,,eureka ,,par ,,edgar ,,poe ,traduit par ,,charles ,,baudelaire ,,paris ,,michel ,l,,vy1 ,,fr,,res1 ,,libraires ,,diteur ,,rue ,,vivienne1 #b ,,bis1 ,,et ,,boulevard ,,des ,,italiens1 #ae ,a ,,la ,,librairie ,,nouvelle #ahfd ,,extrait ,,de ,,la ,,biographie ,d',,edgar ,,poe ,,par ,,rufus ,,griswold4 ,pendant prs d'un an1 ,m4 ,poe ne se manifesta que rarement au public2 mais il tait peut-tre plus actif qu'il n'avait t en aucun temps2 et1 au commencement de #ahdh1 il fit annoncer son intention de donner quelques lectures1 dans le but de gagner une somme d'argent suffisante pour fonder ce fameux magazine mensuel qu'il rvait depuis si longtemps4 ,sa premire lecture1 qui fut aussi la seule qu'il donna cette poque1 eut lieu la ,society ,library1 ,new-,york1 le #i fvrier1 et avait pour sujet la ,cosmogonie ,universelle2 elle fut coute par un auditoire minemment intellectuel1 et occupa environ deux heures et demie4 ,c'tait ce qu'il publia plus tard sous ce titre3 ,eureka1 pome en prose4 ,il avait employ dans la composition de cet ouvrage ses plus subtiles et ses plus hautes facults1 dans leur plus parfait dveloppement4 ,commenant par nier que les arcanes de l'univers puissent tre explors par la pure induction1 mais armant son imagination des divers rsultats de la science1 il entra avec une hardiesse imperturbe1--quoique sans aucun autre guide que l'instinct divin1 que ce sens de beaut o notre grand ,edwards prtend retrouver l'panouissement de toute vrit1--dans l'ocan de la spculation1 et il y btit1 avec les lois concordantes et leurs phnomnes1 sa thorie de la ,nature1 comme sous l'influence d'une inspiration scientifique4 ,je n'entreprendrai pas la tche difficile de condenser ici ses propositions4 ,la ,loi1--dit-il1--que nous nommons ,gravitation1 existe en raison de ce que la ,matire a t1 son origine1 irradie atomiquement1 dans une sphre limite d'espace1 d'une ,particule ,propre1 unique1 individuelle1 inconditionnelle1 indpendante et absolue1 selon le seul mode qui pouvait satisfaire la fois aux deux conditions d'irradiation et de distribution gnralement gales travers la sphre1--c'est--dire par une force variant en proportion directe des carrs des distances comprises entre chacun des atomes irradis et le centre spcial d',irradiation4 ,poe tait entirement persuad qu'il avait dcouvert le grand secret2 que les propositions d',eureka taient vraies2 il avait coutume de parler de ce sujet avec un enthousiasme sublime et lectrisant1 que n'ont pu oublier ceux qui taient lis avec lui l'poque de sa publication4 ,il sentait qu'un auteur1 connu seulement par ses aventures dans la littrature lgre1 jetant le gant aux docteurs de la science1 ne pouvait s'attendre une complte quit1 et qu'il n'avait d'espoir que dans des discussions prsides par la sagesse et la bonne foi4 ,comme il me rencontrait1 il me dit3 ,avez-vous lu ,eureka8 ,je lui rpondis3 ,pas encore2 tout l'heure je jetais un coup d'il sur le compte rendu qu'en a fait ,willis1 qui pense que l'ouvrage ne contient pas plus de ralit que d'imagination1 et je vois avec peine1--si la chose est vraie1--qu'il insinue qu',eureka ressemble par le ton ce ramas de prtendues et surannes hypothses1 l'adresse des rveurs novices1 qui s'appelle les ,vestiges de la ,cration2 et notre excellent et sage ami ,bush1 que vous reconnatrez sans doute1 parmi tous les professeurs1 pour l'esprit le plus habituellement quitable1 pense que1 bien que vous ayez en effet conjectur avec beaucoup de sagacit1 il ne serait cependant pas malais d'entraver par maintes difficults la marche de votre doctrine4--,il n'est pas du tout gnreux1--me rpliqua ,poe1--d'insinuer qu'il y a des difficults et de ne pas expliquer de quelles difficults il s'agit4 ,je rclame moi-mme une vrification de toutes les propositions du livre4 ,je nie qu'il y ait une difficult quelconque au-devant de laquelle je ne sois pas all et que je n'aie surmonte4 ,on me fait outrage par l'application du mot conjecturer4 ,rien n'a t gratuitement suppos par moi1 et tout a t prouv4 ,dans sa prface1 il disait3 ,a ceux-l1 si rares1 qui m'aiment et que j'aime2 ceux qui sentent plutt qu' ceux qui pensent2 aux rveurs et ceux qui ont mis leur foi dans les rves comme dans les seules ralits1 j'offre ce livre de ,vrits1 non pas seulement pour son caractre ,vridique1 mais cause de la ,beaut qui abonde dans sa ,vrit1 et qui confirme son caractre vridique4 ,a ceux-l je prsente cette composition simplement comme un objet d'art2--disons3 comme un ,roman2 ou1 si ma prtention n'est pas juge trop haute1 comme un ,pome4 ,ce que j'avance ici est vrai2 donc1 cela ne peut pas mourir2 ou si1 par quelque accident1 cela se trouve1 aujourd'hui1 cras au point d'en mourir1 cela ressuscitera dans la vie ternelle4 ,quand je lis ,eureka1 je ne puis m'empcher de considrer cet ouvrage comme immensment suprieur aux ,vestiges de la ,cration et comme rvlant un bien autre gnie2 et de mme que j'admire le pome 7en exceptant toutefois cette malheureuse tentative de gouaillerie humouristique incluse dans ce que l'auteur nous donne comme une lettre trouve dans une bouteille flottant sur le ,mare tenebrarum71 de mme aussi j'y vois avec chagrin le panthisme dominant1 lequel1 d'ailleurs1 n'tait pas ncessaire son dessein principal4 ,a quelques-unes des critiques faites sur le livre1 il rpondit en ces termes1 dans une lettre adresse ,m4 ,c4 ,f4 ,hoffman1 alors diteur du ,literary ,world4 ,cher monsieur1 dans votre numro du #bi juillet1 je trouve quelques commentaires sur ,eureka1 un livre rcent de moi2 et je vous connais trop bien pour vous supposer un seul instant capable de me dnier le privilge d'une brve rponse4 ,je sens mme que je pourrais coup sr rclamer de ,m4 ,hoffman le droit que possde tout auteur de rpliquer son critique ton pour ton1--c'est--dire de renvoyer votre correspondant plaisanterie pour plaisanterie et raillerie pour raillerie2 mais1 en premier lieu1 je ne dsire pas faire honte au ,literary ,world1 et1 ensuite1 je sens que si1 dans le cas prsent1 je commenais railler1 je n'en finirais jamais4 ,lamartine blme ,voltaire pour l'usage que celui-ci fit souvent do la supercherie et de la calomnie dans ses attaques contre les prtres2 mais nos jeunes tudiants en thologie ne semblent pas se douter que1 quand ils entreprennent la dfense ou ce qu'ils croient tre la dfense du christianisme1 il y ait une sorte de pch dans certaines lgrets mondaines1 comme celle1 par exemple1 qui consiste altrer dlibrment le texte d'un auteur1--pour ne rien dire ici de l'inconvenance moindre de rendre compte d'un livre sans l'avoir lu et sans avoir le plus lger soupon des questions qui y sont agites4 ,vous comprenez que c'est simplement aux falsifications de la critique en question que j'ai la prtention de rpondre1 les opinions de l'auteur ne pouvant avoir1 en elles-mmes1 aucune importance pour moi1 et n'en pouvant avoir1 j'imagine1 qu'une trs-petite pour lui-mme1--si toutefois il se connat personnellement aussi bien que j'ai1 moi1 l'honneur de le connatre4 ,la premire altration est contenue dans cette phrase3 ,cette lettre est une sanglante bouffonnerie contre les mthodes prconises par ,aristote et ,bacon pour reconnatre la ,vrit2 l'auteur les ridiculise et les mprise galement1 et il se lance1 en proie une sorte d'extase divagante1 dans la glorification d'un troisime mode1 le noble art de conjecturer4 ,voici1 en ralit1 ce que j'ai dit3 ,il n'existe pas de certitude absolue1 pas plus dans la mthode d',aristote que dans celle de ,bacon2 donc1 aucune des deux philosophies n'est si profonde qu'elle se l'imagine1 et aucune n'a le droit de se moquer de ce procd en apparence imaginatif qu'on appelle ,intuition 7par lequel procd le grand ,kepler a trouv ses fameuses lois71 puisque l',intuition n'est1 en somme1 que la conviction naissant d'inductions ou de dductions dont la marche a t assez mystrieuse pour chapper notre conscience1 se soustraire notre raison1 ou dfier notre puissance d'expression4 ,la seconde altration est formule en ces termes3 ,le dveloppement de l'lectricit et la formation des toiles et des soleils1 lumineux et non lumineux1 lunes et plantes1 avec leurs anneaux1 etc41 est dduit1 en presque complte accordance avec la thorie cosmogonique de ,laplace1 du principe propos prcdemment4 ,or1 l'tudiant en thologie veut videmment ici frapper l'esprit du lecteur de cette ide1 que ma thorie1 si parfaite en soi qu'elle puisse tre1 ne contient rien de plus que celle de ,laplace1 sauf quelques modifications que lui1 l'tudiant en thologie1 considre comme insignifiantes4 ,je dirai simplement qu'aucun homme d'honneur ne peut m'accuser de la mauvaise foi dont on me suppose ici capable2 d'autant que1 ayant d'abord march1 appuy sur ma seule thorie1 jusqu'au point o elle se rencontre avec celle de ,laplace1 je reproduis alors compltement la thorie de ,laplace1 en exprimant ma ferme conviction qu'elle est absolument vraie en tous points4 ,l'espace embrass par le grand astronome franais est celui embrass par ma thorie1 comme une bulle est l'ocan sur lequel elle flotte1 et il ne fait pas1 lui1 ,laplace1 la plus lgre allusion au principe propos prcdemment1 c'est--dire au principe de l',unit pris comme source de tous les tres1--le principe de la ,gravitation n'tant que la ,raction de l',acte ,divin par lequel tous les tres ont t irradis de l',unit4 ,en somme1 ,laplace n'a pas mme fait allusion un seul des points de ma thorie4 ,je ne crois pas ncessaire de parler ici du savoir astronomique manifest par l'tudiant en thologie dans ces seuls mots3 des toiles et des soleils1 ni d'insinuer qu'il et t plus grammatical de dire3 le dveloppement et la formation sont 444 au lieu de3 de dveloppement et fa formation est444 ,la troisime falsification se trouve dans une note au bas d'une page1 o le critique dit3 ,bien mieux encore1 ,m4 ,poe prtend qu'il peut rendre compte de l'existence de tous les tres organiss1 y compris l'homme1 simplement par les mmes principes qui servent expliquer l'origine et l'apparence actuelle des soleils et des mondes2 mais cette prtention doit tre rejete comme une pure et plate assertion1 sans une parcelle d'vidence4 ,c'est1 en d'autres termes1 ce que nous pouvons appeler une franche blague4 ,ici la falsification gt dans une fausse application volontaire du mot principe4 ,je dis3 volontaire1 parce que1 la page #fg1 j'ai pris un soin particulier d'tablir une distinction entre les principes proprement dits1 ,attraction et ,rpulsion1 et ces sous-principes1 purs rsultats des premiers1 qui rgissent l'univers dans le dtail4 ,c'est ces sous-principes1 agissant sous l'influence spirituelle immdiate de la ,divinit1 que j'attribue1 sans examen1 tout ce dont1 selon la trs-leste assertion de l'tudiant en thologie1 j'expliquerais l'existence par les principes qui expliquent la constitution des soleils1 etc4 ,dans la troisime colonne de son article1 le critique dit3 ,il affirme que chaque me est son propre ,dieu1 son propre ,crateur4 ,ce que j'affirme1 c'est que chaque me est1 partiellement1 son propre ,dieu1 son propre ,crateur4 ,un peu plus loin le critique dit3 ,aprs toutes ces propositions contradictoires relatives ,dieu1 nous lui rappellerions volontiers ce qu'il a tabli lui-mme la page #cc3 ,relativement cette ,divinit1 considre en elle-mme1 celui-l seul n'est pas un imbcile1 celui-l seul n'est pas un impie1 qui n'affirme absolument rien4 ,un homme qui se dclare lui-mme1 d'une manire si dcisive1 coupable d'imbcillit et d'impit1 n'a pas droit une plus longue rfutation4 ,or1 la phrase1 comme je l'ai crite1 et comme je la trouve imprime cette mme page invoque par le critique1 et qu'il devait avoir sous les yeux1 pendant qu'il citait mes paroles1 se prsente ainsi3 ,relativement cette ,divinit1 considre en elle-mme1 celui-l seul n'est pas un imbcile1 etc41 qui n'affirme absolument rien4 ,par l'emploi des italiques1 comme le critique le sait parfaitement1 j'ai l'intention de distinguer les deux possibilits1--celle d'une connaissance de ,dieu par ses ouvrages et celle d'une connaissance de ,dieu dans sa nature essentielle4 ,la ,divinit1 en elle-mme1 est distingue de la ,divinit observe dans ses effets4 ,mais notre critique est possd de zle4 ,de plus1 comme il est thologien1 il est honnte1 candide4 ,il est de son devoir de pervertir le sens de ma phrase1 en omettant mes italiques1--juste comme dans la phrase cite plus haut il considrait comme tant son devoir de chrtien de falsifier mon argument en supprimant le mot3 partiellement1 dont dpend toute la force et mme toute l'intelligibilit de ma proposition4 ,si ces altrations7est-ce bien le mot dont il faut les nommer87 taient faites dans un but moins srieux que de fltrir mon livre comme impie1 et de me fltrir moi-mme comme panthiste1 polythiste1 paen1 ou ,dieu sait quoi encore 7et1 en vrit1 je ne m'en inquite gure1 pourvu que ce ne soit pas comme tudiant en thologie71 j'aurais laiss passer cette dloyaut sans rclamations1 par pur mpris pour la purilit et la janoterie qui la caractrisent2 mais1 dans le cas actuel1 vous me pardonnerez1 ,m4 l'diteur1 d'avoir1 contraint comme je l'tais1 fait justice d'un critique qui1 retranch dans sa courageuse anonymosit1 profite de mon absence de cette ville pour me calomnier et me vilipender nominativement4 ,edgar ,a4 ,,poe4 ,fordham1 #bj septembre #ahdh4 ,a ceux-l1 si rares1 qui m'aiment et que j'aime2-- ceux qui sentent plutt qu' ceux qui pensent2--aux rveurs et ceux qui ont mis leur foi dans les rves comme dans les seules ralits1--j'offre ce ,livre de ,vrits1 non pas spcialement pour son caractre ,vridique1 mais cause de la ,beaut qui abonde dans sa ,vrit1 et qui confirme son caractre vridique4 ,a ceux-l je prsente cette composition simplement comme un objet d',art1--disons comme un ,roman1 ou1 si ma prtention n'est pas juge trop haute1 comme un ,pome4 ,ce que j'avance ici est vrai2--donc cela ne peut pas mourir2--ou1 si par quelque accident cela se trouve1 aujourd'hui1 cras au point d'en mourir1 cela ressuscitera dans la ,vie ternelle4 ,nanmoins c'est simplement comme ,pome que je dsire que cet ouvrage soit jug1 alors que je ne serai plus4 ,e4 ,p4 ,,eureka ou ,,essai ,,sur ,l',,univers ,,mat,,riel ,,et ,,spirituel ,i ,c'est avec une humilit non affecte1--c'est mme avec un sentiment d'effroi1--que j'cris la phrase d'ouverture de cet ouvrage2 car de tous les sujets imaginables1 celui que j'offre au lecteur est le plus solennel1 le plus vaste1 le plus difficile1 le plus auguste4 ,quels termes saurai-je trouver1 suffisamment simples dans leur sublimit1--suffisamment sublimes dans leur simplicit1--pour la simple nonciation de mon thme8 ,je me suis impos la tche de parler de l',univers ,physique1 ,mtaphysique et ,mathmatique1--,matriel et ,spirituel3--de son ,essence1 de son ,origine1 de sa ,cration1 de sa ,condition prsente et de sa ,destine4 ,je serai1 de plus1 assez hardi pour contredire les conclusions et consquemment pour mettre en doute la sagacit des hommes les plus grands et les plus justement respects4 ,qu'il me soit permis1 en commenant1 d'annoncer1 non pas le thorme que j'espre dmontrer 7car1 quoi que puissent affirmer les mathmaticiens1 la chose qu'on appelle dmonstration n'existe pas1 en ce monde du moins71 mais l'ide dominante que1 dans le cours de cet ouvrage1 je m'efforcerai sans cesse de suggrer4 ,donc1 ma proposition gnrale est celle-ci3 ,dans l',unit ,originelle de l'tre ,premier est contenue la ,cause ,secondaire de ,tous les tres1 ainsi que le ,game de leur invitable ,destruction4 ,pour lucider cette ide1 je me propose d'embrasser l',univers dans un seul coup d'il1 de telle sorte que l'esprit puisse en recevoir et en percevoir une impression condense1 comme d'un simple individu4 ,celui qui du sommet de l',etna promne loisir ses yeux autour de lui1 est principalement affect par l'tendue et par la diversit du tableau4 ,ce ne serait qu'en pirouettant rapidement sur son talon qu'il pourrait se flatter de saisir le panorama dans sa sublime unit4 ,mais comme1 sur le sommet de l',etna1 aucun homme ne s'est avis de pirouetter sur son talon1 aucun homme non plus n'a jamais absorb dans son cerveau la parfaite unit de cette perspective1 et consquemment toutes les considrations qui peuvent tre impliques dans cette unit n'ont pas d'existence positive pour l'humanit4 ,je ne connais pas un seul trait qui nous donne cette leve du plan de l',univers 7je me sers de ce terme dans son acception la plus large et la seule lgitime72 et c'est ici l'occasion de remarquer que par le mot ,univers1 toutes les fois qu'il sera employ dans cet essai sans qualificatif1 j'entends dsigner la quantit d'espace la plus vaste que l'esprit puisse concevoir1 avec tous les tres1 spirituels et matriels1 qu'il peut imagina existant dans les limites de cet espace4 ,pour dsigner ce qui est ordinairement impliqu dans l'expression univers1 je me servirai d'une phrase qui en limite le sens3 l',univers astral4 ,on verra par la suite pourquoi je considre cette distinction comme ncessaire4 ,mais1 mme parmi les traits qui ont pour objet l',univers des toiles1 rellement limit1 bien qu'il soit toujours considr comme illimit1 je n'en connais pas un seul dans lequel un aperu s'offre de telle faon que les dductions en soient garanties par l'individualit mme de cet ,univers limit4 ,la tentative qui se rapproche le plus d'un pareil ouvrage a t faite dans le ,cosmos d',alexander von ,humboldt4 ,il prsente le sujet1 toutefois1 non dans son individualit1 mais dans sa gnralit4 ,son thme1 en rsultat final1 c'est la loi de chaque partie de l',univers purement physique1 selon que cette loi est apparente avec les lois de toute autre partie de cet ,univers purement physique4 ,son dessein est simplement synrtique4 ,en un mot1 il analyse l'universalit des rapports matriels1 et dvoile aux yeux de la ,philosophie toutes les consquences qui taient restes1 jusqu' prsent1 caches derrire cette universalit4 ,mais quelque admirable que soit la brivet avec laquelle il a trait chaque point particulier de son sujet1 la multiplicit de ces points suffit pour crer une masse de dtails et1 ncessairement1 une complication d'ides qui exclut toute impression d'individualit4 ,il me semble que1 pour obtenir l'effet en question1 ainsi que les consquences1 les conclusions1 les suggestions1 les spculations1 ou1 pour mettre les choses au pire1 les simples conjectures qui en peuvent rsulter1 nous aurions besoin d'oprer une espce de pirouette mentale sur le talon4 ,il faut que tous les tres excutent autour du point de vue central une rvolution assez rapide pour que les dtails s'vanouissent absolument et que les objets mme plus importants se fondent en un seul4 ,parmi les dtails annihils dans une contemplation de cette nature doivent se trouver toutes les matires exclusivement terrestres4 ,la ,terre ne pourrait tre considre que dans ses rapports plantaires4 ,de ce point de vue1 un homme devient l'humanit2 et l'humanit1 un membre de la famille cosmique des ,intelligences4 ,,ii ,et maintenant1 avant d'entrer positivement dans notre sujet1 qu'il me soit permis d'appeler l'attention du lecteur sur un ou deux extraits d'une lettre passablement curieuse1 qu'on dit avoir t trouve dans une bouteille bouche1 pendant qu'elle flottait sur le ,mare ,tenebrarum1--ocan fort bien dcrit par ,ptolme ,hphestion1 le gographe nubien1 mais bien peu frquent dans les temps modernes1 si ce n'est par les transcendantalistes et autres chercheurs d'ides creuses4 ,la date de cette lettre me cause1 je l'avoue1 encore plus de surprise que son contenu2 car elle semble avoir t crite en l'an deux mil huit cent quarante-huit4 ,quant aux passages que je vais transcrire1 je prsume qu'ils parleront suffisamment par eux-mmes3 ,savez-vous1 mon cher ami1 dit l'crivain1 s'adressant videmment un de ses contemporains1 savez-vous qu'il n'y a gure plus de huit ou neuf cents ans que les mtaphysiciens ont consenti pour la premire fois dlivrer le peuple de cette trange ide3 qu'il n'existait que deux routes praticables conduisant la ,vrit8 ,croyez cela1 si vous le pouvez6 ,il parat cependant que dans un temps ancien1 trs-ancien1 au fond de la nuit du temps1 vivait un philosophe turc nomm ,aries et surnomm ,tottle4 7,peut-tre bien l'auteur de la lettre veut-il dire ,aristote1 les meilleurs noms1 au bout de deux ou trois mille ans1 sont dplorablement altrs47 ,la rputation de ce grand homme reposait principalement sur l'autorit avec laquelle il dmontrait que l'ternument tait une prvoyance de la nature1 au moyen de laquelle les penseurs trop profonds pouvaient chasser par le nez le superflu de leurs ides2 mais il obtint une clbrit presque aussi grande comme fondateur1 ou tout au moins comme principal vulgarisateur de ce qu'on nommait philosophie dductive ou priori4 ,il partait de ce qu'il affirmait tre des axiomes1 ou vrits videntes par elles-mmes2--et ce fait1 maintenant bien constat qu'il n'y a pas de vrits videntes par elles-mmes n'infirme en aucune faon ses spculations2 il suffisait pour son dessein que les vrits en question fussent1 en quelque faon1 videntes4 ,de ces axiomes il descendait1 logiquement1 aux consquences4 ,ses plus clbres disciples furent un certain ,tuclide1 gomtre 7il veut dire ,euclide71 et un nomm ,kant1 un ,allemand1 inventeur de cette espce de transcendantalisme qui aujourd'hui porte encore son nom1 sauf la substitution du ,c au ,k#a4 ,or1 ,aries ,tottle prospra sans rival jusqu' l'apparition d'un certain ,hog#b1 surnomm le berger d',ettrich1 qui prcha un systme entirement diffrent1 qu'il appelait mthode inductive ou posteriori4 ,son plan se rapportait entirement la sensation4 ,il procdait par l'observation1 analysant et classant des faits 7instanti ,natur1 comme on les dsignait assez pdantesquement71 et les transformant en lois gnrales4 ,en un mot1 pendant que la mthode d',aries reposait sur les noumena1 celle de ,hog dpendait des phainomena2 et l'admiration excite par ce dernier systme fut si grande que1 ds sa premire apparition1 ,aries tomba dans un discrdit gnral4 ,a la fin cependant1 il reconquit du terrain1 et il lui fut permis de partager l'empire de la philosophie avec son moderne rival2--les savants se contentant de proscrire tous autres comptiteurs1 passs1 prsents et venir1 et mettant fin toute controverse sur ce sujet par la promulgation d'une loi mdique1 en vertu de laquelle les routes ,aristotlienne et ,baconienne taient1 et de plein droit devaient tre les seules voies possibles pour atteindre la connaissance4--,baconnienne1 il faut que vous sachiez cela1 mon cher ami1--ajoute ici l'auteur de la lettre1--tait un adjectif invent comme quivalent ,hoguienne1 et considr en mme temps comme plus noble et plus euphonique4 ,maintenant1 je vous affirme trs-positivement1--continue l'ptre1--que je vous expose les choses d'une manire vridique2 et vous pouvez comprendre sans peine combien des restrictions aussi impudemment absurdes ont d nuire1 dans ces poques1 au progrs de la vritable ,science1 laquelle ne fait ses plus importantes tapes que par bonds1 et ne procde1 comme nous le montre toute l',histoire1 que par une apparente intuition4 ,les ides anciennes condamnaient l'investigateur se traner2 et je n'ai pas besoin de vous faire observer que ce genre de marche1 parmi les modes varis de locomotion1 est certainement en lui-mme trs-estimable2 mais parce que la tortue a le pied sr1 est-ce une raison pour couper les ailes de l'aigle8 ,pendant plusieurs sicles1 l'engouement fut si grand1 particulirement pour ,hog1 qu'un empchement invincible s'opposa tout ce qui peut proprement s'appeler la pense4 ,aucun homme n'osait profrer une vrit1 s'il sentait qu'il ne la devait qu' la seule puissance de son me4 ,il importait fort peu que la vrit ft philosophiquement vraie2 car les philosophes dogmatiseurs de cette poque s'inquitaient seulement de la route avoue qui avait t suivie pour y atteindre4 ,le rsultat1 pour eux1 tait un point sans aucun intrt4 ,les moyens6--vocifraient-ils1--voyons les moyens6--et si1 par l'examen desdits moyens1 on dcouvrait qu'ils ne rentraient ni dans la catgorie ,hog1 ni dans la catgorie ,aries 7qui veut dire blier71 oh6 alors les savants ne voulaient pas aller plus loin1 mais1 traitant le penseur de fou et le stigmatisant du nom de thoricien1 refusaient tout jamais d'avoir affaire avec lui ou avec sa vrit4 ,or1 mon cher ami1--continue l'auteur de la lettre1--il est inadmissible que par la mthode rampante1 exclusivement pratique1 les hommes eussent pu atteindre au maximum de vrit1 mme aprs une srie indfinie de temps2 car la rpression de l'imagination tait un vice que n'aurait mme pas compens l'absolue certitude de cette marche de colimaon4 ,mais cette certitude tait bien loin d'tre absolue4 ,l'erreur de nos anctres tait tout fait analogue celle du faux sage qui croit qu'il verra un objet d'autant plus distinctement qu'il le tiendra plus prs de ses yeux4 ,ainsi ils s'aveuglaient eux-mmes avec l'impalpable et titillante poudre du dtail1 comme avec du tabac priser2 et consquemment les faits si vants de ces braves ,hoguiens n'taient pas toujours des faits2 point qui ne tire son importance que de cette supposition1 qui les faisait toujours accepter comme tels4 ,quoi qu'il en soit1 l'infection principale du ,baconianisme1 sa plus dplorable source d'erreurs1 consistait dans cette tendance jeter le pouvoir et la considration entre les mains des hommes de pure perception1--animalcules de la science1 savants microscopiques1--fouilleurs et colporteurs de petits faits1 tirs pour la plupart des sciences physiques1 faits qu'ils vendaient tous en dtail et au mme prix sur la voie publique2 leur valeur dpendant1 ce qu'il parat1 de ce simple fait que c'taient des faits1 et nullement de leur parent ou de leur non-parent avec le dveloppement de ces faits primitifs1 les seuls lgitimes1 qui s'appellent la ,loi4 ,il n'exista jamais sur la face de la terre1--continue l'audacieuse lettre1--une plus intolrante1 une plus intolrable classe de fanatiques et de tyrans que ces individus1 levs soudainement par la philosophie de ,hog un rang pour lequel ils n'taient pas faits1 transports ainsi de la cuisine dans le salon de la ,science1 et de l'office dans la chaire4 ,leur credo1 leur texte1 leur sermon consistaient en un seul mot3 les faits6 ,mais la plupart d'entre eux1 de ce mot unique ne connaissaient mme pas le sens4 ,quant ceux qui s'avisaient de dranger leurs faits dans le but de les mettre en ordre et d'en tirer utilit1 les disciples de ,hog les traitaient sans merci4 ,tous les essais de gnralisation taient accueillis par les mots3 ,thorique6 ,thorie6 ,thoricien6 ,toute pense1 en un mot1 tait ressentie par eux comme un outrage personnel4 ,cultivant les sciences naturelles1 l'exclusion de la mtaphysique1 des mathmatiques et de la logique1 beaucoup de ces philosophes1 d'engeance baconienne1 avec leur ide unique1 leur parti pris unique et leur marche de boiteux1 taient plus misrablement impuissants1 plus tristement ignorants1 en face de tous les objets comprhensibles de connaissance1 que le plus illettr des rustres qui1 en avouant qu'il ne sait absolument rien1 prouve qu'il sait au moins quelque chose4 ,nos anctres n'avaient pas plus qualit pour parler de certitude1 quand ils suivaient1 avec une confiance aveugle1 la route priori des axiomes1 celle du ,blier4 ,en des points innombrables1 cette route n'tait gure plus droite qu'une corne de blier4 ,la vrit pure est que les ,aristotliens levaient leurs chteaux sur une base aussi peu solide que l'air2 car ces choses qu'on appelle axiomes n'ont jamais exist et ne peuvent pas exister4 ,il faut qu'ils aient t bien aveugles pour ne pas voir cela1 ou du moins pour ne pas le souponner2 car1 mme de leur temps1 plusieurs de leurs axiomes de vieille date avaient t abandonns3 ,ex nihilo nihil fit1 par exemple1 et3 ,un tre ne peut pas agir l o il n'est pas1 et3 ,il ne peut pas exister d'antipodes1 et3 ,les tnbres ne peuvent pas venir de la lumire4 ,ces propositions et autres semblables1 primitivement acceptes comme axiomes1 ou vrits incontestables1 taient1 mme l'poque dont je parle1 considres comme absolument insoutenables2 combien ces gens taient donc absurdes de vouloir toujours s'appuyer sur une base1 dite immuable1 dont l'instabilit s'tait si frquemment manifeste6 ,mais1 mme par le tmoignage qu'ils apportent contre eux-mmes1 il est ais de convaincre ces raisonneurs priori de l'norme draison1--il est ais de leur montrer la futilit1 l'impalpabilit gnrale de leurs axiomes4 ,j'ai maintenant sous les yeux1 observez que c'est toujours la lettre qui parle1 j'ai maintenant sous les yeux un livre imprim il y a environ mille ans4 ,pundit m'assure que c'est positivement le meilleur des ouvrages anciens traitant de la matire1 qui est la ,logique4 ,l'auteur1 qui fut trs-estim dans son temps1 tait un certain ,miller ou ,mill2 et l'histoire nous apprend1 comme chose digne de mmoire1 qu'il montait habituellement un cheval de mange auquel il donnait le nom de ,jrmie ,bentham2--mais jetons un coup d'il sur le livre4 ,ah6 voil3 ,la facult de comprendre ou l'impossibilit de comprendre1 dit fort judicieusement ,m4 ,mill1 ne peut1 dans aucun cas1 tre considre comme un critrium de ,vrit axiomatique4 ,or1 que ceci soit une vrit banale1 aucun homme1 jouissant de son bon sens1 ne sera tent de le nier4 ,ne pas admettre la proposition quivaudrait porter une accusation d'inconstance contre la ,vrit elle-mme1 dont le nom seul est synonyme d'immutabilit4 ,si l'aptitude comprendre tait prise pour critrium de la ,vrit1 ce qui est vrit pour ,david ,hume serait trs-rarement vrit pour ,joe2 et sur la terre il serait facile de dmontrer la fausset des quatre-vingt-dix-neuf centimes de ce qui est certitude dans le ciel4 ,la proposition de ,m4 ,mill est donc appuye4 ,je n'accorde pas que ce soit un axiome1 et cela simplement parce que je suis en train de montrer qu'il n'existe pas d'axiomes2 mais1 usant d'une distinction subtile qui ne pourrait pas tre conteste par ,m4 ,mill lui-mme1 je suis prt reconnatre que1 si jamais axiome exista1 la proposition que je cite a tous les droits d'tre considre comme telle1--qu'il n'y a pas d'axiome plus absolu1--et1 consquemment1 que toute proposition ultrieure qui entrera en conflit avec celle-l1 primitivement mise1 doit tre une fausset1 c'est--dire le contraire d'un axiome1 ou1 s'il faut l'admettre comme axiomatique1 devra du mme coup s'annihiler elle-mme et dtruire sa devancire4 ,et maintenant1 par la logique mme de l'auteur de la proposition1 cherchons vrifier n'importe quel axiome propos4 ,faisons beau jeu ,m4 ,mill4 ,nous ddaignons un rsultat trop facile et trop vulgaire4 ,nous ne choisirons pas pour notre vrification un axiome banal1 un axiome de cette classe qu'il dfinit1 avec une autorit et un sans-gne absurdes1 classe secondaire d'axiomes1 comme si une vrit dfinie positive pouvait tre diminue et devenir1 volont1 plus ou moins positive2 nous ne choisirons pas1 dis-je1 un axiome d'une certitude passablement contestable1 comme on en peut trouver dans ,euclide4 ,nous ne parlerons pas1 par exemple1 de propositions comme celle-ci3 ,deux lignes droites ne peuvent pas limiter un espace1--ou celle-ci3 ,le tout est plus grand qu'une de ses parties quelconques4 ,nous donnerons notre logicien tous les avantages4 ,nous irons tout droit une proposition qu'il regarde comme l'apoge de la certitude1 comme la quintessence de l'irrcusable axiomatique4 ,la voici3 ,deux contradictoires ne peuvent tre vraies la fois1 c'est--dire ne peuvent coexister dans la nature4--,m4 ,mill veut dire ici1 pour prendre un exemple1--et je choisis l'exemple le plus vigoureux et le plus intelligible1--qu'un arbre doit tre un arbre ou ne pas l'tre2 qu'il ne peut pas1 en mme temps1 tre un arbre et ne pas l'tre2--cela est parfaitement raisonnable en soi et remplit fort bien les conditions d'un axiome1 tant que nous ne le confronterons pas avec l'axiome proclam antrieurement2 en d'autres termes1 termes dont nous nous sommes dj servis1 tant que nous ne le vrifierons pas par la logique mme de l'auteur de la proposition4 ,il faut qu'un arbre1 affirme ,m4 ,mill1 soit ou ne soit pas un arbre4 ,fort bien2 et maintenant qu'il me soit permis de lui demander pourquoi4 ,a cette petite question il n'a qu'une rponse faire2 je dfie tout homme vivant d'en inventer une autre4 ,cette seule rponse possible1 c'est3 ,parce que nous sentons qu'il est impossible de comprendre qu'un arbre puisse tre autre chose qu'un arbre ou un non-arbre4 ,voil donc1 je le rpte1 la seule rponse de ,m4 ,mill2 il ne prtendra pas en inventer une autre2 et cependant1 d'aprs sa propre dmonstration1 sa rponse videmment n'est pas une rponse2 car ne nous a-t-il pas dj somms d'admettre1 comme un axiome1 que la possibilit ou l'impossibilit de comprendre ne doit1 en aucun cas1 tre considre comme critrium de vrit axiomatique8 ,ainsi son argumentation tout entire fait naufrage4 ,qu'on ne prtende pas qu'une exception la rgle gnrale puisse avoir lieu dans des cas o l'impossibilit de comprendre est aussi manifeste qu'en celui-ci1 o nous sommes invits concevoir un arbre qui soit et ne soit pas un arbre4 ,qu'on n'essaye pas1 dis-je1 d'avancer une pareille stupidit2 car1 d'abord1 il n'y a pas de degrs dans l'impossibilit1 et une conception impossible ne peut pas tre plus particulirement impossible que toute autre conception impossible2 ensuite1 ,m4 ,mill lui-mme1 sans doute aprs mre dlibration1 a1 trs-distinctement et trs-rationnellement1 exclu toute opportunit d'exception par l'nergie de sa proposition1 savoir que1 dans aucun cas1 la possibilit ou l'impossibilit de comprendre ne doit tre prise comme critrium de vrit axiomatique2 troisimement1 mme en supposant quelques exceptions admissibles1 il resterait montrer comment ce peut tre ici le cas d'en admettre une4 ,qu'un arbre puisse tre et n'tre pas un arbre1 c'est l une ide que les anges ou les dmons pourraient peut-tre concevoir2 mais sur la terre il n'y a que les habitants de ,bedlam ou les transcendantalistes qui russissent la comprendre4 ,or1 si je cherche querelle ces anciens1--continue l'auteur de la lettre1--ce n'est pas tant cause de l'inconsistance et de la frivolit de leur logique1 qui1 pour parler net1 tait sans fondement1 sans valeur et absolument fantastique1 qu' cause de cette tyrannique et orgueilleuse interdiction de toutes les routes qui peuvent conduire la ,vrit1 toutes1 except les deux troites et tortues1 celle o il faut se traner et celle o il faut ramper1 dans lesquelles leur ignorante perversit avait os confiner l',ame1--l',ame qui n'aime rien tant que planer dans ces rgions de l'illimitable intuition o ce qu'on appelle une route est chose absolument1 inconnue4 ,par parenthse1 mon cher ami1 ne voyez-vous pas une preuve de la servitude spirituelle impose ces pauvres fanatiques par leurs ,hogs et leurs ,rams#c1 dans ce fait qu'aucun d'eux n'a jamais1--en dpit de l'ternel radotage de leurs savants sur les routes qui conduisent la ,vrit1--dcouvert1 mme par accident1 ce qui nous apparat maintenant comme la plus large1 la plus droite et la plus commode de toutes les routes1 la grande avenue1 la majestueuse route royale de la ,consistance8 ,n'est-il pas surprenant qu'ils n'aient pas su tirer des ouvrages de ,dieu cette considration d'une importance vitale1 qu'une parfaite consistance ne peut tre qu'une vrit absolue8 ,combien1 depuis l'avnement de cette proposition1 notre progrs fut facile1 combien il fut rapide6 ,grce elle1 la fonction de la recherche a t arrache ces taupes1 et confie1 comme un devoir plutt que comme une tche1 aux vrais1 aux seuls vrais penseurs1 aux hommes d'une ducation gnrale et d'une imagination ardente4 ,ces derniers1 nos ,kepler et nos ,laplace1 s'adonnent la spculation et fa thorie2 c'est le mot2 vous imaginez-vous avec quelle rise ce mot serait accueilli par nos anctres s'ils pouvaient1 par-dessus mon paule1 regarder ce que j'cris8 ,les ,kepler1 je le rpte1 pensent spculativement et thoriquement2 et leurs thories sont simplement corriges1 tamises1 clarifies1 dbarrasses peu peu de toutes les pailles et matires trangres qui nuisent leur cohsion1 jusqu' ce qu'enfin apparaisse1 dans sa solidit et sa puret1 la parfaite consistance1 consistance que les plus stupides sont forcs d'admettre1 parce qu'elle est la consistance1 c'est--dire une absolue et incontestable vrit4 ,j'ai souvent pens1 mon ami1 que c'et t chose bien embarrassante pour ces dogmatiseurs des sicles passs de dterminer par laquelle de leurs deux fameuses routes le cryptographe arrive la solution des chiffres les plus compliqus1 ou par laquelle ,champollion a conduit l'humanit vers ces importantes et innombrables vrits qui sont restes enfouies pendant tant de sicles dans les hiroglyphes phontiques de l'gypte4 ,ces fanatiques n'auraient-ils pas eu surtout quelque peine dterminer par laquelle de leurs deux routes avait t atteinte la plus importante et la plus sublime de toutes leurs vrits1 c'est--dire le fait de la gravitation8 ,cette vrit1 ,newton l'avait tire des lois de ,kepler4 ,ces lois dont l'tude dcouvrit au plus grand des astronomes anglais ce principe qui est la base de tout principe physique actuellement existant1 et au del duquel nous entrons tout de suite dans le royaume tnbreux de la mtaphysique1 ,kepler reconnaissait qu'il les avait devines4 ,oui6 ces lois vitales1 ,kepler les a devines2 disons mme qu'il les a imagines4 ,s'il avait t pri d'indiquer par quelle voie1 d'induction ou de dduction1 il tait parvenu cette dcouverte1 il aurait pu rpondre3 ,je ne sais rien de vos routes1 mais je connais la machine de l',univers4 ,telle elle est4 ,je m'en suis empar avec mon me2 je l'ai obtenue par la simple force de l'intuition4 ,hlas6 pauvre vieil ignorant6 ,quelque mtaphysicien lui aurait peut-tre rpondu que ce qu'il appelait intuition n'tait que la certitude rsultant de dductions ou d'inductions dont le dveloppement avait t assez obscur pour chapper sa conscience1 pour se soustraire aux yeux de sa raison ou pour dfier sa puissance d'expression4 ,quel malheur que quelque professeur de philosophie ne l'ait pas clair sur toutes ces choses6 ,comme cela l'et rconfort sur son lit de mort1 d'apprendre que1 loin d'avoir march intuitivement et scandaleusement1 il avait1 en ralit1 chemin suivant la mthode honnte et lgitime1 c'est--dire la manire du ,hog1 ou au moins la manire du ,ram1 vers le mystrieux palais o gisent1 confins1 tincelants dans l'ombre1 non gards1 purs encore de tout regard mortel1 vierges de tout attouchement humain1 les imprissables et inapprciables secrets de l',univers6 ,oui1 ,kepler tait essentiellement thoricien2 mais ce titre1 qui comporte aujourd'hui quelque chose de sacr1 tait dans ces temps anciens une pithte d'un suprme mpris4 ,c'est aujourd'hui seulement que les hommes commencent apprcier le vieux homme divin1 sympathiser avec l'inspiration potique et prophtique de ses indestructibles paroles4 ,pour ma part1--continue le correspondant inconnu1--il me suffit d'y penser pour que je brle d'un feu sacr1 et je sens que je ne serai jamais fatigu de les entendre rpter2 en terminant cette lettre1 permettez-moi de jouir du plaisir de les transcrire une fois encore3 ,il m'importe peu que mon ouvrage soit lu maintenant ou par la postrit4 ,je puis bien attendre un sicle pour trouver quelques lecteurs1 puisque ,dieu lui-mme a attendu un observateur six mille ans4 ,je triomphe6 ,j'ai vol le secret d'or des gyptiens6 ,je veux m'abandonner mon ivresse sacre6 ,je termine ici mes citations de cette ptre si trange et mme passablement impertinente2 peut-tre y aurait-il folie commenter d'une faon quelconque les imaginations chimriques1 pour ne pas dire rvolutionnaires1 de son auteur1 quel qu'il puisse tre1--imaginations qui contredisent si radicalement les opinions les plus considres et les mieux tablies de ce sicle4 ,retournons donc notre thse lgitime3 l',univers4 ,footnote #a3 ,cant4 ,footnote #b3 ,pourceau4 ,footnote #c3 ,aries1 ,ram1 blier4 ,,iii ,cette thse admet deux modes de discussion entre lesquels nous avons choisir4 ,nous pouvons monter ou descendre4 ,prenant pour point de dpart notre point de vue1 c'est--dire la ,terre o nous sommes1 nous pouvons de l nous diriger vers les autres plantes de notre systme1 de l vers le ,soleil1 de l vers notre systme considr collectivement2 de l enfin nous pouvons nous lancer vers d'autres systmes1 indfiniment et de plus en plus au large4 ,ou bien1 commenant par un point distant1 aussi dfini que nous le pouvons concevoir1 nous descendrons graduellement vers l'habitation de l',homme4 ,dans les essais ordinaires sur l',astronomie1 la premire de ces mthodes est1 sauf quelques rserves1 gnralement adopte1 et cela pour cette raison vidente que les faits et les causes astronomiques tant l'unique but de ces recherches1 ce but est infiniment plus facile atteindre en s'avanant graduellement du connu1 qui est auprs de nous1 vers le point o toute certitude se perd dans l'loignement4 ,toutefois1 pour mon dessein actuel1 qui est de donnera l'esprit le moyen de saisir1 comme de loin et d'un seul coup d'il1 une conception de l',univers considr comme individu1 il est clair que descendre du grand vers le petit1 du centre1 si nous pouvons tablir un centre1 vers les extrmits1 du commencement1 si nous pouvons concevoir un commencement1 vers la fin1 serait la marche prfrable1 si ce n'tait la difficult1 pour ne pas dire l'impossibilit1 de prsenter ainsi aux personnes qui ne sont pas astronomes un tableau intelligible relativement tout ce qui est impliqu dans l'ide quantit1 c'est--dire relativement au nombre1 la grandeur et la distance4 ,or1 la clart1 l'intelligibilit est1 tous gards1 un des caractres essentiels de mon plan gnral4 ,il est des points importants sur lesquels il vaut mieux se montrer trop prolixe que mme lgrement obscur4 ,mais la qualit abstruse n'est pas une qualit qui1 par elle-mme1 appartienne aucun sujet4 ,toutes choses sont galement faciles comprendre pour celui qui s'en approche pas convenablement gradus4 ,si le calcul diffrentiel n'est pas une chose absolument aussi simple qu'un sonnet de ,m4 ,solomon ,seesaw1 c'est uniquement parce que dans cette route ardue quelque marchepied ou quelque chelon a t1 et l1 tourdiment oubli4 ,donc1 pour dtruire toute chance de malentendu1 je juge convenable de procder comme si les faits les plus vidents de l',astronomie taient inconnus au lecteur4 ,en combinant les deux modes de discussion que j'ai indiqu2 je pourrai profiter des avantages particuliers de chacun d'eux1 spcialement de la ritration en dtail qui sera la consquence invitable du plan4 ,je commence par descendre1 et je rserve pour mon retour ascensionnel ces considrations indispensables de quantit dont j'ai dj fait mention4 ,commenons donc tout de suite par le mot le plus simple1 l',infini4 ,le mot infini1 comme les mots ,dieu1 esprit et quelques autres expressions1 dont les quivalents existent dans toutes les langues1 est1 non pas l'expression d'une ide1 mais l'expression d'un effort vers une ide4 ,il reprsente une tentative possible vers une conception impossible4 ,l'homme avait besoin d'un terme pour marquer la direction de cet effort1 le nuage derrire lequel est situ1 jamais invisible1 l'objet de cet effort4 ,un mot enfin tait ncessaire1 au moyen duquel un tre humain pt se mettre tout d'abord en rapport avec un autre tre humain et avec une certaine tendance de l'intelligence humaine4 ,de cette ncessit est rsult le mot ,infini1 qui ne reprsente ainsi que la pense d'une pense4 ,relativement cet infini dont nous nous occupons actuellement1 l'infini de l'espace1 nous avons entendu dire souvent que si l'esprit admettait cette ide1 acquiesait cette ide1 la voulait concevoir1 c'tait surtout cause de la difficult encore plus grande qui s'oppose la conception d'une limite quelconque4 ,mais ceci est simplement une de ces phrases par lesquelles les penseurs1 mme profonds1 prennent plaisir1 depuis un temps immmorial1 se tromper eux-mmes4 ,c'est dans le mot difficult que se cache l'argutie4 ,l'esprit1 nous dit-on1 accepte l'ide d'un espace illimit cause de la difficult plus grande qu'il trouve concevoir celle d'un espace limit4 ,or1 si la proposition tait pose loyalement1 l'absurdit en deviendrait immdiatement vidente4 ,pour parler net1 dans le cas en question1 il n'y a pas simplement difficult4 ,l'assertion propose1 si elle tait prsente sous des termes conformes l'intention1 et sans sophistiquerie1 serait exprime ainsi3 ,l'esprit admet l'ide d'un espace illimit cause de l'impossibilit plus grande de concevoir celle d'un espace limit4 ,on voit au premier coup d'il qu'il n'est pas ici question d'tablir un parallle entre deux crdibilits1 entre deux arguments1 sur la validit respective desquels la raison est appele dcider2 il s'agit de deux conceptions1 directement contradictoires1 toutes deux d'une impossibilit avoue1 dont l'une1 nous dit-on1 peut cependant tre accepte par l'intelligence1 en raison de la plus grande impossibilit qui empche d'accepter la seconde4 ,l'alternative n'est pas entre deux difficults2 on suppose simplement que nous choisissons entre deux impossibilits4 ,or1 la premire admet des degrs2 mais la seconde n'en admet aucun2 c'est justement le cas suggr par l'auteur de l'impertinente ptre que nous avons cite4 ,une tche est plus ou moins difficile2 mais elle ne peut tre que possible ou impossible2 il n'y a pas de milieu4 ,il serait peut-tre plus difficile de renverser la chane des ,andes qu'une fourmilire2 mais il est tout aussi impossible d'anantir la matire de l'une que la matire de l'autre4 ,un homme peut sauter dix pieds moins difficilement que vingt2 mais il tombe sous le sens que pour lui l'impossibilit de sauter jusqu' la ,lune n'est pas moindre que de sauter jusqu' l'toile du ,chien4 ,puisque tout ceci est irrfutable1 puisque le choix permis l'esprit ne peut avoir lieu qu'entre deux conceptions impossibles1 puisqu'une impossibilit ne peut pas tre plus grande qu'une autre1 et ne peut consquemment lui tre prfre1 les philosophes qui non-seulement affirment1 en se basant sur le raisonnement prcit1 l'ide humaine de l'infini1 mais aussi1 en se basant sur cette ide hypothtique1 l',infini lui-mme1 s'engagent videmment prouver qu'une chose impossible devient possible quand on peut montrer qu'une autre chose1 elle aussi1 est impossible4 ,ceci1 dira-t-on1 est un non-sens2 peut-tre bien2 je crois vraiment que c'est un parfait non-sens1 mais je n'ai nullement la prtention de le rclamer comme tant de mon fait4 ,toutefois1 la mthode la plus prompte pour montrer la fausset de l'argument philosophique en question est simplement de considrer un fait qui jusqu' prsent a t nglig1 savoir que l'argument nonc contient la fois sa preuve et sa ngation4 ,l'esprit1 disent les thologiens et autres1 est induit admettre une cause premire par la difficult plus grande qu'il prouve concevoir une srie infinie de causes4 ,l'argutie gt1 comme prcdemment1 dans le mot difficult2 mais ici quelle fin est employ ce mot8 ,a soutenir l'ide de ,cause ,premire4 ,et qu'est-ce qu'une ,cause ,premire8 ,c'est une limite extrme de toutes les causes4 ,et qu'est-ce qu'une limite extrme de toutes les causes8 ,c'est le ,fini4 ,ainsi1 la mme argutie1 dans les deux cas1 est employe1--par combien de philosophes1 ,dieu le sait6--pour soutenir tantt le ,fini et tantt l',infini2 ne pourrait-elle pas tre utilise pour soutenir encore quelque autre chose8 ,quant aux arguties1 elles sont gnralement1 de leur nature1 insoutenables2 mais1 en les jetant de ct1 constatons que ce qu'elles prouvent dans un cas est identique ce qu'elles dmontrent dans un autre1 c'est--dire rien4 ,personne1 videmment1 ne supposera que je lutte ici pour tablir l'absolue impossibilit de ce que nous essayons de faire entendre par le mot ,infini4 ,mon but est seulement de montrer quelle folie c'est de vouloir prouver l',infini1 ou mme notre conception de l',infini1 par un raisonnement aussi maladroit que celui qui est gnralement employ4 ,nanmoins il m'est permis1 en tant qu'individu1 de dire que je ne puis pas concevoir l',infini1 et que je suis convaincu qu'aucun tre humain ne le peut davantage4 ,un esprit1 qui n'a pas une entire conscience de lui-mme1 qui n'est pas habitu faire une analyse intrieure de ses propres oprations1 pourra1 il est vrai1 devenir souvent sa propre dupe et croire qu'il a conu l'ide dont je parle4 ,dans nos efforts pour la concevoir1 nous procdons pas pas2 nous imaginons toujours un degr derrire un degr2 et aussi longtemps que nous continuons l'effort1 on peut dire avec raison que nous tendons vers la conception de l'ide en vue2 mais la force de l'impression que nous parvenons1 ou que nous sommes parvenus crer1 est en raison de la priode de temps durant lequel nous maintenons cet effort intellectuel4 ,or1 c'est par le fait de l'interruption de l'effort1--c'est en parachevant 7nous le croyons du moins7 l'ide postule1--c'est en donnant1 comme nous nous le figurons1 la touche finale la conception1--que nous anantissons d'un seul coup toute cette fabrique de notre imagination2--bref1 il faut que nous nous reposions sur quelque point suprme et consquemment dfini4 ,toutefois1 si nous n'apercevons pas ce fait1 c'est en raison de l'absolue concidence entre cette pause dfinitive et la cessation de notre pense4 ,en essayant1 d'autre part1 de former en nous l'ide d'un espace limit1 nous inversons simplement le procd1 impliquant toujours la mme impossibilit4 ,nous croyons un ,dieu4 ,nous pouvons ou nous ne pouvons pas croire un espace fini ou infini2 mais notre croyance1 en de pareils cas1 est plus proprement appele foi1 et elle est une chose tout fait distincte de cette croyance particulire1 de cette croyance intellectuelle1 qui prsuppose une conception mentale4 ,le fait est que1 sur la simple nonciation d'un de ces termes la classe desquels appartient le mot ,infini1 classe qui reprsente des penses de penses1 celui qui a le droit de se dire un peu penseur se sent appel1 non pas former une conception1 mais simplement diriger sa vision mentale vers un point donn du firmament intellectuel1 vers une nbuleuse qui ne sera jamais rsolue4 ,il ne fait1 pour la rsoudre1 aucun effort2 car avec un instinct rapide il comprend1 non pas seulement l'impossibilit1 mais1 en ce qui concerne l'intrt humain1 le caractre essentiellement tranger de cette solution4 ,il comprend que la ,divinit n'a pas marqu ce mystre pour tre rsolu4 ,il voit tout de suite que cette solution est situe hors du cerveau de l'homme1 et mme comment1 si ce n'est exactement pourquoi1 elle gt hors de lui4 ,il y a des gens1 je le sais1 qui1 s'employant en vains efforts pour atteindre l'impossible1 acquirent aisment1 grce leur seul jargon1 une sorte de rputation de profondeur parmi leurs complices les pseudo-penseurs1 pour qui obscurit et profondeur sont synonymes4 ,mais la plus belle qualit de la pense est d'avoir conscience d'elle-mme1 et l'on peut dire1 sans faire une mtaphore paradoxale1 qu'il n'y a pas de brouillard d'esprit plus pais que celui qui1 s'tendant jusqu'aux limites du domaine intellectuel1 drobe ces frontires elles-mmes la vue de l'intelligence4 ,maintenant on comprendra que1 quand je me sers de ce terme1 l',infini de l',espace1 je ne veux pas contraindre le lecteur former la conception impossible d'un infini absolu4 ,je prtends simplement faire entendre la plus grande tendue concevable d'espace1--domaine tnbreux et lastique1 tantt se rtrcissant1 tantt s'agrandissant1 selon la force irrgulire de l'imagination4 ,jusqu' prsent1 l',univers sidral a t considr comme concidant avec l',univers proprement dit1 tel que je l'ai dfini au commencement de ce discours4 ,on a toujours1 directement ou indirectement1 admis1--au moins depuis la premire aube de l',astronomie intelligible1--que1 s'il nous tait possible d'atteindre un point donn quelconque de l'espace1 nous trouverions toujours1 de tous cts1 autour de nous1 une interminable succession d'toiles4 ,c'tait l'ide insoutenable de ,pascal1 quand il faisait l'effort1 le plus heureux peut-tre qui ait jamais t fait1 pour priphraser la conception que nous essayons d'exprimer par le mot ,univers4 ,c'est une sphre1 dit-il1 dont le centre est partout1 et la circonfrence nulle part4 ,mais1 bien que cette intention de dfinition ne dfinisse pas du tout1 en fait1 l',univers sidral1 nous pouvons l'accepter1 avec quelque rserve mentale1 comme une dfinition 7suffisamment rigoureuse pour l'utilit pratique7 de l',univers proprement dit1 c'est--dire de l',univers considr comme espace4 ,ce dernier1 prenons-le donc pour une sphre dont le centre est partout1 et la circonfrence nulle part4 ,dans le fait1 s'il nous est impossible de nous figurer une fin de l'espace1 nous n'prouvons aucune difficult imaginer un commencement quelconque parmi une srie infinie de commencements4 ,,iv ,comme point de dpart1 adoptons donc la ,divinit4 ,relativement cette ,divinit1 considre en elle-mme1 celui-l seul n'est pas un imbcile1 celui-l seul n'est pas un impie1 qui n'affirme absolument rien4 ,nous ne connaissons rien1 dit le baron de ,bielfeld1 nous ne connaissons rien de la nature ou de l'essence de ,dieu2--pour savoir ce qu'il est1 il faut tre ,dieu mme4 ,il faut tre ,dieu mme6 ,malgr cette phrase effrayante1 vibrant encore dans mon oreille1 j'ose toutefois demander si notre ignorance actuelle de la ,divinit est une ignorance laquelle l'me est ternellement condamne4 ,enfin1 contentons-nous aujourd'hui de supposer que c'est ,lui1--,lui1 l',incomprhensible 7pour le prsent du moins71--,lui1 que nous considrerons comme ,esprit1 c'est--dire comme non-,matire 7distinction qui1 pour tout ce que nous voulons atteindre1 supplera parfaitement une dfinition71--,lui1 existant comme ,esprit1 qui nous a crs1 ou faits de ,rien1 par la force de sa ,volont1--dans un certain point de l',espace que nous prendrons comme centre1 une certaine poque dont nous n'avons pas la prtention de nous enqurir1 mais en tout cas immensment loigne2--supposons1 dis-je1'que c'est lui qui nous a faits1--mais faits 444 quoi8 ,ceci est1 dans nos considrations1 un point d'une importance vitale4 ,qu'tions-nous1 que pouvons-nous supposer lgitimement avoir t1 quand nous fmes crs1 nous1 univers1 primitivement et individuellement8 ,nous sommes arrivs un point o l',intuition seule peut venir notre aide4 ,mais qu'il me soit permis de rappeler l'ide que j'ai dj suggre comme la seule qui puisse convenablement dfinir l'intuition4 ,elle n'est que la conviction naissant de certaines inductions ou dductions dont la marche a t assez secrte pour chapper notre conscience1 luder notre raison1 ou dfier notre puissance d'expression4 ,ceci tant entendu1 j'affirme qu'une intuition absolument irrsistible1 quoique indfinissable1 me pousse conclure que ce que ,dieu a originairement cr1--que cette ,matire qu'il a1 par la force de sa ,volont1 tire de son ,esprit1 ou de ,rien1 ne peut avoir t autre chose que la ,matire dans son tat le plus pur1 le plus parfait1 de 444 de quoi8--de ,simplicit4 ,ce sera l la seule supposition absolue dans mon discours4 ,je me sers du mot supposition dans son sens ordinaire2 cependant je maintiens que ma proposition primordiale1 ainsi formule1 est loin1 bien loin d'tre une pure supposition4 ,rien n'a t1 en effet1 plus rgulirement1 plus rigoureusement dduit2--aucune conclusion humaine n'a t1 en effet1 plus rgulirement1 plus rigoureusement dduite2--mais1 hlas6 le procd de cette dduction chappe l'analyse humaine2--en tout cas1 il se drobe la puissance expressive de toute langue humaine4 ,efforons-nous maintenant de concevoir ce qu'a pu et ce qu'a d tre la ,matire dans sa condition absolue de simplicit4 ,ici1 la ,raison vole d'un seul coup vers l',imparticularit1--vers une particule1--une particule unique1--une particule une dans son espce1--une dans son caractre1--une dans sa nature1--une par son volume1-- une par sa forme1--une particule qui soit particule tous gards1 donc1 une particule amorphe et idale1--particule absolument unique1 individuelle1 non divise1 mais non pas indivisible1 simplement parce que ,celui qui la cra par la force de sa ,volont peut trs-naturellement la diviser par un exercice infiniment moins nergique de la mme ,volont4 ,donc1 l',unit est tout ce que j'affirme de la ,matire originairement cre2 mais je me propose de dmontrer que cette ,unit est un principe largement suffisant pour expliquer la constitution1 les phnomnes actuels et l'anantissement absolument invitable au moins de l',univers matriel4 ,le ,vouloir spontan1 ayant pris corps dans la particule primordiale1 a complt l'acte1 ou1 plus proprement1 la conception de la ,cration4 ,nous nous dirigerons maintenant vers le but final pour lequel nous supposons que cette particule a t cre2--quand je dis but final1 je veux dire tout ce que nos considrations jusqu'ici nous permettent d'en saisir1-- savoir1 la constitution de l',univers tire de cette ,particule unique4 ,cette constitution s'est effectue par la transformation force de l',unit1 originelle et normale1 en ,pluralit1 condition anormale4 ,une action de cette nature implique raction4 ,une diffusion de l',unit n'a lieu que conditionnellement1 c'est--dire qu'elle implique une tendance au retour vers l',unit1--tendance indestructible jusqu' parfaite satisfaction4 ,mais je m'tendrai par la suite plus amplement sur ce sujet4 ,la supposition de l',unit absolue dans la ,particule primordiale renferme celle de la divisibilit infinie4 ,concevons donc simplement la ,particule comme non absolument puise par sa diffusion travers l',espace4 ,de cette ,particule considre comme centre1 supposons1 irradi sphriquement1 dans toutes les directions1 des distances non mesurables1 mais cependant dfinies1 dans l'espace vide jusqu'alors1 un certain nombre innombrable1 quoique limit1 d'atomes inconcevablement mais non infiniment petits4 ,or1 de ces atomes1 ainsi parpills ou l'tat de diffusion1 que nous est-il permis1 non pas de supposer1 mais de conclure1 en considrant la source d'o ils manent et le but apparent de leur diffusion8 ,l',unit tant leur source1 et la diffrence d'avec l',unit le caractre du but manifest par leur diffusion1 nous avons tout droit de supposer que ce caractre persiste gnralement dans toute l'tendue du plan et forme une partie du plan lui-mme2--c'est--dire que nous avons tout droit de concevoir des diffrences continues1 sur tous les points1 d'avec l'unit et la simplicit du point originel4 ,mais1 pour ces raisons1 sommes-nous autoriss imaginer les atomes comme htrognes1 dissemblables1 ingaux et ingalement distants8 ,pour parler plus explicitement1 devons-nous croire qu'il n'y a pas eu1 au moment de leur diffusion1 deux atomes de mme nature1 de mme forme ou de mme grosseur8 et que1 leur diffusion tant opre travers l',espace1 ils doivent tre tous1 sans exception1 ingalement distants l'un de l'autre8 ,un pareil arrangement1 dans de telles conditions1 nous permet de concevoir aisment1 immdiatement1 le procd d'opration le plus excutable pour un dessein tel que celui dont j'ai parl1--le dessein de tirer la varit de l'unit1--la diversit de la similarit1--l'htrognit de l'homognit1--la complexit de la simplicit1--en un mot1 la plus grande multiplicit possible de rapports de l',unit expressment absolue4 ,incontestablement nous aurions le droit de supposer tout ce que j'ai dit1 si nous n'tions pas arrts par deux rflexions3--la premire1 c'est que la superfluit et la surrogation ne sont jamais admissibles dans l',action ,divine2 et la seconde1 c'est que le but poursuivi apparat comme tout aussi facile atteindre quand quelques-unes des conditions requises sont obtenues dans le principe1 que quand toutes existent visiblement et immdiatement4 ,je veux dire que celles-ci sont contenues dans les autres1 ou qu'elles en sont une consquence si instantane1 que la distinction devient inapprciable4 ,la diffrence de grosseur1 par exemple1 sera tout de suite cre par la tendance d'un atome vers un second atome1 de prfrence un troisime1 en raison d'une ingalit particulire de distance2 ingalit particulire de distance entre des centres de quantit1 dans des atomes voisins de diffrente forme1-- phnomne qui ne contredit en rien la distribution gnralement gale des atomes4 ,la diffrence d'espce1 nous la concevons aussi trs-aisment comme rsultant de diffrences dans la grosseur et dans la forme1 supposes plus ou moins conjointes2--en effet1 puisque l',unit de la ,particule proprement dite implique homognit absolue1 nous ne pouvons pas supposer que les atomes1 au moment de leur diffusion1 diffrent en espce1 sans imaginer en mme temps une opration spciale de la ,volont ,divine1 agissant l'mission de chaque atome1 dans le but d'effectuer en chacun une transformation de sa nature essentielle2--et nous devons d'autant plus repousser une ide aussi fantastique1 que l'objet en vue peut parfaitement bien tre atteint sans une aussi minutieuse et laborieuse intervention4 ,nous comprenons donc1 avant tout1 qu'il et t surrogatoire1 et consquemment anti-philosophique1 d'attribuer aux atomes1 en vue de leurs destinations respectives1 autre chose qu'une diffrence de forme au moment de leur dispersion1 et postrieurement une ingalit particulire de distance1--toutes les autres diffrences naissant ensemble des premires1 ds les premiers pas que la masse a faits vers sa constitution4 ,nous tablissons donc l',univers sur une base purement gomtrique4 ,il va sans dire qu'il n'est pas du tout ncessaire de supposer une absolue diffrence1 mme de forme1 entre tous les atomes irradis2--nous nous contentons de supposer une ingalit gnrale de distance de l'un l'autre4 ,nous sommes tenus simplement d'admettre qu'il n'y a pas d'atomes voisins de forme similaire1--qu'il n'y a pas d'atomes qui puissent jamais se rapprocher1 except lors de leur invitable runion finale4 ,quoique la tendance1 immdiate et perptuelle1 des atomes disperss retourner vers leur ,unit normale soit implique1 comme je l'ai dit1 dans leur diffusion anormale1 toutefois il est clair que cette tendance doit tre sans rsultat1--qu'elle doit rester une tendance et rien de plus1--jusqu' ce que la force d'expansion1 cessant d'oprer1 donne cette tendance toute libert de se satisfaire4 ,l',action ,divine1 toutefois1 tant considre comme dtermine1 et interrompue aprs l'opration primitive de la diffusion1 nous concevons tout de suite une raction1--en d'autres termes une tendance1 qui pourra tre satisfaite1 de tous les atomes dsunis retourner vers l',unit4 ,mais la force de diffusion tant retire1 et la raction ayant commenc pour favoriser le dessein final1--celui de crer la plus grande somme de rapports possible1--ce dessein est maintenant en danger d'tre frustr dans le dtail1 par suite de cette tendance rtroactive qui a pour but son accomplissement total4 ,la multiplicit est l'objet2 mais rien n'empche les atomes voisins de se prcipiter tout de suite l'un vers l'autre1--grce leur tendance maintenant libre1 avant l'accomplissement de tous les buts multiples1--et de se fondre tous en une unit compacte2 rien ne fait obstacle l'aggrgation de diverses masses1 isoles jusque-l1 sur diffrents points de l'espace2--en d'autres termes1 rien ne s'oppose l'accumulation de diverses masses1 chacune faisant une ,unit absolue4 ,v ,pour l'accomplissement efficace et complet du plan gnral1 nous devinons maintenant la ncessit d'une force rpulsive limite1--de quelque chose qui serve sparer1 et qui1 lors de la cessation de la ,volition diffusive1 puisse en mme temps permettre le rapprochement et empcher la jonction des atomes2 qui leur permette de se rapprocher infiniment1 et leur dfende de se mettre en contact positif2 quelque chose1 en un mot1 qui ait puissance1 jusqu' une certaine poque1 de prvenir leur fusion1 mais non de contredire aucun gard ni aucun degr leur tendance se runir4 ,la force rpulsive1 dj considre comme si particulirement limite d'autres gards1 peut1 je le rpte1 tre prise comme une puissance destine empcher l'absolue cohsion1 seulement jusqu' une certaine poque4 ,a moins que nous ne concevions l'apptition des atomes pour l',unit comme condamne n'tre jamais satisfaite1-- moins que nous n'admettions que ce qui a eu un commencement ne doive pas avoir de fin1--ide qui est rellement inadmissible1 quelque nombreux que soient ceux d'entre nous qui rvent et bavardent sur ce thme1--nous sommes forcs de conclure que l'influence rpulsive suppose devra finalement1--sous la pression de l',unitendance agissant collectivement1 mais agissant seulement alors que1 pour l'accomplissement des plans de la ,divinit1 cette action collective devra se faire naturellement1--cder une force qui1 cette poque finale1 sera la force suprieure1 pousse juste au degr ncessaire1 et permettre ainsi le tassement universel des choses en ,unit1 unit invitable parce qu'elle est originelle et consquemment normale4 ,il est en vrit fort difficile de concilier toutes ces conditions2--nous ne pouvons mme pas comprendre la possibilit de cette conciliation2--nanmoins cette impossibilit apparente est fconde en suggestions brillantes4 ,que cette rpulsion existe positivement1 nous le voyons4 ,l'homme n'emploie et ne connat aucune force suffisante pour fondre deux atomes en un4 ,je n'avance ici que la thse bien reconnue de l'impntrabilit de la matire4 ,toute l',exprience la prouve1--toute la ,philosophie l'admet4 ,j'ai essay de dmontrer le but de la rpulsion et la ncessit de son existence2 mais je me suis religieusement abstenu de toute tentative pour en pntrer la nature2 et cela1 cause d'une conviction intuitive qui me dit que le principe en question est strictement spirituel1--gt dans une profondeur impntrable notre intelligence prsente1--est impliqu dans une considration relative ce qui maintenant1 dans notre condition humaine1 ne peut tre l'objet d'aucun examen1--dans une considration de l',esprit en lui-mme4 ,je sens1 en un mot1 qu'ici1 et ici seulement1 ,dieu s'est interpos1 parce qu'ici1 et seulement ici1 le nud demandait l'interposition de ,dieu4 ,dans le fait1 pendant que dans cette tendance des atomes vers l',unit on reconnatra tout d'abord le principe de la ,gravitation ,newtonienne1 ce que j'ai dit d'une force rpulsive1 servant mettre des limites la satisfaction immdiate1 peut tre entendu de ce que nous avons jusqu' prsent dsign tantt comme chaleur1 tantt comme magntisme1 tantt comme lectricit2 montrant ainsi1 dans les vacillations de la phrasologie par laquelle nous essayons de le dfinir1 l'ignorance o nous sommes de son caractre mystrieux et terrible4 ,le nommant donc1 pour le prsent seulement1 lectricit1 nous savons que toute analyse exprimentale de l'lectricit a donn1 pour rsultat final1 le principe1 rel ou apparent1 de l'htrognit4 ,seulement l o les choses diffrent1 l'lectricit se manifeste2 et il est prsumable qu'elles ne diffrent jamais l o l'lectricit n'est pas dveloppe1 sinon apparente4 ,or1 ce rsultat est dans le plus parfait accord avec celui o je suis parvenu par une autre voie que par l'exprience4 ,j'ai affirm que l'utilit de la force rpulsive tait d'empcher les atomes dissmins de retourner l',unit immdiate2 et ces atomes sont reprsents comme diffrant les uns des autres4 ,la diffrence est leur caractre1--leur essentialit1--juste comme la non-diffrence tait le caractre essentiel de leur mouvement4 ,donc1 quand nous disons qu'une tentative pour mettre en contact deux de ces atomes doit amener un effort de l'influence rpulsive pour empcher cette union1 nous pouvons aussi bien nous servir d'une phrase absolument quivalente1 savoir1 qu'une tentative pour mettre en contact deux diffrences amnera comme rsultat un dveloppement d'lectricit4 ,tous les corps existants sont composs de ces atomes en contact immdiat1 et peuvent consquemment tre considrs comme de simples assemblages de diffrences plus ou moins nombreuses2 et la rsistance faite par l'esprit de rpulsion1 si nous mettions en contact deux de ces assemblages quelconques1 serait en raison des deux sommes de diffrences contenues dans chacun2--expression qui peut tre rduite celle-ci1 quivalente3 ,la somme d'lectricit dveloppe par le contact de deux corps est proportionne la diffrence entre les sommes respectives d'atomes dont les corps sont composs4 ,qu'il n'existe pas deux corps absolument semblables1 c'est un simple corollaire qui rsulte de tout ce que nous avons dit4 ,donc l'lectricit1 toujours existante1 se dveloppe par le contact de corps quelconques1 mais ne se manifeste que par le contact de corps d'une diffrence apprciable4 ,a l'lectricit1--pour nous servir encore de cette dsignation1--nous pouvons bon droit rapporter les divers phnomnes physiques de lumire1 de chaleur et de magntisme2 mais nous sommes bien mieux autoriss encore attribuer ce principe strictement spirituel les phnomnes plus importants de vitalit1 de conscience et de ,pense4 ,a ce sujet1 toutefois1 qu'il me soit permis de faire une pause et de noter que ces phnomnes1 observs dans leur gnralit ou dans leurs dtails1 semblent procder au moins en raison de l'htrognit4 cartons maintenant les deux termes quivoques1 gravitation et lectricit1 et adoptons les expressions plus dfinies d'attraction et de rpulsion4 ,la premire1 c'est le corps2 la seconde1 c'est l'me2 l'une est le principe matriel1 l'autre le principe spirituel de l',univers4 ,il n'existe pas d'autres principes4 ,tous les phnomnes doivent tre attribus l'un ou l'autre1 ou tous les deux combins4 ,il est si rigoureusement vrai1 il est si parfaitement rationnel que l'attraction et la rpulsion sont les seules proprits par lesquelles nous percevons l',univers1--en d'autres termes1 par lesquelles la ,matire se manifeste l',esprit1--que nous avons pleinement le droit de supposer que la matire n'existe que comme attraction et rpulsion1--que l'attraction et la rpulsion sont matire1--nous servant de cette hypothse comme d'un moyen de faciliter l'argumentation2--car il est impossible de concevoir un cas o nous ne puissions employer notre gr le mot matire et les termes attraction et rpulsion1 pris ensemble1 comme expressions de logique quivalentes et convertibles4 ,,vi ,je disais tout l'heure que ce que j'ai nomm la tendance des atomes dissmins retourner leur unit originelle devait tre pris pour le principe de la foi newtonienne de la gravitation2 et en effet on n'aura pas grande peine entendre la chose ainsi1 si l'on considre la gravitation newtonienne sous un aspect purement gnral1 comme une force qui pousse la matire chercher la matire2 c'est--dire si nous voulons ne pas attacher notre attention au modus operandi connu de la force newtonienne4 ,la concidence gnrale nous satisfait2 mais1 en regardant de plus prs1 nous voyons dans le dtail beaucoup de choses qui paraissent non-concidentes1 et beaucoup d'autres o la concidence ne parat pas du moins suffisamment tablie4 ,un exemple3 la gravitation newtonienne1 si nous la considrons dans certains modes1 ne nous apparat pas du tout comme une tendance vers ,y ,unit2 elle nous semble plutt une tendance de tous les corps dans toutes les directions1 phrase qui semble exprimer la tendance la diffusion4 ,ici donc il y a non-concidence4 ,un autre exemple3 quand nous rflchissons sur la loi mathmatique qui gouverne la tendance newtonienne1 nous voyons clairement que nous ne pouvons pas obtenir la concidence1--relativement1 du moins1 au modus operandi1--entre la gravitation1 telle que nous la connaissons1 et cette tendance1 simple et directe en apparence1 que j'ai suppose4 ,en effet1 je suis arriv un point o il serait bon de renforcer ma position en inversant mon procd4 ,jusqu' prsent1 nous avons procd priori1 d'une considration abstraite de la ,simplicit1 prise comme la qualit qui a d le plus vraisemblablement caractriser l'action originelle de ,dieu4 ,voyons maintenant si les faits tablis de la ,gravitation newtonienne peuvent nous fournir1 posteriori1 quelques inductions lgitimes4 ,que dclare la loi newtonienne8 que tous les corps s'attirent l'un l'autre avec des forces proportionnes leurs quantits de matire et inversement proportionnes aux carrs de leurs distances4 ,c'est dessein que je donne d'abord la version vulgaire de la loi2 et je confesse que dans celle-ci1 comme dans la plupart des traductions vulgaires de grandes vrits1 je ne trouve pas une qualit trs-suggestive4 ,adoptons donc une phrasologie plus philosophique --,chaque atome de chaque corps attire chaque autre atome1 soit appartenant au mme corps1 soit appartenant chaque autre corps1 avec une force variant en raison inverse des carrs des distarices entre l'atome attirant et l'atome attir4 ,ici1 pour le coup1 un flot de suggestions jaillit aux yeux de l'esprit4 ,mais voyons distinctement la chose que ,newton a prouve1--selon la dfinition grossirement irrationnelle de h preuve prescrite par les coles de mtaphysique4 ,il fut oblig de se contenter de montrer que les mouvements d'un ,univers imaginaire1 compos d'atomes attirants et attirs obissant la loi qu'il annonait1 concidaient parfaitement avec les mouvements de l',univers existant rellement1 autant du moins qu'il tombe sous notre observation4 ,telle fut la somme de sa dmonstration1 selon le jargon conventionnel des philosophies4 ,les succs qui la confirmrent ajoutrent preuve sur preuve1--des preuves telles que les admet toute intelligence saine1--mais la dmonstration de la loi-elle-mme1 selon les mtaphysiciens1 n'avait t confirme en aucune faon4 ,cependant la preuve oculaire1 physique1 de l'attraction1 ici mme1 sur cette ,terre1 fut enfin trouve1 en parfait accord avec la thorie newtonienne1 et la grande satisfaction de quelques-uns de ces reptiles intellectuels4 ,cette preuve jaillit1 indirectement et incidemment 7comme jaillirent presque toutes les vrits importantes71 d'une tentative faite pour mesurer la densit moyenne de la ,terre4 ,dans les fameuses expriences que ,maskelyne1 ,cavendish et ,bailly firent dans ce but1 il fut dcouvert1 vrifi et mathmatiquement dmontr que l'attraction de la masse d'une montagne tait en accord exact avec l'immortelle thorie de l'astronome anglais4 ,mais1 en dpit de cette confirmation d'une vrit qui n'en avait aucun besoin1--en dpit de la prtendue corroboration de la thorie par la prtendue preuve oculaire et physique1--en dpit du caractre de cette corroboration1--les ides que les vrais philosophes eux-mmes ne peuvent s'empcher d'accepter relativement la gravitation1 et particulirement les ides acceptes et complaisamment maintenues par les hommes vulgaires1 ont t videmment tires1 pour la plus grande partie1 d'une considration du principe1 tel qu'ils le trouvent simplement dvelopp sur la plante laquelle ils sont attachs4 ,or1 o tend une considration aussi amoindrie8 ,a quelle espce d'erreur donne-t-elle naissance8 ,sur la ,terre nous voyons1 nous sentons simplement que la gravitation chasse tous les corps vers le centre de la ,terre4 ,aucun homme1 dans le domaine ordinaire de la vie1 ne peut voir ni sentir autrement1--ne peut s'empcher de percevoir que toute chose1 partout1 a une tendance gravitante1 perptuelle vers le centre de la ,terre1 et pas ailleurs2 cependant 7sauf une exception qui sera spcifie postrieurement7 il est certain que chaque chose terrestre 7pour ne pas parler maintenant de toutes les choses clestes7 a une tendance non-seulement vers le centre de la ,terre1 mais en outre vers toute espce de direction possible4 ,or1 quoique les hommes de philosophie ne puissent pas tre accuss de se tromper avec le vulgaire dans cette matire1 ils se laissent toutefois influencer1 leur insu1 par l'ide vulgaire agissant comme sentiment4--,quoique personne n'ait foi dans les fables du ,paganisme1--dit ,bryant dans sa trs-savante ,mythologie1--cependant nous nous oublions sans cesse au point d'en tirer des inductions comme de ralits existantes4--,je veux dire que la perception purement sensitive de la gravitation1 telle que nous la connaissons sur la ,terre1 induit l'humanit en fantaisie et la fait croire une concentralisation1 une sorte de spcialit terrestre2--qu'elle a toujours inclin vers cette fantaisie les intelligences mme les plus puissantes1--les dtournant perptuellement1 quoique imperceptiblement1 de la caractristique relle du principe2 les ayant empches jusqu' l'poque prsente de saisir mme un aperu de cette vrit vitale qui se trouve dans une direction diamtralement oppose1--derrire les caractristiques essentielles du principe1 qui sont1 non pas la concentralisation ou la spcialit1 mais l'universalit et la diffusion4 ,cette vrit vitale est l',unit1 prise comme source du phnomne4 ,permettez-moi de rpter la dfinition de la gravitation3 ,chaque atome1 dans chaque corps1 attire chaque autre atome1 appartenant au mme corps ou appartenant tout autre corps1 avec une force qui varie en raison inverse des carrs des distances de l'atome attirant et de l'atome attir4 ,que le lecteur s'arrte ici un moment avec moi pour contempler la miraculeuse1 ineffable et absolument inimaginable complexit de rapports implique dans ce fait1 que chaque atome attire chaque autre atome1--implique seulement dans ce fait de l'attraction1 tant carte la question de la loi ou du mode suivant lesquels l'attraction se manifeste1--implique dans ce fait unique que chaque atome attire plus ou moins chaque autre atome1 dans une immensit d'atomes telle1 que toutes les toiles qui entrent dans la constitution de l',univers peuvent tre peu prs compares pour le nombre aux atomes qui entrent dans la composition d'un boulet de canon4 ,eussions-nous simplement dcouvert que chaque atome tendait vers un point favori1 vers quelque atome particulirement attractif1 nous serions encore tombs sur une dcouverte qui1 en elle-mme1 aurait suffi pour accabler notre esprit2--mais quelle est cette vrit que nous sommes actuellement appels comprendre8 ,c'est que chaque atome attire chaque autre atome1 sympathise avec ses plus dlicats mouvements1 avec chaque atome et avec tous1 toujours1 incessamment1 suivant une loi dtermine dont la complexit1 mme considre seulement en elle-mme1 dpasse absolument les forces de l'imagination humaine4 ,si je me propose de mesurer l'influence d'un seul atome sur l'atome son voisin dans un rayon solaire1 je ne puis pas accomplir mon dessein sans d'abord compter et peser tous les atomes de l',univers et dfinir la position prcise de chacun un moment particulier de la dure4 ,si je m'avise de dplacer1 ne ft-ce que de la trillionime partie d'un pouce1 le grain microscopique de poussire pos maintenant sur le bout de mon doigt1 quel est le caractre de l'action que j'ai eu la hardiesse de commettre8 ,j'ai accompli un acte qui branle la ,lune dans sa marche1 qui contraint le ,soleil n'tre plus le soleil1 et qui altre pour toujours la destine des innombrables myriades d'toiles qui roulent et flamboient devant la majest de leur ,crateur4 ,de telles ides1 de telles conceptions1--penses monstrueuses qui ne sont plus des penses1 rveries de l'me plutt que raisonnements ou mme considrations de l'intellect1--de telles ides1 je le rpte1 sont les seules que nous puissions russir crer en nous dans tous nos efforts pour saisir le grand principe de l',attraction4 ,mais maintenant1 avec de telles ides1 avec une telle vision1 franchement accepte1 de la merveilleuse complexit de l',attraction1 que toute personne1 capable de rflchir sur de pareilles matires1 s'applique imaginer un principe adaptable aux phnomnes observs1--ou la condition qui leur a donn naissance4 ,une si vidente fraternit des atomes n'indique-t-elle pas une extraction commune8 ,une sympathie si victorieuse1 si indestructible1 si absolument indpendante1 ne suggre-t-elle pas l'ide d'une source1 d'une paternit commune8 ,un extrme ne pousse-t-il pas la raison vers l'extrme son contraire8 ,l'infini dans la division ne se rapporte-t-il pas l'absolu dans l'individualit8 ,le superlatif de la complexit ne fait-il pas deviner la perfection dans la simplicit8 ,je veux dire1 non pas seulement que les atomes1 comme nous les voyons1 sont diviss ou qu'ils sont complexes dans leurs rapports1 mais surtout qu'ils sont inconcevablement diviss et inexprimablement complexes2 c'est de l'extrme des conditions que je veux parler maintenant1 plutt que des conditions elles-mmes4 ,en un mot1 n'est-ce pas parce que les atomes taient1 une certaine poque trs-ancienne1 quelque chose de plus mme qu'un assemblage1--n'est-ce pas parce que1 originellement1 donc normalement1 ils taient ,un1 que maintenant en toutes circonstances1 sur tous les points1 dans toutes les directions1 par tous les modes de rapprochement1 dans tous les rapports et travers toutes les conditions1 ils s'efforcent de retourner vers cette unit absolue1 indpendante et inconditionnelle8 ,ici1 quelqu'un demandera peut-tre3 ,pourquoi1 puisque c'est vers l',unit que ces atomes s'efforcent de retourner1 ne jugeons-nous pas et ne dfinissons-nous pas l',attraction une simple tendance gnrale vers un centre8--,pourquoi1 particulirement1 vos atomes1 les atomes que vous nous donnez comme ayant t irradis d'un centre1 ne retournent-ils pas tous la fois1 en ligne droite1 vers le point central de leur origine8 ,je rponds qu'ils le font1 ainsi que je le montrerai clairement2 mais que la cause qui les y pousse est tout fait indpendante du centre considr comme tel4 ,ils tendent tous en ligne droite vers un centre1 cause de la sphricit selon laquelle ils ont t lancs dans l'espace4 ,chaque atome1 formant une partie d'un globe gnralement uniforme d'atomes1 trouve naturellement plus d'atomes dans la direction du centre que dans toute autre direction2 c'est donc dans ce sens qu'il est pouss1 mais il n'y est pas pouss parce que le centre est le point de son origine4 ,il n'est pas de point auquel les atomes se rallient4 ,il n'est pas de lieu1 soit dans le concret1 soit dans l'abstrait1 auquel je les suppose attachs4 ,rien de ce qui peut s'appeler localit ne doit tre conu comme tant leur origine4 ,leur source est dans le principe ,unit4 ,c'est l le pre qu'ils ont perdu4 ,c'est l ce qu'ils cherchent toujours1 immdiatement1 dans toutes les directions1 partout o ils peuvent le trouver1 mme partiellement2 apaisant ainsi1 dans une certaine mesure1 leur indestructible tendance1 tout en faisant route vers leur absolue satisfaction finale4 ,il suit de tout ceci que tout principe qui sera suffisant pour expliquer en gnral la loi1 ou modus operandi1 de la force attractive1 devra aussi expliquer cette loi dans le particulier2--c'est--dire que tout principe qui montrera pourquoi les atomes doivent tendre vers leur centre gnral d'irradiation1 avec des forces variant en proportion inverse des carrs des distances1 expliquera d'une manire satisfaisante la tendance1 conforme la mme loi1 qui pousse l'atome vers l'atome2--car la tendance vers le centre est simplement la tendance de chacun vers chacun1 et non pas une tendance vers un centre considr comme tel4 ,on voit en mme temps que l'tablissement de mes propositions n'implique aucune ncessit de modifier les termes de la dfinition newtonienne de la ,gravitation1 laquelle dclare que chaque atome attire chaque autre atome1 dans une infinie rciprocit1 et ne dclare que cela2 mais 7en supposant toutefois que ce que je propose sera finalement admis7 il me semble vident que1 dans les futures oprations de la ,science1 on pourrait viter quelque erreur occasionnelle1 si l'on adoptait une phrasologie plus ample1 telle que celle-ci3--,chaque atome tend vers chaque autre atome1 etc41 avec une force1 etc42 le rsultat gnral tant une tendance de tous les atomes1 avec une force semblable1 vers un centre gnral4 ,en reprenant notre route l'inverse1 nous sommes arrivs un rsultat identique2 mais1 dans l'un des cas1 ,y ,intuition tait le point de dpart1 dans l'autre1 elle tait le but4 ,en commenant mon premier voyage1 je pouvais dire seulement que je sentais1 par une irrsistible intuition1 que la ,simplicit avait t la caractristique de l'action originelle de ,dieu2--en finissant mon second voyage1 je puis seulement dclarer que je perois1 par une irrsistible intuition1 que l',unit a t la source des phnomnes de la ,gravitation newtonienne observs jusqu' prsent4 ,ainsi1 selon les coles1 je ne prouve rien4 ,soit4 ,je n'ai pas d'autre ambition que de suggrer1--et de convaincre par la suggestion4 ,j'ai l'orgueilleuse conviction qu'il existe des intelligences humaines profondes1 doues d'un prudent discernement1 qui ne pourront pas s'empcher d'tre largement satisfaites de mes simples suggestions4 ,pour ces intelligences1--comme pour la mienne1--il n'est pas de dmonstration mathmatique qui puisse apporter la moindre vraie preuve additionnelle la grande ,vrit que j'ai avance1 savoir que l',unit ,originelle est la source1 le principe des ,phnomnes ,universels4 ,pour ma part1 je ne suis pas aussi sr que je parle et que je vois2--je ne suis pas aussi sr que mon cur bat et que mon me vit2--que le soleil se lvera demain matin1 probabilit qui gt encore dans le ,futur1--je ne prtends pas du tout en tre aussi sr que je le suis de ce ,fait irrparablement pass1 que tous les tres et ,toutes les ,penses des tres1 avec toute leur ineffable ,multiplicit de ,rapports1 ont jailli la fois l'existence de la primordiale et indpendante ,unit4 ,relativement la ,gravitation newtonienne1 le ,docteur ,nichol1 l'loquent auteur de l',architecture des deux1 dit3 ,en vrit1 nous n'avons aucune raison de supposer que cette grande ,loi1 telle qu'elle nous est aujourd'hui connue1 soit la formule suprme ou la plus simple1 consquemment universelle et omnicomprhensible1 d'une grande ,ordonnance4 ,le mode suivant lequel son intensit diminue avec l'lment de la distance n'a pas l'aspect d'un principe suprme1 lequel principe comporte toujours la simplicit de ces axiomes1 vidents par eux-mmes1 qui constituent la base de la ,gomtrie4 ,il est absolument vrai que les principes suprmes1 selon le sens usuel des termes1 comportent toujours la simplicit des axiomes gomtriques 7quant aux choses videntes par elles-mmes1 il n'en existe pas72--mais ces principes ne sont pas clairement suprmes2 en d'autres termes1 les choses que nous avons l'habitude de qualifier principes ne sont pas1 proprement parler1 des principes1--puisqu'il ne peut exister qu'un principe1 qui est la ,volition ,divine4 ,nous n'avons donc aucun droit de supposer1 d'aprs ce que nous observons dans les rgles qu'il nous plat follement d'appeler principes1 quoi que ce soit qui ressemble aux caractristiques d'un principe proprement dit4 ,les principes suprmes1 dont le ,docteur ,nichol parle comme comportant la simplicit gomtrique1 peuvent avoir et ont en effet cet aspect gomtrique1 puisqu'ils sont une partie intgrante d'un vaste systme gomtrique1 c'est--dire d'un systme de simplicit1 dans lequel toutefois le principe vraiment suprme est1 comme nous le savons1 le maximum du complexe1 autrement dit1 de l'inintelligible2 --car n'est-ce pas la ,capacit ,spirituelle de ,dieu8 ,cependant j'ai cit la remarque du ,docteur ,nichol1 non pas tant pour infirmer sa philosophie que pour attirer l'attention sur ce fait1 que1 malgr que tous les hommes aient admis un certain principe comme existant au del de la loi de la ,gravitation1 aucune tentative n'a t faite pour dfinir ce qu'est particulirement ce principe2--si nous exceptons peut-tre quelques vises fantastiques qui le transportent dans le ,magntisme1 dans le ,mesmrisme1 dans le ,swedenborgianisme1 ou dans le ,transcendantalisme1 ou dans tout autre dlicieux isme de la mme espce1 invariablement favoris par une seule et mme espce de gens4 ,le grand esprit de ,newton1 tout en saisissant hardiment la ,loi elle-mme1 a recul devant le principe de la ,loi4 ,plus active1 plus comprhensible au moins1 sinon plus patiente et plus profonde1 la sagacit de ,laplace n'eut pas le courage de s'y attaquer4 ,mais l'hsitation de la part de ces astronomes n'est pas si difficile comprendre4 ,eux aussi1 comme d'ailleurs tous les mathmaticiens de la premire classe1 ils taient purement mathmaticiens2 leur intelligence du moins tait marque d'un caractre mathmatico-physique vigoureusement prononc4 ,tout ce qui n'tait pas distinctement situ dans le domaine de la ,physique ou des ,mathmatiques leur apparaissait comme des ,non-,entits ou des ,ombres4 ,nanmoins1 nous pouvons bien nous tonner que ,leibnitz1 qui fut une exception remarquable cette rgle gnrale1 et dont le temprament spirituel tait un singulier mlange du mathmatique avec le physico-mtaphysique1 n'ait pas d'abord recherch et dfini le point en litige4 ,newton et ,laplace1 cherchant un principe1 et n'en dcouvrant aucun physique1 devaient humblement et tranquillement s'arrter cette conclusion1 qu'il n'en existait absolument aucun2 mais il est presque impossible de concevoir que ,leibnitz1 ayant puis dans ses recherches les domaines de la physique1 n'ait pas march droit1 plein de hardiesse et de confiance1 travers ce vieux labyrinthe du royaume de la ,mtaphysique qui lui tait si familier4 ,il est vident qu'il a d s'aventurer la recherche du trsor2--s'il ne l'a pas trouv1 c'est peut-tre1 aprs tout1 parce que sa merveilleuse conductrice1 son ,imagination1 n'tait pas suffisamment adulte ou assez bien duque pour le diriger dans la bonne route4 ,j'observais tout l'heure qu'il avait t fait de vagues tentatives pour attribuer la ,gravitation de certaines forces trs-douteuses1 dont le nom affecte la dsinence isme4 ,mais ces tentatives1 quoique considres trs-justement comme hardies1 n'ont pas vis plus loin qu' la gnralit1 la pure gnralit de la ,loi newtonienne4 ,aucun effort d'explication1 aucun effort heureux1 ma connaissance1 n'a t fait relativement son modus operandi4 ,c'est donc avec une crainte bien lgitime d'tre pris pour un fou1 ds le dbut1 et avant d'avoir pu porter mes propositions sous l'il de ceux-l qui seuls sont comptents pour dcider sur leur valeur1 que je dclare ici que le modus operandi de la ,loi de la ,gravitation est une chose excessivement simple et parfaitement apprciable1 la condition que nous nous approchions du problme selon une juste gradation et dans la bonne route1--c'est--dire si nous le considrons du point de vue convenable4 ,,vii ,soit que nous arrivions l'ide d'absolue ,unit1 source prsume de ,tous les tres1 par une considration de la ,simplicit prise pour la caractristique la plus probable de l'action originelle de ,dieu2--soit que nous y parvenions par l'examen de l'universalit de rapports dans les phnomnes de la gravitation2--ou soit enfin que nous aboutissions cette ide comme au rsultat de la corroboration rciproque des deux procds1--toujours est-il que l'ide1 une fois accepte1 est insparablement connexe d'une autre ide1 celle de la condition de l',univers sidral1 tel que nous le voyons maintenant1 c'est--dire d'une incommensurable diffusion travers l'espace4 ,or1 une connexion entre ces ides1--unit et diffusion1--ne peut pas tre admissible sans une troisime ide1 celle de l'irradiation4 ,l',unit ,absolue tant prise comme centre1 l',univers sidral existant est le rsultat d'une irradiation partant de ce centre4 ,or1 les lois de l'irradiation sont connues4 ,elles sont partie intgrante de la sphre4 ,elles appartiennent la classe des proprits gomtriques incontestables4 ,nous disons d'elles3 elles sont vraies1 elles sont videntes4 ,demander pourquoi elles sont vraies1 ce serait demander pourquoi sont vrais les axiomes sur lesquels s'appuie la dmonstration de ces lois4 ,il n'y a rien de dmontrable1 pour parler strictement2 mais s'il y a quelque chose de dmontrable1 les proprits et les lois en question sont dmontres4 ,mais ces lois1 que dclarent-elles8 ,comment1 par quels degrs l'irradiation procde-t-elle du centre vers l'espace8 ,d'un centre lumineux la ,lumire mane par irradiation1 et les quantits de lumire reues par un plan quelconque1 que nous supposerons changeant de position1 de manire se trouver tantt plus prs1 tantt plus loin du centre1 diminueront dans la mme proportion que s'accrotront les carrs des distances entre le plan et le corps lumineux1 et s'accrotront dans la mme proportion que diminueront les carrs4 ,l'expression de la loi peut tre ainsi gnralise3--,le nombre de molcules lumineuses1 ou1 si l'on prfre d'autres termes1 le nombre d'impressions lumineuses1 reues par le plan mobile1 sera en proportion inverse des carrs des distances o sera situ le plan4 ,et pour gnraliser encore1 nous pouvons dire que la diffusion1 l'parpillement1 l'irradiation1 en un mot1 est en proportion directe des carrs des distances4 ,par exemple3 la distance ,b1 du centre lumineux ,a1 un certain nombre de particules est parpill1 de manire occuper la surface ,b4 ,donc la distance double1 c'est--dire ,c1 ces particules se trouveront d'autant plus parpilles qu'elles occuperont quatre surfaces semblables2 la distance triple1 ou ,d1 elles seront d'autant plus spares les unes des autres qu'elles occuperont neuf surfaces semblables2 une distance quadruple1 ou ,e1 elles seront tellement diffuses qu'elles s'tendront sur seize surfaces semblables2--et ainsi de suite l'infini4 ,illustration ,gnralement1 en disant que l'irradiation procde en raison proportionnelle directe des carrs des distances1 nous nous servons du terme irradiation pour exprimer le degr de diffusion mesure que nous nous loignons du centre4 ,inversant la proposition1 et employant le mot concentralisation pour exprimer le degr d'attraction gnrale mesure que nous nous rapprochons du centre1 nous pouvons dire que la concentralisation procde en raison inverse des carrs des distances4 ,en d'autres termes1 nous sommes arrivs cette conclusion1 que1 dans l'hypothse que la matire ait t originellement irradie d'un centre1 et soit maintenant en train d'y retourner1 la concentralisation1 ou action de retour1 procde exactement comme nous savons que procde la force de gravitation4 ,or1 s'il nous tait permis de supposer que la concentralisation reprsente exactement la force de la tendance vers le centre1-- que l'une est en exacte proportion avec l'autre1 et que les deux procdent simultanment1 nous aurions dmontr tout ce qui tait dmontrer4 ,la seule difficult ici consiste donc tablir une proportion directe entre la concentralisation et la force de concentralisation2 et nous pouvons considrer la chose comme faite si nous tablissons une proportion semblable entre l'irradiation et la force d'irradiation4 ,une rapide inspection des ,cieux suffit pour nous montrer que les toiles sont distribues avec une certaine uniformit gnrale et une certaine galit de distance travers la rgion de l'espace o elles sont groupes1 affectant dans leur ensemble une forme approximativement sphrique2--cette espce d'galit1 gnrale plutt qu'absolue1 ne contredisant en rien ma dduction sur l'ingalit de distances1 dans de certaines limites1 entre les atomes originellement irradis1 et reprsentant un corollaire du systme vident d'infinie complexit de rapports tire de l'unit absolue4 ,je suis parti1 on se le rappelle1 de l'ide d'une distribution gnralement uniforme1 mais particulirement ingale1 des atomes2--ide confirme1 je le rpte1 par une inspection des toiles1 telles qu'elles existent actuellement4 ,mais mme dans l'galit gnrale de distribution1 en ce qui regarde les atomes1 apparat une difficult qui1 sans aucun doute1 s'est dj prsente ceux de mes lecteurs qui croient que je suppose cette galit de distribution effectue par l'irradiation partant d'un centre4 ,au premier coup d'il1 l'ide de l'irradiation nous force accepter cette autre ide1 jusqu' prsent non spare et en apparence insparable1 d'une agglomration autour d'un centre1 et d'une dispersion mesure qu'on s'en loigne1--l'ide1 en un mot1 d'ingalit de distribution relativement la matire irradie4 ,or1 j'ai fait observer ailleurs#a que si la ,raison1 la recherche du ,vrai1 peut jamais trouver sa route1 c'est par des difficults telles que celle actuellement en question1 par une telle ingalit1 par de telles particularits1 par de telles saillies sur le plan ordinaire des choses4 ,grce la difficult1 la particularit qui se prsente ici1 je bondis d'un seul coup vers le secret1--secret que je n'aurais jamais pu atteindre sans la particularit et les inductions qu'elle me fournit par son pur caractre de particularit4 ,la marche de ma pense1 arrive ce point1 peut tre grossirement dessine de la manire suivante3--,je me dis3 ,l',unit1 comme je l'ai explique1 est une vrit2--je le sens4 ,la ,diffusion est une vrit2 je le vois4 ,l',irradiation1 par laquelle seule ces deux vrits sont concilies1 est consquemment une vrit2 je le perois4 ,l'galit de diffusion1 d'abord dduite priori et ensuite confirme par l'inspection des phnomnes1 est aussi une vrit2--je l'admets pleinement4 ,jusqu'ici tout est clair autour de moi2--il n'y a pas de nuages derrire lesquels puisse se cacher le secret1 le grand secret du modus operandi de la gravitation2--mais ce secret est quelque part aux environs1 trs-certainement1 et n'y et-il qu'un seul nuage en vue1 je serais tenu de souponner ce nuage4 ,et justement1 comme je me dis cela1 voil qu'un nuage apparat4 ,ce nuage est l'impossibilit apparente de concilier ma vrit1 irradiation avec mon autre vrit1 galit de diffusion4 ,je me dis alors3 ,derrire cette impossibilit apparente doit se trouver ce que je cherche4 ,je ne dis pas3 impossibilit relle2 car une invincible foi dans mes vrits me confirme qu'il n'y a l1 aprs tout1 qu'une simple difficult2 mais je vais jusqu' dire1 avec une confiance opinitre1 que1 quand cette difficult sera rsolue1 nous trouverons1 enveloppe dans le procd de solution1 la clef du secret que nous cherchons4 ,de plus1 je sens que nous ne dcouvrirons qu'une seule solution possible de la difficult1 et cela1 pour cette raison que1 s'il y en avait deux1 l'une des deux serait superflue1 sans utilit1 vide1 ne contenant aucune clef1 puisqu'il n'est pas besoin d'une double clef pour ouvrir un secret quelconque de la nature4 ,et maintenant examinons3--les notions ordinaires1 les notions distinctes que nous pouvons avoir de l'irradiation1 sont tires du mode tel que nous le voyons appliqu dans le cas de la ,lumire4 ,l nous trouvons une effusion continue de courants lumineux1 avec une force que nous n'avons aucun droit de supposer variable4 ,or1 dans n'importe quelle irradiation de cette nature1 continue et d'une force invariable1 les rgions voisines du centre doivent tre invitablement plus remplies que les rgions loignes4 ,mais je n'ai suppos aucune irradiation telle que celle-l4 ,je n'ai pas suppos une irradiation continue2 par la simple raison qu'une telle supposition impliquerait d'abord la ncessit d'adopter une conception que l'homme1 ainsi que je l'ai montr1 ne peut pas adopter1 et que l'examen du firmament rfute1 ainsi que je le dmontrerai plus amplement1--la conception d'un ,univers sidral absolument infini1--et impliquerait1 en second lieu1 l'impossibilit de comprendre une raction1 c'est--dire la gravitation1 telle qu'elle existe maintenant1 puisque1 tant qu'une action se continue1 aucune raction1 naturellement1 ne peut avoir lieu4 ,donc1 ma supposition1 ou plutt l'invitable dduction tire des justes prmisses1 tait celle d'une irradiation dtermine1 d'une irradiation finalement discontinue4 ,qu'il me soit permis maintenant de dcrire le seul mode possible selon lequel nous pouvons comprendre que la matire ait t rpandue travers l'espace1 de manire remplir la fois les conditions d'irradiation et de distribution gnralement gale4 ,par commodit d'illustration1 imaginons d'abord une sphre creuse1 de verre ou d'autre matire1 occupant l'espace travers lequel la matire universelle a t galement parpille1 par le moyen de l'irradiation1 de la particule absolue1 indpendante1 inconditionnelle1 place au centre de la sphre4 ,un certain effort de la puissance expansive 7que nous prsumons tre la ,volont ,divine71--en d'autres termes1 une certaine force1 dont la mesure est la quantit de matire1 c'est--dire le nombre des atomes1--a mis1 met1 par irradiation1 ce nombre d'atomes1 les chassant hors du centre dans toutes les directions1 leur proximit rciproque diminuant mesure qu'ils s'loignent de ce centre1 jusqu' ce que finalement ils se trouvent parpills sur la surface intrieure de la sphre4 ,quand les atomes ont atteint cette position1 ou pendant qu'ils tendaient l'atteindre1 un second exercice infrieur de la mme force1--une seconde force infrieure de la mme nature1--met de la mme manire1 par irradiation1 une seconde couche d'atomes qui va se dposer sur la premire2 le nombre d'atomes1 dans ce cas comme dans le premier1 tant la mesure de la force qui les a mis1--en d'autres termes1 la force tant prcisment approprie au dessein qu'elle accomplit1--la force et le nombre d'atomes envoys par cette force tant directement proportionnels4 ,quand cette seconde couche a atteint sa destination ou pendant qu'elle s'en approche1 un troisime exercice infrieur de la mme force1 ou une troisime force infrieure de mme nature1--le nombre des atomes mis tant dans tous les cas la mesure de la force1--dpose une troisime couche sur la seconde1--et ainsi de suite1 jusqu' ce que ces couches concentriques1 devenant de moins en moins vastes1 atteignent finalement le point central2 et alors la matire diffusible1 en mme temps que la force diffusive1 se trouve puise4 ,notre sphre est maintenant remplie1 par le moyen de l'irradiation1 d'atomes galement rpartis4 ,les deux conditions ncessaires1 celles de l'irradiation et d'une diffusion gale1 sont accomplies par le seul mode qui permette de concevoir la possibilit de leur accomplissement simultan4 ,c'est pour cette raison que j'ai l'esprance de trouver maintenant1 cach dans la condition prsente des atomes ainsi distribus travers la sphre1 le secret dont je suis en qute1 le principe si important du modus operandi de la loi newtonienne4 ,examinons donc la condition actuelle des atomes4 ,ils sont placs dans une srie de couches concentriques4 ,ils sont galement distribus travers la sphre4 ,ils ont t irradis vers ces positions4 ,les atomes tant galement distribus1 plus est grande la superficie d'une de ces couches concentriques quelconques1 plus grand sera le nombre d'atomes distribus dans cette couche4 ,en d'autres termes1 le nombre d'atomes situs sur la surface d'une de ces couches concentriques quelconque est en proportion directe de l'tendue de cette surface4 ,mais1 dans toute srie de sphres concentriques1 les surfaces sont en proportion directe des carrs des distances partir du centre1 ou1 plus brivement1 les surfaces des sphres sont entre elles comme les carrs de leurs rayons4 ,consquemment1 le nombre d'atomes1 dans une couche quelconque1 est en proportion directe du carr de la distance qui spare cette couche du centre4 ,mais le nombre des atomes dans une couche quelconque est la mesure de la force qui a mis cette couche1 c'est--dire qu'elle est en proportion directe de la force4 ,donc la force qui a irradi chaque couche est en proportion directe du carr de la distance entre cette couche et le centre1 ou1 pour gnraliser1 la force de l'irradiation a eu lieu en proportion directe des carrs des distances4 ,or1 la ,raction1 autant que nous en pouvons connatre1 c'est l',action inverse4 ,le principe gnral de la ,gravitation tant1 en premier lieu1 entendu comme la raction d'un acte1 comme l'expression d'un dsir de la part de la ,matire1 existant l'tat de diffusion1 de retourner l',unit d'o elle est issue1 et en second lieu1 l'esprit tant oblig de dterminer le caractre de ce dsir1 la manire selon laquelle il doit naturellement se manifester1--tant1 en d'autres termes1 oblig de concevoir une loi probable1 ou modus operandi1 pour l'action de retour1 ne peut pas ne pas arriver cette conclusion que la loi de retour doit tre prcisment la rciproque de la loi d'mission4 ,chacun du moins aura parfaitement le droit de considrer la chose comme dmontre1 jusqu' ce que quelqu'un donne une raison plausible qui affirme le contraire1 jusqu' ce qu'une autre loi de retour soit imagine que l'intelligence puisse adopter comme prfrable4 ,donc1 la matire irradie dans l'espace1 avec une force qui varie comme les carrs des distances1 pourrait priori tre suppose retourner vers son centre d'irradiation avec une force variant en raison inverse des carrs des distances2 et j'ai dj montr que tout principe qui expliquera pourquoi les atomes tendent1 en raison d'une loi quelconque1 vers le centre gnral1 doit tre admis comme expliquant en mme temps1 d'une manire suffisante1 pourquoi1 en raison de la mme loi1 ils tendent l'un vers l'autre4 ,car1 en fait1 la tendance vers le centre gnral n'est pas une tendance vers un centre positif2 elle a lieu vers ce point1 seulement parce que chaque atome1 en se dirigeant vers un tel point1 s'achemine directement vers son centre rel et essentiel1 qui est l',unit1--l',union absolue et finale de toutes choses4 ,cette considration ne prsente mon esprit aucune difficult2 mais cela ne m'aveugle pas sur son obscurit possible pour les esprits moins habitus manier des abstractions1 et en somme il serait peut-tre bon de considrer la proposition d'un ou deux autres points de vue4 ,la molcule absolue1 indpendante1 originellement cre par la ,volition ,divine1 doit avoir t dans une condition de normalit positive ou de perfection2--car toute imperfection implique rapport4 ,le bien est positif2 le mal est ngatif2 il n'est que la ngation du bien1 comme le froid est la ngation de la chaleur1 l'obscurit1 de la lumire4 ,pour qu'une chose soit mauvaise1 il faut qu'il y ait quelque autre chose qui soit comparable ce qui est mauvais2--une condition laquelle cette chose mauvaise ne satisfait pas2 une loi qu'elle viole2 un tre qu'elle offense4 ,si cet tre1 cette loi1 cette condition1 relativement auxquels la chose est mauvaise1 n'existent pas1 ou si1 pour parler plus strictement1 il n'existe ni tres1 ni lois1 ni conditions1 alors la chose ne peut pas tre mauvaise et devra consquemment tre bonne4 ,toute dviation de la normalit implique une tendance au retour4 ,une diffrence d'avec ce qui est normal1 droit1 juste1 ne peut avoir t cre que parla ncessit de vaincre une difficult4 ,et si la force qui surmonte cette difficult n'est pas infiniment continue1 la tendance indestructible ce retour pourra la longue agir dans le sens de sa satisfaction4 ,la force retire1 la tendance agit4 ,c'est le principe de raction1 comme consquence invitable d'une action finie4 ,pour employer une phrasologie dont on pardonnera l'affectation apparente cause de son nergie1 nous pouvons dire que la ,raction est le retour de ce qui est et ne devrait pas tre vers ce qui tait originellement1 et consquemment devrait tre2--et j'ajoute que l'on trouverait toujours la force absolue de la ,raction en proportion directe avec la ralit1 la vrit1 l'absolu du principe originel1 s'il tait possible de mesurer celui-ci2--et consquemment la plus grande de toutes les ractions concevables doit tre celle produite par la tendance dont il est question ici1--la tendance retourner vers l'absolu originel1 vers le suprme primitif4 ,la gravitation doit donc tre la plus nergique de toutes les forces1--ide obtenue priori et largement confirme par l'induction4 ,quel usage je ferai de cette ide1 on le verra par la suite4 ,les atomes1 ayant t rpandus hors de leur condition normale d',unit1 cherchent retourner--vers quoi8 ,non pas1 certainement1 vers aucun point particulier2 car il est clair que si1 au moment de la diffusion1 tout l',univers matriel avait t projet collectivement une certaine distance du point d'irradiation1 la tendance atomique vers le centre de la sphre n'aurait pas t trouble le moins du monde2 les atomes n'auraient pas cherch le point de l'espace absolu dont ils taient originairement issus4 ,c'est simplement la condition1 et non le point ou le lieu o cette condition a pris naissance1 que les atonies cherchent rtablir2--ce qu'ils dsirent1 c'est simplement cette condition qui est leur normalit4 ,mais ils cherchent un centre1--dira-t-on1--et un centre est un point4 ,c'est vrai2 mais ils cherchent ce point1 non dans son caractre de point 7car si toute la sphre changeait de position1 ils chercheraient galement le centre1 et le centre serait alors un autre point71 mais parce que1 en raison de la forme dans laquelle ils existent collectivement 7qui est celle de la sphre71 c'est seulement par le point en question1 qui est le centre de la sphre1 qu'ils peuvent atteindre leur vritable but1 l',unit4 ,dans la direction du centre1 chaque atome peroit plus d'atomes que dans toute autre direction4 ,chaque atome est pouss vers le centre1 parce que sur la ligne droite1 qui s'tend de lui au centre et qui continue au del jusqu' la circonfrence1 se trouve un plus grand nombre d'atomes que sur toute autre ligne droite1--un plus grand nombre d'objets qui le cherchent1 lui1 atome individuel1--un plus grand nombre de satisfactions pour sa propre tendance l',unit1--en un mot1 parce que dans la direction du centre se trouve la plus grande possibilit de satisfaction gnrale pour son apptit individuel4 ,pour parler brivement1 la condition de l',unit est en ralit ce que cherchent les atomes1 et s'ils semblent chercher le centre de la sphre1 ce n'est qu'implicitement1 parce que le centre implique1 contient1 enveloppe le seul centre essentiel1 l',unit4 ,mais1 en raison de ce caractre double et implicite1 il est impossible de sparer pratiquement la tendance vers l',unit abstraite de la tendance vers le centre concret4 ,ainsi la tendance des atomes vers le centre gnral est1 tous gards1 pratique et logique1 la tendance de chacun vers chacun1 et cette tendance rciproque universelle est la tendance vers le centre2 l'une peut tre prise pour l'autre2 tout ce qui s'applique l'une doit s'appliquer l'autre1 et enfin tout principe qui expliquera suffisamment l'une est une explication indubitable de l'autre4 ,je regarde soigneusement autour de moi pour trouver une objection rationnelle contre ce que j'ai avanc1 et je n'en puis dcouvrir aucune2 mais parmi cette classe d'objections gnralement prsentes par les douteurs de profession1 les amoureux du ,doute1 j'en aperois trs-aisment trois1 et je vais les examiner successivement4 ,on dira peut-tre d'abord3 ,la preuve que la force d'irradiation 7dans le cas en question7 est en proportion directe des carrs des distances repose sur cette supposition gratuite que le nombre des atomes dans chaque couche est la mesure de la force par laquelle ils ont t mis4 ,je rponds que non-seulement j'ai parfaitement le droit de faire une telle supposition1 mais que je n'aurais aucun droit d'en faire une autre4 ,ce que je suppose est simplement qu'un effet sert de mesure la cause qui le produit1--que tout exercice de la ,volont ,divine sera proportionnel au but qui rclame cet exercice1--et que les moyens de l',omnipotence1 ou de l',omniscience1 seront exactement appropris ses desseins4 ,le dficit ou l'excs dans la cause ne peuvent engendrer aucun effet4 ,si la force qui a irradi chaque couche dans la position qu'elle occupe avait t moins ou plus grande qu'il n'tait ncessaire1 c'est--dire1 si elle n'avait pas t en proportion directe avec le but1 alors cette couche n'aurait pas pu tre irradie sa juste position4 ,si la force qui1 en vue d'une galit gnrale de distribution1 a mis le nombre juste d'atomes pour chaque couche1 n'avait pas t en proportion directe avec le nombre1 alors ce nombre n'aurait pas t le nombre demand pour une gale distribution4 ,la seconde objection supposable a de meilleurs droits une rponse4 ,c'est un principe admis en dynamique que tout corps1 recevant une impulsion1 une disposition se mouvoir1 se meut en ligne droite dans la direction donne par la force impulsive1 jusqu' ce qu'il soit dtourn ou arrt par quelque autre force4 ,comment donc1 demandera-t-on peut-tre1 ma premire couche1 la couche extrieure d'atomes peut-elle arrter son mouvement la surface de la sphre de verre imaginaire1 quand une seconde force1 d'un caractre non imaginaire1 ne se manifeste pas1 pour expliquer cette interruption dans le mouvement8 ,je rponds que l'objection prend naissance ici dans une supposition tout fait gratuite de la part du critique1--la supposition d'un principe dynamique une poque o il n'existait pas de principes1 en quoi que ce soit2--je me sers naturellement du mot principe dans le sens mme que le critique attribue ce mot4 ,au commencement des choses1 nous ne pouvons admettre1 nous ne pouvons comprendre qu'une ,premire ,cause1 le ,principe vraiment suprme1 la ,volont de ,dieu4 ,l'action primitive1 c'est--dire l',irradiation de l',unit1 doit avoir t indpendante de tout ce que le monde appelle principe1 parce que ce que nous dsignons sous ce terme n'est qu'une consquence de la raction de cette action primitive2--je dis action primitive2 car la cration de la molcule matrielle absolue doit tre considre comme une conception plutt que comme une action dans le sens ordinaire du mot4 ,ainsi nous regarderons l'action primitive comme une action tendant l'tablissement de ce que nous appelons maintenant principes4 ,mais cette action primitive elle-mme doit tre entendue comme une ,volition continue4 ,la ,pense de ,dieu doit tre comprise comme donnant naissance la ,diffusion1 comme l'accompagnant1 comme la rgularisant1 et finalement comme se retirant d'elle aprs son accomplissement4 ,alors commence la ,raction1 et par la ,raction1 le principe1 dans le sens o nous employons le mot4 ,il serait prudent1 toutefois1 de limiter l'application de ce mot aux deux rsultats immdiats de la cessation de la ,volition ,divine1 c'est--dire aux deux agents1 ,attraction et ,rpulsion4 ,chaque autre agent naturel drive1 plus ou moins immdiatement1 de ces deux-l et serait en consquence plus convenablement dsign sous le nom de sous-principe4 ,on peut objecter en troisime lieu que le mode particulier de distribution des atomes que j'ai expos est une hypothse et rien de plus4 ,or1 je sais que le mot hypothse est une lourde massue1 empoigne immdiatement1 sinon souleve1 par tous les petits penseurs1 la premire apparence d'une proposition portant1 plus ou moins1 le costume d'une thorie4 ,mais il n'y a ici aucune bonne raison pour jouer de ce terrible marteau de l'hypothse1 mme pour ceux qui sont capables de le soulever1 gants ou mirmidons4 ,je maintiens d'abord que le mode tel que je l'ai dcrit est le seul par lequel nous puissions concevoir que la ,matire ait t rpandue de manire satisfaire la fois aux deux conditions d'irradiation et de distribution gnralement gale4 ,j'affirme ensuite que ces conditions elles-mmes se sont imposes ma pense comme rsultats invitables d'un raisonnement aussi logique que celui sur lequel repose n'importe quelle dmonstration d',euclide2 et j'affirme1 en troisime lieu1 que1 quand mme l'accusation d'hypothse serait aussi bien appuye qu'elle est1 en fait1 vaine et insoutenable1 la validit et l'infaillibilit de mon rsultat n'en serait cependant pas infirme1 mme dans le plus petit dtail4 ,je m'explique3--la ,gravitation newtonienne1 loi de la ,nature1 loi dont l'existence ne peut tre mise en question qu' ,bedlam1 loi qui1 une fois admise1 nous donne le moyen d'expliquer les neuf diximes des phnomnes de l',univers1--loi que nous sommes1 cause de cela mme1 et sans en rfrer aucune autre considration1 disposs admettre et que nous ne pouvons nous empcher de reconnatre comme loi1--mais loi dont ni le principe ni le modus operandi du principe n'ont t jusqu' prsent dcalqus par l'analyse humaine1--loi enfin qui n'a t trouve susceptible d'aucune explication1 ni dans son dtail1 ni dans sa gnralit1--se montre dcidment explicable et explique sur tous les points1 pourvu seulement que nous donnions notre assentiment 444 quoi8 ,a une hypothse8 ,mais si une hypothse1--si la plus pure hypothse1 une hypothse l'appui de laquelle1 comme dans le cas de la ,loi newtonienne1 pure hypothse elle-mme1 ne se prsente pas l'ombre d'une raison priori1--si une hypothse1 mme aussi absolue que tout ce que celle-ci comporte1 nous permet d'assigner un principe la ,loi newtonienne1--nous permet de considrer comme remplies des conditions si miraculeusement1 si ineffablement complexes et en apparence inconciliables1 comme celles impliques dans les rapports que nous rvle la ,gravitation1--quel tre rationnel poussera la sottise jusqu' appeler plus longtemps hypothse1 mme cette absolue hypothse1-- moins qu'il ne persiste ainsi en sous-entendant que c'est simplement par pur amour pour l'irrvocabilit des mots8 ,mais quel est actuellement le vritable tat de la question8 ,quel est le fait8 ,non-seulement ce n'est pas une hypothse que nous sommes pris d'adopter1 pour expliquer le principe en question1 mais c'est une conclusion logique que nous sommes invits1 non pas adopter si nous pouvons nous en dispenser1 mais simplement nier si cela nous est possible2--une conclusion d'une logique si exacte que la discuter1 douter de sa validit1 serait un effort au-dessus de nos forces2--une conclusion laquelle nous ne voyons pas le moyen d'chapper1 de quelque ct que nous nous tournions2 un rsultat que nous trouvons toujours en face de nous1 soit que l'induction nous ait promens travers les phnomnes de ladite ,loi1 soit que nous redescendions1 avec la dduction1 de la plus rigoureusement simple de toutes les suppositions1--en un mot de la supposition de la ,simplicit elle-mme4 ,et si maintenant1 par pur amour de la chicane1 on objecte que1 bien que mon point de dpart soit1 comme je l'affirme1 la supposition de l'absolue ,simplicit1 cependant la ,simplicit1 considre en elle-mme1 n'est point un axiome1 et que les dductions tires des axiomes sont les seules incontestables1 alors je rpondrai3 ,toute autre science que la ,logique est une science de certains rapports concrets4 ,l',arithmtique1 par exemple1 est la science des rapports de nombre1--la ,gomtrie1 des rapports de forme1--les ,mathmatiques en gnral1 des rapports de quantit en gnral1 de tout ce qui peut tre augment ou diminu4 ,mais la ,logique est la science du ,rapport dans l'abstrait1 du ,rapport absolu1 du ,rapport considr en lui-mme4 ,ainsi1 dans toute science autre que la ,logique1 un axiome est une proposition proclamant certains rapports concrets qui semblent trop vidents pour tre discuts1 comme quand nous disons1 par exemple1 que le tout est plus grand que sa partie2--et le principe de l'axiome ,logique son tour1 ou dans d'autres termes1 le principe d'un axiome dans l'abstrait1 est simplement l'vidence de rapport4 ,or1 il est clair1 d'abord1 que ce qui est vident pour un esprit peut n'tre pas vident pour un autre2 ensuite1 que ce qui est vident pour un esprit une poque peut n'tre pas du tout vident une autre poque pour le mme esprit4 ,il est clair1 de plus1 que ce qui est vident aujourd'hui pour la majorit de l'humanit ou pour la majorit des meilleurs esprits humains1 peut demain1 pour ces mmes majorits1 tre plus ou moins vident1 ou mme n'tre plus vident du tout4 ,on voit donc que le principe axiomatique lui-mme est susceptible de variation1 et que naturellement les axiomes sont susceptibles d'un semblable changement4 ,puisqu'ils sont variables1 les vrits1 auxquelles ils donnent naissance1 sont aussi ncessairement variables1 ou1 en d'autres termes1 sont telles1 qu'il ne faut jamais s'y fier absolument1--puisque la ,vrit et l',immutabilit ne font qu'un4 ,or1 il est facile de comprendre qu'aucune ide axiomatique1 aucune ide fonde sur le principe flottant de l'vidence de rapport1 ne peut fournir1 pour une construction quelconque de la ,raison1 une base aussi sre1 aussi solide1 que cette ide 7quelle qu'elle soit1 n'importe o nous la puissions trouver1 et si toutefois il est possible de la trouver quelque part71 qui sera absolument indpendante1 qui non-seulement ne prsentera l'esprit aucune vidence de rapport1 grande ou petite1 mais encore lui imposera la ncessit de n'en voir aucune4 ,si une telle ide n'est pas ce que nous appelons tourdiment un axiome1 elle est au moins prfrable1 comme base logique1 tout axiome qui ait jamais t avanc1 ou tous les axiomes imaginables runis2--et telle est prcisment l'ide par laquelle commence mon procd de dduction1 que l'induction corrobore si parfaitement4 ,ma particule propre n'est que l'absolue ,indpendance4 ,pour rsumer ce que j'ai avanc1 je suis parti de ce point que j'ai considr comme-vident1 savoir que le ,commencement n'avait rien derrire lui ni devant lui1--qu'il y avait eu en fait un ,commencement1--que c'tait un commencement et rien autre chose qu'un commencement1--bref que ce ,commencement tait 444 ce qu'il tait4 ,si l'on veut que ce soit l une pure supposition1 j'y consens4 ,pour finir cette partie de mon sujet1 je suis pleinement autoris dclarer que la ,loi1 que nous nommons habituellement ,gravitation1 existe en raison de ce que la ,matire a t1 son origine1 irradie atomiquement1 dans une sphre limite#b d',espace1 d'une ,particule ,propre1 unique1 individuelle1 inconditionnelle1 indpendante et absolue1 selon le seul mode qui pouvait satisfaire la fois aux deux conditions d'irradiation et de distribution gnralement gale travers la sphre1--c'est--dire par une force variant en proportion directe des carrs des distances comprises entre chacun des atomes irradis et le centre spcial d',irradiation4 ,j'ai dj dit pour quelles raisons je prsumais que la ,matire avait t parpille par une force dtermine1 plutt que par une force continue ou infiniment continue4 ,d'abord1 en supposant une force continue1 nous ne pourrions comprendre aucune espce de raction2 et ensuite nous serions obligs d'accepter l'ide inadmissible d'une extension infinie de ,matire4 ,sans nous appesantir sur l'impossibilit de cette conception1 remarquons que l'extension infinie de la ,matire est une ide qui1 si elle n'est pas positivement contredite1 du moins n'est pas du tout confirme par les observations tlescopiques2--c'est un point claircir plus tard2 et cette raison empirique qui nous fait croire que la ,matire est originellement finie se trouve confirme d'une manire non empirique4 ,ainsi1 par exemple1 en admettant1 pour le moment1 la possibilit de comprendre l',espace rempli par les atomes irradis1 c'est--dire en admettant1 autant que nous le pouvons1 que la succession des atomes irradis n'ait absolument pas de fin1 il est suffisamment clair que1 mme aprs que la ,volont ,divine s'est retire d'eux et que la tendance retourner vers l',unit a eu1 d'une manire abstraite1 permission de se satisfaire1 cette permission aurait t futile et inefficace1 sans valeur pratique et sans effet quelconque4 ,aucune ,raction n'aurait pu avoir lieu2 aucun mouvement vers l',unit n'aurait pu se faire2 aucune loi de gravitation n'aurait pu s'tablir4 ,expliquons mieux la chose4 ,accordez que la tendance abstraite d'un atome quelconque vers un autre atome quelconque est le rsultat invitable de la diffusion de l',unit normale1 ou ce qui est la mme chose1 admettez qu'un atome donn quelconque se propose de se mouvoir dans une direction donne quelconque1 il est clair que1 s'il y a une infinit d'atomes de tous les cts de l'atome qui se propose de se mouvoir1 il ne pourra jamais se mouvoir1 dans la direction donne1 vers la satisfaction de sa tendance1 en raison d'une tendance prcisment gale et contre-balanante dans la direction diamtralement oppose4 ,en d'autres termes1 il y a exactement autant de tendances derrire que devant l'atome hsitant2 car c'est une pure sottise de dire qu'une ligne infinie est plus longue ou plus courte qu'une autre ligne infinie1 ou qu'un nombre infini est plus gros ou plus petit qu'un autre nombre infini4 ,ainsi l'atome en question doit rester stationnaire jamais4 ,dans les conditions impossibles que nous nous sommes efforcs de concevoir1 simplement pour l'amour de la discussion1 il n'y aurait eu aucune aggrgation de ,matire1--ni toiles1 ni mondes1--rien qu'un ,univers ternellement atomique et illogique4 ,en effet1 de quelque faon que vous considriez la chose1 l'ide d'une ,matire illimite est non-seulement insoutenable1 mais impossible et perturbatrice de tout ordre4 ,en nous figurant les atomes compris dans une sphre1 nous concevons tout de suite une satisfaction possible pour la tendance la runion4 ,le rsultat gnral de la tendance de chacun vers chacun tant une tendance de tous vers le centre1 la marche gnrale de la condensation1 ou le rapprochement1 commence immdiatement1 par un mouvement commun et simultan1 avec la retraite de la ,volition ,divine2 les rapprochements individuels ou coalescences--non pas fusions--d'atome atome tant sujets des variations presque infinies dans le temps1 le degr et la condition1 en raison de l'excessive multiplicit de rapports produite par les diffrences de forme qui caractrisaient les atomes au moment o ils se sparaient de la ,particule ,propre2 produite galement par l'ingalit particulire et subsquente de distance de chacun chacun4 ,ce que je dsire faire entrer dans l'esprit du lecteur1 c'est la certitude que1 tout d'abord 7la force diffusive ou ,volition ,divine s'tant retire71 de la condition des atomes telle que je l'ai dcrite1 ont d1 sur d'innombrables points travers la sphre ,universelle1 natre d'innombrables agglomrations1 caractrises par d'innombrables diffrences spcifiques de forme1 de grosseur1 de nature essentielle1 et de distance rciproque4 ,le dveloppement de la ,rpulsion 7,electricit7 doit naturellement avoir commenc avec les premiers efforts particuliers vers l',unit1 et avoir march constamment en raison de la ,coalescence1--c'est--dire de la ,condensation1 ou1 consquemment1 de l',htrognit4 ,ainsi les deux ,principes proprement dits1 l',attraction et la ,rpulsion1 le ,matriel et le ,spirituel1 s'accompagnent l'un l'autre dans la plus troite confraternit4 ,ainsi le ,corps et l',ame marchent de concert4 ,footnote #a3 ,double ,assassinat dans la rue ,morgue4--,,histoires ,,extraordinaires4 ,footnote #b3 ,une sphre est ncessairement limite2 mais je prfre la tautologie au danger de n'tre pas compris ,e4 ,p4 ,,viii ,si maintenant1 en imagination1 nous choisissons1 travers la sphre ,universelle1 une quelconque de ces agglomrations considres dans leurs phases primaires1 et si nous supposons que cette agglomration commenante a eu lieu sur ce point o existe le centre de notre ,soleil1 ou plutt o il existait originellement 7car le ,soleil change perptuellement de position71 nous nous rencontrerons infailliblement avec la plus magnifique des thories1 et1 pendant un certain temps au moins1 nous avancerons avec elle1--je veux dire avec la ,cosmogonie de ,laplace2--quoique ,cosmogonie soit un terme trop comprhensif pour l'objet dont l'auteur traite en ralit1 qui est seulement la constitution de notre systme solaire1 c'est--dire d'un systme parmi la myriade de systmes analogues qui composent l',univers proprement dit1--cette sphre ,universelle1 cet omni-comprhensif et absolu ,kosmos qui forme le sujet de mon prsent discours4 ,laplace1 se confinant dans une rgion videmment limite1 celle de notre systme solaire1 avec son entourage comparativement immdiat1 et supposant purement1 c'est--dire sans tablir aucune base quelconque1 par induction ou par dduction1 une grande partie de ce que j'essayais tout l'heure de fixer sur une base plus solide qu'une pure hypothse2--supposant1 par exemple1 la matire rpandue 7sans prtendre expliquer cette diffusion7 travers l'espace occup par notre systme1 et mme un peu au del2 rpandue l'tat de nbulosit htrogne et obissant la loi toute-puissante de la ,gravitation1 dont il ne s'avise pas de conjecturer le principe2--supposant toutes ces choses 7qui sont parfaitement vraies1 bien qu'il n'et pas logiquement le droit de les supposer71 ,laplace1 dis-je1 a montr1 dynamiquement et mathmatiquement1 que les rsultats naissant forcment de telles circonstances sont ceux1 et ceux-l seuls1 que nous voyons manifests dans la condition actuelle du systme solaire4 ,je m'explique4--,supposons que cette agglomration particulire dont nous avons parl1 celle qui a eu lieu au point marqu par le centre de notre ,soleil1 ait continu jusqu' ce qu'une vaste quantit de matire nbuleuse y ait pris une forme peu prs sphrique2 son centre concidant videmment avec le centre actuel ou plutt le centre originel de notre ,soleil1 et sa priphrie s'tendant au del de l'orbite de ,neptune1 la plus loigne de nos plantes2--en d'autres termes1 supposons que le diamtre de cette sphre grossire ait t d'environ six mille millions de milles4 ,pendant des sicles1 cette masse de matire a t se condensant1 tant qu' la longue elle a t rduite au volume que nous imaginons1 ayant procd graduellement depuis son tat atomique et imperceptible jusqu' ce que nous entendons par une nbulosit visible1 palpable1 ou apprciable d'une manire quelconque4 ,or1 la condition de cette masse implique une rotation autour d'un axe imaginaire1--rotation1 qui1 commenant avec les premiers symptmes d'aggrgation1 a depuis lors toujours acquis de la vlocit4 ,les deux premiers atomes qui se sont rencontrs1 partant de points non diamtralement opposs1 ont d1 se prcipitant un peu au del l'un de l'autre1 former un noyau pour le mouvement rotatoire en question4 ,comment ce mouvement a augment en vlocit1 on le voit aisment4 ,les deux atomes sont rejoints par d'autres2--une aggrgation est forme4 ,la masse continue tourner tout en se condensant4 ,mais tout atome situ la circonfrence subit naturellement un mouvement plus rapide qu'un atome plac plus prs du centre4 ,nanmoins l'atome loign1 avec sa vlocit suprieure1 se rapproche du centre1 portant avec lui cette vlocit suprieure mesure qu'il avance4 ,ainsi chaque atome marchant vers le centre1 et s'attachant finalement au centre de la condensation1 ajoute quelque chose la vlocit originelle de ce centre1 c'est--dire accrot le mouvement rotatoire de la masse4 ,supposons maintenant cette masse condense ce point qu'elle occupe prcisment l'espace circonscrit par l'orbite de ,neptune1 et que la vlocit avec laquelle se meut1 dans la rotation gnrale1 la surface de la masse1 soit prcisment celle avec laquelle ,neptune accomplit maintenant sa rvolution autour du ,soleil4 ,a cette poque dtermine1 nous comprenons que la force centrifuge constamment croissante1 l'emportant sur la force centripte non croissante1 a d faire se dgager et se sparer les couches extrieures les moins condenses1 l'quateur de la sphre1 l o prdominait la vlocit tangentielle2 de sorte que ces couches ont form autour du corps principal un anneau indpendant circonvenant les rgions quatoriales2--juste comme la partie extrieure d'une meule1 chasse par une excessive vlocit de rotation1 formerait un anneau autour de la meule1 si la solidit de la superficie n'y faisait obstacle2 mais si cette matire tait du caoutchouc1 ou toute autre d'une consistance peu prs semblable1 le phnomne en question se manifesterait infailliblement4 ,l'anneau1 chass ainsi par la masse nbuleuse1 a d naturellement accomplir sa rvolution1 comme anneau individuel1 juste avec la mme vlocit qui le faisait tourner comme surface de la masse4 ,en mme temps1 la condensation continuant toujours1 l'intervalle entre l'anneau projet et le corps principal a d s'accrotre sans cesse1 tant qu' la fin le premier s'est trouv une vaste distance du dernier4 ,or1 en admettant que l'anneau ait possd1 par quelque arrangement en apparence accidentel de ses lments htrognes1 une constitution presque uniforme1 cet anneau1 dans ces conditions1 n'aurait jamais cess de tourner autour du corps principal2 mais1 comme on pouvait s'y attendre1 if parat qu'il y a eu dans la disposition de ses lments assez d'irrgularit pour les faire se grouper autour de centres d'une solidit suprieure2 et ainsi la forme annulaire a t dtruite#a4 ,sans aucun doute1 la bande a t bientt rompue en plusieurs morceaux1 et l'un de ces morceaux1 d'un volume plus considrable1 a absorb les autres en lui2 le tout s'est tass1 sphriquement1 en une plante4 ,que ce dernier corps ait continue1 comme plante1 le mouvement de rvolution qui le caractrisait quand il tait anneau1 cela est suffisamment vident2 et l'on voit aussi facilement qu'il a d1 de sa nouvelle condition de sphre1 tirer un mouvement additionnel4 ,si nous considrons l'anneau comme n'tant pas encore rompu1 nous voyons que sa partie extrieure1 pendant que la totalit tourne autour du corps gnrateur1 se meut avec plus de rapidit que sa partie intrieure4 ,donc1 quand la rupture s'est faite1 une partie dans chaque fragment a d se mouvoir avec plus de vlocit que les autres4 ,le mouvement suprieur prdominant a d faire tourner chaque fragment sur lui-mme1 c'est--dire lui imprimer une rotation2 et le sens de cette rotation a t naturellement le sens de la rvolution d'o elle avait pris naissance4 ,tous les fragments ayant subi ladite rotation l'ont1 en se runissant1 forcment communique la plante forme par leur cohsion4 ,cette plante fut ,neptune4 ,ses lments continuant se condenser1 et la force centrifuge produite dans sa rotation l'emportant la longue sur la force centripte1 comme nous l'avons vu dans le cas du globe gnrateur1 un anneau a t galement projet de la surface quatoriale de cette plante2 cet anneau1 non uniforme dans sa constitution1 a t rompu1 et ses divers fragments1 absorbs par le plus massif de tous1 ont t collectivement sphrifis en une lune4 ,le phnomne rpt une seconde fois a donn pour rsultat une seconde lune4 ,ainsi nous trouvons explique la plante ,neptune avec les deux satellites qui l'accompagnent4 ,en projetant de son quateur un anneau1 le ,soleil avait rtabli entre ses deux forces1 centripte et centrifuge1 l'quilibre rompu par le progrs de la condensation2 mais cette condensation continuant toujours1 l'quilibre fut de nouveau troubl par suite de l'accroissement de la rotation4 ,pendant que la masse s'tait rtrcie au point de n'occuper que juste l'espace sphrique circonscrit par l'orbite d',uranus1 la force centrifuge1 cela se comprend1 avait pris une influence assez grande pour ncessiter un nouveau soulagement4 ,consquemment1 une seconde bande quatoriale fut lance1 qui1 n'tant pas d'une constitution uniforme1 a t brise1 comme dans le cas prcdent de ,neptune2 les fragments tasss sont devenus la plante ,uranus2 et la vlocit de sa rvolution actuelle autour du ,soleil nous donne videmment la mesure de la vitesse rotatoire de la surface quatoriale du ,soleil au moment de la sparation4 ,uranus1 tirant sa rotation des rotations combines des fragments auxquels il devait sa naissance1 comme nous l'avons expliqu pour le cas prcdent1 projeta alors successivement des anneaux1 dont chacun1 se brisant1 se modela en lune4 ,trois lunes1 diffrentes poques1 furent formes de cette faon par la rupture et la sphrification d'autant d'anneaux distincts non uniformes dans leur constitution4 ,pendant que le ,soleil se rduisait n'occuper que juste l'espace circonscrit par l'orbite de ,saturne1 nous devons supposer que la balance entre ses deux forces1 centripte et centrifuge1 avait t drange par l'accroissement de la vitesse rotatoire1 rsultat de la condensation1 au point de ncessiter un troisime effort vers l'quilibre1 et qu'une bande annulaire1 comme dans les deux cas prcdents1 fut consquemment lance1 qui1 bientt rompue par la non-uniformit de ses parties1 se consolida pour devenir la plante ,saturne4 ,cette dernire projeta d'abord sept bandes1 qui1 aprs s'tre rompues1 se sphrifirent en autant de lunes2 mais elle parat s'tre subsquemment dcharge1 trois poques distinctes et peu loignes l'une de l'autre1 de trois anneaux dont la constitution se trouva1 par un accident apparent1 assez uniforme et assez solide pour ne fournir aucune occasion de rupture2 aussi ils continuent tourner sous la forme d'anneaux4 ,je dis accident apparent2 car pour un accident dans le sens ordinaire1 il n'y en eut videmment aucun2 le terme ici s'applique simplement au rsultat d'une loi indiscernable ou que nous ne pouvons pas immdiatement tudier4 ,se rduisant toujours de plus en plus1 jusqu' n'occuper que l'espace circonscrit par l'orbite de ,jupiter1 le ,soleil prouva bientt le besoin d'un nouvel effort pour restaurer l'quilibre de ses deux forces1 perptuellement drang par l'accroissement continu de la vitesse de rotation4 ,en consquence ,jupiter fut lanc hors du ,soleil1 passant de la condition annulaire l'tat plantaire1 et1 arriv ce second tat1 projeta son tour1 quatre poques diffrentes1 quatre anneaux1 qui finalement se transformrent en autant de lunes4 ,se rtrcissant toujours1 jusqu' ce que sa sphre n'occupt que juste l'espace dfini par l'orbite des ,astrodes1 le ,soleil se dchargea d'un anneau qui parat avoir eu huit centres de solidit suprieure1 et en se brisant1 avoir produit huit fragments1 dont pas un ne possdait une masse assez considrable pour absorber les autres4 ,tous consquemment1 comme plantes distinctes1 mais comparativement petites1 se mirent tourner dans des orbites dont les distances respectives peuvent tre1 jusqu' un certain point1 considres comme la mesure de la force qui les a spars2--toutes les orbites nanmoins se trouvant assez rapproches pour nous permettre de les considrer comme une1 en comparaison des autres orbites plantaires4 ,le ,soleil1 se rduisant toujours et ne remplissant plus que juste l'orbite de ,mars1 se dchargea alors de cette plante par le mode dj si souvent dcrit4 ,toutefois1 puisqu'il n'a pas de lune1 ,mars n'a pas pu engendrer d'anneau4 ,en fait1 une phase se produisait dans la carrire du corps gnrateur1 centre de tout le systme4 ,la dcroissance de sa nbulosit1 qui tait en mme temps l'accroissement de sa densit et encore la dcroissance de sa condensation dont rsultait la constante rupture de l'quilibre1 a d1 partir de cette poque1 atteindre un point o les efforts pour le rtablissement de cet quilibre ont t de plus en plus inefficaces1 juste mesure qu'ils taient moins frquemment ncessaires4 ,ainsi les phnomnes dont nous avons parl ont d donner partout des signes d'puisement1--dans les plantes d'abord1 et ensuite dans la masse gnratrice4 ,ne tombons pas dans cette erreur qui suppose que le dcroissement d'intervalle observ entre les plantes1 mesure qu'elles se rapprochent du ,soleil1 est en quelque sorte un indice de frquence croissante dans les crises qui leur ont donn naissance4 ,c'est justement l'inverse qui doit tre suppos4 ,le plus long intervalle de temps a d sparer les missions des deux plantes intrieures1 et le plus court la naissance des deux extrieures4 ,mais la diminution d'espace est la mesure de la densit du ,soleil1 et en mme temps elle est en raison inverse de son aptitude la condensation dans tout le cours des phnomnes dont nous avons fait l'histoire4 ,cependant1 s'tant rduit jusqu' ne plus remplir que l'orbite de notre ,terre1 la sphre-mre a chass hors d'elle-mme encore un autre corps1--la ,terre1--dans une condition de nbulosit qui a permis ce corps de se dcharger son tour d'un autre corps qui est notre ,lune4 ,mais l se sont arrtes les formations lunaires4 ,finalement1 se confinant aux orbites1 d'abord de ,vnus et ensuite de ,mercure1 le ,soleil a lanc ces deux plantes intrieures2 ni l'une ni l'autre n'a engendr de lune4 ,ainsi1 de son volume originel1 ou1 pour parler plus exactement1 de la condition sous laquelle nous l'avons d'abord considr1 c'est--dire d'une masse nbuleuse peu prs sphrique possdant certainement un diamtre de plus de cinq mille six cents millions de milles1 le grand astre central1 origine de notre systme solaire-plantaire-lunaire1 s'est graduellement rduit1 obissant la loi de la ,gravitation1 un globe d'un diamtre de huit cent quatre-vingt-deux mille milles seulement2 mais il ne s'ensuit pas du tout que sa condensation soit absolument complte1 ou qu'il ne possde plus la puissance de projeter encore une plante4 ,footnote #a3 ,laplace a suppos sa nbulosit htrogne1 simplement parce que cela lui permettait d'expliquer le morcellement des anneaux2 car si la nbulosit avait t homogne1 ils ne se seraient pas briss4 ,j'arrive au mme rsultat 7htrognit des masses secondaires rsultant immdiatement des atomes7 simplement par une considration priori de leur but gnral1 qui est le ,relatif4 ,e4 ,p4 ,,ix ,je viens de donner1 avec son contour gnral seulement1 mais aussi avec tout le dtail ncessaire pour l'intelligence1 un tableau de la ,thorie cosmogonique de ,laplace telle que son auteur lui-mme l'a conue4 ,de quelque point de vue que nous la considrions1 nous la trouvons magnifiquement vraie4 ,elle est immensment trop belle pour ne pas contenir la ,vrit comme caractre essentiel2--et en disant cela je suis profondment srieux4 ,dans la rvolution des satellites d',uranus apparat quelque chose qui semble contredire les hypothses de ,laplace2 mais que cette unique inconsistance puisse infirmer une thorie construite avec un million de consistances intimement relies entre elles1 c'est l une ide qui n'est bonne que pour les esprits fantasques4 ,en prophtisant audacieusement que l'anomalie apparente dont je parle deviendra1 tt ou tard1 une des confirmations les plus fortes possibles de l'hypothse gnrale1 je ne prtends aucun don spcial de divination2 car1 au contraire1 ce qui serait vraiment difficile1 ce serait de ne pas pressentir cette dcouverte4#a ,les corps projets par le mode en question ont d1 comme on l'a vu1 transformer la rotation superficielle des globes1 d'o ils tiraient leur origine1 en une rvolution d'une vlocit gale autour de ces globes devenus centres distants2 et la rvolution ainsi engendre continuera tant que la force centripte1 qui est celle par laquelle le corps projet gravite vers son gnrateur1 ne sera ni plus ni moins grande que la force par laquelle il a t projet1 c'est--dire la vlocit centrifuge1 ou1 plus proprement1 tangentielle4 ,cependant1 par l'unit d'origine de ces deux forces1 nous pouvions deviner ce qu'elles sont en effet1--l'une contre-balanant exactement l'autre4 ,en ralit1 n'avons-nous pas dmontr que le fait de la projection du corps n'avait eu lieu que pour la conservation de l'quilibre8 ,toutefois1 aprs avoir rapport la force centripte la loi toute-puissante de la ,gravitation1 il a t d'usage1 dans les traits astronomiques1 de chercher au del des limites de la pure ,nature1 c'est--dire au del d'une cause ,secondaire1 l'explication du phnomne de la vlocit tangentielle4 ,on attribue directement cette dernire une ,cause ,premire1 ,dieu lui-mme4 ,la force qui emporte un corps stellaire autour de la plante principale tire1 nous dit-on1 son origine d'une impulsion donne immdiatement par le doigt de la ,divinit elle-mme2 car telle est la phrasologie enfantine usite dans ce cas4 ,a ce point de vue1 les plantes1 parfaitement formes1 ont t lances par la main de ,dieu1 vers une position voisine des soleils1 avec une force mathmatiquement proportionne la masse ou puissance attractive des soleils eux-mmes4 ,une ide si grossire1 si anti-philosophique1 et pourtant si tranquillement adopte1 n'a pu natre que de la difficult de rendre autrement compte de la proportion exacte qui existe entre deux forces en apparence indpendantes l'une de l'autre1 la force centripte et la force centrifuge4 ,mais on devrait se rappeler que pendant un long temps la concidence de la rotation de la ,lune avec sa rvolution sidrale1 deux choses en apparence bien plus indpendantes l'une de l'autre que celles maintenant en question1 a t considre comme un un fait positivement miraculeux2 et qu'il y avait1 mme parmi les astronomes1 une singulire disposition attribuer cette merveille l'agence directe et continue de ,dieu1 qui dans ce cas1 disait-on1 avait jug ncessaire d'intercaler1 travers ses lois gnrales1 une srie de rgles subsidiaires1 dans le but de cacher tout jamais aux yeux des mortels la splendeur1 ou peut-tre l'horreur de l'autre ct de la ,lune1--de ce mystrieux hmisphre qui a toujours vit et doit toujours viter la curiosit tlescopique de l'homme4 ,les progrs de la ,science1 toutefois1 ont bientt dmontr1--ce qui pour l'instinct philosophique n'avait pas besoin de dmonstration1--que l'un des deux mouvements n'est qu'une partie de l'autre1--ce qui est mieux encore qu'une consquence4 ,pour ma part1 je me sens irrit par des conceptions la fois aussi timides1 aussi vaines et aussi fantasques4 ,elles viennent d'une absolue couardise de pense4 ,que la ,nature et que le ,dieu de la ,nature soient distincts1 aucun tre pensant n'en peut longtemps douter4 ,par la ,nature nous entendons simplement les lois de ,dieu4 ,mais dans l'ide de ,dieu1 avec son omnipotence et son omniscience1 nous faisons entrer aussi l'ide de l'infaillibilit de ses lois4 ,pour ,lui1 il n'y a ni ,pass ni futur2 pour ,lui1 tout est ,prsent2 donc1 ne l'insultons-nous pas en supposant que ses lois puissent n'tre pas faites en prvision de toutes les contingences possibles8 ,ou plutt1 quelle ide pouvons-nous avoir d'une contingence possible quelconque1 qui ne soit la fois le rsultat et la manifestation de ses lois8 ,celui qui1 se dpouillant de tout prjug1 aura le rare courage de penser absolument par lui-mme ne pourra pas ne pas arriver la finale condensation des lois en une ,loi1--ne pourra pas ne pas aboutir cette conclusion3 que chaque loi de la ,nature dpend en tous points de toutes les autres lois1 et que toutes ne sont que les consquences d'un exercice primitif de la ,volont ,divine4 ,tel est le principe de la ,cosmogonie que j'essaye1 avec toute la dfrence ncessaire1 de suggrer et de soutenir ici4 ,d'aprs ce point de vue1 chassant1 comme frivole et mme comme impie1 cette ide1 que la force tangentielle a pu tre communique directement aux plantes par le doigt de ,dieu1 je considre cette force comme naissant de la rotation des astres2--cette rotation comme amene par l'imptuosit des atomes primitifs se prcipitant vers leurs centres respectifs d'aggrgation2--cette imptuosit comme la consquence de la loi de la ,gravitation2--cette loi comme le mode par lequel devait ncessairement se manifester la tendance des atomes retourner la non-particularit2--cette tendance au retour comme la raction invitable de l',acte premier1 le plus sublime de tous1 celui par lequel un ,dieu1 existant par lui-mme et existant seul1 est devenu1 par la force de sa volont1 tous les tres la fois1 pendant que tous les tres devenaient ainsi une partie de ,dieu4 ,les hypothses fondamentales de ce trait impliquent ncessairement certaines modifications importantes de la ,thorie telle qu'elle nous est prsente par ,laplace4 ,j'ai considr la force rpulsive comme ayant pour but de prvenir le contact entre les atomes1 et comme se produisant en raison du rapprochement1 c'est--dire en raison de la condensation4 ,en d'autres termes1 ,y ,electricit1 avec ses phnomnes compliqus1 chaleur1 lumire et magntisme1 doit procder comme procde la condensation1 et1 naturellement1 en raison inverse de la densit1 c'est--dire la cessation de la condensation4 ,ainsi le ,soleil1 dans le cours de son aggrgation1 a d1 la rpulsion se dveloppant1 devenir excessivement chaud1--incandescent peut-tre2 et nous comprenons comment l'mission de ses anneaux a d tre matriellement facilite par la lgre incrustation de sa surface1 rsultat du refroidissement4 ,mainte exprience vulgaire nous montre comme une crote analogue se dtache facilement1 par suite de l'htrognit1 de la masse intrieure4 ,mais1 chaque mission successive de surface durcie1 la nouvelle surface apparatrait incandescente comme auparavant2 et l'poque o elle se serait de nouveau suffisamment durcie pour se dtacher et s'loigner facilement1 peut tre considre comme concidant exactement avec celle o la masse entire aurait besoin d'un nouvel effort pour rtablir l'quilibre de ses deux forces1 drang par la condensation4 ,en d'autres termes1 quand l'influence lectrique 7la ,rpulsion7 a dfinitivement prpar la surface se dtacher1 l'influence de la ,gravitation 7l',attraction7 s'est trouve prte la rejeter4 ,ici donc1 comme toujours1 comme partout1 nous voyons que le ,corps et l',ame marchent de concert1 ,ces ides sont confirmes en tous points par l'exprience4 ,puisque la condensation ne peut jamais1 dans aucun corps1 tre considre comme absolument finie1 nous pouvons prvoir que toutes les fois qu'il nous sera permis de vrifier le cas1 nous trouverons des indices de luminosit dans tous les corps stellaires1 dans les lunes et les plantes aussi bien que dans les soleils4 ,que notre ,lune soit fortement lumineuse par elle-mme1 nous le voyons chaque clipse totale1 alors qu'elle devrait disparatre s'il n'en tait pas ainsi4 ,sur la partie sombre du satellite nous observons aussi1 pendant ses phases1 des tranes de lumire comme nos propres ,aurores2 et il est vident que celles-ci1 avec tous nos phnomnes divers proprement dits lectriques1 sans parler d'aucune clart plus constante1 doivent donner notre ,terre1 pour un habitant de la ,lune1 une certaine apparence de luminosit4 ,en ralit1 nous devons considrer tous les phnomnes en question comme de simples manifestations1 diffrentes en modes et en degrs1 d'une condensation de la ,terre faiblement continue4 ,si mes vues sont justes1 attendons-nous trouver les plantes plus rcentes1--c'est--dire celles qui sont plus prs du ,soleil1--plus lumineuses que celles qui sont plus loignes et d'une origine plus ancienne4 ,l'clat excessif de ,vnus 7qui1 durant ses phases1 laisse voir sur ses parties sombres de frquentes ,aurores7 ne semble pas suffisamment expliqu par sa proximit de l'astre central4 ,cette plante est1 sans doute1 vivement lumineuse par elle-mme1 bien qu'elle le soit moins que ,mercure1 pendant que la luminosit de ,neptune se trouve comparativement rduite rien4 ,mes ides tant admises1 il est clair que du moment o le ,soleil s'est dcharg d'un anneau1 il a d subir une diminution continue de lumire et de chaleur en raison de l'incrustation continue de sa surface2 et qu'une poque a d venir1 poque prcdant immdiatement une nouvelle dcharge1 o la diminution de la lumire et de la chaleur a t matriellement trs-sensible4 ,or nous savons qu'il est rest de ces changements des traces faciles reconnatre4 ,sur les les ,melville1 pour ne prendre qu'un exemple entre cent1 nous trouvons des tmoignages d'une vgtation plus que tropicale1 des traces de plantes qui n'auraient jamais pu fleurir sans une chaleur et une lumire immensment plus grandes que celles que notre ,soleil peut actuellement donner aucune partie de la ,terre4 ,devons-nous rapporter cette vgtation l'poque qui a suivi immdiatement l'mission de la plante ,vnus8 ,a cette poque a d se produire pour nous la plus grande somme d'influence solaire1 et cette influence a d1 dans le fait1 atteindre alors son maximum2 naturellement nous ngligeons la priode de l'mission de la ,terre1 qui fut sa priode de simple organisation4 ,d'autre part1 nous savons qu'il existe des soleils non lumineux1 c'est--dire des soleils dont nous dterminons l'existence par les mouvements des autres1 mais dont la luminosit n'est pas suffisante pour agir sur nous4 ,ces soleils sont-ils invisibles simplement cause de la longueur de temps coul depuis qu'ils ont produit une plante8 ,et en revanche1 ne pouvons-nous pas1 au moins dans de certains cas1 expliquer les apparitions soudaines de soleils sur des points o nous n'en avions pas jusqu' prsent souponn l'existence1 en supposant qu'ayant tourn avec des surfaces durcies pendant les quelques milliers d'annes qui composent notre histoire astronomique1 ils ont pu enfin1 aprs avoir produit un nouvel astre secondaire1 dployer les splendeurs de leur partie intrieure toujours incandescente8 ,quant au fait bien certain de l'accroissement proportionnel de chaleur mesure que nous pntrons dans l'intrieur de la ,terre1 il suffit de le rappeler en passant1 et il sert corroborer aussi fortement que possible tout ce que j'ai dit sur le sujet actuellement en question4 ,en parlant de l'influence rpulsive ou lectrique1 je faisais observer tout l'heure que les phnomnes importants de vitalit1 de conscience et de pense1 tudis soit dans leur gnralit1 soit dans leur dtail1 semblaient procder en raison de l'htrognit4 ,je disais aussi que je reviendrais sur cette ide2 et c'est ici1 je crois1 le moment de le faire4 ,si nous regardons d'abord la chose dans le dtail1 nous voyons que ce n'est pas seulement la manifestation de la vitalit1 mais aussi son importance1 ses consquences et l'lvation de son caractre1 qui sont en parfait accord avec l'htrognit1 ou complexit1 de la structure animale4 ,si nous examinons maintenant la question dans sa gnralit1 et si nous en rfrons aux premiers mouvements des atomes vers une constitution massive1 nous voyons que l'htrognit est toujours en proportion de la condensation1 par qui elle a t directement amene4 ,nous arrivons ainsi cette proposition1 que l'importance du dveloppement de la vitalit terrestre procde en raison gale de la condensation terrestre4 ,or1 ceci est en accord prcis avec ce que nous savons de la succession des animaux sur la ,terre4 ,a mesure que celle-ci s'est condense1 des races de plus en plus perfectionnes ont apparu4 ,est-il impossible que les rvolutions gologiques successives qui ont accompagn1 si elles ne les ont pas immdiatement causes1 ces lvations successives du caractre de vitalit1--est-il improbable que ces rvolutions elles-mmes aient t produites par les dcharges plantaires successives du ,soleil1--en d'autres termes1 par les variations successives de l'influence du ,soleil sur la ,terre8 ,si cette ide parat juste1 if n'est pas draisonnable de supposer que la dcharge d'une nouvelle plante1 plus proche du centre que ,mercure1 puisse amener une nouvelle modification de la surface terrestre1--modification d'o tirerait sa naissance une race matriellement et spirituellement suprieure l',homme4 ,ces penses me frappent avec toute la force de la vrit1 mais je ne les mets ici qu'en tant que pures suggestions4 ,la ,thorie de ,laplace a reu rcemment1 par les mains du philosophe ,comte1 une confirmation plus forte encore qu'if n'tait ncessaire4 ,ainsi ces deux savants ensemble ont montr1--non pas1 certainement1 que la ,matire ait positivement exist1 une poque quelconque1 l'tat de diffusion nbuleuse1 tel que nous l'avons dcrit1--mais que1 si l'on veut bien admettre qu'elle ait ainsi exist dans tout l'espace et bien au del de l'espace occup maintenant par notre systme solaire1 et qu'elle ait commenc un mouvement vers un centre1--ils ont dmontr1 dis-je1 que dans ce cas elle a d adopter les formes varies et les mouvements que nous voyons maintenant se dvelopper dans ce systme4 ,une dmonstration telle que celle-ci1 dynamique et mathmatique1 aussi complte qu'une dmonstration peut l'tre1 incontestable et inconteste1 except peut-tre par la secte impuissante et pitoyable des douteurs de profession1 simples fous qui nient la loi newtonienne de la ,gravitation1 sur laquelle sont bass les rsultats des mathmaticiens franais1--une dmonstration telle que celle-l doit1 pour beaucoup d'intelligences 7et pour la mienne il en est ainsi71 confirmer l'hypothse cosmique sur laquelle elle s'appuie4 ,que la dmonstration ne prouve pas l'hypothse1 selon le sens ordinaire attribu au mot preuve1 naturellement je l'admets4 ,montrer que certains rsultats existants1 que certains faits reconnus peuvent tre1 mme mathmatiquement1 expliqus par une certaine hypothse1 ce n'est pas tablir l'hypothse elle-mme4 ,en d'autres termes1 montrer que certaines donnes ont pu et mme ont d engendrer certain rsultat existant1 n'est pas suffisant pour prouver que ce rsultat est la consquence des donnes en question2 il faut encore dmontrer qu'il n'existe pas et qu'il ne peut pas exister d'autres donnes capables de donner naissance au mme rsultat4 ,mais dans le cas actuellement en discussion1 bien que tout le monde doive reconnatre l'absence de ce que nous avons l'habitude d'appeler preuve1 il y a cependant beaucoup d'esprits1 et ceux-l de l'ordre le plus lev1 pour qui aucune preuve n'ajouterait un iota de certitude4 ,sans entrer dans des dtails qui touchent au domaine nuageux de la mtaphysique1 je puis faire observer que dans des cas semblables la force de conviction sera toujours1 pour les vritables penseurs1 proportionne la somme de complexit comprise entre l'hypothse et le rsultat4 ,soyons moins abstrait3--la quantit de complexit reconnue dans les conditions cosmiques1 en augmentant proportionnellement la difficult d'expliquer toutes ces conditions1 fortifie en mme temps1 et dans la mme proportion1 notre confiance dans l'hypothse qui nous sert nous en rendre compte d'une manire satisfaisante2--et comme on ne peut pas concevoir une complexit plus grande que celle des conditions astronomiques1 de mme il ne peut pas exister de conviction plus forte1 pour mon esprit du moins1 que celle fournie par une hypothse qui1 non-seulement concilie ces conditions avec une exactitude mathmatique et les rduit en un tout consistant et intelligible1 mais encore se trouve tre la seule hypothse au moyen de laquelle l'esprit humain ait jamais pu s'en rendre compte4 ,une opinion trs-mal fonde a rcemment pris cours dans le monde et mme dans les cercles scientifiques1 savoir que ladite ,thorie ,cosmogonique avait t renverse4 ,cette imagination est ne du compte rendu de certaines observations rcentes faites1 l'aide du grand tlescope de ,cincinnati et du clbre instrument de lord ,rosse1 dans ces parties du ciel qui ont t jusqu' ce jour appeles nbuleuses4 ,certaines taches du firmament1 qui prsentaient1 mme dans les plus puissants de nos vieux tlescopes1 une apparence de nbulosit ou de brume1 avaient t regardes pendant longtemps comme une confirmation de la thorie de ,laplace4 ,on les prenait pour des toiles subissant cette condensation dont j'ai essay de dcrire les modes4 ,ainsi on supposait que nous possdions la preuve oculaire de la vrit de l'hypothse1--preuve qui1 pour le dire en passant1 s'est toujours trouve sujette controverse2 et quoique1 de temps autre1 certains perfectionnements tlescopiques nous permissent de voir qu'une tache1 et l1 que nous avions classe parmi les nbuleuses1 n'tait en ralit qu'un groupe d'toiles tirant simplement son caractre nbuleux de l'immensit de la distance1 toutefois on ne pensait pas qu'un doute pt exister relativement la nbulosit positive d'autres masses nombreuses1 vritables places-fortes des nbulistes1 qui semblaient dfier tout effort de sgrgation4 ,de ces dernires1 la plus intressante tait la grande nbuleuse dans la constellation d',orion2 mais celle-ci1 examine travers les magnifiques tlescopes modernes1 se trouva rsolue en une simple collection d'toiles4 ,or1 ce fait fut gnralement accept comme concluant contre l',hypothse ,cosmique de ,laplace2 et l'annonce des dcouvertes en question1 le dfenseur le plus enthousiaste1 le vulgarisateur le plus loquent de la thorie1 le docteur ,nichol1 alla jusqu' admettre la ncessit d'abandonner une ide qui avait fait la matire de son plus honorable livre4#b ,plusieurs de mes lecteurs seront sans doute ports dire que le rsultat de ces nouvelles investigations a au moins une forte tendance renverser l'hypothse1 tandis que d'autres1 plus rflchis1 insinueront seulement que1 bien que la thorie ne soit nullement dtruite par la sgrgation desdites nbuleuses1 cependant l'impossibilit d'oprer cette sgrgation1 mme avec de si puissants instruments1 aurait servi corroborer triomphalement la thorie2 et ces derniers seront peut-tre surpris de m'entendre dire que je n'adopte mme pas leur opinion4 ,si les propositions de ce discours ont t bien comprises1 on verra qu' mon point de vue l'impossibilit d'oprer la sgrgation aurait servi rfuter plutt qu' confirmer l',hypothse ,cosmique4 ,je m'explique3--,nous pouvons considrer comme dmontre la ,loi newtonienne de la ,gravitation4 ,cette loi1 on s'en souvient1 je l'ai attribue la raction du premier ,acte ,divin1-- une raction dans l'exercice de la ,volition ,divine1 ayant surmonter temporairement une difficult4 ,cette difficult1 c'tait de transformer forcment le normal en anormal1--de contraindre ce qui1 dans sa condition originelle et lgitime1 tait ,un1 se soumettre la condition vicieuse de ,pluralit4 ,c'est seulement en supposant la difficult temporairement vaincue que nous pouvons comprendre une raction4 ,il n'y aurait eu aucune raction1 si l'acte avait t infiniment continu4 ,tant que l'acte a dur1 aucune raction1 videmment1 n'a pu commencer2 en d'autres termes1 aucune gravitation n'a pu avoir lieu2--car nous avons admis que l'une n'tait que la manifestation de l'autre4 ,mais la gravitation a eu lieu2 donc l'acte de la ,cration avait cess2 et1 la gravitation s'tant manifeste depuis un long temps1 il faut en conclure que l'acte de la ,cration a cess aussi depuis un long temps4 ,nous ne pouvons donc pas esprer l'occasion d'observer les procds primitifs de la ,cration2 et la condition de nbulosit1 comme nous l'avons expliqu1 fait partie de ces procds primitifs4 ,de ce que nous savons de la marche de la lumire nous tirons la preuve directe que les toiles les plus loignes existent1 sous leur forme actuellement visible1 depuis un nombre inconcevable d'annes4 ,il faut donc remonter dans le pass an moins jusqu' la priode o ces toiles subirent la condensation1 pour marquer l'poque o commena l'opration qui a constitu les masses4 ,si1 d'un ct1 nous concevons cette opration comme continuant encore dans le cas de certaines nbuleuses1 de l'autre1 nous voyons qu'en beaucoup d'autres cas elle est compltement finie1 et c'est ce qui nous jette forcment dans des hypothses pour lesquelles aucune base relle ne nous est offerte2--nous sommes obligs d'imposer la ,raison rvolte l'ide blasphmatoire d'une interposition spciale2--de supposer que1 dans les cas particuliers de ces nbuleuses1 un ,dieu infaillible a jug ncessaire d'introduire certains rglements supplmentaires1 certains perfectionnements de la loi gnrale1 certaines retouches et corrections1 en un mot1 qui ont eu pour effet de reculer l'achvement de ces toiles particulires1 pendant des sicles innombrables1 au del de l're qui avait suffi non-seulement pour parfaire la constitution des autres corps stellaires1 mais mme pour les doter d'une vieillesse chenue et dj inexprimable4 ,sans doute on peut objecter immdiatement que1 puisque la lumire grce laquelle nous percevons ces nbuleuses est simplement celle qui s'est dtache de leur surface depuis un nombre immense d'annes1 les progrs de cration observs actuellement1 ou que nous supposons observs actuellement1 ne sont pas en ralit des progrs actuels1 mais les fantmes des progrs accomplis dans un pass dj lointain2--ce qui est un raisonnement absolument semblable celui que j'ai affirm relativement tous les progrs tendant la constitution des autres masses4 ,a ceci je rponds-que la condition actuellement observe des corps condenss n'est pas non plus leur condition actuelle1 mais une dj obtenue dans le pass2 de sorte que mon argument tir de la condition relative des toiles et des nbuleuses n'est en aucune manire infirm4 ,en outre1 ceux qui affirment l'existence des nbuleuses ne placent pas la nbulosit une extrme distance2 ils dclarent que c'est une nbulosit relle et non pas perspective4 ,si nous concevons qu'une masse nbuleuse puisse tre1 en quelque faon1 visible1 nous devons la concevoir comme place trs-prs de nous1 en comparaison des toiles solidifies que les tlescopes modernes prsentent notre vue4 ,affirmer que les apparences en question sont de relles nbuleuses1 c'est affirmer1 pour notre point de vue1 leur proximit relative4 ,donc leur condition1 telle qu'elle se montre maintenant nous1 doit tre rapporte une poque bien moins loigne que celle laquelle nous rapportons la condition actuellement observe de la majorit au moins des toiles4--,pour finir en un mot1 si l',astronomie pouvait dmontrer l'existence d'une nbuleuse1 dans le sens qu'on donne prsentement ce terme1 je considrerais la ,thorie ,cosmogonique1 non pas comme fortifie par cette dmonstration1 mais comme irrparablement renverse4 ,cependant1 pour ne rendre ,csar que juste ce qui appartient ,csar1 qu'il me soit permis de faire observer que l'hypothse qui a conduit ,laplace un si glorieux rsultat semble lui avoir t1 en grande partie1 suggre par une fausse conception1--par cette mme fausse conception dont nous venons de parler1--par la mprise gnrale relative au caractre des prtendues nbuleuses4 ,lui aussi1 il supposait qu'elles taient en ralit ce qu'implique leur dsignation4 ,le fait est que ce grand homme avait1 trs-justement1 une foi mdiocre dans ses propres facults de perception4 ,ainsi1 relativement l'existence positive des nbuleuses1 existence si prsomptueusement affirme par les astronomes ses contemporains1 il s'appuyait bien moins sur ce qu'il voyait que sur ce qu'il entendait dire4 ,on verra que les seules objections valables qu'on puisse opposer sa thorie sont celles faites l'hypothse prise en elle-mme1 ce qui l'a suggre et non ce qu'elle suggre1 aux propositions qui l'accompagnent plutt qu' ses rsultats4 ,la supposition la moins justifie de ,laplace consiste donner aux atomes un mouvement vers un centre1 malgr qu'il comprenne videmment les atomes comme s'tendant1 dans une succession illimite1 travers l'espace universel4 ,j'ai dj montr qu'avec de telles donnes aucun mouvement n'aurait pu avoir lieu2 ainsi ,laplace pour supposer un mouvement1 se place sur une base aussi peu philosophique qu'elle est inutile pour tablir ce qu'il voulait tablir4 ,son ide originale semble avoir t un compos des vrais atomes d'picure et des pseudo-nbuleuses de ses contemporains2 et ainsi sa thorie se prsente nous avec la singulire anomalie d'une vrit absolue1 dduite1 comme rsultat mathmatique1 d'une cration hybride de l'imagination antique marie au sens obtus moderne4 ,la force relle de ,laplace consistait1 en somme1 dans un instinct mathmatique presque miraculeux2 c'tait l-dessus qu'il s'appuyait2 jamais cet instinct ne lui a manqu2 jamais il ne l'a tromp4 ,dans le cas de la ,cosmogonie1 il l'a conduit1 les yeux bands1 travers un labyrinthe d',erreur1 vers un des plus lumineux et des plus prodigieux temples de ,vrit4 ,footnote #a3 ,je suis prt dmontrer que la rvolution anormale des satellites d',uranus est simplement une anomalie perspective provenant de l'inclinaison de l'axe de la plante4 ,e4 ,p4 ,footnote #b3 ,tableau de l',architecture des deux4--,une lettre attribue au ,docteur ,nichol1 crivant un ami d',amrique1 a fait le tour de nos journaux1 il y a environ deux ans1 qui admettait la ncessit laquelle je fais allusion4 ,dans une lecture postrieure1 ,m4 ,nichol semble toutefois avoir triomph en quelque sorte de la ncessit1 et ne renonce pas absolument la thorie1 bien qu'il ait l'air de s'en moquer un peu comme d'une pure hypothse4 ,avant les expriences de ,maskelyne1 qu'tait donc la ,loi de ,gravitation8 ,une hypothse4 ,et qui mettait en question cette loi1 mme alors8 ,x ,imaginons1 pour le moment1 que l'anneau projet le premier par le ,soleil1 c'est--dire l'anneau qui1 en se brisant1 a constitu ,neptune1 ne se soit bris que lors de la projection de l'anneau qui a donn naissance ,uranus2 que ce dernier anneau1 de son ct1 soit rest intact jusqu' l'mission de celui dont est n ,saturne2 que ce dernier1 son tour1 ait gard sa forme entire jusqu' l'mission de celui qui a t l'origine de ,jupiter1 et ainsi de suite4 ,imaginons1 en un mot1 qu'aucune rupture n'ait eu lieu parmi les anneaux jusqu' la projection finale de celui qui a donn naissance ,mercure4 ,nous crons ainsi pour l'il de l'esprit une srie de cercles concentriques coexistants1 et les considrant en eux-mmes aussi bien que dans le mode suivant lequel1 selon l'hypothse de ,laplace1 ils ont t engendrs1 nous apercevons tout d'abord une trs singulire analogie entre les couches atomiques et le mode d'irradiation originelle tel que je l'ai dcrit4 ,est-il impossible1 en mesurant les forces respectives qui ont projet successivement chaque cercle plantaire1 c'est--dire en mesurant la force excdante successive de rotation par rapport la force de gravitation1 laquelle a occasionn les ruptions successives1 de trouver l'analogie en question plus dcidment confirme8 ,est-il improbable que nous dcouvrions que ces forces ont vari1--comme dans l'irradiation originelle1--proportionnellement avec les carrs des distances8 ,notre systme solaire1 consistant principalement en un ,soleil1 avec seize plantes coup sr1 et peut-tre un peu plus1 qui roulent autour de lui des distances varies1 et qui sont accompagnes certainement de dix-sept lunes1 mais trs-probablement de quelques autres1 doit tre maintenant considr comme un des types de ces agglomrations innombrables qui ont commenc se produire travers la ,sphre ,universelle1 lorsque s'est retire la ,volont ,divine4 ,je veux dire que nous avons considrer notre systme solaire comme fournissant un cas gnrique de ces agglomrations1 ou1 plus correctement1 des conditions ultrieures auxquelles elles sont parvenues4 ,si nous fixons notre attention sur l'ide qui a prsid au dessein du ,tout-,puissant1 savoir la plus grande somme possible de rapports et la prcaution prise pour atteindre le but avec la diffrence de formes dans les atomes originels et l'ingalit particulire de distance1 nous verrons qu'il est impossible de supposer mme une minute que deux seulement de ces agglomrations commenantes soient arrives la fin prcisment au mme rsultat4 ,nous serons plutt inclins penser qu'il n'y a pas dans tout l',univers deux corps stellaires1 soleils1 plantes ou lunes1 qui soient semblables dans le particulier1 malgr que tous le soient dans le gnral4 ,encore moins pouvons-nous imaginer que deux assemblages de tels corps1 deux systmes quelconques1 puissent avoir une ressemblance plus que gnrale#a ,m4 ,nos tlescopes1 sur ce point1 confirment parfaitement nos dductions4 ,prenant donc notre systme solaire comme type approchant ou gnral de tous les autres1 nous sommes arrivs assez avant dans notre thme pour considrer l',univers sous l'aspect d'un espace sphrique travers lequel1 dissmine avec une galit purement gnrale1 existe une certaine quantit de systmes ayant entre eux une ressemblance purement gnrale4 largissant maintenant nos conceptions1 regardons chacun de ces systmes comme tant en lui-mme un atome1 ce qu'il est en ralit1 quand nous ne le considrons que comme une des innombrables myriades de systmes qui constituent l',univers4 ,les prenant donc tous pour des atomes colossaux1 chacun tant dou de la mme indestructible tendance l',unit qui caractrise les atomes rels dont il est compos1 nous entrons tout de suite dans un ordre nouveau d'aggrgations4 ,les plus petits systmes1 placs dans le voisinage d'un plus grand1 devront invitablement s'en rapprocher de plus en plus4 ,ici il s'en rassemblera un millier1 l un million2 ici peut-tre un trillion1--laissant ainsi autour d'eux d'incommensurables vides dans l'espace4 ,et si maintenant on demande pourquoi1 dans le cas de ces systmes1 de ces vritables atomes titaniques 7je parle simplement d'un assemblage1 et non1 comme dans le cas des atomes positifs1 d'une agglomration plus ou moins consolide71 si on demande pourquoi je ne pousse pas ma suggestion jusqu' sa conclusion lgitime1 pourquoi je ne dcris pas ces assemblages de systmes-atomes se prcipitant et se consolidant en sphres1 se condensant chacun en un magnifique soleil1 je rponds que ce sont l de simples mellonta1 et que je ne fais que m'arrter un instant sur le seuil terrifiant du ,futur4 ,pour le prsent1 nous appelons ces assemblages des groupes1 et nous les voyons dans leur tat commenant de consolidation4 ,leur consolidation absolue est encore venir4 ,nous voici arrivs un point d'o nous contemplons l',univers comme un espace sphrique1 parsem ingalement de groupes4 ,observez que je prfre ici l'adverbe ingalement cette phrase dj employe3 avec une galit purement gnrale4 ,il est vident en fait que l'galit de distribution diminuera en raison du progrs de l'agglomration1 c'est--dire mesure que les choses diminueront en nombre4 ,ainsi l'accroissement de l'ingalit1 accroissement qui devra continuer jusqu' une poque plus ou moins lointaine1 o la plus grosse agglomration absorbera toutes les autres1 ne peut tre considr que comme un symptme confirmatif de la tendance l',unit4 ,enfin ici il peut paratre bon de s'enqurir si les faits acquis de l',astronomie confirment l'arrangement gnral que j'ai1 par dduction1 impos aux mondes clestes4 ,or1 cela est confirm1 et entirement4 ,l'observation tlescopique1 guide par les lois de la perspective1 nous permet de voir que l',univers perceptible existe comme un groupe de groupes irrgulirement disposs4 ,footnote #a3 ,il n'est pas impossible que quelque perfectionnement imprvu d'optique nous rvle1 parmi les innombrables varits de systmes1 un soleil lumineux1 entour d'anneaux lumineux et non lumineux1 en dedans1 en dehors desquels1 et entre lesquels roulent des plantes lumineuses et non lumineuses1 accompagnes de lunes ayant leurs lunes1 et mme ces dernires possdant galement leurs lunes particulires4 ,,xi ,les groupes dont est compos cet universel groupe de groupes sont simplement ce que nous avons coutume de nommer nbuleuses1 et parmi ces nbuleuses il en est une qui est pour l'humanit d'un intrt suprme4 ,je veux parler de la ,galaxie ou ,voie ,lacte4 ,elle nous intresse1 d'abord et videmment1 en raison de sa grande supriorit1 par son volume apparent1 non-seulement sur tout autre groupe du firmament1 mais mme sur tous les autres groupes pris ensemble4 ,le plus grand de ces derniers n'occupe comparativement qu'un point dans l'espace et ne se laisse voir distinctement qu' l'aide du tlescope4 ,la ,galaxie traverse tout le ciel et se montre brillante l'il nu4 ,mais elle intresse l'homme particulirement1 quoique moins immdiatement1 en ce qu'elle fait partie de fa rgion o il est situ1 de la rgion de fa ,terre sur laquelle il vit1 de la rgion du ,soleil autour duquel tourne cette ,terre1 de la rgion de tout le systme d'astres dont le ,soleil est le centre et l'astre principal1 fa ,terre1 un des seize secondaires ou une des plantes1 la ,lune1 un des dix-sept tertiaires ou satellites4 ,la ,galaxie1 je le rpte1 n'est qu'un des groupes dont j'ai parl1 une de ces prtendues nbuleuses1 qui ne se rvlent nous quelquefois qu' l'aide du tlescope1 et comme de faibles taches brumeuses dans diffrentes parties du ciel4 ,nous n'avons aucune raison de supposer que la ,voie ,lacte soit en ralit plus vaste que la moindre de ces nbuleuses4 ,sa grande supriorit de volume n'est qu'apparente1 et vient de sa position relativement nous1 c'est--dire de notre position nous qui en occupons le milieu4 ,quelque trange que cette assertion puisse paratre tout d'abord ceux qui ne sont pas verss dans l',astronomie1 l'astronome1 lui1 n'hsite pas affirmer que nous sommes placs au milieu de cette inconcevable multitude d'toiles1 de soleils1 de systmes qui constituent la ,galaxie4 ,en outre1 non-seulement nous avons1 non-seulement notre ,soleil a le droit de revendiquer la ,galaxie comme tant son groupe spcial2 mais on peut dire1 avec une lgre rserve1 que toutes les toiles distinctement visibles du firmament1 toutes les toiles visibles l'il nu1 ont le droit de s'en rclamer galement4 ,une ide bien fausse a t conue relativement la forme de la ,galaxie1 de laquelle il est dit1 dans presque tous nos traits astronomiques1 qu'elle ressemble celle d'un ,y capital4 ,en ralit1 le groupe en question a une certaine ressemblance gnrale1 trs-gnrale1 avec la plante ,saturne1 enferme dans son triple anneau4 ,au lieu du globe solide de cette plante1 nous devons toutefois nous figurer une le stellaire ou collection lenticulaire d'toiles2 notre ,soleil tant plac excentriquement1 prs du bord de l'le1 du ct qui est le plus rapproch de la constellation de la ,croix et le plus loign de celle de ,cassiope4 ,l'anneau qui l'entoure1 dans la partie qui avoisine notre position1 est marqu d'une entaille longitudinale qui1 en effet1 lui donne1 aperu de notre rgion1 l'apparence vague d'un ,y capital4 ,cependant il ne faut pas que nous tombions dans cette erreur1 de concevoir cette ceinture1 peu dfinie d'ailleurs1 comme tout fait spare1 comparativement parlant1 du groupe lenticulaire galement indfini qu'elle entoure2 et ainsi1 pour rendre notre explication plus claire1 nous pouvons dire de notre ,soleil qu'il est positivement situ sur le point de l',y o se rencontrent les trois lignes qui le composent1 et1 nous figurant cette lettre comme doue d'une certaine solidit1 d'une certaine paisseur1 trs-minime en comparaison de sa longueur1 nous pouvons dire que notre position est dans le milieu de cette paisseur4 ,en nous figurant que nous sommes placs ainsi1 nous n'prouverons plus aucune peine nous rendre compte des phnomnes en question1 qui sont uniquement des phnomnes de perspective4 ,quand nous regardons en haut ou en bas1 c'est--dire quand nous jetons les yeux dans le sens de ,y paisseur de la lettre1 notre regard rencontre un moins grand nombre d'toiles que lorsque nous jetons les yeux dans le sens de sa longueur1 ou le long d'une des trois lignes qui la composent4 ,naturellement1 les toiles1 dans le premier cas1 apparaissent comme parpilles1 et1 dans le second1 comme accumules4 ,renversons1 s'il vous plat1 l'explication3 un habitant de la ,terre qui regarde la ,galaxie1 comme nous disons ordinairement1 la considre alors dans un des sens de sa longueur2--il regarde le long des lignes de l',y2 mais quand1 regardant dans le ,ciel gnral1 il dtourne ses yeux de la ,galaxie1 il la voit alors dans le sens de l'paisseur de la lettre2 et c'est pour cela que les toiles lui semblent clair-semes1 quoique1 en ralit1 elles soient aussi rapproches1 en moyenne1 que dans la partie massive du groupe4 ,il n'y a pas de considration qui soit mieux faite pour donner une ide de l'effrayante tendue de ce groupe4 ,si1 avec un tlescope d'une profonde puissance1 nous examinons soigneusement le firmament1 nous dcouvrirons une ceinture de groupes1 faite de ce que nous avons jusqu' prsent nomm des nbuleuses1--une bande1 d'une largeur variable1 s'tendant d'un horizon l'autre1 et coupant angle droit la direction gnrale de la ,voie ,lacte4 ,cette bande est le dernier groupe de groupes4 ,cette ceinture est l',univers4 ,notre ,galaxie n'est qu'un des groupes1 un des moindres peut-tre1 qui entrent dans la composition de cette suprme bande ou ceinture universelle4 ,l'aspect de bande ou de ceinture1 que prend nos yeux ce groupe de groupes1 n'est qu'un phnomne de perspective1 analogue celui qui nous fait aussi voir notre propre groupe grossirement sphrique1 la ,galaxie1 sous la forme d'une ceinture traversant les ,cieux et coupant le groupe universel angles droits4 ,naturellement la forme du groupe qui enferme tous les autres est1 en gnral1 celle de chaque groupe individuel qui y est contenu4 ,de mme que les toiles clair-semes que nous voyons dans le ,ciel gnral1 quand nous dtournons nos regards de la ,galaxie1 ne sont1 en ralit1 qu'une partie de la ,galaxie elle-mme1 aussi intimement mles elle qu'en aucun autre point o le tlescope nous les montre l'tat le plus dense1--de mme les nbuleuses parpilles1 que nous apercevons sur tous les points du firmament quand nous dtournons nos yeux de la ceinture ,universelle1 doivent tre considres comme parpilles seulement par la perspective et comme faisant partie intgrante de l'unique ,sphre suprme et ,universelle4 ,il n'y a pas d'erreur astronomique plus insoutenable1 et il n'y en a pas qui ait obtenu une plus opinitre adhsion que celle qui consiste se figurer l',univers sidral comme absolument illimit4 ,il me semble que les raisons qui nous le font croire limit1 telles que je les ai nonces priori1 sont irrfutables2 mais1 pour n'en plus parler1 l'observation seule nous montre qu'il y a1 dans de nombreuses directions autour de nous1 si ce n'est dans toutes1 une limite positive2 ou1 tout au moins1 elle ne nous fournit aucun motif pour penser autrement4 ,si la succession des toiles tait illimite1 l'arrire-plan du ciel nous offrirait une luminosit uniforme1 comme celle dploye par la ,galaxie1 puisqu'il n'y aurait absolument aucun point1 dans tout cet arrire-plan1 o n'existt une toile4 ,donc1 dans de telles conditions1 la seule manire de rendre compte des vides que trouvent nos tlescopes dans d'innombrables directions est de supposer cet arrire-plan invisible plac une distance si prodigieuse qu'aucun rayon n'ait jamais pu parvenir jusqu' nous4 ,qu'il en puisse tre ainsi1 qui oserait s'aviser de le nier8 ,je maintiens simplement que nous n'avons pas mme l'ombre d'une raison pour croire qu'il en est ainsi4 ,en parlant de la propension vulgaire considrer tous les corps de la ,terre comme tendant seulement vers le centre de la ,terre1 je faisais observer que sauf certaines exceptions dont il serait fait mention plus tard1 chaque corps de la ,terre tendait1 non-seulement vers le centre de la ,terre1 mais encore vers toute autre direction concevable4 ,le mot exceptions avait trait ces vides frquents dans le ,ciel1 o l'examen le plus minutieux non-seulement ne dcouvre pas de corps stellaires1 mais ne trouve mme pas d'indices quelconques de leur existence4 ,l1 des gouffres bants1 plus noirs que l',erbe1 nous apparaissent comme des chappes ouvertes1 travers les murs limitrophes de l',univers ,sidral1 sur l',univers illimit du ,vide4 ,or1 tout corps existant sur la ,terre est expos1 soit par son mouvement propre1 soit par celui de la ,terre1 traverser ou longer un de ces vides ou abmes cosmiques1 et il est vident qu'en ce moment il cesse d'tre attir dans la direction du ,vide et qu'il est consquemment plus lourd qu' aucune autre poque1 soit avant1 soit aprs4 ,indpendamment1 toutefois1 de la considration de ces vides1 et ne nous occupant que de la distribution gnralement ingale des toiles1 nous voyons1 que la tendance absolue des corps de la ,terre vers le centre de la ,terre est dans un tat de variation perptuelle4 ,nous comprenons donc l'insulation de notre ,univers4 ,nous percevons l'isolement de l',univers1 c'est--dire de tout ce que nos sens peuvent saisir4 ,nous savons qu'il existe un groupe de groupes1 une agglomration autour de laquelle1 de tous cts1 s'tend un incommensurable ,espace dsert ferm toute perception humaine4 ,mais1 parce que nous sommes obligs de nous arrter sur les confins de cet ,univers ,sidral1 nos sens ne pouvant plus nous fournir de tmoignage1 est-il juste de conclure qu'en ralit il n'existe pas de point matriel au del de celui qu'il nous a t permis d'atteindre8 ,avons-nous1 ou n'avons-nous pas le droit analogique d'infrer que cet ,univers sensible1 que ce groupe de groupes1 n'est qu'un morceau d'une srie de groupes de groupes1 dont les autres nous restent invisibles cause de la distance1--soit parce que la diffusion de leur lumire1 avant qu'elle parvienne jusqu' nous1 est si excessive qu'elle ne peut produire sur notre rtine aucune impression lumineuse1 soit parce qu'il n'existe aucune espce d'manation lumineuse dans ces mondes inexprimablement distants1 ou enfin parce que l'intervalle qui nous en spare est si vaste que1 depuis des myriades d'annes coules1 leurs effluves lectriques n'ont pas encore pu le franchir8 ,avons-nous quelques droits faire de telles suppositions1 avons-nous quelque motif pour accepter de telles visions8 ,si nous avons ce droit un degr quelconque1 nous avons aussi le droit de leur donner une extension infinie4 ,le cerveau humain a videmment un penchant vers l',infini et caresse volontiers ce fantme d'ide4 ,il semble aspirer vers cette conception impossible avec une ferveur passionne1 avec l'esprance d'y croire intellectuellement aussitt qu'il l'a conue4 ,ce qui est gnral parmi toute la race humaine1 aucun individu n'a sans doute le droit de le considrer comme anormal2 nanmoins1 il peut exister une classe d'intelligences suprieures pour qui ce tour d'esprit populaire porte tout le caractre d'une monomanie4 ,ma question1 cependant1 n'a pas encore trouv sa rponse--,avons-nous le droit de supposer1 ou plutt d'imaginer une succession interminable de groupes de groupes ou d',univers plus ou moins semblables8 ,je rponds que le droit1 dans un cas tel que celui-ci1 dpend absolument de la hardiesse de l'imagination qui s'avise d'y prtendre4 ,qu'il me soit permis seulement de dclarer que je me sens1 pour mon compte personnel1 port imaginer 7je n'ose pas me servir d'un terme plus affirmatif7 qu'il existe rellement une succession illimite d',univers1 plus ou moins semblables celui dont nous avons connaissance1 celui-l seul dont nous aurons jamais connaissance1--du moins jusqu'au moment o notre ,univers particulier rentrera dans l',unit4 ,cependant1 si de tels groupes de groupes existent1--et ils existent1--il est suffisamment clair que1 n'ayant pas de participation dans notre origine1 ils ne participent pas nos lois4 ,ils ne nous attirent pas et nous ne les attirons pas4 ,leur matire1 leur esprit ne sont pas les ntres1 ne sont pas ce qui agit1 influe dans une partie quelconque de notre ,univers4 ,ils ne pourraient impressionner ni nos sens ni nos mes4 ,entre eux et nous1 les considrant tous pour un moment collectivement1 il n'y a pas d'influences communes4 ,chacun existe1 part et indpendant1 dans le sein de son ,dieu propre et particulier4 ,,xii ,dans la conduite de ce ,discours1 je vise moins l'ordre physique qu'au mtaphysique4 ,la clart avec laquelle les phnomnes1 mme matriels1 sont prsents l'intelligence dpend trs-peu1 il y a longtemps que j'en ai acquis l'exprience1 d'un arrangement purement naturel1 et nat presque entirement de l'arrangement moral4 ,si donc j'ai l'air de m'abandonner des digressions et de sauter trop vite d'un point un autre de mon sujet1 qu'il me soit permis de dire qu'en faisant ainsi j'ai l'espoir de mieux conserver1 sans la rompre1 cette chane d'impressions gradues1 par laquelle seule l'intelligence de l',homme peut embrasser les grandeurs dont je parle et les comprendre dans leur majestueuse totalit4 ,jusqu' prsent1 notre attention s'est dirige presque exclusivement vers un groupement gnral et relatif des corps stellaires dans l'espace4 ,de spcification1 nous n'en avons fait que trs-peu2 et les quelques ides relatives la quantit1 c'est--dire au nombre1 la grandeur et la distance1 que nous avons mises1 ont t amenes accessoirement et en manire de prparation pour des conceptions plus dfinitives4 ,essayons maintenant d'atteindre ces dernires4 ,notre systme solaire1 comme nous l'avons dj dit1 consiste principalement en un soleil et seize plantes au moins1 auxquelles1 trs-probablement1 s'ajoutent quelques autres1 qui tournent autour de lui comme centre1 accompagnes de dix-sept lunes connues et peut-tre de quelques autres que nous ne connaissons pas encore4 ,ces divers corps ne sont pas de vritables sphres1 mais des sphrodes aplatis1 des sphres comprimes dans la rgion des ples de l'axe imaginaire autour duquel elles tournent1 l'aplatissement tant une consquence de la rotation4 ,le ,soleil n'est pas absolument le centre du systme2 carie ,soleil lui-mme1 avec toutes les plantes1 roule autour d'un point de l'espace perptuellement variable1 qui est le centre gnral de gravit du systme4 ,nous ne devons pas non plus considrer les lignes sur lesquelles se meuvent ces diffrents sphrodes1--les lunes autour des plantes1 les plantes autour du ,soleil1 ou le ,soleil autour du centre commun1--comme des cercles dans le sens exact du mot4 ,ce sont1 en ralit1 des ellipses1 l'un des foyers tant le point autour duquel se fait la rvolution4 ,une ellipse est une courbe retournant sur elle-mme1 qui a un de ses diamtres plus long que l'autre4 ,sur le diamtre le plus long sont deux points1 galement distants du milieu de la ligne1 et1 d'ailleurs1 situs de telle faon que si1 partir de chacun d'eux1 on tire une ligne droite vers un point quelconque de la courbe1 la somme des deux lignes runies sera gale au plus grand des diamtres4 ,concevons donc une ellipse de cette nature4 ,a l'un des points en question1 qui sont les foyers1 fixons une orange4 ,par un fil lastique unissons cette orange un pois1 et plaons ce dernier sur la circonfrence de l'ellipse4 ,le fil lastique1 naturellement1 varie en longueur mesure que nous faisons mouvoir le pois1 et forme ce que nous appelons en gomtrie un radius vector4 ,or1 si l'orange est prise pour le ,soleil et le pois pour une plante tournant autour de lui1 la rvolution devra se faire avec une vitesse variable plus ou moins grande1 mais telle que le radius vector franchira des aires gales en temps gaux4 ,la marche du pois sera donc ou1 en d'autres termes1 la marche de la plante est lente proportion de son loignement du ,soleil1 rapide proportion de sa proximit4 ,ces plantes1 en outre1 se meuvent d'autant plus lentement qu'elles sont situes plus loin du ,soleil1 les carrs de leurs priodes de rvolution tant entre eux dans la mme proportion que les cubes de leurs distances moyennes du ,soleil4 ,on comprend que les lois terriblement complexes de rvolution que nous dcrivons ici ne rgnent pas seulement dans notre systme4 ,elles dominent partout o domine l',attraction4 ,elles rgissent l',univers4 ,chaque point brillant du firmament est sans doute un ,soleil lumineux1 ressemblant au ntre1 au moins dans son caractre gnral1 et accompagn d'une plus ou moins grande quantit de plantes plus ou moins grosses1 dont la luminosit encore attarde ne peut pas se manifester nous une si grande distance1 mais qui1 nanmoins1 roulent1 escortes de leurs lunes1 autour de leurs centres sidraux1 obissant aux principes que nous avons constats1 obissant aux trois lois absolues de rvolution1 aux trois immortelles lois devines par l'esprit imaginatif de ,kepler et subsquemment expliques et dmontres par l'esprit patient et mathmatique de ,newton4 ,dans une certaine tribu de philosophes1 qui font vanit de ne s'appuyer que sur les faits positifs1 il est beaucoup trop la mode de se moquer de toute spculation et de la fltrir de la vague et lastique appellation d'uvre conjecturale4 ,la valeur de celui qui conjecture1 tel est le point examiner4 ,en conjecturant de temps autre avec ,platon1 nous dpenserons notre temps avec plus d'utilit qu'en coutant une dmonstration d',alcmon4 ,dans maint ouvrage d'astronomie1 je vois qu'il est nettement tabli que les lois de ,kepler sont la base du grand principe de la ,gravitation4 ,cette ide a d natre de ce fait1 que la divination de ces lois par ,kepler et sa dmonstration postrieure de leur existence positive ont pouss ,newton les expliquer par l'hypothse de la ,gravitation et1 finalement1 les dmontrer priori1 comme consquences ncessaires du principe hypothtique4 ,ainsi1 bien loin d'tre la base de la ,gravitation1 les lois de ,kepler ont la ,gravitation pour base1 et il en est de mme1 d'ailleurs1 de toutes les lois de l',univers matriel qui ne se rapportent pas uniquement la ,rpulsion4 ,la distance moyenne de la ,terre la ,lune1 c'est--dire la distance qui nous spare du corps cleste le plus voisin de nous1 est de #bcg1jjj milles4 ,mercure1 la plante la plus proche du ,soleil1 est loigne de lui de #cg millions de milles4 ,vnus1 qui vient aprs1 tourne une distance de #fh millions de milles2 la ,terre1 son tour1 une distance de #ie millions2 ,mars1 la distance de #add millions4 ,puis viennent les huit astrodes 7,crs1 ,junon1 ,vesta1 ,pallas1 ,astre1 ,flore1 ,iris et ,hb71 une distance moyenne d'environ #bej millions4 ,puis nous trouvons ,jupiter1 distant de #dij millions2 puis ,saturne1 de #ijj millions2 puis ,uranus1 de ,i1#ijj millions2 finalement ,neptune1 rcemment dcouvert et tournant une distance de #b1hjj millions4 ,laissant ,neptune de ct1 sur qui nous n'avons pas jusqu' prsent des documents trs-exacts1 et qui est peut-tre une plante appartenant un systme d',astrodes1 on peut voir que1 dans de certaines limites1 il existe entre les plantes un ordre d'intervalles4 ,pour parler d'une manire approximative1 nous pouvons dire que chaque plante est1 relativement au ,soleil1 situe une distance double de celle qui la prcde4 ,l'ordre en question1 que nous exposons ici1--la loi de ,bode1--ne pourrait-il pas tre dduit de l'examen de l'analogie existant1 ainsi que je l'ai suggr1 entre la dcharge solaire des anneaux et le mode de l'irradiation atomique8 ,quant aux nombres cits la hte dans cette table sommaire des distances1 il y aurait folie essayer de les comprendre1 except au-point de vue des faits arithmtiques abstraits4 ,ces nombres ne sont pas pratiquement apprciables1 lis ne comportent pas d'ides prcises4 ,j'ai dit que ,neptune1 la plante la plus loigne1 tournait autour du ,soleil une distance de #b1hjj millions de milles4 ,jusqu'ici rien de mieux2 j'ai tabli un fait mathmatique2 et1 sans comprendre ce fait le moins du monde1 nous pouvons le poser pour nous en servir mathmatiquement4 ,mais mme en indiquant que la ,lune tourne autour de la ,terre la distance comparativement mesquine de #bcg1jjj milles1 je n'ai nullement l'esprance de faire comprendre qui que ce soit1--de lui faire apprcier1--de lui faire sentir quelle distance ,u ,lune se trouve positivement de la ,terre4 #bcg1jjj milles6 ,parmi mes lecteurs1 il y en a peut-tre bien peu qui n'aient pas travers l',ocan ,atlantique2 et1 cependant1 combien d'entre eux ont une ide distincte mme des #c1jjj milles qui sparent les deux rivages8 ,je doute1 en vrit1 qu'il existe un homme qui puisse faire entrer dans son cerveau la plus vague conception de l'intervalle compris entre une borne milliaire et sa plus proche voisine4 ,cependant1 nous trouvons quelque facilit pour apprcier la distance en combinant l'ide de l'espace avec l'ide de vlocit qui la suit naturellement4 ,le son parcourt un espace de ,i1#ajj pieds en une seconde4 ,or1 s'il tait possible un habitant de la ,terre de voir l'clair d'un coup de canon tir dans la ,lune et d'en entendre la dtonation1 il lui faudrait attendre treize jours entiers1 partir du moment o il aurait aperu le premier1 pour recevoir un indice de la seconde4 ,quelque faible que soit l'apprciation obtenue par ce moyen de la relle distance de la ,lune la ,terre1 elle aura nanmoins cette utilit de nous faire mieux comprendre la folie de vouloir saisir par la pense des distances telles que les #b1hjj millions de milles qui sparent ,neptune de notre ,soleil2 ou mme les #ie millions de milles compris entre le ,soleil et la ,terre que nous habitons4 ,un boulet de canon1 se mouvant avec la rapidit la plus grande qui ait jamais t communique un boulet1 ne pourrait pas traverser ce dernier intervalle en moins de #bj ans2 pour le premier espace1 il faudrait #eij ans4 ,le diamtre rel de notre ,lune est de #b1afj milles2 cependant1 elle est un objet comparativement si petit qu'il faudrait environ cinquante globes semblables pour en composer un aussi gros que la ,terre4 ,le diamtre de notre propre globe est de #g1iab milles2--mais de renonciation de ces nombres quelle ide positive prtendons-nous tirer8 ,si nous montons au sommet d'une montagne ordinaire et si nous regardons autour de nous1 nous apercevons un paysage qui s'tend #dj milles dans toutes les directions1 formant un cercle de #bej milles de circonfrence et enfermant un espace de #e1jjj milles carrs4 ,mais comme les portions d'une semblable perspective ne se prsentent ncessairement notre vue que l'une aprs l'autre1 nous n'en pouvons apprcier l'tendue que faiblement et partiellement2 cependant le panorama tout entier ne reprsente que la quarante millime partie de la surface de notre globe4 ,si ce panorama succdait1 au bout d'une heure1 un autre panorama d'gale tendue2 ce second1 au bout d'une heure1 un troisime2 ce troisime1 au bout d'une heure1 un quatrime1 et ainsi de suite1 jusqu' ce que tous les dcors de la ,terre fussent puiss1 et si nous tions invits examiner ces divers panoramas pendant douze heures par jour1 il ne nous faudrait pas moins de neuf ans et quarante-huit jours pour achever l'examen de la collection4 ,mais si la simple surface de la ,terre se refuse l'treinte de notre imagination1 que penserons-nous de sa contenance value par cubes8 ,elle embrasse une masse de matire quivalente au moins un poids de deux undcillions et deux cents nonillions de tonnes4 ,supposons cette masse l'tat de repos1 et essayons de concevoir une force mcanique suffisante pour la mettre en mouvement6 ,la force de toutes les myriades d'tres dont notre imagination peut peupler les mondes plantaires de notre systme1 la force physique combine de tous ces tres1 mme en les supposant plus puissants que l'homme1 ne pourrait russir dplacer d'un seul pouce cette masse prodigieuse4 ,que devons-nous donc penser de la force ncessaire1 dans de semblables conditions1 pour remuer la plus grosse de nos plantes1 ,jupiter8 ,elle a un diamtre de #hf1jjj milles1 et pourrait contenir dans sa priphrie plus de mille globes de la grandeur du ntre4 ,cependant ce corps monstrueux vole positivement autour du ,soleil avec une vitesse de #bi1jjj milles par heure1 c'est--dire avec une rapidit quarante fois plus grande que celle d'un boulet de canon6 ,on ne peut mme pas dire que l'ide d'un tel phnomne fait tressaillir l'esprit1 elle l'pouvante1 elle le paralyse4 ,nous avons plus d'une fois occup notre imagination nous peindre les facults d'un ange4 ,figurons-nous1 une distance d'environ #ajj milles de ,jupiter1 un pareil tre1 assistant ainsi1 tmoin oculaire trs rapproch1 la rvolution annuelle de cette plante4 ,or1 pouvons-nous1 je le demande1 nous faire une ide assez haute1 assez immense de la puissance spirituelle de cet tre idal pour concevoir qu' la vue de cette incommensurable masse1 pirouettant juste sous ses yeux avec une vlocit tellement inexprimable1 l'ange lui-mme1 si anglique qu'il soit1 puisse ne pas tre cras1 ananti8 ,ici1 toutefois1 il me parat bon de faire observer qu'en ralit nous n'avons encore parl que d'objets comparativement insignifiants4 ,notre ,soleil1 l'astre central et dirigeant du systme auquel appartient ,jupiter1 est non-seulement plus gros que ,jupiter1 mais aussi beaucoup plus gros que toutes les plantes du systme prises ensemble4 ,ce fait est vraiment une condition essentielle de la stabilit du systme lui-mme4 ,le diamtre de ,jupiter est1 avons-nous dit1 de #hf1jjj milles6 ,celui du ,soleil est de #hhb1jjj milles4 ,un habitant de ce dernier1 parcourant #ij milles par jour1 mettrait plus de #hj ans faire le tour de sa plus grande circonfrence4 ,il occupe un espace cubique de #fha septillions et #dgb quintillions de milles4 ,la ,lune1 ainsi qu'il a t tabli1 tourne autour de la ,terre1 une distance de #bcg1jjj milles1 sur une orbite qui est consquemment de prs d'un million et demi de milles4 ,or1 si le ,soleil tait plac sur la ,terre1 les deux centres concidant1 le volume du ,soleil s'tendrait1 en tout sens1 non-seulement jusqu' l'orbite de la ,lune1 mais encore une distance de #bjj1jjj milles au del4 ,et ici1 une fois encore1 observons que nous n'avons1 jusqu' prsent1 parl que de bagatelles4 ,on a valu la distance qui spare ,neptune du ,soleil2 elle est de #b1hjj millions de milles2 la circonfrence de son orbite est donc de #ag trillions environ4 ,gardons d'oublier cela quand nous portons nos regards sur quelqu'une des toiles les plus brillantes4 ,entre cette toile et l'astre central de notre systme1 le ,soleil1 il y a un gouffre d'espace tel que1 pour en donner l'ide1 il faudrait la langue d'un archange4 ,donc1 l'toile que nous regardons est un tre aussi spar que possible de notre systme1 de notre ,soleil1 ou1 si l'on veut1 de notre toile2 cependant1 supposons-la un moment place sur notre ,soleil1 le centre de l'une concidant avec celui de l'autre1 de mme que nous avons suppos le ,soleil lui-mme plac sur la ,terre4 ,figurons-nous maintenant l'toile particulire que nous avons choisie s'tendant1 dans tous les sens1 au del de l'orbite de ,mercure1--de ,vnus1--de la ,terre1--et puis au del de l'orbite de ,mars1--de ,jupiter1--d',uranus1 jusqu' ce que1 finalement1 notre imagination ait rempli le cercle de #ag trillions de milles de circonfrence1 que dcrit dans sa rvolution la plante de ,leverrier4 ,en admettant que nous soyons parvenus concevoir tant d'normit1 nous n'aurions pas cr une ide extravagante4 ,nous avons les meilleures raisons pour croire qu'il y a bien des toiles beaucoup plus grosses que celle que nous avons suppose4 ,je veux dire que pour une telle croyance nous possdons la meilleure base exprimentale2 et qu'en reportant notre regard vers la disposition atomique originelle1 ayant pour but la diversit1 que nous avons considre comme tant une partie du plan divin dans la constitution de l',univers1 il nous deviendra facile de comprendre et d'admettre des disproportions1 dans la grosseur des corps clestes1 infiniment plus vastes qu'aucune de celles dont j'ai parl jusqu' prsent4 ,naturellement nous devons nous attendre trouver les corps les plus gros roulant travers les vides les plus grands de l',espace4 ,je disais tout l'heure que1 pour nous donner une ide juste de l'intervalle qui spare notre ,soleil d'une quelconque des autres toiles1 il faudrait l'loquence d'un archange4 ,en parlant ainsi1 je ne puis pas tre accus d'exagration2 car c'est la vrit pure qu'en de certains sujets il n'est pas possible d'exagrer4 ,mais tchons de poser la matire plus distinctement sous les yeux de l'esprit4 ,d'abord nous pouvons atteindre une conception gnrale1 relative1 de l'intervalle en question1 en le comparant avec les espaces interplantaires connus4 ,supposons1 par exemple1 que la ,terre qui est1 en ralit1 #ie millions de milles du ,soleil1 ne soit distante de ce flambeau que d'un pied seulement2 ,neptune se trouverait alors une distance de quarante pieds2 et l'toile ,alpha ,lyrse une distance de cent cinquante-neuf au moins4 ,or1 je prsume que peu de mes lecteurs ont remarqu1 dans la conclusion de ma dernire phrase1 quelque chose de spcialement inadmissible1 de particulirement faux4 ,j'ai dit que la distance de la ,terre au ,soleil tant suppose d'un pied1 la distance de ,neptune serait de quarante pieds1 et celle d',alpha ,lyrse de cent cinquante-neuf4 ,la proportion entre un pied et cent cinquante-neuf a peut-tre sembl suffisante pour donner une impression distincte de la proportion entre les deux distances1 celle de la ,terre au ,soleil et celle d',alpha ,lyrse au mme astre4 ,mais mon calcul1 en ralit1 aurait d se formuler ainsi3 ,en supposant que la distance de la ,terre au ,soleil soit d'un pied1 la distance de ,neptune serait de quarante pieds1 et celle d',alpha ,lyrse de cent cinquante-neuf444 milles2 c'est--dire que1 dans mon premier calcul1 je n'ai assign ,alpha ,lyrse que la cinq mille deux cent quatre-vingtime partie de la distance qui est la plus petite possible o cette toile puisse tre rellement situe4 ,poursuivons4--,a quelque distance que soit une simple plante1 cependant1 quand nous l'examinons travers un tlescope1 nous la voyons sous une certaine forme1 nous la trouvons d'une certaine grosseur apprciable4 ,or1 j'ai dj dit quelques mots de la grosseur probable de plusieurs toiles2 nanmoins1 quand nous en examinons une quelconque1 mme travers le tlescope le plus puissant1 elle se prsente nous sans aucune forme1 et1 consquemment1 sans aucune dimension4 ,nous la voyons comme un point1 et rien de plus4 ,maintenant1 supposons que nous voyagions la nuit1 sur une grande route4 ,dans un champ1 d'un des cts de la route1 se trouve une file de vastes objets de toute dimension1 d'arbres1 par exemple1 dont la figure se dtache distinctement sur le fond du ciel4 ,cette ligne s'tend angle droit de la route jusqu' l'horizon4 ,or1 mesure que nous avanons le long de la route1 nous voyons ces arbres changer leurs positions respectives relativement un certain point fixe dans cette partie du firmament qui forme le fond du tableau4 ,supposons que ce point fixe1--suffisamment fixe pour notre dmonstration1--soit la lune qui se lve4 ,nous voyons tout d'abord que1 pendant que l'arbre le plus proche de nous change de position relativement la lune1 et si fortement qu'il a l'air de fuir derrire nous1 l'arbre qui est la distance extrme n'a pour ainsi dire pas boug de la place qu'il occupe relativement au satellite4 ,nous continuons observer que plus les objets sont loigns de nous1 moins ils s'loignent de leur position1 et rciproquement4 ,nous commenons alors1 notre insu1 apprcier la distance de chaque arbre par la plus ou moins grande altration de sa position relative4 ,finalement nous arrivons comprendre comment on pourrait vrifier la distance positive d'un arbre quelconque de cette range en se servant de la quantit d'altration relative comme d'une base dans un simple problme gomtrique4 ,or1 cette altration relative est ce que nous appelons parallaxe2 et c'est par la parallaxe que nous calculons les distances des corps clestes4 ,appliquant le principe aux arbres en question1 nous serions naturellement fort embarrasss pour calculer la distance d'un arbre1 qui1 si loin que nous nous avancions sur la route ne nous donnerait aucune parallaxe4 ,ceci1 dans l'exemple que nous avons suppos1 est une chose impossible2 impossible simplement parce que toutes les distances sur notre ,terre sont vritablement insignifiantes2 si nous les comparons avec les vastes quantits cosmiques1 nous pouvons dire qu'elles se rduisent absolument nant4 ,or1 supposons que l'toile ,alpha ,lyr soit juste au-dessus de nos ttes et imaginons qu'au lieu d'tre sur la ,terre1 nous soyons placs l'un des bouts d'une ligne droite s'tendant travers l'espace jusqu' une distance gale au diamtre de l'orbite de la ,terre1 c'est--dire une distance de cent quatre-vingt-dix millions de milles4 ,ayant observ1 au moyen des instruments micromtriques les plus dlicats1 la position exacte de l'toile1 marchons le long de cette inconcevable route1 jusqu' ce que nous ayons atteint l'autre extrmit4 ,ici1 examinons une seconde fois l'toile4 ,elle est prcisment o nous l'avons laisse4 ,nos instruments1 si dlicats qu'ils soient1 nous affirment que sa position relative est absolument1 identiquement la mme qu'au commencement de notre incommensurable voyage4 ,nous n'avons trouv aucune parallaxe1 absolument aucune4 ,le fait est que1 relativement la distance des toiles fixes1 d'un quelconque de ces innombrables soleils qui scintillent de l'autre ct de ce terrible abme par lequel notre systme est spar des systmes ses frres1 dans le groupe auquel il appartient1 la science astronomique jusqu' ces derniers temps n'a pu parler qu'avec une certitude ngative4 ,considrant les plus brillantes comme les plus rapproches1 nous pouvions seulement dire1 mme de celles-l1 que la limite en dedans de laquelle elles ne peuvent pas tre situes1 est une certaine distance incommensurable2-- quelle distance au del de cette limite sont-elles situes1 nous n'avions jamais pu le calculer4 ,nous comprenions1 par exemple1 qu',alpha ,lyr ne peut pas tre une distance moindre de dix-neuf quintillions et deux cents trillions de milles2 mais1 de tout ce que nous savions et de tout ce que nous savons maintenant1 nous pouvons induire qu'il est peut-tre la distance reprsente par le carr1 le cube1 ou toute autre puissance du nombre prcit4 ,cependant1 au moyen d'observations singulirement sagaces et minutieuses1 continues avec des instruments nouveaux pendant plusieurs laborieuses annes1 ,bessel1 qui est mort rcemment1 avait dans les derniers temps russi dterminer la distance de six ou sept toiles2 entre autres celle qui est dsigne par le chiffre #fa dans la constellation du ,cygne4 ,la distance calcule dans ce dernier cas est six cent soixante-dix mille fois plus grande que celle du ,soleil2 laquelle1 il est bon de le rappeler1 est de quatre-vingt-quinze millions de milles4 ,l'toile #fa du ,cygne est donc loigne de nous de presque soixante-quatre quintillions de milles1 ou de plus de trois fois la distance la plus petite possible attribue ,alpha ,lyr4 ,si nous essayons d'apprcier cette distance l'aide de considrations tires de la vitesse1 comme nous avons fait pour apprcier la distance de la ,lune1 il nous faut perdre absolument de vue des vitesses aussi insignifiantes que celles du boulet de canon ou du son4 ,la lumire1 toutefois1 suivant les derniers calculs de ,struve1 marche avec une vitesse de cent soixante-sept mille milles par seconde4 ,la pense elle-mme ne pourrait pas franchir cet intervalle plus rapidement1 en supposant que la pense puisse mme le parcourir4 ,or1 malgr cette inconcevable vlocit1 la lumire1 pour venir de l'toile #fa du ,cygne jusqu' nous1 a besoin de plus de dix ans2 et consquemment1 si cette toile tait en ce moment efface de l',univers1 elle continuerait encore pendant dix ans briller pour nous et verser nos yeux sa gloire paradoxale4 ,tout en gardant prsente l'esprit la conception1 si faible qu'elle soit1 que nous avons pu nous faire de l'intervalle qui spare notre ,soleil de l'toile #fa du ,cygne1 souvenons-nous aussi que cet intervalle1 quoique inexprimablement vaste1 peut tre considr comme la simple distance moyenne entre les innombrables multitudes d'toiles composant le groupe1 ou nbuleuse1 auquel appartient notre systme1 ainsi que l'toile #fa du ,cygne4 ,en vrit1 j'tablis le calcul avec une grande modration2 nous avons d'excellentes raisons pour croire que l'toile #fa du ,cygne est l'une des toiles les plus rapproches1 et pour en conclure que sa distance1 relativement nous1 est moindre que la distance moyenne d'toile toile dans le magnifique groupe de la ,voie ,lacte4 ,et ici1 une fois encore et dfinitivement1 il me semble bon d'observer que jusqu' prsent nous n'avons parl que de quantits insignifiantes4 ,cessons de nous merveiller de l'espace qui spare les toiles dans notre propre groupe ou dans tout autre groupe particulier2 tournons plutt nos penses vers les espaces qui sparent les groupes eux-mmes dans le groupe omnicomprhensif de l',univers4 ,j'ai dj dit que la lumire marche avec une vitesse de cent soixante-sept mille milles par seconde1 c'est--dire de dix millions de milles par minute1 ou d'environ six cent millions de milles par heure2--et cependant il est des nbuleuses qui sont tellement loignes de nous que la lumire de ces mystrieuses rgions1 quoique marchant avec une telle vlocit1 ne peut pas arriver jusqu'ici en moins de trois millions d'annes4 ,ce calcul1 d'ailleurs1 a t fait par ,herschell l'an1 et n'a trait qu' ces groupes comparativement rapprochs qui se trouvaient la porte de son propre tlescope4 ,mais il y a des nbuleuses1 qui1 par le tube magique de lord ,rosse1 nous communiquent en cet instant mme l'cho des secrets qui datent d'un million de sicles4 ,en un mot les phnomnes que nous contemplons en ce moment1 dans ces mondes lointains1 sont les mmes phnomnes qui intressaient leurs habitants il y a dix fois cent mille sicles4 ,dans des intervalles1 dans des distances1 tels que cette suggestion en impose notre me1--plutt qu' notre esprit1--nous trouvons enfin une chelle convenable o toutes nos mesquines considrations antrieures de quantit peuvent figurer comme de simples degrs4 ,,xiii ,l'imagination ainsi pleine de distances cosmiques1 profitons de l'occasion pour parler de la difficult que nous avons si souvent prouve1 quand nous poursuivions le chemin battu de la pense astronomique1 rendre compte de ces vides incommensurables1-- expliquer pourquoi des gouffres1 si totalement inoccups et si inutiles en apparence1 se sont produits entre les toiles1--entre les groupes1--bref1 trouver une raison suffisante de l'chelle titanique1 sur laquelle1 quant l'espace seulement1 l',univers parat avoir t construit4 ,j'affirme que l',astronomie a fait visiblement dfaut dans cette question et n'a pas su attribuer ce phnomne une cause rationnelle2--mais les considrations qui1 dans cet ,essai1 nous ont conduit pas pas1 nous permettent de comprendre clairement et immdiatement que l',espace et la ,dure ne sont qu'un4 ,pour que l',univers pt durer pendant une re proportionne la grandeur de ses parties matrielles constitutives et la haute majest de ses destines spirituelles1 il tait ncessaire que la diffusion atomique originelle se ft dans une tendue aussi prodigieusement vaste qu'elle pouvait l'tre sans tre infinie4 ,il fallait1 en un mot1 que les toiles passassent de l'tat de nbulosit invisible l'tat de solidit visible1 et vieillissent en donnant successivement la naissance et la mort des varits inexprimablement nombreuses et complexes du dveloppement de la vitalit2--il fallait que les toiles accomplissent tout cela1 trouvassent le temps suffisant pour accomplir toutes ces intentions divines1 durant la priode dans laquelle toutes choses vont effectuant leur retour vers l',unit avec une vlocit qui progresse en raison inverse des carrs des distances1 au bout desquelles est plac l'invitable ,but4 ,grce toutes ces considrations1 nous n'avons aucune peine comprendre l'absolue exactitude de l'appropriation divine4 ,la densit respective des toiles augmente1 naturellement1 mesure que leur condensation diminue3 la condensation et l'htrognit marchent de pair2 et par cette dernire1 qui est l'indice de la premire1 nous pouvons estimer le dveloppement vital et spirituel4 ,ainsi1 par la densit des globes1 nous obtenons la mesure dans laquelle leurs destines sont remplies4 ,a mesure qu'augmente la densit et que s'accomplissent les intentions divines1 mesure que diminue ce qui reste accomplir1 nous voyons augmenter1 dans la mme proportion1 la vitesse qui prcipite les choses vers la ,fin4 ,et ainsi l'esprit philosophique comprendra sans peine que les intentions divines1 dans la constitution des toiles1 avancent mathmatiquement vers leur accomplissement2--il comprendra plus encore2 il donnera ce progrs une expression mathmatique2 il affirmera que ce progrs est en proportion inverse des carrs des distances o toutes les choses cres se trouvent relativement ce qui est la fois le point de dpart et le but de leur cration4 ,non-seulement cette appropriation de ,dieu est mathmatiquement exacte1 mais il y a en elle une estampille divine1 qui la distingue de tous les ouvrages de construction purement humaine4 ,je veux parler de la complte rciprocit d'appropriation4 ,ainsi dans les constructions humaines une cause particulire engendre un effet particulier2 une intention particulire amne un rsultat particulier2 mais c'est tout2 nous ne voyons pas de rciprocit4 ,l'effet ne ragit pas sur la cause2 l'intention ne change pas son rapport avec l'objet4 ,dans les combinaisons de ,dieu1 l'objet est tour tour dessein ou objet1 selon la faon dont il nous plat de le regarder1 et nous pouvons prendre en tout temps une cause pour un effet1 et rciproquement1 de sorte que nous ne pouvons jamais1 d'une manire absolue1 distinguer l'un de l'autre4 ,prenons un exemple4 ,dans les climats polaires1 la machine humaine1 pour maintenir sa chaleur animale1 et pour la combustion dans le systme capillaire1 rclame une abondante provision de nourriture fortement azote1 telle que l'huile de poisson4 ,d'autre part1 nous voyons que dans les climats polaires l'huile des nombreux phoques et baleines est presque la seule nourriture que la nature fournisse l'homme4 ,et maintenant dirons-nous que l'huile est mise la porte de l'homme parce qu'elle est imprieusement rclame1 ou dirons-nous qu'elle est la seule chose rclame parce qu'elle est la seule qu'il puisse obtenir8 ,il est impossible de dcider la question4 ,il y a l une absolue rciprocit d'appropriation4 ,le plaisir que nous tirons de toute manifestation du gnie humain est en raison du plus ou moins de ressemblance avec cette espce de rciprocit4 ,ainsi1 dans la construction du plan d'une fiction littraire1 nous devrions nous efforcer d'arranger les incidents de telle faon qu'il ft impossible de dterminer si un quelconque d'entre eux dpend d'un autre quelconque ou lui sert d'appui4 ,prise dans ce sens1 la perfection du plan est1 dans la ralit1 dans la pratique1 impossible atteindre1 simplement parce que la construction dont il s'agit est l'uvre d'une intelligence finie4 ,les plans de ,dieu sont parfaits4 ,l',univers est un plan de ,dieu4 ,nous sommes maintenant arrivs un point o l'intelligence est force de lutter contre sa propension la dduction analogique1 contre cette monomanie qui la pousse vouloir saisir l'infini4 ,nous avons vu les lunes tourner autour des plantes2 les plantes autour des toiles2 et l'instinct potique de l'humanit1--son instinct de la symtrie1 en tant que la symtrie ne soit qu'une symtrie de surface1--cet instinct1 que l',ame non-seulement de l',homme mais de tous les tres crs1 a tir au commencement de la base gomtrique de l'irradiation universelle1--nous pousse imaginer une extension sans fin de ce systme de cycles4 ,fermant galement nos yeux la dduction et l'induction1 nous nous obstinons concevoir une rvolution de tous les corps qui composent lu ,galaxie autour de quelque globe gigantesque que nous intitulons pivot central du tout4 ,on se figure chaque groupe1 dans le grand groupe de groupes1 pourvu et construit d'une manire similaire2 et en mme temps1 pour que l'analogie soit complte et ne fasse dfaut en aucun point1 on va jusqu' concevoir tous ces groupes eux-mmes comme tournant autour de quelque sphre encore plus auguste2--cette dernire son tour1 avec tous les groupes qui lui forment une ceinture1 on croit qu'elle n'est qu'un des membres d'une srie encore plus magnifique d'agglomrations1 voluant autour d'un autre globe qui lui sert de centre1--quelque globe encore plus ineffablement sublime1 quelque globe1 disons mieux1 d'une infinie sublimit1 incessamment multiplie par l'infiniment sublime4 ,telles sont les conditions1 continues perptuit1 que la tyrannie d'une fausse analogie impose l',imagination et que la ,raison est invite contempler1 sans se montrer1 s'il est possible1 trop mcontente du tableau4 ,tel est1 en gnral1 le systme d'interminables rvolutions s'engendrant les unes les autres1 que la ,philosophie nous a habitus comprendre et expliquer1 en s'y prenant du moins aussi adroitement qu'elle a pu4 ,de temps autre cependant1 un vritable philosophe1 dont la frnsie prend un tour trs-dtermin1 dont le gnie1 pour parler plus honntement1 a1 comme les blanchisseuses1 l'habitude fortement prononce de ne couler les choses qu' la douzaine1 nous fait voir le point prcis1 qui avait t perdu de vue1 o s'arrte et o doit ncessairement s'arrter cette srie de rvolutions4 ,les rveries de ,fourier ne valent peut-tre pas la peine que nous nous en moquions2--mais on a beaucoup parl1 dans ces derniers temps1 de l'hypothse de ,madler1-- savoir qu'il existe1 au centre de la ,galaxie1 un globe prodigieux1 autour duquel tournent tous les systmes du groupe4 ,la priode de rvolution pour notre propre systme a mme t value #aag millions d'annes4 ,on a longtemps souponn que notre ,soleil oprait un mouvement dans l'espace1 indpendamment de sa rotation1 et une rvolution autour du centre de gravit du systme4 ,ce mouvement1 en admettant qu'il existe1 devrait se manifester par la perspective4 ,les toiles1 dans cette partie du firmament que nous sommes censs avoir laisse derrire nous1 devraient1 pendant une longue srie d'annes1 s'accumuler en foule2 celles comprises dans le ct oppos devraient avoir l'air de s'parpiller4 ,or1 par l'histoire de l',astronomie1 nous apprenons d'une manire vague que quelques-uns de ces phnomnes se sont manifests4 ,a ce sujet on a dclar que notre systme se mouvait vers un point du ciel diamtralement oppos l'toile ,zta ,herculis2--mais c'est l peut-tre le maximum de ce que nous avons logiquement le droit de conclure en cette matire4 ,madler1 nanmoins1 est all jusqu' dsigner une toile particulire1--,alcyone1 l'une des ,pliades1--comme marquant juste1 ou peu de chose prs1 le point autour duquel s'accomplirait une rvolution gnrale4 ,or1 puisque c'est l'analogie qui nous a tout d'abord entrans vers ces rves1 il est naturel et convenable de nous servir de la mme analogie pour en poursuivre le dveloppement2 et cette analogie qui nous a suggr l'ide de rvolution nous suggre en mme temps l'ide d'un vaste globe central autour duquel elle devrait s'accomplir2 --jusque-l le raisonnement de l'astronome est logique4 ,dynamiquement1 il faudrait toutefois que cet astre central ft plus gros que tous les astres runis qui l'entourent4 ,or1 ils sont au nombre de #ajj millions environ4 ,pourquoi donc1 a-t-on demand trs-naturellement1 ne voyons-nous pas ce vaste soleil central1 au moins gal par sa masse #ajj millions de soleils semblables au notre8 ,pourquoi ne le voyons-nous pas1 nous particulirement1 qui occupons la rgion moyenne du groupe1--le lieu mme prs duquel1 en tout cas1 doit tre situ cet astre incomparable8 ,on rpondit prestement3 ,il faut qu'il soit non lumineux comme sont nos plantes4 ,ici1 pour s'accommoder au but1 l'analogie se laissait torturer4 ,on pouvait dire3 ,nous savons qu'il existe positivement des soleils non lumineux1 mais non pas dans de telles conditions4 ,il est vrai que nous avons quelque raison d'en supposer de tels1 mais nous n'avons certainement aucune raison pour supposer qu'il y a des soleils non lumineux entours de soleils lumineux1 ces derniers tant leur tour environns de plantes non lumineuses2 tout cela est prcisment ce dont ,madler est somm de trouver l'analogue dans les cieux2 car il imagine tout cela justement propos de la ,galaxie4 ,en admettant que la chose soit telle qu'il le dit1 nous ne pouvons nous empcher de penser combien cette question3 ,pourquoi les choses sont-elles ainsi8 serait cruellement embarrassante pour les philosophes priori4 ,mais si1 en dpit de l'analogie et de toute autre raison1 nous reconnaissons la non-luminosit de ce grand astre central1 nous pouvons toujours demander comment ce globe si norme n'est pas rendu visible1 grce cette effusion de lumire verse sur lui par les #ajj millions de splendides soleils qui brillent dans tous les sens autour de lui4 ,devant cette embarrassante question1 l'ide d'un soleil central positivement solide semble avoir t jusqu' un certain point abandonne2 et l'esprit spculatif s'est content d'affirmer que les systmes du groupe accomplissaient leurs rvolutions autour d'un centre immatriel de gravit qui leur tait commun tous4 ,ici encore1 l'analogie a fait fausse route1 pour se prter une thorie4 ,les plantes de notre systme tournent1 il est vrai1 autour d'un centre commun de gravit2 mais elles agissent ainsi conjointement avec un soleil matriel qui les entrane1 et dont la masse fait plus que contre-balancer le reste du systme4 ,la circonfrence mathmatique est une courbe compose d'une infinit de lignes droites4 ,mais cette ide de la circonfrence1 ide qui1 au point de vue de toute la gomtrie ordinaire1 n'en est que l'ide purement mathmatique1 mise en opposition de l'ide pratique1 est aussi1 en stricte ralit1 la seule conception pratique que nous puissions faonner notre usage pour l'intelligence de cette circonfrence majestueuse laquelle nous avons affaire1 au moins en imagination1 quand nous supposons notre systme tournant autour d'un point situ au centre de la ,galaxie4 ,que l'imagination la plus vigoureuse essaye seulement de faire un pas1 un seul1 vers la comprhension d'une courbe aussi inexprimable6 ,sans commettre un paradoxe1 on pourrait dire qu'un clair mme1 qui suivrait ternellement la circonfrence de cet inexprimable cercle1 ne ferait que parcourir ternellement une ligne droite4 ,qu'en dcrivant une telle orbite1 notre ,soleil pt selon une apprciation humaine1 dvier de la ligne droite un degr quelconque1 si petit qu'on le suppose1 c'est l une ide inadmissible2 cependant nous sommes pris de croire qu'une courbure est devenue apparente pendant la trs-courte priode de notre histoire astronomique1 durant ce simple point1 durant ce parfait nant de deux ou trois mille ans4 ,on pourrait dire que ,madler a rellement vrifi une courbure dans le sens de la marche1 maintenant bien trace1 de notre systme travers l',espace4 ,admettant1 s'il le faut1 que ce fait soit rel1 je maintiens qu'il n'y a dans ce cas1 qu'un seul fait dmontr1 c'est la ralit d'une courbure4 ,pour l'entire vrification du fait1 il faudrait des sicles1 et quand mme elle serait faite1 elle ne servirait qu' indiquer un rapport binaire ou tout autre rapport multiple quelconque entre notre ,soleil et une ou plusieurs des toiles les plus rapproches4 ,quoi qu'il en soit1 je ne hasarde rien en prdisant qu'aprs une priode de plusieurs sicles1 tous les efforts pour dterminer la marche de notre ,soleil travers l',espace seront abandonns comme vains et inutiles4 ,cela est facile concevoir quand nous considrons l'infinit de perturbations que cette marche doit subir1 par suite du changement perptuel des rapports du ,soleil avec les autres astres1 pendant ce rapprochement simultan de tous vers le noyau de la ,galaxie4 ,mais1 en examinant d'autres nbuleuses que la ,voie ,lacte1 en considrant dans leur gnralit les groupes dont est parsem le firmament1 trouvons-nous1 oui ou non1 une confirmation de l'hypothse de ,madler8 ,nous ne la trouvons pas4 ,les formes des groupes sont excessivement varies quand on les regarde accidentellement2 mais par un examen plus minutieux1 travers de puissants tlescopes1 nous reconnaissons trs-distinctement que la sphre est la forme dont ils se rapprochent le plus1--leur constitution tant en gnral en dsaccord avec l'ide d'une rvolution autour d'un centre commun4 ,il est difficile1 dit sir ,john ,herschell1--de former une conception quelconque de l'tat dynamique de tels systmes4 ,d'un ct1 sans un mouvement rotatoire et une force centrifuge1 il est presque impossible de ne pas les considrer comme soumis une condition de rapprochement progressif2 d'un autre ct1 en admettant un tel mouvement et une telle force1 nous ne trouvons pas moins difficile de concilier leurs formes avec la rotation de tout le systme 7il veut dire groupe7 autour d'un seul axe1 sans lequel une collision intrieure nous apparat comme chose invitable4 ,quelques observations sur les nbuleuses1 rcemment faites par le ,docteur ,nichol1 quoique faites un point de vue cosmique absolument diffrent de tous ceux adopts dans le prsent ,discours1 s'appliquent d'une manire trs-particulire au point qui est actuellement en question4 ,il dit3 ,quand nous dirigeons sur les nbuleuses nos plus grands tlescopes1 nous voyons que celles que nous avions d'abord considres comme irrgulires ne le sont rellement pas2 elles se rapprochent plutt de la forme d'un globe4 ,il y en a une qui semblait ovale2 mais le tlescope de lord ,rosse l'a transforme pour nous en un cercle444 ,or1 il se prsente une trs-remarquable circonstance relativement ces masses circulaires de nbuleuses qui semblent1 par comparaison1 doues de mouvement4 ,nous dcouvrons qu'elles ne sont pas absolument circulaires1 mais que1 bien au contraire1 tout autour d'elles et de tous cts1 il y a des colonnes d'toiles1 qui semblent s'tendre au loin comme si elles se prcipitaient vers une grande masse centrale en vertu de quelque norme puissance#a4 ,si j'avais dcrire1 ma guise1 la condition actuelle ncessaire des nbuleuses1 dans l'hypothse1 suggre par moi1 que toute matire s'achemine vers l',unit originelle1 je copierais simplement1 et presque mot mot1 le langage qu'a employ le ,docteur ,nichol sans souponner le moins du monde cette prodigieuse vrit1 qui est la clef de tous les phnomnes relatifs aux nbuleuses4 ,et qu'il me soit permis ici de fortifier ma position par le tmoignage de quelqu'un qui est plus grand que ,madler1--de quelqu'un pour qui toutes les donnes de ,madler taient depuis longtemps choses familires1 soigneusement et entirement examines4 ,relativement aux calculs minutieux d',argelander1 lesquels forment la base de l'ide de ,madler1 ,humboldt1 dont la facult gnralisatrice n'a peut-tre jamais t gale1 fait l'observation suivante3 ,quand nous considrons le mouvement propre1 rel et non perspectif des toiles1 nous voyons plusieurs groupes marchant dans des directions opposes2 et les donnes que nous avons acquises jusqu' prsent ne nous forcent pas imaginer que les systmes composant la ,voie ,lacte1 ou les groupes composant gnralement l',univers1 tournent autour de quelque centre inconnu1 lumineux ou non lumineux4 ,ce n'est que le dsir propre l',homme de possder une ,cause ,premire fondamentale1 qui persuade son intelligence et son imagination d'adopter une telle hypothse4 ,le phnomne dont il est ici question1 c'est--dire de plusieurs groupes se dirigeant dans des sens opposs1 est tout fait inexplicable dans l'hypothse de ,madler1 mais surgit comme consquence ncessaire de l'ide qui forme la base de ce ,discours4 ,en mme temps que la direction purement gnrale de chaque atome1 de chaque lune1 plante1 toile ou groupe1 serait1 dans mon hypothse1 absolument rectiligne2 en mme temps que la route gnrale suivie par tous les corps serait une ligne droite conduisant au centre de tout1 il est clair que cette direction rectiligne serait compose de ce que nous pouvons appeler1 sans exagration1 une infinit de courbes particulires1 rsultat des diffrences continuelles de position relative parmi ces masses innombrables1 mesure que chacune progresse dans son plerinage vers l',unit finale4 ,je citais tout l'heure le passage suivant de sir ,john ,herschell1 appliqu aux groupes3 ,d'un ct1 sans un mouvement rotatoire et une force centrifuge1 il est presque impossible de ne pas les considrer comme soumis une condition de rapprochement progressif4 ,le fait est qu'en examinant les nbuleuses avec un tlescope trs-puissant1 il est absolument impossible1 quand une fois on a conu cette ide de rapprochement1 de ne pas ramasser de tous les cts des tmoignages qui la confirment4 ,il y a toujours un noyau apparent dans la direction duquel les toiles semblent se prcipiter1 et ces noyaux ne peuvent pas tre pris pour de purs phnomnes de perspective2--les groupes sont rellement plus denses vers le centre1 plus clairs vers les rgions extrmes4 ,en un mot1 nous voyons toutes choses comme nous les verrions si un rapprochement universel avait lieu2 mais1 en gnral1 je crois que s'il est naturel1 quand nous examinons ces groupes1 d'accueillir l'ide d'un mouvement orbitaire autour d'un centre1 ce n'est qu' la condition d'admettre l'existence possible1 dans les domaines lointains de l'espace1 de lois dynamiques qui nous seraient totalement inconnues4 ,de la part d',herschell1 il y a videmment rpugnance supposer que les nbuleuses soient dans un tat de rapprochement progressif4 ,mais si les faits1 si mme les apparences justifient cette supposition1 pourquoi1 demandera-t-on peut-tre1 rpugne-t-il l'admettre8 ,simplement cause d'un prjug2 simplement parce que cette supposition contredit une ide prconue et absolument sans base1--celle de l'tendue infinie et de l'ternelle stabilit de l',univers4 ,footnote #a3 ,on doit comprendre que ce que je nie spcialement dans l',hypothse de ,madler1 c'est la partie qui concerne le mouvement circulaire4 ,s'il n'existe pas maintenant dans notre groupe un grand globe central1 naturellement il en existera un plus tard4 ,dans quelque temps qu'il existe1 il sera simplement le noyau de la consolidation4 ,,xiv ,si les propositions de ce ,discours sont logiquement dduites1 cette condition de rapprochement progressif est prcisment la seule dans laquelle nous puissions lgitimement considrer toutes les choses de la cration2 et je confesse ici1 avec une parfaite humilit1 que1 pour ma part1 il m'est impossible de comprendre comment toute autre interprtation de la condition actuelle des choses a jamais pu se glisser dans un cerveau humain4 ,la tendance au rapprochement et l'attraction de la gravitation sont deux termes rciproquement convertibles4 ,en nous servant de l'un ou de l'autre1 nous voulons parler de la raction de l',acte primordial4 #aa ne fut jamais rien de si inutile que de supposer la ,matire pntre d'une qualit indestructible faisant partie de son essence1--qualit ou instinct jamais insparable d'elle1 principe inalinable en vertu duquel chaque atome est perptuellement pouss rechercher l'atome son semblable4 ,jamais il n'y eut rien de moins ncessaire que d'adopter cette ide anti-philosophique4 ,allant au del de la pense vulgaire1 il faut que nous comprenions1 mtaphysiquement1 que le principe de la gravitation n'appartient la matire que temporairement1 pendant qu'elle est parpille2--pendant qu'elle existe sous la forme de la ,pluralit au lieu d'exister sous celle de l',unit2--lui appartient seulement en vertu de son tat d'irradiation2--appartient1 en un mot1 non pas la ,matire elle-mme le moins du monde1 mais uniquement la condition actuelle o elle se trouve4 ,d'aprs cette ide1 quand l'irradiation sera retourne vers sa source1--quand la raction sera devenue complte1--le principe de la gravitation aura cess d'exister4 ,et1 en fait1 bien que les astronomes ne soient jamais arrivs l'ide que nous mettons ici1 il semble toutefois qu'ils s'en soient rapprochs en affirmant que s'il n'y avait qu'un seul corps dans l',univers1 il serait impossible de comprendre comment le principe de la gravitation pourrait s'tablir2 c'est--dire qu'en considrant la matire telle qu'elle se prsente leurs yeux1 ils en tirent la conclusion laquelle je suis arriv par voie de dduction4 ,qu'une suggestion aussi fconde soit reste si longtemps sans porter ses fruits1 c'est l un mystre que je ne saurais approfondir4 ,c'est peut-tre1 en grande partie1 notre tendance naturelle vers l'ide de perptuit1 vers l'analogie2 et plus particulirement1 dans le cas prsent1 vers la symtrie1 qui nous a entrans dans une fausse route4 ,en ralit1 le sentiment de la symtrie est un instinct qui repose sur une confiance presque aveugle4 ,c'est l'essence potique de l',univers1 de cet ,univers qui1 dans la perfection de sa symtrie1 est simplement le plus sublime des pomes4 ,or1 symtrie et consistance sont des termes rciproquement convertibles2 ainsi la ,posie et la ,vrit ne font qu'un4 ,une chose est consistante en raison de sa vrit1--vraie en raison de sa consistance4 ,une parfaite consistance1 je le rpte1 ne peut tre qu'une absolue vrit4 ,nous admettrons donc que l',homme ne peut pas rester longtemps dans l'erreur1 ni se tromper de beaucoup1 s'il se laisse guider par son instinct potique1 instinct de symtrie1 et consquemment vridique1 comme je l'ai affirm4 ,cependant il doit prendre garde qu'en poursuivant l'tourdie une symtrie superficielle de formes et de mouvements1 il ne perde de vue la relle et essentielle symtrie des principes qui les dterminent et les gouvernent4 ,que tous les corps stellaires doivent finalement se fondre en un seul1 que toutes choses doivent enfin grossir la substance d'un prodigieux globe central dj existant1--c'est l une ide qui1 depuis quelque temps dj1 semble d'une manire vague1 indtermine1 avoir pris possession de l'imagination humaine4 ,de fait1 cette ide appartient la classe des choses excessivement videntes4 ,elle nat instantanment de l'observation1 mme superficielle1 des mouvements circulaires et en apparence giratoires ou tourbillonnants de ces portions de l',univers qui1 trs-rapproches de nous1 s'offrent immdiatement notre attention4 ,il n'existe peut-tre pas un seul homme1 d'une ducation ordinaire et d'une facult de mditation moyenne1 qui1 dans une certaine mesure1 l'ide en question ne se soit prsente1 comme spontane1 instinctive1 et portant tout le caractre d'une conception profonde et originale4 ,toutefois1 cette conception1 si gnralement rpandue1 n'est jamais ne1 ma connaissance1 du moins1 d'une srie de considrations abstraites4 ,au contraire1 elle a toujours t suggre1 comme je l'ai dit1 par les mouvements tourbillonnant autour des centres1 et c'est dans le mme ordre de faits1 c'est--dire dans ces mmes mouvements circulaires1 que naturellement on a cherch une raison qui expliqut cette ide1 une cause qui pt amener cette agglomration de tous les globes en un seul1 lequel tait dj suppos existant4 ,ainsi quand on proclama la diminution1 progressive et rgulire1 observe dans l'orbite de la comte d',encke1 chacune de ses rvolutions autour de notre ,soleil1 les astronomes furent presque unanimes pour dire que la cause en question tait trouve1--qu'un principe tait dcouvert1 suffisant pour expliquer1 physiquement1 cette finale et universelle agglomration1 laquelle1 dtermin par son instinct analogique1 symtrique ou potique1 l'homme avait donn crance plus qu' une simple hypothse4 ,on affirma que cette cause1 cette raison suffisante de l'agglomration finale1 existait dans un agent intermdiaire1 excessivement rare1 mais cependant matriel1 qui pntrait tout l'espace2 lequel1 en retardant la marche de la comte1 affaiblissait perptuellement sa force tangentielle et augmentait en mme temps la force centripte1 qui naturellement rapprochait davantage la comte chaque rvolution et devait finalement la prcipiter sur le ,soleil4 ,tout cela tait strictement logique1 une fois qu'on avait admis ce mdium ou cet ther2 mais il n'y avait aucune raison d'admettre l'ther1 si ce n'est qu'on n'avait pu dcouvrir aucun autre moyen d'expliquer la diminution observe dans l'orbite de la comte2--comme si de l'impossibilit de trouver un autre mode d'explication il s'ensuivait qu'il n'en existt rellement pas d'autre4 ,il est clair que d'innombrables causes combines pouvaient amener la diminution de l'orbite1 sans que nous pussions mme en dcouvrir une seule4 ,d'ailleurs1 on n'avait jamais bien dmontr pourquoi le retard occasionn par les bords extrmes de l'atmosphre du ,soleil1 travers lesquels la comte passe son prihlie1 ne sufft pas pour expliquer le phnomne4 ,que la comte d',encke sera absorbe par le ,soleil1 c'est probable2 que toutes les comtes du systme seront absorbes1 c'est plus que possible2 mais1 dans un tel cas1 le principe de l'absorption doit tre cherch dans l'excentricit de l'orbite des comtes et dans leur rapprochement extrme du ,soleil leur prihlie2 et ce n'est pas un principe qui puisse affecter les lourdes et solides sphres qui doivent tre considres comme les vrais matriaux constituants de l',univers4 ,relativement aux comtes en gnral1 permettez-moi de dire en passant que nous avons le droit de les considrer comme les clairs du ,ciel cosmique4 ,l'ide d'un ther ralentissant et servant amener l'agglomration finale de toutes choses nous a sembl une seule fois confirme par une diminution positive observe dans l'orbite de la lune4 ,si nous en rfrons aux clipses enregistres il y a #b1ejj ans1 nous voyons que la vlocit de la rvolution du satellite tait alors bien moindre qu'elle n'est aujourd'hui et que1 en supposant que son mouvement dans son orbite soit en accord constant avec la loi de ,kepler1 et ait t alors1 il y a #b1ejj ans1 soigneusement dtermin1 elle est aujourd'hui1 relativement la position qu'elle devrait occuper1 en avance de #i1jjj milles environ4 ,l'accroissement de vlocit prouvait1 naturellement1 une diminution de l'orbite1 et les astronomes inclinaient fortement croire l'existence d'un ther1 quand ,lagrange vint la rescousse4 ,il dmontra que1 grce la configuration des sphrodes1 le petit axe de leur ellipse est sujet varier de longueur1 tandis que le grand axe reste le mme1 et que cette variation est continue et vibratoire1 de sorte que chaque orbite est dans un tat de transition1 soit du cercle l'ellipse1 soit de l'ellipse au cercle4 ,le petit axe de la lune tant dans sa priode de dcroissance1 l'orbite passe du cercle l'ellipse et1 consquemment1 dcrot aussi2 mais1 aprs une longue srie de sicles1 l'excentricit extrme sera atteinte2 alors le petit axe commencera augmenter jusqu' ce que l'orbite se transforme en un cercle2 puis la priode de raccourcissement aura lieu de nouveau1--et ainsi de suite tour de rle4 ,dans le cas de la ,terre1 l'orbite va se transformant d'ellipse en cercle4 ,les faits ainsi dmontrs ont naturellement dtruit la prtendue ncessit de supposer un ther et toute apprhension relative l'instabilit du systme1 laquelle tait attribue l'ther4 ,on se souvient que j'ai moi-mme suppos quelque chose d'analogue et que nous pouvons appeler un ther4 ,j'ai parl d'une influence subtile accompagnant partout la matire1 bien qu'elle ne se manifeste que par l'htrognit de la matire4 ,a cette influence1 dont je ne veux ni ne puis en aucune faon dfinir la mystrieuse et terrible nature1 j'ai attribu les phnomnes varis d'lectricit1 de chaleur1 de magntisme1 et mme de vitalit1 de conscience et de pense1--en un mot1 de spiritualit4 ,on voit tout de suite que l'ther1 compris de cette faon1 est radicalement distinct de l'ther des astronomes2 le leur est matire et le mien ne l'est pas4 ,l'abolition de l'ther matriel semble impliquer aussi la disparition absolue de cette ide d'agglomration universelle1 si longtemps prconue par l'imagination potique de l'humanit2--agglomration laquelle une sage ,philosophie aurait pu lgitimement prter crance1 au moins jusqu' un certain point1 si elle avait t prconue uniquement par cette imagination potique1 sans aucune autre raison dterminante4 ,mais1 jusqu' prsent1 l',astronomie et la ,physique n'ont rien su trouver qui permette d'assigner une fin l',univers4 ,quand mme on et pu1 par une cause aussi accessoire et indirecte que l'ther1 dmontrer cette fin1 l'instinct qui rvle l',homme la ,puissance ,divine d'adaptation se serait rvolt contre cette dmonstration4 ,nous eussions t forcs de regarder l',univers avec ce sentiment d'insatisfaction que nous prouvons en contemplant un ouvrage d'art humain inutilement compliqu4 ,la cration nous aurait affects comme un plan imparfait dans un roman1 o le dnouement est gauchement amen par l'interposition d'incidents externes et trangers au sujet principal1 au lieu de jaillir du fond mme du thme1--du cur de l'ide dominante2--au lieu de natre comme rsultat de la proposition premire1 comme partie intgrante1 insparable et invitable1 de la conception fondamentale du livre4 ,on comprendra maintenant plus clairement ce que j'entends par symtrie purement superficielle4 ,c'est simplement la sduction de cette symtrie qui nous a induits accepter cette ide gnrale dont l'hypothse de ,madler n'est qu'une partie1--l'ide de l'attraction tourbillonnante des globes4 ,si nous cartons cette conception trop crment physique1 la vritable symtrie de principe nous fait voir la fin de toutes choses mtaphysiquement implique dans l'ide d'un commencement1 nous fait chercher et trouver dans cette origine de toutes choses les rudiments de cette fin1 et enfin concevoir l'impit qu'il y aurait supposer que cette fin pt tre amene moins simplement1 moins directement1 moins clairement1 moins artistiquement que par la raction de l',acte originel et crateur4 ,,xv ,remontons donc vers une de nos suggestions antcdentes et concevons les systmes1 concevons chaque soleil1 avec ses plantes-satellites1 comme un simple atome titanique existant dans l'espace avec la mme inclination vers l',unit1 qui caractrisait1 au commencement1 les vritables atomes aprs leur irradiation travers la ,sphre universelle4 ,de mme que ces atomes originels se prcipitaient l'un vers l'autre selon des lignes gnralement droites1 de mme nous pouvons concevoir comme gnralement rectilignes les chemins qui conduisent les systmes-atomes vers leurs centres respectifs d'aggrgation2--et dans cette attraction directe1 qui rassemble les systmes en groupes1 et dans celle1 analogue et simultane1 qui rassemble les groupes eux-mmes1 mesure que s'opre la consolidation1 nous trouvons enfin le grand ,maintenant1--le terrible ,prsent1--la condition actuellement existante de l',univers4 ,une analogie rationnelle peut nous aider former une hypothse relativement l',avenir1 encore plus effrayant4 ,l'quilibre entre les forces1 centripte et centrifuge1 de chaque systme1 tant ncessairement dtruit quand il arrive se rapprocher1 jusqu' un certain point1 du noyau du groupe auquel il appartient1 il en doit rsulter1 un jour1 une prcipitation chaotique1 ou telle en apparence1 des lunes sur les plantes1 des plantes sur les soleils1 et des soleils sur les noyaux2 et le rsultat gnral de cette prcipitation doit tre l'agglomration des myriades d'toiles1 existant actuellement dans le firmament1 en un nombre presque infiniment moindre de sphres presque infiniment plus vastes4 ,en devenant immensment moins nombreux1 les mondes de cette poque seront devenus immensment plus gros que ceux de la notre4 ,alors1 parmi d'incommensurables abmes1 brilleront des soleils inimaginables4 ,mais tout cela ne sera qu'une magnificence climatrique prsageant la grande ,fin4 ,la nouvelle gense indique ne peut tre qu'une des tapes vers cette ,fin1 un des ajournements encore nombreux4 ,par ce travail d'agglomration1 les groupes eux-mmes1 avec une vitesse effroyablement croissante1 se sont prcipits vers leur centre gnral1--et bientt1 avec une vlocit mille fois plus grande1 une vlocit lectrique1 proportionne leur grosseur matrielle et la vhmence spirituelle de leur apptit pour l',unit1 les majestueux survivants de la race des toiles s'lancent enfin dans un commun embrassement4 ,nous touchons enfin la catastrophe invitable4 ,mais cette catastrophe1 quelle peut-elle tre8 ,nous avons vu s'accomplir la conglomration1 la moisson des mondes4 ,dsormais1 devrons-nous considrer ce globe des globes1 ce globe matriel unique1 comme constituant et remplissant l',univers8 ,une telle ide serait en contradiction complte avec toutes les propositions mises dans ce ,discours4 ,j'ai dj parl de cette absolue rciprocit d'adaptation qui est la grande caractristique de l',art divin1--qui est la signature divine4 ,arriv ce point de nos rflexions1 nous avons regard l'influence lectrique comme une force rpulsive qui seule rendait la ,matire capable d'exister dans cet tat de diffusion ncessaire l'accomplissement de ses destines2--l1 en un mot1 nous avons considr l'influence en question comme institue pour le salut de la ,matire1 pour sauvegarder les buts de toute matrialit4 ,rciproquement1 il nous est permis de considrer la ,matire comme cre seulement pour le salut de cette influence1 uniquement pour sauvegarder le but et l'objet de cet ther spirituel4 ,par le moyen1 par l'intermdiaire1 par l'agence de la ,matire et par la force de son htrognit1 cet ther a pu se manifester1--l',esprit a t individualis4 ,c'est uniquement dans le dveloppement de cet ther1 par l'htrognit1 que des masses particulires de ,matire sont devenues animes1 sensibles1 et en proportion de leur htrognit2 quelques-unes atteignant un degr de sensibilit qui implique ce que nous appelons ,pense1 et montant ainsi jusqu' l',intelligence ,consciente4 ,a ce point de vue1 nous pouvons regarder la ,matire comme un ,moyen1 et non comme une ,fin4 ,son utilit et son but taient compris dans sa diffusion1 et1 avec le retour vers l',unit1 sa destine est accomplie4 ,ce globe des globes absolument consolid serait sans but et sans objet2 consquemment il ne pourrait continuer exister un seul instant4 ,la ,matire1 cre dans un but1 ne peut incontestablement1 ce but tant rempli1 tre plus longtemps ,matire4 ,efforons-nous de comprendre qu'elle aspire disparatre1 et que ,dieu seul doit rester tout entier1 unique et complet4 ,chaque uvre ne de la conception ,divine doit coexister et coexpirer avec le but qui lui est assign2 cela me semble vident1 et je ne doute pas que la plupart de mes lecteurs1 en voyant l'inutilit de ce dernier globe de globes1 acceptent ma conclusion3 ,donc1 il ne peut pas continuer d'exister4 ,cependant1 comme l'ide saisissante de sa disparition instantane est de nature ne pas tre agre facilement1 prsente d'une manire aussi radicalement abstraite1 par l'esprit mme le plus vigoureux1 appliquons-nous la considrer d'un autre point de vue un peu plus ordinaire2--examinons comment elle peut tre entirement et magnifiquement corrobore par une considration posteriori de la ,matire1 telle que nous la voyons actuellement4 ,j'ai dj dit que1 l',attraction et la ,rpulsion tant incontestablement les seules proprits par lesquelles la ,matire se manifeste l',esprit1 nous avons le droit de supposer que la ,matire n'existe que comme ,attraction et ,rpulsion2--en d'autres termes1 que l',attraction et la ,rpulsion sont ,matire2 puisqu'il n'existe pas de cas o nous ne puissions employer1 ou le terme ,matire1 ou1 ensemble1 les termes ,attraction et ,rpulsion1 comme expressions de logique quivalentes et consquemment convertibles4 ,or1 la dfinition mme de l',attraction implique la particularit1 --l'existence de parties1 de particules1 d'atomes2 car nous la dfinissons ainsi3 tendance de chaque atome vers chaque autre atome1 selon une certaine loi4 videmment1 l o il n'y a pas de parties1 l est l'absolue ,unit2 l o la tendance vers l',unit est satisfaite1 il ne peut plus exister d',attraction2--ceci a t parfaitement dmontr1 et toute la ,philosophie l'admet4 ,donc1 quand1 son but accompli1 la ,matire sera revenue sa condition premire d',unit1--condition qui prsuppose l'expulsion de l'ther sparatif1 dont la fonction consiste simplement maintenir les atomes part les uns des autres jusqu'au grand jour o1 cet ther n'tant plus ncessaire1 la pression victorieuse de la collective et finale ,attraction viendra prdominer dans la mesure voulue pour l'expulser2--quand1 dis-je1 la ,matire1 excluant l'ther1 sera retourne l',unit absolue1 la ,matire 7pour parler d'une manire paradoxale7 existera alors sans ,attraction et sans ,rpulsion2 en d'autres termes1 la ,matire sans la ,matire1 ou l'absence de ,matire4 ,en plongeant dans l',unit1 elle plongera en mme temps dans ce ,non-tre qui1 pour toute ,perception ,finie1 doit tre identique l',unit1--dans ce ,nant ,matriel du fond duquel nous savons qu'elle a t voque1--avec lequel seul elle a t cre par la ,volition de ,dieu4 ,je rpte donc3 ,efforons-nous de comprendre que ce dernier globe1 fait de tous les globes1 disparatra instantanment1 et que ,dieu seul restera1 tout entier1 suprme rsidu des choses4 ,,xvi ,mais devons-nous nous arrter ici8 ,non pas4 ,de cette universelle agglomration et de cette dissolution peut rsulter1 nous le concevons aisment1 une nouvelle srie1 toute diffrente peut-tre1 de conditions1--une autre cration1--une autre irradiation retournant aussi sur elle-mme1--une autre action1 avec raction1 de la ,volont ,divine4 ,soumettons notre imagination la loi suprme1 la loi des lois1 la loi de priodicit2 et nous sommes plus qu'autoriss accepter cette croyance1 disons plus1 nous complaire dans cette esprance1 que les phnomnes progressifs que nous avons os contempler seront renouvels encore1 encore1 et ternellement2 qu'un nouvel ,univers fera explosion dans l'existence1 et s'abmera son tour dans le non-tre1 chaque soupir du ,cur de la ,divinit4 ,et maintenant1 ce ,cur ,divin1--quel est-il8 ,c'est notre propre cur4 ,que l'irrvrence apparente de cette ide n'effarouche pas nos mes et ne les dtourne pas du froid exercice de la conscience1--de cette profonde tranquillit dans l'analyse de soi-mme1--par lesquels seulement nous pouvons esprer d'arriver jusqu' la plus sublime des vrits1 et la contempler loisir1 face face4 ,les phnomnes dont dpendent1 partir de ce point1 nos conclusions1 sont des ombres purement spirituelles1 mais qui n'en sont pas moins entirement substantielles4 ,nous marchons1 travers les destines de notre existence mondaine1 environns de ,souvenirs1 obscurcis mais toujours prsents1 d'une ,destine plus vaste1--qui remonte loin1 bien loin dans le pass1 et qui est infiniment imposante4 ,la ,jeunesse que nous vivons est particulirement hante par de tels rves1--que cependant nous ne prenons jamais pour des rves4 ,nous les reconnaissons comme ,souvenirs4 ,pendant notre jeunesse1 nous faisons trop clairement la distinction pour nous mprendre un seul instant4 ,tant que dure cette ,jeunesse1 ce sentiment de notre existence personnelle est le plus naturel de tous les sentiments4 ,nous le sentons trs-pleinement1 entirement4 ,qu'il y ait eu une poque o nous n'existions pas1--ou qu'il puisse se faire que nous n'ayons jamais exist1 ce sont l des considrations que1 pendant cette jeunesse1 nous ne comprenons que trs-difficilement4 ,pourquoi nous pouvions ne pas exister1 c'est l1 jusqu' l'poque de notre ,virilit1 de toutes les questions1 celle laquelle il nous serait le plus impossible de rpondre4 ,l'existence1 l'existence personnelle1 l'existence de tout ,temps et pour toute l'ternit1 nous semble1 jusqu' l'poque de notre ,virilit1 une condition normale et incontestable2--cela nous semble1 parce que cela est4 ,mais vient une priode pendant laquelle la ,raison conventionnelle du monde nous veille pour l'erreur et nous arrache la vrit de nos rves4 ,le ,doute1 la ,surprise et l',incomprhensibilit arrivent au mme moment4 ,ils disent3 ,vous vivez1 et il fut un temps o vous ne viviez pas4 ,vous avez t cr4 ,il existe une ,intelligence plus grande que la vtre1 et c'est seulement grce cette ,intelligence que vous vivez tant soit peu4 ,nous nous efforons de comprendre ces choses et nous ne le pouvons pas2'--nous ne le pouvons pas1 parce que ces choses1 n'tant pas vraies1 sont ncessairement incomprhensibles4 ,il n'existe pas un tre pensant1 qui1 un certain point lumineux de sa vie intellectuelle1 ne se soit senti perdu dans un chaos de vains efforts pour comprendre ou pour croire qu'il existe quelque chose de plus grand que son me personnelle4 ,l'absolue impossibilit pour une me de se sentir infrieure une autre2 l'intense1 l'insupportable malaise et la rbellion qui sont le rsultat d'une pareille ide1 et puis les irrpressibles aspirations vers la perfection1 ne sont que les efforts spirituels1 concidant avec les matriels1 pour retourner l',unit primitive1--et constituent1 pour mon esprit du moins1 une espce de preuve1 dpassant de beaucoup ce que l',homme appelle une dmonstration1 qu'il n'y a pas d'me infrieure une autre1--que rien n'est et ne peut tre suprieur une me quelconque1--que chaque me est1 partiellement1 son propre ,dieu1 son propre ,crateur2--en un mot1 que ,dieu1 le ,dieu matriel et spirituel1 n'existe maintenant que dans la ,matire diffuse et l',esprit diffus de l',univers2 et que la concentration de cette ,matire et de cet ,esprit pourra seule reconstituer le ,dieu purement ,spirituel et ,individuel4 ,de ce point de vue1 et de celui-l seulement1 il nous est donn de comprendre les nigmes de l',injustice ,divine1--de l',inexorable ,destin4 ,de ce point de vue seul1 l'existence du ,mal devient intelligible1 mais de ce point de vue1 il devient mieux qu'intelligible1 il devient tolerable4 ,nos mes ne peuvent plus se rvolter contre une ,douleur que nous nous sommes impose nous-mmes1 pour l'accomplissement de nos propres desseins1--dans le but1 quelquefois futile1 d'agrandir le cercle de notre propre ,joie4 ,j'ai parl de ,souvenirs qui nous hantaient pendant notre jeunesse4 ,ils nous poursuivent quelquefois mme dans notre ,virilit2--ils prennent graduellement des formes de moins en moins vagues2--de temps autre1 ils nous parlent voix basse1 et disent3 ,il fut une poque dans la ,nuit du ,temps o existait un tre ternel1--compos d'un nombre absolument infini d'tres semblables qui peuplent l'infini domaine de l'espace infini4 ,il n'tait pas et il n'est pas au pouvoir de cet tre1--pas plus qu'en ton pouvoir propre1-d'tendre et d'accrotre1 d'une quantit positive1 la joie de son ,existence2 mais1 de mme qu'il est en ta puissance d'tendre ou de concentrer tes plaisirs 7la somme absolue de bonheur restant toujours la mme71 ainsi une facult analogue a appartenu et appartient cet tre ,divin1 qui ainsi passe son ternit dans une perptuelle alternation du ,moi concentr une ,diffusion presque infinie de ,soi-mme4 ,ce que tu appelles l',univers n'est que l'expansion prsente de son existence4 ,il sent maintenant sa propre vie par une infinit de plaisirs imparfaits1--les plaisirs partiels et entremls de peine de ces tres prodigieusement nombreux que tu nommes ses cratures1 mais qui ne sont rellement que d'innombrables individualisations de ,lui-mme4 ,toutes ces cratures1 toutes1 celles que tu dclares sensibles1 aussi bien que celles dont tu nies la vie pour la simple raison que tu ne surprends pas cette vie dans ses oprations1--toutes ces cratures ont1 un degr plus ou moins vif1 la facult d'prouver le plaisir ou la peine2--mais la somme gnrale de leurs sensations est juste le total du ,bonheur qui appartient de droit l'tre ,divin quand il est concentr en ,lui-mme4 ,toutes ces cratures sont aussi des ,intelligences plus ou moins conscientes2 conscientes1 d'abord1 de leur propre identit2 conscientes ensuite1 par faibles clairs1 de leur identit avec l'tre ,divin dont nous parlons1--de leur identit avec ,dieu4 ,de ces deux espces de consciences1 suppose que la premire s'affaiblisse graduellement1 et que la seconde se fortifie1 pendant la longue succession des sicles qui doivent s'couler avant que ces myriades d',intelligences individuelles s'effacent et se confondent1--en mme temps que les brillantes toiles1--en ,une seule suprme4 ,imagine que le sens de l'identit individuelle se noie peu peu dans la conscience gnrale1--que l',homme1 par exemple1 cessant1 par gradations imperceptibles1 de se sentir ,homme1 atteigne la longue cette triomphante et imposante poque o il reconnatra dans sa propre existence celle de ,jhovah4 ,en mme temps1 souviens-toi que tout est ,vie1--que tout est la ,vie1--la ,vie dans la ,vie1--la moindre dans la plus grande1 et toutes dans l',esprit de ,dieu4 ,,note ,,du ,,traducteur ,les dernires pages du livre indiquent au lecteur le sens qu'il doit attribuer au mot ,vie ternelle1 qui est employ dans les dernires lignes de la prface4 ,le mot est pris dans un sens panthistique1 et non pas dans le sens religieux qu'il comporte gnralement4 ,la ,vie ternelle signife donc ici3 la srie indtermine des existences de ,dieu1 soit l'tat de concentration1 soit l'tat de dissmination4