,note sur la transcription3 ,les erreurs clairem5t introduites p> le typographe ont t corriges4 ,l'or?ographe d'orig9e a t cons]ve et n'a pas t h>monise4 ,,condillac ,illu/ration ,,condillac ,,sa ,,vie1 ,,sa ,,philosophie ,,son ,,influ5ce ,,p> ,,le ,,comte ,,bagu5ault ,,de ,,pu*esse ,,correspondant ,,de ,l',,in/itut ,illu/ration ,,p>is ,,librairie ,,plon ,,plon-,,n\rrit ,,et ,cie1 ,,imprimeurs-,,diteurs #h1 ,,rue ,,g>anci,,re--#f;e #aiaj ,t\s droits rs]vs ,droits de reproduction et de traduction rs]vs p\r t\s pays4 ,a ,,la ,m,,moire de ma bi5-aime mre1 ,m>ie-,josph9e ,,de ,,boisr5>d1 morte ,pu*esse1 le #cj octobre #ahif4 ,,pr,,face ,l'abb de ,condillac1 si populaire p5dant plus d'un demi-sicle o il reprs5ta presque lui seul la philosophie franaise1 mrite assurm5t de figur] p>mi les gr&s criva9s de notre pays4 ,on sait peu de *ose sur lui en dehors de ses ouvrages qui fur5t longtemps clbres4 ,le has>d de son affection p\r une nice lui fit a*et] p\r elle une t]re dans l',orlanais4 ,la fille de cette nice p\sa au milieu de la ,rvolution un g5tilhomme du pays1 dont le pre1 anci5 g\v]neur de ,*ambord1 avait pu pass] t\t le temps de la ,t]reur prs de ,beaug5cy4 ,petit-fils de ,l\is-,joseph ,bod9 de ,boisr5>d et de ,m>ie-,b5ote ,mtra de ,sa9te-,foy1 j'ai pu recueillir sur mon gr&-oncle des traditions orales1 des pices autographes1 des portraits1 des actes au!ntiques et nombre de livres lui ayant app>t5u4 ,de cet ensemble a t compose cette notice qui1 dnue de t\te prt5tion philosophique1 n'a d'autre b que de rappel] la mmoire d'un auteur assurm5t trs rem>quable p> sa simplicit1 sa prcision1 la puret de sa langue1 l'influ5ce qu'il a ex]ce sur son poque4 ,condillac n'e/ po9t un esprit orig9al2 il n'inv5te ri54 ,mais d\ d'une intellig5ce trs obs]vatrice et trs rfl*ie1 il s'assimile facilem5t t\tes les ides de son temps3 il ne les devance pas2 mais il les expose trs clairem5t avant que t\t le monde ne les ait comprises et acceptes4 ,au dcl9 du rgne de ,desc>tes1 il se met la tte des adv]saires du gr& philosophe franais1 adopte et prs5te les ides de ,locke1 en p\sse l'extrme les consqu5ces4 ,trs atta* la foi mon>*ique1 il semble m>*] d'accord avec t\s les ennemis de la socit d'alors4 ,di/e et mme ca?olique1 il se df5d du matrialisme2 mais son sy/me philosophique y conduit les autres2 il ab&onne ,p>is qu& il entrevoit la consqu5ce des doctr9es que pr(essai5t ses amis4 ,arrive le m\vem5t conomique de la f9 du dix-huitime sicle1 la vogue de ,quesnay1 de ,turgot1 de ,lavoisi]1 des physiocrates3 ,condillac p\se leurs doctr9es1 d'autant que1 dans la solitude de la campagne1 il e/ dev5u un passionn d'agriculture1 dont-il enc\rage t\s les progrs2 mais en mme temps1 il laisse son frre ,mably attaqu] les bases du g\v]nem5t et prp>] la ,rvolution1 qu'il ap]oit non sans t]reur dans un av5ir pro*a94 ,prcepteur d'un pr9ce1 il avait pris sa petite "p des abus de l'anci5 rgime1 ayant t v+t ans titulaire d'une abbaye en ,lorra9e dont il t\*ait les rev5us et adm9i/rait les bi5s1 sans jamais avoir daign s'y r5dre4 ,et de mme1 sa philosophie rpondait bi5 son temps1 p> son app>5ce sci5tifique et p> son abs5ce de t\te sanction morale4 ,une socit corrompue n'aime pas qu'on lui rappelle qu'elle a des devoirs4 ,et qu& elle a r5v]s ou oubli t\s les pr9cipes s\s lesquels elle avait longtemps vcu1 un enseignem5t philosophique clair1 lgant1 facile compr5dre e/ bi5 ce qui convi5t aux n\velles gnrations4 ,de l1 le succs presque involontaire de la philosophie de ,condillac4 ,il fallut p\r la dtrn] t\t le m\vem5t allem& v5u la suite de ,kant et la raction spirituali/e qui comm5a s\s la ,re/auration avec l'clectisme de ,c\s94 ,mais ce no-c>tsianisme n'eut d'autre dure que celle d'un enseignem5t univ]sitaire impos aux matres et aux lves4 ,le mo9dre *angem5t d'ori5tation devait laiss] le *amp libre de n\velles doctr9es1 si multiples et si div]ses qu'on s]ait bi5 emb>rass de dire auj\rd'hui quelle e/ la vraie cole de philosophie franaise4 ,condillac devait gagn] une n\velle notorit ce m\vem5t d'ides4 ,depuis quelques annes1 on revi5t s9on sa philosophie1 du mo9s l'tude de ses ouvrages4 ,on a remis son ,trait des s5sations dans le programme des exam5s p\r les grades univ]sitaires4 ,de nombreux travaux1 franais et trang]s1 des ?ses de doctorat ont pris p\r sujet ses ?ories philosophiques4 ,il e/ dev5u en quelque sorte un classique1 et il a sa place m>que dans l'hi/oire de la langue et de la littrature4 ,au fond1 l'esprit huma91 quelque v>is que soi5t ses moy5s1 quelques gnies qu'il produise1 ne saurait s'c>t] des deux gr&es lignes qui depuis ,platon et ,ari/ote1 sa9t ,anselme et sa9t ,?omas1 ,desc>tes et ,bacon ont t\j\rs t suivies p> les p5seurs3 le rationalisme ou l'empirisme1 le spiritualisme ou le matrialisme1 l'idal ou la ralit1 les deux pr9cipes ou les deux passions qui dom95t le monde4 ,,*apitre ,,premi] ,l',,homme--,,ses ,,orig9es--,,sa ,,vie ,n\s n'avons sur l'abb de ,condillac que quelques s\v5irs de famille2 mais ils sont intressants relev]4 ,son hi/oire ti5t en peu de pages1 sa vie ayant t celle d'un philosophe ennemi du bruit1 mode/e l'excs1 la fois novateur et respectueux des vieilles traditions1 trs imbu des ides de son sicle1 sans en pratiqu] les murs4 ,la famille ,bonnot e/ orig9aire du ,brianonnais4 ,a la f9 du dix-septime sicle1 deux ,bonnot figur5t dans les regi/res de d',hozi] dresss l'occasion de l'ordonnance sur le fait des armoiries1 du #a;er juillet #agja2 ce sont ,gabriel ,bonnot1 capita9e du *teau et de la ville de ,brianon1 greffi] des ins9uations au diocse de ,vi5ne1 et ,jean ,bonnot1 conseill] et procureur du roi des f]mes au dp>tem5t du ,dauph9#a4 ,leurs armoiries sont de sable1 un *evron d'or et au *ef d'arg5t *>g de trois roses de gueules4 #a ,biblio?que nationale4 ,d',,hozi]1 ,pices orig9ales1 #dac4 ,un de leurs desc5dants1 ,gabriel ,bonnot1 d'abord receveur des tailles1 puis cuy]1 conseill] du roi1 secrtaire de la *ancell]ie prs le ,p>lem5t1 e/ qualifi vicomte de ,mably1 et il habitait ,gr5oble ds #afhj4 ,il acquit le #bh septembre #agbj1 p\r le prix de #abj #jjj livres1 d',&r ,gondo91 les doma9es de ,condillac et de ,bani] prs de ,romans4 ,il e/ mort en #agbg4 ,de sa femme1 ,ca!r9e de la ,co/e1 il laissa c9q enfants3 ,jean ,bonnot de ,mably2 ,gabriel1 qui e/ connu s\s le nom de l'abb de ,mably1 le clbre publici/e n en #agji1 mort en #aghe2 ti5ne1 qui prit le nom de ,condillac1 qu& son pre eut a*et cette t]re2 ,franois1 appel ,bonnot de ,sa9t-,m>cell91 qui fut maire de ,romans de #agee #agfh1 et ,anne1 m>ie ,philippe de ,l\lle1 seigneur d',ar!monay1 conseill] au ,p>lem5t de ,gr5oble#b4 ,l'an1 ,jean1 conseill] du roi1 prvt gnral de la m>*ausse du ,lyonnais1 ,=ez et ,beaujolais1 avait p\s1 en #agbh1 ,anto9ette ,*ol de ,cl]cy4 ,il habitait ,lyon1 place ,l\is-le-,gr&1 p>oisse d',a9ay4 ,il avait confi l'ducation de ses enfants ,jean-,jacques ,r\sseau1 et n\s aurons t\t l'heure occasion de p>l] de ce s+uli] prcepteur4 #b ,notes hi/oriques sur la famille ,bonnot et la succession de ,condillac4 ,val5ce1 #aije1 pet4 9-#d4 ,quant ti5ne1 il naquit ,gr5oble1 p>oisse ,sa9t-,l\is1 le #cj septembre #agad4 ,son enfance fut trs maladive4 ,il avait atte9t l'ge de d\ze ans qu'il ne savait pas encore lire1 la faiblesse de ses yeux lui ayant int]dit jusque-l t\te espce d'application4 ,l'tude dev5ant compatible avec sa sant1 on *>gea un bon cur de l'in/ruire4 ,le jeune homme1 d\ de dispositions heureuses1 fit en peu de temps des progrs trs rapides4 ,son pre tant mort de bonne heure1 en #agbg1 on l'envoya ,lyon *ez son frre an4 ,l1 il recomm5a lui-mme son ducation1 rfl*issant sur les leons qu'il avait reues1 mditant beauc\p et p>lant si peu qu'on le reg>dait comme un esprit simple#c1 qu'il fallait laiss] dans sa solitude4 #c ,on lit dans l',emile1 liv4 ,,ii3 ,j'ai vu dans un ge assez avanc un homme qui m'honorait de son amiti pass] dans sa famille et *ez ses amis p\r un esprit born2 cette excell5te tte se mrissait en sil5ce4 ,t\t c\p il s'e/ montr philosophe1 et je ne d\te pas que la po/rit ne lui m>que une place honorable et di/+ue p>mi les meilleurs raisonneurs et les plus pr(onds mtaphysici5s de son sicle4 ,r\sseau crivait cette apprciation en #agfa ou #agfb4 ,c'e/ alors qu'il r5contra ,jean-,jacques ,r\sseau1 qui v5ait d'entr] comme prcepteur *ez le gr&-prvt de ,lyon 7#agci74 ,r\sseau tait g de v+t-huit ans4 ,il avait pass neuf ou dix annes *ez ,mme de ,w>5s1 dans cette situation d\teuse dont il a rvl lui-mme t\tes les turpitudes4 ,*ass des ,*>mettes1 une c]ta9e dame d',eyb5s1 de ,gr5oble1 dont le m>i tait li avec ,m4 de ,mably1 lui proposa l'ducation de deux jeunes g>ons1 qu'il se croyait trs apte dirig]4 ,il y *\a radicalem5t2 et sa viol5ce1 ses caprices1 ses emportem5ts1 aussi bi5 que la faiblesse naturelle de son c>actre1 en fur5t la cause4 ,il passait d'un excs l'autre avec des enfants dont l'humeur tait trs difficile4 ,l'un1 g de huit neuf ans1 appel ,sa9te-,m>ie1 avait l'esprit ouv]t et beauc\p de malice2 le cadet1 nomm ,condillac1 comme son oncle1 tait ttu1 mus>d et inappliqu4 ,les lves t\rnr5t trs mal1 et ,r\sseau av\a que son manque de sang-froid et de prud5ce leur nuisit beauc\p4 ,mais lui-mme ne t\rnait pas mieux4 ,il avait t recomm& p>ticulirem5t ,mme de ,mably1 qui essayait de le =m] au ton du monde2 mais gau*e1 honteux et sot1 il f9it p> dev5ir--selon sa c\tume--am\reux d'elle1 et1 ds que ,mme de ,mably s'en ap]ut1 elle ne se tr\va pas d'humeur faire les avances4 ,alors1 il se mit vol]4 ,il convoita un c]ta9 petit v9 blanc d',arbois1 trs joli1 en prit des b\teilles la cave1 qu'il ca*a dans sa *ambre1 alla a*et] des brio*es *ez un b\lang] de ,lyon1 et rev9t faire sa petite bombance en ca*ette1 t\t en lisant quelques pages de roman4 ,m4 de ,mably1 prv5u p> un dome/ique1 fit retir] la clef de la cave4 ,et ,r\sseau1 voyant qu'on n'avait plus confiance en lui1 s'en alla4 ,il veut bi5 con/at] que ,m4 de ,mably tait un trs galant homme1 qui1 s\s un aspect un peu dur1 avait une vritable d\ceur de c>actre et une r>e bont de cur4 ,il tait judicieux1 quitable1 et1 ce qu'on n'att5drait pas d'un (fici] de m>*ausse1 trs huma9#d4 #d ,confessions1 #are p>tie1 liv4 ,,vi4--,en outre1 deux lettres de ,r\sseau1 l'une de m>s ou avril #agdj ,m4 d',eyb5s1 l'autre du #a;er mai #agdj ,mme la b>onne de ,w>5s1 donn5t ses impressions sur le sj\r *ez les ,mably1 ,lyon1 rue ,sa9t-,dom9ique4 ,en voici un extrait3 ,madame ma trs *re maman1 me voici enf9 arriv *ez ,m4 de ,mably1 c'e/ un trs honnte homme1 qui un trs gr& usage du monde1 de la c\r et des plaisirs a appris philosoph] de bonne heure1 et qui n'a pas t f* de me tr\v] des s5tim5ts assez concordans aux si5s4 ,jusqu'ici je n'ai qu' me l\] des g>ds qu'il m'a tmoigns4 ,il ent5d que j'en agisse *ez lui sans faon1 et que je ne sois gn en ri54 ,v\s devez jug] qu'tant livr ma discrtion1 je m'en accord]ai en effet d'autant mo9s de lib]ts1 les bonnes manires p\vant t\t sur moi2 et si ,m4 de ,mably ne se dm5t po9t1 il peut tre assur que mon cur lui s]a s9crem5t atta*444 ,r\sseau n'tait re/ qu'une anne *ez les ,mably4 ,soit que ,condillac n'ait pas connu ces mdiocres hi/oires dome/iques1 soit qu'il n'y et atta* que peu d'importance1 il n'entret9t jamais que de bons rapports avec ,jean-,jacques ,r\sseau1 dont il p>lait plus t>d comme d'un homme mritant mo9s l'indignation que la piti4 ,il accepta mme1 lors de ses premi]s crits1 comme n\s le v]rons t\t l'heure1 que ,jean-,jacques l'aidt tr\v] un diteur4 ,aprs avoir pass a9si un c]ta9 nombre d'annes1 t\j\rs plong dans ses rflexions et inc]ta9 de son av5ir1 son autre frre1 l'abb de ,mably1 qui comm5ait se faire un nom p>mi les criva9s de l'poque1 l'emm5a ,p>is et le plaa dans un sm9aire4 ,ses tudes de ?ologie t]m9es1 on lui fit embrass]1 sans vocation1 l'tat ecclsia/ique4 ,condillac fut ordonn prtre2 mais on prt5d qu'il ne dit qu'une seule fois la messe dans sa vie4 ,il ne cessa p\rtant jamais de port] la s\tane et g>da t\j\rs une t5ue morale p>faite4 ,il s5tait le beso9 de refaire ses classes1 tr\vant trs insuffisant l'enseignem5t tel qu'on le donnait de son temps4 ,la manire d'enseign]1 dit-il1 se ress5t encore des sicles d'ignorance1 et on e/ oblig de recomm5c] ses tudes sur un n\veau plan qu& on sort des coles6 ,mais il n'tait pas p>tisan de la table rase3 il ent5dait tudi] mme ceux des philosophes dont il ne p>tageait pas les op9ions1 ne s]ait-ce que p\r vit] de tomb] dans leurs erreurs4 ,si n\s avions prcd1 aj\tait-il1 ceux qui se sont g>s1 n\s n\s s]ions g>s comme eux4 ,adv]saire rsolu de ,desc>tes1 il n'en a pas mo9s g>d une p>tie de sa ,m?ode2 et1 t\t en combattant sa ?orie sur l'orig9e des ides1 il se prt5d aussi spirituali/e que lui4 ,les ,allem&s et les ,anglais ne lui sont connus que p> des traductions2 c> il av\e ne pas savoir les langues trangres4 ,mais ,locke1 qu'il reg>de comme son matre1 avait t traduit p> ,co/e1 et les lm5ts de la philosophie de ,newton avai5t t publis p> ,voltaire en #agda4 ,bacon tait p\r lui un sujet d'admiration2 il aimait aussi ,b]keley1 t\t en rpr\vant son scepticisme4 ,et quant ,leibniz1 ce fut p> le lat9 qu'il l'aborda1 lui et ses comm5tateurs4 ,c'e/ alors qu'il fit la connaissance de ,did]ot#e1 retr\vant ,p>is ,r\sseau1 qui n'avait que trois ans de plus que lui4 #e ,peut-tre se r5contrr5t-ils *ez ,su>d qui runissait les littrateurs dbutants et p\rvoyait le salon de ,mme ,ge(fr91 avant de dev5ir le plus pur des ractionnaires4 ,je m'tais li1 dit l'auteur des ,confessions1 avec l'abb de ,condillac1 qui n'tait ri51 non plus que moi1 dans la littrature1 mais qui tait fait p\r dev5ir ce qu'il e/ auj\rd'hui4 ,je suis le premi]1 peut-tre1 qui ait vu sa porte et qui l'ait e/im ce qu'il valait4 ,il p>aissait aussi se plaire avec moi1 et t&is qu'enf]m dans ma *ambre1 rue ,sa9t-,d5is prs l',opra1 je faisais mon acte d',hsiode1 il v5ait quelquefois dn] avec moi1 tte--tte1 en pique-nique4 ,il travaillait l',essai sur l'orig9e des connaissances huma9es1 qui e/ son premi] ouvrage4 ,qu& il fut a*ev1 l'emb>ras fut de tr\v] un libraire qui v\lt s'en *>g]4 ,les libraires de ,p>is sont arrogants et durs p\r t\t homme qui comm5ce2 et la mtaphysique1 alors trs peu la mode1 n'(frait pas un sujet bi5 attrayant4 ,je p>lai ,did]ot de ,condillac et de son ouvrage1 je leur fis faire connaissance4 ,ils tai5t faits p\r se conv5ir2 ils se conv9r5t4 ,did]ot engagea le libraire ,dur& pr5dre le manuscrit de l'abb2 et ce gr& mtaphysici5 eut du premi] livre1 et presque p> grce1 c5t cus qu'il n'aurait peut-tre pas tr\vs sans moi4 ,comme n\s demeurions dans des qu>ti]s =t loigns les uns des autres1 n\s n\s rassemblions t\s trois1 une fois p> sema9e1 au ,palais-,royal1 et n\s allions dn] ensemble l'htel du ,pani] fleuri4 ,l',essai sur l'orig9e des connaissances huma9es e/ de #agdf1 divis en deux p>ties1 avec pag9ation sp>e1 mais du mme millsime4 ,n\s ne savons si le libraire ,dur& en fut l'diteur2 mais selon l'usage du temps1 le livre porte simplem5t l'indication3 ,a ,am/]dam1 *ez ,pi]re ,morti]1 sans nom d'auteur4 ,puis vi5t1 le ,trait des sy/mes p>u en #agdi1 une anne aprs l',esprit des lois1 dont c\p sr ,montesquieu puisa l'inspiration en ,anglet]re1 comme avait fait ,condillac4 ,l'ouvrage eut1 p\r ses doctr9es mtaphysiques1 tant de succs prs des philosophes que l',encyclopdie1 qui se publiait au mme mom5t1 lui prit1 sans y ri5 *ang]1 des pages entires qui =mr5t les articles ,div9ation et ,sy/mes4 ,l'abb dev9t la mode2 il n\a des relations avec les criva9s et pntra mme dans les salons4 ,sans p>l] de ,mlle ,f]r& et de ,mme de ,vass1 dont n\s n\s occup]ons plus t>d1 il vit ,mme d'p9ay1 ,mlle de la ,*aux1 ,mlle de ,lesp9asse4 ,did]ot le mit en rapports avec ,duclos1 l'abb ,b>?lemy1 ,cass9i1 d',holba*1 l'abb ,morellet1 ,helvtius1 ,grimm1 ,voltaire enf91 qui p>le de lui s\v5t dans ses lettres4 ,ses crits tai5t cits et comm5ts p> l'abb de ,prades et l'abb ,g\rd91 qui se les r5voyai5t dans leurs polmiques2 p> les encyclopdi/es1 qui lui fir5t de frqu5ts emprunts jusque dans le clbre ,disc\rs prlim9aire4 ,il tait enf9 nomm membre de l',acadmie de ,b]l9 ds #ageb1 en mme temps que ,font5elle4 ,m>montel et l'abb ,morellet racont5t dans leurs ,mmoires que ,condillac s'tait li avec d',alemb]t1 qu'il r5contrait a9si que ,turgot *ez ,mlle de ,lesp9asse4 ,plus t>d1 d'aprs ,g+u51 ,cabanis le retr\va dans la socit de ,mme ,helvtius1 avec ,frankl91 ,?omas et ce mme ,turgot1 dev5u un des *efs des conomi/es2 et c'e/ ce mom5t que ,condillac se mit s'intress] leurs doctr9es4 ,il e/ assez difficile de savoir quels rapports ,condillac eut avec ,mme de ,t5c94 ,qu& il arriva ,p>is1 elle avait quitt le ,dauph9 depuis tr5te ans1 ayant eu1 la c\r du ,rg5t et ailleurs1 des succs qui t5ai5t de trs prs au sc&ale4 ,mais1 au milieu de ses dsordres1 elle n'avait cess d'aim]1 de cultiv]1 de protg] les lettres4 ,ses m>dis tai5t la mode4 ,font5elle et ,la ,motte en avai5t t les premi]s ornem5ts2 et ils avai5t prs5t leur amie au ,palais-,royal4 ,elle avait fait promptem5t =tune1 obt5ant du ,rg5t1 p\r son frre1 un v*1 une ambassade1 la p\rpre roma9e4 ,puis elle s'tait ent\re de t\t ce qu'il y avait de g5s di/+us p> l'intellig5ce2 et l'poque n'en tait pas av>e4 ,duclos1 l'abb ,prvo/1 ,m>ivaux1 ,montesquieu1 ,helvtius#f1 ,m>montel tai5t ses htes habituels2 il s'y joignait les deux abbs frres ,mably et ,condillac1 ses compatriotes1 d'autant que ,mably avait t le rdacteur attitr du c>d9al p5dant son m9i/re4 #f ,g>at a crit dans ses ,mmoires3 ,je me suis entret5u avec ,condillac dans la maison d',helvtius4 ,a la mort de la m>quise de ,lamb]t 7#agcc71 l'htel de ,mme de ,t5c9 dev9t un vrai bureau d'esprit4 ,mme ,ge(fr9 y frqu5tait1 dans l'espoir de recueillir la succession de ce royaume4 ,a la galant]ie d'antan avait succd une vritable au/rit1 o1 s\s l'gide de l'intellig5te matresse de maison1 t\t le monde tr\vait sa place1 sauf ,voltaire1 qui ne lui p>donna jamais de l'avoir fait *\] une premire fois l',acadmie franaise1 et de s'tre moqu de sa passion p\r ,mme du ,*telet4 ,on p>lait t\j\rs conv5ablem5t de la religion dans ce salon et mme on n'y dte/ait pas les jsuites4 ,cette attitude devait conv5ir ,condillac1 qui avait refus de se compromettre avec les encyclopdi/es et qui rs]vait dans t\s ses ouvrages ses convictions *rti5nes4 ,mais ,mme de ,t5c9 m\rut en #agdi1 l'in/ant o le jeune philosophe comm5ait pe9e se faire connatre2 et1 si elle favorisa ses dbuts1 ri5 d'tonnant ce qu'il n'ait pas occup une premire place dans sa mnag]ie4 ,deux ans aprs le ,trait des sy/mes1 en #aged1 p>aissait le ,trait des s5sations1 cette fois avec le nom de l'auteur1 ,londres1 il e/ vrai1 mais se v5dant ,p>is *ez de ,bure4 ,un tableau du *evali] ,lemonni]1 connu s\s l'appellation d',une soire *ez ,madame ,ge(fr9 en #agee1 reproduit assez fidlem5t les physionomies de presque t\s les p]sonnages connus du sicle1 au nombre de c9quante-quatre1 avec une cl indicatrice1 qui r5d les ressemblances plus faciles reconnatre4 ,condillac figure l1 non lo9 de ,buffon1 de d',alemb]t1 de ,did]ot1 de ,mlle de ,lesp9asse et du duc de ,niv]nois4 ,trs *oy p> la re9e ,m>ie ,lecz9ska1 il fut recomm& p> elle comme prcepteur de son petit-fils l'infant de ,p>me1 et quitta la ,france p\r all] remplir ses fonctions en #ageh4 ,il re/a huit ou neuf ans en ,italie et rev9t ,p>is en janvi] #agfg4 ,l'anne suivante1 l'abb d',olivet tant mort1 il fut nomm membre de l',acadmie franaise et fut reu sol5nellem5t le jeudi #bg dcembre #agfh4 ,mais il n'assi/ait gure aux sances et pr5ait peu de "p aux travaux de la ,compagnie1 tant il fuyait le bruit et l'clat4 ,aussi ne contracta-t-il po9t de relations intimes avec les illu/res p]sonnages qu'il r5contrait *ez ,mme ,ge(fr9 ou *ez le m>quis de ,condorcet4 ,le duc de ,niv]nois semble avoir t sa seule liaison1 d'aprs les fragm5ts que n\s avons cons]vs de leur correspondance4 ,on le sollicita va9em5t d'entrepr5dre l'ducation des trois fils du dauph91 qui fur5t ,l\is ,,xvi1 ,l\is ,,xviii et ,*>les ,x4 ,bi5tt mme1 il rsolut de quitt] ,p>is et de se rfugi] la campagne4 ,il avait une nice qu'il affectionnait p>ticulirem5t1 fille de son frre le gr&-prvt1 ,anto9ette-,jeanne ,bonnot de ,mably1 m>ie en #agee ,jean-,pi]re-,m>ie ,mtra de ,r\ville1 *evali]1 seigneur de ,sa9te-,foy-l',arg5tire1 m\squetaire noir de la g>de du roi4 ,malheureuse en mnage1 elle avait f9i p> se sp>] judiciairem5t en #agga4 ,le #bh avril #aggc1 l'abb de ,condillac lui fit don d'une somme de #ge #jjj livres p\r a*et] le *teau et la t]re de ,flux1 p>oisse de ,sa9t-,firm9 de ,lailly1 au bailliage de ,beaug5cy4 ,il y vcut prs d'elle les d]nires annes de sa vie#g1 *]*ant un refuge contre le flot montant de dsordre et d'immoralit dont il avait eu ,p>is le spectacle s\s les yeux4 conomi/e autant que philosophe1 il s'tait affili la ,socit royale d'agriculture d',orlans1 qui comptait p>mi ses membres ,le ,trosne1 ,lavoisi]2 il s'intressait la t]re et suivait les progrs de la culture dans ce val de ,loire que les crues du fleuve enri*issai5t et ru9ai5t t\r t\r4 #g ,lettre de ,mably4--,voir l',app5dice4 ,a ,flux1 il p\vait1 selon ses gts1 vivre dans la retraite4 ,t\j\rs grave1 p5sif1 proccup1 il mditait et crivait1 lisant peu1 soit p\r mnag] sa vue1 soit qu'il se p]suadt avoir p>c\ru1 dans ses tudes1 t\t le cycle des connaissances huma9es4 ,d'un abord froid1 d'une conv]sation l\rde et peu anime1 il tait huma9 et compatissant env]s les pauvres1 qu'il *]*ait arra*] la misre p> le travail4 ,son extrieur tait simple1 sans affectation3 il ne v\lait *ez lui que l'ameublem5t le mo9s luxueux1 ne s'accordant que le ncessaire4 ,jamais il ne p>lait de la religion qu'avec respect4 ,dans la petite *apelle du *teau1 il faisait clbr] l'(fice div9 les diman*es et j\rs de ftes et obligeait t\s les g5s de sa maison y assi/]1 donnant lui-mme l'exemple avec le prcepte4 ,la biblio?que assez considrable1 compose p\r sa nice1 cont5ait les travaux de t\s les publici/es du dix-huitime sicle1 y compris les uvres indisp5sables alors de ,voltaire et de ,r\sseau4 ,mais il ne manquait pas une occasion de blm] *ez ,voltaire son esprit satirique et cet odieux mpris p\r t\tes les *oses respectables1 qui sapait1 avec la mme lgret1 la foi1 les murs1 la patrie elle-mme4 ,mais il tait beauc\p plus indulg5t p\r ,r\sseau1 d',alemb]t et ,la ,h>pe4 ,mme de ,sa9te-,foy avait deux filles3 l'une d'elles v\lait entr] en religion dans le c\v5t vois9 des ,ursul9es de ,beaug5cy3 son oncle *]*a l'en dissuad]4 ,il prvoyait la dissolution des ordres religieux et la f]meture des communauts1 mme de femmes1 et disait que les vocations ne t>d]ai5t pas tre brusquem5t int]rompues4 ,jeanne-,m>ie-,anto9ette ,mtra de ,sa9te-,foy1 qu'on appelait ,mlle de ,r\ville1 et en religion la mre ,*antai1 dut subir le sort que ,condillac lui avait prdit4 ,elle quitta l'habit religieux et se rfugia ,flux1 *ez sa sur1 qui avait p\s ,l\is de ,boisr5>d1 anci5 (fici] au rgim5t de ,guy5ne4 ,lors de la v5te des bi5s nationaux1 elle ra*eta mme de ses d5i]s le beau c\v5t de ,beaug5cy1 qui subsi/e encore1 dom9ant la ,loire1 et qui e/ rcemm5t rev5u sa famille4 ,condillac avait c\tume d'all] *aque anne pass] quelque temps ,p>is4 ,au pr9temps de #aghj1 il y fit son d]ni] voyage4 ,s'tant s5ti malade1 il v\lut rev5ir au plus vite et p>tit en po/e4 ,arriv ,flux le #ca juillet et se voyant p]du1 il dem&a un prtre4 ,ce fut le vicaire de ,lailly1 depuis cur de cette p>oisse1 qui l'adm9i/ra4 ,le philosophe lui dcl>a qu'il t5ait m\rir dans la religion ca?olique1 et qu'il dem&ait tre ent]r dans le cimetire du village1 comme un simple vign]on1 sans monum5t et sans inscription4 ,sa volont a t accomplie2 et le cimetire ayant t *ang de place1 il ne re/e plus aucun ve/ige du lieu o il repose#h4 #h ,voir1 l',app5dice1 son acte de dcs tir des regi/res p>oissiaux de ,lailly4 ,condillac devait tre re/ en trs bonnes relations avec t\t le cl]g ca?olique1 voir le nombre assez inusit de prtres de ,beaug5cy et du vois9age qui assi/r5t a ses obsques4 ,il y en a jusqu' sept qui sont cits dans le regi/re et quelques-uns v5ai5t d'assez lo94 ,il m\rut dans la nuit du #b au #c aot #aghj d'une maladie appele alors fivre putride-bilieuse4 ,il avait racont ses nices1 en s'alitant1 qu'il connaissait son mal1 que quelques j\rs aup>avant il avait djeun *ez ,condorcet1 qui lui avait fait pr5dre une tasse de mauvais *ocolat1 et que depuis ce temps il n'avait cess de s\ffrir#i4 ,il e/ vrai qu'il avait t\j\rs dte/ ,condorcet4 #i ,en dehors de l'loge de ,condillac p> ,m4 de ,loynes d',autro*e1 dont n\s p>l]ons plus lo91 un autre de ses compatriotes orlanais1 l'abb de ,reyrac1 prieur-cur de ,sa9t-,macl\1 l'auteur du fameux ,hymne au soleil1 qui devait m\rir l'anne suivante 7#ba dcembre #agha71 composa un ,*ant funbre1 en v]s1 sur l'auteur du ,trait des s5sations4 ,cette uvre mdiocre se tr\ve cons]ve dans un recueil contempora9 intitul3 ,esprit de ,mably et de ,condillac1 p> ,m4 ,b,,rang]1 citoy5 de ,t\lon1 pr(esseur mrite d'loqu5ce au collge d',orlans1 c5seur royal1 #aghi1 9-#h t4 ,,ii1 p4 #i4 ,condillac laissa en m\rant des papi]s manuscrits ,mme de ,sa9te-,foy1 en dem&ant qu'ils ne soi5t ouv]ts que quelque temps aprs sa mort4 ,au mom5t de la ,rvolution1 craignant les p]quisitions politiques1 sa nice dposa ces papi]s #a hospice de ,beaug5cy4 ,beauc\p plus t>d1 ,m4 de ,boisr5>d fit ouvrir le paquet et n'y tr\va que des morceaux d'ouvrages dj connus et imprims1 sauf t\t un gr& travail sur la langue franaise1 que le petit-neveu de l'auteur (frit en #aheb la ,biblio?que nationale et qui s'y tr\ve auj\rd'hui s\s les nos fr4 #ijij-if1 autrefois ,suppl4 fr4 #dfeg-a-e4 ,ce sont c9q beaux volumes petit 9-folio intituls3 ,dictionnaire des synonimes de la ,langue franaise1 mais qui prs5t5t en ralit un dictionnaire franais complet1 avec df9itions1 acceptions div]ses1 exemples1 dont la copie e/ trs correcte et conti5t en m>ge de nombreuses notes de l'criture mme de ,condillac4 ,l'ouvrage e/ t\t prt imprim]2 et il en s]ait digne1 si la sci5ce n'avait fait depuis1 en l+ui/ique p>ticulirem5t1 des progrs dont la con/atation s]ait sans d\te trop r$\table4 ,,*apitre ,,ii ,,les ,,premi]s ,,ouvrages ,,de ,,philosophie ,l',essai sur l'orig9e des connaissances huma9es p>ut en #agdh4 ,l'auteur tait g de tr5te-quatre ans4 ,il y avait dix annes qu'il tudait ,p>is4 ,ses relations le plaai5t au milieu de t\t ce monde avide de n\veauts qui fut celui de l',encyclopdie4 ,un gr& m\vem5t sci5tifique agissait puissamm5t sur l'op9ion4 ,condillac le spcialisa p\r lui-mme sur un po9t unique4 ,il avait connu p> des traductions la philosophie anglaise2 il avait lu les auteurs en possession de la r5omme1 dont il f]a bi5tt une si vive critique2 il avait rfl*i surt\t et v\lait se faire sur *aque *ose une doctr9e raisonne1 t\t comme ,desc>tes dont il combattait les pr9cipes2 il mettait dans ses ides la cl>t1 la prcision1 la logique dont son esprit tait naturellem5t d\1 et il y aj\tait la prt5tion un peu vaniteuse de ne dp5dre de p]sonne4 ,jusqu'alors1 disait-il1 la mtaphysique a s\ff]t des g>em5ts de ceux qui la cultivai5t4 ,il e/ indisp5sable p\rtant d'tudi] les philosophes1 ne s]ait-ce que p\r pr(it] de leurs fautes4 ,c> il e/ ess5tiel p\r quiconque veut faire p> lui-mme des progrs dans la re*]*e de la vrit de connatre les mprises de ceux qui ont cru lui en ouvrir la c>rire4 ,ce sont donc ceux qui semblai5t le plus loigns de la vrit qui lui ont t le plus utiles4 ,a pe9e1 dit-il1 eus-je connu les r\tes peu sres qu'ils avai5t suivies1 que je crus ap]cevoir les r\tes que je devais pr5dre4 ,il me p>ut qu'on p\vait raisonn] en mtaphysique et en morale avec autant d'exactitude qu'en gomtrie2 se faire aussi bi5 que les gomtres des ides ju/es2 dt]m9]1 comme eux1 le s5s des expressions d'une manire prcise et inv>iable2 enf91 se prescrire1 peut-tre mieux qu'ils n'ont fait1 un ordre assez simple et assez facile p\r arriv] l'vid5ce#aj4 #aj ,essai sur l'orig9e des connaissances huma9es1 t4 #a;er des uvres1 p4 #b4--,n\s citons t\j\rs l'dition de ,p>is #agih1 en #bc volumes 9-#h4 ,elle e/ meilleure que la rimpression en #ba volumes faite en #ahba-bb et prcde d'une trs mdiocre notice de ,m4 ,a4-,f4 ,?ry4 ,les ouvrages de ,condillac1 dans le ,catalogue gnral de la ,biblio?que nationale1 #aijg1 t4 ,,xxxi1 ne compr5n5t pas mo9s de sept colonnes4 ,t\te la philosophie de ,condillac e/ dans cette dcl>ation qui prcde son premi] livre4 ,de ce j\r1 jusqu' la f9 de sa c>rire1--puisque la ,logique e/ de #aggh-aghj et que la ,langue des calculs n'a t publie qu'aprs sa mort1--il ne f]a que dvelopp] la mme ?se2 il s]a l'homme d'une seule ide4 ,il e/ inutile de *]*] p]c] t\s les my/res1 il faut voir les *oses comme elles sont2 t\te entreprise spculative e/ une *imre2 l'obs]vation et l'expri5ce suffis5t4 ,j'ai tr\v1 aj\te-t-il1 la solution de t\s les problmes dans la liaison des ides1 soit avec les signes1 soit entre elles4 ,les pripattici5s ont entrevu cette vrit2 mais aucun n'a su la dvelopp]4 ,bacon e/ peut-tre le premi] qui l'ait ap]ue4 ,enf91 ,locke l'a saisie et il a l'avantage d'tre le premi] qui l'ait dmontre4 ,son ouvrage p\rtant e/ gt p> les longueurs1 les rptitions et le dsordre qui y rgn5t et il s'e/ trop arrt combattre l'op9ion des ides innes1 t&is qu'il suffit de dtruire indirectem5t cette erreur4 ,telles sont dans son ,introduction les dcl>ations du jeune criva94 ,p\r un db1 elles ne manquai5t po9t d'audace4 ,sa doctr9e p>aissait s'appuy] sur le mpris de ses devanci]s4 ,il ne semble pas qu'elle ait beauc\p sduit au premi] mom5t2 mais1 =ce de la rpt]1 il l'imposa4 ,le titre mme tait t\t un manife/e1 l'auteur disant firem5t3 ,ouvrage o l'on rduit un seul pr9cipe t\t ce qui conc]ne l'ent5dem5t huma94 ,quel tait ce pr9cipe n\veau1 que ,locke lui-mme n'avait pas adopt8 ,c'tait de tir] t\tes les oprations de l'me d'une simple p]ception2 c'tait de rejet] une proposition vague1 une maxime ab/raite1 une supposition gratuite1 et de s'en t5ir une expri5ce con/ante1 dont t\tes les consqu5ces s]ont confirmes p> de n\velles expri5ces4 ,donc1 la p]ception e/ l'impression occasionne dans l'me p> l'action des s5s4 ,mais ,locke1 aj\te ,condillac1 a pass trop lgrem5t sur l'orig9e de nos connaissances1 et c'e/ la p>tie qu'il a le mo9s appr(ondie4 ,il suppose1 p> exemple1 qu'aussitt que l'me reoit des ides p> les s5s1 elle peut son gr les rpt]1 les compos]1 les unir ensemble avec une v>it inf9ie1 et se faire t\tes sortes de notions compltes4 ,mais il e/ con/ant que1 dans l'enfance1 n\s avons pr\v des s5sations longtemps avant d'en savoir tir] des ides4 ,a9si1 l'me n'ayant pas ds le premi] in/ant l'ex]cice de t\tes ses oprations1 il tait ess5tiel1 p\r dvelopp] mieux l'orig9e de nos connaissances1 de montr] comm5t elle acqui]t cet ex]cice et quel en e/ le progrs4 ,il ne p>at pas que ,locke y ait p5s1 ni que p]sonne lui en ait fait le repro*e1 ou ait essay de suppler cette p>tie de son ouvrage2 peut-tre mme que le desse9 d'expliqu] la gnration des oprations de l'me1 en les faisant natre d'une simple p]ception1 e/ si n\veau1 que le lecteur a de la pe9e compr5dre de quelle manire je l'excut]ai#aa4 #aa ,introduction l',essai1 p4 #ae4 ,l'opration p> laquelle notre consci5ce1 p> rapport c]ta9es p]ceptions1 les augm5te si vivem5t1 qu'elles p>aiss5t les seules dont n\s ayons pris connaissance1 il l'appelle att5tion4 ,lorsque les objets attir5t notre att5tion1 les p]ceptions qu'ils occasionn5t en n\s se li5t avec le s5tim5t de notre tre et avec t\t ce qui peut y avoir quelque rapport4 ,de l il arrive que1 non seulem5t la consci5ce n\s donne connaissance de nos p]ceptions1 mais encore1 si elles se rpt5t1 elle n\s av]tit s\v5t que n\s les avons dj eues1 et n\s les fait connatre comme tant n\s1 ou affectant un tre qui e/ con/amm5t le mme1 n\s4 ,la consci5ce e/ donc le s5tim5t qui donne l'me la connaissance de ses p]ceptions et qui l'av]tit du mo9s d'une p>tie de ce qui se passe en elle#ab4 #ab ,essai1 #are p>tie1 *ap4 #a;er4 ,ce n'e/ po9t une facult spciale3 p]ception et consci5ce ne doiv5t tre prises que p\r une seule opration s\s deux noms4 ,n\s s5tons notre p5se1 n\s la di/+uons de ce qui n'e/ pas elle4 ,mais1 p\r qu'il y ait consci5ce1 il faut *angem5t d'tat1 c'e/--dire un contra/e ou *oc m5tal2 autrem5t dit1 la consci5ce consi/e dans la p]ception d'une diffr5ce3 et c'e/ surt\t dans l'action que se manife/e cette p]ception4 ,on peut obs]v]1 comme l'a fait ,m4 ,dewaule1 que ,condillac a ici devanc les psy*ologues anglais du dix-neuvime sicle1 ,hamilton1 ,ba91 ,h]b]t ,sp5c]1 qui ont repris ses ides en les dveloppant#ac4 ,l'att5tion1 s'appuyant sur la consci5ce1 donne encore naissance plusieurs autres oprations3 l'imag9ation1 qui retrace les objets qu'on a dj vus1 et la mmoire1 qui n\s donne une ide ab/raite de la p]ception2 la liaison que l'att5tion met entre nos ides#ad4 ,puis1 la manire d'appliqu] de n\s-mmes notre att5tion t\r t\r sur div]s objets1 ou aux diffr5tes p>ties d'un seul1 e/ ce qu'on appelle rfl*ir4 ,on voit s5siblem5t comm5t la rflexion nat de l'imag9ation et de la mmoire#ae4 #ac ,condillac et la ,psy*ologie anglaise contempora9e1 p> ,m4 ,lon ,,dewaule1 ,p>is1 #aijd1 9-#h1 p4 #ej4 #ad ,essai1 section seconde1 *ap4 ,,ii1 p4 #ee4 #ae ,essai1 p4 #gh1 *ap4 ,v4 ,de la ,rflexion4 ,condillac tablit a9si l'unit de pr9cipe qu'il avait annonce2 et t\te la seconde p>tie de son ouvrage e/ consacre une ?orie qui lui e/ propre et qu'il reproduira dans t\s ses ouvrages1 celle du langage considr comme l'in/rum5t indisp5sable de la p5se huma9e4 ,il ne se borne pas signal] les rapports gnraux de la p5se et des signes1 il montre quelles oprations de l'esprit s]ai5t impossibles sans le sec\rs du langage3 ,aussitt qu'un homme comm5ce atta*] des ides des signes qu'il a lui-mme *oisis1 on voit se =m] en lui la mmoire4 ,celle-ci acquise1 il comm5ce dispos] p> lui-mme de son imag9ation et lui donn] un n\vel ex]cice2 c>1 p> le sec\rs des signes qu'il peut rappel] son gr1 il rveille1 ou du mo9s il peut rveill] s\v5t les ides qui y sont lies4 ,dans la suite1 il acqu]ra d'autant plus d'empire sur son imag9ation1 qu'il inv5t]a davantage de signes1 p>ce qu'il se procur]a un plus gr& nombre de moy5s p\r l'ex]c]4 ,voil o l'on comm5ce ap]cevoir la supriorit de notre me sur celle des btes2 c> il e/ con/ant qu'il ne dp5d po9t d'elles d'atta*] leurs ides des signes arbitraires444 ,dans cette p>tie de son livre =t diffr5te de la premire qu'il a intitule3 ,du langage et de la m?ode1 ,condillac fait appel l'hi/oire1 l'rudition1 aux littratures mme1 p\r tudi] l'orig9e et les progrs du langage2 il exam9e successivem5t la prosodie des langues anci5nes1 la dclamation1 la musique1 les mots et leur signification1 l'criture1 le gnie des langues4 ,il y a l des obs]vations1 trs curieuses p\r le temps1 et des vrits de t\tes les poques4 ,le c>actre des langues e/ selon lui une raison de la supriorit des criva9s2 et1 faisant un ret\r sur notre gr& sicle littraire1 il crit3 ,le moy5 le plus simple p\r jug] quelle langue excelle dans un plus gr& nombre de g5res1 ce s]ait de compt] les auteurs orig9aux de *acune4 ,je d\te que la ntre et p> l quelque dsavantage#af4 #af ,essai1 seconde p>tie1 *ap4 ,,xv4 ,du gnie des langues1 p4 #a4 ,ces travaux sur le langage et sur les signes n'ont pas sans d\te t trang]s au /yle si clair1 si ple9 d'expressions ju/es1 si bref et si concis que ,condillac s'tait =m4 ,ri5 de plus contraire notre manire de trait] un sujet que le procd habituel de ,condillac4 ,ses ouvrages sont c\rts1 mais diviss en livres1 *apitres1 p>agraphes1 d'une ordonnance p>faite4 ,aucun dveloppem5t p\vant sduire l'esprit ou le cur1 aucun artifice de composition4 ,c'e/ une suite de ?ormes1 qui s'en*an5t et se dmontr5t les uns aprs les autres avec une prcision t\te ma?matique4 ,il ne s'adresse jamais qu' la raison4 ,c'e/ le triomphe de la ,logique4 ,le ,trait des sy/mes1 qui p>ut en #agdi1 tait p\r un jeune homme une entreprise encore plus h>die4 ,ce livre n'e/ autre *ose qu'une critique virul5te de la philosophie qui rgnait alors1 dont les *efs tai5t presque contempora9s1 que les anci5s du mo9s avai5t p]sonnellem5t pu connatre4 ,s\s prtexte de combattre les sy/mes ab/raits ou hypo?tiques et d'exalt] l'expri5ce1 l'auteur condamne t\t le dix-septime sicle avec une pret s\v5t excessive4 ,selon lui1 il y a trois sortes de pr9cipes ab/raits en usage4 ,les premi]s sont des propositions gnrales1 exactem5t vraies dans t\s les cas4 ,les seconds sont des propositions vraies p> les cts les plus frappants et que p\r cela on e/ port suppos] vraies t\s g>ds4 ,les d]ni]s sont des rapports vagues qu'on imag9e entre les *oses de nature t\te diffr5te444 ,a9si1 p>mi ces pr9cipes1 les uns ne conduis5t ri5 et les autres ne mn5t qu' l'erreur4 ,condillac veut faire s5tir que la philosophie et l'homme du peuple s'g>5t p> les mmes causes4 ,et p>mi ces causes1 celle sur laquelle il revi5t le plus s\v5t1 c'e/ qu'on ne s'ent5d pas sur la signification des mots4 ,il en donne beauc\p d'exemples +nieux4 ,v\s dites p> exemple un aveugle-n que l'c>late e/ une c\leur brillante et clatante2 et le malheureux1 aprs bi5 des mditations sur les c\leurs1 croit ap]cevoir dans le son de la trompette l'ide d'c>late4 ,il avait raisonn a9si3 ,j'ai l'ide d'une *ose brillante et clatante dans le son de la trompette4 ,l'c>late e/ une *ose brillante et clatante4 ,donc j'ai l'ide de l'c>late dans le son de la trompette4 ,sans d\te il ne fallait que lui donn] des yeux p\r lui faire connatre combi5 sa confiance tait mal fonde4 ,il en e/ de mme de l'ide fausse qu'on se fait en utilisant p\r des *oses diffr5tes le mot h>monie et le mot sons4 ,ri5 n'e/ plus quivoque que le langage mal employ ou les mtaphores qu'on pr5d la lettre et qui font tomb] dans des erreurs ridicules4 ,et de mme1 si l'on veut ent5dre c]ta9s philosophes1 il faut mettre une gr&e diffr5ce entre concevoir et imag9]1 et se cont5t] d'imag9] la plup>t des *oses qu'ils croi5t avoir conues4 ,ce n'e/ donc pas l'ab/rait2 mais c'e/ le concret1 l'obs]v1 qu'il faut envisag]1 si l'on veut vit] le pril1 et c'e/ p\r avoir suivi les vieux sy/mes que les philosophes antrieurs au dix-huitime sicle1 antrieurs ,locke et ,condillac1 se sont tromps4 ,sans les pass] t\s en revue1 l'auteur en exam9e quelques-uns et rfute leurs doctr9es avec des dveloppem5ts tantt c\rts1 tantt longs4 ,les ides innes de ,desc>tes sembl5t pe9e mrit] une rfutation4 ,aprs avoir raill sur leur nombre1 sur leur vid5ce1 ,condillac conclut que les philosophes1 en p>lant de la supposition des ides innes1 ont trop mal comm5c p\r p\voir s'lev] de vritables connaissances4 ,leurs pr9cipes appliqus des expressions vagues ne peuv5t enfant] que des op9ions ridicules et aprs ne se df5dront de la critique que p> l'obscurit qui doit les environn]4 ,on doit croire que ,malebran*e lui tait plus sympa?ique que ,desc>tes3 aprs avoir rfut sa vision en ,dieu1 il fait de lui une sorte de portrait littraire avec des grces de /yle qui ne sont pas dans sa manire ord9aire3 ,malebran*e tait un des plus beaux esprits du d]ni] sicle3 mais malheureusem5t son imag9ation avait trop d'empire sur lui4 ,il ne voyait que p> elle1 et il croyait ent5dre les rponses de la sagesse incre1 de la raison univ]selle1 du v]be4 ,a la vrit1 qu& il saisit le vrai1 p]sonne ne lui peut tre comp>4 ,quelle sagesse p\r dml] les erreurs des s5s1 de l'imag9ation1 de l'esprit et du cur6 ,quelle t\*e1 qu& il pe9t les diffr5ts c>actres de ceux qui s'g>5t dans la re*]*e de la vrit6 ,se trompe-t-il lui-mme8 ,c'e/ d'une manire si sduisante1 qu'il p>at clair jusque dans les endroits o il ne peut s'ent5dre4 ,la critique de ,leibniz et des ,monades e/ une des plus pntrantes qu'on puisse lire4 ,l'analyse de la premire p>tie de l'?ique e/ de mme aussi exacte que complte2 et son jugem5t sur le ,sp9ozisme semble1 eu quelque sorte1 df9itif1 bi5 qu'il soit le premi] en date4 ,ce qu'il y a de rem>quable1 c'e/ qu'ici ,condillac ne s'en ti5t pas la doctr9e et qu'il va jusqu'aux consqu5ces4 ,une sub/ance unique1 indivisible1 ncessaire1 de la nature de laquelle t\tes *oses suiv5t ncessairem5t1 comme des modifications qui en exprim5t l'ess5ce1 *acune sa manire3 voil l'univ]s selon ,sp9oza4 ,l'objet de ce philosophe e/ donc de pr\v] qu'il n'y a qu'une seule sub/ance1 dont t\s les tres1 que n\s pr5ons p\r autant de sub/ances1 ne sont que les modifications2 que t\t ce qui arrive e/ une suite galem5t ncessaire1 et que1 p> consqu5t1 il n'y a po9t de diffr5ce faire entre le bi5 et le mal moral4 ,un *apitre enti] e/ consacr l'ouvrage1 bi5 oubli auj\rd'hui1 intitul3 ,de la prmotion physique1 ou de l'action de ,dieu sur la cration4 ,il n'avait pas mo9s de deux volumes et tait d'un c]ta9 ,pre ,b\rsi]1 que ,condillac traite assez lgrem5t4 ,c'e/ gr& dommage1 dit-il1 que son sy/me me soit in9telligible2 c'e/ dommage que l'auteur ne puisse donn] aucune ide de ces tres qu'il fait valoir et qu'il multiplie avec tant de prodigalit4 ,le pr9cipe dont il se s]t1 que n\s connaissons le f9i p> l'inf9i1 n'e/-ce pas t\j\rs l'erreur qu'a produite le prjug des ides innes8 ,le sy/me des ,c>tsi5s e/ peu philosophique6 ,au lieu d'expliqu] les *oses p> des causes naturelles1 ils font *aque in/ant desc5dre ,dieu dans la ma*9e1 et *aque effet p>at produit comme p> miracle4 ,et comme conclusion1 ,condillac s'crie3 ,que les ?ologi5s ne se born5t-ils ce que la foi enseigne1 et la philosophie ce que l'expri5ce appr5d6 ,un expos si pratique1 si clair et si brillant p> mom5ts devait plaire aux contempora9s4 ,voltaire crivait dans le ,dictionnaire philosophique3 ,m4 l'abb de ,condillac r5dit un trs gr& s]vice l'esprit huma91 qu& il fit voir le faux de t\s les sy/mes4 ,si on peut espr] de r5contr] un *em9 v]s la vrit1 ce n'e/ qu'aprs avoir bi5 reconnu t\s ceux qui crur5t l'erreur4 ,c'e/ du mo9s une consolation d'tre tranquille1 de ne plus *]*] qu& on voit que tant de savants ont discut en va9#ag4 #ag ,art4 ,*ronologie1 t4 ,,xxxviii des uvres compltes1 p4 #ha4 ,did]ot1 dans sa fameuse ,lettre sur les aveugles1 p>ue l'anne mme1 dit ,mme de ,puisieux1 en lui recomm&ant le ,trait des sy/mes1 que l'auteur vi5t de donn] une n\velle preuve de l'adresse avec laquelle il sait mani] ses ides et de montr] combi5 il e/ r$\table p\r les sy/matiques4 ,d',alemb]t1 dans le ,disc\rs prlim9aire de l',encyclopdie1 crivait que le gt des sy/mes1 plus propre flatt] l'imag9ation qu' clair] la raison1 e/ auj\rd'hui presque absolum5t banni de t\s les ouvrages1 un de nos meilleurs philosophes1 l'abb de ,condillac1 semblant lui avoir port le d]ni] c\p4 ,et il pr5ait dans le ,trait1 p\r les mettre dans l',encyclopdie1 des p>ties t\t entires4 ,de nos j\rs les critiques ont montr mo9s d'indulg5ce4 ,m4 ,c\s91 t\t en p5sant que cet ouvrage e/ le meilleur de ,condillac1 obs]ve qu'on e/ t\j\rs plus =t qu& on attaque que qu& on se df5d2 il signale un ton tran*ant et dogmatique1 qui va croissant mesure que l'auteur s'enfonce davantage dans un sy/me troit et exclusif4 ,et il obs]ve malicieusem5t qu'en attaquant avec raison les hypo?ses philosophiques1 ,condillac se prp>e lui-mme le plus =mel dm5ti p\r le j\r o il aura rec\rs1 p\r mieux connatre l'homme rel1 l'hypo?se de l'homme-/atue4 ,damiron1 qui a p>ticulirem5t tudi l'ouvrage#ah1 tr\ve qu'il n'y e/ pas t5u assez de compte du milieu hi/orique o se sont =mes les coles philosophiques1 subissant l'influ5ce des lieux et des temps1 se modifiant p> le m\vem5t des ides1 *acun pr(itant a9si des travaux de ses devanci]s4 ,et il aj\te que le ,trait des sy/mes1 qui aurait pu tre une excell5te introduction l'tude de l'hi/oire de la philosophie1 re/e un livre imp>fait1 d'une rudition trop f]me et d'une critique qui n'a pas t\j\rs elle-mme l't5due et la ju/esse qu'on aurait dsires et qui en aurai5t fait l'autorit4 ,c'e/ une simple polmique1 v5ant aprs une exposition ?orique4 ,il e/ temps que ,condillac se mette compos] une uvre p]sonnelle4 ,il y consacra c9q annes4 #ah ,damiron1 sances des #ba et #bh dcembre #ahfa de l',acadmie des sci5ces morales et politiques4 ,,*apitre ,,iii ,,le ,,trait ,,des ,,s5sations ,l'esprit si clair et si prcis de ,condillac devait =cm5t l'am5] prs5t] ses ?ories d'une faon saisissante1 mais un peu contraire1 ce semble1 aux pr9cipes mmes de sa philosophie4 ,qu'il se soit fait en ,france le *ampion de la m?ode exprim5tale1 c'e/ ce qui ressort de t\s ses crits4 ,bacon e/ son matre1 aussi bi5 que ,locke1 et il vi5t d'attaqu] vivem5t l'cole de ,desc>tes et ses ab/ractions2 mais le j\r o il veut faire clat] t\s les yeux la vrit de sa doctr9e1 il a rec\rs aux moy5s qu'il a lui-mme combattus et se lance dans les hypo?ses les plus difficiles mettre d'accord avec l'expri5ce4 ,comm5t pr\v] que les ides ne n\s vi5n5t que p> les s5s8 ,comm5t dt]m9] la faon dont n\s vi5n5t les ides8 ,ce n'e/ pas *ose facile2 c> il faut n\s mettre la place d'un enfant qui vi5t de natre et int]rog] une intellig5ce qui n'exi/e pas encore4 ,n\s ne saurions1 dit ,condillac1 n\s rappel] l'ignorance dans laquelle n\s sommes ns3 c'e/ un tat qui ne laisse pas de trace aprs lui4 ,n\s ne n\s s\v5ons d'avoir ignor que ce que n\s n\s s\v5ons d'avoir appris2 et1 p\r rem>qu] ce que n\s appr5ons1 il faut dj savoir quelque *ose444 ,dire que n\s avons appris voir1 ent5dre1 gt]1 s5tir1 t\*] p>at le p>adoxe le plus trange3 il semble que la nature n\s a donn l'enti] usage de nos s5s l'in/ant mme qu'elle les a =ms#ai4 #ai ,trait des s5sations1 t4 ,,iii des uvres compltes1 p4 #dg4 ,c'e/ p\r essay] de se r5dre compte de la gnration premire de nos ides que ,condillac a imag9 sa /atue4 ,ou plutt1 l'inv5tion n'e/ pas de lui4 ,dans la ddicace de son ouvrage ,mme la comtesse de ,vass1 il lui rappelle dlicatem5t la "p qu'y a prise une p]sonne qui lui tait *re1 aj\tant qu'il invoque sa mmoire p\r j\ir t\t la fois et du plaisir de p>l] d'elle et du *agr9 de la regrett]2 et il s\haite que ce monum5t p]ptue le s\v5ir de cette amiti mutuelle et de l'honneur qu'il aura eu d'avoir "p l'action de l'un et de l'autre4 ,cette p]sonne laquelle ,condillac reporte t\t l'honneur de l'inv5tion e/ ,mlle ,f]r&4 ,elle m'a clair1 dit-il1 sur les pr9cipes1 sur le plan et sur les mo9dres dtails2 et j'en dois tre d'autant plus reconnaissant1 que son projet n'tait ni de m'in/ruire ni de me faire faire un livre et qu'elle n'avait d'autre desse9 que de s'entret5ir avec moi de *oses auxquelles je pr5ais quelque intrt444 ,si elle avait pris elle-mme la plume1 cet ouvrage pr\v]ait mieux quelles tai5t ses volonts4 ,mais elle avait une dlicatesse qui ne lui p]mettait mme pas d'y p5s]4 ,contra9t d'y applaudir1 qu& je considrais les motifs qui en tai5t le pr9cipe1 je l'en blmais aussi1 p>ce que je voyais dans ses conseils ce qu'elle aurait pu faire elle-mme4 ,ce trait n'e/ donc que le rsultat de conv]sations que j'ai eues avec elle1 et je cra9s bi5 de n'avoir pas t\j\rs su prs5t] ses p5ses s\s leur vrai j\r444 ,la ju/ice que je r5ds ,mlle ,f]r&1 je n'os]ais la lui r5dre si elle vivait encore4 ,uniquem5t jal\se de la gloire de ses amis1 elle n'aurait po9t reconnu la "p qu'elle a eue cet ouvrage2 elle m'aurait df5du d'en faire l'aveu1 et je lui aurais obi444#bj4 #bj ,trait des s5sations1 t4 ,,iii des uvres1 p4 #ed4 ,en lisant ces s5tim5ts un peu compliqus1 exprims dans un /yle h>monieusem5t cad5c1 on dirait une page des ,confessions de ,jean-,jacques ,r\sseau4 ,ce qu'tait ,mlle ,f]r&1 l'grie des philosophes du dix-huitime sicle1 il e/ assez difficile de le dire1 les contempora9s en ayant peu p>l4 ,grimm a crit d'elle un peu ddaigneusem5t3 ,mlle ,f]r& tait une p]sonne de peu d'esprit1 d'un comm]ce assez maussade1 mais elle savait la gomtrie4 ,le mme auteur n\s appr5d que ces deux dames1 dont la clbrit n'a pas gal celle des femmes du dix-huitime sicle que leurs murs trop s\v5t ont recomm&es aux malignits de l'hi/oire1 vivai5t ensemble au faub\rg ,sa9t-,g]ma91 en un lieu appel ,sa9t-,joseph1 et qu'elles avai5t donn asile1 p5dant trois ans1 dans leur maison au ,prt5dant1 *app d',anglet]re1 l'in=tun ,*>les-d\>d1 auquel le trait d',aix-la-,*apelle avait enlev le droit de rsid] en ,france4 ,sa matresse1 la pr9cesse de ,talmont1 demeurait dans la mme maison4 ,=t am\reux1 l'hriti] des ,/u>t se r5f]mait1 p5dant le j\r1 dans une petite g>de-robe de ,mme de ,vass1 le soir1 d]rire une alcve de ,mlle ,f]r&2 et il y avait =t po9t un escali] drob p> lequel il desc5dait la nuit *ez la pr9cesse4 ,t\t cela semblait plus anim que la /atue et n'avait que des rapports loigns avec la mtaphysique et la gomtrie4 ,grimm aj\te sans m*ancet que ,mlle ,f]r& laissa une p>tie de sa =tune l'abb de ,condillac4 ,en ret\r1 il a p]ptu son nom1 qu'on accol]a longtemps l'hypo?se de la /atue4 ,mais c'e/ la preuve en mme temps que cette supposition fameuse tait bi5 plutt un procd d'tude qu'une ?orie philosophique4 ,au re/e1 l',av]tissem5t n\s prvi5t que1 p\r que l'expri5ce russisse1 il e/ trs important de se mettre exactem5t la place de la /atue2 qu'il faut comm5c] d'exi/] avec elle1 n'avoir qu'un seul s5s1 qu& elle n'en a qu'un2 n'acqurir que les ides qu'elle acqui]t2 ne contract] que les habitudes qu'elle contracte3 en un mot1 il faut n'tre que ce qu'elle e/4 ,elle ne jug]a des *oses comme n\s1 que qu& elle aura t\s nos s5s et t\te notre expri5ce2 et n\s ne jug]ons comme elle1 que qu& n\s n\s suppos]ons privs de t\t ce qui lui manque4 ,t\t cela e/ =t +nieux3 son plan une fois adopt1 l'auteur le suit pas pas1 analysant trs subtilem5t les diffr5tes connaissances qui vi5n5t peu peu l'enfant p> les s5s1 comm5c] p> l'odorat seul1 p\r pass] ensuite l'oue et au gt1 runis l'odorat1 et arriv] au t\*]1--le seul s5s qui juge p> lui-mme des objets extrieurs1--et t]m9] p> la vue qui1 jo9te au t\*]1 p]met de jug] la di/ance1 la situation1 la figure1 la gr&eur des corps4 ,mais aucune de ces oprations ne s]ait possible si1 en dehors des s5s proprem5t dits1 l'homme n'avait une intellig5ce d\e de la facult de comp>aison et surt\t de la mmoire1 sans laquelle la liaison des ides ne se f]ait jamais4 ,et puis le dfaut de l'hypo?se de ,condillac e/ qu'il raisonne comme si sa /atue n'avait d'abord qu'un seul s5s1 qu'il les lui donne arbitrairem5t les uns aprs les autres1 t&is que l'enfant nat et gr&it avec t\s ses s5s1 dont les div]ses oprations se font s\v5t simultanm5t et s]v5t ensemble la =mation des ides comme de l'intellig5ce elle-mme4 ,aucune "p n'e/ faite non plus l'ducation et au comm]ce de *aque j\r avec nos semblables4 ,p\r connatre les ides que l'homme-/atue acqui]t p> les s5s1 il faudrait non seulem5t que *aque s5s oprt sp>m5t1 mais aussi que le sujet ne subt aucune influ5ce trangre4 ,or1 on e/ beauc\p plus p\rvu des ides que les autres n\s donn5t que de celles que n\s acqurons n\s-mmes2 de mme qu'il y a beauc\p de *oses que n\s ne saurions pas1 si on ne n\s les avait pas enseignes4 ,n\s sommes donc trs ri*es p> les bi5s hrditaires ou p> ceux que n\s avons reu de nos auteurs1 et peut-tre trs pauvres p> ceux que n\s avons acquis p]sonnellem5t4 ,et en t\t cas1 il n\s e/ trs difficile de dml] l'orig9e des uns et des autres4 ,quant aux ides morales1 elles peuv5t la rigueur v5ir aussi des s5s1 condition que la /atue ne soit pas un tre inanim1 et que l'on s'adresse une consci5ce p]sonnelle1 un moi1 une me individuelle4 ,mais le passage de la s5sation passive et accid5telle la volont active et p]svrante e/ assurm5t plus difficile expliqu] que ne semble le croire ,condillac1 en dpit de son analyse trs +nieuse des diffr5tes s5sations1 de leur comp>aison et de leurs rapports4 ,il l'a compris1 du re/e1 lui-mme2 c> ds la premire dition de son ,trait des s5sations qui e/ de #aged1 ,londres et ,p>is1 comme il tait d'usage1 il a eu so9 d'aj\t] la f9 de son second volume une ,diss]tation sur la lib]t#ba4 #ba ,trait des s5sations1 t4 ,,iii des uvres1 p4 #dbc4 ,assurm5t c'e/ l1 comme il le dit1 une de ces que/ions sur lesquelles on a le plus crit et qui s]a trs propre montr] les avantages de sa m?ode4 ,comm5t ent5d-il la rs\dre8 ,c'e/ t\j\rs la /atue qu'il envisage3 ,lorsqu'elle a plusieurs dsirs1 elle les considre p> les moy5s de les satisfaire1 p> les ob/acles surmont]1 p> les plaisirs de la j\issance et p> les pe9es auxquelles elle e/ expose4 ,elle les comp>e s\s *acun de ces g>ds4 ,la rflexion vi5t les balanc]1 et au lieu de *]*] l'objet qui (fre le plaisir le plus vif1 elle obs]ve celui o il y a le plus de plaisir avec le mo9s de pe9e et qui1 tant t\te occasion de rep5tir1 peut contribu] au plus gr& bonheur444 ,mais p\r donn] lieu la dlibration1 il faut que les passions soi5t dans un degr qui laisse agir les facults de l'me444 ,et il suffit de lui suppos] quelque connaissance des objets p>mi lesquels elle doit *oisir2 il suffit que l'expri5ce lui ait fait voir une p>tie des avantages et des inconvni5ts qui leur sont atta*s1 qu'elle lui confirme dans mille occasions qu'elle peut rsi/] ses dsirs1 et que lorsqu'elle a fait un *oix1 il tait en son p\voir de ne pas le faire444 ,ce p\voir emporte deux ides3 l'une qu'on ne fait pas une *ose1 l'autre qu'il ne manque ri5 p\r la faire4 ,ds que notre /atue se connat un p>eil p\voir1 elle se conoit libre444 ,si1 ayant un beso91 elle ne connaissait encore qu'un seul objet propre la s\lag] et ne prvoyait aucun inconvni5t en j\ir1 elle s'y port]ait non seulem5t sans dlibr]1 mais mme sans en avoir le p\voir2 c> elle n'aurait pas de quoi dlibr]4 ,elle ne s]ait donc pas libre4 ,l'expri5ce lui montre-t-elle de n\veaux objets qui peuv5t aussi la satisfaire8 ,elle a1 dans les avantages et les inconvni5ts qu'elle y dc\vre1 de quoi dlibr]4 ,elle e/ libre4 ,les connaissances la dgag5t donc peu peu de l'esclavage auquel ses beso9s p>aissai5t d'abord l'assujettir2 elles bris5t les *anes qui la t5ai5t dans la dp5dance des objets444 ,et il conclut que la lib]t consi/e dans les dt]m9ations qui sont une suite des dlibrations que n\s avons faites1 ds que n\s avons eu le p\voir de les faire4 ,c'e/ bi5 l1 selon son expression1 un exemple s5sible de la faiblesse de ces raisonnem5ts1 qu& ils s'appliqu5t des faits d'obs]vation morale4 ,si la lib]t huma9e n'e/ qu'une p]ptuelle balance entre les j\issances les plus agrables et celles qui peuv5t satisfaire nos s5s avec le mo9s de dang]1 en n\s f\rnissant aussi peu de motifs que possible de rep5tir1 il faut av\] que notre tat n'e/ pas trs suprieur celui des animaux1 auxquels l'in/9ct1 mo9s que ce ne soit l'expri5ce1 enseigne quels sont les alim5ts qui peuv5t leur tre pr(itables ou nuisibles4 ,peut-tre ,condillac aj\t]a-t-il que la cra9te du *tim5t et la connaissance des lois rpressives e/ un puissant lm5t de dlibration p\r sa /atue1 qui devra bi5 aussi considr] les pe9es et les rcomp5ses t]nelles1 si tant e/ qu'elle puisse en avoir seulem5t la notion4 ,mais il e/ c]ta9 qu'une semblable lib]t exclut t\te ide de devoir1 de responsabilit morale1 de ju/ice sociale1 et que les philosophes1 autres que ceux qu'on appelait alors les a?i/es1 ne p\vai5t gure s'en cont5t]4 ,mais jamais ,condillac n'a v\lu envisag] les consqu5ces de ses doctr9es1 et dans ses autres enseignem5ts il n'a cess de respect] et mme de pr(ess] les pr9cipes sur lesquels reposait la socit au milieu de laquelle il vivait4 ,ses contempora9s ne s'en ap]ur5t pas davantage4 ,il y avait alors deux gr&es revues bibliographiques1--comme n\s dirions auj\rd'hui1--t\tes les deux rdiges dans l'esprit le plus oppos2 l'une1 qui n'a t connue qu'un peu plus t>d1 la ,correspondance de ,grimm et de ,did]ot2 l'autre1 qui p>aissait *aque mois1 le ,j\rnal de ,trv\x1 rdig p> les ,jsuites4 ,il y e/ r5du compte du ,trait des s5sations l'anne mme de sa publication1 avec quelques critiques de dtail1 mais sans qu'il y soit fait allusion la rvolution philosophique que cet ouvrage prp>ait ou con/atait4 ,mais ,condillac tr\va des adv]saires du ct o il devait le mo9s s'y att5dre4 ,une qu]elle avait surgi entre lui et ,did]ot l'occasion mme de la publication du ,trait des s5sations4 ,dans sa ,lettre sur les aveugles 7,londres1 #agdg1 9-#h71 adresse ,mme de ,puisieux1 sa matresse d'alors1 ,did]ot ne cesse de recomm&]1 en faisant des loges presque exagrs1 les deux premi]s ouvrages de son ami3 l',essai sur l'orig9e des connaissances huma9es et le ,trait des sy/mes4 ,il prt5dait dans cet crit que le s5s du t\*] e/ p>ticulirem5t dvelopp *ez les aveugles et que la surface du corps n'a gure mo9s de nuances p\r eux que le son de la voix2 mais la morale n'e/ pas la mme3 ils n'ont aucune ide de ,dieu1 ne voyant pas les m]veilles de la nature4 ,peut-tre les t5dances matriali/es1 qui fir5t que sur la dnonciation1 dit-on1 de ,mme de ,sa9t-,maur1 ,did]ot fut p\rsuivi et enf]m ,v9c5nes1 sp>r5t-elles un peu les deux amis4 ,de plus1 ,did]ot publia bi5tt une ,lettre sur les s\rds et muets1 dans laquelle il tait "q d'un muet de conv5tion1 sorte de /atue organise suprieurem5t comme n\s1 et aussi d'une socit de c9q p]sonnes dont *acune n'aurait qu'un seul s5s4 ,trois ans aprs1 ,condillac donnait dans son ,trait des s5sations la clbre hypo?se de la /atue1 laquelle t\s les s5s successivem5t procur5t la connaissance que peut acqurir un individu bi5 con/itu4 ,did]ot prt5dit que ,condillac lui avait vol son ide4 ,on aurait pu rpondre1 mme sans invoqu] la dcl>ation de ,condillac relative ,mlle ,f]r&1 que dans les conv]sations hebdomadaires de ces dn]s du ,pani] fleuri1 il avait d tre "q de ce moy5 de dmontr] l'orig9e des ides1 et que l'inv5tion tait p\r le mo9s commune4 ,au re/e1 cette hypo?se de l'homme1--/atue ou non1--sur lequel on exprim5te successivem5t les impressions produites p> les s5s1 a t imag9e p> ,buffon et p> ,bonnet aussi bi5 que p> ,condillac et ,did]ot4 ,soit cette cause1 soit une autre1 la ,correspondance de ,grimm attaqua vivem5t le ,trait des s5sations et son auteur4 ,une premire fois1 ,grimm crivait3 ,il y aurait beauc\p dire si on remontait l'orig9e de la rputation de l'abb de ,condillac444 ,il n'a pas beauc\p d'ides lui444#bb4 ,et quelques mois plus t>d1 dans une tude trs dveloppe1 l'auteur de la ,correspondance s'exprimait a9si3 ,v\s ne tr\v]ez pas dans ce ,trait ces traits de gnie1 cette imag9ation sublime et brillante1 admirable jusque dans ses c>ts1 ces lueurs qui n\s font entrevoir des lumires que v\s ne dc\vririez jamais1 cette h>diesse enf9 qui c>actris5t l'uvre d'un ,buffon ou d'un ,did]ot444 ,m4 l'abb de ,condillac a cit deux ou trois pages de la ,lettre sur les s\rds la f9 de son ,trait1 et il faut conv5ir qu'il y a plus de gnie dans ces quelques lignes que dans t\t le ,trait des s5sations4 #bb ,correspondance de ,grimm et de ,did]ot4 ,edit4 ,t\rneux1 t4 ,,ii1 ,p>is1 #ahgg1 9-#h1 p4 #gch4 ,la passion e/ ici trop manife/e4 ,il p]ce aussi dans la suite de l'article une t5dance matriali/e et a?e1 que les auteurs accus]ont de plus en plus et qui les sp>]a encore de ,condillac3 ,comme qu& on e/ de bonne foi1 aj\te-t-il1 on ne peut pas se dissimul] que ri5 n'e/ dmontr un c]ta9 po9t1 je v\drais que nos philosophies n'atta*ass5t po9t1 leur m?ode d'appliqu] la manire dont se font nos s5sations1 un plus haut degr de c]titude qu'elle n'en a rellem5t4 ,et il t]m9e en disant3 ,le petit trait 7sur la ,lib]t7 que ,m4 l'abb de ,condillac a aj\t son ouvrage n'e/ pas digne de lui1 et il n'e/ ri5 mo9s que philosophique4 ,ces apprciations n'tonn5t po9t de la "p de ,did]ot1 qui dira en m\rant3 ,le premi] pas v]s la philosophie1 c'e/ l'incrdulit#bc4 #bc ,c4 ,,avezac-,,langue1 ,did]ot et la socit du b>on d',holba*1 #ahge1 9-#h1 *ap4 ,i]4 ,les physiologi/es mod]nes ont fait aux dmon/rations de ,condillac des objections plus graves4 ,trs li avec les savants de l'poque1 croyant possd] avec eux le d]ni] mot de la sci5ce1 ,condillac ne p\vait s\ponn] que des dductions philosophiques1 reposant t\t entires sur l'obs]vation1 s]ai5t battues en br*e p> la sci5ce elle-mme1 p> la physiologie la plus lm5taire4 ,c'e/ ,fl\r5s qui1 dans son beau livre ,de la vie et de l'intellig5ce1 dmontre que t\s les philosophes qui ont affirm que l'intellig5ce t5ait la s5sibilit et qu'elle tait la s5sibilit elle-mme1 comme ,locke1 ,condillac1 ,helvtius1 n'ont jamais ri5 su1 ni ri5 pu savoir d'exact sur ce po9t4 ,l'expri5ce seule devait n\s appr5dre que l'organe o rside la s5sibilit--la mlle p9ire et les n]fs1 n'e/ pas celui o rside l'intellig5ce1--les lobes ou hmisphres crbraux2 que l'organe de la s5sibilit ne s]t en ri5 l'intellig5ce et que l'organe de l'intellig5ce e/ prcism5t dnu de t\te s5sibilit1 e/ impassible#bd4 #bd ,p4 ,,fl\r5s1 ,de la vie et de l'intellig5ce4 ,p>is1 ,g>ni]1 #ahei1 9-#ab1 p4 #cf et #dg4 ,l'intellig5ce comm5ce p> la p]ception2 de la p]ception nat l'att5tion2 de l'att5tion1 la mmoire2 de la mmoire1 le jugem5t2 du jugem5t1 la volont4 ,cela se suit et s'en*ane4 ,sans la p]ception1 il n'y aurait pas att5tion2 sans l'att5tion1 il n'y aurait pas mmoire2 sans mmoire1 il n'y aurait pas de jugem5t2 sans jugem5t1 il n'y aurait pas de volont4 ,et t\t cela1 c'e/ l'intellig5ce4 ,mais il faut sp>] absolum5t la s5sibilit de la p]ception4 ,ce qui le pr\ve1 c'e/ que qu& on enlve un animal le c]veau proprem5t dit1--lobes et hmisphres crbraux1--l'animal p]d la vue4 ,mais1 p> rapport l'il1 ri5 n'e/ *ang3 les objets cont9u5t se pe9dre sur la rt9e2 l'iris re/e contractile2 le n]f optique e/ p>faitem5t s5sible4 ,cep5dant l'animal ne voit plus4 ,il n'y a plus vision1 quoique t\t ce qui e/ s5sation subsi/e2 il n'y a plus de vision1 p>ce qu'il n'y a plus de p]ception4 ,le p]cevoir1 et non le s5tir1 e/ donc le premi] lm5t de l'intellig5ce4 ,la p]ception e/ p>tie de l'intellig5ce2 c> elle se p]d avec l'intellig5ce1 et p> l'ablation du mme organe2 et la s5sibilit n'e/ po9t p>tie de l'intellig5ce1 puisqu'elle subsi/e aprs la p]te de l'intellig5ce et l'ablation de l'organe4 ,la volont fait p>tie de l'intellig5ce1 comme la p]ception4 ,comme la p]ception1 elle se p]d avec l'intellig5ce1 et comme la p]ception p> l'ablation du mme organe1--les lobes ou hmisphres crbraux#be4 #be ,,fl\r5s1 ibid41 p4 #gg #gi4 ,a9si1 aux div]ses poques et selon la m>*e de ses progrs1 la sci5ce prte son appui la philosophie1 ou combat ses conclusions2 et il e/ aussi dang]eux p\r la raison de se laiss] m5] p> la physiologie1 que de s'appuy] sur des hypo?ses ou des entits purem5t imag9atives4 ,il y aurait cep5dant quelque inju/ice repro*] ,condillac de n'avoir pas t5u compte de dc\v]tes qui n'ont t faites que longtemps aprs lui4 ,au re/e1 il ne faut pas s'exagr] la porte des argum5ts de ,fl\r5s4 ,la s5sibilit qui subsi/e aprs l'ablation des hmisphres crbraux1 de quelle nature e/-elle8 ,e/-elle encore cette s5sibilit dont p>le ,condillac et de laquelle il veut faire sortir t\te la vie m5tale8 ,ne se rduit-elle pas une sorte d'irritabilit n]veuse1 semblable celle de la gr5\ille dont on a tran* la tte8 ,on peut appel] s5sibilit cette irritabilit quasi mcanique2 mais la s5sation proprem5t dite1 celle dont ,condillac ent5d p>l]1 elle ne se produit pas sans une laboration c5trale qui a son sige dans le c]veau4 ,il n'y a pas1 vrai dire1 s5sation visuelle1 si l'excitation n'e/ transmise jusqu'aux lobes occipitaux1 ni s5sation auditive1 si l'branlem5t v5u de la priphrie ne gagne les p>ties po/rieures de la premire et de la deuxime circonvolution temporale4 ,d'ailleurs1 le sy/me de la s5sation trans=me a r5contr *ez les philosophes mod]nes des objections plus graves4 ,la s5sation1 l'tat pur1 n'e/ pas une ralit1 mais une ab/raction4 ,condillac p>lant de la s5sation dta*e du sujet qui la supporte et qui la produit1 "p donc d'une *ose morte1 d'un concept sans vie4 ,la s5sation n'e/ donne qu'avec le sujet et p> le sujet4 ,aussi1 plac ds le db hors du moi actif et vivant1 c'e/--dire hors du rel1 le philosophe s'en loigne d'autant plus qu'il avance davantage dans son tude4 ,il veut faire l'hi/oire de l'me et il n'en esquisse que le roman4 ,la s5sation de trans=m]1 dit-il1 cela n'e/ qu'un mot3 une s5sation re/e une s5sation et ne devi5t pas autre *ose p>ce que d'autres s5sations l'accompagn5t ou lui succd5t4 ,la trans=mation e/ imag9e1 comme le fait primitif de la s5sation avait t imag9 lui-mme4 ,comm5t ,condillac peut-il alors tir] de ce fait t\tes nos facults8 ,sa con/ruction e/ fantaisi/e1 comme la base sur laquelle il l'a pose4 ,p>ti d'un fondem5t hypo?tique1 il donne de nos facults des df9itions arbitraires3 a9si1 il re/e d'accord avec lui-mme1 s'il ne l'e/ pas avec la ralit4 ,son sy/me p\rrait1 p> exemple1 expliqu] la mmoire1 si cette facult n'tait que la suite de l'branlem5t s5sitif prolong2 mais l'explication se dtruit1 qu& on con/ate que le fait de mmoire n'e/ que la s5sation rapp>aissant et reconnue p> le sujet4 ,si n\s suivons dans t\te sa logique le sy/me imag9 p> ,condillac1 il n\s laisse en prs5ce d'une p\ssire de s5sations qui vi5n5t n\s ne savons d'o1 puisqu'il n'y a plus de causes1 et qui se li5t n\s ne savons comm5t1 puisqu'il n'y a plus de sub/ances4 ,au lieu de pr5dre l'esprit dans sa ralit concrte et vivante p\r t*] d'en dml] les lm5ts1 d'all] du sujet ses tats div]s1 il e/ p>ti d'un phnomne ab/rait1 et ne p\vant plus tr\v] l'tre1 il s'e/ enfonc dans l'ab/raction4 ,c'e/ l'objection fondam5tale que lui a faite le vig\reux p5seur ,ma9e de ,biran1 qu&1 p> l'expri5ce intrieure1 il a retr\v le moi rel et vivant1 se faisant a9si le *ef inconte/ de la raction philosophique du comm5cem5t du dix-neuvime sicle4 ,ce vice de m?ode a am5 ,condillac une s+ulire contradiction4 ,il revi5t sans cesse dans ses crits sur l'analyse et la syn?se1 proclamant que la m?ode analytique e/ la seule bonne1 la seule fonde sur la nature et faisant de cet axiome sa pr9cipale dc\v]te4 ,cep5dant1 comme le rem>que1 aprs d'autres1 un philosophe mod]ne un peu oubli#bf1 il ne s'int]dit pas trs s\v5t de faire usage de la syn?se3 en p>ticuli] dans son ,trait des s5sations1 il essaye de refaire l'homme de t\tes pices1 en donnant successivem5t sa /atue *acun des c9q s5s p> une opration m9emm5t syn?tique2 et les dfauts qu'on relve dans son ouvrage ti5n5t prcism5t l'emploi de la syn?se dans un sujet qui y rpugne4 ,une bonne syn?se doit p>tir d'un lm5t vraim5t primitif4 ,la s5sation de ,condillac n'e/ pas cet lm5t2 elle n'e/ primitive que p> hypo?se3 il ne l'a pas obs]ve et il n'a pas pu l'obs]v]2 il l'a imag9e a priori1 lui le p>tisan de la seule m?ode exprim5tale6 ,la s5sation l'tat pur n'e/ pas une ralit1 mais une ab/raction4 ,ce qui e/ donn d'abord1 c'e/ une ralit complexe1 une syn?se vivante2 la s5sation n'e/ qu'un po9t de vue ab/rait pris sur cette syn?se4 #bf ,essai sur les fondem5ts de nos connaissances et sur les c>actres de la critique philosophique1 p> ,a4-,a4 ,,c\rnot4 ,p>is1 ,ha*ette1 #ahea1 t4 ,,ii1 p4 #ic4 ,en essayant de faire l'hi/oire des ides philosophiques de ,condillac1 il tait sans d\te ncessaire de s'appesantir un in/ant sur le plus important de ses crits1 ce ,trait des s5sations1 qui a si longtemps con/itu seul sa gloire dans le monde intellectuel d'une poque qui l'adopta sans le discut]4 ,peut-tre le jugem5t df9itif sur cette longue controv]se a-t-il t port incidemm5t p> un des d]ni]s disciples de ,c\s91 ,m4 ,p4 ,janet3 ,de quelque manire que l'on explique la p5se1 crivait-il un j\r#bg1 soit que l'on admette1 soit que l'on rejette ce que l'on a appel les ides innes1 on e/ =c de reconnatre qu'une trs gr&e p>tie de nos ides vi5n5t de l'expri5ce ext]ne4 ,les ides innes elles-mmes ne sont que les conditions gnrales et indisp5sables de la p5se2 elles ne sont pas la p5se elle-mme4 ,comme ,kant l'a si pr(ondm5t ap]u1 elles sont la =me de la p5se3 elles n'en sont pas la matire4 ,cette matire e/ f\rnie p> le monde extrieur4 ,il faut donc que le monde extrieur agisse sur l'me p\r qu'elle devi5ne capable de p5s]4 ,il faut p> consqu5t un int]mdiaire entre le monde extrieur et l'me4 ,cet int]mdiaire e/ le sy/me n]veux1 qui a p\r c5tre le c]veau4 ,les images et les signes sont les conditions de l'ex]cice actuel de la p5se4 ,le c]veau n'e/ pas seulem5t l'organe c5tral des s5sations2 il e/ l'organe de l'imag9ation et de la mmoire1 l'auxiliaire indisp5sable de l'intellig5ce4 #bg ,revue des ,deux ,mondes du #ae juillet #ahfe4 ,a un sicle de di/ance1 la =me seule tant modifie1 n'e/-ce pas le langage que ,condillac aurait d t5ir8 ,,*apitre ,,iv ,,le ,,trait ,,des ,,animaux ,un des ouvrages les plus orig9aux de ,condillac1 celui dans lequel il a rsum une fois de plus t\te sa doctr9e1 e/ son ,trait des animaux4 ,il le composa peu de temps aprs le ,trait des s5sations1 et comme complm5t ce livre4 ,c'e/ une polmique dirige contre ,desc>tes et sa ?orie du m*anisme1 qui rduit les btes au rle de simples automates1 et contre l'hypo?se assez analogue de ,buffon1 qui croit que les btes n'ont pas des s5sations semblables aux ntres1 p>ce que1 selon lui1 ce sont des tres purem5t matriels4 ,ce d]ni] di/+ue entre les s5sations corporelles et les s5sations spirituelles1 accordant les unes et les autres l'homme1 et bornant la bte aux premires4 ,condillac ti5t p\r l'unit des s5sations1 et surt\t il ne peut compr5dre ce qu'on appelle des s5sations corporelles4 ,et1 rsumant le problme tel qu'il tait pos de son temps1 il crit3 ,il y a trois s5tim5ts sur les btes4 ,on croit communm5t qu'elles s5t5t et qu'elles p5s5t2 les ,s*ola/iques prt5d5t qu'elles s5t5t et qu'elles ne p5s5t pas2 et les ,c>tsi5s les pr5n5t p\r des automates ins5sibles4 ,on dirait que ,m4 de ,b41 considrant qu'il ne p\rrait se dcl>] p\r l'une de ces op9ions sans *oqu] ceux qui df5d5t les deux autres1 a imag9 de pr5dre un peu de *acune1 de dire avec t\t le monde que les btes s5t5t1 avec les ,s*ola/iques quelles ne p5s5t pas et1 avec les ,c>tsi5s1 que leurs actions s'opr5t p> des lois purem5t mcaniques#bh4 #bh ,premire p>tie1 *ap4 ,,iv4 ,t4 ,,iv des uvres4 ,ce qu'il y a de plus s+uli]1 c'e/ le gr& repro*e fait p> ,condillac ,buffon1 savoir que l'auteur des tudes sur la nature manque de la qualit ess5tielle un philosophe et un naturali/e1 qui e/ l'obs]vation4 ,et alors il se donne le facile plaisir de le mettre en contradiction avec lui-mme4 ,la matire inanime1 dit ,buffon1 n'a ni s5sation1 ni consci5ce d'exi/5ce1 et lui attribu] quelques-unes de ces facults1 ce s]ait lui donn] celle de p5s]1 d'agir et de s5tir peu prs dans le mme ordre et de la mme faon que n\s p5sons1 agissons1 s5tons4 ,or1 il accorde ailleurs aux btes s5tim5t1 s5sation et consci5ce d'exi/5ce4 ,donc elles doiv5t p5s]1 agir et s5tir1 comme n\s4 ,il crit encore que la s5sation p> laquelle n\s voyons les objets simples et droits n'e/ qu'un jugem5t de notre me1 occasionn p> le t\*]2 et que si n\s tions privs du t\*]1 les yeux n\s tromp]ai5t1 non seulem5t sur la position1 mais encore sur le nombre des objets4 ,p> consqu5t1 suppos] que les btes n'ont po9t d'me1 qu'elles ne compr5n5t po9t1 qu'elles ne jug5t po9t1 c'e/ suppos] qu'elles voi5t en elles-mmes t\s les objets1 qu'elles les voi5t d\bles et r5v]ss4 ,or1 les ides n'tant que des s5sations1 comme le dcl>e encore ,buffon1 il e/ clair que t\t animal qui fait ces oprations a des ides1 ou1 p\r p>l] plus clairem5t 7et ici ,condillac revi5t son sy/me71 il a des ides1 p>ce qu'il a des s5sations qui lui reprs5t5t les objets extrieurs et les rapports qu'ils ont lui4 ,p> le mme raisonnem5t1 on dit que l'animal a de la mmoire1 qu'il a contract l'habitude de jug] l'odorat1 la vue1 et que cela implique qu'il tablit une comp>aison avec des jugem5ts antrieurs1 qu'il e/ capable d'expri5ce2 ce qui n'e/ pas le fait des automates4 ,ce qui t\*ait p>ticulirem5t ,condillac1 c'tait qu'on prt5dait qu'il avait pris dans ,buffon l'ide premire de son ,trait des s5sations4 ,dans la seconde p>tie du livre1 ,condillac expose son sy/me des facults des animaux1 les comp>ant *aque mom5t celles de l'homme4 ,il s'ef=ce d'expliqu] la gnration des facults *ez les btes1 le sy/me de leurs connaissances1 l'uni=mit de leurs oprations1 l'impuissance o elles sont de se faire une langue proprem5t dite1 leurs intrts1 leurs passions444 ,et il aj\te3 ,le sy/me que je donne n'e/ po9t arbitraire3 ce n'e/ pas dans mon imag9ation que je le puise1 c'e/ dans l'obs]vation4 ,et aussitt1 il comm5ce dcrire la ,gnration des habitudes4 ,au premi] in/ant de son exi/5ce1 un animal ne peut =m] le desse9 de se m\voir4 ,il ne sait seulem5t pas s'il a un corps2 il ne le voit pas2 il ne l'a pas encore t\*4 ,cep5dant les objets font des impressions sur lui2 il pr\ve des s5tim5ts agrables ou dsagrables3 de l naiss5t ses premi]s m\vem5ts4 ,il les comp>e ensuite et les obs]ve2 et son me appr5d rapport] son corps les impressions qu'elle reoit4 ,les mmes beso9s dt]m95t les mmes oprations2 les habitudes de se m\voir et de jug] sont contractes4 ,c'e/ a9si que les beso9s produis5t d'un ct une suite d'ides et de l'autre une suite de m\vem5ts correspondants4 ,les animaux doiv5t donc l'expri5ce les habitudes qu'on leur croit tre naturelles4 ,t\t occups qu'ils sont des plaisirs qu'ils re*]*5t et des pe9es qu'ils veul5t vit]1 l'intrt seul les conduit2 ils ne se propos5t pas d'acqurir des connaissances4 ,leurs ides =m5t une *ane dont la liaison suffit la direction de leurs actes4 ,t\t y dp5d d'un mme pr9cipe1 le beso92 t\t s'y excute p> le mme moy51 la liaison des ides4 ,mais les btes ont inf9im5t mo9s d'inv5tions que n\s1 soit p>ce qu'elles sont plus bornes dans leurs beso9s1 soit p>ce qu'elles n'ont pas les mmes moy5s p\r multipli] leurs ides et p\r en faire des comb9aisons de t\te espce1 en un mot p>ce que leur intellig5ce e/ plus re/re9te et incapable de t\t p]fectionnem5t1 de t\t progrs4 ,de plus1 les btes n'ont po9t de langage1 ce gr& ressort qui contribue aux progrs de l'esprit huma94 ,leur in/9ct n'e/ sr que p>ce qu'il e/ born3 il ne rem>que dans les objets qu'un petit nombre de proprits2 il n'embrasse que des connaissances pratiques2 p> consqu5t1 il ne fait po9t d'ab/raction4 ,leur gr&e infriorit sur l'homme1 c'e/ que1 n'ayant po9t de raison1 les animaux ne peuv5t acqurir un gr& nombre de connaissances4 ,et ,condillac ti5t en donn] deux exemples1 qu'on ne s'att5d pas voir v5ir2 c> ils ressort5t difficilem5t de l'obs]vation et de l'usage des s5s4 ,au re/e1 ces diss]tations sur la manire dont l'homme acqui]t la connaissance de ,dieu et la connaissance de la morale1 avai5t dj t publies anonymem5t p> l'auteur dans le recueil de l',acadmie de ,b]l94 ,la *ose e/ assez intressante p\r que l'on y apporte un in/ant d'att5tion1 puisque le gr& repro*e qu'on fait ,condillac e/ ju/em5t que son sy/me mtaphysique supprime t\te dmon/ration de l'exi/5ce de ,dieu et de la morale4 ,le philosophe1 bi5 ent5du1 comm5ce p> une attaque contre ,desc>tes4 ,a quoi s]v5t des pr9cipes mtaphysiques qui port5t sur des hypo?ses t\tes gratuites8 ,croyez-v\s raisonn] d'aprs une notion =t exacte1 lorsque v\s p>lez de l'ide d'un tre inf9im5t p>fait comme d'une ide qui r5f]me une inf9it de ralits8 ,n'y reconnaissez-v\s pas l'ouvrage de votre imag9ation1 et ne voyez-v\s pas que v\s supposez ce que v\s avez desse9 de pr\v]8 ,quel e/ donc le raisonnem5t de ,condillac8 ,la notion la plus p>faite1 selon lui1 que n\s puissions avoir de la div9it n'e/ pas inf9ie4 ,elle ne r5f]me1 comme t\te ide complexe1 qu'un c]ta9 nombre d'ides p>tielles4 ,p\r se =m] cette notion et p\r dmontr] en mme temps l'exi/5ce de ,dieu1 il e/ un moy5 bi5 simple3 c'e/ de *]*] p> quels progrs et p> quelle suite de rflexions l'esprit peut acqurir cette sorte de connaissance4 ,le voici3 un conc\rs de causes m'a donn la vie2 p> un conc\rs p>eil1 les mom5ts m'en sont prcieux ou *>ge2 p> un autre1 elle me s]a enleve2 je ne saurais d\t] non plus de ma dp5dance que de mon exi/5ce4 ,les causes qui agiss5t sur moi s]ai5t-elles les seules dont je dp5ds8 ,non6444 ,le pr9cipe qui arrange t\tes *oses e/ le mme que celui qui donne l'exi/5ce4 ,voil la cration4 ,elle n'e/ notre g>d que l'action d'un premi] pr9cipe1 p> laquelle les tres de non exi/ants devi5n5t exi/ants4 ,n\s ne saurions n\s en faire une ide plus p>faite2 mais ce n'e/ pas une raison p\r la ni]1 comme les a?es l'ont prt5du4444 ,une cause premire1 indp5dante1 unique1 imm5se1 t]nelle1 t\te-puissante1 immuable1 intellig5te1 libre et dont la ,provid5ce s't5d t\t3 voil la notion la plus p>faite que n\s puissions1 dans cette vie1 n\s =m] de ,dieu4 ,et allant plus lo91 ,condillac tran*e en quelques lignes le r$\table problme de la t\te-puissance de ,dieu et de la lib]t huma9e1 en tablissant que notre lib]t r5f]me trois *oses3 #a;e quelque connaissance de ce que n\s devons ou ne devons pas faire2 #b;e la dt]m9ation de la volont1 mais une dt]m9ation qui soit n\s et qui ne soit pas l'effet d'une cause plus puissante2 #c;e le p\voir de faire ce que n\s v\lons4 ,il y a bi5 dans ces dmon/rations quelque analogie avec la philosophie de sa9t ,?omas2 mais il faut av\] que n\s sommes lo9 de la m?ode d'obs]vation et d'expri5ce qui semblait tre celle du ,trait des s5sations2 et c'e/ p> un long dt\r qu'il e/ possible d'tablir que l'ide de ,dieu vi5t des s5s4 ,il en e/ de mme de l'orig9e de la connaissance des pr9cipes de la morale4 ,les deux ou trois pages que ,condillac consacre a cette "q primordiale1 qui a suscit de si longs dbats1 se ratta*5t en mme temps la diffr5ce qu'il tablit entre l'homme et la bte4 ,l'expri5ce1 dit-il1 ne p]met pas aux hommes d'ignor] combi5 ils se nuirai5t si *acun v\lait s'occup] de son bonheur aux dp5s de celui des autres1 p5sant que t\te action e/ suffisamm5t bonne ds qu'elle procure un bi5 physique celui qui agit4 ,plus ils rfl*iss5t1 plus ils s5t5t combi5 il e/ ncessaire de se donn] des sec\rs mutuels4 ,ils s'engag5t donc rciproquem5t2 ils convi5n5t de ce qui s]a p]mis ou df5du1 et leurs conv5tions sont autant de lois auxquelles les actions doiv5t tre subordonnes2 c'e/ l que comm5ce la moralit4 ,dieu n\s ayant =ms p\r la socit1 les lois que la raison n\s prescrit sont donc des lois que ,dieu n\s impose lui-mme4 ,il y a aussi une loi naturelle1 qui a son fondem5t dans la volont de ,dieu et que n\s dc\vrons p> le seul usage de nos facults4 ,s'il e/ des hommes qui veul5t la mconnatre1 ils sont en gu]re avec t\te la nature1 et cet tat viol5t pr\ve la vrit de la loi qu'ils rejett5t4 ,on croirait lire du ,jean-,jacques ,r\sseau1 tant la bont de l'homme1 son am\r p\r ses semblables1 son obissance aux lois de la nature =m5t des axiomes dont l'nonciation disp5se de t\te preuve6 ,la faon dont ,condillac pr\ve l'immortalit de l'me e/ plus simple encore3 ,ces pr9cipes tant tablis1 n\s sommes capables de mrite et de dmrite env]s ,dieu mme3 il e/ de sa ju/ice de n\s punir ou de n\s rcomp5s]4 ,mais ce n'e/ pas dans ce monde que les bi5s et les maux sont proportionns au mrite et au dmrite4 ,il y a donc une autre vie1 o le ju/e s]a rcomp5s1 o le m*ant s]a puni2 et notre me e/ immortelle444 ,p\rquoi l'me des btes ne l'e/-elle pas8 ,c'e/ p>ce qu'il n'y a po9t d'obligations p\r des tres qui sont absolum5t dans l'impuissance de connatre les lois4 ,ri5 ne leur tant ordonn1 ri5 ne leur tant df5du1 les animaux sont incapables de mrite et de dmrite2 ils n'ont aucun droit la ju/ice div9e4 ,leur me e/ donc mortelle4 ,et1 p\r t]m9]1 comme il avait comm5c1 p> une attaque contre les rationali/es1 le philosophe aj\te qu'il ne voit pas que1 p\r ju/ifi] la ,provid5ce1 il soit ncessaire de suppos] avec ,malebran*e que les btes sont de purs automates4 ,sa conclusion n'e/ pas mo9s ret5ir3 ,ces pr9cipes1 dit-il1 sont les fondem5ts de la morale et de la religion naturelle2 ils prp>5t aux vrits1 dont la rvlation peut seule n\s in/ruire1 et ils font voir que la vraie philosophie ne saurait tre contraire la foi4 ,philosophe d\bl d'un l+ui/e1 ,condillac *]*ait expliqu] l'orig9e des ides p> les mots4 ,il prt5dait que l'ent5dem5t et la volont ne sont que deux t]mes ab/raits1 p>tageant en deux classes les oprations de l'esprit4 ,n\s avons des s5sations que n\s comp>ons1 dont n\s portons des jugem5ts et d'o naiss5t nos dsirs4 ,et comme les langues ont t =mes d'aprs nos beso9s1 il suffit de les consult] p\r reconnatre que les premi]s mots sont v5us d'une application aux seules facults du corps4 ,s5tire1 s5tir1 n'a d'abord t dit que du corps2 et ce qui le pr\ve1 c'e/ que1 qu& on a v\lu l'appliqu] l'me1 on a dit s5tire animo1 s5tir p> l'esprit4 ,s5t5tia exprimait une s5sation avant de s'appliqu] la p5se2 et s5sa m5tis se rapportait l'esprit1 t&is que1 dans ,qu9tili51 s5sus corporis v\lait dire la s5sation proprem5t dite1 ce qu'on a exprim ensuite p> le seul mot s5satio4 ,l'animal n'a que des s5sations2 l'homme seul a des ides4 ,ce qui sp>e la s5sation de l'ide1 ce n'e/ pas seulem5t une trans=mation1 un *angem5t de nature4 ,pass] de la s5sation l'ide c'e/ pass] du physique au mtaphysique1 du corps l'esprit1 de la matire l'me4 ,le s5tim5t1 dit ,buffon1 ne peut quelque degr que ce soit produire le raisonnem5t4 ,c'e/ p>ce qu'il a cr des ides que l'homme a des signes1 qu'il a des langues4 ,l'animal n'a pas d'ides1 et n'ayant pas d'ides1 et n'ayant pas de signs1 il n'a pas de langue4 ,au fond1 le b de ,condillac en crivant son ,trait des animaux e/ de pr\v] que son sy/me s'applique aussi bi5 aux btes qu' l'homme1 s'appuyant sur le mot de son adv]aire lui-mme que s'il n'exi/ait po9t d'animaux1 la nature de l'homme s]ait encore plus incomprh5sible4 ,mais cette nature des tres1 il av\e n'avoir sur elle aucune connaissance p>faite1 complte1 intuitive2 il ne la juge que p> les oprations1 les facults1 leurs rapports1 remontant des effets la cause1 tr\vant le pr9cipe p> la consqu5ce#bi4 #bi ,mmoires de ,trv\x1 #agee1 dcembre1 p4 #bicc4 ,c'e/ t\j\rs le sy/me de ,locke4 ,condillac aj\te qu'il n'e/ passionn p\r la philosophie de cet ,anglais que p>ce qu'on doit l'appliqu] de manire que les matriali/es ne puiss5t en abus]4 ,et c'e/ ju/em5t ce qu'ils n'ont pas hsit faire6 ,ce n\vel ouvrage donna l'occasion la ,correspondance de ,grimm d'attaqu] un auteur qui dcidm5t avait cess de lui plaire4 ,on lit la date de novembre #agee3 ,il y a un an environ que ,m4 l'abb de ,condillac donna son ,trait des s5sations4 ,le public ne le jugea pas t\t fait aussi favorablem5t que je me s\vi5s d'avoir fait2 il eut peu de succs4 ,notre philosophe e/ naturellem5t froid1 svre1 disant peu de *oses en beauc\p de p>oles1 en sub/ituant p>t\t une tri/e exactitude de raisonnem5t au feu d'une imag9ation philosophique4 ,il a l'air de rpt] contre-cur ce que d'autres ont rvl l'humanit avec gnie4 ,on disait dans le temps du ,trait des s5sations que ,m4 l'abb de ,condillac avait noy la /atue de ,m4 de ,buffon dans un tonneau d'eau froide4 ,cette critique et le peu de succs de l'ouvrage ont aigri notre auteur et bless son orgueil2 il vi5t de faire un livre t\t enti] contre ,m4 de ,buffon1 qu'il a intitul3 ,trait des animaux4 ,l'illu/re auteur de l',hi/oire naturelle y e/ trait durem5t1 impolim5t1 sans g>ds et sans mnagem5ts4 ,qu& il s]ait vrai que ,m4 de ,buffon se soit peu gn sur le ,trait des s5sations et qu'il en ait dit beauc\p de mal1 la conduite de ,m4 l'abb de ,condillac n'en s]ait pas mo9s inexcusable4 ,c'e/ une plaisante manire de se v5g] d'un homme dont on a se pla9dre que de faire un ouvrage contre lui et de le remplir de *oses dures et malhonntes4 ,cette faon pr\ve seulem5t peu d'ducation et beauc\p d'orgueil444 ,m4 de ,buffon mettra plus de vues dans un disc\rs que notre abb n'en mettra de sa vie dans t\s ses ouvrages2 c>1 n'en dplaise ,m4 l'abb de ,condillac1 qu& on veut tre lu1 il faut savoir crire#cj444 #cj ,correspondance littraire du #a;er novembre #agee4 dit4 ,t\rneux1 t4 ,,iii1 p4 #aaa4 ,n\s n'avons donn cette apprciation que comme un exemple de la passion que quelques contempora9s apportai5t dans leurs jugem5ts4 ,mais au fond1 la qu]elle tait beauc\p plus grave4 ,si en trois annes1 du ,trait des s5sations au ,trait des animaux1 ,did]ot avait absolum5t *ang d'attitude vis--vis de ,condillac1 c'e/ que les diss]tations sur l'exi/5ce de ,dieu et sur la loi morale tai5t une rponse directe sa fameuse ,lettre sur les aveugles4 ,on sait que cet crit valut l'auteur la lettre de ca*et du #ai juillet #agdi1 qui l'enf]ma p\r trois ou quatre mois au donjon de ,v9c5nes4 ,on l'accusait1 dit le m>quis d',arg5son1 dont le frre tait alors m9i/re1 d'avoir crit et imprim p\r le disme et contre les murs4 ,plus franc ou plus fanatique que ses amis1 ,did]ot avait v\lu faire un vrai manife/e et il avait engag t\s les encyclopdi/es avec lui et t\s ceux que l'on appelait les philosophes4 ,avec un gr& app>eil sci5tifique1 qui tait de mode1 il ab\tissait non pas au disme1 mais l'a?isme pur1 dveloppant l'argum5t banal3 ,si v\s v\lez que je croie en ,dieu1 il faut que v\s me le fassiez t\*]4 ,ni d',alemb]t1 ni ,maup]tuis1 ni l'abb ,galiani ne prt5dai5t all] si lo94 ,voltaire1 t\j\rs prud5t1 crivit ,did]ot cette occasion une lettre entortille1 dans laquelle il f9issait p> df5dre l'exi/5ce de ,dieu4 ,leur lutte contre les croyances religieuses fut une p]ptuelle hypocrisie4 ,ils aurai5t v\lu entran] avec eux ,condillac3 et t&is que ,did]ot l'injuriait1 ,voltaire l'accablait de l\anges4 ,en dpit de critiques envieux1 t\s ses ouvrages avai5t procur ,condillac une vritable notorit2 leurs conclusions tai5t discutes dans les c]cles philosophiques o t\s les beaux esprits v\lai5t alors pntr]2 le gr&-matre de la p5se du sicle devait naturellem5t s'y intress]1 d'autant qu'ayant t le vritable initiateur de ce m\vem5t r=mi/e1 il t5ait en re/] le *ef4 ,ses ,lettres philosophiques1 qui datai5t dj de v+t ans1 n'avai5t-elles pas ouv]t la voie t\s ces travaux1 aussi bi5 que son sj\r en ,anglet]re1 ses traductions de ,newton et de ,b]keley avai5t mis la mode des pr9cipes dont t\t le monde se recomm&ait l'envi4 ,mais ,voltaire n'tait pas en ,france4 ,retir prs de ,g5ve1 dans cette jolie proprit cre p> lui1 appele p> lui les ,dlices1 il t5ait table ouv]te1 recevait t\s les voyageurs de m>que3 ,palissot1 ,le ,ka91 ,mme d'p9ay et du ,bocage1 le philosophe anglais ,gibbon1 le jsuite itali5 ,bett9elli1 son vois9 de ,g5ve1 le conseill] ,franois ,tron*94 ,t\t ce monde dfilait au has>d s\s la prsid5ce de ,mme ,d5is4 ,condillac avait envoy ,voltaire ses ouvrages au mom5t de leur publication4 ,celui-ci les avait lus1 rs]vant son jugem5t4 ,au b\t de quatre ans1 il veut m>qu] sa place dans ce m\vem5t philosophique1 qui semble russir2 il le fait avec son habilet1 sa bonne grce ord9aire1 ses flatt]ies1 mles de quelques malices2 et il crit l'abb de ,condillac1 qu'il n'a probablem5t jamais vu1 c> il y a longtemps qu'il n'a sj\rn ,p>is4 ,la lettre1 bi5 que figurant dans les div]ses ditions de la ,correspondance de ,voltaire1 mrite d'tre cite1 du mo9s dans ses p>ties pr9cipales3 _/99 ,aux ,dlices1 prs ,g5ve4 ,avril #agee4 ,a ,m4 l',abb de ,condillac1 ,p>is4 99_/ ,v\s s]ez tonn1 ,monsieur1 que je v\s fasse si t>d des rem]ciem5ts que je v\s dois depuis si longtemps2 plus je les ai diffrs1 plus ils v\s sont dus444 ,je tr\ve que v\s avez raison dans t\t ce que j'ent5ds1 et je suis sr que v\s auriez raison encore dans les *oses que j'ent5ds le mo9s444 ,il me semble que p]sonne ne p5se1 ni avec tant de pr(ondeur1 ni avec tant de ju/esse que v\s4 ,j'ose v\s communiqu] une ide que je crois utile au g5re huma94 ,je connais de v\s trois ouvrages3 l',essai sur l'orig9e des connaissances huma9es1 le ,trait des s5sations et celui des ,animaux4 ,peut-tre qu& v\s ftes le premi]1 ne songiez-v\s pas faire le second1 et qu& v\s travailltes au second1 v\s ne songiez pas au troisime4 ,j'imag9e que depuis ce temps-l1 il v\s e/ v5u quelquefois la p5se de rassembl] en un corps les ides qui rgn5t dans ces trois volumes et de faire un ouvrage m?odique et suivi1 qui conti5drait t\t ce qu'il e/ p]mis aux hommes de savoir en mtaphysique444 ,il me semble qu'un tel ouvrage manque notre nation2 v\s la r5driez vraim5t philosophe444 ,je crois que la campagne e/ plus propre p\r le recueillem5t d'esprit que le tumulte de ,p>is4 ,je n'ose v\s (frir la mi5ne2 je cra9s que l'loignem5t ne v\s fasse peur2 mais aprs t\t1 il n'y a que #hj lieues en passant p> ,dijon4 ,je me *>g]ais d'arrang] votre voyage3 v\s s]iez le matre *ez moi1 comme *ez v\s2 je s]ais votre vieux disciple1 v\s en auriez un plus jeune dans ,mme ,d5is1 et n\s v]rions t\s les trois ensemble ce que c'e/ que l'me4 ,s'il y a quelqu'un capable d'inv5t] des lunettes p\r dc\vrir cet tre imp]ceptible1 c'e/ assurm5t v\s444 ,voil bi5 des p>oles p\r un philosophe et p\r un malade444 ,en un mot1 si v\s p\viez v5ir travaill] dans ma retraite un ouvrage qui v\s immortalis]ait1 si j'avais l'avantage de v\s possd]1 j'aj\t]ais votre livre un *apitre du bonheur444 ,je v\s suis dj atta* p> la plus haute e/ime444 ,l'(fre tait s+ulirem5t t5tante4 ,condillac ne l'accepta pas3 ,voltaire l'aurait entran plus lo9 qu'il n'aurait v\lu2 et il t5ait ne se compromettre ni avec les ,encyclopdi/es ni avec ,voltaire4 ,peut-tre comprit-il la f9e critique du matre criva9 qui tr\vait videmm5t que1 dans ses premi]s livres1 l'abb de ,condillac rpte s\v5t la mme *ose s\s des =mes div]ses et que sa doctr9e dem&ait tre cond5se8 ,peut-tre aussi aurait-il t quelque peu emb>rass de pr\v] l'immortalit de l'me ,mme ,d5is8 ,mais1 au fond1 il allait bi5tt faire ce que dem&ait ,voltaire4 ,son prceptorat de ,p>me lui donn]a l'occasion de rdig] un ,c\rs d'tudes1 qui e/ bi5 un ouvrage m?odique et suivi sur t\t ce qu'il e/ p]mis aux hommes de connatre4 ,entre temps1 il vivait ,p>is au milieu de cette socit polie qui flattait les criva9s et qui ce mom5t mme accueillait favorablem5t ,jean-,jacques ,r\sseau1 auquel on p>donnait ses inconsqu5ces4 ,condillac semble tre demeur son ami assez intime1 trs dispos lui v5ir en aide4 ,r\sseau avait quitt l',ermitage et ,mme d p9ay2 il allait se retir] ,montmor5cy s\s l'gide des ,luxemb\rg4 ,c'tait en #agef ou #ageg3 ,condillac lui fait "p d'une proposition assez s+ulire1 mais qui p\vait donn] quelque pr(it4 ,il s'excuse d'abord de ce qu'il ne peut all] le voir dans le bois de ,montmor5cy et il lui envoie des obs]vations de ,m4 de ,buffon sur ceux de ses ouvrages o il e/ "q d'hi/oire naturelle2 puis il p\rsuit3 ,je connais une p]sonne qui e/ dans le cas de faire des disc\rs publics4 ,v\driez-v\s1 dans l'occasion1 v\s *>g] de cette besogne4 ,on v\s communiqu]a le sujet1 le lieu des disc\rs1 et mme peu prs ce qu'on aura dire4 ,il e/ bon de v\s prv5ir que cette p]sonne n'e/ pas dans le cas de faire de longs disc\rs3 il ne s'agira que d'une v+ta9e de lignes4 ,celui dont il s'agit e/ un homme d'esprit qui n'e/ pas dans l'habitude d'crire4 ,c'e/ un gr& admirateur de t\t ce que v\s avez donn au public3 il e/1 d'ailleurs1 de nos amis depuis bi5 des annes4 ,j'ai p5s que v\s p\rriez quelque peu v\s amus] h>angu] les bois4 ,cette p]sonne tait vraisemblablem5t le duc de ,niv]nois1 ami des philosophes1 des conomi/es1 philan?rope lui-mme1 qu'avai5t d sduire les utopies sociales de ,r\sseau4 ,mais le projet n'eut pas de suites1 et les ress\rces v9r5t d'ailleurs4 ,condillac aj\tait3 ,on a dit ,mme de ,*5onceaux qu'on avait fait une bro*ure de votre article conomie4 ,en avez-v\s connaissance et savez-v\s o elle se tr\ve8 ,c'e/ une "q qu'elle m'a *>g de v\s faire4 ,adieu1 ,monsieur1 je v\s embrasse2 ayez de l'amiti p\r moi1 et comptez qu'il e/ dans la ville d'assez honntes g5s p\r aim] beauc\p et vos tal5ts et votre p]sonne #ca4 #ca ,j4-,j4 ,r\sseau4 ,ses amis et ses ennemis4 ,correspondances publies p> ,m4 ,,/reckeis5-,,m\lt\1 #ahfa1 9-#h1 t4 #a;er1 p4 #eae4 ,mme de ,*5onceaux tait cette ,ro*e*\>t qui avait p\s le fils du f]mi] gnral ,dup91 dont ,r\sseau avait t un in/ant prcepteur4 ,c'e/ dans ce milieu un peu compromettant qu'on v9t *]*] l'auteur du ,trait des s5sations p\r l'envoy] dans une petite c\r itali5ne4 ,blank ,page ,,*apitre ,v ,l',,ducation ,,de ,l',,infant ,,de ,,p>me 7#ageh-agfg7 ,on sait p> quelles laborieuses ngociations la fille ane de ,l\is ,,xv1 ,l\ise-lisabe? de ,france1 m>ie qu9ze ans un infant d',espagne1 fils de ,philippe ,v1 dev9t du*esse de ,p>me et de ,plaisance4 ,son m>i1 dom ,philippe1 l'un des enfants d'lisabe? ,f>nse1 tait indol5t et peu intellig5t2 il laissait volonti]s sa femme pr5dre t\tes les responsabilits et t\tes les initiatives4 ,celle-ci1 au contraire1 avait l'esprit ouv]t1 une gr&e application ses devoirs de s\v]a9e1 des dispositions la diplomatie et un s\ci con/ant de ses intrts4 ,elle v5ait s\v5t la c\r de ,france2 et ni la *asse1 ni le jeu1 ni les ?tres1 ni les arts ne la dt\rnai5t de ses proccupations p]sonnelles4 ,elle tait ,p>is en #ageg1 et assi/a l'anne suivante la *ute du c>d9al de ,b]nis et aux dbuts de la faveur de ,*oiseul4 ,trs anxieuse de l'av5ir de son jeune fils ,f]d9& et dsirant lui mnag] un tablissem5t plus brillant que celui de ,p>me1 elle veut lui faire donn] une ducation mo9s arrire que celle des pr9ces espagnols4 ,ce n'e/ po9t qu'elle ne soit bonne *rti5ne et qu'elle nglige ses devoirs de consci5ce2 mais elle n'a po9t la pit au/re de sa mre1 ,m>ie ,lecz9ska1 et il lui arrive mme de p>l] assez lgrem5t de la prtraille itali5ne4 ,d'autre "p1 elle n'a aucune t5dresse p\r les jsuites4 ,elle *]*e ,p>is un prcepteur qui rponde ses dsirs et elle crit son m>i3 ,j'espre dans deux mois avoir un bon sujet p\r notre fils4 ,a9si il n'y a qu' laiss] le pre ,fum]on#cb2 mais il ne faut pas encore lui faire ri5 dire l-dessus2 et j'espre que n\s aurons un trs bon sujet#cc4 #cb ,le ,p4 ,fum]on tait g\v]neur du jeune pr9ce1 qui avait p\r s\s-g\v]neur ,m4 de ,kralio1 qu'on cons]va4 #cc ,lettres du #g novembre #ageg4 ,le ,g5dre de ,l\is ,,xv1 p> ,m4 ,casimir ,,/ry5ski1 #aijd1 9-#h4 ,ce trs bon sujet1 qu'on mit du re/e quelques mois tr\v]1 ce fut l'abb de ,condillac1 qui s'tait acquis depuis quelques annes dans la philosophie et la sci5ce une relle illu/ration4 ,il avait eu so91 comme n\s l'avons vu1 de ne froiss] aucune conviction et se dcl>ait nettem5t spirituali/e2 mais1 p\r succd] un jsuite1 le *oix de ce demi-ecclsia/ique tait bi5 un peu audacieux4 ,l'abb de ,condillac p>tira lundi1 crivait lisabe? l',infant1 de ,v]sailles1 le #ad m>s #ageh2 je suis p]suade que tu en s]as cont5t1 c'e/ tonnant le bi5 que t\t le monde en dit#cd4 #cd ,une ,fille de ,france1 p> ,m4 ,l4 ,,de ,,beauriez1 #ahhg1 9-#ab4 ,en dehors de la faveur de la re9e dont n\s avons p>l1 ,condillac fut s+ulirem5t recomm& p\r ce po/e p> le duc de ,niv]nois1 anci5 ambassadeur ,rome1 et aussi p> ,duclos qui1 ,breton1 tait re/ trs li avec son compatriote le s\s-g\v]neur du jeune pr9ce1 ,m4 de ,kralio4 ,l'abb de ,condillac se mit donc en r\te dans le c\rant de m>s #ageh p\r se r5dre auprs de son lve4 ,sa nom9ation produisit quelque sc&ale1 c> il y avait pe9e quatre ans que le ,trait des s5sations1 publi p\rtant sans fracas1 b\lev]sait un peu les ides reues1 sans qu'on st encore quelle influ5ce aurait cette rvolution philosophique4 ,malgr ce livre que l'on dit un peu mtaphysique1 crivait encore l',infante son m>i#ce1 n\s n'aurons1 je crois1 ri5 n\s repro*] sur ce *oix ni en ce monde1 ni en l'autre4 ,malheureusem5t la du*esse de ,p>me ne devait pas suivre longtemps l'ducation de son fils4 ,trs fatigue p> la besogne crasante qu'elle s'imposait et qui s'accrut encore la mort de son beau-frre1 le roi d',espagne1 ,f]d9& ,,vi1 qu& elle s'a*>na aux ngociations infructueuses du m>iage de sa fille avec l'ar*iduc ,joseph1 la pauvre ,l\ise-lisabe? se s5t mortellem5t frappe et elle adresse son fils des conseils qui sont empre9ts d'une lvation morale peu commune4 ,condillac dut les mdit] avec d'autant plus d'admiration qu'ils tai5t anims d'un am\r p\r la ,france et p\r le roi qui p\vait consol] son exil4 ,ces considrations1 qui annonc5t le pacte de famille1 prcdr5t de bi5 peu la mort de la fille bi5-aime de ,l\is ,,xv4 ,babet1 aprs quelques symptmes inconnus1 que les mdec9s du temps soignr5t p> les saignes ord9aires1 fut enleve p> la petite vrole ,p>is le #f dcembre #agei2 et c'e/ le roi lui-mme qui dut annonc] la fatale n\velle son g5dre4 ,dom ,philippe re/a cras p> la p]te de sa femme2 il n'avait jamais vcu que s\s la direction assez rude de sa mre1 ou s\s l'gide non mo9s dom9ante de ,l\ise-lisabe?2 il laissa dsormais agir son premi] m9i/re ,guillaume du ,tillot1 m>quis de ,fel9o1 qui1 en dpit de son obscure orig9e1 ex]a sur le du* de ,p>me une influ5ce civilisatrice que jamais n'avai5t eue les ,f>nse et dont leurs successeurs ne sur5t pas pr(it]4 ,imbu des ides philosophiques n\velles1 il devait s'ent5dre avec l'abb de ,condillac1 qui de plus avait retr\v ,p>me un de ses compatriotes dauph9ois1 ,f]iol1 puis ,duclos1 hi/oriographe de ,france1 et d',arg5tal1 le fcond romanci]1 qui allait dev5ir l'ami de ,voltaire1 conseill] d'honneur au ,p>lem5t de ,savoie et plnipot5tiaire du duc4 ,ces prcurseurs de la ,rvolution ne ddaignai5t pas les faveurs pr9cires6 #ce ,une ,fille de ,france1 p4 #adg4 ,il y r5contra aussi1 mais plus t>d1 au milieu de #agfj1 un autre ,franais1 bi5 oubli auj\rd'hui1 un ,bordelais1 non sans valeur1 et qui eut dans son exi/5ce des vicissitudes trs div]ses4 ,c'tait ,alex&re ,deleyre#cf1 d'abord lve des jsuites et ayant t sur le po9t d'entr] dans la compagnie1 dev5u assez vite libre p5seur4 ,arriv ,p>is o il connut ,duclos et ,did]ot1 il crivit p\r l',encyclopdie le fameux article sur le ,fanatisme1 en mme temps qu'il composait les v]s des romances dont ,jean-,jacques ,r\sseau faisait la musique4 ,aprs avoir t secrtaire des c>ab9i]s du comte de ,gisors1 g5dre du duc de ,niv]nois1 il fut nomm atta* l'ambassade de ,france ,vi5ne1 puis dsign comme biblio?caire de l',infant de ,p>me dont ,condillac tait prcepteur en titre4 ,il s'tait m>i non sans difficults1 le duc de ,niv]nois ayant t oblig de faire lev] l'int]diction que le cur avait mise la clbration de cette union cause de l'crit sur le ,fanatisme4 ,bi5 peu de temps aprs son arrive ,p>me1 l'abb de ,condillac p>lait de lui leur protecteur commun dans une lettre 9dite1 qui comportait ces pralables explications4 ,aup>avant ,deleyre m&ait ,r\sseau3 ,il faut all] la c\r du pr9ce de ,p>me4 ,v\s e/imez ,m4 l'abb de ,condillac1 son prcepteur4 ,v\s lui direz ce que v\s p5sez de moi2 j'espre que cela ne n\s br\ill]a pas ensemble#cg4 #cf ,n en #agbf1 mort en #agig4--,ses lettres adresses de ,p>me ,j4-,j4 ,r\sseau ont t publies p> ,m4 ,,/reckeis5-,,m\lt\1 t4 #a;er4 #cg ,j4-,j4 ,r\sseau4 ,ses amis et ses ennemis1 t4 ,i]1 p4 #bja4 ,voici la lettre du #c ju9 #agfa au duc de ,niv]nois#ch3 ,je juge bi5 du *agr9 que v\s pr\vez au sujet des ,messieurs de ,mirabeau1 c> je fais comme v\s faites4 ,autant v\s v\lez leur r5dre s]vice1 autant t\tes les dm>*es sont difficiles et dlicates4 ,je n'ai lu que la prface du m>quis2 mais les *oses y sont dites avec une fran*ise qui ne peut manqu] de rvolt] les esprits4 ,ces sortes d'ouvrages produis5t du bi5 et du mal4 ,les auteurs sont ceux qui p>aiss5t le mo9s pla9dre3 le c\rage qu'ils ont montr les console de leur disgrce4 ,je pla9s davantage leurs amis1 qu& ils p5s5t comme n\s4 ,en vrit1 ,monsieur le duc1 v\s avez bi5 v\s pla9dre de ceux que v\s aimez3 tantt ils manqu5t de sant1 tantt de conduite4 ,j'ai peur que cela ne pr5ne trop sur v\s2 mais songez que v\s en avez ,p>me qui se port5t bi5 et dont la besogne va t\j\rs de mieux en mieux4 ,je fais de l'ex]cice t\s les j\rs1 et le g\v]neur1 qui e/ une mauvaise tte1 dit que je suis un f\1 p>ce que je me promne qu& il ne fait pas de soleil4 ,m4 et ,mme ,deleyre sont plus raisonnables2 ils m>*5t et je m>*e avec eux4 ,t\s v\s (fr5t leur respect4 ,j'ai mis ,m4 ,deleyre l'hi/oire d',anglet]re4 ,l',infant v\s rpondra p> l'ord9aire pro*a94 ,n\s sommes *>ms des bonnes n\velles que v\s n\s donnez de ,mme la du*esse et de ,mme de ,gisors#ci et de ,ro*e=t4 ,adieu1 ,monsieur le duc1 songez de temps en temps votre sant et votre besogne2 et ce s]a une di/raction1 c> v\s v\s y intressez444 #ch ,autogr4 ,ar*ives de famille4 #ci ,le comte de ,gisors tait mort trs jeune en #ageh4 ,le m>quis de ,mirabeau1 si connu p> ses av5tures judiciaires1 avait quitt la ,prov5ce et tait v5u s'tablir en #agdb ,p>is o il s'tait li avec les ,encyclopdi/es et surt\t avec les conomi/es dont ,quesnay s]a le *ef d'cole4 ,il frqu5tait les salons la mode et l'htel de ,niv]nois4 ,le livre qui a fait sa rputation1 l',ami des hommes1 avait t publi secrtem5t en #agef1 soi-disant ,avignon2 mais l'dition qui fut surt\t rp&ue e/ celle en trois volumes 9-#d1 qui p>ut de #ageh #agfj4 ,elle fit sc&ale p> les attaques sans modration que prodiguait l'auteur contre le g\v]nem5t tabli et p>ticulirem5t contre les droits fodaux ou les privilges de l'ordre de la noblesse1 auquel il se piquait p\rtant d'app>t5ir4 ,il tait la fois agriculteur1 libre-*angi/e1 p>tisan de la dc5tralisation et de l'abolition des r5tes4 ,condillac p>tageait assurm5t une gr&e p>tie de ses ides2 mais il tr\vait qu'il les prs5tait avec une viol5ce qui dpassait les bornes4 ,il tait dans la mme situation vis--vis de ,deleyre4 ,ce d]ni] avait publi une ,analyse de la philosophie de ,bacon et avait collabor avec ,su>d des mlanges hi/oriques4 ,condillac v\lut lui faire rdig] un c\rs d'hi/oire mod]ne p\r l',infant2 mais ,deleyre se livra des apprciations si immodres que le prcepteur ne put utilis] le travail1 son esprit m9emm5t judicieux1 dit un biographe de ,deleyre1 ne p\vant se rs\dre sanctionn] une trop maladroite audace#dj4 ,tant que1 dans une situation mode/e1 l'criva9 v\lut p\rsuivre le triomphe de la philosophie sur les prjugs1 le dang] fut mdiocre2 mais la ,rvolution surv5ant1 ,deleyre se d*ana3 il dev9t jacob9 et se fit nomm] p> son pays dput la ,conv5tion4 ,il y vota la mort du roi1 et1 plus heureux que ses amis de la ,gironde1 put *app] la t\rm5te1 de sorte qu'on le retr\ve en #agie au ,conseil des ,c9q-,c5ts et mme l',acadmie des sci5ces morales et politiques1 alors la seconde classe de l',in/itut4 ,il tait re/ huit ans ,p>me et avait mme obt5u du duc une p5sion viagre de #bjj livres4 #dj ,notice sur ,alex&re ,deleyre p> ,joa*im ,le ,breton1 lue en #agig l',in/itut4 ,condillac avait qu>ante-huit ans2 il passa en ,italie les dix plus belles annes de sa vie4 ,et si dom ,f]d9& ne dev9t pas un pr9ce clair et ressembla trop son pre1 on ne saurait s'en pr5dre au prcepteur4 ,r>em5t ducateur s'imposa p\r son lve un semblable travail4 ,les seize volumes du ,c\rs d'tudes1 dont n\s aurons p>l] bi5tt1 en tmoign5t suffisamm5t4 ,mais l',infant tait dissimul1 faible1 timide et v]satile4 ,il hassait le travail1 et s'en rapportait son pre d'abord1 ses m9i/res ensuite1 si bi5 qu'il fit peu d'honneur son matre4 ,condillac lui avait tmoign t\tes les sortes de dv\em5t4 ,a la f9 de #agfd1 le jeune pr9ce avait t atte9t de la petite vrole3 on le fit inocul] p> le fameux ,g5evois ,tron*94 ,l'abb lui prodigua les so9s les plus pat]nels et prit la maladie4 ,on le crut mort4 ,le #aj et le #aa dcembre #agfd1 ,voltaire annonce la n\velle au comte d',arg5tal et ,damilaville3 ,condillac e/ mort de la petite vrole naturelle4 ,cela v\lait dire qu'il n'avait po9t t inocul p> ces mdec9s comme ,om]1 que le patri>*e de ,f]ney p\rsuivait de t\s ses s>casmes4 ,l'abb de ,condillac1 aj\te-t-il1 rev5ait en ,france avec une p5sion de #aj #jjj livres et l'assurance d'une grosse abbaye4 ,il allait j\ir du repos et de la =tune4 ,il meurt1 et ,om] e/ en vie4 ,n\s p]dons l un bon philosophe#da4 ,on tr\ve plus de dtails dans une curieuse lettre de ,deleyre ,jean-,jacques ,r\sseau1 date de ,p>me mme1 le #ah fvri] #agie3 ,je v\s annonais p> ma d]nire lettre que ,m4 l'abb de ,condillac tait attaqu de la petite vrole3 il a t prs d'un j\r l'agonie1 au po9t qu'on avait dj comm5c t5dre en deuil l'glise o on devait l'ent]r]4 ,mais il y a deux mois qu'il se promne4 ,je v\s p>le de sa maladie1 p>ce qu'il y a montr la plus gr&e =ce d'me4 ,dans les mom5ts qu'il croyait les d]ni]s1 il ne s'e/ occup qu' dict] une lettre vraim5t philosophique p\r le jeune pr9ce qu'il in/ruit4 ,ensuite1 il a dem& qu'on le laisst m\rir tranquillem5t4 ,sa f]met /oque e/ des plus exemplaires4 ,elle a fait beauc\p d'impression sur t\s les esprits4 ,mais on y aspir]ait inutilem5t avec un c>actre s5sible et diffr5t du si5444 ,sa petite vrole1 quoique de la pire espce1 ne lui a caus aucun f*eux accid5t4 ,sa vue mme1 qu'il avait trs dlicate1 comme v\s savez1 n'en a po9t s\ff]t#db4 #da ,correspondance de ,voltaire4 dit4 ,beu*ot1 t4 ,,lxii1 p4 #abc et #abe4 #db ,deleyre ,r\sseau1 ,,/reckeis5-,,m\lt\1 t4 ,i]1 p4 #bdf4 ,voltaire prit la *ose plus gaiem5t4 ,dtromp p> d',alemb]t1 il dm5t la n\velle qu'il avait propage1 et m&e avec son esprit ord9aire son ami ,bordes1 de ,lyon3 ,v\s savez prs5t que l'abb de ,condillac e/ ressuscit2 et ce qui fait qu'il e/ ressuscit1 c'e/ qu'il n'tait pas mort4 ,dieu m]ci1 voil un philosophe que la nature n\s a cons]v4 ,il e/ bon d'avoir un locki/e de plus dans le monde1 lorsqu'il a tant d'as9i/es1 de jansni/es444#dc4 #dc ,f]ney1 #d janvi] #agfe4 ,correspondance1 t4 ,,lxii1 p4 #afd4 ,r\sseau avait obs]v cette occasion que ,condillac et mrit les honneurs r5dus au mdec91 puisqu'il s'tait expos davantage4 ,qu& l'ducation fut t]m9e1 dom ,philippe1 t\j\rs en bons t]mes avec son beau-pre1 dem&a ,l\is ,,xv une abbaye en ,france comme rcomp5se p\r ,condillac4 ,cette abbaye fut ,mureau1 au diocse de ,t\l#dd4 ,a pe9e lui fut-elle accorde que l'abb rem]cia le roi p> une lettre adresse au duc de ,prasl93 ,p>me1 #af fvri] #agfede4 ,monsieur1 ,je sais que je v\s dois la grce que le ,roi vi5t de me faire1 honteux de n'avoir po9t mrit p> moi-mme votre protection2 ma vanit tr\ve un ddommagem5t1 lorsque je p5se que je la dois l'e/ime dont ,m4 le duc de ,niv]nois m'honore2 ce titre1 elle m'tait assure4 ,je dsire1 ,monsieur le ,duc1 que v\s me p]mettiez de reg>d] vos bi5faits comme un droit votre e/ime1 et de re*]*] les occasions de v\s faire ma c\r1 et de v\s pr\v] la reconnaissance que je cons]v]ai t\te ma vie4 ,si v\s me refusiez ces d]nires grces1 v\s ne m'auriez fait du bi5 qu' demi4 ,je suis avec respect1 ,monsieur1 votre trs humble et trs obissant s]viteur4 ,,condillac4 #dd ,l'abbaye de ,mureau 7,mir-,vallis71 de l'ordre des ,prmontrs1 tait situe aux conf9s des du*s de ,b> et de ,lorra9e1 prs ,neuf*teau4 ,gallia ,*ri/iana1 t4 ,,xiii1 p4 #aafa4 #de ,affaires trangres4 ,p>me #bg1 f4 #bg4 ,condillac tait re/ ,p>me p\r assi/] au m>iage de la sur de son lve avec le pr9ce des ,a/uries4 ,il avait accompagn ,alex&rie l',infant dom ,philippe qui fut atte9t subitem5t de la petite vrole4 ,on crut d'abord la maladie sans gravit4 ,le reprs5tant de la ,france ,p>me crivait ,prasl91 m9i/re des affaires trangres3 ,l',infant m'a appel ce mat9 et m'a dit3 ,ne voil-t-il pas une jolie av5ture p\r un homme de mon ge8 ,je lui ai rpondu que l'abb de ,condillac1 qui tait bi5 plus vieux que lui1 s'tait tir d'une petite vrole affreuse4 ,son ,altesse ,royale m'a dit1 en effet1 que cet exemple devait rassur]4 ,trois j\rs aprs1 le #ah juillet #agfe1 l',infant m\rait1 comme m\rut plus t>d le roi ,l\is ,,xv4 ,les familles royales tai5t s+ulirem5t frappes p> ce t]rible mal1 auj\rd'hui disp>u4 ,l'abb de ,condillac prolongea encore quelques mois1 bi5 qu'il n'et plus de rle j\] prs d'un jeune pr9ce qui s'ex]ait assez mal son mti] de s\v]a94 ,v\lant rev5ir ,p>is1 p\r y vivre tranquille au milieu de ses amis1 il *]*ait un logem5t1 et il s'tait adress p\r se r5seign] au duc de ,niv]nois1 d'autant que c'tait dans le qu>ti] du ,luxemb\rg1 trs avant sur la rive gau*e1 qu'il dsirait s'tablir4 ,le duc lui avait indiqu une maison que l'abb tr\vait trop *re4 ,de l une correspondance dont n\s avons pu retr\v] deux lettres =t curieuses1 mo9s p> ce qu'elles n\s appr5n5t que p> le ton gnral indiquant bi5 le c>actre des p]sonnages et leurs habitudes de vie3 _/99 #f dcembre #agff4 ,a ,monsieur le ,duc de ,niv]nois4 ,monsieur1 99_/ ,quatre-v+ts ou #ajj l\is p\r un app>tem5t6 ,et puis v\s me dem&ez combi5 de monde j'aurai avec moi4 ,quelle ide1 ,monsieur le duc1 v\s v\s faites d'un philosophe6 ,il me semble que je suis dj ,p>is1 p>lant de mes g5s et de ma maison4 ,cep5dant j'arriv]ai seul avec un homme qui c\rra la po/e devant moi et que je laiss]ai p\r pr5dre deux laquais4 ,aprs y avoir bi5 rfl*i avec l',ogre#df1 j'irai desc5dre dans un htel g>ni1 o n'tant qu'en passant1 je crois que je s]ai bi5 p\r #bj cus ou trois l\is p> mois4 ,n\s autres g5s d'glise n\s ne sommes p\r nos aises avoir2 il ne faut pas que j'oublie le temps que je n'en avais pas1 et que1 p\r v\loir auj\rd'hui en avoir trop1 je me mette dans le cas de n'en avoir pas assez4 ,e/-ce que1 p\r #ab ou #a #cjj livres1 je ne tr\v]ai pas un app>tem5t non meubl et honnte1 et p\r #b #jjj cus ne p\rrai-je pas me meubl] conv5ablem5t p\r l'ess5tiel8 ,j'aime mieux quelques b\teilles de v9 de plus dans ma cave et mo9s de magnific5ce dans mes meubles et mon logem5t4 ,d'ailleurs1 ,monsieur le duc1 je ne vois de clair dans mon rev5u que mon abbaye1 et #a #jjj cus que j'ai d'ailleurs4 ,ce qu'on me donn]a ici ne me p>at pas un fond bi5 sr p\r l'av5ir1 et puis je ne sais pas ce qu'on me donn]a3 c> je n'ai po9t dem& ,m4 du ,tillot comm5t il me trat]a4 ,si l',infant don ,philippe vivait1 je p\rrais avoir des prt5tions et dire ce que je prt5ds4 ,je le f]ais1 p>ce que la *ose s]ait plus ju/e qu'intresse2 mais v\s s5tez qu'auj\rd'hui cette corde-l e/1 de t\tes celles de mon clavi]1 celle que je t\*]ai le mo9s2 je dem&]ai cep5dant ,m4 du ,tillot ce qu'il veut faire1 af9 de savoir quoi m'en t5ir2 et dans ma premire lettre j'aurai l'honneur de v\s dire quelle s]a ma =tune4 ,l',ogre1 qui v\s (fre ses regrets1 a reu votre lettre du #ba novembre et je vi5s de rem>qu] que celle laquelle je rponds e/ du #a;er du mme mois3 je la reois cep5dant auj\rd'hui2 je ne sais o elle s'e/ arrte4 ,j'ai reu il y a huit j\rs celle que v\s m'avez fait l'honneur de m'crire le #ad2 je m'tais bi5 d\t que mes que/ions sur mon inconnue1 que je connais1 v\s div]tirai5t4 ,n\s att5dons ,m4 ,duclos3 il s]a c]ta9em5t prv5u1 et si son arrive je suis encore ici1 j'y contribu]ai de mon mieux4 ,j'en ai prv5u l',infant et je lui ai fait "p de l'intrt que v\s y pr5ez4 ,m4 de la ,h\se m'a dit que ,m4 de ,gu] occupe dans la rue de ,cond une maison de g>on1 t\te boise et de #acjj livres de loy]1 et qu'il veut la quitt]4 ,peut-tre p\rrait-elle me conv5ir4 ,si v\s avez l'occasion de voir ce que c'e/1 je v\s en s]ai oblig4 ,voil une longue lettre o il n'e/ "q que de moi1 de ma maison et de mes g5s4 ,si je comptais mo9s sur vos bonts1 je la jett]ais au feu2 mais je v\s l'envoye telle qu'elle e/ et je v\s prie d'agrer mes excuses4 ,abb ,,de ,,condillac#dg4 ,p>me1 #f dcembre #agff4 #df ,l',ogre1 c'e/ ,m4 de ,kralio4 #dg ,aut4 ,ar*ives de famille4 ,le duc rpondit le #bf dcembre3 ,vraym5t1 mon *] abb1 'auroit t un trsor p\r t\s que ce logem5t de ,m4 de ,gu] dont v\s a p>l ,m4 de la ,h\se1 t\t bois1 dans la rue de ,cond1 #a #ejj livres de loy]2 c'toit un trsor2 mais ne v\s en rj\issez pas2 c> voicy le fait3 ce n'e/ po9t un ap>tem5t1 mais une maison entire1 trs petite la vrit et propre un g>on4 ,m4 de ,gu] croit qu'il s]a oblig de la quitt]1 p>ce que le propritaire veut la v5dre1 au lieu d'y faire des rp>ations conv5ables et urg5tes dont elle a beso94 ,enf9 le prix du loy] qu'en donne ,m4 de ,gu] e/ #b #fjj livres et non pas #a #ejj4 ,v\s voys que notre ,m9i/re n'a ri5 exagr dans son rcit1 il s'en faut bi52 mais v\s voys1 p> le dtail exact que je vi5s de v\s faire1 qu'il n'y a ri5 qui v\s convi5ne4 ,je crois t\j\rs v\s avoir fait moy une vraie tr\vaille dans ce petit app>tem5t au ,luxemb\rg dont je v\s ay p>l et sur lequel j'att5ds votre rponse4 ,je suis trs intimem5t conva9cu que v\s ne sauris mieux tr\v] t\s g>ds4 ,j'ai reu hi] la lettre que l',ogre m'a crite le #ac de ce mois et j'y rpondray al solito1 p> l'ord9aire pro*a94 ,il me dit que v\s devs p>tir v]s le milieu de janvi]1 et j'en infre que v\s p\vs encore recevoir cecy ,p>me4 ,je l'adresse p\rtant l',ogre t\t has>d4 ,je suis non surpris1 mais trs cont5t et difi1 de l'arrangem5t utile1 honorable et di/+u que le ,sully de ,p>me a fait p\r votre retraite4 ,n\s v\s en faisons1 ,mad4 de ,ro*e=t et moy1 notre complim5t t5dre et s9cre en v\s embrassant de t\t notre cur4 ,cela n\s a fait pleur] n\veau la pauvre ,mad4 du ,*atel4 ,comme elle y aurait t s5sible6 ,comme elle aurait j\i de votre accroissem5t d'honneur1 de =tune et de bonheur6 ,nos s5tim5ts supplent bi5 aux si5s1 mon *] abb2 ,votre m95te ,grogn]ie doit en re/] plus que p]suade1 comme dis5t les ,itali5s444 ,adieu1 mon *] abb1 n\s n\s portons comme de c\tume1 c'e/--dire trs passablem5t1 et n\s v\s aimons comme de c\tume1 c'e/--dire beauc\p4 ,ne manqus pas de faire mille t5dres complim5ts l',ogre de ,mad4 de ,ro*e=t4 ,ports-v\s bi5 dans vos c\rses1 et ta*s de v\s s\v5ir que je ne p\rray pas v\s crire1 si v\s ne me donns pas des adresses4 ,o se logea ,condillac ,p>is8 ,il n\s a t impossible de le dc\vrir4 ,mais ce fut c]ta9em5t dans cette p>tie du faub\rg ,sa9t-,g]ma9 qui avois9ait l'htel du duc de ,niv]nois1 anci5ne demeure du m>*al d',ancre1 re/aure p> l'ar*itecte ,peyre et le sculpteur ,rameau1 situe1 comme l'on sait1 dans le comm5cem5t de ce qui e/ auj\rd'hui la rue de ,t\rnon4 ,l'abb tait un assidu de cette maison si hospitalire1 dont deux criva9s di/+us de ce temps ont retrac agrablem5t le s\v5ir#dh4 ,il y r5contrait la comtesse de ,b\ffl]s et son fils1 les ,*oiseul1 les ,sgur1 la m>*ale de ,mirepoix1 le c>d9al de ,b]nis1 l'abb ,b>?lemy1 ,sa9t-,lamb]t1 ,beaum>*ais4 #dh ,le ,duc de ,niv]nais1 p> ,luci5 ,p,,rey1 #b vol4 7#ahia7 et la ,comtesse de ,ro*e=t et ses amis1 p> ,m4 ,,de ,,lom,,nie 7#ahgj71 9-#h4 ,a la p5sion que lui accorda libralem5t le m9i/re du ,tillot s'arrtr5t les relations de ,condillac avec ,p>me4 ,il faut p\rtant obs]v] que lui1 comme ,m4 de ,kralio1 occupai5t en ,italie une situation p>ticulire4 ,dans les in/ructions diplomatiques donnes p> ,*oiseul au b>on de la ,h\ze1 successeur de ,ro*e*\>t1 comme reprs5tant de la ,france1 qui sont dates de ,v]sailles du #e octobre #agff1 on lit la phrase suivante3 ,p>mi les ,franais qui rsid5t ,p>me1 il y en a qui1 p> leur naissance ou p> leurs emplois1 mrit5t que le ,m9i/re du ,roi leur m>que des att5tions p>ticulires1 tels sont le bailly de ,rohan1 le sieur de ,kralio et l'abb de ,condillac4 ,le b>on de la ,h\ze t*]a de se concili] leur confiance1 de manire que1 sans affect] aucune curiosit indiscrte1 il puisse tre in=m p> eux de ce qui p\rrait se pass] d'intressant dans l'intrieur de la c\r de l',infant#di4 #di ,recueil des ,in/ructions1 etc4 ,naples et ,p>me4 ,p>is1 #ahgc1 9-#h1 p4 #bac4 ,la politique1 p\rtant =t active1 qui voluait aut\r du du* de ,p>me et de la ,savoie1 ne semble pas avoir jamais proccup ,condillac2 mais ,kralio1 qui avait dj t *>g de div]ses missions1 re/a plus longtemps en ,italie2 et qu& il r5tra en ,france1 p> une s+ulire r5contre1 il obt9t la j\issance viagre du petit ,luxemb\rg1 se retr\vant la fois prs de son vieil ami et prs de son protecteur le duc de ,niv]nois4 ,blank ,page ,,*apitre ,,vi ,,ret\r ,a ,,p>is ,l',,acad,,mie ,,fran,,aise ,,le ,,c\rs ,d',,tudes ,a pe9e rin/all ,p>is et t\t glorieux encore de la mission qui lui avait t confie1 ,condillac fut lu l',acadmie franaise1 en remplacem5t de l'abb d',olivet4 ,il y avait peu de li5s communs entre son prdcesseur et lui1 si ce n'e/ le culte de la langue franaise et peut-tre aussi les s\v5irs d'un tat que l'abb d',olivet avait ab&onn mo9s vite que lui1 aprs un noviciat de dix ans *ez les ,jsuites4 ,mais l'hi/ori5 de l',acadmie1 trs clbre en son temps1 avait t avant t\t un classique et un homme de tradition4 ,a c\p sr1 il n'avait po9t p>tag les ides de ,condillac et surt\t ses relations3 son loge p\vait tre fait d'une faon plus compt5te p> son lve1 l'abb ,batteux#ej4 ,le n\vel acadmici5 se borna sur son prdcesseur des phrases banales4 ,selon la mode d'alors1 qui avait valu un si gr& succs ,buffon l'occasion de son disc\rs sur le /yle1 ,condillac prit une ?se p]sonnelle qu'il dveloppa1 comme une sorte de manife/e1 dans des pages qui ne manqu5t pas d'loqu5ce et dont le ton gnral indique trs clairem5t combi5 les ides qui fur5t celles de la ,rvolution tai5t dj rp&ues p>mi les esprits clairs de l'poque4 ,aprs quelques mots de complim5ts ncessaires1 ,condillac trace l>ges traits un tableau des progrs de l'esprit huma9 depuis la b>b>ie jusqu' nos j\rs1 en passant p> l'poque roma9e1 p> le moy5 ge1 les ,croisades1 la ,r5aissance4 ,il y aurait beauc\p dire sur ces jugem5ts rapides1 dont quelques-uns tonn5t1 comme l'affirmation que l'rudition aveugle teignit le gt qui comm5ait avec ,m>ot et que les lettres ne p\vai5t pas r5atre dans un sicle fait p\r admir] ,rons>d4 #ej ,c'e/ l'abb ,batteux qui reut ,condillac au nom de l',acadmie1 le #bb dcembre #agfh4 ,son disc\rs ne n\s appr5d ri5 de p>ticuli]4 ,naturellem5t1 aprs l'apo?ose de ,ri*elieu1 vi5n5t celles de ,l\is ,,xiv et de ,l\is le ,bi5-,aim1 avec cette re/riction1 cep5dant1 que l'rudition n'tait pas encore sans tnbres et que la sa9e critique tait natre2 c> on p>aissait refus] aux mod]nes la facult de p5s]1 et on ap]cevait trop t>d la lumire qui se rp&ait et dont on avait beso9 p\r tudi] avec pr(it4 ,c'e/ t\j\rs l'ide *re au dix-huitime sicle1 que le dix-neuvime a aussi s+ulirem5t exalte1 qu'avant les philosophes ou avant les critiques on tait incapable de connatre la vrit3 ce que ,condillac avait proclam un peu navem5t et sans mode/ie au comm5cem5t de son disc\rs3 ,aprs avoir essay de faire l'analyse des facults de l'me1 j'ai t5t de suivre l'esprit huma9 dans ses progrs4 ,d'un ct1 j'ai obs]v ces temps de b>b>ie1 o une ignorance /upide et sup]/itieuse c\vrait t\te l',europe2 et de l'autre1 j'ai obs]v les circon/ances qui1 dissipant l'ignorance et la sup]/ition1 ont conc\ru la r5aissance des lettres3 deux *oses qui s'clair5t mutuellem5t lorsqu'on les rappro*e4 ,n\s avons retr\v dans les papi]s de ,condillac l'exemplaire de ce disc\rs1 dit p> la veuve ,regn>d1 imprimeur de l',acadmie franaise1 avec les corrections que l'auteur y a faites4 ,c'e/ sur l'loge de ,l\is ,,xv1 le ,bi5-,aim1 que port5t les plus importantes suppressions4 ,il y avait p\rtant l quelques s\v5irs p>ticuli]s dignes d'intrt4 ,j'ai t1 disait-il1 le tmo9 des pan*em5ts de l'me pat]nelle du roi3 l'honneur que j'ai eu d'tre *>g de l'in/ruction d'un de ses petits-fils m'en a r5du en quelque sorte le confid5t4 ,que j'aim]ais mettre s\s les yeux les dtails intressants de leur comm]ce6 ,v\s y v]riez le ,mon>que s5sible rp&re t\r t\r les plus sages conseils p\r la conduite et les plus t\*antes consolations dans les malheurs4 ,a la f9 de cette mme anne #agfh1 l'abb de ,condillac figure p>mi les dix-huit philosophes que le b>on de ,glei*5 prs5ta au jeune roi de ,danem>k#ea2 mais le #ag avril #aggj1 il ne se tr\ve plus p>mi les dix-sept runis *ez ,mme ,neck] p\r lev] une /atue ,voltaire#eb4 ,et p\rtant jusqu'au b\t ,voltaire avait t un de ses admirateurs2 il avait appr\v hautem5t sa nom9ation l',acadmie4 ,il crivait alors ,la ,h>pe3 ,n\s avons p]du un trs bon acadmici5 dans l'abb d',olivet3 il tait le premi] homme de ,p>is p\r la valeur des mots2 mais je crois que son successeur1 l'abb de ,condillac1 s]a le premi] homme de l',europe p\r la valeur des ides4 ,il aurait fait le livre de l',ent5dem5t huma91 si ,m4 ,locke ne l'avait pas fait et1 ,dieu m]ci1 il l'aurait fait plus c\rt#ec4 ,et quelques j\rs aprs sa rception1 il disait3 ,je tr\ve beauc\p de philosophie dans le disc\rs de ,m4 l'abb de ,condillac4 ,on dira peut-tre que son mrite n'e/ pas sa place dans une compagnie consacre uniquem5t l'loqu5ce et la posie2 mais je ne vois pas p\rquoi on exclurait d'un disc\rs de rception des ides vraies et pr(ondes1 qui sont elles-mmes la s\rce ca*e de l'loqu5ce4 #ea ,correspondance de ,grimm1 t4 ,,viii 7#ae dcembre #agfh71 p4 #bac4 #eb ,correspondance de ,grimm1 t4 ,,xi1 p4 #ae4 #ec ,lettre du #ca octobre #agfh4 uvres compltes de ,voltaire1 dit4 ,g>ni]1 #ahhb1 9-#h1 t4 ,,xiv de la ,correspondance1 p4 #aea4 ,peu assidu aux sances1 trs retir du monde1 ,condillac se consacra dsormais la rdaction et l'impression de son ,c\rs d'tudes p\r l'in/ruction du pr9ce de ,p>me#ed1 qu'il avait obt5u la p]mission de publi] et au sujet duquel il pr\va mme quelques ennuis de la "p de l'humeur *angeante de la ,direction de la librairie#ee4 #ed ,le vol4 ,ital4 #aeej au dp>tem5t des manuscrits de la ,biblio?que nationale conti5t 7fol4 #bch #bfj7 des v>iantes et corrections autographes faites p> ,condillac sur les preuves de son dition du ,c\rs d'tudes1 imprime ,deux-,ponts4 #ee ,le ,c\rs d'tudes p>ut ,p>me et ,p>is de #agfi #aggc1 non sans difficult2 c> un in/ant il fut int]dit en ,france4 ,correspondance1 etc41 t4 ,,xi1 p4 #aji 7aot #agge74 ,ce ,c\rs d'tudes e/ une uvre considrable1 qui ne compr5d pas mo9s de seize volumes1 et mme dix-sept1 si on compte le trait ,de l'tude de l'hi/oire1 qui e/ attribu l'abb de ,mably#ef4 ,un long disc\rs prlim9aire expose le plan de ,condillac et la faon dont il ent5d l'excut]4 ,ici encore1 le philosophe se retr\ve avec son sy/me raisonn et ses ides p]sonnelles4 ,la m?ode que j'ai suivie1 dit-il1 p>atra n\velle1 quoique dans le fond elle soit aussi anci5ne que les premires connaissances huma9es4 ,il e/ vrai qu'elle ne ressemble pas la manire dont on enseigne2 mais elle e/ la manire mme dont les hommes se sont conduits p\r crer les arts et les sci5ces4 ,p\r faire usage1 dans l'ducation1 de l'unique m?ode laquelle n\s devons t\t ce que n\s avons appris1 il faut d'abord faire connatre un enfant les facults de son me et lui faire s5tir le beso9 de s'en s]vir4 ,si l'on russit l'un et l'autre1 t\t devi5dra facile2 c>1 au lieu d'imag9] autant de pr9cipes1 autant de rgles qu'on en di/+ue dans les arts et dans les sci5ces1 on n'aura plus qu' obs]v] avec lui#eg4 #ef ,correspondance littraire de ,grimm et ,did]ot4 dit4 ,t\rneux1 t4 ,x1 p4 #cca1 #ccc 7janvi] #aggd74 ,le manuscrit de cet ouvrage se tr\ve la biblio?que de l',ars5al1 no #cbbb4 #eg ,condillac affirme que les premires leons de mtaphysique1 db>rasses de l'anci5 langage des coles1 sont accessibles l'intellig5ce d'un enfant de sept huit ans1 que l'on a r5du capable de quelque att5tion4 ,aprs qu'on lui a fait compr5dre de quelle manire notre esprit acqui]t des ides et comm5t n\s les exprimons p> des mots1 il n'e/ plus effray p> ces expressions ab/raites de sub/antif1 de g5re1 de nombre1 dont il e/ ais de lui r5dre l'acception aussi familire que celle des t]mes les plus communs1 et alors il peut suivre sans beauc\p de pe9e les procds du langage4 ,p> la mme raison1 ,condillac tablit qu'il ne faut faire comm5c] l'tude des langues anci5nes1 du lat9 p>ticulirem5t1 qu' dix ou d\ze ans1 p>ce que avant d'entrepr5dre l'tude d'une n\velle langue1 il faut savoir la si5ne et surt\t avoir assez de connaissance p\r n'tre arrt que p> les mots4 ,et il conseille ensuite d'appr5dre beauc\p de mots l'enfant1 avant de l'ennuy] p> la syntaxe et les rgles4 ,ces obs]vations1 ,condillac les fit *aque j\r avec son lve1 essayant de r$ev5ir enfant p\r lui4 ,qu& il l'eut fait rfl*ir sur les mo9dres actes de sa vie1 il passa aux lectures des meilleurs criva9s1 p\r lui donn] des modles du beau et les lui r5dre famili]s4 ,c'e/ alors que1 p\r le s\t5ir dans ses re*]*es1 il lui composa une ,grammaire1 bi5tt suivie de l',art de p5s]1 l',art d'crire et l',art de raisonn]1 qui1 dit-il1 ne sont dans le fond qu'un seul et mme art4 ,en effet1 qu& on sait p5s]1 on sait raisonn]1 et il ne re/e plus1 p\r bi5 p>l] et p\r bi5 crire1 qu' p>l] comme on p5se et crire comme on p>le4 ,t\tes ces tudes avai5t p\r b de =m] l'esprit du jeune pr9ce et de le prp>] d'autres connaissances2 et c'e/ alors qu'il lui fit tudi] l'hi/oire4 ,je considre l'hi/oire1 p\rsuit-il1 comme un recueil d'obs]vations qui (fre aux citoy5s de t\tes les classes des vrits relatives eux444 ,un pr9ce doit appr5dre g\v]n] son peuple3 il faut donc qu'il s'in/ruise en obs]vant ce que ceux qui ont g\v]n ont fait de bi5 et ce qu'ils ont fait de mal2 et cette tude1 p> consqu5t1 embrasse t\t ce qui peut contribu] au bonheur et au malheur des peuples4442 t\tes les *oses qui ont conc\ru =m] les socits civiles1 les p]fectionn]1 les df5dre1 les corrompre1 a les dtruire4 ,aussi1 tantt il ne fait connatre que la suite des vnem5ts1 p\r en indiqu] le fil2 tantt il les dveloppe avec t\tes les circon/ances qui se sont transmises jusqu' n\s1 lorsque ce sont des g]mes o se prp>5t des rvolutions4 ,il divise l'hi/oire en priodes1 qui *acune se t]m9e p> une rvolution dont il expose la cause et les consqu5ces4 ,l'enfant p\vait a9si se port] v]s l'tude avec un esprit ex]c4 ,il connaissait les facults de son me2 il avait obs]v les socits dans leur orig9e3 son gt s'tait =m p> la lecture1 et les dc\v]tes des philosophes avai5t a*ev de dvelopp] sa raison4 ,t\t s'tait fait avec la mme m?ode et les mmes pr9cipes1 puisque t\s les arts se confond5t en un seul4 ,cela tant1 il semble inutile d'analys] ici les quatre volumes qui ont p\r titre3 la ,grammaire1 l',art de p5s]1 l',art d'crire1 l',art de raisonn]4 ,on y retr\v]ait t\tes les ides que ,condillac a dveloppes dans ses autres ouvrages#eh4 #eh ,aprs les avoir rsums1 ,la ,h>pe conclut en disant de leur auteur3 ,c'e/ l'esprit le plus ju/e et le plus lum9eux qui ait contribu1 dans ce sicle1 aux progrs de la bonne philosophie4--,,la ,,h>pe1 ,philosophie du dix-huitime sicle1 t4 ,,ii1 p4 #ahg et suiv4 ,les tudes hi/oriques se tr\vai5t t\t fait en dehors de ses prcd5ts travaux2 aussi lui ont-elles cot des re*]*es considrables4 ,l',hi/oire anci5ne compr5d six volumes3 elle comm5ce l'hi/oire des ,hbreux et des ,grecs p\r embrass] t\te la longue priode qui s't5d jusqu' la *ute de ,con/ant9ople et de l'empire d',ori5t4 ,une gr&e "p e/ faite--et c'tait une n\veaut considrable p\r le temps--aux in/itutions1 aux lois et leur influ5ce sur le dveloppem5t de la population4 ,quelques vues orig9ales sont heureusem5t prs5tes3 on y tr\ve des jugem5ts intressants sur les gr&s hommes ou ceux que la tradition a reg>ds comme tels4 ,p\r n'en cit] qu'un1 rsumant son op9ion sur ,augu/e1 qu'il appelle ,octavius1 il obs]ve que ,cs> ne dut son lvation qu' lui-mme1 t&is que l'autre dut la si5ne aux circon/ances1 et il les tr\va si favorables1 qu'il se ft p>gn bi5 des cruauts1 s'il et eu plus de c\rage ou de tal5ts4 ,il dut ses soldats l'adoption du dictateur1 le beso9 que la ,rpublique eut de lui la conduite inconsidre d',anto9e444 ,octavius a rgn4 ,il fallait donc qu'il ft l\3 et n\s ignor]ions sa vie1 s'il et t possible de la faire oubli]4 ,cruel1 p]fide et l*e1 il a eu encore les sup]/itions des petites mes4 ,ces d]nires considrations tai5t l'adresse de son lve1 aussi bi5 que le livre ,x,ie intitul3 ,la ,prvoyance e/ ncessaire aux s\v]a9s4 ,comm5t elle s'acqui]t4 ,mais ce qui s'adresse au public et ce qui c>actrise l'uvre1 ce sont les *apitres o il e/ trait de la passion des ,roma9s p\r les arts1 p\r la sci5ce1 p\r le spectacle2 de leurs occupations1 de l'urbanit roma9e1 du gt p]si/ant p\r la philosophie1 p\r la jurisprud5ce1 etc42 t\tes rflexions que n\s s]ions t5ts de croire trs p]sonnelles1 si ,condillac n'tait pas contempora9 de l'auteur des ,considrations sur les causes de la gr&eur des ,roma9s et de leur dcad5ce4 ,mme obs]vation p\r l',hi/oire mod]ne1 qui compr5d galem5t six volumes et va jusqu' la paix d',utre*t1 embrassant t\t ce qu'il faut savoir de l'hi/oire de l',europe p\r bi5 compr5dre l'hi/oire de la ,france4 ,mais la d]nire p>tie de l'ouvrage e/ une vritable apologie de la sci5ce et de la philosophie du dix-huitime sicle1 digne de rivalis] avec le ,disc\rs prlim9aire de l',encyclopdie4 ,s'adressant au jeune pr9ce de ,p>me1 il lui disait3 ,sans v\s p>l] de t\tes les erreurs1 je v\s en ai fait connatre assez p\r v\s faire voir comm5t on se trompe3 sans v\s p>l] de t\tes les vrits1 il s'agit actuellem5t de v\s faire voir comm5t on doit se conduire p\r tre assur d'en tr\v]444 ,rappelez-v\s1 ,monseigneur1 le temps o v\s avez vu les socits comm5c] et o les hommes encore sans expri5ce voyai5t la t]re comme une surface plane et les cieux comme une vote laquelle t\s les a/res tai5t atta*s4 ,ce sont ces hommes ignorants qui ont su se mettre t\t c\p dans le *em9 de la vrit3 c> v\s les avez vus comm5c] p> obs]v] la t]re et les cieux4 ,t\t rside dans une bonne m?ode p\r conduire l'esprit4 ,rep\ssant le scepticisme reprs5t p\r lui p> ,bayle1 ,condillac veut bi5 reconnatre que les erreurs de ,desc>tes tai5t un pas v]s la vrit4 ,puis1 il exalte ce qu'il appelle le comm5cem5t de la vraie philosophie2 les dc\v]tes de ,kepl]1 ,cop]nic1 ,galile1 ,newton surt\t2 les progrs de l'algbre et de l'optique1 de la gomtrie1 de l'a/ronomie2 il comp>e l'avancem5t des sci5ces celui des lettres1 et t]m9e p> les progrs de la politique3 beau sujet d'tudes p\r un jeune pr9ce1 ides gnreuses qui se rp&ai5t dans les c\rs d',europe1 ju/em5t l'poque o t\s les tats tai5t s\s le p\voir des plus mauvais rois et des pires g\v]nem5ts4 ,il ne semble pas que ,condillac1 malgr ses so9s si p]svrants et sa m?ode n\velle1 ait russi faire de son lve un mon>que modle4 ,ds l'anne qui suivit son d"p df9itif de ,p>me1 ,voltaire crivait d',alemb]t3 ,j'appr5ds que le pr9ce passe la j\rne voir des mo9es et que sa femme1 ,autri*i5ne et sup]/itieuse1 s]a la matresse4 ,c'e/ cep5dant contre ce dang] p>ticuli] que l'abb de ,condillac avait essay de le prmunir4 ,dans une page trs curieuse de son ,c\rs d'tudes1 il crit en p>lant de la religion3 ,on e/ galem5t condamnable lorsqu'on nie les *oses1 p>ce qu'on ne les a pas vues1 ou p>ce qu'on ne les compr5d pas1 et lorsqu'on croit lgrem5t1 sans avoir exam9 l'autorit de ceux qui les rapport5t4 ,un esprit sage vit]a donc l'une et l'autre de ces extrmits4 ,t\s ne sont pas obligs de raisonn] sur la religion1 mais t\s sont obligs de l'tudi] avec humilit4 ,il faut qu'un pr9ce soit cet g>d plus in/ruit qu'un simple p>ticuli]1 puisqu'il e/ dans l'obligation de donn] l'exemple4 ,v\s ne sauriez tre trop pieux1 ,monseigneur2 mais si votre pit n'e/ pas claire1 v\s oubli]ez vos devoirs p\r ne v\s occup] que de petites pratiques4 ,p>ce que la prire e/ ncessaire1 v\s croirez t\j\rs devoir pri]2 et1 ne considrant pas que la vraie dvotion consi/e remplir votre tat1 il ne ti5dra pas v\s que v\s ne viviez dans votre c\r comme dans un clotre4 ,les hypocrites se multipli]ont aut\r de v\s4 ,les mo9es sortiront de leurs cellules2 les prtres quitt]ont le s]vice de l'autel p\r v5ir s'difi] la vue de vos sa9tes uvres444 ,v\s pr5drez ins5siblem5t leur place1 p\r leur cd] la vtre3 v\s pri]ez cont9uellem5t1 et v\s croirez faire votre salut2 ils cess]ont de pri]1 et v\s croirez qu'ils font le leur4 trange contradiction1 qui p]v]tit les m9i/res de l'glise1 p\r donn] de mauvais m9i/res l'tat4 ,autant que les dvots1 ,condillac r$\tait les flatteurs et les incapables4 ,dans un autre passage de son ,hi/oire mod]ne1 aprs un magnifique loge de ,rosny et de ,h5ri ,,iv1 il disait3 ,je tremble1 ,monseigneur1 qu& j'y p5se3 c> des tats aussi petits1 aussi tranquilles1 aussi s\mis que ceux de ,p>me ne donn5t de puissance que ce qu'il faut prcism5t p\r s'endormir444 ,il y aurait encore plus d'une obs]vation piquante faire aprs avoir lu ce ,c\rs d'tudes1 revu t\t loisir p> l'abb de ,condillac3 ce s]ait1 p> exemple1 de not] le gt du mom5t et les auteurs les plus en vogue *ez ceux qui alors se piquai5t de bel esprit2 s\s ce rapport1 l'auteur de l',art d'crire tait un vrai pr(esseur de littrature franaise4 ,p>mi les criva9s que recomm&e ,condillac1 les uns sont bi5 oublis auj\rd'hui1 les autres g>d5t une gloire immortelle1 mais dont l'clat v>ie un peu avec le temps4 ,a9si le pote le plus s\v5t cit e/ ,despraux1--comme on disait encore au dix-huitime sicle1--d'abord p\r son ,lutr91 et1 ce qui se compr5d mieux1 p\r les ptres1 les ,satyres et l',art potique2 puis vi5n5t quelques tragdies de ,corneille1 quelques comdies de ,molire et de ,regn>d1 t\tes les pices de ,rac9e dont il importe de recomm5c] la lecture une d\za9e de fois et qu'il faut appr5dre p> cur2 la ,h5riade et l',essai sur la posie pique de ,voltaire4 ,a ct de ces *efs-d'uvre si connus1 ,condillac place les ,tropes de ,m4 du ,m>sais1 l',orig9e des lois de ,goguet1 l'ouvrage de la m>quise du ,*telet sur ,newton1 la ,prface de ,cotes1 la belle ptre de ,m4 de ,voltaire sur le gr& philosophe anglais1 le ,trait de la sphre de ,m4 de ,maup]tuis1 la ,gomtrie de ,m4 ,le ,blond4 ,p\r l'in/ruction religieuse1 laquelle ,condillac atta*e beauc\p d'importance1 il ne sort pas de trois livres3 le ,cat*isme de l'abb ,fleury1 la ,bible de ,royaumont1 le ,petit ,c>me de ,massillon4 ,et il faut les recomm5c] bi5 des fois4 ,fnelon1 ,bossuet surt\t1 n'exi/ai5t plus alors comme criva9s2 ils n'ont retr\v crdit1 avec ,b\rdal\e1 qu'au milieu du sicle d]ni]4 ,c'tait bi5 l l'op9ion moy5ne de l'poque1 ce que devai5t p5s] et pratiqu] les honntes g5s4 ,sauf en philosophie1 ,condillac n'e/ pas un novateur3 ce qu'il a t\j\rs cultiv le plus1 c'e/ le bon s5s4 ,il ne se lasse pas d'y faire appel4 ,une sorte de volume complm5taire du ,c\rs d'tudes e/ intitul3 ,de l'tude de l'hi/oire4 ,il =me le tome ,,xxi de l'dition complte des uvres de ,condillac2 et1 comme il n'a ni av]tissem5t ni prface et qu'il e/ conu dans le mme m\le1 p\r a9si dire1 que les autres1 il devrait tre attribu au mme auteur1 si le pangyri/e de l'abb de ,condillac1 son ami de la d]nire heure1 ,m4 d',autro*e1 ne n\s avait appris qu'il e/ de son frre l'abb de ,mably4 ,le ,c\rs d'tudes1 dit-il1 e/ t]m9 p> une savante diss]tation sur l'tude de l'hi/oire1 bi5 faite p\r s]vir de sanctuaire ce va/e monum5t4 ,l'illu/re auteur des ,entreti5s de ,phocion a v\lu coopr] l'in/ruction de l'augu/e disciple de son frre1 p> ce morceau prcieux1 qui r5f]me1 avec les pr9cipes les plus purs de la ju/ice et de la morale1 un tableau prcis de t\s les g\v]nem5ts mod]nes4 ,t\t y respire ce mme c\rage p\r dire la vrit1 ce mme zle p\r les murs1 ce mme am\r p\r les hommes4 ,l'on regrette t\tefois que l'rudit auteur1 trop pris des c\tumes1 des lois et de la pauvret des anci5nes rpubliques de la ,grce1 s'ob/9e v\loir faire revivre ces temps antiques p>mi n\s1 sans obs]v] que la =me de nos g\v]nem5ts presque t\s mon>*iques ou arbitraires1 l't5due des div]s tats de l',europe1 les n\veaux rapports1 que les progrs de la navigation ont ouv]ts entre les hommes p\r la facilit du comm]ce et la multiplication de l'or et de l'arg5t1 r5d5t inapplicables de nos j\rs la plus gr&e p>tie des pr9cipes de ,solon et de ,lycurgue4 ,il e/ f*eux que ,m4 l'abb de ,mably1 plus occup de la ?orie que de la pratique de la sci5ce du g\v]nem5t1 se soit plutt atta* pr\v] que t\t citoy5 doit obir au magi/rat et le magi/rat aux lois1 qu' indiqu] l',infant les bonnes lois que ses tats avai5t droit d'att5dre de lui p\r leur avantage et leur prosprit4 ,cette citation indique quelle tait l'op9ion des contempora9s sur les ?ories de ,mably1 accueillies du re/e avec rs]ve et faites si5nes p> ,condillac non sans corrections#ei4 ,il y a p\rtant1 sur la ri*esse et le luxe1 les consqu5ces fatales qu'ils entranr5t p\r les tats depuis l'antiquit jusqu' nos j\rs1 des obs]vations trs pr(ondes1 qu'il s]ait s+ulirem5t utile de mdit]1 et aussi un tableau de la plup>t des g\v]nem5ts de l',europe au milieu du dix-huitime sicle1 d'autant plus intressant1 que les lm5ts ne s'en tr\v5t qu'assez p>s1 et que quelqu'un qu'on int]rograit sur le rgime politique p>ticuli] de la ,suisse1 de l',italie1 des ,prov9ces-,unies1 de ,l'empire d',allemagne1 de l',anglet]re1 de la ,sude1 de la ,pologne ou de ,v5ise au milieu du dix-huitime sicle s]ait peut-tre trs emb>rass p\r rpondre exactem5t du premi] c\p4 #ei ,on raconte que ,mably ayant prs5t au pr9ce de ,p>me les v]tus de ,lacdmone avec une rudesse t\te rpublica9e1 ,condillac dut ad\cir le passage1 comme il avait corrig les travaux de ,deleyre4 ,l'ouvrage t\t enti] traite de ce que n\s appell]ions auj\rd'hui la politique3 on y retr\ve beauc\p d'ides mises p> ,montesquieu et p> t\te l'cole philosophique de l'poque4 ,une obs]vation gnrale t]m9e le ,c\rs d'tudes2 et bi5 qu'elle ait t rpte plus d'une fois p> les pr(esseurs ou les prcepteurs1 mme d'autres qu' des pr9ces1 elle mrite d'tre signale dans les t]mes prcis o ,condillac l'a prs5te3 ,qu& n\s sortons des coles1 n\s avons oubli] beauc\p de *oses frivoles1 qu'on n\s a apprises2 appr5dre des *oses utiles1 qu'on croit n\s avoir enseignes2 et tudi] les plus ncessaires1 sur lesquelles on n'a pas song n\s donn] de leons4 ,de tant d'hommes qui se sont di/+us depuis le r5\vellem5t des lettres1 y en a-t-il un seul qui n'ait t dans la ncessit de recomm5c] ses tudes sur un n\veau plan8444 ,n\s passons notre enfance n\s fatigu] p\r ne ri5 appr5dre que des *oses qui sont inutiles2 et n\s sommes condamns att5dre l'ge viril p\r n\s in/ruire rellem5t444 ,c'e/ v\s1 ,monseigneur1 v\s in/ruire dsormais t\t seul4 ,je v\s y ai dj prp> et mme acc\tum4 ,voici le temps qui va dcid] de ce que v\s devez tre un j\r2 c> la meilleure ducation e/ celle que n\s n\s donnons n\s-mmes4 ,v\s v\s imag9ez peut-tre avoir f9i2 mais c'e/ moi1 ,monseigneur1 qui ai f9i2 et t\s1 t\s avez recomm5c]#fj4 #fj ,d]ni] *apitre de l',hi/oire mod]ne1 t4 ,,xx1 des uvres1 p4 #edj4 ,on sait que1 les ides espagnoles ayant prvalu *ez l',infant avec t\s les prjugs de race1 d'aussi sages conseils re/r5t sans pr(it4 ,c'e/ du mo9s l'honneur de ,condillac de les avoir donns trs simplem5t et trs c\rageusem5t4 ,blank ,page ,,*apitre ,,iii ,,condillac ,,conomi/e ,nul d\te que le sj\r de ,condillac dans l',orlanais et l'acquisition1 en #aggc1 de la t]re de ,flux n'ai5t t l'occasion p\r lui de s'intress] aux tudes d'conomie politique4 ,dans un loge trs dvelopp1 prononc aussitt aprs sa mort devant la ,socit royale d'agriculture d',orlans1 ,m4 de ,loynes d',autro*e raconte la v5ue du philosophe dans la prov9ce4 ,p\r se drob] au spectacle affligeant de la corruption t\j\rs croissante de la capitale1 ,m4 l'abb de ,condillac se *oisit v]s la f9 de ses j\rs une retraite *amptre dans notre pays3 c'e/ l que r5du la nature qu'il aimait1 il c\lait des j\rs aussi paisibles1 aussi purs que son cur2 c'e/ dans cet asile1 embelli p> son gt1 qu'il aimait recevoir et qu'il recevait avec une cordialit si vraie1 une satisfaction si engageante de vritables amis444 ,le ,trosne1 le conseill] au sige prsidial d',orlans1--un des premi]s adeptes de la secte conomi/e1--son collgue dans la magi/rature1 ,m4 de la ,gueule de ,co9ce1 l'abb de ,reyrac1 le *ano9e de ,loynes de ,talcy en faisai5t p>tie1 a9si que ,claude d',autro*e lui-mme4 ,ce d]ni] tait un admirateur passionn des lettres classiques1 le futur traducteur des ,odes d',horace1 gr& voyageur1 que les ri*esses arti/iques de l',italie avai5t sduit et qui tait dj assez connu p\r tre reu p> ,voltaire ,f]ney lors de son ret\r en ,france4 ,propritaire de va/es doma9es en ,sologne et du beau *teau de la ,porte1 qui dom9e t\t le val de ,loire1 il avait orn ses j>d9s de /atues my?ologiques1 qui s'y tr\vai5t encore il y a c9quante ans1 et il n'tait pas loign des ides n\velles1 prisant la v]tu des rpubliques antiques4 ,au re/e1 l'int5dant de la prov9ce1 ,m4 de ,cypi]re1 b>on de ,*evilly1 passait aussi p\r un novateur1 t\t comme ,turgot1 qui allait dev5ir m9i/re1 comme ,lavoisi]1 qui appliquait la *imie la m?ode mme de ,condillac1 comme ,dupont de ,nem\rs ou l'abb ,baudeau4 ,d',autro*e et l'abb de ,condillac1 qui avait tr5te ans de plus que lui1 se fir5t nomm] le mme j\r membres ord9aires de la ,socit royale d'agriculture d',orlans1 le #e fvri] #aggf1 s\s la prsid5ce de ,m4 ,laisn de ,sa9te-,m>ie1 un physiocrate dt]m94 ,m4 l'abb de ,condillac remplaait ,m4 ,mannau#fa4 #fa ,manuscrits de ,dom ,gr\1 la biblio?que publique d',orlans1 ,m4 #dhg1 t4 ,i]1 p4 sc,,lxxxiii_/sc4 ,cette ,socit d'agriculture avait t tablie p> arrt du ,conseil d'tat du #ah ju9 #agfb1 en mme temps qu'un c]ta9 nombre d'autres4 ,elles devai5t1 dans l'esprit du g\v]nem5t1 =m] une sorte de fdration et se communiqu] rciproquem5t leurs travaux3 il y en avait une p> gnralit4 ,la plus anci5ne1 celle de ,bretagne1 e/ de #aged4 ,elle correspondait avec ,orlans1 aussi bi5 que celles de ,p>is1 ,r\51 ,nantes1 ,bordeaux4 ,*acune exposait les progrs raliss dans la rgion2 et il e/ trs curieux de voir1 ds cette poque1 prconis] l'emploi de la m>ne1 l'tablissem5t des prairies artificielles1 les so9s de la vigne4 ,mais cela ne se bornai5t pas les travaux de la ,socit d',orlans4 ,elle embrassait les que/ions d'intrt gnral et rclamait1 p\r les campagnes1 la dim9ution des ftes *mes1 la rpression du vagabondage1 la r=me de la taille4 ,sortant un peu de ses attributions1 elle avait rdig1 ds le mois d'aot #agfb1 un mmoire sur l'abolition de t\tes les prohibitions mises l'entre et la sortie des crales1 sur la lib]t du comm]ce des gra9s1 mmoire que l'int5dant libral1 ,m4 de ,cypi]re1 devait adress] au contrleur gnral#fb4 ,elle alla plus lo9 et fonda en #agfe un conc\rs p\r rcomp5s] les meilleurs crits sur des sujets d'conomie politique qu'elle indiqu]ait1 et elle (frit en #aggc un prix de #fjj livres l'auteur qui aurait le mieux rpondu cette "q3 ,quel s]ait l'avantage et le dsavantage d'une nation qui r5drait1 la premire1 une lib]t et une immunit compltes son comm]ce8 ,on voit que dans l'esprit de la ,socit1 les doctr9es du libre-*ange n'avai5t ri5 d'effrayant#fc4 ,il faut aj\t] que ,male%]bes1 un autre ,orlanais1 et ,turgot tai5t alors en faveur prs du p\voir1 et qu' la c\r1 non sans opposition1 on les laissait appliqu] leurs ides4 #fb ,regi/res de la ,socit royale d'agriculture d',orlans4 ,ar*ives du ,loiret4 #fc ,lettre du secrtaire p]ptuel ,m4 de ,cypi]re du #b m>s #aggc4 ,m4 d',autro*e1 dans sa notice sur ,condillac1 tablit d'une faon assez intressante et c\p sr trs ju/e1--si on fait la "p de la phrasologie de l'poque1--la g5se des doctr9es conomiques dont le mdec9 du feu roi1 ,quesnay1 avait t nagure l'initiateur4 ,la philosophie1 si acc\tume se passionn] p\r des n\veauts1 ou des erreurs1 jal\se peut-tre que cette sci5ce ne ft pas son ouvrage1 ne la reg>dait qu'avec mpris1 ou du mo9s avec indiffr5ce4 ,les *oses en tai5t ce po9t lorsque ,l\is ,,xv m\rut3 la nation sembla sortir alors de son long accablem5t4 ,le rayon de l'esprance que p>ut suivre son jeune et n\veau mon>que comm5a la ranim] et lui r5dre mo9s trangres les que/ions qui t\*ai5t au bonheur public4 ,on s'en occupa donc davantage3 on discuta1 on discuta plus2 et1 la vrit triomphant de t\tes ces *oses1 on vit la lib]t du comm]ce des gra9s1 si combattue1 cess] d'tre un fantme et m>*] sans entraves1 revtue du ,sceau de l',autorit4 ,on peut jug] aism5t que ,m4 de ,condillac ne p\vait re/] spectateur inutile de t\s ces dbats444#fd4 #fd loge de ,m4 l'abb de ,condillac1 prononc le #ah janvi] #agha1 p4 #gc4 ,en effet1 dev5u campagn>d1 ,condillac s'tait intress ces que/ions4 ,et comme il avait l'ide fixe de mettre t\te sci5ce et t\te philosophie la porte du vulgaire1 il entreprit de con/itu] l'conomie politique sa =mule et1 comme il disait t\j\rs1 sa langue4 ,c'e/ l'anne mme de son entre la ,socit d'agriculture1 en #aggf1 qu'il fit p>atre le ,comm]ce et le ,g\v]nem5t considrs relativem5t l'un l'autre1 un volume1 avec l'indication ord9aire du lieu de publication3 ,am/]dam et ,p>is4 ,il se qualifiait sur le titre de membre de l',acadmie franaise et de la ,socit royale d'agriculture d',orlans4 ,et1 d'aprs la c\leur du papi] et les c>actres typographiques1 il e/ peu prs c]ta9 que le livre fut imprim ,orlans1 *ez un diteur trs connu cette poque1 ,c\ret de ,vill5euve4 ,l'exemplaire de l'dition orig9ale1 que n\s possdons1 porte le nom1 la premire page1 de ,mme de ,sa9te-,foy4 ,l'ouvrage se divise en deux p>ties4 ,fidle son sy/me1 ,condillac rep\sse en pr9cipe t\te df9ition de l'conomie politique4 ,si1 dit-il1 au db de son livre1 en df9issant1 on a l'avantage de dire en une seule proposition t\t ce qu'on veut dire1 c'e/ qu'on ne dit pas t\t ce qu'il faut1 et que s\v5t on f]ait mieux de ne ri5 dire#fe4 ,mais1 mettant t\j\rs l'homme au premi] rang et appliquant la psy*ologie aux beso9s de l'homme vivant en socit1 il ne considre la ri*esse et l'*ange qu'au po9t de vue des s]vices r5dus et des moy5s propres procur] l'abondance4 ,il se place dans le monde mod]ne tel qu'il e/ con/itu2 mais il n'ent5d pas1 comme les physiocrates1 impos] un g\v]nem5t de son *oix4 ,t\s les g\v]nem5ts sont bons qui laiss5t pratiqu] la lib]t4 ,aussi ,condillac1 de mme qu'il avait fait p\r la philosophie1 n'envisage l'conomie politique que relativem5t la satisfaction des ncessits huma9es1 la dgageant des pr9cipes de morale sociale1 qui *app5t son obs]vation4 #fe ,le ,comm]ce et le ,g\v]nem5t1 #are p>tie1 *ap4 ,i]1 p4 #bd4 ,il tait donc trs son aise p\r ram5] la s5sation l'orig9e de la sci5ce conomique1 qui e/ d'ess5ce trs positive4 ,la s5sation tant le fait gnrateur de l'action et du dveloppem5t de l'esprit huma91 elle donne l'individu les facults dont il use p\r satisfaire ses beso9s1 re*]*] le plaisir1 vit] la pe9e1 en un mot p\r vivre4 ,on dit qu'une *ose e/ utile1 lorsqu'elle s]t quelques-uns de nos beso9s1 et qu'elle e/ inutile1 lorsqu'elle ne s]t aucun ou que n\s n'en p\vons ri5 faire4 ,son utilit e/ donc fonde sur le beso9 que n\s en avons4 ,d'aprs cette utilit1 n\s l'e/imons plus ou mo9s3 c'e/--dire que n\s jugeons qu'elle e/ plus ou mo9s propre aux usages auxquels n\s v\lons l'employ]4 ,or1 cette e/ime e/ ce que n\s appelons valeur4 ,dire qu'une *ose vaut1 c'e/ dire qu'elle e/1 ou que n\s l'e/imons bonne quelque usage4 ,la valeur des *oses e/ donc fonde sur leur utilit1 ou1 ce qui revi5t au mme1 sur le beso9 que n\s en avons1 ou1 ce qui revi5t encore au mme1 sur l'usage que n\s en p\vons faire4 ,on donn]a a9si1 dans un s5s1 de la valeur des *oses auxquelles1 dans un autre1 on n'en donnait pas4 ,au milieu de l'abondance1 on s5t mo9s le beso91 p>ce qu'on ne cra9t pas de manqu]4 ,p> une raison contraire1 on le s5t davantage dans la r>et et dans la disette4 ,or1 puisque la valeur des *oses e/ fonde sur le beso91 il e/ naturel qu'un beso9 s5ti donne aux *oses une plus gr&e valeur1 et qu'un beso9 mo9s s5ti leur en donne une mo9dre4 ,la valeur des *oses crot donc p> la r>et et dim9ue p> l'abondance4 ,t\t cela e/ d'une vid5ce qui n\s semble auj\rd'hui bi5 primitive4 ,mais il faut obs]v] que l'conomie politique tait alors dans l'enfance et que p]sonne n'avait encore rdig son acte de naissance4 ,*aque sci5ce1 dit ,condillac au db de son livre1 dem&e une langue p>ticulire1 p>ce que *aque sci5ce a des ides qui lui sont propres4 ,il semble qu'on devrait comm5c] p> faire cette langue2 mais on comm5ce p> p>l] et p> crire1 et la langue re/e faire4 ,voil o en e/ la sci5ce conomique3 c'e/ quoi on se propose de suppler#ff4 #ff ,le ,comm]ce et le ,g\v]nem5t1 t4 ,,xxv des uvres1 p4 #g4 ,le g5re huma9 avait p]du ses titres3 ,m4 de ,montesquieu les lui a r5dus6 ,c'tait un peu le trav]s du dix-huitime sicle de croire que ri5 n'tait connu avant lui4 ,les philosophes prt5dai5t rgnr] le monde2 et1 sur ce po9t1 l'abb de ,condillac tait bi5 de leur cole4 ,c'e/ peut-tre cette nave confiance dans son gnie qui lui a p]mis de r5dre de vritables s]vices la sci5ce1 en se donnant comme l'homme de deux ou trois ides1 dont il recomm5ait1 sans se lass]1 la trs lm5taire dmon/ration4 ,le ,comm]ce et le ,g\v]nem5t e/ l'application une sci5ce n\velle--la sci5ce conomique--des pr9cipes qu'il a dvelopps dans t\s ses autres ouvrages4 ,n'tant pas conomi/e1 il a v\lu se r5dre compte d'une matire inconnue p\r lui3 il y a appliqu sa puissance d'analyse et la cl>t naturelle de son esprit1 et il a crit un livre qui n'e/ qu'un manuel1 dans lequel e/ rsume t\te la doctr9e4 ,aucun auteur n'e/ cit1 aucun nom propre n'e/ prononc2 c'e/ une suite de *apitres qui trait5t du prix des *oses1 des m>*s ou *anges1 du comm]ce1 des salaires1 du droit de proprit1 de la monnaie1 de la circulation de l'arg5t1 du *ange1 du prt intrt1 de la v5te des bls1 de l'emploi des t]res1 du luxe1 de l'impt1 des ri*esses respectives des nations4 ,quelques morceaux sont t\t fait neufs p\r le temps1 comme ceux sur le prt intrt et le mcanisme du *ange4 ,il y a p>fois des vues orig9ales2 et1 bi5 qu'tant1 comme t\t le monde alors1 un peu physiocrate1 ,condillac se sp>e de la secte sur c]ta9s po9ts4 ,produire1 dit-il1 c'e/ donn] de n\velles =mes la matire3 ,lorsque la t]re se c\vre de productions1 il n'y a pas d'autre matire que celle qui exi/ait aup>avant1 il y a seulem5t de n\velles =mes1 et c'e/ dans ces =mes que consi/e t\te la ri*esse de la nature4 ,les ri*esses naturelles ne sont donc que diffr5tes trans=mations#fg4 #fg ,le ,comm]ce1 *ap4 ,,ix1 p4 #gc4 ,sans d\te1 il n'e/ d'autre s\rce de la matire que la t]re2 mais la matire n'acqui]t d'utilit que p\r n\s1 ne devi5t ri*esse que p> une suite de modifications dues l'action comb9e de la nature et du travail huma91 ou bi5 du travail huma9 seul4 ,la t]re ab&onne elle-mme produit surt\t des *oses inutiles4 ,ce n'e/ qu' =ce d'obs]vations et de travail que n\s v5ons b\t d'emp*] c]ta9es productions et d'en facilit] d'autres4 ,c'e/ donc pr9cipalem5t au travail du cultivateur que n\s devons l'abondance des ri*esses naturelles qui satisfont nos beso9s ou s]v5t de matires premires aux arts4 ,aussi1 dans l'agriculture1 comme dans l'indu/rie et le comm]ce1 l'ag5t productif p> excell5ce1 c'e/ le travail4 ,la nation la plus utile s]a donc celle o il y aura le plus de travaux dans t\s les g5res#fh4 #fh ,le ,comm]ce1 #are p>tie1 *ap4 ,,xxix1 p4 #cjb4 ,ces obs]vations si vraies (f5sr5t les physiocrates4 ,leur doctr9e tait t\t d'une pice2 leur prophte avait un c>actre sacr2 les disciples s'empressr5t de le df5dre4 ,l'un des plus a*>ns fut l'abb ,baudeau1 qui1 dans les ,n\velles phmrides du citoy51 ne consacra pas mo9s de deux numros combattre l'importun qui v5ait tr\bl] leur dom9ation inconte/e4 ,le nom d'conomi/e1 dit-il1 e/1 je crois1 dans le mom5t prs5t1 un titre qu'il ne faut pas donn] ceux qui le refus5t1 mais uniquem5t ceux qui l'accept5t4 ,en agir autrem5t1 c'e/ s'expos] calomni] les uns et les autres et p> consqu5t commettre une l\rde inju/ice4 ,les vrais conomi/es sont faciles c>actris] p> un seul trait que t\t le monde peut saisir4 ,ils reconnaiss5t un matre 7le docteur ,quesnay71 une doctr9e 7celle de la ,philosophie rurale et de l',analyse conomique71des livres classiques 7la ,physiocratie71 une =mule 7le ,tableau conomique71 des t]mes te*niques1 absolum5t comme les antiques lettrs de la ,*9e#fi4 #fi ,anne #aggf1 t4 ,,iv et ,v3 ,obs]vations conomi/es ,m4 l'abb de ,condillac sur son livre ,du comm]ce et du g\v]nem5t4 ,ce corps de doctr9e que n\s avons adopt1 ce matre que n\s suivons1 ces livres fondam5taux que n\s dveloppons1 cette =mule laquelle n\s sommes atta*s1 ce sy/me enf9 7c> c'en e/ un1 puisqu'il consi/e dans un en*anem5t m?odique de pr9cipes et de consqu5ces71 ce sy/me e/-il vritable1 e/-il erron8 ,e/-il p\r le s\v]a9 et p\r le peuple une s\rce de prosprit ou de ru9e8 ,c'e/ le temps qui le f]a voir1 c'e/ la po/rit qui le jug]a4 ,il n'e/ pas p]mis de sortir de la gr&e maxime de ,quesnay3 ,que le s\v]a9 et la nation ne p]d5t jamais de vue que la t]re e/ l'unique s\rce des ri*esses et que c'e/ l'agriculture qui les multiplie#gj6 #gj ,maximes gnrales du g\v]nem5t conomique d'un royaume agricole2 troisime maxime4 ,plus calme et plus raisonne fut la rfutation que t5ta un collgue de ,condillac la ,socit d'agriculture d',orlans1 son ami ,le ,trosne1 dev5u avocat du roi au prsidial1 l'lve du gr& ,po?i]4 ,il l'attaqua d'abord dans une c\rte bro*ure 7#aggf72 puis1 l'anne suivante1 il publia t\t un volume intitul3 ,de l',intrt social p> rapport la valeur1 la circulation et au comm]ce intrieur et extrieur4 ,quelques-unes des critiques qu'il prs5tait semblai5t assez ju/ifies4 ,condillac avait prt5du qu'un *ange suppose deux *oses3 production surabondante1 p>ce que je ne puis *ang] que mon surabondant1 et consommation faire1 p>ce que je ne fais l'*ange qu'avec quelqu'un qui fait le comm]ce4 ,le ,trosne obs]ve que dans une socit =me1 o il y a une gr&e concurr5ce de v5deurs et d'a*eteurs1 t\tes les m>*&ises obti5n5t une valeur qui e/ assez con/ante p\r ne po9t dp5dre du beso9 p>ticuli] d'un contractant2 et que1 d'autre "p1 le surabondant e/ trs ncessaire p\r rpondre aux beso9s de la socit1 l'entrepr5eur de culture qui produit plus de bl qu'il n'en faut p\r sa consommation tant trs assimilable au m>*& qui a*te de la m>*&ise p\r la rev5dre1 l'horlog]1 p> exemple1 qui a des montres surabondantes p\r ses cli5ts#ga4 ,puis1 une longue discussion s'lve entre eux p\r savoir si les *anges se font valeur gale p\r valeur gale1 ou si l'*ange e/ la s\rce d'un avantage rciproque p\r *acun des contractants4 ,on invoque l'op9ion de ,turgot2 et ,condillac f9it p> admettre que1 dans une socit o l'*ange e/ la condition de la vie commune1 la valeur e/ la fois l'e/ime p>ticulire que *acun fait des *oses et l'e/ime gnrale que la socit en fait elle-mme dans les m>*s4 #ga ,n\s avons beauc\p utilis p\r ce *apitre un ouvrage rc5t intitul ju/em5t3 ,condillac conomi/e 7,p>is1 ,guillaum91 #aijc1 9-#h74 ,l'auteur1 ,m4 ,augu/e ,,lebeau1 a trait le sujet avec compt5ce et en ne ngligeant aucune s\rce d'in=mation4 ,enf91 ,le ,trosne repro*e ,condillac d'tre p>tisan de l'impt unique sur la proprit foncire1 d'aprs cette ide que t\s les citoy5s sont sal>is les uns des autres1 l'exception des propritaires1 et que si l'indu/rie et le comm]ce augm5tai5t rellem5t la masse des ri*esses1 on p\rrait admettre d'autre "p que le comm]ce rduirait le salaire et le pr(it#gb4 #gb ,le ,comm]ce1 #are p>tie1 *ap4 ,,xxviii1 p4 #bia1 #cid1 #bii4 ,a quoi le physiocrate1 qui aurait d cep5dant1 selon ,quesnay1 s\t5ir que la t]re e/ la seule s\rce de la ri*esse1 objecte que l'artisan1 dont l'indu/rie e/ autant productive que celle du colon1 doit contribu] lui aussi la dp5se publique#gc4 ,et ,m4 d',autro*e aj\te qu'il y a une inju/ice criante tax] le lab\reur propritaire en le =ant ab&onn] un hritage qu'il aurait tant d'intrt et de moy5s d'amlior] au pr(it de sa famille#gd4 #gc ,,le ,,trosne1 ,de l'intrt social1 etc41 dition des ,physiocrates1 #ahdf1 9-#h1 *ap4 ,v3 ,exam5 de la doctr9e de ,m4 l'abb de ,condillac4444 #gd loge de ,m4 l'abb de ,condillac1 p4 #gi4 ,t\te la seconde p>tie de l'ouvrage de ,condillac e/ consacre dmontr] la ncessit de la lib]t comm]ciale4 ,n\s avons vu1 dit-il1 comm5t les ri*esses1 lorsque le comm]ce j\it d'une lib]t entire et p]man5te1 se rp&5t p>t\t4 ,elles se v]s5t cont9uellem5t d'une prov9ce dans une autre4 ,l'agriculture e/ florissante3 on cultive les arts jusque dans les hameaux2 *aque citoy5 tr\ve l'aisance dans un travail de son *oix2 t\t e/ mis en valeur1 et on ne voit pas de ces =tunes disproportionnes qui amn5t le luxe et la misre4 ,t\t *ange mesure que diffr5tes causes port5t atte9te la lib]t du comm]ce4 ,n\s avons p>c\ru ces causes3 ce sont les gu]res1 les pages1 les d\anes1 les matrises1 les privilges exclusifs1 les impts sur la consommation1 les v>iations des monnaies1 l'augm5tation des m9es1 les emprunts de t\tes espces de la "p du g\v]nem5t1 la police des gra9s1 le luxe d'une gr&e capitale1 la jal\sie des nations1 enf9 l'esprit de f9ance qui influe dans t\tes les p>ties de l'adm9i/ration4 ,alors1 le dsordre e/ au comble4 ,la misre crot avec le luxe2 les villes se rempliss5t de m5diants2 les campagnes se dpeupl5t1 et l'tat1 qui a contract des dettes imm5ses1 ne semble avoir encore de ress\rces que p\r a*ev] sa ru9e#ge4 #ge ,le ,comm]ce et le ,g\v]nem5t2 conclusion1 p4 #ebg-ebh4 ,t\tes ces considrations1 prs5tes comme des suppositions1 sont en ralit la pe9ture =t exacte de l'tat des *oses l'poque mme et de l'influ5ce que le comm]ce et le g\v]nem5t peuv5t avoir l'un sur l'autre4 ,une troisime p>tie1 annonce p> l'auteur1 n'avait plus de raison d'tre3 son livre prs5tait un t\t complet1 digne de ret5ir l'att5tion p> la div]sit des sujets traits4 ,peut-tre aprs avoir con/at la valeur des travaux de ,condillac sur ces que/ions n\velles p\r lui1 comme elles l'tai5t alors p\r la plup>t1 tr\v]a-t-on exagr le jugem5t de ,j4-,b4 ,say dans son ,trait d'conomie politique3 ,condillac a *]* se faire un sy/me p>ticuli] sur une matire qu'il n'ent5dait pas2 mais il y a quelques bonnes ides recueillir p>mi le babil +nieux de son livre4 ,il y avait mieux que cela2 c>1 sur c]ta9s po9ts1 le sy/me p>ticuli] de ,condillac tait s+ulirem5t en avance sur son temps1 puisque son ouvrage p>ut en ,france avant celui d',adam ,smi?1 en ,anglet]re1 la ,re*]*e sur la nature et les causes de la ri*esse des nations1 qui dev9t le vritable vangile de l'conomie politique4 ,j4-,b4 ,say dcl>e1 du re/e1 que depuis ,adam ,smi?1 les autres conomi/es1 physiocrates ou non1 n'exi/ai5t pas4 ,il ne faut plus p>l] de ,quesnay1 ,le ,trosne1 ,m]ci] de la ,rivire1 ,cantillon1 ,grasl91 ,condillac3 ,leurs erreurs ne sont pas ce qu'il s'agit d'appr5dre1 mais ce qu'il faut oubli]4 ,les contempora9s ne fur5t pas t\j\rs plus quitables4 ,grimm1 qui n'a pas oubli ses rancunes ou celles de ,did]ot1 crivait1 non sans ironie1 dans sa ,correspondance3 ,ce livre a fait gr& bruit d'abord p\r avoir t arrt p> la ,*ambre syndicale des libraires et imprimeurs4 ,la confrrie doit se flicit] que les lumires du g\v]nem5t agricole ai5t tr\v enf9 un v5geur plus illu/re que les ,r\l&1 les ,baudeau et t\te leur tri/e cohorte4 ,l'ouvrage de ,m4 de ,condillac peut tre reg>d comme le cat*isme de la sci5ce3 il a le gr& mrite d'expliqu] avec une nettet1 avec une prcision m]veilleuse ce que t\t le monde sait1 et ri5 n'e/ plus sduisant dans une discussion de ce g5re4 ,les hommes du monde qui ont le mo9s rfl*i sur la matire s'applaudiront intrieurem5t de saisir avec tant de sagacit le pr9cipe d'un sy/me qu'ils croyai5t si suprieur la capacit de leurs ides444#gf4 #gf ,correspondance littraire1 philosophique et critique de ,grimm et de ,did]ot4 ,edit4 ,t\rneux1 t4 ,,xi1 p4 #ec et suiv4 ,beauc\p plus bi5veillante e/ l'apprciation de ,la ,h>pe3 ,le livre de l'abb de ,condillac e/ l'ouvrage d'un bon esprit qui a v\lu se r5dre compte lui-mme des matires dont il ent5dait p>l] sans cesse4 ,on peut l'appel] le livre lm5taire de la sci5ce conomique4 ,ce n'e/ pas que les disciples de cette sci5ce soi5t d'accord avec lui en t\t et que les matres n'y ai5t relev mme ce qu'ils appell5t des mprises et des erreurs2 mais t\s convi5n5t qu'il a pos les mmes pr9cipes gnraux et qu'il e/ arriv aux mmes rsultats4 ,il a sur eux l'avantage d'une m>*e trs m?odique et de la cl>t la plus lum9euse4 ,mais le jugem5t le plus intressant1 p>ce qu'il semble df9itif1 et qu'un long espace de temps c\l lui donne plus de prix1 e/ celui port p> un publici/e anglais en #ahfb1 que ,mi*el ,*evali] accusa plaisamm5t d'avoir dc\v]t ,condillac1 ,m4 ,h5ry ,dunn+ ,macleod#gg4 #gg ,! hi/ory ( economics1 ,london1 #ahij1 p4 #fib4 ,l'ouvrage de ,condillac1 dit-il1 e/ trs rem>quable et mrite d'attir] l'att5tion4 ,il e/ enta* en quelques endroits des erreurs des conomi/es2 mais il rep\sse leur classem5t des artisans1 des manufacturi]s1 des m>*&s comme travailleurs improductifs4 ,il s'lve a9si contre la doctr9e affirmant que dans l'*ange1 aucune des p>ties ne p]d ni ne gagne444 ,les ouvrages de ,smi? et de ,condillac fur5t publis la mme anne3 celui de ,smi?1 en peu de temps1 obt9t une clbrit univ]selle3 celui de ,condillac fut compltem5t oubli2 cep5dant1 au po9t de vue sci5tifique1 il e/ inf9im5t suprieur ,smi?4 ,c'e/ inconte/ablem5t le plus rem>quable livre qui ait t crit sur l'conomie politique jusqu' cette poque et il j\e un rle trs important dans l'hi/oire de la sci5ce4 ,la gir\ette des temps lui apporte ma9t5ant sa revan*e1 c> t\s les meilleurs conomi/es d',europe et d',amrique gravit5t auj\rd'hui aut\r de cette op9ion que la conception de ,condillac fut la vraie conception de l'conomie politique#gh4 ,il recevra ju/ice aprs un oubli de c5t v+t ans444 #gh ,l'diteur e/im des physiocrates1 ,m4 ,eug4 ,daire1 tait bi5 de cet avis ds #ahdg1 qu& dans ses ,mlanges d'conomie politique1 il reproduisait le ,comm]ce et le ,g\v]nem5t comme un livre classique1 en le faisant prcd] d'une rem>quable notice1 t4 ,i1 p4 #bdb #bdh4 ,ce que n\s p\vons conclure de cet exam5 rtrospectif1 c'e/ que ,condillac1 contrairem5t la majorit des criva9s de son temps1 app>ti5t l'cole librale3 il e/ p>tisan de la lib]t absolue d'importation et d'exportation1 s\rce p\r une nation de la prosprit de l'indu/rie1 du comm]ce1 de l'agriculture mme4 ,a l'encontre de son frre1 l'abb de ,mably1 il reg>de le droit de proprit comme sacr1 soit qu'il provi5ne de la premire occupation1 du p>tage ou de l'hritage3 il combat a9si p> avance ,f\ri]1 ,babeuf ou ,sa9t-,simon2 il se dcl>e enf9 de l'cole de ,turgot plus que de celle de ,r\sseau4 ,il tait assez sagace p\r prvoir la ,rvolution2 mais1 s'il avait pu1 il aurait t au-devant p> des r=mes1 que t\t le monde dem&ait alors et que p]sonne ne v\lut faire4 ,blank ,page ,,*apitre ,,viii ,,les ,,d]ni,,res ,,uvres ,,philosophiques ,,la ,,logique ,,la ,,langue ,,des ,,calculs ,l'anne mme qui suivit la mort de l'abb de ,condillac1 ,m4 d',autro*e publiait les deux lettres suivantes qu'on avait tr\ves dans ses papi]s3 ,le comte ,ignace ,potocki1 gr& notaire de ,li?uanie1 ,m4 l'abb de ,condillac4 _/99 ,de ,v>sovie1 le #g septembre #aggg4 ,monsieur1 99_/ ,v\s j\issez du privilge des hommes clbres3 connu dans les pays les plus loigns1 v\s ignorez ceux qui v\s lis5t et que v\s clairez4 ,on a t\j\rs *]*1 consult et quelquefois ennuy les philosophes4 ,s\ffrez ce titre le dsagrm5t de votre tat4 ,le ,conseil prpos l'ducation nationale m'a *>g1 ,monsieur1 de suppler aux livres lm5taires p\r lesquels il n'a plus jug propos de publi] la concurr5ce2 de ce nombre e/ la ,logique4 ,comme je connais vos ouvrages1 et que le ,conseil a suivi vos pr9cipes dans le sy/me de l'in/ruction publique p\r les coles palat9es1 p]sonne ne saurait mieux remplir que v\s cette importante t*e4 ,v\s avez travaill p\r un pr9ce s\v]a93 refus]iez-v\s d'appliqu] votre ouvrage l'usage d'une nation qui devrait l'tre8 ,je v\s fais "p1 ,monsieur1 du prospectus que n\s avons publi4 ,n\s ne dem&ons la confection du ,livre lm5taire de ,logique franais que p\r le mois de dcembre #aggi4 ,le ,conseil d'ducation v\s assure1 ,monsieur1 qu'il saura galem5t pris] et rcomp5s] votre travail4 ,si vos occupations ne v\s p]mettai5t pas d'entrepr5dre cet ouvrage1 v\s me f]iez un plaisir bi5 s5sible de m'indiqu] la p]sonne que v\s croiriez en ,france1 aide de vos lumires1 en tat de rpondre nos vues4 ,ce ne s]a t\j\rs qu'un de vos lves3 il e/ s\hait] p\r l'humanit que v\s en ayez dans t\tes les nations4 ,je suis avec une p>faite considration1 etc444 ,condillac rpondit sans ret>d3 _/99 ,monsieur1 99_/ ,le succs de mes ouvrages passe auj\rd'hui mes esprances1 et la lettre que v\s m'avez fait l'honneur de m'crire s]a une poque bi5 glorieuse p\r moi1 si mes tal5ts rpond5t l'e/ime que v\s me tmoignez et la confiance dont le ,conseil m'honore4 ,c]ta9em5t1 je ne me refus]ai pas aux vux d'une nation dont le sort intresse t\t homme qui dans ce sicle peut avoir encore l'me d'un citoy54 ,quant la rcomp5se1 je l'ai dj reue2 c'e/ l'invitation du ,conseil1 c'e/ votre lettre4 ,on dira1 si j'ai russi1 que v\s m'avez dem& cet ouvrage1 que v\s l'avez appr\v et qu'il a t utile2 et les nations libres ne sav5t-elles pas que la plus belle des rcomp5ses1 c'e/ la gloire de les avoir bi5 s]vies8 ,ce n'e/ pas1 ,monsieur1 que je veuille me refus] t\te autre rcomp5se2 p> un refus qui s]ait plus va9 que gnreux1 je croirais manqu] au ,conseil1 et je v\s dcl>e que je recevrai avec reconnaissance le prix (f]t dans le programme4 ,je v\drais1 ,monsieur1 p\voir ds prs5t v\s dire avec quelques dtails comm5t je trait]ai la ,logique4 ,il s'agit surt\t de bi5 dt]m9] l'objet que je dois me propos]2 d'y rapport] t\tes les p>ties de l'ouvrage et de trac] un *em9 c\rt1 dans lequel des ob/acles1 faciles surmont]1 donn]ont la confiance d'en surmont] de plus gr&s4 ,il faut encore que les jeunes g5s qui liront cette ,logique p>aiss5t plutt la faire eux-mmes que de l'appr5dre de moi4 ,les *oses qu'on fait le mieux sont t\j\rs celles qu'on a *]*es soi-mme et tr\ves1 et la m?ode d'inv5tion devrait tre employe exclusivem5t dans les coles4 ,je travaill]ai d'aprs ces vues gnrales1 et je f9irai cet ouvrage avant le temps p\r lequel v\s me le dem&ez1 af9 d'avoir celui d'y faire les corrections et les *angem5ts que v\s jug]ez ncessaires4 ,je suis1 etc444 ,c'tait le mom5t o la ,pologne dem&ait ,jean-,jacques ,r\sseau et l'abb de ,mably de lui donn] une con/itution4 ,condillac1 retir dans sa t]re de ,flux1 se mit aussitt l'uvre1 et il avait t]m9 sa t*e la f9 de #aggi4 ,la ,logique p>ut l'anne suivante#gi4 ,c'tait1 d'ailleurs1 le rsum de t\s ses enseignem5ts1 le d]ni] mot de sa m?ode applicable t\tes les sci5ces4 ,le c>actre de l'uvre a t trs exactem5t dt]m9 p> une phrase de ,littr3 ,la philosophie de ,condillac e/ encore au fond le guide philosophique de plus d'un savant qui prt5d s'enf]m] dans le c]cle de ses tudes spciales4 #gi ,son titre exact tait3 ,la ,logique1 ou les premi]s dveloppem5ts de l'art de p5s]1 ouvrage lm5taire1 que le ,conseil prpos aux coles palat9es avait dem& et qu'il a honor de son approbation4 ,p>is1 ,l',esprit et ,debure1 #aghj1 9-#h4 ,avant lui1 ,ta9e avait df9i d'une faon familire1 mais trs saisissante t\te l'entreprise des philosophes du dix-huitime sicle1 dont ,condillac e/ re/ le matre inconte/3 ,ils suppos5t l'esprit de l'homme ple9 et combl d'ides de t\tes sortes1 entres p> c5t sortes de voies1 obscures1 confuses1 p]v]ties p> les mots1 telles que n\s les avons lorsque n\s comm5ons rfl*ir sur n\s-mmes1 aprs avoir p5s longtemps au has>d4 ,ils dbr\ill5t ces *oses2 et d'un monceau de matriaux entasss1 ils =m5t un difice4 ,ils s'en ti5n5t l et ne prt5d5t po9t all] plus lo94 ,on les nomme idologues1 et avec ju/ice3 ils opr5t sur des ides et non sur des faits2 ils sont mo9s psy*ologues que logici5s4 ,leur sci5ce ab\tit ds l'abord la pratique2 et ce qu'ils enseign5t1 c'e/ l'art de p5s]1 de raisonn]1 de s'exprim]#hj4 #hj ,les ,philosophes franais du dix-neuvime sicle4 ,p>is1 ,ha*ette1 #ahfi1 p4 #ag4 ,il suffira donc d'analys] brivem5t cet ouvrage trs c\rt1 que ,l>omiguire1 dit-on1 lut huit fois de suite1 et qui peut se rsum] en quelques pages2 c> ,condillac1 sr de lui1 ne discute pas et se cont5te de procd] p> une suite d'affirmations#ha4 ,ds la premire page1 l'auteur dcl>e qu'il ne comm5c]a pas cette logique p> des df9itions1 des axiomes1 des pr9cipes4 ,il comm5c]a p> obs]v] les leons que la nature n\s donne4 ,si n\s p\vions retr\v] *ez les enfants le premi] dveloppem5t de nos facults1 ce s]ait le meilleur moy5 d'tudi] l'action de la nature4 ,mais1 n'tant plus des enfants1 il faut bi5 exam9] comm5t n\s n\s conduisons n\s-mmes p\r acqurir des connaissances c]ta9es4 ,p\r connatre les *oses1 un premi] c\p d'il ne suffit pas2 il importe de les obs]v] l'une aprs l'autre4 ,l'ordre successif dans lequel on les considre doit ressembl] l'ordre simultan qui e/ entre elles4 ,cela con/itue l'analyse1 cette opration qui dcompose les *oses p\r les recompos]4 #ha ,n\s r5voyons p\r cette analyse1 comme p\r la discussion du sy/me enti] du philosophe1 un livre qui date dj de plus de qu>ante ans3 les ,?ories ,logiques de ,condillac1 p> ,m4 ,l4 ,,rob]t1 agrg de philosophie1 #ahfi1 9-#h4 ,et ,condillac1 qui aime beauc\p se s]vir d'exemples pris dans la nature elle-mme1 imag9e cette description d'un *teau qui dom9e une va/e campagne et dont le paysage1 confus d'abord1 ne peut app>atre exactem5t un voyageur que qu& il exam9e successivem5t t\tes les p>ties4 ,puis1 p\r faire jug] de la simplicit de sa m?ode1 il aj\te qu'il n'y a pas jusqu'aux petites c\turires qui n'en soi5t conva9cues4 ,c> si1 leur donnant p\r modle une robe d'une =me s+ulire1 v\s leur proposez d'en faire une semblable1 elles imag9]ont naturellem5t de dfaire et de refaire ce modle1 p\r appr5dre faire la robe que v\s dem&ez4 ,elles sav5t donc l'analyse aussi bi5 que les philosophes4 ,la nature n\s appr5d all] du connu l'inconnu4 ,a9si1 lorsqu'un homme qui n'a po9t tudi veut me faire compr5dre une *ose1 il pr5d une comp>aison dans une autre que je connais4 ,il en e/ de mme qu& n\s v\lons essay] la classification des tres4 ,l'enfant1 aprs avoir eu l'ide d'un arbre1 tr\ve commode de se s]vir de ce nom qu'il connat et de l'appliqu] t\tes les plantes qui p>aiss5t avoir quelque ressemblance avec cet arbre4 ,sans qu'il et desse9 de gnralis]1 son ide devi5t t\t c\p gnrale2 c> il =me1 presque naturellem5t1 des classes d'aprs ses beso9s1 c'e/--dire d'aprs sa manire de concevoir1 bi5 mieux que d'aprs la nature des *oses4 ,mais les g5res et les espces sont dans notre esprit beauc\p plus que dans la nature1 o t\t e/ di/9ct1 et n\s ne les multiplions que p\r n\s rgl] dans l'usage des *oses relatives nos beso9s#hb4 #hb ,logique1 *ap4 ,,xxii1 p4 #dc4 ,en obs]vant les objets s5sibles1 n\s n\s levons naturellem5t des objets qui ne tomb5t pas s\s les s5s4 ,a9si1 le m\vem5t e/ un effet que je vois1 et cet effet a une cause que je nomme =ce4 ,p\r t5dre la sphre de nos connaissances1 il n\s faut savoir conduire notre esprit4 ,et p\r appr5dre le conduire1 il faut le connatre p>faitem5t4 ,condillac e/ a9si am5 analys] les facults de l'me2 il le fait en deux *apitres1 dans lesquels il dploie t\tes les ress\rces de son tal5t et mme une lgance de /yle plus rem>quable que celle qu'il montre d'ord9aire4 ,dans la seconde p>tie de la ,logique1 l'auteur considre l'analyse dans ses moy5s1 dans ses effets1 ou l'art de raisonn] rduit une langue bi5 faite4 ,nos erreurs1 dit-il1 ont t\tes la mme orig9e1 et vi5n5t de l'habitude de n\s s]vir des mots avant d'en avoir dt]m9 la signification4 ,il n'y a donc qu'un moy5 de remettre de l'ordre dans la facult de p5s]1 c'e/ d'oubli] ce que n\s avons appris1 de repr5dre nos ides leur orig9e et de refaire1 comme ,bacon1 l'ent5dem5t huma9#hc4 #hc ,*ap4 ,,xxii1 p4 #ajj et #ajg4 ,le langage e/ a9si le vrai moy5 de bi5 raisonn]4 ,non seulem5t t\te langue e/ une m?ode analytique1 mais t\te m?ode analytique e/ une langue4 ,puis1 vi5t l'numration du langage d'action ou la s5sation analyse1 du langage articul1 qui analyse la p5se4 ,et ces premires langues les plus bornes sont naturellem5t les plus exactes4 ,plus t>d1 qu& on se mit p>l] p\r p>l]1 les langues se remplir5t d'imp]fections2 et1 l'analyse disp>aissant1 l'art de raisonn] s'e/ p]du4 ,il faut donc refaire sa langue4 ,comm5t8 ,p> l'analyse4 ,c'e/ l'analyse qui fait les langues2 c'e/ l'analyse dt]m9] les ides#hd4 ,c'e/ l'analyse qui n\s montre d'o vi5n5t les ides simples et quelles sont les ides p>tielles qui entr5t dans une ide comp>e4 ,il e/ inutile de rec\rir aux df9itions4 ,la syn?se e/ une m?ode tnbreuse2 et1 quoiqu'en dis5t ,messieurs de ,port-,royal1 la seule diffr5ce qu'il y ait entre elle et l'analyse1 c'e/ qu'elle comm5ce t\j\rs mal1 t&is que l'analyse comm5ce t\j\rs bi54 #hd uvres1 t4 ,,xxii1 p4 #acg et #adg4 ,p\r dmontr] combi5 le raisonnem5t e/ simple1 qu& la langue e/ simple1 ,condillac pr5d l'exemple de l'algbre4 ,t\t l'artifice du raisonnem5t algbrique consi/e en deux *oses3 tablir l'tat de la "q1 c'e/--dire traduire les donnes dans l'expression la plus simple et dgag] les inconnues4 ,en mtaphysique1 qu& on dem&e quelle e/ l'orig9e de la gnration des facults de l'me1 la s5sation e/ l'inconnue que n\s avons dgag] p\r dc\vrir comm5t elle devi5t successivem5t att5tion1 comp>aison1 jugem5t4 ,c'e/ ce que n\s avons fait1 qu& n\s avons *]* les diffr5tes trans=mations p> lesquelles passe la s5sation p\r dev5ir l'ent5dem5t4 ,nos raisonnem5ts1 faits avec des mots1 sont aussi rig\reusem5t dmontrs que p\rrai5t l'tre des raisonnem5ts faits avec des lettres#he4 #he ,t4 ,,xxii1 p4 #afj4 ,et cet artifice e/ le mme dans t\tes les sci5ces4 ,la ?orie une fois expose1 on e/ conduit t\t droit au d]ni] livre de l'auteur4 ,la ,langue des calculs e/ un des ouvrages les mo9s connus de ,condillac1 ce qui s'explique p> sa =me peu attrayante et c\p sr trange p\r ceux qui ne sont pas initis4 ,de plus1 il e/ ina*ev1 et il faut bi5 connatre t\te l'uvre du philosophe p\r en compr5dre la porte4 ,sa premire dition eut peu de succs#hf4 ,son introducteur1 ,l>omiguire1 au comm5cem5t de l'crit qu'il a intitul3 ,p>adoxes de ,condillac1 se dem&e assez +num5t si le tal5t de l'auteur1 lorsqu'il exprime ses d]nires p5ses1 tait affaibli p> l'ge ou s'il avait acquis ce degr de p]fection qui ne laisse subsi/] aucune trace de l'art qui le produit2 si la doctr9e qu'il pr(esse n'e/ qu'une dduction brillante de p>adoxes1 ou bi5 la ?orie la plus vraie1 le modle le plus p>fait du raisonnem5t4 ,et il s'en rapporte au lecteur1 disant que s'il avait su rpondre ces que/ions1 il n'aurait jamais song publi] cette uvre du matre#hg4 #hf ,la ,langue des calculs1 ouvrage po/hume et lm5taire1 imprim sur les manuscrits autographes de l'auteur4 ,p>is1 ,*4 ,h\el1 an ,,vi1 9-#h4 #hg ,p>adoxes de ,condillac et ,disc\rs sur la langue du raisonnem5t1 p> ,m4 ,,l>omigui,,re1 pr(esseur de philosophie la ,facult des lettres de ,p>is 7n\v4 dit41 #ahbe74 ,c'e/ cep5dant son analyse que n\s suivrons1 c> c'e/ encore la plus claire qui ait t faite4 ,condillac n'avait jamais t ma?matici51 comme ,desc>tes et ,pascal2 mais il ne s'en e/ pas mo9s propos le problme de faire sortir la sci5ce t\t entire des ma?matiques de la logique4 ,il a rem>qu1 dans les div]s g5res de connaissances1 que la nature elle-mme n\s donne les premires leons et que t\tes les autres sont dues l'analogie4 ,=t de cette obs]vation1 il prt5d enseign] l'algbre sans avoir aucune connaissance de l'algbre1 assur qu'il e/ que l'analogie lui indiqu]a les dveloppem5ts successifs1 et qu' l'aide de dductions il tr\v]a l'algbre et t\tes ses m?odes4 ,il lui faut d'abord con/itu] la langue de cette sci5ce1 puisque selon son t]nel adage une sci5ce se rduit une langue bi5 faite4 ,il l'appell]a la ,langue des calculs3 et il la f]a1 ou la tr\v]a p> la nature et l'analogie4 ,la langue des calculs admet c9q dialectes3 celui des doigts1 celui du langage ord9aire1 celui des *iffres et celui des lettres de l'alphabet1 qui en compr5n5t deux4 ,le dialecte des doigts1 qu& il e/ seul1 e/ un calcul d'action2 et c'e/ dans ce calcul avec les doigts que ,condillac voit le premi] calcul1 comme dans le langage d'action il avait vu le premi] langage4 ,mais si les doigts excut5t le calcul1 les mots le not5t et le traduis5t4 ,en ouvrant successivem5t1 l'un aprs l'autre1 les doigts des deux ma9s1 n\s n\s reprs5tons une suite d'units depuis un jusqu' dix2 c'e/ la numration4 ,si aprs avoir compt jusqu' dix1 n\s f]mons successivem5t les doigts1 les nombres dcrotront successivem5t d'une unit4 ,cette opration inv]se peut s'appel] dnumration4 ,p\r port] au del de dix la numration p> les doigts1 il n'y a qu' pr5dre dix p\r unit2 et alors1 en r\vrant successivem5t les doigts1 on =me une suite1 qui s't5d jusqu' dix fois dix1 ou c5t4 ,de la mme manire1 on =m]a des suites1 qui s't5dront jusqu' dix fois c5t1 ou mille2 et c'e/ la not] que s]v5t les mots4 ,l'habitude de la numration doit la r5dre plus facile et plus rapide4 ,p\r compt] jusqu' c9q p> exemple1 au lieu d'ouvrir successivem5t t\s les doigts d'une ma91 on en p\rra ouvrir deux t\t d'un c\p1 puis deux encore1 et puis un4 ,cette manire de numr] pr5d un nom p>ticuli]2 c'e/ l'addition1 qui a son opration inv]se1 comme la numration2 et cette opration inv]se e/ la s\/raction4 ,on ne saurait faire beauc\p d'additions qu'on ne r5contre des nombres gaux aj\t]4 ,cette espce d'addition e/ encore susceptible d'tre abrge1 et alors elle pr5d le nom de multiplication1 dont l'inv]se e/ la division4 ,le g]me de la sci5ce du calcul tant dans nos doigts1 c'e/ la nature qui n\s donne les premires leons1 puisque l'addition et la multiplication ne sont qu'une numration1 drivant de la numration primitive4 ,mais le dialecte des doigts ne peut suffire excut] les oprations compliques qui se prs5t5t2 ,condillac l'ab&onne1 p\r ne cons]v] que les noms des nombres2 et1 p> une opration mo9s simple1 il traite avec ces signes de la =mation des puissances1 de l'extraction des rac9es1 des fractions1 des proportions et progressions4 ,il ratta*e d'ailleurs t\tes ces oprations celles qu'il a excutes avec les doigts4 ,allant plus lo91 il tr\ve que les noms sont emb>rassants et exprim5t trop longuem5t les connaissances acquises1 et qu'il s]ait plus simple de se s]vir des signes2 de l les *iffres et les lettres de l'algbre4 ,c'e/ donc l'analogie qui n\s fait tr\v] ces n\veaux dialectes2 mais il faut en faire usage peu peu1 comme lorsqu'on doit appr5dre une langue n\velle1 et traduire d'abord dans les deux dialectes qu'on veut tudi] ce qu'on a appris avec les deux premi]s4 ,le raisonnem5t dp5d a9si du *oix des signes2 et les oprations qui dem&5t la plus gr&e contraction d'esprit se font d'elles-mmes4 ,tel e/ le travail de m?ode p\ss jusqu' sa d]nire puissance qui a fait l'objet des mditations de ,condillac dans ses d]nires annes4 ,*em9 faisant1 il critique nombre de t]mes pe9e franais1 qui tai5t encore employs de son temps et qui sortai5t absolum5t des rgles de l'analogie qu'il avait poses1 comme des quantits complexes ou incomplexes1 des p>ties aliquates1 ou des p>ties aliquantes1 des fractions expon5tielles1 des quantits imag9aires1 etc444 ,il a sur le sy/me dcimal et sa notation des obs]vations d'une simplicit admirable4 ,il tablit qu'un dixime1 un c5time tant l'inv]se de dix et de c5t1 leurs expressions doiv5t tre galem5t inv]ses1 et puisque dix s'crit #aj1 c5t #ajj1 un dixime doit s'crire #ja1 un c5time #jja4 ,mais p\rquoi dix s'crit-il p> l'unit suivie d'un zro1 soit3 #aj8 ,il rpond en int]rogeant l'analogie et en s'adressant aux doigts4 ,dans ce premi] dialecte1 p\r exprim] #aj1 il faut f]m] le petit doigt et t5ir ouv]t le doigt suivant4 ,p\r exprim] le mme nombre avec des c>actres1 il suffit de copi] ceux que la ma9 n\s (fre3 #a reprs5t]a un doigt ouv]t2 #j1 que n\s appelons zro1 reprs5t]a le petit doigt f]m2 et ces deux c>actres accols1 #aj1 signifi]ont dix4 ,si cette rem>que e/ vraie p\r les *iffres arabes1 elle e/ encore plus frappante p\r les *iffres roma9s1 qu'il suffit de reg>d] p\r voir que c'e/ l'analogie qui les a =ms4 ,un1 deux1 trois1 quatre sont reprs5ts p> ,i1 ,,ii1 ,,iii1 ,,iiii1 images visibles des doigts levs4 ,c9q e/ reprs5t p> le c>actre ,v1 copie du p\ce et de l'index levs4 ,et l'on sait qu'anci5nem5t les ,roma9s1 ou les peuples dont ils avai5t emprunt les c>actres1 avai5t adopt la progression qu9tuple1 puisque1 aprs avoir compt jusqu' c9q1 ils recomm5ai5t1 et disai5t c9q et un1 c9q et deux1 ,,vi1 ,,vii1 jusqu' dix1 dont la =me ,x exprime deux c9q4 ,quant l'orig9e de l'algbre1 ,condillac l'attribue l'emploi des caill\x1--calculus1 caill\1--qui sont v5us en aide aux doigts4 ,qu& on a v\lu plac] les units simples dans un tas1 les diza9es dans un autre1 il a t naturel de dispos] ces tas sur une mme ligne p\r en faire plus facilem5t le compte1 et ds lors l'habitude ne t>da pas li] les c5ta9es avec le troisime rang1 les diza9es avec le second1 et les units simples avec le premi]4 ,et1 aprs avoir inv5t les c>actres1 on a comm5c dire1 p> exemple1 #d c5ta9es1 #c diza9es1 #e units1 et p\r abrg] on a crit3 #d;c #c;d #eu4 ,l'habitude faisant mettre les c5ta9es les premires1 les diza9es ensuite et enf9 les units1 on aura bi5tt supprim l'annotation et mis simplem5t3 #dce4 ,mais1 lorsqu'il fallut faire des calculs plus compliqus et qu'on eut sa disposition les c>actres d'un alphabet1 on se s]vit probablem5t de ces c>actres p\r di/+u] les caill\x3 on les plaa sur *acun et on dit le caill\ a1 le caill\ b1 le caill\ c1 ou p\r abrg] a b c1 sub/ituant de la sorte t\t naturellem5t la lettre aux caill\x1 et =mant a9si un n\veau dialecte4 ,et1 aprs ces +nieuses dmon/rations1 le philosophe se croit en droit de dire que t\t se dc\vre1 t\t s'explique1 qu& on e/ docile aux leons de la nature et de l'analogie4 ,c'e/ en rtrogradant v]s les ides fondam5tales qui sont le g]me de la sci5ce qu'on peut la p>c\rir t\t entire4 ,si les inv5teurs crivai5t comm5t ils font des dc\v]tes1 ils saurai5t comm5t ils peuv5t en faire encore4 ,mais alors1 que devi5t le gnie1 ou cette facult cratrice laquelle les hommes crur5t tant devoir8 ,le gnie1 rpond ,condillac1 e/ un esprit simple qui tr\ve ce que p]sonne n'a su tr\v] avant lui4 ,la nature1 qui n\s met t\s dans le *em9 des dc\v]tes1 semble veill] sur lui1 p\r qu'il ne s'en c>te jamais2 il comm5ce p> le comm5cem5t2 et il va devant lui3 voil t\t son art4 ,on tr\ve ce qu'on ne sait pas dans ce qu'on sait2 c> l'inconnu e/ dans le connu1 et il n'y e/ que p>ce qu'il e/ la mme *ose que le connu4 ,all] du connu l'inconnu1 c'e/ donc all] du mme au mme1 d'id5tit en id5tit4 ,une sci5ce entire n'e/ qu'une longue suite de propositions id5tiques1 appuyes successivem5t les unes sur les autres1 et t\tes ensemble sur une proposition fondam5tale1 qui e/ l'expression d'une ide d\ble4 ,le gnie le plus puissant e/ oblig de p>c\rir1 une une1 t\te la srie des propositions id5tiques1 sans jamais fran*ir aucun int]valle4 ,le passage d'une proposition id5tique une autre1 c'e/ le raisonnem5t4 ,le raisonnem5t n'e/ qu'un calcul2 donc les m?odes du calcul s'appliqu5t t\te espce de raisonnem5t2 et il n'y a qu'une m?ode p\r t\tes les sci5ces4 ,or les oprations du calcul tant mcaniques1 le raisonnem5t l'e/ aussi4 ,et dire que le raisonnem5t e/ mcanique1 c'e/ dire qu'il porte sur les mots1 sur les signes2 donc1 une suite de raisonnem5ts1 ou une sci5ce1 n'e/ qu'une langue4 ,elle se compose d'ides gnrales1 qui sont reprs5tes p> des signes1 des mots1 des noms2 et il importe que t\tes ces dmon/rations soi5t ju/es4 ,telle e/1 en sub/ance1 la ?orie de la ,langue des calculs4 ,bi5 que ces ides soi5t cont5ues en g]me dans t\s ses ouvrages1 jamais ,condillac n'a t plus h>di dans l'affirmation1 plus c]ta9 de son sy/me1 plus ddaigneux des obs]vations1 jusqu' effray] son plus fidle disciple p> des p>adoxes4 ,peut-tre les p>ties de ce livre qui n'ont pu tre a*eves cont5ai5t-elles les dveloppem5ts ncessaires p\r dmontr] et faire accept] une doctr9e si n\velle4 ,en t\t cas1 l'auteur s'tait ef=c de ralis] le plan que qu>ante ans plus tt il avait indiqu ds les premires pages qu'il ait crites3 ,il me p>ut qu'on p\vait raisonn] en mtaphysique et en morale avec autant d'exactitude qu'en gomtrie2 se faire aussi bi5 que les gomtres des ides ju/es2 dt]m9]1 comme eux1 le s5s des expressions d'une manire prcise et inv>iable#hh4 #hh ,introduction de l',essai sur l'orig9e des connaissances huma9es4 ,il et t intressant de lui voir t5ir p>ole jusqu'au b\t et appliqu] son sy/me la morale4 ,,*apitre ,,ix ,l',,influ5ce ,,de ,,condillac ,,sur ,,la ,,philosophie ,,fran,,aise4--,l',,apog,e ,,et ,,le ,d,,cl9 ,,de ,,son ,,cole4 ,qu&1 en #aghj1 ,condillac m\rut1 retir la campagne et presque ignor de ses contempora9s1 sa philosophie tait dj dev5ue classique4 ,on avait oubli ,desc>tes1 dont les doctr9es1 magnifiquem5t dveloppes p> un ,bossuet1 un ,fnelon ou un ,malebran*e semblai5t cadr] m]veille avec la ?ologie *rti5ne2 mais les ca?oliques ne s'en tai5t jamais montrs trs en?\sia/es4 ,au contraire1 p]sonne ne songeait dc\vrir1 dans la philosophie de l'auteur du ,trait des s5sations1 des consqu5ces p]v]ses1 la morale et la religion ayant t t\j\rs respectes p> lui et ne semblant alors aucunem5t intresses dans ses ?ories mtaphysiques4 ,t\s les collges enseignai5t cette doctr9e simple1 facile compr5dre1 bi5 adapte la cl>t de l'esprit franais et dveloppe dans une langue correcte et lgante qui s'adressait au bon s5s1 bi5 plus qu' l'imag9ation4 ,et comme l'in/ruction publique tait alors1 sans exception1 confie des ma9s ecclsia/iques1 t\s les disciples de ,condillac sortir5t des collges de jsuites1 d'oratori5s1 de doctr9aires1 qui faisai5t en mme temps l'ducation1 sans le savoir1 des futurs auteurs de la ,rvolution4 ,qu'on pr5ne au has>d les noms des hommes politiques qui avai5t tr5te ans en #aghi1 on ne tr\v]a p>mi eux que des s5suali/es ou plutt1 comme on disait alors1 des idologues4 ,c'e/ ce qu'on a appel d'un t]me plus vague la philosophie du dix-huitime sicle4 ,sans l'avoir jamais *]*1 ,condillac en fut le *ef2 et il l'e/ re/ dans l'hi/oire1 p>ce que t\s les p5seurs de ce temps ont comm5c p> se rclam] de lui4 ,l'extraord9aire succs de son sy/me ne laisse pas que d'tonn] auj\rd'hui4 ,cette philosophie1 qui devait ab\tir bi5tt au matrialisme avec ,condorcet1 ,helvtius et tant d'autres1 n'tait pas seulem5t en vogue en ,anglet]re1 o ,locke l'avait mise au j\r3 l'ar*idiacre portugais ,l\is-,anto9e ,v]nei la faisait agrer ,combre et dans les coles de ,ca/ille2 et deux jsuites espagnols1 victimes du comte d',ar&a1 rfugis en ,italie1 ,anto9e ,exim5o et ,arteaga1 la df5dai5t dans des livres imprims ,madrid en #aghi1 comme les fameux ,inve/igaciones filos(icas1 sobre la ,belleza ,ideal consid]ada como objeto de todas las artes de imitacion1 d',arteaga4 ,exim5o dveloppe ces ides dans son livre3 ,del orig5 y reglas de la ,musica4 ,il y attribue le s5tim5t des beaux-arts un in/9ct ou s5sation inne1 imprim en n\s orig9ellem5t p> l'auteur de la nature4 ,cet in/9ct se dveloppe p> la rptition d'impressions v5ues du dehors#hi4 #hi ,franois ,,r\sseau1 ,rgne de ,*>les ,,iii d',espagne1 #b vol4 9-#h1 #aijg1 t4 ,,ii1 p4 #cca4 ,de mme1 ,mme de ,d9o n\s appr5d1 dans ses ,s\v5irs1 que sa mre1 la du*esse de ,c\rl&e1 lui avait donn p\r prcepteur l'abb ,piattoli1 laque1 malgr son titre1 un peu lib]t9 et t\t fait incrdule4 ,il e/imait ,condillac un guide plus sr que l'vangile1 et sans attaqu] en ri5 le dogme ca?olique1 il enseignait la mtaphysique encyclopdi/e#ij4 ,c'tait l'habitude alors dans t\tes les familles ari/ocratiques et jusque dans les c\rs d',europe de gt] cette philosophie facile1 qui se recomm&ait de la nature et de l'humanit p\r excus] la corruption croissante des murs4 #ij ,du*esse de ,,d9o1 ,*ronique1 #aijh1 9-#h1 t4 ,i]1 p4 #aci1 et ,app5dice ,,iii2 ,correspondance de ,piattoli4 ,l'influ5ce de ,condillac fut donc trs gr&e sur ses contempora9s2 non seulem5t ,r\sseau lui emprunta beauc\p d'ides2 mais ,did]ot1 d',alemb]t1 t\s les encyclopdi/es3 ,helvtius et ,br\ssais1 dont il rep\ssait le matrialisme1 d',holba*1 dont il rpudiait l'a?isme1 ,cabanis et ,condorcet1 dont il ne p>tageait po9t les doctr9es1 prir5t comme base sa psy*ologie et sa logique1 que t\t le monde acceptait comme des vrits qui ne se discutai5t plus4 ,non mo9s utiles fur5t ces enseignem5ts p\r les savants1 qui ne se sp>ai5t pas beauc\p alors des philosophes4 ,lavoisi]1 p\r crer la *imie mod]ne1 employa la m?ode fconde de l'analyse et1 p\r en rp&re l'enseignem5t1 il s'appliqua en bi5 dt]m9] le langage et en simplifi] les df9itions et les nom5clatures4 ,vicq-d',azyr1 le successeur de ,buffon l',acadmie franaise1 n'hsite pas rapport] la m?ode condillaci5ne une gr&e "p des progrs qu'il fit faire l'anatomie4 ,condillac avait t longuem5t et ju/em5t apprci dans le ,c\rs de littrature compos p\r les sances du ,lyce qui fut tabli ,p>is quelques annes avant la ,rvolution4 ,v\lant faire ensuite un plan sommaire d'ducation publique1 ,m4 de ,la ,h>pe publia son projet dans le ,m]cure de ,france de janvi] #agia4 ,arrivant aux deux annes de philosophie1 il dcl>e sans hsitation qu'il en *ang]a entirem5t le sy/me et le langage3 ,plus de cahi]s de logique1 de mtaphysique1 de morale en mauvais lat92 ce malheureux lat91 mal appliqu1 a p]ptu dans les coles la fune/e habitude de p>l] sans s'ent5dre4 ,p>lons franais2 n\s s]ons =cs d'avoir du s5s4 ,un extrait bi5 fait de la ,logique de ,port-,royal et de l',art de p5s] du ,p4 ,lamy suffirait p\r mettre les jeunes g5s au fait des procds et des rgles du raisonnem5t2 p\r la mtaphysique1 ,locke et ,condillac1 les deux seuls philosophes *ez qui l'on tr\ve ce qu'il n\s e/ possible de savoir sur l'ent5dem5t huma9 et ce qu'il y a de plus probable sur les gnrations intellectuelles2 p\r la morale1 le ,trait des devoirs de ,cicron3 il conti5t t\t4 ,quant ,desc>tes1 aj\te-t-il1 il n'e/ plus p]mis d'en rev5ir ses rv]ies2 et ce qu'il y a de bon dans ce philosophe e/ assez connu p\r que t\t pr(esseur in/ruit puisse appr5dre son disciple le sp>] de la mauvaise physique4 ,dans la rorganisation de l'enseignem5t public la f9 de la f9 de la ,rvolution1 ,lakanal1 ,volney1 ,deleyre1 ,g>at ne connaiss5t pas d'autre philosophie4 ,la ,h>pe1 plus littrateur que mtaphysici5 et dev5u l'adv]saire f\gueux des ides rvolutionnaires1 fait grce ,condillac1 sur le compte duquel il n'a pas *ang d'op9ion1 reg>dant ses ouvrages comme ncessaires#ia4 #ia ,c'e/1 dit-il1 un philosophe bi5 suprieur la plup>t des collaborateurs de l',encyclopdie4 ,la sa9e mtaphysique ne date en ,france que des ouvrages de ,condillac4--,philosophie du dix-huitime sicle1 t4 ,i]1 p4 #abb4 ,de/utt de ,tracy n'tait pas un philosophe3 il avait comm5c p> port] l'pe en s]vant s\s le gnral ,la ,fayette4 ,dput l',assemble ,con/ituante1 emprisonn aux ,c>mes p> la ,t]reur1 il se consola de la politique en lisant les ouvrages de ,locke et de ,condillac4 ,entr dans l',in/itut recon/itu1 il se mit tudi] la =mation et la gnration des ides3 de l1 ses lm5ts d'idologie4 ,dans ce livre1 il tablit que la facult de p5s] consi/e pr\v] une f\le d'impressions1 de modifications1 auxquelles on donne le nom gnral d'ides ou de p]ceptions4 ,t\tes ces p]ceptions p\rrai5t tre nommes s5sations4 ,et a9si1 p5s]1 c'e/ s5tir4 ,mais ces p5ses ou p]ceptions peuv5t tre divises en quatre classes1 qui se rapport5t nos quatre facults lm5taires3 la s5sibilit proprem5t dite1 la mmoire1 le jugem5t et la volont4 ,le s\v5ir1 le jugem5t et les dsirs driv5t de la s5sation et ne sont que les div]s modes de la s5sibilit4 ,nos ides composes ou gnrales se =m5t l'aide de ces facults et n\s p]mett5t en mme temps d'avoir connaissance de notre propre exi/5ce4 ,et ce sy/me philosophique s'alliait *ez ,de/utt de ,tracy aux ides politiques les plus modres1 les plus librales1 les plus contraires au dsordre moral1 qui rgnait alors et qu'il a c\rageusem5t combattu4 ,g>at pr(essait les mmes op9ions2 mais il se laissa t\j\rs guid] p> les vnem5ts4 ,su>d1 qu& il arriva ,p>is1 lui avait fait connatre d',alemb]t1 ,r\sseau1 ,condillac1 ,buffon1 ,did]ot4 ,le m\vem5t des ides le m5a la ,rvolution1 dont il accepta t\t et excusa t\t1 jusqu' facilit] le c\p d'tat p>lem5taire du #ca mai contre ses propres amis de la ,gironde4 ,la t\rm5te passe1 il reprit tranquillem5t l'enseignem5t de la philosophie de ,condillac1 ayant de plus accept de l',empire *>ges et honneurs4 ,c'e/ lui auquel ,napolon disait t\tes les fois qu'il le r5contrait sa c\r3 ,eh bi51 monsieur ,g>at1 comm5t va l'idologie8 ,trs analogue comme c>actre fut ,alex&re ,deleyre1 qui se s\v5ant de ses annes de collaboration intime ,p>me avec le prcepteur de l',infant1 et ne v\lant plus t5ir compte de ses propres erreurs p5dant la ,rvolution1 v9t augm5t] encore le nombre de ces adeptes de ,condillac qui lui avai5t t plus compromettants que pr(itables4 ,cabanis tait reprs5tant de ,p>is aux ,c9q-,c5ts2 c'e/ en cette qualit qu'en l'an ,,vii il rclama l'rection de monum5ts p\r ,desc>tes et ,montesquieu1 p\r ,mably et ,condillac4 ,dans son mmoire la seconde classe de l',in/itut sur l',hi/oire physiologique des s5sations1 il cont9ue la tradition1 qu'il reproduit encore dans son ouvrage sur les ,rapports du physique et du moral4 ,un autre disciple conva9cu et raisonn de ,condillac fut ,franois ,?urot4 ,celui-l e/ un vrai univ]sitaire1 pr(esseur la ,facult des lettres ,p>is jusqu'en #ahbc4 ,son d]ni] ouvrage3 ,de l'ent5dem5t et de la raison1 ou ,introduction la philosophie1 e/ de #ahcj4 ,c'e/ lui qui s'lve avec indignation contre le mot de s5sualisme qui1 appliqu la doctr9e philosophique1 n'e/ pas mme franais4 ,les femmes et les g5s du monde1 dit-il1 trang]s ces sortes de spculations1 jug5t de la signification de ce t]me p> son analogie avec les mots s5suel et s5sualit1 s'imag9ant que les auteurs qu'on appelle s5suali/es ont compos des ouvrages obscnes ou lic5cieux444 ,avec tant de s\ti5s1 les habitudes et les traditions sont difficiles dtruire4 ,t\s les livres classiques tai5t faits p> des disciples de ,condillac4 ,en #ahcd1 s'imprimait *ez ,brunot-,labb1 libraire de l',univ]sit1 un livre intitul la ,logique complte de ,condillac1 suivie de celle de ,dum>sais1 l'usage des jeunes g5s4 ,en #ahdb1 le ,trait des sy/mes1 l',art de p5s] et la ,logique tai5t encore compris dans les livres dsigns p\r l'enseignem5t de la philosophie4 ,il fallut t\s les ef=ts et t\te l'loqu5ce de ,c\s9 p\r en triomph]3 et le mot s5sualisme1 qu'il fit adopt]1 lui fut en effet trs utile1 comme pr9cipal argum5t4 ,pi]re ,l>omiguire1 n en ,r\]gue1 tait non seulem5t lve des jsuites1 mais il entra dans la congrgation1 o on l'employa comme rg5t de quatrime et de troisime1 ,moissac et ,lavaur2 puis1 en #aggg1 il pr(esse la philosophie ,t\l\se et va de l ,c>cassonne et au collge militaire de la ,fl*e4 ,ayant mme autrefois correspondu avec ,condillac1 il adopta et cons]va ses m?odes4 ,si ,condillac avait v\lu se *oisir un disciple1 il n'aurait pu en tr\v] un plus capable de le compr5dre et de le gt]4 ,celui-l tait beauc\p plus philosophe et1 si l'on veut1 beauc\p plus am\reux de philosophie4 ,muni de =tes tudes ecclsia/iques que la ,rvolution lui fit ab&onn]1 il avait t un des brillants disciples de ,g>at4 ,entr de bonne heure dans l',univ]sit impriale et dj membre de l',acadmie des sci5ces morales et politiques1 il pr(essa la philosophie la ,facult des lettres de ,p>is de #ahaa #ahac4 ,il avait comm5c p> se faire l'diteur trs en?\sia/e de la ,langue des calculs et il avait publi en #ahaj le petit volume intitul les ,p>adoxes de ,condillac4 ,un de ses premi]s crits1 le ,disc\rs sur la langue du raisonnem5t1 fut ju/em5t compos propos de la ,langue des calculs4 ,p]sonne plus que ,l>omiguire ne s'e/ appliqu df5dre les op9ions spirituali/es de ,condillac4 ,deux *apitres enti]s de ses ,leons de philosophie sont consacrs cette dmon/ration et ont p\r titre3 ,le ,sy/me de ,condillac1 lo9 de favoris] le matrialisme1 l'anantit#ib4 ,son raisonnem5t e/1 d'ailleurs1 assez solidem5t tabli4 ,il y a bi5 peu de philosophie1 dit-il1 dans ceux qui refus5t l'exi/5ce t\t ce qui n'e/ pas matire1 op9ion fonde uniquem5t sur le pr9cipe sup]ficiel qu'imag9] et concevoir sont une mme *ose4 ,on ne peut imag9]1 il e/ vrai1 que des tres t5dus2 mais on peut concevoir des tres 9t5dus1 immatriels2 en t\t cas1 on n'a pas le droit d'en ni] la ralit4 ,la ralit des *oses e/ indp5dante de ce que peuv5t ou ne peuv5t pas notre imag9ation et notre intellig5ce4 ,et il donne1 s\s =me d'anecdote1 l'exemple de ce roi de ,siam auquel un ,holl&ais1 dans lequel il avait t\te confiance1 racontait un j\r que dans son pays en hiv] on m>*ait sur l'eau4 ,cet ,ori5tal1 qui ne savait pas ce que c'tait que la glace1 le *assa comme un impo/eur4 ,son esprit se refusait concevoir la conglation1 que connaiss5t si bi5 les habitants du ,nord4 #ib ,leons de philosophie1 #f;e dit41 t4 ,i]1 neuvime et dixime leons4 ,au re/e1 trs imbu des doctr9es s5suali/es1 ,l>omiguire comm5a p> v\loir rduire le raisonnem5t n'tre qu'une opration purem5t grammaticale1 autrem5t dit faire driv] la p5se des mots1 t&is que c'e/ elle qui les cre et que le langage n'a que le devoir de les traduire4 ,il ne suivit cep5dant pas ,condillac jusqu'au b\t et affirma que la p5se exi/ait antrieurem5t t\t signe et indp5damm5t de t\t langage4 ,aussi1 t\tes les facults premires gnrales1 au lieu de les faire driv] de la s5sation1 ,l>omiguire les attribue l'att5tion qui1 avec la comp>aison et le raisonnem5t1 con/itue1 selon lui1 l'ent5dem5t4 ,l'ent5dem5t et la volont sont runis p> lui s\s le nom de p5ses4 ,mais1 dans la gnration des ides1 les facults de l'me j\5t un rle que ne leur reconnat pas ,condillac4 ,et c'e/ a9si qu'il fut conduit1 p> la m?ode exprim5tale1 applique p> ,reid et ,dugald-,/ew>t1 l'tude de l'esprit huma9 et dev9t un adepte de la philosophie cossaise4 ,son en?\siasme se communiqua un de ses jeunes auditeurs1 ,victor ,c\s91 qui raconte que ce fut lui qui l'enleva ses premires tudes1 qui lui promettai5t des succs paisibles1 p\r le jet] dans une c>rire o les contr>its et les orages ne lui ont pas manqu4 ,on p\rrait en dire autant de ,roy]-,coll>d1 qui avait comm5c aussi p> la philosophie de ,condillac1 et qui1 selon la lg5de bi5 connue1 se prom5ant sur les quais la re*]*e d'un matre mo9s u1 le tr\va un j\r dans l'talage d'un b\qu9i/e1 en a*etant un volume dp>eill des ,essais de philosophie de ,?omas ,reid#ic4 #ic ,jules ,,simon1 ,victor ,c\s91 #ahia1 9-#ab4 ,quoi qu'il en soit1 ce qui aux yeux d'honntes g5s comme ,l>omiguire1 ,roy]-,coll>d ou ,m4 ,c\s9 lui-mme1 fit le plus de tort ,condillac1 c'e/ que ses contempora9s1 comme ses successeurs1 reg>dai5t l'idologie1 ou la sci5ce des ides considres en elles-mmes comme de simples phnomnes de l'esprit huma91 et que l'idologie1 allie de la ,rvolution franaise1 tait ne et avait gr&i avec elle4 ,leurs reprs5tants se tr\vai5t tre les mmes hommes la ,conv5tion et l',in/itut1 t\s faisant p>tie de la socit d',auteuil1 *ez ,mme ,hlvtius4 ,s\s ce rapport1 ,condillac1 re/ spirituali/e et *rti51 a pu sans d\te p>tag] les ides de ses propres adv]saires4 ,mais il n'e/ pas ju/e de dire1 avec le ,dictionnaire des sci5ces philosophiques1 qu'il n'y a plus auj\rd'hui de p>tisans av\s de la doctr9e de ,condillac et que son d]ni] reprs5tant e/ desc5du dans la tombe avec ,m4 ,de/utt de ,tracy#id4 #id ,art4 ,condillac et art4 ,de/utt de ,tracy4 ,sans p>l] des ,suisses qui re/r5t fidles1 avec ,bonnet1 la philosophie du dix-huitime sicle#ie1 l',univ]sit de ,/rasb\rg1 comme l',acadmie de ,b]l91 au db du dix-neuvime sicle1 on tudiait encore ,bossuet et ,maup]tuis1 ,hume et ,condillac4 ,en ,anglet]re mme1 en dpit des cossais1 la philosophie n\velle se rclamait aussi des ?ories de la s5sation4 ,/u>t-,mill#if rem>que qu'en ,france1 p5dant presque t\t le d]ni] sicle o l',univ]sit enseignait la philosophie t\tes les classes aises1 la doctr9e (ficielle tait la philosophie suranne de ,roy]-,coll>d1 de ,j\ffroy et de ,c\s91 ignorant presque entirem5t les travaux trang]s1 enseigne p> de simples mdiocrits dont le gr& matre avait peupl t\tes les *aires de l'tat4 ,la culture sci5tifique1 p]sonnifie alors p> ,comte1 se dt\rnait de ces doctr9es trangres la philosophie1 et vritablem5t indignes des dc\v]tes n\velles4 ,le mrite de ,ta9e1 dans son livre sur l',intellig5ce1 e/ d'avoir v\lu r5\vel] la psy*ologie en prs5tant le premi] essai srieux p\r remplac] p> quelque *ose de mieux la philosophie (ficielle#ig4 #ie ,art4 ,bonnet1 p> ,m4 ,,picavet1 dans la ,n\velle ,encyclopdie4 #if ,diss]tation & ,discussion1 t4 ,,iv1 p4 #aag4 #ig ,?4 ,,ribot1 ,revue philosophique1 t4 ,,vi1 #ahgg1 p4 #de4 ,m4 ,ta9e reprit donc la tradition de ,locke et de ,condillac2 il se proposa d'analys] les ides et les signes1 d'tudi] les phnomnes avant les facults1 de r5tr] dans les faits1 en ddaignant les dveloppem5ts littraires et les descriptions de fantaisie4 ,il montra1 non sans v]ve et sans malice1 combi5 l'cole spirituali/e tait re/e sans influ5ce et sans autorit prs des savants4 ,aussi rev9t-il au dix-huitime sicle1 faisant sa "p l'idologie1 l'analyse v]bale1 la psy*ologie empirique1 rep\ssant les hypo?ses sur l'me et sa nature2 ce qui e/ purem5t la mtaphysique1 avec laquelle la psy*ologie1 sci5ce naturelle1 n'a ri5 de commun4 ,un de ses *apitres ne traite-t-il pas ,de l'acquisition du langage *ez les enfants#ih8 ,c'e/ ce qu'il avait dj tabli dans son spirituel pamphlet sur les ,philosophes franais1 qui fit sc&ale en #aheg4 ,ri5 d'tonnant si n\s avons depuis vu quelques jeunes philosophes pr5dre ,condillac p\r sujet de ?ses et d'tudes1 sans se laiss] arrt] p> la =me assurm5t vieillie de ses travaux4 #ih ,revue philosophique de janvi] #ahgf1 p4 #c4 ,de nos j\rs encore1 des savants comme ,littr ont dit trs haut les s]vices que la philosophie de ,condillac leur a r5dus2 et on a crit un livre enti] p\r tablir l'influ5ce du ,trait des s5sations sur la psy*ologie anglaise contempora9e1 celle de ,h]b]t ,sp5c]1 de ,ba91 de ,hamilton et de ,/u>t ,mill#ii4 #ii ,condillac et la psy*ologie anglaise contempora9e1 p> ,m4 ,lon ,,dewaule1 ,p>is1 ,flix ,alcan1 #ahia1 9-#h4 ,m4 ,dewaule a obs]v trs ju/em5t que la philosophie de ,condillac e/ beauc\p mo9s sy/matique que l'on a v\lu le prt5dre et qu'elle a embrass t\t l'ensemble des connaissances de l'esprit huma94 ,ce qui a donn prise contre lui une critique trop facile1 c'e/ le procd extrieur1 l'artifice de l'criva9 qui1 p\r r5dre plus s5sibles et plus attrayantes les dductions du philosophe1 a eu rec\rs la fiction de la /atue4 ,on a vu l une hypo?se qui n'avait ri5 de sci5tifique1 t&is que ce n'tait en ralit qu'une allgorie analogue la cav]ne de ,platon1 propre frapp] l'imag9ation4 ,on lui a ret\rn le repro*e qu'il avait fait lui-mme aux philosophes qui abus5t des comp>aisons et des mtaphores1 et on en a conclu qu'il ne t5ait pas un compte suffisant de la p5se4 ,au contraire1 aprs avoir atta* la g5se1 au fait primordial1 qui e/ selon lui la s5sation1 une importance que p]sonne n'avait tablie aussi nettem5t1 il a ram5 l'esprit et ses oprations1 son activit spontane1 l'orig9e successive de t\tes nos facults4 ,la loi de l'association et de l'habitude dveloppe ensuite ce g]me1 qui e/ l'tat de consci5ce au del duquel on ne peut remont]4 ,mais sans l'esprit1 sans l'me1 la s5sation s]ait sans effet1 et ,condillac peut a9si tre reg>d comme un idali/e4 7,conclusion1 p4 #cje #cjg47 ,d'o e/ donc v5ue la dcad5ce de cette hgmonie inconte/e8 ,il e/ c]ta9 que lorsque ,roy]-,coll>d eut dc\v]t ,reid et les cossais1 que ,l>omiguire eut t5t une volution1--que ,c\s9 avec son ardeur et son loqu5ce trans=m]a en une cole t\te n\velle1 sduisante p> son clectisme mme et rpondant trs heureusem5t aux ides politiques du mom5t1--il fallut r5onc] cette philosophie dont on attaquait beauc\p plus les consqu5ces que les pr9cipes4 ,ma9e de ,biran1 d'abord condillaci51 ne comm5a ab&onn] la philosophie s5suali/e qu'en #ahje2 il s\leva alors le j\g et se =ma une ?orie trs p]sonnelle1 t\t entire fonde sur l'obs]vation int]ne et l'tude trs dlicate et trs leve de la consci5ce4 ,c\s9 lui-mme dbuta p> faire une ?se t\te pntre de la doctr9e condillaci5ne4 ,l'tude de la philosophie allem&e de ,kant et de ,hegel l'incl9a un mom5t au pan?isme2 et c'e/ p> la politique qu'il arriva l'clectisme1 sorte de ju/e milieu sauveg>dant t\s les intrts4 ,aussi e/-ce au nom de ces pr9cipes qu'il a combattu la ,philosophie s5suali/e au dix-huitime sicle1 p> son c\rs de #ahai1 s\v5t rimprim4 ,dans la prface de #ahee1 il crivait3 ,ds qu'en mtaphysique on n'admet pas d'autre pr9cipe que la s5sation1 on e/ condamn n'admettre aussi d'autre pr9cipe de morale que la fuite de la pe9e ou la re*]*e du plaisir2 il n'y a plus ni bi5 ni mal en soi2 po9t d'obligation1 po9t de devoir1 p>tant po9t de droit444 ,et les nations1 comme les individus1 s'agit5t en va91 r\lant sans cesse de l'an>*ie au despotisme et du despotisme l'an>*ie444 ,le sage1 l'honnte1 mais trop sceptique ,locke amne sa suite le sy/matique et tmraire ,condillac3 celui-ci son t\r fraye la r\te au f\gueux et lic5cieux ,helvtius1 l'lgant et froid ,sa9t-,lamb]t1 auxquels succd5t les ?orici5s de l'an>*ie4 ,et il se plat rappel] le srieux succs de ses leons1 p>ce que1 dit-il1 ce succs v5ait bi5 mo9s du mrite du pr(esseur que des favorables dispositions du temps et de l'auditoire4 ,cela e/ si vrai que la raction fut plus politique que philosophique4 ,on r5dit le s5sualisme de ,condillac responsable des erreurs et des excs de la ,rvolution2 les pires dmagogues passr5t p\r ses disciples4 ,il y a plus3 quelques-uns de ceux qui l'avai5t pris p\r *ef le rpudir5t1 comme ils rpudiai5t la ,t]reur4 ,on eut peur des consqu5ces et on rejeta les doctr9es en bloc1 sans s'inquit] de la "p de vrit qu'elles cont5ai5t4 ,et puis1 il y eut l'en?\siasme p\r les ides spirituali/es1 que suscita ,mme de ,/al1 et bi5tt aprs l'cole religieuse de ,*ateaubri&1 illu/re p> ,m4 de ,bonald1 ,joseph de ,mai/re1 ,lam5nais2 de telle sorte que1 comme l'a dit trs ju/em5t ,m4 ,p4 ,janet1 la philosophie franaise re/a associe aux lettres plutt qu'aux sci5ces p5dant t\te la premire moiti du dix-neuvime sicle4 ,durant prs de c9quante ans1 elle se p]sonnifia dans ,m4 ,c\s91 dont la doctr9e dev9t un dogme1 presque une royaut1 son inv5teur1 selon l'heureuse expression de ,jules ,simon1 ayant fait de l',univ]sit un rgim5t1 qui subissait ses inspirations despotiques et lui obissait comme un gr& matre1 d'autant qu'il t5ait en ma9s les de/9es de t\s4 ,philosophie et religion tai5t p\r ,m4 ,c\s9 un in/rum5t de rgne1 une ncessit politique1 une assurance1 si l'on veut1 l'usage des cons]vateurs4 ,il s'en s]vit avec une habilet suprieure4 ,mais qu&1 son t\r1 il quitta le p\voir1 ses doctr9es autocratiques sombrr5t avec lui2 on leur fit pay] la sorte de compression avec laquelle il les avait imposes4 ,la royaut de ,m4 ,c\s9 r5v]se1 c'e/ le positivisme1 le kantisme1 la ?orie n\velle de l'volution qui prir5t sa place2 mais1 p> des *em9s dt\rns1 on ne t>da pas rev5ir aux vieilles m?odes qui cadrai5t si bi5 avec t\t l'app>eil sci5tifique dont on ne peut plus se pass]4 ,ta9e fut le premi] qui osa se rclam] hautem5t de ,condillac4 ,non pas qu'en dpit de son orig9alit il n'et pris beauc\p dans ,sp9oza et ,augu/e ,comte2 mais il e/ la fois obs]vateur consci5cieux et pote imag9atif4 ,en philosophie1 il admet le dveloppem5t progressif des ides1 il accepte sans objection la doctr9e volutionni/e4 ,en hi/oire1 il dduit du pr9cipe de la s\v]a9et du peuple1 comp>e l'tat social de la ,france1 t\te la ?orie de l'tat c5tre et moteur unique1 ab\tissant aux in/itutions rvolutionnaires et despotiques4 ,mais il donne proprem5t la =mule de l'idalisme qu& il crit3 ,ram5] t\tes nos connaissances la s5sation1 c'e/ bi5 ram5] t\s les objets la consci5ce du sujet s5tant1 et a9si ne leur accord] d'autre exi/5ce que celle que leur confre cette consci5ce4 ,en lisant l'uvre considrable qu'il a laisse1 il e/ facile de voir que l'in/rum5t qu'il manie avec le plus d'aisance et de bonheur1 c'e/ cette puissance de re*]*es m9utieuses et dlicates1 qui fait le *>me et aussi la monotonie de sa manire1 et qu'il a puise en gr&e p>tie dans un comm]ce assidu avec l'auteur du ,trait des s5sations4 ,il ne s'en ca*e po9t1 du re/e2 et on en tr\v]ait l'aveu dans la plup>t de ses crits4 ,a *aque page1 le nom de ,condillac app>at1 et ,ta9e ne le nomme qu'avec une condesc5dance et une admiration qu'il accorde ses seuls amis4 ,mais1 la suite des positivi/es1 il affecte d'ignor] les que/ions religieuses ou morales2 et sur ce po9t il se sp>e de ,condillac1 dont il ne semble pas avoir pris au srieux les dcl>ations4 ,d'autres1 au contraire1 repro*ai5t l'abb d'avoir pactis avec les incrdules4 ,d\ble inju/ice3 c> il avait t\t d'abord t5t d'tablir entre la philosophie et la religion une sp>ation qui aurait d le mettre l'abri d'attaques passionnes1 comme celles d'un ,joseph de ,mai/re1 crivant sans prambule3 ,condillac e/ un sot4 ,son ide cep5dant n'tait pas si fausse1 de faire une "p la rvlation1 ou au dogme1 une autre l'expri5ce1 laissant les philosophes p\rsuivre leurs dc\v]tes1 t&is que les ?ologi5s se bornai5t dvelopp] ce que la foi enseigne4 ,et cette ?orie1 qui lui tait propre1 prov5ait encore d'une raction contre ,desc>tes4 ,en tablissant la suprmatie absolue de la raison huma9e1 le c>tsianisme r5v]sait1 p> une consqu5ce =ce1 t\t difice religieux4 ,condillac le con/ate1 mais il ne s'en proccupe pas4 ,c'e/ une "q qu'il laisse en dehors de sa mtaphysique1 comme ne tombant pas s\s les s5s et *appant absolum5t l'expri5ce4 ,le *ri/ianisme propose des my/res la foi de ses adeptes2 il affirme l'exi/5ce hi/orique d'un gr& nombre de miracles2 il enseigne que le g\v]nem5t de la ,provid5ce s't5d au dtail inf9i des *oses et demeure t\j\rs libre dans ses dcisions1 sans p\r cela gn] la lib]t huma9e4 ,condillac accepte ces donnes2 mais il ne les discute1 ni ne les pr\ve3 elles sont en dehors de sa philosophie1 au-dessus1 si l'on veut4 ,au contraire1 l'ess5ce du c>tsianisme consi/ait pr(ess] la doctr9e de l'intelligibilit absolue des *oses4 ,si donc t\t e/ ess5tiellem5t intelligible1 il ne saurait y avoir dans le monde de vritable my/re4 ,il peut se tr\v] des obscurits1 des tnbres2 mais c'e/ le propre de la sci5ce et de la philosophie d'y prom5] la lumire1 et ri5 ne doit se drob] leurs inve/igations1 p\rvu qu'elles soi5t m?odiquem5t conduites4 ,le miracle e/ une drogation aux lois gnrales qui ne peut se compr5dre4 ,il faut affirm] que les lois naturelles sont rationnelles1 immuables p> consqu5t1 et p>faitem5t intelligibles4 ,aussi ,malebran*e1 presque plus c>tsi5 que ca?olique1 ne veut-il voir que des app>5ces de my/res et des app>5ces de miracles1 ram5ant t\t au ,v]be1 c'e/--dire l'intellig5ce4 ,bossuet1 s\cieux du dang]1 a t\j\rs combattu les consqu5ces d'une doctr9e dans laquelle il avait t cep5dant n\rri1 ap]cevant en elle le g]me du lib]t9age1 c'e/--dire de l'incrdulit1 et prvoyant t\tes les rvoltes de l'esprit mod]ne contre le ca?olicisme1 de mme qu'il avait si bi5 dcrit et annonc dans l',hi/oire des v>iations le libre exam5 prote/ant ab\tissant la ngation de t\te foi religieuse4 ,n'e/-ce pas une trange faiblesse1 disait-il1 que de ne p\voir s'assujettir aux rgles exactes de la logique et de ne savoir dc\vrir p> del l'intelligibilit ab/raite de la raison ma?matique la my/rieuse puissance de la volont et de l'am\r1 le li5 ca* qui unit les *oses une syn?se admirable1 que l'analyse ne peut rs\dre sans y supprim] le m\vem5t et la vie6 ,condillac n'habitait pas sur ces sommets4 ,sa philosophie ne s'lve pas au-dessus de la t]re4 ,que p5se-t-il de la ,provid5ce1 ce dogme qui r5f]me presque t\te la doctr9e de ,bossuet et sur lequel la controv]se v5ait de s'ex]c] p5dant un demi-sicle8 ,ce n'e/ po9t un sujet qui tombe s\s ses s5s1 ni qui puisse donn] matire son obs]vation4 ,il l'c>te de sa mtaphysique4 ,mais il laisse *acun libre d'y croire au po9t de vue religieux2 et il y croit lui-mme4 ,en cela encore1 il a t quelque peu un prcurseur4 ,un m\vem5t considrable s'e/ fait1 depuis quelques annes1 *ez les savants et *ez les philosophes1 p\r sp>] la mtaphysique1 qui prt5d ne s'appuy] que sur la sci5ce1 et la doctr9e religieuse qui se fonde sur le s5tim5t ou la rvlation4 ,le conflit sculaire de la sci5ce et de la religion comm5ce compt] autant de dfaites que de victoires4 ,m4 ,alfr$ ,f\ille a consacr t\t un livre ce sujet et il crit dans l'introduction3 ,les connaissances sci5tifiques et philosophiques tant t\j\rs bornes1 il re/]a t\j\rs au del une sphre ouv]te des croyances fondes t\t ensemble sur des apprciations intellectuelles et sur des s5tim5ts4 ,de l ce qu'on appelle la loi morale1 qui elle-mme e/ le fondem5t de t\te foi religieuse#ajj4 #ajj ,le m\vem5t idali/e2 ,sci5ces positives1 p> ,a4 ,,f\ill,e1 #ahif1 9-#h1 p4 ,,vi4 ,m4 ,f4 ,brunetire a dit de mme3 ,la physique ne peut ri5 contre la morale et l'exgse2 elle ne peut ri5 contre la rvlation4 ,l'absolue ncessit des lois de la nature n'e/ aprs t\t qu'un po/ulat dont n\s avons beso9 p\r tablir le fondem5t de la sci5ce1 et ri5 ne pr\ve que ce po/ulat soit autre *ose que l'expression d'une loi t\te relative de notre intellig5ce4--,la ,sci5ce et la ,religion1 #ahie1 9-#ab4 ,des p5seurs trs indp5dants n'hsit5t pas dcl>] que les plus p>faites ?ories sci5tifiques n\s laiss5t aussi lo9 d'une explication d]nire et df9itive de l'univ]s que le peuv5t faire les notions les plus grossires et les mo9s claires2 les sci5ces n'atteignant pas l'absolu ne font que pos] le problme mtaphysique avec plus d'acuit p\r le savant que p\r l'ignorant#aja4 #aja ,,lal&e1 ,lectures sur la philosophie des sci5ces4 ,ha*ette1 #aijh4--,,ragot1 les ,savants et les ,philosophes1 ,alcan1 #aijh4 ,m4 ,b\tr\x obs]ve que le beso9 mtaphysique se confond avec le beso9 religieux *ez les ,augu/e ,comte1 les ,sp5c]1 les ,hkel1 qui *]*5t r5dre la sci5ce religieuse et la religion sci5tifique4 ,il faut alors opt] entre la cration et l'volution1 aussi incomprh5sibles sci5tifiquem5t l'une que l'autre1 entre le dt]m9isme et le libre arbitre1 entre la doctr9e de la vie future et celle du progrs t]re/re indf9i#ajb4 #ajb ,sci5ce et religion4 ,p>is1 ,flamm>ion1 #aijh4 ,le plus gr& savant de notre poque1 ,m4 ,po9c>1 di/+ue soigneusem5t entre la sci5ce1 qui ne saurait s'av5tur] au del de ses m?odes et de ses expri5ces1 et l'hypo?se t\j\rs sujette rvision2 et puis1 aj\te-t-il1 l'expri5ce ne s'applique-t-elle pas aussi bi5 aux faits extrieurs qu' la vie intrieure8 ,les croyances1 selon d'autres savants1 sont des hypo?ses qui peuv5t p>faitem5t tre vraies et qui1 en t\t cas1 sont salutaires et n\s arm5t contre les maux de l'exi/5ce4 ,d'aprs ,m4 ,b]gson1 les ides peuv5t se compr5dre p> l'action autant que p> la logique1 p> l'intuition autant que p> l'analyse4 ,l'en?\siasme religieux qui a trans=m le monde e/ un fait indniable1 qui a sa s\rce dans la consci5ce et e/ inspir p> des =ces qui n\s dpass5t4 ,ri5 ne s'oppose donc la cxi/5ce de la sci5ce et de la religion4 ,s\v5t mme les savants ne se dv\5t la sci5ce que p> esprit religieux1 p> am\r ds9tress de la vrit1 p> zle p\r le bi5 public2 et alors on compr5d la foi d'un ,*ri/ophe ,colomb ou la religion d'un ,pa/eur4 ,c'e/ la ncessit de vivre dans le monde matriel qui n\s =ce attribu] plus d'importance ce que n\s obs]vons avec nos s5s4 ,il n'e/ gure de philosophie qui n'admette auj\rd'hui qu'un c]ta9 nombre de vrits primordiales1 t\t en n'tant pas susceptibles d'tre dmontres p> l'expri5ce sci5tifique ou l'expri5ce psy*ologique1 n'en prs5t5t pas mo9s une c]titude morale que la raison peut admettre4 ,les vrits sci5tifiques qui sembl5t le plus dmontres n'(frant pas une c]titude absolue1 il e/ aussi raisonnable d'admettre des preuves morales qui satisfont la consci5ce et dont la fausset ne peut pas tre tablie4 ,t\tes les hypo?ses sont acceptables3 elles n'entran5t pas =cm5t les consqu5ces qu'on p\rrait leur impos]4 ,les dc\v]tes les plus satisfaisantes p\r la raison ne saurai5t donc tre un ob/acle aux ncessits de la culture intuitive et s5tim5tale1 que rclam5t les beso9s de l'esprit et que les plus m95ts philosophes d'auj\rd'hui df5d5t loquemm5t4 ,depuis que la sci5ce s'e/ reconnu des limites1 on n'a plus le droit de la mettre en p]ptuelle contradiction avec la foi ou avec la religion4 ,elles peuv5t cont9u] vivre l'une ct de l'autre4 ,la sci5ce n'exclut pas plus la religion qu'elle n'exclut l'art4 ,le mot de ,pascal r$evi5t vrai3 ,la d]nire dm>*e de la raison1 c'e/ de reconnatre qu'il y a une inf9it de *oses qui la surpass5t4 ,les lois qu'enseigne la sci5ce sont et demeur5t1 non des affirmations absolues1 mais des que/ions que l'exprim5tation pose la nature et dont il faut tre prt modifi] l'nonc1 si la nature refuse de s'y accommod]4 ,p\rquoi ds lors1 dit encore ,m4 ,b\tr\x1 l'homme n'aurait-il pas le droit de dvelopp] p\r elles-mmes celles de ses facults que la sci5ce n'emploie qu' titre accessoire ou mme qu'elle laisse plus ou mo9s inoccupes8 ,telle e/ prcism5t la fonction de l'esprit religieux4 ,elle e/ la fois lgitime et ncessaire2 c> la vie a des po/ulats comme la sci5ce4 ,a9si l'esprit sci5tifique ne devrait admettre que de l'inexpliqu et non de l'inexplicable1 que de l'inconnu et non de l'inconnaissable4 ,cette di/9ction1 ,condillac l'avait faite1 et c'e/ ce qui sp>e absolum5t sa doctr9e de celle des philosophes du dix-huitime sicle1 si imbus de la t\te-puissance de la sci5ce2 et il a rpt s\v5t que la seule *ance que l'on avait de ne pas se tromp]1 c'tait de suivre en t\t sa m?ode d'obs]vation4 ,le p* orig9el1 dit-il dans son premi] ouvrage#ajc1 a r5du l'me si dp5dante du corps1 que bi5 des philosophes ont confondu ces deux sub/ances444 ,avant le p*1 elle tait dans un sy/me t\t diffr5t de celui o elle se tr\ve auj\rd'hui4 ,exempte d'ignorance et de concupisc5ce1 elle comm&ait ses s5s1 en susp5dait l'action et la modifiait son gr444 ,dieu lui a t t\t cet empire444 ,de l1 l'ignorance et la concupisc5ce4 ,c'e/ cet tat de l'me que je me propose d'tudi]1 le seul qui puisse tre l'objet de la philosophie1 puisque c'e/ le seul que l'expri5ce fait connatre4 ,d'ailleurs1 il n\s importe beauc\p de connatre les facults dont ,dieu n\s a cons]v l'usage2 il e/ inutile de v\loir dev9] celles qu'il n\s a enleves et qu'il doit n\s r5dre aprs cette vie4 #ajc ,essai sur l'orig9e des connaissances huma9es1 *ap4 ,i]1 p4 #bd4 ,tome ,i] des uvres compltes 7dit4 de #agih74 ,il crit ailleurs3 ,il semble qu'il tait temps de s\ponn] qu'on s'tait engag dans une r\te qui ne conduit pas au vrai2 que trop curieux de savoir comm5t t\t a t =m1 n\s n\s sommes aussi trop p]suads que n\s tions faits p\r le dev9]1 et que1 p> consqu5t1 au lieu de comm5c] p> les causes p\r desc5dre aux effets1 il s]oit peut-tre mieux de comm5c] p> les effets p\r remont] aux causes2 alors1 rglant notre curiosit ou nos facults1 n\s irions de phnomnes en phnomnes2 et1 ne p\vant pas connotre t\t le sy/me de l'univ]s1 n\s n\s cont5t]ions d'en dc\vrir quelques p>ties#ajd4 #ajd ,hi/oire mod]ne1 t4 ,,xx des uvres1 p4 #ccd4 ,condillac ne croit pas l'infaillibilit de la raison huma9e4 ,il borne ses connaissances4 ,surt\t il ne se fait pas une arme des dc\v]tes de la sci5ce au pr(it de tel p>ti ou de telle doctr9e4 ,il df5d l'indp5dance de la philosophie en quelque sorte contre elle-mme4 ,contrairem5t la plup>t des criva9s de son poque1 il ne s'e/ jamais s\ci de l'effet produit2 il n'a jamais travaill p\r la gloire ni p\r le pr(it4 ,p\r emprunt] une expression t\te mod]ne1 il n'avait l'me ni d'un politici5 ni d'un homme de lettres4 ,ses crits une fois publis1 il ne s'en occupait plus4 ,si l'ouvrage e/ mauvais1 disait-il s\v5t1 j'aurais beau me t\rm5t] p\r lui procur] un succs phmre1 il f9ira t\j\rs p> tomb]2 s'il e/ bon1 au contraire1 tt ou t>d il pr5dra sa place#aje4 #aje loge de ,condillac1 p> ,m4 ,d',,autro*e1 p4 #ajc4 ,son pangyri/e et ami a dit aussi#ajf3 ,si quelque *ose p\vait tr\bl] la tranquillit de notre philosophe1 c'tait l'aspect des dsordres publics2 c'tait la vue du luxe insol5t des fripons4 ,sa fran*ise alors ne lui p]mettait aucun mnagem5t2 et comme il l\ait fran*em5t ce qu'il tr\vait l\able1 il blmait non mo9s h>dim5t t\t ce qui lui semblait blmable4 ,avec un tel c>actre1 il ne devait pas avoir de flatteurs3 aussi n'tait-il po9t ent\r1 a9si que quelques philosophes jal\x de faire p>l] d'eux1 d'une jeune milice b\rdonnante1 t\j\rs prte combattre p\r les intrts du *ef qui la dirige4 #ajf ,ibid41 p4 #ajh4 ,il ne faut donc le jug] que sur ce qu'il a t4 ,on p\rra discut] longuem5t et passionnm5t ses doctr9es et leurs effets4 ,l'apprciation la plus quitable et la plus complte qui ait t donne sur lui en quelques lignes e/ encore celle ,m4 ,villema9 dans sa ,littrature au dix-huitime sicle#ajg3 ,condillac p>at mo9s v\loir s]vir une cause que fond] une sci5ce2 l'objet de cette sci5ce tant gr&3 l'analyse de l'esprit huma94 ,il y consacra t\te sa vie4 #ajg ,c\rs de littrature au dix-huitime sicle1 n\v4 dit4 ,p>is1 #ahhb1 v+time leon1 t4 ,,ii1 p4 #aaf #aea4 ,,f9 ,,app5dice ,i ,,iconographie ,,de ,,condillac ,le dp>tem5t des ,e/ampes de la ,biblio?que nationale1 dans son recueil 9-fol4 no #b1 conti5t treize portraits de l'abb de ,condillac1 dont deux en habit de c\r4 ,il y en a un en c\leur1 reproduisant un portrait pe9t ,p>me p> ,baldrighi2 une gravure1 d'aprs le mme arti/e1 faite p> ,jo4 ,volpate2 enf9 un mdaillon d'aprs le bu/e de ,e4-,g4 ,l>dy4 ,voir3 ,g4 ,,duplessis1 ,catalogue de la collection des portraits cons]vs au dp>tem5t des ,e/ampes1 t4 ,,iii1 #ahih1 p4 #ae4 ,le portrait que n\s donnons au frontispice de ce volume1 d'aprs une preuve avant la lettre1 e/ indiqu comme suit dans la collection du cab9et des ,e/ampes3 ,no #d4 ,en bu/e1 #c_/d droite dans un mdaillon rond1 grav p> ,r4 ,delvaux4 ,,ii ,,bibliographie ,notice sur ,m4 l'abb de ,condillac1 prcepteur de l'infant duc de ,p>me1 membre de l',acadmie franaise et de celle de ,b]l94 ,sans lieu ni date4 loge de ,m4 l'abb de ,condillac1 prononc dans la ,socit royale d'agriculture d',orlans1 le #ah janvi] #agha 7p> ,m4 ,,de ,,loynes ,d',,autro*e74 ,am/]dam1 #agha1 9-#ab4 ,esprit de ,mably et de ,condillac1 p> ,m4 ,b,,rang]1 #aghi1 #b vol4 9-#h4 ,lettre de ,m4 l'abb de ,condillac l'auteur des ,lettres un ,amrica94 ,s4 l4 n4 d41 9-#ab de #ab pages 7extrait du ,m]cure de ,france1 avril #agef74 ,la ,logique complte de ,condillac1 suivie de celle de ,dum>sais1 l'usage des jeunes g5s4 ,p>is1 #ahcd1 ,brunot-,labb1 libraire de l',univ]sit1 9-#ah4 ,?orie des calculs1 ouvrage extrait de celui de ,condillac1 p> ,c4 ,,*elle1 #ahcg1 9-#d4 ,leons de philosophie sur les pr9cipes de l'intellig5ce et sur les causes et les orig9es des ides1 p> ,m4 ,,l>omigui,,re1 pr(esseur de philosophie la ,facult des lettres de ,p>is1 #ahbf1 #c vol4 9-#ab4 ,p4 ,,l>omigui,,re1 ,leons de philosophie1 #ahdd1 #f;e dit4 #b vol4 9-#h4 ,mmoire sur ,condillac1 p> ,m4 ,,damiron1 lu l',acadmie des sci5ces morales en #ahfa4--,mmoires de l',acadmie1 t4 ,,xi1 #ahfb1 p4 #bja #bed4 ,,la ,,h>pe1 ,philosophie du dix-huitime sicle1 #ahbe1 #c vol4 9-#h4 ,victor ,,c\s91 ,philosophie s5suali/e au dix-huitime sicle1 n\velle dition4 ,mmoires de ,g>at1 prface de ,m4 ,e4 ,m>ron1 #ahfb1 9-#ab4 ,dictionnaire philosophique s\s la direction de ,m4 ,ad4 ,franck1 #ahhe1 9-#d4 ,n\veau dictionnaire d'conomie politique1 p> ,,mm4 ,lon ,,say et ,g4 ,,*ailley4 ,p>is1 #ahia1 #b vol4 9-#h4 ,correspondance de ,grimm et de ,did]ot1 publie p> ,m4 ,maurice ,t\rneux1 #ahgg1 9-#h4 ,la philosophie de sa9t ,?omas d',aqu91 p> le ,p4 ,,maumus1 des ,frres pr*eurs4 ,p>is1 ,bray1 #ahhe1 9-#h4 ,f4 ,r,,?or1 ,condillac ou l',empirisme et le ,rationalisme4 ,p>is1 ,a4 ,dur&1 #ahfd1 9-#h4 ,l\is ,,rob]t1 les ,?ories logiques de ,condillac1 #ahfi1 9-#h4 ,l',intellect actif ou ,du rle de l'activit m5tale dans la =mation des ides1 p> ,m4 l'abb ,c4 ,,piat1 agrg de philosophie4 ,p>is1 ,e4 ,l]\x1 #ahij1 9-#h4 ,lon ,,dewaule1 ,condillac et la ,psy*ologie anglaise contempora9e4 ,p>is1 ,alcan1 #ahia1 9-#h4 ,l'ducation selon la doctr9e pdagogique de ,condillac1 ?se p\r le doctorat1 prs5te l',univ]sit de ,gr5oble p> ,,james-,l4 ,,mann4--,gr5oble1 ,alli]1 #aijc1 9-#h4 ,condillac conomi/e1 ?se p\r le doctorat1 prs5te la ,facult de droit de ,poiti]s1 le #bj mai #aijc1 p> ,augu/e ,,lebeau4 ,p>is1 ,guillaume1 #aijb1 9-#h4 ,p4 ,,picavet1 les ,idologues4 ,p>is1 ,alcan1 #ahia1 9-#h4--,trait des s5sations1 publi avec notes4 ,p>is1 ,delagrave1 #g;e dition1 #aije1 9-#ab4 ,,iii ,,lettre ,,9,,dite ,,de ,l',,abb ,,de ,,mably#ajh ,a ,monsieur de ,bonnot ,brianon 7,dauph974 ,p>is1 le #f janvi] #aghj4 ,je ne puis trop v\s dire1 ,monsieur mon *] c\s91 combi5 je suis reconnaissant de la m>que de s\v5ir ou plutt d'amiti dont v\s m'avez honor dans ce r5\vellem5t d'anne4 ,les vux que je fais p\r v\s et p\r ,monsieur votre frre sont trs s9cres et trs ard5s4 ,je m'e/ois flatt de faire encore un voyage en ,dauph9 et d'avoir le plaisir de v\s embrass]2 mais il faut r5onc] cette d\ce esprance3 les annes se sont accumules2 un voyage ,,mably4 #ajh ,autogr4441--,ar*ives de famille4--,cette lettre banale n'a d'autre intrt que de p]mettre de con/at] les relations intimes qui exi/r5t jusqu'au b\t entre les deux frres4 me fait peur1 et aprs c9quante-quatre ans de sj\r ,p>is1 il faut le reg>d] comme mon pays natal4 ,mon frre e/ t\j\rs dans ses t]res1 ne vi5t que trs r>em5t ici1 et n'y passe que peu de j\rs2 je ne lui laiss]ai po9t ignor] vos bonts1 et je puis v\s rpondre d'avance qu'il y s]a trs s5sible4 ,je v\s prie1 mon *] c\s91 de me cons]v] votre amiti et d'tre p]suad que celle que j'ai p\r v\s dur]a autant que moi4 ,,iv ,,acte ,,de ,d,c,s ,,de ,,condillac ,extrait des regi/res de baptmes1 m>iages et spultures de la p>oisse de ,lailly p\r l'anne #aghj4 ,,inhumation ,,de ,m4 ,,ti5ne ,,bonnot ,,de ,,condillac ,l'an mil sept c5t quatre-v+t1 le quatre aot1 a t inhum p> moi1 prieur cur1 s\ssign1 le corps de ti5ne ,bonnot de ,condillac1 prtre1 abb comm&ataire de l'abbaye de ,mureau1 membre de l',acadmie franaise1 mort le deux1 g de soixante-six ans4 ,l'inhumation faite en prs5ce de ,joseph ,gombault1 cur de ,sa9t-,laur5t-des-,eaux1 de ,h5ri ,g\rd9eau de ,mont\rnois1 cur de ,monay1 de ,simon-,joseph ,cah\et1 prieur de l'abbaye de ,beaug5cy1 de ,ma?ieu ,cosson1 prieur cur de ,sa9t-,nicolas de ,beaug5cy1 qui ont t\s sign avec n\s4 ,le regi/re e/ sign3 ,cah\et1 ,h4 ,g\rd9eau de ,mont\rnois1 ,gombault1 cur de ,sa9t-,laur5t-des-,eaux1 ,cosson1 prieur de ,sa9t-,nicolas1 ,hutteau1 vicaire de ,josnes1 ,le ,ga+neulx1 prieur cur de ,lailly4 ,p\r copie con=me3 ,mairie de ,lailly1 le #bh novembre #ahia4 ,le maire3 ,f4 ,,de ,,geffrieb4 ,,table ,,des ,,mati,,res ,pages ,,pr,,face ,i ,,*apitre ,i]4--,l'homme4--,ses orig9es4--,sa vie #a -- ,,ii4--,premi]s ouvrages de philosophie #bg -- ,,iii4--,le ,trait des s5sations #di -- ,,iv4--,le ,trait des animaux #gi -- ,v4--,l'ducation de l',infant de ,p>me #aji -- ,,vi4--,ret\r ,p>is4--,l',acadmie4--,le ,c\rs d'tudes #acg -- ,,vii4--,condillac conomi/e #afe -- ,,viii4--,d]nires uvres philosophiques #aie -- ,,ix4--,l'influ5ce de ,condillac sur la philosophie franaise4-- ,apoge et dcl9 de son cole #bba ,,app5dice3 ,i4 ,,iconographie ,,de ,,condillac #bfg ,,ii4 ,,bibliographie #bfi ,,iii4 ,,lettre ,,de ,l',,abb ,,de ,,mably #bgc ,,iv4 ,,acte ,,de ,d,c,s ,,de ,,condillac #bge ,,p>is ,,typographie ,,plon-,,n\rrit ,,et ,cie #h1 rue ,g>ancire