quoi qu'on fasse1 aucune rgle de discipl9e ne peut arriv] les brid] s\s t\s rapports2 mais il e/ bi5 vrai que celle qui1 livre elle-mme1 s'en tire sans enc\rir de dommages1 doit inspir] bi5 plus de confiance que celle qui sort sans ta*e1 d'une cole o elle tait prisonnire et g>de svrem5t4 ,il e/ de l'intrt de la femme d'tre mode/e et d'avoir de la ret5ue1 mme lorsqu'elles ne sont pas sages4--,nos pres inspirai5t leurs filles d'pr\v] de la honte et de la cra9te 7elles n'en avai5t pas mo9s de dsirs et de c\rage1 ce sont l *oses qui ne v>i5t pas en elles72 n\s1 n\s les dressons avoir de l'assurance2 et1 en cela1 n\s ne sommes pas dans le vrai4 ,notre faon de faire convi5t aux femmes ,s>mates1 qui ne p\vai5t c\*] avec un homme que lorsque la gu]re elles en avai5t tu un autre de leurs propres ma9s4 ,p\r moi1 qui ne puis plus avoir action sur elles que p> l'att5tion qu'elles veul5t bi5 me prt]1 je me borne leur faire ent5dre1 si elles me les dem&5t1 les conseils que1 de p> le privilge de mon ge1 je suis mme de leur donn]4 ,je leur pr*e donc l'ab/95ce1 elles comme n\s2 et1 si ce sicle en e/ trop ennemi1 qu'au mo9s elles y mett5t de la discrtion et de la mode/ie1 c>1 a9si que le porte la rplique d',ari/ippe1 conte dans la vie de ce philosophe et faite p> lui des jeunes g5s qui r\gissai5t de le voir entr] *ez une c\rtisane3 ,le vice n'e/ pas d'y entr]1 mais de n'en pas sortir4 ,il faut que celle qui ne pr5d pas cur de sauveg>d] sa consci5ce sauveg>de au mo9s sa rputation2 si au fond cela ne vaut gure mieux1 du mo9s l'app>5ce e/ sauve4 ,la nature d'ailleurs les a faites p\r se refus] en app>5ce1 bi5 qu'elles soi5t t\j\rs prtes2 p> ces refus elles excit5t beauc\p plus l'homme4--,je l\e que1 dans la disp5sation de leurs faveurs1 elles suiv5t une c]ta9e gradation et pr5n5t du temps2 ,platon indique que dans les am\rs de t\s g5res1 la facilit et la promptitude sont int]dites aux intresss4 ,cd] imprudemm5t et avec prcipitation sur t\s les po9ts la fois1 e/ de leur "p un effet de g\rm&ise qu'il leur faut dissimul]1 en y apportant t\te leur adresse2 en ne cdant1 au contraire1 qu' bon esci5t et avec mesure1 elles dconc]t5t bi5 plus nos dsirs et n\s ca*5t les leurs4 ,que t\j\rs elles fuy5t devant n\s1 mme celles qui ont la volont de se laiss] attrap]2 comme les ,scy!s1 p> la fuite1 elles assur]ont bi5 mieux leur victoire4 ,selon la loi que leur en fait la nature1 ce n'e/ pas proprem5t elles de v\loir et de dsir]2 leur rle e/ de s\ffrir1 d'obir1 de cons5tir4 ,c'e/ p\r cela que la nature les a mises mme de t\j\rs entr] en rapport avec n\s1 qui n'avons que r>em5t cette facult1 sans mme tre con/amm5t srs de notre fait2 c'e/ t\j\rs leur heure1 af9 que t\j\rs elles soi5t prtes1 qu& c'e/ la ntre2 elles sont nes p\r ptir 7,snque71 et t&is que la nature a v\lu que nos apptits se dcl5t d'une faon saillante1 elle a fait que les leurs demeur5t ca*s et r5f]ms2 leurs organes ne p]mett5t pas leurs dsirs de se manife/]1 mais seulem5t de re/] sur la df5sive4--,il faut laiss] la lic5ce qui tait le propre des ,amazones1 des traits semblables celui-ci3 ,qu& ,alex&re trav]sa l',hyrcanie1 ,?ale/ris1 leur re9e1 laissant p> del les montagnes vois9es le re/e d'une arme considrable qui la suivait1 v9t le tr\v] avec trois c5ts gu]ri]s de son sexe bi5 monts et bi5 arms4 ,l'abordant1 elle lui dit haute voix1 devant t\te l'assi/ance1 que le bruit de ses victoires et de sa valeur l'avait am5e p\r le voir et mettre sa disposition1 p\r second] ses projets1 ses ress\rces et sa puissance2 qu'elle le tr\vait si beau1 si jeune et si vig\reux1 qu'elle-mme1 qui possdait galem5t ces qualits au po9t d'atte9dre la p]fection1 tait d'avis qu'ils c\*ass5t ensemble1 af9 que de la plus vaillante femme du monde et du plus vaillant homme qui ft vivant1 naqut quelque *ose de gr& et de r>e p\r l'av5ir4 ,alex&re la rem]cia p\r ce qu'elle lui avait dit t\t d'abord2 et1 p\r avoir le temps de satisfaire ce qu'elle dem&ait en t]m9ant1 il susp5dit sa m>*e et /ationna en ce lieu treize j\rs1 qu'il passa ft] le plus allgrem5t qu'il put cette pr9cesse d'un si gr& c\rage4 ,il y a de l'inju/ice blm] l'incon/ance de la femme2 ri5 de viol5t ne peut dur] et1 p> ess5ce1 l'am\r e/ viol5t2 c'e/1 en outre1 une passion qui n'e/ jamais ass\vie4--,n\s sommes1 sur presque t\t1 mauvais juges de leurs actions1 comme elles le sont des ntres2 je le reconnais1 av\ant la vrit qu& elle e/ contre moi1 aussi bi5 que lorsqu'elle e/ p\r4 ,c'e/ un vila9 drglem5t qui les porte *ang] si s\v5t et les emp*e de fix] leur affection sur quelque sujet que ce soit1 comme on le voit faire cette desse1 laquelle on prte tant de *angem5ts et tant d'amants4 ,il e/ vrai que si l'am\r n'e/ pas viol5t1 ce n'e/ plus l'am\r1 et que viol5ce et con/ance ne m>*5t pas de pair4 ,que ceux qui s'tonn5t de cette incon/ance1 qui se rcri5t et re*]*5t les causes de cette maladie qui les possde et qu'ils qualifi5t de dnature et d'incroyable1 reg>d5t combi5 il s'en tr\ve p>mi eux qui en sont affects sans p\r cela s'en p\vant] et croire un miracle4 ,il s]ait plutt trange de con/at] en elles de la con/ance1 p>ce que cette passion n'e/ pas seulem5t un effet des s5s1 et que si l'av>ice et l'ambition sont sans limites1 il n'y en a pas davantage p\r la luxure2 elle survit la satit1 on ne peut lui assign] ni de se fix]1 ni de pr5dre f92 elle va t\j\rs de l'avant1 t5dant sans cesse son action4--,peut-tre l'incon/ance e/-elle1 en quelque sorte1 plus p>donnable *ez la femme que *ez n\s2 comme n\s1 elle peut invoqu] le p5*ant1 qui n\s e/ commun1 re*]*] la v>it et la n\veaut2 mais elle peut de plus allgu]1 t&is que n\s ne le p\vons pas1 qu'elles a*t5t *at en 99 po*e1 c'e/--dire sans tre suffisamm5t r5seignes4 ,jeanne re9e de ,naples fit trangl] s\s le grillage de sa f5tre ,&rosso son premi] m>i1 avec un lacet d'or et d'arg5t tiss de ses propres ma9s1 p>ce qu'elle ne le tr\vait pas nanti1 p\r la satisfaction de ses corves conjugales1 d'organes et de vigueur rpondant suffisamm5t l'esprance qu'elle en avait conue en voyant sa taille1 sa beaut1 sa jeunesse et les bonnes dispositions en lesquelles il p>aissait1 qui l'avai5t sduite et abuse4--,a cette excuse1 s'aj\te que le rle actif comportant plus d'ef=ts que le rle passif1 la femme e/1 elle du mo9s1 t\j\rs en tat de satisfaire ce qui lui incombe1 t&is qu'il peut en tre autrem5t de n\s4 ,c'e/ p\r ce motif que ,platon tablit =t sagem5t dans ses lois1 qu'avant t\t m>iage et p\r dcid] de son opportunit1 les juges devront exam9] les g>ons et les filles qui y prt5d5t1 ceux-l nus de la tte aux pi$s1 celles-ci jusqu' la ce9ture seulem5t4--,il peut arriv] qu' l'essai1 la femme ne n\s tr\ve pas digne de son *oix1 qu'aprs avoir va9em5t employ t\te son indu/rie excit] son p\x1 elle ab&onne une c\*e impuissante 7,m>tial74 ,ce n'e/ pas t\t1 en effet1 que la volont y soit1 la faiblesse et l'incapacit sont des causes lgitimes qui romp5t le m>iage3 ,il faut alors *]*] ailleurs un p\x plus capable de dli] la ce9ture virg9ale 7,catulle74 ,et p\rquoi ne s]ait-ce pas et n'en pr5drait-elle pas un autre sa mesure1 ayant des *oses de l'am\r une intellig5ce plus lic5cieuse et plus active1 si celui qu'elle a ne peut m5] bonne f9 ce d\x labeur 7,virgile78 ,qu& l'ge n\s atte9t1 ne n\s leurrons pas sur ce dont n\s sommes encore capables et ne n\s exposons tre ddaigns4--,n'e/-ce pas une gr&e impud5ce de n\s prs5t] avec nos imp]fections et nos faiblesses1 l o n\s dsir]ions plaire1 donn] une bonne impression de n\s et n\s faire apprci]8 ,p\r le peu dont je suis capable auj\rd'hui1 une fois1 et je suis b\t de =ces 7,horace71 je ne v\drais pas importun] quelqu'un que je rvre et que j'apprh5d]ais d'(f5s]3 ,ne craignez ri5 d'un homme qui vi5t d'accomplir son onzime lu/re 7,horace74--,n'e/-ce pas assez p\r la nature1 d'avoir r5du cet ge si misrable1 sans le r5dre encore ridicule8 aussi1 je hais de voir que1 p\r quelques re/es de *tive vigueur qui1 cette poque de la vie1 n\s *auff5t pe9e trois fois la sema9e1 n\s sommes m\/ills et n\s n\s dm5ons avec la mme pret que si n\s tions mme de satisfaire brillamm5t et ple9em5t aux plus lgitimes dsirs2 c'e/ un vrai feu de paille qui se produit en n\s1 et j'admire combi5 il n\s r5d vifs et frtillants1 alors qu'en ralit1 n\s sommes si pr(ondm5t congels et te9ts4 ,on ne devrait se tr\v] en semblable disposition que lorsqu'on e/ la fleur d'une belle jeunesse2 aussi fiez-v\s-y et v\s v]rez qu'au lieu de second] cette ardeur gnreuse qui e/ en v\s1 que ri5 ne peut lass]1 qui se croit capable de t\t et devoir t\j\rs dur]1 elle v\s laiss]a bel et bi5 en *em92 elle e/ bi5 plutt le fait d'un enfant pe9e =m1 encore l'ge des corrections et ignorant1 qui ne f]ait que s'en tonn] et en r\gir3 comme un ivoire de l',inde te9t de p\rpre1 ou comme des lys qui1 mls des roses1 en reflt5t les vives c\leurs 7,virgile74 ,celui qui peut1 sans m\rir de honte1 p5s] au dda9 que lui m>qu]ont le l5dema9 ces deux beaux yeux tmo9s de sa l*et et de son imp]t95ce1 qu'ils lui repro*]ont p> leur sil5ce mme 7,ovide71 n'a jamais pr\v le cont5tem5t et la fi]t de les voir battus et te9ts p> les fatigues d'une nuit activem5t employe dans les bras l'un de l'autre4 ,*aque fois que j'ai vu une femme s'ennuy] de mes c>esses1 ce n'e/ pas son indiffr5ce que j'ai t\t d'abord accuse3 j'ai comm5c p> cra9dre que ce ne ft plutt la nature que je dusse m'en pr5dre1 p>ce qu'elle m'a trait avec p>tialit et d'une faon peu c\rtoise2 elle m'a insuffisamm5t p\rvu1 et les dames n'avai5t sans d\te pas tort de mpris] de si maigres app>5ces2 imp]fection m9emm5t regrettable1 *acune des p>ties de mon tre tant mi5ne au mme titre que t\te autre et celle-ci celle laquelle1 plus qu' t\tes les autres1 je dois ma qualit d'homme4 ,montaigne reconnat la lic5ce de son /yle1 mais il e/ oblig p> les murs de son temps cette gr&e lib]t de langage qu'il e/ le premi] regrett]4--,je dois1 p\r le public1 me pe9dre t\t enti]4 ,ces ,essais sont in/ructifs1 p>ce que la vrit1 la ralit1 y rgn5t d'une faon absolue4 ,je ddaigne de considr] comme un devoir rel de m'a/re9dre ces rgles troites1 factices que l'usage a introduites suivant les pays1 et m'en ti5s celles d'application gnrale et con/ante que la nature n\s a traces et dont sont filles1 mais filles bt>des1 la civilit et les conv5tions sociales4 ,qu'import5t les vices que n\s semblons avoir1 ct de ceux que n\s avons rellem5t8 ,qu& n\s en aurons f9i avec ceux-ci1 n\s n\s attaqu]ons aux autres1 si n\s croyons ncessaire de les combattre2 c> il y a dang] ce que n\s n\s imag9ions des devoirs n\veaux1 p\r excus] la nglig5ce que n\s apportons remplir ceux que n\s avons naturellem5t et arriv] faire confusion entre eux4 ,c'e/ a9si qu'on voit dans les contres o les fautes sont des crimes1 les crimes n'tre que des fautes2 et1 *ez les nations o les lois de la bi5sance ne sont qu'en petit nombre et peu obs]ves1 celles plus primitives1 manant du bon s5s1 tre mieux pratiques4 ,la multitude innombrable de devoirs aussi multiplis rclame une telle att5tion1 que n\s en arrivons les nglig] et les p]dre de vue2 trop d'application p\r les *oses 99 sans importance1 n\s dt\rne de celles qui 99 en ont davantage4 ,que ces hommes1 qui voi5t les *oses sup]ficiellem5t1 ont donc une r\te facile comp>e la ntre6 ,t\tes ces conv5tions ne sont que des ombrages d]rire lesquels n\s n\s abritons et qui s]v5t rgl] nos comptes entre n\s4 ,mais elles ne n\s p]mett5t pas de n\s libr]1 elles ne font au contraire que grev] notre dette env]s ce gr& juge qui1 rejetant les drap]ies et les haillons qui drob5t la vue nos p>ties honteuses1 n'hsite pas n\s exam9] de t\tes p>ts1 jusque et y compris nos mfaits les plus intimes et les plus secrets2 si1 au mo9s1 notre prt5due dc5ce l'g>d de notre pudeur virg9ale avait ce ct utile de n\s prs]v] de n\s voir a9si mis nu6 ,aussi celui qui f]ait p]dre l'homme la niais]ie qui lui fait apport] cette si scrupuleuse sup]/ition dans l'emploi de c]ta9s mots1 ne caus]ait-il pas gr& prjudice au monde4 ,notre vie e/ faite p>tie de folie1 p>tie de circonspection2 qui ne traite que de ce qui e/ considr comme conv5able et rguli]1 en laisse de ct plus de la moiti4--,ce que je dis l n'e/ pas p\r m'excus]2 si je m'excusais de quelque *ose1 ce s]ait des excuses qu'il a pu m'arriv] de prs5t] plutt que de mes fautes proprem5t dites2 ce sont des explications que je donne ceux d'ides opposes aux mi5nes et qui sont en plus gr& nombre que ceux qui peuv5t p5s] comme moi4 ,p> g>d p\r eux1 c> je dsire cont5t] t\t le monde1 ce qui e/ la vrit 99 =t difficile1 p>ce qu'il y n'a pas un seul homme qui puisse se con=m] cette si gr&e v>it de murs1 de jugem5t et de volont 7,q4 ,cicron71 j'aj\t]ai qu'ils ne doiv5t pas me repro*] les citations que je fais d'autorits reues et appr\ves depuis des sicles4 ,ce n'e/ pas une raison1 en effet1 p>ce que je m'c>te des rgles admises1 p\r qu'ils me refus5t la tolrance dont j\iss5t1 mme de notre temps1 *ez n\s1 jusqu' des p]sonnes d'tat ecclsia/ique des plus en vue1 a9si qu'en tmoign5t1 p>mi tant d'autres1 les deux exemples que voici3 ,que je meure1 si l'orifice p> lequel j'ai accs en toi1 n'e/ pas p\r moi la s\rce de t\tes les volupts 7,?odore de ,bze74--,le membre viril d'un ami la cont5te t\j\rs1 et t\j\rs reoit bon accueil 7,sa9t-,gelais74--,j'aime la dc5ce1 et ce n'e/ pas de propos dlibr1 qu'en crivant1 j'emploie des expressions sc&aleuses1 c'e/ la nature qui en a fait *oix p\r moi4 ,je ne l\e ce mode1 pas plus que je ne l\e t\te manire de faire contraire aux usages reu2 mais je l'excuse et e/ime que des circon/ances1 aussi bi5 gnrales que p>ticulires1 attnu5t l'ana?me dont il peut tre l'objet4 ,p\rsuivons4 ,il e/ inju/e d'abus] du p\voir que les femmes n\s donn5t sur elles1 en n\s cdant2 ,montaigne n'a ri5 se repro*] a cet g>d4--,d'o peut prov5ir cette usurpation d'autorit s\v]a9e que v\s pr5ez sur les femmes qui1 leurs propres risques1 v\s accord5t leurs faveurs1 lorsque dans l'obscurit de la nuit1 elles v\s accueill5t furtivem5t p5dant quelques mom5ts 7,catulle78 ,p\rquoi 99 v\s croyez-v\s aussitt autoriss v\s immisc] dans leurs faits et ge/es1 les trait] avec froideur1 v\s arrogeant les droits d'un m>i8 ,c'e/ une conv5tion qui v\s laisse libres t\s deux1 que celle qui exi/e entre v\s2 que ne v\s considrez-v\s li p> elle1 comme v\s v\lez qu'elle les lie v\s8 il n'y a pas de rgles qui rgiss5t les *oses concdes bnvolem5t4 ,ma ?se va1 il e/ vrai1 l'encontre des usages1 et cep5dant1 en mon temps1 j'en suis pass p> l et1 en vrit1 dans les m>*s de cette sorte1 j'ai obs]v1 autant que leur nature le p]met1 la mme consci5ce que dans t\t autre m>* et y ai apport une c]ta9e ju/ice2 je ne leur ai tmoign d'affection que dans la mesure o j'en ress5tais p\r elles1 et leur en ai bi5 navem5t laiss voir la naissance1 l'apoge1 la dcad5ce1 les accs et les dfaillances1 c> on n'e/ pas t\j\rs en bonnes dispositions4 ,j'ai tellem5t vit de me prodigu] en promesses1 que je crois avoir t5u plus que je n'avais promis et que je ne devais2 elles m'ont tr\v fidle jusqu' favoris] leurs incon/ances1 je p>le d'incon/ances av\es et qui p>fois ont t multiplies4 ,je n'ai jamais rompu avec elles tant que je leur ai cons]v de l'atta*em5t1 si faible qu'il ft2 et quelles que soi5t les occasions qu'elles m'ont donnes1 je ne me suis jamais sp> d'elles en cons]vant leur g>d du mpris ou de la ha9e1 considrant que de telles privauts entre elles et moi1 mme lorsqu'elles driv5t des plus honteux m>*s1 m'oblig5t qu& mme quelque bi5veillance leur g>d4 ,il m'e/ arriv de me mettre p>fois en colre et d'avoir des impati5ces un peu indiscrtes propos de leurs ruses1 de leurs faux-fuyants et dans les conte/ations qui se sont leves entre n\s1 c>1 p> tempram5t1 je suis sujet pr\v] de brusques motions qui1 bi5 que lgres et c\rtes1 me font sortir s\v5t de ma rgle de conduite4 ,lorsqu'elles ont v\lu essay] de s'emp>] de ma lib]t de jugem5t1 je n'ai pas hsit leur adress] des admone/ations pat]nelles1 plutt mordantes1 ne mnageant pas leur po9t faible4--,si je leur ai donn sujet de se pla9dre de moi1 c'e/ plutt p\r les avoir aimes d'une faon qui1 auprs de celle dont on use actuellem5t avec elles1 peut tre dite sottem5t consci5cieuse2 je leur ai t5u p>ole sur des *oses p\r lesquelles elles m'en aurai5t aism5t disp5s2 il en e/ qui p>fois se sont r5dues1 alors que leur rputation tait intacte1 des conditions qu'elles euss5t s\ff]t1 sans trop de difficult1 que leur va9queur n'obs]vt pas4 ,plus d'une fois1 dans l'intrt de leur honneur1 il m'e/ arriv de r5onc] au plaisir au mom5t o il et t le plus gr&2 et1 qu& la raison me le comm&ait1 je les ai df5dues contre moi-mme1 si bi5 qu'en s'en remettant fran*em5t moi1 leurs intrts se tr\vai5t plus srem5t et plus svrem5t sauveg>ds que si elles avai5t suivi leurs propres inspirations4 ,j'ai1 autant que j'ai pu1 assum sur moi seul1 p\r les leur p>gn]1 les risques de nos r5dez-v\s1 et ai t\j\rs organis nos p>ties inop9m5t et dans des conditions plutt incommodes2 et cela1 p\r mo9s veill] les s\pons et aussi p\r n\s heurt]1 mon avis1 mo9s de difficults1 p>ce qu'en p>eil cas1 c'e/ p> o l'on se croit le plus en sret qu'on e/ le plus s\v5t pris2 on obs]ve et on gne mo9s ce qui ne semble pas cra9dre2 on peut os] plus facilem5t ce que les g5s ne suppos5t pas que v\s os]ez et qui devi5t facile p> sa difficult mme4 ,jamais homme1 dans ces rapports1 n'vita avec plus de so9 de faire c\rir la femme risque de mat]nit4--,c'e/ l une faon d'aim] des plus correctes1 mais bi5 ridicule notre poque et peu pratique2 p]sonne ne le sait mieux que moi2 et cep5dant je ne me rep5s pas d'avoir agi a9si1 quoique je n'aie fait qu'y p]dre4 ,auj\rd'hui que le tableau votif que j'ai app5du aux murs du temple de ,neptune1 indique t\s que j'ai consacr ce dieu mes vtem5ts encore t\t m\ills du naufrage 7,horace71 autrem5t dit1 qu'aprs bi5 des trav]ses je suis db>rass de cette dang]euse passion1 je puis en p>l] ouv]tem5t4 ,a quelqu'un autre qui s'exprim]ait comme je le fais1 peut-tre rpondrais-je3 ,mon ami1 tu rves2 l'am\r de ton temps ne se croyait pas t5u beauc\p de bonne foi et de loyaut2 si tu prt5ds l'assujettir des rgles1 c'e/ que tu veux m>i] la folie avec la raison 7,tr5ce74 ,il n'e/ pas mo9s vrai qu' l'encontre de cette apprciation1 si j'avais recomm5c]1 je me conduirais c]ta9em5t comme je l'ai fait1 suivant la mme m>*e1 bi5 que le rsultat n'ait gure t fructueux2 l'insuffisance et la sottise sont en effet l\ables dans une action qui ne l'e/ pas1 et autant je m'loigne en cela des ides prdom9antes1 autant j'abonde dans les mi5nes4 ,mme dans ses transports les plus vifs1 il cons]vait sa raison2 tant qu'on re/e matre de soi et que ses =ces ne sont po9t altres1 on peut s'ab&onn] l'am\r4--,au surplus1 dans ces m>*s1 je ne me livrais pas compltem5t2 j'y *]*ais le plaisir1 mais ne m'y oubliais pas2 je cons]vais intact1 dans l'intrt de ma compagne du mom5t comme dans le mi51 le peu de rflexion et de disc]nem5t que je ti5s de la nature2 j'pr\vais de l'motion1 mais ne me p]dais pas dans le rve4--,ma consci5ce allait bi5 jusqu' la dbau*e1 au drglem5t de murs1 mais jamais jusqu' l'+ratitude1 la trahison1 la m*ancet1 la cruaut4 ,je n'a*etais pas t\t prix le plaisir que donne ce vice1 je me cont5tais simplem5t d'en pass] p> ce qu'il comporte d'ord9aire1 c> aucun vice n'e/ sans consqu5ces 7,snque74 ,je hais presque au mme degr une oisivet cr\pissante et endormie1 qu'une occupation ardue et pnible2 celle-ci m'agite1 celle-l m'ass\pit4 ,j'aime autant les blessures que les meurtrissures1 les c\ps qui p\rf5d5t que ceux qui ne font pas plaie4 ,en agissant de la sorte1 j'en suis arriv1 dans les rapports de cette nature1 alors que je p\vais davantage m'y livr]1 obs]v] un ju/e milieu entre ces deux extrmes4 ,l'am\r e/ une agitation veille1 vive et gaie2 je n'en tais ni tr\bl1 ni afflig2 mais seulem5t *auff1 et je mnageais mes =ces2 il faut s'en t5ir l1 il n'e/ nuisible qu'aux f\s4--,un jeune homme dem&ait au philosophe ,pantius s'il conv5ait au sage d'tre am\reux3 ,laissons l le sage1 lui rpondit-il1 ni toi ni moi ne le sommes1 et ne n\s engageons pas dans une *ose qui meut si violemm5t1 qu'elle n\s fait l'esclave d'autrui et n\s r5d mprisables n\s-mmes4 ,il disait vrai1 il ne faut pas engag] son me dans une affaire aussi entranante p> elle-mme qu'e/ l'am\r1 si elle n'e/ en tat d'en s\t5ir les effets et de contr$ire p> la ralit ce mot d',agsilas3 la sagesse et l'am\r ne vont pas ensemble4 ,c'e/1 j'en convi5s1 une occupation frivole1 qui blesse les conv5ances1 honteuse1 illgitime2 mais1 conduite comme je l'indique1 je la crois utile la sant1 propre dg\rdir un esprit et un corps al\rdis2 et si j'tais mdec91 je la conseill]ais1 aussi bi5 que t\t autre traitem5t1 un homme de ma complexion et en ma situation1 p\r l'veill]1 le ma9t5ir en =ce longtemps encore qu& vi5n5t les ans et ret>d] p\r lui les tre9tes de la vieillesse4 ,tant que n\s n'en sommes qu'aux appro*es1 que notre p\ls bat encore1 alors que ne font qu'app>atre nos premi]s *eveux blancs et les premires atte9tes de l'ge1 qu'il re/e encore la ,p>que de quoi fil] p\r n\s1 que n\s avons encore l'usage de nos jambes et qu'un bton ne n\s e/ pas encore indisp5sable 7,juvnal71 n\s avons beso9 d'tre sollicits et *at\ills p> quelque s5sation comme celle-ci qui n\s agite et n\s /imule4 ,voyez combi5 l'am\r a r5du de jeunesse1 de vigueur et de gat au sage ,anacron4 ,socrate1 un ge plus avanc que le mi51 ne disait-il pas1 en p>lant d'une p]sonne p\r laquelle il concevait ce s5tim5t3 ,ayant mon paule appuye contre la si5ne comme si n\s reg>dions ensemble un livre1 sans m5tir1 je ress5tis s\da9 une piqre dans l'paule1 semblant produite p> une morsure d'insecte2 et cette impression de f\rmillem5t p]si/a p5dant c9q j\rs1 m'occasionnant au cur une dmangeaison cont9ue4 ,a9si le contact t\t =tuit1 ri5 que d'une paule1 *auffait et faisait sortir de son tat ord9aire cette me dj refroidie et n]ve p> l'ge et qui1 entre t\tes celles des hommes1 a appro* le plus de la p]fection4 ,et p\rquoi pas8 ,socrate tait homme et ne v\lait ni tre ni sembl] tre autre *ose4--,la philosophie ne s'lve pas contre les volupts qui sont dans l'ordre de la nature1 p\rvu qu'on n'en abuse pas4 ,elle pr*e d'en us] modrm5t et non de les fuir2 ses ef=ts t5d5t n\s dt\rn] de celles qui sont contre nature ou qui1 t\t en en procdant1 sont abt>dies4 ,elle dit que l'esprit ne doit pas int]v5ir p\r accrotre nos beso9s physiques1 et n\s av]tit1 avec ju/e raison1 de ne pas veill] notre faim p> des excs1 de 99 ne pas v\loir n\s gorg] au lieu de n\s born] n\s n\rrir1 comme aussi d'vit] t\te j\issance qui n\s met en apptit et t\tes vi&es et boissons qui n\s affam5t et n\s altr5t4 ,de mme1 en ce qui conc]ne l'am\r1 elle n\s invite ne n\s y donn] que p\r la satisfaction de nos beso9s physiques et faire que l'me n'en soit pas tr\ble1 p>ce que cela ne la reg>de pas et qu'elle n'a simplem5t qu' suivre et assi/] le corps4 ,mais ne suis-je pas dans le vrai qu& j'e/ime que ces prceptes1 que je considre p\rtant comme un peu excessifs1 vis5t un corps en tat de bi5 remplir son rle2 et que1 p\r un corps dbilit comme p\r un e/omac dlabr1 il e/ excusable de le r*auff] et de le s\t5ir p> des procds artificiels1 et de rec\rir l'imag9ation p\r lui r5dre l'apptit et l'allgresse que de lui-mme il ne possde plus8 ,dans l'usage des plaisirs le corps et l'me doiv5t s'ent5dre et y p>ticip] *acun dans la mesure o il le peut1 a9si que cela se produit dans la d\leur4--,ne p\vons-n\s pas dire que tant que n\s demeurons en cette prison t]re/re1 il n'y a ri5 en n\s qui affecte exclusivem5t soit le corps1 soit l'me2 que c'e/ bi5 tort que1 p> cette di/9ction1 n\s dmembrons l'homme t\t vif1 et qu'il semble rationnel que n\s ress5tions le plaisir aussi bi5 au mo9s que n\s ress5tons la s\ffrance8--,a9si1 p> exemple1 la d\leur cause p> leurs p*s1 grce l'esprit de pnit5ce qui les pntrait1 tait ress5tie p> l'me des sa9ts avec une int5sit qui les am5ait la p]fection2 et1 en raison de l'union intime exi/ant entre elle et le corps1 cette d\leur affectait naturellem5t celui-ci1 bi5 qu'il et peu de "p ce qui la produisait4 ,mais ils ne se cont5tai5t pas de ce qu'il se bornt simplem5t suivre et assi/] l'me dans ses s\ffrances1 ils le s\mettai5t lui aussi des t\rm5ts atroces s'attaquant lui p]sonnellem5t1 af9 que t\s deux1 le corps comme l'me1 rivalisant entre eux1 plongeass5t l'homme dans la d\leur qu'ils e/imai5t d'autant plus salutaire qu'elle tait plus aigu4--,ici1 dans le cas des plaisirs s5suels1 n'y a-t-il pas inju/ice faire que l'me s'en ds9tresse et dire qu'il faut qu'elle soit entrane y p>ticip]1 comme s'il s'agissait de quelque obligation s]vile impose p> la ncessit8 ,n'e/-ce pas plutt elle de les concevoir et de les prp>]1 puis y conviant le corps1 y assi/] et en cons]v] la direction1 comme il lui app>ti5t galem5t1 mon avis1 qu& il s'agit de plaisirs qui lui sont propres1 d'en inspir] et infus] au corps la s5sation dans la mesure o il e/ capable de l'pr\v]1 et de s'tudi] ce qu'ils lui soi5t d\x et salutaires4 ,on a raison de dire que le corps ne doit pas suivre ses p5*ants s'ils peuv5t tre prjudiciables l'esprit1 mais p\rquoi ne s]ait-ce pas aussi *ose raisonnable que l'esprit ne s'ab&onnt pas aux si5s1 qu& ils peuv5t tre prjudiciables au corps8 ,avantages que le vieill>d1 qui n'a pas encore atte9t la dcrpitude1 peut retir] de l'am\r4 ,a dire vrai1 l'am\r sans limites ne convi5t qu' la premire jeunesse4--,je n'ai pas d'autre passion qui ait action sur moi2 ce que font l'av>ice1 l'ambition1 les qu]elles1 les procs sur ceux qui1 comme moi1 n'ont pas d'occupation dt]m9e1 l'am\r1 plus que t\t autre mobile1 e/ capable de le produire en moi4 ,il me r5drait la vigilance1 la sobrit1 la grce1 le so9 de ma p]sonne4 ,il f]ait que la faon dont je me prs5te1 malgr les outrages de la vieillesse1 outrages qui n\s d=m5t et n\s mett5t dans un tat si pitoyable1 se ma9ti5drait sans altration2 que je me remettrais ces sages et sa9es tudes1 p> lesquelles je gagn]ais en e/ime et en affection p>ce qu'alors mon esprit1 ne dsesprant plus de lui-mme et de ses moy5s1 se ressaisirait4 ,j'y tr\v]ais une div]sion aux mille p5ses ennuyeuses1 aux mille *agr9s qui ont leur s\rce dans la mlancolie en laquelle n\s plong5t cet ge l'oisivet et le mauvais tat de notre sant4 ,il r*auff]ait1 au mo9s en songe1 ce sang que la nature ab&onne1 s\ti5drait notre tte qui s'incl9e1 n\s di/5drait les n]fs1 r5drait un peu de vigueur et de plaisir vivre ce pauvre homme qui m>*e gr&s pas v]s sa ru9e4 ,mais1 d'autre "p1 je compr5ds bi5 que c'e/ l une commodit =t malaise rec\vr]2 p> suite de la faiblesse en laquelle n\s sommes tombs et de notre longue expri5ce1 notre gt e/ dev5u plus dlicat et plus raff92 n\s dem&ons plus1 alors que n\s apportons mo9s2 n\s sommes plus difficiles dans notre *oix1 qu& n\s avons mo9s qui milite en notre faveur1 et1 n\s reconnaissant tels1 n\s sommes mo9s h>dis et plus dfiants2 ri5 ne peut plus n\s donn] l'assurance d'tre aims1 vu les conditions en lesquelles n\s sommes tombs et celles de cette v]te et b\illante jeunesse4 ,j'ai honte de me tr\v] au milieu d'elle dont la raideur de n]fs1 qui fait que t\j\rs elle e/ en tat de bi5 faire1 n'a ri5 envi] l'arbre qui se dresse sur lu coll9e 7,horace72 p\rquoi all] tal] notre misre au milieu de cette allgresse1 et div]tir nos dp5s ces j\v5ceaux ard5ts1 en leur montrant un flambeau rduit en c5dres 7,horace78 ,ils ont la =ce et la raison1 cdons-leur une place que n\s ne p\vons plus occup]2 ces b\rgeons de beaut naissante ne s\ffr5t pas d'tre manis p> des ma9s aussi eng\rdies1 et l'emploi de moy5s exclusivem5t matriels ne leur suffit pas1 comme le fit ent5dre un j\r ce philosophe des temps anci5s rpondant quelqu'un qui le raillait de n'avoir pas su gagn] les bonnes grces d'une jeunesse qu'il p\rsuivait de ses assiduits3 ,mon ami1 le hameon ne mord pas du fromage si frais4 ,c'e/ un comm]ce o il faut que les p>ties en prs5ce soi5t dans des conditions analogues qui les fass5t se conv5ir2 t\s les plaisirs d'autre nature que n\s pr\vons peuv5t se reconnatre p> des rcomp5ses de div]ses sortes1 celui-ci ne se paie qu'en monnaie de mme espce4--,il e/ c]ta9 que dans ces bats1 le plaisir que je cause *at\ille plus agrablem5t mon imag9ation que 99 celui que je ress5s2 or1 c'e/ manqu] de gnrosit que de recevoir un plaisir1 alors qu'on n'en r5d pas2 c'e/ d'une me vile de t\j\rs cons5tir devoir et se complaire demeur] en relations avec qui on e/ *>ge2 et il n'y a pas de beaut1 de grce1 de privaut si exquises qu'elles soi5t1 qu'un galant homme puisse dsir] ce prix4 ,si les femmes ne peuv5t plus n\s donn] du plaisir que p> piti1 je prfre beauc\p plus ne pas vivre que de vivre d'aumnes2 je v\drais avoir le droit de leur dem&] leurs c>esses1 dans ces mmes t]mes que j'ai vu employ] en ,italie p\r qut]3 ,faites-moi quelque bi5 dans votre propre intrt1 ou la faon de ,cyrus exhortant ses soldats3 ,qui e/ en disposition de m'aim]1 me suive4--,adressez-v\s1 me dira-t-on1 des femmes qui soi5t dans les mmes conditions que v\s1 frappes elles aussi de la d*ance que v\s subissez1 v\s tr\v]ez plus aism5t v\s li] ensemble4 ,oh6 quelle sotte et insipide liaison en rsult]ait3 ,je ne veux pas arra*] la b>be un lion mort 7,m>tial76 ,c'e/ un repro*e que faisait ,xnophon ,m5on et qu'il condamnait en lui1 de re*]*]1 en am\r1 des femmes en ayant pass l'ge4 ,j'pr\ve plus de volupt voir simplem5t un c\ple =m de beaux jeunes g5s bi5 app>is et s'aimant1 voire mme me les reprs5t] en imag9ation1 qu' tre moi-mme second dans un duo allant tri/em5t et prtant la piti2 c'e/ l un gt fantasque que j'ab&onne l'emp]eur ,galba1 qui ne re*]*ait que des femmes d'ge1 aux *airs durcies2 ou ce pauvre malheureux pote1 s'criant en p>lant de lui-mme3 ,plaise aux dieux que1 dans mon exil1 je puisse te voir telle que je me reprs5te ton image6 ,que je puisse embrass] tes *eveux blan*is p> le *agr9 et press] dans mes bras ton corps amaigri 7,ovide76--,au premi] rang de la laideur1 je place la beaut obt5ue =ce d'artifices4 monez1 jeune adolesc5t de ,*io1 qui1 p> le so9 qu'il avait pris d'enjoliv] sa p]sonne1 p5sait avoir acquis la beaut que lui avait refuse la nature1 s'tant prs5t au philosophe ,arcsilas et lui ayant dem& si un sage p\vait dev5ir am\reux1 s'attira cette rponse3 ,mais c]ta9em5t6 p\rvu que ce ne 99 soit pas d'une beaut de mauvais aloi acquise1 comme la ti5ne1 =ce de sophi/ications4 ,la laideur d'une vieillesse av\e e/1 suivant moi1 mo9s vieille et mo9s laide que si on *]*e la dissimul] =ce de c\leurs et d'ongu5ts4--,si je ne craignais qu'on ne me saisisse la gorge1 je dirais que l'am\r ne me semble rellem5t en sa saison naturelle qu' l'ge vois9 de l'enfance1 comme aussi du re/e la beaut3 lorsque se glissant dans un *ur de jeunes filles1 avec ses *eveux flottants et ses traits encore indcis1 un jeune homme peut tromp] sur son sexe les yeux les plus clairvoyants 7,horace74 ,ce qu',homre n'admet que jusqu' ce que le m5ton comm5ce s'e/omp] d'une b>be naissante1 ,platon tr\ve dj qu'il e/ r>e que cela subsi/e jusqu' ce mom5t1 et l'on sait p\r quelle cause le sophi/e ,dion qualifiait 99 si plaisamm5t d',ari/ogitons et d',h>modi5s les poils follets qui survi5n5t l'poque de l'adolesc5ce4 ,dj j'e/ime que le mom5t en e/ quelque peu pass qu& on e/ arriv l'ge de la virilit1 non mo9s qu'en la vieillesse1 c> l'am\r n'arrte pas son vol sur les *nes dnuds 7,horace74 ,m>gu]ite1 re9e de ,nav>re1 en femme qu'elle tait1 avantageant les p]sonnes de son sexe1 leur assignait une limite plus recule et v\lait qu' l'ge de tr5te ans le mom5t soit v5u p\r elles d'*ang] la qualification de belle en celle de bonne4 ,mo9s longtemps n\s donnons ce dieu action sur notre vie1 mieux n\s en valons4 ,voyez son image1 n'a-t-il pas une figure enfant9e8 ,qui ne sait qu' l'encontre de t\t pr9cipe1 on va t\j\rs reculons dans son cole2 l'tude1 l'ex]cice1 l'usage de ses prceptes conduis5t l'puisem5t2 les dbutants y sont matres3 l'am\r ne connat pas de rgle 7,s4 ,jrme74 ,il n'e/ pas discutable que sa conduite a surt\t de l'agrm5t qu& l'inadv]tance et le tr\ble y ont place2 que ce qui s]ait faute ailleurs e/ succs p\r lui et lui donne du piquant et de la grce2 p\rvu qu'il soit ard5t1 inass\vi1 peu importe qu'il soit prud5t4 ,voyez comme il va *ancelant1 trbu*ant1 foltrant6 c'e/ le mettre aux f]s que de lui imprim] une direction habile et sage2 c'e/ att5t] sa lib]t div9e1 que de l'ass]vir qui a les ma9s calleuses et c\v]tes de poil4 ,on voit s\v5t les femmes sembl] faire de l'am\r une "q de s5tim5t et ddaign] la satisfaction que les s5s peuv5t y tr\v]4--,du re/e1 on voit s\v5t les femmes sembl] faire de l'am\r une "q t\te de s5tim5t et ddaign] la satisfaction que les s5s peuv5t y tr\v]1 t\t leur e/ bon cet effet2 p> contre1 que de fois la beaut du corps ne n\s fait-elle pas pass] *ez elles sur la faiblesse de leur esprit8 ,p> exemple1 ce que je n'ai jamais vu1 c'e/ que la beaut de l'esprit si cultiv1 si accompli qu'il ft1 leur ait fait faire bon accueil un corps tant soit peu tomb en dcad5ce4 ,que ne pr5d-il fantaisie quelqu'une d'elles d'appliqu] cette noble ide digne de ,socrate1 de troqu] son corps p\r acqurir de l'esprit1 et pro/ituant sa p]sonne au plus haut prix qu'elle en p\rra obt5ir1 a*et]1 avec les bnfices1 l'intellig5ce de la philosophie et le dveloppem5t de son esprit6--,platon prescrit dans ses lois que celui qui1 la gu]re1 se s]a signal p> un fait d'armes important et utile1 ne puisse1 durant t\t le c\rs des oprations1 quels que soi5t sa laideur ou son ge1 se voir refus] un bais] ou t\te autre faveur de galant]ie1 de qui il le dsir]ait4 ,ce que ce philosophe tr\ve quitable comme rcomp5se de la valeur militaire1 p\rquoi ne le s]ait-ce pas p\r t\t autre mrite2 et que ne vi5t-il l'ide de *acune de ces v]tus1 p\vant a9si mrit] rcomp5se1 de pr5dre le pas sur les autres p\r avoir la gloire d'obt5ir cette m>que d'am\r qui ne porte pas atte9te la *a/et8 je dis la *a/et p>ce que1 si l'on en vi5t au combat1 l'am\r e/ alors comme un gr& feu de paille qui s'te9t en un in/ant 7,virgile72 les vices mort-ns dans notre esprit ne sont pas de ceux qui sont les plus r$\tables4 ,en somme1 hommes et femmes sont sortis du mme m\le1 et un sexe n'a pas le droit de critiqu] l'autre4--,ce long comm5taire m'a *app =ce de bav>d]1 donnant lieu un flux de p>oles peu mesures p>fois et qui peuv5t n'tre pas sans inconvni5t3 ,a9si tombe du *a/e se9 d'une jeune vi]ge une pomme1 don furtif de son amant2 oubliant qu'elle l'a ca*e s\s sa robe1 elle se lve l'appro*e de sa mre et la fait r\l] ses pi$s2 la r\geur qui lui c\vre subitem5t le visage1 rvle la faute dont elle s'e/ r5due c\pable 7,catulle74--,p\r t]m9]1 je dis que mles et femelles sort5t du mme m\le et que1 sauf leur ducation et les murs1 la diffr5ce n'en e/ pas gr&e4 ,platon1 dans sa ,rpublique1 convie indiffremm5t les uns et les autres p>ticip] t\s les ex]cices1 tudes et pr(essions1 aussi bi5 ceux qui s'appliqu5t la gu]re qu' ceux relatifs aux occupations du temps de paix2 et le philosophe ,anti/hne1 lui1 ne faisait aucune di/9ction entre la v]tu de la femme et la ntre4 ,il e/ bi5 plus ais de port] une accusation contre un sexe que de tr\v] des excuses l'autre1 et c'e/ ici le cas d'appliqu] le dicton3 ,la pelle se moque du f\rgon1 autrem5t dit3 tel raille autrui1 qui lui-mme prte plus encore aux mmes critiques4 ,,*apitre ,,vi4 ,des co*es4 ,diffr5ce des op9ions des philosophes sur les causes de div]s usages et accid5ts3 sur ,dieu v\s bnisse dit qui t]nue1 sur le mal de m]2 digression sur la peur4--,il e/ ais de con/at] que les gr&s auteurs1 traitant des causes de tels et tels faits1 ne donn5t pas uniquem5t celles qu'ils croi5t tre les vritables1 mais s\v5t aussi en cit5t qu'ils n'e/im5t pas telles1 p\rvu qu'elles soi5t +nieuses ou lgantes2 en cela1 ils sont rellem5t utiles si leurs dires sont appuys de bonnes raisons4 ,ne p\vant tre c]ta9s de la cause pr9cipale1 n\s en numrons plusieurs2 peut-tre se tr\v]a-t-elle p> has>d dans le nombre3 ,ce n'e/ pas assez de n'indiqu] qu'une cause1 il faut en donn] plusieurs1 quoiqu'il n'y en ait qu'une de bonne 7,lucrce74 ,dsirez-v\s savoir d'o vi5t cette habitude de dire3 ,dieu v\s bnisse6 ceux qui t]nu5t8 ,voici3 n\s produisons trois sortes de v5ts3 ,l'un1 qui sort d'en bas1 e/ =t malpropre2 un autre1 qui sort p> la b\*e1 accuse que n\s avons trop mang2 le troisime e/ l't]nuem5t1 il vi5t du c]veau et ne prte aucune critique1 d'o l'accueil honnte que n\s lui faisons4 ,ne v\s moquez pas de cette explication2 si subtile qu'elle v\s p>aisse1 elle e/1 dit-on1 d',ari/ote4 ,il me semble avoir vu dans ,plut>que 7l'auteur qui1 ma connaissance a le mieux su alli] l'art la nature et le jugem5t au savoir7 qu'aprs avoir donn quelques preuves que la cra9te peut produire le mal de m]1 il attribue cette cause les s\lvem5ts d'e/omac qu'pr\v5t ceux qui voyag5t sur m]4 ,moi qui suis =t sujet ce mal1 je sais p]t9emm5t que1 *ez moi1 la cra9te n'en e/ pas la cause1 et je le sais non p> conjectures mais p> expri5ce4 ,sans mettre en avant ce qu'on m'a dit1 que les animaux1 et en p>ticuli] les p\rceaux1 l'pr\v5t en dehors de t\te apprh5sion de dang]1 ni ce qu'une de mes connaissances m'a racont sur elle-mme que1 bi5 qu'y tant =t sujet1 l'envie de vomir lui e/ passe deux ou trois fois1 p5dant de viol5tes temptes1 p> suite de la frayeur o elle tait1 se tr\vant1 comme dit ,snque1 trop proccupe du pril qu'elle c\rait p\r song] elle-mme2 je n'ai jamais cra9t sur l'eau pas plus qu'ailleurs au po9t d'en tre tr\bl et d'en p]dre la tte1 quoique ayant s\v5t c\ru des risques o la peur et t bi5 ju/ifie si t\tefois elle l'e/ qu& ce n'e/ que la mort qu'on a r$\t]4--,la peur nat p>fois faute de jugem5t1 aussi bi5 que faute de cur2 t\s les dang]s que j'ai c\rus1 je les ai envisags les yeux ouv]ts sans que mes ides s'en soi5t tr\ves affectes1 entraves ou amo9dries2 p\r cra9dre1 il faut encore du c\rage4 ,bi5 m'en prit autrefois d'tre a9si et non comme tant d'autres2 cela m'a p]mis de me dirig] et de cons]v] mon sang-froid alors que j'tais en fuite2 j'ai pu p> l m'en tir]1 s9on sans cra9te1 du mo9s sans effroi ni tonnem5t2 j'tais mu1 mais non t\rdi et p]du4 ,les gr&es mes vont bi5 plus lo9 et n\s donn5t le spectacle de retraites non seulem5t calmes et c\ronnes de succs1 mais encore excutes firem5t4 ,voici1 ce propos1 ce que conte ,alcibiade sur ,socrate dont1 en cette circon/ance1 il tait le compagnon d'armes3 ,je le tr\vai1 dit-il1 ,la*ez et lui1 aprs la dr\te de notre arme1 f]mant la m>*e d]rire les fuy>ds4 ,je l'obs]vais t\t mon aise1 n'ayant ri5 cra9dre p\r moi-mme p>ce que j'tais sur un bon *eval et qu'il tait pi$2 il en avait du re/e t a9si p5dant t\te la dure du combat4 ,je rem>quai surt\t combi5 il tait avis et rsolu1 en comp>aison de ,la*ez2 et aussi la crn]ie de son allure qui ne diffrait en ri5 de celle qu'il avait d'ord9aire4 ,il avait cons]v sa f]met et sa lucidit d'esprit1 obs]vait et se r5dait compte de ce qui se passait aut\r de lui1 reg>dant tantt les uns1 tantt les autres1 amis et ennemis2 enc\rageant les uns de ce mme reg>d qui signifiait aux autres qu'il tait dcid v5dre bi5 *] son sang et sa vie qui t5t]ait de les lui t]2 et cela les sauva1 c> on n'attaque pas volonti]s ceux qui montr5t de telles dispositions1 t&is qu'on c\rt sur ceux que la peur entrane4 ,tel e/ le tmoignage de ce gr& capita9e1 qui n\s appr5d1 ce que n\s con/atons t\s les j\rs1 qu'il n'e/ ri5 qui n\s expose davantage au dang] qu'un so9 exagr de n\s en prs]v]3 ,d'ord9aire1 mo9s il y a de cra9te1 mo9s il y a de dang] 7,tite-,live74 ,c'e/ tort qu'on dit dans le peuple3 ,un tel cra9t la mort1 qu& on veut exprim] que quelqu'un y songe et la prvoit4 ,la prvoyance s'applique galem5t ce qui n\s t\*e en bi5 comme en mal2 considr] et apprci] le dang] e/1 en quelque sorte1 le contraire de s'en effray]4--,je ne me s5s pas assez =t p\r rsi/] cette viol5te sec\sse que n\s cause la peur1 pas plus qu' t\te autre passion aussi vhm5te2 si une fois j'en tais frapp1 j'en s]ais att]r et ne m'en relv]ais jamais compltem5t2 qui aurait fait p]dre pi$ mon me1 ne p>vi5drait jamais la remettre en place bi5 d'aplomb2 elle aurait beau se tt]1 s'tudi] avec so9 et au plus pr(ond d'elle-mme1 malgr cela elle n'arriv]ait jamais f]m] et consolid] la plaie dont elle aurait t atte9te4 ,cela a t une gr&e *ance p\r moi que1 jusqu'ici1 aucune maladie ne l'ait jete hors d'elle-mme4 ,a *aque preuve qui m'arrive1 j'y fais face en appelant moi t\t ce que j'ai de =ce de rsi/ance2 aussi1 la premire qui l'emport]ait1 me laiss]ait-elle b\t de ress\rces p\r cont9u] la lutte4 ,je ne suis pas mme de r5\vel] mon ef=t2 si1 p> quelque endroit1 le mal rompt la digue que je lui oppose1 me voil dsemp> et je suis noy sans p\voir *app]4 picure dit que le sage ne peut jamais en arriv] un tat d'me qui soit contraire aux pr9cipes qu'il s'e/ une fois poss2 je suis port pr5dre la contrep>tie de cette maxime1 et crois que celui qui1 une seule fois1 aurait t rellem5t f\1 ne s]a jamais bi5 sage4 ,dieu 99 qui mesure le froid ses cratures selon la f\rrure qui les protge1 me mesure mes passions1 la =ce que j'ai p\r leur rsi/]4 ,la nature m'a laiss dc\v]t d'un ct et m'a c\v]t de l'autre2 elle m'a ds>m en m'tant la =ce1 mais arm d'ins5sibilit et aussi de ce fait qu'en moi1 la peur e/ raisonne et sans beauc\p de prise4 ,je ne puis support] longtemps1 et qu& j'tais jeune je les supportais encore mo9s1 les co*es1 les litires1 les bateaux2 je hais1 la ville comme la campagne1 t\t moy5 de locomotion autre que le *eval2 la litire m'incommode plus encore que les co*es1 p> la mme raison qui fait que j'endure plus aism5t une m] agite lors mme qu'elle peut donn] des inquitudes que le m\vem5t qu'on ress5t en temps calme4 ,la lgre sec\sse que produis5t les rames1 s\s l'action desquelles le navire se drobe s\s n\s1 me b>b\ille1 je ne sais p\rquoi1 la tte et l'e/omac1 de mme que je ne puis me s5tir assis sur un sige qui vacille4 ,qu& la voile ou le c\rant n\s emporte d'un m\vem5t rguli]1 ou que n\s allons la remorque1 l'abs5ce d' c\ps fait que je n'pr\ve pas de gne2 ce que je ne puis s\ffrir1 ce sont les m\vem5ts saccads1 et plus ils sont l5ts plus ils m'incommod5t2 je ne sais trop comm5t les dpe9dre avec plus de prcision4 ,les mdec9s m'ont conseill1 p\r remdi] cette disposition1 de me cont5ir le bas-v5tre avec une s]viette bi5 s]re2 c'e/ un moy5 dont je n'ai pas essay1 p>ce que j'ai p\r habitude de ragir contre les dfauts que je puis avoir p\r les dompt] p> ma seule volont4 ,v>it d'emploi des *>s2 comm5t ils ont t p>fois utiliss la gu]re et p5dant la paix4--,si ma mmoire me le p]mettait1 je ne considr]ais pas comme du temps p]du d'numr] ici la v>it inf9ie1 au dire des hi/ori5s1 des div]s modes d'emploi des *>s la gu]re4 ,ils ont v>i suivant les nations et les temps1 sembl5t avoir t d'un gr& effet et tai5t dev5us une ncessit2 aussi e/-il tonnant que n\s ne soyons pas mieux docum5ts sur ce po9t4--,je ne f]ai que rappel] qu' une poque assez rappro*e1 du temps de nos pres1 les ,hongrois s'en s]vir5t avec succs contre les ,turcs3 sur *acun se tr\vai5t un soldat arm d'un b\cli] et un m\squetaire1 avec nombre d'arquebuses *>ges et disposes prtes faire feu1 le t\t c\v]t d'une =te b*e1 comme le sont les galiotes4 ,ils en avai5t jusqu' trois mille semblables1 tablis sur le front de bataille4 ,aprs que le canon avait j\1 ceux qui montai5t ces *>s1 d*>geai5t 99 t\t d'abord sur l'ennemi les armes feu qui y avai5t t places1 ce qui n'tait pas sans donn] un c]ta9 avantage1 puis on se portait contre lui4 ,ils les employai5t aussi en les lanant contre la caval]ie de l'adv]saire1 p\r la rompre et y faire br*e2 et cela indp5damm5t du sec\rs qu'ils en 99 tirai5t1 qu& ils craignai5t des surprises1 p\r g>d] leurs flancs lorsqu'ils tai5t en m>*e en rase campagne1 ou encore p\r c\vrir en hte et =tifi] un lieu de /ationnem5t4--,de mon temps1 sur l'une de nos frontires1 un g5tilhomme qui tait peu dispos de sa p]sonne1 ne tr\vant pas de *eval capable de le port] en raison de son poids et r$\tant une attaque1 p>c\rait le pays sur un *> semblable ceux que je vi5s de dcrire et s'en tr\vait bi54 ,bornons-n\s l p\r les *>s employs la gu]re4 ,les d]ni]s rois de notre premire race1 dont la fa9antise ressortait cep5dant bi5 dj suffisamm5t autrem5t1 voyageai5t et se prom5ai5t sur un *> tir p> quatre bufs4 ,m>c-,anto9e fut le premi] qui1 en compagnie d'une jeune musici5ne1 se fit conduire dans ,rome p> des lions attels son *>4 ,po/rieurem5t1 ,hliogabale en fit autant1 se disant tre ,cyble la mre des dieux2 il allait aussi attelant des tigres p\r figur] ,bac*us et il lui arriva d'attel] son *> de deux c]fs1 une autre fois de quatre *i5s1 une autre de quatre jeunes filles qui1 t\tes nues1 le tranai5t en gr&e pompe1 lui-mme tant en p>eil tat de nudit4 ,l'emp]eur ,firmus attelait quatre autru*es de gr&eur tonnante1 si bi5 qu'il semblait vol] plutt que r\l]4 ,en gnral les s\v]a9s ont gr& tort de se livr] des dp5ses exagres de luxe2 ces prodigalits sont mal vues des peuples qui e/im5t1 avec raison1 qu'elles sont faites leurs dp5s4--,ces inv5tions tranges me mett5t en tte l'ide que c'e/ une sorte de pusillanimit de la "p des mon>ques1 et un tmoignage qu'ils ne compr5n5t pas assez ce qu'ils sont1 que de *]*]1 p> des dp5ses excessives1 se faire valoir et p>atre4 ,ce p\rrait tre excusable en pays trang]2 mais au milieu de leurs sujets1 l o ils peuv5t t\t1 leur dignit mme leur con/itue le plus haut degr auquel1 en fait d'honneurs1 ils puiss5t atte9dre4 ,il en e/ de mme d'un g5tilhomme1 p\r lequel je tr\ve qu'il e/ bi5 sup]flu de se vtir d'une manire p>ticulire1 qu& il e/ *ez lui3 sa demeure1 son tra9 de maison1 sa cuis9e1 rpond5t assez p\r lui4 ,je tr\ve judicieux le conseil que donne ,isocrate son roi3 ,d'avoir un intrieur et un mobili] spl5dides1 d'autant que cela con/itue une dp5se qui dure et passe ses successeurs1 et d'vit] t\te magnific5ce dont l'usage et le s\v5ir sont phmres4--,qu& j'tais jeune1 j'aimais la p>ure1 n'ayant d'autres moy5s de me faire rem>qu]1 et cela m'allait bi52 il en e/ sur qui les beaux vtem5ts jur5t4--,n\s possdons des relevs de comptes qui tonn5t p> l'extrme conomie de c]ta9s de nos rois1 p\r eux et t\t ce qui les t\*ait p]sonnellem5t1 a9si que p> celle qu'ils apportai5t dans leurs libralits2 et c'tai5t des rois puissants1 r5omms p> leur valeur et les dons de la =tune4 ,dmo/hne combattait outrance une loi de son pays1 qui mettait la *>ge des d5i]s publics les dp5ses faites p\r donn] plus de sol5nit aux jeux et aux ftes2 il v\lait que sa gr&eur se manife/t p> le nombre de ses vaisseaux prts pr5dre la m] et de ses armes prtes entr] en campagne4 ,c'e/ avec raison qu'on repro*e ,?ophra/e d'mettre l'ide contraire dans son livre sur la ri*esse1 et de prt5dre que des dp5ses de cette nature doiv5t tre une consqu5ce naturelle de l'opul5ce4 ,ari/ote1 lui1 dit que ce sont l des plaisirs qui ne sont apprcis que de la populace1 dont le s\v5ir disp>at ds qu'ils ont pris f91 et dont ne peut faire cas un homme srieux qui a du jugem5t4 ,ces dp5ses tr\v]ai5t1 ce me semble1 un emploi bi5 plus digne de la maje/ royale1 bi5 plus utile1 ju/e et durable1 si elles tai5t affectes la con/ruction de ports1 de d>ses1 de =tifications1 de murailles1 d'difices somptueux1 d'glises1 d'hpitaux1 de collges1 l'amlioration des rues et des *em9s4 ,p\r en avoir agi a9si1 le pape ,grgoire ,,xiii laiss]a une mmoire des plus recomm&ables et qui se p]ptu]a4 ,c'e/ aussi p> l que1 p5dant longues annes1 ses ress\rces lui p]mettant de satisfaire ses gts1 la libralit naturelle et la magnific5ce de notre re9e ,ca!r9e se sont manife/es2 et c'e/ un gr& dplaisir p\r moi1 que la con/ruction du beau ,pont-,neuf1 dont notre gr&e ville lui e/ r$evable1 ait t int]rompu1 et de ne p\voir1 avant de m\rir1 espr] le voir a*ev4 ,il semble aux sujets1 spectateurs des triomphes que se mnag5t a9si leurs rois1 que c'e/ leur propre ri*esse qu'on tale s\s leurs yeux et que c'e/ eux qui font les frais des ftes qu'on leur donne2 d'autant que les peuples p5s5t volonti]s de leurs matres1 ce que n\s p5sons de nos valets1 qu'ils doiv5t mettre leur so9 ce que n\s ayons en abondance t\t ce qui n\s e/ ncessaire1 mais sans prt5dre en avoir leur "p4 ,c'e/ ce qui explique ce mot de l'emp]eur ,galba qui1 satisfait du plaisir que lui avait caus un musici5 p5dant son s\p]1 s'tant fait apport] sa cassette p>ticulire et y ayant pris une poigne d'cus1 la lui donna en disant3 ,cela e/ moi1 et ne provi5t pas du trsor public4 ,t\j\rs e/-il que le plus s\v5t le peuple a raison1 et que c'e/ de ce avec quoi il devrait se n\rrir1 qu'on satisfait ses reg>ds4 ,un roi1 en effet1 ne possde ou ne doit possd] ri5 en propre2 une sage conomie doit prsid] ses libralits1 d'autant que1 quoi qu'il fasse1 il lui s]a t\j\rs impossible de satisfaire l'avidit de ses sujets4--,la libralit1 de la "p d'un s\v]a91 n'a mme pas gr& mrite2 les p>ticuli]s qui la pratiqu5t1 en ont davantage p>ce que1 de fait1 un roi ne possde ri5 en propre et se doit lui-mme aux autres3 l'adm9i/ration n'e/ pas cre p\r le bi5 de l'adm9i/rateur1 mais p\r celui de l'adm9i/r2 un suprieur n'e/ jamais in/itu p\r le bnfice que cela lui donne1 mais p\r le pr(it que l'infrieur doit en retir]2 le mdec9 e/ fait p\r le malade et non p\r lui-mme2 t\te magi/rature1 t\t art exi/ant le sont dans un intrt autre que le leur3 ,nul art n'e/ conf9 en lui-mme 7,cicron74 ,aussi les g\v]neurs des pr9ces qui1 dans leur enfance1 s'v]tu5t leur inculqu] des ides de l>gesses et leur pr*5t qu'ils ne doiv5t pas savoir refus] et qu'ils ne saurai5t faire meilleur emploi de ce qu'ils ont que de le donn] 7ducation qui1 de mon temps1 a t =t en crdit71 ont plus en vue leur intrt que celui de leur matre1 ou compr5n5t mal leurs devoirs tant donn qui ils p>l5t4 ,il e/ trop ais de p\ss] la libralit celui qui e/ mme de la pratiqu]1 comme il l'ent5d1 aux dp5s d'autrui2 et1 comme on lui en sait gr1 non d'aprs la valeur du prs5t qu'il fait1 mais d'aprs les moy5s qu'il a de le faire1 elle arrive dev5ir sans effet en des ma9s si puissantes2 ils sont prodigues et on ne les ti5t mme pas p\r gnreux4 ,c'e/ p\r cela que la libralit n'e/ pas une v]tu de premi] ordre d'entre celles que devrait possd] un roi2 c'e/ la seule1 comme dit ,d5ys le tyran1 qui s'allie bi5 la tyrannie elle-mme4 ,a ces pr9ces j'enseign]ais plutt ce prov]be d'un lab\reur de l'antiquit3 ,qui veut tir] pr(it de sa sem5ce1 doit sem] avec la ma91 et non v]s] mme du sac 7,plut>que72 il faut p&re le gra9 et non le rp&re2 eux ont donn]1 ou mieux pay] et re/itu] tant de g5s suivant leurs s]vices1 qu'ils doiv5t tre des disp5sateurs loyaux et aviss4 ,j'aim]ais mieux qu'un pr9ce ft av>e1 que de le voir d'une libralit sans mesure ni discrtion4 ,la v]tu qui doit prdom9] *ez un roi semble plutt tre la ju/ice1 et1 de t\tes les bran*es de la ju/ice1 celle qui doit accompagn] la libralit e/ celle qui se rem>que le plus en eux1 p>ce qu'ils se l'ont plus p>ticulirem5t rs]ve1 t&is qu'ils ex]c5t t\tes les autres plutt p> des int]mdiaires4 ,une l>gesse immodre n'e/ pas faite p\r leur valoir de la bi5veillance1 c> elle leur aline plus de g5s qu'elle ne leur en gagne3 ,on peut d'autant mo9s tre gnreux1 qu'on l'a plus t444 ,quelle folie de se mettre dans l'impuissance de faire longtemps ce qu'on fait avec plaisir 7,cicron72 la libralit1 pratique sans t5ir compte du mrite1 e/ une honte p\r qui reoit1 il n'en a aucune gratitude4 ,des tyrans ont t sacrifis la ha9e du peuple p> ceux-l mmes qu'ils avai5t inju/em5t combls de faveurs2 c]ta9es catgories de g5s1 e/imant qu'ils s'assur5t la possession de bi5s indm5t reu1 en montrant du mpris et de la ha9e p\r ceux de qui ils les ti5n5t1 se ralli5t au jugem5t et l'op9ion que la f\le pr(esse l'g>d de cette manire de faire4 ,les sujets d'un pr9ce qui donne avec excs1 devi5n5t eux-mmes excessifs dans leurs dem&es2 ils se rgl5t non d'aprs la raison1 mais sur l'exemple qu'ils ont s\s les yeux4 ,il e/ c]ta9 que bi5 s\v5t notre impud5ce devrait n\s faire r\gir2 n\s sommes1 en bonne ju/ice1 pays au del de ce qui n\s e/ d qu& la rcomp5se gale le s]vice2 ne devons-n\s donc ri51 en effet1 nos pr9ces p> suite de nos obligations naturelles8 ,s'ils pr5n5t notre dp5se leur *>ge ils vont trop lo91 c'e/ assez qu'ils n\s vi5n5t en aide2 le surplus s'appelle bi5fait et n\s ne sommes pas en droit de l'exig]1 c> le mot mme de libralit implique l'ide de lib]t *ez celui qui donne4 ,a notre mode1 on n'arrive jamais au b\t2 ce qui e/ reu ne compte plus1 on n'aime que les libralits v5ir2 aussi1 plus un pr9ce s'puise en donnant1 plus il s'appauvrit en amis4 ,comm5t p\rrait-il ass\vir t\s les apptits1 qui vont croissant au fur et mesure qu'il y satisfait8 ,qui songe pr5dre1 ne p5se plus ce qu'il a pris2 la convoitise a l'+ratitude p\r c>actre ess5tiel4 ,l'exemple de ,cyrus ne f]a pas mal ici1 p\r s]vir aux rois de notre poque di/+u] qu& leurs dons sont bi5 ou mal employs2 il leur montr]a combi51 en les di/ribuant a9si qu'il le faisait1 ce s\v]a9 a eu la ma9 plus heureuse qu'eux1 qui1 aprs avoir puis leurs ress\rces1 en sont rduits contract] des emprunts auprs de sujets qui leur sont inconnus1 et dem&] ceux auxquels ils ont fait du mal1 plutt qu' ceux qu'ils ont obligs1 une aide1 qui1 en la circon/ance1 n'a de gratuit que le nom4 ,crsus repro*ait ,cyrus ses l>gesses1 et calculait combi5 s'lv]ait son trsor1 s'il et t plus p>cimonieux4 ,ce d]ni] eut l'ide de ju/ifi] ses libralits et1 dp*ant dans t\tes les directions aux gr&s de ses tats env]s lesquels il avait t p>ticulirem5t gnreux1 il pria *acun1 p\r lui v5ir en aide et le tir] d'un mauvais pas1 de lui envoy] t\t l'arg5t dont il p\rrait dispos] et de l'avis] de ce qu'il s]ait en mesure de lui donn]4 ,qu& t\tes les rponses fur5t arrives1 il se tr\va que t\s ses amis1 ayant e/im que ce n'tait pas assez de ne lui (frir que la somme qu'ils avai5t reue de sa munific5ce1 y avai5t aj\t beauc\p de leurs propres d5i]s1 et que le total dpassait considrablem5t l'conomie qui1 au dire de ,crsus1 aurait pu tre faite4 ,l-dessus1 ,cyrus lui dit3 ,je n'aime pas mo9s les ri*esses que les autres pr9ces1 mais je crois les mieux adm9i/r]2 voyez combi5 peu me revi5t ce trsor ine/imable que me con/itu5t tant d'amis1 qui me sont de plus srs trsori]s que ne s]ai5t des m]c5aires qui ne m'aurai5t pas d'obligation et ne me port]ai5t pas affection2 ma =tune e/ mieux g>de p> eux que dans mes c(fres qui m'attir]ai5t la ha9e1 l'envie et le mpris des autres pr9ces4 ,on p\vait1 ,rome1 excus] la pompe des spectacles tant que ce fur5t des p>ticuli]s qui en faisai5t les frais1 mais non qu& ce fur5t les emp]eurs1 p>ce que c'tait alors les d5i]s publics qui en supportai5t la dp5se4--,les emp]eurs roma9s avai5t p\r excuse de leur pr(usion en fait de jeux et spectacles publics1 que leur autorit dp5dait en quelque sorte 7du mo9s en app>5ce7 de la volont du peuple qui1 de t\t temps1 avait l'habitude d'tre flatt au moy5 de ce g5re de div]tissem5ts dvelopps l'excs4 ,dans le pr9cipe1 c'tai5t les p>ticuli]s qui avai5t tabli et entret5u cette c\tume de gratifi] leurs concitoy5s et leurs compagnons de ces magnific5ces exagres1 dont ils supportai5t la majeure p>tie des frais2 le c>actre de ces rj\issances publiques *angea1 qu&1 p> imitation1 ce fur5t ceux qui tai5t dev5us les matres qui les donnr5t3 ,le don fait des trang]s d'un arg5t pris autrui1 ne doit pas tre considr comme une libralit 7,cicron74--,philippe crivait en ces t]mes son fils1 p\r lui faire repro*e de *]*] gagn] l'atta*em5t des ,macdoni5s p> des prs5ts3 ,z-tu donc envie que tes sujets te pr5n5t p\r le dt5teur de leur b\rse1 au lieu que tu sois leur roi8 ,si tu veux te les atta*]1 amne-les toi p> les bi5faits de tes v]tus et non p> ceux de ton c(fre-=t4 ,description de ces tranges spectacles2 ce que l'on doit le plus en admir]1 c'e/ mo9s leur magnific5ce1 que l'inv5tion et les moy5s d'excution qui dnot5t dans les arts un degr auquel n\s n'atteignons pas4--,c'tait cep5dant une belle *ose que de transport] et de dress] sur les arnes quantit de gros arbres1 avec t\tes leurs bran*es et leur v]dure1 qui1 bi5 symtriquem5t disposs1 reprs5tai5t une gr&e =t ombreuse1 et d'y l*]1 comme le fit un j\r l'emp]eur ,probus1 mille autru*es1 mille c]fs1 mille sangli]s1 mille daims1 et d'en ab&onn] la *asse au peuple2 d'y faire1 le l5dema91 assomm] en sa prs5ce c5t lions de =te taille1 c5t lop>ds1 trois c5ts ours2 et le troisime j\r1 y faire combattre outrance trois c5ts paires de gladiateurs4--,c'tait aussi bi5 beau voir1 ces va/es amphi?tres aux p>ois extrieures incru/es de m>bre1 sculptes1 g>nies de /atues1 et dont l'intrieur brillait s\s la ri*esse des dcorations somptueuses dont il tait p>3 ,vois le p\rt\r du ?tre orn de pi]res prcieuses et son portique t\t reluisant d'or 7,calpurnius74 ,sur t\t le p\rt\r du gr& vide qu'enf]mait cette ence9te1 depuis le bas jusqu'au fate1 rgnai5t soixante ou quatre-v+ts ranges de grad9s1 galem5t en m>bre et g>nis de siges sur lesquels c5t mille p]sonnes p\vai5t pr5dre place et y tre l'aise3 ,qu'il s'en aille1 dit-il1 s'il a quelque pudeur1 et quitte les siges de/9s aux *evali]s1 lui qui ne paye pas le c5s fix p> la loi 7,juvnal74--,dans le c\rs d'une mme j\rne1 c'tait d'abord les p>ois de la p>tie du fond o avai5t lieu les jeux1 qui s'entr'ouvrai5t +nieusem5t1 et des crevasses se =mai5t1 reprs5tant des antres d'o se prcipitai5t les animaux de/9s au spectacle2 puis la scne se trans=mait en une m] pr(onde qui reclait =ce mon/res m>9s et portait des vaisseaux arms p\r la reprs5tation d'une bataille navale2 un troisime *angem5t surv5ait ensuite1 l'arne se vidait et se dess*ait p\r les combats de gladiateurs2 enf91 le sol1 au lieu de gravi]1 tait sabl de v]millon et de /orax et on y dressait un fe/9 magnifique auquel pr5ait "p t\te cette f\le imm5se1 ce qui con/ituait le d]ni] acte de la j\rne3 ,que de fois avons-n\s vu une p>tie de l'arne s'abaiss]1 et de l'abme entr'ouv]t surgir t\t c\p des btes froces et t\te une =t d'arbres d'or l'corce de safran4 ,non seulem5t j'ai vu dans nos amphi?tres les mon/res des =ts1 mais aussi des phoques au milieu des combats d'ours et le hideux tr\peau des *evaux m>9s 7,calpurnius74--,quelquefois1 c'tait une haute montagne c\v]te d'arbres fruiti]s et d'arbres v]ts1 qu'on y levait3 du sommet s'*appait1 comme de l'orifice d'une s\rce vive1 de l'eau qui s'c\lait en ruisseau4 ,p>fois1 on y faisait se m\voir un gr& navire1 dont les flancs s'ouvrai5t1 se disjoignai5t d'eux-mmes1 et quatre c9q c5ts fauves en bondissai5t1 qui se battai5t entre eux t&is que le navire se ref]mait et disp>aissait de lui-mme4 ,d'autres fois1 on faisait jaillir du sol des jets d'eau odorifrante qui1 projete une hauteur considrable1 retombait en vapeur1 arrosant et embaumant t\te cette multitude en nombre inf9i4--,p\r abrit] contre les intempries1 on t5dait au-dessus de cette imm5se ence9te1 soit des voiles de p\rpre brods l'aiguille1 soit des t(fes de soie te9tes d'une c\leur ou d'une autre1 qu'on dployait ou qu'on repliait en un in/ant1 suivant que l'ide en pr5ait3 ,bi5 qu'un soleil brlant d>de ses rayons sur l'amphi?tre1 on retire les voiles1 ds que p>at ,h]mogne 7,m>tial74 ,les filets1 placs devant les spectateurs p\r les protg] contre les bonds p> trop viol5ts des btes froces1 tai5t galem5t tisss d'or2 les rets eux-mmes brill5t de l'or dont ils sont tisss 7,calpurnius74 ,s'il y a quelque *ose qui excuse de tels excs1 ce n'e/ pas tant la dp5se que l'inv5tion et la n\veaut qui s'y tr\v5t et n\s pntr5t d'admiration2 ces actes mmes de vanit n\s rvl5t combi5 ces sicles produisai5t de g5s l'imag9ation bi5 autrem5t f]tile que ne sont les ntres4 ,il en e/ de cette f]tilit d'esprit comme de t\tes les autres productions de la nature2 on ne saurait cep5dant dire qu'elle y a atte9t l'apoge de sa puissance2 n\s ne progressons pas sans cesse1 n\s pivotons plutt sur n\s-mmes1 t\rnant t\s v5ts dans un s5s et dans l'autre1 n\s allons et rev5ons sur nos pas4 ,je cra9s que nos connaissances ne soi5t =t limites s\s t\s rapports2 n\s ne voyons gure lo91 pas plus en avant qu'en arrire2 elles sont re/re9tes et de c\rte dure1 peu t5dues comme temps1 comme s\s le rapport des matires qu'elles embrass5t3 ,bi5 des hros ont vcu avant ,agamemnon2 mais1 ensevelis dans une nuit pr(onde1 ils ne n\s font pas auj\rd'hui v]s] de l>mes 7,horace74--,avant la gu]re de ,troie1 beauc\p de potes avai5t *ant d'autres vnem5ts 7,lucrce74 ,ce que ,solon rapporte de ce qu'il avait appris des prtres d'gypte sur la haute antiquit laquelle remontait leur pays et sur leur manire d'tablir et de cons]v] l'hi/oire des pays trang]s1 e/1 en la circon/ance1 un tmoignage qui n'e/ pas rep\ss]3 ,s'il n\s tait donn de voir l't5due inf9ie des rgions et des sicles o1 se plongeant et s't5dant de t\tes p>ts1 l'esprit n'a plus de bornes p\r arrt] sa vue1 n\s dc\vririons une quantit innombrable de =mes dans cette imm5sit 7,cicron74 ,qu& t\t ce qui1 des temps passs1 e/ v5u jusqu' n\s1 s]ait vrai et connu1 ce s]ait encore mo9s que ri5 auprs de ce que n\s en ignorons4 ,combi5 les plus curieux eux-mmes sont peu et imp>faitem5t au c\rant de ce qui se passe en ce monde l'poque o n\s vivons6 ,qu'il s'agisse des rvolutions qui affect5t les g\v]nem5ts1 de l'tat social des plus gr&es nations1 ou de ces vnem5ts p>ticuli]s auxquels le has>d donne de l'importance et qui m>qu5t1 il n\s en *appe c5t fois plus que n\s n'arrivons en connatre4 ,n\s crions au miracle de l'inv5tion faite *ez n\s de l'artill]ie1 de l'imprim]ie1 alors qu'en ,*9e1 l'autre b\t du monde1 d'autres que n\s s'en s]vai5t mille ans aup>avant4 ,si ce que n\s connaissons du monde galait ce que n\s n'en connaissons pas1 il e/ croire que n\s s]ions en prs5ce d'une inf9ie v>it de corps de t\tes =mes et de t\tes espces en p]ptuelle trans=mation4 ,ri5 dans la nature n'e/ unique et r>e2 il n'en e/ a9si qu'eu g>d nos connaissances re/re9tes1 qui sont les bases trs dfectueuses des rgles que n\s avons tablies et qui font que n\s n\s =geons d'ord9aire une trs fausse ide de t\tes *oses4 ,de mme qu'auj\rd'hui1 en raison de notre propre faiblesse et de notre dcad5ce1 n\s sommes1 bi5 tort1 ports tr\v] que le monde a vieilli et priclit3 ,notre ge n'a plus la mme vigueur1 ni la t]re la mme fcondit 7,lucrce72 ce mme pote que je vi5s de cit]1 concluait1 avec t\t aussi peu de raison1 en considrant la vigueur qu'il voyait aux esprits de son temps qui abondai5t en n\veauts et inv5tions dans les arts de div]ses sortes1 que le monde tait de cration rc5te et encore en ple9e jeunesse3 ,a mon avis1 le monde n'e/ pas anci52 il ne fait que de natre2 aussi voyons-n\s que c]ta9s arts sont en progrs et se p]fectionn5t1 notamm5t celui de la navigation qui se dveloppe *aque j\r davantage 7,lucrce74 ,un n\veau monde vi5t d'tre dc\v]t2 ses habitants sont de murs simples1 dans les arts qu'ils connaiss5t ils ne le cd5t en ri5 ce que n\s p\vons produire4--,notre monde vi5t d'en dc\vrir un autre 7et qui n\s g>antit que ce soit le d]ni] de ses frres1 puisque les dmons1 les sibylles et n\s en ignorions jusqu'ici l'exi/5ce871 qui n'e/ pas mo9s gr&1 mo9s peupl1 mo9s organis que le ntre2 et cep5dant1 il e/ si n\veau1 si enfant1 qu'on lui appr5d son ,a1 ,b1 ,c1 et qu'il n'y a pas c9quante ans1 il ne connaissait ni lettres1 ni poids1 ni mesures1 pas plus que l'art de se vtir et pas davantage le bl et la vigne2 t\t nu1 encore sur les g5\x de sa mre1 il ne vivait que p> sa n\rrice4 ,si n\s tions fonds admettre que notre pote avait raison de dire que son sicle tait en ple9e jeunesse1 et n\s conclure que notre monde avance v]s sa f91 ce n\veau-n rayonn]a alors que le ntre s]a sur son dcl9 et l'univ]s s]a frapp d'hmiplgie2 une moiti de lui-mme s]a p]cluse1 t&is que l'autre s]a dans t\te sa vigueur4 ,je cra9s bi5 t\tefois que n\s ayons trs =t ht le dprissem5t et la ru9e de ce d]ni] v5u1 p\r tre entr en communication avec lui1 et que n\s lui fassions pay] *] nos ides et nos actes4 ,c'tait un monde dans l'enfance2 ne l'avons-n\s pas f\ett et ass]vi nos errem5ts1 en abusant de notre supriorit et des =ces dont n\s disposions8 ,en t\t cas1 n\s ne l'avons ni gagn n\s p> notre ju/ice et notre bont1 ni subjugu p> notre magnanimit4 ,la plup>t des rponses de ses habitants1 dans les ngociations engages avec eux1 tmoign5t qu'ils ne n\s le cdai5t en ri5 en fait d'esprit naturel et d' propos4 ,ils ne n\s sont pas davantage infrieurs s\s le rapport de l'indu/rie1 a9si qu'en tmoigne la m]veilleuse magnific5ce des villes de ,cusco et de ,mexico1 o se voyai5t1 entre autres *oses surpr5antes1 le j>d9 du roi o t\s les arbres1 les fruits et les plantes tai5t1 avec une ressemblance p>faite1 reproduits en or en vraie gr&eur et disposs comme cela se voit dans t\t autre j>d92 de mme tai5t reproduits de semblable faon1 dans ses gal]ies1 t\s les animaux exi/ant dans ses tats ou vivant dans les m]s qui les baign5t2 n\s en p\vons galem5t jug] p> la beaut de leurs ouvrages o ils utilisai5t les pi]r]ies et les plumes1 p> ceux qu'ils confectionnai5t en coton et p> leurs pe9tures4 ,quant leur pit1 la manire dont ils obs]vai5t les lois1 leur bont1 leur libralit1 leur loyaut et leur fran*ise1 notre infriorit s\s ce rapport n\s a t des plus utiles2 ils ont t victimes de ce qu'ils valai5t mieux que n\s cet g>d1 p> l ils se sont v5dus et trahis eux-mmes4 ,p\r ce qui e/ de leurs v]tus1 il n'e/ pas d\teux que s'ils ont succomb c'e/ beauc\p plus p> ruse et p> surprise que grce la valeur de leurs ennemis4--,p\r ce qui e/ de la h>diesse et du c\rage1 a9si que de la f]met1 de la con/ance1 de la rsolution contre les d\leurs1 la faim et la mort1 je ne cra9drais pas d'oppos] les exemples que je tr\v]ais *ez eux aux plus fameux d'entre ceux de l'antiquit dont notre monde a cons]v la mmoire4 ,ne t5ons pas compte *ez ceux qui les ont subjugus1 des ruses et des jongl]ies auxquelles ils ont eu rec\rs p\r les tromp]1 de l'tonnem5t facile concevoir qu'ont pr\v ces nations en voyant app>atre si inop9m5t des g5s ayant de la b>be1 si diffr5ts d'elles-mmes p> le langage1 la religion1 le physique1 l'attitude2 v5ant d'un endroit du monde si loign1 qu'ils n'avai5t jamais suppos qu'il ft habit2 monts sur de gr&s mon/res qui leur tai5t inconnus eux qui n'avai5t jamais vu ni *eval1 ni animal quelconque dress port] un homme ou t\te autre *>ge2 g>nis d'une peau luisante et dure1 et d'une arme tran*ante et respl5dissante1 alors qu'eux1 p\r la possession de cette m]veille qu'tait un miroir qui les captivait p> son brillant1 ou celle d'un c\teau1 donnai5t en *ange des valeurs considrables en or et en p]les1 et qu'ils ne savai5t ni ne p\vai5t1 avec les moy5s leur disposition1 mme en s'y appliquant t\t loisir1 p]c] ces armures en aci]4 ,a quoi il faut aj\t] l'effet f\droyant de nos canons et de nos arquebuses1 leur bruit semblable celui du tonn]re1 qui euss5t t capables de port] le tr\ble mme dans l'me de ,cs> s'ils l'euss5t surpris aussi inexprim5t des effets de ces armes que l'tai5t1 ce mom5t1 ces peuples qui1 en dehors de quelques tissus de coton qu'ils tai5t mme de fabriqu]1 allai5t t\t nus1 dont les armes les plus r$\tables tai5t l'arc1 les pi]res1 des btons1 des b\cli]s en bois1 dont enf9 l'amiti et la bonne foi avai5t t surprises p> les envahisseurs1 et qui tai5t t\t tonns de voir des *oses inconnues qui leur p>aissai5t tranges4 ,supposons que les avantages que donnai5t aux conqurants de semblables 9galits n'ai5t pas exi/1 les combats qui leur ont procur de si nombreuses victoires n'aurai5t mme pas t livrs4 ,qu& je considre l'ardeur incroyable avec laquelle tant de milli]s d'hommes1 de femmes1 d'enfants ont tant de fois affront avec p]si/ance1 p\r la df5se de leurs dieux et de leur lib]t1 des dang]s dont ils ne p\vai5t triomph]1 leur gnreuse ob/9ation support] t\tes les difficults et s\ffrances les plus extrmes1 la mort mme1 plutt que de se s\mettre la dom9ation de g5s qui les avai5t si honteusem5t abuss3 c]ta9s1 faits prisonni]s1 allant jusqu' se laiss] m\rir de privations et de faim entre les ma9s de leurs ennemis1 plutt que d'accept] la vie de la "p d'adv]saires qui1 p\r les va9cre1 avai5t mis en uvre des procds aussi vils2 qu& je rfl*is t\t cela1 je suis am5 p5s] que s'ils avai5t t attaqus armes gales et avai5t eu la mme expri5ce que leurs va9queurs1 ne leur euss5t-ils pas t suprieurs en nombre1 la victoire et t dispute avec le mme a*>nem5t1 plus gr& peut-tre encore1 qu'en aucune autre des gu]res dont n\s sommes tmo9s4 ,t\t autre et t le sort de ces peuples s'ils fuss5t tombs entre les ma9s de conqurants plus huma9s et plus polics4 ,tmoignage de leur bon s5s et de leur mansutude4--,que n'e/-ce p> ,alex&re1 ou ces anci5s ,grecs et ,roma9s1 que cette si noble conqute ait t faite6 ,cette trans=mation de tant d'empires et de peuples1 ces si gr&s *angem5ts euss5t t effectus avec d\ceur2 c'e/ progressivem5t qu'et t dfri* ce qu'il y avait en eux d'inculte2 les bonnes sem5ces qu'ils t5ai5t de la nature euss5t t consolides et mises mme de g]m]2 et les conqurants1 introduisant *ez eux les progrs raliss p\r la culture de la t]re et aussi1 en admettant que cela et t ncessaire1 les arts conc\rant l'ornem5t des villes1 aurai5t en mme temps associ les v]tus grecques et roma9es celles dj innes *ez ces peuples4 ,quelle rp>ation1 quelle amlioration c'et t p\r leur civilisation1 comp>es ce qu'ont caus les exemples et les dbordem5ts de ceux des ntres qui1 les premi]s1 ont abord ces t]res n\velles si1 en am5ant ces populations admir] et imit] leurs v]tus1 ils avai5t fait natre entre elles et n\s un accord frat]nel et rgn] la bonne intellig5ce6 ,combi5 il et t facile de tir] pr(it de ces mes neuves1 affames du dsir d'appr5dre et qui1 p\r la plup>t1 prs5tai5t de si heureuses dispositions naturelles6 ,au lieu de cela1 n\s avons abus de leur ignorance et de leur inexpri5ce1 p\r leur inculqu] plus facilem5t la trahison1 la luxure1 l'av>ice2 p\r les port] des actes de t\tes sortes d'inhumanit et de cruaut1 l'exemple et sur le modle de nos murs4 ,qui jamais a sacrifi ce degr1 dans l'intrt du comm]ce et du trafic8 ,que de villes rases1 que de nations ext]m9es1 que de millions d'individus passs au fil de l'pe1 que de b\lev]sem5ts dans cette si belle et si ri*e p>tie du monde1 p\r le ngoce des p]les et du poivre6 ,misrables victoires6 ,jamais l'ambition1 jamais les inimitis publiques n'ont p\ss ce po9t les hommes les uns contre les autres et produit de si horribles ho/ilits et de si rvoltantes calamits4 ,en suivant les ctes1 quelques ,espagnols1 la re*]*e de m9es1 prir5t t]re dans une contre f]tile1 agrable l'il et =t peuple2 et1 adressant aux populations leurs requtes habituelles3 ,ils tai5t1 disai5t-ils1 des g5s paisibles1 v5ant de lo91 envoys p> le roi de ,ca/ille1 le plus gr& pr9ce de la t]re habite1 auquel le ,pape1 reprs5tant de ,dieu sur la t]re1 avait concd la dom9ation sur les ,indes entires4 ,s'ils cons5tai5t dev5ir ses tributaires1 ils s]ai5t traits avec une gr&e bi5veillance4 ,ensuite de cela1 ils dem&ai5t des vivres p\r se n\rrir1 et de l'or p\r la confection de c]ta9s mdicam5ts2 au surplus1 ils prnai5t la croyance en un seul ,dieu1 la vrit de notre religion qu'ils recomm&ai5t d'adopt]1 aj\tant au t\t quelques m5aces4 ,la rponse qui leur fut faite1 e/ celle-ci3 ,p\r des g5s placides1 s'ils l'tai5t1 ils n'en avai5t gure l'app>5ce2 quant leur roi1 il devait tre bi5 indig5t et ncessiteux1 puisqu'ils sollicitai5t p\r lui2 et celui qui lui avait attribu leur t]ritoire bi5 aim] les diss5sions1 puisqu'il donnait un ti]s des t]res qui ne lui app>t5ai5t pas1 au risque de le mettre aux prises avec leurs anci5s possesseurs4 ,p\r ce qui tait des vivres1 ils leur en f\rnirai5t2 quant de l'or1 ils en avai5t peu1 c'tait *ose qu'ils n'apprciai5t gure1 p>ce qu'elle tait inutile leur vie que leur unique proccupation tait de pass] heureuse et agrable2 qu'en consqu5ce1 ils p\rrai5t sans scrupule pr5dre ce qu'ils en tr\v]ai5t en dehors de ce qui tait employ au s]vice de leurs cultes4 ,que ce qu'ils disai5t de la croyance en un seul ,dieu1 leur plaisait2 mais qu'ils ne v\lai5t pas *ang] de religion1 en ayant une qui leur avait depuis si longtemps r5du s]vice2 que1 du re/e1 ils avai5t c\tume de ne pr5dre conseil que de leurs amis et connaissances2 quant leurs m5aces1 c'tait manqu] de jugem5t que d'en adress] des g5s dont le c>actre et le degr de puissance leur tai5t inconnus2 qu'ils se dp*ass5t donc de quitt] promptem5t leur pays1 c> eux-mmes n'tai5t pas habitus pr5dre en bonne "p ni les honntets ni les remontrances de g5s qui leur tai5t trang]s et se prs5tai5t en armes2 qu'autrem5t1 s'ils ne dfrai5t pas cette injonction1 on agirait leur g>d comme il avait t fait de ces autres1 et ils montrai5t1 exposes aut\r de la ville les ttes de quelques individus mis mort p> autorit de ju/ice4 ,voil comm5t balbutiai5t ces peuples en enfance4 ,ce qui e/ c]ta91 c'e/ que1 quelques autres avantages que le pays pt leur (frir1 les ,espagnols ne s'arrtr5t et ne t5tr5t de c\ps de ma9 ni ici1 ni ailleurs1 o ils ne tr\vr5t pas les m>*&ises qu'ils re*]*ai5t2 le pays des ,cannibales1 dont j'ai dj p>l et qu'ils n'occupr5t pas1 en tmoigne4 ,mauvaise foi et b>b>ie des ,espagnols l'g>d des d]ni]s rois du ,pr\ et de ,mexico2 horrible autodaf qu'ils fir5t un j\r de leurs prisonni]s de gu]re4--,le roi du ,pr\1 l'un des deux plus puissants mon>ques1 rois des rois de ce n\veau monde1 et peut-tre aussi de celui que n\s occupons1 fut l'un des d]ni]s qu'ils dtrnr5t4 ,l'ayant fait prisonni] dans une bataille1 ils lui imposr5t une ranon excessive1 dpassant t\t ce qu'on peut imag9] et qui fut exactem5t paye4 ,p5dant sa captivit1 il fit preuve d'un c>actre franc1 libral1 f]me et d'un esprit ju/e et t5du4 ,aprs en avoir tir un million trois c5t v+t-c9q mille c9q c5ts cus pesant d'or et1 en outre1 de l'arg5t et autres *oses ne s'levant pas mo9s 7leurs *evaux n'allai5t plus que f]rs d'or massif71 l'ide leur v9t de savoir et de s'appropri] ce qui p\vait re/] des trsors de ce pr9ce1 quelle que ft la dloyaut laquelle ils duss5t avoir rec\rs p\r en arriv] leurs f9s4 ,a cet effet1 on porta contre lui une accusation1 l'appui de laquelle on produisit des preuves aussi fausses que l'accusation elle-mme1 lui imputant d'avoir conu de provoqu] un s\lvem5t dans ses tats p\r rec\vr] sa lib]t2 et1 l-dessus1 sur un beau jugem5t r5du p> ceux-l mmes qui avai5t inv5t cette trahison1 on le condamna tre trangl et p5du publiquem5t1 aprs lui avoir fait ra*et] le supplice d'tre brl vif p> une acceptation du baptme1 qui lui fut donn sur le lieu mme de l'excution2 traitem5t in\ et b>b>e qu'il subit cep5dant avec calme et c\rage1 sans se dm5tir ni p> son attitude1 ni p> ses p>oles qui1 dans la =me comme dans le fond1 fur5t vraim5t dignes d'un roi4 ,puis1 p\r endormir ses peuples tonns et frmissants de faits si tranges1 on affecta un gr& deuil de sa mort1 et on lui fit de somptueuses funrailles4 ,de ces deux rois1 l'autre tait le roi de ,mexico4 ,longtemps il df5dit sa ville que les ,espagnols assigeai5t2 et1 dans ce sige1 les assigs montrr5t1 plus que jamais jusqu'o peuv5t all] la s\ffrance et la p]svrance *ez un pr9ce et *ez un peuple4 ,son mauvais sort fit qu'il tomba vivant au p\voir de ses ennemis p> suite d'une capitulation portant qu'il s]ait trait en roi2 et autant de temps qu'il demeura entre leurs ma9s1 il se comporta avec t\te la dignit de son rang4--,ne tr\vant pas aprs leur victoire t\t l'or qu'ils avai5t espr1 les va9queurs1 aprs avoir t\t remu et f\ill1 se mir5t p\rsuivre leurs re*]*es en ex]ant sur leurs prisonni]s les plus cruels traitem5ts qu'ils pur5t inv5t]2 mais1 se heurtant des c\rages plus =ts que leurs supplices1 ils ne russir5t pas1 et en conur5t une telle rage qu'ils en v9r5t mettre la torture1 en prs5ce l'un de l'autre1 le roi lui-mme et l'un des pr9cipaux seigneurs de sa c\r4 ,ce seigneur1 environn de brasi]s ard5ts1 f9it1 s\s l'effet de la d\leur1 p> implor] son matre d'un reg>d qui faisait piti1 comme p\r lui dem&] p>don de ce qu'il ne p\vait plus rsi/]4 ,le roi1 qui se tr\vait en mme situation1 fixant sur lui un reg>d svre et assur1 en repro*e de sa l*et et de sa pusillanimit1 lui dit ces seuls mots d'une voix f]me et rude3 ,et moi1 suis-je donc dans un ba92 suis-je plus mon aise que toi8 et1 presque aussitt1 succombant la d\leur1 ce seigneur r5dit sur place le d]ni] s\pir4 ,le roi fut emport moiti rti2 non p> commisration1 mais p>ce que sa con/ance faisait ressortir encore davantage t\t l'odieux de la cruaut de ses b\rreaux2 la piti du re/e ne t\*a jamais ces mes b>b>es qui1 p\r obt5ir une in=mation d\teuse sur quelques vases d'or pill]1 ne reg>dai5t pas faire grill] s\s leurs yeux un homme1 bi5 plus1 un roi si gr& p> ses mrites et sa situation4--,plus t>d1 celui-ci ayant t5t de s'affran*ir p> les armes de la longue captivit et de la sujtion en lesquelles on le t5ait1 ils le p5dir5t2 et sa f91 elle aussi1 fut digne d'un pr9ce magnanime4 ,une autre fois1 ils brlr5t vifs1 d'un seul c\p1 sur un mme b*]1 quatre c5t soixante individus1 qui tai5t simplem5t prisonni]s de gu]re2 quatre c5ts tai5t g5s du commun et soixante comptai5t p>mi les pr9cipaux seigneurs d'une mme prov9ce4--,c'e/ d'eux-mmes que n\s t5ons ces dtails1 c> non seulem5t ils les av\5t1 mais ils s'en vant5t et les cri5t bi5 haut4 ,e/-ce comme tmoignage de leur ju/ice ou p> zle p\r la religion8 quoi qu'il en soit1 ce sont des moy5s t\t autres que ceux qu'admet une si sa9te cause1 et elle les rpr\ve4 ,si ces b>b>es s'tai5t propos de propag] notre foi1 ils aurai5t considr que ce n'e/ pas en s'emp>ant de t]ritoires qu'elle s't5d1 mais en pr5ant possession des hommes2 et ils se s]ai5t borns aux meurtres 9vitables qu'entrane la gu]re1 sans se livr] bnvolem5t ces b\*]ies univ]selles comme il peut s'en pratiqu] l'g>d de btes sauvages1 p\sses autant que le f] et le feu en donn5t possibilit1 n'p>gnant de p>ti pris que ceux1 en nombre suffisant1 dont ils v\lai5t faire de misrables esclaves1 p\r le s]vice et l'exploitation de leurs m9es2 si bi5 que plusieurs de leurs *efs1 dconsidrs et has de t\s1 ont t punis de mort1 sur les lieux mmes de leurs conqutes1 p> ordre des rois de ,ca/ille1 ju/em5t (f5ss p> l'horreur de ces actes abom9ables4 ,dieu a p]mis avec ju/ice que les produits de ces pillages en gr& ai5t t engl\tis p> la m] p5dant qu'on les transportait en ,europe1 ou dans des gu]res inte/9es o ces brig&s se sont dvors les uns les autres2 la plup>t ont pri sur place1 sans tir] aucun fruit de leur victoire4 ,l'or p> lui-mme n'e/ pas une ri*esse1 il ne le devi5t que s'il e/ mis en circulation4--,quant ce qui1 de ces trsors1 e/ p>v5u en ,espagne1 bi5 qu'entre les ma9s d'un pr9ce bon et sage adm9i/rateur1 les rsultats qu'ils ont donns1 n'ont pas confirm les esprances qu'en avai5t conues ses prdcesseurs1 et que devait produire cette pr(usion de ri*esses d'abord r5contres sur ce n\veau cont95t2 c>1 bi5 qu'encore ces rsultats ai5t t considrables1 ils ne sont ri5 auprs de ceux qu'on en p\vait att5dre4 ,cette dception doit tre attribue ce que l'usage de la monnaie tait compltem5t inconnu dans ces contres2 p> suite t\t leur or1 ne s]vant que p\r en faire montre et p>ade comme il arrive d'un objet mobili] qui se transmet de pre en fils1 se tr\vait avoir t runi entre les ma9s de quelques gr&s pot5tats qui en puisai5t compltem5t les m9es p\r en fabriqu] cet imm5se monceau de vases et de /atues employs l'ornem5t de leurs palais et de leurs temples2 t&is que *ez n\s1 n\s le faisons s]vir des acquisitions et au comm]ce2 n\s le travaillons1 n\s lui donnons mille =mes s\s lesquelles il se rp& et se disp]se4 ,imag9ons que nos rois ai5t de mme amoncel t\t l'or qu'ils ont pu amass] durant des sicles et qu'ils l'ai5t g>d immobilis1 ce qui s'e/ produit *ez ces peuples se reproduirait *ez n\s4 ,les ,mexica9s croyai5t c9q ges du monde et p5sai5t se tr\v] dans le d]ni] qu& les ,espagnols v9r5t les ext]m9]4--,les ,mexica9s tai5t quelque peu plus civiliss que les autres peuples de cette p>tie du monde et plus avancs dans les arts4 ,ils avai5t1 comme elle a exi/ *ez n\s1 la croyance que l'univ]s t\*e sa f91 et la dsolation que n\s avons apporte *ez eux en fut considre comme un signe prcurseur4 ,ils p5sai5t que l'exi/5ce du monde comporte c9q phases1 =mes *acune p> l'exi/5ce de soleils en nombre gal et devant se succd]1 desquels quatre aurai5t dj f\rni leur temps et dont le c9quime e/ celui qui n\s claire4 ,le premi] de ces soleils fut dtruit1 avec t\tes les cratures exi/antes1 la suite d'un dluge univ]sel4 ,le second1 p> la *ute du ciel qui t\ffa t\t ce qui avait vie3 cet ge fut celui des gants1 dont on montrait aux ,espagnols des ossem5ts qui1 comp>s ceux de l'homme1 leur assign5t une taille de v+t palmes de hauteur4 ,le troisime prit f9 p> le feu qui embrasa et consuma t\t4 ,le quatrime1 p> un cyclone d'air et de v5t qui alla jusqu' nivel] des montagnes2 les hommes n'en m\rur5t pas1 mais fur5t *angs en magots 7quelles impressions la crdulit huma9e1 dans sa faiblesse1 n'e/-elle pas susceptible de recevoir674 ,qu& prit ce quatrime soleil1 le monde demeura p5dant v+t-c9q ans plong dans les tnbres3 la qu9zime anne de cette priode1 fur5t crs un homme et une femme qui recon/itur5t la race huma9e2 dix ans aprs cette cration1 app>ut un j\r un n\veau soleil qui v5ait d'tre cr2 c'e/ de ce mom5t que ces peuples font dat] les annes p> lesquelles ils compt5t4 ,trois j\rs aprs la cration de ce d]ni] soleil1 les dieux anci5s m\rur5t2 puis1 du j\r au l5dema91 naquir5t ceux qui exi/5t actuellem5t4--,l'auteur de ces r5seignem5ts ne sait pas ce qu'ils suppos5t de la manire dont ce soleil pr5dra f92 mais n\s t\*ons cette gr&e conjonction des a/res1 laquelle a t due1 il y a huit c5ts et tant d'annes1 le quatrime b\lev]sem5t qui a prcd la priode actuelle et qui1 d'aprs les a/rologues1 doit am5] des p]turbations considrables dans le monde et tre le po9t de d"p d'un n\vel ordre de *oses4 ,la r\te de ,quito ,cusco au ,pr\ surpasse t\s g>ds n'importe quel ouvrage qui ait t excut en ,grce1 ,rome1 ou en gypte4--,la pompe et la magnific5ce qui se r5contrai5t dans ces pays et qui m'ont conduit abord] ce sujet1 tai5t telles1 que ni la ,grce1 ni ,rome1 ni l'gypte ne prs5t5t d'ouvrages aussi gr&ioses1 aussi utiles et qui ai5t t d'excution aussi difficile que cette r\te qui exi/e au ,pr\1 uvre des rois du pays1 qui va de la ville de ,quito celle de ,cusco que sp>e une di/ance de trois c5ts lieues4 ,elle e/ en droite ligne1 plane1 l>ge de v+t-c9q pas1 pave1 encadre de *aque cot de hautes et belles murailles le long desquelles1 l'intrieur1 c\l5t cont9uellem5t deux ruisseaux d'eau vive2 elle e/ borde de beaux arbres1 qu'on nomme molly4 ,l o1 en la con/ruisant1 on s'e/ heurt des montagnes ou des ro*]s1 on les a entaills ou aplanis2 l o l'on a eu affaire des bas-fonds1 ils ont t combls p> de la maonn]ie4 ,en f9 de *aque j\rne de m>*e1 sont de beaux btim5ts1 r5f]mant des approvisionnem5ts de vivres1 de vtem5ts et d'armes1 tant p\r les voyageurs que p\r les armes qui la suiv5t4 ,p\r bi5 apprci] la valeur de cet ouvrage1 il faut t5ir compte de la difficult va9cue qui a t p>ticulirem5t gr&e2 on y a fait emploi de pi]res de taille1 dont les mo9dres n'avai5t pas mo9s de dix pi$s de ct2 faute d'autres moy5s de transport1 il a fallu les *>ri] =ce de bras2 p\r les mettre en place1 comme ils ne connaissai5t pas l'art des *afaudages1 on tablissait simplem5t1 contre les btim5ts que l'on levait1 des rampes en t]re qu'on enlevait une fois le travail a*ev4 ,p\r en rev5ir aux *>s1 ils tai5t inconnus dans le n\veau monde4--,p\r rev5ir nos *>s1 c'tait *ose inconnue dans le n\veau monde2 on y supplait1 a9si qu' t\te autre espce de voitures1 p> des hommes qui v\s portai5t sur leurs paules4--,le j\r o le d]ni] roi du ,pr\ fut fait prisonni]1 il tait a9si port1 au milieu du combat1 sur des branc>ds d'or1 assis sur un sige d'or4 ,on v\lait le pr5dre vivant1 et1 autant on tuait de ses porteurs p\r le faire tomb]1 autant s'en tr\vai5t d'autres qui1 rivalisant de zle1 pr5ai5t la place des morts1 si bi5 qu'on ne put le jet] bas1 quelque c>nage qu'on ft de ses g5s1 jusqu' ce qu'un cavali]1 se portant lui1 le saisit et le prcipita t]re4 ,,*apitre ,,vii4 ,des inconvni5ts des gr&eurs4 ,qui connat les gr&eurs et leurs incommodits1 peut les fuir sans beauc\p d'ef=ts ni gr& mrite4--,puisque n\s ne p\vons atte9dre aux gr&eurs1 v5geons-n\s en mdisant d'elles2 d'ailleurs1 ce n'e/ pas absolum5t mdire d'une *ose que d'y tr\v] des dfauts2 il y en a dans t\t1 si beau1 si dsirable que ce soit4 ,en gnral1 les gr&eurs ont cet avantage inconte/able1 qu'elles peuv5t s'abaiss] autant que cela plat1 et qu'il e/ loisible qui en j\it de *oisir la condition qui lui convi5t1 c> on tombe r>em5t de t\te sa hauteur et les gr&eurs dont on peut desc5dre sans tomb] exi/5t en plus gr& nombre que les autres4--,j'e/ime que n\s faisons des gr&eurs plus de cas qu'elles ne val5t1 et qu'aussi n\s e/imons au-dessus de sa ju/e valeur la rsolution que n\s voyons pr5dre1 ou que n\s ent5dons dire avoir t prise1 p> ceux qui les mpris5t ou qui y r5onc5t de leur propre m\vem5t2 elles ne sont pas1 p> ess5ce1 tellem5t avantageuses1 que de s'y drob] soit1 p> lui-mme1 un acte si m]veilleux4 ,je tr\ve bi5 difficile l'ef=t ncessaire p\r rsi/] la s\ffrance que les maux n\s caus5t1 mais ce me p>at une petite affaire que de se cont5t] d'une mdiocre situation de =tune et de fuir les gr&eurs2 c'e/ une v]tu laquelle1 moi1 qui ne suis qu'un oison1 j'arriv]ais1 je crois1 sans avoir me contra9dre beauc\p2 combi5 donc il en doit peu cot] ceux *ez lesquels entre en ligne de compte la considration que n\s vaut d'ord9aire ce refus1 qui peut tre dict p> une ambition plus gr&e que le dsir qu'on peut avoir des j\issances qu'elles donn5t1 d'autant que l'ambition n'e/ jamais plus consqu5te avec elle-mme que lorsqu'elle emploie des voies dt\rnes et inusites4 ,montaigne n'a jamais s\hait de po/es trs levs2 une vie d\ce et tranquille lui convi5t bi5 mieux qu'une vie agite et glorieuse4--,je m'ef=ce de dev5ir pati5t et de modr] mes dsirs2 j'ai t\t autant s\hait] qu'un autre1 et1 dans les s\haits que je =me1 j'apporte autant de lib]t et n'y mets pas plus de discrtion que qui que ce soit2 cep5dant1 il ne m'e/ jamais arriv de s\hait] ni royaume1 ni empire1 non plus que d'arriv] d'm95tes situations qui donn5t le comm&em5t2 ce n'e/ pas l ce que je vise1 je m'aime trop p\r cela4 ,qu& je rve d'accrotre mon importance1 mes vises n'ont ri5 d'lev2 mode/es et timores comme le comporte mon c>actre1 elles ne s'appliqu5t qu'aux progrs que je puis faire en dcision1 prud5ce1 sant1 beaut et mme en ri*esses2 mais je ne songe m'lev] ni en crdit1 ni en autorit p\r arriv] p\voir davantage2 l'ide seule en crase mon imag9ation4 ,au contraire de cet autre1 je prfr]ais tre le deuxime ou le troisime ,prigueux1 que le premi] ,p>is ou au mo9s1 sans m5tir1 le troisime ,p>is que d'y tre le premi] en *>ge4 ,je ne veux pas plus1 comme un misrable inconnu1 avoir me dbattre aux portes avec un huissi]1 que de faire que s'ouvr5t1 sur mon passage1 les f\les en adoration4 ,je suis habitu une situation moy5ne1 aussi bi5 du fait du sort que p> gt1 et ai montr p> la conduite que j'ai t5ue dans le c\rs de ma vie et p> ce que j'ai entrepris1 que j'ai plutt fui que dsir m'lev] au-dessus du degr de =tune o ,dieu m'a fait natre2 en t\t1 s'en t5ir l'ordre tabli p> la nature1 e/ *ose la fois ju/e et facile4 ,j'ai l'me poltronne au po9t que je ne mesure pas le succs p> la hauteur laquelle il n\s place1 mais la facilit avec laquelle il s'obti5t4 ,si mon cur n'a pas de hautes vises1 en revan*e il e/ franc et veut que je reconnaisse h>dim5t son humilit4--,l4 ,?orius ,balbus a t un galant homme1 beau1 d\ d'une bonne sant1 ent5du dans t\s les plaisirs et commodits de la vie dont il a l>gem5t j\i2 il a vcu tranquille1 n'ayant en vue que sa propre satisfaction1 l'me bi5 prp>e contre la mort1 les sup]/itions1 la d\leur et autres misres que l'homme ne peut vit]2 p\r a*ev]1 il a f9i les armes la ma91 sur un *amp de bataille1 p\r la df5se de son pays4 ,si j'avais tablir un p>allle entre cette exi/5ce et celle de ,m4 ,rgulus que *acun connat1 si gr&e1 de si haute v]tu1 c\ronne p> une f9 admirable2 l'une sans nom1 sans clat2 l'autre exemplaire et glorieuse au del de t\te expression1 j'en p>l]ais c]ta9em5t comme a fait ,cicron1 si je savais aussi bi5 dire que lui4 ,mais s'il me fallait pr5dre l'une ou l'autre p\r modle1 je dirais que la premire e/ autant dans mes moy5s et selon mes dsirs que je rgle sur ces moy5s1 que l'autre les dpasse et de beauc\p2 je ne puis que vnr] celle-ci1 t&is que je me rs\drais volonti]s vivre celle-l4 ,rev5ons aux gr&eurs de ce monde dont n\s p>lions4 ,que je l'ex]ce ou que je la subisse1 la dom9ation n'e/ pas dans mes gts4--,otanez1 l'un des sept seigneurs de ,p]se qui p\vai5t aspir] l'empire1 adopta un p>ti que j'aurais moi-mme pris volonti]s4 ,il cda ses compagnons son droit de conc\rir la s\v]a9et1 soit p> l'lection1 soit p> le sort1 s\s condition que lui et les si5s vivrai5t sur le t]ritoire de l'empire indp5dants de t\te obligation1 sans que p]sonne ait autorit sur eux2 qu'ils ne s]ai5t t5us qu' l'obs]vation des lois anci5nes et j\irai5t de t\te lib]t n'y portant pas atte9te3 il tait aussi peu port comm&] qu' tre comm&4 ,il e/ trs port excus] les fautes des rois1 p>ce que leur mti] e/ des plus difficiles2 on leur cde en t\t1 ils n'ont mme pas la satisfaction de la difficult va9cue4--,le plus pnible et le plus difficile mti] de ce monde e/1 suivant moi1 d'tre un roi digne de ce rang4 ,j'excuse plus leurs fautes qu'on ne le fait gnralem5t1 p>ce que je considre l'norme f>deau dont ils ont la *>ge et que j'en suis tonn4 ,il e/ difficile de cons]v] de la mesure dans l'ex]cice d'une puissance aussi dmesure1 quoique ce soit un s+uli] enc\ragem5t la v]tu p\r ceux mmes qui ne sont pas p>faitem5t d\s p> la nature1 que d'tre dans une situation o t\t ce que v\s p\vez faire de bi5 e/ n et enregi/r1 o tant de g5s aspir5t p>ticip] au mo9dre de vos bi5faits1 et o votre capacit1 comme celle des prdicateurs1 e/ s\mise surt\t l'apprciation du peuple1 mauvais juge en la matire1 facile tromp] comme cont5t]4 ,il e/ peu de *oses sur lesquelles n\s p\vons mettre un jugem5t s9cre1 p>ce qu'il en e/ peu auxquelles n\s n'ayons de quelque faon un intrt p>ticuli]4 ,la supriorit et l'infriorit1 le matre et le sujet sont en opposition et se jal\s5t naturellem5t2 p]ptuellem5t ils empit5t sur leurs doma9es respectifs4 ,je ne crois aucun d'eux1 qu& ils rev5diqu5t ce qu'ils prt5d5t tre leurs droits2 c'e/ la raison seule1 qui n'admet pas les compromissions et cons]ve son imp>tialit1 qu'il app>ti5t de dcid] qu& elle peut se faire ent5dre4 ,je feuilletais1 il n'y a pas un mois1 deux livres d'auteurs cossais1 traitant t\s deux ce mme sujet1 mais des po9ts de vue opposs2 celui qui pr5d p>ti p\r le peuple1 fait du roi un tre de condition pire qu'un *>reti]2 celui qui en ti5t p\r le mon>que le place1 s\s le rapport de la puissance et de la s\v]a9et1 quelques brasses au-dessus de ,dieu4 ,l'un des inconvni5ts des gr&eurs1 qu'une circon/ance =tuite m'a rvl rcemm5t1 e/ la suivante3 ,il n'y a ri5 peut-tre de plus agrable dans les relations entre hommes1 que les assauts auxquels n\s n\s livrons les uns contre les autres1 tant p> po9t d'honneur que p\r faire ressortir notre valeur1 dans les div]s ex]cices soit du corps1 soit de l'esprit2 assauts auxquels ceux qui sont inve/is de la s\v]a9e gr&eur1 ne pr5n5t en fait aucune "p srieuse4--,il m'a p>u1 en effet1 qu' =ce de respect1 on y traite t\j\rs les pr9ces avec dda9 et en leur faisant injure4 ,dans mon enfance1 une *ose m'(f5sait inf9im5t1 c'tait que ceux qui luttai5t avec moi dans nos jeux1 vitai5t de s'y appliqu] fran*em5t p\r de bon1 p>ce qu'ils me tr\vai5t indigne de leurs ef=ts2 c'e/ ce qu'on voit arriv] t\s les j\rs aux pr9ces1 *acun se tr\ve indigne de leur t5ir tte4 ,si on s'ap]oit qu'ils ont le mo9dre dsir d'obt5ir la victoire1 il n'e/ p]sonne qui ne s'y prte et ne prfre trahir sa propre gloire que d'(f5s] la leur1 et qui n'apporte la leur disput] que ju/e la rsi/ance indisp5sable p\r qu'elle leur fasse honneur4 ,quelle "p ont-ils la mle1 alors que *acun y bataille p\r eux8 ,ils me font l'effet de ces palad9s des temps passs1 se prs5tant aux j\tes et aux combats avec des armes en*antes4--,brisson1 luttant la c\rse avec ,alex&re1 se laissa battre1 en ne donnant pas t\t ce qu'il et pu3 ,alex&re l'en tana2 il et d lui faire donn] le f\et4--,c'e/ l ce qui faisait dire ,c>nade que les enfants des pr9ces n'appr5n5t ri5 o la vrit ne soit fausse1 si ce n'e/ mani] les *evaux2 en t\t autre ex]cice1 *acun cde devant eux et leur donne gagn1 mais le *eval1 qui n'e/ ni flatteur ni c\rtisan1 jette le fils du roi t]re t\t comme il f]ait du fils d'un cro*eteur4 ,homre a d se rsign] admettre que ,vnus1 cette si vnre et si dlicate desse1 soit blesse dans les combats livrs s\s ,troie1 af9 de p\voir la dot] de c\rage et de h>diesse1 qualits que ne peuv5t possd] ceux qui n'ont pas r$\t] le dang]2 si on fait les dieux susceptibles de se c\rr\c]1 de cra9dre1 de fuir1 de ress5tir la jal\sie1 la d\leur1 de se passionn]1 c'e/ p\r p\voir leur faire honneur des v]tus qui sont la contrep>tie de ces imp]fections4 ,celui qui n'a "p ni au has>d1 ni la difficult1 ne peut prt5dre bnfici] de l'honneur et du plaisir qui suiv5t les actions qui prs5t5t des risques4--,c'e/ piti d'avoir un p\voir tel que t\t cde devant v\s2 une telle =tune rejette trop lo9 de v\s la socit et ceux qui v\s ti5n5t compagnie1 elle v\s plante trop l'c>t4 ,cette commode et l*e facilit faire que t\t s'abaisse s\s v\s1 exclut t\t plaisir de n'importe quelle sorte2 elle fait que v\s glissez et ne m>*ez pas2 c'e/ dormir1 ce n'e/ pas vivre4 ,reprs5tez-v\s un homme omnipot5t3 il e/ s\s une oppression con/ante2 il faut qu'il v\s dem&e de lui faire l'aumne de lui rsi/] et de l'entrav] dans ses volonts2 son bonheur n'e/ pas complet et il en s\ffre4 ,leurs tal5ts et leurs v]tus ne peuv5t se manife/]2 on leur ca*e leurs dfauts2 comm5t s'tonn] qu'ils commett5t tant de fautes8--,les bonnes qualits des pr9ces sont1 en eux1 comme mortes et non av5ues2 c> elles ne se manife/5t que p> comp>aison1 et1 *ez eux1 le po9t de comp>aison n'exi/e pas2 ils ne connaiss5t gure les l\anges de bon aloi1 tant t\j\rs affligs d'une approbation cont9ue1 qui jamais ne v>ie4 ,ont-ils affaire au plus sot de leurs sujets8 ils n'ont pas le moy5 de pr5dre avantage sur lui3 ,c'e/ p>ce qu'il e/ mon roi1 dit celui-ci2 et1 ce disant1 il lui semble avoir donn suffisamm5t ent5dre qu'il s'e/ prt tre va9cu4 ,p> ce fait qu'ils sont rois1 leur gr&eur t\ffe et absorbe t\tes les autres qualits relles et ess5tielles qu'ils peuv5t possd] et qui ne peuv5t se faire j\r2 elle ne leur laisse1 p\r se faire valoir1 que les actions qui les t\*5t1 telles que les devoirs de leur *>ge2 un roi a une si haute situation1 qu'en lui on ne voit qu'elle4 ,elle con/itue en dehors de lui une atmosphre lum9euse qui l'environne1 le ca*e et n\s le drobe2 notre vue1 arrte et aveugle p> ces flots de lumire1 ne p\vant les pntr]1 cesse de p]cevoir ce qu'ils lui voil5t4--,le snat roma9 avait dc]n ,tibre le prix de l'loqu5ce2 il le refusa1 e/imant que l'et-il mrit1 il ne lui et pas t possible de se prvaloir d'un jugem5t r5du p> une assemble aussi peu libre de ses actes4 ,comme on leur concde t\t ce qui peut les honor]1 on en arrive autoris] et aggrav] leurs dfauts et leurs vices1 non seulem5t en les appr\vant mais aussi en les imitant4--,dans l'ent\rage d',alex&re1 *acun portait1 comme lui1 la tte incl9e sur le ct2 et les flatteurs de ,d5ys1 lorsqu'ils tai5t en sa prs5ce1 se heurtai5t entre eux1 p\ssai5t et r5v]sai5t ce qui tait leurs pi$s1 p\r p>atre avoir la vue aussi c\rte que lui4 tre affect de h]nie a t p>fois un titre de recomm&ation et de faveur2 j'ai vu des g5s simul] la surdit4 ,plut>que a vu des c\rtisans qui1 p>ce que le matre hassait sa femme1 rpudiai5t la leur qu'ils aimai5t2 bi5 plus1 le lib]t9age1 les murs les plus dissolues1 et aussi la dloyaut1 le blasphme1 la cruaut1 l'hrsie1 t\t comme la sup]/ition1 l'irrligion1 la mollesse et encore pis1 si pis il y a1 ont t en crdit p> suite de mauvais exemples1 plus dang]eux encore que celui donn p> les flatteurs de ,mi?ridate qui1 p>ce que leur matre prt5dait l'honneur d'tre bon mdec91 se faisai5t incis] et cautris] les membres p> lui2 les autres1 c'e/ leur me1 p>tie autrem5t plus dlicate et plus noble1 qu'ils s\ffr5t se voir cautrise4 ,p\r a*ev] p> o j'ai comm5c1 je rappell]ai que l'emp]eur ,adri5 discutant avec le philosophe ,favor9us sur l'int]prtation donn] un mot1 celui-ci ayant cd assez promptem5t et ses amis le lui repro*ant3 ,v\s v\s moquez1 leur dit-il2 v\s v\driez qu'il ne soit pas plus savant que moi1 lui qui comm&e tr5te lgions6--,augu/e avait crit des v]s contre ,as9ius ,pollion3 ,quant moi1 dit ,pollion1 je me tais3 il n'e/ pas sage d'crire r5contre de qui peut proscrire4--,t\s deux avai5t raison2 ,d5ys1 p>ce qu'il n'avait pu gal] ,philoxne en posie et ,platon dans ses raisonnem5ts1 condamna l'un aux c>rires et fit v5dre l'autre comme esclave dans l'le d'g9e4 ,,*apitre ,,viii4 ,de la conv]sation4 ,en punissant les c\pables1 la ju/ice ne saurait avoir d'autre b que d'emp*] les autres hommes de commettre les mmes fautes2 c'e/ a9si que l'aveu que ,montaigne fait de ses dfauts1 doit s]vir corrig] les autres4--,c'e/ un usage de nos procds judiciaires de condamn] des g5s1 p\r que cela s]ve d'av]tissem5t aux autres4 ,les condamn] uniquem5t p>ce qu'ils ont failli1 s]ait1 comme dit ,platon1 une ineptie1 p>ce que ce qui e/ fait ne peut se dfaire2 aussi les condamne-t-on p\r qu'ils ne commett5t pas n\veau la mme faute1 ou qu'on ne suive pas l'exemple qu'ils ont donn2 p5dre quelqu'un ne le corrige pas1 ce sont les autres qui sont corrigs p> ce qui lui arrive4--,je fais de mme3 p>mi mes erreurs1 il y en a qui sont naturelles et qui ne peuv5t tre ni corriges ni rp>es2 et1 t&is que les honntes g5s s]v5t la cause publique en provoquant les imit]1 je la s]s peut-tre aussi en montrant ce qui1 en moi1 e/ vit]3 ,ne voyez-v\s pas que le fils d',albus vit mal et que ,b>rus e/ dans la misre8 ,leur exemple doit n\s in/ruire ne pas dissip] notre patrimo9e 7,horace72 en publiant et accusant mes imp]fections1 il se tr\v]a des g5s qui appr5dront les r$\t]4--,les po9ts que j'apprcie le plus en moi tir5t plus d'honneur de ce qu'ils con/itu5t contre moi des *efs d'accusation que s'ils m'tai5t des titres de recomm&ation2 voil p\rquoi j'y revi5s et m'y arrte si s\v5t4 ,mais qu& on a t\t racont sur soi1 on ne peut plus se mettre en cause qu' son dtrim5t2 on amplifie ce que v\s av\ez prt] condamnation1 on ne v\s croit pas sur ce que v\s e/imez tre l\]4 ,il peut se tr\v] des g5s comme moi qui m'in/ruis plus p> les contraires que p> les similaires1 en voyant ce qui e/ fuir plutt que ce qui e/ suivre1 t5dance qui faisait dire ,caton l'anci5 que les sages ont plus appr5dre des f\s1 que les f\s des sages4 ,pausanias rapporte qu'un j\eur de lyre de l'antiquit avait l'habitude d'oblig] ses lves all] c\t] un mauvais musici5 qui logeait en face de lui1 p\r leur appr5dre har ses mauvais accords et ses fausses mesures4 ,l'horreur que j'pr\ve voir des cruauts1 me reporte plus v]s la clm5ce que ne m'y attir]ait quelqu'un auquel je la v]rais pratiqu]2 la vue d'un bon cuy] ne m'incite pas autant rectifi] ma position *eval1 que si j'ap]ois un procureur ou un vniti5 *em9ant ridiculem5t sur une monture de la sorte2 ent5dre p>l] un langage incorrect1 m'amne corrig] le mi51 bi5 plus que si celui que l'on me ti5t e/ p>fait4 ,t\s les j\rs les sottises d'autrui m'av]tiss5t et me mett5t sur mes g>des2 ce qui blesse1 t\*e et veille davantage que ce qui plat4 ,le temps o n\s vivons e/ propre n\s am5d] reculons1 en ce que n\s voyons faire plus s\v5t ce qu'on ne devrait pas que ce qui devrait tre1 et que le dsaccord rgne p>mi n\s plus que l'accord4 ,ayant peu pr(it des bons exemples1 j'utilise les mauvais dont les leons sont con/amm5t s\s mes yeux4 ,je me suis ef=c de me r5dre aussi agrable que je voyais d'autres p]sonnes l'tre peu1 aussi f]me que j'en voyais d'autres tre faibles1 aussi d\x que j'en voyais de rev*es1 aussi bon que d'autres m'app>aissai5t m*ants2 mais ce que je me proposais l1 s'e/ tr\v au-dessus de mes =ces4 ,c'e/ surt\t dans les conv]sations que l'esprit se =me et se corrige2 cet ex]cice e/ plus in/ructif encore que l'tude dans les livres4--,l'ex]cice le plus naturel p\r notre esprit1 celui qui porte le plus de fruit1 e/1 mon s5s1 la conv]sation4 ,je tr\ve que c'e/ dans la vie ce qu'il y a de plus d\x1 et c'e/ p\rquoi1 cette heure1 si j'tais oblig de *oisir1 je cons5tirais plutt1 je crois1 p]dre la vue que l'oue ou l'usage de la p>ole4 ,les ,a?ni5s1 et aussi les ,roma9s1 entret5ai5t cet ex]cice en gr& honneur dans leurs acadmies2 et1 de nos j\rs1 les ,itali5s en ont cons]v quelque *ose p\r leur plus gr& avantage1 ce qui se con/ate qu& on comp>e la comprh5sion qu'ils ont de t\tes *oses avec celle que n\s en avons n\s-mmes4--,l'tude dans les livres e/ une occupation calme et fade1 qui n'*auffe pas2 t&is que1 lorsque n\s discutons1 n\s appr5ons et n\s n\s ex]ons t\t la fois4 ,si je conv]se avec un contradicteur un peu s]r1 l'me =te1 il me presse les flancs1 me pique gau*e et droite2 ses ides font surgir les mi5nes2 la jal\sie1 la vanit1 la cont5tion d'esprit m'excit5t et font que je m'lve au-dessus de moi-mme2 tre t\s du mme avis qu& on cause1 e/ *ose absolum5t ennuyeuse4 ,mais1 si notre esprit se =tifie p> les *anges d'ides avec des esprits vig\reux et pondrs1 on ne saurait dire combi5 il p]d et s'abt>dit au contact d'esprits infrieurs et maladifs2 il n'y a pas de contagion qui gagne plus que celle-ci1 et je sais p> expri5ce ce qu'en vaut l'aune4 ,j'aime disc\rir1 mais avec un petit nombre de g5s et seulem5t p\r mon agrm5t2 se donn] en cela en spectacle aux gr&s1 et faire1 qui mieux mieux1 p>ade de son esprit et de son v]biage1 me semble un mti] trs peu conv5able p\r un homme d'honneur4 ,on y appr5d support] la sottise2 et ,montaigne1 connaissant la faiblesse de l'esprit huma91 c\tait patiemm5t les propos les plus extravagants4--,la sottise e/ un dfaut2 mais ne p\voir la support]1 s'en dpit] et s'en t\rm5t]1 comme cela m'arrive1 e/ une autre sorte de maladie qui1 p> ses inconvni5ts1 ne le cde gure la sottise1 et c'e/ ce dont je veux prs5t m'accus]4--,je n'pr\ve ni gne1 ni difficult entr] en conv]sation et discut]1 d'autant que l'op9ion d'autrui tr\ve en moi un t]ra9 peu propice p\r y pntr] et y p\ss] de =tes rac9es3 nulle proposition ne m'tonne2 nulle croyance1 si contraire qu'elle soit la mi5ne1 ne me blesse2 il n'y a pas d'ide1 si frivole1 si extravagante soit-elle1 dont l'esprit huma9 ne me semble p\voir s'accommod] et qui ne puisse en man]4--,n\s1 qui ne reconnaissons plus notre jugem5t le droit de dcid] sur quoi que ce soit1 n\s ne prtons pas une att5tion srieuse aux op9ions div]ses qui se produis5t2 mais1 si notre jugem5t s'en ds9tresse1 n\s y prtons facilem5t l'oreille4 ,qu& un des plateaux de la balance e/ absolum5t vide1 je laisse l'autre oscill] s\s le faix de songes de vieille femme1 et me tr\ve excusable d'admettre les nombres impairs comme plus favorables que les nombres pairs1 de prfr] le jeudi au v5dr$i1 d'aim] mieux tre d\ze ou quatorze table que treize1 de voir en voyage avec plus de satisfaction un livre c\rir dans le s5s que je suis que s'il trav]sait mon *em91 de t5dre1 p\r tre *auss1 le pi$ gau*e le premi] plutt que le droit4 ,t\tes les ides *imriques qui sont en crdit aut\r de n\s val5t au mo9s qu'on les c\te2 p]sonnellem5t1 j'e/ime qu'elles ps5t autant que ri51 nanmo9s elles font p5*] la balance4 ,encore faut-il conv5ir que les op9ions que pr(esse le vulgaire sur c]ta9s po9ts sont1 p> leur nature1 de plus de poids que ces niais]ies2 et qui les ddaigne d'une faon absolue1 peut1 en v\lant vit] d'tre tax de sup]/ition1 p*] p> op9itret1 ce qui e/ un dfaut4 ,la contradiction veille l'esprit1 mais il faut qu'elle ait lieu en t]mes c\rtois2 la critique e/ susceptible de n\s corrig]1 mais il faut qu'elle soit de bonne foi et savoir l'accept]4--,p> suite1 les contradictions qu'on m'oppose ne m'(f5s5t ni ne m'influ5t2 elles ne font que m'excit] et me sont des occasions de m'ex]c]4 ,n\s n'aimons pas voir nos erreurs releves1 et t\te obs]vation dans ce s5s n'e/ accepte et ne saurait avoir de l'effet qu'autant qu'elle n\s e/ faite en manire de conv]sation1 sans qu'on semble v\loir n\s rg5t]2 on ne considre pas si les objections prs5tes sont ju/es1 mais seulem5t comm5t1 tort ou raison1 on les rfut]a3 au lieu de les accueillir bras ouv]ts1 n\s les recevons avec nos griffes4 ,il me s]ait assez pnible de m'ent5dre dire p> mes amis3 ,tu es un sot1 tu rves2 cep5dant j'aime qu'entre g5s galants on ait le c\rage de son op9ion1 que les mots traduis5t exactem5t la p5se4 ,il faut n\s =tifi] l'oue et l'endurcir contre les tons p> trop d\c]eux et crmonieux4--,j'aime une socit o rgne une famili>it =te et virile1 une amiti qui se complat dans l'pret et l'n]gie qu'elle apporte dans ses relations1 tel l'am\r qui mord et gratigne jusqu'au sang2 une conv]sation n'e/ suffisamm5t vig\reuse et ard5te qu'autant qu'elle e/ qu]elleuse1 qu'elle n'e/ pas civilise et police au po9t de r$\t] les *ocs et d'tre gne dans ses allures1 c> il n'y a pas de discussion sans contradiction 7,cicron74--,la contradiction ne me cause pas d'irritation1 mais veille mon att5tion2 je presse mon contradicteur et fais mon pr(it de ses argum5ts2 la re*]*e de la vrit ne devrait-elle pas tre le b commun de l'un et de l'autre8 ,que rpondre1 si dj la colre a infirm notre jugem5t2 si le tr\ble1 devanant la raison1 s'e/ emp> de notre esprit8--,il s]ait utile qu'un p>i s'engaget entre ceux qui discut5t1 p>i qui s]ait gagn p> celui qui aurait raison2 cela con/itu]ait un tmoignage matriel1 qui n\s p]mettrait de n\s r5dre compte des conv]sations dans lesquelles n\s aurions le dess\s1 si bi5 que mon valet p\rrait me dire3 ,l'anne d]nire1 il v\s en a cot c5t cus1 en v+t fois diffr5tes1 p\r avoir t ignorant et entt4--,je fais fte la vrit et la c>esse en quelques ma9s que je la tr\ve2 je capitule allgrem5t et1 va9cu1 je lui t5ds mes armes du plus lo9 que je la vois appro*]2 p\rvu qu'on ne le fasse pas d'une manire trop arrogante et imprieuse1 j'pr\ve plaisir tre repris et suis1 plus s\v5t p> politesse que p>ce que je me rep5s1 dans la meilleure intellig5ce avec ceux qui m'ont montr mes torts4 ,p> la facilit que je mets me r5dre1 je *]*e enc\rag] les g5s me repr5dre librem5t et les en rcomp5s] 99 alors mme que c'e/ mes dp5s4 ,t\tefois1 il e/ 99 assurm5t malais d'am5] t\s les hommes de l'poque actuelle p5s] a9si2 ils n'ont pas le c\rage de corrig] autrui p>ce qu'ils n'ont pas le c\rage de s\ffrir tre corrigs1 et leur langage1 qu& ils se tr\v5t en prs5ce les uns des autres1 manque t\j\rs de fran*ise4 ,p\r moi1 j'ai tant de plaisir tre connu et jug1 que la =me s\s laquelle on me connatra1 qu'on me condamne ou qu'on m'appr\ve1 m'e/ indiffr5te2 mes ides sont si s\v5t contradictoires1 qu'elles se condamn5t elles-mmes1 et il m'importe peu qu'un autre le fasse1 vu surt\t que je donne la critique que l'autorit que je veux2 mais je me br\ille avec qui le pr5d de trop haut1 comme quelqu'un que je connais qui regrette les avis qu'il a mis qu& on ne les appr\ve pas1 et se tr\ve (f5s lorsqu'on fait difficult de les suivre4--,si ,socrate accueillait t\j\rs de bonne grce les contradictions qu'on s\levait sur ce qu'il disait1 on peut dire que cela t5ait sa =ce et que1 c]ta9 de triomph] de ses adv]saires1 il acceptait leurs objections comme autant de sujets devant lui procur] de n\velles victoires4 ,n\s voyons que1 p> contre1 ri5 ne n\s met en situation dlicate comme l'op9ion que n\s avons de la supriorit de celui contre lequel n\s discutons et du dda9 que n\s p\vons lui inspir]2 aussi1 ne s]ait-ce que p> raison1 celui qui a consci5ce de sa faiblesse e/ bi5 inspir en acceptant avec bonne grce les critiques qui le r$ress5t et le mett5t en meilleure po/ure4 ,en vrit1 je re*]*e plus la frqu5tation de ceux qui me rudoi5t que celle de ceux qui me craign5t2 c'e/ un plaisir sans saveur et nuisible que d'avoir affaire des g5s qui n\s admir5t et n\s cd5t t\j\rs4 ,anti/hne recomm&ait ses enfants de ne savoir aucun gr qui les l\ait et ne pas l'en rem]ci]4 ,je suis bi5 plus fi] de la victoire que je remporte sur moi qu&1 dans l'ardeur mme du combat1 je me contra9s m'incl9] devant la =ce des argum5ts de la p>tie adv]se1 que je ne me sais gr du succs que je gagne sur elle si c'e/ p>ce qu'elle n'e/ pas de =ce4 ,enf91 j'accepte et av\e les atte9tes de t\tes sortes qui me sont portes directem5t1 si faibles qu'elles soi5t2 mais je ne supporte pas trs patiemm5t celles o la =me laisse p> trop dsir]4 ,dans les conv]sations la subtilit et la =ce des argum5ts import5t mo9s que l'ordre2 quant discut] avec un sot1 il ne faut s'y prt] absolum5t pas4--,le sujet en discussion m'importe peu1 les op9ions mises me sont gales1 et la manire de voir qui l'emporte m'e/ peu prs indiffr5te4 ,il m'arriv]a de discut] un j\r enti] sans m'impati5t]1 si le dbat se dr\le en bonne =me4 ,ce n'e/ pas tant la =ce et la subtilit dans l'argum5tation auxquelles je ti5s1 qu' l'ordre dans les ides1 cet ordre1 qui subsi/e dans t\tes les alt]cations qu'ont entre eux mme les b]g]s et les g>ons de b\tique et que n\s n'obs]vons jamais4 ,s'ils s'en c>t5t1 c'e/ uniquem5t p\r s'invectiv]2 ne le faisons-n\s pas n\s-mmes8 ,mais eux1 leurs qu]elles et leurs impati5ces ne les font pas sortir du sujet de leur dispute1 la discussion suit son c\rs2 s'ils p>l5t la fois1 sans s'att5dre1 ils ne cess5t pas p\r cela de se compr5dre4 ,t\te rponse me satisfait au del de ce que je s\haite1 si elle s'applique ce que je dis2 mais qu& l'entreti5 devi5t confus et dsordonn1 je ne m'occupe plus de ce qui en e/ l'objet et1 pris de dpit1 sans g>d p\r quoi que ce soit1 m'atta*e y ram5] l'ordre2 j'en devi5s ttu1 malicieux1 imprieux dans ma faon de discut]1 au po9t d'avoir en r\gir ensuite4--,il e/ impossible de discut] de bonne foi avec un sot2 c'e/ si =t *ez moi1 que non seulem5t mon jugem5t mais mme ma consci5ce s'oblitr5t me mesur] avec p>eil adv]saire1 contre lequel ri5 ne prvaut4 ,les disputes devrai5t tre int]dites2 qu& on en arrive l1 *acun s\s l'empire de l'irritation p]d la notion de ce qui e/ raisonnable4--,les disputes devrai5t tre df5dues et punies comme t\s les autres crimes commis p> p>oles4 ,quels vices n'veill5t-elles pas et n'accumul5t-elles pas qu& elles dgnr5t a9si s\s l'effet de la colre8 ,n\s n\s pr5ons d'inimiti d'abord contre les raisons qui n\s sont opposes1 puis contre les g5s qui n\s les oppos5t4 ,n\s n'appr5ons discut] que p\r contr$ire1 et *acun contr$isant et tant contr$it1 il en rsulte que t\te conv]sation a9si dgnre ab\tit p]dre et mettre nant la vrit4 ,aussi ,platon1 dans sa ,rpublique1 int]dit-il cet ex]cice aux g5s ineptes et mal levs4 ,p\rquoi n\s mettre re*]*] ce qui e/1 en discutant avec quelqu'un qui a un pas et des allures qui ne sont pas conv5ables8--,on ne fait pas tort au sujet en discussion1 en le quittant mom5tanm5t p\r voir dans quelles conditions il convi5t de le trait]2 je ne dis pas selon les rgles de l'cole et de l'art1 mais en demeurant naturel et y apportant de la ju/esse d'esprit4 ,a quoi en arrive-t-on f9alem5t si l'un tire v]s l',ori5t et l'autre v]s l',occid5t8 ,le po9t important du dbat se p]d de vue1 rejet l'c>t p> des digressions multiplies2 au b\t d'une heure d'une discussion orageuse1 p]sonne ne voit plus ce dont il e/ "q2 l'un e/ en bas1 l'autre en haut1 un autre ct2 *acun se butte un mot1 une comp>aison1 ne saisit plus les objections qu'on lui fait1 tant il e/ engag dans sa c\rse1 ne p5sant qu' suivre son ide et non la vtre4--,il en e/ qui1 faibles des re9s1 craign5t t\t1 refus5t t\t1 ml5t et confond5t ds le pr9cipe les propos qu'on leur ti5t2 ou qui1 au =t des dbats1 s'ob/95t g>d] subitem5t un sil5ce inatt5du1 p> dpit de leur ignorance qu'ils dissimul5t en affectant un orgueilleux dda91 ou p>ce que1 p> une mode/ie qui e/ de la sottise1 ils fui5t l'ef=t ncessaire p\r p\rsuivre la discussion4--,p\rvu que celui-ci frappe son adv]saire1 il ne se proccupe pas dans quelle mesure il se dc\vre lui-mme2 un autre compte ses mots1 qu'il donne en place de raisons2 celui-l a surt\t p\r lui sa voix ret5tissante et la vigueur de ses p\mons2 en voil un qui conclut contre ses propres ass]tions2 celui-ci v\s ass\rdit de prfaces et de digressions inutiles2 cet autre a rec\rs de vritables injures et *]*e1 en s\levant une qu]elle d',allem&1 se db>rass] du contact et de l'opposition d'un esprit auquel le si5 ne peut rsi/]2 ce d]ni] se s\cie peu de la raison1 mais il v\s ens]re p> les dductions d'argum5ts spcieux1 en t\s po9ts con=mes aux =mules scola/iques4 ,l'attitude des g5s de sci5ce1 l'usage qu'ils en font1 excit5t contre eux la dfiance2 suivant qui la possde1 c'e/ un sceptre ou la m>otte d'un f\4--,or1 qui n'e/ en dfiance de la sci5ce1 de ces lettres qui ne guriss5t de ri5 7,snque72 qui ne d\te1 en considrant l'usage que n\s en faisons1 qu'on puisse en tir] quelque rsultat srieux p\r les beso9s de la vie8 ,a qui la logique a-t-elle donn du jugem5t8 o sont ses belles promesses8 ,elle n'enseigne ni mieux vivre1 ni mieux raisonn] 7,cicron74 ,voit-on des h>5gres caquetant1 s'exprim] mo9s confusm5t que les hommes dont c'e/ la pr(ession1 qu& ils pror5t en public8 ,j'aim]ais mieux que mon fils apprt p>l] dans les tav]nes1 qu'aux coles o s'enseigne ce v]biage4--,ayez un matre en cet art1 entret5ez-v\s avec lui2 que ne se borne-t-il n\s faire s5tir cette p]fection artificielle1 plong] dans le ravissem5t les femmes et les ignorants desquels n\s sommes1 en donnant lieu d'admir] la f]met de ses raisons1 la beaut de sa m?ode8 ,il peut n\s dom9] et n\s p]suad] comme il l'ent5d2 p\rquoi cet homme1 qui a tant d'avantages p> ce qu'il sait et la manire dont il le produit1 jo9t-il ses armes naturelles les injures1 l'indiscrtion et la rage8 ,qu'il se dp\ille de son bonnet1 de sa robe et de son lat91 qu'il ne fatigue pas nos oreilles de passages d',ari/ote qu'il n\s rcite textuellem5t et t\t propos1 et v\s le pr5driez p\r quelqu'un de n\s1 ou pis encore4--,les complications et les en*evtrem5ts de langage p> lesquels les g5s de cette sorte n\s circonvi5n5t1 me font l'effet de t\rs de passe-passe1 leur s\plesse combat et =ce nos s5s mais n'branle en ri5 nos croyances2 en dehors de ces jongl]ies1 t\t ce qu'ils font e/ commun et vil2 p\r tre des savants1 ils n'en sont pas mo9s des sots4 ,j'aime et honore le savoir1 autant que l'honor5t ceux qui le possd5t4 ,qu& il en e/ fait l'usage qu'il comporte1 c'e/ l'acquisition la plus noble et la plus puissante qu'ait faite l'homme2 mais *ez ceux-l 7et leur nombre en ce g5re e/ inf9i7 dont il con/itue la base fondam5tale de leur capacit et de ce qu'ils val5t1 dont t\te l'intellig5ce e/ dans la mmoire1 qui se tapiss5t dans l'ombre d'autrui 7,snque71 qui ne peuv5t ri5 sans l'assi/ance de leurs livres1 je les has1 si j'ose dire1 plus encore que les imbciles4--,dans mon pays et de mon temps1 l'in/ruction vide les b\rses mais n'amliore 99 que r>em5t les mes2 sur des mes obtuses elle agit l'in/> d'une masse crue et indige/e qui leur re/e sur l'e/omac et les t\ffe2 sur des mes qui ont plus de pntration elle arrive aism5t les purifi]1 aj\te leur cl>t1 et les r5d subtiles au po9t de les puis]4 ,c'e/ une *ose de qualit peu prs indiffr5te p> elle-mme3 trs utile accessoire p\r une me bi5 d\e1 elle e/ p]nicieuse1 prjudiciable mme p\r une autre2 ou plutt1 elle e/ d'un trs prcieux usage1 mais ne peut s'acqurir vil prix2 dans c]ta9es ma9s c'e/ un sceptre1 dans d'autres c'e/ la m>otte d'un f\4--,p\rsuivons4 ,c'e/ l'ordre et la m?ode qui donn5t du prix aux conv]sations1 la =me y importe autant que le fond2 un effet analogue se produit dans notre vie familiale4--,quelle plus gr&e victoire peut-on att5dre1 que de montr] son adv]saire qu'il ne peut lutt]8 ,qu& v\s faites triomph] votre proposition1 c'e/ la vrit qui l'emporte2 qu& v\s triomphez p> la m?ode avec laquelle v\s conduisez votre argum5tation1 c'e/ v\s qui triomphez4 ,m'e/ avis que dans ,platon et ,xnophon1 ,socrate discute mo9s dans l'intrt de la discussion elle-mme1 que dans l'intrt de ceux qui y pr5n5t "p2 il *]*e davantage faire ressortir aux yeux d',eu?ydamus et de ,protagoras leur manque d' propos que l'inanit de leur art4 ,le premi] sujet v5u de controv]se lui e/ bon1 p>ce que son b e/ mo9s de l'lucid] que d'tre utile1 c'e/--dire d'ouvrir l'intellig5ce de ceux qu'il travaille et ex]ce4 ,l'agitation et la *asse sont proprem5t p>l] notre lot2 n\s ne sommes pas excusables de les conduire mal ou contrairem5t ce qui e/ rationnel2 quant manqu] notre c\p1 c'e/ autre *ose1 p>ce que n\s sommes ns p\r n\s livr] la re*]*e de la vrit1 et qu'il n'app>ti5t qu' plus puissant que n\s de la possd]2 c> elle n'e/ pas1 comme disait ,dmocrite1 ca*e dans le fond des abmes2 elle va plutt s'levant jusqu' l'inf9i1 p\r en arriv] n'tre connue que de ,dieu4 ,le monde n'e/ qu'une cole o l'on passe son temps *]*]2 ce n'e/ pas qui atte9dra le b1 mais qui f\rnira les plus belles c\rses4 ,autant peut dire des sottises celui qui dit vrai que celui qui dit faux1 p>ce qu'il n'e/ pas "q ici du sujet dont on p>le mais de la manire dont on le traite4--,je suis port reg>d] autant la =me qu'au fond1 autant l'avocat que la cause1 a9si que le v\lait ,alcibiade4 ,t\s les j\rs1 je m'amuse lire des auteurs sans m'occup] de leur sci5ce1 *]*ant seulem5t leur faon de dire sans m'inquit] du sujet qu'ils trait5t2 de mme1 il m'arrive de m'ef=c] d'entr] en communication avec des esprits qui ont de la rputation1 non p\r m'in/ruire mais p\r les connatre1 et1 les connaissant1 p\r les imit] s'ils en val5t la pe9e4 ,t\t homme peut dire vrai2 mais dire avec ordre1 modration et sci5ce1 cela n'e/ au p\voir que d'un petit nombre2 aussi je ne suis pas (f5s p> l'erreur qui provi5t de l'ignorance1 t&is que je le suis p> l'ineptie4 ,j'ai rompu plusieurs m>*s auxquels j'avais intrt1 p> suite de conte/ations sans raison s\leves p> ceux avec lesquels je les passais4--,je ne m'meus pas1 une fois l'an1 des fautes de ceux qui sont s\s ma dp5dance2 mais n\s sommes t\s les j\rs n\s pr5dre de qu]elle1 cause de la btise et de l'enttem5t qu'ils apport5t dans ce qu'ils avanc5t et dans les raisons /upides et animales qu'ils donn5t p\r s'excus] et se df5dre2 ils n'c\t5t ni ce qu'on leur dit1 ni les explications qu'on leur donne1 et ils rpond5t de mme2 c'e/ dsespr]2 cela me produit l'effet d'une tte heurtant violemm5t la mi5ne4 ,je m'accommode plutt des dfauts de mes g5s que de leur aplomb1 de leur importunit et de leur sottise2 qu'ils fass5t mo9s1 mais qu'ils soi5t mme de faire2 v\s vivez avec l'esprance d'*auff] leur volont1 mais il n'y a ri5 qui vaille tir] ni espr] d'une s\*e4 ,c'e/ un gr& dfaut que de ne p\voir s\ffrir les sottises des autres2 que de fois n\s leur repro*ons ce qui exi/e *ez n\s-mmes4--,peut-tre vois-je les *oses autrem5t qu'elles ne sont1 cela se peut2 c'e/ p\rquoi je m'accuse d'impati5ce et convi5s t\t d'abord que c'e/ une faute aussi bi5 *ez celui qui a raison que *ez celui qui a tort1 p>ce que c'e/ t\j\rs f*eux et tyrannique de ne p\voir s\ffrir une faon d'tre diffr5te de la si5ne1 et qu'il n'y a vraim5t pas de niais]ie plus gr&e1 plus frqu5te et plus ridicule que de s'm\voir et de se piqu] des niais]ies des g5s2 cela se ret\rne gnralem5t contre n\s1 et ce philosophe des temps passs n'aurait jamais manqu d'occasion de pleur]1 s'il se ft mis se considr] lui-mme4 ,on dem&ait ,myson1 l'un des sept sages1 qui t5ait de l'humeur de ,timon et de ,dmocrite et tait port t\t pr5dre en mauvaise "p et en rire1 p\rquoi il riait t\t seul2 il rpondit3 ,prcism5t de ce que je suis seul rire4--,que de sottises je reconnais dire et rpondre *aque j\r2 combi51 p> suite1 les autres doiv5t en con/at] en moi un plus gr& nombre encore2 et si je m'en mords les lvres p\r n'en pas rire1 que doiv5t-ils faire1 eux6 ,en somme1 il faut vivre avec les vivants et laiss] l'eau c\l] s\s le pont1 sans n\s en occup] ou t\t au mo9s sans en pr\v] de tr\ble4--,de fait1 ne r5controns-n\s pas1 sans n\s en m\voir1 des g5s mal btis et dif=mes2 p\rquoi ne supportons-n\s pas galem5t1 sans n\s mettre en colre1 des esprits mal con=ms8 ,cela ti5t ce que le juge se montre tort plus mal dispos que la faute ne le comporte4 ,ayons t\j\rs la p5se cette maxime de ,platon3 ,qu& je tr\ve quelque *ose qui n'e/ pas tel que ce devrait tre1 n'e/-ce pas p>ce que je suis moi-mme dans des conditions anormales8 n'e/-ce pas moi qui suis en dehors de ce qui e/ la rgle8 mon obs]vation ne peut-elle se ret\rn] contre moi8 sage et d\x refra9 qui flagelle la plus rp&ue1 la plus univ]selle erreur des hommes4 ,non seulem5t les repro*es que n\s n\s faisons les uns aux autres1 mais nos raisons1 nos argum5ts1 les sujets qui font l'objet de nos controv]ses peuv5t n\s tre rtorqus et n\s n\s enf]rons avec nos propres armes4 ,a cet g>d1 l'antiquit n\s a laiss des exemples frappants3 ,*acun aime l'odeur de son fumi]1 e/ un prov]be lat9 qui tmoigne esprit et propos de la "p de celui qui l'a inv5t4 ,nos yeux ne voi5t pas en arrire1 et1 c5t fois p> j\r1 n\s n\s moquons de n\s-mmes en n\s moquant de ce que n\s voyons *ez le vois92 les dfauts que n\s dte/ons *ez d'autres1 sont encore plus app>5ts *ez n\s o n\s les admirons avec une m]veilleuse impud5ce sans n\s r5dre compte de la contradiction4--,hi] encore1 j'ai t mme de voir un homme de jugem5t1 99 trs affable p]sonne1 qui se moquait avec autant de raison que d'esprit de la sottise d'un autre qui va rompant la tte t\t le monde de l'expos de sa gnalogie et de ses alliances1 aux trois qu>ts fausses 7ce sont ceux dont les titres sont le plus d\teux et le mo9s c]ta9s1 qui ressass5t le plus s\v5t ce sujet ridicule72 si notre critique et report son reg>d sur lui-mme1 il se s]ait tr\v t\t aussi intemprant et ennuyeux qu&1 t\t propos1 il fait valoir le mrite de la race laquelle sa femme app>ti5t4 ,quelle mal5contreuse vanit de la "p de ce m>i1 de f\rnir a9si lui-mme des armes sa femme2 s'il compr5ait le lat91 il faudrait lui cri] ce que je traduis3 ,c\rage6 elle n'e/ pas d'elle-mme assez folle1 irrite encore sa folie 7,tr5ce76--,je ne veux pas dire que celui-l seul qui e/ absolum5t net1 puisse accus] 7il n'y aurait plus p]sonne p\r port] une accusation72 je ne dnie mme pas ce droit qui e/ lui-mme enta* de ce qu'il repro*e aux autres2 mais je v\drais que lorsque notre jugem5t n\s fait critiqu] quelqu'un1 il ne n\s p>gne pas et porte dans notre = intrieur1 sur le fait imput1 une svre inve/igation4 ,c'e/ uvre de *>it1 de la "p de qui e/ impuissant extirp] un vice *ez lui-mme1 de s'employ] nanmo9s l'extirp] *ez les autres1 o il produit peut-tre des fruits mo9s mauvais et mo9s pres qu'en n\s2 mais ce ne semble pas une excuse recevable de rpondre quelqu'un qui m'av]tit de mes dfauts1 que lui-mme n'en e/ pas exempt4 ,p\rquoi8 ,p>ce qu'un avis fond e/ t\j\rs utile4 ,si n\s avions bon nez1 n\s s5tirions plus dsagrablem5t les mauvaises odeurs que n\s rp&ons1 p> cela mme que c'e/ n\s qui les exhalons4 ,socrate n'e/ime-t-il pas que quelqu'un qui se reconnatrait c\pable1 et avec lui son fils et un trang]1 de quelque acte viol5t et inju/e1 devrait comm5c] p> se prs5t] la ju/ice1 p\r se faire condamn] et provoqu] lui-mme l'expiation de sa faute p> le b\rreau2 faire en second lieu qu'il en soit de mme p\r son fils2 et1 seulem5t aprs1 t5ir la mme conduite l'g>d de l'trang]4 ,ce prcepte peut p>atre un peu svre1 mais du mo9s celui qui se tr\ve c\pable1 devrait-il comm5c] p> se livr] le premi] la punition de sa propre consci5ce4 ,ce qui frappe nos s5s a une gr&e influ5ce sur nos jugem5ts2 la gravit d'un p]sonnage1 son co/ume1 sa situation1 etc41 t\t cela donne du poids aux sottises qu'il dbite4--,les s5s sont nos propres juges et /atu5t t\t d'abord2 comme ils ne con/at5t les faits que d'aprs leur manife/ation extrieure1 il n'e/ pas tonnant que t\t ce qui se rapporte au fonctionnem5t de la socit1 soit un p]ptuel et univ]sel mlange de crmonies o les app>5ces j\5t un gr& rle2 aussi dans les moy5s employs p\r la dirig]1 sont-elles un des meilleurs et de ceux qui produis5t le plus d'effet4 ,c'e/ t\j\rs l'homme que n\s avons affaire et1 *ez lui1 ce qui e/ tangible l'emporte de beauc\p sur ce qui ne l'e/ pas4 ,aussi1 ceux qui1 dans ces d]nires annes1 ont v\lu introduire un culte dont les pratiques sont exclusivem5t contemplatives et immatrielles1 ne doiv5t-ils pas s'tonn] s'il y a des p]sonnes qui p5s5t qu'il ne se s]ait pas ma9t5u et se s]ait effondr entre les ma9s de leurs auteurs1 s'il n'tait dev5u *ez n\s la m>que1 le prtexte1 l'in/rum5t de nos divisions et des p>tis1 et que c'e/ cela plus qu' lui-mme qu'il doit de dur]4--,il en e/ de mme dans les conv]sations3 la gravit1 la robe1 la situation de celui qui p>le1 donn5t s\v5t crdit des propos va9s et ineptes2 on ne d\te pas qu'un monsieur que *acun re*]*e et r$\te1 n'ait en lui-mme une valeur suprieure2 ni qu'un homme combl de missions et de *>ges1 qui se montre si ddaigneux et si ple9 de morgue1 ne soit plus habile que cet autre qui le salue de si lo9 et que p]sonne n'emploie4 ,non seulem5t ce que dis5t ces g5s1 mais jusqu'aux grimaces qu'ils font1 sont exaltes et nes2 *acun s'applique en donn] quelque belle et solide int]prtation4 ,s'ils daign5t s'abaiss] pr5dre "p une conv]sation laquelle t\t le monde p>ticipe1 ne port]ait-elle que sur des banalits1 et qu'on leur tmoigne autre *ose que de l'approbation et de la dfr5ce1 ils font valoir bi5 haut l'autorit de leur expri5ce2 ils ont ent5du1 vu1 pratiqu2 ils v\s accabl5t d'exemples4 ,je suis bi5 prs de leur dire que n\s ne sommes pas conva9cus de l'expri5ce d'un *irurgi51 p> cela seul qu'il n\s raconte les oprations qu'il a faites et qu'il n\s rappelle qu'il a guri quatre cas de pe/e et trois g\tteux1 il faut encore qu'il ait su en acqurir plus de jugem5t et qu'il sa*e n\s p]suad] qu'il en e/ dev5u plus exp]t dans la pratique de son art4 ,il arrive ici ce qui se produit dans un conc]t in/rum5tal3 ce n'e/ ni le lu?1 ni l'p9ette1 ni la flte qu'on y ent5d1 c'e/ l'h>monie de l'ensemble1 rsultat du jeu de ces in/rum5ts runis4 ,si les voyages et l'ex]cice de leurs fonctions ont amlior ces g5s1 cela doit ressortir p> l'esprit dont ils font preuve4 ,ce n'e/ pas assez d'numr] des expri5ces1 il faut les class] et dt]m9] leur valeur2 il faut les exam9] de prs1 les analys]1 p\r tre mme d'apprci] les raisons et les conclusions auxquelles elles conduis5t4 ,jamais il n'y a eu tant d'hi/ori5s que ma9t5ant2 il e/ t\j\rs bon et utile de les ent5dre1 p>ce que leur mmoire n\s f\rnit une inf9it de r5seignem5ts beaux et dignes d'loge qu'elle a emmagas9s et qui sont propres notre in/ruction4 ,cela e/ assurm5t d'une gr&e aide dans la vie1 mais l'heure prs5te ce n'e/ pas ce que n\s *]*ons2 ce qui n\s occupe1 c'e/ de savoir si ces compilateurs1 qui se born5t un simple travail de rcitation1 mrit5t eux-mmes des loges4 ,p>fois aussi les gr&s p>aiss5t plus sots qu'ils ne sont1 p>ce qu'on att5d plus d'eux4--,je hais la tyrannie s\s t\tes ses =mes1 qu'elle soit effective ou en p>oles2 je me ti5s volonti]s en g>de contre ces circon/ances sans consi/ance qui1 p> nos s5s1 induis5t notre jugem5t en erreur1 et1 en obs]vant att5tivem5t ces hommes dont on fait des phnomnes1 j'ai tr\v qu'ils sont t\t au plus des hommes comme les autres3 c> le s5s commun e/ assez r>e dans ces hautes =tunes 7,juvnal74 ,s\v5t qu& ils entrepr5n5t et se montr5t davantage1 n'tant pas en tat de support] la t*e qu'ils ont assume1 on les e/ime mo9s et ils app>aiss5t mo9s gr&s qu'ils ne sont rellem5t4 ,il faut que celui qui porte un f>deau ait plus de vigueur1 puisse plus qu'il n'e/ ncessaire2 qu& il en e/ a9si1 on voit aism5t qu'il a encore assez de =ce p\r port] plus encore et qu'il n'en e/ pas arriv son extrme limite2 celui qui succombe s\s le faix1 donne sa mesure et dcle la faiblesse de ses paules4 ,c'e/ ce qui fait qu'on voit tant de sots p>mi les savants o ils sont en plus gr& nombre que les autres2 ils aurai5t t de bons agriculteurs1 de bons m>*&s1 de bons artisans1 c'e/ ce p\r quoi la nature les avait p\rvus4 ,la sci5ce e/ l\rde port]1 ils succomb5t s\s le poids2 p\r tal] et rp>tir les ri*es et puissants matriaux qu'elle leur f\rnit1 p\r les mettre en uvre et y tr\v] aide1 leur esprit naturel n'a ni la vigueur1 ni la dextrit qu'il faudrait2 cela n'e/ donn qu'aux natures =tes1 et elles sont r>es4 ,qu& les natures faibles1 dit ,socrate1 se ml5t de philosophie1 elles en compromett5t la dignit2 mal place1 cette sci5ce app>at inutile et nuisible1 et c'e/ l la raison p\r laquelle ces g5s insuffisants se gt5t et se nuis5t eux-mmes3 ,tel ce s+e1 imitateur de l'homme1 qu'un enfant rieur a habill d'une prcieuse t(fe de soie1 en lui laissant le d]rire dc\v]t1 la gr&e joie des convives 7,claudi574 ,a ceux qui n\s g\v]n5t et n\s comm&5t1 qui ti5n5t le monde dans leurs ma9s1 il ne suffit pas non plus qu'ils ai5t le mme jugem5t que n\s t\s1 qu'ils puiss5t ce que n\s p\vons2 ils sont de beauc\p au-dess\s de n\s1 qu& ils ne sont pas de beauc\p au-dessus2 ils promett5t davantage1 p> suite ils doiv5t davantage4 ,le plus s\v5t il e/ de leur intrt de g>d] le sil5ce4--,c'e/ ce qui fait que le sil5ce non seulem5t leur p]met de g>d] leur gravit et une cont5ance qui leur attire le respect1 mais qu'ils y tr\v5t s\v5t pr(it et conomie4--,mgabyse tait all visit] ,apelle dans son ateli]2 longtemps1 il demeura sans mot dire1 puis se mit disc\rir sur les uvres du pe9tre1 ce qui lui valut cette rude apo/rophe3 ,tant que tu g>dais le sil5ce1 tu avais gr& air cause des *anes et de la magnific5ce dont tu es p>2 mais ma9t5ant qu'on t'a ent5du p>l]1 il n'e/ pas jusqu'aux g>ons de mon ateli] qui ne te mpris5t4 ,ses sup]bes at\rs1 sa haute situation1 ne p]mettai5t pas ce noble visiteur d'tre ignorant au mme degr que t\t le monde et de p>l] pe9ture sans s'y connatre2 il et d au mo9s cons]v] son mutisme p\r ma9t5ir intacte cette capacit prsomptive qu'on lui accordait en raison de son extrieur4 ,a combi5 de sottes mes une m9e froide et taciturne a-t-elle1 en mon temps1 t5u lieu de prud5ce et de capacit relles6 ,et p\rquoi les gr&s s]ai5t-ils plus in/ruits1 plus clairs que les autres8 ,c'e/ le has>d qui1 la plup>t du temps1 di/ribue les rangs1 et il ne saurait gure en tre autrem5t4--,les dignits1 les *>ges1 se donn5t ncessairem5t plus au has>d qu'au mrite2 mais on a tort de s'en pr5dre aux rois4 ,c'e/ m]veille au contraire qu'ils soi5t si heureux dans leurs *oix1 ayant si peu o se r5seign]3 ,le pr9cipal mrite d'un pr9ce1 e/ de bi5 connatre ceux qu'il emploie 7,m>tial71 c> la nature ne les ayant pas d\s d'une vue qui leur p]mette de connatre t\s leurs sujets1 de disc]n] en quoi *acun excelle et de scrut] nos curs1 ce qui seul f]ait qu'ils p>vi5drai5t savoir quelle e/ notre volont et ce quoi n\s sommes le plus aptes1 il faut qu'ils n\s *oisiss5t p> conjecture et ttons1 en se basant sur notre race1 nos ri*esses1 la doctr9e que n\s pratiquons1 ce qu'on dit de n\s1 qui sont autant de bi5 faibles argum5ts4 ,qui tr\v]ait un moy5 p]mettant d'apprci] les hommes avec ju/ice1 de les *oisir en t\te connaissance de cause1 assur]ait du mme c\p une p>faite organisation des s]vices publics4 ,le succs obt5u dans les plus gr&es affaires n'e/ pas une preuve d'habilet2 s\v5t il e/ d au has>d qui int]vi5t dans t\tes les actions huma9es4--,oui1 mais il a si bi5 m5 cette gr&e affaire1 ent5d-on dire4 ,c'e/ l une raison1 mais elle ne suffit pas2 et une autre maxime dit judicieusem5t qu'il ne faut pas jug] des conseils donns1 p> les vnem5ts qui ont suivi4--,les ,c>?ag9ois punissai5t leurs capita9es1 qu& ils jugeai5t mauvaises les dispositions que ceux-ci avai5t prises1 alors mme qu'un heureux rsultat f9al les avait corriges2 s\v5t le peuple roma9 a refus le triomphe p\r de gr&es et trs utiles victoires1 p>ce que la conduite du *ef n'avait pas t en rapport avec son bonheur4 ,on voit frquemm5t en ce monde le has>d pr5dre plaisir rabattre notre prsomption1 p\r n\s montr] combi5 il a de p\voir en t\tes *oses2 ne p\vant r5dre sages les maladroits1 il les fait heureux1 l'encontre de ce que comm&]ait la v]tu4 ,volonti]s il se pr5d favoris] les oprations dans la prp>ation desquelles seul il e/ int]v5u1 de sorte qu'on voit s\v5t les plus simples d'entre n\s m5] bonne f9 de trs importantes entreprises tant publiques que prives4--,a ceux qui s'tonnai5t de voir si mal t\rn] ses affaires alors que ses conceptions tai5t si sages1 le p]san ,siramnez rpondait qu'il tait seul concevoir ses projets1 t&is que leur succs dp5dait de la =tune4 ,en en faisant application une situation t\t oppose1 nos g5s p\rrai5t faire la mme rponse4--,la plup>t des *oses de ce monde s'accompliss5t d'elles-mmes1 les de/9s fray5t la voie 7,virgile72 le rsultat ju/ifie s\v5t une conduite des plus draisonnables1 notre int]v5tion n'e/ presque qu'un fait de r\t9e1 et trs communm5t am5e plutt p> l'usage et les prcd5ts que p> la raison4 tonn de la gr&eur de cette affaire qui e/ l'acte capital de notre poque1 il m'e/ arriv1 p\r jug] de leur degr d'habilet1 de m'enqurir auprs de ceux qui l'avai5t conduite1 des raisons qui les avai5t dt]m9s agir comme ils l'avai5t fait1 et j'ai con/at que ces raisons tai5t t\t ce qu'il y a de plus vulgaire4 ,du re/e1 les plus vulgaires et les plus communm5t employes1 p\r n'tre pas des plus sduisantes1 sont peut-tre les plus commodes et les plus sres dans la pratique4 ,si celles qui ont le mo9s de valeur ont le plus de *ances de russite1 qu'y a-t-il d'tonnant ce que les plus basses1 les plus l*es1 les plus dcries soi5t les mieux appropries la m>*e des affaires8 ,p\r que les conseils qui assi/5t les rois cons]v5t leur autorit1 il suffit que les pr(anes qui n'y ont pas "p et veul5t voir ce qui s'y passe1 soi5t t5us au del de la premire b>rire qui en int]dit l'appro*e2 et qui veut que leur pre/ige ne subisse aucune atte9te1 doit les rvr] en bloc et sans exam9] les dt]m9ations qu'ils pr5n5t4 ,qu& je me consulte1 je ne fais qu'bau*] ce qui e/ le sujet de mes rflexions et ne l'envisage que sup]ficiellem5t d'aprs ce qu'il m'en semble t\t d'abord1 ayant c\tume d'att5dre du ciel qu'il fasse le pr9cipal et le plus =t du travail3 ,ab&onnons le re/e aux dieux 7,horace74 ,le bonheur et le malheur sont1 j'e/ime1 deux puissances s\v]a9es4 ,il e/ imprud5t de compt] que la prud5ce huma9e puisse remplir le rle de la =tune2 et celui-l entrepr5d l'impossible qui prsume p\voir embrass] les causes et leurs effets1 et dirig] les vnem5ts son gr2 c'e/ l une impossibilit1 surt\t la gu]re1 qu& il s'agit de rsolutions pr5dre4 ,jamais on n'a apport dans les affaires de cette sorte1 plus de circonspection et de prud5ce qu'on ne le fait p>fois dans nos gu]res civiles actuelles2 il sembl]ait qu'on cra9t de se p]dre en *em9 et qu'on se rs]ve p\r la cata/rophe f9ale6--,je vais plus lo91 je s\ti5s que notre sagesse mme et nos dlibrations sont1 p\r la plup>t1 conduites p> le has>d2 ma volont et mon ent5dem5t sont m5s tantt dans un s5s1 tantt dans un autre1 et beauc\p de ces m\vem5ts se produis5t sans ma p>ticipation2 ma raison e/ sujette des impulsions1 des agitations j\rnalires et accid5telles3 ,ri5 de v>iable comme les dispositions de l'me2 ma9t5ant une passion l'agite2 que le v5t *ange1 c'e/ une autre qui l'entran]a 7,virgile74 ,qu'on reg>de dans les villes quels sont les puissants1 ceux qui russiss5t le mieux dans leurs affaires1 on tr\v]a que ce sont d'ord9aire les mo9s habiles2 il e/ arriv que des femmelettes1 des enfants1 des ins5ss ont g\v]n de gr&s tats l'gal des pr9ces les plus capables2 p>mi ceux inve/is de cette haute mission1 il s'en r5contre1 au dire de ,?ucydide1 plus ayant l'esprit l\rd que subtil2 et n\s attribuons leur prud5ce les succs dus leur bonne =tune3 ,si v\s v\s levez p> la =tune1 t\t le monde vant]a votre habilet 7,plaute72 ce qui dmontre bi5 qu' t\s g>ds1 les vnem5ts sont des tmoignages bi5 faibles de ce que n\s valons et de ce dont n\s sommes capables4 ,p\r jug] des gr&s1 voyez ceux que la =tune fait tomb]2 comme ils p>aiss5t au-dess\s du mdiocre lorsqu'ils ne sont plus ent\rs d'un clat imposant4--,je disais qu'il suffit p\r cela de considr] un homme haut plac4 ,l'aurions-n\s connu trois j\rs aup>avant comme homme de peu de valeur que1 nanmo9s1 ins5siblem5t n\s v5ons n\s imag9] qu'il p\rrait bi5 y avoir en lui de la gr&eur1 de la capacit1 et arrivons n\s p]suad]1 son tra9 de maison et son crdit gr&issant1 que son mrite crot dans la mme proportion2 n\s le jugeons non p> ce qu'il vaut1 mais d'aprs les prrogatives de son rang1 comme n\s faisons des jetons auxquels n\s attribuons une valeur conv5tionnelle4--,p> contre1 que la *ance vi5ne t\rn]1 qu'il retombe et se confonde dans la f\le1 *acun se dem&e avec surprise quelle cause l'avait fait arriv] si haut3 ,e/-ce bi5 lui8 fait-on4 ,e/-ce l t\t ce qu'il savait qu& il tait au p\voir8 ,les pr9ces se cont5t5t-ils donc de si peu8 ,n\s tions vraim5t en bonnes ma9s6 ,c'e/ une *ose que j'ai s\v5t vue de mon temps1 a9si qu'il arrive au ?tre o n\s n\s laissons quelque peu pr5dre au masque des comdi5s qu& ils j\5t un rle de gr& p]sonnage4--,ce que j'admire moi-mme *ez les rois1 c'e/ la f\le de leurs adorateurs2 ils ont droit ce que t\t en n\s s'incl9e et se s\mette eux1 sauf notre jugem5t3 aussi ma raison n'e/ pas dresse se c\rb] et fl*ir1 il n'y a que mes g5\x le faire4 ,mlan!1 auquel on dem&ait ce qu'il p5sait d'une tragdie de ,d5ys1 rpondait3 ,je ne l'ai pas vue1 l'emphase du /yle me la ca*ait2 la plup>t de ceux qui ont jug] les disc\rs des gr&s1 devrai5t bi5 dire de mme3 ,je ne les ai pas ent5dus1 tant les ides en sont masques p> la gravit1 la gr&eur1 la maje/ qu'ils y apport5t4--,anti/hne conseillait un j\r aux ,a?ni5s d'ordonn] que les nes fuss5t1 aussi bi5 que les *evaux1 employs aux travaux de lab\rage2 quoi on lui rpondait que l'ne n'e/ pas fait p\r un p>eil s]vice3 ,cela ne fait ri51 rpliqua-t-il1 il v\s suffit de le dcrt]2 si ignorants1 si incapables que soi5t les hommes auxquels v\s donnez des comm&em5ts la gu]re1 n'en devi5n5t-ils pas sur-le-*amp trs dignes1 p> le fait mme que v\s les y employez8--,d'o vi5t cet usage1 *ez tant de peuples1 de canonis] le roi qu'ils se sont donn en le pr5ant p>mi eux2 ils ne se cont5t5t pas de l'honor]1 ils vont jusqu' l'ador]6 ,a ,mexico1 ds que les crmonies de son sacre sont a*eves1 on n'ose plus lev] les yeux sur lui2 et1 comme si on l'avait difi en l'levant la royaut1 p>mi les s]m5ts qu'on lui fait prt]1 aprs avoir jur de ma9t5ir la religion1 les lois1 les lib]ts1 d'tre vaillant1 ju/e et dbonnaire1 il jure aussi de faire que le soleil rp&e sa lumire acc\tume1 que les nues se dv]s5t en pluie en temps opportun1 que les rivires se ma9ti5n5t dans leurs lits1 et que la t]re produise t\t ce qui e/ ncessaire aux beso9s de son peuple4 ,montaigne e/ dispos se dfi] de l'habilet de quiconque a une haute situation ou j\it de la faveur populaire4--,c'e/ surt\t qu& ils ont une haute situation ou j\iss5t de la faveur populaire1 que je suis en dfiance des g5s1 ne p>tageant pas t\j\rs cet g>d une t5dance qui e/ assez commune4 ,il faut en effet considr] combi5 cela donne avantage d'avoir t\te autorit p\r p>l] son heure1 *oisir son sujet1 rompre l'entreti5 ou en *ang] le c\rs2 de p\voir se df5dre contre les objections qui v\s sont faites p> un m\vem5t de tte1 un s\rire1 ou le sil5ce devant une assemble qui tremble devant v\s p> dfr5ce et respect4 ,un homme de =tune sc&aleuse1 donnant son avis sur un propos de peu d'importance qui se traitait sa table sans que p]sonne y apportt beauc\p d'ardeur1 comm5a p> ces mots qui sont textuels3 ,ce ne peut tre qu'un m5teur ou un ignorant1 celui qui ni]ait que1 etc444 ,apprciez le piquant de cet argum5t philosophique prs5t le poign>d la ma94 ,il n'accepte qu'avec rs]ve les mots heureux de ses int]locuteurs1 qui peuv5t les avoir emprunts et ne pas se r5dre compte eux-mmes de leur valeur4--,une autre obs]vation dont je fais gr& cas c'e/ que1 dans les conv]sations et les discussions1 t\tes les expressions qui n\s p>aiss5t heureuses ne doiv5t pas tre acceptes sans contrle4 ,la plup>t des hommes sont ri*es de la sci5ce d'autrui2 il peut =t bi5 arriv] quelqu'un de cit] un beau trait1 une bonne rplique1 une belle s5t5ce1 et de les mettre en avant sans en saisir t\te la porte4 ,on ne s'assimile pas t\t ce qu'on emprunte3 c'e/ ce dont1 l'av5ture1 on peut jug] p> moi-mme4 ,il ne faut pas t\j\rs se r5dre ces expressions1 si ju/es1 si belles qu'elles p>aiss5t3 il faut les rfut] nettem5t1 si on e/ en mesure de le faire2 ou battre en retraite1 comme si on ne les avait pas ent5dues1 ttant leur auteur de t\tes p>ts p\r se r5dre compte de l'importance qu'elles ont dans sa b\*e4 ,t\tefois1 il peut arriv] qu' ce jeu n\s n\s enf]rions et aj\tions la viol5ce du c\p qui n\s e/ port4 ,jadis1 qu&1 trop press p> l'adv]saire1 et les ncessits de la lutte m'y obligeant1 j'ai eu rec\rs ces ripo/es1 qui p>fois ont port au del de mes int5tions et de mes esprances1 je les donnais uniquem5t p\r ne pas demeur] en re/e dans les attaques dont j'tais l'objet1 et il s'e/ tr\v qu'elles frappai5t =t4--,il m'arrive aussi lorsque je discute avec un adv]saire vig\reux1 de m'amus] devanc] ses conclusions1 lui vitant a9si la pe9e de dvelopp] son ide1 *]*ant prv5ir l'expression de sa p5se alors qu'elle ne fait que natre et e/ encore indcise1 l'ordre et la suite qu'il apporte ses raisonnem5ts m'av]tissant l'avance de ce qui me m5ace4 ,avec ces autres1 au contraire1 qui ne se r5d5t pas t\j\rs compte de ce qu'ils dis5t1 j'agis t\t au reb\rs3 je les att5ds p\r voir o ils veul5t en v5ir1 on ne peut avec eux faire l'avance aucune supposition4 ,il se mfie galem5t de ceux qui1 dans leurs rep>ties1 se r5f]m5t dans les gnralits2 il faut les am5] prcis] p\r savoir ce qu'ils val5t4--,qu& ils se born5t =mul] leurs apprciations p> des gnralits1 telles que3 ,ceci e/ bon1 cela ne l'e/ pas1 et qu'ils r5contr5t ju/e1 exam9ez si ce n'e/ pas l'effet du has>d2 am5ez-les circonscrire et prcis] un peu leur manire de voir2 qu'ils dis5t en quoi ceci e/ bon1 p> o cela p*e4 ,ces apprciations conues en t]mes gnraux1 qui sont d'emploi si frqu5t1 ne signifi5t ri54 ,ceux qui les mett5t me font l'effet de ces g5s qui salu5t une f\le en s'adressant vaguem5t aux gr\pes qui la compos5t2 t&is que ceux qui connaiss5t rellem5t les p]sonnes qui entr5t dans sa composition1 les salu5t individuellem5t et les di/+u5t en les appelant *acune p> son nom2 mais c'e/ beauc\p s'expos] que d'en agir comme ces d]ni]s et de prcis]4 ,je vois t\s les j\rs1 et p>fois plusieurs fois en un j\r1 des esprits de peu de fond qui1 la lecture d'un ouvrage1 v\lant faire les connaisseurs et faire rem>qu] ce qu'il peut prs5t] de p>ticulirem5t beau1 font port] leur admiration sur des po9ts si mal *oisis qu'au lieu de n\s faire ressortir le tal5t p>fait de l'auteur1 ils ne n\s appr5n5t que leur p>faite ignorance4 ,on e/ c]ta9 de ne pas se tromp]1 en disant3 ,voil qui e/ beau1 qu& on vi5t d'ent5dre une page entire de ,virgile1 et les mal9s n'y manqu5t pas2 mais entrepr5dre de le suivre dans les dtails1 =mul] sur *acun une apprciation di/9cte et motive2 faire rem>qu] p> o un bon auteur se surpasse1 analys] ses mots1 ses phrases1 ses ides et ses div]ses qualits les unes aprs les autres1 d'autres6 eux n'en sont pas capables3 ,il faut non seulem5t c\t] ce que *acun dit1 mais encore exam9] ce qu'il p5se et p\rquoi il le p5se 7,cicron74 ,s\v5t les sots mett5t des ides ju/es1 mais elles ne sont pas d'eux2 hors d'tat d'en faire une judicieuse application1 il n'y a qu' les laiss] all]1 ils ne t>d5t pas s'emb\rb]4--,j'ent5ds j\rnellem5t des sots dire des mots qui ne sont pas sots2 ce qu'ils dis5t e/ ju/e1 re/e savoir jusqu' quel po9t ils s'en r5d5t compte et d'o ils l'ont tir4 ,s\v5t c'e/ n\s qui les aidons plac] un mot heureux1 une bonne raison mais qui ne sont pas de leur cr3 ils les avai5t seulem5t en g>de1 ils les produis5t l'av5ture et ttons1 c'e/ n\s qui leur donnons de l'importance et du prix4 ,v\s faites leur jeu1 et p\r ab\tir quoi8 ,ils ne v\s en sav5t aucun gr et n'en devi5n5t que plus ineptes2 ne les secondez pas1 laissez-les all]1 ils en arriv]ont ne plus us] de ces phrases t\tes faites1 que comme des g5s qui ont peur de s'*aud]2 ils n'os]ont en *ang] ni les t]mes1 ni la signification1 non plus que s'y appesantir2 sec\ez-les tant soit peu1 elles leur *app5t et ils v\s les ab&onn5t si appropries1 si belles qu'elles soi5t2 ce sont de belles armes1 mais qui1 entre leurs ma9s1 sont mal emman*es4 ,que de fois en ai-je vu faire l'expri5ce3 si v\s v5ez les clair] et les mettre sur la voie1 sur-le-*amp ils font leur et t\rn5t leur pr(it la ju/esse de l'int]prtation que v\s v5ez d'en donn]3 ,c'e/ ce que je v\lais dire1 rpliqu5t-ils3 c'e/ prcism5t l ce que j'avais en tte2 si je ne l'ai pas a9si exprim1 c'e/ que l'expression m'a fait dfaut4 ,insi/ez1 il faut us] de malice p\r *ti] ces orgueilleux imbciles4 ,la maxime d',hgsias qu'il ne faut ni har ni p\rsuivre1 mais in/ruire1 si ju/e p> elle-mme1 n'e/ pas de mise dans ce cas2 il y aurait inju/ice et inhumanit sec\rir et remettre d'aplomb qui n'en a que faire et qui en vaudrait mo9s4 ,j'aime les laiss] s'emb\rb] et s'emptr] plus encore et si pr(ondm5t1 si c'e/ possible1 qu'enf9 ils se reconnaiss5t p\r ce qu'ils sont4 ,repr5dre un sot avec l'esprance de rectifi] son jugem5t1 c'e/ pe9e p]due4--,la sottise et le drglem5t de nos s5s ne peuv5t gurir du fait d'un av]tissem5t qui n\s e/ donn1 et n\s p\vons dire de leur gurison ce que ,cyrus1 sur le po9t de livr] bataille1 rpondait quelqu'un qui le pressait d'exhort] son arme1 que les hommes ne devi5n5t pas c\rageux et belliqueux in/antanm5t1 s\s le c\p d'une belle h>angue1 pas plus qu'on ne devi5t subitem5t musici5 p>ce qu'on vi5t d'ent5dre une bonne *anson4 ,il faut cela des appr5tissages qui doiv5t prcd] la mise en uvre et que peut seule produire une longue et con/ante ducation4 ,n\s devons pr5dre ce so9 p\r les ntres1 les in/ruire1 les corrig] avec assiduit2 mais all] pr*] le premi] passant v5u1 relev] l'ignorance ou la sottise du premi] individu que l'on r5contre1 c'e/ un usage que je dsappr\ve =t4 ,je le pratique r>em5t1 mme dans les conv]sations p>ticulires que je puis avoir1 et suis prt t\t l*] plutt que d'en v5ir repr5dre p> la base une in/ruction qui e/ du fait d'un matre d'cole2 je ne suis pas plus d'humeur p>l] qu' crire p\r des comm5ants2 quant aux conv]sations gnrales auxquelles je pr5ds "p1 comme celles *anges entre d'autres p]sonnes que moi1 si faux et si absurde que me p>aisse ce que j'y ent5ds1 je ne m'lve jamais contre1 ni p> un mot1 ni p> un ge/e4 ,ce qu'il y a de plus dplaisant *ez un sot1 c'e/ qu'il admire t\j\rs t\t ce qu'il dit4--,ri5 ne me cause tant de dpit dans la sottise que de la voir se complaire en elle-mme1 en ress5tir du cont5tem5t1 plus que n'en peut pr\v] la raison quelque sujet de satisfaction qu'elle ait4 ,c'e/ un malheur que la prud5ce int]dise d'tre satisfait et fi] de soi et v\s laisse t\j\rs mcont5t et cra9tif1 l o l'enttem5t et la tmrit port5t ceux qui ont ces dfauts se rj\ir en t\te assurance4 ,ce sont t\j\rs les plus malhabiles qui revi5n5t ple9s de gloire et d'allgresse de ces luttes oratoires1 reg>dant les autres avec mpris2 le plus s\v5t l'outrecuidance de leur langage1 la gat qu'ils manife/5t leur donn5t le succs aux yeux de l'assi/ance qui1 d'ord9aire1 a le jugem5t faible et e/ incapable de disc]n] et de bi5 jug] de quel ct e/ rellem5t l'avantage4 ,l'ob/9ation et une op9ion trop ard5te sont des preuves c]ta9es de btise2 e/-il ri5 de plus affirmatif1 rsolu1 ddaigneux1 contemplatif1 grave et srieux que l'ne8 ,les caus]ies familires btons rompus ont aussi leurs *>mes2 les propos vifs1 les rep>ties h>dies1 =m5t le c>actre et peuv5t p>fois n\s clair] sur nos dfauts4--,ne p\vons-n\s pas compr5dre dans ce *apitre affr5t aux conv]sations et *anges d'ides1 les caus]ies familires o il se fait assaut d'esprit et o les propos vont se succdant sans suite1 auxquelles on se livre dans l'intimit1 entre amis heureux de se tr\v] ensemble1 riant et se moquant plaisamm5t et avec v]ve les uns des autres8 ,c'e/ un ex]cice qui convi5t assez ma gat naturelle2 s'il n'e/ pas aussi srieux et ne rclame pas une aussi =te t5sion d'esprit que celui dont n\s avons p>l jusqu'ici1 il n'en a pas mo9s du piquant1 ti5t l'esprit en veil et a des avantages2 c'tait aussi l'op9ion de ,lycurgue4 ,en ce qui me t\*e1 j'y apporte plus de laiss] all] que d'esprit1 et plus de bonheur que d'imag9ation2 du re/e1 je supporte trs bi5 les c\ps que l'on me porte et endure1 sans que cela altre mon humeur1 les revan*es que l'on peut pr5dre sur moi1 si rudes qu'elles soi5t et lors mme qu'elles dpass5t les bornes2 et si1 qu& on s'attaque moi1 je ne suis pas mme de ripo/] sur-le-*amp1 je ne vais pas m'amusant et m'enttant discut] le c\p1 je n'y apporte ni humeur1 ni mauvaise foi2 je le subis1 m'y rsignant avec bonne grce1 remettant d'en avoir raison une heure meilleure3 il n'y a pas de m>*& qui t\j\rs fasse des bnfices4 ,*ez la plup>t des g5s1 le visage et la voix s'altr5t qu& la =ce vi5t leur manqu]2 et1 p> une colre dplace1 au lieu de se v5g]1 ils ne font que tmoign] t\t la fois de leur faiblesse et de leur impati5ce4 ,dans ces mom5ts de surexcitation1 n\s actionnons p>fois des cordes secrtes qui mett5t en jeu nos imp]fections auxquelles1 si n\s tions plus calmes1 n\s ne p\rrions t\*] sans que cela con/itue une (f5se2 p> l1 n\s n\s r5dons mutuellem5t le s]vice de n\s av]tir de nos dfauts4 ,les jeux de ma9 sont proscrire2 ils dgnr5t trop s\v5t en voies de fait4--,il y a en ,france d'autres jeux en usage qui1 viol5ts et ne respectant ri51 conduis5t f9alem5t en v5ir aux ma9s2 ces jeux1 je les hais mortellem5t1 c> j'ai la peau t5dre et s5sible2 dans ma vie1 j'ai vu deux pr9ces de la famille royale auxquels ils ont cot la vie4 ,ce sont de vila9s jeux que ceux o l'on f9it p> se battre4 ,comm5t ,montaigne s'y pr5ait p\r jug] d'une uvre littraire sur laquelle l'auteur le consultait2 sur les si5nes1 sur ses ,essais1 il tait t\j\rs hsitant bi5 plus que lorsqu'il s'agissait de celles des autres4--,qu& je veux jug] de quelqu'un1 je lui dem&e dans quelle mesure il e/ satisfait de lui-mme1 jusqu' quel po9t ce qu'il dit ou ce qu'il p5se le cont5te4 ,je *]*e vit] qu'il use de faux-fuyants3 ,j'ai fait ceci en me j\ant2 ce travail a t arra* du mti]1 alors qu'il tait encore imp>fait 7,ovide72 je n'ai pas mis une heure le faire2 je ne l'ai pas revu depuis4 ,a ces excuses je rponds3 ,laissons donc de ct ce que v\s avez a9si fait et donnez-moi quelque ouvrage qui v\s reprs5te bi5 t\t enti]1 sur lequel il v\s convi5ne qu'on v\s apprcie1 et indiquez-n\s ce que v\s y tr\vez de plus beau8 ,e/-ce cette p>tie ou celle-ci2 e/-ce le sujet dont v\s avez fait *oix1 la grce que v\s avez mise le trait]2 l'imag9ation1 le jugem5t ou le savoir dont v\s y faites preuve8 ,je con/ate1 en effet1 qu'ord9airem5t on fait erreur1 aussi bi5 qu& on juge son propre travail que lorsqu'il s'agit de celui d'autrui1 non seulem5t en raison de l'affection qui s'y mle1 que p>ce qu'on n'e/ pas capable de le bi5 connatre et d'en bi5 disc]n] ce qui le di/+ue4 ,l'uvre1 p> son propre mrite ou sa bonne =tune1 peut encore mettre l'ouvri] en relief et outrepass] son imag9ation et son savoir4--,p\r moi1 je ne juge aucune production trangre avec mo9s de lucidit que les mi5nes2 tantt je prise =t mes ,essais1 tantt je n'en fais pas cas1 portant sur eux un jugem5t qui v>ie beauc\p et sur lequel je suis en d\te4 ,il y a des livres utiles p> le sujet mme qu'ils trait5t et qui ne s]v5t en ri5 la rputation de l'auteur2 il y a aussi de bons livres qui1 comme c]ta9s labeurs qui ont cep5dant leur raison d'tre1 font honte l'ouvri]4 ,je p\rrais crire sur la manire dont n\s t5ons table1 dont n\s n\s habillons3 ce s]ait1 la vrit1 mon corps df5dant2 je p\rrais le faire aussi sur les dits r5dus notre poque1 sur les lettres des pr9ces qui ont t *>gs des affaires de l'tat2 ou bi5 compos] un abrg d'un bon livre 7quoique t\t abrg d'un bon livre soit un sot abrg7 et ce livre v5ir se p]dre1 et autres *oses semblables2 ces productions p\rrai5t tre de trs gr&e utilit p\r la po/rit1 mais quant l'honneur que cela me procur]ait1 il dp5drait uniquem5t de ma bonne =tune4 ,une bonne p>tie des livres qui ont de la rputation1 sont dans ces conditions4 ,un po9t sur lequel il faut se montr] trs rs]v1 c'e/ lorsqu'on r5contre des ides qui peuv5t ne pas app>t5ir en propre l'auteur1 sans qu'on ait de c]titude cet g>d4--,il y a quelques annes1 lisant ,philippe de ,com9es1 un trs bon auteur assurm5t1 j'y rem>quai ce mot comme n'tant pas banal3 ,qu'il faut bi5 se g>d] de r5dre tant de s]vices son matre1 qu'on le mette dans l'impossibilit de v\s rcomp5s] suivant vos mrites4 ,l'ide e/ l\]1 seulem5t elle n'e/ pas de lui2 je l'ai r5contre il n'y a pas longtemps dans ,tacite3 ,les bi5faits sont agrables tant que l'on sait p\voir les acquitt]2 mais s'ils dpass5t nos moy5s de les reconnatre1 ils n\s devi5n5t odieux4 ,snque l'exprime catgoriquem5t3 ,qui e/ime honteux de ne pas r5dre1 v\drait ne tr\v] p]sonne dont il soit l'oblig3 ,elle se retr\ve dans ,cicron1 s\s une =me plus ad\cie3 ,qui ne se croit pas quitte env]s v\s1 ne saurait tre votre ami4 ,le sujet trait peut1 suivant sa nature1 rvl] un homme qui sait et a de la mmoire2 mais1 p\r jug] de ce qui lui app>ti5t plus spcialem5t et mrite att5tion1 p\r apprci] la =ce et la beaut de son me1 il faut savoir ce qui e/ rellem5t de lui et ce qui n'en e/ pas1 et1 dans ce qui n'e/ pas de lui1 ce qui lui revi5t p\r la "p qu'il a au *oix1 la disposition1 l'ornem5tation1 au /yle4 ,il peut aussi avoir emprunt ses matriaux et en avoir empir la =me1 cela arrive s\v5t4 ,n\s autres qui ne sommes pas famili>iss avec les livres1 n\s n\s tr\vons emb>rasss qu& n\s voyons une belle ide *ez un pote n\veau1 un argum5t de valeur *ez un prdicateur1 et n\s n'osons les en l\] avant de n\s tre r5seigns auprs de quelque savant p\r savoir s'ils sont d'eux1 ou si les auteurs en sont autres4 ,jusque-l1 je me ti5s t\j\rs sur la rs]ve4 ,digression sur ,tacite4 ,cet hi/ori5 s'e/ surt\t atta* aux vnem5ts intrieurs1 et il les juge plus qu'il ne les raconte4--,je vi5s de p>c\rir t\t d'un trait l'hi/oire de ,tacite 7ce qui ne m'arrive gure1 voil bi5 v+t ans que je n'ai consacr un livre une heure de suite72 je l'ai fait sur le conseil d'un g5tilhomme que la ,france e/ime beauc\p1 tant p\r sa valeur p]sonnelle que p\r son mrite et sa bont qui lui sont communs avec ses frres1 et il en a plusieurs4 ,je ne connais pas d'auteur qui1 dans un livre qui enregi/re tant de faits publics1 fasse entr] tant de considrations sur les murs et les c>actres des individus4 ,il me semble1 contrairem5t ce que lui-mme p>at croire1 que1 s'appliquant retrac] s\s t\tes leurs phases les vies des emp]eurs de son temps1 si div]ses et si excessives en t\t1 la relation d'un aussi gr& nombre d'actions mmorables1 celles notamm5t que leur cruaut a fait natre *ez leurs sujets1 lui donnait matire de n\s entret5ir de faits plus in/ructifs et plus intressants que s'il n\s et racont les batailles et les agitations auxquelles le monde enti] se tr\vait en proie2 si bi5 que1 s\v5t1 le voir pass] lgrem5t sur ces morts si belles1 je tr\ve qu'il n'en tire pas t\s les enseignem5ts qu'elles r5f]m5t1 comme s'il craignait de n\s ennuy] p> leur nombre et les longueurs qui en s]ai5t rsultes4 ,c'e/ une des =mes de l'hi/oire de beauc\p la plus utile1 les vnem5ts publics dp5dant surt\t de l'+r5ce de la =tune1 les vnem5ts privs de n\s-mmes4 ,tacite juge les faits qui se sont passs1 plutt qu'il n'en rapporte l'hi/oire2 il y a *ez lui plus d'enseignem5ts que de rcits2 ce n'e/ pas un livre lire1 il e/ tudi] et appr5dre2 il r5f]me tant de s5t5ces1 qu'il y en a tort et raison2 c'e/ une pp9ire de disc\rs moraux et politiques1 propres en p\rvoir et en p>] ceux en situation de p>ticip] la direction du monde4 ,il met t\j\rs l'appui de ses dires1 des raisons solides et vig\reuses1 incisives et spirituelles1 dans le /yle afft de son sicle1 o on aimait tant se donn] de l'importance1 que lorsque les *oses p> elles-mmes ne prtai5t pas la subtilit et au piquant1 on en mettait dans les p>oles4 ,sa manire d'crire ressemble assez celle de ,snque1 mais me semble plus t(fe1 t&is que celle de ce d]ni] a plus de vivacit2 elle convi5t plutt un tat tr\bl et maladif comme e/ le ntre en ce mom5t1 v\s diriez s\v5t que c'e/ n\s qu'il pe9t et qu'il critique4 ,sa s9crit ne fait pas d\te et il tait du p>ti de l'ordre2 nanmo9s1 il semble avoir jug ,pompe avec trop de svrit2 et1 propos de ,tibre1 ,montaigne a quelque d\te sur l'impeccabilit de son jugem5t4--,ceux qui d\t5t de sa s9crit1 indiqu5t assez qu'ils ont d'autres raisons de ne pas l'aim]4 ,ses op9ions sont sages et il app>ti5t au meilleur des p>tis qui divisai5t ,rome4 ,je me pla9s un peu t\tefois de ce qu'il ait jug ,pompe plus svrem5t que les g5s de bi5 qui ont vcu de son temps et ont t en relations avec lui1 et de l'avoir mis sur le mme rang que ,m>ius et ,sylla avec cette seule diffr5ce qu'il tait mo9s ouv]t4 ,on ne conte/e pas qu'il n'entrt des ides d'ambition et de v5geance dans son dsir de s'emp>] du g\v]nem5t1 et ses amis eux-mmes ont cra9t que la victoire ne lui ft dpass] les bornes de la raison1 sans cep5dant l'entran]1 comme ceux dont il vi5t d'tre "q1 ne plus connatre de limites2 ri5 dans la vie de ,pompe ne laisse suppos] qu'il en s]ait arriv ce degr de cruaut et de tyrannie1 et1 comme on ne saurait attribu] au s\pon la mme valeur qu' l'vid5ce1 je ne crois pas qu'il et t tel4 ,on p\rrait peut-tre t5ir les n>rations de ,tacite p\r vraies et s9cres1 p> cela mme qu'elles ne sont pas t\j\rs en rapport avec les jugem5ts p> lesquels il conclut1 dans lesquels il suit son ide premire quelle que soit la manire dont il n\s prs5te le fait et sans qu'il en modifie1 si peu que ce soit1 la physionomie4 ,il appr\ve la religion de son temps1 se con=mant a9si ce qu'ordonnai5t les lois2 il n'y a pas l'en excus]1 il ignorait le vrai ,dieu2 cela a t un malheur p\r lui1 mais non un dfaut4 ,je me suis surt\t atta* me r5dre compte de son jugem5t1 et1 sur quelques po9ts1 je ne suis pas bi5 fix cet g>d1 comme p> exemple propos de cette phrase de la lettre que ,tibre1 vieux et malade1 envoyait au snat3 ,v\s crirai-je1 ,messieurs2 comm5t v\s l'crirai-je2 ou bi5 ne v\s l'crirai-je pas8 ,mais1 l'heure actuelle1 les dieux et les desses ont1 n'en pas d\t]1 dcid de ma p]te1 c> je me s5s dprir de plus en plus *aque j\r8 ,je ne saisis pas comm5t ,tacite voit l un signe vid5t que la consci5ce de ,tibre tait b\rrele de remords2 du mo9s1 en lisant ce passage1 cela ne m'a pas produit cet effet4 ,il lui repro*e aussi de s'excus] d'avoir p>l de lui-mme2 ,montaigne1 lui1 p>le de lui-mme dans ses ,essais1 ne p>le que de lui et en obs]vateur ds9tress4--,je tr\ve aussi un peu timide de sa "p1 qu'ayant eu occasion de dire qu'il avait ex]c ,rome une magi/rature honorable1 il s'excuse p\r qu'on ne croie pas qu'il l'a dit p> o/5tation2 cela p>at bi5 de l'humilit p\r un homme de cette env]gure2 n'os] p>l] fran*em5t de soi1 accuse un manque de c\rage4 ,un esprit franc et lev1 qui juge sa9em5t et srem5t1 use sans y reg>d] de ses propres exemples comme de *oses auxquelles il e/ trang] et se s]t fran*em5t de son tmoignage comme de celui de t\t autre4 ,il faut pass] p>-dessus ces rgles monda9es de civilit qu& c'e/ p\r s]vir la vrit et la lib]t4--,non seulem5t j'ose p>l] de moi1 mais je ne p>le que de moi2 je fais fausse r\te1 qu& je p>le d'autre *ose1 je sors de mon sujet4 ,je ne m'aime pas si aveuglm5t et ne suis pas si atta* et infod moi-mme que je ne puisse me reg>d] et me considr] en faisant ab/raction de moi comme je f]ais d'un vois91 d'un arbre2 c'e/ une faute de ne pas voir ce que l'on vaut1 t\t comme d'en dire plus que l'on n'en voit4 ,n\s devons aim] ,dieu plus que n\s-mmes et le connaissons mo9s2 ce qui n'emp*e pas que n\s en p>lions satit4 ,c>actre de ,tacite en jug] p> ses crits2 on ne saurait que le l\]1 lui et les hi/ori5s qui agiss5t de mme1 d'avoir recueilli et consign t\s les faits extraord9aires et les bruits populaires4--,si de ses crits on peut dduire ce qu'il tait1 ,tacite devait tre une p]sonnalit m95te1 de nature droite et c\rageuse1 sans sup]/ition1 ayant l'me gnreuse d'un philosophe4 ,on p\rra le tr\v] quelque peu h>di dans ce qu'il avance1 comme lorsqu'il raconte qu'un soldat portant une *>ge de bois1 ses ma9s se raidir5t p> le froid1 au po9t qu'elles se collr5t son f>deau et que1 se sp>ant des bras1 elles y demeurr5t fixes et inanimes4 ,en p>eille matire1 j'ai l'habitude de m'incl9] devant l'autorit de tmo9s de gr&e valeur4 ,en n\s contant aussi que ,vespasi5 gurit ,alex&rie1 p> la faveur du dieu ,srapis1 une femme aveugle1 en lui passant de sa salive sur les yeux1 et je ne sais quel autre miracle1 il suit l'exemple et obx au devoir de t\s les bons hi/ori5s4 ,ils enregi/r5t les vnem5ts importants1 et les bruits et ides en circulation dans les f\les sont du nombre des faits de la vie publique4 ,leur rle e/ de rapport] les croyances gnrales et non de les ram5] dans l'ordre1 ce qui e/ du doma9e des ?ologi5s et des philosophes qui ont *>ge de dirig] les consci5ces2 c'e/ ce qui a fait dire trs sagem5t un autre hi/ori51 gr& homme comme lui3 ,a la vrit1 j'en dis plus que je n'en crois2 mais comme je ne prt5ds pas c]tifi] les *oses dont je d\te1 je n'ent5ds pas non plus supprim] celles que j'ai apprises 7,qu9te-,curce72 un autre dit encore3 ,on ne doit pas se mettre en pe9e d'affirm] ou de rfut] les *oses4441 il faut s'en t5ir la r5omme 7,tite-,live74 ,quoique crivant dans un sicle o la croyance aux prodiges s'amo9drissait1 ,tacite dit p\rtant ne pas v\loir s'int]dire d'insr] dans ses ,annales et d'y consign] ce que tant de g5s de bi5 admett5t et ce que rvrait si pr(ondm5t l'antiquit2 on ne saurait mieux dire4 ,l'hi/oire doit s'crire en rapportant les faits tels qu'ils n\s p>vi5n5t et non selon ce que n\s en jugeons4--,moi1 qui suis roi en la matire que je traite et n'en dois compte p]sonne1 je n'ai cep5dant pas ple9e confiance en moi-mme4 ,je has>de s\v5t des b\tades de mon esprit desquelles je me dfie et c]ta9es f9esses d'expressions que j'e/ime risques2 je les laisse all] qu& mme1 rem>quant que cela e/ p>fois pris en bonne "p et qu'il n'app>ti5t pas moi seul d'en jug]4 ,je me prs5te deb\t et c\*1 de face et d'arrire1 de droite et de gau*e1 tel que je suis l'tat de nature4 ,les esprits gaux en =ce1 ne le sont pas t\j\rs dans leurs gts1 ni dans l'application qu'ils apport5t ce qui les occupe4 ,voil ce qui1 sur cet hi/ori51 me revi5t en mmoire d'une faon gnrale et un peu inc]ta9e2 il e/ obs]v] que1 dans ces conditions1 t\t jugem5t ne peut =cm5t qu'tre vague et imp>fait4 ,,*apitre ,,ix4 ,de la vanit4 ,montaigne plaisante sur la manie qu'il a d'enregi/r] t\t ce qui lui passe p> la tte2 c'e/ l une occupation qu'il p\rrait prolong] indf9im5t4--,il n'y a peut-tre pas de vanit plus relle que d'crire sur ce sujet1 aussi inutilem5t que je le fais4 ,ce que ,dieu n\s a si div9em5t exprim1 devrait tre soigneusem5t et cont9uellem5t mdit p> les g5s intellig5ts4 ,qui ne voit que la r\te que je suis sans arrt ni fatigue1 me mn]a tant qu'il y aura au monde de l'encre et du papi]8 ,je ne puis retrac] ma vie en n>rant ce que j'ai fait1 qui e/ de trop faible importance2 je la retrace en consignant les ides qui me pass5t p> la tte4 ,n'ai-je pas connu un g5tilhomme qui ne communiquait ri5 de sa vie que p> le travail de ses inte/9s3 on voyait expose *ez lui une range de vases de nuit1 en cont5ant les rsidus de sept ou huit j\rs2 c'tait ce qui faisait l'objet de ses tudes1 de ses entreti5s2 t\t autre sujet lui rpugnait4 ,ce que j'expose ici e/ un peu plus dc5t2 ce sont les lucubrations t\j\rs mal digres d'un esprit dev5u vieux1 tantt prolixe1 tantt rs]v4 ,quant voir pr5dre f9 ces cont9uelles agitations et trans=mations de mes ides1 quels que soi5t les sujets auxquels elles ont trait1 songeons que ,diomde1 s'occupant uniquem5t de grammaire1 en a rempli six mille volumes4 ,a quoi peut conduire le bav>dage1 alors que le bgaiem5t et les prambules du langage ont pu1 eux seuls1 p]mettre d'inflig] au monde d'avoir support] l'horrible *>ge de tant de volumes6 ,que de p>oles p\r ne trait] que de la p>ole6 ,o ,py?agore1 p\rquoi n'avoir pas conjur cette tempte6 ,on repro*ait1 aux temps jadis1 un ,galba l'oisivet de sa vie2 il rpondit que *acun devait compte de ses actes et non de son repos1 ce en quoi il se trompait3 la ju/ice a aussi connatre de ceux qui ne travaill5t pas et elle les a en animadv]sion4 ,on devrait faire des lois contre les criva9s inutiles2 il y en a tant que1 p5dant qu'on svirait contre les plus dang]eux1 lui-mme aurait le temps de s'am5d]4--,les lois devrai5t avoir quelque pe9e dicte contre les criva9s ineptes et inutiles1 comme il en exi/e contre les vagabonds et les fa9ants2 on bannirait de la sorte des ma9s du peuple mes ouvrages et ceux de c5t autres4 ,ce n'e/ pas l une plaisant]ie4 ,la dmangeaison d'crire semble l'un des symptmes d'un sicle en eff]vesc5ce4 ,qu& avons-n\s jamais tant crit que depuis que l're de nos tr\bles s'e/ ouv]te8 les ,roma9s l'ont-ils jamais tant fait1 que lorsqu'ils t\*ai5t leur ru9e8 ,outre que les progrs de l'esprit ne sont pas ce qui r5d sage au po9t de vue politique1 cette occupation oisive1 qu'e/ le travail de la plume1 nat de ce que *acun s'intresse mollem5t aux devoirs de sa *>ge et s'en disp5se4 ,la corruption du sicle se fait p> la coopration de *acun de n\s en p>ticuli]3 les uns y contribu5t p> la trahison1 les autres p> l'iniquit1 l'irrligion1 la tyrannie1 l'av>ice1 la cruaut1 suivant le degr de leur puissance2 les plus faibles y apport5t la sottise1 la vanit1 l'oisivet3 je suis de ces d]ni]s4 ,il semble que ce soit la saison des *oses frivoles1 qu&1 de t\tes p>ts1 le mal n\s accable2 une poque o la m*ancet s'ex]ce si communm5t1 n'tre qu'inutile devi5t digne d'loges4 ,je me console en p5sant que si la ju/ice s'en mlait1 je s]ais des d]ni]s sur lesquels elle mettrait la ma92 p5dant qu'on s'occup]ait de ceux qui gn5t le plus1 j'aurais le loisir de m'am5d]2 c> il s]ait draisonnable1 ce me semble1 de p\rsuivre la rp>ation de m5us inconvni5ts1 qu& les gr&s pullul5t4 ,philotime1 le mdec91 auquel quelqu'un prs5tait son doigt pans]1 et qu' sa m9e et son hale9e il reconnaissait atte9t d'un ulcre aux p\mons1 lui dit3 ,mon ami1 ce n'e/ pas l'heure de t'amus] te soign] les ongles4 ,comm5t les politiques amus5t le peuple alors qu'ils le maltrait5t le plus4--,p\rtant1 ce propos1 j'ai vu1 il y a quelques annes1 un p]sonnage p\r la mmoire duquel j'ai cons]v une e/ime t\te p>ticulire1 qui1 alors que n\s tions aux prises avec les pires calamits1 qu'il n'y avait plus ni loi1 ni magi/rat remplissant son m&at pas plus1 du re/e1 que ma9t5ant1 se mit publi] un ouvrage sur je ne sais quelles insignifiantes r=mes t\*ant le co/ume1 la cuis9e et la *icane4 ,ce sont l des amusettes qu'on donne en pture un peuple qui e/ malm51 p\r dire qu'on ne l'a pas compltem5t oubli4 ,ceux-l font de mme qui1 dans les mom5ts critiques1 r5d5t des arrts p\r df5dre =mellem5t c]ta9es =mes de langage1 les danses et les jeux1 un peuple en proie t\s les vices les plus excrables4 ,ce n'e/ pas le mom5t de se lav] et de se dcrass]1 qu& on e/ atte9t d'une bonne fivre4 ,seuls1 les ,sp>tiates se mettai5t se peign] et se fris] avec so91 qu& ils tai5t sur le po9t de s'engag] dans quelque av5ture o ils c\rai5t risque de la vie4 ,t\t diffr5t des autres1 ,montaigne se s5t plus port dev5ir meilleur dans la bonne que dans la mauvaise =tune4--,j'ai cette autre trs mauvaise habitude que1 si j'ai un esc>p9 de trav]s1 je laisse de mme sans les r$ress] et ma *emise et mon habit2 je ddaigne de m'am5d] moiti4 ,qu& je suis en f*euse situation1 je m'a*>ne au mal qui me ti5t1 je m'ab&onne p> dsespoir1 ne me reti5s plus dans ma *ute et jette1 comme on dit1 le man*e aprs la cogne2 je m'ob/9e faire de mal en pis1 et n'e/ime plus que je mrite att5tion de ma "p4 ,il faut que t\t en moi soit ou t\t bi51 ou t\t mal4 ,je suis heureux que ce dsolant tat m5tal se produise un ge qui ne l'e/ pas mo9s2 il m'e/ mo9s d\l\reux que mes maux s'en tr\v5t aggravs que si mon bon temps de jadis en avait t tr\bl4 ,les p>oles qui m'*app5t qu& je suis dans le malheur1 sont des p>oles de dpit2 mon c\rage se hrisse au lieu de cd]4 ,a l'inv]se des autres1 je suis plus dvot dans la bonne que dans la mauvaise =tune2 j'applique en cela le prcepte de ,xnophon1 mais sans y tre am5 p> les motifs qui le lui inspir5t2 je fais plus volonti]s les d\x yeux au ciel p\r le rem]ci] que p\r le sollicit]4 ,je veille plus sur ma sant qu& elle e/ bonne1 que je ne pr5ds de so9 p\r la rtablir qu& elle laisse dsir]2 la prosprit m'in/ruit et me rappelle mes devoirs1 me produisant le mme effet que *ez d'autres le malheur et les v]ges4 ,comme si le bonheur tait incompatible avec une bonne consci5ce1 les hommes ne revi5n5t au bi5 que dans la mauvaise =tune2 *ez moi1 il me porte d'une faon t\te p>ticulire la modration et la mode/ie4 ,la prire me gagne1 la m5ace me rebute2 la faveur me fait fl*ir1 la cra9te me raidit4 ,il aimait le *angem5t et1 comme consqu5ce1 les voyages2 cela le sortait de *ez lui1 c> s'il e/ agrable de comm&] *ez soi1 cela a aussi ses ennuis4--,il e/ assez dans la nature huma9e que ce que n\s n'avons pas1 n\s plaise plus que ce que n\s avons2 n\s aimons le m\vem5t et le *angem5t3 ,le j\r lui-mme ne n\s e/ agrable que p>ce que *aque heure pr5d des aspects diffr5ts 7,ptrone71 et je suis assez dans ces dispositions4 ,ceux qui sont d'humeur contraire1 qui pr\v5t de la satisfaction d'eux-mmes1 qui apprci5t que ce qu'ils ont vaut mieux que ce qu'ils n'ont pas1 qui ne voi5t ri5 de prfrable au milieu dans lequel ils se tr\v5t1 s'ils ne sont pas mieux lotis que n\s1 sont nanmo9s plus heureux4 ,je n'envie pas leur sagesse1 mais bi5 leur bonne =tune4 ,cette disposition t\j\rs s\hait] des *oses n\velles et inconnues1 contribue beauc\p entret5ir en moi le gt des voyages1 auxquels me convi5t aussi nombre d'autres circon/ances1 et en p>ticuli] la facilit avec laquelle je me ds9tresse de la direction de ma maison4 ,il y a quelque agrm5t comm&]1 ne ft-ce que dans une grange1 et tre obi des si5s2 mais c'e/ un plaisir trop uni=me et insipide et qui =cm5t e/ accompagn de proccupations pnibles4 ,tantt c'e/ l'indig5ce et l'oppression qui ps5t sur vos g5s et qui v\s afflig5t1 tantt c'e/ une qu]elle avec vos vois9s1 tantt un empitem5t de leur "p sur vos doma9es3 ,ce sont1 ou vos vignes que la grle a ravages1 ou vos arbres1 vos *amps qui manqu5t d'eau2 ce sont des *aleurs trop =tes ou des hiv]s trop rig\reux qui vi5n5t tromp] vos esprances 7,horace72 pe9e p5dant six mois ,dieu v\s env]ra-t-il un temps qui satisfasse ple9em5t votre rgisseur2 et encore s'il pr(ite aux vignes1 il e/ cra9dre qu'il ne nuise aux prs3 ,tantt un soleil trop ard5t brle les moissons2 tantt des pluies subites1 d'pres geles1 les dtruis5t2 tantt c'e/ la viol5ce du v5t qui les emporte dans ses t\rbillons 7,lucrce74 ,a quoi il faut aj\t] que1 comme le s\li] neuf et bi5 confectionn de cet homme des temps passs qui lui blessait le pi$1 un trang] ne sait pas combi5 il v\s en cote1 combi5 de sacrifices il v\s faut faire1 p\r ma9t5ir l'accord app>5t qui se voit dans votre famille et *ez vos s]viteurs et que peut-tre v\s a*etez trop *]4 ,peu fait la ge/ion de ses bi5s1 elle lui tait d'autant plus *>ge que ce qu'il avait lui suffisait et qu'il n'avait nulle envie de l'augm5t]4--,j'ai pris t>d l'adm9i/ration de mes bi5s2 ceux que la nature avait fait natre avant moi1 m'en ont longtemps d*>g et1 dj alors1 j'avais pris d'autres habitudes plus en rapport avec mon tempram5t4 ,t\tefois1 d'aprs ce que j'en ai vu1 c'e/ une occupation plus absorbante que difficile2 quiconque e/ capable d'autre *ose1 l'e/ bi5 aism5t de celle-l4 ,si j'avais p\rsuivi la ri*esse1 cette voie m'et p>u trop longue2 je me s]ais mis au s]vice des rois1 ce qui1 de t\tes les pr(essions1 e/ la plus lucrative4 ,mais1 ne prt5dant qu' la rputation de ne ri5 aj\t] mon patrimo9e et de n'en ri5 dissip]1 ce qui s'accorde avec le re/e de ma vie qui s'e/ passe ne ri5 faire qui vaille soit en bi51 soit en mal2 ne *]*ant sur cette t]re qu' pass]1 je puis1 ,dieu m]ci1 m'acquitt] de cette ge/ion1 sans trop y apport] d'att5tion4 ,au pis all]1 on peut t\j\rs prv5ir la pauvret en rduisant ses dp5ses1 ce que je m'ef=ce de faire1 comme aussi de me r=m]1 avant qu'elle ne m'y contraigne4 ,du re/e1 je suis arriv peu peu1 en moi-mme1 me suffire avec mo9s que ce que j'ai et cela sans en pr\v] de regret3 ,ce n'e/ pas d'aprs les rev5us de *acun1 mais d'aprs ses beso9s1 qu'il faut e/im] sa =tune 7,cicron74 ,mes beso9s rels n'absorb5t pas tellem5t t\t mon avoir que1 sans me priv] du ncessaire1 la =tune n'ait encore moy5 de mordre sur moi4 ,si ignorant et si ddaigneux que je sois de mes affaires dome/iques1 ma prs5ce contribue cep5dant beauc\p les ma9t5ir en bonne voie2 je m'y emploie1 bi5 qu' contre-cur1 sans compt] qu'il y a ceci de p>ticuli] *ez moi que1 lorsque je ne suis pas l1 en dehors du surcrot de dp5ses auxquelles je suis oblig p\r moi-mme1 il s'y dp5se autant que qu& j'y suis4 ,les voyages ont l'inconvni5t de cot] *]1 mais cela ne l'arrtait pas2 il s'arrangeait du re/e p\r y subv5ir sans entam] son capital4--,les voyages n'ont de dplaisant p\r moi que la dp5se qui e/ considrable et dpasse mes ress\rces1 ayant c\tume de me faire suivre d'un tra9 de maison1 non seulem5t dans la mesure du ncessaire1 mais p]mettant de faire figure2 ce qui m'oblige en rduire d'autant plus la frqu5ce et la dure1 c> je n'y emploie que le surplus de mes rev5us et ma rs]ve1 temporisant1 aj\rnant suivant ce dont je puis dispos]4 ,je ne veux pas que le plaisir de me prom5] enlve ri5 mon bi5-tre qu& je suis au repos2 j'ent5ds1 au contraire1 que les satisfactions que j'pr\ve dans les deux cas1 se complt5t les unes p> les autres et s'en tr\v5t accrues4 ,la =tune m'e/ v5ue en aide sur ce po9t1 en ce que1 proccup p>-dessus t\t de m5] une vie tranquille1 plutt oisive qu'affaire1 elle m'a dlivr du s\ci d'augm5t] mes ri*esses1 p\r p\rvoir l'av5ir de nombreux enfants4 ,je n'ai qu'une fille2 si elle n'a pas assez de ce qui m'a abondamm5t suffi1 tant pis p\r elle3 il y aura imprud5ce de sa "p1 et elle ne mrit]a pas que je lui en dsire davantage4 ,*acun1 l'exemple de ,phocion1 p\rvoit suffisamm5t ses enfants1 qu& il les dote dans la mesure o1 s'ils lui ressemblai5t1 cela leur suffirait4 ,je ne suis pas1 cet g>d1 de l'avis de ,crats1 qui dposa ses fonds *ez un banqui]1 en disposant que si ses enfants tai5t des sots1 cet arg5t leur s]ait remis2 et que1 s'ils tai5t intellig5ts1 il s]ait di/ribu aux plus sots du peuple1 comme si les sots1 p>ce qu'ils sont mo9s capables de se pass] de ri*esses1 tai5t plus capables d'en us]6--,quoi qu'il en soit1 le dommage qui p\rrait rsult] de mon abs5ce1 p\r la ge/ion de mes bi5s1 ne me p>at pas valoir1 tant que je s]ai mme de le support]1 que je me prive des occasions qui se prs5t5t de me di/raire des ennuis auxquels je suis en butte qu& je suis *ez moi4 ,si peu qu'il s'occupt de son intrieur1 il y tr\vait mille sujets de contr>it qui1 si lg]s qu'ils soi5t1 con/amm5t rpts1 ne laiss5t pas de bless] s\v5t davantage que de plus gr&s maux4--,il s'y tr\ve t\j\rs quelque *ose qui va de trav]s3 tantt ce sont les affaires d'une maison qui v\s tiraill5t1 tantt celles d'une autre2 v\s voyez t\t de trop prs1 votre p]spicacit v\s nuit ici1 comme cela arrive s\v5t ailleurs4 ,j'vite de me f*] et fe9s de ne pas voir les *oses qui vont mal2 nanmo9s je ne puis tant faire qu' t\te heure1 je ne me heurte quelque r5contre qui me dplat2 et les friponn]ies qu'on me ca*e le plus1 sont celles que je connais le mieux2 il en e/ mme auxquelles1 p\r en attnu] les inconvni5ts1 il faut se prt] soi-mme les ca*]4 ,lg]s dsagrm5ts1 direz-v\s2 oui1 mais si lg]s qu'ils soi5t p>fois1 ce n'en sont pas mo9s des dsagrm5ts4 ,les mo9dres emp*em5ts1 de si m9ime importance qu'ils soi5t1 sont les plus acrs2 les impressions typographiques en petits c>actres sont celles qui fatigu5t le plus la vue1 de mme les petits incid5ts sont ceux qui n\s piqu5t le plus4 ,la t\rbe des petites contr>its n\s n]ve plus qu'un mal viol5t1 si gr& qu'il soit4 ,plus ces p9es de notre vie sont drues et dlies1 mo9s n\s n\s en mfions et plus leurs morsures sont aigus1 plus elles n\s pr5n5t au dp\rvu4 ,je ne suis pas philosophe1 je ress5s les maux dans la mesure o ils agiss5t sur moi3 et ils agiss5t plus ou mo9s1 selon la =me qu'ils affect5t1 selon ce sur quoi ils port5t1 et s\v5t plus que de raison2 je les saisis avec plus de p]spicacit qu'on n'en met gnralem5t s'en ap]cevoir1 bi5 que j'y apporte plus de pati5ce1 et1 qu& ils ne me bless5t pas1 ils ne laiss5t pas de m'tre *>ge4 ,c'e/ une *ose dlicate que la vie1 son c\rs e/ facile tr\bl]4 ,ds que j'ai un sujet de *agr91 la premire impression reue1 on ne rsi/e plus 7,snque71 si sotte qu'en soit la cause1 mon humeur s'aigrit d'elle-mme2 puis elle se monte1 s'exaspre1 tirant elle et entassant1 p\r s'excit]1 griefs sur griefs3 ,en tombant g\tte g\tte1 l'eau f9it p> transp]c] le ro*] 7,lucrce74 ,ces vtilles frqu5tes me rong5t et m'ulcr5t2 les ennuis qui se rpt5t con/amm5t ne sont jamais insignifiants2 ils devi5n5t p]man5ts et sans remde1 qu& 99 notamm5t ils provi5n5t du fait de membres de la famille1 avec lesquels il y a communaut d'exi/5ce et avec lesquels on ne peut rompre4--,qu&1 lo9 de *ez moi1 ma p5se se reporte sur mes affaires et que je les envisage dans leur ensemble1 je tr\ve1 peut-tre p>ce que je ne les ai pas bi5 prs5tes la mmoire1 que jusqu' prs5t elles ont bi5 prospr1 mieux que mes comptes et les raisonnem5ts que je fais ne me portai5t le croire2 mes rev5us m'app>aiss5t excdant ce qu'ils sont2 de si belles app>5ces m'illusionn5t2 mais1 ds que j'en repr5ds la direction1 que je vois surgir t\s ces m5us dtails1 alors mon me se p>tage entre mille s\cis 7,virgile72 mille *oses y laiss5t dsir] ou me sont des sujets de cra9te4 ,cess] compltem5t de m'en occup]1 m'e/ trs facile2 m'y remettre sans regret1 m'e/ bi5 difficile4 ,c'e/ piti que l o v\s tes1 t\t v\s reg>de et qu'il faille v\s occup] de t\t ce que v\s voyez2 je j\irais avec bi5 plus d'entra91 je crois1 des plaisirs que m'(frirait une maison o je s]ais un trang]2 j'y s]ais plus libre et plus suivant mes gts4 ,je suis en cela en con=mit de s5tim5t avec ,diogne rpondant quelqu'un qui lui dem&ait quel v9 il tr\vait le meilleur3 ,je prfre celui qui n'e/ pas de *ez moi4 ,nullem5t s5sible aux plaisirs de la vie de campagne1 il n'aime pas davantage s'occup] des affaires publiques2 j\ir de l'exi/5ce lui suffit4--,mon pre aimait faire des con/ructions ,montaigne o il tait n2 et1 dans t\tes ces que/ions d'exploitation dome/ique1 j'aime suivre son exemple et sa manire de faire1 et f]ai t\t mon possible p\r que ceux qui vi5dront aprs moi s'y emploi5t de mme4 ,si je p\vais davantage p\r son s\v5ir1 je le f]ais2 je me fais gloire de ce que sa volont s'ex]ce encore et s'accomplit p> mon fait4 ,plaise ,dieu que jamais je ne manque une occasion d'agir1 qu& cela se p\rra1 comme l'et fait de son vivant un si bon pre4 ,si je me suis ml d'a*ev] quelque vieux pan de mur et de modifi] quelque p>tie de btim5t mal tablie1 c'e/ c]ta9em5t p>ce que tel tait son projet1 beauc\p plus que p>ce que cela me conv5ait2 et je me repro*e ma fa9antise qui m'a emp* de cont9u] la belle re/auration qu'il avait comm5c de faire subir notre maison1 d'autant que je risque =t d'en tre le d]ni] propritaire de notre race et celui qui y port]a la d]nire ma94 ,mais je ne suis port p]sonnellem5t ni au plaisir de btir qu'on dit si attrayant1 ni *ass]1 j>d9]1 ni aux autres passe-temps de la vie de campagne2 aucun n'e/ susceptible de beauc\p m'amus]4 ,ce sont l *oses que je ne pratique pas1 non plus que les op9ions qui peuv5t m'tre une s\rce de difficults2 je ne me s\cie pas tant d'en avoir de robu/es et d'claires1 que de faciles et commodes p\r l'exi/5ce2 elles sont suffisamm5t sa9es et ju/es1 qu& elles sont utiles et agrables4 ,ceux qui m'ent5d5t affirm] mon incapacit m'occup] d'conomie dome/ique1 me s\ffl5t l'oreille que c'e/ p> dda94 ,que si je nglige de connatre les in/rum5ts dont il e/ fait usage p\r les lab\rs1 les saisons qui leur sont propres1 l'ordre dans lequel il doit y tre procd2 comm5t se font mes v9s1 se greff5t mes arbres2 de possd] le nom des plantes et des fruits et les di/+u]2 de savoir la manire d'apprt] les vi&es que n\s mangeons j\rnellem5t1 dml] le nom et le prix des t(fes dont n\s n\s habillons1 c'e/ p>ce que j'ai cur de m'occup] de sci5ces plus releves1 ceux-l m'irrit5t pr(ondm5t p> leurs rflexions2 si cela tait1 ce s]ait sottise1 et plutt btise que gloire4 ,je prfr]ais1 en effet1 tre bon cuy]1 que bon logici53 ,que ne t'occupes-tu plutt des *oses utiles1 faire des pani]s d'osi] ou des corbeilles de jonc 7,virgile76 ,n\s occupons notre p5se de gnralits1 des causes et de la m>*e de t\t ce dont se compose l'univ]s1 t\tes *oses qui s'accompliss5t trs bi5 sans n\s1 et n\s laissons de ct ce qui conc]ne l'homme en gnral et notre propre p]sonnalit qui n\s t\*e de plus prs encore4 ,le plus ord9airem5t je rside *ez moi2 je v\drais m'y plaire plus qu'ailleurs3 ,aprs tant de voyages p> t]re et p> m]1 aprs tant de fatigues et de combats1 puisse-je enf9 y tr\v] le repos p\r ma vieillesse 7,horace76 je ne sais si j'en vi5drai b\t4 ,j'aurais v\lu1 en place de quelque autre p>tie de sa succession1 avoir hrit de mon pre l'am\r passionn que1 dans ses vieux ans1 il portait l'exploitation de ses bi5s2 il tait heureux de born] ses dsirs sa situation et de savoir se cont5t] de ce qu'il avait4 ,les g5s qui s'adonn5t l'tude des hautes que/ions politiques1 p\rront tr\v] que c'e/ se conf9] dans une occupation peu releve et /rile2 cela m'import]ait peu1 si je p>v5ais y pr5dre autant de gt que lui4--,je suis de l'avis que s]vir la cause publique et tre utile au plus gr& nombre1 e/ ce qu'il y a de plus honorable3 ,n\s ne j\issons jamais mieux des fruits du gnie1 de la v]tu et de t\te espce de supriorit1 qu'en les p>tageant avec ceux qui n\s t\*5t de plus prs 7,cicron72 mais en ce qui me reg>de1 j'y ai r5onc p> poltronn]ie et p> consci5ce2 de telles *>ges me p>aiss5t si l\rdes1 qu'il me semble aussi que je suis incapable de les remplir4 ,platon1 qui tait matre en t\t ce qui e/ relatif au g\v]nem5t des tats1 s'ab/9t1 lui aussi1 d'en accept]4 ,je me cont5te de j\ir du monde1 sans y apport] trop d'ardeur2 de m5] une vie simplem5t supportable1 qui ne pse ni moi1 ni aux autres4 ,il et s\hait p\voir ab&onn] la ge/ion de ses bi5s un ami sr1 un g5dre p> exemple1 qui l'en et db>rass1 lui assurant le bi5-tre p\r la f9 de ses j\rs4--,jamais homme ne s'en e/ remis aussi compltem5t et avec autant d'ab&on que je le f]ais aux so9s et l'adm9i/ration d'un ti]s1 si j'avais qui me confi]4 ,l'un de mes s\haits1 cette heure1 s]ait de tr\v] un g5dre qui saurait endormir mes vieux j\rs1 en me faisant une exi/5ce commode2 entre les ma9s duquel je dpos]ais1 en t\te s\v]a9et1 la direction et l'emploi de mes bi5s2 qui en f]ait ce que j'en fais1 et auquel j'en ab&onn]ais les bnfices1 p\rvu qu'il y apportt un cur vraim5t reconnaissant et ami4 ,mais voil6 n\s vivons dans un monde o la loyaut e/ inconnue1 mme de nos propres enfants4 ,il se fiait ses dome/iques1 vitant de se r5seign] sur eux p\r ne pas tre oblig de les avoir en dfiance4--,celui qui1 lorsque je voyage1 e/ dpositaire de mon arg5t1 le reoit intgralem5t et rgle la dp5se sans contrle2 du re/e1 si je comptais1 il me tromp]ait t\t autant2 de la sorte1 mo9s que ce ne soit un sclrat1 en m'en remettant lui d'une faon absolue1 je l'oblige bi5 faire3 ,beauc\p de g5s n\s enseign5t les tromp]1 en craignant de l'tre2 la dfiance provoque l'infidlit 7,snque74 ,la sret que je pr5ds le plus communm5t l'g>d de mes g5s1 c'e/ de ne pas me r5seign] sur eux2 je ne prsume le vice qu'aprs l'avoir con/at2 je m'en fie plutt ceux qui sont jeunes1 les e/imant mo9s p]v]tis p> le mauvais exemple4--,il m'e/ mo9s dsagrable de m'ent5dre dire1 au b\t de deux mois1 que j'ai dp5s quatre c5ts cus1 que d'avoir *aque soir les oreilles rebattues p> le rglem5t de ma dp5se j\rnalire1 et ent5dre qu'elle a t de trois1 de c9q1 de sept cus2 ce mode n'a pas fait que1 sur ce po9t1 j'aie t vol plus qu'un autre4 ,il e/ vrai que je prte la ma9 l'erreur2 de p>ti pris1 je ne sais que vaguem5t et d'une faon inc]ta9e ce que j'ai d'arg5t2 et1 dans une c]ta9e mesure1 je suis cont5t de cette inc]titude4 ,il faut faire une petite "p la dloyaut ou l'imprud5ce d'un s]viteur2 s'il n\s re/e de quoi l>gem5t t5ir notre rang1 ab&onnons sa m]ci1 sans y tant reg>d]1 l'excd5t que n\s t5ons de la libralit de la =tune3 c'e/ la "p du glaneur4 ,en somme1 je n'atta*e pas tant d'importance la bonne foi de mes g5s1 que je me s\cie peu du tort qu'ils me font4 ,oh6 quelle vila9e et sotte occupation que d'tre con/amm5t occup de son arg5t1 de se plaire le mani]1 99 le pes]1 le recompt]6 c'e/ p> l que l'av>ice n\s gagne4 ,il n'a jamais pu s'a/re9dre lire un titre1 un contrat2 *ez lui1 la mo9dre *ose le proccupe4--,depuis dix-huit ans que j'adm9i/re mes bi5s1 je n'ai pas su pr5dre sur moi d'exam9] ni mes titres de proprit ni mes pr9cipales affaires1 que je devrais cep5dant connatre fond1 puisque j'ai y veill]4 ,ce n'e/ pas p> mpris des *oses passagres de ce monde1 inspir p> la philosophie3 je n'en suis pas dta* ce degr1 et les e/ime p\r le mo9s leur valeur2 mais bi5 p> l'effet d'une p>esse et d'une nglig5ce puriles et incurables4 ,que ne f]ais-je pas plutt que de lire un contrat1 plutt que de me mettre sec\] ces pap]asses p\dreuses qui me f]ai5t l'esclave de mes affaires ou1 ce qui e/ encore pis1 l'esclave de celles des autres comme font tant de g5s p\r de l'arg5t4 ,ri5 ne me cote tant que le s\ci et la pe9e2 je ne re*]*e que la non*alance et la mollesse4 ,j'tais plutt fait1 je crois1 p\r vivre atta* la =tune d'autrui1 si cela se p\vait sans qu'il en rsultt ni obligation ni s]vitude2 et je ne sais si1 le considr] de prs1 tant donns mon c>actre et ma situation1 jo9ts ce que j'ai s\ffrir du fait de mes affaires1 de mes s]viteurs et de mes famili]s1 je n'en pr\ve pas plus d'abjection1 d'importunit et d'aigreur1 que si je faisais p>tie de la suite d'un homme1 n plus haut que moi1 dans la dp5dance duquel je s]ais sans qu'il gnt trop ma lib]t3 ,la s]vitude e/ la sujtion d'une me l*e et abjecte1 prive de son libre arbitre 7,cicron74 ,crats fit plus3 il se mit s\s la sauveg>de de la pauvret1 p\r s'affran*ir des indignits et des so9s que rclame la direction d'une maison2 cela1 je ne le f]ai pas1 c> je hais la pauvret l'gal de la d\leur2 mais ce que je f]ais volonti]s1 ce s]ait d'*ang] la vie que je mne1 contre une autre mo9s noble et mo9s affaire4 ,qu& je suis abs5t1 je laisse de ct t\tes ces proccupations1 et la *ute d'une t\r m'm\vrait mo9s que ne fait1 qu& je suis prs5t1 une ardoise qui se dta*e de la toiture4 ,mon me1 qu& elle n'e/ pas sur place1 se ds9tresse aism5t de t\t ce qui arrive2 mais si elle e/ l1 elle en s\ffre1 autant que peut en s\ffrir l'me d'un vign]on2 une rne atta*e de trav]s mon *eval1 un b\t d'trivires qui bat sur ma jambe me proccup5t une j\rne entire4 ,j'arrive assez aism5t ce que mon c\rage dom9e les incommodits de la vie2 p\r ce qui e/ de mes yeux je n'y p>vi5s pas3 ,les s5s1 dieux1 les s5s1 que n\s en sommes donc peu matres6 ,que n'a-t-il au mo9s un aide sur lequel se repos]6 ,oblig de veill] t\t1 sa manire de recevoir les trang]s s'en ress5t4--,*ez moi1 je suis responsable de t\t ce qui va mal4 ,peu de matres 7je p>le de ceux de condition moy5ne1 comme e/ la mi5ne71 et s'il y en a1 ils sont plus heureux que moi1 peuv5t se repos] assez sur un second de t\s ces tracas1 au po9t qu'il ne leur en demeure encore une bonne "p leur *>ge4 ,cela ragit quelque peu sur la manire dont je reois les surv5ants1 et peut-tre y en a-t-il dont le sj\r s'e/ prolong1 a9si qu'il arrive des f*eux1 plus cause des agrm5ts de ma cuis9e qu'en raison de la bonne grce de mon accueil2 le plaisir que je devrais pr\v] de voir mes amis me visit] et se runir *ez moi1 s'en tr\ve considrablem5t dim9u4--,la plus sotte cont5ance que puisse avoir *ez lui un g5tilhomme1 c'e/ d'tre vu gn p> le s\ci du s]vice de sa maison1 p>lant l'oreille d'un valet1 en m5aant un autre du reg>d4 ,il faut que les *oses m>*5t sans qu'on s'en ap]oive et qu'elles sembl5t suivre leur c\rs ord9aire2 je tr\ve dplaisant d'entret5ir ses htes de ce qu'on fait p\r eux1 que ce soit p\r s'en excus] ou p\r s'en prvaloir4--,j'aime l'ordre et la propret1 et les prfre l'abondance3 j'aime que les plats et les v]res reflt5t mon image 7,horace72 je m'en ti5s *ez moi ce qui e/ /rictem5t ncessaire et donne peu l'o/5tation4--,qu& v\s tes *ez les autres1 qu'un valet se batte1 qu'un plat se r5v]se1 v\s ne faites qu'en rire2 v\s dormez1 t&is que monsieur1 de conc]t avec son matre d'htel1 prp>e ce qu'il v\s (frira le l5dema94--,ce que j'en dis1 c'e/ ce qui se passe en moi2 je n'en reconnais pas mo9s combi5 ce doit tre une d\ce occupation p\r les natures qui y sont portes1 d'arriv] faire que sa maison soit paisible1 prospre et que t\t y m>*e dans un ordre p>fait4 ,cet tat de *oses dont je s\ffre1 je l'attribue mes propres erreurs et aux emb>ras que je me cre moi-mme1 et n'ai nullem5t l'int5tion de contr$ire ,platon1 qui e/ime que la plus heureuse occupation p\r *acun1 e/ de faire ses affaires p]sonnelles1 sans caus] de prjudice p]sonne4 ,montaigne tait beauc\p plus port dp5s] qu' ?sauris]4--,en voyage1 je n'ai p5s] qu' moi et l'emploi de mon arg5t p\r lequel suffit un ordre une fois donn2 p\r l'amass]1 au contraire1 il faut all] de trop nombreuses s\rces1 et je n'y ent5ds ri54 ,je suis mo9s emb>rass p\r dp5s]1 n'ayant qu' puis] dans mes fonds disponibles dont c'e/ la pr9cipale de/9ation2 mais j'ai des vues trop l>ges1 ce qui fait que mes dp5ses sont rp>ties 9galem5t1 sans rgle et1 de plus1 d'une faon immodre soit dans un s5s1 soit dans l'autre3 si elles doiv5t contribu] me donn] du relief1 me s]vir1 je dp5se sans re/riction2 je me re/re9s galem5t sans limite1 qu& elles ne doiv5t pas me mettre en vid5ce ou satisfaire un dsir que j'ai4 ,que ce soit l'art ou la nature qui n\s p\sse vivre en relations avec autrui1 cela n\s e/ plutt un mal qu'un bi52 n\s n\s privons de ce qui n\s e/ utile1 p\r n\s donn] les app>5ces de faire comme les autres2 les conditions dans lesquelles n\s vivons1 les effets que n\s en pr\vons1 n\s import5t mo9s que ce que le public peut en connatre2 les bi5s mmes de l'esprit et de la sagesse n\s p>aiss5t manqu] de saveur1 si n\s en j\issons hors de la vue et de l'approbation de g5s qui n\s sont trang]s4--,il y a des p]sonnes dont l'or c\le gr&s flots p> des issues s\t]ra9es qui *app5t la vue1 t&is que d'autres l't5d5t o/5siblem5t en lames et en feuilles2 si bi5 que p\r les unes1 les li>ds val5t des cus1 alors que c'e/ l'inv]se p\r les autres2 et cela1 p>ce que le monde juge sur ce qu'il voit de l'emploi et de la valeur de ce que v\s possdez4--,prt] un so9 trop att5tif aux ri*esses1 s5t l'av>ice2 les disp5s] avec une libralit trop calcule et trop mticuleuse1 ne vaut mme pas la surveillance et l'att5tion pnibles que cela ncessite2 qui veut mesur] trop exactem5t sa dp5se1 le fait trop troitem5t et semble n'y satisfaire que p> contra9te4 ,?sauris] et dp5s] sont p> eux-mmes deux *oses indiffr5tes2 elles ne devi5n5t bonnes ou mauvaises que suivant l'ide d'aprs laquelle n\s agissons4 ,une autre raison qui le portait voyag]1 c'e/ la situation morale et politique de son pays2 il n'a pas le c\rage de voir tant de corruption et de dloyaut4--,une autre cause me porte voyag]1 c'e/ le peu de gt que j'pr\ve p\r les murs de notre tat social4 ,au po9t de vue de l'intrt public1 je me consol]ais aism5t de cette corruption3 ,je support]ais ces temps pires que le sicle de f]1 dans lesquels les noms manqu5t aux crimes et que la nature ne peut plus dsign] p> aucun mtal 7,juvnal72 mais en ce qui me t\*e1 j'en s\ffre trop p]sonnellem5t2 c>1 dans mon vois9age1 p> suite des abus qu'eng5dr5t depuis si longtemps ces gu]res civiles1 notre vie entire s'c\le dans une situation tellem5t b\lev]se1 o le ju/e et l'inju/e sont confondus 7,virgile71 qu'en vrit1 c'e/ m]veille qu'elle puisse se ma9t5ir3 ,on lab\re t\t arm1 on n'aime vivre que de but91 et *aque j\r se commett5t de n\veaux brig&ages 7,virgile74 ,p> notre exemple1 je f9is p> voir que la socit huma9e se ti5t et se c\d1 quoi qu'il arrive4 ,qu'on place des hommes n'importe comm5t1 ils se ress]r5t et se rang5t1 se remuant p\r f9ir p> se tass]1 comme des objets mal assortis qu'on met ple-mle dans une po*e et qui tr\v5t d'eux-mmes la faon de se juxtapos] et de s'int]cal] les uns dans les autres1 mieux s\v5t que l'art n'et su les dispos]4--,le roi ,philippe avait fait excut] une rafle des g5s les plus mauvais et les plus incorrigibles que l'on pt tr\v] et leur avait assign p\r demeure une ville qu'il fit btir spcialem5t p\r eux et dont le nom rappelait l'orig9e2 j'e/ime que cette socit htroclite dut1 avec p\r po9t de d"p les vices de ses membres1 se con/itu] en un tat politique dont *acun s'accommoda et o f9it p> rgn] la ju/ice4--,je vois de nos j\rs1 non un fait isol1 ni trois1 ni c5t1 mais des murs n\velles admises et pratiques c\ramm5t1 tellem5t f>\*es surt\t p> leur inhumanit et leur dloyaut1 ce qui1 p\r moi1 con/itue la pire espce d'entre les vices1 que je ne puis y p5s] sans horreur2 je les admire presque autant que je les dte/e1 en voyant combi5 la mise excution de ces m*ancets insignes tmoigne de vigueur et de =ce d'me autant que d'erreur et de drglem5t4 ,la ncessit fait les hommes ce qu'ils sont et les runit2 ce li5 =tuit se trans=me ensuite en lois2 de ces lgislations1 p>mi lesquelles s'en tr\v5t de plus sauvages qu'il n'e/ possible aucun de n\s de les imag9]1 c]ta9es sont arrives produire d'heureux effets et ont t d'aussi longue dure que celles que ,platon et ,ari/ote tai5t capables de faire1 et ce1 alors que t\tes les conceptions de cette nature1 si +nieuses qu'elles soi5t1 sont1 dans l'application1 ridicules et ineptes4 ,t\tes les discussions sur la meilleure =me de g\v]nem5t sont p>faitem5t inutiles2 p\r *aque nation1 la meilleure e/ celle laquelle elle e/ acc\tume4--,ces gr&es et longues alt]cations sur la meilleure =me de socit et sur les rgles les plus propres n\s gr\p] et n\s cont5ir1 n'ont d'autre intrt que d'ex]c] notre esprit1 semblables en cela quelques que/ions qui1 dans les arts1 sont1 p> leur nature mme1 des sujets d'agitation et de controv]se et qui1 hors de l1 n'exi/5t p\r a9si dire pas4 ,tels de ces projets de g\v]nem5t p\rrai5t1 peut-tre1 tre appliqus un monde n\veau2 mais n\s sommes un monde dj exi/ant1 o rgn5t c]ta9es c\tumes1 et ce n'e/ pas n\s qui l'eng5drons1 comme ont fait ,pyrrha ou ,cadmus4 ,quelque possibilit que n\s puissions avoir de le r$ress] et de l'organis] n\veau1 n\s ne p\vons1 sans rompre le t\t1 le ploy] p\r effac] le pli dj pris4--,on dem&ait ,solon si les lois qu'il avait donnes aux ,a?ni5s tai5t les meilleures possibles3 ,oui c]tes1 rpondit-il1 tant donnes celles qu'ils avai5t aup>avant4--,v>ron s'excuse dans le mme s5s3 ,si1 traitant de la religion1 il et abord un sujet absolum5t neuf1 il et dit ce qu'il en p5se2 mais la tr\vant dj admise et 99 t\te =me1 il en p>l]a suivant ce qui e/1 plutt que selon ce qu'elle devrait tre d'aprs la nature4 ,le plus p>fait et le meilleur g\v]nem5t1 non suivant ce qu'on en peut p5s]1 mais dans la ralit1 e/ p\r *aque nation celui s\s lequel elle vit depuis longtemps2 sa =me et sa commodit dp5d5t ess5tiellem5t de l'habitude qu'on en a4 ,la condition en laquelle n\s sommes n\s dplat gnralem5t2 je ti5s cep5dant que c'e/ vice et folie que de s\hait]1 dans une dmocratie1 que l'autorit passe aux ma9s d'un petit nombre1 et que1 dans une mon>*ie1 un autre g\v]nem5t se sub/itue celui exi/ant4 ,aime l'tat tel qu'il e/3 si c'e/ une mon>*ie1 aime la royaut2 si c'e/ une olig>*ie ou une dmocratie1 aime-les p>eillem5t1 ,dieu t'y ayant fait natre2 a9si en p>lait ce bon monsieur de ,pibrac que n\s v5ons de p]dre et qui tait un esprit si aimable1 d'op9ions si sa9es1 de murs si d\ces4 ,cette p]te et celle que n\s avons faite en mme temps de monsieur de ,foix sont trs regrettables p\r la c\ronne4 ,je ne sais s'il re/e en ,france de quoi remplac] ces deux ,gascons1 dans les conseils de nos rois1 p> un c\ple p>eil en droiture et en capacit4 ,c'tai5t de belles mes dans des g5res diffr5ts2 et assurm5t1 p\r ce sicle1 elles tai5t r>es et belles *acune sa manire2 comm5t opposes et rfractaires1 comme elles l'tai5t1 la corruption et aux temptes de ces temps-ci1 ont-elles pu y tr\v] place8 ,ri5 n'e/ plus dang]eux p\r un tat qu'un *angem5t radical2 il faut s'appliqu] amlior]1 mais non r5v]s]4--,ri5 n'e/ plus grave p\r un tat qu'un *angem5t radical2 seuls1 les *angem5ts de cette nature peuv5t p]mettre l'inju/ice et la tyrannie de se produire4 ,qu& quelque pice vi5t se dtraqu]1 on peut la consolid]2 on peut emp*] que l'altration et la corruption1 auxquelles t\t e/ naturellem5t sujet1 ne n\s loign5t trop des pr9cipes qui sont le po9t de d"p de nos in/itutions2 mais entrepr5dre de recon/itu] une si gr&e masse1 de *ang] les fondations d'un difice aussi considrable1 c'e/ faire comme ceux qui1 p\r dcrass]1 effac5t t\t1 qui veul5t corrig] quelques dfauts de dtail p> un b\lev]sem5t gnral2 c'e/ rec\rir la mort p\r gurir de la maladie3 ,c'e/ mo9s *]*] *ang] le g\v]nem5t qu' le dtruire 7,cicron74 ,le monde n'e/ pas capable de se rtablir de lui-mme2 il supporte si difficilem5t ce qui le gne1 qu'il ne vise qu' s'en dfaire sans reg>d] quel prix4 ,n\s voyons p> mille exemples que1 d'ord9aire1 il n'obti5t la gurison qu' ses dp5s4 ,se d*>g] d'un mal prs5t n'e/ pas s'en gurir si1 dans son ensemble1 notre condition ne s'en amliore2 le b du *irurgi5 n'e/ pas l'ablation des *airs contam9es1 ce n'e/ l qu'un moy5 d'en arriv]a la gurison2 il voit plus lo91 il *]*e faire r5atre la *air naturelle et ram5] la p>tie malade son tat normal4 ,quiconque ne se propose que de se db>rass] de ce qui le fait s\ffrir1 ne va pas lo91 c> le bi5 ne succde pas ncessairem5t au mal2 ce peut tre un autre mal1 p>fois pire4 ,c'e/ ce qui arriva aux meurtri]s de ,cs>1 qui compromir5t l'ordre public1 au po9t qu'ils eur5t se rep5tir de s'en tre mls4 ,depuis cette poque jusqu' nos j\rs1 p>eille msav5ture e/ arrive plusieurs2 les ,franais1 mes contempora9s1 peuv5t en p>l] sciemm5t2 t\tes les gr&es modifications branl5t un tat et y port5t le dsordre4 ,les r=mes elles-mmes sont difficiles2 un g\v]nem5t1 mme vicieux1 peut se ma9t5ir malgr ses abus1 sans compt] que p>fois1 si on reg>dait ses vois9s1 on y tr\v]ait pire4--,qui v\drait en entrepr5dre directem5t la gurison et consult] les intresss avant d'agir1 s]ait r5du promptem5t hsitant4--,pacuvius ,calavius t\rna la difficult d'une faon qui le dmontre nettem5t4 ,c'tait ,cap\e1 o il j\issait d'une gr&e influ5ce2 ses concitoy5s tai5t en rvolte contre les magi/rats4 ,un j\r1 ayant russi enf]m] le snat dans le palais1 il convoque le peuple sur la place publique1 et dit ceux qui se sont r5dus son appel que le mom5t e/ v5u p\r eux de se v5g] en t\te lib]t des tyrans qui les oppress5t depuis si longtemps et qu'il ti5t leur m]ci1 isols et ds>ms4 ,qu'il e/ d'avis que1 d'aprs l'ordre que le sort assign]a1 on les fasse v5ir les uns aprs les autres et qu'il soit /atu sur *acun sp>m5t1 et que ce qui s]a dcid soit sur-le-*amp excut2 mais qu'en mme temps1 il soit dsign quelque homme de bi5 p\r occup] la *>ge du condamn1 af9 qu'elle ne demeure pas sans p]sonne p\r la remplir4 ,l'assi/ance n'eut pas plutt ent5du le nom d'un snateur1 qu'il s'leva contre lui un cri univ]sel de mcont5tem5t3 ,je vois bi51 dit ,pacuvius1 qu'il faut lui enlev] ses fonctions3 c'e/ un m*ant1 remplaons-le p> un bon4 ,le sil5ce se fit gnral2 *acun1 bi5 emb>rass1 ne savait sur qui faire port] son *oix4 ,enf9 quelqu'un1 plus os que les autres1 met son c&idat en avant2 mais un conc]t de voix1 plus gr& encore que t\t l'heure s'lve p\r le rejet]2 on lui repro*e c5t imp]fections et les plus ju/es motifs d'viction4 ,ces dispositions ne pas s'ent5dre ne font que crotre1 et le dsaccord s'acc5tue qu& on passe au second snateur2 c'e/ encore pis1 qu& vi5t le troisime2 on s'accorde aussi peu p\r l'lection que l'on s'ent5d sur la de/itution4 ,f9alem5t1 fatigus de ces dbats inutiles1 les voil qui comm5c5t de ci1 de l1 se retir] peu peu de l'assemble1 *acun se disant "p soi qu'un mal qui dure depuis longtemps et qui e/ connu1 e/ t\j\rs plus supportable qu'un mal n\veau dont on n'a pas encore subi l'expri5ce4 ,de ce que je n\s vois agits de bi5 piteuse faon 7c> quels excs ne n\s sommes-n\s pas livrs873 ,hlas6 nos cicatrices1 nos crimes1 nos gu]res fratricides n\s c\vr5t de honte6 ,enfants de ce sicle1 de quoi ne n\s sommes-n\s pas r5dus c\pables8 quels =faits n'avons-n\s pas commis8 ,e/-il une *ose sa9te qu'ait respecte notre jeunesse1 un autel qu'elle n'ait po9t pr(an 7,horace78 je ne vais cep5dant pas s\da9 dire d'un ton f]me et rsolu que la desse ,salus elle-mme1 le v\lt-elle1 s]ait impuissante sauv] cette famille 7,cicron74 ,quoi qu'il en soit1 n\s n'en sommes p\rtant pas encore arrivs nos d]ni]s mom5ts4--,la cons]vation des tats e/ *ose qui vraisemblablem5t dpasse notre intellig5ce2 un g\v]nem5t e/1 comme le dit ,platon1 une puissance difficile diss\dre2 il rsi/e s\v5t des maladies mortelles qui le rong5t intrieurem5t2 il se ma9ti5t malgr le tort que lui caus5t des lois inju/es1 en dpit de la tyrannie1 de la prv>ication et de l'ignorance des magi/rats1 de la lic5ce et de la sdition des peuples4 ,dans t\t ce qui n\s arrive1 n\s pr5ons p\r t]me de comp>aison ce qui e/ au-dessus de n\s et reg>dons ceux qui sont en meilleure situation2 mesurons-n\s ceux qui sont au-dess\s1 et il n'e/ pas si misrable d'entre n\s qui n'y tr\ve mille sujets de consolation4 ,c'e/ notre dfaut de port] plus complaisamm5t nos reg>ds sur ceux qui sont plus favoriss que sur ceux qui le sont mo9s1 ce qui faisait dire ,solon que si l'on v5ait mettre en un seul tas t\s les maux qui afflig5t l'humanit1 il n'y aurait p]sonne qui ne prfr]ait cons]v] ceux qu'il a plutt que de p>ticip]1 avec t\s les autres hommes1 une gale rp>tition de ces maux entasss1 et d'en pr5dre sa quote-"p4 ,notre g\v]nem5t se porte mal1 cela e/ inconte/able2 cep5dant il y en a de plus malades qui n'en sont pas morts3 ,les dieux j\5t la balle avec n\s 7,plaute7 et n\s agit5t t\r de bras4 ,l'empire roma9 e/ un exemple qu'une dom9ation t5due ne tmoigne pas que t\t l'intrieur soit p\r le mieux1 et que1 si m9 que soit un tat1 il peut encore se s\t5ir longtemps p> la =ce mme des *oses4--,les a/res ont fatalem5t dsign ,rome1 p\r tmoign] de ce qu'ils peuv5t s\s ce rapport2 sa =tune compr5d t\tes les trans=mations et av5tures que peut subir un tat2 t\t ce que l'ordre et le dsordre1 le bonheur et le malheur1 sont susceptibles de produire4 ,qui e/ en droit de dsespr] de sa situation1 en voyant les sec\sses et les p]turbations qui l'ont agite et qu'elle a supportes8 ,si une dom9ation t5due e/ une g>antie de prosprit p\r un tat 7ce qui n'e/ pas du t\t mon avis1 trs aise que je suis de voir1 au contraire1 ,isocrate recomm&] ,nicocls de ne pas port] envie aux pr9ces dont les possessions sont les plus va/es1 mais plutt ceux qui sav5t cons]v]1 en bonnes conditions1 ce qui leur e/ *u71 ,rome ne se porta jamais si bi5 que lorsqu'elle fut le plus malade4 ,la pire de ses =mes de g\v]nem5t fut celle o elle se tr\va le plus favorise de la =tune2 pe9e tr\ve-t-on trace d'une con/itution s\s les premi]s emp]eurs1 c'e/ la plus horrible confusion de p\voirs qui se puisse concevoir2 et cela se supporta et dura1 assurant la cons]vation d'une mon>*ie1 non pas limite ,rome elle-mme1 mais compr5ant1 en gr& nombre1 des peuples trang]s les uns aux autres1 trs loigns1 trs mal disposs1 conquis contre t\t droit1 et adm9i/rs d'une faon dplorable3 ,nanmo9s1 la =tune ne v\lut confi] aucune nation le so9 de sa ha9e contre les matres du monde 7,luca974 ,t\t ce qui branle1 ne tombe pas4 ,la contexture d'un aussi gr& corps e/ assure p> plus d'un cl\2 son antiquit mme fait qu'il se ma9ti5t1 comme ces vieux btim5ts dont l'ge a m9 les s\bassem5ts1 qui n'ont plus ni revtem5t ni cim5t et qui p\rtant demeur5t se s\t5ant p> leur propre poids3 ,il ne se ratta*e plus la t]re que p> de trs faibles rac9es1 sa masse seule le reti5t encore en quilibre 7,luca974 ,de la corruption gnrale des tats de l',europe1 ,montaigne conclut que la ,france peut se relev]2 t\tefois il r$\te qu'elle ne se dsagrge4--,ce n'e/ pas bi5 procd] que de se born]1 p\r jug] de la sret d'une place1 en reconnatre l'tat des fosss et des flanquem5ts2 il faut encore tudi] les moy5s d'action de l'assaillant et de quel ct il peut se prs5t]2 peu de vaisseaux c\l5t au fond des m]s p> leur propre poids1 sans accid5t prov5ant de causes trangres4 ,or1 reg>dons de t\s cts1 t\t cr\le aut\r de n\s2 exam9ez t\s les gr&s tats de la ,*rti5t et d'ailleurs que n\s connaissons1 v\s y tr\v]ez une m5ace vid5te de *angem5ts et de ru9e3 ,t\s ont leurs infirmits et une mme tempte les m5ace 7,ovide74 ,les a/rologues ont beau jeu p\r n\s av]tir1 a9si qu'ils le font1 de tr\bles pro*a9s devant occasionn] de gr&es p]turbations2 leurs prdictions ralises ds ma9t5ant sont palpables1 il n'e/ pas beso9 de consult] le ciel p\r cela4 ,de ce que t\s n\s sommes m5acs des mmes maux1 n\s p\vons non seulem5t y tr\v] un sujet de consolation1 mais jusqu' un c]ta9 po9t l'esprance que cela dur]a2 d'autant que1 p> la =ce mme des *oses1 ri5 ne tombe1 l o t\t tombe2 une maladie qui s't5d t\s1 devi5t un tat de sant normal p\r les individus2 l o t\t e/ au mme po9t1 il n'y a pas1 p> cela mme1 de dissolution4 ,p\r moi1 je ne m'en dsespre pas2 ces considrations me font entrevoir des *ances de salut3 ,peut-tre un dieu1 p> un ret\r favorable1 n\s r5dra-t-il notre premi] tat 7,horace74 ,qui sait si ,dieu ne v\dra pas qu'il en rsulte1 comme il arrive des corps qui1 la suite de longues et graves maladies1 se tr\v5t tre purgs et revi5n5t un meilleur tat qu'avant1 y gagnant une sant plus complte et mieux assise que celle qui a subi ces sec\sses8 ,ce qui me r5d le plus anxieux1 c'e/ que si n\s considrons les symptmes de notre mal1 il s'en tr\ve autant qui ont une orig9e naturelle que n\s devons au ciel d'o ils man5t1 que d'autres qui sont le fait des drglem5ts et des imprud5ces des hommes2 il semble que les a/res eux-mmes ont dcrt que n\s avons assez dur et que notre exi/5ce dpasse les limites ord9aires4 ,ce qui m'afflige aussi1 c'e/ que le mal qui n\s m5ace en premi] lieu1 ce n'e/ pas tant que la masse entire1 qui jusqu'ici prs5tait t\s les c>actres de solidit1 vi5ne s'altr]1 que de la voir se dsagrg] et se sp>]3 c'e/ l ma plus gr&e cra9te4 ,montaigne r$\te de se rpt] p>fois dans ses ,essais2 il le regrett]ait1 mais sa mmoire lui fait de plus en plus dfaut4--,en transcrivant ici ces rvass]ies1 je cra9s que ma mmoire ne me trahisse et que1 p> inadv]tance1 elle m'ait fait produire deux fois une mme *ose4 ,je hais de me relire et ne corrige qu' regret ce qui m'e/ une fois *app4 ,or1 je n'apporte ici ri5 de n\veau1 ce sont des ides qui ont communm5t c\rs1 et1 comme c5t fois elles me sont v5ues la p5se1 j'ai peur de les avoir dj exprimes4 ,les r$ites sont t\j\rs ennuyeuses1 les tr\v]ait-on dans ,homre2 elles sont dsa/reuses p\r les *oses qui ne s'indiqu5t que sup]ficiellem5t et p> circon/ance4 ,je n'aime pas rev5ir sans cesse1 mme sur ce qui e/ utile1 comme le fait ,snque1 et ne prise pas ce mode de l'cole /oci5ne de ressass] en long et en l>ge1 p\r *aque sujet trait1 les pr9cipes et les hypo?ses d'ordre gnral et de reproduire con/amm5t les argum5ts et les raisons1 t\j\rs les mmes et que t\t le monde connat4 ,ma mmoire priclite cruellem5t de plus en plus *aque j\r1 comme si1 la gorge ard5te1 je buvais longs traits les eaux somnifres du ,l? 7,horace74 ,jusqu' cette heure1 ,dieu m]ci1 elle ne m'a pas fait commettre d'erreur2 mais il me faudra dornavant1 au lieu de faire comme les autres qui *]*5t se mnag] le temps et la possibilit de p5s] ce qu'ils ont dire1 que j'vite de m'y prp>]1 de peur de me trac] un programme dont je dp5drais4 ,me tr\v] t5u et oblig suivre un ordre dt]m91 dp5dre d'un in/rum5t aussi dlicat que la mmoire1 sont autant de causes qui me tr\bl5t4 ,je ne relis jamais le fait suivant1 sans en tre (fusqu p]sonnellem5t et malgr moi4--,lynce/e tait accus d'avoir conspir contre ,alex&re2 am51 suivant la c\tume1 devant l'arme p\r tre ent5du dans sa df5se1 il avait en tte une h>angue prp>e avec so9 dont1 en hsitant et bgayant1 il pronona quelques lambeaux4 ,comme il se tr\blait de plus en plus1 se dbattant avec sa mmoire p\r retr\v] le fil de son disc\rs1 les soldats les plus pro*es1 le t5ant p\r conva9cu du crime dont il tait accus1 se prcipit5t sur lui et le tu5t c\ps de pique4 ,ses hsitations et son sil5ce avai5t t considrs comme des aveux2 aux yeux de ses meurtri]s1 ayant eu en prison t\t le loisir de se prp>]1 ce ne p\vait tre la mmoire qui lui faisait dfaut1 mais sa consci5ce qui lui liait la langue et p>alysait ses moy5s4 ,que cela e/ judicieux6 ,qu& on ne re*]*e qu'un succs oratoire1 le lieu1 l'assi/ance1 l'att5te sont dj des causes de tr\ble2 qu'e/-ce donc qu& votre vie dp5d des p>oles que v\s allez prononc]8 ,s'il doit prononc] un disc\rs prp>1 la cra9te de p]dre le fil de ses ides le p>alyse2 aussi1 comme le lire c'e/ se li] les ma9s1 et qu'il n'e/ pas capable d'improvis]1 il a pris la rsolution de s'ab/5ir dsormais4--,p\r moi1 tre li ce que j'ai dire1 fait que naturellem5t je suis port oubli]4 ,si je me suis confi et livr entirem5t ma mmoire1 j'ex]ce sur elle un tel ef=t que je l'accable et qu'elle s'effraie de sa *>ge4 ,plus je m'en repose sur elle1 plus je suis hors de moi au po9t de ne savoir quelle cont5ance t5ir2 quelquefois je me suis vu trs en pe9e p\r ca*] les emb>ras que cela me causait1 notamm5t qu& j'avais desse9 de simul]1 en p>lant1 une pr(onde non*alance dans mon acc5t et mon attitude1 et d'appuy] mes p>oles de ge/es en app>5ce =tuits et non prmdits1 supposs inspirs p> la situation du mom5t2 en p>eil cas1 j'aime aussi peu ne ri5 dire qui vaille que d'avoir l'air d'tre v5u prp> bi5 p>l] et ne le p\voir pas1 ce qui e/ =t maladroit1 surt\t *ez des g5s de ma pr(ession1 et cote beauc\p qui n'a pas gr&e facilit p\r se tir] d'affaire4 ,la prp>ation veille plus d'esprance qu'elle ne s]t rellem5t2 on se met s\v5t sottem5t en habit p\r ne pas mieux saut] que si on tait en bl\se3 ,ri5 n'e/ mo9s favorable qui veut plaire1 que de laiss] att5dre beauc\p de lui 7,cicron74--,on a crit de l'orateur ,curion que1 lorsqu'il se proposait de sectionn] son disc\rs en trois ou quatre p>ties et qu'il avait dt]m9 le nombre des ?ses et des raisons qu'il v\lait expos]1 il lui arrivait frquemm5t soit d'en oubli]1 soit d'en aj\t] une ou deux4 ,je me suis t\j\rs appliqu vit] de tomb] dans cet inconvni5t2 je dte/e t\t engagem5t et t\t p>ti pris1 non seulem5t p> dfiance de ma mmoire1 mais p>ce que cela s5t trop l'homme du mti]3 ,ce qu'il y a de plus simple e/ ce qui convi5t aux gu]ri]s 7,ovide74 ,du re/e1 c'e/ f9i2 je me suis promis de ne plus dsormais m'impos] la *>ge de pr5dre la p>ole dans un lieu o l'on p>le avec sol5nit2 p>ce que lire un disc\rs crit1 outre que c'e/ trs sot1 cela e/ trs dsavantageux p\r ceux qui1 p> nature1 sont t\j\rs disposs agir2 et quant me risqu] improvis] en me fiant mon inspiration1 je le f]ai mo9s encore1 elle e/ *ez moi trop vague et trop l\rde et ne saurait f\rnir les rep>ties s\da9es1 p>fois importantes1 que la ncessit comm&e4 ,il fait volonti]s des additions son livre1 mais ne corrige pas2 les *angem5ts qu'il p\rrait y introduire ne vaudrai5t peut-tre pas ce qui y e/4--,fais encore1 lecteur1 bon accueil cette dition de mes ,essais1 a9si qu' cette troisime addition aux tudes que j'ai dj publies sur moi-mme2 j'aj\te1 mais ne corrige pas4 ,d'abord1 p>ce que je tr\ve que celui qui a (f]t un ouvrage en v5te au public1 n'en a plus le droit2 qu'il dise mieux1 s'il le peut1 dans un autre travail1 mais qu'il ne dprcie pas la valeur de celui qu'il a dj v5du4 ,de ceux qui en agiss5t a9si1 il ne faudrait ri5 a*et] qu'aprs leur mort4 ,avant de se produire1 qu'ils rfl*iss5t bi5 ce qu'ils criv5t2 qu'e/-ce qui les presse8 ,mon livre e/ t\j\rs le mme1 sauf qu' mesure qu'il en e/ fait un n\veau tirage1 p\r que celui qui veut l'acqurir ne s'en ret\rne pas les ma9s absolum5t vides1 je me p]mets1 puisque ce n'e/ qu'une m>quet]ie mal jo9te1 d'y int]cal] quelques ornem5ts supplm5taires4 ,ce surcrot ne modifie pas l'dition primitive1 il ne fait que donn] une valeur p>ticulire *acune de celles qui suiv5t1 ce qui e/ une petite subtilit peut-tre un peu prt5tieuse de ma "p2 il peut t\tefois en rsult] des int]v]sions au po9t de vue *ronologique1 mes hi/oriettes pr5ant place dans le c\rs de l'ouvrage1 selon leur opportunit et pas t\j\rs suivant les dates des faits auxquels elles ont trait4 ,une seconde raison qui fait que je ne corrige pas1 c'e/ qu'en ce qui me reg>de1 je cra9s de p]dre au *ange4 ,mon ent5dem5t ne va pas t\j\rs progressant1 il va aussi reculons2 je ne me dfie gure mo9s des fantaisies qui me pass5t p> la tte en second ou en troisime lieu que de celles qui sont closes les premires1 des fantaisies prs5tes que des fantaisies passes2 s\v5t n\s n\s rectifions aussi sottem5t que n\s corrigeons les autres4 ,j'ai vieilli de plusieurs annes depuis mes premires publications qui ont vu j\r en mil c9q c5t quatre v+ts1 mais je d\te m'tre assagi de si peu que ce soit4 ,moi cette heure et moi autrefois1 sommes rellem5t deux2 quel e/ le meilleur8 en vrit1 je ne saurais le dire4 ,il f]ait bon de vieillir1 si n\s ne cessions d'all] n\s amliorant2 mais n\s n'avanons qu' la faon des ivrognes1 en titubant1 en pr\vant des v]tiges1 sans direction df9ie1 ou encore1 semblables des 99 joncs que l'air agite au gr de ses caprices4--,antio*us avait1 dans ses crits1 pris vig\reusem5t p>ti p\r l',acadmie2 sur ses vieux ans1 il se rangea du p>ti contraire2 quel que soit celui que j'aurais embrass1 n'et-ce pas t suivre ,antio*us8 ,aprs avoir tabli que n\s devons d\t] de t\tes les op9ions huma9es1 v\loir tablir que n\s devons les t5ir p\r c]ta9es1 n'e/-ce pas affirm] le d\te et non la c]titude1 et donn] p5s] que si notre vie devait se prolong]1 notre imag9ation1 t\j\rs en proie de n\velles agitations1 en devi5drait non pas meilleure1 mais diffr5te8 ,il s'en rapporte uniquem5t ses diteurs p\r l'or?ographe et la ponctuation2 des fautes d'autre nature peuv5t tre releves dans le texte2 le lecteur1 qui e/ au fait de ses ides1 les rectifi]a de lui-mme4--,la faveur du public1 en me rassurant plus que je n'esprais1 m'a donn plus de h>diesse2 mais ce que je cra9s le plus c'e/ de rassasi]2 je prfr]ais en tre encore aux premires publications de mes ,essais1 que de lass] en les multipliant1 comme a fait un savant de mon poque4 ,la l\ange e/ t\j\rs agrable de qui elle vi5ne et p\r quelque raison que ce soit2 encore faut-il1 p\r qu'elle plaise ju/e titre1 savoir quelle en e/ la cause2 les imp]fections elles-mmes peuv5t y donn] lieu4 ,l'e/ime du vulgaire n'e/ d'ord9aire pas heureuse dans les *oix sur lesquels elle se porte1 et je me trompe bi5 si1 en ces temps-ci1 les plus mauvais crits ne sont pas ceux auxquels va de prfr5ce la faveur populaire4 ,aussi je r5ds grce aux honntes g5s qui daign5t pr5dre en bonne "p mes faibles ef=ts4 ,il n'e/ pas d'ouvrage o les fautes que peut prs5t] un texte1 ressort5t autant que dans ceux qui trait5t de sujets qui n'intress5t pas p> eux-mmes4 ,ne t'en pr5ds pas moi1 lecteur1 de celles qui se sont glisses dans celui-ci1 p> la fantaisie ou l'inatt5tion d'autres que moi2 *acun1 p> les ma9s de qui il passe1 *aque ouvri] y apporte les si5nes4 ,je ne me mle ni d'or?ographe 7j'ai seulem5t recomm& de se con=m] l'or?ographe anci5ne71 ni de ponctuation1 n'tant exp]t ni en l'une1 ni en l'autre4 ,l o le s5s e/ absolum5t incomprh5sible1 je ne m'en mets pas en pe9e1 on ne risque pas de me l'imput]2 mais qu& il n'e/ qu'altr1 ce qui arrive s\v5t1 et qu'on me fait dire ce que je ne dis pas1 on me fait gr& tort2 t\tefois1 si la phrase e/ trop en contradiction avec ce que l'on peut att5dre de moi1 un honnte homme ne saurait l'accept] comme tant mi5ne4 ,celui qui sait combi5 peu j'aime le travail et combi5 je suis atta* ma manire de faire1 croira aism5t que je dict]ais plus volonti]s n\veau autant de fois des ,essais1 que de m'assujettir p\r *aque n\velle dition les relire1 p\r y apport] des corrections qu'un enfant e/ mme de faire4 ,plac au foy] des gu]res civiles1 il a beauc\p en s\ffrir1 t\tefois jusqu'ici il a *app au pillage2 malheureusem5t1 ce n'e/ pas aux lois qu'il en e/ r$evable et il regrette d'en avoir obligation autrui4--,je disais plus haut que1 vivant au c5tre des gu]res civiles1 au plus pr(ond de la m9e qui f\rnit ce mtal n\veau1 pire que l'aira9 et le f]1 dont notre ge devrait port] le nom1 non seulem5t cela me prive de t\s rapports d'intimit avec des g5s ayant d'autres murs que moi1 unis entre eux p> leurs op9ions religieuses qui sont autres que les mi5nes et1 *ez eux1 prim5t t\te autre cause de rappro*em5t1 mais encore je ne suis pas sans c\rir de risques au milieu de cette masse d'individus qui t\t e/ p]mis et dont la plup>t sont1 vis--vis de la ju/ice1 dans une situation qui ne saurait tre pire2 d'o une lic5ce dpassant t\tes bornes4 ,lorsque j'envisage les conditions p>ticulires dans lesquelles je me tr\ve1 je ne vois p]sonne de mon p>ti auquel la df5se des lois cote plus qu' moi1 autant1 comme dis5t les hommes de loi1 p> les pr(its que je ne ralise pas1 que p> les p]tes que j'pr\ve2 et tels font les braves1 p> le zle et le rigorisme qu'ils dploi5t1 qui1 t\t bi5 compt1 font beauc\p mo9s que moi4 ,a t\s mom5ts1 dans ma maison qui e/ facilem5t abordable et dont l'accs e/ libre 7c> je ne me suis jamais laiss all] la trans=m] en =t]esse1 prfrant de beauc\p voir la gu]re se transport] le plus lo9 possible de mon vois9age71 *acun tr\ve hospitalit2 cela lui a valu d'tre vue favorablem5t p> t\s1 et me prs]ve d'tre viol5t *ez moi comme ,job sur son fumi]4 ,je considre comme un fait extraord9aire et qui mrite d'tre cit qu'elle soit encore vi]ge de sang et de pillage1 depuis tant de temps que dure cet orage1 au milieu de tant d'agitations et de *angem5ts qui se produis5t aut\r d'elle2 c>1 dire vrai1 s'il tait possible un homme de mon c>actre d'*app] t\te vexation1 en vivant dans un milieu o t\t le monde aurait eu les mmes op9ions et n'en *ang]ait pas1 les incursions et invasions des div]s p>tis1 les alt]natives et les vicissitudes de la =tune aut\r de moi ont1 jusqu' prs5t1 plutt exaspr que dc\rag le pays et m'expos5t des dang]s et des difficults qu'il m'e/ impossible d'vit]4 ,j'y *appe1 mais je regrette que ce soit plus du fait de ma bonne =tune et aussi de ma prud5ce que de la ju/ice2 je regrette de ne po9t me tr\v] protg p> les lois et d'tre oblig de me plac] s\s une autre sauveg>de4 ,en l'tat1 je vis plus d' moiti p> la faveur d'autrui1 ce qui m'e/ une dure obligation4 ,je ne v\drais devoir ma sret ni la bont1 ni la bi5veillance des gr&s qui tolr5t mon atta*em5t la lgalit et la lib]t2 non plus qu' la facilit des murs de mes anctres et des mi5nes2 qu'arriv]ait-il en effet1 si j'tais autre8 ,ma conduite et ma fran*ise dans mes rapports avec mes vois9s leur crent1 a9si qu' ma p>5t1 des obligations mon g>d2 il e/ cruel qu'il leur soit loisible de satisfaire ces obligations en cons5tant me laiss] vivre1 et qu'ils puiss5t dire3 ,la lib]t de cont9u] la clbration du s]vice div9 dans la *apelle de sa maison1 alors que n\s avons r5du ds]tes 99 et ru9 t\tes les glises d'al5t\r1 e/ une concession de notre "p2 n\s lui concdons encore l'usage de ses bi5s et de la vie en ret\r de ce que lui-mme1 l'occasion1 veille la cons]vation de nos femmes et de nos bufs4 ,voil longtemps en effet que1 dans ma famille1 n\s mritons ces mmes l\anges qu' ,a?nes1 on donnait ,lycurgue qui tait le dpositaire et le g>di5 habituel des b\rses de ses concitoy5s4--,or1 j'e/ime que la vie e/ p\r n\s un droit que n\s t5ons d'en haut1 et qu'elle ne saurait tre ni une rcomp5se1 ni une grce qu'on n\s octroie2 que de nobles g5s ont prfr la p]dre1 que d'en tre r$evables autrui6 ,je *]*e me s\/raire t\te obligation quelle qu'elle soit1 mais surt\t celles qui peuv5t rsult] d'un devoir d'honneur2 je ne tr\ve ri5 de si onreux que ce qui me vi5t p> don1 et lie ma volont p> la gratitude laquelle cela m'oblige4 ,j'accepte plus volonti]s les s]vices qui se v5d5t2 je le crois bi53 p\r ceux-ci je n'ai que de l'arg5t donn]1 p\r les autres je me donne moi-mme4 ,il se considre comme absolum5t li p> ses engagem5ts2 la reconnaissance lui e/ l\rde1 aussi ti5t-il p\r avantageux de se tr\v] dlivr1 p> leurs mauvais procds son g>d1 de son atta*em5t env]s c]ta9es p]sonnes4--,l'honntet me lie1 ce me semble1 bi5 plus troitem5t et plus srem5t que ne le fait la contra9te lgale2 les obligations contractes devant notaire1 me ps5t mo9s que celles contractes p> moi-mme3 n'e/-il pas rationnel1 en effet1 que ma consci5ce se tr\ve d'autant plus engage qu'on s'e/ t\t simplem5t fi elle8 ,l o elle n'e/ pas intresse1 elle ne doit ri51 puisque ce n'e/ pas elle que l'on s'e/ adress2 qu'on rec\re la confiance sur laquelle on a compt1 aux assurances qu'on a prises en dehors de moi4 ,il me cot]ait beauc\p mo9s de fran*ir p\r m'vad] les murs d'une prison1 et de me mettre en opposition avec les lois1 que de viol] ma p>ole4 ,je suis scrupuleux obs]vateur de mes promesses1 au po9t d'en tre sup]/itieux2 aussi1 qu& je le puis1 je n'en fais gure1 quelque propos que ce soit1 que de vagues et de conditionnelles4 ,celles mmes qui sont sans importance bnfici5t de la rgle que je me suis impose2 elles sont p\r moi un t\rm5t1 et ce m'e/ un s\lagem5t de leur donn] satisfaction4 ,de mme1 qu& j'ai en tte quelque projet que j'ai =m et ai t\te lib]t cet g>d2 si j'en dis l'objet1 je considre que cela seul me con/itue une obligation de l'accomplir1 et qu'en faire "p autrui1 c'e/ pr5dre un engagem5t env]s moi-mme2 il me semble que dire1 c'e/ promettre2 aussi suis-je trs rs]v p\r communiqu] ce que je me propose de faire4--,les condamnations portes p> moi sur moi-mme me sont plus s5sibles et plus dures que si elles manai5t de juges qui ne peuv5t sur moi que ce qu'ils peuv5t sur t\t le monde2 l'tre9te de ma consci5ce a une action autrem5t puissante et plus svre4--,je satisf]ais mollem5t des devoirs auxquels on me contra9drait1 si mme je m'y s\mettais3 ,l'acte le plus ju/e n'e/ ju/e qu'autant qu'il e/ volontaire 7,cicron72 si la lib]t ne lui donne du lu/re1 il manque de grce et ne fait pas honneur4 ,je ne fais ri5 de bonne grce si ma volont n'y a "p 7,tr5ce72 et elle se ds9tresse en p>tie1 lorsque ce dont il s'agit m'e/ impos p> la ncessit1 p>ce que dans les *oses qu'une autorit suprieure ordonne1 on sait plus de gr celui qui comm&e qu' celui qui excute 7,valre ,maxime74 ,j'en connais qui p\ss5t au po9t d'tre inju/es1 ce s5tim5t de ne pas v\loir p>atre cd] la contra9te2 ils dis5t qu'ils donn5t qu& ils ne font que r5dre1 qu'ils prt5t qu& ils ne font que pay]2 et env]s ceux auxquels ils sont t5us de faire le bi51 ils s'en acquitt5t le plus *i*em5t qu'ils peuv5t4 ,je ne vais pas jusque-l1 mais peu s'en faut4 ,j'aime tant tre d*>g et dli de t\te obligation1 que j'ai p>fois considr comme avantageuses les +ratitudes1 (f5ses et indignits dont ont pu se r5dre c\pables mon g>d ceux de qui1 soit naturellem5t1 soit p> accid5t1 j'avais reu quelques s]vices d'ami2 pr5ant occasion de leur faute1 p\r me donn] quittance moi-mme et me s\/raire l'acquittem5t de ma dette4 ,t\t en cont9uant leur r5dre extrieurem5t ce que comm&5t les plus /ricts devoirs de socit1 je tr\ve cep5dant gr& bnfice ne faire que p>ce que je le dois1 ce qu'aup>avant je faisais p> affection1 et me s\lag] un peu de la sorte de la "p d'att5tion et de sollicitude qu'intrieurem5t y et prise ma volont1 qui1 *ez moi1 qu& j'y cde1 e/ trop prcipite et trop imprieuse1 du mo9s p\r un homme qui ne veut on quoi que ce soit subir de pression3 ,il e/ prud5t de ret5ir1 comme on le fait d'un *> dans les c\rses1 les lans trop f\gueux de la bi5veillance 7,cicron74 ,cette attnuation de mon premi] m\vem5t me console des imp]fections de ceux qui me t\*5t2 je dplore qu'ils en vaill5t mo9s1 mais1 p> contre1 j'y gagne de leur tre mo9s atta* et d'tre mo9s engag vis--vis d'eux4 ,j'appr\ve celui qui aime mo9s son enfant p>ce qu'il e/ teigneux ou bossu1 et non seulem5t qu& il e/ m*ant1 mais encore lorsqu'il e/ mal con/itu et dif=me 7,dieu lui-mme en a1 p> l1 dprci la valeur naturelle71 s\s condition t\tefois d'apport]1 dans cette dim9ution d'affection1 de la modration et une exacte ju/ice4 ,la p>5t1 mes yeux1 n'attnue pas les dfauts2 elle les aggrave plutt4 ,il ne doit ri5 aux gr&s et ne leur dem&e que de ne pas s'occup] de lui2 il s'applique t\t support]1 se pass] de t\t2 il ne veut avoir d'obligations env]s p]sonne1 et1 s'il ne peut l'vit]1 s\haite que ce soit p\r t\te autre *ose qu'obt5ir protection contre les fureurs de la gu]re civile4--,aprs t\t1 p> la faon dont j'ent5ds que doiv5t se pratiqu] la bi5faisance et la reconnaissance1 qui sont *oses bi5 dlicates et d'usage si rp&u1 je ne vois p]sonne qui1 jusqu' cette heure1 soit plus libre et mo9s t5u p> ses obligations que je ne le suis4 ,ce que je dois1 je le dois simplem5t en raison de celles que n\s t5ons de la nature et que n\s avons t\s2 en dehors d'elles1 p]sonne n'e/ plus indp5dant3 ,les prs5ts des gr&s me sont inconnus 7,virgile74 ,les pr9ces me donn5t beauc\p s'ils ne m't5t ri52 ils me font suffisamm5t de bi5 qu& ils ne me font pas de mal3 c'e/ t\t ce que je leur dem&e4 ,oh6 combi5 je suis reconnaissant env]s ,dieu1 de ce qu'il lui a plu que je reoive directem5t de sa grce t\t ce que je possde et n'aie de dette que vis--vis de lui6 ,combi5 je supplie in/amm5t sa sa9te misricorde que jamais je ne doive p]sonne de gr&s rem]ciem5ts p\r des *oses ess5tielles6 ,bnie soit mon indp5dance1 qui m'a accompagn si avant dans la vie2 puisse-t-elle se cont9u] jusqu'au b\t6 ,je m'ef=ce de n'avoir un beso9 absolu de p]sonne3 ,t\tes mes esprances sont en moi 7,tr5ce72 cela e/ possible t\t le monde1 mais surt\t ceux que ,dieu a mis l'abri des ncessits urg5tes que la nature elle-mme n\s impose4 ,c'e/ une situation bi5 digne de piti et ple9e de has>ds que de dp5dre d'autrui2 n\s ne p\vons t\j\rs l'vit]2 n\s ne sommes pas p\r cela assez assurs de n\s-mmes1 ce qui s]ait p\rtant ce qu'il y aurait de plus sage1 de plus adroit et de plus sr4 ,je n'ai ri5 que moi1 qui soit moi1 et la possession que j'en ai e/ mme en p>tie dfectueuse et emprunte4 ,je m'applique avoir du c\rage1 ce qui e/ la meilleure des g>anties2 et aussi me mnag] un mode d'exi/5ce qui puisse me r5dre la vie supportable si1 d'autre "p1 t\t v5ait me manqu]4 ,hippias d'lis ne se p\rvut pas seulem5t de sci5ce p\r1 au se9 des ,muses1 p\voir au beso9 demeur] agrablem5t sans autre compagnie1 et de philosophie p\r appr5dre son me1 si le sort l'ordonnait1 se cont5t] p> elle-mme et se pass] c\rageusem5t des commodits de la vie qui ont leur s\rce en dehors de n\s2 il fut encore s\cieux d'appr5dre faire sa cuis9e1 sa b>be1 ses robes1 sa *aussure1 ses hauts-de-*ausse p\r1 autant qu'il se p\vait1 ne faire fond que sur lui-mme et se s\/raire t\te assi/ance trangre4--,on j\it bi5 plus librem5t et plus gam5t des bi5s qui n\s arriv5t occasionnellem5t et p\r un temps limit1 qu& cette j\issance n'e/ pas p\r n\s d'obligation1 qu'elle n'e/ pas impose p> le beso9 et que1 de sa propre volont et de sa bonne =tune1 on a la =ce et les moy5s de s'en pass]4 ,je me connais bi51 et m'imag9e malaism5t qu'une libralit si gnreuse ft-elle de quelqu'un mon g>d1 qu'une hospitalit aussi fran*e et ds9tresse qu'elle puisse tre1 qui me s]ai5t (f]tes1 me produisiss5t d'autre effet que celui d'une disgrce1 d'une tyrannie1 auxquelles se jo9drai5t les repro*es que je m'adress]ais si1 press p> la ncessit1 j'avais t am5 les accept]4--,donn] e/ le signe di/9ctif des g5s ambitieux et qui ont des prrogatives2 de mme qu'accept] e/ une m>que de s\mission2 tmo9 l'injurieux refus que fit ,bajazet des prs5ts que ,tam]lan lui envoyait1 ce qui dt]m9a un conflit entre eux4 ,l'(fre de cadeaux faite p> l'emp]eur ,soliman l'emp]eur de ,calicut1 indigna ce d]ni] tel po9t que non seulem5t il les refusa durem5t1 disant que ni lui ni ses prdcesseurs n'avai5t c\tume de recevoir et qu'il tait au contraire de tradition *ez eux de donn]1 mais que1 de plus1 il fit jet] dans un ca*ot les ambassadeurs qui lui avai5t t envoys cet effet4--,qu&1 dit ,ari/ote1 ,?tis flatte ,jupit]1 que les ,lacdmoni5s flatt5t les ,a?ni5s1 ils ne vont pas leur rappel] le bi5 qu'eux-mmes leur ont fait1 ce qui e/ t\j\rs dplaisant ent5dre2 ce qu'ils leur rappell5t1 ce sont les bi5faits qu'ils en ont reu4--,les g5s que je vois rec\rir si familirem5t n'importe qui1 et contract] des engagem5ts avec le premi] v5u1 ne le f]ai5t pas1 s'ils sav\rai5t comme moi la d\ceur d'une lib]t absolue1 et si les obligations qu'ils contract5t de la sorte1 leur pesai5t autant qu'il convi5t un sage2 on paie p>fois ces engagem5ts1 on ne s'en dgage jamais4 ,cruel esclavage p\r qui aime la lib]t et y avoir les c\des fran*es dans t\s les s5s4 ,mes connaissances1 tant celles qui1 dans l'*elle sociale1 sont au-dessus de moi que celles qui sont au-dess\s1 sav5t si jamais ils ont vu quelqu'un mo9s sollicit]1 requrir1 suppli] que je ne fais et tre mo9s *>ge autrui que je ne suis4 ,il n'e/ pas tonnant que je sois a9si1 si diffr5t sur ce po9t de t\t ce qu'on peut voir notre poque1 alors que tant de p>ticul>its de mon c>actre y contribu5t3 un peu de fi]t naturelle1 l'impati5ce que me cause un refus1 le peu d't5due de mes dsirs et de mes projets1 mon inhabilet en t\tes sortes d'affaires1 enf9 mes qualits favorites1 l'oisivet et l'indp5dante2 t\t cela fait que j'pr\ve une ha9e mortelle dp5dre de quelqu'un autre que moi1 comme avoir s\s ma dp5dance quelqu'un qui ne soit pas moi4 ,je fais les plus gr&s ef=ts p\r me pass] de t\t conc\rs trang] avant de me dt]m9] rec\rir la bi5faisance d'autrui1 en quelque occasion ou beso91 pressant ou non1 que ce soit4--,mes amis m'importun5t trangem5t qu& ils me dem&5t de sollicit] 99 en leur faveur auprs d'un ti]s2 il m'en cote peu prs autant1 je crois1 de libr] quelqu'un qui me doit en usant de lui1 que de m'engag] moi-mme env]s quelqu'un qui ne me doit ri54 ,ceci mis "p1 et aussi tant tabli qu'on ne me dem&e ri5 qui exige des dm>*es et me cause des s\cis 7je suis en gu]re ouv]te avec t\t ce qui ncessite que je me donne la mo9dre pe9e71 je suis d'un abord facile et prt v5ir en aide aux beso9s de *acun4 ,mais j'ai plus encore fui recevoir1 que je n'ai *]* donn]2 ne pas recevoir e/ du re/e1 au dire d',ari/ote1 bi5 plus ais pratiqu]4 ,ma bonne =tune ne m'a gure p]mis de faire un peu de bi5 aux autres2 mais le peu que j'ai pu faire1 e/ tomb sur des g5s qui m'en ont su peu de gr4 ,si elle m'et fait natre p\r occup] un c]ta9 rang p>mi les hommes1 j'eusse s\hait me faire aim]1 plutt que cra9dre ou admir]2 ou plus effrontm5t1 j'aurais autant reg>d plaire qu' tir] pr(it4 ,cyrus1 p> l'organe d'un trs bon capita9e1 philosophe encore meilleur1 e/ime trs sagem5t que sa bont et ses bi5faits sont d'un prix autrem5t gr& que sa vaillance et les conqutes qu'il doit la gu]re4 ,de mme le premi] ,scipion1 p>t\t o il veut donn] bonne op9ion de lui-mme1 place son amnit et son humanit au-dessus de sa h>diesse et de ses victoires1 et a t\j\rs la b\*e ce mot qui lui fait tant d'honneur1 qu'il a donn lieu de l'aim] autant ses ennemis qu' ses amis4 ,je dis donc que s'il faut qu& mme avoir des obligations autrui1 il s]ait plus ju/e qu'elles ai5t des causes autres que celles dont je p>le1 qui dc\l5t de nos malheureuses gu]res civiles1 et qu'elles me fass5t dbiteur d'une dette mo9s l\rde que n'e/ celle que con/itue ma cons]vation totale1 corps et bi5s2 cela m'accable4 ,ces gu]res font qu'il vit dans des transes cont9ues2 c'e/ l une des causes qui font qu'il voyage tant1 bi5 qu'il ne soit pas assur de tr\v] mieux4--,je me suis c\* mille fois *ez moi1 m'imag9ant que1 dans la nuit mme1 je s]ais victime d'une p]fidie quelconque et qu'on m'assomm]ait1 dem&ant la =tune que ce ft sans que j'en pr\ve d'effroi et qu'on ne me ft pas languir4 ,que de fois1 aprs avoir dit mon ,pat]1 ne me suis-je pas cri3 ,ces t]res cultives vont-elles donc dev5ir la proie d'un soldat b>b>e 7,virgile78 ,a cela1 pas de remde6 c'e/ ici le lieu o n\s sommes ns1 la plup>t de mes anctres et moi2 ils l'ont aim et y ont atta* leur nom4 ,n\s n\s endurcissons t\t ce quoi n\s n\s acc\tumons et1 dans une condition aussi misrable qu'e/ la ntre1 l'habitude e/ un prs5t bi5 prcieux de la nature2 elle endort notre s5sibilit et n\s prs]ve des s\ffrances que n\s caus]ai5t c]ta9s maux4--,les gu]res civiles ont cela de pire que les autres1 c'e/ que t\s n\s sommes faire le guet dans nos maisons3 ,qu'il e/ malheureux d'avoir protg] sa vie p> des portes et des murailles1 et d'tre pe9e en sret dans sa propre maison 7,ovide76 ,c'e/ en tre rduit une gr&e extrmit que d'tre m5ac jusque *ez soi et au milieu des si5s4 ,la rgion o je demeure e/ t\j\rs expose la premire nos tr\bles et la d]nire en tre db>rasse2 la paix n'y e/ jamais complte3 ,mme en paix1 n\s ne cessons de r$\t] la gu]re 7,ovide74--,t\tes les fois que la =tune a rompu la paix1 c'e/ ici le *em9 de la gu]re2 p\rquoi le sort ne m'a-t-il pas donn plutt des demeures errantes dans les climats brlants1 ou s\s l',ourse glace 7,luca978 ,p>fois je tr\ve moy51 p> la non*alance et la l*et avec laquelle je les envisage1 de me rassur] contre ces proccupations qui1 quelquefois aussi1 n\s port5t avoir de la rsolution4--,il m'arrive s\v5t de me figur]1 non sans un c]ta9 plaisir1 que je suis s\s le c\p de dang]s mortels et de m'y rsign]2 alors1 tte baisse1 sans plus y rfl*ir ni entr] dans d'autres considrations1 je me plonge /upidem5t1 en imag9ation1 dans la mort comme je me prcipit]ais dans un abme sil5cieux et obscur qui m'engl\tirait du premi] c\p1 et in/antanm5t s'emp>e de moi un l\rd sommeil1 s\s l'effet duquel je demeure ins5sible et in]te et qui m't\ffe4 ,la dlivrance que j'en espre1 fait que la p]spective d'une mort c\rte et viol5te me console plus que 99 ne me tr\ble la cra9te que j'en ai4 ,la vie n'en vaut pas mieux1 dit-on1 qu& elle e/ de longue dure2 d'autre "p1 la mort e/ d'autant meilleure qu'elle e/ mo9s longue4 ,je ne m'p\vante pas tant d'tre mort1 que du temps que je mettrai m\rir4 ,je me replie sur moi-mme et me ti5s coi devant cet orage qui1 dans une de ses rafales rapides et dont je m'ap]cevrai pe9e1 doit m'aveugl] et m'emport] avec furie4 ,encore s'il adv5ait ce qui1 au dire de c]ta9s j>d9i]s1 arrive aux roses et aux violettes1 qui naiss5t plus odorantes qu& elles p\ss5t auprs d'ails et d'oignons1 lesquels suc5t et attir5t eux t\te la mauvaise odeur qui peut se tr\v] dans la t]re1 et que ces natures dpraves humass5t le v59 de l'air et de la rgion o je vis1 les r5dant p> leur vois9age meilleurs et plus purs1 je ne p]drais pas t\t6 ,mais il n'en e/ pas a9si2 cep5dant1 il peut en rsult] que la bont app>aisse plus belle et plus attrayante en dev5ant plus r>e1 et que1 dans ce milieu qui lui e/ si contraire et qui e/ si ml1 l'honntet surgisse1 enflamme p> l'opposition qu'elle r5contre et la gloire qu'elle y tr\v]ait4 ,les voleurs1 dans leur amabilit1 ne m'en veul5t pas d'une faon p>ticulire2 je ne leur en veux pas davantage1 il me faudrait en v\loir trop de g5s4 ,les robes les plus div]ses abrit5t mmes consci5ces2 la cruaut1 la dloyaut1 le vol y sont t\t p>eils1 et d'autant plus nuisibles qu'ils s'ex]c5t plus l*em5t1 plus srem5t1 la drobe1 s\s l'ombre des lois4 ,je hais mo9s l'inju/ice av\e que celle qui a rec\rs la trahison1 celle eng5dre p> les dsordres de la gu]re que celle qui se produit en paix et revt des =mes judiciaires4 ,la fivre qui n\s ti5t1 s'e/ dcl>e dans un corps dont elle n'a gure empir l'tat2 le feu y c\vait1 la flamme n'a fait qu'clat]2 il y a plus de bruit1 le mal n'e/ pas beauc\p plus gr&4--,a ceux qui me dem&5t p\rquoi je voyage tant1 je rponds d'ord9aire que je sais bi5 ce que je fuis1 mais non ce que je vais tr\v]2 et lorsqu'on me dit qu' l'trang] l'tat sanitaire peut tre aussi mauvais1 que les murs n'y 99 val5t pas mieux que *ez n\s1 je rponds d'abord que c'e/ difficile1 tant le crime s'e/ multipli p>mi n\s 7,virgile72 puis1 qu'il y a t\j\rs pr(it *ang] une situation mauvaise contre une autre qui e/ inc]ta9e1 et que n\s ne devons pas ress5tir les maux qui ps5t sur autrui au mme degr que les ntres4 ,il aime ,p>is1 n'e/ franais que p> cette capitale2 puisse-t-elle ne pas tre en proie aux diss5sions inte/9es1 ce s]ait sa ru9e4--,je ne veux pas oubli] que1 si c\rr\c que je puisse tre contre la ,france1 je ne cesse de reg>d] ,p>is d'un bon il4 ,p>is a mon cur depuis mon enfance1 et j'pr\ve son sujet ce qui arrive de t\t ce qui e/ excell5t2 c'e/ que plus j'ai vu1 depuis1 d'autres belles villes1 plus la beaut de celle-ci a gr&i et gagn dans mon affection4 ,je l'aime p\r elle-mme et l'aime plus1 telle qu'elle e/ en temps habituel1 que lorsque des ftes vi5n5t aj\t] son clat2 je l'aime t5drem5t jusque dans ses imp]fections et ses ta*es2 je ne suis franais que p> cette gr&e cit1 si peuple1 si heureusem5t situe2 mais surt\t1 gr&e et incomp>able p> le nombre et la v>it des facilits de t\te nature qu'on y tr\ve2 elle e/ la gloire de la ,france et l'un des plus nobles ornem5ts du monde4 ,dieu veuille en *ass] au lo9 ce qui n\s divise6 ,non livre aux p>tis1 unie1 elle e/ l'abri de t\te viol5ce2 mais je l'en av]tis1 ce qui peut lui arriv] de pis s]ait qu'elle soit en butte aux factions2 je ne cra9s p\r elle qu'elle-mme1 mais cra9s malheureusem5t p\r elle autant que p\r t\te autre p>tie du royaume4 ,tant qu'elle demeur]a indemne1 je ne manqu]ai pas de lieu de retraite o je puisse all] f9ir mes j\rs1 et de nature ne m'en faire regrett] aucun autre4 ,il reg>de t\s les hommes1 quelque nation qu'ils app>ti5n5t1 comme ses compatriotes2 le monde enti] e/ p\r lui une patrie4--,ce n'e/ pas p>ce que ,socrate l'a dit1 mais p>ce qu'en vrit je p5se de la sorte1 t\s les hommes sont p\r moi des compatriotes2 et ce s5tim5t1 je suis mme port l'exagr]2 j'embrasse un ,polonais comme je f]ais d'un ,franais1 faisant pass] le li5 qui unit les individus d'une mme nation1 aprs celui qui n\s e/ commun avec t\s les habitants de l'univ]s4 ,je ne suis gure enti* de la d\ceur de l'air natal2 les connaissances n\velles que j'ai faites de moi-mme1 me sembl5t bi5 valoir les connaissances banales et d'occasion rsultant du vois9age2 les amitis fran*es que n\s contractons l'emport5t d'ord9aire sur celles que n\s devons une communaut de climat ou de sang4 ,la nature n\s a mis au monde libres de t\t engagem5t1 et n\s n\s emprisonnons de n\s-mmes dans des limites re/re9tes comme les rois de ,p]se qui se faisai5t une obligation de ne jamais boire que de l'eau du fleuve ,*oaspe1 et r5onai5t sottem5t au droit qu'ils avai5t d'us] de t\te autre eau1 semblant1 en ce qui les t\*ait1 considr] comme sec t\t le re/e du monde4--,sur sa f91 ,socrate e/imait qu'une s5t5ce d'exil tait pire qu'une s5t5ce de mort2 je ne suis pas de son avis et ne tomb]ai jamais tellem5t en enfance1 ni ne s]ai si troitem5t infod mon pays1 que je me range cette ide4 ,ces vies1 dignes de cratures cle/es1 ont des manife/ations que j'e/ime plus que je ne les aime2 elles en ont aussi de si hautes et de si extraord9aires1 que mon e/ime mme ne peut atte9dre p>eille lvation1 d'autant que je n'arrive seulem5t pas les concevoir4 ,ce s5tim5t1 de la "p de ,socrate1 ne tmoigne-t-il pas d'une t5dresse excessive *ez un homme qui considrait l'univ]s comme sa patrie8 il e/ vrai qu'il n'aimait pas les voyages et n'avait gure mis le pi$ hors de l',attique4 ,que dire aussi de ne pas v\loir que ses amis ra*t5t sa vie de leurs d5i]s1 et de son refus1 p\r ne pas dsobir aux lois une poque o leur corruption tait si gr&e1 de se prt] l'excution d'un complot qui l'et dlivr de sa prison8 ,ces exemples1 qu'il n\s donne1 r5tr5t mon s5s dans cette premire catgorie de s5tim5ts que j'e/ime plus que je ne les p>tage4 ,quant ceux de la seconde catgorie1 d'une lvation telle que mon e/ime n'arrive pas leur hauteur1 il en e/ des exemples que je p\rrais cit] de lui2 et1 dans le nombre1 il s'en tr\ve d'une v]tu si r>e1 qu'ils dpass5t ce dont je suis capable2 quelques-uns mme outrepass5t ce que mon jugem5t peut admettre4 ,avantages que ,montaigne tr\ve voyag]2 il demeure sans pe9e huit dix heures conscutives *eval et1 sauf les *aleurs excessives1 ne r$\te aucune intemprie4--,outre ces raisons1 voyag] me semble encore un ex]cice pr(itable1 p>ce que l'me y e/ cont9uellem5t convie rem>qu] des *oses n\velles qu'elle ne connat pas2 et1 a9si que je l'ai dit s\v5t1 je ne sais pas de meilleure cole p\r la dress]1 que de lui mettre sans cesse s\s les yeux la si gr&e div]sit d'exi/5ce1 d'ides1 d'usages qui se r5contr5t et de lui faire gt] cette p]ptuelle v>it de =mes de notre nature4 ,le corps1 lui1 n'y e/ ni oisif1 ni puis p> le travail2 cette agitation modre le ti5t en hale9e4 ,t\t t\rm5t que je suis de coliques1 je re/e *eval huit dix heures sans en desc5dre et sans que cela m'ennuie1 au del des =ces et de la sant d'un vieill>d 7,virgile72 aucun temps ne m'e/ contraire1 sauf la *aleur accablante d'un soleil torride1 c> je n'use pas des ombrelles dont1 depuis les anci5s ,roma9s1 on se s]t en ,italie et qui fatigu5t plus les bras qu'elles ne s\lag5t la tte4 ,je v\drais bi5 connatre le procd1 employ dans l'antiquit p> les ,p]ses lorsque le luxe a comm5c s'introduire *ez eux et que m5tionne ,xnophon1 p\r se mnag] leur conv5ance de l'air frais et de l'ombre4 ,j'aime la pluie et la b\e autant qu'un can>d4 ,je suis ins5sible aux *angem5ts climatriques et atmosphriques1 et qu'il fasse beau ou non1 c'e/ t\t un p\r moi2 je ne s\ffre que des v>iations qui se produis5t dans mon individu et elles sont mo9s frqu5tes qu& je voyage4--,je suis assez difficile mettre en m\vem5t2 j'hsite autant devant un petit dplacem5t que p\r un gr&1 faire mes prp>atifs de d"p p\r une j\rne d'abs5ce p\r all] visit] un vois9 que p\r un vrai voyage2 mais1 une fois en r\te1 je vais aussi longtemps qu'on veut4--,j'ai l'habitude de faire l'tape1 comme font les ,espagnols1 t\t d'une traite et mes j\rnes aussi longues qu'elles peuv5t raisonnablem5t l'tre4 ,p5dant les =tes *aleurs1 je m>*e de nuit1 du soleil c\*ant au soleil levant4 ,l'autre faon qui1 af9 de se re/aur]1 consi/e s'arrt] en r\te p\r dn] comme on peut et la hte1 e/ incommode1 surt\t p5dant les j\rs c\rts4 ,mes *evaux se tr\v5t beauc\p mieux de mon sy/me2 jamais aucun1 qui a pu faire avec moi la premire j\rne1 ne m'a laiss en r\te4 ,je les fais boire p>t\t1 p\rvu qu'il re/e assez de *em9 faire1 p\r qu'ils ai5t le temps de digr] leur eau4 ,ma p>esse me lev] p]met aux g5s de ma suite de dn] leur aise avant de p>tir2 p\r moi1 il n'e/ jamais trop t>d p\r mang]1 l'apptit me vi5t en mangeant et jamais autrem5t1 je n'ai faim que lorsque je me mets table4 ,on le blme de ce que1 vieux et m>i1 il quitte sa maison p\r voyag]2 n'y laisse-t-il pas une g>di5ne fidle qui y ma9ti5t l'ordre8 ,sa femme n'e/ pas de celles qui viv5t dans l'oisivet4--,quelques p]sonnes me repro*5t de me plaire encore voyag] bi5 que je sois m>i et vieux4 ,elles ont tort2 il vaut mieux ne quitt] sa maison que lorsqu'on l'a mise sur le pi$ de p\voir se pass] de n\s1 et qu'on y a tabli un ordre qui ne c\rt pas risque de se drang]4 ,il e/ bi5 autrem5t imprud5t de s'en loign] qu& on n'a pas y laiss] une g>de aussi sre qu'il m'e/ donn de le faire1 sur laquelle on puisse autant compt] qu'elle p\rvoira t\t ce qui v\s e/ ncessaire4 ,la sci5ce1 l'occupation les plus honorables et les plus utiles une mre de famille1 sont celles du mnage4 ,j'en vois qui sont av>es et =t peu bonnes mnagres2 c'e/ leur qualit matresse qui prime t\te autre1 comme tant l'unique apport capable de ru9] ou de sauv] nos maisons4 ,quoi qu'on puisse dire1 l'conomie dome/ique1 d'aprs l'expri5ce que j'en ai1 e/ la v]tu que je place *ez une femme m>ie au-dessus de n'importe quelle autre4 ,en voyageant1 je mets ma femme mme de l'ex]c]1 lui laissant en ma9 durant mon abs5ce t\te l'adm9i/ration de mes bi5s4 ,je vois avec dpit le m>i1 dans quelques intrieurs1 rev5ant v]s midi1 maussade1 s\cieux du tracas des affaires1 et tr\vant ,madame dans son cab9et de toilette1 encore occupe se coiff] et s'attif]2 cela e/ bon p\r les re9es1 et encore je ne sais trop4 ,il e/ ridicule et inju/e que notre sueur et notre travail s]v5t entret5ir l'oisivet de nos femmes4 ,je ne crois pas que p]sonne ait des affaires mo9s emb>rasses que moi1 mes bi5s me donn5t t\te tranquillit et ne sont grevs d'aucune dette2 mais si le m>i apporte les rev5us1 il e/ dans la nature mme des *oses que la femme dirige leur mise en uvre4 ,on objecte que c'e/ tmoign] peu d'affection sa femme que de s'en loign]1 mais l'abs5ce mom5tane aiguise au contraire le dsir de se revoir2 on n'aime pas mo9s un ami abs5t que prs5t4--,on dit que l'abs5ce peut influ] sur les devoirs qu'impose l'affection m>itale1 je ne le crois pas2 ces devoirs peuv5t au contraire se ress5tir de rapports trop cont9us1 trop d'assiduits bless5t4 ,t\te femme qui n\s e/ trangre ne n\s p>at-elle pas une honnte femme8 et *acun ne sait-il pas p> expri5ce que se voir cont9uellem5t1 ne peut procur] un plaisir gal celui que l'on ress5t qu& on se quitte et qu'on se rejo9t p> int]valles8 ,ces int]ruptions raviv5t en moi l'am\r que je porte aux mi5s1 et me fait p>atre plus d\x le temps que je passe *ez moi2 le foy] dome/ique succdant au voyage et rciproquem5t1 je n'en suis que plus dispos p\r pass] de l'un l'autre4 ,je sais que l'amiti a les bras assez longs p\r se ma9t5ir et se jo9dre d'un co9 du monde l'autre2 surt\t celle de m>i femme1 o il y a un cont9uel *ange de s]vices qui en rveill5t l'obligation et le s\v5ir4 ,les ,/oci5s ne dis5t-ils pas qu'il y a une si gr&e union et liaison intime entre les sages1 que si l'un d'eux dne en ,france1 son compagnon1 qui e/ en gypte1 s'en tr\ve rassasi2 et qu'il suffit l'un d'eux d't5dre le doigt n'importe o1 p\r que t\s les sages sur la surface de la t]re en ress5t5t assi/ance8 ,la j\issance et la possession dp5d5t beauc\p de l'imag9ation1 qui t\j\rs embrasse avec plus d'ardeur et de p]si/ance ce qu'elle re*]*e que ce que n\s t\*ons4 ,reportez-v\s vos amusem5ts de *aque j\r1 v\s tr\v]ez que c'e/ surt\t qu& il e/ l que v\s p5sez le mo9s votre ami2 sa prs5ce fait que votre att5tion se rel*e et donne votre p5se loisir de s'abs5t] t\te heure et t\te occasion4--,hors de *ez moi1 ,rome1 je surveille et dirige ma maison et ce qui m'y intresse2 je vois s'lev] et dmolir mes murailles1 crotre et dcrotre mes arbres et mes r5tes1 deux doigts prs1 comme lorsque j'y suis3 ,j'ai con/amm5t s\s les yeux ma maison et jusqu' la mo9dre disposition des lieux que j'ai quitts 7d'aprs ,ovide74 ,si n\s ne j\issions que de ce que n\s t\*ons1 adieu nos cus qu& ils sont dans nos c(fres1 et nos enfants qu& ils sont la *asse4 ,les v\lons-n\s plus prs de n\s8 s'ils sont au j>d91 e/imez-v\s que ce soit lo98 s'ils sont une demi-j\rne1 qu'en dites-v\s8 dix lieues1 e/-ce lo9 ou prs8 si c'e/ prs1 qu'e/-ce1 suivant v\s1 que onze1 d\ze1 treize lieues8 et a9si de pro*e en pro*e4 ,je s]ais d'avis que la femme mme de dire son m>i3 ,a tant de pas c'e/ tre prs2 p>tir de tant1 cela devi5t lo91 fixe1 entre les deux1 la limite laquelle il devra se t5ir3 ,dites un *iffre p\r vit] t\te conte/ation1 s9on j'use de la latitude que v\s me laissez2 et1 de mme que j'arra*]ais cr9 p> cr9 la queue d'un *eval1 je retran*e une lieue1 puis une autre1 jusqu' ce qu'il ne v\s en re/e plus et que v\s soyez va9cu p> la =ce de mon raisonnem5t 7,horace74 ,qu'elle appelle h>dim5t la philosophie son sec\rs1 celle qui on p\rrait repro*] que ne voyant ni l'un ni l'autre des deux b\ts qui con/itu5t le po9t de jonction entre le trop et le pas assez1 le long et le c\rt1 le lg] et le l\rd1 le prs et le lo91 ne di/+uant ni le comm5cem5t ni la f91 ne peut jug] du milieu qu'avec bi5 de l'inc]titude3 la nature ne n\s p]met pas de connatre la limite des *oses 7,cicron74--,les femmes cess5t-elles d'tre les p\ses et amies des g5s trpasss1 alors qu'elles-mmes sont encore de ce monde et qu'eux sont dans l'autre8 ,n\s embrassons p> la p5se1 non seulem5t les abs5ts1 mais encore ceux qui ne sont plus et ceux qui ne sont pas encore4 ,n\s n'avons pas fait m>*1 en n\s m>iant1 de n\s t5ir s\ds indissolublem5t l'un l'autre1 comme font je ne sais quels petits insectes que n\s voyons1 ou la faon des *i5s1 comme les ensorcels de ,k>5ty2 une femme ne doit pas avoir les yeux si avidem5t fixs sur le devant de son m>i1 qu'elle ne puisse le voir p> d]rire1 qu& beso9 en e/4 ,le mot de ce pote1 qui pe9t si bi5 leur c>actre1 ne s]ait-il pas ici sa place p\r rvl] le motif de leurs pla9tes3 ,t>dez-v\s r5tr]6 votre p\se s'imag9e que v\s en aimez une autre1 ou que v\s en tes aim1 que v\s buvez1 ou que v\s v\s amusez2 enf9 que t\t le bon temps e/ p\r v\s et le mauvais p\r elle 7,tr5ce72 ou bi5 ne s]ait-ce pas que l'opposition et la contradiction sont dans leur nature et con/amm5t en veil *ez elles1 et qu'elles se ti5n5t p\r peu prs satisfaites1 du mom5t qu'elles v\s gn5t4 ,dans l'amiti vritable1 de laquelle j'ai qualit p\r p>l]1 je me donne mon ami plus que je ne le tire moi4 ,non seulem5t je prfre lui faire du bi5 plutt que ce soit lui qui m'en fasse1 mais j'aime encore mieux qu'il s'en fasse lui-mme que de m'en faire2 c'e/ qu& il s'en fait1 qu'il m'en fait le plus2 et si l'abs5ce lui plat ou le s]t1 elle m'e/ moi-mme plus d\ce que sa prs5ce4 ,il n'y a pas du re/e proprem5t p>l] d'abs5ce1 qu& on a moy5 de demeur] en relations4 ,avec ,la ,botie1 j'ai autrefois tir gr& avantage et agrm5t de notre loignem5t3 qu& n\s n\s sp>ions1 notre vie tait mieux remplie et pr5ait plus d'ext5sion2 il vivait1 j\issait1 voyait p\r moi et moi p\r lui1 aussi compltem5t que si n\s avions t l'un et l'autre sur place2 qu& n\s tions ensemble1 ne faisant qu'un1 une moiti de n\s demeurait oisive2 en des lieux sp>s1 nos volonts s'ex]ant *acune de leur ct1 leur union produisait davantage4 ,cette faim insatiable de la prs5ce en corps1 accuse un peu de faiblesse dans la j\issance que les mes doiv5t ress5tir l'une p> l'autre4 ,p\rquoi cra9dre de voyag] qu& on e/ vieux8 c'e/ alors que les voyages sont le plus pr(itables4 ,il peut m\rir en r\te1 dira-ton2 qu'importe6--,on m'allgue la vieillesse2 j'e/ime que c'e/ au contraire aux jeunes g5s se con=m] aux op9ions qui ont c\rs et se gn] p\r autrui2 ils sont mme de satisfaire la fois et le monde et eux-mmes1 t&is que n\s1 n\s avons dj trop ne satisfaire que n\s seuls4 ,a mesure que les satisfactions naturelles vi5n5t n\s manqu]1 ddommageons-n\s avec celles que n\s p\vons n\s crer4 ,il e/ inju/e d'excus] la jeunesse de s'adonn] ses plaisirs et d'int]dire la vieillesse d'en re*]*]4 ,jeune1 j'tais gai et n'avais qu' modr] mes passions2 vieux1 je suis tri/e et il me faut rec\rir aux di/ractions4 ,les lois de ,platon int]dis5t de voyag] avant l'ge de qu>ante ou c9quante ans1 p\r que ces prgr9ations soi5t plus utiles et plus in/ructives2 j'accept]ais plus volonti]s le second article de ces mmes lois1 l'int]disant aprs soixante4 ,mais1 votre ge1 v\s ne revi5drez jamais d'un si long voyage8 me dira-t-on4 ,que m'importe8 je ne l'entrepr5ds ni p\r en rev5ir ni p\r l'a*ev]2 j'entrepr5ds uniquem5t de me m\voir p5dant que le m\vem5t me plat1 je me promne p\r me prom5]4 ,ceux qui c\r5t aprs de l'arg5t ou aprs un livre1 ne c\r5t pas2 ceux-l c\r5t1 qui j\5t aux b>res ou p\r s'ex]c] la c\rse4 ,je puis m'arrt] p>t\t1 n'ayant pas de programme dt]m9 l'avance2 *aque j\rne m>que le t]me que je me propose et il en e/ de mme du c\rs de ma vie2 cela ne m'a pas emp* de visit] beauc\p de localits loignes o j'aurais volonti]s fix ma demeure4 ,p\rquoi pas8 ,*rysippe1 ,clan!1 ,diogne1 ,znon1 ,antipat] et tant de sages de la secte la plus maussade1 ont bi5 ab&onn leurs pays d'orig9e1 sans sujet de pla9te et uniquem5t p\r all] respir] un autre air4 ,c]ta9em5t1 le plus gr& dplaisir que j'pr\ve dans mes voyages1 c'e/ de ne pas les faire avec la rsolution d'tablir ma demeure o je me tr\v]ai bi51 et d'avoir t\j\rs le ret\r en p]spective p\r agir suivant ce qui e/ dans les habitudes4 ,quoiqu'il lui soit indiffr5t de m\rir l ou ailleurs1 il prfr]ait que la mort le surprt *eval et hors de *ez lui2 il y s]ait plus en paix4--,si je craignais de m\rir autre "p que l o je suis n1 si je p5sais m\rir mo9s mon aise lo9 des mi5s1 pe9e sortirais-je de ,france2 je ne sortirais mme pas sans effroi de ma p>oisse1 c> je s5s la mort qui m'tre9t cont9uellem5t p> la gorge ou les re9s4 ,mais je suis autrem5t fait2 la mort p\r moi e/ la mme1 n'importe o elle m'atte9dra4 ,si t\tefois j'avais *oisir1 j'aim]ais mieux1 je crois1 que ce soit *eval plutt que dans un lit1 de prfr5ce hors de ma maison et lo9 des mi5s4 ,on pr\ve plus de crve-cur que de consolation pr5dre cong de ses amis2 c'e/ un devoir de civilit que j'omettrais volonti]s de remplir1 p>ce que des s]vices auxquels v\s engage l'amiti1 celui-l e/ le seul qui soit dplaisant2 aussi me pass]ais-je bi5 de dire ce gr& et t]nel adieu4 ,s'il y a quelque avantage l'assi/ance que n\s prt5t nos amis en la circon/ance1 elle (fre c5t inconvni5ts4 ,j'ai vu des g5s m\rir dans de bi5 piteuses conditions p>ce qu'ils tai5t assigs de t\t ce tra91 l'empressem5t de *acun les t\ffait4 ,c'e/ contraire au devoir et considr mme comme une m>que de peu d'affection et d'att5tion1 de v\s laiss] m\rir en repos3 l'un v\s t\rm5te les yeux1 l'autre les oreilles1 un autre la b\*e2 il n'y a pas de s5s1 pas de membre que l'on ne v\s m>tyrise4 ,votre cur s'apitoie ent5dre les pla9tes de vos amis2 p>fois aussi1 c'e/ avec dpit qu'il v\s faut en ent5dre d'autres1 celles-ci fe9tes1 dissimulant les vrais s5tim5ts de ceux qui les exhal5t4 ,celui qui a t\j\rs eu le gt s5sible et dlicat1 l'a encore plus ce mom5t2 il lui faudrait1 en cette occurr5ce qu'on ne peut vit]1 une ma9 d\ce1 en rapport avec sa manire de s5tir1 p\r le gratt] prcism5t o cela lui cuit1 ou n'tre pas gratt du t\t4 ,n\s avons beso9 de sage-femme p\r n\s mettre au monde1 n\s aurions bi5 beso9 aussi d'un homme encore plus sage p\r n\s aid] en sortir2 un tel homme1 qui de plus s]ait notre ami1 s]ait a*et] bi5 *] p\r le s]vice qu'il r5drait en p>eille occasion4--,je ne suis po9t encore arriv cette =ce d'me1 ddaigneuse de t\t ce qui peut surv5ir1 qui puise sa vigueur en elle-mme1 laquelle ri5 n'aj\te et que ri5 ne tr\ble2 je suis d'un degr au-dess\s et *]*e uniquem5t me f\rr] dans un tr\ comme un lap9 et me drob] p5dant ce passage de vie trpas1 non p> cra9te mais p> calcul4 ,je ne suis pas d'avis que ce soit l le mom5t p\r moi de faire preuve ou talage de f]met2 p\r qui s]ait-ce1 alors que je cesse d'avoir t\t droit et t\t intrt une bonne rputation8 ,je me cont5te d'une mort accomplie dans le recueillem5t1 paisible1 solitaire1 o je sois compltem5t moi1 qui soit en rapport avec la vie retire et t\te b\rgeoise que j'ai m5e2 et ce1 l'oppos de ce qu'admettait la sup]/ition roma9e qui t5ait p\r malheureux celui m\rant sans p>l] et n'ayant pas auprs de lui ses pro*es p\r lui f]m] les yeux4 ,j'ai assez faire me consol] sans avoir consol] les autres1 assez de p5ses en tte sans que les circon/ances m'en apport5t de n\velles1 assez de *oses dont j'ai m'entret5ir sans en re*]*] d'autres4 ,cet acte de la pice ne comporte pas plusieurs rles2 il n'e/ qu' un seul p]sonnage4 ,vivons et rions avec les ntres1 allons gmir et m\rir *ez des inconnus2 on tr\ve p>t\t1 en payant1 quelqu'un p\r v\s t\rn] la tte1 v\s frictionn] les pi$s1 ne s'empress] auprs de v\s qu'autant que v\s le v\lez1 v\s (frant un visage con/amm5t indiffr5t1 v\s laissant agir et v\s pla9dre votre guise4 ,quelle f*euse habitude que notre ent\rage s'apitoie sur nos maux2 cela n]ve notre c\rage4--,je me dfais *aque j\r p> raison de cette humeur purile et inhuma9e1 qui fait que n\s dsirons que nos maux suscit5t *ez nos amis compassion et *agr94 ,n\s exagrons ce que n\s pr\vons p\r provoqu] leurs l>mes2 et la f]met que n\s l\ons *ez les autres1 qu& ils sont aux prises avec la mauvaise =tune1 n\s la repro*ons et en faisons un grief ceux qui n\s appro*5t qu& c'e/ n\s qui sommes pr\vs3 il ne n\s suffit pas qu'ils pr5n5t "p nos maux1 il faut encore qu'ils s'en afflig5t4 t5dons au contraire la joie et1 le plus que n\s p\vons1 re/reignons la tri/esse4 ,qui se fait pla9dre sans raison1 c\rt risque de n'tre pas pla9t qu& il y aura lieu2 c'e/ risqu] de ne l'tre jamais1 que de se pla9dre t\j\rs2 en *]*ant si s\v5t inspir] la piti1 on f9it p> ne l'obt5ir de p]sonne4 ,qui se dit mort lorsqu'il e/ vivant1 s'expose pass] p\r tre encore vivant qu& il vi5dra m\rir4 ,j'en ai vu qui se f*ai5t de ce qu'on leur tr\vait le visage repos et le p\ls calme1 qui se g>dai5t de s\rire p\r ne pas p>atre en voie de gurison1 qui regrettai5t de se bi5 port] p>ce que cela emp*ait qu'on les plaignt2 et1 ce qui e/ bi5 plus =t1 c'e/ que ces p]sonnes n'tai5t pas des femmes4 ,je ne dis jamais de mes maladies plus que je n'en ress5s2 j'vite les p>oles dc\rageantes1 mes exclamations se born5t celles que m'arra*e la d\leur1 sans que je les accompagne d'aucun comm5taire4 ,prs d'un malade raisonnable1 dfaut d'allgresse1 une cont5ance calme e/ conv5able de la "p des assi/ants2 de ce qu'il se voit en mauvais tat1 il n'e/ pas ho/ile la sant2 il lui plat de la voir =te et entire *ez les autres et d'en j\ir au mo9s p> ceux qui lui ti5n5t compagnie2 de ce qu'il s5t qu'il va s'effondrant1 il ne rep\sse pas les p5ses qui occup5t la vie et ne fuit pas de p>ticip] aux conv]sations de t\t le monde4 ,c'e/ qu& je me porte bi5 que je veux tudi] la maladie2 qu& elle me ti5t1 j'en ress5s assez les effets p\r que mon imag9ation n'ait pas beso9 d'int]v5ir4 ,n\s n\s prp>ons de longue ma9 aux voyages que n\s v\lons entrepr5dre1 qu& n\s y sommes rsolus2 qu& vi5t l'heure de mont] *eval1 n\s consacrons ce mom5t l'assi/ance1 et1 p\r lui tre agrable1 n\s le prolongeons4 ,a publi] cette tude sur lui-mme1 ,montaigne tr\ve cet avantage qu'elle lui s]t de rgle de conduite1 que les critiques s]ont mo9s ports dnatur] ses qualits et que sa confession p\rra en p>tie les ds>m]4--,je tire de la publication de cette lude sur mes murs1 cet avantage inespr1 c'e/ qu'elle me s]t en quelque sorte de rgle2 elle me porte p>fois ne pas me mettre en opposition avec ce que j'ai t\j\rs t4 ,cette dcl>ation publique m'oblige me cont5ir dans ma direction premire et ne pas dm5tir les conditions s\s lesquelles je me suis dpe9t et qui1 a9si dcrites1 sont1 dans leur ensemble1 plus exactem5t r5dues qu'elles ne le s]ai5t du fait des jugem5ts faux et m*ants d'auj\rd'hui4 ,l'uni=mit et la simplicit de mon c>actre1 m'ont p]mis de le traduire aism5t2 mais la =me n\velle et inusite s\s laquelle je le prs5te1 donne bi5 beau jeu la mdisance4 ,a qui v\drait me critiqu] loyalem5t1 je crois1 en vrit1 en avoir bi5 suffisamm5t f\rni les moy5s en faisant connatre et av\ant mes imp]fections2 il y a l de quoi s'en donn] cur joie1 sans s'en pr5dre ce qui n'e/ pas4 ,si1 p>ce que j'ai pris l'avance en m'accusant et me rvlant1 on tr\ve que j'm\sse les d5ts de la critique1 elle s]a naturellem5t am5e amplifi] et t5dre ses attaques1 l'(f5se pr5ant des droits qui dpass5t ceux que la ju/ice assigne2 et1 des vices dont je ne lui montre que quelques rac9es1 elle en f]a de gros arbres4 ,si elle en vi5t l1 qu'elle s'ex]ce non seulem5t sur les dfauts que j'ai1 mais encore sur t\s ceux que je puis avoir en g]me et qui1 p> leur nombre et leur nature1 font que je prte le flanc de t\tes p>ts2 qu'elle m'attaque donc p> l4 ,j'imit]ais volonti]s1 en ce cas1 l'exemple du philosophe 99 ,bion3 ,antigone v\lant le bless] s'attaquait son orig9e2 ,bion lui f]ma la b\*e en disant3 ,je suis le fils d'un s]f1 qui tait b\*] et avait enc\ru la fltrissure1 et d'une fille publique que mon pre avait p\se1 la bassesse de sa situation ne lui p]mettant pas d'aspir] plus haut2 t\s deux avai5t commis des mfaits qui leur avai5t valu des condamnations4 ,un orateur me tr\vant beau et av5ant1 m'a*eta alors que j'tais encore enfant2 sa mort1 il m'a laiss t\s ses bi5s2 je les ai raliss et suis v5u en cette ville d',a?nes1 o je me suis adonn la philosophie4 ,que les hi/ori5s ne se mett5t pas en pe9e p\r *]*] des r5seignem5ts sur moi1 je leur dirai moi-mme t\t ce qui e/4 ,une confession fran*e et spontane enlve aux repro*es t\te porte et ds>me l'injure4 ,t\t compte fait1 j'e/ime qu'aussi s\v5t qu'on me l\e on m'te de ma valeur1 p>ce qu'on dpasse la mesure2 il m'app>at aussi que1 depuis mon enfance1 en fait de rang et d'honneur1 on m'en a prt plutt au-dessus qu'au-dess\s de ce qui m'app>ti5t4 ,je prfr]ais vivre dans un pays o les que/ions de prm95ce s]ai5t ou rgles ou mprises4 ,entre 99 hommes1 qu& un diffr5d s'lve propos de prrogatives1 soit p\r prcd] quelqu'un1 soit p\r sig] avant lui1 le dbat devi5t incivil ds qu'il dpasse l'*ange de trois ou quatre rpliques2 p\r fuir de si importunes conte/ations1 je n'hsite pas cd] le pas ou pass] devant1 mme qu& c'e/ tort1 et jamais homme n'a rev5diqu la prsance sur moi sans que je la lui aie ab&onne4 ,peut-tre aussi cette lecture f]a-t-elle que quelqu'un lui conv5ant1 s]a dsireux d'entr] en rapport d'amiti avec lui4--,outre ce pr(it que me procure cette tude de moi-mme1 j'en ai espr cet autre1 que s'il adv5ait qu'avant ma mort1 mon c>actre plt et s'accordt avec celui de quelque honnte homme1 il *]*]ait peut-tre se li] avec moi4 ,je lui ai fait la "p belle1 puisque t\t ce qu'une longue connaissance et intimit lui aurai5t appris en plusieurs annes1 il le voit plus srem5t et plus exactem5t en trois j\rs en me lisant4 ,quelle s+ulire ide6 c]ta9es *oses que je ne v\drais dire p]sonne en p>ticuli]1 je les dis au public1 et r5voie se r5seign] dans une b\tique de librairie mes amis les plus intimes1 dsireux de connatre ce que je sais et ce que je p5se de plus secret1 livrant leur exam5 t\s les replis de mon me 7,p]se74 ,ce dsir de ma "p e/ si s9cre1 que si je connaissais quelqu'un qui me convnt1 je l'irais *]*] bi5 lo9 p>ce que la d\ceur d'une compagnie bi5 assortie et agrable ne peut1 mon avis1 se pay] trop *]4 99 ,oh6 un ami6 que ne donn]ais-je pas p\r en avoir un1 et combi5 e/ vraie cette s5t5ce des temps jadis1 que l'usage en e/ plus ncessaire et plus d\x que celui de l'eau et du feu6 ,c'e/ f9ir p> dev5ir *>ge aux ntres que de les occup] con/amm5t de nos maux2 du re/e vi5drait-il tomb] malade dans un co9 p]du1 il e/ en mesure de se soign] lui-mme1 et son habitude de mettre l'avance ordre ses affaires fait qu'il e/ t\j\rs prt4--,p\r rev5ir mon sujet1 je dis donc qu'il n'y a pas gr& mal m\rir lo9 de *ez soi et dans l'isolem5t2 n\s jugeons bi5 propos de n\s retir] l'c>t p\r satisfaire des actes de la nature1 ayant mo9s mauvaise grce que celui-ci et qui sont mo9s hideux4 ,ceux qui1 p5dant de longues annes1 mn5t une vie languissante1 devrai5t bi5 aussi s\hait] ne pas importun] de leur misre t\t leur ent\rage4 ,c'e/ ce qui faisait que les ,indi5s1 dans une de leurs prov9ces1 e/imai5t ju/e de tu] ceux tombs en cet tat2 et que1 dans une autre1 ils les ab&onnai5t1 les laissant seuls se tir] d'affaire comme ils p\rrai5t4 ,a qui de p>eilles g5s ne f9iss5t-ils pas p> se r5dre ennuyeux et insupportables2 c'e/ au po9t que ce qui e/ du devoir de t\s1 ne va pas jusqu' les support]4 ,c'e/ inculqu] de =ce la cruaut vos meilleurs amis1 port] votre femme et vos enfants la duret et les am5]1 en les leur plaant d'une faon rpte s\s les yeux1 ne plus s'm\voir et v\s pla9dre des maux que v\s ress5tez4 ,les gmissem5ts que m'arra*5t mes coliques ne sont plus un sujet d'moi p\r p]sonne4 ,lors mme que n\s tir]ions quelque plaisir de la conv]sation de ces famili]s 7ce qui n'arrive pas t\j\rs1 en raison de l'9galit des conditions qui amne aism5t du mpris ou du dpit env]s l'un ou env]s l'autre71 n'e/-ce pas trop que d'en abus] p5dant de longues annes8 ,plus je les v]rais se contra9dre de bon cur p\r m'tre agrable1 plus je s\ffrirais de la pe9e qu'ils se donn5t4 ,il n\s e/ p]mis de n\s appuy] sur autrui1 mais non de n\s c\*] aussi l\rdem5t sur lui2 non plus que de le ru9] p\r n\s tay]1 comme celui qui faisait gorg] de petits enfants af9 de se s]vir de leur sang p\r se gurir1 ou cet autre qu'on f\rnissait de jeunesses p\r1 la nuit1 r*auff] p> leur contact ses membres refroidis p> l'ge et tempr]1 p> la d\ceur de leur hale9e1 l'cret et la l\rdeur de la si5ne4 ,la dcrpitude rclame la solitude3 je suis sociable l'excs1 il me p>at cep5dant raisonnable de drob] mes infirmits la vue du monde et de n'en importun] que moi seul2 il me faut me ramass] et me recueillir dans ma coquille comme les tortues2 me rsign] voir les g5s1 mais sans tre con/amm5t au milieu d'eux4 ,agir autrem5t s]ait abus]1 la situation e/ trop scabreuse2 il e/ temps p\r moi de t\rn] le dos la compagnie4 ,mais1 dira-t-on encore1 dans ces voyages1 v\s s]ez misrablem5t arrt dans quelque mauvais co9 o t\t v\s manqu]a4 ,je porte avec moi presque t\t ce qui m'e/ ncessaire2 et puis1 p\vons-n\s *app] si la =tune entrepr5d de n\s tre contraire8 ,qu& je suis malade1 je n'ai beso9 de ri5 d'extraord9aire2 ce que la nature ne peut plus p\r moi1 je ne veux pas le dem&] des mdicam5ts4 ,bi5 avant que la fivre ou la maladie ne comm5ce m'abattre1 qu& je suis encore presque bi5 portant et en ple9e possession de moi-mme1 je me rconcilie avec ,dieu en recevant les d]ni]s sacrem5ts de notre religion2 je m'en tr\ve plus libre1 plus dgag2 il me semble que cela me r5d plus mme d'avoir raison de la maladie4 ,quant aux notaires et leurs conseils1 j'en ai encore mo9s beso9 que de mdec9s2 celles de mes affaires auxquelles je n'ai pas mis ordre qu& je me portais bi51 qu'on ne s'att5de pas les voir rgles une fois que je s]ai malade4 ,ce que je veux faire en cas de mort e/ t\j\rs fait1 je n'os]ais le diffr] d'un seul j\r2 et qui ne s]a pas fait c'e/1 ou bi5 p>ce que le d\te o je suis m'a emp* de me dcid] 7p>fois ne pas se dcid] e/ la meilleure dcision qu'on puisse pr5dre71 ou p>ce que je suis absolum5t rsolu ne ri5 faire4 ,son livre ne lui survivra que peu d'annes2 il n'en con/itue pas mo9s une prcaution p\r qu'aprs lui1 on ne le juge pas autre qu'il n'e/4--,j'cris mon livre p\r peu de p]sonnes et peu d'annes2 si c'et t un ouvrage de/9 dur]1 j'y aurais employ un langage plus relev4 tant donnes les v>iations p> lesquelles notre langue e/ passe jusqu' ma9t5ant1 qui peut dire que sa =me actuelle s]a encore telle dans c9quante ans8 elle se modifie *aque j\r entre nos ma9s et1 depuis que je vis1 elle s'e/ trans=me de plus d' moiti4 ,n\s la t5ons p\r p>faite l'heure actuelle1 *aque sicle en dit autant2 je n'ai g>de de croire qu'elle en re/e l2 plus cela ira1 plus elle cont9u]a se trans=m]4 ,il app>ti5t aux bons criva9s1 ceux qui criv5t des *oses utiles1 de la fix] dans une c]ta9e mesure2 quant la dure de cette trans=mation1 elle dp5d de ce qui advi5dra de notre tat politique4--,malgr le laiss]-all] avec lequel j'cris cet ouvrage1 je ne cra9s cep5dant pas d'y introduire quelques articles qui sont plus p>ticulirem5t de la compt5ce de c]ta9es p]sonnes de notre poque qui s'occup5t de sci5ces dont elles ont fait leur spcialit2 p> suite1 elles les compr5dront mieux que ne peut le faire la gnralit de mes lecteurs4--,avant t\t1 je ne veux pas qu'aprs moi on dise1 comme je le vois s\v5t faire1 tr\blant a9si la mmoire des trpasss3 ,il jugeait1 il vivait de la sorte2--c'e/ l ce qu'il v\lait2--s'il et p>l sur la f9 de sa vie1 il et dit ceci1 il et donn cela1 je puis le dire1 l'ayant connu mieux que t\t autre4 ,or1 autant que la bi5sance me le p]met1 j'indique ici le s5s de mes op9ions et de mes affections2 mais1 de vive voix1 je les exprime volonti]s plus librem5t qui dsire les connatre2 si bi5 que1 p\r peu qu'on y reg>de1 on tr\v]a que dans ces mmoires j'ai t\t dit et t\t indiqu1 et que ce que je n'ai pas la possibilit d'exprim]1 je le montre du doigt2 mais ces traits1 si lg]s qu'ils soi5t1 suffis5t ton esprit pntrant p\r dev9] le re/e 7,lucrce74 ,je ne laisse ri5 dsir]1 ni dev9] de moi4 ,si on doit en diss]t]1 je veux que ce soit en t\te vrit et ju/ice2 je revi5drais plutt de l'autre monde p\r dm5tir quiconque me reprs5t]ait autrem5t que je n'tais1 ft-ce p\r me faire honneur4 ,je s5s du re/e que des vivants mme on p>le t\j\rs autrem5t qu'ils ne sont1 et si je ne m'tais appliqu de t\tes mes =ces faire qu'un ami que j'ai p]du ne ft pas dfigur1 on me l'aurait taill de mille faons qui l'euss5t r5du t\t autre qu'il n'tait4 ,g5re de mort que ,montaigne prfr]ait2 t\j\rs e/-il qu'il a la satisfaction de se dire que la si5ne ne s]a p\r les si5s1 dont les intrts sont assurs1 un sujet ni de plaisir ni de dplaisir4--,p\r a*ev] d'expos] mes faiblesses d'esprit1 j'av\e que lorsque je voyage1 je n'arrive gure quelque "p sans qu'il me passe dans l'ide de me dem&] si je ne p\rrais pas mon aise y tomb] malade et y m\rir4 ,je v\drais y tre log de telle sorte que je sois t\t fait *ez moi1 que je n'ent5de pas de bruit1 que ce ne soit pas tri/e1 enfum1 qu'on n'y t\ffe pas4 ,p> t\tes ces frivoles conditions je *]*e flatt] la mort1 ou p\r mieux dire1 me db>rass] de t\t ce qui peut me gn] et m'emp*] de ne p5s] qu' elle1 qui e/ d'un poids assez l\rd sans qu'il soit beso9 de l'accrotre encore4 ,je veux qu'elle ait sa "p dans l'aisance et le bi5-tre de ma vie2 elle y ti5t assez de place et y a assez d'importance p\r qu'il en soit a9si1 et j'espre qu'tant donns les s5tim5ts dans lesquels je suis1 elle ne dm5tira pas mon pass4--,la mort affecte des =mes plus commodes les unes que les autres1 et plus ou mo9s apprcies suivant les ides de *acun4 ,p>mi celles produites p> des causes naturelles1 celle am5e p> l'affaiblissem5t et la p]te de nos facults1 me p>at facile et d\ce4 ,p>mi les morts viol5tes1 je r$\t]ais davantage de tomb] dans un prcipice1 que d'tre cras p> une ru9e qui s'cr\l]ait2 de recevoir un c\p d'pe me p\rf5dant1 qu'un c\p de feu2 j'eusse prfr boire la cigu de ,socrate1 que de me poign>d] comme fit ,caton2 et1 bi5 que ce soit t\t un1 mon imag9ation fait cep5dant une diffr5ce aussi gr&e que celle de la mort la vie1 entre me jet] dans une f\rnaise ard5te ou dans un canal aux eaux dormantes1 tant sottem5t1 dans notre cra9te1 n\s reg>dons plus au moy5 qu' l'effet4 ,ce n'e/ qu'un in/ant pass]1 mais il e/ de telle importance1 que je donn]ais volonti]s plusieurs j\rs de ma vie p\r le pass] comme il me convi5t4--,puisque *acun tr\ve que c'e/ un mom5t plus ou mo9s dsagrable et a ses ides faites sur le *oix qu'il f]ait entre les diffr5ts g5res de mort1 p\ssons plus avant p\r t*] d'en tr\v] qui soi5t dgags de t\t dplaisir4 ,ne p\rrait-on pas1 encore de nos j\rs1 la r5dre voluptueuse comme faisai5t les ,comm\rants d',anto9e et de ,cloptre8 ,je laisse "p ces morts avidem5t re*]*es autant qu'exemplaires1 qu'ont produites les ef=ts de la philosophie et de la religion2 mais mme p>mi les hommes peu recomm&ables1 il s'en e/ tr\v comme ,rome un ,ptrone1 un ,tigell9us qui1 invits se donn] la mort1 l'ont p\r a9si dire endormie p> les raff9em5ts dont ils en ont ent\r les apprts1 la glissant en quelque sorte1 sans qu'elle veillt l'att5tion1 au c\rs de leurs dbau*es habituelles1 si bi5 qu'elle les surpr5ait en socit de filles de joie et de gais compagnons1 sans qu'ils euss5t un mot de regret p\r quoi que ce ft2 sans qu'il ft "q de te/am5t1 sans qu'ils affectass5t la mo9dre prt5tion faire acte de f]met1 sans proccupation de ce qu'ils allai5t dev5ir2 uniquem5t occups de jeux1 de fe/9s1 de plaisant]ies1 de conv]sations t5ues comme l'ord9aire sur les faits du mom5t1 de musique1 de posie rotique4 ,ne saurions-n\s imit] une telle rsolution1 en ayant une plus honnte cont5ance8 ,puisque les f\s tr\v5t moy5 de bi5 m\rir1 et les sages aussi1 tr\vons une mort qui convi5ne aux g5s qui ne sont ni f\s ni sages4 ,j'ai ide de c]ta9es qui me sembl5t avoir bon air et qu'on peut s\hait]1 puisqu'il faut f9ir p> m\rir4 ,les tyrans roma9s p5sai5t donn] la vie au crim9el1 en lui laissant le *oix de son g5re de mort4 ,d'autre "p ,?ophra/e1 ce philosophe si dlicat1 si mode/e et si sage1 n'a-t-il pas t contra9t p> la raison d'os] dire ce v]s que ,cicron a traduit en lat93 ,la vie dp5d du sort plus que de notre sagesse8 ne *]*ons donc pas davantage4--,la =tune a aid la facilit avec laquelle je quitt]ai la vie en faisant qu'auj\rd'hui je ne suis p\r les mi5s ni un beso91 ni une gne4 ,cette situation1 je l'eusse accepte t\te poque de mon exi/5ce2 mais prs de rassembl] mes h>des et de pli] bagage1 c'e/ p\r moi une satisfaction t\te p>ticulire de n'tre p\r eux1 en m\rant1 un sujet ni de plaisir1 ni de dplaisir4 ,p> une adroite et +nieuse comp5sation1 ceux qui sont en droit d'att5dre quelque pr(it matriel de ma mort1 se tr\v5t du mme c\p en pr\v] d'autre "p des p]tes de mme nature2 s\v5t notre mort s'aggrave p\r n\s du prjudice qu'elle cause d'autres1 dont l'intrt n\s t\*e presque autant et p>fois plus que le ntre4 ,il ne re*]*e pas ses aises en voyage2 il va au j\r le j\r1 sans it9raire fixe1 aussi e/-il t\j\rs satisfait4--,dans mes logis d'occasion1 je ne re*]*e ni le luxe1 ni l'espace1 conditions que j'ai plutt en grippe2 je les s\haite de cette simplicit qui se r5contre plus frquemm5t qu'ailleurs dans les pays o l'art a peu de "p et auxquels la nature communique la grce qui lui e/ propre3 ,je prfre un repas o rgne la propret plutt que l'abondance 7,nonius71 l'entra9 plus que le luxe 7,cornlius ,nepos74 ,que ceux que leurs affaires amn5t en ple9 hiv] dans le pays des ,grisons1 ne tr\v5t pas sur leur r\te ple9e satisfaction1 cela les reg>de2 mais moi1 qui le plus s\v5t voyage p\r mon plaisir1 je ne c\rs pas ce risque3 si la r\te e/ laide droite1 je pr5ds gau*e2 si je ne suis pas en disposition de mont] *eval1 je m'arrte2 et1 en agissant de la sorte1 je ne vois ri5 en vrit qui ne me plaise et ne me soit aussi commode que l o je me loge2 il e/ vrai que t\te sup]fluit m'e/ sup]flue1 et que j'ai reconnu que l'on se tr\ve dans l'emb>ras1 mme au se9 du luxe et de l'abondance4 ,ai-je laiss d]rire moi quelque *ose voir1 j'y ret\rne2 c'e/ t\j\rs mon *em91 p>ce que je ne me trace pas un it9raire inv>iable pas plus en ligne droite qu'autrem5t4 ,si o je vais1 je ne tr\ve pas ce qu'on m'avait dit devoir y tre1 a9si qu'il arrive s\v5t d'aprs les jugem5ts des autres qui ne s'accord5t pas t\j\rs avec les mi5s et que la plup>t du temps je tr\ve inexacts1 je ne regrette pas ma pe9e1 ayant du mo9s con/at que ce qu'on m'avait dit y tre1 n'y e/ pas4 ,il sait s'accommod] de t\t et ri5 ne lui p>at trange2 il blme =t la sotte t5dance qu'ont les ,franais l'trang] de t\t y dnigr]1 aussi ne se joignait-il pas leur socit qu& il en r5contrait4--,mon tempram5t s'accommode de t\t2 mes gts sont ceux de t\t le monde app>t5ant la bonne socit2 comme il convi5t quelqu'un qui e/ cosmopolite1 la div]sit des procds d'une nation l'autre ne me t\*e que p> le plaisir que me cause cette v>it3 *aque usage a sa raison d'tre4 ,que l'on me s]ve dans des assiettes d'ta91 de bois ou de t]re1 que ce soit du b\illi ou du rti1 de la cuis9e au beurre ou l'huile de noix ou d'olive1 que ce soit *aud ou froid1 t\t m'e/ gal2 tellem5t gal1 qu'en vieillissant1 j'incrim9e cette prcieuse facult et v\drais que plus de dlicatesse et de *oix s'imposass5t moi p\r modr] mon insatiable apptit qui p>fois incommode mon e/omac4--,qu& je me tr\ve hors de ,france et que1 p> c\rtoisie1 on me dem&e si je veux tre s]vi la franaise1 je dcl9e cette (fre et t\j\rs me place aux tables o les trang]s sont en plus gr& nombre4 ,j'ai honte de voir mes compatriotes possds de cette sotte manie de s'eff>\*] des usages contraires aux leurs2 il leur semble tre hors de leur lm5t1 ds qu'ils sont hors de leur village2 o qu'ils aill5t1 ils s'en ti5n5t leurs faons et abom95t celles des trang]s4 ,retr\v5t-ils un des leurs en ,hongrie1 ils se rj\iss5t de ce has>d1 et les voil qui se runiss5t1 se frqu5t5t et s'v]tu5t condamn] ces murs b>b>es qu'ils ont s\s les yeux2 p\rquoi ne s]ai5t-elles pas b>b>es1 puisqu'elles ne sont pas franaises8 ,et ce sont les plus habiles qui les relv5t p\r les critiqu]6 ,la plup>t ne p>t5t que p\r le ret\r2 ils demeur5t r5f]ms en eux-mmes et peu communicatifs2 ce sont g5s qui1 prudemm5t1 devi5n5t taciturnes p\r ne pas se livr]2 ils se df5d5t contre la contagion d'un air qui leur e/ inconnu4 ,ce que je dis d'eux1 me rappelle l'attitude analogue que j'ai con/ate p>fois *ez quelques-uns de nos jeunes c\rtisans2 ils ne s'occup5t que des g5s de leur sorte et n\s reg>d5t avec dda9 et piti1 comme si n\s tions de l'autre monde4 ,faites qu'ils n'ai5t plus caus] des my/res de la c\r1 ils ne tr\v5t plus ri5 dire2 ils sont nos yeux aussi ignorants et gau*es que n\s le sommes aux leurs4 ,on a bi5 raison lorsqu'on dit qu'un homme de bonne socit1 e/ un homme qui s'accommode de t\t4 ,moi1 au contraire1 dans mes voyages1 je suis trs las de nos manires2 ce n'e/ pas p\r *]*] des ,gascons en ,sicile1 que je me dplace1 j'en ai laiss assez *ez moi2 ce sont plutt des ,grecs1 des ,p]sans que je v\drais y tr\v]2 qu& j'en r5contre1 je les frqu5te et en fais cas3 c'e/ cela que je vise et ce dont je m'occupe4 ,je vais plus lo93 il me semble n'avoir gure1 dans mes prgr9ations1 r5contr d'usages qui ne vaill5t les ntres2 il e/ vrai que n'ayant jamais p]du beauc\p de vue mes gir\ettes1 je ne risque pas gr&'*ose en avanant ce fait4--,du re/e1 la plup>t des compagnies que le has>d place a9si sur votre *em91 caus5t plus de gne qu'elles ne procur5t de satisfaction2 je ne m'y atta*e pas1 ma9t5ant surt\t que la vieillesse fait que je me ti5s l'c>t et ne m'a/re9s plus autant aux usages4 ,qu& v\s tes en gr\pe v\s s\ffrez p\r les autres1 ou les autres s\ffr5t p\r v\s2 ce sont l deux graves inconvni5ts1 dont le second e/ mme celui qui m'e/ le plus pnible4 ,t\t ce qu'il dem&]ait1 ce s]ait d'avoir un compagnon de voyage de mme humeur que lui1 c> il aime communiqu] ses ides4--,c'e/ une =tune bi5 r>e et d'un s\lagem5t ine/imable que d'avoir p\r compagnon de r\te un honnte homme1 auquel votre socit plat1 qui a du jugem5t et des habitudes con=mes aux vtres2 et il m'a bi5 fait faute1 dans t\s mes voyages1 de n'en avoir pas2 mais un tel compagnon1 il faut l'avoir *oisi et se l'tre atta* alors qu'on e/ encore *ez soi4 ,aucun plaisir n'a de saveur p\r moi si je ne puis m'en entret5ir avec quelqu'un2 il ne me vi5t l'esprit aucune ide tant soit peu gaill>de1 que je ne sois contr>i de l'avoir eue si je n'ai qui en faire "p4 ,si la sagesse m'tait donne condition de la t5ir r5f]me sans la communiqu] p]sonne1 je la refus]ais 7,snque74 ,cicron s'exprime encore plus nettem5t3 ,supposez le sage dans l'abondance de t\tes les *oses ncessaires1 libre de contempl] et d'tudi] loisir t\t ce qui e/ digne d'tre connu1 mais que sa solitude soit si gr&e qu'il n'ait de rapport avec p]sonne1 il dem&]a sortir de la vie4 ,l'op9ion d',ar*ytas me s\rit3 ,il me dplairait1 disait-il1 mme si j'tais au ciel1 de me prom5] p>mi ces gr&s corps cle/es doma9e de la div9it1 sans quelqu'un qui me ti5ne compagnie2 p\rtant il vaut mieux tre seul que d'tre avec quelqu'un qui soit ennuyeux et sot4 ,n'importe o il tait1 ,ari/ippe aimait vivre t\j\rs comme un trang]4 ,si le de/9 me p]mettait de vivre comme je l'ent5ds 7,virgile71 je *oisirais de pass] ma vie *eval1 heureux de visit] les rgions brles p> le soleil et celles o se =m5t les nuages et les frimas 7,horace74 ,la situation qu'il a1 le bi5-tre dont il j\it1 devrai5t1 ce semble1 le dt\rn] de sa passion des voyages2 mais il y tr\ve l'indp5dance laquelle il sacrifie mme les commodits de la vie4--,n'avez-v\s pas1 m'object]a-t-on1 de passe-temps plus faciles8 ,qu'e/-ce qui v\s manque8 ,votre maison n'a-t-elle pas une belle vue et n'e/-elle pas en bon air1 suffisamm5t con=table et plus gr&e qu'il n'e/ ncessaire8 ,v\s avez pu y recevoir1 plus d'une fois1 le roi et t\te sa suite4 ,votre famille n'e/-elle pas dans une position sociale telle1 que plus de g5s se tr\v5t au-dess\s d'elle qu'il n'y en a qui lui soi5t suprieurs8 ,le lieu veille-t-il en v\s quelque s\v5ir extraord9aire1 qui v\s ulcre et dont v\s ne puissiez triomph]1 qui1 ca* dans votre cur1 v\s consume et v\s ronge 7,ennius78 ,o croyez-v\s que v\s ayez possibilit de vivre sans pr\v] ni gne1 ni emb>ras8 ,les faveurs de la =tune ne sont jamais sans mlange 7,qu9te-,curce74 ,reconnaissez donc qu'il n'y a que v\s tre une entrave v\s-mme2 que p>t\t v\s v\s retr\v]ez avec v\s-mme1 et p>t\t vos pla9tes se reproduiront2 c> il n'y a de satisfaction ici-bas que p\r les mes dp\rvues d'intellig5ce1 ou celles qui ont atte9t la p]fection4 ,qui n'pr\ve de cont5tem5t dans une situation aussi sortable1 o p5se-t-il p\voir en tr\v]8 ,combi5 de milli]s d'hommes born]ai5t leurs dsirs une condition semblable la vtre4 ,travaillez seulem5t v\s am5d]2 sur ce po9t v\s p\vez t\t2 t&is qu'aux effets de la =tune1 la pati5ce e/ la seule *ose qu'on puisse oppos]3 ,il n'e/ de tranquillit relle que celle laquelle n\s conduit la raison 7,snque74 ,je vois bi5 la ju/esse de cette obs]vation et m'en r5ds p>faitem5t compte2 mais on aurait eu plutt fait1 et c'et t plus logique1 de me dire en un mot3 ,soyez sage4 ,une semblable rsolution outrepasse la sagesse2 elle en rsulte et en e/ la conclusion4 ,me t5ir ce raisonnem5t1 c'e/ imit] le mdec9 qui va criaillant un pauvre malade qui dprit1 qu'il se rj\isse2 son conseil s]ait mo9s sot1 s'il lui disait3 ,portez-v\s bi54 ,je ne suis pas de ceux qui s'lv5t au-dessus du commun2 et1 bi5 que ce soit un prcepte salutaire1 c]ta91 facile compr5dre1 que de se cont5t] de ce que l'on a1 c'e/--dire d'tre raisonnable1 de plus sages que moi ne l'appliqu5t p\rtant pas davantage4 ,c'e/ un dicton populaire1 mais qu'il e/ pr(ond et quoi ne s't5d-il pas8 ,il faut de la mesure en t\t1 et t\t e/ susceptible de tempram5t4--,je sais bi5 qu' le pr5dre la lettre1 ce plaisir de voyag] tmoigne de l'inquitude et de l'irrsolution1 deux mauvaises qualits qui1 *ez moi1 sont matresses et prpondrantes4 ,oui1 je le confesse1 je ne vois ri5 que je s\haite ou quoi je rve qui puisse me fix]2 *ang]1 p\voir v>i]1 c'e/ l ce qui seul me cont5te si tant e/ que quelque *ose arrive me cont5t]4 ,en voyage1 j'pr\ve de la satisfaction ri5 que p> ce fait1 que je puis m'arrt] n'importe o sans avoir intrt le faire et que je suis libre d'en p>tir qu& bon me semble p\r all] ailleurs4--,j'aime la vie de simple p>ticuli]2 je l'aime1 p>ce que je la prfre la vie publique qui1 cep5dant1 n'e/ pas sans me conv5ir et qui e/ t\t autant dans ma nature4 ,cette indp5dance fait que je n'en s]s que plus gam5t mon pr9ce1 p>ce qu'alors je le s]s sans y tre oblig1 que seuls mon jugem5t et ma raison m'y dt]m95t1 que ce n'e/ pas faute de mieux1 que je ne suis pas contra9t de me rejet] sur lui les autres me rep\ssant et en tant mal vu4 ,il en e/ de mme en t\t3 je hais de pass] p> o la ncessit m'oblige2 t\te commodit qui m'a/re9t quoi que ce soit m'e/ insupportable3 ,je veux t\j\rs p\voir frapp] l'eau d'une rame et de l'autre t\*] le rivage 7,prop]ce72 une seule corde jamais n'e/ suffisante p\r me ma9t5ir qu& on veut m'arrt]4 ,c'e/ l1 dira-ton1 de la vanit2 mais o n'y en a-t-il pas8 ,les plus belles maximes philosophiques1 les plus beaux rglem5ts de conduite sont va9s p>ce qu'ils n\s dem&5t plus que n\s ne p\vons4--,c'e/ l1 direz-v\s1 un jeu bi5 empre9t de vanit6 ,o n'y en a-t-il pas8 ,t\s ces beaux prceptes1 t\te sagesse sont-ils autre *ose que vanit8 ,le ,seigneur sait que les p5ses des sages ne sont que vanit 7,psalmi/e74 ,ces subtilits exquises ne sont leur place qu'au pr*e2 ce sont des raisonnem5ts qui t5d5t n\s envoy] t\t bts dans l'autre monde4 ,la vie consi/e dans un m\vem5t con/ant et effectif du corps1 m\vem5t qui1 p> ess5ce1 e/ drgl et imp>fait et auquel je m'ef=ce de donn] une direction suivant mes aspirations3 ,n\s avons *acun nos passions 7,virgile74 ,n\s devons nanmo9s faire en sorte que sans jamais contrev5ir aux lois gnrales de la nature1 n\s suivions cep5dant nos propres p5*ants 7,cicron74 ,a quoi s]v5t ces ides leves de la philosophie qu'aucun tre huma9 ne peut mettre en pratique1 ces rgles qui excd5t l'usage que n\s avons en faire et la possibilit que n\s avons de les appliqu]4 ,je vois s\v5t qu'on n\s prs5te p\r la conduite de notre vie1 des modles que ni celui qui les propose1 ni ceux auxquels il s'adresse n'ont aucune esprance de p\voir suivre et1 qui plus e/1 n'en ont pas envie4 ,de ce mme papi] sur lequel un juge vi5t d'crire un arrt de condamnation p\r adultre1 il dta*e un morceau p\r envoy] un billet d\x la femme de son collgue2 et cette femme avec laquelle v\s v5ez de cueillir le fruit df5du1 un mom5t aprs et en votre prs5ce1 va s'lev] plus durem5t que ne l'et fait ,porcie1 contre cette mme faute commise p> une de ses connaissances4 ,il en e/ qui condamn5t mort p\r des crimes qu'ils n'e/im5t mme pas tre de simples fautes4 ,j'ai vu en ma jeunesse un galant homme donn] d'une ma9 au public des v]s rem>quables p> leur beaut et leur dv]gondage1 t&is qu'en mme temps1 de l'autre ma9 il propageait sur la ,r=me une discussion ?ologique des plus viol5tes d'entre celles que1 depuis longtemps1 le monde a vues se produire4 ,les hommes sont a9si3 on laisse les lois et les pr9cipes suivre leur *em91 et soi-mme on en suit un autre1 non seulem5t p> drglem5t de murs1 mais p>ce que s\v5t n\s p5sons et jugeons autrem5t4 c\tez prononc] un disc\rs philosophique3 l'imag9ation1 l'loqu5ce1 la compt5ce s'y rvl5t1 n\s frapp5t sur le mom5t et n\s meuv5t2 mais il ne s'y tr\ve ri5 qui empoigne et *at\ille notre consci5ce1 ce n'e/ pas elle qu'on p>le2 n'e/-ce pas vrai8 ,comme disait ,ari/on3 une tuve1 une leon ne sont d'aucun fruit si elles ne nettoi5t et ne dcrass5t4 ,on peut s'atta*] considr] l'corce1 mais aprs seulem5t qu'on a retir la moelle2 de mme que ce n'e/ qu'aprs avoir aval le bon v9 d'une belle c\pe1 qu'on en exam9e le travail et les ciselures4 ,p>t\t o1 dans l'antiquit1 on s'entreti5t de philosophie1 quelle que soit l'cole1 on tr\ve le mme auteur rdig] des rgles de temprance et libell] en mme temps des pages sur l'am\r et la dbau*e4 ,xnophon1 sur les g5\x de ,cl9ias1 crivait contre la v]tu telle que la prnait ,ari/ippe4 ,ce n'e/ pas qu'il n'y ait comme des ondes de conv]sion miraculeuse qui n\s agit5t p> int]valles2 c'e/ ce que ,solon pe9t trs bi5 qu& il se prs5te comme lgislateur ou en tant qu'individu1 qu& il p>le p\r le peuple ou qu'il ne s'agit que de lui2 dans ce d]ni] cas1 se s5tant en p>faite sant1 ne r$\tant aucune dfaillance1 il suit en t\te lib]t les rgles traces p> la nature1 t&is que le malade en dang] a beso9 d'tre trait p> les plus habiles mdec9s 7,juvnal74--,anti/hne p]met au sage d'aim]1 de faire ce qu'il tr\ve opportun et d'en us] comme il l'ent5d1 sans t5ir compte de ce que les lois peuv5t dict]1 d'autant que son avis cet g>d vaut mieux que ce qu'elles peuv5t tablir et qu'il s'y connat davantage en fait de v]tu4 ,diogne1 son disciple1 disait qu'il faut oppos] la raison aux dsordres2 la =tune1 la confiance2 aux lois1 la nature4 ,p\r les e/omacs dlicats1 il faut des ordonnances composes avec art et qu'ils obs]v5t la lettre2 les bons e/omacs n'ont qu' suivre simplem5t les prescriptions drivant naturellem5t de leur apptit2 c'e/ a9si qu'agiss5t les mdec9s3 ils mang5t du melon1 boiv5t le v9 frais1 t&is qu'ils a/reign5t leurs pati5ts au sirop et la panade4 ,je ne sais1 disait la c\rtisane ,las1 de quels livres1 de quelle sagesse1 de quelle philosophie ces g5s p>l5t1 mais je les vois se b\sculant ma porte1 aussi s\v5t que les autres4 ,la lic5ce1 qui e/ le propre de notre nature1 n\s portant t\j\rs au del de ce qui n\s e/ loisible et p]mis1 s\v5t on a re/re9t au del de ce que1 d'une faon gnrale1 comm&ait la raison1 les prceptes et les lois qui rgiss5t notre vie3 ,l'homme ne croit jamais avoir atte9t le t]me assign ses passions 7,juvnal74 ,il s]ait dsir] qu'entre le comm&em5t et l'obissance1 la proportion soit mieux g>de2 il semble inju/e de n\s propos] un b auquel n\s n'avons pas possibilit d'atte9dre4 ,il n'e/ pas un homme de bi51 consacrant t\tes ses actions et t\tes ses p5ses l'tude des lois1 qui dans sa vie ne se mette dix fois dans le cas d'tre p5du2 et1 dans le nombre1 il en e/ qu'il s]ait gr& dommage et trs inju/e de p]dre et de punir3 ,que t'importe1 ,olus1 de quelle manire celui-ci ou celle-l dispose de sa p]sonne 7,m>tial78 ,il en e/ d'autres au contraire qui peuv5t ne pas (f5s] les lois1 que n\s ne saurions nanmo9s t5ir p\r des g5s v]tueux et que la philosophie flagell]ait trs bon droit1 tant1 sur ce po9t1 il y a tr\ble et inconsqu5ce6 ,n\s sommes lo9 d'tre des g5s de bi51 selon la doctr9e div9e2 n\s ne saurions mme l'tre1 d'aprs les rgles que n\s avons n\s-mmes tablies4 ,la sagesse huma9e n'e/ jamais p>v5ue remplir les devoirs qu'elle s'e/ tracs elle-mme2 et si elle y tait arrive1 elle en dict]ait d'autres plus rig\reux encore1 p\r avoir t\j\rs quoi aspir] et prt5dre1 tant notre nature e/ ennemie de ce qui e/ ralisable4 ,l'homme se fait une ncessit de ne p\voir vit] d'tre en faute4 ,il n'e/ pas adroit de sa "p de se crer des obligations que seul p\rrait remplir un autre tre que celui qu'il e/2 p\r qui1 ces prescriptions qu'il doit s'att5dre ce que p]sonne ne satisfasse8 ,e/-il mal lui de ne pas faire ce qu'il e/ impossible qu'il fasse8 ,les lois qui n\s condamn5t de telles impossibilits1 n\s condamn5t de ce que n\s ne p\vons pas4 ,on peut la rigueur admettre que dire et faire soi5t dissemblables *ez les g5s qui pr(ess5t la morale2 mais lui1 p>lant de lui-mme1 e/ t5u tre plus consqu5t4 ,l'homme public doit compt] avec les vices de son temps2 les affaires publiques ne se trait5t pas d'aprs les mmes pr9cipes que les affaires prives2 il e/ frqu5t de ne pas tr\v] runies *ez un mme homme les qualits ncessaires ces deux g5res d'affaires4--,au pis all]1 pr5dre cette lib]t si conte/able de se montr] s\s deux aspects diffr5ts3 d'une faon qu& on agit1 d'une autre qu& on p>le1 peut tre admis *ez ceux qui trait5t de sujets quelconques2 ce ne saurait l'tre *ez ceux qui1 comme je le fais1 p>l5t d'eux-mmes1 il faut alors que t\t en eux m>*e d'accord4 ,une vie qui n'(fre ri5 de p>ticuli] e/ celle qui re/e l'unisson du milieu dans lequel elle s'c\le2 la v]tu de ,caton tait d'ordre trop lev p\r son sicle3 son esprit de ju/ice1 *ez un homme qui se mlait de g\v]n] les autres1 appel p>ticip] aux affaires publiques1 p\vait pass]1 s9on p\r de l'inju/ice1 du mo9s p\r tre sans utilit et hors de saison4 ,mes murs mmes1 quoique diffrant pe9e de l'paisseur d'un doigt de celles qui ont c\rs1 me r5d5t p\rtant1 mon ge1 un peu sauvage et peu sociable4 ,je ne sais si c'e/ sans raison que je me tr\ve dgt de la socit que je frqu5te1 mais ce s]ait bi5 tort que je me pla9drais qu'elle le soit de moi puisque je le suis d'elle4 ,la v]tu que rclam5t les affaires de ce monde1 e/ une v]tu qui prs5te des plis1 des angles1 des c\des qui lui p]mett5t de s'appliqu] et de s'adapt] la faiblesse huma9e2 elle e/ mlange1 compose2 elle n'e/ pas droite1 nette1 con/ante1 d'une puret immacule4 ,les *roniques de notre temps repro*5t un de nos rois de s'tre jusqu'ici1 s\s l'impulsion de son confesseur1 trop compltem5t ab&onn aux conseils que lui suggrait sa consci5ce2 les affaires publiques se dirig5t d'aprs des rgles de conduite mo9s timores3 ,quitte la c\r1 si tu veux re/] pieux 7,luca974 ,j'ai autrefois essay d'appliqu] la ge/ion des affaires publiques les rgles et pr9cipes que j'apporte dans ma manire de vivre2 rgles et pr9cipes rudes1 diffr5ts de ceux en c\rs1 peu raff9s1 mais irrpro*ables1 tels qu'ils sont inns en moi ou rsult5t de mon ducation et dont j'use dans la vie ord9aire1 s9on en y tr\vant commodit1 du mo9s sans risque de dvi] dans ce que m'inspire une v]tu sans expri5ce et purem5t scola/ique2 or j'ai con/at que1 dans le monde des affaires1 c'e/ la *ose inepte et dang]euse4 ,il faut1 qu& on se mle la f\le1 se cont\rn]1 s]r] les c\des1 recul]1 avanc]1 quitt] p>fois le gr& *em9 suivant le cas2 vivre non pas tant suivant ce que l'on v\drait1 que suivant ce que veul5t les autres2 non selon ce qu'on se propose1 mais selon ce qu'on v\s propose2 selon le temps1 les hommes1 les affaires4 ,platon dit que c'e/ miracle1 qu& quelqu'un ml la politique en sort la consci5ce nette2 il dit aussi que lorsqu'il place son philosophe la tte d'un g\v]nem5t1 il n'ent5d pas dire que ce soit la tte d'un g\v]nem5t corrompu comme celui d',a?nes1 et bi5 mo9s encore comme le ntre1 o la sagesse elle-mme p]drait la raison2 une bonne h]be transplante dans un t]ra9 =t diffr5t de celui qui lui convi5t1 se trans=me beauc\p plus suivant ce t]ra9 qu'elle ne le trans=me sa conv5ance4 ,je s5s que si j'avais refaire mon ducation en vue d'occupations de cette nature1 il faudrait opr] en moi beauc\p de *angem5ts et d'appropriations4 ,si je p\vais me trans=m] de la sorte 7et p\rquoi n'y arriv]ais-je pas avec du temps et de l'att5tion87 je ne v\drais pas l'entrepr5dre4 ,le peu durant lequel je m'y suis essay1 m'en a dgt2 je s5s p>fois s'lev] en moi des b\ffes d'ambition1 je me raidis contre ces t5tations et leur rsi/e3 ,f]me1 ,catulle1 ti5s bon jusqu' la f9 7,catulle74 ,on ne m'y sollicite gure et j'y suis t\t aussi peu port2 la lib]t et l'oisivet1 qui sont mes deux p5*ants dom9ants1 sont des qualits diamtralem5t opposes ce qu'il faut dans ce mti]4 ,n\s ne savons pas di/+u] les facults de *acun2 elles se subdivis5t et se dlimit5t de telle faon qu'elles sont difficiles di/+u]1 dlicates apprci]4 ,conclure de ce que quelqu'un fait preuve de capacit dans la vie prive1 qu'il e/ capable de gr] les affaires publiques1 c'e/ conclure mal2 tel se dirige bi51 qui ne dirige pas bi5 les autres2 tel crit des ,essais1 qui e/ impropre l'action2 tel conduit bi5 un sige1 qui conduirait mal une bataille2 p>le bi5 en petit comit1 qui h>angu]ait mal une f\le ou un pr9ce2 p\voir l'un e/ peut-tre mme un indice qu'on ne peut l'autre1 plutt qu'on en e/ capable4 ,je con/ate que les esprits levs ne sont gure mo9s aptes aux *oses d'ordre infrieur1 que les esprits infrieurs ne le sont p\r les gr&es *oses4 ,aurait-on cru que ,socrate ait donn lieu aux ,a?ni5s de rire de lui1 p\r n'avoir jamais pu compt] les suffrages de sa tribu et en faire rapport au conseil8 c]tes1 la vnration en laquelle je ti5s les p]fections de ce p]sonnage1 fait que je puis bi5 invoqu]1 comme excuse de mes imp]fections1 le cas p>ticuli] que je tr\ve dans ce modle incomp>able4 ,notre capacit se dtaille p> le m5u2 la mi5ne s't5d peu de *oses et e/1 en t\t1 =t re/re9te4 ,saturn9us dit ceux qui lui avai5t dfr le comm&em5t suprme3 ,compagnons1 v\s p]dez un bon capita9e1 p\r en faire un mauvais gnral d'arme4 ,une v]tu nave et s9cre ne peut tre employe la conduite d'un tat corrompu2 du re/e1 sa notion s'altre dans un milieu dprav4 ,quoi qu'il en soit1 on doit t\j\rs obissance ceux qui ont *>ge d'appliqu] les lois1 si indignes qu'ils soi5t4--,celui qui1 en des temps malades comme l'e/ le ntre1 se vante de mettre au s]vice des affaires de ce monde une v]tu nave et s9cre1 ou ne sait ce qu'e/ une p>eille v]tu1 p>ce que les ides se corromp5t qu& les murs le sont 7et1 de fait1 voyez comme on la dpe9t2 comme la plup>t se glorifi5t de leurs dbordem5ts et y con=m5t les rgles qu'ils se trac5t1 en son lieu et place c'e/ l'inju/ice et le vice dans t\te leur ralit que l'on dcrit et qu'a9si trave/is on prs5te aux pr9ces dont on fait l'ducation72 ou bi51 s'il la connat1 se vante bi5 tort de l'appliqu]1 c>1 quoiqu'il dise1 il fait mille *oses contre sa consci5ce4 ,je croirais volonti]s ,snque1 s'il m'entret5ait de l'expri5ce qu'il en fit dans des conditions t\tes semblables1 et qu'il v\lt bi5 en p>l] cur ouv]t4--,la m>que la plus honorable de notre disposition faire le bi5 e/1 en ces temps de contra9te1 de reconnatre loyalem5t ses fautes et celles d'autrui1 de prt] son conc\rs p\r ret>d] dans la mesure o on le peut la t5dance au mal1 de ne suivre qu' regret cette voie1 d'espr] et dsir] mieux4 ,dans ces divisions qui n\s assaill5t et qui ont fait de la ,france la proie des p>tis1 je vois *acun1 mme p>mi les meilleurs1 avoir rec\rs la dissimulation et au m5songe p\r df5dre sa cause2 celui qui en crirait l'hi/oire1 se fiant aux app>5ces1 s]ait bi5 tmraire et absolum5t dans le faux4 ,le p>ti le plus ju/e n'e/ qu& mme qu'un membre d'un corps v]m\lu et vreux2 mais le membre le mo9s malade d'un corps en p>eil tat n'en passe pas mo9s p\r sa9 et cela bon droit1 p>ce que ce n'e/ que p> comp>aison que nos qualits se titr5t2 l'innoc5ce dans la vie politique se mesure selon les lieux et les saisons4--,j'aurais aim que ,xnophon et donn ,agsilas l'loge que lui mritait le fait suivant3 ,un pr9ce vois91 avec lequel il avait t autrefois en gu]re1 lui ayant dem& de lui laiss] trav]s] son t]ritoire1 il accda sa dem&e et lui donna passage trav]s le ,ploponse2 l'ayant sa m]ci1 non seulem5t il ne l'emprisonna ni ne l'empoisonna pas1 mais il l'accueillit avec c\rtoisie comme il s'y tait oblig p> sa promesse et ne se livra vis--vis de lui aucune (f5se4 ,avec les ides d'auj\rd'hui1 une telle promesse ne signifi]ait ri52 mais1 ailleurs et en d'autres temps1 la fran*ise et la magnanimit tai5t en honneur2 ces bamb9s d'coli]s de nos j\rs s'en fuss5t moqus1 tant la v]tu des ,sp>tiates a peu de ressemblance avec la v]tu franaise4 ,ce n'e/ pas que n\s manquions d'hommes v]tueux1 mais ils le sont tels que n\s les concevons4 ,celui dont les s5tim5ts s'lv5t au-dessus de ce qui e/ de rgle en son sicle1 doit les faire fl*ir ou les m\ss]2 ou bi51 et c'e/ ce que je lui conseille de prfr5ce1 se mettre l'c>t et ne pas se ml] n\s1 il n'a ri5 y gagn]3 ,si je vi5s r5contr] un homme intgre et v]tueux1 je comp>e ce mon/re un enfant deux ttes1 ou des poissons qu'un lab\reur bahi tr\v]ait s\s le soc de sa *>rue1 ou encore une mule fconde 7,juvnal74--,on peut regrett] des temps meilleurs1 mais on ne peut se drob] l'tat prs5t2 on peut dsir] d'autres magi/rats1 il n'en faut pas mo9s obir ceux qui sont en fonctions2 et peut-tre y a-t-il plus de mrite obir aux mauvais qu'aux bons4 ,tant que1 dans quelque co91 demeur]a un reprs5tant des lois dont n\s a dots notre vieille mon>*ie1 je ne le quitt]ai pas2 mais si1 p> malheur1 une scission se produit1 que s\s l'action des p>tis contraires qui entrav5t son exi/5ce1 elle vi5ne se fractionn] en deux1 et que le *oix entre les deux soit d\teux et difficile1 je me rs\drai probablem5t *app] et me drob] cette tempte2 la nature p\rra m'y aid]1 peut-tre aussi les has>ds de la gu]re4 ,entre ,cs> et ,pompe j'eusse fran*em5t pris p>ti2 mais entre ces trois voleurs qui v9r5t aprs eux1 il et fallu ou se ca*] ou suivre le c\rant1 ce que j'e/ime licite1 qu& la raison e/ dev5ue impuissante n\s guid]4 ,si ,montaigne sort aussi frquemm5t de son sujet1 c'e/ qu'il s'ab&onne aux caprices de ses ides qui1 en y reg>dant de prs1 ne sont pas aussi dc\sues qu'elles en ont l'air2 et puis1 cela oblige le lecteur plus d'att5tion4--,o vas-tu t'g>] 7,virgile78 ,ces excursions sont la vrit un peu en dehors de mon sujet2 je m'g>e1 mais plutt p> lic5ce que p> mg>de2 mes p5ses ne cess5t de t5ir les unes aux autres1 bi5 que p>fois d'assez lo92 elles ne se p]d5t pas de vue1 quoique quelquefois il leur faille un peu t\rn] la tte p\r s'ap]cevoir4 ,j'ai eu s\s les yeux un dialogue de ,platon con/ruit de mme sorte1 prs5tant deux p>ties conues *acune dans des g5res absolum5t diffr5ts2 au comm5cem5t il n'y e/ "q que d'am\r1 t&is que la f9 e/ uniquem5t consacre la rhtorique4 ,il e/ des auteurs qui ne craign5t pas de pass] a9si d'un sujet un autre sans rapport avec le prcd5t1 et qui apport5t une grce m]veilleuse se laiss] all] au gr du v5t ou sembl] s'y ab&onn]4--,les titres de mes *apitres ne sont pas t\j\rs en concordance avec les matires qui y sont traites2 s\v5t la relation ne se manife/e que p> quelques mots comme dans l',&ri5ne et l',eunuque1 ou dans ,sylla1 ,cicron1 ,torquatus4 ,j'aime all] p> bonds et p> sauts1 la faon des potes1 lgre1 aile1 div9e comme la qualifie ,platon4 ,il y a des ouvrages de ,plut>que o il oublie son ?me1 et o l'argum5t qu'il traite n'app>at qu'incidemm5t1 p]du au milieu de sujets qui lui sont trang]s2 voyez1 p> exemple1 comme il procde dans son dmon de ,socrate4 ,dieu6 que ces escapades ple9es de sve1 que ces v>iations ont de beaut6 elles en ont d'autant plus qu'elles sembl5t *appes la plume et le fait du has>d4--,c'e/ le lecteur manquant d'att5tion qui p]d de vue mon sujet1 et non moi2 en quelque co9 se tr\v5t t\j\rs quelques mots qui1 si rduits qu'ils soi5t1 suffis5t cep5dant p\r montr] que je l'ai prs5t l'esprit4 ,je passe de l'un l'autre sans rgle1 sans transition2 mon /yle et mon esprit vagabond5t simultanm5t4 ,un peu de folie prvi5t un excs de sottise1 au dire de nos matres et plus encore d'aprs leurs exemples4--,mille potes se tran5t languissamm5t comme s'ils crivai5t en prose1 t&is que la meilleure prose des temps jadis1 et j'en donne ici indiffremm5t des *antillons t\t comme je fais des v]s1 respl5dit con/amm5t de la vigueur et de la h>diesse de la posie2 elle a quelque peu de la passion qui l'anime4 ,a celle-ci1 sans conte/e1 la prm95ce en ce qui t\*e l'expression de la p5se2 le pote1 dit ,platon1 assis sur le trpi$ des ,muses1 dv]se flots t\t ce qui lui vi5t l'ide1 comme c\le l'eau de la g>g\ille d'une fonta9e1 sans y rfl*ir1 sans le pes]2 et il s'en *appe des *oses de t\tes c\leurs1 contraires les unes aux autres1 =mant une suite de propos int]rompus4 ,platon lui-mme e/ con/amm5t inspir du s\ffle potique2 la ?ologie anci5ne1 dis5t les savants1 e/ t\te posie1 et1 au dire des premi]s philosophes1 c'tait l'orig9e le langage des dieux4--,j'ent5ds que lorsqu'on crit1 les sujets se di/+u5t d'eux-mmes1 qu'on voie o on en *ange1 o on conclut2 o l'un comm5ce1 o un autre repr5d1 sans qu'il soit ncessaire de les accompagn] de ces circonlocutions1 introduites p\r les oreilles faibles ou inatt5tives1 qui les raccord5t et les li5t les uns aux autres2 je ne veux pas me comm5t] moi-mme4 ,quel e/ celui qui n'aime pas mieux n'tre pas lu que de l'tre en dormant1 ou au galop3 ,il n'y a ri51 si utile que ce soit1 qui soit utile si on ne fait que pass] 7,snque74 ,si pr5dre un livre c'tait l'appr5dre1 si le voir c'tait le f\ill] pr(ondm5t du reg>d1 et le p>c\rir s'en pntr]1 j'aurais tort de me faire en t\tes *oses aussi ignorant que je le dis4--,ne p\vant fix] l'att5tion du lecteur p> la valeur de ce que j'cris1 ce ne s]a pas dj si mal s'il advi5t que je l'arrte p> le ple-mle que j'y introduis4 ,oui vraim5t1 dites-v\s1 mais aprs s'en tre amus1 il le regrett]a8 ,sans d\te1 t\j\rs e/-il qu'il n'aura pas laiss d'en pr\v] de la di/raction4 ,et puis1 il e/ des c>actres a9si faits1 qui ddaign5t ce qu'ils compr5n5t2 ils m'e/im]ont d'autant plus qu'ils ne sauront ce que je veux dire et concluront de la pr(ondeur de ma p5se p> son obscurit1 ce qu' fran*em5t p>l]1 je hais trs =t et vit]ais si je savais faire autrem5t4 ,ari/ote se vante quelque "p de re*]*] de p>ti pris cette obscurit2 c'e/ un gr& tort4--,au db1 je multipliais les *apitres1 mais il m'a p>u que cela rompait l'att5tion avant qu'elle ne ft veille et la faisait s'van\ir p> le dda9 qu'elle pr\vait se recueillir et se fix] p\r si peu2 je me suis mis alors les faire plus longs1 ce qui oblige apport] leur lecture une int5tion bi5 arrte et y consacr] un temps dt]m94 ,ne pas donn] au mo9s une heure une semblable occupation1 c'e/ ne v\loir ri5 y donn]2 et ce n'e/ pas faire1 que de ne pas se donn] t\t enti] ce que l'on fait4 ,de plus1 il m'e/ p]sonnellem5t commode de ne m'exprim] qu' moiti1 de p>l] un peu confusm5t et tort et trav]s2 et j'en veux la raison qui vi5t y j\] le rle de tr\ble-fte4 ,je tr\ve qu'elle e/ =t gnante et se paie trop *]1 qu& elle s'immisce au nom de la v]tu dans les projets extravagants que n\s =mons au c\rs de la vie et dans les op9ions fantaisi/es que n\s concevons4 ,p> contre1 je m'emploie tir] p>ti de la btise1 de la vanit1 si elles peuv5t m'tre une cause de plaisir1 et je m'ab&onne mes p5*ants naturels sans y reg>d] de bi5 prs4 ,affection p>ticulire de ,montaigne p\r la ville de ,rome1 due aux s\v5irs des gr&s hommes qu'elle a produits2 auj\rd'hui encore n'e/-elle pas la ville univ]selle et la seule qui ait ce c>actre8--,j'ai vu ailleurs1 en bi5 des lieux1 des ru9es de monum5ts1 des /atues1 un ciel1 des t]res autres2 l'homme y e/ t\j\rs le mme4 ,bi5 que cela soit vrai p>t\t1 je ne puis cep5dant1 aussi s\v5t que je vois les re/es de l'anci5ne ,rome1 si gr&e1 si puissante1 me df5dre de l'admir] et de la rvr]4 ,le culte des morts n\s e/ recomm&2 or1 ds mon enfance1 j'ai t n\rri des s\v5irs de ceux-ci4 ,je savais ce qui se rapportait cette capitale de l'univ]s1 bi5 avant d'tre initi mes propres affaires2 je connaissais le ,capitole et sur quel plan il e/ con/ruit1 avant de connatre le ,l\vre2 je savais ce qu'tait le ,tibre1 avant de connatre la ,se9e4 ,j'ai t plus occup1 bi5 qu'ils soi5t trpasss1 du c>actre et de la =tune des ,lucullus1 des ,mtellus et des ,scipions que d'aucuns des ntres4 ,mon pre1 mort aussi1 l'e/ p\r moi au mme degr qu'eux2 il s'e/ autant loign de moi depuis dix-huit ans qu'il n'e/ plus1 qu'eux en seize sicles1 et p\rtant je ne cesse d'embrass] et de cultiv] sa mmoire2 son amiti1 sa socit sont t\j\rs aussi vivem5t prs5tes mon esprit1 c> il e/ dans mon tempram5t de mieux remplir peut-tre mes devoirs env]s les morts qu'env]s les vivants2 ne p\vant s'aid]1 ils n'en ont1 ce me semble1 que plus de droits mon assi/ance2 la gratitude e/ l1 mme de se montr] dans t\t son clat2 un bi5fait p]d de son mrite1 lorsqu'on peut s'att5dre tre pay de ret\r4 ,arcsilas1 r5dant visite ,ctesibius qui tait malade1 et le tr\vant dnu de ress\rces1 glissa t\t d\cem5t s\s le *evet de son lit de l'arg5t dont il lui faisait don1 le t5ant en outre quitte de lui en savoir gr en le lui laissant ignor]4 ,ceux qui ont mrit mon amiti et ma reconnaissance1 ne les ont pas p]dues p\r n'tre plus2 je m'acquitte d'autant mieux et avec plus de so9 vis--vis d'eux1 qu'ils ne sont plus l et qu'ils l'ignor5t2 je p>le encore plus affectueusem5t de mes amis1 qu& ils n'ont plus possibilit d'appr5dre ce que je dis d'eux4 ,j'ai c5t fois entam des discussions p\r la df5se de ,pompe et la cause de ,brutus2 la sympa?ie que je leur porte subsi/e t\j\rs2 mme aux *oses prs5tes1 n\s ne n\s y atta*ons que p> un effet de notre imag9ation4 ,reconnaissant mon inutilit en ce sicle1 je me rejette sur cet autre1 et j'en suis si aveuglm5t sduit1 que ce qui t\*e cette vieille ,rome1 l'poque o elle tait libre1 ju/e et florissante 7c> je n'en aime ni les dbuts1 ni le dcl971 m'intresse et me passionne2 c'e/ p\rquoi1 aussi s\v5t que je revois l'emplacem5t de ses rues et de ses maisons1 ses ru9es qui s'enfonc5t s\s t]re jusqu'aux antipodes1 c'e/ t\j\rs avec le plus gr& intrt4 ,e/-ce un effet de la nature ou une erreur d'imag9ation qui font que la vue des lieux que n\s savons avoir t habits et frqu5ts p> des p]sonnages dont la mmoire s'e/ cons]ve1 n\s meut peut-tre plus que le rcit de leurs actes ou la lecture de leurs crits8 ,tant les lieux sont propres rveill] en n\s des s\v5irs6 ,dans cette ville1 t\t arrte la p5se2 p>t\t o l'on m>*e1 on f\le quelque hi/oire mmorable 7,cicron74 ,je pr5ds plaisir me figur] leur visage1 leur attitude1 leurs vtem5ts2 je me rpte ces gr&s noms et les fais ret5tir mes oreilles2 j'honore ces gr&s hommes et ne prononce jamais leurs noms qu'avec respect 7,snque74 ,des *oses qui sont gr&es et admirables en quelques-unes de leurs p>ties1 j'admire jusqu' ce qu'elles ont d'ord9aire2 que j'aurais eu du plaisir les voir devis]1 se prom5]1 s\p]6 ,il y aurait +ratitude mpris] leurs reliques et ce qui n\s rappelle tant d'hommes de bi51 de si haute valeur1 que j'ai vus vivre et m\rir et qui1 p> leur exemple1 n\s donn5t tant de bons enseignem5ts1 si n\s savions les suivre4 ,et puis1 cette mme ,rome telle qu'elle e/ de nos j\rs mrite qu'on l'aime4 ,elle e/ depuis si longtemps l'allie1 tant de titres1 de notre c\ronne6 ,c'e/ la seule ville univ]selle1 elle app>ti5t t\s4 ,le s\v]a9 qui la g\v]ne a galem5t action sur le re/e du monde2 elle e/ la mtropole de la ,*rti5t2 l',espagnol comme le ,franais y sont *ez eux2 p\r dev5ir pr9ce de cet tat1 il ne faut qu'tre *rti5 quel que soit le pays qui v\s ait vu natre4 ,il n'e/ pas de lieu ici-bas1 auquel le ciel ait octroy ses faveurs en si gr&e abondance et d'une faon aussi cont9ue2 sa dcad5ce mme e/ glorieuse et son pre/ige demeure4 ,plus prcieuse encore p> ses ru9es sup]bes 7,sido9e ,apoll9aire71 jusque dans le tombeau elle cons]ve l'app>5ce et le c>actre de la capitale d'un empire3 ,c'e/ ici surt\t qu'on dirait que la nature s'e/ complu dans son uvre 7,pl9e74 ,on peut se repro*] et se df5dre contre soi-mme d'tre s5sible une aussi va9e satisfaction2 ce ne sont cep5dant pas des s5tim5ts t\t fait frivoles1 que ceux qui n\s procur5t du cont5tem5t2 et1 quels qu'ils soi5t1 lorsqu'un homme de bon s5s y tr\ve con/amm5t sujet d'tre satisfait1 je n'ai pas le cur de le pla9dre4 ,il doit beauc\p la =tune p\r l'avoir mnag jusqu'ici4 ,l'av5ir e/ inquitant1 mais que lui importe ce qui advi5dra qu& il n'y s]a plus8 il n'a pas d'enfant mle qui cont9u]a son nom4 ,au surplus1 ne pas avoir d'enfant du t\t1 ne lui semble pas *ose bi5 regrettable4--,je dois beauc\p la =tune qui1 jusqu' prs5t1 ne s'e/ pas dresse contre moi1 au del du mo9s 99 de ce que j'tais mme de support]2 peut-tre e/-ce l sa faon de laiss] en paix ceux qui ne l'importun5t pas3 ,plus n\s n\s privons1 plus les dieux n\s accord5t4 ,pauvre1 je ne me range pas mo9s du p>ti de ceux qui ne dsir5t ri54 ,a qui dem&e beauc\p1 il manque t\j\rs beauc\p 7,horace74 ,si elle cont9ue1 je quitt]ai cette t]re heureux et satisfait2 je ne dem&e ri5 de plus aux dieux 7,horace74 ,mais g>e le *oc s'il vi5t se produire2 c'e/ p> milli]s que se compt5t ceux qui *\5t au port6--,je me console aism5t de ce qui survi5dra ici qu& je ne s]ai plus2 le prs5t m'occupe assez1 j'ab&onne le re/e la =tune 7,ovide74 ,il e/ vrai que je n'ai pas cette cause qui ratta*e si =t1 dit-on1 l'homme l'av5ir qu& il a des enfants hriti]s de son nom et de son honneur2 s'il e/ dsirable d'en avoir1 la situation critique que n\s trav]sons me porte elle seule n'en pas dsir]4 ,je ti5s dj trop p> moi-mme au monde et la vie2 il me suffit d'tre aux prises avec la =tune1 dans les circon/ances de mon exi/5ce o je ne puis l'vit]1 sans s\hait] que s\s d'autres rapports elle ait encore plus de prise sur moi1 et je n'ai jamais e/im que n'avoir pas d'enfants soit un malheur qui r5de notre vie incomplte et re/reigne notre cont5tem5t2 la /rilit a bi5 aussi ses avantages4 ,les enfants sont du nombre des *oses qui ne sont pas =t dsir]1 surt\t actuellem5t o il s]ait difficile qu'ils fuss5t bons1 ri5 de bon ne peut natre1 tant les g]mes sont corrompus 7,t]tulli572 c'e/ cep5dant ju/e titre qu'on les regrette1 qu& on les p]d aprs les avoir eus4 ,il laiss]a aprs lui son patrimo9e tel qu'il l'a reu1 la =tune ne lui ayant jamais octroy que de lgres faveurs sans consi/ance4--,celui qui m'a laiss la ge/ion de ma maison1 prono/iquait1 en considrant combi5 j'aime peu demeur] en place1 que je la ru9]ais4 ,il s'e/ tromp2 j'en suis1 cet g>d1 au mme po9t que lorsque je l'ai eue1 si mme je ne suis en un peu meilleure situation1 sans *>ge qui la grve1 comme sans bnfice4 ,si la =tune ne m'a caus aucun prjudice srieux qui sorte de l'ord9aire1 elle ne m'a pas fait davantage de grce2 t\t ce qui e/ *ez n\s v5ant d'elle1 y tait avant moi et depuis plus de c5t ans2 je n'ai p]sonnellem5t aucun bi5 srieux et important que je doive sa libralit4 ,j'en ai reu quelques lgres faveurs1 mais ri5 de sub/antiel3 des titres1 des honneurs qu' la vrit elle m'a (f]ts d'elle-mme1 sans que je les aie dem&s2 c>1 ,dieu le sait1 je suis positif et n'e/ime que ce qui e/ rel et1 de plus1 de gros rapport2 si j'osais1 j'av\]ais que je tr\ve l'av>ice presque aussi excusable que l'ambition1 que la d\leur e/ vit] autant que la honte1 la sant aussi dsirable que la sci5ce1 la ri*esse que la noblesse4 ,de ces faveurs1 il n'en e/ pas laquelle il ait t plus s5sible qu'au titre de citoy5 roma94 ,t5eur du docum5t p> lequel ce titre lui a t confr2 il le reproduit p\r ceux que cela intresse et aussi un peu p> vanit4--,p>mi ces faveurs1 t\tes de vanit1 que m'a faites la =tune1 il n'y en a pas qui ait autant donn satisfaction au fond de niais]ie qui e/ en moi qu'une bulle au!ntique de b\rgeoisie roma9e qui m'a t confre d]nirem5t1 alors que j'tais ,rome2 elle e/ pompeusem5t crite en lettres d'or et dm5t scelle1 et m'a t octroye avec la grce la plus p>faite4 ,comme le libell de ces titres v>ie et e/ plus ou mo9s logieux1 et qu'avant d'en avoir vu1 j'aurais t bi5 aise que l'on m'en montrt la =mule1 je transcris ici le texte de celui qui m'a t remis p\r satisfaire la curiosit de quiconque e/ possd de ce mme dsir3 ,sur le rapport fait au ,snat p> ,orazio ,massimi1 ,m>zo ,cecio1 ,aless&ro ,muti1 ,cons]vateurs de la ville de ,rome1 t\*ant le droit de cit roma9e accord] l',illu/rissime ,mi*el de ,montaigne1 ,*evali] de l',ordre de ,sa9t-,mi*el et g5tilhomme ord9aire de la *ambre du ,roi ,trs ,*rti51 le ,snat et le ,peuple roma9 ont dcrt3 ,considrant que1 p> un antique usage1 ceux-l ont t\j\rs t adopts p> n\s avec ardeur et empressem5t1 qui1 di/+us en v]tu et en noblesse1 avai5t s]vi et honor notre ,rpublique1 ou p\vai5t le faire un j\r3 ,n\s1 ple9s de respect p\r l'exemple et l'autorit de nos anctres1 n\s croyons devoir imit] et cons]v] cette l\able habitude4 ,a ces causes1 l',illu/rissime ,mi*el de ,montaigne1 ,*evali] de l',ordre de ,sa9t-,mi*el et g5tilhomme ord9aire de la *ambre du ,roi ,trs ,*rti51 =t zl p\r le nom ,roma91 tant1 en raison de son rang1 de l'clat de sa famille et de ses qualits p]sonnelles1 trs digne d'tre admis au droit de cit roma9e p> le suprme jugem5t et les suffrages du ,snat et du ,peuple roma92 il a plu au ,snat et au ,peuple roma9 que l',illu/rissime ,mi*el de ,montaigne1 orn de t\s les g5res de mrite et trs *] ce noble peuple1 ft inscrit comme citoy5 roma91 tant lui que sa po/rit1 et appel j\ir de t\s les honneurs et avantages rs]vs ceux qui sont ns citoy5s ou patrici5s de ,rome ou le sont dev5us au meilleur titre4 ,en quoi le ,snat et le ,peuple roma9 p5s5t qu'ils accord5t mo9s un droit1 qu'ils ne pai5t une dette2 et que c'e/ mo9s un s]vice qu'ils r5d5t1 qu'un s]vice qu'ils reoiv5t de celui qui1 en acceptant le droit de cit1 honore et illu/re la cit mme4 ,les ,cons]vateurs ont fait transcrire ce snatus-consulte p> les secrtaires du ,snat et du ,peuple roma9 p\r tre dpos dans les ar*ives du ,capitole1 et ont fait dress] cet acte1 muni du sceau ord9aire de la ville4 ,l'an de la fondation de ,rome #bcca1 et de la naissance de ,jsus-,*ri/ #aeha1 le #ac de m>s4 ,,orazio ,,fosco1 secrtaire du sacr ,snat et du ,peuple roma94 ,,v9c5te ,,m>toli1 secrtaire du sacr ,snat et du ,peuple roma94 ,n'tant b\rgeois d'aucune ville1 je suis bi5 aise de l'tre de la plus noble qui fut et s]a jamais4 ,si les autres s'exam9ai5t avec att5tion comme je le fais1 ils se tr\v]ai5t1 comme je me tr\ve moi-mme1 vaniteux et frivoles l'excs4 ,faire qu'il n'en soit pas a9si m'e/ impossible2 il faudrait1 p\r cela1 me dtruire moi-mme4 ,n\s sommes t\s imbus de ce dfaut1 autant les uns que les autres2 il se manife/e un peu mo9s *ez ceux qui s'en r5d5t compte1 et encore n'en suis-je pas c]ta94 ,c'e/ qu'en effet l'homme e/ t\t vanit2 et c'e/ p>ce qu'il e/ du p> ce qu'il voit en lui1 qu'il reporte con/amm5t ses reg>ds p>t\t ailleurs qu'en lui-mme4--,ce s5tim5t et cette habitude qui exi/5t *ez t\t le monde1 de reg>d] ailleurs qu'en soi-mme1 rpond5t bi5 un beso9 que n\s pr\vons4 ,n\s sommes en effet1 n\s-mmes1 un objet dont la vue ne peut que n\s remplir de mcont5tem5t2 n\s n'y voyons que misre et vanit1 et il e/ =t propos1 p\r que n\s n'en soyons pas dc\rags1 que la nature n\s ait fait port] nos reg>ds au dehors4 ,n\s allons de l'avant1 n\s ab&onnant au c\rant2 quant rebr\ss] *em9 et faire que nos p5ses se report5t sur n\s1 c'e/ trop pnible2 n\s en pr\vons ce mme tr\ble1 cette mme rsi/ance que la m] rejete sur elle-mme4 ,*acun dit3 ,reg>dez les m\vem5ts des corps cle/es2 reg>dez votre pro*a93 la qu]elle de celui-ci1 le p\ls d'un tel1 le te/am5t de cet autre2 en somme1 reg>dez t\j\rs soit en haut1 soit en bas1 soit ct1 soit en avant1 soit d]rire v\s4 ,le comm&em5t que1 dans l'antiquit1 n\s faisait le dieu de ,delphes tait p>adoxal3 ,reg>dez en v\s1 disait-il1 tudiez-v\s2 t5ez-v\s-en v\s-mme2 ram5ez sur v\s votre esprit et votre volont que v\s appliquez ailleurs2 au lieu de v\s dv]s]1 de v\s rp&re1 cont5ez-v\s1 s\t5ez-v\s1 c> on v\s trahit1 on v\s rduit ri51 on v\s drobe v\s-mme4 ,ne vois-tu pas qu'au contraire1 t\t en ce monde a les reg>ds con/amm5t replis sur lui-mme et n'a d'yeux que p\r se contempl] soi-mme8 ,toi1 que tu reg>des en d$ans ou en dehors de toi1 ta vanit e/ t\j\rs en jeu2 t\t au plus e/-elle mo9dre qu& elle s'ex]ce dans des conditions re/re9tes4 ,sauf toi1 homme1 disait encore l'oracle1 *aque *ose comm5ce p> s'tudi] elle-mme et1 selon ses propres beso9s1 limite ses travaux et ses dsirs2 eh bi51 il n'en e/ pas une seule qui soit aussi dp\rvue et que la ncessit presse autant que toi1 qui embrasses l'univ]s3 tu es un obs]vateur auquel la sci5ce fait dfaut1 un magi/rat sans juridiction1 et f9alem5t le b\ffon de la comdie4 ,,*apitre ,x4 ,en t\tes *oses1 il faut se modr] et savoir cont5ir sa volont4 ,montaigne ne se passionnait p\r ri51 se g>dait de pr5dre aucun engagem5t1 rsi/ait mme ce quoi le p\ssai5t ses propres affections p\r n'tre pas entran1 p>ce qu'une fois pris on ne sait plus o l'on va4--,si je me comp>e la gnralit des hommes1 peu de *oses me t\*5t1 ou1 p\r mieux dire1 me captiv5t2 c> c'e/ avec raison qu'elles n\s t\*5t1 mais il ne faut pas qu'elles n\s accap>5t4 ,j'ai gr& so9 d'augm5t]1 p> l'tude et le raisonnem5t1 ce privilge que j'ai d'tre ins5sible qui1 p> nature1 e/ =t prononc *ez moi1 et a p\r consqu5ce que peu de *oses s'impos5t moi et me passionn5t4 ,j'ai de la p]spicacit1 mais je la reporte sur peu d'objets2 je suis s5sible et facile m\voir1 mais ai la comprh5sion et l'application difficiles et conc5tres4--,je ne me dcide qu' gr&'pe9e pr5dre des engagem5ts2 autant que je le puis1 je ne m'emploie que p\r moi2 et1 mme dans ce cas1 je suis port t5ir en bride et cont5ir l'affection que je me porte1 p\r que ce s5tim5t ne m'envahisse pas compltem5t1 p>ce qu'il me met la m]ci des autres et que le has>d a sur lui plus d'action que moi-mme2 c'e/ au po9t que jusqu' la sant que j'apprcie tant1 je devrais me df5dre de la dsir] et de m'atta*] sa cons]vation avec une ardeur telle que j'en arrive tr\v] les maladies insupportables4 ,on doit se g>d] galem5t de trop de ha9e de la d\leur et de trop d'am\r du bi5-tre2 ,platon recomm&e de dirig] notre vie en la t5ant dans un ju/e milieu entre ces deux extrmes4--,quant ces affections qui me di/rai5t de moi p\r m'atta*] ailleurs1 je leur rsi/e dans t\te la mesure de mes =ces4 ,j'e/ime qu'il faut se prt] autrui et ne se donn] qu' soi-mme4 ,si ma volont tait facile s'engag] et entr] en action1 je n'y rsi/]ais pas1 p>ce que je suis1 p> nature1 trop impressionnable1 et en fait1 ennemi des affaires et n p\r la tranquillit et le repos 7,ovide74 ,des dbats contradictoires et op9itres t\rnant f9alem5t l'avantage de mon adv]saire1 un dn\em5t qui r5drait ridicules des p\rsuites ard5tes que j'aurais entames1 me f]ai5t cruellem5t s\ffrir4 ,si1 comme tant d'autres1 je m'y laissais entran]1 mon me n'aurait jamais la =ce de support] les al>mes et les motions qu'pr\v5t ceux qui accept5t une telle exi/5ce2 elle s]ait1 ds le db1 disloque p> cette agitation inte/9e4 ,si quelquefois on m'a p\ss p>ticip] la ge/ion d'affaires autres que les mi5nes1 je n'ai promis que de les pr5dre en ma9 et non de m'y donn] corps et me2 de m'en *>g]1 mais non de m'y incorpor]2 de m'en occup]1 oui1 et pas du t\t de m'y passionn]2 je les exam9e1 mais ne les c\ve pas4 ,j'ai assez faire p\r mettre de l'ordre dans ce qui me t\*e intimem5t et intresse t\t mon tre1 le rgl]1 sans encore me ml] et me fatigu] de que/ions qui me sont trangres2 mes propres affaires1 qui m'incomb5t naturellem5t et au premi] *ef1 m'absorb5t assez1 sans y en jo9dre d'autres qui sont en dehors4 ,ceux qui sav5t combi5 ils se doiv5t eux-mmes et quel po9t ils ont d'obligations cet g>d1 tr\v5t que la *>ge que la nature leur a a9si impose e/ suffisamm5t l\rde1 et ne con/itue pas une s9cure3 ,tu z bi5 assez gr&em5t faire *ez toi1 ne t'en loigne pas4 ,beauc\p se font les esclaves des autres1 se prodiguant p\r s'employ] ce qui ne les reg>de pas2 il ne manque cep5dant pas sur notre r\te de mauvais pas dont il n\s faut *]*] n\s g>d] n\s-mmes4--,les hommes se donn5t en location2 ce n'e/ pas p\r eux-mmes qu'ils doiv5t us] de leurs facults1 mais p\r ceux dont ils se sont faits les esclaves2 ce sont ceux auxquels ils se sont l\s qui sont en eux1 et non eux4 ,cette disposition d'esprit1 qui e/ =t rp&ue1 ne me plat pas4 ,il faut mnag] la lib]t de notre me et ne l'engag] que dans les circon/ances o il e/ ju/e de le faire2 et ces circon/ances sont en petit nombre1 si n\s en jugeons sa9em5t4--,voyez les g5s disposs se laiss] apprh5d] et accap>]2 ils se laiss5t a9si faire en t\tes *oses p\r les petites comme p\r les gr&es1 p\r ce qui les t\*e et ce qui ne les t\*e pas2 ils s'+r5t1 sans plus y reg>d]1 p>t\t o il y a travaill] et 99 des obligations remplir2 ils ne viv5t pas s'ils ne s'agit5t outrance3 ,ils ne re*]*5t la besogne que p\r avoir de la besogne 7,snque74 ,ce n'e/ pas tant p>ce qu'ils veul5t t\j\rs all] que p>ce qu'ils ne peuv5t se ret5ir1 ni plus ni mo9s qu'une pi]re branle qui se dta*e et va1 ne s'arrtant dans sa *ute que p>ce qu'elle ne peut r\l] davantage4 ,p\r c]ta9es g5s1 s'occup] c'e/ faire preuve de capacit et de dignit2 leur esprit *]*e le repos dans le m\vem5t1 comme font les enfants encore au b]ceau2 ils peuv5t se r5dre ce tmoignage qu'ils sont aussi s]viables p\r leurs amis1 qu'importuns eux-mmes4 ,p]sonne ne di/ribue son arg5t autrui1 et *acun lui di/ribue son temps et sa vie1 *oses dont n\s sommes prodigues plus que de t\tes autres et les seules cep5dant dont il n\s s]ait utile et l\able d'tre av>es4 ,mon tempram5t e/ ess5tiellem5t diffr5t3 je m'obs]ve et1 d'ord9aire1 ne ti5s pas outre mesure ce que je dsire et dsire peu2 je ne m'occupe et ne me cre de travail que dans ces conditions1 r>em5t et sans que cela porte atte9te ma tranquillit4 ,a t\t ce que veul5t et entrepr5n5t ces g5s qui se prodigu5t1 ils apport5t t\te leur volont et leur imptuosit4 ,il y a en ce monde tant de mauvais pas1 que1 mme dans les cas prs5tant le plus de scurit1 il faut pos] le pi$ lgrem5t et sup]ficiellem5t1 gliss] et ne pas appuy]2 la volupt elle-mme e/ d\l\reuse qu& on va trop fond3 ,tu m>*es sur un feu c\v]t de c5dres p]fides 7,horace74 lu maire de ,bordeaux1 ,montaigne n'accepte cette *>ge qu' son corps df5dant2 portrait qu'il fit de lui ,messieurs de ,bordeaux4--,messieurs de ,bordeaux m'lur5t maire de leur ville1 alors que j'tais loign de ,france1 et plus loign encore de p5s] que cela p\vait arriv]4 ,je m'en excusai1 mais on me dmontra que je ne p\vais refus]1 quoi v9t s'aj\t] un ordre du roi d'accept]4--,c'e/ une *>ge qui e/ d'autant plus belle qu'elle n'e/ ni rtribue1 ni de nature procur] de bnfice autre que l'honneur rsultant de la faon dont on s'en acquitte4 ,sa dure e/ de deux ans1 mais elle peut tre cont9ue si on e/ lu n\veau1 ce qui arrive trs r>em5t3 je l'ai t2 cela ne s'tait produit aup>avant que deux fois1 il y avait quelques annes p\r ,m4 de ,lansac1 et rcemm5t p\r ,m4 de ,bir\1 m>*al de ,france1 auquel je succdais2 j'ai t remplac p> ,m4 de ,matignon1 qui tait aussi m>*al de ,france1 l'un et l'autre habiles adm9i/rateurs et braves gu]ri]s 7,virgile72 je suis fi] de m'tre tr\v en si noble compagnie4 ,la =tune a l>gem5t p>ticip cet vnem5t et son int]v5tion n'a pas t va9e2 mon cas1 en effet1 a t celui d',alex&re qui1 ayant reu d'abord avec dda9 les ambassadeurs de ,cor9! v5us p\r lui (frir le droit de b\rgeoisie de leur ville1 accepta ensuite en les rem]ciant de bonne grce1 qu& ils lui eur5t appris que ,bac*us et ,h]cule figurai5t au nombre de ceux auxquels ce titre avait t concd4 ,ds mon arrive1 je me fis connatre exactem5t et consci5cieusem5t tel que je me s5s tre3 sans mmoire1 sans vigilance1 sans expri5ce et sans n]gie1 mais aussi sans ha9e1 sans ambition1 sans viol5ce1 de telle sorte qu'on ft in=m et in/ruit de ce que l'on avait att5dre de moi4 ,comme je devais mon lection uniquem5t ce que l'on avait connu mon pre et que c'tait p\r honor] sa mmoire1 j'aj\tai trs nettem5t que je s]ais =t dsol si une *ose1 quelle qu'elle ft1 v5ait occup] ma volont au mme degr que les affaires de la ville avai5t jadis accap> la si5ne qu& il en avait la ge/ion1 alors qu'il tait inve/i de ces mmes fonctions auxquelles je v5ais d'tre appel4 ,je me s\v5ais l'avoir vu dans sa vieillesse1 alors que j'tais enfant1 l'me cruellem5t agite p> les tracass]ies que lui causai5t les affaires publiques1 oubliant et le calme dont il j\issait *ez lui o les fatigues de l'ge l'avai5t longtemps ret5u avant ce mom5t1 et son mnage et sa sant2 ne comptant en vrit p\r ri5 la vie1 qu'il avait failli y p]dre1 p> suite des longs et pnibles voyages auxquels ces intrts l'obligeai5t4 ,il tait a9si2 ce tempram5t tait un effet de la gr&e bont de sa nature2 jamais il n'y eut d'me plus *>itable et dv\e au peuple4 ,ces dispositions que je l\e *ez les autres1 je ne me les approprie pas2 et1 en cela1 je ne suis pas sans excuse4 ,on enseigne que n\s devons n\s oubli] et ne travaill] qu'au bi5 d'autrui2 e/-ce raisonnable8 ,le vrai sage qui sait bi5 ce qu'il se doit1 tr\ve p> l mme ce qu'il doit aux autres4--,mon pre avait ou dire qu'il faut s'oubli] p\r son pro*a92 que l'intrt p>ticuli] n'e/ pas pr5dre en considration1 qu& l'intrt gnral e/ en jeu4--,la plup>t des rgles et des prceptes de ce monde abond5t dans ce s5s1 t5dant n\s p\ss] hors de n\s-mmes et y sub/itu] ce qui importe au s]vice de la socit4 ,cela e/ vraim5t bi5 imag9 de n\s dt\rn] et de n\s di/raire a9si de ce qui n\s intresse directem5t1 p> cra9te que n\s y tr\vant dj naturellem5t ports1 n\s n'y t5ions trop2 ri5 n'a t p>gn p\r en arriv] l4 ,ce n'e/ du re/e pas une n\veaut2 les sages ne pr*5t-ils pas de n'avoir de considration p\r les *oses qu'en raison de leur utilit1 et non d'aprs ce qu'elles sont8 ,la vrit n\s e/ s\v5t une cause d'emp*em5ts1 d'incompatibilits2 n\s devons frquemm5t tromp]1 p\r ne pas n\s tromp]2 il n\s faut f]m] les yeux1 impos] sil5ce notre jugem5t1 p\r r$ress] et corrig] les conclusions rsultant de ces difficults qu'elle n\s cre3 ,ce sont des ignorants qui jug5t1 et il faut s\v5t les tromp] p\r les emp*] de tomb] dans l'erreur 7,qu9tili574 ,n\s ordonn] de faire pass] avant n\s dans notre affection1 trois1 quatre1 c9quante catgories de *oses1 c'e/ faire comme les ar*]s qui1 p\r atte9dre le b1 vis5t beauc\p plus haut2 p\r r$ress] une baguette infl*ie1 il faut la c\rb] en s5s inv]se4 ,j'e/ime que dans le culte de ,pallas1 il y avait1 comme n\s le voyons dans t\tes les religions des my/res app>5ts de/9s tre divulgus au public et d'autres plus secrets et d'ordre plus lev1 auxquels n'tai5t initis que les adeptes4 ,il e/ vraisemblable que dans ces d]ni]s1 tait compris le degr exact d'amiti que *acun se doit lui-mme2 non cette amiti de mauvais aloi qui n\s fait re*]*] d'une faon immodre la gloire1 la sci5ce1 la ri*esse1 etc41 et les mettre au premi] rang de notre affection comme p>ties intgrantes de notre tre1 ni cette amiti sans consi/ance et indiscrte comme celle que porte le li]re aux p>ois auxquelles il s'atta*e1 qu'il p\rrit et qu'il ru9e2 mais une amiti sa9e et rgle1 non mo9s utile qu'agrable4 ,qui en connat les devoirs et les ex]ce1 e/ vritablem5t inspir des ,muses2 il atte9t au sommet de la sagesse huma9e et du bonheur2 sa*ant exactem5t ce qu'il se doit1 il tr\ve que le rle qui lui e/ dvolu comporte d'utilis] p\r lui-mme le conc\rs des autres hommes et du monde et que1 p\r cela1 il lui faut contribu] aux devoirs et aux *>ges de la socit dont il fait p>tie4 ,celui qui ne vit en ri5 p\r autrui1 ne vit gure non plus p\r lui-mme3 ,l'ami de soi-mme e/ aussi1 sa*ez-le1 l'ami des autres 7,snque74 ,la pr9cipale *>ge que n\s ayons1 c'e/ de n\s conduire2 c'e/ p\r cela que n\s sommes sur t]re4 ,celui qui oubli]ait de vivre honntem5t1 sa9tem5t1 et croirait tre quitte de son devoir en exhortant et disposant les autres vivre a9si1 s]ait un sot2 de mme celui qui1 p\r son propre compte1 nglige de vivre conv5ablem5t et gam5t1 se sacrifiant p\r faire qu'autrui vive de la sorte1 pr5d mon gr un p>ti mauvais et qui n'e/ pas dans l'ordre de la nature4 ,il faut se dv\] aux *>ges que l'on occupe1 mais il ne faut ni qu'elles n\s absorb5t ni qu'elles n\s passionn5t1 ce qui n\s conduirait manqu] de prud5ce et d'quit4--,je ne veux pas qu'on refuse aux *>ges qu'on accepte son att5tion1 ses pas et dm>*es1 son don de p>ole1 sa fatigue1 au beso9 mme son sang3 t\t prt moi-mme m\rir p\r mes amis et ma patrie 7,horace72 seulem5t ce ne doit tre qu'un prt mom5tan et accid5tel1 l'esprit demeurant t\j\rs au repos et en sant1 n'tre pas inactif1 mais n'agir ni malgr lui ni entran p> la passion4 ,agir simplem5t lui cote si peu1 qu'il agit mme en dormant1 aussi faut-il ne le mettre en branle qu'avec discrtion2 c> lorsque le corps que l'on *>ge1 semble pas en tre sur*>g1 l'esprit s'imag9e qu'il peut plus encore et1 n'c\tant que lui-mme1 donne p>fois ses exig5ces une ext5sion et une augm5tation s\v5t prjudiciables4 ,une mme *ose dem&e p>fois des ef=ts physiques diffr5ts et une =ce de volont qui n'e/ pas t\j\rs la mme1 l'un va =t bi5 sans l'autre4 ,combi5 de g5s se has>d5t t\s les j\rs dans des gu]res qui leur sont indiffr5tes1 et affront5t le dang] dans des batailles dont la p]te1 s'ils vi5n5t tre battus1 ne tr\bl]a pas leur sommeil durant la nuit qui vi5t2 tel autre1 au contraire1 demeur *ez lui l'abri de dang]s auxquels il n'ose mme pas p5s]1 e/ plus passionn p\r l'issue de cette gu]re1 et en a l'me plus obsde que le soldat qui y expose son sang et sa vie4 ,je ne suis gure dispos me ml] des affaires publiques s'il doit m'en cot] si peu que ce soit1 ni me donn] aux autres en m'arra*ant moi-mme4--,apport] de l'pret et de la viol5ce p\r obt5ir la ralisation de ses dsirs1 nuit plus que cela ne s]t au rsultat que l'on p\rsuit2 n\s dev5ons impati5ts si les vnem5ts sont contraires ou se font att5dre2 n\s sommes aigris et le s\pon n\s gagne contre ceux avec lesquels n\s sommes en affaire4 ,n\s ne conduisons jamais bi5 une *ose qui n\s possde et n\s mne3 la passion e/ un mauvais guide 7,/ace74 ,celui qui n'y emploie que son jugem5t et son adresse1 agit avec plus d' propos3 il dissimule1 cde1 diffre son aise1 selon que les circon/ances le comport5t2 s'il *\e1 c'e/ sans en pr\v] ni t\rm5t ni affliction2 il e/ t\t prt r5\vel] sa t5tative1 il m>*e t\j\rs matre de lui4 ,*ez celui qu'enivre la viol5ce et qui veut qu& mme1 la ncessit l'amne commettre beauc\p d'imprud5ces et d'inju/ices2 l'imptuosit de son dsir l'emporte1 il devi5t tmraire2 et si la =tune ne lui vi5t beauc\p en aide1 ce qu'il obti5t e/ peu de *ose4--,la philosophie veut que n\s bannissions la colre qu& n\s punissons ceux qui n\s ont (f5ss2 non p\r que notre v5geance soit mo9dre1 mais p\r qu'au contraire elle n'en porte que mieux et frappe davantage1 ce quoi1 lui semble-t-il1 la viol5ce met ob/acle4 ,non seulem5t la colre n\s tr\ble mais1 p> elle-mme1 elle lasse le bras qui *tie2 c'e/ un feu qui n\s t\rdit et puise notre =ce1 comme dans la prcipitation o la hte se donne elle-mme un croc-en-jambe qui l'entrave et l'arrte3 ,trop se ht] e/ une cause de ret>d2 la prcipitation ret>de plus qu'elle n'avance 7,qu9te ,curce74 ,comme exemple de ce que n\s en voyons j\rnellem5t1 l'av>ice n'a pas de plus gr& emp*em5t qu'elle-mme2 plus elle e/ rapace et intransigeante1 mo9s elle rapporte2 d'ord9aire1 elle attire elle plus rapidem5t le bi5 d'autrui1 qu& elle agit s\s le masque de la libralit4 ,supriorit d'un pr9ce qui savait se mettre au-dessus des accid5ts de la =tune4 ,mme au jeu1 il faut tre modr2 n\s le s]ions plus1 si n\s savions combi5 peu n\s e/ ncessaire4--,un g5tilhomme de mes amis1 trs honnte homme1 faillit compromettre sa raison p\r avoir pris trop cur les affaires d'un pr9ce son matre et y avoir apport une att5tion trop passionne4 ,ce pr9ce s'e/ lui-mme pe9t a9si qu'il suit3 ,t\t comme un autre1 il ress5t le poids des accid5ts2 p\r ceux auxquels il n'y a pas de remde1 il se rs\t immdiatem5t en support] les consqu5ces2 p\r les autres1 aprs avoir ordonn les prcautions ncessaires p\r y p>]1 ce que1 grce la vivacit de son esprit1 il peut faire promptem5t1 il att5d avec calme ce qui peut s'ensuivre4 ,de fait1 je l'ai vu l'uvre1 cons]vant une gr&e indiffr5ce1 t\te sa lib]t d'action et la plus complte impassibilit dans des situations de trs haute importance et bi5 difficiles2 je le ti5s p\r plus gr& et plus capable dans la mauvaise =tune que dans la bonne2 ses dfaites sont plus glorieuses que ses victoires1 ses insuccs que ses triomphes4 ,mme dans ce qui e/ va9 et frivole1 comme au jeu d'*ecs1 de paume et autres1 apport] de l'pret et de l'ardeur au s]vice d'un viol5t dsir de l'emport]1 fait qu'aussitt notre esprit et nos membres ne se dirig5t plus et que leurs m\vem5ts devi5n5t dsordonns2 on s'bl\it1 on s'emb>rasse soi-mme4 ,celui qui envisage avec plus de modration le ga9 et la p]te1 e/ t\j\rs matre de lui2 mo9s on se pique1 mo9s on se passionne au jeu1 plus on le conduit avantageusem5t et plus on augm5te ses *ances4 ,n\s emp*ons l'me de pr5dre et de cons]v]1 qu& n\s lui donnons trop saisir2 p\r c]ta9es *oses il suffit de les lui prs5t]1 p\r d'autres de les lui atta*]1 d'autres sont lui incorpor]4 ,elle peut t\t voir et s5tir1 mais ce n'e/ que d'elle-mme qu'elle doit se su/5t]2 et1 p\r cela1 il faut qu'elle ait t in/ruite de ce qui l'intresse p>ticulirem5t1 lui convi5t et qu'elle peut s'assimil]4 ,les lois de la nature n\s donn5t ju/em5t cet enseignem5t4 ,d'aprs la nature1 dis5t les sages1 p]sonne n'e/ indig5t 7d'aprs n\s1 n\s le sommes t\s71 et ils vont di/+uant les dsirs qu'elle n\s inspire de ceux qui n\s vi5n5t du drglem5t de notre imag9ation3 ceux qui peuv5t se ralis] vi5n5t d'elle1 ceux qui fui5t devant n\s1 sans que n\s puissions jamais les satisfaire1 sont de n\s2 la pauvret de bi5s e/ aise gurir1 la pauvret de l'me impossible3 ,si l'homme se cont5tait de ce qui lui suffit1 je s]ais assez ri*e2 mais comme il n'en e/ ri51 quelles ri*esses p\rrai5t jamais me satisfaire 7,lucilius78--,socrate voyant transport] en gr&e pompe1 trav]s la ville1 des ri*esses en quantit3 joyaux1 meubles de prix1 etc41 dit3 ,que de *oses il y a l1 que je ne dsire pas6--,d\ze onces d'alim5t p> j\r suffisai5t p\r vivre ,mtrodore2 picure se suffisait avec mo9s encore2 ,mtrocls dormait en hiv] avec les m\tons1 en t dans les clotres des temples3 ,la nature p\rvoit ce qu'elle exige 7,snque72 ,clan! vivait du travail de ses ma9s et se vantait de p\voir1 s'il l'et v\lu1 n\rrir en plus un autre lui-mme4 ,les beso9s que n\s t5ons de la nature sont faciles satisfaire2 nos habitudes1 notre position dans le monde1 notre ge1 n\s port5t en t5dre le c]cle2 c'e/ dans ces limites que n\s devons les cont5ir4--,si ce que la nature1 s'en t5ant aux seuls beso9s que n\s avions l'orig9e1 dem&e p\r assur] /rictem5t la cons]vation de notre exi/5ce e/ trop peu de *ose 7et il e/ de fait que n\s p\vons vivre bon m>*1 ce qui app>at bi5 qu& on rem>que qu'il n\s faut si peu que1 p> sa petitesse1 cela *appe l'tre9te et aux c\ps de la =tune71 octroyons-n\s quelque *ose de plus2 compr5ons dans ce que n\s appelons la nature1 les habitudes et la situation de *acun de n\s1 et d'aprs cela fixons nos beso9s et nos aspirations1 t5ant compte de ce que dj n\s possdons4 ,il semble en effet que1 dans ces limites1 n\s soyons quelque peu excusables d'agir a9si1 c> l'habitude e/ une seconde nature non mo9s puissante que la nature elle-mme4 ,ce qui me manque et dont j'ai l'habitude1 je considre que cela me fait rellem5t dfaut2 j'aim]ais presque autant qu'on m'tt la vie1 que de me la rtrcir en re/reignant notablem5t les conditions dans lesquelles j'ai vcu si longtemps4 ,je ne suis plus mme de support] de gr&s *angem5ts1 ni de m5] un tra9 diffr5t du mi51 mme si je devais y gagn]4 ,il n'e/ plus temps de dev5ir autre2 et1 de mme que si quelque gr&e =tune v5ait m'*oir actuellem5t1 je me pla9drais qu'elle ne me soit pas arrive alors que je p\vais en j\ir3 ,a quoi me s]v5t des bi5s dont je ne puis us] 7,horace78 je me pla9drais galem5t de t\te n\velle acquisition morale4 ,il vaut presque mieux ne jamais dev5ir honnte homme et ne jamais bi5 compr5dre la conduite de la vie1 que d'en arriv] l qu& on n'a plus de temps devant soi4--,moi qui m'en vais1 je cd]ais volonti]s quelqu'un qui vi5t1 l'expri5ce que j'acqui]s sur la prud5ce obs]v] dans les affaires de ce monde2 c'e/ de la m\t>de aprs dn]4 ,je n'ai que faire de bi5s dont je n'ai pas emploi2 quoi s]t la sci5ce qui n'a plus de tte8 ,la =tune n\s (f5se et n\s j\e un mauvais t\r1 en n\s (frant des prs5ts1 dont n\s sommes ju/e titre dpits de ce qu'ils n\s ont manqu au bon mom5t4 ,je n'ai plus beso9 de guide1 qu& je ne puis plus m>*]4 ,de t\tes les qualits dont n\s p\vons tre d\s1 la pati5ce me suffit ma9t5ant4 ,a quoi bon une voix magnifique un *antre qui a les p\mons p]dus1 et l'loqu5ce un ermite relgu au fond des ds]ts de l',arabie4 ,il n'y a pas beso9 de s'+ni] faire une f92 en *aque *ose1 elle survi5t d'elle-mme4 ,mon monde moi e/ f9i2 les g5s de mon espce disp>aiss5t2 j'app>ti5s t\t enti] au pass2 je ne puis faire autrem5t que d'appr\v] cet tat de *oses et d'y con=m] mes d]ni]s j\rs4--,j'en donn]ai un exemple3 ,cette innovation qui a supprim dix j\rs d'une anne1 introduite p> le pape1 e/ surv5ue alors que j'tais dj si prs de ma f91 que je ne puis m'y faire2 je suis d'une poque o les annes se supputai5t autrem5t4 ,un si long et si antique usage me rev5dique et j'y demeure atta*2 incapable d'accept] des n\veauts1 mme qu& elles con/itu5t des rectifications1 je suis dans l'obligation d'tre en cela quelque peu hrtique4 ,mon imag9ation1 malgr t\s mes ef=ts1 fait que je me tr\ve t\j\rs de dix j\rs en avance ou de dix j\rs en ret>d2 elle ne cesse de me murmur] l'oreille3 ,cette modification ne reg>de que ceux dont l'exi/5ce ne t\*e pas son t]me4--,mme la sant1 *ose p\rtant si d\ce1 si1 p> int]valles1 je vi5s la retr\v]1 j'en pr\ve plus de regret que de j\issance3 je n'ai plus comm5t en pr(it]4 ,le temps m'ab&onne1 et1 sans lui1 n\s ne possdons ri54 ,oh6 que j'atta*e donc peu de prix ces gr&es dignits confres l'lection1 qui ne s'attribu5t qu' des g5s prts quitt] ce monde et dont1 qu& on les a1 on ne s'inquite pas tant de quelle faon on p\rra les ex]c]1 que du peu de temps durant lequel on les dti5dra2 ds l'entre en fonctions1 on songe au mom5t o il faudra les quitt]4 ,en rsum1 je t\*e ma f9 et ne suis po9t en voie de me refaire4 ,p> suite d'un long usage1 mon tat actuel e/ dev5u p>tie intgrante de moi-mme2 ce que la =tune m'a fait1 con/itue ma nature4 ,je dis donc que1 disposs la faiblesse comme n\s le sommes1 *acun de n\s e/ excusable de considr] comme lui rev5ant1 t\t ce qui e/ dans la mesure de notre tat acc\tum2 mais all] au del1 c'e/ tomb] dans la confusion3 c'e/ l la plus l>ge concession que n\s puissions faire nos droits4 ,plus n\s augm5tons nos beso9s et ce que n\s possdons1 plus n\s n\s exposons aux c\ps de la =tune et de l'adv]sit4 ,l't5due de nos dsirs doit tre circonscrite et re/re9te de manire ne compr5dre que les commodits les plus pro*es de n\s1 celles qui n\s sont contigus1 et cette zone ne pas se prolong] indf9im5t en ligne droite1 mais se repli] en c\rbe1 dont les extrmits se rejoign5t en ne s'c>tant de n\s que le mo9s possible4 ,les agissem5ts qui se produis5t sans que n\s les ram5ions a9si n\s 7et ce m\vem5t rflexe1 je le ti5s p\r ess5tiel et devant se produire bref dlai p\r avoir son effet utile71 comme sont ceux des av>es1 des ambitieux et tant d'autres qui p\rsuiv5t avec a*>nem5t une ide qui les emporte t\j\rs droit devant eux1 sont des agissem5ts errons et maladifs4 ,c'e/ folie de s'enorgueillir de l'emploi que l'on occupe2 notre p]sonnalit doit demeur] indp5dante des fonctions que n\s remplissons4--,la plup>t des fonctions publiques ti5n5t de la f>ce3 ,t\t le monde j\e la comdie 7,ptrone74 ,il faut j\] conv5ablem5t son rle1 mais en lui cons]vant le c>actre d'un p]sonnage emprunt2 il ne faut pas que le masque et l'app>5ce devi5n5t *ez n\s une ralit1 ni faire que ce qui n\s e/ trang] s'inc>ne en n\s2 n\s ne savons di/+u] la peau de la *emise2 c'e/ assez de s'enf>9] le visage sans s'enf>9] encore la poitr9e4 ,j'en vois qui se trans=m5t et s'id5tifi5t en autant de figures et d'tres diffr5ts qu'ils ont de *>ges remplir2 t\t en eux pontifie jusqu'au foie et aux inte/9s1 et1 jusque dans leur g>de-robe1 ils agiss5t comme s'ils tai5t dans l'ex]cice de leurs fonctions4 ,que ne puis-je leur appr5dre di/+u] p>mi les salutations qu'ils reoiv5t1 celles qui s'adress5t eux-mmes de celles qui s'adress5t au m&at qu'ils ont reu1 la suite qui les accompagne1 ou la mule qui les porte3 ,ils s'ab&onn5t tellem5t leur =tune qu'ils en oubli5t leur nature mme 7,qu9te ,curce72 ils enfl5t1 grossiss5t leur me et leur jugem5t naturel p\r les lev] hauteur du sige qu'ils occup5t comme magi/rats4 ,montaigne maire et ,montaigne simple p>ticuli] ont t\j\rs t deux hommes t\t fait di/9cts1 la sp>ation en tait bi5 nette4 ,de ce qu'on e/ avocat ou f9anci]1 il ne faut pas mconnatre ce que ces pr(essions mett5t en jeu de f\rb]ie2 un honnte homme n'e/ pas responsable du vice ou de la sottise de son mti] et ne doit pas p\r eux dcl9] de l'ex]c]1 c'e/ l'usage de son pays et il y a bnfice2 il faut vivre du monde et en tir] pr(it1 en en usant tel qu'on le tr\ve4 ,mais le jugem5t d'un emp]eur doit s'lev] au-dessus de son empire qu'il lui faut voir et considr] comme *ose qui lui e/ trangre1 s'en ab/rayant1 p> mom5ts1 p\r j\ir de son propre fond1 et s'entret5ir avec lui-mme t\t autant p\r le mo9s que font ,jacques et ,pi]re4 ,si l'on embrasse un p>ti1 ce n'e/ pas un motif p\r en excus] t\tes les exagrations2 il faut reconnatre ce qui e/ mal en lui1 comme ce qui e/ bi5 dans le p>ti adv]se4--,je ne sais pas m'engag] si pr(ondm5t et si compltem5t2 et1 qu& ma volont me fait me donn] un p>ti1 je ne me cre pas de si viol5tes obligations que mon jugem5t en soit vici4 ,dans les tr\bles qui agit5t actuellem5t ce pays1 les intrts que je s]s n'ont pas fait que j'aie mconnu *ez nos adv]saires leurs qualits dignes d'loge1 pas plus que celles qui1 *ez ceux dont j'ai embrass le p>ti1 sont blm]4 ,on e/ port ador] t\t ce que font les si5s2 moi1 je n'excuse mme pas la plup>t de ce qui se fait du ct o je suis2 un bon ouvrage ne p]d pas de son mrite1 p>ce qu'il e/ crit contre moi2 hors le nud du dbat1 c> je suis et demeure ca?olique1 je me ma9ti5s dans une modration et une indiffr5ce absolues1 hors les ncessits de la gu]re1 je ne veux aucun mal l'ennemi2 ce dont je me flicite d'autant plus1 que je vois communm5t donn] dans le dfaut contraire3 99 ,que celui-l s'ab&onne la passion1 qui ne peut suivre la raison 7,cicron74 ,ceux qui t5d5t leur colre et leur ha9e au del des affaires qui les motiv5t1 comme font la plup>t des g5s1 montr5t que l'orig9e en e/ ailleurs et provi5t d'une cause p]sonnelle1 de mme que lorsque la fivre p]si/e *ez quelqu'un aprs qu'il e/ guri d'un ulcre1 c'e/ un indice qu'elle drive d'une autre cause que n\s ne saisissons pas4 ,eux n'en veul5t pas la cause contre laquelle *acun s'arme p>ce qu'elle blesse l'intrt gnral et celui de l'tat1 ils lui en veul5t uniquem5t de ce qu'elle les atte9t dans leurs intrts privs2 et voil p\rquoi ils y apport5t une animosit p]sonnelle qui dpasse ce que comport5t la ju/ice et la raison telles qu'elles se compr5n5t gnralem5t3 ,ils ne s'accordai5t pas t\s blm] t\tes *oses1 mais *acun d'eux c5surait ce qui l'intressait p]sonnellem5t 7,tite-,live74 ,je veux que l'avantage n\s re/e1 mais je ne me mets pas hors de moi s'il en e/ autrem5t4 ,je m'atta*e s9crem5t au p>ti que je crois le meilleur1 mais je ne m'affecte pas de me faire p>ticulirem5t rem>qu] comme ennemi des autres1 et n'outrepasse pas ce que1 d'une faon gnrale1 comm&e la raison4 ,je blme trs v]tem5t des propos de cette sorte3 ,il e/ de la ,ligue1 c> c'e/ un admirateur de la bonne grce de ,m4 le duc de ,guise4--,il s'm]veille de l'activit du roi de ,nav>re1 donc c'e/ un hugu5ot4--,il tr\ve r$ire aux murs du roi1 au fond du cur c'e/ un sditieux4 ,je ne concde mme pas un magi/rat qu'il ait raison de condamn] un livre1 p>ce qu'il s'y tr\ve indiqu qu'un hrtique e/ l'un des meilleurs potes de ce sicle4 ,se peut-il que n\s n'osions dire d'un voleur qu'il a une belle jambe2 et e/-il obligatoire qu'une fille publique s5te mauvais8 ,dans les sicles o rgnait plus de sagesse1 a-t-on rvoqu ce sup]be titre de ,capitol9us1 dc]n t\t d'abord ,m>cus ,manlius p\r avoir sauv la religion et la lib]t publique8 t\ffa-t-on le s\v5ir de sa libralit1 de ses faits d'armes1 des rcomp5ses militaires accordes son c\rage1 lorsque plus t>d1 mettant en pril les lois de son pays1 il aspira la royaut8 ,de ce qu'on pr5d en ha9e un avocat1 s'ensuit-il que le l5dema9 il cesse d'tre loqu5t8 ,j'ai p>l ailleurs du zle qui fait tomb] les g5s de bi5 dans de semblables fautes2 p\r moi1 je sais =t bi5 dire3 ,en cela1 il se conduit en malhonnte homme1 et1 en ceci1 fait acte de v]tu4 ,on v\drait que lorsque des prono/ics ou des vnem5ts f*eux vi5n5t se produire1 *acun1 suivant le p>ti auquel il app>ti5t1 soit frapp d'aveuglem5t ou d'imbcillit1 et qu'il les vt1 non tels qu'ils sont1 mais tels qu'on les dsire2 je p*]ais plutt p> l'excs oppos tant je cra9s que mon dsir ne m'influ5ce1 d'autant que je me dfie un peu des *oses que je s\haite4 ,facilit extraord9aire des peuples se laiss] m5] p> les *efs de p>ti4--,j'ai vu1 de mon temps1 des *oses extraord9aires dnotant avec quelle facilit incomprh5sible1 in\e1 les peuples1 qu& il s'agit de leurs croyances et de leurs esprances1 se laiss5t m5] et endoctr9] comme il plat leurs *efs1 suivant l'intrt que ceux-ci y tr\v5t 7cela1 malgr c5t mcomptes s'aj\tant les uns aux autres71 et prt5t t\te crance aux fantmes et aux songes4 ,je ne m'tonne plus que les s+]ies d',apollonius et de ,mahomet ai5t sduit tant de g5s4 ,la passion t\ffe entirem5t *ez eux le bon s5s et le jugem5t2 leur disc]nem5t ne di/+ue plus que ce qui leur rit et s]t leur cause4 ,je l'avais dj rem>qu d'une faon indiscutable dans le premi] des p>tis qui se sont =ms *ez n\s et qui s'e/ montr si viol5t2 cet autre1 v5u depuis1 l'imite et le dpasse2 d'o je conclus que c'e/ l un dfaut insp>able des erreurs populaires4 ,aprs la premire op9ion dissid5te qui surgit1 d'autres s'lv5t2 semblables aux flots de la m]1 elles se p\ss5t les unes les autres suivant le s5s du v5t2 on n'e/ pas du bloc1 si on peut s'en ddire1 si on ne suit pas le m\vem5t gnral4 ,il e/ c]ta9 qu'on fait tort aux p>tis qui ont la ju/ice p\r eux1 qu& on veut employ] la f\rb]ie leur s]vice2 c'e/ un procd que j'ai t\j\rs rpr\v1 c'e/ un moy5 qui n'e/ bon employ] qu'avec ceux qui ont la tte malade2 avec ceux qui l'ont sa9e1 il y a des voies non seulem5t plus honntes1 mais plus sres p\r s\t5ir les curs et excus] les accid5ts qui n\s sont contraires4 ,diffr5ce entre la gu]re que se faisai5t ,cs> et ,pompe1 et celle qui eut lieu entre ,m>ius et ,sylla2 av]tissem5t en tir]4--,le ciel n'a jamais vu1 et ne v]ra jamais1 un diffr5d aussi grave que celui entre ,cs> et ,pompe2 il me semble t\tefois reconnatre en ces deux belles mes une gr&e modration de l'une vis--vis de l'autre4 ,ce fut une rivalit d'honneur et de comm&em5t1 qui ne dgnra jamais en une ha9e furieuse et sans m]ci2 la m*ancet et la diffamation y demeurr5t trangres2 dans leurs actes les plus ac]bes1 je tr\ve quelque re/e de respect et de bi5veillance2 et j'e/ime que s'il leur et t possible1 *acun d'eux et dsir triomph] sans caus] la ru9e de l'autre1 plutt qu'en la causant4 ,combi5 il en e/ autrem5t de ,m>ius et de ,sylla1 pr5ez-y g>de4 ,du dang] qu'il y a tre l'esclave de ses affections4--,il ne faut pas n\s solid>is] si p]dum5t avec nos affections et nos intrts4 ,qu& j'tais jeune1 je combattais les progrs que l'am\r faisait en moi lorsque je les s5tais trop prononcs1 et m'tudiais faire qu'il ne me ft pas tellem5t agrable1 qu'il ne f9t p> l'emport] et que je fusse compltem5t sa m]ci4 ,j'en use de mme dans t\tes les autres occasions o ma volont se pr5d trop violemm5t3 je fais ef=t en s5s contraire de celui v]s lequel elle incl9e1 suivant que je la vois entrane et m'enivr] de son v92 j'vite de n\rrir son plaisir un degr tel1 que je ne puisse plus en r$ev5ir matre1 sans qu'il y ait effusion de sang4--,les mes qui1 p> /upidit1 ne voi5t les *oses qu' demi1 j\iss5t de cette *ance1 que ce qui e/ nuisible les atte9t mo9s2 c'e/ une sorte de lpre morale qui a des effets analogues ceux produits p> la sant et que1 p\r cela1 les philosophes ne ddaign5t pas compltem5t2 ce n'e/ pas cep5dant une raison p\r la qualifi] de sagesse1 a9si que n\s le faisons s\v5t4 ,c'e/ p\r cela que quelqu'un raillait jadis ,diogne qui1 t\t nu1 en ple9 hiv]1 p\r ex]c] sa rsi/ance au mal1 t5ait embrasse une /atue de neige2 le r5contrant dans cette attitude1 il lui dit3 ,eh bi56 z-tu gr& froid ma9t5ant8--,mais1 pas du t\t1 rpondit ,diogne4--,en ce cas1 rpliqua son int]locuteur1 que p5ses-tu donc faire de difficile et d'exemplaire1 en te t5ant a9si8 ,p\r donn] la mesure de notre f]met1 il e/ indisp5sable de connatre la s\ffrance laquelle elle e/ capable de rsi/]4 ,il faut s'ef=c] de prv5ir ce qui dans l'av5ir peut n\s attir] pe9es et difficults4--,les mes susceptibles de se tr\v] en face d'vnem5ts contraires1 qui sont exposes aux c\ps de la =tune dans t\te leur int5sit et leur acuit1 qui ont les endur] et les ress5tir dans la plnitude de leur poids et de leur am]tume1 doiv5t mettre t\t leur art ne pas les provoqu] et vit] les circon/ances qui peuv5t les am5]4 ,a9si fit le roi ,cotys2 on lui avait (f]t de la vaisselle ri*e et de t\te beaut2 il la paya libralem5t2 mais1 comme elle tait d'une fragilit extrme1 il la brisa lui-mme sur-le-*amp p\r s't] immdiatem5t une occasion trop facile de se mettre en colre contre ses s]viteurs4--,je me suis de mme volonti]s appliqu ce que mes affaires ne soi5t pas mles celles d'autrui1 et n'ai pas *]* avoir des t]res contigus celles de p]sonnes qui me soi5t p>5tes ou avec lesquelles je sois li d'troite amiti2 c'e/ d'ord9aire une s\rce de discorde et de dsunion4--,j'aimais autrefois les jeux de has>d1 tels que les c>tes et les ds2 j'y ai r5onc1 il y a longtemps1 p>ce que quelque beau j\eur que je me montrasse1 qu& je p]dais1 je n'en ress5tais pas mo9s1 en d$ans1 une vive contr>it4--,un homme d'honneur1 qu'un dm5ti ou une injure atte9t au cur1 qui n'e/ pas de ceux qui accept5t en ddommagem5t et que console une mauvaise excuse1 doit se g>d] de s'immisc] dans les affaires d\teuses et les alt]cations qui peuv5t dgnr] en conflit4--,je fuis les c>actres tri/es1 les g5s h>gneux1 autant que ceux atte9ts de la pe/e2 et1 mo9s que le devoir ne m'y oblige1 je ne me mle pas aux discussions portant sur des que/ions auxquelles je m'intresse et de nature m'm\voir3 ,il e/ plus facile de ne pas comm5c] que de s'arrt] 7,snque74 ,la plus sre faon e/ donc d'tre prt t\t vnem5t1 avant qu'il ne se produise4 ,quelques mes =tem5t trempes affront5t les t5tations2 il e/ plus prud5t celles qui ne s'lv5t pas au-dessus du commun1 de ne po9t s'y expos] et de matris] ses passions ds le db4--,je sais bi5 que quelques sages s'y sont pris autrem5t et n'ont pas cra9t1 dans des circon/ances div]ses1 de s'empoign] et de s'attaqu] corps corps avec ce qu'ils rpr\vai5t2 ce sont l g5s qui ont une =ce d'me dont ils sont srs et s\s laquelle ils s'abrit5t p\r rsi/] aux rev]s de t\te nature qu'ils peuv5t pr\v]1 opposant au mal une pati5ce t\te preuve3 ,tel un ro*] qui s'avance dans la va/e m] et qui1 expos la furie des v5ts et des flots1 brave les m5aces et les ef=ts du ciel et de la m] conjurs1 et demeure lui-mme 9branlable 7,virgile74 ,n'entrepr5ons pas d'imit] de tels exemples1 n\s n'y arriv]ions pas2 ces sages ont jusqu' la =ce d'assi/] rsolum5t et sans se tr\bl] la ru9e de leur pays1 auquel ils ont fait le complet ab&on de leur volont1 la subordonnant ses intrts2 p\r n\s qui sommes mo9s bi5 tremps1 un p>eil ef=t e/ trop rude4 ,caton lui sacrifia la plus noble vie qui fut jamais2 n\s autres1 g5s de petite taille1 il n\s faut fuir devant l'orage1 et agir suivant ce que n\s dicte notre in/9ct1 au lieu de n\s rsign]2 il n\s faut esquiv] les c\ps que n\s ne sommes pas en tat de p>]4--,znon1 voyant appro*] p\r s'asseoir prs de lui1 ,*rmonide1 jeune homme dont il tait pris1 quitta aussitt sa place2 ,clan! lui en dem&ant la raison3 ,p>ce que j'ent5ds con/amm5t les mdec9s1 lui rpondit ,znon1 qu& n\s avons une affection quelconque1 n\s ordonn] pr9cipalem5t le repos et n\s df5dre ce qui peut caus] de l'irritation l'organe dont n\s s\ffrons4--,socrate ne dit pas3 ,ne cdez pas aux attraits de la beaut2 affrontez-la1 mais rsi/ez-lui4 ,il dit3 ,fuyez-la2 c\rez v\s mettre hors de sa vue et de sa r5contre2 vitez-la comme un poison viol5t qui porte et frappe de lo94--,le meilleur de ses disciples1 prtant ,cyrus1 mais1 mon avis1 racontant plutt qu'il n'inv5te les r>es p]fections de ce gr& pr9ce1 n\s le montre tellem5t en dfiance de sa =ce contre les *>mes de la div9e beaut de ,pan?e son illu/re captive1 qu'il *>ge quelqu'un1 mo9s indp5dant qu'il ne l'tait lui-mme1 de lui faire visite et de veill] sur elle4--,le ,sa9t-,esprit dit de mme3 ,ne n\s induisez pas en t5tation 7sa9t ,mat?ieu74 ,n\s ne prions pas p\r que la concupisc5ce n'entre pas en lutte avec notre raison et ne l'emporte pas sur elle1 mais p\r qu'elle ne l'essaie mme pas2 p\r que n\s ne n\s tr\vions pas en situation d'avoir endur] les appro*es1 les sollicitations et les t5tations du p*2 n\s supplions le ,seigneur de ma9t5ir notre consci5ce au repos1 p>faitem5t et ple9em5t dlivre de t\t comm]ce avec le mal4 ,ceux qui dis5t avoir triomph du dsir de se v5g] ou de t\te autre passion difficile surmont]1 expos5t s\v5t les *oses telles qu'elles sont1 mais non telles qu'elles ont t2 ils n\s p>l5t de ce qui e/1 lorsque les causes de leurs erreurs sont affaiblies p> le temps et bi5 lo9 d'eux2 mais rev5ez plus en arrire1 remontez l'orig9e de ces causes1 v\s les pr5ez au dp\rvu4 ,veul5t-ils donc prt5dre que leur faute e/ mo9dre1 p>ce qu'elle e/ plus vieille2 et1 alors que le po9t de d"p e/ une inju/ice1 que les faits qui en dc\l5t sont ju/es8 ,ceux qui1 comme moi1 s\hait]ont le bi5 de leur pays sans s'en ulcr] et en maigrir1 s]ont contr>is1 mais non anantis1 de le voir m5aant ru9e ou dans cet tat prolong qui doit l'y conduire3 ,pauvre vaisseau dsemp>1 sur lequel les flots1 les v5ts et le pilote agiss5t *acun avec des desse9s galem5t contraires4--,celui qui ne s\pire pas aprs la faveur des pr9ces comme aprs quelque *ose dont il ne saurait se pass]1 ne se =malise pas beauc\p de la froideur de leur accueil et de leur visage1 non plus que de l'incon/ance de leur volont4 ,qui n'e/ pas atta* ses enfants ou ses dignits au po9t d'en tre esclave1 ne laisse pas de cont9u] vivre encore commodm5t1 aprs les avoir p]dus4 ,celui qui1 en faisant le bi51 a surt\t en vue sa propre satisfaction1 ne se t\rm5te gure s'il voit les hommes ne pas apprci] ses actes comme ils le mrit5t4 ,un qu>t d'once de pati5ce remdie de tels inconvni5ts4--,c'e/ une recette dont je me tr\ve bi53 elle me p]met de ra*et] au meilleur compte ma s5sibilit passe1 p> une ins5sibilit que je p\sse auj\rd'hui aussi lo9 que possible2 je s5s que1 p> l1 j'ai *app beauc\p de pe9es et de difficults4 ,avec bi5 peu d'ef=ts1 je c\pe c\rt aux premires motions qui m'agit5t et l*e1 avant qu'elle ne m'emporte1 t\te affaire qui comm5ce me pes]4 ,qui n'arrte le d"p1 ne peut arrt] la c\rse2 qui ne sait f]m] la porte ses passions1 ne les *asse pas une fois qu'elles ont pntr2 qui ne vi5t b\t du comm5cem5t1 ne vi5t pas b\t de la f92 celui-l ne peut non plus s\t5ir l'difice dans sa *ute1 qui n'a pu en prv5ir l'branlem5t3 ,c>1 ds qu'on s'c>te de la raison1 les passions se p\ss5t d'elles-mmes1 la faiblesse huma9e tr\ve plaisir ne pas rsi/]1 et1 ins5siblem5t1 on se voit1 p> son imprud5ce1 emport en ple9e m]1 sans refuge o s'abrit] 7,cicron74 ,je s5s temps les brises avant-c\reurs de la tempte1 qui vi5n5t me tt] et bruire au d$ans de moi3 ,a9si le v5t1 faible encore1 agite la =t2 il frmit1 et ses s\rds mugissem5ts annonc5t au nautoni] la tempte pro*a9e 7,virgile74 ,montaigne fuyait les procs1 alors mme que ses intrts devai5t en s\ffrir4--,combi5 de fois me suis-je fait un tort vid5t p\r vit] d'en recevoir un plus gr& encore du fait de la ju/ice aprs un sicle d'ennuis1 de dm>*es curantes et avilissantes qui cot5t mon c>actre plus encore que la prison et le feu3 ,p\r vit] les procs1 on doit faire t\t ce qu'on peut et mme un peu plus2 c> il e/ non seulem5t honorable1 mais quelquefois aussi avantageux de se rel*] un peu de ses droits 7,cicron74 ,si n\s tions vraim5t sages1 n\s devrions n\s rj\ir et n\s vant] d'un procs p]du1 comme un j\r j'ai ent5du le faire un enfant de gr&e maison1 qui faisait fte *acun de ce que sa mre v5ait d'en p]dre un1 comme si c'et t sa t\x1 sa fivre1 ou t\te autre *ose de dsagrable avec quoi elle ft aux prises4 ,les faveurs mmes que je t5ais de la =tune1 telles que p>5ts1 alliances et relations avec ceux qui peuv5t t\t en la matire1 je me suis t\j\rs fait un rig\reux cas de consci5ce de ne pas les employ] contre les intrts d'autrui1 p\r obt5ir que mon droit l'emporte p> d'autres considrations que la ju/ice de ma cause4 ,enf91 j'ai si bi5 employ mon temps 7et suis heureux de p\voir le dire7 que je suis encore vi]ge de procs1 quoique plusieurs fois j'eusse t trs fond en entrepr5dre s'il m'avait conv5u d'y rec\rir2 de mme aussi je suis vi]ge de qu]elles4 ,me voici bi5tt arriv au t]me d'une longue exi/5ce1 sans avoir jamais fait ou subi de grosses (f5ses et sans jamais avoir vu accol mon nom une pi?te malsonnante2 c'e/ l une grce du ciel bi5 r>e6 ,les plus gr&s tr\bles ont le plus s\v5t des causes futiles4 ,dans t\te affaire il faut rfl*ir avant d'agir et1 une fois lanc1 p]svr]1 dt-on prir la pe9e4--,les plus gr&s tr\bles qui agit5t les socits huma9es provi5n5t de causes ridicules4 ,quel effondrem5t que celui du d]ni] de nos ducs de ,b\rgogne1 caus p> un diffr5d am5 p> une *>rete de peaux de m\ton6 ,l'ex]gue grave sur un ca*et ne fut-elle pas la cause premire et pr9cipale du plus horrible cr\lem5t dont la ,rpublique roma9e ait jamais eu s\ffrir8 c> ,pompe et ,cs> ne sont que les rejetons et les hriti]s de la qu]elle de ,m>ius et de ,sylla4 ,de mon temps1 combi5 de fois n'ai-je pas vu les plus sages ttes du royaume assembles en gr&e crmonie et gr&s frais p\r le trsor public1 af9 de conclure des traits et des accords dont les clauses tai5t cep5dant dcides en ralit et en t\te s\v]a9et dans les b\doirs des dames1 suivant le caprice de quelque femme sans consi/ance4 ,c'e/ ce que les potes avai5t bi5 saisi et qu'ils ont r5du en mettant1 p\r une pomme1 la ,grce et l',asie feu et sang4 ,enqurez-v\s des motifs p\r lesquels cet individu va j\] son honneur et sa vie avec son pe et son poign>d2 qu'il v\s dise la circon/ance qui a am5 ce dbat3 il ne p\rra le faire sans r\gir1 tant elle e/ va9e et frivole4 ,au db1 il suffit d'tre un peu avis p\r vit] une affaire2 mais1 une fois qu'on y e/ emb>qu1 les tiraillem5ts se produis5t de t\tes p>ts et il faut1 p\r s'en bi5 tir]1 tre approvisionn de nombreux moy5s d'action de bi5 autre importance et bi5 autrem5t difficiles4 ,combi5 il e/ plus ais de n'y pas entr] que d'en sortir6 ,il faut en p>eille occurr5ce se comport] au reb\rs du roseau qui1 t\t d'abord1 p\sse t\t d'une v5ue une longue tige bi5 droite1 mais qui ensuite1 comme s'il tait h>ass et hors d'hale9e1 produit une tige n\euse dont les nuds1 de plus en plus gros et rappro*s1 m>qu5t comme des temps d'arrt dnotant qu'il n'a plus sa vigueur et sa p]si/ance premires2 il vaut mieux comm5c] d\cem5t et froidem5t1 et cons]v] son s\ffle et ses vig\reux lans p\r le mom5t o on e/ au =t de la besogne et qu'il s'agit de p]fectionn]4 ,qu& les affaires comm5c5t1 n\s les dirigeons et p\vons alors les m5] comme bon n\s semble2 mais aprs1 qu& elles sont en tra91 ce sont elles qui n\s mn5t et n\s emport5t3 n\s ne p\vons que les suivre4 ,je ne puis dire cep5dant que ce procd m'ait p>gn t\te difficult et que je n'ai pas eu s\v5t 99 pe9e rprim] et brid] mes passions2 elles ne se g\v]n5t pas t\j\rs dans la mesure o1 suivant les circon/ances1 il s]ait dsirable2 s\v5t mme1 elles int]vi5n5t avec aigreur et viol5ce4 ,t\j\rs e/-il que son application apporte bi5 du s\lagem5t et de l'avantage1 sauf ceux qui1 ms exclusivem5t p> l'am\r du bi51 ne re*]*5t pas un avantage qui s]ait de nature port] atte9te leur rputation4 ,c'e/ qu' la vrit il n'y a en t\tes *oses pr(it p\r *acun1 que s'il l'apprcie tel2 or1 dans le cas qui n\s occupe1 il revi5t de cette manire de faire plus de cont5tem5t mais non plus d'e/ime1 p>ce qu'on s'e/ retir avant que la mle ne comm5t1 avant d'tre en prs5ce du pril4 ,j'aj\t]ai encore qu'en ceci1 comme dans t\s les autres devoirs de la vie1 la r\te de ceux qui ne voi5t que l'honneur1 e/ bi5 diffr5te de celle que suiv5t ceux qui ont en vue l'ordre et la raison4--,il e/ des g5s qui1 sans rflexion1 entr5t en lice comme des furieux2 peu aprs leur ardeur tombe4 ,plut>que dit que ceux qui1 p> mauvaise honte1 cd5t et accord5t aism5t ce qu'on leur dem&e1 sont ensuite ports manqu] de p>ole et se ddire2 il en e/ de mme de ceux qui pr5n5t lgrem5t p>ti dans une qu]elle1 ils l'ab&onn5t non mo9s lgrem5t2 cette mme difficult que j'pr\ve m'y jet]1 me port]ait y p]si/] une fois que je me s]ais branl et *auff4 ,agir comme ils le font1 e/ mauvais2 une fois qu'on y e/1 il faut m>*]1 dt-on y re/]3 ,dcidez-v\s froidem5t1 disait ,bias1 mais p\rsuivez sans rel*e4 ,le manque de prud5ce conduit au manque de cur1 ce qui e/ plus grave encore4 ,la plup>t des rconciliations qui suiv5t nos qu]elles1 sont honteuses2 qu& on ne le fait pas de son ple9 gr1 dm5tir ce qu'on a fait ou dit e/ une l*et4--,la plup>t des accords qui int]vi5n5t auj\rd'hui p\r clore nos qu]elles p]sonnelles1 sont honteux et m5teurs2 n\s ne *]*ons qu' sauv] les app>5ces1 et1 p\r cela1 n\s trahissons et dsav\ons nos vritables int5tions3 ce ne sont que des repltrages4 ,n\s savons dans quelles conditions n\s avons p>l1 quel s5s tait atta*] ce que n\s avons dit1 les assi/ants le sav5t1 et aussi nos amis auprs desquels n\s avons v\lu n\s gr&ir2 aussi1 qu& n\s dm5tons notre p5se1 e/-ce aux dp5s de notre fran*ise et de l'honneur de notre c\rage3 n\s *]*ons des *appatoires dans la fausset p\r arriv] un accommodem5t2 n\s n\s donnons n\s-mmes un dm5ti p\r dtruire l'effet d'un dm5ti donn un autre4 ,v\s ne devez pas re*]*] si vos actes ou vos p>oles sont susceptibles d'une autre int]prtation d]rire laquelle v\s p\rriez v\s retran*]2 c'e/ leur s5s vrai et s9cre que v\s avez dsormais le devoir de ma9t5ir cote que cote4 ,on s'adresse votre v]tu et votre consci5ce1 ce ne sont pas 99 l *oses qui prt5t trave/issem5t2 laissons ces vils moy5s et ces expdi5ts la *icane du palais4 ,les excuses et les rp>ations que je vois faire t\s les j\rs p\r donn] satisfaction d'un acte indiscret ou d'une p>ole inopportune1 me sembl5t plus laides que cet acte ou cette p>ole4 ,il vaudrait mieux faire son adv]saire une n\velle (f5se1 que de s'(f5s] soi-mme en s'humiliant a9si devant lui4 ,v\s l'avez brav s\s l'action de la colre1 et1 de sang-froid et en ple9e possession de v\s-mme1 v\s v\s mettez l'apais] et le flatt]2 de la sorte votre s\mission outrepasse l'excs que v\s avez commis en premi] lieu4 ,je tr\ve qu'un g5tilhomme ne saurait ri5 faire qui soit plus honteux p\r lui que de se ddire qu& cela lui e/ impos2 d'autant que l'op9itret e/ un dfaut plus excusable que la pusillanimit4--,il m'e/ aussi facile d'vit] de me livr] mes passions1 qu'il m'e/ difficile de les modr]3 ,on les arra*e plus aism5t de l'me1 qu'on ne les bride4 ,que celui qui ne peut atte9dre cette noble impassibilit des ,/oci5s1 se rejette v]s cette /upidit des f\les qui e/ la mi5ne2 ce que ceux-l faisai5t p> v]tu1 j'ai t am5 le faire p> tempram5t4 ,a moy5ne hauteur rgn5t les temptes2 plus haut et plus bas1 les philosophes et les g5s de la campagne tr\v5t les uns et les autres la tranquillit et le bonheur3 ,heureux le sage qui p>vi5t connatre la raison de t\tes *oses2 dp\ill de t\te cra9te1 il f\le aux pi$s l'inexorable de/9 et mprise les mugissem5ts de l'av>e ,a*ron4 ,heureux aussi celui qui connat les div9its *amptres3 ,pan1 le vieux ,sylva9 et l'aimable famille des ,nymphes 7,virgile74 ,t\tes les *oses1 leur naissance1 sont faibles et t5dres2 aussi faut-il t\j\rs avoir les yeux ouv]ts sur elles ce mom5t1 p>ce que de mme que le dang] qu'elles peuv5t prs5t] ne se dc\vre pas qu& il e/ l'tat embryonnaire de mme lorsque1 ayant gr&i1 il vi5t se manife/]1 on n'en ap]oit plus le remde4 ,si j'avais cd l'ambition1 j'eusse r5contr un million d'emb>ras1 de j\r en j\r plus malaiss surmont] qu'il ne m'a t difficile d'arrt] mon p5*ant naturel p\r cette passion3 ,c'e/ avec raison que j'ai t\j\rs eu horreur d'lev] la tte au-dessus des autres et d'attir] les reg>ds 7,horace74 ,jugem5t que l'on a mis sur la manire dont ,montaigne s'e/ acquitt de sa mairie de ,bordeaux et jugem5t que lui-mme en porte4--,on a pu avec assez de vrit lui repro*] de ne pas y avoir apport une ardeur excessive2 mais1 en somme1 il faisait ce qu'il fallait sans bruit ni o/5tation et1 de fait1 il a ma9t5u l'ordre et la paix4--,t\s les actes publics sont sujets des int]prtations div]ses qu'on ne saurait prvoir2 trop de g5s s'en font juges4 ,il en e/ qui1 p>lant de ma conduite comme maire de ,bordeaux 7je suis cont5t d'en dire un mot1 non que cela en vaille la pe9e1 mais p\r donn] un exemple de ce que je suis dans cet ordre de *oses71 dis5t que je m'y suis comport en homme qui ne s'meut pas assez et qui ne se passionne gure2 et1 en cela1 ils ne sont pas trs loigns d'avoir raison4 ,j'essaie de t5ir en repos mon me et mes p5ses1 t\j\rs tranquille p> nature1 et plus encore prs5t p> l'effet de l'ge 7,cicron72 et si p>fois elles se dbau*5t recevoir quelque impression rude et pntrante1 c'e/ en vrit sans que je le leur conseille4 ,de cette apa?ie naturelle il ne faudrait cep5dant pas conclure de l'impuissance 7dfaut d'application et dfaut de bon s5s sont deux *oses diffr5tes71 et encore mo9s un manque de reconnaissance et de l'+ratitude env]s cette population1 qui1 avant mme de me connatre1 puis aprs m'avoir connu1 m'a donn la plus gr&e m>que de confiance qui tait en son p\voir1 faisant bi5 plus p\r moi1 en me prorogeant dans cette *>ge1 qu'elle n'avait fait en me la donnant la premire fois4 ,je lui veux t\t le bi5 en mon p\voir2 et c]tes1 si l'occasion s'tait prs5te1 je n'eusse ri5 p>gn p\r son s]vice4 ,je me suis dm5 p\r elle1 comme je me dmne p\r moi4 ,c'e/ une bonne population1 gu]rire1 gnreuse1 et nanmo9s susceptible d'obissance et de discipl9e1 capable de bi5 faire s\s une bonne direction4--,on dit aussi que mon adm9i/ration s'e/ passe sans prs5t] ri5 de m>quant ni qui ait laiss trace4 ,quelle plaisant]ie6 ,on critique mon inactivit une poque o l'on repro*ait presque t\t le monde de trop faire6 ,j'agis avec promptitude et n]gie qu& ma volont m'y p\sse2 mais cette ardeur ne s'allie pas la p]svrance4 ,qui v\dra us] de moi1 en t5ant compte de ma nature1 me donn]a des affaires ncessitant de la vigueur et de la lib]t d'action1 dem&ant de la droiture1 qui puiss5t se rs\dre promptem5t et mme p\r lesquelles il faille s'en remettre un peu au has>d1 je puis y tre de quelque utilit2 mais si la *ose dem&e du temps1 de la subtilit1 du travail1 qu'il faille rus] et biais]1 mieux vaut qu'il s'adresse un autre4 ,t\tes les *>ges importantes ne sont pas p> elles-mmes difficiles remplir2 j'tais dispos travaill] un peu plus qu' mon ord9aire si c'et t absolum5t ncessaire1 c> il m'e/ possible de faire davantage que je ne fais et que je n'aime faire4--,je n'ai laiss de ct1 que je sa*e1 aucun des faits et ge/es que le devoir rclamait effectivem5t4 ,j'ai facilem5t oubli ceux que l'ambition mle au devoir et qu'elle c\vre de ce nom2 ce sont ceux qui1 le plus s\v5t1 captiv5t les reg>ds et les oreilles et dont les hommes se cont5t5t2 ce n'e/ pas de la *ose1 mais de son app>5ce qu'ils se pai5t2 s'ils n'ent5d5t pas de bruit1 il leur semble qu'on dort4 ,mon c>actre n'e/ pas de ceux qui aim5t le tapage2 je rprim]ais =t bi5 des tr\bles sans en tre tr\bl en moi-mme1 et *ti]ais le dsordre sans me mettre hors de moi4 ,si j'ai beso9 de me montr] en colre ou surexcit1 je fais comme si je l'tais1 c'e/ un masque que j'emprunte4 ,je suis port la mollesse1 de murs plutt paisibles que viol5tes4 ,je ne repro*e pas un magi/rat de dormir1 p\rvu que ceux qu'il adm9i/re dorm5t avec lui2 c'e/ ce que font les lois elles-mmes4 ,je suis p\r une vie facile1 obscure et muette1 galem5t loigne de la bassesse et d'un insol5t orgueil 7,cicron72 a9si me l'a faite la =tune4 ,je suis n d'une famille qui a pass sans clat et sans tumulte1 et qui1 de temps immmorial1 a t altre surt\t de rectitude et d'honntet4 ,il n'e/ pas de ceux qui ont de l'ambition1 laquelle n'e/ pas de mise qu& les que/ions que l'on a trait] sont affaires c\rantes dont il ne faut pas exagr] l'importance4--,a notre poque1 on e/ si encl9 l'agitation et l'o/5tation1 que la bont1 la modration1 l'galit d'humeur1 la con/ance et autres qualits paisibles et sans clat ne s'apprci5t plus4 ,les corps qui prs5t5t des asprits se s5t5t1 ceux qui sont lisses se mani5t sans faire impression2 on ress5t la maladie1 on ne ress5t pas1 ou bi5 peu1 la sant1 pas plus que les *oses notre conv5ance comp>ativem5t celles qui n\s oppress5t4 ,c'e/ agir dans l'intrt de sa rputation et p\r son pr(it p]sonnel et non p\r le bi5 que de diffr]1 p\r le faire en public1 ce qu'on et pu faire dans la *ambre du conseil1 et en ple9 midi ce qu'on p\vait faire la nuit prcd5te1 ou de t5ir faire soi-mme ce que votre compagnon peut faire aussi bi5 que v\s4 ,a9si agissai5t1 en ,grce1 c]ta9s *irurgi5s qui effectuai5t sur des e/rades1 la vue des passants1 les oprations affr5tes leur art1 p\r s'attir] plus de pratiques et de cli5tle4 ,les rglem5ts ne sont e/ims bons1 que publis son de trompe4 ,l'ambition n'e/ pas un vice de petites g5s2 elle ncessite des ef=ts bi5 autres que ceux dont n\s sommes capables4--,on disait ,alex&re3 ,votre pre v\s laiss]a un va/e tat1 facile g\v]n] et pacifi2 et ce jeune homme portait envie aux victoires remportes p> son pre et la ju/ice avec laquelle il g\v]nait2 il n'et pas v\lu n'avoir qu' j\ir mollem5t et paisiblem5t de l'empire du monde4--,alcibiade1 dans ,platon1 se donne comme prfrant m\rir jeune1 beau1 ri*e1 noble1 savant1 ayant atte9t en t\t cela la p]fection1 plutt que de vivre longtemps en s'en t5ant1 s\s le rapport de ces qualits1 dans les conditions o il tait1 sans s'exhauss] encore4 ,c'e/ l une maladie peut-tre excusable *ez une nature aussi =te et aussi complte que l'tait la si5ne2 mais qu& ces petites mes1 na9es et *tives1 qui vont se faisant illusion dans l'ide que leur nom va dev5ir clbre p>ce qu'elles ont jug sa9em5t une affaire ou conv5ablem5t rgl la g>de de la porte d'une ville1 elles tmoign5t d'autant plus leur faiblesse1 qu'elles s'imag95t davantage que cela les gr&it4 ,si bi5 que soi5t ces actes insignifiants1 ils n'ont ni corps1 ni vie2 le premi] qui en p>le1 les attnue dj2 pe9e si la connaissance s'en rp& d'un c>ref\r de rue un autre4 ,entret5ez-en h>dim5t votre fils et votre valet1 comme cet anci5 qui1 n'ayant p]sonne qui prtt l'oreille aux l\anges qu'il se donnait et conv9t de son mrite1 faisait le fi] auprs de sa femme de *ambre1 s'criant3 ,o ,p]rette1 quel galant homme1 quel homme capable tu z p\r matre6 ,au pis all]1 entret5ez-v\s-en avec v\s-mme1 comme un conseill] de ma connaissance qui1 ayant dgois =ce articles et comm5taires de loi d'une extrme subtilit et d'une ineptie t\t aussi gr&e1 se r5dant de la *ambre du conseil l'ur9oir du palais1 fut ent5du m>mottant entre ses d5ts et avec la plus intime conviction3 ,ce n'e/ po9t moi1 ,seigneur1 ce n'e/ po9t moi1 mais toi-mme que la gloire doit en rev5ir 7,psalmi/e74 ,si on ne peut recevoir des complim5ts des autres1 eh bi56 qu'on s'en fasse soi-mme4 ,la r5omme ne s'atta*e qu' des actes qui sort5t de l'ord9aire1 et nat d'elle-mme4--,la r5omme ne se pro/itue pas si bon compte2 les actes r>es et exemplaires auxquels elle e/ due1 ne support]ai5t pas la compagnie de cette f\le innombrable de petits faits j\rnali]s4 ,le m>bre exalt]a vos titres autant qu'il v\s plaira1 p\r avoir fait rp>] tant bi5 que mal un pan de mur ou cur] un g\t2 mais les hommes de bon s5s n'en f]ont ri54 ,la gloire n'e/ pas =cm5t la consqu5ce d'une *ose qui e/ bonne2 il faut encore qu'elle ait t hors de l'ord9aire et d'excution difficile4 ,les ,/oci5s n'admettai5t mme pas qu'un acte ne tmoignant pas de la v]tu mritt e/ime2 ils ne v\lai5t pas1 p> exemple1 qu'on st gr qui1 p> temprance1 s'ab/5ait d'une vieille aux paupires enflammes4 ,p>mi ceux au fait des admirables qualits de ,scipion l',africa91 il en e/ qui lui refus5t les loges que ,panntius lui dc]ne p\r son ds9tressem5t1 cette qualit n'tant pas tant si5ne1 dis5t-ils1 que propre au sicle o il vivait4 ,n\s bnficions des volupts qui app>ti5n5t au milieu o n\s a placs la =tune1 n'usurpons pas celles de la gr&eur2 les ntres sont plus naturelles et d'autant plus solides et plus sres qu'elles sont mo9s leves4 ,si ce n'e/ p> consci5ce1 du mo9s p> respect huma91 rep\ssons l'ambition2 ddaignons cette soif1 basse et honteuse1 de r5omme et d'honneur qui n\s p\sse les m5di] auprs de t\tes sortes de g5s1 en rec\rant aux moy5s les plus abjects1 et qu'il n\s faut pay] des prix les plus vils2 il e/ d%onorant d'tre honor dans de p>eilles conditions3 ,quels loges que ceux qu'on peut a*et] au m>* 7,cicron76 ,appr5ons n'tre pas plus avides de gloire que n\s ne sommes capables de la mrit]4 ,se gonfl] de t\t acte utile et qui ne porte atte9te p]sonne1 e/ le propre des g5s auxquels c'e/ *ose r>e et extraord9aire2 ils veul5t lui faire attribu] le prix qu'il leur cote4 ,qu& je suis tmo9 d'un fait p>ticulirem5t clatant1 plus il a d'clat1 plus je rabats de son mrite1 p> le s\pon que j'ai qu'il ait t produit plus p\r l'effet devant en rsult] que du fait d'un bon s5tim5t de la "p de son auteur2 a9si tal en public1 il p]d la moiti de son prix4 ,ces actions ont bi5 plus de grce1 qu& elles *app5t ceux qui les accompliss5t1 sans qu'ils s'y prt5t et sans bruit1 et que1 v5ant ensuite fix] l'att5tion de quelque honnte homme1 il les tire de l'ombre et les met en lumire p\r elles-mmes3 ,p\r moi1 je tr\ve bi5 plus digne d'loges ce qui se fait sans o/5tation et lo9 des yeux du peuple 7,cicron71 a dit l'homme le plus vaniteux qu'il y ait eu en ce monde4 ,montaigne n'avait qu' ma9t5ir l'tat de *oses exi/ant1 il l'a fait2 il n'a (f5s p]sonne1 ne s'e/ attir aucune ha9e1 et1 quant tre regrett1 il ne l'a du mo9s jamais s\hait4--,je n'avais1 comme maire1 qu' ma9t5ir et cont9u] les *oses dans l'tat o je les avais tr\ves1 ce qui se fait sans bruit et sans qu'on s'en ap]oive2 l'innovation se rem>que beauc\p plus1 mais elle e/ int]dite en des temps comme ceux-ci1 o n\s sommes ent\rs de dang]s et avons surt\t n\s df5dre des n\veauts4 ,s'ab/5ir de faire e/ s\v5t aussi mritoire qu'agir2 mais cela donne mo9s de relief1 et le peu que je vaux e/ peu prs en enti] de cette sorte4 ,en somme1 les circon/ances1 durant mon adm9i/ration1 ont t en rapport avec mon c>actre1 ce dont je leur sais trs bon gr4 ,e/-il quelqu'un qui dsire tre malade1 p\r voir comm5t son mdec9 le trait]a8 et ne faudrait-il pas f\ett] un mdec9 qui dsir]ait que n\s ayons la pe/e1 p\r p\voir ex]c] son art8 ,je n'ai pas eu ce trav]s c\pable et assez frqu5t1 de dsir] que les affaires de ma cit soi5t tr\bles et en s\ffrance1 p\r que ma ge/ion en ft rehausse et honore1 et je me suis prt de bon cur aid] ce qu'elles se fiss5t aism5t et facilem5t4--,qui ne v\dra pas me savoir gr de l'ordre1 de la d\ce et muette tranquillit dues ma manire de l'aire1 ne p\rra du mo9s me dni] la "p que j'y ai eue1 grce ma bonne =tune2 et je suis a9si fait que j'aime autant tre heureux que sage1 et devoir mes succs uniquem5t la faveur div9e plutt qu' mes propres agissem5ts4 ,j'avais assez nettem5t fait connatre *acun mon incapacit dirig] de semblables affaires publiques2 mais ce qui aggrave encore cette insuffisance1 c'e/ qu'elle ne me dplat pas1 que je ne *]*e pas m'en gurir1 et cela en raison du g5re de vie que j'ai eu desse9 de m5]4 ,je ne me suis pas davantage1 en cette situation1 donn ple9e satisfaction1 c> je n'ai t5u qu'imp>faitem5t ce que je m'tais promis3 j'ai fait beauc\p plus que je ne devais p\r ceux vis--vis desquels j'avais pris des engagem5ts1 t&is que d'ord9aire je promets un peu mo9s que je ne puis et espre t5ir4--,je suis p]suad n'avoir (f5s p]sonne et ne m'tre attir aucune ha9e2 quant tre regrett et dsir1 ce que du mo9s je sais bi51 c'e/ que je ne l'ai pas beauc\p s\hait3 ,moi1 me fi] ce mon/re1 la tranquillit de la m]1 au calme app>5t des flots 7,virgile76 ,,*apitre ,,xi4 ,des boiteux4 ,critique du *angem5t opr dans le cal5dri] p> la r=me grgori5ne4--,il y a deux ou trois ans1 qu'en ,france1 l'anne a t rduite de dix j\rs4 ,que de *angem5ts devai5t rsult] de cette r=me2 c'tait au fond remu] la fois le ciel et la t]re6 ,et cep5dant t\t e/ demeur en place3 mes vois9s font leur heure leurs semailles1 leurs rcoltes1 leurs transactions comm]ciales2 les j\rs propices et les j\rs nfa/es exi/5t1 et t\t cela exactem5t comme de t\s temps4 ,nos habitudes ne se ress5tai5t pas de l'erreur1 pas plus qu'elles ne se ress5t5t de la correction int]v5ue1 tant il y a p>t\t d'inc]titude1 tant notre comprh5sion des *oses e/ grossire1 obscure et obtuse6 ,on dit que la "q p\vait se rgl] d'une faon mo9s incommode1 en retran*ant comme l'a fait ,augu/e1 p5dant quelques annes1 aux annes bissextiles1 aussi longtemps qu'il et t ncessaire p\r arriv] la concordance v\lue1 le j\r qu'elles ont en plus et qui1 ma9t5ant comme avant1 e/ une gne et cause du tr\ble4 ,de ce qu'on n'a pas procd a9si1 n\s sommes encore de quelques j\rs en avance2 t\tefois ce moy5 demeure p\r p\rvoir l'av5ir aux corrections faire1 en fixant qu'aprs une priode de tant et tant d'annes1 ce j\r supplm5taire s]a t\j\rs supprim1 de telle sorte que l'erreur ne p\rra dornavant excd] v+t-quatre heures4--,n\s n'avons d'autre mesure du temps que les annes1 et il y a bi5 des sicles que le monde en use2 cep5dant c'e/ une mesure que n\s n'avons pas encore a*ev de dt]m9]1 et n\s sommes encore dans le d\te sur les =mes div]ses que les autres nations lui donn5t et les raisons qui les leur ont fait adopt]4 ,il e/ des g5s qui dis5t qu'en vieillissant les cieux s'abaiss5t sur n\s et emp*5t a9si la dt]m9ation exacte des j\rs et mme des heures6 ,plut>que va jusqu' dire des mois1 il e/ vrai que de son temps l'a/ronomie n'tait pas encore arrive dt]m9] le m\vem5t de la lune6 ,ce sont l1 n'e/-ce pas1 de bonnes conditions p\r l'enregi/rem5t des vnem5ts du pass8 ,vanit des re*]*es de l'esprit huma92 on veut s\v5t dc\vrir les causes d'un fait1 avant d'tre assur que ce fait e/ bi5 c]ta94--,je rvassais t\t l'heure1 comme je le fais s\v5t1 combi5 la raison huma9e e/ un in/rum5t vague et mal rgl4 ,c'e/ a9si qu'on voit ord9airem5t les hommes auxquels on cite des faits1 s'amus] plus volonti]s en re*]*] les causes qu' en vrifi] la ralit4 ,ils pass5t p>-dessus t\te inve/igation prlim9aire1 mais en exam95t avec so9 les consqu5ces1 ou encore1 sans s'inquit] de la *ose1 s'enquir5t immdiatem5t des causes4 ,plaisants *]*eurs de causes6 ,cette connaissance n'intresse que celui qui a la direction et non n\s1 qui n'avons qu' pr5dre les *oses telles qu'elles sont et qui en avons l'usage enti] et absolu suivant ce qui convi5t nos beso9s1 sans qu'il n\s soit ncessaire d'en pntr] ni l'orig9e1 ni le pr9cipe2 le v9 en e/-il plus agrable qui sait comm5t il se fabrique et d'o il provi5t8 ,au contraire1 le corps et l'me entrav5t et altr5t le droit qu'ils ont d'us] de ce qui e/ et d'eux-mmes1 qu& ils y ml5t ce que la sci5ce en p5se2 les effets n\s t\*5t1 les moy5s pas du t\t4 ,fix] et rp>tir e/ du doma9e de qui e/ matre ou g\v]ne1 comme accept] e/ le fait du sujet et de l'appr5ti4--,repr5ons ce que n\s disions de cette habitude4 ,a l'annonce d'une *ose1 on comm5ce d'ord9aire p> dire3 ,comm5t cela se fait-il8 ,il faudrait dire3 ,mais1 d'abord1 cela e/-il8 ,notre raisonnem5t e/ capable de recon/itu] c5t mondes comme le ntre et d'en tr\v] les pr9cipes et l'organisation2 il ne faut p\r cela ni base1 ni matriaux2 laissez-le all]2 habile donn] du corps la fume 7,p]se71 il con/ruit aussi bi5 sur le vide que sur le ple91 avec ri5 qu'avec quelque *ose4 ,je tr\ve que de presque t\t1 il faudrait dire3 ,cela n'e/ pas4 ,c'e/ une rponse que j'emploi]ais s\v5t si j'osais2 mais on crie aussitt que p>l] a9si dnonce de l'ignorance et de la faiblesse d'esprit1 et il me faut la plup>t du temps faire le bateleur de compagnie avec ceux qui m'ent\r5t et devis] sur des sujets et des contes frivoles auxquels je n'aj\te aucune foi2 sans compt] que c'e/ en vrit un peu rude et bi5 empre9t de l'esprit de contradiction1 que de ni] catgoriquem5t un fait qu'on v\s nonce2 d'autant que peu de g5s manqu5t1 surt\t qu& la *ose e/ difficile croire1 d'affirm] qu'ils l'ont vue et de produire des tmo9s dont l'autorit n\s emp*e de contr$ire4 ,il en rsulte qu'avec cette manire de faire1 n\s connaissons les causes et effets de mille *oses qui n'ont jamais exi/1 et que le monde discute sur mille sujets dont le p\r et le contre sont aussi faux l'un que l'autre3 ,le faux appro*e si =t du vrai1 que le sage ne doit pas s'engag] dans un dfil si dang]eux 7,cicron74 ,la vrit et le m5songe ont mme physionomie2 le port1 le gt1 les allures sont p>eils3 n\s les reg>dons du mme il4 ,non seulem5t n\s sommes l*es p> le peu de df5se que n\s imposons la tromp]ie1 mais n\s *]*ons et n\s n\s convions encore n\s y enf]r]2 p> vanit n\s aimons n\s embr\ill]1 cela semble faire p>tie intgrante de notre tre4 ,comm5t s'accrdit5t de prt5dus miracles4 ,autorit que pr5d sur n\s t\te croyance qui a de nombreux adeptes et e/ close depuis un c]ta9 temps dj2 que ne va-ton au fond des *oses8--,j'ai vu1 de mon temps1 natre plusieurs miracles4 ,bi5 qu'ils se soi5t t\ffs ds l'orig9e1 n\s p\vons prvoir quels dveloppem5ts ils aurai5t pris si1 arrivs maturit1 ils euss5t vcu2 c> il ne faut que tr\v] le b\t du fil1 on en dvide alors autant qu'on veut4 ,il y a en effet beauc\p plus lo9 de ri5 la plus petite *ose du monde1 que de cette petite *ose la plus gr&e4 ,or les premi]s qui sont mls aux comm5cem5ts d'une *ose extraord9aire1 s'ap]cevant1 p> l'incrdulit qu'ils r5contr5t lorsqu'ils se mett5t cont] leur hi/oire1 o gt la difficult de p]suad]1 vont tayant ce po9t faible de quelque preuve fausse1 d'autant1 qu'en outre de ce que les hommes ont t5dance donn] c\rs des bruits inc]ta9s 7,tite ,live71 n\s n\s faisons naturellem5t consci5ce de r5dre avec usure ce qu'on n\s a prt1 en y aj\tant quelque peu de notre cru4 ,l'erreur que n\s commettons p]sonnellem5t1 donne d'abord naissance celle qui se propage dans le public2 et celle-ci1 son t\r1 confirme l'erreur individuelle premire4 ,a9si la *ose se =me1 allant s'aff]missant p> son passage de ma9 en ma91 si bi5 que *aque tmo9 n\veau e/ mieux in=m que celui dont il ti5t la n\velle1 et que celui qui vi5t en d]ni] lieu e/ plus conva9cu que le premi]4 ,c'e/ une progression naturelle3 quiconque croit quelque *ose1 e/ime que c'e/ faire uvre de *>it que de conva9cre quelque autre2 et1 p\r ce faire1 il ne cra9t pas d'aj\t] de sa propre inv5tion1 ce qu'il raconte1 autant qu'il juge ncessaire p\r triomph] de la rsi/ance et du manque de conviction qu'il croit exi/] *ez autrui4--,moi-mme1 qui me fais un scrupule excessif de m5tir et qui ne me s\cie gure d'impos] ce que je dis1 ou qu'on y croie1 je con/ate cep5dant que lorsque je p>le sur une "q1 si je suis *auff soit p> la rsi/ance de mon auditoire1 soit p> la *aleur mme de ma n>ration1 en dehors de ce que j'ai en dire je grossis1 j'enfle le sujet p> mon ton de voix1 mes ge/es1 l'acc5t et la =ce de mes expressions1 et mme p> les amplifications et ext5sions que je me p]mets non sans dommage p\r la vrit initiale4 ,je ne le fais cep5dant qu'avec cette re/riction que1 ds que quelqu'un me rappelle moi-mme et me dem&e la vrit dans t\te sa nudit et sa crudit1 c'en e/ fait aussitt de t\te exagration1 je la lui donne sans emphase ni comm5taires4 ,un langage vif et bruyant1 comme d'ord9aire e/ le mi51 se laisse volonti]s all] l'hyp]bole4--,il n'e/ ri5 quoi les hommes soi5t plus gnralem5t disposs qu' *]*] propag] leurs op9ions2 qu&1 cet effet1 les moy5s habituels n\s font dfaut1 n\s y aj\tons le comm&em5t1 la =ce1 le f] et le feu4 ,c'e/ un malheur d'en tre arriv ce que la meilleure preuve de la vrit d'une *ose1 soit la multitude des g5s qui y croi5t1 alors que cette f\le compr5d tant de f\s et si peu de sages1 comme s'il n'y avait ri5 de plus commun que de ne pas avoir de bon s5s 7,cicron74 ,belle autorit p\r la sagesse1 qu'une multitude de f\s 7,s4 ,augu/974 ,il e/ difficile de se =m] un jugem5t f]me1 qui soit l'encontre d'op9ions gnralem5t admises4 ,ce sont les simples d'esprit qui1 sur le seul expos des faits1 croi5t t\t d'abord2 puis1 p> l'autorit du nombre et des tmoignages que l'on fait remont] aussi haut que possible1 cela gagne ceux qui ont l'esprit le plus ouv]t4 ,p\r moi1 qu& je ne crois pas quelqu'un m'affirmant une *ose1 je n'y croirais pas davantage fuss5t-ils c5t me circonv5ir1 et ce n'e/ pas p> le temps depuis lequel elle rgne que je juge une ide4 ,il y a peu de temps1 un de nos pr9ces1 en proie la g\tte qui avait altr son bon s5s naturel et sa vig\reuse sant1 se laissa si =tem5t p]suad] p> ce qu'on disait des cures m]veilleuses opres p> un prtre qui1 l'aide de p>oles et de ge/es1 gurissait t\tes les maladies1 qu'il fit un long voyage p\r all] le tr\v]4 ,celui-ci1 p> un puissant effet de sugge/ion1 p>v9t lui endormir son mal p\r quelques heures1 si bi5 que ses jambes1 p5dant ce c\rt int]valle1 lui f\rnir5t le s]vice auquel elles ne satisfaisai5t plus depuis longtemps4 ,si le has>d et v\lu que c9q ou six av5tures de ce g5re se produisiss5t1 cela et suffi p\r accrdit] un miracle de cette nature4 ,on reconnut depuis que celui qui obt5ait ce rsultat1 y mettait tant de simplicit et si peu d'artifice1 qu'on ne jugea pas qu'il y et lieu de le p\rsuivre judiciairem5t4 ,c'e/ cela qu'on arriv]ait dans la plup>t des cas semblables1 si on les exam9ait fond4 ,n\s admirons les *oses qui tromp5t p> leur loignem5t 7,snque72 notre vue n\s fait a9si s\v5t ap]cevoir au lo9 des images qui n\s sembl5t tranges et qui se rduis5t ri51 qu& on en appro*e3 ,jamais la r5omme ne s'en ti5t la vrit 7,qu9te-,curce74 ,la plup>t d'entre eux repos5t sur des ri5s et on se p]d leur *]*] des causes srieuses2 le seul miracle que ,montaigne ait con/at1 c'e/ lui-mme4--,c'e/ m]veilleux comme c]ta9es lg5des des plus rp&ues ti5n5t des causes frivoles et ont des orig9es insignifiantes4 ,c'e/ mme l ce qui emp*e les in=mations d'ab\tir3 t&is qu'on s'v]tue re*]*] des causes et des f9s srieuses et importantes comme il convi5t p\r des *oses de si gr& r5om1 on p]d trace des vraies qui n\s *app5t p> leur petitesse2 p\r ab\tir dans ces inve/igations1 il e/ c]ta9 qu'il faut un inquisiteur bi5 prud5t1 att5tif et subtil1 qui n'ait ni p>ti pris1 ni proccupation4--,jusqu' prs5t1 miracles et vnem5ts tranges se ca*5t de moi et1 en fait de mon/res et de miracles bi5 c>actriss1 je n'ai vu que moi-mme4 ,avec l'usage et le temps1 on se famili>ise avec t\t ce qui e/ trange2 malgr cela1 plus je me tte et me connais1 plus ma dif=mit m'tonne et mo9s je me compr5ds4 ,hi/oire d'un miracle bi5 prs d'tre accrdit1 qui ne reposait que sur de simples plaisant]ies4--,c'e/ surt\t le has>d qui produit et fait accept] de tels accid5ts4--,passant avant-hi] dans un village1 deux lieues de ma maison1 je tr\vai la place encore t\te *aude d'un miracle qui v5ait d'avort]2 depuis plusieurs mois il amusait le vois9age1 et1 des prov9ces vois9es1 qui comm5ai5t s'en m\voir1 acc\rai5t p> grosses tr\pes des g5s de t\tes conditions4 ,un jeune homme de la localit s'tait1 p\r se j\]1 mis contrefaire une nuit1 *ez lui1 la voix d'un esprit1 sans p5s] autre malice qu' bad9] un mom5t4 ,cela lui ayant russi mieux qu'il n'esprait1 af9 de donn] plus de sel sa f>ce1 il y associa une fille du village1 t\t fait /upide et niaise1 puis f9alem5t un troisime individu1 t\s trois de mme ge et aussi simples d'esprit2 puis1 trans=mant leur pr*e domicile en pr*e public1 ils se ca*r5t s\s l'autel de l'glise1 ne se rvlant que la nuit et df5dant qu'on apportt de la lumire4 ,des p>oles qui t5dai5t la conv]sion du monde et m5aai5t du j\r du jugem5t 7sujets qui1 p> l'autorit qui s'y atta*e et le respect qu'ils comm&5t1 se prt5t le plus l'impo/ure71 ils en v9r5t produire quelques visions et app>itions1 mais si naves et absurdes1 qu' pe9e y a-t-il ri5 de si grossi] dans les jeux des petits enfants4 ,qui sait cep5dant quel degr cette mauvaise plaisant]ie et tr\v crance1 si le has>d s'y ft un peu prt8 ,ces pauvres diables sont cette heure en prison et port]ont probablem5t la pe9e de la sottise commune2 je ne sais si quelque juge ne se v5g]a pas sur eux de la si5ne4 ,ici1 la sup]*]ie ayant t dc\v]te1 on y voit clair2 mais dans nombre de cas analogues1 sur lesquels n\s ne sommes pas suffisamm5t difis1 je suis d'avis que n\s rs]vions notre jugem5t1 aussi bi5 p\r que contre4 ,t\s les prjugs de ce monde vi5n5t de ce que n\s ne v\lons ni d\t]1 ni av\] notre ignorance4--,il s'eng5dre beauc\p d'abus en ce monde ou1 p\r tre plus catgorique1 t\s les abus de ce monde s'eng5dr5t de ce qu'on n\s appr5d cra9dre de manife/] notre ignorance1 et que n\s sommes t5us d'accept] t\t ce que n\s ne p\vons rfut]2 n\s p>lons de t\tes *oses1 comme si c'tai5t des prceptes indniables que n\s mettons4 ,l'usage1 ,rome1 v\lait que ce dont un tmo9 dposait p\r l'avoir vu de ses yeux et ce qu'un juge prescrivait avec t\te la c]titude que lui donnait sa sci5ce1 fuss5t noncs s\s cette =me3 ,il me semble4 ,on me porte har les *oses les plus vraisemblables1 qu& on me les impose comme infaillibles2 j'aime ces expressions3 ,peut-tre1--,en quelque sorte1--,on dit1--,je p5se1 et autres semblables qui attnu5t et modr5t la tmrit de nos propos2 et1 si j'avais eu lev] des enfants1 je leur eusse si bi5 inculqu cette faon de rpondre dubitative et non tran*ante3 ,qu'e/-ce8--,je ne saisis pas1--,il se p\rrait1--,e/-il vrai8 qu'ils aurai5t sembl plutt des appr5tis soixante ans1 que des docteurs dix1 comme cela e/ auj\rd'hui4 ,qui veut gurir de son ignorance1 doit l'av\]4 ,iris e/ fille de ,?aumantis2 l'admiration e/ la base de t\te philosophie2 l'inve/igation e/ la s\rce du progrs1 l'ignorance l'arrte net4 ,et cep5dant1 il y a une c]ta9e ignorance =te et gnreuse qui1 s\s le rapport de l'honneur et du c\rage1 ne le cde en ri5 la sci5ce2 ignorance qui1 p\r se produire1 n'exige pas mo9s de savoir que p\r faire montre de sci5ce4 ,j'ai vu1 dans mon enfance1 le compte r5du d'un procs que ,corras1 conseill] au p>lem5t de ,t\l\se1 fit imprim] et qui portait sur ce fait trange de deux hommes qui se donnai5t t\s deux p\r un mme individu4 ,il me s\vi5t 7et je ne me s\vi5s que de cela7 qu'il me p>ut avoir dmontr que l'impo/ure de celui qu'il dcl>ait c\pable tait si tonnante1 dpassait tant ce que p\vait en dml] notre ent5dem5t et aussi le si51 lui qui tait juge1 que je tr\vais bi5 h>di l'arrt p> lequel il fut condamn tre p5du4 ,n\s devrions admettre des arrts r5dus en cette =me3 ,la c\r n'y compr5d ri52 ils tmoign]ai5t encore plus de lib]t et de bon s5s que les juges de l',aropage qui1 ayant prononc] dans une cause qu'ils ne p>v5ai5t pas appr(ondir1 ordonnr5t que les p>ties se reprs5t]ai5t dans c5t ans4 ,de ce que les livres sa9ts n\s relat5t des miracles1 il n'en faut pas conclure qu'il doive s'en opr] de n\veaux de notre temps4--,les sorcires dans mon pays c\r5t risque de la vie1 *aque fois que les dnonce quelqu'un qui vi5t atte/] que ce qu'elles ont rv s'e/ ralis4--,nos livres sacrs1 qui reproduis5t la p>ole div9e1 r5f]m5t eux aussi des prdictions semblables 7celles-ci c]ta9es et irrcusables72 p\r en faire application aux vnem5ts mod]nes1 comme n\s n'en di/+uons pas les causes et ne savons p> quels moy5s ils se ralis]ont1 il faut une autre intellig5ce que la ntre1 et il n'app>ti5t peut-tre qu' ce seul et omnipot5t tmoignage de n\s clair] et de n\s dire3 ,c'e/ celui-ci1 celui-l1 et non tel autre que ceci s'applique4 ,dieu doit assurm5t tre cru2 mais non le premi] v5u qui s'tonne de son propre rcit 7et ncessairem5t il s'en tonne1 qu& le fait dpasse la porte de nos s5s71 soit qu'il p>le de faits imputs autrui1 soit qu'il s'accuse lui-mme4 ,montaigne n'admet pas qu'on maltraite p]sonne p>ce qu'il a des op9ions contraires aux ntres4--,je suis l\rd d'esprit et m'en ti5s un peu ce qui a corps et e/ vraisemblable1 vitant sur ce po9t le dfaut dj signal p> les anci5s3 ,les hommes sont ports aj\t] foi ce qu'ils ne compr5n5t pas2--l'esprit huma9 e/ dispos croire plus aism5t ce qui e/ obscur 7,tacite74 ,je vois bi5 qu'on se c\rr\ce et qu'on m'int]dit le d\te s\s pe9e des pires injures1 c'e/ l un n\veau procd de p]suasion4 ,mais1 ,dieu m]ci1 ce n'e/ pas c\ps de po+ qu'on peut imprim] une direction ma manire de voir4 ,j'admets que ceux auxquels on vi5t repro*] qu'une op9ion qu'ils mett5t e/ enta*e de fausset se rvolt5t contre une semblable apprciation2 p\r moi1 qu& je ne p>tage pas une op9ion1 je me borne la tr\v] h>die et difficile admettre4 ,comme t\t le monde1 je condamne les affirmations contraires aux mi5nes1 mais sur un ton qui n'a ri5 d'imprieux4 ,celui qui p\r pr\v] ce qu'il s\ti5t1 se montre arrogant et autoritaire1 montre que *ez lui la raison ne ti5t pas gr&e place4 ,tant qu'il ne s'agit que d'une simple discussion sur les mots1 telle qu'il s'en produit dans les coles1 les argum5ts des uns peuv5t prs5t] autant d'app>5ce de vrit que ceux des autres p\rvu qu'ils discut5t la vraisemblance et n'affirm5t pas 7,cicron72 mais lorsqu'on en vi5t trait] des effets qui en sont la consqu5ce1 ceux qui cons]v5t leur calme ont bi5 de l'avantage4 ,p\rquoi t] la vie aux sorci]s p\r se df5dre contre de prt5dus actes surnaturels8 la plup>t du temps les accusations portes contre eux sont sans fondem5t4--,p\r en arriv] tu] les g5s accuss de sorcell]ie1 il faut avoir une cl>t bi5 vive et bi5 nette des griefs qui leur sont imputs2 la vie huma9e e/ une ralit trop inconte/able1 p\r tre prise en g>antie des faits surnaturels et fanta/iques qu'on leur prte4--,il n'e/ pas ici "q de ceux qui font emploi de drogues et de poisons1 ce sont des homicides de la pire espce2 et cep5dant1 mme dans ce cas1 il ne faut pas1 dit-on1 t\j\rs croire leurs aveux3 on en a vu s'accus] p>fois d'avoir tu des p]sonnes qu'on retr\vait vivantes et bi5 portantes4--,quant ces autres accusations extravagantes qu'on voit se produire contre ces prt5dus sorci]s1 je dirai volonti]s que c'e/ dj bi5 assez qu'un homme1 si recomm&able qu'il soit1 soit cru qu& ce qu'il dit e/ naturel2 et que1 lorsqu'il s'agit de *oses surnaturelles1 au-dessus de ce que n\s p\vons compr5dre1 il ne doit l'tre1 qu'autant qu'il a reu du ciel qualit cet effet4 ,ce privilge qu'il a plu ,dieu d'atta*] c]ta9s de nos tmoignages1 ne doit pas tre avili en en usant la lgre4 ,j'ai eu les oreilles rebattues de mille contes tels que ceux-ci3 ,trois p]sonnes l'ont vu tel j\r au levant2 trois autres l'ont vu le l5dema9 l'occid5t2 telle heure1 en tel lieu1 il tait habill de telle sorte2 si bi5 que j'arriv]ais ne pas m'en croire moi-mme4 ,combi5 je tr\ve plus naturel et plus vraisemblable que deux hommes m5t5t1 que le fait d'un autre qui1 en d\ze heures de temps1 port p> les v5ts1 s]ait pass d'ori5t en occid5t2 il e/ bi5 plus naturel que notre ent5dem5t soit dplac1 emport p> le t\rbillon d'ides de notre esprit dtraqu1 plutt que l'un de n\s1 en *air et en os1 ne s'envole sur un balai1 le long du tuyau de sa *em9e1 p>ce qu'un esprit trang] s'e/ emp> de lui6 ,ne *]*ons pas des illusions v5ant du dehors et qui n\s soi5t inconnues1 alors que p]ptuellem5t n\s sommes agits p> d'autres qui n\s sont propres et exi/5t en n\s4 ,il me semble qu'on e/ excusable de ne pas croire un miracle1 au mo9s qu& il e/ possible de le dmasqu] et de l'expliqu] p> des raisons plausibles1 et je suis de l'avis de sa9t ,augu/93 qu'il vaut mieux incl9] v]s le d\te que v]s l'assurance1 dans ce qui e/ difficile pr\v] et dang]eux de croire4 ,il e/ trs port p5s] que ces g5s ont l'imag9ation malade et sont f\s plutt que crim9els4--,il y a quelques annes1 je passais sur le t]ritoire d'un pr9ce s\v]a9 qui1 p\r rabattre mon incrdulit1 me fit la faveur de me montr]1 en sa prs5ce1 enf]ms dans un local spcial1 dix ou d\ze prisonni]s de ce g5re1 p>mi lesquels une vieille femme1 vraie sorcire p> sa laideur et sa dif=mit et trs fameuse1 depuis longtemps1 en ce mti]4 ,je vis des preuves1 des aveux qu'elle avait faits spontanm5t1 et je ne sais trop quel /igmate indlbile sur cette malheureuse4 ,je m'enquis1 je que/ionnai t\t mon aise1 y apportant t\te l'att5tion que je p\vais1 c> je ne suis pas homme dont le jugem5t se laisse beauc\p influ5c] p> des prv5tions4 ,f9alem5t1 je leur eusse en consci5ce adm9i/r de l'ellbore plutt que de la cigu1 leur cas me p>aissant plus vois9 de la folie que du crime 7,tite ,live74 ,p\r trait] ces maladies1 la ju/ice a des moy5s qui lui sont propres4 ,quant aux objections et argum5ts que les g5s de bonne foi m'ont prs5ts l et s\v5t ailleurs1 je n'en ai pas tr\v de concluants et qui n'euss5t comport des solutions autres1 *aque fois plus vraisemblables que les leurs4 ,il e/ vrai que les preuves et les raisonnem5ts bass sur les faits et l'expri5ce1 je ne les dn\e pas2 du re/e ils n'ont pas de b\t3 je les tran*e s\v5t comme ,alex&re fit du nud gordi54 ,aprs t\t1 c'e/ mettre ses conjectures bi5 haut prix1 que d'y tr\v] raison de faire brl] un homme t\t vif4 ,pre/antius dit de son pre 7et on cite d'autres exemples71 qu'ass\pi et endormi plus l\rdem5t que p> l'effet d'un pr(ond sommeil1 il s'imag9a tre une jum5t et s]vir de bte de somme des soldats2 et ce qu'il s'imag9ait tre1 il l'tait rellem5t4 ,si les sorci]s peuv5t avoir des songes qui sont des ralits1 et si p>fois les songes peuv5t se manife/] p> des effets1 je ne crois cep5dant pas que notre volont en soit responsable devant la ju/ice4--,j'en p>le comme quelqu'un qui n'e/ pas juge1 ne sige pas dans les conseils des rois et s'e/ime bi5 lo9 d'en tre digne1 mais en homme du peuple1 dress et v\ s'en rapport] au s5s commun dans ses actes et ses p>oles4 ,qui ti5drait compte de mes rv]ies p\r se mettre en opposition avec la mo9dre loi de son village1 avec une op9ion1 une c\tume exi/antes1 se f]ait gr& tort1 et m'en f]ait un non mo9s considrable2 c> de ce que je dis1 je ne g>antis ri51 s9on que c'e/ ce que j'avais en tte1 s\s une =me confuse et inc]ta9e1 qu& je l'ai crit4 ,c'e/ ici comme une sorte de conv]sation o je p>le de t\t1 et ce ne sont nullem5t des avis que j'mets3 ,je n'ai pas1 comme tant d'autres1 honte d'av\] que j'ignore ce que je ne sais pas 7,cicron72 je ne s]ais pas si h>di dans mes propos si j'tais de ceux que l'on doit croire1 et c'e/ ce que j'ai rpondu une fois un gr& p]sonnage qui se plaignait de l'pret et de l'insi/ance de mes conseils3 ,je vois que v\s tes t\t dispos pr5dre p>ti dans un s5s1 je v\s s\mets l'autre de mon mieux p\r clair] votre jugem5t1 mais non p\r le contra9dre2 ,dieu qui disp5se le c\rage1 v\s mettra mme de *oisir4 ,je ne suis pas prsomptueux au po9t de seulem5t dsir] que ce que j'en p5se1 puisse faire p5*] d'un ct plutt que d'un autre dans des que/ions de cette importance2 ma situation ne m'a pas habitu ab\tir de si hauts et si considrables rsultats4 ,je reconnais avoir nombre de trav]s d'esprit et aussi de manires de voir1 dont volonti]s je *]*]ais dgt] mon fils si j'en avais un2 et de fait1 ce qui e/ vrai n'e/ pas t\j\rs *ez l'homme ce dont il s'accommode le mieux1 tant il e/ de biz>re composition4 ,rflexions sur un prov]be itali5 qui attribue aux boiteux des deux sexes plus d'ardeur aux plaisirs de l'am\r4--,a ce propos1 et cela ne s'y ratta*]ait-il pas1 peu importe1 un prov]be trs rp&u en ,italie dit que celui qui n'a pas c\* avec une boiteuse1 ne connat pas ,vnus dans ce qu'elle a de plus d\x4 ,le has>d ou quelque fait p>ticuli] a1 il y a bi5 longtemps1 introduit ce dicton dans le peuple2 il s'applique aux hommes comme aux femmes1 c> la re9e des ,amazones rpondit un ,scy! qui la conviait l'am\r3 ,ce sont les boiteux qui le font le mieux 7,?ocrite74 ,dans cette rpublique fm99e1 p\r vit] que les mles ne s'emp>ass5t du p\voir1 on leur e/ropiait ds l'enfance les bras1 les jambes et autres membres qui leur donnai5t avantage sur la femme1 qui ne se s]vait d'eux que p\r le surplus dont n\s usons d'elle4 ,j'eusse mis comme raison de cette supriorit1 que le m\vem5t dtraqu d'une boiteuse peut procur] un plaisir n\veau dans les rapports sexuels que l'on a avec elle et acc5tu] la j\issance *ez ceux qui en essay5t2 mais je vi5s de tr\v] que les philosophes anci5s ont dj lucid la "q et pos5t que *ez une boiteuse1 les jambes et les cuisses ne se n\rrissant pas1 p> suite de son infirmit1 comme cela devrait tre1 il en rsulte que les p>ties gnitales places plus haut sont mieux n\rries1 se dvelopp5t davantage et devi5n5t plus vig\reuses2 ou encore que ce dfaut emp*ant de pr5dre de l'ex]cice1 ceux qui en sont atte9ts dp5s5t mo9s leur =ce et en sont mieux disposs p\r les jeux de ,vnus4 ,c'e/ cette mme raison qui faisait que les ,grecs repro*ai5t aux tiss]&es d'tre plus ard5tes que les autres femmes1 p>ce que le mti] qu'elles font les emp*e1 elles aussi1 de pr5dre un ex]cice suffisant4 ,s'il en e/ a9si1 de tels raisonnem5ts peuv5t n\s m5] lo91 et je p\rrais aj\t] au sujet de ces d]nires que le trm\ssem5t cont9u que leur occasionne leur travail qu& elles sont assises1 les veille et les sollicite1 comme il arrive aux dames p> suite de l'branlem5t et de l'agitation de leurs c>rosses4 ,l'esprit huma9 admet comme raisons les *oses les plus *imriques2 s\v5t on explique un mme effet p> des causes opposes4--,ces exemples ne confirm5t-ils pas ce que je disais au comm5cem5t de ce *apitre3 que la re*]*e de la cause devance s\v5t en n\s la con/atation de l'effet1 et cela s't5d tellem5t lo91 que n\s arrivons jug] non ce qui e/1 mais ce qui n'exi/e mme pas8 ,outre cette facilit tr\v] des int]prtations t\t songe quel qu'il soit1 notre imag9ation e/ encore t\t aussi porte recevoir aism5t de fausses impressions sur les plus frivoles app>5ces4 ,p> la seule autorit de ce dicton anci5 trs connu1 je me suis autrefois laiss all] croire que j'avais pr\v plus de plaisir avec une femme p>ce qu'elle tait mal btie et considr] cette infirmit comme aj\tant ses grces4 ,le ,tasse1 dans la comp>aison qu'il tablit entre la ,france et l',italie1 dit avoir rem>qu que n\s avons les jambes plus grles que les g5til%ommes itali5s1 et l'attribue ce que n\s sommes cont9uellem5t *eval4 ,de cette cause1 ,sutone tire une conclusion t\t oppose2 c>1 dit-il1 celles de ,g]manicus tai5t dev5ues plus =tes p> la pratique cont9ue de ce mme ex]cice4 ,ri5 n'e/ si s\ple1 si drgl que notre ent5dem5t4 ,il e/ comme le s\li] de ,?ramne1 qui s'adaptait t\s les pi$s2 il e/ d\ble et div]s1 et donne galem5t ce quoi il s'applique des =mes multiples et v>ies3 ,fais-moi don d'une dra*me d'arg5t1 disait un philosophe de l'cole des ,cyniques ,antigone4 ,ce n'e/ pas l un prs5t digne d'un roi1 rpondit celui-ci4 ,donne-moi alors un tal5t1 reprit le philosophe4 ,ce n'e/ pas un prs5t qui convi5ne un ,cynique1 rep>tit ,antigone4--,s\v5t il e/ bon de mettre le feu dans un *amp /rile et de brl] les re/es de paille1 soit que cette *aleur prp>e les voies et ouvre les pores secrets p> lesquels la sve monte dans les h]bes n\velles1 soit qu'elle r5de la t]re plus rude et ress]re ses ve9es ouv]tes aux pluies f9es1 un soleil trop ard5t ou aux froids pntrants de ,bore 7,virgile74 ,c'e/ ce qui a am5 les ,acadmici5s pos] en pr9cipe de d\t] de t\t1 ne t5ant ri5 p\r absolum5t vrai non plus que p\r absolum5t faux4--,t\te mdaille a son rev]s2 c'e/ p\rquoi ,clitomaque disait jadis que ,c>nade1 en entrepr5ant de drac9] *ez l'homme la manie de t\t analys]1 c'e/--dire l'envie et la tmrit de jug] t\t ce qui s'(fre lui1 avait entrepris plus que les travaux d',h]cule4 ,cette p5se si ose de ,c>nade lui tait ne1 mon avis1 de l'impud5ce qu'talai5t anci5nem5t ceux qui faisai5t pr(ession de savoir et de leur outrecuidance dmesure4--sope tait expos en v5te avec deux autres esclaves4 ,un a*eteur s'enquit auprs de l'un d'eux de ce qu'il savait faire2 celui-ci1 p\r se faire valoir1 dit monts et m]veilles3 il savait ceci1 il savait cela1 etc4 ,l'autre en dit autant et plus de lui-mme4 ,qu& v9t le t\r d'sope et qu'on lui dem&a lui aussi ce qu'il savait faire3 ,ri51 rpondit-il1 ces deux-ci ont t\t pris1 ils sav5t t\t4--,la mme *ose s'e/ produite dans les coles de philosophie4 ,l'audace de ceux qui attribuai5t l'esprit huma9 l'aptitude t\t savoir1 en a am5 d'autres mettre1 p> dpit et contradiction1 qu'il n'e/ capable de ri52 ceux-ci port5t cette ignorance l'extrme1 comme ceux-l font de la sci5ce2 de telle sorte qu'on ne peut ni] que l'homme ne soit immodr en t\tes *oses1 et qu'il ne s'arrte que lorsqu'il y e/ contra9t p> l'impuissance o il se tr\ve de pass] outre4 ,,*apitre ,,xii4 ,de la physionomie4 ,presque t\tes nos op9ions ne se =m5t que p> l'autorit d'autrui2 n\s admirons ,socrate sans le connatre1 sur sa rputation2 s'il vivait notre poque1 peu d'hommes f]ai5t cas d'un enseignem5t donn s\s la =me simple et nave qu'il emploie4--,presque t\tes les op9ions que n\s avons1 n\s sont imposes sans que n\s les ayons contrles2 cela il n'y a pas de mal3 n\s ne saurions1 en ce sicle si faible1 faire un plus mauvais *oix1 que si n\s *oisissions n\s-mmes4 ,les disc\rs de ,socrate1 dont ses amis n\s ont transmis la =me et le s5s1 n'ont notre approbation que p> respect p\r l'approbation univ]selle qui s'y e/ atta*e de temps immmorial2 ce n'e/ pas p> n\s-mmes que n\s les connaissons1 ils ne sont pas notre usage4 ,s'il se produisait cette heure quelque *ose de p>eil1 peu d'hommes l'apprci]ai5t sa valeur4 ,n\s n'ap]cevons1 en fait de grces1 que celles qui ont du piquant1 qui sont b\ffies et regorg5t d'artifice2 celles qui gliss5t1 naves et simples1 *app5t aism5t des organes aussi grossi]s que les ntres3 elles ont une beaut dlicate et ca*e1 et il faut une vue bi5 nette et que ri5 ne voile p\r dc\vrir cette lumire drobe4 ,la navet n'e/-elle pas du re/e1 notre s5s1 pro*e p>5te de la sottise et ne la t5ons-n\s pas p\r un dfaut8--,socrate imprime son me un m\vem5t naturel qui e/ dans la manire de faire de t\s2 un paysan1 une femme s'exprim5t comme il le fait2 il p>le con/amm5t de co*]s1 de m5uisi]s1 de saveti]s et de 99 maons2 ses inductions1 ses comp>aisons sont tires des actions les plus vulgaires de l'homme1 de celles qui se rpt5t le plus2 *acun compr5d ce dont il p>le4 ,n\s n'eussions jamais de n\s-mmes apport s\s une =me aussi triviale tant de noblesse et de spl5deur dans le *oix de ses admirables conceptions1 n\s qui e/imons plates et basses t\tes celles que ne relve pas la =me s\s laquelle elles s'enseign5t1 qui ne di/+uons la ri*esse que si elle s'tale en gr&e pompe4 ,notre monde e/ ptri d'o/5tation1 les hommes ne s'enfl5t que de v5t et vont p> bonds1 comme les ballons4 ,socrate1 lui1 ne *]*e pas faire prvaloir de *imriques ides1 son b e/ de n\s munir de *oses et de prceptes qui pr(it5t rellem5t de la faon la plus immdiate la vie3 ,rgl] ses actions1 obs]v] la loi du devoir1 suivre la nature 7,luca974 ,il fut t\j\rs un1 et e/ con/amm5t demeur semblable lui-mme2 il s'e/ lev l'apoge de sa vigueur1 non p> b\tades1 mais p> tempram5t2 ou1 p\r mieux dire1 il n'a ri5 surlev1 il a plutt rabaiss l'homme p\r le ram5] son po9t d'orig9e et tel que l'a fait la nature1 laquelle il a subordonn les aspirations1 les mcomptes et les difficults de la vie4 ,*ez ,caton1 on voit bi5 clairem5t qu'il va planant sans cesse bi5 au-dessus des ides communes2 dans ses exploits empre9ts de tant de brav\re1 dans sa mort1 on le s5t t\j\rs mont sur ses gr&s *evaux4 ,socrate1 au contraire1 va t\j\rs rasant la t]re1 de ce mme pas l5t auquel n\s allons t\s2 et il met ses plus utiles disc\rs1 se conduit dans la mort et dans les mom5ts les plus difficiles qu'il soit donn de trav]s]1 comme en t\tes les autres *oses habituelles de la vie huma9e4 ,quel imm5se s]vice n'a-t-il pas r5du l'homme en lui montrant1 dans un langage la porte de t\s1 ce qu'il peut p> lui-mme4--,il s'e/ bi5 tr\v que l'homme le plus digne d'tre connu et d'tre prs5t au monde comme exemple1 soit celui que n\s connaissons avec le plus de c]titude4 ,il n\s a t dpe9t p> les hommes les plus aptes bi5 jug] qui ai5t jamais exi/2 les tmoignages qu'ils n\s port5t sur lui sont admirables d'exactitude et de compt5ce4--,c'e/ une m]veille qu'il ait pu discipl9] les ides naissantes et si pures de l'enfant1 au po9t que sans les altr]1 ni les tir]1 il soit arriv produire en notre me ses plus beaux effets4 ,il ne n\s la reprs5te ni ri*e1 ni ayant de hautes aspirations2 il ne n\s la montre que sa9e1 mais d'une sant bi5 allgre et bi5 nette4 ,mettant en jeu les ressorts les plus naturels et les plus vulgaires1 p> des raisonnem5ts absolum5t ord9aires et communs1 sans s'm\voir ni s'excit]1 il fait admettre non seulem5t les croyances1 les actions1 les murs mieux rgles1 mais aussi les plus hautes1 les plus vig\reuses qui jamais ont eu c\rs4 ,c'e/ lui qui a ram5 du ciel1 o elle p]dait son temps1 la sagesse huma9e p\r la r5dre l'homme *ez lequel avec raison elle tr\ve le plus s'employ]4 ,voyez-le plaidant devant ses juges2 voyez p> quelles raisons il se montre c\rageux qu& il e/ aux prises avec les has>ds de la gu]re1 p> quels argum5ts il =tifie sa pati5ce contre la calomnie1 la tyrannie1 la mort et mme contre le c>actre ac>itre de sa femme2 il n'emprunte ri5 ni l'art1 ni la sci5ce2 les g5s les plus simples reconnaiss5t *ez lui les moy5s et la =ce dont ils dispos5t eux-mmes4 ,il n'e/ pas possible de rev5ir en arrire1 ni de desc5dre plus bas4 ,il a r5du gr& s]vice la nature huma9e1 en lui montrant combi5 elle peut p> elle-mme4 ,l'homme e/ incapable de modration1 mme dans sa passion d'appr5dre2 inanit de la sci5ce4 ,ce qui n\s e/ vraim5t utile e/ naturellem5t en n\s1 mais il faut le dc\vrir1 et c'e/ ce que ,socrate n\s enseigne4--,n\s sommes *acun plus ri*es que n\s ne p5sons2 mais on n\s dresse emprunt] et qum&]2 on n\s faonne n\s s]vir plus d'autrui que de n\s-mmes4 ,l'homme ne sait en ri5 s'arrt] ds qu'il a satisfait ce dont il a beso92 qu'il s'agisse de volupt1 de ri*esse1 de puissance1 il en embrasse plus qu'il n'en peut tre9dre2 son avidit e/ incapable de modration4 ,j'e/ime qu'il en e/ de mme de la curiosit qu'il met savoir2 il se prp>e plus de besogne qu'il n'en peut faire et bi5 plus qu'il ne lui e/ ncessaire1 tirant de plus en plus p>ti de ce savoir au fur et mesure qu'il lui f\rnit davantage de matire utilis]3 ,n\s ne mettons pas plus de modration dans l'tude des lettres1 que dans t\t le re/e 7,snque72 et ,tacite a raison qu& il l\e la mre d',agricola de ce qu'elle cont5ait *ez son fils le dsir trop ard5t d'appr5dre4 ,la sci5ce e/ un bi5 qui1 le considr] avec calme1 a1 comme t\s les autres bi5s des hommes1 beauc\p de vanit et une faiblesse propre qu'elle ti5t de la nature2 de plus1 elle cote *]4 ,l'acquisition en prs5te beauc\p plus de risques que celle de n'importe quel autre alim5t ou boisson2 t\te autre *ose1 qu& n\s l'avons a*ete1 n\s l'emportons au logis et la plaons dans un rcipi5t quelconque1 o il n\s e/ loisible d'exam9] ce qu'elle vaut1 la quantit que n\s en pr5drons1 et quelle heure4 ,les sci5ces1 n\s ne p\vons1 ds l'arrive1 les mettre dans un vase autre que dans notre me2 n\s les absorbons en les a*etant et1 qu& n\s sortons du m>*1 n\s en sommes dj ou corrompus ou am5ds4 ,il y en a p>mi elles qui ne font gure que n\s gn] et n\s entrav]1 au lieu de n\s n\rrir2 et telles autres1 prs5tes comme devant n\s gurir1 n\s empoisonn5t4 ,j'ai pr\v du plaisir voir que1 quelque "p1 des hommes font1 p> dvotion1 vu d'ignorance1 comme d'autres de *a/et1 de pauvret et de pnit5ce2 c'e/ aussi *ti] nos apptits dsordonns que d'm\ss] cette cupidit qui n\s excite l'tude des livres1 et sevr] l'me de cette volupt que n\s sav\rons avec tant de dlices1 que n\s procure l'ide que n\s sommes des savants2 c'e/ satisfaire on ne peut mieux au vu de pauvret que d'y jo9dre celle de l'esprit4--,n\s n'avons pas beso9 de beauc\p de sci5ce p\r vivre notre aise1 et ,socrate n\s appr5d que ce qui n\s en e/ ncessaire e/ en n\s2 il n\s donne la manire de l'y tr\v] et d'en tir] p>ti4 ,t\te sci5ce1 au del de celle que n\s t5ons de la nature1 e/ peu prs va9e et sup]flue2 c'e/ dj beauc\p si elle ne n\s sur*>ge et ne n\s tr\ble pas plus qu'elle ne n\s s]t3 ,il faut peu de lettres un esprit sage 7,snque72 elle e/ p\r notre esprit une cause de fivre qui le br\ille et l'inquite4 ,recueillez-v\s1 v\s tr\v]ez en v\s les argum5ts que v\s f\rnit la nature p\r v\s prp>] la mort1 et ceux-ci sont vrais et les plus propres n\s s]vir en cas de ncessit2 ce sont ceux qui aid5t le paysan et des peuples enti]s l'affront] avec autant de f]met qu'un philosophe4 ,s]ais-je mort mo9s allgrem5t si cela m'tait arriv avant que j'aie connu les ,tusculanes8 je p5se que non2 et1 qu& je fais un ret\r sur moi-mme1 je s5s que la connaissance de cet ouvrage a enri*i mon langage1 mais bi5 peu =tifi mon c\rage1 qui demeure tel que la nature l'a cr et ne s'arme p\r ce combat que comme *acun le fait naturellem5t2 les livres n'ont pas tant s]vi mon ducation qu' ex]c] mon esprit4 ,on p\rrait mme dire que la sci5ce1 en essayant de n\s f\rnir de n\veaux moy5s de df5se contre les accid5ts avec lesquels la nature n\s met aux prises1 aj\te plus l'ide que n\s n\s faisons de la gr&eur et du poids de ces accid5ts1 qu'elle ne n\s s\ti5t p> les raisons et les subtilits qu'elle n\s suggre4 ,c> ce sont vraim5t des subtilits1 que ce p> quoi elle n\s ti5t s\v5t bi5 va9em5t en veil4 ,voyez combi5 mme les auteurs qui possd5t le mieux leur sujet et les plus sages sm5t aut\r d'un bon argum5t quantit d'autres secondaires et1 p\r qui y reg>de de prs1 vides de s5s2 ce ne sont que des arguties de mots qui n\s tromp5t2 mais1 comme cela peut avoir son utilit1 je ne veux pas en discut] autrem5t4 ,ici mme1 il s'en tr\ve assez de cette nature que j'ai insrs et l1 soit p\r les avoir emprunts1 soit p\r les avoir imits4 ,encore faut-il un peu se g>d] de ne pas appel] =ce ce qui n'e/ que g5tillesse1 solide ce qui n'e/ que subtil1 ou bon ce qui n'e/ que beau3 ce qui plat au gt1 ne plat pas autant l'e/omac 7,cicron72 t\t ce qui plat1 ne n\rrit pas1 lorsqu'il s'agit de l'me et non plus de l'esprit 7,snque74 ,l'indiffr5ce et la rsignation avec lesquelles les pauvres support5t la mort et les autres accid5ts de la vie1 sont plus in/ructives que les enseignem5ts de la sci5ce4--,a voir les ef=ts que fait ,snque p\r se prp>] contre la mort1 le voir s'puis] p\r se raidir et g>d] son assurance1 se dm5] contre cette obsession1 il se s]ait discrdit mes yeux si1 p> sa mort mme1 il n'et si vaillamm5t s\t5u sa rputation4 ,son agitation fbrile qui se r5\velle si s\v5t1 dnote combi5 il tait lui-mme n]veux et surexcit4 ,une me =te s'exprime d'une manire plus calme1 plus rassise4444 ,l'esprit a la mme te9te que l'me2 ce sont l des phrases qui lui app>ti5n5t1 je les lui emprunte p\r mieux le dpe9dre1 elles montr5t combi5 il tait proccup de ce mom5t4 ,la faon dont ,plut>que l'envisage e/ ddaigneuse et mo9s obsdante2 je la ti5s p\r tre p> cela mme plus virile et plus p]suasive1 et s]ais port croire que son me avait les m\vem5ts plus calmes et plus rguli]s4 ,le premi]1 plus aigu1 n\s pique et amne en n\s des sursauts2 il fait surt\t impression sur notre esprit4 ,le second1 plus solide1 n\s r5seigne1 n\s prp>e1 n\s rcon=te con/amm5t2 il impressionne surt\t notre ent5dem5t4 ,celui-l en*ante notre jugem5t1 celui-ci le gagne4--,j'ai vu aussi d'autres crits d'auteurs plus rvrs encore qui1 lorsqu'ils n\s dpeign5t les luttes qu'ils ont eues s\t5ir contre les aiguillons de la *air1 les reprs5t5t si cuisants1 si puissants1 si inv9cibles que n\s1 qui app>t5ons la lie du peuple1 sommes am5s admir] autant l'tranget et l'acuit1 dont n\s ne n\s r5dons pas compte1 des t5tations qu'ils ont pr\ves1 que la rsi/ance qu'ils leur ont oppose4 ,a quoi peut n\s conduire la rsi/ance que provoqu5t en n\s les ef=ts de la sci5ce8 ,reg>dons sur t]re3 ,les pauvres g5s que n\s y voyons dissm9s1 la tte p5*e sur leur travail1 qui ne connaiss5t ni ,ari/ote1 ni ,caton1 ni exemples1 ni prceptes1 obissant la nature1 donn5t t\s les j\rs des m>ques de con/ance et de pati5ce plus pures et plus gr&es que ne sont celles que n\s tudions dans les coles avec tant d'application4 ,combi5 en vois-je j\rnellem5t qui se s\ci5t peu de leur pauvret1 qui dsir5t la mort1 qui la reoiv5t sans al>me ni affliction4 ,l'homme qui travaille en ce mom5t mon j>d91 a ent]r ce mat9 son pre ou son fils4 ,les noms mmes qu'ils donn5t aux maladies en ad\ciss5t et attnu5t l'pret3 la phtisie e/ p\r eux de la t\x2 la dys5t]ie1 un c\rs de v5tre2 la pleursie1 un refroidissem5t2 et1 de mme qu'ils en tempr5t les dnom9ations1 ils les support5t sans s'en proccup] outre mesure4 ,il faut qu'elles soi5t bi5 graves p\r leur faire int]rompre leur labeur j\rnali]2 ils ne s'alit5t que p\r m\rir3 ,cette v]tu simple et nave a t *ange en une sci5ce obscure et futile 7,snque74 ,c'e/ au milieu des dsordres de la gu]re civile que ,montaigne crit3 excs qui se commett5t1 indiscipl9e des armes2 les meilleurs1 en ces circon/ances1 f9iss5t p> se gt]4--,j'crivais ceci v]s l'poque o1 p5dant plusieurs mois1 fondai5t directem5t sur moi1 de t\t leur poids1 les *>ges rsultant des tr\bles auxquels n\s sommes en proie4 ,j'avais1 d'une "p1 les ennemis ma porte2 de l'autre1 les m>audeurs1 pires encore que les ennemis1 combattant non p> les armes1 mais p> le crime4 ,j'tais j\rnellem5t en butte t\tes sortes de dommages du fait des ho/ilits3 ,a droite et gau*e1 un ennemi r$\table me m5ace2 j'ai cra9dre des deux cts la fois 7,ovide74 ,quelle gu]re mon/rueuse6 ,les autres sont diriges contre le dehors1 celle-ci contre n\s-mmes2 elle se ronge1 se dtruit p> son propre v594 ,elle e/ d'une nature si maligne et si dsa/reuse1 qu'elle se ru9e en mme temps que t\t le re/e2 dans sa rage1 elle se d*ire et se met en pices4 ,n\s la voyons plutt s'te9dre d'elle-mme1 que faute d'alim5t qui la s\ti5ne ou p>ce que l'un des p>tis l'emporte4 ,aucune discipl9e n'y rgne3 elle a p\r objet de mettre f9 la sdition1 elle-mme en e/ ple9e2 de *ti] la dsobissance1 elle en donne l'exemple2 employe la df5se des lois1 elle e/ aussi p\r sa "p en rvolte contre celles qui la rgiss5t4 ,o allons-n\s8 ,le seul mdicam5t auquel on puisse avoir rec\rs e/ infectieux3 ,notre mal s'empoisonne du sec\rs qu'on lui donne2--il s'empire et s'aigrit p> le remde qu'on y applique 7,virgile74--,le ju/e et l'inju/e mls et confondus p> nos c\pables fureurs1 ont dt\rn de n\s la protection des dieux 7,catulle74 ,dans ces maladies des peuples1 on peut1 au db1 di/+u] ceux qui sont bi5 portants de ceux qui sont malades2 mais qu& elles se prolong5t comme dans notre cas1 t\t le corps s'en ress5t de la tte aux pi$s1 aucune p>tie n'e/ exempte de corruption1 c> il n'y a pas d'air qui s'aspire aussi g\lm5t1 qui se rp&e et pntre comme la lic5ce4 ,nos armes n'ont de consi/ance1 ne cons]v5t de cohsion que grce au cim5t qu'y introduit le conc\rs de l'trang]2 avec des ,franais1 on n'arrive plus con/itu] un seul corps d'arme qui soit bi5 organis et ne se db&e pas4 ,quelle honte6 il n'y a *ez n\s de discipl9e que celle qui exi/e dans les lm5ts trang]s que n\s avons appels dans nos rangs4 ,quant n\s1 n\s n\s conduisons suivant notre bon plaisir et non d'aprs la volont de nos *efs2 *acun fait comme il l'ent5d2 le comm&em5t a plus faire au d$ans qu'au dehors2 il lui faut suivre ses soldats1 leur faire la c\r1 se pli] leurs exig5ces2 lui seul obx1 t\t le re/e e/ libre et ne connat aucun fre94--,il me plat de con/at] combi5 il y a de l*et et de pusillanimit dans l'ambition1 quelle abjection et quelle s]vitude il lui faut p\r arriv] son b2 mais je dplore de voir de bonnes natures1 capables de pratiqu] la ju/ice1 se corrompre t\s les j\rs mani] et comm&] ce milieu o rgne tant de confusion4 ,a =ce de s\ffrir1 on s'y habitue2 et l'habitude fait qu'on se rsigne et qu'on imite4 ,n\s avions assez de natures mauvaises p> elles-mmes1 sans que celles qui sont bonnes et gnreuses se gt5t2 si cela cont9ue1 on tr\v]a difficilem5t qui confi] la sant de cet tat1 au cas o il plairait la =tune de la lui r5dre3 ,n'emp*ez pas du mo9s ce jeune homme de relev] un sicle qui cr\le 7,virgile76 ,qu'e/ dev5u cet anci5 prcepte1 que les soldats devai5t plus cra9dre leur *ef que l'ennemi8 ,et le m]veilleux exemple de ce pommi] compris dans les limites d'un camp de l'arme roma9e1 laquelle on vit le l5dema9 se transport] ailleurs1 laissant au propritaire de cet arbre le compte intact de ses pommes1 bi5 qu'elles fuss5t mres po9t et dlicieuses8--,je prfr]ais que notre jeunesse1 au lieu d'employ] son temps en alles et v5ues mo9s utiles1 des appr5tissages mo9s honorables1 en consacrt p>tie faire la gu]re sur m] s\s les ordres d'un bon capita9e comm&eur de ,rhodes1 p>tie all] con/at] la discipl9e des armes turques si diffr5te et si suprieure la ntre4 ,t&is que les expditions r5d5t nos soldats plus lic5cieux1 les leurs en devi5n5t plus ret5us et plus cra9tifs1 p>ce que l les (f5ses et les vols commis env]s le m5u peuple1 qui en temps de paix se puniss5t de la ba/onnade1 atteign5t en gu]re une importance capitale3 un uf pris sans pay]1 entrane c9quante c\ps de bton1 c'e/ un prix fait l'avance2 et p\r t\t autre mfait si lg] qu'il soit1 n'ayant pas rapport la n\rriture1 on empale1 on dcapite sance t5ante le c\pable4 ,j'ai t tonn de lire dans l'hi/oire de ,slim1 le plus cruel conqurant qui fut jamais1 que lorsqu'il subjugua l'gypte1 les beaux j>d9s qui environnai5t ,damas1 situs en ple9 pays conquis1 ouv]ts t\t v5ant et o son arme avait mme ses campem5ts1 demeurr5t absolum5t intacts1 respects de ses soldats auxquels n'avait pas t donn le signal du pillage4 ,quels que soi5t les abus d'un g\v]nem5t1 s'arm] contre lui s\s prtexte d'y remdi] e/ inexcusable2 il faut laiss] faire la ,provid5ce4--,e/-il quelque *ose de si mauvais dans un g\v]nem5t1 qui vaille d'tre combattu p> une drogue aussi mortelle que la gu]re civile8 ,non1 disait ,favonius1 pas mme le r5v]sem5t d'un tyran qui a usurp le p\voir dans une rpublique4 ,platon1 lui non plus1 n'admet pas qu'on viol5te le repos de son pays p\r le gurir1 et n'accepte pas un remde qui le tr\ble1 qui remet t\t aux ma9s du has>d1 fait c\l] le sang et cause la ru9e des citoy5s4 ,il pose comme du devoir1 en p>eil cas1 de t\t homme de bi51 de laiss] all] les *oses et de se born] pri] ,dieu d'y port] sa ma9 t\te-puissante2 il semble mme avoir su mauvais gr ,dion1 p\rtant son gr& ami1 d'avoir agi quelque peu autrem5t4 ,j'tais cet g>d dans les ides de ,platon1 avant de savoir que ,platon et exi/4 ,n\s ne p\vons assurm5t pas1 n\s *rti5s1 le compt] comme tant des ntres1 bi5 que1 p> la s9crit de sa consci5ce1 il ait mrit de la faveur div9e d'appro*] si prs la lumire de l'vangile1 au trav]s des tnbres qui1 de son temps1 obscurcissai5t le monde2 aussi je ne p5se pas qu'il soit bi5sant que ce soit lui1 un paen1 qui n\s montre combi5 il e/ impie de ne pas att5dre de ,dieu1 sans y coopr] n\s-mmes1 un sec\rs qu'il n'app>ti5t qu' lui de n\s donn]4 ,je me pr5ds s\v5t d\t] que1 p>mi tant de g5s mls nos dsordres publics1 il s'en tr\ve l'ent5dem5t si faible1 qu'on ait pu les am5] croire de bonne foi que p> les pires excs on arriv]ait r=m] les abus2 que le salut doit sortir de la mise en action de ces mmes moy5s qui doiv5t indubitablem5t n\s conduire la damnation2 qu'en r5v]sant le g\v]nem5t1 la magi/rature1 les lois s\s la tutelle desquels ,dieu n\s a plac1 99 en dmembrant notre mre et en jetant les membres en pture ses anci5s ennemis2 qu'en donnant lieu des frres1 arms les uns contre les autres1 de dploy] leur c\rage dans ces luttes p>ricides1 o se meurt leur patrie commune2 qu'enf9 en appelant l'aide le diable et les furies1 ils apport5t leur conc\rs la div9e ,provid5ce qui inc>ne en elle la ju/ice et la d\ceur1 cette v]tu p> excell5ce4 ,l'ambition1 l'av>ice1 la cruaut1 la v5geance ne se donn5t pas assez t\t naturellem5t c>rire p> elles-mmes3 amorons-les1 attisons-les s\s le c\v]t de ces v]tus si glorieuses1 la ju/ice et la dvotion4 ,on ne peut imag9] un tat de *oses pire que celui o la m*ancet e/ dev5ue lgitime et revt1 avec la conniv5ce du magi/rat1 le manteau de la v]tu3 ,ri5 de plus trompeur qu'une religion dprave1 qui c\vre ses crimes de l'intrt des dieux 7,tite ,live72 l'extrme inju/ice1 dit ,platon1 e/ que ce qui e/ inju/e soit t5u p\r ju/e4 ,le peuple se tr\ve ru9 p\r de longues annes p> les dprdations qui se commir5t alors2 et lui1 ,montaigne1 a eu de plus s\ffrir des suspicions de t\s les p>tis1 aggraves p> le peu de s\plesse de son c>actre4--,p> suite des dprdations qui se commir5t alors1 tant il y avait de tr\bles et de dsordres dans nos campagnes 7,virgile76 le peuple a eu beauc\p s\ffrir non seulem5t dans le prs5t1 mais aussi p\r l'av5ir2 les vivants en ont pti et1 avec eux1 ceux qui n'tai5t pas encore ns4 ,on le pilla1 et moi p> consqu5t1 jusque dans ses esprances1 lui enlevant t\t ce qui devait le faire vivre p5dant de longues annes3 ,ce que ces b&es crim9elles ne peuv5t emport] ou emm5]1 elles le dtruis5t2 elles vont jusqu' inc5di] d'innoc5tes *aumires 7,ovide74--,nulle scurit dans les villes2 dans les campagnes1 t\t e/ dva/ 7,claudi574 ,outre cette preuve1 j'en eus bi5 d'autres endur]4 ,j'ai subi les inconvni5ts qu'entrane la modration dans ces sortes de maladies2 j'ai t dp\ill p> t\s les p>tis3 j'tais ,gibel9 p\r les ,guelphes1 et ,guelphe p\r les ,gibel9s1 comme dit je ne sais o un de mes potes4 ,la situation de ma maison1 mes relations avec les p]sonnes de mon vois9age me prs5tai5t s\s un aspect1 ma vie et mes actes s\s un autre4 ,on ne portait pas contre moi d'accusations =melles1 je n'y donnais pas prise1 ne transgressant jamais les lois 7qui et ouv]t une enqute sur mon compte1 n'aurait eu que des loges me donn]72 mais c'tai5t des s\pons mis la s\rd9e1 qu'on se communiquait s\s ma9 et auxquels les app>5ces p\vai5t prt]1 ce qui ne manque jamais dans une confusion p>eille et avec des esprits envieux ou ineptes4--,j'aide d'habitude aux prsomptions injurieuses que la =tune sme contre moi1 p> la faon que j'ai t\j\rs eue de fuir me ju/ifi]1 m'excus] et entr] en explications1 e/imant que c'e/ expos] ma consci5ce quelque int]prtation f*euse que de plaid] p\r elle1 c> la discussion affaiblit l'vid5ce 7,cicron72 et1 comme si *acun voyait en moi aussi clair que j'y vois moi-mme1 au lieu de *]*] me s\/raire l'accusation1 j'y donne plus de prise encore2 je r5*ris plutt sur elle1 en confessant des torts ironiques et moqueurs1 lorsque je ne m'en tais pas compltem5t comme d'une *ose indigne de rponse4 ,aussi ceux qui jug5t que mon attitude tmoigne une trop hauta9e confiance dans la ju/ice de ma cause1 ne m'en veul5t gure mo9s que ceux qui y voi5t une preuve de faiblesse qui fait qu'elle ne peut se df5dre2 les gr&s en p>ticuli] p5s5t de la sorte1 p>ce qu' leurs yeux1 le manque de s\mission e/ la plus gr&e faute qui se puisse commettre et qu'ils sont rudes p\r le droit qui se connat1 qui a consci5ce de lui-mme et ne se montre ni s\mis1 ni humble1 ni suppliant2 c'e/ l un ob/acle auquel s\v5t je me suis heurt4--,un ambitieux se ft p5du de dsespoir de ce qui m'adv9t alors1 un av>e en et fait autant2 moi1 je me borne ne pas faire d'acquisitions3 ,que je cons]ve seulem5t ce qui m'app>ti5t1 et mme mo9s s'il le faut1 peu m'importe2 je ne s\haite m'occup] que de moi durant les j\rs que les dieux veul5t bi5 m'accord] encore 7,horace74 ,t\tefois les p]tes que j'pr\ve du fait de la m*ancet d'autrui1 lorsqu'il me vole ou qu'il me pille1 m'affect5t peu prs comme quelqu'un qui s]ait en proie aux tortures de l'av>ice2 l'(f5se m'irrite encore incomp>ablem5t plus que le dommage qui m'e/ fait4 ,mille maux de t\tes sortes m'ont assailli cette poque les uns aprs les autres1 je les eusse plus virilem5t supports s'ils tai5t v5us fondre sur moi t\s la fois4 ,dans son in=tune1 ,montaigne1 ne voyant pas d'ami qui s'adress]1 pr5d le p>ti de ne compt] que sur lui-mme1 et de se ds9tress] de t\t ce qui ne le t\*e pas directem5t et qu'il ne considre plus que comme un sujet d'tude2 il arrive de la sorte rec\vr] sa tranquillit d'esprit4--,je songeais dj auquel de mes amis je p\rrais confi] le so9 de m'entret5ir dans ma vieillesse dev5ue ncessiteuse et in=tune4 ,les ayant t\s passs en revue dans mon esprit1 je me tr\vai dans un gr& emb>ras4 ,on ne saurait tre recueilli dans une *ute aussi l\rde et de si haut1 que p> un ami auquel v\s lie une affection solide1 t\te preuve1 vrai prs5t de la =tune2 c'e/ *ose r>e1 si mme elle exi/e4 ,f9alem5t1 je reconnus que le plus sr tait de ne m'en fi] qu' moi-mme de la t*e de veill] sur moi et d'assur] mes beso9s2 et que1 s'il m'adv5ait d'tre mal v5u dans les faveurs de la =tune1 je n'avais autre *ose faire qu' me recomm&] davantage moi-mme1 de m'y atta*]1 de m'en occup] plus encore que je ne l'avais fait jusqu'alors4 ,en t\tes *oses1 l'homme a rec\rs l'appui des autres p\r s'p>gn] de rec\rir celui qu'il a en lui1 lequel cep5dant e/ le seul sur lequel il puisse compt] et soit assez puissant p\r le tir] d'affaire s'il sait en us]2 *acun c\rt ailleurs p\r assur] son av5ir1 p>ce que p]sonne ne s'e/ adress soi-mme4--,j'en arrivai conclure que ces preuves avai5t leur utilit3 d'abord1 p>ce que c'e/ avec le f\et qu'on ramne la raison les mauvais disciples qu& celle-ci ne suffit pas1 de mme qu'on emploie le feu et des co9s violemm5t enfoncs p\r r$ress] une pice de bois qui a gau*i4 ,quoique je me pr*e depuis bi5 longtemps de ne m'en t5ir qu' moi et de ne plus m'inquit] des *oses trangres1 cela n'emp*e que je t\rne t\j\rs encore les yeux sur ce qui se passe ct2 un signe1 un mot gracieux d'un gr& p]sonnage qui me fait bon visage me t5t5t2 et cep5dant ,dieu sait si on s'en prive en ces temps-ci et quelle porte cela a6 ,j'c\te encore1 sans que mon front se ride1 les avances que l'on me fait p\r que j'accepte des fonctions qui rapport5t1 et m'en df5ds si mollem5t qu'il semble que je ne dem&e qu' tre va9cu4 ,or1 un esprit si indocile il faut des corrections2 il faut rebattre et ress]r] gr&s c\ps rpts de maillet ce vaisseau qui se disjo9t1 se disloque1 qui *appe et que n\s ne p\vons ret5ir4 ,en second lieu1 ces accid5ts me s]vai5t d'ex]cices p\r me prp>] pis1 p\r le cas o je vi5drais tre des premi]s engl\tis dans cette tempte1 alors que j'avais espr tre des d]ni]s du fait de ma bonne =tune et des conditions dans lesquelles je vis2 ils m'am5ai5t m'a/re9dre de bonne heure un g5re de vie me prp>ant ce n\vel tat de *oses4 ,la vritable lib]t consi/e avoir1 en t\t1 p\voir sur soi-mme3 ,le plus puissant e/ celui qui e/ matre de soi 7,snque74 ,dans des temps normaux et tranquilles1 on se prp>e en vue d'accid5ts surv5ant c\ramm5t et de peu d'importance2 mais dans le ds>roi dans lequel n\s sommes depuis tr5te ans1 t\t ,franais1 tant comme p>ticuli] qu'au po9t de vue gnral1 se voit t\te heure m5ac d'un complet r5v]sem5t de sa =tune2 aussi faut-il1 p\r que son c\rage soit hauteur de t\t vnem5t1 avoir pris les mesures de prcaution les plus efficaces et les plus n]giques4 ,sa*ons gr au sort de n\s avoir fait vivre en un sicle o la mollesse1 la langueur1 l'oisivet ne sont pas de mise2 grce cela1 tel qui n'et jamais t connu autrem5t1 devi5dra fameux p> ses malheurs4--,comme je ne lis gure l'hi/oire des agitations qui se produis5t dans les autres pays1 je n'ai pas regret de ne pas m'y tre plus adonn jusqu' prs5t1 ma curiosit cet g>d tant amplem5t satisfaite p> le spectacle si p>ticuli] que j'ai s\s les yeux1 de la mort de notre tat public1 des symptmes qui l'annonc5t1 de la =me qu'elle revt2 ne p\vant la ret>d]1 je suis cont5t d'tre appel y assi/] et de m'en in/ruire4 ,t\t en tant mus de ce que n\s voyons1 n\s sommes 99 avides des fictions1 des reprs5tations ?trales o se reproduit le jeu des tragdies dont se compose la vie huma9e2 de mme n\s n\s plaisons1 en raison de leur r>et et malgr le *agr9 que n\s en pr\vons1 tre tmo9s de ces tri/es vnem5ts4 ,n\s ne sommes *at\ills que p> ce qui n\s irrite2 c'e/ a9si que les bons hi/ori5s fui5t1 l'gal de l'eau dormante et d'une m] morte1 les priodes de calme1 et s'en ddommag5t en racontant les sditions1 les gu]res p> lesquelles ils sav5t qu'ils n\s intress5t davantage4 ,je d\te que je puisse honntem5t av\] quel prix honteux j'ai pass ma vie dans le repos et la tranquillit1 quoique p5dant plus de la moiti de mon exi/5ce mon pays c\rt sa p]te4 ,j'apporte un peu trop d'indiffr5ce support] les accid5ts qui ne me t\*5t pas directem5t2 et p\r apprci] vis--vis de moi-mme dans quelle mesure je suis pla9dre1 je ne considre pas tant ce qu'on m'a enlev1 que ce qui m'e/ laiss intact en fait de lib]t et de bi5s4 ,il y a quelque consolation esquiv] tantt un mal1 tantt un autre de ceux qui n\s m5ac5t d'une faon immdiate et vont s'abattre ailleurs aut\r de n\s4 ,ce qui contribue encore ce que je me rsigne1 c'e/ qu'en ce qui a trait l'intrt public1 plus mon affection a s'ex]c] sur une plus gr&e t5due1 plus elle e/ faible1 d'autant qu'il e/ bi5 moiti vrai que n\s ne s5tons des maux publics que ce qui n\s t\*e 7,tite ,live71 et que l'tat de sant qui a prcd les dsordres actuels tait tel1 qu'il e/ une attnuation aux regrets que n\s devrions en pr\v]4--,ce n'tait du re/e la sant que comp> aux tr\bles qui l'ont suivi2 et1 de fait1 n\s ne sommes pas tombs de bi5 haut4 ,la corruption et le brig&age qui rgn5t *ez ceux qui dti5n5t les dignits et les *>ges1 me sembl5t plus insupportables que *ez n'importe quels autres2 tre vol dans un bois (f5se mo9s que de l'tre l o on devrait se tr\v] en sret4 ,la classe leve n'tait qu'un assemblage compos uniquem5t de membres t>s *acun en son p>ticuli]1 et t\s plus les uns que les autres2 la plup>t tai5t affligs d'ulcres invtrs qu'on ne traitait plus et dont on ne dem&ait mme pas la gurison4 ,cet effondrem5t m'intressa donc en vrit plus qu'il ne m'att]ra1 grce ma consci5ce qui non seulem5t tait tranquille1 mais dont j'tais fi]1 ne tr\vant aucun repro*e me faire4 ,en outre1 comme ,dieu ne n\s envoie jamais les maux1 pas plus que les bi5s1 sans attnuation1 ma sant1 contre son ord9aire1 ne laissa1 durant ce temps1 ri5 dsir]2 et si sans elle je ne suis bon ri51 avec elle il e/ peu de *oses dont je ne sois capable4 ,elle me donna le moy5 de faire appel t\tes mes ress\rces et de p>] en p>tie avec la ma9 le c\p qui m'tait port et qui et pntr plus pr(ondm5t2 je con/atai de plus que ma =ce de rsi/ance me p]mettait1 dans une c]ta9e mesure1 de t5ir bon contre la =tune et que p\r me faire vid] les tri]s il fallait un *oc viol5t4 ,cela1 je ne le dis pas p\r la provoqu] me *>g] plus vig\reusem5t2 je suis entre ses ma9s1 et me s\mets ses exig5ces1 qu'elle fasse donc suivant son bon plaisir2 mais dire que je ne suis pas s5sible ses assauts1 cela non6 ,ceux que la tri/esse dti5t et accable se laiss5t cep5dant1 p> int]valles1 t\*] p> c]ta9s plaisirs s'(frant eux1 et p>fois un s\rire leur *appe2 je suis de mme1 j'ai assez d'empire sur moi p\r faire qu' l'ord9aire mon tat soit calme et dgag de pnibles obsessions2 p\rtant1 je me laisse quelquefois surpr5dre et mordre p> ces accs d'humeur noire1 qui m'oppress5t p5dant le temps que je mets m'arm] p\r les *ass] ou lutt] contre eux4 ,p\r comble de malheur surv9t la pe/e2 il fut contra9t d'err] l'av5ture avec sa famille six mois durant et1 p5dant de longues annes1 la ma9-d'uvre fit dfaut p\r la culture4--,aprs ces dboires1 m'e/ surv5ue p> surcrot cette autre calamit3 sur ma maison et aux al5t\rs la pe/e s'e/ abattue avec une viol5ce qu'on n'avait jamais vue4 ,les corps les plus sa9s sont sujets des maladies plus graves que ceux qui sont dbilits1 p>ce qu'ils ne peuv5t tre t]rasss que p> elles3 il en fut de mme de l'air de mon doma9e1 si salubre que de mmoire d'homme la contagion1 bi5 qu'ayant svi aux environs1 n'y avait jamais pris pi$2 une fois contam91 les effets les plus tranges se produisir5t3 ,vieill>ds et jeunes g5s s'entass5t ple-mle dans le tombeau1 nul n'*appe la cruelle ,pros]p9e 7,horace74 ,je passai p> ce s+uli] tat1 que la vue de ma maison m'horripilait2 t\t ce qui y tait1 demeurant sans g>di51 fut la m]ci de qui en eut envie4 ,moi1 si hospitali]1 j'eus beauc\p de mal tr\v] un refuge p\r ma famille qui1 dev5ue errante1 tait un objet de frayeur p\r ses amis et p\r elle-mme2 on la rep\ssait avec horreur p>t\t o elle se prs5tait2 il lui fallait *ang] d'asile ds que quelqu'un des si5s comm5ait se pla9dre1 fut-ce d'une d\leur ress5tie au petit doigt1 c> t\tes les maladies tai5t considres alors comme tant la pe/e1 et on ne se donnait pas la pe9e d'appr(ondir4 ,ce qu'il y a de plus =t1 c'e/ que d'aprs les rgles de l'art1 qu& on e/ expos au flau1 p5dant qu>ante j\rs on a cra9dre d'en tre atte9t1 et p5dant t\t ce temps l'imag9ation1 v\s t\rm5tant sa faon1 enfivre jusqu' votre sant4--,t\t cela m'et beauc\p mo9s t\*1 si je n'avais eu me proccup] des misres des autres et si je n'avais d p5dant six mois s]vir1 dans des conditions aussi pnibles1 de guide cette c>avane2 c> p\r moi-mme1 je portais avec moi mes prs]vatifs1 savoir la rsolution et la rsignation4 ,je n'avais pas gr&'peur1 ce qui e/ p>ticulirem5t r$\t] dans ce mal2 mais cep5dant si je m'tais tr\v seul et que j'eusse v\lu pr5dre la fuite1 je me fusse mis bi5 plus promptem5t gr&e di/ance4 ,cette mort n'e/ pas de celles que je r$\t]ais le plus3 d'ord9aire1 elle e/ prompte1 on p]d vite connaissance1 on ne s\ffre pas1 on se console p> ce fait que t\t le monde en e/ m5ac2 elle exclut t\te crmonie1 t\t deuil1 la f\le ne se presse pas aut\r de v\s4 ,dans la contre1 un c5time des g5s prit3 ,v\s eussiez vu les campagnes ds]tes1 les bois vides jusque dans leurs plus extrmes pr(ondeurs 7,virgile74 ,les t]res que j'y possde compos5t la p>tie la plus importante de mes rev5us2 leur produit dp5d ess5tiellem5t de la ma9-d'uvre qu'on y emploie2 une c5ta9e d'ouvri]s y travaillai5t1 de longtemps la culture n'en put tre reprise4 ,rsignation des g5s du peuple dans ce dsa/re gnral4--,quels exemples de rsolution ne vmes-n\s pas1 ce mom5t1 *ez t\s ces g5s du peuple si simples6 ,gnralem5t1 nul ne pr5ait plus so9 de la vie4 ,les rais9s1 pr9cipale ri*esse du pays1 demeurr5t susp5dus aux ceps4 ,t\s1 indiffr5ts la mort1 s'y prp>ai5t et l'att5dai5t soit p\r le soir1 soit p\r le l5dema91 avec une cont5ance et une voix si peu effrayes1 qu'il semblait que ce ft une ncessit qu'ils acceptai5t1 comme consqu5ce d'une condamnation s't5dant t\s et laquelle nul ne p\vait se s\/raire4 ,la mort e/ t\j\rs 9vitable2 mais combi5 peu l'att5d5t avec rsolution2 une diffr5ce de quelques heures qui n\s sp>e du mom5t fatal1 la compagnie en laquelle n\s allons le fran*ir1 div]sifi5t la manire dont n\s l'envisageons4 ,voyez ceux-ci3 quoique enfants1 jeunes g5s et vieill>ds meur5t t\s dans l'espace d'un mois1 p]sonne p>mi eux ne s'en tonne1 ni ne pleure4 ,j'en ai vu qui r$\tai5t d'tre p>gns et de demeur] seuls comme dans une horrible solitude2 j'en ai connu qui n'avai5t d'autre s\ci que des spultures et se t\rm5tai5t de voir les corps demeur] p>s au milieu des *amps1 exposs tre dvors p> les btes fauves1 qui ne t>dr5t pas se multipli]4 ,que les ides huma9es affect5t donc de =mes div]ses6 ,les ,norites1 nation que subjugua ,alex&re1 dpos5t les corps des morts au plus pr(ond de leurs =ts p\r qu'ils y soi5t mangs2 c'e/ la seule spulture qu'ils ti5n5t p\r honorable4 ,p>mi nos g5s1 il y en eut qui1 p> avance1 creusr5t leur fosse2 d'autres s'y c\*ai5t1 tant encore vivants2 un de mes manuvres y expira mme1 attirant la t]re lui avec ses ma9s et ses pi$s p\r s'en rec\vrir4 ,cet ef=t p\r se crer un abri af9 de s'y endormir plus l'aise1 n'e/-il pas hauteur de ce que fir5t d'analogue ces soldats roma9s qu'on tr\va1 aprs la bataille de ,cannes1 la tte enf\ie dans des tr\s qu'ils avai5t eux-mmes creuss1 puis combls de leurs propres ma9s1 en s'y t\ffant8 ,en somme1 t\t un pays en arriva subitem5t s'lev] p> ses actes une gr&eur d'me qui ne le cde en ri5 en n]gie aucune rsolution conc]te de propos dlibr4 ,les enseignem5ts de la sci5ce dans les gr&s vnem5ts de la vie1 ne font que port] atte9te notre =ce de rsi/ance2 quoi bon appel] notre att5tion sur les maux auxquels n\s sommes exposs8 ne vaut-il pas mieux les ignor] jusqu'au mom5t o ils n\s frapp5t8--,la plup>t des enseignem5ts p> lesquels la sci5ce n\s enc\rage1 ont plus d'app>5ce que de =ce2 ils orn5t plus qu'ils ne port5t fruit4 ,n\s avons ab&onn la nature et v\lons lui faire la leon1 elle qui n\s m5ait si heureusem5t et si srem5t2 et cep5dant1 le peu qui demeure de ce qu'elle n\s a appris et dont1 grce leur ignorance1 la vie des f\les l'esprit ru/ique et inculte g>de l'empre9te1 la sci5ce e/ t\s les j\rs contra9te de le lui emprunt]1 p\r f\rnir ses disciples de modles de con/ance1 d'innoc5ce et de tranquillit4 ,il e/ trange de voir ses adeptes1 qui sont b\rrs de si belles connaissances1 tre rduits imit] cette sotte simplicit1 lorsqu'ils veul5t mettre en pratique les pr9cipes les plus lm5taires de la v]tu2 et que notre sagesse doive appr5dre des btes elles-mmes les enseignem5ts les plus utiles aux actes les plus gr&s et les plus indisp5sables de l'exi/5ce3 comm5t il faut vivre et m\rir1 mnag] ce que n\s possdons1 aim] et lev] les enfants1 pratiqu] la ju/ice4 ,c'e/ l un s+uli] tmoignage de la faiblesse huma9e2 et il e/ trange que la raison1 que n\s dirigeons comme n\s l'ent5dons1 qui t\j\rs imag9e quelque div]sit ou n\veaut1 ne laisse subsi/] en n\s aucune trace app>5te de la nature4 ,de celle-ci1 les hommes ont fait ce que les p>fumeurs font de l'huile3 ils l'ont tellem5t sophi/ique p> leurs argum5ts et leurs raisonnem5ts auxquels elle n'avait ri5 voir1 qu'elle revt ma9t5ant un c>actre ess5tiellem5t v>iable1 p>ticuli] *acun1 et a p]du celui qui lui tait propre et s'appliquait t\s2 ma9t5ant1 p\r la retr\v]1 il faut en appel] au tmoignage des btes1 *ez lesquelles elle e/ re/e inaccessible la faveur1 la corruption1 la v]satilit d'op9ions4 ,il e/ vrai que les btes elles-mmes ne suiv5t pas t\j\rs exactem5t la r\te trace p> la nature1 mais elles s'en c>t5t si peu que les ornires en sont t\j\rs visibles2 a9si font les *evaux qu'on mne en ma93 ils se livr5t bi5 des bonds et des escapades1 mais t\j\rs dans la limite o leur longe le leur p]met2 et ils suiv5t qu& mme celui qui les conduit2 p>eillem5t l'oiseau qu'on dresse3 lorsqu'il pr5d son vol1 il ne s'loigne jamais plus que de la longueur de la ficelle qui le reti5t4--,mditez l'exil1 les t\rm5ts1 la gu]re1 les maladies1 les naufrages1 p\r qu'aucun malheur ne v\s surpr5ne 7,snque74 ,a quoi n\s s]t cette curiosit qui n\s fait n\s proccup] de t\tes les misres auxquelles e/ sujette la nature huma9e1 et de n\s prp>] avec tant de pe9e1 mme contre celles dont n\s ne c\rons pas risque d'tre atte9ts8 ,l'apprh5sion de la d\leur fait s\ffrir autant que la d\leur elle-mme 7,snque72 non seulem5t le c\p1 mais encore le s\ffle et le bruit du trait dirig contre n\s1 n\s frapp5t4 ,agir a9si1 c'e/ faire comme si n\s avions le dlire1 c> ce ne peut tre que s\s l'effet du dlire1 que v\s alliez ds ma9t5ant v\s faire donn] le f\et p>ce qu'il peut arriv] qu'un j\r la =tune v\s expose le recevoir1 et pr5dre ds la ,sa9t-,jean vos robes f\rres p>ce que v\s en aurez beso9 ,nol6 ,faites l'preuve de t\s les maux qui peuv5t v\s arriv]1 n\s dit-on1 et en p>ticuli] des plus extrmes3 s\mettez-v\s l'preuve de celui-ci1 assurez-v\s contre celui-l4 ,il s]ait au contraire plus facile et plus naturel d'en c>t] jusqu' la p5se4 ,on dirait vraim5t qu'ils ne vi5dront pas assez tt et qu'ils ne n\s dur]ont pas assez2 on veut encore que notre esprit les t5de et les allonge1 et qu'avant qu'ils ne n\s ti5n5t1 il se les incorpore et s'en repaisse1 comme s'ils ne pesai5t pas dj suffisamm5t sur nos s5s3 ,ils n\s s]ont assez *>ge qu& ils s'appesantiront sur n\s1 dit un de ces matres1 qui app>ti5t non l'une des sectes philosophiques les plus t5dres1 mais celle dont les pr9cipes sont le plus rig\reux2 en att5dant1 sois agrable toi-mme et reporte ta p5se sur ce que tu aimes le mieux4 ,a quoi te s]t d'all] au-devant de l'in=tune et1 lui faisant accueil1 gt] le prs5t p> cra9te de l'av5ir1 te faire malheureux ds ma9t5ant p>ce que tu dois1 avec le temps1 le dev5ir8 ,ce sont ses propres p>oles4 ,peut-tre e/-ce qu& elle n\s in/ruit bi5 exactem5t de l't5due de nos maux1 clairant les mortels p> une tri/e prvoyance 7,virgile71 que la sci5ce n\s r5d s]vice2 ne s]ait-il pas en effet bi5 dommage que p>tie de notre mal *appe notre connaissance et que n\s n'en ayons pas l'apprh5sion8 ,l'expri5ce qu'elle prt5d n\s donn] e/ dj un t\rm5t2 laissons faire la nature1 elle se *>ge au mom5t v\lu de suppler t\t ce que n\s ne savons pas4--,il e/ c]ta9 qu' la plup>t des hommes la prp>ation la mort a caus plus de t\rm5ts que le passage de vie trpas ne leur a caus de s\ffrance2 un auteur judicieux a =t exactem5t dit jadis3 ,la s\ffrance que n\s ress5tons p> l'effet d'un mal1 frappe mo9s les s5s que l'imag9ation 7,qu9tili574 ,le s5tim5t d'une mort imm95te provoque p>fois subitem5t en n\s la rsolution de ne plus vit] une *ose absolum5t 9vitable4 ,on a vu1 dans les temps passs1 des gladiateurs1 aprs s'tre l*em5t conduits dans le combat1 recevoir c\rageusem5t la mort1 prs5tant leur gorge au f] de l'adv]saire et le conviant les frapp]4 ,la p]spective d'une mort encore loigne comporte une f]met de plus longue dure1 p> suite plus difficile entret5ir4 ,si v\s ne savez pas m\rir1 ne v\s en t\rm5tez pas3 la nature v\s r5seign]a sur le mom5t mme d'une faon complte et suffisante2 elle f]a p>faitem5t cette besogne votre place1 n'en pr5ez pas s\ci3 ,en va91 mortels1 v\s *]*ez connatre l'heure inc]ta9e de vos funrailles et le *em9 p> lequel la mort doit v5ir 7,prop]ce74--,il e/ mo9s d\l\reux de support] un gr& malheur auquel n\s ne p\vons *app] et qui n\s arrive subitem5t1 que de vivre longtemps dans la cra9te 7,pseudo-,gallus74 ,n\s tr\blons la vie p> le s\ci de la mort1 et la mort p> le s\ci de la vie2 l'une n\s ennuie1 l'autre n\s effraie4 ,ce n'e/ pas contre la mort que n\s n\s prp>ons1 c'e/ une *ose trop mom5tane2 un qu>t d'heure de s\ffrance1 qui e/ sans consqu5ce1 qui n'a pas de suite nuisible1 ne mrite pas de prceptes p>ticuli]s2 dire vrai1 n\s n\s prp>ons contre les prp>ations la mort4 ,la philosophie n\s ordonne de l'avoir t\j\rs devant les yeux1 de la prvoir1 de l'envisag] avant le temps2 puis elle n\s donne les rgles suivre1 les prcautions pr5dre p\r faire que cette prvoyance et cette p5se cont9ue ne n\s bless5t pas4 ,les mdec9s ne procd5t pas autrem5t3 ils n\s accabl5t de maladies p\r avoir occasion d'employ] leur art et leurs drogues4 ,si n\s n'avons pas su vivre1 c'e/ bi5 tort qu'on veut n\s appr5dre m\rir et donn] notre vie une f9 qui ne soit pas con=me son ensemble2 si1 au contraire1 n\s avons su vivre avec calme et f]met1 n\s saurons bi5 m\rir de mme4 ,les philosophes peuv5t se vant] tant qu'ils v\dront de ce que t\te leur vie a t une mditation sur la mort 7,cicron71 m'e/ avis que la mort n'e/ que le b\t et non le b de la vie2 elle en e/ la f91 l'extrmit1 mais non l'objet4 ,ce que la vie doit avoir en vue1 ce qu'elle doit se propos]1 c'e/ elle-mme2 c'e/ se rgl]1 se conduire1 se s\ffrir qu'elle doit exclusivem5t s'appliqu]4 ,p>mi les t*es qui lui incomb5t et que compr5d le *apitre du savoir-vivre1 qui e/ capital et s't5d t\t1 il e/ sur le savoir-m\rir un p>agraphe qui s]ait des mo9s importants1 si nos cra9tes n'aj\tai5t son importance4 ,a en jug] p> leur utilit et p> la vrit qui en =me le fond1 les leons de la simplicit ne le cd5t gure celles que n\s pr*5t les doctr9es philosophiques1 au contraire4 ,les hommes ne se ressembl5t ni p> leur faon de s5tir ni p> leur =ce morale2 p\r leur faire du bi51 il faut agir suivant le tempram5t de *acun et1 p\r cela1 suivre des voies div]ses3 ,sur quelque rivage que la tempte me jette1 j'aborde 7,horace74 ,je n'ai jamais vu de paysan1 d'entre mes vois9s1 qui se soit pris rfl*ir sur la cont5ance et l'assurance qu'il aurait t5ir son heure d]nire2 la nature ne l'invite song] la mort que lorsqu'il meurt1 et1 ce mom5t1 il a meilleure grce qu',ari/ote1 sur lequel la mort pse d\blem5t1 et p> elle-mme et p> les longues mditations qu'il lui a consacres4 ,c'tait l'op9ion de ,cs>1 qui e/imait que celle dont on a eu le mo9s se proccup]1 e/ la plus heureuse et la mo9s pnible3 ,s'afflig] d'avance1 c'e/ trop s'afflig] 7,snque74 ,l'ide de la mort n'e/ dplaisante que p> le fait de notre curiosit2 c'e/ a9si que t\j\rs n\s n\s faisons tort1 en v\lant devanc] et rg5t] ce que fait la nature4 ,que les docteurs1 qu& ils sont bi5 portants1 s'en fass5t du mauvais sang et qu'elle les porte la mlancolie1 passe encore2 mais le commun des mortels n'a1 sur ce po9t1 beso9 ni de remde ni de consolation1 sauf lorsque le c\p le frappe1 et il n'y songe qu'au mom5t mme o il en s\ffre4 ,c'e/ la confirmation de ce que n\s disions que la /upidit et le dfaut de cra9te *ez l'homme du peuple1 lui donn5t la rsignation aux maux prs5ts et une pr(onde indiffr5ce p\r ceux que lui rs]ve l'av5ir2 c'e/ p>ce qu'elle e/ plus grossire et plus obtuse1 que son me e/ mo9s pntrable et mo9s sujette s'agit]4 ,p\r ,dieu6 s'il en e/ a9si1 t5ons dornavant cole de btise3 c'e/ la conclusion f9ale que la sci5ce n\s fait entrevoir2 c'e/ aussi cela que1 t\t d\cem5t1 elle a*em9e ses disciples4 ,socrate1 p> ses disc\rs et ses exemples1 n\s enseigne suivre purem5t et simplem5t la nature4--,sa df5se devant ses juges4--,n\s ne manqu]ons pas de bons pr(esseurs p\r n\s enseign] la simplicit naturelle4 ,socrate en s]a2 c>1 autant qu'il m'en s\vi5t1 c'e/ peu prs dans ce s5s1 qu'il p>le aux juges qui vont dlibr] sur sa vie3 ,je cra9s1 ,messieurs1 si je v\s prie de ne pas me condamn] mort1 de prt] le flanc aux imputations que port5t contre moi mes accusateurs1 qui me repro*5t de prt5dre tre plus ent5du que t\s autres1 p>ce que j'aurais une connaissance qu'ils n'ont pas1 des *oses qui sont au-dessus et au-dess\s de n\s4 ,je sais que je n'ai ni frqu5t ni connu la mort1 ni vu p]sonne qui en ait con/at les avantages et les inconvni5ts1 de manire p\voir m'en in/ruire4 ,ceux qui la craign5t1 prsuppos5t la connatre2 p\r moi1 j'ignore ce qu'elle e/ et ce qui se passe dans l'autre monde4 ,peut-tre n'apporte-t-elle ni bi5 ni mal1 peut-tre e/-elle dsirable4 ,il e/ croire p\rtant qu'il y a avantage1 si c'e/ un passage d'un lieu dans un autre1 all] vivre avec tant de gr&s p]sonnages qui ne sont plus et d'tre exempt d'avoir affaire dsormais des juges iniques et corrompus4 ,si c'e/ un anantissem5t complet de notre tre1 il y a encore avantage entr] dans une nuit longue et paisible3 n\s n'avons ri5 en effet dans la vie qui soit plus d\x qu'un repos et un sommeil tranquille et pr(ond1 que les songes ne tr\bl5t pas4 ,les *oses que je sais tre mauvaises1 telles qu'(f5s] son pro*a91 dsobir son suprieur qu'il soit dieu ou homme1 je les vite avec so92 quant celles que je ne sais tre bonnes ou mauvaises1 je ne saurais les r$\t]4--,si v\s me faites m\rir et que je v\s laisse vivants1 les dieux seuls sav5t qui de v\s ou de moi s]a le mieux p>tag2 c'e/ p\rquoi1 en ce qui me t\*e1 v\s dcid]ez ce qu'il v\s plaira4 ,mais1 si j'ai un conseil v\s donn]1 comme j'ai l'habitude de ne conseill] que des *oses ju/es et utiles1 je v\s dis bi5 nettem5t que1 p\r votre consci5ce1 ce que v\s p\vez faire de mieux1 c'e/ de me r5dre la lib]t1 si v\s ne voyez dans ma cause autre *ose que ma p]sonnalit4 ,et1 puisque v\s voil juges de mes faits et ge/es1 tant publics que privs1 accomplis jusqu'ici2 du b que je me proposais2 du pr(it que tant de citoy5s1 jeunes et vieux1 retir5t t\s les j\rs de mes entreti5s2 du bi5 qui en rsulte p\r t\s2 v\s ne p\vez v\s acquitt] conv5ablem5t des s]vices que j'ai r5dus1 qu'en ordonnant que1 vu ma pauvret1 je sois n\rri au ,prytane1 aux frais du trsor public1 a9si que s\v5t je v\s l'ai vu1 avec mo9s de raison1 accord] d'autres4--,ne pr5ez pas p\r de l'ob/9ation ou du dda9 que je ne me mette pas1 suivant la c\tume1 v\s suppli] et *]*] m\voir votre commisration4 ,n'ayant pas plus que les autres t eng5dr1 comme dit ,homre1 ni d'un bloc de bois1 ni d'un bloc de pi]re1 j'ai des amis et des p>5ts qui p\rrai5t se prs5t] v\s en l>mes et en deuil2 j'ai trois enfants plors1 c'e/ l de quoi veill] votre piti2 mais ce s]ait une honte p\r notre ville1 qu' mon ge1 avec une rputation de sagesse telle1 qu'elle e/ cause de ma mise en accusation1 j'aille m'abaiss] une semblable attitude4 ,que dirait-on des autres ,a?ni5s8 ,j'ai t\j\rs adjur ceux qui m'ont ent5du p>l]1 de ne pas ra*et] leur vie p> une action qui s]ait d%onnte4 ,dans les gu]res que n\s avons faites1 ,potide1 ,dlie et autres o je me suis tr\v1 j'ai montr p> mes actes combi5 j'tais lo9 de p\rvoir ma sret au prix de la honte2 ce s]ait faire pis1 que de v\s dt\rn] de votre devoir1 en v\s conviant quelque *ose de laid2 c> ce ne sont pas mes prires qui doiv5t v\s p]suad]1 mais les raisons pures et solides de la ju/ice4 ,v\s avez fait s]m5t aux dieux de v\s y t5ir4 ,il sembl]ait1 en v\s suppliant1 que je v\s s\ponne et v\s repro*e de ne pas croire leur exi/5ce1 et1 du mme c\p je tmoign]ais contre moi-mme que je ne crois pas en eux comme je le dois2 que je me dfie de leur conduite1 au lieu de remettre purem5t mon affaire entre leurs ma9s4 ,j'ai t\te confiance en eux1 et ti5s p\r c]ta9 qu'ils f]ont en ceci selon qu'il convi5dra le mieux p\r v\s et p\r moi2 les g5s de bi51 qu'ils soi5t vivants ou morts1 n'ont ri5 cra9dre des dieux4 ,navet1 et aussi hauteur de s5tim5ts1 de ce plaidoy] si digne de ce philosophe4--,n'e/-ce pas l un plaidoy] tel qu'il vi5drait l'ide d'un enfant8 ,quelle lvation d'me inimag9able1 99 quelle fran*ise6 combi5 vrai et ju/e1 et en quelle pressante ncessit6 ,socrate a eu vraim5t bi5 raison de le prfr] celui que le gr& orateur ,lysias avait crit p\r lui et qui1 p>faitem5t con=me au /yle judiciaire1 tait indigne d'un si noble crim9el4 ,et-on compris des supplications dans la b\*e de ,socrate8 sa magnifique v]tu et faibli1 alors que plus que jamais c'tait le mom5t de se montr]4 ,se p\vait-il que sa ri*e et puissante nature s'adresst l'art p\r se df5dre1 et que dans la circon/ance o elle p\vait s'lev] plus haut que dans t\te autre1 il r5ont la vrit et la simplicit qui con/ituai5t le plus bel ornem5t de sa p>ole1 p\r se p>] du f>d des figures de rhtorique et des artifices d'un disc\rs appris p> cur8 ,il agit trs sagem5t et demeura consqu5t avec lui-mme1 en n'altrant pas cette exi/5ce incorruptible qu'il avait t\j\rs m5e1 cette image si p>faite de l'humanit qui s'inc>ne en lui1 p\r allong] d'une anne son tat de dcrpitude et trahir le s\v5ir immortel de sa f9 glorieuse4 ,il devait sa vie non lui-mme1 mais au monde p\r lui s]vir d'exemple2 et1 c'et t un dommage public qu'il l'et t]m9e dans l'oisivet et l'obscurit4 ,c]tes une telle indiffr5ce et un aussi faible s\ci de la mort qui l'att5dait1 mritai5t que la po/rit lui r5dt d'autant plus ju/ice que lui-mme ne se l'tait pas r5due en faisant si peu cas de la vie4 ,c'e/ ce qui e/ arriv2 et ri5 n'e/ plus ju/e que ce que fit la =tune p\r honor] sa mmoire3 les ,a?ni5s conur5t une telle horreur contre ceux qui avai5t t cause de cette mort1 qu'on les fuyait comme des excommunis2 on t5ait p\r s\ill t\t ce qu'ils avai5t t\*2 p]sonne n'entrait au ba9 avec eux1 p]sonne ne les saluait1 ni ne les appro*ait1 si bi5 que ne p\vant plus se voir un sujet de ha9e p\r t\s1 ils se p5dir5t4 ,la mort y e/ prs5te comme un simple incid5t de la vie2 p\rquoi en effet la nature n\s f]ait-elle pr5dre en horreur ce passage de vie trpas1 indisp5sable l'accomplissem5t de son uvre4--,si quelqu'un e/ime que p>mi tant d'autres exemples tirs de la vie de ,socrate1 que je p\vais cit] l'appui de ma ?se1 j'ai eu tort de *oisir celui-ci1 p>ce que le disc\rs qu'y ti5t ce philosophe e/ bi5 au-dessus de ce qui peut v5ir l'ide de la gnralit des hommes1 je rpondrai que je l'ai *oisi exprs1 p>ce que j'en p5se autrem5t et considre que1 p> sa navet1 il e/ rang] bi5 en arrire et bi5 plus bas que ceux qu'on peut ent5dre mettre communm5t4 ,p> sa h>diesse dp\ille d'artifice1 p> la confiance enfant9e qu'il rvle1 il reprs5te bi5 l'impression premire que fait natre la nature dans son ignorance et sa puret2 c> il y a lieu de croire que c'e/ la d\leur qui accompagne la mort que n\s sommes naturellem5t ports cra9dre et non la mort elle-mme2 celle-ci fait p>tie intgrante de notre tre au mme degr que la vie4 ,p\rquoi la nature n\s aurait-elle inspir de la ha9e et de l'horreur p\r elle1 qui j\e un rle si ess5tiel en p]mettant la succession et le r5\vellem5t de ses uvres8 ,dans ce conc]t univ]sel1 elle s]t plus la naissance et l'accroissem5t des cratures qu' leur p]te ou leur ru9e3 ,a9si se r5\vell5t t\tes *oses 7,lucrce72--une vie qui f9it procure l'exi/5ce mille autres 7,ovide74--,la nature a inspir aux btes le so9 d'elles-mmes et de leur propre cons]vation2 elles vont mme jusqu' r$\t] ce qui peut leur nuire1 tel que se heurt]1 se bless]1 que n\s les matrisions1 que n\s les battions et autres accid5ts qu'elles peuv5t concevoir ou que l'expri5ce leur appr5d2 mais que n\s les tuions1 elles ne peuv5t le cra9dre1 p>ce qu'elles n'ont pas la facult d'imag9] ce que peut tre la mort et de s'en r5dre compte2 on en voit mme1 dit-on1 qui non seulem5t la s\ffr5t gam5t 7les *evaux p\r la plup>t h5niss5t en m\rant et les cygnes *ant5t son appro*e71 mais la re*]*5t comme un beso9 qu'elles pr\v5t1 a9si qu'on e/ port le p5s]1 p> ce qui a t con/at *ez c]ta9s lphants4 ,indp5damm5t de cela1 la faon dont argum5te ,socrate n'e/-elle pas admirable p> sa simplicit et son n]gie8 ,il e/ inconte/able qu'il e/ bi5 plus malais de p>l] et de vivre comme lui1 que de p>l] comme ,ari/ote et de vivre comme ,cs>2 c'e/ le comble de la p]fection et de la difficult1 et l'art n'y peut atte9dre4 ,nos facults ne sont pas dresses cet effet2 n\s n'en faisons pas l'essai1 et ne connaissons pas ce dont elles sont capables2 n\s avons rec\rs celles d'autrui et laissons les ntres inactives1 t\t comme on p\rrait dire de moi1 que je ne fais que compos] ici un amas de fleurs trangres1 ne f\rnissant de mon propre cru que le fil qui s]t les atta*]4 ,montaigne s'excuse d'avoir introduit peu peu quantit de citations dans son ouvrage2 il y a t entran p> l'occasion que cela lui procurait d'utilis] ses loisirs4--,j'ai fait il e/ vrai1 l'op9ion publique1 la concession de me p>] de ces enjolivem5ts que j'ai emprunts2 mais je n'ent5ds ni qu'ils me c\vr5t1 ni qu'ils me ca*5t2 ce s]ait le reb\rs de ce que je me propose2 je ne veux faire montre que de ce qui e/ moi et qui vi5t de moi du fait mme de la nature2 si le has>d m'et fait suivre ma premire inspiration1 j'eusse t seul pr5dre la p>ole4 ,malgr ce que je m'tais propos et la manire dont j'ai comm5c1 je multiplie de plus en plus1 t\s les j\rs1 mes citations2 j'y suis am5 p>ce que c'e/ le gt du sicle1 et aussi p> les loisirs dont je dispose4 ,peut-tre et-il t mieux de n'en ri5 faire1 je le crois2 n'importe1 cela peut tre utile d'autres4--,il y a des g5s qui mett5t en avant ,platon et ,homre1 qu'ils n'ont jamais lus2 moi aussi1 je donne bi5 des passages d'auteurs que j'ai pris ailleurs qu' leur s\rce4 ,comme j'ai un milli] de livres aut\r de moi l o j'cris1 sans me donn] de pe9e et sans gr& savoir je puis emprunt]1 sance t5ante1 si cela me plat1 une d\za9e de ravaudeurs de cette espce1 criva9s que je ne feuillette gure1 de quoi maill] t\t le prs5t *apitre sur la ,physionomie2 elle seule1 l'introduction qui prcde n'importe quel ouvrage d'un auteur allem& suffirait p\r me p]mettre de combl] le dit *apitre de citations4 ,et c'e/ a9si que n\s arrivons capt] cette gloire dont n\s sommes si fri&s1 et tromp] les sots de ce monde6 ,cet amalgame de lieux communs1 dont tant de g5s font leur tude1 ne s'applique gure qu' des sujets communs2 ils s]v5t faire de l'talage1 non n\s conduire3 c'e/ l un ridicule rsultat de la sci5ce2 ,socrate le critique trs plaisamm5t *ez ,eu?ydme4 ,j'ai vu faire des livres traitant de *oses qui n'avai5t jamais t tudies p> leur auteur1 et dont il n'avait mme pas ent5du p>l]2 il avait *>g plusieurs savants de ses amis des re*]*es faire sur telle et telle matire y trait] et s'tait1 p\r sa "p1 cont5t d'en avoir conu le projet et d'employ] son tal5t mettre en fagot ces docum5ts auxquels il ne connaissait ri52 l'encre et le papi] employs tai5t seuls de lui4 ,c'e/ l1 99 en consci5ce1 a*et] ou emprunt] un livre mais non le compos]2 c'e/ appr5dre aux hommes non qu'on sait faire un ouvrage mais1 ce sur quoi ils p\vai5t avoir des d\tes1 qu'on ne le sait pas faire4 ,un prsid5t de p>lem5t se vantait1 devant moi1 d'avoir amoncel1 dans un de ses arrts1 deux c5ts et tant de considrants tirs de jugem5ts r5dus p> d'autres que p> lui2 en le publiant1 il amo9drissait la gloire en laquelle on p\vait le t5ir p\r un p>eil *ef-d'uvre3 c'tait l1 mon s5s1 une vant>dise pusillanime et absurde en raison du sujet et de la "p d'un tel p]sonnage4 ,je procde inv]sem5t et1 p>mi tant d'emprunts que je fais1 suis bi5 aise d'en p\voir drob] quelques-uns que je dguise et trans=me p\r l'usage n\veau auquel je les fais s]vir2 au risque de faire dire que je n'en ai pas compris le vritable s5s1 je leur donne une t\rnure p>ticulire de ma faon1 de telle sorte que le plagiat soit mo9s app>5t4 ,les autres av\5t leurs l>c9s et en font p>ade1 aussi leur p>donne-t-on plus qu' moi2 n\s1 dans notre navet1 e/imons qu' inv5t]1 il y a un mrite incomp>ablem5t plus gr& qu' simplem5t reproduire4 ,il e/ dang]eux de se mettre crire sur le t>d1 l'esprit a p]du de sa v]deur2 lui-mme aurait d s'y pr5dre plus tt1 mais1 v\lant pe9dre sa vie1 il a d att5dre le mom5t o elle se dr\lait t\t entire ses yeux4--,si j'avais v\lu faire de la sci5ce1 je m'y s]ais pris plus tt2 j'aurais crit dans un temps plus rappro* de mes tudes1 alors que j'avais plus d'esprit et de mmoire4 ,p\r faire mti] d'crire1 mieux et valu m'y livr] cet ge o j'avais t\te ma vigueur1 qu' celui que j'ai actuellem5t2 peut-tre euss-je r5contr alors1 en une saison plus propice1 cette faveur si gracieuse que du fait de mon ouvrage la =tune m'a octroye en ces d]ni]s temps et que1 t\t la fois1 je suis heureux de possd] et sur le po9t de p]dre6 ,deux de mes connaissances1 trs bi5 d\s s\s le rapport de la littrature1 ont1 mon avis1 p]du la moiti de leur valeur1 p\r s'tre refus d'crire qu>ante ans1 et avoir att5du p\r le faire1 qu'ils en ai5t soixante4 ,la maturit a ses dfauts t\t comme ce qui e/ encore v]t1 ils sont mme pires2 quant la vieillesse1 elle e/ aussi impropre ce travail qu' t\t autre *ose1 et quiconque met s\s presse sa dcrpitude1 fait une folie1 s'il espre en faire sortir des ides qui ne s5t5t pas le disgraci1 le rveur1 l'ass\pi2 notre esprit se ress]re et s'paissit en vieillissant4 ,j'tale avec pompe et abondance mon ignorance1 ma sci5ce n'app>at que maigre et piteuse2 celle-ci n'e/ qu'accessoire et accid5telle1 celle-l con/itue en moi l'ess5tiel et le pr9cipal4 ,je ne traite de ri5 po9t nomm1 si ce n'e/ de bagatelles1 et ne p>le de sci5ce que p\r donn] con/at] que je ne sais ri54 ,j'ai *oisi p\r pe9dre ma vie l'poque o je l'ai t\t entire s\s les yeux2 ce qui en re/e app>ti5t plutt la mort1 et qu& celle-ci vi5dra1 s'il m'e/ donn de p\voir1 comme d'autres l'ont fait1 en traduire les impressions1 volonti]s en quittant ce monde j'en f]ai "p au public4 ,montaigne regrette que *ez ,socrate une belle me se soit tr\ve dans un corps si disgraci4--,socrate fut un modle p>fait de t\tes les gr&es qualits4 ,je regrette que1 d'aprs ce que l'on en dit1 99 p> sa laideur1 son visage ait t si peu en rapport avec la beaut de son me2 la nature1 cet g>d1 a t inju/e env]s lui qui tait si passionnm5t pris de la beaut4 ,il n'y a ri5 de plus vraisemblable que la corrlation entre les =mes du corps et les qualits de l'esprit4 ,il importe beauc\p l'me dans quel corps elle e/ loge1 c> plusieurs qualits corporelles aiguis5t l'esprit1 plusieurs autres l'm\ss5t2 mais en p>lant a9si ,cicron n'a en vue que la laideur hors nature occasionne p> une dif=mit des membres4--,n\s1 n\s appelons aussi laideur1 cette mauvaise impression que n\s pr\vons au premi] c\p d'il1 pr9cipalem5t lorsqu'il se porte sur un visage dont c]ta9s dtails n\s dgt5t1 tels qu'un vila9 te9t1 une ta*e1 une expression dure ou t\te autre cause dont s\v5t on ne se r5d pas compte1 alors que cep5dant les membres sont enti]s et tels qu'ils doiv5t tre4 ,la laideur qui1 *ez ,la ,botie1 revtait une trs belle me1 app>t5ait cette catgorie2 t\te sup]ficielle1 bi5 qu'elle soit celle qui impressionne le plus1 elle n'e/ p\rtant pas celle qui prjudicie le plus l'tat de l'esprit1 et elle influe peu sur l'op9ion des g5s notre endroit4--,cette autre laideur1 qu'il convi5t mieux d'appel] dif=mit1 e/ plus effective et se rp]cute assez s\v5t davantage en n\s-mmes3 t\te *aussure bi5 aju/e fait ressortir nettem5t la =me du pi$ qu'elle r5f]me1 ce que ne fait pas une *aussure qui n'e/ lisse que p> le cuir avec lequel elle e/ confectionne4 ,qu& il p>lait de sa laideur1 ,socrate disait qu'il en tait absolum5t de mme de son me1 mais qu'il l'avait corrige en la travaillant2 j'e/ime que1 suivant son habitude1 il plaisantait en p>lant a9si1 c> jamais me si p>faite ne s'e/ faite elle-mme4 ,comme ,platon et la plup>t des philosophes1 il e/ime s+ulirem5t la beaut2 t\tefois une physionomie avantageuse n'e/ pas t\j\rs fonde sur la beaut des traits du visage4--,je ne puis rpt] assez combi5 je ti5s la beaut p\r une qualit puissante et avantageuse4 ,socrate l'appelait une c\rte tyrannie2 ,platon1 un privilge de la nature4 ,n\s n'en avons pas qui ait plus gr& p\voir2 elle ti5t le premi] rang dans les rapports des hommes entre eux2 elle saisit t\t d'abord1 elle sduit et influ5ce notre jugem5t p> sa gr&e autorit et l'impression m]veilleuse qu'elle produit4 ,phryn et p]du sa cause1 malgr l'excell5t avocat entre les ma9s duquel elle l'avait remise1 si1 entr'ouvrant sa robe1 elle n'et gagn ses juges p> l'clat de sa beaut4 ,je con/ate que *ez ,cyrus1 ,alex&re et ,cs>1 ces trois matres du monde1 elle e/ entre en ligne de compte dans leurs moy5s d'action2 le premi] ,scipion1 lui1 n'en a pas tir p>ti4 ,un mme mot1 *ez les ,grecs1 dsignait le beau et le bon2 et le ,sa9t-,esprit appelle s\v5t bons ceux qu'il veut qualifi] de beaux4 ,je ne s]ais pas loign de class] les div]s dons faits l'homme1 comme ils le sont dans une *anson1 tire de quelque pote anci51 que ,platon dit avoir t trs rp&ue3 la ,sant1 la ,beaut1 la ,ri*esse4 ,ari/ote dit que le droit de comm&] app>ti5t ceux qui ont la beaut en p>tage1 et que lorsqu'il en e/ *ez lesquels elle appro*e de l'image des dieux1 ils ont1 comme eux1 droit notre vnration4 ,a quelqu'un qui lui dem&ait p\rquoi on frqu5te plus s\v5t et plus longtemps les p]sonnes qui sont belles1 il rpondit3 ,il n'y qu'un aveugle qui puisse faire une semblable "q4 ,la plup>t des philosophes1 et p>mi eux les plus gr&s1 ont d leur beaut d'tre admis dans les coles sans avoir de r$evance pay]1 et doiv5t p> suite la sagesse son entremise4 ,je la considre presque l'gal de la bont1 non seulem5t *ez les g5s qui me s]v5t mais aussi *ez les btes4 ,il ne me semble cep5dant pas que les traits et la =me du visage1 non plus que les lignes d'aprs lesquelles on dt]m9e c]ta9es dispositions qui s]ai5t en n\s et ce que l'av5ir n\s rs]ve1 ai5t un rapport direct et simple avec la laideur2 pas plus que t\te bonne odeur et une atmosphre s]e9e ne sont un gage de sant1 ni un air pais et l\rd un indice d'infection en temps d'pidmie4 ,ceux qui accus5t la beaut et les murs d'tre en contradiction *ez la femme1 ne sont pas t\j\rs dans le vrai2 c> une physionomie laissant dsir] s\s le rapport de la rgul>it des traits1 peut prs5t] un air de probit et inspir] confiance2 comme au contraire1 il m'e/ arriv p>fois de lire1 entre deux beaux yeux1 des m5aces dnotant une nature mauvaise et dang]euse4 ,il y a des physionomies qui prvi5n5t en leur faveur2 et1 au milieu d'ennemis victorieux qui v\s press5t de t\tes p>ts et v\s sont inconnus1 v\s f]ez sur-le-*amp *oix de l'un plutt que de l'autre1 p\r v\s r5dre lui et lui confi] votre vie1 sans que la beaut pse beauc\p sur votre dt]m9ation4 ,c'e/ une faible g>antie que la m9e1 t\tefois elle vaut d'tre prise quelque peu en considration2 et1 si j'tais *>g de *ti] les g5s1 je me montr]ais plus dur p\r les p]v]s qui dm5t5t et trahiss5t les s5tim5ts dont ils port5t l'expression sur le front2 je svirais davantage contre la m*ancet qui se prs5te s\s un masque bn94--,il semble qu'il y ait des visages favoriss et d'autres mal5contreux1 et crois qu'il y a un c]ta9 art di/+u]1 selon ce que leur figure exprime1 les g5s qui sont dbonnaires de ceux qui sont niais1 ceux qui sont svres de ceux qui sont rudes1 les malicieux de ceux qui sont *agr9s1 les ddaigneux des mlancoliques1 et tels autres qui sont affects de qualits diffrant peu les unes des autres4 ,il y a des beauts qui non seulem5t sont fires1 mais encore peu av5antes2 il y en a de d\ces1 et mme de plus que d\ces1 des fades4--,quant au prono/ic de l'av5ir p> l'exam5 de ces mmes signes1 c'e/ l une *ose sur laquelle je ne me prononce pas4 ,en pr9cipe1 il faut suivre les indications de la nature2 les obs]vances religieuses1 sans de bonnes murs1 ne suffis5t pas au salut d'un tat4--,j'ai1 en ce qui me t\*e1 a9si que je l'ai dit ailleurs bi5 simplem5t et fran*em5t1 adopt ce prcepte anci51 que n\s ne saurions tre en dfaut1 en suivant notre nature1 et que s'y con=m]1 e/ une rgle qui prime t\tes les autres4 ,je n'ai pas1 comme ,socrate1 corrig p> la puissance de la raison mes in/9cts naturels1 et n'ai pas eu rec\rs l'art p\r modifi] mes p5*ants2 je me laisse all] comme je suis v5u1 je ne combats ri54 ,les deux p>ties ess5tielles de moi-mme1 le corps et l'esprit1 sont naturellem5t disposes vivre de pair et en bon accord2 ,dieu m]ci1 c> je suis n et ai gr&i une poque o les ides sa9es et modres avai5t peu c\rs4--,dirai-je1 en passant1 que je tr\ve qu'on fait plus de cas que cela ne vaut1 bi5 qu'elle soit presque seule avoir c\rs *ez n\s1 d'une app>5ce de sagesse scola/ique1 esclave de c]ta9es rgles et s\mise la fois l'esprance et la cra9te8 ,cette doctr9e qu'on n\s inculque1 je la v\drais non telle que les lois et les religions l'tabliss5t1 mais telle qu'elles la complt5t et l'autoris5t2 ayant p> elle-mme de quoi se s\t5ir sans aide1 pr5ant naissance en n\s p> ses propres rac9es1 produite p> ce que n\s appelons le s5s commun qui se tr\ve en t\t homme qui n'e/ pas organis l'encontre des lois de la nature3 ce mme bon s5s qui1 *ez ,socrate1 r$resse de mauvais plis1 le r5d obissant aux hommes et aux dieux qui comm&5t dans sa ville1 et c\rageux vis--vis de la mort1 non p>ce que son me e/ immortelle1 mais p>ce que lui-mme e/ mortel4 ,quel ru9eux enseignem5t p\r t\tes les =mes de g\v]nem5t1 et bi5 plus dommageable qu'+nieux et utile1 que de p]suad] aux peuples que la foi religieuse suffit elle seule cont5t] la ju/ice div9e1 sans qu'il soit beso9 de bonnes murs2 dans l'application app>at l'norme diffr5ce qu'il y a entre la dvotion et la consci5ce6 ,physionomie de ,montaigne2 son air naf lui attirait la confiance4 ,rcit de deux av5tures o la bonne impression qu'il produisait et sa fran*ise lui ont t avantageuses4--,j'ai un visage qui plat1 et p> les traits et p> la bonne op9ion qu' premire vue il donne de moi1 d'o une app>5ce t\te contraire celle de ,socrate3 ,qu'ai-je dit3 j'ai8 ,c'e/ j'ai eu1 que je devrais dire1 ,*rms 7,tr5ce74--,hlas1 v\s ne voyez plus de moi1 que le squelette d'un corps affaibli6 ,il m'e/ s\v5t arriv que simplem5t1 sur le bon effet produit p> ma pre/ance et mon air1 des p]sonnes qui ne me connaissai5t pas1 se sont ple9em5t confies moi soit p\r leurs propres affaires soit p\r les mi5nes1 et cela m'a procur dans les pays trang]s des faveurs p>ticulires et r>em5t accordes4--,les deux av5tures que voici val5t peut-tre que je les rapporte4 ,un quidam avait projet de n\s surpr5dre1 ma maison et moi2 p\r ce faire1 il eut l'ide de se prs5t] t\t seul ma porte1 en dem&ant l'entre avec une c]ta9e insi/ance4 ,je le connaissais de nom et croyais p\voir me fi] lui1 p>ce qu'il tait de mes environs et qu'il y avait quelque alliance entre n\s2 je lui fis ouvrir1 comme je fais *acun4 ,il entra t\t effray1 son *eval hors d'hale9e1 =t h>ass1 et me conta cette fable3 ,a une demi-lieue de l1 il v5ait d'tre r5contr p> un de ses ennemis1 que je connaissais aussi1 de mme que j'avais ent5du p>l] de leur qu]elle4 ,cet ennemi s'tait lanc t\te bride sa p\rsuite2 et lui-mme1 mis en ds>roi p> la surprise et infrieur en nombre1 s'tait prcipit *ez moi p\r se mettre en sret1 en gr& s\ci de ce qu'tai5t dev5us ses g5s qu'il croyait1 disait-il1 ou morts ou prisonni]s4 ,j'essayai bi5 navem5t de le rcon=t]1 de le rassur] et lui r5dre son sang-froid4 ,bi5tt aprs1 voil quatre ou c9q de ses soldats qui se prs5t5t p\r entr]1 avec cette mme cont5ance tmoignant mme effroi2 puis d'autres1 et aprs d'autres encore1 t\s bi5 arms et quips1 au nombre de v+t-c9q ou tr5te1 feignant d'avoir leurs ennemis sur leurs talons4 ,ce my/re comm5ait m'inspir] du s\pon2 je n'ignorais pas en quel sicle n\s vivons1 combi5 ma maison p\vait excit] l'envie1 et connaissais plusieurs exemples de p]sonnes de ma connaissance1 auxquelles il tait arriv malheur dans des circon/ances analogues4 ,t\j\rs e/-il que1 tr\vant que je n'avais pas de bnfice avoir comm5c faire plaisir si je n'a*evais1 et ne p\vant me dfaire de ces g5s sans t\t rompre1 je me laissai all] au p>ti le plus naturel et le plus simple comme je fais t\j\rs1 et comm&ai de les faire entr]4 ,il faut aj\t] qu' la vrit1 je suis peu dfiant et peu s\ponneux de ma nature2 je p5*e volonti]s admettre les excuses qu'on me donne et int]prt] les faits dans le s5s le plus favorable2 je pr5ds les hommes comme ils sont gnralem5t et ne crois pas aux natures p]v]ses et dnatures1 non plus qu'aux prodiges et aux miracles1 mo9s que je n'y sois =c p> des tmoignages irrfutables2 en outre1 je m'en remets aism5t la =tune et m'ab&onne corps p]du entre ses bras1 ce dont jusqu' ce mom5t j'ai eu plus occasion de me l\] que de me pla9dre1 l'ayant tr\ve plus avise et plus amie de mes affaires que je ne le suis moi-mme4 ,il y a dans ma vie quelques actions dont on peut dire ju/e titre que la conduite en a t difficile1 ou si l'on veut prud5te2 admettez que j'aie t p\r un ti]s dans le rsultat1 on peut l>gem5t dire que les deux autres ti]s sont de son fait4 ,n\s *\ons1 ce me semble1 p>ce que n\s n'avons pas assez confiance dans ce que le ,ciel f]a p\r n\s1 et que n\s prt5dons faire p> n\s-mmes plus qu'il ne convi5t2 aussi combi5 frquemm5t nos projets n'ab\tiss5t pas6 il e/ jal\x de l't5due que n\s attribuons aux droits de la prud5ce huma9e au dtrim5t des si5s1 et n\s les rduit d'autant plus que n\s leur donnons plus d'ext5sion4 ,ces g5s demeurr5t *eval dans ma c\r1 t&is que leur *ef1 qui n'avait pas v\lu qu'on mt sa monture l'curie1 disant qu'il fallait qu'il se retirt ds qu'il aurait des n\velles de son monde1 tait avec moi dans ma gr&e salle4 ,il tait p>v5u s'introduire *ez moi et n'avait plus qu' mettre ses desse9s excution4 ,s\v5t depuis1 il a rpt 7c> il ne craignait pas de racont] le fait7 que ma figure et ma fran*ise l'avai5t emport en lui sur la trahison qu'il mditait4 ,il remonta *eval2 et ses g5s1 qui avai5t les yeux fixs sur lui1 att5dant le signal qu'il devait leur faire1 fur5t bi5 tonns de le voir sortir1 r5onant pr(it] des avantages que1 p> sa ruse1 il s'tait mnags4 ,une autre fois1 me fiant je ne sais quelle trve qui v5ait d'tre publie dans nos armes1 je me mis en r\te p\r un voyage dans un pays dont la trav]se prs5tait beauc\p de dang]s4 ,je ne fus pas plutt v5t1 que trois ou quatre gr\pes de cavali]s se lancr5t de div]s po9ts ma p\rsuite p\r me dtr\ss]4 ,l'un d'eux me joignit ma troisime j\rne de m>*e et je fus assailli p> qu9ze ou v+t g5til%ommes masqus1 suivis d'une onde d'arg\lets4 ,me voil pris1 oblig de me r5dre et conduit au plus pais d'une =t vois9e2 et l1 dmont1 dvalis1 mes caisses f\illes1 mon c(fre arg5t saisi1 mes *evaux et t\t mon quipage disp]ss entre de n\veaux matres4 ,n\s demeurmes longtemps dans ce halli] discut] sur le montant de ma ranon qu'ils fixai5t si haut qu'on voyait bi5 que je ne leur tais gure connu1 et la "q fut gr&em5t agite entre eux si on me laiss]ait ou non la vie2 de fait1 c]ta9es circon/ances faisai5t que je c\rais un rel dang]1 ce fut le cas de montr] du c\rage et de la f]met 7,virgile74 ,je m'en t5ais t\j\rs invoqu] la trve1 ne cons5tant leur ab&onn] comme bnfice que ce dont ils m'avai5t dp\ill1 ce qui n'tait pas ddaign]1 sans v\loir promettre d'autre ranon4 ,n\s en tions l aprs deux ou trois heures de discussion1 lorsque me faisant mont] sur un *eval avec lequel je ne c\rais pas risque de leur *app]1 prposant spcialem5t ma g>de qu9ze ou v+t arquebusi]s et rp>tissant mes g5s entre d'autres1 n\s voil emm5s prisonni]s p> div]s *em9s4 ,n\s avions dj m>* la di/ance de trois ou quatre portes d'arquebuse1 et j'en tais arriv m'en remettre l'assi/ance de ,ca/or et de ,pollux 7,catulle71 qu& s\da9 il se produisit *ez eux un revirem5t bi5 inatt5du4 ,je vis rev5ir v]s moi le *ef de la b&e1 qui me p>la avec plus de c\rtoisie2 et1 se mettant en pe9e de faire re*]*] dans sa tr\pe mes h>des disp]ses1 il me fit r5dre ce qu'il put en retr\v]1 jusqu' mon c(fre arg5t4 ,le meilleur prs5t qu'il me fit1 ce fut de me remettre enf9 en lib]t1 le re/e m'important peu p>eil mom5t4 ,je ne connais pas encore bi5 la vritable cause d'un *angem5t si peu dans les habitudes1 de cette volte-face sans motif app>5t1 de ce rep5tir si extraord9aire dans une entreprise prmdite et excute de propos dlibr et ju/ifie p> les murs de l'poque1 c>1 de prime abord1 je leur avais av\ le p>ti auquel j'app>t5ais et o je me r5dais4 ,celui qui occupait le premi] rang se dmasqua1 me donna son nom et me dit plusieurs reprises que je devais ma dlivrance mon visage1 la lib]t et la f]met de mes p>oles1 qui faisai5t qu'un traitem5t semblable tait indigne de moi1 me dem&ant de lui donn] l'assurance de lui r5dre la p>eille l'occasion4 ,il e/ possible que la bont div9e v\lt us]1 p\r ma cons]vation1 de ce moy5 si alatoire2 il me s]vit encore le l5dema9 contre des emb*es pires que celles auxquelles je v5ais d'*app] et contre lesquelles les premi]s eux-mmes m'avai5t mis en g>de4 ,celui auquel j'eus affaire en cette d]nire av5ture e/ encore vivant et peut la confirm]2 l'auteur de la premire a t tu il n'y a pas longtemps4 ,la simplicit de ses int5tions1 qu'on lisait dans son reg>d et dans sa voix1 emp*ait qu'on ne prt en mauvaise "p la lib]t de ses disc\rs4 ,dans la rpression des crimes1 il n'tait pas p\r trop de svrit4--,si ma physionomie ne prv5ait en ma faveur1 si on ne lisait dans mes yeux et dans ma voix la simplicit de mes int5tions1 je ne s]ais pas demeur si longtemps sans qu'on me *]*t qu]elle ou qu'on m'(f5st1 tant donne la lib]t indiscrte que j'ai de dire tort et trav]s t\t ce qui me vi5t l'ide et de jug] tmrairem5t des *oses4 ,cette faon peut1 avec raison1 p>atre incivile et peu dans nos usages2 mais je n'ai r5contr p]sonne qui l'ait juge outrageante et mal9t5tionne1 et je n'ai pas tr\v davantage qui que ce soit que ma lib]t ait bless1 qu& c'tait de moi-mme que les propos manai5t2 c> p\r ce qui e/ des p>oles rapportes1 elles ont un t\t autre son et pr5n5t un s5s t\t diffr5t4--,aussi1 je ne hais p]sonne et suis peu encl9 (f5s] n'importe qui2 mme qu& la raison e/ en jeu1 je ne me dp>tis pas de ce s5tim5t2 et1 qu& l'occasion me mettait dans le cas de prononc] des condamnations crim9elles1 j'ai plutt fait dfaut la ju/ice3 ,je v\drais qu'on n'et pas commis de fautes1 mais je n'ai pas le c\rage de punir celles qui ont t commises 7,tite ,live74 ,on repro*ait1 dit-on1 ,ari/ote d'avoir t trop misricordieux env]s un m*ant3 ,j'ai t la vrit1 rpondit-il1 misricordieux env]s l'homme1 mais non env]s la m*ancet4 ,les jugem5ts sont d'ord9aire d'autant plus svres dans les pe9es qu'ils prononc5t1 que le mfait e/ plus horrible2 l'impression qu'il fait sur moi e/ inv]se3 l'horreur d'un premi] meurtre me fait cra9dre d'en commettre moi-mme un second1 la ha9e que je ress5s p\r la cruaut commise me fait abhorr] t\te imitation et incl9] v]s la d\ceur4 ,a moi qui ne suis qu'un p]sonnage de peu d'importance1 on peut appliqu] ce qu'on disait de ,*>ille1 roi de ,sp>te3 ,il ne saurait tre bon1 puisqu'il n'e/ pas mauvais p\r les m*ants2 ou bi5 encore1 c> ,plut>que prs5te une seconde int]prtation de ce mot1 comme il arrive de mille autres *oses qui comport5t des v]sions div]ses et contraires3 ,faut-il qu'il soit bon1 puisqu'il l'e/ mme p\r les m*ants6--,de mme que1 dans ce qui e/ licite1 je rpugne int]v5ir lorsqu'il faut m'adress] des g5s auxquels cela dplat2 qu& il s'agit de *oses illicites1 je ne me fais pas assez de consci5ce1 dire vrai1 de m'employ] qu& ceux dont cela dp5d ne s'en (f5s5t pas4 ,,*apitre ,,xiii4 ,de l'expri5ce4 ,l'expri5ce n'e/ pas un moy5 sr de p>v5ir la vrit1 p>ce qu'il n'y a pas d'vnem5ts1 d'objets absolum5t semblables2 on ne peut1 p> suite1 jug] sa9em5t p> analogie4--,il n'y a pas de dsir plus naturel que celui de connatre4 ,n\s essayons t\s les moy5s qui peuv5t n\s y am5] et1 qu& la raison n'y suffit pas1 n\s faisons appel l'expri5ce3 ,c'e/ p> diffr5tes preuves que l'expri5ce a cr l'art1 n\s montrant1 p> l'exemple d'autrui1 la voie suivre 7,manilius74 ,ce second procd e/ beauc\p mo9s sr que le premi] et mo9s digne2 mais la vrit e/ *ose de si gr& prix1 que n\s ne devons ri5 ddaign] de ce qui peut n\s y conduire4--,la raison a tant de =mes que n\s ne savons laquelle *oisir1 l'expri5ce n'en a pas mo9s2 et les consqu5ces que n\s *]*ons tir] de la comp>aison des vnem5ts n'(fr5t pas t\te c]titude1 d'autant qu'ils ne sont jamais id5tiques4 ,ce que l'on retr\ve t\j\rs dans les *oses les plus ressemblantes1 c'e/ la div]sit et la v>it4 ,comme exemple le plus typique de ressemblance p>faite1 les ,grecs1 les ,lat9s et n\s-mmes1 n\s citons celle des ufs entre eux2 il s'e/ cep5dant tr\v des g5s1 notamm5t quelqu'un ,delphes1 qui y di/+uai5t des diffr5ces1 n'en pr5ai5t jamais un p\r un autre1 et qui1 en ayant de plusieurs p\les1 savai5t reconnatre de laquelle tait l'uf4 ,la dissemblance s'introduit d'elle-mme dans nos ouvrages2 nul art ne peut ralis] une entire similitude3 ni ,p]rozet1 ni un autre ne peuv5t si soigneusem5t polir et blan*ir l'env]s de leurs c>tes1 que c]ta9s j\eurs n'arriv5t les di/+u]1 ri5 qu' les voir gliss] entre les ma9s d'un autre4 ,la ressemblance n'unifie pas au mme degr que la diffr5ce ne div]sifie4 ,la nature s'e/ fait une obligation de ne pas crer une *ose qui ne soit dissemblable de t\tes les autres de mme nature4 ,p> cette mme raison1 la multiplicit des lois e/ inutile1 jamais le lgislateur ne p\vant embrass] t\s les cas4--,c'e/ p\rquoi je ne p>tage pas l'op9ion de celui-l qui p5sait1 p> la multiplicit des lois1 brid] l'autorit des juges en leur laissant peu dcid]4 ,il ne s5tait pas que leur int]prtation laisse autant de lib]t et de *amp o se m\voir1 que leur confection4 ,c'e/ se moqu] que de croire re/re9dre nos discussions et y c\p] c\rt1 en n\s rappelant con/amm5t le texte prcis de la ,bible1 d'autant que notre esprit tr\ve p\r critiqu] le s5s qu'un autre y atta*e1 autant d'argum5ts que p\r s\t5ir notre propre int]prtation1 et que comm5t] prte non mo9s d'animosit et de discussions ac]bes qu'inv5t]4--,n\s voyons quelle tait son erreur1 c> n\s avons en ,france plus de lois qu'il n'en exi/e dans t\t le re/e du monde runi et plus qu'il n'en faudrait p\r en dot] t\s les mondes d'picure3 ,n\s s\ffrons autant des lois1 qu'on s\ffrait autrefois des crimes 7,tacite72 et p\rtant n\s avons tant laiss nos juges sur quoi op9] et dcid]1 que jamais la lib]t avec laquelle ils en us5t n'a t plus puissante et plus sc&aleuse4 ,qu'ont gagn nos lgislateurs faire *oix de c5t mille cas et faits p>ticuli]s et d'y atta*] c5t mille lois8 ce nombre n'e/ en aucune proportion avec la div]sit inf9ie des actions huma9es3 la multiplicit de nos inv5tions n'atte9dra jamais la v>it des exemples qu'on peut cit]2 en aj\t]ait-on c5t fois autant qu'il y en a dj1 qu'on ne f]ait pas que1 dans les vnem5ts v5ir1 il s'en tr\ve un seul dans le nombre si gr& de milli]s qui ont t *oisis et enregi/rs1 qui se puisse juxtapos] et app>eill] un autre si exactem5t qu'il n'y ait quelque circon/ance qui diffre et n'exige quelque modification dans le jugem5t int]v5ir4 ,il y a peu de corrlation entre nos actions1 qui sont en p]ptuelle trans=mation1 et nos lois1 qui sont fixes et immobiles4 ,le plus dsirable l'g>d de celles-ci1 c'e/ qu'elles soi5t aussi peu nombreuses1 aussi simples que possible et conues en t]mes gnraux2 et encore mieux vaudrait1 je crois1 n'en pas avoir du t\t1 que de les avoir en aussi gr& nombre que n\s les avons4 ,celles de la nature n\s procur5t plus de flicit que celles que n\s n\s donnons2 les juges les plus quitables1 ce s]ait peut-tre les premi]s v5us1 jugeant uniquem5t d'aprs les inspirations de leur raison4--,les lois de la nature n\s procur5t t\j\rs plus de flicit que celles que n\s n\s donnons2 tmo9 l'ge d'or que les potes n\s ont dpe9t1 et l'tat dans lequel n\s voyons vivre des nations qui n'en connaiss5t pas d'autres4 ,n\s en tr\vons qui1 p\r t\s juges1 ont rec\rs1 p\r tran*] leurs diffr5ds1 au premi] passant qui trav]se leurs montagnes2 d'autres qui lis5t1 les j\rs de m>*1 quelqu'un d'entre eux qui1 sur-le-*amp1 prononce sur t\s leurs procs4 ,quel dang] y aurait-il ce que les plus sages d'entre n\s rgl5t les ntres de mme faon1 selon les circon/ances et ce qui leur en semble1 sans avoir t5ir compte des prcd5ts ni des consqu5ces8 ,a *aque pi$ son s\li]1 *aque cas p>ticuli] sa solution propre4 ,le roi ,f]d9&1 envoyant des colonies aux ,indes1 faisait acte de sage prvoyance1 en prescrivant qu'il n'y ft compris aucun tudiant en jurisprud5ce1 de peur qu'avec cette sci5ce1 porte p> nature eng5dr] les alt]cations et les divisions1 le gt des procs ne vnt s'implant] dans ce n\veau monde2 il jugeait1 comme ,platon1 que jurisconsultes et mdec9s sont de mauvais lm5ts dans un pays4 ,p\r v\loir tre trop prcis1 les textes de loi sont conu en t]mes si obscurs 7obscurit laquelle aj\t5t encore1 ici comme en t\tes *oses1 les int]prtations71 qu'on n'arrive pas1 dans les contrats et te/am5ts1 =mul] ses ides d'une faon indiscutable4--,p\rquoi notre langage usuel1 si commode p\r t\t autre usage1 devi5t-il obscur et in9telligible qu& il e/ employ dans les contrats et te/am5ts2 et que des g5s qui s'exprim5t si clairem5t qu& ils p>l5t ou qu'ils criv5t1 ne tr\v5t pas1 lorsqu'il s'agit d'actes de cette nature1 possibilit de dire ce qu'ils veul5t1 sans prt] au d\te et la contradiction8 ,c'e/ p>ce que les pr9ces en cet art se sont tellem5t appliqus faire *oix de mots qui en impos5t1 de =mules si arti/em5t arranges1 ont tellem5t pes *aque syllabe1 plu* avec tant de subtilit t\s les t]mes1 que l'on s'emb>rasse et s'embr\ille dans cette inf9it de =mules et de si m5us dtails1 au po9t qu'on n'y di/+ue plus ni rgles1 ni prescriptions et qu'on n'y compr5d absolum5t ri53 ,t\t ce qui e/ divis au po9t de n'tre que p\ssire1 devi5t confus 7,snque74 ,qui a vu des enfants essayant de divis] en un nombre de fractions dt]m9 une c]ta9e quantit de vif arg5t8 plus ils le press5t1 le ptriss5t et s'+ni5t l'oblig] obir leur fantaisie1 plus ils irrit5t la fluidit de ce mtal rebelle1 qui *appe leurs ef=ts et va s'miettant en globules qui s'p>pill5t l'inf9i4 ,il en e/ ici de mme3 en multipliant les subtilits1 on appr5d aux g5s introduire de plus en plus ce qui prte au d\te1 on n\s incite t5dre et div]sifi] les difficults1 on les augm5te et on en met p>t\t4 ,en semant les que/ions qu'il faudra lucid]1 en les retaillant p\r qu'elles acquir5t plus de nettet1 on fait fructifi] et foisonn] de p> le monde l'inc]titude et les qu]elles2 telle la t]re qu'on r5d d'autant plus f]tile qu'on l'ameublit davantage et qu'on la remue plus pr(ondm5t3 ,c'e/ la doctr9e qui produit les difficults 7,qu9tili574 ,n\s d\tions avec ,ulpian1 n\s d\tons davantage encore avec ,b>?olus et ,baldus4 ,il et fallu effac] les traces de cette innombrable div]sit d'op9ions et non po9t s'en p>] et en rompre la tte la po/rit4 ,je ne sais qu'en dire2 mais on s5t p> expri5ce que tant d'int]prtations dsagrg5t la vrit et la r5d5t insaisissable4 ,ari/ote a crit p\r tre compris2 s'il ne l'e/ pas1 un autre mo9s habile que lui1 qui *]*e saisir des ides qui ne sont pas les si5nes1 y russira encore mo9s4 ,n\s mettons nu la matire1 n\s l'p&ons en la dlayant2 d'un sujet n\s en faisons mille et1 =ce de multipli] et de subdivis]1 n\s en arrivons cette inf9it d'atomes qu'avait imag9e picure4--,jamais deux hommes n'ont jug une mme *ose d'une mme faon2 et il e/ impossible de tr\v] deux op9ions exactem5t semblables1 non seulem5t *ez plusieurs hommes1 mais *ez un mme homme des heures diffr5tes4 ,ord9airem5t1 je tr\ve d\t] de po9ts sur lesquels les comm5taires n'ont pas daign s'ex]c]2 je trbu*e aism5t l o ne se prs5te aucune difficult1 comme c]ta9s *evaux que je connais1 qui bron*5t plus s\v5t dans des *em9s sans asprits4 ,qui peut ni] que les explications n'augm5t5t les d\tes et l'ignorance1 qu& on voit qu'il n'y a aucun livre soit huma91 soit div91 sur lequel t\t le monde ne s'a*>ne sans que les int]prtations mett5t f9 aux difficults8 ,le c5time comm5tateur le laisse celui qui vi5t aprs lui1 plus p9eux et plus scabreux que ne l'avait tr\v le premi] qui a entrepris de l'expliqu]4 ,qu& avons-n\s jamais dit entre n\s d'un livre3 ,ce livre a t suffisamm5t analys1 il n'y a dsormais plus ri5 en dire8--,ceci app>at encore mieux dans la *icane4 ,on donne l'autorit des lois une inf9it de docteurs1 une inf9it d'arrts1 et autant d'int]prtations3 arrivons-n\s cep5dant mettre un t]me quelconque ce beso9 d'int]prt]2 con/ate-t-on quelque progrs et a*em9em5t v]s la tranquillit2 n\s faut-il mo9s d'avocats et de juges que lorsque cette norme masse qu'e/ dev5u le droit1 en tait encore sa premire enfance8 ,au contraire n\s en obscurcissons et ensevelissons la comprh5sion1 que n\s ne dc\vrons plus qu'au trav]s de quantit de cltures et de b>rires4 ,les hommes mconnaiss5t la maladie de leur esprit3 il ne fait que furet] et tre en qute2 il va sans cesse t\rnoyant1 btissant1 s'emptrant dans sa besogne1 comme nos v]s soie1 comme une s\ris dans de la poix1 et il s'y t\ffe4 ,de lo91 il p5se rem>qu] je ne sais quelle app>5ce de cl>t et de vrit imag9aires2 mais1 p5dant qu'il y c\rt1 tant de difficults lui b>r5t la r\te1 s\levant des emp*em5ts1 de n\velles enqutes faire1 qu'elles l'g>5t et l'enivr5t2 c'e/ peu prs le cas des *i5s d'sope qui1 croyant ap]cevoir un corps mort flott] sur la m] et n'en p\vant appro*]1 entreprir5t de boire t\te l'eau p\r y arriv] sec et en crevr5t4 ,c'e/ la mme ide qu'mettait un c]ta9 ,crats1 disant des crits d',hraclite1 qu'ils avai5t beso9 d'un lecteur qui ft bon nageur1 p\r que la pr(ondeur et le poids de sa doctr9e ne l'engl\tiss5t et ne le suffoquass5t4 ,si les int]prtations se multipli5t ce po9t1 la cause en e/ la faiblesse de notre esprit1 qui1 en outre1 ne sait se fix]2 en ces sicles on ne compose plus1 on comm5te4--,c'e/ uniquem5t la faiblesse de *acun de n\s1 qui fait que n\s n\s cont5tons de ce que d'autres1 ou n\s-mmes1 avons tr\v dans cette *asse laquelle n\s n\s livrons p\r arriv] savoir2 un plus habile ne s'en cont5t]a pas4 ,il y a t\j\rs place p\r qui vi5dra aprs n\s1 et mme p\r n\s1 en n\s y pr5ant autrem5t4 ,nos inve/igations sont sans f91 n\s ne n\s arrt]ons que dans l'autre monde4 ,c'e/ signe que notre esprit e/ c\rt qu& n\s n\s dcl>ons satisfaits1 ou qu'il e/ las4 ,nul esprit gnreux ne s'arrte de lui-mme3 il va t\j\rs de l'avant et plus qu'il n'a de =ce1 il a des lans qui l'emport5t au del de ce qu'il peut2 s'il n'avance1 s'il ne presse1 ne s'accule1 ne se heurte1 ne t\rne sur lui-mme1 c'e/ qu'il n'e/ vif qu' moiti2 ses p\rsuites sont sans limite et sans =me dt]m9e2 il se n\rrit d'admiration1 de re*]*es1 d'ambigut2 ce qu'indiquait assez ,apollon1 en n\s p>lant t\j\rs en t]mes d\ble s5s1 obscurs et dt\rns qui1 ne donnant jamais ple9e satisfaction1 ne faisai5t qu'amus] et travaill] l'imag9ation4 ,n\s sommes cont9uellem5t agits d'un m\vem5t qui n'a ri5 de rguli]1 qui ne se modle sur ri5 et e/ sans b2 nos inv5tions s'*auff5t1 se succd5t et app>aiss5t sans int]ruption aucune3 ,a9si voit-on dans un ruisseau qui c\le1 une eau r\lant sans cesse aprs une autre1 dans un ordre qui e/ t]nellem5t le mme4 ,l'une suit l'autre1 l'autre la fuit2 celle-ci t\j\rs presse p> celle-l et la devanant t\j\rs4 ,t\j\rs l'eau s'c\le dans l'eau2 c'e/ t\j\rs le mme ruisseau et t\j\rs une eau n\velle 7la ,botie74 ,int]prt] les int]prtations donne plus de mal qu'int]prt] les *oses elles-mmes1 n\s faisons plus de livres sur des livres que sur des sujets autres2 n\s ne savons que n\s comm5t] les uns les autres4 ,t\t f\rmille de comm5taires1 et trs r>es sont les auteurs proprem5t dits4 ,la pr9cipale sci5ce de nos sicles1 ce qui n\s vaut le plus de rputation1 n'e/-ce pas de p\voir compr5dre les savants2 n'e/-ce pas la f9 d]nire et la plus habituelle de nos tudes8 ,nos op9ions se ent5t les unes sur les autres3 la premire s]t de tige la seconde1 la seconde la troisime1 n\s montons a9si l'*elle degr p> degr1 et il arrive de la sorte que le plus haut mont a s\v5t plus d'honneur que de mrite1 c> il ne fait que s'lev] d'un ri5 sur l'paule de l'avant-d]ni]4 ,combi5 s\v5t et peut-tre sottem5t1 ai-je fait que mon livre p>le de lui-mme8 ,c'e/ sottise1 ne s]ait-ce que p\r cette raison que j'eusse d me s\v5ir de ce que je dis des autres qui font de mme3 ,ces illades si frqu5tes1 adresses leur ouvrage1 tmoign5t que leur cur a p\r lui de t5dres s5tim5ts2 et mme lorsqu'ils le rudoi5t et affect5t de le trait] avec dda91 ce ne sont l que mign>dises et coquett]ies d'affection mat]nelle2 c'e/ ce que n\s dit ,ari/ote1 en aj\tant que l'e/ime et le mpris vis--vis de soi-mme se traduis5t s\v5t avec le mme air arrogant4 ,j'ai p\rtant une excuse3 ,c'e/ que1 sur ce po9t1 j'ai plus qu'un autre le droit de pr5dre cette lib]t p>ce que c'e/ prcism5t de moi1 de mes crits comme de t\tes mes autres actions quelles qu'elles soi5t1 que traite mon livre1 et que mon sujet veut que j'y revi5ne s\v5t2 mais je ne sais trop si cette raison1 t\t le monde v\dra l'admettre4 ,ce qu'il y a de s+uli]1 c'e/ que les discussions ne r\l5t gure que sur des que/ions de mots2 et1 si dissemblables que soi5t les *oses1 il se tr\ve t\j\rs quelque po9t qui fait que *acun les int]prte sa faon4--,en ,allemagne1 les d\tes auxquels ont donn lieu les propres ides de ,lu!r ont produit autant et plus de divisions et de discussions1 que lui-mme n'en a s\lev p> ses int]prtations des sa9tes critures4 ,les t]mes employs sont la cause de t\s nos dbats2 si je dem&e ce que veul5t dire3 nature1 volupt1 c]cle1 sub/itution1 la "q porte sur des mots1 on y rpond p> des mots4 ,qu'e/-ce qu'une pi]re8--,c'e/ un corps4 ,que quelqu'un p\rsuive3 ,et un corps1 qu'e/-ce8--,une sub/ance4--,et qu'e/-ce qu'une sub/ance8 et a9si de suite2 qui l'on int]roge de la sorte f9it p> tre hors d'tat de rpondre4 ,c'e/ un simple *ange d'expressions o l'une en remplace une autre1 et o s\v5t la seconde e/ plus inconnue que la premire2 je sais mieux ce qu'e/ un homme1 que je ne compr5ds qu& on me dit que c'e/ un animal1 un mortel1 un tre raisonnable2 p\r me dlivr] d'un d\te1 on m'en s\met trois2 c'e/ la tte de l'hydre4--,socrate dem&ait ,memnon ce que c'tait que la v]tu3 ,il y a1 lui rpondit celui-ci1 v]tu d'homme1 v]tu de femme1 de magi/rat1 d'homme priv1 d'enfant1 de vieill>d4--,voil qui va bi51 s'cria ,socrate2 n\s tions en qute d'une v]tu1 tu n\s en apportes un essaim4 ,n\s posons une "q1 on n\s en donne le cont5u d'une ru*e4--,si aucun vnem5t1 aucune =mation extrieure ne ressembl5t entirem5t d'autres1 la dissemblance1 p> un +nieux mlange opr p> la nature1 n'e/ non plus jamais complte4 ,si nos visages n'tai5t pas semblables1 l'homme ne p\rrait tre di/+u de la bte2 et s'ils se ressemblai5t1 un homme ne se di/+u]ait pas d'un autre4 ,t\tes les *oses se ti5n5t p> quelque similitude1 l'id5tit avec un exemple donn n'e/ jamais absolue2 p> suite1 la relation tire de l'expri5ce e/ t\j\rs imp>faite et en dfaut4 ,t\tefois les comp>aisons se joign5t entre elles p> quelque b\t2 c'e/ ce qui arrive aux lois que1 p> quelque int]prtation dt\rne1 =ce et indirecte1 on assortit *acun des cas qui se prs5t5t4 ,imp]fection des lois2 exemples d'actes d'inhumanit et de =faits judiciaires auxquels elles conduis5t2 combi5 de condamnations plus crim9elles que les crimes qui les motiv5t6--,les lois morales affr5tes aux devoirs p>ticuli]s de *acun vis--vis de soi-mme tant1 comme n\s le voyons1 si difficiles dress]1 il n'e/ pas tonnant que celles qui g\v]n5t des individus en si gr& nombre le soi5t plus encore4 ,considrez les =mes de la ju/ice qui n\s rgit3 elles con/itu5t un vrai tmoignage de l'imbcillit huma9e1 tant elles prs5t5t de contradictions et d'erreurs6 ,la faveur et la rigueur qu'on y tr\ve1 et il s'en tr\ve tant que je ne sais si l'imp>tialit y exi/e aussi s\v5t1 sont des maladies1 des dif=mits qui font p>tie intgrante de la ju/ice et sont dans son ess5ce4--,des paysans1 au mom5t mme o j'cris1 vi5n5t m'av]tir en t\te hte qu'ils ont ap]u l'in/ant1 dans une =t qui m'app>ti5t1 un homme meurtri de c5t c\ps1 respirant encore1 qui leur a dem& de lui donn] p> piti de l'eau et un peu d'aide p\r se s\lev]4 ,ils n'ont pas os l'appro*]1 dis5t-ils1 et se sont enfuis1 de peur d'tre attraps p> les g5s de ju/ice1 comme il arrive ceux r5contrs prs d'un homme assass91 et d'avoir r5dre compte de l'accid5t1 ce qui et t leur ru9e complte1 n'ayant ni le moy5 ni l'arg5t ncessaires p\r dmontr] leur innoc5ce4 ,que p\vais-je leur dire8 il e/ c]ta9 qu'en satisfaisant ce devoir d'humanit1 ils se fuss5t compromis4 ,combi5 avons-n\s dc\v]t d'innoc5ts qui ont t punis sans1 veux-je dire1 qu'il y ait de la faute des juges2 et combi5 y en a-t-il que n\s ne connaissons pas8--,voici un fait arriv de mon temps3 ,des g5s sont condamns mort p\r homicide2 l'arrt e/ s9on prononc1 du mo9s on e/ d'accord et ce qu'il doit port] e/ arrt4 ,l-dessus1 les juges sont in=ms p> les (fici]s d'une c\r vois9e1 ressortissant de la leur1 que des prisonni]s qu'ils dti5n5t1 av\5t catgoriquem5t cet homicide et font sur cette affaire une lumire indubitable4 ,on dlibre si1 nonob/ant1 on doit susp5dre et diffr] l'excution de l'arrt r5du contre les premi]s2 on considre la n\veaut du cas1 ses consqu5ces sur les entraves qui en rsult]ai5t p\r l'excution des jugem5ts2 on envisage que la condamnation a t juridiquem5t prononce1 que les juges n'ont aucun repro*e se faire2 en somme1 ces pauvres diables sont immols aux =mes de la ju/ice4--,philippe de ,macdo9e1 ou quelque autre1 p\rvut p>eille difficult de la manire suivante3 ,il avait1 p> un jugem5t en rgle1 condamn un homme une grosse am5de env]s un autre2 la vrit ayant t dc\v]te quelque temps aprs1 il se tr\va qu'il avait jug contrairem5t l'quit4 ,d'un ct il y avait l'intrt de la cause qui tait ju/e1 de l'autre celui des =mes judiciaires qui avai5t t bi5 obs]ves2 il satisfit aux deux1 en laissant subsi/] la s5t5ce telle qu'elle tait et comp5sant de ses propres d5i]s le dommage fait au condamn4 ,mais l1 l'accid5t tait rp>able2 mes g5s1 eux1 fur5t irrmdiablem5t p5dus4 ,combi5 ai-je vu de condamnations plus crim9elles que le crime p\r lequel elles avai5t t prononces6 ,montaigne p>tage l'op9ion des anci5s1 qu'il e/ prud5t1 qu'on soit accus tort ou raison1 de ne pas se mettre entre les ma9s de la ju/ice4 ,puisqu'il y a des juges p\r punir1 il devrait y en avoir p\r rcomp5s]4--,t\t ceci me fait s\v5ir de ces pr9cipes qui avai5t c\rs jadis3 ,celui qui veut le triomphe du droit dans les que/ions gnrales1 e/ oblig de le sacrifi] dans les que/ions de dtail2 l'inju/ice dans les affaires de peu d'importance1 e/ le seul moy5 de faire que les gr&es se rgl5t avec quit4 ,la ju/ice huma9e e/ comme la mdec9e p\r laquelle t\te *ose utile e/1 p> cela mme1 ju/e et honnte2 cela rpond ce qu'admett5t les ,/oci5s3 que la nature elle-mme1 dans la plup>t de ses uvres1 va l'encontre de ce qui e/ ju/e2 les ,cyrnaques1 que ri5 n'e/ ju/e p> soi-mme2 ce sont les c\tumes et les lois qui dt]m95t ce qui l'e/ et ce qui ne l'e/ pas2 les ,?odori5s1 que le l>c91 le sacrilge1 les actes immoraux de t\te nature sont ju/ifis aux yeux du sage1 du mom5t qu'il reconnat qu'il peut y avoir pr(it4 ,a cela1 pas de remde1 et j'en suis arriv p5s]1 comme ,alcibiade1 que je ne me livr]ai jamais1 si j'en ai la possibilit1 un homme qui a droit de vie et de mort sur moi1 devant lequel mon honneur et ma vie dp5d5t du tal5t et de l'habilet de mon avocat plus que de mon innoc5ce4--,je ne v\drais me risqu] que devant une ju/ice ayant qualit p\r connatre de mes bonnes actions comme de mes mauvaises1 de laquelle j'aurais autant espr] qu' cra9dre4 ,une indemnit n'e/ pas suffisante l'g>d d'un homme qui fait mieux encore que de ne pas commettre de faute4 ,notre ju/ice ne n\s prs5te que l'une de ses ma9s1 encore e/-ce la ma9 gau*e2 et quiconque1 quel qu'il soit1 ayant affaire elle1 s'en tire t\j\rs avec p]te4 ,en ,*9e1 les in/itutions et les arts1 qui diffr5t considrablem5t des ntres et que n\s ne connaissons qu'imp>faitem5t1 l'emport5t en plusieurs po9ts1 p> leur excell5ce1 sur ce qui se passe *ez n\s4 ,dans cet empire1 o ni les anci5s ni n\s n'avons pntr et dont1 d'aprs l'hi/oire1 la population e/ si considrable et si div]se de la ntre1 des (fici]s sont envoys p> le pr9ce p\r inspect] l'tat des prov9ces2 et1 de mme qu'ils puniss5t ceux qui commett5t des malv]sations dans leur *>ge1 ces (fici]s rcomp5s5t d'autre "p p> de relles libralits ceux qui se sont di/+us dans l'ex]cice de leurs fonctions et ont fait plus que leur devoir n'exigeait4 ,on se prs5te eux1 non seulem5t p\r satisfaire ce qu'on doit1 mais p\r tre rmunr2 non p\r tre simplem5t pay de ce qui v\s e/ d1 mais 99 encore p\r recevoir des gratifications4 ,il n'a jamais eu de dmls avec la ju/ice1 et il e/ si pris de lib]t1 qu'il irait n'importe o s'il s5tait la si5ne m5ace4--,nul juge1 ,dieu m]ci1 ne m'a encore p>l comme juge1 en quelque cause que ce soit1 n\s conc]nant moi ou un autre1 au crim9el comme au civil4 ,je ne suis jamais entr dans une prison1 pas mme p\r la visit]2 mon imag9ation m'en r5d la vue dsagrable1 mme du dehors4 ,je suis si languissant de lib]t1 que si l'on me df5dait l'accs de quelque co9 des ,indes1 j'en vivrais en quelque sorte plus mal mon aise2 et tant que je tr\v]ai un endroit o la t]re et la m] soi5t libres1 je ne sj\rn]ai pas dans un lieu o il faudrait me ca*]4 ,mon ,dieu1 que je s\ffrirais donc de la condition o je vois tant de g5s1 a/re9ts demeur] en un po9t dt]m9 du royaume1 auxquels sont int]dits l'entre des gr&es villes1 des rsid5ces royales1 l'usage des *em9s publics1 p>ce qu'ils ont transgress les lois6 ,si celles s\s lesquelles je vis1 me m5aai5t seulem5t le b\t d'un doigt1 je m'en irais immdiatem5t me rang] s\s d'autres1 o qu'il me faille all]4 ,t\te ma petite prud5ce1 je l'emploie1 durant les gu]res civiles qui n\s afflig5t1 ce qu'elles n'entrav5t pas ma lib]t d'all] et de v5ir4 ,les lois n'ont autorit que p>ce qu'elles sont lois1 et non p>ce qu'elles sont ju/es4 ,quant lui1 il a r5onc leur tude1 c'e/ lui seul qu'il tudie2 p\r le re/e1 il s'en remet simplem5t la nature4--,les lois ont de l'autorit1 non p>ce qu'elles sont ju/es1 mais p>ce qu'elles sont lois2 c'e/ la base my/rieuse de leur p\voir2 elles n'en ont pas d'autres1 celle-ci leur suffit4 ,elles sont s\v5t faites p> des sots2 plus s\v5t p> des g5s qui1 en ha9e de l'galit1 manqu5t d'quit2 mais t\j\rs p> des hommes1 qui transport5t dans leur uvre leur frivolit et leur irrsolution4 ,il n'e/ ri5 comme les lois p\r commettre aussi l>gem5t et aussi c\ramm5t de si l\rdes fautes2 quiconque leur obx p>ce qu'elles sont ju/es1 n'e/ pas dans le vrai1 c'e/ mme la seule raison qui ne puisse tre invoque4 ,les lois franaises prt5t quelque peu la ma91 p> leur drglem5t et leur laideur1 au dsordre et la corruption qui se manife/5t dans leur application et excution2 leur t5eur en e/ si peu claire et repose sur des pr9cipes si v>iables1 que ceux qui leur dsobiss5t1 qui les int]prt5t1 les appliqu5t et les obs]v5t mal1 sont excusables4 ,quelle que soit l'expri5ce que n\s ayons1 celle qui n\s vi5t de ce que n\s voyons l'trang]1 ne s]vira gure nos in/itutions1 tant que n\s tir]ons si peu de pr(it de celles que n\s n\s sommes donnes n\s-mmes1 avec lesquelles n\s sommes plus famili>iss et qui1 c]tes1 suffis5t bi5 n\s in/ruire de ce qu'il n\s faut4--,je m'tudie moi-mme plus que t\t autre sujet2 cette tude con/itue t\te ma physique et ma mtaphysique3 ,p> quel art ,dieu g\v]ne le monde8 p> quelle r\te s'lve et se retire la lune8 comm5t1 runissant son d\ble croissant1 se retr\ve-t-elle *aque mois dans son ple98 d'o vi5n5t les v5ts qui comm&5t la m] et quelle e/ l'influ5ce de celui du midi8 quelles eaux =m5t cont9uellem5t les nuages8 un j\r vi5dra-t-il qui dtruira le monde 7,prop]ce78--,*]*ez1 v\s que t\rm5te le beso9 d'appr(ondir les my/res de la nature 7,luca974 ,dans ce gr& t\t1 je m'ab&onne1 ignorant et ins\ciant1 la loi gnrale qui rgit le monde2 je la connatrai assez1 qu& j'en s5tirai les effets4 ,ma sci5ce ne peut la dt\rn] de sa r\te2 elle ne se modifi]a pas p\r moi1 ce s]ait folie de l'espr]2 folie plus gr&e encore de m'en t\rm5t]1 puisque ncessairem5t elle e/ la mme p\r t\s1 s'ex]ce au gr& j\r et s'applique t\s4 ,la bont1 la puissance de ,celui qui le dirige1 n\s d*>g5t de t\te +r5ce dans ce g\v]nem5t4 ,les re*]*es1 les contemplations des philosophes ne s]v5t d'alim5t qu' notre curiosit4 ,ils ont gr&em5t raison de n\s r5voy] aux rgles de la nature4 ,mais quoi s]t une si sublime connaissance8 ils falsifi5t ses rgles et n\s la prs5t5t elle-mme avec un visage maquill1 si haut en c\leurs et tellem5t sophi/iqu1 qu'il en rsulte t\s ces portraits si diffr5ts d'un sujet si con/amm5t le mme4--,la nature n\s a p\rvus de pi$s p\r m>*]2 n\s lui devons aussi la prud5ce1 p\r n\s guid] dans la vie4 ,cette prud5ce n'e/ pas1 comme on l'a imag91 un compos de f9esse1 de =ce et d'o/5tation2 comme la nature elle-mme1 elle e/ facile1 tranquille1 salutaire et de la plus gr&e efficacit1 comme a dit quelqu'un1 *ez celui qui a le bonheur de savoir l'employ] navem5t et propos1 c'e/--dire naturellem5t4 ,s'ab&onn] t\t simplem5t la nature1 e/ la manire la plus sage de se confi] elle4 ,oh6 que l'ignorance et l'abs5ce de curiosit con/itu5t un d\x1 un moelleux et sa9 oreill] p\r y repos] une tte bi5 pondre4 ,que ne prtons-n\s plus d'att5tion cette voix intrieure qui e/ en n\s et suffit p\r n\s guid]8 ,qu& n\s con/atons que n\s n\s sommes tromps en une circon/ance1 ne devrions-n\s pas tre en dfiance t\t jamais dans les circon/ances analogues8--,j'aim]ais mieux bi5 saisir ce qui se passe en moi1 que de bi5 compr5dre ,cicron4 ,p> l'expri5ce que j'ai de moi1 j'ai assez de quoi dev5ir sage1 si j'tais bon coli]4 ,qui se remm les accs de colre qu'il a eus et jusqu'o cette fivre l'a emport1 voit combi5 cette passion e/ laide1 plus que ne le fait ap]cevoir ,ari/ote1 et il en conoit contre elle une ha9e mieux ju/ifie4 ,qui se s\vi5t des maux qu'il a s\ff]ts1 de ceux dont il a t m5ac1 des circon/ances sans gravit qui ont pu le tr\bl]1 se prp>e p> l aux agitations futures et bi5 jug] son tat4 ,la vie de ,cs> ne n\s e/ pas d'un exemple plus efficace que la ntre2 que ce soit celle d'un emp]eur ou celle d'un homme du peuple1 c'e/ t\j\rs une vie en butte t\s les accid5ts huma9s4 ,prtons l'oreille cette voix intrieure1 elle n\s dira t\t ce qu'il n\s importe p>ticulirem5t de connatre4--,celui qui se s\vi5t de s'tre si gr&em5t et si s\v5t tromp en s'en rapportant son propre jugem5t1 n'e/-il pas un sot de n'en pas tre t\t jamais en dfiance8 ,qu& j'arrive tre conva9cu1 p> les raisons qu'on m'oppose1 que mon op9ion e/ errone1 ce n'e/ pas tant ce qui vi5t de m'tre dit et mon ignorance dans ce cas p>ticuli] que je reti5s1 ce s]ait de peu de pr(it2 c'e/ d'une faon plus gnrale ma dbilit1 la trahison de mon ent5dem5t que je con/ate1 et j'en conclus que t\t l'ensemble e/ r=m]4 ,dans t\tes mes erreurs je fais de mme et je s5s que cette rgle m'e/ de gr&e utilit dans la vie2 je ne reg>de pas1 en l'espce1 le fait comme une pi]re qui accid5tellem5t me fait bron*]2 il me rvle qu'il e/ cra9dre que mon allure ne soit1 en t\t1 autre qu'il ne faut1 et me dispose la rgl]4 ,savoir qu'on a dit ou fait une sottise1 n'e/ ri52 ce qu'il faut appr5dre c'e/ qu'on n'e/ qu'un sot1 *ose de bi5 autre consqu5ce et bi5 autrem5t importante connatre4 ,les faux pas que ma mmoire me fait si s\v5t commettre1 lors mme qu'elle e/ le plus sre d'elle-mme1 ne sont pas inutiles4 ,ma9t5ant1 elle a beau me jur] qu'elle e/ c]ta9e d'elle-mme1 je n'y crois plus2 la premire objection qu'on fait son tmoignage me met sur mes g>des1 et je n'os]ais me fi] elle p\r quelque *ose de srieux1 ni m'en port] g>ant qu& il s'agit de *oses accomplies p\r autrui2 au po9t que si ce que je fais faute de mmoire1 d'autres ne le faisai5t plus s\v5t encore p> mauvaise foi1 je croirais t\j\rs sur un fait ce qu'un autre en dit1 plutt que ce que j'en dis moi-mme4--,si *acun piait de prs les effets et les circon/ances des passions qui le dom95t1 comme je l'ai fait moi-mme p\r celles dont je suis atte9t1 il les v]rait v5ir et ral5tirait un peu leur viol5ce et leur c\rse4 ,elles ne n\s saut5t pas t\j\rs la gorge du premi] c\p2 elles comm5c5t p> n\s m5ac]1 puis n\s envahiss5t p> degr3 ,a9si l'on voit1 au premi] s\ffle des v5ts1 la m] blan*ir1 s'enfl] peu peu1 s\lev] ses ondes et bi5tt1 du fond des abmes1 port] ses vagues jusqu'aux nues 7,virgile74 ,le jugem5t ti5t *ez moi la premire place1 du mo9s s'y applique-t-il avec so94 ,il laisse mes apptits all] leur tra92 ni la ha9e1 ni l'amiti1 ni mme l'affection que je me porte moi-mme ne l'altr5t et ne le corromp5t2 et1 s'il ne peut modifi] les autres lm5ts de moi-mme comme il le conoit1 t\j\rs e/-il qu'il ne se laisse pas p]v]tir p> eux3 il fait jeu "p4 ,se connatre soi-mme e/ la sci5ce capitale2 celui qui sait1 hsite et e/ mode/e2 l'ignorant e/ affirmatif1 qu]elleur et op9itre4--,cet av]tissem5t de se connatre soi-mme doit tre p\r *acun d'une importance capitale1 puisque le dieu de sci5ce et de lumire la fit inscrire au fronton de son temple1 comme compr5ant t\t ce qu'il avait n\s conseill]2 ,platon dit que la prud5ce n'e/ autre que la mise en application de cette maxime et ,socrate1 dans ,xnophon1 la dveloppe avec gr&s dtails4 ,en t\te sci5ce1 ceux-l seuls qui s'en occup5t en ap]oiv5t les difficults et les obscurits1 c> il faut encore c]ta9e connaissance p\r rem>qu] qu'on ignore2 c'e/ en p\ssant une porte1 qu'on sait si elle n\s e/ f]me4 ,c'e/ ce qui a donn naissance cet aphorisme de l'cole de ,platon qui semble n'tre qu'un simple trait d'esprit3 ,ceux qui sav5t n'ont pas s'enqurir1 puisqu'ils sav5t2 ceux qui ne sav5t pas1 n'ont pas davantage le faire1 puisque p\r s'enqurir il faut savoir ce dont on s'enqui]t4 ,ici se connatre soi-mme signifie que1 bi5 que *acun se montre trs affirmatif1 satisfait de lui-mme et se croit suffisamm5t ent5du1 de fait il ne sait ri51 comme le dmontre ,socrate ,eu?ydme4 ,moi1 qui ne p5se pas autrem5t1 je tr\ve que ces p>oles ont une pr(ondeur et sont d'une v>it d'application si inf9ie1 que ce que j'appr5ds n'a d'autre rsultat que de me faire s5tir combi5 il me re/e appr5dre4 ,a ma faiblesse si s\v5t con/ate1 je dois ma disposition d'esprit la mode/ie1 obir aux croyances qui me sont d'obligation1 apport] un calme con/ant et de la modration dans mes op9ions1 et la ha9e que j'pr\ve p\r cette arrogance importune et qu]elleuse1 ennemie capitale de t\te discipl9e et de t\te vrit1 de ceux qui ne croi5t et ne se fi5t qu' eux-mmes4 c\tez-les pr(ess]2 les premires sottises qu'ils mett5t en avant1 ils les =mul5t dans un langage de prophte et de lgislateur3 ,ri5 n'e/ plus honteux que d'affirm] et de dcid]1 avant d'avoir compris et de savoir 7,cicron74--,ari/>que disait qu'on avait pe9e tr\v anci5nem5t sept sages dans le monde enti] et que1 de son temps1 on aurait pe9e tr\v] sept ignorants2 n'aurions-n\s pas plus de raison que lui1 de le dire de notre poque8 ,l'affirmation et l'op9itret sont des signes indniables de la btise3 tel conva9cu d'ignorance c5t fois p> j\r1 se pavane nonob/ant aussi affirmatif1 aussi enti] dans ses dires aprs qu'avant2 v\s diriez que depuis sa d]nire avanie1 on lui a infus quelque me n\velle et retremp l'ent5dem5t1 a9si qu'il arrivait cet anci5 fils de la ,t]re qui repr5ait une ardeur et une =ce n\velles dans *acune de ses *utes3 qui1 lorsqu'il avait t\* sa mre1 s5tait une n\velle vigueur r5atre dans ses membres puiss 7,luca972 cet entt imbcile p5se peut-tre repr5dre un n\vel esprit p\r recomm5c] une n\velle lutte4 ,c'e/ p> expri5ce que j'accuse l'ignorance huma9e d'tre1 d'aprs moi1 ce que produit de plus c]ta9 l'cole du monde4 ,ceux qui ne veul5t pas reconnatre qu'il en e/ a9si1 soit p> mon propre exemple1 la vrit sans consqu5ce1 soit p> le leur1 qu'ils le reconnaiss5t p> ce qu'en p5sait ,socrate1 le matre des matres1 dont ,anti/hne disait ses disciples3 ,allons1 v\s et moi1 c\t] ,socrate2 l1 je s]ai disciple au mme degr que v\s4 ,ce mme philosophe1 diss]tant sur ce dogme de la secte des ,/oci5s laquelle il app>t5ait1 que la v]tu suffit assur] le bonheur de la vie et que l'on n'avait beso9 de ri5 autre1 aj\tait3 s9on de la =ce d'me de ,socrate4 tudiant sans cesse les autres p\r se mieux connatre1 ,montaigne en tait arriv les jug] avec assez de disc]nem5t4 ,quel s]vice on r5d qui sait l'ent5dre1 de lui dire avec fran*ise ce qu'on p5se de lui6--,l'att5tion que1 depuis si longtemps1 j'apporte me considr]1 me dispose jug] aussi des autres avec assez de disc]nem5t1 et il e/ peu de *oses dont je p>le avec plus de compt5ce et de russite4 ,il m'e/ arriv s\v5t de voir et de di/+u] plus exactem5t qu'ils ne s'en r5dai5t compte eux-mmes1 les bonnes et mauvaises dispositions en lesquelles se tr\vai5t mes amis2 il en e/ que j'ai tonns p> l'exactitude de mes indications et que j'ai mis en g>de contre eux-mmes4 ,habitu depuis l'enfance tudi] ma vie en me mirant dans celle des autres1 j'ai acquis1 s\s ce rapport1 une relle aptitude les scrut]2 et1 p\r peu que j'y p5se1 je ne laisse gure *app] ri5 de ce qui se produit aut\r de moi p\vant y aid]3 cont5ances1 humeurs1 raisonnem5ts4 ,j'tudie t\t1 ce qu'il me faut vit] comme ce qu'il me faut imit]4 ,aussi1 *ez mes amis1 je reconnais1 p> ce qu'ils font1 l'tat d'me dans lequel ils se tr\v5t2 non cep5dant p\r class] en g5res et en *apitres cette inf9ie v>it d'actions si div]ses p> leur nature et leur =me1 et ratta*] ensuite ces premi]s gr\pes des classes et ordres dj dt]m9s1 c> on ne saurait dire t\s les noms1 ni di/+u] t\tes les espces1 tant le nombre en e/ gr& 7,virgile74 ,aux savants de p>l] et mettre ce qui leur vi5t l'ide en bi5 prcisant et entrant dans le dtail2 *ez moi qui ne vois que ce que l'usage m'appr5d sans qu'aucune rgle me guide1 les apprciations ne pr5n5t corps qu' la longue1 comme 99 *ose qui ne peut se dire t\t d'une fois et en bloc1 t\t n'tant pas l'unisson et p>faitem5t rgl dans les mes communes et d'ordre infrieur comme sont les ntres4 ,la sagesse e/ un btim5t solide et qui con/itue un t\t2 *aque pice y a sa place et porte sa m>que3 ,il n'y a que la sagesse qui soit t\t entire r5f]me en elle-mme 7,cicron74 ,je laisse aux arti/es1 et ne sais s'ils en vi5n5t b\t qu& il s'agit de *oses si confuses1 si tnues1 o le has>d a tant de "p1 de rang] p> catgories ces v>its inf9ies de physionomies1 de fix] nos indcisions et d'y introduire de l'ordre4 ,non seulem5t je tr\ve difficile de ratta*] nos actions les unes aux autres1 mais1 mme p\r *acune1 de lui tr\v] une qualit ess5tielle qui p]mette de la dsign] d'une manire qui lui soit propre1 tant elles app>aiss5t multiples et s\s des aspects div]s1 suivant le po9t de vue o l'on se place4--,on e/ime que les natures comme celle de ,p]se1 roi de ,macdo9e1 sont r>es3 ,son esprit ne se proccupait d'aucune faon d'tre1 il m5ait indiffremm5t t\s les g5res de vie1 et avait des habitudes si libres en leur essor et si *angeantes que ni lui-mme1 ni les autres ne p\vai5t dt]m9] ce qu'il tait4 ,cette pe9ture me p>at p\voir s'appliqu] peu prs t\t le monde1 et1 p>-dessus t\t1 quelqu'un que j'ai vu taill sur le mme modle et duquel on p\rrait1 je crois1 dire avec plus d'exactitude encore qu'il e/ mal quilibr1 allant t\j\rs sans motif plausible d'un extrme l'autre2 sa vie1 qui se passe sans clat1 ne prs5te ni rev]s1 ni contr>its srieuses2 il n'a aucune facult nettem5t c>actrise2 il e/ vraisemblable que ce qu'on p\rra en suppos] un j\r1 c'e/ qu'il affecte et s'tudie pass] p\r un tre qu'on ne peut pntr]4--,il faut des oreilles bi5 rsi/antes p\r s'ent5dre jug] fran*em5t2 et1 comme il e/ peu de monde qui puisse le s\ffrir sans mordre1 ceux qui se has>d5t n\s r5dre ce s]vice1 n\s donn5t un tmoignage d'amiti qui n'e/ pas ord9aire2 c> c'e/ aim] s9crem5t que de risqu] de n\s bless] et de n\s (f5s] p\r notre bi54 ,je tr\ve rude de jug] quelqu'un dont les mauvaises qualits l'emport5t sur les bonnes2 *ez celui qui veut jug] l'me d'autrui1 ,platon exige trois qualits3 capacit1 bi5veillance et h>diesse4 ,montaigne e/ime qu'il n'et t bon ri51 sauf p>l] librem5t un matre auquel il et t atta*1 lui dire ses vrits et faire qu'il se connt lui-mme2 p>eil c5seur bnvole et discret s]ait *ose prcieuse p\r les rois1 auxquels la g5t maudite des flatteurs e/ si p]nicieuse4--,on me dem&ait une fois quoi je p5sais que j'eusse t bon1 si on se ft avis de m'employ] qu& j'tais en ge de s]vir3 alors qu'un sang plus vif c\rait dans mes ve9es et que la vieillesse jal\se n'avait pas encore blan*i mes tempes 7,virgile74 ,a ri51 rpondis-je2 et je me p>donne volonti]s de ne savoir faire quoi que ce soit qui m'et fait l'esclave de quelqu'un4 ,mais j'eusse t capable de dire ses vrits mon matre et de contrl] ses murs1 s'il l'et v\lu4 ,je ne l'aurais pas fait en gros1 en mettant en uvre les procds des coles de philosophie1 procds dont je ne sais pas us] et que je ne vois pas avoir produit de rels *angem5ts *ez ceux qui les connaiss5t2 mais en l'obs]vant pas pas1 aux mom5ts opportuns1 jugeant p> moi-mme ses faits et ge/es1 un un1 simplem5t1 naturellem5t1 lui faisant voir ce que communm5t on p5sait de lui l'encontre de ce qu'aurai5t pu lui dire ses flatteurs4 ,il n'e/ pas un de n\s qui ne vaudrait mo9s que les rois1 s'il tait cont9uellem5t corrompu1 comme ils le sont1 p> cette engeance maudite4 ,comm5t ne le s]ai5t-ils pas1 alors qu',alex&re1 gr& roi en mme temps que gr& philosophe1 ne put s'en df5dre8 ,j'aurais eu assez de fidlit1 de jugem5t et de lib]t p\r cela4--,une semblable *>ge ne s]ait pas attitre1 sans quoi elle p]drait son efficacit et son mrite2 c'e/ un rle qui ne saurait tre dvolu indiffremm5t t\t le monde1 c> la vrit elle-mme n'a pas le privilge de p\voir tre dite t\te heure et sur t\tes *oses2 son usage1 si noble qu'il soit1 e/ circonscrit et a ses limites4 ,il arrive s\v5t1 tant donn le monde tel qu'il e/1 que la rapport] l'oreille du pr9ce1 non seulem5t ne s]t de ri51 mais peut tre nuisible1 et mme con/itu] une inju/ice son g>d2 c> on ne me f]a pas croire qu'une remontrance1 mme dicte p> un s5tim5t pieux1 ne puisse tre une faute et que l'intrt de la *ose qui la motive ne doive s\v5t cd] celui qu'il y a respect] les conv5ances4 ,je v\drais1 p\r un tel mti]1 un homme satisfait de son sort1 qui v\lt tre ce qu'il e/1 et ri5 de plus 7,m>tial71 et qui soit n dans une situation sociale moy5ne1 p>ce que d'une "p1 ne r$\tant pas de faire tort p> l son avancem5t1 il n'aurait pas cra9te de t\*] vivem5t et pr(ondm5t le cur du matre1 et que1 de l'autre1 tant de condition moy5ne1 il lui s]ait plus facile d'tre en communication avec t\tes sortes de g5s4 ,ce so9 ne devrait incomb] qu' un seul2 attribu] le privilge d'une telle lib]t et famili>it plusieurs1 entran]ait des atte9tes au respect qui aurai5t leurs inconvni5ts2 surt\t1 et p\r cette mme raison1 je requ]rais de lui le sil5ce le plus absolu4 ,un roi n'e/ pas croire qu&1 p\r se faire gloire1 il se vante de support] avec con/ance les attaques de ses ennemis1 t&is que1 p\r son pr(it et se corrig]1 il ne peut s\ffrir la lib]t de langage d'un ami qui n'a d'autre b que d'veill] son att5tion1 le re/e dp5dant de lui4 ,or1 il n'e/ pas de catgorie d'hommes qui1 plus qu'eux1 ait beso9 de s9cres av]tissem5ts mis en t\te lib]t4 ,leur vie se passe en public2 ils ont se concili] l'op9ion de tant de g5s tmo9s de leurs actes1 que1 la c\tume tant de leur taire t\t ce qui p\rrait leur faire modifi] leur manire d'tre1 ils se tr\v5t1 sans s'en ap]cevoir1 enc\rir la ha9e et la maldiction de leurs peuples p> des circon/ances qu'il leur et t s\v5t possible d'vit]1 sans mme que ce ft au dtrim5t de leurs plaisirs1 s'ils avai5t t av]tis et r$resss temps4 ,d'ord9aire leurs favoris reg>d5t leurs propres intrts plus qu' celui de leur matre2 et cela leur russit1 c> il n'e/ que trop vrai que la plup>t des s]vices qu'une vritable amiti peut r5dre un s\v]a91 sont rudes et prilleux entrepr5dre2 aussi dem&5t-ils non seulem5t beauc\p d'affection et de fran*ise1 mais encore du c\rage4 ,ses ,essais sont1 son avis1 un c\rs exprim5tal1 fait sur lui-mme1 d'ides affr5tes la sant de l'me et celle du corps2 il va donn] ci-aprs un ap]u du rgime qu'il a obs]v t\te sa vie durant4--,en somme1 t\tes ces b\tades que j'entasse ici ple-mle1 con/itu5t une sorte de recueil des essais auxquels je me suis livr dans le c\rs de ma vie2 ce qui s'y tr\ve1 affr5t la sant de l'me1 f\rnit1 sur bi5 des po9ts1 nombre d'exemples qui peuv5t in/ruire1 p\rvu qu'on pr5ne le contre-pi$ de ce que j'ai dit ou fait moi-mme4 ,quant ce qui e/ de la sant du corps1 p]sonne n'e/ mme d'en p>l] avec plus d'expri5ce que moi1 c> sur ce po9t l'expri5ce e/ *ez moi dans t\te sa puret1 elle n'y a t ni corrompue ni altre p> les pratiques de l'art1 ou p> des ides prconues2 et qu& il e/ "q de mdec9e1 elle e/ l dans son doma9e1 la raison lui cde compltem5t la place4 ,tibre disait que quiconque avait vcu v+t ans1 devait tre en tat de savoir ce qui lui tait nuisible ou salutaire1 et mme de se pass] de mdec94 ,c'e/ une manire de voir qu'il p\vait t5ir de ,socrate1 lequel recomm&ait trs =t ses disciples1 comme une tude de premire importance1 celle de leur sant2 aj\tant qu'il tait difficile qu'un homme de jugem5t s'obs]vant dans ses ex]cices1 son boire et son mang]1 ne disc]nt pas mieux que t\t mdec9 ce qui lui tait bon ou mauvais4--,la mdec9e faisant pr(ession d'avoir t\j\rs l'expri5ce p\r pi]re de t\*e dans ses oprations1 ,platon dit avec raison que p\r tre de vrais mdec9s1 il faudrait que ceux qui entrepr5n5t d'ex]c] cet art1 ai5t pass p> t\tes les maladies qu'ils veul5t gurir1 p> t\s les accid5ts et circon/ances sur lesquels ils ont prononc]4 ,il s]ait donc rationnel qu'ils ai5t eu les maladies syphilitiques p\r savoir les trait]2 et1 en vrit1 je m'en fi]ais davantage qui ce s]ait le cas1 p>ce que les autres n\s guid5t comme celui qui pe9t la m]1 les cueils et les ports1 assis devant sa table1 sur laquelle il fait en t\te scurit volu] l'image d'un navire2 mettez-le en prs5ce de la ralit1 il ne sait comm5t s'y pr5dre4 ,ils dcriv5t nos maux la manire d'un tamb\r de ville qui publie un *eval ou un *i5 p]du3 il e/1 dit-il1 de telle c\leur1 de telle taille1 a les oreilles de telle faon2 mais prs5tez-le lui1 il ne le reconnatra seulem5t pas4 ,p\r ,dieu6 que la mdec9e me soit un j\r d'un sec\rs efficace et indiscutable1 comme je cri]ais de bonne foi3 ,enf91 je reconnais une sci5ce dont je vois les effets 7,horace76 ,les arts qui promett5t de n\s t5ir le corps et l'me en sant1 n\s promett5t beauc\p1 mais aussi il n'y en a pas qui ti5n5t mo9s ce qu'ils promett5t4 ,de notre temps ceux qui ex]c5t ces pr(essions sont1 de n\s t\s1 ceux *ez lesquels on en con/ate le mo9s les effets2 t\t ce qu'on peut dire d'eux1 c'e/ qu'ils v5d5t des drogues mdic9ales2 mais qu'ils soi5t mdec9s1 on ne peut en conv5ir4--,j'ai assez vcu p\r con/at] quelles pratiques m'ont conduit aussi lo92 p\r qui v\drait en gt]1 comme j'en ai fait l'essai1 il peut me t5ir p\r mme de le r5seign]4 ,en voici quelques-unes que je relate telles que le s\v5ir m'en vi5t2 bi5 que je n'aie pas de faon de faire qui n'ait v>i suivant les accid5ts qui me sont surv5us1 il e/ cep5dant c]ta9es de ces pratiques que j'ai suivies plus que d'autres2 j'enregi/re ici celles dont j'ai u le plus s\v5t jusqu' cette heure4 ,montaigne cons]vait le mme g5re de vie qu'il ft malade ou bi5 portant2 il fuyait la *aleur manant directem5t du foy]4--,mon g5re de vie e/ le mme que je sois malade ou bi5 portant2 je fais t\j\rs usage du mme lit1 mes heures ne v>i5t pas1 je mange et bois les mmes *oses2 je n'aj\te ri51 seulem5t je me modre plus ou mo9s1 suivant ma =ce ou mon apptit4 ,ma sant1 c'e/ le ma9ti5 sans complication de mon tat habituel4 ,la maladie amne1 il e/ vrai1 une rupture d'quilibre dans un s5s1 mais si j'en croyais les mdec9s1 ils le dt]m9]ai5t dans l'autre1 et1 grce ma mauvaise =tune et leur art1 je s]ais alors compltem5t jet hors de ma r\te4--,je ne crois ri5 plus f]mem5t qu' ceci3 ,que je ne saurais tre incommod p> les *oses auxquelles je suis depuis si longtemps acc\tum2 c'e/ nos habitudes arrang] notre vie comme cela leur plat3 elles sont t\tes-puissantes cet g>d1 elles sont le breuvage de ,circ qui trans=me nos natures comme bon lui semble4 ,combi5 de nations1 trois pas de n\s1 e/im5t ridicule notre cra9te du s]e91 qui n\s p>at n\s avoir une action si nuisible2 et combi5 s'en moqu5t nos bateli]s et nos paysans6 ,v\s r5dez un ,allem& malade en le faisant c\*] sur un matelas1 comme un ,itali5 sur la plume1 et un ,franais sans rideau et sans feu4 ,l'e/omac d'un ,espagnol ne rsi/e pas la manire dont n\s mangeons2 ni le ntre boire comme les ,suisses4--,a ,augsb\rg1 un ,allem& m'a amus en s'levant contre l'incommodit de nos foy]s1 auxquels il faisait le mme repro*e que celui dont n\s usons p\r condamn] leurs poles2 et1 en vrit1 cette *aleur l\rde1 l'odeur qui1 lorsqu'ils sont *auffs1 se dgage des matriaux dont ils sont con/ruits1 port5t la tte *ez la plup>t de ceux qui n'y sont pas habitus2 c'e/ l un effet auquel j'*appe4 ,mais1 en somme1 la *aleur qu'ils donn5t e/ gale1 con/ante1 pntre p>t\t2 ils ne produis5t ni flamme1 ni fume2 on ne reoit pas1 comme *ez n\s1 le v5t qui s'introduit p> le conduit de nos *em9es2 t\t cela fait que ce mode de *auffage supporte bi5 la comp>aison avec le ntre4 ,que n'imitons-n\s l'ar*itecture roma9e8 ,on dit qu'anci5nem5t ,rome le feu se faisait en dehors et en contre-bas des maisons1 d'o la *aleur se communiquait dans t\te l'habitation p> des tuyaux qui1 logs dans l'paisseur des murs1 embrassai5t t\t le p\rt\r des locaux qu'ils devai5t *auff]1 ce que j'ai vu clairem5t dcrit dans je ne sais quel passage de ,snque4 ,mon ,allem& m'ent5dant l\] les commodits et les beauts de sa ville qui1 c]tes1 le mrite1 se mit me pla9dre de ce que je devais la quitt]1 et1 p>mi les inconvni5ts que je devais r5contr] ailleurs1 plaa en premire ligne les maux de tte que les *em9es m'y occasionn]ai5t4 ,il avait ent5du quelqu'un s'en pla9dre et s'imag9ait que cela n\s tait p>ticuli]1 ne s'ap]cevant pas p> habitude qu'il en tait de mme *ez lui4--,t\te *aleur produite p> le feu m'affaiblit et m'al\rdit2 ,ev5us disait que le feu e/ le meilleur condim5t de l'exi/5ce1 j'use de prfr5ce de t\t autre moy5 p\r *app] au froid4 ,les c\tumes d'un pays sont p>fois le contraire de celles de quelque autre nation4 ,t5dance que n\s avons all] *]*] ailleurs1 dans l'antiquit notamm5t1 des argum5ts que notre poque n\s f\rnirait amplem5t4--,n\s n'e/imons pas les v9s prov5ant du tonneau qu& dj il e/ bas2 en ,portugal1 le fumet en e/ trs pris et ces v9s sont s]vis sur la table des pr9ces4 ,de fait1 *aque nation a des c\tumes et des usages qui non seulem5t sont inconnus d'autres nations1 mais qui y p>aiss5t sauvages et tonnants4 ,quelle apprciation port] sur ce peuple1 qui ne ti5t compte que des tmoignages imprims1 qui ne croit les hommes que dans leurs livres1 et la vrit que si elle e/ d'un ge respectable8 ,nos sottises1 d'aprs lui1 acquir5t de la dignit qu& n\s les avons mises s\s presse2 et dire3 je l'ai lu1 au lieu de3 je l'ai ent5du dire1 a p\r lui une valeur bi5 autrem5t gr&e4 ,moi1 qui ai mme foi dans ce qui sort de la b\*e des hommes qu'en ce qui vi5t de leur ma91 qui sais qu'on crit aussi indiscrtem5t que l'on p>le1 et qui e/ime mon sicle autant qu'un autre des temps passs1 je crois aussi volonti]s un ami qu',aulu-,gelle et ,macrobe1 ce que j'ai vu que ce qu'ils ont crit2 et1 de mme qu'on ne ti5t pas la v]tu p\r plus gr&e p>ce qu'elle date depuis plus longtemps1 je p5se que la vrit n'e/ pas plus sage de ce qu'elle e/ plus vieille4 ,je dis s\v5t que c'e/ pure sottise de rec\rir aux exemples que n\s tr\vons l'trang] et que l'on prne tant dans les coles2 les temps actuels n\s en f\rniss5t aussi abondamm5t qu'aux poques d',homre et de ,platon4 ,l'ide contraire ne provi5drait-elle pas de ce que n\s n\s atta*ons plus l'honneur de reproduire une citation qu' la vrit de ce que n\s exposons1 comme si1 en empruntant ses argum5ts la b\tique de ,vascosan ou celle de ,plant91 on pr\vait davantage qu'en s'appuyant sur ce qui se voit dans son village8 ou bi5 encore de ce que n\s n'avons pas assez d'esprit p\r analys] et faire ressortir la valeur de ce qui se passe s\s nos yeux et l'apprci] assez f9em5t p\r en tir] des conclusions8 ,c> dire que l'autorit n\s manque p\r faire qu'on aj\te foi notre tmoignage1 ne se peut admettre2 d'autant que1 mon avis1 les *oses les plus ord9aires1 les plus communes1 les plus connues p\rrai5t1 si n\s savions tr\v] la meilleure manire de n\s y pr5dre1 n\s mettre en prs5ce des plus gr&s miracles de la nature1 et n\s f\rnir les plus m]veilleux exemples1 surt\t qu& nos obs]vations port5t sur les actions huma9es4 ,exemples de quelques s+ul>its rsultant de l'habitude4--,laissant donc1 sur ce sujet1 les exemples que je connais p> les livres1 tels que celui que cite ,ari/ote1 d',&ron l',argi5 qui trav]sait sans boire les sables arides de la ,libye1 j'ai ou dire1 devant moi1 un g5tilhomme qui a rempli honorablem5t plusieurs *>ges1 qu'il tait galem5t all sans boire1 de ,madrid ,lisbonne1 en ple9 t4 ,c'e/ un homme trs vig\reux p\r son ge et qui n'a ri5 d'extraord9aire dans les habitudes c\rantes de la vie1 si ce n'e/ de demeur]1 m'a-t-il dit1 deux ou trois mois1 voire mme une anne1 sans boire4 ,il s5t de l'altration1 mais il la laisse pass]1 et dit que c'e/ un apptit qui se dissipe aism5t de soi-mme1 et que1 lorsqu'il boit1 c'e/ plus p> caprice que p> beso9 ou plaisir4 ,autres exemples d'autre sorte4 ,il n'y a pas longtemps1 je r5contrai l'un des hommes les plus savants de ,france1 d'entre ceux possdant une gr&e =tune4 ,il travaillait dans un des co9s d'une salle qu'on lui avait g>nie de tapiss]ies1 et1 aut\r de lui1 ses valets1 sans se gn]1 faisai5t un gr& vac>me4 ,il me dit1 et ,snque en rapporte autant de lui-mme1 que ce t9tam>re lui allait =t1 ce tapage ram5ant en quelque sorte sa p5se en lui1 comme si1 p\r *app] au bruit1 il tait oblig de se repli] sur lui-mme1 de se conc5tr]1 p\r p\voir mdit]4 ,en tudiant ,pad\e1 il avait si longtemps travaill dans un local o s'ent5dai5t cont9uellem5t le r\lem5t des voitures et le tumulte de la place1 qu'il s'tait habitu non seulem5t n'en tre pas incommod1 mais ne p\voir mme s'en pass] p\r bi5 travaill]4--,socrate rpondait ,alcibiade qui s'tonnait de ce qu'il p\vait support] les criaill]ies cont9uelles de sa femme3 ,cela me fait comme1 ceux qui y sont habitus1 le bruit cont9u des norias qui s]v5t puis] l'eau4--,je suis t\t le contraire1 j'ai l'esprit impressionnable et facile di/raire2 aussi qu& je suis mal dispos1 le mo9dre b\rdonnem5t de m\*e m'e/ insupportable4 ,snque1 dans sa jeunesse1 s'tait =tem5t appliqu1 l'exemple de ,sextius1 ne ri5 mang] qui et eu vie2 cela dura un an et il s'en tr\vait bi51 n\s dit-il4 ,il y r5ona uniquem5t p\r qu'on ne le s\ponnt pas d'tre favorable c]ta9es religions n\velles1 en suivant cette rgle qu'elles prnai5t4 ,il s'tait galem5t mis1 v]s le mme temps1 comme le recomm&e ,attale1 ne plus c\*] sur des matelas cdant s\s le poids du corps et1 jusqu' la f9 de ses j\rs1 il n'en employa que de rsi/ants2 ce que l'usage faisait considr] son poque comme acte d'au/rit de sa "p1 n\s le t5ons auj\rd'hui p\r du raff9em5t4 ,nos gts sont susceptibles de se modifi] qu& n\s n\s y appliquons2 il faut faire en sorte1 surt\t qu& on e/ jeune1 de n'en avoir aucun dont n\s soyons les esclaves4--,reg>dez combi5 e/ diffr5te ma manire de vivre de celle de mes valets de f]me2 combi5 les ,scy!s et les ,indi5s diffr5t de moi comme =ce et comme t\rnure4--,j'ai retir de la m5dicit1 p\r les pr5dre mon s]vice1 des enfants qui1 bi5tt aprs1 m'ont quitt1 ab&onnant ma cuis9e et ma livre1 p\r rev5ir leur exi/5ce premire2 depuis1 j'en ai r5contr un qui1 p\r son dn]1 ramassait des m\les dans la rue et que ni mes prires1 ni mes m5aces n'ont pu dt\rn] de la saveur et de la d\ceur qu'il tr\vait vivre a9si dans l'indig5ce4 ,les gueux ont leurs magnific5ces et leurs volupts1 t\t comme les ri*es2 on dit mme qu'ils ont une hir>*ie et des dignitaires t\t comme dans l'ordre social4--,ce sont l des effets de l'entranem5t1 qui peut non seulem5t n\s am5] tel g5re de vie qu'il lui plat 7et1 dis5t les sages1 il e/ bon de s'arrt] au meilleur qui1 de ce fait1 se tr\v]a facilit71 mais aussi n\s prp>] aux *angem5ts et aux v>iations qui peuv5t surv5ir2 et c'e/ le plus noble et le plus utile des appr5tissages que n\s puissions faire4 ,les meilleures des qualits physiques qui me sont propres1 c'e/ de me prt] t\t et que ri5 ne me soit indisp5sable2 j'ai des p5*ants qui me sont plus p]sonnels1 auxquels je revi5s plus frquemm5t et qui me sont plus agrables que d'autres1 mais avec bi5 peu d'ef=ts je m'en dt\rne1 et trs aism5t j'en adopte qui sont t\t le contraire4 ,un jeune homme doit introduire du tr\ble dans ce qu'il s'e/ impos comme rgle1 af9 que sa vigueur soit t\j\rs en veil1 ne s'altre pas et n'arrive l'n]vem5t2 il n'y a pas de tra9 de vie si sot et si dbile1 que celui de qui e/ a/re9t une discipl9e et un rglem5t con/ants3 ,veut-il se faire port] jusqu' la premire borne milliaire1 l'heure e/ prise dans son trait d'a/rologie2 s'e/-il frott le co9 de l'il et lui en cuit-il1 le collyre devra tre compos d'aprs son horoscope 7,juvnal74 ,s'il m'en croit1 il ira jusqu' commettre des excs1 autrem5t la mo9dre dbau*e l'abat1 et il devi5t gnant et dsagrable en socit4 ,ce qu'il y a de plus f*eux p\r un homme du monde1 c'e/ d'tre d'une dlicatesse l'obligeant un mode d'exi/5ce p>ticuli]1 et c'e/ le cas s'il ne peut se pli] et s'assujettir t\tes les exig5ces4 ,il y a de la honte ne pas faire p> impuissance1 ou ne pas os] ce qu'on voit faire ses compagnons2 les g5s de ce tempram5t n'ont qu' re/] *ez eux et obs]v] leur rgime4 ,nulle "p une semblable attitude ne convi5t2 mais1 dans la pr(ession des armes1 c'e/ un vice capital qui ne peut s'admettre1 p>ce que l'homme de gu]re1 a9si que le disait ,philopm51 doit tre acc\tum t\tes les v>iations et irrgul>its de la vie4 ,habitudes qu'avait contractes ,montaigne dans sa vieillesse2 pass] la nuit au gr& air l'incommodait1 so9 qu'il mettait se t5ir le v5tre libre4--,quoique j'aie t dress1 autant qu'on l'a pu1 la lib]t et l'indiffr5ce1 je ne m'en suis pas mo9s1 en vieillissant1 arrt davantage p> non*alance c]ta9es manires de faire 7mon ge ne me p]met plus de me corrig]1 je ne peux dsormais que *]*] me ma9t5ir dans mon tat actuel71 et l'habitude a dj1 sans que j'y p5se1 si bi5 imprim en moi son c>actre l'g>d de c]ta9es *oses1 que c'e/ p\r moi faire des excs1 que de m'en dp>tir4--,je ne puis sans m'y entran]3 dormir la belle toile2 mang] entre mes repas2 me c\*] aprs djeun] ou s\p]1 sans mettre un assez gr& int]valle1 comme qui dirait trois 99 longues heures2 m'unir la femme1 si ce n'e/ avant de m'endormir2 entr] en sa possession1 en re/ant deb\t2 demeur] en sueur2 boire de l'eau ou du v9 purs2 re/] longtemps la tte dc\v]te2 me faire c\p] les *eveux aprs dn]2 je ne me pass]ais pas de gants plus malaism5t que de *emise2 c'e/ un beso9 p\r moi de me lav] *aque fois au sortir de table et lorsque je me lve2 avoir un ciel de lit et des rideaux me semble de premire ncessit4--,je dn]ais sans nappe1 mais il ne me sirait pas de me pass] de s]viette blan*e *aque repas1 comme cela se fait *ez les ,allem&s2 je les salis plus qu'ils ne le font1 eux et les ,itali5s1 p>ce que j'ai peu rec\rs aux cuillres et aux f\r*ettes4 ,je regrette que l'usage n'ait pas pris de faire comme j'ai vu comm5c] *ez les rois1 de *ang] de s]viette1 comme d'assiette1 t\s les s]vices4--,n\s savons que ,m>ius1 ce soldat qui a tant pe91 dev9t1 dans sa vieillesse1 =t dlicat sur la boisson et qu'il ne buvait que dans une c\pe affecte son usage p]sonnel2 moi1 je prfre galem5t c]ta9e =me de v]re1 ne bois pas volonti]s dans un v]re ord9aire1 et n'aime pas tre s]vi p> le premi] v5u2 t\t v]re en mtal me dplat auprs de ceux faits d'une matire claire et transp>5te3 il e/ beso9 que mes yeux1 dans la mesure o ils le peuv5t1 p>ticip5t la j\issance qu'pr\ve mon palais4--,c'e/ a9si que je dois l'usage c]ta9es habitudes effm9es4 ,de son ct1 la nature m'a aussi apport les si5nes1 telles que de ne p\voir faire plus de deux repas complets en un j\r1 sans sur*>g] mon e/omac2 non plus que de me pass] compltem5t de l'un d'eux1 sans avoir des v5ts1 la b\*e dess*e et mon apptit qui prote/e4--,je suis incommod si je demeure longtemps expos au s]e92 depuis quelques annes lorsque1 dans des circon/ances de gu]re1 j'y re/e t\te la nuit1 ce qui e/ c\rant1 au b\t de c9q ou six heures mon e/omac comm5ce s'en tr\v] mal1 j'pr\ve de viol5tes d\leurs de tte1 n'atte9s pas le j\r sans vomir1 et1 qu& les autres vont djeun]1 moi je vais dormir et suis ensuite aussi dispos qu'avant4 ,j'avais t\j\rs ent5du dire que le s]e9 ne tombe que lorsque vi5t la nuit2 mais un seigneur que je frqu5tais assez longuem5t et intimem5t en ces d]nires annes1 conva9cu que le s]e9 e/ plus pre et plus dang]eux qu& le soleil dcl9e1 une heure ou deux avant son c\*]1 ce qui fait qu'il l'vite ce mom5t et ne s'inquite pas de celui de la nuit1 a failli me faire p>tag] non tant son raisonnem5t que ses s5sations4 ,a9si le d\te mme et les re*]*es auxquelles n\s n\s livrons p\r n\s enqurir de ce qui e/ vrai ou de ce qui ne l'e/ pas1 agiss5t sur notre imag9ation et n\s *ang5t6--,ceux qui cd5t brusquem5t ces op9ions div]ses1 m>*5t leur ru9e complte2 aussi combi5 je pla9s quelques g5til%ommes qui1 p> la sottise de leurs mdec9s1 se sont1 dans t\te la =ce de leur jeunesse1 sque/rs de leur propre m\vem5t2 mieux vaut encore contract] un rhume1 que de ne p\voir plus jamais1 p>ce qu'on en a p]du l'habitude1 vivre de la vie commune1 dont n\s avons faire si gr& usage4 ,f*euse sci5ce vraim5t que celle qui n\s gte les heures les plus d\ces de l'exi/5ce6 ,atta*ons-n\s p> t\s les moy5s ce que n\s possdons2 le plus s\v5t on s'aff]mit dans la possession1 en s'y op9itrant1 et on corrige son tempram5t1 comme fit ,cs>1 qui triompha du haut mal =ce de le mpris] et de lui rsi/]4 ,on doit adopt] les rgles qui sont les meilleures mais non s'y assujettir1 sauf celles1 s'il en exi/e1 dont l'obs]vation e/ obligatoire et utile4 ,les rois et les philosophes ont j\rnellem5t vid] leurs inte/9s2 il en e/ de mme des plus gr&es dames4 ,ceux dont la vie se passe en public1 se doiv5t de g>d] un c]ta9 dcorum2 la mi5ne e/ obscure1 ne relve que de moi et bnficie p> suite de t\tes les lib]ts qui sont dans la nature2 en outre1 je suis soldat et gascon1 un peu sujets l'un et l'autre l'indiscrtion2 je puis donc dire de cet acte ce que j'en p5se4 ,il faut s'y livr] la nuit1 des heures dt]m9es2 on y arrive p> l'habitude en s'y a/reignant a9si que j'y suis p>v5u4 ,mais il ne faut pas s'ass]vir1 comme je l'ai fait en vieillissant1 avoir beso9 de local et de sige spcialem5t amnags p\r cet usage1 ni s'en tr\v] emp* p>ce que1 p> p>esse1 on aura trop diffr2 t\tefois1 on e/ bi5 un peu excusable de re*]*] du so9 et de la propret l comme ailleurs1 mme qu& il s'agit des *oses les plus malpropres3 l'homme e/ de sa nature un animal propre et dlicat 7,snque74 ,de t\tes les fonctions naturelles1 c'e/ celle dans laquelle il m'e/ le plus pnible d'tre int]rompu4 ,j'ai vu beauc\p de g5s de gu]re incommods p> le drglem5t de leur v5tre2 le mi5 et moi n'avons jamais failli au mom5t prcis1 qui e/ au saut du lit1 sauf qu& une pressante occupation ou une maladie n\s drang5t4 ,ce que les malades ont de mieux faire1 c'e/ de ne ri5 *ang] leur mode de vie habituel2 lui-mme ne s'e/ jamais ab/5u de ce qui lui faisait envie2 il en a t a9si des plaisirs de l'am\r1 qu'il a comm5c si jeune connatre que ses s\v5irs ne remont5t pas jusque-l4--,je ne juge donc pas1 comme je l'ai dit1 que les malades puiss5t mieux assur] leur rtablissem5t autrem5t qu'en s'en t5ant au g5re de vie dans lequel ils ont t n\rris et levs2 t\t *angem5t1 quel qu'il soit1 n\s tonne et n\s blesse4 ,p\vez-v\s croire que les *taignes puiss5t faire mal un ,prig\rd9 ou un ,lucquois1 le lait et le fromage aux g5s de la montagne8 ,en les leur int]disant1 non seulem5t v\s *angez leur mode d'exi/5ce1 mais v\s leur en imposez un contraire au leur2 c'e/ une modification laquelle mme un homme bi5 portant ne saurait rsi/]4 ,ordonnez un ,breton qui a soixante-dix ans1 de ne boire que de l'eau2 enf]mez un homme de m] dans une tuve2 df5dez la prom5ade un dome/ique basque1 c'e/ les priv] de m\vem5t et f9alem5t d'air et de lumire3 ,la vie e/-elle d'un si gr& prix1 qu'on n\s =ce r5onc] cess] de vivre p\r prolong] notre exi/5ce8 c> je ne p5se pas qu'il faille mettre au nombre des vivants1 ceux auxquels on r5d incommode l'air qu'ils respir5t et la lumire qui les claire 7,pseudo-,gallus74 ,si les mdec9s ne font pas d'autre bi51 ils font du mo9s qu'ils prp>5t de bonne heure les pati5ts la mort1 en sapant peu peu et rduisant en eux l'usage de ce que n\s (fre la vie4 ,que je fusse bi5 portant ou malade1 je me suis d'ord9aire laiss all] satisfaire mes apptits2 je donne une gr&e autorit mes dsirs et mes p5*ants2 je n'aime pas gurir le mal p> le mal1 et je hais les remdes qui m'importun5t plus que la maladie4 tre sujet la colique et oblig de m'ab/5ir du plaisir de mang] des hutres1 sont deux maux au lieu d'un2 le mal n\s tiraille d'un ct1 le rgime de l'autre4 ,puisqu'on e/ expos des mcomptes1 c\rons plutt la *ance que ce soit aprs avoir donn satisfaction ce qui n\s cause du plaisir4 ,le monde fait les *oses au reb\rs3 il s'imag9e que ri5 ne peut tre utile1 s'il n'e/ en mme temps pnible2 ce qui e/ facile1 lui e/ suspect4 ,mon apptit1 en plusieurs *oses1 s'e/ de lui-mme assez heureusem5t accommod de ce qui convi5t la sant de mon e/omac2 qu& j'tais jeune1 les sauces piquantes et releves m'tai5t agrables2 depuis1 mon e/omac s'en e/ fatigu et mon gt a aussitt fait de mme4 ,le v9 nuit aux malades1 c'e/ la premire *ose dont je me dgte et la rpugnance que j'en pr\ve e/ insurmontable4 ,t\t ce que je pr5ds de dsagrable m'e/ nuisible2 et ri5 ne me nuit1 qu& j'en ai envie et que cela me s\rit4--,aucun acte qui m'tait t\t fait agrable ne m'a caus de dommage2 aussi m'e/-il arriv de faire cd] mon plaisir1 dans une l>ge mesure1 n'importe quelle ordonnance mdicale2 et1 t\t jeune1 alors que c\v]t d'une robe clatante1 l',am\r voltigeait sans cesse aut\r de moi 7,catulle71 je me suis prt aussi lic5cieusem5t et inconsidrm5t qu'un autre aux dsirs qui m'treignai5t1 et ai acquis quelque gloire dans ce g5re de combat 7,horace7 plus1 t\tefois1 p> la p]si/ance et la dure de mon atta*em5t que p> ma vigueur3 ,a pe9e si je me s\vi5s d'y avoir triomph jusqu' six fois conscutives 7,ovide74 ,il y a c]tes du malheur et du miracle confess] combi5 j'tais jeune qu&1 p\r la premire fois1 je me r5contrai ass]vi ses lois2 ce fut bi5 un effet du has>d1 c> c'tait longtemps avant d'tre en ge de p\voir di/+u] et *oisir2 mes s\v5irs sur ce qui me t\*e ne remont5t pas si lo91 et mon cas peut m>*] de pair avec celui de ,qu>tilla1 qui ne se s\v5ait pas de sa virg9it3 ,aussi ai-je eu de bonne heure du poil s\s l'aisselle1 et ma b>be prcoce tonna ma mre 7,m>tial74--,les mdec9s font ploy]1 le plus s\v5t avec utilit1 leurs prescriptions devant la viol5ce des envies excessives qui se produis5t *ez leurs malades2 nul dsir int5se ne peut tre imag9 si trange et si p]nicieux1 que la nature ne le fasse t\rn] notre avantage4 ,et puis1 que de cont5tem5t dans la satisfaction d'une fantaisie6 cela1 suivant moi1 importe p>-dessus t\t1 ou au mo9s plus que t\te autre considration4 ,les maux les plus graves et les plus ord9aires sont ceux qui provi5n5t du fait de notre imag9ation2 et ce dicton espagnol3 ,que ,dieu me df5de contre moi-mme6 me plat div]s titres4 ,je regrette qu& je suis malade de ne pas avoir quelque dsir que j'aurais plaisir ass\vir1 la mdec9e aurait bi5 de la pe9e m'en dt\rn]2 du re/e j'en suis ma9t5ant l que1 mme qu& je suis bi5 portant1 je ne fais plus gure que v\loir et espr]2 c'e/ piti d'tre arriv cet tat de langueur et d'affaiblissem5t1 que l'on ne puisse faire que s\hait]4 ,l'inc]titude de la mdec9e autorise t\tes nos envies4--,l'art de la mdec9e n'e/ pas tellem5t bi5 fix1 que n\s ne soyons fonds faire ce qui n\s convi5t2 il *ange suivant les climats et les phases de la lune1 selon ,f]nel et selon l',escale4 ,si votre mdec9 tr\ve mauvais que v\s dormiez1 que v\s fassiez usage de v91 ou de telle vi&e1 ne v\s dsolez pas2 je v\s en tr\v]ai un autre qui ne s]a pas de son avis2 la v>it des argum5ts et des op9ions en matire de mdec9e1 embrasse t\tes sortes de =mes4 ,j'ai vu un malheureux qui1 p\r gurir1 se laissait tortur] p> la soif1 au po9t de tomb] en pmoison1 et dont se moquait plus t>d un autre mdec9 qui condamnait ce rgime1 comme nuisible2 vraim5t c'tait avoir bi5 employ sa pe9e6 ,t\t rcemm5t1 e/ mort de la pi]re un homme de cette pr(ession3 p\r combattre son mal1 il avait rec\rs une ab/95ce complte2 ses confrres dis5t que ce jene lui tait absolum5t contraire1 qu'il l'avait ass* et lui avait cuit le sable dans les rognons4 ,montaigne avait un timbre de voix lev2 dans la vie c\rante1 l'intonation de notre voix e/ rgl] suivant l'ide qu'on veut r5dre4--,j'ai con/at que lorsque je suis bless ou malade1 caus] m'agite et me nuit autant que t\t ce que je puis faire de dsordonn2 j'ai pe9e p>l] et cela me fatigue1 p>ce que mon timbre de voix e/ lev et dem&e un ef=t1 si bi5 que1 s\v5t1 lorsqu'il m'e/ arriv de p>l] l'oreille de hauts p]sonnages1 les entret5ant d'affaires importantes1 je les ai mis dans la ncessit de me dem&] de baiss] la voix4 ,voici une anecdote plaisante3 ,quelqu'un1 dans une cole grecque1 p>lait sur un ton lev comme je fais moi-mme2 le matre de crmonies lui m&a de p>l] mo9s haut3 ,qu'il m'envoie1 rpondit-il1 le ton sur lequel il veut que je p>le4 ,a quoi1 l'autre lui rpliqua qu'il prt le ton des oreilles de celui auquel il s'adressait4 ,c'tait bi5 dit1 s\s condition que cela signifit3 ,p>lez suivant ce que v\s avez trait] avec votre auditeur2 si au contraire il avait v\lu dire3 ,il suffit qu'il v\s ent5de1 rglez votre son de voix en consqu5ce1 je ne tr\ve pas qu'il et t dans le vrai4--,le ton et le m\vem5t de la voix conc\r5t en effet l'expression et la signification de ce qui se dit2 c'e/ celui qui p>le la conduire p\r lui faire exprim] ce qu'il veut4 ,il y a un ton de voix p\r in/ruire1 un autre p\r flatt]1 un autre p\r tanc]2 non seulem5t il faut que la voix p>vi5ne qui l'on s'adresse1 mais il faut p>fois qu'elle le frappe1 le transp]ce4 ,qu& je rprim&e mon dome/ique avec une duret de ton m>quant mon mcont5tem5t1 il f]ait bon qu'il vnt me dire3 ,mon matre1 je v\s ent5ds p>faitem5t1 p>lez plus d\cem5t4 ,il y a une sorte de voix faite p\r l'oreille1 non tant p> son t5due que p> sa proprit 7,qu9tili574 ,la p>ole app>ti5t moiti celui qui p>le1 moiti celui qui l'c\te2 celui-ci doit se dispos] la recevoir d'aprs le s5s qu'elle exprime1 comme au jeu de paume o le j\eur qui reoit la balle1 s'apprte et se meut dans un s5s ou dans un autre1 selon qu'il voit le ge/e de celui qui l'envoie et suivant la =me du c\p4 ,les maladies1 comme t\t ce qui a vie1 ont leurs volutions dont il faut att5dre patiemm5t la f92 laissons faire la nature1 n\s luttons en va92 ds notre naissance1 n\s sommes v\s la s\ffrance et1 arrivs la vieillesse1 l'effondrem5t e/ =c4--,l'expri5ce m'a encore appris que n\s n\s p]dons p> notre peu de pati5ce4 ,les maux ont leur vie1 des limites dt]m9es1 leurs maladies et leur tat de sant4 ,la con/itution des maladies e/ =me sur le mme modle que celle des animaux3 elles ont leur volution1 leur dure fixes ds leur orig9e2 qui essaie de les abrg] en t5tant de leur impos] de =ce sa volont qu& elles n\s ti5n5t1 les allonge et les multiplie1 les excite au lieu de les apais]4 ,je suis de l'avis de ,crantor3 ,qu'il ne faut pas contrec>r] les maux avec ob/9ation et t\rdim5t1 ni leur laiss] pr5dre le dessus p> manque d'n]gie2 mais qu'il faut leur cd] naturellem5t1 suivant l'tat qu'ils prs5t5t et celui dans lequel n\s sommes4 ,on doit livr] passage aux maladies1 et je tr\ve qu'elles s'arrt5t mo9s *ez moi1 p>ce que je les laisse faire2 j'ai t db>rass de c]ta9es qui passai5t p\r op9itres et t5aces1 elles se sont ues d'elles-mmes sans que j'y aide1 sans que l'art int]vi5ne et mme contre ses rgles4 ,laissons un peu faire la nature1 elle ent5d mieux ses affaires que n\s4 ,mais un tel en e/ mort6 v\s dit-on4 ,c'e/ vrai et v\s f]ez de mme2 si ce n'e/ de ce mal1 ce s]a d'un autre4 ,combi5 n'y ont pas *app qui avai5t trois mdec9s leurs tr\sses6 ,l'exemple e/ un miroir o t\t se reflte vaguem5t et s\s t\s les aspects4 ,si la mdec9e qui v\s e/ (f]te e/ agrable1 acceptez-la1 c'e/ t\j\rs autant de bi5 acquis p\r le mom5t prs5t2 je ne m'arrt]ai ni au nom ni la c\leur si elle e/ dlicieuse et apptissante1 le plaisir e/ une des pr9cipales =mes s\s lesquelles se manife/e le pr(it4--,j'ai laiss vieillir et m\rir en moi1 de mort naturelle1 des rhumes1 des attaques de g\tte1 des rel*em5ts d'entrailles1 des battem5ts de cur1 des migra9es et autres accid5ts qui m'ont ab&onn qu& j'tais dj moiti rsign leur compagnie2 on s'en db>rasse plus en usant de c\rtoisie1 qu'en les bravant4 ,il faut support] avec rsignation les lois inhr5tes notre condition2 n\s sommes faits p\r vieillir1 n\s affaiblir1 tre malades en dpit de t\te mdec9e4 ,c'e/ la premire leon que les ,mexica9s font leurs enfants qu&1 au sortir du v5tre de leur mre1 ils les accueill5t en disant3 ,enfant1 tu es v5u au monde p\r endur]2 endure1 s\ffre et tais-toi4 ,il n'e/ pas ju/e de se pla9dre de ce qu'il arrive quelqu'un1 ce qui peut arriv] *acun3 ,pla9s-toi1 mais seulem5t si l'on applique toi seul une loi qui soit inju/e 7,snque74 ,voyez un vieill>d qui dem&e ,dieu de lui ma9t5ir sa sant entire et vig\reuse1 autrem5t dit de lui r5dre sa jeunesse2 n'e/-ce pas folie8 son tat ne le comporte pas3 ,ins5s1 p\rquoi1 dans tes vux purils1 dem&] des *oses irralisables 7,ovide78 ,la g\tte1 la gravelle1 les indige/ions1 sont l'apanage d'un ge avanc1 comme la *aleur1 les pluies1 les v5ts1 celui des longs voyages4 ,platon ne croit pas qu',esculape se soit mis en pe9e de *]*]1 p> les rgimes qu'il prescrivait1 faire dur] la vie dans un corps gt et affaibli1 inutile son pays1 hors d'tat de remplir ses fonctions et de produire des enfants sa9s et robu/es2 et il ne tr\ve pas qu'un p>eil rle puisse conv5ir la ju/ice et la prud5ce div9es1 qui doiv5t t\t conduire en vue d'un b utile4 ,mon bonhomme1 c'en e/ fait2 on ne saurait v\s r$ress]2 p\r le re/e1 on v\s repltr]a1 on v\s tanonn]a un peu1 on prolong]a mme vos misres de quelques heures1 comme fait celui qui1 p\r s\t5ir un btim5t1 l'taie dans les endroits o il m5ace ru9e2 mais un j\r vi5t o t\t l'assemblage v5ant se rompre1 les tais s'cr\l5t s\s l'difice 7,pseudo-,gallus74 ,il faut appr5dre s\ffrir ce qu'on ne peut vit]4 ,notre vie e/ compose1 comme l'h>monie des mondes1 d'lm5ts contraires et de tons v>is3 d\x et /rid5ts1 aigus et sans sonorit1 grles et graves2 le musici5 qui aim]ait les uns et dlaiss]ait les autres1 quel p>ti p\rrait-il en tir]8 ,il faut qu'il sa*e us] de t\s simultanm5t et les ml]4 ,n\s devons faire de mme des bi5s et des maux1 c> ils sont p>ties intgrantes de notre vie2 notre tre n'e/ possible qu'avec ce mlange1 les uns ne sont pas mo9s ncessaires que les autres4 ,essay] de ragir contre cette ncessit1 c'e/ r5\vel] l'acte de folie de ,ctsiphon qui entrepr5ait de lutt] c\ps de pi$ avec sa mule4 ,je consulte peu qu& je s5s que ma sant s'altre1 p>ce que les mdec9s abus5t trop1 qu& ils n\s ti5n5t leur m]ci2 ils n\s rebatt5t les oreilles de leurs prono/ics4 ,il m'e/ arriv autrefois d'avoir t surpris p> eux aux prises avec le mal2 ils m'ont outrageusem5t accabl de leur sci5ce et de leurs airs d'importance1 me m5aant tantt de viol5tes d\leurs1 tantt de mort pro*a9e4 ,je n'en tais ni abattu1 ni dcont5anc1 mais froiss et excit2 et si mon jugem5t mme ne s'en tr\vait ni modifi1 ni tr\bl1 j'en tais cep5dant quelque peu gn2 puis1 il faut entr] en lutte avec eux1 et il en rsulte t\j\rs de l'agitation4 ,dans ses maux1 ,montaigne aimait flatt] son imag9ation3 atte9t de gravelle1 il s'applaudit que ce soit s\s cette =me qu'il ait pay] son tribut 9vitable l'ge2 c'e/ une maladie bi5 porte1 qui ne le prive pas de t5ir sa place dans la socit et le prp>e ins5siblem5t la mort4--,je suis aux petits so9s avec mon imag9ation2 si je le p\vais1 je la d*>g]ais de t\te pe9e et de t\te conte/ation2 il faut la sec\rir et la flatt]1 la tromp] mme1 si on le peut4 ,c'e/ une t*e laquelle mon esprit s'ent5d1 il n'e/ pas en pe9e de tr\v] de bonnes raisons p\r t\tes *oses1 et s'il p]suadait comme il pr*e1 il me s]ait d'un trs heureux sec\rs4 ,en dsirez-v\s un exemple8 voici le langage qu'il ti5t3 ,c'e/ p\r mon plus gr& bi5 que j'ai la gravelle4 ,des crevasses se produis5t naturellem5t dans les difices qui ont mon ge2 ce mom5t1 ils sont arrivs au po9t o ils se disjoign5t et p]d5t leur aplomb2 c'e/ une loi commune1 et il n'a pas t fait un n\veau miracle en ma faveur4 ,c'e/ l une r$evance que je paie la vieillesse et je ne saurais m'en tir] meilleur compte4 ,l'accid5t qui m'arrive e/ celui auquel sont le plus sujets les hommes de mon temps1 et cela doit me consol] d'tre en compagnie2 p>t\t se voi5t des g5s affligs de ce mal1 et leur socit m'en e/ d'autant plus honorable qu'il s'attaque plus volonti]s aux gr&s2 p> ess5ce1 il a de la noblesse et de la dignit4 ,p>mi les hommes qui en sont frapps1 il en e/ peu qui s'en tir5t meilleur m>* que moi1 c> il leur en cote la pe9e de suivre un rgime dsagrable et l'ennui de drogues pr5dre *aque j\r1 t&is que je dois ma bonne =tune1 grce des dames qui1 plus gracieusem5t que mon mal n'e/ d\l\reux1 m'avai5t (f]t la moiti de celui dont elles tai5t atte9tes elles-mmes1 de n'avoir jamais aval qu' deux ou trois reprises diffr5tes1 quelques-unes de ces infusions de panicaut et de turquette dont l'usage e/ c\rant1 qui m'ont p>u faciles pr5dre et ont t du re/e sans effet4 ,mes compagnons de misre ont acquitt] mille vux qu'ils ont faits ,esculape et pay] autant d'cus leur mdec91 p\r obt5ir cet c\lem5t ais et abondant de sables1 dont je suis s\v5t r$evable la nature4 ,la dc5ce de ma t5ue1 qu& je suis en socit1 ne s'en ress5t mme pas2 je puis demeur] dix heures sans ur9]1 aussi longtemps que quelqu'un bi5 portant4--,la cra9te de ce mal1 aj\te mon esprit1 t'effrayait autrefois qu& il t'tait inconnu2 les cris et le dsespoir de ceux qui l'exagr5t p> leur manque de rsignation te le faisai5t pr5dre en horreur4 ,c'e/ un mal qui frappe les membres p> lesquels tu z le plus p*1 tu es un homme de consci5ce3 ,le mal qu'on n'a pas mrit1 e/ le seul dont on ait droit de se pla9dre 7,ovide74 ,reg>de celui-ci comme un *tim5t2 il e/ si d\x auprs de tant d'autres qui p\vai5t t'atte9dre1 qu'il tmoigne d'une faveur t\te pat]nelle2 considre combi5 il e/ t>dif2 il n'incommode et n'occupe que l'poque de ta vie qui1 d'une manire ou d'une autre1 e/ dsormais p]due et /rile2 elle remplace1 comme si c'tait une *ose conv5ue l'avance1 la lic5ce et les plaisirs de la jeunesse4 ,la cra9te1 la piti que ce mal inspire communm5t e/ p\r toi un motif de gloire1 faiblesse dont tes amis retr\v5t encore quelques traces en toi1 bi5 que ton jugem5t en fasse fi et que ta raison en soit gurie4 ,il y a du plaisir ent5dre dire de soi3 ,quelle n]gie6 ,quelle pati5ce6 ,on te voit puis de s\ffrance1 plir1 r\gir1 trembl]1 vomir jusqu'au sang1 s\ffrir de contractions et de convulsions tranges1 de grosses l>mes tomb] p>fois de tes yeux1 r5dre des ur9es paisses1 noires1 effrayantes1 ou les avoir arrtes p> quelque pi]re aux artes aigus qui lab\r5t et cor*5t cruellem5t le canal de l'urtre2 et nonob/ant1 tu t'entreti5s avec les assi/ants1 cons]vant ta cont5ance d'habitude1 plaisantant p> mom5ts avec ceux qui t'ent\r5t1 t5ant ta place dans une conv]sation srieuse1 dm5tant tes d\leurs p> ta p>ole et triomphant de tes s\ffrances6 ,te s\vi5t-il de ces g5s des temps passs1 qui re*]*ai5t les maux avec tant d'avidit1 af9 de t5ir leur v]tu en hale9e et lui donn] sujet de s'ex]c]8 ,suppose que ce soit p\r te faire pr5dre place dans les rangs glorieux de cette cole1 dans laquelle tu ne s]ais jamais entr de ton ple9 gr1 que la nature t'a mis en cet tat4--,si tu me dis que c'e/ un mal dang]eux et mortel1 t\s autres ne sont-ils pas dans le mme cas8 c> c'e/ une tromp]ie de la mdec9e que d'en except] qui1 d'aprs elle1 ne mn5t pas directem5t la mort2 qu'importe qu'ils y conduis5t accid5tellem5t et si1 glissant et biaisant1 ils gagn5t ins5siblem5t mais srem5t la voie qui y mne6 ,tu ne meurs pas de ce que tu es malade1 tu meurs de ce que tu es vivant2 la mort n'a pas beso9 de l'int]v5tion de la maladie p\r te tu]4 ,*ez c]ta9s1 les maladies ont loign la mort2 ils ont vcu plus longtemps1 p>ce qu'il leur semblait sans cesse tre m\rants2 d'autant qu'il en e/ des maladies comme des plaies1 il y en a qui sont des remdes et sont salutaires4 ,la colique e/ frquemm5t aussi vivace que n\s2 on voit des hommes *ez lesquels elle a p]si/ depuis leur enfance jusqu' leur plus extrme vieillesse2 et s'ils ne lui euss5t fauss compagnie1 elle les et accompagns plus lo9 encore2 v\s la tuez plus s\v5t qu'elle ne v\s tue4 ,et lors mme qu'elle te s]ait un indice de mort pro*a9e1 ne r5drait-elle pas s]vice un homme de ton ge1 en lui donnant rfl*ir sur sa f9 d]nire8--,enf91 et c'e/ ce qu'il y a de pire1 ri5 ne peut plus te gurir4 ,arrange-toi donc comme tu v\dras2 au premi] j\r1 la loi commune te rclam]a4 ,considre avec quel art et combi5 d\cem5t ta maladie te dgte de la vie et te dta*e du monde1 non avec viol5ce et tyrannie1 a9si qu'il arrive de tant d'autres maux que tu vois aux vieill>ds qu'ils ti5n5t cont9uellem5t entravs p> leur faiblesse et leurs d\leurs sans leur laiss] aucun rpit1 mais p> des av]tissem5ts et des enseignem5ts rpts int]valles entremls de longs mom5ts de repos1 comme p\r te donn] le moy5 de mdit] et de repass] sa leon ton aise4 ,p\r te p]mettre de bi5 jug] et de pr5dre ton p>ti en homme de cur1 elle t'expose l'tat complet de la situation1 en bi5 comme en mal1 et dans un mme j\r te fait une vie tantt allgre1 tantt insupportable4 ,si tu n'tre9s pas la mort1 du mo9s tu mets ta ma9 dans la si5ne une fois *aque mois1 ce qui te donne l'esprance qu'un j\r elle t'attrap]a sans m5ace pralable4 ,tu auras t si s\v5t conduit jusqu'au port que1 confiant qu'il en s]a t\j\rs a9si1 v\s v\s tr\v]ez1 toi et ta confiance1 avoir pass l'eau sans v\s en ap]cevoir4 ,on n'e/ pas fond se pla9dre des maladies qui p>tag5t loyalem5t le temps avec la sant4 ,passant habituellem5t p> les mmes phases1 on sait au mo9s avec elle quoi s'en t5ir2 et1 si les crises sont p>ticulirem5t pnibles1 quelle ineffable s5sation qu& d'un in/ant l'autre le bi5-tre succde la d\leur6--,je suis reconnaissant la =tune de ce qu'elle me livre si s\v5t assaut avec les mmes armes3 elle m'y faonne1 m'y dresse p> l'usage1 m'y endurcit et m'y habitue2 je sais peu prs ma9t5ant quelles conditions j'en suis quitte4 ,faute de mmoire naturelle1 je m'en cre sur le papi]2 ds qu'il survi5t dans mon mal quelque symptme n\veau1 je le mets p> crit1 de telle sorte qu' cette heure1 tant pass p> peu prs t\s les cas qui peuv5t se produire1 si j'ai quelque d\te sur ce qui me m5ace1 je consulte1 comme des livres sibyll9s1 ces notes dc\sues1 o je ne manque jamais de tr\v] dans mon expri5ce du pass1 quelque prono/ic favorable qui me console4 ,l'habitude me p]met aussi d'espr] mieux p\r l'av5ir1 c> ces vacuations se produis5t depuis si longtemps dj1 qu'il e/ croire que la nature ne modifi]a pas la faon dont elles s'opr5t et qu'il ne m'advi5dra ri5 de pire que ce que je ress5s4 ,en outre1 les effets de cette maladie s'accord5t assez avec mon tempram5t vif et aimant en v5ir promptem5t au fait4 ,qu& ses attaques sont peu int5ses1 elle me fait peur1 p>ce qu'alors elles se prolong5t2 si au contraire1 sans que je les aie provoqus1 ses accs sont viol5ts et bi5 francs1 elle me sec\e de fond en comble1 mais ce n'e/ l'affaire que d'un j\r ou deux4--,mes re9s sont demeurs qu>ante ans sans que j'en s\ffre2 depuis tantt quatorze ans cela a *ang4 ,n\s avons nos priodes de maladie1 comme il y a des priodes de sant1 et peut-tre cet accid5t t\*e-t-il sa f94 ,l'ge a affaibli la *aleur de mon e/omac2 la dige/ion s'en tr\vant mo9s bi5 faite1 les matires arriv5t aux re9s mo9s bi5 travailles2 p\rquoi ne p\rrait-il pas arriv] qu'un phnomne v5ant affaiblir la *aleur des re9s au po9t qu'ils ne puiss5t plus produire ces concrtions pi]reuses1 la nature doive p\rvoir cette purgation p> une autre voie8 ,les ans ont inconte/ablem5t t>i en moi bi5 des rhumes2 p\rquoi ne t>irai5t-ils pas aussi ces rsidus dont se =me le gravi]8--,autre considration3 ,e/-il ri5 de si d\x que cette s\da9e trans=mation1 qu& d'une d\leur excessive j'en arrive1 aprs l'vacuation de ces calculs1 rec\vr]1 avec la s\da9et de l'clair1 cette belle lumire qu'e/ la sant1 si nette1 si complte1 a9si que cela advi5t la suite de mes plus s\da9es et d\l\reuses coliques6 ,y a-t-il ri5 dans la d\leur dont je s\ffrais1 qui puisse contrebalanc] le plaisir que j'pr\ve d'un revirem5t aussi rapide8 ,combi5 la sant me semble plus belle aprs la maladie dont elle e/ si vois9e1 si contigu1 qu'il me semble les voir en prs5ce l'une de l'autre1 t\tes deux au plus =t de leur int5sit1 s'ef=ant qui mieux mieux de se t5ir tte et de se contrec>r]6 ,de mme que les ,/oci5s dis5t que les vices ont leur utilit et ont t introduits p\r donn] du prix la v]tu et la mettre en relief1 avec mo9s de h>diesse et plus de raison n\s p\vons dire que la nature n\s prte la d\leur p\r faire honneur la volupt et la tranquillit1 et n\s les faire mieux apprci]4 ,qu& ,socrate eut t db>rass de ses f]s1 et qu'il pr\va cette s5sation agrable d'tre dlivr de l'eng\rdissem5t que leur poids lui causait dans les jambes1 il se plut con/at] l'troite alliance de la d\leur avec la volupt1 si intimem5t associes l'une l'autre que t\r t\r elles se succd5t et s'eng5dr5t rciproquem5t1 aj\tant que1 p\r ce bon sope1 il y aurait eu l matire une belle fable4 ,la gravelle a encore l'avantage sur d'autres maladies de ne pas entran] d'autres maux sa suite1 de laiss] au pati5t l'usage de ses facults1 la possibilit de vaqu] ses occupations1 mme ses plaisirs1 et de ne pas altr] sa tranquillit d'esprit1 s'il ne prte pas l'oreille ce que peuv5t lui reprs5t] les mdec9s4--,ce que je vois de pire dans les autres maladies1 c'e/ qu'elles ne sont pas aussi graves dans leurs effets que dans leur issue2 on e/ un an se refaire1 sans cess] d'tre en proie la faiblesse et la cra9te4 ,il y a tant de has>d1 tant de degrs fran*ir p\r se tir] compltem5t d'affaire1 qu'on n'y arrive pas2 avant qu'on v\s ait enlev les b&ages dont v\s tiez affubl1 qu'on v\s ait db>rass de votre bonnet1 qu'on v\s ait r5du l'usage de l'air1 du v91 de votre femme1 des melons1 c'e/ gr& miracle si v\s n'tes pas retomb en quelque autre misre4 ,mon mal a cet avantage qu'il disp>at du c\p1 alors que les autres laiss5t t\j\rs quelque impression et altration qui r5d5t le corps susceptible de contract] une autre maladie1 t\tes se prtant la ma9 les unes aux autres4--,p>mi nos maux1 ceux qui se cont5t5t de pr5dre pi$ *ez n\s sans *]*] s't5dre et y introduire t\te leur squelle1 sont excusables2 mais ceux-ci sont c\rtois et gracieux1 dont le passage n\s e/ de quelque utile consqu5ce4 ,depuis que j'ai ma colique1 je suis1 ce me semble1 plus que p> le pass1 exempt d'autres accid5ts2 c'e/ a9si que depuis je n'ai plus de fivre1 je me figure que les vomissem5ts excessifs et frqu5ts que j'ai1 me purg5t2 d'autre "p1 les dgts que j'pr\ve1 les jenes extraord9aires p> lesquels je passe1 font que mes humeurs malignes se rsolv5t1 et que la nature vide dans ces pi]res ce qu'elle a de sup]flu et de nuisible4 ,qu'on ne vi5ne pas me dire que c'e/ une mdec9e qui m'e/ v5due trop *]2 qu'e/-ce auprs de ces breuvages s5tant si mauvais1 des cautres1 des incisions1 des sues1 des stons1 des dites et de tant d'autres modes de traitem5t qui1 au lieu de n\s gurir1 n\s apport5t s\v5t la mort1 p>ce que n\s ne p\vons rsi/] leur viol5ce et leur importunit8 ,de la sorte1 dans mes crises1 je me dis que c'e/ une mdec9e qui opre2 en dehors d'elles1 je me considre comme compltem5t et t\t jamais dlivr4 ,voici encore un des avantages p>ticuli]s de mon mal3 c'e/ qu' peu de *ose prs1 il fait son jeu "p et me laisse faire le mi51 dans lequel il n'entre que si le c\rage vi5t me manqu]2 alors que j'en s\ffrais le plus1 je suis re/ dix heures *eval4 ,avec lui1 il suffit de s\ffrir2 p\r le re/e3 j\ez1 s\pez1 faites ceci et encore cela si v\s le p\vez1 vos dbau*es v\s s]ont plus utiles que nuisibles1 dites donc quelqu'un atte9t de la vrole1 de la g\tte ou qui a une h]nie1 de faire de mme6 ,les autres maladies n\s impos5t des obligations de t\tes natures1 entrav5t bi5 autrem5t nos occupations1 tr\bl5t t\t notre organisme et il n\s faut en t5ir compte dans t\s les actes de la vie2 celle-ci ne fait que n\s p9c] la peau1 elle laisse notre disposition notre ent5dem5t et notre volont1 et aussi la langue1 les pi$s1 les ma9s2 elle v\s veille plus qu'elle ne v\s ass\pit4 ,l'me e/ atte9te qu& n\s avons la fivre2 l'pilepsie la t]rasse2 une viol5te migra9e la rduit l'impuissance2 en un mot elle e/ influ5ce p> t\te maladie qui a action sur notre tre t\t enti] et sur ses p>ties les plus nobles4 ,dans mon cas1 elle n'e/ pas inquite ou1 si elle vi5t l'tre1 c'e/ de sa faute1 c'e/ qu'elle se trahit elle-mme1 qu'elle s'ab&onne et se dmonte4 ,il n'y a que les f\s p\r se laiss] p]suad] que ces corps durs et ple9s1 qui se =m5t dans les rognons1 peuv5t se diss\dre p> des breuvages2 qu& ils vi5n5t se mettre en m\vem5t1 il n'y a ri5 autre faire qu' leur livr] passage1 d'autant qu'ils se l'ouvrirai5t bi5 eux-mmes4 ,je con/ate encore dans mon mal cette supriorit1 c'e/ qu'il n\s laisse peu dev9]2 avec lui1 n\s sommes exempts du tr\ble dans lequel les autres maux n\s jett5t p> l'inc]titude que n\s avons sur leurs causes1 leurs effets et leurs progrs1 tr\ble qui e/ inf9im5t pnible4 ,ici1 n\s n'avons que faire des consultations des docteurs2 ce que n\s en ress5tons n\s montre en quoi le mal consi/e et o il gt4 ,p> ces argum5ts1 les uns =ts1 les autres faibles1 et agissant comme fit ,cicron propos de sa vieillesse1 cette autre maladie1 je t*e d'endormir et d'amus] mon imag9ation1 j'essaie de graiss] mes plaies4 ,si dema9 elles s'aggrav5t1 dema9 j'y p\rvoirai p> d'autres *appatoires4--,ce qu'il y a de vrai1 c'e/ que depuis peu de temps1 les plus lg]s m\vem5ts font que je r5ds p> les re9s du sang t\t pur2 p\r quelle raison8 ,cela ne m'emp*e p\rtant pas de me m\voir comme aup>avant et de suivre mes *i5s la *asse avec une ardeur t\te juvnile et que ri5 n'arrte2 c'e/ avoir bi5 facilem5t raison d'un aussi grave accid5t1 qui ne me cause qu'une l\rdeur un peu plus prononce et de l'irritation dans la p>tie du corps qui en e/ le sige4 ,cette recrudesc5ce du mal doit prov5ir de quelque grosse pi]re qui comprime mes rognons et se =me leurs dp5s2 cet organe1 et avec lui ma vie1 se vide a9si peu peu1 non sans que j'en pr\ve un s\lagem5t naturel1 comme de l'expulsion de matires qui me sont dsormais une gne et une sup]fluit4 ,lorsque je s5s quelque *ose qui s'cr\le en moi1 ne v\s att5dez pas ce que j'aille m'amus] me tt] le p\ls ou analys] mes ur9es1 p\r y *]*] quelle prcaution ennuyeuse je p\rrais pr5dre2 ce s]a assez temps qu& le mal se f]a s5tir sans que1 p> peur1 j'en allonge la dure4 ,qui cra9t de s\ffrir1 s\ffre au del de ce qu'il cra9t4 ,aj\tons que le d\te et l'ignorance de ceux qui se ml5t d'expliqu] les ressorts de la nature et ses progrs en n\s1 et mett5t de p> leur art des prono/ics si frquemm5t enta*s d'erreur1 doiv5t n\s conva9cre que ses ress\rces inf9ies n\s sont totalem5t inconnues2 la plus gr&e inc]titude1 la plus gr&e div]sit1 la plus gr&e obscurit rgn5t dans ce que n\s p\vons espr] ou r$\t] d'elle4 ,sauf la vieillesse qui e/ un signe indubitable de l'appro*e de la mort1 je ne vois dans t\s les autres accid5ts que peu d'indications sur lesquelles n\s puissions n\s bas] p\r dev9] l'av5ir4 ,je ne me juge que p> ce que je ress5s rellem5t1 et non en en raisonnant2 quoi cela me s]virait-il de faire autrem5t1 puisque je ne veux oppos] au mal que l'att5te et la pati5ce8--,v\lez-v\s savoir ce que je gagne suivre cette ligne de conduite8 voyez *ez ceux qui font le contraire1 qui re*]*5t tant d'avis et de conseils div]s1 combi5 s\v5t leur imag9ation s'en tr\ve mal sans que leurs apprh5sions soi5t ju/ifies4 ,j'ai ma9tes fois pris plaisir1 dans des mom5ts d'accalmie1 alors que t\t dang] tait pass1 p>l] de ces accid5ts aux mdec9s1 comme si je les s5tais v5ir2 j'tais a9si bi5 l'aise p\r c\t] les horribles conclusions dont ils me m5aai5t2 j'en dev5ais encore plus reconnaissant ,dieu de ses grces et plus conva9cu de la vanit de leur art4 ,montaigne tait gr& dormeur1 cep5dant il savait s'accommod] aux circon/ances4 ,sa petite taille lui faisait prfr] all] *eval qu' pi$ dans les rues et qu& il y avait de la b\e4--,il n'e/ ri5 qu'on doive plus recomm&] la jeunesse que l'activit et la vigilance2 notre vie n'e/ que m\vem5t4 ,je m'branle difficilem5t et suis l5t en t\tes *oses3 me lev]1 me c\*]1 pr5dre mes repas2 p\r moi1 sept heures c'e/ mat9al2 et1 l o je suis mon matre1 je ne dne pas avant onze heures et ne s\pe qu'aprs six4--,j'ai autrefois attribu la l\rdeur et l'ass\pissem5t que me causait un sommeil trop prolong1 des fivres et des maladies que j'ai eues1 et j'ai t\j\rs regrett de me r5dormir le mat94 ,platon e/ d'avis que l'excs de sommeil e/ plus mauvais que les excs de boisson4 ,j'aime avoir un lit qui soit dur1 c\*] seul1 sans femme1 comme font les rois1 et tre assez c\v]t4 ,on ne me bass9e jamais mon lit2 mais depuis que la vieillesse me gagne1 on me donne1 qu& beso9 en e/1 des draps *auds p\r m'envelopp] les pi$s et me mettre sur l'e/omac4 ,on tr\vait r$ire ce que le gr& ,scipion ft dormeur2 mon avis1 on ne lui faisait ce repro*e que p>ce qu'on n'en avait pas d'autre lui adress]4 ,si je suis quelque peu dlicat dans mes habitudes1 c'e/ plutt dans mon c\*] que dans t\te autre *ose2 mais t\t comme un autre1 je me fais la ncessit et m'en accommode4 ,dormir a t et n'a cess d'tre la plus gr&e occupation de ma vie2 l'ge o je suis arriv1 je dors encore =t bi5 huit ou neuf heures t\t d'un trait4 ,qu& il y a utilit1 je me dgage de cette prop5sion la p>esse et j'en pr\ve un mieux vid5t2 le *angem5t m'e/ un peu pnible1 mais c'e/ l'affaire de trois j\rs4--,je ne vois gure de g5s qui ai5t mo9s de beso9s que moi qu& les circon/ances l'exig5t1 qui s'entran5t avec plus de cont9uit et auxquels les corves ps5t mo9s4 ,mon corps e/ capable de support] une vie agite qui se prolonge1 mais il ne s'accommode pas d'une agitation vhm5te et s\da9e4 ,ma9t5ant1 cep5dant1 j'vite les ex]cices viol5ts qui peuv5t me mettre en sueur3 mes membres se fatigu5t avant qu'ils ne se soi5t *auffs4 ,je re/e facilem5t deb\t t\te une j\rne et me prom5] n'e/ jamais un ennui p\r moi2 mais je n'aime pas all] p> les villes autrem5t qu' *eval1 et cela1 depuis ma premire enfance2 p>ce que lorsque je vais pi$1 je me crotte jusqu' l'*9e1 et que les g5s qui1 comme moi1 sont de petite taille1 n'en imposant pas1 c\r5t risque1 dans les rues1 d'tre c\doys et b\sculs4 ,j'aimais aussi1 qu& je me reposais1 soit assis1 soit c\*1 avoir les jambes hauteur de mon sige1 ou plus haut4 ,le mti] des armes e/1 de t\tes les occupations1 la plus noble et la plus agrable4--,il n'e/ pas d'occupation plus agrable que le mti] des armes2 noble dans son excution 7c> la plus =te1 la plus gnreuse1 la plus belle de t\tes les v]tus1 c'e/ la vaillance71 cette occupation e/ galem5t noble p> ce qui en e/ le mobile1 ri5 n'tant en effet plus utile1 plus ju/e1 s't5dant davantage t\t1 que la protection du repos et de la gr&eur de son pays4 ,on se complat dans la compagnie de tant de g5s nobles1 jeunes1 actifs1 dans ces spectacles rpts de tant de situations tragiques1 cette lib]t de rapports dp\ills d'artifice1 ce g5re de vie mle et sans crmonie2 dans cette v>it de mille actions div]ses1 ces acc5ts gnreux de musique gu]rire qui v\s s\ti5n5t1 v\s *auff5t les oreilles et surexcit5t l'me2 dans l'honneur que cela v\s procure1 et jusque dans les difficults et les mom5ts pnibles qui s'y r5contr5t et dont ,platon ti5t si peu de compte que1 dans sa ,rpublique1 il y fait p>ticip] les femmes et les enfants4 ,ce mti]1 volontairem5t embrass1 v\s met mme de remplir des t*es et de c\rir tels risques que v\s le jugez bon1 suivant leur importance et l'clat qui doit v\s en rev5ir2 et si mme v\s v5ez succomb] p\r la cause laquelle v\s v\s tes consacr1 voyez combi5 il e/ beau de m\rir les armes la ma9 7,virgile74 ,cra9dre les prils communs auxquels tant de g5s sont exposs1 ne pas os] ce que tant d'mes de t\tes natures et le peuple enti] os5t1 c'e/ le propre d'un cur l*e et bas au del de t\te mesure2 se tr\v] en compagnie rassure mme les enfants4 ,d'autres peuv5t v\s surpass] en sci5ce1 en grce1 en =ce1 en =tune1 cela ti5t des causes trangres auxquelles v\s p\vez v\s en pr5dre2 mais v\s ne p\vez v\s en pr5dre qu' v\s1 si v\s v\s montrez d'une f]met d'me infrieure la leur4 ,la mort e/ plus abjecte1 plus languissante1 plus pnible dans un lit que dans un combat2 la fivre et les cat>rhes sont aussi d\l\reux et mortels qu'un c\p de feu4 ,celui qui e/ fait support] vaillamm5t les accid5ts de la vie ord9aire1 n'a po9t gr&ir son c\rage p\r se faire soldat3 ,vivre1 mon *] ,lucilius1 c'e/ combattre 7,snque74 ,montaigne tait d'excell5te con/itution2 *ez lui les maux du corps n'avai5t que peu de prise sur l'me4--,je ne me s\vi5s pas d'avoir jamais eu la gale4 ,se gratt] e/ une des satisfactions les plus d\ces que l'on puisse pr\v] et qui e/ t\j\rs votre porte1 mais ce qui s'ensuit e/ p> trop importun2 c'e/ surt\t mes oreilles que je m'en pr5ds1 les ayant sujettes p> mom5t des dmangeaisons4 ,je suis n avec t\s mes s5s bi5 enti]s1 atteignant presque la p]fection4 ,mon e/omac e/ facile et bon1 ma tte solide et1 le plus s\v5t1 l'un et l'autre demeur5t tels qu& j'ai la fivre2 j'ai de mme l'hale9e bonne4 ,j'ai dpass l'ge auquel *ez c]ta9s peuples1 et non sans quelque raison1 il tait tellem5t admis que la vie devait pr5dre f9 aprs une dure dt]m9e1 qu'ils n'admettai5t pas que ce t]me ft dpass2 mme ma9t5ant1 j'ai encore des mom5ts1 bi5 que c\rts et irrguli]s1 o je suis tellem5t en ple9e possession de moi-mme1 que c'e/ presque la sant et le bi5-tre de ma jeunesse4 ,il n'e/ "q ici1 bi5 ent5du1 ni de vigueur1 ni de j\issances intimes2 il n'y a pas de raison p\r qu'elles se soi5t ma9t5ues *ez moi au del des limites qui leur sont propres1 et mes =ces ne me p]mett5t plus de brav] les intempries du ciel la porte d'une matresse 7,horace74--,mon visage et mes yeux dcl5t immdiatem5t ce qui se passe en moi1 c'e/ p> l que comm5c5t t\s les *angem5ts que j'pr\ve2 ils s'y manife/5t mme plus viol5ts qu'ils ne sont1 et s\v5t je fais piti mes amis avant d'en ress5tir la cause4 ,mon miroir ne me surpr5d pas qu& il me met mme de con/at] de semblables trans=mations2 c>1 mme dans ma jeunesse1 il m'e/ arriv plus d'une fois d'avoir un te9t1 une m9e dfaite de mauvais augure1 sans que ri5 d'extraord9aire me ft surv5u1 si bi5 que les mdec9s ne tr\vant quoi que ce soit qui ju/ifit cette altration de ma figure1 l'attribuai5t l'tat de mon esprit en butte quelque passion qui me rongeait intrieurem5t2 ce en quoi ils se trompai5t4 ,si mon corps se comportait aussi mon gr que mon me1 n\s m>*]ions un peu plus notre aise2 j'avais alors celle-ci1 non seulem5t exempte de tr\ble1 mais encore ple9e de satisfaction et en fte1 ce qui e/ mon cas le plus ord9aire tant p> nature que de p>ti pris4 ,jamais les tr\bles de mon me n'ont influ sur mon corps 7,ovide72 je ti5s1 au contraire1 que ma9tes fois1 p> son influ5ce salutaire1 elle l'a relev de ses *utes2 lui1 e/ s\v5t abattu1 au lieu qu'elle1 lorsqu'elle n'e/ pas enj\e1 e/ du mo9s tranquille et repose4 ,j'ai eu la fivre int]mitt5te p5dant quatre ou c9q mois2 elle m'avait compltem5t altr la physionomie2 aussi longtemps qu'elle a dur1 mon esprit a cons]v non seulem5t t\t son calme1 mais mme t\te sa gat4 ,qu& je n'pr\ve pas de d\leurs1 l'affaiblissem5t et la langueur que je ress5s1 ne m'attri/5t gure4 ,que de dfaillances physiques je connais1 dont le nom seul me fait horreur et que je r$\t]ais mo9s que les mille passions qui agit5t l'esprit et auxquelles je vois des g5s tre en proie6 ,j'ai pris le p>ti de ne plus c\rir1 j'ai dj assez de me tran]1 mais je ne me pla9s pas de ma dcad5ce qui e/ dans l'ordre naturel des *oses3 ,qui s'tonne de tr\v] des gtres dans les ,alpes 7,juvnal78 ,je ne regrette pas davantage de ne pas devoir dur] autant et sans plus de dcrpitude qu'un *ne4 ,ses proccupations n'ont pas s\v5t tr\bl son sommeil et ses songes tai5t r>em5t tri/es4--,je n'ai pas me pla9dre de mon imag9ation2 j'ai eu dans ma vie peu de proccupations qui ai5t seulem5t int]rompu mon sommeil1 et1 sauf qu& cela rpondait mon dsir1 j'tais t\j\rs contr>i lorsqu'elles m'veillai5t4--,j'ai r>em5t des songes2 qu& j'en ai1 je rve de *oses fanta/iques et *imriques1 produites d'ord9aire p> des p5ses plaisantes1 plutt ridicules que tri/es4 ,je ti5s p\r vrai que nos songes sont les loyaux int]prtes des dispositions dans lesquelles n\s sommes2 mais il faut un c]ta9 art p\r en saisir la relation et les compr5dre3 ,il n'e/ pas surpr5ant en effet que les hommes retr\v5t en songe les *oses qui les occup5t dans la vie1 qu'ils mdit5t1 qu'ils voi5t1 qu'ils font lorsqu'ils sont veills 7,attius74 ,platon va plus lo9 et dit qu'il r5tre dans les s]vices que la prud5ce doit n\s r5dre1 de tir] des songes des indications qui n\s rvl5t l'av5ir2 je ne vois ri5 l'appui de cette ?se1 si ce n'e/ les m]veilleux exemples que n\s en cit5t ,socrate1 ,xnophon1 ,ari/ote1 t\s p]sonnages dont l'autorit e/ irrpro*able4 ,les hi/ori5s dis5t que les ,atlantes n'ont jamais de songes et aussi qu'ils ne mang5t ri5 qui ait eu vie2 j'associe ces deux *oses1 p>ce que la seconde donne peut-tre la cause de la premire2 ,py?agore ne recomm&e-t-il pas de se n\rrir d'une faon p>ticulire1 qu& on veut avoir des songes con=mes ce que l'on s\haite8 ,ceux que j'ai sont bn9s1 ils ne m'agit5t pas et1 s\s leur action1 aucune p>ole ne m'*appe4 ,j'ai vu1 de mon temps1 c]ta9es p]sonnes en tre extraord9airem5t agites2 ,?on le philosophe rvait en se prom5ant t\t endormi1 et le valet de ,pricls en faisait autant sur les toits et le fate mme de sa maison4 ,il tait peu dlicat s\s le rapport de la n\rriture2 la dlicatesse e/ du re/e le fait de quiconque affecte une prfr5ce trop m>que p\r quoi que ce soit4--,a table1 je n'ai gure de prfr5ce2 je pr5ds le premi] mets v5u1 celui qui e/ le plus ma porte1 et n'aime pas pass] d'un gt un autre4 ,la multiplicit des plats et des s]vices me dplat autant que t\t autre excs en n'importe quoi4 ,je me cont5te facilem5t d'un petit nombre de mets1 et ne p>tage pas l'op9ion de ,favor9us qui veut que1 dans un fe/91 on v\s retire un plat avant que v\s n'en ayez ple9em5t satisfait votre e/omac p\r v\s en sub/itu] t\j\rs un n\veau1 ti5t p\r misrable un s\p] o on n'a pas s]vi satit aux convives des cr\pions d'oiseaux d'espces div]ses1 et e/ime que seul le becfigue vaut d'tre mang t\t enti]4--,qu& je suis en famille1 je mange beauc\p de vi&es sales2 p> contre1 je prfre le pa9 qui n'a pas de sel et1 *ez moi1 mon b\lang] n'en f\rnit pas d'autre p\r ma table1 bi5 que ce ne soit pas l'usage du pays4--,dans mon enfance1 on a eu surt\t me corrig] du refus que je faisais de *oses que gnralem5t on aime beauc\p cet ge3 les sucr]ies1 les confitures1 les ptiss]ies cuites au f\r4 ,mon g\v]neur combattit en moi cette rpulsion p\r ces mets dlicats1 comme une sorte de dlicatesse outre2 et1 de fait1 elle ne tmoigne autre *ose qu'un gt difficile1 quel que soit ce quoi cela s'applique4 ,qui fait pass] un enfant d'aim] d'une faon trop p>ticulire et exclusive le pa9 bis1 le l>d ou l'ail1 combat galem5t *ez lui un p5*ant la fri&ise4 ,il e/ des g5s qui1 lorsqu'on leur s]t des p]drix1 sembl5t pr5dre beauc\p sur eux et faire acte de rsignation1 regrettant le buf et le jambon2 ils l'ont belle1 c'e/ de la dlicatesse au premi] *ef1 c'e/ un gt qui m>que1 *ez un favoris de la =tune1 une lassitude qui fait que les *oses ord9aires et habituelles ont seules du piquant3 ,c'e/ le luxe qui v\drait *app] l'ennui des ri*esses 7,snque74 ,r5onc] faire bonne *re avec ce qu'un autre considre comme tel1 apport] une att5tion p>ticulire sa table1 ne pas savoir te cont5t] d'un plat de lgumes p\r ton dn] 7,horace71 e/ le c>actre ess5tiel de ce vice4 ,il y a bi5 l1 la vrit1 une diffr5ce avec le cas que je cite2 si on a des beso9s imprieux1 il vaut videmm5t mieux que ce soit p\r des *oses faciles se procur]1 mais c'e/ t\j\rs un dfaut que d'avoir des manies quelles qu'elles soi5t4 ,jadis1 je considrais comme =t dlicat un de mes p>5ts qui1 p> suite d'un long temps pass navigu]1 avait dsappris se s]vir de lit et se d%abill] p\r se c\*]4 ,ds le b]ceau1 il a t habitu vivre comme les g5s de la plus basse classe et se ml] eux2 cette frqu5tation l'a r5du sympa?ique au sort des malheureux4--,si j'avais des enfants mles1 je leur aurais volonti]s dsir la bonne =tune que j'ai eue4 ,l'excell5t pre que ,dieu m'a donn1 p\r lequel je n'ai ri5 pu faire que de lui v\] une reconnaissance1 bi5 vive il e/ vrai1 p\r sa bont mon g>d1 me fit lev]1 ds le b]ceau1 dans un pauvre village qui lui app>t5ait et o il me laissa tant que je fus en n\rrice et encore au del1 me dressant vivre dans les conditions de la plus basse classe3 ,c'e/ un gr& pas fait v]s la lib]t1 que de savoir rgl] son e/omac 7,snque74 ,ne v\s *>gez jamais1 et *>gez encore mo9s vos femmes1 de l'levage de vos enfants2 laissez la =tune le so9 de les =m] comme s'lv5t les enfants du peuple1 en n'c\tant que les lois de la nature2 laissez-les1 en suivant les usages1 s'habitu] a9si la frugalit et l'au/rit2 qu'ils soi5t dans l'av5ir plutt dans le cas de voir leurs privations s'ad\cir1 que s'aggrav]4 ,l'ide de mon pre t5dait autre *ose encore1 c'tait m'unir au peuple1 ces hommes qui ont beso9 de notre aide2 il v\lait que je fusse port reg>d] plutt du ct de ceux qui me t5d5t les bras1 que de ceux qui me t\rn5t le dos2 ce fut p\r cette mme raison qu'il me fit t5ir sur les fonts baptismaux p> des p]sonnes de condition trs infrieure1 p\r me crer a9si des obligations vis--vis d'elles et faire que je m'y atta*e4 ,son desse9 n'a pas mal russi2 je m'occupe volonti]s des petits1 soit p>ce qu'il y a cela plus de gloire1 soit p> un s5tim5t naturel de compassion1 v]tu qui a une gr&e action sur moi4 ,le p>ti que dans nos gu]res civiles je repr\ve1 je le condamn]ais bi5 plus svrem5t s'il tait florissant et prospre2 t&is qu'au contraire1 je me montr]ais mieux dispos p\r lui1 si je le voyais malheureux et cras4--,combi5 j'ai de considration p\r le beau c>actre de ,*lonis1 cette fille et femme des rois de ,sp>te6 ,qu&1 dans les dsordres de la ville1 ,clombrote son m>i se tr\va l'emport] sur ,lonidas son pre1 en excell5te fille elle accompagna celui-ci en exil1 embrassant contre le va9queur la cause de celui tomb dans le malheur4 ,lorsque la *ance v9t t\rn]1 elle *angea de p>ti comme avait fait la =tune et prit c\rageusem5t celui de son m>i qu'elle suivit p>t\t o son in=tune lui fit port] ses pas1 n'ayant1 ce semble1 d'autre prfr5ce que de se rang] du ct o elle faisait le plus beso9 et o sa piti tr\vait le plus s'ex]c]4--,je s]ais davantage port imit] l'exemple de ,flam9ius qui s'employait beauc\p plus p\r ceux qui avai5t beso9 de lui que p\r ceux en situation de lui v5ir en aide1 qu' faire comme ,pyrrhus qui s'humiliait devant les gr&s et se montrait orgueilleux vis--vis des petits4 ,il n'aimait pas re/] longtemps table2 les anci5s ,grecs et ,roma9s ent5dai5t beauc\p mieux que n\s cette j\issance4--,demeur] longtemps table m'ennuie et m'e/ mauvais p>ce que1 je mange tant que j'y suis1 probablem5t p> habitude1 ce moy5 tant le seul qui1 lorsque j'tais enfant1 me p]mettait d'y faire bonne cont5ance4 ,c'e/ p\rquoi1 *ez moi1 bi5 qu'on s'y att>de peu1 j'y pr5ds place d'ord9aire un peu aprs les autres1 comme faisait ,augu/e2 mais je cesse de faire comme lui1 en ce que s\v5t aussi il en quittait avant eux1 t&is qu'aprs j'aime1 au contraire1 me livr] assez longuem5t au repos et ent5dre caus]1 p\rvu que je n'y pr5ne pas "p3 p>l] l'e/omac ple9 me fatiguant et me faisant mal1 autant que cri] et discut] avant le repas m'e/ un ex]cice salutaire et agrable4 ,les ,grecs et les ,roma9s des temps anci5s agissai5t plus raisonnablem5t que n\s1 en consacrant1 qu& aucune autre occupation extraord9aire ne les en emp*ait1 plusieurs heures et la majeure p>tie de la nuit aux repas1 qui sont du nombre des pr9cipaux actes de la vie1 mangeant et buvant avec mo9s de hte que n\s dont t\tes les actions sont accomplies prcipitamm5t2 ils se livrai5t ce plaisir naturel t\t loisir et l'utilisai5t mieux que n\s1 l'entremlant d'int]mdes de div]s g5res utiles et agrables4 ,indiffr5t ce qu'on lui s]vait1 il se laissait all] mang] de t\t ce qui p>aissait sur la table4--,ceux qui1 table1 ont pr5dre so9 de moi1 peuv5t aism5t m'emp*] de mang] ce qu'ils e/im5t m'tre nuisible2 c>1 en fait de mets1 je ne dsire jamais ce que je ne vois pas et ne tr\ve jamais y r$ire4 ,p> contre1 ils p]d5t leur temps me pr*] de m'ab/5ir de ceux qui sont s]vis2 c'e/ au po9t que lorsque je veux jen]1 il faut que je mange "p de ceux qui s\p5t et qu'on ne me prs5te que ce que comporte bi5 exactem5t une collation en rgle1 p>ce que si je me mets table1 j'oublie ma rsolution4 ,qu& je dem&e qu'on *ange la manire dont c]ta9es vi&es sont apprtes1 mes g5s sav5t que c'e/ signe que je n'ai pas gr& apptit et que je n'y t\*]ai pas4--,t\tes celles qui peuv5t tre manges telles1 je les aime peu cuites et avances1 au po9t mme1 p\r c]ta9es1 que leur odeur s'en tr\ve altre4 ,je ne suis contr>i que lorsqu'elles sont dures2 p\r le re/e1 elles peuv5t tre n'importe comm5t1 ce m'e/ aussi indiffr5t et me t\*e aussi peu que possible2 si bi51 qu' l'inv]se de ce qu'on pr\ve gnralem5t1 il m'arrive de tr\v] mme le poisson trop frais et trop f]me4 ,ce n'e/ pas p>ce que j'ai de mauvaises d5ts1 je les ai t\j\rs eues aussi bonnes qu'il se peut1 et ce n'e/ que ma9t5ant que l'ge comm5ce les m5ac]2 ds l'enfance1 j'ai pris l'habitude de me les frott] avec une s]viette le mat9 et au comm5cem5t et la f9 de *aque repas4 ,c'e/ une grce que ,dieu n\s fait qu& la mort n\s gagne peu peu1 ce qui e/ l'effet de la vieillesse2 du re/e1 indissolublem5t lie la vie1 on en con/ate en n\s la prs5ce et les progrs durant t\t le c\rs de notre exi/5ce4--,a ceux que ,dieu s\/rait la vie p> p>celle1 c'e/ une grce qu'il leur fait1 c'e/ le seul avantage de la vieillesse2 notre d]nire mort en s]a d'autant mo9s t5due et nuisible1 ne tuant plus en n\s que la moiti ou le qu>t d'un homme4 ,voil une de mes d5ts qui vi5t de tomb] sans d\leur1 sans ef=t1 elle tait arrive au t]me de sa dure2 cette p>tie de mon tre et plusieurs autres sont dj mortes2 d'autres1 d'entre les plus actives et qui t5ai5t le premi] rang qu& j'tais dans la =ce de l'ge1 le sont moiti4 ,c'e/ a9si que je fonds et *appe moi-mme4 ,quelle btise ce s]ait de la "p de mon ent5dem5t1 de s'affect]1 au mme degr1 du saut f9al de cette *ute dj si prononce1 que si je m'effondrais t\t d'une pice2 j'espre qu'il ne la commettra pas4--,a la vrit1 j'pr\ve une gr&e consolation1 qu& je p5se ma mort1 de m'imag9] qu'elle s]a de celles qui s'accompliss5t dans des conditions ju/es et naturelles1 et que ce que dsormais je puis dem&] cet g>d la de/9e1 ne peut plus tre qu'une faveur que je ne saurais rev5diqu] comme un droit4 ,les hommes sont ports croire qu'autrefois1 comme leur taille1 la dure de leur exi/5ce tait plus gr&e2 ils se tromp5t1 c> ,solon1 qui vivait en ces temps reculs1 indique soixante-dix ans comme en tant la limite extrme4 ,moi1 qui ai tant ador1 et en t\tes *oses1 cette excell5te mdiocrit des temps passs1 et qui ai tant considr une ju/e moy5ne comme la p]fection1 puis-je prt5dre une vieillesse dmesure et extraord9aire8 ,t\t ce qui n\s arrive contre l'ordre habituel de la nature peut tre f*eux1 mais n\s devons t\j\rs faire bon accueil ce qui e/ con=me ses lois3 ,t\t ce qui se fait naturellem5t1 doit tre t5u p\r bon 7,cicron74 ,c'e/ a9si1 dit ,platon1 que la mort due des plaies ou des maladies1 e/ mort viol5te2 t&is que celle qui n\s surpr5d1 occasionne p> la vieillesse1 e/ de t\tes la plus lgre et empre9te mme de d\ceur3 ,les jeunes g5s meur5t de mort viol5te1 les vieill>ds de maturit 7,cicron74--,p>t\t et en t\t1 la mort se mle et se confond avec la vie2 le dcl9 de celle-ci fait song] l'heure o vi5dra celle-l1 son action s'acc5tue mesure que n\s appro*ons du t]me fatal4 ,j'ai des portraits qui me reprs5t5t l'ge de v+t-c9q ans et de tr5te-c9q2 il m'arrive de les comp>] celui d'auj\rd'hui2 combi5 il s'en faut que ce soit encore moi6 ma physionomie actuelle diffre bi5 plus des prcd5tes1 que de celle que j'aurai qu& je vi5drai trpass]4--,c'e/ p> trop abus] de la nature1 que de la tracass] si longtemps l'avance p> des so9s qui l'oblig5t n\s quitt]2 elle f9it p> se lass] de n\s suivre1 en n\s voyant ab&onn] la direction de n\s-mmes1 nos yeux1 nos d5ts1 nos jambes et t\t le re/e la m]ci de so9s trang]s que n\s m5dions1 et n\s en remettre entirem5t aux ma9s de l'art4 ,montaigne n'a jamais acquis la c]titude que c]ta9s mets lui fuss5t nuisibles1 mais ses gts ont subi des *angem5ts et des revirem5ts4--,je ne suis trs amateur ni de salades1 ni de fruits1 sauf de melons4 ,mon pre n'aimait aucune sauce1 je les aime t\tes4 ,trop mang] me gne2 mais je ne suis pas encore c]ta9 qu'il y ait des vi&es qui1 p> leur nature mme1 me soi5t nuisibles1 pas plus que je ne con/ate que la lune1 qu& elle e/ ple9e ou n\velle1 le pr9temps ou l'automne ai5t action sur moi4 ,il se produit en n\s des effets qui ont lieu des mom5ts indt]m9s et dont n\s ne n\s r5dons pas compte2 a9si les rai=ts p> exemple3 longtemps je n'en ai pas t incommod1 puis je m'en suis mal tr\v2 prs5t1 je m'en accommode n\veau trs bi54 ,p\r plusieurs *oses1 je s5s mon e/omac et mon apptit all] a9si se modifiant2 du v9 blanc je suis pass au v9 clairet1 et du v9 clairet me voici rev5u au v9 blanc4 ,je suis fri& de poisson1 et les j\rs maigres sont p\r moi des j\rs o je me rgale1 comme me sont ftes aussi les j\rs de jene2 je crois 7il en e/ qui le dis5t7 qu'il e/ de plus facile dige/ion que la vi&e4 ,je me fais consci5ce de mang] de celle-ci1 les j\rs o le poisson e/ d'obligation2 mon gt e/ de mme et se fait scrupule de ml] l'un l'autre1 il y a entre eux1 ce me semble1 une trop gr&e diffr5ce4 ,circon/ances dans lesquelles il lui e/ arriv p>fois de ne pas pr5dre de repas2 t\t rgime trop longtemps suivi cesse d'tre efficace4--,dans ma jeunesse1 il m'e/ arriv de me pass] p>fois de quelque repas p\r avoir meilleur apptit le l5dema9 et1 de la sorte1 accrotre mon plaisir en me disposant mieux pr(it] et j\ir plus vivem5t de l'abondance que je prvoyais1 agissant en cela au reb\rs d'picure qui jenait et faisait maigre p\r acc\tum] sa volupt se pass] de l'abondance2 ou bi5 je jenais p\r me cons]v] dispos en vue d'un travail quelconque de corps ou d'esprit1 l'un comme l'autre dev5ant honteusem5t p>esseux *ez moi qu& je suis sur*>g d'alim5ts2 d'autant que je dte/e ce fonctionnem5t simultan si peu raisonnable de l'imag9ation1 cette desse si sa9e et si al]te1 et de l'e/omac1 ce petit dieu al\rdi et bruyant qu& il e/ gonfl des manations des sucs qu'il procre4 ,je m'en ab/5ais encore1 qu& j'avais cet organe fatigu1 ou enf9 lorsque je n'avais p\r me t5ir compagnie p]sonne qui me conv9t1 c> je dis avec ce mme picure1 qu'il ne faut pas tant reg>d] ce qu'on mange1 qu'avec qui on mange2 et je l\e ,*ilon de n'avoir pas v\lu s'engag] se tr\v] un fe/9 auquel le conviait ,pri&re1 avant de connatre quels tai5t les autres convives2 il ne saurait en effet y avoir p\r moi de plus gr& attrait1 de sauce si apptissante1 qui vaill5t ceux rsultant de la socit avec laquelle on s'y r5contre4--,je crois qu'il e/ plus sa9 de mang] d\cem5t1 mo9s la fois et plus s\v5t2 mais je ti5s satisfaire ple9em5t mon apptit et ma faim1 et ne pr5drais pas gt me condamn] faire p> j\r1 comme on l'ordonne aux malades1 trois ou quatre *tifs repas o je s]ais rationn2 et puis1 qui peut me donn] l'assurance que les bonnes dispositions dans lesquelles je suis ce mat91 je les retr\v]ai encore s\p]8 ,pr(itons1 n\s surt\t qui sommes vieux1 du premi] mom5t favorable qui vi5t2 laissons aux faiseurs d'almana*s les esprances et les prono/ics4 ,le fruit ess5tiel que je retire de la sant1 ce sont les j\issances qu'elle n\s p]met2 t5ons-n\s-en la premire qui se prs5te1 que n\s avons s\s la ma9 et que n\s connaissons4 ,j'vite de m'a/re9dre trop longtemps un mme rgime2 celui qui en suit un et veut qu'il lui pr(ite1 ne doit pas le prolong] indf9im5t2 sans cela1 n\s n\s y endurcissons1 notre organisme y p]d de son activit2 six mois aprs1 l'e/omac y e/ si bi5 acoqu9 que t\t l'avantage que v\s en retirez e/ d'avoir p]du la lib]t de faire autrem5t sans en pr\v] d'inconvni5ts4 ,il ne s]t de ri5 non plus de se trop c\vrir2 on s'y habitue et cela n'a plus d'effet4--,je porte de simples bas de soie1 et pas plus en hiv] qu'en t je n'ai les jambes et les cuisses autrem5t c\v]tes4 ,en raison de mes rhumes1 je me suis laiss all] me t5ir la tte plus *aude1 a9si que le v5tre cause de mes coliques2 en peu de j\rs1 ces deux maux s'y sont habitus et ont ddaign mes prcautions ord9aires2 une simple coiffe avait fait place un capu*on2 un bonnet1 un *apeau d\bl2 auj\rd'hui1 les f\rrures de mon p\rpo9t ne me s]v5t plus que d'enjolivem5t2 et t\t cela ne me fait plus aucun effet1 si je n'y aj\te une peau de livre ou de vaut\r1 et sur ma tte une calotte4 ,suivez une semblable gradation1 cela v\s mn]a lo92 aussi n'en f]ai-je ri51 et volonti]s1 si j'osais1 je revi5drais sur ce que j'ai dj comm5c4 ,avec cette mode1 v\s survi5t-il quelque n\vel inconvni5t1 les r=mes que v\s avez dj introduites ne v\s sont plus d'aucune utilit3 v\s v\s y tes habitu1 il v\s faut en *]*] d'autres4 ,a9si se ru95t ceux qui se laiss5t emptr] dans des rgimes p>ticuli]s1 auxquels ils s'a/reign5t sup]/itieusem5t2 ce qu'on fait ne suffit pas1 il faut plus encore2 et aprs1 encore davantage2 on n'en a jamais f9i4 ,nos occupations et nos plaisirs n\s port5t donn] plus d'importance au s\p] qu'au dn]2 l'e/omac1 d'aprs ,montaigne1 s'accommode mieux du contraire4--,p\r mes occupations et notre plaisir1 il e/ beauc\p plus commode de supprim] le dn]1 comme faisai5t les anci5s1 et de remettre faire un repas copieux l'heure o on se retire *ez soi p\r y pr5dre du repos1 et a9si ne pas int]rompre la j\rne2 c'e/ ce que je faisais autrefois4 ,au po9t de vue de la sant1 l'expri5ce m'a depuis enseign qu'au contraire il vaut mieux ma9t5ir le dn]1 la dige/ion se faisant mieux qu& on e/ veill4--,je ne suis gure sujet tre altr1 pas plus qu& je me porte bi5 que lorsque je suis malade2 dans ce d]ni] cas1 j'ai assez frquemm5t la b\*e s*e1 mais ce n'e/ pas de la soif1 et d'ord9aire je ne bois que lorsque1 en mangeant1 l'envie m'en vi5t1 gnralem5t qu& dj le repas e/ bi5 avanc4 ,je bois assez copieusem5t p\r un homme qui ne prs5te ri5 de p>ticuli]2 en t1 dans un repas auquel j'assi/e avec apptit1 non seulem5t j'outrepasse les limites dans lesquelles se t5ait ,augu/e qui ne buvait jamais que trois fois1 mais p\r ne pas all] l'encontre de la rgle pose p> ,dmocrite qui df5dait de s'arrt] quatre1 comme nombre portant mal*ance1 je me laisse all] jusqu' c9q si beso9 e/1 ce qui fait environ trois demi-seti]s1 c> je me plais faire usage de v]res de petite capacit et les vide *aque fois1 ce que d'autres se g>d5t de faire comme contraire aux conv5ances4 ,je trempe mon v91 le plus s\v5t avec moiti1 p>fois avec un ti]s d'eau2 et qu& je suis *ez moi1 p> suite d'une anci5ne habitude prise sur le conseil donn mon pre p> son mdec91 qui lui aussi agissait de mme1 le mlange s'opre l'(fice1 deux ou trois heures avant qu'on le s]ve4 ,on dit que cet usage de tremp] le v9 avec de l'eau1 remonte ,cranas1 roi d',a?nes2 p\r ce qui e/ de son utilit1 je l'ai ent5du discut]4 ,j'e/ime plus conv5able et meilleur p\r la sant1 de n'en us] p\r les enfants qu'aprs seize ou dix-huit ans et1 jusque-l1 de ne leur faire boire que de l'eau4 ,la manire de vivre la plus usite et communm5t suivie1 e/ celle qui e/ prfrable2 t\te s+ul>it me semble vit]1 et j'aime aussi peu voir un ,allem& mettre de l'eau dans son v91 qu'un ,franais qui le boirait pur2 l'usage1 auquel t\t le monde se con=me1 fait loi dans les *oses de cette espce4 ,il n'aimait pas l'air conf92 tait plus s5sible au *aud qu'au froid2 avait bonne vue1 mais elle se fatiguait aism5t2 il tait d'allure vive2 table1 il mangeait avec trop d'avidit4--,je cra9s un air l\rd respir] et ne puis support] la fume2 la premire rp>ation que je me htai de faire excut] *ez moi1 fut celle des *em9es et des cab9ets d'aisance qui1 *ose insupportable1 laiss5t communm5t dsir] dans les btim5ts d'anci5ne con/ruction2 et au rang des incommodits que l'on r5contre la gu]re1 je place ces pais nuages de p\ssire dans lesquels1 p5dant la *aleur1 il faut demeur] des j\rnes entires4 ,j'ai la respiration libre et facile2 le plus s\v5t1 qu& j'ai des refroidissem5ts1 mes p\mons demeur5t indemnes et je n'ai pas de t\x4 ,un t pnible m'e/ plus contraire que l'hiv]1 p>ce qu'outre l'incommodit de la *aleur dont on peut mo9s se df5dre que du froid1 et en dehors de l'action des rayons de soleil sur la tte1 mes yeux support5t mal leur clat bl\issant2 actuellem5t1 je ne p\rrais mme pas dn]1 assis devant un feu ard5t dont je recevrais la rv]bration4 ,qu& je lisais plus que je ne le fais ma9t5ant1 p\r amortir la blan*eur du papi]1 je c\vrais mon livre d'une feuille de v]re et ma vue s'en tr\vait =t s\lage4 ,jusqu' prs5t1 je n'emploie pas de lunettes et j'y vois aussi lo9 que jamais et que n'importe qui2 il e/ vrai que lorsque le j\r tombe1 je comm5ce1 qu& je lis1 pr\v] du tr\ble et de la faiblesse2 mais t\t travail1 p>ticulirem5t la nuit1 m'a t\j\rs fatigu les yeux4 ,c'e/ l un pas en arrire pe9e s5sible1 auquel vi5dra s'en aj\t] un second1 celui-ci un troisime1 puis ce d]ni] un quatrime2 reculant a9si de plus en plus *aque fois1 je f9irai p> ins5siblem5t tre dev5u compltem5t aveugle1 avant que je ne m'ap]oive de la dcad5ce et de la vieillesse de ma vue1 tant les ,p>ques apport5t d'artifice dtordre l'*eveau de notre vie4 ,de mme1 je ne suis pas bi5 c]ta9 que mon oue n'ait pas t5dance dev5ir dure2 et v\s v]rez que je l'aurai moiti p]due1 que je m'en pr5drai encore la voix de ceux qui me p>l5t4 ,il faut ex]c] une action bi5 =te et bi5 cont9ue sur l'me1 p\r l'am5] s5tir comme elle s'en va peu peu4 ,ma m>*e e/ vive et assure1 et je ne sais lequel des deux1 de mon esprit ou de mon corps1 je puis le plus difficilem5t arrt] en un po9t donn4 ,il faut qu'un prdicateur soit bi5 de mes amis1 p\r captiv] mon att5tion p5dant t\te la dure d'un s]mon4 ,dans les crmonies1 o *acun e/ si gu9d dans son attitude1 o j'ai vu des dames ne laissant mme pas err] leurs reg>ds1 je ne suis jamais v5u b\t de faire que quelque *ose en moi ne battt la campagne2 j'ai beau tre assis1 je n'en demeure pas plus calme4 ,la s]vante de ,*rysippe le philosophe disait de son matre1 qu& il buvait en compagnie de g5s sur lesquels le v9 agissait1 et que seul il n'en ress5tait aucun effet1 qu'il n'tait ivre que des jambes que1 p> habitude1 il remuait sans cesse en quelque position qu'il ft4 ,on a pu dire de mme de moi ds mon enfance1 que j'avais du vif-arg5t dans les pi$s ou qu'ils tai5t atte9ts de folie1 tant je suis port naturellem5t me remu] et me dplac] n'importe o je me tr\ve4 ,je mange avec voracit1 ce qui e/ indc5t et de plus nuisible la sant1 voire mme au plaisir que l'on pr\ve en mangeant2 dans ma hte1 je me mords s\v5t la langue et p>fois les doigts4 ,diogne1 r5contrant un enfant qui mangeait a9si1 donna un s\fflet son prcepteur4 ,il y avait ,rome des g5s qui enseignai5t m*] comme on v\s appr5d m>*]1 avec grce4 ,je ne pr5ds pas le temps de caus]1 ce qui e/ un si d\x assaisonnem5t des repas1 qu& les propos qui s'y ti5n5t sont l'av5ant1 agrables et ne se prolongeant pas4 ,conditions p\r un bon repas2 il e/ des g5s qui ddaign5t ce g5re de plaisir1 ce dda9 e/ le fait d'un esprit maladif et *agr94--,nos plaisirs se jal\s5t et s'envi5t les uns les autres2 ils se heurt5t et se contr>i5t rciproquem5t4 ,alcibiade1 qui s'ent5dait =t faire bonne *re1 allait jusqu' bannir la musique des repas1 af9 qu'elle ne tr\blt pas la d\ceur des conv]sations1 aj\tant1 d'aprs ce que ,platon n\s rapporte1 qu'appel] des musici5s et des *anteurs dans les fe/9s1 e/ un usage de g5s communs qui sont hors d'tat de caus] et de s'entret5ir entre eux d'une faon utile et agrable1 alors que les g5s intellig5ts sav5t si agrablem5t le faire4 ,v>ron veut p\r un bon repas des convives de m9e av5ante1 de conv]sation agrable1 qui ne soi5t ni muets1 ni bav>ds2 des mets dlicats et proprem5t s]vis1 un local appropri et aussi un beau temps4 ,c'e/ une fte qui ne dem&e pas peu d'apprts et qui ne cause pas un mdiocre plaisir qu'une bonne table bi5 prp>e2 ni les gr&s *efs militaires1 ni les philosophes les plus r5omms n'en ont ddaign ni l'usage ni la sci5ce4 ,ma mmoire g>de le s\v5ir de trois repas de ce g5re1 qui me fur5t s\v]a9em5t agrables1 dont la =tune m'a gratifi div]ses poques de ma vie1 alors qu'elle tait dans t\t son pan\issem5t2 dsormais1 ces ftes me sont int]dites p> mon tat de sant1 c> *acun en e/ p\r soi-mme le pr9cipal *>me et en gte les attraits suivant les bonnes dispositions de corps et d'esprit dans lesquelles il se tr\ve4--,moi1 qui ne vais t\j\rs que t]re t]re1 je n'aime pas cette sagesse1 contraire la nature de l'homme1 qui v\drait n\s r5dre ddaigneux et ennemis des att5tions que n\s p\vons avoir p\r le corps2 j'e/ime qu'il e/ aussi inju/e de rep\ss] les plaisirs que n\s (fre la nature1 que de s'y trop atta*]4 ,x]xs1 p\vant se donn] t\tes les volupts huma9es1 tait un sot de propos] un prix qui lui en tr\v]ait d'autres2 mais celui-l ne l'e/ gure mo9s qui se prive de celles que la nature n\s procure4 ,il ne faut ni les p\rsuivre1 ni les fuir2 il faut les accept]4 ,je les prise un peu plus1 et leur fais un plus gracieux accueil que p> le pass1 m'ab&onnant plus volonti]s ma9t5ant ce p5*ant naturel4 ,il ne n\s s]t de ri5 d'exagr] leur inanit1 elle app>at et se fait assez s5tir d'elle-mme4 ,gr& m]ci notre esprit maladif et *agr9 de n\s dgt] d'elles1 comme il l'e/ de lui-mme2 il se comporte et traite t\t ce qu'il reoit1 tantt d'une faon1 tantt d'une faon contraire1 selon son tempram5t insatiable1 vagabond et v]satile3 ,dans un vase impur1 t\t ce que v\s y v]sez1 se corrompt 7,horace74 ,appliqu scrut] att5tivem5t et un po9t de vue t\t p>ticuli] les avantages que n\s (fre la vie1 qu& j'y reg>de d'un peu prs1 je n'y tr\ve gure que du v5t4 ,quoi d'tonnant8 t\t en n\s e/-il autre *ose que du v5t8 et encore1 plus sagem5t que n\s1 le v5t se plat bruire1 s'agit]1 se cont5t] de ce qui lui e/ propre1 sans dsir] la /abilit1 la solidit qui ne sont pas du nombre des proprits qu'il possde4 ,les plaisirs de l'me sont peut-tre suprieurs ceux du corps2 les plus apprciables sont ceux auxquels l'une et l'autre p>ticip5t simultanm5t4--,les plaisirs qui sont le fait exclusif de notre imag9ation1 comme du re/e les dplaisirs qui ont mme orig9e1 l'emport5t sur les autres1 au dire de c]ta9s et comme le m>quait la balance de ,critolas4 ,ce n'e/ pas extraord9aire3 notre esprit les =ge sa fantaisie et sans que ri5 l'entrave2 j'en vois t\s les j\rs des exemples rem>quables et probablem5t =t dsirables4 ,mais1 port p\r ceux qui p>ticip5t de notre imag9ation et de la ralit1 et tant de gt peu raff91 je ne puis mordre si ple9em5t ces seules conceptions imag9aires et me laisse t\t l\rdem5t all] aux plaisirs qui sont dans la loi gnrale qui rgit l'humanit et que notre corps et notre esprit ress5t5t la fois4--,les philosophes de l'cole cyrnaque veul5t qu' l'in/> de ce qui se produit p\r la d\leur1 les plaisirs qui intress5t le corps ai5t sur n\s plus d'action1 p>ce que l'me n'y demeure pas trangre3 c'e/ ju/ice4 ,il e/ des g5s1 dit ,ari/ote1 d'une /upidit f>\*e1 qui en sont dgts2 j'en connais d'autres qui1 p> ambition1 font comme s'ils l'tai5t4 ,que ne r5onc5t-ils aussi respir]8 que ne viv5t-ils d'eux-mmes et ne refus5t-ils la lumire1 p>ce qu'elle leur e/ donne gratuitem5t et ne leur cote ni pe9e1 ni frais d'inv5tion8 ,je v\drais voir ,m>s1 ,pallas ou ,m]cure p\rvoir leur exi/5ce1 au lieu que ce soit ,vnus1 ,crs et ,bac*us4 ,*]*]ont-ils la quadrature du c]cle1 t\t en tant ju*s sur leurs femmes8 ,je n'aime pas qu'on n\s ordonne d'avoir l'esprit dans les nuages1 qu& n\s avons le corps table2 je ne veux pas que l'esprit s'y cl\e et s'y vautre1 je veux qu'il y p>ticipe1 qu'il s'y asseie et non qu'il s'y c\*e4 ,ari/ippe s\t5ait les droits du corps1 comme si n\s n'avions pas d'me2 ,znon ne considrait que l'me1 comme si n\s n'avions pas de corps3 t\s deux tai5t dans l'erreur4 ,la philosophie de ,py?agore tait1 dit-on1 t\te contemplative2 celle de ,socrate a uniquem5t p\r objet les murs et les actes1 et ,platon ti5t le milieu entre les deux2 ceux qui p>l5t a9si1 n\s en cont5t4 ,la mesure exacte n\s a t donne p> ,socrate2 ,platon p5*e 99 bi5 plus de son ct que de celui de ,py?agore et cela lui convi5t bi5 mieux4 ,qu& je danse1 je suis t\t la danse2 qu& je dors1 t\t au sommeil2 et mme1 qu& je me promne solitairem5t dans un beau v]g]1 si mes p5ses se sont un mom5t portes sur des *oses trangres qui vi5n5t se prs5t] moi1 je les ramne l'in/ant d'aprs la prom5ade1 au v]g]1 la d\ceur de la solitude et moi-mme4 ,t\t ce qui e/ de ncessit1 la nature1 en bonne mre1 l'a r5du agrable1 et le sage use des volupts comme de t\tes autres *oses4--,la nature1 en bonne mre1 a fait que les actions auxquelles elle n\s incite p\r nos beso9s1 n\s avons galem5t plaisir les accomplir2 elle n\s y convie non seulem5t p> la raison1 mais encore p> le dsir qu'elle n\s en suggre1 et c'e/ un tort que d'all] r5contre de ses rgles4 ,qu& je vois ,cs>1 et aussi ,alex&re1 aux mom5ts les plus ardus de leurs gr&s travaux1 j\ir si ple9em5t des plaisirs huma9s et corporels1 je ne dis pas que ce soit l amollir l'me2 je dis que c'e/ la =tifi] que de subordonn]1 grce la vigueur de leur c\rage1 aux pratiques de la vie ord9aire leurs viol5tes occupations et leurs laborieuses p5ses2 et sages ils euss5t t1 s'ils avai5t cru que celles-l con/ituai5t la 99 p>tie normale de leur exi/5ce1 t&is que celles-ci en tai5t la phase extraord9aire6--,n\s sommes de gr&s f\s4 ,n\s disons3 ,il a pass sa vie dans l'oisivet2--,je n'ai ri5 fait auj\rd'hui4 ,eh quoi6 n'avez-v\s pas vcu8 ,c'e/ l non seulem5t votre occupation ess5tielle1 mais celle qui fait de v\s quelqu'un4 ,si on m'et mis mme1 dites-v\s encore1 de conduire de gr&es affaires1 j'aurais montr ce dont j'tais capable4 ,avez-v\s su mdit] et dirig] votre vie8 ,v\s avez1 dans ce cas1 accompli la plus gr&e des besognes qui n\s incomb5t4 ,p\r se manife/] et fructifi]1 la nature n'a que faire de la =tune2 son action s'ex]ce t\s les degrs sociaux sans se rvl]1 comme aussi dc\v]t4 ,si v\s avez su rgl] vos murs1 v\s avez fait bi5 plus que celui qui a compos des livres2 en sa*ant pr5dre du repos1 v\s avez plus fait que celui qui a conquis des villes et des empires4 ,le plus gr&1 le plus glorieux *ef-d'uvre de l'homme1 c'e/ de vivre propos1 autrem5t dit de faire *aque *ose en son temps2 t\t le re/e3 rgn]1 ?sauris]1 btir1 ne sont au plus qu'accessoires et m5us dtails4 ,je pr5ds plaisir voir un gnral d'arme1 au pi$ d'une br*e laquelle il va donn] l'assaut1 se dgag] compltem5t de ses proccupations et rec\vr] sa lib]t au dn]1 p\r devis] avec ses amis2 voir ,brutus1 ayant le ciel et la t]re qui conspir5t contre lui et la lib]t roma9e1 drob] la surveillance cont9ue qu'il ex]ce sur ses tr\pes quelques heures de nuit p\r1 en t\te tranquillit d'esprit1 lire ,polybe et y pr5dre des notes4 ,c'e/ le fait des mes sans env]gure1 crases p> le poids des affaires1 de ne p\voir s'en affran*ir et ne savoir ni les laiss] ni les repr5dre3 ,braves compagnons qui avez s\v5t p>tag avec moi les plus rudes preuves1 noyons auj\rd'hui nos s\cis dans le v92 dema91 n\s n\s remettrons p>c\rir les va/es m]s 7,horace74 ,que ce soit p> plaisant]ie1 ou autrem5t1 que l'on p>le du v9 ?ologal et scola/ique pass en prov]be1 et des agapes des adeptes de la ,sorbonne1 je tr\ve qu'ils ont bi5 raison de dn] d'autant plus con=tablem5t et agrablem5t1 qu'ils ont employ utilem5t et srieusem5t la mat9e aux ex]cices de leur cole2 la consci5ce d'avoir bi5 dp5s le re/e de leur temps e/ un ju/e et sav\reux condim5t de celui qu'ils pass5t table4 ,c'e/ a9si que vivai5t les sages2 et cette inimitable et cont9ue prop5sion la v]tu qui n\s frappe d'tonnem5t *ez les deux ,caton1 cette humeur svre jusqu' tre importune1 se sont sans difficult s\mises aux lois qui rgiss5t la nature huma9e1 celles de ,vnus et de ,bac*us comme aux autres1 et ils se sont complu les obs]v]1 obissant en cela aux prceptes de la secte laquelle ils app>t5ai5t1 qui v\lai5t que p\r tre p>fait le sage soit exp]t et ent5du dans l'usage des volupts qui sont dans l'ordre naturel des *oses1 99 comme en t\t autre devoir de la vie3 ,qu'il ait le palais dlicat autant que le jugem5t 7,cicron74 ,les dlassem5ts sient aux mes =tes comme aux autres1 a9si que le montre l'exemple d'pam9ondas1 de ,scipion et de ,socrate4--,se dt5dre et se prt] aism5t la vie commune honore considrablem5t1 ce me semble1 une me =te et gnreuse et lui si$ on ne peut mieux4 pam9ondas se mlant aux danses des jeunes g5s de sa ville1 *antant1 faisant de la musique1 y apportant t\te son att5tion1 n'e/imait pas que ce ft drog] l'honneur qu'il s'tait acquis p> ses glorieuses victoires et l'extrme rectitude de murs qui tait en lui4--,p>mi tant de traits admirables de la vie du premi] ,scipion1 si recomm&able qu'on le jugeait digne de desc5dre des dieux1 il n'en e/ aucun qui aj\te davantage son *>me que de se le reprs5t] flnant sur le bord de la m] et y j\ant comme un enfant1 en compagnie de ,llius1 ramass] et collectionn] des coquilles1 ou c\rir l'un aprs l'autre qui mieux mieux2 et1 lorsqu'il faisait mauvais temps1 s'amusant et s'v]tuant crire des comdies1 o il retraait les faits et ge/es les plus ord9aires des basses classes2 ou se le figur] en ,sicile1 occup qu'il tait de ces m]veilleuses oprations qu'il allait entrepr5dre en ,afrique contre ,annibal1 visitant qu& mme les coles et assi/ant aux leons des philosophes1 au po9t de f\rnir en cela des armes contre lui aux ennemis qu'il avait ,rome et qu'aveuglait l'envie qu'ils lui portai5t4 ,y a-t-il quelque *ose de plus rem>quable *ez ,socrate que1 vieux comme il l'tait1 il se soit mis appr5dre dans]1 se soit fait enseign] la musique1 et qu'il considrt comme bi5 employ le temps qu'il y passait8 ,n\s le voyons la fois demeur] en extase1 deb\t1 durant une j\rne entire et la nuit qui suivit1 en prs5ce de t\te l'arme grecque1 absorb et ravi p> quelque pr(onde p5se1 et tre le premi]1 p>mi tant de vaillants que compr5ait cette arme1 vol] au sec\rs d',alcibiade que les ennemis accablai5t1 le c\vrir de son corps et1 p> la =ce des armes1 le dgag] de la f\le2 la bataille de ,dlium1 relev] et sauv] ,xnophon r5v]s de *eval2 tre encore le premi] de t\t ,a?nes1 indigne comme lui d'un spectacle si odieux1 s'int]pos] p\r arra*] ,?ramne aux satellites des tr5te tyrans qui le conduis5t la mort1 et1 bi5 que suivi uniquem5t de deux autres citoy5s qu'a entrans son exemple1 n'y r5onc] que sur les in/ances de ,?ramne lui-mme4 ,re*]* p> une beaut dont lui aussi e/ pris1 il ne se d"p pas de la plus svre ab/95ce4 ,cont9uellem5t la gu]re il va nu-pi$s mme sur la glace1 porte le mme vtem5t hiv] comme t1 surpasse t\s ses compagnons p> sa pati5ce support] les fatigues2 lorsqu'il assi/e un fe/91 il ne mange pas autrem5t qu' son ord9aire4 ,p5dant v+t-sept ans1 sans que jamais son visage accuse la mo9dre motion1 il endure la faim1 la pauvret1 l'indocilit de ses enfants1 les viol5ces de sa femme1 et f9alem5t la calomnie1 la tyrannie1 la prison1 les f]s et le poison4 ,et cep5dant1 si ce mme homme1 p\r satisfaire un devoir de politesse1 avait t5ir tte quelqu'un le v]re en ma91 il tait1 de t\te l'arme1 celui qui s'en tirait le mieux2 il ne refusait pas aux enfants de j\] aux noisettes1 ni de c\rir avec eux sur un *eval de bois1 et cela il le faisait de bonne grce1 c>1 dit la philosophie1 t\t si$ galem5t bi5 au sage1 et l'honore4 ,de tels faits abond5t dans la vie de ,socrate2 et qu'on considre sa doctr9e ou ses actes1 on ne saurait jamais s'emp*] de le reconnatre comme un modle de p]fection en t\s g5res4 ,il e/ peu d'exemples d'exi/5ce aussi remplie et aussi pure1 et on fait tort notre in/ruction en n\s en proposant d'autres1 comme cela arrive j\rnellem5t1 qui1 faibles et dfectueuses1 sont pe9e bonnes envisag] un po9t de vue unique1 et n\s report5t quasim5t en arrire1 plus propres corrompre qu' corrig]4 ,les bonnes g5s du commun s'y tromp5t2 il e/ bi5 plus facile1 p\r gagn] un objectif atte9dre et ne po9t s'g>]1 de pr5dre des biais habilem5t mnags que de s'y port] naturellem5t1 dc\v]t1 p> la gr&e voie y conduisant directem5t2 mais aussi1 c'e/ bi5 mo9s honorable et on n'y gagne pas en recomm&ation4 ,l'me ne doit pas fuir les plaisirs que lui (fre la nature1 mais elle doit les gt] avec modration et montr] une gale f]met dans la volupt comme dans la d\leur4--,la gr&eur d'me ne consi/e pas tant s'lev] et all] de l'avant1 qu' savoir rgl] sa conduite et la circonscrire dans de ju/es limites2 elle ti5t comme tant gr& t\t ce qui e/ suffisant1 et tmoigne de son lvation en prfrant les *oses moy5nes celles qui sont m95tes4 ,il n'e/ ri5 de si beau et de si lgitime que de bi5 remplir son rle d'homme dans t\tes ses p>ties4 ,il n'e/ pas de sci5ce si ardue que de bi5 savoir vivre 99 naturellem5t cette vie2 et de nos maladies la plus sauvage1 c'e/ de mpris] l'exi/5ce4 ,qui veut isol] son me1 le fasse h>dim5t s'il le peut1 lorsque le corps se port]a mal1 af9 de lui vit] la contagion4 ,en dehors de cela1 au contraire1 que t\j\rs elle l'assi/e et le favorise1 qu'elle ne lui refuse pas de p>ticip] ses plaisirs naturels et de s'y complaire comme dans un bon mnage1 y apportant1 si elle e/ plus sage que lui1 de la modration1 de peur que l'abus ne fasse que le dplaisir s'y mle4 ,l'intemprance e/ la pe/e de la volupt2 la temprance n'en e/ pas le flau1 elle en e/ l'assaisonnem5t4 ,eudoxe1 qui faisait de la volupt le s\v]a9 bi51 et ses compagnons qui1 avec lui1 y atta*ai5t un si haut prix1 la sav\rr5t dans t\t ce qu'elle a de plus d\x1 grce la temprance qui *ez eux fut t\t p>ticulirem5t exemplaire4 ,je comm&e mon me de considr] de mme il la d\leur et la volupt3 ,la dilatation de l'me dans la joie n'e/ pas mo9s anormale que sa contraction dans la d\leur 7,cicron71 de les envisag] avec la mme f]met3 l'une gaiem5t1 l'autre svrem5t1 et1 selon ce qu'elle peut1 d'tre aussi soigneuse de calm] l'une1 que de ne po9t s'absorb] dans l'autre4 ,apprci] sa9em5t les bi5s qui n\s *oi5t1 a p\r consqu5ce naturelle de jug] sa9em5t nos maux3 la d\leur1 t\t ses dbuts1 a quelque *ose qui ne se peut vit]2 la volupt1 p\sse l'excs1 quelque *ose dont il faut se g>d]4 ,platon les met sur le mme rang et veut que ce soit la t*e de la =ce d'me de combattre les tre9tes de la d\leur1 comme les attraits excessifs et en*anteurs de la volupt4 ,ce sont deux s\rces3 bi5 heureux qui y puise o il convi5t1 au mom5t opportun et dans la mesure du ncessaire1 qu'il soit cit1 homme ou bte4 ,la premire e/ pr5dre comme une mdec9e1 qu& il y a ncessit et le mo9s possible2 l'autre1 qu& on a soif1 mais sans all] jusqu' l'ivresse4 ,la d\leur1 la volupt1 l'am\r1 la ha9e sont les premires *oses que ress5t un enfant2 que1 lorsque la raison lui vi5t1 elles se subordonn5t elle1 c'e/ l ce qui con/itue la v]tu4 ,p\r lui1 ,montaigne1 il n'a po9t hte de voir pass] le temps1 et1 qu& il ne s\ffre pas1 il le sav\re1 j\issant du calme qui s'e/ fait en lui1 sans proccupation de l'av5ir1 ce poison de l'exi/5ce huma9e4--,j'ai un vocabulaire moi3 je dis que je passe le temps1 qu& il m'e/ mauvais et incommode2 lorsqu'il m'e/ bon1 je ne veux pas le pass]1 je le sav\re1 je m'y arrte4 ,il e/ fran*ir au plus vite1 qu& il n\s e/ mauvais2 faire dur] le plus qu'on peut1 lorsqu'il n\s e/ bon4 ,ces expressions banales3 passe-temps et pass] le temps1 peign5t bi5 la manire d'en us] de ces g5s prud5ts qui ne p5s5t pas avoir meilleur emploi de la vie1 que de la voir c\l]1 s'*app]2 de la pass] en biaisant autant qu'il e/ en eux2 de l'ignor] et la fuir comme une *ose ennuyeuse et ddaign]4 ,elle me fait un effet t\t autre2 je tr\ve qu'elle e/ commode et qu'elle a du prix1 mme qu& elle e/ comme *ez moi en sa dcad5ce f9ale4 ,la nature n\s l'a mise en ma91 ent\re de telles conditions favorables1 que n\s n'avons n\s en pr5dre qu' n\s si elle n\s e/ *>ge ou n\s *appe sans avoir t employe utilem5t3 ,la vie de l'ins5s e/ dsagrable1 inquite2 sans cesse elle n'a que l'av5ir en vue 7,snque74 ,je me prp>e p\rtant la p]dre sans regret1 mais p>ce que c'e/ dans l'ordre des *oses1 et non p>ce qu'elle e/ pnible et importune2 du re/e1 il ne convi5t bi5 qu' ceux-l seuls qui se plais5t dans la vie1 de ne pas pr\v] de dplaisir la quitt]4 ,il y a bnfice en j\ir et j'en j\is deux fois autant que les autres1 p>ce que la j\issance s'en mesure au plus ou mo9s d'application que n\s y apportons4 ,surt\t cette heure1 o je m'ap]ois que la mi5ne t\*e de si prs sa f91 je veux en acc5tu] le cas que j'en fais1 arrt] la promptitude de sa fuite p> ma promptitude la ressaisir1 et comp5s] la rapidit avec laquelle elle s'c\le p> l'int5sit dont j'en use2 mesure que dim9ue le temps durant lequel je dois encore en avoir possession1 je m'applique davantage r5dre cette possession plus pr(onde et plus complte4 ,les autres ress5t5t la d\ceur que produis5t en n\s la satisfaction et la prosprit2 je la ress5s comme eux1 mais ce n'e/ pas seulem5t en passant et sans m'y atta*]4 ,il faut l'tudi]1 la sav\r]1 la rum9]1 p\r bi5 r5dre celui qui n\s l'octroie1 t\te la grce que n\s lui en devons4 ,on j\it de t\s les plaisirs comme on fait du sommeil1 sans s'en r5dre compte4 ,p\r que mme le bi5-tre que j'pr\vais dormir ne m'*appt pas a9si /upidem5t1 je m'avisai jadis qu'on me tr\blt p5dant que je reposais1 af9 de n'en pas tre inconsci5t4--,j'analyse mes j\issances2 je ne m'en ti5s pas la surface1 j'appr(ondis et oblige ma raison1 dev5ue *agr9e et dgte1 y prt] att5tion4 ,suis-je dans un mom5t de calme8 y a-t-il quelque plaisir qui me produise une s5sation agrable8 je ne le laisse pas gaspill] p> les s5s1 j'y associe mon me1 non p\r s'y engag]1 mais p\r qu'elle en pr\ve de l'agrm5t2 non p\r qu'elle y demeure indiffr5te1 mais p\r qu'elle en soit consci5te2 je l'emploie1 p\r sa "p1 se complaire dans cet tat satisfaisant1 pes] et e/im] le bonheur qu'il me cause et p> l l'augm5t]4 ,elle mesure a9si combi5 elle e/ r$evable ,dieu du repos de sa consci5ce et de celui que lui laiss5t les autres passions auxquelles elle e/ sujette1 et de ce que le corps e/ dans son tat naturel1 j\issant sagem5t et en connaissance de cause des fonctions d\ces et agrables que1 dans sa bont1 il a plu au ,t\t-,puissant de n\s attribu] p\r comp5s] les d\leurs qu' son t\r sa ju/ice n\s inflige4 ,elle apprcie de la sorte de quel prix e/ p\r elle d'tre en telle situation que1 p>t\t o elle porte la vue1 le ciel e/ calme aut\r d'elle2 nul dsir1 nulle cra9te1 nul d\te ne tr\bl5t son atmosphre2 son imag9ation peut1 sans en s\ffrir1 se reprs5t] t\te difficult passe1 prs5te ou future4 ,cet tat acqui]t t\te sa valeur1 qu& on le comp>e ceux qui sont autres2 qu&1 les envisageant s\s les mille =mes s\s lesquelles ils se prs5t5t1 je songe aux g5s que le sort ou leur propre erreur entrane et expose aux fureurs de la tempte1 et aussi ceux qui1 plus prs de moi1 accueill5t si mollem5t et avec tant d'ins\ciance leur bonne =tune4 ,en voil qui vritablem5t pass5t le temps3 ils ne voi5t qu'au del du mom5t prs5t et de ce qu'ils possd5t1 ne viv5t que d'esprances1 d'ombres et de va9es images que leur imag9ation place devant leurs yeux3 tels ces fantmes qu'on voit1 dit-on1 voltig] aprs la mort aut\r des tombeaux1 ou ces songes qui tromp5t nos s5s endormis 7,virgile71 et qui1 en t\te hte1 pr5n5t la fuite devant qui les suit4 ,le b et le rsultat de cette p\rsuite c'e/ de t\j\rs p\rsuivre1 de mme qu',alex&re n'avait1 disait-il1 d'autre b en travaillant que de travaill]1 e/imant n'avoir ri5 fait1 tant qu'il lui re/ait quelque *ose faire 7,luca974 ,la vie e/ accept] telle que ,dieu n\s l'a faite2 c'e/ se montr] +rat son g>d1 que de rep\ss] les satisfactions dont il l'a dote4--,donc1 quant moi1 j'aime la vie et la cultive telle qu'il a plu ,dieu de me l'octroy]4 ,je ne s\hait]ais pas qu'il y manqut la ncessit o n\s sommes de boire et de mang]1 et me repro*]ais t\t autant de dsir] que ce beso9 soit1 en n\s1 d\ble de ce qu'il e/3 ,le sage re*]*e avec avidit les ri*esses naturelles 7,snque74 ,je ne regrette pas davantage que n\s ne n\s su/5tions pas uniquem5t en n\s mettant dans la b\*e un peu de cette drogue p> laquelle pimnide se privait d'apptit et qui suffisait le faire vivre2 que /upidem5t les enfants v5ant au monde ne n\s sort5t des doigts ou des talons1 en admettant mme1 p\r ne pas sembl] m>qu] du dda9 p\r cet acte1 que ce mode de gnration p> les doigts et les talons ne le cdt po9t l'autre s\s le rapport de la volupt2 ni que notre corps ne soit pas sans dsir et ins5sible aux c>esses2 s'en pla9dre1 c'e/ tre +rat et inju/e4 ,j'accepte de bon cur et avec reconnaissance ce que la nature a fait p\r moi2 je m'en dcl>e satisfait et m'en l\e4 ,on fait tort ce gr& et t\t-puissant donateur qu& on refuse ses dons1 qu'on les annule ou qu'on les dfigure2 de sa "p t\t e/ bon1 t\t ce qu'il a fait e/ bi5 fait3 ,t\t ce qui e/ selon la nature1 e/ digne d'e/ime 7,cicron74 ,des op9ions mises p> la philosophie1 j'embrasse plus volonti]s celles qui repos5t sur les bases les plus solides1 c'e/--dire qui sont plus huma9es1 plus ntres4 ,raisonnant comme je vis1 en t\te humilit1 sans lvation dans les ides1 je tr\ve bi5 enfant9 de sa "p qu'elle se dresse sur ses ergots p\r n\s pr*] que m>i] le div9 au t]re/re1 ce qui e/ raisonnable ce qui ne l'e/ pas1 la svrit l'indulg5ce1 ce qui e/ honnte ce qui e/ d%onnte1 con/itu5t autant de mon/ruosits2 que la volupt e/ une *ose brutale1 indigne que le sage y gte2 que le seul plaisir tir] de la j\issance d'une jeune et belle p\se1 c'e/ la satisfaction qu'pr\ve notre consci5ce accomplir un acte qui e/ dans l'ordre1 comme de *auss] ses bottes p\r une c\rse *eval qu'il n\s faut entrepr5dre4 ,si seulem5t *ez les adeptes d'une telle philosophie1 leur droit dpucel] leurs femmes1 la vigueur et la sve qu'ils y dp5s5t1 tai5t rduits dans la mesure que prne son enseignem5t1 peut-tre ab&onn]ai5t-ils ces ides6 ,vivons suivant la nature1 ce guide si d\x autant que prud5t et judicieux2 *ez la plup>t des g5s dont les ides vont s'levant au-dessus du ciel1 les murs sont plus bas que t]re4--,ce n'e/ pas ce que dit ,socrate1 son matre et le ntre2 il fait de la volupt corporelle le cas qui convi5t1 mais lui prfre celle de l'esprit comme ayant plus de =ce1 de con/ance1 de facilit1 de v>it1 de dignit4 ,cette d]nire1 selon lui1 ne va pas seule1 il n'e/ pas rveur ce po9t1 elle a seulem5t le pas sur l'autre2 p\r lui1 la temprance e/ la modratrice et non l'adv]saire des plaisirs4 ,la nature e/ un guide d\x1 mais *ez lequel la d\ceur ne prime ni la prud5ce1 ni la ju/ice3 ,il faut pntr] la nature des *oses et voir exactem5t ce qu'elle comm&e 7,cicron74 ,je suis t\j\rs en qute de sa pi/e1 mais cont9uellem5t de fausses traces que l'art a semes s\s nos pas1 n\s la font p]dre2 c'e/ p\rquoi cette maxime s\v]a9em5t bonne1 mise p> les acadmici5s et les pripattici5s3 ,vivre selon la nature1 devi5t si difficile dlimit] et expliqu]2 et il en e/ de mme de celle-ci3 ,cons5tir ce qu'elle dem&e1 pro*e vois9e de la prcd5te et qui app>ti5t aux /oci5s4 ,n'e/-ce pas une erreur de t5ir c]ta9es actions comme inconv5antes1 p> cela seul qu'elles sont ncessaires8 ,aussi1 ne m't]a-t-on pas de la tte que l'alliance du plaisir avec la ncessit1 que les dieux1 dit un anci51 *]*5t t\j\rs associ]1 ne soit un m>iage trs conv5able4 ,dans quel b disjo9dre d'une faon absolue ces lm5ts d'un t\t faisant si bi5 corps et dont l'ag5cem5t p>fait ju/ifie leur commune orig9e8 ress]rons au contraire le li5 qui les unit en faisant qu'ils se r5d5t mutuellem5t s]vice2 que l'esprit veille et vivifie le corps si l\rd p> lui-mme1 et que le corps modre la lgret de l'esprit et fasse qu'il se fixe3 ,quiconque exalte l'me comme le s\v]a9 bi5 et condamne la *air comme *ose mauvaise1 embrasse et *rit l'me avec ses s5s2 c'e/ ses s5s aussi qu'il doit ce s5tim5t qui lui fait fuir la *air1 et qui nat de ce n\s raisonnons s\s l'empire de la vanit huma9e et non d'aprs la vrit div9e 7,s4 ,augu/974 ,ri5 de ce dont ,dieu n\s a fait prs5t1 n'e/ indigne de nos so9s2 n\s en devons compte jusqu'au mo9dre dtail4 ,l'homme n'a pas reu1 p> manire d'acquit1 mission de se dirig] lui-mme2 cette mission lui a t donne expressm5t1 nettem5t1 comme sa fonction capitale2 le ,crateur la lui a impose de la faon la plus srieuse et la plus svre4 ,c'e/ seulem5t en ordonnant1 qu'on a action sur les esprits vulgaires2 et1 comme un langage trang] donne plus de poids ce que n\s disons1 n\s insi/]ons sur ce po9t p> cette citation lat9e3 ,n'e/-ce pas sottise de faire avec mollesse et en maugrant ce qu'on e/ oblig de faire2 de p\ss] le corps d'un ct1 l'me de l'autre1 et de se p>tag] entre les m\vem5ts les plus contraires 7,snque78 ,bi5 plus1 faites-v\s indiqu]1 un j\r1 p> curiosit1 les ides et les agrm5ts que conoit dans son imag9ation celui qui rep\sse la p5se d'un bon repas et se repro*e le temps qu'il emploie se n\rrir1 et v\s v]rez que p>mi t\s les mets de votre table il n'y en a pas d'aussi insipide que ce bel tat dans lequel il entreti5t son me 7le plus s\v5t1 mieux vaudrait que n\s dormions compltem5t1 que de demeur] veills1 tant donne la cause qui n\s fait veill]71 et v\s tr\v]ez que ses raisons et ce qu'il se propose d'obt5ir1 ne val5t pas votre ragot4 ,cet tat s]ait-il mme am5 p> les ravissem5ts en lesquels tombait ,ar*imde1 qu'ils ne l'excus]ai5t pas4--,je ne vise pas ici 7ne les confondant pas avec ce tas de m>mots que sont les hommes comme n\s1 pas plus que je ne leur attribue les dsirs et les p5ses en lesquels notre vanit se complat7 ces mes vnrables que l'ardeur religieuse et la dvotion port5t une con/ante et consci5cieuse mditation des *oses div9es1 qui1 t\t aux ef=ts que leur inspire l'esprance vive et pr(onde d'arriv] gagn] cette flicit t]nelle1 b f9al et d]nire tape auxquels t5d5t les aspirations de t\s les *rti5s1 seul plaisir cont9u et incorruptible1 ddaign5t de prt] att5tion ces ncessits qui n\s sont aussi des satisfactions1 mais passagres et ambigus1 et r5onc5t si facilem5t s'occup] de leur corps1 lui refusant l'usage de ce qui1 dans cette vie1 e/ l'apanage des s5s2 c'e/ l une p\rsuite de l'idal qui con/itue un cas t\t fait privilgi4--,entre n\s1 ce sont *oses que j'ai t\j\rs vues en s+uli] accord1 que des ides visant s'lev] au-dessus du ciel et des murs avilissant plus bas que t]re4 ,en somme1 dans t\s les tats de la vie1 il faut j\ir loyalem5t de ce que l'on e/1 et c'e/ folie de v\loir s'lev] au-dessus de soi-mme4--,ce gr& homme qu'tait sope1 voyant son matre ur9] en se prom5ant1 s'criait3 ,h quoi6 n\s faudra-t-il donc s\lag] de mme notre v5tre en c\rant8 ,mnageons le temps1 quoiqu'il n\s en re/e beauc\p que n\s passons dans l'oisivet1 ou employons mal2 notre me1 p\r la t*e qui lui incombe1 ne dispose pas d'assez d'heures autres que celles qui font beso9 au corps1 p\r se sp>] de lui durant le peu de temps qui lui e/ de t\te ncessit4 ,les g5s que hante cette ide de sacrifi] le corps l'me1 de dev5ir autres qu'ils ne sont et cess] de n'tre que des hommes1 sont f\s2 ce n'e/ pas en anges qu'ils se trans=m5t1 c'e/ en btes2 au lieu de s'lev]1 ils se rabaiss5t4--,ces humeurs transc5dantes m'effrai5t1 comme font les sites levs et inaccessibles1 et je ne regrette ri5 tant dans la vie de ,socrate que ses extases et ce gnie famili] auquel il attribuait ses inspirations4 ,ri51 *ez ,platon1 ne ti5t tant l'humanit que ce qui passe p\r lui avoir valu l'appellation de div92 et1 p>mi nos sci5ces1 celles qui trait5t des que/ions suprieures sont celles qui me sembl5t t\*] le plus la t]re et tre de mo9dre importance4--,je ne tr\ve non plus ri51 dans la vie d',alex&re1 de si humble et qui tmoigne davantage qu'il e/ du nombre des mortels1 que ses prt5tions *imriques l'immortalit1 qui lui valur5t cette spirituelle raill]ie de ,philotas4 ,il lui avait fait "p1 dans une lettre1 en le conviant s'en rj\ir avec lui1 de l'oracle de ,jupit] ,ammon qui l'avait mis au rang des dieux3 ,j'en suis bi5 aise1 lui rpondit ,philotas1 en raison de la considration qui t'en revi5t2 mais combi5 sont pla9dre les hommes appels vivre avec un homme qui dpasse tel po9t et que ne cont5te pas la mesure de l'homme1 et qui ont lui obir6--,c'e/ p>ce que tu te s\mets aux dieux1 que tu comm&es aux hommes 7,horace74--,la gracieuse inscription dont les ,a?ni5s avai5t dcor leur ville1 en l'honneur de la v5ue de ,pompe1 r5tre dans ma faon de p5s]3 ,tu es d'autant plus dieu1 que tu te reconnais n'tre qu'un homme 7,plut>que74 ,savoir loyalem5t j\ir de ce que l'on e/1 e/ la p]fection absolue et p\r a9si dire div9e4 ,n\s ne re*]*ons d'autres conditions que les ntres1 que p>ce que n\s ne savons pas faire usage de celles en lesquelles n\s n\s tr\vons2 n\s ne sortons de n\s-mmes1 que faute de savoir tir] p>ti de ce qui e/ en n\s4 ,mais n\s avons beau mont] sur des *asses1 sur ces *asses il n\s faut qu& mme m>*] avec nos jambes1 et sur le trne le plus lev du monde n\s ne sommes assis que sur notre d]rire4 ,les plus belles exi/5ces sont1 mon s5s1 celles qui r5tr5t dans le modle gnral de la vie huma9e1 qui sont bi5 ordonnes1 et d'o surt\t sont exclus le miracle et l'extravagance4--,quant la vieillesse1 elle a un peu beso9 d'tre traite avec quelque t5dresse2 c'e/ p\rquoi je t]m9e en recomm&ant la mi5ne ce dieu protecteur de la sant et de la sagesse1 de la sagesse gaie et sociable3 ,o fils de ,latone6 accorde-moi de j\ir en paix du fruit de mes labeurs2 donne-moi une me sa9e dans un corps sa92 et1 je t'en prie1 prs]ve-moi d'une vieillesse languissante1 f]me au comm]ce des ,muses 7,horace74 ,,f9 ,,ds ,,essais4 7,,traduction7 ,illu/ration3 ,,ri5 ,,trop4 ,,table ,,des ,,mati,,res ,,cont5ues ,,dans ,,le ,,troisi,,me ,,volume4 ,,livre ,,second4 7,suite47 ,pages4 ,,*apitre ,,xxxvi4--,des plus excell5s hommes4--,a quels hommes1 entre t\s1 donn] la prm95ce4 #aj ,,*apitre ,,xxxvii4--,de la ressemblance des enfans aux pres4 #bb ,,livre ,,troisi,,me4 ,,*apitre ,i4--,de l'vtile et de l'honne/e4 #gh ,,*apitre ,,ii4--,du rep5tir4 #ajf ,,*apitre ,,iii4--,de trois comm]ces4--,de la socit des hommes1 des femmes et de celle des livres4 #acf ,,*apitre ,,iv4--,de la diu]sion4 #aeh ,,*apitre ,v4--,sur des ,v]s de ,virgile4 #agh ,,*apitre ,,vi4--,des co*es4 #bhf ,,*apitre ,,vii4--,de l'incommodit de la gr&eur4--,des inconvni5ts des gr&eurs4 #cbj ,,*apitre ,,viii4--,sur l'art de conf]]4--,de la conv]sation4 #ccj ,,*apitre ,,ix4--,de la vanit4 #cgf ,,*apitre ,x4--,de mesnag] sa volont4--,en t\tes *oses1 il faut se modr] et savoir cont5ir sa volont4 #dhd ,,*apitre ,,xi4--,des boyteux4 #ebf ,,*apitre ,,xii4--,de la physionomie4 #edf ,,*apitre ,,xiii4--,de l'expri5ce4 #eih ,,errata ,,du ,,troisi,,me ,,volume4 ,page #he1 lig4 #cg4--;,au lieu de3 veut1 lire3 v\drait ne4 ,page #aad1 lig4 #af4--;,au lieu de3 sca*e1 lire3 sa*e4 ,page #aah1 lig4 #cb4--;,au lieu de3 ,il semble1 lire3 ,il n\s semble4 ,page #afh1 lig4 #be4--;,au lieu de3 con=ce lire3 consorce4 ,page #agh1 lig4 #aj4--;,au lieu de3 m\rir3 ,vn frre444 fi1 ,ari/odemus1 lire3 m\rir1 vn frre444 fi4 ,ari/odemus4 ,page #bje1 lig4 #e4--;,au lieu de3 elle1 lire3 elles4 ,page #bgi1 lig4 #f4--;,aprs3 v\loir1 aj\t]3 que2--aprs3 born]1 supprim]3 que4 ,page #cdb1 lig4 #e4--;,au lieu de3 diff]5dum1 lire3 diss]5dum4 ,page #cdd1 lig4 #f4--;,au lieu de3 ,eu?ydomus1 lire3 ,eu?ydemus4 ,page #cfd1 lig4 #cg4--;,au lieu de3 op9on1 lire3 op9ion4 ,page #daf1 lig4 #ac4--;,au lieu de3 suis1 lire3 fuis4 ,p\r ce qui e/ des a/risques 7997 insrs dans la traduction1 se report] au ,nota de la page #ae du premi] volume4 99 99 99 ,,addition ,,aux ,,errata ,,du ,,second ,,volume4 ,page #df1 lig4 #bi4--;,au lieu de3 sort1 lire3 =t4 ,page #agd1 lig4 #ab4--;,au lieu de3 combieu1 lire3 combi54 ,page #aig1 lig4 #ag4--;,au lieu de3 raison1 lire3 raisons4 ,page #bhj1 lig4 #bf4--;,au lieu de3 homme1 lire3 hommes4 ,p\r ce qui e/ des a/risques 7997 insrs dans la traduction1 se report] au ,nota de la page #ae du premi] volume4 ,,addition ,,aux ,,errata ,,du ,,premi] ,,volume4 ,page #bah1 lig4 #ba4--;,au lieu de3 foy1 lire3 soy4 99 99 99 99 99 ,li/e des modifications3 ,texte orig9al3 ,page #ah3 portants antant remplacs p> portant autant 7et portant autant de tesmoignage7 ,page #bj3 mesme p> mesmes 7,et son humanit l'endroit des ennemis mesmes7 ,page #bb3 seu p> seu 7c> ils ne m'en euss5t seu faire7 ,page #bd3 qu'il p> qui 7qui n'eu/ mieux aym e/re7 ,page #cj3 micles p> miracles 7,n\s n'auons que faire d'all] tri] des miracles7 ,page #fb3 insques p> iusques 7qui e/oit vne sci5ce iusques lors7 ,page #fd3 en p> eu 7d'auoir eu rec\rs7 ,page #id3 eh>ges p> *>ges 7des *>ges poisantes7 ,page #ajd3 diffidio p> dissidio 7etiam 9 dissidio publicorum7 ,page #acj3 l'impuissanee p> l'impuissance 7,ie ne sauray iamais bon gr l'impuissance7 ,page #acb3 ,le p> ,la 7,la sant m'adu]tit7 ,page #aej3 elle p> elles 7elles ne val5t pas d'acqu]ir vn m>y7 ,page #aed3 d\l5r p> d\leur 7il em\sse les po9tures de la d\leur7 ,page #afj3 g>ir p> gu>ir 7ie n'essayay pas de le gu>ir7 ,page #agh3 subiets p> subiects 7444 sont subiects graues7 ,page #ahf3 vicia p> vitia 7,qu>e vitia sua nemo confitetur87 ,page #bjb3 p> 7sans le rompre t\t faict87 ,page #bjd3 aj\t de son 7*angeant de compagnie selon son beso+ et son g\/7 ,page #bbj3 aj\t de se 7*acun se rep5t et se desm5t7 ,page #bbh3 ima9ation p> imag9ation 7,si n\s ne p\uons cont5ir leur imag9ation7 ,page #beb3 enfantemeut p> enfantem5t 7et t\t enfantem5t ensemble7 ,page #bef3 suitte p> fuitte 7,p\r arre/] sa fuitte7 ,page #bfd3 inc]t9e p> inc]ta9e 7r>e et inc]ta9e7 ,page #bfh3 ros p> rosa 7,alba rosa7 ,page #bgb3 *ois p> *oisi 7que i'ay *oisi cette sorte de p>l]7 ,page #bhb3 inspide p> insipide 7,o la sotte composition et insipide7 ,page #cjf3 cepit p> cpit 7neque pridem exordia cpit7 ,page #cbj3 mondres p> mo9dres 7,ils ne ba/issoi5t po9t de mo9dres pi]res7 ,page #ccj3 qui p> quis 7,p]d]e quis velit7 ,page #cdj3 suitte p> fuitte 7mode/e fuitte de cont5tion7 ,page #cgb3 qn'il p> qu'il 7la mati]e qu'il n\s montre7 ,page #chf3 diducimus p> diducimur 7,tum v] 9 curas animum diducimur omnes7 ,page #djh3 quelque p> quelques 7il pronona quelques p>oles7 ,page #daj3 piece p> pieces 7la di/ribution des pieces de son oraison7 3 pr5dre p> p]dre 7ie cra9s de p]dre au *ange7 ,page #dbf3 qne p> que 7que la bont e/ plus belle7 ,page #dcd3 ,qnoy p> ,quoy 7,quoy1 dix lieus e/-ce lo+7 ,page #deb3 l'ayat p> l'ayant 7l'ayant loge en tel po9ct7 ,page #ded3 ponr p> p\r 7qui les ont recognus1 p\r en mesdire7 ,page #dfd3 deg\t p> d$g\t 7qu'il fu/ desg\t de moy7 ,page #dgf3 ple9dre p> pla9dre 7ie ne saurois auoir le cur de le pla9dre47 ,page #dhf3 sont p> font 7ils le font p> t\t7 ,page #dib3 s]ait p> s]oit 7ce s]oit vn sot7 ,page #egf3 hurt p> heurt 7ny de rem$e ny de consolation1 qu'au heurt7 ,page #fjh3 sauant p> sauants 7e/-ce pas sauoir ent5dre les sauants87 ,page #fbd3 font p> sont 7comme ils sont1 de cette canaille de g5s7 ,page #fcb3 s\ueut p> s\u5t 7,ie dis s\u5t7 ,page #fgb3 lon p> long 7i'ayme me repos] long temps7 ,page #fih3 c\fonde p> confonde 7n\s l'auons confonde7 ,page #gjj3 l'essort p> l'ef=t 7l'ef=t d'vne viue et vehem5te esp]ance7 ,traduction3 ,page #fd3 des des remplacs p> des 7la puret des in/itutions47 ,page #aaa3 prepose p> propose 77 ,page #abc3 surmon p> surnom 7qu'on dsigne p> ce surnom7 ,page #ace3 si si p> si 7si on ne la voit7 ,page #adc3 tmritt p> tmrit 7qu'elle ne t\rne la tmrit7 ,page #aii3 fusss5t p> fuss5t 7si exprim5ts que fuss5t ceux-ci dans la p>tie7 ,page #bdi3 gam5t p> galem5t 7que la nature n\s procure galem5t7 ,page #bgc3 en en p> en 7et1 en vrit17 ,page #cbe3 hnmilit p> humilit 7que je reconnaisse h>dim5t son humilit7 ,page #cic3 m'meuvrait p> m'm\vrait 7et la *ute d'une t\r m'm\vrait7 ,page #dja3 voy5s p> voyons 7,n\s voyons p> mille exemples7 ,page #daa3 *angem5t p> *angem5ts 7les *angem5ts qu'il p\rrait y introduire7 ,page #dbi3 b p> butte 7qu'elle soit en butte aux factions7 ,page #dce3 aj\t de a 7o il y a un cont9uel *ange de s]vices7 ,page #dfe3 avons avons p> avons 7les rgles que n\s avons n\s-mmes tablies7 ,page #eac3 effrondrem5t p> effondrem5t 7,quel effondrem5t que celui du d]ni]7 ,page #ecc3 pas p> p> 7on p]d trace des vraies qui n\s *app5t p> leur petitesse7 ,page #ehi3 s+lirem5t p> s+ulirem5t 7il e/ime s+ulirem5t la beaut7 3 la la p> la 7la ,sant1 la ,beaut1 la ,ri*esse7