,au lecteur4 ,ce livre lectronique reproduit intgralement le texte original1 et l'orthographe d'origine a t conserve1 y compris dans les noms propres4 ,seules quelques erreurs typographiques videntes ont t corriges4 ,la liste de ces corrections se trouve la fin du texte4 ,la ponctuation a galement fait l'objet de quelques corrections mineures4 ,,le ,,mus,e ,,du ,,louvre ,,les ,,grands ,,mus,,es ,,du ,,monde ,,illustr,s ,,en ,,couleurs ,,le ,,mus,e ,,du ,,louvre ,publi sous la direction de ,m4 ,,armand ,,dayot1 ,inspecteur gnral des ,beaux-,arts ,illustration ,,ouvrage ,,illustr ,,de #ij ,,planches ,,hors ,,texte ,,en ,,couleurs ,,ditions ,,pierre ,,lafitte ,,paris -- #ij1 ,,champs-,,lys,,es -- ,,paris ,,tome ,,deuxi,,me ,,copyright #aiac ,,by ,,pierre ,,lafitte ,cie4 ,tous droits de reproduction et de traduction rservs pour tous pays4 ,,quentin ,,la ,,tour 7#agjd-aghh7 ,,portrait ,,de ,,louis ,,xv ,illustration ,louis ,,xv ,le roi est reprsent dans tout l'clat de la jeunesse4 ,quentin ,la ,tour a rendu avec bonheur cette tte charmante et fine qui faisait de ,louis ,,xv le plus beau gentilhomme de ,france4 ,le front1 d'un dessin trs pur1 se dveloppe entre les boucles d'une perruque poudre2 sous des sourcils parfaits1 les yeux bien ouverts ont de la finesse1 de l'intelligence1 de la bont2 le nez1 un peu charnu la base1 accuse cette courbure caractristique dans la famille des ,bourbons2 l'incarnat des lvres trahit la sensualit bien connue du monarque2 le menton assez allong termine agrablement ce beau visage et lui donne un grand air de distinction4 ,une fine cravate blanche enserre le cou4 ,le roi est revtu d'une riche armure orne de fleurs de lis d'or et double de velours bleu2 il porte en sautoir le grand cordon de l'ordre du ,saint-,esprit1 en moire bleue2 sur la poitrine s'tale un autre cordon1 carlate celui-l1 auquel est attach l'ordre de la ,toison d',or4 ,sur l'paule droite est ngligemment jet le grand manteau royal fleurdelis et doubl d'hermine4 ,ce portrait1 comme tous ceux de ,la ,tour1 est d'une excution suprieure et d'une intensit de vie tonnante4 ,tout le charme du modle est magnifiquement traduit dans la douceur caressante des yeux2 c'est bien l le monarque aimable et joli qui1 dans les premiers temps de son rgne1 mrita le beau titre de ,bien-,aim que lui avait donn son peuple4 ,et n'allez pas croire que le peintre a flatt son modle2 tous les portraits et toutes les gravures du temps attestent la beaut un peu effmine de ,louis ,,xv4 ,au surplus1 ,quentin ,la ,tour n'avait rien d'un courtisan4 ,dans une prcdente notice1 on a pu voir qu'il mettait assez peu de bonne grce dans ses rapports avec la ,cour et que le roi lui-mme n'chappait pas ses boutades4 ,plusieurs fois1 au cours des sances de pose1 il se livra1 parlant ,louis ,,xv1 des rflexions inconvenantes que ,louis ,,xiv n'et pas tolres mais que son successeur supporta sans colre4 ,d'ailleurs1 comme tous les ,bourbons1 ,louis ,,xv avait de l'esprit et1 plus d'une fois1 les rparties du monarque laissrent le pauvre ,la ,tour interloqu et pantois4 ,le portrait de ,louis ,,xv figura au ,salon de #agdh avec ceux de la ,reine1 du ,dauphin1 du marchal de ,saxe1 du marchal de ,belle-,isle1 du prince douard et de plusieurs autres4 ,a cette poque1 ,la ,tour tait l'apoge de sa rputation2 la ,cour et la ville le proclamaient le roi du pastel4 ,tout ce que ,paris comptait de considrable par la naissance et la fortune briguait l'honneur de se faire peindre par lui4 ,la ,tour1 aussi avis en affaires qu'habile homme en peinture1 exploitait cette vogue et demandait pour ses portraits des sommes trs leves4 ,sans tre avare--car il donna maintes preuves de gnrosit1--il avait une haute opinion de son talent et bien souvent ses prtentions furent ce point exorbitantes que ses modles lui laissrent pour compte ses portraits plutt que de payer les sommes excessives qu'il rclamait4 ,nous l'avons vu exigeant quarante-huit mille livres pour le portrait de ,mme de ,pompadour2 nous le retrouvons1 toutes les poques de sa vie1 bataillant pour le rglement de ses portraits1 par exemple pour ceux de ,mesdames dont il rclame des prix exagrs4 ,par un curieux retour de fortune1 la faveur qui s'attachait aux uvres de ,la ,tour diminua considrablement sur la fin de sa vie4 ,il est vrai de dire que sa main n'tait plus aussi sre et qu'il gtait souvent1 par des surcharges et des retouches inutiles1 des portraits admirablement peints du premier jet4 ,quand il mourut1 dans un tat voisin de la folie1 il tait dj presque oubli d'une gnration qui s'tait cr de nouveaux gots et forg de nouvelles idoles4 ,aprs sa mort1 cette dfaveur s'affirma encore et tourna l'injustice4 ,l'avnement de la peinture classique1 instaure en ,france par ,david1 acheva cette dchance1 et le brillant pastelliste fut englob dans la mme rprobation que ,boucher1 ,fragonard et ,watteau4 ,lorsque1 en #ahag1 le frre de ,la ,tour1 se conformant ses dernires volonts1 lgua la plupart de ses toiles la ville de ,saint-,quentin1 on procda une vente qui devait permettre de raliser certaines libralits du grand pastelliste des uvres charitables4 ,ces enchres sont demeures clbres2 personne ne voulait de ces uvres que l'on couvre d'or aujourd'hui4 ,le magnifique portrait de ,rousseau fut retir trois francs et celui1 non moins beau1 de ,mondonville accordant son violon n'atteignit pas cinq francs4 ,devant ce pitre rsultat1 l'abb ,dulige1 cousin de ,la ,tour et son excuteur testamentaire1 renona1 d'accord avec la municipalit de ,saint-,quentin1 pousser plus loin cette dsastreuse opration4 ,vers la mme poque1 vingt-cinq prparations de ,la ,tour sont vendues soixante livres2 en #ahbj1 un portrait de ,la ,tour1 par lui-mme1 qualifi par l'expert de trs beau1 est adjug #ae;fr4#ie4 ,en #ahbd1 vingt-trois portraits1 dont dix encadrs et les autres en feuilles1 sont vendus en lot pour une somme drisoire4 ,le portrait de ,crbillon pre atteint pniblement trente francs4 ,tout rcemment encore1 en #ahgd1 deux prparations de ,silvestre et ,dumont le ,romain1 par ,la ,tour1 taient adjuges #cjj francs et le portrait du ,dauphin montait1 non sans effort1 #fbj francs4 ,il en va tout autrement aujourd'hui4 ,les pastels de ,la ,tour atteignent actuellement des prix que le clbre pastelliste1 si pre au gain1 n'aurait jamais os rver4 ,qu'il nous suffise de rappeler la vente ,doucet1 toute rcente1 o le portrait de ,duval de l',epinoy1 par ,la ,tour1 est mont jusqu' six cent mille francs4 ,quelque excessif que paraisse ce revirement1 il n'est que juste1 car ,la ,tour fut rellement un grand artiste et il faut se souvenir du mot du baron ,grard1 devant une de ses prparations3 ,on nous pilerait tous dans un mortier1 ,gros1 ,girodet1 ,gurin et moi1 tous les ,g1 qu'on ne tirerait pas de nous un morceau comme celui-ci6 ,on ne saurait mieux faire que de citer l'opinion de ,diderot sur ,quentin ,la ,tour1 propos du ,salon de #agfg3 ,c'est1 certes1 un grand mrite aux pastels de la ,tour de ressembler2 mais ce n'est ni leur principal1 ni leur seul mrite4 ,toutes les parties de la peinture y sont encore4 ,le savant1 l'ignorant les admirent sans avoir jamais vu les personnes2 c'est que la chair et la vie y sont1 mais pourquoi juge-t-on que ce sont des portraits et cela sans s'y mprendre8 ,quelle diffrence y a-t-il entre une tte de fantaisie et une tte relle8 ,comment dit-on d'une tte relle1 qu'elle est bien dessine1 tandis qu'un des coins de la bouche relve1 tandis que l'autre tombe8 ,dans les ouvrages de ,la ,tour1 c'est la nature mme1 c'est le systme de ses incorrections telles qu'on les y voit tous les jours4 ,ce n'est pas de la posie2 ce n'est que de la peinture4 ,le portrait de ,louis ,,xv fut finalement acquis par le ,louvre1 o il figure parmi d'autres belles uvres du grand pastelliste4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #j4ih4--,largeur3 #j4fe4--;,figure grandeur naturelle4 7,,cole ,,fran,,aise ,,du ,x,i,xe ,,si,,cle1 #f;e ,,salle74 ,,cole ,,fran,,aise 7,,jean ,,perr,,al87 ,,portrait ,d',,homme ,illustration ,portrait d',homme ,l'homme est camp dans une attitude aise1 fire1 qui rvle un soldat sous l'ajustement du courtisan4 ,la tte nergique1 aux traits accentus1 encadre de cheveux rudes1 fait penser ces gentilshommes batailleurs dont la ,france tout entire fut le champ clos l'poque des guerres de religion4 ,la douceur n'tait pas leur vertu2 ils n'avaient de respect que pour la force4 ,froces dans le combat1 impitoyables dans la victoire1 ils commettaient au nom de ,dieu les pires atrocits et donnaient carrire1 sous le couvert de convictions religieuses1 leurs instincts de violence et de rapine1 allant parfois jusqu' se mettre en rvolte ouverte contre l'autorit royale4 ,l'inconnu de ce petit tableau dut tre un de ceux-l3 il y a de l'audace dans le regard1 de la duret dans les lignes du visage1 de la svrit dans les lvres troitement closes4 ,une large fraise tuyaute encadre la mle figure du personnage4 ,le haut du corps est pris dans un pourpoint d'un blanc crmeux ferm sur la poitrine par un rang de boutons et qui se termine en pointe la ceinture1 selon la mode du temps4 ,la main gauche serre la poigne de l'pe1 tandis que la droite s'appuie sur la hanche4 ,le haut-de-chausses1 raide comme un corselet d'acier1 se compose de riches passementeries rouges appliques sur un fond crme1 semblable celui du pourpoint4 ,on ne voit qu'une partie des jambes1 jambes nerveuses et souples d'un homme que n'ont pas nerv les plaisirs et l'oisivet de la ,cour4 ,si nous ignorons l'identit du personnage1 nous ne sommes pas mieux renseigns sur le peintre qui a excut ce beau portrait4 ,l'art primitif franais a connu cette disgrce de n'avoir pas eu d'historiographe pour transmettre la postrit les noms de cette pliade d'artistes qui vcut la cour des ,valois1 de ,franois ,ier ,henri ,,iv4 ,plus heureux que nous1 les ,italiens eurent ,vasari2 les ,flamands1 ,karel van ,mander4 ,le peu que nous savons de nos vieux matres franais1 il a fallu le dtacher1 pice pice1 des chroniques du temps1 des comptes de trsorerie de la cassette royale1 ou des annales provinciales du royaume4 ,c'est ainsi que quelques noms ont t rvls1 comme ceux de ,clouet1 de ,jean ,foucquet1 de ,jean ,malouel2 pour bien d'autres artistes1 les noms mmes ne sont pas mentionns et l'on est oblig1 pour les dsigner1 de les appeler le ,matre de ,flmalle1 le ,matre de ,moulins1 le ,matre de l'uvre1 etc4 ,quant l'attribution chacun d'eux des uvres dont ils sont les auteurs1 on est galement rduit aux conjectures et1 faute de documents1 il a fallu procder jusqu'ici par analogie1 par comparaison1 par limination4 ,mais1 en somme1 qu'importe8 ,il nous suffit de savoir qu' l'poque o l',italie se glorifiait d'une renaissance artistique1 o les ,flandres triomphaient avec des peintres comme les van ,eyck1 la ,france pouvait leur opposer des matres qui ne cdaient en rien ceux-l comme mtier et comme inspiration4 ,il existe en ,france une assez nombreuse cole de critiques pour qui le ,primatice1 et en gnral tous les ,italiens appels en ,france par ,franois ,ier1 le ,restaurateur des ,lettres1 marquent la premire tentative d'art que les ,franais eussent connue4 ,pour ceux-l1 ,jehan ,foucquet n'est qu'un ,italien mal dgrossi et ,jehan ,clouet un lve mdiocre de ,barthlemy ,guetty1 dont on fait un ,bartolomeo ,ghetti pour la circonstance4 ,d'autres1 non moins nombreux1 font driver notre art national de l'cole flamande1 dont ,jean van ,eyck fut le gnial anctre4 ,a les entendre1 toutes les uvres de cette poque1 arrives jusqu' nous1 ne seraient que des uvres de ,flamands ou directement inspires par eux4 ,aux premiers1 on peut opposer que la ,france possdait des artistes comme tienne d',auxerre l'poque o le ,primatice n'avait que #ah ans et que ,clouet1 plus g que le mme ,primatice et dj clbre1 n'avait rien eu lui demander pour la technique de son mtier4 ,aux seconds1 il serait encore plus facile de rpondre que1 loin que la ,france ait puis son art aux sources flamandes1 il y a beaucoup parier que c'est la technique franaise1 au contraire1 qui s'est impose aux artistes flamands4 ,ceux-ci1 en effet1 sont tous venus en ,france pour y exercer leur art1 soit ,paris1 soit la cour des ducs de ,bourgogne qui tait une cour franaise o dominait le got franais1 o vivaient des artistes franais trs connus de leur temps4 ,qui nous assure que les van ,eyck1 pour ne parler que d'eux1 n'y ont pas acquis et tout au moins affin le meilleur de leur gnie8 ,au surplus1 les uvres de nos matres franais1 sont d'une simplicit dans la facture1 d'une harmonie dans la composition1 qui ne permet pas de les apparenter aux ,flamands ou aux ,italiens4 ,c'est le cas pour le beau ,portrait d',homme que nous donnons ici4 ,regrettons seulement ce travers de notre race1 cette gentilhommerie rebours qui nous fait sans cesse ddaigner nos gloires pour chanter celles du voisin4 ,le ,portrait d',homme faisait partie de la collection ,lauvageot et est entr avec elle au ,louvre4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #j4ce4--,largeur3 #j4bg4--;,figure mi-jambes3 #j4bj4 7,,salle ,,xi3 ,,salle ,,du ,x,v,ie ,,si,,cle ,,fran,,ais74 ,,meissonier 7#ahae-ahia7 #ahad ,illustration #ahad ,sous un ciel sinistre d'hiver1 l'arme impriale dfile en colonnes4 ,ce n'est plus la marche triomphale d'autrefois1 l'poque des victoires2 les troupes qui cheminent dans cette plaine dfonce1 aux ornires remplies de neige1 ont perdu leur bel enthousiasme1 le sol glac qu'elles foulent n'est plus celui des nations conquises1 mais le sol de la ,france envahie4 ,elles vont d'un pas morne1 comme courbes sous le vent de dfaite qui passe sur elles1 en rafales4 ,et elles se tournent1 d'un regard inquiet1 vers l'idole qu'elles avaient cru invincible4 ,le voil1 justement1 l',empereur1 la tte de son tat-major4 ,mont sur un cheval blanc1 il garde son attitude familire3 la main droite1 qui tient la cravache1 est passe comme d'habitude dans le parement de la redingote grise1 sur la poitrine2 le chapeau lgendaire dcoupe toujours1 sur le ciel livide1 son ombre altire et premptoire4 ,mais le visage est sombre1 ferm1 lourd de penses4 ,a quoi songe le grand capitaine1 au cours de cette marche dans la plaine glace8 ,prpare-t-il quelque gniale revanche ou pressent-il l'abandon1 les dfections de tous ces marchaux qui cheminent derrire lui1 chamarrs d'or1 et qu'il a tirs du nant pour en faire des ducs1 des princes et des rois8 ,ils le suivent encore1 mais on les devine proccups1 fatigus1 dsireux peut-tre de jouir enfin dans la paix de ces fortunes acquises sur les champs de bataille4 ,voici ,berthier1 ,duroc1 ,caulaincourt1 ,drouot1 et ,ney reconnaissable sa tte allonge et au manteau dont il ne passe jamais les manches4 ,jamais ,napolon ne les a mis une plus rude preuve que durant cette campagne de ,france1 o son gnie s'est multipli pour faire tte l'ennemi sur tous les points la fois4 ,il y a dans ce tableau1 si sobre de composition1 une impression tragique plus loquente que la plus dramatique mise en scne4 ,tout concourt en accentuer la tristesse1 la svre figure de l',empereur1 les mines sombres de l'tat-major1 l'aspect lugubre de cette journe d'hiver4 ,dans l'esprit de ,meissonier1 #ahad devait tre un des actes de la tragdie napolonienne qu'il se proposait de peindre4 #agif devait clbrer l'aube glorieuse1 ,castiglione2 #ahjg1 ,friedland1 l'apoge de la gloire2 #ahaj1 ,erfurt1 c'est--dire l',europe entire aux pieds de l',empereur2 #ahad1 la campagne de ,france et le dclin2 #ahae1 le ,bellrophon1 l'aigle abattu1 les ailes brises4 ,des cinq actes de cette tragdie1 ,meissonier n'excuta que le deuxime et le quatrime1 le #ahjg et le #ahad2 les autres demeurrent l'tat d'bauches ou ne furent mme pas esquisss4 ,meissonier avait rv d'tre le peintre de l'pope napolonienne4 ,il avait vou l',empereur un culte passionn et il tudiait les moindres dtails concernant le grand homme avec cette persvrance et ce souci de la documentation qu'il apportait ses tableaux4 ,m4 ,lonce ,bndite1 dans sa belle tude sur ,meissonier1 nous le montre appliqu cette tche3 ,il poursuit avec passion1 sans lassitude1 ses tudes continues1 dont le temps et le travail semblent accrotre l'intrt1 runissant surtout1 avec une ardeur extrme les moindres renseignements sur l'existence prive1 les coutumes1 les habitudes et jusqu'aux tics de l',empereur4 ,il fait parler tous les gnraux survivants de ces guerres hroques1 les ,gouvion-,saint-,cyr1 les ,regnault de ,saint-,jean-d',angly1 ou mme le vieux musicien ,carafa1 et de prfrence les humbles1 les serviteurs ou les soldats1 qui ne sont pas ports amplifier ou dnaturer4 ,il tche d'en obtenir les dtails les plus intimes et les plus infimes1 heureux d'apprendre que ,napolon ne se gantait jamais que de la main gauche1 qu'il portait tous les jours une culotte renouvele de basin blanc1 qu'il prisait1 que sa cravache tait toujours dchiquete par la manie qu'il avait de s'en frapper continuellement les bottes4 ,trois jours avant la mort d',horace ,vernet1 il va chez le vieux matre mourant4 ,on cause de ,napolon1 mme cette heure1 et ,vernet couch1 de sa main vacillante1 lui trace le dessin de la bouche de l',empereur4 ,il se lie avec ,pillardeau1 un ancien piqueur de l',empereur1 qui est son voisin de campagne et il lui emprunte ses harnachements1 ses armes1 ses costumes4 ,il ne se lasse pas de se documenter sur le grand homme2 il possdait lui-mme un muse napolonien complet1 se procurant tous les effets provenant de la garde-robe impriale et faisant copier les vtements du muse des ,souverains4 ,bruty raconte qu'tant all visiter ,meissonier dans son atelier1 il le trouva juch sur un chevalet garni de la selle impriale1 en culotte de peau1 redingote grise et peignant ainsi1 devant une glace1 pour le tableau de #ahad4 ,on peut sourire de cette religion pousse jusqu'au ftichisme1 mais il faut reconnatre que le souci d'exactitude y avait autant de part que la ferveur1 et peu de peintres ont port aussi loin le respect de la vrit historique4 ,la passion du dtail a nui trop souvent1 il est vrai1 son inspiration1 on peut lui reprocher d'avoir voulu trop dire1 mais il restera dans l'histoire de l'art comme un noble et vaillant artiste4 ,il ne travailla pas moins de trois ans son tableau de #ahad2 c'est assez dire quelles tudes il lui cota et quelle conscience il y apporta4 #ahad fut acquis par ,m4 ,chauchard qui l'a lgu au ,louvre4 ,il figure dans l'une des salles amnages pour recueillir l'inestimable collection du richissime mcne4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #j4he4--,largeur3 #a4ah4--;,figures3 #j4be4 7,,collection ,,chauchard74 ,,nicolas ,,poussin 7#aeid-affe7 ,l',,inspiration ,,du ,,po,,te ,illustration ,l',inspiration du pote ,au pied d'un arbre1 ,apollon1 dieu des arts1 est assis1 un large manteau drapant son corps superbe d',olympien4 ,sa tte est couronne de feuillage1 et son bras droit1 appuy sur sa lyre1 est dirig vers les tablettes d'un jeune pote qui1 le visage illumin d'une flamme idale1 sent pntrer en lui le souffle divin de l'inspiration4 ,deus1 ecce ,deus6 ,le visage frmissant du nophyte traduit la fois la joie1 la ferveur et l'extase4 ,au-dessus de sa tte vole un ,amour1 porteur de couronnes dont il va ceindre le front du pote4 ,vers lui se tourne galement un autre ,amour1 arm du carquois symbolique1 qui semble lui promettre d'autres lauriers1 aussi doux que ceux de la gloire4 ,derrire le dieu1 et contemplant la scne1 une femme d'une idale beaut1 muse ou desse1 coute d'un air ravi les strophes inspires du jeune et charmant rapsode4 ,dans cette harmonieuse composition se trouvent rsumes toutes les belles et solides qualits de l'art de ,poussin3 la clart1 la conscience1 la puret de lignes1 la fermet du dessin4 ,c'est du classique le plus pur1 mais quelle vie dans les figures1 quelle simplicit dans les attitudes1 et avec quel art le peintre s'est tenu loign de la froideur acadmique6 ,le ,louvre est riche en uvres de ,poussin4 ,il ne possde pas moins de quarante toiles de ce matre austre1 laborieux et fcond1 qu'on pourrait dfinir le philosophe de la peinture4 ,toutes ses compositions1 crit ,thophile ,gautier1 sont marques au sceau du bon sens1 de la rectitude et de la volont4 ,si l'il n'est pas toujours satisfait de ses tableaux1 le raisonnement n'a jamais rien y reprendre4 ,poussin gagne beaucoup la gravure1 comme les peintres plus soucieux de la pense1 de l'ordonnance et du dessin que de l'agrment de la couleur1 et mme en arrivant aux toiles dont on admirait les estampes1 on prouve parfois une sorte de dsappointement1 car les tons1 poss d'ordinaire sur une impression rouge qui a repouss1 ont pris un aspect triste et rembruni4 ,mais si l'on ne se laisse pas rebuter par cette premire vue1 il se dgage bientt de cette couleur fltrie et neutre un charme svre comme de certaines pices de ,corneille1 qui semblent d'abord ennuyeuses1 et dont on sent plus tard la mle beaut4 ,poussin a tudi l'antique1 ,raphal et ,jules ,romain4 ,mais bien qu'il ait pass la plus grande partie de sa vie ,rome1 et qu'il y soit mort1 il n'en est pas moins rest ,franais1 et chez lui l'ide l'emporte sur la sensation4 ,la nature n'agit pas par son attrait propre1 et il ne voit gure dans les formes que des moyens d'expression4 ,l'excution chez lui est toujours subordonne au sujet et ne s'gaie pas dans cette joie libre de l'artiste qui peint pour peindre4 ,malgr cela ou cause de cela1 personne ne mrite mieux que ,poussin le titre de grand matre4 ,il l'a t1 sinon par le temprament1 du moins par toutes les nobles vertus qui s'acquirent1 se rglent et se dveloppent sous la conduite d'une ferme raison4 ,s'il n'a pas le grand style des ,italiens1 il a la correction soutenue1 la gravit et la certitude magistrale du dessin4 ,toutes ces qualits1 fortifies par la beaut morale de son caractre1 valurent ,poussin l'admiration de ses contemporains4 ,l',apelle de notre sicle est mort1 crivait un ,franais de marque qui assistait ses obsques4 ,la postrit a ratifi ce jugement4 ,a aucune poque1 la gloire de ,poussin n'a subi d'clipse2 elle a continu briller travers les sicles comme un soleil que les nuages ne pourraient voiler4 ,les querelles et les rivalits d'coles se sont attaques bien des gnies pour les discrditer ou les saper2 elles ont toujours respect ,poussin4 ,mieux que cela1 chacun le revendique4 ,ingres se fait son pangyriste enthousiaste et dresse le vieux matre devant le romantisme comme le porte-tendard de la tradition4 ,de son ct1 ,delacroix1 adversaire du classicisme1 rclame ,poussin comme un prcurseur1 comme un quasi-rvolutionnaire4 ,on a tant rpt1 crit-il1 qu'il est le plus classique des peintres1 qu'on sera peut-tre surpris d'apprendre qu'il fut l'un des novateurs les plus hardis de l'histoire de la peinture4 ,poussin est arriv au milieu d'coles manires chez lesquelles le mtier tait prfr la partie intellectuelle de l'art4 ,il a rompu avec toute cette fausset4 ,poussin fut un fervent de son art4 ,il peignit avec conviction1 sans aucune proccupation de lucre4 ,et s'il trouvait juste1 en principe1 qu'on rmunrt son effort1 il demandait peu d'argent pour ses tableaux3 une grande composition de ,poussin tait vendue environ mille francs4 ,souvent mme il proportionnait le prix d'un tableau au nombre de figures qu'il renfermait1 chaque figure lui ayant cot un travail particulier4 ,quelques critiques ont contest l'authenticit de l',inspiration du pote1 qu'ils attribuent ,vouet4 ,les uvres que nous possdons de ce peintre ne permettent pas de lui assigner celle-ci4 ,jamais ,vouet n'a eu cette noblesse1 cette harmonie1 et surtout cette fermet de dessin4 ,l',inspiration du pote est au ,louvre d'acquisition rcente4 ,ce tableau est connu aussi sous le titre de ,apollon et le pote4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #a4cj4--,largeur3 #a4ij4--;,figures grandeur demi-nature4 7,,salle ,,xiv3 ,,salle ,,mollien1 #b;e ,,trav,e74 ,,prud',,hon 7#ageh-ahbc7 ,l',,imp,,ratrice ,,jos,,phine ,illustration ,l',impratrice ,josphine ,sur le dsir mme de l',impratrice1 ,prud'hon a plac son auguste modle en un paysage agreste1 dans les bosquets de la ,malmaison4 ,de grands arbres au feuillage pais forment un joli coin d'ombre qui ne laisse apercevoir qu'un mince pan de ciel4 ,sur une sorte de banc naturel form de roches1 ,josphine de ,beauharnais1 femme de ,napolon et impratrice des ,franais1 repose son corps souple et charmant de crole4 ,son bras gauche repli s'appuie sur la pierre formant dossier et la main aux doigts fusels soutient la tte fine1 encadre de cheveux noirs4 ,le bras droit tombe naturellement le long du corps et vient s'appuyer sur un grand manteau pourpre plac sous elle et dont l'extrmit s'enroule sur les genoux4 ,ce manteau n'est pas l seulement pour protger l'impratrice contre l'humidit de la pierre2 il a certainement aussi comme fonction de faire valoir par le contraste la mousseline de la robe et le grain satin des chairs4 ,la tte est lgrement incline droite1 dans une pose de rverie2 avec son ovale allong1 ses yeux noirs pleins de douceur1 son nez droit un peu relev vers la pointe1 sa bouche grande et souriante1 le visage possde une grce menue et purile4 ,la robe est largement dcollete1 simplement retenue aux paules qu'elle laisse voir ainsi que la rondeur des seins4 ,un cordon plac haut au-dessus de la taille1 la mode du temps1 sert de ceinture4 ,sous la mousseline souple1 les jambes longues se dessinent et s'appuient1 chausses de brodequins en satin blanc1 sur un pais tapis de mousse4 ,l'ensemble de cette composition est infiniment gracieux et ,prud'hon1 qui excellait dans le portrait1 a fait revivre dans cette toile1 avec un art la fois savant et exquis1 la sympathique figure de la premire femme du hros4 ,telle nous la dpeint l',histoire1 bonne1 avenante1 superficielle1 coquette1 frivole mme1 telle elle nous apparat dans le portrait qu'en a trac le peintre4 ,quelles penses profondes peuvent agiter cette tte d'oiselle8 ,rve-t-elle de grandes choses ou simplement d'une parure nouvelle8 ,gageons qu'il s'agit d'une parure2 le sourire qui filtre travers les paupires et qui joue sur les lvres indique bien que les desseins du grand homme dont elle est la femme n'ont aucune part dans sa songerie4 ,prud'hon1 dans ce magnifique portrait1 a crit une page d'histoire2 sur le front de son modle il a su fixer tous les traits purils et dcevants du caractre de ,josphine1 qui fut une femme charmante et bonne1 mais qui ne sut jamais1 pour le malheur de ,napolon et de la ,france1 tre une ,impratrice4 ,ce portrait consacra la rputation de ,prud'hon et lui valut la faveur impriale4 ,josphine fut charme de cette peinture2 ,napolon s'en montra galement trs satisfait et lorsque1 aprs le divorce1 il pousa ,marie-,louise1 il chargea ,prud'hon de la dcoration pour les ftes de la rception de la nouvelle ,impratrice4 ,ce fut galement lui qui dessina la toilette destine ,marie-,louise1 la table1 le miroir1 les coffres bijoux1 la psych1 les fauteuils1 le lavabo1 etc4 ,avec cette grce dont il embellissait tout1 ,prud'hon russit assouplir et rendre aimable le style froid et revche de l',empire4 ,il ralisa une vritable merveille d'lgance et de got4 ,en #ahae1 aprs la chute de l',empereur1 ,marie-,louise avait emport cette toilette ,parme2 elle laissa sans protester commettre le sacrilge1 par le comte de ,bombelles1 de dtruire cette uvre d'art4 ,tous ces objets rappelaient ,napolon1 et l'on voulait effacer jusqu' son souvenir dans le cur de ,marie-,louise1 dj trs dispose renier le grand homme4 ,aussi frivole que ,josphine1 ,marie-,louise n'avait ni son charme ni sa bont4 ,alors que l'pouse rpudie pleura toujours ,napolon perdu1 l'archiduchesse autrichienne apporta sur le trne de ,france toutes les rancunes de sa race1 toute l'indiffrence d'une me sans grandeur et ,napolon vaincu n'avait pas encore gravi les premires marches de son calvaire qu'elle engageait dj de basses et honteuses intrigues sentimentales4 ,prud'hon avait peint le portrait de ,marie-,louise et celui du roi de ,rome4 ,il fut mme gratifi par l',empereur du titre de professeur de dessin de l',impratrice4 ,fonction purement platonique d'ailleurs1 ,marie-,louise tant totalement rebelle tout effort d'esprit et n'ayant aucune sorte de got pour les choses d'art4 ,plusieurs fois le peintre1 soucieux de son rle1 s'vertua fixer l'attention de son lve1 il dut y renoncer4 ,ds le dbut de la leon1 l',impratrice donnait des signes manifestes de lassitude4 ,puis1 n'y tenant plus3 --,j'ai bien sommeil1 monsieur ,prud'hon1 lui disait-elle4 ,a quoi ,prud'hon rpondait3 --,dormez1 ,madame4 ,et1 aprs un salut profond1 il laissait la souveraine son sommeil4 ,le portrait de l',impratrice ,josphine1 quand il parut1 souleva les commentaires malveillants des adversaires de ,prud'hon4 ,david et son cole1 notamment1 se montrrent hostiles4 ,on le chansonna1 on l'accusa d'avoir flatt son modle et d'avoir peu consult la nature4 ,mais les clameurs jalouses sont depuis longtemps teintes et l'uvre survit1 dans sa triomphante et immortelle jeunesse4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #b4dd4--,largeur3 #a4gi4--;,figure grandeur nature4 7,,salle ,,xiv3 ,,salle ,,daru74 ,f4 ,,millet 7#ahad-ahge7 ,l',,ang,,lus ,illustration ,l',anglus ,nul n'est prophte en son pays1 affirme un vieux proverbe4 ,la destine de ,millet justifia l'amre vrit de ce dicton4 ,a aucune poque de sa vie1 le pauvre peintre ne connut la douceur d'tre compris1 pas mme sur ce coin de terre normande qui l'avait vu natre1 grandir1 produire1 sans que personne y devint de quelle gloire il allait embellir le sol natal4 ,on raconte qu'un jour1 un notable de ,cherbourg se prit dire3 ,voyez comme nous sommes mal servis dans nos bonnes intentions4 ,chaque anne1 nous gratifions un enfant du pays d'une pension pour l'encourager dans ses dispositions d'art4 ,nous ne lsinons pas4 ,eh bien6 jusqu'ici1 nous n'avons rcolt que des fruits secs4--,et ,millet8 lui demanda-t-on4--,millet1 qu'est-ce que cela8 ,bien peu de chose4 ,il fait des paysans2 ce n'tait pas la peine de le pensionner pour peindre des bonnes gens que nous voyons tous les jours4 ,toute la ,france1 de rares exceptions prs1 pensait alors comme le notable de ,cherbourg4 ,du richissime amateur au plus infime employ1 en passant par le gros bourgeois rent1 l'accord tait unanime pour dclarer que le paysan mal vtu1 gauche1 souvent malpropre1 tait indigne de solliciter l'attention d'un artiste4 ,ayant os braver cette sentence1 ,millet fut accus de faire uvre rvolutionnaire1 de flatter les bas instincts du peuple en talant sa misre et en la lui rendant hassable4 ,c'est de la peinture de dmocrates1 affirmait ,nieuwerkerke1 surintendant des ,beaux-,arts1 de ces hommes qui ne changent pas de linge et veulent s'imposer aux gens du monde4 ,cet art me dplat et me dgote4 ,le paysan n'tait donc1 l'poque de ,millet1 qu'un tre sans beaut1 peut-tre sans me4 ,de son dur labeur sous le soleil ou la pluie1 de sa rude existence toujours vide de joies1 nul ne se souciait2 c'est peine si le laboureur paraissait plus lev dans l'chelle des tres que le buf attach sa charrue4 ,ce fut la gloire de ,millet d'avoir rhabilit le paysan4 ,a ce magnifique effort1 il gagna peu de renomme1 encore moins d'argent1 mais il s'obstina dans sa voie gnreuse4 ,loin de le rebuter1 les critiques et les clameurs le piqurent au jeu4 ,les toiles succdrent aux toiles1 les semeurs aux botteleurs1 les bcherons aux moissonneurs4 ,et le lgendaire ,anglus confirma la pense des ,glaneuses4 ,l',anglus1 c'est encore une loquente et magnifique scne de la vie paysanne4 ,ils sont deux1 un homme et une femme1 attards au travail de la terre1 dans l'immensit morne de la plaine dore par le couchant4 ,l-bas1 vers l'horizon1 se dresse le clocher du village1 silhouette familire qui signale la place du foyer4 ,et voil que1 dans le soir qui tombe1 les appels argentins de la cloche s'grnent et courent au-dessus des labours4 ,c'est l',anglus du soir1 l'heure de la prire4 ,et ces tres falots1 parias de la terre1 redressent leur torse las1 joignent les mains et courbent le front4 ,toute la laideur dont on affuble le paysan disparat2 le geste de ces mains jointes et de ces fronts courbs ennoblit la scne d'une grandeur sans gale1 car il dit la beaut du travail librement consenti4 ,ce que ,millet a cherch exprimer dans l',anglus1 c'est cette nuance d'motion particulire1 cette espce d'attendrissement instinctif qui doit saisir parfois1 aux champs1 les plus frustes natures1 l'audition lointaine de ces cloches qui ont annonc leur entre dans la socit chrtienne1 clbr leur mariage1 pleur la mort de leurs proches1 et sonneront leurs propres funrailles4 ,ce brusque rappel des grandes dates de l'existence1 consacres1 l'une aprs l'autre1 par les antiques rites religieux1 qui rveille confusment le sentiment de leurs destines ternelles1 ,millet l'a traduit1 chez ces taciturnes hros1 par une inclinaison muette et une minute d'absorption intrieure3 mais il renforait en mme temps l'loquence de cette sobre mimique par la solennelle beaut du paysage4 ,les perspectives illimites de la plaine s'enveloppent d'une vapeur dore1 l'absence de tout accident semble les prolonger l'infini et les silhouettes des deux paysans1 profiles contre-jour sur l'immensit faiblement ondule des fonds1 remplissent tout le ciel de leur majest inconsciente4 7,henry ,marcel47 ,ce magnifique chef-d'uvre fut vendu #a1hjj francs1 en #ahei1 l'architecte ,feydeau4 ,il appartint ensuite ,m4 ,van ,praet1 passa dans diverses collections et fut pay #afj1jjj francs par ,m4 ,secrtan la vente ,john ,wilson4 ,lorsque fut disperse la collection ,secrtan1 ,m4 ,antoine ,proust acquit l',anglus1 pour le gouvernement franais1 au prix de #eec1jjj francs2 mais l'tat ne ratifia pas l'achat4 ,enfin1 il trouva asile dans la collection de ,m4 ,chauchard1 qui le paya #hjj1jjj francs et qui1 sa mort1 l'a lgu au ,louvre4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #j4fa4--,largeur3 #j4hh4--;,figures3 #j4cb4 7,,collection ,,chauchard74 ,,fragonard 7#agcb-ahjf7 ,,les ,,baigneuses ,illustration ,les ,baigneuses ,c'est une dlicieuse symphonie de couleurs tendres et de chairs roses1 que ce tableau des ,baigneuses3 le bleu du ciel1 le vert clair des arbres1 le vert plus sombre des algues bordant le ruisseau font un cadre idal de fracheur cet essaim de jolies femmes qui s'battent dans l'eau avec des cris1 des rires et des mouvements d'ondines en liesse4 ,n'approfondissons pas trop le dtail du paysage2 ne cherchons pas si la perspective est bien exactement quilibre1 si les arbres propices n'ont pas uniquement pour rle de faire crin1 de sertir pour ainsi dire1 sur le velours de leur feuillage la triomphante nudit des baigneuses4 ,que l'eau puisse ou non serpenter entre les bords troits du ruisseau1 qu'importe encore6 ,la beaut de cette toile est tout entire dans la joie folle de ces femmes nues1 dans le mouvement endiabl qui les entrane1 dans la grce harmonieuse de l'ensemble et surtout dans cette chaude atmosphre de lumire et de vie qui dore la cime des arbres et l'piderme des chairs4 ,cette peinture appartient au genre allgorique et galant mis la mode par ,boucher1 et que ,fragonard hrita de lui en y ajoutant une fougue personnelle1 une intensit de vie que ne possdait pas son matre4 ,ses scnes galantes ne sont jamais figes2 qu'il s'agisse des ,hasards heureux de l',escarpolette ou de la ,chemise enleve1 c'est toujours le mme mouvement1 la mme imptuosit1 la mme joie de vivre4 ,aussi chatoyante que celle de ,boucher1 la peinture de ,fragonard a plus de flamme vritable2 son coloris est plus ardent1 ses teintes plus chaudes2 avec autant de grce1 il y a plus de vritable abandon1 peut-tre aussi plus de lascivet1 avec parfois un lger piment de grivoiserie4 ,il ne faut pas oublier que ,fragonard fut le peintre de ,mme ,du ,barry et qu'il vivait dans un sicle de corruption lgante et fleurie4 ,ses tableaux n'taient pas destins aux austres demeures du ,faubourg ou de ,versailles3 elles allaient tout droit vers ces folies discrtes et coquettes1 riges dans quelque quartier lointain1 jolis temples d'amour o se droulaient les parties fines1 les joyeux soupers et les entretiens galants4 ,fragonard tait le peintre indiqu de ces lieux de plaisir2 il en tait le dcorateur naturel et ses compositions libertines taient bien leur place en ces boudoirs parfums qui virent chanceler et tomber tant de vertus4 ,les ,baigneuses appartiennent videmment ce monde aimable et court vtu4 ,elles n'ont pas1 certes1 la mivre finesse des petites marquises ,louis ,,xv1 et certainement ,fragonard a prtendu peindre des ,naades ou des ,nymphes1 mais c'est toujours la ,femme1 attirante et capiteuse1 nigme troublante et vivante1 desse radieuse dont le pouvoir n'a pas diminu depuis l'poque lointaine o ,vnus rgentait l',olympe4 ,parmi les jeunes femmes s'battant dans le ruisseau1 il en est deux1 celles de droite1 qui paraissent se lutiner4 ,au premier plan1 une magnifique beaut blonde1 couronne de cheveux dors1 tale de plantureuses formes d'un galbe parfait4 ,sur le fond des eaux et de la verdure1 au milieu d'un envolement de voiles1 une jeune femme1 semblant descendre de l'azur1 est maintenue au-dessus de l'eau et le mouvement gracieux des bras levs et des jambes tendues est bien celui d'un corps qui vient doucement se poser sur le sol4 ,a gauche1 une naade qui nage dans un bouillonnement d'cume se retourne pour regarder la descente de sa compagne2 une autre1 comme indiffrente la scne1 s'accroche de ses bras levs aux branchages touffus qui penchent vers le ruisseau4 ,une clart dore circule au milieu de tous ces jeunes corps et les baigne dans une sorte d'atmosphre blonde4 ,traite par un peintre ordinaire1 une telle uvre risquerait de tomber dans la vulgarit4 ,ce fut prcisment le privilge des peintres du ,x,v,i,i,ie sicle1 et de ,fragonard en particulier1 de donner un cachet d'lgance suprme aux scnes les plus scabreuses et de savoir faire sourire sans obliger rougir4 ,de tous ces peintres1 ,fragonard fut certainement le plus dou2 il reste1 avec ,watteau1 l'artiste le plus vivant et le plus complet d'une des plus sduisantes poques de l'histoire4 ,les uvres de ,fragonard1 comme toutes celles de ce temps1 connurent un discrdit aujourd'hui remplac par une vogue extraordinaire4 ,ces toiles qui montent dans les ventes des enchres folles ne pouvaient trouver preneur1 il y a quelque cinquante ans1 mme aux prix les plus drisoires4 ,nous ne savons pas combien ,m4 ,la ,caze paya les ,baigneuses1 mais il dut certainement l'avoir trs bon compte1 si l'on songe qu'il acquit la ,chemise enleve1 autre bijou du mme peintre pour la somme peine croyable de deux francs4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #j4fe4--,largeur3 #j4ha4--;,figures3 #j4ce4 7,,salle ,i3 ,,salle ,,la ,,caze74 ,h4 ,,rigaud 7#afei-agdc7 ,,portrait ,,de ,,louis ,,xiv ,illustration ,portrait de ,louis ,,xiv ,dans une riche maison d'un gentilhomme de ,perpignan1 le vieux peintre roussillonnais ,guerra peignait le mur d'une terrasse4 ,derrire lui1 un enfant suivait de tous ses yeux le travail de l'artiste4 ,celui-ci s'tant absent un moment1 l'enfant se saisit des crayons et sur le mur voisin se mit dessiner avec ardeur4 ,le comte de ,ros1 propritaire de l'htel1 survint sur ces entrefaites1 entra dans une grande colre et appela ses gens pour chtier le coupable4 ,mais ,guerra1 de retour1 examina les essais de l'enfant et resta merveill3 ,laissez-le1 dit-il au comte1 ce dessin est trs bon et je vais le suivre4 ,l'enfant dont la vocation se manifestait si spontanment s'appelait ,hyacinthe ,rigaud4 ,aprs quelques annes d'tudes1 il venait ,paris1 enlevait de haute lutte le prix de ,rome1 faisait la conqute du tout-puissant ,le ,brun et devenait1 du jour au lendemain1 le peintre favori des princes et des rois4 ,nous ne donnerons pas ici la liste de tous ceux dont il fit le portrait2 il faudrait citer tout ce que la ,cour et la ville possdaient d'illustre au ,x,v,i,ie sicle3 les peintres1 les sculpteurs1 les crivains1 le haut clerg1 les hommes d'tat1 les ducs et pairs1 tous dfilrent dans son atelier4 ,puis1 sa rputation grandissant1 il fut appel peindre le petit-fils du roi1 qui allait devenir roi d',espagne sous le nom de ,philippe ,v4 ,louis ,,xiv fut tellement satisfait de ce portrait qu'il voulut son tour tre peint par ,rigaud4 ,rigaud1 avec sa manire somptueuse et noble1 tait tout indiqu pour peindre le ,grand ,roi4 ,peintre et modle avaient un gal amour du faste et du dcor4 ,c'est donc dans toute la pompe des attributs royaux que le majestueux monarque est reprsent4 ,il se tient debout devant son trne surmont d'un dais de velours rouge maintenu par des crpines d'or2 un magnifique tapis de mme couleur couvre les marches du trne4 ,a l'poque o est excut ce portrait1 le roi est dj vieux1 il a soixante-trois ans2 mais malgr les atteintes de l'ge1 sa figure n'a rien perdu de sa noblesse et de sa rgulire beaut4 ,campe trs droit sous la lourde perruque1 la tte conserve son air de domination et l'il cette acuit dont le monarque savait si bien corriger l'clat1 quand il le voulait1 par une expression de gracieuse affabilit4 ,mais1 en ce moment1 il est dans toute la majest de sa fonction souveraine4 ,sur ses paules s'attache le somptueux manteau royal1 bleu sem de fleurs de lis d'or et doubl d'hermine1 qui l'enveloppe et retombe en larges plis jusque sur le trne plac derrire4 ,un jabot de fine dentelle s'tale sous le menton du roi et laisse apercevoir la croix du ,saint-,esprit1 soutenue par un large collier d'or4 ,la main droite tendue tient le sceptre1 qui s'appuie sur un coussin de velours bleu fleurdelis sur lequel repose galement la couronne royale1 la plus glorieuse du monde4 ,la main gauche1 pose sur la hanche1 relve le manteau d'apparat1 et met dcouvert l'pe fourreau d'or constell de gemmes et les jambes fines et nerveuses1 emprisonnes dans un maillot de satin blanc4 ,les pieds sont chausss d'escarpins de soie blanche1 poss sur les larges talons rouges que portaient cette poque les gens de cour4 ,de ce portrait se dgage une impression de majest souveraine et1 si l'effigie du monarque n'tait pas connue1 on n'en devinerait pas moins que l'on est en prsence du ,grand ,roi4 ,tout est traduit magnifiquement dans ce portrait3 la distinction clbre du personnage1 l'intelligence de ce roi qui apporta aux affaires une si tonnante application qu'il garda jusqu' ses derniers jours4 ,louis ,,xiv avait command ce portrait ,rigaud pour l'envoyer son petit-fils devenu roi d',espagne2 mais il en fut si enchant qu'il le conserva ,versailles et le plaa dans la ,salle du trne2 le peintre en excuta une copie qui fut expdie ,madrid4 ,rigaud peut tre considr comme l'un des plus grands portraitistes de tous les temps4 ,s'il aime entourer ses modles d'accessoires somptueux et s'il se plat peindre ces accessoires1 ce n'est jamais au dtriment du modle lui-mme4 ,nul ne fut plus que lui soucieux de vrit4 ,il excutait gnralement les ttes part sur de petites toiles et quand il tait satisfait de leur expression et de leur caractre1 il les ajustait sur le tableau la place qu'elles devaient occuper4 ,a cause de ce souci de vrit1 il aimait peu peindre les femmes1 toujours enclines se plaindre que le peintre les enlaidit4 ,l'une d'elles1 trs farde et posant dans son atelier1 lui reprochait un jour qu'il ne se servait pas d'assez belles couleurs4--,eh6 madame1 riposta ,rigaud avec humeur1 c'est le mme marchand qui nous les vend6 ,sa facilit tait proverbiale4 ,saint-,simon raconte qu'il fit de mmoire le portrait de l'abb de ,ranc1 aprs une entrevue qu'il eut avec le clbre rformateur de la ,trappe4 ,et ce portrait1 au dire des contemporains1 tait admirable de ressemblance4 ,il est dat par le peintre1 #agja4 ,rigaud fut anobli par ,louis ,,xiv4 ,louis ,,xv lui continua sa faveur1 le fit chevalier de ,saint-,michel et lui en annona la nouvelle dans une lettre autographe pour avoir eu l'honneur de peindre la ,maison royale jusqu' la quatrime gnration4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #b4gf4--,largeur3 #a4jf4--;,figure grandeur nature4 7,,salle ,,xiv3 ,,salle ,,mollien47 ,,louis ,g,,rard 7#aggj-ahcg7 ,l',,amour ,,et ,,psych ,illustration ,psych recevant le premier baiser de l',amour ,assise sur un pan de roche1 le bas du corps envelopp d'une gaze transparente1 la blonde ,psych reoit avec tonnement le premier baiser de l',amour1 gracieusement pench vers elle4 ,cette sensation inconnue l'agite2 elle porte les mains son cur mu2 la pense1 le sentiment s'veillent dans son tre jusque-l endormi1 et sur son front le papillon de l'me palpite et bat des ailes4 ,il est difficile de mieux rendre la beaut virginale de la premire jeunesse1 que ne l'a fait ,grard dans cette dlicieuse figure2 rien n'est pudique comme l'attitude craintive de ce joli corps qui se pelotonne comme un oiseau effarouch qui replierait ses ailes4 ,l',amour aussi est charmant1 mais sans affterie2 il ne rappelle en rien les ,amours de ,boucher et de son cole4 ,ses grandes ailes d'pervier lui tent l'air poupin d'un ,cupidon de boudoir4 ,avec ses formes sveltes et sa fire lgance1 il reprsente exactement l',amour antique1 le bel ros grec4 ,bien mieux1 il symbolise1 tendrement pench sur la jeune fille qui l'coute1 cette scne ternellement vraie des aveux murmurs tout bas et des premiers battements du cur4 ,ce joli groupe se dtache en clair d'un fond de ciel bleu et de collines boises2 il est regrettable seulement que l'excessif poli de la touche donne aux chairs des tons d'ivoire et de porcelaine4 ,grard excella surtout dans le portrait1 mais il peignait aussi volontiers les scnes mythologiques dont il avait puis le got dans son enfance passe ,rome et1 plus tard1 dans l'atelier de ,david qui le compta parmi ses plus brillants lves4 ,l'uvre charmante que nous donnons ici appartient ce genre1 alors trs la mode4 ,mais ,grard s'inspire de l'antique avec moins d'austrit et avec plus de grce que ,david2 il ne choisit pas comme lui ses personnages parmi les hros1 il recherche de prfrence les sujets gracieux1 les scnes aimables1 bien faites pour son pinceau facile et lger4 ,n'tait le coloris1 on le prendrait pour un peintre venu trop tard et vers dans le classique faute de mieux1 parce que ,watteau1 ,fragonard et ,boucher1 ne sont plus4 ,il possde une grande suavit de touche1 un coloris agrable et fin qui charment et sduisent4 ,david aimait beaucoup ,grard2 il favorisa ses dbuts dans la peinture2 fougueux partisan des ides nouvelles1 il essaya mme de l'entraner avec lui dans la politique militante4 ,lorsque la ,convention rgna souverainement sur la ,france1 ,david crut tre agrable son lve en le faisant nommer membre du tribunal rvolutionnaire4 ,mais ,grard n'avait que peu d'inclination pour cette fonction redoutable2 il simula une maladie pour n'avoir pas la remplir4 ,quand ,napolon prit le pouvoir1 ,grard tait l'apoge de sa rputation et dans tout l'clat de son talent4 ,ses portraits l'avaient rendu clbre3 certains d'entre eux1 celui d',isabey1 celui de ,mlle ,brongniart et surtout celui de ,mme ,rcamier l'avaient consacr grand portraitiste4 ,a vrai dire1 ,grard ne brillait pas par la vivacit de l'expression ni par la vigueur du model2 ses personnages taient toujours marqus d'une sorte de morbidesse1 mais qui se rachetait par une lgance raffine et par un charme incontestable4 ,grard ne sacrifia jamais la ressemblance1 mais il possdait un incomparable tour de main pour embellir ses modles3 aussi fut-il le peintre prfr des femmes4 ,la cour l'adopta aussi3 il eut peindre ,mme ,ltitia1 l'impratrice ,josphine et l',empereur lui-mme en costume de gala4 ,napolon1 qui ne manquait pas de coquetterie1 ne fut pas insensible la flatterie de ,grard qui accentua encore1 en l'affadissant il est vrai1 la beaut romaine de son visage4 ,il se montra ravi de son portrait4 ,il eut alors la singulire ide de vouloir faire de ,grard un peintre de batailles et il le chargea de peindre la ,bataille d',austerlitz4 ,grard fit de son mieux3 sa composition ne manque ni d'habilet ni d'harmonie1 mais on n'y trouve pas cet lan1 cette fougue dont ,gros animait les siennes2 il n'tait pas taill pour le genre hroque4 ,la chute de l',empire ne porta aucune atteinte sa faveur1 qui s'accrut encore avec la ,restauration4 ,il devint le peintre de la famille royale1 comme il avait t celui de la famille impriale4 ,il reut le titre de premier peintre du roi et fut fait baron en #ahai4 ,malgr la gloire dont il jouit de son vivant1 ,grard n'gale pas les autres grands peintres de son poque2 il ne vient qu'assez loin derrire ,david1 ,gros et ,prud'hon4 ,il n'en est pas moins un artiste dlicat et gracieux1 les chairs de ses personnages ont des teintes ivoirines trs plaisantes1 mais qu'il poussa parfois jusqu' l'exagration4 ,quelques-unes de ses toiles1 comme ,psych1 sont de tout premier ordre4 ,psych recevant le premier baiser de l',amour parut au ,salon de #agih4 ,il fut pay #f4jjj francs au peintre en #ahja1 puis achet par l'tat pour #bh4ajj francs en #ahbb1 la vente du baron ,rapp4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #a4hf4--,largeur3 #a4cb4--;,figure grandeur nature4 7,,salle ,,ii3 ,,salle ,,henri ,,ii47 ,,velazquez 7#aeii-affj7 ,,philippe ,,iv ,illustration ,philippe ,,iv ,au ,louvre1 ,velazquez n'est reprsent que par de rares toiles1 mais ces toiles sont de premier choix4 ,velazquez ne travailla gure que pour son royal admirateur1 ,philippe ,,iv1 et son gnie1 emprisonn dans la faveur jalouse du monarque1 n'eut point la permission de rayonner au dehors4 ,mais sa rputation1 un peu mystrieuse pour ceux qui n'ont pas franchi les ,pyrnes et visit le muse de ,madrid1 n'en est pas moins grande4 ,l seulement on peut apprendre connatre compltement ,velazquez1 un portraitiste de la force de ,titien et de ,van ,dyck2 le peintre qui1 peut-tre1 a le plus approch de la nature avec des moyens d'une simplicit extrme4 ,velazquez eut bien des fois cette tche ingrate de peindre son roi1 qui n'tait pas beau2 mais les peintres espagnols1 ralistes de temprament1 ne craignent pas la laideur1 quoiqu'ils sachent atteindre la beaut lorsque cela est ncessaire4 ,aussi ,velazquez reproduisit-il1 avec une rsignation parfaite1 cette tte molle et empte o se traduit l'puisement d'une race4 ,notre ,muse du ,louvre possde un de ces portraits4 ,le roi1 vtu de brun1 son fusil d'une main1 son bonnet de l'autre1 au milieu d'un fond de vague paysage qui laisse toute son importance la figure1 semble se reposer un instant des fatigues de la chasse et reprendre haleine4 ,la stature est leve1 la mine altire1 le maintien ne manque ni de souplesse ni d'lgance2 le visage lui-mme n'est pas sans distinction malgr l'abaissement de la lvre infrieure et l'exagration du prognathisme4 ,il y a de l'aristocratie dans ce grand corps2 mais1 en dpit de l'art du peintre1 la dgnrescence se trahit dans cette sorte de lassitude gnrale de l'allure1 dans l'allongement anormal de la tte1 dans l'aplatissement des tempes et des joues4 ,ce descendant de l'illustre maison d',autriche porte les tragiques stigmates de sa race2 il trane avec lui le terrible hritage de ,jeanne-la-,folle qui vcut avec le cadavre de ,philippe-le-,beau1 son poux4 ,folie en haut1 folie en bas4 ,gnial ou imbcile1 aucun des rois de cette famille ne put chapper compltement la dmence originelle2 ni ,charles-,quint1 malgr sa vaste intelligence1 qui voulut assister vivant ses propres funrailles2 ni ,philippe ,,ii qui passa cinquante ans de sa vie avec un cercueil ouvert ct de lui1 ni l'infant don ,carlos que son pre dut faire enfermer pour cacher au monde le mal hrditaire dont il mourait4 ,en ,philippe ,,iv se condensent pour ainsi dire la morbide et lourde tristesse de cette dynastie que son fils ,charles ,,ii terminera si lamentablement4 ,et ce tragique atavisme se lit1 comme en un livre ouvert1 sur le visage de ce roi fatigu qui promne devant lui son regard sans pense4 ,a quelques pas du monarque1 se tient assis sur son derrire une espce de dogue ou de mtin pelage jauntre1 compagnon fidle et courtisan dsintress4 ,rien de plus simple1 de plus franc et de plus large4 ,c'est la nature mme4 ,on peut dire de ,velazquez qu'il fut vritablement le peintre d'une poque1 le notateur impitoyable de la fin d'une race4 ,gentilhomme de bonne maison et peintre du roi1 il a t1 involontairement peut-tre et par la force des choses1 l'historiographe gnial de cette cour rigide et triste qui en tait rduite1 pour se drider1 s'entourer de fous et de bouffons4 ,et il a dpens1 dans cette besogne ingrate1 l'un des plus beaux gnies dont l'histoire de l'art fasse mention4 ,car ,velazquez est un matre entre les matres4 coutons ,lon ,bonnat nous parler du grand artiste3 ,velazquez est un raliste outrance1 traduisant tout ce qu'il voit sans distinction1 avec une rigueur implacable4 ,il a le don de la simplicit1 et celui de la synthse4 ,personne mieux que lui ne sait rsumer en quelques traits une tte1 un paysage1 un personnage quelconque1 et quand il a rendu la tournure1 le type1 le caractre de ce personnage1 il l'enveloppe d'air ambiant4 ,et les procds que ,velazquez emploie pour obtenir un rsultat si saisissant sont d'une tonnante simplicit4 ,arm d'une palette sur laquelle on ne voit qu'un nombre trs restreint de couleurs1 quelques pinceaux longs et dlis la main1 il peint du premier coup4 ,les ombres simplifies ne sont que frottes1 seules les lumires sont peintes en pleine pte2 et le tout1 dans des tonalits fines1 si largement1 si prestement excut1 et tellement juste de couleur1 de proportions1 tellement exact de valeurs1 tellement vrai de dessin1 que l'illusion est complte et l'uvre admirable4 ,ce que ,velazquez cherche avant tout1 c'est le caractre et la vrit4 ,il est raliste dans la grande et belle acception du mot4 ,sans nulles complaisances envers ses modles1 il peint tout1 mme les dtails secondaires1 d'aprs son roi1 d'aprs les infantes1 d'aprs les personnages quels qu'ils soient qui posent devant lui1 et il obtient ainsi1 son art impeccable tant donn1 des portraits d'un caractre surprenant de grandeur et de ralit1 portraits suggestifs et impressionnants dont les silhouettes mles et vigoureuses sont graves dans nos souvenirs en caractres ineffaables4 ,le portrait de ,philippe ,,iv faisait partie de la collection de ,napolon ,,iii d'o il passa au ,louvre4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #a4db4--,largeur3 #a4bj4--;,figure grandeur nature4 7,,grande ,,galerie3 ,,salle ,,vi47 ,,louis ,,tocqu 7#afif-aggb7 ,,le ,,dauphin ,,louis ,,de ,,france ,illustration ,le ,dauphin ,louis de ,france1 fils de ,louis ,,xv ,le dauphin est reprsent l'ge de dix ans1 en costume de cour4 ,il est vtu d'un habit rouge serr la taille et dont les pans s'vasent un peu1 suivant la mode de l'poque4 ,la culotte1 fixe au genou par une boucle d'or1 est rouge aussi4 ,sur toute cette pourpre1 le gilet blanc fait une tache brillante1 tempre par l'clat plus discret des broderies d'or et par le large cordon bleu du ,saint-,esprit qui barre la poitrine4 ,le dauphin se tient debout de trois quarts1 tourn droite2 le visage1 un joli visage rose et frais d'enfant heureux1 regarde en face2 une perruque poudre encadre cette charmante figure4 ,la main droite est appuye sur la hanche1 conformment une habitude qui parat assez familire aux ,bourbons1 car ,louis ,,xiv et ,louis ,,xv1 peints par des peintres diffrents1 sont reprsents dans cette mme attitude4 ,de la main gauche presque tendue le jeune prince montre un globe terrestre pos terre prs d'une table4 ,a gauche1 des cartes de gographie1 attributs d'colier bien plus que de futur souverain4 ,en les plaant l1 le peintre a sans doute voulu indiquer que le dauphin se prpare par un labeur soutenu remplir dignement les lourdes et redoutables fonctions du gouvernement d'un peuple4 ,dans le fond du tableau on aperoit une galerie surmonte d'une balustrade1 et une draperie bleue releve4 ,sign3 ,louis ,tocqu pinxit4 #agci4 ,dans ce portrait le peintre a traduit avec bonheur la grce enfantine du modle que la somptuosit officielle du cadre ne parvient pas diminuer4 ,il y a de la douceur dans le regard et une sorte d'affabilit dans l'attitude1 malgr le port majestueux impos par l'tiquette4 ,on lit dj dans le visage toutes les belles qualits de ce prince1 aimable et bon1 qui donna la ,france des espoirs qu'une mort prmature devait tromper4 ,de son mariage avec ,marie-,josphe de ,saxe1 il eut trois fils3 l'infortun ,louis ,,xvi1 ,louis ,,xviii et ,charles ,x4 ,rarement ,tocqu se montra mieux inspir que dans ce portrait2 comme la plupart des peintres de son temps1 il aime mieux peindre les femmes et les enfants que les hommes faits4 ,l'lgance des formes1 la gracilit des traits conviennent mieux son talent dlicat et un peu manir4 ,il n'a pas la majest ni la fermet de ,rigaud1 mais il a du charme1 un dessin correct1 une touche lgre1 un dessin agrable1 bien faits pour plaire aux pimpantes dames de la ,cour qui se disputaient la faveur de poser devant lui4 ,son talent s'apparente davantage celui de ,nattier auquel il est d'ailleurs attach par les liens de la reconnaissance et de la famille4 ,c'est ,nattier1 alors dans toute sa gloire1 qui recueille ,tocqu devenu orphelin dix ans2 c'est lui qui lui met le pinceau dans les mains et qui dirige ses dbuts4 ,comme premier essai1 il le charge de faire des copies de tableaux de matres et l'lve s'en acquitte merveille2 il tonne son protecteur par sa manire large1 solide et par une telle perfection d'imitation qu'il tait presque impossible de distinguer la copie de l'original4 ,ce travail procure quelque argent au jeune artiste et lui permet de subvenir l'ducation de ses deux surs et de son frre1 que la mort de leur pre avait vous comme lui-mme la pauvret4 ,mis en vedette par ces copies et fortement second par ,nattier1 ,tocqu vit grandir rapidement sa rputation et il ne tarda pas devenir son tour un peintre la mode4 ,la ,cour et la ville s'arrachaient ses portraits1 o ses modles se prsentaient toujours sous leur aspect le plus avantageux4 ,il ne faisait en cela qu'imiter ,nattier1 son protecteur devenu son beau-pre4 ,en #agcd1 l',acadmie le reoit parmi ses membres4 ,devenu clbre1 il profite de sa vogue pour faire payer trs cher ses portraits1 et tel est l'engouement gnral1 qu'on le recherche d'autant plus que ses prix sont plus levs4 ,en peu de temps il devient riche et son tour il peut rendre ,nattier vieilli et dlaiss les bienfaits qu'il en a reus4 ,il subvient l'entretien du grand artiste dont la faillite de ,law a englouti la fortune4 ,en #agfj1 il est appel en ,russie par l'impratrice lisabeth afin d'y excuter un certain nombre de tableaux1 qui lui furent royalement pays4 ,dans son voyage de retour il parcourut les ,cours du ,nord1 partout accueilli et ft comme un prince de la peinture2 il fit partie de toutes les ,acadmies de l',europe4 ,rentr ,paris1 il abandonna dfinitivement le pinceau pour jouir de sa grande fortune4 ,sans avoir un mrite exceptionnel1 ,tocqu se place nanmoins parmi les bons portraitistes du ,x,v,i,i,ie sicle1 entre ,nattier et ,largillire1 par ses qualits brillantes et faciles4 ,il excellait surtout rendre les toffes d'or et d'argent ainsi que le chatoiement des satins et des velours4 ,le ,portrait du ,dauphin fit partie de la collection de ,louis ,,xv1 pour qui il avait t peint4 ,il passa ensuite dans le domaine national4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #a4ie4--,largeur3 #a4df4--;,figure en buste grandeur nature4 7,,salle ,,xvi3 ,,salle ,,daru47 ,,terburg 7#afag-afha7 ,,le ,,concert ,illustration ,le ,concert ,nous sommes sans aucun doute dans une riche demeure bourgeoise de ,hollande au ,x,v,i,ie sicle4 ,les meubles sont confortables et le tapis qui recouvre la table a t apport de quelque lointaine terre d',orient par un de ces navires hollandais qui sillonnaient1 cette poque1 toutes les mers du globe4 ,terburg s'tait fait l'interprte de cette vie opulente2 il avait pntr dans l'intimit de ces marchands cossus qui joignaient1 une parfaite entente des affaires et un sens pratique trs dvelopp1 un got marqu pour la bonne chre1 pour le bien-tre de leurs intrieurs1 pour les toffes riches4 ,c'est1 en effet1 de solide et beau satin que sont tisss les vtements des deux jeunes femmes reprsentes ici4 ,cette petite scne du ,concert est d'un naturel et d'une fantaisie charmants4 ,assise sur une chaise basse en velours rouge1 l'une des jeunes filles chante un air de musique dont elle suit attentivement les notes sur un feuillet ouvert devant elle4 ,de la main droite elle bat la mesure4 ,sa figure est encadre de cheveux blonds bien tirs1 runis en chignon sur le haut de la tte et retombant en boucles sur les tempes4 ,sans tre belle1 elle a la fracheur panouie que donne la jeunesse et l'clatante carnation des vigoureuses filles du ,nord4 ,plus robuste encore est l'accompagnatrice qui1 debout prs de la table1 pince la viole de ses doigts agiles4 ,derrire la cantatrice s'avance un petit laquais portant un verre sur un plateau4 ,sous son bras gauche il maintient le chapeau larges bords qu'il a t avant d'entrer4 ,terburg est1 sans contredit1 le meilleur des petits matres hollandais de la belle priode4 ,avec moins de fantaisie que ,jean ,steen et moins de mticuleuse prcision que ,grard ,dow1 il l'emporte sur eux par la bonhomie aimable de la composition1 par le naturel de ses personnages et surtout par la fermet du dessin4 ,comme tous les peintres de l'cole hollandaise1 il possde d'instinct la difficile science du coloris et il manie le clair-obscur avec un art qu'on est surpris de le voir prodiguer pour des scnes aussi menues1 aussi insignifiantes pourrait-on dire4 ,mais est-il des scnes insignifiantes en peinture8 ,quelle que soit la petitesse du sujet1 le talent de l'artiste peut le hausser au niveau des plus hautes compositions1 s'il ralise le problme de nous intresser et s'il y dploie les qualits de la grande peinture4 ,ce secret1 ,terburg le possdait au plus haut degr4 ,non seulement il nous fait pntrer avec lui dans la vie familire de la ,hollande et nous la fait comprendre1 mais il nous oblige encore nous merveiller devant les moyens suprieurs qu'il emploie pour y parvenir4 ,dans cette scne en apparence si banale du ,concert1 il a su allier la simplicit la science3 les valeurs y sont distribues avec un art infini et la couleur y est rpartie avec une harmonie parfaite4 ,c'est mieux qu'une anecdote1 c'est une page de vie prive1 scrupuleusement observe et spirituellement raconte4 ,pendant assez longtemps on a trait avec ddain ces peintres dlicieux1 et le titre de petits matres qu'on leur donnait impliquait une sorte de classification pjorative4 ,une lgitime raction s'est opre1 et de nos jours on s'arrache1 dans les ventes1 ces tableaux autrefois mpriss4 ,et c'est juste1 car ces matres de l'cole hollandaise et flamande1 s'ils ne s'embarrassaient pas beaucoup d'idal1 professaient du moins un culte vritable pour l'exacte traduction de la nature4 ,pour eux1 crit ,thophile ,gautier1 un vase d'argent est aussi vrai qu'une cruche de grs1 une rose n'est pas moins relle qu'un chou1 et s'il y a des cabarets enfums1 aux vitres jaunes1 peupls de buveurs rustiques1 il ne manque pas de beaux intrieurs aux grandes chemines colonnes de marbre1 aux fauteuils de velours1 aux tables couvertes de tapis de ,turquie1 aux tentures en cuir de ,bohme1 aux glaces de ,venise miroitant dans l'ombre1 o de belles dames en jupe de satin1 en veste de velours1 font de la musique1 coutent les propos galants ou avancent leur main vers un long verre patte qu'un page emplit de vin des ,canaries4 ,terburg est un de ceux qui aiment nous rvler cette somptueuse vie hollandaise1 si calme1 si repose1 si confortable4 ,ses personnages sont francs d'allure et de mouvement2 ils ont vcu et ils vivent encore grce l'art magique du peintre4 ,terburg exprime1 d'une touche large et fine en mme temps1 les physionomies1 les habits1 les meubles et les accessoires4 ,il rend mieux que personne les cassures lumineuses et les ombres moires du satin2 aussi n'est-il pas avare de cette toffe et en donne-t-il une jupe presque toutes les femmes qu'il reprsente4 ,terburg1 chose rare parmi les peintres de son pays1 savait faire des femmes jeunes et gracieuses dans leur pleur hollandaise rose1 sur laquelle flotte l'ombre transparente des longues boucles blondes4 ,comme elle est charmante1 avec son petit air naf1 sa coiffure en nuds de rubans1 sa casaque jaune paille et sa jupe de satin blanc1 la musicienne du ,concert qui chante et bat la mesure6 ,le ,concert faisait dj partie de l'ancienne collection nationale1 cre par ,louis ,,xiv4 ,ajoutons que l'auteur du ,concert est galement connu sous le nom de ,terborch ou ,ter ,borch1 dont ,terburg1 la forme la plus usuelle1 ne serait qu'une corruption4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #j4dg4--,largeur3 #j4dc4--;,figures3 #j4cj4 7,,salle ,,xxv3 ,,cole ,,hollandaise47 ,,antonello ,,de ,,messine 7vers #addd-adic7 ,,le ,,condotti,,re ,illustration ,le ,condottire ,l'homme qu'on a coutume de dsigner sous le nom de ,condottire est reprsent en buste coup par une balustrade4 ,il est tourn de trois quarts vers la gauche1 les yeux regardant en face4 ,sur la tte il porte une toque noire d'o s'chappent des cheveux roux descendant trs bas sur le front1 cachant demi les sourcils et retombant en boucles sur le cou4 ,comme vtement1 une tunique noire borde1 au col1 de fourrure de mme couleur et laissant apercevoir1 par une mince ouverture1 la tache blanche de la chemise4 ,dans ce cadre uniformment sombre1 se dtache en vigueur la figure du ,condottire1 une figure nergique1 audacieuse1 presque brutale4 ,les yeux ont une trange fixit1 qui trahit l'habituelle duret du personnage2 le nez tombe droit1 d'une chute nette et hardie1 et se termine par des narines pinces1 indices de ruse et de violence4 ,la bouche mchante est serre et mince2 la lvre suprieure porte une cicatrice1 la lvre infrieure1 paisse1 charnue1 s'abat sur un menton volontaire4 ,tout1 dans cette tte qui s'appuie sur un cou de taureau1 respire l'nergie et l'audace4 ,nous sommes bien en prsence d'un de ces aventuriers du ,x,ve sicle qui parcouraient l',italie en vivant de rapines et mettaient leur dague au service de tous les guet-apens1 si nombreux cette poque4 ,thophile ,gautier appelle la tte du ,condottire une merveille1 un chef-d'uvre1 un miracle de la peinture4 ,cet ,antonello de ,messine1 crit-il1 qui n'avait pas recul devant un crime pour s'assurer le secret de la peinture l'huile1 pour avoir t un sclrat1 n'en est pas moins un grand artiste4 ,il a imprim1 cette dure et farouche physionomie1 un tel cachet de vie1 de force et de ralit1 qu'il vous semble avoir l'homme devant les yeux1 l'homme physique et l'homme moral4 ,c'est l'absolu du portrait4 ,le style le plus fier s'y allie admirablement la vrit la plus exacte4 ,le dessin serre les formes avec une prcision tonnante1 et une couleur inaltrable1 comme celle de la mosaque1 s'tend sur un model d'une finesse et d'une vigueur sans rivales4 ,ici1 ds son premier pas1 l'art avait atteint son but4 ,depuis1 on a fait autrement mais non pas mieux4 ,antonello de ,messine fut le premier peintre italien qui fit usage de la peinture l'huile1 mais il semble que ,thophile ,gautier l'a noirci d'un forfait qu'il n'a pas commis4 ,on a beau consulter les biographes1 on ne trouve dans sa vie nulle trace de crime2 tout au plus pourrait-on l'accuser de ruse dans les moyens qu'il employa pour surprendre le secret de ,jean ,van ,eyck4 ,au surplus1 voici l'histoire1 telle que la raconte ,vasari3 ,antonello1 dj clbre en ,italie1 exerait son art ,messine1 sa ville natale1 lorsque le bruit parvint jusqu' lui d'un tableau merveilleux1 peint d'aprs un procd nouveau1 qui se trouvait ,naples dans le palais du roi ,alphonse4 ,l'artiste s'embarqua aussitt pour la pninsule1 demanda et obtint licence de contempler la toile1 qui tait l'uvre de ,jean ,van ,eyck4 ,a cette poque1 on ne l'ignore pas1 la peinture la dtrempe1 dlicate et longue scher1 tait seule connue4 ,le tableau qu'il avait sous les yeux1 peint avec des couleurs dont il ne pouvait deviner la composition1 produisit sur ,antonello une impression si vive qu'il rsolut incontinent de se rendre ,bruges pour essayer d'obtenir de ,van ,eyck communication de son secret4 ,la tche tait malaise2 en bon ,sicilien retors1 ,antonello se prsenta au grand peintre flamand charg de prsents4 ,il lui fit don de dessins de matres italiens1 le flatta1 se dclara son admirateur1 fora son amiti1 en un mot fit si bien qu'il entra compltement dans l'intimit du clbre auteur de l',adoration de l',agneau4 ,et celui-ci1 dans une minute d'abandon1 lui confia le secret tant convoit4 ,antonello n'en abusa pas4 ,tant que ,van ,eyck vcut1 il resta prs de lui1 puis il rentra en ,italie porteur de la recette merveilleuse4 ,elle lui valut une grande clbrit et aussi bon nombre d'envieux4 ,a son tour1 il fut sollicit1 circonvenu1 mais toutes les demandes il opposa d'nergiques refus4 ,toutefois1 comme il ne voulait pas que le secret de la peinture l'huile dispart avec lui1 il le communiqua ,domenico de ,venise qui1 de son ct1 en fit part ,andra de ,castagno4 ,ce dernier1 ds qu'il eut connaissance du secret1 fut hant par la pense diabolique d'en rester seul possesseur et il assassina ,domenico4 ,c'est videmment ce crime que ,thophile ,gautier1 faute d'avoir puis aux sources1 impute ,antonello de ,messine4 ,celui-ci jouit au contraire1 sa vie durant1 de l'estime et de la considration gnrales4 ,il s'tait fix ,venise o il passait pour le plus grand peintre de son temps4 ,la ,seigneurie venait mme de lui commander plusieurs tableaux pour le ,palais ,ducal lorsqu'il mourut1 emport par une pleursie1 l'ge de #di ans4 ,en mme temps qu'un admirable portraitiste1 ,antonello de ,messine fut un peintre d'histoire rput4 ,le ,condottire a longtemps appartenu la famille ,martinengo de ,venise4 ,il fut acquis par l'tat1 la vente ,pourtals1 pour la somme de #aae4jjj francs4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #j4ce4--,largeur3 #j4bh4--,tte petite nature4 7,,salle ,,vi1 ,,grande ,,galerie47 ,l,,opold ,,robert 7#agid-ahce7 ,,le ,,retour ,,du ,p,,lerinage ,illustration ,le retour du plerinage la ,madone de l',arc ,dans le cadre prestigieux de la baie de ,naples et suivant le rivage du golfe1 une joyeuse caravane revient du plerinage lgendaire la ,madone de l',arc4 ,tous les ans1 aux ftes de la ,pentecte1 la population napolitaine se rend en foule au sanctuaire vnr1 moins peut-tre pour y prier que pour faire une gita dans la campagne4 ,or1 ce jour-l1 le golfe resplendit sous l'azur immacul du ciel et la vapeur lgre qui monte du ,vsuve atteste la sereine immobilit de l'air4 ,la fte a certainement t charmante1 car nos plerins manifestent beaucoup d'entrain4 ,sur le chariot qui s'avance1 tran par deux bufs aux cornes dores et dont le joug est orn de feuillage1 une jeune fille est assise1 vtue du traditionnel costume napolitain2 dans sa main droite elle tient une houlette enguirlande et portant un bouquet4 ,derrire elle1 un jeune homme1 debout1 se penche lgrement et la prend par la taille4 ,assise ct d'elle1 une paysanne cherche dtacher la banderole d'un bouquet que porte un chanteur l'avant du chariot1 ct d'un petit musicien4 ,a l'arrire un autre contadino1 les jambes pendantes1 chante en s'accompagnant de la mandoline4 ,deux enfants1 pied1 prcdent le char1 en chantant et en dansant2 l'un d'eux porte un thyrse sur l'paule1 l'autre frappe la corde d'un instrument de musique1 fait de trois maillets de bois4 ,sur la gauche1 des paysans s'avancent en chantant4 ,cette aimable composition faisait partie d'une srie des ,saisons que ,lopold ,robert1 afin de rajeunir le sujet1 avait conue d'une faon trs pittoresque4 ,le ,retour du ,plerinage symbolisait le ,printemps4 ,un autre de ses tableaux1 non moins clbre1 reprsentait l',automne3 c'est la ,halte des ,moissonneurs dans les ,marais ,pontins4 ,pour figurer l',hiver1 le peintre1 qui se trouvait alors ,venise1 ngligea le sujet rebattu du ,carnaval et donna le ,dpart des pcheurs de l',adriatique pour la pche au long cours4 ,la fin tragique du malheureux artiste laissa la srie inacheve4 ,lopold ,robert jouit de son vivant d'une grande rputation1 suprieure peut-tre son mrite4 ,sa gloire fut par la suite trs discute3 on lui reprocha son manque d'inspiration1 son indcision1 ses ttonnements sans fin1 ses contours secs et sa couleur un peu rocailleuse4 ,ces reproches sont en partie fonds4 ,lopold ,robert travaillait lentement1 revenant sans cesse sur le personnage dj fait1 effaant1 reprenant1 effaant encore4 ,tel de ses tableaux1 comme ,corinne improvisant au cap ,misne fut recommenc une centaine de fois pour devenir enfin un ,improvisateur napolitain4 ,lopold ,robert possdait nanmoins de remarquables qualits3 s'il tait indcis et timide1 en art comme en son priv1 il rachetait ces dfauts par un amour passionn de la nature qui imprime tous ses tableaux une grce1 un naturel1 et mme une spontanit sous laquelle disparat l'effort de ses ttonnements4 ,peintre de genre avant tout1 ses uvres n'ont pas grande envole1 mais elles sont probes1 consciencieuses et tmoignent d'un sens trs dvelopp du pittoresque4 ,tous ses tableaux sont honorables2 deux d'entre eux1 le ,retour du ,plerinage et la ,halte des ,moissonneurs sont des chefs-d'uvre4 ,en faut-il davantage pour illustrer un peintre8 ,quand il exposa ,paris sa ,halte des ,moissonneurs1 le succs fut triomphal et1 l'issue du ,salon1 le roi attacha lui-mme la croix de la ,lgion d'honneur sur la poitrine de l'artiste4 ,clbre en ,france1 ,lopold ,robert ne l'tait pas moins en ,italie o s'coula la plus grande partie de sa courte existence4 ,ses succs lui valurent les faveurs les plus flatteuses2 il bnficia d'amitis illustres dont son me candide fut blouie et qui mirent le drame dans sa vie4 ,il se trouvait ,florence lorsqu'il fut appel donner des leons la princesse ,charlotte ,bonaparte1 fille du roi ,joseph1 et femme de ,louis ,napolon1 frre an du futur ,napolon ,,iii4 ,la princesse tait bonne1 avenante et familire2 elle raffolait du talent de l'artiste4 ,dans l'intimit du travail quotidien et dans l'abandon des conversations amicales1 le pauvre peintre1 nouveau ,ruy-,blas1 s'prit de son lve1 violemment1 et pour toujours4 ,ver de terre amoureux d'une toile1 il cacha sa passion la princesse mais1 au fond de son cur1 il nourrit l'impossible esprance que la fille des rois s'inclinerait un jour vers lui4 ,en #ahca1 la mort de ,louis ,napolon sembla devoir le rapprocher de son idole1 mais celle-ci1 ignorant les sentiments du peintre ou feignant de les ignorer1 n'entendit rien du murmure d'amour lev sur ses pas4 ,lopold ,robert comprit alors l'immensit de son erreur1 il mesura l'abme qui le sparait de la princesse4 ,dsabus mais non guri1 il quitta ,florence et vint cacher ,venise son inconsolable douleur4 ,pour tcher d'oublier1 il se jeta corps perdu dans le travail1 mais sa mlancolie profonde attrista ses dernires uvres qui portent l'empreinte de cet tat d'me4 ,et comme l'inaccessible image l'obsdait toujours1 le malheureux peintre1 dans un accs de dsespoir1 se coupa la gorge le #cj mai #ahce4 ,il n'avait que #da ans4 ,le retour du ,plerinage parut au ,salon de #ahbg2 il fut achet #d4jjj francs par l'tat4 ,il est galement connu sous le titre de ,moissonneurs et ,plerins de la campagne romaine4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #a4dg--,largeur3 #b4ad4--;,figures3 #j4fd4 7,,cole ,,fran,,aise ,,du ,x,i,xe ,,si,,cle1 #are ,,salle74 ,,le ,,maitre ,,de ,,moulins 7,,jehan ,,perr,,al87 7#aded 787-#aebh7 ,,la ,,donatrice ,,somz,e ,illustration ,la ,donatrice ,somze ,sur un fond de draperie rouge1 la ,donatrice est agenouille1 les mains jointes4 ,elle est vtue d'une robe de velours marron1 borde d'hermine au col et aux manches4 ,sur la tte1 et retombant en plis raides sur les paules1 une sorte de bonnette noire qui encadre un visage assez vulgaire1 aux traits irrguliers1 afflig d'un gros nez et de deux yeux sortant de l'orbite4 ,en revanche la parure est riche2 la ,donatrice est videmment une dame de haut lignage4 ,une broche en or ferme le col du corsage et une triple chane de mme mtal retombe sur la poitrine2 sa ceinture est attach un rosaire grains de perles4 ,les mains1 bagues1 sont trs fines1 aristocratiques4 ,sainte ,madeleine1 la prsentatrice1 se tient debout4 ,son vtement est plus somptueux encore4 ,sous un voile de fine gaze1 son agrable visage est surmont d'un bonnet de soie d'or garni d'un rang de grosses perles et retenu sur le front par un cercle d'or4 ,un ample manteau vert1 retenu aux paules par deux cabochons sertis de perles1 de grenats et d'meraudes1 la drape presque entirement2 il s'chancre sur la poitrine et laisse apercevoir un corsage bleu de roi recouvert presque en entier par un riche corselet pourpre bord d'un galon d'or incrust de pierreries4 ,dans la main gauche elle tient une sorte de rcipient en grs et de la droite elle prsente la ,donatrice agenouille4 ,ces mains sont d'un dessin admirable et feraient honneur aux plus grands peintres4 ,la sainte a le visage tourn vers la gauche1 dans la direction de la ,vierge1 qui devait occuper un panneau contigu1 car nous sommes videmment en prsence d'un fragment de diptyque ou de triptyque4 ,son visage lgrement ironique semble dire1 montrant sa protge3 ,recevez-la dans votre ,paradis3 que pourrait-elle avoir fait de mal2 elle est si laide6 ,cette disgracieuse donatrice n'est pas moins une haute et noble dame1 si nous en croyons les commentateurs4 ,on s'accorde gnralement pour reconnatre en elle ,madeleine d',anjou1 btarde du roi ,ren1 qui pousa en #adif1 la ,cour de ,moulins1 le seigneur de ,montferrand et fit partie de la maison de ,pierre de ,bourbon4 ,le tableau qui la reprsente est connu sous les titres de ,donatrice ,somze du nom d'un amateur qui le possda longtemps1 et de ,madeleine et ,donatrice4 ,il est galement admis que cette uvre de premier ordre doit tre attribue au ,matre de ,moulins1 appel aussi le ,matre aux anges et le ,peintre des ,bourbons4 ,on est arriv cette conclusion par une longue suite de dductions1 de comparaisons1 de concordances de dates1 en prenant comme base et comme point de dpart le fameux ,triptyque de ,moulins4 ,ce triptyque montre ,pierre ,,ii de ,bourbon1 ,anne de ,france1 sa femme1 et ,suzanne leur fille4 ,une des particularits essentielles de ces uvres1 c'est qu'elles tiennent toutes deux aux ducs de ,bourbon1 dont la ,cour tait1 cette poque1 runie au chteau de ,moulins4 ,si donc la ,donatrice ,somze est bien ,madeleine d',anjou1 marie un seigneur bourbonnais1 il y a tout parier que le ,triptyque et la ,donatrice sont de la mme main4 ,ces probabilits chronologiques sont d'ailleurs fortifies par de telles similitudes de facture qu'il semble impossible de les constater chez deux peintres diffrents4 ,la manire1 dans l'une et l'autre uvre1 la fois large et tatillonne1 s'exprime en touches onctueuses et nettes fondues avec une extrme matrise4 ,si nous entrons dans les caractristiques de dtail1 nous retrouvons dans la ,donatrice la passion du matre pour la main3 or1 le ,matre de ,moulins y excelle2 chacun de ses personnages a ses mains particulires1 fouilles dans leurs moindres veines1 dans leurs lignes spciales1 ayant leur physionomie et leur signification4 ,il triomphe galement dans le rendu des toffes1 la recherche somptuaire1 la dcoration des atres2 il drape les brocarts avec une habilet que personne n'a possde un plus haut point1 ,memling except4 ,puis ce sont des lisires de robes lgrement fourres de blanc1 des corsages plaqus en cuirasse et des coiffures en bonnettes serres1 plisses1 ballonnes que nul autre document ne montre et dont on retrouve les dtails la fois dans le ,triptyque et dans la ,donatrice4 ,admettons donc1 sur la foi des plus savants critiques1 que la ,donatrice ,somze est de la main du ,matre de ,moulins4 ,mais ce ,matre de ,moulins lui-mme1 qui tait-il1 quel tait son vrai nom8 ,l'accord sur ce point n'est pas encore dfinitif1 mais des savants travaux de ,m4 ,benoit et du regrett ,henri ,bouchot1 il se dgage la presque certitude que le ,matre de ,moulins n'tait autre que ,jehan ,perral1 dit ,jehan de ,paris qui par le bnfice de sa main heureuse a mrit envers les roys et princes estre estim ung second ,apelle en paincture4 ,si nous suivons la vie de ce peintre1 n vers #aded1 nous le voyons attach la famille des ,bourbons aux poques prcises o se placent l'excution du ,triptyque et le mariage ,moulins de ,madeleine d',anjou avec le comte de ,montferrand4 ,esprons que de nouvelles recherches projetteront sur ces obscurits une lumire dfinitive4 ,la ,donatrice ,somze a t achete par le ,louvre un marchand anglais1 ,m4 ,agnew1 et cette acquisition est assez rcente4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #j4ec4--,largeur3 #j4dj4--;,figures3 #j4cf4 7,,salle ,x3 ,,cole ,,fran,,aise1 ,,salle ,,jean ,,fouquet47 ,,largilli,,re 7#afef-agdf7 ,,le ,,peintre ,,et ,,sa ,,famille ,illustration ,largillire1 sa femme et sa fille ,largillire a situ son tableau1 conventionnellement1 dans un dcor champtre1 sans mme s'inquiter de l'invraisemblance qu'il y avait y faire figurer sa femme et sa fille1 revtues de leurs plus beaux atours et pares pour une rception bien plus que pour une promenade4 ,c'taient l fantaisies communes cette poque3 la figure importait seule dans un portrait et c'est elle seule que s'attachait tout le soin de l'artiste4 ,pour le dcor1 il jouait galement son rle1 mais un rle de deuxime plan2 il tait l pour faire valoir le personnage et rien que pour cela4 ,aussi1 le peintre choisissait-il son gr celui qui lui paraissait s'harmoniser le mieux au caractre du modle1 sans autrement se soucier de la vrit ou mme de la vraisemblance4 ,se conformant aux errements alors en cours1 ,largillire a mis sa famille en pleine campagne pour l'unique raison que le vert sombre du feuillage avantageait la beaut blonde de sa femme et de sa fille4 ,toutefois1 comme s'il avait conscience de l'normit de l'anachronisme1 il a voulu faire une concession au bon sens3 il s'est reprsent lui-mme avec un fusil entre les jambes et il a plac tout prs de lui quelques oiseaux qu'il vient de tuer4 ,mais quel brillant et incommode costume pour courir les gurets6 ,et comme on voit que le bon ,largillire veut nous en faire accroire1 qu'il n'a pas chass1 qu'il n'a pas aventur sa haute perruque sous les branchages des fourrs1 ni risqu ses bas de soie aux piqres des ronces6 ,sur la roche o il est tranquillement assis1 il ne donne pas l'impression d'un homme qui vient de battre la campagne4 ,sa tenue est irrprochable1 la perruque retombe en boucles bien ordonnes autour de sa belle tte repose qui n'est pas celle d'un ,nemrod4 ,il porte un splendide costume gris trs frais4 ,du bras gauche il s'accoude la roche et par-dessus ses jambes croises on aperoit le museau d'un chien1 compagnon dbonnaire de cette chasse peu meurtrire4 ,en face de lui sa femme est galement assise sur le roc1 sans paratre redouter de froisser ni de salir son lgant ajustement4 ,elle est tourne de trois quarts vers la gauche2 elle porte une robe rouge dcollete1 double de satin blanc d'o s'chappe une fine chemisette orne de rubans bleus2 un flot de dentelle est piqu dans ses cheveux poudrs4 ,elle est d'une physionomie agrable et sa tte lgrement hautaine s'encadre fort bien dans le fond de verdure que forment les arbres1 derrire elle4 ,entre ses parents1 une dlicieuse jeune fille se tient debout1 vtue d'un costume blanc et or1 avec des fleurs dans les cheveux4 ,elle a dans une de ses mains un papier de musique2 de l'autre1 demi tendue1 elle semble ponctuer le sens des paroles qu'elle chante4 ,dans cette blonde frimousse de fillette1 on sent que le pre a prodigu toutes les tendresses de son cur et toutes les sductions de sa palette4 ,le groupe de ces trois personnages1 si bizarrement situs1 forme un ensemble charmant4 ,largillire s'est videmment complu dans son uvre1 mais1 mme lorsque le cur ne conduit pas son pinceau1 il est un portraitiste plein de talent et de ressources4 ,a dfaut de date prcise1 le costume que porte le peintre dans ce tableau suffirait nous indiquer qu'il appartient au grand sicle4 ,la solennelle perruque est de la belle poque du ,grand ,roi4 ,largillire est pour ainsi dire1 cheval sur deux rgnes1 il a connu la majestueuse splendeur de ,versailles au temps de ,louis ,,xiv1 et les raffinements d'lgance qui marqurent la joyeuse poque de la ,rgence4 ,en art1 il tablit galement la transition entre la manire somptueuse et noble de ,rigaud et la facture chatoyante et mivre de ,nattier4 ,ayant vcu sous deux rgimes diffrents1 il semble avoir emprunt quelque chose chacun d'eux4 ,sans avoir la magnificence de ,rigaud1 son art ne manque ni de grandeur ni de noblesse2 il sait donner ses modles un certain air de hauteur par o l'on reconnat l'homme ou la femme de qualit2 mais1 quand il le veut1 il pare ses personnages d'une grce aise1 fine1 dlicate1 il anime leur teint de roseurs exquises que n'aurait pas dsavoues ,watteau4 ,mme ct de ,rigaud1 ,largillire est un grand portraitiste et il possde de magnifiques qualits4 ,il n'a pas la robustesse de son illustre rival1 mais il tient de ,lebrun1 qui fut son matre1 un dessin net et solide qu'il habillait de couleurs incomparables4 ,c'est par l'clat de sa couleur harmonieuse et distingue que ,largillire s'est fait une place de premier plan parmi les peintres de portraits4 ,rigaud tait le peintre de la ,cour1 ,largillire fut le peintre de la ,ville4 ,tandis que le premier peignait les princes et les rois1 le second se spcialisait dans le portrait des chevins et des grands parlementaires4 ,il n'en fut pas moins apprci ,versailles1 et plus d'une fois1 de trs grands seigneurs posrent devant lui4 ,il excellait surtout donner aux visages une trs grande intensit d'expression4 ,le ,portrait de ,largillire et de sa famille faisait partie de la collection de ,m4 ,la ,caze1 qui en a fait don notre muse national4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #a4dj4--,largeur3 #b m4--,figures jusqu'aux genoux1 grandeur nature4 7,,salle ,i3 ,,salle ,,la ,,caze74 ,,mantegna 7#adca-aejf7 ,,le ,,parnasse ,illustration ,le ,parnasse ,la scne reprsente un paysage de l',olympe4 ,sur un tertre lev formant arcade1 ,mars et ,vnus se tiennent debout devant une banquette drape de couleurs vives et abrite par un cran de feuillage sombre4 ,la blonde desse est nue2 d'une main elle retient un ruban qui s'enroule autour de sa jambe1 de l'autre1 elle s'appuie amoureusement sur le bras de ,mars qui se penche tendrement vers elle4 ,blond comme elle1 le dieu guerrier est revtu de la cuirasse et porte le casque en tte2 dans la main droite il tient une longue lance4 ,ce groupe charmant se dcoupe en vigueur sur le fond de verdure plac derrire lui4 ,au pied du tertre1 les neuf ,muses1 se tenant par la main1 dansent une ronde au son de la lyre dont joue ,apollon1 assis la gauche du tableau4 ,ces muses sont infiniment gracieuses dans leurs costumes aux couleurs chatoyantes1 et leur pose est assurment bien choisie pour faire valoir leurs formes sculpturales4 ,dans ce tableau o tout semble n'tre que dtail1 le groupe des danseuses occupe le centre de la composition et sollicite l'attention du spectateur1 mais quelle fantaisie a su dployer l'artiste dans l'agencement des pisodes dont il se plat garnir sa toile6 ,a droite1 c'est ,mercure en un costume trs sommaire ne comprenant que des jambires de cheval et un casque ail2 de son bras arm du caduce1 il s'appuie sur un ,pgase piaffant1 curieusement constell de rubis4 ,a gauche1 s'ouvre la forge de ,vulcain3 celui-ci1 sur le seuil de son antre1 s'agite et fait des gestes furieux dans la direction de ,mars qui conte fleurette sa volage pouse4 ,aux pieds de ,mars et de ,vnus un ,amour souffle dans une sarbacane qu'il pointe vers le pauvre ,vulcain en signe de drision1 pour le taquiner et l'exasprer4 ,de la place o se meuvent tous ces personnages1 on aperoit droite l',hlicon1 d'o l',hippocrne tombe en cascade1 puis1 trs loin dans la plaine1 la ,terre1 demeure des mortels1 avec ses villes et ses maisons4 ,tel est le ,parnasse de ,mantegna1 color1 vivant et si curieux par l'abondance des motifs et la fertilit de l'invention4 ,quelle pense l'artiste cachait-il sous cette composition trange1 nous l'ignorons et ne le chercherons pas4 ,il nous suffit d'admirer l'lgance de ces ,muses1 la nouveaut de leur galbe1 l'ingniosit de leur ajustement1 la beaut sculpturale du groupe de ,mars et de ,vnus1 la pose de ,mercure1 le jet des draperies1 le soin curieux du dtail et cette mythologie en plein ,moyen ,age qui fait l'effet d',hlne dans le palais fodal de ,faust1 avec sa nudit antique dont la lgret l'embarrasse un peu4 7,thophile ,gautier47 ,mantegna naquit en #adca1 non pas ,padoue1 comme on l'a cru longtemps1 mais dans une petite ville du territoire de ,vicence4 ,tout jeune il entra dans l'atelier du ,squarcione qui se prit de tendresse pour lui et l'adopta rgulirement comme son fils4 ,mais bientt ,mantegna1 peu satisfait de l'enseignement de ce matre1 rsolut de s'en dgager et1 pour y russir tout fait1 obtint de la ,cour des ,quarante de ,venise l'annulation de l'acte d'adoption4 ,ses rapports avec le ,squarcione1 dj tendus la suite de cette dcision1 se changrent en brouille complte quand il pousa la fille de ,jacopo ,bellini1 ennemi personnel de son ancien professeur4 ,cependant l'empreinte du ,squarcione sur l'art de ,mantegna n'est pas douteuse4 ,c'est par l'tude1 dans l'atelier du matre1 des moulages et dessins de sculptures rapports de ,grce1 que le jeune artiste s'prit d'un grand amour pour l'antique et qu'il s'effora d'atteindre ce got pur et noble qui caractrise les productions des anciens1 alors peu prs inconnus en ,italie4 ,c'est l qu'il s'initia cet art du model qu'il devait porter si haut1 sous l'influence heureuse de ,donatello4 ,certes ,mantegna ne put se dbarrasser compltement de la raideur et de la scheresse gothiques1 mais comme dj son style est suprieur et fait comprendre qu'un lment nouveau s'est introduit dans l'art6 ,sur ,mantegna luit le premier rayon de la ,renaissance2 aprs la longue nuit byzantine et gothique1 la ,beaut revient charmer le monde surpris4 ,mantegna avait soixante ans lorsque ,isabelle d',este le chargea de diriger les travaux de dcoration qu'elle avait entrepris dans son appartement du ,corte ,vecchio4 ,isabelle d',este tait la femme la plus claire de son temps1 possdant de vastes connaissances1 parlant couramment le latin1 le grec et la plupart des langues europennes2 son got n'tait pas moins remarquable que son savoir4 ,aux trsors artistiques qu'elle avait amasss elle voulut un cadre digne d'eux3 dans ce but elle fit appel ,lorenzo ,corta1 ,prugin et ,mantegna qui peignit deux tableaux3 le ,parnasse1 reproduit ici1 et la ,vertu triomphant des ,vices4 ,le premier reprsente le triomphe de ,vnus1 d',apollon et des ,muses1 c'est--dire l'influence bienfaisante des arts2 le second proclame la ncessit de la sagesse et de l'activit intellectuelle pour combattre la barbarie et l'ignorance4 ,ces deux tableaux furent achets par le cardinal de ,richelieu et firent partie jusqu' la ,rvolution des collections du chteau de ,richelieu4 ,ils entrrent ensuite au ,louvre4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #a4fj4 ,largeur3 #a4ib4--;,figures3 #j4fj4 7,,salle ,,vi4 ,,grande ,,galerie74 ,a4 ,,brauwer 7#afje ou #afjf-afch7 ,,le ,,fumeur ,illustration ,le ,fumeur ,ah6 la merveilleuse face d'ivrogne1 panouie1 joyeuse1 enlumine par la bire et le vin6 quelle batitude dans le regard1 et quelle expression de contentement et d'ivresse dans cette bouche largement ouverte d'o s'chappent des spirales de fume blanche6 ,et quelle vrit dans le geste de ce pilier d'estaminet qui serre avec amour1 dans ses mains rapproches1 la bouteille et la pipe6 ,adrien ,brauwer1 que l'on appelle aussi ,brouwer1 s'tait spcialis dans la peinture des scnes de taverne o des paysans s'enivrent1 fument et se querellent4 ,il passe pour s'tre lui-mme adonn l'ivrognerie et pour avoir men une existence peu exemplaire4 ,bien qu'il n'existe aucune preuve certaine de cette allgation1 on ne saurait lui refuser toute crance1 si l'on songe que ,brauwer fut l'lve de ,franz ,hals qui n'tait pas un modle de temprance4 ,nous aimons mieux croire toutefois qu'il ne subit1 du grand matre de ,haarlem1 qu'une influence artistique et qu'il n'adopta aucun de ses vices4 ,cela aussi peut se soutenir1 car ,brauwer fut lu membre de la ,guilde d',anvers et fit partie de certaines socits flamandes o l'on n'avait pas coutume d'admettre les gens de conduite douteuse4 ,ce qui est vrai1 c'est que ,brauwer fut toujours insouciant1 dpensier1 incapable de conduire ses affaires1 en un mot1 le type accompli de ce que nous appelons aujourd'hui un panier perc4 ,avec une rputation trs enviable d'artiste1 nous le voyons sans cesse talonn par les cranciers et lorsque1 en #afcb1 la requte de l'un d'eux1 on fit l'inventaire de sa maison1 cette opration judiciaire rvla la pauvret de son installation et la pnurie de sa garde-robe4 ,avec tous ses dfauts1 ,adrien ,brauwer n'en est pas moins un peintre de premier ordre qui soutient sans dsavantage le parallle avec son matre ,franz ,hals4 ,flamand comme lui1 il tait venu ,haarlem pour travailler dans son atelier et1 son exemple1 il adopta la manire hollandaise1 caractrise par la recherche du caractre et des types1 le libre maniement du pinceau et la chaleur un peu rousse et veloute du coloris4 ,a ses dbuts1 l'lve ressemble au matre1 mais avec des qualits qui lui sont tout fait personnelles4 ,tous ses buveurs et ses soudards sont groups avec le plus vif esprit et peints d'une main forte et nerveuse que caractrise cette touche dcisive qu'on a appele le coup de fouet de ,franz ,hals4 ,vers #afcj1 ,brauwer quitte la ,hollande et rentre en ,flandre4 ,il se fixe ,anvers1 o l'a prcd sa grande rputation d'artiste4 ,il ne change rien ses habitudes et continue mener l'existence la plus dcousue et la plus extravagante4 ,peut-tre frquenta-t-il les cabarets1 comme on l'en accuse1 comme client au moins autant que comme artiste2 en tout cas1 il n'est ni plus riche ni plus rang4 ,il a des dettes partout et il s'acquitte par des tableaux4 ,rubens1 le peintre somptueux et magnifique1 qui habite un palais1 admire le talent merveilleux de ,brauwer2 il possde dix-sept de ses toiles4 ,a diverses reprises1 il tente de relever l'imprvoyant artiste1 mais sans y russir4 ,brauwer gagne galement l'amiti du srieux et aristocratique ,van ,dyck1 qui fait son portrait et1 phnomne bizarre1 ,brauwer y a plutt l'air d'un gentilhomme pondr et fin que d'un pilier de taverne4 ,ces relations illustres tendraient dmontrer que ,brauwer valait mieux que sa rputation4 ,si1 en venant en ,flandre1 ,brauwer ne change rien son genre de vie1 du moins transforme-t-il sa manire2 son talent se modifie4 ,sans cesser d'tre ,hollandais1 il devient plus ,flamand4 ,sa palette devient plus lumineuse1 il cherche des notes plus vives1 et il introduit dans ses tableaux de beaux paysages colors et chauds4 ,son uvre y gagne en varit et aussi en agrment4 ,ce sont toujours les mmes scnes de taverne1 les mmes types de buveurs1 mais avec plus de clart1 plus d'entrain1 plus de joie relle4 ,mais1 dans l'une et l'autre manire1 sa puissance et sa prodigieuse habilet restent les mmes4 ,son uvre est celle d'un observateur attentif et implique le patient effort d'une volont toujours en veil4 ,ses ,fumeurs sont peints dans une manire savante et veloute2 ils se distinguent par la recherche du mouvement et de la physionomie1 par le sentiment du caractre et de l'expression4 ,les plus beaux ,brauwer se trouvent la ,pinacothque de ,munich2 on trouve1 dans plusieurs muses1 bon nombre d'uvres catalogues sous son nom1 mais que l'on ne peut gure lui attribuer1 si l'on songe qu'il mourut trs jeune1 ayant peine trente-trois ans4 ,l'authenticit du ,fumeur1 que nous donnons ici1 n'est pas douteuse1 bien que certains l'aient attribu ,craesbeeck1 son ami et compagnon de dbauches4 ,l'uvre porte la marque ,a4 ,b41 signature habituelle de ,brauwer2 elle faisait partie avec le ,got1 du muse de ,francfort1 d'une srie sur les ,cinq ,sens4 ,les tableaux de ,brauwer1 crit ,m4 ,paul ,mantz1 voisins parfois de la caricature et dpourvus de la vertu que les gens austres appellent le style1 appartiennent l'art ternel et abondent en qualits de premier ordre4 ,par l'implacable sincrit de l'observation1 par le sentiment profond de la mimique1 par la vrit moqueuse ou mouvante du geste et de l'attitude1 ,adrien ,brauwer est un des plus grands peintres de la comdie humaine4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #j4da4--,largeur3 #j4cb4--;,figure grandeur nature4 7,,salle ,,xx1 ,,cole ,,hollandaise74 ,,chass,,riau 7#ahai-ahef7 ,,le ,,tepidarium ,illustration ,le ,tepidarium ,les femmes1 la sortie du bain1 viennent en hte scher leur corps la chaleur du brasier allum dans le tepidarium4 ,certaines sont demi-nues1 les autres s'enveloppent dans des tuniques larges plis4 ,assises cte cte sur deux rangs de siges parallles1 ou groupes debout le long des murs1 elles forment un essaim charmant et pittoresque dans la nonchalance alanguie de leurs attitudes4 ,au premier plan1 une femme aux formes sculpturales tire1 les bras levs1 un torse magnifique dont la triomphante nudit fait une tache de lumire sur le fond sombre de la salle4 ,il suffit1 crit ,m4 ,henry ,marcel1 de s'arrter quelques instants devant ces figures aux poses de bien-tre1 de volupt1 de coquetterie si heureusement diversifies1 pour sentir le charme des corps alanguis dans l'agrable lassitude de l'tuve1 et lire aux masques mobiles1 aux narines dilates1 les ardeurs nouvelles puises dans l'onde vivifiante4 ,le ,tepidarium est l'uvre la plus connue1 sinon la plus parfaite1 de ,chassriau4 ,quand elle parut au ,salon de #ahee1 la critique1 assez malveillante d'ordinaire pour l'artiste1 fut peu prs unanime la louer4 ,edmond ,about crit3 ,j'avoue en toute humilit que mon imagination n'a rien produit d'aussi pittoresque que le tableau de ,m4 ,chassriau4 ,d'aprs ,clment de ,ris1 jamais ,m4 ,chassriau n'avait rien fait jusqu' prsent d'aussi remarquable que ce tableau4 ,quant ,henri ,delaborde1 peu suspect d'indulgence envers le peintre1 il crit ces lignes qui sont1 malgr les rticences1 le plus beau des loges3 ,le sentiment grandiose du geste et de la tournure est la qualit qui domine dans ,le ,tepidarium comme dans les uvres prcdentes de ,m4 ,chassriau2 mais ici cette qualit devient plus vidente parce qu'elle est plus sobrement exploite4 ,la majest des ttes est moins souvent dpare par les ngligences affectes de la touche2 le modle n'est plus indiqu avec cette hardiesse brutale du pinceau qui parodiait la sret magistrale1 et1 condition difficile remplir en un pareil sujet1 les formes et les attitudes de toutes ces femmes demi nues n'ont qu'une grce srieuse et un charme de bon aloi4 ,le ,tepidarium n'est pas un des plus complets du ,salon1 mais il mrite d'tre remarqu un des premiers1 parce qu'il en est peu qui dnotent autant de sve1 de vraie force et de franchise dans le sentiment4 ,tandis que les ,ingristes cits plus haut dispensent comme regret les loges au peintre1 les tenants de ,delacroix et du romantisme lui prodiguent une admiration sans rserve4 ,thophile ,gautier lui consacre des pages enthousiastes4 ,pour expliquer ces divergences d'opinion1 il est ncessaire de dire que ,chassriau commena par tre lve d',ingres1 l'ge de dix ans1 mais qu'il subit plus tard l'influence de ,delacroix4 ,il professa toute sa vie un culte gal pour les deux matres4 ,m4 ,henry ,marcel note excellemment cette double inclination3 ,le lyrisme enflamm1 la passion orageuse1 l'clat splendide de l'uvre de ,delacroix s'tant manifests lui1 ,chassriau en demeure hant sa vie durant4 ,sa vise fut ds lors d'allier dans son art1 sans imitation aucune1 ces deux forces antagoniques qu'il avait vues aux prises1 la puret presque archaque de la ligne1 le rythme sobre et mesur de la forme1 avec l'ampleur et la simplification des masses1 la libert souveraine de la mimique1 les modulations infinies du ton4 ,il ne s'interdisait pas1 au surplus1 d'user alternativement1 sans les concilier1 des deux manires4 ,quelle que ft1 au reste1 l'attraction successive que les deux grands chefs rivaux de l'cole franaise exercrent sur ,chassriau1 sa personnalit en sortit intacte et fortifie4 ,sa vision est bien lui1 comme son idal4 ,on sent dans tous ses ouvrages l'expansion d'une me voluptueuse1 et comme la hantise nostalgique--,chassriau tait crole--de contres o le ciel est plus brillant1 la vgtation plus active1 o la vie oscille entre une sorte de rverie indolente et la libre expansion des sens4 ,grce cette sorte de flottement entre deux coles opposes1 ,chassriau fut sans cesse couv par l'une et par l'autre1 lou quand il adoptait leur technique1 maltrait quand il s'en cartait1 et rclam par toutes les deux quand il procdait de chacune d'elles4 ,nulle part peut-tre1 autant que dans le ,tepidarium1 ne s'accuse l'emploi simultan des deux manires4 ,la couleur1 crit ,m4 ,henry ,marcel1 y affecte cette richesse voile1 cette rutilance assourdie qui distinguent ,delacroix2 mais le galbe pur et cherch des corps fminins1 qu'ils s'enveloppent frileusement dans les plis serrs des toffes ou qu'ils tirent leur nudit indolente dans la chaude moiteur de la chambre de bains1 appartiennent en propre l'artiste4 ,mais l'artiste se souvient videmment des leons d',ingres1 le grand puriste4 ,bien que ,chassriau soit mort trente-sept ans1 il a laiss une uvre considrable et d'une grande valeur4 ,il fut d'une tonnante prcocit3 il n'avait pas encore dix-sept ans lorsqu'il envoya au ,salon son premier tableau3 ,le ,retour de l',enfant prodigue4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #a4gj4--,largeur3 #b4ej4--;,figures grandeur demi-nature4 7,,cole ,,fran,,aise ,,de ,,la ,,fin ,x,i,xe ,,si,,cle1 #b;e ,,salle74 ,,ribera 7#aehh-afeb7 ,,le ,,pied ,,bot ,illustration ,le ,pied bot ,dans les premires annes du ,x,v,i,ie sicle1 un cardinal1 traversant une rue de ,rome1 apercevait un jeune garon mal vtu1 misrable1 qui faisait un croquis d'une fresque peinte sur la faade d'une maison4 ,il s'approcha1 trs intrigu1 et1 ayant examin le dessin1 se montra merveill4 ,il interrogea l'enfant1 s'intressa son histoire1 et1 ravi de son intelligence autant que de ses bons sentiments1 il l'emmena chez lui1 le logea et le nourrit4 ,ce prcoce artiste s'appelait ,jusepe ,ribera2 il devait un jour devenir clbre et frayer avec les papes et les rois4 ,il tait n en ,espagne1 dans la province de ,valence1 et1 pouss trs jeune vers la peinture1 il tait entr dans l'atelier de ,francisco ,ribalta1 artiste de valeur et professeur de grand mrite1 qui avait tudi en ,italie et ne cessait de vanter ses lves les merveilles artistiques de ,rome et de ,venise4 ,enflamm par ses rcits1 le jeune ,ribera rsolut de se rendre dans la patrie de l'art et1 un beau jour il s'embarqua1 en qualit de mousse1 croit-on1 bord d'un navire en partance pour l',italie4 ,arriv ,rome1 il y mena une existence misrable1 mais il avait le feu sacr4 ,tous les jours on pouvait le voir dans les glises et les galeries1 un crayon la main1 copiant les chefs-d'uvre des matres4 ,les peintres qui le rencontraient ainsi1 s'taient habitus lui et l'avaient surnomm ,lo ,spagnoletto 7l',espagnolet71 nom qu'il conserva toujours4 ,en dehors des grands anctres dont il essayait de s'assimiler la technique il ne trouva1 dans les peintres vivants1 aucun artiste dont il voulut faire son guide4 ,la peinture italienne tait en pleine dcadence et le got public abtardi s'extasiait devant les productions faciles et sans vigueur de ,josphin1 de l',albane et du ,guide4 ,il se trouvait assez dsempar lorsqu'il eut occasion de voir une toile du ,caravage4 ,ce fut une rvlation pour lui3 il venait de trouver un matre4 ,le ,corrge1 dont il avait tudi l'uvre1 l'enchantait galement2 l'influence de l'un et de l'autre agit tour tour sur lui4 ,il ne prit chacun d'eux que ce qui convenait sa nature1 et il les mit contribution selon les circonstances1 jamais en copiste ou en imitateur1 toujours en artiste suprieur1 souverainement indpendant4 ,il resta toujours foncirement ,espagnol et c'est pour retrouver en ,italie un coin de la patrie qu'il se fixa ,naples1 alors sous la domination espagnole4 ,il y passa toute sa vie4 ,ds son arrive1 il s'impose par son talent4 ,le duc d',ossua1 vice-roi de ,naples1 voit ses uvres1 en est merveill et le nomme peintre de la ,chambre1 avec logement au palais royal4 ,sa rputation franchit bientt les frontires du petit royaume1 et s'tend jusqu' ,rome et en ,espagne4 ,la caractristique de son talent est une fougue violente1 sombre1 qui lui fait pousser l'expression dramatique jusqu' l'exaspration des nerfs4 ,il se complat dans les tortures1 il se dlecte suivre sur le visage des victimes agonisantes les affres terribles de la mort4 ,m4 ,paul ,lafond1 dans son bel ouvrage sur ,ribera1 justifie cette manire du matre par des raisons qui ne manquent pas de vrit3 ,sa violence picturale1 crit-il1 n'a t bien souvent pour lui qu'une sorte de ncessit4 ,il ne faut pas oublier qu'il a senti le devoir de tenir haut et ferme le drapeau des revendications naturalistes que venait de laisser tomber le ,caravage1 mort quarante-deux ans1 et qu'il sauva la peinture de l'affterie et de la mignardise o la conduisaient le ,guide1 l',albane et leurs disciples4 ,a la suite d',amerighi 7,caravage71 ,ribera la menait la libert1 l'affranchissement2 il a parfois1 souvent mme dpass le but1 mais il le fallait4 ,par la vrit de son dessin1 son impeccabilit1 sa rectitude1 il a ragi contre les lves attards et de seconde main de ,michel-,ange1 ces tortionnaires qui cassaient les os de leurs personnages1 tordaient leurs muscles1 les torturant dans les gestes les plus invraisemblables1 les prsentant dans les raccourcis les plus hasardeux pour faire montre de leur soi-disant science anatomique4 ,ribera savait1 quand il le voulait1 assouplir son pinceau jusqu' la douceur et mme jusqu'au mysticisme1 tmoin ses nombreuses ,immacule ,conception1 si purement idales dans leur fermet de facture4 ,il ne ddaignait pas non plus les sujets de fantaisie1 et1 quand il les abordait1 c'tait pour faire des chefs-d'uvre4 ,le ,pied bot1 que nous donnons ici1 en est la preuve4 ,ce jeune misreux jambe contrefaite est une pure merveille4 ,sur un fond de ciel ml d'azur et de gris1 il dveloppe son corps rbl et rit de tous les muscles de sa face4 ,il porte allgrement sa bquille sur l'paule et dans la main il tient une feuille o se lit un appel la charit publique4 ,c'est le loqueteux jovial1 bon enfant1 comme on en rencontre encore dans les ruelles des villes espagnoles1 parias de la vie1 parfois gouailleurs1 quelquefois mchants1 qui narguent la ,destine et se rient de leur propre infortune4 ,le ,pied bot est une uvre d'un beau ralisme1 obtenu simplement1 sans aucun artifice1 sans aucune de ces habilets que trop souvent emploient nos peintres contemporains1 et sans rien sacrifier l'impeccabilit du dessin et de la forme4 ,ce magnifique tableau appartenait la collection ,la ,caze2 il est entr avec elle dans notre grand muse national4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #a4fa4--,largeur3 #j4ib4--;,figure grandeur naturelle4 7,,salle ,,vi1 ,,grande ,,galerie3 ,,cole ,,espagnole74 ,,memling 7#adce 787-#adid7 ,,la ,,vierge ,,aux ,,donateurs ,illustration ,la ,vierge aux ,donateurs ,si ,bruges1 crit ,m4 de ,wyzewa1 attire depuis un sicle tous les plerins de l'art1 si elle leur apparat comme une sorte d',assise ou de ,sienne flamande1 peut-tre le doit-elle moins ses vieilles glises et ses vieilles maisons1 au silence de ses rues et de ses canaux1 qu' cette petite salle de l'hpital ,saint-,jean o sommeillent la ,chsse de ,sainte ,ursule et les ,vierges de ,memling4 ,les uvres authentiques de ,memling sont assez peu nombreuses3 notre muse du ,louvre est1 avec l'hpital de ,bruges1 celui qui en possde le plus4 ,la ,vierge aux ,donateurs1 reprsente ici1 compte parmi les plus belles4 ,conformment au protocole adopt par les peintres flamands la suite de ,jean ,van ,eyck1 la ,vierge est assise sur un trne formant baldaquin et tient son divin ,fils sur ses genoux4 ,a ses pieds1 droite1 on aperoit la ,donatrice et douze femmes agenouilles comme elle les mains jointes1 et prsentes par saint ,dominique4 ,a gauche1 et dans la mme attitude dvotieuse1 le ,donateur et sept hommes1 prsents par saint ,jacques en costume de plerin4 ,de chaque ct du trne on aperoit1 dans le ciel bleu1 les maisons et clochers d'une ville qui doit tre ,bruges1 sjour habituel de l'artiste4 ,par la facture et la composition1 cette uvre magistrale se rapproche considrablement de la manire de ,van ,eyck3 celui-ci est peut-tre suprieur ,memling par l'excution technique1 le model1 la minutieuse reproduction des objets rels2 mais au point de vue de la conception des sujets religieux1 tout l'avantage reste ce dernier4 ,toute son me passait dans ses uvres2 il idalisait1 il glorifiait1 il transfigurait les modles qu'il avait sous les yeux4 coutons ,fromentin dans son loquente comparaison entre l'art de ,van ,eyck et celui de ,memling3 ,considrez ,van ,eyck et ,memling par l'extrieur de leur art2 c'est le mme art qui1 s'appliquant des choses augustes1 les rend avec ce qu'il y a de plus prcieux4 ,sous le rapport des procds1 la diffrence est peine sensible entre ,memling et ,jean ,van ,eyck1 qui le prcde de quarante ans2 mais1 ds qu'on les compare au point de vue du sentiment1 il n'y a plus rien de commun entre eux3 un monde les spare444 ,van ,eyck copiait et imitait2 ,memling copie de mme1 imite et transfigure4 ,celui-l reproduisait1 sans aucun souci de l'idal1 les types humains qui lui passaient sous les yeux4 ,celui-ci rve en regardant la nature1 imagine en la traduisant1 y choisit ce qu'il y a de plus aimable1 de plus dlicat dans les formes humaines1 et cre1 surtout comme type fminin1 un tre d'lection inconnu jusque-l1 disparu depuis4 ,ce sont des femmes1 mais des femmes vues comme il les aime1 et selon les tendres prdilections d'un esprit tourn vers la grce1 la noblesse et la beaut1 de jolies femmes avec des airs de saintes1 de beaux fronts honntes1 des tempes limpides1 des lvres sans pli3 une batitude1 une douceur tranquille1 une extase en dedans qui ne se voit nulle part1 toutes les dlicatesses adorables de la chastet et de la pudeur6 ,quelle grce du ,ciel tait donc descendue sur ce jeune soldat ou sur ce riche bourgeois pour attendrir son me1 purer son il1 cultiver son got1 et lui ouvrir la fois sur le monde physique et le monde moral des perspectives nouvelles8 ,trs longtemps on s'est pos la mme question que ,fromentin1 devant les uvres de ,memling1 si idales1 si diffrentes par la suavit de l'expression des uvres de ,van ,eyck et des peintres flamands de cette poque4 ,et1 le croyant ,flamand aussi1 on s'tonnait qu'une fleur aussi dlicate ait pu germer parmi les plantes brillantes mais un peu vulgaires de la peinture flamande4 ,la dcouverte rcente1 par un savant ,jsuite1 le ,p4 ,durand1 d'un manuscrit des archives de ,saint-,omer1 permet de rsoudre aujourd'hui cette question demeure jusqu'ici sans rponse4 ,une simple phrase suffit clairer les obscurits de ce problme4 ,cette phrase1 la voici3 ,le onze aot 7#adid71 est mort dans notre ville matre ,hans ,memmelinc1 regard comme le plus habile et excellent peintre de la chrtient4 ,il tait n 7dans la principaut de ,mayence7 et a t enterr dans l'glise ,saint-,gilles4 ,memling n'tait pas ,flamand1 mais ,allemand4 ,il s'tait fix ,bruges1 venant de ces terres rhnanes qui1 durant tout le ,moyen ,age1 avaient t un vivant foyer de rverie potique et mystique4 ,mais surtout il avait tudi dans la vnrable capitale de l'art religieux et c'est de ,cologne que vient en droite ligne tout ce qu'il apporte de nouveau dans le vieil art flamand2 l'ingnuit1 la finesse1 la douceur et surtout l'motion qu'ignorrent toujours ,van ,eyck et ses continuateurs4 ,seulement ,memling1 habitant ,bruges1 a traduit ses visions et ses motions dans la langue des peintres flamands4 ,en associant aux formes des ,van ,eyck les sentiments de ,lochner1 il a renouvel la peinture flamande2 il l'a sauve aussi en l'arrachant un naturalisme o elle dprissait d'anne en anne4 ,la ,vierge aux ,donateurs appartenait la collection du comte d',armagnac2 elle est entre au ,louvre avec les autres toiles lgues par ,mme la comtesse ,duchatel1 en #ahgh4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #a4cj4--,largeur3 #a4eg4--;,figures grandeur demi-nature4 7,,salle ,v3 ,,salle ,,duchatel74 ,,fragonard 7#agcb-ahjf7 ,,la ,,le,,on ,,de ,,musique ,illustration ,la ,leon de musique ,nanti de son prix de ,rome1 ,fragonard se dispose partir pour la ,ville ternelle4 ,mais1 avant que de prendre le coche1 il va faire ses adieux son vieux matre et ami ,franois ,boucher4 ,celui-ci l'embrasse et1 en le reconduisant1 lui donne ses derniers conseils4 ,mon cher ,frago1 lui dit-il1 vous allez en ,italie voir les uvres de ,raphal et de ,michel-,ange1 mais1 je vous le dis en confidence1 comme ami1 si vous les prenez au srieux1 vous tes perdu4 ,boucher1 qui avait son franc-parler1 aurait mme employ un mot plus nergique4 ,ne nous htons pas de crier au sacrilge4 ,boucher tait un trop grand artiste pour mconnatre le gnie des matres de la ,renaissance4 ,dans sa forme irrespectueuse1 son conseil ne visait qu' mettre ,fragonard en garde contre le danger de l'imitation servile1 ft-ce l'imitation de ,raphal4 ,il ne voulait pas que ,rome toufft dans son lve sa brillante personnalit d'artiste1 comme elle avait fait pour tant de peintres bien dous1 revenus de l atrophis et sans temprament4 ,fragonard suivit la lettre les instructions de ,boucher2 l'ducation acadmique de l'cole royale de ,rome resta sur lui sans influence4 ,les anciens ne parvinrent pas non plus le dvoyer3 en face des merveilles de ,michel-,ange et de ,raphal1 il se sentit mu1 pntr d'admiration1 mais il tait trop essentiellement de son pays et de son temps pour subir aucune emprise2 il chappa la tentation de voir par les yeux d'autrui et ne compromit pas sa personnalit dans de mauvais reflets de l'art italien4 ,son unique matre fut la nature1 cette nature incomparable des environs de ,rome2 il parcourut et tudia les plus beaux sites d',italie4 ,les ruines anciennes1 les eaux courantes1 les arbres majestueux laissrent dans l'imagination de ,fragonard une impression tellement vive qu'elle se refltera souvent dans ses toiles1 dveloppant en lui un sentiment mu de la nature et une connaissance approfondie de la lumire dont il baignera ses scnes plus tard2 c'est de son sjour en ,italie qu'il rapporta l'amour de ces grands jardins qui si souvent lui servirent de dcor4 ,quand il revint en ,france1 il put reparatre sans honte devant ,boucher1 qui le retrouva tel qu'il tait parti1 mais avec un gnie plus complet et mri par l'tude4 ,il tait prt recevoir des mains de son matre vieilli le sceptre de la peinture franaise2 l're glorieuse allait s'ouvrir pour lui4 ,on peut faire deux parts de l'uvre de ,fragonard3 celle qui prcde son mariage et celle qui lui est postrieure4 ,dans la premire catgorie se placent les toiles aux sujets lgers2 dans la seconde on trouve plus frquemment des scnes d'intimit dans le genre des petits matres hollandais4 ,c'est cette deuxime manire qu'appartient la ,leon de musique1 que nous donnons ici4 ,cette ravissante toile est demeure l'tat d'esquisse2 mais sous le frottis lger de la peinture apparat mieux encore toute l'exquise dlicatesse de l'art de ,fragonard et son habilet peindre les scnes d'intrieur4 ,assise dans un fauteuil1 une charmante jeune femme1 aux cheveux d'un blond dor1 dchiffre au clavecin un morceau de musique pos sur le pupitre4 ,elle est dans le plus pur costume de l'poque1 avec son corsage largement ouvert et sa jupe de satin dont les plis bouillonnent par-dessus les bras de son fauteuil4 ,a ct d'elle1 debout1 se tient un jeune homme1 peut-tre son professeur1 plus srement son amoureux1 portant un vtement quelque peu archaque1 assez semblable celui des mignons de ,henri ,,iii4 ,un toquet couvre sa tte et son cou est emprisonn dans une fraise ruche4 ,son office parat tre de surveiller l'excution correcte du morceau1 mais toute son attention semble aller de prfrence aux charmes de son lve1 qui nous parat bien rougissante en dpit de l'application qu'elle affecte4 ,sur une chaise place ct du clavecin1 une viole est pose1 et ct apparat la tte ronde d'un chat que la musique a sans doute veill de son sommeil4 ,cette petite scne intime est infiniment gracieuse3 l'intrt de la toile est concentr sur les deux personnages qui en occupent toute la largeur4 ,aucun dcor1 aucun accessoire ne dtourne l'attention2 pas un dtail d'ameublement ou d'architecture qui sollicite le regard2 c'est un menu dtail d'existence quotidienne1 pris sur le vif4 ,personne ne fut mieux dou que ,fragonard2 toutes les fes semblent avoir assist sa naissance4 ,moins mythologique que ,boucher1 il exprima le got1 la fantaisie et le caprice de son sicle avec une verve et un esprit incroyables4 ,ses tableaux sont charmants1 ses esquisses valent encore mieux que ses tableaux1 et ses dessins que ses esquisses4 ,il ne lui faut presque rien pour rendre son ide2 un frottis de bitume1 une teinte locale rose ou bleutre1 quelques hachures1 un rveillon de lumire et voil tout un monde de figurines qui vivent1 sourient1 se cherchent1 s'embrassent1 courent et voltigent1 travers des fumes1 des nuages et des bosquets4 7,thophile ,gautier47 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #a4aj4--,largeur3 #a4bj4--;,figures mi-corps grandeur naturelle4 7,,salle ,,xvi3 ,,salle ,,daru74 ,,jean ,,van ,,eyck 7,vers #acha-adde7 ,,la ,,madone ,,du ,,chancelier ,,rolin ,illustration ,la ,madone du ,chancelier ,rolin ,les fervents du muse du ,louvre connaissent tous cette uvre exquise1 aussi remarquable par la beaut de la composition que par le charme du dtail1 par la vrit des attitudes que par la fracheur d'un coloris que l'action de cinq sicles n'a pu ternir4 ,la scne a pour cadre une riche demeure de ,bruges1 avec ses fentres petits carreaux sertis de plomb1 et dont la porte colonnes s'ouvre sur la campagne flamande4 ,sur un sige exhauss par un coussin1 la ,vierge est assise tenant l',enfant ,jsus sur ses genoux4 ,elle est drape dans un magnifique manteau de pourpre dont les plis1 trs amples1 s'talent sur le riche carrelage mosaqu4 ,le peintre lui a attribu la beaut blonde des ,flamandes1 beaut rgulire mais sans beaucoup d'expression4 ,ses cheveux sont bien tirs de chaque ct du front1 la mode de l'poque1 et retombent en boucles abondantes et soyeuses sur les paules2 au-dessus de sa tte1 un petit ange1 les ailes dployes1 soutient une massive couronne d'or4 ,ses yeux baisss suivent les mouvements de l',enfant divin qui1 d'une main1 tient un globe de cristal surmont d'une croix1 pendant que l'autre est tendue vers le chancelier ,rolin4 ,celui-ci1 revtu d'une ample robe de brocart brun et or1 est agenouill devant le groupe auguste1 les mains jointes1 devant un prie-,dieu recouvert d'un coussin1 et sur lequel est pos un livre de prires4 ,quelque belle que soit la ,vierge1 le personnage du chancelier est le morceau capital de cette uvre prcieuse2 son attitude d'adoration et d'extase est traduite avec une loquence dont on ne trouve l'quivalent dans aucune autre peinture1 sinon peut-tre dans la ,madeleine du ,corrge1 du muse de ,parme4 ,a l'intrt de cet auguste tte--tte1 l'art de ,van ,eyck en a ajout un autre1 celui d'un merveilleux paysage qui s'tale jusqu' l'horizon entre les colonnes de la porte4 ,voici les jardins du palais avec les parterres de lis1 de glaeuls et de roses1 o se promnent les paons et les oiseaux rares4 ,une terrasse garnie de crneaux les domine du ct de la campagne1 et de petits personnages d'une tonnante vrit animent ce rempart4 ,au-del1 s'tendent perte de vue les lumineuses perspectives3 une rivire d'o merge une le commande par un chteau-fort2 sur une des rives1 une ville avec ses quais1 ses rues1 son glise et son port fortifi2 et pour fermer l'horizon1 une chane de montagnes1 dont les cimes se perdent dans les ples clarts d'une aube matinale4 ,tout cela foisonnant de dtails microscopiques1 qui sont d'une vrit stupfiante et qui se fondent dans une harmonie d'ensemble presque mystique4 7,a4 ,gruyer47 ,dans ses dimensions rduites1 la ,madone ,rolin constitue un joyau sans prix4 ,elle est le plus parfait chantillon de la premire manire du matre1 toutes les qualits de ce gnial artiste s'y rsument et s'y panouissent4 ,la tonalit1 crit ,eugne ,fromentin1 en est grave1 sourde et riche1 extraordinairement harmonieuse et forte4 ,la couleur y ruisselle pleins bords4 ,elle est entire1 mais trs savamment compose et relie plus savamment par des valeurs subtiles4 ,en vrit1 quand on s'y concentre1 c'est une peinture qui fait oublier tout ce qui n'est pas elle et donnerait penser que l'art de peindre a dit son dernier mot1 et cela ds la premire heure4 ,rien de plus fin1 de plus chaste1 de plus dlicat1 ajoute ,thophile ,gautier1 que cette ,notre-,dame1 encore un peu gne par la symtrie gothique1 mais dj d'une vrit et d'une finesse de dessin incroyables4 ,quant sa couleur1 au lieu de se carboniser avec le temps1 elle s'est agatise et a pris l'immuable clat des pierres dures4 ,beaucoup d'uvres de ,jean ,van ,eyck ont t attribues son frre an ,hubert1 grand peintre lui aussi4 ,mais il semble aujourd'hui que ce dernier ne puisse rellement revendiquer que le triptyque fameux de l',adoration de l',agneau1 merveille sans gale qui suffit amplement sa gloire4 ,il mourut avant de l'avoir termin1 et c'est son frre ,jean qui y mit la dernire main4 ,jean ,van ,eyck ne limita pas son uvre la peinture religieuse2 il fut aussi un portraitiste incomparable4 ,de son vivant1 il jouit d'une rputation europenne1 et le duc de ,bourgogne1 ,philippe le ,bon1 le prince le plus clair de son temps1 se l'attacha comme peintre de sa ,cour4 ,il lui marqua toujours une faveur particulire1 l'employant plusieurs fois des missions diplomatiques l'tranger4 ,quand ,van ,eyck se fixa ,bruges1 le duc vint lui rendre visite plusieurs reprises4 ,on l'appelait d'ailleurs aussi ,jean de ,bruges4 ,on sait qu'on attribue ,jean ,van ,eyck la dcouverte de la peinture l'huile4 ,il est aujourd'hui acquis que ce procd tait connu bien avant lui4 ,ds le ,x,i,i,ie sicle1 le moine ,thophile en avait donn la formule avec une minutieuse prcision4 ,il n'en reste pas moins vrai que les deux frres1 ,hubert et ,jean ,van ,eyck1 furent les premiers l'employer1 et ils en usrent avec une surprenante science1 en juger par l'admirable degr de conservation de leurs uvres4 ,excute par ,van ,eyck pour la collgiale d',autun1 d'aprs les ordres du chancelier ,rolin1 conseiller du duc de ,bourgogne1 la ,madone du ,chancelier ,rolin fut transporte au ,louvre par ,napolon ,ier4 ,elle porte aussi le titre de ,madone ,rolin et celui de ,vierge au donateur4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #j4ff4--,largeur3 #j4fb4--;,figures3 #j4fj4 7,,salle ,,xxix3 ,,primitifs ,,flamands74 ,,paul ,v,,ron,,se 7#aebh-aehh7 ,,suzanne ,,et ,,les ,,vieillards ,illustration ,suzanne et les ,vieillards ,peu de sujets1 dans le genre anecdotique1 ont t aussi souvent traits par les peintres de tous les temps et de tous les pays4 ,il n'est pas jusqu' nos artistes contemporains qui n'aient essay de traduire le charme de cette jeune nymphe surprise dans ses pudeurs intimes par la lubrique curiosit de deux vieillards dissimuls dans le feuillage4 ,on pourrait faire une tude complte des diffrentes coles1 avec leurs analogies ou leurs oppositions1 leurs qualits propres1 par la seule comparaison des nombreuses ,suzanne au bain dont fourmille la peinture4 ,parmi ces innombrables compositions1 celle de ,paul ,vronse se recommande par cette ampleur d'excution1 cette extraordinaire fantaisie1 ce coloris miraculeux qui font du grand matre vnitien l'un des rois de la peinture universelle4 ,pour apprcier sa mesure le merveilleux gnie de ,vronse1 gnie fait d'invention1 d'originalit1 de spontanit1 il aurait fallu mettre sous les yeux du lecteur l'incomparable toile des ,noces de ,cana1 mais ses vastes proportions nous interdisaient de la reproduire autrement qu'en un format rduit o tout le charme du dtail aurait t perdu4 ,quelle que soit d'ailleurs l'uvre traite par ,vronse1 il se montre toujours suprieur4 ,dans les toiles de chevalet comme dans les immenses compositions excutes pour les couvents et les glises de ,venise1 les mmes qualits se retrouvent1 un gal degr de perfection4 ,dans sa ,suzanne et les ,vieillards1 la plupart des lments chers l'artiste lui faisaient dfaut4 ,il n'y a l ni brocarts somptueux ni accessoires d'or ou d'argent1 aiguires1 amphores faire miroiter1 mais simplement une femme demi-nue dans un paysage agreste4 ,nanmoins1 la fantaisie de ,vronse s'empare immdiatement du sujet pour faire une uvre personnelle qui ne ressemblera rien de ce qui a t fait avant lui4 ,sa jolie baigneuse ne plonge pas son corps dans l'eau d'un ruisseau banal et vraisemblable4 ,vronse s'inquite peu de vraisemblance1 il la traite avec quelque mpris3 ,je peins mes uvres1 disait-il1 sans prendre ces choses en considration et je me donne la licence que se permettent les potes et les fous4 ,et il fait comme il dit4 ,la vasque o ,suzanne se baigne n'a rien de champtre3 une balustrade demi-circulaire l'abrite1 mais cette balustrade est en marbre et l'on croirait que la belle jeune femme a fait la gageure d'taler ses charmes dans une fontaine de la place ,saint-,marc4 ,on a dit de ,vronse qu'il fut le plus absurde et le plus adorable des peintres4 ,sous sa forme paradoxale1 ce jugement est d'une vrit parfaite4 ,absurde1 ,vronse le fut vraiment par son mpris de la logique et de la raison1 par son indiffrence complte de la vrit historique ou des rgles d'cole1 par sa manire anachronique d'habiller l'antiquit d'oripeaux de son poque4 ,et c'est prcisment cette fantaisie dbordante1 cette nave confiance en soi1 cette comprhension sans analogue de la mythologie et de la religion qui firent de lui l'adorable artiste dont l'admiration des sicles a consacr la gloire4 ,par un rare privilge de son gnie1 les invraisemblances les plus oses disparaissent sous la magique parure dont il les recouvre1 et c'est peine si l'on peroit les criantes erreurs d'histoire ou la superficialit de ses conceptions picturales dans le ravissement continu que provoquent la vie intense de ses personnages1 la splendeur de son coloris1 le chatoiement de ses draperies1 la clart de ses ciels et l'impression de jeunesse et de joie qui rayonne de son uvre4 ,vronse ne fut ni un penseur1 ni un historien1 ni un moraliste2 il fut tout simplement un peintre1 mais un grand peintre4 ,son uvre fut toujours l'exaltation de la joie de vivre1 l'apologie des agrments extrieurs qui rendent l'existence aimable et facile3 les belles demeures1 les fleurs1 les copieux repas1 les toffes prcieuses1 les femmes luxueusement pares4 ,regardez sa baigneuse4 ,elle est dvtue1 mais les vtements jets en dsordre sur le bord du bassin ont des reflets de soie qui trahissent chez leur propritaire des gots de luxe et de coquetterie4 ,si nous pouvions assister l'habillage complet de la jeune femme1 nous verrions srement surgir quelque lgante patricienne de ,venise1 jupe ramage1 et couverte de bijoux4 ,son corps demi-nu a d'ailleurs de la race1 la ligne est noble2 ,vronse ne consentirait pas peindre une ribaude4 ,et les deux vieillards1 qui grimacent de convoitise dans leur cachette1 sont probablement de riches marchands1 peut-tre mme d'augustes snateurs de la ,srnissime4 ,ce qu'il faut principalement admirer dans cette toile1 c'est la facilit d'excution1 le naturel des personnages et surtout ,suzanne1 ni trop pudique ni trop ose1 mais simplement dans l'attitude effarouche d'une baigneuse nue qui s'aperoit qu'on la regarde4 ,il est presque inutile de signaler la beaut du coloris1 chatoyant sur la chair nue comme une caresse1 profond et lumineux dans le paysage4 ,suzanne et les ,vieillards appartenait la collection de ,louis ,,xiv1 dont il tait un des plus beaux tableaux4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #a4ih4--,largeur #a4ih4--;,figure grandeur nature4 7,,salle ,,iv3 ,,salon ,,carr74 ,,fran,,ois ,,boucher 7#agjc-aggj7 ,,diane ,,au ,,bain ,illustration ,diane au bain ,la ,diane au bain est une dlicieuse peinture2 on la considre comme tant peut-tre le chef-d'uvre de ,boucher4 ,la desse1 qu'une de ses nymphes1 agenouille prs d'elle1 vient de dchausser1 se prpare entrer dans l'eau4 ,elle est nue1 de cette nudit argente des desses virginales2 une de ses jambes releve sur le genou1 de l'autre jambe elle tte l'eau2 elle tient la main le fil de perles qu'elle vient de dtacher de son col4 ,penche en avant1 elle incline un peu sa charmante tte vue de profil1 aux cheveux retrousss1 entremls de perles et o brille un petit croissant4 ,le col1 les paules1 le torse1 baigns d'ombres lgres et transparentes1 ont une souplesse1 une fracheur et une grce extrmes4 ,la nymphe aussi est charmante1 et ces jeunes corps1 facilement plis en des poses coquettes1 se dtachent d'un fond de paysage fait de roseaux1 de broussailles1 d'arbres aux racines tordues s'accrochant la dchirure d'un ravin1 d'un courant d'eau o boivent les chiens1 et d'un tertre au bord de la source1 sur lequel se chiffonnent et se cassent1 plis miroitants1 des toffes nonchalamment jetes4 ,un carquois1 des flches et1 dans un coin1 un arc prs d'un trophe de gibier1 compos de perdrix et de livres1 meublent pittoresquement les angles de la toile2 tout cela enlev avec une sret et une prestesse de touche admirables4 ,boucher a ce mrite que ses moindres compositions font tableau et dcorent le mur auquel on les suspend4 ,thophile ,gautier1 dont on vient de lire la description enthousiaste de la ,diane au bain1 fut le premier remettre en honneur la peinture de ,boucher1 tombe dans un injuste discrdit depuis la ,rvolution4 ,ce romantique de got parfait s'tait pris d'une passion vritable pour les lgantes joliesses du ,x,v,i,i,ie sicle4 ,aprs lui1 ,jules ,janin mena la croisade de rhabilitation1 suivi par ,banville1 ,burger-,thor et surtout les ,goncourt dont les admirables tudes firent revivre et aimer la dlicieuse poque des pastorales et des bergeries4 ,aujourd'hui1 le charme de ces peintres adorablement prcieux et si finement spirituels a reconquis tout son empire et leurs tableaux1 nagure si dcris1 connaissent la gloire des enchres fabuleuses1 dans les ventes de collections4 ,on ne les discute plus1 on les admire4 ,parlant de la ,diane au bain1 ,m4 ,gustave ,kahn1 qui a consacr ,boucher une savante et littraire tude1 s'exprime ainsi3 ,la ,diane n'a rien de l'imprieuse chasseresse2 elle est d'une srnit enfantine1 d'une innocence1 d'une puret de fleur peine close2 l'innocence est au sourire de la bouche purilement mi-ouverte2 de jolis tons d'ambre et de rose embellissent le corps si frle et si harmonieux de la jeune desse1 et autour d'elle les fonds de la pastorale de ,boucher dploient l'cran de leur minutie et leur rve de jardin des ,hesprides4 ,dtournons un instant les yeux des deux charmantes images et considrons le dcor qui les entoure4 ,on a souvent accus les peintres de cette poque de n'avoir rien compris la nature et de s'tre forg des paysages de convention1 peigns1 lavs1 entirement issus de leur fantaisie4 ,boucher ne mrite pas un tel reproche4 ,certes1 il idalise son paysage1 il a bien soin d'en carter tout ce qui risquerait de choquer le regard ou de rompre l'harmonie4 ,n'y cherchez pas des sentiers raboteux1 des ornires boueuses1 tout cela cadre trop mal avec les gracieuses personnes qu'il y veut faire passer4 ,pas de souillures sur le sol o la divine baigneuse pose ses jolis pieds1 mais levez les yeux et dites-moi si ces arbres au beau feuillage vert ne sont pas de vrais arbres1 si l'air et la lumire n'y circulent pas1 si ce n'est pas la nature relle1 celle que nous voyons chaque pas dans nos promenades travers champs8 ,au surplus1 est-il donc si paradoxal qu'une terre plus belle que nature soit dispose sous les pieds de desses habitues cheminer sur les nues brillantes de l',olympe8 ,et quel art dans la composition6 ,comme tout est admirablement dispos pour la joie des yeux1 comme tout chante1 vibre1 sourit6 ,pour ses pastorales et ses mythologies1 son faire est blouissant4 ,il a un souci suprme1 primordial3 l'arrangement4 ,il le veut plein1 ordonn1 compliqu1 amusant2 il veut donner de l'imprvu1 de la surprise1 du dtail ingnieux1 du dtail spirituel4 ,c'est pourquoi1 comme disent les ,goncourt1 il entrelace les saxifrages1 il noue la vigne folle en rideaux1 il encadre les paysages et les nymphes dans des tentures de sapins aux grands bras qui penchent et balancent leurs longs effils verts sur le corps des baigneuses4 7,g4 ,kahn47 ,la ,diane au bain fut expose au ,salon de #agdb4 ,elle fut paye #c4eie francs la vente de ,m4 de ,narbonne en #ahej1 puis acquise par l'tat1 en #aheb1 pour #c4bjj francs la vente de ,m4 de ,cuyck3 et depuis lors ce tableau figure au ,louvre4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #a4ef4--,largeur3 #a4gc4--;,figures3 #j4ee4 7,,salle ,,xvi3 ,,salle ,,daru74 ,g,,ricault 7#agia-ahbd7 ,,le ,,radeau ,,de 8,,la ,m,,duse0 ,illustration ,le ,radeau de 8la ,mduse0 ,en #ahaf la frgate la ,mduse1 qui faisait voile vers le ,sngal1 fut spare par la tempte1 au large des ctes du ,maroc1 de la flottille qu'elle escortait1 et s'choua sur le banc d',arguin1 prs du cap ,blanc4 ,aprs de vains efforts pour renflouer le navire1 les naufrags durent l'abandonner4 ,les canots tant insuffisants pour les soldats et l'quipage1 on construisit un grand radeau grce auquel on esprait1 la remorque des embarcations1 atteindre la cte4 ,mais1 pendant la nuit1 les hommes des canots couprent lchement les cbles de remorque et abandonnrent leur sort les malheureux entasss sur le radeau4 ,alors commena cet effroyable drame demeur clbre dans les fastes de la mer4 ,pendant vingt-sept jours1 les naufrags furent ballotts sur les flots de l',ocan2 les vivres1 puis l'eau manqurent2 la faim1 la soif1 la folie agissant sur ces tres pouvants1 il se passa des scnes d'horreur et de carnage dont deux des survivants1 ,corrard et ,savigny1 nous ont laiss la dantesque relation4 ,lorsque1 enfin1 la corvette l',argus aperut les signaux1 il ne restait plus que quinze survivants sur le radeau tragique4 ,c'est ce terrible drame de la mer que ,gricault rsolut de peindre son retour de ,rome4 ,a son projet se mlait aussi une pense trangre l'art4 ,l'opposition ayant exploit ce naufrage contre le gouvernement de ,louis ,,xviii1 le peintre tait sr1 en choisissant un tel sujet1 d'attirer sur lui l'attention gnrale et peut-tre esprait-il quelque avantage du scandale qu'il produirait4 ,mais il avait trop le respect de son art pour confier aux seules passions politiques le soin de sa gloire2 il ne ngligea rien pour faire une uvre mouvante et belle4 ,il se fit conter par ,corrard et ,savigny les moindres dtails de la tragdie2 il tablit le radeau d'aprs les indications du charpentier1 survivant lui aussi1 qui l'avait construit4 ,oblig de peindre des cadavres et des agonisants1 il alla l'hpital ,beaujon surprendre au chevet des malades les affres de la mort4 ,quant au ciel blafard de sa toile et la teinte livide de ses flots1 il les peignit d'aprs nature1 un jour de tempte1 sur la plage du ,havre4 ,malgr ce minutieux besoin de vrit documentaire1 il y avait trop de fougue1 de vigueur chez ,gricault1 pour que le naufrage de la ,mduse demeurt un simple procs-verbal illustr de la catastrophe2 il y a introduit l'immensit du dsespoir1 l'horreur de la mort et aussi cette nergie sauvage qui rattache l'homme la vie et lui fait avidement scruter cet horizon mouvant o1 tout d'un coup1 peut surgir le salut4 ,quand il s'agit de fixer la composition1 ,gricault hsita longuement4 ,il essaya successivement plusieurs pisodes3 il rejeta celui de la dlivrance cause du dfaut d'unit qu'aurait prsent la toile avec le double groupe du radeau et du navire sauveteur2 l'pisode de la lutte entre les naufrags le retint davantage et il en fit une esquisse trs belle et trs pousse1 mais1 l encore1 il lui parut que l'parpillement des corps corps sur toute l'tendue du radeau serait inharmonique4 ,il se dcida enfin pour le magnifique tableau que nous reproduisons1 o se trouvent la fois concentrs sur un mme point les malheureux prostrs1 attendant la mort1 et ceux qui viennent d'apercevoir une voile l'horizon et qui l'appellent frntiquement en agitant des linges4 ,gricault ne s'tait pas tromp en escomptant le bruit que ferait sa toile4 ,quand elle parut au ,salon de #ahai1 elle souleva une vritable tempte4 ,acclame par les libraux1 elle fut vilipende par les partisans du gouvernement et plus encore par les ,davidiens4 ,par un de ces aveuglements dont la postrit a peine se rendre compte1 quoiqu'il se renouvelle l'apparition de chaque gnie original1 ce chef-d'uvre fut gnralement jug dtestable4 ,on ne sentit pas cette posie poignante dans sa ralit2 on resta insensible l'effet dramatique de ce ciel livide1 de cette mer sinistrement glauque crasant son cume sur les cadavres ballotts entre les poutres du radeau et secouant de son paule norme ce frle plancher1 thtre d'agonie et de dsespoir3 cette science de musculature1 cette force de couleur1 cette largeur de touche1 cette nergie grandiose et qui fait penser ,michel-,ange1 ne soulevrent que ddains et que rprobations4 7,thophile ,gautier74 ,l'tat ne voulut pas acheter le tableau1 malgr les efforts du directeur des ,muses1 le comte de ,forbin4 ,nanmoins ,gricault obtint une mdaille d'or1 et1 en la lui remettant1 ,louis ,,xviii lui dit aimablement3 ,monsieur ,gricault1 vous venez de faire un naufrage qui n'en est pas un pour vous4 ,aprs la mort prmature de l'artiste1 ses hritiers voulaient couper le tableau en quatre pices1 car sa grandeur en rendait le placement difficile4 ,cette fois1 le comte de ,forbin russit sauver la toile1 et l'acquit au prix de #f1jjj francs pour le compte de l'tat2 ce magnifique chef-d'uvre ne fut pas dpec et aujourd'hui le ,radeau de la ,mduse1 gloire de l'cole franaise1 rayonne1 admir de tous1 sur le large pan de muraille qu'il recouvre4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #d4ia4--,largeur3 #g4df4--;,figures grandeur nature4 7,,salle ,,viii3 ,,salle ,,des ,,tats74 ,,le ,,titien 7#adgg-aegf7 ,l',,homme ,,au ,,gant ,illustration ,l',homme au gant ,on ignore le nom du jeune homme reprsent ici2 mais1 coup sr1 nous sommes en prsence d'un personnage d'importance1 patricien de la ,srnissime rpublique de ,venise4 ,sous son vtement noir1 gay de la seule blancheur d'une chemise de dentelle1 le gentilhomme a de la distinction1 de la race1 une belle tournure aristocratique4 ,ses cheveux noirs sont la mode italienne du temps1 coups ras sur le front et retombant assez bas1 sur les cts1 pour cacher une partie des oreilles4 ,la tte1 bien campe sur un cou robuste1 n'est pas rgulirement belle1 mais s'illumine d'une intelligence nergique et d'une fermet tranquille accentues par l'assurance et la fiert du regard4 ,aucun autre ornement1 dans le svre costume du modle1 qu'une fine et longue chanette grains de corail termine par un mdaillon4 ,la main droite1 bague d'or l'index1 est ngligemment passe la ceinture3 cette main est d'un model et d'une vigueur d'excution admirables4 ,de son coude gauche1 le jeune patricien s'appuie sur un pan de rocher et1 dans sa main gauche gante de peau de daim1 il tient son autre gant4 ,on a presque honte d'crire des phrases logieuses sur un pareil chef-d'uvre2 il semble que l'on commette un botisme en exprimant son admiration pour ce dessin grand et simple1 cette couleur d'une clart si chaude1 ce model puissant et souple1 cette fleur de vie rpandue partout qui caractrisent la manire de ,titien4 ,titien est le plus sain1 le plus robuste1 et le plus tranquille des grands peintres4 ,chez lui1 aucun effort visible2 il atteint la beaut facilement et du premier coup1 comme une chose naturelle4 ,ses figures ont la sant1 la joie sereine1 l'quilibre parfait des statues grecques et des peintures antiques telles qu'on peut les supposer4 ,aucune fivre1 aucune inquitude ne les travaillent et ne les dforment2 elles s'panouissent tranquillement dans la plnitude de leur force et de leur beaut1 heureuses d'avoir reu la vie du pinceau de ,titien qui est1 avec ,velazquez1 le plus grand peintre de portraits du monde4 7,th4 ,gautier74 ,aussi n'est-il pas surprenant qu'il ait t1 durant sa longue vie1 le peintre de tous les personnages illustres du ,x,v,ie sicle4 ,ds ses dbuts1 son vigoureux talent lui vaut une rputation mrite4 ,le ,conseil des ,dix le nomme peintre des ,doges1 titre qu'il lui retirera par la suite cause de ses lenteurs dans l'excution des commandes2 puis1 c'est ,alphonse de ,ferrare1 grand protecteur des arts1 que ,victor ,hugo a peint de couleurs si noires1 qui attire prs de lui le jeune peintre1 l'installe dans son propre chteau et le comble d'honneurs4 ,ce sjour ,ferrare est marqu par le magnifique portrait du duc1 par celui de ,laura di ,dianti et par une cinquantaine d'uvres de premier ordre4 ,aprs un court passage la ,cour de ,frdric ,gonzague1 duc de ,mantoue1 ,titien se lie avec ,francesco ,maria della ,rovere1 duc d',urbino et neveu du grand pontife ,jules ,,ii4 ,a cette ,cour1 il peint de nombreux portraits1 qui sont tous des chefs-d'uvre2 il en excute mme d'aprs des copies1 tels que ceux du ,sultan et de ,franois ,ier2 ce dernier est au ,louvre et l'on peut constater en le voyant que ,titien n'avait pas besoin de faire poser son personnage pour en faire un admirable portrait4 ,jaloux de possder un tel peintre1 le monarque le plus puissant de l'poque1 ,charles-,quint1 lui prodigue les marques de son amiti et lui commande plusieurs fois son portrait4 ,ces portraits sont autant de chefs-d'uvre4 ,on raconte qu'un jour l',empereur--cette moiti de ,dieu1 comme l'appelle ,victor ,hugo--se trouvait dans l'atelier de ,titien lorsque celui-ci laissa choir par mgarde son pinceau4 ,le souverain se baissa pour le ramasser et le rendit l'artiste4 ,a ses courtisans tonns1 ,charles-,quint signifia tranquillement qu'un tel gnie tait bien digne d'tre servi par un empereur4 ,pour chaque portrait de lui1 ce monarque lui paya #a4jjj couronnes d'or et il lui confra en outre des titres de noblesse avec un don annuel de #bjj couronnes4 ,il essaya mme de l'attirer ,madrid avec le titre de peintre de la ,cour1 mais ,titien refusa1 craignant de ne pouvoir se plier aux habitudes espagnoles en matire d'art et de foi4 ,par l'intermdiaire de l',artin1 son ami1 ,titien fut appel ,rome par ,paul ,,iii1 de la famille ,farnse4 ,le pontife posa plusieurs fois devant lui4 ,on a dit de ,titien qu'il n'eut pas un caractre aussi beau que son gnie et qu'il gta ses dons merveilleux par une rapacit indigne d'un grand artiste4 ,ce que fut l'homme importe peu aujourd'hui2 l'uvre compte seule et elle est admirable4 ,titien1 quels qu'aient t ses dfauts1 reste l'un des plus grands peintres du monde et l'un des fournisseurs les plus puissants d'motion artistique4 ,l',homme au gant fut acquis par ,louis ,,xiv1 qui nos muses franais sont en grande partie redevables de leur richesse4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #a m4--,largeur3 #j4hi4--;,figure mi-corps grandeur nature4 7,,salle ,,vi3 ,,grande ,,galerie74 ,,annibal ,,carrache 7#aefj-afji7 ,,le ,,sommeil ,,de ,l',,enfant ,j,,sus ,illustration ,le ,sommeil de l',enfant ,jsus ,douillettement pos sur un coussin1 l',enfant-,roi dort d'un calme sommeil4 ,devant lui1 la ,vierge veille avec une maternelle tendresse sur son repos et1 comme saint ,jean-,baptiste survient et pourrait l'veiller1 ,marie1 d'un geste dlicieux du doigt pos devant la bouche1 lui recommande le silence4 ,il n'est rien de plus gracieux que ce visage de la ,vierge o se mlent la majest1 la grce1 la bont et une certaine candeur enfantine3 on y lit la fiert de son auguste rle1 la joie de la maternit heureuse et aussi la ferveur de la crature lue qui sait que l',enfant issu d'elle est un ,dieu4 ,dans cette charmante composition semble se rsumer tout l'enseignement de cette cole bolonaise1 dont les ,carrache furent les fondateurs et qui produisit des artistes comme le ,dominiquin1 ,guido ,reni1 le ,guerchin et l',albane4 ,il y eut trois ,carrache la tte de cette cole3 ,louis1 ,augustin et ,annibal1 ces deux derniers cousins du premier4 ,tous les trois eurent de grandes qualits de peintre3 ,louis l'emporte par la science1 ,augustin par la facilit1 ,annibal par la noblesse et l'lvation du style4 ,ds que s'ouvrit l',acadmie des ,carrache1 les artistes y afflurent1 dlaissant l'atelier de ,calvart1 alors trs estim en ,italie4 ,d'aprs ,corrado ,ricci1 le mrite principal de l'cole de peinture dite des ,carrache fut de rejeter les formules vieillies et anmies des disciples de ,raphal et de ,michel-,ange1 en revenant au point de dpart mme de l'cole de ,buonarotti1 et surtout au ,corrge et au ,titien4 ,rappelons qu',annibal ,carrache considrait ces deux derniers artistes comme ses vrais matres2 il crivait qu' ct du ,saint ,jrme du ,corrge1 le ,saint ,paul de ,raphal1 qui lui avait d'abord paru un prodige de beaut1 lui semblait un personnage de bois1 dur et coupant4 ,les ,carrache mettaient la base de leur enseignement l'tude de l'antique1 l'imitation de la nature1 principes qui ne pouvaient1 intelligemment suivis1 que donner de bons rsultats4 ,il s'y ajoutait l'imitation de tous les matres de la ,renaissance1 prcepte trs dangereux s'il tait servilement respect4 ,augustin ,carrache1 qui tait pote ses heures1 avait codifi le programme de l'cole sous forme de sonnet4 coutons-le3 ,quiconque veut devenir un bon peintre doit avoir dans la main le dessin de l'cole romaine1 le mouvement et l'art d'ombrer vnitiens et le beau coloris de ,lombardie2 il doit suivre la terrible voie trace par ,michel-,ange1 le vrai naturel de ,titien1 le style pur et souverain de ,corrge1 la juste symtrie de ,raphal1 la biensance et les bases de ,tibaldi1 l'invention du docte ,primatice et un peu de la grce du ,parmesan4 ,il y ajoutait encore les qualits complexes de ,nicolo dell',abate et de quelques autres4 ,ce qui quivalait dire3 ,prenez un peu du gnie et de la manire de tous ces matres1 adaptez-le votre gnie propre1 conformez-y votre manire personnelle et1 par cette imitation partielle de chacun1 vous deviendrez des artistes complets4 ,on voit le danger d'un tel enseignement3 il ne tendait rien moins qu' touffer la personnalit chez les lves4 ,certes1 les ,carrache n'y songeaient pas1 mais1 en dpit d'eux-mmes1 tel devait tre le rsultat de leur doctrine rigoureusement applique4 ,fort heureusement pour l'clectisme des ,carrache1 la plupart de leurs disciples montrrent un temprament et une indpendance picturale qui sauva longtemps l'cole bolonaise de la dcadence4 ,sans avoir produit des peintres de gnie1 elle peut s'honorer de noms tels que celui de ,guido ,reni1 dont la facilit proverbiale s'appuyait sur une relle science du dessin1 puise dans l'tude du ,corrge4 ,le ,guide interprtait idalement la beaut fminine et toutes les expressions qu'elle revt2 il se vantait d'avoir deux cents manires de faire regarder le ciel une figure1 et c'tait la vrit4 ,ziampieri1 dit le ,dominiquin1 fut galement une gloire de l'cole bolonaise4 ,peu dou sous le rapport de l'invention1 il possde une grce un peu lourde dans sa navet1 mais aimable par sa sincrit1 un vrai sentiment de la nature sous un travail pnible o la volont a plus de part que le don4 ,tout diffrent est l',albane1 charmant et brillant artiste qui fut en quelque sorte le ,boucher de ,x,v,i,ie sicle4 ,personne n'excelle comme lui traduire la beaut1 la volupt des formes1 et comme peintre des ,grces et des ,amours1 il gale presque le ,corrge et le ,parmesan4 ,mais de tous les peintres de l'cole clectique1 ,annibal ,carrache est le plus remarquable1 le plus fcond1 le plus complet4 ,tout jeune1 il jouit d'une rputation laquelle mit le comble sa magnifique dcoration du palais ,farnse4 ,ses fresques1 ses tableaux attestent une manire large1 aise1 noble2 et l'on s'explique la gloire qui1 de son vivant mme1 s'attachait son nom ,rome aussi bien qu' ,bologne1 sa patrie4 ,comme artiste et comme chef d'cole il mrite de figurer au premier rang des peintres italiens du ,x,v,i,ie sicle4 ,le ,sommeil de l'enfant ,jsus comme tant d'autres chefs-d'uvre que l'on admire aujourd'hui au ,louvre1 faisait partie de la collection ,louis ,,xiv4 ,il est connu aussi sous le titre de ,le ,silence4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #j4ch4--,largeur3 #j4dg4--;,figures3 #j4ch4 7,,salle ,,vi3 ,,grande ,,galerie74 ,,murillo 7#afaf-afhb7 ,l',,assomption ,illustration ,l',assomption ,la ,vierge1 en robe blanche1 les paules couvertes d'un manteau d'azur1 couronne d'toiles et les pieds sur le croissant de la lune1 monte1 avec la lgret d'une vapeur1 vers le divin sjour o l'attend son trne4 ,ses belles mains se croisent sur sa poitrine1 et ses yeux1 noys d'extase1 boivent avidement l'ternelle clart4 ,elle va retrouver au ciel1 plein de gloire et la droite du ,pre1 le ,fils qu'elle a vu expirer sur la croix4 ,autour de la ,vierge flotte1 dans une brume lumineuse faite d'azur1 d'argent et d'or une guirlande de petits chrubins beaux comme des anges1 gentils comme des amours1 qui foltrent1 volettent et s'empressent avec une gat bienheureuse4 ,jamais ,daniel ,seghers1 le jsuite d',anvers1 ne peignit autour d'une vierge de ,rubens une si frache couronne de roses1 et encore les chrubins de ,murillo sont d'un ton plus dlicat1 plus lger1 plus tendre4 ,les fleurs du ,paradis l'emportent sur celles de la terre4 ,ce tableau1 quelque admirable qu'il soit1 n'est pas le plus parfait du matre de ,sville1 mais il a pour lui un charme adorable1 une sduction irrsistible4 ,au sentiment du plus fervent catholicisme1 il joint une espce de coquetterie pieuse1 d'affterie cleste et de grce amoureusement dvote que pouvait seul concevoir et rendre un peintre espagnol croyant et convaincu4 7,thophile ,gautier47 ,croyant1 ,murillo le fut l'gal de ces moines qui vourent leur pinceau1 dans le fond des clotres florentins1 l'exclusive glorification de ,dieu4 ,comme ,beato ,angelico1 il consacra son art clbrer les joies clestes et exalter la radieuse image de la ,vierge4 ,on connat de lui plus de vingt toiles reprsentant l',immacule ,conception2 le muse du ,prado en possde quatre provenant de la collection de la reine ,isabelle ,farnse2 quatre autres se trouvent au muse provincial de ,sville1 une autre dans la salle capitulaire de la ,cathdrale4 ,il y en a en ,angleterre et le ,louvre se glorifie d'en conserver deux1 parmi lesquelles la plus fameuse de toutes1 celle reproduite ici1 dont la rputation est mondiale4 ,mais toutes ont une grande sduction et on pourrait leur appliquer la phrase de ,vasari sur les femmes du ,corrge3 ,elles sont si jolies qu'on les croirait faites au ,paradis4 ,cette beaut est bien particulire ,murillo2 elle n'emprunte rien l'esthtique des grands ,italiens2 elle n'a pas la suavit supraterrestre que ,raphal prte ses ,madones4 ,les ,vierges de ,murillo sont plutt jolies et dlicates1 d'un charme enfantin1 presque naf1 avec une pointe de ralisme1 je n'ose pas dire de vulgarit1 qui les fait plus proches de nous et nous les rend plus accessibles4 ,et c'est prcisment ce charme et cette dlicatesse1 surgissant dans l'asctique et sombre art espagnol comme un flot de soleil dans les tnbres d'un sous-bois1 qui donnent l'uvre de ,murillo son caractre exceptionnel et remarquable4 ,avant lui1 la peinture religieuse tait austre et se complaisait aux spectacles tragiques des supplices et des martyres4 ,aucune joie n'clairait ces scnes effrayantes inspires par une foi sans cesse aiguillonne par la peur de l'enfer2 aucune joie1 pas mme celle du coloris4 ,herrera1 le ,greco1 ,ribera sont les plus illustres reprsentants de cette manire1 conforme aux formules svres de l',inquisition4 ,tout autre est ,murillo4 ,son uvre1 crit ,gustave ,geffroy1 sourit1 chante1 et chatoie voluptueusement4 ,a la place o grimaaient les damns1 dans les bouffes de fumes rousses1 on voit de petits anges ou de petits amours1 cravats d'ailes1 qui se rjouissent4 ,murillo prend l',espagne en fin de crise et discrtement il fait disparatre les chevalets1 les tenailles1 les instruments de torture encore chauds et rouges2 il travaille la conqute des mes par la douceur et la sduction1 il rend accessible et charmante la religion de fer et de sang des ,inquisiteurs4 ,murillo dcore une glise comme un thtre et fait de la sacristie un boudoir4 ,l',assomption1 devenue populaire force d'tre reproduite1 n'est pas1 dans le sens absolu du mot1 une image de pit2 mais elle demeure une apparition gracieuse1 sduisante1 jolie gerbe de fleurs suaves cueillie par un peintre pieux pour l'offrir la ,vierge4 ,cette clbre toile reprsente bien l'assomption de la ,vierge1 son envolement vers ,dieu sur les ailes de la charmante cohorte d'anges2 cependant ,murillo l'a intitule1 ainsi que ses autres toiles sur le mme sujet1 la ,conception ,immacule de la ,vierge4 ,malgr le catalogue qui l'inscrit sous ce titre1 nous lui conservons celui que la faveur universelle a consacr4 ,ce tableau clbre1 apport d',espagne par ,soult1 fut vivement disput la vente aprs dcs du marchal4 ,adjug l'tat pour #fae4ejj francs1 il figura longtemps au ,salon ,carr4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #b4gd4--,largeur3 #a4ij4--;,figures3 grandeur nature4 7,,salle ,,vi3 ,,grande ,,galerie74 ,,franz ,,hals 7#aehj #aehd-afff7 ,,portrait ,,de ,,femme ,illustration ,portrait de ,femme ,une des rares figures de ,franz ,hals qui ne soit pas gaye de ce large sourire que le peintre excellait peindre4 ,mais que de bonhomie et de bont dans cette face de vieille un peu vulgaire6 ,quelle vie1 dans la tranquille douceur de ces yeux1 et quelle merveille que ces mains osseuses1 rides1 poses l'une sur l'autre et sous l'piderme desquelles il semble qu'on voie courir le sang6 ,il convient de s'extasier devant la force de ces peintres qui savaient crer un effet de mouvement1 de chaleur1 de vie intense1 avec les deux seules taches d'un visage et d'une main1 sans le secours d'aucun agrment de costume et de parure4 ,en ces tours de force ,franz ,hals tait pass matre4 ,franz ,hals1 crit ,m4 ,fontainas dans sa belle tude sur ce peintre1 est essentiellement un peintre de portraits2 mais nul comme lui n'a senti la ncessit1 tout en demeurant vrai1 sincre et prcis1 de faire passer dans l'apparence des choses ou des gens le frisson mystrieux de la vie2 nul n'a mieux compris qu'il n'tait pas ncessaire1 pour animer les figures1 d'en transformer la ressemblance4 ,qu'il s'en soit tenu appliquer sa mthode fougueuse au seul portrait1 par son exemple il a laiss pressentir que tous les objets palpables et visibles1 anims ou non d'un souffle propre1 se magnifient quand on leur donne leur valeur d'expression et que le problme pour l'artiste est de la dcouvrir1 de la mettre en lumire4 ,en d'autres termes1 l'intrt d'une peinture rside moins1 objectivement dans la chose reprsente1 que dans l'il1 le sentiment1 le travail du peintre4444 ,franz ,hals ne s'inquitait des souffrances1 des joies des personnages dont il peignait les portraits1 que dans la mesure o les traces de ces souffrances et de ces joies taient empreintes dans les traits visibles de leurs physionomies4 ,il n'a pas mis dans son uvre l'anxit et la fivre de ,rembrandt1 mais son esprit nanmoins ne fut point d'un flegmatique4 ,il s'est satisfait du dcor humain1 mais ce dcor n'est jamais indiffrent1 insensible1 neutre2 il porte1 en marques ardentes1 le signe certain1 enrichissements ou ravages1 des passions1 des dlires1 des dboires1 de la rsignation4 ,il ne transfigure pas1 il est fort simple1 dnu de toutes exigences intellectuelles2 son temprament est un peu terre terre1 positif1 jusqu' un certain point lourd et mme grossier4 ,soit2 mais ce qu'il voit1 il le voit avec une joie fervente1 il l'tudie1 s'en nivre1 il le traduit1 le transplante sur sa toile avec un acharnement de conviction1 de rsolution1 de jouissance heureuse et forcene4 ,il surprend1 dans les corps vivants1 le lien qui en fait un tout1 le sang qui bat et qui circule1 le muscle qui se tend et se dtend1 les mouvements du cur1 de la chair et des yeux4 ,la figure humaine a seule proccup l'art de ,franz ,hals2 les visages et les mains sont les champs d'expression o se cantonne son observation2 nul n'en a tir rcolte plus abondante2 le costume1 le luxe du vtement1 de la parure1 soutient et complte la signification de ses portraits4 ,mais un pouvoir appartient exclusivement en propre ,franz ,hals1 le pouvoir personnel d'exalter le rire4 ,le rire1 sous toutes ses formes1 tous ses degrs2 le sourire indulgent1 rticent2 le rire aigu1 le rire panoui1 le rire qui illumine de gats fugitives les lvres et les yeux2 le rire qui creuse les lignes du visage1 coule aux coins retrousss de la bouche1 agite de soubresauts le corps entier2 le rire grossier1 caricatural2 le rire ample et bon enfant2 le rire plus discret1 mme subtil et mystrieux2 le rire dans ses varits infinies1 de bont1 de bonhomie ou d'amre ironie1 fleurit et enchante une grande partie de son uvre4 ,mme dans ses vieux jours1 l'heure o la misre l'treint1 o la main languissante se trane sur la toile1 le jovial artiste trouve encore des lueurs de gat3 ses dernires uvres s'clairent malgr tout d'un sourire4 ,c'est que ,hals fut toute sa vie un joyeux compagnon1 assez ami du cabaret4 ,il ne donna pas l'exemple d'une existence trs ordonne ni trs sobre1 et sans doute faut-il attribuer ces dfauts1 et son imprvoyance1 la pauvret de ses dernires annes4 ,nanmoins1 il ne causa jamais de scandale et nous voyons que ses compatriotes le tinrent toujours en estime puisque1 dans l'extrme vieillesse1 il peignait encore les ,rgents de la cit4 ,le portrait de femme que nous donnons ici appartient la catgorie des figures graves que ,franz ,hals savait fort bien peindre l'occasion1 portraits de rgents1 runions corporatives1 groupes de famille1 etc4 ,on y retrouve les mmes qualits de sincrit1 de bonhomie et de matrise professionnelle4 ,pendant longtemps1 l'art de ,franz ,hals partagea le discrdit qui s'tait attach la peinture hollandaise2 il a fallu arriver jusqu' notre cole raliste moderne pour que pleine justice ft rendue ses artistes dlicieux4 ,courbet osa se rclamer de lui1 d'autres peintres suivirent1 et aujourd'hui les ,franz ,hals affrontent les ventes aussi victorieusement que les toiles des peintres du ,x,v,i,i,ie sicle1 qui elles aussi connurent1 pendant si longtemps1 l'infortune4 99 99 99 99 99 ,hauteur #a m4--,largeur3 #j4hj4--;,figure mi-corps grandeur nature4 7,,salle ,,vi3 ,,grande ,,galerie1 ,,cole ,,hollandaise74 ,,claude ,,lorrain 7#afjj-afhb7 ,,ulysse ,,remet ,,chrys,,is ,a ,,son ,p,,re ,illustration ,ulysse remet ,chrysis son pre ,la scne reprsente un port aux eaux d'meraude1 bord de palais somptueux4 ,palais tranges et anachroniques tels que n'en contemplrent jamais les yeux d',ulysse1 qui cependant virent tant de choses3 des colonnades supportant des terrasses1 des escaliers de marbre aux larges degrs aboutissant des quais bien dalls1 une sorte de chteau plusieurs rangs d'tages termin par une tour octogonale qui plonge ses assises dans la mer1 le tout agrment de jardins dont on aperoit les massifs taills en boule1 un mlange trs curieux d'architecture romaine1 de renaissance italienne et de style dix-septime4 ,cet ensemble trs dcoratif est complt1 vers l'horizon1 par une digue fermant le port4 ,dans les eaux de cette rade de ferie stationne un grand navire1 assez semblable aux vaisseaux de haut bord de la marine royale1 les mts chargs de voiles et arborant des pavillons qui flottent la brise2 plus loin1 se dessine la fine silhouette d'un autre btiment entrant au port4 ,a droite1 demi cache par les hautes colonnes d'un difice1 on aperoit la proue lgante d'un troisime navire4 et l1 des canots chargs de passagers sillonnent l'eau sous l'effort des rames4 ,sur le quai1 plac au premier plan1 s'agitent de minuscules personnages qui paraissent tre des badauds bien plus que des trafiquants4 ,dans cette foule assez peu compacte on chercherait vainement la scne d'o le tableau tire son titre4 ,o donc se trouve ,ulysse8 ,o ,chrysis et le pre qui on la remet8 ,claude ,lorrain et sans doute t lui-mme bien empch de le dire4 ,au surplus1 il s'en souciait peu4 ,il n'tait que paysagiste1 et les personnages ne l'intressaient pas1 il ne savait pas les dessiner2 il laissait au ,flamand ,jan ,miel ou l',italien ,filippo ,lauri le soin de les grouper ou de les peindre4 ,les titres8 ,il les abandonne galement ses collaborateurs qui les choisissent leur gr4 ,mais ce qui lui appartient en propre1 ce que nul peintre n'a possd au mme degr1 c'est le secret de cette lumire qui vibre dans ses tableaux1 c'est l'art inimitable avec lequel il colore de flammes1 matinales ou crpusculaires1 le fate des palais ou la surface des eaux4 ,dans ses marines1 crit ,m4 ,raymond ,bouyer1 l'onde1 l'architecture1 la vgtation concourent magnifiquement au plus harmonieux dcor3 du fond de la toile la splendeur vibre1 et l'onde la reflte et se resserre--heureuse illusion de la perspective--entre le sourd feuillage et le marbre tincelant6 ,un pote a dfini ce dcor le chemin du soleil4 ,le soleil est le vrai sujet de son uvre1 invisible ou prsent4 ,c'est le dieu perptuellement ador1 sans flatterie de cour1 sans allusion servile au ,roi-,soleil qui ne brille pas encore ,versailles444 ,rubens1 dj1 n'avait-il point ml l'astre du jour aux fantasmagories de ses belles pochades8 ,mais ,claude en fait l'me de ses effets prfrs1 de sa cration sans rivale1 ce riche port de mer1 contre-jour1 o l'onde se prte tous les caprices de la rfraction4 ,ce gnial artificier de la lumire solaire demeure une exception dans l'histoire de la peinture4 ,ses rayonnantes apothoses sont restes inimitables4 ,et le plus curieux1 c'est que ce peintre incomparable fut toute sa vie un ignorant2 peine savait-il signer ses toiles4 ,n de parents trs pauvres1 dans une petite bourgade de ,lorraine1 ,claude ,gelle n'annonce pas1 enfant1 de grandes qualits d'intelligence4 ,comme il n'apprend rien l'cole1 son pre le fait entrer comme apprenti chez un boulanger de pts1 ce que nous appelons de nos jours un ptissier4 ,quand il sait son tat1 il part pour ,rome avec une troupe de cuisiniers et de ptissiers lorrains1 trs estims en ,italie4 ,il n'y russit pas et se trouve bientt sans place4 ,il est dans la plus noire dtresse quand par bonheur1 un peintre romain1 ,augustinus ,tassus1 le prend son service et lui confie le soin de la cuisine et du mnage4 ,claude est domestique3 il panse le cheval1 broie les couleurs1 nettoie la palette et lave les pinceaux4 ,comme son matre est bon homme1 il permet ,claude de s'essayer au mtier de peintre2 il lui apprend un peu de perspective1 mais le dessin rebute l'apprenti4 ,d'ailleurs1 mme dans son art1 il ne sera jamais un savant4 ,plus coloriste que dessinateur1 il entend mieux la perspective arienne que la perspective linaire et la nuance de l'atmosphre que la gomtrie des lignes4 ,claude ,gelle1 7que son origine a fait surnommer ,lorrain1 ou le ,lorrain71 ,lorrain passa presque toute sa vie ,rome1 comme ,poussin1 dont il fut l'ami4 ,la renomme et la faveur allrent plus vite au premier qu'au second3 tandis que ,poussin gagna relativement peu d'argent1 ,claude ralisa une belle fortune4 ,en mme temps que la richesse1 le ,lorrain doit au ciel de l',italie le meilleur de son art4 ,qu'il dcouvre d'infinies perspectives baignes dans l'air diaphane des crpuscules ou des aubes1 qu'il projette dans une baie d'meraude l'image des voiliers majestueux ou des palais de marbre1 qu'il ralise enfin sur ses toiles l'hymen tincelant du ciel et de la mer1 le ,lorrain1 par la manire dont il interprte la lumire et balance les contours1 laisse une trace lumineuse dont un reflet s'est perptu jusqu' nous4 ,ulysse remettant ,chrysis son pre fut peint par le ,lorrain vers #afdf1 pour ,m4 de ,liancourt1 et fut acquis par ,louis ,,xiv4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #a4ai4--,largeur3 #a4ej4--;,figures3 #j4ag4 7,,salle ,,xiv3 ,,salle ,,mollien74 ,d4 ,,ghirlandajo 7#addi-adid7 ,,un ,,vieillard ,,et ,,son ,,petit-,,fils ,illustration ,un ,vieillard et son petit-fils ,auprs d'une fentre ouvrant sur un paysage ensoleill1 un vieillard est assis4 ,il est vtu d'un ample vtement rouge bord de fourrure4 ,la tte de cet homme est remarquable par sa laideur3 de rares cheveux blancs surmontent un large front sillonn de rides et piqu de verrues1 les yeux sans sourcils forment des poches1 la bouche a des lvres minces et longues1 mais ce qui donne cette figure un aspect presque repoussant1 c'est la protubrance norme d'un nez bulbeux1 bourgeonn1 hideux4 ,on se dtournerait avec dgot de ce visage1 si sa laideur n'tait corrige par une grande expression de bont4 ,on lit de la tendresse dans le regard qui s'abaisse vers le jeune garonnet plac contre lui4 ,quel charmant contraste que ce frais et gracieux profil d'enfant1 et quelle grce dans ses traits purs1 sur ce front jeune encadr d'une soyeuse chevelure blonde6 ,le petit-fils ne craint pas la laideur de son aeul1 il le sait bon1 indulgent1 et il tend vers lui ses petites mains caressantes4 ,et cette opposition si complte de la disgrce physique et de la beaut juvnile forme le plus joli tableau qu'on puisse voir4 ,il est peu prs certain aujourd'hui que le vieillard vtu de rouge reprsente ,francesco ,sassetti1 riche marchand florentin1 que l'amiti de ,laurent le ,magnifique leva aux plus hautes fonctions de la cit4 ,grandi dans la banque du vieux ,cosme de ,mdicis1 il s'y distingua par son entente des affaires et ,laurent1 devenu chef de la maison1 le prit comme homme de confiance1 en quelque sorte comme son fond de pouvoirs4 ,il possdait une fortune considrable2 ses bijoux et sa vaisselle reprsentaient1 eux seuls1 une valeur de plus de deux cent mille francs1 somme norme pour l'poque4 ,cet homme avis faisait profession d'aimer les arts et il honorait ,ghirlandajo de son estime4 ,ghirlandajo le mritait1 d'ailleurs4 ,il tait le peintre le plus rput de ,florence cette poque4 ,il s'tait rendu clbre par les admirables fresques dont il avait dcor la ,seigneurie1 l'glise d',ognissanti et celle de ,sainte-,marie-,nouvelle4 ,on s'merveillait devant l'habilet de sa composition1 devant la stupfiante expression de vie de ses personnages1 laquelle ne nuisait pas la minutieuse recherche du dtail pouss jusqu'aux extrmes limites de la vrit4 ,ghirlandajo connaissait la peinture l'huile dont l'emploi commenait se rpandre en ,italie1 mais telle tait sa virtuosit qu'il se refusa toujours s'en servir1 prfrant user de la peinture la dtrempe qui exige une main sre et qui ne supporte pas les ttonnements4 ,bien que spcialis dans la fresque1 ,ghirlandajo a laiss des tableaux et des portraits1 d'un mrite considrable4 ,on y retrouve les mmes qualits de prcision mticuleuse1 de fermet dans le trait qui va parfois jusqu' la scheresse4 ,le ,vieillard et son petit-fils peut tre cit1 avec le portrait de ,giovanna delli ,albizzi1 comme le chef-d'uvre de ,ghirlandajo dans ce genre4 ,m4 ,hauvette1 dans sa belle tude sur ,ghirlandajo1 commente ainsi ce tableau3 ,nulle part il ne nous a t donn d'tudier un plus savoureux mlange de ralisme et de grce4 ,car visiblement l'artiste s'est complu ici accentuer le contraste entre la dcrpitude du vieillard et le mignon profil du petit garon1 dont les longues mches blondes frises s'chappent en abondance de son bonnet rouge4 ,l'homme regarde l'enfant avec indulgence2 il s'efforce d'esquisser un sourire sans grce1 tandis que le petit blondin examine le nez du vieillard avec plus de surprise que d'effroi2 la jolie petite main potele1 gentiment tendue vers l'paule1 traduit l'affection qui unit ces deux tres si diffrents et cela donne au groupe une vie1 un mouvement mme que nous ne trouvons gure dans les portraits de ce temps1 gnralement figs dans une raide attitude4 ,ghirlandajo1 le fils d'un humble fabricant de guirlandes--d'o son nom--1 s'est lev par son seul effort au premier rang des peintres du ,x,ve sicle4 ,il ne fut ni lettr1 ni savant1 il resta mme tranger1 nous l'avons dit1 aux recherches sur l'emploi de l'huile mlange aux couleurs1 mais il eut le don d'animer de scnes mouvementes et brillantes les grandes surfaces murales des temples florentins4 ,son uvre1 comme peintre de fresques1 est immortelle4 ,certes1 il n'est pas complet2 on peut lui reprocher la pauvret de son sentiment religieux et la monotonie habituelle de son coloris4 ,d'autres ont eu des facults plus brillantes1 plus d'imagination et de sensibilit1 mais on doit admirer sans rserve l'impeccabilit de son dessin1 son art de saisir dans les physionomies de ses modles les traits particuliers1 caractristiques1 qui donnent tant de vrit et de vie ses portraits1 le bel quilibre de sa raison et la lucidit de son esprit1 et enfin son souci d'lgance et sa recherche du dcor4 7,hauvette47 ,il reste1 avec sa peinture gracieuse et orne1 comme le tmoin souriant d'une poque peu prs unique d'panouissement intellectuel1 favoris par ,laurent le ,magnifique et refoul jamais par l'intransigeante austrit d'un ,savonarole4 ,le ,vieillard et son petit-fils1 que l'on appelle aussi quelquefois ,un professeur et son lve1 appartenait jadis la famille ,ridolfi2 il fut achet1 en #ahgi1 par ,m4 ,bardini1 de ,florence1 pour #di4jjj francs4 ,il a depuis t acquis par le ,louvre1 o on le connat aussi sous le titre de ,portrait prsum du comte ,francesco ,sassetti et de son petit-fils4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #j4fb4--,largeur #j4df4--;,figures mi-corps grandeur naturelle4 7,,salle ,,vii1 ,,galerie ,,de ,,sept ,m,,tres74 ,a4 ,,van ,,ostade 7#afaj-afhe7 ,,la ,,famille ,,du ,,peintre ,illustration ,la ,famille du peintre ,a l'poque o ,van ,ostade peignit ce tableau1 il jouissait dj d'une trs grande rputation1 car l'intrieur qu'il nous montre a tout le confortable des riches maisons bourgeoises de ,hollande4 ,les encadrements de portes sont orns1 de belles faences s'y accrochent et sur les murs on voit de grands tableaux1 probablement signs de lui4 ,a droite1 se dresse une chemine colonnes de marbre supportant une frise sculpte2 gauche1 dans le fond1 s'aperoit un vaste lit baldaquin1 garni de courtines en damas vert4 ,dans cette grande pice1 ,adrien ,van ,ostade s'est reprsent avec tous les siens1 grands et petits4 ,il est assis gauche1 en costume sombre1 coiff d'un large feutre et ce vtement svre fait mieux ressortir la joviale figure de celui qui fut le compagnon de jeunesse du fantasque ,brauwer1 dans l'atelier de ,franz ,hals4 ,il tient dans sa main celle de sa femme1 robuste ,hollandaise au bon visage souriant4 ,a ct d'eux1 debout1 se tiennent deux femmes plus jeunes1 sans doute les surs du peintre ou de sa femme4 ,puis1 dissmins dans la chambre1 ce sont les enfants de l'artiste3 derrire lui se tient un garonnet1 son fils2 droite1 deux fillettes1 qui semblent assez gauches dans leurs ajustements grands plis et dans leurs collerettes empeses2 au centre1 un groupe charmant des trois plus jeunes3 l'une1 assise terre sur un coussin1 joue avec une sur peine plus grande qu'elle1 pendant que la troisime1 une fleur dans la main droite1 observe en riant les bats des deux autres4 ,ce n'est pas dans ce tableau qu'on peut juger l'art habituel de ,van ,ostade qui fut surtout le peintre des cabarets1 des fumeurs1 des ftes villageoises et des danses paysannes1 mais on y trouve les qualits distinctives de son talent3 le sentiment de la nature et de la vie1 la vrit des personnages1 le naturel des attitudes1 la science de la composition1 l'harmonie de la couleur et une surprenante habilet d'excution4 ,contemporain de ,franz ,hals et de ,rembrandt1 ,adrien ,van ,ostade tudia dans l'atelier des deux matres et l'on retrouve leur influence dans son uvre4 ,dans la deuxime partie de sa vie1 il s'adonna assez frquemment au clair-obscur1 appris l'cole du grand matre d',amsterdam2 nanmoins1 par le choix des sujets1 et mme par la technique1 il accuse ses prfrences pour le joyeux peintre de ,haarlem4 ,comme ,brauwer1 il se complat aux scnes d'auberge1 aux disputes d'ivrognes1 et si ses compositions ne sont pas toujours exemptes de vulgarit1 elles se rachtent par une vigueur de ralisme1 une finesse de coloris1 un sens comique de l'pisode qui leur donnent un charme indiscutable4 ,et d'ailleurs1 qu'importe le sujet8 ,il n'y avait pas1 crit ,thophile ,gautier1 que des lgants parmi les peintres hollandais1 occups de cavaliers en bottes chaudron et de belles dames en jupes de satin4 ,beaucoup ne montaient pas au salon et s'arrtaient la taverne du coin ou l'auberge de la route1 sans en avoir moins de valeur pour cela4 ,pour l'art1 le haillon vaut le velours1 le bouge enfum le palais splendide1 et le buveur au rire gueul le petit-matre s'panouissant dans ses grces comme le paon dans sa roue4 ,adrien ,van ,ostade n'est certes pas le peintre de la beaut2 il n'a fait que d'affreux petits bonshommes trapus1 communs1 balourds1 fumant leur pipe ou buvant leur chope de bire dans des intrieurs aux murailles brunes1 clairs par quelque vitrage mailles de plomb1 ou assis sur des bancs ombrags d'une brindille de houblon la porte des htelleries1 coutant un mntrier ou un joueur de vielle4 ,mais tout cela est si juste de mouvement1 si fin de ton1 si baign d'atmosphre1 si imprgn de la vie rustique et populaire1 qu'on trouve les regarder un plaisir extrme4 ,ostade a su mettre une posie dans cette vulgarit et en dgager le sens intime4 ,il entoure ses scnes triviales d'une couleur riche et sourde1 d'un bien-tre campagnard et d'une jovialit secrte4 ,il donne l'envie d'habiter une de ces chaumires endormies dans des ombres brunes o brille sous la vaste hotte de la chemine le ptillement du foyer4 ,ses ,buveurs1 ses ,fumeurs1 ses ,marchs aux poissons1 ses ,intrieurs de chaumires sont1 dans leur genre1 de petits chefs-d'uvre de finesse et de navet qu'animent les plus rjouissants pisodes comiques4 ,quant la ,famille du peintre1 il se recommande par toutes ces qualits rendues plus charmantes par l'vidente complaisance apporte par l'artiste brosser ce dlicieux tableau4 ,adrien ,van ,ostade fut un des peintres les plus fconds du ,x,v,i,ie sicle2 on connat plus de #hjj tableaux qui peuvent lui tre attribus sans conteste1 et ses uvres abondent dans toutes les galeries d',europe qu'elles embellissent de leur joviale et spirituelle fantaisie4 ,le ,louvre en possde un certain nombre qui sont autant de chefs-d'uvre4 ,la ,famille de ,van ,ostade1 aprs avoir pass en de nombreuses mains1 fut acquis par l'tat pour le compte de ,louis ,,xvi4 ,aprs la ,rvolution1 ce tableau entra au ,louvre4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #j4gj4--,largeur3 #j4hj4--;,figures3 #j4cj4 7,,salle ,,xxiv3 ,,cole ,,hollandaise74 ,,ingres 7#aghj-ahfg7 ,,portrait ,,de ,,madame ,,rivi,,re ,illustration ,madame ,rivire ,nonchalamment tendue sur une chaise longue1 la belle madame ,rivire repose dans une pose pleine d'abandon4 ,son corps lgrement inclin gauche s'abandonne la molle douceur des coussins o s'appuie un bras joliment tourn et que termine une main parfaite2 le bras droit1 autour duquel s'enroule une charpe orientale de couleurs vives1 pend le long du corps4 ,sans tre rgulirement belle1 la figure1 encadre de cheveux noirs et claire de deux yeux rieurs1 a de la grce et un je ne sais quoi d'original et de plaisant4 ,l'agrable maturit du personnage se rvle l'opulence d'une poitrine que soutient1 la mode du temps1 un mince ruban de soie4 ,pour donner tout son clat cette charmante beaut brune1 l'artiste a dispos autour de ses cheveux un lger voile de gaze blanche4 ,en prsence de ce magnifique portrait1 on se demande aujourd'hui comment un peintre comme ,ingres put susciter tant de clameurs hostiles4 ,o trouver un dessin plus ferme1 plus probe1 plus sr8 ,aucune tricherie1 aucun artifice de couleur1 aucun emptement pour dissimuler une technique incertaine4 ,tout est net1 franc2 des lignes prcises1 des contours accuss1 et1 par-dessus tout1 une grande expression de vie obtenue avec une tonnante simplicit de moyens4 ,ingres est tout entier dans cette sincrit et dans cette harmonie qu'il devait l'lvation de son talent et la hauteur des traditions qu'il personnifia4 ,vou au culte du ,beau1 adorateur de ,phidias et de ,raphal1 ,ingres ne connut jamais la dfaillance ni le doute4 ,il est rest immobile dans sa foi la religion du grand style1 comme le sont dans leur attitude ces disciples de l'cole d',athnes que le ,sanzio a reprsents recueillant1 un genou en terre1 les enseignements de leurs matres4 ,l'art hroque et religieux1 austre et sublime1 transmis par l',antiquit la ,renaissance1 a trouv en lui son dernier pontife4 ,les grands types de la mythologie et du christianisme1 presque bannis de la peinture contemporaine1 s'taient rfugis dans son atelier4 ,au ,louvre1 les peintures d',ingres voisinent avec celles de ,delacroix1 son mortel adversaire4 ,leur rencontre dans une mme salle quivaut presque une lutte4 ,les deux formes extrmes du gnie de l'art s'expriment par leurs noms et se manifestent par leurs uvres4 ,d'un ct1 la noblesse antique1 le style traduit des plus hauts exemples du pass1 la beaut pose comme type et thme unique des conceptions de l'artiste2 de l'autre1 un dessin violent et htif1 qui sacrifie la ligne au mouvement1 une originalit radicale sans analogies et sans parent1 la passion recherche aux dpens mme de la correction1 porte son paroxysme1 treinte et fige dans ses convulsions4 ,on ne saurait imaginer un antagonisme plus flagrant1 un contraste plus hostile et plus absolu4 ,mais l'art est grand2 aucune forme ne le contient1 aucun mode ne l'exprime et ne le traduit tout entier4 ,les contradictions apparentes des matres et des coles se concilient dans sa synthse impartiale4 ,raphal et ,rubens1 ,michel-,ange et ,vronse1 ,lonard de ,vinci et ,rembrandt1 ,ingres et ,delacroix ont galement droit d'entre dans son temple4 ,comme l',homre de l',apothose d',ingres1 l',art rassemble autour de son pidestal les gnies les plus opposs4 ,aussi ne faut-il accueillir qu'avec mfiance les critiques que certains esprits outranciers dirigent1 encore de nos jours1 contre la peinture du grand artiste4 ,trop souvent ces critiques sont dictes par des raisons intresses et servent justifier des faiblesses qui l'art impeccable d',ingres est un vivant reproche4 ,il faut se rappeler en quels termes admiratifs ,thophile ,gautier1 cependant ami de ,delacroix1 parlait d',ingres dans son rapport sur les ,beaux-,arts1 en #ahee4 ,le fougueux romantique gilet rouge n'a pas craint qu'on l'accust d'tre un bourgeois1 un classique1 un rtrograde1 parce qu'il s'enthousiasmait pour le dernier disciple de ,raphal4 ,il faut relire ces pages de lyrisme dbordant1 scruter cette critique qui reste dfinitive et que n'ont pas dpasse dans l'loge les ingristes les plus intransigeants4 ,ingres aborda tous les genres avec la mme lvation et la mme sret2 il traita d'un mme style1 grandiose et serein1 les ,odalisques et le ,martyre de saint ,symphorien2 on le trouve au mme degr dans ses portraits4 ,aucun peintre n'a jamais eu une vision plus exacte de la forme humaine1 aucune main n'a t plus habile la fixer dans son entier sur la toile2 ,ingres tait possd par cette vision1 hypnotis par elle1 et ceci explique comment il est le plus naturaliste des peintres franais alors qu'il s'effora toujours d'en tre le plus idaliste4 ,les portraits d',ingres6 ,on ne se lasse pas d'admirer ces figures1 toute cette vie enclose dans de simples traits1 rvle par quelques lignes dont la nettet a la sereine harmonie de la nature4 ,et des portraits comme ceux de ,m4 ,bertin et de ,mme ,rivire sont des uvres que l'on rvre l'gal des plus beaux ,titiens4 ,le portrait de ,mme ,rivire fut lgu au ,luxembourg1 en #ahgj1 par ,mme ,rivire elle-mme4 ,cette uvre est ensuite entre au ,louvre4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #a4af4--,largeur3 #j4ij4--;,figure jusqu'aux genoux grandeur nature4 7,,salle ,,viii3 ,,salle ,,des ,,tats74 ,e4 ,,murillo 7#afaf-afhb7 ,,le ,,jeune ,,mendiant ,illustration ,le ,jeune ,mendiant ,dans une sorte de soupente aux allures de cachot1 un enfant en guenilles est accroupi4 ,la violente lumire du soleil qui passe par la fentre claire brutalement les sordides haillons1 rapics1 dchiquets du petit mendiant4 ,ses jambes nues reposent sur le sol o tranent des dbris de crevettes4 ,tout prs de lui1 un cabas de paille grossire est renvers et de son ouverture s'chappent quelques pommes qui composeront sans doute sa pitance avec l'eau de la jarre de grs pose non loin de l4 ,pour l'instant1 l'enfant ne semble pas s'inquiter de nourriture2 il est trs attentif poursuivre1 dans les plis de sa chemise1 la vermine et les parasites qui s'y panouissent en libert4 ,ce vigoureux tableau1 d'un si intense ralisme et d'une si solide excution1 montre un des cts les plus intressants du talent de ,murillo4 ,quoi6 est-ce bien le mme artiste qui a peint ces ,vierges adorables1 ces anges joufflus et ce minable pouilleux chou dans un rduit infect8 ,est-ce bien sur la mme palette1 charge des roses les plus tendres et des bleus les plus suaves1 qu'il a trouv ces tons bistrs1 puissants1 d'une couleur si chaude et si vibrante8 ,comment ce pinceau facile1 habitu revtir d'une sorte de mivrerie les personnages clestes1 a-t-il pu s'affermir jusqu' ces lignes nettes1 vigoureuses qui font penser ,zurbaran et ,ribera8 ,cette dualit si curieuse tmoigne loquemment que ,murillo s'tait fait1 pour sa peinture religieuse1 une esthtique personnelle conforme la manire dont1 catholique fervent et d'me tendre1 il comprenait les glorieux habitants du ciel4 ,n dans un pays de lumire vibrante1 ,sville1 il lui semblait impossible que la ,vierge1 les anges et les saints pussent avoir ces visages svres qu'une foi triste et sombre leur prtait uniformment en ,espagne4 ,a ses yeux1 le sjour des bienheureux devait tinceler de plus de feux que le ciel d',andalousie et montrer encore plus de splendeurs que l',alcazar ou le ,gnralife4 ,mais quand il descendait de ses chafaudages et qu'il se retrouvait dans les rues de la ville1 dans le terre terre de la vie espagnole1 son il d'observateur et d'artiste tait sollicit chaque pas par des scnes purement humaines dont il saisissait bien le ct pittoresque et rel4 ,c'est dans les calles troites de la ville andalouse1 o se passa toute son existence1 qu'il rencontra certainement ce mendiant1 dont l',espagne possde encore de nos jours de si nombreux et de si remarquables modles4 ,au contact de ,velazquez1 qu'il avait vu ,madrid1 il avait appris que rien n'est indigne du pinceau d'un artiste2 il l'avait vu peindre1 en mme temps que des rois et des infantes1 des nains1 des bouffons et les pires chantillons d'humanit4 ,a son exemple1 il jugea qu'il pouvait son tour1 sans droger ni faire tort la ,vierge1 s'abandonner de temps en temps l'tude simple et forte des spectacles de la nature et les traduire fidlement1 en pages vridiques et sans apprt4 ,et c'est ainsi que ,murillo1 le plus dlicieux interprte des ,madones souriantes et des anges rieurs1 s'est manifest par instants comme le plus prcis des peintres ralistes4 ,avec la mme facilit qu'il mettait tisser dans l'azur des atmosphres diaphanes et baignes de clarts1 il s'est complu des oppositions de lumire et d'ombre et il a trait l'art difficile du clair-obscur avec une matrise que ,rembrandt lui-mme n'et pas dsavoue4 ,dans ce genre tout spcial1 le ,jeune ,mendiant que nous donnons ici1 peut tre class comme un chef-d'uvre4 ,c'est l'avis de ,thophile ,gautier1 excellent juge en la matire3 ,une merveille de vie1 de lumire et de couleur6 crit-il au sujet de ce tableau4 ,dans son art l',espagne n'a pas eu le ddain de la laideur1 de la misre et de la malpropret4 ,sous ce haillon1 sous cette difformit1 sous cette crasse1 il y a une me2 ce gueux est un chrtien1 ce mendiant dvor de vermine ira peut-tre en la gloire1 donc il mrite d'tre peint tout aussi bien qu'un roi1 et voil ,murillo qui1 sur sa palette de rose1 de lis et d'azur1 charge par les anges pour peindre la ,vierge1 sait trouver des tons fauves1 des bruns dors1 de chauds bitumes quand il a un ,mendiant reprsenter4 ,au pied d'un mur que frappe un rayon de soleil1 il nous montre un jeune pouilleux entr'ouvrant sa chemise en loques et faisant une chasse abondante4 ,don ,diego ,velazquez de ,silva1 le peintre grand seigneur1 n'tait pas plus dgot que ,murillo4 ,il laissait trs bien les rois1 les reines1 les infants1 les infantes et les ministres pour peindre des ivrognes1 des nains1 des philosophes1 des gitanos et jusqu' des phnomnes de la foire1 et ce ne sont pas ses moins belles peintures4 ,le ,jeune ,mendiant passa en de nombreuses mains4 ,il appartint successivement ,gaignat et ,sainte-,foy4 ,il fut enfin achet par ,louis ,,xvi1 pour #b4djj livres1 et1 aprs la ,rvolution1 plac au ,louvre o nous le voyons aujourd'hui4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #a4cg4--,largeur3 #a4ae4--;,figure grandeur nature4 7,,salle ,,vi3 ,,grande ,,galerie74 ,,greuze 7#agbe-ahje7 ,,la ,,cruche ,,cass,e ,illustration ,la ,cruche casse ,nous n'avons plus aujourd'hui le mme enthousiasme que ,diderot pour les compositions sentimentales de ,greuze1 pour ses scnes familiales dont la rputation est universelle1 mais nous admirons en lui le peintre des enfants1 des ttes de jeunes filles1 le coloriste charmant de l'innocence4 ,nul comme lui n'a su rendre l'incarnat de la chair1 la tendresse des regards1 le frmissement des lvres2 son pinceau a des dlicatesses inimitables1 sa palette des tons de fleurs4 ,greuze1 et c'est l le secret de la renomme dont il jouit maintenant1 a un talent tout particulier pour peindre la femme en sa premire fleur1 lorsque le bouton va s'ouvrir en rose et l'enfant devenir jeune fille4 ,comme1 au ,x,v,i,i,ie sicle1 tout le monde tait un peu os1 mme les moralistes1 ,greuze1 quand il peint une ,innocence1 a toujours soin d'entr'ouvrir la gaze et de laisser entrevoir une rondeur de gorge naissante2 il met dans les yeux une flamme lustre et sur les lvres un sourire humide1 trs gots dans la peinture de cette poque4 ,la ,cruche casse est le modle de ce genre4 ,la tte accuse encore la candeur de l'enfance1 mais le fichu est drang1 la rose du corsage s'effeuille1 les fleurs ne sont retenues qu' demi par le pli de la robe1 et la cruche laisse chapper l'eau par sa flure4 ,quel adorable visage d'enfant6 ,il est impossible de rien voir de plus jeune1 de plus frais1 de plus candide et de plus coquettement virginal1 si ces deux mots peuvent aller ensemble4 ,la mignonne fillette a sans doute t envoye la fontaine1 qu'on aperoit droite1 pour y remplir sa cruche4 ,mais trop absorbe par le soin des fleurs moissonnes sur la route1 elle a heurt le fragile rcipient contre l'angle de la fontaine et maintenant l'eau s'enfuit par la large blessure du grs4 ,sur le front de l'enfant flotte une vague inquitude1 les yeux trahissent une lgre crainte4 ,elle sait que les remontrances maternelles l'attendent au logis et cela donne sa jolie figure un petit air de mlancolie charmante4 ,mais qu'est pour elle cet accident1 en regard de la brasse de roses qu'elle presse contre elle1 dans les plis relevs de son tablier8 ,et si elle parat hsiter rentrer chez elle1 du moins semble-t-elle bien rsolue ne pas abandonner son odorante cueillette4 ,quel art admirable dans l'expression hsitante de ce visage et comme on y lit bien les penses contradictoires qui s'agitent dans cette jeune me6 ,et que dire de cette couleur nacre1 transparente1 qui met de si jolies roseurs sur les joues et de si chatoyantes teintes sur la robe8 ,en prsence de cette charmante tte d'enfant1 on a peine s'expliquer le discrdit dont souffrit si longtemps la peinture de ,greuze4 ,boucher1 ,fragonard et ,watteau prouvrent d'ailleurs le mme sort1 sous l'influence davidienne et la raction romantique4 ,il fallut une vritable croisade de gens de got et d'crivains comme ,thophile ,gautier et les ,goncourt pour leur restituer leur part de gloire4 coutons les ,goncourt nous parler de ,greuze4 ,le charme de ,greuze1 sa vocation1 son originalit1 sa force apparat l1 et ne se montre que l1 dans ces ttes enfantines4 ,elles seules rachtent toutes les faiblesses1 toutes les faussets1 et toutes les misres de couleur1 si visibles dans ses grands tableaux1 les blancs baveux1 la gamme gnrale1 la fois sourde et grise1 dlayage des tons violet et gorge pigeon1 l'indcision des rouges1 la salet des bleus1 la mollesse et le barbotage des fonds1 l'paisseur des ombres4 ,mais que l'on rouvre les yeux sur ces petites ttes blondes qu'un rayon veille1 que le soleil caresse et frise1 on sent que la main1 la main inspire d'un vritable peintre a pass sur ces joues fouettes par le rouge de la sant1 a liss et bomb ce petit front o le jour vit1 a mis dans cet il au regard bleu1 l'clair et le ciel1 et jet une caresse d'ombre sous le sourcil bauch1 a fait de l'arc de la bouche presse par les deux joues1 la moue d'un chrubin4 ,rien de plus frais1 de plus vivement et de plus lgrement touch2 le ton est tendre et comme tout mouill d'huile1 l'emptement fleurit la chair en l'effleurant1 la physionomie naissante1 les formes peine dgages semblent1 sous le frottis qui badine avec elles1 trembler comme les choses l'aube4 ,une vie grasse anime toutes ces petites figures joufflues1 qu'on croit avoir dj vues animes d'une vie solide dans les portraits de familles de ,van ,dyck4 ,peintre de l'enfance1 ,greuze est un matre lorsqu'il touche la tte de la jeune fille4 ,si1 comme peintre de genre1 ,greuze est trop souvent mlodramatique et vulgaire1 par ses dlicates et prcieuses ttes d'enfants1 il appartient bien ce dix-huitime sicle qui est la belle poque d'art de la ,france et que ,michelet n'hsite pas appeler le grand sicle4 ,la ,cruche casse est en ovale4 ,il fut achet par l'tat en #ahge la vente du marquis de ,verri pour la somme de #c4jja francs4 ,mme du ,barry en avait fait faire une rptition4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #a4aj4--,largeur3 #j4he4--;,figure jusqu'aux genoux1 grandeur naturelle4 7,,salle ,,xvi3 ,,salle ,,daru74 ,,pieter ,,de ,,hooch 7#afcj 787-#afhj 7877 ,,int,,rieur ,,hollandais ,illustration ,intrieur hollandais ,nul1 mieux que ,pieter de ,hooch1 n'a su rendre l'intimit des maisons hollandaises1 leur solide et confortable aisance1 ni peindre avec plus de naturel et de sens observateur les menus incidents de la vie quotidienne1 dans les demeures bourgeoises d',amsterdam4 ,quel amusant tableau que cet ,intrieur1 avec les groupes distincts jouant1 chacun de leur ct1 une scne diffrente de l'ternelle comdie humaine6 ,l'appartement est d'apparence riche2 seuls1 d'opulents marchands peuvent s'offrir le luxe de chemines colonnes de marbre et de murs tapisss de cordoue4 ,d'ailleurs les personnages1 on le voit1 sont gens de qualit2 le costume de la matresse du logis indique mieux que l'aisance2 le velours et le satin sont de belle et bonne trame4 ,assise devant le feu qui rougeoie dans l'tre1 la dame joue aux cartes avec un personnage demi noy dans l'ombre1 de l'autre ct d'un guridon4 ,de la main gauche1 elle prsente son jeu un cavalier debout auprs d'elle et tenant un verre la main4 ,celui-ci1 de son index tendu1 semble lui indiquer la carte qu'il faut jouer4 ,rien n'est curieux comme ce type d'lgant hollandais qui se donne1 avec sa longue perruque et son pe de fausses allures de gentilhomme2 mais son habit ne peut donner le change2 il est manifestement roturier3 sa taille est maigre sans sveltesse1 son vtement riche sans distinction4 ,et tandis que ce premier groupe cause jeu1 l'autre1 au fond de la pice1 parle d'amour dans l'entre-billement de la porte4 ,tendrement inclin vers une robuste jeune femme blonde1 et lui prenant la main1 l'homme murmure de tendres paroles qu'elle coute d'un air ravi4 ,un peu en arrire de ces deux groupes1 un jeune garon1 sans doute petit valet de la dame assise1 se tient prs d'une porte1 un flacon dans les mains1 et baisse timidement les yeux1 comme embarrass de ce qu'il entend et de ce qu'il voit4 ,tout cela est charmant et fort bien observ1 group avec un art parfait1 et l'il suit curieusement les diffrents manges qui se droulent devant lui4 ,et quelle habilet dans la distribution du coloris1 quelle science dans le juste quilibre des valeurs1 des tons1 des personnages6 ,ces ,hollandais1 si longtemps et si injustement dcris1 furent vraiment des matres4 ,matres d'une inspiration mdiocre1 rebelles toute posie et mme toute expression sentimentale1 mais notateurs scrupuleux de la nature1 incomparables pour saisir les ridicules ou les vices d'un personnage4 ,ils sont aussi rests inimitables dans l'art minutieux et prcis de la peinture d'intrieur1 ils n'ont pas leurs pareils pour faire briller les cuivres1 scintiller les bijoux1 miroiter les satins4 ,les uns se sont plus spcialement occups de peindre les buveurs et fumeurs des tavernes1 d'autres se sont faits les historiographes de la vie familiale1 des veilles sous la lampe1 des causeries au coin du feu4 ,pieter de ,hooch s'est acquis dans ce dernier genre une rputation de bon aloi4 ,il a surtout le don merveilleux de jouer avec la lumire4 ,voyez le tableau reprsent ici4 ,la chambre tout entire est claire d'une manire remarquable par le jour qui vient de la porte et la draperie dispose devant la fentre est comme imprgne des rayons qu'elle intercepte4 ,pieter de ,hooch1 crit ,thophile ,gautier1 semble avoir fix sur les murailles blanches de ses intrieurs les rares rayons de soleil qui luisent en ,hollande4 ,personne n'a peint la lumire avec plus de puissance et d'illusion et quand on regarde un de ses tableaux1 on est tent de croire qu'il y tombe de quelque fentre un rayon rel4 ,chez ,pieter de ,hooch1 l'effet obtenu est toujours simple1 vrai et naturel4 ,un corridor clair par une croise latrale1 un appartement o pntre un rayon1 des servantes occupes aux soins domestiques1 il ne lui en faut pas davantage pour faire un chef-d'uvre4 ,pieter de ,hooch se diffrencie des autres peintres hollandais par un souci d'lgance1 ou pour mieux dire1 de nettet scrupuleuse1 qu'il utilise jusque dans les sujets les plus humbles et les moins aristocratiques4 ,soit qu'il peigne une cour de maison ou une mnagre affaire aux soins de son mnage1 tout y est ordonn1 propre1 brillant2 il sait aussi trouver l'expression juste1 le geste qui convient1 et cette vrit n'est pas le moindre de ses mrites4 ,l',intrieur ,hollandais fut achet ,la ,haye1 en #agej1 la vente du comte de ,wassenr d',oopdam1 par ,m4 ,paillet1 puis revendu #fhj francs en #aghg4 ,il fut acquis par l'tat1 en #ahja1 la vente de ,m4 ,claude ,tolozan1 pour #a4cej francs1 et plac au muse ,napolon4 ,on possde peu de renseignements sur la vie de cet artiste2 en particulier la date de sa naissance et celle de sa mort ne sont qu'approximativement connues4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #j4fg4--,largeur3 #j4gg4--;,figures3 #j4ce4 7,,salle ,,xxii3 ,,salle ,,rembrandt ,,et ,,ruysdael74 ,,poussin 7#aeid-affe7 ,,les ,,bergers ,d',,arcadie ,illustration ,les ,bergers d',arcadie ,en bordure d'un chemin de campagne se dresse une pierre tumulaire qui rappelle au passant qu'un mort repose l4 ,des bergers1 hommes frustes et de peu de culture1 s'arrtent devant le monument qu'ils considrent1 intrigus4 ,l'un d'eux1 agenouill1 la main tendue vers l'inscription funraire1 cherche la dchiffrer4 ,pniblement1 il ple les mots3 ,et in ,arcadia ego4 ,celui qui dort sous cette pierre se rappelle aux vivants2 il fut un citoyen de cette ,arcadie fertile1 au ciel ternellement bleu que ses yeux jamais ferms ne reverront plus4 ,cet appel d'outre-tombe semble veiller des penses dans l'me simple des paysans groups devant la pierre2 leurs visages refltent une mlancolie vidente et cette sorte de solennel effroi que provoque chez tous les tres la vision de l'inluctable chance4 ,tandis que l'un1 debout1 appuy sur le monument1 coute attentivement celui qui lit1 un autre accoud sur son genou1 se tourne vers une jeune femme et lui explique le sens mystrieux de l'pitaphe4 ,il se dgage de cette toile une philosophie sereine1 un peu triste mais qui lui donne une inestimable valeur morale4 ,toutes les uvres de ,poussin emportent avec elles un enseignement2 chez lui1 la joie de peindre s'accompagne toujours de l'expression d'un sentiment4 ,le noble et austre artiste ne recherche jamais l'effet3 celui qu'il produit coup sr provient surtout de cette lvation de pense qui force s'arrter devant son uvre1 rflchir et l'on est immdiatement conquis parce que les rflexions qu'il suggre nous sont offertes avec un art admirable1 pntrant1 plein d'attrait4 ,non pas que ,poussin puisse tre compt parmi les virtuoses du pinceau1 ni qu'il se livre jamais d'tincelants artifices de couleur4 ,sa manire est pondre comme son esprit1 son coloris est calme1 discret1 mais d'une harmonie sans gale2 son dessin ne s'carte jamais de la correction classique1 il est plein de noblesse et de sincrit4 ,avec ces dons un peu svres1 un autre peintre serait tomb dans la monotonie1 mais1 par une grce d'tat bien rare1 ,poussin demeure attractif1 plaisant1 et profondment humain4 ,le beau contour de ses personnages est l'enveloppe des belles mes1 et c'est de la sincrit qu'on lit sur leurs visages aux lignes pures et tranquilles4 ,nul n'a su comme ,poussin se rapprocher de l'idal antique4 ,et cependant ses moyens d'expression taient bien pauvres1 compars ceux dont on dispose aujourd'hui4 ,au ,x,v,i,ie sicle1 on ignorait tout ou presque tout de l'antiquit4 ,les quelques rares documents o puisaient les peintres consistaient dans les ruines parses ,rome ou dans la campagne environnante4 ,de la ,grce1 de l'gypte1 on ne savait rien et ,poussin malgr ses tudes1 ne possdait qu'une rudition trs superficielle4 ,mais ce qu'il ignorait1 son instinct d'artiste le lui faisait deviner1 il tait imprgn de cette atmosphre paenne qui flotte1 en dpit de tout1 sur la ,ville ternelle1 et si1 parfois1 ses paysages sont inexacts et ses personnages anachroniques1 l'ambiance et la conception sont bien rellement antiques4 ,mais ,poussin ne fut pas seulement un merveilleux vocateur2 il compte au rang des techniciens de la peinture destins briller ternellement4 ,moins par un effet de l'inspiration qu' force de constance et de labeur1 il s'est lev1 comme dessinateur et comme peintre1 jusqu'aux plus hauts sommets de l'art4 ,voyez les ,bergers d',arcadie3 quelle admirable entente de la composition1 quelle harmonie dans l'ensemble1 quel charme dans le dtail et surtout quelle noblesse dans l'excution6 ,o trouver une plus superbe et harmonieuse cration1 une plus admirable puret de lignes que dans la femme pose debout ct des bergers6 ,quelle vrit dans l'attitude et quelle richesse1 contenue et sourde1 dans la couleur des draperies6 ,et si1 quittant le groupe1 on jette les yeux sur le paysage qui l'environne1 il faut bien convenir que peu de peintres ont su donner autant de fluidit aux ciels1 autant de vibrante chaleur la lumire2 tous les plans sont mnags avec un art infini et ,poussin et t un merveilleux paysagiste s'il n'avait t mieux encore que cela4 ,bien qu'il ait pass la plus grande partie de sa vie ,rome1 ,poussin resta toujours ,franais de cur et de temprament et la ,france peut s'enorgueillir de lui1 car il est un des artistes qui ont le plus honor la peinture4 ,les ,bergers d',arcadie se trouvait en #agaj dans le petit appartement du roi ,louis ,,xiv1 au palais du ,louvre4 ,il en existe une rptition dans la collection du duc de ,devonshire4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #j4he4--,largeur3 #a4ba4--;,figures3 #j4eh4 7,,salle ,,xiv3 ,,salle ,,mollien74 ,,quentin ,,matsys 7#adff-aecj7 ,,le ,,banquier ,,et ,,sa ,,femme ,illustration ,le ,banquier et sa femme ,le banquier et sa femme sont assis dans leur officine1 modeste choppe qui ne laisse apercevoir que deux tagres de bois o des livres de comptes voisinent avec des fruits4 ,au contraire1 sur la table devant laquelle se tiennent les deux poux sont parpills des joyaux1 des perles et des pices d'or que le changeur pse au trbuchet4 ,l'homme est vtu d'une sorte de houppelande brune garnie de fourrures au col et aux poignets2 sa tte nergique et attentive acquiert encore plus de relief sous la large toque fourre qui l'encadre4 ,elle1 tout prs de lui1 semble prendre un vif intrt aux oprations de son mari2 elle se penche pour mieux voir et s'arrte de feuilleter un beau missel enlumin dont elle maintient la page du bout des doigts4 ,elle porte une robe carlate lgrement chancre au col2 elle n'est pas jolie ou du moins ne le parat pas sous le bizarre chafaudage de la guimpe et du toquet qui cache les cheveux et imprime au visage une certaine duret4 ,une particularit curieuse montre bien le souci d'exactitude des peintres hollandais et flamands3 sur le devant de la table un petit miroir est pos1 qui reflte avec une prcision remarquable la fentre de l'officine1 et l'on aperoit mme les maisons1 la rue1 et jusqu' la flche d'une lointaine glise4 ,tout l'art flamand est dans ce luxe de dtails pouss jusqu' la minutie4 ,cet art n'est pas fait d'inspiration2 nul sentiment lev1 nul idalisme ne l'embellit2 on y chercherait vainement cette tendresse1 cette harmonieuse douceur que les ,italiens savaient donner leurs peintures4 ,les sujets o il se complat sont volontiers vulgaires1 souvent mme grossiers1 et lorsqu'il s'avise d'aborder les scnes religieuses1 il ne peut se dfaire de cette froideur1 de cette scheresse1 de ce ralisme qui semblent tre sa caractristique propre4 ,mais ds qu'il s'agit de peindre la nature1 sous son ct objectif et prcis1 le peintre flamand dploie des qualits de premier ordre4 ,son absence d'enthousiasme le sert au lieu de le gner2 il voit parfaitement et clairement1 sans que rien s'interpose entre son modle et lui1 et comme il est gnralement trs habile artiste1 il arrive produire en ce genre de vritables chefs-d'uvre4 ,ces qualits et ces dfauts sont affaire de race3 on les constate dj chez les ,van ,eyck1 et1 malgr de louables efforts vers l'idal1 chez leurs successeurs immdiats1 ,roger van der ,weyden1 ,hugo ,van der ,gos1 ils se rvlrent intgralement4 ,le seul peintre qui ait vritablement possd et traduit les sentiments de l'me1 le seul dont l'uvre dgage une motion profonde1 une douceur intime1 est ,hans ,memling1 le clbre auteur de ,la ,chsse de ,sainte ,ursule4 ,mais celui-l1 bien qu'ayant pass toute sa vie en ,flandre1 n'en tait pas originaire2 il venait d',allemagne et avait apport ,bruges les traditions d'idalisme de l'cole de ,cologne4 ,tous les autres furent seulement d'admirables ouvriers et de merveilleux interprtes de la nature4 ,ces qualits de prcision et d'habilet1 ,quentin ,matsys les possde au plus haut point4 ,on lui doit1 il faut en convenir1 une ,descente de ,croix qui est un vrai chef-d'uvre et d'o mane une relle et intense motion4 ,mais ce tableau1 joyau de ,notre-,dame d',anvers1 n'est qu'une exception1 je dirais presque un accident1 s'il ne s'agissait d'un aussi grand artiste4 ,d'ordinaire ,matsys est surtout le peintre des changeurs1 des peseurs d'or1 des choses qui brillent1 des objets aux contours bien arrts4 ,peintre de portraits1 il a cette implacable sincrit qui vous restitue le modle vivant1 avec toutes ses imperfections et toutes ses tares4 ,telle est sa rigide prcision1 sobre et vigoureuse1 que bon nombre de ces portraits ont pu tre attribus ,holbein3 ,matsys supporte d'ailleurs ce redoutable parallle sans trop d'infriorit4 ,les deux artistes vivaient la mme poque1 et tous deux jouirent1 de leur vivant1 d'une renomme europenne4 ,matsys frayait avec les personnages les plus clbres de son temps4 ,thomas ,morus1 gidius1 rasme furent ses amis2 il peignit mme1 comme ,holbein1 deux portraits du clbre littrateur et philosophe blois4 ,drer1 quand il vint dans les ,flandres1 fit tout exprs le voyage d',anvers pour visiter ,matsys1 dont il estimait le talent4 ,le nom de ce peintre est quelquefois prsent sous la forme ,metsis1 ou ,massys1 et de son vivant on le surnommait le ,forgeron d',anvers parce que dans son enfance il avait travaill quelque temps avec son pre1 lequel exerait cette profession4 ,le grand mrite de ,matsys fut d'largir1 de renforcer la technique flamande et de secouer en quelque sorte l'enveloppe archaque qui l'avait enserre jusque-l4 ,par son uvre propre et par l'influence qu'il exera1 il occupe une place de premier rang parmi les peintres du ,x,v,ie sicle4 ,le ,banquier et sa femme avait appartenu1 au ,x,v,i,ie sicle1 un marchand hollandais appel ,duarte1 puis ,pierre ,stevens1 et enfin un sieur ,marivaux qui le cda au ,louvre1 en #ahjf1 pour la somme de #a4hjj francs4 ,matsys excuta plusieurs rptitions de ce tableau3 l'une appartient au prince de ,hohenzollern-,sigmaringen1 l'autre ,m4 della ,faille1 ,anvers4 ,mais c'est bien l'original que possde le ,louvre4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #j4dg4--,largeur3 #j4bg4--;,figures en buste grandeur nature4 7,,salle ,,xxx3 ,,salle ,,quentin ,,matsys74 ,,andrea ,,solario 7,n vers #adfj4--,mort aprs #aeac7 ,,la ,,vierge ,,au ,,coussin ,,vert ,illustration ,la ,vierge au coussin vert ,heureux ces tableaux qui ont un nom familier et populaire que rptent toutes les bouches4 ,la ,vierge au coussin vert6 ,le joli nom1 la jolie toile6 ,dans une pose ravissante de naturel et d'abandon1 le divin ,bambino1 couch sur un moelleux coussin vert et soutenu sous les paules par le bras repli de la ,vierge1 s'attache au sein maternel avec la gloutonnerie des nouveau-ns4 ,bien que trs absorb par cette occupation1 sa main droite joue avec son pied1 en un geste d'une grce charmante4 ,au-dessus de l',enfant-,jsus1 la ,vierge est incline1 dans une attitude attentive et joyeuse1 et1 du bout des doigts1 elle fixe la pointe du sein sur les lvres de son glorieux nourrisson4 ,la mre et l'enfant sont blonds1 de ce blond particulier1 plein de chaleur1 dont ,solario apprit certainement l'emploi prs du ,titien1 ,venise1 pendant le sjour qu'il fit dans cette ville4 ,sous le voile blanc qui l'encadre1 le visage de la ,vierge s'panouit1 gracieux et souriant1 et rayonne de la joie que fait monter en elle sa sublime maternit4 ,elle est belle1 d'une beaut dlicate et fine1 les traits rguliers ont de la distinction1 de la douceur et1 s'il ne s'agissait d'un sujet divin1 ce groupe dlicieux pourrait servir de modle pour symboliser la mre tendre4 ,a l'attention des yeux1 au plissement des lvres1 on devine l'amour profond1 la sollicitude en veil qui fait pencher anxieusement le front des femmes sur le berceau de leurs enfants4 ,quel art aussi dans la distribution des couleurs6 ,et comme ,solario a bien trouv les couleurs chantantes qu'il fallait pour clairer cette charmante scne de famille4 ,c'est une harmonieuse symphonie de tons au milieu desquels palpite et vit la chair blonde et rose de l',enfant-,dieu4 ,suivant la mode italienne du temps1 qui s'inquitait peu de vraisemblance1 le peintre a plac ses personnages sur le fond sombre d'un grand arbre4 ,par l'chappe des branches s'aperoit1 droite et gauche1 un paysage profond1 bord l'horizon par la ligne sinueuse de collines bleutres4 ,on voit la tache claire d'une rivire traversant la plaine et1 plus loin1 des prairies s'tendent1 au milieu desquelles se meuvent de minuscules personnages4 ,a cette poque la couleur locale importait peu1 la vrit historique moins encore4 ,de mme que la ,vierge porte un fort joli costume vnitien1 de mme les verts pturages du tableau ne rappellent en rien les arides campagnes de ,jude4 ,mais quoi bon s'attarder ces remarques8 ,il suffit que la pense de l'artiste soit comprise1 et comment ne le serait-elle pas1 lorsqu'elle s'exprime avec cette puissance d'attraction4 ,andrea ,solario eut le malheur de venir au monde une poque o l',italie abondait en gnies de premier ordre4 ,avec les dons qu'il possdait il et acquis1 en tout autre temps1 une clbrit certaine1 tandis qu'il est comme noy dans le flot d'uvres immortelles que la ,renaissance italienne rpandit sur le monde4 ,la gloire de ,titien1 de ,vronse1 de ,tintoret1 a fait tort la sienne4 ,il avait cependant de qui tenir4 ,il appartenait la famille des ,solari1 qui donna plusieurs artistes remarquables2 son frre1 ,cristoforo1 tait un architecte de grande rputation et lui-mme avait appris peindre dans l'atelier du grand ,lonard4 ,il tait appel aussi ,andrea del ,gobbo4 ,bien qu'il et habit ,venise assez longtemps1 ,solario1 comme tous les peintres de la deuxime cole lombarde1 subit l'influence exclusive1 disons la tyrannie de ,lonard de ,vinci4 ,un moment affranchie par ,borgognone1 la peinture de cette cole arrta soudain sa marche indpendante vers les sommets pour s'engager dans les sentiers ouverts par le grand matre florentin4 ,mais o le prodigieux artiste avait pass1 il ne restait plus de lauriers cueillir2 peine pouvait-on ramasser des brindilles4 ,les ,lombards se rduisirent ainsi d'eux-mmes n'tre que des imitateurs4 ,chez ,andrea ,solario1 ce manque d'originalit s'aperoit moins1 parce qu'il eut le bon esprit de ragir et de combattre l'influence lonardesque par l'tude approfondie de ,raphal4 ,du premier il acquit le don d'exprimer avec intensit les motions de l'me1 au second il emprunta l'art de traduire la sereine suavit des ,vierges4 ,c'est galement ,raphal qu'il doit cette transparence et cet clat des chairs que l'on remarque dans la ,vierge au coussin vert4 ,solario fut galement un portraitiste remarquable4 ,il jouit de son vivant d'une trs grande rputation1 qui franchit les frontires d',italie4 ,le cardinal d',amboise l'appela en ,france et lui fit peindre plusieurs tableaux pour son chteau de ,gaillon1 en ,normandie4 ,si1 par le fait de son ducation artistique1 comprime par une tyrannique influence1 ,andrea ,solario n'est pas un artiste trs personnel1 il n'est pas moins remarquable par la perfection et l'habilet de sa technique1 et plusieurs de ses tableaux1 comme la ,vierge au coussin vert1 sont de vrais chefs-d'uvre4 ,ce tableau fut offert ,marie de ,mdicis par les ,cordeliers de ,blois4 ,il appartint successivement au cardinal ,mazarin et au prince de ,carignan1 ainsi qu'en tmoigne une inscription marque son revers4 ,il fut ensuite achet1 en #agdb1 par ,louis ,,xv4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #j4fj4--,largeur3 #j4ej--;,figures petite nature4 7,,salle ,,vi3 ,,grande ,,galerie74 ,,le ,,titien 7#adgg-aegf7 ,,laura ,,di ,,dianti ,illustration ,laura di ,dianti ,on dsigne ordinairement sous le nom de ,titien et sa matresse ou mme sous ce titre plus bref1 la ,matresse du ,titien1 ce magnifique portrait de jeune femme dont la robe de velours vert1 moiti dfaite1 laisse voir la poitrine4 ,elle soulve d'une main un flot de ses cheveux de cet or roux si cher aux lgantes et aux coloristes de ,venise et1 de l'autre1 tient une fiole de parfums4 ,une chemisette d'un blanc dor1 dont le ton se confond presque avec le ton de chair ambr de la peau1 concentre la lumire sur cette gorge dlicate et puissante1 digne d'tre modele dans le marbre de ,paros4 ,la tte1 un peu incline vers l'paule1 a la srnit de l'idal antique avec ce vigoureux accent de vie qui est particulier ,titien4 ,il semble1 dans ce beau visage1 avoir pressenti le type de la ,vnus de ,milo1 qui ne fut dcouverte que plusieurs sicles aprs4 ,a cette belle femme1 un homme barbe brune1 tenu dans l'ombre pour laisser resplendir la superbe crature1 prsente deux miroirs pour qu'elle puisse se voir sous tous les aspects4 ,il nous plairait que la tradition ft vraie1 et que cette beaut si dlicate et si fire et t l'amie et le type inspirateur de l'artiste1 mais il parat qu'il faut renoncer cette potique lgende4 ,selon les rudits qui rsolvent en faits prcis les vagues traditions1 l'homme aux miroirs serait ,alphonse ,ier1 duc de ,ferrare1 ce quatrime mari de ,lucrce ,borgia que ,victor ,hugo a fait si terrible2 et la femme la chevelure rousse serait ,laura di ,dianti1 d'abord favorite du duc1 ensuite sa femme4 ,titien l'avait peinte demi nue lorsqu'elle n'tait pas duchesse1 et il la peignit habille lorsqu'elle fut leve au rang d'pouse4 ,si c'est l1 en effet1 ,laura di ,dianti1 on ne peut qu'approuver ,alphonse de ,ferrare et trouver juste le nom d',eustachia 7heureux choix7 qu'il donna la nouvelle duchesse4 ,il serait puril d'insister sur les mrites de ce magnifique portrait2 l'me la plus ferme aux beauts artistiques s'arrte et se sent mue devant lui1 car la vie1 exprime avec cette intensit1 possde une force de rayonnement et d'attraction dont il est impossible de se dfendre4 ,en sa prsence1 le profane s'inquite peu de savoir quelle fut cette femme cheveux d'or1 mais instinctivement il se rend compte que ce qu'il voit est une belle chose1 une uvre profondment humaine et il cherche deviner1 dans cet il attentif et srieux1 le secret des penses qu'il reflte4 ,sans rien savoir du coloris1 il ne peut s'empcher d'admirer cette chair mordore et palpitante1 ces teintes chaudes et sourdes qui font croire que le sang coule vraiment sous cet piderme de femme4 ,loin de nuire au tableau1 l'action des sicles y a pass une patine veloute qui ajoute son charme sans rien enlever la magnificence clatante de l'uvre4 ,parmi tous les peintres de ,venise1 qui furent de si prodigieux virtuoses de la palette1 ,titien fut1 sans contredit1 celui qui chargea son pinceau des couleurs les plus rares4 ,moins brillant que ,vronse1 il a plus de profondeur et de sret dans l'application du ton2 ses toiles ont moins de facettes brillantes1 mais une plus harmonieuse distribution des couleurs2 il est plus solide1 plus matre de lui1 et aussi plus vibrant et plus chaud4 ,titien aborda tous les genres avec la mme gniale aisance1 mais s'il fallait marquer une prfrence pour l'un d'eux1 je la donnerais sans hsiter ,titien portraitiste4 ,soit qu'il peigne ,charles-,quint ou ,philippe ,,ii1 le ,pape ou ,laura di ,dianti1 il imprime ses personnages un tel caractre de vie que l'on dcouvre en eux1 non pas seulement leur physionomie extrieure1 mais leur tre intime1 et que leurs sentiments1 leurs passions1 leurs vices1 viennent se reflter sur le miroir rvlateur de la bouche et des yeux4 ,titien peignait avec plus d'habilet les hommes que les femmes2 il faut en excepter1 nanmoins1 le portrait de ,laura di ,dianti qui compte parmi les plus beaux du grand artiste4 ,ce portrait fut excut vers #aeae4 ,a cette poque1 ,titien tait recherch par tous les princes des ,cours italiennes2 le pape et l'empereur eux-mmes songeaient dj se l'attacher4 ,sollicit de tous cts1 il se dcida pour ,alphonse de ,ferrare qui jouissait alors d'une grande rputation d'ami des arts4 ,le peintre ne s'tait pas tromp4 ,ce ,mcne lgendaire le reut avec grande faveur1 l'installa dans son propre chteau et le traita comme un ami4 ,titien reconnaissant fit le grand portrait d',alphonse de ,ferrare dont une copie se trouve ,florence1 et il excuta galement le merveilleux portrait de ,laura di ,dianti1 que le duc venait d'pouser rcemment4 ,le grand artiste peignit par la suite bon nombre de portraits1 il produisit quantit de tableaux de tout ordre qui sont d'admirables chefs-d'uvre2 dans aucun il ne montra une plus grande matrise d'excution ni une plus profonde connaissance de la physionomie humaine4 ,laura di ,dianti faisait partie de l'ancienne collection royale2 on lui donne aussi le titre de ,alphonse de ,ferrare et ,laura di ,dianti4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #j4fa4--,largeur3 #j4ie4--;,figures grandeur nature4 7,,salle ,,vi3 ,,grande ,,galerie74 ,d4 ,t,,niers 7le ,jeune7 7#afaj-afid7 ,,les ,,uvres ,,de ,,mis,,ricorde ,illustration ,les uvres de ,misricorde ,le muse du ,louvre possde un assez grand nombre de tableaux du peintre si spirituellement raliste qu'est ,david ,tniers4 ,il est inutile de les dcrire1 car ils se composent des mmes lments1 varis avec l'art le plus ingnieux1 et paraphrasent sur des modes diffrents le thme uniforme de la vie familire des paysans4 ,quelquefois cependant il essaya quelque sujet d'histoire ou de saintet2 mais il se permettait l'anachronisme du costume avec la mme libert que ,paul ,vronse1 et il tait homme mettre des canons au sige de ,troie et une pipe entre les lvres d',achille aux pieds lgers4 ,ainsi1 l',enfant prodigue1 table entre les courtisanes1 a un chapeau plumes1 un manteau de raffin et une pe de gentilhomme2 les courtisanes1 paisibles ,flamandes1 sont habilles la mode du dix-septime sicle et1 dans le fond1 on aperoit un clocher surmont de son coq1 ce qui n'a rien de particulirement biblique2 mais la parabole de l',enfant prodigue est de tous les ges4 ,ses uvres de ,misricorde1 que nous donnons ici1 renferment dans un seul tableau tous les actes mritoires que peut inspirer la charit chrtienne1 traits avec la mme piquante ingniosit et avec la mme libert d'interprtation4 ,ce tableau passe bon droit pour l'un des plus complets chefs-d'uvre de ,tniers2 l'excution en est extrmement originale et les personnages possdent tous cette allure particulire1 amusante et familire1 qui nous les fait aimer1 en dpit de leur vulgarit paysanne2 mais on sait malgr tout que cette composition1 avec son vidente porte morale1 n'est pas l'affaire de ,tniers et qu'il s'y sent beaucoup moins l'aise que dans son petit monde de fumeurs et de buveurs4 ,thophile ,gautier1 grand admirateur de ,tniers1 a crit sur ce peintre une trs jolie page1 que nous nous en voudrions de ne pas citer3 ,david ,tniers1 dit le ,jeune1 s'est fait un petit monde o il rgne en matre4 ,en vain ,louis ,,xiv a dit avec une moue ddaigneuse3 ,tirez de devant moi ces magots1 les muses1 les galeries1 les cabinets d'amateurs ne s'en sont pas moins disput les magots du bon ,flamand4 ,on a trouv un charme intime ces cabarets o fument des paysans ct d'un pot de bire1 o des servantes1 lutines par de rustiques galants1 passent portant des plats ou des flacons1 o dans une ombre chaude1 pique de paillettes lumineuses1 tincellent des batteries de cuisine bien cures2 ces cabinets d'alchimistes1 encombrs de matras1 de siphons1 de cornues1 de serpentins et de tout le fatras cabalistique1 mobilier ordinaire des souffleurs2 ces ,tentations de saint ,antoine1 ces kermesses qui dansent en plein air1 ces chasses au hron1 et tous ces sujets de la vie familire que ,tniers excelle rendre4 ,personne ne peignit mieux l'aspect de la ,flandre1 avec son ciel humide d'un gris lger1 ses fraches verdures1 ses maisons de briques aux pignons en escalier dont les toits offrent des nids aux cigognes1 ses canaux regorgeant d'eau brune1 ses corps de garde tapageurs1 ses cabarets hospitaliers1 ses paysans trapus1 mine goguenarde1 et ses bonnes petites femmes rondelettes4 ,a travers cette rusticit1 ,tniers fait quelquefois apercevoir les tourelles d'une habitation seigneuriale1 car s'il peignait la campagne1 c'tait de la fentre d'un chteau4 ,david ,tniers n'est pas1 comme on se l'imagine trop souvent1 un artiste dont les uvres doivent leur principal mrite au fini4 ,personne n'a travaill d'une faon plus libre1 plus lgre1 plus rapide4 ,la plupart de ses petits tableaux1 qu'on se dispute prix d'or1 ne lui cotaient qu'une aprs-dne4 ,sa peinture1 blonde1 transparente1 maintenue dans des gammes rousses ou des gris tendres1 procde par larges localits que modlent1 en deux ou trois coups1 des touches piquantes1 des rveillons spirituels4 ,un point de lumire1 une demi-teinte1 un reflet1 et voil un pot de grs1 une bouteille de verre1 qui semblent termins avec un soin excessif4 ,l'effet juste est obtenu trs peu de frais4 ,il en est de mme pour les figures1 accuses par mplats avec une prestesse et une certitude de grand artiste4 ,rubens1 ,van ,dyck et ,tniers ont t de leur vivant les noms les plus clbres des ,flandres1 et la postrit leur a conserv et confirm leurs titres4 ,l'idal de ,tniers n'tait pas trs haut sans doute1 mais il l'a ralis compltement4 ,les uvres de ,misricorde proviennent de l'ancienne collection royale4 ,on trouve trace1 en #agce1 d'un tableau de ce nom1 achet #hfj florins la vente de ,m4 ,schuylemberg de ,la ,haye1 mais on ignore s'il s'agit de celui du ,louvre4 ,celui-ci est peint sur cuivre4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #j4ef4--,largeur3 #j4gh4--;,figures3 #j4be4 7,,salle ,,xvii3 ,,salle ,,van ,,dyck74 ,l,,onard ,,de ,,vinci 7#adeb-aeai7 ,,la ,,joconde ,illustration ,la ,joconde ,on n'a pas oubli l'motion qui secoua l'univers civilis quand un matin du mois d'aot #aiaa se rpandit l'incroyable nouvelle3 ,la ,joconde a t vole6 ,sur tous les points du globe1 cette perte fut ressentie comme un dsastre4 ,dsastre1 certes1 et sans quivalent1 car1 avec la ,joconde1 avait disparu l'une des plus grandioses productions du gnie humain4 ,malgr son prodigieux assemblage de chefs-d'uvre1 le ,salon ,carr perdait le meilleur de sa gloire2 dans l'crin rempli de joyaux manquait le plus beau diamant1 celui qui jetait les feux les plus brillants et les plus purs4 ,la ,mona ,lisa n'accueillait plus le visiteur de son sourire nigmatique1 et qui savait en quels lieux l'trange crature reposait son troublant et mystrieux regard8 ,heureusement1 grce une enqute rapide1 des recherches actives1 et aussi la perspicacit d'un antiquaire italien1 la merveilleuse toile de ,vinci fut retrouve1 et1 la joie de tous1 elle reprit son ancienne place1 triomphante et narquoise1 groupant une cour encore plus nombreuse d'adorateurs autour de son immortelle beaut4 ,nulle peinture au monde n'a provoqu une aussi entire admiration4 ,la ,joconde a eu ses potes1 ses romanciers1 ses amants4 ,certains hommes l'ont adore comme un tre vivant2 il en est mme qui se sont tus pour elle444 ,relisons la page enthousiaste o ,thophile ,gautier clbre la ,mona ,lisa3 ,la ,joconde6 ,sphinx de beaut qui souris si mystrieusement dans le cadre de ,lonard de ,vinci et sembles proposer l'admiration des sicles une nigme qu'ils n'ont pas encore rsolue1 un attrait invincible ramne toujours vers toi6 ,oh6 en effet1 qui n'est rest accoud de longues heures devant cette tte baigne de demi-teintes crpusculaires1 enveloppe de crpes transparents et dont les traits1 mlodieusement noys dans une vapeur violette1 apparaissent comme une cration du ,rve travers la gaze noire du ,sommeil6 ,de quelle plante est tomb1 au milieu d'un paysage d'azur1 cet tre trange avec son regard qui promet des volupts inconnues et son expression divinement ironique8 ,lonard de ,vinci imprime ses figures un tel cachet de supriorit qu'on se sent troubl en leur prsence4 ,les pnombres de leurs yeux profonds cachent des secrets interdits aux profanes et les inflexions de leurs lvres moqueuses conviennent des dieux qui savent tout et mprisent doucement les vulgarits humaines4 ,quelle fixit inquitante et quel sardonisme surhumain dans ces prunelles sombres1 dans ces lvres onduleuses comme l'arc de l',amour aprs qu'il a dcoch le trait6 ,ne dirait-on pas que la ,joconde est l',isis d'une religion cryptique qui1 se croyant seule1 entr'ouvre les plis de son voile1 dt l'imprudent qui la surprendrait devenir fou et mourir8 ,jamais l'idal fminin n'a revtu de formes plus inluctablement sduisantes4 ,croyez que si don ,juan avait rencontr la ,mona ,lisa1 il se serait pargn d'crire sur sa liste trois mille noms de femmes2 il n'en aurait trac qu'un1 et les ailes de son dsir eussent refus de le porter plus loin4 ,elles se seraient fondues et dplumes au soleil noir de ces prunelles4 ,nous l'avons revue bien des fois1 cette adorable ,joconde1 et notre dclaration d'amour ne nous parat pas aujourd'hui trop brlante4 ,elle est toujours l1 souriant avec une moqueuse volupt ses innombrables amants4 ,sur son front repose cette srnit d'une femme sre d'tre ternellement belle et qui se sent suprieure l'idal de tous les potes et de tous les artistes4 ,le divin ,lonard mit quatre ans faire ce portrait1 qu'il ne pouvait se dcider quitter et qu'il ne considra jamais comme fini2 pendant les sances1 des musiciens jouaient pour gayer le beau modle et empcher ses traits charmants de prendre un air d'ennui et de fatigue4 ,doit-on regretter que le noir particulier qu'employait ,lonard ait prvalu dans les teintes de la ,mona ,lisa et leur ait donn cette dlicieuse harmonie violtre1 cette tonalit abstraite qui est comme le coloris de l'idal8 ,nous ne le pensons pas4 ,maintenant1 le mystre s'ajoute au charme et le tableau1 dans sa fracheur1 tait peut-tre moins sduisant4 ,le modle de ce magnifique portrait s'appelait ,lisa ,maria di ,noldol ,gherardini2 elle pousa1 en #adie1 ,francesco di ,bartolomeo de ,znobi del ,giocondo1 d'o son nom de ,joconde1 sous lequel elle est aujourd'hui clbre4 ,la ,joconde fut peinte vers #aejb4 ,franois ,ier l'acquit pour quatre mille cus d'or et la fit placer dans le cabinet dor de ,fontainebleau4 ,elle passa ensuite dans la chambre de ,louis ,,xiv1 ,versailles4 ,aprs la ,rvolution1 le clbre portrait fut transport au ,louvre et plac dans le ,salon ,carr o il resta jusqu'en ces dernires annes4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #j4gg4--,largeur3 #j4hc4--;,figure en buste grandeur nature4 7,,salle ,,vi3 ,,grande ,,galerie74 ,,manet 7#ahcb-ahhc7 ,,olympia ,illustration ,olympia ,lorsque l',olympia affronta pour la premire fois l'opinion1 au ,salon de #ahfe1 il y eut contre elle un dchanement de clameurs hostiles4 ,manet1 furieusement combattu par les tenants du classicisme1 avait prvu l'orage et longtemps hsit exposer son uvre4 ,il ne s'y dcida que sur les instances de ,baudelaire4 ,la toile fut expose1 mais il fallut la dplacer et l'accrocher au plus haut des murs pour la soustraire la colre d'un public ameut par la critique4 ,cette courtisane couche nue sur un lit1 avec une ngresse portant un bouquet1 et un chat noir1 fit meute4 ,c'est cependant une uvre forte1 d'une couleur vive1 d'un dessin large1 d'un sentiment intense1 qui tonne par un parti pris de rduction des valeurs la plus grande simplicit4 ,l'uvre est aujourd'hui au ,louvre et1 si elle surprend encore bon nombre de visiteurs par l'extrme stylisation des formes1 nul ne songe la maltraiter ni mme se rcrier4 ,il n'en tait pas de mme en #ahfe1 o ,manet passait pour le chef excr de l'impressionisme1 art considr alors comme rvolutionnaire1 mais qui1 depuis1 a fait ses preuves et peut se targuer de noms glorieux4 ,plutt que de disputer sur les mrites des uvres de cette cole1 il nous parat prfrable de donner un bref expos des thories impressionistes1 rsum que nous empruntons au savant ouvrage de ,m4 ,camille ,mauclair3 ,l',impressionnisme4 ,les ides impressionistes peuvent se rsumer de cette sorte3 ,dans la nature1 aucune couleur n'existe par elle-mme4 ,la coloration des objets est une pure illusion3 la seule source cratrice des couleurs est la lumire solaire qui enveloppe toutes choses1 et les rvle1 selon les heures1 avec d'infinies modifications444 ,ce n'est qu'artificiellement que nous distinguons entre le dessin et la coloration3 dans la nature ils ne se distinguent pas4 ,l'ide de distance1 de perspective1 de volume nous est donne par des couleurs plus sombres ou plus claires3 cette ide est ce qu'on appelle en peinture le sens des valeurs4 ,et comme la peinture n'est pas et ne peut pas tre l'imitation de la nature1 mais seulement son interprtation artificielle1 puisqu'elle ne dispose que de deux dimensions sur trois1 les valeurs sont le seul moyen qui lui reste de faire comprendre1 sur une surface plane1 la profondeur4 ,forme et couleur sont donc deux illusions qui coexistent l'une par l'autre1 deux mots signifiant les deux procds sommaires dont dispose notre esprit pour percevoir le mystre infini de la vie4 ,les colorations du spectre se recomposent donc dans tout ce que nous voyons1 c'est leur dosage qui fait1 avec les sept tons primitifs1 d'autres tons4 ,nous arrivons immdiatement quelques consquences pratiques4 ,la premire1 c'est que le ton local est une erreur3 une feuille n'est pas verte1 un tronc d'arbre n'est pas brun et1 selon les heures1 le vert de la feuille et le brun de l'arbre se modifient4 ,ce qu'il faut donc tudier1 c'est la composition de l'atmosphre qui s'interpose entre eux et le regard2 l'atmosphre est le sujet rel du tableau4 ,une seconde consquence de cette analyse de la lumire1 c'est que l'ombre n'est pas une absence de lumire1 mais une lumire d'une autre qualit et d'une autre valeur4 ,la peinture donc1 au lieu de reprsenter l'ombre avec des tons tout faits1 drivs du bitume et du noir1 devra rechercher l1 comme dans les parties claires1 le jeu des atomes de la lumire solaire4 ,troisime consquence dcoulant de celle-ci3 les couleurs dans l'ombre se modifient par la rfraction4 ,c'est ainsi1 par exemple1 que si une tte se prsente claire d'un ct par le jour orang et de l'autre par la lumire bleutre d'un intrieur1 sur le nez et la rgion mdiane de la figure apparatront ncessairement des reflets verts4 ,enfin1 la dernire consquence de ces propositions est que le dosage des tons du spectre s'accomplit par une projection parallle et distincte des couleurs4 ,c'est artificiellement que votre il les runit sur le cristallin1 non moins artificiellement que sur la palette un peintre mle diverses couleurs pour composer un ton4 ,de tels mlanges sont faux et ont le dsavantage de crer des tonalits lourdes4 ,les couleurs mles sur la palette composent un gris sale4 ,ici1 nous touchons au fond mme de l'impressionnisme4 ,le peintre devra ne peindre qu'avec les sept couleurs du spectre et bannir toutes les autres2 il devra de plus1 au lieu de composer des mlanges1 ne poser sur sa toile que des touches de sept couleurs juxtaposes et laisser les rayons individuels de chacune de ces couleurs se mlanger distance sur l'il du spectateur1 c'est--dire agir comme la lumire elle-mme4 ,la dissociation des tonalits est donc le point capital de la technique impressionniste4 ,elle favorise peu la peinture d'expression1 la peinture d'histoire et le symbolisme1 mais elle a produit de vritables chefs-d'uvre dans le portrait et le paysage4 ,l',olympia fut offerte au ,luxembourg par des amis de l'artiste4 ,elle figure aujourd'hui au ,louvre1 ct des chefs-d'uvre d',ingres1 de ,courbet et de ,delacroix4 99 99 99 99 99 ,hauteur4 #a4bg4--,largeur3 #a4ij4--;,figure grandeur nature4 7,,cole ,,fran,,aise ,,du ,x,i,xe ,,si,,cle3 ,,salle ,,caillebotte74 ,,jordaens 7#aeic-afgh7 ,,le ,,roi ,,boit ,illustration ,le ,roi boit ,jordaens1 crit ,thophile ,gautier1 mrite le titre de grand matre4 ,il n'a pas le haut vol de ,rubens1 mais il a la fcondit1 la vigueur et une outrance dans la forme et la couleur qui le font reconnatre au premier coup d'il4 ,sa vie fut peu accidente et il ne sortit jamais de son pays4 ,aussi est-il ,flamand de la peau jusqu'aux molles4 ,le dessin de ses figures est encore plus violent que celui de ,rubens1 et la gamme de sa palette est monte un degr plus intense4 ,ses contours crvent de plthore1 ses tons clatent et flamboient2 les joues de ses personnages vont prendre feu4 ,mais quelle forte harmonie1 quel accord puissant1 quelle chaleur soutenue1 quelle pte opulente1 quel superbe maniement de brosse et quelle magistrale sret de touche6 ,sans doute il est souvent grossier1 trivial1 ignoble2 il n'apporte aucun choix dans ses types2 il prend la nature comme il la trouve et quelquefois mme il l'enlaidit par amour du caractre ou par une sorte de jovialit brutale1 mais ce n'en est pas moins un grand peintre et1 pour le juger tel1 il suffit de regarder au ,louvre l',enfance de ,jupiter avec son merveilleux dos de femme1 ,jsus chassant les vendeurs du ,temple1 tableau d'un mouvement si imptueux et si fier1 malgr quelques pisodes comiques la flamande1 le ,concert aprs le repas1 composition franchement grotesque1 presque caricaturale1 mais que l'nergie de l'excution relve jusqu' l'art1 enfin1 le ,roi boit1 joyeuse kermesse de famille1 peinture grasse comme le sujet1 o rit l'hilarit la plus panouie dans le bon vin et la bonne chre4 ,ah6 la joviale et franche peinture1 que ce ,roi boit6 ,comme ces bons ,flamands face vermillonne et ces plantureuses commres trahissent bien leur joie de vivre et leur satisfaction de ripailles6 ,c'est la fte de la ,chandeleur1 fte qui s'accompagne toujours de solides festins et de copieuses beuveries4 ,dans le ,gteau des ,rois1 une fve est cache et celui qui elle choit ceint la couronne traditionnelle et l'on clbre sa royaut par des acclamations et une recrudescence de pots de bire4 ,ici1 la fve est dj sortie1 c'est un vieillard bon vivant qui l'a trouve dans sa part de gteau1 et sur sa tte blanche brille l'insigne royal en carton dor4 ,il porte son large verre ses lvres et toute l'assistance profre la parole sacramentelle3 ,le roi boit6 ,autour de cette table charge de victuailles tout le monde a le verre en main et la fte n'est pas prs de finir1 car une servante apparat encore1 avec un plateau couvert de mets4 ,a gauche1 un jeune homme1 sans doute allum par les libations1 s'exerce faire tomber dans son verre1 du pot de grs qu'il tient bout de bras1 la bire aux reflets blonds4 ,les femmes sont plus calmes1 mais l'panouissement de leurs figures dit assez qu'elles ont fait honneur aux viandes et aux vins4 ,les enfants eux-mmes sont de la fte2 on en voit un1 jovial et bien portant1 qui pousse des vivats en l'honneur du vieux grand-pre couronn4 ,il y a1 dans tous ces personnages groups en un petit espace1 une exubrance de vie que seul un grand peintre pouvait rendre avec une telle intensit4 ,il n'est pas possible de traduire avec plus de naturel et de vrit l'amour des satisfactions matrielles et les plaisirs de la table4 ,mais tout n'est pas vulgaire dans ce tableau3 sur ces visages panouis par la bonne chre se dmle aussi la joie de se trouver en famille2 ces bonnes figures de vieilles gens1 ct de jeunes femmes et d'enfants1 donnent cette scne un caractre intime et patriarcal qui en rehausse la porte4 ,la belle et plantureuse femme qui est vue de face1 tenant un enfant par le bras n'est autre que ,catherine ,van ,noort1 femme de ,jordaens et fille d'un peintre anversois trs estim1 qui fut le matre de son mari et de ,rubens4 ,elle tait d'une beaut sculpturale1 pleine de vie et d'clat1 telle que les aimaient les joyeux peintres flamands de cette poque2 l'clat de ses yeux annonait un caractre anim et un naturel enjou1 elle avait tout ce qu'il fallait pour rendre heureux l'homme de son choix4 ,nous retrouvons la belle ,catherine dans presque tous les tableaux de ,jordaens1 comme dans ceux de ,rubens on peut reconnatre ,isabelle ,brandt ou ,hlne ,fourment4 ,nous la voyons dans le ,roi boit2 elle se trouve aussi dans le ,concert1 chantant pleins poumons avec les joyeux hros de cet pique tapage4 ,de cette ,vnus familire et aime1 l'artiste a fait tour tour1 suivant les sujets de ses tableaux1 une bacchante1 une bergre1 voire mme une impratrice1 et toujours elle s'est trouve sa place sans jamais rien perdre de l'clat de sa peau1 de la fracheur de son teint1 ni de la truculence de ses appas4 ,voyez-la dans ,le ,roi boit2 voyez comme elle porte bien sa splendide chevelure1 comme son double menton s'emmanche solidement un cou nronien1 comme sa gorge est attache une poitrine pleine de galbe et de sant6 ,bien que les sujets prfrs de ,jordaens fussent tirs de la vie de famille et des lgendes populaires flamandes1 le peintre abordait tous les genres avec une gale matrise4 ,ses portraits surtout sont magnifiques et soutiennent la comparaison avec les plus beaux de ,rubens et de ,van ,dyck4 ,il ne fut infrieur lui-mme que dans la peinture religieuse3 l'inspiration pieuse manquait ce joyeux compagnon4 ,le ,roi boit avait appartenu ,m4 ,fizeau d',amsterdam4 ,acquis par la ,couronne en #agia la vente ,lebrun1 il figure depuis lors au ,louvre4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #a4hb4--,largeur3 #b4jh4--;,figures grandeur nature4 7,,grande ,,galerie3 #e;e ,,trav,e74 ,a4 ,,coypel 7#affa-agbb7 ,d,,mocrite ,illustration ,dmocrite ,le philosophe est dj vieux2 de son bonnet s'chappent des cheveux blancs2 une opulente barbe argente s'tale galement sur le vtement pourpre1 mais le visage a conserv la fracheur et la jeunesse des hommes que la vie n'a pas cruellement marqus ou qui savent opposer ses coups une sereine indiffrence4 ,la figure est riante1 d'un rire narquois1 panoui1 qui plisse les joues1 bride les yeux1 dcouvre les dents4 ,sur l'me de cet homme1 on le devine1 l'adversit n'a pas de prise1 elle glisse et ne pntre pas4 ,dmocrite rit de tout1 des lois morales et des lois humaines1 de la sagesse et de la folie1 gales ses yeux1 il rit des autres et de lui-mme4 ,l'artiste a trait cette belle tte de sceptique aimable dans une teinte chaude1 cramoisie1 o se mlent la pourpre du vtement et le rubis qu'ont laiss sur les joues les libations frquentes ,bacchus4 ,la touche en est lgre1 on dirait presque fuyante1 comme devaient tre la physionomie et le caractre du philosophe grec4 ,cette psychologie s'accompagne de beaucoup d'art3 le manteau est drap harmonieusement et en plis trs souples1 le visage a beaucoup d'expression et le raccourci de la main tmoigne d'une relle science4 ,antoine ,coypel1 l'auteur de cette jolie toile1 possdait des qualits de premier ordre et des dons brillants que sa trop grande virtuosit compromit trop souvent4 ,il fut le second d'une nombreuse dynastie de peintres4 ,il tait le fils de ,nol ,coypel1 peintre d'histoire que son got de l'antique avait fait surnommer ,poussin-,coypel2 avec son pre1 il habita ,rome jusqu' l'ge de dix-huit ans1 et c'est l qu'il apprit le dessin et la peinture1 dans le commerce de ,raphal et des ,carrache4 ,malheureusement1 il quitta l',italie au moment o cette influence aurait pu produire ses meilleurs effets4 ,rentr en ,france1 il donne immdiatement des preuves de son incroyable facilit4 ,il n'a pas vingt ans et dj il est clbre ,paris2 il devient le premier peintre de ,monsieur1 puis premier peintre du roi en #agae4 ,en #agai1 le ,rgent1 qui s'est mis en tte de peindre1 le prend pour professeur et lui donne une pension de #a1ejj francs avec un carrosse4 ,coypel est bien le peintre qu'il faut cette socit aimable1 brillante1 superficielle2 sa peinture possde les qualits qui doivent lui plaire1 qualits agrables mais peu solides4 ,il est habile1 trop habile2 il est mme trs suprieur la plupart des peintres de son temps1 mais il n'en a pas moins eu une influence trs funeste1 prcisment parce que ses dfauts se dissimulaient sous des qualits trs brillantes4 ,il savait agencer d'une manire thtrale une grande machine1 mais parce qu'il rpandit dans ses tableaux des traits de bel esprit on crut qu'il possdait la vritable potique de l'art4 ,les femmes qu'il peignait avaient une physionomie agrable que ses contemporaines prirent d'autant plus volontiers pour de la beaut qu'elles crurent s'y reconnatre1 et bien que la minauderie prt souvent sous son pinceau la place de la grce1 il tait considr comme le peintre gracieux par excellence4 ,il n'en avait pas moins un trs grand charme et de trs belles et solides qualits de peintre et de coloriste4 ,dmocrite faisait autrefois partie de la collection ,la ,caze4 99 99 99 99 99 ,hauteur3 #j4fj4--,largeur3 #j4eh4--;,figure grandeur nature4 7,,salle ,i3 ,,salle ,,la ,,caze74 ,,table ,,des ,,mati,,res ,pages4 ,portrait de ,louis ,,xv1 par ,quentin de ,la ,tour #f ,portrait d'homme 7cole ,franaise3 ,jean ,perral87 #ae #ahad1 par ,meissonier #ba ,l',inspiration du pote1 par ,nicolas ,poussin #bg ,l',impratrice ,josphine1 par ,prud'hon #cc ,l',anglus1 par ,f4 ,millet #ci ,les ,baigneuses1 par ,fragonard #de ,portrait de ,louis ,,xiv1 par ,h4 ,rigaud #ea ,l',amour et ,psych1 par ,louis ,grard #eg ,philippe ,,iv1 par ,velazquez #fc ,le ,dauphin ,louis de ,france1 par ,louis ,tocqu #fi ,le ,concert1 par ,terburg #ge ,le ,condottire1 par ,antonello de ,messine #ha ,le ,retour du plerinage1 par ,lopold ,robert #hg ,la ,donatrice ,somze1 par le ,matre de ,moulins #ic ,le ,peintre et sa famille1 par ,largillire #ii ,le ,parnasse1 par ,mantegna #aje ,le ,fumeur1 par ,a4 ,brauwer #aaa ,le ,tepidarium1 par ,chassriau #aag ,le ,pied bot1 par ,ribera #abc ,la ,vierge aux ,donateurs1 par ,memling #abi ,la ,leon de musique1 par ,fragonard #ace ,la ,madone du ,chancelier ,rolin1 par ,j4 ,van ,eyck #ada ,suzanne et les ,vieillards1 par ,paul ,vronse #adg ,diane au bain1 par ,franois ,boucher #aec ,le ,radeau de la ,mduse1 par ,gricault #aei ,l',homme au gant1 par le ,titien #afe ,le ,sommeil de l',enfant ,jsus1 par ,annibal ,carrache #aga ,l',assomption1 par ,murillo #agg ,portrait de femme1 par ,franz ,hals #ahc ,ulysse remet ,chrysis son pre1 par ,claude ,lorrain #ahi ,un ,vieillard et son petit-fils1 par ,d4 ,ghirlandajo #aie ,la ,famille du peintre1 par ,adrien ,van ,ostade #bja ,portrait de ,madame ,rivire1 par ,ingres #bjg ,le ,jeune ,mendiant1 par ,murillo #bac ,la ,cruche casse1 par ,greuze #bai ,intrieur hollandais1 par ,pieter de ,hooch #bbe ,les ,bergers d',arcadie1 par ,nicolas ,poussin #bca ,le ,banquier et sa femme1 par ,quentin ,matsys #bcg ,la ,vierge au coussin vert1 par ,andrea ,solario #bdc ,laura di ,dianti1 par le ,titien #bdi ,les uvres de misricorde1 par ,tniers le ,jeune #bee ,la ,joconde1 par ,lonard de ,vinci #bfa ,olympia1 par ,manet #bfg ,le ,roi boit1 par ,jordaens #bgc ,dmocrite1 par ,a4 ,coypel #bgi ,,index ,,alphab,,tique ,pages4 ,,antonello ,,de ,,messine ,le ,condottire #ha ,,boucher 7,franois7 ,diane au bain #aec ,,brauwer 7,a47 ,le ,fumeur #aaa ,,carrache 7,annibal7 ,le ,sommeil de l',enfant ,jsus #aga ,,chass,,riau ,le ,tepidarium #aag ,,coypel 7,a47 ,dmocrite #bgi ,,fragonard ,les ,baigneuses #de ---- ,la ,leon de musique #ace ,g,,rard 7,louis7 ,l',amour et ,psych #eg ,g,,ricault ,le ,radeau de la ,mduse #aei ,,ghirlandajo ,un ,vieillard et son petit-fils #aie ,,greuze ,la ,cruche casse #bai ,,hals 7,franz7 ,portrait de femme #ahc ,,hooch 7,pieter de7 ,intrieur hollandais #bbe ,,ingres ,portrait de ,madame ,rivire #bjg ,,jordaens ,le ,roi boit #bgc ,,largilli,,re ,le ,peintre et sa famille #ii ,,le ,,maitre ,,de ,,moulins ,la ,donatrice ,somze #ic ,,la ,,tour 7,quentin de7 ,portrait de ,louis ,,xv #f ,,le ,,titien ,l',homme au gant #afe ---- ,laura di ,dianti #bdi ,,lorrain 7,claude7 ,ulysse remet ,chrysis son pre #ahi ,,manet ,olympia #bfg ,,matsys 7,quentin7 ,le ,banquier et sa femme #bcg ,,meissonier #ahad #ba ,,memling ,la ,vierge aux donateurs #abi ,,mantegna ,le ,parnasse #aje ,,millet 7,f47 ,l',anglus #ci ,,murillo ,l',assomption #agg ---- ,le ,jeune ,mendiant #bac ,,perr,,al 7,jean78 ,portrait d'homme #ae ,,poussin 7,nicolas7 ,les ,bergers d',arcadie #bca ---- ,l',inspiration du pote #bg ,,prud',,hon ,l',impratrice ,josphine #cc ,,ribera ,le ,pied bot #abc ,,rigaud 7,h47 ,portrait de ,louis ,,xiv #ea ,,robert 7,lopold7 ,le ,retour du plerinage #hg ,,solario 7,andrea7 ,la ,vierge au coussin vert #bdc ,t,,niers 7le ,jeune7 ,les uvres de misricorde #bee ,,terburg ,le ,concert #ge ,,tocqu 7,louis7 ,le ,dauphin ,louis de ,france #fi ,,van ,,eyck 7,j47 ,la ,madone du ,chancelier ,rolin #ada ,,van ,,ostade 7,a47 ,la ,famille du peintre #bja ,,velazquez ,philippe ,,iv #fc ,v,,ron,,se 7,paul7 ,suzanne et les ,vieillards #adg ,,vinci 7,lonard de7 ,la ,joconde #bfa #cdbd-e-cc4--;,,corbeil1 ,imprimerie ,,cr,t4 99 99 99 99 99 ,corrections4 ,page #ag3 excercer remplac par exercer 7pour y exercer leur art74 ,page #bg3 soufle remplac par souffle 7le souffle divin de l'inspiration74 ,page #ge3 charmantes remplac par charmants 7d'un naturel et d'une fantaisie charmants74 ,page #aja3 rgines remplac par rgimes 7sous deux rgimes diffrents74 ,page #aab3 dieux remplac par d'eux 7 la requte de l'un d'eux74 ,page #acj3 ,van ,eyk remplac par ,van ,eyck 7entre ,memling et ,jean ,van ,eyck74 ,page #adb3 miscroscopiques remplac par microscopiques 7foisonnant de dtails microscopiques74 ,page #adh3 chose remplac par choses 7sans prendre ces choses en considration7 ,page #aei3 flottile remplac par flottille 7la flottille qu'elle escortait72 ballots remplac par ballotts 7les naufrags furent ballotts74 ,page #agb3 ,raphl remplac par ,raphal 7le ,saint ,paul de ,raphal74 ,page #aia3 ,gele remplac par ,gelle3 ,claude ,gelle1 7que son origine avait fait surnommer ,lorrain1 ou le ,lorrain74 ,page #bbg3 ,warsenr remplac par ,wassenr 7la vente du comte de ,wassenr d',oopdam74 ,page #bdi3 ,ire remplac par ,ier 7,alphonse ,ier1 duc de ,ferrare74 ,page #bfc3 ,ire remplac par ,ier 7,franois ,ier l'acquit pour quatre mille cus d'or74 ,page #bge3 ,roit remplac par ,roi 7,voyez-la dans ,le ,roi boit74 ,page #bhd 7,index alphabtique73 ,piet remplac par ,pied 7,le ,pied bot74