,au lecteur4 ,ce livre lectronique reproduit intgralem5t le texte orig9al1 et l'or?ographe d'orig9e a t cons]ve4 ,seules quelques erreurs typographiques vid5tes ont t corriges4 ,la li/e de ces corrections se tr\ve la f9 du texte4 ,la ponctuation a galem5t fait l'objet de quelques corrections m9eures4 ,,un ,,holl&ais ,a ,,p>is ,,en #ahia ,w4 ,g4 ,c4 ,,byvanck ,,un ,,holl&ais ,a ,,p>is ,,en #ahia ,,s5sations ,,de ,,litt,,rature ,,et ,d',,art ,,pr,,face ,d',,anatole ,,france ,logo ,,p>is ,,librairie ,,acad,,mique ,,didi] ,,p]r9 ,,et ,cie1 ,,libraires-,,diteurs #ce1 ,,quai ,,des ,,gr&s-,,augu/9s1 #ce #ahib ,t\s droits rs]vs ,,pr,,face ,il faut bi5 qu'il soit dans la petite ville d',hilv]sum1 o l'on tisse la la9e et le coton1 un de ces poles de ,holl&e1 dans lesquels le sage1 comme au temps de ,desc>tes1 s'enf]me p\r mdit]4 ,c> ,m4 ,byvanck qui vit l1 s\s un ciel humide et d\x1 e/ un savant p5sif1 que la pratique des livres n'a po9t dt\rn de l'tude des hommes et qui1 t\t philologue qu'il e/1 s'intresse au m\vem5t des ides4 ,il promne sa p5se bi5 au del des prairies1 des canaux et des m\l9s qui l'ent\r5t2 et son esprit1 dans ses veilles1 va p> les pays et remonte les ges4 ,m4 ,byvanck a publi sur ,franois ,villon des tudes critiques dont nos villoni/es font gr& cas et qui tmoign5t d'une pr(onde connaissance de notre vieille langue et de notre vieille littrature4 ,on tr\ve la premire page d'une de ces tudes le nom de ,jean ,ri*ep9 rappro* de celui de ,franois ,villon1 et cette association n'a ri5 d'affect *ez ,m4 ,byvanck1 qui connat aussi bi5 les potes franais de notre temps que ceux qui vivai5t s\s les rois ,*>les ,,vii et ,l\is ,,xi4 ,en un bel ouvrage qui s'appelle la ,posie et la vie au ,x,i,xe sicle1 ,m4 ,byvanck a tudi l'action de la socit et des murs sur la littrature europenne1 dans une priode de temps qui embrasse la vie et l'uvre de ,h5ri ,he9e1 de ,c>lyle1 du c>d9al ,newman1 de ,balzac1 de ,baudelaire1 de ,hebbel et ,cl\gh1 d',em]son1 de ,walt ,:itman et de ,h5rik ,ibs54 ,il a*ve en ce mom5t un livre sur le m\vem5t social et religieux de la ,holl&e au comm5cem5t de ce sicle2 il prp>e une dition critique de deux pices de ,%akespe>e1 ,hamlet et ,juliette et ,romo2 et il met la ma9 des tudes sur la posie franaise au ,x,ve sicle et sur le j>gon *ez les peuples romans4 ,un tel esprit1 contempora9 de t\s les sicles1 concitoy5 de t\s les potes et de t\s les savants1 n'e/ trang] dans aucun pays de gloire4 ,et il ne faut po9t tre surpris que ,m4 ,byvanck1 durant quelques mois passs ,p>is1 soit entr si avant dans l'intimit des *oses et dans le secret des mes4 ,je dirai1 si l'on en veut croire un ,p>isi5 qui aime ,p>is comme un ,itali5 du moy5 ge ou du bi5heureux qu9zime sicle aimait sa ville1 je dirai que ,m4 ,byvanck1 d\ de ce s5s hrditaire du vrai qui anime t\t l'art holl&ais1 dc\vre et dpe9t avec l'exactitude d'un ,tni]s les co9s littraires de la capitale1 cafs1 brass]ies1 et la maisonnette ru/ique du *ansonni] et le gr5i] du savant pote1 o les 9-folios mont5t sur les *aises semblables ces mon/res1 tmo9s des antiques av5tures de la t]re1 qui devrai5t fuir la lumire du j\r4 ,v\s p5sez bi5 qu'un ,tni]s philologue e/ peu curieux d'tudi] les belles-lettres dans les salons et l'loqu5ce l',acadmie4 ,le comm5tateur du ,grant te/am5t se plat mieux sur le b\lev>d ,sa9t-,mi*el1 dans le caf o il r5contr]a un n\veau ,villon4 ,m4 ,byvanck a pass une bonne soire au ,*at-,noir1 en c\tant ,alphonse ,allais1 ,georges ,c\rtel9e et ,maurice ,donnay1 qui y rp&ai5t leur esprit subtil et leur div9e fantaisie4 ,ils y ti5n5t cole de sagesse1 n\s enseignant1 avec une grce r5\vele d',ari/ophane1 mpris] la fausse v]tu et le faux gnie des heureux de ce monde et s\rire des sots1 des m*ants1 des hypocrites4 ,ce cab>et e/ une gr&e et belle cole de morale4 ,les potes *>mants du ,*at-,noir pr(ess5t l'ironie et la piti1 qui de t\tes les v]tus huma9es sont1 y bi5 reg>d]1 les seules innoc5tes et les seules exquises4 ,ils ne respect5t po9t les m9i/res et les snateurs2 mais ils respect5t les pauvres1 et ils sont sociali/es sans viol5ce et sans ha9e4 ,m4 ,byvanck a trop d'esprit p\r ne pas se plaire au ,*at-,noir4 ,le ,mirliton1 plus rude et plus pre1 l'a *>m4 ,le ,mirliton e/ ce caf du b\lev>d ,ro*e*\>t o l'on ent5d ,ari/ide ,bruant1 le *ansonni] qui le premi] exprima le pa?tique de la crapule4 ,ce *antre t]rible des filles1 des s\t5eurs et des voleurs a m]veill le philologue d',hilv]sum1 comme il a depuis tonn ,m4 ,osc> ,wilde1 qui fait pr(ession de ne s'tonn] de ri54 ,c'e/ aussi qu',ari/ide ,bruant a su donn] sa posie et sa p]sonne un c>actre s\t5u1 une physionomie orig9ale et se compos] t\t enti] corps et me1 en gr& /yle canaille1 avec une p]fection qu'atteignir5t seuls avant lui quelques cyniques grecs et1 mieux que t\t autre1 ce ,diogne qui fut1 vivant1 la plus amusante des uvres d'art4 ,p5dant son sj\r ,p>is1 ,m4 ,byvanck semble avoir eu con/amm5t cette bonne =tune qui favorise les compres de revues et les fait se tr\v] propos aux spectacles les plus intressants4 ,a pe9e le docte ,holl&ais a-t-il fait quelques pas sur le b\lev>d des ,itali5s1 qu'il y r5contre ,catulle ,m5ds4 ,et le pote aussitt se rp& en propos +nieux1 et1 comme ,alcibiade avec les j\euses de fltes1 anime le banquet des lettres p> des disc\rs subtils et savants sur les lois du ry?me et sur les tr\bles de la *air6 ,m4 ,byvanck s'assi$-il la table d'un caf1 ,paul ,v]la9e y pr5d place auprs de lui1 si las1 si my/rieux et l'il ple9 de telles lueurs1 qu'il semble rev5ir de contres o nul autre n'e/ all4 ,et si1 v]s m9uit1 remontant le b\lev>d ,sa9t-,mi*el et laissant d]rire lui le palais ru9 du pieux emp]eur ,juli51 il s'a*em9e v]s un caf trs nocturne1 il ne manqu]a pas d'y r5contr] ,jean ,morz1 tranquille et sup]be1 et de recueillir les p>oles lapidaires du pote p9d>ique4 ,manife/e loqu5t1 auquel il convi5t d'aj\t] les illu/rations ard5tes de ,*>les ,maurras1 si l'on veut connatre t\te l'e/htique de la jeune cole romane4 ,et t\j\rs le has>d ou quelque bon gnie favorise ,m4 ,byvanck3 dne-t-il *ez des amis3 ,maurice ,b>rs e/ l'un des convives1 ,maurice ,b>rs1 le plus f91 le plus r>e1 le plus exquis des causeurs et le plus habile mani] la d\ce ironie4 ,c'e/ aussi une heureuse inspiration qui conduisit notre ,holl&ais *ez ,m4 ,m>cel ,s*wob1 qui fait de si beaux contes1 qui sait si bi5 la vieille langue franaise et qui a tant d'hum\r et de philosophie4 ,m4 ,byvanck a recueilli avec so9 les propos de ,m4 ,m>cel ,s*wob1 et il a su les mettre sur le papi] dans leur =ce et leur *aleur1 avec t\t leur m\vem5t4 ,on tr\ve dans le livre du ,holl&ais ,p>is d'autres conv]sations bi5 intressantes1 entre autres celle de ,jules ,r5>d1 le plus s9cre des naturali/es1 sur ,flaub]t et sur le /yle4 ,m4 ,jules ,r5>d ne veut pas que la phrase *ante et il en donne p\r raison qu'il faut tre naturel4 ,il oublie de pr\v] qu'il e/ plus naturel de p>l] que de *ant]1 ce qui ne p\rrait s'tablir p> l'exemple des oiseaux et des potes lyriques4 ,notons aussi une consultation de ,jean ,ri*ep9 sur ,j4-,k4 ,huysmans et sur ,j4-,h4 ,rosny1 et un int]mde de ,m4 ,lon ,cahun sur les janissaires et sur les soldats mongols du ,x,i,i,ie sicle4 ,ce div]tissem5t int]rompt t\t c\p1 avec des *ocs et des clairs d'armes blan*es1 le c\rs paisible du drame littraire4 ,c'e/ le ballet des sabres4 ,quant au ?tre1 ,m4 ,byvanck1 qui suffit la comdie huma9e1 ne va gure ent5dre des drames4 ,mais1 p\r une fois qu'il e/ all l',odon1 il y a vu ,am\reuse de ,m4 de ,porto-,ri*e1 et c]tes on peut dire que cette fois encore il ne tomba pas mal4 ,m4 de ,porto-,ri*e a l'acc5t pr(ond et vrai2 il porte au ?tre une s9crit inconnue4 ,il e/ s5suel et tri/e2 il e/ t5dre et dsabus1 il e/ viol5t et dlicat1 et il donne ses p]sonnages une me vivante et des p>oles qui vont au cur et le d*ir5t4 ,je veux1 comme ,m4 ,byvanck1 all] au ?tre les j\rs de ,porto-,ri*e4 ,il e/ intressant aussi de faire avec lui une visite aux ateli]s du pe9tre ,c>rire1 du pe9tre ,claude ,monet1 du sculpteur ,rod91 et l1 p>mi les toiles impressionni/es et les maquettes m\vem5tes1 de disput] des lois de l'art et de l'idal n\veau4 ,qu]elles amusantes et va9es1 qui ne cess]ont jamais6 ,frivolits sublimes6 ,n\s n'en savons pas plus long auj\rd'hui sur les lois de l'art que les troglodytes de la ,vezre qui dess9ai5t la po9te du silex le mamm\? et le r5ne sur l'os et l'ivoire4 ,en rapportant t\s ces propos de lettres et d'art1 ,m4 ,byvanck y a mis son me1 une me d\ce et bi5veillante1 pieuse et morale1 c&ide et savante1 d'un inv9cible optimisme4 ,anatole ,,france4 ,,avant-,,propos ,ce doit tre dans une de mes dlicieuses fln]ies de l'aprs-midi1 le long des quais de la ,se9e1 que m'e/ v5ue l'ide de faire un livre avec les s\v5irs de ces av5tures intellectuelles4 ,livre de rflexions plutt que de notes prises au j\r le j\r2 c> j'ai cruellem5t s\ff]t p>fois devant l'effrayant problme de quelques exi/5ces dsquilibres1 et p>fois je me suis indign4 ,mais1 avec le temps1 j'ai tr\v p\r t\tes ces *oses des ju/ifications morales4 ,sans d\te1 j'ai t tmraire en *]*ant des ides gnrales s\s des expri5ces passagres4 ,n\s ne savons pas1 dans le ,nord1 re/] indiffr5ts la vie extrieure ou ne la pr5dre que p\r ce qu'elle e/4 ,n\s v\lons de l'immuable s\s nos illusions4 ,t\tefois1 ce qui me *agr9e davantage1 c'e/ que je cra9s d'avoir trans=m t\tes ces conv]sations vives en les int]prtant4 ,on v\dra bi5 tre indulg5t1 je l'espre1 quoique le bav>dage d'un voyageur soit sans excuse4 ,d'ailleurs1 aprs cette confession1 lisez si v\s osez4 ,et si v\s n'osez pas je t*]ai de m'en consol] un j\r en repr5ant ma prom5ade au bord de la ,se9e1 l'heure o le soleil se c\*e et o v\s entre au cur le gr& apaisem5t dont a p>l le pote4 ,m5ton1 fvri] #ahib4 ,,un ,,holl&ais ,a ,,p>is ,,en #ahia ,,une ,,caus]ie ,en p>lant des romans de ,rosny1 qu'il apprciait =t1 ,ri*ep9 n\s dit3 ,leur gr& dfaut1 c'e/ que l'auteur veut n\s y appr5dre trop de *oses4 ,a ,p>is1 on se compr5d demi mot2 quelquefois mme avant4 ,p\rvu que la p5se des autres soit pe9e indique1 n\s la compltons4 ,si on n\s fait des confr5ces1 n\s n\s en allons4 --,je ne conois pas qu'on atta*e de l'importance une explication ?orique1 rem>qua l'auteur de ,s\rires p9cs4 ,une ?orie1 en soi1 peut tre trs belle comme fantaisie1 mais d'ord9aire elle n'a ri5 de commun avec les faits dont elle veut donn] l'int]prtation4 ,et l'homme qui l'applique ce qu'il a obs]v me fait l'effet d'un pre1 qui1 p> vanit1 fait prom5] son fils dans des habits trop l>ges p\r son ge4 ,un autre obs]va3 ,t\tes ces considrations1 o se complat un auteur1 me sembl5t sup]flues p\r cette seule raison que l'auditoire a d'ord9aire plus d'esprit que l'orateur1 et que le public des lecteurs vaut mieux que l'criva94 ,le sonneur de clo*es e/ un juge mo9s sr des sons qu'il produit que les g5s qui c\t5t di/ance4 --,du mo9s c'e/ ce que p5s5t les g5s qui c\t5t di/ance1 s'empressa d'aj\t] le quatrime4 ,p\r moi1 on n'a jamais flatt plus dlicieusem5t mon am\r-propre qu'en me disant3 ,il y a dans ce que v\s avez crit l bi5 plus que v\s ne s\ponnez v\s-mme4 ,le sujet tait puis4 ,l'entreti5 qui suivit (frit aux int]locuteurs plus d'une occasion de pratiqu] le contraire de ce qu'ils v5ai5t de dire4 ,c'e/ l'issue fatale de ces sortes de conv]sations4 ,,une ,,exposition ,,de ,,tableaux ,c'e/ le diman*e de la ,p5tecte4 ,j'aurais aim rafra*ir mon esprit mortifi p> l'tude des manuscrits1 en pr5ant un petit ba9 d'air et de v]dure2 mais le temps e/ au froid et le v5t s\ffle brutalem5t sur mes projets4 ,je suis contra9t1 auj\rd'hui1 de remplac] la nature p> l'exposition de tableaux au ,*amp-de-,m>s4 ,dans les salles1 le vrai public du diman*e4 ,on se b\scule devant les tableaux effet4 ,deux ag5ts se promn5t devant la toile o ,jean ,braud a reprs5t le ,*ri/ au milieu de g5s qui vi5n5t de dn]2 une actrice du ,?tre-,franais1 qui1 p> l'clat de sa toilette1 relve d'une note gaie la tri/esse des habits noirs1 e/ t5due1 p]due et pnit5te comme ,madele9e1 aux pi$s du ,consolateur2 un des convives s'atta*e avec un so9 m9utieux et une inf9ie prcaution bi5 allum] un ,havane1 dont il hume avec volupt les premires b\ffes4 ,l'impression que laisse le tableau e/ trop complique p\r qu'on puisse la rsum] banalem5t2 aussi la f\le rs]ve-t-elle son jugem5t sur les uvres d'art1 jusqu' ce qu'elle soit arrive devant de l'imag]ie mo9s tr\blante4 ,c'e/ du papi] pe9t6 ,on p\sse ce cri devant le portrait d'une p]sonne qui1 grce une faute de p]spective1 semble r5tr] dans le mur de son b\doir4 ,jamais une va*e n'a t a9si faite2 ce n'e/ pas la c\leur d'un visage4 ,telles sont les exclamations que j'ent5ds aut\r de moi4 ,p>-ci1 p> l1 une prote/ation de connaisseur1 plus ou mo9s indigne3 ,la pe9ture n'e/ pas une photographie2 en voil un qui n\s montre ce qu'il a vu6 ,quelques f>ces et quelques curiosits innoc5tes propos des nudits exposes4 ,comme cette prom5ade trav]s des salles bi5 remplies1 le reg>d pris p> ces int]m9ables murailles voyantes1 lve mon esprit au-dessus de t\s les m9ces s\cis6 ,le s5tim5t de la ralit des *oses d'art s'infiltre peu peu en moi4 ,enf9 je respire1 disons-n\s lorsqu'arrivs aux d]nires dunes de sable1 la m]1 bonne grondeuse1 s'p& devant n\s4 ,ici je respire1 dit mon me4 ,c]tes1 la socit n\s donne la lib]t4 ,ah6 quelle pauvre "p p\r ma lib]t p]sonnelle1 t\ffe p> t\tes les lib]ts que les autres s'arrog5t4 ,l'art n\s donne l'affran*issem5t de l'me4 ,quelques impressions de dtail bi5 df9ies se greff5t sur le s5tim5t vague que me suggre l'aspect gnral4 ,une ouv]ture dans la masse des spectateurs me donne s\da91 de lo91 la vision d'une campagne idale de ,puvis de ,*avannes ou d'un de ses lves2 les figures1 les arbres1 la prairie seulem5t indiques p> des lignes sommaires1 les c\leurs transp>5tes et lum9euses4 ,et c'e/ comme l'illusion d'une vie gr&iose di/ance1 qui t\t d'un c\p se rappro*e de notre il4 ,il me semble que c'e/ bi5 l un c>actre di/9ctif de l'art1 cette facult de transport] les objets lo9 de n\s de faon que l'att\*em5t direct soit remplac p> un rappro*em5t idal4 ,la di/ance entre le spectateur et les *oses qui l'affect]ont diffr]a au gr des sicles div]s et de l'esprit du sicle4 ,plus n\s devi5drons s5sibles1 et mo9s n\s p\rrons support] que les *oses soi5t trop vois9es de n\s4 ,un gr\pe de portraits et de tableaux1 pe9ts p> ,c>rire1--quoique sa manire de trait] les sujets soit t\t autre que celle de ,puvis de ,*avannes1--donne cette mme s5sation de vie1 incapable d'exprim] son *>me inhr5t1 si on ne l'te de l'horizon ord9aire de l'il huma94 ,je suis all voir1 rcemm5t1 son exposition p>ticulire4 ,a dire vrai1 ma sympa?ie p\r le tal5t de ,c>rire ne s'e/ veille qu'aprs avoir quitt les salles de ,b\ssod et ,valadon2 le br\ill>d dans lequel le pe9tre noie ses figures ne p]met gure de vision nette que lorsqu'on a t\rn le dos ses tableaux4 ,mais aussi alors1 comme elles occup5t notre imag9ation1 ces ttes d'enfants1 ces mres qui ti5n5t leur n\rrisson sur leurs g5\x6 ,elle cont9uait hant] mon imag9ation1 la ple fillette qui1 sortant des tnbres de la toile1 d>de sur n\s son reg>d pntrant et qui1 je ne sais p\rquoi1 v\s s]re le cur d'une tri/esse et d'une angoisse inf9ies4 ,l'esprit et la navet en mme temps y sont aff9s jusqu' la d\leur4 ,non pas que l'expression soit =ce3 au contraire1 la physionomie1 flottant dans le vague du br\ill>d1 se drobe plutt notre vue2 elle n\s contra9t et n\s dit d'all] sa re*]*e et l'motion e/ p>tage entre le spectateur et le portrait mme4 ,ici1 devant l'exposition de ,c>rire au ,*amp-de-,m>s1 cette s5sation se r5\velle4 ,la petite sur1 qui ne peut se ret5ir de bais] la j\e du bb1 t\t en craignant de l'veill]1 la mre1 qui presse1 ah6 si d\cem5t1 contre son cur le t5dre enfant de ses rves1 ne n\s dis5t ri5 la manire d'une anecdote1 mais elles suggr5t l'motion *ez le spectateur p> la p]spective lo9ta9e o se rfugie cet att\*em5t frle du corps corps4 ,la vie1 dans ces tableaux1 ne fait que n\s effleur]2 pe9e s5sible1 elle semble ne s'adress] qu'au c]cle extrme de notre consci5ce1 et p\rtant elle met une vibration qui1 pntrant jusqu'aux p>ties intimes du ,moi1 l'meut t\t enti]4 ,s5sation bi5faisante ou pnible8 ,comme le pe9tre a mis1 ct de ses mres et de leurs enfants1 le portrait d',alphonse ,daudet1 dont les traits amaigris dis5t l'angoisse d'un homme luttant contre une maladie fatale1 il m'e/ impossible d'int]prt] le *oc que je ress5s devant ces sombres tableaux de bonheur dome/ique1 autrem5t que p> un s5tim5t de d\l\reuse piti4 ,c>rire n\s donne l'impression de la vie en dehors de n\s1 et nanmo9s de la vie qui ti5t intimem5t notre consci5ce2 il t\*e une corde qui r5d un son pla9tif2 et cette pla9te mme l>git la pe9e que n\s enf]mons au fond de notre cur4 ,l'arti/e presse les *oses qu'il veut reprs5t]1 jusqu' ce qu'il en ait exprim la g\tte de d\leur qu'elles ens]r5t4 ,il montre a9si qu'elles sont bi5 vivantes1 et cette vie mme n\s console de la misre qui y e/ atta*e4 ,lui et cet autre gr& pe9tre avec ses tableaux riants gr& traits lum9eux n\s (fr5t ce que n\s possdons dj et ce que n\s aurons t\j\rs3 une ralit qui se drobe notre reg>d et que n\s ne p\vons atte9dre qu'au moy5 de notre sympa?ie4 ,,un ,,ateli] ,,de ,,sculpteur ,rod9 n\s reut dans son ateli]4 ,sa p]sonne me faisait p5s] un mot qu'on me disait l'autre j\r4 ,de notre temps1 t\t le monde1 sauf l'arti/e1 ressemble un arti/e4 ,l'homme qui1 crant sans cesse1 s'adonne t\t enti] son uvre1 n'a gure le loisir de p5s] son extrieur3 il amasse son capital de tal5t2 et le monde lui en emprunte quelques bribes4 ,rod9 n\s montra ses uvres en c\rs d'excution1 ou qu'il v5ait d'a*ev]3 un monum5t consacr ,victor ,hugo3--le pote e/ au bord de la m] et c\te l'*o de ses *ants1 une vi]ge gu]rire1 casque en tte1 un gr\pe de deux amants1 plus gr&s que nature4 ,il n\s ram5ait avec p]si/ance sa gr&e ,porte de l',enf]1 c\ronne p> la figure de ,satan1 dcor monum5tal1 qui rivalis]ait avec les portes de ,ghib]ti1 au ,batti/]io de ,flor5ce4 ,que de p5se1 combi5 de j\rs d'tude accablante n'y a-t-il pas l6 n\s dit-il2 t\te la vie a pass devant mon esprit1 t&is que j'tudiais cette uvre4 ,s\v5t j'ai excut "p et seulem5t p\r moi les ides qui me v5ai5t en travaillant4 ,voyez ces amants1 condamns aux pe9es t]nelles2 ils m'ont donn l'inspiration de reprs5t] l'am\r dans les phases et les poses diffr5tes o il app>at notre imag9ation4 ,je veux dire la passion1 c>1 avant t\t1 l'uvre doit tre vivante4 ,et cont9uant p>l]1 t&is qu'il sortait de t\s les co9s de la salle des maquettes en t]re glaise1 qu'il posait sur des trteaux3 ,avant t\t1 il faut qu'ils viv5t1 mes bon%ommes1 naturellem5t2 p>ce que1 comme on dit1 un *i5 vivant vaut mieux qu'un vque mort4 ,l'expression df9ie1 dont n\s v\lons dot] la vie1 ne vi5t qu'aprs2 la beaut des =mes ne vi5t qu'en troisime lieu3 c'e/ le c\ronnem5t f9al4 ,mais le pr9cipal1 c'e/ la vie4 ,et p\rsuivant m5talem5t le tra9 de ses ides1 t&is qu'il les reportait son expri5ce p]sonnelle1 il aj\ta3 ,comme n\s p\vons n\s tromp] sur n\s-mmes6 ,savez-v\s quel e/ le plus gr& ennemi de l'arti/e8 ,le tal5t1 qu'il apporte en naissant4 ,l'habilet1 l'adresse des ma9s1 le *ic1 en un mot1 n\s gte et n\s p]d4 ,n\s croyons tre p>v5us au sommet de notre art1 aussitt que n\s avons produit1 et n\s ne *]*ons pas plus lo94 ,ce n'e/ pas cela seulem5t2 mais n\s mprisons ceux qui n'ont pas la mme adresse4 ,figurez-v\s1 qu& j'tais jeune g>on1 pas plus haut que cela1 je travaillais l'ateli] de ,b>ye2 j'aurais pu dev5ir son lve1 mais je l'ai quitt1 p>ce que l'homme ne me semblait pas gr&'*ose4 ,il tait si simple dans ses disc\rs et ses manires2 il ne p5sait pas la rclame2 il *]*ait1 *]*ait t\j\rs2 je croyais que jamais je ne p\rrais ri5 appr5dre de lui4 ,v+t ans aprs1 d]rire une vitr9e1 je rem>que deux lvri]s models en bronze4 ,ils c\rai5t4 ,ils tai5t ici1 ils tai5t l1 pas un seul in/ant ils ne re/ai5t en place4 ,je les voyais c\rir3 c'tait sign3 ,b>ye4 ,l'ide1 s\da91 illum9a mon esprit3 voil l'art1 voil la rvlation du gr& my/re2 exprim] le m\vem5t p> le repos4 ,la sculpture antique le savait bi52 n\s ne faisons que balbuti]4 ,b>ye avait tr\v le secret4 ,il e/ le gr& homme de notre sicle4 ,et ,rod9 rpta encore3 ,c'e/ l'homme du sicle4 ,n\s tions gr\ps aut\r des petites figures1 dans lesquelles l'arti/e avait ralis ses ides sur l'am\r4 ,c'tait d'abord une bac*ante lascive1 qui p]dm5t1 d'une folle tre9te1 enlace le corps d'un vieux satyre4 ,le visage du satyre e/ dur et tri/e4 ,c'e/ la sve dbordante de la jeunesse1 qui veut communiqu] son trop ple9 d'ardeur la sagesse1 fille de la tri/esse et de l'impuissance4 ,v5ait ensuite le gr\pe d'un jeune hros et d'une femme1 le ,pr9temps ou l',am\r1 qui se met en trav]s de son *em94 ,elle s'(fre lui1 s'il se donne seulem5t la pe9e de la dsir]1 avec t\s les trsors de sa beaut4 ,et c'e/ l'quilibre entre la virilit et le *>me fm994 ,le troisime gr\pe symbolise l'extase de la passion3 un jeune homme g5\x1 qui effleure de ses lvres le v5tre de la bi5-aime1 deb\t devant lui4 ,cette suite de figur9es m'affecte un peu de la mme manire que les tableaux de ,c>rire4 ,elle rvle la di/ance1 ici de la jeunesse la satit1 l de la fi]t de l'homme l'ensorcellem5t de la femme1--qui1 avec ce petit gr\pe de la nymphe et du jeune faune en adoration devant elle1 se rs\t en un t5dre att\*em5t1 levant l'me jusqu'au ravissem5t4 ,l'expression du sculpteur e/ bi5 diffr5te de celle du pe9tre1 mais la signification e/ la mme4 ,le sculpteur doit s'atta*] au corps matriel et ses =mes3 ,rod9 p>le directem5t aux s5s4 ,il n'a d'il que p\r les ge/es et les articulations des membres du corps huma91 et t*e de donn] ces m\vem5ts leur expression la plus int5se4 ,il reprs5te la t]reur qui dtruit t\te pudeur1 p> une femme nue1 se pressant dans son dsespoir les pi$s contre le visage2 et le spectateur ne voit que le bas du corps1 dans la t5sion viol5te de t\tes ses p>ties4 ,rod9 p\rsuit le pome de la beaut fm99e jusqu' la limite extrme4 ,je ne connais ri5 de plus saisissant dans son uvre que le bronze d'une vieille1 qui reg>de d'un il sec sa nudit d*>ne et fltrie4 ,ah6 p\r de l'expression1 en voil2 mais la beaut de la =me n'y e/ pas oublie2 elle ressort de la puissance de la *>p5te1 qui se dess9e =tem5t s\s la *air dess*e1 de l'orgueil du crne *auve et de la ligne du nez1 que la fatalit n'a pu dfigur]4 ,l'arti/e a bi5 le droit de dire une fois sa p5se t\t entire4 ,,sur ,,le ,,b\lev>d ,la conv]sation tomba sur la valeur qu'on devait atta*] aux ides de ,rod9 sur l'art4 --,il y a l plus d'une *ose qui me frappe p> sa ju/esse1 dit ,catulle ,m5ds1 et sa doctr9e p\rrait s'appliqu] la posie aussi bi5 qu' la sculpture4 ,le pote1--et il pronona ce mot non seulem5t avec l'autorit d'un connaisseur en littrature1 qui avait aff9 son jugem5t p> la frqu5tation j\rnalire des gr&s potes de son temps1 mais encore l'orgueil d'un matre en posie1--le pote ne fait pas des mosaques1 et quoique1 suivant ,banville1 la rime soit t\t le v]s1 on s]ait bi5 lo9 de la vrit si on disait que les v]s franais sont des b\ts rims4 ,la rime e/ comme l'expression de ce que n\s v\lons dire2 mais il y a une *ose dans la cration du pome1 qui prcde t\te expression3 c'e/ la vie du pome1 un s5tim5t presque inconsci5t1 qui monte et desc5d s\rdem5t en moi1 un rhy?me vague sans csure df9ie1 un m\vem5t comme celui de la m] qu& elle arrive dans une nuit d't jusqu' vos pi$s1 puis se retire avec son clapotis t5dre4 ,s\da91 sur cette m]1 se lv5t des po9tes lum9euses4 ,ce sont les mots expressifs1 qui rsum5t notre s5tim5t1 la t]m9aison de nos v]s1 le po9t v]s lequel t5d notre p5se4 ,et *acune de ces po9tes en voque une autre1 sa compagne1 avec laquelle elle e/ lie intimem5t soit p> contra/e1 soit p> h>monie4 ,ce sont les c\ples de rimes4 ,elles attir5t naturellem5t v]s elles t\te la file des mots1 qui complt5t le v]s4 ,ce qui dans ,victor ,hugo passe ma comprh5sion1 c'e/ la =ce et la ju/esse de ses rimes4 ,pr5ez simplem5t un passage bi5 connu des ,feuilles d'automne3 ,va pri] p\r ton pre6--af9 que je sois digne ,de voir pass] en rve un ange au vol de cygne1 ,p\r que mon me brle avec les enc5soirs6 ,efface nos p*s s\s ton s\ffle c&ide4 ,af9 que mon cur soit innoc5t et spl5dide ,comme un pav d'autel qu'on lave t\s les soirs6 ,et rem>quez comme le mot enc5soirs ne pr5d t\te sa valeur p\r l'imag9ation que p> l'obscurit qu'apporte la rime soirs1 qui le suit4 ,qu& ailleurs la p5se de ,victor ,hugo r5contre l'image du sommet de la ,jungfrau1 comme le symbole de la puret d'me absolue1 il y a l une po9te lum9euse qui en attire une autre1 et la rime taureau surgit dans son esprit4 ,non seulem5t p>ce que la syllabe f9ale avec sa consonne d'appui donne une rsonnance ple9e1 mais aussi p>ce que le mot veille en n\s l'ide de =ce virile en contra/e avec la montagne vi]ge4 ,a9si la p5se et la =me se ti5n5t indissolublem5t4 ,il semble presque que la langue ait cr ce mot ju/em5t s\s cette =me p\r que le pote pt l'employ] en cet in/ant prcis4 ,cette p>faite aisance tr\v] le mot ncessaire e/ signe de matrise4 ,la posie lyrique1 qui ne dem&e qu'un nombre re/re9t de lignes p\r exprim] nos s5tim5ts1 n\s rvle cette g5se du v]s de la manire la plus probante4 ,une uvre de longue hale9e exige naturellem5t1 en dehors de l'inspiration1 la connaissance pr(onde du mti]4 ,mais cette expri5ce du mti]1--n\s p>lons d'un matre1 n'e/-ce pas8--qu'e/-elle donc1 s9on l'inspiration1 laquelle il a appris lui obir au premi] mot8 --,ces d]nires p>oles donnr5t un autre t\r la conv]sation et la portr5t sur ,baudelaire et sur la facult qu'il exigeait du pote3 comm&] la posie4 --,je n'aime pas ,baudelaire1 dit un des convives2 je ne crois pas qu'il ait eu bon cur4 --,il ne l'avait probablem5t ni bon ni mauvais1 lui rpondit ,catulle ,m5ds4 ,il y a eu un temps de ma vie o je le voyais presque j\rnellem5t et il se peut qu'alors j'aie p>fois t peu satisfait de ses procds1 que mme j'aie cru y dc\vrir quelque fausset2 mais prs5t1 t\t bi5 pes1 je n'y vois que de la s9crit et de la bi5veillance4 ,c'tait un camlon1 que ,baudelaire1 et quoiqu'il proclamt bi5 haut son indp5dance de t\t li5 et de t\te p]sonne1 aussitt qu'il avait p>l quelqu'un il se laissait impressionn] p> son individualit4 ,avec un fat1 il tait fat1 avec un savant1 il tait savant1 en causant avec un ouvri] il tait homme du peuple4 ,ceux qui le frqu5tai5t ne savai5t jamais quoi s'en t5ir4 ,?ophile ,gauti] lui-mme1 qui a crit sa notice biographique1 ne l'a jamais compris4 --,et ,banville8 dem&a quelqu'un4 --,banville1 reprit ,catulle ,m5ds1 a fait de son mieux et a un peu exagr comme t\j\rs2 mais il n'a pas saisi le c>actre de ,baudelaire4 ,v\lez-v\s savoir ce que c'tait que ,baudelaire8 ,et ici1 on vit p]c] le b\lev>di]1 qui croit bi5 connatre les g5s1 qu& il a tr\v le dfaut de la cuirasse4 ,c'tait un gr& pote1 qui faisait difficilem5t ses v]s4 a ne c\lait pas *ez lui4 ,vraim5t4 ,il n'tait pas abondant4 ,v\s v\s rappelez bi51 p>mi ses pomes1 les sonnets irrguli]s qui s'y tr\v5t en assez gr& nombre8 ,gauti] a *]* excus] leur irrgul>it1 en disant que ce n'e/ que dans sa seconde priode que ,baudelaire a appris1 et appris de lui1 btir un sonnet suivant t\tes les rgles4 ,je n'en crois ri54 ,baudelaire avait beauc\p trop de gt et d'in/9ct des =mes4 ,la raison e/ t\te diffr5te3 c'e/ qu'il n'avait jamais eu l'int5tion d'en faire des sonnets4 ,le soir1 il r5trait *ez lui avec le projet d'crire un gr& pome1 dont le comm5cem5t seul lui v5ait l'in/ant3 deux /rophes t\t au plus4 ,le mat9 suivant1 l'inspiration lui manquait2 il se htait alors d'y aj\t] quelques v]s p\r t]m9]1 et cela dev5ait peu prs un sonnet4 ,il ne tr\vait qu'avec difficult ce qu'il v\lait dire4 ,il *angeait et modifiait sans cesse jusqu' la publication df9itive2 la d]nire preuve apportait s\v5t les plus gr&es trans=mations1 et quelquefois il ne re/ait pas un mot de ce qu'il avait crit en comm5ant4 ,la premire v]sion de la traduction des n\velles de ,po tait assez mauvaise2 peu peu1 p5dant qu'elle passait s\s la ma9 des imprimeurs1 elle a reu la =me df9itive et lucide que n\s lui connaissons4 ,crer tait p\r lui un *agr9 et une pe9e4 ,ce n'e/ pas1--lo9 de l1--que le tal5t de ,baudelaire manqut de puissance et de vigueur2 mais il n'tait pas abondant4 ,c'e/ l que le bt le blessait4 ,ce m'e/ un gr& *>me d'c\t] d'au!ntiques rcits sur la manire d'tre et de travaill] des gr&s hommes4 ,surt\t lorsqu'il s'agit de potes2 p>ce que1 dans leur cont9uel ret\r sur eux-mmes1 ils ont dvelopp jusqu' l'extrme limite les facults qu'ils ont apportes en naissant1 et que1 hors de la gangue des circon/ances accessoires1 ils ont fondu leur propre type1 pur de t\t alliage4 ,un arti/e ne peut pas m5tir2 il donne ce qu'il a2 il montre ce qu'il y a au fond de la gnration de ses contempora9s1 et ce que la gnration suivante seulem5t comm5c]a rvl] au j\r4 ,a ce po9t de vue1 on peut dire que le pote e/ un prophte3 en n\s dvoilant son propre secret1 il n\s annonce ce qui1 dans un av5ir pro*a91 s]a une publique vrit4 ,mais le pass convi5t peu une conv]sation anime4 ,les causeurs prfr5t saisir des figures mom5tanes qu' leur plaisir ils se jett5t et se r5voi5t3 le prs5t seul les intresse4 ,aussi le petit gr\pe dont ,catulle ,m5ds tait le guide1 s'tant r5du1 aprs la f9 du dn]1 dans un caf du b\lev>d1 *angea bi5tt de sujet de conv]sation et remplaa la diss]tation littraire p> des propos qui tai5t mieux en accord avec la vie environnante4 ,on p>lait de la femme4 ,un arti/e comme ,catulle ,m5ds1 qui de plus e/ un homme du monde et du b\lev>d1 devait srem5t p\voir racont] de *>mantes anecdotes4 ,beauc\p de g5s se rappell5t encore le succs qu'il remportait dans sa jeunesse1 simplem5t p> le pre/ige de sa p]sonne4 ,lorsqu'au ?tre de ,t\l\se1 o demeurai5t ses p>5ts1 il entrait dans la loge de sa mre1 une beaut clbre1 les spectateurs s\v5t se ret\rnai5t p\r admir] l'arrive de ce jeune homme1 dont les *eveux blonds c5drs encadrai5t lang\reusem5t la noble et s5suelle figure judo-hellnique4 ,le tal5t lui tait v5u de mme s\rce que la beaut4 ,le nom de ,catulle1 qu'il a reu sa naissance1 montre les gts littraires de la famille4 ,son gr&-pre1 un banqui]1 aimait passionnm5t la posie4 ,j'tais trop jeune p\r l'avoir connu avant que la cata/rophe de #dh mt f9 ses affaires et sa vie1 m'a dit ,catulle ,m5ds un j\r1 mais je me suis t\j\rs s5ti avec lui dans un rapport intime4 ,un j\r1 je ne sais plus quelle occasion1 je visitai1 encore enfant1 son tombeau avec ma famille3 je fus p\ss irrsi/iblem5t et1 tombant g5\x1 j'embrassai la pi]re avec f]veur1 comme si la meilleure p>tie de mon tre y tait ensevelie4 ,bi5 plus t>d1 un livre de sa biblio?que me tomba entre les ma9s4 ,c'tait un recueil de posies1 dont il avait n les v]s faibles1 et1--rem>quez bi5 que c'tait en #ahdj1 p]sonne ne p5sait encore aux ,p>nassi5s1--il condamnait les v]s mmes que je n'aurais pas laiss pass]4 ,l'heureux possesseur de dons si prcieux1 qu'une fe bi5faisante a placs dans son b]ceau1 peut m>*] d'un pas agile et sr trav]s la vie4 ,et cette sret du tal5t1 qu'on ne doit pas confondre avec l'adresse1 n'exclut pas les so9s mticuleux donns au /yle et l'obs]vation2 au contraire1 elle e/ prcism5t la condition de cette exactitude1 p>ce que c'e/ elle qui =me la consci5ce de l'arti/e4 ,cep5dant il y a une ombre au tableau d'un arti/e aussi *oy des ,muses4 ,le tal5t exclusif le place "p et hors du monde2 il reg>de ce qui se passe aut\r de lui1 comme une matire de livres futurs2 il ne vit jamais compltem5t en unisson avec son ent\rage4 ,ne lui repro*ons pas1 p\r notre "p1 de pr5dre la vie en spectateur1 n\s qui sommes les premi]s en pr(it]4 ,s'il n'apportait pas avec lui dans le monde l'bau*e du roman dont son esprit e/ ple91 il ne l'a*v]ait jamais p\r notre plaisir4 ,les obs]vations de ,catulle ,m5ds sur les murs contempora9es tai5t mo9s plaisantes que srieuses1 quoiqu'elles ne fuss5t pas plus difiantes p\r cela4 ,il peignit gr&s traits l'tat de la socit3 l'am\r dev5u une conv5tion1 comme t\tes les autres aspirations de l'humanit1 la lic5ce rgle comme un apptit banal et le j\r de l'adultre suivant /rictem5t le j\r de ?tre ou le j\r de rception1 sans jamais enjamb]4 ,aux temps d',hrodote1--il e/ p]mis de cit] le vieux conteur t]nellem5t jeune1 mme sur le b\lev>d1--les femmes ne p]dai5t la pudeur qu'en quittant leur *emise1 et la retr\vai5t videmm5t en repr5ant ce vtem5t4 ,auj\rd'hui elles peuv5t tre en gr&e toilette sans en g>d] la mo9dre trace4 ,quelques anecdotes compltai5t ce tableau en donnant un ap]u des s5tim5ts du demi-monde4 ,la re*]*e des raff9em5ts s5suels n'y connaissait plus de fre94 ,et c'tait un r5v]sem5t de t\s les rapports naturels et une exploitation de la bte huma9e au pr(it d'une curiosit insatiable de j\issances4 ,je ne connais ri5 de plus vil et de plus l*e1 dit ,catulle ,m5ds1 en citant le cas d'une actrice1 qui1 en vacances1 s'tait donn une petite orgie presque mat]nelle dans une ville d'eaux4 ,il y a l un manque d'quilibre m5tal1 une dsorganisation de t\s les s5tim5ts affectifs1 qui v\s f]ait recul] d'horreur1 si l'on n'avait pas dj fait quelque *em9 dans le monde4 ,n\s ne n\s motionnons plus facilem5t4 ,mais v\lez-v\s que je v\s raconte une *ose qui m'a mu et m'a fait rfl*ir longtemps8 ,et la voix du pote1 quittant le ton un peu mlodramatique qui conv5ait la conv]sation1 dev9t naturelle et enveloppante3 c'e/ une hi/oire arrive qu'un de mes amis me racontait rcemm5t4 ,l'arti/e puisait-il dans sa fantaisie1 ou n\s disait-il une hi/oire de sa propre vie8 --,c'tait une jeune femme1 dont me p>lait mon ami--jeune8--en t\t cas elle n'avait pas plus de v+t-c9q ans1--*>mante1 spirituelle et presque jolie4 ,elle vivait sp>e de sa famille et avait quelque =tune1 ou du mo9s elle en avait eu4 ,elle frqu5tait les cafs des deux rives de la ,se9e et tait admise1 ou presque1 dans des c]cles d'arti/es1 d'tudiants et d'acteurs4 ,jusqu'ici ri5 p\r n\s tonn]3 n\s connaissons assez de dtraques1 qui c\r5t les cabot9s4 ,mais l'trange d\ceur de ses yeux de bte cra9tive2 l'humble dsir de plaire qui c>actrisait t\tes ses dm>*es1 sans jamais dsir] un ret\r2 ce beso9 de r5dre s]vice1 de se sacrifi]1 qui lui faisait vid] sa b\rse p\r le premi] v5u1 sans qu'il lui re/t un s\ p\r le l5dema91--t\t cela avait frapp mon ami au vif4 ,ils dev9r5t intimes2 il pr5ait plaisir caus] avec elle1 et t\j\rs il la tr\vait prte1 exacte au r5dez-v\s1 enj\e et amie fidle1 mais t\j\rs aussi il retr\vait sur son visage cette impression d'humilit et de s\mission1 comme si elle lui dem&ait p>don d'exi/] en rp&ant le bonheur aut\r d'elle4 ,on lui raconta de tri/es hi/oires sur son compte1 et elle ne s'en ca*a gure4 ,elle avait habit une maison meuble1 refuge de la bohme des ?tres et du monde des arti/es4 ,t\s avai5t spcul sur sa compassion1 et l'un aprs l'autre1--p\r p>l] conv5ablem5t1--ils l'avai5t possde4 ,elle avait pay leurs dettes et mme la f9 elle s'tait *>ge du dficit du propritaire de la maison4 ,en un mot1 elle y avait p]du t\t1 mais t\t1 =tune et rputation4 ,j'ai s\ff]t horriblem5t de la famili>it de ces g5s-l1 dit-elle1 mais comm5t refus] de leur r5dre s]vice8 ,j'tais plus que dgte de leurs c>esses et je les laissais v5ir moi4 ,p\rtant1 au milieu de ce dnm5t1 elle ne p5sait jamais elle-mme4 ,lui arrivait-il p> has>d un peu d'arg5t1 en un cl9 d'il t\t disp>aissait dans la po*e d'un plus misrable qu'elle4 ,et gaie1 m5ant la conv]sation avec une autorit r>e1 mais t\j\rs lisant dans les yeux des g5s s'il y avait quelque s]vice leur r5dre ou quelque plaisir leur faire4 ,un soir1 mon ami en la conduisant *ez elle lui dem&a la p]mission d'y pass] la nuit4 ,elle cons5tit2 mais s\da9 il rem>qua sur son visage l'expression habituelle de timidit r5=ce p> une sorte de t]reur pla9tive1 et il se rappela le mot qu'elle lui avait dit un j\r3 je s\ffrais horriblem5t4 ,t\* au cur1 il murmura quelques p>oles3 il lui dit qu'il re/]ait son ami1 puisqu'elle n'avait pas hsit lui accord] le droit d'un amant1 et se prp>a sortir de la *ambre4 ,alors1 dans l'motion de sa reconnaissance1 elle tomba ses pi$s1 et lui embrassa les ma9s et les g5\x avec un ab&on si p]du de t\te sa p]sonne1 que ce j\rnali/e endurci pleura des l>mes d'une piti inf9ie4 --,cela fait song] la ,madele9e rep5tante du tableau de ,jean ,braud1 dit un des ntres4 ,l'ent\rage tait plus mode/e1 et ce n'tait nullem5t une scne effet1 dit ,catulle ,m5ds en se levant3 une seule b\gie clairait la *ambrette1 et la figure g5\x dans son co/ume de mr9os noir tait demi voile p> les tnbres2 mais le simple att\*em5t1 p> ce visage dfait de pauvre femme1 de la ma9 qu'elle avait saisie en son extase1 exprimait un my/rieux trsor de passion1 de d\leur et de ravissem5t tel que l'me huma9e ne le peut rvl] une autre me que dans un seul in/ant et p> un ge/e fugitif4 ,catulle ,m5ds me prit le bras et n\s n\s prom5mes le long du b\lev>d4 ,la nuit tait v5ue2 les lumires disp>aissai5t une une1 seule la lueur de quelques lant]nes clairait l'asphalte glissant1 m\ill p> une pluie de pr9temps4 --,o s'en va notre civilisation8 me dit le pote1 qui voyait t\t en noir1 non pas tant cause du rcit qu'il v5ait de faire1 mais plutt tr\bl p> la n\velle d'un conflit entre les soldats et les ouvri]s p5dant la grve du #a;er mai4 ,notre socit1 n\s1 ne peut plus (frir de rsi/ance4 ,et quelle vigueur p\rrons-n\s att5dre de la gnration future1 des enfants de ces mres dont je v\s ai p>l8 ,n\s sommes arrivs au b\t2 n\s avons dit notre d]ni] mot2 n\s ne mritons plus d'tre la tte du m\vem5t social4 ,quel pr9cipe 7je p>le d'un pr9cipe rel et vivant7 p\rrons-n\s oppos] la f\le1 qui croit son t\r v5u de j\ir8 ,n\s n'avons d'autre rponse leur (frir que la bayonnette ou l'pe4 ,et il n'y en a pas un de n\s1 aj\ta-t-il avec une sorte de fi]t pre1 qui ne saisisse l'pe1 dans ces j\rs qui vi5dront1 p\r se df5dre contre la dom9ation brutale de la populace4 ,non pas p> conviction1 mais p\r montr] qu'il y a une seule *ose qui de nos traditions n\s e/ re/e entire et intacte3 l'honneur4 ,que rpondre ces press5tim5ts6 ,quelle cont5ance t5ir devant ces sombres visions de l'av5ir6 ,je me mfie t\j\rs des inspirations d'un esprit qui1 exalt p> le labeur int5se d'une j\rne1 se met vatic9] au milieu de la nuit noire1 sur l'av5ir de notre socit4 ,qu& on p>le de sa fragilit1 je me s\vi5s des ef=ts dsesprs que je fis un j\r p\r dmolir une vieille caisse1 qui n'tait plus bonne ri54 ,les cl\s tai5t r\ills dans les plan*es1 que sais-je8 bref1 t\te ma vigueur ne valut gure contre la =ce de rsi/ance que m'opposait cette c>casse in=me4 ,je ne p5se pas que notre socit se laisse dsagrg] facilem5t2 mais je prfrais ne ri5 rpondre l'apo/rophe passionne du pote3 c'e/ un argum5t un peu prosaque qu'une vieille caisse de bois4 ,,au ,,?,,atre ,a l',odon on donne ,am\reuse1 de ,porto ,ri*e1 drame trois p]sonnages m>quants3 le m>i1 la femme et l'ami de la maison4 ,ceci n\s promet une f>ce1 une satire ou une tragdie4 ,l'volution de l'intrigue n\s fait pass] successivem5t p> ces manires diffr5tes d'envisag] la vie4 ,y a-t-il quelque *ose de plus comique que l'emb>ras d'un homme qui1 rfugi dans le port du m>iage aprs une jeunesse agite1 et croyant y tr\v] le repos1 se voit du1 p>ce que sa femme l'aime trop passionnm5t1 et le lui pr\ve et le lui fait s5tir8 ,le ct satirique du drame repose sur le contra/e entre ce m>iage qui en*ane la lib]t d'esprit de l'p\x1 et sa liaison prcd5te1 dans laquelle sa matresse1 femme range s'il en fut1 avait dploy ses meilleurs so9s p\r lui procur]1 en rglant sa vie1 t\tes les occasions de cont5t] son ambition4 ,a9si1 d'une "p1 la n]vosit mod]ne des g5s comme il faut1 de l'autre1 la pose et la prose du demi-monde4 ,la tragdie nat d'une crise dans les rapports conjugaux1 au mom5t o le m>i repro*e sa femme l'esclavage des s5s o elle l'a t5u p5dant huit annes de m>iage4 ,t\s deux1 alors1 s'oubliant dans leurs p>oles et dans leurs actes1 jett5t leur bonheur dans l'abme qui s'ouvre entre eux1 lui1 en conseillant l'p\se d'ass\vir ses beso9s d'am\r dans les bras de l'ami de la maison1 et elle444 ,ah6 la femme blesse jusqu'au plus pr(ond de sa p]sonnalit1 exaspre p> le mpris qu'elle pr\ve1 ne suit que trop facilem5t le conseil qu'on lui a donn4 ,c'e/ ici que le drame de l'anci5ne cole aurait pris son po9t de d"p3 une femme qui a commis une faute dans un mom5t de dsespoir1 un ami de la maison qui a transgress les droits sacrs de l'hospitalit1 un m>i1 agit p> des s\pons1 qui *]*e se rappro*] de l'p\se avec laquelle il vit en froideur4 ,n'e/-ce pas l que sont rassembls les vritables lm5ts d'un drame qui1 p> ses complications et ses conflits1 n\s mettra les l>mes aux yeux et la mort dans l'me8 ,et c'e/ prcism5t ici que f9it la pice mod]ne4 ,elle donne seulem5t des indications sur le dn\em5t possible2 elle montre en quelques traits la femme confessant sa faute l'p\x1 l'ami dloyal s'loignant honteusem5t de la maison1 le m>i1 ple9 de rep5tir1 t*ant de regagn] le cur de son p\se1 et vlan6 le rideau tombe4 ,p>ce que l'action e/ a*eve8 ,non pas1 mais p>ce qu'elle e/ arrive au po9t o sa reprs5tation sur la scne risqu]ait de dev5ir t\t fait conv5tionnelle2 n\s ne p\vons l'a*ev] vritablem5t que dans notre esprit seul et p\r n\s-mmes4 ,mais tu s]as t\j\rs obsd p> la p5se de ma faute et tu te s5tiras malheureux6 dit la femme1 lorsqu'aprs avoir ent5du sa confession son m>i lui t5d la ma9 et veut la repr5dre4 ,qu'e/-ce que a fait8 rpond le m>i4 ,c'e/ le mot f9al du drame2 et n\s en emportons la conviction que1 ds ce mom5t1 l'homme g/e1 grce son propre malheur1 a tr\v de la sympa?ie p\r celle qui e/ lie son sort4 ,p\r lui dev5ir plus prcieux1 l'objet de son am\r devait avoir p]du de sa valeur1 et il lui fallait1 lui aussi1 se s5tir amo9dri4 ,jusqu'alors la femme n'a t ses yeux qu'un j\et r>e1 auquel il ne dem&ait que de ne le po9t gn] dans ses projets2 mais ds qu'elle s\ffre et fait s\ffrir1 il appr5d qu'elle a une me et en acqui]t la consci5ce4 ,mais tu s]as malheureux6 lui dit-elle4 ,qu'e/-ce que a fait8 ,il accepte dsormais son sort des ma9s de sa femme4 ,,au ,,*at-,,noir ,m>cel ,s*wob1 le pr(ond connaisseur de l'argot1 l'auteur de ,cur d\ble1 me mne voir le ,*at-,noir1 augu/e doma9e o ,rodolphe ,salis1 g5tilhomme et aub]gi/e1 impose ses vassaux1 potes et arti/es1 la corve d'amus] le ,p>is cosmopolite4 ,la faon d'amus] lui importe peu4 ,*acun donne1 sa guise1 une *anson quivoque1 quelques c>icatures1 des ombres *9oises mme1 t\t e/ bi5v5u4 ,ils ont des bocks p\r rcomp5se4 ,l'aub]gi/e et son aub]ge prospr5t4 ,en r\te1 ,m>cel ,s*wob me donne quelques r5seignem5ts sur les g5s que j'y r5contr]ai4 ,je ne v\s ai pas encore nomm le plus orig9al d'entre eux1 me dit-il4 ,c'e/ ,alphonse ,allais4 ,il a publi ces j\rs-ci un recueil de contes intitul3 ,a se tordre1 hi/oires an?umes4 ,une tr\vaille impayable que ce titre1 n'e/-ce pas8 ,il e/ comique de nature4 ,georges ,c\rtel9e et lui sont presque les seuls qui ai5t la gaiet native4 ,les autres g>d5t t\s au fond de leur cur ce que ,paul ,b\rget1 qui son t\r a pris le mot d'un autre1 appelle3 un co*on tri/e4 ,qui donc a jamais pe9t avec un srieux plus foltre la f9 d'une soire d'automne1 pntrante jusqu' la d\leur1 qu',alphonse ,allais dans ces simples mots3 ,il tait six heures2 la nuit tombait et p]sonne p\r la relev]4 ,ou bi5 cette description pique d'un suicide3 ,il jeta un reg>d p> la f5tre et le suivit sur-le-*amp4 ,voil t\t runi dans une seule ligne1 l'motion et l'action4 ,et ses f>ces pratiques dans la vie ord9aire6 ,il a obt5u un sursis df9itif dans l'arme de rs]ve p>ce que p]sonne au rgim5t ne compr5ait plus ri5 sa conduite4 ,lorsqu'il arriva devant le major on lui dem&a s'il tait m>i ou non4 ,d'un air +nu il se dcl>a bigame4 ,mais c'e/ srieux1 lui dit le lieut5ant4 ,v\s savez bi5 qu'il y a un article de loi contre la bigamie4 ,t\tes mes excuses1 ,monsieur1 rpondit ,allais4 ,puis1 voyant le reg>d svre du lieut5ant ce mot ,monsieur1 il p\rsuivit en s'adressant avec un lg] salut aux autres rs]vi/es3 ,p>don1 ,mesdames et ,messieurs1 ce n'e/ pas bi5 grave2 au contraire1 j'ai t\t lieu de croire que ,monsieur 7et ici il reg>da le lieut5ant d'un air contrit et bn97 m'accord]a quelques passe-droits ce titre4 ,j'ai rem>qu avec plaisir qu'on accordait beauc\p plus de lib]t et la p]mission de la nuit aux hommes m>is4 ,ils n'ont qu'une femme4 ,moi1 j'en ai deux et je compte en pr(it] p\r dem&]1 en faveur de la premire1 la p]mission de la nuit2 p\r la seconde1 la p]mission du j\r4 ,on le fit comp>atre la salle des rapports4 ,avec sa dm>*e non*alante1 il entra dans la salle1 o s'tai5t assembls les (fici]s et le secrtaire du colonel1 qui m'a racont l'hi/oire4 ,il salua pr(ondm5t la socit3 ,mesdames1 ,messieurs1 puis t\t c\p s'lana v]s un co9 de la salle1 o se tr\vait le drapeau du rgim5t4 ,oh6 l'ombre6 s'cria-t-il en t\rnant aut\r de la hampe4 ,je *]*e l'ombre1 mais o e/ l'ombre1 l'ombre du drapeau8 ,les assi/ants tai5t ahuris2 les capita9es1 intrigus p> l'tranget de la scne1 se dem&ai5t ce qu'il v\lait dire2 le colonel saisit de ses deux ma9s son front vnrable et se creusa longtemps la tte p\r dev9] l'nigme4 ,p5dant des j\rnes entires ils ont *]* la solution sans os] compr5dre l'allusion la *anson patriotique3 ,l'ombre du drapeau4 ,le secrtaire1 un ami d',allais1 dit l'oreille de l'(fici] assis ct de lui1 qu'il le connaissait de longue date3 ,un excell5t g>on1 dit-il1 seulem5t un peu toqu2 c'e/ un j\rnali/e p>isi54 ,a ce d\ble titre on laissa p>tir ,allais ce j\r-l sans lui faire d'autres obs]vations4 ,le l5dema9 mat9 il ne p>ut l'appel que qu& t\s les autres rs]vi/es tai5t depuis longtemps en rang1 s\s l'il du s]g5t4 ,il arriva1 le kpi de trav]s sur sa tte1 une ma9 dans la po*e de son pantalon1 t5ant son fusil p> la po9te de la baonnette4 ,belle j\rne auj\rd'hui1 ,monsieur le s]g5t1 dit-il1 le soleil brille1 les oiseaux *ant5t1 je m'en vais faire un petit t\r la campagne4 ,sur ces mots1 il t\rna les talons1 tranant son fusil aprs lui1 et le faisant ret5tir sur les dalles4 ,le s]g5t bahi de cette audace ne s\ffla mot4 ,allais naturellem5t n'alla pas la campagne1 mais se r5dit au ,*at-,noir1 o il rdigea un article sur ses av5tures au rgim5t4 ,il se g>da bi5 d'y oubli] le colonel3 ,brave homme1 crivit-il1 un peu bte peut-tre1 mais si dcoratif6 ,depuis ce mom5t on passe son nom s\s sil5ce au rgim5t1 et on lui donne des sursis illimits4 ,avec t\tes ces facties il a p\rtant bon cur et au fond une gr&e simplicit d'esprit4 ,cep5dant p\r t\t l'arg5t du monde je ne v\drais pas tre dans la peau de celui qu'il aurait pris en grippe4 ,n\s appro*ions du ,*at-,noir4 ,le premi] qui v9t notre r5contre fut ,alphonse ,allais en p]sonne3 un g>on blond bi5 dc\pl4 ,oh6 normm5t de tal5t et d'av5ir6 dit-il de lui-mme1 aux premi]s complim5ts d'usage que je lui fis1 comme s'il avait prononc les p>oles de rigueur qu'on adresse un jeune auteur ou un pote dbutant4 ,n\s reg>dmes un mom5t les curiosits de la salle1 les fresques de ,/e9l5 et de ,willette1 le portrait au!ntique de ,franois ,villon1 les cocottes surannes qui1 visses sur les banquettes devant leur v]re de bire v5te1 att5dai5t la proie et le but91 puis n\s montmes au premi] o se tr\ve le vrai spectacle4 ,un public hybride tait runi1 dans la salle troite et basse2 des commis-voyageurs en goguette1 des ,amrica9s la re*]*e de di/ractions1 des b\lev>di]s qui s'ennuyai5t1 des g5s du monde qui avai5t dn1 d'autres qui avai5t faim2 en un mot on y voyait un monde ml1 des arti/es peut-tre en qute d'inspiration1 et des dames qui comp5sai5t leur manque de *>mes p> un excd5t de f>d et d'insol5ce4 ,le spectacle comm5a p> des ombres *9oises1 et c'tait le conte t\*ant de la pudeur de la g>deuse d'oies attaque p> un vieux clibataire entrepr5ant4 ,qu& il pr5dra un ba9 dans la petite rivire qui c\le trav]s la prairie1 p\r refroidir l'ardeur qui le dvore1 les ,oies-,eumnides1 protectrices de l'innoc5ce m5ace1 lui dvoil]ont leur p\voir fatal4 ,et elles s'emp>5t des vtem5ts du baigneur ahuri1 et elles s'en vont nageant en ple9e eau1 *acune portant un dtail de son co/ume au bec4 ,les bottes elles-mmes1 et1 horreur6 le vtem5t indisp5sable que je n'os]ais nomm]1 elles les lui pr5n5t en ricanant de leur b\*e plate et /upide4 ,puis voici app>atre au mom5t psy*ologique le g>de1 qui veille aux abords de la morale3 il dresse procs-v]bal au misrable qui1 de p> sa nudit naturelle1 s\fflte la pudeur publique4 ,je ne m't5drai pas en longue digression sur la morale de l'hi/oire2 on la t\*e des ma9s et des yeux4 ,aussi v\s laisse-t-on =t peu de temps p\r la rflexion1 c> pe9e le rideau du petit ?tre e/-il tomb que ,rodolphe ,salis1 l'hte du lieu1 n\s annonce de sa voix claire et mordante qu'il dem&e le sil5ce p\r notre *] confrre le pote *a/e4 ,le pote *a/e1 un jeune homme vtu de gris1 *eveux r\x et visage de satyre1 trav]se la petite salle en deux pas1 se plante devant le public et dit un pome dont les passages quivoques sont s\ligns p> les s\rires de l'auditoire4 ,un militaire mes cts1 qui passe sa soire de p]mission au ,*at-,noir1 r\git jusque au-dessus des oreilles4 ,le rideau du ?tre se lve de n\veau1--t\j\rs pas de temps p\r rfl*ir--et c'e/ une vraie scne qui se montre nos yeux avec des petites c\lisses qui reprs5t5t un palais4 ,t\t l'heure le dcor *ang]a et n\s s]ons dans un dfil sombre des ,pyrnes4 ,c'e/ la tragdie de ,rol& et de sa mort ,roncevaux4 ,un monsieur et une dame1 deb\t auprs du piano1 prt5t leur voix au palad9 et sa *re ,aude1 les petits fanto*es de la scne1 qui se dcl>5t leur am\r mutuel dans le langage ard5t qui c>actrisait les passions au moy5 ge4 ,p\r r5dre la j\issance de l'il plus int5se1 ces voix se tais5t1 qu& l'arme de ,*>lemagne passe1 sup]be1 p>mi les montagnes c\v]tes de neige4 ,ici1 un effet gr&iose a t atte9t p> des moy5s infimes3 donnez-moi un peu de c>ton pe9t et quelques fils de f]1 dit l'arti/e1 et je b\lev]s]ai votre me de fond en comble p> l'image de ro*]s1 d'abmes et de tr\pes de gu]ri]s1 m>*ant la mort s\s le reg>d de leur emp]eur4 ,ou je me trompe =t1 ou l aussi il doit y avoir matire moralis]4 ,mais de n\veau ,rodolphe ,salis annonce un de ses confrres potes4 ,un petit homme m9e *tive s'avance devant le public4 ,il a l'air d'un fonctionnaire mal pay qui tromp]ait sa faim en avalant la bire que le g5tilhomme aub]gi/e met gratuitem5t sa disposition4 ,la voix du pote1 faible d'abord1 se raff]mit bi5tt2 il n\s dit d'une faon inf9im5t t5dre et spirituelle la fte de la bndiction des clo*es ,rome1 au mom5t o t\tes ces b\*es de mtal dans une envole de sons s'agit5t au dessus de la ville t]nelle4 ,et les sons ret5tiss5t nos oreilles1 puis s'van\iss5t avec le m\vem5t net et lgant que le langage *oisi d'un arti/e a su leur communiqu]4 ,encore des ombres *9oises6 ,ce sont les av5tures de ,phryn1 la fameuse htare de l'antiquit1 qui attira sur elle la v5geance des dieux et l'indignation des hommes en divulguant les my/res div9s au ,*at-,noir d',a?nes1 le bi5 connu des ar*ologues4 ,une mlope tranante1 qui sait tre spirituelle sans jamais p]dre le comique srieux qui convi5t un sujet aussi anci51 accompagne les div]s tableaux de la reprs5tation4 ,le pote se tait lorsque l'avocat ,hypride1 qui df5dra ,phryn devant le tribunal o elle comp>atra accuse de blasphme1 lui r5d visite af9 d'tablir les argum5ts de son plaidoy]4 ,le ?tre e/ plong dans les tnbres1 et l'on ne saurait ap]cevoir les savantes re*]*es du jurisconsulte a?ni54 ,on en e/ d'autant plus bl\i la scne suivante p> le magnifique dcor qui imite le tableau de ,grme3 ,phryn devant ses juges2 imitation p>faite1 avec cette seule diffr5ce qu'ici la belle accuse app>at au prtoire enveloppe d'un l>ge peplum4 ,elle c\te en sil5ce les repro*es que lui adresse l'accusateur public1 en att5dant--oh6 avec quelle pati5ce pudique6--que le t\r de son avocat soit v5u4 ,enf91 ,hypride pr5d la p>ole1 et conva9cu de l'excell5ce de sa cause1 se borne p\r t\te argum5tation dvoil] la figure div9e de l'htare4 ,phryn1 surgissant s\da9 hors de ses vtem5ts p>s dans t\te la spl5deur de sa nudit1 frappe les yeux de ses juges et att5drit leurs curs4 ,grme1 le pe9tre1 n'a pu trait] qu'un seul mom5t de l'action2 le pote1 qui p>le l'imag9ation1 n\s initie aux diffr5tes phases que retrace son rcit1 mais il ne saurait n\s donn] une reprs5tation pla/ique des faits3 les ombres *9oises uniss5t la reproduction exacte des circon/ances leur dveloppem5t4 ,ce que les plus gr&s gnies ont *]* avec angoisse1 depuis que ,less+1 dans son ,laocoon1 en a pos le problme3 la liaison intime entre le v]be et la pla/ique1 s'accomplit nos yeux2 ou1 p\r cit] l'pilogue sublime du second ,fau/ de ,g!1 qui seul e/ applicable ces hauteurs de l'ab/raction3 ,hi] wird's ,ereignisz4 ,cep5dant un autre pote a dj pris place au b\t de la salle et en v]s ple9s de di/9ction n\s conte ce qu'il p5se de l'me1 de la socit et autres *oses appropries au local o n\s sommes et l'heure qu'il e/4 ,faut-il l'av\]8 ,cette v>it de div]tissem5ts me fatigue l'esprit2 n\s ne t5ons pas ce qu'on n\s amuse1 qu& on en montre trop clairem5t l'int5tion4 ,de plus1 il y a dans l'atmosphre un rel5t de bire et de fume1 qui me rappelle les j\rs d'antan1 o j'entrais dans la vie et o je croyais srieusem5t aux div]tissem5ts des cafs-*antants4 ,et ce s\v5ir donne au spectacle que je contemple quelque *ose de dj vu1 qui me r5d curieux d'all] voir autre *ose4 ,,au ,,mirliton ,m>cel ,s*wob me propose de n\s m5] la salle du b\lev>d ,ro*e*\>t1 emplacem5t de l'anci5 ,*at-,noir4 ,ari/ide ,bruant y a auj\rd'hui in/all le ,mirliton4 ,l'ide de faire connaissance avec ce caf et son propritaire me sduit =t4 ,e/-ce p> has>d simplem5t que la srie des numros du ,mirliton1 le j\rnal illu/r de ,bruant1 e/ p>v5ue jusqu'au solitaire village holl&ais o se passe ma vie8 ,je ne le crois pas4 ,l'explication en e/ plus facile4 ,la vie de ,p>is e/ d'une importance si prpondrante p\r t\te l',europe que *aque trait de sa physionomie e/ relev et n1 p\r tre port la connaissance du monde enti]4 ,ce qui1 dans une autre ville1 pass]ait inap]u du public1 ou t\t au plus ne vivrait qu' l'tat de s\v5ir curieux dans la mmoire de quelques vieux b\rgeois1 y pr5d t\t de suite du relief et y acqui]t de la notorit4 ,on voit dans ces mmes vnem5ts une rvlation de l'esprit du sicle1 on les considre comme des phnomnes intressants de l'hi/oire du j\r1 jusqu' ce qu'ils disp>aiss5t p\r faire place de n\veaux phnomnes4 ,p\r le mom5t t\t au mo9s ils ont p>ticip la vie gnrale du monde4 ,c>lyle s'e/ s\v5t moqu d'un mot qu'il r5contrait sans cesse dans les pages des auteurs franais3 un homme alors clbre4 ,mais auj\rd'hui encore on p>le c\ramm5t des clbrits du j\r sans p5s] le mo9s du monde l'ironie de ce contra/e4 ,il y a p\rtant des g5s qui s\ponn5t l'tat rel des *oses4 ,on me l'exposait a9si t\t rcemm5t3 ,d'ord9aire1 les trang]s quitt5t ,p>is s\s le c\p d'une fausse impression4 ,ce qu'on leur a vant comme quelque *ose d'excessivem5t rem>quable1 ce dont ils p>l]ont plus t>d dans leurs s\v5irs1 n'exi/e pas en ralit p\r n\s autres ,p>isi5s4 ,ret5ez bi5 ce que je v\s dis3 v\s r5contr]ez un gr& nombre d'hommes clbres1 mais au fond t\t cela n'exi/e pas4 ,croyez-moi3 notre po9t de vue diffre radicalem5t de celui des trang]s2 p\r eux1 l'impression qu'ils reoiv5t de ,p>is n'e/ qu'une "q de tra9s4 ,arrivs qu9ze j\rs plus tt ou plus t>d1 ils aurai5t eu not] sur leurs tablettes une t\t autre v>it de gr&s hommes4 ,ce recueil du ,mirliton1 ce petit volume de v]s1 illu/r d'une si drle de faon1 avec son titre frappant3 ,dans la rue1 p> ,ari/ide ,bruant1 que la rclame d'un gr& j\rnal m'avait mis entre les ma9s1 tai5t-ils donc de/9s aussi ne vivre qu'un j\r8 ,ou y avait-il quelque *ose l8 ,je dem&ai l'op9ion de mon compagnon de r\te2 mais il avait appris la prud5ce1 ou peut-tre me tr\vait-il trop curieux4 ,bruant1 me dit ,m>cel ,s*wob1 a dc\v]t une n\velle ve9e de posie1 et il e/ arriv son j\r et son heure2 la =tune e/ v5ue lui et il e/ re/ arti/e srieux2 voil qui promet un succs durable4 ,mais1 d'autre "p1 presque t\t dp5d des circon/ances4 ,on n'a pas compt] qu'avec soi2 il ne s'agit pas seulem5t de savoir si1 un mom5t donn1 on possde l'n]gie ncessaire p\r p]svr]2 mais ce sont les autres1 les amis1 les ennemis1 les lves et les imitateurs1 qui tromp5t les prvisions4 ,on p>le t\j\rs des circon/ances2 eh bi56 les circon/ances1 ce sont ces autres-l6 ,la concurr5ce e/ une excell5te *ose p\r t5ir l'arti/e en hale9e4 ,mais trop d'imitation gte le m>*1 comme on dit1 elle corrompt le gt du public1--ce n'e/ pas bi5 important1 je v\s l'accorde1--mais elle corrompt aussi le gt de l'arti/e mme1 ce qui e/ d'un t\t autre intrt4 ,t\tefois1 le tal5t de ,bruant e/ encore en ple9e priode de croissance et jusqu'ici il n'y a pas de mal4 ,p\rtant je ne v\drais pas c\rir le risque de prdictions has>des1 et j'aime mieux j\ir de l'orig9alit1 p>t\t o je la tr\ve4 ,or1 ,bruant e/ vraim5t orig9al4 ,croyez-moi1 ce n'e/ pas le premi] v5u qui1 comme lui1 arriv de sa prov9ce ,p>is1 petit employ de *em9 de f]1 puis dbutant dans un caf-conc]t1 sait conqurir son co9 de la vie p>isi5ne et y ma9ti5t son droit d'tre pote4 ,v\s me direz que le doma9e de sa muse e/ assez mal fam3 des vagabonds1 des filles et leurs s\t5eurs1 la rue1 comme l'indique le titre de son volume1 si l'on ent5d p> l le rebut de la socit dont les maisons ne veul5t plus4 ,mais la "q e/ prcism5t de n\s r5dre intressante cette lie du peuple4 ,zola1 honnte b\rgeois s'il en fut1 n'a jamais os s'attaqu] cette d]nire c\*e de la socit4 ,dans le ,sublime1 ce livre bi5 connu sur la "q sociale1 qui e/ l'orig9e de l',assommoir1 on ne tr\ve que du dda9 p\r les ouvri]s qui quitt5t le travail et *]*5t leurs moy5s d'exi/5ce dans le crime ou la pro/itution3 ,zola a *a/em5t dt\rn les yeux de cet abme4 ,arrive ,bruant1 qu9ze annes plus t>d4 ,il a comm5c p> dire le contra/e entre les pauvres et les ri*es1 la rue et la *ambre bi5 close1 la brutalit et la conv5tion3 en un mot1 il a j\ des v>iations1 avec une diction qui lui app>ti5t en propre1 sur le ?me que ,ri*ep9 dans sa ,*anson des ,gueux et ,&r ,gill dans sa ,muse ,bibi avai5t dj entrepris1 sans p>l] encore d',augu/e de ,*tillon et de la fameuse compla9te de la ,levrette en paletot1 qui e/ la mre du g5re4 ,v\s v\s la rappelez3 ,y'a-t-y ri5 qui v\s agace ,comm'un'levrette en pal'tot6 ,qu& y'a tant d'g5s sur la place ,qui n'ont ri5 s'mett'su'l'dos4446 ,mais ,bruant ne s'e/ pas arrt l4 ,il a pntr dans ce monde de s\t5eurs et de filles et s'e/ pris l'aim] p\r son propre compte4 ,oui1 aim] c'e/ bi5 le mot1 c> qui ne ress5t de la sympa?ie p\r ce qu'il connat fond8 ,t\t dans ce monde n'e/ qu'une "q de nuances et de masques4 et l ce sont des tres huma9s et une socit que l'on a devant soi4 et l on tr\ve de l'honneur et de l'honntet1 du c\rage et de la l*et1 de la fraude aussi4 ,il faut y all] voir p\r le croire1 mais ds qu'on l'a vu1 on peut y croire1 et mme on peut le *ant]4 ,et cette lie du peuple a tr\v une voix qui pr5d sa df5se1 et qui p>le p\r elle4 ,mais n\s y voil1 au ,mirliton4 ,une tr\pe de curieux /ationnait devant une porte f]me4 ,mon compagnon frappa1 se nomma1 et ce fut ,bruant lui-mme qui n\s introduisit dans la salle4 ,il e/ matre *ez lui et reg>de att5tivem5t les g5s qu'il y admet4 ,il n\s indiqua notre place1 n\s promit de v5ir bi5tt faire un b\t de causette avec n\s et s'en ret\rna son po/e p\r recevoir de n\veaux htes4 --,messieurs1 voil du l+e6 ,de la g]ce1 et de la belle6 ,c'e/ a9si qu'il annona d'une voix ret5tissante deux c\ples1 qui v5ai5t d'entr] successivem5t4 ,puis il *anta la premire mesure d'une *anson ba*ique et le *ur bruyant du public1 assis devant les petites tables *>ges de v]res de bire1 la cont9ua en saluant sa manire les n\veaux arrivs4 ,un f>ceur les suivit4 ,comme il v\lait sauv] son entre en pr5ant une attitude comique1 ou en dbitant une drl]ie de son fonds1 ,bruant le malm5a durem5t4 ,un *ur d'indignation du public appuyait le *ansonni] *ri1 qui n'aime pas les f>ces1 qu& il ne les fait pas lui-mme4 ,que devi5drait donc une p>eille maison si on oubliait le respect qu'on doit au matre6 ,bruant *ante ses v]s en m>*ant p> gr&es enjambes trav]s la salle4 ,un piano1 qui t\ssote au fond du ,mirliton1 l'accompagne discrtem5t4 ,la porte de l'tablissem5t re/e alors f]me4 ,la voix aigre et dom9ante de ,bruant rsonne avec int5sit au milieu de la petite salle1 comme s'il se croyait encore au gr& air devant son public des ,*amps-lyses4 ,p>fois une inflexion t5dre vi5t v>i] l'expression d'n]gie qu'il sait donn] ses p>oles1 et quelques phrases s5tim5tales1 comme le peuple en dsire1 donn5t une surprise d\ce4 ,bruant a une figure n]veuse1 f9e en mme temps et vig\reuse2 sa physionomie v\s sduit t\t en v\s matrisant4 ,il y a srem5t l le rapport qu'il doit y avoir entre le *anteur et son auditoire4 ,dans ses faons d'agir et de s'habill]1 ve/on de vel\rs1 *emise r\ge flamboyante1 ,bruant fait p>ade de la brutalit qui veut s'emp>] de la f\le et s'en emp>e1 t&is que le reg>d ptillant et ptulant la *>me et la dompte4 ,scne curieuse que ce ,mirliton6 ,la petite salle1 pr(usm5t claire1 avec ses rangs de tables de bois o des g5s de t\te sorte pr5n5t leur *ope de bire mdiocre2 l'unique g>on1 maje/ueux comme un m>*al de ,napolon1 qui ti5t l'il ce que t\t le monde pr5ne des consommations et les paie2 l'humble assi/ant physionomie de matre d'cole1 qui v5d la *anson que vi5t de *ant] le matre et qui remplit les pauses en rcitant des v]s que p]sonne n'c\te2--enf91 les dom9ant t\s1 le matre lui-mme1 soit qu'il enfle sa voix de /5tor jusqu' sa puissance extrme p\r rappel] l'ordre un rcalcitrant1 soit qu'il conte fleurette une belle1 laquelle il p]suade de lui confi] la clef de sa *ambre1--les yeux p>t\t et sur t\s1 af9 que ri5 ne se passe en son doma9e en dehors de lui4 ,a notre dem&e1 il n\s rcite une de ses d]nires *ansons3 ,a ,sa9t-,ou54 ,ds le db1 c'e/ l'exi/5ce d'un membre utile de la socit3 le *iffonni] de ,sa9t-,ou54 ,un j\r qu'i faisait pas beau1 ,pas b5 lo9 du bord de l'eau1 ,prs d'la ,se9e2 ,l o qu'i p\ss'des moissons ,de culs d'b\teille et d'tessons1 ,dans la pla9e1 ,ma mr' m'a fait dans un co91 ,a ,sa9t-,ou54 ,on s\ffre de la faim l-bas4 ,qu'y faire1 qu& on ne sait pas de mti] et qu'on veut re/] honnte8 ,on devi5t biff91 ses huit ans pe9e sonns et l'on p>c\rt t\t ,p>is1 la gr&'ville1 p\r ramass] des *iffons4 ,la vie e/ dure6 ,dame on nag'pas dans l'b5jo91 ,a ,sa9t-,ou54 ,faut trott9] t\t'la nuit ,et qu& l'am\r v\s p\rsuit1 ,on s'arrte444 ,on embrasse444 et s\s les yeux ,du bon ,dieu qu'e/ dans les cieux444 ,comm'un'bte1 ,on r'produit dans un raco91 ,a ,sa9t-,ou54 ,enf9 je n'sais pas comm5t ,on peut y vivre honnt'm5t4 ,c'e/ un rve4 ,mais on e/ rcomp5s1 ,c>1 comme on e/ h>ass1 ,qu& on crve444 ,el'cimetire e/ pas b5 lo91 ,a ,sa9t-,ou54 ,a*etez la *anson3 ,a ,sa9t-,ou51 clame l'humble assi/ant1 et il agite la petite urne o il qute1 t&is que de l'autre ma9 il p\sse s\s le nez des visiteurs la *anson ne avec sa c\v]ture illu/re3 deux enfants1 c\rbs s\s leurs hottes1 allant t\s deux leur *em91 la petite fille causant gam5t1 le g>on tirant la langue4 ,les v]s de ,bruant ont un timbre orig9al1 qui les grave dans la mmoire1 grce leur refra9 qui e/ d'ord9aire le nom d'un qu>ti] ou d'un faub\rg de ,p>is4 ,c'e/ la localit1 o l'hi/oriette se passe1 ou plutt le c]cle au milieu duquel se dveloppe la vie du hros ou de l'hrone1 ou encore c'e/ le sort qui leur e/ jet ds leur naissance et qui les av]tit t\te heure3 ,montr\ge1 ,sa9t-,laz>e1 la ,roquette4 ,il y a bi5 d'autres *ansons populaires qui tir5t leur effet d'une phrase qui frappe l'imag9ation1 et qui revi5t *aque f9 de /rophe4 ,mais la diffr5ce e/ s5sible entre ces sortes de posies1--comme la ballade de ,brg] avec son refra93 ,les morts vont vite1--et les v]s de ,bruant1 diffr5ce dans la faon de rim] d'abord1 dans l'int5tion et dans l'effet ensuite4 ,c> les noms propres qui ont leur p>ticul>it de =me la transmett5t en quelque sorte au v]s correspondant de la rime1 et la f9 de *aque /rophe y pr5d une te9te lgrem5t grotesque4 ,mme le simple mot lo9 devi5t presque comique1 qu& il faut le prononc] la vraie manire p>isi5ne p\r le faire rim] avec ,sa9t ,ou54 ,bruant ne prodigue pas ces effets grotesques4 ,dans sa *anson3 ,a ,montr\ge1 il a montr une fois les horribles images qu'il s]ait capable d'voqu] notre imag9ation1 en utilisant simplem5t la syllabe f9ale du refra92 mais d'ord9aire il ne tire d'autre emploi des noms propres que p\r tempr] l'motion trop int5se des p>oles p> le comique involontaire des rimes4 ,et il ne faut pas considr] le refra9 *ez lui comme un simple app5dice de la *anson2 il app>ti5t la /ructure intime du pome4 ,en effet1 les v]s brefs1 qui dans *aque /rophe alt]n5t avec les v]s ord9aires1 l'annonc5t de lo91 et comme il e/ le repos f9al de la /rophe1 ces v]s reprs5t5t une pause de la p5se et de la voix au milieu du gr\pe4 ,on peut y vivre honnt'm5t ,c'e/ un rve2 ,c> comme on e/ h>ass ,qu& on crve4444 ,la dclamation des *ansons repose pr9cipalem5t sur cette alt]nance de v]s longs et brefs4 ,ces d]ni]s n\s montr5t l'int5tion et la physionomie du rcit2 ils =m5t l'lm5t lyrique de la petite pope que l'on n\s raconte4 ,p>fois1 ,bruant1 en y appuyant la voix d'une manire un peu s5tim5tale1 montre t\te l'motion qu'ils r5f]m5t2 d'autres fois1 il les jette brusquem5t et amrem5t1 mais t\j\rs s\s l'influ5ce du s5tim5t d'h>monie qu'une composition arti/ique bi5 ordonne doit laiss] dans l'esprit des auditeurs4 ,je me trompe2 ce n'e/ pas l'arti/e seul qui s'y dcle1 c'e/ l'homme aussi avec sa fi]t t\t ensemble et sa gr&e piti p\r les humbles1 qui app>at dans cette faon de dire les v]s4 --,un gonci] et sa gonzesse6 ,c'e/ la voix brutale de ,bruant qui ret5tit s\da9 dans la petite salle et qui annonce de n\veaux visiteurs dsori5ts p> le tapage qui accueille leur entre4 ,cep5dant1 le matre de la maison pr5d place auprs d'une jolie horizontale4 ,il met le pi$ sur la *aise qui e/ devant elle1 et1 dans cette po/ure1 la dom9ant du reg>d1 il se moque de ses cli5ts avec la belle rieuse1 qui1 les yeux rivs aux yeux du matre1 pr5d "p la j\issance que donne ,bruant le s5tim5t de son empire et de son triomphe4 ,,sur ,,la ,,butte ,,montm>tre ,le rti e/-il prt8 dem&a ,bruant devant la porte de son salon1 qui s'ouvrait sur le j>d94 ,encore c9q m9utes6 ,bi51 ju/e le temps p\r faire le t\r de mon doma9e4 ,en avant1 m>*e6 ,dc\vrir la maison d',ari/ide ,bruant n'e/ pas *ose facile4 ,je me rappelle vaguem5t que n\s passmes l'glise du ,sacr-,cur1 qui c\ronne le sommet de ,montm>tre1 que n\s desc5dmes ensuite1 puis que n\s montmes p\r desc5dre encore4442 enf9 la voiture1 aprs mille dt\rs1 s'arrta devant un gr\pe de maisons de *tive app>5ce l'extrme limite de la p>tie habite de ,p>is4 ,le corridor d'une de ces maisons n\s conduisit v]s une gr&e c\r extrieure1 ouv]te au midi1 o il y avait seulem5t quelques arbres1 des petites dp5dances et des b>rires3 c'tait le ve/ibule en ple9 air du *teau de ,bruant4 ,et cela me rappelait les j>d9s mornes des bgu9ages holl&ais1 trav]ss p> des haies c\pes ras1 o fleurit le l+e des familles3 l'exi/5ce t]re t]re et en m9iature4 ,le poteau d'un treillis v]t portait le nom d',ari/ide ,bruant avec son titre de *ansonni] populaire4 ,je sonnai1 et t\t au lo91 d]rire un second ou troisime treillis1 app>ut la figure du *ansonni] dans le cadre d'une f5tre ouv]te4 ,mais la voix ret5tissante1 comme si ,bruant donnait des ordres au milieu d'une tempte1 p>v9t nettem5t jusqu' mes oreilles4 --,franois1 voil des visites4 ,allons1 c\rs6 ,ouvre la grille extrieure1 dem&e le nom de ces ,messieurs1 et annonce6 ,franois1 un g>on r\x mal bti1 tomba1 plutt qu'il ne m>*a1 v]s la b>rire4 ,il *]*ait en va9 ses mots1 y r5ona aprs quelques ef=ts1 et se cont5ta de s\rire1 de ce s\rire timide et niais1 dont les victimes de l'esprit d'autrui font leur df5se4 --,dem&e donc le nom de ,monsieur1 animal6 rpta ,bruant4 ,des sons confus sortir5t comme d'une b\*e d'enfant4 --,ma9t5ant1 annonce6 ,n\veau br$\illem5t des grosses lvres de ,franois4 --,bi52 dis que je recevrai ,monsieur2 ouvre la grille intrieure et av]tis ,monsieur qu'on n'entre ici qu'aprs avoir essuy ses pi$s4 ,bonj\r6 ,je v\s dem&e bi5 p>don1 mais je ne peux pas p]dre un in/ant de vue l'ducation donn] ,franois4 ,l'il du matre1 il n'y a que a1 n'e/-ce pas1 crt98 --,oui 7avec une nuance de dpit74 --,comm5t1 oui8 hurla la voix furieuse4 ,oui1 quoi8 --,oui1 *ansonni] populaire1 et la m9e piteuse de l'esclave p>ut dem&] grce4 --,bi51 prp>e le djeun]4--,ah6 que d'emb>ras6 cont9ua-t-il d'un ton comique4 ,voil6 ,il m'a t impossible jusqu'ici de g>d] mes dome/iques4 ,qu& j'en avais un d'intellig5ce moy5ne1 il ne passait pas un mois mon s]vice1 avant de se croire le droit d'imit] mes faons et d'tre t5t d'(frir au public des petits cafs du ,bruant au!ntique4 ,j'ai dc\v]t cet idiot1 mais je me mfie4 ,il faut que je le ti5ne dans un tat p]ptuel d'ahurissem5t2 autrem5t1 il devi5drait1 lui aussi1 un rival4--,allons voir mon doma9e6 ,qu'en dites-v\s8 ,v\s tiez-v\s d\t qu' ,p>is on tr\v]ait une campagne comme celle-l8 ,voici l',alle des ,saules1 o je compose mes *ansons et ma musique4 ,voil un rav92 rem>quez-le bi51 s'il v\s plat3 il donne une note sauvage au paysage4--,un p>t]re de violettes1--on en fait des b\quets p\r les jolies femmes qui vi5n5t me voir4 ,c> il vi5t ici des dames1 mme du vrai monde3 je ne v\s g>antis pas que ce soit celles que je prfre4 ,voici un hang>1 qu'on e/ en tra9 de me btir1 et mon *>p5ti]1 qui remplit en mme temps l'(fice de j>d9i] et d'ar*itecte1 un trs brave homme4 ,h l'ami6 on m'a vol encore un pigeon4 ,je crois1 ma p>ole1 que c'e/ ton gueux de fils4 ,tu me f]as le plaisir de m'envoy] ce g>nem5t t\t l'heure4 ,puis1 repr5ant l'inv5taire de son doma9e1 ,bruant cont9ua la prom5ade et p\rsuivit3 --,un tuyau d'irrigation2 des fagots1 l-bas1 produit de la proprit2 encore un tuyau d'irrigation3 bis repetita plac5t4 ,mais que diable6 v\s ne dites ri5 de ma maison de campagne4 ,reg>dez un peu p> l4 ,croyez-v\s qu'il y en ait une autre dans ,p>is avec une vue p>eille la mi5ne8 ,bruant indiqua de la ma9 la p]spective qui s'ouvrait devant n\s4 ,la ville imm5se tait nos pi$s1 trav]se p> le ruban arg5t de la ,se9e et grimpant peu peu sur les hauteurs4 ,t\tes les coll9es des environs v5ai5t se rang] en demi-c]cle s\s nos yeux2 ici1 riant des po9tes blan*es de leurs maisons p>mi la v]dure sombre2 l1 m5aant p> l'armem5t des =t]esses3 l'ence9te entire de ,p>is avec ses al5t\rs1 embrasse d'un seul c\p d'il4 --,une vue libre comme celle-l veille les ides qui dorm5t en v\s1 dit ,bruant4 ,v5ez p> ici et reg>dez ju/e en face et au-dess\s de n\s4 ,il s'appuya sur la haie vive1 clture du doma9e4 ,voici le *em9 creux1 qui e/ le ?tre des am\rs du vois9age4 ,j'en ai vu de belles d'ici4 ,t5ez1 reg>dez le dess9 grav dans le poteau l-bas3 deux curs p]cs d'une fl*e et deux noms accols4 ,en voil1 de la s5sibl]ie de s\t5eurs6 --,si l'on e/ en sret ici8 reprit-il sur une "q que je lui adressai4 ,ils vol5t comme des pies2 je m'en ap]ois bi5 mes pigeons4 ,d'ailleurs ils me laiss5t tranquille1 quoiqu'il y ait ici des gaill>ds de la pire espce et que le ,caf des ,assass9s soit ct4 ,ils n'os5t pas4 ,qu& je r5tre la nuit1 trois heures ou plus t>d1 v\s p\vez tre sr que je ne me tais pas3 je gueule t\t le long du *em91 je fais claqu] mon f\et et je salue t\s ceux qui pass5t de ma voix la plus =midable4 ,la butte entire sait que je revi5s du ,mirliton4 ,et puis1 au fond1 ils croi5t que je suis un des leurs1 les brig&s4 ,il y a une lg5de sur moi dans leurs b&es4 ,ils croi5t que je suis s\t5eur comme eux et je le leur laisse croire4 ,p\rtant la nuit1 dans ces p>ages1 j'ai t\j\rs un revolv] *>g sur moi4 ,peut-tre aussi qu'ils n'ignor5t pas ce dtail-l4 ,aprs le djeun] n\s irons voir ma campagne d't avec ses diffr5ts pavillons2 elle e/ deux pas d'ici2 mais prs5t j'ai faim et je crois que le rti e/ prt4 --,ah1 j'ai le cur lg]1 ma9t5ant1 dit ,bruant1 en dpliant sa s]viette1 plus lg] que depuis longtemps4 ,figurez-v\s que p5dant six mois j'ai eu dans la tte une *anson1 qui ne v\lait pas en sortir dans la =me que je v\lais4 ,mais1 nom de ,dieu6 ,franois1 o sont les assiettes *audes8 ,dp*e-toi1 c\rs1 vole6 ,ne ris pas1 gr& bta1 mais vole1 qu& je te le dis4 ,m'ent5ds-tu8 --,oui1 baf\ille ,franois avec l'air de dire3 voil qu'il recomm5ce4 --,oui1 quoi8 tonne ,bruant4 --,oui1 *ansonni] populaire1 supplie l'esclave4 --,dis papa1 dis maman6 comm&e le matre de la maison4 ,franois lve un il timide v]s le plafond4 --,a l'in/ant6 rugit le despote4 ,et le l\rdaud1 r\ge de honte1 piaille1 comme un enfant qu'il e/3 ,papa1 maman4 --,bi52 ma9t5ant apporte-n\s les assiettes1 mais avec la rapidit de l'clair4 --,je suis p>esseux1 p\rsuivit ,bruant4 ,sept mois p\r une simple *anson4 ,a ,biribi6 ,et si v\s saviez combi5 de temps il y a que cette ide d'aj\t] ma collection les compagnies de discipl9e d',afrique m'obsde4 ,c> c'e/ le complm5t de la canaille d'ici1 ceux qui sont envoys l-bas en ,algrie1 ,biribi1 comme ils dis5t1 p\r avoir t de =tes ttes au rgim5t4 ,en ,afrique1 il y a deux lgions1 en dehors du cadre rguli] de l'arme3 la lgion trangre compose de ds]teurs et de malheureux de t\tes les nations du monde1 et les compagnies de discipl9e1 qui reprs5t5t le niveau le plus bas auquel un homme puisse arriv]4 ,p\r appr5dre ce qu'ils *antai5t1 j'ai fait dem&] un s]g5t de consigne de l-bas de me not] leurs airs populaires4 ,mais les gr$9s ne *antai5t que des *ansons de ,p>is4 ,au contraire1 la lgion trangre a des mlodies trs belles et trs orig9ales2 c'e/ t\t naturel1 puisqu'il s'y tr\ve nombre d',autri*i5s1 qui ont apport en ,afrique leurs *ansons populaires4 ,celles-l m'ont inspir la composition d'un air la fois anim et tranant1 qui s'adapte autant aux p>oles fires d'un homme qui a brl ses vaisseaux qu' la tri/esse morne de ses j\rs de dsespoir4 ,mais ces p>oles3 ah6 qu'elles m'ont cot de pe9e avant d'avoir tr\v la disposition d'esprit qu'on a dans l'exi/5ce de ,biribi4 ,t5ez1 voil mes ar*ives p>ticulires1 et ,bruant sortit d'un tiroir une liasse de papi]s4 ,ce sont des lettres envoyes p> les soldats d',afrique leurs m>mites1 qui font le trottoir sur les b\lev>ds extrieurs2 des lettres au!ntiques1 v\s p\vez m'en croire2 je les ai prises moi-mme dans les tables de nuit de ces demoiselles4 ,que ne fait-on pas p> am\r de l'art6 ,p>c\rez-les1 si v\s v\lez bi51 t&is que ,franois donn]a des cig>es4 ,nom de ,dieu6 imbcile1 o sont les c5dri]s8 --,je n'ai pas pu les tr\v]6 ronronne ,franois frapp dans sa dignit4 --,ne pas tr\v]8 ,qui1 quoi8 dem&e le tyran furieux4 --,je ne les vois nulle "p1 *ansonni] populaire1 se corrige le pauvre homme4 --,eh bi56 pr5ds ce que tu v\dras1 brute6 ,n'e/-ce pas8 ce sont de vraies scnes de comdie1 ces lettres6 ,ils se plaign5t1 les malheureux2 ils v\drai5t revoir la maison1 ils se rappell5t les bons j\rs d'autrefois4--,et puis1 la f91 le pot aux roses3 ils dem&5t qu'on leur envoie de l'arg5t4 ,et p\rtant1 mme l1 il y a quelque *ose de t\*ant3 avez-v\s rem>qu qu'ils pri5t ces filles d'all] voir leurs p>5ts3 ils veul5t avoir p> elles des n\velles de la famille et qu'elles racont5t aux vieux ce qui se passe l-bas1 en ,afrique8 ,t\j\rs avec l'arrire-p5se de leur s\tir] de l'arg5t6 ,naturellem5t1 p\rquoi crirai5t-ils des lettres si ce n'tait p\r cela6 ,ah6 elles ne se font pas d'illusions l-dessus1 celles qui les reoiv5t1 je v\s l'assure6 ,je connais bi5 cette espce de femelles1 et elles me connaiss5t4 ,elles sav5t le plaisir qu'elles me font en me communiquant les d]nires crations de leur argot4 ,un mot n\veau1 fra*em5t fabriqu p\r le beso9 de la cause1 se propage d'une faon tonnamm5t rapide dans ce monde4 ,*acune d'elles e/ fire de le connatre et veut pass] p\r la premire qui l'a appris4 ,et elles ont raison1 nom de ,dieu6 ,cette langue e/ trs belle4 ,qu& le gueux dit3 ma fesse au lieu de3 ma femme1 c'e/ bi5 p>ce que cette n\velle =me du mot r5d mieux la figure1 la ligne typique1 si v\s v\lez1 du sexe4 ,mais il faut avoir en soi le s5tim5t de cette beaut4 ,il y a aussi un ct spirituel de l'argot4 ,la signification des mots s'l>git dans ce langage-l4 ,qu'e/-ce que3 la c\rante8 ,naturellem5t1 c'tait d'abord l'aiguille de la montre2 puis c'e/ dev5u la montre elle-mme1 enf9 l'heure et le temps4 ,la c\rante6 a suppose p\rtant de la fantaisie1 cette expression1 he96 ,j'ai du cur p\r ces g5s et je me s5s t\t prs d'eux4 ,je ne vais pas me gn]1 si je veux vivre dans leur socit3 p\rquoi me gn]ais-je8 ,je me suis fait moi-mme ce que je suis1 et je veux tre comme je suis4 ,cette b\ffe d'orgueil volontaire passe1 ,bruant1 aprs une c\rte pause1 cont9ua3 --,ri*ep91 dans sa ,*anson des ,gueux1 a v\lu *ant] l'exi/5ce de ces misrables1 mais il en e/ une trop gr&e di/ance2 c'e/ un littrateur4 ,son livre1 somme t\te1 e/ manqu4 ,il y a de bonnes pages1 mais au fond elles ne sont peut-tre pas de lui4 ,t\t ce qui dans son livre e/ v5u1 directem5t ou indirectem5t1 de ,ra\l ,pon*on e/ bon4 ,voil le vrai1 l'inimitable bohme1 l'homme qui ne connat ri5 au-dessus de sa *re b\teille1 et qui seul p>mi t\s sait crire des v]s d'ivrogne1 ivres2 c'e/ un des trs r>es g5s que je lis2 qu& un numro du ,c\rri] franais p>at1 je *]*e d'abord la pice de ,pon*on4 ,il y a t\j\rs un peu de dlayage1 naturellem5t2 qu& il faut1 t\tes les sema9es1 remplir une colonne1 on ne peut gure donn] le meilleur de ce qu'on a2 mais j'y r5contre t\j\rs un passage qui e/ du vrai ,pon*on1 et c'e/ excell5t4 --,nom de ,dieu6 qu'e/-ce qu'on me veut encore8 ,e/-ce qu'on ne peut pas n\s laiss] caus] tranquilles6 et le reg>d de ,bruant se t\rna v]s la porte o p>ut un gr& gam9 assez peu timide4 --,monsieur ,bruant1 papa m'a dit que v\s aviez me p>l]1 dit-il1 t&is que son il p>c\rait curieusem5t l'app>tem5t o il v5ait d'entr]4 --,ah6 c'e/ donc toi le voleur de pigeons8 tonna le *ansonni] populaire4 ,qu'e/-ce que tu z me dire8 --,je vi5s v\s dire que je n'ai pas pris le pigeon et que je ne me laiss]ai pas appel] voleur p> v\s1 ,monsieur ,bruant4 --,tu n'z pas honte8 reprit l'arti/e (f5s1 mais sur un ton plus bas4 --,qu& on n'a pas fait de mal1 on n'a pas r\gir1 dit le gam91 comme s'il ne r$\tait pas l'explosion de colre de l'arti/e4 --,bon1 c'e/ f9i3 en avant1 m>*e6 dit ,bruant d'une voix svre p\r s\t5ir sa dignit de *tela94 ,puis il comm&a3 ,franois6 du cognac6 ,mais c\rs donc1 malheureux6 --,oui1 *ansonni] populaire1 murmura l'humble esclave2 mais un comm5cem5t de s\rire n>quois ridait son visage j\fflu1 et ses petits yeux clignotai5t de satisfaction3 le patron avait tr\v quelqu'un p\r lui t5ir tte4 --,au fond1 ce sont de braves g5s1 ici1 dit ,bruant en di/ribuant le cognac dans les petits v]res1 et p\rtant d'ord9aire t\s les enfants qu'ils font devi5n5t voleurs et assass9s4 ,je ne rpondrais de p]sonne4 ,mme pas de mon propre fils4 ,p\r sr1 je f]ais p\r lui ce qu'il e/ de mon devoir de faire1--mais p>ce que je le v\drais et non p\r une autre raison4 ,mais l'adopt]8 en faire mon hriti]6 ,je n'y p5s]ais mme pas1 avant qu'il n'et v+t ou tr5te ans bi5 sonns et avant de savoir ce qu'il y a en lui4 ,il p\rrait tre de/9 t]nu] dans le sac s\s le c\teau de la guillot9e4 ,*acun de n\s porte t\tes les mauvaises dispositions en lui4 ,oui1 c'e/ l le cadeau que la vie met dans notre b]ceau4 ,et les g5s qui aurai5t d v\s aid] lutt] contre le sort444 ,ah bi5 oui6 ils se mett5t contre v\s4 ,on p>le t\j\rs de l'enfance1 de la jeunesse6 ,vila9e *ose6 ,c'e/ de la misre1 presque t\j\rs4 ,oh1 la vie a t dure p\r moi2 mais prs5t je veux tre dur1 moi1 p\r la vie2 je le veux4 ,visiblem5t1 ,bruant treignait cet in/ant des fantmes de s\v5irs qui l'obsdai5t4 ,c> ri5 ne ju/ifie prs5tem5t son accusation contre l'exi/5ce4 ,lui1 victime8 ,avec son orgueil d'arti/e et la consci5ce du p\voir qu'il ex]ce sur son public8 ,sur ces entrefaites la porte s'ouvrit et laissa entr] le vrai va9cu du sort4 ,c'tait le piani/e du ,mirliton4 ,non pas qu'il n\s entretnt de la srie d'vnem5ts qui l'avai5t am5 d]rire l'in/rum5t de musique d'un caf *antant4 ,on ne lui dem&ait pas de confid5ces et il ne les (frait pas2 il tait dev5u piano et les cordes branlantes de son exi/5ce ne sonnai5t que l o on frappait les t\*es4 ,p\r lui1 vraim5t1 ,bruant y mit des faons4 --,ah6 v\s v5ez tudi] avec moi la n\velle *anson6 ,p>c\rez un peu la musique6 ,les premires mesures du prlude doiv5t tre attaques avec vigueur2 ensuite il faut les rpt] comme si elles v5ai5t de lo94 ,c'e/ le rveil qui sonne au camp4 ,le soldat s\s sa t5te se sec\e1 endormi1 et voit po9dre le j\r4 ,il sait ce que cela veut dire1 il va falloir repr5dre le f>deau4 ,et la p5se de ce faix s\s lequel il succombe1 t\te la misre de son sj\r sur le sol africa9 lui revi5t3 ,y en a qui font la mauvais'tte1 ,au rgim5t1 ,i's tir'au cul1 i's font la bte ,inutil'm5t ,qu& i's veul'nt pus fair' l'ex]cice ,et t\t l'f\rbi1 ,on les envoi'fair'leur s]vice ,a ,biribi1 ,a ,biribi4 ,je ne *ant]ai pas la suite2 c'e/ seulem5t p\r v\s indiqu] le m\vem5t et je v\drais d'abord que v\s transposiez la musique4 ,a prs5t en r\te1 n'e/-ce pas8 p\r ma campagne d't444 ,bi5tt la belle saison vi5dra et je quitt]ai mon *teau d'hiv]1 mon doma9e patri>cal1 p\r all] me prlass] l-bas4 ,ah6 ce s]a la bonne vie1 alors3 dn] en ple9 air1 dormir s\s la vr&ah et p>ess] p>t\t4 ,v\s s]ez tonn de voir combi5 de petits pavillons j'ai flanqus auprs de l'habitation pr9cipale1 et c'e/ une cuis9e d't1 une salle mang] d't1 qu& il fait mauvais1 un g>de-mang] d't2 t\t y e/ l't4 ,et ma volire1 donc6 ,v\s v]rez1 elles me connaiss5t t\tes1 mes btes4 ,p]sonne au monde n'a des pigeons comme j'en ai4 ,en avant1 m>*e au colombi]6 ,,po,,te ,,populaire ,les ,p>isi5s6 me dit un j\r ,bruant2 mais a exi/e donc1 des ,p>isi5s8 ,s'il y en a quelque "p1 ils sont en tra9 de moisir dans un co9 de l'le ,sa9t-,l\is2 ils ne voi5t ri51 ils n'ent5d5t ri5 et ils ne font pas de bruit4 ,n\s1 qui de t\tes les prov9ces de la ,france sommes v5us v]s la capitale1 c'e/ n\s les vrais ,p>isi5s6 ,c'e/ peut-tre l ce qui explique l'am\r de la campagne1 que *aque ,p>isi5 g>de au fond du cur3 s\v5ir des contres qu'on a quittes ds sa premire jeunesse4 ,allez voir le savant dans son app>tem5t1 et la premire *ose qu'il v\s montr]a ce s]a le p>c1 qui rafra*it ses yeux p> un ba9 de v]dure4 ,ri*ep9 e/ fi] de la vue dont il j\it p> les deux baies de son cab9et de travail2 ,rod9 v\s p>le avec extase de l'alle de peupli]s qui borde son ateli]2 ,catulle ,m5ds demeure hors des =tifications4 ,mais aucun d'eux n'a su se crer un doma9e ru/ique ,p>is mme1 comme celui que ,bruant peut se vant] d'avoir4 ,il y a fallu de la tnacit et de la suite dans les ides1 mais surt\t et d'abord de la fantaisie1--de la fantaisie comme celle d'un m>9 qui1 dans les longues nuits passes sur le pont1 s'e/ cr en rve un home expressm5t con/ruit p\r lui2 et le voil qui s\da9 se voit en tat de ralis] son idal4 ,bruant e/ ,b\rguignon d'orig9e1 mais l'expression de l'il trahit l'homme acc\tum t5ir le reg>d fix sur le flux et le reflux inf9i de ses vagues p5ses4 ,c'e/ un solitaire1 comme le pilote bord de son vaisseau1 et il e/ indiscipl9 comme un matelot t]re4 ,si jamais il a t riv quelque besogne1 ce doit avoir t contre-cur1 consum de dpit1 en voyant ses tal5ts1 son imag9ation1 sa *re p>esse briss s\s la r\t9e de la vie brutale4 ,on peut lire cet absolu s5tim5t d'indp5dance1 cette conviction d'tre sur le pi$ de gu]re avec la socit rgulire1 presque *aque page des posies de sa premire priode4 ,en effet1 p\r dramatique que soit leur =me1 ces pomes dcl5t plus directem5t la disposition d'esprit de leur auteur1 que les v]s plus rc5ts4 ,qu&1 dans le monologue ,grvi/e1 l'homme refuse de travaill]1 respec' aux abattis1 p>ce qu'il cra9t d'y laiss] sa peau1 ou t\t au mo9s un de ses membres1 il ne s'agit pas1 selon l'int5tion orig9ale1 d'une satire sur les grves4 ,j'ti5s ma peau1 moi1 mes brave homme1 ,t\s les mat9s j'en jette un c\p ,dans les j\rnal et j'y vois comme ,les turb9eurs i's s'cass' el c\444 ,moi4446 j'm'en irais grossir la li/e ,ed'ceux qu'on rapporte aplatis4446 ,pus s\v5t444 ej'suis fatali/e444 ,respec'aux abattis4 ,ce n'e/ pas l de la satire1 mais c'e/ un s5tim5t vrai1 et ,bruant n\s reg>de s\s le masque qu'il s'e/ appliqu au visage4 ,sa d]nire *anson exprime la mme ide4 ,ce qui rpugne le plus au soldat envoy en ,afrique1 c'e/ le travail cont9uel s\s une discipl9e de f]1 l'exclusion de t\te possibilit de rsi/ance4 ,a ,biribi1 c'e/ l qu'on crve ,de soif et d'faim1 ,p\rtant faut turb9] sans trve ,jusqu' la f94 ,telle tait la v]sion orig9ale de la /rophe4 ,mais le mot turb9] ne cont5tait pas l'arti/e2 sa =me lui semblait trop faible et trop tranante2 il a corrig et recorrig1 *oisi et rejet1 jusqu' ce qu'il tr\vt un t]me1 dont le son mat pt exprim] le travail rude et attri/ant o on essaye de s\lev] un poids presque 9branlable4 ,voici les v]s actuels3 ,c'e/ l qu'i faut m>n] sans trve ,jusqu' la f94 ,les so9s donns l'expression de la p5se sur ce po9t-l prcism5t c>actris5t bi5 l'homme4 ,des natures comme celle de ,bruant1 qui peuv5t re/] absorbes p5dant longtemps dans le monde imag9aire qu'elles se sont cr1 ont en mme temps la facult de sortir t\t c\p de leur isolem5t et de dbord]4 ,et l'arti/e emploie cette imptuosit qui l'anime produire son effet4 ,les g5s nafs aim5t d'ord9aire les c\ps de ?tre2 c'e/ leur manire de montr] le plaisir qu'ils pr\v5t dans leurs propres inv5tions4 ,a cet g>d1 ,bruant e/ acteur1 ou plutt encore il e/ rgisseur2 il sait rgl] la scne et faire accept] son po9t de vue p> le public4 ,et je ne dis pas ceci p\r s\lev] un d\te sur la s9crit de l'arti/e3 au contraire1 c'e/ sur cette qualit de c>actre que repose non pas le pr9cipe1 mais bi5 la puissance de son tal5t4 ,l'art e/ t\j\rs une exagration3 il dramatise les s5tim5ts2 il complte les donnes isoles p\r en faire un t\t4 ,voil comm5t l'arti/e *ez ,bruant gagne l o l'intgrit de l'homme s\ffrirait peut-tre la longue un amo9drissem5t4 ,et c'e/ a9si que ,bruant ne s'e/ pas cont5t d'avoir exprim le s5tim5t d'indp5dance et les beso9s s5suels qui l'atta*ai5t au monde infme des s\t5eurs et des filles2 il e/ all plus lo92 il a v\lu se reprs5t] cette vie de gueux dans son image complte4 ,les docum5ts de ses ar*ives1 comme il les appelle1 les lettres prises dans les tables de nuit de ces demoiselles n\s montr5t dj cette disposition de son esprit4 ,mais il y a d'autres faits plus probants4 ,p\r qui a jet un c\p d'il dans l'ateli] de l'arti/e1--c'e/--dire dans les br\illons de ses v]s1--le procd p> lequel l'imag9ation du pote travaille p\r crer ses *ansons devi5t clair4 ,ce n'e/ d'abord t\t au plus qu'une c\ple d'impressions1--deux po9tes1 p\r a9si dire1--qui =m5t un ?me1 v>i en quatre ou c9q /rophes4 ,puis aut\r de ce noyau se dveloppe t\te une srie de petits tableaux1 qui compr5n5t la vie entire du p]sonnage pr9cipal4 ,et1--ce qui e/ trs curieux1--ce dveloppem5t e/ t\t l'intrieur des /rophes1 c> le pote n'en aj\te pas4 ,son seul travail consi/e r5dre *acune d'elles plus expressive et plus pittoresque1 dramatique en un mot4 ,le ?me de ,a ,biribi e/ trs simple4 ,c'e/ le ress5tim5t contre la vie dure qu'on y mne et qui v\s r5d encore plus m*ant p> la rage qu'il faut r5f]m] en soi4 ,a ,biribi c'e/ l qu'on crve et ,a ,biribi on d'vi5t froce4 ,voil la donne orig9ale4 ,d'abord1 ,bruant ne s'en e/ inspir que p\r brod] des v>iations sur le ?me4 ,l'un aprs l'autre1 ses v]s dis5t la contra9te s\s laquelle e/ c\rb le lgionnaire4 ,mais alors il repr5d son uvre1 et p> un *angem5t heureux1 ce qui avait t p> exemple3 ,et p\r que la pla9te se p]de ,s\s le g\rbi1 ,qu& on dit grc'on v\s cri'm]de ,a ,biribi1 devi5t ceci3 ,le soir on rve la famille1 ,s\s le g\rbi1 ,on s\ffre encor qu& on r\pille ,a ,biribi4 ,les p5ses qui1 dans l'tat n]veux de la rv]ie du soir s'en vont au lo9 v]s le pays natal1 cette misre1 qui p\rsuit l'exil jusque dans le sommeil1 aj\t5t des traits n\veaux la physionomie1 qui la complt5t sans la fauss]4 ,la mme rem>que peut s'appliqu] la /rophe f9ale4 ,on s'dit1 qu& on s'rappelle ,c'qu'on a subi1 ,vaut mieux all] la ,n\velle ,qu' ,biribi4 ,le pote n'a *ang que deux ou trois mots dans ces quatre v]s1 et voici comm5t on lit la /rophe df9itive3 ,a ,biribi on d'vi5t froce4 ,qu& on en r'vi5t1 ,si1 p> has>d1 on fait un gosse ,on se s\vi5t444 ,on aim'rait mieux1 qu& on s'rappelle ,c'qu'on a subi1-- ,voir son enfant la ,n\velle ,qu' ,biribi4 ,l'int5sit de l'effet obt5ue p> la modification lgre des d]ni]s v]s saute aux yeux4 ,l'homme qui1 dans son dsespoir sauvage1 ne p5se qu' lui et ses pe9es se trans=me1 grce la p]spective d'une pat]nit de has>d3 il devi5t membre de la socit des misrables1 qui lgu5t leur honte la gnration pro*a9e et l'av5ir4 ,si l'art fait a9si son pr(it de la p5te ?trale o se laisse all] l'esprit du pote1 comm5t condamn] sa prdilection p\r les effets vig\reux1 mme brutaux8 ,c'e/ le cas de p>l] d'une purification des passions1 p\r les transpos] dans l'art4 ,et j'aim]ais m'imag9] qu'il exi/e vraim5t une ducation mutuelle du tal5t p> le c>actre et du c>actre p> le tal5t1 et qu'un j\r ce pote du peuple sortira du cadre re/re9t de ses *ansons1--si je n'avais pas une gr&e dfiance p\r t\t ce qui ressemble aux prdictions et aux prdications1 g5re l>moyant1 dont je ne v\drais t]nir1 p\r nulle *ose au monde1 les bons s\v5irs que m'ont laisss mes entreti5s avec ,ari/ide ,bruant4 ,,po,,te ,,mod]ne ,le caf ,franois ,i] au b\lev>d ,sa9t-,mi*el1 e/ le r5dez-v\s des potes4 ,qu& on n'y tr\ve pas ,v]la9e absorb devant son abs9! ou son rhum l'eau1 on a au mo9s la *ance d'y voir entr] ,jean ,morz1 fi] comme le spadass9 qu'il dcrit dans ses v]s3 ,sa ma9 de noir gante la han*e campe1 ,avec sa toque plume1 avec sa longue pe1 ,il passe s\s les hauts balcons indolemm5t4 ,la m\/a*e retr\sse1 le monocle viss l'il1 il arrive avec sa figure sombre d'oiseau de proie1 sa*ant que t\t le monde le reg>de1 mais ddaigneux de s'en ap]cevoir4 ,il comm&e au g>on un rhum l'eau4 ,il n'y a que ,v]la9e et moi qui pr5ions cette consommation ici1 explique-t-il1 et1 tant l'un de ses gants1 il c\ve d'un il admirateur sa ma9 f9e et blan*e1 qu'il t5d devant lui sur le m>bre de la petite table4 --,morz1 lui dit un des amis rassembls aut\r de lui en s\riant malicieusem5t1 v\s n'avez pas encore vu le n\veau numro du ,messag] franais8 ,cazals y a fait votre c>icature4 ,on s'empresse de lui pass] le j\rnal illu/r4 ,a la premire page1 on voit ,v]la9e furieux1 deb\t1 qui d'un ge/e t]rible f\droye ,morz4 ,celui-ci1 tranquillem5t assis1 lve la tte en c\tant les p>oles de son an et se df5d d'un m\vem5t pe9e esquiss de la ma9 gante4 ,et c'e/ une allusion la publication rc5te du volume de ,v]la9e1 ,bonheur1 o le pote critique les essais des jeunes4 --,trs bi5 russi1 le dess96 dit ,morz1 d'une ma9 t5ant le j\rnal1 de l'autre frisant sa m\/a*e4 ,seulem5t il me semble que la physionomie de ,v]la9e e/ exprime p> des lignes trop grossires1 et1 passant le ,messag] franais son vois91 il aj\te3 ,de telles c>icatures sont p\r la po/rit de prcieuses indications de la date laquelle l'influ5ce de mes posies a pntr dans le public4 ,d'ailleurs1 me pos] en adv]saire de ,v]la9e1 quelle folie6 ,a prs5t1 ,v]la9e fait un peu la grimace1 mais t\t bi5 compt1 c'e/ le seul pote franais de ces temps-ci jusqu' moi4 ,a ces mots il reg>da son auditoire trav]s son monocle rigide comme p\r dfi] t\te contradiction4 ,un des assi/ants1 avec quelque hsitation1 nomma ,leconte de ,lisle4 --,leconte de ,lisle6 dit ,morz1 ple9 de c\rtoisie1 mais il n'a pas t mal1 pas mal du t\t1 p\r son temps4 ,a prs5t1 n\s en avons f9i avec lui4 ,non1 p>mi les anci5s1 avec la seule exception de ,v]la9e1 il n'y a pas de potes1 et p>mi les jeunes dont on l\e les v]s1--et p\r ma "p je ne leur envie pas ces l\anges1--il n'y a pas de =ce vritable4 ,ce sont des potes de salon4 ,ils produis5t leurs v]s petit pas compts3 ils ne les tir5t pas d'une s\rce ple9e et abondante4 ,celui qui veut tre appel du nom de pote doit dispos] d'une provision 9puisable de mots et de =mes2 il doit tre si ri*e et si prodigue que *acun se dise3 aprs avoir dissip ce qui e/ une =tune p\r les autres1 il lui re/e p\rtant encore t\t un trsor4 ,il pronona ces mots avec la m9e d'un gr& seigneur1 qui possd]ait des ri*esses imm5ses4 ,ses p>oles n'tai5t pas exemptes d'une c]ta9e vanit2 et p\rtant le pote n'tait pas ridicule4 ,quelqu'un1 dans le petit gr\pe1 p>la de ,p9d>e et exalta son tal5t cons]v] l'unit de ton1 t\t en *>geant son dess9 d'arabesques et en le noyant dans une m] de t]mes gr&iloqu5ts4 --,c'e/ cela1 dit ,morz1 dom9ant l'auditoire du haut de son monocle4 --,v\s semblez t\t indiqu p\r n\s donn] une adaptation de ,p9d>e1 obs]va l'un des assi/ants4 ,e/-ce que v\s n'avez jamais eu l'ide de traduire ses odes8 --,je suis jal\x de ,p9d>e1 dit ,morz en frisant des deux ma9s les b\ts de ses m\/a*es4 ,je ne lui p>donne que p>ce que c'e/ un ,grec1 un compatriote4 ,qu'il re/e ,grec2 e/-ce qu'on ne m'a pas1 moi6 ,p\r ,platon1 c'e/ autre *ose2 depuis longtemps1 c'e/ un de mes rves de traduire son ,banquet3 le *ef-d'uvre de l'antiquit4 --,en prose8 --,en v]s6--et c'tait dit avec la conviction que seule sa posie manquait l'uvre de ,platon1 p\r lui donn] l'extrme sanction4 --,le dialogue m'attire1 cont9ua-t-il4 ,j'ai s\v5t eu l'ide d'crire p\r le ?tre1 et mme n\s tions conv5us1 ,v]la9e et moi1 de traduire ensemble quelques drames espagnols4 ,ce desse9 n'a eu aucune suite p>ce que ,v]la9e a l'horreur du travail4 ,je crois que je le p\rsuivrai p\r mon propre compte4 ,savez-v\s bi5 qu'il y a une m9e de sujets pe9e entame dans l'hi/oire de l'empire byzant98 ,p> exemple1 que dites-v\s de ceci8 ,l'intrigue de la pice repose sur la jal\sie de la femme d'un gnral la c\r de ,con/ant9ople p\r l'impratrice rgnante1 qu'elle croit am\reuse de son m>i4 ,elle en tr\ve la preuve directe4 ,non seulem5t l'impratrice veut obt5ir le divorce du m>i2 mais ensuite elle veut l'p\s] elle-mme1 le faire proclam] emp]eur et raff]mir la mon>*ie4 ,la femme1 qui aime son m>i au del de t\t1 voit une gr&e c>rire ouv]te aux tal5ts qu'elle lui connat2 et elle va *]*] la mort1 p\r p>gn] au gnral1 qui l'aime aussi pr(ondm5t1 la pe9e d'un *oix tr\blant p\r sa consci5ce4 ,telle e/ l'exposition du drame4 ,il ne doit avoir qu'un seul acte1 et le nombre de p]sonnages le plus re/re9t possible3 le gnral1 sa femme1 l'impratrice2 les passions trs compliques1 mais ne se rvlant que p> de simples traits typiques2 il faut encore que l'volution des s5tim5ts n\s frappe p> surprise1 et que la solution de la crise soit extrmem5t rapide et inatt5due4 ,je crois que mon explication ne vaut pas gr&'*ose1 cont9ua ,morz2 il m'e/ impossible de la faire plus claire1 et c'e/ bon signe1 c> j'ai obs]v que les g5s qui savai5t p>faitem5t expos] leurs projets manquai5t ord9airem5t l'excution de leur uvre1 t&is que les g5s qui br$\ill5t en dtaillant leur plan1 si bi5 que l'on e/ conva9cu de son insuffisance1 russiss5t en gnral dans la mise en uvre4 --,mais1 ,morz1 dcl>a un des littrateurs de la petite socit1 votre exposition e/ t\t fait satisfaisante4 ,c'e/ un ?me comme on en tr\ve *ez le pote anglais ,br[n+4 ,et savez-v\s bi5 qu'il y a une c]ta9e analogie entre v\s et quelques-uns des potes de l-bas4 ,je ne veux pas dire spcialem5t ,br[n+1 mais surt\t ,rossetti4 ,le ct fanta/ique de vos lg5des1 la hauteur mtaphysique de vos sonnets1 le *oix de vos mots444 --,je ne sais pas l'anglais1 int]rompit ,morz d'un ton bref4 --,et je le regrette d'autant plus1 cont9ua-t-il aprs une pause presque imp]ceptible1 avec la bonne humeur d'un gr& seigneur qui fait l'aimable1 que j'en suis rduit lire ,%akespe>e dans une traduction1 ,%akespe>e1 que je ti5s p\r le plus gr& pote du monde4 ,ah6 p\r celui-l1 on peut lui emprunt] sans s'amo9drir4 ,je lui ai pris le nom de mon ,pl]9 passionn4 ,mais non6 ce titre-l n'app>t5ait pas au pote2 c'tait une tiquette commune que l'on employait p\r dsign] les recueils de posies1 t\t comme d'autres titres en vogue dans ce temps-l3 le ,cal5dri] pa/oral1 la ,guirl&e d'am\r1 etc4 ,et je v\s av\]ai fran*em5t que 'a t une petite malice de ma "p1 qui m'a fait prfr] le nom du ,pl]9 passionn p\r mes v]s4 ,il semble trange1 et p\rtant de son temps il a eu c\rs comme une simple pice de monnaie4 ,les ignorants s'en tonn5t1 mais les initis sont heureux de r5contr] une anci5ne connaissance4 ,et ,morz pronona ce mot d'ignorants avec l'orgueil qui lui a inspir le v]s bi5 connu3 ,je ne suis pas un ignorant dont les ,muses ont ri4 ,sur ces entrefaites le petit gr\pe d'amis se disp]sa2 ,jean ,morz se leva avec les autres4 --,vraim5t1 me dit-il1 je ne me s5s encore aucune envie d'all] me c\*]2 il e/ pe9e m9uit4 ,v\lez-v\s me t5ir compagnie p5dant quelques in/ants1 au caf de l',univ]sit8 ,n\s y tr\v]ons de l'animation1 et du m\vem5t4 ,la lumire crue du gaz se rp&ait sur le trottoir sombre p> t\tes les portes et les f5tres du caf1 o la gaiet de la jeunesse se traduisait p> une bruyante agitation4 ,des tudiants en goguette1 des femmes aux bras1 entrai5t et sortai5t et c'tait comme les vagues d'une m] h\leuse4 ,avec un flegme imp]turbable1 ,morz1 le *apeau haute-=me un peu de trav]s sur ses *eveux aile de corbeau1 guida son compagnon trav]s la f\le remuante et au fond du salon n\s tr\va des places1 qu'on lui cda avec un c]ta9 respect4 --,voyez-v\s1 dit-il1 notre t*e consi/]a apport] un sang plus ri*e la langue4 ,il faut que le v]be rep>aisse dans t\te sa spl5deur anci5ne2 aprs cela1 t\t e/ dit p\r le pote puisqu'il ne connat po9t d'autre sphre que le v]be seul4 ,et dans ce doma9e-l je me s5s suprieur t\s p>ce que je connais les ri*esses ca*es de notre langue4 ,il se peut qu'on soit pote1 mme sans possd] le p\voir d'voqu] t\s les trsors du langage1 mais alors il en re/e t\j\rs notre art quelque *ose d'triqu et de rtrci4 ,un vrai pote comme ,villon1 qui a t condamn crer de la posie au milieu d'une priode de torpeur et d'appauvrissem5t du langage1 en g>de1 malgr ses dons1 une lgre s*]esse2 les v]s1 *ez lui1 ne c\l5t pas d'une s\rce abondante4 ,son tal5t e/ born p> une c]ta9e conomie1 qui ne va pas son individualit4 ,p5dant ce disc\rs1 le tapage des visiteurs du caf dev5ait de plus en plus =t4 ,des jeunes g5s se b\sculai5t prs de l'entre3 d'autres *antai5t tue-tte2 les femmes qui n'avai5t pas pu tr\v] de places s'tai5t assises sur les g5\x d'amis entrepr5ants2 une d'entre elles1 la coiffure dfaite1 fut enleve p> quatre bras vig\reux et complaisants et porte devant une glace2 d'un b\t l'autre de la salle se croisai5t les int]pellations joyeuses1 et sur t\s ces tableaux foltres le gaz v]sait ses rayons1 heureux de pr5dre "p la gaiet univ]selle4 ,morz1 lui1 ne voyait que son art4 --,et ,rac9e6 ,ah6 je ne s]ai jamais un dtracteur de ,rac9e4 ,quelle passion dans ses v]s1 n'e/-ce pas8 et il en rcitait4--,mais il ne savait pas s\t5ir dans sa vigueur le ton sur lequel il avait comm5c4 ,pr5ez au contraire un pome du moy5 ge1--du bon moy5 ge1 je veux dire1--et de n\veau les v]s1 sonnants comme des c\ps de clairon cette fois1 r\lai5t de ses lvres4 --,qu'en p5sez-v\s8 ,cela n'e/-il pas magnifique et sonore8 dit-il1 en s'excitant aux sonn]ies de p>oles qu'il avait fait ret5tir dans la salle4 ,je v\s accorde qu' la longue c'e/ un peu monotone et que la syntaxe e/ plus que nave4 ,aussi ce ne sont l que nos matriaux1 et c'e/ seulem5t un c]ta9 po9t de vue que je reg>de cette langue comme notre modle4 ,a n\s de r5dre cette matire la vie mod]ne et complexe4 ,eh bi56 je crois qu'il e/ temps de r5tr]4 ,sur ces mots ,morz se leva4 ,d'une dm>*e non*alante il se dirigea v]s la sortie trav]s les flots t\j\rs croissants des jeunes g5s1 le monocle 9branlable dans l'il1 le reg>d *>meur malgr son srieux et sa fi]t4 --,h1 ,morz6 et une petite femme l'acco/a4 ,s\riant1 il *angea quelques p>oles avec elle p5dant une seconde ou deux4 --,h6 ,morz6 lui clama une autre nymphe1 et1 rassemblant t\t le bagage d'esprit dont elle disposait1 elle aj\ta d'une voix provocante3 ,h1 ,morz6 ,et tes v]s6 ,maje/ueux1 mais ple9 de condesc5dance1 comme s'il et reu un hommage involontaire1 le pote p\rsuivit son *em91--seul pote dans le monde civilis qui1 sans cra9te du ridicule1 ose p>l] de sa ,lyre et de sa ,muse4 ,,critiques ,,amicales ,aprs le dn]1 con=tablem5t assis dans le salon1 n\s p>lions de ,morz4 --,il y a des c5ta9es d'anecdotes sur sa vanit1 dit le jeune d',e444 et il en dbita quelques-unes avec sa v]ve mridionale4 ,je n'os]ais affirm] que ,morz1 comme on l'a racont1 faisait autrefois son entre dans les cafs avec un cortge de c9quante disciples et acolytes2 le nombre me p>at exagr2 mais je sais trs bi5 qu'il y a eu une priode dans mon exi/5ce o je le suivais1 comme un page son seigneur4 ,je n\s vois encore entrant au caf3 lui m>*ant1 t\t droit1 sup]be1 sans reg>d]1 sans salu] p]sonne2 et moi d]rire lui1 comme son petit *i52 il se plantait deb\t devant une glace et s'y contemplait p5dant de longues m9utes comme en extase4 ,moi1 imbcile1 je re/ais en arrire1 plong dans une mditation pr(onde et ne p5sant ri51 comme v\s p\vez croire4 ,alors ,morz1 frisant firem5t sa m\/a*e1 disait s\da9 de sa voix funbre3 ,je suis beau6 je suis beau6 ,puis il pr5ait sa place ord9aire et se faisait apport] un rhum l'eau4 ,b4441 dont la conv]sation brillante e/ maille de traits anecdotiques1 qu'il s'ab/i5t consci5cieusem5t d'introduire dans ses livres1 qui trait5t de morale ab/raite1 n\s raconta ses s\v5irs sur le banquet (f]t au pote p\r ft] l'app>ition du ,pl]9 passionn4 --,morz1 dit ,b4441 e/1 en pr5ant le mot dans son s5s gnreux et lev1 un tre t\t fait naf et1 p\r cette raison mme1 il lui manque absolum5t le s5s des situations1 le tact des hommes et des *oses4 ,lorsque n\s organismes le dn] du #b fvri] p\r salu] la publication de ses v]s1 notre b tait de faire plaisir notre cam>ade et de proclam] s\s l'il des b>b>es notre foi en l'art4 ,notre invitation tr\va un accueil de beauc\p suprieur ce que n\s aurions jamais os croire4 ,la salle que n\s avions *oisie tait assez petite2 les comm&es p\r le dn] tai5t =t re/re9tes1 p>ce que n\s ne comptions que sur la prs5ce d'un petit nombre d'amis4 ,mais voil qu'arrivr5t les j\rnali/es des gr&s b\lev>ds1 les dilettantes qui v\lai5t voir les symboli/es de prs1 en un mot des g5s qui s'att5dai5t tre amuss p> les exc5tricits sur lesquelles ils comptai5t4 ,un mom5t1 la *ose risqua de t\rn] en une confusion inextricable3 il n'y eut pas assez de places1 et il n'y eut pas dn] p\r tant d'htes4 ,mais je ne sais quel c\rant d'humeur joviale trav]sa t\t c\p la salle1 qui fit pr5dre en bonne "p t\s ces petits incid5ts4 ,alors arrivr5t des dp*es de t\s les pays du monde1--j'ignore qui avait imag9 cela1 c'tait un c\p de gnie1--des flicitations v5ant d',espagne1 d',italie1 de ,grce1 mme de ,norwge1--cette d]nire dp*e du ple ,nord confondit les sceptiques les plus endurcis1--et la bi5veillance se trans=ma en en?\siasme4 ,on ne comprit que la moiti du spee* p> lequel le prsid5t ,/phane ,mall>m ouvrit le banquet2 quant ,morz1 on n'ent5dit ri5 de ce qu'il dit cause de l'motion qui trangla sa voix2 mais on applaudit avec fureur le toa/ port p> l'un des assi/ants qui1 gravem5t1 leva son v]re et dit3 ,je bois ceux qui ne mang5t pas4 ,c'tait p>faitem5t ridicule1 et cela a t un p>fait succs4 ,morz d'ailleurs n'en a pas eu une vision nette4 ,il e/ arti/e et ri5 qu'arti/e1 cont9ua ,b4442 jamais je n'ai vu un aussi complet ds9tressem5t de t\t ce qui n'e/ pas littrature 7et littrature trs p>ticulire72 jamais non plus je n'ai vu un tel s5tim5t de la sonorit des mots et de leurs h>monies4 --,e/-ce que vraim5t il n'a pas plus d'esprit que ses amis ne veul5t bi5 lui en donn]8 dem&a quelqu'un4 ,de l'esprit8 dit ,b4441 peut-tre1 c> il a du trait1 mais ce n'e/ pas un intellectuel au s5s g?i54 --,p\rtant1 rpondit l'autre qui ne v\lait pas l*] prise1 il sait trs bi5 s5tir et exprim] les nuances du tal5t et du c>actre de ses confrres4 ,v\s rappelez-v\s le mdaillon ddi ,paul ,v]la9e dans son d]ni] volume8 ,on peut h>dim5t1 il me semble1 le comp>] aux meilleures pigrammes de l'antiquit et des ,anglais1 qui sont passs matres du g5re1 sans qu'il p]de ri5 de sa propre valeur4 ,il aurait sa place m>que dans les recueils d'pigrammes p> la lgret de t\*e et la puissance du relief4 ,je veux p>l] de l'glogue ,paul ,v]la9e et des v]s de la f93 ,div9 ,tityre1 me lgre comm'h\ppe ,de mimalloniques tymbons1 ,div9 ,tityre1 me lgre comm'tr\pe ,de satyreaux ballant p> bonds4 --,je lui accord]ai volonti]s l'honneur de le class] dans l'cole d',alex&rie3 je suis f* seulem5t p\r lui qu'il soit n quelques diza9es de sicles plus t>d4 --,mais non1 dit ,x444 avec la voix aigre qu'il a qu& il veut impos] son autorit1 il y a un autre ct du tal5t de ,morz1 un autre trait de sa physionomie qui me frappe4 ,c'e/ un mod]ne4 ,p>t\t il e/ la re*]*e de la s\rce qui tan*]a sa soif inf9ie de s5sations2 la p]v]sit nave des *ansons de ,v]la9e l'attire1 mais il n'en croit pas mo9s aux t]reurs des ballades des vieilles femmes cossaises2 il entre en ravissem5t la contemplation des spl5deurs du ,p>adis moy5 ge et avec la mme conviction il adore le monde antique ou suit l'extase de sa p5se lorsqu'elle pntre dans l'empyre mtaphysique incolore o se meuv5t les concepts purs4 ,dans son c]veau c'e/ une danse fanta/ique3 les *evali]s y donn5t la ma9 aux nrides1 les re9es porte-c\ronnes d'or et de rubis sont enlaces p> des =mules ab/raites tte de sph9x2 des grisettes1 des na9s1 des b&its1 entr5t dans la ronde3 les /atues mmes de m>bre blanc s'anim5t et desc5d5t de leur pide/al4 ,dans *acune de ces =mes de vie relle ou idale1 il a retr\v quelque *ose de son individualit1 et en les faisant revivre il n'a pu s'emp*] de leur en donn] une "p4 ,c]tes je ne prt5drai pas que ses v]s exprim5t ce beso9 mod]ne de ne pas re/] en place1 ce dsir de l'inf9i1 avec t\te l'int5sit qu'on p\rrait dem&] un pote de premi] ordre2 le l>ge s\ffle lyrique lui manque2 mais ,morz a ceci1 et c'e/ bi5 quelque *ose3 il possde dans un tat complet et trs r>e la collection des lm5ts htrognes auxquels n\s n\s dlectons d'ord9aire et dans lesquels n\s mirons notre esprit4 ,il me rappelle un *apitre d'un roman anglais1 dont l'auteur1 v\lant dcrire la vie intellectuelle contempora9e1 a plac les vnem5ts au ,i,ie ou au ,i,i,ie sicle de notre re4 ,il y e/ p>l d'un jeune pote1 pris des sons enfant9s de la posie populaire et en mme temps arti/e raff9 jusqu' l'excs1 entran p> ses passions et guid p> la sagesse des anci5s philosophes2 en un mot1 t\s les contra/es se donn5t c>rire dans son esprit2 et p\rtant il se s5t un et dans sa consci5ce de pote il saisit le li5 intime qui relie les qualits disp>ates de son me1 comme un mme t]ra9 produit des fleurs de =mes div]ses4 ,qu& je lis ce *apitre-l1 ,morz se dresse devant moi4 --,admirables1 ces littrateurs6 dit ,r4441 notre hte1 de son ton s>ca/ique1 en s't5dant dans un easy *air4 ,avec quelles dlices je les ent5ds1 qu&1 p\r notre plaisir1 ils vont la re*]*e de t\t et d'autre *ose4 ,p>fois1 dire vrai1 qu& leur argum5tation e/ de longue hale9e1 on pr\ve quelques cra9tes de les voir s'g>] en r\te et n\s avec eux1 mais la longue je les vois rev5ir rgulirem5t leur po9t de d"p1 comme de bonnes btes qu'ils sont1 qui ret\rn5t bravem5t leur table et leur fumi]4 ,si j'ai bi5 compris votre conclusion1 ,morz1 s'il n'e/ pas de l'cole d',alex&rie1 n'en e/ p\rtant pas bi5 loign4 ,d'ailleurs1 t\t cela 7v\s me croirez71 m'e/ p>faitem5t indiffr5t4 ,seulem5t1 aprs dn]1 j'aime assez ent5dre une discussion suivie1 peut-tre p>ce que moi-mme je m'en s5s absolum5t incapable4 --,mais il y a p\rtant une di/ance norme entre un ,anglais du ,x,i,xe sicle1 un ,roma9 du second et un disciple des ,alex&r9s1 reprit ,x4441 qui tait quelque peu piqu4 --,peuh6 dit ,r444 en le taqu9ant p>ce qu'il avait pris plaisir ent5dre le son de sa propre voix4 ,a9si v\s v\lez enlev] ,morz sa prt5tion d'app>t5ir la noble ligne des ,grecs1 prt5tion qui du mo9s lui tait g>antie de p> son ,alex&r9isme4 --,v\s avez t\s raison1 dit ,s4441 qui s'tait tu jusqu' prs5t et ses yeux t9celr5t du plaisir qu'il avait n\s apport] la solution au problme psy*ologique qui n\s occupait4 --,t\s raison6 ,mais c'e/ phnomnal1 s'cria ,r444 ,voil la vritable rpublique des lettres3 t\t le monde a raison4 --,oui1 dit ,s444 ,n'avez-v\s pas rem>qu que ,morz a reu directem5t de la nature et des circon/ances ce que n\s autres n\s n'acqurons que l5tem5t1 pniblem5t et t\j\rs un peu l'av5ture3 je veux dire la p]sonnalit d\ble1 l'me d\ble1 si v\s v\lez1 qui seule n\s p]met de compr5dre quelque *ose l'nigme du monde8 --,deux mes1 s\pira ,r4441 mais je prote/e6 ,dans le temps j'ai d faire de mon mieux p\r oubli] que j'en avais une seule4 ,cont9uez donc3 ri5 n'e/ aussi calmant p\r les n]fs qu'un conte de fes4 --,morz1 p\rsuivit ,s4441 app>ti5t p> sa naissance une race vig\reuse et nave1 cre p\r gt] la beaut2 d'autre "p1 il s'e/ tr\v plac ds sa jeunesse et a a*ev son ducation au milieu de notre civilisation un peu mre4 ,il s'e/ assimil les lm5ts trang]s de cette culture raff9e grce la facult d'imitation qui e/ propre aux peuples jeunes4 ,nanmo9s1 la div]sit fondam5tale de sa nature n'e/ pas oblitre4 ,qu& il vante les imm5ses trsors de mots dont il possde la clef1 l'ide qu'il se fait de son p\voir l+ui/ique ne vi5t gure1 comme il le croit lui-mme1 de sa connaissance absolue du doma9e du langage1 mais de l'n]gie avec laquelle cet trang] aux =ces vi]ges sait mani] la langue4 ,elle e/ une puissance hors de lui qu'il contra9t lui obir4 ,et voil ce qui fait ressembl] son uvre au b que n\s p\rsuivons4 ,n\s aussi1 n\s avons p\r idal d'objectiv] la langue en dehors de n\s1 af9 de p\voir n\s en s]vir notre gr4 --,je comm5ce me rconcili] avec votre ide de l'me d\ble1 dit ,r4441 qui p5sait ses affres d'criva94 ,racontez-n\s donc la f9 de votre lg5de4 --,mais je ne p\rrais que me rpt]1 en creusant plus avant l'ide que je v\s ai propose1 dit ,s4444 ,il e/ facile de voir que la conduite de ,morz1 avec son mlange de vanit maladroite et de f9esse1 s'explique p> l'amalgame de deux natures1 t\t comme son ef=t cont9uel p\r h>monis] deux mondes d'ides diffr5ts1 le ,moy5 ,age et la ,r5aissance1 doit s'int]prt] p> les mmes causes4 ,quant au ct s5tim5tal de ses posies1 v\s y ent5drez trs di/9ctem5t1 en c\tant bi51 la pla9te d'un homme qui ne sait pas se retr\v] dans le monde qui l'environne4 ,dans ses tr5nes ,d\lce je tr\ve qu'il y a un pome trs rem>quable et trs c>actri/ique1 o il dit sa faon la div]sit des deux natures qui se p>tag5t le fond de son me4 ,il y p>le1 avec une fi]t de palik>e1 de ses *eveux noirs1 de son il ard5t1 de la =ce de son esprit1 du p\voir de ses *ants4 ,peut-tre que les hommes1 m]veills de tant de dons1 le croiront capable de lutt] contre la fatalit4 ,mais une seule a vu clair dans son cur3 ,mais toi1 sororale1 toi1 sre ,amante au gr& cur dvoil1 ,tu sus connatre la blessure ,d'o mon sang flots a c\l4 --,t\t bi5 pes1 la posie me semble en gnral encore prfrable au pote1 dit ,r4441 au mom5t o ,s4441 ayant t]m9 sa h>angue p> la citation d'une /rophe1 att5dait un complim5t sur son excell5te mmoire4 ,s\v5t on ne peut vit] l'un sans se r5dre c\pable d'impolitesse1 t&is que les v]s1 avec le *antonnem5t vague et b]ant de leurs p>oles insignifiantes1 v\s invit5t d'eux-mmes une prom5ade au royaume des rves4 ,mais dites donc1 psy*ologue6 v\s n\s aviez promis de n\s mettre t\s d'accord1 et j'avais compt que dans un my! quelconque v\s n\s auriez pr\v qu'un ,alex&r91 un ,roma9 et une p]sonne du ,x,i,xe sicle sont le mme homme3 et voil que v\s avez r5du la confusion encore plus gr&e en introduisant ce nom incongru de palik>e4 --,l'homme qui a deux mes a les mes de t\s les temps et de t\s les peuples1 dit ,s4441 avec t\te la gravit que sa bonne humeur lui p]mettait4 ,a cet in/ant1 on s]vit le ?1 et quelques-uns en pr(itr5t p\r se retir]4 ,,po,,sie ,,romane ,comme ,morz tait prs5t1 il me p>at sup]flu de nomm] les deux ou trois autres p]sonnes qui1 quelques j\rs aprs cette soire1 assi/r5t un petit dn] entre hommes dans un re/aurant de la rive gau*e4 ,mais il e/ bon de not] que ,r444 tait des ntres4 ,il avait t condamn accept] cette invitation p\r expi] son manque de respect env]s les potes et la posie4 ,morz *]*a t\t de suite l'lm5t o il vit et respire3 l'art4 --,v\s savez la gr&e n\velle8 n\s annona-t-il4 ,n\s ne sommes plus symboli/es2 j'ai tr\v un autre nom p\r notre cole1 et notre posie s]a de la posie ,romane4 ,symboli/e1--c'e/ moi qui ai inv5t et appliqu le t]me1 et qui l'ai df5du aussi dans une bro*ure qui n'e/ pas encore t\t fait oublie4--,symboli/e n'tait pas mal p\r comm5c]2 le mot exprimait assez bi5 la qualit de notre art et de t\t art en gnral2 mais l'abus que n\s en avons fait l'avait la longue trans=m3 c'tait dev5u la dnom9ation d'une secte et il valait c\p sr mieux que cela4 ,il ne faut pas trop mettre en vid5ce un seul des c>actres de l'art1 p>ce que la mode s'en emp>e4 ,t\t le monde allait la re*]*e des symboles1 ce qui e/ le moy5 unique de ne pas en r5contr]4 ,le pote e/ symboli/e1 mais il ne se le dit pas4 ,des symboli/es6 ,ah6 vraim5t1 t\t comme on voit ici des my/iques sur les b\lev>ds et dans la rue1 de braves g5s qui1 t\te la j\rne1 plume l'oreille1 re/5t assis d]rire un bureau de m9i/re ou d'pic]ie4 ,je ne conois gure un my/ique qu'au sommet d'une colonne1 nu1 lav p> la pluie1 brl p> le soleil des tropiques1 et mon imag9ation fran*it difficilem5t la di/ance qu'il y a entre cet ascte et le rond-de-cuir qui s'arroge son titre4 ,non pas que je veuille dni] des t5dances de my/icisme l'individu en "q6 ,en aucune faon2 mais qu'il montre de mme son respect p\r le nom de my/ique en le laissant ceux auxquels il convi5t4 ,je ne dirai pas autre *ose du symboli/e4 ,figurez-v\s un homme p\r qui l'univ]s visible ne soit qu'une suite d'images projetes p> les s5tim5ts de son me1 p\r qui1 d'autre "p1 le cur avec ses passions pr5dra la =me d'un paysage *angeant aux reflets div]s de la lumire1--ne m>*]a-t-il pas trav]s cette vie1 aurol d'une royaut plus noble que celle des hommes8 ,et le premi] v5u qui1 p> has>d1 aurait attrap un symbole boiteux dans ses filets v\drait s'appliqu] ce nom d'honneur6 ,le ge/e qui accompagna les p>oles de ,morz tait significatif4 --,au contraire1 p\rsuivit le pote1 le nom de posie ,romane dit clairem5t notre int5tion4 ,il suppose l'unit de l'art du ,midi de l',europe1 qui a tr\v sa plus haute expression dans la littrature franaise4 ,unit non pas seulem5t des =mes suprieures p> o l'art s'e/ manife/ dans ces contres diffr5tes1 mais aussi des poques div]ses qu'il a trav]ses dans *aque pays4 ,l'hi/oire n\s montre que c'e/ tantt ce g5re-ci1 tantt ce g5re-l qui a prdom94 ,auj\rd'hui1 la culture e/ p>v5ue un po9t assez lev p\r n\s p]mettre de compr5dre la m>*e entire du dveloppem5t de l'art4 ,n\s n'avons plus *oisir telle ou telle poque privilgie2 p\r n\s1 l'difice de l'art e/ =m de la runion de t\tes les =mes3 il n'y a plus de ligne de dm>cation entre le ,moy5 ge et la ,r5aissance1 t\t aussi peu qu'entre la ,grce et ,rome1 entre la *anson populaire et la posie d'art4 ,notez bi51 je ne dis pas qu'il n'y ait po9t de diffr5ce entre ces gr\pes3 ce s]ait ni] la lumire du j\r2 mais je veux dire que la lutte qui a accompagn la transition de l'une de ces priodes l'autre e/ efface auj\rd'hui1 que leur htrognx p\r lors n'a d'autre valeur que n'en ont les diffr5ces individuelles dans notre socit4 ,n\s croyons cette unit et n\s mettons t\s nos ef=ts la ralis]4 ,combi5 imm5se ce *amp qui s'ouvre alors devant notre n]gie potique et combi5 pauvre la figure que fait notre misrable ,moi devant les symboles gr&ioses1 que n\s apporte l'imm5se empire de l'art1 in9t]rompu depuis les premi]s sicles jusqu' n\s6 ,ce que j'ai fait aup>avant n'tait qu'un balbutiem5t4 ,je ne p>le pas de mes premires uvres en prose que moi-mme je n'ai jamais prises au srieux1 mais de mes posies1 les ,syrtes1 les ,cantilnes4 ,au po9t o je me tr\ve auj\rd'hui1 je ne les reconnais plus comme une expression vritable de mon tal5t2 t\t cela e/ fragm5taire4 ,mme la premire p>tie de mon ,pl]9 passionn ne me plat plus3 p\r moi le livre ne comm5ce qu' la page o l'influ5ce ,romane se fait s5tir nettem5t4 ,n'e/-ce pas qu'il y a du m]veilleux1 reprit ,morz aprs une petite pause1 dans la faon dont j'ai *]* ds ma premire enfance l'idal qu' prs5t je vois devant moi1 quoiqu'il ft en contradiction avec t\t ce qui m'environnait8 ,oui1 j'ai t t\j\rs un rebelle4 ,il c\le du sang de klephte dans mes ve9es4 ,je ne suis pas de vraie race grecque2 et je crois d'ailleurs qu'il n'en exi/e plus de reprs5tants4 ,notre famille1 illu/re dans le pays1 e/ orig9aire d'pire2 elle s'appelle ,papadiamantop\los1 nom dmesurm5t1 presque comiquem5t long1 qui signifie simplem5t diamant1--papa indiquant qu'il y a eu un prtre p>mi nos aeux1 et p\los n'tant autre *ose que le ski ou vit* des peuples slaves4 ,avant les p]scutions des ,turcs1 n\s avons migr avec un gr& nombre de familles de notre pays v]s le comm5cem5t du sicle au ,ploponnse1 ,mora1 comme n\s disons2 de l le nom de ,morz que n\s avons adopt ct de l'autre4 ,mon aeul1 mon gr&-oncle se sont illu/rs dans la gu]re p\r l'indp5dance2 je ne vant]ai po9t leurs exploits2 il v\s suffira de savoir que notre famille a eng5dr des hros4 ,mon pre vivait ,a?nes1 la c\r du roi ,o?on1 le pr9ce bav>ois que n\s avons reu des ma9s des gr&es puissances4 ,et ici comm5ce l'hi/oire de ma rbellion4 ,mes p>5ts avai5t conu une haute ide de mon av5ir et v\lai5t m'envoy] en ,allemagne p\r m'y faire donn] une ducation soigne1--l'influ5ce allem&e1 comme de ju/e1 tant alors prdom9ante la c\r4 ,mais je m'y refusai absolum5t3 j'avais appris en mme temps le grec et le franais et je ne sp>ais pas les deux langues2 je v\lais voir la ,france2 enfant1 dj1 j'avais la no/algie de ,p>is4 ,ils crur5t p\voir =c] ma rsi/ance en m'envoyant en ,allemagne3 j'en suis rev5u jusqu' deux fois4 ,enf9 je me suis enfui ,m>seille1 de l ,p>is4 ,c'tait le de/9 qui me montrait ma r\te2 c> j'tais trop jeune p\r me r5dre compte de mes actions4 ,j'ai s\ff]t horriblem5t1 mais je ne me suis pas laiss abattre et j'ai t5u la tte haute4 ,ma famille me repro*ait ma p>esse1 comme on l'appelait1 et faisait miroit] devant mes yeux l'emploi suprieur que j'aurais pu obt5ir ,a?nes4 ,mais assez de cela4 ,on e/ t\* au vif qu& les g5s qu'on aime ne v\s compr5n5t pas et v\s bless5t4 ,je n'ai jamais p>l de ceci p]sonne3 il m'tait impossible d'en ri5 dire4 ,ma9t5ant1 aprs tant d'preuves et tant de confusion1 ma conviction en e/ sortie mrie et pure4 ,le temps de la jeunesse et de la folie e/ pass2 le temps e/ v5u de se faire une conception gr&iose de l'art et de la vie4 ,dem&ez mes lves si je ne leur pr*e pas la morale p> mes p>oles et p> mon exemple8 ,mais ils sont *a/es comme des demoiselles6 --,et l'uvre8 dem&a un des convives1 qui portait plus gr& intrt au travail du pote qu' la conduite des jeunes g5s4 --,jugez v\s-mme1 rpondit ,morz2 je v\s dirai le d]ni] pome que j'ai fait4 ,il a p\r titre le ,ret\r4 ,c'e/ un jeune hros qui revi5t de la gu]re et *]*e gagn] le cur de sa bi5-aime4 ,diane ne fait pas encore ses ravages sanglants dans la =t1 ce qui signifie que la *asse n'e/ pas ouv]te4 ,rem>quez1 je v\s prie1 la manire dont j'emploie le v]s quatorze syllabes4 ,les alex&r9s ord9aires du comm5cem5t lui cd5t la place dans le corps du pome p\r rev5ir de n\veau et se bris] la f9 en v]s plus brefs4 ,et c'e/ un mlange de sduction et de vigueur1 d'orgueil et de t5dresse4 ,mais c\tez3 ,,le ,,ret\r ,ptre1 *re tte1 ,p>eille au blond pi que la faucille guette2 ,o ,petra1 gnisse indocile au s]vage1 ,mo9s d\ce e/ la saveur de la pomme sauvage ,que ta b\*e4 ,contre des hommes belliqueux que la trompette enivre1 ,mes bras t5dir5t l'arc d'aubi] o la sagette vibre1 ,mais ils sauront aussi s'illu/r] d'une lutte ,plus bnigne1 o ,ptre1 et j'appris les secrets ,des p]tuiss roseaux et de la curve flte4 ,c'e/ temps n\veau qu& de ses traits ,diane n'ensanglante les =ts2 ,c'e/ qu& ,j\v5ce fait a ,dion s]vice4 ,o gracieuse enfant que clairs et simples sont tes yeux6 ,dj l'a/re de ,brnice ,guide v]s l',occid5t le ,b\vi] p>esseux4 ,p\r que tu cdes mes pleurs1 ,ma ma9 a dvid des fils de sept c\leurs4 ,*antant l'air r$\t ,j'ai rp&u la c5dre ,des h]bes de bont4 ,la voix du rossignol fait ton me plus t5dre ,et le favone agace1 comblant mes vux1 ,la c\ronne de p9 qui mle tes *eveux4 ,il se passa1 la rcitation de ce pome1 ce qui arrive t\j\rs qu& on c\te des v]s qui ne sont pas faits p\r tre gts immdiatem5t3 et l on rem>qua un trait et on l'apprcia sa ju/e valeur1 mais on ne put jug] de la beaut totale du pome4 ,le rhy?me anim et populaire d'un v]s comme3 ,mes bras t5dir5t l'arc d'aubi]444 l'impression tr\blante de la mesure brise de l'avant-d]ni] v]s3 ,et le favone agace1 comblant mes vux1 fur5t peut-tre compris et gts1 mais l'entrelacem5t savant des modes et des motifs1 avec sa mobilit et son relief tonnants1 n'app>ut gure de prime abord4 ,aussi fut-ce une obs]vation banale que fit l'un des auditeurs p\r m>qu] la j\issance que lui avait cause la dclamation du pote4 --,j'admire1 ,morz1 dit-il1 la faon dont v\s savez faire r5dre vos v]s la s5sation pntrante et vibrante de la vie2 vraim5t1 c'e/ comme si l'on ent5dait t\*] les cordes de l'arc qu& v\s dites3 ,c'e/ temps n\veau1 qu& de ses traits ,diane n'ensanglante les =ts4 ,cela rappelle les v]s du ,pl]9 passionn3 ,p\r c\ronn] ta tte1 je v\drais ,des fleurs que p]sonne ne nomma jamais4 ,l on a plutt une impression de t5dresse d\l\reuse2 mais le pr9cipe de la vibration de la voix et des cordes e/ le mme4 ,c'e/ d'un effet trs heureux4 --,je ne re*]*e pas pniblem5t ces effets1 rpondit le pote4 ,je les tr\ve o j'en ai beso9 et au passage des v]s o ils sont ncessaires4 ,mes posies ne sont pas un produit de s]re *aude2 elles sont faites en ple9 air4 ,je me les rcite moi-mme p5dant mes prom5ades et je ne les cris que lorsqu'elles sont compltem5t a*eves dans ma tte4 ,un pote ne saurait travaill] autrem5t2 il ne se laisse pas guid] p> les syllabes qu'il voit alignes devant lui sur le papi]2 mais il obx l'inspiration des images qu'il a contemples et des sons qu'il a ent5du rsonn] ses oreilles4 --,le dt\r me semble un peu long1 dit ,r444 assez s*em5t1 lorsqu'aprs le d"p de ,morz n\s p>lmes du pome que n\s v5ions d'ent5dre4 ,pr5dre la r\te de la ,grce et de ,rome1 trav]s] la =t des symboles et de la posie ,romane1 p\r arriv] une *ose aussi simple qu'un militaire qui se promne au bois avec sa bonne amie au bras1--voil qui dpasse ma comprh5sion4 ,une seule ligne suffit1 je crois1 p\r exprim] t\tes les beauts de la situation4 ,des pomes semblables me p>aiss5t compltem5t inutiles4 --,mais on p\rrait s\t5ir que l'art t\t enti] e/ inutile1 comme v\s dites8 ,c'e/ la faon de reprs5t] le sujet qui v\s dplat2 l't] t\t entire1 ce s]ait dtruire l'art mme4 ,que le mode de la reprs5tation1 le /yle1 p\r dire son vrai nom1 soit b>b>e ou raff91 qu'il soit raff9 et b>b>e en mme temps1 p\rvu qu'il soit vritablem5t individuel1 le b de l'art e/ atte9t et sa reprs5tation e/ dev5ue ncessaire4 ,or je reconnais c\p sr cette s9crit dans la manire dont ,morz traite ses sujets4 ,je n'en v\drais d'autre preuve que l'air de p>5t1--une trange p>5t1 je v\s l'accorde1--que je dc\vre entre ses pomes et l'art contempora94--,j'ent5ds dans sa posie deux voix qui se *]*5t et qui veul5t se confondre1 mais qui ne tr\v5t leur po9t de runion que dans l'motion de celui qui c\te leurs sons en*anteurs4 --,hum6 dit ,r4441 ne croyez-v\s pas que l'heure soit un peu t>dive p\r se livr] des rv]ies mtaphysiques8 ,moi1 du mo9s1 l'ide d'all] retr\v] de vrais rves dans un lit au!ntique me t5te davantage4 ,,album ,d',,arti/e ,de la posie1 encore de la posie6 ,me voici occup feuillet] les ,cornes du ,faune1 d',erne/ ,raynaud4 ,depuis que ,/phane ,mall>m a *ant le premi] rveil de la pub]t dans l',aprs-midi d'un ,faune1 le jeune sylva9 aux pi$s de b\c e/ dev5u l'emblme de l'autre homme qui se dissimule s\s l'habit compass de la civilisation4 ,dans le recueil de posies d',erne/ ,raynaud1 le faune montre ses cornes4 ,pr5ez g>de1 il frappe6 mais plutt lui que n\s4 ,ce *>mant petit livre e/ la confession =t curieuse d'une me4 ,oui1 l'me de ,p>is y dit ses secrets2 non l'me la plus pr(onde1--c>1 comme l'enf] et le p>adis1 elle a ses tages1--mais bi5 la vie qui c\rt s\s l'pid]me1 vie tisse de passions inapaises et de s\v5irs qui *]*5t en va9 jaillir1 une sorte d'me infrieure1 anima s5sitiva1 comme l'appelai5t les ,scola/iques au moy5 ge4 ,et c]tes cette me-ci e/ plutt s5sitive que s5suelle4 ,elle s'e/ inc>ne ,p>is et ne connat ri5 hors la ville4 ,des dsirs vagues l'obsd5t p>fois1 qui lui font regrett] la m] et la campagne1 mais elle n'a jamais vu la m] que sur la scne1--une danseuse 7jupe c\rte et maillot rose7 j\ait la nride2--et les fleurs dont elle v\drait rafra*ir les ardeurs de fivre qui la consum5t1 elle ne les connat que p> les plantes maladives qui p\ss5t dans des pots rangs sur la f5tre2 son monde1 c'e/ le b\lev>d et les habitues pltres de ses cafs1 c'e/ la rue banale des b\tiqui]s1 et son air de niais]ie et d'affectation2 c'e/ encore1 le diman*e1 le p>c o l'(fici] a/iqu enfile1 aux po9tes cires de ses m\/a*es1 les curs des admiratrices assises l'ombre du feuillage clairsem1 et qui att5d5t un de ses reg>ds4 ,t\t comme son me de s5sitive1 le ,faune e/1 lui aussi1 de ,p>is4 ,il n'e/ pas sorti des gr&es =ts1 il a son home dans un des j>d9s de la capitale4 ,il e/ de la famille des /atues de m>bre1 qui dans les temps de leur spl5deur1 ca*es en un co9 sombre du p>c1 ont pi du haut de leur pide/al les secrets des am\reux4 ,peut-tre que ma9t5ant encore1 casses et moisies p> l'ge et l'humidit1 ces /atues1 deb\t dans le vieux j>d91 att5d5t une seconde gnration1 qui r5\vell]a leurs pi$s les plaisirs foltres du bon vieux temps p]v]s4 ,le soir arrive et1 avec la f9 de la j\rne et du travail j\rnali]1 une mlancolie cre se rp& comme un voile de tri/esse sur la ville4 ,la nuit va tomb]2 les vapeurs mont5t du sol et le j>d9 avec son faune solitaire1 ses ru9es artificielles1 disp>at comme un fantme au milieu de nuages lg]s4 ,mais je laisse la p>ole aux v]s p>faits du pote4 ,,cr,,puscule ,a cette heure o le ciel qui va m\rir se te9te ,d'or lg]1 le vieux p>c aux siges v]m\lus1 ,n'a d'moi1 dans le flux dol5t et le reflux ,des *oses1 que le bruit d'une heure1 au lo91 qui t9te4 ,au bord du lac exsangue1 en des fleurs d'hyac9!1 ,un ,temple grec1 o l'am\r de pltre n'e/ plus1 ,s'attri/e1 lui dont la pure gloire e/ te9te1 ,que les temps ai5t t si vite rvolus4 ,t\t prs1 s\s un massif bas qui se dcolore1 ,un faune enfant t\t dlabr s'acc\de encore1 ,baissant la lvre o fut sa flte de roseaux4 ,et voyant que le j\r t\t fait le dlaisse1 ,le ,temple1 avec sa froide image dans les eaux1 ,s'enfonce plus pr(ondm5t dans sa tri/esse4 ,l'image du pass se lve l'horizon d\l\reux du soir et remplit l'me d'un dsir morbide p\r des j\issances en alles4 ,un p>fum tr\blant se dgage de t\tes les *oses m\rantes dans la nuit et p\sse l'me *]*] des volupts hors de sa porte et qui jamais ne p\rront la rassasi]4 ,les cornes du faune se dress5t1 elles p]c5t avec un pre plaisir la c\*e lgre de conv5tion sociale1 qui ca*e le c\rant =midable de l'animalit bruissant dans les ve9es de l'humanit4 ,l'odor di fem9a l't\rdit1 le met hors de lui1--l'odeur de la femme et de cette *ose my/rieuse qui du sexe mle n'a que l'app>5ce4 ,t\t c\p1 comme un accompagnem5t agaant cette furia de dsirs qui *]*5t se surpass] l'un l'autre1 la vie ord9aire se fait ent5dre dans sa plus dsolante banalit3 ,comme c'e/ auj\rd'hui le quatorze juillet1 ,et que l'on dans]a p\r sr devant l'glise1 ,la fille de ,monsieur ,ball&>d1 ,hlose1 ,a mis sa belle robe en vel\rs violet1 ,son vis--vis s]a ,monsieur ,paul1 s'il v\s plat1 ,le fils du qu9cailli]444 ,p\r de la pro/itution1 en voil bi5 aussi1 aux yeux de qui veut t5ir compte du don de noblesse n]veuse que compr5d ce seul mot3 l'humanit4 ,le pauvre faune6 ,balanc entre des appt5ces opposes1 entran1 las1 t\j\rs inapais1 le vide au cur1 dans sa fureur il se brise les cornes1--et puis1--il ne lui re/e plus qu' s\hait] le ret\r au milieu de la solitude des *oses van\ies1 quoique cet isolem5t lui soit dev5u plus am] que la mort444 ,mon pauvre cur n'e/ plus vivant que p\r s\ffrir4 ,les soirs exquis n'ont plus d'oreill]s p\r mes rves4 ,la belle fleur que j'ai cueillie tait trop brve1 ,o qu&1--simplem5t comme un qui s'endort1--m\rir6 ,a9si les div]s tats d'me1--de l'anima s5sitiva1--de la jeunesse p>isi5ne pass5t devant notre esprit1 comme des tableaux de paysages1 trs purs de lignes1 et frappants p> leur ton et leur excution3 ils n\s font connatre une contre trangre4 ,n\s p>c\rons cet album d'arti/e1 en mditant sur ce qu'il n\s laisse voir1 jusqu' ce que n\s ent5dions de lo9 quelqu'un v5ir n\s4 ,ah6 depuis bi5 longtemps j'ai att5du le son de ces pas1 qui se rappro*5t enf94 ,il vi5t1 ,,le ,,po,,te1 ,paul ,v]la9e1 et n\s f]mons le livre que n\s tions occups feuillet]1 les ,cornes du ,faune4 ,,pr,,lude ,p]mettez-moi de comm5c] p> un conte4 ,il y avait une fois un faune1 trs jeune et un peu sauvage1 mais si peu6 c'tait plutt un faune d\x1 timide et presque huma91 qu& il v9t vivre p>mi les hommes4 ,vite bless p> un mot dur1 il rev5ait nanmo9s p>mi ses frres p>ce qu'il avait beso9 d'tre aim et d'aim] son t\r4 ,ce beso9 tait si gr& qu'il se s5tait brl] les entrailles1 comme p> un feu vritable4 ,je dis les entrailles1 c> ce que n\s nommons le cur1 *ez les faunes e/ plac un peu plus bas4 ,les g5s avec qui il vivait1 g5s gais et *antant presque t\j\rs1 s'amusai5t de la g5tillesse foltre du petit faune4 ,et faune il l'tait vraim5t1 quoique cra9tif de sa nature1 plutt mlancolique mme1 cause du dsir inf9i qui le consumait4 ,mais il tait t\j\rs prt faire d'tranges gambades4 ,cep5dant un j\r ses htes fur5t extrmem5t surpris4 ,on donnait1 dans un imm5se j>d91 l'un des banquets auxquels ils assi/ai5t t\s d'habitude1 et ils dem&r5t au faune une *anson4 ,il les tonna t\s en modulant dans la p]fection une mlodie d'ordre composite1 tri/e d'abord1 puis h>die et espigle comme un page mal9 et se t]m9ant p> un f9ale tant soit peu gr&iose4 ,les convives se reg>dr5t gaiem5t et se dir5t3 ,encore trop de s\v5irs des gr&s matres6 mais bi5 du tal5t6 et si jeune6 ,p5dant ce temps1 le *anteur avait disp>u3 p\r se drob] aux applaudissem5ts8 ,ah6 que non6 les alles du gr& p>c l'avai5t attir et s\da9 de lo9 on ent5dit les sons d'une flte magique4 ,c'tait le faune qui j\ait un air p\r son propre plaisir1 un air libre et orig9al1 mais d'un *>me si pntrant1 qu'on ne p\vait se s\/raire l'en*antem5t4 ,et c'tai5t des sons coquets et t5dres1 extatiques1 malicieux et m\rants et d'une langueur si ravie qu'on pr\vait aux oreilles le *at\illem5t d'un my/rieux att\*em5t4 ,lorsqu'on revit le faune1 il avait subi une mtamorphose4 ,ce n'tait plus un faune2 il tait dev5u semblable aux autres hommes3 une jolie fille l'avait ensorcel4 ,il avait pris les allures d'un amant trs pris et presque d'un bon pre de famille4 ,et il *antonnait des ariettes la manire de ,coppe4 ,ensuite surv9r5t des malheurs graves p\r t\t le monde2 le pays et la petite famille en fur5t accabls4 ,adieu la raison raisonnante et raisonnable6 ,le faune fit des si5nes2 il se prit vagabond]1 gambad]1 saut] p>-dessus t\tes les bornes du respect qu'on doit aux *oses1 aux hommes1 et soi-mme4 ,et plus ses excs se multipliai5t1 plus il s'enttait dans sa fi]t de ,titan escaladeur du ciel1 jusqu' ce qu'un beau j\r la police vnt s'en ml] et l'ens]ra d]rire une grille =te4 ,oui1 on le mit s\s les v]r\s1 le pauvre faune2 on v\lut lui r5dre la raison en le condamnant reg>d] du mauvais ct de hautes murailles blan*es4 ,peut-tre qu'elles lui apportr5t plus que de la raison4 ,c> cette ardeur inf9ie1 qui le consumait1 ne tr\vant plus d'issue1 s'amassait au fond de son me et y b\lev]sait t\s les s5tim5ts1 comme le soc l\rd de la *>rue lab\re la t]re dure p\r prp>] la croissance du bon gra94 ,oui1 ce temps-l fut une prp>ation d\l\reuse p\r la g]m9ation d'un gra9 trange4 ,qu& la leon eut assez dur1 la porte s'ouvrit et le faune s'enfuit dans la solitude3 n\velle mtamorphose1 il se fit ermite4 ,et au fond de cette retraite la fleur de la foi s'pan\it dans son me1 une fleur spl5dide1 la corolle blan*e1 d5tele1 au cur d'un jaune ard5t1 d'o se dgageait un p>fum tr\blant4 ,le faune re/a plong en extase devant ce spectacle2 un feu sacr c\rut dans ses ve9es et il s5tit que t\t son corps allait s'pan\ir comme la fleur m]veilleuse4 ,des annes passr5t a9si4 ,un j\r1 un bruit lo9ta9 int]rompit ses mditations4 ,la rumeur de la gr&e ville avait frapp son oreille4 ,il hsita444 et il p>tit4 ,il esprait p\voir g>d] la fleur intacte2 il l'esprait1 mais il ne le croyait gure4 ,cela dp5dait des autres1 des circon/ances1 des g5s1--des autres en un mot4 ,il n'avait pas la =ce ncessaire p\r la protg]1 si on ne lui v5ait pas en aide du dehors4 ,je v\s ai dit que c'tait un faune2 il se savait enfant de la nature1 et malgr cela1 il p>tit2 il p>tit mme cause de cela1 p>ce que c'tait un faune4 ,dans les rues de la m*ante ville1 il oublia de soign] la fleur spl5dide4 ,je crois mme qu'elle fut un peu s\ille et qu'elle se fana4 ,c>1 dans son extravagance1 le faune1 f\ de lib]t1 ne croyait avoir retr\v son indp5dance que s'il se r\lait dans la fange1 et il tomba1 et il tomba4446 ,mais1 miracle6 les c\leurs de la fleur tai5t si troitem5t unies son me intime que sa spl5deur ne p\vait compltem5t se t]nir4 ,quoi que ft le faune1 la fleur de la foi vivait en lui4 ,et auprs de l'clat qui manait de ses c\leurs1 sa vie drgle1--ah6 combi5 de fois dj vcue et revcue6--comm5ait lui donn] du dgt4 ,puis ce dgt l'attirait1 il y tr\vait mme une n\velle j\issance3 il n'avait po9t appris le dda92 et ce que le monde t5ait p\r vil1 au contraire avait p\r lui un c]ta9 *>me4 ,il tait autre1 puisque c'tait un faune4 ,cep5dant la fleur s'pan\issait et lui rvlait sa bassesse4 ,il se s5tait balanc p> deux =ces opposes4 ,et ce b]cem5t la longue ne lui causait po9t de dplaisir4 ,c'tait comme un jeu d'esc>polette1--hip1 h\p1 h\p1 hip1--les excs s5suels qui blessai5t pr(ondm5t son me lui apportai5t ensuite la d\ce pnit5ce1--hip1 h\p1--et la sa9te extase1 l'entranant dans ses ravissem5ts jusqu'au sanctuaire du ciel1 le conduisait aprs t\t--il savait bi5 o--h\p1 hip6 ,f9alem5t1 il rsolut de re/] tel qu'il tait2 il ne se s5tait pas l'n]gie d'tre autre4 ,et le faune1 dev5u vieux1 mais t\j\rs le mme1 dev9t un sage4 ,il voila sa figure s\s le masque de ,silne de ,socrate1--encore une mtamorphose2 il dev9t un qui savait et qui connaissait l'unit de la vie depuis sa s\illure ultime jusqu' l'extase suprme4 ,il brisa t\t de bon avec les conv5tions d'un monde qui s'arroge le droit de divis] les g5s en ca/es et de leur di/ribu] des proprits exclusives4 ,ils tai5t dev5us deux1 qui vivai5t "p1--la socit et le faune4 ,et si le monde se p]mettait d'avoir son op9ion sur le faune1 le faune1 lui1 se croyait ju/ifi jug] le monde4 99 99 99 99 99 ,ce conte n'a ni s5s1 ni morale1 ni logique1 et cep5dant on peut en tir] une vague sagesse1 comme on p\rrait en tir] de la vie de ,paul ,v]la9e1 qui1 en somme1 ressemble un peu cette lg5de4 ,voil p\rquoi je la pr5ds comme texte p\r mes mditations de ce mat91 avant de voir le pote4 ,on *]*e bi5 p>fois conseil auprs d'une fable de ,la ,fonta9e1 p\r va9cre quelque difficult de la vie relle4 ,mais c'e/ une vie huma9e qui e/ en cause ma9t5ant3 n\s ne p\vons pas en re/] la fable4 ,autant que j'en puis jug]1 ,v]la9e a une c]ta9e prdilection p\r deux mots3 comme figure de /yle et comme image1 il aime employ] t\t ce qui se rapporte l'exil et il s'appelle de prfr5ce un veuf4 ,de quelle patrie le pote a-t-il t exil8 ,de quel objet aim e/-il priv8 ,dans une n\velle d'une beaut p>faite1 ,l\ise ,lecl]cq1 ,v]la9e n\s a pe9t1 sa faon1 la socit b\rgeoise de ,p>is4 ,au premi] abord1 t\t p>at trs banal3 il n\s dcrit un magas9 quelconque de n\veauts1 les bonnes g5s qui en dirig5t les affaires1 avec une honntet et une exactitude irrpro*ables1 leur fille sa9e1 belle et bonne1 l'enfant *rie de la maison4 ,mais on s'ap]oit bi5tt que dans ce c]cle re/re9t circule un l>ge c\rant de vie pr(onde4 ,et p> l'+nuit de sa conception cette simple n\velle pr5d les proportions d'un rcit pique4 ,*aque p]sonnage vit et respire dans son atmosphre p]sonnelle1 indp5dant des autres2 les s5tim5ts et les actions correspondantes atteign5t leur maturit complte2 ce qui e/ vieilli se dta*e de son milieu sans laiss] de lacune4 ,t\t contact de la vie gnrale et de l'individualit1 t\t *oc des individus entre eux e/ supprim4 ,qu& ,l\ise1 la jeune fille1 quitte sa famille p\r suivre son amant1 le pote crit simplem5t3 ,elle avait quitt ses p>5ts sans un mot d'adieu1 ri51 ri5 et ri56 ,ce n'tait ni une fuite ni un d"p4 ,c'tait une de/9e qui allait o elle devait all]4 ,t\t s5tim5t autre que l'am\r tait aboli p\r elle4 ,son action n'tait pas de la rvolte1 mme in/9ctive1 mais bel et bi5 la vie qui passait1 la tirant sa suite4 ,cep5dant l'am\r filial ne n\s e/ po9t propos comme une quantit ngligeable dans ce monde-l4 ,seulem5t1 il n'entre dans le cur de la jeune femme qu' son temps et sans tre accompagn de rep5tirs sup]flus4 ,le s5tim5t du devoir n\s app>at comme un fruit1 qui crot et mrit d'aprs ses propres lois4 ,c'e/ l une conception t\te paenne de la vie4 ,la vie1 suivant le pote1 e/ bonne en soi2 elle aide *acun son t\r conqurir sa place au soleil1 et elle rejette comme une *ose inutile le conflit des devoirs4 ,a n\s de lui laiss] p\rsuivre sa r\te et de ne pas lui oppos] une rsi/ance folle4 ,alors l'exi/5ce m>*]a d'un pas sr et rhy?mique3 elle s]a complte en soi4 ,c'e/ de cette vie-l que le pote se s5t exil2 il peut la recon/ruire1 il peut essay]1 grce son imag9ation1 de model] d'aprs cette conception ce qui l'environne3 mais t\t cela ne ressemble en ri5 au monde qu'il voit devant lui4 ,et ce qu'il *rit dans cette patrie de son esprit et de ses vagues s\v5irs prhi/oriques1 c'e/ qu'on y laisse libre jeu la p]sonnalit huma9e1 t&is que le c\rs gnral des *oses y e/ fix suivant une loi c]ta9e4 ,c> le pote s5t vivem5t le beso9 d'une loi et mme d'une loi svre2 mais il ne veut pas se laiss] =c] la ma9 p> elle1 il veut l'accept] librem5t4 ,il e/ d'abord et avant t\t un homme de l'ge d'or1 un homme semblable ceux dont p>le ,g! dans son lgie roma9e3 ,dans les temps hroques1 qu& les dieux et les desses aimai5t encore aux cieux comme sur t]re1 le dsir succdait au premi] reg>d1 et la j\issance au dsir4 ,mais il e/ prt faire lgitim] cet tat de *oses p\r lui si naturel1 condition t\tefois que la nature aura fait d'abord valoir ses droits4 ,il n'y a pas d'opposition p\r lui entre la loi et la nature de l'homme2 l'une aide l'autre1 mais la nature doit t\j\rs all] devant4 ,cette figure idale de femme1 qu'il n\s a montre dans ,l\ise ,lecl]cq1 c'e/ p\r le pote l'inc>nation nave de cette rgle fixe de la vie1 qu'il accept]ait loyalem5t de t\t cur4 ,elle1 c'e/ la bonne *rti5ne1 la mre p> excell5ce1 l'p\se aimante et la femme =te1 en un mot l'unime sur mille4 ,v]la9e ne l'a pas tr\ve4 ,il e/ veuf4 ,il ne compr5d ri5 notre socit qui donne droit de prsance aux lois1 et qui ne connat po9t d'autre lib]t que celle acquise p> l'obs]vation de ces lois4 ,d'aprs lui1 c'e/ le monde r5v]s1 et voil p\rquoi l'op9ion du monde lui e/ indiffr5te2 il e/ mille lieues d'elle1 il la trompe et il la mprise4 ,il y a eu dans son exi/5ce un mom5t o il crut dc\vrir p\rtant une c]ta9e h>monie entre la socit et sa nature4 ,c'tait dans les premi]s temps de son m>iage4 ,l'am\r d'une vi]ge l'avait fait rfl*ir sur sa vie4 ,jusque-l il avait vcu l'av5ture4 ,qui donc1 tant qu'il e/ jeune1 irait p5s] des rapports avec la socit et le monde8 ,et s'il a eu des p>5ts att5tifs son bi5-tre1 s'il a t ent\r de la sollicitude d'une mre1 il n'a gure eu beso9 de se prmunir contre les attaques dans cette bataille de la vie4 pr\ve-t-on du *agr91--et une nature comme celle de ,v]la9e1 ouv]te t\tes les impressions1 vibrante *aque att\*em5t1 a d ds son enfance beauc\p s\ffrir1--on les considre comme une inju/ice du sort1 et c'e/ un motif faire des v]s3 on n'e/ pas encore p>v5u la tri/e expri5ce qui v\s appr5d que la fatalit n'exi/e pas en dehors de n\s et que notre c>actre lui-mme e/ notre de/9e4 ,cep5dant cette vie ins\ciante ne saurait dur]4 ,un honnte homme1 qui aime s9crem5t1 se pose d'in/9ct quelques que/ions au mom5t o il va entr] dans le m>iage4 ,il ne peut s'emp*] d'avoir le s5tim5t de sa responsabilit1 l'ide que le bonheur de sa vie dsormais ne dp5dra plus de lui seul4 ,et ,v]la9e1 qui dans son extase croyait voir les sept cieux que lui ouvrait la petite ma9 de la femme adore1 a c]ta9em5t fait de son mieux et avec t\te la probit possible p\r se pli] ce que ce n\veau monde des am\rs lgitimes exigeait de lui4 ,alors1--p\r la premire fois peut-tre1--lui e/ v5ue la consci5ce de sa div]sit d'avec la socit ord9aire et de son isolem5t spirituel4 ,c'e/ de l que date ma blessure1 dit-il de son m>iage dans son autobiographie 7en citant ,baudelaire74 ,il espra p5dant quelque temps que la femme qui lui avait donn l'avant-gt du ciel puis]ait dans son am\r assez d'n]gie p\r le conduire srem5t trav]s la vie4 ,mais cette conviction s'branla et s\da9 il eut le press5tim5t d'un pril qui s'appro*ait4 ,a la veille de rompre irrvocablem5t avec la socit1 il crivit les *ansons qui se tr\v5t au comm5cem5t des ,romances sans p>oles4 ,ce ne sont pas les plus beaux v]s qu'il ait faits1 mais ils sont uniques dans son uvre1 uniques aussi peut-tre dans la littrature franaise p> le *>me immdiat qu'ils ex]c5t sur l'auditeur1 sans qu'ils lui laiss5t le temps de s'en r5dre ple9em5t compte4 ,c'e/ le vrai ,v]la9e1 et le pote enti] qui p>le dans ces crations exquises2 il ne p5se qu' lui et ses s5sations confuses2 ri51 mais ri5 absolum5t1 ne vi5t se plac] entre le pote et n\s4 ,c'e/ du ,v]la9e d'avant la *ute4 ,je le vois d'ici1 ce mom5t dcisif de sa vie1 comme s'il tait devant moi1 b]ant sa rv]ie voluptueusem5t tri/e au s\v5ir de la musique qu'il vi5t d'ent5dre4 ,la petite femme1 encore *rie un peu1 vi5t dj\] quelques-uns de ses airs favoris2 elle a quitt la *ambre1 mais le piano re/e ouv]t4 ,il semble que des ombres de sons voltig5t dans l'app>tem5t1 et ces fantmes vagues se dess95t devant l'esprit du pote et pr5n5t une voix1 ah6 bi5 sil5cieuse1 mais plus pntrante que la musique ent5due4 ,et c'e/ comme si cette voix en alle1 qui p>le encore1 tait l'emblme du pass1 qui e/ re/ p\r b]c] dans ses bras son me endolorie4 ,p\rquoi ne saurait-il dur]1 ce pass irrvocable8 ,ah6 m\rir au balancem5t de ces sons van\is en ples visions1 sur l'esc>polette des heures fugitives1 b]ceuses ailes du repos t]nel6 ,mais voici qu'arrive dj l'av5ir2 il le t\*e presque de la ma91 et le pote n'ose pas reg>d] devant lui3 ,il pleure dans mon cur ,comme il pleut sur la ville4 ,quelle e/ cette langueur ,qui pntre mon cur8 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 ,c'e/ bi5 la pire pe9e ,de ne savoir p\rquoi1 ,sans am\r et sans ha9e1 ,mon cur a tant de pe9e4 ,il m'e/ presque impossible de m'arra*] cette priode de la vie du pote4 ,comm5t affirm] qu'il n'aurait pu y avoir un dveloppem5t graduel et h>monieux de son tal5t et de son c>actre8 ,mais les circon/ances s'y opposai5t1 les fatales circon/ances2 elles brisr5t impitoyablem5t les li5s qui l'atta*ai5t une vie rgulire et le p\ssr5t de t\tes leurs influ5ces malignes dans une direction extrme4 ,la gu]re de #ahgj et la ,commune tr\blr5t df9itivem5t le calme dans la petite famille du pote1 et le =cr5t se rfugi] l'trang]4 ,sa femme ne l'y suivit pas2 elle avait sp> son sort du si54 ,un jeune homme1 d'un gnie viol5t1 qui t\*ait presqu' la folie1--j'ai nomm ,ar?ur ,rimbaud1--avait pris dans le cur du pote la place qui avait app>t5u l'p\se et l'enfant4 ,et ces deux natures exagres1 ,v]la9e et ,rimbaud1 rivalisai5t qui surpass]ait l'autre dans les excs d'une vie drgle444 ,la f9 de cette liaison fut m>que dans l'exi/5ce du pote p> une t]rible dception et une humiliation pr(onde4 ,il faut dt\rn] son reg>d de ces misres inhr5tes l'humanit et qui s'attaqu5t t\j\rs aux plus faibles1 aux meilleurs peut-tre d'entre n\s444 ,faible1 ,v]la9e l'tait1 mais il avait aussi cette =ce de rsi/ance qui p>at tre donne aux faibles2 il y avait en lui un pr9cipe indomptable de vie vivante et cratrice1 et ce pr9cipe le sauva au milieu de la honte o il tait plong4 ,il se rfugia dans la foi ca?olique3 il dposa aux pi$s du ,sauveur t\tes les passions qui le t\rm5tai5t4 ,son cur agit et meurtri avait donc tr\v le repos qu'il *]*ait8 ,plus encore1 l'idal dont il avait port jusque-l en lui l'image confuse1 l'idal d'une rgle p>faite1 se rvlait lui s\s les traits de la ,mre des croyants3 une loi d'am\r qui1 dans sa gr&e h>monie1 absorbe t\tes les dissonances de l'individualit1 p\rvu qu'elle veuille se livr] sa direction4 ,on dirait presque que1 p\r des natures s5suelles comme celle de ,v]la9e1 l'glise ca?olique inc>ne le mieux l'idal de la vie paenne1 si elle n'avait un petit dfaut3 son manque de ralit4 ,dans la solitude1 o *acun se btit le monde sa guise1 ,v]la9e p\vait tre bon ca?olique1 mais mme l1 si je ne me trompe1 s\s le srieux de la pit vritable se mlait dj soit quelque emphase1 soit un gra9 de gam9]ie1 qui ni l'une ni l'autre ne p\vai5t pass] t\t fait p\r des +nuits4 ,lorsqu'il rev9t ,p>is1 ce qu'il y avait d'artificiel se dmasqua4 ,il lui tait impossible de t5ir la longue son me dans cet quilibre in/able et comme il avait *]* son salut dans un r5oncem5t absolu t\s les dsirs1 il lui fallut bi5 tomb] et retomb] p>fois dans l'extrme oppos4 ,et ,v]la9e1 pauvre ,saturni51 gtant au fruit df5du1 se dbattant contre la t5tation1 mais t\j\rs ressaisi malgr lui1 donna au monde1 se donna lui-mme1 le spectacle des plus t]rifiantes sec\sses morales4 ,et ce fut une fureur de se p]dre dans l'ass\vissem5t de ses dsirs brutaux1--oh6 l'orgueil et le triomphe d'os] tre a9si devant les reg>ds des hommes6--,et en mme temps ce fut un ef=t pr(ondm5t s9cre1 qui v\lait tre cru s9cre1 p\r atte9dre les hauteurs du r5oncem5t au se9 de la volont div9e4 ,son c>actre avait divorc d'avec lui-mme4 ,e/-ce que l'unit1 cep5dant1 n'exi/]ait pas1 grce la consci5ce mme qu'il a du divorce de sa p]sonnalit8 ,mais elle y e/1 l'unit de p5se6 proclame le pote dans un des r>es passages o il p>le de lui en prose1 d'une manire directe2 elle y e/ au titre huma91 au titre ca?olique1 ce qui e/ la mme *ose nos yeux4 ,l'homme1 en ces lignes1 pr5d le pas sur le ca?olique2 g>dons-lui sa place4 ,son d]ni] volume de v]s1 ,bonheur1 me p>at tre un essai p\r runir les lm5ts discordants de son c>actre4 ,e/-ce que je vois ju/e8 ,e/-il possible que cette blessure se f]me1 que cette exi/5ce rp>e le tissu rompu1 grce la =ce de gurison et de r5\veau que donne la vritable vie6 ,mais d'o me vi5t cette sollicitude8 ,et les v]s seuls du pote ne me suffis5t-ils pas8 ,comme si dans le pote on p\vait jamais oubli] l'homme6 tre pote1 c'e/ tre une puissance1 et cette puissance vi5t de l'me4 ,t&is que l'arti/e n\s promne dans des dcors de la vie1 le pote se donne exclusivem5t lui-mme et dans le c\rs de son exi/5ce il devi5t lui4 ,mais quelle va tre mon impression sur l'homme1 sur ,v]la9e1 qu& je vais me tr\v] devant lui8 ,j'ai t* de me prp>] cette entrevue en me le reprs5tant d'abord comme guid p> l'in/9ct plutt que p> la raison2 ensuite1 je me suis ef=c de comp5s] la faute commise en *]*ant une int5tion rationnelle ce que le pote a v\lu faire sans p\voir y p>v5ir jusqu'ici4 ,la ralit s]a diffr5te1 c\p sr1 de l'image que je me suis faite1 mais c'e/ seulem5t en corrigeant cont9uellem5t ses impressions que l'on se rappro*e de quelque *ose qui ressemble la vrit4 ,,int]view ,l4441 qui devait donn] au ,fig>o un article sur ,v]la9e1 me p]mit d'assi/] son entreti5 avec le pote4 ,n\s le tr\vmes au caf ,franois ,i]1 v]s les dix heures du mat91 au mom5t o les cafs ont encore leur air de prosaque propret4 ,la lumire tamise1 qui filtrait dans la salle oblongue1 clairait faiblem5t la figure hve du pote qui n\s att5dait1 le reg>d fix sur l'invisible4 ,le visage tait fltri et fatigu4 ,son long c>rick lui donnait l'air d'un pauvre vieux *anteur des rues1 expos depuis des annes au v5t et la pluie2 un *apeau m\ u c\vrait son crne *auve4 ,t\te cette mise donnait l'impression d'une physionomie de bohme qui vit dans son rve sans se s\ci] de ce qui se passe en dehors de lui4 ,seul1 un f\l>d de soie jaune au c\ clatait comme une note gaie et tr\blante de gaiet dans la gamme grise de son extrieur morne4 ,un vague s\rire de bi5v5ue passa sur ses traits vieillis lorsqu'il n\s vit arriv]4 ,oh l'trange mobilit de cette physionomie6 ,c9q m9utes ne s'tai5t pas c\les qu'une v>it tonnante de s5tim5ts tai5t dj v5us y m>qu] leur empre9te1 t\t en lui laissant son ton dom9ant de tri/esse vague2 tel l'effet sombre d'un paysage mis en relief p> des ombres de nuages qui fuy5t s\s la pluie et le v5t4 ,tantt le front du pote se r5flait1 les n>9es palpitai5t et le mal9 satyre app>aissait1 avec des yeux tirs aux co9s1 qui appell5t la j\issance4 ,tantt ses s\rcils se fronai5t1 le reg>d indiquait la colre1 la ma9 frappait la table1 la voix avait des clats de tonn]re--p\r se *ang] en un rire franc qui se modrait t\t c\p et passait1 p> une transition subtile1 au s\rire timide d'un enfant qui cra9t la punition4 ,c> il y avait un ct enfant9 dans ce visage de vieux p*eur1 et ses ge/es n]veux tai5t ceux d'un gam9 qui ne se s5t pas son aise et tire ses habits4 ,puis c'tait un tant9et d'affectation qui p]ait dans ses manires1 ou une te9te lgre de blague1 qui se figeait dans l'expression d'ennui d'un homme qui ne se s\cie plus de ri5 au monde4 ,et cette duret des traits se fondait dans les br\ill>ds d'une m9e di/raite qui reg>de l'espace sans ri5 voir4 ,la faon dont ,v]la9e accueillit les n\veaux v5us fut d'une p>faite bonhomie3 c'tait la bi5veillance affectueuse avec laquelle on c>esse un *i5 trang]4 ,il n'y avait1 c\p sr1 ri5 d'apprt ni de conv5tionnel dans cet homme1 soit dans ses p>oles1 soit dans ses manires4 ,il se laissait all]4 ,je ne sais p\rquoi le premi] s5tim5t que cet accueil fit natre en moi fut un m\vem5t de rpulsion1 ou plutt une sorte de dception4 ,n'en e/-il pas presque t\j\rs a9si qu& on arrive p\r la premire fois devant un *ef-d'uvre clbre8 ,on e/ vex qu'il n'ait pas quitt p\r n\s sa mise nglige de t\s les j\rs1 et qu'il ne n\s reoive pas avec un franc s\rire de bi5v5ue4 ,or1 le *ef-d'uvre e/ sa place1 au muse1 depuis des sicles dj1 et la longue il e/ dev5u assez indiffr5t aux hommages2 peut-tre mme qu'il e/ lass de t\tes ces admirations passagres4 --,je suis gai1 dit ,v]la9e1 comme v\s voyez1 et je peux rire de bon cur4 ,p\rquoi le ,fig>o a-t-il dit rcemm5t que j'avais la m9e r5frogne8 ,dans mon enfance1 oui1 j'tais sombre et ne me mlais gure aux jeux de mes cam>ades2 ,alb]t ,millaud a d probablem5t se rappel] ses s\v5irs du collge o n\s avons t ensemble4 ,mais ma9t5ant t\t cela a *ang4 ,qu'y a-t-il de meilleur au monde que la gaiet8 ,ceci tait dit avec une intonation de voix si indcise qu'il semblait t5ir aussi peu son grief contre le j\rnal qu' sa rputation de gaiet4 ,l'int]view] pr(ita d'une petite lacune dans la conv]sation p\r sortir son c>net4 ,v\s m'excus]ez1 n'e/-ce pas8 dit ,l444 ,j'ai n quelques po9ts sur mes tablettes4 ,dans vos v]s1 il e/ s\v5t "q de l\ps4 ,ce sont probablem5t des s\v5irs d'enfance de la ,lorra9e8 --,non1 dit ,v]la9e d'un ton trs bref 7sa jeunesse ne semblait pas tre un sujet qu'il aimt abord]74 ,si je ne me trompe1 je n'ai vu des l\ps que bi5 plus t>d1 p5dant mes voyages dans les ,ard5nes1 un ou deux l\ps t\t au plus4 ,p\r des l\ps1 ce qu'on peut appel] des l\ps1 j'en ai vu de t\te espce et en gr& nombre durant t\te ma vie4 ,il n'y avait aucune am]tume dans ces p>oles3 il semblait plutt qu'il excust la faon d'agir des l\ps4 --,et les circon/ances au milieu desquelles v\s avez t lev8 --,excell5tes4 ,le pote tira ces mots d'une di/ance inf9ie4 ,mes p>5ts avai5t quelque =tune2 elle n'a pas dur longtemps entre mes ma9s4 ,peuh6 --,et de quoi avez-v\s donc vcu1 alors8 --,j'ai donn des leons4 --,qu'e/-ce que v\s avez enseign8 --,aprs la ,commune j'ai donn des leons de dess9 en ,anglet]re4 ,plus t>d1 j'ai enseign t\te sorte de *oses dans un p5sionnat t5u p> des prtres4 --,et votre femme1 o tait-elle p5dant ce temps8 --,elle s'e/ rem>ie2 je n'ai plus ri5 faire avec elle4 ,mon seul dsir e/ de revoir mon fils4 --,il ne peut pas tre indiscret de v\s faire une "q propos d'une *ose sur laquelle v\s v\s tes prononc v\s-mme dans vos pomes1 sans la mo9dre rtic5ce4 ,votre condamnation444 ,v]la9e tamb\r9ait trs d\cem5t de la ma9 sur le m>bre de la petite table4 ,s\da91 la dem&e propose1 le pote leva la tte2 un clair passa dans ses yeux2 mais ce ne fut qu'un in/ant3 son visage reprit presque aussitt son impassibilit1 et l'on s5tait que d]rire cette expression vague des traits il ca*ait la blessure de son me t\j\rs saignante4 --,ah6 l'hi/oire fatale2 n\s n\s tions qu]ells4441 j'tais furieux et4441--alors il alla *]*] du sec\rs2--laiss seul1 je bus v]re sur v]re1 je me slai jusqu' en dev5ir f\ de rage4 ,lorsqu'il rev9t1 hors de moi1 je le m5aai de n\veau444--,des g5s vagues s'emp>r5t de moi444 ,p5dant le rcit de ses malheurs1 les doigts du pote allai5t et v5ai5t1 dess9ant des ge/es en l'air1 n]veusem5t1 p\r suppler aux lacunes4 ,le *teau o l'on m'enf]ma fut un vritable asile1 aprs t\tes les s\ffrances des anci5s temps4 ,le directeur vit bi5 que j'avais agi p> folie1 et me traita d'une faon conv5able4 ,il me prtait des livres1 un ,rac9e1 un ,%akespe>e2 j'ai pu y travaill] et mme refaire mon ducation1 qui avait t un peu nglige p> ma propre faute4 ,v\lant rp>] l'indiscrtion de sa d]nire "q1 en montrant son respect p\r le gr& tal5t de l'arti/e1 ,l444 cont9ua3 --,je crois que le fait e/ unique dans l'hi/oire littraire4 ,on n'a jamais vu un pote1 comme v\s1 arriv un c]ta9 po9t de sa c>rire1 se pos] un programme de travail1 le communiqu] au public1 puis l'excut] fidlem5t4 ,n'e/-ce pas8 ,v\s avez dit3 dsormais mon uvre se divis]a en deux p>ties2 je publi]ai une suite de posies qui glorifi]ont la foi et t\t ce qu'il y a de meilleur dans l'homme1 et en mme temps1 p>alllem5t cette srie de pomes1 j'en donn]ai une autre qui pe9dra dans t\te leur vrit les excs des passions huma9es4 ,v\s avez ralis ce que v\s v\s tes propos en crivant ,am\r1 puis ,p>alllem5t1 qui donne la face oppose2 enf9 v\s v5ez de publi] ,bonheur1 o1 en rtablissant l'quilibre rompu p> ,p>alllem5t1 v\s avez de n\veau *]* donn] une sa9e et bonne ?orie de la vie4 ,une p]svrance de programme aussi c>actrise tmoigne d'une gr&e n]gie morale4 --,c'e/ de la s9crit1 pas autre *ose1 dit ,v]la9e2 et il p>ut *ass] de la ma9 un br\ill>d qui flott]ait devant ses yeux4 ,j'ai eu vraim5t la foi1 p5dant les annes passes lo9 de ,p>is1 aprs mon malheur2 je me s5tais pur1 j'tais *a/e2 j'avais le bonheur et la sant4 ,nulle mauvaise p5se ne me v5ait4 ,mon esprit tait calme et c'tait une s5sation presque physique4 ,il me semblait que je portais sans cesse du l+e propre et neuf4 ,je m'tais atta* un de mes lves1 il me remplaait mon fils2 j'tais p\r lui un pre et un frre an4 ,p\rquoi t\t cela n'a-t-il pas dur8 ,il p>at que la fatalit ne l'a pas v\lu2 t\t a t\rn contre moi2 ce que j'aimais me fut enlev p> la mort1 ce qui me ret5ait la v]tu s'e/ rompu comme un li5 qui casse4--,cette allusion la mort de sa mre et de son jeune ami fut faite rapidem5t2 tel quelqu'un qui se hte de pass] sur une surface fragile qu'il ent5d craqu] s\s ses pas4--,ensuite il y eut des dbats mesqu9s1 s\levs je ne sais p> qui1 propos d'intrts qui me t\*ai5t4 ,il me fallut v5ir ,p>is p\r tr\v] de quoi vivre1 et1 arriv l1 j'ai fait le plongeon4 'a t la gr&e dgr+olade6 ,ces d]ni]s mots fur5t prononcs d'un ton trs d\x1 lgrem5t ironique2 pas un gra9 de mlancolie dans l'inflexion de la voix2 c'tait le satyre plutt qui app>aissait aux co9s de la b\*e et au retr\ssis des lvres2 et en mme temps on ne p\vait se dfaire de l'impression que des ombres de s\v5irs1 mais des ombres seulem5t1 glissai5t sur les traits fltris du visage impassible4 ,l444 ouvrit de n\veau son c>net4 --,il y a encore une "q que je v\drais bi5 v\s faire1 dit-il4 ,v\s avez r5\vel le v]s franais1 n'e/-ce pas8 en v>iant la dim5sion des v]s1 en dplaant leur csure1 en remplaant p>fois la rime p> la simple assonance4 ,qu'e/-ce que v\s p5sez ma9t5ant de t\tes ces r=mes8 ,e/-ce que v\s leur donnez une gr&e valeur8 --,ah6 je ne l'ai pas fait exprs1--et s\v5t oui1 je l'ai fait exprs1 dit ,v]la9e en se repr5ant avec l'+nuit d'un gr& arti/e qui livre ses secrets4 ,j'ai v\lu faire comme dans les livrets d'opras1 o des v]s longs alt]n5t avec des v]s brefs1 suivant que la musique et la dclamation l'exig5t4 ,je dois aussi beauc\p l'exemple de ,mme ,desbordes-,valmore2 sa posie1 un peu nave s\s le rapport de la =me1 je l'av\e1 a eu une gr&e influ5ce sur mes faons de p5s] et d'exprim] mes s5tim5ts dans ma seconde priode4 ,c> j'atta*e trs peu d'importance t\s ces petits artifices de /yle et de v]sification4 ,c'e/ bon p\r les comm5ants4 ,eh6 je ne veux pas dire que1 prs5t encore1 je ne les emploie pas de temps en temps1 mais au fond ce ne sont que de petites canaill]ies4 ,comme je l'ai dit dans ,bonheur1 et comme je le rpte qui veut l'ent5dre3 il n'y a ri5 au-dessus du bon v]s franais classique1 qui e/ bi5 plus expressif et bi5 plus s\ple qu'on ne le croit d'ord9aire4 ,je suis p\r la tradition sa9e et virile1 moi4--,le pote s'tait t\t fait tir de sa torpeur2 il frappa le m>bre =tem5t p\r donn] de l'acc5t ses p>oles4 --,bonheur n'e/ pas un livre facile lire3 c'e/ un livre dur1 mais on s5t que la vie a pass p> l4 ,il n'y a pas une page de ce livre qui n'ait t vcue4 ,c'e/ l que je t]m9e la confession que j'avais faire au monde3 j'ai s\lag mon cur et je me s5s libre1 prs5t1 d'agir ma guise4 ,je vais entrepr5dre une uvre n\velle4 ,que s]a-ce8 ,du ?tre8 ,ce n'e/ pas impossible4 ,ah6 si je p\vais compt] sur quelques annes de bonne sant6 ,mais je suis malade1 et puis j'ai mes passions qui ne m'ab&onn5t pas4 ,puis il aj\ta3 ,je v\s dem&e p>don1 mais p]mettez-moi de pr5dre cong de v\s p\r auj\rd'hui4 ,au revoir4 ,et le pote s'en alla1 tranant sa jambe malade1 en homme bris p> la vie4 --,j'ai mon article1 je le vois complet devant moi1 dit ,l444 en pr5ant mon bras p\r quitt] le caf4 ,savez-v\s1 je n'ai pas os faire t\tes les que/ions qui me brlai5t les lvres4 ,il y a des v]s normes dans ces posies de ,v]la9e1 qu'avec t\te mon expri5ce de b\lev>di] je n'arrive pas compr5dre4 ,il y a l des abmes de p]v]sit1 dont j'aurais t bi5 curieux de l'ent5dre p>l]4 ,p> exemple1 que dites-v\s de ce v]s444 ,mais non1 ne creusons pas ces *oses-l en ple9 midi1--il e/ vrai que le soir ce s]ait encore plus dang]eux1 n'e/-ce pas8 ,laissons-les donc simplem5t de ct4 ,voir un pote se s\mettre aux tortures de l'int]view1 l'ent5dre av\] ses secrets intimes1 comme des affaires de t\s les j\rs3 voil une espce d'humiliation1 mme p\r celui qui ne fait qu'assi/] au spectacle1 p>ce que t\s1 quelque petits que n\s soyons1 n\s avons "p cette humanit torture p\r le plus gr& plaisir du public4 ,et p\rtant je s5tais confusm5t que s\s cette humiliation de l'homme il se ca*ait quelque *ose de trs gr& qui passait les bornes de mon esprit4 ,oh6 l'humble rsignation du pote6 ,tmo9 de cette scne1 avais-je pr\v quelque dception8 ,oui2 et1 cep5dant1 j'eus plutt le s5tim5t d'tre port p> un p\voir my/rieux4 ,,bonheur ,je vais relire ,bonheur1 ce livre dur1 comme dit le pote4 ,je sais ma9t5ant que c'e/ le d]ni] mot de sa sagesse et qu'on y tr\ve la clef de sa p]sonnalit4 ,il me semble voir au seuil du livre ce mme mot o se rsumait mon impression de l'entreti5 auquel j'avais assi/3 ,rsignation4 ,l'ordre de la nature inspire de la confiance au pote4 ,laissez la faire1 la nature1 et elle f]a bi54 ,or la nature e/ simple444 ,elle procde avec d\ceur1 calme et l5teur4 ,ne dem&ons pas trop la vie6 ,qui sommes-n\s donc p\r pos] des conditions8 ,n\s n'arrivons notre valeur qu'en n\s s\mettant au gr& t\t4 ,n'atta*ons pas trop d'importance nos vues p>ticulires1 nos ha9es1 nos am\rs4 ,dposons le f>deau de nos griefs1 laissons-les l1 et livrons-n\s aux flots de la m] du ,r5oncem5t suprme4 ,t\tefois1 il ne faut pas oubli] les symboles1 qui n\s consol5t p>mi les preuves de la voie d\l\reuse que n\s suivons sur t]re3 le symbole de l'inc>nation de ,dieu1 le symbole de la ,cne1 p> lequel n\s p>ticipons son corps div94 ,ce ne sont pas les symboles seuls qui n\s ma9ti5n5t dans la bonne r\te1 mais aussi t\tes les p5ses pieuses qu'ils suggr5t en n\s4 ,en sanctifiant notre corps1 ils assujettiss5t les passions de la *air notre volont4 ,oui1 ils font de notre *air l'armure p> laquelle n\s n\s df5dons contre les c\ps du ,mal92 peut-tre que n\s s5tons encore les blessures1 mme trav]s cette cuirasse1 mais n\s ne craignons plus les attaques2 et n\s m>*ons d'un pi$ sr1 ple9s d'une respectueuse pit1 sur la r\te que n\s avons *oisie de notre ple9 gr4 ,avant t\t1 soyons simples dans nos actions et dans nos p5ses2 qu'il n'y ait en n\s que p>don et am\r4 ,et1 port p> ce c\rant1 le fleuve des v]s de ,v]la9e se p]d au se9 de l't]nit4 ,on se tromp]ait =t1 en croyant n'avoir affaire l qu' des lieux communs de morale facile1 et qui c\l5t mollem5t des lvres d'un prdicateur populaire4 ,c'e/ la confession d'une me que n\s ent5dons1 et t\t ceci a p\r le pote un s5s t\t fait p]sonnel4 ,ce livre de la rsignation a t p\r lui1 qui l'a vcu1 un livre dur faire2 sa vie a pass p> ces feuillets intimes1 et il en e/ re/ quelque *ose leurs m>ges4 ,que le fleuve e/ calme dans sa m>*e maje/ueuse6 ,mais reg>dez de plus prs3 voyez les t\rbillons de ses flots1 ses g\ffres pe9e entrans dans le m\vem5t gnral1 ses c\rants pr(onds en s5s inv]se6 ,ce livre a une vie individuelle1 comme t\t ce qui e/ vivant4 ,les p>oles de p>don ne sort5t pas naturellem5t du cur du pote2 lo9 de l1 elles lui sont arra*es p> une =ce qui le contra9t et qui le fait s\ffrir3 ,le p>don des (f5ses ,comme un d*irem5t4 ,il aim]ait bi5 se v5g]1 qu& il p5se ce que son exi/5ce aurait pu tre1 si1 l'heure du pril1 une ma9 amie s'tait t5due v]s lui p\r le sauv]1 qu& il se s\vi5t que celle dont la place tait ses cts l'a p]scut1 l'a trahi1 l'a p\ss du pi$ dans l'abme4 ,srem5t le temps de la v5geance arriv]a2 et cet espoir seul le s\ti5t encore4 ,mais il prfre r5onc] cet appui des heures mauvaises1 il se dp\ille de sa ha9e et de sa fi]t3 ,l'ab&on des v5geances1 ,comme un dlaissem5t4 ,alors seulem5t il flotte en ple9 c\rant sur les eaux de la piti et du sacrifice3 ,boire la bonne honte1 tre t\j\rs plus d\x4 ,jusqu' ce qu'un n\vel cueil lui b>re sa r\te et que le pote s'agite et rsi/e p\r1 la f91 c\rb] la tte en reconnaissant dans la ma9 mme qui lui envoie des preuves le p\voir div9 qui veut son salut4 ,puis encore444 ,c> ce bonheur-ci e/ tr\blant et il f9it p> n\s inquit]1 n\s les spectateurs qui aurions v\lu en tre tmo9s4 ,s\da9 vi5t la rafale qui met nu les pr(ondeurs de l'me et qui fait dbord] les flots tumultueux des passions4 ,on croirait que la tempte s'e/ emp>e de ce cur et s\ffle des quatre co9s3 puis t\t c\p le calme complet2 encore quelque lg] frisson peut-tre la surface2 mais ce sont des vagues qui ne sont pas encore r5tres dans l'ordre1 et c'e/ f9i4 ,p>t\t de ces contra/es dans ce livre4 ,voici quel av5ir il ouvre un jeune ami3 ,soyons t\t l'un l'autre enf96 et l'un p\r l'autre ,en dpit des jal\x1 et de nos va9s s\pons ,a n\s et cette fois1 p\r de bon1 r5onons ,au vil respect huma9 o la f\le se vautre1 ,af9 qu'enf9 ce ,jsus-,*ri/ qui n\s cra ,n\s fasse grce et fasse grce au monde immonde2 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 ,qu'ils entr5t dans ma joie1 et gt5t mes l\anges2 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 ,et voil p\rquoi les anges et les ar*anges ,s'c>t]ont de devant ,moi p\r avoir admis1 ,purifis de t\s p*s 9vitables ,et des trav]ses quelquefois p\vantables1 ,ce c\ple inf9im5t bnissable d',amis4 ,a9si dans l'extase d'avoir dc\v]t enf9 le compagnon qui pr5d "p son me1 il dispose d'avance des places d'honneur au ,p>adis1 et elles sembl5t pe9e leur suffire4 ,t\rnons le feuillet1 et propos du mme jeune homme n\s lisons3 ,rompons6444 444 ,amitis d'ennuis et de dbats444 ,o p\r l'affection t\te simple et si d\ce ,o l'me se blottit comme en un nid de m\sse6 ,et fi donc de la sale me p>isi5ne6 ,on dirait presque que1 dans l'uvre de ,v]la9e1 les pomes qui vont le plus lo9 en p]v]sit1 sont encore rassurants en comp>aison de l'quilibre d'me que ,bonheur prconise4 ,on sait que l l'extrme limite e/ atte9te2 et voici qu'au milieu de la tranquillit on cra9t un b\lev]sem5t4 ,un livre trs dur1 ce ,bonheur6 ,dans sa navet app>5te1 il e/ b\rr d'nigmes et de trahisons1 comme les abmes de la m]1 comme le cur d'un enfant4 ,et dans t\t cela1 au milieu de cette confusion1 je ne sais quelle impression rsigne2 elle e/ dans ce livre1 le visage tr\bl1 les yeux hag>ds1 vrai dire1 mais elle y e/1 la ,rsignation6 ,,un ,,dieu ,,en ,,exil ,sur l'asphalte du trottoir1 ,v]la9e m>*ait pniblem5t et la lumire diffuse du soir clairait en haut relief sa figure d\l\reuse4 ,au milieu du b\lev>d ds]t1 on le reconnaissait de lo94 ,les yeux demi f]ms1 la jambe tranante1 ttonnant du bton1 qu'il t5ait d'une ma9 tremblante1 comme un aveugle la re*]*e de son *em91 il ressemblait un va9cu de la vie1 qui p\rsuit sa r\te solitaire1 ddaign du monde et le ddaignant son t\r4 ,s\da91 il s'arrta2 d'une ma9 il fit son ge/e c\tumi] de saisir ses vtem5ts1 de l'autre il dess9a vaguem5t avec sa canne un demi-c]cle sur le trottoir4 ,ses yeux s'ouvrir5t2 sa b\*e pronona quelques p>oles in>ticules1 et c'tait comme s'il prp>ait une allocution un auditoire invisible4 --,*] matre1 v\lez-v\s dn] avec n\s8 ,n\s s]ons dans un endroit tranquille avec ,m>cel ,s*wob et ,cazals1 et n\s p\rrons caus] t\t notre aise4 --,c'e/ conv5u2 mais je me s5s assez mal dispos auj\rd'hui1 rpondit ,v]la9e en sortant de son rve3 ,j'ai eu des *agr9s ce mat94 ,gueuse inepte1 l*e b\rreau4 ,horrible1 horrible1 horrible femme6 ,tri/es qu]elles6 ,j'ai *]* me di/raire3 ,ah1 si je bois c'e/ p\r me sl]1 non p\r boire#a6 #a ,ici je me p]mets d'abrg] l'entreti54 ,le pote a trop de tact et de savoir-vivre p\r cit] ses propres v]s au c\rs de sa conv]sation4 ,oui1 sans d\te1 j'irai avec v\s4 ,n\s t*]ons d'tre bons amis1 et de n\s amus]4 ,c>1 hors l'amiti1 il n'y a po9t d'amusem5t4 ,le reg>d qui accompagnait ces p>oles tait affectueux1 mais les p>oles elles-mmes sonnai5t un peu creux comme un vieux s\v5ir vaguem5t rappel p\r le beso9 de la cause4 --,v\s savez que je suis hant ces j\rs-ci p> une image t]rible4 ,je ne peux pas m'emp*] de p5s] aux p]sonnages du roman de ,huysmans1 ,l-bas4 ,la messe noire1 la s\illure de l'ho/ie1 et puis le *ano9e ,docre1 qui dit la messe de ,satan p\r les fidles du ,diable6 ,quel homme1 ce *ano9e ,docre6 ,v]la9e ne faisait que rpt] ce mot2 videmm5t l'trange sonorit du nom l'attirait4 ,le *ano9e ,docre6 ,il s'arrtait p\r j\ir plus son aise de t\tes les images que cette comb9aison de sons voquait4 ,et la scne nocturne de la messe diabolique avec sa liturgie sacrilge se dr\lait devant son imag9ation4 ,le pote s'amusait comme un enfant qui reg>de des e/ampes ple9es d'horreurs4 ,le *ano9e ,docre6 et il frappait le pav du bton p\r exprim] sa joie4 ,t\t c\p1 le visage *angea d'expression2 les traits sur lesquels une lueur de volupt avait gliss l'in/ant d'aup>avant dev9r5t rigides2 la ma91 qui v5ait de c>ess] sa m\/a*e1 se dressa en un ge/e svre4 --,la messe6 ,p5s] que durant les sicles passs le mme culte a t clbr1 t\j\rs inv>iable1 et qu'il se ma9ti5dra sans *angem5t jusqu'au d]ni] j\r6 ,t\t passe2 seule1 cette p>ole re/]a1 comme elle a t in/itue ds le comm5cem5t4 ,de t\tes les p>ties du monde cette voix s'lve1 p>t\t la mme1 avec son s5s inexhau/ible1 que t\s les sicles v5ir sont incapables d'appr(ondir4 ,ceci re/]a2 ceci e/ 9branlable4 ,les p>oles de la messe sont graves sur un aira9 que l't]nit mme ne saurait entam]4 ,n\s tions arrivs prs du ,pan?on2 de r>es passants tr\blai5t l'aspect inanim de la rue et n\s ne p]dions ri5 des p>oles que le pote murmurait1 comme une litanie rcite p\r se confirm] dans de bonnes p5ses4 ,mais1 sec\ant la tte1 il p\rsuivit d'un autre ton1 en repr5ant le fil de ses ides premires3 --,la messe noire6 ,mais la vraie messe de ,satan e/ la messe dite p> un prtre qui n'y croit po9t4 ,le *ano9e ,docre pr\ve prcism5t sa croyance la v]tu de la messe p> la pe9e qu'il pr5d p\r r5dre les p>oles de l'(fice sacrilges4 ,le *ano9e ,docre6 ,et le jeu subtil de l'imag9ation du pote lui suggrait de *ang] de rle avec le s]viteur de ,satan4 --,il n'exi/e pas de p* que je n'aie commis1 dit-il firem5t1 et sa tte se releva4 ,t\s les p*s capitaux1 je les ai commis en p5se et en action6 ,un vritable damn4 ,seulem5t1 et un vague s\rire illum9a ses traits qui ne p\vai5t g>d] longtemps leur expression tragique1 seulem5t je ne crois gure qu'on puisse m'accus] de simonie4 ,il j\ait avec cette n\velle ide4 ,cela aurait t g5til1 n'e/-ce pas8 si j'tais dev5u prtre et si j'tais mont de degr en degr jusqu' tre ar*evque de ,p>is1 grce la simonie1 s'ent5d1 po9t p\r mes v]tus1 naturellem5t4 ,ah6 je n'aurais pas eu de repos que t\s les qu>ti]s de la ville n'euss5t leurs vques2 ,p>is vaut bi5 cela6 ,la bonne ide1 he98 et les beaux noms6 vque de ,gr5elle1 vque de la ,villette1 vque de ,batignolles1 vque du qu>ti] ,lat96 ,quelle drle de ,table ,ronde et comme elle s]ait anime6 ,v\s v]rez1 cela se f]a4 ,et le pote riait encore1 en entrant dans la petite salle isole du re/aurant1 o quelques-uns de ses amis s'tai5t rassembls4 ,mais ses p5ses s'en ret\rnr5t bi5tt la clbration de la messe4 --,t\t e/ sublime dans cette liturgie1 dit-il2 pas le mo9dre acte qui n'ait sa raison my/ique4 ,le prtre lve la c\pe des deux ma9s et p> ce ge/e il veut runir t\s les hommes p\r les faire p>ticip] l'acte sacr3 il n'exclut p]sonne4 ,le prote/ant ne fait usage que de la ma9 droite p\r port] la c\pe ses lvres1 comme s'il v\lait dire3 ,allez-v\s en1 p*eurs1 v\s n'avez ri5 faire ici4 ,au contraire1 le prtre de ,satan pr5d la c\pe de la ma9 gau*e2 il ne remplit son m9i/re que p\r les p*eurs1 le *ano9e ,docre6 ,mais ,v]la9e1 cette fois-ci1 ne donna pas dans la div]sion1 que ce nom semblait gnralem5t provoqu] *ez lui4 --,comme je hais t\t ce qui e/ jansni/e1 ou prote/ant1 mesqu91 en un mot6 ,v\loir rapetiss] la nature huma9e1 m'enlev]1 moi1 la suprme j\issance de la communion6 de la communion p> laquelle je p>ticipe au corps de ,dieu6 ,quiconque croit que ma foi n'e/ pas s9cre ne connat pas l'extase de recueillir dans son corps la *air mme du ,seigneur4 ,p\r moi1 c'e/ un bonheur qui m't\rdit3 c'e/ une motion physique4 ,je sais trop bi5 que j'en suis indigne3 il y a plus d'un an que je n'ose plus all] recevoir l'ho/ie4 ,la d]nire fois que j'ai communi1 je me suis s5ti un in/ant pur et lav de t\s mes p*s1 et le soir mme444 ,non1 non1 j'en suis indigne4 ,un s\rire voluptueux illum9a la tri/esse du visage2 mais ,v]la9e1 d'un m\vem5t de la tte1 rejeta la t5tation et de n\veau les traits reprir5t leur expression srieuse et vague4 --,si ,jsus avait t un homme1 il ne p\rrait ri5 p\r moi4 ,comm5t me le reprs5t] a9si8 ,comme un ,b\lang] en mieux8 ,mais de quelle valeur ce fait-l s]ait-il p\r moi8 ,p\r me sauv] de ma misre1 j'ai beso9 d'un ,dieu1 non d'une p]sonne qui un j\r a vcu sur la t]re1 et dont la vie peut se recon/ruire l'aide de docum5ts vieux ou n\veaux4 ,ah6 niais1 qui croyez que la figure de ,jsus e/ r5f]me dans le cadre de quelques m*ants petits livres6 ,croyez-v\s donc que le *ri/ianisme e/ sorti des vangiles8 ,que c'e/ ,jean1 ce brave homme t\rm5t p> ses curieuses visions dans l'le de ,patmos1 qui a essay de le lanc]1 ou ,ma?ieu1 cet honnte employ de d\ane8 ,non1 non1 ce sont les pauvres femmelettes du peuple qui ont g>d fidlem5t les s\v5irs de la ,passion et de la ,croix2 c'e/ ,nron1 faiseur de m>tyrs1 qui a sauv la foi au ,*ri/ et qui en a fait une *ose de d\leur et de sang4 ,c> p\r moi ,jsus e/ le crucifi2 il e/ mon ,dieu p>ce qu'il a s\ff]t1 p>ce qu'il s\ffre4 ,je le vois devant mes yeux1 c\v]t d'horribles blessures1 suant l'angoisse suprme comme les petites femmes de ,jude l'ont vu dans leurs j\rs4 ,ag5\illons-n\s donc et croyons avec ces pauvres d'esprit4 ,le peuple s5t simple et vrai4 ,l se tr\ve le s5s commun4 ,il y a des g5s qui rv5t rvolutions et horreurs p>ce que le peuple de plus en plus devi5t le matre4 ,btise que celle-l4 ,aussitt que le peuple s]a en tat de dire son op9ion vraie1 il se montr]a vritable cons]vateur4 ,il y a dans le peuple une gr&e =ce cons]vatrice et rgnratrice1 qui ratta*e le pass l'av5ir4 ,les g5s vraim5t sont ports p\r la tradition4 ,n\s assi/ons dj au comm5cem5t d'une n\velle priode1 qui ti5dra les traditions en honneur4 ,n'e/-ce pas intressant de rem>qu] que n\s avons p\r prsid5t de la rpublique un ,c>not1 l'hriti] d'un nom clbre au temps de la gr&e rvolution8 ,aprs ,napolon ,i] vi5t ,napolon ,,iii et le gr& ,c>not eng5dre l'honnte +nieur qui n\s g\v]ne4 ,dans la vie1 il n'y a ri5 d'autre que transmission1 qu'hrdit1 que tradition4 ,c'e/ p\rquoi1 moi aussi je suis p\r la tradition4 ,sur ces mots1 la tte incl9e du pote se r$ressa3 les yeux reg>dr5t firem5t l'ent\r1 les ve9es du front s'emplir5t4 ,l'arti/e1 qui condamnait la posie la mode de nos temps et sa re*]*e de modles tranges et trang]s1 s'tait rveill en ,v]la9e1 et l'homme qui ne v\lait pas tre une *ose morte du pass p\r la gnration n\velle p>la en lui d'une voix haute et claire2 le philosophe1 qui ne v\lait pas qu'on ngliget ses leons1 entra en colre1 et c'tait le ,jupit] tonnant comme ,cazals l'avait dess9 quelques j\rs avant1 d>dant son reg>d t]rible sur ,morz4 ,seulem5t c'tait un dieu fulgurant1 sur le visage duquel on lisait que1 bon homme au fond1 l'in/ant d'aprs il se *auff]ait les ma9s la *aleur qui se dgag]ait de ses propres f\dres4 --,je s\ti5s1 dit-il1 que ,rac9e e/ le premi] pote du monde4 ,quel gnie comique dans ses ,plaideurs6 ,v\s p\vez tre assur qu'il s'tait n\rri de la molle de ,villon1 de ,rabelais et mme d',ari/ophane1 si v\s y t5ez4 ,p>lez donc d'un dveloppem5t littraire1 qui1 trav]s le moy5-ge1 va rejo9dre le monde antique6 ,allez voir d'abord *ez ,rac9e6 ,e/-ce que ses tragdies bibliques ne compt5t donc pas8 ,l'esprit *rti5 et l'art antique n'y sont-ils pas fondus8 ,et quel gr& s\ffle passionn1 mme dans ,e/h]6 ,la petite ,juive1 p]due p>mi les dt\rs de l'imm5se palais1 dans l'augu/e prs5ce du ,roi des ,rois1 inaccessible au commun des mortels1 ,dans un palais1 soie et or1 dans ,ecbatane444 ,comme c'e/ dlicieux6 ,ah6 j'en suis tri/e jusqu'aux l>mes6 ,cet homme unique n'a dispos que d'un nombre re/re9t d'expressions4 ,il e/ un peu maigre1 ,rac9e1 p\r l'oreille qui dem&e des sons ple9s et f\rnis4 ,s'il avait eu notre provision et notre *oix de mots1 que n'aurait-il pas fait8 ,%akespe>e6 ,p\rquoi me lanc] t\j\rs ce nom6 ,il a du tal5t1 c]ta9em5t2 qui dirait le contraire8 ,mais ce ,%ake-pe>1 ce sec\eur de poires1 n'a pas attrap le fruit d'or1 le fruit unique qui l'aurait m>qu p\r tre le premi] gnie du monde4 ,auprs de ,rac9e1 c'e/ un pdant1 un jansni/e6 --,mais *] matre4446 --,je n'exagre ri51 reprit ,v]la9e avec vhm5ce4 ,je ne veux ri5 dire de mal de son ,o!llo1 ni1 p\r ma "p1 de son ,h5ri ,,viii2 mais le nomm] en mme temps que ,rac9e1 lui1 le cui/re1 le sale gr$96 ,je dis m4446 ,et ,v]la9e firem5t passa les ma9s sur ses m\/a*es et sa b>be1 comme s'il provoquait un ennemi invisible2 puis un s\rire ironique trs d\x tira les co9s de sa b\*e et de ses yeux1 et ce s\rire1 p> une transition imp]ceptible1 se figea dans l'ab/raction morne de son visage d\l\reux4 --,*] matre1 lui dit ,cazals p\r l'am5] un autre sujet de conv]sation1 v\s devriez n\s lire de vos v]s p\r notre dess]t4 ,et il lui t5dit le livre de ,jules ,telli]1 ,nos ,potes1 qui conti5t quelques fragm5ts de l'uvre de ,v]la9e4 ,le pote feuilleta le volume sans mot dire4 ,puis il se mit lire la prire1 tire de ,sagesse1 dans laquelle il (fre son corps et sa vie au ,seigneur4 ,o mon ,dieu6 v\s m'avez bless d'am\r ,et la blessure e/ encore vibrante1 ,o mon ,dieu6 v\s m'avez bless d'am\r4 ,o mon ,dieu6 votre cra9te m'a frapp ,et la brlure e/ encore l qui tonne1 ,o mon ,dieu6 votre cra9te m'a frapp444 ,noyez mon me aux flots de votre v91 ,fondez ma vie au pa9 de votre table1 ,noyez mon me aux flots de votre v94 ,voici mon sang que je n'ai pas v]s1 ,voici ma *air indigne de s\ffrance1 ,voici mon sang que je n'ai pas v]s4 ,voici mon front qui n'a pu que r\gir1 ,p\r l'escabeau de vos pi$s adorables1 ,voici mon front qui n'a pu que r\gir4 ,voici mes ma9s qui n'ont pas travaill1 ,p\r les *>bons ard5ts et l'enc5s r>e1 ,voici mes ma9s qui n'ont pas travaill4 ,n\s c\tions dans un pr(ond sil5ce les p>oles du pote4 ,le ge/e de sa ma9 exsangue suivait d\cem5t la mesure l5te du rhy?me1 mais qui vibrait d'une passion extatique1 et le reg>d immobile re/ait fix sur la page ouv]te3 ,voici mon cur qui n'a battu qu'en va91 ,p\r palpit] aux ronces du calvaire1 ,voici mon cur qui n'a battu qu'en va94 ,voici mes pi$s1 frivoles voyageurs1 ,p\r acc\rir au cri de votre grce1 ,voici mes pi$s1 frivoles voyageurs1 ,dieu de t]reur et ,dieu de sa9tet1 ,hlas6 ce noir abme de mon crime1 ,dieu de t]reur et ,dieu de sa9tet1 ,v\s1 ,dieu de paix1 de joie et de bonheur1 ,t\tes mes peurs1 t\tes mes ignorances1 ,v\s1 ,dieu de paix1 de joie et de bonheur1 ,v\s connaissez t\t cela1 t\t cela1 ,et que je suis plus pauvre que p]sonne4 ,le ton de la voix baissait1 baissait4 ,la petite salle du re/aurant1 bi5 banale et t\te nue1 avec sa bois]ie de *ne pe9t1 comprimait les sons des p>oles qu'on aurait v\lu s'imag9] *antes en prire s\s les votes d'une ca?drale4 ,et p\rtant4441 oh6 le s5tim5t mlancolique p>s dans l'atmosphre de la *ambre1 aurolant la simple table du re/aurant1 c\v]te des re/es du repas1 avec une lueur att5drissante1 t&is que le pote assis disait sa confession de pauvre me en pe9e4 ,v\s connaissez t\t cela1 t\t cela1 ,et que je suis plus pauvre que p]sonne1 ,v\s connaissez t\t cela1 t\t cela4 ,mais ce que j'ai1 mon ,dieu1 je v\s le donne4 ,t\t c\p une voix aigre cria3 ,h6 ,v]la9e1 qu'e/-ce que tu fais1 l-bas8 ,att5ds un peu1 je vais apport] ma *aise et mon v]re p\r me mettre avec v\s4 ,un petit homme1 haut en c\leur1 les yeux t9celants1 entra dans la *ambre en titubant lgrem5t1 et quoique les autres convives ne le connuss5t gure1 il se tr\va son aise en un in/ant1 faisant mille que/ions1 gr5ant t\t un *apelet d'anecdotes et se montrant bon cam>ade1 quoique f*eux4 ,v]la9e rpondait aux pan*em5ts de cur du n\vel arriv p> une sorte de gaiet factice2 bi5tt cep5dant il se tut et p\r de bon4 ,son esprit tait ailleurs2 il tomba dans une rv]ie confuse1 et ses p5ses s'enveloppr5t de br\ill>ds pais4 ,son vois9 seul l'ent5dit murmur]3 ,qu& on mne une *i5ne de vie comme la mi5ne1 il faut avoir des amis p>t\t et des amis bi5 tranges1 ne ft-ce que p\r c\vrir ses d]rires4 ,et ce mot1 avec sa p]spective inf9ie de misre1 ne fut que la transition ces d]nires p>oles3 ,si j'avais assez d'arg5t p\r p\voir vivre1 je ne sortirais plus de mon fauteuil1 mais je rvass]ais t\t le temps1 les jambes t5dues devant le feu4 ,travaill]1 caus] avec les g5s1 je dte/e a444--,m4446--,mais je suis pauvre1 voyez-v\s6 ,la voix du pote se p]dit dans cette pla9te3 ,et que je suis plus pauvre que p]sonne1 ,v\s connaissez t\t cela1 t\t cela4 ,,tri/esse ,cette nuit1 aprs avoir pris cong de ,v]la9e1 j'ai eu des ides noires4 ,je me suis prom5 sur les quais de la ,se9e2 le ciel tait sombre1 la rafale me c+lait le visage2 de temps en temps on ne voyait ri5 devant soi1 mais c'tait l le mo9dre de mes s\cis4 ,j'tais p\rsuivi p> le titre que ,h5ri ,he9e a donn un de ses livres3 les ,dieux en exil1 un nom trange1 hautem5t significatif4 ,n\s savons t\s que les dieux1 lors de la ru9e du paganisme1 se rfugir5t s\s t]re p\r y habit] avec les gnomes et les dmons4 ,on dit aussi que dans cette socit ils prir5t quelques traits de c>actre leurs n\veaux cam>ades4 ,figurez-v\s qu',apollon1 le dieu de la lumire et de la posie1--c> lui aussi a d subir cette humiliation1--revoit p> une grce spciale1 aprs des sicles d'abs5ce1 la spl5deur du ciel olympi54 ,e/-ce que le dieu1 boiteux depuis sa *ute1 mont]a1 comme avant1 sur le *> du soleil8 ,e/-ce qu'il pr5dra les rnes avec la fi]t vig\reuse des jeunes annes8 ,f]a-t-il *ant] les cordes de sa lyre comme jadis1 ou hsit]a-t-il veill] des sons qu'il a dsappris peut-tre8 ,e/-ce que p>fois mme il n'pr\v]a pas le dsir de ret\rn] v]s les m>ais qui cr\piss5t s\s t]re1 ce pauvre dieu fltri et dfait1 qui se s5t un peu confus devant le rayonnem5t insol5t de l'!r immacul4448 ,ah6 je ne *]*e pas m'abus] sur mon motion1 en imag9ant des figures de rhtorique3 je suis tri/e2 je ne puis pas ne pas p5s] cette p>ole si humble qui m'a s]r le cur3 ,je suis pauvre1 voyez-v\s6 ,et il y a encore autre *ose qui m'oppresse sans que je puisse donn] un nom prcis ma pe9e4 ,pauvret e/ v]tu1 mais non p\r celui qui n'aurait pas d l'tre1 et qui ne sait pas tre pauvre4 ,alors1 t\t comme la s]vitude1 d'aprs les anci5s1 elle te la moiti de l'me1 et laisse l'autre moiti en butte aux moqu]ies des indiffr5ts4 ,l'exi/5ce d'un gr& pote1--non d'un pote1 c> il n'y a pas de degrs--ne devrait pas tre ouv]te aux reg>ds de t\t le monde2 il y a je ne sais quoi de sacr en elle1 le pr9cipe mme de l'individualit huma9e1 qui e/ *ose ineffable4 ,et voil que je me surpr5ds *]*] s\s t\tes les p>oles qui sont sorties de sa b\*e un s5s /rictem5t p]sonnel4 ,je me dem&e3 p\rquoi cette qu]elle *]*e ,%akespe>e8 ,e/-ce qu'il s5t l'aff9it de leurs deux natures et se mprise-t-il en lui8 ,p\rquoi cette prdilection p\r ,o!llo8 ,p>ce qu'il e/ jal\x1 jal\x comme un enfant1 qui veut t\te =ce qu'on lui fasse raison et que cette scne de jal\sie l'attire8 ,jusqu' sa mise nglige avec cette petite re*]*e d'une c\leur voyante1 excite ma curiosit4 ,je *]*e la mettre en rapport avec le mot3 ,il faut g>d] ses d]rires4 ,e/-ce que cette mise n'e/ pas une sorte de livre1 qui le protge en le r5dant connu de t\s1 une sauveg>de1 qui lui assure sa lib]t d'all] et de v5ir1 dans des endroits qui ne sont pas sans prils p\r les autres8 ,ces que/ions et leurs solutions indiqu5t d'elles-mmes le s5tim5t pnible qu'excite en moi t\t ce qui se ratta*e l'exi/5ce du pote4 ,t\t homme isol1--et un vritable arti/e ne m>*e jamais en b&e1--a beso9 de protection et in/9ctivem5t il se cre un organe de df5se p]sonnelle4 ,l'un s'enveloppe de my/res1 l'autre d'orgueil1 un troisime d'insol5ce4 ,leur exc5tricit e/ l'arme p> laquelle ils ti5n5t la f\le di/ance4 ,le rugissem5t du lion1--le lion m>*e seul dans le ds]t1--me semble une sorte de blague p> laquelle il s\ti5t le r5om de son indp5dance4 ,v]la9e1 lui1 n'a d'autre arme df5sive que sa pauvret1 sa misre1 sa blessure pr(onde4 ,il e/ l1 devant l'entre de la ca?drale de l'humanit1 sur une des m>*es de l'escali]1 et il excite la piti curieuse des passants p> la bndiction qu'il prononce en montrant sa hideuse plaie saignante4 ,je ne puis pas pass] comme les autres devant lui2 pas ma9t5ant4 ,il m'e/ impossible de m'arra*] ce spectacle4 ,il me gte le monde1 il me gte l'humanit1 il me gte l'art4 ,cette blessure t]rible1 je la vois dans mon propre cur1 je la s5s *ez les autres4 ,mais p\rquoi le pote a-t-il pris plaisir d*ir] jusqu'au cur de l'art8 99 99 99 99 99 ,e/-il une puissance aux cieux ou sur t]re qui puisse r5\] la trame brise1 rp>] les ru9es1 cicatris] la d*irure8 ,la ,compassion8 ,une voix trs d\ce et lo9ta9e1 timide un peu1 mais fire aussi un peu1 rpond3 la ,rsignation4 ,,deuxi,,me ,,p>tie ,,la ,g,n,,ration ,d',,hi] --,v5ez donc fum] une cig>ette3 il y a trop longtemps que j'en ai envie6 dit ,lon ,cahun en me faisant pass] du salon o les convives s'tai5t runis aprs dn]1 dans son cab9et de travail4 ,deux ,tat>es arms de pi$ en cap1--,tat>es en effigie t\tefois1--y montai5t la g>de4 ,des yatagans1 des sabres rec\rbs et de vieux fusils =mai5t des trophes contre la muraille2 un %eikh de l',arabie ,ptre1 aux traits n]giques1 saillissant du cadre de sa photographie avec t\te la vigueur de ses yeux sombres1 d>dait un reg>d svre4 ,lon ,cahun s'assit1 les jambes croises s\s lui1 la faon ori5tale1 et r\la une cig>ette4 ,ma9t5ant que les traits de son visage tai5t en repos1 il y avait peut-tre quelque ressemblance entre sa physionomie et le portrait arabe1 p5du au mur au-dessus de sa tte4 ,mais ce repos ne durait jamais plus que l'espace d'une seconde1 le temps de r\l] un peu de tabac gr5u dans une feuille de papi]4 --,je suis sr que cela v\s intress]a d'appr5dre1 dit-il en allumant sa cig>ette1 que cet app>tem5t a t habit autrefois p> ,jules ,s&eau4 --,sont-ce donc l deux ,mongols qui lui sont re/s dans son bagage littraire et qu'il n'a su plac] dans aucun de ses romans8 --,p>don2 ce sont deux gr$9s que j'ai recruts moi-mme en ,asie ,m9eure4 ,s&eau n'a ri5 laiss ici1 sauf les quatre murs et la vue4 ,mais elle e/ admirable1 la vue qu'on a ici4 ,reg>dez6 ,et cet homme1 qui n'aurait su re/] en place un seul in/ant1 s'tait lanc v]s la gr&e f5tre1 qu'il ouvrit d'un seul m\vem5t4 --,quel air frais1 n'e/-ce pas8 ,voyez donc t\tes ces lumires sur la ,se9e et le long des quais6 ,quelle admirable ide a eue l'tat de me log] ici dans l',in/itut de ,france1 l'endroit le plus beau et le plus anim de ,p>is4446 --,et o l'esprit de ,s&eau v\s excite v\s mesur] avec lui en crivant des romans1 tmo9 ,hassan le ,janissaire#b6 #b ,lon ,cahun1 ,hassan le ,janissaire1 #aeaf4 ,biblio?que de romans hi/oriques4 ,arm& ,col9 et ,cie1 diteurs4 --,oh6 ,jules n'a ri5 y voir1 ,hassan1 je v\s le c]tifie4 ,l'avez-v\s lu1 mon ,janissaire8 --,hlas6 jusqu'ici je n'ai pu tr\v] le loisir ncessaire1 mais je compte m'y mettre la premire mat9e que j'aurai de libre4 --,peuh6 v\s avez autre *ose faire2 je ne v\lais pas v\s dem&] de lire mon roman1 mais v\s prv5ir seulem5t qu'il y a dans ce livre des *oses dont je ne suis pas entirem5t satisfait4 ,d'abord il y a une "q trs difficile de l'hi/oire de la tactique que je n'ai pu rs\dre compltem5t4 ,t\t ce qui a rapport la tactique de l'arme turque dans ,hassan e/ emprunt un livre qui e/ po/rieur de #be ans aux av5tures que j'ai attribues mon janissaire4 ,a vrai dire1 il n'exi/e pas de raison p\r n\s faire suppos] que dans cet espace de temps il y ait eu un *angem5t significatif dans l'art de faire la gu]re2 mais on ne saurait atte9dre la sret complte4 ,ensuite444 ,il ne faut pas p5s] que t\s ces dtails import5t peu3 qu& on a vcu avec son hros1 comme je l'ai fait1 on ne peut s\ffrir l'ide qu'il y aura peut-tre p> ci p> l quelques inexactitudes4 ,j'ai tudi moi-mme jusque dans ses mo9dres p>ticul>its la r\te de m>*e que suit dans mon livre l'arme du ,sultan trav]s l',asie ,m9eure et la ,syrie4 ,*aque hameau1 *aque dt\r du *em9 e/ l1 devant mes yeux2 j'ai log dans les maisons que ,hassan a habites et j'ai caus avec les soldats du padi%ah1 des id5tiques sujets1 qui =mai5t sans d\te la matire des conv]sations dans le rgim5t de ,hassan4 ,les =mes de l'exi/5ce et la faon de vivre ne *ang5t gure en ,ori5t4 ,c'e/ plus =t que moi3 p>t\t o je vois des g5s1 je suis p\ss all] n\] conv]sation4 ,connatre les hommes1 c'e/ l ma curiosit1 mais compr5ez-moi bi51 des hommes vivants2 la psy*ologie1 la morale et t\tes ces ab/ractions ne sont ni de mon gt1 ni de mon mti]4 ,j'aime caus] avec les g5s1 p\r lire leurs p5ses1 je veux savoir leur condition et leur race4 ,ce n'e/ pas p\r ri5 que je suis e?nologue1 quoique je ne croie gure aux c>actres spciaux d'une race1 considre simplem5t en tant que race4 ,la race1 voil encore une ab/raction4 ,non1 *ez l'homme il y a des facults d'adaptation et d'imitation1 des influ5ces religieuses et sociales qui1 avec la race1 rgl5t et dt]m95t les v>iations dans sa faon de vivre1 dans sa /ature et dans sa physionomie4 ,il ne faut jamais1 p\r indiqu] la nature d'un peuple1 p>l] exclusivem5t de la race2 il faut t\j\rs y aj\t] la date exacte et les circon/ances environnantes4 ,il e/ encore plus facile de faire cette obs]vation en ,ori5t1 o la vie elle-mme gnralise et produit des types1 que dans une ville mod]ne1 o les diffr5ces d'individu individu s]v5t introduire de la confusion dans nos ?ories4 ,ceci e/ p\r moi une vrit inconte/able3 s\s la race1 s\s la religion1 s\s la socit politique et c]ta9s g>ds indp5dant de ces facteurs de l'humanit1 il y a l'homme4 ,ah6 tre mme de les saisir leur orig9e1 ces =ces vives de l'humanit1 simples comme ce que n\s voyons t\s les j\rs1 mais les seules relles qui exi/5t1 dit ,lon ,cahun qui semblait de son reg>d p]ant v\loir sond] les pr(ondeurs de mon me4 ,une fois entr dans le c]cle o se m\vai5t les p5ses et la p]sonnalit de cette nature orig9ale1 on s'ap]cevait trs vite qu'on avait affaire un homme dont le c]veau1 s\s le c\p d'une t5sion cont9uelle1 mettait v]s t\s les cts des ides et des hypo?ses4 ,il y avait encore *ez lui un apport incessant de vie intrieure1 qui recueillait les impressions du dehors1 les classait et se les appropriait4 ,son esprit tait un in/rum5t en mme temps trs s5sible et trs solide1 ne s'arrtant ri51 sans p]dre p\r cela son quilibre1 et l'homme lui-mme1 n]veux l'excs et impressionnable1 mais se r$ressant t\j\rs comme un ressort1 tait un exemple frappant d'une nature ard5te1 re*]*ant les av5tures de t\te sorte1 mais ret5ue et m5e p> la discipl9e de l'ducation ou de la tradition4 --,v\s compr5ez1 p\rsuivit-il1 que ce ,janissaire1 p\r moi1 app>ti5t dj au pass4 ,je m'occupe ma9t5ant d'un t\t autre g5re d'hommes1 qui au po9t de vue o je me place ont un intrt encore plus gr& p\r mes tudes sur l'humanit4 ,v\s avez c]ta9em5t ent5du p>l] des invasions mongoles en ,europe au ,x,i,i,ime sicle1 et v\s savez que leurs khans ont fond l'empire le plus gr& qui ait jamais exi/1 depuis les frontires occid5tales de la ,russie jusqu' la m] ,pacifique1 et du ,ple ,nord jusqu' la m] des ,indes4 ,eh bi56 n\s n'avons jamais ri5 appris sur ces hordes que p> leurs ennemis ou p> des trang]s1 qui avai5t voyag dans les contres s\mises leur puissance4 ,je veux faire connatre ces ,mongols l'aide des s\rces mongoles elles-mmes4 ,et alors v\s v]rez quelque *ose d'un trs haut intrt4 ,p\rquoi ces b&es de gu]ri]s se battai5t-ils8 ,p\r leur patrie8 ,mais c'tait un mlange de t\tes les nations4 ,p\r la foi8 ,mais t\tes les religions tai5t tolres2 et je p\rrais cit] des exemples =t curieux1 p\r v\s montr] que1 mme p\r les *rti5s1 le *ri/ianisme ne v5ait qu'au second rang auprs de l'honneur d'app>t5ir l'arme mongole4 ,p\r le but9 alors8 ,mais p\r le vritable soldat le pillage e/ t\j\rs une exception et la discipl9e svre e/ la rgle4 ,non1 le seul li5 qui les unissait1 c'tait l'atta*em5t du militaire son drapeau et son rgim5t1 la cam>ad]ie1 le beso9 de m>*] ensemble1 que sais-je8 ce s5tim5t si simple qui fait du soldat un soldat1 et qui e/ le vritable motif de t\s les m\vem5ts des masses4 ,je puis en p>l]1 moi qui ai l'esprit militaire3 oui1 j'ai le c>actre du vritable tr\pi]1 c'e/ un hritage de famille4 ,aussitt qu'on a bi5 v\lu n\s pr5dre comme soldats1 n\s avons fait la gu]re4 ,mon aeul a combattu la bataille de ,valmy1 et pe9e ,napolon ,,iii fut-il tomb1 que je m'engageai comme volontaire4 ,v\s compr5ez1--j'tais rpublica9-ultr1--cela aurait t un peu =t d'all] se battre au pr(it de ,bad+uet4 ,aprs sa *ute1 j'ai fait de mon mieux4 ,on m'a nomm (fici] et mes hommes m'adorai5t4 ,a la proclamation de la ,commune1 ils me pressr5t de me mettre leur tte2 je crus qu'il tait plus sage de n'en ri5 faire2 je n'avais pas gr&e confiance en moi-mme2 ils m'aurai5t p]suad et entran2 je me s]ais laiss all]1 et qui sait ce qu'en aurait t la f98 ,ma nature e/ trop impressionnable4 ,j'ai *oisi le p>ti le plus prud5t1 naturellem5t1 mais je v\s av\]ai qu'il m'a beauc\p cot de quitt] mes hommes4 ,la vie en commun ex]ce une influ5ce trs prononce sur l'esprit4 ,croiriez-v\s qu'aprs la campagne je me s5tais le c]veau envahi d'une d\ce btise8 ,il m'a fallu plus d'un an et demi p\r me s\/raire la contagion4 ,cep5dant j'y ai gagn quelque *ose3 j'ai compris ce que c'tait qu'un soldat2 non pas seulem5t l'av5turi]1 mais le soldat1 l'homme qui m>*e p>ce que les autres se mett5t en m>*e4 ,et ce fut la base de mes tudes sur l'esprit militaire p5dant le c\rs des sicles4 ,j'ai comm5c p> les ,phnici5s4 ,sa*ez1 en effet1 qu'il y a aussi un m>9 en moi4 ,quels dlicieux voyages j'ai faits dans la ,mdit]rane et la m] ,polaire6 ,et de quels tranges p]sonnages n'y ai-je pas fait connaissance6 ,j'ai des amis tant p>mi les capita9es de vaisseaux que p>mi les matelots4 ,l'un d'eux qui comm&ait un paquebot de la ,mdit]rane1 un ,m>seillais1 tait bi5 l'homme le plus sans-gne que j'aie jamais vu4 ,il j\ait avec les lm5ts2 le v5t et les flots semblai5t lui obir4 ,cur d'or1 mais c>actre extrmem5t difficile6 ,p]sonne1 ni de ses suprieurs1 ni de ses infrieurs1 n'a jamais os lui rsi/]4 ,qu& les passag]s l'ennuyai5t il avait une faon =t orig9ale de les r5voy] dormir dans leurs cab9es4 ,il leur affirmait qu'il comptait sur v+t-quatre heures au mo9s de temps favorable1 mais c'tait avec une m9e si s\cieuse qu'il p>aissait cra9dre une tempte viol5te4 ,et en cont9uant leur assur] que ce ne s]ait ri51 il leur faisait une peur atroce2 ils se s5tai5t pris du mal de m] et s'clipsai5t l'un aprs l'autre4 ,ri5 n'tait plus drle p\r ceux qui tai5t dans le secret que cette subite db&ade devant un dang] imag9aire suggr p> une malicieuse anti?se4 ,et quel plaisir c'tait de caus] longtemps sur le pont solitaire aprs une excution a9si t]m9e suivant t\tes les rgles de la politesse franaise6 ,ces rcits de vieux l\ps de m] ont veill en moi le dsir de racont] les av5tures des ,phnici5s et les expditions presque oublies de nos anci5s voyageurs norm&s4 ,puis1 vi5dront vos ,gueux de m]2 mais je ne p\rrai pas y p5s] avant d'avoir a*ev l'tude de mes ,mongols4 ,il me re/e encore bi5 des *oses faire1 avant de p\voir me mettre ce livre-l4 ,je vais pr5dre un soldat qui a fait p>tie de l'expdition contre la ,hongrie1 en #abda1 et je ne connais pas encore de vue la contre qu'il doit trav]s]4 ,je sais seulem5t qu'auj\rd'hui la physionomie du pays e/ entirem5t diffr5te de celle qu'il prs5tait au ,x,i,i,ie sicle4 ,p> consqu5t1 avant de faire mon voyage en ,hongrie1--et je compte bi5 y all]1--il me faut avoir t]m9 t\tes mes tudes prp>atoires d'aprs les textes1 af9 de p\voir me figur] exactem5t ce qu'tait la contre du temps de mon hros4 ,j'pr\ve un trs gr& plaisir p5s] d'avance ce voyage2 je me s5tirai de n\veau soldat1 comme en #ahgj1 qu& j'tais au milieu de mes hommes1--je puis bi5 dire de mes cam>ades--c> n\s n\s adorions4 ,on a racont bi5 des *oses sur l'esprit des tr\pes d'alors et sur les s5tim5ts des g5s de la ,commune4 ,mais le j\r vi5dra1--il e/ dj v5u1 je crois1--o on jug]a plus quitablem5t les p]sonnes qui fur5t mles ce m\vem5t4 ,il y avait l1 comme dans *aque rvolution1 quelques crim9els et quelques f\s qui se mettai5t en avant1 avec une majorit de niais d]rire eux2 mais il y avait l aussi la m9orit des bons et des modrs1 qui la longue fait ent5dre sa voix et dom9e les autres4 ,malheureusem5t1 son p\voir de rsi/ance tait amo9dri p> la misre du sige4 ,v\s ne p\vez gure v\s imag9] jusqu' quel po9t l'exhau/ion n]veuse tait arrive3 un seul v]re de v9 suffisait p\r faire p]dre la tte mes hommes4 ,a9si il n'y a po9t de raison d'tre surpris que1 s\s la ,commune1 il se soit commis des viol5ces jamais inexcusables2 peut-tre y a-t-il plutt lieu de s'tonn] qu'il n'y en ait pas eu un plus gr& nombre4 ,et voici ce que je v\drais encore v\s dire3 p5dant la ,commune la proprit a t respecte bi5 davantage que durant les premi]s j\rs de l'entre des tr\pes v]saillaises4 ,alors1 c'tait la cruaut insol5te qui triomphait4 ,mais ne v\s y trompez pas3 ce n'tait pas l'arme rgulire qui agissait a9si3 c'tai5t les hommes de recrue1 les n\veaux arrivs des quatre co9s de la ,france1 qui jetai5t leur g\rme en tuant les misrables et en dtruisant les maisons4 ,les vieux militaires se mordai5t les lvres d'assi/] ces scnes de soldatesque ivre de sang1 des scnes que ri5 ne r5dait1 aprs t\t1 ncessaires4 ,il y a beauc\p plus de vritable humanit dans un vieux soldat qu'on ne le croit d'ord9aire4 ,mais les jeunes1 a p]d la tte2 pe9e se tr\v5t-ils en prs5ce de ce qu'ils ne voi5t pas t\s les j\rs qu'ils croi5t ne p\voir combattre l'extraord9aire qu'en exagrant leurs =ces jusqu' la plus sauvage brutalit4 ,un vrai soldat g>de sa prs5ce d'esprit p>t\t4 --,et voil p\rquoi cet ge e/ sans piti1 dit ,lon ,cahun en s\riant de son en?\siasme p\r l'tat militaire4 ,mais j'ent5ds de la musique au salon4 ,si v\s m'en croyez1 n\s n'allons pas re/] ici p]dre notre temps en philosophant de *oses et d'autres4 ,t\tefois1 att5dez un in/ant2 je ti5s v\s donn] d'abord un exemplaire de ,hassan1 un exemplaire au!ntique2 c> le pudique diteur m'a ray un mot que ,hassan et ,molire ont employ dans leur temps sans y ri5 voir de mal1 mais qui1 dans les p5sionnats de jeunes filles1 semble-t-il1 n'e/ pas d'un usage j\rnali]4 ,et ,hassan n'aurait pas t un vrai janissaire s'il n'avait p>fois exhal son mpris p\r son ennemi en le traitant de cocu4 ,aussi1 je vais rtablir p\r v\s le texte orig9al4 ,et de son criture l>ge et simple1 ,lon ,cahun rintgra le t]me exil sur la page immacule1 t\te fire ma9t5ant d'avoir p]du sa virg9it4 ,,hassan ,hassan le ,janissaire n'e/ pas un livre tr\blant4 ,il a t crit p> un savant qui1--et c'e/ une exception r>e1--a le s5s commun4 ,vraim5t1 un rudit qui ent5d l'art de p5s] simplem5t n'e/ pas *ose qu'on r5contre t\s les j\rs4 ,la plup>t des g5s re/5t confus1 qu& on leur montre de l'extraord9aire1 mais le sage sait tr\v] le po9t de vue1 p>ce que1 mme en prs5ce de l'trange et du m]veilleux1 il se borne ce qu'il sait1 o il e/ pass matre4 ,les av5tures de ,hassan se dr\l5t dans une priode de la plus gr&e importance2 c'e/ l'hi/oire d'un soldat qui pr5d "p l'expdition contre les ,mamel\ks1 p> laquelle le sultan allait pr5dre possession de l'gypte4 ,et c'e/ un mom5t dcisif de l'hi/oire du monde4 ,l'quilibre politique se dplace en faveur du p\voir des ,osmanlis2 leur empire e/ raff]mi1 et la suprmatie sur les pays de la ,mdit]rane semble devoir leur donn] brve *ance la dom9ation de l',asie1 de l',afrique et de l',europe en mme temps4 ,hassan ne s'ap]oit gure de t\tes ces v5tualits qui r5d5t probable dans un av5ir rappro* la solution du gr& problme du p\voir univ]sel4 ,il e/ p\ss p> des puissances qui ne s'occup5t que du banal t]re t]re4 ,un (fici] *>g de recrut] des soldats p\r les armes du ,sultan l'enlve la maison pat]nelle1 et il "p avec lui2 son rgim5t reoit l'ordre de s'emb>qu] et il s'emb>que avec les autres2 il tombe b\t de =ces sur le *amp de bataille1 aprs avoir di/ribu des c\ps droite et gau*e1 et il appr5d de ses cam>ades que la victoire e/ de leur ct4 ,entre temps1 t\te sorte d'av5tures p>ticulires2 et il s'y conduit avec plus ou mo9s de bonheur et d'adresse4 ,en un mot1 les ides qui g\v]n5t le monde de son temps pass5t inap]ues de lui2 il n'a pas trop de t\t son esprit p\r se tir] sa9 et sauf des nombreuses bag>res o il e/ ml4 ,cep5dant p> l mme il n\s donne l'explication de l'hi/oire extraord9aire de l'empire ottoman4 ,n'a-t-on pas dit que c'tait le s\s-(fici] allem& qui a remport la victoire de #ahgj8 ,et n'e/-il pas c]ta9 que cette victoire me s]ait r5due bi5 plus claire1 si je p\vais me figur] exactem5t comm5t un soldat prussi5 tait discipl9 lui-mme et savait discipl9] ses subordonns1 que si l'on me faisait connatre une f\le de donnes gographiques1 /ratgiques et diplomatiques dont la connexit pass]ait ma comprh5sion8 ,c'e/ cette explication-l que me donne ,hassan p\r le temps o il vivait1 p>ce que des hommes comme lui tai5t les in/rum5ts au moy5 desquels se p\rsuivait l'ext5sion du p\voir des ,osmanlis4 ,il fait p>tie d'un t\t qui s'appuie sur lui l o il a sa place4 ,la manire dont ce t\t fonctionne e/ une ab/raction que n\s ne p\rrons jamais n\s reprs5t] d'une manire adquate et satisfaisante4 ,il faut se cont5t] d'un peu prs4 ,l'exi/5ce de ,hassan n\s fait appro*] de la connexion des vnem5ts p> en-dess\s1 si l'on me p]met cette expression vulgaire4 ,il ne voit que ce qui lui arrive1 et il ne voit pas lo93 et cep5dant il n\s donne l'impression trs vive d'tre atta* une gr&e communaut d'intrts et de s5tim5ts indp5dants de lui en app>5ce1 mais reposant sur lui en ralit4 ,le *>me du livre consi/e en ce que le rcit va droit son b4 ,hassan ne fait pas de phrases4 ,il aime avec passion t\s les dtails du s]vice militaire2 mais comm5t lui en faire un repro*e puisqu'il ne n\s ennuie jamais1 en p>lant de son mti]8 ,la vie l'amuse et il ne reg>de pas en arrire4 ,le sort le sec\e p>fois d'une faon t]rible2 la discipl9e e/ extrmem5t svre1 les c\ps de bton ne manqu5t pas2 une seule fois mme la punition e/ presque trop =te p\r tre supporte4 ,mais en revan*e l'exi/5ce a de bons mom5ts2 il y a d'excell5ts cam>ades au rgim5t et les amis peuv5t compt] les uns sur les autres jusqu' la mort2 puis les yeux des femmes qui reg>d5t les militaires sont bi5 d\x et les capita9es sont indulg5ts p\r les petites escapades2 mme les (fici]s suprieurs sont mo9s b\rrus qu'on ne le croirait leur extrieur4 ,et la discipl9e mme a son bon ct4 ,hassan1 qui n'e/ que trop encl9 se laiss] entran] p> la premire sottise qui lui passe p> la tte1 en sait quelque *ose4 ,une fois mme une enjleuse lui a p]suad de *>g] son me du plus gr& crime qu'on puisse s'imag9] ici-bas3 la ds]tion4 ,heureusem5t que la vie n\s procure l'occasion de rp>] les fautes commises1 mme les plus graves4 ,l'ess5tiel1 p>t\t et t\j\rs1 c'e/ d'avoir le cur bi5 plac4 ,et puis il y a quelque *ose qui peut n\s consol] au milieu des risques extrmes de l'exi/5ce3 p]sonne n'*appe sa de/9e4 ,a la lecture de ce livre1 il m'e/ bi5 v5u p>fois le s\pon que ,hassan donnait un peu dans l'exagration romanesque en contant ses am\rs avec la belle ,vniti5ne1 qui l'entran]a un j\r v]s sa p]te4 ,mais d'autre "p l'exi/5ce du soldat n'e/ pas complte sans quelques av5tures o la fantaisie j\e un plus gr& rle que la vrit1 et cette lgre po9te de fanf>onnade e/ comp5se p> une f\le de petits traits1 qui montr5t que1 dans ces s\v5irs d'un janissaire n\s avons affaire un homme vritable et vridique4 ,avec quelle f9esse ,hassan se dpe9t dans une rem>que passagre au mom5t o il s'e/ rfugi1 en compagnie de sa *re ,vniti5ne1 la belle ,lor5za1 dans la maison d'une amie qui l'aime1 elle aussi6 ,en musulman qu'il e/1 il ne voit pas d'inconvni5t avoir deux femmes la fois2 mais comme il veut faire pnit5ce p\r les p*s qu'il a commis1 il prononce le vu de ne po9t t\*] son htesse1 ,nazmi1 la ,musulmane1 avant que le ,kadi n'ait lgitim leur union4 ,p\r ,lor5za1 p\rsuit-il1 je ne pus en v5ir une rsolution df9itive4 ,je le crois bi53 ,lor5za1 c'e/ le p*1 c'e/--dire ce dont on ne peut pas s'ab/5ir4 ,nazmi1 c'e/ la v]tu1 que l'on *rit et que l'on respecte4 ,nazmi e/ la figure la plus aimable et la plus vivante du livre1 quoiqu'elle re/e l'arrire-plan1 ce qui d'ailleurs e/ la place de la femme2 indulg5te sans faiblesse1 gaie sans extravagance1 ple9e de bon s5s sans prud]ie1 une vraie femme de soldat4 ,elle sait dirig] son ent\rage1 sans qu'on s'ap]oive que c'e/ elle qui ti5t les rnes4 ,je p5se qu'elle a ses ides elle sur le c>actre et l'intellig5ce de ,hassan1 mais jamais un d\te ne lui vi5dra sur la bont de son cur4 ,et le sort traite ,hassan un peu la manire de sa ,nazmi1 mais plus brusquem5t4 ,p> mom5ts il l*e la bride et ,hassan se s5t libre comme un p\la9 foltre2 puis il la ress]re vivem5t et ,hassan compr5d qu'il lui faut recueillir t\tes ses =ces p\r ne pas re/] en arrire4 ,et il s'amuse t\j\rs en m>*ant sur la gr&e ou la petite r\te que le de/9 lui ouvre4 ,je regrette vraim5t que l'me de ,hassan soit alle1 depuis si longtemps1 rejo9dre celle de ses aeux4 ,comme j'aurais aim lui r5dre visite dans sa maison d',alep1 o il s'e/ retir avec sa ,nazmi1 aprs avoir quitt le s]vice6 ,je le vois l1 devant mes yeux1 assis sur le divan1 les jambes croises s\s lui1 un trophe de poign>ds et d'arquebuses susp5du au-dessus de sa tte1 l'armure complte des janissaires appuye contre le mur4 ,au fond1 peut-tre qu'il ne saurait m'appr5dre sur les problmes de la vie ri5 que d'autres ne puss5t m'enseign] aussi bi54 ,mais c'e/ la simplicit et la faon presque antique dont il me communiqu]ait sa sagesse44444444 ,un anci5 soldat n'e/ pas cruel4 ,il peut sec\] un peu brusquem5t la vie et t\t ce qui t\*e l'exi/5ce2 mais il ne la mettra pas en pices3 il ne la d*ir]a pas3 il ne l'os]ait jamais4 ,,la ,g,n,,ration ,d',,auj\rd',,hui ,je v\lus savoir quelle tait l'op9ion de ,jules ,r5>d sur ,hassan le ,janissaire4 --,un beau livre6 dit ,r5>d4 ,comme l'auteur s'e/ donn de la pe9e p\r n\s intress] ce qu'il avait n\s racont]6 ,il y en a1 l1 des *oses6 ,du ,turc1 de la tactique1 de l'ar*ologie6 ,moralem5t1 ,jules ,r5>d demeure aux antipodes4 ,sa r5omme littraire e/ tablie sur la publication d'un petit volume qui a p>u *ez ,lem]re1 et de ce volume mme ce ne sont que les v+t premires pages qui ont attir l'att5tion4 ,il e/ l'ennemi dcl> de t\t ce qui n'e/ pas rel4 ,il n'arrive gure sur notre bonne vieille maman de t]re le plus simple accid5t que les commres1--et les compres aussi1 hlas6--du vois9age ne se pr5n5t bav>d] sur son importance2 elles ressuscit5t des hi/oires anci5nes et se has>d5t faire des prdictions sur les suites probables de l'affaire4 ,t\tefois1 la plus m*ante de ces commres habite dans notre propre cur1 et t\te occasion elle *]*e donn] de l'air ses griefs1 ses s5tim5talits et autre littrature4 ,en att5dant1 le pauvre fait1 dans son enveloppe de phrases sans signification prcise1 mne une vie lat5te1 comme le papillon dans son cocon4 ,la littrature n\s reprs5te vivem5t cette p>ticul>it de la g5t bav>de de ne p\voir laiss] tranquille un vnem5t qui se passe en dehors ou au d$ans de n\s2 et elle e/ dev5ue l'art d'ensevelir une seule expri5ce de l'auteur dans un tombeau fragile de trois c5t c9quante pages4 ,*acun a fait cette obs]vation son t\r2 *acun1 avec t\te l'loqu5ce dont il p\vait dispos]1 a pr* aux autres3 soyez v\s-mme2 que votre uvre ne n\s fasse voir ni du my/icisme moy5-ge1 ni de la posie la ,byron1 ni du pessimisme la ,flaub]t1 mais votre p]sonnalit seule1 qui e/ bi5 v\s3 ce que v\s avez vu et s5ti v\s-mme s\s le c\p de votre motion2 et surt\t soyez bref2 n\s savons mieux que v\s les ornem5ts de votre rcit et son cadre4 ,et cep5dant on a cont9u labor] des volumes de trois c5t c9quante pages4 ,agissez d'aprs mes p>oles4 ,jules ,r5>d a eu l'orig9alit de suivre le prcepte qu'on lui criait de t\tes p>ts1 et comme la =tune aime v5ir en aide aux +nus1 il a obt5u ds le comm5cem5t de sa c>rire sa place lui dans le monde des lettres1 ce qui ne veut pas dire peu de *ose4 ,qu'e/-ce donc qui lui a fray la r\te8 ,r5>d a racont l'hi/oire d'un petit g>on aux *eveux r\x4 ,poil-de-,c>otte1 un soir1 a reu l'ordre de f]m] le p\laill]1 et il a eu peur dans l'obscurit2 il lui e/ arriv un petit malheur au lit1 et il a d en port] la pe9e2 son frre l'a bless et c'e/ lui qui a subi la punition2 il ronfle et on le rveille brusquem5t2 il veut se r5dre agrable ses p>5ts2 et c'e/ le contraire qui e/ le rsultat de ses ef=ts4 ,l'hi/oire de ,cs> v\s intresse davantage8 ,je le p5se1 si v\s croyez utile de v\s en?\siasm] p\r des ides qui sont au-dessus de votre comprh5sion1 ou plutt1 dont v\s ne saurez contrl] l'exactitude4 ,p\r moi1 au contraire1 ces expri5ces compt5t seules qui m'ont mis mme de dc\vrir ce que je vaux en ralit4 ,notez bi51 je ne nie po9t qu'on ne puisse voqu] dans mon imag9ation des s5sations dlicieuses et de belles images1 en me donnant le contact vague et mom5tan d'ides qui trav]s5t ma consci5ce comme les aroli!s sillonn5t notre sy/me plantaire3 mais je ma9ti5s que t\t cela n'a gure de rapport srieux avec la vritable nature de mon c>actre4 ,je creuse plus pr(ondm5t4 ,qui donc jug]ait de la valeur d'un t]ra9 sans avoir pntr jusqu' l'argile r\ge et dure du s\s-sol8 ,la t]re f9e et friable qui le rec\vre peut produire des plantes *>mantes1 mais elle n'e/ pas le t]ra92 du mo9s elle ne l'e/ po9t aux yeux du paysan et du connaisseur4 ,c'e/ a9si que je crois ent5dre raisonn] l'auteur de ,s\rires ,p9cs4 ,t\tefois sa manire de trait] un sujet n'e/ pas aussi simple qu'elle le p>at au premi] c\p d'il4 ,arrtons-n\s un in/ant une de ces scnes d'enfance de son livre et pr5ons p> exemple celle o l'auteur raconte comm5t un soir son petit hros1 ,poil-de-,c>otte1 reoit l'ordre d'all] f]m] le p\laill]4 ,le soir e/ v5u et la petite famille e/ rassemble aut\r de la lampe4 ,t\t c\p1 la mre se s\vi5t qu'on a oubli les p\les2 les deux ans1 s\s quelque prtexte futile1 ne b\g5t pas1 p>ce qu'ils ont peur2 c'e/ affaire au plus jeune1 qui passe p\r un vauri54 ,poil-de-,c>otte s'av5ture au milieu des tnbres1 ple9 de frayeur1 et voit des mon/res sans nom le m5ac] dans l'obscurit4 ,qu& il ret\rne la lumire1 aprs avoir accompli sa t*e1 il se s5t hros1 et croit f]mem5t que les autres l'admir]ont p\r sa vaillance4 ,quelle e/ la dsillusion qui l'att5d1 lorsqu'il *]*e l'expression de cette admiration sur leurs visages6 ,les deux ans cont9u5t leur travail sans lev] les yeux et la mre dit de sa voix s*e3 ,poil-de-,c>otte1 tu iras les f]m] t\s les soirs4 ,l'incid5t1 p\r petit qu'il soit1 e/ dev5u t\t un drame4 ,poil-de-,c>otte a pr\v un *oc dans sa consci5ce de gam94 ,d'abord humili comme le plus petit qui semble cr p\r faire les besognes dsagrables1 il pr5d jolim5t sa revan*e en se donnant la s5sation exquise d'une fi]t de hros triomphateur des ombres de la nuit4 ,mais le s5s qu'il attribue cette petite comdie hroque a t fauss p> l'attitude que le monde1 je veux dire sa famille1 a prise env]s lui3 t\s l'ont p\ss v]s l'obscurit et le dang]1 lorsqu'il a eu peur2 p]sonne ne l'a rem>qu1 lorsqu'il a donn la preuve suprme de son c\rage4 ,et cet accompagnem5t en s5s inv]se1 enflant la voix qu& on se s5t dprim1 baissant le ton et j\ant la non*alance1 qu& on e/ exalt p> l'accomplissem5t de son devoir1 indique bi5 le *assez-croisez p]ptuel que font l'individu et son ent\rage4 ,c'e/ l'expri5ce la plus pnible et la plus commune de l'exi/5ce et c'e/ l'expri5ce fondam5tale de la p]sonnalit p5dant sa priode de croissance4 ,les rcits suivants aj\t5t des traits n\veaux la physionomie morale du petit g>on4 ,poil-de-,c>otte entr]a en conflit avec le prcepte3 tu ne s]as pas cruel1 tu ne m5tiras pas2 le pauvre m>tyr de sa propre bonne volont s]a p\ss mme viol] la premire rgle de l'humanit3 tu aim]as tes p>5ts4 ,et le s]mon que le monde1 se fondant sur ces gr&es lois morales1 ne manqu]a pas de lui faire aura t\j\rs p\r base une fausse op9ion sur ce qui se passe au fond de son cur4 ,le cur de ,poil-de-,c>otte ne rpond gure l'vnem5t tel que les autres l'ont vu4 ,c'e/ a9si que le petit g>on m>*e la dc\v]te de lui-mme et de ce qui e/ en dehors de lui4 ,cep5dant l'auteur se re/re9t aux faits seuls de son rcit2 avec un p\voir r>e sur son tal5t il sait faire t5ir le rcit1--et naturellem5t1 sans l'ombre d'int5tion1--dans les bornes d'une consci5ce d'enfant4 ,p> l'n]gie simple et l'intgrit de son langage il empoigne le lecteur et le contra9t compr5dre ce que ,poil-de-,c>otte ne di/+ue encore que vaguem5t4 ,on voit la figure du pre bi5veillant1 mais un peu non*alant p\r les *oses du mnage2 on s5t l'esprit de dom9ation et le cur exclusif plutt que dur de la mre4 ,or ,poil-de-,c>otte voit seulem5t le dtail des actes qui le t\*5t1 t&is que ses s5tim5ts ne sont que le reflet direct de ces actes sur sa consci5ce d'enfant4 ,r5>d atte9t1 grce l'incroyable puret de son dess91 l'effet que t\t gr& arti/e se propose3 veill] une motion int5se p> les moy5s les plus simples2 son /yle1 je ne dirai pas son /ylet1 dc\pe avec une sret tonnante le cont\r des *oses1 sans ri5 faire cri] ni craqu]4 ,r>em5t ce tal5t succ9ct montre qu'il n'e/ pas encore p>v5u sa ple9e maturit soit p> un peu de s*]esse1 soit p> une c]ta9e re*]*e de l'esprit =ce de v\loir tre bref4 ,ce sont l les excs de ses qualits1 mais le g5re de tal5t de ,r5>d ne comporte po9t d'excs4 ,il va droit comme la fl*e2 t\t ce qui la fait dvi] lui fait manqu] son b4 ,il n'e/ pas "q ici de se laiss] all] l'av5ture4 ,t\t conc\rt t5ir l'action du rcit sur la ligne /ricte qui doit n\s conduire o l'auteur veut n\s m5]4 ,il n'y a pas m>*&] avec lui2 il n\s donn]a ce qui e/ ncessaire1 ri5 de plus1 ri5 de mo9s4 ,et p> contre-c\p n\s n\s figurons le conteur1 comme fait l'image de son travail1 ngligeant t\t ce qui n'e/ pas de son doma9e exactem5t limit1 ayant rduit son individualit l'expression la plus simple et la plus p]sonnelle4 ,a ce propos j'ent5ds un dialogue de deux adv]saires1 qui discut5t dans quelque comp>tim5t de mon c]veau4 --,n'e/-ce pas t] le *>me de l'art et de la vie que de lui enlev] le t]ra9 libre et vague p> lequel l'homme entre en communion avec ses semblables8 ,les plus nobles s5tim5ts sont clos au contact du monde extrieur1 ds que l'homme a appris sortir de lui-mme4 --,mon expri5ce e/ t\t autre1 dit ,poil-de-,c>otte2 qu& j'ai v\lu me rappro*] des autres1 mon contact avec le monde1 comme v\s l'appelez1 n'a produit que des mal5t5dus1 p\r ne pas employ] de gros mots4 --,mais alors c'e/ l'gsme pur que v\s pr*ez8 ,quelle cruaut env]s la vie6 --8 ,ce po9t d'int]rogation1 qui1 selon l'int5tion de l'int]locuteur1 veut dire t\t simplem5t qu'il se s\cie =t peu du nom qu'on v\dra donn] ses s5tim5ts1--je le ma9ti5s dans ma p5se1 mais j'y atta*e un s5s diffr5t4 ,il signifie que j'hsite vraim5t me prononc] p\r l'un des deux adv]saires jusqu' ce qu'une uvre n\velle1 df9itive1 celle-l1 me p]mette de me rang] du ct de l'arti/e qui1 en crant des types t]nels1 rs\t les problmes que les autres hommes pos5t4 ,,ou ,,allons-,,n\s8 ,jules ,r5>d1 bi5 qu' l'entre de sa c>rire d'auteur1 a laiss lo9 d]rire lui les s\v5irs de sa vie libre d'tudiant4 ,il demeure sur la rive droite1 mme moralem5t4 ,il reoit ses amis avec le mme empressem5t dont ceux-ci us5t de son hospitalit cordiale4 ,il ne diffre pas d'aspect des g5s comme v\s ou un autre et en dehors de ses autres bonnes qualits il a l'avantage d'tre encore jeune4 --,non6 me dit ,jules ,r5>d1 qu& j'cris je veille uniquem5t ce que mes phrases se ti5n5t bi54 ,je ne me s\cie nullem5t de ce que les autres ont fait dans leur temps4 ,je n'app>ti5s aucune cole2 ce que je sais du mo9s1 je n'ai appris le mti] de p]sonne4--,flaub]t8--,je l'admire pr(ondm5t2 ,flaub]t a une faon honnte et nette de dire les *oses qui me va droit au cur2 seulem5t son langage e/ trop rhy?mique mon avis1 et il a une manire de li] ses phrases1 comme s'il en v\lait faire des /rophes1 qui me dplat1 p>ce que je crois que si on veut crire de la prose il ne faut faire absolum5t que de la prose4 ,la mo9dre app>5ce de *antonnem5t y sonne faux4 ,la =me doit revtir le s5s1 sans le mo9dre pli2 petite p5se1 petite phrase4 ,mais ce sont l les pr9cipes de l'art4 ,puis le re/e va de soi4 ,je ne saurais faire un plan d'avance2 je l'ai fait quelquefois1 mais sans le mo9dre succs4 ,ou bi5 p5dant le travail je l'oubliais compltem5t1 ou bi51 en m'y t5ant je faisais fausse r\te4 ,j'cris ce que je s5s en crivant4 ,cela ne russit presque jamais au premi] abord2 je passe des j\rnes ma table de travail sans avanc] d'une ligne2 enf91 aprs cette priode d'incubation1 vi5t un mom5t o ma n\velle s'a*ve en un cl9 d'il4 --,avez-v\s quelque ide sur la r\te que v\s suivrez dornavant8 ,*acun a son rve1 qu'il veut ralis]4 --,je v\s assure que non1 dit ,r5>d avec le ton =t acc5tu d'une conviction pr(onde4 ,j'ignore o j'ab\tirai et je n'y p5se jamais4 ,seulem5t je suis conva9cu d'tre sur la bonne voie1 et cela me suffit4 ,je me s5s comme un voyageur dans une contre trangre2 il sait qu'il suit la direction qui le mn]a o il doit all]1 mais *aque dtail du *em9 e/ p\r lui une n\veaut et une dc\v]te1 t\t comme la halte o il arriv]a au b\t de sa j\rne4--,mais p\rquoi re/ons-n\s deb\t8 ,la voix de ,r5>d1 trs fire t&is qu'il m'assurait qu'il se savait sur le bon *em91 reprit le ton habituel de la conv]sation4 ,l'aimable hte1 donnant le bon exemple1 se laissa tomb] dans un fauteuil t\t son aise1 et1 p\rsuivant le sujet entam1 il le traita de sa faon ord9aire1 o un gra9 d'ironie se mlait une c]ta9e expression non*alante de supriorit intellectuelle4 --,je suis trs reconnaissant aux g5s de *]*] une ?orie philosophique s\s l'hi/oire de ,poil-de-,c>otte4 ,cela montre qu'ils s'occup5t de mon livre et cela ne peut qu'tre agrable un auteur4 ,peut-tre mme s'y mle-t-il un peu d'envie2 c> je ne m'en s5s po9t capable1 moi qui n'ai eu d'autre ide en tte1 qu& j'crivais ,poil-de-,c>otte1 qu' bi5 r5dre la figure de ,poil-de-,c>otte4 ,p\r moi un rcit doit s'expliqu] lui-mme4 ,une int]prtation en dehors ou ct du livre e/ une *ose qui me confond4 ,maurice ,b>rs me disait ces j\rs-ci qu'il tait en tra9 d'crire un comm5taire sur sa propre uvre4 ,j'ai risqu la timide obs]vation qu'il p\vait employ] plus utilem5t son temps1 puisque son comm5taire n'expliqu]ait ri5 qui ne ft dj clair aup>avant4 ,il me reg>da avec quelque tonnem5t2 mais comme je lui affirmais qu'en t\t cas ces pages s]ai5t intressantes1 puisqu'elles v5ai5t de lui1 n\s n\s sommes sp>s bons amis4 ,ce beso9 de *]*] anguille s\s ro*e dans nos livres indique p\rtant qu'on n\s lit4 ,mais qui donc n\s a*te8--je p>le de nos livres1 naturellem5t4--,c'e/ l ce qui excite ma curiosit4 ,faiblesse dont j'ai honte vraim5t1 mais j'av\e de bon cur que j'aim]ais1 un j\r1 voir le succs de mon livre ralis devant moi s\s =me d'un homme en *air et en os qui emport]ait mes ,s\rires ,p9cs s\s son bras aprs avoir dm5t v]s ses trois francs sur le comptoir du libraire4 ,j'ai cru r5contr] d]nirem5t un spcim5 de cette espce peu prs disp>ue4 ,c'tait prs du ,pan?on4 ,un monsieur trs bi51 ma foi1 f\illait dans un talage de b\qu9s4 ,p>mi t\s ces livres1 il *oisit le fruit de mes veilles et de mes rves4 ,de lo9 ce *oix attira mon reg>d4 ,quel auteur ne reconnatrait son livre entre mille1 mme une lieue8 ,je re/ais l1 le guett]2 oui1 j'tais tomb assez bas p\r att5dre l'issue4 ,cet homme a mis ma pati5ce une =te preuve4 ,il faut bi5 que le b\qu9 l'ait intress1 puisqu'il cont9uait lire1 et t*ait mme1 le misrable6 de voir ce qu'il y avait entre les pages4 ,il lisait avec une telle ardeur que je croyais f]mem5t voir arriv] le miracle3 cet homme-l avait le dsir d'emport] mon livre4 ,et je le guettais t\j\rs4 ,enf9 il le dposa p>mi les autres volumes qui att5dai5t leurs a*eteurs1 et s'en alla1 le tratre6 ,et mon dsir re/ait inass\vi3 encore un qui le s]a t\j\rs4 ,c> jusqu'ici je ne crois pas l'exi/5ce de g5s qui a*t5t des livres1 mes livres4 ,cep5dant on v\s dem&e de cont9u] en faire4 ,on p\sse mme l'exig5ce jusqu' v\s impos] une c]ta9e contra9te4 ,poil-de-,c>otte6 ,c'e/ t\j\rs ,poil-de-,c>otte4 ,je suis sr qu'on ne s]a nullem5t satisfait1 si dans mon pro*a9 recueil ce gam9 ne montre pas sa tte aux poils r\x2 et si je l'y fais figur] je puis prdire en t\te sret qu'on me dira3 ce n'e/ pas l l'orig9al des ,s\rires ,p9cs4 ,voil une p]spective plaisante p\r un auteur3 quoi qu'il fasse ou crive1 il sait que ce s]a une dception p\r le monde et p\r lui4 ,faites donc des plans1 qu& la mauvaise russite e/ c]ta9e1 mais surt\t occupez-v\s donc du problme qu'agit5t en ce mom5t tant de ttes vides1 p\r dt]m9] la =me future du roman4 ,eh6 mon roman n'aura pas de succs1 c'e/ la seule *ose que conti5ne ma provision d'ides sur ce po9t4 ,p\r le re/e1 adressez-v\s mon vois9 ou mon vois9 d'en face ou un autre3 ils v\s donn]ont leur ?orie sur la littrature de dema94 ,moi1 je ne ti5s pas de ?ories dans ma b\tique4 ,et s\s t\s ces s>casmes1 moqueurs la bonne faon plutt qu'am]s1 j'ent5dais rsonn] ces fires p>oles3 je ne sais qu'une *ose3 je suis dans la bonne voie4 ,,une ,,impression ,j'av\e qu'au premi] in/ant je me s5tis assez dpays en entrant dans la salle o tai5t exposs les tableaux de ,claude ,monet4 ,j'y tais v5u sur une invitation gnrale du pe9tre1 que je p\vais considr] un peu comme une invitation p]sonnelle3 et mon premi] m\vem5t fut de m'en all]1 aussitt arriv4 ,ces c\leurs voyantes1 ces lignes zigzagantes1 bleues1 jaunes1 v]tes1 r\ges et brunes1 qui dansai5t une s>ab&e folle sur les toiles fir5t viol5ce mes yeux habitus aux grisailles de la pe9ture nationale4 ,la salle tait encore vide4 ,j'eus donc le temps de rfl*ir et de *oisir mon aise une place qui me p]mt de bi5 voir4 ,il y avait l qu9ze tableaux reprs5tant t\s la mme meule prise des heures diffr5tes du j\r et aux diffr5tes saisons de l'anne4 ,l'arti/e1 aprs avoir pe9t des paysages norm&s et l'agitation des gr&es capitales1 avait v\ une anne de sa vie obs]v] l'exi/5ce d'une meule au milieu des reflets *angeants de la lumire3 il avait *oisi une *ose trs simple1 t\t prs de sa maison1 et qu' *aque in/ant il avait s\s la ma94 ,un de ces tableaux montrait la meule en ple9e gloire4 ,un soleil d'aprs-midi y brlait la paille de ses rayons p\rpre et or et les br9dilles allumes flamboyai5t d'un clat bl\issant4 ,l'atmosphre *aude vibrait visiblem5t et baignait les objets dans une transp>5ce de vapeur bleutre4 ,vraim5t ce tableau triomphait de t\s les d\tes qu'on aurait pu oppos] l'art du matre et l'il du spectateur tait =c irrsi/iblem5t recrer au moy5 de ce b>iolage de c\leurs la vision du pe9tre4 ,cette toile m'apprit voir les autres2 elle les veillait la vie et la vrit4 ,aprs avoir hsit d'abord jet] les yeux aut\r de moi1 je s5tais ma9t5ant une j\issance r>e p>c\rir la srie des tableaux exposs et la gamme des c\leurs qu'ils me montrai5t1 depuis le p\rpre c>late de l't jusqu' la froideur grise du p\rpre m\rant d'une soire d'hiv]4 ,a cet in/ant1 ,claude ,monet entra dans la salle2 je lui donnai mon impression p\r ce qu'elle valait4 --,v\s avez raison1 dit-il avec la belle fran*ise d'un gr& arti/e qui sait apprci] la s9crit des p>oles qu'on lui adresse4 ,voici ce que je me suis propos3 avant t\t j'ai v\lu tre vrai et exact4 ,un paysage1 p\r moi1 n'exi/e po9t en tant que paysage1 puisque l'aspect en *ange *aque mom5t2 mais il vit p> ses al5t\rs1 p> l'air et la lumire1 qui v>i5t cont9uellem5t4 ,avez-v\s rem>qu ces deux portraits de femmes au-dessus de mes meules8 ,c'e/ la mme jeune femme1 mais pe9te au milieu d'une atmosphre diffr5te2 j'aurais pu faire qu9ze portraits d'elle1 t\t comme de la meule4 ,p\r moi1 ce ne sont que les al5t\rs qui donn5t la vritable valeur aux sujets4 ,qu& on veut tre trs exact on pr\ve de gr&es dceptions en travaillant4 ,il faut savoir saisir le mom5t du paysage l'in/ant ju/e1 c> ce mom5t-l ne revi5dra jamais et on se dem&e t\j\rs si l'impression qu'on a reue a t la vraie4 ,et le rsultat8 ,voyez ce tableau-l1 au milieu des autres1 qui ds le premi] abord a attir votre att5tion1 celui-l seul e/ p>faitem5t russi1--peut-tre p>ce que le paysage alors donnait t\t ce qu'il tait capable de donn]4 ,et les autres8--il y en a quelques-uns vraim5t qui ne sont pas mal2 mais ils n'acquir5t t\te leur valeur que p> la comp>aison et la succession de la srie entire4 ,p\r qui v\drait *]*] l'analogie entre la littrature et la pe9ture d'une poque1 il y aurait peut-tre dire quelque *ose sur la t5dance1 commune aux deux arts1 d'obs]v] et d'exprim] le fait dans son propre milieu aussi fidlem5t que possible3 analyse exacte qui ne pr5d sa ple9e signification qu'en se ratta*ant des impressions du mme g5re4 ,et cette analyse-l ne vaut que p> la syn?se que l'arti/e n\s fait faire n\s-mmes4 ,ide f]tile1 si je ne me trompe1 et que je t*]ai de vrifi]4 ,,int]mezzo ,j'aurais aim la discut] avec ,m>cel ,s*wob2 c'e/ l'ami de ,r5>d1 auquel celui-ci faisait allusion1 lorsqu'il en appelait aux amateurs de ?ories littraires4 ,malheureusem5t je le tr\ve en proie deux jeunes potes1 dont le premi] volume de v]s vi5t de p>atre1 et ils ont absorb t\te la conv]sation4 --,il faut exalt] ses s5tim5ts1 disait l'un4 --,il faut donn] une conscration symbolique ses impressions1 disait l'autre4 --,p\r mes r5dez-v\s1 je *oisis t\j\rs une glise1 repr5ait le premi]2 l'enc5s1 les ci]ges1 l'autel1 la vote maje/ueuse1 rehauss5t de leur clat sombre ma s5sualit4 --,qu& je p5se la femme aime1 s\pirait le second1 je vois mont] l'horizon de mes p5ses l'image d'un lys1 qui dploie sa corolle immacule au milieu du sil5ce sacr d'un lac p]du dans la solitude des =ts imm5ses4 ,dj1 un d\x sommeil comm5ait me press] les paupires1 et il tait b]c p> l'alt]nance idyllique de ces *ants enfant9s1 lorsque le nom de ,/phane ,mall>m1 prononc p> un des int]locuteurs1 me rveilla t\t c\p et p\r de bon4 ,a mon gr& regret j'avais manqu l'occasion de faire la connaissance p]sonnelle de l'arti/e si clbr p> les potes1 si nglig p> le public1 qu'il ti5t di/ance p> la manire dont il leur prs5te ses ides1 d'un bloc1 nimbes d'une cl>t complexe1 tel un cri/al taill angles r5trants4 ,il dem&e un ef=t trop gr& l'intellig5ce moy5ne de notre temps4 ,mme on p\rrait se dem&] si jamais quelqu'un v\dra se donn] la pe9e de gt] son uvre4 ,le temps n\s l'appr5dra2 p\r l'heure prs5te1 c'e/ un dtail nglig]4 ,ce qui me frappait surt\t1 c'e/ qu'tant v5u p\r *ang] des ides sur l'influ5ce de l'tat social sur la littrature j'ent5dais sans cesse prononc] le nom de l'homme qui place l'art comme une *ose absolue1 en dehors et au-dessus de t\tes les v>iations que la succession des sicles peut apport]4 ,c'e/ a9si que ,sal1 fils de ,kis1 sortait de la maison pat]nelle p\r all] la re*]*e du btail p]du1 et qu'il tr\vait un royaume4 ,seulem5t1 les royauts de ce temps-ci me sembl5t encore mo9s solides qu'elles ne l'tai5t dans ce pass vnrable4 --,mall>m1 disait-on1 e/ avant t\t un *>mant homme et un *>meur4 ,il sait communiqu] aux autres l'inspiration de gnrosit qui prside ses p>oles1 et ses actes4 ,t\te ide troite se tait devant lui4 ,on prt5d mme que1 grce au *>me irrsi/ible de sa p]sonnalit1 il a su p]suad] l'diteur ,lon ,vani] de lui donn] p\r l',aprs-midi d'un ,faune une somme suffisante p\r a*et] un quipage4 ,figurez-v\s un *eval et une voiture p\r un simple pome lyrique6 ,c'e/ incroyable6 ,aussi aj\te-t-on p\r r5dre vraisemblable ce rcit miraculeux qu'il ne s'agirait au fond que d'une *>rette ne p\r ,mlle ,mall>m2 mais1 mme rduite ces dim5sions plus mode/es1 la *ose conf9e au fabuleux4 ,p\rtant il n'y a plus l ri5 d'incomprh5sible ds que l'on ent5d caus] le pote4 ,oh6 le causeur puissant et entranant6 ,quelle m9e 9puisable d'anecdotes6 ,le has>d ou la mo9dre allusion excite sa v]ve t9celante et elle se rp& en une pr(usion de saillies +nieuses et humori/iques4 --,oui1 oui1 dit ,b444 entre ses d5ts1--il v5ait de rejo9dre notre petit gr\pe et tait ce soir-l d'humeur dmolir t\t ce qu'il r5contrait sur son *em94 ,mall>m a en effet les saillies les plus +nieuses3 il soigne son langage1 et s]ait capable de prp>] un accid5t p\r le plaisir seul d'en maill] sa conv]sation4 ,l'autre ne se laissa pas dconc]t]4 --,l'esprit de ,mall>m se montre surt\t qu& le pote e/ pris l'imprvu4 ,le directeur d'un gr& j\rnal1 qui avait assi/ une de ses improvisations1--si je me rappelle bi51 c'tait propos d'un vase fleurs1--t\t mu de ce qu'il v5ait d'ent5dre1 pria le pote d'en faire une *ronique p\r son j\rnal et lui promit monts et m]veilles4 ,mall>m ne put refus] et1 quoiqu'il ait horreur d'crire p\r les j\rnaux1 il rdigea l'article dsir4 ,mais1 rfl*issant ce qu'il avait dit et mettant sur le papi] ses s\v5irs1 il composa un essai entirem5t diffr5t4 ,qu& il l'apporta la rdaction1 le directeur n'y reconnut plus ri5 de ce qu'il avait admir et l'article ne fut pas reu4 --,quelle s+ulire manie de v\loir clair] t\t ce qui v\s passe p> la tte la lumire de tr5te-six *&elles qu& une pauvre petite flamme aurait suffi p\r n\s le faire voir1 dit ,b444 ,mais l'autre cont9ua1 comme s'il n'et pas rem>qu l'int]ruption3 --crire1 p\r ,mall>m1 c'e/ pontifi]4 ,qu&1 deb\t devant l'autel de l'art1 il adresse la p>ole ses fidles1 il n'emploie pas le langage de t\s les j\rs4 ,il a r5du au v]be son p\voir antique d'voqu] la vision des *oses et la ralit des s5tim5ts4 ,et comme la prire e/ en mme temps un cri de l'me et la rponse ent5due au fond du cur1 ses posies ne conti5n5t pas l'expression d'un dsir qu'elles n'apais5t aussitt4 ,seulem5t il faut tre initi p\r savoir les lire1 ces pomes2 mais combi5 peu ont pntr jusqu' leur c5tre my/ique d'o une haute volupt rayonne sur les adeptes6 --,pauvres pr(anes que n\s sommes1 p\r qui ces plaisirs div9s et autres div]tissem5ts littraires re/]ont lettre close6 dit ,b4444 --,dites croyants1 si v\s ne v\lez pas du mot d'initis1 dit l'autre de plus en plus anim4 ,mall>m1 lui1 aime employ] l'image de la messe1 qu& il veut n\s donn] une ide du *ef-d'uvre p>fait1 qui s]a le c\ronnem5t de l'art1 comme le sacrifice de la messe e/ l'expression la plus haute du culte *rti54 ,ce *ef-d'uvre-l ne peut tre qu'unique et suffira seul aux communiants1 c> il rsum]a t\tes les crations potiques exi/antes et leur donn]a l'a*vem5t f9al et suprme4 ,avec des ge/es sol5nels1 liturgiques1 il s]a rcit des j\rs dt]m9s de l'anne et a9si s]a satisfait le beso9 qu'pr\ve l'humanit de p>ticip] l'inf9i p> le seul moy5 du v]be pur4 --,t\t ce qui promet des miracles en dehors de l'glise me semble t5ir du *>latanisme1 dit ,b444 d'un ton ddaigneux4 --,moi1 rpondit s*em5t le philosophe de la petite runion1 je ti5s ,mall>m p\r un de ces tal5ts /riles1 qui *]*5t une comp5sation leur manque de facult cratrice en con/ruisant des ?ories ple9es d'esprit4 ,et plus ces projets sembl5t beaux1 mo9s on a de *ance de les voir excut]4 --,mais v\s oubliez entirem5t1 dit celui qui avait p>l le premi]1 que le ,matre a consacr t\te sa vie prp>] le pome p>fait4 ,quiconque a pass le seuil de son cab9et de travail a pu y voir ces c>tons remplis de papi]s1 dont je ne me suis jamais appro* sans pr\v] une motion int5se4 --,mais qui donc a jamais vu ce que conti5n5t ces papi]s-l8 dem&a ,b444 sur un ton taqu94 --,dites plutt3 qui s]ait assez prsomptueux d'y jet] les yeux6 obs]va l'autre4 --,je sais positivem5t1 dit le philosophe1 que ces c>tons ne conti5n5t444 ,au mom5t o il allait n\s rvl] le secret des c>tons du pote1 de n\veaux arrivs se joignir5t notre petit c]cle2 le bruit qu'ils fir5t en remuant les *aises int]rompit l'entreti5 comm5c et la conv]sation gnrale ne se r5\a plus4 ,a9si l'nigme1 dont j'avais t sur le po9t d'ent5dre la solution1 devait re/] my/rieuse p\r moi1 et ce soir-l je quittai mes htes s\s l'impression1 que je retr\ve *aque lecture du pome de ,s*ill]1 la ,/atue voile de ,sas3 je s5s qu'on me ca*e une *ose que j'ai le droit de savoir4 ,,ef=ts ,,et ,,t5dances ,le jugem5t que portait ,ri*ep9 sur l'uvre de ses confrres tait imprgn d'une bonhomie que c]tes l'on n'aurait pas *]*e *ez le pote de la ,*anson des ,gueux et des ,blasphmes4 ,et l'entreti5 dans son cab9et de travail1 ouv]t des deux cts au soleil1 tait une vritable rcration de l'esprit1 fatigu p> les rcrim9ations ha9euses de la bataille littraire qui ailleurs allait son tra9 de s>casmes en dnigrem5ts et de dnigrem5ts en injures p]sonnelles4 ,jules ,r5>d mit la conv]sation sur le ,cadet1 de ,ri*ep94 ,ce roman1 comme l'on sait1 e/ l'hi/oire d'un gnie rat1 qui se v5ge de l'inju/ice du sort en pr5ant d'abord l'honneur1 puis la vie son frre an1 dont il n'a reu que des bi5faits2 il meurt son t\r1 abhorr des hommes1 en fauve solitaire4 ,rcit saisissant1 qui n'a qu'un seul dfaut1 c'e/ qu'il y a manque d'unit dans le ton gnral de l'ouvrage3 p>ce que la passion du ,cadet p\r la t]re1--et c'e/ une influ5ce de la ,t]re de ,zola1--y apporte un lm5t lyrique qui aurait pu aussi bi5 re/] hors de la trame du rcit et de l'action des p]sonnages4 ,d'ailleurs1 le drame v\s empoigne p> la vrit psy*ologique de ses situations4 --,on en p>le r>em5t1 dit ,r5>d1 et il me semble p\rtant que c'e/ le plus =t de vos livres4 --,le livre e/ dur1 dit ,ri*ep91 et il se c>ra dans son fauteuil comme p\r s'aid] surmont] intrieurem5t cette duret dont il s'accusait4 ,il a t dur faire1 et il e/ re/ dur lire4 ,on n'a plus le temps de s'occup] d'un livre p>eil4 ,n\s ne lisons plus1 p>ce que n\s ne p\vons pas t\t lire4 ,je fais de mon mieux3 mais voyez o j'en suis re/ dans le roman de ,huysmans1 ,l-,bas1 un livre p\rtant qui mrite bi5 d'tre tudi4 ,combi5 de *oses neuves il n\s apporte et quelle application imm5se au sujet que l'auteur s'e/ propos6 ,le ,cadet aussi m'a cot une pe9e inf9ie2 c'e/ un livre t\t en d$ans1 qui a mis du temps sortir4 ,mais qui donc1 je v\s le dem&e1 peut y pr5dre gt8 ,on s'att5d autre *ose de ma "p4 ,ils veul5t que je re/e pote4 ,on me p>donne un roman comme ,mi>ka1 p>ce que le rcit e/ potique1 comme ils dis5t1 et qu'il faut bi5 pass] quelque *ose la fantaisie d'un pote4 ,p\r le re/e1 non4 ,ds qu'on a p]c1 les ,p>isi5s mett5t une tiquette votre nom1 et ils ne s\ffr5t pas que l'on s'c>te du rle p\r lequel ils v\s ont dsign4 ,a prs5t1 comme je frappe trois portes la fois1 ils m'en ti5n5t deux f]mes4 ,et ils ont raison peut-tre1 p\rsuivit-il de sa voix d\ce4 a console t\j\rs les autres de p\voir se dire3 ,pote1 oui1 n\s l'admettons1 mais il n'a eu que des *ecs au ?tre ou dans le roman qu& il a essay de rivalis] avec ,zola et ,daudet4 tre pote1 a suffit bi51 je p5se4 ,il y a des hommes de gr& tal5t1 qui ne peuv5t pas se faire l'ide que leurs uvres soi5t relativem5t impopulaires2 ,rosny1 p> exemple4 ,celui-l n'a jamais pu compr5dre p\rquoi ses romans n'ont pas eu autant d'ditions que ceux d',ohnet4 ,il a crit expressm5t son roman clef le ,t]mite1 p>ce qu'il croyait qu'en y introduisant des p]sonnes vivantes il donn]ait de l'actualit ses livres et le peu de succs que le ,t]mite a obt5u auprs du public ord9aire lui a caus une gr&e dception4 --,c'e/ la faon emb>rasse dont ,rosny exprime sa p5se1 qui lui b>re la r\te du vrai succs1 dit ,r5>d4 ,il ne sait pas dire simplem5t et prcism5t ce qu'il veut4 ,p\r moi1 il y a une ligne trs prononce1 qui sp>e les esprits nets de ceux qui ttonn5t et qui ne sauront jamais tr\v] qu'un quival5t peu prs suffisant leur p5se4 ,quiconque e/ n en-de de cette ligne ne p>vi5dra jamais1 quoi qu'il fasse1 va9cre la difficult inhr5te son tal5t4 ,il e/ vraim5t regrettable qu' notre poque le nombre des auteurs qui sont ns du mauvais ct aille t\j\rs en croissant4 --,il ne faut pas exagr] le cas de ,rosny1 dit ,ri*ep94 ,il a fait c]ta9em5t un progrs norme1 surt\t dans ce s5s-l1 avec son d]ni] roman1 ,daniel ,valgraive1 et le livre me plat de plus en plus4 ,il s'y tr\ve encore bi5 des passages qui1 au premi] abord1 ne me sembl5t pas clairs4 ,mais en revan*e j'y ai rem>qu des *oses1 qui sont vraim5t d'un arti/e1 et d'un gr& arti/e4 ,non1 je crois que l'obscurit des phrases que l'on repro*e ,rosny vi5t d'une t\t autre cause4 ,rosny cont9ue encore s'in/ruire2 il appr5d t\j\rs2 la sci5ce l'attire et il recueille p>t\t de n\veaux matriaux4 ,de l vi5t qu'une moiti de ses notions e/ mal digre1 t&is que l'autre moiti a pris sa =me df9itive et mrie4 ,il p5se qu'on peut all] t\j\rs en avant2 p\r moi1 au contraire1 pass la tr5ta9e1 l'homme a sa provision d'ides complte2 il doit savoir m>*] sur ses propres pi$s et ne pas s'emptr] aux lisires des manuels sci5tifiques1 qu'on r5\velle t\s les j\rs4 ,c'e/ l le vritable moy5 de faire entr] la confusion dans le c]veau le mieux quilibr4 ,y a-t-il donc encore tant de *oses appr5dre8 ,mais t\t e/ dj dit et tr\v1--je p>le naturellem5t p\r n\s1 littrateurs et romanci]s4 ,l'volution entire de la prose de notre sicle e/ r5f]me dans ce gr& modle de /yle1 que ,*ateaubri& n\s a laiss en ses ,mmoires d'outre-tombe4 ,plus je relis ce livre1 et plus je vois que t\t e/ l4 ,t\s les raff9em5ts dans le *oix des mots et dans la con/ruction des phrases y sont dj appliqus en tant que le gnie de la langue les admet4 ,le procd que n\s croyons avoir inv5t1 de figur] p> une image vivante une action ab/raite et de c>actris] un m\vem5t gnral1 n\s le r5controns dj *ez ,*ateaubri& et mis en uvre p> un matre du mti]4 ,n\s n'avons qu' le suivre et n\s inspir] de lui4 ,cette d]nire obs]vation ne me satisfait qu' demi4 ,non pas que je d\te de sa ju/esse1 mais mon esprit se refuse admettre t\tes les consqu5ces qui en dc\l5t1 d'aprs l'op9ion de ,ri*ep94 ,aussi1 je ne vois pas ces *oses-l du mme il que l'arti/e qui s5t le beso9 d'une base solide p\r y con/ruire l'difice p>fait de son uvre et qui1 p\r atte9dre le sommet auquel il aspire1 doit =cm5t circonscrire le *amp de son travail4 ,l'art1 tel que le critique le considre1 n'e/ pas exclusivem5t la proprit de l'arti/e individuel3 c'e/ l'uvre d'ensemble d'une priode o t\s conc\r5t p\r leur "p1 et il me p>at tre l'expri5ce qu'entrepr5d la socit entire p\r humanis] la vie4 ,alors la m>*e en avant et les t5tatives div]ses devi5n5t d'un intrt prpondrant3 et l'art absolu1 quelle que puisse tre sa signification p\r l'arti/e et p\r celui qui *]*e des j\issances immdiates1 ne vi5t qu'aprs4 ,l'arti/e ne peut nglig] compltem5t ce pr9cipe de progrs s\s pe9e de ne produire que de l'art mort4 ,aussi le vritable arti/e1 quelle que soit la doctr9e qu'il s\ti5ne1 ne c\rt gure le risque de se momifi]3 son esprit e/ t\j\rs en t5sion1 il guette les impressions de t\tes p>ts1 et1 s'il se clotre dans sa t\r d'ivoire1 il pr5d bi5 so9 d'rig] un obs]vatoire t\t en haut4 ,ri*ep9 lui-mme en e/ la meilleure preuve4 ,qu'e/-ce donc que le ,cadet1 ce livre dur1--notez bi5 que c'e/ le mme t]me qu'employait ,v]la9e p\r c>actris] ,bonheur1--ce livre dur qui n'avait pas donn son auteur de plaisir p5dant l'excution1 ni aprs qu'il l'avait t]m98 ,p> sa conception1 ce roman sort du cadre o se limite d'ord9aire le rcit des romans4 ,l'volution des vnem5ts e/ absolum5t transpose de l'extrieur l'intrieur de l'me mme du p]sonnage pr9cipal4 ,il vit sa vie lui2 les *oses du dehors n'ont po9t de prise sur son cur1 si ce n'e/ qu'elles y veill5t des s5tim5ts opposs ceux que l'on att5drait4 ,t\s les vnem5ts extrieurs qui le t\*5t ont un ret5tissem5t faux2 si l'on e/ aimable p\r lui1 il en conoit de l'humiliation2 si une femme lui donne son am\r1 il se livre cette passion1 mais avec l'arrire-p5se d'ass\vir sa ha9e contre son bi5faiteur2 t\t ce qui lui arrive se trans=me et se dnature1 et c'e/ une fatalit reb\rs qui le dirige en s5s contraire de ce que les vnem5ts semblai5t v\loir4 ,le ,cadet e/ un esprit aigri1 ce qui ne veut pas dire qu'il soit m*ant2 peut-tre mme qu'au fond les bonnes incl9ations l'emport5t sur les mauvaises2 mais ces bons m\vem5ts1 les premi]s1 sont s\v5t les plus dang]eux1 p>ce qu'ils lui montr5t que1 quoi qu'il fasse1 il ne s]a jamais d'accord avec son ent\rage4 ,en un mot1 ,ri*ep9 n\s a montr dans ce roman l'isolem5t de plus en plus m>qu d'une me huma9e au milieu de son monde4 ,le ,cadet1--et c'e/ ici que n\s rem>quons l'influ5ce des ides ambiantes sur l'esprit de l'arti/e1--prs5te quelque analogie dans le sujet avec ,daniel ,valgraive1 de ,rosny4 ,rosny e/ fait d'autre matire et bti d'autre faon que ,ri*ep94 ,il peut sembl] maladroit1 pdant1 grotesque et exagr1 mais il e/ p\ss p> une =ce qui jaillit du fond de sa p]sonnalit4 ,le m\vem5t e/ sa devise2 et il m>*e en avant1 trav]s dictionnaires et encyclopdies1 p\r saisir le secret de la vie tel qu'il se dvoile aussi bi5 dans l'exi/5ce individuelle que dans le gr\pem5t des masses4 ,dans un de ses premi]s livres1 le ,bilatral1 il a donn ce qu'il y avait de meilleur en lui4 ,la langue en e/ tr\ble2 mais *aque in/ant1 hors de l'arrire-fond obscur du livre1 se dgag5t des scnes d'une telle puissance et d'une telle intimit de s5tim5ts1 que l'esprit qui anime le t\t se rvle notre consci5ce trav]s la confusion des mots4 ,le ,bilatral e/ le c5tre de l'uvre entire de ,rosny2 c'e/ de l que rayonn5t ses autres livres o il essaye de compr5dre l'exi/5ce en l'envisageant bilatralem5t1 des deux cts4 ,daniel ,valgraive1 comme le ,cadet1 e/ l'hi/oire d'un solitaire2 c'e/ la confession d'un rat de la vie4 ,l'exi/5ce n'a pas v\lu de lui2 grce sa con/itution maladive1 il a t condamn m\rir de bonne heure et il le sait4 ,le monde aut\r de lui s'agite1 intrigue1 se fait des m*ancets et des mam\rs2 lui1 il s\ffre4 ,il obs]ve avec la s5sibilit propre aux malades ce qui se passe dans son ent\rage1 et il e/ =c de se t5ir en dehors de t\t1 p>ce qu'il n'a po9t le droit d'exi/]4 ,ses n]fs exaspr5t *aque s5sation jusqu' la s\ffrance1 et sa mort pro*a9e1 dont le secret re/e enf]m dans son cur1 lui int]dit de se pla9dre4 ,la fatalit sembl]ait l'oblig] pr5dre sa revan*e1 en le v\ant un gsme froce1 t\t comme elle p>aissait devoir am5] le ,cadet la fran*ise et la bonhomie4 ,mais ici comme l1 les circon/ances p\ss5t le c>actre dans une direction oppose leur c\rant4 ,daniel ,valgraive appr5d va9cre sa s5sibilit2 il oublie ses griefs et f9it p> se conva9cre que ce qui e/ v\ la mort ne compte gure1 si on le comp>e la vie4 ,t\t ple9 de ces p5ses1 il arrange ses affaires de faon que ceux qu'il aime tr\v5t la r\te aplanie devant eux1 et1 longtemps avant que la mort vi5ne le saisir1 il dn\e d'une ma9 dlicate les li5s qui le ratta*5t sa famille et ses amis4 ,il ne le fait po9t d'un cur lg] et les circon/ances ne lui vi5n5t nullem5t en aide4 ,il e/ lo9 d'tre un ange1 et jusqu' la f9 les passions mauvaises l'obsd5t2 mais dans ses mom5ts les plus noirs une voix intime lui crie que malgr ses fureurs secrtes la bont en lui aura ga9 de cause sur l'gsme1 p>ce que bont cela veut dire droiture et vrit4 ,c'e/ un bilatral4 ,qu& la balance semble p5*] du ct de l'troitesse de cur1 il met en contrepoids les ides qui le ratta*5t t\t ce qui e/ imp]sonnel et t]nel1 et l'quilibre e/ rtabli4 ,non pas que cet quilibre rappel de t\te =ce dans son me lui r5de la belle h>monie p]due dans ses relations avec le monde3 non1 trois fois non4 ,t\t ce qu'il entrepr5d p\r se mettre sur le pi$ de ju/ice avec son ent\rage le rep\sse de plus en plus v]s sa solitude morale2 il se s5t sp> de sa famille1 de son am\r1 de son amiti1 p> un p\voir mal91 d'autant plus rel qu'il a fait les d]ni]s sacrifices p\r l'apais]4 ,il n'y a pas de raison1 dirions-n\s1 p\r qu'un faible rayon de bonheur ne vnt se gliss] au *evet du lit de mort de ,daniel ,valgraive1 et p\rtant c'e/ seulem5t dans cet in/ant suprme qu'il s'ap]oit de t\te l't5due de son malheur et de son isolem5t3 pauvre victime de son mauvais sort6 ,la conclusion du livre e/ cruelle1 mais elle ne blesse pas les fibres du cur3 elle les irrite plutt en n\s faisant pr\v] ce f\ettem5t du sang que l'on ress5t qu& on e/ port s\da9em5t sur une gr&e hauteur4 ,et l'impression totale du livre e/ plus complte et plus simple la fois que celle du ,cadet de ,ri*ep94 ,t\t en tant plus vague et mo9s bi5 encadr1 le roman de ,rosny n\s t\*e plus directem5t4 ,envelopps dans leur br\ill>d1 les p]sonnages sembl5t recul] une gr&e di/ance de ma vue1 et p\rtant ils sont prs de mon cur4 videmm5t le rle que remplit le livre n'e/ pas le mme aux yeux des deux auteurs4 ,p\r ,ri*ep9 le livre n'e/ f9i que lorsqu'il e/ complet en soi1 a*ev et orn dans t\s ses dtails1 t&is que ,rosny1 ple9 de son sujet et conva9cu de l'intrt qu'il n\s inspire1 se fie n\s p\r suppler aux lacunes de son rcit4 ,il compte sur n\s comme ses collaborateurs4 ,et l'motion que n\s ress5tons la lecture de son roman provi5t p\r une gr&e "p de ce qu'il n\s a suggr d'y aj\t] n\s-mmes4 ,le livre1 comme l'auteur1 a p\r devise le m\vem5t1 et il =ce notre esprit se mettre en m>*e4 ,v]s quel b8 ,e/-ce que l'auteur le sait lui-mme8 ,comme sa prface n\s l'assure1 la direction de son esprit se montr]a plus clairem5t dans un livre pro*a9 qu'il prp>e4 ,av]tissem5t sup]flu peut-tre4 ,n\s croyons volonti]s qu'il ne s'arrt]a pas au milieu de sa r\te2 et n\s sommes prts le suivre4 ,,concordance ,ce rle du livre d' prs5t1 si diffr5t de la place qu'il occupait dans l'apprciation d'une gnration antrieure1 je veux t*] de le =mul] aussi clairem5t que possible en mon esprit4 ,p\r cela j'utilis]ai ce phnomne assez frqu5t1 que deux auteurs d'ge et de c>actre diffr5ts s'attaqu5t en mme temps au mme sujet4 ,t\t comme il y a des ides en l'air1 il semble que dans l'atmosphre intellectuelle d'une socit soi5t rp&us des g]mes de situations morales analogues1 qui1 fconds p> les esprits en qute de matires arti/iques1 se modifi5t suivant les p]sonnalits o ils sont tombs4 ,catulle ,m5ds1--c> c'e/ lui et ,b>rs que je pr5drai p\r sujets de cette mditation littraire1--a *oisi l'hrone de son d]ni] roman1 la ,femme-enfant1 dans le monde p]v]s o l'on s'ennuie =ce de trop v\loir s'amus]4 ,ds son enfance1 la jeune fille a t s\ille p> les att5tats mon/rueux d'un vieux dbau* rfugi en prov9ce p\r ses murs infmes4 ,qu& plus t>d elle arrive ,p>is1 entre dans l'arme du plaisir1 elle ne recule devant aucune besogne4 ,cela lui cote si peu3 le s5s moral e/ compltem5t te9t *ez elle2 mais cela ne lui fait aucun plaisir2 elle ne fait que rcit] 7et c'e/ une mtaphore qu'on excus]a ici7 un rle appris p> cur4 ,elle e/ re/e enfant1 non pas quant aux s5s1 mais p> t\t ce qui reg>de l'esprit4 ,sa croissance morale et intellectuelle1 huma9e en un mot1 a t ret>de2 et cette disproportion sa conduite emprunte un c>actre d'tranget qui allume les dsirs et exac]be la volupt4 ,sur son *em9 elle r5contre l'am\r vrai d'un arti/e4 ,cep5dant l'amant ne peut la sauv] de sa misre morale3 la passion1 p\r gnreuse qu'elle soit1 c'e/ l'adv]saire p\r elle4 ,mais une ma9 amie lui vi5t en aide1 la ma9 d'une femme1 qui a t la provid5ce de l'arti/e et qui veut tre aussi la si5ne4 ,l'amie1 ou plutt la mre1 sait r5dre la vie aux s5tim5ts amortis dans son cur p> le malheur4 ,grce un miracle de dv\em5t exquis1 elle rtablit le dveloppem5t arrt de son me1 et de cette fille sans pudeur r5at une femme pure1 enleve et comme consacre p> la mort l'in/ant o la passion de/ructrice allait v5ir se ml] encore sa de/9e4 ,la mme fatalit a prsid l'exi/5ce de l'hrone de ,maurice ,b>rs1 ,petite-,sec\sse du ,j>d9 de ,brnice4 ,si l'on ne reg>de que les gr&es lignes de son hi/oire1 on e/ frapp de l'analogie des circon/ances au milieu desquelles ces deux p]sonnes ont pass leur vie4 ,et p\rtant il e/ difficile de se figur] une div]g5ce plus complte de la =me qu'une mme ide gnrale a revtue *ez ces deux auteurs4 ,maurice ,b>rs donne la p>ole non pas l'amant de la jeune fille1 mais l'ami1 au confid5t1 j'allais dire au confesseur de ,petite-,sec\sse4 ,t\t ce qui e/ passion a t relgu l'arrire-plan4 ,a9si le rcit1 ds l'abord1 desc5d de son pide/al d'anecdote piquante1 sort du c]cle exclusif rs]v aux faits div]s1 et entre de pla9-pi$ dans la vie c\rante4 ,l'ami du ,j>d9 de ,brnice ne s'intresse cette exi/5ce ins\ciante et p]v]tie de petite femme-fille1 ni p> am\r de la v]tu1--il en e/ peu "q dans le livre1--ni p> am\r du vice1 mais simplem5t p\r l'am\r de l'humanit suivant l'vangile de ,molire et des honntes g5s4 ,il subit le *>me qui se rp& aut\r d'elle et il *]*e entr] avec elle en communion de s5tim5ts4 ,il n'a pas1 tant s'en faut1 l'ide de t*] de la compr5dre ou d'influ5c] sa conduite1--compr5d-on jamais quelqu'un1 ou a-t-on de l'influ5ce sur lui8--mais il veut qu'elle lui donne une conception n\velle de la vie1 et t&is qu'il lui prte sa sympa?ie1 elle lui suggre en ret\r une comprh5sion plus l>gie de l'exi/5ce huma9e4 ,donc1 ce qu'il n\s raconte d'elle e/ mo9s un rcit qu'une srie d'impressions qui1 t\t en se compltant1 montr5t un b loign encore4 ,au contraire1 ,catulle ,m5ds se met au po9t de vue de l'amant1 et ce que son livre y gagne en f9i e/ comp5s p> la p]te de l'intrt direct qu'il aurait veill en v\s et en moi4 ,l'hi/oire que l'on n\s montre e/ dev5ue une affaire entre l'amant et sa matresse2 la prs5ce d'un ti]s1 comme v\s ou moi1 e/ sup]flue et1 de plus1 indiscrte4 ,cep5dant l'arti/e qu'e/ avant t\t ,catulle ,m5ds ne s'e/ pas cont5t de cette mise en scne2 il a fait un pas de plus1 il a v\lu int5sifi] l'impression d'tranget que n\s cause son rcit1 en donnant l'amant des av5tures aussi extraord9aires qu' sa femme-enfant4 ,lui aussi a j\ de malheur ds son enfance4 ,l'infamie de son pre1 tratre t\s ses devoirs1 pse sur sa jeunesse2 son nom e/ maudit1 et le ressort de sa vie e/ bris4 ,a9si ces deux exi/5ces de honte qui se rejoign5t port5t c\p d\ble notre s5tim5t d'horreur4 ,t\t ceci n\s e/ racont de faon de matre2 des pauses savantes c\p5t le rcit qu& il m5ace de n\s emport] trop lo91 des scnes d'idylle relv5t p> leur contra/e la brutalit des tableaux de demi-monde et un /yle m]veilleux1 enveloppant sans mollesse1 suit l'volution des vnem5ts jusque dans leurs d]ni]s replis1 sans ri5 p]dre de sa limpidit s]e9e4 ,et ce s]ait une uvre p>faite si la =me en et t compltem5t individualise1 et si elle ne trahissait p>fois1 p> des rappels aux autres romans du matre1 le savoir-faire du mti]4 ,mais en t\t tat de cause1 combi5 la m>*e al]te du rcit diffre du tra9-tra9 que vont les *oses dans le ,j>d9 de ,brnice6 ,a *aque in/ant le fil de l'hi/oire y semble p]du1 le dess9 des p]sonnages y e/ l* et les ides n'y sort5t que l5tem5t du br\ill>d qui les enveloppe leur naissance4 ,et p\rtant1 quel *>me exquis qu&1 ds sa premire page1 le livre vi5t n\s t\t palpitant de vie1 se drobant ju/e au mom5t o n\s croyons le saisir1 puis se livrant qu& n\s n'y p5sons gure2 se moquant de notre crdulit et n\s flattant de ses c>esses l'in/ant d'aprs2 j\ant ca*e-ca*e1 ou p>lant de haut1 et une autre fois n\s rvlant t\s ses secrets1 ou sollicitant humblem5t notre sympa?ie4 ,l'action peut-tre n'exi/e pas dans le livre3 mais au premi] abord il y a de l'action entre le livre et moi4 ,je ne saurais mieux c>actris] la manire diffr5te des deux auteurs qu'en disant que ,catulle ,m5ds traite son sujet comme si c'tait une hi/oire du pass1 t&is que ,b>rs me raconte des *oses qui sont en tra9 d'volu] et qui m'intress5t directem5t4 ,catulle ,m5ds e/ un arti/e suprieur1 qui sait donn] ses crations une =me transp>5te et absolue4 ,mais qu'e/-ce que ,b>rs8 ,la df9ition de son tal5t m'*appe encore4 ,srem5t ce n'e/ pas un arti/e pur-sang4 ,il lui manque le don de faire m>*] ses p]sonnages et de racont] simplem5t leurs faits et ge/es4 ,ses premires n\velles1 qu'il a publies dans les ,ta*es d'encre1 sont mal v5ues1 puisqu'elles ne sav5t po9t dire1 mme confusm5t1 t\t ce qu'il a v\lu y mettre2 quant ses d]ni]s romans il s'y tr\ve des p>ties qui sembl5t incompltes p>ce que l'auteur aurait arra* son manuscrit une diza9e de pages1 qu'il lui aurait dplu de montr] au public4 ,morali/e donc8 ,mais il ne l'e/ pas du t\t1 mme au s5s de ,labruyre4 ,il a la t\*e trop lgre2 sa s5sibilit ne lui p]met d'appuy] nulle "p2 mobile comme l'onde1 il n'a ni le fonds de pessimisme satisfait1 ni mme celui de scepticisme solide1 dont *aque morali/e doit avoir fait provision avant de p\voir p5s] ex]c] son mti]4 ,mais enf9 qu'e/-ce que ,b>rs8 ,que si je ne me suis po9t fait une ide de l'homme1 qui plus qu'un autre reprs5te la p5se intime de sa gnration1 t\t ce que j'entrepr5ds p\r me figur] les t5dances de l'esprit contempora9 ne s]a qu'un ttonnem5t dans le vide4 ,un entreti5 avec ,b>rs fix]a-t-il mes ides flottantes8 ,j'en d\te4 ,mais en t\t cas l'intonation de la voix1 les manires de l'homme1 la p5se surprise en nglig p\rront me donn] quelques indications4 ,je vais dem&] ,jules ,r5>d de me conduire *ez lui4 ,,un ,,philosophe --,non1 c'e/ une autre raison qui me fait agir1 rpondit ,b>rs ,jules ,r5>d1 qui essayait de lui dmontr] que c'tait besogne inutile d'crire le comm5taire d'un livre qu'on avait publi4 ,si je veux expliqu] la r\te que mon esprit a suivie1 r\te dont ,s\s l'il des ,b>b>es et ,un ,homme libre sont les tapes t&is que le ,j>d9 de ,brnice en reprs5te la /ation f9ale1 ce n'e/ po9t p> am\r-propre d'auteur qui veut =cm5t occup] le public de lui1 mais p\r v5ir en aide la gnration qui n\s suit et qui a le droit de savoir notre p5se entire4 ,je veux indiqu] la direction gnrale laquelle a obi l'volution de mes ides2 sans quoi on s'atta*e trop aux dtails ou quelques expressions plus ou mo9s s+ulires4 ,et c'e/ la vue d'ensemble qui importe avant t\t4 ,telles fur5t les premires p>oles que j'ent5dis prononc] ,b>rs aprs les politesses banales de l'introduction et elles me frappr5t non seulem5t p> leur srieux1 mais aussi p> le contra/e avec l'air jeune et le ton de voix trs jeune de l'homme qui p>lait4 ,il tait l1 assis non*alamm5t devant sa table de travail1 j\ant avec sa cig>ette1 sa figure un peu maladive d'adolesc5t illum9e p> un s\rire d'enfant gt et volontaire1 dom9e p> deux beaux yeux t5dres1 qui v\s implorai5t et v\s captivai5t4 ,le premi] s5tim5t qu'on pr\vait p\r lui tait un m\vem5t de sympa?ie2 puis v5ait la conviction qu'on avait devant soi une puissance intellectuelle d'une s\plesse et d'une agilit rem>quables et comme acquises p> une gymna/ique p]ptuelle de l'esprit1 mais une puissance qui se faisait respect]1 dsireuse1 impati5te mme de se faire respect]4 ,un t\t compos de simplicit et de vigueur avec une petite1 mais trs petite po9te de fatuit4 --,c'e/ naturellem5t un dfaut de l'criva91 s'il a beso9 d'expliqu] aprs c\p ce qu'il a v\lu faire1 dit ,b>rs en cont9uant4 ,on n'a pas t matre absolu de sa p5se et de t\tes les consqu5ces qui en dc\l5t1 au mom5t d'crire1 et on en a manqu le po9t saillant4 ,voil p\rquoi j'admire tant les g5s qui ont la facult d'exprim] compltem5t leur ide avec t\tes ses circon/ances et t\tes ses nuances4 ,daudet surt\t me p>at avoir ce gnie-l4 ,peut-tre aussi ce que j'ai v\lu dire e/-il plus compliqu qu'un rcit de romanci]1 mais1 t\t bi5 pes1 puisque je ne suis pas clair1 je re/e en dfaut4 ,l'obscurit e/ t\j\rs signe de faiblesse4 ,on ne le compr5d gure1 qu& on e/ jeune et qu'on *]*e la =mule de l'univ]s4 ,on essaye d'exprim] ses ides =ce de symboles1 qui r5d5t peut-tre un c]ta9 tat moral mom5tan1 mais qui ne peuv5t s]vir exprim] une conception nette de la vie4 ,il faut tre mieux prp> p\r cela1 et c'e/ l'outillage qui n\s fait dfaut4 ,p\r moi j'ai t\j\rs fait de mon mieux p\r donn] *aque phrase le degr de cl>t qu'elle comportait1 et je crois bi5 y avoir russi4 ,quant p\rsuivre exactem5t la ligne logique de ma p5se p> la liaison des phrases1 voil o j'ai failli4 ,la raison en e/ trs claire p\r moi4 ,aussitt que je me mets rdig] ma p5se1 elle fait une volution dans un s5s ou dans l'autre et t\t ce qui sur le papi] se tr\ve fix dans sa =me df9itive p\sse l'esprit v]s une direction qui n'tait pas dans l'int5tion orig9ale4 ,a9si1 *aque in/ant il y a un t\rnant dans le raisonnem5t et la conclusion ne correspond plus au db4 ,celui qui a pris la pe9e de suivre l'ide trav]s cette trans=mation successive ne se rcri]a pas contre ce manque de logique1 mais les autres jett]ont le livre2 et de notre ct n\s n'avons pas le droit de leur dem&] un ef=t srieux qui consi/]ait suivre notre p5se dans t\s ses dt\rs4 ,un livre qui n'e/ pas clair e/ condamn d'avance1 c> p\r obt5ir du succs1 il faut qu'on puisse =mul] le cont5u du livre en peu de mots4 ,il ne faut pas que le j\rnali/e1 qui en crira la critique1 hsite un seul in/ant sur la position qu'il pr5dra son g>d1 et surt\t il ne doit pas d\t] que le livre surpasse sa facult de comprh5sion3 si tel e/ le cas1 le livre e/ p]du4 ,une *ose encore peut sauv] un ouvrage3 c'e/ s'il prs5te quelque trait saillant qu'on puisse dta*]1 mettre en lumire1 ou quelque fait p]sonnel1 suppos ou vritable1 auquel on puisse s'attaqu]4 ,cela explique1 comme v\s savez1 la vogue des posies de ,byron1 dans leur temps4 ,lorsqu'il posait devant le public un de ses pirates solitaires dans un accs de mlancolie1 comme il v\s en arrive dans t\s les mti]s honntes1 *aque lecteur faisait l'ent5du4 ,on tait assur dans son = intrieur de bi5 compr5dre la cause de ce *agr92 on reconnaissait dans le p]sonnage le noble "l lui-mme1 et on savait de s\rce c]ta9e que ,byron tait v\ au dsespoir depuis qu'il avait tu sa matresse ou viol sa sur1--les v]sions diffrai5t1 mais cela n'tait ri5 la conviction du public4 ,et voil des motifs puissants qui v\s mett5t un livre dans la ma94 ,il ne devrait pas tre "q de ces commrages propos de l'uvre d'un arti/e2 aussi "l ,byron aurait p]c sans cela2 p\r lui1 ce fut quelque *ose d'accid5tel que je cite seulem5t p\r s\lign] ma p5se4 ,l'arti/e s'emp>e du succs et de la gloire1 grce la vigueur de son tal5t et du plaisir intellectuel qu'il vi5t apport]4 ,mais1 hlas6 moi1 je ne suis pas arti/e2 je n'ai pas mme ce s5s exclusif de l'art1 qui e/ la premire condition d'exi/5ce p\r un arti/e4 ,je ne dirai pas non plus que je suis philosophe3 c'e/ un titre trop haut que je ne veux nullem5t rclam]2 ce que j'av\e seulem5t c'e/ une gr&e prdilection p\r la philosophie4 ,ri5 ne me *>me davantage que de vagabond] dans l'espace libre des concepts4 ,croyez qu'il n'exi/e pas de passe-temps plus dlicieux que de btir des sy/mes en l'air4 ,on se lance dans les nuages mtaphysiques et on se grise la contemplation des ides pures4 ,oui1 c'e/ une espce d'enivrem5t intellectuel4 ,on ne compr5d plus p>faitem5t ce que l'on p5se ou ce que l'on voit2 mais qu'e/-ce que cela fait8 ,plus les ides sont vagues et plus n\s n\s s5tons libres au milieu de l'atmosphre imm5se que n\s respirons avec une volupt quasi-div9e4 ,et voil un ex]cice digne de l'esprit4 ,c'e/ comme l'extase religieuse4 ,t\t le re/e en comp>aison de ces j\issances du p>adis des philosophes g>de un arrire-gt t]re/re de besogne s]vile et de curiosit malsa9e4 ,je n'ai pas su rsi/] t\j\rs c]ta9 p5*ant qui me portait m'occup] du ct passag] et anecdotique de la vie de t\s les j\rs1 mais j'ai aussi eu t\j\rs la conviction qu'il ne m'tait pas loisible de me livr] cette incl9ation4 ,en publiant ,huit j\rs *ez ,m4 ,r5an1 j'ai p*1 j'en convi5s1 et je ne le f]ai plus1 quoique444 ,ah6 j'ai encore dans mes c>tons une petite collection de portraits que je me suis amus croqu]1 et de temps en temps il me vi5t la t5tation de les donn] au public1 mais je n'en f]ai ri54 ,si je v\lais p\rtant6 ,je p\rrais crire l'hi/oire anecdotique du m\vem5t littraire de ces d]nires annes et j'aurais relev] des mots piques4 ,en a-t-on dit des p>oles1 spl5dides de niais]ie conva9cue6 ,je me s\vi5s d'un mot prononc p> un des coryphes de l'cole symboli/e1 et qui p\rrait s]vir de devise l'hi/oire d'un p>ti4 ,c'tait dans les premi]s temps de l'en?\siasme excit p> les ides n\velles d'art4 ,*>les ,morice1 ,vigni] et quelques autres tai5t conv5us de s'assembl] rgulirem5t une fois p> mois p\r trait] des intrts de la jeune cole symboli/e4 ,a l'ouv]ture de notre premire runion il y eut ncessairem5t quelque froid dans l'assemble4 ,p]sonne ne savait qui en pr5drait la direction1 ni p> quoi comm5c]4 ,t\t c\p1 j'ent5ds une voix qui dit3 ,messieurs1 le seul homme de notre sicle qui1 p> la conc5tration de sa p5se rappelle ,pascal1 je veux dire ,?odore de ,banville444 ,a ces mots1 je ne pus ret5ir un s\rire1 trs discret je v\s l'assure1 mais enf9 il y avait de quoi4 ,sur ce ,h5nequ91 qui se t5ait aux cts de l'orateur et qui me reg>dait t\t le temps1 p>ce qu'il craignait quelque opposition de ma "p1 me lana un c\p d'il furieux et int]rompant le disc\rs de son vois9 il dit sol5nellem5t3 ,messieurs1 si n\s ne n\s pr5ons pas au srieux1 il vaut mieux ne pas cont9u]4 ,re/] srieux1 oui1 voil bi5 l'attitude assez pnible en somme que n\s avons g>de p5dant quelques annes l'encontre du public et de n\s-mmes4 ,et ,b>rs rpta encore une fois le mot c>actri/ique3 ,messieurs1 si n\s ne n\s pr5ons pas au srieux1 comme s'il v\lait en faire gt] ses auditeurs t\te la dlicieuse sottise4 ,p\r lui1 videmm5t1 l'anecdote avait dj p]du sa saveur humori/ique1 si elle l'avait jamais eue ses yeux1 c> il la racontait avec une nuance de mpris p\r la dup]ie ncessaire et t]nelle qui e/ au fond de t\tes les relations huma9es4 ,et sans cesse sur son visage rev5ait cette petite m\e ddaigneuse1 p\r tre corrige aussitt p> le s\rire *>meur d'une grce adolesc5te dont il s\lignait les petites malices qui se glissai5t dans la conv]sation4 ,habitude qui tait dev5ue une seconde nature1 sans tre t\t fait naturelle p\r cela4 ,l'entreti5 quitta bi5tt le t]ra9 des anecdotes1 et ,b>rs n\s p>la du n\veau livre qu'il allait crire4--,un roman6 ,oui1 si v\s v\lez1 disons plutt1 p\r re/] dans la vrit1 un volume de trois francs c9quante c\v]ture jaune4 ,vraim5t1 je ne sais pas encore quelle =me donn] mes ides4 ,je sais p>faitem5t ce que j'ai dire3 t\t e/ l devant mon esprit1 rang nettem5t1 je n'ai qu' comm5c] l'crire4 ,mais c'e/ cela ju/em5t qui m'intrigue3 j'ignore absolum5t ce que cela devi5dra et j'ai l'impression que t\t dp5dra du ton de la premire page4 ,s]a-ce un trait moral8 ,les anci5s dj considrai5t la sobrit comme une v]tu4 ,ou v]ra-t-on l't]nel c\ple de deux cavali]s1 *evau*ant ensemble sur la r\te solitaire au c\*] du soleil8 ,je ne saurais v\s le dire4 ,mais non1 le roman e/ dmod2 c'e/ un cadre de conv5tion qu'il faut remplir t\te =ce1 et444 ,et p\rquoi donc *aque livre n'aurait-il pas sa =me lui8 dit ,b>rs s\da9 avec vivacit1 comme si la "q l'intressait4 ,e/-ce que vraim5t notre temps e/ assez peu spontan p\r que n\s ne possdions qu'une seule faon d'exprim] nos s5tim5ts8 ,voyez donc les criva9s du dix-huitime6 ,quelle tonnante v>it de g5res p\r y communiqu] leurs ides4 ,laissons de ct les contes philosophiques de ,voltaire et les dialogues de ,did]ot2 arrtons-n\s seulem5t ,r\sseau et rem>quez la gr&e div]sit des m\les o il jetait ses p5ses3 ses ,disc\rs1 le ,contrat social1 la ,n\velle ,hlose1 l'mile1 les ,confessions1 les ,rv]ies3 t\s des sujets de roman et t\s diffr5ts4 ,t\t livre qui a ex]c une influ5ce sur le m\vem5t de la socit a eu son allure propre1 qui ne p]met gure de le class]4 ,qu'e/-ce que ,don ,qui*otte8 ,et ,pantagruel8 ,et ,fau/8 ,c]tes1 des rflexions de ce g5re1 faites p> un auteur qui *]*e une =me littraire p\r son uvre1 dnot5t une ambition qu'on ne peut pas appel] commune4 ,et t\t cela fut dit sur un ton de bonhomie +nue1 qu'on p\rrait t\t aussi bi5 appel] discrtion1--l-bas1 dans le cab9et de travail lgant o ,maurice ,b>rs n\s faisait l'honneur de n\s recevoir4 ,,d&y ,,et ,,po,,te ,en t\te fran*ise1 je dois m'av\] que mon entreti5 avec ,b>rs m'a peu appris sur lui4 ,p>-ci p>-l p\rtant1 il y a quelques lueurs n\velles dans mon esprit4 ,t*ons de rassembl] ces traits insignifiants premire vue1 et donnons-n\s le plaisir d'une mditation son sujet4 ,pr5ons notre po9t de d"p dans une obs]vation aussi t]re t]re que possible4 ,l'accueil de ,b>rs tait empre9t d'une simplicit p>faitem5t naturelle4 ,po9t d'apprts app>5ts *ez lui1 ri5 de conv5tionnel4 ,nature impressionnable et =t +nieuse1 mais au fond trs simple1 grce un afflux cont9uel de vie n]veuse4 ,oui1 ce ton naturel et s9cre du langage doit sortir d'une rs]ve de =ce morale qui se ca*e s\s l'extrieur frle de l'homme4 ,de temps en temps1 cette n]gie lat5te se fait j\r trav]s le jeu de la conv]sation2 mais d'ord9aire elle re/e dissimule4 ,et ce n'e/ qu'au premi] abord qu'on peut la confondre avec la morgue du d&y ou du dilettante2 bi5tt on y reconnat la facult pr9cipale et native de cet esprit4 ,b>rs a =mul quelque "p1 propos de ,r5an1 dans un de ses romans1 la proposition suivante4 ,ce qu'on nomme gr& vnem5t1 dans l'exi/5ce d'un homme1 n'e/1 en ralit1 qu'une provocation du sort1 qui n\s invite mesur] nos =ces contre lui4 ,il jette la tte du premi] un tas de traits de dogmatique ou d'hi/oire ecclsia/ique2 lui ma9t5ant de se dptr] au milieu de ce fatras et de communiqu] son me cette matire indige/e1 de faon que ces tudes arides s]ont considres comme la condition ncessaire de sa gloire et de son exi/5ce individuelle4 ,un second444 ,un second1 comme ,b>rs1 tr\v]a le gnral ,b\lang] sur son *em9 et il ne p\rra se s\/raire la contagion d'en?\siasme fivreux que le monde pr\vait au comm5cem5t de #ahhh4 ,aprs avoir trav]s cette jeunesse mcont5te et my/ique dont s\ffr5t tant d'mes en ce sicle1 voici donc qu'enf9 s'pan\it p\r n\s un *amp d'action4 ,n\s avons s\ff]t sans qu'aucune sympa?ie vnt n\s relev]4 ,bnie soit l'heure4441 etc41 etc4#c4 #c ,la ,jeunesse contempora9e et le gnral ,b\lang]1 ,maurice ,b>rs4 ,revue indp5dante4 ,hosannah6 le matre1 le consolateur p>at6 ,c\vrons de palmes la r\te qu'il va p>c\rir6 ,ah6 la dure besogne1 vraim5t1 p\r un d&y1 de t5ir sans se r5dre ridicule la gageure du sort1 accepte dans un mom5t d'ivresse6 ,l'homme1 qui a du n]f1 au contraire1 saisit l'occasion et a*ve l'impossible4 ,b>rs s'e/ fait lire dput et a acquis une position politique4 ,une position n'e/ jamais ridicule4 ,mme elle n\s inspire un respect imm5se1 qu& elle e/ le fruit d'un seul petit article1 publi dans une petite revue4 ,/phane ,mall>m1 avec sa voiture ne1 prix d'un pome hiroglyphique1 fait pauvre figure ct4 ,cep5dant1 mme un d&y aurait peut-tre russi conqurir un sige de dput4 ,du mo9s je veux bi5 le croire4 ,mais ne pas re/] sur ce triomphe-l1 trans=m] l'expri5ce acquise en une conception l>gie de la vie1 us] du *oc des vnem5ts comme d'un moy5 p\r sa propre dlivrance morale1 voil le fait d'un homme qui abrite une n]gie orig9ale au fond de son cur4 ,qu'e/-ce qu'un d&y8 ,et il ne peut tre "q ici que du fat intellectuel1 tel que n\s le montr5t les pages de ,maurice ,b>rs4 ,c'e/ l'homme qui veut j\ir de l'exi/5ce sans se s\mettre aux conditions qu'elle pose4 ,il dem&e la socit de ne lui rpondre que l o il lui plat de t\*] ses cordes4 ,cet isolem5t de la vie1 il l'appelle sa lib]t et il ne p>vi5t cette indp5dance qu'en supprimant dans son esprit1 t\te =ce1 le regi/re moy51 c'e/--dire ce mlange d'habitudes et de s5s commun que n\s nommons le cur4 ,il ne connat que ses s5s et les beso9s de son esprit4 ,aprs leur avoir p]mis quelques excs raisonnables1 il traite ses s5s comme le cavali] traite un *eval qu'il *]*e pr5dre en ma9 aprs l'avoir fatigu d'abord p> une c\rse dsordonne4 ,son esprit1 il le dompte en opposant l'ironie ses c>ts d'en?\siasme1 et il se gurit de son ennui intellectuel en le dosant1 mais t\j\rs avec modration1 d'une s5sualit raff9e et qui n'puise pas trop le tempram5t4 ,il ne cra9t qu'une *ose1 son in/9ct4 ,mfiez-v\s de votre premi] m\vem5t1 c'e/ sa maxime favorite et1 p\r tre assur qu'il ne se tromp]a pas1 il ne *oisit que ce qui lui vi5t1 aprs que le premi] m\vem5t et le deuxime1 mme le troisime sont passs4 ,que si en dehors de t\t cela il e/ encore p>v5u d\t] des tal5ts et des facults qu'il s'attribuait 7c9q ou six d\tes trs vifs sur l'importance des meilleures p>ties de mon ,moi71 il se s5tira suprieur lui-mme1 comme il l'tait dj aux autres1 et il aura tr\v la clef de vote de son indp5dance2 il ne repos]a plus sur ri54 ,la vie de ,b>rs jusqu'ici a t un ef=t p\r *app] cette fatuit intellectuelle1 qui v\lait s'impos] son esprit4 ,un p5*ant trs c>actris de son individualit l'entrane v]s elle2 mais une autre facult le reti5t1 my/rieuse celle-l1 et qui d'abord n'a pas v\lu rvl] son ess5ce4 ,maurice ,b>rs p>le dans ,s\s l'il des b>b>es de cette lutte de sa raison raisonnante et des s5s contre le dmon secret1 qui leur logique ne sait ri5 oppos] que des press5tim5ts et la no/algie de l'au-del4 ,le titre du livre fait allusion la s5sation d\l\reuse d'un enfant qui1 b\dant l'heure de la rcration contre un poteau de la c\r de l'cole1 le poteau de m>tyrs des ,peaux-,r\ges1 se s5t livr aux s>casmes de son prcepteur et de ses petits cam>ades2 mais le vritable conflit moral se passe lo9 du reg>d des ,b>b>es1 puisqu'il e/ dans l'me mme3 et c'e/ la lutte de la posie s\s l'tre9te de la morgue dess*ante4 ,b>rs e/ pote2 pote-philosophe1 je veux bi51 pote-arti/e1 non pas2 mais sans aucun d\te il e/ pote4 ,p>t\t1 s\s la surface un peu morne et morose de son livre1 on ent5d bruire les eaux vives de la posie2 et1 ens]r dans les pr(ondeurs1 un c\rant passionn de lyrisme *]*e pniblem5t une issue1 jusqu' ce que la voix pla9tive du fleuve prisonni] arrive se faire j\r dans l'exclamation f9ale3 ,toi seul1 matre1 si tu exi/es quelque "p1 axiome1 religion ou pr9ce des hommes4 ,*ez ,b>rs1 ce ne fut pas le pote seul qui tressaillit d'en?\siasme l'appel du gnral ,b\lang]4 ,le d&y aussi dem&ait faire valoir ses droits4 ,une politique fonde sur la suppression du g\v]nem5t des p>tis devait ncessairem5t ex]c] un attrait sur l'esprit du dilettante qui avait en horreur la conv5tion sociale et le s5s commun p>t\t o ils montrai5t leur face4 ,mais ce fut p\rtant le pote *ez lui qui tira l'avantage pr9cipal du m\vem5t4 ,c>1 en comp>aison du trsor inapprciable que ,b>rs gagna comme prix de l'en?\siasme auquel il se livra1 la position de dput p]d t\te sa valeur1 et ce prix ce fut la dc\v]te de l'me du peuple4 ,l'me populaire e/ une ab/raction1 que l'on ne peut compr5dre s\s une =me exactem5t df9ie3 il en e/ d'elle comme de la s\rce ca*e des motions confuses du cur de ,b>rs4 ,ce qui ne veut nullem5t dire que la consci5ce huma9e ne puisse avoir une p]ception s5sible de l'une comme de l'autre4 ,t\t au contraire1 le dmon my/rieux qui s'agite au fond du cur du pote et le p\sse une cration p]ptuelle et un r5\vellem5t cont9u1 ce dmon mme se s5t uni l'n]gie orig9ale1 moteur ess5tiel de la vie du peuple4 ,cep5dant1 p\r ,b>rs1 cette notion mal dt]m9e ne suffisait gure4 ,dans la nature de cet homme1 ple9e de contra/es1 les s5tim5ts vagues conf95t sans transition un beso9 trs prononc de prcision =melle4 ,il lui p>at compltem5t inutile de se rappel] ou de rappel] au lecteur p\rquoi l'enfant se tr\vait l pleurant s\s l'il des b>b>es2 mais d'autre "p son esprit d'exactitude rappelle son reg>d que c'tait contre le poteau de gau*e qu'il s'appuyait1 s\s le hang>1 au fond de la c\r des petits4 ,c'e/ a9si que l'me du peuple aussi devait avoir p\r son imag9ation un ct p> o il pt la saisir et1 en allant sa re*]*e1 il tr\va en mme temps1--et il ne put en tre autrem5t1--le secret de sa propre p]sonnalit4 ,vif1 comme s'il datait d'hi]1 m'e/ re/ le s\v5ir du j\r o j'eus le bonheur de lire p\r la premire fois la p>tie d',un ,homme libre1 qui e/ consacre l'analyse de l'hi/oire de la ,lorra9e1 t]re natale de l'auteur1--c> c'e/ ces pages-l que ,b>rs a confi ses premires impressions de voyage aut\r du s5tim5t populaire4 ,la p]sonnalit d'un peuple1 +nieux plutt que d\ d'un sang ri*e1 s'affirmant au milieu de la lutte contre les b>b>es1--*]*ant un appui moral auprs de nations plus privilgies du sort1 p\r p\voir donn] t\t ce qui tait en elle1--condamne1 de p> sa faiblesse d'orig9e1 se p]dre dans un t\t plus puissant1 mais fire nanmo9s en se rappelant l'in/ant o elle avait eu l'occasion de se faire valoir et de dire son mot elle1--cette p]sonnalit du peuple lorra9 se dgage de ces feuillets1 simples jusqu' en dev5ir presque secs1 avec une telle puissance d'intimit et de mlancolie voile que n\s la s5tons palpit] t\t prs de n\s4 ,et grce la magie vocatrice du tal5t1 qui sait communiqu] une vie p]sonnelle l'aride *ronique locale1 n\s ent5dons comme un accompagnem5t direct ce rcit des sicles passs1 la confession du pote lui-mme1 qui y a retr\v l'hi/oire de son propre cur1 de ses faiblesses1 de ses humiliations et de sa fi]t intime4 ,a9si ,b>rs1 d'abord1 a gagn la gageure que lui avait (f]te la vie3 il e/ dev5u dput de son peuple dans le vrai s5s du mot et il a s\t5u l'honneur de ce peuple devant la nation4 ,il a mesur ses =ces contre le de/9 et il e/ re/ matre du t]ra94 ,et t\t ceci l'individualit emprunte un s5tim5t d'indp5dance bi5 diffr5t de celui que donn5t les dix ou d\ze d\tes trs fonds sur la supriorit des autres et les c9q ou six d\tes trs vifs sur l'importance de mon ,moi4 ,donc ce qui manque au fat intellectuel1 le regi/re moy5 des motions huma9es1 ,b>rs l'a acquis p> un dt\r4 ,le d&y hait son semblable4 ,un *apitre de ,s\s l'il des ,b>b>es m'appr5d mme qu'il e/ capable de pr5dre au collet l'homme qui aurait les ides les plus semblables aux si5nes p>ce que1 en les r5dant banales1 il ose empit] sur le doma9e sacr de mon orig9alit4 ,b>rs1 au contraire1 de p> sa sympa?ie de pote1 a dc\v]t dans l'ence9te troite de son ,moi une issue qui donne sur l'humanit4 ,hors de son c]cle social1 qui le meurtrit1 il entre en communication avec les lm5ts vritables de l'me huma9e4 ,ce n'e/ pas p\r compatir avec elles1 mais p\r se =tifi] en pr\vant l'appui des autres dont il s5t le beso91 et en leur prtant1 de p> son don de pote crateur1 l'appui dont ils ont beso9 leur t\r4 ,b>rs n'app>ti5t pas une race ri*e2 il ne saurait g>d] son autonomie morale qu'en rassemblant t\tes ses =ces et qu'en les g\v]nant avec conomie4 ,qu&1 dans la conv]sation c\rante1 il prononce quelque jugem5t sur des cam>ades1 son refra9 ord9aire e/3 ,il n'a pas de sve4 ,c]tes il a de bonnes raisons p\r reconnatre cette faiblesse *ez les autres2 c> si le sort l'avait p\rvu lui mme avec prodigalit il n'aurait pas eu pass] p> un dt\r p\r arriv] au cur de l'humanit4 ,il n'a pas de sve4 ,je me rappelle le mot de ,catulle ,m5ds sur ,baudelaire3 ,il n'tait pas abondant4 ,bi5 c]ta9em5t1 ,b>rs e/ de la famille1 et c'e/ un vrai fils de ,baudelaire comme pote et aussi en ce s5s-l4 ,seulem5t1 la ve9e potique de ,baudelaire1 dj dissimule s\s la prose dans les d]ni]s temps de sa vie1 *ez ,b>rs s'e/ drobe dans les pr(ondeurs de son tre4 ,jamais je n'ai fait de v]s1 ai-je ent5du dire ,b>rs ddaigneusem5t1 un peu2 et ce dda9 n'e/ pas surpr5ant2 de nos j\rs1 o la posie e/ mprise1 on ne saurait lui faire c\rir les rues sans la vtir4 ,au fond1 je suis philosophe1 me disait ,b>rs avec son s\rire discret4 ,pas un homme auj\rd'hui1 si ce n'e/ ,morz1 n'os]a av\]1 dans la conv]sation familire1 qu'il e/ pote4 ,les mots seuls ne font ri5 l'affaire4 ,*]*ons plus avant1 et n\s v]rons que ce que ,b>rs a de commun avec ,baudelaire c'e/ la ve9e pure du my/icisme qui =me l'lm5t inde/ructible de leur p]sonnalit4 ,oui1 le my/icisme1 qui s'ignore p>fois et se r5f]me dans une morgue inabordable1 comme le mtal dans les pr(ondeurs du ro*]1--mais qui se dc\vre aussi lui-mme sa puissance1 et se rp&ra dans le monde p\r ex]c] la bonne frat]nit huma9e et la d\ce piti p\r t\t ce qui e/ afflig et bris sur cette t]re4 ,il e/ si vid5t qu'au fond de son cur cet homme e/ pote que1 p\r a*ev] sa physionomie dans mon esprit1 il faut que je m'aide de la comp>aison avec un autre gr& pote1 plus rappro* de lui que ,baudelaire1 avec ,v]la9e4 ,cet adage que les vnem5ts de la vie sont une provocation du sort1 qui veut mesur] nos =ces1 cet adage1 comme n\s l'appr5d l'exemple du pote contempora91 dem&e une rectification qui le complte4 ,dans l'exi/5ce de ,v]la9e1 n\s voyons se dvelopp] aussi1 au milieu du conflit avec les circon/ances1 des facults qui s'tai5t t5ues ca*es jusque-l2 mais en le sauvant1 p>ce qu'elles lui p]mett5t d'oppos] le dploiem5t de t\tes ses =ces au *oc des *oses1 elles apport5t une p]turbation morale p> la prpondrance des lm5ts n\veaux4 ,en d'autres t]mes1 la bataille gagne au dehors se p\rsuit au d$ans2 les qualits de date rc5te s'ef=c5t de supprim] les autres1 et le fonds anci5 de l'homme *]*e trans=m] les n\velles v5ues en in/rum5t de son bon plaisir4 ,et bi5 que le contra/e du cur et de l'esprit n'ait gure les mmes suites que la lutte entre les deux mes qui se sont p>tag l'exi/5ce de ,v]la9e1 p\rtant1 la raison *ez ,b>rs1 avec t\t son app>eil de logique et d'ironie1 n'a pas quitt et ne quitt]a po9t sa position acquise1 sans livr] bataille au dmon envahisseur qui veut l'envelopp]4 ,dans le roman d',un ,homme libre1 les deux p>ties du ,moi1 l'motion et l'intellect1 trs di/9ctes encore l'une de l'autre1 g>d5t *acune la df5sive3 elles se voi5t1 mais elles ne se p>l5t pas4 ,le ,j>d9 de ,brnice inaugure leur union intime3 le d&y1 infatu de la culture de son ,moi1 desc5d de son pide/al p\r entr] en relation avec l'me du peuple2 mais de temps en temps il p>at dispos faire la ni*e au pote et il ne semble gt] ses fantaisies s5tim5tales que p\r leur qualit de j\issances raff9es de l'esprit4 ,on peut encore d\t] de la s9crit du rappro*em5t4 ,b>rs le s5t mieux que n\s1 peut-tre2 il ne saurait se ca*] ni ca*] que l'h>monie e/ lo9 d'tre complte1 et =cm5t il lui faut p>fois noy] son rcit dans le vague1 p>ce qu'il n'y a pas *ez lui de notion arrte et df9itive1 ou plutt p>ce que dj ces notions lui sont impossibles4 ,mais c'e/ cette indcision ju/em5t qui r5d son livre vraim5t huma92 il fait appel n\s1 lecteurs1 notre cur et notre aide1 dont il a beso91 et le br\ill>d o elles aim5t se p]dre n\s invite attir] plus prs de n\s les belles *oses qu'il n\s montre4 ,le ,j>d9 de ,brnice444 ,mais vraim5t1 en sj\rnant trop longtemps dans le mme gr\pe d'ides1 l'esprit c\rt le risque de t\rn] en c]cle sans faire un pas4 ,qu'il me suffise p\r auj\rd'hui d'avoir oppos l'un l'autre ces deux p]sonnages du d&y et du pote1 inf9im5t respectables t\s deux1 mais un degr diffr5t1 p\r moi du mo9s1 qui aime passionnm5t la posie et qui ne connais ri5 de suprieur dans ce monde-ci un pote4 ,,un ,,autre ,,philosophe --,enf9 n\s allons p\voir caus] cur ouv]t1 me dit ,m>cel ,s*wob1 et son visage de ,bndict9 aux yeux fureteurs et monda9s s'illum9a d'un bon s\rire de bi5v5ue4 ,att5dez3 je vais v\s faire de la place1 et t\t en db>rassant la *aise longue du tas de livres qui s'y tait amoncel1 comme p>t\t ailleurs o s'(frait une surface peu prs plane1 dans sa petite cellule3 ,c'e/ ici comme dans les gr&s fonds s\s-m>9s2 on y voit des mon/res qui devrai5t jamais fuir la lumire du j\r2 il p\ssa du pi$ dans un co9 un gros 9-folio2 mais en revan*e on y tr\ve des p]les4 ,reg>dez bi5 ceci4 ,il tira d'un monceau de pap]asses une enveloppe b\rre4 ,dev9ez ce que c'e/8 ,le manuscrit orig9al de la ,physiologie de l'am\r mod]ne1 de ,paul ,b\rget8 ,non1--allez1--c'e/ peu vraisemblable6--,voil1 *] ami1 une *ose vraim5t au!ntique et vivante1 et qui n'a beso9 p\r rveill] notre intrt blas d'aucune tiquette1 mod]ne ou antique4 ,triomphalem5t1 il agita devant moi la liasse des papi]s1 comme si c'tait l'appt d'un de ces requ9s des gr&s fonds dont il v5ait de p>l]2 puis il dposa l'enveloppe sur la table1 et d'une voix sol5nellem5t comique qui ca*ait mal la satisfaction qu'il pr\vait1 il me dit3 --,ce sont les pices du procs des ,coquill>ds1 une b&e de malfaiteurs qui a t juge ,dijon au milieu du ,x,ve sicle3 des int]rogatoires1 des confessions1 des dlations et de plus1 notez bi51 une li/e des mots de leur j>gon1 rdige d'aprs la dposition d'un membre de l'association4 ,quel trsor1 n'e/-ce pas8 ,a l'aide de ces docum5ts et d'autres donnes que j'ai recueillies aux ,ar*ives ,nationales1 je vais p\voir me faire une ide exacte de la faon de vivre des classes dang]euses1 au mom5t o s'tablissait df9itivem5t en ,france un p\voir c5tral1 l'heure prcise o v5ait de natre l'tat politique et social des temps mod]nes4 ,on tr\vait dans ces bas-fonds des g5s de t\s les ordres de la socit4 ,des soldats sans moy5s d'exi/5ce av\ables1 puisque la gr&e gu]re de ,c5t ans allait f9ir2 des nobles1 des f]mi]s1 des ouvri]s ru9s p> la misre effroyable qui avait svi2 des jeunes g5s qui avai5t commis un crime dans un mom5t de folie1 des ecclsia/iques en rupture de froc et des tudiants en rupture d'cole4 ,voil t\t ce qu'on tr\ve dans ces c\*es infrieures4 ,et c'e/ une image en m9iature de la socit2 une n\velle socit en vrit1 mais qui t5d ses ramifications dans le gr& t\t dont elle e/ bannie1 p>ce qu'elle sait y pntr] avec ses balad9s1 ses arti/es1 ses filles et ses escrocs de haute m>que4 ,n'e/-ce pas1 voil qui e/ intressant1 et ce s]ait une *>mante occupation de l'esprit1 d'essay] de saisir ce m\vem5t de desc5te et d'asc5sion de la bohme1 si l'on p\vait suivre ces diffr5ts p]sonnages dans leurs mtamorphoses1 si l'on t*ait de compr5dre leur langage et de connatre les p5ses que leur suggrait cette exi/5ce accid5te444 ,on s'y livr]ait de cur et d'me4 ,c>1 ent5dez-moi bi51 ce sont ces c\*es infrieures de la socit qui1 p\r une gr&e "p au mo9s1 ont rappro* in/9ctivem5t les div]ses nations de l',europe4 ,c'tait la premire ,int]nationale en dehors de l'glise4 ,je tr\ve dans ma b&e des cossais1 des ,espagnols1 des ,allem&s1 etc4 ,mais il me semble que ma dc\v]te v\s laisse froid et p\rtant elle doit v\s intress]8 ,t&is que ,m>cel ,s*wob dr\lait son catalogue de pr(essions et de nations1 mon imag9ation un peu l5te et mon savoir dfectueux allai5t qurir le roman de ,walt] ,scott1 ,qu5t9 ,durw>d1 af9 de se reprs5t] le tableau hi/orique du temps dont p>lait mon ami4 ,la m5tion des cossais me rappelait aussitt le vieil ar*] de la g>de royale1 payant son cot avec un anneau de la *ane d'or qui p5dait son c\4 ,ds mon enfance1 ce porte-monnaie primitif a ex]c un gr& attrait sur mon esprit1 et ma p5se tait si absorbe dans ces beaux s\v5irs romanesques que je ne tr\vais plus ri5 dire4 ,m>cel ,s*wob1 t\t ple9 de son sujet1 p\rsuivit3 ,savez-v\s p\rquoi j'atta*e autant d'importance la connaissance prcise de l'tat des classes crim9elles durant cette priode du ,x,ve sicle8 ,c'e/ que je crois tre sur la trace d'un fait moral qui me semble d'une valeur capitale p\r la sci5ce hi/orique et p\r l'hi/oire de l'humanit4 ,c'e/ alors p\r la premire fois que ces classes dang]euses ont acquis la consci5ce d'une vie autonome et situe hors des limites de la socit rgulire4 ,elles faisai5t contrepoids la b\rgeoisie1 qui se gr\pait aut\r de la royaut4 ,c'tait la sub/ance dont allait s'alim5t] le m\vem5t contre l'autorit de l'glise et de l'tat qui comm5ce se manife/] au db du ,x,v,ie sicle4 ,je v\s exprime mon ide en deux mots1 mais v\s voyez bi5 clairem5t ce que je veux dire1 n'e/-ce pas8 ,jusqu'au milieu du ,x,ve sicle1 l'tat avait eu lutt] contre ses ennemis au dehors1 les ,anglais et les gr&s vassaux de la c\ronne2 puis vi5t l'in/ant o la mon>*ie acqui]t sa suprmatie inconte/e et o les petites dyna/ies vont disp>atre4 ,la lutte1 extrieure jusque-l1 se trans=me en m\vem5t intrieur et c'e/ p> cette gu]re lat5te prcism5t que les lm5ts con/itutifs de la socit p>vi5n5t la consci5ce de la vie propre qui les anime4 ,les ennemis de l'ordre rguli] *]*5t se connatre1 et de leur ct leurs adv]saires essay5t de se r5dre compte du c>actre des classes dang]euses4 ,vraim5t1 ce ne peut tre p> l'effet d'un pur has>d qu'en cette seconde moiti du sicle1 dans des contres diffr5tes1 on ait fait des enqutes (ficielles sur la vie des gueux2 or1 ces enqutes se produis5t un peu p>t\t1 et cette vie elle-mme s'infiltre dans la littrature non seulem5t p> la publication du ,lib] vagatorum1 le livre des t\rs et des t]mes te*niques de vagabonds1 mais aussi p> les ballades en j>gon et les scnes rali/es des my/res1 o on reproduit sur le vif les murs et le langage des voleurs de gr&e r\te1 jusqu' ce qu'enf9 ,rabelais et les gr&s matres du ,x,v,ie sicle1 les *efs de la gr&e rvolution intellectuelle1 recueill5t dans leur uvre la vie vagabonde avec t\tes ses manife/ations et lui donn5t p> leurs crations une =me immortelle4 ,v\s compr5ez mon motion1 en voyant devant moi1 encore vi]ge1 une des s\rces de ce l>ge fleuve qui n\s abreuve t\s1 en saisissant presque de mes ma9s1 dans cette b&e des ,coquill>ds1 les conditions relles de la vie de bohme au ,x,ve sicle4 ,et entran p> le c\rant de ses p5ses1 qui jamais n'app>aiss5t plus bl\issantes aux yeux du *]*eur qu'au comm5cem5t de sa r\te1 ,m>cel ,s*wob p\rsuivait sur le *apitre des gueux3 --,avez-v\s rem>qu qu' t\te poque il y a dans les ides et les s5tim5ts une sorte d'arrire-p5se1 inconsci5te s\v5t et ne se trahissant qu' des int]valles1 mais sans la connaissance de laquelle on ne s'explique jamais d'une faon complte le c>actre du temps8 ,il e/ vrai que cet arrire-plan de l'esprit huma91 de p> sa nature mme1 ne revt jamais une =me di/9cte1 mais on peut se le reprs5t] soit p> un symbole1 soit p> un my!1 qu'on accepte comme sa manife/ation relle et c'e/ la vritable rgle qu'il faut appliqu] t\t ce qu'un sicle p5se1 dit ou fait4 ,p\r le ,x,ve sicle1 je crois que c'e/ la p>abole de l',enfant prodigue qui exprime le mieux le s5tim5t confus de t\tes les mes2 oui1 c'e/ bi5 l le type que le ,x,ve sicle ralise de prfr5ce dans t\tes ses crations4 ,*]*ez bi5 et c'e/ ce vagabond que v\s retr\v]ez dans ses aspirations srieusem5t comiques et navem5t p]v]ses4 ,vraim5t cette f9 de sicle e/ dignem5t reprs5te p> le gueux qui a follem5t dp5s l'hritage des gr&s sicles du ,moy5 ,age4 ,le voil qui se trane sur la gr&'r\te laissant *aque buisson un lambeau de sa cotte1 avec le s5tim5t pr(ond de son humiliation1 ple9 de rep5tir1 mais ple9 du s\v5ir aussi de ce bon temps pass o il fe/oyait avec ses amis et ses amies2 ne voyant aucune issue sa misre1 mais p]suad1 au fond de son me1 qu'il doit y avoir au ciel ou sur t]re1 quelque "p enf91 une maison hospitalire1 o l'att5dra un pre clm5t une table bi5 s]vie4 ,oh6 ce rve de l'affam qui erre sur la gr&'r\te6 ,voyez1 dans cette sphre d'ides1 comme mes ,coquill>ds1 mes vrais gueux1 pr5n5t leur relief4 ,ils sont leur manire une des inc>nations de la p5se intime de l'poque4 ,n'e/-ce pas t\j\rs a9si8 ,e/-ce que les classes dang]euses n'(fr5t pas une image1 =ce peut-tre1 mais non fausse de la gr&e socit sur la lisire de laquelle elles se meuv5t8 ,le cl]g qui vit avec le peuple le sait bi54 ,et ce propos v\s v\s rappell]ez la s+ulire prdilection des prdicateurs libres du ,x,ve sicle p\r cette mme p>abole de l',enfant prodigue4 ,dans leurs s]mons444 ,j'aime extraord9airem5t la lecture de ces bons s]mons d'autrefois4 ,et v\s8 --,hlas6 dis-je l'loqu5t df5seur des gueux1 v\s mettez la ma9 sur une des lacunes de mon ducation2 je s5s trs vivem5t auj\rd'hui que j'ai lu trop peu de s]mons4 ,mais dites-moi donc quel e/ le symbole qui se ca*e s\s le m\vem5t des ides de notre poque n\s8 ,la p>abole de l',enfant prodigue me sembl]ait assez conv5ir notre temps1 si ce n'e/ que de nos j\rs il n'e/ po9t "q du veau gras que t\s att5d5t p\r prix de leurs p*s et de leurs faiblesses1 mais bi5 d'un autre veau1 symbolique lui aussi1 et qu'on a ador ds les premi]s temps de l'hi/oire1 je veux dire le veau d'or4 ,mais laissons l cet intressant problme4 ,p]mettez-moi d'us] de fran*ise avec v\s et de v\s dire que vos ,coquill>ds ont jet quelque ds>roi dans mon esprit4 ,j'tais v5u p\r v\s ent5dre dire autre *ose1 je v\lais v\s p>l] des difficults que j'pr\ve port] un jugem5t sur le roman psy*ologique contempora9444 ,a pe9e ces p>oles m'avai5t-elles *app que ,m>cel ,s*wob s'emporta1 et sans me p]mettre la mo9dre explication1 se mit tonn]3 --,v\s osez prononc] devant moi ces mots nfa/es6 ,ne savez-v\s donc pas que je les hais1 et ne s5tez-v\s donc pas que je dois les har1 ces rcits falots1 o1 s\s prtexte de n\s dvoil] les secrets de l'me1 un monsieur n\s raconte une av5ture banale de petit salon1 enjolive de bribes mal digres de ,sp9oza ou de ,h]b]t ,sp5c]8 ,de la psy*ologie8 ,mais1 *] ,monsieur1 il n'y a pas plus de prdictions psy*ologiques dans votre livre que dans ce simple fait3 je sors avec mon p>apluie1 qu& le temps e/ c\v]t4 ,quiconque ignore1 aux premires pages de ces rcits1 o l'auteur veut en v5ir1 mrit]ait d'tre r5voy sur les bancs de l'cole p\r y appr5dre lire4 ,voil ce qu'on appelle noblem5t des problmes de l'me4 ,enf91 ceci n'e/ ri52 puisqu'il y a des amateurs de ce g5re1 ils ont le droit de s'amus] comme il leur plat1--n\s sommes t\s gaux4 ,ce que je ne puis support]1 c'e/ que le monsieur qui v5d ces portions frelates peut-tre1 mais in(f5sives au fond1 pr5ne en les di/ribuant des airs d'importance1 ou tire les ficelles de ces pant9s avec l'onction d'un pa/eur brevet d'mes et d'un confesseur de consci5ces endolories4 ,voil qui ne se peut s\ffrir et je prote/]ai de t\tes mes =ces *aque fois que l'occasion s'en (frira4 ,v\s voyez d'ici la faon dont ces g5s mett5t leur sujet en uvre4 ,ils vont racont] le cas de ,mme ,a444 ou de ,mme ,b4441 hi/oire vieille comme ,boccace ou ,brantme1 et p> cela mme t]nellem5t jeune et intressante1 p\rvu qu'on n'aille pas dmembr] une anecdote claire et simple p\r la b\rr] de motifs psy*ologiques ou la f>d] d'une philosophie mauvais te9t4 ,allez1 je les vois v5ir4 ,a pe9e ti5n5t-ils leur anecdote qu'ils s'empress5t1 ces psy*ologues1 de la dhan*] p\r la faire entr] dans le cadre romanesque la mode du j\r4 ,ils font v5ir les robes de l'hrone de *ez ,wor? ou ,r$f]n et ils la p>fum5t des odeurs et des ides en vogue4 ,ils n'ont g>de d'omettre que le l+e du hros s]a blan*i et repass ,londres1--puisque c'e/ l seulem5t qu'on sait lui donn] le lu/re auquel il a droit 7c'e/ du l+e que je p>le72 ensuite ils lui mett5t ngligemm5t dans la c]velle les deux ou trois d\tes fa%ionables du j\r1 et l'initi5t avant t\t aux my/res du tub et des dess\s de ces dames4 ,je ne dirai po9t qu'on ait beso9 d'une sci5ce pr(onde p\r crire un roman psy*ologique2 mais il faut p\rtant une dose de connaissances div]ses trs respectable et je ne m'tonne gure de l'air ple et fatigu que pr5n5t nos romanci]s qu&1 le soir1 leur travail t]m91 ils se laiss5t admir] avec quelque bi5veillance et1 adosss la *em9e du salon1 passant la ma9 fivreusem5t sur leur front1 murmur5t d'une voix m\rante3 ,j'ai mal l'me4 ,v\s me dem&ez le my! qui int]prte d'une faon typique les *oses de notre temps8--,eh bi56 avec t\s ces psy*ologues qui encombr5t le *amp de ma vision1 je ne puis p5s] qu'au ,livre des snobs du gr& ,?ack]ay4 ,ces snobs vi5n5t se mettre entre moi et la lumire qui mane des faits simples et clairs2 ils font viol5ce la sci5ce que j'aime et ils r5d5t fade la religion que je ne puis imag9] que svre et haute4 ,le torr5t cessa un in/ant et je pus plac] quelques mots4 --,je v\s jure que v\s v\s trompez et que je ne m'occupe gure de t\t ce qui nonne dans ce bas monde2 mme ,ohnet me laisse froid1 et 7dois-je l'av\]87 dans l'uvre de ,b\rget il y a des p>ties p\r lesquelles je n'pr\ve pas plus de sympa?ie que cet auteur clairvoyant n'en a lui-mme4 ,je crois que ma langue a f\r*1 qu& j'ai nomm le roman psy*ologique1 et je v\lais simplem5t am5] la conv]sation sur l'uvre de ,b>rs4 --,b>rs6 ,ici ,m>cel ,s*wob fit une pause4 videmm5t il ne s'tait pas encore =m une op9ion nette sur l'criva94 ,voyez-v\s1 me dit-il1 je me ti5s sur mes g>des4 ,e/-ce *ez moi un phnomne morbide1 ai-je hrit de la maladie de ,?ack]ay1 peut-tre1 mais je s5s p>t\t des snobs et du snobism4 ,b>rs e/ mille lieues des g5s dont je p>lais2 et p\rtant il se dgage de lui un c]ta9 p>fum1 je ne dirai pas de snob1 mais de ,sa9t du snobism4 ,je me mfie qu& je vois l'analyse des motions de l'me pr5dre le pas sur le re/e1 comme si elle seule elle tait capable de crer une uvre d'art4 ,et encore si c'tait l'analyse sci5tifique et impassible2 mais l'analyse littraire1 e/-ce autre *ose1 dire vrai1 qu'une prom5ade1 agrm5te de jolis dtails1 que l'esprit fait de temps en temps s\s prtexte d'ex]cice hyginique1 af9 de p\voir r5tr] bi5tt au paisible pays des prjugs *ris4 ,zola donne sa prom5ade le nom dcoratif de physiologie1 et les autres s'intitul5t psy*ologues2 mais au fond ce ne sont1 attifes au has>d de la r5contre avec quelques lambeaux de phrases sci5tifiques1 que des ides s5tim5tales1 vieilles comme le monde1 et qu'on agite p5dant un temps aux yeux des badauds p\r les oubli] ensuite au magas9 des *oses surannes4 ,croyez-v\s que la difficile "q de l'hrdit physiologique se pose auj\rd'hui1 devant l'esprit de ,zola1 en d'autres t]mes qu'il y a v+t ans au db de l'hi/oire des ,r\gon-,macqu>t8 ,il en e/ re/ son po9t de vue primitif4 ,et p\rtant la sci5ce n'a tudi exactem5t ce problme que depuis la publication des premi]s livres de ,zola4 ,tr\v]ait-on une seule trace de ces ?ories n\velles dans l'uvre du matre8 ,ils donn5t cette uvre le nom de sci5ce1 et t\t au plus e/-ce de la casui/ique4 ,b>rs1 qui a un dlicieux flair des c\rants de l'op9ion1 a peut-tre s5ti qu'il c\rait risque d'*\] dans un g5re dmod1 et il a fait pr5dre ses ?ories un ba9 d'inconsci5t4 ,elles en sont sorties rgnres1 je le crois2 mais il me re/e un d\te3 l'homme qui e/ p>ti d'un sy/me acqu]ra-t-il jamais la l>geur de vue qui lui p]mettra de n\s donn] la reprs5tation complte d'un fait8 ,se df]a-t-il jamais de ce je ne sais quoi de factice qui nuira l'intgrit de la s5sation8 ,l'intellig5ce qui btit les sy/mes et l'expri5ce qui les pr\ve sont du doma9e de la sci5ce4 ,l'art e/ une manife/ation de l'homme t\t enti]4 ,v\s v\s s\v5ez de la df9ition que donne ,ribot de la volont8 ,c'e/1 dit-il1 la raction propre de l'individu4 ,la df9ition de l'art que j'essayais d'indiqu] n'a pas d'autre s5s et voil bi5 la preuve de l'troit rapport qu'il y a entre l'art et la volont4 ,l'art et la volont ont leur s\rce dans ce qu'il y a de plus individuel en n\s1 dans le c5tre de t\tes nos facults4 ,aussi l'ess5ce de l'art c'e/ la lib]t1 t&is que la sci5ce *]*e la dt]m9ation4 ,celui qui fait prdom9] dans notre p]sonnalit un lm5t au dsavantage des autres amo9drit l'art p>ce qu'il re/re9t le libre m\vem5t de l'individu4 ,unit veut dire simplicit4--,mais je m'ap]ois que notre conv]sation pr5d un t\r de diss]tation philosophique1 me dit ,m>cel ,s*wob1 qui1 le front appuy dans les ma9s1 avait prononc la d]nire p>tie de son disc\rs1 comme s'il lisait dans un livre invisible4 ,je dois v\s av\] que ces j\rs-ci mon esprit e/ assez proccup d'une prface que je vais crire p\r un recueil de n\velles1 qui p>at le mois pro*a94 ,je veux dire1 dans cette introduction1 mon op9ion sur la littrature de l'av5ir1 aussi bi5 que sur celle du pass1 en un mot sur l'art en gnral4 --,cep5dant v\s me semblez matre de votre sujet4 --,ah1 quelle diffr5ce entre les ?ories exposes btons rompus dans l'entreti5 famili] et la sol5nelle inauguration1 dans un trait d'e/htique1 d'un dogme qui1 p\r le mom5t1 e/ encore un peu en l'air6 ,savez-v\s que la critique e/ plus difficile que l'art1 p>ce qu'on ne sait jamais qui on p>le et quel niveau il faut se mettre1 t&is que l'arti/e n'a qu' s'occup] de lui8 ,je sais ce que v\s allez me rpondre1 mais laissons cette controv]se444 ,quant ma prface1 puisque j'ai comm5c v\s en p>l]1 je ne connais vraim5t po9t d'entre en matire plus simple que l'axiome suivant3 p\r t\t homme le monde e/ d\ble2 il a consci5ce de soi et des autres4 t5dez le c]cle qui l'ent\re autant que v\s v\drez1 ou bornez-le /rictem5t son vois9age immdiat1 v\s n'*app]ez jamais cette conception primordiale du ,moi et des autres4 ,deux s5tim5ts en n\s y rpond5t3 l'gsme et la sympa?ie2 dites1 si v\s le prfrez1 esprit de cons]vation et esprit de sacrifice1 voil les deux ples de notre exi/5ce4 ,je v\s dem&e p>don de cette comp>aison banale2 de plus elle n'e/ pas ju/e et j'en *]*e une meilleure4 ,voil6 ,que v\s sembl]ait de l'image d'un p5dule qui oscille entre les deux s5tim5ts opposs8 ,en df9itive1 la vie intrieure de l'individu consi/e en une srie de ces oscillations qui s]ont plus ou mo9s gr&es suivant que son organisation s]a plus complexe et plus indp5dante4 ,elles p>tiront de l'gsme extrme qui se manife/e p> la plus g/e de nos passions1 la peur1 p\r arriv] l'ab&on suprme de la p]sonnalit2 puis elles ret\rn]ont en arrire4 ,je v\s propose d'appel] ces mom5ts d'arrt1 o le balancem5t intrieur atte9t sa limite1 les crises de l'exi/5ce individuelle4 ,alors l'hi/oire de l'homme se m>qu]a p> la succession plus ou mo9s espace des crises qu'il pr\v]a et dont l'int5sit diffr]a d'aprs son tempram5t4 ,puisque n\s en sommes v5us l1 laissez-moi complt] ma p5se en disant que cette vie intrieure1 telle que je v\s en ai dcrit la m>*e de crise en crise1 e/ la seule qui compte directem5t p\r l'homme1 quoiqu'il dp5de t\j\rs plus ou mo9s des circon/ances ambiantes1 comme t\s les organismes4 ,claude ,b]n>d1 le premi]1 ce que je crois1 dans ses leons sur la physiologie gnrale1 a di/+u entre le milieu extrieur et le milieu intrieur1 o se meuv5t les organismes4 ,il a montr que l'exi/5ce ne dp5d nullem5t des influ5ces extrieures1 de l'atmosphre et de la temprature gnrale p> exemple1 mais du milieu intrieur1 c'e/--dire du sang et des autres liquides qui pntr5t dans les tissus et les n\rriss5t4 ,le milieu extrieur n'ex]ce qu'une action indirecte4 ,a9si l'homme1 d'abord et avant t\t1 vit intrieurem5t1 et c'e/ ensuite seulem5t que se manife/e l'action du milieu extrieur1 ou1 p\r r5tr] dans mon sujet1 qu'app>at l'influ5ce de ce que n\s nommons les accid5ts de la vie4 ,cep5dant ces circon/ances extrieures1 que n\s avons ngliges jusqu'ici1 ont leur vie elles4 ,la liaison des faits1 qui con/itue le milieu extrieur de l'homme1 suit1 elle aussi1 son c\rs normal2 elle dveloppe et accumule ses =ces jusqu' un po9t d'arrt1 que j'appell]ais volonti]s la crise des vnem5ts2 puis elle ret\rne en arrire p\r recomm5c] de n\veau qu& elle aura p>c\ru le demi-c]cle de l'oscillation4 ,a9si l'homme se meut au milieu de circon/ances qui volu5t v]s une crise quelconque1 et cette crise peut le t\*] =tem5t ou faiblem5t1 sitt qu'elle correspond au mom5t d'une crise intrieure *ez lui4 ,cette concid5ce d'une crise intrieure avec la crise extrieure1 je l'appell]ai une av5ture1 et c'e/ de la vie huma9e1 conue comme une succession d'av5tures1 que doit s'occup] l'art4 ,le roman d'av5tures1 prises dans le s5s que je v\s ai indiqu1 e/ le roman de l'av5ir4 ,de l'av5ir6 ,ent5dons-n\s bi51 il a l'av5ir devant lui1 p>ce qu'il e/ d'hi] et de t\s les temps4 ,le *ef-d'uvre de la littrature mod]ne1 ,hamlet1 e/ un roman d'av5tures4 ,v\s voyez1 au db de la tragdie1 la misan?ropie du jeune pr9ce ,danois1 son affolem5t devant la ralit cruelle de la vie1 atte9dre son apoge et clat] en crise intrieure2 alors le spectre de son pre lui app>at et amne une crise des vnem5ts extrieurs4 ,et c'e/1 dans le drame de ,%akespe>e1 un va-et-vi5t d'motions asc5dantes et desc5dantes qui correspond exactem5t au dveloppem5t des *oses extrieures1 mais t\j\rs de faon que les m\vem5ts de l'me *ez ,hamlet g>d5t leur priorit et leur suprmatie4 ,rappelez-v\s sa crise d'irrsolution au mom5t o le roi de ,norvge dem&e passage sur le t]ritoire de ,danem>k1 ou ses mditations au cimetire avant qu'il sa*e encore que c'e/ l'ent]rem5t d',ophlie qui se prp>e4 ,la crise de l'motion semble appel] la crise des faits1 et une explosion en e/ la consqu5ce inexorable4 ,cette tragdie-l e/ b\rre de crises intrieures et la vie de ,hamlet e/ une succession d'av5tures4 ,voil l'exemple suivre4 --,ce pauvre ,hamlet1 me disais-je1 e/ donc une sorte de p>atonn]re1 sur lequel se d*>geait t\te la t5sion tragique de l'atmosphre de son temps4 ,t\t tombait sur lui ou dans son vois9age4 ,alas1 poor ,yorick1 preuves en ma91 on vi5t v\s dmontr]1 ar*is*lemihl que v\s tes1 que ce sont vos n]fs qui ont caus les malheurs de votre famille et de votre pays1 sans oubli] les graves msav5tures de la raison sociale ,polonius1 fils et fille4 --,mais quelle e/ la =me que revtira l'uvre d'art8 se dem&a ,m>cel ,s*wob1 qui videmm5t v\lait rcomp5s] l'intrt que je portais l'explication de ses ?ories p> une diss]tation f9ale4 --,ret\rnons1 si v\s le v\lez1 aux leons de ,ribot sur la volont4 ,suivant lui1 la facult de v\loir se manife/e de deux manires2 c'e/ une porte ouv]te au c\rant des dsirs1 qui1 in/9ctivem5t1 *]*5t une issue1 mais c'e/ aussi une facult d'inhibition1 qui rep\sse ce fleuve tumultueux1 le rgle ou le dt\rne4 ,il y a des esprits et aussi des poques de l'exi/5ce o le c>actre in/9ctif de la volont e/ prdom9ant2 d'autres poques et *ez d'autres esprits1 le ct rgulateur de la volont ou la facult d'inhibition pr5d le dessus4 ,en gnral l'hi/oire d'un peuple montre les mmes aspects div]s de la volont nationale4 ,une priode d'in/9ct1 o *aque recrue voit en rve le bton de m>*al1 e/ suivie d'une priode de recueillem5t1 o *acun hsite sur ce qu'il doit dsir]4 ,a9si l'hi/oire de l'humanit pr\ve des oscillations rgulires et la facult de la reprs5tation p> l'art1 si intimem5t lie la facult de v\loir1 suit pas pas cette m>*e asc5dante ou desc5dante4 ,n\s sommes ma9t5ant dans une priode de recueillem5t et non de dsirs1 et l'art1 au lieu d'tre dsordonn et individuel1 s]a symtrique et ralis]a des types4 --,voil ce que j'avais cur de v\s dire1 fit ,m>cel ,s*wob1 aprs une petite pause1 t&is que son visiteur re/ait plong dans un sil5ce mditatif4 ,le re/e1 ce ne sont que des consqu5ces que v\s p\rrez tir] v\s-mme et je ne vois pas d'utilit proclam] dogmatiquem5t ma conviction que l'art s]a plutt sculptural qu'exclusivem5t pittoresque1 comme il l'a t dans ces d]ni]s temps1 qu'il s]a symbolique et non pas naf1 qu'il t*]a plutt d'veill] le s5tim5t individuel *ez les auditeurs que de montr] dans ses productions le ct p]sonnel de l'arti/e1 etc41 etc4 --,mais1 dis-je aprs une seconde d'hsitation1 e/-ce que vos considrations sur le c>actre de l'poque ne sont pas en contradiction avec le jugem5t que v\s avez port sur l'uvre de ,b>rs4 ,v\s v\s tes lev contre l'analyse qui y dom9e1 et1 si je vois bi51 ce s]ait1 d'aprs vos ides1 t\t fait dans le m\vem5t gnral du temps raisonneur plutt que crateur1 o n\s vivons4 --,c'e/ une "q de plus ou de mo9s1 comme p\r t\t ce qui se rapporte l'art1 rpondit ,m>cel ,s*wob4 ,et ne v\s mpr5ez pas sur le fond de ma p5se1 qui c]tes e/ lo9 de refus] ,maurice ,b>rs l'honneur d'tre au premi] rang des reprs5tants de notre poque2 je ne faisais mes rs]ves que sur le tic de d&ysme et d'+niosit que la vie ne reconnatra jamais comme une de ses v]tus lgitimes4 ,c> avant t\t et au-dessus de t\t1 l'art e/ une reproduction et une reprs5tation de la vie1 rduite ses proportions vritables4 ,v\s r5contr]ai-je dema9 soir *ez ,r5>d8 ,il a t]m9 sa n\velle p\r le ,m]cure de ,france et il n\s v]ra c]ta9em5t avec plaisir4 ,je ne sais pas si l'amiti que je lui porte me trompe2 mais1 p>mi n\s1 les jeunes1 il me p>at celui qui a le plus de *ances d'arriv] tre le premi]3 condition t\tefois que la vie lui donne la =te sec\sse morale dont le tal5t a beso9 p\r se dlivr] des entraves qu'il se =ge lui-mme4 ,,t]reur ,,et ,,piti#d #d ,m>cel ,s*wob1 ,cur d\ble1 avec une prface4 ,p>is1 ,paul ,oll5dorf1 #ahia4 ,j'ai lu quelque "p sur ,m>cel ,s*wob une notice o on le comp>ait rasme4 ,un ami peut accept] cette comp>aison1 si l'on veut indiqu] p> l son esprit ouv]t et son cur franc qui lui ont cr des relations dans t\s les camps littraires et dans t\tes les p>ties du monde4 ,d'autres1 et ce sont les fakirs de l'art1 ne s'occup5t qu' reg>d] fixem5t leur nombril ou b\d] dans leur co92 lui1 au contraire1 va allgrem5t la *asse de t\t ce qui se passe au monde4 ,un pre de l'glise du ,i,i,ie sicle lui inspir]a de l'intrt t\t aussi bi5 que le meurtri] qu'on va condamn] et qu'il ira visit] dans sa cellule p\r tudi] l'me de l'assass94 ,il gt]a1 dans le texte orig9al1 le ton gr&iose et le mlange unique du t5dre et du m>tial1 qui font du ,lucif] de notre ,vondel le drame lyrique p> excell5ce2 mais en mme temps il m>qu]a sa prfr5ce secrte p\r le ,bateau ivre de ,rimbaud1 o la folle posie sort libre des li5s qui essai5t de l'en*an] dans le c]cle des conceptions claires et bi5 ordonnes4 ,son cur et son esprit sont en m\vem5t p]ptuel1 et s'il voit s'agit] la p]sonnalit huma9e dans son milieu intrieur s\s la figure d'un balanci] qui va d'un s5tim5t l'autre1 c]tes il n'a eu qu' obs]v] l'oscillation cont9uelle de sa propre me4 ,il ress5t le beso9 imprieux d'tre lui et *ez lui1 mais il ne saurait se pass] p\r t\t cela ni de l'atta*em5t des autres1 ni des rumeurs bruyantes d'une capitale qui font div]sion au va-et-vi5t de sa p5se2 et s'il p\rsuit avec ardeur l'tude d'un problme sci5tifique jusqu' sa solution df9itive1 il n'en recueille pas avec une mo9dre avidit t\tes les impressions qui vi5n5t du dehors et qui lui p]mettront de crer dans ses contes fanta/iques une reprs5tation orig9ale de la vie4 ,nature complexe1 impulsive et rfl*ie la fois6 ,et cep5dant1 malgr cette contradiction intime de son individualit1 elle tr\ve sa rgle et sa belle ordonnance dans je ne sais quelle facult hrditaire de d]rire la tte et de d]rire t\te p5se consci5te1 qui le met mme de di/+u] entre les diffr5tes phases de sa p]sonnalit1 et de les ret5ir exactem5t dans leurs doma9es respectifs4 ,p> l s'explique la t*e que l'auteur s'e/ propose dans l'introduction de son recueil de n\velles1 et il a v\lu ju/ifi] devant le tribunal de son esprit le *em9 qu'il avait p>c\ru en arti/e1 ou plutt il a pr\v la ncessit morale de faire ressortir ses petits rcits sur l'arrire-plan des gr&es p5ses qui l'occup5t cont9uellem5t4 ,t\s les auteurs1 auj\rd'hui1 ont le dsir de rev5ir dans l'introduction de leur livre sur ce qu'ils craign5t que le livre mme n'ait pas expliqu avec une cl>t suffisante4 ,mais c]ta9em5t1 en ce qui conc]ne l'auteur de ,cur ,d\ble1 n\s avons affaire d'autres motifs4 ,en crivant sa prface1 ,m>cel ,s*wob n'a fait qu'obir au d\ble c\rant de sa p]sonnalit qui le p\sse n\s montr] d'abord ses s5sations vtues d'un habit de haute fantaisie1 puis1 l'in/ant d'aprs1 n\s dire1 d'une faon aussi prcise que possible1 la t5eur de sa p5se4 ,je ne saurais donc sp>] de son livre1 considr comme un t\t1 l'introduction dont j'avais eu le privilge d'ent5dre le rsum s\s la =me simple et expressive de l'entreti5 famili]4 ,elle e/ la transposition1 dans un langage autre que celui de l'art1 des int5tions que r5f]me l'uvre d'art1 et c'e/ comme l'inscription au fronton d'un temple qui donne le s5s exact des bas-reliefs de sa dcoration4 ,oui1 c'e/ bi5 a9si que je me figure ce livre curieux de ,m>cel ,s*wob2 il m'app>at comme la frise d'un temple qui n\s montre dans son puissant relief la progression1 j'allais dire la procession1 d'un s5tim5t trav]s l'hi/oire de l'humanit1 et c'e/ le passage de la t]reur la piti qui en fait le sujet4 ,vague d'abord1 et cause de ce vague mme plus oppressive p>ce qu'on ignore de quel ct le mal survi5dra1 la t]reur s'assimile la sup]/ition la plus abjecte p\r tr\v] des moy5s de conjur] le sort m5aant on ne sait qui ni quoi4 ,mais cette calamit indf9ie1 qu'on r$\te1 ex]ce en mme temps une dom9ation attirante sur l'me faible1 qui se livre l'inconnu p>ce que c'e/ l'inconnu4 ,et c'e/ le vaisseau-fantme1 disp>aissant dans le br\ill>d mat9al1 qui entrane les m>9s1 ou le t5tateur ,satan1 qui attire l'me d'une fillette nave1 dgte de la rude besogne de son exi/5ce pnible4 ,a un degr plus haut de l'*elle sociale1 la peur ne n\s p>at plus produite p> la malignit d'un p\voir my/rieux au-dessus de n\s1 mais elle e/ cause p> nos propres s5tim5ts confus et tyranniques4 ,la vie1 un autre sph9x1 (fre des problmes auxquels n\s ne savons rpondre que p> notre dsespoir1 et la consci5ce1 avec sa tte de ,mduse1 n\s glace le sang dans les ve9es4 ,et de n\veau1 ct de l'ef=t de lutte que provoque en n\s l'image effrayante des *oses1 se montre le *>me secret du mal qui n\s entrane irrvocablem5t4 ,n\s *]*ons sec\] ce j\g1 soit en opposant au p\voir ensorceleur l'ironie de nos s5s1 qui malgr t\t *]*5t leur ass\vissem5t1 soit en n\s prmunissant p> l'ironie de notre intellig5ce qui n\s donne un semblant d'impassibilit2 mais n\s n'y russissons gure4 ,il n'y a d'autre remde contre l'angoisse envahissante que l'ab&on complet de la p]sonnalit dans la piti absolue2 il n'y a d'autre moy5 p\r se s\/raire aux re/rictions imposes p> le seul fait d'exi/] que la rsignation entire et l'amortissem5t de t\s nos dsirs1 a9si que les sages de l',inde n\s le pr*5t comme le premi] des devoirs4 ,alors1--et c'e/ le rcit du ,mah>ajah se v5dant de ple9e volont comme esclave au plus misrable de ses sujets1--la procession du s5tim5t de la peur trav]s l'me s'arrte1 puisqu'elle a atte9t la limite extrme1 oppose son po9t de d"p4 ,elle se met en m\vem5t p\r une seconde fois1 puisque ,m>cel ,s*wob n'a pas v\lu se cont5t] de n\s montr] la trans=mation progressive de la peur en piti p> des exemples pris dans la vie individuelle4 ,il a fait davantage4 ,il a essay de n\s dpe9dre1 en p>c\rant les ges de l'humanit1 les tats div]s de la socit1 o le s5tim5t de t]reur1 flottant dans le cur de l'homme1 s'e/ prcipit en =mes typiques4 ,et il n\s montre1 trav]s l'hi/oire1 la vie des gueux1 s'arrtant devant *aque gr\pe qui reprs5te une tape sur cette voie d\l\reuse du crime et de la misre1 jusqu' ce que l'ombre de la guillot9e1 la guillot9e elle-mme1 app>aisse au b\t de l'horizon1 comme le po9t de repre et de repos f9al4 ,puis il conclut la srie de ses n\velles en rsumant le sujet dans un rcit symbolique o la t]reur et la piti suprmes1 se heurtant face face1 n\s font pr\v] la s5sation immdiate du motif gr5 p>mi les pages de l'uvre4 ,j'ai nomm desse9 cette m>*e processionnelle des contes de ,cur d\ble une succession de gr\pes figurs4 ,en effet1 *aque rcit =me un gr\pe4 ,comme la disposition de l'uvre entire rappelle le dcor sculptural d'un temple1 les n\velles1 une une1 leur t\r ont un c>actre pla/ique trs m>qu4 ,l'action y e/ ress]re en un seul mom5t et l'exposition mme r5f]me la crise4 ,la cl>t de l'ensemble1 ni la prcision des dtails n'en s\ffr5t p\rtant4 ,l'auteur semble n\] le nud du rcit1 t&is qu'en ralit il en prp>e la solution4 ,t\t e/ f9i en un cl9 d'il4 ,on se croirait en prs5ce d'un escamoteur et c'e/ bi5 vraim5t d'un arti/e qu'il s'agit1 c> il a obs]v le mom5t prcis o la crise vi5t de natre dans l'me de ses p]sonnages1 et o1 en se manife/ant1 elle appelle l'av5ture qui amn]a la cata/rophe4 ,a cet in/ant exactem5t il clair]a vivem5t le gr\pe de figures qu'il a *oisi1 et1 le faisant ressortir en haut relief1 il n\s p]met d'en embrass] t\s les dtails d'un seul reg>d4 ,il a su entass] a9si dans l'espace le plus ress]r une multitude de traits t\t dbordants de vie palpitante4 ,la n\velle du ,sabot en e/ un bon exemple4 ,c'e/ le conte de la fillette qui livre son me au diable4 ,en un mom5t1 t\te l'exi/5ce monotone d'une femme de p*eur se dr\le devant n\s dans la srie de ses phases c>actri/iques3 l'enfance laborieuse1 la dure vie de la m>ie1 les cra9tes de l'p\se et de la mre1 la dsolation de la veuve1--t\t cela passe s\s vos yeux et se prcipite dans une succession rapide de tableaux p\r se rs\dre en l'extase de l'esprit1 qui1 planant haut et lo9 des viles besognes de la t]re se livre la contemplation pure de l'inf9i4 ,une autre n\velle1 les ,sans-gueule1 saisissante p> un mlange unique du t5dre et du grotesque1 dcrit l'angoisse d'un cur simple devant la cruaut du sort1 qui crase ce que n\s aimons et efface jusqu' la raison d'aim]4 ,quelques ge/es1 arrivant pe9e une expression df9ie de leurs int5tions1 et voil t\t ce qui bur9e ineffaablem5t ce petit gr\pe de p]sonnages capricieux dans notre s\v5ir4 ,c> on s]ait mal v5u croire que cet arti/e n'a sculpt ses curieuses figur9es que p\r n\s amus] un in/ant en n\s causant une peur atroce4 ,au contraire1 il leur a s\ffl sa propre vie et il entre en communion avec la ntre p> cette espce de confession fragm5taire qu'il n\s fait dans les pages de son livre4 ,il a pris sa lant]ne1--une lant]ne s\rde de voleur1--et l'a prom5e dans les angles obscurs de sa consci5ce2 il a projet les s5sations pr\ves dans cette c\rse nocturne sur la toile de son imag9ation1 et il leur a donn un air trange1 comme s'il ne comptait gure sur notre sympa?ie p\r des sujets qui vi5n5t de si lo94 ,mais ici se r5\velle le cas du pe9tre qui1 dfiant notre il de suivre ses figures dans la brume o il les plonge1 provoque notre beso9 de voir et de s5tir1 et n\s =ce *]*]4 ,et n\s dev9ons1 si n\s ne l'avons su ds le premi] abord1 que ces n\velles de ,cur d\ble1 quoi qu'elles fass5t p\r se t5ir di/ance1 viv5t vraim5t de notre vie n\s4 ,disons mieux3 aprs que l'impression d'tonnem5t qu'elles caus5t s'e/ dissipe1 n\s n\s ap]cevons qu'elles vi5n5t notre r5contre1 et qu'elles essai5t de mettre la ma9 sur nos p5ses et nos s5tim5ts4 ,*oisissons p\r preuve de ce que n\s avanons1 dans la seconde p>tie du livre1 l'trange rcit qui a p\r titre3 le ,l\p4 ,dans la rase campagne1 la tombe du soir1 erre un c\ple s9i/re1 fuyant la capitale o ils ont mont un c\p3 lui1 un g>s bi5 dc\pl1 elle1 fille des b\lev>ds extrieurs1 d'une qu9za9e1 peut-tre d'une v+ta9e d'annes plus ge que son homme1 mais le te9t frais1 l'il vif1 f9e p\r deux4 ,la nuit va v5ir2 les *i5s des f]mes aboi5t aux vagabonds hag>ds et affams qui s5t5t pes] sur eux la solitude de la pla9e4 ,ils *]*5t un gte et se dirig5t v]s une c>rire qu'ils reconnaiss5t de lo9 la lueur r\ge des lant]nes au ras du sol4 ,des =ats librs y travaill5t2 le propritaire n'e/ pas difficile et pr5d les g5s qui s'(fr5t sans s'enqurir de leur pass4 ,un des premi]s c>ri]s que le c\ple de vagabonds r5contre e/ un vieux1 solide et n]veux1 dont le visage e/ c\v]t d'un l\p en fil de f] qui le protge contre les clats de pi]res4 ,l'homme au l\p raille grossirem5t le g>s sur sa matresse4 ,une qu]elle s'engage2 ils en vi5n5t aux ma9s4 ,la femme1 craignant un malheur1 *]*e les sp>]1 mais en s'appro*ant du vieux1 elle se fait reconnatre p> lui et il retr\ve en elle la fille p\r qui il a commis le crime qui l'a conduit en ,n\velle-,caldonie4 ,furieux1 il veut tu] le g>s1 malgr les cris p]ants de la femme1 et le c]cle des travailleurs de la c>rire se f]me aut\r des combattants4 ,la victoire re/e au plus jeune4 ,d'un pic1 qu'il a tr\v ses pi$s1 il enfonce le crne du vieux1 qui tombe mort la r5v]se t&is que le masque glisse de son visage ensanglant4 ,t\s les travailleurs crir5t3 ,hol6 ,la femme se r\la v]s le bruit1 et1 rampante1 v9t reg>d] l'homme dmasqu4 ,qu& elle eut vu le pr(il maigre1 elle pleura3 ,t'z tu ton d>on1 mon homme1 t'z tu ton d>on6 ,dans la m9ute1 ils fur5t sur leurs pi$s et s'enfuir5t v]s la nuit1 laissant d]rire eux la ligne sanglante de la c>rire4 ,je ne p>l]ai pas du tal5t suprieur qui se manife/e dans la faon de prs5t] cette tragdie ress]re en quatre ou c9q pages t\t au plus1 t\s les acteurs du drame c>actriss individuellem5t1 l'ent\rage prcis en quelques lignes1 le press5tim5t du malheur futur indiqu en deux ou trois traits significatifs1 le t\t =mant un gr\pe qui se diss\t dans la nuit de la mort et dans la nuit plus sombre encore du crime irrp>able1--mais je me dem&e quelle impression les faits mmes qui me sont conts laiss5t dans mon esprit4 ,je veux lutt] contre la s5sation d'tonnem5t que me cause l'tranget du rcit en me rappelant l'hi/oire de ,ru/em1 le hros p]san qui provoque son pre inconnu en combat s+uli]1 ou encore l'hi/oire d'dipe qui tue son d>on dans une rixe banale et p\se sa propre mre4 ,combi5 ces s\v5irs de l'anci5ne my?ologie sont lo9 de moi1 aussi lo9 que ce qui se passe l-bas1 la nuit tombante1 dans la c>rire inconnue6 ,mais au contraire1 plus j'y p5se1 plus ces rcits classiques reviv5t dans ma mmoire1 et1 si je ne me trompe1 d'une vie autrem5t int5se qu'aup>avant1 ma9t5ant que mon imag9ation voit transport dans le prs5t ce qu'il me plaisait autrefois de considr] comme un cas prhi/orique4 ,et t\tes les ?ories morales1--comme d'une lutte p\r la vie entre deux gnrations qui se succd5t1--p> lesquelles j'avais acc\tum de ju/ifi] devant mon imag9ation l'horreur de ces vieux my!s1 me revi5n5t ma9t5ant l'esprit1 mais acc5tues d'une autre faon et claires de la lumire crue que projette sur leur classicit le rcit mod]ne de ,cur d\ble4 ,oui1 l'enfant tue le pre1 ou du mo9s il *]*e le tu]1 s'il n'e/ pas tu p> lui4 ,c'e/ la dure loi qui lie indissolublem5t l'am\r la mort1 tant dans le monde physique que dans le monde moral4 ,les faits se montr5t r>em5t dans leur fran*ise brutale au niveau de la socit o n\s n\s tr\vons4 ,mais la lisire extrme du monde dont je fais p>tie1 un drame de sang et d'ince/e1 comme dans la n\velle de ,cur d\ble1 se con/ruit avec les mmes vnem5ts1 qui de notre ct de la socit1 du ct clair p> le soleil de la morale conv5tionnelle1 aurai5t t\t au plus occasionn la comdie banale d'un pre h>ass de travail1 et exploit p> sa femme et le fils prfr avant t\t4 ,c'e/ a9si que les phnomnes morbides du corps huma9 ne prs5t5t pas un c>actre diffr5t de ceux que l'on obs]ve dans son tat de sant4 ,seulem5t1 quelques-unes des conditions p>mi lesquelles ils ont lieu se sont modifies1 et le physiologi/e obs]ve ces dviations p\r en tir] ses conclusions sur la direction des =ces actives du corps huma91 livres leur impulsion propre et sans contrepoids4 ,c> les malades ont un g5re de s9crit que n'ont pas les g5s bi5 portants4 ,a9si1 ne reculons pas devant la confession de notre misre morale et osons reconnatre le li5 qui n\s ratta*e au mal3 avant t\t1 soyons s9cres6 ,,s\ffrances ,d',,arti/e ,qu& ,jules ,r5>d n\s eut lu sa n\velle1 qu'il avait t]m9e p\r le ,m]cure de ,france1 il rgna p5dant quelques in/ants dans la *ambre un sil5ce pr(ond4 ,d'une ma9 s'appuyant sur sa table de travail1 t5ant le manuscrit de l'autre1 ,r5>d1 deb\t1 att5dait le jugem5t qu'un de ses deux visiteurs allait prononc]4 ,c'tait un conte m9uscule qu'il n\s avait rcit de sa voix grave et nette1 une dc\pure1 comme il disait4 ,cela s'appelait les ,*>donn]ets1 et c'tait l'hi/oire d'un *asseur dilettante qui1 avec son co/ume t\t neuf et son arme p]fectionne1 "p en gu]re contre t\s les habitants de l'air et de la campagne4 ,m4 ,sud1 le *asseur1 n'e/ pas un homme t]rifiant2 au contraire1 il lui faut dj t\te une rsolution p\r d*>g] son fusil4 ,quel triomphe1 qu&1 aid p> le has>d1 il a atte9t d'un c\p heureux t\te une petite b&e de *>donn]ets p]*s sur une bran*e6 ,que diront ses amis8 ,quelle cont5ance g>d]a-t-il s\s leurs flicitations8 ,il ramasse ceux des petits oiseaux que son *i5 ,pyrame n'a pas encore mordus1 les met dans sa gibecire1 et comme il en s5t un qui remue encore1 il les repr5d t\s dans la ma94 ,il les reg>de et se s5t t\t p]plexe devant les palpitations de ces petits corps1 fragiles comme une uvre d'art1 qui1 p> son f9i1 donne l'illusion de la vie4 ,un des *>donn]ets1 plutt bl\i que t\* p> le c\p du *asseur1 pr(ite de l'occasion qui s'(fre et s'envole de sa ma94 ,m4 ,sud s'en rj\it comme d'une *ose heureuse qui lui arrive2 il tr\ve vraim5t que c'e/ un bon t\r que lui a j\ le petit *>donn]et2 les autres1 hlas6 ne sauront plus regagn] la lib]t qu'il v\drait leur r5dre4 ,il reg>de aut\r de lui s'il n'y a p]sonne p\r l'pi]1 puis il range les pauvres oiseaux demi morts sur le bord du ruisseau et le c\rant emporte les petites victimes4 ,m4 ,sud a honte d'avoir tir un c\p de son beau fusil2 et qu& il ap]oit les g\ttes de sang qui ta*5t son pantalon gris p]le1 sa consci5ce le po9t comme s'il tait assass94 ,voil t\t2 le rcit en lui-mme n'a po9t d'importance1 si ce n'e/ p> le f9i m]veilleux qui donne l'illusion de la vie aux uvres d'art4 ,un t\t petit filet d'motion trav]se l'hi/oriette en un rseau de ve9ules qui app>aiss5t la surface p>-ci1 qui se ca*5t p>-l2 mais cette motion e/ contrebalance p> le srieux comique du *asseur dilettante1 glorieux et rep5tant4 ,le jeu enti] des s5tim5ts qui se r5contr5t dans cette petite fable se tr\ve en quilibre complet4 ,ce n'e/ po9t de la compassion qui meut ,m4 ,sud et qui le fait agir comme il le fait1 mais c'e/ plutt l'emb>ras secret qu'pr\ve l'homme du monde devant un objet trang] d\ d'une vie my/rieuse1 ou encore le dilettantisme surpris devant les *oses de la nature4 ,il y a de la s5sibilit dans son action1 mais ri5 qu'un s\pon de s5tim5t1 et s'il y a de la maladresse dans ses poses1 il vite le ridicule t\t ju/e p> l'honntet p>faite de son esprit4 ,oui1 vraim5t1 de p> l'ag5cem5t subtil des faits qu'il raconte1 le rcit1 sitt qu'on veut se livr] aux s5sations qu'il v\s cause1 pr5d les proportions d'un drame trs s]r4 ,l'action1 c'e/ la succession des m\vem5ts de l'me qui port5t le tueur d'oiseaux regrett] son crime2 ils clat5t en crise f9ale1 qu& il voit les g\ttes de sang sur son habit vi]ge1 et qu'il se baisse p\r lav] son pantalon dans l'eau claire du ruisseau1 comme un vritable crim9el qui *]*e effac] les traces de son assass9at4 ,t\t cela e/ dit en une langue transp>5te1 sans lacune comme sans ornem5ts1 qui fait ap]cevoir t\tes les palpitations des vnem5ts et leur n]vure dlicate1 un petit *ef-d'uvre qui rivalise en f9esse et en fragilit avec les ,*>donn]ets eux-mmes qui en sont le titre4 ,quel contra/e avec la faon dont ,m>cel ,s*wob reg>de les *oses6 ,ici la vie en m9iature1 la tragdie du m9uscule2 l1 dans le monde des gueux1 la re*]*e de l'extraord9aire1 la t]reur du mon/re dans l'homme4 ,l'admiration que manife/ait ,m>cel ,s*wob p\r la n\velle de son ami1 en tait d'autant plus s9cre4 ,jules ,r5>d ne se montrait pas ins5sible aux l\anges qu'on donnait son rcit2 l'uvre rc5te ne s'tait pas encore sp>e de l'esprit qui l'avait enfante1 l'auteur y vivait encore avec une p>tie de son me4 ,et le ton de sa voix tait plus *aud que d'ord9aire lorsqu'il n\s dit3 --,p5dant que j'tais occup crire ce conte1 j'ai pu obs]v] trs prcism5t l'in/ant o mon esprit a fait le m\vem5t t\rnant dont n\s p>lions nagure4 ,au db1 la n\velle tait conue dans un s5s plus satirique qu' prs5t4 ,j'avais d'abord l'int5tion de r5dre ridicule ,m4 ,sud2 mais p\r un b\rgeois qu'il e/1 il s'en tire encore assez bi51 je tr\ve4 ,je ne sais quel s5tim5t s'emp>a de moi1 t&is que j'crivais4 tait-ce le s\v5ir d'une av5ture semblable1 qui m'e/ arrive1 moi8 tait-ce cette espce d'att5drissem5t que porte avec soi t\t ce qui e/ du pass8 ,je me suis laiss entran] p> mon motion1--oh bi5 peu1--et je suis trs heureux de v\s ent5dre dire que j'ai russi communiqu] ce s5tim5t au sujet4 ,c>1--n'e/-ce pas1--il y a quelque *ose de suprieur l'uvre d'art1 c'e/ l'motion qui s'en dgage4 --,a condition t\tefois1 se reprit-il1 comme s'il craignait d'avoir t trop lo91 condition que l'motion re/e pure1 c'e/--dire qu'elle ait t veille p> le sujet mme et non po9t p> quelques dtails factices4 ,mais ici je crois que je me suis t5u /rictem5t dans les bornes que prescrit l'art4 ,quelle pe9e vraim5t1 s'cria ,jules ,r5>d d'un ton am] en s'asseyant et en pr5ant sa pose habituelle de non*alance1 quelle gr&e pe9e de =c] son motion1 sitt qu'on en a ress5ti le mo9dre gra9 et de s\ffl] de t\te la vigueur de ses p\mons dans la gr&e trompette des s5tim5ts6 ,cette pe9e ne vaut pas un li>d4 ,cep5dant1 il p>at qu'il e/ d'un gr& *>me1 p\r le public1 de voir ce b>iolage de c\leurs cri>des1 ou d'ent5dre cette symphonie in/rum5tation viol5te avec ses basses ronflantes et le r\lem5t f9al de ses tamb\rs =c5s4 ,mais t\t cela1 mes bonnes g5s1 et mon bon ogre de public1 ce n'e/ pas de la *air saignante qu'on v\s (fre1 ce n'e/ que du c>ton4 ,et p\rtant il aime a1 le b\rgeois1 et il paie son prix d'entre p\r voir1 p\r ent5dre1 p\r gt]6 ,ai-je dit que cette exaltation artificielle de l'motion ne valait pas un li>d8 ,je me suis tromp4 ,le succs du livre1 le succs f9anci] en dp5d6 ,ah je sais trs bi5 que c'e/ ignoble d'y rev5ir t\j\rs1 cont9ua-t-il aprs une c\rte pause1 en p>lant d'une voix srieuse et sombre et en reg>dant un po9t noir l'horizon de sa p5se1 mais je ne puis me dgag] de ce cau*em> qui me p\rsuit4 ,je v\drais bi5 que mon uvre1 moi aussi1 rapportt de l'arg5t2 de l'arg5t1 que je p\rrais tt] et mani]1 comme une preuve s5sible qu'il exi/e des g5s qui apprci5t mon travail4 ,quelque *ose que je p\rrais jet] aux pi$s de l'homme qui se moque de mes labeurs1--oui1 quelque *ose qui me rcon=tt dans mes mom5ts d'humeur noire4 ,voyez-v\s1 dit-il1 c'e/ un m>tyre que ce mti] d'criva94 ,a ces mots1 ,jules ,r5>d s'tait lev4 ,il trav]sa l'app>tem5t d'une enjambe1 puis s'arrta t\t prs de la table1 o il prit une bro*ure qu'il feuilleta sans p5s] ce qu'il faisait4 --,le langage ne veut pas ce que n\s v\lons1 dit-il4 ,les mots ord9aires sont m\s comme des fruits trop mrs4 ,mettez-les dans une phrase et ils y font des tr\s2 elle sonne creux1 comme si notre p5se n'avait ni vigueur ni consi/ance4 ,ne me p>lez pas des t]mes orns1 c'e/ l'affaire du ph>maci5 qui dore les pilules1 non de l'auteur qui se respecte et qui respecte son public4 ,les mots extraord9aires donc1 qui ne se tr\v5t dans aucun lexique8 ,comme ce s]ait puril de faire de la gymna/ique et des sauts prilleux l o il n'en faut pas6--,mais p\rquoi cote-t-il tant de pe9e de dire simplem5t ce qu'on veut8 ,je re/e assis t\te la j\rne devant ma table de travail1 me rongeant de dpit1 et qu& enf9 j'ai a*ev une page qui me satisfait1--alors1 quoi8 ,qui la lit8 ,n\s sommes trop gr&e di/ance l'un de l'autre1 le monde et n\s4 ,n\s ne n\s compr5ons plus4 ,et le pis1 c'e/ que dans notre pays de lib]t on n'ose pas dire fran*em5t ce qu'il y a de mieux en soi4 ,non1 on cra9t la vrit1 ds qu'elle blesse les trois ou quatre prjugs populaires1 qui n\s sont re/s comme hritage de la gnration prcd5te4 ,on gne ces messieurs de la presse1 en t\*ant ce qu'ils nomm5t religion1 sci5ce1 ou patriotisme1 p>ce que dans ces sujets-l ils tr\v5t matire dclamation t\te prp>e2 et on sc&alise les politici5s qui p> ce comm]ce d'ides rances gagn5t leur pa9 de t\s les j\rs4 ,on v\s dit de t\tes p>ts3 p]sonne ne p5se a9si1 p]sonne ne p>le a9si1 et cela au mom5t ju/e o l'on s'e/ appliqu =mul] de la faon la plus claire ce qui e/ au fond de t\s nos curs1 n\s4 ,oh6 n\s avons ple9e lib]t de t\t faire2 n\s p\vons expos] des dess9s o des messieurs et des dames s'exhib5t dans t\te la brutalit de leurs dsirs2 n\s p\vons remplir les colonnes de nos j\rnaux de contes qui j\5t le rle d'entremetteurs p\r maisons de tolrance3 mais faites m9e seulem5t de v\s attaqu] aux deux ou trois devises de la socit1 auxquelles p]sonne ne croit plus et qui font cri] t\t le monde6 ,et v\s v]rez ce qui arriv]a4 ,peut-tre qu'il en e/ autrem5t qu& on a acquis une gr&e notorit p\r avoir flatt l'in/9ct secret de l'op9ion publique2 on v\s p>donne alors de l*] de temps en temps une vrit ou de montr] ce qui se passe au f9 fond de votre p5se4 ,et mme alors combi5 de tact diplomatique ne faut-il pas dploy]6 ,jules ,r5>d s'emporta4 ,en t\t arti/e il y a un enfant gt qui se pla9t de ne p\voir dcro*] la lune avec ses ma9s4 ,c]ta9em5t cet enfant gt doit exi/] *ez ,r5>d3 mais ce n'tait pas lui qui lanait cette invective contre une socit qui1 de p> sa btise1 re/]a t]nellem5t incorrigible4 ,cette b\tade tait ne de quelques incid5ts du j\r qui dcelai5t l'envie des classes (ficielles p\r la gnration n\velle d'arti/es1 mais qui n'avai5t nullem5t atte9t la position p]sonnelle de ,r5>d4 ,il donnait de l'air ses s5tim5ts1 comme on pr\ve le beso9 d'ouvrir la f5tre p\r se db>rass] des miasmes de l'atmosphre4 ,conva9cu du srieux qui le guidait1 il faisait valoir ses droits et ceux de ses confrres tre pris au srieux p> la socit4 ,c'e/ bi5 l la cause intime du diffr5d entre le monde et les g5s du mti]1 comme ,r5>d1 qui ont foi en leur uvre4 ,les g5s du monde ne croi5t jamais la s9crit complte de l'arti/e1 p>ce qu'ils la voi5t s\v5t accompagne d'un dsir morbide des honneurs qu'il se croit dus4 ,on ne compr5d gure qu'un seul cur puisse log] en mme temps l'me d'un enfant et d'un homme4 ,*ez ,r5>d1 ce fut ce mom5t l'homme qui p>lait et qui ma9t5ait les droits sacrs de son mti]4 ,sa vie jusqu'ici a t une lutte p\r la sa9tet de sa cause4 ,le secret des s\ffrances de ,poil-de-,c>otte e/ que *acun le pr5d p\r autre qu'il n'e/4 ,ce mal5t5du exi/e aussi p\r ,r5>d4 lev dans un milieu ru/ique1 au c5tre de la ,france1 au ,morvan1 il s'e/ s5ti p]du p>mi ses semblables2 au fond peut-tre ses s5sations n'ont pas t diffr5tes de celles du ,cadet de ,ri*ep91 qu& il se tr\vait dplac au milieu de son ent\rage4 ,et plus t>d1 qu& ,r5>d se fut fix dans la capitale1 la lutte comm5a de n\veau4 ,r5>d faisait des v]s qui tr\vai5t des admirateurs2 dans les salons o il tait reu1 on le pressait de rcit] ses pomes mme avant des potes de gr& r5om1 p>ce qu'on croyait aux promesses de son tal5t2 et cep5dant il savait que p\r faire des v]s on n'a gure beso9 d'tre pote4 ,il publia ses premires n\velles1 un recueil de scnes *amptres runies s\s le titre ,crime de village et1 quoique p\r n\s il se retr\ve t\t enti] dans l'un ou l'autre de ces rcits1 son intellig5ce lui disait1--et l'intellig5ce *ez ,r5>d e/ le porte-p>oles de son in/9ct littraire1--qu'il risquait de tomb] dans un g5re o le *ic p\rrait remplac] le vritable tal5t4 ,et il se moquait de ses premi]s succs1 il ne v\lait pas que sa r5omme vct aux frais d'un /yle et de =mes que d'autres avai5t prp>s p\r lui4 ,en un mot1 il tait possd du dsir d'tre soi1--folie aux yeux du monde4 ,l'esprit solide1 hrditaire *ez lui1 mais =tifi encore au milieu de la nature sobre du ,morvan1 lui avait appris que t\t ce qui n'e/ pas tir du fonds p]sonnel n'a pas p\r n\s de raison d'tre4 ,mais1 d'autre "p1 cette mme vue nette des *oses lui montre aussi que c'e/ temps p]du de v\loir tre orig9al1 si p]sonne ne reconnat votre orig9alit4 --,ce que je veux8 dit ,jules ,r5>d comme n\s le taqu9ions un peu sur sa b\tade contre les j\rnali/es et les politici5s4 ,je v\drais tre tantt le premi] homme de lettres de ,france et tantt le d]ni] homme des bois4 ,oui1 le premi]6 mais non p> des *em9s de trav]se1 non pas en =ant mes motions dire plus qu'elles ne val5t en ralit1 non pas en pr5ant quelque dada du j\r p\r me port] la gloire4 ,je veux all] droit au b1 sans m'occup] de ce qui e/ inutile ou factice1 et si je ne puis p>l]1 comme les gr&s romanci]s1 de la vie du monde sans c\rir le risque d'exagr] les faits cause de mon ignorance1 au mo9s je saurai dire mes propres s5tim5ts et ceux de mon ent\rage immdiat4 ,quoique1 l aussi1 il soit difficile de tomb] ju/e t\j\rs et de ne pas faire de l'ironie qu& on veut vit] la s5tim5talit6 ,mais l'preuve e/ t5t]4 ,et p\rtant4446 que s]a-ce alors1 s9on consum] son propre fonds1 et se mang] le cur4 ,et p\rquoi8 ,dans quel b8 ,on aurait envie p>fois de se faire romanesque et populaire comme les autres6 ,quel attrait dans cette facilit se laiss] port] p> ses motions et crer une int5tion l o on aim]ait p\voir la dc\vrir6 ,mais la vrit ne l'admet pas4 ,et c'e/ assez2 n'en p>lons plus4 ,savez-v\s s\s quelle image se prs5t5t mon esprit les vnem5ts de ce monde8 ,on se tr\ve la campagne et on e/ surpris p> un orage1 n'e/-ce pas8 ,la f\dre clate t\t prs de v\s2 v\s n'osez pas reg>d]1 v\s tes sr qu'elle va tomb]2 le bruit augm5te1 le malheur s'appro*e1 vos n]fs devi5n5t de plus en plus s5sibles au c\p qui va fondre sur v\s1--puis t\t c\p un sil5ce pr(ond4 ,v\s croyez que l'orage rassemble t\tes ses =ces p\r v\s atte9dre et v\s tes l1 dans un p>oxysme de peur ou de rsignation1 t\t comme v\s v\drez1 devant le sort qui v\s frapp]a4 ,mais c'e/ alors ju/em5t que l'orage e/ pass4 ,a9si il en va de n\s3 qu& n\s avons fait t\s nos prp>atifs p\r recevoir le c\p qui n\s m5ace1 il ne vi5dra po9t4 ,et elles ne se r5contr]ont jamais3 d'un ct l'motion et de l'autre l'av5ture qui l'amn]a son dveloppem5t complet4 ,jules ,r5>d tait r$ev5u matre de lui1 la crise v5ait de pass]2 de n\veau il se mit l'aise dans son fauteuil1 tira ses jambes1 et avec le ton de supriorit non*alante qu'on aimait lui voir pr5dre il dit3 --,v\s1 ,s*wob1 j'en suis sr1 v\s me montr]iez les ru9es faites p> l'orage1 v\s me pe9driez les f]mes brles1 les corps c>boniss1 et aprs m'avoir rempli de t]reur1 v\s veill]iez en mon cur la noble v]tu de la d\ce piti4 ,v\s oubli]iez peut-tre que nos paysans sont assez f9s p\r ne pas se laiss] frapp] p> l'orage sans y gagn] quelque *ose dans les compagnies d'assurances444 ,mais j'oublie de remplir vos v]res4 ,s]vez-v\s donc4 ,,un ,,peuple ,,anci5 ,combi5 je dsir]ais p>l] de t\tes ces *oses littraires avec un homme comme ,lon ,cahun qui me les expliqu]ait peut-tre son po9t de vue4 ,e/-ce que les conv]sations de ces d]ni]s j\rs ne sont que des propos en l'air1 ou donn5t-elles vraim5t une indication sur des =ces sociales ca*es qui sont sur le po9t de s'm\voir8 ,le rappro*em5t avec le monde de ,b>rs1 qui lui fait prs5t] son livre au public comme un cat*isme qui enseign]ait l'dification du ,moi2 l'isolem5t de ,r5>d1 qui ne veut ni ne peut combl] la di/ance qui sp>e l'arti/e de la socit2 l'ef=t curieux de ,m>cel ,s*wob1 qui1 comme un enfant p]du de la bataille littraire1 essaie de pntr] au cur de la civilisation en enjambant la muraille que les classes honntes ont leve contre l'invasion des crim9els1 t\tes ces t5dances div]ses que je vi5s d'obs]v]1 v]s quoi se dirig5t-elles et qu'e/-ce qu'elles signifi5t8 ,lorsque je me retr\vai dans le cab9et de travail de ,lon ,cahun et qu'une pause de la conv]sation me p]mit de l'int]rog]1 je n'en pr(itai p\rtant pas p\r mettre en "q ces problmes4 ,je ne me has>dai pas entam] un sujet si grave1 et ce fut t\te autre *ose que je lui dem&ai4 --,je ne v\s ai ri5 dit encore de votre beau livre1 ,hassan le ,janissaire4 ,v\lez-v\s savoir ce qui m'y a le plus frapp8 ,ce ne sont ni les prils au milieu desquels volue le p]sonnage1 ni les actions hroques qu'il accomplit si simplem5t1 mais c'e/ la premire scne du rcit1 o la jeune recrue e/ arra*e sa maison pat]nelle p> les soldats du ,sultan4 ,j'ai ress5ti une motion trs vive en assi/ant aux adieux du pre et du fils1 quoique v\s n'ayez exprim ces traits de la vie de famille qu'en deux ou trois phrases rudes et presque brutales4 ,mais dans cette scne *aque mot porte et t\*e le cur4 --,c'e/ p>ce qu'il p>tait du cur1 me dit ,lon ,cahun de ce ton simple et enj\ qui c>actrisait sa conv]sation4 ,p\r moi1 il n'y a pas de li5 plus =t que la famille1 que la relation du pre et du fils4--,et en vrai fils d',isral je suis pay p\r le savoir4 ,qui donc1 p5sez-v\s1 a g>d intactes trav]s les sicles notre religion et notre nationalit8 ,croyez-moi1 de t\t temps le peuple lu a t expos la sduction de r5i] la foi de ses pres4 ,ce n'tai5t pas seulem5t les gr5i]s d'abondance d'gypte qui n\s attirai5t1 mais les belles aussi et les honneurs1 t\t en un mot ce qu'un peuple vaniteux1--et n\s avons de la vanit rev5dre1--dsire ardemm5t4 ,p\rquoi n'avons-n\s pas c\rb la tte devant les p]scutions8 ,p\rquoi1 au moy5 ge1 n'avons-n\s pas suivi1 t\s1 l'exemple des ,lvy1 qui se sont conv]tis8 ,c> ces ducs de ,lvis1 qui auj\rd'hui sont la tte de la noblesse franaise1 sont bi5 les desc5dants de ces mmes ,lvis1 qui se croyai5t honors1 lorsqu' la fte de la ,purification1 ils prs5tai5t l'aiguire aux membres de la famille des ,cahunim1 l'anci5ne ari/ocratie de l',idume6 ,p\rquoi n'avons-n\s pas fait comme eux8 ,p>ce que les s\v5irs de la maison pat]nelle avai5t trop de puissance sur nos curs4 ,la religion1 sortie du culte de la famille1 e/ ret\rne1 aprs la p]te de notre pays et de notre capitale1 au foy] o elle avait pris son orig9e4 ,et la foi ne se laisse pas expuls] de ce petit co9 intime de notre p]sonnalit4 ,voyez-v\s1 il y a un s5tim5t plus =t que t\s ceux qui naiss5t de la race1 ou de la religion1 ou de l'hi/oire nationale1 et c'e/ la no/algie du petit c]cle o s'e/ passe notre enfance1 et ce sont les s\v5irs des ftes dome/iques att5dues1 et avec quelle impati5ce6 ,les joies que l'on y a gtes1 les visages riants des membres de la famille1 le ge/e du pre qui donne la bndiction1 t\t cela re/e grav dans l'esprit4 ,l'am\r filial a remplac p\r n\s la patrie2 c'e/ lui seul qui a cons]v nos traditions4 ,il n'y a ri5 au-dessus de ces s\v5irs1--du mo9s p\r un peuple n]veux tel que n\s le sommes4 ,oui1 c'e/ bi5 l la clef du cur de notre nation4 ,qui donc a dit que n\s aimons l'arg5t6 ,n\s aimons brill]1 tant p> notre fa/e et notre gnrosit que p> notre esprit1--c> n\s sommes vaniteux jusqu' la molle des os1 comme des femmes2--mais l'arg5t1 en tant qu'arg5t1 n'a pas de valeur p\r n\s4 ,qu'e/-ce qu'un habitant du ds]t f]ait avec de l'arg5t monnay8 ,croyez-moi1 le mot de l'vangile3 ,ne rassemblez po9t des trsors6 e/ un cri p>ti du fond de nos curs4 ,il tmoigne du mpris de l'homme des montagnes p\r l'homme des villes4 ,oh6 je sais bi5 que dans notre hi/oire le citad9 a j\ aussi un rle1 mais c'e/ surt\t dans notre nation qu'il a exi/ un contra/e pr(ond entre le campagn>d et la t\rbe des villes4 ,et l'on f]a t\j\rs bi5 de jug] un peuple sur ses vritables reprs5tants4 ,en effet1 ce qui m'tonne1 dit ,lon ,cahun en s'asseyant devant sa table de travail1 o la lumire d'une petite lampe tombait sur la page ouv]te d'un manuscrit mongol1 ce qui m'tonne1 dit-il d'une voix hsitante1 comme s'il v\lait rpondre t\te sorte d'objections qu'il s'tait faites lui-mme en p>lant1 c'e/ que les ,juifs n'ai5t pas t absorbs ds longtemps p> les nations au milieu desquelles ils ont vcu4 ,un peuple n]veux rsi/e difficilem5t l'influ5ce d'un ent\rage qui e/ plus con/ant que lui en quilibre moral4 ,malgr son s5tim5t de supriorit il se laiss]a m5] docilem5t p> la ma9 n]gique qui s'impose lui4 ,il a une gr&e admiration p\r le sang-froid et les v]tus mles des autres et se s\mettra volontairem5t1 quoique ce soit avec l'arrire-p5se de dom9] son t\r son dom9ateur1 grce son intellig5ce plus vive4 ,et en d]ni] lieu1 p> la mobilit de son esprit1 le ,juif possde une telle facult d'imitation et d'adaptation que t\tes les diffr5ces de race ou de civilisation s'effac]ai5t bi5tt4 ,je puis v\s assur] qu'il n'pr\ve p\r sa "p aucune av]sion p\r t\t ce que la socit mod]ne peut lui (frir d'utile ou d'agrable2 au contraire1 t\t a p\r lui le vritable attrait de la n\veaut4 ,et p\rtant1 quoique ni lois1 ni convictions pr(ondes ne s'y oppos5t plus1 on ne peut pas dire que l'esprit d'union entre ,juifs et *rti5s aille en croissant2 on rem>que plutt un c]ta9 recul des deux cts2 de la "p de la civilisation *rti5ne comme de celle du peuple anci51 il y a hsitation et mme mfiance4 ,et notez bi5 ceci3 la ligne de dm>cation entre les deux peuples e/ dev5ue plus prononce depuis que notre pass national a comm5c disp>atre de nos s\v5irs4 ,je v\s ai dit que nos traditions se sont g>des intactes2 mais je n'os]ais pas rpondre p\r l'av5ir4 ,l'anci5ne socit juive1 telle que je l'ai connue dans mon enfance1 p>ce que mon pre en tait1 cette socit n'a plus devant elle une longue exi/5ce4 ,je ne dis pas ,p>is1 cela va de soi1 mais mme en prov9ce4 ,autrefois peut-tre la prov9ce tait la g>di5ne fidle des vieilles c\tumes1 mais auj\rd'hui que les gr&es villes absorb5t t\te la sve virile du pays1 ce qui ne doit vivre que p> la prov9ce e/ condamn m\rir fatalem5t4 ,ce que j'ai rem>qu propos des ,juifs peut t\t aussi bi5 se dire des *rti5s4 ,*ez eux aussi la civilisation p]d sa m>que di/9ctive1 son empre9te *rti5ne4 ,et en gnral1 n'e/-ce pas8 la di/ribution des ides et des s5tim5ts dans le monde se fait avec la plus gr&e galit2 ce qui e/ dans un gr\pe e/ aussi dans l'autre4 ,mais ce qui me dr\te1 c'e/ que cette con=mit cause de l'loignem5t entre les p>ties1 plutt que de la bonne h>monie4 ,d'o cela peut-il v5ir8 ,et ,lon ,cahun se leva1 puis p>c\rant la *ambre p\r mettre en m\vem5t ses ides comme s'il n'avait qu' les agit] p\r tr\v] la solution ju/e du problme1 il se planta devant moi1 me dom9a de son reg>d vif et me dit3 --,il ne peut pas y avoir d'autre raison cela que cette modification mme que notre socit e/ en tra9 de subir4 ,cette d]nire qu9za9e d'annes n\s a fait beauc\p plus dmocratiques3 c'e/--dire qu'il y a une classe infrieure montante qui donne le ton gnral la civilisation4 ,et ce m\vem5t de bas en haut ne fait que comm5c]4 ,on ne respecte plus les =mes anci5nes ni les conv5tions d'autrefois4 ,*aque civilisation repose sur quelques ides univ]sellem5t acceptes1 mais t&is qu'on a aboli les =mes conv5tionnelles qui avai5t c\rs nagure1 on ne les a pas encore remplaces p> d'autres4 ,et quoique ces ides fondam5tales reconnues p> le public fass5t s\v5t ob/acle au dveloppem5t des op9ions individuelles1 elles (fr5t p\rtant cet avantage que *acun sait prcism5t jusqu'o il peut all]4 ,a9si je me rappelle =t bi5 avoir ent5du dans mon enfance de vieux ,juifs qui condamnai5t la gr&e rvolution quoiqu'elle n\s ait apport l'galit et la lib]t4 ,ils se plaignai5t de ce que la socit n\velle expost les ,juifs des t5tations qui au temps des p]scutions leur avai5t t ca*es2 et dans leur petit c]cle de coreligionnaires ils vivai5t en plus gr&e sret qu'au milieu des v5tualits du gr& monde4 ,les g5s ne se livr5t jamais entirem5t v\s1 qu& ils ne peuv5t calcul] o cela les mn]a4 ,v\s avez vu que je n'ai gure de prjugs1--qui a t militaire une fois a appris se rang] volontairem5t avec les autres1--mais savez-v\s o vont mes p5ses qu& je r\le ma cig>ette le v5dr$i soir8 ,elles *]*5t p>mi les vieux s\v5irs l'image de mon pre1 incorrigible fumeur4 ,combi5 devait lui cot] l'obs]vation /ricte de la veille du ,sabbat6 ,mais il se t5ait religieusem5t au prcepte qui lui df5dait la pipe4--,en revan*e1 je ne v\s g>antirais pas qu'il ne *iquait pas ce j\r-l2 son oncle1 qui avait s]vi s\s ,klb] au sige de ,may5ce1 lui avait enseign cette manire d'vit] les rigueurs de la loi4--,oui1 je crois que sa *ique ne le quittait pas mme au mom5t o il faisait l'allocution du sabbat aux fidles runis la synagogue4--,et t\tes ces p>ticul>its me r5d5t la mmoire de mon excell5t pre encore plus *rie1 si c'e/ possible2 je g>de ces s\v5irs comme une p>tie de ma p]sonnalit4--,non1 je n'ai po9t de prjugs1 mais si quelqu'un devant moi v\lait se moqu] de ce pass1 vnrable t\t jamais1 je ne le s\ffrirais pas2 je n'en p\rrais p>l] mme avec une p]sonne qui n'ent5drait pas mon langage4 ,c'e/ bi5 cela1 voyez-v\s3 la civilisation1 c'e/ la langue qui exprime1--p\r le mom5t1--nos ides1 notre foi1 notre morale4 ,la langue n\velle e/ encore natre et auj\rd'hui il y a p>t\t de la confusion p>ce qu'on se s]t de langues diffr5tes4 ,ceci donn1 il n'y a ri5 d'trange dans le fait que *acun se retire dans son moi4 ,moi aussi qui me tr\ve entre les deux priodes1 app>t5ant p> mes s5tim5ts au pass1 apprciant l'av5ir en ide1--je dc\vre au fond de mon cur des voix qui me dis5t de m'isol] dans l'orgueil de ma race4 ,a ces mots1 une expression vague d'ironie glissa sur les traits de son visage1 et ,lon ,cahun cont9ua trs bas1 comme s'il se p>lait lui-mme4 --,oui1 oui1 j'ent5ds p>fois1 moi aussi1 ret5tir au lo9 les *ants des vi]ges d',idume1 qu&1 enveloppes dans leurs longs voiles blancs1 elles n\s accueillai5t s\s les palmi]s notre ret\r de la *asse au lion ou de la razzia contre le ,phili/94 ,le bon temps1 qu& n\s rev5ions p\r clbr] la ,pas*a s\s nos t5tes1 le b\cli] au dos1 la lance la ma9 et l'pe au ct6 ,c> n\s sommes de la maison d',esdras1 n\s app>t5ons la race noble des ,cohanim3 l'arbre gnalogique de la famille qui e/ cons]v ,/rasb\rg v\s l'atte/]a1 me dit mon aimable hte1 en fixant les yeux devant lui et en se frottant n]veusem5t les ma9s4 ,je ne le dis vraim5t pas p\r me glorifi]1 quoique1 bi5 sr1 il y ait quelque vanit dans mon fait1--n\s sommes t\s si vaniteux1--mais p\r v\s montr] le s5tim5t qui m'anime4 ,non1 non1 ce n'e/ pas de la vanit1 c'e/ le type de la vieille race qui vi5t se manife/] en moi de la manire la plus m>quante4 ,*acun e/ ari/ocrate sa faon1 dit ,lon ,cahun1 aprs une petite pause donne des rflexions multiples et sil5cieuses4 ,*acun porte en soi sa m>que spciale laquelle il s'atta*e d'autant plus qu'il e/ rep\ss de la communaut des hommes4 ,ceci n'e/ pas dit p\r moi1 ,dieu m]ci1 non4 ,je suis du bon vieux temps1 un vtran de l'arme qui a combattu p\r la frat]nit et la lib]t1 un rpublica9 de la veille et de l'avant-veille4 ,je p>le p\r la gnration d'auj\rd'hui1 qui ne n\s compr5d plus1 et qui ne sait pas ce qu'elle veut1 ni ce qu'elle doit v\loir4 ,reg>dez l'tat de la littrature1--c> j'ai bi5 le droit d'en p>l]1 moi aussi4 ,a ces mots1 mon att5tion r$\bla1 p>ce que ma curiosit tait veille2 je ne compris gure au premi] mom5t quel li5 direct ratta*ait dans son esprit le problme littraire aux que/ions de race qu'il v5ait de trait]4 --,a combi5 de rvolutions du gt n'ai-je pas assi/ dj6 dit ,lon ,cahun4 ,le croiriez-v\s8 ,enfant1 j'ai connu des g5s1 dans notre petite ville d',alsace1 qui vivai5t encore en p5se dans le monde idal des romans de ,mlle de ,scudry4 ,mon pre1 un homme de progrs1 lisait les livres de ,mme de ,g5lis4 ,c'e/ p> eux que mon ducation littraire a comm5c1--p\r tre a*eve p> les romans de ,mme ,s&8--,eh bi56 oui1 si v\s le v\lez4 ,je l'ai connue dans la d]nire p>tie de sa vie et je v\s dirai mes impressions sur elle4 ,pas ma9t5ant1 c> je p]drais le fil de ma conv]sation et je revi5s mon argum5t4 ,les lettres1 ces tr\pes irrgulires de l'arme de la civilisation1 sont peut-tre l'lm5t social le plus vivem5t affect p> la confusion du langage1 qui c>actrise une n\velle socit son po9t de d"p4 ,on croirait un ge d'or p\r les arti/es1 p>ce qu'avec l'abolition des vieilles =mules le temps semble v5u p\r eux de puis] directem5t aux s\rces de la vie1 t&is que ri5 de conv5tionnel ne s'oppose plus ce qu'ils p>l5t immdiatem5t au cur de leurs contempora9s4 ,mais en ralit c'e/ le contraire qui a lieu2 il arrive ce que je v\s ai fait obs]v] propos de l'entre des ,juifs dans la socit b\rgeoise du pays4 ,la premire *ose qu'on rem>que e/ un m\vem5t de recul1--et l'expression arti/ique rec\rt des symboles ou la reprs5tation typique de ce qu'il y a de plus individuel au fond des mes4 ,au mom5t mme o t\s les ob/acles qui gnai5t la lib]t de l'art ont t enlevs1 les arti/es au lieu d'all] en avant1 s'ap]oiv5t qu'il y a un abme qui les sp>e du public4 --,et son t\r le public a consci5ce de la di/ance que les arti/es mett5t entre eux et lui1 me p]mis-je de suppler l'argum5tation4 --,assurm5t1 rpondit ,lon ,cahun1 et suivant le c\rant de ses ides il dit3 ,naturellem5t1 il ne faut po9t p\ss] trop lo9 la comp>aison entre le peuple n]veux dont je suis et la race n]veuse des arti/es qui leur ressemble s\s quelques rapports4 ,ici1 ,p>is1 dans un gr& c5tre de la civilisation o les arti/es =m5t une nation eux1 cette ressemblance s'acc5tue davantage et je crois avoir le droit de p>l] comme je l'ai fait4 ,j'y aj\te ceci p\r tre mieux compris4 ,il ne faut pas se figur] la socit comme une masse cont9ue1 qui =me un t\t2 c'e/ plutt un gr\pem5t de petits mondes qui *acun ont leur vie et leur b p>ticuli]4 ,ils dsir5t l'union complte1 condition t\tefois qu'ils impos]ont leur volont au gr& t\t4 ,comme ceci e/ impossible1 il s'tablit un ordre social qui rgit les relations entre ces mondes div]s2 tant que cette h>monie dure1 *acun pr5d l'autre p\r ce qu'il dsire tre2 t\t le monde e/ dupe de la conv5tion et p]sonne ne l'e/4 ,mais ds que l'ordre e/ rompu1 il rgne de p> le monde1 selon les circon/ances ou les c>actres1 soit une ambition exagre1 soit un r5oncem5t n]veux t\te communaut d'ides ou de s5tim5ts4 ,l'arti/e qui e/ n]veux p]d l'quilibre de son me4 ,trop s5sible1 il se retire dans son ,moi ou s'amuse des fadaises qui n'ont d'importance que p\r lui seul2 trop expansif1 il montre1 p> la faon fbrile dont il veut s'emp>] des *oses1 t\te l'inc]titude de son esprit et de sa ma94 ,s5sibilit extrme et manque d'quilibre moral1 voil1 mes yeux1 le c>actre de l'tat prs5t de la littrature4 ,non1 la n\velle langue1 qui exprim]a le n\vel tat des *oses1 n'e/ pas encore inv5te4 ,je crois que ces obs]vations sur un ct bi5 diffr5t de la vie sociale d'auj\rd'hui ju/ifi]ont ce que je v\s ai dit de l'attitude g>de p> les ,isralites4 ,n\s trav]sons une crise4 --,mais qu'en dites-v\s1 si n\s passions au salon o on n\s j\]a une sonate1 de la bonne vieille cole1 s'ent5d8 --,un mom5t1 s'il v\s plat6 ,il y a une "q que je v\drais v\s s\mettre4 ,il y a un motif favori dans la littrature contempora9e1 sur lequel t\s les auteurs de haut ou de bas tage j\5t auj\rd'hui leurs v>iations2 et ce motif c'e/ la piti4 ,ne v\s semble-t-il po9t que c'e/ l p\r les arti/es le moy5 de se mettre en h>monie avec le n\vel ordre de *oses8 --,la piti6 dit ,lon ,cahun en passant sa ma9 sur ses *eveux4 ,hum6 ,p\r moi il s'y mle un peu trop de peur et trop d'affectation1 notre compassion contempora9e4 ,v\s savez qu'involontairem5t n\s imitons les g5s qui frapp5t notre imag9ation4 ,notre piti n'e/1 p\r la plus gr&e "p1 qu'une reprs5tation que n\s n\s donnons n\s-mmes sur la scne de notre me3 ce ne sont que des s5sations mimes1 qui mn5t une vie factice grce la peur morose qui a t\* notre esprit4 ,le vrai s5tim5t "p d'une autre orig9e1 il vi5t du cur1 directem5t2 et le vritable arti/e n'atte9t son b qu'en m>*ant sur la gr&'r\te4 ,mais la sonate de ,bee?ov5 n\s att5d4 ,p>lez-moi de piti6 ,c'e/ l1 *ez ,bee?ov51 que n\s n\s tr\vons la s\rce vive des motions huma9es2 les autres ne sont qu'un miroir qui rfl*it avec plus ou mo9s de fidlit ces images de s5tim5ts4 ,,temps ,,n\veaux ,ce fut un vritable plaisir d'ent5dre ,maurice ,b>rs m5] la conv]sation au bon dn] que donnait notre hte1 un peu en son honneur4 ,d'autres hommes clbres1--du j\r1--une fois qu'ils ont pris la p>ole1 ne p]mett5t po9t un autre de la pr5dre son t\r1 et ple9s de leur sujet ils n'en dmord5t jusqu' la f9 et jusqu'aprs la f9 du repas4 ,mais celui-ci1 avec cette agilit suprieure d'esprit1 qui le mettait en contact avec *acun de ses int]locuteurs1 accueillait gracieusem5t t\te objection1 l'analysait en trois temps avec sa pre/esse habituelle1 et y tr\vait l'occasion soit de *oisir un n\veau po9t de d"p1 soit d'entam] un autre sujet4 ,il y avait l1 aut\r de la table1 des g5s d'esprit et des esprits sup]bes1 des g5s t5aces et des tempram5ts flegmatiques1--p\r ne pas p>l] des femmes dans ces notes purita9es1 o l'antique prcepte g>de ses droits3 muli] taceat 9 ecclesi1--mais aucun d'eux qui ne prtt son att5tion entire et exclusive aux p>oles du causeur1 les femmes aussi1--ce qu'on peut bi5 signal]4 ,et il y avait un ton de simplicit presque juvnile1 qui prdom9ait dans l'entreti51 malgr l'importance et le poids que ,b>rs savait lui donn]4 --,le ?tre contempora91 dit ,b>rs1 n'a plus de raison d'tre2 il ne n\s prs5te gure l'image de notre temps ou de notre socit4 ,on peut l'admettre encore comme amusem5t1 quoique1 p\r moi1 il soit assez difficile de concevoir comm5t il y a encore des g5s d\s de leurs c9q s5s1 qui tr\v5t du plaisir voir t\j\rs sortir le mme uf du mme sac4 ,le ?tre qui aura de l'intrt p\r n\s devra trait] d'autres sujets et s\s une =me diffr5te4 ,je me figure qu'il s]a plus pratique et plus fanta/ique la fois4 ,et d'abord il y s]ait "q des problmes qui n\s ti5n5t au cur4 ,un p>v5u qui veut all] dans le monde et qui se r5d ridicule1 une femme qui dconsidre son m>i p> le plaisir qu'elle laisse pr5dre ses amis1 un fils prodigue qui fait p\ss] les *eveux gris sur le vnrable *ef de son pre1--voil des *oses qui1 reprs5tes sur les plan*es1 sembl5t dans leur temps avoir ex]c un gr& attrait sur le public1 d'autant plus gr&1 je le crois1 que ces hi/oires le t\*ai5t mo9s p]sonnellem5t4 ,mais ds que les j\rnaux s'appliqu5t avec une ardeur l\able n\s dire d'une faon complte et pittoresque t\s les faits div]s qui arriv5t dans une socit qui se respecte1 depuis l'accid5t du *i5 cras p> une voiture jusqu'au suicide le plus rc5t1 je ne vois gure d'utilit all] *]*] le soir1 au milieu de risques de div]s g5res1 ce que l'on v\s a apport dj domicile le mat91 l'heure du djeun]1 au mom5t o on a l'esprit frais et dispos ent5dre des horreurs4 ,p\rquoi1--c> je ret\rne mon ?tre idal1--ne me dirait-on pas sur la scne des *oses qui s'adress5t ma consci5ce et qui s]virai5t de plus veill] un c\rant d'op9ion publique1 p>ce que des g5s comme moi1 assis sur les mmes bancs1 les ent5drai5t en mme temps8 ,il n'e/ pas beso9 p\r t\*] ma consci5ce et ma p]sonnalit de trait] de faits p]sonnels moi1 et c'e/ ce que je v\lais dire en imag9ant que la vrit pratique mettrait des vtem5ts de fantaisie4 ,oui1 la fantaisie devrait v5ir en aide ceux qui s'occup]ai5t du ?tre mod]ne2 j'att5ds une gr&e imag9ation la faon d',ari/ophane1 ou plutt encore de ,platon1 qui anim]a d'une vie suprieure les symboles qu'elle v\drait n\s reprs5t] la scne4 ,n\s devrions all] l'cole de ,platon p\r appr5dre =mul] nos p5ses les plus pr(ondes p> des my!s lgants et sublimes4 ,ari/ophane ne s]ait pas ddaign]2 de la posie aile et sale de sel attique1 s'ent5d1 ne nuirait pas l'affaire4 ,ah6 si n\s avions seulem5t quelque ,ari/ophane p\r trait] dignem5t et comiquem5t le gr& problme religieux et social qui agite le fond de nos curs6 ,v\s me direz peut-tre que l'entreprise sombr]ait fatalem5t1 p>ce qu'il y aurait un public re/re9t4 ,ce s]ait l'lite de la nation4 ,de t\s cts vi5drai5t les g5s qui s'intress5t aux gr&es que/ions sociales ou huma9es4 ,aurait-on une seule reprs5tation ou dix1 c'e/ savoir1 mais je suis peu inquiet de la "q f9ancire4 ,sur ce po9t-l1 je r5contre p>t\t un prjug dans les esprits1 comme si ce qui e/ vraim5t bon en soi n'tait jamais apprci p> la socit sa ju/e valeur4 ,a cet g>d1 je suis optimi/e4 ,il se peut bi5 qu'on ne n\s paye pas t\j\rs notre travail honnte en espces sonnantes1 mais alors c'e/ d'une autre faon que n\s sommes rtribus1 p> la considration qui s'atta*e notre p]sonne ou p> l'influ5ce que n\s ex]ons4 ,de faon ou d'autre1 le public r5d t\j\rs la valeur exacte de la j\issance ou de l'motion qu'il a reue4 ,assurm5t il faut t*] de ne pas irrit] le monde4 ,il y a des *oses p\r lesquelles il e/ *at\illeux et qu'il n'aime pas voir traites en plaisant]ie4 ,avec du tact1 on peut t\t dire1 mais c'e/ une grave erreur de croire que ce qui e/ sa place dans un c]cle re/re9t d'arti/es peut tre transport devant le gr& public1 qui ne compr5d pas les nuances de nos op9ions1 ni le srieux qui e/ au fond de nos s>casmes4 ,s\v5ons-n\s t\j\rs de la qualit intellectuelle ou sociale de notre public1 et lors mme que n\s aurions dire des vrits dsagrables ou des *oses ab/ruses1 la victoire s]a avec n\s la longue1 du mom5t que n\s pr5drons so9 de ne pas env5im] le dbat4 ,la preuve de la ju/esse de ce que j'avance c'e/ le sort qu'ont eu les ides de ,m4 ,r5an4 ,lorsqu'il comm5a appliqu] la critique aux orig9es du *ri/ianisme1 le public ne comprit ri5 son vritable s5tim5t4 ,ce n'e/ que l5tem5t1 mais srem5t aussi1 que la socit les a adoptes1 ces ides qu'elle avait comm5c p> croire de/ructives4 ,on le t5ait d'abord p\r un adv]saire de la religion2 et c'e/ ju/em5t lui qui a ram5 le s5tim5t religieux dans la consci5ce des classes civilises4 ,il a inaugur ce m\vem5t de respect qu'on ress5t auj\rd'hui l'g>d des que/ions religieuses4 ,p]sonne1 si ce n'e/ des g5s mal levs1 n'os]ait raill] auj\rd'hui la pit dans la conv]sation ord9aire4 ,c'e/ au scepticisme de ,r5an que n\s devons ce *angem5t dans la faon de p5s]4 ,et je ne sais pas s'il n'app>atra pas la f9 que le monde a mieux compris ,r5an1 que ,r5an ne s'e/ p>fois compris lui-mme4 ,c> au fond1 n'e/-ce pas8 ,r5an n'e/ qu'un nom1 et il ne signifie p\r moi que ce que je vois en lui4 ,j'y ai vu beauc\p et j'ai beauc\p appris de lui sur moi-mme4 ,ah6 ces deux articles du ,j\rnal des ,dbats sur le j\rnal d',amiel1 quelle rvlation6 ,et son d]ni] livre1 je veux dire1 son premi]1 qui a t publi rcemm5t1 l',av5ir de la sci5ce1 livre admirable de puissance1 d'abondant en?\siasme1 quelle joie d'y voir la physionomie avec t\te cette prcision que le frottem5t de la vie efface de si bonne heure6 ,ce ,r5an-l1 le ,r5an de #dh1 aurait d n\s donn] le ?tre dont n\s avons beso94 ,ses drames philosophiques plus rc5ts1 son ,caliban1 etc41 n'ont peut-tre ni le relief1 ni la sret de dess9 que dem&e la p]spective de la scne1 mais l encore il me remplit d'aise1 qu& j'y vois comm5t1 avec t\tes ses timidits1 il prp>e l'av5ir4 ,oui1 voil bi5 l'homme avec lequel aura compt] la f9 de notre sicle4 ,j'ai pu lui dplaire et en subir des inconvni5ts disproportionns2 mais cela ne nuit gure l'amiti intime qui n\s unit4 ,p> amiti1 je ne veux pas dire que je connaisse l'homme2 p\r moi il n'e/ qu'un nom1 un rayon de biblio?que4 ,l'homme lui-mme e/ un vieill>d1 gn p> sa corpul5ce1 qui p>le t\j\rs et ne s'intresse qu' ce qu'il tr\ve en remuant le magas9 de ses propres ides4 ,mais je le possde dans ses livres et dans son influ5ce sur la socit contempora9e4 ,oui1 je sais l'image que je me fais de lui en tudiant son uvre1 et de plus je crois savoir l'impression qu'il produit sur la socit p>isi5ne1 o il e/ assez rp&u4 ,je me suis appliqu l'obs]v]4 ,il y a une action mutuelle entre le monde et l'arti/e4 ,ces rapports sont entret5us de "p et d'autre p> des filires s+ulires2 mais n'e/-ce pas p> les *em9s secrets que sont transportes les m>*&ises les plus prcieuses8 ,au fond l'arti/e et le monde ont le mme idal4 ,les uns et les autres *]*5t cultiv] leur p]sonnalit4 ,le b des g5s du monde e/ d't5dre le c]cle de leurs plaisirs1 mais en d]ni] lieu ils s'ef=c5t de mettre en h>monie t\tes ces diffr5tes facults qu'ils ont dveloppes dans leur esprit4 ,p\r arriv] ce rsultat1 ils appell5t l'arti/e leur aide4 ,p\r l'arti/e1 le monde aussi e/ le *amp de l'exprim5tation1 et c'e/ encore sur le monde qu'il vrifie la valeur communicative de ses conceptions4 ,en ralit1 il n'exi/e donc po9t d'opposition4 ,c'e/ un prt-r5du de "p et d'autre4 ,et que si l'on ne reg>de qu'au rsultat1 je crois qu' c]ta9s g>ds l'arti/e e/ infrieur l'homme de la socit4 ,en *aque arti/e1 il y a de l'ouvri]1 et le mti] n'ennoblit jamais2 au contraire1 il re/re9t l'intellig5ce dans les limites du c]cle o l'on se meut j\rnellem5t2 la noblesse e/ acquise p> ceux qui pr(it5t de son travail4 ,je veux qu'on m'ent5de bi54 ,t\t art e/ une =me de l'exi/5ce et l'arti/e e/ un reprs5tant du peuple aux tats gnraux de la vie huma9e2 lu p> la nature mme1 il puise la s\rce directe et il possde en soi ce que d'autres n'acquir5t que p> son exemple3 en un mot1 il e/ plant plus solidem5t en t]re1 mais en revan*e1 et j'y revi5s t\j\rs1 sa vue e/ limite p>ce que son esprit e/ sans cesse occup du mti]4 ,voil p\rquoi dans l'*elle de l'humanit n\s mettrons au degr le plus haut un gnie dilettante comme ,lon>d de ,v9ci4 ,c>1 n'e/-ce pas8 p\r n\s1 hommes1 il importe avant t\t d'tre hommes dans le s5s le plus complet du mot4 ,l'art doit conc\rir ce b4 ,je ne v\drais pas confondre l'art avec la religion3--cette religion-l aurait des sa9ts vraim5t trop tranges1--mais il me semble bi5 que l'impression que laisse en notre me la contemplation de l'art doit t\*] de prs au s5tim5t religieux3 un acte de foi1 p\r employ] l'expression la plus =te1 qui n\s aide pass] les mauvais mom5ts1 les in/ants de faiblesse de notre vie1 en ranimant notre cur4 ,a9si1 n\s avons beso9 les uns des autres4 ,sur ce po9t on comm5ce s'ent5dre4 ,je connais une socit de jeunes g5s1 des dilettantes conva9cus et qui ne dsir5t pas pass] p\r autre *ose4 ,ils suiv5t avec une att5tion s\t5ue t\s les m\vem5ts qui se manife/5t dans le doma9e enti] de l'art1 et1 en agrant ce qui leur semble conv5ir leur p5te d'esprit1 ils *]*5t cultiv] t\tes les p>ties de leur ,moi4 ,ils se ti5n5t mode/em5t en dehors de la lutte des p>tis et des ?ories gnrales sur l'art4 ,p\r indiqu]1--comm5t dirai-je8--la discrtion suprme de leurs t5dances1 ils ont pris p\r devise de leur club l'anci5ne maxime3 ,t\tes proportions g>des4 ,ce n'e/ pas un titre que se s]ai5t donn des g5s glorieux ou tmraires1 n'e/-ce pas8 ,de temps en temps j'assi/e leurs runions1 et ils m'c\t5t volonti]s4 --,je ne m'en tonne gure1 dit un des convives1 lorsque ,b>rs fut p>ti4 ,voil des jeunes g5s mode/es qui ne se priv5t pas de plaisirs4 ,je crois que ,b>rs en*ant]ait un auditoire de tigres4 --,de tigres8 ,c'e/ peut-tre un peu =t1 dit un autre1 qui dj n'tait plus s\s le *>me des p>oles de ,b>rs4 ,il e/ trop prud5t p\r s'attaqu] la =ce brutale ou la sant puissante4 ,il me rappelle plutt ces directeurs de consci5ces1 qui s'in=m5t d'abord des blessures de l'me1 avant de se *>g] du salut des p]sonnes qui vi5n5t eux4 ,il re*]*e l'intimit de ,brnice1 mais seulem5t aprs s'tre initi ses malheurs et ses faiblesses4 ,et il n'a recueilli ,m>ie ,ba%kirtseff au nombre de ses sa9tes que lorsqu'il fut conva9cu qu'elle tait morte1 ce qui e/ le degr suprme de l'innocuit4 --,mais p\rquoi *]*ons-n\s donc t\j\rs arra*] son milieu la p]sonne que n\s v\lons jug]8 dit notre hte1 honnte homme et homme de tact avant t\t4 ,trve de commrages1 qu& l'criva9 que n\s respectons t\s vi5t de t\rn] le dos4 ,b>rs ne se donne pas p\r autre *ose qu'il n'e/4 ,il a v\lu *]*] les conditions dans lesquelles il s]ait possible une nature d'une s5sibilit extrme de tir] quelque plaisir du monde contempora91 si rude p\r t\s ceux qui aim5t l'art et p\r t\s ceux qui s\ffr5t des n]fs4 ,p\r arriv] ce b1 il a beso9 de quelque espace o il puisse donn] libre jeu sa p]sonnalit sans se heurt] aux autres2 il lui faut une c\*e d'air entre son ,moi et le monde p\r amortir les *ocs4 ,du haut de son optimisme1 il s\rit la socit1 p>ce que c'e/ une ncessit p\r lui de voir des visages gais et cont5ts dans son ent\rage et p> son ironie il ti5t le public di/ance1 p>ce qu'il ne se fie pas en lui4 ,j'aime me le figur] dans une socit analogue celle qui se rassemblait aut\r de ,laur5t de ,mdicis1 pr9ce lgant si je m'en s\vi5s1 mais qui lui aussi ne s\ffrait pas d'un surcrot de sant4 ,comme ,b>rs se s]ait s5ti *ez lui au milieu de ces hommes de la ,r5aissance1 disputant subtilem5t avec eux sur les hautes que/ions de philosophie et de morale1 mais comme eux aussi s'intressant d'autres *oses encore qu' ces arguties-l6 ,n'avai5t-ils pas1 au fond de leur cur1 des press5tim5ts de cette religion sublime1 que les esprits de notre temps *]*5t avec tant d'ardeur8 ,et l'me du peuple tait-elle inconnue ceux mme qui t*ai5t de transport] les grces naves de la *anson populaire dans leurs posies ple9es d'entra9 et de malices8 ,ah6 quelle socit di/+ue de dilettantes de gnie que celle-l6 ,mais je me trompe2 non1 ,b>rs e/ n\s1 il e/ de notre monde et de nos j\rs4 ,ses livres n'ont pas t faits p\r tre rcits dans un club1 si di/+u qu'il soit2 ils s'adress5t n\s t\s2 p>ce qu'avant t\t ils sont s9cres et pr5n5t les *oses telles qu'elles sont4 ,avez-v\s jamais rem>qu t\t le c\rage moral qu'il a montr en introduisant le p]sonnage de l'+nieur1 ,*>les ,m>t91 dans un livre d'extrme dlicatesse comme le ,j>d9 de ,brnice8 ,pr5ez cet honnte +nieur1 qui va tablir ses *ausses trav]s les tangs pittoresques1 ce brave homme qui croit vraim5t t\t ce qu'il dit1 l',adv]saire en un mot1 et transportez-le1 si v\s l'osez1 dans ce milieu lang\reux d',aigues-,mortes qui exhale la monotonie poignante de ses l&es imm5ses embrumes des lueurs sanglantes du c\*ant6 ,b>rs l'a os2 =t simplem5t il s'e/ attaqu cette individualit si difficile saisir1 qui tombe t\t d'un bloc dans le j>d9 de ,brnice4 ,il n\s le montre1 ce ru/re am\reux1 et il sait pr5dre ce gant passionn p> les s5s4 ,et c'e/ le combat de l'+niosit et de la s5sualit1 de ,david et de ,golia? qui s'engage4 ,mais ce ,david gnreux1 allant jusqu'au b\t1 donne au ,phili/9 t\s les avantages de la bataille4 ,il veut l'enjeu du duel1 ,brnice elle-mme8 ,l',adv]saire l'aura1 il l'aura en t\tes =mes1 nul ne p\rra le lui conte/] lgalem5t4 ,cep5dant1 le logici5 subtil1 l'amant de l'esprit1 le pote1 possd]a l'me de ,brnice de faon inalinable1 il l'aura contre et malgr t\s1 malgr la jeune femme aime elle-mme1 malgr la ,mort6 ,mais l'affabulation de ce livre e/ digne d',ari/ophane6 ,et voil bi5 le sujet du drame mod]ne dont n\s p>lait ,b>rs4 ,n'y a-t-il pas quelque "p1 dans une comdie anci5ne1 une scne o deux p]sonnages qut5t la faveur du ,peuple1 ,dmos8 --,oui sans d\te1 dit ,s444 t\j\rs joyeux qu& il ent5d le nom d',ari/ophane4 ,c'e/ dans les ,*evali]s4 --,ma mmoire1 alors1 ne me trompait pas1 p\rsuivit l'autre4 ,eh bi56 si l'on v\lait exagr] un peu les traits du roman de ,b>rs1 on aurait une p]sonnification excell5te du peuple dans la figure de ,brnice3 jeune fille prcoce1 ayant beauc\p s\ff]t et en revan*e ayant beauc\p aim1 p*]esse indigne sans trop savoir p\rquoi ni comm5t1 et malgr t\t ayant g>d p>mi t\tes les preuves de sa v]tu facile le gr& *>me de la bont nave du cur4 ,l'ne gris et le can>d timide1 ses compagnons habituels1 donn]ai5t des motifs de premi] ordre au drame symbolique3 ce sont les attributs de la dame1 c'e/--dire ses qualits ess5tielles dans leur p]spective d'animalit4 ,ils con/itu]ai5t la note dom9ante de la guirl&e fanta/ique qui s'enr\l]ait aut\r de l'image de ,notre-,dame l'me du peuple4 ,v\s p>l]ai-je encore des deux amis de ,brnice1 le pote et l'+nieur1 dans leur rle tragi-comique de c&idats la dputation et au titre d'amants de cur de la belle dame sans v]tu8 ,l'un la tue =ce de c>esses1 sitt qu'elle e/ dev5ue sa femme lgitime2 l'autre ne la possde qu'aprs sa mort4 ,ici1 des considrations div]ses d'ordre politique se press5t dans ma tte1 mais laissons la politique aux politici5s et occupons-n\s de posie4 ,ne p\rrait-on pas appliqu] ,brnice les beaux v]s que ,fau/ adresse ,hlne1 qu& elle se dissipe en nuage s\s son tre9te passionne444 ,allons1--voil que je ne les retr\ve plus1 je ne suis mme plus bi5 sr qu'ils exi/5t4 ,n\s n\s reg>dions les uns les autres2 *acun se rappelait qu'il devait y avoir quelque *ose l2 mais p]sonne ne se s\v9t des v]s4 ,notre hte cont9ua3 --,je ne veux po9t dire p> l1 croyez-moi1 que je p5se un seul in/ant mettre le ,j>d9 de ,brnice au mme rang qu'un drame d'un intrt univ]sel comme le ,fau/ de ,g!3 le ciel m'en prs]ve4 ,c'e/ une n\velle dont il e/ "q ici1 dans un cadre re/re9t1 et le sujet de la consci5ce populaire n'e/ sans d\te pas puis p> l'hi/oire de ,brnice4 ,elle me semble plutt tre une me-sur1 plus frle1 du ,faune de ,raynaud1 mais elle vit d'une vie vritable et c'e/ l le pr9cipal4 ,puis1 et p\r f9ir1 elle me p>at tre un motif suprieur de comdie p\r le ?tre de l'av5ir6 ,l'allusion au ?tre mod]ne fit natre une discussion passionne4 ,il me fut impossible de suivre exactem5t l'argum5tation de "p et d'autre au milieu de la confusion et de l'ardeur de l'entreti54 ,,ret\r ,,dans ,,la ,,nuit ,il tait =t t>d dj qu& n\s prmes cong de notre aimable hte4 ,m>cel ,s*wob m'accompagnait dans mon int]m9able voyage p> les rues noires2 et je rem>quai de n\veau que les heures de la nuit1 sombres et sil5cieuses1 t\rn5t l'esprit v]s les hautes ab/ractions et les gr&s problmes de l'humanit1 comme si n\s p\vions les saisir plus facilem5t dans le vide matriel qui s't5d aut\r de n\s4 ,naturellem5t1 nos p5ses ret\rnai5t aux sujets qu'avait t\*s ,b>rs dans son +nieuse conv]sation4 --,je suis curieux d'avoir votre op9ion sur ce po9t1 dis-je mon compagnon4 ,croyez-v\s que ces inve/igations1 auxquelles n\s assi/ons dans la plup>t des livres qu'on publie1 indiqu5t un c\rant srieux des s5tim5ts contempora9s8 ,e/-ce un voyage de dc\v]tes qu'entrepr5d l'esprit1 ou n'e/-ce qu'une fantaisie de dilettante qui se promne dans le vague et le biz>re8 ,p\r une fois1 p]mettez-moi de p>l] en ,jansni/e rpr\v1 mais s9cre2 cette agitation de l'me1 curieuse d'expri5ces morales1 e/-elle le signe prcurseur d'une rgnration de l'esprit8 --,comme il e/ difficile de rpondre votre "q d'une manire satisfaisante6 dit ,m>cel ,s*wob4 ,p\r moi1 il me semble inconte/able qu'il se prp>e quelque *ose4 ,l'tat d'esprit des jeunes a subi un *oc qui l'a fait *ang] de direction4 ,les jeunes g5s de mon ge1 et je ne fais pas allusion seulem5t aux membres du club1 dont p>lait ,b>rs1 mais les tudiants de l',univ]sit1 se sont mis rfl*ir sur les pr9cipes qui rgl5t l'exi/5ce de l'homme4 ,ils veul5t se r5dre un compte exact de la foi 7voil p\r v\s1 ,jansni/e7 qui devra guid] leurs actes1 lorsqu'ils s]ont appels remplir leurs fonctions sociales2 ils re*]*5t un idal et l'union de t\s ceux qui peuv5t les aid] le ralis]4 ,et cette gnrosit de leurs mes ne les prdispose pas un c]ta9 vague dans les p5ses2 au contraire1 ils sont trs srieux et trs n]giques1 et ils ne se livr]ont pas au premi] v5u qui f]a m9e de les conduire#e4 #e ,m>cel ,s*wob fait allusion dans ces mots au m\vem5t des esprits de l',univ]sit1 tel qu'il se manife/e dans les articles publis la ,revue ,bleue et ailleurs1 p> ,m4 ,h5ry ,br5g]1 le sympa?ique prsid5t de l',association gnrale des tudiants de ,p>is4 ,avec cette s5sibilit extrme p\r t\s les c\rants de l'atmosphre intellectuelle qui le c>actrise1 ,maurice ,b>rs a press5ti ce *angem5t de direction de l'op9ion et il e/ v5u elle4 ,ou plutt1--p>ce que suppos] *ez lui de la prmditation s]ait *ose purile1--il a obi cette mme influ5ce qui s'ex]ait sur les autres1 et sortant de sa t\r d'ivoire1 d'o il reg>dait le monde comme un j\j\1 il s'e/ conv]ti une conception plus huma9e de la vie4 ,ce m\vem5t s]a-t-il con/ant8 ,qui p\rrait le dire8 ,je ne puis con/at] que le dveloppem5t rguli] et naturel des ides4 ,lorsque plusieurs =ces div]ses doiv5t conc\rir mettre l'op9ion publique en m\vem5t1 on rem>que t\j\rs la naissance de l'volution une c]ta9e inc]titude de s5s4 ,et c'e/ le cas ici1 p>ce que1 p\r ne pr5dre que cet exemple de deux =ces diffr5tes1 il faut que l'individualisme de l'arti/e fusionne avec le s5s pratique des g5s du monde p\r con/itu] le c\rant4 ,mais c'e/ cette hsitation mme du db qui p\r moi e/ une preuve de s9crit et de ralit4 ,ce qui e/ factice se manife/e s\s =me de rclame2 et d'ord9aire les s5tim5ts pr(onds se dissimul5t4 ,non1 je ne d\te pas que n\s ne soyons la veille d'une n\velle alliance entre l'art et la vie4 ,quelle en s]a l'influ5ce sur la m>*e de notre socit8 ,je l'ignore4 ,que *acun de n\s fasse de son mieux et *]*e son *em94 ,quant moi1 j'ai *oisi le mi5 et j'irai jusqu'au b\t4 ,m>cel ,s*wob1 l'homme le plus affectueux que je connaisse au monde1 sait assum] un c]ta9 ton d'importance au mom5t o il le juge ncessaire4 ,il a cette espce d'orgueil1 p>ticulire l'homme qui a consci5ce de sa supriorit future4 ,tant qu'on se s5t jeune1--vi5t-il jamais un temps o on ne le s5t plus8--tant qu'on re/e p]suad que le monde ne sait pas encore ce que v\s tes1 on remplace p> sa fi]t la gloire qu'on att5d2 c'e/ un quival5t4 ,puis l'heure appelait la confiance intime4 --,il m'e/ impossible de m'ent5dre avec les psy*ologues1 me dit ,m>cel ,s*wob4 ,la vie ne me p>at pas un ?me de compositions de classe4 ,p>t\t o je *]*e la saisir1 elle fait explosion s\s mes ma9s4 ,j'y vois une succession de crises causes p> un m\vem5t asc5dant v]s l'organisation et l'individualisation d'une "p1 et p> un m\vem5t en s5s contraire v]s la dgnration et la ds9tgration de l'autre4 ,et c'e/ un ensemble de phnomnes ports leur t5sion la plus haute1 puis ram5s un tat d'indiffr5ce complte4 ,je ne saurais ratta*] un conte banal t\te cette hi/oire vraie de la socit4 ,p\r en compr5dre tant soit peu la m>*e1 j'ai beso9 d'une collection de faits exactem5t obs]vs dans un doma9e /rictem5t limit4 ,alors seulem5t je me fais une ide de ce qu'e/ en ralit la vie sociale4 ,v\s avez peut-tre raill1 comme d'autres1 mon affection p\r les re*]*es sur l'argot et le langage populaire4 ,v\lez-v\s que je v\s dise nettem5t ce que j'en p5se8 ,c'e/ dans ces j>gons mpriss que je crois t5ir la clef du my/re4 ,avez-v\s jamais suivi l'hi/oire d'un mot trav]s les ges8 ,depuis le s5s vague et quivoque que l'on y a atta* son orig9e1 jusqu' ce qu'il soit dev5u un concept clair1 individuel1 net de =me et mme de son8 ,c'e/ alors qu'il se tr\ve sa place prcise dans le corps de la langue2 ri5 ne rappelle plus ses orig9es obscures et il semble indp5dant des lm5ts in=mes qui l'ont con/itu4 ,il e/ le matre2 il e/ mme notre matre1 puisque n\s ne p\vons plus le mani] comme n\s v\drions1 puisqu'il n\s =ce de n\s s\mettre aux lois qu'il n\s prescrit4 ,on croirait que ri5 ne peut le *ass] de la place autonome qu'il occupe4 ,et c'e/ ju/em5t alors que comm5ce p\r lui le ret\r v]s en bas4 ,oh6 on ne s'en ap]oit gure2 on croit qu'un mot re/e /ationnaire1 beau re/e beau et bon re/e bon1 jamais4 ,p\r moi1 c'e/ autre *ose2 je le vois desc5dre aprs sa monte1 je le vois dgnr]1 c'e/--dire dev5ir banal1 d'individualis qu'il tait2 je le vois tomb] plus bas encore dans une exi/5ce obscure1 jusqu' ce que des ma9s brutales s'y attaqu5t1 lui bris5t les membres et en fass5t une *ose sans me et sans nom1 comme le mon/re ba?#f qui dsigne ce qu'autrefois on appelait beau et bon4 ,mais aprs ces trans=mations1--si t\tefois la vie du langage ne l'lim9e pas comme inutile1--je vois mont] ce re/e mutil1 je le vois conqurir sa place discrte1 et1 si sa bonne =tune s'en mle1--c> il y a des mots qui ont du guignon1--je le vois s'exalt] et triomph]4 #f ,ba? ou bate1 qui en argot signifie beau et bon1 e/ =m artificiellem5t1 suivant l'op9ion de ,m>cel ,s*wob4 ,on a g>d seulem5t la lettre b du mot orig9al et on y a aj\t la t]m9aison ate assez frqu5te en argot4 ,a9si mo*e dans le j>gon des voleurs ne s]ait autre que mal 7m-o*e74 ,dans son tude sur l'argot franais1 ,m>cel ,s*wob "p du pr9cipe que les t]mes de j>gon sont des mots d=ms du langage ord9aire1 et non des mtaphores1 comme on croyait jusqu'ici4 ,p\r donn] un exemple1 selon lui il ne faut po9t considr] le mot argotique tron*e 7tte7 comme un driv de tran*] ou de trunca1 comme l'a fait ,victor ,hugo--qui y voyait une dsignation de la tte c\pe1--mais simplem5t une d=mation de trogne4 ,m>cel ,s*wob p>lait avec une telle conviction que si mme on avait eu pe9e suivre ses argum5ts on aurait ress5ti le *oc qui mettait en m\vem5t ces phnomnes1 ord9airem5t si tranquilles1 du langage4 --,v\s me direz peut-tre1 cont9ua-t-il1 que v\s n'avez jamais ri5 rem>qu de p>eil et v\s m'affirm]ez que ces mots d=ms app>ti5n5t la socit bi5 di/9cte et heureusem5t bi5 dlimite de messieurs les voleurs et les assass9s1 de sorte que mme s'ils rappell5t de lo9 un mot qu'on emploie ailleurs1 il n'y a p\rtant aucun rapport entre ce qui se tr\ve sur les hauteurs de la civilisation et ce qui gr\ille dans ses bas-fonds4 ,v\s v\s trompez444 ,il y eut un mom5t de sil5ce2 videmm5t1 ,m>cel ,s*wob passait la revue des argum5ts qu'il p\vait apport] l'appui de sa ?se2 il fit rapidem5t un *oix et me dit3 --,v\s v\s trompez et je vais v\s dire p\rquoi4 ,v\s p5sez probablem5t que ce m\vem5t de d=mation du langage1 p\r l'appel] a9si1 "p exclusivem5t du monde des gueux et v\s oubliez que les classes suprieures de la socit1 le c]cle du sport1 celui des arti/es et des dilettantes du high life y sont aussi p\r leur bonne "p4 ,des deux cts on attaque le mot tabli et reconnu2 dans la rue1 frondeuse et an>*i/e1 qui cre les t]mes n\veaux1 et dans les runions des g5s du monde1 qui aim5t recueillir les n\veauts qui c\r5t la rue1--p>ce qu'il y a plus de causes de liaison entre la rue et le high life qu'on ne le croit d'ord9aire1--p\r ne pas p>l] des arti/es en qui il y a t\j\rs du gam91 et je le dis leur honneur4 ,je ne v\drais pas prt5dre que cette attaque russisse habituellem5t1 en app>5ce du mo9s4 ,mais je ne reg>de pas l'extrieur des *oses et je ne m'occupe nullem5t du rsultat app>5t4 ,ce qui m'intresse1 c'e/ la connaissance de l'action des =ces qui agiss5t un mom5t donn sur cet tat social que n\s appelons le langage2 je *]*e saisir1 s\s la surface tranquille1 l'uvre des puissances de/ructrices1 qui m95t l'difice p\r en con/ruire un autre1 fatalem5t4 ,qu'une cata/rophe survi5ne1--une rvolution ou une migration gnrale des peuples1 qui abolirait p\r un temps l'autorit de la tradition crite1--et v\s v]rez bi5tt quels sont les mots qui viv5t en ralit et quels sont ceux qui ne mn5t qu'une exi/5ce de fantmes4 ,la *ute de l'empire roma9 n\s a montr ce qui p\rrait arriv] de n\veau4 ,v\s n'ignorez pas qu'un des mots les plus nobles de notre langue1 la tte1 e/ sorti de la rue4 ,dans les temps tr\bls1 o notre civilisation e/ ne1 le *ef1 caput1 n'a pu ma9t5ir sa position contre l'attaque du pot1 te/a2 un beau j\r il s'e/ tr\v remplac p> son rival ignoble#g4 ,c'e/ que1 voyez-v\s1 il tait mort1 longtemps dj avant que p]sonne ne le st4 #g ,p\r des =mations analogues te/a1 pot1 avec le s5s de tte1 voir3 ,m>cel ,s*wob et ,g4 ,guieysse1 tude sur l'argot franais1 p4 #bb4 ,il v\s s]a difficile peut-tre de v\s plac] au po9t de vue d'o je contemple cette bataille des mots qui se heurt5t1 se bless5t1 se p\ss5t dans l'obscurit1 dit ,m>cel ,s*wob qui de son ct1 probablem5t1 ne tr\vait po9t son argum5tation t\t fait probante4 ,du mo9s il s'empressa d'aj\t]3 --,ce qui me pr\ve que je suis sur la bonne voie1 c'e/ que dans l'hi/oire des in/itutions sociales je r5contre la mme succession de faits que dans celle des mots4 ,pr5ons la *eval]ie1 p> exemple3 ne de la simple ncessit de df5dre le sol contre les invasions ho/iles1 elle se dveloppe en sy/me d'obligations morales p\r dev5ir dans sa mtamorphose suprme le rsum de t\t ce qui dans la nature huma9e p>at noble et l'e/4 ,a ce mom5t prcis elle entre dans sa priode de dcad5ce2 la *eval]ie devi5t une c>icature et les *evali]s sont des av5turi]s ou pis encore4 ,sans d\te1 p5dant ce temps de d*ance relle1 le nom re/e en honneur2 mais la vie qui l'avait anime e/ ailleurs2 l'esprit d'av5tures militaires1 l'esprit de dc\v]tes l'avant-g>de de l'humanit1 e/ all se rfugi] dans des classes sociales diffr5tes3 il va se dvelopp]1 se dgag] de ses n\velles orig9es quivoques et obscures1 et se btir des in/itutions n\velles4 ,la p]spective de l'hi/oire n\s p]met facilem5t de voir cette m>*e asc5dante et desc5dante des *oses dans le pass4 ,cep5dant p\r moi l'intrt n'e/ pas l4 ,c'e/ l'tat prs5t de la socit qui m'occupe1 et j'y vois1 comme dans les phnomnes du langage dont je v\s entret5ais1 un m\vem5t qui "p d'en bas p\r arriv] en haut1 et qui ret\rne ensuite son po9t de d"p4 ,*aque trait de la nature huma9e p>v5u son apoge et fig dans quelque in/itution sociale m'app>at m5ac p> ce qu'il y a en bas d'in=me et de dsorganis2 et en revan*e cet tat dif=me semble idalis mes yeux p> le dveloppem5t qu'il conti5t en puissance4 ,oui1 l'immoralit p\r moi e/ un prcipit de la conv5tion morale suprieure et les murs de l'av5ir sont en g]me dans l'action brutale des classes infrieures2 je vois l'individu se p]dant dans la masse et la masse se diffr5ciant en individus1 t\t ordre ncessairem5t dtruit et se recon/ruisant de ses ru9es mmes4 ,mais1 je le rpte1 mon po9t de vue1 t\t ceci se passe simultanm5t1 et c'e/ non seulem5t dans la succession du temps que les vnem5ts produis5t leurs effets1 mais aussi bi5 ils sont accompagns en ligne p>allle d'effets analogues1 qui manife/5t leur dgradation ou leur exaltation1 et reprs5t5t t\tes les =ces l'uvre dans la socit3 de sorte que l'tat social n\s (fre t\t mom5t l'image du pass et de l'av5ir1 sur une *elle m\vante444 ,j'ai peur que v\s me pr5iez en flagrant dlit de my/icisme4 ,je n'y puis ri51 je vois comme cela1 d'in/9ct4 ,il n'y a pas p\r moi de ligne qui sp>e ce qui e/ en bas de ce qui e/ en haut4 ,comm5t appel] ce s5tim5t8 ,faut-il lui donn] le beau nom de la piti8 ,n'e/-ce que la curiosit intellectuelle qui me mne sond] les pr(ondeurs du monde moral8 ,non1 v\s dire vrai1 ni ceci ni cela4 ,je v\s l'av\e fran*em5t1 le mal a un attrait p\r moi2 la p]v]sit me *>me4 ,n\s passions p> l',av5ue de l',opra1 p\r gagn] la rive gau*e4 ,c]tes1 la gr&e rue fa/ueuse a d ent5dre de s+ulires caus]ies2 mais je d\te qu'elle ait t s\v5t le ?tre d'une confession la fois si simple et si pr(onde que celle de mon compagnon4 ,en elle-mme1 elle ne m'tonnait gure4 ,t\t homme d\ d'un esprit potique doit avoir ress5ti l'attrait des *oses basses4 ,quiconque se croit capable de crer soit une religion1 soit un tat1 soit une reprs5tation de la vie1 s'adresse aux humbles et aux misrables1 p>ce que l il peut donn] la preuve de la =ce qui e/ en lui4 ,ce qui e/ organis compltem5t ne fait po9t appel sa sympa?ie2 les organisations p>faites ont atte9t leur ple9e croissance selon leur loi propre et l'av5ir ne leur app>ti5t plus4 ,c'e/ v]s les pauvres et les maudits du sort que le pote se s5t attir1 puisque voil p\r lui la matire huma9e qu'il peut anim] de son s\ffle4 ,et qu'on ne prt5de po9t que de telles ides ne puiss5t natre qu'au contact du m\vem5t dsordonn d'une capitale o la misre et la gr&eur se c\doi5t4 ,p\r arriv] ce s5tim5t1 il ne faut que ceci3 tre pote4 ,balzac l'a eue1 enfant1 au collge de ,v5dme1 cette vision my/ique de la socit1 et il y a subi l'attirance inquitante du mal4 ,br[n+ n\s a racont1 dans un de ses pomes grotesques1 que le cant anglais lui a p>donns p>ce qu'il n'y a ri5 compris1 comm5t il a reu la rvlation du my/re huma9 dans un petit village de la cte bretonne2 et il y a dans un co9 de la nave ,s\abe un pote ignor qui a *ant le *>me de la p]v]sit sur un mode lyrique d'une grce1 d'une *a/et et d'une mlancolie inf9ies#h4 #h ,*ri/ian ,wagn] von ,w>mbronn1 ,ma]*5]zaehl]1 ,brahm9e und ,seh]4 ,/uttg>t1 #ahhe4 ,mais cette conception potique devi5t bi5 autrem5t importante qu& elle acqui]t1 comme *ez ,m>cel ,s*wob1 l'autorit d'un pr9cipe sci5tifique1 qui conti5t en g]me un sy/me vrai de la socit huma9e4 ,et c'e/ l'tude exacte d'une des manife/ations les plus dlicates de l'exi/5ce1 du langage1 qui donn]a cette signification prcise la ?orie my/ique de l'h>monie sociale4 ,ici1 il n'e/ plus "q d'une belle inspiration du mom5t1 mais d'une vritable dc\v]te4 ,ne v\s semble-t-il pas p>fois que l'humanit1 aprs combi5 de ttonnem5ts6 e/ p>v5ue enf9 d*iffr] quelques mots n\veaux du livre de son me1--et ces mots la tr\blai5t aup>avant p>ce qu'elle ne savait pas en di/+u] le s5s8 ,et n'e/-il pas possible que n\s assi/ions bi5tt quelque conqute df9itive sur le doma9e de l'inconsci5t1 qui enf]me l'espace si re/re9t de la t]re connue de notre esprit8 ,et ce press5tim5t de l'av5ir d'une ide n\velle donna p\r moi une importance exceptionnelle l'heure o je reu la confession intellectuelle de mon compagnon de r\te4 ,n\s longions le ,l\vre p\r all] au b\lev>d ,sa9t-,mi*el4 ,m>cel ,s*wob p\rsuivit le c\rs de ses explications2 mais ce qui avait comm5c p> tre une ?orie gnrale1 ins5siblem5t f9issait en une confid5ce t\t intime et t\te p]sonnelle4 ,il me raconta combi5 ds son enfance sa nature inquite et vagabonde l'avait fait s\ffrir jusqu'au mom5t o1 ne sa*ant plus sa r\te1 il avait tr\v un guide sr qui avait dompt son humeur fantasque1 en lui faisant apprci] le haut intrt de l'tude sci5tifique exacte4 ,ses leons lui avai5t indiqu une imm5se c>rire libre1 o sa curiosit p\vait s'ass\vir4 --,c'e/ l'homme dont je v\s ai fait faire la connaissance1 me dit ,m>cel ,s*wob2 et si v\s l'e/imez dj pr(ondm5t p\r son intellig5ce ouv]te et enj\e1 quel ne s]ait pas votre s5tim5t p\r lui1 si v\s aviez pr\v comme moi les effets de sa bont lucide1 qui "p du cur1 laquelle je dois l'indp5dance de mon esprit et ma fi]t lgitime4 ,ma fi]t6 ne riez pas de cette expression2 c'e/ encore le seul s5tim5t qui puisse n\s faire support] les cahots de la vie4 ,mon pauvre ami ,guieysse6 v\s ne l'avez po9t connu4441 v\s ne p\vez savoir quel noble reprs5tant de l'humanit la socit a p]du en lui4 ,au mom5t mme o il allait entr] dans la c>rire qui (frait le plus d'av5ir son tal5t exceptionnel p\r les re*]*es l+ui/iques1 il n'a plus eu la =ce de rsi/] la pression de la vie1 et il e/ mort avant la gloire4 ,quelle tri/e ide que de ne p\voir honor] que la mmoire de l'ami1 dont c'tait ma plus haute ambition de dev5ir le collaborateur dans le *amp de dc\v]tes inf9ies qui s'ouvrait devant lui4 ,mais peut-tre que l'esprit ne mrit que p> le *agr91 et que l'imag9ation aussi a beso9 de l'excitation de la d\leur p\r se dploy]4 ,c> j'y ti5s1 mon imag9ation1 et je ne *ang]ais contre ri5 au monde ce qui me re/e de mon humeur fantasque4 ,combi5 de ress\rces une ville comme ,p>is (fre ceux qui veul5t ex]c] la mobilit de leur esprit en *]*ant l'unit s\s t\tes les manife/ations div]ses de l'exi/5ce6 ,v]la9e6 ,oui1 ,v]la9e1 ce nom me revi5t t\j\rs la b\*e1 p>ce que l'homme e/ t\j\rs devant moi4 ,sa figure e/ un des gr&s problmes de ma vie1 ou plutt non1 c'e/ un des gr&s faits de mon exi/5ce spirituelle de ce mom5t4 ,v\s qui tes imbu des s\v5irs classiques de l'cole1 v\s s]ez peut-tre tonn2--mais s\s quelle image p5sez-v\s que je le voie8 ,p\r moi1 non seulem5t il a le masque de ,socrate2 mais c'e/ ,socrate lui-mme4 ,ah6 ne v\s rcriez pas6 ,bi5 des *oses qui v\s rebut5t peut-tre *ez ,v]la9e ne n\s *oqu5t pas1 n\s1 habitus que n\s sommes t\tes les exc5tricits6 ,et puis je ne p>le pas du ,socrate vulgaire1 de cette espce de pr(esseur bonhomme et bonasse1 =t en rhtorique et en philosophie1 que l'on n\s prne dans les manuels4 ,non1 ,v]la9e me fait compr5dre le vrai ,socrate1 celui que les ,a?ni5s devai5t condamn]1 mais dont ,platon p\vait concevoir l'image idale2 l'homme que sa femme ne p\vait s\ffrir1 mais que re*]*ait le raff9 ,alcibiade1 le vrai ,socrate en d%abill1 celui que raillai5t les gam9s d',a?nes et leurs confrres les potes comiques1 qu& il re/ait deb\t p5dant plusieurs heures en extase intellectuelle sur la place publique1 mais dont l'extase a t la pture d'esprit des gnrations suivantes jusqu' n\s1 jusqu'aprs n\s1 et p\r longtemps encore4 ,a9si1 p\r moi1 un seul mot de ,v]la9e1 un de ces mots pr(ondm5t nafs dont il possde le secret1 m'claire les abmes du cur huma9 et de la foi1 ce qui e/ la mme *ose4 ,ceci n'e/ pas une mtaphore1 c> cet abme attire comme l'autre et1 t\t en v\s t5tant1 *]*e v\s anantir en v\s s\fflant l'orgueil de la de/ruction4 ,ah6 quelle *ose misrable et impuissante que l'homme6 ,v\s rappelez-v\s que ,jules ,r5>d un j\r n\s av\ait sa prdilection p\r le ,cadet de ,ri*ep98 ,cette disposition d'esprit1 volontaire jusqu' la frocit1 se retr\ve *ez n\s t\s4 ,voil p\rquoi j'ai p5s quelquefois que la p>abole de l',enfant prodigue se prt]ait peut-tre aussi bi5 symbolis] la p5se intime de notre temps que celle du ,x,ve sicle avant la r5aissance de l'esprit huma94 ,l',enfant prodigue6 lui aussi un cadet1 n'e/-ce pas8 ,le plus jeune des deux6 ,n\s avions pass la rivire4 ,l'eau n'tait qu'une ta*e sombre2 une ligne vague dess9ait les fates des maisons du quai contre l'obscurit du ciel2 l'glise ,notre-,dame tait une masse in=me1 montant confusm5t dans le g\ffre noir de la nuit4 ,sur le b\lev>d ,sa9t-,mi*el1 on voyait encore les lumires p>ses des cafs qu'on allait f]m] et sur le trottoir se =mai5t de petits gr\pes de g5s qui se disai5t bonsoir p\r r5tr] *ez eux4 --,mais non6 dit ,m>cel ,s*wob1 aprs une pause de quelques secondes1 qu'il donna la rflexion4 ,le fils prodigue sur sa r\te pnible voyait devant lui la maison pat]nelle1 et n\s1 agits p> des dsirs aveugles1 n\s m>*ons v]s l'inconnu4 ,c'e/ un autre symbole qui n\s convi5t3 la figure d',ahasvrus1 du ,juif-,errant1 du voyageur sans trve1 qui a r5contr l',idal sur son *em91 mais qui lui a t\rn le dos1 p>ce qu'il ne le reconnaissait po9t dans la =me o il se prs5tait lui2 et il s'e/ mis m>*]1 furieux contre lui-mme1 p\ss p> la folie de l'esprance va9e et il m>*e t\j\rs4 ,et excit p> la p]spective s\s laquelle les uvres d'art se montrai5t lui il p\rsuivit3 ,voyez combi5 la comp>aison e/ ju/e4 ,t\t pome1--et je pr5ds le mot dans son acception la plus t5due1--qui conti5t une p>celle de vraie vie a p\r refra9 ce3 ,m>*e6 m>*e6 comme si c'tait sa qualification ncessairem5t s\s-ent5due et sans laquelle il p]d t\t s5s rel4 ,v\s rappelez-v\s les ,t]res vi]ges de ,t\rgunieff avec leur conclusion d'une motion poignante3 le hros et l'hrone se donnant la ma9 p\r all] p>mi le peuple1 c'e/--dire v]s l'inconnu6 ,et la ,nora d',ibs56 ,on s'e/ dem& s\v5t p\rquoi cette petite p\pe quitte sa maison *aude et son m>i qui1 aprs t\t1 n'e/ pas absolum5t insupportable1 p\r p>tir dans la nuit v]s un av5ir inc]ta94 ,c'e/ que p\r elle aussi a ret5ti la p>ole my/rieuse3 ,m>*e6 et elle s'en va au lo91 laissant d]rire elle sa maison1 ses enfants1 t\t ce qu'elle ne reconnat plus comme l'idal de l'exi/5ce1--en r\te v]s l'inconnu6 ,je ne p>le pas des posies de ,v]la9e1 qui mett5t nu cette palpitation p]ptuelle du cur s'puisant en rves tranges2 mais ce qui e/ t\t prs de n\s1 l'uvre de ,b>rs1 elle aussi1 ne trahit-elle pas cet tat d'agitation incessant de l'me1 inass\vie jamais8 ,oui1 le m>*eur t]nel erre dans ces pages de son pas inquiet4 ,et le livre auj\rd'hui qui t\*e nos curs ne comm5ce en vrit que l o son rcit f9it1--p\r tre cont9u p> n\s1 en n\s4 ,ici j'int]rompis mon compagnon en lui montrant un homme qui m>*ait pniblem5t quelque di/ance4 ,il tranait la jambe gau*e et s'appuyait faiblem5t sur le bton que t5ait sa ma9 tremblante4 ,la lumire d'une des r>es lant]nes claira un in/ant sa =me d\l\reuse et grise3 il hsita et ret\rna la tte1 comme inc]ta9 de la r\te qu'il allait pr5dre4 --,v]la9e6 dit ,m>cel ,s*wob4 ,e/-ce que le ,franois ,i] s]ait dj f]m8 ,n\s allons le rejo9dre1 n'e/-ce pas8 ,je ret9s mon ami p> le bras4 ,,f9 ,,table ,,des ,,mati,,res ,,pr,,face ,,vii ,,avant-,,propos ,,xv ,,premi,,re ,,p>tie ,une ,caus]ie #a ,,eug,,ne ,,c>ri,,re ,une ,exposition de ,tableaux #b ,,augu/e ,,rod9 ,un ,ateli] de ,sculpteur #g ,,catulle ,,m5d,s ,sur le ,b\lev>d #aa ,,georges ,,de ,,porto-,,ri*e ,au ,?tre #bd ,,alphonse ,,allais ,,et ,,maurice ,,donnay ,au ,*at-,noir #bg ,,ari/ide ,,bruant ,au ,mirliton #cf ,sur la butte ,montm>tre #dg ,pote populaire #ei ,,jean ,,mor,,z ,pote mod]ne #ff ,critiques amicales #ge ,posie romane #hd ,,erne/ ,,raynaud ,album d'arti/e #id ,,paul ,,v]la9e ,prlude #ii ,int]view #aad ,bonheur #abc ,un ,dieu en ,exil #abh ,tri/esse #adj ,,deuxi,,me ,,p>tie ,l,,on ,,cahun ,la ,gnration d'hi] #adg ,hassan #aeg ,,jules ,,r5>d ,la ,gnration d'auj\rd'hui #afc ,o allons-n\s8 #agj ,,claude ,,monet ,une ,impression #age ,,/,,phane ,,mall>m ,int]mezzo #agh ,,jean ,,ri*ep9 ,,et ,j4-,h4 ,,rosny ,ef=ts et ,t5dances #ahd ,,maurice ,,b>r,s ,concordance #aid ,un ,philosophe #bjj ,d&y et ,pote #bjh ,,m>cel ,,s*wob ,un autre ,philosophe #bbj ,t]reur et ,piti #bci ,,jules ,,r5>d ,s\ffrances d',arti/e #bej ,l,,on ,,cahun ,un ,peuple anci5 #bfb ,,maurice ,,b>r,s ,temps n\veaux #bge ,,m>cel ,,s*wob ,ret\r dans la ,nuit #bhh ,poiti]s4--,imp4 ,,blais1 ,,roy et ,cie1 rue ,victor-,hugo1 #g4 99 99 99 99 99 ,corrections4 ,page #cc3 def] remplac p> de f] 7et quelques fils de f]74 ,page #ce3 ,g! remplac p> ,g! 7l'pilogue sublime du second ,fau/ de ,g!74 ,page #eb3 dela remplac p> de la 7,c> c'e/ le complm5t de la canaille d'ici74 ,page #fb3 nfi remplac p> f9 7,jusqu' la f974 ,page #hh3 ,ploponse remplac p> ,ploponnse 7v]s le comm5cem5t du sicle au ,ploponnse74 ,page #aee3 d'a-rades1 vance remplac p> d'avance 7,j'pr\ve un trs gr& plaisir p5s] d'avance ce voyage74 ,page #afb3 inplan remplac p> plan 7quoiqu'elle re/e l'arrire-plan74 ,page #afb3 dulg5te remplac p> indulg5te 7indulg5te sans faiblesse1 gaie sans extravagance74 ,page #ahe3 ilveut remplac p> il veut 7,il ne sait pas dire simplem5t et prcism5t ce qu'il veut74 ,page #ahe3 il il remplac p> il 7,p\r moi1 il y a une ligne trs prononce74 ,page #ahh3 ,*ateaubriant remplac p> ,*ateaubri& 7ce gr& modle de /yle1 que ,*ateaubri& n\s a laiss74 ,page #aif3 ple9 remplac p> pla9 7et entre de pla9-pi$ dans la vie c\rante74 ,page #bag3 frat]ni remplac p> frat]nit 7p\r ex]c] la bonne frat]nit huma9e74 ,page #bbb3 ,quant9 remplac p> ,qu5t9 7le roman de ,walt] ,scott1 ,qu5t9 ,durw>d74 ,page #bec3 satyrique remplac p> satirique 7la n\velle tait conue dans un s5s plus satirique qu' prs5t74 ,page #bee3 pose remplac p> pause 7cont9ua-t-il aprs une c\rte pause74 ,page #bfc3 presques remplac p> presque 7en deux ou trois phrases rudes et presque brutales74 ,page #cjj3 di/+n] remplac p> di/+u] 7p>ce qu'elle ne savait pas en di/+u] le s5s74