,les ,pe9tres ,cubi/es ,mditations ,e/htiques ,p> ,,guillaume ,,apoll9aire ,,premi,,re ,s,,rie ,pablo ,,picasso---,georges ,,braque--,jean ,,metz+] ,alb]t ,,gleizes--,juan ,,gris--,mlle ,m>ie ,,laur5c9 ,f]n& ,l,,g]--,francis ,,picabia--,m>cel ,,du*amp ,,du*amp-,,villon1 etc4 ,,ouvrage ,,accompagn ,,de #df ,,portraits ,,et ,,reproductions ,,hors ,,texte ,,deuxi,,me ,,dition ,,t\s ,,les ,,arts ,,collection ,,publi,e ,,s\s ,,la ,,direction ,,de ,m4 ,guillaume ,,apoll9aire ,,p>is ,,eug,,ne ,,figui,,re ,,et ,cie1 ,,diteurs #g1 ,,rue ,,corneille1 #g ,,mcmxiii ,m,,ditations ,,e/h,,tiques ,sur la pe9ture ,i ,les v]tus pla/iques3 la puret1 l'unit et la vrit ma9ti5n5t s\s leurs pi$s la nature t]rasse4 ,en va91 on b&e l'arc-en-ciel1 les saisons frmiss5t1 les f\les se ru5t v]s la mort1 la sci5ce dfait et refait ce qui exi/e1 les mondes s'loign5t jamais de notre conception1 nos images mobiles se rpt5t ou ressuscit5t leur inconsci5ce et les c\leurs1 les odeurs1 les bruits qu'on mne n\s tonn5t1 puis disp>aiss5t de la nature4 99 99 99 ,ce mon/re de la beaut n'e/ pas t]nel4 ,n\s savons que notre s\ffle n'a pas eu de comm5cem5t et ne cess]a po9t1 mais n\s concevons avant t\t la cration et la f9 du monde4 ,cep5dant1 trop d'arti/es-pe9tres ador5t encore les plantes1 les pi]res1 l'onde ou les hommes4 ,on s'acc\tume vite l'esclavage du my/re4 ,et1 la s]vitude f9it p> crer de d\x loisirs4 ,on laisse les ouvri]s matris] l'univ]s et les j>d9i]s ont mo9s de respect p\r la nature que n'en ont les arti/es4 ,il e/ temps d'tre les matres4 ,la bonne volont ne g>antit po9t la victoire4 ,en de de l't]nit dans5t les mortelles =mes de l'am\r et le nom de la nature rsume leur maudite discipl9e4 99 99 99 ,la flamme e/ le symbole de la pe9ture et les trois v]tus pla/iques flamb5t en rayonnant4 ,la flamme a la puret qui ne s\ffre ri5 d'trang] et trans=me cruellem5t en elle-mme ce qu'elle atte9t4 ,elle a cette unit magique qui fait que si on la divise1 *aque flamm*e e/ semblable la flamme unique4 ,elle a enf9 la vrit sublime de sa lumire que nul ne peut ni]4 99 99 99 ,les arti/es-pe9tres v]tueux de cette poque occid5tale considr5t leur puret en dpit des =ces naturelles4 ,elle e/ l'oubli aprs l'tude4 ,et1 p\r qu'un arti/e pur m\rt1 il faudrait que t\s ceux des sicles c\ls n'euss5t pas exi/4 ,la pe9ture se purifie1 en ,occid5t1 avec cette logique idale que les pe9tres anci5s ont transmise aux n\veaux comme s'ils leur donnai5t la vie4 ,et c'e/ t\t4 ,l'un vit dans les dlices1 l'autre dans la d\leur1 les uns mang5t leur hritage1 d'autres devi5n5t ri*es et d'autres encore n'ont que la vie4 ,et c'e/ t\t4 ,on ne peut pas transport] p>t\t avec soi le cadavre de son pre4 ,on l'ab&onne en compagnie des autres morts4 ,et1 l'on s'en s\vi5t1 on le regrette1 on en p>le avec admiration4 ,et1 si l'on devi5t pre1 il ne faut pas s'att5dre ce qu'un de nos enfants veuille se d\bl] p\r la vie de notre cadavre4 ,mais1 nos pi$s ne se dta*5t qu'en va9 du sol qui conti5t les morts4 99 99 99 ,considr] la puret1 c'e/ baptis] l'in/9ct1 c'e/ humanis] l'art et div9is] la p]sonnalit4 ,la rac9e1 la tige et la fleur de lys montr5t la progression de la puret jusqu' sa floraison symbolique4 99 99 99 ,t\s les corps sont gaux devant la lumire et leurs modifications rsult5t de ce p\voir1 lum9eux qui con/ruit son gr4 ,n\s ne connaissons pas t\tes les c\leurs et *aque homme en inv5te de n\velles4 ,mais1 le pe9tre doit avant t\t se donn] le spectacle de sa propre div9it et les tableaux qu'il (fre l'admiration des hommes leur confr]ont la gloire d'ex]c] aussi et mom5tanm5t leur propre div9it4 ,il faut p\r cela embrass] d'un c\p d'il3 le pass1 le prs5t et l'av5ir4 ,la toile doit prs5t] cette unit ess5tielle qui seule provoque l'extase4 ,alors1 ri5 de fugitif n'entran]a au has>d4 ,n\s ne revi5drons pas brusquem5t en arrire4 ,spectateurs libres n\s n'ab&onn]ons po9t notre vie cause de notre curiosit4 ,les faux sauni]s des app>5ces ne pass]ont po9t en fraude nos /atues de sel devant l'octroi de la raison4 ,n\s n'err]ons po9t dans l'av5ir inconnu1 qui sp> de l't]nit n'e/ qu'un mot de/9 t5t] l'homme4 ,n\s ne n\s puis]ons pas saisir le prs5t trop fugace et qui ne peut tre p\r l'arti/e que le masque de la mort3 la mode4 99 99 99 ,le tableau exi/]a 9luctablem5t4 ,la vision s]a entire1 complte et son inf9i au lieu de m>qu] une imp]fection1 f]a seulem5t ressortir le rapport d'une n\velle crature un n\veau crateur et ri5 d'autre4 ,sans quoi1 il n'y aura po9t d'unit1 et les rapports qu'auront les div]s po9ts de la toile avec diffr5ts gnies1 avec diffr5ts objets1 avec diffr5tes lumires ne montr]ont qu'une multiplicit de disp>ates sans h>monie4 ,c>1 s'il peut y avoir un nombre inf9i de cratures atte/ant *acune leur crateur1 sans qu'aucune cration n'encombre l't5due de celles qui coexi/5t1 il e/ impossible de les concevoir en mme temps et la mort provi5t de leur juxtaposition1 de leur mle1 de leur am\r4 ,*aque div9it cre son image2 a9si des pe9tres4 ,et les photographes seuls fabriqu5t la reproduction de la nature4 99 99 99 ,la puret et l'unit ne compt5t pas sans la vrit qu'on ne peut comp>] la ralit puisqu'elle e/ la mme1 hors de t\tes les natures qui s'ef=c5t de n\s ret5ir dans l'ordre fatal o n\s ne sommes que des animaux4 99 99 99 ,avant t\t1 les arti/es sont des hommes qui veul5t dev5ir inhuma9s4 ,ils *]*5t pniblem5t les traces de l'inhumanit1 traces que l'on ne r5contre nulle "p dans la nature4 ,elles sont la vrit et en dehors d'elles n\s ne connaissons aucune ralit4 99 99 99 ,mais1 on ne dc\vrira jamais la ralit une fois p\r t\tes4 ,la vrit s]a t\j\rs n\velle4 ,autrem5t1 elle n'e/ qu'un sy/me plus misrable que la nature4 ,en ce cas1 la dplorable vrit1 plus lo9ta9e1 mo9s di/9cte1 mo9s relle *aque j\r rduirait la pe9ture l'tat d'criture pla/ique simplem5t de/9e facilit] les relations entre g5s de la mme race4 ,de nos j\rs1 on tr\v]ait vite la ma*9e reproduire de tels signes1 sans ent5dem5t4 ,,ii ,beauc\p de pe9tres n\veaux ne peign5t que des tableaux o il n'y a pas de sujet vritable4 ,et les dnom9ations que l'on tr\ve dans les catalogues j\5t alors le rle des noms qui dsign5t les hommes sans les c>actris]4 ,de mme qu'il exi/e des ,legros qui sont =t maigres et des ,leblond qui sont trs bruns1 j'ai vu des toiles appeles3 ,solitude1 o il y avait plusieurs p]sonnages4 ,dans les cas dont il s'agit1 on condesc5d encore p>fois se s]vir de mots vaguem5t explicatifs comme portrait1 paysage1 nature morte2 mais beauc\p de jeunes arti/es-pe9tres n'emploi5t que le vocable gnral de pe9ture4 ,ces pe9tres1 s'ils obs]v5t encore la nature1 ne l'imit5t plus et ils vit5t avec so9 la reprs5tation de scnes naturelles obs]ves et recon/itues p> l'tude4 ,la vraisemblance n'a plus aucune importance1 c> t\t e/ sacrifi p> l'arti/e aux vrits1 aux ncessits d'une nature suprieure qu'il suppose sans la dc\vrir4 ,le sujet ne compte plus ou s'il compte c'e/ pe9e4 ,l'art mod]ne rep\sse1 gnralem5t1 la plup>t des moy5s de plaire mis en uvre p> les gr&s arti/es des temps passs4 ,si le b de la pe9ture e/ t\j\rs comme il fut jadis3 le plaisir des yeux1 on dem&e dsormais l'amateur d'y tr\v] un autre plaisir que celui que peut lui procur] aussi bi5 le spectacle des *oses naturelles4 99 99 99 ,on s'a*em9e a9si v]s un art entirem5t n\veau1 qui s]a la pe9ture1 telle qu'on l'avait envisage jusqu'ici1 ce que la musique e/ la littrature4 ,ce s]a de la pe9ture pure1 de mme que la musique e/ de la littrature pure4 ,l'amateur de musique pr\ve1 en ent5dant un conc]t1 une joie d'un ordre diffr5t de la joie qu'il pr\ve en c\tant les bruits naturels comme le murmure d'un ruisseau1 le fracas d'un torr5t1 le sifflem5t du v5t dans une =t1 ou les h>monies du langage huma9 fondes sur la raison et non sur l'e/htique4 ,de mme1 les pe9tres n\veaux procur]ont leurs admirateurs des s5sations arti/iques uniquem5t dues l'h>monie des lumires impaires4 99 99 99 ,on connat l'anecdote d',apelle et de ,protogne qui e/ dans ,pl9e4 ,elle fait bi5 voir le plaisir e/htique et rsultant seulem5t de cette con/ruction impaire dont j'ai p>l4 ,apelle aborde1 un j\r1 dans l'le de ,rhodes p\r voir les ouvrages de ,protogne1 qui y demeurait4 ,celui-ci tait abs5t de son ateli] qu& ,apelle s'y r5dit4 ,une vieille tait l qui g>dait un gr& tableau t\t prt tre pe9t4 ,apelle au lieu de laiss] son nom1 trace sur le tableau un trait si dli qu'on ne p\vait ri5 voir de mieux v5u4 ,de ret\r1 ,protogne ap]cevant le l9am5t1 reconnut la ma9 d',apelle1 et traa sur le trait un trait d'une autre c\leur et plus subtil encore1 et1 de cette faon1 il semblait qu'il y et trois traits4 ,apelle rev9t encore le l5dema9 sans r5contr] celui qu'il *]*ait et la subtilit du trait qu'il traa ce j\r-l dsespra ,protogne4 ,ce tableau causa longtemps l'admiration des connaisseurs qui le reg>dai5t avec autant de plaisir que si1 au lieu d'y reprs5t] des traits presque invisibles1 on y avait figur des dieux et des desses4 99 99 99 ,les jeunes-arti/es pe9tres des coles extrmes ont p\r b secret de faire de la pe9ture pure4 ,c'e/ un art pla/ique entirem5t n\veau4 ,il n'en e/ qu' son comm5cem5t et n'e/ pas encore aussi ab/rait qu'il v\drait l'tre4 ,la plup>t des n\veaux pe9tres font bi5 de la ma?matique sans le ou la savoir1 mais ils n'ont pas encore ab&onn la nature qu'ils int]rog5t patiemm5t cette f9 qu'elle leur enseigne la r\te de la vie4 ,un ,picasso tudie un objet comme un *irurgi5 dissque un cadavre4 ,cet art de la pe9ture pure s'il p>vi5t se dgag] entirem5t de l'anci5ne pe9ture1 ne caus]a pas ncessairem5t la disp>ition de celle-ci1 pas plus que le dveloppem5t de la musique n'a caus la disp>ition des diffr5ts g5res littraires1 pas plus que l'cret du tabac n'a remplac la saveur des alim5ts4 ,,iii ,on a vivem5t repro* aux arti/es-pe9tres n\veaux des proccupations gomtriques4 ,cep5dant les figures gomtriques sont l'ess5tiel du dess94 ,la gomtrie1 sci5ce qui a p\r objet l't5due1 sa mesure et ses rapports1 a t de t\s temps la rgle mme de la pe9ture4 ,jusqu' prs5t1 les trois dim5sions de la gomtrie euclidi5ne suffisai5t aux inquitudes que le s5tim5t de l'inf9i met dans l'me des gr&s arti/es4 ,les n\veaux pe9tres1 pas plus que leurs anci5s ne se sont proposs d'tre des gomtres4 ,mais on peut dire que la gomtrie e/ aux arts pla/iques ce que la grammaire e/ l'art de l'criva94 ,or1 auj\rd'hui1 les savants ne s'en ti5n5t plus aux trois dim5sions de la gomtrie euclidi5ne4 ,les pe9tres ont t am5s t\t naturellem5t et1 p\r a9si dire1 p> intuition1 se proccup] de n\velles mesures possibles de l't5due que dans le langage des ateli]s mod]nes on dsignait t\tes ensemble et brivem5t p> le t]me de quatrime dim5sion4 99 99 99 ,telle qu'elle s'(fre l'esprit1 du po9t de vue pla/ique1 la quatrime dim5sion s]ait eng5dre p> les trois mesures connues3 elle figure l'imm5sit de l'espace s't]nisant dans t\tes les directions un mom5t dt]m94 ,elle e/ l'espace mme1 la dim5sion de l'inf9i2 c'e/ elle qui d\e de pla/icit les objets4 ,elle leur donne les proportions qu'ils mrit5t dans l'uvre1 t&is que dans l'art grec p> exemple1 un ry?me en quelque sorte mcanique dtruit sans cesse les proportions4 ,l'art grec avait de la beaut une conception purem5t huma9e4 ,il pr5ait l'homme comme mesure de la p]fection4 ,l'art des pe9tres n\veaux pr5d l'univ]s inf9i comme idal et c'e/ cet idal que l'on doit une n\velle mesure de la p]fection qui p]met l'arti/e-pe9tre de donn] l'objet des proportions con=mes au degr de pla/icit o il s\haite l'am5]4 ,nietzs*e avait dev9 la possibilit d'un tel art3 ,dyonisios div91 p\rquoi me tires-tu les oreilles8 dem&e ,ariane son philosophique amant dans un de ces clbres dialogues sur l',ile de ,naxos4 ,je tr\ve quelque *ose d'agrable1 de plaisant tes oreilles1 ,ariane3 p\rquoi ne sont-elles pas plus longues encore8 ,nietzs*e1 qu& il rapporte cette anecdote1 fait p> la b\*e de ,dyonisios le procs de l'art grec4 ,aj\tons que cette imag9ation3 la quatrime dim5sion1 n'a t que la manife/ation des aspirations1 des inquitudes d'un gr& nombre de jeunes arti/es reg>dant les sculptures gypti5nes1 ngres et ocani5nes1 mditant les ouvrages de sci5ce1 att5dant un art sublime1 et1 qu'on n'atta*e plus auj\rd'hui cette expression utopique1 qu'il fallait not] et expliqu]1 qu'un intrt en quelque sorte hi/orique4 ,,iv ,v\lant atte9dre aux proportions de l'idal1 ne se bornant pas l'humanit1 les jeunes pe9tres n\s (fr5t des uvres plus crbrales que s5suelles4 ,ils s'loign5t de plus en plus de l'anci5 art des illusions d'optique et des proportions locales p\r exprim] la gr&eur des =mes mtaphysiques4 ,c'e/ p\rquoi l'art actuel1 s'il n'e/ pas l'manation directe de croyances religieuses dt]m9es1 prs5te cep5dant plusieurs c>actres du gr& art1 c'e/--dire de l',art religieux4 ,v ,les gr&s potes et les gr&s arti/es ont p\r fonction sociale de r5\vel] sans cesse l'app>5ce que revt la nature aux yeux des hommes4 ,sans les potes1 sans les arti/es les hommes s'ennui]ai5t vite de la monotonie naturelle4 ,l'ide sublime qu'ils ont de l'univ]s retomb]ait avec une vitesse v]tig9euse4 ,l'ordre qui p>at dans la nature et qui n'e/ qu'un effet de l'art s'van\irait aussitt4 ,t\t se df]ait dans le *aos4 ,plus de saisons1 plus de civilisation1 plus de p5se1 plus d'humanit1 plus de vie mme et l'impuissante obscurit rgn]ait jamais4 ,les potes et les arti/es dt]m95t de conc]t la figure de leur poque et docilem5t l'av5ir se range leur avis4 ,la /ructure gnrale d'une momie gypti5ne e/ con=me aux figures traces p> les arti/es gypti5s et cep5dant les anci5s ,egypti5s tai5t =t diffr5ts les uns des autres4 ,ils se sont con=ms l'art de leur poque4 ,c'e/ le propre de l',art1 son rle social1 de crer cette illusion3 le type4 ,dieu sait que l'on s'e/ moqu des tableaux de ,manet1 de ,r5oir6 ,eh bi56 il suffit de jet] les yeux sur des photographies de l'poque p\r s'ap]cevoir de la con=mit des g5s et des *oses aux tableaux que ces gr&s pe9tres en ont pe9ts4 ,cette illusion me p>at t\te naturelle1 les uvres d'art tant ce qu'une poque produit de plus n]gique au po9t de vue de la pla/ique4 ,cette n]gie s'impose aux hommes et elle e/ p\r eux la mesure pla/ique d'une poque4 ,a9si1 ceux qui se moqu5t des n\veaux pe9tres1 se moqu5t de leur propre figure1 c> l'humanit de l'av5ir se reprs5t]a l'humanit d'auj\rd'hui d'aprs les reprs5tations que les arti/es de l'art le plus vivant1 c'e/--dire le plus n\veau1 en auront laiss4 ,ne me dites pas qu'il y a auj\rd'hui d'autres pe9tres qui peign5t de telle faon que l'humanit puisse s'y reconnatre pe9te son image4 ,t\tes les uvres d'art d'une poque f9iss5t p> ressembl] aux uvres de l'art le plus n]gique1 le plus expressif1 le plus typique4 ,les p\pes sont issues d'un art populaire2 elles sembl5t t\j\rs inspires p> les uvres du gr& art de la mme poque4 ,c'e/ une vrit qu'il e/ facile de contrl]4 ,et cep5dant qui os]ait dire que les p\pes que l'on v5dait dans les baz>s1 v]s #ahhj1 ont t fabriques avec un s5tim5t analogue celui de ,r5oir qu& il peignait ses portraits8 ,p]sonne alors ne s'en ap]cevait4 ,cela signifie cep5dant que l'art de ,r5oir tait assez n]gique1 assez vivant p\r s'impos] nos s5s t&is qu'au gr& public de l'poque o il dbutait1 ses conceptions app>aissai5t comme autant d'absurdits et de folies4 ,,vi ,on a p>fois1 et notamm5t propos des arti/es-pe9tres les plus rc5ts1 envisag la possibilit d'une my/ification ou d'une erreur collectives4 ,or1 on ne connat pas dans t\te l'hi/oire des arts une seule my/ification collective1 non plus qu'une erreur arti/ique collective4 ,il y a des cas isols1 de my/ification et d'erreur1 mais les lm5ts conv5tionnels dont se compos5t en gr&e p>tie les uvres d'art n\s g>antiss5t que de ces cas il ne saurait en exi/] de collectifs4 ,si la n\velle cole de pe9ture n\s prs5tait un de ces cas1 ce s]ait un vnem5t si extraord9aire qu'on p\rrait l'appel] un miracle4 ,concevoir un cas de cette sorte1 ce s]ait concevoir1 que brusquem5t1 dans une nation1 t\s les enfants natrai5t privs de tte ou d'une jambe ou d'un bras1 conception videmm5t absurde4 ,il n'y a pas d'erreurs ni de my/ifications collectives en art1 il n'y a que div]ses poques et div]ses coles de l'art4 ,si le b que p\rsuiv5t *acune d'elles n'e/ pas galem5t lev1 galem5t pur1 t\tes sont galem5t respectables1 et1 selon les ides que l'on se fait de la beaut1 *aque cole arti/ique e/ successivem5t admire1 mprise et de n\veau admire4 ,,vii ,la n\velle cole de pe9ture porte le nom de cubisme2 il lui fut donn p> drision en automne #aijh p> ,h5ri ,matisse qui v5ait de voir un tableau reprs5tant des maisons dont l'app>5ce cubique le frappa vivem5t4 ,cette e/htique n\velle s'labora d'abord dans l'esprit d',&r ,d]a91 mais les uvres les plus importantes et les plus audacieuses qu'elle produisit aussitt fur5t celles d'un gr& arti/e que l'on doit aussi considr] comme un fondateur3 ,pablo ,picasso dont les inv5tions corrobores p> le bon s5s de ,georges ,braque qui exposa1 ds #aijh1 un tableau cubi/e au ,salon des ,indp5dants1 se tr\vr5t =mules dans les tudes de ,jean ,metz+] qui exposa le premi] portrait cubi/e 7c'tait le mi57 au ,salon des ,indp5dants en #aiaj et fit admettre aussi1 la mme anne1 des uvres cubi/es p> le jury du ,salon d',automne4 ,c'e/ en #aiaj galem5t que p>ur5t aux ,indp5dants des tableaux de ,rob]t ,delaunay1 de ,m>ie ,laur5c91 de ,le ,fauconni]1 qui ressortissai5t la mme cole4 ,la premire exposition d'ensemble du ,cubisme dont les adeptes dev5ai5t plus nombreux1 eut lieu en #aiaa aux ,indp5dants1 o la salle #da rs]ve aux cubi/es causa une pr(onde impression4 ,on y voyait des uvres savantes et sduisantes de ,jean ,metz+]2 des paysages1 l',homme nu et la ,femme aux phlox d',alb]t ,gleizes2 le ,portrait de ,mme ,f]n&e ,x444 et les ,jeunes ,filles p> ,mlle ,m>ie ,laur5c91 la ,t\r de ,rob]t ,delaunay1 l',abondance de ,le ,fauconni]1 les ,nus dans un paysage de ,f]n& ,lg]4 ,la premire manife/ation des cubi/es l'trang] eut lieu ,bruxelles1 la mme anne et dans la prface de cette exposition j'acceptai1 au nom des exposants1 les dnom9ations3 cubisme et cubi/es4 la f9 de #aiaa1 l'exposition des cubi/es au ,salon d',automne fit un bruit considrable1 les moqu]ies ne fur5t p>gnes ni ,gleizes 7,la ,*asse1 ,portrait de ,jacques ,nayral71 ni ,metz+] 7,la ,femme la cuill]71 ni ,f]n& ,lg]4 ces arti/es1 s'tait jo9ts un n\veau pe9tre1 ,m>cel ,du*amp et un sculpteur-ar*itecte1 ,du*amp-,villon4 ,d'autres expositions collectives eur5t lieu en novembre #aiaa la ,gal]ie d',art ,contempora91 rue ,tron*et1 ,p>is2 en #aiab1 au ,salon des ,indp5dants qui fut m>qu p> l'adhsion de ,juan ,gris2 au mois de mai1 en ,espagne1 o ,b>celone accueille avec en?\siasme les jeunes ,franais2 enf9 au mois de ,ju91 ,r\51 exposition organise p> la ,socit des ,arti/es norm&s et qui fut m>que p> l'adhsion de ,francis ,picabia la n\velle cole4 7,note crite en septembre #aiab47 99 99 99 ,ce qui diffr5cie le cubisme de l'anci5ne pe9ture1 c'e/ qu'il n'e/ pas un art d'imitation1 mais un art de conception qui t5d s'lev] jusqu' la cration4 ,en reprs5tant la ralit-conue ou la ralit-cre1 le pe9tre peut donn] l'app>5ce de trois dim5sions1 peut en quelque sorte cubiqu]4 ,il ne le p\rrait pas en r5dant simplem5t la ralit-vue1 mo9s de faire du trompe-l'il en racc\rci ou en p]spective1 ce qui d=m]ait la qualit de la =me conue ou cre4 ,quatre t5dances se sont ma9t5ant manife/es dans le cubisme tel que je l'ai c>tel4 ,dont1 deux t5dances p>allles et pures4 ,le cubisme sci5tifique e/ l'une de ces t5dances pures4 ,c'e/ l'art de pe9dre des ensembles n\veaux avec des lm5ts emprunts1 non la ralit de vision1 mais la ralit de connaissance4 ,t\t homme a le s5tim5t de cette ralit intrieure4 ,il n'e/ pas beso9 d'tre un homme cultiv p\r concevoir1 p> exemple une =me ronde4 ,l'aspect gomtrique qui a frapp si vivem5t ceux qui ont vu les premires toiles sci5tifiques v5ait de ce que la ralit ess5tielle y tait r5due avec une gr&e puret et que l'accid5t visuel et anecdotique en avait t lim94 ,les pe9tres qui ressortiss5t cet art sont3 ,picasso1 dont l'art lum9eux app>ti5t encore l'autre t5dance pure du cubisme1 ,georges ,braque1 ,metz+]1 ,alb]t ,gleizes1 ,mlle ,laur5c9 et ,juan ,gris4 ,le cubisme physique1 qui e/ l'art de pe9dre des ensembles n\veaux avec des lm5ts emprunts p\r la plup>t la ralit de vision4 ,cet art ressortit cep5dant au cubisme p> la discipl9e con/ructive4 ,il a un gr& av5ir comme pe9ture d'hi/oire4 ,son rle social e/ bi5 m>qu1 mais ce n'e/ pas un art pur4 ,on y confond le sujet avec les images4 ,le pe9tre physici5 qui a cr cette t5dance e/ ,le ,fauconni]4 ,le cubisme orphique e/ l'autre gr&e t5dance de la pe9ture mod]ne4 ,c'e/ l'art de pe9dre des ensembles n\veaux avec des lm5ts emprunts non la ralit visuelle1 mais entirem5t crs p> l'arti/e et d\s p> lui d'une puissante ralit4 ,les uvres des arti/es orphiques doiv5t prs5t] simultanm5t un agrm5t e/htique pur1 une con/ruction qui tombe s\s les s5s et une signification sublime1 c'e/--dire le sujet4 ,c'e/ de l'art pur4 ,la lumire des uvres de ,picasso conti5t cet art qu'inv5te de son ct ,rob]t ,delaunay et o s'ef=c5t aussi ,f]n& ,lg]1 ,francis ,picabia et ,m>cel ,du*amp4 ,le cubisme in/9ctif1 art de pe9dre des ensembles n\veaux emprunts non la ralit visuelle1 mais celle que suggr5t l'arti/e1 l'in/9ct et l'intuition1 t5d depuis longtemps l'orphisme4 ,il manque aux arti/es in/9ctifs la lucidit et une croyance arti/ique2 le cubisme in/9ctif compr5d un trs gr& nombre d'arti/es4 ,issu de l'impressionnisme franais ce m\vem5t s't5d ma9t5ant sur t\te l',europe4 99 99 99 ,les d]ni]s tableaux de ,czanne et ses aqu>elles ressortiss5t au cubisme1 mais ,c\rbet e/ le pre des n\veaux pe9tres et ,&r ,d]a91 sur qui je revi5drai un j\r1 fut l'an de ses fils bi5-aims1 c> on le tr\ve l'orig9e du m\vem5t des ,fauves qui fut une sorte de prambule au ,cubisme et encore l'orig9e de ce gr& m\vem5t subjectif1 mais il s]ait trop difficile auj\rd'hui de bi5 crire t\*ant un homme qui volontairem5t se ti5t l'c>t de t\t et de t\s4 99 99 99 ,l'cole mod]ne de pe9ture me p>at la plus audacieuse qui ait jamais t4 ,elle a pos la "q du beau en soi4 ,elle veut se figur] le beau dgag de la dlectation que l'homme cause l'homme1 et depuis le comm5cem5t des temps hi/oriques aucun arti/e europen n'avait os cela4 ,il faut aux n\veaux arti/es une beaut idale qui ne soit plus seulem5t l'expression orgueilleuse de l'espce1 mais l'expression de l'univ]s1 dans la mesure o il s'e/ humanis dans la lumire4 99 99 99 ,l'art d'auj\rd'hui revt ses crations d'une app>5ce gr&iose1 monum5tale1 qui dpasse cet g>d t\t ce qui avait t conu p> les arti/es de notre ge4 ,ard5t la re*]*e de la beaut1 il e/ noble1 n]gique et cette ralit qu'il n\s apporte e/ m]veilleusem5t claire4 ,j'aime l'art d'auj\rd'hui p>ce que j'aime avant t\t la lumire et t\s les hommes aim5t avant t\t la lumire1 ils ont inv5t le feu4 ,pe9tres n\veaux ,,picasso ,si n\s savions1 t\s les dieux s'veill]ai5t4 ,ns de la connaissance pr(onde que l'humanit ret5ait d'elle-mme1 les pan?ismes adors qui lui ressemblai5t se sont ass\pis4 ,mais malgr les sommeils t]nels1 il y a des yeux o se reflt5t des humanits semblables des fantmes div9s et joyeux4 ,ces yeux sont att5tifs comme des fleurs qui veul5t t\j\rs contempl] le soleil4 joie fconde1 il y a des hommes qui voi5t avec ces yeux4 99 99 99 ,en ce temps l1 ,picasso avait reg>d des images huma9es qui flottai5t dans l'azur de nos mmoires et qui p>ticip5t de la div9it p\r damn] les mtaphysici5s4 ,qu'ils sont pieux ses ciels t\t remus d'envolem5ts1 ses lumires l\rdes et basses comme celles des grottes4 ,il y a des enfants qui ont err sans appr5dre le cat*isme4 ,ils s'arrt5t et la pluie cesse de tomb]3 ,reg>de6 ,des g5s dans ces btisses et leurs vtem5ts sont pauvres4 ,ces enfants qu'on n'embrasse pas compr5n5t tant6 ,maman1 aime-moi bi56 ,ils sav5t saut] et les t\rs qu'ils russiss5t sont des volutions m5tales4 ,ces femmes qu'on n'aime plus se rappell5t4 ,elles ont trop repass auj\rd'hui leurs ides cassantes4 ,elles ne pri5t pas2 elles sont dvotes aux s\v5irs4 ,elles se blottiss5t dans le crpuscule comme une anci5ne glise4 ,ces femmes r5onc5t et leurs doigts remu]ai5t p\r tress] des c\ronnes de paille4 ,avec le j\r1 elles disp>aiss5t1 elles se sont consoles dans le sil5ce4 ,elles ont fran*i beauc\p de portes3 les mres protgeai5t les b]ceaux p\r que les n\veau-ns ne fuss5t pas mal d\s2 qu& elles se p5*ai5t les petits enfants s\riai5t de les savoir si bonnes4 ,elles ont s\v5t rem]ci et les ge/es de leurs avant-bras tremblai5t comme leurs paupires4 ,envelopps de brume glace1 des vieill>ds att5d5t sans mdit]1 c> les enfants seuls mdit5t4 ,anims de pays lo9ta9s1 de qu]elles de btes1 de *evelures durcies1 ces vieill>ds peuv5t m5di] sans humilit4 ,d'autres m5diants se sont us la vie4 ,ce sont des infirmes1 des bquill>ds et des blitres4 ,ils s'tonn5t d'avoir atte9t le b qui e/ re/ bleu et n'e/ plus l'horizon4 ,vieillissant1 ils sont dev5us f\s comme des rois qui aurai5t trop de tr\peaux d'lphants portant de petites citadelles4 ,il y a des voyageurs qui confond5t les fleurs et les toiles4 ,vieillis comme les bufs meur5t v]s v+t-c9q ans1 les jeunes ont m5 des n\rrissons allaits la lune4 ,dans un j\r pur1 des femmes se tais5t1 leurs corps sont angliques et leurs reg>ds trembl5t4 propos du dang] leurs s\rires sont intrieurs4 ,elles att5d5t l'effroi p\r confess] des p*s innoc5ts4 99 99 99 ,l'espace d'une anne1 ,picasso vcut cette pe9ture m\ille1 bleue comme le fond humide de l'abme et pitoyable4 ,la piti r5dit ,picasso plus pre4 ,les places supportr5t un p5du s'tirant contre les maisons au-dessus des passants obliques4 ,ces supplicis att5dai5t un rdempteur4 ,la corde surplombait miraculeuse1 aux mans>des2 les vitres flambai5t avec les fleurs des f5tres4 ,dans des *ambres1 de pauvres arti/es-pe9tres dess9ai5t la lampe des nudits toisonnes4 ,l'ab&on des s\li]s de femme prs du lit signifiait une hte t5dre4 99 99 99 ,le calme v9t aprs cette frnsie4 ,les arlequ9s viv5t s\s les oripeaux qu& la pe9ture recueille1 r*auffe ou blan*it ses c\leurs p\r dire la =ce et la dure des passions1 qu& les lignes limites p> le maillot se c\rb5t1 se c\p5t ou s'lanc5t4 ,la pat]nit transfigure l'arlequ9 dans une *ambre c>re1 t&is que sa femme se m\ille d'eau froide et s'admire svelte et grle autant que son m>i le pant94 ,un foy] vois9 attidit la r\lotte4 ,de belles *ansons s'entrecrois5t et des soldats pass5t ailleurs1 maudissant la j\rne4 ,l'am\r e/ bon qu& on le p>e et l'habitude de vivre *ez soi d\ble le s5tim5t pat]nel4 ,l'enfant rappro*e du pre1 la femme que ,picasso v\lait glorieuse et immacule4 ,les mres1 primip>es1 n'att5dai5t plus l'enfant1 peut-tre cause de c]ta9s corbeaux jaseurs et de mauvais prsage4 ,nol6 ,elles enfantr5t de futurs acrobates p>mi les s+es famili]s1 les *evaux blancs et les *i5s comme les ours4 ,les surs adolesc5tes1 f\lant en quilibre les grosses b\les des saltimbanques1 comm&5t ces sphres le m\vem5t rayonnant des mondes4 ,ces adolesc5tes ont1 impubres1 les inquitudes de l'innoc5ce1 les animaux leur appr5n5t le my/re religieux4 ,des arlequ9s accompagn5t la gloire des femmes1 ils leur ressembl5t1 ni mles1 ni femelles4 ,la c\leur a des matits de fresques1 les lignes sont f]mes4 ,mais placs la limite de la vie1 les animaux sont huma9s et les sexes indcis4 ,des btes hybrides ont la consci5ce des demi-dieux de l'gypte2 des arlequ9s taciturnes ont les j\es et le front fltris p> les s5sibilits morbides4 ,on ne peut pas confondre ces saltimbanques avec des hi/rions4 ,leur spectateur doit tre pieux1 c> ils clbr5t des rites muets avec une agilit difficile4 ,c'e/ cela qui di/+uait ce pe9tre des poti]s grecs dont son dess9 appro*ait p>fois4 ,sur les t]res pe9tes1 les prtres b>bus et bav>ds (frai5t en sacrifice des animaux rsigns et sans de/9e4 ,ici1 la virilit e/ imb]be1 mais se manife/e dans les n]fs des bras maigres2 des mplats du visage et les animaux sont my/rieux4 ,le gt de ,picasso p\r le trait qui fuit1 *ange et pntre a produit des exemples presqu'uniques de po9tes s*es l9aires o il n'a po9t altr les aspects gnraux du monde4 99 99 99 ,ce ,malagugne n\s meurtrissait comme un froid bref4 ,ses mditations se dnudai5t dans le sil5ce4 ,il v5ait de lo91 des ri*esses de composition et de dcoration brutale des ,espagnols du dix septime sicle4 ,et ceux qui l'avai5t connu se s\v5ai5t de trucul5ces rapides qui n'tai5t dj plus des essais4 ,son insi/ance dans la p\rsuite de la beaut a t\t *ang alors dans l',art4 99 99 99 ,alors1 svrem5t1 il a int]rog l'univ]s4 ,il s'e/ habitu l'imm5se lumire des pr(ondeurs4 ,et p>fois1 il n'a pas ddaign de confi] la cl>t1 des objets au!ntiques1 une *anson de deux s\s1 un timbre po/e vritable1 un morceau de toile cire sur laquelle e/ imprime la cannelure d'un sige4 ,l'art du pe9tre n'aj\t]ait aucun lm5t pittoresque la vrit de ces objets4 ,la surprise rit sauvagem5t dans la puret de la lumire et c'e/ lgitimem5t que des *iffres1 des lettres m\les app>aiss5t comme des lm5ts pittoresques1 n\veaux dans l'art1 et depuis longtemps dj imprgns d'humanit4 99 99 99 ,il n'e/ pas possible de dev9] les possibilits1 ni t\tes les t5dances d'un art aussi pr(ond et aussi m9utieux4 ,l'objet rel ou en trompe-l'il e/ appel sans d\te j\] un rle de plus en plus important4 ,il e/ le cadre intrieur du tableau et en m>que les limites pr(ondes1 de mme que le cadre en m>que les limites extrieures4 99 99 99 ,imitant les plans p\r reprs5t] les volumes1 ,picasso donne des div]s lm5ts qui compos5t les objets une numration si complte et si aigu qu'ils ne pr5n5t po9t figure d'objet grce au travail des spectateurs qui1 p> =ce1 en p]oiv5t la simultanx1 mais en raison mme de leur arrangem5t4 ,cet art e/-il plus pr(ond qu'lev8 ,il ne se passe po9t de l'obs]vation de la nature et agit sur n\s aussi familirem5t qu'elle-mme4 99 99 99 ,il y a des potes auxquels une muse dicte leurs uvres1 il y a des arti/es dont la ma9 e/ dirige p> un tre inconnu qui se s]t d'eux comme d'un in/rum5t4 ,p\r eux1 po9t de fatigue1 c> ils ne travaill5t po9t et peuv5t beauc\p produire1 t\te heure1 t\s les j\rs1 en t\ts pays et en t\te saison1 ce ne sont po9t des hommes1 mais des in/rum5ts potiques ou arti/iques4 ,leur raison e/ sans =ce contre eux-mmes1 ils ne lutt5t po9t et leurs uvres ne port5t po9t de traces de lutte4 ,ils ne sont po9t div9s et peuv5t se pass] d'eux-mmes4 ,ils sont comme le prolongem5t de la nature et leurs uvres ne pass5t po9t p> l'intellig5ce4 ,ils peuv5t tre m\vants sans que les h>monies qu'ils suscit5t se soi5t humanises4 ,d'autres potes1 d'autres arti/es au contraire sont l qui s'ef=c5t1 ils vont v]s la nature et n'ont avec elle aucun vois9age immdiat1 ils doiv5t t\t tir] d'eux-mmes et nul dmon1 aucune muse ne les inspire4 ,ils habit5t dans la solitude et ri5 n'e/ exprim que ce qu'ils ont eux-mmes balbuti1 balbuti si s\v5t qu'ils arriv5t p>fois d'ef=ts en ef=ts1 de t5tatives en t5tatives =mul] ce qu'ils s\hait5t =mul]4 ,hommes crs l'image de ,dieu1 ils se repos]ont un j\r p\r admir] leur ouvrage4 ,mais que de fatigues1 que d'imp]fection1 que de grossirets8 99 99 99 ,picasso1 c'tait un arti/e comme les premi]s4 ,il n'y a jamais eu de spectacle aussi fanta/ique que cette mtamorphose qu'il a subie en dev5ant un arti/e comme les seconds4 99 99 99 ,p\r ,picasso le desse9 de m\rir se =ma en reg>dant les s\rcils circonflexes de son meilleur ami qui cavalcadai5t dans l'inquitude4 ,un autre de ses amis l'am5a un j\r sur les conf9s d'un pays my/ique o les habitants tai5t la fois si simples et si grotesques qu'on p\vait les refaire facilem5t4 ,et puis vraim5t1 l'anatomie p> exemple1 n'exi/ait plus dans l'art1 il fallait la rinv5t] et excut] son propre assass9at avec la sci5ce et la m?ode d'un gr& *irurgi54 99 99 99 ,la gr&e rvolution des arts qu'il a accomplie presque seul1 c'e/ que le monde e/ sa n\velle reprs5tation4 norme flamme4 ,n\vel homme1 le monde e/ sa n\velle reprs5tation4 ,il en dnombre les lm5ts1 les dtails avec une brutalit qui sait aussi tre gracieuse4 ,c'e/ un n\veau-n qui met de l'ordre dans l'univ]s p\r son usage p]sonnel1 et aussi af9 de facilit] ses relations avec ses semblables4 ,ce dnombrem5t1 a la gr&eur de l'pope1 et1 avec l'ordre1 clat]a le drame4 ,on peut conte/] un sy/me1 une ide1 une date1 une ressemblance1 mais je ne vois pas comm5t on p\rrait conte/] la simple action du numrateur4 ,du po9t de vue pla/ique1 on peut tr\v] que n\s aurions pu n\s pass] de tant de vrit1 mais cette vrit app>ue1 elle devi5t ncessaire4 ,et puis1 il y a des pays4 ,une grotte dans une =t o l'on faisait des cabrioles1 un passage dos de mule au bord d'un prcipice et l'arrive dans un village o t\t s5t l'huile *aude et le v9 rance4 ,c'e/ encore la prom5ade v]s un cimetire et l'a*at d'une c\ronne en faence 7c\ronne d'immortelles7 et la m5tion ,mille ,regrets qui e/ inimitable4 ,on m'a aussi p>l de c&labres en t]re glaise qu'il fallait appliqu] sur une toile p\r qu'ils en p>uss5t sortir4 ,p5deloques de cri/al1 et ce fameux ret\r du ,havre4 ,moi1 je n'ai pas la cra9te de l',art et je n'ai aucun prjug t\*ant la matire des pe9tres4 ,les mosa/es peign5t avec des m>bres ou des bois de c\leur4 ,on a m5tionn un pe9tre itali5 qui peignait avec des matires fcales2 s\s la ,rvolution franaise1 quelqu'un peignit avec du sang4 ,on peut pe9dre avec ce qu'on v\dra1 avec des pipes1 des timbres-po/e1 des c>tes po/ales ou j\]1 des c&labres1 des morceaux de toile cire1 des faux-cols1 du papi] pe9t1 des j\rnaux4 ,il me suffit1 moi1 de voir le travail1 il faut qu'on voie le travail1 c'e/ p> la quantit de travail f\rnie p> l'arti/e1 que l'on mesure la valeur d'une uvre d'art4 ,contra/es dlicats1 les lignes p>allles1 un mti] d'ouvri]1 quelquefois l'objet mme1 p>fois une indication1 p>fois une numration qui s'individualise1 mo9s de d\ceur que de grossiret4 ,on ne *oisit pas dans le mod]ne1 de mme qu'on accepte la mode sans la discut]4 ,pe9ture444 ,un art tonnant et dont la lumire e/ sans limites4 ,georges ,,braque ,les app>5ces paisibles dans la gnralisation pla/ique1 c'e/ ce que1 dans une rgion tempre1 a rejo9t l'art de ,georges ,braque4 99 99 99 ,georges ,braque e/ le premi] p>mi les pe9tres n\veaux1 qui aprs sa mtamorphose e/htique1 ait pris contact avec le public4 ,cet vnem5t capital se passa au ,salon des ,indp5dants en #aijh4 99 99 99 ,le rle hi/orique du ,salon des ,indp5dants comm5ce tre auj\rd'hui bi5 df9i4 ,l'art du ,x,i,xe sicle--art p> lequel s'e/ encore manife/e l'intgrit du gnie franais--n'e/ qu'une longue rvolte contre la r\t9e acadmique1 laquelle les rebelles opposai5t les traditions au!ntiques qui *app5t aux matres de cet art dgnr que df5d la citadelle de la rue ,bonap>te4 ,le ,salon des ,indp5dants j\e1 depuis sa fondation1 un rle prpondrant dans l'volution de l'art mod]ne et t\r t\r il n\s rvle les t5dances et les p]sonnalits qui1 depuis v+t-c9q ans1 font corps et me avec l'hi/oire de la pe9ture franaise1 la seule qui compte auj\rd'hui1 qui p\rsuive la face de l'univ]s la logique des gr&es traditions et qui manife/e t\j\rs une gr&e int5sit de vie4 ,il convi5t d'aj\t] que les grotesques ne p>aiss5t pas au ,salon des ,indp5dants dans une proportion suprieure celle o ils se montr5t1 avec un art soi-disant lgitime1 dans les salons (ficiels4 ,du re/e1 la culture arti/ique1 de nos j\rs1 ne relve plus d'une discipl9e sociale4 ,et ce n'e/ pas le mo9dre mrite de l'art qui se manife/a1 en #aijh1 dans une uvre de ,georges ,braque1 que de s'accord] avec la socit o il volue4 ,ce fait1 qui ne s'tait plus produit depuis la bonne priode de la pe9ture holl&aise con/itue1 en somme1 l'lm5t social de la ,rvolution dont ,georges ,braque fut l'orateur4 ,elle aurait t avance de deux ou trois ans si ,picasso avait expos1 mais le sil5ce lui tait ncessaire et qui sait si les moqu]ies auxquelles fut alors en butte un ,georges ,braque1 n'euss5t po9t dt\rn un ,picasso du *em9 difficile o il avait d'abord m>* t\t seul4 ,mais en #aiji1 la rvolution qui r5\vela les arts pla/iques tait faite4 ,les plaisant]ies du public et de la critique ne p\vai5t plus l'emp*]4 ,plus peut-tre que des n\veauts qui p>aissai5t dans les tableaux de ,braque1 on s'tonna que quelqu'un p>mi les jeunes pe9tres1 sans se laiss] all] l'afft]ie des illu/rateurs1 remit en honneur l'ordre et le mti]1 sans quoi il n'y a po9t d'art4 99 99 99 ,voici donc ,georges ,braque4 ,son rle fut hroque4 ,son art paisible e/ admirable4 ,il s'ef=ce gravem5t4 ,il exprime une beaut ple9e de t5dresse et la nacre de ses tableaux irise notre ent5dem5t4 ,ce pe9tre e/ anglique4 ,il a enseign aux hommes et aux autres pe9tres l'usage e/htique de =mes si inconnues que quelques potes seuls les avai5t s\ponnes4 ,ces signes lum9eux brill5t aut\r de n\s1 mais quelques pe9tres seuls en ont dgag la signification pla/ique4 ,le travail1 surt\t dans ses ralisations les plus grossires1 conti5t une multitude d'lm5ts e/htiques dont la n\veaut e/ t\j\rs d'accord avec le s5tim5t du sublime qui p]met l'homme d'ordonn] le *aos3 il ne faut pas mpris] ce qui p>at neuf1 ou ce qui e/ sali ou ce qui n\s s]t1 le faux bois ou le faux m>bre des pe9tres en btim5t4 ,mme si ces app>5ces p>aiss5t triviales1 il faut1 lorsque l'action rclame un homme1 qu'il p>te de ces trivialits4 ,je dte/e les arti/es qui ne sont pas de leur poque et de mme que le langage du peuple tait p\r ,malh]be le bon langage de son poque1 le mti] de l'artisan1 du pe9tre en btim5t devrait tre p\r l'arti/e la plus vig\reuse expression matrielle de la pe9ture4 99 99 99 ,on dira3 ,georges ,braque le vrificateur4 ,il a vrifi t\tes les n\veauts de l'art mod]ne et en vrifi]a encore4 ,jean ,,metz+] ,aucun jeune pe9tre contempora9 n'a connu autant d'inju/ices que ,jean ,metz+]1 n'a montr plus d'op9itret que cet arti/e raff91 l'un des plus purs qu'ils soi5t auj\rd'hui4 ,il n'a jamais refus d'accept] la leon des vnem5ts4 ,dans le d\l\reux voyage qu'il a fait la re*]*e d'une discipl9e1 ,jean ,metz+] s'e/ arrt dans t\tes les villes bi5 polices qu'il a r5contres sur son *em94 ,n\s l'avons r5contr t\t d'abord dans cette lgante et mod]ne cit du ,no-,impressionnisme dont ,georges ,seurat fut le fondateur et l'ar*itecte4 99 99 99 ,on n'apprcie pas encore ce gr& pe9tre sa valeur4 ,ses uvres ont1 dans le dess91 la composition1 la discrtion mme des lum9osits contra/es1 un /yle qui les met "p et peut-tre bi5 au-dessus de la plup>t des ouvrages des pe9tres1 ses contempora9s4 ,aucun pe9tre ne me fait song] ,molire comme ,seurat1 au ,molire du ,b\rgeois g5tilhomme qui e/ un ballet ple9 de grce1 de lyrisme et de bon s5s4 ,et des toiles comme ,le ,cirque ou ,le ,*ahut sont aussi des ballets ple9s de grce1 de lyrisme et de bon s5s4 ,les pe9tres no-impressionni/es sont ceux qui1 p\r cit] ,paul ,signac ont in/aur et1 depuis #ahhf1 dvelopp la te*nique dite de la division en employant comme mode d'expression le mlange optique des tons et des te9tes4 ,cette te*nique p\rrait tre ratta*e l'art des mosa/es byzant9s1 et je me s\vi5s qu'un j\r1 dans une lettre adresse ,m4 ,*>les ,morice1 ,signac se rclamait aussi de la ,libr]ia de ,si5ne4 ,cette te*nique si lum9euse et qui mettait de l'ordre dans les n\veauts impressionni/es1 fut dev9e1 applique mme1 p> ,delacroix1 auquel elle avait t rvle p> l'exam5 des tableaux de ,con/able4 ,c'e/ ,seurat qui1 en #ahhf1 exposa le premi] tableau divis4 ,un diman*e la ,gr&e-,jatte4 ,c'e/1 lui qui a port le plus lo9 le contra/e des complm5taires dans la con/ruction des tableaux4 ,l'influ5ce de ,seurat se fait auj\rd'hui s5tir jusqu' l'cole des ,beaux-,arts et fcond]a encore la pe9ture4 99 99 99 ,jean ,metz+] j\a un rle p>mi les divisionni/es raff9s et laborieux4 ,cep5dant les m9uties colores du no-impressionnisme ne s]vai5t encore qu' indiqu] quels lm5ts =mai5t le /yle d'une poque qui1 dans presque t\tes ses manife/ations arti/iques ou indu/rielles1 en p>aissait dnue aux yeux des contempora9s4 ,seurat1 avec une prcision que l'on peut appel] gnie1 a trac de son poque quelque tableaux o la f]met du /yle e/ gale la nettet presque sci5tifique de la conception1 7,le ,*ahut1 ,le ,cirque qui ressortiss5t presque au cubisme sci5tifique74 ,il a t\t r$ress dans l'art de son temps p\r fix] les ge/es qui c>actris5t cette f9 de sicle1 cette f9 du ,x,i,xe sicle1 o t\t fut anguleux1 n]vant purilem5t insol5t et s5tim5talem5t comique4 ,un aussi beau spectacle intellectuel ne p\vait gure se prolong] et une fois que le /yle pittoresque qui se dgage de l'art du ,x,i,xe sicle eut t indiqu1 le no-impressionnisme cessa de j\] un rle intressant4 ,il n'apportait po9t d'autres n\veauts que le contra/e des complm5taires et indiquait la valeur e/htique des n\veauts qu'avai5t dc\v]tes les coles prcd5tes depuis la f9 de ,x,v,i,i,ie sicle4 ,trop d'lm5ts n\veaux sollicitai5t les jeunes arti/es-pe9tres4 ,ils ne p\vai5t s'immobilis] dans un art qui1 tant la d]nire et la plus /ricte expression d'une priode arti/ique1 devait donn] du premi] c\p sa mesure4 99 99 99 ,cette discipl9e dev5ait un rglem5t ennuyeux4 ,les gr&s cris colors des ,fauves clatai5t au lo94 ,ils attirr5t ,jean ,metz+] et lui apprir5t sans aucun d\te la signification symbolique des c\leurs1 les =mes qu'elles reprs5t5t et lorsque de cette cit b>b>e et non sauvage1 adonne au luxe et aux orgies viol5tes1 les ,b>b>es s'en fur5t alls1 les ,fauves eur5t cess de rugir1 il n'y re/a plus que quelques bureaucrates paisibles qui ressemblai5t trait p\r trait aux fonctionnaires de la rue ,bonap>te1 ,p>is4 ,et le ,royaume des ,fauves dont la civilisation p>aissait si neuve1 si puissante1 si clatante1 prit s\da9 l'aspect d'un village ab&onn4 99 99 99 ,c'e/ alors que ,jean ,metz+] allant la r5contre de ,picasso et de ,braque1 fonda la ville des cubi/es4 ,la discipl9e y e/ /ricte mais ne risque pas encore de dev5ir un sy/me et la lib]t y e/ plus gr&e que p>t\t ailleurs4 99 99 99 ,de sa frqu5tation *ez les no-impressionni/es1 ,jean ,metz+] a g>d un gt p\r la m9utie1 gt qui n'e/ po9t mdiocre4 ,ri5 d'ina*ev dans son uvre1 ri5 non plus qui ne soit le fruit d'une rig\reuse logique et s'il s'e/ jamais tromp1 ce que je ne sais pas et qu'il m'importe peu de savoir1 ce n'e/ po9t au has>d4 ,son uvre s]a un des docum5ts les plus c]ta9s lorsqu'on v\dra expliqu] l'art de notre poque4 ,c'e/ grce aux tableaux de ,metz+] que l'on p\rra faire le d"p entre ce qui a une valeur e/htique dans notre art et ce qui n'en a po9t4 ,une pe9ture de ,metz+] conti5t t\j\rs sa propre explication4 ,c'e/ peut-tre l une noble faiblesse1 mais c'e/ c]ta9em5t d'une haute consci5ce et je crois un cas unique dans l'hi/oire des arts4 ,ds que l'on aborde un tableau de ,metz+] on s5t que l'arti/e a eu le f]me dsir de ne pr5dre au srieux que ce qui e/ srieux et que les vnem5ts1 selon une m?ode qui me p>at excell5te1 lui f\rniss5t les lm5ts pla/iques de son art4 ,mais s'il les accepte t\s1 il ne les utilise po9t au has>d4 ,son uvre e/ sa91 plus sa9 sans aucun d\te que ceux de la plup>t des arti/es1 ses contempora9s4 ,il ravira ceux qui aim5t connatre les raisons des *oses et ces raisons ont de quoi satisfaire l'esprit4 99 99 99 ,les ouvrages de ,jean ,metz+] ont de la puret4 ,ses mditations pr5n5t des =mes belles1 dont l'agrm5t t5d s'appro*] du sublime4 ,les ensembles n\veaux qu'il compose sont entirem5t dp\ills de t\t ce que l'on connaissait avant lui4 ,son art de plus en plus ab/rait mais t\j\rs agrable aborde et ta*e rs\dre les problmes les plus difficiles et les plus imprvus de l'e/htique4 ,*acune de ses uvres r5f]me un jugem5t sur l'univ]s et son uvre enti] ressemble au firmam5t nocturne qu& il e/ pur de t\t nuage et qu'il y tremble d'adorables lueurs4 ,et ri5 d'ina*ev dans son uvre1 la posie y ennoblit les plus petits dtails4 ,alb]t ,,gleizes ,les uvres d',alb]t ,gleizes sont de puissantes h>monies1 que l'on doit sp>] du cubisme ?orique tel que l'ont in/aur les pe9tres sci5tifiques4 ,je me s\vi5s de ses essais4 ,on y s5tait dj la volont de ram5] son art ses lm5ts les plus simples4 ses dbuts1 ,alb]t ,gleizes se tr\va vis--vis des coles qui florissai5t3 les d]ni]s impressionni/es1 les symboli/es1 dont quelques-uns tai5t dev5us les intimi/es1 les no-impressionni/es divisionni/es et les ,fauves1 peu prs dans la situation o se tr\vait le d\ani] ,r\sseau vis--vis de l'acadmisme et de l'intellectualisme des salons (ficiels4 ,c'e/ alors qu'il comprit les travaux de ,czanne1 qui avait influ5c les uvres des premi]s cubi/es4 ,alors se dveloppr5t ces h>monies1 qui sont p>mi ce que les arts pla/iques ont produits de plus srieux1 de plus digne d'att5tion depuis une diza9e d'annes4 ,les portraits d',alb]t ,gleizes montr5t suffisamm5t que dans son art1 comme dans l'art de la plup>t des pe9tres n\veaux1 l'individuation des objets n'e/ pas seulem5t le travail des spectateurs4 ,on reg>de s\v5t les tableaux d',alb]t ,gleizes et ceux de beauc\p de jeunes pe9tres comme de timides gnralisations4 ,et cep5dant dans la plup>t des tableaux n\veaux1 les c>actres individuels sont encore m>qus avec une f]met1 une m9utie mme qui ne saurait *app] ceux qui ont vu travaill] les n\veaux pe9tres1 qui ont reg>d leurs pe9tures avec un peu d'att5tion4 ,la molle gnralisation e/ plutt le fait des pe9tres intellectuels de dcad5ce4 ,quels c>actres individuels y a-t-il dans la pe9ture d'un ,h5ry de ,gr\x qui gnralise le s5tim5t dcad5t des imitateurs de ,baudelaire1 dans les tableaux d'un ,zuloaga qui gnralise l',espagne conv5tionnelle des d]ni]s romantiques8 ,la vritable gnralisation comporte une individualisation plus pr(onde et qui vit dans la lumire a9si que dans les tableaux mmes des impressionni/es la ,claude ,monet1 la ,seurat 7 la ,picasso mme71 qui gnralis5t1 leur s9crit et ont r5onc prcis] les c>actres sup]ficiels4 ,il n'y a pas un arbre1 pas une maison1 pas un p]sonnage auquel les impressionni/es ai5t g>d un c>actre individuel4 ,c'e/ un pe9tre impressionni/e qui1 avant de faire un portrait1 comm5ait p> dire qu'il ne le f]ait po9t ressemblant4 ,mais il y a une gnralisation plus va/e encore et plus prcise la fois4 ,c'e/ a9si que le portrait e/ une des bran*es importantes de l'art des pe9tres n\veaux4 ,ils p\rrai5t t\j\rs g>antir la ressemblance et je n'ai jamais vu aucun de leurs portraits qui ne ft ressemblant4 99 99 99 ,quel s\ci de la ralit1 des c>actres individuels1 ont bi5 pu avoir des pe9tres comme ,b\gu]eau1 comme ,h5n]8 ,*ez beauc\p de pe9tres n\veaux *aque conception pla/ique1 e/ encore individualise dans la gnralisation avec une pati5ce qu'il faut bi5 reconnatre4 ,p>ce qu'ils ne se s\ci5t ni de *ronologie1 ni d'hi/oire1 ni de gographie1 p>ce qu'ils rappro*5t ce qu'on n'avait pas rappro*1 p>ce qu'un ,gleizes t5te de dramatis] les objets qu'il dpe9t en en dgageant les lm5ts d'motion arti/ique1 on peut dire que le b de leur art1 e/ d'une prcision sublime4 99 99 99 ,t\tes les figures des tableaux d',alb]t ,gleizes1 ne sont pas la mme figure1 t\s les arbres1 un arbre1 t\s les fleuves1 un fleuve1 mais le spectateur1 s'il peut s'lev] jusqu'aux ides gnrales p\rra =t bi5 gnralis] cette figure1 cet arbre ou ce fleuve p>ce que le travail du pe9tre a fait mont] ces objets un degr suprieur de pla/icit1 a un degr de pla/icit tel1 que t\s les lm5ts qui en con/itu5t les c>actres individuels sont reprs5ts avec la mme maje/ dramatique4 99 99 99 ,la maje/1 voil ce qui c>actrise avant t\t l'art d',alb]t ,gleizes4 ,il apporta a9si dans l'art contempora9 une m\vante n\veaut4 ,on ne la tr\ve avant lui1 que *ez peu de pe9tres mod]nes4 ,cette maje/ veille l'imag9ation1 provoque l'imag9ation et considre du po9t de vue pla/ique elle e/ l'imm5sit des *oses4 99 99 99 ,cet art e/ vig\reux4 ,les tableaux d',alb]t ,gleizes sont raliss p> une =ce de mme sorte que celles qui ont ralis les ,pyramides et les ca?drales1 qui ralis5t les con/ructions mtalliques1 les ponts et les tunnels4 ,ces uvres ont p>fois ce ct un peu inhabile des gr&es uvres1 de celles que l'humanit met le plus haut p>ce qu'en effet le desse9 de celui qui les fit tait t\j\rs de faire le mieux possible4 ,et le plus pur s5tim5t que puisse avoir de son art un arti/e c'e/ de faire de son mieux et c'en e/ un bas que de se cont5t] de russir ses uvres sans ef=t1 sans travail1 sans avoir fait le mieux possible4 ,mlle ,m>ie ,,laur5c9 ,notre poque a p]mis aux tal5ts fm99s de s'pan\ir dans les ,lettres et dans les ,arts4 ,les femmes apport5t dans l'art comme une vision neuve et ple9e d'allgresse de l'univ]s4 ,il y a eu des pe9tres femmes t\tes les poques1 et cet art m]veilleux (fre l'att5tion1 l'imag9ation1 des agrm5ts si dlicats que l'on ne s'tonn]ait po9t s'il y avait eu un plus gr& nombre de pe9tresses4 ,le ,x,v,ie sicle itali5 a produit ,sophonisba ,angussola1 clbre p> ,lanzi et ,vas>i4 ,paul ,,iv et le roi d',espagne se disputr5t ses ouvrages4 ,il y en a ,madrid1 ,flor5ce1 ,gnes1 ,londres4 ,le ,l\vre n'en possde po9t4 ,ne ,crmone v]s #aecj1 elle dpassa vite son matre ,b]nad9o1 et1 porta lo9 l'art du portrait4 ,les mod]nes ont p>fois attribu c]ta9s de ces tableaux au ,titi5 lui-mme4 ,aprs avoir remport les plus gr&s succs la c\r de ,philippe ,,ii1 elle f9it p> se retir] ,gnes1 o elle dev9t aveugle4 ,lanzi dit qu'elle passait p\r la p]sonne de son sicle qui raisonnait le mieux sur les arts1 et ,van ,dyck1 qui v9t l'c\t]1 affirma qu'il avait plus appris de cette vieille femme aveugle que du pe9tre le plus clairvoyant4 ,sophonisba ,angussola1 e/ jusqu' prs5t l'exemple le plus lev d'une gloire fm99e acquise grce aux arts pla/iques4 99 99 99 ,mlle ,m>ie ,laur5c91 a su exprim]1 dans l'art majeur de la pe9ture1 une e/htique entirem5t fm99e4 ,ds ses premires pe9tures1 ses premi]s dess9s1 ses premires eaux =tes1 bi5 que ces essais ne se signalass5t que p> une c]ta9e simplicit naturelle1 on p\vait dev9] que l'arti/e qui allait bi5tt se rvl] exprim]ait un j\r la grce et le *>me du monde4 ,elle produisit alors des tableaux o les arabesques dev5ai5t des figures dlicates4 ,depuis ce temps1 trav]s ses re*]*es1 on retr\ve t\j\rs cette arabesque fm99e dont elle a su g>d] intacte la connaissance4 ,t&is qu'un ,picasso se proccupe1 en exaltant le pittoresque encore inconnu d'un objet1 de lui faire r5dre t\t ce qu'il peut donn] comme motion e/htique4 ,mlle ,laur5c9 dont l'art e/ issu de ceux d',h5ri ,matisse et de ,picasso1 s'adonne1 avant t\t1 exprim] la n\veaut pittoresque des objets et des figures4 ,aussi son art e/-il mo9s svre que celui de ,picasso1 art avec lequel cep5dant le si5 ne va pas sans analogies4 ,c'e/ qu'il e/ la numration des lm5ts qui compos5t son tableau4 ,elle s'atta*e a9si la nature1 l'tudiant avec a*>nem5t1 mais c>tant avec so9 ce qui n'e/ ni jeune1 ni gracieux1 et les lm5ts inconnus des *oses1 elle ne les accueille que s'ils app>aiss5t s\s un aspect juvnile4 ,je p5se que c'e/ de propos dlibr qu'elle a ori5t a9si son art v]s la jeune n\veaut ou grave ou riante4 ,l'e/htique fm99e qui ne s'e/ gure montre jusqu'ici que dans les arts appliqus comme la d5telle et la brod]ie avait avant t\t exprim] dans la pe9ture la n\veaut mme de cette fm9it4 ,plus t>d1 il vi5dra des femmes qui explor]ont d'autres aspects fm99s de l'univ]s4 ,comme arti/e1 on peut plac] ,mlle ,laur5c9 entre ,picasso et le d\ani] ,r\sseau4 ,ce n'e/ pas l une indication hir>*ique mais une simple con/atation de p>5t4 ,son art danse comme ,salom entre celui de ,picasso1 n\veau ,jean-,bapti/e qui lave les ,arts dans le baptme de la lumire1 et celui de ,r\sseau1 ,hrode s5tim5tal1 vieill>d somptueux et puril que l'am\r am5a sur les conf9s de l'intellectualisme1 c'e/ l que les anges v9r5t di/raire sa d\leur1 ils l'emp*r5t de pntr] dans l'affreux royaume dont il tait dev5u le ,d\ani] et ce vieill>d1 f9alem5t1 ils l'admir5t dans leur tr\pe et il lui v9t de l\rdes ailes4 99 99 99 ,la jeunesse arti/ique a dj tmoign de l'honneur o elle ti5t les uvres de ce pauvre vieil ange qu'tait ,h5ri ,r\sseau le ,d\ani]1 qui m\rut en #aiaj1 la f9 de l't4 ,on p\rrait aussi l'appel] le matre de ,plaisance1 tant cause du qu>ti] o il demeurait qu'en raison de ce qui r5d ses tableaux si agrables reg>d]4 ,peu d'arti/es ont t plus moqus durant leur vie que le ,d\ani] et peu d'hommes opposr5t un front plus calme aux raill]ies1 aux grossirets dont on l'abreuvait4 ,ce vieill>d c\rtois cons]va t\j\rs la mme tranquillit d'humeur et p> un t\r heureux de son c>actre1 il v\lait voir dans les moqu]ies mmes l'intrt que les plus malveillants son g>d tai5t en quelque sorte obligs de tmoign] son uvre4 ,cette srnit n'tait que de l'orgueil bi5 ent5du4 ,le ,d\ani] avait consci5ce de sa =ce4 ,il lui *appa une ou deux fois de dire qu'il tait le plus =t des pe9tres de son temps4 ,et1 il e/ possible que sur bi5 des po9ts il ne se trompt po9t de beauc\p4 ,c'e/ que s'il lui a manqu dans sa jeunesse une ducation arti/ique 7et cela se s5t71 il semble que1 sur le t>d1 lorsqu'il v\lut pe9dre1 il ait reg>d les matres avec passion et que presque seul d'entre les mod]nes1 il ait dev9 leurs secrets4 ,ses dfauts consi/5t seulem5t p>fois dans un excs de s5tim5t1 presque t\j\rs dans une bonhomie populaire au-dessus de laquelle il n'aurait pu s'lev] et qui contra/ait un peu =t avec ses entreprises arti/iques et avec l'attitude qu'il avait pu pr5dre dans l'art contempora94 ,mais ct de cela que de qualits6 ,et il e/ bi5 significatif que la jeunesse arti/ique les ait dev9es6 ,on peut l'en flicit]1 surt\t si son int5tion n'e/ pas seulem5t de les honor]1 mais encore de les recueillir4 ,le ,d\ani] allait jusqu'au b\t de ses tableaux1 *ose bi5 r>e auj\rd'hui4 ,on n'y tr\ve aucun manirisme1 aucun procd1 aucun sy/me4 ,de l vi5t la v>it de son uvre4 ,il ne se dfiait pas plus de son imag9ation que de sa ma94 ,de l vi5n5t la grce et la ri*esse de ses compositions dcoratives4 ,comme il avait fait la campagne du ,mexique1 il avait g>d un s\v5ir pla/ique et potique trs prcis de la vgtation et de la faune tropicales4 ,il en e/ rsult que ce ,breton1 vieil habitant des faub\rgs p>isi5s e/ sans aucun d\te le plus trange1 le plus audacieux et le plus *>mant des pe9tres de l'exotisme4 ,sa ,*>meuse de ,s]p5ts le montre assez4 ,mais ,r\sseau ne fut pas seulem5t un dcorateur1 ce n'tait pas non plus un imagi]1 c'tait un pe9tre4 ,et c'e/ cela qui r5d la comprh5sion de ses uvres si difficile quelques p]sonnes4 ,il avait de l'ordre et cela se rem>que non seulem5t dans ses tableaux1 mais encore dans ses dess9s ordonns comme des m9iatures p]sanes4 ,son art avait de la puret1 il comporte dans les figures fm99es1 dans la con/ruction des arbres1 dans le *ant h>monieux des diffr5ts tons d'une mme c\leur1 un /yle qui n'app>ti5t qu'aux pe9tres franais1 et qui signale les tableaux franais o qu'ils se tr\v5t4 ,je p>le1 bi5 ent5du1 des tableaux de matres4 ,la volont de ce pe9tre tait des plus =tes4 ,comm5t en d\t] devant ses m9uties qui ne sont pas des faiblesses1 comm5t en d\t] qu& s'lve le *ant des bleus1 la mlodie des blancs dans cette ,noce o une figure de vieille paysanne fait p5s] c]ta9s ,holl&ais4 ,comme pe9tre de portraits1 ,r\sseau e/ incomp>able4 ,un portrait de femme mi-corps avec des noirs et des gris dlicats e/ p\ss plus lo9 qu'un portrait de ,czanne4 ,j'ai eu deux fois l'honneur d'tre pe9t p> ,r\sseau1 dans son petit ateli] clair de la rue ,p]rel1 je l'ai vu s\v5t travaill] et je sais quel s\ci il avait de t\s les dtails1 quelle facult il avait de g>d] la conception primitive et df9itive de son tableau jusqu' ce qu'il l'et a*ev et aussi qu'il n'ab&onnait ri5 au has>d et ri5 surt\t de l'ess5tiel4 ,p>mi les belles esquisses de ,r\sseau1 ri5 de si tonnant que la petite toile intitule ,la ,c>magnole4 7,c'e/ l'esquisse du ,c5t5aire de l',indp5dance1 s\s lequel ,r\sseau avait crit3 ,auprs de ma blonde ,qu'il fait bon1 fait bon1 fait bon4447 ,un dess9 n]veux1 la v>it1 l'agrm5t et la dlicatesse des tons font de cette esquisse un petit morceau excell5t4 ,ses tableaux de fleurs montr5t les ress\rces de *>me et d'acc5t qui tai5t dans l'me et la ma9 du vieux ,d\ani]4 99 99 99 ,au demeurant1 on peut faire rem>qu] ici que ces trois pe9tres1 entre lesquels je n'tablis aucune hir>*ie1 mais dont je *]*e disc]n] t\t simplem5t les degrs de p>5t soi5t des portraiti/es de l'ordre le plus lev4 ,dans l'uvre gnial de ,picasso1 les portraits occup5t une place importante et quelques-uns d'entre eux 7le portrait de ,m4 ,voll>d1 le portrait de ,m4 ,kahnweil]7 pr5dront rang p>mi les *efs-d'uvre4 ,les portraits du d\ani] ,r\sseau m'app>aiss5t comme des uvres prodigieuses1 dont il n\s e/ encore impossible de mesur] t\te la beaut4 ,les portraits1 =m5t aussi une importante p>tie de l'uvre de ,mlle ,laur5c94 ,l'lm5t prophtique de l'uvre d'un ,picasso et l'lm5t intellectuel qui1 malgr t\t1 entrait dans la pe9ture de ,r\sseau1 pe9ture de vieill>d1 t\t cela se retr\ve ici trans=m en un lm5t pittoresque entirem5t n\veau4 ,il e/ analogue la danse et c'e/ en pe9ture une numration ry?me inf9im5t gracieuse4 ,t\t ce qui jusqu'ici composait l'orig9alit1 la dlicatesse des arts fm99s dans la d5telle1 la brod]ie1 la ,tapiss]ie de ,bayeux1 etc41 n\s le retr\vons ici transfigur1 purifi4 ,l'art fm99 e/ dev5u un art majeur et on ne le confondra plus avec l'art mascul94 ,l'art fm99 e/ fait de brav\re1 de c\rtoisie1 d'allgresse4 ,il danse dans la lumire et s'alanguit dans le s\v5ir4 ,il n'a jamais connu l'imitation1 il n'e/ jamais desc5du aux bassesses de la p]spective4 ,c'e/ un art heureux4 propos d'un des tableaux les plus t5dres de ,mlle ,laur5c91 ,la ,toilette1 ,m4 ,m>io ,meuni]1 alors secrtaire de ,m4 ,rod9 et traducteur excell5t de ,sapho1 de ,sophocle1 de ,platon1 rapportait une anecdote amusante4 ,il montrait au sculpteur quelques photographies reprs5tant des tableaux de l'cole des ,fauves1 il s'y tr\vait aussi1 p> has>d1 la reproduction du tableau de ,mlle ,laur5c93 ,au mo9s1 dit l'illu/re vieill>d1 en voil une qui n'e/ pas qu'une fauvette1 elle sait ce qu'e/ la grce1 elle e/ s]p5t9e4 ,c'e/ cela mme3 la pe9ture fm99e e/ s]p5t9e et c'e/ peut-tre cette gr&e arti/e du m\vem5t et des c\leurs1 la ,loe ,fll]1 qui fut le prcurseur de l'art fm99 d'auj\rd'hui qu& elle inv5ta ces lumires successives o se mlai5t la pe9ture1 la danse et la grce et que l'on appela ju/em5t3 la danse s]p5t9e4 ,et c'e/ propos d'une autre uvre de femme que l'humeur p]spicace de ,rod9 a retr\v ce mot l6 ,l'art fm991 l'art de ,mlle ,laur5c91 t5d dev5ir une pure arabesque humanise p> l'obs]vation att5tive de la nature et qui1 tant expressive1 s'loigne de la simple dcoration t\t en demeurant aussi agrable4 ,juan ,,gris ,voici l'homme qui a mdit sur t\t ce qui e/ mod]ne1 voici l'arti/e-pe9tre qui ne veut concevoir que des ensembles n\veaux1 qui ne v\drait dess9]1 pe9dre que des =mes matriellem5t pures4 99 99 99 ,ses b\ffonn]ies tai5t s5tim5tales4 ,il pleurait comme dans les romances au lieu de rire comme dans les *ansons ba*iques4 ,il ignore encore que la c\leur e/ une =me du rel4 ,et le voici qui dc\vre les m9uties de la p5se4 ,il les dc\vre une une et ses premires toiles ont l'aspect de prp>ations p\r des *efs-d'uvre4 ,peu peu les petits gnies de la pe9ture se rejoign5t4 ,les coll9es ples se peupl5t4 ,les flammes bleutres des f\rneaux gaz1 les ciels aux =mes retombantes de saules pleureurs1 des feuilles m\illes4 ,il cons]ve ses tableaux l'aspect humide des faades n\vellem5t repe9tes4 ,le papi] pe9t aux murs d'une *ambre1 un *apeau haut de =me1 le dsordre des affi*es sur un gr& mur1 t\t cela peut bi5 s]vir anim] une toile1 donn] au pe9tre une limite dans ce qu'il se propose de pe9dre4 ,les gr&es =mes acquir5t a9si une s5sibilit4 ,elles ne sont plus ennuyeuses4 ,cet art d'ornem5t s'a*>ne recueillir pieusem5t et ranim] les d]ni]s ve/iges de l'art classique1 tels que les dess9s d',+res et les portraits de ,david4 ,il atte9t au /yle comme fit un ,seurat sans ri5 avoir de sa n\veaut ?orique4 99 99 99 ,c'e/ c]ta9em5t dans cette direction que *]*e ,juan ,gris4 ,sa pe9ture s'loigne de la musique1 c'e/ dire qu'elle s'ef=ce avant t\t la ralit sci5tifique4 ,juan ,gris a tir des tudes qui le ratta*5t son seul matre1 ,picasso1 un dess9 qui p>ut d'abord gomtrique et qui e/ c>actris jusqu'au /yle4 99 99 99 ,cet art1 s'il progresse dans la direction qu'il a prise1 p\rrait ab\tir non l'ab/raction sci5tifique mais l'arrangem5t e/htique qui1 en df9itive1 peut tre considr comme le b le plus lev de l'art sci5tifique4 ,plus de =mes suggres p> l'habilet du pe9tre1 plus de c\leurs mme qui sont aussi des =mes suggres4 ,on utilis]ait des objets dont l'arrangem5t capricieux aurait un s5s e/htique qui ne s]ait po9t niable4 ,cep5dant1 l'impossibilit qu'il y a de mettre dans une toile1 un homme en *air et en os1 une armoire glace ou la ,t\r ,eiffel1 =c]ont le pe9tre rev5ir aux m?odes de la vritable pe9ture1 ou bi5 born] son tal5t dvelopp] l'art m9eur de la montre--il y a auj\rd'hui des vitr9es de magas9s admirablem5t arranges--ou encore celui du tapissi]1 mo9s que ce ne soit celui du j>d9i]-paysagi/e4 ,les deux d]ni]s arts m9eurs n'ont pas t sans influ5c] les pe9tres1 celui de la montre aura une influ5ce analogue4 ,il ne caus]a aucun tort la pe9ture p>ce qu'il ne saurait se sub/itu] elle p\r la reprs5tation des objets prissables4 ,juan ,gris e/ trop pe9tre p\r r5onc] la pe9ture4 99 99 99 ,n\s le v]rons peut-tre t5t] ce gr& art de la surprise1 son intellectualisme et l'tude att5tive de la nature lui f\rnirai5t des lm5ts imprvus dont le /yle se dgag]ait comme il se dgage auj\rd'hui des con/ructions mtalliques des +nieurs3 gr&s magas9s1 g>ages1 voies f]res1 aroplanes4 ,l'art n'ayant auj\rd'hui qu'un rle social bi5 limit remplir1 il e/ ju/e qu'il se donne la t*e ds9tresse d'tudi] sci5tifiquem5t et mme sans aucun desse9 e/htique1 l'imm5se t5due de son doma9e4 99 99 99 ,l'art de ,juan ,gris e/ une expression trop rig\reuse et trop pauvre du cubisme sci5tifique1 issu de ,picasso2 art pr(ondm5t intellectuali/e o la c\leur n'a qu'une signification symbolique4 ,cep5dant1 t&is que l'art de ,picasso e/ conu dans la lumire 7impressionisme7 celui de ,juan ,gris se cont5te de la puret conue sci5tifiquem5t4 99 99 99 ,les conceptions de ,juan ,gris pr5n5t t\j\rs une app>5ce pure et de cette puret s'lanc]ont1 sans d\te1 un j\r1 des p>allles4 ,f]n& ,l,,g] ,f]n& ,lg] e/ un des arti/es bi5 d\s de sa gnration4 ,il ne s'e/ pas att>d longtemps cette pe9ture po/-impressioni/e qui date d'hi] pe9e et n\s p>at dj si lo9ta9e4 ,j'ai vu quelques essais de ,lg] ses dbuts dans l'art4 ,baignades du soir1 la m] horizontale1 les ttes dj p>semes comme dans les difficiles compositions que seul avait abordes ,h5ri ,matisse4 ,ensuite1 aprs des dess9s entirem5t n\veaux1 ,lg] v\lut s'adonn] la pe9ture pure4 ,les b*]ons portai5t sur eux la trace des c\ps que leur cogne laissait aux arbres et la c\leur gnrale p>ticipait de cette lumire v]dtre et pr(onde qui desc5d des frondaisons4 99 99 99 ,l'uvre de ,lg] fut ensuite une ferie o s\riai5t des p]sonnages noys dans des p>fums4 ,p]sonnages indol5ts qui1 voluptueusem5t1 trans=m5t la lumire de la ville en multiples et dlicates colorations ombres1 s\v5irs des v]g]s norm&s4 ,t\tes les c\leurs b\illonn5t4 ,puis1 il en monte une vapeur et lorsqu'elle s'e/ dissipe voil des c\leurs *oisies4 ,une sorte de *ef-d'uvre e/ n de cette f\gue1 il s'appelle ,le ,fumeur4 ,il y a donc1 *ez ,lg]1 un dsir de tir] d'une composition t\te l'motion e/htique quelle peut donn]4 ,le voil qui amne un paysage au plus haut degr de pla/icit4 ,il en c>te t\t ce qui n'aide po9t donn] sa conception l'aspect agrable d'une heureuse simplicit4 ,il e/ un des premi]s qui rsi/ant l'antique in/9ct de l'espce1 celui de la race1 se soi5t livrs avec bonheur l'in/9ct de la civilisation o il vit4 ,c'e/ un in/9ct auquel rsi/5t beauc\p plus de g5s qu'on ne croit4 ,*ez d'autres il devi5t une frnsie grotesque1 la frnsie de l'ignorance4 ,*ez d'autres enf91 il consi/e tir] p>ti de t\t ce qui n\s vi5t p> les c9q s5s4 ,qu& je vois un tableau de ,lg]1 je suis bi5 cont5t4 ,ce n'e/ pas une transposition /upide o l'on a appliqu quelques habilets de faussaire4 ,il ne s'agit pas non plus d'une uvre dont l'auteur a fait comme t\s ont v\lu faire auj\rd'hui4 ,il y en a tant qui veul5t se refaire une me1 un mti] comme au ,x,ve ou au ,x,i,ve sicle1 il y en a de plus habiles encore qui v\s =g5t une me du sicle d',augu/e o de celui de ,pricls1 en mo9s de temps qu'il faut un enfant p\r appr5dre lire4 ,non1 il ne s'agit po9t avec ,lg] d'un de ces hommes qui croi5t que l'humanit d'un sicle e/ diffr5te de celle d'un autre sicle et qui confond5t ,dieu avec un co/umi]1 en att5dant de confondre leur co/ume avec leur me4 ,il s'agit d'un arti/e semblable ceux du ,x,i,ve et du ,x,ve sicle1 ceux du temps d',augu/e ou de ,pricls2 ni plus1 ni mo9s1 et p\r la gloire et les *efs-d'uvre1 que le pe9tre s'aide1 le ciel l'aid]a4 99 99 99 ,le sculpteur ,manolo lorsqu'il trav]sait des temps difficiles se r5dit une fois *ez un m>*& de tableaux1 qui avait alors la rputation de protg] volonti]s les tal5ts inconnus4 ,manolo avait l'int5tion de lui v5dre quelques dess9s et il se fit annonc]4 ,le m>*& fit dire ,manolo qu'il ne le connaissait po9t4 ,allez dire ,m4 l',exp]t que je suis ,phidias rpliqua ,manolo4 ,mais le m>*& fit encore rpondre qu'il ne connaissait po9t ce nom l4 ,alors1 dites-lui que c'e/ ,praxitle qu'il n'a pas v\lu recevoir4 ,et le sculpteur s'en alla4 99 99 99 ,c]tes1 ,phidias ou ,praxitle ou ,manolo p\vai5t tre l1 mais on ne se refait pas une me la ,phidias4 ,et la plup>t des hommes se dguis5t4 ,on compr5d bi5 comm5t il y a t\j\rs si peu d'arti/es mod]nes4 ,la plup>t sont dguiss4 ,les ,salons ne conti5n5t gure que des accessoires de c>naval4 ,j'aime les uvres d'art au!ntiques4 ,celles qui ont t conues p> des mes qu'on n'a po9t refaites4 99 99 99 ,v\s voici belles1 te9tes1 c\leurs lgres1 et v\s1 =mes en bullition2 les plaisantes fumes sont l'emblme des civilisations4 ,ce ciel de gu+ois1 c'e/ le ciel de nos rues1 on l'a dc\p et on l'a mis deb\t4 ,la d\ceur inf9ie des toits c\leur framboise4 ,et mme si une ma9 avait six doigts1 si cet homme avait trois pi$s4 ,ne croyez po9t qu'il y ait ici quelque my/icisme4 ,oh6 je ne le mprise po9t4 ,il m'p\vante dans l'admiration4 ,qu'il vi5ne1 un j\r1 ce gr& arti/e my/ique2 que ,dieu lui comm&e1 qu'il le =ce1 qu'il lui ordonne4 ,il s]a l1 peut-tre e/-il l1 t\t prs1 son nom1 je le connais1 mais il ne faut pas le dire1 on le saura bi5 un j\r1 il vaut mieux ne pas le lui dire2 quel bonheur p\r lui3 s'il p\vait ignor] sa mission1 ignor] qu'il s\ffre et aussi qu'il e/ t\j\rs en dang] ici-bas6 99 99 99 ,mais ,f]n& ,lg]1 n'e/ pas un my/ique1 il e/ pe9tre1 simple pe9tre et je me rj\is autant de sa simplicit que de la solidit de son jugem5t4 ,j'aime son art p>ce qu'il n'e/ po9t ddaigneux1 p>ce qu'il ne fait po9t de bassesses non plus et qu'il n'e/ po9t raisonneur4 ,j'aime vos c\leurs lgres ,f]n& ,lg]4 ,la fantaisie ne v\s lv]a po9t jusqu' la ferie1 elle v\s procure cep5dant t\tes vos joies4 ,ici1 la joie e/ dans le desse9 aussi bi5 que dans l'excution4 ,il tr\v]a d'autres b\illonnem5ts4 ,les mmes v]g]s livr]ont des colorations plus lgres4 ,d'autres familles s'p>pill]ont comme les g\ttelettes d'une *ute d'eau et l'arc-en-ciel vi5dra vtir somptueusem5t les m9uscules danseuses du corps-de-ballet4 ,les g5s de la noce se dissimul5t l'un d]rire l'autre4 ,encore un petit ef=t p\r se db>rass] de la p]spective1 du truc misrable de la p]spective1 de cette quatrime dim5sion reb\rs1 la p]spective1 de ce moy5 de t\t rapetiss] 9vitablem5t4 ,mais1 cette pe9ture e/ liquide1 la m]1 le sang1 les fleuves1 la pluie1 un v]re d'eau et aussi nos l>mes1 avec la sueur des gr&s ef=ts et des longues fatigues1 l'humidit des bais]s4 ,francis ,,picabia ,p>ti de l'impressionnisme comme la plup>t des pe9tres contempora9s1 ,francis ,picabia avait1 avec les ,fauves1 transpos la lumire en c\leurs4 ,c'e/ de l qu'il en e/ v5u cet art entirem5t n\veau o la c\leur n'e/ plus seulem5t un coloriage1 n'e/ plus mme une transposition lum9euse1 n'a plus enf9 de signification symbolique1 c> elle e/ elle-mme la =me et la lumire de ce qui e/ reprs5t4 ,il abordait a9si un art o comme dans celui de ,rob]t ,delaunay1 la dim5sion idale1 c'e/ la c\leur4 ,elle a p> consqu5t t\tes les autres dim5sions4 ,cep5dant *ez ,picabia la =me e/ encore symbolique qu& la c\leur devrait tre =melle2 art p>faitem5t lgitime et qui peut tre considr comme extrmem5t lev4 ,la c\leur dans cet art e/ sature d'n]gie et ses extrmits se cont9u5t dans l'espace4 ,la ralit e/ ici la matire4 ,la c\leur ne dp5d plus des trois dim5sions connues1 c'e/ elle qui les cre4 99 99 99 ,cet art a avec la musique autant de rapport que peut avoir avec elle un art qui e/ son contraire4 ,on peut bi5 dire de l'art de ,picabia qu'il v\drait tre la pe9ture anci5ne ce que la musique e/ la littrature1 mais on ne peut dire qu'il soit de la musique4 ,en effet la musique procde p> sugge/ion1 ici1 au contraire1 on n\s prs5te des c\leurs qui ne devrai5t plus n\s impressionn] comme des symboles1 mais comme des =mes concrtes4 ,cep5dant1 sans abord] des moy5s n\veaux1 un arti/e comme ,picabia se prive ici d'un des pr9cipaux lm5ts de la pe9ture univ]selle3 la conception4 ,p\r que l'arti/e pt s'en priv] en app>5ce1 la c\leur devrait tre =melle 7matire et dim5sion3 la mesure74 ,aj\tons que l'indication du titre n'e/ po9t *ez ,picabia un lm5t intellectuel trang] l'art auquel il s'e/ consacr4 ,celle indication doit j\] le rle d'un cadre intrieur1 comme font dans les tableaux de ,picasso les objets au!ntiques1 et les inscriptions exactem5t copies4 ,elle doit c>t] l'intellectualisme de dcad5ce et conjur] le dang] qu'il y a t\j\rs p\r les pe9tres de dev5ir des littrateurs4 ,le titre crit de ,picabia les objets au!ntiques1 les lettres et les *iffres m\ls des tableaux de ,picasso et de ,braque1 n\s en retr\vons l'quival5t pittoresque dans les tableaux de ,mlle ,laur5c91 s\s =me d'arabesques en pr(ondeur2 dans les tableaux d',alb]t ,gleizes1 s\s =me d'angles droits qui reti5n5t la lumire1 dans les tableaux de ,f]n& ,lg]1 s\s =me de bulles1 dans les tableaux de ,metz+]1 s\s =me de lignes v]ticales1 p>allles aux cts du cadre et c\pes p> de r>es *elons4 ,on en retr\v]ait l'quival5t *ez t\s les gr&s pe9tres4 ,il e/ de/9 donn] de l'int5sit pittoresque une uvre de pe9ture et ce rle dit suffisamm5t qu'il e/ lgitime4 ,c'e/ a9si que l'on se g>de de dev5ir un pe9tre littraire1 c'e/ a9si que ,picabia a t5t de se livr] t\t enti] aux c\leurs1 sans t\tefois os]1 en abordant le sujet1 leur donn] une exi/5ce p]sonnelle4 7,rem>quons que l'indication d'un titre ne signifie pas que l'arti/e aborde un sujet47 ,des tableaux comme ,le ,paysage1 ,la ,s\rce1 ,danses la ,s\rce1 sont donc bi5 de la pe9ture3 c\leurs qui s'uniss5t ou contra/5t1 qui pr5n5t une direction dans l'espace1 se dgrad5t ou augm5t5t d'int5sit p\r provoqu] l'motion e/htique4 ,il ne s'agit po9t d'ab/raction1 c> le plaisir que ces uvres se propos5t de donn] au spectateur e/ direct4 ,la surprise y j\e un rle important4 ,va-t-on dire que la saveur d'une p*e n'e/ qu'une ab/raction8 ,*aque tableau de ,picabia a son exi/5ce propre limite p>le titre qu'il lui a donn4 ,ces tableaux reprs5t5t si peu des ab/ractions a priori que de *acun d'eux1 le pe9tre p\rrait v\s racont] l'hi/oire et le tableau des ,danses la ,s\rce n'e/ que la ralisation d'une motion pla/ique naturelle ress5tie dans les environs de ,naples4 ,les possibilits d'motion e/htique enf]mes dans cet art1 s'il tait pur1 s]ai5t imm5ses4 ,il p\rrait pr5dre son compte le mot de ,p\ss93 ,la ,pe9ture n'a pas d'entre b que la dlectation et la joie des yeux4 99 99 99 ,picabia qui semble s\hait] un art de la mobilit1 p\rrait ab&onn] la pe9ture /atique p\r abord] ma9t5ant des moy5s n\veaux 7comme fit la ,loe ,fll]74 ,mais comme pe9tre de tableaux je lui conseille d'abord] fran*em5t le sujet 7posie7 qui e/ l'ess5ce des arts pla/iques4 ,m>cel ,,du*amp ,les tableaux de ,m>cel ,du*amp ne sont pas encore assez nombreux et ils diffr5t trop entre eux p\r qu'on puisse tir] des indications qu'ils f\rniss5t un jugem5t sur le tal5t vritable de leur auteur4 ,comme la plup>t des pe9tres n\veaux1 ,m>cel ,du*amp n'a plus le culte des app>5ces4 7,il semble que ce soit ,gaugu9 qui le premi] ait r5onc ce qui fut si longtemps la religion des pe9tres47 ses dbuts1 ,m>cel ,du*amp fut influ5c de ,braque 7tableaux exposs au ,salon d',automne #aiaa et ,gal]ie de la rue ,tron*et #aiaa7 et de la ,t\r de ,delaunay 7,jeune homme mlancolique dans un tra974 99 99 99 ,p\r c>t] de son art t\tes les p]ceptions qui p\rrai5t dev5ir notions1 ,du*amp crit sur son tableau le titre qu'il lui confre4 ,a9si1 la littrature dont si peu de pe9tres se sont passs1 disp>at de son art1 mais non la posie4 ,il se s]t ensuite de =mes et de c\leurs1 non p\r r5dre des app>5ces1 mais af9 de pntr] la nature mme de ces =mes et de ces c\leurs =melles qui dsespr5t les pe9tres au po9t qu'ils v\drai5t s'en pass] et dont ils t5t]ont de se pass] *aque fois qu'il s]a possible4 ,m>cel ,du*amp oppose1 la composition concrte de ses tableaux1 un titre intellectuel l'extrme4 ,en ce s5s1 il va aussi lo9 que possible et ne cra9t pas d'enc\rir le repro*e de faire une pe9ture sotrique1 s9on absconse4 99 99 99 ,t\s les hommes1 t\s les tres qui ont pass prs de n\s ont laiss des traces dans notre s\v5ir et ces traces de la vie ont une ralit1 dont on peut scrut]1 dont on peut copi] les dtails4 ,ces traces acquir5t a9si t\tes ensemble une p]sonnalit dont on peut indiqu] pla/iquem5t les c>actres individuels1 p> une opration purem5t intellectuelle4 99 99 99 ,il y a de ces traces d'tres dans les tableaux de ,m>cel ,du*amp4 ,qu'on me p]mette ici1 une obs]vation qui a son importance4 ,du*amp e/ le seul pe9tre de l'cole mod]ne qui se s\cie auj\rd'hui 7,automne #aiab7 de nu3 7,le ,roi et la ,re9e ent\rs de nus viles2 ,le ,roi et la ,re9e trav]ss p> des nus vites1 ,nu desc5dant un escali]74 99 99 99 ,cet art qui s'ef=ce d'e/htis] des p]ceptions si musicales de la nature s'int]dit le caprice1 et l'arabesque inexpressive de la musique4 ,un art qui se donn]ait p\r b de dgag] de la nature1 non des gnralisations intellectuelles mais des =mes et des c\leurs collectives dont la p]ception n'e/ pas encore dev5ue notion e/ trs concevable et il semble qu'un pe9tre comme ,m>cel ,du*amp soit entra9 de le ralis]4 ,il e/ possible que p\r tre m\vants ces aspects inconnus1 pr(onds et s\da9em5t gr&ioses de la nature n'ai5t pas beso9 d'tre e/htiss ce qui expliqu]ait l'aspect flammi=me des c\leurs1 les compositions en =me d',n1 les gr\illem5ts p>fois t5dres1 p>fois f]mem5t acc5tus4 ,ces conceptions ne sont po9t dt]m9es p> une e/htique mais p> l'n]gie d'un petit nombre de lignes 7=mes ou c\leurs74 ,cet art peut produire des uvres d'une =ce dont on n'a pas ide4 ,il se peut mme qu'il j\e un rle social4 ,de mme que l'on avait prom5 une uvre de ,cimabue1 noire sicle a vu prom5] triomphalem5t p\r tre m5 aux ,arts-et-,mti]s1 l'aroplane de ,blriot t\t *>g d'humanit1 d'ef=ts millnaires1 d'art ncessaire4 ,il s]a peut-tre rs]v un arti/e aussi dgag de proccupations e/htiques1 aussi proccup d'n]gie que ,m>cel ,du*amp1 de rconcili] l',art et le ,peuple4 ,,app5dice ,,du*amp-,,villon ,ds que la sculpture s'loigne de la nature elle devi5t de l'ar*itecture4 ,l'tude de la nature e/ plus ncessaire aux sculpteurs qu'aux pe9tres1 puisqu'on peut p>faitem5t imag9] une pe9ture qui s'loign]ait entirem5t de la nature4 ,de fait les pe9tres n\veaux s'ils tudi5t la nature avec a*>nem5t1 s'ils la copi5t mme se sont entirem5t dgags du culte de ses app>5ces4 ,ce n'e/ mme que p> des conv5tions bnvolem5t acceptes p> le spectateur que l'on a pu tablir une relation entre telle pe9ture et tel objet au!ntique4 ,les pe9tres n\veaux ont rejet ces conv5tions et quelques-uns d'entre eux plutt que de rev5ir l'obs]vation de ces conv5tions ont dlibrm5t introduit dans leurs tableaux des lm5ts trang]s la pe9ture et p>faitem5t au!ntiques4 ,la nature e/ p\r eux comme p\r l'criva9 une s\rce pure laquelle on peut boire sans cra9te de s'empoisonn]4 ,elle e/ leur sauveg>de contre l'intellectualisme de dcad5ce qui e/ le plus gr& ennemi de l'art4 ,les sculpteurs1 au contraire1 peuv5t reproduire les app>5ces de la nature 7et ceux qui l'ont fait ne sont pas r>es74 ,p> le coloriage1 ils peuv5t n\s donn] jusqu'aux app>5ces de la vie4 ,cep5dant1 ils peuv5t dem&] la nature plus que ces app>5ces immdiates et mme imag9]1 agr&ir dim9u] des =mes d\es d'une puissante vie e/htique1 mais dont la ju/ification doit t\j\rs se tr\v] dans la nature1 a9si fir5t les ,assyri5s1 les ,egypti5s1 les sculpteurs ngres ou ocani5s4 ,c'e/ l'obs]vation de cette condition ess5tielle de la sculpture qui ju/ifie les ouvrages de ,du*amp-,villon1 et lorsqu'il a v\lu s'en c>t]1 ce fut p\r abord] directem5t l'ar*itecture4 99 99 99 ,ds que les lm5ts qui compos5t une sculpture ne tr\v5t plus leur ju/ification dans la nature1 cet art devi5t de l'ar*itecture4 ,t&is que la sculpture pure e/ s\mise une ncessit s+ulire3 elle doit avoir un b pratique1 on peut p>faitem5t concevoir une ar*itecture aussi ds9tresse que la musique1 art auquel elle ressemble le plus1 ,t\r de ,babel1 ,colosse de ,rhodes1 /atue de ,memnon1 ,sph9x1 ,pyramides1 ,mausole1 ,labyr9!1 ,blocs sculpts du ,mexique1 oblisques1 m5hirs1 etc2 les colonnes triomphales ou commmoratives1 ,arcs de ,triomphe1 ,t\r ,eiffel1 le monde enti] e/ c\v]t de monum5ts inutiles ou presque inutiles ou t\t au mo9s de proportions suprieures au b que l'on v\lait atte9dre4 ,en effet1 le ,mausole1 les ,pyramides1 sont trop gr&s p\r des tombeaux et ils sont p> consqu5t inutiles1 les colonnes1 mme si comme la ,trajane ou la colonne ,v5dme1 elles sont de/9es commmor] des vnem5ts1 sont galem5t inutiles1 puisque on peut gure suivre jusqu'au sommet le dtail des scnes hi/oriques1 qui y sont figures4 ,y a-t-il ri5 de plus inutile qu'un arc de triomphe8 ,et l'utilit de la ,t\r ,eiffel e/ ne aprs sa con/ruction ds9tresse4 99 99 99 ,cep5dant on a p]du le s5s ar*itectural au po9t que l'inutilit d'un monum5t app>at auj\rd'hui comme une *ose insolite et presqu'une mon/ruosit4 99 99 99 ,au contraire1 on admet =t bi5 qu'un sculpteur fasse un ouvrage inutile et cep5dant qu& la sculpture e/ ds9tresse1 elle e/ ridicule4 ,/atue de hros1 ou d'animal sacr1 ou de div9it1 la sculpture a p\r b pratique de reprs5t] des simulacres et cette ncessit arti/ique a t comprise de t\t temps1 elle e/ la cause de l'an?ropomorphisme des div9its1 c> la =me huma9e e/ celle qui tr\ve le plus facilem5t sa ju/ification naturelle et qui p]met aussi le plus de fantaisie l'arti/e4 ,ds que la sculpture s'c>te du portrait1 elle n'e/ plus qu'une te*nique dcorative de/9e donn] de l'int5sit l'ar*itecture 7rv]bres1 /atues allgoriques des j>d9s1 balu/rades1 etc474 99 99 99 ,le b utilitaire que ce sont propos la plup>t des ar*itectes contempora9s e/ la cause du ret>d considrable de l'ar*itecture sur les autres arts4 ,l'ar*itecte1 l'+nieur doiv5t con/ruire avec des int5tions sublimes3 lev] la plus haute t\r1 prp>] au li]re et au temps une ru9e plus belle que les autres1 jet] sur un port ou sur un fleuve une ar*e plus audacieuse que l'arc-en-ciel1 compos] en df9itive une h>monie p]si/ante1 la plus puissante que l'homme ait imag9e4 99 99 99 ,du*amp-,villon a de l'ar*itecture cette conception titanique4 ,sculpteur et ar*itecte1 il n'y a p\r lui que la lumire qui compte et p\r t\s les autres arts aussi il n'y a que la lumire qui compte1 la lumire incorruptible4 ,,note ,outre les arti/es dont j'ai p>l dans les *apitres prcd5ts il e/ d'autres arti/es vivants qui dans les coles antrieures au cubisme1 dans les coles contempora9es ou p>mi les p]sonnalits indp5dantes se ratta*5t1 bon gr1 mal gr1 l'cole cubi/e4 ,le cubisme sci5tifique df5du p> ,m4 ,canudo1 ,jacques ,nayral1 ,&r ,salmon1 ,m4 ,grani1 ,m4 ,maurice ,raynal1 ,m4 ,m>c ,brsil1 ,m4 ,alex&re ,m]c]eau1 ,m4 ,rev]dy1 ,m4 ,tudesq1 ,m4 ,&r ,w>nod et l'auteur de ce livre a comme n\veaux adhr5ts ,m4 ,georges ,d5ik]1 ,m4 ,jacques ,villon et ,m4 ,l\is ,m>c\ssis4 ,le cubisme physique df5du dans la presse p> les criva9s prcd5ts1 ,m4 ,rog] ,all>d1 ,m4 ,olivi] ,h\rcade1 peut rclam] des tal5ts de ,m4 ,m>*&1 de ,m4 ,h]b9 et de ,m4 ,vra4 ,le cubisme orphique qui fut df5du p> ,m4 ,max ,go?1 et l'auteur de cet ouvrage semble tre la t5dance pure que suivront ,m4 ,dumont et ,m4 ,val5si4 ,le cubisme in/9ctif =me un m\vem5t important1 comm5c depuis longtemps et qui rayonne dj l'trang]4 ,m4 ,l\is ,vauxcelles1 ,m4 ,r5 ,blum1 ,m4 ,adolphe ,basl]1 ,m4 ,gu/ave ,kahn1 ,m4 ,m>9etti1 ,m4 ,mi*el ,puy1 ont df5du c]ta9es p]sonnalits qui ressortiss5t cet art2 il englobe de nombreux arti/es comme ,h5ri-,matisse1 ,r\ault1 ,&r ,d]a91 ,ra\l ,dufy1 ,*abaud1 ,jean ,puy1 ,van ,dong51 ,sev]9i1 ,boccioni1 etc41 etc4 99 99 99 ,p>mi les sculpteurs qui veul5t se ratta*] l'cole cubi/e m5tionnons outre ,m4 ,du*amp-,villon1 ,m4 ,augu/e ,agro1 ,m4 ,ar*ip5ko et ,m4 ,brancusi4 ,pablo ,picasso4 7,cli* ,kahnweil]74 ,collection ,*t*\k9e4 ,l',,us9e 7,horta de ,ebro1 #aiji74 ,pablo ,picasso4 7,cli* ,kahnweil]74 ,collection ,dutilleul4 ,,nature ,,morte ,,espagnole 7#aiab74 ,pablo ,picasso4 7,cli* ,kahnweil]74 ,collection ,uhde4 ,l',,homme ,,la ,,cl>9ette 7#aiab74 ,georges ,braque4 7,cli* ,kahnweil]74 ,collection ,kram>4 ,,le ,,violon 7#aiaj74 ,georges ,braque4 7,cli* ,kahnweil]74 ,collection ,kahnweil]4 ,,la ,,table 7#aiaa74 ,georges ,braque4 7,cli* ,kahnweil]74 ,collection ,kahnweil]4 ,,le ,,viaduc ,,de ,l',,e/aque 7#aiab74 ,georges ,braque4 7,cli* ,kahnweil]74 ,collection ,kahnweil]4 ,l',,homme ,,la ,,m&ol9e 7#aiab74 ,jean ,metz+]4 ,salon d',automne #aiaj 7app4 ,m4 ,g4 ,comm]re74 ,,nu 7#aiaj74 ,jean ,metz+]4 ,salon d',automne #aiaa 7app4 ,m4 ,r4 ,auclair74 ,,le ,,g,,t] 7#aiaa74 ,jean ,metz+] ,salon des ,indp5dants #aiab 7app4 ,j4 ,nayral74 ,,la ,,femme ,,au ,,*eval 7#aiab74 ,jean ,metz+]4 ,app>ti5t ,mme ,l4 ,ric\4 ,,le ,,port 7#aiab74 ,alb]t ,gleizes4 ,alb]t ,gleizes4 ,,la ,,femme ,,aux ,,phlox 7#aiaj74 ,alb]t ,gleizes4 ,,la ,,nature ,,morte 7#aiaa74 ,alb]t ,gleizes4 ,collection ,j4 ,hessel4 ,,la ,,*asse 7#aiaa74 ,alb]t ,gleizes4 ,l',,homme ,,au ,,balcon 7#aiab74 ,mlle ,m>ie ,laur5c94 ,collection ,g4 ,a4 ,r,,union ,,la ,,campagne 7#aiji74 ,mlle ,m>ie ,laur5c94 ,,les ,,jeunes ,,filles 7#aiaa74 ,mlle ,m>ie ,laur5c94 ,,la ,,toilette 7#aiab74 ,juan ,gris4 ,juan ,gris4 ,,la ,,guit>e 7#aiab74 ,juan ,gris4 ,,portrait 7#aiab74 ,juan ,gris4 ,,les ,,cig>es 7#aiab74 ,juan ,gris4 ,l',,homme ,,au ,,caf 7#aiab74 ,f]n& ,lg]4 ,,nus ,,dans ,,un ,,paysage 7#aiaa74 ,f]n& ,lg]4 ,,tude ,,p\r ,,trois ,,portraits 7#aiaa74 ,f]n& ,lg]4 ,,femme ,,en ,,bleu 7#aiab74 ,f]n& ,lg]4 ,,les ,,fum,,es 7#aiab74 ,francis ,picabia4 ,francis ,picabia4 ,,paysage 7#aijh74 ,francis ,picabia4 ,,paysage ,,cassis 7#aiji74 ,francis ,picabia4 ,,paysage 7#aiaa74 ,francis ,picabia4 ,,t>5tella 7#aiab74 ,m>cel ,du*amp4 ,m>cel ,du*amp4 ,,j\eurs ,d',,*ecs 7#aiaa74 ,m>cel ,du*amp ,,nu ,,desc5dant ,,un ,,escali] 7#aiab74 ,m>cel ,du*amp4 ,,jeune ,,homme 7#aiab74 ,m>cel ,du*amp4 ,,le ,,roi ,,et ,,la ,,re9e ,,ent\r,s ,,de ,,nus ,,vites 7#aiab74 ,du*amp-,villon4 ,,baudelaire 7#aiaa74 ,du*amp-,villon4 ,d,,tail ,d',,une ,,vasque ,d,,corative 7#aiaa74 ,du*amp-,villon4 ,,croquis ,,p\r ,,le ,,soleil 7#aiab74 ,du*amp-,villon4 ,,projet ,d',h,,tel 7#aiab74