,,la ,,psy*ologie ,,comme ,,sci5ce ,,naturelle 99 99 99 99 99 ,,bruxelles ,typographie de ,m4 ,weiss5bru* ,,imprimeur ,,du ,,roi #de1 ,,rue ,,du ,,po9,,on1 #de 99 99 99 99 99 ,,la ,,psy*ologie ,,comme ,,sci5ce ,,naturelle ,,son ,,pr,,s5t ,,son ,,av5ir ,,p> ,j4 ,,delb,,uf ,,application ,,de ,,la ,m,,?ode ,,exp,,rim5tale ,,aux ,,ph,,nom,,nes ,,de ,l',,ame4 ,,p>is ,,librairie ,,g]m] ,,bailli,,re ,cie #ag1 ,,rue ,,de ,l',,cole ,,de ,m,,dec9e #ahgf 99 99 99 99 99 ,,la ,,psy*ologie ,,comme ,,sci5ce ,,naturelle ,,son ,,pr,,s5t ,,son ,,av5ir ,i ,,notions ,,de ,l',,ame ,,du ,,corps ,connais-toi toi-mme avait dit le plus sage des oracles au plus sage des hommes4 ,en donnant ,socrate ce prcepte1 ,apollon n'avait fait que traduire en =mule le beso9 in/9ctif qui1 du premi] j\r o l'homme intellig5t app>ut sur cette t]re1 l'a p\ss s'tudi] lui-mme p\r se r5dre compte de sa place dans l'univ]s4 ,cette t*e quotidi5ne1 l'humanit l'a accomplie jusqu'auj\rd'hui avec une consci5ce de plus en plus sre d'elle-mme2 dans ce sicle surt\t1 elle semble enf9 avoir tr\v la vritable voie qui mne la vrit4 ,dpassant de beauc\p la p5se socratique1 l'homme ne se cont5te plus de s'adress] lui-mme p\r avoir l'explication de sa nature1 mais il int]roge les annales de son pass1 en remontant aussi lo9 que possible dans la nuit des temps mme prhi/oriques1 et1 p\r s'clair]1 il dem&e l'univ]s1 dont il fait p>tie1 les lm5ts qu'il recle et qui peuv5t conduire la solution du problme4 ,langues1 my?ologies1 religions1 murs1 in/itutions politiques1 littratures1 lgislations1 hi/oire2 a/ronomie1 gologie1 physique1 *imie2 botanique1 zoologie1 anatomie huma9e et comp>e1 physiologie1 embryognie1 nosologie3 voil le rapide ap]u de t\tes les bran*es de l'activit huma9e dont *acune t5d jet] un peu de lumire dans l'obscurit my/rieuse qui n\s enveloppe4 ,la mise contribution de t\tes les sci5ces e/ videmm5t le seul moy5 rationnel p\r ab\tir dans ces re*]*es2 c>1 si elles p>t5t t\tes de l'homme1 elles ont l'homme p\r objet1 et la connaissance de n\s-mmes ne peut progress] qu'avec la connaissance du monde qui n\s ent\re4 ,cep5dant1 auj\rd'hui encore1 peu de philosophes de pr(ession l'ent5d5t de cette faon4 ,beauc\p s'en ti5n5t s\v5t l'empirisme1 la m?ode pure et simple de l'obs]vation extrieure1 contre laquelle ,socrate avait dj ragi2 d'autres1 au contraire1 int]prtant dans un s5s troit la p5se de l'oracle1 comme d'ailleurs ,socrate aussi l'avait fait1 s'en rapport5t uniquem5t l'intuition ou la m?ode spculative4 ,les premi]s arbor5t1 en gnral1 la bannire du matrialisme2 les seconds1 celle du spiritualisme4 ,la lutte entre les deux sy/mes e/ plus ard5te que jamais et engage de "p et d'autre avec t\tes les armes dont on peut dispos]4 ,l'un appelle son sec\rs t\tes les dc\v]tes des sci5ces naturelles et en fait un gr& talage2 l'app>eil de ses =ces augm5te de j\r en j\r2 l'autre se retran*e dans sa vieille =t]esse et compte sur la valeur de ses vieux soldats1 se cont5tant t\t au plus d'attaqu] directem5t les auxiliaires les plus rc5ts de son t]nel ennemi1 p>mi lesquels il range1 comme le plus r$\table1 le d>w9isme4 ,la tactique des uns et des autres e/ assez curieuse4 ,les matriali/es voi5t des argum5ts en faveur de leur ?se dans *aque progrs des sci5ces physiques et biologiques4 ,les spirituali/es1 agissant en cela s\v5t l't\rdie1 comm5c5t t\j\rs p> rep\ss] avec indignation et colre les rsultats n\veaux de la sci5ce1 mais ils f9iss5t p> s'en accommod]1 et essay5t mme de les faire t\rn] leur avantage4 ,a9si les avons-n\s encore vus se conduire dans ces d]ni]s temps4 ,d>w9 v5ait d'assur] la prpondrance de la doctr9e de l'volution1 en dmontrant que la v>iabilit des types spcifiques e/ une consqu5ce ncessaire de faits sci5tifiques indiscutables3 la slection naturelle et la concurr5ce vitale4 ,des esprits clairvoyants1 plus h>dis que ne le fut d'abord ,d>w9 dans l'expression complte de leur p5se1 avai5t indiqu nettem5t la "q de l'orig9e de l'homme comme devant recevoir une solution con=me au pr9cipe du trans=misme4 ,le spiritualisme attaqua l'uvre de ,d>w9 et les travaux de ses disciples2 il df5dit avec a*>nem5t la notion de l'espce inv>iable et1 p> consqu5t1 cre t\t d'une pice4 ,mais on ne peut ni] que le d>w9isme ne fasse des progrs de plus en plus m>qus1 et que le j\r n'e/ pas loign o il faudra admettre1 s9on t\tes1 du mo9s une gr&e p>tie des ides du naturali/e anglais4 ,le spiritualisme press5t ce mom5t et se montre ds ma9t5ant dispos sacrifi] ses notions et ses convictions antrieures sur l'espce1 rs]vant t\tes ses =ces p\r df5dre l'orig9e p>ticulire de l'homme4 ,et plus t>d1 sans aucun d\te1 ft-il dmontr l'vid5ce que l'homme e/ frre ou c\s9 du s+e1 qu'il desc5d comme l'orang-outang ou le gorille d'un primate an?ropomorphe1 le spiritualisme repr5dra sa ?se favorite et p\rra s\t5ir1 non sans raison1 que cette orig9e reconnue ne dtruit en ri5 le c>actre di/9ctif de l'homme2 que1 p>mi t\tes les =mes animales1 la =me huma9e a t *oisie p> ,dieu p\r tre le tab]nacle d'une me raisonnable et immortelle4 ,c'e/ a9si que n\s voyons le texte de la ,g5se recevoir une int]prtation d'abord littrale1 puis ins5siblem5t une explication de plus en plus la/ique qui p]mette de l'accommod] aux dc\v]tes 9branlables de l'a/ronomie et de la gologie#a4 ,depuis des milli]s d'annes ces deux doctr9es sont en prs5ce1 se combatt5t op9itrem5t1 essay5t de se t]rass]1 *ant5t victoire1 sans qu'on puisse dire avec quelque raison que l'une ou l'autre ait df9itivem5t triomph4 ,qu& on se dem&e quelle e/ la cause de l'inanit de leurs ef=ts1 on s'ap]oit bi5tt que les deux *ampions *oisiss5t sp>m5t le t]ra9 du combat1 qu'ils se dfi5t de lo91 lutt5t p>fois contre une ombre1 en croyant attaqu] le vritable adv]saire1 et que jamais ils ne se r5contr5t srieusem5t4 ,un l>ge fleuve les sp>e2 ce fleuve1 c'e/ la diffr5ce de la m?ode1 du po9t de d"p1 des faits primordiaux obs]vs et d'o l'on tire les consqu5ces4 ,les matriali/es p>t5t de la nature s5sible1 des m9raux1 des plantes1 des animaux1 dc\vr5t des lois gomtriques1 physiques1 *imiques1 physiologiques2 ils ne se proccup5t en aucune faon des faits intellectuels et moraux4 ,la grammaire1 les littratures1 les lgislations1 les religions ne les t\*5t gure et1 s'ils en p>l5t1 c'e/ p\r affirm] gratuitem5t que ces faits doiv5t s'expliqu] de mme p> la *imie et la physique1 c> hors de l il n'y a pas de salut4 ,le spirituali/e1 au contraire1 le philosophe1 spculatif1 "p des phnomnes qu'il obs]ve dans sa p5se1 con/ate en lui les notions du vrai1 du beau1 du bi51 de la lib]t1 du droit1 du devoir1 de ,dieu1 t\tes notions qui1 jusqu' preuve du contraire 7et cette preuve n'a pas encore t donne71 ont des c>actres1 semble-t-il1 incompatibles avec ceux des phnomnes matriels4 ,il y a donc lieu de dt]m9] le *amp du dbat1 de pos] nettem5t la "q1 de critiqu] les rponses qui y sont prmaturm5t donnes1 d'indiqu] la voie suivre p\r en facilit] la solution1 et l'on arriv]a cette conviction que ce problme1 le plus r$\table de t\s1 laisse t\t au plus s\lev] un des co9s du voile qui le rec\vre1 et t\t ju/e assez p\r n\s en faire entrevoir la my/rieuse pr(ondeur4 ,n\s essay]ons de dmontr]1 p> l'analyse mme de ses t]mes1 que1 p\r tre abord avec fruit1 non seulem5t il rclame l'alliance des deux procds1 mais encore qu'il doit emprunt] de ses donnes aux autres sci5ces1 et qu'il exige en outre l'emploi d'une m?ode propre4 ,avant t\t1 n\s v\lons adress] une prire nos lecteurs3 s'ils app>ti5n5t dj une cole philosophique dt]m9e1 qu'ils veuill5t bi5 lire sans p>ti pris les pages suivantes4 ,n\s y p>lons de l'me et du corps1 et n\s t5tons de les df9ir4 ,il ne faut donc pas que le matriali/e ou le spirituali/e jette le livre1 p>ce que1 ds l'abord1 n\s *oqu]ons peut-tre les ides qu'ils c>ess5t4 ,n\s dem&]ons encore qu'on ne s'(f5se pas a priori des t]mes mtaphoriques auxquels n\s sommes oblig d'avoir rec\rs1 p>ce que1 l'homme1 qu& il p>le des animaux1 ne peut que se s]vir de son propre langage4 ,n\s n'avons pas l'int5tion de pr(it] d'une mtaphore p\r faire des p>alogismes4 ,si1 en p>lant de l'animal en gnral1 n\s lui attribuons l'intellig5ce1 la volont1 la consci5ce1 la facult de di/+u] le moi du non-moi1 n\s n'ent5dons nullem5t1 sans preuve1 les assimil] l'homme4 ,n\s n\s s]vons de ces expressions1 faute d'autres2 mais elles ne sont1 en t\t cas1 susceptibles que d'un s5s re/re9t dt]m9 p> le texte4 ,une application f]a saisir notre p5se4 ,l'tat actuel d'un tre quelconque e/ dans une dp5dance absolue l'g>d des circon/ances dans lesquelles il e/ plac4 ,a9si1 la temprature d'un corps s'lv]a1 si celle du milieu ambiant s'lve4 ,c'e/ ce qui arrive t\t tre1 qu'il soit s5sible ou non4 ,mais1 s'il e/ s5sible1 il se pass]a en outre en lui un autre phnomne que l'lvation de temprature2 il ress5tira l'impression reue1 il aura *aud1 ou encore1 il se dira3 j'ai *aud2 il port]a un jugem5t sur son tat1 il aura la consci5ce d'une modification dans sa nature2 son s5s intime l'av]tira d'un *angem5t surv5u en lui4 ,je vi5s de me s]vir1 p\r r5dre ma p5se1 des mots jugem5t1 consci5ce1 s5s intime1 faute d'autres2 c> il m'e/ impossible de me s\/raire au langage analogique lorsque je veux analys] *ez autrui les phnomnes psy*iques de la s5sibilit1 vu que je ne connais intimem5t que ceux qui se pass5t en moi1 et ne puis que les suppos] *ez les autres4 ,mais1 dis-je1 en employant ces expressions1 je ne veux en aucune faon leur donn] un s5s qui aille au del du texte4 ,mon int5tion n'e/ pas d'assimil] subrepticem5t et ds ma9t5ant1 grce une mtaphore1 ce jugem5t3 j'ai *aud1 que l'embryon et l'infusoire peuv5t nonc]1 avec un jugem5t rfl*i tel que celui-ci3 j'cris4 ,le lecteur doit y voir uniquem5t la description d'un fait1 r5due s5sible p> l'emploi de mtaphores analogiques4 ,i4 ,la di/9ction entre l'me et le corps e/ univ]selle1 et s'applique t\s les tres s5sibles4 ,ces t]mes veill5t dans l'esprit de t\t homme une ide prcise4 ,un problme ds lors se prs5te3 ,quels sont les rapports de l'me et du corps8 ,p\r le rs\dre1 il faut d'abord en df9ir les t]mes1 et1 p> suite1 remont] au pr9cipe de la di/9ction4 ,dans t\s les temps1 dans t\s les pays1 et s\s t\s les degrs de civilisation1 les hommes ont t\j\rs di/+u en eux l'esprit et le corps4 ,t\tes les langues1 depuis les plus in=mes1 celles des sauvages1 jusqu' celles des peuples v\s au matrialisme le plus raff91 ont des mots rpondant plus ou mo9s ceux d'me et d'esprit1 et puisqu'ils ont le mot1 ils ont ncessairem5t l'ide correspondante4 ,on peut crer un mot p\r dsign] une *ose imag9aire1 une *ose impossible mme1 mais non p\r dsign] une *ose dont on n'aurait aucune ide4 ,voil le fait2 et ce fait a en soi une porte inconte/able4 ,de l rsulte un autre fait t\t aussi significatif4 ,c'e/ que t\s les hommes se compr5n5t qu& ils p>l5t de l'me ou de l'esprit1 quelle que soit d'ailleurs l'op9ion qu'ils pr(ess5t t\*ant sa nature4 ,la langue des philosophes matriali/es compr5d le mot me comme celle des philosophes spirituali/es4 ,cette proposition3 ,n\s avons une me di/9cte du corps1 e/ t\t aussi claire p\r ceux qui la ni5t que p\r ceux qui l'admett5t4 ,de plus1 t\t tre s5sible1 en gnral1 n\s app>at1 premire vue1 comme r5f]mant une d\ble nature1 une nature corporelle se manife/ant p> des phnomnes corporels1 une nature psy*ique se manife/ant p> des phnomnes psy*iques2 en d'autres t]mes1 il se prs5te n\s comme compos1 lui aussi1 d'une me et d'un corps4 ,la ,fonta9e compr5ait ,desc>tes1 et ,desc>tes se compr5ait lui-mme qu& il niait que les btes euss5t de l'esprit4 ,c'e/ assez le dire3 en dpit des ?ories div]ses s\v5t opposes ou contradictoires qu'on met sur la nature et mme sur l'exi/5ce de l'me ou du corps1 ces mots ont une signification suffisamm5t nette et accessible t\t esprit4 ,un problme1 ds lors1 s'impose la rflexion3 ,quels sont les rapports de l'me et du corps8 ,c'e/ dire1 sont-ils id5tiques ou diffr5ts sub/antiellem5t8 ou bi5 l'un des deux seulem5t e/-il une ralit et l'autre un mot8 ou bi5 encore n'y a-t-il l que deux mots de/9s gr\p] les phnomnes manant d'un seul et mme tre8 ,voil la "q4 ,mais1 p\r la rs\dre1 il faut1 au pralable1 en df9ir les t]mes1 c'e/ dire tr\v] p\r l'me et le corps une df9ition acceptable p> t\s et qui exprime rellem5t l'ide que l'on a en vue qu& on prononce ces mots4 ,mais cette df9ition1 son t\r1 n'e/ possible que si n\s remontons au pr9cipe de la di/9ction4 ,la m>*e suivre e/1 ds lors1 t\t indique4 ,la di/9ction e/-elle primitive8 ,si elle ne l'e/ pas1 quelle e/ la di/9ction primitive ou le premi] acte de la connaissance8 ,comm5t e/-elle possible1 ou quelle e/ la condition fondam5tale de la connaissance8 ,si n\s russissons trait] conv5ablem5t ces po9ts1 n\s aurons en mme temps1 outre la df9ition des t]mes du problme1 une rponse cette "q3 ,qu'e/-ce qu'un animal8 a*em9em5t v]s cette autre "q3 ,qu'e/-ce que l'homme8 puis une rponse cette troisime "q3 ,comm5t le connatre8 ,,ii4 ,la di/9ction entre l'me et le corps n'e/ pas primitive4 ,le premi] acte de la connaissance e/ la di/9ction du moi et du non-moi4 ,p\r que cette di/9ction soit possible1 il faut que l'tre puisse1 p> un ef=t volontaire et s5ti1 se donn] des s5sations lui-mme1 c'e/ dire1 qu'il ait le s5tim5t de la motilit4 ,la di/9ction entre l'me et le corps n'e/ pas primitive4 ,l'enfant--ni probablem5t l'animal--ne di/+ue pas en lui une d\ble nature4 ,il se s5t un et s'oppose comme tel ce qui n'e/ pas lui4 ,c'e/ ce qui ressortira davantage mesure que n\s avanc]ons dans notre tude4 ,la di/9ction primitive e/ celle du moi et du non-moi4 ,la di/9ction entre l'me et le corps e/ conscutive4 ,sur quoi repose cette di/9ction premire8 ,on la fait dp5dre quelquefois1 mais tort1 d'une proprit c>actri/ique du s5s du t\*]4 ,t\t corps que je t\*e ou qui me t\*e provoque en moi1 dit-on1 une s5sation t\te p>ticulire4 ,or1 lorsque je me t\*e moi-mme1 lorsque ma ma91 p> exemple1 presse mon bras1 comme il y a la fois deux p>ties en contact1 j'pr\ve dans ma ma9 et dans mon bras deux s5sations rciproques1 le bras et la ma9 donnant et recevant la fois l'impression4 ,le jeune *i5 qui veut j\] avec sa queue1 comme si c'tait un corps trang]1 ne t>de pas s'ap]cevoir que c'e/ une p>tie de lui-mme et qu'il ne peut la bless] sans qu'il pr\ve de la d\leur2 mais si une ma9 ho/ile vi5t la saisir1 il mordra cette ma91 sans que la *ose mordue lui fasse ress5tir aucune s\ffrance4 ,cette proprit contribue c\p sr me faire connatre l't5due de mon tre4 ,mais si le corps huma9 tait con/ruit de manire ne p\voir se t\*]1 comme le corps de c]ta9s mammifres1 celui d'un gr& nombre de lz>ds1 de la plup>t des poissons et des espces animales infrieures1 si l'on naissait sans bras ni jambes1 s]ait-on incapable de di/+u] le moi du non-moi8 ,on ne p\rrait srieusem5t le s\t5ir4 ,de plus1 il y a l une ptition de pr9cipe2 c> il ne n\s a pas t dit quoi je reconnais que la p>tie que je t\*e e/ moi-mme1 et c'e/ p\rtant p> l qu'on doit comm5c]4 ,enf91 n\s v]rons plus t>d que cette explication e/ inexacte1 et que l'tre s5sible doit p>fois1 dans c]ta9es conditions1 reg>d] comme tant lui1 ce qui e/ autre que lui4 ,n\s allons tablir que l'animal di/+ue le moi du non-moi1 la seule et unique condition qu'il puisse1 p> un ef=t volontaire et s5ti1 se donn] des s5sations lui-mme4 ,l'tre s5sible e/ plac en prs5ce du monde extrieur1 et l'altration des rapports dans lesquels il se tr\ve son g>d se traduit *ez lui p> des s5sations4 ,la s5sation e/ donc le produit de deux facteurs1 de deux causes1 de deux composantes1 savoir l'tre et le re/e de l'univ]s4 ,mais comm5t cet tre peut-il dml] dans sa s5sation la "p du moi et celle du non-moi8 comm5t mme peut-il s\ponn] que ce n'e/ pas un phnomne simple1 non susceptible d'analyse8 ,il s'agit de rs\dre une quation deux inconnues2 il faut videmm5t en lim9] une4 ,n\s avons une rsultante de deux composantes2 il e/ ncessaire d'isol] l'une des deux p\r connatre l'autre3 ,la s5sation e/ comme un corps b9aire2 p\r en connatre la composition1 il faut dgag] au mo9s l'un des lm5ts4 ,il faut donc que l'tre puisse se r5dre compte d'un tat dont lui seul soit la cause2 il faut1 en un mot1 qu'il puisse se donn] des s5sations lui-mme1 volontairem5t1 c'e/ dire en sa*ant que c'e/ lui qui se les donne#b4 ,avant de dvelopp] cette proposition1 expliquons-la p> un exemple sur lequel n\s devrons rev5ir1 p>ce que1 clair et simple en app>5ce1 il e/ au fond assez compliqu4 ,l'enfant crie et il a le s5tim5t des ef=ts qu'il fait p\r cri]2 en mme temps1 il a une s5sation auditive4 ,comme celle-ci vi5t t\j\rs la suite de ces mmes ef=ts1 il ne t>de pas s'ap]cevoir qu'il a le p\voir de se donn] une s5sation auditive d'une nature p>ticulire1 et il p\rra en v5ir s'amus] de ses propres cris4 ,ce premi] pas de fait1 il avance rapidem5t dans la voie de ses dc\v]tes2 il appr5d qu'en remuant les bras et les jambes1 il peut se donn] des s5sations tactiles1 des s5sations visuelles4 ,mais en mme temps il s'ap]oit qu'une seconde srie de s5sations de t\te nature n'a pas une s\rce id5tique et dp5d d'autre *ose que de lui4 ,c'e/ malgr lui qu'il ent5d la voix de sa mre2 si elle se tait et qu'il dsire l'ent5dre1 il ne peut de lui-mme reproduire les sons agrables qui frappai5t son oreille4 ,il voit aut\r de lui des m\vem5ts qui ne sont pas accompagns en lui des s5sations musculaires qu'il pr\ve qu& il remue1 p> exemple1 ses bras devant ses yeux4 ,en mme temps donc qu'il vi5t se connatre1 qu'il acqui]t la consci5ce de son exi/5ce1 il con/ate qu'il n'e/ pas lui seul t\t ce qui exi/e2 qu'il y a en dehors de lui des *oses qui ne sont pas lui1 il arrive la conviction que son exi/5ce e/ coordonne d'autres exi/5ces4 ,alors seulem5t il peut song] s'enqurir de l't5due de son propre individu4 ,ma9t5ant que n\s avons clairci le s5s de notre proposition1 n\s avons la repr5dre dans t\te sa gnralit4 ,un tre1 avons-n\s dit1 n'arrive la di/9ction du moi et du non-moi1 en d'autres t]mes1 n'e/ capable de connaissance qu' la seule condition de p\voir se donn] des s5sations lui-mme4 ,or quelles sont les s5sations fondam5tales que t\t animal peut se procur]8 ,l'expri5ce n\s appr5d que ce sont des s5sations motiles1 ou1 p\r n\s s]vir d'une expression plus claire1 mais mo9s exacte et mo9s gnrale1 des s5sations musculaires4 ,on n'a pas encore1 en effet1 r5contr d'animal1 si simple qu'il soit1 qui n'ait au mo9s la facult d'excut] des m\vem5ts4 ,la position des diffr5tes p>ties de mon corps peut tre due ma volont ou des causes extrieures2 en d'autres t]mes1 le m\vem5t peut tre actif ou passif4 ,de mme qu'on peut m\voir les membres d'un cadavre1 de mme on peut dplac] ceux d'un tre vivant et s5sible4 ,c'e/ l ce qu'on peut appel] un m\vem5t passif4 ,la sec\sse procur]a1 en gnral1 au pati5t une s5sation sui g5]is1 qui l'in=m]a d'un *angem5t dans sa manire d'tre4 ,tel n'e/ pas le m\vem5t actif dont le pr9cipe e/ dans l'tre lui-mme1 et qui e/ provoqu p> une cause quelconque4 ,ce m\vem5t puise son orig9e dans un acte volontaire du sujet1 pr5dre le mot volont dans un s5s trs l>ge4 ,cet acte volontaire1 ce dploiem5t d'n]gie int]ne e/ accompagn d'une c]ta9e s5sation4 ,l'individu se s5t autre qu& il veut et qu& il ne veut pas4 ,le m\vem5t suit la volont2 et il e/ son t\r accompagn d'une modification soit uniquem5t du s5s musculaire1 ou plus gnralem5t du s5s de la motilit1 soit aussi d'un autre s5s2 et le sujet1 la suite d'une srie plus ou mo9s longue d'expri5ces de cette nature1 f9it p> s'ap]cevoir qu'il peut se donn] lui-mme des s5sations4 ,c'e/ un fait univ]sellem5t con/at1 t\s les animaux que n\s connaissons ont la facult de *ang] volontairem5t de =me1 en ce s5s qu'ils peuv5t modifi] la position respective de leurs organes1 et la plup>t peuv5t se transport] d'un lieu un autre4 ,ils sont av]tis de ce *angem5t de =me p> un *angem5t dans leur s5sibilit1 et d'un autre ct1 ils sav5t que l'tat diffr5t de leur s5sibilit s'e/ montr la suite d'un dploiem5t d'ef=t qu'ils ont galem5t s5ti4 ,aprs un plus ou mo9s gr& nombre d'expri5ces1 ils en vi5n5t reconnatre qu'ils ont un c]ta9 doma9e en leur puissance4 ,mais en mme temps ils s'ap]oiv5t que cette puissance e/ limite4 ,p>fois1 la suite de l'ef=t1 le *angem5t qu'ils avai5t en vue n'arrive pas1 ils n'pr\v5t pas la s5sation motile correspondante1 p>ce qu'un ob/acle extrieur e/ v5u s'oppos] l'effet att5du du dploiem5t d'n]gie int]ne4 ,l'animal reconnat alors qu'il y a en dehors de lui une autre *ose qui circonscrit son p\voir1 qui lutte avec lui et qui lui rsi/e victorieusem5t4 ,c'e/ l *ez lui le premi] acte de connaissance4 ,je me suis s]vi tantt des mots3 s5s musculaire1 ef=t musculaire4 ,on conoit ma9t5ant en quoi ces expressions sont trop re/re9tes4 ,n\s ne v\lons pas dire qu'un animal n'e/ tel qu' condition d'avoir un app>eil musculaire comme celui des animaux suprieurs2 n\s ent5dons uniquem5t p> l que l'animal doit avoir la facult de se m\voir et de s5tir son ef=t4 ,et1 notons-le bi51 ce s5tim5t e/1 proprem5t p>l]1 la condition s9e qua non et c>actri/ique sans laquelle il ne peut tre rang dans la classe des animaux1 c'e/ dire1 des tres d\s de connaissance3 ,les plantes se meuv5t1 puisqu'au mo9s elles croiss5t et qu'elles *]*5t p> leurs feuilles1 la lumire1 p> leurs rac9es1 l'humidit4 ,mais si n\s admettons qu'elles ne s'ap]oiv5t pas de leurs m\vem5ts1 n\s ne p\vons dire qu'elles app>ti5n5t au rgne animal#c4 ,n\s ne v\drions pas affirm]1 au surplus1 qu'on ne puisse concevoir ?oriquem5t l'exi/5ce d'tres s5sibles qui s]ai5t tels1 grce une autre s5sibilit fondam5tale4 ,les v]s luisants se donn5t c]ta9em5t eux-mmes des s5sations lum9euses2 peut-tre la torpille et le gymnote peuv5t-ils se donn] des sec\sses lectriques4 ,il peut se faire qu'il exi/e des animaux absolum5t incapables de se m\voir4 ,j'ent5ds le mot dans le s5s de *ang] de lieu4 ,mais1 dans t\s les cas1 la qualit fondam5tale1 ess5tielle1 qui f]a d'eux des tres s5sibles et connaissants1 c'e/ celle de p\voir se donn] volontairem5t1 p> un dploiem5t s5ti d'n]gie1 des s5sations analogues celles qu'ils peuv5t recevoir du monde o ils sont placs4 ,et1 p>l] d'une faon absolue1 t\t dveloppem5t d'n]gie e/1 au fond1 un m\vem5t2 seulem5t1 il peut ne pas se manife/] dans l'espace et tre simplem5t molculaire4 ,on voit ma9t5ant p\rquoi1 en donnant l'exemple de l'enfant qui crie et qui ent5d ses propres cris1 n\s avons annonc que n\s devions y rev5ir p>ce que1 au fond1 il e/ plus compliqu qu'en app>5ce4 ,c> le cri1 en supposant que l'enfant ft s\rd1 n'en s]ait pas mo9s p\r lui une occasion de se d\t] de l'empire qu'il a sur lui-mme4 ,l'mission de la voix1 en effet1 e/ prcde d'un dploiem5t de =ce provoqu p> la faim1 la soif1 la d\leur1 peu importe1 et ce dploiem5t de =ce1 il le s5t1 et il s5t en mme temps une modification de son individu produite p> les contractions de son l>ynx1 s5sation qu'il appr5d bi5tt reconnatre comme ayant sa cause immdiate dans sa volont4 ,enf91 d]nire obs]vation1 il n'e/ pas ncessaire que ce soit l'individu lui-mme qui fasse ces expri5ces et comm5ce son ducation4 ,l'expri5ce1 transmise p> les p>5ts1 peut se manife/] *ez lui s\s =me d'in/9ct4 ,c'e/ a9si que n\s voyons les p\lets1 au sortir de l'uf1 se conduire et *]*] dj p> eux-mmes leur n\rriture4 ,comme t\te gnration se rduit1 en d]nire analyse1 une division1 on conoit sans pe9e que la p>tie possde en ralit ou virtuellem5t les proprits du t\t4 ,,iii4 ,connaissance de l't5due du moi4 ,le moi e/ p\r l'tre s5sible ce qui lui procure t\j\rs une mme s5sation1 *aque fois que sa volont e/ la mme4 ,le non-moi e/ p\r lui l'ensemble des autres causes4 ,cela tabli1 voyons comm5t l'animal obti5t la connaissance de l't5due de son propre individu4 ,il rsulte de ce que n\s avons dit1 que l'animal reg>de comme tant lui1 comme faisant p>tie intgrante de son tre1 t\t ce qui lui procure1 du mom5t o il le veut1 une s5sation dt]m9e et att5due4 ,l'hutre reg>de videmm5t comme une portion d'elle-mme ses deux valves1 et probablem5t la ro*e sur laquelle elle s'atta*e4 ,supposons un zoophyte qui e/ fix sur une pi]re dans l'excavation d'un ro*]4 ,*aque fois qu'il t5d ses bras1 il en t\*e les p>ois2 celles-ci doiv5t1 son s5s1 faire p>tie de lui-mme et sont p\r lui ce que sa coquille e/ au colimaon4 ,le polype qui1 *aque fois qu'il sort de sa demeure1 voit t\j\rs aut\r de lui les mmes objets immobiles1 s'id5tifie avec eux4 ,a9si1 l'enfant qui ne sortirait jamais de son b]ceau p\rrait croire que ce b]ceau e/ une p>tie de son tre2 et si n\s v5ions au monde avec des vtem5ts qui ne n\s quitt]ai5t pas1 ils n\s app>atrai5t comme app>t5ant notre p]sonne1 au mme titre que les poils1 les *eveux1 les ongles1 l'pid]me4 ,en un mot1 l'animal reg>de comme n'tant pas diffr5t de lui ce qui lui procure t\j\rs une mme s5sation1 *aque fois que sa volont e/ la mme4 ,le non-moi1 c'e/ p\r lui t\t le re/e2 ce qui agit sur lui sans la p>ticipation de sa volont et malgr sa volont4 ,c'e/ la s\rce de l'imprvu1 de l'inatt5du1 des surprises4 ,il peut se tromp] sur son t5due comme sur celle du moi4 ,il peut la jug] ou mo9dre ou plus gr&e que la ralit4 ,si1 avant t\te expri5ce po/rieure1 l'homme avait la possibilit de reg>d] ce qui se passe en lui1 s'il p\vait voir son cur battre1 son sang circul]1 c]tes1 il considr]ait au premi] abord ces organes comme tant trang]s son tre1 p>ce que leurs m\vem5ts ne sont pas et ne peuv5t tre v\lus4 ,il f9irait nanmo9s p> les attribu] au moi1 la suite d'une tude plus complte1 comme n\s v5ons de le faire voir4 ,une obs]vation curieuse que me signale mon collgue1 d\>d ,van ,b5$51 ju/ifie ple9em5t cette manire de voir#d4 ,on sait que les tres les plus lm5taires connus1 ceux dont l'organisation e/ plus simple que la cellule mme1 et qui1 tant privs de t\te p>tie diffr5cie n'ont1 proprem5t p>l]1 pas d'organisation1 sont les monres4 ,ce sont de petits amas d'un liquide album9ode d\s de m\vem5t4 ,ces espces de g\ttelettes se remu5t dans le fluide qu'elles habit5t1 en *angeant leur =me1 en projetant de leur propre sub/ance des prolongem5ts en guise de bras4 ,or1 si p> suite d'une cause quelconque deux bras d'une mme monre vi5n5t se t\*]1 il arrive qu'ils se s\d5t p> leurs extrmits et ils =m5t a9si un anneau de sub/ance album9ode2 puis1 s\s l'influ5ce des contractions de la matire qui les con/itue1 le diamtre de l'anneau dim9ue progressivem5t1 et le vide c5tral f9it p> s'effac]4 ,si1 au contraire1 deux bras app>t5ant deux monres se r5contr5t1 jamais il n'y a confusion1 jamais la sub/ance de l'une ne c\le dans l'autre4 ,admettons que la monre soit un animal1 et analysons le fait4 ,la monre1 en projetant ses bras1 se heurte p>fois des corps trang]s4 ,la s5sation qu'elle pr\ve lui a t donne1 ce quelle croit d'abord1 p> elle-mme2 mais lorsque1 la suite d'un p>eil m\vem5t1 la b>rire n'tant plus l1 l'impression ne s'e/ pas produite1 elle a f9i p> reconnatre que cet ob/acle n'tait pas elle4 ,il n'en e/ pas de mme qu& deux de ses bras s'arrt5t mutuellem5t4 ,la s5sation qu'elle pr\ve dans ce cas1 elle peut la reproduire tant qu'elle veut1 et elle acqui]t a9si peu peu une connaissance suffisante de l't5due de son tre4 ,on voit ma9t5ant que si deux monres se mett5t en contact1 elles ne peuv5t1 en tant qu'individus di/9cts1 se mlang] en aucune faon1 c> *acune d'elles e/ trangre l'autre1 et leurs volonts se contr>i5t4 ,on conoit du re/e1 sans qu'il soit ncessaire d'en dire davantage1 quelle expri5ce l'animal doit acqurir comme individu1 ou possd] comme issu de l'espce1 avant d'tre r5seign plus ou mo9s approximativem5t sur l't5due de son moi1 combi5 de fois il doit r=m] des jugem5ts errons1 et que de *oses sont p> lui attribues s\v5t tort au moi ou au non-moi4 ,d'ailleurs1 cette "q1 facile rs\dre en ?orie1 e/ presque insoluble en pratique4 ,qui os]ait fix]1 p> exemple1 le mom5t o l'hutre avale p> le g\rmet cesse d'tre elle p\r dev5ir lui8 ,et1 l'inv]se1 quel in/ant une scrtion cesse-t-elle de faire p>tie de l'animal d'o elle sort8 ,heureusem5t1 l'explication de ces difficults n'e/ pas ncessaire au b que n\s avons en vue4 ,,iv4 ,le moi1 en tant que connu directem5t et p> un acte intuitif1 app>at primitivem5t comme un et indivisible4 ,mais qu& on a rec\rs au procd p> lequel on disc]ne le non-moi1 savoir le s5s ext]ne1 on con/ate qu'une p>tie du moi peut tre connue p> ce procd1 c'e/ le corps2 l'autre p>tie1 qui n'e/ connue que p> le s5s int]ne1 e/ l'me ou l'esprit1 ou le moi dans le s5s re/re9t et abusif de ce d]ni] mot4 ,rappro*ons-n\s ma9t5ant du po9t qui n\s intresse pr9cipalem5t1 la di/9ction de l'me et du corps1 qui doit1 avons-n\s dit1 rsult] de celle du moi et du non-moi4 ,l'enfant e/ donc p>v5u di/+u] son moi du non-moi4 ,il e/ av]ti directem5t de l'exi/5ce du moi1 il conclut l'exi/5ce du non-moi4 ,le moi1 c'e/ ce qui lui obx1 le non-moi1 c'e/ ce qui ne lui obx pas4 ,il dom9e l'un et subit l'autre4 ,mais1 s'il fait cette diffr5ce1 il ne faut pas croire qu'il di/+ue dj en lui une me et un corps4 ,il dira alors1 comme du re/e il le dira plus t>d et t\j\rs3 ,j'ai deux bras1 j'ai deux jambes1 une m\*e e/ sur moi1 le *i5 m'a mordu2 et d'un autre ct3 ,je s\ffre1 j'ai du plaisir1 je veux1 j'ai peur1 j'aime1 je me s\vi5s4 ,s\s ce rapport1 sa langue e/ t\t aussi correcte que celle des hommes faits1 et il ne faudrait pas croire1 avec beauc\p de p5seurs1 quelle en devi5drait plus philosophique p>ce qu'il dirait3 ,mon me p5se1 et mon corps gr&it1 au lieu de3 ,je p5se1 je gr&is4 ,c> mon me et mon corps signifi5t l'me de moi1 le corps de moi1 c'e/ dire que le moi se place au dessus de l'me et du corps1 comme possdant l'un et l'autre1 et comme tant plus1 p> consqu5t1 que *acun d'eux pris sp>m5t4 ,d'ailleurs encore--et cet argum5t e/ sans rplique--si1 le t]me moi et le t]me me tai5t id5tiques1 qu& je dis mon bras ou mon corps1 cela signifi]ait le bras de mon me1 le corps de mon me1 puis1 le bras de l'me de mon me1 etc4 ,et p\r faire disp>atre la prt5due mtaphore r5f]me dans des expressions comme celle-ci3 c]ta9es p>ties de mon corps obiss5t ma volont1 on tomb]ait dans un langage ridiculem5t compliqu1 sans mme atte9dre le b qu'on se propose4 ,le moi1 c'e/ donc l'individu1 corps et me1 considr dans son unit indivisible4 ,on dit3 je gr&is1 je maigris1 je p]ds mes d5ts1 je grisonne1 je devi5s *auve1 je suis cor*1 j'ai des engelures1 j'ai la peau noire etc41 aussi lgitimem5t que l'on dit3 je p5se1 je s5s1 je me rappelle1 je rfl*is1 je raisonne1 je rve1 je calcule1 je dsire1 je cra9s4 ,a9si sont donc p>faitem5t corrects1 quoi qu'en dise ,j\ffroy1 le mot suicide et la phrase3 je me tue4 ,d'un autre ct1 n\s accordons que l'on peut donn] au t]me moi le s5s re/re9t d'me ou esprit4 ,n\s us]ons n\s-mme s\v5t de cette facult4 ,seulem5t1 il ne faut pas p]dre de vue que cet emploi du mot e/ abusif et contraire au langage ord9aire1 si l'on ne veut pas s'expos] commettre des raisonnem5ts vicieux4 ,de la di/9ction premire entre le moi et le non-moi va dc\l] la di/9ction de l'me et du corps4 ,p\r le dmontr]1 il n\s faut re*]*] comm5t n\s p>v5ons la connaissance de ce que n\s appell]ons plus t>d notre corps4 ,n\s avons vu l'enfant en arriv] la conclusion de l'exi/5ce d'un non-moi1 c'e/ dire d'une collection d'tres plus ou mo9s semblables lui-mme1 mais indp5dants de lui-mme4 ,il ne voit ni n'ent5d sa mre qu& il le veut2 il ne voit pas la lumire qu& il le veut2 en un mot1 il press5t qu'il y a en dehors de lui d'autres volonts que la si5ne4 ,c'e/ de cette faon qu'il ex]ce peu peu ses s5s et qu'il f9it p> reconnatre1 d'aprs ses s5sations visuelles1 auditives1 tactiles1 les objets qui sont en dehors de lui4 ,or1 il rem>que avec le temps qu'il y a des *oses en lui1 et des actes produits p> lui1 qu'il p]oit comme il p]oit les *oses en dehors de lui4 ,il se voit1 en p>tie du mo9s1 comme il voit les *oses extrieures4 ,il y a1 en outre1 des *oses en lui et des actes mans de lui qu'il p]oit d'une autre faon1 au moy5 d'une facult p>ticulire qui ne se laisse pas appliqu] aux *oses du dehors4 ,il s'assure1 p> exemple1 qu'il a deux bras1 deux jambes1 qu'il e/ gr& ou petit1 qu'il a la peau noire1 de la mme manire qu'il s'assure que les autres hommes ont des bras et des jambes1 qu'ils sont gr&s ou petits1 qu'ils ont la peau noire ou blan*e4 ,ses moy5s de connaissance l'g>d des objets extrieurs1 il peut les appliqu] c]ta9es *oses qui sont en lui4 ,sans d\te1 il sait qu'il a des membres p> d'autres voies encore que la vue et le t\*]1 mais la vue et le t\*] les lui font rem>qu] comme ils lui font rem>qu] les membres des autres animaux4 ,a9si encore1 qu& il m>*e et qu& il c\rt1 des modifications intrieures l'av]tiss5t sans d\te qu'il n'e/ pas en repos2 mais il peut1 en outre1 con/at] sa c\rse et sa m>*e p> les moy5s dont il use p\r jug] de la m>*e et de la c\rse d'autrui4 ,en deux mots1 il y a lieu de di/+u] dans le moi des faits ext]nes et des faits int]nes1 des faits qui me sont rvls l'aide des s5s ext]nes et des faits qui me sont rvls p> le s5s int]ne1 le s5s intime1 ou la consci5ce1 dans le s5s l>ge de ces deux d]ni]s mots et en tant qu'on peut les appliqu] t\s les animaux4 ,un exemple va faire compr5dre cette di/9ction4 ,j'ai une blessure et je s\ffre4 ,le mdec9 voit la modification organique1 mais il ne voit pas ma s\ffrance2 il la dev9e1 il y croit1 mais il ne la connat pas2 il ne peut mme s'en faire une ide1 mo9s qu'il n'ait s\ff]t autrefois du mme mal1 et encore6 ,moi1 au contraire1 je s5s ma s\ffrance1 elle m'e/ immdiatem5t connue et prs5te2 mais je ne vois pas la modification surv5ue dans mes organes1 ou1 si je la vois1 c'e/ la faon du mdec9 qui la voit en autrui1 et je ne la p]ois pas directem5t comme la cause1 de ma s\ffrance4 ,la blessure1 voil une modification ext]ne du moi2 la s\ffrance1 voil la modification int]ne correspondante4 ,de mme1 qu& je remue le bras1 il se passe en moi un phnomne rsultant d'une dp5se de =ce vitale dans un c]ta9 s5s1 phnomne dont je suis av]ti p> le s5s int]ne2 mais c'e/ p> les s5s ext]nes que je connais le m\vem5t opr1 et c'e/ indirectem5t que je vois dans le dploiem5t de ma =ce vitale la raison du m\vem5t extrieur de mon bras4 ,cela e/ tellem5t vrai que si1 p> une cause quelconque1 le phnomne int]ne se reproduit1 si je crois s5tir en moi une dp5se d'n]gie1 je m'imag9]ai1 p> la =ce de l'habitude1 que l'acte ext]ne a suivi1 bi5 qu'il puisse se faire qu'il ne se produise pas4 ,c'e/1 entre autres1 ce qui se passe p>fois dans les rves1 et ce qui a t\j\rs lieu qu& on vi5t d'tre amput d'un membre4 ,v\s croyez le m\voir1 et le s5s ext]ne seul vi5t v\s av]tir de votre erreur4 ,il e/ facile d'appliqu] les mmes obs]vations aux cas suivants3 je suis p9c1 je suis brl1 je m>*e1 je c\rs1 je me remue1 je suis tomb1 je suis immobile1 je suis frapp1 etc4 ,inutile de faire obs]v] ici le gr& rle que vi5t j\] le miroir dans la vie de l'homme4 ,il dd\ble p\r a9si dire mon individu et m'appr5d1 sur ce qui me conc]ne1 une f\le de *oses que je ne connatrais pas sans lui4 ,l'tre s5sible puise donc la connaissance de lui-mme deux s\rces diffr5tes1 n'ayant aucun po9t de commun entre elles1 le s5s intime et les s5s ext]nes4 ,or1 n\s rapportons l'me ou l'esprit1 comme un pr9cipe di/9ct1 t\s les faits int]nes1 et au corps t\s les phnomnes ext]nes du moi4 ,n\s p\vons donc df9ir l'me ou l'esprit1 le support des faits int]nes1 et le corps1 le support des faits ext]nes4 ,t\t ce que n\s obs]vons en n\s la faon d'un fait ext]ne1 n\s l'attribuons au corps2 p> exemple1 le dplacem5t dans l'espace4 ,t\t le re/e app>ti5t l'me2 p> exemple1 la fatigue4 ,telles sont les df9itions *]*es de l'me et du corps2 elles ne prjug5t ri5 quant la nature de l'me1 ni quant ses rapports avec le corps2 elles sont en concordance avec le langage de t\s les temps et de t\s les peuples1 et enf9 elles r5d5t aussi fidlem5t que possible l'ide qu'veill5t en n\s ces mots tels qu'on les emploie ord9airem5t4 ,on le voit1 ds prs5t1 le problme capital de la psy*ologie1 ou p\r employ] un mot n\veau1 mais qui p\r n\s a un s5s sci5tifique trs prcis1 de la psy*ophysique1 s]a de re*]*] les rapports de l'me et du corps1 de ram5] la dualit des deux pr9cipes l'unit1 de rtablir1 si possible1 l'h>monie entre ces deux t]mes opposs4 ,v4 ,le s5s intime et les s5s ext]nes appliqus directem5t n\s-mme ne n\s donn5t de n\s-mme qu'une connaissance fragm5taire2 d'o la ncessit de la m?ode inductive4 ,t\tes les sci5ces ont directem5t ou indirectem5t l'homme p\r objet4 ,l'tre s5sible1 avons-n\s dit1 puise la connaissance de lui-mme deux s\rces diffr5tes1 n'ayant aucun po9t de commun entre elles3 le s5s intime et les s5s ext]nes4 ,l'animal s'en cont5te peut-tre2 p\r l'homme1 elles sont insuffisantes4 ,il y a1 en effet1 des proprits ext]nes du moi qui *app5t aux s5s ext]nes1 et des faits int]nes qui *app5t au s5s intime4 ,une gr&e p>tie de notre organisation intrieure n\s e/ totalem5t inconnue4 ,n\s ne savons comm5t e/ fait notre corps1 ni comm5t y fonctionn5t nos organes4 ,n\s ne savons pas que n\s avons un sy/me circulatoire1 un sy/me de nutrition1 un sy/me respiratoire1 un sy/me n]veux1 etc4 ,n\s ne connaissons ni le cur1 ni le foie1 ni l'e/omac1 ni le c]veau4 ,p\r avoir la notion de ces organes et de leurs fonctions1 n\s avons rec\rs =cm5t l'obs]vation des autres hommes4 ,c'e/ en eux que n\s voyons se pass] les phnomnes physiologiques2 et des ressemblances extrieures qui exi/5t entre eux et n\s1 n\s concluons que n\s leur ressemblons aussi intrieurem5t4 ,t\tefois1 n\s p\vons n\s tromp] cet g>d4 ,en #ahfd1 n\s avons p]du ,lige un pr(esseur d'anatomie1 ,dresse1 qui1 ayant le cur droite et r5v]s1 et le foie gau*e1 ne s'en tait jamais d\t4 ,bi*at1 si ma mmoire ne me trompe pas1 attribuait la folie l'9galit des hmisphres du c]veau1 et il prs5tait lui-mme cette d]nire p>ticul>it un haut degr4 ,enf91 il e/ rem>qu] que n\s ne connaissons pas directem5t nos yeux1 qui sont des organes1 sans contr$it1 des plus utiles4 ,n\s ne les avons jamais vus1 n\s ne les v]rons jamais4 ,le miroir n\s en f\rnit une image1 et cette image seule1 plus ou mo9s fidle1 et1 dans t\s les cas1 r5v]se de droite gau*e n\s en donne une connaissance indirecte et assez imp>faite4 ,le s5s intime a1 lui aussi1 beso9 d'tre complt p> les obs]vations auxquelles n\s s\mettons les autres hommes4 ,les phnomnes int]nes de notre vie dans le se9 d'o n\s sommes sortis1 et ceux de notre premire enfance1 ce qui se passe en n\s p5dant un sommeil pr(ond1 un van\issem5t1 p5dant la fivre ou la folie1 sont compltem5t s\/raits l'il de la consci5ce4 ,mais n\s admettons que n\s vivons1 agissons1 s5tons dans t\s ces tats1 p>ce que n\s voyons dans les mmes circon/ances les autres vivre1 agir1 s5tir1 ou1 p\r p>l] plus exactem5t1 donn] les signes extrieurs qui accompagn5t *ez n\s la vie1 l'activit1 la s5sibilit4 ,comme n\s n\s sommes vus agir extrieurem5t d'une c]ta9e manire1 la suite de c]ta9s actes int]nes1 n\s croyons que *ez les autres tres qui reproduis5t les mmes actes extrieurs1 prside une activit int]ne semblable la ntre4 ,je les ent5ds p>l]1 p> exemple2 comme la p>ole e/ *ez moi l'expression extrieure de la p5se intrieure1 j'admets que *ez eux aussi la p>ole correspond la p5se4 ,c'e/ ce jugem5t d'analogie qu'il faut attribu] l'admiration nave des sauvages p\r les s+es et les p]roquets4 ,il rsulte de l que la sci5ce de l'homme ne peut uniquem5t se fond] sur l'obs]vation int]ne--sans quoi le philosophe en s]ait rduit faire la description1 et encore incomplte1 de sa propre individualit1 un mom5t dt]m9 de son exi/5ce--ni s'appuy] exclusivem5t sur l'obs]vation extrieure--sans quoi les phnomnes obs]vs ne p\rrai5t tre int]prts psy*iquem5t1 c'e/ dire reg>ds comme l'expression extrieure d'un tat intrieur *appant l'obs]vation4 ,la psy*ophysique rclame la fois et l'obs]vation int]ne et l'obs]vation ext]ne1 elle doit s'appuy] la fois et sur les donnes du s5s int]ne et sur celles de l'expri5ce4 ,mais elle rclame1 en outre1 le conc\rs de t\tes les sci5ces1 tant de celles qui tudi5t l'homme dans son pass embryognique1 phylognique1 hi/orique1 zoologique1 que de celles qui tudi5t l'univ]s dont il fait p>tie et dont il reoit l'empre9te4 ,ces sci5ces dc\vr5t la vrit p> fragm5ts1 et t\te vrit conquise fait pntr] un rayon de lumire dans les pr(ondeurs de notre tre4 ,mais1 en outre1 t\tes les sci5ces1 p>tant de l'homme1 manife/5t sa nature s\s un c]ta9 aspect2 filles de l'esprit huma91 elles en exprim5t la puissance gnratrice4 ,si donc n\s re*]*ons comm5t elles p\rsuiv5t et atteign5t la vrit1 n\s saurons comm5t l'esprit doit s'y pr5dre en gnral p\r rs\dre un problme1 n\s aurons la ple9e consci5ce des moy5s qui sont notre disposition et de la m?ode que n\s devons suivre p\r l'abord] avec fruit4 ,une fois en ple9e possession de cette m?ode1 n\s exam9]ons comm5t il faut l'appliqu] aux re*]*es directes sur les rapports de l'me et du corps1 aprs n\s tre assur aup>avant de l'inefficacit absolue des m?odes jusqu'ici employes4 ,n\s voil a9si ram5 notre po9t de d"p4 ,l'homme n'a jamais failli la mission que lui rappelait l'oracle de ,delphes4 ,seulem5t1 cette mission e/ indf9ie1 et ceux-l seuls sont dans l'erreur qui1 se fondant sur une m?ode exclusive et imp>faite1 croi5t l'avoir accomplie4 ,rsumons-n\s4 ,la connaissance suppose *ez l'animal la facult de se modifi] lui-mme volontairem5t4 ,comme les *oses extrieures le modifi5t aussi de leur ct1 il conclut l'exi/5ce en dehors de lui d'une puissance analogue la si5ne4 ,il di/+ue le non-moi du moi1 l'un qui ne lui obx pas1 l'autre qui lui obx4 ,il connat le moi d'une faon directe et immdiate1 le non-moi d'une faon indirecte et p> raisonnem5t4 ,il puise deux s\rces de connaissances1 le s5s int]ne et les s5s ext]nes4 ,la p>tie de son tre phnomnal qu'il peut dc\vrir p> les moy5s dont il use l'g>d du non-moi1 c'e/ son corps2 l'autre p>tie1 c'e/ son me4 ,le corps e/ donc ce qui peut tre connu la faon du non-moi1 et1 p> consqu5t1 p> t\s les tres connaissants2 l'me n'e/ connue que p> l'tre en qui elle e/4 ,la contemplation int]ne et ext]ne de l'tre p> l'tre lui-mme ab\tit des rsultats ncessairem5t incomplets2 de l1 ncessit de complt] les donnes du s5s int]ne et des s5s ext]nes1 non seulem5t p> les donnes qui dc\l5t de l'obs]vation directe des autres hommes1 mais encore p> celles que n\s f\rnit leur expri5ce actuelle et passe4 ,t\tes les sci5ces1 en tant qu'elles man5t de l'homme1 sont des objets ncessaires de cette obs]vation1 et1 ce titre1 elles exprim5t la nature huma9e et t5d5t la df9ir4 ,mais l'obs]vation ne suffit pas4 ,il faut re*]*] comm5t les autres sci5ces p>vi5n5t1 en p>tant du mme po9t1 dc\vrir et accumul] des propositions vraies4 ,il faut1 une fois en ple9e possession de cette m?ode1 l'appliqu] rig\reusem5t au problme de la psy*ophysique4 #a ,j'ai lu rcemm5t1 dans la ,revue ca?olique1 je crois1 le compte-r5du d'un ouvrage de je ne sais plus quel abb franais qui dmontre que ,mose1 dans sa ,g5se1 e/ d>w9i/e4 ,on m'affirme1 d'un autre ct1 que le disc\rs prononc p> ,m4 d',omalius d',halloy1 le #af dcembre #ahgc1 l',acadmie de ,belgique1 et reproduit p> la ,revue sci5tifique1 quoique compltem5t favorable la doctr9e du trans=misme1 a t appr\v dans les hautes sphres ca?oliques1 comme ne r5f]mant ri5 de contraire la plus /ricte or?odoxie4 #b ,voir dans notre ,essai de logique sci5tifique1 ,lige #ahfe1 une dduction analogue1 mais plus gnrale 7p4 #ajd et suiv474 ,un phnomne rel1 ,a1 y disons-n\s1 ne n\s e/ pas connu en lui mme1 mais seulem5t dans son rapport avec n\s1 ou s\s la =me de l'ide a que n\s en avons4 ,on peut donc pos] que ,a e/ fonction de a et de ,x1 ,x reprs5tant la nature de notre facult connaissante4 ,on a a9si l'quation3 ,a f7a1 ,x74 ,or1 on voit que ,a ne peut tre connu que si ,x e/ connu1 c'e/ dire1 que si l'esprit se connat lui-mme4 ,n\s y disons encore 7prf4 p4 xvi et suiv473 ,la =me de l'objet1 la =me du miroir1 la =me de l'image1 voil trois t]mes indissolublem5t unis4 ,*angez l'un1 les autres s]ont altrs4 ,l'image1 c'e/ l'ide qui e/ connue sans int]mdiaire4 ,la =me du miroir1 c'e/ la nature p>ticulire de ma facult connaissante4 ,si je ne la connais pas1 il m'e/ int]dit jamais de dgag] l'objet2 et si je la connaissais compltem5t1 ri5 ne s]ait plus c]ta9 que la possibilit d'acqurir des notions exactes t\*ant l'objet4 ,mais je ne la connais qu'imp>faitem5t2 de l mes ides imp>faites conc]nant les *oses4 ,seulem5t1 l'homme fait t\s les j\rs des progrs de plus en plus m>qus dans la connaissance de lui-mme1 et t\tes les sci5ces vi5n5t t\r t\r jet] un rayon de lumire sur les my/res de notre nature4 ,de manire que la connaissance de l'univ]s et la connaissance de n\s-mmes progress5t de conc]t1 et que l'une entrane l'autre4 #c ,en disant cela1 je *oque peut-tre c]ta9es ides qui ont gnralem5t c\rs p>mi les trans=mi/es4 ,p\r eux1 les animaux et les plantes sont deux rameaux sortis d'une mme s\*e1 les protozoaires1 et ne se di/+u5t qu'au po9t de vue morphologique et physiologique4 ,je ne sais ce qui en e/ de cette desc5dance4 ,p\r moi1 je ne suis pas actuellem5t dispos croire1 p\r des raisons que j'expos]ai plus t>d1 que la s5sibilit et l'intellig5ce puiss5t app>atre l o elles ne sont pas en g]me4 ,en consqu5ce1 vu c]ta9s faits prs5ts notamm5t p> la s5sitive et les plantes c>nivores1 je n'hsite pas accord] aux plantes la s5sibilit t\t en leur refusant le s5tim5t de la motilit4 #d ,la monre *ez laquelle ,m4 ,van ,b5$5 a fait cette obs]vation e/ la ,pelomyxa palu/ris1 rcemm5t dcrite p> ,r4 ,greeff4 ,le corps ne mesure pas mo9s de deux trois millimtres de diamtre1 circon/ance trs favorable l'obs]vateur4 ,si deux ou trois individus se meuv5t sur un porte-objet1 ils en arriv]ont ncessairem5t1 au b\t de quelques in/ants1 se t\*] p> les bras qu'ils projett5t au dehors4 ,une obs]vation semblable sur les ,arcelles a t faite1 il y a longtemps dj1 p> ,m4 ,pelti]2 elle a t confirme depuis p> ,duj>d94 ,ces savants avai5t rem>qu que les expansions fili=mes des ,difflugies ou des ,amibes se s\d5t1 qu& elles sont projetes p> un mme individu1 t&is qu'elles se t\*5t sans se s\d]1 si elles man5t d'individus diffr5ts4 ,je ne v\drais pas1 aj\te ce propos ,duj>d91 entr] dans une discussion srieuse sur la volont1 sur le moi des ,infusoires1 comme l'ont fait p\rtant des philosophes clbres4 7,,duj>d94 ,infusoires1 dans les ,suites ,buffon1 p4 #bh474 ,je regrette de ne pas connatre ces discussions4 ,voir aussi dans le mme auteur1 rapportes avec plus de dtails1 des obs]vations analogues faites sur la ,gromie ovi=me4 99 99 99 99 99 ,,ii ,,mat,,rialisme1 ,,spiritualisme1 ,,psy*ophysique ,n\s croyons avoir pos nettem5t le problme de la psy*ologie1 et avoir tabli1 p> l'analyse mme de ses t]mes1 l'impuissance radicale de t\te m?ode exclusive1 c'e/ dire fonde uniquem5t ou sur l'obs]vation ext]ne ou sur l'obs]vation int]ne1 en donn] une solution satisfaisante4 ,cep5dant1 cette impuissance e/ bi5 lo9 d'tre av\e4 ,au contraire1 c'e/ un prjug univ]sellem5t rp&u que l'obs]vation seule peut n\s faire connatre t\s les faits psy*ologiques4 ,aussi1 du mom5t o l'homme s'e/ proccup de sa propre nature et du b de son exi/5ce1 du mom5t1 en un mot1 o s'e/ rvle la ncessit d'une sci5ce des rapports de l'me et du corps1 deux sy/mes opposs ont t mis en prs5ce2 ces sy/mes se p>tag5t actuellem5t encore le *amp de la philosophie4 ,il exi/e1 en effet1 d'une "p1 t\te une classe de philosophes qui prt5d tr\v] l'explication de ces rapports dans l'analyse de la nature physique2 et1 de l'autre1 des p5seurs qui1 se plaant un po9t de vue t\t oppos1 la *]*5t dans l'me elle-mme4 ,n\s avons une psy*ologie matriali/e et une psy*ologie spirituali/e4 ,l'exi/5ce de ces deux doctr9es rivales e/ un fait considrable qui n\s montre l'esprit huma9 s\s l'un de ses aspects les plus intressants4 ,comm5t se fait-il que cette "q1 si clairem5t df9ie p\rtant1 soit tudie p> des m?odes si opposes et s'accusant mutuellem5t de ne pas tre sci5tifiques8 ,p\rquoi y a-t-il des matriali/es et des spirituali/es8 ,p\rquoi les uns et les autres se croi5t-ils seuls dans la bonne voie8 ,p\rquoi croi5t-ils leurs adv]saires dans la mauvaise et re/5t-ils ob/9m5t s\rds leur argum5tation8 ,or1 ici n\s t\*ons l'une des p>ticul>its les plus curieuses de la sci5ce de l'me4 ,en gnral1 les sci5ces comm5c5t p> tre enta*es d'erreurs considrables que le travail des gnrations savantes t5d faire disp>atre2 mais l'erreur une fois dtruite1 on n'a plus s'en occup]4 ,du mom5t que ,cop]nic eut tabli le vrai sy/me du monde et que ses propositions eur5t t admises1 on n'eut plus p>l] que p\r mmoire des sy/mes a/ronomiques des anci5s4 ,les fausses ides en hi/oire1 en philologie1 en gographie1 dans les sci5ces naturelles1 une fois r$resses1 sont df9itivem5t c>tes et juges t\t au plus dignes de figur] dans l'hi/oire des sci5ces4 ,il n'en e/ pas de mme en psy*ologie4 ,la sci5ce de l'homme a p\r objet aussi bi5 ses erreurs que ses dc\v]tes1 et quel que soit l'av5ir rs]v cette sci5ce1 quelque degr de p]fection qu'elle doive arriv] un j\r1 il faudra t\j\rs rs]v] une place importante l'tude des faux sy/mes non seulem5t sci5tifiques1 mais surt\t psy*ologiques4 ,ils sont1 en effet1 une manife/ation de notre intellig5ce t\t aussi significative que la connaissance de la vrit4 ,enf91 lorsqu'on aborde une de ces que/ions qui se prs5t5t ob/9m5t l'esprit et dont les solutions sembl5t peu satisfaisantes1 on doit avant t\t se r5dre compte de l'inefficacit des m?odes suivies antrieurem5t et vit] d'entr] dans la voie qui en a g> tant d'autres4 ,si l'on t5te un n\vel essai1 c'e/ p\r faire mieux ou t\t au mo9s p\r faire autrem5t4 ,n\s devons donc comm5c] p> expos] l'orig9e psy*ologique de ces deux sy/mes et en faire la critique4 ,i4 ,orig9e psy*ologique du matrialisme1 du spiritualisme et de l'h>monisme4 ,le po9t de d"p de ces sy/mes implique des consqu5ces exclusives qui modifi5t a priori pr(ondm5t l'nonc et la porte du problme4 ,le matrialisme a p\r lui l'anci5net hi/orique3 c'e/ p> l que dbute t\te philosophie4 ,c'e/ aussi le sy/me qui se prs5te le premi] notre esprit ds que n\s re*]*ons la cause de ce qui se passe en n\s4 ,il a t dit que la *ose immdiatem5t connue e/ le moi1 ce mot tant pris dans le s5s re/re9t d'me ou d'esprit1 et que les qualits du non-moi sont conclues1 en compr5ant p> non-moi la phnomnalit ext]ne4 ,mais l'expri5ce ne t>de pas n\s appr5dre que les div]s tats du moi1 ses s5sations agrables ou dsagrables1 son bi5-tre ou son malaise dp5d5t surt\t du non-moi2 et1 comme ce qui e/ en dehors de n\s e/ inconnu et imprvu1 n\s t5dons le connatre et le prvoir4 ,c'e/ a9si que1 peu peu1 notre activit se dirige t\te v]s l'extrieur1 v]s le ct objectif des phnomnes s5sibles1 et en vi5t nglig] le ct subjectif4 ,n\s arrivons mme s5tir en dehors de n\s les objets1 les voir en dehors de n\s1 les ent5dre en dehors de n\s1 c'e/ dire projet] au dehors t\tes nos s5sations et relgu] dans l'ombre l'tre qui les pr\ve4 ,t\s nos s5s agiss5t de cette faon1 ils sont ex]cs connatre le monde extrieur et non les impressions qu'ils reoiv5t4 ,l'il juge que le bleu e/ diffr5t du r\ge1 mais il ne s'enqui]t pas de savoir en quoi prcism5t le r\ge diffre du bleu1 ni quel signe il les di/+ue4 ,il ne sait pas qu'il e/ ins5sible en une portion notable de sa surface2 il ne sait pas comm5t il juge du relief1 de l'loignem5t1 de la direction1 de la =me4 ,de mme1 l'oreille ne dcompose pas en ses lm5ts p>tiels le timbre1 ou la tonalit1 p>ce que la connaissance de ces lm5ts n'a pas p\r n\s un intrt pratique immdiat2 mais elle di/+ue les diffr5ts tons1 les diffr5ts timbres1 p>ce que cette di/9ction lui fait connatre l'objet4 ,il lui suffit de con/at] que les sons diffr5t entre eux1 mais elle n'a aucun s\ci d'analys] leur diffr5ce1 ni de re*]*] en quoi elle consi/e1 c> cette re*]*e ne lui e/ d'aucune utilit4 ,nos s5s sont tellem5t acc\tums report] l'extrieur ce qui se passe en eux que frquemm5t des phnomnes t\t subjectifs sont objectivs1 notamm5t dans c]ta9es maladies4 ,tels sont les phnomnes des m\*es volantes1 des c\leurs accid5telles1 des b\rdonnem5ts1 les halluc9ations de t\te espce4 ,n\s f9issons a9si p> oubli] que t\t phnomne s5sible e/ le produit de deux facteurs d'gale importance1 l'tre s5tant et l'objet s5ti2 n\s accordons une valeur exagre ce qui agit sur n\s1 et n\s attribuons1 au contraire1 un rle de mo9s en mo9s gr& notre activit s5sible au po9t de l'annul]2 et1 en d]nire analyse1 n\s croyons recevoir de l'extrieur purem5t et simplem5t1 sans altration aucune1 t\t ce qui se tr\ve en n\s1 comme un bass9 reoit de la s\rce qui l'alim5te t\te l'eau qu'il conti5t4 ,la doctr9e psy*ologique1 d'aprs laquelle t\t ce qui e/ en n\s n\s vi5t du dehors et n\s e/ donn p> les *oses mmes1 se prs5te dans l'hi/oire s\s le nom d'empirisme et de s5sualisme2 elle ab\tit au matrialisme2 on p\rrait l'appel] ralisme#a4 ,ds lors1 le problme des rapports de l'me et du corps e/ notablem5t simplifi1 puisque l'me n'e/ plus qu'une espce de reflet de la nature extrieure4 ,l'tude de la nature doit n\s f\rnir t\s les lm5ts dont n\s avons beso9 p\r claircir les my/res de notre tre4 ,la physique1 la *imie1 la physiologie n\s en donn]ont la clef4 ,de l faire de l'me un produit =tuit de la comb9aison de c]ta9es =ces matrielles1 il n'y a qu'un pas4 ,le ralisme1 comme doctr9e psy*ologique1 conduit directem5t au matrialisme1 comme doctr9e mtaphysique4 ,le matrialisme assimile l'me un produit matriel 7matrialisme des anci5s7 ou une proprit matrielle 7matrialisme des mod]nes72 il n'y a plus en n\s de d\ble nature1 et le problme e/ modifi dans son nonc et sa porte4 ,la psy*ologie n'e/ plus qu'un app5dice des sci5ces naturelles2 elle *]*e rpondre cette "q3 ,comm5t les phnomnes psy*iques naiss5t-ils des phnomnes corporels8 ,presque en mme temps que le ralisme btit ses div]s sy/mes1 en talant un gr& luxe d'argum5ts1 une doctr9e psy*ologique oppose1 l'idalisme1 se manife/e et se dveloppe4 ,il ne lui e/ pas difficile de s'ap]cevoir que le ralisme1 qui croit pr5dre les *oses p\r orig9e de ses ides1 "p1 au contraire1 des ides p\r remont] aux *oses4 ,comme il arrive dans t\te raction1 ce dogme a1 de son ct1 une t5dance exagr] le rle de l'me dans l'acquisition de nos connaissances1 et ins5siblem5t1 =ce de rduire la "p de l'extrieur1 il ne laisse plus subsi/] que l'intrieur4 ,p\r cette doctr9e1 t\t ce qui e/ actuellem5t dans le moi app>ti5t con/itutivem5t au moi1 t\tes ses dt]m9ations lui sont donnes avec l'exi/5ce1 et le rle de l'extrieur se borne t\t au plus lui donn] les occasions de les dc\vrir successivem5t4 ,le ralisme ab\tit faire de l'esprit un produit du non-moi1 c'e/ dire des =ces extrieures2 l'idalisme1 son t\r1 va jusqu' faire du non-moi un produit de l'esprit et de sa libre activit4 ,d'un ct1 l'esprit e/ comme un miroir ou l'cran de la *ambre noire qui se borne reflt] le monde extrieur2 de l'autre1 c'e/ une puissance cratrice qui s'agite au milieu d'un monde enfant p> elle2 dans le drame de son exi/5ce1 l'esprit e/ la fois pote et acteur4 ,le ralisme simplifie et trans=me le problme en supprimant l'me2 l'idalisme ab\tit au mme rsultat et supprime la nature4 ,t&is que l'un f9it p> affirm] que t\t e/ matire1 selon l'autre1 t\t e/ esprit4 ,le monisme1 c'e/ dire l'affirmation de l'exi/5ce d'un pr9cipe unique1 e/ au b\t de ces deux sy/mes4 ,ils ont encore un autre po9t de contact4 ,ils p>t5t t\s deux de l'hypo?se que les ides prexi/5t la connaissance4 ,p\r le rali/e1 elles sont dans les *oses extrieures qui n\s les envoi5t4 ,c'e/ a9si que l'air ti5t susp5dus les g]mes de moisissures et d'animaux microscopiques qu'il rp& p>t\t o il pntre et qui se dvelopp5t l o ils r5contr5t des circon/ances favorables4 ,l'idali/e admet qu'elles sont en n\s2 seulem5t1 elles y sont plus ou mo9s ca*es1 et il s'agit de les mettre au j\r4 ,c'e/ le papillon r5f]m dans sa *rysalide qui att5d l'occasion propice de la f5dre et d't5dre ses ailes la lumire2 c'e/ le tableau que le temps a c\v]t d'une c\*e norme de p\ssire et qu'un arti/e habile vi5dra db>rass] de son voile4 ,le gl&1 plant dans un t]ra9 propice1 devi5t le *ne puissant au feuillage t\ffu4 ,d'o lui vi5n5t ses feuilles8 ,la t]re1 dit le matriali/e1 les cont5ait et les a transmises au gl&1 qui en a fait sa p>ure4 ,analysez la t]re1 l'air et l'eau2 dgagez leurs lm5ts1 comb9ez-les d'une autre faon1 pr5ez des creusets et des cornues1 v\s y tr\v]ez les feuilles du *ne4 ,le gl& les r5f]mait en lui-mme1 rpond le spirituali/e2 donnez-moi un microscope1 je v\s les y f]ai voir4 ,la t]re a seulem5t f\rni au gl& l'occasion de les dvelopp] et de les pan\ir4 ,enf91 ces deux sy/mes ont ceci de p>ticuli]1 c'e/ qu'ils s'amn5t rciproquem5t et qu'ils r5tr5t l'un dans l'autre4 ,le ralisme conduit l'idalisme1 p>ce que l'impression faite sur nos organes v>ie suivant leur nature et leur disposition1 de sorte que le monde qui n\s app>at e/ bi5 le monde p\r n\s1 mais non le monde rel4 ,b]keley1 le disciple direct de ,locke1 du plus puissant des df5seurs mod]nes du s5sualisme1 df9it la nature la succession de nos ides1 et la phrase3 ,le soleil m'*auffe1 sub/itue celle-ci3 ,p> la s5sation de lumire que j'pr\ve1 je suis av]ti que j'pr\v]ai bi5tt une s5sation de *aleur4 ,condillac dit que l'homme ne peut sortir de lui-mme2 et les matriali/es du ,x,v,i,i,ie sicle affirm5t que *acun de n\s p>le une langue propre et incommunicable4 ,de son ct1 l'idalisme conduit un rsultat oppos4 ,la nature n'tant que l'esprit objectiv1 autant vaut1 p\r tudi] l'esprit1 de scrut] la nature qui en e/ la manife/ation la plus complte1 puis le corps huma9 qui e/ l'uvre la plus p>faite de la nature1 et dont la connaissance donne la clef de t\tes les connaissances#b4 ,le p>alllisme entre les deux sy/mes s]ait complet si l'nonc du problme subissait une trans=mation analogue4 ,p\r le ralisme1 les phnomnes psy*iques sont des effets des phnomnes physiques1 et l'uvre du psy*ologi/e consi/e mettre en vid5ce cette relation de cause effet4 ,p> contre1 l'idalisme1 p\ss ses d]nires consqu5ces1 conduit reg>d] le phnomne corporel comme un effet du phnomne spirituel4 ,mais1 en gnral1 il n'en e/ cep5dant pas a9si4 ,le philosophe idali/e reconnat dans l'ordre physique des c>actres et des causes propres1 et il n'a pas une ide bi5 nette des relations de l'ordre physique avec l'ordre psy*ique4 ,aussi1 p\r lui1 le problme se pose-t-il dans ces t]mes vagues3 ,quelle e/ la nature de la correspondance entre les phnomnes du corps et ceux de l'me8 ,de l un troisime sy/me qui prt5d concili] l'anti?se du ralisme et de l'idalisme absolus1 ma9t5ir en face l'un de l'autre et indp5damm5t l'un de l'autre l'esprit et la nature4 ,ce sy/me e/ duali/e4 ,comm5t raisonn5t les deux coles prcd5tes p\r expliqu] la prs5ce en n\s d'une ide quelconque1 celle d't5due1 p> exemple8 ,l'esprit e/ une *ose 9t5due1 dit le ralisme1 il ne peut donc tr\v] en lui la notion d't5due2 il doit la tir] du dehors2 c'e/ p> son comm]ce avec les *oses t5dues que vi5t en lui une ide que sans cela il n'aurait jamais eue4 ,au contraire1 rpond l'idalisme1 l'esprit possde en lui-mme l'ide de l't5due2 c'e/ une =me lui1 qui lui e/ con/itutive1 et il l'applique aux *oses du dehors qui en soi sont 9t5dues2 si donc celles-ci n\s app>aiss5t avec cette qualit1 ce n'e/ pas qu'elles la possd5t1 c e/ n\s qui la leur donnons en la tirant de notre propre fond4 ,n\s avons en n\s l'ide de c\leur3 c'e/ que n\s voyons des objets colors1 dis5t les uns2 c'e/ que n\s avons des yeux colori/es1 dis5t les autres4 ,l'h>monisme qui1 dans l'hi/oire de la philosophie1 correspond au c>tsianisme et compte p>mi ses plus brillants apologi/es des philosophes comme ,desc>tes1 ,malebran*e1 ,leibnitz1 runit ces deux affirmations opposes4 ,p\r lui1 l'esprit et les *oses extrieures sont =ms sur un mme type1 il y a entre elles et lui h>monie complte4 ,a la qualit extrieure1 dite s5sible1 correspond l'ide intrieure ou la qualit intelligible4 ,les objets extrieurs sont t5dus et notre esprit tr\ve en lui l'ide d't5due qui leur correspond4 ,comm5t p\rrions-n\s1 en effet1 selon lui1 reconnatre que les objets sont t5dus1 si n\s n'avions en n\s l'ide d't5due8 ,et comm5t cette ide s'appliqu]ait-elle aux objets1 si ceux-ci n'tai5t pas t5dus8 ,cette hypo?se1 en app>5ce conciliante1 ne fait1 en ralit1 que donn] prise aux objections auxquelles sont exposes sp>m5t les hypo?ses extrmes4 ,l'idalisme e/ emb>rass p\r expliqu] notre ignorance temporaire l'g>d de c]ta9es notions que n\s sommes c5ss possd] en n\s4 ,le dualisme e/ dans le mme emb>ras4 ,le ralisme ne sait n\s faire compr5dre le passage de la qualit relle la qualit conue4 ,l'h>monisme ne saurait davantage n\s montr] comm5t l'esprit peut reconnatre en dehors de lui le type qui e/ en lui1 comm5t il peut appliqu] la qualit intelligible la qualit s5sible1 qu'il ne connat pas4 ,cette doctr9e1 enf91 prs5te des difficults qui lui sont propres4 ,l'accord entre l'esprit et la nature s'explique trs bi5 dans les deux hypo?ses prcd5tes1 puisque c'e/ ou l'esprit qui se modle sur la nature1 ou la nature sur l'esprit4 ,mais ici l'esprit et la nature ne se f\rniss5t plus ri5 l'un l'autre4 ,si1 la vue d'un c>r1 j'ai l'ide du c>r1 il y a entre la *ose et l'ide un abme qui ne peut s'tre combl naturellem5t4 ,l'accord e/ un fait dont l'explication manque absolum5t4 ,=ce e/ bi5 de l'attribu] un tre qui n'e/ ni l'esprit ni la nature1 ,dieu4 ,le monde corporel et le monde spirituel sont comme deux horloges qui m>*5t t\j\rs d'accord sans agir l'une sur l'autre1 p>ce que ,dieu veille ce que la correspondance subsi/e1 ou p>ce qu'il les a con/ruites p>faites4 ,l'esprit e/ une de ces horloges1 le monde corporel e/ l'autre4 ,la premire sonne l'heure qu& la seconde l'annonce1 sans qu'il y ait entre elles le mo9dre r\age de commun4 ,tel e/ le sy/me de l'h>monisme4 ,inutile d'insi/] sur ce que cette hypo?se prs5te d'artificiel4 ,cela devi5t vid5t qu& on circonscrit le problme p\r en faire1 non celui des rapports de l'esprit et de la nature1 mais celui des rapports de l'me et du corps4 ,cette hypo?se e/ sans d\te difficile rfut] sur le t]ra9 de la spculation pure4 ,mais le simple fait que mon bras se meut qu& je le veux en dit plus que des volumes d'argum5ts4 ,ce n'e/ pas t\t4 ,quoi qu'on dise et quoi qu'on fasse1 l'h>monie dont on p>le n'e/ pas l'h>monie elle-mme1 mais la conception de l'h>monie4 ,p> le mot nature l'esprit n'ent5d et ne peut ent5dre que la nature intelligible4 ,il a beau p>l] de ralit1 de non-moi1 d't5due s5sible1 c'e/ t\j\rs la ralit intelligible1 le non-moi intelligible1 l't5due intelligible4 ,la nature s5sible1 la nature extrieure exi/e-t-elle8 ,il n'en sait ri51 et n'en peut ri5 savoir4 ,en somme1 p\r lui1 t\t re/e dans le mme tat1 soit qu'on la supprime1 soit qu'on la laisse subsi/]2 son monde intelligible lui suffit2 il n'e/ pas ncessaire qu'il en suppose un autre4 ,ce sy/me1 p> consqu5t1 se ramne et a d'ailleurs ab\ti hi/oriquem5t l'idalisme4 ,sa m?ode e/ aussi t\te spculative4 ,c'e/1 du re/e1 un rsultat prvoir4 ,au fur et mesure que l'homme rfl*it sur lui-mme1 il se voit =c de plus en plus de reconnatre que la seule *ose qui lui e/ immdiatem5t connue e/ son propre esprit4 ,,ii4 ,po9t de d"p de la psy*ophysique2 elle se classe p>mi les sci5ces naturelles4 ,elle t*e de remont] aux faits primitifs et de pntr] jusque dans le doma9e de l'inconsci5ce4 ,critique des sy/mes rali/es et idali/es4 ,qu'ils l'av\5t ou qu'ils le ni5t1 les sy/mes que n\s v5ons d'expos] sont le produit de la spculation pure2 c> ceux mmes qui ont l'air de s'appuy] sur des faits matriels p>t5t d'une ide t\te spculative1 savoir de la possibilit de connatre l'ess5ce de la p5se en tudiant la nature4 ,aussi l'hi/oire de la philosophie met nu l'impuissance radicale de t\tes ces coles4 ,dit-on auj\rd'hui quelque *ose de plus que ,socrate1 ,platon1 ,ari/ote8 ,de quelle utilit positive ont t la psy*ologie les r=mes de ,bacon1 de ,desc>tes1 de ,kant8 ,n\s sommes peut-tre plus clairs1 plus m?odiques que les anci5s1 mais o sont les vrits dc\v]tes8 ,les mmes sy/mes r5aiss5t de leurs c5dres t\t aussi faux1 t\t aussi vrais1 c'e/ dire t\t aussi peu satisfaisants p\r les g5s qui ne se pai5t pas de mots4 ,quelle diffr5ce s\s ce rapport entre la philosophie et les sci5ces naturelles6 ,ici1 il n'e/ pas une erreur qui1 une fois mise en vid5ce1 ne soit lim9e sans ret\r2 pas une proposition qui1 une fois dmontre vraie1 ne soit df9itivem5t acquise la sci5ce4 ,la m?ode e/ si sre que la somme du savoir ne peut que s'accrotre4 ,au livre de son avoir intellectuel1 l'homme n'inscrit que des bnfices1 jamais de p]tes4 ,il faut donc pr5dre une position d'att5te1 reconnatre la difficult du problme1 et en abord] l5tem5t et c\rageusem5t l'tude1 sans se flatt] orgueilleusem5t de dn\] ds auj\rd'hui le nud de la "q4 ,seulem5t1 comme il e/ utile d'avoir une ide prconue1 vraie ou fausse1 mais admise provisoirem5t comme probable1 on peut p>tir de la supposition que l'esprit huma9 =me ses ides en laborant la matire s5sible1 de mme que le corps cre et rp>e ses organes en laborant la matire corporelle4 ,en dehors de ces deux hypo?ses1 dont l'une s\ti5t que le *ne futur e/ dans le gl&1 et dont l'autre prt5d qu'il e/ dans la t]re o g]me la sem5ce1 il y a place p\r une troisime conjecture1 plus mode/e p>ce qu'elle e/ mo9s affirmative1 plus sci5tifique p>ce qu'elle ne donne pas de prime abord une solution1 mais t5d la prp>]3 c'e/ celle qui admet que le gl& travaille en v]tu de sa =ce propre la n\rriture qui lui e/ f\rnie p> la t]re1 et la conv]tit en organes1 en feuilles1 en fleurs1 en fruits de *ne4 ,*angez ses conditions de dveloppem5t1 et v\s aurez d'autres feuilles1 d'autres fleurs et d'autres fruits1 quoique =ms sur le mme type4 ,la t]re f\rnit la matire1 le gl& f\rnit la =me4 ,l'une e/ la =ce gnrale1 l'autre1 la =ce individualisante3 un autre gl& et produit un autre *ne4 ,mais1 cette hypo?se admise1 le problme e/ lo9 d'tre rsolu4 ,il s'agit ma9t5ant de savoir comm5t le gl& trans=me en feuilles1 en fleurs et en fruits les lm5ts t]re/res4 ,n\s n'avons plus ici des feuilles t\tes =mes1 mais des feuilles =m]4 ,au lieu de rpondre la "q unde8 n\s sommes mis en demeure de rpondre la "q quomodo8 et ici comm5c5t les difficults srieuses4 ,voil la position c>actri/ique1 en dehors du ralisme et de l'idalisme1 que pr5d la psy*ologie naturelle1 ou1 comme n\s l'appell]ons dsormais p\r vit] t\te quivoque1 la psy*ophysique4 ,elle reg>de les ides comme le produit de deux facteurs1 le moi et le non-moi4 ,p\r elle le non-moi e/ la matire gnrale1 le moi la =ce individualisante1 la =ce qui s'assimile cette matire et se la r5d propre1 en v]tu de lois propres4 ,a premire vue1 on s'explique p> l cette inf9it d'organisations individuelles1 ces faons indf9im5t v>ies de saisir le mme objet4 ,p\r m>*] v]s ce b1 elle s'atta*e surt\t saisir la premire manife/ation de l'ide p\r la p\rsuivre jusqu' son complet dveloppem5t4 ,elle la suit1 ds l'in/ant o on peut l'obs]v]1 note avec t\t le so9 possible les div]s lm5ts qui vi5n5t la compos] et la n\rrir2 alors seulem5t1 si elle e/ cont5te de son travail1 elle peut se has>d] nonc] une op9ion sur l'orig9e possible de l'ide1 sur l'tat lm5taire des deux facteurs au mom5t de sa naissance4 ,c'e/ a9si qu'en palontologie on vise surt\t saisir la premire app>ition de la vie sur ce globe et recon/ruire la srie des tres dans l'ordre o ils ont app>u1 et dans le milieu qui les a vus natre4 ,c'e/ a9si encore que les tudes biologiques1 que la zoologie ne font plus un pas sans le sec\rs de l'embryognie1 et que le naturali/e1 arm de son microscope1 pr5d l'tre vivant au mom5t o l'on n'obs]ve encore en lui aucune diffr5ce1 et le suit dans t\t le c\rs de son dveloppem5t embryonnaire1 p]suad que l'tude d'un seul de ces phnomnes en appr5d plus que la dissection de milli]s d'tres adultes4 ,t\t phnomne1 p\r tre compltem5t lucid1 doit tre pris au mom5t o il app>at4 ,c'e/ alors qu'il porte l'empre9te la plus reconnaissable de la cause qui le produit4 ,or1 n\s n'avons pas t\j\rs eu nos ides1 nos s5tim5ts actuels4 ,remontons donc v]s notre pass1 et essayons de saisir en l'homme la premire lueur de la p5se et du s5tim5t4 ,si je con/ate prs5tem5t en moi les ides de ,dieu1 du ju/e1 du beau1 du bi51 comme je sais que ces ides n'ont pas t\j\rs t en moi s\s leur =me actuelle1 je puis h>dim5t assur] qu'elles ont leur orig9e dans un tat intellectuel antrieur1 et mom5tanm5t les oubli] p\r y rev5ir plus t>d4 ,les pages les plus anci5nes et les plus altres de la tradition1 dit ,max ,mll]1 n\s sont quelquefois plus *res que les docum5ts les plus explicites de l'hi/oire mod]ne4 ,ici on saisit sur le vif la diffr5ce du po9t de d"p entre le ralisme empiri/e d'un ct et l'idalisme spculatif et dialectique de l'autre4 ,les rali/es1 qu'ils s'appell5t physiologi/es ou matriali/es1 p>t5t d'une ide prconue et non dmontre1 et anticipant la solution1 ab&onn5t le phnomne en "q de la p5se1 et vont l'tudi]1 ou plutt prt5d5t l'tudi] dans des phnomnes connexes4 ,la physique1 la *imie1 la physiologie doiv5t1 selon eux1 n\s donn] la clef de la psy*ologie4 ,or1 combi5 e/ anti sci5tifique ce procd qui consi/e tudi] la p5se1 p> exemple1 dans le c]veau1 c'e/ dire dans un organe qui peut avoir *ez les animaux v]tbrs1 et notamm5t *ez l'homme1 une c]ta9e relation avec la p5se1 mais qui n'a c]ta9em5t avec elle qu'un rapport vague et loign6 ,a9si1 ne voyons-n\s pas un gr& nombre d'tres privs de c]veau proprem5t dit1 et qui n\s tonn5t p\rtant p> leur sagacit8 ,dois-je cit] les abeilles et les f\rmis8 ,aj\tons que la physiologie du c]veau e/ la plus obscure de t\tes les p>ties de cette sci5ce4 ,disons le mot1 on ne connat p\r a9si dire ri5 de cet organe4 ,admettons cep5dant que l'anatomie du c]veau n'ait plus de progrs faire1 admettons que le physiologi/e1 la l\pe et le scalpel la ma91 puisse suivre pas pas la m>*e du sang dans les vaisseaux qui le sillonn5t1 la dcomposition de la sub/ance n]veuse des mo9dres fibres qui le compos5t2 admettons enf9 qu'aucun des *angem5ts qui se pass5t en lui ne re/e inap]u1 y con/at]ont-ils la prs5ce de la p5se8 y v]ront-ils les folies d'un ins5s1 les rv]ies d'un ,sw$5borg1 les dc\v]tes sublimes d'un ,newton1 les comb9aisons /ratgiques d'un ,napolon1 les extases cle/es d'un ,lam>t9e8 ,quel abme entre une volont1 p> exemple1 et la production d'un c\rant n]veux8 ,s'il tait avr que *aque fois la volont e/ accompagne d'un c\rant n]veux 7notons que l'expri5ce ne peut auj\rd'hui t5t] une vrification mme approximative d'une p>eille concid5ce71 de quel droit p\rrait-on affirm] qu'il y a entre la volont et le c\rant une relation directe de cause effet8 ,et1 en supposant mme qu'on pt le s\t5ir1 o s]ait le cause1 o s]ait l'effet8 ,et si la cause e/ la volont--ce qui e/ au mo9s aussi probable--quelle e/1 en d]nire analyse1 la valeur du rsultat obt5u p> rapport l'orig9e de la volont8 ,ri5 ou bi5 peu de *ose4 ,l'idalisme procde au reb\rs4 ,sa m?ode e/ t\t intuitive4 ,p\r connatre l'ess5ce de la p5se1 ri5 ne lui p>at plus naturel que de s'adress] la p5se elle-mme4 ,t&is que le rali/e ti5t les yeux ouv]ts et reg>de t\t aut\r de lui1 l'idali/e f]me t\s ses s5s la fois et en appelle la seule puissance de la rflexion4 ,l'un *]*e dans le dehors1 qu'il s\met des inve/igations m9utieuses1 la s\rce de ce qui e/ en lui2 l'autre la *]*e en lui-mme et jusqu'au plus pr(ond de son me4 ,le premi] int]roge le monde t\t enti]1 le prs5t et le pass1 le sauvage et l'homme civilis1 les f\s et les sages2 le second n'a de confiance qu'en lui-mme1 et1 faisant le sil5ce aut\r de lui1 il adresse du fond de son cur des invocations intimes la vrit4 ,il comm5ce p> dress] le catalogue de nos ides et p> les class]4 ,quelques unes d'entre elles ne vi5n5t pas de l'expri5ce1 p>ce qu'elles sont gnrales2 elles exi/ai5t donc1 conclut-il1 avant l'expri5ce1 elles =m5t le fond de notre tre intellectuel1 elles sont innes et r5f]m5t en elles t\t le monde intelligible4 ,en ralit1 n\s n'appr5ons ri51 n\s ne faisons que dvelopp] ce que n\s avons en n\s4 ,il ne s'agit plus que de p5s]1 de p5s] encore1 de p5s] t\j\rs1 et notre p5se1 en comb9ant entre elles les notions innes et en passant du gnral au p>ticuli]1 tir]a d'elle-mme t\t ce qui exi/e1 y compris la p5se4 ,le philosophe acc\*e alors d'un sy/me4 ,le plus beau des sy/mes e/ celui qui repose sur le mo9dre nombre d'ides gnrales1 et qui recon/ruit le plus d'ides p>ticulires4 ,la palme s\s ce rapport app>ti5t sans contr$it ,hegel1 qui a tir de l'ide d'tre t\t l'univ]s4 ,et1 en effet1 l'ide d'tre r5f]me les ides de t\s les tres4 ,on la comb9e avec celle de nant1 et l'on a deux n\velles ides1 celles du dev5ir et du prir1 puis de ces quatre ides1 on en dduit de n\velles1 et a9si de suite1 jusqu' ce qu'on =me celles des plantes et des animaux1 celles des maladies et des religions4 ,voil la base de la spculation4 ,l'difice qu'elle con/ruit e/ spl5dide2 seulem5t1 comme dit quelque "p ,wundt1 on a pris p\r btir les fondem5ts les tuiles qui devai5t tre employes en rec\vrir le toit4 ,il ne faut pas confondre les notions primitives avec les notions gnrales4 ,les notions gnrales app>ti5n5t aux d]ni]s produits et aux produits les plus compliqus de notre puissance intellectuelle4 ,n\s avons les notions de *i51 d'oiseau1 de poisson1 avant d'avoir celle d'animal1 et n\s avons celle-ci et celle de plante avant d'avoir celles d'tre vivant et de corps in]te4 ,l'laboration des ides gnrales e/ ce qu'il y a p\r n\s de plus ardu1 et les progrs de la sci5ce ont le plus s\v5t p\r effet d'en modifi] le cont5u4 ,je n'en veux p\r preuve que les pr(onds *angem5ts que depuis quelque temps les notions de matire et de =ce ont eu subir4 ,de mme qu'au po9t de vue physique n\s avons comm5c p> tre r5f]ms dans un uf fcond1 que cet uf e/ id5tique en app>5ce p\r t\s les tres s5sibles1 que peu peu les diffr5ces se sont manife/es1 et que1 dans les d]ni]s temps de notre vie embryonnaire seulem5t1 le c>actre huma9 s'e/ dess9 dans nos membres et sur notre visage1 de mme1 au po9t de vue intellectuel1 n\s avons comm5c p> avoir les ides communes t\s les tres connaissants1 puis n\s n\s sommes levs des ides plus compliques1 qui sont p\rtant encore le p>tage d'autres espces animales de mo9s en mo9s nombreuses1 jusqu' ce que n\s ayons cr les ides qui n\s sont propres a9si qu' t\s les hommes et qui n\s c>actris5t comme tels4 ,enf91 *acun de n\s a ses ides p>ticulires qui lui imprim5t son c>actre individuel4 ,ceux qui vont le plus lo9 cet g>d1 et qui in/ruis5t leurs semblables1 relv5t le niveau de la race entire4 ,n\s devons notre supriorit sur les sauvages1 les ,grecs1 les ,roma9s1 le moy5 ge1 aux ,?als1 aux ,ari/ote1 aux ,galile1 aux ,newton4 ,or1 n\s ne p\vons savoir comm5t l'on e/ homme et l'on p5se en homme1 si1 pralablem5t1 n\s ne re*]*ons comm5t l'on e/ en tant qu'animal1 et comm5t l'on1 p5se en tant qu'animal4 ,n\s ab\tirions1 p\r a9si dire1 c\p sr1 si n\s p\vions saisir le premi] symptme de p5se ou de s5sibilit dans l'embryon4 ,on voit donc que la psy*ophysique ne s'arrte pas au cont5u de la consci5ce1 elle t5d notablem5t le *amp de l'inve/igation4 ,de mme que l'hi/oire crite de l'homme a ses rac9es dans son pass prhi/orique1 et que n\s devons avant t\t recon/itu] ce pass si n\s v\lons savoir ce qu'e/ l'homme1 de mme la psy*ophysique remonte au del de t\te p5se consci5te et pntre dans le monde de l'inconsci5ce4 ,s\s ce rapport1 elle sort du doma9e commun de l'idalisme et du ralisme4 ,elle ne fait donc pas comme les sci5ces dites descriptives1 auj\rd'hui dtrnes peu prs p>t\t1 qui s'intitulai5t botanique ou zoologie1 etc41 et qui donnai5t la nom5clature plus ou mo9s exacte de t\tes les fleurs1 de t\s les animaux ou autres tres de la cration1 objets qu'elles classai5t ensuite en g5res et en familles4 ,les ides qui se rvl5t actuellem5t l'il de la consci5ce sont les fleurs pan\ies de la p5se1 et il ne faut pas croire qu'on p\rra saisir le secret de leur naissance en s'in/allant au milieu du j>d9 de l'me et en dressant l'inv5taire plus ou mo9s sy/matique de ses productions4 ,c'e/ l un travail peu prs /rile2 et1 si l'on e/ dans l'int5tion de remont] l'orig9e des ides1 c'e/ pr5dre le po9t de d"p le plus loign et *oisir la r\te la plus pnible et la plus inc]ta9e4 ,le savant doit tudi] dans sa nature intime le g]me mme qui *appe ses reg>ds1 s'il veut arriv] avec quelque probabilit un rsultat significatif4 ,or1 la psy*ologie1 peu d'exceptions prs1 a-t-elle t jusqu' prs5t autre *ose qu'une sci5ce purem5t descriptive8 ,l'empirisme et l'idalisme ne peuv5t donc ab\tir1 p>ce qu'ils mconnaiss5t volontairem5t t\t un ct des phnomnes intellectuels dont ils ont la prt5tion de re*]*] les lois et les causes4 ,mais ici se montre une diffr5ce saisissante entre l'idalisme et le ralisme4 ,l'idalisme au mo9s s'affirme comme tant le produit de la p5se1 et1 vrai ou faux1 il manife/e sa faon l'exi/5ce de cette =ce my/rieuse qui il reconnat la facult de se tromp]4 ,le ralisme1 au contraire1 ne peut tre vrai2 c>1 s'il tait vrai1 il tablirait au mme titre l'exactitude des sy/mes qui le ni5t1 puisque1 eux aussi1 dans cette hypo?se1 s]ai5t le produit du jeu rguli] des =ces organiques de notre c]veau4 ,p\r lui1 il n'y a pas d'erreur possible1 et p>tant il se dtruit lui-mme dans son pr9cipe#c4 ,,iii4 ,la psy*ophysique a rec\rs la m?ode exprim5tale4 ,cette m?ode consi/e dans la production artificielle de phnomnes1 et appelle son aide la mesure et le calcul4 ,la comp>aison des phnomnes corporels et des phnomnes psy*iques n'e/ pas t\j\rs possible directem5t4 ,la mesure de ces d]ni]s n'e/ pas donne dans le s5s intime et ne peut s'obt5ir qu'artificiellem5t4 ,l'obs]vation seule des phnomnes ne suffit pas la psy*ophysique4 ,en supposant mme qu'elle pt atte9dre les phnomnes absolum5t primitifs1 ce qui e/ impossible1 p>ce que1 proprem5t p>l]1 le primitif n'exi/e pas et e/ t\j\rs au fond un conscutif1 il s'agit de les tudi]1 d'en re*]*] les lois1 de remont] leurs causes4 ,la psy*ophysique complte donc l'obs]vation p> l'expri5ce1 c'e/ dire p> la production artificielle de phnomnes psy*iques dans des circon/ances donnes4 ,il e/ ncessaire que n\s disions ce sujet quelques mots p\r qu'on soit mme de se r5dre compte de la nature de l'expri5ce en gnral1 et du rle qu'elle vi5t j\] dans la sci5ce4 ,n\s l'avons dj dit1 t\te tude et1 p> consqu5t1 t\te expri5ce1 suppose t\j\rs une op9ion prconue de la "p de l'exprim5tateur4 ,qu&1 p\r tr\v] les lois de la *ute des corps1 on laisse tomb] un poids p5dant qu'une p5dule m>que le temps1 c'e/ dans la supposition qu'il p\rrait bi5 y avoir une relation entre l'espace p>c\ru et le temps c\l4 ,si1 p\r tr\v] les lois de la lumire1 on lui fait trav]s] des milieux diaphanes1 ou si on la rfl*it la surface de corps polis1 c'e/ qu'on s\ponne a priori qu'il y a une c]ta9e influ5ce de la "p de ces milieux ou de ces corps sur la m>*e des rayons lum9eux4 ,si l'on multiplie le nombre des b\gies en augm5tant la di/ance o on les place de l'cran1 c'e/ qu'on dev9e qu'il peut exi/] une c]ta9e relation entre la di/ance et l'int5sit de la lumire manant d'une s\rce donne4 ,les physici5s mod]nes1 en un mot1 ne procd5t pas comme les al*imi/es du moy5 ge1 leurs expri5ces sont de nature f\rnir t\t au mo9s un rsultat nettem5t ngatif1 ce qui e/ t\j\rs une conqute4 ,or1 t\te expri5ce se ramne1 en df9itive1 au trac de deux ou de plusieurs *elles p>allles o sont nes les circon/ances qui doiv5t1 au jugem5t de l'oprateur1 ex]c] une c]ta9e influ5ce sur le phnomne tudi4 ,c'e/ a9si que la mtorologie dresse une suite de tableaux o l'on a1 dans une colonne1 n l'tat du ciel de *aque j\r1 et dans des colonnes p>allles1 l'indication du v5t1 la temprature1 la pression de l'air1 l'tat hygromtrique et lectrique de l'atmosphre1 etc42 il s'agit de voir1 en effet1 s'il n'y a pas une corrlation quelconque entre l'tat du ciel et les autres phnomnes qui l'accompagn5t4 ,repr5ons les exemples cits plus haut4 ,on suppose1 disons-n\s1 qu'il p\rrait bi5 exi/] une c]ta9e relation entre le temps et l'espace p>c\rus p> un corps qui tombe4 ,on prp>e une d\ble *elle4 ,dans l'une1 on m>que l'espace p>c\ru aprs une seconde1 aprs deux secondes1 aprs trois secondes1 et a9si de suite2 dans l'autre1 on note le temps1 une seconde1 deux secondes1 trois secondes4 ,l'on *]*e si une loi ne relie pas entre eux ces nombres respectifs2 et l'on voit1 en effet1 que l'espace p>c\ru e/ proportionnel au c>r des temps qu'il faut p\r le p>c\rir4 ,on aurait pu de mme s\ponn] une c]ta9e relation entre la vitesse du corps et sa masse4 ,si l'on dresse la d\ble *elle1 on con/at]a que la masse n'a aucune influ5ce sur la vitesse4 ,en inscrivant de mme1 dans deux colonnes p>allles1 l'int5sit de la lumire et la di/ance et en comp>ant les nombres obt5us1 on tr\ve que l'int5sit dcrot en raison du c>r de la di/ance4 ,ces comp>aisons ont p\r b de dc\vrir la loi qui ratta*e l'un l'autre deux ordres de phnomnes4 ,la loi tr\ve1 on peut alors1 et alors seulem5t1 remont] la cause hypo?tique du phnomne1 et encore ne faut-il pas se ht] de conclure3 c'e/ a9si que la *imie e/ en possession d'un gr& nombre de lois rem>quables1 mais qui ne laiss5t pas encore ap]cevoir les causes prcises des comb9aisons4 ,cette m?ode e/ la seule rationnelle ou1 du mo9s1 c'e/ la seule qui ait fait faire aux sci5ces naturelles de srieux et notables progrs4 ,c'e/ elle que la psy*ophysique doit donc1 autant que possible1 dem&] la solution de ses problmes4 ,a9si1 comme son b e/ de tr\v] les rapports de l'me et du corps1 elle doit t5ir deux regi/res o elle consign]a1 d'une "p1 les phnomnes corporels1 de l'autre1 les phnomnes spirituels1 et1 de plus1 elle accompagn]a *aque ordre de phnomnes d'une colonne o s]ont indiques les int5sits respectives des manife/ations4 ,a la vrit1 la psy*ophysique prs5te sur les autres sci5ces naturelles cet avantage qu'un gr& nombre de faits int]nes sont s\mis directem5t l'obs]vation et p]u tels qu'ils sont en eux-mmes1 sans altration1 sans erreur possible4 ,il e/ cep5dant rem>qu] que l'obs]vation int]ne1 comme n\s l'avons dj dit1 ne n\s fait pas connatre t\s les faits de cette nature1 et que1 prcism5t1 elle ne n\s claire pas sur ceux qu'il n\s s]ait le plus important de jug]1 savoir sur les faits int]nes primitifs4 ,mais il en e/ ici comme en beauc\p de sci5ces o l'on saisit avec pe9e les premi]s indices d'une =mation n\velle4 ,quant aux faits ext]nes correspondants1 c'e/ l'affaire de la physique et de la physiologie4 ,ces sci5ces ne sont gure arrives un degr d'a*vem5t dsirable1 surt\t la d]nire1 qui en e/ encore1 on peut le dire1 ses dbuts4 ,mais ce qui fait la difficult propre de la psy*ophysique1 c'e/ l'impossibilit presque complte o n\s sommes d'tablir le p>alllisme requis entre les faits int]nes et les faits ext]nes4 ,je connais directem5t ce qui se passe en moi1 je connais mes p5ses1 mes s5tim5ts1 mes volitions1 mais je ne puis saisir les faits corporels correspondant ces faits psy*iques4 ,et1 d'un autre ct1 si j'tudie les faits corporels en autrui1 je puis t\t au plus avoir une connaissance triplem5t rfl*ie des faits int]nes correspondant ces faits corporels4 ,triplem5t rfl*ie1 disons-n\s4 ,c>1 le fait int]ne saisi1 le pati5t le traduit p> la p>ole qui n'en e/ qu'une image imp>faite4 ,cette p>ole e/ ent5due p> moi et veille en moi une ide correspondante1 mais non id5tique celle qu'elle e/ c5se exprim]4 ,enf91 cette ide correspondante n'e/ qu'un s\v5ir et non une s5sation1 c'e/ dire une image trs affaiblie d'une s5sation vritable4 ,or1 les expri5ces faire dans ces conditions sont excessivem5t r>es4 ,on ne peut1 le plus s\v5t1 exprim5t] que sur le cadavre sur l'animal1 ou sur l'homme dans c]ta9s tats pa?ologiques4 ,appliquons ces rflexions au problme auquel n\s faisions tantt allusion1 du rapport entre le c]veau et la p5se4 ,quelle e/ la nature de ce rapport8 ,ncessairem5t1 il faut1 d'aprs ce qui a t dit1 dress] la d\ble *elle des modifications organiques correspondant aux modifications de la p5se4 ,admettons que je p5se la srie des nombres1 et qu' cette suite de p5ses correspond5t c]ta9es modifications organiques4 ,or1 voici les difficults1 p\r le dire1 insurmontables que le psy*ophysici5 va r5contr]4 ,il ne peut travaill] sur le c]veau vivant1 p> consqu5t1 sur le c]veau p5sant4 ,supposons qu'il puisse le faire1 que la bote crni5ne soit de pur cri/al1 et que ri5 ne lui *appe4 ,ce n'e/ pas son propre c]veau qui s]a s\mis l'expri5ce1 ce s]a le c]veau d'un autre1 et la p5se de cet autre1 il ne peut la connatre4 ,faisons encore une concession3 le pati5t p>l]a et sa p>ole s]a l'image exacte de sa p5se4 ,l'exprim5tateur p]cevra alors le fait int]ne en lui-mme1 le fait ext]ne *ez un autre2 p> suite1 la comp>aison e/ sujette des erreurs 9vitables et inapprciables4 ,allons plus lo93 accordons enf9 que l'analogie exi/e p>faite entre la p5se de l'exprim5tateur et celle du sujet2 il y a des modifications de la p5se extrmem5t importantes1 qui ne peuv5t se traduire p> la p>ole4 ,n'en citons qu'une4 ,le sujet p5se la srie des nombres2 mais il fait plus ou mo9s att5tion ce qu'il p5se1 et le degr d'att5tion n'e/ mme pas en sa puissance4 ,l'att5tion e/ un phnomne considrable accompagnant l'ex]cice de la p5se4 ,comm5t en mesur] la =ce8 ,un peu1 beauc\p sont des t]mes vagues qui ne sont pas d'usage dans les laboratoires1 o l'on s'exprime p> nombres1 poids ou volumes4 ,p> ce peu de mots on peut jug] de combi5 de difficults inextricables e/ ent\re la "q des rapports de la p5se et du c]veau4 ,n\s avons pris p\rtant l'exemple le plus simple que l'on puisse *oisir4 ,que s]ait-ce s'il s'agissait de dt]m9] la loi des modifications organiques correspondant aux diffr5tes espces de dsirs1 de s\ffrances1 de joies vagues ou dt]m9es1 sans objet ou ayant un objet di/9ct et prcis1 accompagnant l'inspiration du pote1 de l'arti/e1 les rflexions pr(ondes du savant1 du gomtre1 du mtaphysici58 ,l'esprit s'arrte effray devant cette quantit d'inconnues dont *acune e/ fonction d'une inf9it d'autres inconnues4 ,en prs5ce des difficults qui ent\r5t 9vitablem5t les re*]*es de la psy*ophysique1 faut-il dsespr] du problme de la psy*ologie8 ,non c]tes4 ,il e/ heureusem5t des phnomnes psy*iques--et ce sont prcism5t ceux qui se rappro*5t des faits primitifs--dont les phnomnes physiques correspondants peuv5t tre apprcis p> la mme p]sonne4 ,la plup>t des phnomnes s5sibles sont dans ce cas4 ,si1 p> exemple1 je monte une montagne1 il y a un c]ta9 phnomne corporel qui consi/e en une dp5se de =ce1 et un c]ta9 phnomne int]ne qui y correspond1 la fatigue4 ,plus la dp5se de =ce augm5te1 plus aussi s'augm5te la fatigue4 ,n\s sommes en droit de s\ponn] entre ces deux phnomnes une c]ta9e relation et n\s p\vons n\s occup] de la tr\v]4 ,il e/ assez facile d'valu] la dp5se de =ce4 ,on peut sans trop d'inconvni5t la reg>d] comme quival5te au travail extrieur produit4 ,ce travail e/ proportionnel au poids du corps et la hauteur4 ,il faut exactem5t la mme =ce p\r lev] d'un mtre un poids donn1 quelle que soit d'ailleurs la hauteur laquelle se tr\ve le poids4 ,le millime mtre gravir ne dem&e pas plus de =ce que le premi]4 ,le travail effectu et1 p> consqu5t1 la =ce dp5se1 crot donc avec la hauteur2 il e/ dix fois aussi gr& aprs le millime mtre qu'aprs le c5time4 ,la fatigue croit-elle dans le mme rapport8 videmm5t non4 ,il e/ c]ta91 p> exemple1 que la fatigue pr\ve p> n\s p\r gravir le millime mtre peut tre beauc\p plus gr&e que celle que n\s avons ress5tie en gravissant le premi]1 et elle peut mme pr5dre un tel degr d'int5sit que n\s ne puissions pas atte9dre le deux-millime mtre4 ,la fatigue e/-elle proportionnelle la hauteur8 ,e/-elle mille fois plus gr&e p\r le millime mtre que p\r le premi]8 videmm5t non encore4 ,p\r obt5ir la vraie relation entre le travail effectu et la fatigue1 il faut p\voir appliqu] celle-ci une mesure1 il faut mesur] la fatigue4 ,ce que n\s disons de la fatigue1 n\s p\rrions le dire de la s5sation de lumire qui n'e/ pas proportionnelle non plus l'int5sit de la lumire1 ou de la s5sation auditive qui ne crot pas davantage avec la =ce du son1 et1 en gnral1 de t\tes les s5sations4 ,il faut donc avant t\t arriv] appliqu] la mesure aux faits int]nes1 c>1 sans le nombre1 il n'y a pas de comp>aison possible1 pas de loi =mul]4 ,cette condition prlim9aire n'e/ pas facile remplir4 ,elle prs5te1 elle aussi1 des difficults trs gr&es4 ,n\s v]rons comm5t on a *]*1 soit les rs\dre1 soit les t\rn]4 ,rsumons-n\s4 ,la sci5ce des rapports de l'me et du corps doit s'appuy] sur les faits tant psy*iques que physiques1 et non uniquem5t sur les faits corporels2 la m?ode matriali/e ou physiologique e/ p> cela mme c>te4 ,elle doit sortir du doma9e de la consci5ce et remont] aux faits primitifs2 la m?ode d'obs]vation1 la psy*ologie descriptive et classificative e/ donc insuffisante1 et mme impuissante1 puisqu'elle reg>de comme des phnomnes simples prcism5t les produits les plus complexes de la p5se4 ,enf91 elle doit faire appel l'expri5ce1 n'nonc] des lois1 ne remont] aux causes qu' bon esci5t2 elle se ti5t1 p> consqu5t1 en g>de contre la spculation1 l'intuition ou la dialectique1 t\s procds qui consi/5t sub/itu] le rve la ralit1 un sy/me idologique bas sur des vues a priori l'en*anem5t des *oses rsultant de =ces naturelles4 ,mais si elle e/ p]suade que ni la physiologie1 ni les psy*ologies des coles1 ni la spculation1 n'attaqu5t pas directem5t la "q1 elle ne rep\sse cep5dant pas sy/matiquem5t les s]vices indirects que ces sci5ces peuv5t lui r5dre4 ,elle accueille les lumires de quelque "p qu'elles vi5n5t4 #a ,il rgne1 en gnral1 beauc\p d'arbitraire et de confusion dans les dnom9ations des sy/mes1 et il s]ait vraim5t dsirable que l'on r=mt1 s\s ce rapport1 le langage philosophique4 ,voici un exemple de t]m9ologie qu'on p\rrait adopt]1 s\s rs]ve1 naturellem5t1 de dsignations plus ju/es4 ,les sy/mes philosophiques qui conduis5t la ngation de l'un des deux pr9cipes app>ti5drai5t au monisme1 les autres au dualisme ou l'unicisme 7pan?isme s\s t\tes ses =mes74 ,le monisme se divis]ait en deux classes3 les sy/mes matriali/es qui1 n'admettant que la matire ou lui attribuant un rle prpondrant1 expliqu5t t\t p> elle 7en faisant de l'esprit une tabula rasa7--et les sy/mes spirituali/es1 qui n'admett5t que l'esprit1 ou lui donn5t une importance considrable 7en reg>dant la matire comme in]te74 ,ceux qui mett5t peu prs sur la mme ligne l'esprit et le corps p\rrai5t port] le nom d'h>moni/es4 ,au po9t de vue de l'orig9e de nos connaissances1 ceux qui s\ti5n5t qu'elles n\s vi5n5t des *oses s'appell]ai5t rali/es1 et ceux qui p5s5t que n\s les tirons de n\s-mmes 7ides innes7 s]ai5t dits idali/es2 ceux qui admett5t p\r nos ides une d\ble orig9e s]ai5t appels syn?ti/es4 ,enf91 au po9t de vue de la m?ode1 il y aurait des empiri/es1 se cont5tant de l'obs]vation1 soit ext]ne1 soit int]ne2 des spculatifs1 s'adressant uniquem5t la raison1 l'intuition intellectuelle 7,fi*te1 ,s*ell+1 ,hegel1 etc472 des dialecti/es1 classant les faits f\rnis p> l'obs]vation1 remontant des faits plus gnraux1 puis aux pr9cipes et aux causes 7la plup>t des psy*ologi/es franais du comm5cem5t du sicle1 a9si que ,socrate1 ,platon1 ,ari/ote lui-mme74 ,actuellem5t1 on appelle spiritualisme la doctr9e qui admet l'exi/5ce de l'esprit2 mais il n'exi/e pas de nom p\r dsign] celle qui nie l'exi/5ce des corps4 ,et puis1 au fond1 qui nie l'exi/5ce de l'esprit8 ,ce n'e/ ni ,ari/ote1 ni ,locke1 ni ,condillac1 ni d',holba*1 ni ,vogt1 ni ,b*n]4 ,si donc1 on veut des noms gnriques1 il faut avant t\t s'ent5dre sur leur signification4 #b ,cette consqu5ce e/ rig\reuse1 et l'idalisme de ,hegel l'a am5e autant comme cont5ue dans le sy/me que comme effet de raction4 ,il y a des savants1 p>mi les plus illu/res1 qui s\ti5n5t que le corps de l'homme et celui des animaux sont des app>eils de physique et de *imie1 mais que notre me libre habite dans notre corps1 sans tre s\mise aux lois qui le rgiss5t4 ,ils croi5t p> cette hypo?se sauveg>d] le pr9cipe spirituali/e4 ,erreur6 ,les malades dans le dlire1 les ins5ss1 les idiots ont-ils cette me libre8 ,oui1 dis5t-ils1 mais elle ne peut se manife/]1 p>ce que les organes sont dans un tat morbide ou imp>fait4 ,soit2 mais alors1 qui me rpond que les animaux n'ont pas1 eux aussi1 une me raisonnable1 et que1 s'ils ne font pas acte de raison1 c'e/ p>ce que leurs organes imp>faits s'y oppos5t8 ,et de l1 faire de l'me un produit de l'organisme1 il n'y a qu'un pas1 si mme il e/ beso9 d'un pas3 "q de mots4 #c ,on peut rappro*] ce raisonnem5t de ce que n\s disons propos du pr9cipe de contradiction1 p4 #ahe et suiv4 de notre ,essai de logique sci5tifique4 ,n\s y tablissons que t\t jugem5t qui se nie lui-mme e/ ncessairem5t faux1 et n\s y faisons rem>qu] qu'il exi/e un gr& nombre de p>eils jugem5ts accepts cep5dant comme des espces d'axiomes1 p> exemple3 ,pas de ?orie1 ri5 que des faits6--,il ne faut avoir d'op9ion arrte sur ri54--,la vrit e/ relative aux temps et aux lieux4--,t\te connaissance objective e/ impossible1--c'e/ dire1 les propositions fondam5tales des positivi/es1 des sceptiques1 des clectiques1 des idali/es4 ,on peut donc y aj\t] la =mule du matrialisme4 99 99 99 99 99 ,,iii ,,de ,l',,orig9e ,,des ,,jugem5ts ,,consci5ts ,dans les pages prcd5tes1 n\s croyons avoir dgag la m?ode suivre p\r procd] la re*]*e des lois et des causes des phnomnes int]nes4 ,p\r cela n\s devons remont] la s\rce de ces phnomnes en pntrant le plus pr(ondm5t que n\s p\rrons dans le doma9e de l'inconsci5ce1 complt] et contrl] les faits que n\s recueill]ons sur la r\te1 en rec\rant dans ce b une production artificielle de phnomnes psy*iques1 enf91 n\s aid]1 autant que possible1 de la mesure et du calcul4 ,n\s allons essay] de donn] une ide seulem5t de la manire dont on peut remplir ce programme4 ,il e/ impossible1 en effet1 de faire connatre dans un simple rsum t\s les rsultats des travaux considrables entrepris dans cette direction p> d'illu/res savants tels que les ,web]1 les ,fe*n]1 les ,helmholtz4 ,n\s n'aurons pas non plus la prt5tion de prs5t] ces rsultats comme inconte/ables1 mais1 n\s les appui]ons sur des preuves exprim5tales4 ,p\r les rep\ss]1 il faudra donc aussi des argum5ts de mme nature et non des phrases mtaphysiques1 si spcieuses1 d'ailleurs1 qu'elles puiss5t tre4 ,i4 ,dcomposition des jugem5ts consci5ts4 ,la plup>t des jugem5ts consci5ts sont des syn?ses de jugem5ts antrieurs et1 en d]nire analyse1 d'un c]ta9 nombre de jugem5ts qui sembl5t primitifs1 p>ce que la consci5ce ne pntre pas au del4 ,attributs e/htiques1 attributs c9matiques4 ,si n\s ne v\lons pas n\s g>] dans la re*]*e de l'orig9e des phnomnes psy*iques et notamm5t de la p5se1 n\s ne devons c]tes pas1 a9si que n\s l'avons dj dit1 comm5c] p> les ides qui se prs5t5t les d]nires dans l'ordre du dveloppem5t intellectuel4 ,le meilleur sujet d'obs]vation e/ donc l'enfant1 arriv cep5dant l'ge o il e/ dj en tat de se r5dre compte de ses jugem5ts et de ses raisonnem5ts2 c> t\te p5se1 comme on le v]ra de mieux en mieux1 mesure que n\s avanc]ons dans notre tude1 e/ une affirmation1 un jugem5t plus ou mo9s implicite4 ,*]*ons donc analys] les actes de sa jeune intellig5ce4 ,dans une de nos prom5ades1 n\s r5controns un paon4 ,l'enfant n'en a pas encore vu4 ,le bel oiseau6 s'crie-t-il4 ,voil une exclamation qui implique ce jugem5t3 ce que je vois e/ un oiseau4 ,mais ce jugem5t1 en app>5ce in/antan1 n'e/ pas primitif4 ,p\r n\s en assur]1 il suffit de le faire s'expliqu]4--,comm5t sais-tu que c'e/ un animal1 que ce n'e/ pas une plante ou une pi]re8--,p>ce qu'il se meut1 p>ce qu'il e/ s5sible#a4--;,d'o juges-tu qu'il se meut8--,p>ce que je le vois bi54--,p\rquoi dis-tu qu'il e/ s5sible8--,p>ce qu'il t\rne ses yeux v]s n\s1 qu'il n\s c\te qu& n\s p>lons2 puis1 p>ce qu'il mange4--,d'o sais-tu qu'il t\rne ses yeux v]s n\s8--,je le vois bi54--,mais e/-ce ncessairem5t un oiseau8 n'e/-ce pas un quadrupde1 un poisson8--,non1 p>ce que je vois qu'il a deux pattes1 qu'il a des plumes1 des ailes1 un bec4--,e/-ce une p\le8--,non1 p>ce qu'il e/ v]t et bleu1 et que les p\les ne sont ni v]tes1 ni bleues2 p>ce qu'il a un cri diffr5t de celui de la p\le1 etc4--,qu'en sais-tu8--,p>ce que je le vois1 p>ce que je l'ent5ds4 ,d'aprs cette analyse1 n\s p\vons n\s conva9cre que le jugem5t3 le paon e/ un oiseau1 e/ une syn?se1 une conclusion1 p>faitem5t consci5te1 d'un nombre notable de jugem5ts antrieurs1--que ceux-ci1 leur t\r1 ont t raisonns plus ou mo9s rapidem5t et qu'ils repos5t1 en df9itive1 sur des jugem5ts en app>5ce primitifs4 ,l'enfant a reconnu au m\vem5t que le paon e/ un animal2 sa =me1 que c'tait un oiseau2 sa =me encore et1 en outre1 sa c\leur1 son cri1 que ce n'tait ni une p\le1 ni un can>d1 ni aucun oiseau lui connu4 ,si on lui avait prs5t d'autres objets1 des fleurs ou des fruits1 il aurait fait int]v5ir l'odeur1 le gt1 puis1 la temprature1 la compressibilit1 etc4 ,mais si n\s dem&ons l'enfant p\rquoi il dit d'un objet qu'il se meut ou qu'il e/ v]t1 il s]a p>faitem5t hors d'tat de donn] une rponse qui signifie autre *ose que ceci3 p>ce qu'il se meut1 p>ce qu'il e/ v]t4 ,il a rpondu1 autant qu'il l'a pu1 aux p\rquoi2 il a tr\v dans sa consci5ce les p>ce que qu'on lui dem&ait2 mais on f9ira t\j\rs p> lui pos] des p\rquoi dont il ne p\rra donn] les p>ce que4 ,en d'autres t]mes1 on arrive des jugem5ts lm5taires qui1 dans la consci5ce1 s]v5t de bases d'autres jugem5ts subsqu5ts1 mais qui sembl5t ne pas avoir de raison eux-mmes4 ,ils =m5t la limite du doma9e de notre consci5ce actuelle4 ,mais1 videmm5t1 on ne doit pas s'arrt] l4 ,qu& je dis d'un objet qu'il e/ v]t1 j'ent5ds p> l qu'il n'e/ ni bleu1 ni r\ge1 ni jaune2 il y a des raisons qui m'ont fait lui attribu] cette c\leur et non une autre4 ,le bleu1 le r\ge1 le v]t ont p\r moi c]ta9s c>actres qui me dt]m95t1 d'un ct1 rang] ces attributs p>mi les c\leurs1 et1 d'un autre ct1 les di/+u] l'un de l'autre4 ,mais ne me dem&ez pas en quoi le v]t ressemble au r\ge1 ni en quoi il ne lui ressemble pas4 ,je ne saurais v\s rpondre4 ,je ne v\s satisf]ai pas davantage si v\s v\lez savoir de moi en quoi une c\leur1 diffre d'un son ou d'une odeur4 ,ce sont ces jugem5ts lm5taires que le psy*ophysici5 doit spcialem5t tudi]2 c'e/ eux qu'il doit s'adress] p\r obt5ir quelques r5seignem5ts sur la nature de la p5se4 ,il ne p>vi5dra peut-tre pas compltem5t lucid] l'orig9e de ces jugem5ts2 mais il sait l'avance que1 s'il n'y russit pas1 il n'expliqu]a pas davantage les autres jugem5ts que t\t tre s5sible ou raisonnable peut =m]4 ,en effet1 s'il ne m'appr5d pas comm5t j'ai la notion du m\vem5t1 de la =me1 des c\leurs1 des odeurs1 des sons1 il s]a bi5 plus impuissant me dire comm5t je possde les notions ab/raites ou morales1 puisqu'elles m'ont app>u aprs les premires4 ,il sait encore que s'il r5d compte de l'exi/5ce en moi de ces ides lm5taires1 il aura pos un premi] jalon1 il aura jet les fondem5ts de la sci5ce4 ,les jugem5ts lm5taires port5t sur les qualits des objets4 ,ces qualits sont de deux espces3 les unes app>aiss5t comme app>t5ant ncessairem5t t\t objet1 quelle que soit d'ailleurs la manire dont il affecte notre s5sibilit2 telles sont la mobilit1 la dure1 l't5due1 la =me2 les autres sont ondoyantes et dp5d5t ess5tiellem5t de notre manire de s5tir2 tels sont le gt1 l'odeur1 la c\leur1 la temprature1 la sonorit4 ,le nombre des premires e/ dt]m9 en soi2 celui des secondes1 en n\s1 c> *aque s5s correspond une qualit s5sible4 ,une fleur n'a de c\leur que p\r l'tre d\ du s5s des c\leurs1 et elle n'a d'odeur que p\r l'tre d\ d'odorat4 ,appelons e/htiques les attributs relatifs notre con/itution s5sible1 p\r les di/+u] de ces attributs inhr5ts t\t objet et indp5dants de notre s5sibilit1 et auxquels n\s donn]ons le nom de c9matiques1 p>ce qu'ils driv5t t\s du m\vem5t1 comme on le v]ra ensuite1 et que n\s en acqurons la notion grce au s5tim5t de la motilit4444 ,ma9t5ant il s'agit de procd] l'analyse des jugem5ts e/htiques et des jugem5ts c9matiques1 de t*] d'en p\rsuivre la =mation jusque dans l'inconsci5ce4 ,,ii4 ,analyse de la s5sibilit4 ,analyse de la s5sation de c\leur4 ,les jugem5ts sur les qualits s5sibles des objets ne sont pas primitifs3 ils repos5t sur un raisonnem5t dont on n'a pas consci5ce et dont les prmisses se tr\v5t en gr&e p>tie dans l'habitude et l'in/9ct4 ,n\s comm5c]ons p> les jugem5ts e/htiques4 ,n\s allons re*]*] d'o dp5d le jugem5t que n\s portons sur les phnomnes de lumire1 de son1 etc41 jugem5t r5f]m dans la s5sation et qui peut s'exprim] p> les mots3 je vois1 j'ent5ds1 etc4 ,n\s dmontr]ons qu'il n'e/ pas primitif1 bi5 qu'il app>aisse la consci5ce comme tel4 ,naturellem5t1 on ne peut ici pass] en revue t\tes les espces de s5sations et les s\mettre l'analyse4 ,la dmon/ration port]a uniquem5t sur les s5sations de c\leur qui possd5t d'ailleurs au plus haut degr les c>actres du primitif app>5t3 ,n\s esprons montr] que ce jugem5t3 je vois du v]t1 e/ la conclusion d'une srie indf9ie de jugem5ts antrieurs ensevelis dans l'inconsci5ce4 ,le lecteur admettra facilem5t que t\te autre s5sation e/ susceptible d'une dcomposition analogue4 ,du re/e1 n\s le croyons du mo9s1 la sci5ce n'e/ encore p>v5ue analys] suffisamm5t que les s5sations sonores et lum9euses2 le gt et l'odorat surt\t n'ont pas1 que n\s sa*ions1 t l'objet de re*]*es appr(ondies4 ,mais les rsultats obt5us en optique et en ac\/ique psy*ologiques font assez press5tir la nature de ceux qui re/5t obt5ir4 ,la "q rs\dre se pose en ces t]mes3 ,a quoi reconnais-je le v]t1 et p\rquoi e/-ce que je ne le confonds pas avec le r\ge8 ,je p\rrais de mme me dem&]3 ,a quoi reconnais-je l'odeur de la rose1 et p\rquoi e/-ce que je ne la confonds pas avec celle de la violette8 ,qu'e/-ce qui me fait di/+u] le son de la trompette de celui de la flte8 ,il semble1 en effet1 que ce jugem5t3 je vois le v]t1 comme ceux-ci3 je s5s l'odeur de la rose et j'ent5ds le son de la trompette1 e/ immdiat1 primitif4 ,t\t d'abord1 prmunissons le lecteur contre une mprise possible4 ,il ne faut pas qu'on s'imag9e avoir rsolu la difficult en rpondant que le v]t a une longueur d'ondulation plus petite que le r\ge2 pas plus que1 p\r employ] un exemple famili] la gnralit des lecteurs1 on ne donn]ait une rponse satisfaisante la "q3 ,a quoi di/+uons-n\s une note de sa qu9te ou de son octave8 en disant que la qu9te1 l'octave1 r5f]me une demi-fois1 une fois autant de vibrations dans le mme temps4 ,en effet1 il ne s'agit pas ici d'une analyse physique1 mais d'une analyse psy*ologique4 ,que l'octave ait deux fois plus de vibrations que le ton fondam5tal1 je n'y contr$is pas1 mais mon me n'en sait ri52 elle juge le ton fondam5tal di/9ct de l'octave et de la qu9te1 sans qu'elle ait le mo9s du monde beso9 de savoir que le son e/ produit p> les vibrations d'un corps la/ique et que le nombre de ces vibrations en dt]m9e la qualit4 ,d'ailleurs1 quel rapport y a-t-il entre les vibrations et l'audition1 entre les vibrations et la vision8 ,c'e/ l prcism5t ce qu'il faudrait dire2 et rpondre comme on s]ait t5t de le faire1 c'e/ prjug] la "q1 c'e/ tomb] dans le mme vice de raisonnem5t que celui que n\s avons signal propos des rapports du c]veau et de la p5se3 ,quelle relation1 disions-n\s1 exi/e-t-il entre une p5se et la dcomposition *imique d'une c]ta9e quantit de sub/ance n]veuse8 ,mais du mo9s1 dira-t-on encore1 la s5sation correspond t\j\rs une impression organique4 ,c'e/ une erreur4 ,voici une expri5ce qui pr\ve premptoirem5t que la s5sation de c\leur peut repos] uniquem5t sur un acte de la p5se4 ,reprs5tez-v\s une *ambre obscure dans le volet de laquelle sont pratiques deux ouv]tures2 l'une d'elles1 ,b1 laisse pntr] la lumire blan*e1 l'autre1 ,r1 grce une vitre colore1 ne laisse pntr] que la lumire r\ge4 ,l'intrieur de la *ambre1 et notamm5t la p>oi oppose que n\s supposons tre blan*e1 sont donc clairs p> un mlange de lumire blan*e et de lumire r\ge1 c'e/ dire1 en somme1 p> de la lumire r\ge un peu affaiblie4 ,imag9ez qu'on place un corps opaque ,c1 un bton p> exemple1 sur le passage des rayons lum9eux4 ,deux ombres1 b et r1 s]ont projetes sur la p>oi4 ,l'ombre b ne recevra aucun rayon r\ge2 elle s]a uniquem5t claire p> la lumire blan*e mane de l'ouv]ture ,b2 elle s]a donc1 en ralit1 blan*e ou plutt grise--c> n\s appelons gris un blanc mo9s clair4 ,de son ct1 l'ombre r ne s]a aucunem5t claire p> la lumire blan*e2 mais1 en revan*e1 elle le s]a p> la lumire r\ge manant de l'ouv]ture ,r4 ,et1 en effet1 elle v\s p>atra d'un r\ge vif4 ,mais la p>oi v\s sembl]a d'un r\ge trs ple1 et l'ombre b1 v\s la jug]ez d'un v]t int5se4 ,illu/ration ,cette app>5ce ne repose sur aucune raison physique ou physiologique2 c> la p>tie de la rt9e sur laquelle tombe l'image de l'ombre b n'e/ objectivem5t ni subjectivem5t affecte en v]t4 ,cep5dant1 v\s s\ponnez sans pe9e que c'e/ la prs5ce de la vitre r\ge place en ,r qu'e/ due cette illusion4 ,en effet1 si n\s tons cette vitre1 bi5 que l'ombre b cont9ue recevoir exactem5t la mme lumire qu'aup>avant1 tant en qualit qu'en quantit1 elle v\s app>atra grise2 et si n\s sub/ituons la vitre r\ge une vitre v]te1 elle v\s app>atra r\ge4 ,v\s p\rrez donc1 avec raison d'ailleurs1 s\ponn] que c'e/ dans la c\leur de la lumire rp&ue dans la *ambre que rside la cause de l'erreur4 ,p\ssons l'expri5ce plus lo94 ,rtablissons les *oses dans leur tat primitif1 et considrez l'ombre b1 que v\s voyez v]te1 trav]s un tube troit qui v\s p]mette de voir l'ombre sans en voir les bords4 ,elle p]si/e v\s p>atre v]te4 ,supprimons la vitre r\ge1 p5dant que v\s cont9uez reg>d] l'ombre trav]s le tube1 v\s la voyez t\j\rs v]te4 ,remplaons la vitre r\ge p> une vitre v]te1 bleue1 jaune1 de n'importe quelle c\leur1 l'ombre ne *ange pas d'aspect4 ,faisons l'expri5ce en s5s inv]se4 ,supprimons le v]re color et c>tez le tube de votre il4 ,v\s le savez1 l'ombre v\s app>atra grise1 comme elle l'e/ en effet4 ,repr5ez votre tube et considrez de n\veau l'ombre1 v\s la jug]ez grise4 ,p5dant que v\s tes dans cette position1 n\s replaons la vitre r\ge1 puis n\s lui en sub/ituons une v]te1 une bleue1 une jaune2 votre jugem5t ne v>ie pas3 l'ombre e/ grise4 ,comb9ons les deux expri5ces2 et cette ombre b1 qui en fait e/ grise1 pass]a c\p sur c\p p> t\tes les c\leurs1 sans que l'on puisse assign] aucune cause physique ou physiologique au phnomne4 ,remettons encore une fois t\t dans son premi] tat3 la vitre r\ge e/ place l'ouv]ture ,r1 l'ombre b e/ juge v]te4 ,v\s mettez ensuite le tube l'il de manire ne voir que l'ombre4 ,v\s savez que celle-ci v\s app>at du mme v]t4 ,enlevons la vitre r\ge2 votre jugem5t ne v>ie pas4 ,mais supprimez votre tube ou1 ce qui revi5t au mme1 c>tez-le lgrem5t de sa position premire1 de manire voir un des bords de l'ombre1 celle-ci v\s app>atra immdiatem5t grise4 ,repr5ez le tube de manire ne voir que l'ombre4 ,v\s v\s att5dez revoir celle-ci v]te4 ,pas le mo9s du monde2 v\s la voyez grise4 ,n\s allons replac] la vitre r\ge4 ,cette fois-ci1 v\s en tes c]ta91 v\s rev]rez votre ombre v]te4 ,erreur6 v\s la voyez encore grise4 ,mais si v\s c>tez de n\veau le tube de manire voir un bord de l'ombre1 la c\leur v]te rep>at4 ,si v\s remettez ensuite le tube dans sa premire position1 v\s la v]rez v]te comme aup>avant1 et n\s p\rrons recomm5c] le c]cle de nos expri5ces4 ,si l'on v>ie la c\leur de la vitre place l'ouv]ture ,r1 on p\rra1 en procdant de la mme faon1 faire pass] l'ombre b p> t\tes les c\leurs du spectre1 en c>tant ou en r$isposant le tube au mom5t v\lu4 ,cette expri5ce ne laisse pas de place au d\te4 ,les erreurs rsid5t uniquem5t dans le jugem5t4 ,or1 le jugem5t1 dans ce cas1 e/ immdiat1 ou du mo9s e/ tel aux yeux du s5s intime2 et v\s avez beau savoir que l'ombre e/ grise1 que v\s devriez la voir grise1 v\s la v]rez immanquablem5t v]te ou grise1 suivant la phase de l'expri5ce dans laquelle v\s v\s tr\v]ez4 ,la cause de l'erreur n'tant ni physique1 ni physiologique1 e/ donc psy*ologique et gt dans l'inconsci5ce4 ,n\s allons la dgag]4 ,on sait que l'on nomme complm5taires deux c\leurs qui1 p> leur runion1 produis5t le blanc4 ,a9si1 le r\ge et le v]t sont complm5taires1 de mme que le jaune et l'indigo1 le bleu et l'orange1 etc4 ,il rsulte de l que si l'on fait pass] de la lumire blan*e trav]s une vitre r\ge1 celle-ci1 ne laissant trav]s] que les rayons r\ges1 arrte les rayons v]ts4 ,qu& n\s disons que la vitre r\ge ne laisse pass] que les rayons r\ges1 n\s allons trop lo94 ,en ralit1 une c]ta9e quantit1 plus ou mo9s considrable1 de lumire blan*e1 trav]se aussi la vitre1 de sorte que le r\ge que n\s voyons e/1 au fond1 un mlange de lumire blan*e et de lumire r\ge4 ,supposons p\r un in/ant cep5dant que cette vitre ne laisse pass] que les rayons r\ges4 ,supposons aussi que n\s reg>dions trav]s ce v]re une feuille de papi] blanc1 sur laquelle on a plac un pa9 ca*et] v]t2 et1 enf91 admettons que ce pa9 ca*et] soit d'un v]t absolu1 d'un v]t ne cont5ant aucune autre c\leur4 ,comme les rayons v]ts ne peuv5t trav]s] la vitre r\ge1 il e/ clair que n\s v]rons trav]s celui-ci un papi] r\ge1 sur lequel se tr\ve coll un pa9 ca*et] noir4 ,mais il n'y a pas dans la nature de v]t absolu2 en ralit1 t\s les v]ts sont mlangs1 entre autres1 de c\leur blan*e2 et1 comme notre vitre r\ge1 n\s l'avons dit1 laisse aussi pass] de la c\leur blan*e1 notre papi] n\s devrait faire l'effet d'un papi] r\ge sur lequel se tr\v]ait plac un pa9 ca*et] gris4 ,il n'en e/ p\rtant pas a9si2 n\s jug]ons le papi] comme plus ou mo9s blanc et le pa9 ca*et] comme plus ou mo9s v]t4 ,d'o cela provi5t-il8 ,de l'ex]cice auquel n\s avons s\mis nos s5s4 ,n\s l'avons dit prcdemm5t1 t\s nos s5s sont dirigs v]s la connaissance de l'extrieur1 et nullem5t v]s celle de leurs modifications subjectives4 ,c>1 dans la lutte p\r l'exi/5ce1 c'e/ de cette connaissance plus ou mo9s p>faite que dp5d5t nos plus ou mo9s gr&s avantages4 ,or1 un de nos moy5s de connaissance l'g>d des objets1 c'e/ leur c\leur4 ,n\s n\s sommes donc ex]cs reconnatre les c\leurs trav]s les modifications de la lumire ambiante4 ,celle-ci e/ extrmem5t v>iable1 suivant l'aspect et la disposition des nuages1 l'tat de l'atmosphre1 la c\leur des objets qui rfl*iss5t ou rfract5t la lumire solaire1 enf91 p\r mille raisons4 ,n\s savons1 p> exemple1 que la lumire du soleil levant e/ rose1 que celle du soleil c\*ant e/ r\ge2 que1 p> un temps d'orage1 elle pr5d une te9te s9i/re t\te p>ticulire4 ,ces v>iations1 n\s n\s sommes habitus en faire ab/raction4 ,n\s dgageons la lumire rfracte de la c\leur p>ticulire du milieu rfr+5t4 ,de mme1 n\s reconnaissons la c\leur rfl*ie des objets en faisant ab/raction de la c\leur propre de la sub/ance rfl*issante4 ,a9si1 n\s reconnatrons les diffr5tes c\leurs d'une tasse en porcela9e dans son image rfl*ie p> une table d'acaj\ poli4 ,de l1 n\s avons f9i p> savoir jug] du v]t trav]s le r\ge4 ,physiquem5t p>lant1 le v]t vu trav]s du r\ge doit p>atre gristre2 mais notre jugem5t r$resse cet effet2 comme n\s voyons que le gris qui frappe notre il e/ p]u trav]s le r\ge1 n\s en concluons que ce gris provi5t ncessairem5t du v]t1 c> le v]t seul e/ vu gris trav]s le r\ge4 ,c'e/ p\r cela que n\s voyons ce pa9 ca*et] non gris1 mais v]t4 ,ici1 comme on le voit1 l'ex]cice1 l'habitude a rectifi l'impression faite sur nos s5s4 ,mais dans l'expri5ce que n\s avons in/itue1 cette mme habitude eng5dre l'erreur4 ,en effet1 qui ne voit ma9t5ant que n\s jugeons v]te l'ombre b qui1 en ralit1 e/ grise1 uniquem5t p>ce que n\s n\s figurons la voir trav]s la lumire r\ge1 puisque le r\ge e/ la lumire ambiante4 ,une fois que n\s l'avons juge v]te1 si n\s plaons notre tube1 il n'y a p\r n\s aucune raison de *ang] d'avis2 et il n'exi/e pas davantage de raison qu& on supprime la vitre r\ge1 puisque n\s n'pr\vons aucun *angem5t d'tat4 ,mais la vitre r\ge tant supprime et notre tube c>t1 n\s jugeons t\t de suite que la ta*e e/ grise1 p>ce que n\s croyons l'ap]cevoir trav]s la lumire blan*e2 et qu& n\s replaons notre tube devant l'il1 n\s p]si/ons la jug] grise1 quelque *angem5t que l'on fasse la lumire v5ant de l'ouv]ture ,r1 p>ce que1 encore une fois1 n\s n'pr\vons aucune v>iation d'tat de nature modifi] notre jugem5t4 ,cette expri5ce si saisissante1 on l'a v>ie de mille faons4 ,en voici une qui e/ la porte de t\t le monde4 ,qu'on pr5ne un c>r de papi] r\ge de la gr&eur d'une feuille de papi] de po/e ord9aire2 qu'on pose p> dessus une feuille de papi] blanc assez transp>5t p\r laiss] pass] la c\leur r\ge trav]s son tissu--il faut que ce papi] ait les dim5sions du papi] r\ge et qu'il le rec\vre exactem5t4 ,qu'on introduise entre les deux feuilles un morceau de papi] gris de la gr&eur d'un pa9 ca*et]2 n\s le jug]ons immdiatem5t v]t2 t&is que si n\s le plaons au dessus1 n\s le v]rons effectivem5t gris4 ,on compr5d sans pe9e la raison de ces deux jugem5ts en app>5ce contradictoires4 ,le papi] transp>5t1 bi5 que blanc1 n\s fait l'effet d'tre un papi] r\ge1 et1 ds lors1 le papi] gris1 que n\s ap]cevons en dess\s1 n\s croyons le voir trav]s du r\ge1 et n\s en concluons immdiatem5t qu'il doit tre v]t4 ,il n'en e/ plus de mme qu& n\s le voyons au dessus du papi] transp>5t et n\s n'avons pas de raison de port] un jugem5t erron4 ,*ose rem>quable et qui confirme l'explication que n\s v5ons de donn]1 c'e/ que1 si p5dant que le papi] gris e/ plac en dess\s du papi] transp>5t et jug v]t1 on place p> dessus et qu'on ti5ne la ma9 un autre petit morceau de papi] gris exactem5t de la mme nuance1 l'illusion disp>at p\r rep>atre aussitt qu'on le l*e4 ,la s5sation de c\leur1 qui e/ un jugem5t1 peut donc tre modifie p> les jugem5ts ports antrieurem5t4 ,le mme r\ge s]a vu diffremm5t suivant la c\leur qu'on aura reg>de avant lui4 ,il p>atra gris si notre reg>d vi5t de tomb] sur un r\ge vif2 r\ge trs vif1 au contraire1 si l'il s'e/ longtemps arrt sur du v]t4 ,c'e/ cet ensemble d'obs]vations qui con/itue l'art d'assortir les c\leurs que les femmes possd5t un si haut degr4 ,ce g5re d'analyse s'applique t\s les ordres de s5sation4 ,en musique1 une note e/ ju/e ou fausse suivant celles qui la prcd5t4 ,le gt d'une *ose e/ influ5c p> le gt des *oses qu'on a sav\res aup>avant4 ,c'e/ un fait qui e/ p>faitem5t la connaissance des g\rmets4 ,si l'on plonge une ma9 dans l'eau *aude1 l'autre dans l'eau froide1 puis qu'on les trempe t\tes les deux dans la mme eau tide1 la premire jug]a que cette eau e/ froide1 la seconde qu'elle e/ *aude4 ,il e/ donc ma9t5ant pr\v1 croyons-n\s1 que le jugem5t sur la c\leur repose1 sans d\te1 sur une proprit spciale de la sub/ance s5soriale optique1 mais aussi sur des jugem5ts antrieurs inconsci5ts1 et qui sont dev5us tels p> un effet de l'habitude ou p>ce qu'ils repos5t sur l'in/9ct4 ,quant ces deux facults1 n\s ne t>d]ons pas les df9ir4 ,,iii4 ,analyse de la motilit4 ,orig9e des notions de di/ance1 de direction1 de situation et de =me4 ,les jugem5ts sur la position et la =me des objets repos5t aussi sur un raisonnem5t inconsci5t1 fond lui-mme sur l'habitude et l'in/9ct4 ,l'il1 en tant qu'organe du s5s de l't5due1 ne doit tre envisag que comme app>eil musculaire4 ,passons ma9t5ant l'analyse de la manire dont se =m5t en n\s les ides qui se rapport5t aux proprits du m\vem5t et de l't5due1 et1 p\r le mom5t1 atta*ons-n\s aux plus complexes d'entre elles3 la gr&eur et la =me4 ,il semble aussi1 premire vue1 que la connaissance de la gr&eur et surt\t de la =me des objets n\s e/ f\rnie directem5t et immdiatem5t p> les s5s2 que si n\s jugeons d'une figure qu'elle e/ c>re1 c'e/ p>ce qu'elle l'e/ en effet4 ,cep5dant1 il suffit d'un peu de rflexion p\r voir qu'il n'en e/ pas t\j\rs a9si4 ,dans un tableau1 n\s reconnatrons une table c>re l o le pe9tre a dess9 un quadrilatre trs s\v5t irrguli]4 ,le tableau ne n\s fait illusion que p>ce qu'il reproduit fidlem5t l'effet que les objets font sur nos s5s4 ,on va voir que le jugem5t sur la =me dc\le1 comme les autres1 d'une srie indf9ie de jugem5ts antrieurs1 la plup>t inconsci5ts1 et qu'il se fonde en d]nire analyse sur la motilit1 c'e/ dire sur la facult de se m\voir1 t\t en ayant le s5tim5t de l'ef=t que l'on dploie p\r effectu] le m\vem5t4 ,cette proposition p\rrait premire vue se pass] de dmon/ration1 si n\s p>lions des aveugles1 dont la ma9 seule dirige le s5s musculaire2 mais elle e/ mo9s vid5te p\r des clairvoyants1 qui croi5t naturellem5t que l'il immobile leur fait connatre les figures et autres proprits de l'espace4 ,or1 l'il1 dans ce cas1 n'agit que comme directeur du s5s musculaire1 de la mme faon qu'agit le nez du *i51 qui lui p]met de suivre la pi/e du gibi]1 de la mme faon que le bton de l'aveugle1 qui l'av]tit des ob/acles qui se tr\v5t sur sa r\te4 ,l'il1 on le sait1 e/ un globe qui t\rne aut\r de son c5tre4 ,il e/ m p> quatre muscles 7n\s ne faisons pas m5tion des muscles obliques p\r ne pas compliqu] la dmon/ration7 placs en haut et en bas1 droite et gau*e1 et appels suprieur1 infrieur1 int]ne et ext]ne1 l'int]ne tant le muscle plac du ct du nez1 l'ext]ne1 le muscle oppos4 ,le fond de l'il e/ tapiss p> une membrane s5sible la lumire1 nomme la rt9e1 et un po9t de cette membrane1 la ta*e jaune1 e/ t\t p>ticulirem5t d\ cet g>d d'une s5sibilit extrme4 ,c'e/ proprem5t la ta*e jaune qui e/ l'organe dirigeant1 en ce s5s que n\s am5ons sur elle l'image du po9t lum9eux que n\s v\lons fix]4 ,on peut donc mom5tanm5t ne considr] qu'elle4 ,notre il peut a9si s'assimil] l'il plac au b\t des cornes du colimaon et que l'animal dirige v]s les po9ts lum9eux de l'espace4 ,il n'e/ plus ncessaire ma9t5ant de t5ir compte de la facult qu'a l'il de p]cevoir les c\leurs4 ,cette proprit e/ dev5ue indiffr5te2 il suffit qu'il di/+ue la lumire4 ,comm5ons p> la notion de di/ance1 ou celle de longueur qui s'id5tifie avec elle4 ,l'il1 comme les bras ou les jambes1 l'apprcie d'aprs l'ef=t qu'il doit faire p\r la p>c\rir2 s'il s'agit de l'apprciation de l'loignem5t p> la vue au moy5 des deux yeux1 d'aprs l'ef=t de conv]g5ce des deux yeux v]s le po9t fix2 p\r l'apprciation p> un il1 d'aprs l'ef=t dit d'accommodation4 ,donc t\te cause qui t5d augm5t] l'ef=t doit faire p>atre la di/ance plus longue1 et c'e/ ce que n\s p\vons vrifi] t\s les j\rs1 p\r les jambes1 du mo9s4 ,en dehors de t\t autre moy5 de contrle1 la fatigue1 la p>alysie1 la vieillesse augm5t5t les di/ances2 la d]nire lieue d'une j\rne de m>*e p>at plus longue que la premire4 ,en e/-il de mme p\r l'il8 ,on a fait des expri5ces dlicates qui mett5t ce po9t hors de d\te4 ,si l'on essaie de divis] une droite horizontale p]p5diculaire aux rayons visuels en deux p>ties gales1 on plac]a en moy5ne le po9t de division au milieu4 ,n\s disons en moy5ne1 c> si l'on rpte plusieurs fois l'opration1 les erreurs se tr\v]ont tantt droite1 tantt gau*e1 de manire se comp5s] et s'annul]4 ,supposons que sur la moiti de gau*e de cette ligne on m>que de di/ance en di/ance quelques po9ts et qu'on fasse ensuite rpt] l'expri5ce#b1 le po9t de division s]a en moy5ne v]s la gau*e4 ,d'o provi5t donc que ma9t5ant la portion de gau*e lui p>at aussi longue que la portion de droite1 bi5 qu'elle soit plus petite8 ,cela provi5t videmm5t des po9ts que l'on a m>qus sur cette p>tie et qui ont eu p\r effet d'int]rompre l'il dans sa m>*e et d'augm5t] sa fatigue4 ,c'e/ comme le piton qui voyage avec un ami qui l'arrte *aque pas p\r lui communiqu] une obs]vation4 ,quant la cause de ce surcrot de fatigue1 elle e/ t\te mcanique4 ,il y a =ce p]due p\r le m\vem5t#c *aque fois qu'un corps passe du repos au m\vem5t1 ou rciproquem5t1 ou mme qu& il y a simplem5t *angem5t de vitesse4 ,c'e/ a9si qu'un *eval doit faire plus d'ef=t p\r mettre en branle une l\rde *>rette que p\r la tran] ds qu'elle e/ en m>*e4 ,il suit de l que l'ef=t que doit faire l'il p\r mesur] une ligne se compose de plusieurs ef=ts conscutifs3 le premi] p\r se mettre en m\vem5t1 le second p\r p>c\rir cette ligne1 le troisime p\r s'arrt]4 ,le premi] et le d]ni] int]vi5n5t dans la mesure de t\te ligne1 quelle qu'en soit la longueur4 ,et1 p> suite1 si l'on comp>e deux lignes de gr&eurs diffr5tes1 la plus petite s]a comp>ativem5t plus augm5te que la plus gr&e4 ,supposons1 p> exemple1 que cet ef=t p]du corresponde une longueur d'un millimtre2 une ligne d'un c5timtre s]a vue comme si elle avait onze millimtres1 et une ligne de deux c5timtres1 d\ble1 p> consqu5t1 p>atra comme une ligne de v+t et un millimtres1 ce qui n'e/ pas le d\ble de onze millimtres4 ,de mme1 si l'on divise une ligne v]ticale1 on plac]a en gnral le po9t de division trop haut4 ,cela provi5t de ce que le muscle qui tire l'il en haut p\r lui faire apprci] la moiti suprieure1 e/ plus faible que celui qui l'abaisse p\r lui faire apprci] la moiti infrieure4 ,la mme expri5ce peut subir une petite modification qui la r5d saisissante4 ,si l'on exam9e un #h imprim1 ou une ,s1 un ,z1 un ,x1 on tr\v]a la p>tie suprieure un peu plus petite que la p>tie infrieure4 ,cela exi/e en fait4 ,mais si l'on ret\rne le *iffre ou la lettre1 on tr\v]a que cette diffr5ce e/ norme4 ,dans la position ord9aire1 la diffr5ce relle e/ amo9drie1 elle e/ agr&ie1 au contraire1 qu& le *iffre ou la lettre e/ r5v]s4 ,la notion que n\s avons de la gr&eur respective des deux p>ties du #h ne dp5d donc pas uniquem5t de leur rapport rel1 mais encore de nos organes4 ,il suit de l que si l'on e/ borgne ou si l'on f]me volontairem5t un il1 on divis]a inexactem5t1 en dehors de t\t ex]cice pralable1 une ligne horizontale1 mo9s d'avoir le muscle qui tire l'il en dehors exactem5t de la mme =ce que celui qui tire l'il en d$ans4 ,si le muscle ext]ne d'un il vi5t tre atte9t de p>alysie1 le malade p5dant quelque temps v]ra les objets plus loigns de cet il qu'ils ne le s]ont en ralit4 ,peu peu cep5dant il s'habitu]a jug] plus sa9em5t de la position des objets4 ,gurissez-le1 il pr\v]a encore le mme inconvni5t1 mais en s5s contraire4 ,on commettrait des erreurs semblables1 si l'on avait divis] une ligne place dans la direction de l'axe optique2 on plac]ait le po9t de division beauc\p trop prs de l'il4 ,on p\rrait multipli] ces exemples1 mais n\s passons immdiatem5t la notion de direction4 ,on voit sans pe9e comm5t n\s avons la notion de haut et de bas1 de droite et de gau*e4 ,p\r suivre un po9t qui se meut de bas en haut1 n\s devons faire t\rn] l'il sur lui-mme en le tirant p> le muscle suprieur4 ,si le po9t se meut de haut en bas1 l'il s]a tir p> le muscle infrieur4 ,p\r apprci] la direction d'un po9t qui se meut v]s la droite1 on tire l'il droit avec le muscle ext]ne1 l'il gau*e avec le muscle int]ne1 et l'inv]se a lieu qu& le po9t se dirige v]s la gau*e4 ,p> p>5?se1 comme l'il t\rne aut\r de son c5tre il rsulte de l que la ta*e jaune e/ anime d'un m\vem5t oppos celui de la pupille2 et cette considration rduit nant t\tes les difficults que l'on tr\ve dans le fait que l'image pe9te sur la rt9e e/ r5v]se1 c'e/ dire que dans l'image1 p> exemple1 d'un j>d9 public1 t\s les prom5eurs m>*5t comme les antipodes1 la tte en bas4 ,l'esprit n'a1 en aucune faon1 connaissance de l'image pe9te sur la rt9e4 ,quant la direction en avant ou en arrire1 n\s l'apprcions p> les v>iations de l'ef=t que n\s devons faire p\r dirig] nos deux yeux v]s le po9t de l'espace que n\s considrons1 et dans la vision monoculaire1 p> la v>iation de l'ef=t dit d'accommodation4 ,t\te direction int]mdiaire entre ces directions c>d9ales exige une comb9aison d'actions des diffr5ts muscles de l'il4 ,et la notion correspondante suit le s5tim5t de la v>it des ef=ts4 ,la notion de la situation dans l'espace implique celles de di/ance et de direction4 ,la notion de =me implique aussi celles de di/ance et de direction1 et1 en outre1 celle de v>iation de direction1 ou d'angle4 ,l'angle e/1 en effet1 la diffr5ce de deux directions#d4 ,comm5t apprci]ons-n\s cette diffr5ce8 ,p> l'ef=t qu'il faut faire p\r pass] de l'une l'autre4 ,ici1 comme p\r les di/ances1 cet ef=t se compose d'un ef=t v>iable proportionnellem5t la gr&eur de l'angle et d'un ef=t fixe ncessaire p\r le passage du repos au m\vem5t et du m\vem5t au repos4 ,il suit de l que deux angles gaux1 dont l'un e/ divis p> des droites en plusieurs angles plus petits1 p>atront 9gaux4 ,et c'e/ ce qui a lieu en effet1 l'angle divis e/ jug plus gr&4 ,une autre consqu5ce1 c'e/ que l'angle obtus p>atra comp>ativem5t mo9s ouv]t que l'angle aigu2 ou encore que deux angles dans le rapport rel de #ej #ajj sont vus dans le rapport app>5t1 p> exemple1 de #ea #aja4 ,c'e/ ce que pr\ve la figure ci-jo9te1 o le prolongem5t de la ligne ,a ,b semble tre en ,e1 t&is qu'il e/ en ,d1 exactem5t comme si l'angle ,,abc s'tait rtrci ou l'angle ,,bcd agr&i4 ,en fait1 ils app>aiss5t agr&is t\s les deux de la mme quantit1 mais cela suffit p\r produire l'c>t4 ,illu/ration ,voici une autre illusion frappante reposant sur la mme cause4 ,illu/ration ,en dpit de l'app>5ce1 les droites ,,ab et ,,cd de la figure ci-dessus sont p>allles1 et ce sont les lignes obliques qui leur donn5t l'air de conv]g] v]s la droite4 ,le jugem5t que n\s portons sur le p>alllisme ou l'obliquit n'e/ donc pas le rsultat du p>alllisme ou de l'obliquit relle2 il n'e/ pas non plus le rsultat de la =me de l'image trace sur la rt9e1 puisque les lignes ,,ab1 ,,cd tai5t juges p>allles avant le trac des obliques et que ce trac n'a modifi en ri5 l'image des droites sur la rt9e4 ,ce phnomne1 comme on peut le dmontr] d'un gr& nombre de faons div]ses1 provi5t de ce que notre il agr&it en somme les angles aigus2 et cet agr&issem5t comp>atif des angles aigus =ms p> les p>allles ,,ab et ,,cd et les obliques fait en app>5ce conv]g] celles-l v]s la droite4 ,cette proprit reconnue1 on peut crer volont des illusions d'optique4 ,on peut donn] une ligne droite les app>5ces d'une ligne brise1 d'une ligne c\rbe ou s9ueuse1 on peut dvi] des v]ticales1 en un mot1 faire port] sur la =me des jugem5ts errons4 ,ces jugem5ts1 qui seuls app>aiss5t la consci5ce et sembl5t tre des affirmations directes des s5s1 sont1 comme on le voit1 des conclusions fondes sur c]ta9s tats int]nes et sur d'autres jugem5ts antrieurs4 ,a9si1 repr5ons l'exemple de nos p>allles qui p>aiss5t conv]g] v]s la droite4 ,n\s affirmons de deux droites qu'elles sont p>allles lorsqu'elles prs5t5t c]ta9s c>actres qui sollicit5t nos s5s d'une c]ta9e faon2 n\s jugeons qu'elles sont conv]g5tes qu& elles prs5t5t d'autres c>actres4 ,or1 si je vois conv]g] deux droites qui p\rtant en fait sont p>allles1 et si cette vue s'impose moi1 c'e/ que je reconnais en elles les c>actres de la conv]g5ce2 ces c>actres sont donc en moi1 sont subjectifs2 et d'o provi5n5t-ils8 ,encore une fois de l'habitude ou de l'in/9ct4 ,j'ai ex]c mes s5s jug] du p>alllisme ou de la conv]g5ce de deux lignes1 malgr les lois de la p]spective qui en altr5t la direction4 ,je me suis cr cet g>d c]ta9es rgles2 j'ai appris reconnatre la ralit d'aprs les c>actres subjectifs de mes s5sations4 ,lorsque ces c>actres se prs5t5t moi1 et quelle que soit la cause qui les produise1 qu'elle soit ord9aire ou extraord9aire1 mon jugem5t e/ comm& p> l'habitude acquise#e4 ,le jugem5t que je porte e/ donc la conclusion d'un raisonnem5t inductif inconsci5t qu'on p\rrait nonc] comme suit3 jusqu' prs5t1 qu& j'ai pr\v telles s5sations musculaires en considrant des lignes droites1 j'ai tr\v qu'elles tai5t conv]g5tes2 comme j'pr\ve ces mmes s5sations musculaires1 les lignes prs5tes sont conv]g5tes4 ,cela e/ si vrai que1 si n\s plaons la figure devant l'il1 peu prs suivant l'axe visuel1 de manire voir fuir les p>allles1 le p>alllisme rep>at1 bi5 que1 en fait1 l'image pe9te sur la rt9e soit ma9t5ant celle de lignes conv]g5tes4 ,dans cette position1 l'effet des ha*ures e/ affaibli et elles se rduis5t une ombre2 il ne re/e que les lignes non altres1 et ri5 ne n\s emp*e ds lors d'en apprci] le p>alllisme#f4 ,c'e/ de cette faon qu'on s'explique que n\s ayons appris jug] de la =me des objets1 malgr les illusions de la p]spective2 un tang circulaire devrait n\s p>atre ovale2 et p\rtant notre esprit s'habitue si bi5 r$ress] l'affirmation de nos s5s que1 mme dans un tableau1 dans un dess91 n\s voyons bi5 un c]cle l o il n'y a qu'un ovale de trac4 ,de mme n\s jugeons de la gr&eur d'un objet d'aprs la di/ance o n\s croyons qu'il e/ plac4 ,c'e/ a9si que *acun se fait une ide diffr5te des dim5sions de la lune4 ,p\r les uns1 elle e/ de la gr&eur d'une table2 p\r d'autres1 d'une assiette2 p\r d'autres encore1 d'une s\c\pe1 suivant qu'on se la figure plus ou mo9s loigne de n\s4 ,reg>de trav]s un tube1 elle p>at t\t au plus avoir le diamtre d'une pice de c9q francs4 ,a l'inv]se1 une m\*e n\s fait quelquefois l'effet d'un norme oiseau volant dans les airs4 ,n\s ne n\s faisons aucune ide de la gr&eur du cadran d'une ca?drale ou du coq qui surmonte un clo*]1 de l'lvation d'une montagne et1 en gnral1 des objets qui sont en dehors du c]cle de notre expri5ce j\rnalire4 ,en revan*e1 qu& n\s connaissons les proportions d'un objet1 n\s sommes tromps1 p\r a9si dire1 en s5s contraire4 ,a9si1 n\s sommes famili>iss avec la taille ord9aire de l'homme2 de l il suit qu'un homme qui n\s app>at au lo9 dans la pla9e ou au sommet d'un clo*] ou d'une coll9e1 n'e/ pas s\mis aux rgles de la p]spective2 n\s le voyons tel qu'il e/4 ,p> contre1 les /atues colossales1 places hauteur conv5able1 n\s p>aiss5t de gr&eur naturelle4 ,il en e/ de mme des p]sonnages des tableaux pe9ts1 p> exemple1 au plafond des glises1 bi5 que leurs dim5sions soi5t p>fois considrables4 ,on me dira peut-tre que t\s ces m\vem5ts de l'il1 on ne les s5t pas1 qu'on juge de la =me des objets sans les faire m\voir1 que le jugem5t e/ in/antan4 ,sans d\te4 ,voici l'explication de ce fait4 ,la rt9e e/ une surface s5sible la lumire1 mais elle ne l'e/ pas galem5t dans t\te son t5due4 ,cette s5sibilit s'affaiblit en rayonnant p>tir de la ta*e jaune4 ,primitivem5t1 l'il1 p\r jug] d'un cont\r1 promne la ta*e jaune sur t\s ses po9ts4 ,p5dant qu'il e/ atta* sur un po9t1 le re/e du cont\r affecte div]sem5t d'autres p>ties de la rt9e et1 p> expri5ce1 l'il sait quels m\vem5ts il devrait faire p\r am5] successivem5t sur la ta*e jaune les autres po9ts de la figure2 et en consqu5ce il peut se disp5s] d'excut] ces m\vem5ts4 ,je sais auj\rd'hui1 sans que j'aie beso9 p\r cela de rec\rir l'expri5ce1 comm5t je devrais m'y pr5dre p\r t\*] du doigt un lieu dt]m94 ,je saisis immdiatem5t la di/ance de deux po9tes de compas qu'on appui]ait sur la paume de ma ma94 ,il en e/ de mme p\r l'il4 ,la rt9e p]met donc d'avoir d'emble la connaissance du cont\r et de la surface1 t&is que1 rduite la ta*e jaune1 elle n\s mettrait seulem5t en tat d'acqurir successivem5t cette mme connaissance1 la faon de la ma9 de l'aveugle se prom5ant sur les objets#g4 ,c'e/ la facult de dirig] volontairem5t et en le sa*ant la =ce dont n\s disposons1 c'e/ le s5tim5t de la motilit1 en un mot1 qui n\s met en tat de connatre l'exi/5ce des objets extrieurs et leurs =mes4 ,ce s5s agit avec d'autant plus de p]fection qu'il a ses ordres un in/rum5t plus prcis4 ,de longues tiges1 ant5nes ou bras1 t]m9es p> des po9ts s5sibles bi5 dt]m9s et mus p> des muscles dlicats1 sont cet g>d d'excell5ts organes4 ,nos ma9s rempliss5t ces conditions4 ,on sait quelle r>e p]fection atte9t le s5s1 dit improprem5t1 du t\*]1 ou plutt le s5s musculaire *ez les aveugles ns4 ,les clairvoyants peuv5t avec un peu d'ex]cice acqurir une dlicatesse aussi gr&e4 ,m>montel1 dans ses ,mmoires1 p>le d'un c]ta9 ,hub]t1 qui1 les ma9s d]rire le dos1 avec du papi] et des ciseaux1 dc\pait le portrait des p]sonnes prs5tes1 dans n'importe quelle attitude#h4 ,mais1 quelque habiles que soi5t nos ma9s1 elles ne peuv5t se comp>] l'il4 ,les ma9s1 en effet1 ne peuv5t jug] des gr&eurs ou des cont\rs que p> contact1 l'il les juge di/ance4 ,il suit les =mes des objets avec une prcision admirable1 grce la s5sibilit v>ie des po9ts de la rt9e aut\r de la ta*e jaune1 et il e/ s]vi p> des muscles symtriques et dlicats qui transmett5t immdiatem5t et nettem5t l'me les mo9dres s9uosits des surfaces4 ,il faut donc di/+u] les proprits optiques de l'il de ses proprits musculaires4 ,comme in/rum5t d'optique1 il n\s f\rnit les notions de lumire et de c\leur2 comme in/rum5t du s5s de la motilit1 il n\s f\rnit la notion de =me1 et1 s\s ce rapport1 sa mobilit et la s5sibilit p>ticulire de la ta*e jaune sont ses qualits ess5tielles2 peu importe la =me de l'image qui se pe9t sur la rt9e et les c\leurs qu'elle reflte4 #a ,inutile de faire rem>qu] que l'enfant se s]vira plutt du t]me vivant1 le mot s5sible lui tant inconnu4 ,mais p\r lui vie e/ synonyme de s5sibilit2 et1 au fond1 n'e/-ce pas la mme *ose8 #b ,il e/ de t\te ncessit1 qu& on fait cette expri5ce1 que l'exprim5tateur ne soit pas prv5u de ce qui va se produire4 #c ,cette =ce p]due p\r le m\vem5t produit un *angem5t d'tat du mobile4 #d ,a9si1 un triangle e/ connu qu& on connat la longueur de ses cts et leurs directions4 #e ,on sait que dans les monum5ts grecs1 il y a =t peu de lignes exactem5t droites1 v]ticales ou p>allles4 ,a9si1 les colonnes angulaires d'un temple conv]g5t v]s un po9t idal situ dans le ciel4 ,c'e/ que l'ar*itecte a s5ti qu'il devait agr&ir l'angle obtus =m p> elles et les obliques du fronton4 #f ,ceux qui v\drai5t avoir plus de dtails sur ce sujet peuv5t lire1 dans les ,bullet9s de l',acadmie royale de ,belgique1 #b;e srie1 t4 ,,xix1 n #b1 et t4 ,,xx1 n #f1 les deux notes que n\s y avons insres sur c]ta9es illusions d'optique4 #g ,,sp5c] e/ donc dans l'erreur1 ce n\s semble1 qu& il croit tr\v] dans des proprits--un peu my/rieuses--du tissu de la rt9e1 la cause de la vivacit des impressions visuelles et de la facilit avec laquelle elles sont r5\veles p> le s\v5ir4 ,l'il se rappelle assez facilem5t les cont\rs p>ce qu'il se meut avec une prcision obt5ue de longue date4 ,mais n\s croyons que les impressions de l'oue sont encore bi5 autrem5t susceptibles d'tre reproduites avec vivacit et fidlit4 ,quelle diffr5ce entre la manire1 t\j\rs plus ou mo9s confuse1 dont on se reprs5te un paysage ou les traits d'une p]sonne1 et la nettet avec laquelle on se remm les p>oles1 le son de la voix1 le *ant6 ,c'e/ qu'ici l'app>eil reproducteur e/ ess5tiellem5t le l>ynx1 qui1 dans l'acte du s\v5ir1 refait1 d'une manire affaiblie la vrit1 t\s les m\vem5ts qui c>actris5t l'acte rel4 7,cf4 ,,h]b]t ,,sp5c]1 ,pr9cipes de psy*ologie1 #fh1 #ig1 #aah2 pages #aga1 #bcc1 #bfd de la traduction franaise47 #h ,livre ,,vii4 ,on et dit1 aj\te ,m>montel1 qu'il avait les yeux au b\t des doigts4 99 99 99 99 99 ,,iv ,,la ,,s5sation ,il e/ jusqu' prs5t tabli que t\t jugem5t consci5t e/ la conclusion d'une srie de jugem5ts enf\is dans l'inconsci5ce1 et qu'a9si1 p\r leur tude1 le s5s intime ne peut n\s tre d'aucun sec\rs4 ,les jugem5ts inconsci5ts app>ti5n5t au pass de notre individu1 et comme ce pass se p]d son t\r dans celui de l'espce1 n\s voil conduit re*]*] les prmisses d'un jugem5t actuel dans les actes intellectuels des premi]s tres s5sibles4 ,or1 l'on e/ port croire1 p> une srie d'inductions fondes sur la gologie1 que les premi]s tres app>us sur le globe tai5t d'une simplicit t\t fait lm5taire2 et la palontologie1 dont les dc\v]tes sont confirmes p> l'embryognie1 n\s montre que les organes des s5s n'ont pas t\j\rs t aussi p]fectionns qu'ils le sont ma9t5ant4 ,auj\rd'hui encore1 il y a des tres s5sibles1 comme les monres1 sans aucune espce d'organisation1 et t\t animal nat d'un uf qui en soi n'e/ gure plus compliqu qu'une monre4 ,le problme consi/]ait tir] d'une s5sibilit rudim5taire et primitive les s5sibilits spcifiques1 s5sibilits p\r la lumire1 la pression1 le son1 la *aleur1 etc41 qui n'en s]ai5t a9si que des modes4 ,cette manire de concevoir les phnomnes psy*iques e/ ju/ifie p> les ides que l'on a auj\rd'hui sur les phnomnes physiques4 ,i4 ,la s5sibilit lm5taire et ses modes comp>s au m\vem5t et ses trans=mations4 ,la mesure des s5sations4 ,la loi de ,web]3 t\t accroissem5t de la s5sation correspond un accroissem5t d'excitation con/amm5t proportionnel celle-ci4 ,critique de cette loi4 ,les trois lois de la s5sation4 ,dductions et consqu5ces4 ,actuellem5t1 en effet1 la sci5ce t5d ram5] t\s les phnomnes de la nature matrielle des m\vem5ts soit de transport dans l'espace1 soit molculaires4 ,le m\vem5t e/ l'expression de la =ce2 qu& la =ce n'eng5dre pas de transport visible1 elle produit un m\vem5t molculaire4 ,a9si1 lorsqu'une =ce c>tant une corde de violon de sa position de repos1 lui en a donn une autre o un ob/acle la ma9ti5t1 cette =ce se traduit en m\vem5ts molculaires vibratoires tant de la corde que de l'ob/acle4 ,si l'on fait cess] cet arrt1 ces m\vem5ts molculaires se trans=m5t en m\vem5t de transport1 puis1 la position de repos dpasse1 ce m\vem5t de transport se conv]tit son t\r graduellem5t en m\vem5ts molculaires4 ,le m\vem5t de va-et-vi5t se cont9ue jusqu' ce qu'il soit amorti p> la rsi/ance de l'air et des po9ts d'atta*e et p> la roideur de la corde4 ,quant aux qualits des corps1 on les attribue au m\vem5t soit des molcules1 soit des atomes qui les con/itu5t4 ,c'e/ la nature p>ticulire du m\vem5t molculaire qui fait qu'un corps e/ solide1 liquide ou gazeux1 sonore ou lum9eux1 et c'e/ du m\vem5t des atomes que driv5t ses proprits *imiques4 ,sans d\te1 on ne peut gure actuellem5t s\ponn] quelle diffr5ce dans les m\vem5ts con/itutifs e/ due1 p> exemple1 la diffr5ce de l'or et de l'arg5t2 mais l'ide que c'e/ dans ces m\vem5ts qu'il faut la *]*] n'en e/ pas mo9s univ]sellem5t admise4 ,le m\vem5t molculaire ou atomique e/ int]ne4 ,il diffre du m\vem5t visible ou du transport dans l'espace1 en ce qu'il ne fait pas sortir le corps du lieu qu'il occupe4 ,l'exemple de la corde de violon peut n\s donn] une ide de cette diffr5ce4 ,*aque p>tie de la corde *ange de place et manife/e un m\vem5t s5sible4 ,la corde1 elle1 ne se transporte pas dans l'espace2 elle re/e atta*e au violon2 elle oscille seulem5t aut\r d'une position moy5ne4 ,c'e/ s\s cette d]nire =me qu'on doit se reprs5t] le m\vem5t molculaire ou atomique4 ,si cette conception mod]ne e/ vraie1 il en rsulte que l'univ]s matriel app>atrait notre intellig5ce1 suppos qu'elle ft p>faite1 comme compos de gr\pes diffr5ts d'atomes1 gr\pes mobiles dans l'espace1 p5dant que t\s les atomes oscill5t aut\r dun c5tre d'quilibre4 ,elle n'y v]rait pas d'autre v>it que celle dp5dant de la vitesse et de la direction des gr\pes1 de la rapidit et du s5s de la vibration des atomes4 ,mais il y a plus4 ,la sci5ce actuelle1 depuis la dc\v]te de l'quival5t mcanique de la *aleur et du pr9cipe de la cons]vation de la =ce1 reg>de avec raison le m\vem5t de transport et le m\vem5t molculaire comme p\vant se trans=m] l'un dans l'autre1 et nos muscles1 a9si que nos ma*9es vapeur1 ne sont pas autre *ose que des app>eils appropris opr] cette trans=mation4 ,de l1 une consqu5ce importante3 c'e/ que1 idalem5t1 les phnomnes les plus div]s en app>5ce1 comme la *aleur1 la lumire1 le bruit1 que l'admiration qu'on pr\ve devant un beau tableau de ,rub5s ou le plaisir que n\s procure un opra de ,ross9i1 sont dus des causes extrieures rductibles l'une l'autre et1 p> consqu5t1 au fond1 id5tiques4 ,elles se ramn5t1 en effet1 t\tes au m\vem5t et leurs diffr5ces ti5n5t la div]sit des app>eils s5soriels qui les p]oiv5t4 ,une semblable rduction e/-elle possible p\r les phnomnes de la s5sibilit8 ,essayons d'y arriv]4 ,il n\s faut p\r cela tudi] la s5sation1 ab/raction faite de sa qualit1 et re*]*] d'aprs quelles lois elle crot ou elle dim9ue1 s\s l'influ5ce de l'excitation4 ,n\s savons que1 dans ce b1 n\s devons dress] une d\ble *elle3 d'un ct1 on doit inscrire les int5sits successives de la cause physique que l'on fait crotre ou dcrotre uni=mm5t2 de l'autre1 les gr&eurs respectives du phnomne psy*ique de la s5sation qui y correspond4 ,mais p\r cela1 il faut mesur] la s5sation1 arriv] la reprs5t] en nombres1 p\voir dire que telle s5sation e/ le d\ble ou la moiti de telle autre4 ,le s5s intime n\s appr5d seulem5t si elle e/ gale1 plus =te ou plus faible1 mais ne n\s fait pas connatre exactem5t le degr4 ,c'e/ l une gr&e difficult1 qu'on e/ p>v5u heureusem5t t\rn] et va9cre4 ,la "q de la mesure des s5sations avait dj t en quelque sorte entrevue p> des savants du sicle d]ni] ou du comm5cem5t de ce sicle2 mais ce fut un ,allem&1 ,web]1 qui1 p> des re*]*es t5dues1 prp>a un travail d'ensemble et qui =mula le premi] une loi laquelle ,fe*n] a donn le nom de son inv5teur4 ,enf91 c'e/ ,fe*n] que revi5t la gloire d'avoir coordonn les travaux de ses devanci]s et de ses contempora9s1 et de les avoir complts p> ses propres dc\v]tes4 ,trois m?odes ont t employes p> ces savants p\r arriv] la mesure des s5sations4 ,comme le b de ce travail n'e/ pas d'entr] dans le dtail de ces inve/igations1 n\s n\s cont5t]ons de donn] un exemple de l'emploi de la premire m?ode4 ,soi5t ,a et ,b deux poids comp>]4 ,la diffr5ce entre eux peut tre assez faible p\r qu'on ne la p]oive pas et qu'on les juge gaux4 ,p> contre1 si cette diffr5ce e/ considrable1 elle n'*app]a pas au s5tim5t4 ,si donc on fait crotre la diffr5ce d'abord presque nulle des poids ,a et ,b1 en augm5tant1 p> exemple1 le poids ,b1 il arriv]a un mom5t o1 d'imp]ceptible qu'elle tait1 la diffr5ce devi5dra p]ceptible4 ,a ce mom5t1 on peut dire que la s5sation de poids a cr d'une c]ta9e quantit1 qui1 dans le cas prs5t1 e/ la quantit la plus petite possible qui soit apprciable4 ,si ma9t5ant je comp>e le poids ,b a9si obt5u avec un poids ,c1 que l'on va faire crotre de la mme faon jusqu'au mom5t o je juge que ,c e/ plus l\rd que ,b1 on p\rra dire que la s5sation de poids a cr *ez moi d'une n\velle quantit gale la premire1 puisque c'e/ encore la plus petite quantit possible qui s'aj\te la s5sation4 ,on conoit sans pe9e qu'on puisse a9si1 d'un ct1 obt5ir une srie de poids ,a1 ,b1 ,c1 ,d1 qui n\s procur5t1 de l'autre ct1 des s5sations diffrant d'une mme quantit apprciable4 ,on peut appliqu] cette mme m?ode la s5sation de lumire4 ,qu'on imag9e une srie de b&es p>allles de mme paisseur et te9tes p> diffr5ts tons de gris1 allant du plus fonc au plus clair et *oisis de telle faon que les contra/es s5sibles entre deux te9tes vois9es soi5t p>t\t jugs gaux2 on p\rra dire que la s5sation de lumire crot de l'une l'autre de quantits quival5tes4 ,ce procd1 comme on le voit1 e/ applicable aux s5sations de son1 de *aleur1 de pression4 ,il n'e/ pas irrpro*able au po9t de vue de l'exactitude2 mais les deux autres m?odes vi5n5t le corrig] dans ce qu'il peut prs5t] de dfectueux4 ,n\s ne les exposons pas1 p>ce que1 p\r les bi5 saisir1 il faut tre initi aux ma?matiques4 ,ces trois m?odes conduis5t des rsultats s5siblem5t concordants1 d'o ressort une loi d'une exactitude suffisante entre c]ta9es limites et qui porte le nom de loi de ,web]4 ,en voici la =mule3 ,t\t accroissem5t con/ant de la s5sation correspond un accroissem5t d'excitation con/amm5t proportionnel celle-ci4 ,a9si l'expri5ce n\s appr5d que la diffr5ce de deux poids n'e/ p]ceptible que si l'un dpasse l'autre de #a_/ag4 ,ce qui veut dire que je m'ap]cevrai de la diffr5ce d'un gramme1 si je comp>e des poids de #ag et de #ah grammes2 d'un hectogramme1 si je comp> des poids de #ag et de #ah hectogrammes2 d'un kilogramme1 si je comp>e des poids de #ag et de #ah kilogrammes4 ,mais je ne m'ap]cevrai pas d'une diffr5ce d'un gramme aj\t un poids d'un hectogramme1 et la diffr5ce d'un hectogramme1 p>faitem5t saisissable sur des poids d'environ #ag hectogrammes1 cesse de l'tre p\r des poids de plusieurs kilogrammes4 ,p\r qu'une lumire donne subisse un accroissem5t p]ceptible1 il faut que cet accroissem5t soit du #a_/ajj4 ,le son doit crotre p> ti]s1 a9si que la pression1 la temprature4 ,la loi de ,web] peut encore s'exprim] comme suit3 ,p\r que la s5sation croisse en progression ari?mtique1 il faut que l'excitation croisse suivant une progression gomtrique4 ,on sait qu'une progression ari?mtique e/ une srie de t]mes diffrant t\s de la mme quantit2 et que1 dans une progression gomtrique1 un t]me quelconque e/ gal au t]me prcd5t multipli p> le mme nombre4 ,a9si1 p\r que la s5sation croisse comme les t]mes de la progression ari?mtique #a1 #b1 #c1 #d 4441 il faut que l'excitation croisse soit comme #a1 #b1 #d1 #h 4441 soit comme #a1 #c1 #i1 #bg 4441 soit selon t\te autre progression gomtrique#a4 ,cette loi de ,web] e/ con=me des faits p\r a9si dire habituels4 ,la lumire d'une b\gie1 brillante dans l'obscurit1 e/ faible au j\r1 nulle en ple9 soleil4 ,le rayonnem5t de cet a/re te9t les toiles2 celui de la lune n'te9t que les mo9s clatantes4 ,on di/+ue difficilem5t du dehors ce qui se passe dans un app>tem5t1 p>ce que la lumire de l'intrieur e/ trs faible p> rapport celle de l'extrieur4 ,le tic-tac de la p5dule s'ent5dra p>faitem5t dans le sil5ce de la nuit et s]a t\ff p> les bruits de la j\rne4 ,on se tromp]a de quelques millimtres1 si l'on essaie de trac] l'il une ligne d'un dcimtre1 et de quelques c5timtres1 si la ligne doit tre d'un mtre4 ,enf91 cette loi se tr\ve confirme p> une loi musicale trs anci5nem5t connue2 elle e/ prcism5t de mme nature3 ,le ton crot d'une octave si le nombre des vibrations e/ d\bl2 de deux octaves1 si ce nombre e/ quadrupl2 de trois octaves1 s'il e/ octupl1 et a9si de suite4 ,cep5dant1 cette loi de ,web]1 dans les limites les plus favorables1 n'e/ qu'approximative1 a9si que l'ont dmontr des expri5ces dlicates que n\s avons faites#b2 elle e/ t\t fait insuffisante en dehors de ces limites1 c'e/ dire qu& l'excitation e/ trs faible ou trs =te4 ,prise la lettre1 elle e/ sujette des critiques de t\te espce qui ne p]mett5t en aucune faon d'y voir l'expression de la vrit absolue4 ,si la loi de ,web] tait absolum5t vraie1 on p\rrait dire que la lecture d'un crit1 p> exemple1 devrait tre galem5t facile1 quelque lumire qu'elle se fasse4 ,sans d\te1 entre c]ta9es limites1 trs loignes d'ailleurs1 on peut lire di/9ctem5t2 mais t\t le monde sait que la lumire peut tre assez faible p\r que la lecture devi5ne pnible et mme impossible2 et1 d'un autre ct1 on peut suppos] une cl>t assez =te p\r que le lecteur soit bl\i et devi5ne incapable de ri5 d*iffr]4 ,web]1 dans sa =mule1 ne ti5t non plus aucun compte de l'tat de l'organe4 ,or1 c'e/ un fait bi5 connu encore1 que si1 en ple9 j\r1 on entre dans une cave1 on comm5ce p> ne ri5 voir2 puis1 peu peu on s'acc\tume si bi5 l'obscurit que t\s les objets y devi5n5t di/9cts4 ,l'expri5ce inv]se e/ t\t aussi concluante4 ,sortez de la cave1 et la lumire d'une simple b\gie v\s bl\ira au premi] in/ant1 de manire p>alys] compltem5t votre il1 et peu peu l'bl\issem5t disp>atra4 ,une autre rem>que fondam5tale1 c'e/ que t\te excitation trop =te a p\r effet de dim9u] le c>actre propre de la s5sation en lui donnant le c>actre plus gnral du malaise ou de la d\leur4 ,le trop gr& *aud n'e/ plus p]u comme *aleur1 mais comme d\leur4 ,il en e/ de mme du trop gr& froid1 d'une pression trop considrable1 d'un bruit trop int5se1 d'une lumire trop clatante4 ,la langue gt]a l'acidit du vitriol =tem5t t5du d'eau2 elle ne gt]a pas celle du vitriol pur1 p>ce que l'impression qu'elle en recevrait ressembl]ait celle qu'pr\ve la ma9 s\mise la mme action4 ,c'e/ que l'organe s'puise vite s\s des actions si puissantes et devi5t bi5tt incapable de remplir ses fonctions4 ,la s5sation prs5te donc trois c>actres4 ,en premi] lieu1 elle va en s'affaiblissant ds l'in/ant o elle app>at2 en second lieu1 p\r crotre1 elle doit tre provoque p> des excitations de plus en plus =tes2 en troisime lieu1 mesure qu'elle crot1 elle s'altre s5siblem5t et se trans=me en malaise1 puis en d\leur1 et l'excitation peut mme am5] la dsorganisation1 la de/ruction de la s5sibilit4 ,de ces trois lois1 la premire1 comme il a t dit1 e/ confirme p> des faits d'obs]vation j\rnalire4 ,entrez dans un ba9 ou trop *aud ou trop froid1 la premire s5sation que v\s pr\v]ez s]a trs vive1 et elle dim9u]a bi5tt4 ,l'expri5ce n'en a pas encore dt]m9 la =mule1 mais il e/ prsum] que cet affaiblissem5t suit une m>*e progressive1 analogue la manire dont un corps *aud plac dans un milieu plus froid p]d son calorique3 cette p]te e/ d'autant plus s5sible que la diffr5ce de sa temprature avec celle des milieux e/ plus gr&e4 ,la seconde loi e/ amplem5t dt]m9e p> l'expri5ce entre des limites suffisamm5t t5dues2 elle e/ con=me celle qui exprime le travail ncessaire p\r dim9u] p> la pression le volume d'un gaz4 ,on conoit mme sans l'aide du calcul que la rduction progressive de ce volume exige des quantits de travail de plus en plus considrables2 en d'autres t]mes1 qu'il soit plus difficile1 p> exemple1 de lui faire1 p> la compression1 p]dre un litre qu& il n'en a plus que deux1 que qu& il en a encore dix4 ,enf91 de la troisime loi1 confirme p> l'obs]vation1 vrifie1 mais imp>faitem5t1 p> l'expri5ce1 il ressort que l'organisme peut tre assimil une corde la/ique qui vibre naturellem5t aut\r d'une position d'quilibre1 qui peut tre c>te plus ou mo9s de cette position et qui se rompt si l'c>t e/ trop considrable4 ,si ces analogies sont exactes--et ri5 n'emp*e actuellem5t de le croire--on peut en conclure que la s5sation e/ produite p> une diffr5ce d'quilibre entre la =ce propre l'organisme et la =ce du milieu ambiant2 qu'elle e/ proportionnelle au travail que produit la *ute d'une =ce sur l'autre1 et que1 p> cette *ute1 l'organisme e/ loign ou rappro* de sa position d'quilibre1 ce qui1 dans le premi] cas1 cause pe9e1 et dans le second cas1 plaisir4 ,un exemple mettra le lecteur en tat de compr5dre cette explication4 ,on a *aud ou l'on a froid qu& la temprature de la peau e/ infrieure ou suprieure celle du milieu ambiant2 voil la rupture d'quilibre4 ,si elle e/ infrieure1 il y a *ute de *aleur sur le corps2 si elle e/ suprieure1 la *ute se fait du corps sur le milieu ambiant4 ,l'impression e/ le travail de cette *ute1 t\t fait semblable au travail d'une ma*9e vapeur4 ,enf91 le *aud ou le froid n\s s]ont agrables si le rsultat de cet *ange rciproque de temprature n\s rappro*e de la temprature normale habituelle2 ils s]ont dsagrables dans la supposition contraire#c4 ,la s5sation n'e/ donc que le fait psy*ique int]ne correspondant au fait physique ext]ne de l'impression4 ,mais le p>alllisme exclut l'id5tit4 ,c'e/ dire que n\s ne concevons pas le passage de l'ins5sible au s5sible2 n\s ne concevons pas de premi] t]me l'ins5sibilit4 ,c'e/ a9si que n\s ne p\vons concevoir la cration de la matire1 ni la cration du m\vem5t4 ,notre esprit ne peut se reprs5t] un tat initial de l'univ]s que comme cont5ant dj en lui-mme la matire1 le m\vem5t et la s5sibilit4 ,un philosophe a dit3 ,donnez-moi de la matire et du m\vem5t et je crerai le monde6 ,le monde physique1 oui2 mais le monde psy*ique1 non6 ,p\r cela1 il lui faudrait la matire s5sible4 ,,ii4 ,l'organisme homogne4 ,l'organe de s5s adv5tice4 ,l'organe de s5s p]man5t4 ,l'organisme complexe4 ,spcificit des organes de s5s4 ,l'tre s5sible le plus lm5taire qui se puisse concevoir peut tre comp> une sphre dont les p>ois1 de texture homogne1 r5f]m5t une sub/ance la/ique qui les t5d4 ,le degr de t5sion intrieure y e/ en proportion de la pression extrieure4 ,supposez cette sphre s5sible1 elle ress5tira les *angem5ts du dehors s\s la =me d'une augm5tation ou d'une dim9ution de t5sion1 comme malaise ou comme bi5-tre1 suivant que la v>iation l'loign]a ou la rappro*]a de son tat normal4 ,d'ailleurs1 tant que les modifications du milieu o elle se tr\ve place ont lieu uni=mm5t aut\r d'elle1 sa =me sphrique ne s]a pas altre2 elle n'pr\v]a pas de s5sation proprem5t dite1 c> elle ne ress5t que son tat prs5t1 et non pas le *angem5t4 ,a proprem5t p>l]1 cette sphre n'e/ pas encore un animal1 elle n'e/ pas organise2 mais il faut peu de *ose p\r quelle le devi5ne4 ,admettons1 en effet1 que le milieu ne *ange pas galem5t p>t\t aut\r de la sphre1 mais comm5ce p> *ang] en un endroit circonscrit en dehors de celle-ci4 ,p\r se reprs5t] la *ose1 on peut imag9] que le *angem5t provi5ne d'un foy] de *aleur1 p> exemple4 ,la sphre va s'*auff] du ct t\rn v]s le foy]4 ,p5dant quelques in/ants1 c'e/ de ce ct seulem5t que se f]a la rupture d'quilibre1 que la t5sion se f]a s5tir4 ,ce ct s]a1 p5dant ces in/ants1 un organe1 mais un organe adv5tice et in/antan de s5sation4 ,les p>ois de la sphre n'auront plus p>t\t la mme composition et1 comme la modification affect]a1 suivant les cas1 tantt un po9t1 tantt un autre1 on peut dire que cette sphre s]a un *amp p]ptuel d'organes in/antans de s5sations4 ,a p>tir de ce mom5t1 la sphre e/ organise1 elle e/ un animal dans le s5s propre de ce mot4 ,en effet1 p>tir de ce mom5t1 il y a en elle diffr5ciation2 c> dans l'organe elle s5t le prs5t1 t&is que dans le re/e de son corps elle cont9ue s5tir le pass4 ,elle peut donc apprci] le *angem5t1 puisque le *angem5t fait p\r a9si dire deux p>ts de son individu2 et comme t\s les in/ants de la dure vont1 p> la =mation successive d'organes adv5tices1 se reli] l'un l'autre1 l'animal s]a d\ d'une individualit psy*ique p]man5te4 ,l'organe a9si =m aid]a1 en outre1 l'animal se cons]v]2 c> la t5sion ou le rel*em5t local et circonscrit de l'organe l'av]tira1 avant qu'il pr\ve l'effet gnral1 si le *angem5t qui se produit lui procur]a pe9e ou plaisir4 ,enf91 il lui s]vira d'in/rum5t temporaire d'expri5ce1 puisqu'il p\rra1 p> son moy51 explor] le milieu o il se tr\ve et s'arrt] temps devant le dang]4 ,l'enveloppe de l'animal a donc en un de ses po9ts subi un *angem5t mom5tan et plus ou mo9s pr(ond4 ,si le milieu repr5d son tat primitif1 ce po9t t5dra rev5ir1 lui aussi1 sa =me premire4 ,mais1 en gnral1 on peut affirm] qu'il lui re/]a une trace ineffaable1 si faible qu'elle soit1 de l'action qu'il a subie4 ,si1 p> exemple1 il e/ p\r une seconde fois s\mis la mme action1 il repr5dra plus facilem5t son rle d'organe adv5tice4 ,en effet1 le *angem5t extrieur1 qu& il a affect cette p>tie de l'enveloppe1 y a r5contr c]ta9es rsi/ances et il les a va9cues2 p> l1 les =ces qui unissai5t entre elles les molcules de cette p>tie ont t1 s9on dtruites1 t\t au mo9s affaiblies2 et si ce mme *angem5t se reproduit s\v5t sur ce mme endroit1 celui-ci f9ira p> acqurir une aptitude spciale se mettre rapidem5t l'unisson avec l'extrieur4 ,c'e/ a9si que le contact s\v5t rpt d'un aimant f9it p> aimant] un b>reau d'aci]1 p>ce que les molcules de celui-ci1 s\v5t dranges1 f9iss5t p> re/] dans la position qu'on leur fait pr5dre4 ,si donc1 p\r une raison ou p\r une autre1 un endroit de l'tre s5sible e/ expos subir1 de prfr5ce t\t autre1 une action spciale de la "p de l'extrieur1 il devi5t de plus en plus apte rpondre cette action1 et l'organe adv5tice se trans=me en organe p]man5t4 ,l'organe p]man5t j\it de t\tes les proprits de l'organe adv5tice1 mais il en possde qui lui app>ti5n5t lui seul4 ,son rle t]m91 l'organe adv5tice disp>at et cde sa place un autre2 mais l'organe p]man5t j\e con/amm5t le rle d'av]tisseur1 les expri5ces passes font son ducation1 de manire qu'il devi5t le li5 de l'association des expri5ces1 l'orig9e du p]fectionnem5t intellectuel de l'animal1 la s\rce premire de l'volution de l'espce4 ,l'organe adv5tice e/ une s5t9elle qui sait cri]3 ,qui vive6 qu& quelqu'un passe la porte de ses reg>ds2 l'organe p]man5t e/ un claireur qui bat le t]ra9 p\r s'assur] de la prs5ce d'un but9 ou d'une proie et vi5t r5dre compte son *ef du rsultat de ses inve/igations4 ,jusqu' prs5t1 n\s n'avons considr dans la nature que la =ce ab/raite et n\s n'avons fait entr] en nulle ligne de compte les m\vem5ts v>is s\s la =me desquels elle peut se manife/]4 ,or1 on conoit qu'il peut natre *ez l'animal autant d'organes qu'il y a d'espces de m\vem5ts naturels4 ,a9si1 p> exemple1 du ct du corps t\rn v]s la lumire1 on admettra sans pe9e qu'il se =me un organe spcialem5t s5sible aux ondes lum9euses2 et il se =m]a de mme des organes s5sibles aux ondes sonores1 aux vibrations *imiques des atomes 7odeurs et saveurs71 aux rayons de *aleur1 etc42 et de ces organes1 les uns devi5dront p]man5ts 7il1 oreille1 n>9es1 etc471 les autres re/]ont adv5tices 7*aleur1 pression1 etc474 ,cette spcialisation des organes s'explique p> les mmes pr9cipes4 ,p\r fix] les ides1 imag9ons que n\s assi/ions la =mation d'un organe auditif et qu'une onde sonore dont les molcules excut5t mille vibrations p> seconde vi5ne frapp] les molcules du corps4 ,de celles-ci1 les unes ont1 p> supposition1 un m\vem5t naturel de #a1jjj la seconde1 les autres de #gjj1 les autres de #iej4 ,voici ce qui se produira4 ,l'onde branl]a celles de la premire espce1 ne p>vi5dra pas branl] les secondes et modifi]a la con/itution des troisimes4 ,elle n'branl]a pas les secondes1 non qu'elle soit sans action sur elles1 mais p>ce que le m\vem5t comm5c s]a *aque in/ant arrt1 comme qu& un sonneur maladroit essaie de mettre une clo*e en branle4 ,et1 quant aux molcules de la troisime espce1 elle f9ira p> leur imprim] un m\vem5t vibratoire gal au si51 p>ce que leur m\vem5t qui1 p> nature1 s]ait un peu en avance ou un peu en ret>d1 s]a un peu arrt ou acclr p> celui des p>ticules sonores4 ,les rsi/ances va9cues sont en p>tie brises1 de sorte que cette mme onde se propag]a de plus en plus facilem5t le long de la ligne qu'elle aura *oisie1 et qu' la f91 cette ligne elle-mme f9ira p> pr5dre naturellem5t ce m\vem5t vibratoire ds que la premire molcule s]a mise en branle4 ,c'e/ de cette faon que s'explique cette p>ticul>it dont sont d\s nos organes de s5s1 de n\s f\rnir t\j\rs la mme s5sation1 quelle que soit la cause qui les irrite4 ,p> ce qui prcde on compr5d aussi comm5t il se fait qu'il y ait des lacunes dans notre s5sibilit1 c'e/ dire que n\s n'ayons pas autant de s5s qu'il y a de =ces naturelles4 ,si1 p> exemple1 n\s n'avons pas de s5s magntique1 c'e/ que le mode vibratoire des molcules d'un aimant ne r5contre pas dans notre organisme des molcules dont le m\vem5t naturel soit susceptible de se modifi] de manire se mettre l'unisson avec l'aimant4 ,mais si n\s n'avons pas ce s5s1 il n'en faut pas conclure que n\s sommes l'abri des influ5ces magntiques2 seulem5t1 n\s les subissons sans p\voir ni les prvoir1 ni les reconnatre1 ni les vit]4 ,ces considrations1 en mme temps que les lois de la slection naturelle en v]tu desquelles le plus apte e/ appel survivre1 expliqu5t la position des organes de s5s dans le corps1 leur accumulation v]s la tte1 l'aspect bilatralem5t symtrique de la plup>t des animaux1 et ce fait que les organes de/9s surt\t press5tir les *ocs sont gnralem5t placs l'extrmit de bras1 d'ant5nes ou de pdoncules quelconques4 #a ,p\r les ma?matici5s1 la loi de ,web] se =mule comme suit3 ,la s5sation e/ proportionnelle au log>i?me de l'excitation4 #b ,voir notre ouvrage intitul3 tude psy*ophysique4 ,re*]*es ?oriques et exprim5tales sur la mesure des s5sations4 ,bruxelles1 ,muqu>dt1 #ahgc4 7,extrait du t4 ,,xxiii des ,mmoires de l',acadmie de ,belgique47 #c ,dans un mmoire prs5t l',acadmie royale de ,belgique en ju9 #ahge1 imprim dans le tome ,,xxvi du ,recueil 9-#h1 et portant p\r titre ,?orie gnrale de la s5sibilit 7,bruxelles1 ,muqu>dt1 #ahgf71 n\s avons dmontr t\tes les propositions qu'ici et dans ce qui va suivre n\s n\s cont5tons d'nonc]4 99 99 99 99 99 ,v ,l',,ef=t ,l'animal a ma9t5ant des s5sations diffrant qualitativem5t et quantitativem5t1 mais n\s n'avons pas encore trait en dtail de ses p]ceptions4 ,n\s savons seulem5t que ses p]ceptions lui vi5n5t p> l'int]mdiaire du s5tim5t de la motilit4 ,i4 ,le jugem5t primitif4 ,la matire et l'esprit4 ,notion du m\vem5t et notions drives4 ,rle de l'organe adv5tice ou p]man5t dans l'acquisition de ces notions4 ,p\r abord] ce sujet1 repr5ons l'hypo?se d'un animal t\t lm5taire1 et dans l'univ]s ne considrons qu'un corpuscule matriel4 ,imag9ons1 p\r fix] les ides1 que ce corpuscule agisse p> contact sur l'animal en un po9t dt]m9 de son corps4 ,ce po9t t\* e/ un organe adv5tice de pression1 et l'animal y ress5t une pression diffr5cie des autres pressions qu'il subit4 ,l'animal n'a p\rtant pas p\r cela de s5sation1 c> si la pression dure depuis un c]ta9 temps1 l'animal s'y e/ accommod et il s'id5tifie avec le corpuscule4 ,mais comme il e/ d\ de m\vem5t1 il vi5t le press] davantage 7la supposition inv]se1 qu'il le press]ait mo9s1 comporte la mme analyse72 il s5t cette fois-ci une pression1 et il sait en mme temps que sa s5sation e/ v5ue la suite de son ef=t4 ,mais le corpuscule1 de son ct1 s'e/ mis en m\vem5t2 m\vem5t qui e/ la rsultante tant de sa propre figuration que de l'n]gie de l'animal et de la nature des ob/acles qu'il r5contr]a sur sa r\te4 ,admettons qu'il vi5ne se dta*]4 ,l'animal va pr\v] une dim9ution de pression laquelle il ne p\vait pas s'att5dre4 ,au premi] in/ant donc1 il a ress5ti une pression1 v\lue c]ta9s g>ds2 mais au second in/ant1 il ress5t une dim9ution de pression qui n'e/ pas un effet de sa volont4 ,admettons que1 p> un n\vel ef=t v\lu1 il rejoigne le corpuscule et rtablisse l'galit de pression1 il s'ap]cevra que cette galit a t obt5ue p> lui1 mais qu'elle e/ v5ue la suite d'une dim9ution qu'il n'avait pas v\lue4 ,c'e/ la comp>aison entre les effets v\lus et les mmes effets non v\lus qui lui donne l'ide de l'extrieur4 ,il arrive de cette faon reconnatre qu'il y a en dehors de lui des causes semblables lui1 mais qui1 c]ta9s g>ds1 sont indp5dantes de lui4 ,c'e/ le premi] jugem5t3 il y a quelque *ose en dehors de moi4 ,mais ce jugem5t lui-mme1 on le s5t1 e/ une conclusion raisonne4 ,p\r le port]1 il faut1 en effet1 que l'tre s5sible ait compris que cette rsi/ance1 cet arrt dans son m\vem5t n'tait pas v\lu1 ce qui suppose qu'il sait ce que c'e/ qu'un m\vem5t v\lu2 et1 d'un autre ct1 il ne peut compr5dre ce que c'e/ que la volont s'il n'a pr\v des s5sations involontaires4 ,p\r tre av]ti de son exi/5ce1 il faut qu'il pr\ve un *angem5t d'tat et1 p\r jug] qu'il y a *angem5t d'tat1 il faut que son tat antrieur lui soit connu4 ,n\s t\rnons donc dans un c]cle vicieux2 c'e/ dire que n\s ne p\vons compr5dre comm5t se =me le premi] jugem5t4 ,ds que n\s avons ce premi] jugem5t1 n\s n\s r5dons =t bi5 compte de la =mation du second2 mais l'orig9e du premi] n\s *appe t\t fait4 ,comme le jugem5t primitif implique volont1 consci5ce1 raisonnem5t1 intellig5ce1 n\s voil am5 dire de ces facults ce que n\s avons dit de la s5sibilit3 que n\s ne p\vons les faire natre d'autre *ose1 quelles sont irrductibles1 cres ou t]nelles au mme titre que la matire et le m\vem5t#a4 ,l'animal s'e/ donc reconnu comme =ce1 en mme temps qu'il admet qu'il y a en dehors de lui quelque *ose capable de rsi/] sa =ce1 de contrec>r] sa volont4 ,cette *ose1 c'e/1 p\r lui comme p\r n\s1 la matire4 ,la matire1 c'e/ le nom commun que n\s donnons t\tes les =ces qui arrt5t la volont2 c'e/ ce qui e/ oppos au moi consci5t1 au moi esprit4 ,p\ssons plus lo9 notre hypo?se4 ,imag9ons que le corpuscule se meuve de lui-mme1 que ce soit comme une proie vivante et que l'animal le p\rsuive4 ,il e/ inutile1 p5sons-n\s1 de faire rem>qu] qu'on peut r5v]s] les t]mes de la supposition1 et que le raisonnem5t re/e le mme4 ,p\r le suivre1 l'animal doit ma9t5ir l'galit de la pression1 et p\r cela il doit *aque in/ant faire de n\veaux ef=ts2 ces ef=ts sont v\lus1 mais ils sont comm&s p> autre *ose2 il s5t qu'il se meut1 mais il se dit que le corps se meut de mme4 ,il acqui]t de cette faon la notion du m\vem5t cont9u1 et le m\vem5t n'e/ p\r lui que la manife/ation s5sible du dploiem5t de sa =ce4 ,la notion du m\vem5t rsulte donc d'une suite de comp>aisons entre des s5tim5ts d'ef=ts et des s5sations de pressions v\lus s\s un c]ta9 rapport1 non v\lus s\s un autre rapport4 ,et l'on rem>qu]a ce sujet que cette comp>aison n'e/ possible que grce l'opposition t\j\rs actuelle entre l'tat s5sible de l'organe adv5tice et l'tat s5sible du re/e de la priphrie1 le premi] tat se rapportant au prs5t1 le second au pass4 ,tels sont les jugem5ts subsqu5ts4 ,n\s avons suppos que le corpuscule agissait p> contact2 le raisonnem5t et t id5tique si n\s avions suppos qu'il agissait di/ance4 ,qu'il soit un po9t lum9eux ou sonore1 une sub/ance odorante1 un foy] de *aleur1 du mom5t qu'il dt]m9e la =mation d'un organe1 l'animal p\rra son gr augm5t] ou dim9u] la s5sation qu'il pr\ve ou se donn] p\r t*e de la ma9t5ir gale4 ,dans ce d]ni] cas1 si le corpuscule e/ mobile1 l'animal devra le suivre1 et son m\vem5t s]a v\lu dans son pr9cipe1 mais non v\lu quant la direction4 ,une fois que l'animal a la notion du m\vem5t1 il a p> l mme1 d'une faon plus ou mo9s obscure1 les autres notions c9matiques4 ,la dure1 c'e/ le m\vem5t ab/rait2 le temps1 un m\vem5t uni=me pris p\r unit2 la vitesse1 le rapport du m\vem5t au temps4 ,la di/ance e/ apprcie p> la quantit d'ef=t ncessaire p\r la p>c\rir2 la direction1 p> la position du po9t affect p> l'objet relativem5t au corps de l'animal 7voir plus lo974 ,la situation ou le lieu e/ le produit de la comb9aison des notions de di/ance et de direction2 l'espace1 c'e/ la syn?se des lieux possibles4 ,enf91 la =me e/ une syn?se de di/ances et de directions#b4 ,savoir o e/ un objet1 c'e/ savoir quel m\vem5t il faut faire p\r en recevoir telle ou telle s5sation4 ,il ne s'agit pas ici1 bi5 ent5du1 de la position dans le s5s ma?matique du mot4 ,on e/ c5s connatre le lieu d'une *ose qu& on sait comm5t il faudrait se m\voir p\r s'en rappro*]1 s'en loign] ou s'en g>]4 ,peu importe d'ailleurs que cette *ose exi/e ou n'exi/e pas 7lumire rfl*ie71 ou qu'elle app>aisse l o elle n'e/ pas 7lumire rfracte74 ,cette connaissance ne p\rrait se produire sans la =mation de l'organe adv5tice4 ,si1 qu& le v5t s\ffle1 n\s pr\vions un effet gnral1 c'e/ le has>d seul qui p\rrait n\s en prs]v]4 ,mais comme le v5t donne lieu la =mation d'un organe adv5tice du ct o il s\ffle1 n\s dev9ons d'o il vi5t et n\s p\vons ou lui t\rn] le dos1 ou int]pos] entre lui et n\s des ob/acles qui l'arrt5t4 ,l'organe adv5tice produit donc *ez l'animal une ori5tation adv5tice4 ,a son dfaut1 il s]ait dconc]t et ne p\rrait suivre l'objet2 avec son aide1 il peut s'ori5t]4 ,l'organe le dirige1 c'e/ un pilote qui le guide1 qui lui fait vit] les cueils et le conduit au port4 ,son rle t]m91 l'organe1 s'il e/ adv5tice1 disp>at1 et l'expri5ce mom5tanm5t acquise e/ p]due p\r l'av5ir4 ,s'il e/ p]man5t1 l'ori5tation de l'animal e/ p]man5te1 il possde un axe naturel1 passant1 p> exemple1 p> l'organe et le c5tre de gravit4 ,ds lors1 il possde1 titre p]ptuel1 une rgle et un compas p\r apprci] la position et la =me des objets1 il peut acqurir une expri5ce qui lui re/e1 et il e/ p]fectible en ce s5s qu'il peut de plus en plus vite =m] son jugem5t sur la position des corps ou sur la r\te qu'ils suiv5t4 ,appelons directeur l'organe de s5s qui guide la motilit4 ,le jugem5t sur la =me et la position des objets e/ d'autant plus exact que1 d'un ct1 cet organe e/ plus prcis et que1 de l'autre ct1 n\s savons mieux apprci] les diffr5ces d'ef=t4 ,si n\s v\lons dt]m9] la direction du v5t1 n\s p\vons t\rn] la tte v]s le po9t de l'horizon d'o il semble v5ir1 et p> la position que n\s devons pr5dre n\s tr\vons le lieu d'orig9e4 ,mais cette dt]m9ation e/ assez vague1 p>ce que l'organe p> lequel n\s n\s mettons en rapport avec le v5t1 savoir la peau du visage1 occupe une gr&e t5due sans prs5t] des p>ties plus re/re9tes et notablem5t plus s5sibles4 ,n\s s]ons mieux s]vis p> la ma91 qui1 se tr\vant au b\t du bras1 peut se plac] plus nettem5t encore dans la direction vraie4 ,t\t le monde sait enf9 que si l'on expose l'air un doigt humect1 l'vaporation prcis]a davantage encore le po9t d'orig9e4 ,mais c\p sr1 si n\s tions ins5sibles au m\vem5t de l'air sur t\te la surface du corps et que n\s eussions un organe mobile en =me de tube1 dont le fond s]ait seul s5sible au v5t1 n\s dt]m9]ions la direction d'autant plus exactem5t que le tube s]ait plus long et plus troit4 ,ce que n\s disons de la direction peut se dire des di/ances ou gr&eurs4 ,il e/ clair que les notions de l'animal cet g>d s]ont plus ou mo9s nettes suivant ses aptitudes apprci] et comp>] les ef=ts qu'il fait en les p>c\rant4 ,n\s n\s r5dons1 en effet1 d'autant mieux compte de la =me dun objet que n\s en suivons les cont\rs avec un in/rum5t plus exact2 p> exemple avec le corps en m>*ant1 ou avec la ma91 ou avec l'il qui1 t\s g>ds1 peut tre assimil ce tube dont n\s p>lions tantt4 ,c> on conoit sans pe9e qu'il n'e/ pas ncessaire que l'animal enti] se meuve1 du mom5t qu'il a la facult de m\voir volontairem5t son organe aut\r de lui-mme4 ,l'organe fait l'(fice de la ma9 que l'aveugle immobile promne sur le cont\r des objets qu'il tte4 ,les diffr5ts replis de la peau1 les bras1 les t5tacules1 les ant5nes1 les oreilles1 le nez1 l'il1 peuv5t s]vir t\r t\r de s5s directeur4 ,la peau de la *auve-s\ris1 le nez du *i51 l'oreille du *at sont p\r ces animaux ce qu'e/ la ma9 p\r l'aveugle1 l'il p\r l'oiseau4 ,et le bras que projette la monre n'e/ qu'un t5tacule adv5tice qui s]t dirig] ses m\vem5ts et la r5seign] sur les objets de l'espace qu'elle occupe4 ,l'animal a ma9t5ant1 d'une manire plus ou mo9s confuse1 la notion de l'exi/5ce du corpuscule et de ses volutions dans l'espace4 ,telle e/ en g]me la notion de l'univ]s3 multipliez les corpuscules1 multipliez les s5s1 l'objet d'un ct s]a d'autant plus va/e1 l'expri5ce de l'autre d'autant plus complte et plus rapide4 ,,ii4 ,l'ef=t et la rsi/ance4 ,la rptition de l'acte le r5d de plus en plus facile4 ,le m\vem5t volontaire1 habituel1 in/9ctif1 rflexe4 ,intellig5ce et automatisme4 ,dans ce qui prcde n\s avons fait j\] le pr9cipal rle au s5tim5t de l'ef=t4 ,ce s5tim5t nat la suite des rsi/ances qui s'oppos5t au m\vem5t v\lu4 ,l'animal1 p> exemple1 veut fuir ou p\rsuivre un objet1 mais le m\vem5t ne suit pas immdiatem5t sa volont2 il doit p\r cela dploy] un ef=t et va9cre c]ta9es rsi/ances qui provi5n5t d'un arrangem5t des molcules peu favorable au m\vem5t4 ,le m\vem5t cep5dant f9it p> se propag] suivant la ligne des molcules dont la vibration naturelle prs5te avec lui le mo9s de div]g5ce1 et1 en se propageant1 il dim9ue encore cette div]g5ce4 ,de l rsulte que le mme m\vem5t1 qu& il e/ v\lu une seconde fois1 pr\ve mo9s de rsi/ance2 et1 la longue1 =ce de rptitions1 il f9it p> se faire avec le plus petit ef=t possible1 avec un ef=t tellem5t faible qu'il n'e/ plus s5ti4 ,comm5t l'enfant appr5d-il lire8 ,il doit d'abord se pntr] de la =me des lettres4 ,dans les premi]s temps1 il confond les a et les o1 les n et les u1 les b1 les d1 les p et les q2 il doit se livr] beauc\p de comp>aisons p\r reconnatre leurs c>actres di/9ctifs2 *aque fois qu'il porte un jugem5t1 qu'il dit d'un a que c'e/ un a et d'un o que c'e/ un o1 il a d se raisonn] lui-mme le p\rquoi de ce jugem5t4 ,mais p> l'ex]cice1 ce jugem5t devi5t de plus en plus rapide1 de manire que1 ce premi] pas fait1 on peut procd] avec lui l'tude des syllabes4 ,il faut ma9t5ant qu'il appr5ne di/+u] na de an1 ou de uo1 ie de ei2 n\velles comp>aisons1 n\veaux raisonnem5ts1 n\veaux ex]cices2 puis1 ces difficults sont leur t\r surmontes4 ,on aborde alors la connaissance des mots1 puis des phrases4 ,que de temps1 que d'ef=ts1 que d'tudes sont ncessaires avant qu'il en arrive lire c\ramm5t6 ,il y p>vi5t cep5dant et1 la f91 il saisit immdiatem5t le s5s d'une phrase p> la simple inspection du texte1 comme c]ta9s j\eurs font d'un c\p d'il l'addition de c9q ou six ds de dom9os tals devant eux4 ,arriv ce po9t1 il n'a plus mme consci5ce des actes prlim9aires p> lesquels il doit pass] p\r avoir l'intellig5ce de la phrase4 ,il ne s'ap]oit plus qu'il pelle1 qu'il juge de la =me des lettres et de leur position respective dans les syllabes1 etc42 il lui semble qu'il compr5d d'emble ce qu'il lit4 ,et comm5t appr5d-il trac] les lettres avec sa plume1 les assembl] p\r en =m] des mots1 soign] l'or?ographe8 ,t\s les premi]s m\vem5ts sont v\lus1 sont faits avec ple9e consci5ce1--il e/ inutile que n\s refassions notre analyse--et la f91 il en arriv]a crire s\s la dicte1 sans mme faire att5tion aux p>oles qu'on prononce4 ,la ma9 obira d'elle-mme au son qui frapp]a l'oreille4 ,l'ex]cice porte ici sur le s5s musculaire4 ,l'enfant n'a pas procd autrem5t p\r appr5dre m>*]3 t\s ses pas ont d'abord t v\lus1 avant d'tre naturels2 c'e/ a9si qu'il appr5d voir ou plutt reg>d]1 qu'il appr5d ent5dre1 odor]1 gt]4 ,dans ces p]fectionnem5ts successifs du m\vem5t1 on peut di/+u] quatre mom5ts pr9cipaux relis entre eux p> un trs gr& nombre de mom5ts int]mdiaires3 le m\vem5t volontaire1 habituel1 in/9ctif1 rflexe ou automatique4 ,on peut dire1 d'une manire gnrale1 que le m\vem5t e/ volontaire qu& on sait comm5t et p\rquoi on le fait2 qu'il e/ habituel qu& on le fait sans savoir comm5t2 in/9ctif qu& on le fait sans savoir p\rquoi2 rflexe qu& on le fait sans le savoir4 ,l'habitude s'acqui]t p> l'ex]cice1 et elle modifie l'organisme jusque dans les ovules et les sp]matozodes4 ,la modification des p>5ts se retr\ve donc un degr plus ou mo9s m>qu *ez les desc5dants1 s\s =me d'aptitude ou de beso9 d'abord1 d'in/9ct ensuite4 ,enf91 l'in/9ct lui-mme f9it p> se trans=m] en automatisme lorsque les m\vem5ts se produis5t la suite d'une impression non s5tie4 ,ils s'excut5t alors sans connaissance1 mais la connaissance a prsid leur naissance4 ,telle e/ l'explication de l'admirable f9alit des m\vem5ts rflexes1 de leur appropriation au b4 ,si l'on extirpe d'une manire conv5able les hmisphres crbraux de la gr5\ille1 elle ne voit plus ri51 n'ent5d plus ri51 ne *]*e plus sa n\rriture4 ,mais si on la jette l'eau1 elle nage2 si on lui met de la n\rriture dans la b\*e1 elle l'avale2 si on l'excite1 elle saut]a en vitant les ob/acles auxquels elle p\rrait se heurt]4 ,c\pez la gr5\ille en deux et laissez tomb] une g\tte d'acide sur l'une de ses pattes po/rieures1 l'autre patte *]*]a l'enlev]4 ,l'homme1 dans c]ta9s tats pa?ologiques1 peut prs5t] des phnomnes id5tiques#c4 ,ce sont les m\vem5ts rflexes qui faisai5t dire ,desc>tes que les animaux sont des automates1 et qui ont fait dire ,huxley que ce sont des ma*9es1 mais des ma*9es consci5tes#d4 ,c'e/ l'habitude ou l'in/9ct1 suivant les cas1 qui fait que n\s n\s reprs5tons comme d\es d'exi/5ce matrielle les figures refltes dans un miroir2 c'e/ une habitude plus pr(onde et plus invtre qui n\s fait attribu] un corps aux images de nos rves ou de notre dlire4 ,l'habitude n\s explique un gr& nombre d'illusions comme celles dont n\s n\s sommes occup4 ,c'e/ p> l'habitude enf91 p> un ex]cice rpt1 que n\s dressons les animaux notre usage4 ,le premi] *i5 qui on a appris arrt] le gibi] a d compr5dre que c'tait un moy5 de s'attir] les c>esses et les bons so9s de son matre2 sa volont consci5te a t primitivem5t ncessaire p\r cet acte4 ,peu peu1 l'acte e/ dev5u habituel4 ,puis l'habitude1 transmise aux desc5dants1 a donn la race des *i5s d'arrt qui auj\rd'hui re/5t immobiles devant le gibi]1 sans savoir p\rquoi4 ,si le p\let1 pe9e sorti de l'uf1 se prcipite sur le gra9 qu'on lui jette1 si le veau ou le *evreau1 immdiatem5t aprs leur naissance1 sav5t se conduire dans leur table1 si l'oiseau con/ruit son nid avec un art admirable1 n'en d\tez pas1 *acun des dtails de ces actes ont t autrefois v\lus1 excuts avec consci5ce successivem5t et progressivem5t p> leurs anctres4 ,comme on le voit1 l'explication que n\s donnons de la trans=mation du m\vem5t v\lu en m\vem5t rflexe e/ fond sur les mmes pr9cipes que celle de la =mation des organes adv5tices1 p]man5ts1 puis spcifiques4 ,a mesure que l'ef=t e/ mo9dre1 le s5tim5t de l'ef=t1 qui n'e/ autre que la consci5ce1 e/ mo9s prononc4 ,l'tat de consci5ce passe ins5siblem5t l'tat d'inconsci5ce4 ,la consci5ce accompagne t\j\rs la volont1 elle n'accompagne jamais la rflexivit4 ,l'explication donne ici des phnomnes psy*iques e/ l'inv]se de celle que l'on s\ti5t ord9airem5t4 ,on dit gnralem5t que l'intellig5ce passe de l'tat d'inconsci5ce celui de consci5ce4 ,n\s p5sons le contraire4 ,t\s nos actes intellectuels ont comm5c p> tre consci5ts1 s9on en n\s1 du mo9s en nos anctres4 ,le doma9e de l'inconsci5ce a t =m p> les dpts des ges passs1 p> l'accumulation des traces fixes des impressions reues1 et il a son expression physique v>iable dans le c>actre spcifique de l'individu1 c>actre obt5u p> une action l5te et qui peut tre galem5t dtruit la longue4 ,la vie consci5te de l'individu favorise ses progrs p]sonnels dont quelques uns pass]ont sa desc5dance s\s =me d'aptitudes d'abord1 d'in/9ct ensuite et1 en d]ni] lieu1 de connexions rflexes4 ,l'intellig5ce progresse donc v]s l'in/9ct et l'automatisme4 ,l'intellig5ce consci5te e/ l'bau*e embryonnaire d'une facult dont l'in/9ct con/itue une =me plus leve et l'automatisme l'expression p>faite4 ,cette proposition peut p>atre p>adoxale4 ,mais1 en fait1 l'ouvri] oblig de rfl*ir cont9uellem5t la manire dont il doit mani] son outil et au b de *acun de ses m\vem5ts1 n'e/-il pas au dess\s de celui qui1 matre de sa ma9 et de son art1 excute son travail ma*9alem5t et peut1 t\t en travaillant1 *ant]1 caus] ou p5s] son aise8 ,l'intellig5ce ab\tit donc sa ngation1 l'automatisme qui n'en e/1 p\r a9si dire1 que la cri/allisation4 ,n'oublions pas t\tefois que l'in/9ct et l'automatisme sont imp]fectibles p> cela mme qu'ils sont p>faits ou peu prs1 t&is que l'intellig5ce e/ l'in/rum5t indisp5sable des progrs1 tant de l'individu que de l'espce4 #a ,la mme conclusion e/ =mule p> ,j4 ,tyndall1 dans un article s]r et pr(ond sur le ,matrialisme et ses adv]saires en ,anglet]re1 publi dans la ,=tnightly ,review1 et reproduit p> la ,revue sci5tifique du #f novembre #ahge4 #b ,dans notre ,essai de logique sci5tifique1 n\s avons ju/ifi la plup>t de ces df9itions1 p4 #bga sqq4 #c ,on peut lire1 dans la ,revue sci5tifique du #bd octobre #ahgd1 p4 #chi1 le cas d'un soldat franais atte9t1 ,bazeilles1 d'une balle la tte1 et qui prs5te priodiquem5t des phnomnes de rflexivit vraim5t m]veilleux4 ,si ,huxley ne les admettait pas comme vrais1 n\s aurions n\s-mme de la pe9e y croire4 #d ,revue sci5tifique1 loc4 cit41 p4 #cia4 99 99 99 99 99 ,,vi ,,conclusion ,i4 ,rapports de la consci5ce et de l'inconsci5ce4 ,l'homme et l'animal4 ,le langage et le s5tim5t religieux4 ,le trans=misme4 ,il n'y a donc pas de diffr5ce ess5tielle entre les actes consci5ts et les actes inconsci5ts4 ,la consci5ce ne peut p> suite s]vir de base la di/9ction entre l'homme et les animaux4 ,d'ailleurs1 qui a jamais compris d'une manire bi5 nette les qualits magiques accordes p> les psy*ologi/es de pr(ession ces mots3 consci5ce de soi8 ,qu& nat cette prt5due facult8 ,comm5t disp>at-elle p>fois en n\s8 ,dans le passage de la veille au sommeil ou du sommeil la veille1 quel mom5t sort-on de la consci5ce p\r tomb] dans l'inconsci5ce1 et rciproquem5t8 ,et le *i51 qui on a lanc une pi]re1 qui jette des reg>ds aut\r de lui p\r reconnatre le provocateur1 qui se dem&e quel peut tre le b de l'agression1 dans l'inc]titude si on veut le *ass] ou le rappel]1 ce *i5 ne pose-t-il pas des actes aussi consci5ts que les ntres1 en p>eil cas8 ,t\t bi5 considr1 ce mot1 p\r les psy*ologi/es1 n'a pas et ne peut avoir de df9ition prcise2 il dsigne plus ou mo9s vaguem5t une c]ta9e qualit de la p5se ou de la volont un c]ta9 degr de dveloppem5t4 ,ce vague e/ tellem5t inhr5t cette ide que des philosophes ont t jusqu' di/+u] des degrs de consci5ce l'inf9i1 une consci5ce de la consci5ce de soi1 puis une consci5ce de la consci5ce de la consci5ce de soi4 ,et en fait1 il n'y a pas moy5 de s'arrt] dans la voie de ces subtilits oiseuses4 ,a9si doit tomb] cette b>rire que l'on veut tablir entre l'homme et l'animal4 ,au db de notre travail1 n\s avons dit que n\s aurions rpondre cette "q3 ,qu'e/-ce qu'un animal8 a*em9em5t v]s cette autre "q3 ,qu'e/-ce que l'homme8 ,n\s avons accompli notre promesse4 ,l'me animale e/ une somme d'in/9ct et de consci5ce4 ,suivant les espces1 cette somme v>ie et p> la quantit absolue et p> le rapport des deux p>ties qui la compos5t4 ,l'homme--celui de c]ta9es races du mo9s--e/ un animal *ez qui la somme des actes consci5ts e/ notable et l'emporte peut-tre sur celle des actes inconsci5ts in/9ctifs1 qui sont au surplus beauc\p plus nombreux qu'on ne s'imag9e gnralem5t4 ,citons l'in/9ct de cons]vation1 de propagation1 de pudeur1 d'am\r mat]nel4 ,on peut en dire autant du *i51 de cet intellig5t animal qui compr5d notre langage et nos ge/es1 dev9e nos int5tions et nos p5ses1 p>tage nos joies et nos d\leurs1 s'atta*e et se dv\e avec le plus complet ds9tressem5t1 dont le reg>d enf91 suivant l'expression de ,mme de ,/ael1 semble dcel] une me huma9e4 ,seulem5t1 comp> l'homme des races p]fectionnes1 il lui e/ infrieur de beauc\p s\s le rapport de la quantit absolue d'intellig5ce4 ,cette infriorit cep5dant ne p>at pas tablir une diffr5ce plus gr&e entre l',au/rali5 et lui que celle qui sp>e l',au/rali5 et l',europen1 ou mme peut-tre la plup>t de n\s et le gr& ,newton4 ,*ez c]ta9es espces d'animaux1 au contraire1 la somme des actes in/9ctifs l'emporte sur celle des actes consci5ts4 ,les insectes notamm5t sembl5t1 aux yeux de bi5 des g5s1 avoir p]du la facult de faire des actions rfl*ies4 ,c'e/ l une erreur d'apprciation4 ,elle provi5t de ce que les actes mme qui dnot5t *ez les abeilles et les f\rmis1 p> exemple1 une intellig5ce consci5te trs dveloppe1 disp>aiss5t1 p\r a9si dire1 devant la complication m]veilleuse des actes in/9ctifs auxquels elles se livr5t4 ,mais qu& on comp>e la quantit microscopique de la sub/ance n]veuse de ces petits animaux celle dont n\s sommes gratifis1 n\s n'avons1 ce semble1 gure le droit de n\s t>gu] de notre supriorit4 ,sans d\te1 le sujet ne laisse pas que de r5f]m] de gr&es difficults2 n\s ne v\lons signal] que l'orig9e du langage1 entre autres1 et celle du s5tim5t religieux4 ,c'e/ la philologie comp>e et l'e?nographie qu'incombe surt\t la t*e de les rs\dre4 ,quels sont les premi]s rudim5ts du langage8 ,s\s quelle =me s'e/ produite p\r la premire fois l'ide de ,dieu dans l'esprit de l'tre intellig5t8 ,voil comm5t1 si l'on n\s a bi5 compris1 la sci5ce doit se pos] la "q p\r tre le plus srem5t mme d'y faire une rponse4 ,s'il e/ dmontr que ni le langage ni le s5tim5t religieux ne peuv5t se ram5] des actes psy*iques communs l'homme et aux animaux1 alors seulem5t on p\rra rev5diqu] p\r l'homme une orig9e di/9cte4 ,il a t dit plus haut que n\s ne savons en quoi l'or et l'arg5t diffr5t1 attribuant cep5dant cette diffr5ce au m\vem5t et au gr\pem5t des atomes1 p>ce que1 dans le monde matriel1 n\s sommes p\sss et1 p\vons-n\s dire1 autoriss ram5] t\s les phnomnes l'unit4 ,de mme1 dans le monde des esprits1 la sci5ce1 malgr l'obscurit pr(onde qui ent\re encore de nombreux po9ts1 t5d ram5] t\s les actes intellectuels un type primordial4 ,le trans=misme reoit p> l une confirmation n\velle4 ,la gr&e conception de ,lam>k1 qui fait de t\s les tres s5sibles une *ane cont9ue dont les anneaux se sont eng5drs l'un l'autre et ramne l'unit de vie les types spcifiques les plus diffr5ts1 cette conception s'applique aux actes intellectuels les plus v>is1 qui driv5t a9si l'un de l'autre et1 en d]nire analyse1 d'un premi] acte de consci5ce ou d'ef=t s5ti et v\lu1 suscit p> une premire s5sation4 ,,ii4 ,de la rdaction des phnomnes psy*iques aux phnomnes physiques4 ,la p5se peut-elle tre conue comme la trans=mation du m\vem5t8 ,dplacem5t du problme4 ,considrations f9ales4 ,jusqu'ici1 notre tude a mis en vid5ce l'incomm5surabilit des phnomnes psy*iques avec les phnomnes physiques4 ,n\s concevons la rigueur comm5t1 p> une suite de p]fectionnem5ts successifs1 l'intellig5ce de la monre peut en arriv] gal] celle de ,newton ou mme une intellig5ce inf9ie p\r qui l'univ]s n'a plus de secret1 et qui voit du mme c\p d'il le pass et l'av5ir4 ,cette conception n\s e/ d'autant plus facile que n\s savons que ,newton e/ sorti d'un uf qui1 c]tes1 au mom5t de sa fcondation1 n'avait pas une intellig5ce gale celle d'un infusoire4 ,et cep5dant n\s ne p\vons compr5dre en aucune faon p> quelle srie de trans=mations il faudrait faire pass] une portion de sub/ance semblable celle du corps de la monre1 l'tat ins5sible1 p\r la conv]tir en une sub/ance d\e de s5sibilit#a4 ,un savant m95t1 ,dubois-,reymond1 dans une confr5ce t5ue ,leipzig1 s'occupant de cette "q de l'orig9e de la p5se ou de la s5sibilit1 dit que l'esprit huma9 doit r5onc] la sond]4 ,voici ce passage3 ,vis vis des nigmes du monde matriel1 le philosophe ds longtemps e/ habitu r5dre avec une mle rsignation l'anci5 v]dict cossais3 ,ignoramus4 ,il puise dans la c>rire victorieuse qu'il a dj f\rnie la conviction tacite que ce qu'il ignore encore auj\rd'hui1 il p\rrait au mo9s1 dans c]ta9es conditions1 le savoir1 et qu'il le saura peut-tre un j\r4 ,mais vis vis de la "q1 ce que c'e/ que =ce et matire et comm5t elles donn5t naissance la p5se1 il faut qu'une fois p\r t\tes1 il se rsigne ce v]dict beauc\p plus difficile prononc]3 ,ignorabimus#b4 ,n\s sommes1 n\s1 de notre ct1 arriv la conclusion de l'irrductibilit du psy*ique au physique4 ,cep5dant1 notre esprit dem&e1 p\r a9si dire avec in/ance1 qu'on ne le sp>e pas p> un abme du monde matriel o il habite1 qu'on rtablisse l'unit entre le physique et le psy*ique4 ,la *ose e/ dsire et dsirable4 ,p\r n\s1 n\s l'avons dit plusieurs fois1 n\s croyons qu' sa naissance le monde r5f]mait dj l'intellig5ce aussi bi5 que la matire et le m\vem5t4 ,exam9ons t\tefois comm5t devrai5t procd] ceux qui v\drai5t tablir l'id5tit de la p5se et du m\vem5t4 ,allons hypo?tiquem5t le plus lo9 qu'il n\s e/ possible4 ,une =ce extrieure a1 s\s =me de m\vem5t1 agi sur un app>eil s5soriel4 ,elle va se trans=m] en *aleur1 c\rants lectriques1 dcompositions *imiques1 *angem5t de con/itutions dans les liquides ou les solides de l'organisme4 ,n\s savons1 en t\t cas1 une *ose avec c]titude1 c'e/ que cette =ce ne se p]d pas4 ,p\rsuivons idalem5t cette =ce jusqu'au b\t4 ,imag9ons que le physiologi/e1 *imi/e et physici51 suive cette =ce extrieure p>tir du mom5t de son entre dans l'organisme2 qu'il note avec une exactitude absolue t\tes les trans=mations qu'elle pr\ve jusqu' ce qu'il se manife/e un tat d'quilibre mom5tan4 ,s'il con/ate une somme gale d'effets produits p> cette =ce1 la s5sation n'e/ pas le rsultat d'une trans=mation de la =ce physique4 ,mais si la somme des effets e/ infrieure1 s'il peut affirm] avec c]titude1 sans aucune *ance de se tromp]1 qu'il y a l une portion de =ce qui ne se retr\ve pas1 alors il p\rra s\ponn] que cette portion de =ce a pu se conv]tir en s5sation4 ,et si la =ce p]due e/ proportionnelle la s5sation1 il p\rra conclure rig\reusem5t qu'elle en e/ la cause t\t au mo9s indirecte4 ,or1 un pas a t fait dans cette voie4 ,des savants d'dimb\rg1 ,dew> et ,mac ,k5drick ont p> des expri5ces dlicates faites sur l'il en vue de vrifi] physiologiquem5t la loi de ,web]1 tabli que la s5sation e/ proportionnelle l'int5sit du c\rant n]veux transmis au c]veau1 c> celui-ci e/ proportionnel au log>i?me de l'excitation#c4 ,s'il tait donc possible d'tablir que ce c\rant n]veux p>v5u dans le c]veau ne se retr\ve pas1 l'abme s]ait combl dans une c]ta9e mesure1 la conciliation entre les ?ses opposes du matrialisme et du spiritualisme s'effectu]ait dans le s5s indiqu p> ,h]b]t ,sp5c]#d1 la p5se s]ait une trans=mation du m\vem5t4 ,cette ?se e/ d'ailleurs en con=mit avec c]ta9s faits de l'expri5ce j\rnalire4 ,la =ce dont n\s disposons1 avons-n\s dit ailleurs#e1 a la facult de se transport] d'un po9t un autre de l'organisme et de se mettre au s]vice d'organes diffr5ts4 ,c'e/ a9si que je puis la dp5s] en effets musculaires1 soit en me transportant d'un po9t un autre1 soit en s\levant des poids1 ou en s5sations visuelles1 auditives1 etc41 ou en p5se4 ,t\t le monde peut rem>qu] que1 p5dant un ef=t musculaire viol5t1 m>*e rapide1 saut1 danse1 ex]cices gymna/iques1 la s5sibilit auditive1 visuelle1 olfactive1 tactile1 de mme que la p5se1 l'att5tion e/ m\sse et in]te4 ,or1 si la mme =ce peut1 d'une faon absolue1 se manife/] s\s =me de m\vem5t et s\s =me de p5se1 cela revi5t dire que la p5se peut se trans=m] en m\vem5t et rciproquem5t4 ,ce po9t mis hors de d\te1 la "q des rapports du physique et du psy*ique aurait fait un gr& pas1 mais elle ne s]ait p\rtant pas encore rsolue4 ,il n\s faudrait1 en effet1 savoir1 en outre1 comm5t s'opre cette trans=mation4 ,n\s voyons t\s les j\rs des trans=mations de m\vem5ts2 mais ici il s'agirait d'une mtamorphose du m\vem5t en quelque *ose qui n'e/ plus m\vem5t4 ,c>1 rptons-le1 tant que l'on con/ate l'exi/5ce du m\vem5t1 si la p5se se produit1 elle n'a pas de cause1 et elle n'a p\r cause le m\vem5t que si celui-ci disp>at4 ,je n'aurai plus sans d\te l'anti?se du m\vem5t et de la p5se1 mais je lui aurai sub/itu une autre anti?se3 celle du m\vem5t et de la sub/ance de l'app>eil qui a pu labor] le m\vem5t en p5se1 dtruire l'un et en faire sortir l'autre4 ,l qualit de cette sub/ance e/-elle m\vem5t ou p5se8 ,on le voit1 l'anti?se subsi/e4 ,le c]veau e/-il l'app>eil trans=mant le m\vem5t en s5sation8 ,c'e/ possible1 mais ri5 ne n\s autorise l'affirm] avec c]titude1 et puissions-n\s le faire1 le comm5t n\s *app]ait encore et n\s *app]a probablem5t t\j\rs4 ,une seule *ose e/ c]ta9e1 c'e/ que si n\s p\vons comme entrevoir que dans l'av5ir on puisse t5t] de donn] une solution quelconque l'un ou l'autre des problmes que n\s v5ons de pos]1 n\s n'en voyons que d'une manire plus claire combi5 actuellem5t n\s sommes impuissants les tran*] et combi5 peu de valeur sci5tifique ont les solutions prmatures qu'on imag9e4 ,on ne doit pas cep5dant le dissimul]4 ,les rsultats auxquels n\s sommes p>v5u ne sont pas dmontrs comme les vrits ma?matiques ou c]ta9es lois physiques4 ,il faudrait p\r cela que les m?odes suivies fuss5t de t\t po9t irrpro*ables1 que les expri5ces sur lesquelles on se base ne fuss5t po9t susceptibles d'une autre int]prtation1 que les faits recueillis dans les sci5ces naturelles ne fuss5t pas mlangs d'erreurs4 ,mais ces m?odes1 ces expri5ces1 ces obs]vations prs5t5t quelque *ose de saisissable l'esprit2 elles ont des c>actres prcis et positifs1 et l'on ne peut avoir la prt5tion de les r5v]s] ou de les contr$ire p> un simple raisonnem5t mtaphysique4 ,sans d\te1 on doit rec\rir la gnralisation1 l'hypo?se p\r int]prt] les faits et en tir] des conclusions admissibles1 mais il faut t\t au mo9s que l'hypo?se et la gnralisation port5t sur des ralits et non sur des matires de spculation pure4 ,l se tr\ve la diffr5ce entre la psy*ophysique naissante et les vieilles psy*ologies d'cole matriali/es1 ou s5suali/es1 ou spirituali/es4 ,elle pr5d son bi5 p>t\t o elle le tr\ve et met en uvre les travaux des physici5s1 des gologues1 des physiologi/es1 des naturali/es1 des philologues1 en un mot1 de t\s les savants3 les ,plateau1 les ,quetelet1 les ,lyell1 les ,helmholtz1 les ,web]1 les ,fe*n]1 les ,wundt1 les ,d>w91 les ,haeckel1 les ,h]b>t1 les ,ma9e de ,biran1 les ,ba91 les ,sp5c]1 les uns directem5t1 les autres indirectem5t1 ont contribu ou contribu5t encore consolid] ses bases et f\rnir les matriaux du monum5t qu'elle se propose d'lev]4 #a ,il e/ vrai de dire1 t\tefois1 que si elle tait t\t fait semblable1 elle s]ait s5sible4 #b ,voir ,revue sci5tifique1 #aj octobre #ahgd4 #c ,voir le ,j\rnal ,nature1 du #aj juillet #ahgc1 et ,revue sci5tifique du #bg m>s #ahge4 ,voir aussi la note p4 #hb4 #d ,pr9cipes de psy*ologie1 n\v4 d41 p4 #bga4 #e tude psy*ophysique1 p4 #dg4 ,,f9 99 99 99 99 99 ,,table ,,des ,,mati,,res ,i4--,notions de l'me et du corps4 ,i4 ,la di/9ction entre l'me et le corps e/ univ]selle et s'applique t\s les tres s5sibles4 ,ces t]mes veill5t dans l'esprit de t\t homme une ide prcise4 ,un problme ds lors se prs5te3 ,quels sont les rapports de l'me et du corps8 ,p\r le rs\dre1 il faut d'abord en df9ir les t]mes et1 p> suite1 remont] au pr9cipe de la di/9ction4 ,,ii4 ,la di/9ction entre l'me et le corps n'e/ pas primitive4 ,le premi] acte de la connaissance e/ la di/9ction du moi et du non-moi4 ,p\r que cette di/9ction soit possible1 il faut que l'tre puisse1 p> un ef=t volontaire et s5ti1 se donn] des s5sations lui-mme1 c'e/ dire qu'il ait le s5tim5t de la motilit4 ,,iii4 ,connaissance de l't5due du moi4 ,le moi e/ p\r l'tre s5sible ce qui lui procure t\j\rs une mme s5sation1 *aque fois que sa volont e/ la mme4 ,le non-moi e/ p\r lui l'ensemble des autres causes4 ,,iv4 ,le moi1 en tant que connu directem5t et p> un acte intuitif1 app>at primitivem5t comme un et indivisible4 ,mais qu& on a rec\rs au procd p> lequel on disc]ne le non-moi1 savoir les s5s ext]nes1 on con/ate qu'une p>tie du moi peut tre connue p> ce procd1 c'e/ le corps2 l'autre p>tie1 qui n'e/ connue que p> le s5s int]ne1 c'e/ l'me ou l'esprit1 ou le moi dans le s5s re/re9t et abusif de ce d]ni] mot4 ,v4 ,le s5s intime et les s5s ext]nes appliqus directem5t n\s-mme ne n\s donn5t de n\s-mme qu'une connaissance fragm5taire2 d'o la ncessit de la m?ode inductive4 ,t\tes les sci5ces ont directem5t ou indirectem5t l'homme p\r objet4 ,,ii4--,matrialisme1 spiritualisme1 psy*ophysique4 ,i4 ,orig9e psy*ologique du matrialisme1 du spiritualisme et de l'h>monisme4 ,le po9t de d"p de ces sy/mes implique des consqu5ces exclusives qui modifi5t a priori pr(ondm5t l'nonc et la porte du problme4 ,,ii4 ,po9t de d"p de la psy*ophysique2 elle se classe p>mi les sci5ces naturelles4 ,elle t*e de remont] aux faits primitifs et de pntr] jusque dans le doma9e de l'inconsci5ce4 ,critique des sy/mes rali/es et idali/es4 ,,iii4 ,la psy*ophysique a rec\rs la m?ode exprim5tale4 ,cette m?ode consi/e dans la production artificielle de phnomnes et appelle son aide la mesure et le calcul4 ,la comp>aison des phnomnes corporels et des phnomnes psy*iques n'e/ pas t\j\rs possible directem5t4 ,la mesure de ces d]ni]s n'e/ pas donne dans le s5s intime et ne peut s'obt5ir qu'artificiellem5t4 ,,iii4--,de l'orig9e des jugem5ts consci5ts4 ,i4 ,dcomposition des jugem5ts consci5ts4 ,la plup>t des jugem5ts consci5ts sont des syn?ses de jugem5ts antrieurs et1 en d]nire analyse1 d'un c]ta9 nombre de jugem5ts qui sembl5t primitifs1 p>ce que la consci5ce ne pntre pas au del4 ,attributs e/htiques1 attributs c9matiques4 ,,ii4 ,analyse de la s5sibilit4 ,analyse de la s5sation de c\leur4 ,les jugem5ts sur les qualits s5sibles des objets ne sont pas primitifs3 ils repos5t sur un raisonnem5t dont on n'a pas consci5ce et dont les prmisses se tr\v5t en gr&e p>tie dans l'habitude et l'in/9ct4 ,,iii4 ,analyse de la motilit4 ,orig9e des notions de di/ance1 de direction1 de situation et de =me4 ,les jugem5ts sur la position et la =me des objets repos5t aussi sur un raisonnem5t inconsci5t1 fond lui-mme sur l'habitude et l'in/9ct4 ,l'il1 en tant qu'organe du s5s de l't5due1 ne doit tre envisag que comme app>eil musculaire4 ,,iv4--,la s5sation4 ,i4 ,la s5sibilit lm5taire et ses modes comp>s au m\vem5t et ses trans=mations4 ,la mesure des s5sations4 ,la loi de ,web]3 t\t accroissem5t de la s5sation correspond un accroissem5t d'excitation con/amm5t proportionnel celle-ci4 ,critique de cette loi4 ,les trois lois de la s5sation4 ,dductions et consqu5ces4 ,,ii4 ,l'organisme homogne4 ,l'organe de s5s adv5tice4 ,l'organe de s5s p]man5t4 ,l'organisme complexe4 ,spcificit des organes de s5s4 ,v4--,l'ef=t4 ,i4 ,le jugem5t primitif4 ,la matire et l'esprit4 ,notion du m\vem5t et notions drives4 ,rle de l'organe adv5tice ou p]man5t dans l'acquisition de ces notions4 ,,ii4 ,l'ef=t et la rsi/ance4 ,la rptition de l'acte le r5d de plus en plus facile4 ,le m\vem5t volontaire1 habituel1 in/9ctif1 rflexe4 ,intellig5ce et automatisme4 ,,vi4--,conclusion4 ,i4 ,rapports de la consci5ce et de l'inconsci5ce4 ,l'homme et l'animal4 ,le langage et le s5tim5t religieux4 ,le trans=misme4 ,,ii4 ,de la rdaction des phnomnes psy*iques aux phnomnes physiques4 ,la p5se peut-elle tre conue comme la trans=mation du m\vem5t8 ,dplacem5t du problme4 ,considrations f9ales4