available by the ,bibliothque nationale de ,france 7,bn,f_/,gallica7 at http3_/_/gallica4bnf4fr7 ,au lecteur4 ,ce livre lectronique reproduit intgralement le texte original1 et l'orthographe d'origine a t conserve1 y compris dans les noms propres4 ,seules quelques erreurs typographiques videntes ont t corriges4 ,la liste de ces corrections se trouve la fin du texte4 ,la ponctuation a galement fait l'objet de quelques corrections mineures4 ,,national ,,gallery ,,les ,,grands ,,mus,,es ,,du ,,monde ,,illustr,s ,,en ,,couleurs ,,la 8,,national ,,gallery0 ,publi sous la direction de ,m4 ,,armand ,,dayot1 ,inspecteur gnral des ,beaux-,arts ,illustration ,,ouvrage ,,illustr ,,de #ij ,,planches ,,hors ,,texte ,,en ,,couleurs ,,pierre ,,lafitte ,cie ,,diteurs 33 #ij1 ,,champs-,,lys,,es 33 ,,paris ,,tome ,,premier ,,copyright #aiab ,,by ,,pierre ,,lafitte ,cie ,,avertissement ,la 8,national ,gallery0 n'est peut-tre pas l'un des plus importants muses d',europe1 mais elle est coup sr l'un des plus intressants4 ,d'autres sont plus riches en tableaux mondialement clbres3 ,amsterdam s'enorgueillit de ses ,rembrandt1 le ,prado de ses ,velazquez1 l',acadmie de ,venise de ses ,titien2 aucun1 le ,louvre except1 ne prsente une telle varit1 une telle harmonieuse rpartition dans les uvres de toutes les poques et de toutes les coles4 ,si leur nombre n'est pas considrable1 la slection apparat irrprochable et chaque matre y est reprsent par des toiles de premire valeur4 ,l',angleterre1 comme la ,france1 doit ces trsors au got artistique de ses rois qui mettaient leur gloire enrichir leurs palais de belles peintures4 ,louis ,,xiv et ,charles ,ier furent d'incomparables amateurs d'art1 et si la 8,national ,gallery0 possde aujourd'hui cette merveilleuse collection de chefs-d'uvre1 c'est en partie ce magnifique et malheureux ,stuart qu'elle le doit4 ,cette richesse de la 8,national ,gallery0 s'est encore accrue par des dons particuliers trs importants1 et aujourd'hui c'est vritablement l'histoire de l'art tout entire1 complte et admirablement classe que le visiteur retrouve en parcourant les vingt-cinq salles de ce magnifique muse4 ,,jean ,,van ,,eyck ,,arnolfini ,,et ,,sa ,,femme ,,salle ,,iv4--,,primitifs ,,flamands ,illustration ,arnolfini et sa femme ,le tableau reprsente le couple d',arnolfini et de sa femme dans leur chambre nuptiale4 ,tout y est net1 propre1 rang1 comme il sied un intrieur de la ,flandre mticuleuse4 ,le jeune mnage a des habitudes d'ordre3 sous les courtines plis droits1 le lit tale sa courtepointe bien tire4 ,au plafond est accroch un lustre dont les cuivres tincelants trahissent les soins d'une diligente mnagre4 ,au fond1 contre le mur1 s'aperoit un miroir cylindrique de cuivre o se refltent la pice et les personnages4 ,ceux-ci ne sont pas moins soigns3 ils sont vtus de bonnes et solides toffes qui dnotent l'aisance4 ,les costumes1 vrai dire1 sont ridicules1 celui de l'homme surtout3 ils sont de cette poque dont ,viollet-le-,duc disait qu'ils semblent issus de l'tude du laid et du difforme4 ,engonce dans son vaste chapeau1 la maigre silhouette d',arnolfini nous apparat plus falote encore sous l'ampleur inusite de son manteau4 ,la femme n'est pas plus sduisante avec son vtement triqu par le haut et dmesurment large partir de la ceinture4 ,sa coiffure ne l'avantage pas non plus3 cette sorte de coiffe aplatie sur le front et dissimulant les cheveux enlve toute grce au visage4 ,mais quelle expression dans l'attitude et quelle vrit dans les physionomies6 ,la jeune femme pose affectueusement sa main dans celle de son poux4 ,la douceur des regards dit bien le sentiment mutuel qui anime ces deux tres3 tendresse srieuse et protectrice chez l'homme1 affection reconnaissante chez la femme qui sont promises les joies prochaines de la maternit4 ,a leurs pieds se tient un caniche1 symbolisant la fidlit conjugale4 ,arnolfini1 comme son nom l'indique1 tait ,italien4 ,envoy ,bruges comme reprsentant d'une grande maison de commerce de ,florence1 il occupait dans la ville flamande une situation considrable1 assez analogue celle de nos consuls modernes4 ,en sa qualit de ,florentin1 il aimait les arts et1 sans que la preuve irrfutable en soit faite1 on a tout lieu de croire qu'il commanda pour son pays diffrents tableaux ,jean ,van ,eyck4 ,durant son sjour en ,flandre1 il pousa ,jeanne de ,chenany1 jeune fille d'excellente famille et fort bien dote1 celle-l mme que reprsente le tableau4 ,pendant assez longtemps1 on a cru reconnatre dans ce couple1 le portrait de ,jean ,van ,eyck et de sa femme1 et l'on s'est bas1 pour dfendre cette opinion1 sur l'inscription que porte la peinture3 ,johannes de ,eyck fuit hic1 et que l'on traduit ainsi3 ,jean de ,eyck fut celui-ci4 ,a cela1 d'autres critiques rpondent avec non moins de raison que la phrase latine signifie galement ,jean de ,eyck fut ici1 ce qui ne prouve pas qu'il tait le personnage du tableau1 mais plus vraisemblablement son auteur4 ,en outre1 si nous ne possdons aucun moyen d'identifier les traits du peintre1 il nous est par contre trs facile de nous convaincre par comparaison que la jeune femme reprsente ici ne peut tre celle de ,jean ,van ,eyck4 ,celui-ci a laiss de sa femme un magistral portrait1 actuellement au muse de ,bruges1 et on n'y constate aucun point de ressemblance avec celle-ci4 ,il semble donc acquis qu'il s'agit bien d',arnolfini et de sa femme et non pas du clbre auteur de l',adoration mystique de l',agneau4 ,nous avons pens que nul peintre n'tait mieux indiqu que ,jean ,van ,eyck pour figurer en tte de la srie des chefs-d'uvre de la 8,national ,gallery04 ,tout le marque pour cette place de choix3 son merveilleux talent et surtout l'influence prpondrante qu'il exera non seulement sur la peinture flamande1 mais encore sur la peinture universelle4 ,n'oublions pas qu'on lui doit1 sinon l'invention1 du moins l'utilisation de l'huile mlange la peinture4 ,avant lui1 on ne peignait qu' la dtrempe1 procd qui exigeait une trs grande rapidit d'excution et dont le moindre dfaut tait de scher trs lentement4 ,la 8,national ,gallery0 est particulirement riche en uvres de ,jean ,van ,eyck1 d'uvres authentiques s'entend1 car les tableaux attribus cet artiste abondent dans les muses d',europe4 ,les quelques portraits qu'elle possde sont admirables1 mais le plus populaire1 le plus parfait aussi1 est celui d',arnolfini et de sa femme4 ,ce tableau prouva des vicissitudes diverses au cours des sicles4 ,on ne sait comment il sortit des mains de son premier propritaire4 ,sans doute1 il passa dans celles du duc de ,bourgogne1 ,philippe le ,bon1 protecteur et ami de ,van ,eyck3 en tout cas nous le trouvons1 au ,x,v,ie sicle1 dans la galerie de ,marguerite d',autriche1 suzeraine des ,flandres1 qui raffolait de peinture4 ,par quelle trange suite d'aventures choua-t-il dans la boutique d'un barbier de ,bruges1 c'est ce qu'on ne saurait dire4 ,plus tard1 le tableau prit la route d',espagne dans les coffres de ,marie de ,hongrie2 puis1 sans aucune raison connue1 il retourne en ,belgique1 dans une maison particulire o il orne la chambre d'un officier anglais1 bless ,waterloo1 qui l'achte1 l'emporte en ,angleterre et1 sa mort1 en fait don la 8,national ,gallery04 ,ce tableau1 peint sur bois1 figure aujourd'hui dans le grand muse anglais1 la salle des ,primitifs flamands4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #j4hd4--,largeur3 #j4fb4--;,figures #j4fg4 ,,botticelli ,,portrait ,,de ,,jeune ,,homme ,,salle ,,iii4--,,cole ,,toscane ,illustration ,portrait de jeune homme ,parler de ,botticelli1 c'est voquer une des plus glorieuses priodes de l',histoire de l'art que le monde ait jamais connues1 c'est faire revivre toute une uvre de fracheur1 de joliesse1 de mysticit chrtienne et de charme paen1 c'est rappeler cette prodigieuse floraison spontane dont ,laurent de ,mdicis favorisa l'panouissement et qui porta ces rameaux illustres qui s'appellent ,lonard de ,vinci1 ,michel-,ange1 ,ghirlandajo et ,botticelli4 ,dans cette brillante cohorte florentine1 honneur de la peinture universelle1 ,sandro ,botticelli n'occupe pas la place la moins honorable4 ,s'il ne produit pas l'trange fascination que provoque ,lonard de ,vinci1 ni la titanique puissance de ,michel-,ange1 il a plus de fermet que ,ghirlandajo1 avec moins de scheresse dans la ligne et plus d'onctueux dans la couleur4 ,dessinateur de premier ordre1 il conserve quelque chose de la suavit de son matre1 ,filippo ,lippi1 le doux peintre des ,madones et des ,adorations4 ,son pinceau cherche toujours sur la palette1 les couleurs dlicates1 de mme que son crayon s'attarde plus volontiers aux crations gracieuses et tendres4 ,toute sa vie1 il est rest le peintre du ,printemps2 toutes ses uvres ont cette jeunesse1 cette grce adorable de nymphes blondes s'battant dans les fleurs4 ,sa perfection et sa puret sont devenues classiques2 son gnie subtil1 sa nature de mysticisme lgant1 son ralisme nuanc d'antique constituent une personnalit part1 sduisante tudier dans ses moindres dtails4 ,d'un gnie trs souple et trs divers1 ,botticelli appliqua ses minentes qualits de dessinateur et de coloriste aux sujets les plus diffrents2 il peignit avec la mme supriorit les scnes religieuses et les tableaux mythologiques4 ,un air de famille se reconnat en toutes ses uvres2 ses desses portent sur le front un cachet mystique qui les fait ressembler des ,vierges surprises de se trouver en quelque ,olympe et ses ,madones les plus idales ont un je ne sais quoi de particulier sur le visage1 une joliesse sous la couronne blonde des cheveux1 qui dgage un subtil et dlicat parfum de paganisme4 ,botticelli fut essentiellement un ,florentin1 comme ,dante lui-mme1 et c'est ,florence1 dans sa ville natale1 qu'on peut l'apprcier compltement4 ,a part un bref sjour ,rome1 o il peignit des fresques pour la ,sixtine1 il ne quitta gure sa patrie qu'il aimait et o l'attachaient ses relations artistiques et son dvouement aux ,mdicis4 ,laurent le ,magnifique1 prince froid et dur comme tous ceux de son poque1 possdait cependant une me ouverte aux beauts de la posie et des arts2 son palais tait l'asile d'un groupe brillant o voisinaient1 avec les artistes1 les philosophes et les savants4 ,taine1 dans son ,voyage en ,italie1 en parle ainsi3 ,laurent de ,mdicis accueille les savants1 les aide de sa bourse1 les fait entrer dans son amiti1 correspond avec eux1 fournit aux frais des ditions1 patronne les jeunes artistes qui donnent des esprances1 leur ouvre ses jardins1 ses collections1 sa maison1 sa table1 avec cette familiarit affectueuse et cette ouverture de cur sincre et simple1 qui mettent le protg debout ct du protecteur4 ,sous l'influence de ce puissant et bienveillant patronage1 ,sandro ,botticelli s'panouit magnifiquement4 ,aim pour son caractre facile et tendre1 il ne trouva dans ses rivaux de gloire1 que des amis4 ,la vie lui fut douce et il connut tout jeune les joies de la clbrit4 ,florence l'admirait et tout ce que la ville possdait de distingu se disputait la faveur de poser devant lui4 ,et c'est alors que se rvle son merveilleux talent de portraitiste4 ,n'et-il pratiqu que ce genre1 son nom serait rest grav en traits immortels sur le livre d'or de la peinture et la ,naissance de ,vnus et le ,printemps ne sauraient faire aucun tort ces admirables portraits1 si purs de dessin1 si prcieux de couleur1 si vivants d'expression4 ,il peignit la famille de ses protecteurs1 les ,mdicis4 ,on ne saurait rien voir de plus parfait que les portraits de ,julien de ,mdicis et de sa chre ,simonetta1 dont la physionomie charmante lui servit plusieurs fois de modle dans ses tableaux4 ,botticelli excellait surtout dans les portraits de femmes2 il en traduisait1 avec un art suprieur1 le charme dlicat et il y ajoutait cette gracilit qui le distingue4 ,s'il aimait moins peindre les hommes1 il ne dployait pas moins de virtuosit exprimer le caractre de son modle4 ,est-il rien de plus vivant1 de plus sincre1 de plus brillant que ce ,portrait de jeune homme que nous donnons ici8 ,o trouver un dessin plus ferme1 un model plus savant1 des chairs plus ralistes8 ,et cependant1 sur cette effigie d'adolescent aux traits accuss1 presque durs1 on aperoit cette chose indfinissable1 faite de douceur et de grce qui nous rend le modle sympathique et qui nous fait reconnatre au premier coup d'il le tour prestigieux de ,botticelli4 ,la 8,national ,gallery0 possde cinq uvres authentiques de ,botticelli2 celle-ci est parmi les plus belles4 ,elle fut acquise par les ,stuarts et elle figure aujourd'hui dans la salle ,,iii rserve l'cole toscane4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #j4cg4--,largeur3 #j4bh4--;,figure grandeur nature4 ,p4 ,,de ,,hooch ,,int,,rieur ,,hollandais ,,salle ,,xii4--,,collection ,,peel ,illustration ,intrieur ,hollandais ,peter de ,hooch est le plus charmant de ces artistes hollandais qu'on a pris l'habitude de dsigner sous le nom de petits matres4 ,petits matres par l'insignifiance et quelquefois la vulgarit des sujets1 par l'absence de toute pense philosophique1 de toute motion1 mais artistes suprieurs pour la perfection de la technique1 pour l'habilet de l'excution1 pour la vrit de l'observation1 pour l'admirable rendu du dtail4 ,parmi ces petits matres dlicieux1 ,peter de ,hooch peut passer pour un grand matre4 ,il possde les qualits nonces plus haut et qui sont l'apanage de tous1 mais il y ajoute ce que les autres ne possdrent pas1 le sentiment de l'lgance et un certain laisser-aller de bonne compagnie1 grce auquel ses personnages ne ressemblent pas tous des portefaix du port d',amsterdam4 ,il n'a pas non plus son pareil pour jouer avec la lumire1 dont il s'est fait1 en quelque sorte1 le prestidigitateur1 la distribuant ou la mesurant avec un art extraordinaire4 ,n'est-ce pas la lumire1 en effet1 qui joue le principal rle dans cet ,intrieur hollandais que nous reproduisons ici8 ,par les larges fentres aux vitres cernes de plomb1 elle entre flots dans la pice1 clairant la fois les poutrelles du plafond et les dalles du pav1 ne laissant aucun espace obscur4 ,on conoit la difficult1 dans de pareilles conditions1 de peindre un tableau quelconque1 sans le secours des ombres et des oppositions1 et c'est parce qu'il se plaisait accumuler et vaincre les difficults de ce genre que ,peter de ,hooch nous apparat comme un extraordinaire virtuose4 ,est-il possible1 avec aussi peu de moyens1 de donner plus de vie et d'intensit joyeuse la scne intime qui se passe autour de la table1 prs de la fentre8 ,ce que font les personnages1 il est assez malais de le dire4 ,nous voyons une jeune femme levant un verre comme si elle allait boire3 bien qu'on ne l'aperoive que de dos1 elle parat chanter une chanson en juger par l'attitude des deux hommes assis1 dont l'un fait le geste de jouer du violon sur sa pipe tandis que l'autre a l'air de battre la mesure avec sa main4 ,l'inclination de ,peter de ,hooch pour l'lgance se traduit par l'introduction dans chacune de ses toiles1 d'un personnage tenant du militaire et du galantin1 et qui affecte les allures d'un gentilhomme4 ,mais on devine que l'artiste n'a pas choisi ses modles la cour de ,versailles2 il s'est assurment content de quelque fils de marchand jouant l'homme de qualit1 car il n'est pas possible de montrer moins de grce sous des habits plus mal ajusts4 ,ce qui fait l'incomparable valeur des tableaux de ,peter de ,hooch1 c'est l'admirable comprhension de la lumire que possdait ce peintre4 ,a ce titre il l'emporte de beaucoup sur les peintres hollandais et flamands de son poque4 ,grard ,dow n'avait pas ce maniement facile et brillant des rayons qui fait de ,peter de ,hooch un vritable prestidigitateur4 ,le seul qui pourrait lui tre compar sans trop de dsavantage est ,van der ,meer de ,delft qui semble avoir surpris lui aussi une part de ce secret4 ,peter de ,hooch l'emporte encore par une traduction beaucoup plus libre et beaucoup plus large de la vie hollandaise4 ,aussi prcis que ,grard ,dow et ,metsu1 il vite de tomber comme eux dans la minutie exagre du dtail4 ,il y a plus d'ampleur dans sa peinture1 plus d'lvation dans son style4 ,mais le point par o il se rattache trs troitement la grande famille hollandaise est dans le choix mme des sujets1 pris exclusivement dans le terre--terre de la vie quotidienne4 ,il ne cherche pas en dehors de lui ni au-dessus de lui matire tableau4 ,cette matire il la prend o il la trouve1 porte de sa main1 et il la traite comme tous les ,hollandais et ,flamands d'avant et d'aprs lui1 avec un sens du ralisme et un besoin de prcision qui sont le plus grand des charmes de cette peinture minutieuse4 ,il serait superflu d'y chercher une pointe quelconque d'idalisme ou simplement une pense de morale4 ,telle n'a jamais t la proccupation de ,peter de ,hooch4 ,dans ses intrieurs1 dans ses scnes d'auberge1 dans tous les tableaux en un mot o il a peint la vie hollandaise1 il n'a cherch ni instruire1 ni faire penser1 encore moins moraliser4 ,avant le ,x,v,i,ie sicle1 les ,hollandais et ,flamands abordaient encore frquemment la peinture religieuse et1 bien qu'ils n'y fussent pas d'une trs grande inspiration1 du moins y manifestaient-ils l'effort d'une pense pieuse4 ,mais l'poque des dons de tableaux aux glises tant passe1 les peintres de ces pays se confinrent dans cette peinture de chevalet qui nous a valu de si nombreux chefs-d'uvre4 ,l',intrieur hollandais fut acquis assez rcemment par la 8,national ,gallery04 ,c'est un bijou de premire valeur1 qui figure dans la salle consacre aux uvres de la collection ,peel4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #j4gd4--,largeur3 #j4fd4--;,figures3 #j4dj4 ,,velazquez ,v,,nus ,,et ,,cupidon ,,salle ,,xiv4--,,cole ,,espagnole ,illustration ,vnus et ,cupidon ,sur un lit de repos1 ,vnus la blonde desse est tendue4 ,elle est vue de dos1 dans une pose abandonne qui dtend tous les muscles de son corps admirable4 ,son bras droit appuy sur l'oreiller soutient la nuque aux reflets d'or2 la jambe gauche est allonge tandis que de la jambe droite replie1 on n'aperoit que le pied4 ,sur le fond de draperie rouge qui ferme le lit1 se dtache la gracieuse silhouette de ,cupidon2 une charpe de soie bleue traverse en baudrier sa poitrine et porte le carquois charg de flches3 ses ailes blanches s'agitent joyeusement pendant qu'il prsente ,vnus1 d'un air mutin1 un miroir o se reflte l'image de la desse des amours4 ,cette page magistrale est un rare chef-d'uvre1 d'autant plus prcieux que ,velazquez eut rarement le loisir de traiter des sujets mythologiques et surtout de les exprimer sous cette forme1 avec cet emploi du nu qui fait penser aux ,vnitiens de la grande poque4 ,s'vader des scnes religieuses tait dj une nouveaut1 presque une impit1 une poque et dans un pays o le peintre ne devait tre que le glorificateur de la ,foi et le fidle serviteur de l'glise2 mais oser montrer une nudit et prter tant de charmes lascifs une divinit paenne devait forcment choquer l',espagne de ,philippe ,,iv1 rgente par l',inquisition4 ,il fallut beaucoup de courage ,velazquez pour risquer cette audace et sans doute se fia-t-il l'amiti dont l'honorait son mlancolique souverain4 ,il est bon de dire aussi que l'artiste ajoutait son talent de peintre le mrite d'une naissance distingue et l'clat de fonctions administratives la cour qui lui permettaient certaines privauts4 ,on ne l'inquita donc pas1 mais le parti religieux1 tout-puissant ,madrid1 tenait ,velazquez en suspicion et ne se privait pas d'intriguer contre lui4 ,sans que nul document le dmontre1 on peut tre assur que le superbe tableau de ,vnus et ,cupidon recueillit fort peu de suffrages et qu'il dut tre considr comme la manifestation d'une me corrompue4 ,aujourd'hui1 o de telles disputes sont impossibles1 nous voyons cette uvre sous son vrai jour1 avec sa vraie signification et nous admirons sans rserve cette gniale fantaisie du peintre officiel de la cour d',espagne4 ,quelle admirable crature1 en effet1 que cette femme dans la splendeur vigoureuse de sa jeunesse et de sa beaut6 ,quel galbe dans ce dos et quelle finesse nerveuse et lgante dans le model de la jambe6 ,et surtout quelle vie ardente sous cet piderme aux tons de velours o il semble que l'on voit courir le sang et palpiter les artres6 ,tout est charme et grce dans ce beau corps2 il faudrait du parti pris pour y apercevoir de la lascivet2 c'est uniquement le pome de la jeunesse triomphante4 ,et quel art dans la composition6 ,comme tout est harmonieusement combin pour donner tout son clat cette chair vibrante et souple6 ,le corps repose sur une large courtepointe de couleur grise qui fait valoir admirablement sa blancheur nacre1 de mme que la charmante silhouette de ,cupidon1 rose et blonde1 se dore de la pourpre qui lui sert d'cran4 ,comme ,velazquez est ,espagnol1 il a choisi en ,espagne le modle de la splendide ,vnus couche4 ,elle a toute la souplesse des ,castillanes la taille mince et l'opulence des formes qui sont l'apanage des femmes sur l'autre versant des ,pyrnes4 ,c'est bien galement un authentique visage d',espagnole que reflte le miroir2 visage aux joues pleines1 o l'harmonie des lignes et la rgularit des traits se marient une nergie dans l'expression qui est la caractristique de la beaut castillane4 ,ce tableau est particulirement remarquable en ce qu'il nous montre ,velazquez sous un aspect nouveau4 ,on a l'habitude de le considrer uniquement comme un portraitiste et bien des gens se l'imaginent seulement occup peindre un roi morose et laid ou de petites infantes roses et frles1 embarrasses dans de rigides costumes d'apparat4 ,aucun gnie1 peut-tre1 ne fut aussi souple que celui de ,velazquez2 il aborda tous les genres avec la mme matrise2 et le mme peintre qui fit les admirables portraits que l'on sait1 a sign la prodigieuse toile de la ,reddition de ,brda2 et avec la mme souplesse1 il peignit des nains1 des bouffons1 des mendiants qui sont aussi artistiquement beaux que les plus chamarrs des gens de cour4 ,aussi1 ,velazquez restera-t-il comme l'un des plus tonnants artistes dont fasse mention l'histoire de la peinture4 ,vnus et ,cupidon occupe la 8,national ,gallery0 la salle ,,xiv rserve l'cole espagnole4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #a4bc--,largeur3 #a4ge4--;,figures grandeur nature4 ,,le ,,tintoret ,,saint ,,georges ,,terrassant ,,le ,,dragon ,,salle ,,vii4--,,coles ,,de ,,venise ,,et ,,de ,,brescia ,illustration ,saint ,georges terrassant le dragon ,la scne reprsente un rivage dcoup pittoresquement par la mer bleue et ferm dans le fond par une haute muraille crnele4 ,de grandes masses de verdure donnent au paysage un aspect romantique auquel ajoute un ciel tumultueux1 coup de lueurs et de tnbres1 o roulent de lourdes nues charges d'orage4 ,le cadre est admirablement appropri au drame qui se joue dans ce dcor4 ,un monstre horrible1 vomi par le flot1 s'est abattu sur le rivage o se promne une princesse1 venue probablement de la ville dont on aperoit les tours4 ,dj1 sa prsence s'est cruellement manifeste3 une victime1 tendue sur le sol1 tmoigne de la frocit du monstre4 ,affole1 la princesse fait des efforts dsesprs pour fuir2 elle s'embarrasse dans les plis de son vtement et sans doute deviendrait-elle son tour la proie de la bte1 si un secours providentiel n'arrivait point pour la sauver4 ,mont sur un cheval fougueux1 le bienheureux saint ,georges fonce droit sur le monstre et de sa longue lance il le transperce et le rejette la mer4 ,dans ce tableau clbre1 ,tintoret a concrtis1 pour ainsi dire1 la belle lgende chrtienne du ,ciel protgeant la ,foi contre les attaques du ,dmon4 ,la ,foi se trouve reprsente sous les traits de cette princesse blonde1 belle1 pare de vtements somptueux qui symbolisent l'clat de la vertu4 ,quant au ,dmon1 l'artiste nous le montre sous la forme la plus hideuse et la plus terrifiante1 sous un aspect capable d'inspirer tout jamais l'horreur du pch4 ,l'allgorie n'est pas seulement ingnieuse1 ,tintoret l'a traite avec une vigueur et une habilet qui tiennent du prodige4 ,le grand ,vnitien1 qui se plaisait loger dans une mme toile des centaines de personnages1 est parvenu donner1 dans ce tableau de dimensions restreintes1 l'impression d'un drame complet rduit trois protagonistes4 ,quel art dans la composition1 o tout est mouvement1 o tout s'accorde augmenter l'intensit de la scne1 la princesse qui s'enfuit1 le cavalier qui fonce1 le monstre qui se tord sous le fer meurtrier et le ciel mme1 o il semble que l'on voit rouler la masse paisse des nuages4 ,tintoret avait dj trait le mme sujet avec une variante4 ,dans le ,saint ,georges et la ,princesse1 qui se trouve au ,palais ducal ,venise1 la ,foi1 reprsente par la princesse1 est victorieuse du ,dragon sur le cou duquel elle est assise califourchon et qu'elle matrise l'aide d'un ruban qui lui sert de bride4 ,derrire elle1 saint ,georges tend les mains comme pour bnir1 tandis qu'un moine1 plac droite du tableau1 contemple gravement cette scne4 ,quelque remarquable que soit cette deuxime interprtation1 elle est infrieure celle que nous donnons ici1 vritable chef-d'uvre dont s'enorgueillit le grand muse anglais4 ,il convient de signaler aussi le merveilleux coloris de cette toile1 si harmonieux dans son clat4 ,par malheur1 l'action des sicles en a terni le brillant en quelques parties1 mais ce qui en reste suffirait1 dfaut d'autres uvres1 pour classer ,tintoret parmi les plus grands coloristes du monde4 ,c'est une gloire peu commune que d'avoir acquis ce titre1 pour un artiste qui vient la mme poque et dans la mme ville que ,titien et ,vronse4 lve du premier1 il montra de telles qualits qu'il veilla la jalousie du matre et dut quitter son atelier4 ,cela n'empcha pas ,tintoret de devenir un peintre de premier ordre et de supporter sans dsavantage la redoutable comparaison avec ,titien4 ,sur les murs de son atelier1 il avait crit3 ,la forme de ,michel-,ange1 la couleur du ,titien4 ,tintoret runit galement ces deux qualits3 il dmontra victorieusement que1 malgr le brio de la couleur1 on pouvait tre un dessinateur impeccable2 et certes1 il est1 de tous les ,vnitiens1 le peintre le plus correct1 le plus probe1 le plus parfait4 ,a ces qualits fondamentales1 il ajoutait une facilit d'excution qui tenait du prodige4 ,cette extraordinaire facilit lui permit de peindre pour des prix trs modiques un nombre considrable de tableaux1 destins aux confrries et aux glises de ,venise4 ,tout d'abord1 on ne prit pas au srieux cet homme qui travaillait si vite et pour n'importe quel prix1 si minime ft-il2 ses contemporains jugeaient que le travail est la vie de l'artiste et que le gain n'est qu'une question secondaire qu'il envisagera plus tard1 l'heure du succs4 ,le succs vint1 et il fut glorieux4 ,venise ne tarda pas l'honorer l'gal du ,titien et de ,vronse2 il fut le peintre officiel des doges et des patriciens et on lui confia la dcoration du ,palais ,ducal1 sur les murs duquel il peignit sa prodigieuse fresque du ,paradis4 ,saint ,georges terrassant le ,dragon fit partie de la collection de ,charles ,ier d',angleterre4 ,il figure aujourd'hui la ,national ,gallery dans la salle ,,vii1 rserve aux coles de ,venise et de ,brescia4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #a4eg4--,largeur3 #a m4--,figures3 #j4fj4 ,,sir ,,joshua ,,reynolds ,,les ,,graces ,,couronnant ,l',,hymen ,,salle ,,xviii4--,,vieille ,,cole ,,anglaise ,illustration ,les ,grces couronnant la statue de l',hymen ,on ne peut pas dire de ,reynolds qu'il fut le plus grand peintre anglais de son temps1 mais il compte parmi les plus brillants et les plus parfaits4 ,gainsborough eut des qualits suprieures aux siennes1 ,romney aussi nous charme par plus de grce aise2 mais ,reynolds1 n sous une heureuse toile1 reut de la nature des dons prcieux qui1 sans aller jusqu'au gnie1 lui permirent cependant de produire des chefs-d'uvre4 ,sa carrire d'artiste est avant tout un miracle de la volont4 ,sans avoir de dispositions exceptionnelles pour la peinture1 il devint un grand peintre force de persvrance et d'nergie1 de mme qu'il ft devenu un grand ingnieur1 un savant1 ou un crivain si les circonstances l'avaient inclin vers l'une ou l'autre de ces professions4 ,reynolds fut avant tout un opinitre4 ,encore enfant1 il disait3 ,je serai peintre si vous me fournissez le moyen d'tre un bon peintre4 ,on lui mit en main des pinceaux et son labeur acharn1 sa conscience1 son tude approfondie des matres firent le reste4 ,ds ses dbuts1 il dtermina la voie qu'il voulait suivre2 il se rsolut tre portraitiste4 ,et cette dcision une fois prise1 rien ne put le dtourner de son objet3 ,mon but unique dans la vie est de peindre des portraits et de les peindre le mieux possible4 ,heureux les hommes qui les fes1 dans leur berceau1 ont dpos comme prsent cette nergie tenace que ne rebute aucun obstacle6 ,l'avenir leur appartient et1 avec la fortune1 souvent la gloire leur est promise4 ,l'une et l'autre churent ,reynolds1 il ralisa compltement son rve4 ,il fut le portraitiste le plus vant de son poque et ne rechercha pas d'autres lauriers4 ,mme dans les tableaux o il aborda l'allgorie1 les personnages qu'il met en scne sont des portraits et le dcor dont il les agrmente n'y joue qu'un rle secondaire et dcoratif1 uniquement destin faire mieux valoir les avantages de ses modles4 ,tel est le cas pour le tableau reproduit ici4 ,ces trois ,grces vtues la dernire mode londonienne du ,x,v,i,i,ie sicle n'ont rien de l'esthtique usite dans ce genre de sujets2 ce sont de vritables ,anglaises que nul trait n'apparente aux classiques beauts que peintres et sculpteurs ont l'habitude de nous montrer4 ,blondes comme il sied des filles du ,nord1 lances1 fines1 elles ont cette fracheur dlicate et cette grce aristocratique dont l',angleterre possde de si nombreux et si charmants modles4 ,ces trois ,grces sont trois surs1 filles de ,sir ,w4 ,montgomery3 celle de gauche1 qui est agenouille et tend des fleurs ses compagnes1 est ,mrs4 ,beresford2 celle du milieu1 dont le genou ploy s'appuie sur le soubassement de la stle1 est ,mrs4 ,gardiner1 mre de ,lord ,blessington2 enfin1 nous reconnaissons la marquise ,townsend dans la superbe jeune femme qui1 dans ses mains leves1 dploie la guirlande odorante et fleurie destine l',hymen4 ,l'allgorie n'est donc qu'un prtexte et l'on s'en aperoit bien4 ,reynolds l'a traite la mode du temps1 conformment aux canons introniss par la peinture franaise et surtout par ,boucher4 ,le paysage est un joli dcor de feuillages dors par l'automne et l'on y voit1 derrire la divinit arme de son flambeau1 un magnifique rideau de pourpre tendu entre deux arbres1 que l'on devine pos l comme un cran pour rehausser l'clat de ces beauts blondes4 ,toutes les concessions ont t faites au got de l'poque2 ,reynolds n'a pas mme oubli l'aiguire cisele que l'on aperoit invariablement1 on ne sait trop pourquoi1 dans toutes les compositions allgoriques de ce temps4 ,tel qu'il est1 invraisemblable et apprt1 ce tableau n'en a pas moins un charme captivant4 ,ce qui attire surtout--et c'est bien l ce qu'a voulu ,reynolds--c'est la physionomie des personnages1 de ces trois surs qui sont le sujet vritable et important de la composition4 ,trs habile metteur en scne1 l'artiste a dispos ses modles en des attitudes varies qui donnent son uvre une impression de mouvement grce auquel il a esquiv la symtrie fcheuse de trois portraits cte cte4 ,il convient d'admirer aussi l'heureuse distribution des couleurs1 rparties en teintes douces et discrtes1 d'une suprme distinction4 ,le coloris fut d'ailleurs la constante proccupation de ,reynolds4 ,ds sa jeunesse1 il s'tait livr de laborieuses tudes des matres1 et surtout des ,vnitiens1 ces matres entre les matres pour la splendeur de la palette4 ,il s'tait vertu surprendre leur technique1 s'assimiler leurs procds4 ,il convient d'avouer cependant que1 s'il les imita1 ce ne fut que de faon trs imparfaite2 on ne pntre pas aussi aisment dans le secret des dieux4 ,trop souvent ses recherches du secret des ,vnitiens se firent aux dpens de ses clients dont les portraits1 merveilleux leur apparition1 vieillirent plus vite que les modles eux-mmes2 les fonds se dcomposrent et le coloris superficiel devint fantomatique4 ,fort heureusement1 bon nombre de ses toiles ont chapp cette disgrce et conservent encore aujourd'hui l'clat suprme des premiers jours4 ,mais1 mme dans les plus maltraites par le temps1 l'harmonie de la ligne demeure et classe ,sir ,joshua ,reynolds dans la ligne des grands peintres anglais4 ,les ,grces couronnant l',hymen fut expos la ,royal ,academy en #aggd4 ,ce tableau fut donn par le comte de ,blessington la ,national ,gallery1 o il figure aujourd'hui dans la salle rserve la vieille cole anglaise4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #b4cc--,largeur3 #b4hi4--;,figures en buste grandeur naturelle4 ,,holbein ,,christine ,,de ,,milan ,,salle ,,xv4--,,cole ,,allemande ,illustration ,christine de ,milan ,l'origine de ce magnifique portrait est curieuse et l'histoire en est clbre4 ,holbein tait venu d',angleterre ,milan1 sur les ordres de ,henri ,,viii1 pour peindre la jeune ,christine de ,danemark1 peine ge de seize ans et dj veuve1 dont le ,barbe-,bleue couronn prtendait faire sa femme4 ,ambassadeur en mme temps que peintre1 ,holbein s'acquitta de sa mission auprs de la princesse4 ,mais trop certaine du sort qui l'attendait en ,angleterre1 celle-ci refusa net la couronne qu'on lui offrait3 --,je n'ai qu'une tte1 rpondit-elle au peintre1 et je tiens la conserver sur mes paules4 ,malgr son jeune ge1 cette princesse ne manquait ni d'-propos ni de bon sens4 ,mais si elle conduisit ,holbein1 messager matrimonial1 elle consentit volontiers poser devant un peintre dont la clbrit tait universelle4 ,holbein se mit l'uvre et excuta l'admirable portrait que nous reproduisons4 ,la jeune femme est debout1 revtue d'un costume sombre nou la ceinture par un ruban4 ,sur ce vtement elle porte un manteau de velours noir doubl de fourrures4 ,aucun ornement ne corrige la svrit de la tenue3 la duchesse porte encore le deuil de son poux1 le duc de ,milan1 rcemment dcd4 ,seules1 la fine collerette et les poignets en dentelle clairent le tableau4 ,sur la tte est pose une sorte de capuce noire qui l'enveloppe entirement et emprisonne les cheveux et les oreilles1 suivant la disgracieuse mode de cette poque4 ,fidle un procd qui lui tait habituel et que risquent seuls les grands artistes1 ,holbein a plac son personnage sur un fond presque aussi sombre que le sujet lui-mme4 ,ce procd a l'avantage de donner toute l'importance aux deux points essentiels du portrait3 le visage et les mains qui1 de cette manire1 se dtachent en vigueur4 ,dans ce portrait1 o tout est admirable1 ce visage et ces mains sont deux pures merveilles4 ,sans tre belle ni mme rgulire1 la figure de la duchesse possde un charme rel qui permet de comprendre la convoitise d',henri ,,viii4 ,il y a de l'intelligence dans les yeux1 de la douceur et de la bont dans la lgre moue des lvres4 ,mais ce qui se trouve exprim avec un art incomparable1 c'est la vie intrieure du modle traduite en quelques traits lgers1 au moyen de frottis peine perceptibles qui disent tout1 le front plein de penses1 l'attention srieuse et jusqu'aux sentiments de l'me4 ,quant aux mains demi fermes sur les gants1 elles sont d'un galbe sans gal et on ne peut leur comparer que les mains d',antoine ,arnauld1 par ,philippe de ,champaigne1 au muse du ,louvre4 ,fines1 allonges1 elles trahissent l'aristocratique naissance de la jeune femme4 ,elle est noble d'ailleurs dans toute sa personne4 ,malgr l'ampleur de son manteau1 on devine une taille bien prise et des formes parfaites4 ,et nous pouvons certifier que telle fut ,christine de ,milan3 car ,holbein n'avait pas pour habitude de flatter ses modles4 ,inexorable transcripteur de la nature1 il peignait son personnage comme il le voyait1 sans jamais dissimuler aucune de ses imperfections ou de ses tares4 ,aussi ses portraits1 en dehors mme de leur valeur artistique1 acquirent une importance documentaire de premier ordre4 ,tel est l'attrait de cette ,christine de ,milan que l'il s'obstine sur le visage et sur les mains et qu'il oublie de fouiller dans la pnombre o se dissimulent les vtements4 ,et cependant l'art prcis du peintre s'est exerc avec une matrise suprieure dans ces parties volontairement obscures qu'il semble avoir voulu cacher4 ,quelle science et quelle perfection dans la disposition du manteau1 quelle souplesse dans l'agencement des plis6 ,tout est beau dans cette page magistrale et l'on ne s'tonne plus qu'elle ait t dispute coups de millions4 ,holbein1 dont les tableaux atteignent aujourd'hui des prix fabuleux1 eut des dbuts trs difficiles4 ,il connut la gloire de son vivant1 mais elle ne vint pas tout de suite4 ,longtemps il promena sa prcaire existence dans les villes de ,suisse1 ,ble1 ,lucerne1 peignant des portraits vil prix pour payer sa nourriture ou solder des amendes encourues la suite de quelque rixe dans les cabarets4 ,il composait des vitraux1 dcorait des maisons1 acceptait toutes les besognes4 ,tous les trangers1 dit un voyageur1 s'arrtent avec plaisir au coin d'une petite rue de ,ble1 o il y a une maison1 peinte au dehors1 depuis le bas jusqu'en haut1 de la main d',holbein2 de grands princes se pourraient faire honneur de ce travail2 ce n'tait nanmoins que le payement que faisait ce pauvre peintre de quelques repas qu'il y avait pris2 car c'tait un cabaret dont la situation aussi bien que la mdiocrit marquaient assez qu'il n'tait pas des plus clbres4 ,bientt1 cependant1 il se lia avec les humanistes et les rformateurs trs nombreux ,ble4 ,il gagna l'amiti d',erasme et ce fut celui-ci1 trs influent en ,angleterre1 qui l'appela la cour d',henri ,,viii et contribua sa fortune4 ,le beau portrait de ,christine de ,milan1 fut achet par la 8,national ,gallery0 #a4hjj4jjj francs et figure dans la salle ,,xv1 rserve l'cole allemande4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #a4gg4--,largeur3 #j4ha4--;,figure grandeur nature4 ,l,,onard ,,de ,,vinci ,,la ,,vierge ,,aux ,,rochers ,,salle ,,ix4--,,cole ,,lombarde ,illustration ,la ,vierge aux rochers ,la scne se dveloppe dans une caverne bizarrement dcoupe1 en dcor romantique1 et forme de roches et de feuillages4 ,par les ouvertures de la caverne s'aperoivent les eaux d'un lac bordes de rochers escarps1 et qui refltent l'azur d'un ciel trs pur4 ,lumire clatante au dehors1 ombre et fracheur au dedans4 ,c'est dans cette ombre propice que le grand ,lonard a plac le groupe divin4 ,la ,vierge1 moiti assise1 moiti agenouille1 prsente le petit ,saint ,jean l',enfant ,jsus qui le bnit de son doigt lev4 ,un ange mine charmante et fine1 hermaphrodite cleste tenant de la jeune fille et du jeune homme1 mais suprieur tous deux par son idale beaut1 accompagne et soutient le petit ,jsus comme un page de grande maison qui veille sur un enfant de roi1 avec un mlange de respect et de protection4 ,une chevelure aux mille boucles1 annele et crpele1 encadre son fin visage d'une aristocratique distinction4 ,cet ange1 coup sr1 occupe un haut grade dans la hirarchie du ciel2 ce doit tre un trne1 une domination1 une principaut tout au moins4 ,l',enfant ,jsus1 ramass sur lui-mme1 dans une pose pleine de savants raccourcis1 est une merveille de rondeur et de model4 ,la ,vierge a ce charmant type lombard o1 sous la candeur pudique1 perce cet enjouement malicieux que le ,vinci excelle rendre4 ,cette magistrale peinture a noirci1 surtout dans les ombres1 mais n'a rien perdu de son harmonie1 et peut-tre mme serait-elle moins potique si elle avait gard sa fracheur primitive et les tons naturels de la vie4 ,ce tableau1 qui parat dater de #adie1 aurait t peint ,milan1 par ,ambrogio da ,predis1 sous la surveillance de ,lonard lui-mme et serait simplement la copie d'une autre toile semblable peinte pour la chapelle de la ,conception1 l'glise des ,franciscains de ,milan4 ,cette toile est celle que l'on peut admirer au ,louvre1 dans la ,grande ,galerie1 sous ce mme titre3 ,la ,vierge aux rochers4 ,l'authenticit et la priorit de la ,vierge du ,louvre est en dehors de toute discussion3 en sa prsence on est1 n'en pas douter1 en face de l'uvre originale4 ,mais celle de la 8,national ,gallery0 dont ce muse s'enorgueillit si justement1 serait-elle donc vritablement l'uvre d'un copiste ou d'un lve8 ,il est impossible de le croire1 lorsqu'on la contemple attentivement4 ,qu',ambrogio da ,predis ait collabor l'tablissement de cette rplique1 on peut l'admettre2 il avait du talent et ,vinci l'estimait4 ,mais nul autre que le ,vinci n'a pu dessiner ces contours si fermes et si purs1 conduire ce model aux dgradations savantes qui donne aux corps la rondeur de la sculpture avec tout le moelleux de l'piderme1 et rendre ses types favoris d'une faon si fire et si dlicate4 ,donc1 si la ,vierge aux rochers de la 8,national ,gallery0 n'est pas la ,vierge primitive1 elle n'en est pas moins une uvre originale1 merveilleuse et bien digne de porter la signature de ,vinci4 ,tout y proclame le matre1 nulle part on n'y trouve l'hsitation par o se trahirait la contribution du copiste4 ,d'ailleurs1 elle fut dcrite en #aehd par ,lomazzo1 comme se trouvant dans la chapelle de la ,conception1 l'glise ,san ,francisco de ,milan1 pour laquelle l'une et l'autre avaient t peintes4 ,celle du ,louvre1 qui date de #adhb1 allait tre livre et mise en la place qu'elle devait occuper dans l'glise1 lorsqu'un diffrend s'leva entre l'artiste et la ,confrrie de la ,conception1 au sujet du paiement de la toile4 ,celle-ci prtendait rabattre une somme assez importante sur le prix convenu4 ,le conflit devint ce point aigu1 que ,lonard de ,vinci dut faire appel l'intervention du duc de ,milan1 dans une lettre rcemment dcouverte dans les archives de cette ville4 ,la discussion se prolongea plusieurs annes1 si bien que ,vinci1 de guerre lasse1 vendit son tableau1 et lorsque1 enfin1 les deux parties tombrent d'accord1 ,lonard consentit recommencer la toile1 en collaboration avec ,giovanni ,ambrogio da ,predis4 ,quelques diffrences sont noter dans cette uvre1 compare celle du ,louvre4 ,l'ange y est pos dans une attitude lgrement modifie2 en outre1 les trois principaux personnages y sont pourvus d'une aurole d'or qui ne se trouve pas sur la peinture originale et qui semble d'ailleurs avoir t ajoute aprs coup4 ,la ,vierge aux rochers existe donc deux exemplaires galement remarquables comme excution4 ,et si le ,louvre possde sans conteste l'original1 la 8,national ,gallery0 peut tre fire de cette rplique admirable1 o se manifeste la prodigieuse virtuosit du plus grand peintre de tous les temps4 ,la ,vierge aux rochers fut apporte en ,angleterre en #aggg par ,gavin ,hamilton2 elle figure aujourd'hui la 8,national ,gallery01 dans la salle ,,ix1 rserve l'cole lombarde4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #a4hd4--,largeur3 #a4ac4--;,figure grandeur nature4 ,,gainsborough ,,mrs4 ,,siddons ,,salle ,,xviii--,,vieille ,,cole ,,anglaise ,illustration ,mrs4 ,siddons ,le modle de cette toile lgendaire tait une actrice rpute en ,angleterre1 vers la fin du ,x,v,i,i,ie sicle1 pour son talent et sa grande beaut4 ,elle est reprsente assise de trois quarts devant un fond de draperie rouge4 ,elle porte une lgante robe raye de bleu1 garnie aux paules et la ceinture d'une sorte d'charpe de mme couleur4 ,un grand manteau jaune bord de fourrure drape ce corps charmant1 se pose ngligemment sur les genoux et vient s'enrouler autour du bras gauche4 ,avec l'une de ses mains elle maintient un manchon de fourrures4 ,un large chapeau plumes noires encadre le dlicieux visage de ,mrs4 ,siddons1 visage d'une admirable puret de lignes et d'une idale dlicatesse de traits1 encore embelli par l'abondante parure des cheveux poudrs qui retombent en boucles soyeuses sur les paules4 ,dans ce magistral portrait se trouvent en quelque sorte runies les minentes qualits de l'art de ,gainsborough4 ,non pas toutes cependant1 car il y aurait injustice oublier que le grand portraitiste fut en mme temps un remarquable peintre de paysages4 ,gainsborough tait encore enfant lorsque s'veilla en lui l'amour de la peinture4 ,avant d'avoir reu la moindre ducation artistique1 il possdait dj cette extraordinaire facilit1 cette sret de crayon que l'on admirera plus tard dans son uvre4 ,on raconte ce sujet une anecdote qui se place l'poque o ,gainsborough avait douze ans3 l'enfant tait assis dans le jardin paternel l'abri de buissons qui le dissimulaient1 et copiait un vieux poirier4 ,tout coup1 au-dessus du mur de clture1 mergea la tte d'un paysan qui1 d'un il de convoitise1 examina les fruits et1 se croyant seul1 en cueillit un1 le plus beau4 ,l'ardente expression du visage de l'homme frappa tellement ,gainsborough qu'il la reproduisit sance tenante sur son dessin4 ,et si fidle fut la traduction que le pre reconnut aussitt l'auteur du larcin et le lui reprocha4 ,aprs un court passage dans l'atelier d',hayman1 ,gainsborough se maria et quitta ,sudbury1 o il tait n1 pour se fixer ,ipswich1 capitale du comt de ,suffolk4 ,il eut la chance de s'y lier avec ,philippe ,thicknesse1 personnage important de la province1 qui le recommanda chaudement et lui procura de nombreuses commandes4 ,mais une querelle1 d'ordre tout fait tranger la peinture1 mit fin leurs relations et ,gainsborough abandonna ,ipswich et s'installa ,bath en #ageh4 ,il y sjourna #af ans4 ,bath tait alors une station la mode1 quelque chose dans le genre de notre ,riviera actuelle2 toute la socit de ,londres s'y donnait rendez-vous pendant la belle saison4 ,gainsborough vit les commandes affluer3 bientt les portraits en buste1 qu'il tarifait au dbut cinq guines1 se payrent huit1 puis quatorze guines2 quant aux portraits en pied1 ils ne montaient pas moins de cent guines4 ,c'est vers cette poque que ,gainsborough fut saisi d'une passion subite et extraordinaire pour la musique1 passion qui le possda au point de lui faire ngliger la peinture et ses intrts4 ,nanmoins1 son sjour ,bath marque un changement considrable et un progrs rel dans sa technique1 sans doute parce qu'il put voir et tudier1 dans les riches demeures des environs1 les uvres des grands matres du pass qu'il ne connaissait encore que trs imparfaitement4 ,aussi ds son arrive ,londres1 en #aggd1 il est en pleine possession de son talent4 ,la notorit l'y a dj prcd et son atelier est assailli par tout ce que la capitale compte de distingu4 ,les portraits succdent aux portraits et la plupart sont des chefs-d'uvre4 ,il fait dj partie1 depuis la fondation1 de l',acadmie institue par ,reynolds et ses envois annuels y font l'admiration des amateurs4 ,il cesse d'y exposer pendant quelque temps la suite d'une brouille avec ,reynolds4 ,les deux grands peintres se connaissent et professent l'un pour l'autre une estime rciproque1 mais leurs caractres trs diffrents s'accordent mal et ils vivent compltement loigns l'un de l'autre4 ,gainsborough1 qui semble avoir eu les premiers torts1 a l'me imptueuse mais bonne2 et quand il sent venir sa mort1 il crit une lettre touchante son illustre rival et lui demande de conduire ses obsques4 ,il mourut le #b aot #aghh1 l'ge de soixante et un ans4 ,gainsborough1 par l'originalit de son talent1 l'lgance de sa manire1 la qualit de sa couleur1 demeurera comme l'une des plus hautes personnifications de l'art anglais4 coutons ,john ,ruskin3 ,la puissance de coloris de ,gainsborough a ce qu'il faut pour prendre rang ct de celle de ,rubens2 c'est le plus pur coloriste1 sans en excepter ,reynolds lui-mme1 de toute l'cole anglaise4 ,on verra assez de preuves de l'admiration que j'ai voue ,turner1 mais je n'hsite pas dire que1 dans l'art purement technique de la peinture1 ,turner est un enfant auprs de ,gainsborough4 ,la main de ,gainsborough est aussi lgre que le vol d'un nuage1 aussi rapide que l'clair d'un rai de soleil4 ,ses formes sont grandes1 simples1 idales4 ,en un mot1 c'est un peintre immortel4 ,mrs4 ,siddons appartint longtemps la collection du ,major ,mair1 qui avait pous la petite-fille de la clbre actrice2 il figure aujourd'hui la 8,national ,gallery0 dans la salle ,,xviii1 consacre la vieille cole anglaise4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #a4be4--,largeur3 #j4ii4--;,figure grandeur nature4 ,a4 ,,van ,,dyck ,,les ,,enfants ,,de ,,charles ,ier ,,galerie ,,nationale ,,des ,,portraits ,illustration ,les ,enfants de ,charles ,ier ,antonio ,van ,dyck--,sir ,anthony ,van ,dyck1 comme l'appellent les ,anglais--fut attir en ,angleterre par le roi ,charles ,ier4 ,beau cavalier1 causeur spirituel1 esprit subtil1 il eut vite fait la conqute de la cour et de la ville4 ,le monarque l'honora d'une faveur toute particulire1 le nomma principal peintre ordinaire1 le cra chevalier et lui donna un logement dans le palais royal de ,blackfriars4 ,van ,dyck ne se montra pas ingrat2 il voua son gnreux protecteur un dvouement qui ressemblait un culte4 ,malgr l'abondance de sa production1 son pinceau fut surtout consacr au roi et sa famille4 ,nombreux sont les portraits de ,charles ,ier1 on n'en compte pas moins de trente-huit2 le ,louvre en possde un magnifique exemplaire1 d'une clbrit mondiale2 la 8,national ,gallery0 s'enorgueillit du portrait questre du roi1 qui ne lui est gure infrieur4 ,non moins abondantes sont les effigies des divers enfants du souverain2 on en trouve ,windsor et dans les ,muses du ,louvre1 de ,dresde1 de ,saint-,ptersbourg1 de ,turin1 de ,berlin4 ,celui que nous donnons ici est un des plus beaux et en mme temps des plus intressants1 en ce qu'il reprsente toute la descendance directe du malheureux ,stuart4 ,l'artiste a plac ses jeunes et charmants modles sur une mme ligne1 devant un fond de draperie releve qui laisse apercevoir les ombrages d'un parc4 ,au centre du tableau se tient le prince de ,galles1 qui devint plus tard ,charles ,,ii d',angleterre2 vtu d'un riche costume pourpre avec collerette de dentelle et manches crevs1 il appuie sa jolie main d'enfant sur la tte d'un norme et paisible molosse4 ,tout prs de lui1 gauche du tableau1 est figur son jeune frre1 g de quatre ans1 encore en costume de fillette1 qui deviendra roi son tour sous le nom de ,jacques ,,ii2 la charmante fillette de six ans qu'on aperoit gauche1 si mignonne sous sa parure de cheveux blonds et qui prend dj des airs de reine1 est la princesse ,marie qui sera plus tard la mre de ,guillaume ,,iii4 ,a droite1 l'enfant qui s'empresse auprs du bb1 n'a gure plus de deux ans2 c'est la princesse lisabeth4 ,quant au rose et potel baby qui se dbat dans ses langes pour atteindre la tte du chien1 c'est la princesse ,anne1 la dernire fille de ,charles ,ier1 qui mourut en bas ge4 ,van ,dyck1 uniquement proccup de la ressemblance de ses modles1 s'inquitait assez peu des artifices de composition employs par certains artistes pour mettre en valeur les personnages4 ,il avait trop de gnie pour recourir l'habilet4 ,il lui importe peu de risquer la monotonie en disposant les enfants royaux sur une mme ligne2 ce qui compte pour lui--pour nous aussi--c'est d'exprimer exactement la physionomie de chacun d'eux4 ,il est peine utile de montrer avec quel bonheur il y a russi1 avec quelle intensit il a su peindre la vie sur ces jeunes visages insouciants1 aux yeux limpides1 que le malheur n'a pas encore effleurs et devant qui ne se dresse pas l'effroyable avenir qui les attend4 ,il y a dj1 dans ces petits corps peine forms1 cette naturelle aisance1 ce suprme parfum d'aristocratie qui distingua toujours la noble race des ,stuarts4 ,van ,dyck peut tre considr comme le roi des portraitistes4 ,d'autres1 comme ,rembrandt1 ont marqu leurs modles de traits plus vigoureux et plus profonds2 aucun peut-tre n'a possd au mme degr cette nettet de lignes1 cette certitude tranquille qui ne connat pas la dfaillance4 ,un portrait de ,van ,dyck peut tre compar tous les autres de sa main1 ils sont tous galement suprieurs4 ,absorb et souvent distrait par la luxueuse existence qu'il menait ,londres1 il lui fut impossible d'excuter lui-mme toutes les commandes dont on l'assaillait4 ,imitant l'exemple de son matre ,rubens1 il s'tait entour d'une pliade d'lves habiles1 forms par lui1 qu'il chargeait d'tablir la plupart de ses portraits4 ,mais lorsque le portrait tait camp1 dgrossi1 il le prenait dans ses mains puissantes et1 en quelques touches rapides de son pinceau prestigieux1 il lui donnait sa forme dfinitive1 il le marquait de sa griffe gniale4 ,le portrait devenait un authentique ,van ,dyck4 ,il n'en usait pas avec cette libert quand il peignait le roi ,charles1 la reine ,henriette ou les enfants royaux4 ,dans ces portraits1 tout est bien de sa main2 elle se rvle manifestement dans la prcise clart des paysages1 dans la lumineuse profondeur des ombres1 dans la distinction discrte d'un coloris toujours parfait4 ,le grand ,flamand1 comme on appelle gnralement ,van ,dyck1 a connu cette gloire de n'avoir eu aucun dtracteur au cours des sicles4 ,il y a unanimit d'admiration autour de son uvre4 ,reynolds1 peintre de portraits lui aussi1 le proclamait le plus grand portraitiste qui ait jamais exist et ,gainsborough mourant se rjouissait dans l'espoir de retrouver ,van ,dyck au ciel4 ,bien qu'il ait abord avec une matrise gale les sujets mythologiques et religieux1 ,van ,dyck demeure le roi incontest du portrait et son uvre lui a acquis une gloire immortelle et une place de premier plan ct des plus grands noms de la peinture4 ,les ,enfants de ,charles ,ier figurent dans la partie de la 8,national ,gallery0 consacre spcialement aux portraits4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #j4eh4--,largeur3 #j4ii4--;,figures grandeur demi-nature4 ,,louis ,,david ,,lisa ,,bonaparte ,,salle ,,xvii4--,,cole ,,fran,,aise ,illustration lisa ,bonaparte ,des trois surs de ,napolon1 lisa1 l'ane1 fut la plus maltraite du destin4 ,moins belle que ,pauline et que ,caroline1 elle eut encore la disgrce de se voir dchirer par ses ennemis1 qui taient nombreux3 ils la disaient laide et de physionomie revche4 ,ses amis ne vantent point les charmes de son visage1 mais exaltent son esprit1 son intelligence1 sa perspicacit politique1 sa ferme volont4 ,les uns et les autres s'accordent constater sa trs grande ressemblance avec son frre ,napolon4 ,examinons le portrait de ,david3 tous les traits de l'illustre capitaine s'y retrouvent4 ,c'est le mme menton volontaire et hardi1 le mme regard froid1 la mme chevelure du ,corse aux cheveux plats4 ,nous savons qu'lisa n'tait pas belle et nous pouvons croire que ,david a fait effort pour adoucir la froideur du visage1 mais en dpit de tout1 transparaissent la duret des yeux et la hauteur un peu insolente de l'attitude4 ,taille en force1 la tte pose sur un cou robuste attach lui-mme de solides paules1 elle apparat ce qu'elle sera toute sa vie3 une femme opinitre1 emporte dans ses exigences comme dans ses passions4 ,le frais costume de jeune fille qu'elle porte ne parvient pas dissimuler cette rudesse native qui la rapprochait du caractre de ,napolon4 ,celui-ci disait ,sainte-,hlne3 ,ds son enfance1 lisa fut fire1 indpendante4 ,elle tenait tte chacun de nous4 ,elle avait de l'esprit1 une activit prodigieuse4 ,marie une poque o l'toile de son frre commenait peine de briller1 lisa dut se contenter d'un obscur capitaine1 ,flix ,bacciocchi1 un ,corse qui habitait ,marseille1 dans la mme maison que la famille ,bonaparte4 ,le mnage dbuta dans l'indigence et il fallut que le jeune gnral de l'arme d',italie envoyt trente mille francs pour mettre un peu d'aisance dans la vie des deux poux4 ,bien qu'il n'et pas approuv ce mariage1 ,napolon1 qui fut le meilleur des frres1 servit de son mieux ,bacciocchi1 lui donna de l'avancement1 des fonctions1 et plus tard une couronne princire4 ,il fit plus encore pour sa sur1 il la dbarrassa de son mdiocre mari1 dont elle rougissait1 en l'envoyant occuper des emplois dans de lointaines ambassades4 ,libre de tout lien gnant1 lisa lut domicile chez ,lucien1 qu'elle aimait plus que ses autres frres et qui venait de perdre sa femme4 ,elle y joua le rle de matresse de maison et quand les brillantes ftes que donnait ,lucien reprirent leur cours1 ce fut elle qui prsida aux apprts de ces nouvelles rceptions mondaines4 ,dans la socit de ce frre prfr1 o brillaient quelques hommes remarquables du monde des lettres et des arts1 elle trouvait un charme qui lui semblait trs doux4 ,son ducation ,saint-,cyr1 avant la ,rvolution1 les conversations de ,lucien1 ses propres lectures1 tout ce pass la disposait aux jouissances intellectuelles bien plus qu'aux futilits dont se contentent les femmes4 ,elle se donna tout entire ces plaisirs relevs et nobles avec la violence de sa nature4 ,dans ses salons se rencontraient tous les beaux esprits du temps3 ,la ,harpe1 ,boufflers1 ,esmnard1 ,arnault1 ,andrieux1 ,joubert1 ,delille1 ,chateaubriand qui la proclamait l'adorable protectrice des lettres et des arts1 et surtout ,fontanes1 qui devint un peu plus que l'ami d'lisa4 ,l'ambition politique ne lui vint que plus tard1 lorsque ,napolon fut tout-puissant1 mais elle s'empara d'elle tout entire4 ,elle cessa de jouer les pices de ,corneille dans le salon de ,lucien et rva de tenir des rles plus conformes son besoin de dominer4 ,les flatteries de son entourage avaient perverti son esprit et lui avaient inculqu une prsomptueuse assurance qui faussait son ancienne bienveillance1 et les soires de ,neuilly n'avaient plus aucun attrait pour elle4 ,c'est avec ces sentiments absolus et ce caractre altier que1 devenue princesse1 elle gouverna la ,toscane1 dont ,napolon l'avait faite grande-duchesse4 ,elle essaya de se rendre populaire1 mais sans y parvenir4 ,ses excentricits1 le dsordre de sa conduite prive1 le faste insolent de sa cour1 la dissolution dont elle tait environne1 l'impit qu'elle affichait1 tout se runissait pour loigner d'elle le cur de ses sujets4 ,quant au pauvre ,bacciocchi1 il tranait la cour de sa femme une existence efface et rsigne1 trop heureux lorsque de nouveaux scandales n'ajoutaient pas au ridicule de sa situation4 ,telle est la femme dont ,david nous a laiss un si vigoureux et si loquent portrait1 demeur l'tat d'bauche on ne sait pour quelle raison4 ,tout le caractre de cette fantasque princesse y est dj marqu en termes prcis1 avec une facture impressionnante et un art suprieur4 ,le coloris de ce tableau est un peu froid1 comme l'tait toujours le coloris du peintre1 mais la tte est bien vivante et justifie la rputation1 dsormais consacre1 de ,david portraitiste4 lisa ,bonaparte figure dans la salle ,,xvii consacre la peinture franaise4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #j4ia4--,largeur3 #j4gc4--;,figure grandeur nature4 ,j4 ,,constable ,,flatford ,,mill ,,salle ,,xx4--,,cole ,,anglaise ,illustration ,flatford ,mill on the river ,stour ,le paysage reprsente un beau site de campagne1 sur les bords de la ,stour1 dans le riche comt de ,suffolk4 ,a droite1 se dveloppent de vertes prairies claires par le soleil et bordes par des ranges d'arbres4 ,le long de la rivire court le sentier qui conduit au moulin de ,flatford dont on aperoit1 dans le fond1 les btiments et les toitures rouges4 ,sur le cours d'eau se meuvent des chalands qui viennent sans doute pour apporter le bl moudre ou remporter la farine4 ,de minuscules personnages s'occupent la manuvre ou vaquent leurs occupations domestiques1 tandis que1 sur le bord1 un homme fixe une corde aux traits d'un fort cheval charg d'amener le chaland la rive4 ,a califourchon sur le cheval et demi retourn en arrire1 un enfant suit d'un il intress les phases de l'opration4 ,tous ces personnages ne jouent dans le tableau qu'un rle pisodique1 ils n'y tiennent pas plus de place que dans les paysages de ,claude ,lorrain1 mais ils l'animent et l'gaient4 ,dans le ciel1 de lourds nuages sont accumuls1 mais il reste encore assez de lumire pour clairer la scne d'une belle lueur1 chaude et brillante4 ,ce beau paysage compte parmi les meilleurs de ,constable1 le plus grand paysagiste de l',angleterre4 ,la technique en est vigoureuse1 le dessin solide1 la pte nourrie1 la couleur exacte et sobre4 ,les plans successifs y sont suprieurement dtermins pour l'obtention d'une irrprochable perspective et la lumire1 ce protagoniste essentiel mais difficilement saisissable de tout paysage1 y joue son rle primordial3 elle est partout dans ce tableau1 largement pandue sur la prairie ou discrtement insinue dans les ombres des haies qu'elle claire et rchauffe2 elle s'accroche au fate des branches1 la cime des toits1 la tige des fleurs champtres et colore de gat l'atmosphre subtile qui court dans cette toile4 ,la rputation de ,constable comme paysagiste dpassa les frontires de son pays et sans doute aurons-nous l'occasion de signaler1 dans de futures notices1 l'influence considrable qu'il exera sur notre cole de #ahcj4 ,mais1 en #aggf1 l'poque o il vint au monde1 les esprits et les mes taient1 en ,angleterre comme ailleurs1 compltement ferms aux beauts de la nature4 ,on ne la comprenait pas1 on ne la supportait que comme accessoire dans un tableau1 encore la fallait-il peigne1 lustre1 lgante1 pour servir de cadre quelque bergerie ou d'cran quelque personnage en habit d'apparat4 ,n sur les bords de la ,stour1 ,constable passa toute sa jeunesse en pleine campagne1 courir dans les champs1 aux abords des moulins qui peuplaient la valle4 ,comme il le dit plus tard lui-mme3 ,ce furent les scnes de mon enfance qui firent de moi un peintre4 ,ds son jeune ge1 il sentit profondment la nature et dsira la peindre4 ,il y fut encourag par un ami qu'il s'tait fait1 un plombier-vitrier intelligent qui employait ses loisirs brosser des paysages4 ,les parents du jeune homme songeaient lui faire embrasser l'tat ecclsiastique1 mais ne se sentant aucun got pour entrer dans les ordres1 il prfra devenir apprenti meunier dans un de ces moulins qu'il aimait tant4 ,il n'y resta qu'un an1 mais cette anne passe en prsence de la nature fit plus pour son talent que n'auraient pu lui apprendre tous les enseignements de l',acadmie4 ,aux heures de loisir1 il maniait le crayon et le pinceau avec une ardeur de nophyte4 ,sa famille ne voyait pas sans apprhensions le jeune ,constable s'engager dans cette voie3 ,mon fils1 crivait le pre1 se destine une bien misrable profession4 ,lui-mme eut des heures de doute4 ,quand il vint ,londres pour s'assurer s'il avait des chances de russir dans la peinture1 il ne reut aucun encouragement aux diffrentes portes o il frappa4 ,il tait rsign dj abandonner son rve quand il eut le bonheur1 en #agii1 d'tre admis comme lve l',acadmie royale de peinture4 ,a partir de ce jour1 sa carrire est dcide1 carrire toute de labeur et d'nergie1 mais carrire presque obscure1 que ne marque aucune distinction particulire4 ,paysagiste d'instinct1 il se soumet volontairement l'espce de discrdit qui s'attache son art4 ,en #ahjb1 il expose l',acadmie royale son premier tableau1 sous le titre modeste3 ,paysage2 il passe inaperu4 ,il a alors #bf ans4 ,a #dc ans1 en #ahai1 il est lu membre adhrent de l',acadmie royale et ne sera titularis que dix ans plus tard4 ,son succs rel commence vritablement en #ahbd1 avec son tableau clbre3 ,hay ,wain 7,la charrette de foin74 ,encore n'est-ce pas ,londres1 mais ,paris que s'affirme sa rputation4 ,constable n'en est pas moins heureux d'hriter d'une petite fortune1 car sa peinture ne suffit pas le nourrir4 ,jusqu' l'ge de #dj ans1 il n'a pas russi vendre un seul de ses tableaux en dehors du cercle de ses amis4 ,et le phnomne tant de fois constat se produit3 ces paysages dont personne ne voulait cette poque1 on se les dispute aujourd'hui dans des enchres fabuleuses4 ,le ,flatford ,mill 7,moulin de ,flatford7 fut peint en #ahag4 ,constable avait alors #da ans4 ,dans cette admirable peinture se rsument toutes les qualits de l'illustre paysagiste anglais1 que ,goncourt appelait le grand1 le grandissime matre4 ,elle figure dans la salle ,,xx1 rserve la peinture anglaise4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #a m4--,largeur3 #a4bg4--;,figures3 #j4cj4 ,,giovanni ,,bellini ,,le ,,doge ,,lor,,dan ,,salle ,,vii4--,,cole ,,de ,,venise ,,et ,,de ,,brescia ,illustration ,le ,doge ,lordan ,giovanni ,bellini et son frre ,gentile ,bellini avaient appris la peinture dans l'atelier de leur pre1 ,jacopo ,bellini1 artiste vnitien de grand talent4 ,celui-ci1 loin de jalouser ses fils1 se montra tout heureux quand il vit leur mrite clipser le sien propre4 ,il les encourageait avec tendresse1 car1 disait-il1 il faut que ,gentile dpasse ,jacopo et que ,giovanni l'emporte encore sur ,gentile4 ,l'avenir justifia la prdiction du pre4 ,des trois ,bellini1 ,giovanni fut le plus grand et le plus habile en son art4 ,a une poque o son pays regorgeait d'artistes de talent1 il eut la gloire1 partage avec ,mantegna1 de prsider en quelque sorte la premire renaissance de la peinture en ,italie2 il fut le plus dlicat et le plus distingu des matres4 ,venu au monde en un temps o s'laborait en ,europe un mouvement gnral d'affranchissement intellectuel et moral1 il forma la transition entre la froide tradition des matres asctiques et le glorieux panouissement des ,vronse et des ,titien2 il fut le maillon qui souda l'un l'autre les deux tronons de cette chane4 ,il conserva quelque chose de la nave conception et de l'hiratisme de ses ans1 mais sa souplesse1 sa largeur de dessin1 sa vigueur de coloris annoncent dj une re nouvelle1 o ses lves entreront d'un pas victorieux4 ,mais si1 par sa technique1 ,bellini prpare la voie aux grands ,vnitiens de la ,renaissance1 il reste fidle1 dans le choix des sujets1 la tradition qui lui fut transmise par les sicles4 ,il est le dernier peintre vritablement religieux de l'cole vnitienne4 ,plus tard il traitera1 pour le compte du ,conseil des ,dix1 des sujets relatifs la vie nationale2 mais s'il consent abandonner ses ,vierges et ses ,maternits pour clbrer les fastes de la cit1 il se refusera toujours verser1 comme ,mantegna1 dans le paganisme envahissant4 ,il verra ses jeunes mules ou ses lves1 comme ,giorgione et ,titien1 peindre des glogues court vtues ou glorifier les dieux et desses de l',olympe1 sans que lui vienne la pense de se mettre au got du jour4 ,sur le dclin de sa longue vie1 il accepte1 aprs bien des atermoiements1 une commande d',isabelle d',este pour un sujet profane et accepte mme un acompte de #be ducats sur la somme de cent ducats convenue pour le travail4 ,mais1 quand il s'agit de s'excuter1 le vieux peintre temporise1 cherche des prtextes1 tantt feignant la maladie1 tantt objectant ses travaux au ,palais ,ducal1 tantt se confinant la campagne4 ,vianello1 le reprsentant d',isabelle ,venise1 se dsole1 la duchesse se fche et dclare ne pouvoir supporter plus longtemps les tranges procds de ,bellini4 ,elle charge son agent de dposer une plainte contre le peintre entre les mains du doge ,lordan4 ,celui-ci aime ,bellini1 peintre officiel de ,venise2 il intervient officieusement et ,bellini1 de guerre lasse1 rpond3 ,j'ai l une ,nativit presque termine2 si la duchesse veut bien l'accepter1 j'en serai trs heureux4 ,et il la lui expdie avec une lettre d'excuses4 ,ce n'tait pas tout fait ce qu'avait dsir ,isabelle d',este1 mais devant la beaut du tableau1 tout son ressentiment s'vanouit et elle crivit au peintre3 ,votre ,nativit m'est aussi prcieuse qu'aucune autre de mes peintures4 ,la renomme de ,bellini s'tait tendue bien au del des frontires de l',italie4 ,albert ,drer1 quand il vint ,venise1 se plut le frquenter et nous trouvons1 dans les crits du grand matre allemand1 le tmoignage d'une estime qu'il ne prodiguait pas1 surtout aux peintres de la pninsule4 ,tout le monde me dit1 crit-il1 combien il est honnte et j'ai tout de suite t port vers lui4 ,il est trs vieux 7,bellini avait alors quatre-vingts ans71 mais il est encore le meilleur pour la peinture4 ,il serait difficile pour un peintre de souhaiter une plus glorieuse conscration4 ,telle tait sa rputation que le sultan ,mahomet ,,ii1 le vainqueur de ,constantinople1 dsira se faire peindre par lui et le demanda la ,rpublique de ,venise4 ,on ne sait pour quelle raison1 son frre ,gentile fut envoy en ,orient sa place4 ,sans doute1 la ,seigneurie tenait conserver prs d'elle un artiste qui tait le premier de son poque et1 de plus1 son peintre officiel4 ,cette qualit comportait1 avec une trs belle rtribution1 d'importantes prrogatives1 entre autres celle d'excuter ou de diriger toutes les peintures dans les palais de la cit1 et celle de peindre les ,doges au pouvoir4 ,c'est donc titre de peintre officiel qu'il peignit le portrait du doge ,lordan1 que nous donnons ici4 ,le premier magistrat de ,venise est reprsent dans le bizarre et somptueux costume de sa fonction4 ,sur sa tte est pos un bonnet troitement serr1 qui cache les cheveux et les oreilles et se relve en pointe par derrire4 ,il est vtu d'une magnifique robe en soie broche o se rvle le got des ,vnitiens du ,x,ve sicle pour les belles toffes4 ,mais la merveille1 dans ce tableau1 c'est la tte nergique et svre du doge2 l'il dur1 les lvres minces et les traits accuss disent assez le caractre ombrageux et cruel qui poussa ,lordan instituer l',inquisition d'tat et le ,conseil des ,dix1 dont la terrible tyrannie fit trembler ,venise pendant deux sicles4 ,dans ce portrait1 le dessin1 le coloris et l'expression du caractre sont galement admirables4 ,le ,doge ,lordan est pos sur un chevalet dans la salle ,,vii1 rserve aux coles de ,venise et de ,brescia4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #j4fa4--,largeur3 #j4dd4--;,figure grandeur nature4 ,,rubens ,,le ,,jugement ,,de ,,paris ,,salle ,x4--,,cole ,,flamande ,illustration ,le ,jugement de ,pris ,rubens a situ le clbre pisode mythologique dans un magnifique paysage agreste o les teintes dores de l'automne se marient la rouge splendeur d'un ciel couchant4 ,on serait presque tent d'oublier les acteurs principaux du drame devant la prodigieuse habilet du peintre qui1 en touches d'une vigueur incomparable1 recule sa perspective jusqu'aux plus lointaines profondeurs de l'horizon4 ,quand ,rubens s'avise d'aborder un genre1 quel qu'il soit1 son uvre se trouve immdiatement marque de sa griffe gniale2 il se pousse du premier coup jusqu'aux plus hautes cimes1 il proclame en traits de feu son ingalable supriorit4 ,c'est dans ce prestigieux dcor de nature que se droulent les phases de cette dispute clbre dont les effets mirent le feu au monde antique4 ,on connat la lgende3 ,junon1 ,minerve et ,vnus1 toutes les trois puissantes desses de l',olympe1 prtendaient galement au sceptre de la beaut et cette ternelle rivalit1 troublait le sjour des dieux et divisait les immortels4 ,pour vider une querelle que leurs pairs n'osaient pas juger1 les trois desses rsolurent d'un commun accord de s'en remettre au jugement d'un habitant de la terre4 ,l'arbitre choisi fut le jeune ,pris1 second fils de ,priam et d',hcube1 le mme qui1 plus tard1 ravit ,hlne1 femme de ,mnlas4 ,c'est cette scne du jugement que nous fait assister ,rubens dans son magnifique tableau4 ,assis sur une roche1 au pied d'un arbre1 ,pris tient la main la pomme qu'il dcernera la plus belle2 il est lui-mme bien digne de porter une telle sentence1 car il possde la noblesse et la beaut d'un jeune dieu4 ,tout prs de lui1 debout1 appuy contre ce mme arbre1 ,mercure1 reconnaissable son caduce1 assiste tous les dtails de cette scne4 ,il parat d'ailleurs plus amus qu'anxieux4 ,par contre1 aux pieds de ,pris1 un norme molosse est endormi1 la tte allonge sur ses pattes1 absolument indiffrent ce qui se passe autour de lui4 ,et1 devant leur juge1 les trois desses ont comparu1 leur nudit splendide peine voile par les manteaux que soutiennent leurs mains4 ,voici ,junon1 reine des dieux1 vue de dos1 le bras droit repli soutenant un manteau de pourpre et tournant sa tte altire vers ,pris1 en ayant l'air de revendiquer comme un droit de son rang le prix de la beaut4 ,sur ses pieds1 le paon1 son emblmatique oiseau1 tale sa large queue diapre et soyeuse4 ,plus loin1 ,minerve1 les bras relevs autour de sa tte brune1 semble vouloir mettre en valeur tous ses avantages4 ,a un arbre1 derrire elle1 sont accrochs ses attributs guerriers1 le bouclier o figure une tte de ,gorgone2 le casque est pos terre4 ,entre ,minerve et ,junon1 se tient ,vnus1 fille de l'onde1 en une pose pleine de modestie1 les deux bras croiss sur la poitrine et regardant ,pris qui lui prsente la pomme1 signe de son triomphe4 ,tandis que l'attitude de ,junon trahit la colre1 et celle de ,minerve le dpit1 on lit sur le visage de la blonde desse la surprise agrable de sa victoire sur ses deux rivales4 ,ce jugement proclame ,vnus desse de la beaut1 mais il ne termine pas le diffrend1 il ne fait que l'envenimer4 ,sans s'en douter1 ,pris amasse contre lui et sa race la rancune de deux puissantes divinits et son verdict cotera la famille de ,priam la perte de ,troie4 ,ds maintenant1 nous avons comme un prsage de tous les maux qui se prparent3 dans le ciel apparat une sorte de furie chevele brandissant la torche de l'implacable discorde4 ,tout est admirable dans ce tableau4 ,nous avons dit la beaut du paysage1 il nous reste signaler l'harmonieux quilibre de la composition o tout est dispos suprieurement pour rpartir l'intrt4 ,rubens s'est jou comme l'habitude de la difficult2 il y a dploy une merveilleuse fcondit d'invention et l'ensemble de l'uvre est clatant1 superbe1 fastueux4 ,ce qu'il convient de noter1 c'est la conception toute particulire qu'a ,rubens de la beaut fminine4 ,regardez les trois desses3 le peintre a traduit la flamande la beaut grecque des ,olympiens4 ,ces nobles formes taient trop pures et trop tranquilles pour son pinceau turbulent2 il les a mouvementes1 arrondies1 souffles1 bossues de muscles1 mais par la couleur il leur a conserv la divinit4 ,c'est bien la chair des dieux1 ptrie d'ambroisie et de nectar2 rose comme la pourpre royale1 blanche comme la neige de l',olympe4 ,le torse de la ,vnus semble fait avec des micas de ,paros et des tincelles d'cume4 ,jamais la peinture n'a t plus loin pour le rendu de la chair1 le grain de l'piderme et le frisson mouill de la lumire4 ,le ,jugement de ,pris figure dans la salle ,x1 consacre la peinture flamande et hollandaise4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #a4dd4--,largeur3 #a4ij4--;,figures3 #j4fe4 ,,romney ,,une ,,dame ,,et ,,son ,,enfant ,,salle ,,xix4--,,vieille ,,cole ,,anglaise ,illustration ,une dame et son enfant ,on pourrait appeler ,romney le ,nattier de la peinture anglaise4 ,comme le matre franais1 il fut le portraitiste prfr des femmes1 parce que1 comme lui1 il sut les parer de tous les charmes1 mme quand la nature s'tait montre le moins indulgente pour elles4 ,nul pinceau ne fut plus conciliant1 plus flatteur1 plus habile1 car il joignait son art d'embellir celui1 plus difficilement ralisable1 de faire ressemblant4 ,sous des apparences manifestement avantages1 ses modles les plus disgracis se reconnaissaient et1 qui plus est1 on les reconnaissait4 ,aussi1 la vogue dont jouissait ,romney ,londres s'galait celle de ,reynolds et de ,gainsborough4 ,toute la gentry anglaise se pressait son atelier de ,cavendish ,square4 ,il tait parvenu presque sans effort1 par un heureux concours de circonstances1 ce degr de rputation4 ,sa bonne toile avait guid sur la voie glorieuse l'apprenti menuisier de ,beckside4 ,lorsqu'il parut ,londres1 venant de sa province1 il n'avait que le got du dessin1 avec peu de science4 ,son matre1 un certain ,steele1 n'avait qu'une valeur mdiocre et le jeune artiste en tira tout ce qu'il put1 c'est--dire bien peu de chose4 ,mais il comprit combien il serait hasardeux de tenter la fortune avec un aussi mince bagage technique1 et sa rsolution fut vite prise3 il alla apprendre son mtier en ,italie1 au contact des matres4 ,rien ne le retint en ,angleterre1 pas mme sa famille4 ,avec une belle dsinvolture1 qui fait plus honneur son esprit de dcision qu' ses qualits de cur1 il abandonna sa femme et ses enfants4 ,il ne revint pas auprs d'eux son premier retour d',italie1 mais il continua mener une existence vagabonde et dcousue1 courant de ville en ville1 et vivant de portraits qu'il excutait au rabais et que son norme facilit lui permettait de brosser en quelques heures4 ,son voyage en ,italie l'avait enthousiasm2 il y revint et1 cette fois1 il semble qu'il en ait retir plus de fruits4 ,il s'adonna surtout l'tude de ,raphal et du ,corrge1 ses idoles1 et lorsqu'il revint1 il se trouva compltement arm pour lutter avec ses grands rivaux4 ,dans l'incertitude des premires annes1 ,romney semble indcis sur la voie qu'il suivra4 ,quelques succs dans le genre historique tendent l'incliner vers la grande peinture1 mais au fond1 c'est le portrait qui le sollicite1 c'est la gloire de ,reynolds et de ,gainsborough qu'il rve de participer4 ,la premire uvre qui fixa sur lui l'attention du public fut le superbe portrait de ,mrs4 ,yates1 en muse tragique2 il amena le dclenchement subit du succs4 ,mais il eut surtout le bonheur de rencontrer sur sa route un de ces rares modles comme en rvent tous les peintres3 ,emma ,lyons4 ,d'origine plus que modeste1 successivement servante d'auberge et figurante dans les petits thtres londoniens1 ,emma ,lyons possdait une blouissante beaut blonde qui fut bientt clbre en ,angleterre4 ,cette beaut et l'absolue perfection de son corps la firent choisir par le docteur ,graham pour personnifier l'image de la sant1 dans une de ses sances publiques4 ,c'est l'une de ces sances que ,sir ,william ,hamilton1 ambassadeur d',angleterre ,naples la vit et s'en prit4 ,il l'pousa1 l'emmena avec lui en ,italie o elle devint l'amie de la reine ,caroline et o s'baucha le clbre roman d'amour avec ,nelson4 ,les traits de la belle ,emma1 crit le pote ,hayley1 exprimaient1 comme le style de ,shakespeare1 tous les sentiments de la nature et toutes les gradations de chaque passion1 avec la vrit la plus fascinatrice4 ,elle exerait par sa physionomie loquente un empire prodigieux1 que ,romney avait du bonheur observer1 et au travers des vicissitudes tonnantes de sa destine1 elle fut toujours fire de lui servir de modle4 ,d'autres aussi firent son portrait3 ,hoppner1 ,lawrence1 ,gainsborough1 ,reynolds1 mais ,romney interprta sous des formes multiples sa triomphante beaut4 ,il fut d'ailleurs toujours le peintre des femmes4 ,quelle est cette jeune mre que nous reproduisons ici1 serrant amoureusement son enfant dans ses bras8 ,il nous est impossible de le dire3 c'est videmment une de ces nombreuses dames de la socit qui tenaient tre peintes par le portraitiste la mode4 ,elle est d'ailleurs charmante1 cette jeune femme1 dans son attitude de repos et plus charmante encore1 la mignonne fillette pelotonne sur le sein maternel4 ,il y a de la tendresse1 de la pense1 de la vie1 dans cette prcieuse toile2 il y a aussi et surtout cette suprieure entente du coloris qui fait de ,romney l'un des meilleurs portraitistes anglais1 aprs ,reynolds et ,gainsborough4 ,une dame et son enfant fut lgu la 8,national ,gallery01 en #ahih1 par le gnral ,j4 ,julius ,johnstone2 il figure aujourd'hui dans la salle ,,xix1 rserve la vieille peinture anglaise4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #j4hi4--,largeur3 #j4fi4--;,figure grandeur nature4 ,,nicolas ,,poussin ,,bacchanale ,,salle ,,xvi--,,cole ,,fran,,aise ,illustration ,bacchanale ,la scne se droule dans un de ces dcors antiques dont ,poussin trouvait les modles dans la campagne romaine4 ,on est tellement accoutum admirer la belle ordonnance des groupes du grand peintre franais1 la puret classique de ses personnages que trop souvent on oublie quelle hauteur il a port l'art du paysage4 ,il est vrai que bon nombre de ses tableaux ont souffert de l'action des sicles2 du fond de ses toiles le bitume est fcheusement remont et noie son dcor et parfois mme son sujet dans une sorte de pnombre livide4 ,mais dans celles qui ont eu le bonheur de rester intactes1 le paysage apparat1 plein de fracheur et de clart1 baign d'une atmosphre diaphane4 ,voyez le paysage de la ,bacchanale3 il n'est1 certes1 qu'une partie bien secondaire du tableau1 mais avec son habituelle conscience1 ,poussin l'a soign autant que le tableau lui-mme4 ,la perspective s'enfuit1 par gradations savantes1 jusqu'aux extrmes confins de l'horizon1 o ondulent les collines bleues4 ,poussin1 scrupuleux ouvrier du pinceau1 n'admettait pas le laisser-aller trop commun parmi les artistes de son temps4 ,honnte homme dans la plus noble acception du terme1 il a horreur de ces fa-presto sans conscience et il les accable d'injures1 les appelant des bufs1 des btes1 des boucs1 et il s'indigne des prix qu'ils rclament pour leurs barbouilleries et de leur voir1 avec si peu d'assiduit au travail des mains de harpies4 ,ce n'est pas ainsi que travaille le grand artiste4 ,enferm dans son atelier1 il s'abme dans son uvre1 cherchant toujours le mieux1 craignant sans cesse de n'avoir pas assez pouss sa toile4 ,il passe parfois cinq jours finir une main2 certaines figures lui demandent huit jours d'efforts4 ,et telle est la supriorit de son art1 que tout ce pnible travail ne s'aperoit pas et que ses tableaux les plus laborieusement excuts paraissent le fruit dune inspiration soudaine1 jaillie spontanment4 ,est-il rien qui paraisse plus naturel1 plus franc1 plus primesautier que cette ,bacchanale8 ,ces groupes anims dans l'action de la ronde ont-ils l'air d'avoir t cherchs1 tudis1 rgls minutieusement dans leurs moindres attitudes8 ,non1 certes4 ,tout cela est d'une verve1 d'un mouvement qui surprend chez l'austre ,poussin4 ,au pied d'un arbre aux branches ombreuses1 une compagnie de ,faunes prend ses bats avec les ,nymphes de la fort voisine4 ,couronns de feuillage et sans doute excits par la boisson1 ils entranent dans la danse deux jeunes femmes qui semblent occupes de tout autre chose que de la ronde4 ,l'une d'elles1 vtue de bleu1 se dtourne moiti et1 de sa main demeure libre1 exprime le jus d'une grappe dans une cuelle que lui tend un petit ,amour4 ,l'autre s'intresse la querelle qui vient de s'lever ct d'elle4 ,a la droite du tableau1 un ,faune entreprenant a renvers sur l'herbe une superbe ,nymphe qui se dfend1 moiti rieuse1 moiti fche1 contre ses audacieuses caresses4 ,et sans doute succomberait-elle1 si l'une de ses compagnes n'accourait son secours1 en saisissant le ,faune par les cheveux et en brandissant une amphore au-dessus de sa tte4 ,sur une stle1 le vieux ,silne assiste cette scne en ricanant4 ,dans ce magnifique tableau1 on ne sait ce qu'il faut le plus admirer1 de la beaut de la composition ou du charme du dtail4 ,l'intrt s'y trouve harmonieusement rparti2 tout y est mouvement1 mais un mouvement eurythmique qui n'enlve rien la puret des formes ou au naturel des attitudes444 ,dans les corps de ,poussin1 tout est anatomiquement vrai et magnifiquement beau3 l'art ancien n'a rien produit de plus parfait que les torses des ,faunes danseurs et les femmes1 sans rien perdre de leur naturel1 talent des formes sculpturales4 ,la ,nymphe tendue terre1 notamment1 est d'une puret de lignes digne de la statuaire grecque4 ,et quelle fantaisie charmante dans le petit groupe des ,amours6 ,quelle vrit dans l'effort de celui qui tend son bras pour recueillir le vin dans son cuelle et avec quel mouvement naturel il se dfend contre son camarade6 ,quel geste aussi1 charmant et si exactement tudi1 de celui qui tente de l'carter en lui passant un croc-en-jambe6 ,c'est galement une trouvaille heureuse que cet ,amour1 tendu terre1 qui dort la tte enfouie dans ses menottes4 ,d'autres ont eu des dons plus brillants que ,poussin1 une palette plus chatoyante1 aucun peut-tre n'est arriv produire des uvres aussi parfaitement conues et excutes3 il a victorieusement dmontr que l'tude et la probit1 joints la recherche constante du vrai1 peuvent parfois suppler au gnie4 ,la ,bacchanale se trouve dans la salle ,,xvi1 consacre l'cole franaise4 ,elle est passe la 8,national ,gallery0 en #ahbd1 avec la collection ,angerstein4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #j4ii4--,largeur3 #a4db4--;,figures petite nature4 ,,pinturicchio ,,le ,,retour ,d',,ulysse ,,salle ,,vi4--,,cole ,,ombrienne ,illustration ,le ,retour d',ulysse ,aprs vingt annes de fidle attente1 ,pnlope voit grandir l'horizon1 puis entrer dans le port d',ithaque1 la galre d',ulysse1 son royal poux4 ,la lgende est connue3 ,homre l'a immortalise4 ,ulysse1 parti au sige de ,troie avec l'arme des ,grecs pour y venger l'injure faite ,mnlas1 s'y distingua par sa sagesse dans les conseils1 par sa bravoure dans les combats4 ,c'est lui que revient l'honneur du fameux stratagme qui fit tomber ,ilion aux mains des allis1 aprs neuf ans d'inutiles efforts4 ,la ville prise1 les ,grecs mirent la voile pour le retour2 mais ,ulysse1 spar du reste de la flotte par la tempte1 erra avec les siens sur toutes les mers pendant onze ans encore1 poursuivi par des divinits hostiles et commena cette extraordinaire srie d'aventures dont ,homre nous a laiss le prodigieux rcit4 ,pendant ce temps1 ,pnlope1 la fidle pouse1 se consumait au foyer1 tourmente par sa douleur1 harcele par les intrigants qui rvaient de rgner sur ,ithaque en obtenant sa main4 ,dsireuse de conserver la couronne son fils ,tlmaque1 ,pnlope usait de subterfuges pour carter les soupirants sans les pousser la rvolte4 ,d'ailleurs1 avertie par les secrtes lumires de son cur qu',ulysse reviendrait un jour1 elle imagina1 non moins habile que son poux1 un artifice qui devait lui donner le repos4 ,convoquant devant elle ses soupirants1 elle leur signifia qu'elle accepterait un autre poux le jour o elle aurait termin une tapisserie destine servir de suaire au vieux roi ,laerte1 son beau-pre4 ,et1 de ce jour1 elle s'installa devant son mtier1 tendant les fils1 activant la navette et paraissant hter l'ouvrage quand les ambitieux prtendants la venaient visiter4 ,mais1 la nuit1 elle dfaisait le travail de la journe et les annes passrent sans que ft acheve la tapisserie1 jusqu'au jour o ,ulysse1 revenu1 lui ramena la tranquillit avec le bonheur4 ,c'est le moment o le roi d',ithaque1 dbarqu de sa galre1 pntre dans l'appartement de sa femme1 toujours assise devant son mtier1 que le peintre a choisi4 ,avec quelle grce et quelle charmante navet il a interprt cette rencontre mouvante1 avec quel admirable mpris de la vraisemblance il a situ son sujet et dispos ses personnages6 ,le roi d',ithaque1 vtu dans le got du plus pur ,x,ve sicle1 coiff d'un petit toquet rouge d'o s'chappent de magnifiques cheveux blonds1 n'a pas l'air d'un homme qui vient de courir les plus grands dangers et de vivre les plus dramatiques aventures4 ,loin d'tre un vaillant guerrier vieilli par vingt annes d'absence1 il apparat frais1 coquet1 avec tous les dehors de la jeunesse1 comme s'il avait quitt d'hier la douce et fidle ,pnlope4 ,celle-ci n'est pas moins agrable regarder2 c'est une jeune et superbe femme blonde sur qui les longues angoisses prouves ne semblent pas avoir laiss de traces4 ,elle est encore assise son mtier pendant qu',ulysse1 plein de joie1 accourt vers elle4 ,assise sur le dallage polychrome de la chambre1 une servante arrange des fils dans une bote tandis qu'un chat joue avec une pelote tombe par mgarde4 ,au-dessus de la tte de ,pnlope sont accrochs le carquois et l'arc d',ulysse1 cet arc que nul homme dans le royaume n'tait capable de bander4 ,par la fentre grande ouverte s'aperoivent les maisons d',ithaque1 la mer bleue et la haute galre qui vient de ramener l'poux4 ,il n'y a pas que de la navet dans ce tableau du ,pinturicchio2 des qualits de premier ordre s'y affirment4 ,ce qui distingua le peintre d',alexandre ,,vi1 c'est le mouvement dont il animait ses toiles1 la fracheur et la distinction des coloris1 la fermet d'un dessin qui laisse dj pressentir ,raphal4 ,il ne faut pas juger de tels peintres par comparaison1 mais se reporter l'poque o ils vcurent1 examiner les moyens dont ils disposrent2 et alors on reste confondu de la varit1 de l'imagination et de la science relative dont ils firent preuve4 ,benardino ,betto1 dit le ,pinturicchio1 tait n ,prouse1 en #aded2 il fut l'lve de ,prugin qui1 ayant dml ses grandes dispositions pour la peinture1 l'employa1 avec ,ghirlandajo1 ,botticelli et ,cosimo ,roselli1 la dcoration de la chapelle de ,sixte ,,iv1 au ,vatican4 ,de la ,sixtine1 le doux et lgant ,ombrien met1 par intervalles ingaux1 son art charmant au service des cardinaux de la ,rovre et ,cebo1 dont il dcore les palais4 ,innocent ,,viii l'emploie aussi1 mais sa plus grande part de gloire et son uvre la plus importante1 il les doit au pape ,borgia1 ce pontife dcri mais artiste1 capitaine espagnol parvenu1 par la plus invraisemblable fortune1 jusqu' la chaire de ,pierre4 ,on raconte que ,pinturicchio1 qui frquentait l',albergo dell' ,orso1 y rencontra ,csar ,borgia1 le fils du pape1 qui devint par la suite aussi clbre que son pre4 ,une amiti solide lia les deux jeunes gens1 et ,csar amena son compagnon de plaisirs au redoutable pontife1 qui lui confia la dcoration de l'appartement des ,borgia1 au chteau ,saint-,ange4 ,c'est l'uvre capitale de ,pinturicchio2 il y a dploy toutes les ressources de sa brillante imagination1 de son tourdissante fantaisie1 de sa profonde science du coloris4 ,raphal1 qui s'y connaissait1 s'merveillait toujours devant cette uvre grandiose et charmante4 ,le ,retour d',ulysse est une fresque transporte sur toile4 ,elle fait partie de l'ancienne collection de la 8,national ,gallery0 o elle figure dans la salle ,,vi1 rserve l'cole ombrienne4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #a4bd4--,largeur3 #a4df4--;,figures3 #a4je4 ,,rembrandt ,,portrait ,,de ,,dame ,,ag,e ,,salle ,x4--,,cole ,,hollandaise ,illustration ,portrait de ,dame ge ,la 8,national ,gallery0 possde vingt-deux toiles de ,rembrandt1 elles sont toutes de premier ordre4 ,qu'il s'agisse de scnes religieuses1 de sujets mythologiques ou de portraits1 la manire fougueuse et puissante de l'illustre matre s'y manifeste avec une gale supriorit4 ,tel est le gnie de ce gant de la peinture qu'il traite avec la mme sublimit d'excution l',adoration des ,mages1 la ,femme adultre et l'idyllique groupe de ses ,femmes au bain4 ,quant ses portraits1 ils demeurent1 avec ceux du ,titien1 peut-tre mme avant eux1 comme la suprme expression de l'art de peindre4 ,quel magnifique chef-d'uvre que ce portrait de ,dame ge6 ,et quelle intensit de vie dans ces traits ravins par le temps et sillonns de rides6 ,quelle pense dans ces yeux clairs d'intelligence et de bont6 ,ce visage a le relief de la sculpture1 il semble qu'on a vritablement devant soi une personne en chair et en os1 dont les lvres vont s'ouvrir pour parler4 ,il est superflu1 quand on parle de ,rembrandt1 de s'attarder aux loges4 ,les sicles1 dans leur unanime admiration1 ont puis le vocabulaire des dithyrambes et1 devant de pareilles uvres1 on n'a d'autre ressource que d'admirer en silence4 ,tout a t dit--et combien loquemment--par d'minents critiques1 sur ,rembrandt dessinateur et coloriste2 on a clbr sur tous les tons le magistral emploi qu'il fit du clair-obscur1 formule d'art qu'il n'a pas invente mais qu'il porta une hauteur jamais atteinte aprs lui4 ,il fut1 sans contredit1 le plus merveilleux manieur de lumire qu'ait connu le monde2 son gr il en joue1 la faisant tour tour briller en notes clatantes ou l'pandant parmi les ombres les plus opaques pour les animer et les faire vibrer4 ,cet art incomparable1 nous le retrouvons dans ce portrait de vieille dame o1 en quelques touches vigoureuses et heurtes1 ,rembrandt exprime avec un rare bonheur les rides profondes et les mplats sniles4 ,quelques traits de pinceau1 et le visage s'illumine de clarts1 les ombres se dessinent fortement et la lumire qui se joue sur le front et le nez accuse nergiquement le caractre du modle4 ,dans la srie des coloristes1 le peintre de la ,ronde de ,nuit a trouv une gamme nouvelle4 ,il semble qu'un vernis d'or1 pareil ces tons fauves de harengs saurs qui font l'effet d'tre glacs de bitume sur du paillon1 ait lgrement enfum ses toiles4 ,dans ses plus grandes vigueurs1 ,rembrandt n'est jamais noir4 ,une chaleur rousse circule sous ses obscurits et les rend transparentes4 ,le peintre le plus sombre est celui qui a le plus de lumire4 ,amsterdam1 grce ,rembrandt1 peut lutter avec ,venise1 et les deux villes dont les pieds baignent dans les canaux sont les reines de la couleur4 ,cette peinture qualifie de surhumaine par ,raphal ,mengs1 hache d'clairs et de tnbres1 fait invinciblement penser la vie mme de ,rembrandt qui fut le plus glorieux et le plus infortun des hommes4 ,son existence nous offre l'mouvant et terrible spectacle d'un gnie s'croulant1 du fate de la richesse1 dans la plus noire misre4 ,sans doute il fut le premier artisan de son infortune4 ,prodigue et fastueux1 il dpensait sans compter des sommes considrables2 son atelier regorgeait de meubles prcieux1 de tapisseries rares2 il achetait sa femme ,saskia un collier de perles qui valait une fortune2 il payait au poids de l'or des tableaux de ,rubens et un album de dessins de ,lucas de ,leyde4 ,la formation de sa collection1 sa vie large et imprvoyante1 entretenue par les marchands1 commencrent le dsastre1 malgr qu'il et plus de commandes qu'il n'en pouvait excuter4 ,la mort de sa femme1 qu'il adorait1 moussa sa force de rsistance et bientt il lui fut impossible de lutter contre le flot montant de ses dettes4 ,dans le mme temps1 son indpendance d'esprit et la faon dont il menait son existence indisposrent contre lui les rigides bourgeois d',amsterdam et les commandes de portraits s'espacrent4 ,sa fidle servante1 devenue sa femme1 essaya hroquement de faire face la ruine menaante2 elle mourut la peine1 laissant une douleur de plus dans le cur du pauvre artiste4 ,malgr cette suite d'infortunes1 ,rembrandt s'acharne son labeur1 accumulant chefs-d'uvre sur chefs-d'uvre pour apaiser la meute hurlante des cranciers4 ,mais1 son tour1 il doit plier sous les coups du destin2 sa maison est vendue aux enchres et il meurt dans le dnment le plus complet4 ,on dpensa treize florins pour les obsques de ce gnie qui a laiss au monde six cents toiles immortelles4 ,l'injustice du sort s'acharna sur ,rembrandt1 mme aprs sa mort4 ,pendant longtemps ses uvres furent mconnues1 pis mme1 oublies2 le silence se fit sur son nom4 ,mais la revanche a t clatante3 ,rembrandt est aujourd'hui considr comme l'un des plus grands gnies que le monde ait connus4 ,le portrait de ,dame ge fut acquis en #ahii1 la vente de la collection ,saumarez1 pour #ahg4abe francs2 il figure aujourd'hui la 8,national ,gallery01 dans la salle ,x1 rserve la peinture hollandaise4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #j4fh4--,largeur3 #j4ec4--;,figure grandeur nature4 ,,le ,,corr,,ge ,,mercure ,,instruisant ,,cupidon ,,salle ,,ix4--,,cole ,,lombarde ,illustration ,mercure instruisant ,cupidon ,mercure1 fils de ,jupiter1 est assis sur un tertre de gazon2 tout son costume se borne son casque1 ses sandales et un pan de manteau bleu qui ne cache rien de sa parfaite anatomie4 ,son corps est une merveille de force lgante1 comme il convient un dieu qui a pour mission de porter aux confins de la terre les ordres du matre de l',olympe4 ,mais ce robuste messager est en mme temps le dieu de l'loquence3 ,corrge a tenu le bien indiquer en lui prtant une physionomie ouverte et intelligente2 il nous le montre dans son rle d',olympien cultiv3 dans sa main gauche il tient un papier sur lequel ,cupidon1 trs attentif1 s'efforce d'peler les mots en suivant les lignes avec son doigt4 ,tout le corps du jeune dieu de l'amour trahit l'effort3 sa blonde tte bouriffe est applique vers le papier1 les jambes et les ailes se contractent dans un mouvement trs naturel de tension4 ,debout ct du matre et de l'lve1 ,vnus1 desse de la beaut1 assiste cette scne charmante4 ,s'y intresse-t-elle vraiment8 ,on ne saurait le dire1 car le sourire de ses yeux et de ses lvres semble porter plus loin que le groupe de ,mercure et de son fils4 ,quoi qu'il en soit1 jamais ,corrge n'a peint un plus magnifique corps de femme4 ,dans cet incomparable chef-d'uvre1 ,vnus est elle-mme un chef-d'uvre surprenant et ralise la perfection de la beaut fminine4 ,les plus grands artistes n'ont rien produit qui gale cet inoubliable morceau de peinture4 ,dans la tte aurole de cheveux blonds boucls et retombants1 il y a de la grce1 de la finesse1 de la noblesse et de la navet4 ,de mme que ,lonard excellait donner ses figures de femmes un caractre nigmatique1 ,corrge excellait imprimer aux siennes un je ne sais quoi de chaste et de puril qui nous les fait aimer ds le premier regard4 ,quant aux lignes du corps de la ,vnus1 elles sont d'une perfection dissuader de jamais toucher un pinceau1 suivant le mot d',annibal ,carrache4 ,le coloris est celui du ,corrge1 c'est--dire du plus tonnant magicien dans l'art de poser et de distribuer les couleurs4 ,les chairs sont palpitantes de vie1 ambres1 dores2 et cela1 avec une simplicit de moyens1 une sobrit de touche qui n'ont jamais t gales4 ,des frottis lgers1 peine perceptibles1 et voil des ombres lumineuses qui s'indiquent1 des raccourcis prodigieux qui se dessinent4 ,aucune habilet douteuse1 aucune ficelle de mtier ne diminue cet art loyal o tout est net1 prcis et noble4 ,raphal ,mengs proclamait que ,corrge avait rendu1 mieux qu'aucun autre matre1 l'illusion des corps2 et cette observation est parfaitement vraie4 ,il suffit de voir le tableau que nous donnons ici1 l',antiope du ,louvre et la petite ,madeleine du muse de ,dresde1 pour reconnatre qu'aucun peintre n'a model les formes avec autant de vrit4 ,ce qui ajoute1 s'il est possible1 la gloire du ,corrge1 c'est que ce gnie s'est panoui spontanment1 s'est dvelopp tout seul1 ,correggio1 dans une bourgade obscure du duch de ,modne4 ,on ne lui connat pas de matre ou1 s'il en eut1 il ne tarda pas les surpasser4 ,jamais il n'alla ,rome1 bien qu'on l'ait prtendu4 ,s'il tait all ,rome1 affirme ,vasari1 il est ais de voir qu'il y et fait des merveilles et caus bien des soucis ceux qui y brillaient dans son temps4 ,ceux-l s'appelaient ,raphal1 ,michel-,ange1 ,jules ,romain4 ,tandis que ,raphal1 entour de ses disciples1 tale aux yeux des ,romains le luxe d'un prince suivi de sa cour1 tandis que la ,rpublique de ,venise1 ,franois ,ier1 ,lon ,x et ,charles-,quint se disputent le ,titien1 ,corrge1 son mule1 vit et meurt sans gloire1 n'ayant d'autres ,mcnes qu'un petit prince lombard et quelques moines ignorants4 ,timide et mlancolique1 homme de sentiment1 amant dsintress de l'art1 gnie crateur au suprme degr1 il ne demandait rien ses contemporains que des toiles pour y faire natre ses madones1 ses saints1 ses martyrs1 ses gracieux enfants1 ses ,vnus et ses ,ldas2 des murs pour les couvrir de fresques aux feuillages sems de fruits1 de fleurs1 d'oiseaux clatants2 des coupoles de cathdrales o son gnie pt voquer toute la milice chrtienne1 les docteurs1 les vierges1 les armes de chrubins qui peuplent le ciel4 ,car ce gnie a t le plus souple1 le plus vari1 le plus universel dont l'histoire fasse mention4 ,si les contemporains ne rendirent point ,corrge toute la justice due son gnie1 la postrit n'a pas tard le placer la tte des matres qui ont recul les bornes de l'art4 ,nul peintre n'a suscit des enthousiasmes plus sincres1 des admirations plus passionnes4 ,o matre1 c'est toi seul que j'aime6 s'criait ,annibal ,carrache1 devant son ,saint ,jrme4 ,tous les sicles ont eu pour ,corrge les yeux de ,carrache2 il plane aujourd'hui l'empyre de l'art4 ,mercure instruisant ,cupidon a malheureusement subi de maladroites restaurations4 ,acquis par ,charles ,ier avec la collection du duc de ,mantoue 7#afcj71 il appartint ensuite au duc d',albe4 ,en #ahja1 il est entre les mains de ,godo1 le prince de la ,paix1 puis passe dans celles du roi ,murat4 ,cette peinture appartenait au marquis de ,londonderry quand elle fut achete1 en #ahcd1 par le gouvernement anglais4 ,elle figure aujourd'hui la 8,national ,gallery01 dans la salle ,,ix1 rserve l'cole lombarde4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #a4ed4--,largeur3 #j4ia4--;,figures grandeur dem4-nature4 ,,turner ,,ulysse ,s',,loignant ,,de ,,polyph,,me ,,salle ,,turner4--,,cole ,,anglaise ,illustration ,ulysse s'loignant de ,polyphme ,turner6 crit ,m4 ,armand ,dayot1 nom magique qui1 comme ceux de ,rembrandt1 du ,lorrain1 voque tout un monde de lumineuse ferie et d',arcadies blouissantes6 uvre de lumire et de rve due au pinceau du plus inspir des visionnaires6 uvre sacre aussi dans son apaisante ou tumultueuse beaut6 ,car telle est la douce et caressante magie du paysage de ,turner1 qu'on le contemple avec une mlancolie nostalgique comme un paradis perdu2 et on se surprend remercier avec motion le puissant artiste qui a su nous arrter au milieu des durs chemins de la vie1 pour nous faire un moment retourner la tte vers les pays bienheureux o nous avons tant rv de vivre que nous croyons parfois y avoir vcu4 ,c'est bien vers des rgions chimriques et prodigieuses que nous conduit ,turner1 sur la galre dore du roi d',ithaque4 ,l'immortel pome d',homre s'voque tout entier devant nos yeux ravis et ces terres fabuleuses nous apparaissent encore plus tonnantes dans l'blouissante parure dont le peintre les a revtues4 ,et nous prouvons une jouissance profonde contempler ces ciels d'une irrelle splendeur1 et ces flots d'un azur comme aucun il humain n'en a jamais vu4 ,la scne reprsente ici nous transporte dans le lgendaire royaume des ,cyclopes4 ,dans la demi-lumire d'une nuit combattue par l'aube naissante s'aperoit1 gauche1 la masse abrupte d'un rivage tourment et hriss de rocs4 ,par places s'enlvent sur la mer d'tranges rochers qu'une formidable convulsion volcanique semble avoir vomis des entrailles du gouffre4 ,au bas de la falaise flamboie dans une grotte le feu qui servit rougir l'pieu avec lequel ,ulysse vient de crever l'il de ,polyphme1 vengeant ainsi ses compagnons dvors par le ,cyclope4 ,au haut de la montagne1 le gant aveugl tord ses membres normes sous l'action de la douleur et de la rage impuissante2 on aperoit dans la poussire brillante du matin son corps tendu et sa tte appuye sur la main gauche4 ,au premier plan1 la galre royale se balance mollement sur l'onde calme et s'apprte quitter l'inhospitalire et tragique contre4 ,la manuvre s'active2 les rames se soulvent1 les marins grimpent au haut des mts pour dployer les voiles4 ,l'une d'elles flotte dj dans la brise matinale avec une bannire o s'inscrit le nom d',ulysse1 en lettres grecques4 ,sur l'autre voile est reprsente la guerre de ,troie et le cheval fameux4 ,a droite du tableau1 le reste de la flotte tourne galement ses proues vers la haute mer4 ,l'arme du roi d',ithaque va partir vers de nouvelles aventures4 ,et dans le fond1 l'astre du jour1 sortant du flot1 chasse les dernires ombres de la nuit et illumine l'horizon de ses feux pourpre et or4 ,nous avons assez longuement dcrit le sujet de ce tableau pour en faciliter la comprhension1 bien que1 dans les uvres de ,turner1 le sujet lui-mme importe peu4 ,ce qui compte vraiment1 c'est la prodigieuse manire dont le peintre joue avec la lumire1 c'est la fantasmagorique splendeur de ces tons vibrants1 clatants1 chargs de soleil et de couleurs insouponnes avant lui4 ,celui-l fut vritablement un magicien1 mieux que cela1 un crateur1 car il a dot la peinture d'une forme d'art toute nouvelle1 absolument lui1 tellement lui que tous ceux qui essayrent de l'imiter tombrent aussitt dans l'incohrence et l'anarchie des tons4 ,turner restera dans l'histoire de l'art comme le plus gnial des coloristes4 ,avant lui1 ,claude ,lorrain s'tait fait le traducteur des aurores brillantes1 avec un got peut-tre plus certain1 mais avec moins de virtuosit et de richesse4 ,turner1 il faut le dire1 n'est pas toujours galement inspir et trop souvent sa profusion de lumire tourne au vertige1 ressemble presque de la folie4 ,mais jusque dans ses toiles les plus extravagantes1 il est des dtails par o s'impose malgr tout l'admiration4 ,ce peintre de gnie1 cet incomparable pote du ciel et des eaux1 ce puissant vocateur de la beaut antique dans les plus merveilleux dcors de rve1 tait grossier de manires1 commun de visage1 taciturne et presque toujours sordidement vtu4 ,son avarice tait proverbiale et les histoires qu'on raconte de son pret au gain sont nombreuses4 ,ce qui ne l'empcha pas de lguer par testament son pays natal toute sa fortune et tous ses tableaux3 don plus que royal4 ,ce testament spcifiait que l'tat pourvoirait l'amnagement convenable des tableaux et que la plus grande partie de l'argent serait destine la fondation d'une institution de bienfaisance pour les artistes pauvres4 ,la fortune de ,turner tait estime #c4ejj4jjj francs4 ,aprs de longues discussions entre l'tat et la famille de l'artiste qui attaqua le testament1 il fut dcid en fin de compte que toutes les uvres termines ou non1 peintures1 dessins1 esquisses1 appartiendraient l'tat1 et que son parent le plus proche hriterait de sa collection d'uvres graves et autres proprits4 7,armand ,dayot74 ,se conformant au vu de l'artiste1 l'tat a amnag dans la 8,national ,gallery01 une salle spciale1 appele salle ,turner1 dans laquelle figure aujourd'hui le magnifique tableau d',ulysse s'loignant de ,polyphme4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #a4bi4--,largeur3 #b m4--,figures3 #j4je4 ,a4 ,,van ,,dyck ,,corn,,lius ,,van ,,der ,,geest ,,salle ,x4--,,cole ,,flamande ,illustration ,cornlius ,van der ,geest ,nous avons peu de renseignements sur ce ,van der ,geest dont ,van ,dyck nous a laiss un si magnifique portrait4 ,tout ce que nous en savons1 c'est qu'il fut l'ami de ,rubens4 ,il devait tre par consquent un personnage d'importance et de culture soigne4 ,n'tait pas qui voulait1 en effet1 l'ami de l'illustre peintre anversois1 diplomate ses heures et grand seigneur en tout temps4 ,un homme sans valeur ou sans crdit n'aurait pas davantage tent l'aristocratique pinceau de ,van ,dyck1 peintre officiel des ,stuarts4 ,tenons donc ,van der ,geest pour un notable bourgeois d',anvers4 ,d'ailleurs1 son portrait plaide suffisamment en sa faveur4 ,il y a de l'intelligence dans son haut et large front1 de la pntration dans le regard1 de la finesse dans la bouche1 et de la race dans l'ovale allong du visage4 ,des cheveux gris soyeux encadrent le front et une courte barbe en pointe affine encore cette srieuse et sympathique physionomie4 ,la large fraise qui enserre le cou met en valeur les moindres dtails d'une figure brosse avec une tonnante lgret de touche4 ,quant au vtement1 noir sur le fond sombre du tableau1 il a volontairement t trait dans la note obscure1 suivant la technique de ,rembrandt1 afin de laisser toute son importance au visage du modle4 ,la 8,national ,gallery0 est assez riche en tableaux de ,van ,dyck1 cet artiste ayant pass en ,angleterre une grande partie de son existence4 ,ils sont tous suprieurs1 mais je ne crois pas qu'aucun d'eux surpasse celui-ci pour la perfection du rendu et le fini de l'excution4 ,van ,dyck avait t l'lve de ,rubens2 il ne pouvait trouver un matre plus habile4 ,mais s'il profita des leons de l'illustre auteur de la ,descente de ,croix1 il trouva dans sa propre personnalit suffisamment de moyens pour ne pas subir son empreinte2 il sut garder intact son gnie4 ,rien ne ressemble moins1 en effet1 la manire de ,rubens que la manire de ,van ,dyck4 ,le premier est fougueux1 imptueux1 dbordant de fantaisie et d'imagination1 affectionnant les truculences de la chair et les truculences de la couleur4 ,rubens tonne1 blouit1 emporte dans le mouvement formidable de ses compositions2 sa palette est charge de couleurs clatantes qu'il rpand profusion sur les draperies1 sur les ciels1 sur les pidermes des femmes4 ,tout autre est ,van ,dyck3 de temprament plus flegmatique1 il est gal1 ordonn1 on pourrait presque dire mathmatique4 ,son pinceau ne s'aventure pas aux scnes tumultueuses2 son gnie est fait de sagesse1 d'quilibre1 du juste sentiment de l'harmonie des choses4 ,adorateur passionn1 comme son matre1 de la nature1 il ne l'habille pas de parures voyantes1 mais il la serre de prs1 il la scrute1 minutieusement1 patiemment1 pour en saisir les plus fugitives manifestations4 ,sa couleur est comme son dessin1 prcise1 calme1 mais nette1 sans apprts1 sans emptements1 sans violences4 ,quand il s'asseoit devant son chevalet1 il ne regarde pas sa toile avec un verre grossissant mais avec ses yeux1 des yeux qui savent voir et observer4 ,avec un gnie moins complet que celui de ,rubens1 il a su1 par son extraordinaire capacit observatrice1 s'lever jusqu'aux cts du matre et ne pas lui tre infrieur4 ,on comprend qu'avec des qualits de cet ordre1 ,van ,dyck se soit plus volontiers adonn l'art du portrait4 ,ce n'est pas qu'il n'ait abord d'autres genres1 et avec succs4 ,la 8,national ,gallery01 notamment1 possde de lui des tableaux comme le ,miracle des ,poissons1 ,saint ,ambroise interdisant l'empereur ,thodose l'entre du temple1 ,renaud et ,armide1 etc41 qui dmontrent que nulle forme de peinture ne lui tait trangre1 mais c'est surtout dans le portrait qu'il a acquis sa plus durable gloire4 ,l1 il est en possession de tous ses moyens1 qui sont merveilleux4 ,personne1 comme lui1 n'a su capter le caractre d'un modle1 ni fixer la vie sur ses traits4 ,les tres1 hommes ou femmes1 dont il nous a lgu les effigies1 arrtent sur nous leurs regards profonds1 nous subissons la hantise de leur physionomie et nous ne pouvons plus les oublier4 ,chez ,van ,dyck1 l'excution est pousse aux plus extrmes limites de la perfection4 ,par la connaissance profonde de la technique1 il l'emporterait mme sur ,rubens1 si nous oublions un instant la somptueuse prodigalit de celui-ci1 sa fougue tonnante1 son extraordinaire fcondit4 ,s'il a moins d'clat et d'nergie1 en revanche il a plus d'lgance1 de tendresse et de got4 ,il a su garder ct du matre une indniable originalit et se placer1 en compagnie de ,titien1 de ,velazquez et de ,rembrandt1 au premier rang des portraitistes de tous les temps4 ,cornlius ,van der ,geest est peint sur bois4 ,il faisait partie de la collection ,angerstein et entra avec elle la 8,national ,gallery01 o il figure dans la salle ,x1 rserve l'cole flamande4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #j4gh4--,largeur3 #j4ff4--;,figure grandeur nature4 ,,murillo ,,jeune ,,buveur ,,salle ,,xiv4--,,cole ,,espagnole ,illustration ,jeune buveur ,murillo1 peintre de genre6 ,il semble qu'on profre une sorte de blasphme d'associer ce nom glorieux une forme d'art rpute infrieure4 ,murillo1 le peintre des ,madones souriantes et des anges roses1 descendre ainsi des rgions clestes et se complaire au vulgaire spectacle des mendiants1 des bouffons et des buveurs6 ,certes1 la palette de ,murillo se charge plus habituellement des couleurs tendres et dlicates avec lesquelles on sertit de clarts la tunique des vierges ou l'aurole des saints2 mais ce merveilleux ouvrier de ,paradis tait un homme1 un ,espagnol1 un ,svillan4 ,redescendu de ses hauteurs1 il s'intressait en curieux et en artiste tout ce qui sollicitait sa vue par le pittoresque ou la couleur4 ,tous les types sculaires de la vieille ,espagne l'attiraient et il se plaisait noter leurs gestes1 leurs attitudes1 peindre leurs voyantes guenilles et leurs fiers haillons avec la mticuleuse prcision d'un ,flamand4 ,ne dirait-on pas1 en effet1 une cration flamande1 ce ,jeune buveur que nous reproduisons ici8 ,ne nous rappelle-t-il pas ces piliers d'estaminet que ,vermeer de ,delft et ,jan ,steen excellaient peindre8 ,ne lit-on pas dans ce visage allum de plaisir et dans le mouvement du bras qui serre amoureusement le flacon la mme satisfaction sensuelle que nous trouvons sur les faces rubicondes des buveurs de ,brauwer8 ,le type seul diffre3 le jeune buveur de ,murillo est ,espagnol2 ses traits n'ont pas l'ampleur ni le jovial panouissement du masque hollandais1 mais1 cela prs1 c'est la mme solide facture1 la mme couleur sobre1 le mme ralisme1 la mme recherche du dtail4 ,phnomne curieux et qui dmontre bien la souplesse du gnie de ,murillo1 cet extraordinaire coloriste1 l'un des plus chatoyants et des plus brillants qui soient1 a su trouver les tons fauves et sourds qui conviennent ces modles de cabaret4 ,le ,jeune buveur porte une souquenille couleur de bure2 autour de son cou est ngligemment nou un foulard blanc4 ,dans cette peinture il semble que l'artiste se soit complu dployer sa virtuosit4 ,lui qui ne travaille qu'en plein ciel1 dans l'blouissante lumire des apothoses1 a voulu manier le clair-obscur et il a noy d'ombre la tte de son personnage4 ,il s'y montre suprieur comme il est suprieur en tout4 ,habitu dessiner des mains fuseles de ,madones ou des menottes poteles d'angelets1 il a trouv des vigueurs rembranesques pour modeler ces mains nerveuses et solides de paysan qui sont des merveilles d'excution4 ,bartolom ,esteban1 plus connu sous le nom de ,murillo1 naquit ,sville la fin de l'anne #afag1 dans une modeste maison de la calle de las ,tiendas1 loue par son pre aux religieux de ,san ,pablo4 ,ce quartier tait le plus misrable de la ville et avoisinait le quartier juif2 l1 l'enfant vagabondait avec les petits mendiants qu'il devait immortaliser plus tard par son pinceau4 ,ses parents taient pauvres et il eut le malheur de les perdre dix ans4 ,la protection de son oncle1 mdecin sans grande clientle1 lui valut d'entrer chez un peintre comme lve4 ,il y fit surtout mtier de domestique1 balayant l'atelier1 broyant les couleurs1 nettoyant les brosses4 ,mais cela n'empcha pas ,murillo de travailler1 et avant d'avoir atteint sa seizime anne1 il avait dj plac des uvres de lui dans plusieurs maisons religieuses de la ville4 ,son matre ayant quitt ,sville1 il demeura seul2 et pour gagner sa vie1 il travailla pour la feria qui avait lieu une fois par semaine2 les fermiers1 les marchands1 leurs transactions termines1 ne ddaignaient pas d'acqurir quelque ,madone ou de poser sance tenante pour quelque portrait rapide que le jeune artiste leur livrait trs bon compte4 ,persuad qu'il avait encore apprendre1 ,murillo1 ne pouvant aller en ,italie1 rsolut de se rendre ,madrid2 il s'y prsenta ,velazquez qui l'accueillit de suite1 lui donna des conseils et lui ouvrit les portes des galeries royales2 et quand il rentra ,sville1 il tait vritablement un peintre4 ,il eut la chance d'obtenir une commande pour le couvent des ,franciscains2 cette peinture frache1 harmonieuse1 colore1 eut un succs immdiat4 ,la rputation lui vint1 et bientt la fortune4 ,le pauvre petit peintre qui1 trois ans auparavant1 peignait vil prix des tableaux pour la foire1 pousa doa ,beatrice de ,cabrera y ,sotomayor1 de famille noble et riche4 ,il devint un personnage et quelques annes aprs1 il fondait ,sville une ,acadmie publique d'art4 ,son uvre1 qui est immense1 fut surtout consacre la glorification de l'glise2 c'est surtout par les scnes religieuses qu'il a assis sa rputation dans l'histoire de l'art4 ,nanmoins1 il aborda tous les genres avec un gal bonheur2 il peignit des paysages d'un trs grand caractre1 de nombreux portraits rpandus aujourd'hui dans tous les muses du monde et surtout des types de pouilleux et de mendiants1 observs dans sa vieille cit andalouse4 ,le ,jeune ,buveur a t lgu la 8,national ,gallery01 par ,m4 ,john ,staniforth ,beckett en #ahhi2 il figure dans la salle ,,xiv1 rserve la peinture espagnole4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #j4fb4--,largeur3 #j4df4--;,figure grandeur nature4 ,,franz ,,hals ,,groupe ,,de ,,famille ,,salle ,x4--,,cole ,,hollandaise ,illustration ,groupe de famille ,franz ,hals ne peignait pas uniquement les personnages isols4 ,groupes de rgents1 groupes de corporations et groupes de famille se sont multiplis sous son pinceau2 ,franz ,hals a t en quelque sorte l'historiographe politique1 social et domestique de ,haarlem4 ,ses groupes de famille sont particulirement nombreux3 on en trouve ,haarlem1 ,berlin1 au ,louvre1 en ,irlande1 ,munich4 ,celui de la 8,national ,gallery01 que nous donnons ici1 est un des plus intressants4 ,suivant une manire chre au peintre1 les personnages y sont singulirement presss1 tasss les uns sur les autres1 dans un coin de la toile1 devant un rideau pais et sombre de grands buissons et d'arbres2 les claires notes des visages1 des mains1 des cols et des bonnets s'en dtachent avec une vigueur de contraste trs puissant1 peut-tre trop ais et coup sr monotone1 malgr le soin que prend ,hals d'interrompre soudain ce fond sur un vaste et calme paysage mouvement par le passage au ciel de grands nuages qui se bousculent4 ,tous les personnages ne s'enlvent pas sur le fond uniforme2 les derniers vers la gauche ont dbord sur l'espace plus ouvert1 mais derrire leurs ttes les nuages et le ciel sont peints dans une teinte bistre et obscure4 ,la plaine1 les prairies sont immenses1 et1 accident unique dans l'uvre du matre1 on y aperoit deux vaches tachetes au pturage4 ,les grands-parents sont assis avec la famille groupe debout autour d'eux4 ,cette famille appartient videmment la petite bourgeoisie hollandaise3 sans doute des marchands que l'on devine endimanchs l'allure un peu guinde de leurs attitudes4 ,franz ,hals n'tait pas d'ailleurs un metteur en scne bien habile2 il lui importait peu que les personnages fussent crass sur un petit espace2 une seule chose l'inquitait1 la traduction fidle des visages et des caractres4 ,nanmoins1 il y a de la bonhomie1 du naturel et mme de la grce dans le mouvement des jeunes enfants qui s'battent au premier plan1 et dans celui de la fillette qui tend si gentiment les menottes vers la grand'mre4 ,quant la ressemblance1 on la devine parfaite1 on se persuade facilement que ces modles aligns sur un fond de paysage n'avaient pas plus de distinction qu'il ne leur en a donn4 ,hals est un traducteur irrprochable de la nature1 mais il se contente d'en exprimer ce que voient ses yeux1 et rien de plus4 ,ne cherchons pas les penses secrtes1 les sentiments ou mme les particularits de caractre qui peuvent diffrencier cet homme et ces femmes des autres habitants de la cit1 n'essayons pas de descendre dans ces mes que l'observation de l'artiste n'a mme pas cherch pntrer4 ,franz ,hals est raliste1 certes1 mais son art ne dpasse pas1 le plus souvent1 la physionomie superficielle des personnages qu'il peint2 il entend peu de chose au mystre de l'me4 ,les lignes de la figure humaine1 l'aspect variable que leur confrent les mille jeux du model et de la lumire1 c'est l ce qui le retient2 il surprend au passage les transformations sans nombre qui vont de la plus grave srnit des explosions de douleur ou de joie2 il transcrit les symptmes rvlateurs de tous les sentiments1 et lui-mme1 au gr de son humeur ou selon son ge1 sait en provoquer l'veil4 ,il ne se laisse diriger1 circonscrire1 absorber par personne4 ,s'il n'a pas poursuivi les hautaines chimres sur les cimes infrquentes1 il a vibr de plaisir et de souffrance4 ,son art n'est pas le miroir froidement exact des ralistes absolus4 ,le mouvement trahit1 dans les images d'hommes et de femmes qu'il nous a laisses1 leur rsignation ou leur joie4 ,au lieu de n'tre que vridique scrupuleusement1 il l'est avec une fougue incomparable4 ,franz ,hals naquit ,haarlem1 vers #aehj1 de parents qui avaient occup d'honorables fonctions dans la cit4 ,aprs un court sjour ,anvers1 il rentra dans sa ville natale1 y fut l'lve de ,karl ,van ,mauder1 s'y maria et s'y fixa pour le reste de ses jours4 ,ds le dbut de son mariage1 sa conduite donne lieu de fcheux commentaires3 il se montre violent1 extravagant et ivrogne1 et il est rprimand par les bourgmestres pour s'tre port des svices sur sa femme et pour avoir abus de la bouteille4 ,nanmoins1 il jouit de la considration publique1 car il ne fait pas scandale et de plus il a du talent4 ,des notables de la cit lui demandent leur portrait2 il a des commandes nombreuses et il arriverait une belle fortune s'il savait conduire ses affaires et gouverner ses vices4 ,il a des dettes criardes et doit laisser des tableaux en gage pour payer son boulanger4 ,les ,hollandais1 gens pratiques1 prennent prtexte de ses besoins pour obtenir des portraits bas prix4 ,mme l'poque de sa plus grande vogue1 ses tableaux sont cots assez bas4 ,hals produit avec une incroyable facilit et son uvre est immense1 mais elle ne peut le sauver de la misre4 ,devenu vieux1 il doit implorer les secours de la municipalit qui lui consent une aumne de cinquante florins4 ,et quand il meurt1 dnu de tout1 la dpense pour son enterrement ne dpasse pas quatre florins4 ,le ,groupe de ,famille fut longtemps conserv chez lord ,talbot1 au chteau de ,malahide1 en ,irlande2 il a t rcemment achet par la 8,national ,gallery0 pour la somme de #gbe4jjj francs4 ,bien que partiellement repeint1 il compte parmi les uvres matresses de ,franz ,hals4 ,il figure dans la salle ,x1 rserve la peinture hollandaise4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #j4gd4--,largeur3 #a4bc4--;,figures3 #j4dj4 ,w4 ,,hogarth ,,la ,,fille ,,aux ,,crevettes ,,salle ,,xix4--,,vieille ,,cole ,,anglaise ,illustration ,la ,fille aux crevettes ,certains critiques et mme des peintres comme ,reynolds1 ont dni ,hogarth la qualit de peintre4 ,observateur ingnieux1 physionomiste spirituel1 dessinateur satirique2 mais peintre1 non4 ,pourquoi8 ,sans doute cause que le genre adopt par lui--et qui est tout simplement le genre--ne jouissait d'aucun crdit l'poque o vivait ,hogarth4 ,il en a t de mme dans tous les pays pour tous les peintres qui se spcialisrent dans cette peinture anecdotique4 ,decamps1 chez nous1 prouva les mmes injustices et subit les mmes attaques4 ,la postrit s'est charge de les venger l'un et l'autre4 ,n'est-elle pas d'un beau peintre de race1 cette vivante figure de la ,fille aux crevettes1 dont le joyeux et blanc sourire1 fix d'un pinceau si rapide et si sr1 d'un pinceau d'impressionniste1 semble clore dans le brouillard de ,londres1 comme une fleur dans la nuit8 ,o trouver une plus gracieuse figure de plbienne1 plus frache1 plus saine1 plus vraie8 ,sous la charge de la corbeille remplie de crevettes1 et dans l'encadrement des cheveux noirs1 le visage apparat panoui dans une gat splendide qui fait rire les yeux1 retrousse le nez1 fait clore des fossettes et dcouvre les dents1 de vraies perles4 ,a la contempler1 on songe la ,bohmienne de ,franz ,hals2 mais le rire de la ,fille aux crevettes1 moins appuy par le pinceau1 acquiert une lgret1 une sorte de flou qui en augmente le charme4 ,ce type est bien celui de la jeune ,anglaise1 si fine et si prcieuse--quand elle est jolie--qu'elle ressemble un bibelot d'tagre4 ,quant la couleur1 elle est sobre1 charge de tons bruns1 trs chauds1 qui font penser la manire de ,ribera quand il peignait les vermineux mendiants de ,sville4 ,hogarth fut avant tout le peintre des types populaires de ,londres2 ses prdilections et ses aptitudes l'inclinaient vers la notation des laideurs et des ridicules de son temps4 ,il y eut en lui1 ds les dbuts1 un satirique et un observateur original4 ,n dans le peuple1 en #agbe1 il trouva ses premiers modles dans les tavernes1 les cafs1 les carrefours et les faubourgs de la grande cit4 ,tout concourait1 crit ,m4 ,philarte ,chasles1 cette ducation spciale2 tout l'loignait de l'idal grec1 de l'unit1 de la rgle antique et du type svre du beau4 ,tout le prparait devenir non l'lve du ,titien1 du ,corrge et de ,raphal1 mais le satirique vigoureux et souvent brutal1 le peintre moral et souvent cynique du ,x,v,i,i,ie sicle anglais1 le violent adversaire de la convenance attitre et de la fausse lgance dans l'art1 mme du grand style et de l'idal444 ,il voulut quand mme aborder le grand style3 il peignit la ,fille de ,pharaon1 ,sigismond et ,dana1 le ,bon ,samaritain1 la ,prdication de ,saint-,paul1 etc41 mais ce ne furent que des vellits passagres dans la carrire de l'artiste2 il n'tait manifestement pas taill pour la grande peinture4 ,il appartenait plutt la race des peintres moralistes1 et sa manire s'apparente celle des petits matres hollandais1 observateurs narquois des vices de leur poque1 et leurs qualits ,hogarth ajoute cette pointe ironique et pince sans rire qui constitue l'humour anglais4 ,nous retrouverons ,hogarth au cours de cette publication1 dans la scne du ,mariage la mode qui porta l'apoge sa rputation et qui le classe parmi les plus grands matres de la peinture de genre4 ,sur l'art d',hogarth1 nous ne saurions mieux faire que de citer l'opinion d',armand ,dayot1 dans sa belle tude sur la ,peinture anglaise3 ,faut-il voir dans ,hogarth un des grands matres de la peinture anglaise1 un technicien exemplaire8 ,assurment non2 le don de composer lui fait souvent dfaut4 ,dans la plupart de ses uvres1 voire mme celles o l'intention philosophique est la plus lisible et o il parat avoir voulu s'attacher plus aux ides qu'aux formes1 l'envahissement souvent vulgaire de l'accessoire1 la confusion de dtails inutiles nuit l'expression du sujet principal4 ,souvent aussi sa touche pre et lourde1 son dessin sec et heurt1 sont en complet dsaccord avec le caractre du sujet4 ,on a pu dire que ,hogarth avait quelque chose de ,swift pour l'amertume et de ,daniel de ,fo pour la vrit4 ,on aurait pu aussi ajouter que malheureusement dans toute son uvre n'existe pas l'unit de forme et de pense qui domine celle des deux grands crivains4 ,ces rserves faites et en admettant mme avec ,mrime que ,william ,hogarth fut plutt pote comique que peintre1 il faut bien reconnatre que dans l'uvre1 si frmissante1 de cet extraordinaire artiste1 le plus anglais peut-tre des peintres anglais1 il existe des pages o l'expression de la critique des murs est d'une technique trs adroite et qui fait songer parfois celle de notre grand ,chardin1 avec plus de fluidit peut-tre dans la caresse du pinceau et souvent autant de lgret dans le clair-obscur des fonds4 ,assurment ces pages1 vritables petites merveilles de mtier1 sont assez rares4 ,mais on les trouve encore sans trop de peine dans le prodigieux amoncellement des uvres de l'artiste4 ,la ,fille aux crevettes 7,shrimp ,girl7 compte parmi les toiles les mieux venues d',hogarth4 ,elle a t lgue par ,m4 ,richard ,wheeler ,fund1 en #ahhd1 la ,national ,gallery1 o elle figure dans la salle ,,xix1 consacre la vieille cole anglaise4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #j4fc4--,largeur3 #j4ej4--;,figure grandeur nature4 ,,gabriel ,,metsu ,,la ,,le,,on ,,de ,,musique ,,salle ,,xii--,,collection ,,peel ,illustration ,la ,leon de musique ,on doit placer ,gabriel ,metsu--c'est ainsi qu'il signe son nom--parmi les peintres les plus habiles de l'cole hollandaise4 ,il a un dessin juste et vrai1 une couleur harmonieuse1 une touche libre et facile4 ,chez lui1 chaque coup de pinceau1 bien pos1 exprime une forme1 et ce n'est point en polissant et en blaireautant qu'il arrive au fini4 ,son art est chose si admirable1 qu'il sait rendre intressants des objets qu'on ne regarderait pas dans la nature1 des ustensiles de cuisine1 des bottes d'oignons1 des bocaux1 des pots de grs1 du gibier1 des poissons et de la volaille plume par quelque maritorne4 ,dans cet ordre d'ides1 il a produit des tableaux qui sont de vrais chefs-d'uvre1 notamment le ,march aux herbes d',amsterdam1 une des plus prcieuses toiles hollandaises du muse du ,louvre4 ,le plus gai mouvement anime la composition4 ,les commres1 les chiens1 la volaille1 les ivrognes y grouillent et s'y bousculent1 et tout cela est vif1 amusant1 plein d'observation et peint avec une rare maestria4 ,cependant ,metsu se souvenait volontiers qu'il avait t l'lve de ,grard ,dow4 ,trs souvent il traita les intrieurs reluisants de la ,hollande1 aux meubles bien frotts1 aux cuivres brillants1 mais il s'attardait moins que son matre ce polissage minutieux et lgrement exagr4 ,d'ailleurs1 chez lui1 le dcor n'est pas1 comme pour ,grard ,dow1 la partie capitale de l'uvre2 il n'y joue que le rle qui lui convient1 un rle d'accessoire4 ,ce qu'il traite avec le plus de soin1 et avec une vidente prdilection1 ce sont les personnages3 et il rentre alors dans le genre lgant pratiqu par ,terburg et ,netscher4 ,mais il est moins compass que celui-ci et moins prcieux que celui-l4 ,terburg cherche affiner ses modles1 ,netscher les ennoblir2 ,metsu se contente de les peindre tels qu'il les voit et tels qu'ils sont certainement4 ,il ne lui viendrait pas l'esprit de convertir en petits matres musqus et pomponns1 comme faisait ,terburg1 les fils de famille hollandais dont la roture clatait malgr tout sous les flots de rubans1 ni de les poser en grands seigneurs allant au petit lever du roi ,soleil ,versailles1 suivant la manire de ,gaspard et de ,constantin ,netscher4 ,ses personnages lui sont de bons bourgeois cossus1 vtus de bonnes et solides toffes1 mais dnus de prtentions4 ,ils ont du naturel1 de la jovialit1 des mines bien portantes et se distinguent tous par un tour spirituel et bon enfant que l'artiste tirait de son propre fonds pour le leur donner4 ,ce sont des personnages de cette catgorie que nous montre ,metsu dans sa ,leon de musique4 trange leon de musique que celle-l6 ,certes1 on aperoit bien le clavecin1 grand ouvert devant la dame et nous pouvons admettre la rigueur que le papier qu'elle tient la main est un morceau de musique4 ,mais il faut croire que la leon n'est pas trop srieuse1 en juger par l'attitude du professeur4 ,nous le voyons plus occup du vin contenu dans son verre que des progrs de son lve4 ,son violon d'accompagnateur repose oisif sur la table voisine et rien n'annonce que la leon va bientt reprendre4 ,il a bien tous les dehors de son emploi1 le joyeux professeur4 ,il appartient videmment cette race1 vieille comme le monde1 des coureurs de cachet1 dont ,aristophane faisait dj des gorges chaudes4 ,il a dans l'attitude et dans le costume1 quelque chose du pdant et du pique-assiette1 pour qui chaque leon est une aubaine1 un prtexte dcrocher quelques miettes4 ,peut-tre aussi est-il tout simplement ,hollandais1 c'est--dire ami de la bouteille et ayant besoin1 pour retrouver son loquence professionnelle1 d'aller la chercher de temps en temps au fond du verre4 ,la dame1 elle1 regarde son professeur en souriant4 ,elle est habitue sans doute ces intermdes bachiques4 ,et la conversation va son train4 ,elle n'est pas trs jeune ni extrmement jolie1 cette blonde ,hollandaise1 avec ses cheveux tirs et rouls sur la nuque1 avec son front bomb1 son nez qui relve et son menton qui tombe2 elle n'est pas non plus d'une lgance bien raffine dans le corsage rouge et dans l'ample robe jaune qui drapent ses robustes appas4 ,mais il y a quand mme du charme dans ce visage fleuri et bien portant qui sourit avec complaisance aux explications du musicien2 il y a de la finesse aussi dans le plissement des yeux brids et dans le pincement des lvres4 ,il faut galement noter dans ce tableau1 avec le naturel des personnages1 l'art suprieur du coloris dans lequel les ,hollandais furent toujours des matres4 ,les tons vifs et les teintes discrtes s'y distribuent avec une ingniosit parfaite1 les unes faisant valoir les autres1 et toutes se fondant dans le plus harmonieux ensemble4 ,a l'habile opposition des lumires et des ombres1 il est facile de deviner que ,metsu travailla dans l'atelier de ,rembrandt et y apprit manier le clair-obscur4 ,si la 8,national ,gallery0 est riche aujourd'hui en tableaux de l'cole hollandaise1 elle le doit la munificence d'un collectionneur clair1 ,m4 ,robert ,peel1 qui lui en a lgu un nombre considrable1 en #ahga4 ,parmi ces toiles1 la plus prcieuse est certainement cette charmante ,leon de musique1 que nous donnons ici4 ,elle figure dans la salle ,,xii1 rserve aux uvres de la collection ,peel4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #j4ch4--,largeur3 #j4ca4--;,figures3 #j4bc4 ,,rosa ,,bonheur ,,le ,,march ,,aux ,,chevaux ,,salle ,,xvi4--,,cole ,,fran,,aise ,illustration ,le ,march aux chevaux ,conduits ou monts par les meneurs1 les jeunes chevaux se bousculent et se ruent1 par le boulevard ,saint-,marcel1 vers la rampe qui donne accs au march aux chevaux4 ,a gauche1 fermant la perspective1 se dresse le dme de la ,salptrire4 ,il se dgage de ce tableau clbre1 une impression de mouvement frntique et d'irrsistible puissance4 ,voici de vigoureux percherons1 robe pommele1 la queue roule1 qui tirent violemment sur le bridon et frappent le sol de leurs membres solides4 ,entrans par le vertige de la course1 d'autres chevaux les suivent1 anims1 les naseaux fumants1 la crinire envole1 lgants ou trapus1 selon la race4 ,au centre du tableau1 un magnifique talon noir1 ardente bte aux yeux de feu1 se cabre en un mouvement superbe1 tandis que son meneur le frappe sur la tte pour l'obliger reprendre pied4 ,derrire ces chevaux de premier plan1 d'autres s'aperoivent et l'on devine que d'autres encore suivent1 et l'on croit entendre le fracas1 sur le sol1 des sabots impatients ou furieux4 ,cette rue vertigineuse d'une force formidable et aveugle est traduite avec une prodigieuse intensit4 ,par cette uvre admirable1 ,rosa ,bonheur se classa1 du jour au lendemain1 au premier rang des peintres animaliers de son temps4 ,ds sa plus tendre enfance1 ,rosa ,bonheur avait marqu une prdilection toute particulire pour les btes4 ,elle les connaissait1 les comprenait et les aimait4 ,aux alentours de la maison paternelle1 ,neuilly1 se trouvaient des fermes abondamment pourvues de vaches1 de moutons1 de porcs1 de volailles4 ,munie de ses crayons1 elle allait s'y installer et pendant la journe entire1 elle essayait de surprendre et de noter les diffrentes attitudes de ses modles prfrs4 ,bientt il ne lui suffit plus de les tudier au dehors1 elle veut en avoir chez elle4 ,elle obtient de son pre d'hospitaliser un mouton dans l'appartement3 peu peu la mnagerie s'accrot d'une chvre1 d'un chien1 d'un cureuil1 d'oiseaux en cage et de cailles qui voluent en libert dans sa chambre4 ,plus tard1 sa proprit de ,chevilly ou son chteau de ,by1 elle y ajoutera des gazelles1 des cerfs1 des daims1 des chevaux1 des chiens de toute espce1 des taureaux1 des vaches1 des mouflons1 des isards1 des singes1 des yacks1 des sangliers1 des aigles1 des lions4 ,rosa ,bonheur avait trente ans lorsqu'elle excuta son ,march aux chevaux dont l'histoire mrite d'tre relate4 ,malgr son succs triomphal1 cette toile ne trouva pas immdiatement acheteur et rentra dans l'atelier de l'artiste4 ,elle ne fut acquise que plus tard par un grand marchand de ,londres1 ,m4 ,gambard1 qui la paya #dj1jjj francs4 ,quand elle traita avec ,m4 ,gambard1 ,rosa ,bonheur1 qui ne fut jamais avide1 craignit d'avoir demand une somme trop forte4 ,comme son acqureur dsirait faire reproduire le tableau par la gravure et que celui-ci tait de dimensions considrables1 peu commodes pour le travail du graveur1 elle offrit ,m4 ,gambard de lui faire1 titre gracieux1 une rduction du ,march aux chevaux au quart de l'original4 ,m4 ,gambard1 qui faisait une excellente affaire1 accepta1 on devine avec quel empressement4 ,la rduction fut livre et immdiatement achete par un amateur anglais1 ,m4 ,jacob ,bel1 pour une somme de #be4jjj francs4 ,quant l'original1 il fut expos dans la galerie du ,pall-,mall2 mais ses grandes dimensions rebutaient les acheteurs4 ,il fut enfin acquis par un ,amricain1 ,m4 ,wright1 au prix de #cj4jjj francs1 avec la clause que ,m4 ,gambard le conserverait encore deux ou trois ans pour l'exposer en ,angleterre et aux tats-,unis4 ,quand le moment de la livraison fut arriv1 l',amricain prtendit avoir droit la moiti des bnfices produits par les diverses expositions de l'uvre4 ,si bien que le tableau original achet #dj4jjj francs par ,m4 ,gambard1 ne lui fut dfinitivement pay que #bc4jjj francs1 tandis que la rduction qui ne lui avait rien cot lui en avait rapport #be4jjj4 ,bien plus tard1 l',amricain possesseur de l'original ayant fait de mauvaises affaires1 le ,march aux chevaux fut mis aux enchres et adjug #bfe4jjj francs ,m4 ,vanderbilt qui en fit don au muse de ,new-,york4 ,quant la rduction que nous donnons ici1 ,m4 ,jacob ,bel la lgua la 8,national ,gallery0 o elle se trouve actuellement4 ,quand ,rosa ,bonheur apprit que cette rduction allait entrer au muse de ,londres1 elle fut prise d'un scrupule qui montre bien sa probit4 ,croyant n'y avoir pas apport le mme fini qu' l'original1 elle recommena une troisime fois le ,march aux chevaux et y mit une telle conscience1 y dploya tant de talent que d'aucuns estiment cette deuxime rplique suprieure l'original4 ,la toile acheve1 elle l'offrit la 8,national ,gallery04 ,les autorits anglaises1 trs touches du dsintressement de l'illustre artiste1 la remercirent vivement1 mais1 se jugeant lies par le legs de ,jacob ,bel1 ne crurent pas pouvoir accepter son offre gnreuse4 ,cette rplique fut achete pour #be4jjj francs par ,m4 ,mac ,connel4 ,le ,march aux chevaux figure dans la salle ,,xvi1 rserve la peinture franaise4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #a4ai4--,largeur3 #a4jf4--;,figures3 #a mtre4 ,note de transcription3 la largeur est manifestement errone4 ,d'aprs le catalogue de la ,national ,gallery la largeur est de #b4ee4 ,,david ,t,,niers 7le ,jeune7 ,,vieille ,,femme ,,pelant ,,une ,,poire ,,salle ,x4--,,cole ,,flamande ,illustration ,vieille femme pelant une poire ,dans le royaume fantaisiste qu'il s'est choisi comme domaine1 ,david ,tniers le ,jeune est rest matre incontest4 ,il ne cherche pas ses sujets dans le monde lgant et il n'use pas sa palette peindre les somptueuses dcorations des maisons riches4 ,en ,flamand de pure race1 il se sent davantage attir vers les scnes plus vulgaires mais plus pittoresques de la vie campagnarde4 ,il adore peindre les cabarets embus de la fume des pipes1 les ivrognes trogne joviale1 les paysans balourds et les femmes plantureuses des ,flandres4 ,il n'est certes pas le peintre de la beaut1 dans son acception la plus gnralement admise1 mais il a su dmontrer--avec beaucoup d'autres peintres de son pays--que l'art ennoblit tout1 embellit tout1 mme les sujets qui nous paraissent au premier regard les moins dignes de la peinture4 ,on s'explique mal aujourd'hui1 devant ces tableaux charmants1 le discrdit qui les frappa pendant si longtemps4 ,louis ,,xiv1 qui l'on montrait quelques uvres de ,tniers1 eut un geste de dgot3 ,qu'on te de devant moi ces magots6 s'cria-t-il4 ,a la rigueur on excuse la colre du grand roi1 qui n'admettait en art que les compositions solennelles et nobles4 ,possdant ,le ,brun1 il ne pouvait honorer mme d'un regard ,tniers le ,jeune4 ,celui-ci d'ailleurs ne travaillait pas pour ,versailles4 ,son ambition ne visait pas si haut4 ,il n'en avait d'autre que de traduire fidlement et aussi spirituellement que possible les scnes quotidiennes de la vie paysanne de son temps4 ,par l'exactitude1 la diversit et la vrit de son uvre1 il se classe comme l'historiographe le plus complet des murs flamandes au ,x,v,i,ie sicle4 ,mais ,tniers n'est pas que cela2 il est en mme temps un merveilleux artiste4 ,peu de peintres ont mani le pinceau avec plus de lgret et plus de science4 ,sous l'apparent laisser-aller de ses compositions1 le dessin s'affirme net1 solide1 avec des contours accuss et prcis2 sa couleur est blonde1 transparente1 lumineuse et chaude4 ,ce virtuose de la palette1 qui brossait un tableau en quelques heures1 possdait une sret de main que les artistes les plus scrupuleux et les plus savants lui auraient envie4 ,nous trouvons un exemple de ces remarquables qualits dans le tableau de la ,femme pelant une poire1 reproduit ici4 ,dans un taudis de village1 moiti grange et moiti logement1 une vieille femme est assise1 dans un rai de lumire1 tombant d'une fentre qu'on ne voit pas4 ,elle porte le costume des paysannes flamandes1 sur lequel est nou un tablier bleu4 ,le couteau la main1 elle ple une poire qu'elle jettera sans doute aprs dans la terrine de grs pose ct d'elle4 ,les autres poires qui gisent terre semblent indiquer qu'elle prpare des confitures4 ,a en juger par le titre1 c'est l tout le sujet1 et l'on serait tent de dire1 avec les contempteurs des ,flamands1 qu'il est bien mince pour retenir l'attention d'un peintre4 ,ne nous y trompons pas4 ,cet pisode banal n'est qu'un prtexte dont ,tniers s'est servi pour nous montrer un intrieur campagnard de son poque4 ,voyez avec quelle entente de son art il a dispos toutes les parties de son tableau4 ,tout prs de la brave femme assise1 il a plac1 dans un ple-mle pittoresque1 les principaux attributs d'une cuisine de campagne4 ,sur une cuve retourne1 un chaudron fait tinceler ses cuivres1 tandis que sur un billot une bouteille ferme d'un bouchon de papier et une casserole voisinent avec une pipe1 celle du matre du logis4 ,on ne voit pas le paysan1 seigneur du lieu1 mais sa prsence se rvle la veste et au chapeau jets ngligemment1 entre deux poutrelles1 au haut du four4 ,a la droite de la femme se tient une levrette4 ,dans le fond de la pice1 claire par la porte ouverte1 on aperoit un bahut1 une chaise et une sorte de cabestan sur lequel s'enroule une corde4 ,l'ensemble de cet intrieur est modeste1 presque pauvre1 mais en dpit de l'apparent dsordre qui y rgne1 tout y est d'une propret parfaite4 ,tout l'intrt de ces dtails1 en apparence insignifiants1 rside dans la manire suprieure dont ils sont traits4 ,ce qui frappe notamment dans ce tableau1 c'est l'admirable distribution de la lumire1 un art difficile entre tous4 ,seul un grand peintre pouvait trouver ces tons dors1 cette atmosphre transparente qui claire si harmonieusement la partie gauche de la toile4 ,pas de lueurs brutales1 faciles produire par des oppositions de touche1 mais une lumire gale1 tamise1 qui se pose sur les objets1 doucement1 et qui donne l'illusion complte de la ralit4 ,plus extraordinaire peut-tre est la pnombre dans laquelle est plong le reste de la pice4 ,ombre lumineuse1 merveille de clair-obscur1 qui ne laisse dans la nuit aucun dtail1 et qui permet de voir jusque dans les coins les plus assombris de la chaumire4 ,la ,vieille femme pelant une poire fait partie de l'ancienne collection de la 8,national ,gallery04 ,elle y figure dans la salle ,x1 rserve la peinture flamande4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #j4dh4--,largeur3 #j4ff4--;,figure3 #j4bb4 ,,rapha,l ,,la ,,vierge ,,et ,l',,enfant ,,salle ,,vi4--,,cole ,,ombrienne ,illustration ,la ,vierge et l',enfant ,cette magnifique peinture1 plus connue sons le nom de ,madone degli ,ausidei1 peut tre considre comme l'un des plus purs chefs-d'uvre de ,raphal4 ,jamais l'ange d',urbino ne s'est lev une plus grande hauteur d'expression ni une plus sublime perfection4 ,la ,vierge est assise sur un trne lev auquel on accde par des degrs2 au-dessus du trne1 un baldaquin frang de vert s'avance et abrite la mre de ,dieu4 ,la ,madone est vtue d'une robe de pourpre recouverte d'un large manteau bleu4 ,sur son genou droit est assis l',enfant ,jsus1 tout nu1 les jambes croises1 une menotte ramene sur la poitrine4 ,de la main gauche1 la ,vierge maintient sur son autre genou un livre d'heures dont elle montre les enluminures son divin ,fils4 ,sa tte aurole s'incline vers le livre1 en une attitude o se lisent l'attention1 le respect et l'infinie tendresse de son cur4 ,debout la droite du trne se tient saint ,jean-,baptiste1 revtu d'une cape rouge admirablement drape4 ,ce personnage peut passer pour l'un des plus beaux morceaux qui soient jamais sortis de la palette d'un peintre4 ,on ne peut gure lui comparer que le fameux ,saint ,jrme du ,corrge4 ,il est impossible de rver1 pour un corps humain1 plus de noblesse et de perfection des formes4 ,quant au visage1 il est un vrai prodige d'expression et d'excution4 ,pose en un raccourci d'une grande hardiesse1 cette figure est un miracle de vie et d'loquence4 ,on y lit la ferveur1 l'adoration1 l'extase1 pousss des limites de ralisation que nul peintre1 aprs ,raphal1 n'a jamais atteintes4 ,a la gauche du trne1 se tient saint ,nicolas de ,bari1 en habits piscopaux1 cross et mitr4 ,sa belle et fine figure est incline sur un missel qu'il parat lire avec beaucoup d'attention4 ,aux pieds de l'vque1 on ne devine pourquoi1 sont reprsentes trois pommes4 ,la prsence de ce saint s'explique sans doute par quelque lien de parent qui l'aurait uni la famille ,ausidei1 donatrice du tableau4 ,au-dessous du fronton du trne se lit l'inscription3 ,salve1 ,mater ,christi4 ,derrire1 une grande fentre plein cintre1 par l'ouverture de laquelle la vue s'tend sur un panorama de ville et sur un horizon form de montagnes bleues4 ,toute la composition est quilibre sur un rythme savant1 harmonieux comme de la musique1 et les lignes s'y combinent1 s'y rpondent en formant les plus heureuses oppositions4 ,la beaut du dessin1 la noblesse des types1 la puret des contours1 le beau jet et le grand got des draperies n'ont rien envier la statuaire grecque4 ,dans ce chef-d'uvre1 le spiritualisme chrtien idalise la perfection plastique4 ,ce ne sont pas seulement de beaux corps que nous avons sous les yeux1 ce sont des mes clestes4 ,raphal les crait son image4 ,personne n'a su comme ,raphal donner la mre de ,jsus cette beaut la fois idale et relle1 virginale et fminine1 cette puret de regard1 ce sourire charmant qui est le sourire de l'me1 plus encore que celui des lvres4 ,il a fix jamais le type de la ,madone1 et c'est toujours avec les traits d'une ,vierge de ,raphal que l'ide de ,marie pleine de grce se prsente au dvot1 au pote1 l'artiste4 ,nous parlons ici de la ,madone telle que le peintre d',urbin la comprenait dans les derniers temps de sa vie1 au sommet de sa troisime manire4 ,dans ses seconde et premire manires1 lorsqu'il se souvient encore des leons du ,prugin1 ,raphal reprsente la ,vierge d'une faon plus nave1 plus timide1 non moins charmante1 qui se sent encore un peu du style gothique4 ,il la place dans des paysages orns de villes et de fabriques qui n'ont rien de commun avec la ,jude1 et1 sur le ciel clair1 il profile des petits arbres au feuillage sobre et rare4 ,c'est cette manire qu'appartient la ,madone degli ,ausidei4 ,raphal n'avait que vingt-trois ans quand il l'excuta4 ,la ,vierge1 en dpit de sa beaut1 n'y a pas cette suavit cleste que le peintre lui donnera plus tard2 elle tient encore par quelques traits la matrialit terrestre4 ,le tableau n'en est pas moins un pur chef-d'uvre4 ,cette ,madone avait t peinte par ,raphal pour la chapelle de famille de ,filippo di ,simoni de ,ausidei1 dans l'glise de ,saint-,florent1 ,prouse1 petite glise sans grand aspect architectural que l'on peut voir encore de nos jours dans cette ville4 ,vers la fin du ,x,v,i,i,ie sicle ce tableau devint la proprit du troisime duc de ,marlborough1 qui il avait t signal par son frre1 lord ,robert ,spencer4 ,lorsque le bruit se rpandit1 en #ahhd1 que le huitime duc tait sur le point de vendre sa collection1 l',angleterre fit tous ses efforts pour conserver la prcieuse ,madone4 ,le directeur de la 8,national ,gallery01 ,sir ,frederick ,burton1 charg d'estimer cette peinture1 l'valua #b4ggc4jjj francs4 ,m4 ,gladstone1 qui tait cette poque1 chancelier de l'chiquier1 en offrit #a4gbj4jjj francs au duc de ,marlborough4 ,cette transaction fut sanctionne par un acte spcial du ,parlement1 et la ,madone degli ,ausidei est aujourd'hui la proprit de l',angleterre4 ,elle figure la 8,national ,gallery0 dans la salle ,,vi1 rserve l'cole ombrienne4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #b4ae4--,largeur3 #a4dh4--;,figures grandeur nature4 ,,reynolds ,,lady ,,cockburn ,,et ,,ses ,,enfants ,,salle ,,xviii4--,,cole ,,anglaise ,illustration ,lady ,cockburn et ses enfants ,lady ,cockburn1 drape sous sa robe blanche1 d'un ample manteau couleur safran bord d'hermine1 est reprsente assise avec ses trois enfants4 ,le plus jeune1 baby d'un an peine1 est pos tout nu sur les genoux de la jeune femme et1 dans un geste d'un naturel charmant1 saisit son pied avec sa menotte4 ,un autre1 galement potel et presque aussi peu vtu1 se dresse sur les genoux de sa mre dont il accapare l'attention en lui contant quelque nave et purile histoire4 ,un troisime1 plac derrire la chaise1 se hisse vers la maman dont il emprisonne le cou avec les bras1 et passe sa tte veille par-dessus l'paule maternelle4 ,a ct du groupe1 sur un perchoir1 prs du soubassement dune colonne1 un magnifique ara des les tale son clatant plumage4 ,une draperie d'un rouge teint sert de fond au tableau et laisse apercevoir1 en se relevant1 un coin de paysage et un pan de ciel bleu4 ,tout est charmant dans ce tableau1 comme agencement et comme excution4 ,tout au plus pourrait-on lui reprocher de manquer un peu d'atmosphre1 de situer les personnages dans un cadre dpourvu de profondeur1 sur un plan trop uniforme4 ,mais1 ces lgres rserves faites1 il convient d'admirer la gracieuse disposition du groupe1 le charme dlicat de tous ces visages--celui de la mre aussi bien que celui des enfants--la souplesse du dessin1 la prcieuse harmonie des tons4 ,reynolds restera1 dans l'histoire de l'art anglais1 comme le peintre de la grce aristocratique1 dans ce qu'elle a de plus dlicat et de plus raffin4 ,il fut moins bien dou que certains de ses rivaux2 ,gainsborough1 notamment1 avait plus de spontanit1 de sensibilit et1 disons le mot1 de gnie4 ,mais tout ce qu'on peut acqurir par une volont de fer et un travail opinitre1 ,reynolds se l'assimila et en tira des effets merveilleux4 ,reynolds1 crit ,armand ,dayot1 puisait son gnie dans une sorte d'enthousiasme rflchi1 aprs avoir tout d'abord nourri son esprit des sages et graves conseils de ,richardson et rempli ses yeux de la plus pure lumire des coles de ,rome1 de ,parme et de ,venise4 ,phnomne trs curieux dans l'histoire de l'art1 l'uvre de ,michel-,ange pesa de son poids formidable sur la volont du matre anglais1 et le peintre gracieux de la femme et de l'enfant1 le peintre exquis1 un peu superficiel1 de la grce blanche et rose des ladies aux robes lgres et des babys aux yeux couleur de ciel et aux cheveux d'or fin1 se prosternait avec une ferveur passionne devant les terribles peintures de la chapelle ,sixtine et devant les tombeaux de la chapelle des ,mdicis444 ,malgr son admiration profonde pour ,michel-,ange1 ,reynolds fut avant tout un lve des ,vnitiens4 ,le ,titien1 ,vronse et le ,tintoret furent ses matres vritables4 ,dans ses recherches infinies pour pntrer le secret de ces grands artistes1 dont il aimait instinctivement l'art fastueux1 le coloris clatant1 dans ses lans de passion pour saisir le secret de leur gnie1 on le vit sacrifier des toiles dues leurs divins pinceaux1 afin d'en dcomposer les couleurs1 d'en dcouvrir les pratiques mystrieuses4 ,n'hsitons pas nous ranger parmi ceux qui dplorent cet excs de conscience et de curiosit artistiques4 ,en rsum ,reynolds est parvenu1 force d'habilet1 dissimuler et fondre dans une unit1 qui cependant lui est bien propre1 les divers emprunts de sa palette1 et si1 en sacrifiant des tableaux du ,titien et du ,tintoret1 pour dcouvrir par le frottement les diverses couches de couleurs que ces matres avaient employes1 il eut la curiosit un peu excessive du pass1 on est oblig de reconnatre qu'il sut1 avec une science et un art incomparables1 surtout dans les portraits de la femme et de l'enfant 7genre o il est suprieur71 donner ses personnages1 par l'esprit naturel des attitudes1 par des arrangements de fond appropris au sujet1 par des effets de lumire trs imprvus1 un caractre tout particulier que souligne encore l'emploi de rouges et de bruns qui appartiennent sa palette4 ,c'est par des uvres de grce exquise1 comme ce portrait de ,lady ,cockburn que le nom de ,reynolds rayonne si doucement au ciel de l'art4 ,il manque certainement d'observation1 de pntration psychologique4 ,de ses modles il ne peint que le visage1 sans chercher l'me4 ,mais n'est-ce pas dj une belle gloire que d'avoir exprim avec tant de dlicatesse toutes les distinctions et toutes les lgances de la femme et toutes les grces de l'enfant8 ,le portrait de ,lady ,cockburn et ses enfants avait t lgu en #ahib1 la 8,national ,gallery0 par lady ,hamilton4 ,mais comme plusieurs hritiers de sir ,james ,cockburn firent valoir leurs droits sur cette peinture1 elle fut restitue en #aijj ses lgitimes propritaires qui la mirent en vente4 ,m4 ,alfred ,beit l'acheta pour #ejj4jjj francs et1 quatre ans aprs1 en fit don la 8,national ,gallery01 o elle figure aujourd'hui dans la salle ,,xviii rserve la peinture anglaise4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #a4cg4--,largeur3 #a4aj4--;,figures grandeur nature4 ,,le ,,titien ,,bacchus ,,et ,,ariane ,,salle ,,vii4--,,cole ,v,,nitienne ,illustration ,bacchus et ,ariane ,gustave ,geffroy1 dans ses ,muses d',europe1 dcrit ainsi cette magnifique peinture3 ,bacchus roi1 vainqueur de l',inde et de ses monstres1 tran par des tigres sur le char de triomphe1 suivi de ,mnades et d'gipans qui brandissent les membres dchirs des animaux consacrs dans le mystre de la passion dyonisienne1 parmi le tumulte des tambourins et des tympanons1 ,bacchus revient des contres barbares vers une ,grce lucide et limpide1 peuple de villes et de paysages4 ,ariane1 effare1 court vers le rivage1 prs de la mer o disparut ,thse1 et sa main retient le dsordre de ses vtements1 en un geste charmant qu'indiqua1 que dessina ,catulle dans la fermet plastique de ses vers4 ,les arbres frmissent4 ,une constellation bienveillante luit au ciel4 ,le dieu1 transport1 saute bas du char1 et l'image lgre de la dlaisse1 demi drape dans l'ampleur de ses voiles1 qui laissent voir la richesse blonde de sa chair vnitienne1 fuit devant l'lan du triomphateur qui semble s'envoler1 soutenu par son manteau4 ,un dlicieux petit faune aux yeux brillants trane la tte d'une victime1 un chien aboie1 les cymbales et les tambourins retentissent4 ,ce splendide chef-d'uvre fut excut par ,titien vers #aebc pour le duc ,frdric de ,gonzague4 ,c'est peut-tre le plus beau morceau de peinture italienne que possde la 8,national ,gallery04 ,jamais ,titien n'a pouss plus loin la perfection de la forme et la magie de la couleur4 ,les personnages y sont d'une beaut qui rappelle les uvres les plus accomplies de la statuaire grecque4 ,quant au paysage1 il s'accorde parfaitement au caractre fantastique de l'uvre4 ,rembrandt1 qui s'y connaissait en coloris1 voyant ce tableau1 se plaignait de ne pas trouver de termes assez forts pour le vanter4 ,il s'extasiait surtout sur l'impossible magnificence de ce bleu qui s'pand sur le ciel et sur les flots de la mer4 ,il est vident que ,turner1 qui a trait aussi ,bacchus et ,ariane1 s'est inspir1 pour les deux principales figures1 du tableau du ,titien4 ,quand on a contempl cette harmonieuse composition1 quand on l'a bien comprise1 on est en mesure d'apprcier l'influence que l'cole vnitienne a exerce sur la peinture de tous les temps et de tous les pays4 ,de cette cole1 ,titien possde toutes les qualits1 portes leur suprme degr de perfection4 ,son coloris est le plus beau que jamais palette humaine ait pos sur une toile2 son dessin n'est pas moins sr que sa couleur2 il a de la vigueur1 de la souplesse1 de l'lgance1 du model2 il est le matre que l'on consulte toujours utilement1 avec la certitude de n'tre jamais tromp4 ,le ,titien a t l'un des plus prodigieux artistes que le monde ait connus4 ,sa vie s'est prolonge durant un sicle1 sans que sa main1 mme aux heures extrmes de la vieillesse1 ait eu la moindre dfaillance4 ,c'est un astre qui n'a pas connu de dclin4 ,lorsque la peste l'emporta1 en #aege1 il avait conserv intacte la plnitude de son gnie4 ,les plus belles de ses peintures furent faites par lui alors qu'il avait dpass les annes que le ,psalmiste concde l'homme4 ,il traita tous les sujets1 tableaux d'autel1 portraits1 tableaux historiques1 mythologiques1 allgoriques1 et il serait malais de dcider une prfrence pour l'une ou l'autre de ses uvres4 ,il n'a pas consacr de toile spcialement au paysage1 mais le sentiment de la nature alla toujours en augmentant chez lui2 et depuis le moment o il acheva la dernire peinture de son matre ,bellini jusqu'au jour o la peste vint le saisir son travail1 devant son chevalet1 il ne cessa d'exprimer1 comme dans ,bacchus et ,ariane1 le charme de la campagne tel qu'il le ressentait4 ,comme peintre allgorique et mythologique1 il restera fameux1 parce qu'il est celui dont l'uvre s'adresse le plus la sensualit humaine4 ,sans scrupule1 avec une audace extraordinaire1 il a donn au monde des peintures paennes1 excutes par lui avec la joie d'un colier qui a trouv la porte d'un verger ouverte4 ,il s'y chappe libre et enthousiaste2 bien qu'attnue par les annes1 cette fougue subsiste jusqu' la fin de sa carrire1 o son uvre exulte encore de la joie de vivre et reste l'expression la plus intense du mouvement de la ,renaissance1 avec la glorification de l'amour et du corps humain4 ,suprieur dans tous les genres1 gnie puissant et crateur1 ,titien fait partie de cette lite glorieuse qui honore l'art et l'humanit4 ,bacchus et ,ariane fut achet pour la 8,national ,gallery0 en #ahbf1 en mme temps que le ,quo vadis d',annibal ,carrache et la ,bacchanale de ,poussin1 pour une somme globale de #bbe4jjj francs4 ,de la sorte cela mettait un prix trs modeste le merveilleux chef-d'uvre du ,titien1 qui figure aujourd'hui dans la salle ,,vii1 rserve l'cole vnitienne4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #a4ge4--,largeur3 #a4ij4--;,figures grandeur nature4 ,,jan ,,vermeer ,,la ,,femme ,a ,l',,pinette ,,salle ,,xi4--,,cole ,,hollandaise ,illustration ,la ,femme l'pinette ,il a fallu trois sicles pour rendre ,jan ,vermeer de ,delft la justice qui lui est due et jusqu'au nom qui fut le sien4 ,bien que fort estim de son vivant1 son uvre suivit dans la disgrce celui de tous les peintres hollandais et flamands du ,x,v,i,ie sicle4 ,cette poque1 subissant l'ascendant de ,versailles1 n'avait plus d'yeux pour la peinture familire1 minutieuse1 un peu mesquine des petits matres2 la mode tait aux grandes compositions1 pompeuses et nobles1 clbrant des actions hroques ou de fabuleux exploits4 ,l'volution qui s'opra1 dans le sicle suivant1 ne fut pas plus favorable aux ,hollandais3 on changea la formule1 mais les peintres qui donnrent le ton s'appelaient ,boucher1 ,fragonard1 ,watteau1 et la socit du moment tait la plus lgante et la plus raffine que le monde et jamais connue4 ,c'tait le sicle des madrigaux et des boudoirs1 des conversations galantes1 des robes paniers1 des perruques poudres1 des pastorales fleuries et enrubannes4 ,quelle figure auraient pu faire les tableaux de ,tniers ou de ,van ,ostade dans les coquettes demeures dores et festonnes du rgne ,louis ,,xv8 ,de quel il horrifi les dlicates marquises de l'poque auraient-elles vu les fantaisies de ,van ,steen ou les intrieurs ,terburg sur les panneaux laqus de leur salon8 ,loin de servir les petits matres1 la venue de ,david ne fit que les enfoncer davantage dans la rprobation et le mpris4 ,le grand pontife du classicisme n'admettait mme pas qu'on pt compter au rang des peintres1 des hommes ayant raval leur pinceau d'aussi misrables objets4 ,il ne fallut rien moins que la pousse naturaliste de #ahej pour rendre ces parias de la peinture la part de gloire qu'ils mritaient4 ,l'art de ,courbet1 une fois accept1 permit de comprendre le charme de ces tableaux familiers1 sans prtentions1 mais si parfaits qu'on y dcouvre toutes les qualits de la grande peinture4 ,et bientt surgirent nouveau1 des limbes profondes de l'oubli1 tous ces noms aujourd'hui glorieux1 les ,tniers1 les ,van ,ostade1 les ,brauwer1 les ,nicolas ,mas1 les ,terburg1 les ,peter de ,hooch1 les ,vermeer4 ,de tous ces peintres1 ,vermeer est celui qui le dsastre fut le plus fatal1 il y perdit jusqu' son nom4 ,dans ces derniers temps encore1 une similitude de nom le fit confondre avec les ,van der ,meer de ,haarlem4 ,et mme1 aujourd'hui1 bien des uvres qui lui appartiennent sont arbitrairement attribues d'autres ,hollandais de la mme poque4 ,seules1 les toiles qui portent sa signature sont admises comme siennes1 et cela explique la raret des uvres de ,vermeer1 qui fut cependant un artiste remarquablement fcond4 ,jan ,vermeer naquit ,delft o il fut baptis le #ca octobre #afcb4 ,les dtails sur sa vie sont assez rares4 ,certains commentateurs croient qu'il tudia la peinture avec ,fabritius1 d'autres nomment ,rembrandt comme son matre4 ,mais rien dans sa manire n'indique qu'il ait frquent l'atelier du grand peintre d',amsterdam4 ,quant ,fabritius1 il tait du mme ge que ,vermeer et il y a peu d'apparence qu'il ait t son matre puisqu'ils brillrent en mme temps ,delft4 ,il est plus logique de supposer1 avec ,m4 ,havard1 qu'il fut l'lve de ,bramer1 peintre de ,delft1 ami et alli de la famille ,vermeer4 ,quoi qu'il en soit1 ,vermeer1 tout jeune1 jouit d'une grande rputation dans sa ville natale4 ,a l'exemple de bien des artistes de son temps1 comme ,brauwer1 comme ,franz ,hals1 comme ,rembrandt lui-mme1 il mena une existence assez dcousue4 ,malgr de nombreuses commandes1 il ne russit pas sortir de la mdiocrit et trs souvent il eut maille partir avec les cranciers et les hommes de loi4 ,quand il mourut1 en #afge1 l'ge de quarante-trois ans1 il ne laissait que des dettes sa femme et ses huit enfants4 ,trs habile en son art1 ,vermeer1 peignit des portraits1 des sujets de genre1 des paysages1 des vues de villes4 ,toutes ses uvres connues se distinguent par des qualits de premier ordre3 un dessin ferme1 vigoureux1 une couleur solide1 pose par larges traits qui rappellent la manire des peintres romantiques2 il avait le sens de la composition et il savait exprimer avec finesse et lgret le caractre d'une figure et le charme d'un intrieur4 ,voyez dans quelle jolie lumire baigne cette ,femme l'pinette1 reproduite ici4 ,par la grande fentre aux vitraux cerns de plomb1 le jour arrive dans la chambre qu'il emplit d'une gat rayonnante4 ,pas un coin d'ombre dans cette chambre1 pas un dtail d'ameublement n'chappe l'il amus et ravi4 ,la femme elle-mme1 bien qu'elle tourne le dos la fentre1 est comme baigne de clart4 ,elle est charmante1 cette jeune femme blonde1 avec ses frisures voletant sur le front1 avec son jovial et plein visage de ,hollandaise heureuse et bien portante4 ,a la faon dont elle tourne la tte1 on devine qu'il s'agit d'un portrait2 l'pinette sur laquelle elle appuie les mains1 n'est l1 videmment1 que pour lui donner une contenance4 ,la ,femme l'pinette est1 avec la ,dentellire du ,louvre1 l'une des meilleures uvres connues de ,jan ,vermeer2 elle figure dans la salle ,,xi1 rserve la peinture hollandaise4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #j4ej4--,largeur3 #j4de4--;,figure3 #j4cd4 ,,claude ,,lorrain ,,port ,,de ,,mer ,,avec ,,personnages ,,salle ,,xvi4--,,cole ,,fran,,aise ,illustration ,port de mer avec personnages ,mme s'il n'avait pas t le plus merveilleux manieur de lumire de la peinture1 ,claude ,lorrain se ft acquis une gloire immortelle comme peintre architectural4 ,il n'a pas son gal pour dresser de nobles monuments1 orns de colonnes lgantes1 de statues dcoratives1 d'escaliers double rvolution dveloppant leurs gradins de marbre entre des balustres de porphyre4 ,nul1 comme lui1 ne sait prolonger l'infini une enfilade de palais dont il encadre la blancheur dans les vertes frondaisons des grands arbres4 ,cette science difficile de la perspective linaire1 qui faisait le dsespoir de ,vronse1 ,claude ,lorrain l'acquit1 bribe par bribe1 dans l'atelier d'un vieux peintre romain1 o il remplissait le double rle d'apprenti et de domestique4 ,venu ,rome avec une troupe de cuisiniers lorrains1 la fortune lui avait t hostile ds les premiers jours et1 pour vivre1 il avait d renoncer la ptisserie pour entrer en condition4 ,le hasard1 qui fait parfois des miracles1 lui donna pour matre un peintre mdiocre1 bourru1 paresseux1 mais tout de mme un peintre4 ,et le jeune ptissier ignorant qui1 durant toute sa vie1 fut presque incapable de signer son nom1 sent s'veiller en lui1 au contact de la peinture1 une obscure vocation4 ,ds lors1 pendant les absences du peintre1 il s'empare de ses crayons1 et1 seul1 durant de longues heures1 il s'exerce dessiner1 entassant bauche sur bauche1 puis se risquant poser la couleur sur ces essais4 ,un jour son matre le surprend en plein travail et demeure interloqu4 ,bon homme au fond1 il l'encourage au lieu de se fcher4 ,et bientt1 le jeune ,claude ,lorrain pourra voler de ses propres ailes4 ,cependant1 une chose lui manque et lui manquera toujours3 la science technique1 le mtier4 ,par le fait de cet enseignement rudimentaire1 l'ducation1 les notions premires lui font dfaut1 comme lui font dfaut les lments de la grammaire4 ,mais1 par un prodige unique1 son instinctive intuition de la nature1 sa merveilleuse acuit de vision1 son imagination suprieure suppleront tout4 ,il est un ignorant sublime4 ,impressionn comme tous les paysans par les majestueux palais des grandes villes1 ,claude ,lorrain croit devoir introduire dans ses tableaux les somptueuses demeures ,renaissance qui l'ont bloui ds son arrive ,rome4 ,on les y retrouve toujours et peut-tre1 dans l'esprit du peintre1 sont-elles l'objet vritable de la toile1 mais en ralit1 dans l'uvre de ,lorrain1 tout ce qui n'est pas lumire est accessoire4 ,c'est le soleil1 son lever ou son dclin1 qui est le vritable et le seul protagoniste de ses tableaux2 son clat y domine tout1 les flots1 les verdures et la terre2 il flamboie triomphalement sur les voiles des navires et sur les marbres des palais2 sans lui toutes ces mtures effiles et ces colonnes polies se dresseraient inertes sur un horizon sans splendeur4 ,que serait1 en effet1 le port que nous donnons ici1 sans le rayonnement prestigieux de l'astre8 ,certes1 l'ordonnance de la composition est habile4 ,le monument qui se dresse droite1 avec sa terrasse surplombant la mer et son architecture gracieuse est du plus bel effet4 ,comme tout vritable artiste1 ,claude ,lorrain possde l'art de varier l'intrt2 il sait1 quand il le faut1 rompre la monotonie d'une perspective en y interposant un massif de feuillages ou en projetant en avant une tour pittoresque2 il sait l'importance des premiers plans qu'il dcore toujours d'un vigoureux monument destin servir de contrepoids tout le reste4 ,dans le port1 les vaisseaux et les barques sont distribus avec une entente parfaite de la composition4 ,mais tout cela ne dpasserait pas l'art prcis et documentaire d'un ,canaletto si1 sur toute cette nature et sur ces choses inertes1 ne s'pandait la pourpre caresse du soleil4 ,l est le tableau tout entier4 ,cette lumire chaude1 dore1 de l'astre qui lentement s'enfonce dans la mer1 lumire vibrante qui emplit tout l'espace et dont l'il chercherait vainement le sillon sur la toile1 c'est un miracle de posie et d'art que ,lorrain a t le seul pouvoir raliser4 ,quels sont les personnages qui peuplent ce ,port de mer8 ,il serait malais de le dire et ,lorrain lui-mme et t embarrass pour l'expliquer4 ,ces lgants conversant la terrasse1 ces badauds assistant au dchargement des barques ne sont l que pour animer le paysage4 ,ce n'tait mme pas ,lorrain qui les peignait1 car il ne savait pas dessiner les figures4 ,il en laissait le soin des collaborateurs1 comme ,bril1 mais n'y attachait pas plus d'importance que nous n'y en attachons nous-mmes4 ,si l'on en croit le titre1 il ne s'agirait de rien moins que de l',embarquement de la reine de ,saba allant visiter ,salomon4 ,mais qu'importe8 ,le vrai roi n'est-il pas le soleil et lui seul8 ,ce magnifique tableau porte cette inscription3 ,claude ,gil4 ,,jv41 faict pour ,son ,altesse le ,duc de ,bouillon1 ,roma1 #afdh4 ,acquis par ,m4 ,augustein1 celui-ci le lgua1 avec sa collection1 la 8,national ,gallery0 o il figure dans la salle ,,xvi1 rserve la peinture franaise4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #a4de4--,largeur3 #b m4--,figures3 #j4be4 ,,ghirlandajo ,,portrait ,,de ,,jeune ,,fille ,,salle ,,iii4--,,cole ,,toscane ,illustration ,portrait de jeune fille ,c'est une bien dlicate et bien vivante figure que celle de cette jeune ,florentine4 ,tourne de trois quarts vers la droite1 elle semble fixer l'tonnement de ses yeux bleus sur le mystre de la vie qui s'ouvre devant elle2 il y a1 dans ces yeux1 bien des choses1 de la candeur1 de la srnit1 de la douceur4 ,tout le visage est clair de cette lueur limpide2 des yeux1 le sourire descend jusqu'aux lvres1 sourire presque insaisissable1 qui se fixe peine1 mais qui voltige sur le front1 sur les joues qu'il anime1 sur le nez dont il fait palpiter les fines ailes1 sourire mu peut-tre1 car il semble imprimer ce masque virginal une sorte de frmissement et de langueur4 ,cette admirable tte de patricienne est couronne de la parure blonde des cheveux1 lisss en bandeau sur le front1 natts sur la nuque et s'pandant en flots onduleux de chaque ct des tempes4 ,le cou nu et la gorge dlicate s'enferment dans un corsage de velours nacarat qui fait valoir le grain de cette chair de blonde sur laquelle quatre sicles couls ont dpos une prcieuse patine d'ambre et d'or4 ,devant cette peinture si lgrement brosse que le travail du pinceau y demeure insaisissable1 on ne peut se lasser d'admirer l'art de ces matres du ,x,ve sicle qui restent des modles merveilleux4 ,quelques frottis peine appuys1 une touche imperceptible et la chair s'anime1 la vie monte du fond de l'tre dans le miroir des yeux1 les joues se colorent1 toutes les impressions de l'me se rvlent et la vie intime du personnage nous livre ses secrets4 ,de cet art vocateur1 ,ghirlandajo fut un des plus remarquables virtuoses parmi les peintres de son poque4 ,et cependant1 ces peintres s'appelaient ,lonard de ,vinci et ,michel-,ange4 ,n ,florence en #addi1 ,domenico ,ghirlandajo tait le plus jeune des trois fils de ,tomaso ,bigordi1 ciseleur florentin trs estim4 ,son surnom de ,ghirlandajo lui fut donn parce que1 tout enfant1 il fut employ confectionner les guirlandes tresses dont les belles patriciennes de sa ville natale aimaient se parer4 ,mais son got pour la peinture dcida sa famille le faire entrer dans l'atelier d',alessio ,baldovinetto4 ,il ne tarda pas distancer son matre et se tailler une place de choix dans une ville qui s'honorait dj de possder les premiers artistes de l',italie4 ,laurent de ,mdicis1 qui l'histoire dcern le surnom de ,magnifique1 rgnait alors sur ,florence1 qu'il gouvernait avec une main de fer4 ,mais il avait le got des arts et des belles-lettres et il mettait sa gloire s'entourer1 dans son palais1 de tout ce que la pninsule renfermait en hommes illustres4 ,sa cour tait la plus brillante de cette poque et pouvait rivaliser avec la cour pontificale4 ,les potes y disaient leurs vers devant un auditoire cultiv et connaisseur2 les peintres1 familiers du palais1 y taient toujours assurs d'un accueil agrable et d'une efficace protection4 ,laurent ne se contentait pas d'honorer les peintres1 il les comblait de largesses et leurs confiait la dcoration des palais et des glises de la ville4 ,ghirlandajo tait des mieux en cour4 ,laurent l'affectionnait particulirement4 ,il avait en outre trouv un protecteur puissant et tout dvou dans la personne de ,francesco ,sassetti1 banquier florentin devenu l'homme d'affaires des ,mdicis1 qui exerait la cour de ,laurent les fonctions de fond de pouvoirs1 sinon de ministre du fastueux tyran de ,florence4 ,c'est grce lui que ,ghirlandajo peignit les fameuses fresques reprsentant six scnes de la vie de saint ,franois1 patron de ,sassetti4 ,cette commande lui en amena d'autres1 et bientt il fut considr comme le premier peintre de fresques de son temps4 ,son chef-d'uvre en ce genre est la srie qu'il excuta1 avec son frre ,david1 dans l'glise ,santa ,maria ,novella1 pour ,giovanni ,tornabuoni1 un autre de ses protecteurs2 ces scnes reprsentent des scnes de la vie de saint ,jean-,baptiste et de la ,vierge4 ,ces uvres de ,ghirlandajo tmoignent d'une science de la composition trs remarquable pour l'poque2 il excellait distribuer les personnages et les scnes de ses tableaux1 sur les vastes murailles des glises1 en groupes harmonieux et pittoresques4 ,mais1 venu au monde en un sicle et dans une ville fortement marqus de paganisme1 il manque d'motion religieuse et de sentiment potique4 ,il est charmant1 ingnieux1 habile1 coloriste dlicat et prcieux1 il n'est pas vritablement chrtien4 ,mais il devient un artiste incomparable ds qu'il aborde le portrait et surtout le portrait de femme4 ,nul n'a exprim avec plus de grce voluptueuse le charme des fines et altires patriciennes de la riche cit toscane4 ,la jeune fille que nous donnons ici est certainement l'une des plus belles qu'il ait peintes4 ,quelques critiques pensent que cette peinture n'est pas due1 au moins en sa totalit1 au pinceau de ,ghirlandajo1 et l'attribuent son beau-frre1 ,mainardi2 mais cette opinion ne s'appuie sur aucun document srieux4 ,le ,portrait de jeune fille figure la 8,national ,gallery0 dans la salle ,,iii rserve l'cole toscane4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #j4dc4--,largeur3 #j4cc4--;,figure grandeur demi-nature4 ,,nicolas ,,ma,s ,,la ,,servante ,,paresseuse ,,salle ,x4--,,cole ,,hollandaise ,illustration ,la servante paresseuse ,une maison bourgeoise de ,hollande4 ,par la porte entr'ouverte de la cuisine1 on aperoit une confortable salle manger o un homme et deux femmes sont en train de djeuner4 ,la chaise reste vide est celle de la matresse de maison qui1 n'entendant pas dans la cuisine le bruit accoutum des vaisselles remues1 s'est drange1 mnagre attentive1 pour connatre les raisons de ce silence4 ,et que voit-elle8 ,accroupie sur une chaise1 la tte dans sa main1 la cuisinire s'est endormie sur son ouvrage1 devant les plats et les casseroles tals en dsordre4 ,pendant qu'elle dort ainsi1 le chat de la maison1 grimp sur le buffet1 profite de son inattention et mord belles dents dans un gigot4 ,la matresse de maison est une brave femme1 selon toute apparence4 ,au lieu de se fcher et d'veiller rudement la dormeuse1 elle panouit sa bonne figure en un large sourire et montrant la servante1 elle semble prendre le spectateur tmoin de la difficult que l'on a se faire servir4 ,le grave problme des domestiques1 on le voit1 ne date pas d'aujourd'hui1 il se posait dj au ,x,v,i,ie sicle1 mais avec moins d'acuit peut-tre4 ,il y avait alors1 entre matres et serviteurs1 des liens de cordialit qui n'existent pas de nos jours et il entrait dans leurs rapports journaliers1 plus de dfrence d'un ct1 et de l'autre plus d'indulgence4 ,nicolas ,mas tait pass matre dans la peinture de ces pisodes familiers de la vie domestique4 ,avec lui nous pntrons dans les intrieurs hollandais et nous en surprenons l'existence intime1 faite de menus dtails1 nots d'un pinceau alerte et humoristique4 ,il ne se complat pas1 comme ,jan ,steen ou ,brauwer1 au spectacle des buveurs aux trognes enlumines1 il ne va pas chercher ses modles dans les bouges enfums du port d',amsterdam ni dans les carrefours populaires o se dchanent les rondes bruyantes des maritornes et des paysans4 ,son pinceau n'aime pas s'encanailler4 ,les scnes de la vie bourgeoise conviennent mieux sa nature paisible1 son talent pondr2 il aime peindre les causeries sous la lampe familiale1 les parties de cartes prs de la haute chemine o flambe un joli feu de bois4 ,s'il lui arrive de descendre dans la rue1 les scnes qu'il reprsente sont pittoresques1 animes1 amusantes1 mais jamais dbrailles4 ,ses personnages ne sont pas des muscadins1 mais ils ont de la tenue1 ils sont dcents4 ,nicolas ,mas jouit d'ailleurs1 dans sa ville1 de l'estime gnrale2 la diffrence de la plupart de ses confrres1 il mne une vie range1 laborieuse1 exempte de vices et de dettes4 ,les notables le chargent de portraiturer leurs filles et les magistrats de la cit ne ddaignent pas de poser devant lui4 ,cette estime1 il la mrite comme homme et comme peintre4 ,il possde un talent de premier ordre et peut marcher de pair avec les plus clbres de son temps4 ,au surplus1 il a de qui tenir3 il est lve de ,rembrandt et le matre1 si difficile1 apprcie de faon toute particulire le mrite de son lve4 ,a cette rude et gniale cole1 ,mas a appris jusque dans ses moindres dtails l'art du dessin1 qu'il aura toujours ferme et irrprochable2 la science du coloris qu'il emploiera dans des tonalits moins violentes et plus gaies que celles de son matre1 enfin le secret du clair-obscur que possdrent plus ou moins tous ceux qui eurent l'honneur de travailler sous la puissante direction de ,rembrandt4 ,plus que tout autre1 ,nicolas ,mas profita de ces leons2 il suffit1 pour s'en convaincre1 de jeter les yeux sur la ,servante paresseuse1 reproduite ici4 ,la qualit matresse de ,nicolas ,mas est le naturel4 ,c'est un matre charmant que ce peintre et quoique son talent se soit exerc dans un cercle un peu limit de sujets1 on ne saurait trop admirer la varit d'invention qu'il y a montre1 la fine observation de nature1 l'harmonie de couleur et la finesse de touche qui le caractrisent4 ,n'est-elle pas d'une vrit criante1 cette servante endormie1 la tte dans ses mains8 ,et n'est-elle pas aussi bien naturellement campe1 la joviale matresse qui vient surprendre sa domestique en flagrant dlit de paresse8 ,quant la couleur1 elle est parfaite4 ,elle est claire1 frache1 d'une qualit qui lui a permis de rsister l'action du temps4 ,les ombres et les lumires sont distribues avec une science1 une virtuosit qui trahissent l'lve de ,rembrandt4 ,la salle manger est noye dans une demi-obscurit qui reste quand mme lumineuse et ne laisse chapper aucun dtail de l'ameublement et des personnages4 ,dans la cuisine mme1 le jour tombe d'une fentre qu'on ne voit pas et se distribue habilement sur les personnages principaux de la scne1 les deux femmes4 ,le reste1 qui n'est qu'accessoire1 se rvle faiblement dans l'ombre1 en demi-teintes attnues et discrtes4 ,mais cette ombre n'est jamais opaque1 la lumire y court et1 en regardant bien1 on y discerne les objets4 ,certaines uvres1 attribues ,nicolas ,mas1 ne prsentent pas les mmes qualits2 elles sont mme si manifestement infrieures qu'on se refuse aujourd'hui y reconnatre sa main4 ,il est inadmissible1 en effet1 que le mme artiste ait pu produire des chefs-d'uvre et des compositions aussi mdiocres4 ,la ,servante paresseuse porte1 ct de la signature1 la date de #afee4 ,elle a t lgue la 8,national ,gallery01 en #ahdf1 par ,m4 ,richard ,simmons4 ,elle figure dans la salle ,x1 rserve la peinture hollandaise4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #j4fi4--,largeur3 #j4ed4--;,figures3 #j4da4 ,,romney ,,mrs4 ,,mark ,,currie ,,salle ,,xviii4--,,vieille ,,cole ,,anglaise ,illustration ,mrs4 ,mark ,currie ,s'il avait fond sa rputation sur les sujets historiques ou mythologiques auxquels il se complut un moment1 ,romney n'aurait acquis qu'un renom mdiocre et son uvre ne lui aurait pas survcu4 ,fort heureusement pour sa gloire1 il a laiss une magnifique suite de portraits qui le classent1 la suite de ,reynolds et de ,gainsborough1 parmi les reprsentants les plus illustres de la peinture anglaise au ,x,v,i,i,ie sicle4 ,peu connu sur le continent jusqu' ces derniers temps1 ,romney jouit dans son pays d'une vogue considrable1 presque aussi clatante que celle de ses deux grands rivaux4 ,il y avait ,londres1 dans le monde des arts et de la ,cour1 deux partis opposs1 l'un tenant pour ,romney1 l'autre pour ,reynolds4 ,lord ,thurlow1 attorney gnral1 devenu plus tard lord ,chancelier1 constate cette rivalit de gloire4 ,reynolds et ,romney1 crit-il1 se disputent les suffrages de la ville et je suis du parti de ,romney4 ,dans ce parti se rangeaient aussi la plupart des femmes de la socit anglaise dont ,romney tait devenu le portraitiste prfr4 ,il y avait une raison cet engouement4 ,le pinceau dlicat et flatteur de ,romney savait trouver sur la palette les couleurs tendres qu'il fallait pour embellir et potiser ses modles4 ,toutes les femmes de ,romney ont du charme1 de la grce1 de la distinction1 et celles qui posaient devant lui lui savaient gr de constater dans leur portrait des avantages que parfois elles ne dcouvraient pas dans leur miroir4 ,reynolds ne pouvait s'empcher de jalouser son rival2 il l'appelait1 avec un peu de ddain1 l'homme de ,cavendish ,square4 ,c'est ,cavendish ,square1 que ,romney possdait son atelier1 en effet1 o se pressait l'lite de l'aristocratie anglaise4 ,la postrit1 qui voit plus juste parce qu'elle voit de plus haut et de plus loin1 a dpartag les deux rivaux4 ,elle assigne ,romney1 malgr son incontestable talent1 une place de second rang1 aprs ,reynolds et ,gainsborough4 ,il est le premier parmi les peintres de deuxime ordre4 ,mme dans ses uvres les meilleures1 l'art demeure un peu superficiel2 l'me apparat rarement sur ses plus charmants visages2 il s'inquite peu de psychologie1 de caractre4 ,le seul effort que l'on discerne dans cette peinture facile et brillante1 c'est l'effort vers le joli1 qui fit beaucoup plus pour sa popularit que pour sa gloire vritable4 ,sa couleur est pure et limpide1 sa manire simple et distingue1 son dessin gracieux et plaisant1 mais son uvre tmoigne d'une absence de profondeur qui devient encore plus manifeste quand on l'examine d'ensemble4 ,ses toiles apparaissent alors avoir t coules dans le mme moule1 excutes d'aprs une formule invariable4 ,si ,reynolds et ,gainsborough firent de fcheuses concessions aux conventions superficielles de leur poque1 ,romney en fut l'esclave absolu4 ,il n'en a pas moins produit des uvres qui1 par la matrise de l'excution1 le brillant du coloris1 l'lgante perfection du dessin1 peuvent se comparer aux plus belles de ,reynolds4 ,certains de ses portraits furent clbres et le sont encore4 ,de ce nombre est la gracieuse effigie de ,mrs4 ,mark ,currie1 reproduite ici4 ,la jeune femme est reprsente assise dans un parc1 devant un fond de verdure qui met en pleine valeur sa fine beaut blonde4 ,ses cheveux abondants et boucls encadrent le plus dlicieux visage qu'on puisse voir4 ,elle incline lgrement la tte vers la droite1 dans une attitude de rverie2 son coude gauche s'appuie une balustrade de pierre4 ,elle est vtue dune robe de mousseline blanche1 serre la taille par une ceinture d'un rouge teint2 des rubans de mme couleur sont nous aux bras et l'chancrure du corsage4 ,le cou et les bras sont d'une admirable puret de lignes4 ,a travers les balustres de la terrasse1 le regard s'tend sur un paysage de verdure et d'eau et sur un beau ciel bleu4 ,charme1 finesse1 distinction1 toutes les qualits de ,romney se retrouvent dans ce charmant portrait4 ,il n'en a jamais peint de suprieur celui-l1 exception faite toutefois pour la ,fille du pasteur1 que nous retrouverons d'ailleurs dans cette galerie4 ,mrs4 ,mark ,currie s'appelait lizabeth ,cloze1 de son nom de jeune fille4 ,elle pousa1 en #aghi1 ,m4 ,mark ,currie1 riche banquier qui rsidait ,upper ,gatton1 dans le ,surrey4 ,en ralit1 crit ,m4 ,armand ,dayot1 c'est la peinture du portrait que ,romney doit le plus pur de sa gloire4 ,il n'a ni la science profonde1 ni la somptuosit de touche de ,reynolds2 la distinction acquise de son art ne s'lve pas l'aristocratique instinctivit des ,gainsborough2 et si la scheresse de son dessin1 parfois un peu hsitant1 impressionne pniblement le regard1 l'il se rjouit au spectacle des colorations dlicates et chaudes qui1 comme un doux reflet corrgien1 baignent ses gracieuses figures de femmes4 ,mrs4 ,mark ,currie fut achet en #ahih au ,rvrend ,sir ,frederick ,t4 ,currie pour #hg4ejj francs4 ,c'est le prix le plus lev qu'ait pay la 8,national ,gallery0 pour une peinture anglaise4 ,elle figure dans la salle ,,xviii1 rserve l'ancienne cole anglaise4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #a4ea4--,largeur3 #a4bj4--;,figure grandeur nature4 ,,piero ,,della ,,francesca ,,nativit ,,salle ,,vi4--,,cole ,,ombrienne ,illustration ,nativit ,quelle ravissante chose que cette ,nativit si l'on se reporte l'poque o vcut son auteur6 ,quel charme dans le dtail et quel dlicat parfum de pit vritable dans cette composition nave6 ,conu dans une forme inattendue et pittoresque1 l'vnement fameux de la naissance du ,christ nous captive et nous enchante par sa varit1 son imprvu et aussi sa beaut relle4 ,rien ne rappelle la scne admise et consacre par les ,livres ,saints4 ,l'table creuse dans le roc s'est transforme en une sorte de hangar1 fait de quelques planches disposes en auvent4 ,contrairement aussi toutes les traditions1 ce n'est pas dans la nuit glace de dcembre que se droule le grand prodige1 mais sous le clair soleil de l',italie1 dans un paysage toscan o se profilent les tours de la ville d',arezzo4 ,mais si le dcor est moderne1 le sujet est bien conforme la vrit historique4 ,le lieu o le peintre l'a plac est une lande aride et dsole et tout1 dans les personnages et les choses1 trahit la pauvret dans laquelle voulut natre l',homme-,dieu4 ,le voici1 ,celui qui commande dans les ,cieux et sur la terre1 couch tout nu sur un pan du manteau de la ,vierge1 mme le sol raboteux et dur4 ,devant lui1 agenouille dans une pose de prire et d'adoration1 sa divine ,mre joint les mains et contemple1 avec un respect ml d'amour1 le fruit bni de ses entrailles4 ,piero della ,francesca1 ignorant du costume comme tous les peintres de son poque1 a revtu la ,vierge d'une robe bien ajuste1 comme en portaient alors les dames florentines4 ,un peu en arrire et droite1 saint ,joseph se tient assis sur le bt de son ne4 ,comme tranger la scne1 il croise ses mains sur sa jambe replie4 ,il porte une sorte de souquenille noire et un bonnet o pend un gland d'or4 ,a ct de lui1 debout1 on aperoit deux bergers4 ,au fond1 sous l'auvent de l'table1 le buf allonge sa bonne tte aux yeux ronds tandis que l'ne1 le museau lev1 la bouche entr'ouverte dcouvrant les dents1 a l'air de braire de contentement4 ,mais le groupe principal du tableau1 c'est le groupe des cinq anges qui1 debout devant l',enfant-,dieu1 clbrent sa gloire par leurs chants4 ,deux d'entre eux s'accompagnent avec des violes4 ,ce groupe est une vritable merveille d'excution4 ,les visages ont une beaut qui rappelle les plus parfaites crations de ,raphal1 la ligne des corps est admirable et les robes sont drapes avec un art suprieur4 ,en prsence de ces anges1 on ne peut s'empcher de penser ces figures clestes que le divin ,angelico tressait comme une couronne de clarts autour du trne de la ,vierge4 ,au temps o vivait ,piero della ,francesca1 les peintres s'attachaient surtout exprimer le visage humain1 et ngligeaient assez volontiers l'excution du corps que leur inexprience de l'anatomie leur rendait plus difficile4 ,devanant son poque1 ,piero della ,francesca fit montre1 dans l'tude du corps1 d'une science remarquable dont on ne trouve aucun autre exemple dans les uvres de la mme priode4 ,il possdait un gal degr le don de l'observation et il savait donner ses personnages le caractre qui leur convenait4 ,on classe gnralement ,piero della ,francesca1 ou dei ,franceschi comme on l'appelle aussi1 parmi les premiers matres de l'cole ombrienne4 ,mais n ,borgo ,san ,sepolcro1 en ,toscane1 vers #adae1 il doit tre rattach l'cole florentine1 qui fut l'inspiratrice de son art4 ,domenico ,veneziano1 dont il fut l'lve1 l'initia la technique de la peinture l'huile et l'incita la recherche du caractre tandis que l'tude approfondie de ,paolo ,uccello attirait son attention vers les problmes de la perspective4 ,son uvre est considrable et nous le voyons durant sa vie parcourir toutes les villes de la pninsule pour y excuter des commandes4 ,il reste malheureusement peu de chose de cet artiste1 mais on peut admirer aujourd'hui encore1 dans l'glise ,saint-,franois d',arezzo1 des fresques remarquables dues son pinceau reprsentant les lgendes de la ,croix4 ,esprit scientifique et clair1 ,piero s'tait passionn1 ds son jeune ge1 pour l'tude des sciences exactes et le fameux mathmaticien ,luca ,pacioli1 fut son lve et son ami4 ,trs vers dans son art1 il crivit un trait de perspective1 ddi au duc d',urbin1 qui tait trs estim et qui pendant longtemps a fait autorit parmi les architectes et les peintres4 ,piero della ,francesca a manifestement ouvert la voie1 par sa technique savante1 aux grands peintres qui l'ont suivi et il exera sur le dveloppement artistique de son temps une influence qui n'est pas douteuse4 ,il fut le premier peintre qui comprit l'importance de la valeur des tons et qui donna de l'atmosphre ses tableaux4 ,on pourrait dire qu'il fut le prcurseur des peintres de plein air dont le ,x,i,xe sicle a marqu l'closion4 ,aussi comprend-on que le registre mortuaire de sa ville natale1 en inscrivant son dcs1 ait qualifi de peintre fameux ,maestro ,piero ,benedetto dei ,franceschi1 mort le #ab octobre #adib4 ,la 8,national ,gallery0 a l'heureuse fortune de possder deux uvres de cet minent artiste1 le ,baptme du ,christ et la ,nativit1 reproduite ici4 ,elles figurent l'une et l'autre dans la salle ,,vi1 rserve l'cole ombrienne4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #a4cc4--,largeur3 #a4ba4--;,figures3 #j4ff4 ,,terburg ,,portrait ,d',,homme ,,salle ,,xi4--,,coles ,,flamande ,,et ,,hollandaise ,illustration ,portrait d'homme ,l'apparition de ,terburg dans l'art hollandais marque une date intressante4 ,avec lui cet art se modifie1 s'oriente vers des routes inusites et fait effort pour s'lever au-dessus de la formule en honneur jusque-l4 ,ce que furent les peintres qui le prcdrent et mme ses contemporains1 nous le savons dj3 de joyeux vivants1 artistes remarquables1 techniciens de premier ordre1 esprits humoristiques ou truculents1 mais bornant leur horizon1 par le fait mme de leurs qualits et de leurs dfauts1 la taverne o tous les jours ils venaient s'asseoir4 ,mls ce monde de buveurs et de paysans1 ils ne conoivent pas qu'on puisse chercher ailleurs les modles et les sujets de peinture4 ,ceux qui ne peignent pas les ivrognes ne placent gure plus haut leur idal3 du cabaret ils passent la cuisine1 ou s'il leur arrive de monter jusqu'au salon1 ce n'est jamais que dans le salon de petits bourgeois o leur tournure d'esprit railleuse leur fait encore dcouvrir des laideurs et des ridicules4 ,ne les chicanons pas sur ce got1 puisqu'il a produit ces uvres charmantes de fantaisie et de couleur que les muses et les collections se disputent aujourd'hui4 ,ces piliers d'estaminet furent d'incomparables matres3 ,jean ,steen1 ,franz ,hals1 ,brauwer1 ,van ,ostade1 ,nicolas ,mas on doit de connatre et d'aimer cette ,hollande de jadis1 joviale et dbraille1 qui nous semble si pittoresque dans ses oripeaux brillants et dans ses frnsies de ripailles4 ,terburg1 lui1 ne frquente pas les auberges2 sa palette ne trane pas sur les tables1 au milieu des chopes et des pipes4 ,il appartient une famille o l'on a de la tenue et un sicle qui tend dj l'lgance4 ,comme tous les autres pays d',europe1 la ,hollande subit l'influence1 occulte d'abord1 victorieuse ensuite1 de l'esprit et du got franais1 entrs dans les ,pays-,bas la suite des armes du ,grand ,roi4 ,la socit hollandaise1 insensiblement1 s'affine et1 comme il arrive toujours1 elle trouve son peintre et son historiographe4 ,ce peintre fut ,terburg4 ,il a consacr son pinceau aux personnages de bonne compagnie2 les intrieurs qu'il nous montre sont riches1 confortables et lgants4 ,il fait aussi des portraits1 mais seulement de gens bien ns1 ayant de l'ducation et du linge4 ,ce n'est videmment pas un homme du commun1 le personnage reprsent ici1 dans son pompeux costume noir4 ,il appartient l'aristocratie1 en juger par la distinction de son visage et la finesse de sa main4 ,mais quel bizarre accoutrement6 ,sur la perruque aux boucles ondules est pos un chapeau larges bords et termin en pyramide1 assez semblable celui des mdecins de ,molire4 ,sous la collerette de dentelle s'agrafe un manteau de cour1 qui cache demi le justaucorps et les manches de linon4 ,le haut-de-chausses affecte la forme d'un tablier et les jambes sont ornes de bouffettes noires qui les couvrent entirement et qui ne laissent apercevoir que le bout carr d'un soulier la plus pure mode du temps4 ,pour adoucir un peu la svrit de ce portrait1 trait dans la note sombre1 ,terburg l'a fort habilement encadr entre la double tache pourpre d'un tapis et d'une chaise1 placs ct du personnage4 ,trs ,hollandais en dpit de ses tendances novatrices1 ,terburg a toutes les qualits des peintres de son pays1 un souci minutieux du dtail1 la constante proccupation de la vrit et une splendeur de coloris remarquable4 ,a ces dons1 il ajoute le mrite d'avoir lgantis la manire hollandaise1 sans lui rien enlever de sa saveur pittoresque4 ,bien que vtus lgamment1 ses personnages fleurent bon le terroir nerlandais2 ils sont bien de ,haarlem ou d',amsterdam4 ,terburg naquit ,zwolle en #afag4 ,il tudia tout d'abord la peinture avec son pre1 artiste d'un certain mrite qui avait voyag en ,italie2 il entra ensuite dans l'atelier de ,peter ,molyn le ,vieux1 avec lequel il travailla ,haarlem jusqu'en #afce4 ,ds son jeune ge1 ,terburg manifesta une vritable vocation pour l'art1 ses premiers dessins tmoignent d'un talent prcoce et remarquable4 ,mais1 dsireux de se perfectionner1 il voyage en ,europe1 visite l',italie1 l',espagne1 la ,france et l',angleterre1 o il fait un assez long sjour4 ,puis1 aprs un passage assez court ,amsterdam1 nous le retrouvons1 de #afdf #afdh1 fix ,munster o il excute sa toile clbre de ,la paix de ,westphalie1 qui est son chef-d'uvre4 ,les autorits de la ville refusrent de lui payer les #f4jjj florins qu'il rclamait pour ce tableau et il dut le garder dans son atelier jusqu' sa mort4 ,en ,espagne1 o il se rend ensuite1 il est flatteusement accueilli par le roi ,philippe ,,iv1 protecteur de ,velazquez2 et quand il rentre ,zwolle1 son pays natal1 il jouit d'une rputation considrable4 ,l'aristocratie et la haute bourgeoisie de ,hollande l'adoptent comme peintre et il ne peut suffire aux commandes de portraits qui lui arrivent de toutes parts4 ,il se dlasse de ces travaux en excutant ces ravissantes scnes d'intrieurs1 ces ,conversations1 ces ,leons de musique1 aujourd'hui si clbres et si recherches4 ,terburg fut le matre de ,gaspard ,netscher qui accentua encore sa note lgante1 avec une pointe d'affterie qui marque dj la dcadence4 ,le ,portrait d'homme fut achet par la 8,national ,gallery0 ,sir ,charles ,eastlake1 pour la somme de #a4hge francs4 ,il figure dans la salle ,,xi1 rserve aux coles flamande et hollandaise4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #j4ff4--,largeur3 #j4ec4--;,figure3 #j4fa4 ,,tintoret ,l',,origine ,,de ,,la ,,voie ,,lact,e ,,salle ,,vii4--,,cole ,v,,nitienne ,illustration ,l'origine de la voie lacte ,vasari1 qui n'aimait pas ,tintoret1 lui dcerne cependant cet loge1 dans son livre des ,vies des ,peintres3 ,il charme en jouant sur des instruments de musique varis2 il a la main la plus capricieuse1 le cerveau le plus hardi1 le plus obstin qui ait jamais appartenu un peintre4 ,la preuve en est dans ses uvres d'une composition si capricieuse et si diffrente de toutes les autres4 ,avec un peu plus de justice1 ,vasari aurait pu pousser plus loin son dithyrambe et mesurer l'loge d'une main moins parcimonieuse4 ,la postrit s'est1 d'ailleurs1 charge de rendre ,tintoret sa vritable part de gloire et elle l'a dfinitivement plac ct de ses deux grands rivaux vnitiens1 ,titien et ,vronse4 ,tintoret fut1 avec ,vronse1 l'lve du ,titien1 dans l'atelier duquel il entra tout jeune4 ,si l'on en croit ,ridolfi1 le matre et l'lve ne sympathisrent pas1 ,titien s'tant montr jaloux1 ds le dbut1 des minentes qualits de peintre qu'il dcouvrit chez le jeune artiste4 ,des querelles s'levrent et1 un jour1 ,titien ayant trouv des copies de ses propres uvres si habilement faites qu'on les pouvait confondre avec l'original1 il chassa ,tintoret de son atelier4 ,il affecta toujours d'ignorer son mrite2 grand dispensateur des commandes officielles1 il n'en rserva jamais aucune son ancien lve4 ,mais celui-ci tait dou d'une foi robuste et d'un courage toute preuve4 ,admirateur passionn d'un matre dont il n'estimait pas le caractre1 il s'effora de pntrer la manire du ,titien1 de surprendre le secret de sa couleur1 en un mot de devenir un matre son tour4 ,il y parvint force de persvrance et de travail3 il tait d'ailleurs servi par une prodigieuse facilit4 ,toujours le pinceau la main1 il acceptait toutes les commandes1 quel qu'en ft le prix1 plutt que de rester dsuvr2 il tait devenu la terreur de ses concurrents qui l'avaient surnomm ,il ,furioso4 ,sa production est extraordinaire3 quoique nombre de fresques et de tableaux aient t dtruits1 il existe encore de lui plus de six cents ouvrages crs pendant les soixante-quinze annes de sa vie2 ce qui se trouve au palais des ,doges1 ,venise1 suffirait seul glorifier une longue existence d'artiste laborieux4 ,ce n'est pas de sa faute si le spectateur se dconcerte devant ses toiles2 on ne saurait l'tudier rapidement4 ,en passant des autres peintres lui1 il faut une attention durable1 une connaissance exprimente4 ,c'tait un artiste d'une vision si large1 d'une conception si magnifique qu'on ne doit l'approcher qu'avec une sorte de vnration2 nous ne pouvons aller lui comme au ,titien ou ,vronse et apprcier d'un regard des toiles qui cotrent des annes de travail4 ,john ,ruskin1 devant son formidable ,paradis de la ,salle du ,grand ,conseil1 ,venise1 demeure confondu et se rsigne l'admirer par fragments1 se sentant cras par l'immensit de l'uvre4 ,a lire certains critiques qui n'ont pas su s'lever la hauteur du ,tintoret1 on se rend compte que si des restrictions ont t faites1 c'est parce que le thme si vaste1 la facture si brillante ont dconcert les gnrations successives2 sa thorie de la relativit des couleurs a t mal comprise et mal interprte3 il fallait l'closion de l'impressionnisme pour que justice lui soit pleinement rendue4 ,on ne le discute plus aujourd'hui3 peintre de fresques1 peintre d'histoire1 d'allgories1 de mythologie1 portraitiste1 il apparat toujours prodigieux1 par sa profonde science technique1 par la beaut de son coloris et par la fantaisie de son imagination4 ,ces qualits matresses de ,tintoret1 on les retrouve un degr suprieur dans ce magnifique tableau de la ,voie lacte1 l'un des plus beaux chefs-d'uvre du matre1 que nous donnons ici4 ,rien de plus ingnieux et de plus harmonieux la fois que la composition de cette uvre4 ,on connat la lgende mythologique3 ,junon1 en allaitant ,hercule1 laissa chapper de son sein quelques gouttes de lait qui1 en se rpandant sur le firmament1 formrent cette trane blanchtre et lumineuse qu'on aperoit au ciel1 pendant les nuits sereines4 ,c'est cet pisode de la ,fable que ,tintoret a trait avec une prodigieuse fantaisie4 ,dans un lit de repos port sur les nuages1 ,junon1 reine de l',olympe1 est demi couche et sa splendide nudit blonde fait une tache de lumire dans la splendeur azure du ciel4 ,apport par ,jupiter1 ,hercule s'accroche au sein de la desse et nous voyons des fuses de lait jaillir en toiles4 ,on aperoit au pied du lit le paon1 l'oiseau symbolique de ,junon et1 au second plan1 l'oiseau de ,jupiter1 tenant entre ses serres la foudre du matre des dieux4 ,tout autour de ,junon voltent des amours1 porteurs de flches et de flambeaux4 ,on a tout dit sur l'incomparable beaut du coloris vnitien1 port par ,tintoret et ,vronse aux dernires limites de la perfection et que l'action corrosive des sicles n'a pu russir teindre4 ,signalons aussi la prodigieuse science de ,tintoret dans l'art du raccourci1 et l'extraordinaire tour de force de ces amours et de ,jupiter suspendus en plein ciel4 ,on ne peut leur comparer que l'ange figurant dans le ,miracle de ,saint ,marc1 du mme peintre4 ,l'origine de la voie lacte appartient l'ancienne collection2 elle figure la 8,national ,gallery0 dans la salle ,,vii1 rserve l'cole vnitienne4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #a4dg4--,largeur3 #a4ff4--;,figure grandeur nature4 ,g,,rard ,,david ,,un ,,chanoine ,,et ,,ses ,,saints ,,patrons ,,salle ,,iv4--,,cole ,,primitive ,,flamande ,illustration ,un chanoine et ses saints patrons ,grard ,david est l'un des plus illustres successeurs de ,hans ,memling2 beaucoup de critiques le considrent mme comme son gal4 ,avec ,grard ,david1 qui est reprsent la 8,national ,gallery0 par deux de ses plus beaux chefs-d'uvre1 l'art flamand du ,x,ve sicle touche sa fin4 ,c'est le suprme et complet panouissement de cette cole glorieuse dont les frres ,van ,eyck furent les fondateurs4 ,david est le dernier reprsentant d'une tradition2 ses lves ne le suivront que de trs loin et laisseront dchoir un art qui fut port si haut4 ,l'anne #aejj marque le point de dpart d'une re malheureuse pour ,bruges2 le ,x,v,ie sicle fut particulirement nfaste cette ville jusqu'alors si florissante4 ,commercialement1 elle fut dtrne par ,anvers1 et les luttes provoques par la ,rforme achevrent sa ruine4 ,mais en #adhc1 l'poque o y arriva ,grard ,david1 venant de ,hollande1 ,bruges tait encore la reine des ,flandres4 ,ds l'anne suivante1 sa rputation de peintre lui valait l'admission comme membre de la ,gilde de saint ,luc4 ,comme la plupart des peintres qui illustrrent les ,flandres1 ,grard ,david venait du ,nord4 ,la ,flandre positive et mercantile n'avait que peu de dispositions naturelles pour les arts1 et si les peintres s'y tablirent1 c'est que la richesse de ses villes leur offrait de plus grandes chances de fortune1 ,fiers de leurs trsors1 les marchands enrichis commandaient de nombreux retables et des tableaux qu'ils offraient aux glises1 conciliant ainsi leur pit relle avec leur vanit de parvenus4 ,grard ,david fut un des fournisseurs les plus apprcis de la bourgeoisie brugeoise4 ,il jouissait de l'estime gnrale1 et il pousa en #adif ,cornlia ,knopp1 fille d'un riche et habile joaillier de la cit1 o il rsida jusqu' sa mort1 survenue le #ah aot #aebc4 ,l'art de ,grard ,david prsente de nombreuses analogies avec celui de ,quentin ,matsys1 son grand rival d',anvers4 ,c'est la mme noblesse dans l'expression des physionomies1 la mme minutieuse recherche du dtail1 le mme fini de l'excution mis en honneur1 ds l'origine1 par les frres ,van ,eyck4 ,l'un et l'autre s'efforcrent de dcouvrir des expressions nouvelles1 des ides nouvelles1 un style nouveau2 l'un et l'autre ils surent imprimer leurs crations une intense ardeur de vie1 une motivit profonde dont aucun de leurs prdcesseurs1 ,memling except1 n'avait su animer sa peinture4 ,grard ,david a de la flamme1 de l'motion1 de la sensibilit2 sa pit n'est pas seulement apparente1 elle est relle1 intime et transparat sur le visage de ses ,vierges et de ses ,saints4 ,son art a de la magnificence1 sa technique de la vigueur1 son coloris un clat incomparable4 ,il possde la palette de ,van ,eyck avec l'me de ,memling4 ,de ,memling ,grard ,david1 la filiation est directe1 immdiate1 incessante2 et l'influence exerce par l'uvre de ,grard ,david sur les destines ultrieures de la peinture flamande n'est pas niable1 c'est elle qui a veill et entretenu dans l'me de ,rubens le culte de la beaut4 ,un chanoine et ses saints patrons1 que nous donnons ici1 est une des plus admirables uvres de l'artiste4 ,elle reprsente le donateur1 ,bernardino de ,salviatis1 chanoine de l'glise ,saint-,donatien de ,bruges1 agenouill1 les mains jointes1 vtu d'un long surplis sur sa soutane borde de fourrures4 ,a ct de lui1 le regardant1 se tient debout saint ,donatien1 patron de son glise1 en costume piscopal avec la mitre d'or1 tenant la crosse de la main droite et portant dans la main gauche son symbole1 une roue pique de sept chandelles4 ,derrire lui1 le patron du donateur1 saint ,bernard1 revtu de la robe de son ordre1 pose lgrement la main sur l'paule du chanoine1 suivant l'usage adopt dans ces tableaux1 comme pour bien montrer qu'il a plac son protg sous son gide4 ,a la droite de saint ,bernard1 se trouve saint ,martin1 couvert d'une somptueuse chape pourpre et or1 mitre en tte et s'appuyant sur une riche crosse d'or cisel2 de la main droite leve1 il bnit le donateur agenouill4 ,en arrire du groupe1 dans un sentier1 on aperoit un mendiant qui chemine en s'appuyant sur une bquille4 ,grard ,david a situ la scne de son tableau dans un magnifique cadre de verdure qui montre bien quel degr les ,flamands de cette poque--suprieurs en cela aux ,italiens--possdaient le sentiment de la nature4 ,il est impossible de trouver un paysage plus parfait1 avec de plus opulents feuillages1 des collines plus fraches1 un ciel plus limpide4 ,quant la couleur1 elle est absolument admirable1 par sa fracheur et son clat1 demeurs1 aprs quatre sicles1 aussi brillants qu'au premier jour4 ,et elle est aussi harmonieuse que brillante1 parce qu'elle est distribue avec une science que les ,flamands et les ,hollandais possdrent au plus haut degr4 ,cette magnifique peinture appartint1 de #agib #ahei1 ,m4 ,thomas ,barrett1 de ,lec ,priory1 dans le ,kent4 ,elle fut acquise1 en #ahei1 par ,m4 ,william ,benoni ,white1 qui l'a lgue1 en #ahgh1 la 8,national ,gallery01 o elle figure aujourd'hui dans la salle ,,iv1 rserve la peinture flamande4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #a4jb4--,largeur3 #j4ic4--;,figure3 #j4ic4 ,c4 ,,crivelli ,l',,annonciation ,,salle ,,viii4--,,vieille ,,cole ,v,,nitienne ,illustration ,l',annonciation ,voil certainement l'une des plus extraordinaires interprtations des scnes du ,nouveau ,testament4 ,jamais peut-tre la fantaisie d'un peintre ne s'est donn plus libre carrire1 jamais en tout cas on n'a trait un sujet religieux avec un plus parfait ddain de la vraisemblance et de la vrit historique4 ,et cependant cette peinture1 anachronique au premier chef1 nous ravit ds l'abord2 elle nous enchante par l'abondance du dtail pittoresque1 par les trouvailles ingnieuses ou naves d'une imagination fertile1 par le luxe de l'ornementation et la richesse architecturale et1 disons-le aussi1 par la science d'une technique trs avance pour l'poque o vcut ,crivelli4 ,que de charmantes choses dans ce tableau1 l'un des plus grands que possde la 8,national ,gallery06 ,dans l'esprit du peintre1 la ,mre de ,dieu ne pouvait tre place que dans un cadre somptueux et1 sans plus de recherches1 il lui amnage la plus brillante demeure qui se puisse voir4 ,comme nous voil loin de l'humble maison de ,galile o nous savons que vivait ,marie6 ,ici1 tout n'est que marbres1 colonnes dcores1 frises sculptes1 plafonds caissons1 tapis aux couleurs clatantes4 ,a ce palais on accde par une ruelle magnifique borde d'autres palais2 au second plan1 un beau portique supporte une terrasse o se promnent de riches oisifs4 ,par la porte entr'ouverte de la maison de la ,vierge1 on aperoit un intrieur coquet1 orn de jolis meubles et de tapis riants4 ,sur une tablette accroche au mur1 sont poss des objets familiers1 les flacons voisinant avec les livres4 ,mais voici la ,vierge elle-mme1 agenouille et lisant un livre pieux plac sur un prie-,dieu4 ,au-dessus de son front plane l',esprit-,saint1 venu du ciel bleu dans un rai de lumire d'or4 ,c'est le premier acte de la maternit divine qui s'accomplit4 ,d'ailleurs1 l'archange est au dehors1 envoy par ,dieu le ,pre pour annoncer son humble servante qu'il l'a choisie pour devenir la mre du ,rdempteur4 ,c'est un vritable bijou de comprhension nave et charmante que ce messager cleste4 ,le peintre l'a revtu des plus somptueux habits2 sa robe est toute de pourpre et d'or et ses ailes s'ornent de plumes multicolores4 ,sous le casque1 insigne de son rang1 une abondante chevelure blonde encadre un visage plein de grce2 dans sa main gauche1 il tient un lis1 emblme de la puret de la ,vierge4 ,a ct de l'archange1 le peintre a plac saint gide1 patron d',ascoli1 le tableau tant destin au couvent de l',annonciation de cette ville4 ,ce bienheureux a1 sous la mitre et la chape piscopales1 un joli visage de jeune homme1 presque d'enfant4 ,pour ne laisser aucun doute sur sa personnalit1 ,crivelli lui a mis entre les mains le plan en relief de la cit dont il est le protecteur4 ,autour de ces personnages principaux1 le peintre a multipli les comparses4 ,dans le fond de la venelle1 on aperoit des bourgeois et des dames qui circulent4 ,au second plan gauche1 sur une terrasse troite1 trois hommes s'entretiennent pendant qu'un enfant se penche pour contempler la scne inusite qui se droule au-dessous de lui4 ,que de dtails encore1 gracieux ou bizarres1 on trouve dans ce tableau6 ,ici1 c'est un paon qui tale son plumage multicolore2 l1 des oiseaux s'battent sur des perchoirs piqus dans le mur2 un peu partout1 ce sont des pots de fleurs1 et1 sur le sol1 au tout premier plan1 on s'tonne de trouver un concombre et une pomme4 ,au bas du tableau1 entre les armes de l'vque d',ascoli1 devenu pape plus tard sous le nom d',innocent ,,viii1 on lit la devise latine ,libertas ecclesiastica1 donne par ce pontife la cit dont il avait t le pasteur4 ,elle signifie3 ,indpendance sous la protection de l'glise4 ,au bas du chambranle gauche de la porte1 le peintre a mis sa signature3 ,opus ,caroli ,crivelli ,veneti4 ,crivelli appartenait1 en effet1 une famille vnitienne4 ,on ne sait que peu de chose sur sa jeunesse1 sur ses matres et l'on ignore mme la date prcise de sa naissance1 que l'on place approximativement l'anne #adcj4 ,on sait toutefois qu'il vient en #adfh ,ascoli1 dans les marches d',ancne1 et on l'y voit travaillant pour les glises de la ville1 peignant des fresques et des autels4 ,l'un de ses plus beaux tableaux de cette poque1 qui se trouve galement la 8,national ,gallery01 est la ,vierge et l',enfant sur le trne1 entours de ,saints4 ,son uvre fut trs considrable2 mais elle subit le sort de la plupart des fresques1 qui disparurent avec les monuments qu'elles dcoraient ou qui se sont effrites sous l'action du temps4 ,mais ce qui en reste suffit tmoigner de l'originalit du talent de ,crivelli4 ,il fut le contemporain de ,mantegna et de ,prugin4 ,il ne possda ni le savoir profond du premier ni la suavit du second1 mais il n'en est pas moins un peintre de premier ordre par la beaut classique du dessin et par l'harmonieuse varit de sa couleur4 ,ses figures ont un charme teint de mlancolie encore accentue par la teinte porcelaine qu'il donne aux carnations4 ,venu un sicle plus tard1 ,crivelli1 avec son instinctive science de la peinture et son intarissable richesse d'invention1 serait peut-tre devenu un second ,vronse4 ,tel quel1 il est un des peintres les plus charmants du ,x,ve sicle4 ,peinte la dtrempe1 pour le couvent d',ascoli1 l',annonciation y demeura jusqu'en #aggj4 ,elle fut offerte la 8,national ,gallery01 en #ahfd1 par lord ,taunton1 alors ,m4 ,labouchre4 ,elle figure dans la salle ,,viii1 rserve l'cole de ,padoue et la vieille cole vnitienne4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #b4ji4--,largeur3 #a4dh4--;,figures3 #j4eb4 ,,hogarth ,,le ,,mariage ,a ,,la ,,mode ,,salle ,,xix4--,,vieille ,,cole ,,anglaise ,illustration ,le ,mariage la mode ,hogarth a t le peintre le plus parfait des ridicules anglais au ,x,v,i,i,ie sicle1 dans le peuple1 dans la bourgeoisie et dans l'aristocratie4 ,ces divers mondes1 il les connat fond pour les avoir successivement frquents et observs4 ,enfant1 il avait vcu dans des ateliers d'imprimerie et le temps que n'absorbait pas son mtier d'apprenti1 il l'employait vagabonder travers les rues du quartier avec les polissons de son ge4 ,plus tard1 il s'leva d'un chelon1 gravit la classe suprieure et pntra dans la bourgeoisie dont les qualits1 en ,angleterre comme partout1 s'accompagnent presque toujours de certaines manies4 ,hogarth que la causticit naturelle de son esprit et sa gouaille populaire inclinaient la satire1 observait tout1 notait tout et transcrivait ses impressions en des caricatures et des tableaux d'une verve cinglante4 ,le grand monde ne tarda pas lui ouvrir ses portes1 quand la rputation lui fut venue1 et ne se douta pas qu'il introduisait chez lui un impitoyable critique1 qui rien n'chapperait de ses vices ou de ses tares4 ,il fut le premier des grands humoristes1 le prcurseur d'un genre que l'esprit franais a1 de nos jours1 port aux extrmes limites de la perfection4 ,la transposition de ses uvres satiriques en planches graves contribua puissamment sa rputation en rpandant des milliers d'exemplaires ses boutades et ses railleries4 ,ce qui1 dans ses peintures nerveuses et cruelles1 excitait surtout la curiosit publique1 c'tait la mimique grotesque des physionomies derrire lesquelles le spectateur se plaisait rechercher et dcouvrir1 sans grande difficult d'ailleurs1 des figures trs connues4 ,dans ses tableaux comme dans ses dessins1 gravures1 documents d'histoire physionomiques1 du plus grand intrt1 ,hogarth a fix d'un trait sr et impitoyable les traits1 les gestes1 les grimaces des gens du peuple observs dans la rue1 dans les tavernes1 dans tous les mauvais lieux et aussi les mises et attitudes fausses ou manires des gens du thtre ou du monde1 utilisant pour le dessin de sa vaste comdie humaine la somme norme des matriaux documentaires recueillis dans ses flneries travers les bouges1 les tripots1 les coulisses et les salons4 7,armand ,dayot47 ,c'est le monde des salons1 prcisment1 que met en scne ,hogarth1 dans sa srie du ,mariage la mode qu'il excuta en #agde et qui comprend une suite de six peintures1 actuellement exposes la 8,national ,gallery04 ,cette tincelante satire en six actes suffirait la gloire d'un peintre4 ,a vrai dire1 c'est la plus complte expression des tendances philosophiques et satiriques du matre1 et jamais la causticit de son pinceau n'eut de plus savantes affirmations4 ,ici1 le peintre se rvle avec clat ct du moraliste1 et l'il et l'esprit se rjouissent galement au spectacle lumineux et vivant des pices diverses qui forment la srie des multiples pripties du ,mariage la mode et qu'on peut examiner tout loisir sur une des cimaises de la 8,national ,gallery04 ,hogarth a divis son drame comique en six actes1 disons en six tableaux3 le ,contrat de mariage1 l',intrieur du jeune mnage1 la ,visite chez l'empirique1 le ,petit lever de la comtesse1 le ,duel et la mort du comte1 la ,mort de la comtesse4 7,armand ,dayot47 ,c'est le deuxime acte1 l'intrieur de la comtesse1 que nous montre le tableau reprsent ici4 ,peu aprs le mariage1 dit la notice4 ,cet intrieur ne manque pas1 certes1 de pittoresque et1 au premier coup d'il1 nous dcouvrons que l'ordre et l'conomie n'y rgnent pas4 ,le dcor est trs riche1 l'appartement se prolonge en un salon tout peupl de tableaux de matres1 mais il suffit de regarder les personnages pour se convaincre que la gne1 peut-tre mme la ruine1 menacent ce luxueux logis4 ,nous sommes au petit jour2 le mari vient de rentrer1 aprs une nuit de dbauche2 il s'affale sur un fauteuil1 l'habit dfait1 dbraill et1 les mains enfonces dans les poches1 il subit d'un air indiffrent les invectives de sa femme qui a pass la nuit l'attendre4 ,a gauche du tableau1 on aperoit le vieux matre d'htel1 les mains pleines de billets qu'on n'a pu payer et qu'on ne payera pas2 il s'loigne navr1 en levant les yeux au ciel4 videmment1 ,hogarth a connu ce mnage1 et peut-tre beaucoup de mnages semblables2 nous savons trop bien que cette histoire est ternelle4 ,il est difficile de dcouvrir dans l'histoire de la peinture anglaise des documents plus fidlement reprsentatifs d'une poque4 ,dans le cadre si prcis des accessoires1 les personnages apparaissent dous d'une vie si relle1 qu' leur vue l'vocation historique se produit immdiate et le spectateur se trouve immdiatement transport au foyer dvast d'une de ces familles de la haute socit anglaise atteinte par la dissolution gnrale des murs4 7,armand ,dayot47 ,hogarth ne toucha que #c4aej francs1 en #agej1 pour les six toiles du ,mariage la mode que ,sir ,augustin paya1 trente ans plus tard1 #cd4cbe francs4 ,c'est ce collectionneur qui les a lgues la 8,national ,gallery0 o elles figurent aujourd'hui dans la salle ,,xix1 rserve la vieille cole anglaise4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #j4fh4--,largeur3 #j4hh4--;,figures3 #j4cd4 ,,velazquez ,,philippe ,,iv ,,salle ,,xiv4--,,cole ,,espagnole ,illustration ,philippe ,,iv ,le ,philippe ,,iv de la 8,national ,gallery0 reprsente le monarque aux environs de la quarantaine4 ,ce n'est plus le mince jeune homme qu'une haute stature fait paratre lgrement efflanqu2 ses joues maigres se sont emplies1 un double menton se pose sur la fraise de dentelle et un lger embonpoint lui donne une plus grande apparence de majest4 ,mais la chair envahissante a transform le masque sans l'altrer3 toutes les caractristiques de la race s'y retrouvent4 ,c'est le mme visage troit1 aplati sur les tempes2 l'il a cette mme fixit inquitante de jadis1 o se lisent l'orgueil de la race et une sorte d'hbtude tranquille1 un peu cruelle1 qu'on remarque dans le regard des fauves4 ,le haut du visage1 avec le front haut1 ne manque pas d'intelligence2 le bas1 au contraire1 avec la lvre autrichienne tombante1 le menton empt et lourd1 accuse la dchance commenante qui1 si vite1 va plonger dans une quasi-imbcillit les tristes descendants de ,charles-,quint4 ,la rude griffe du destin ne s'est pas encore trop violemment imprime sur la face ronde de ,philippe ,,iv2 ce monarque n'est qu'au premier chelon de cette mouvante et tragique descente d'une dynastie s'abmant dans le nant4 ,ce roi possde un certain air de noblesse qui trahit son illustre origine2 on ne devinerait pas1 au seul examen de ces traits1 que1 derrire le masque nergique1 se cache une volont faible1 une humeur fantasque1 un mdiocre esprit4 ,comme tous ceux de sa famille1 ,philippe ,,iv1 hritier de ,charles-,quint aux cheveux rouges et du blafard ,philippe ,,ii1 porte en lui cette langueur autrichienne qui se manifeste par l'excessive blondeur des cheveux et des moustaches4 ,il n'a rien d'espagnol1 ce roi1 ni le feu sombre des yeux1 ni la vivacit des mouvements1 ni le got du plaisir4 ,son humeur est morose1 son esprit inquiet1 il rgne sur des peuples qu'il ne connat pas et1 comme ses anctres1 il gouverne deux mondes du fond d'une cellule de l',escorial4 ,s'il chasse1 car il est grand chasseur1 c'est moins par plaisir vritable que pour tromper l'ennui mortel qui le dvore4 ,son costume est toujours de couleur sombre1 comme celui des moines dont il fait son habituelle compagnie1 et tout le luxe de ce monarque1 possesseur des plus beaux diamants du monde1 se borne au collier qui soutient la ,toison d',or4 ,tel est le personnage dont ,velazquez nous a laiss de si nombreux et si puissants portraits4 ,peintre officiel de la cour1 il a eu peindre son souverain en de nombreuses circonstances4 ,on trouve des portraits de ,philippe ,,iv dans presque toutes les galeries d',europe et nous l'y voyons tous les ges4 ,celui que nous donnons ici est un des plus beaux avec celui du ,louvre4 ,quand on parle de ,velazquez1 il semble superflu de s'attarder aux beauts de son uvre4 ,elles brillent d'un tel clat et s'emparent si vivement de notre esprit que tout commentaire affaiblirait l'impression reue4 ,ne suffit-il pas de contempler ce portrait pour sentir que l'on est en prsence d'un matre8 ,n'est-ce pas une me qui transparat derrire ce masque indolent et altier8 ,cette toile est vraiment mouvante3 la physionomie est empreinte de dsillusion1 de tristesse1 on y devine la lassitude de toutes les obligations du rle officiel1 toute la dsesprance de l'homme qui a perdu sa premire femme et son fils1 ainsi que deux des enfants de sa seconde femme et dont l'intelligence est peu prs annihile par la dvotion4 ,il faudrait la plume d'un ,michelet pour dcrire ces effigies royales laisses par ,velazquez2 ce sont1 en mme temps que d'admirables morceaux de peinture1 des documents rvlateurs1 on pourrait mme dire indiscrets4 ,l'artiste se montre l un pntrant psychologue3 grce lui1 nous connaissons fond la psychologie du morne ,philippe ,,iv1 et d'aprs sa physionomie1 nous comprenons les causes de l'inluctable dcadence de l',espagne4 ,philippe ,,iv1 disons-le sa louange1 fut toujours un parfait protecteur de ,velazquez4 ,il fit mme mieux que le protger1 il l'aimait autant que pouvait aimer cette nature indolente et mlancolique4 ,en #afbe1 aprs son premier portrait1 il le gratifie d'un prsent de trois cents ducats1 d'une pension de mme valeur et d'un logement la ,cour4 ,trs souvent1 il s'chappe de ses appartements et vient passer de longues heures dans l'atelier de ,velazquez et s'entretient avec lui en le regardant travailler2 en #afea1 il le nomme marchal du ,palais1 avec un superbe traitement et un logement princier dans la maison du ,trsor4 ,cette charge oblige le peintre organiser des ftes pour la nouvelle reine ,mariana d',autriche1 jeune princesse de dix-sept ans1 que la triste cour d',espagne ennuie et que le roi veut distraire4 ,enfin1 en #affh1 ,philippe ,,iv le fait chevalier de ,santiago1 malgr les rsistances du ,conseil de l'ordre qui ne le trouve pas d'assez bonne noblesse et refuse de l'admettre4 ,c'est une gloire1 la meilleure pour le roi1 d'avoir toujours dfendu son peintre contre l'hostilit de la cour2 il s'opposa mme plus tard1 avec une louable nergie1 aux entreprises de ceux qui voulurent1 aprs sa mort1 salir sa mmoire4 ,le portrait de ,philippe ,,iv appartient l'ancienne collection2 il figure dans la salle ,,xiv1 rserve la peinture espagnole4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #j4fc4--,largeur3 #j4eb4--;,figure grandeur nature4 ,,pisanello ,,saint ,,antoine ,,et ,,saint ,,georges ,,salle ,,viii4--,,vieille ,,cole ,v,,nitienne ,illustration ,saint ,antoine et saint ,georges ,sous les regards d'une ,vierge1 dans le ciel1 au milieu d'une gloire d'or1 saint ,antoine et saint ,georges se rencontrent1 aux confins de la solitude o vit le saint ermite4 ,amusante et pittoresque rencontre que celle de ces deux personnages1 si diffrents d'allure et de condition4 ,saint ,antoine s'est port au-devant du noble chevalier venu1 sans doute1 pour le visiter3 il porte le costume traditionnel des anachortes1 une longue robe de bure dont le capuchon se rabat sur sa tte chenue4 ,du visage amaigri par les mortifications et envahi par une grande barbe blanche1 on n'aperoit que deux yeux pleins de feu et de vie4 ,dans sa main gauche le vnrable vieillard tient la clochette qu'agitaient autrefois les cnobites1 en temps d'orage1 pour prvenir le voyageur que1 tout prs de lui1 se trouvaient un refuge et un abri4 ,a ses pieds se tient couch le cochon1 habituel compagnon du saint4 ,tout diffrent est saint ,georges1 patron des cavaliers4 ,il est jeune1 lgant et porte le riche costume des chevaliers du ,x,ve sicle1 avec cuirasse1 jambires et brassards4 ,sous son armure est attach un mantelet o se trouve brode la croix de ,jrusalem4 ,ce qui donne ce guerrier bard de fer son caractre pittoresque1 c'est le chapeau larges bords1 orn d'une plume1 dont le peintre l'a gratifi4 ,rien de moins martial que ce couvre-chef en paille surmontant un appareil aussi belliqueux4 ,mais la rencontre des deux saints a sans doute lieu en ,italie1 aux environs de ,vrone1 o le soleil est trs ardent et le saint gentilhomme a jug plus commode de troquer son haubert contre une coiffure plus lgre4 ,tout prs de lui1 on aperoit les ttes des chevaux qui l'ont amen jusqu'ici1 avec son cuyer4 ,couch ses pieds1 le peintre a plac le dragon grimaant qui roule ses anneaux tout prs du cochon3 les deux btes paraissent1 d'ailleurs1 vivre en bon voisinage4 ,le tableau se complte par un paysage de fort dont on aperoit les arbres1 presss1 serrs les uns contre les autres1 presque au mme plan que les personnages4 ,pour juger une uvre comme celle-l1 il est absolument ncessaire de la voir avec des yeux non prvenus et1 pour cela1 nous devons remonter jusqu' l'poque o vcut l'artiste4 ,vers la fin du ,x,i,ve sicle1 l'art s'est peine dbarrass1 sous l'heureuse influence de ,giotto1 de la raideur hiratique2 progressivement1 mais lentement1 le byzantinisme disparat1 les personnages s'animent1 les anatomies se dessinent1 la vie pntre dans le corps humain1 jusque-l momifi4 ,pisanello fut l'un des principaux artisans de cette premire renaissance qui prpara l'autre1 la grande1 et qui ouvrit la voie que devaient suivre plus tard1 si glorieusement1 les ,raphal et les ,corrge4 ,a titre de prcurseur1 ,pisanello mrite une place de choix dans la ligne des grands peintres4 ,on fait aujourd'hui bon march des quelques incorrections et des navets de cette peinture pour n'en retenir que les qualits suprieures qui s'y rvlent3 un sens trs pouss de la composition1 un effort rel vers l'expression des physionomies1 une connaissance1 intuitive peut-tre1 mais certaine1 de l'anatomie des corps4 ,aussi ,pisanello1 dont les uvres sont aujourd'hui trs rares1 jouit-il d'une estime mrite4 ,les muses se disputent ses tableaux et s'enorgueillissent d'en possder4 ,pisanello naquit ,vrone1 en #acig4 ,son pre tait originaire de ,pise1 d'o le surnom donn au peintre4 ,pisanello1 ds sa jeunesse1 subit l'influence d',altichiero da ,zevio et de ,jacopo d',avanzi1 aussi bien que des autres peintres et miniaturistes qui florissaient ,vrone dans la deuxime moiti du ,x,i,ve sicle4 ,en #adba1 nous le trouvons ,venise1 engag par ,gentile da ,fabriano pour la dcoration de la salle du ,grand ,conseil au ,palais ,ducal4 ,il ne reste rien aujourd'hui de ces fresques qui furent refaites1 en #adgd1 par ,gentile ,bellini4 ,pisanello revient ensuite ,vrone1 o il dcore la plupart des glises de la ville1 mais ces uvres ont t ou disperses ou si maltraites par le temps qu'on n'en peut apercevoir sur les murailles que d'insignifiants fragments4 ,aujourd'hui1 l'art de ,pisanello ne peut plus tre apprci que dans quatre peintures de chevalet1 prcieux joyaux dont s'enorgueillissent le muse de ,bergame1 le ,louvre et la 8,national ,gallery04 ,le ,louvre possde une dlicieuse ,princesse de la maison d',este2 la 8,national ,gallery0 place au rang de ses plus riches trsors deux uvres de ,pisanello3 la ,vision de saint ,eustache et ,saint ,antoine et saint ,georges4 ,pisanello fut1 en mme temps que peintre1 un graveur sur mdailles de trs grande valeur4 ,le ,british ,museum possde un certain nombre de ces mdailles qui sont trs belles4 ,l'artiste les signait3 ,opus ,pisani pictoris1 pour bien montrer cependant qu'il tait peintre avant tout4 ,saint ,antoine et saint ,georges fut offert la 8,national ,gallery01 en #ahfg1 par lady ,eastlake2 il figure aujourd'hui dans la salle ,,viii1 rserve la peinture de la vieille cole vnitienne4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #j4de4--,largeur3 #j4bi4--;,figure3 #j4bg4 ,,hobbema ,l',,all,e ,,de ,,peupliers ,,salle ,,xii4--,,cole ,,hollandaise ,illustration ,l',alle de peupliers ,le paysage n'a gure t cultiv par les ,italiens1 trop occups de l'homme pour faire grande attention ce qu'on appelle aujourd'hui la nature4 ,on peut dire que ,michel-,ange n'y jeta pas un seul coup d'il1 et chez les autres matre de la pninsule1 le paysage n'intervient que pour servir de fond aux figures et les faire valoir4 ,sans y attacher d'importance1 ,titien en fit d'admirables1 mais le paysage n'tait pas un art spar1 ayant sa valeur propre2 c'est vers les ples climats du ,nord1 sous les tristesses d'un ciel souvent brumeux1 que le sentiment de la nature se dveloppa dans une rveuse contemplation4 ,ruysdal fit de magnifiques paysages entirement dbarrasss d'histoire et de mythologie1 o l'homme n'intervenait qu'accessoirement et dans sa proportion relle4 ,il peignit des forts sans nymphes o1 sous l'obscurit des branches1 cheminait quelque paysan ou quelque vieille portant un fagot2 de grands arbres frissonnant au vent d'automne sur un ciel gristre encombr de nuages gros de pluie1 des buissons chevels au sommet de quelque tertre sablonneux1 des torrents cumant contre des pierres1 des digues et des estacades de poteaux battues par l'eau jauntre de la mer du ,nord1 avec une voile au loin s'inclinant sous la rafale4 ,qui fut le pre de ces admirables paysagistes8 ,berghem peut-tre1 ou plutt ,everdingen1 sinon par leons directes1 du moins par influence2 en tout cas la nature4 ,presque tous ces peintres1 dont la vie reste obscure malgr les recherches1 ne quittrent jamais les environs de leurs villes natales2 mais il n'y a pas besoin de voyager pour tre un grand artiste1 il suffit d'ajouter son me la nature qui vous entoure4 ,ruysdal est1 certes1 le plus grand paysagiste de ,hollande1 mais c'est aussi un grand artiste que ,minderhout ,hobbema4 ,aprs sa mort1 dont on ignore la date prcise1 la renomme de ce peintre1 qui dut tre apprci de son vivant1 subit1 on ne sait pourquoi1 une longue clipse4 ,il disparut dans l'oubli avec toute son uvre1 et ne reparut aux ventes que vers #agci4 ,mais on ne faisait aucun cas de ses tableaux1 qu'on paye aujourd'hui des sommes folles4 ,ils se vendaient bas prix et souvent1 pour leur donner de la valeur1 on en effaait la signature et l'on y substituait celle de peintres plus en vogue1 de ,ruysdal1 dont il se rapproche1 ou de ,dekker4 ,son uvre ainsi dbaptise se fondit peu peu dans celle d'autres artistes et les tableaux authentiques d',hobbema sont devenus d'une excessive raret4 ,a la clbre vente ,patureau1 les ,moulins montrent cent mille francs4 ,hobbema n'a pas la posie de ,ruysdal1 mais il possde un profond sentiment de la nature1 et il exprime d'une manire admirable la puissante vie vgtale de la fort4 ,ses vieux chnes au tronc rugueux1 aux fortes branches1 aux feuilles paisses1 sont pleins de sve1 et ses sous-bois1 o cheminent des bcherons ou des paysannes1 ont bien la fracheur humide de la ,hollande4 ,la caractristique du talent d',hobbema est la vigueur1 vigueur de dessin1 et vigueur de coloris4 ,examinons sa magnifique ,alle de ,peupliers1 reproduite ici4 ,la manire habituelle d',hobbema s'y rvle toute4 ,ces grands arbres au ft grle1 couronns d'un minuscule bouquet de feuilles1 acquirent une force exceptionnelle se profiler ainsi en plein ciel4 ,cette alle de ,middelharnis1 en ,hollande1 est une merveille de perspective2 ses ornires s'enfuient en se rtrcissant jusqu'aux premires maisons du village1 dont on aperoit la masse rouge domine par le clocher4 ,on pourrait dire de cette route qu'elle est tout le tableau si le peintre1 avec sa minutie toute hollandaise1 n'avait prodigu autour de ce motif central des dtails d'une tonnante virtuosit4 ,a droite et gauche de l'avenue1 les prs s'tendent et le vert des champs prend des colorations attnues sous la grisaille d'un ciel o roulent des nuages4 ,le vide que laisse1 de chaque ct1 la haute stature des peupliers1 est heureusement rempli1 gauche par un sombre massif d'arbustes1 droite par un corps de ferme qui se prolonge jusqu'au premier plan par une range d'arbres4 a et l1 de minuscules personnages sont reprsents1 comparses indiffrents qui disparaissent dans la majestueuse grandeur du paysage4 ,d'ailleurs ,hobbema1 comme ,claude ,lorrain1 ignorait l'art de dessiner les figures2 il en laissait le soin des collaborateurs spciaux1 qui taient eux-mmes des matres4 ,ruysdal qui tait son ami1 lui rendait volontiers le service de placer au bon endroit les petits bonshommes dont s'animent ses paysages2 ,adrien ,van de ,velde y travailla aussi souvent4 ,malgr cela1 ,hobbema fut peu pris de son vivant et il vendait si mal ses tableaux qu'il dut accepter pour vivre un modeste et absorbant emploi dans les douanes1 qui lui laissait peu de loisirs pour peindre1 ce qui explique la raret de ses uvres4 ,l',alle de ,peupliers1 qui est le chef-d'uvre d',hobbema1 date vraisemblablement de la fin de sa vie4 ,elle est entre la 8,national ,gallery0 en #ahga1 avec la collection ,peel1 en mme temps que cinq autres toiles du mme peintre et figure avec elles dans la salle ,,xii1 rserve aux toiles de cette collection4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #a4jb4--,largeur3 #a4dj4 ,,hans ,,holbein ,,les ,,ambassadeurs ,,salle ,,xv4--,,cole ,,allemande ,illustration ,les ,ambassadeurs ,dans une remarquable confrence sur le portrait1 le matre ,albert ,besnard s'exprime ainsi3 ,il est incontestable que ce que l'homme aime le mieux dans la nature1 c'est encore lui-mme2 voil pourquoi le portrait est l'uvre dont l'intrt rsiste le plus au temps et aux esthtiques dvastatrices444 ,le portrait est le point de repre de l'histoire1 qu'il renseigne1 par la physionomie1 le costume et l'attitude4 ,les hros disparus sans laisser d'effigies ne nous intressent que comme des abstractions4 ,nous admirons leurs actions comme de beaux nuages dans le ciel sans savoir d'o ils viennent4 ,de quels frissons1 au contraire1 ne sommes-nous pas saisis devant les faces ples aux petits yeux brids d'un ,charles ,,ix ou d'un ,henri ,,iii6 ,leur costume que nulle description ne rtablirait symbolise l'poque et aide puissamment la classer dans le recul des temps4 ,le chapeau au panache blanc d',henri ,,iv1 c'est la victoire2 de ,louis ,,xiii les cheveux plats et les culottes bouffantes racontent toute une poque de luttes philosophiques1 mystiques et littraires1 que vient dramatiser la cape rouge de ,richelieu444 ,en dpit de lui-mme1 s'il peint le milieu dans lequel il vit1 le peintre fait uvre d'historien1 il documente les gnrations futures sur un temps qu'elles n'ont pas connu4 ,en ce sens1 ,holbein aura t l'vocateur d'une des plus curieuses poques de l',histoire4 ,par ses portraits il fait revivre tous les personnages qui jourent un rle dans la premire moiti du ,x,v,ie sicle4 ,ml au mouvement intellectuel qui secouait le vieux monde1 le peintre connut ,ble les principaux protagonistes des ides nouvelles1 ,erasme et ,amerbach2 c'est tout le scepticisme ironique des humanistes1 prcurseurs de la ,rforme1 qu'on lit sur le mince et intelligent visage d',erasme4 ,plus tard1 admis la cour d',angleterre1 il peindra le lourd et brutal ,henri ,,viii et1 sur ses traits1 il inscrira ineffaablement la cruaut1 la luxure1 la violence de ce tueur de femmes4 ,en mme temps que le bourreau il a peint les victimes1 ,anne ,boleyn1 ,jane ,seymour1 et d'autres4 ,il est historien encore1 d'une moins dramatique histoire1 dans le tableau que nous reproduisons ici4 ,les deux personnages accouds cette table sont des ambassadeurs3 l'un1 celui de gauche1 richement habill d'un manteau bord de fourrures1 est ,jean de ,dinteville1 seigneur de ,polsy1 ambassadeur de ,france3 son cou est attach le collier de l'ordre royal de ,saint-,michel2 l'autre est ,george de ,selve1 vque de ,lavaur1 portant un costume noir ecclsiastique avec le bonnet carr4 ,sur la table qui les spare sont dissmins des objets divers1 instruments scientifiques1 et l'on y aperoit mme une viole4 ,entre les deux personnages1 terre1 se remarque un objet bizarre dans lequel on a voulu voir la dformation d'un crne humain4 ,ce qui est admirable dans cette peinture1 c'est la beaut des ttes1 leur vrit d'expression1 la puissance de vie qui les anime et qui fait de ce peintre l'un des plus tonnants portraitistes connus4 ,le magnifique tableau des ,ambassadeurs1 un des chefs-d'uvre d',holbein1 fut peint en #aecc4 ,entre #agij et #agie1 il passa par vente aux mains du comte de ,radnor et resta dans la famille jusqu'en #ahia4 ,a cette poque1 la 8,national ,gallery0 l'acheta un prix trs lev et le plaa dans la salle ,,xv rserve la peinture allemande4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #b4jh4--,largeur3 #b4jh4--;,figures grandeur nature4 ,,table ,,des ,,mati,,res ,pages4 ,avertissement #a ,arnolfini et sa femme1 par ,j4 ,van ,eyck #e ,portrait de ,jeune homme1 par ,botticelli #aa ,intrieur hollandais1 par ,p4 de ,hooch #ag ,vnus et ,cupidon1 par ,velazquez #bc ,saint-,georges terrassant le ,dragon1 par ,le ,tintoret #bi ,les ,grces couronnant l',hymen1 par ,reynolds #ce ,christine de ,milan1 par ,holbein #da ,la ,vierge aux ,rochers1 par ,l4 de ,vinci #dg ,mrs4 ,siddons1 par ,gainsborough #ec ,les ,enfants de ,charles ,ier1 par ,a4 ,van ,dyck #ei lisa ,bonaparte1 par ,louis ,david #fe ,flatford ,mill1 par ,j4 ,constable #gb ,le ,doge ,lordan1 par ,giovanni ,bellini #gg ,le ,jugement de ,pris1 par ,rubens #hc ,une ,dame et son ,enfant1 par ,romney #hi ,bacchanale1 par ,n4 ,poussin #ie ,le ,retour d',ulysse1 par ,pinturicchio #aja ,portrait de ,dame ge1 par ,rembrandt #ajg ,mercure instruisant ,cupidon1 par ,le ,corrge #aac ,ulysse s'loignant de ,polyphme1 par ,turner #aai ,cornlius van der ,geest1 par ,a4 ,van ,dyck #abe ,jeune ,buveur1 par ,murillo #aca ,groupe de ,famille1 par ,franz ,hals #acg ,la ,fille aux crevettes1 par ,w4 ,hogarth #adc ,la ,leon de musique1 par ,g4 ,metsu #adi ,le ,march aux chevaux1 par ,rosa ,bonheur #aee ,vieille ,femme pelant une poire1 par ,david ,tniers #afa ,la ,vierge et l',enfant1 par ,raphal #afg ,lady ,cockburn et ses enfants1 par ,reynolds #agc ,bacchus et ,ariane1 par ,le ,titien #agi ,la ,femme l'pinette1 par ,jan ,vermeer #ahe ,port de ,mer avec ,personnages1 par ,cl4 ,lorrain #aia ,portrait de ,jeune fille1 par ,ghirlandajo #aig ,la ,servante paresseuse1 par ,n4 ,mas #bjc ,mrs4 ,mark ,currie1 par ,romney #bji ,nativit1 par ,piero ,della ,francesca #bae ,portrait d'homme1 par ,terburg #bba ,l',origine de la voie lacte1 par ,le ,tintoret #bbg ,un ,chanoine et ses saints patrons1 par ,grard ,david #bcc ,l',annonciation1 par ,crivelli #bci ,le ,mariage la mode1 par ,hogarth #bde ,philippe ,,iv1 par ,velazquez #bea ,saint ,antoine et saint ,georges1 par ,pisanello #beg ,l',alle des peupliers1 par ,hobbema #bfc ,les ,ambassadeurs1 par ,holbein #bfi ,,index ,,alphab,,tique ,pages4 ,,avertissement #a ,,bellini 7,giovanni7 ,le ,doge ,lordan #gg ,,botticelli ,portrait de ,jeune homme #aa ,,constable 7,j47 ,flatford ,mill #gb ,,crivelli ,l',annonciation #bci ,,david 7,grard7 ,un ,chanoine et ses saints patrons #bcc ,,david 7,louis7 lisa ,bonaparte #fe ,,francesca 7,p4 della7 ,nativit #bae ,,franz ,,hals ,groupe de famille #acg ,,gainsborough ,mrs ,siddons #ec ,,ghirlandajo ,portrait de ,jeune fille #aig ,,hobbema ,l',alle des ,peupliers #bfc ,,hogarth 7,w47 ,la ,fille aux crevettes #adc ---- ,le ,mariage la mode #bde ,,holbein ,christine de ,milan #da ---- ,les ,ambassadeurs #bfi ,,hooch 7,p4 de7 ,intrieur hollandais #ag ,,le ,,corr,,ge ,mercure instruisant ,cupidon #aac ,,le ,,tintoret ,st-,georges terrassant le ,dragon #bi ---- ,l',origine de la ,voie lacte #bbg ,,le ,,titien ,bacchus et ,ariane #agi ,,lorrain 7,cl47 ,port de mer avec personnages #aia ,,ma,s 7,n47 ,la ,servante paresseuse #bjj ,,metsu 7,g47 ,la ,leon de musique #adi ,,murillo ,jeune ,buveur #aca ,,pinturicchio ,le ,retour d',ulysse #aja ,,pisanello ,saint ,antoine et saint ,georges #beg ,,poussin 7,n47 ,bacchanale #ie ,,rapha,l ,la ,vierge et l',enfant #afg ,,rembrandt ,portrait de dame ge #ajg ,,reynolds ,les ,grces couronnant l',hymen #ce ---- ,lady ,cockburn et ses enfants #agc ,,romney ,une ,dame et son ,enfant #hi ---- ,mrs ,mark ,currie #bji ,,rosa ,,bonheur ,le ,march aux chevaux #aee ,,rubens ,le ,jugement de ,pris #hc ,t,,niers 7,david7 ,vieille femme pelant une poire #afa ,,terburg ,portrait d'homme #bba ,,turner ,ulysse s'loignant de ,polyphme #aai ,,van ,,dyck ,les ,enfants de ,charles ,ier #ei ---- ,cornlius ,van der ,geest #abe ,,van ,,eyck ,arnolfini et sa femme #e ,,velazquez ,vnus et ,cupidon #bc ---- ,philippe ,,iv #bea ,,vermeer 7,jan7 ,la ,femme l'pinette #ahe ,,vinci 7,l4 de7 ,la ,vierge aux rochers #dg 99 99 99 99 99 ,corrections4 ,page #ag3 arges remplac par larges 7,par les larges fentres74 ,page #db3 tistique remplac par artistique 7en dehors mme de leur valeur artistique74 ,page #ij3 dclanchement remplac par dclenchement 7le dclenchement subit du succs74 ,page #ajc3 fortuue remplac par fortune 7par la plus invraisemblable fortune74 ,page #acc3 ,figures remplac par ,figure 7,figure grandeur nature474 ,page #aci3 boulange remplac par boulanger 7pour payer son boulanger74 ,page #adi3 blaiseautant remplac par blaireautant 7en polissant et en blaireautant74 ,page #aef3 izards remplac par isards 7des mouflons1 des isards1 des singes74 ,page #aef3 l'histore remplac par l'histoire 7dont l'histoire mrite d'tre relate74 ,page #aef3 triomplal remplac par triomphal 7,malgr son succs triomphal74 ,page #bbc3 ,netzcher remplac par ,netscher 7,terburg fut le matre de ,gaspard ,netscher74 ,page #bea3 inergique remplac par nergique 7derrire le masque nergique74 ,page #bfd3 ,minder ,hont remplac par ,minderhout 7un grand artiste que ,minderhout ,hobbema72 mais il conviendrait de lire3 ,meindert ,hobbema4 ,page #bfd3 ,middelhamis remplac par ,middelharnis 7,cette alle de ,middelharnis1 en ,hollande74 ,page #bgj3 dformaation remplac par dformation 7la dformation d'un crne humain74 ,page #bgj3 ,raduor remplac par ,radnor 7aux mains du comte de ,radnor74 ,page #bgj3 ,figure remplac par ,figures 7,figures grandeur nature474 ,index alphabtique3 ,,boticelli remplac par ,,botticelli 7,,botticelli ,portrait de ,jeune homme74