,,biblioth,,que ,,de ,,philosophie ,,contemporaine ,,lois ,,psychologiques ,,de ,l',,volution ,,des ,,peuples ,,par ,,gustave ,,le ,,bon ,deuxime dition1 revue et augmente ,,paris ,,ancienne ,,librairie ,,germer ,,bailli,,re ,,et ,cie ,f,,lix ,,alcan1 ,,diteur #ajh1 ,,boulevard ,,saint-,,germain1 #ajh #ahie ,tous droits rservs4 ,a ,,mon ,,savant ,,ami ,,charles ,,richet ,professeur de physiologie la ,facult de mdecine de ,paris ,directeur de la ,revue scientifique4 ,en souvenir trs reconnaissant pour l'hospitalit libre et sans limites qu'il m'a offerte dans sa ,revue4 ,,gustave ,,le ,,bon ,,lois ,,psychologiques ,,de ,l',,volution ,,des ,,peuples ,,introduction ,,les ,,id,,es ,,galitaires ,,modernes ,,et ,,les ,,bases ,,psychologiques ,,de ,l',,histoire ,naissance et dveloppement de l'ide galitaire4 - ,les consquences qu'elle a produites4 - ,ce qu'a dj cot son application4 - ,son influence actuelle sur les foules4 - ,problmes abords dans cet ouvrage4 - ,recherche des facteurs principaux de l'volution gnrale des peuples4 - ,cette volution drive-t-elle des institutions 8 - ,les lments de chaque civilisation 3 institutions1 arts1 croyances1 etc41 n'auraient-ils pas certains fondements psychologiques spciaux chaque peuple 8 - ,les hasards de l'histoire et les lois permanentes4 ,la civilisation d'un peuple repose sur un petit nombre d'ides fondamentales4 ,de ces ides drivent ses institutions1 sa littrature et ses arts4 ,trs lentes se former1 elles sont trs lentes aussi disparatre4 ,devenues depuis longtemps des erreurs videntes pour les esprits instruits1 elles restent pour les foules des vrits indiscutables et poursuivent leur oeuvre dans les masses profondes des nations4 ,s'il est difficile d'imposer une ide nouvelle1 il ne l'est pas moins de dtruire une ide ancienne4 ,l'humanit s'est toujours cramponne dsesprment aux ides mortes et aux dieux morts4 ,sans doute1 certaines des ingalits qui sparent les individus et les races taient trop apparentes pour pouvoir tre srieusement contestes 2 mais on se persuada aisment que ces ingalits n'taient que les consquences des diffrences d'ducation1 que tous les hommes naissent galement intelligents et bons1 et que les institutions seules avaient pu les pervertir4 ,le remde tait ds lors trs simple 3 refaire les institutions et donner tous les hommes une instruction identique4 ,c'est ainsi que les institutions et l'instruction ont fini par devenir les grandes panaces des dmocraties modernes1 le moyen de remdier des ingalits choquantes pour les immortels principes qui sont les dernires divinits d'aujourd'hui4 ,certes1 une science plus avance a prouv la vanit des thories galitaires et montr que l'abme mental1 cr par le pass entre les individus et les races1 ne pourrait tre combl que par des accumulations hrditaires fort lentes4 ,la psychologie moderne1 ct des dures leons de l'exprience1 a montr que les institutions et l'ducation qui conviennent certains individus et certains peuples sont fort nuisibles d'autres1 ,mais il n'est pas au pouvoir des philosophes d'anantir les ides lances dans le monde1 le jour o ils reconnaissent qu'elles sont errones4 ,comme le fleuve dbord qu'aucune digue ne saurait contenir1 l'ide poursuit sa course dvastatrice1 et rien n'en ralentit le cours4 ,cette notion chimrique de l'galit des hommes qui a boulevers le monde1 suscit en ,europe une rvolution gigantesque1 lanc l',amrique dans la sanglante guerre de scession et conduit toutes les colonies franaises un tat de lamentable dcadence1 il n'est pas un psychologue1 pas un voyageur1 pas un homme d',etat un peu instruit1 qui ne sache combien elle est errone 2 et pourtant il en est bien peu qui ose la combattre4 ,loin d'ailleurs d'tre entre dans une phase de dclin1 l'ide galitaire continue grandir encore4 ,c'est en son nom que le socialisme1 qui semble devoir asservir bientt la plupart des peuples de l',occident1 prtend assurer leur bonheur4 ,c'est en son nom que la femme moderne1 oubliant les diffrences mentales profondes qui la sparent de l'homme1 rclame les mmes droits1 la mme instruction que lui et finira1 si elle triomphe1 par faire de l',europen un nomade sans foyer ni famille4 ,des bouleversements politiques et sociaux que les principes galitaires ont engendrs1 de ceux beaucoup plus graves qu'ils sont destins engendrer encore1 les peuples ne se soucient gure1 et la vie politique des hommes d',etat est aujourd'hui trop courte pour qu'ils s'en soucient davantage4 ,l'opinion publique est d'ailleurs devenue matresse souveraine1 et il serait impossible de ne pas la suivre4 ,l'importance sociale d'une ide n'a d'autre mesure relle que la puissance qu'elle exerce sur les mes4 ,le degr de vrit ou d'erreur qu'elle comporte ne saurait avoir d'intrt qu'au point de vue philosophique4 ,quand une ide vraie ou fausse est passe chez les foules l'tat de sentiment1 toutes les consquences qui en dcoulent doivent tre successivement subies4 ,c'est donc au moyen de l'instruction et des institutions que le rve galitaire moderne tente de s'accomplir4 ,c'est grce elles que1 rformant les injustes lois de la nature1 nous essayons de couler dans le mme moule les cerveaux des ngres de la ,martinique1 de la ,guadeloupe et du ,sngal1 ceux des ,arabes de l',algrie et enfin ceux des ,asiatiques4 ,c'est l sans doute une bien irralisable chimre1 mais l'exprience seule peut montrer le danger des chimres4 ,la raison ne saurait transformer les convictions des hommes4 ,cet ouvrage a pour but de dcrire les caractres psychologiques qui constituent l'me des races et de montrer comment l'histoire d'un peuple et sa civilisation drivent de ces caractres4 ,laissant de ct les dtails1 ou ne les envisageant que quand ils seront indispensables pour dmontrer les principes exposs1 nous examinerons la formation et la constitution mentale des races historiques1 c'est--dire des races artificielles formes depuis les temps historiques par les hasards des conqutes1 des immigrations ou des changements politiques1 et nous tcherons de dmontrer que de cette constitution mentale dcoule leur histoire4 ,nous constaterons le degr de fixit et de variabilit des caractres des races4 ,nous essaierons de dcouvrir si les individus et les peuples marchent vers l'galit ou tendent au contraire se diffrencier de plus en plus4 ,nous rechercherons ensuite si les lments dont se compose une civilisation 3 arts1 institutions1 croyances1 ne sont pas les manifestations directes de l'me des races1 et ne peuvent pour cette raison passer d'un peuple un autre4 ,nous terminerons enfin en tchant de dterminer sous l'influence de quelles ncessits les civilisations plissent1 puis s'teignent4 ,ce sont des problmes que nous avons longuement traits dans divers ouvrages sur les civilisations de l',orient4 ,ce petit volume doit tre considr simplement comme une brve synthse4 ,ce qui m'est rest de plus clair dans l'esprit1 aprs de lointains voyages dans les pays les plus divers1 c'est que chaque peuple possde une constitution mentale aussi fixe que ses caractres anatomiques1 et d'o ses sentiments1 ses penses1 ses institutions1 ses croyances et ses arts drivent4 ,tocqueville et d'autres penseurs illustres ont cru trouver dans les institutions des peuples la cause de leur volution4 ,je suis persuad au contraire1 et j'espre prouver1 en prenant prcisment des exemples dans les pays qu'a tudis ,tocqueville1 que les institutions ont sur l'volution des civilisations une importance extrmement faible4 ,elles sont le plus souvent des effets1 et bien rarement des causes4 ,sans doute l'histoire des peuples est dtermine par des facteurs fort divers4 ,elle est pleine de cas particuliers1 d'accidents qui ont t et qui auraient pu ne pas tre4 ,mais ct de ces hasards1 de ces circonstances accidentelles1 il y a de grandes lois permanentes qui dirigent la marche gnrale de chaque civilisation4 ,de ces lois permanentes1 les plus gnrales1 les plus irrductibles dcoulent de la constitution mentale des races4 ,la vie d'un peuple1 ses institutions1 ses croyances et ses arts ne sont que la trame visible de son me invisible1 ,pour qu'un peuple transforme ses institutions1 ses croyances et ses arts1 il lui faut d'abord transformer son me 2 pour qu'il pt lguer un autre sa civilisation1 il faudrait qu'il pt lui lguer aussi son me4 ,ce n'est pas l sans doute ce que nous dit l'histoire 2 mais nous montrerons aisment qu'en enregistrant des assertions contraires elle s'est laiss tromper par de vaines apparences4 ,les rformateurs qui se succdent depuis un sicle ont essay de tout changer 3 les dieux1 le sol et les hommes4 ,sur les caractres sculaires de l'me des races que le temps a fixs1 ils n'ont rien pu encore4 ,la conception des diffrences irrductibles qui sparent les tres est tout fait contraire aux ides des socialistes modernes1 mais ce ne sont pas les enseignements de la science qui pourraient faire renoncer des chimres les aptres d'un nouveau dogme4 ,leurs tentatives reprsentent une phase nouvelle de l'ternelle croisade de l'humanit la conqute du bonheur1 ce trsor des ,hesprides que depuis l'aurore de l'histoire les peuples ont poursuivi toujours4 ,les rves galitaires ne vaudraient pas moins peut-tre que les vieilles illusions qui nous menaient jadis1 s'ils ne devaient se heurter bientt au roc inbranlable des ingalits naturelles4 ,avec la vieillesse et la mort ces ingalits font partie des iniquits apparentes dont la nature est pleine et que l'homme doit subir4 ,,livre ,,premier ,,les ,,caract,,res ,,psychologiques ,,des ,,races ,,chapitre ,,premier ,l',,ame ,,des ,,races ,comment les naturalistes classent les espces4 - ,application l'homme de leurs mthodes4 - ,ct dfectueux des classifications actuelles des races humaines4 - ,fondements d'une classification psychologique4 - ,les types moyens des races4 - ,comment l'observation permet de les constituer4 - ,facteurs physiologiques qui dterminent le type moyen d'une race4 - ,l'influence des anctres et celle des parents immdiats4 - ,fonds psychologique commun que possdent tous les individus d'une race4 - ,immense influence des gnrations teintes sur les gnrations actuelles4 - ,raisons mathmatiques de cette influence4 - ,comment l'me collective s'est tendue de la famille au village1 la cit et la province4 - ,avantages et dangers de la conception de la cit4 - ,circonstances dans lesquelles la formation de l'me collective est impossible4 - ,exemple de l',italie4 - ,comment les races naturelles ont fait place aux races historiques4 ,les naturalistes font reposer leur classification des espces sur la constatation de certains caractres anatomiques se reproduisant par l'hrdit avec rgularit et constance4 ,nous savons aujourd'hui que ces caractres se transforment par l'accumulation hrditaire de changements imperceptibles 2 mais si l'on ne considre que la courte dure des temps historiques1 on peut dire que les espces sont invariables4 ,appliques l'homme1 les mthodes de classification des naturalistes ont permis d'tablir un certain nombre de types parfaitement tranchs4 ,en se basant sur des caractres anatomiques bien nets1 tels que la couleur de la peau1 la forme et la capacit du crne1 il a t possible d'tablir que le genre humain comprend plusieurs espces nettement spares et probablement d'origines trs diffrentes4 ,pour les savants respectueux des traditions religieuses1 ces espces sont simplement des races4 ,mais1 comme on l'a dit avec raison1 si le ngre et le caucasien taient des colimaons1 tous les zoologistes affirmeraient l'unanimit qu'ils constituent d'excellentes espces 1 n'ayant jamais pu provenir d'un mme couple dont ils se seraient graduellement carts4 ,ces caractres anatomiques1 ceux du moins que notre analyse peut atteindre1 ne permettent que des divisions gnrales fort sommaires4 ,leurs divergences n'apparaissent que chez des espces humaines bien tranches 3 les blancs1 les ngres et les jaunes1 par exemple4 ,mais des peuples1 trs semblables par leur aspect physique1 peuvent tre fort diffrents par leurs faons de sentir et d'agir1 et par consquent par leurs civilisations1 leurs croyances et leurs arts4 ,est-il possible1 par exemple1 de classer dans un mme groupe un ,espagnol1 un ,anglais et un ,arabe 8 ,les diffrences mentales existant entre eux n'clatent-elles pas tous les yeux et ne se lisent-elles pas chaque page de leur histoire 8 ,a dfaut de caractres anatomiques1 on a voulu s'appuyer1 pour la classification de certains peuples1 sur divers lments tels que les langues1 les croyances et les groupements politiques 2 mais de telles classifications ne rsistent gure l'examen4 ,les lments de classification que l'anatomie1 les langues1 le milieu1 les groupements politiques ne sauraient fournir1 nous sont donns par la psychologie4 ,celle-ci montre que1 derrire les institutions1 les arts1 les croyances1 les bouleversements politiques de chaque peuple1 se trouvent certains caractres moraux et intellectuels dont son volution drive4 ,ce sont ces caractres dont l'ensemble forme ce que l'on peut appeler l'me d'une race4 ,chaque race possde une constitution mentale aussi fixe que sa constitution anatomique4 ,que la premire soit en rapport avec une certaine structure particulire du cerveau1 cela ne semble pas douteux 2 mais comme la science n'est pas assez avance encore pour nous montrer cette structure1 nous sommes dans l'impossibilit de la prendre pour base4 ,sa connaissance ne saurait nullement modifier d'ailleurs la description de la constitution mentale qui en dcoule et que l'observation nous rvle4 ,les caractres moraux et intellectuels1 dont l'association forme l'me d'un peuple1 reprsentent la synthse de tout son pass1 l'hritage de tous ses anctres1 les mobiles de sa conduite4 ,ils semblent trs variables chez les individus d'une mme race 2 mais l'observation prouve que la majorit des individus de cette race possde toujours un certain nombre de caractres psychologiques communs1 aussi stables que les caractres anatomiques qui permettent de classer les espces4 ,comme ces derniers1 les caractres psychologiques se reproduisent par l'hrdit avec rgularit et constance4 ,cet agrgat d'lments psychologiques observable chez tous les individus d'une race constitue ce qu'on appelle avec raison le caractre national4 ,leur ensemble forme le type moyen qui permet de dfinir un peuple4 ,mille ,franais1 mille ,anglais1 mille ,chinois1 pris au hasard1 diffrent notablement entre eux 2 mais ils possdent cependant1 de par l'hrdit de leur race1 des caractres communs qui permettent de construire un type idal du ,franais1 de l',anglais1 du ,chinois1 analogue au type idal que le naturaliste prsente lorsqu'il dcrit d'une faon gnrale le chien ou le cheval4 ,applicable aux diverses varits de chiens ou de chevaux1 une telle description ne peut comprendre que les caractres communs tous1 et nullement ceux qui permettent de distinguer leurs nombreux spcimens4 ,pour peu qu'une race soit suffisamment ancienne1 et par consquent homogne1 son type moyen est assez nettement tabli pour se fixer rapidement dans l'esprit de l'observateur4 ,lorsque nous visitons un peuple tranger1 les seuls caractres qui puissent nous frapper1 parce qu'ils sont les seuls qui soient constamment rpts1 sont prcisment les caractres communs tous les habitants du pays parcouru4 ,les diffrences individuelles1 tant peu rptes1 nous chappent 2 et bientt1 non seulement nous distinguons premire vue un ,anglais1 un ,italien1 un ,espagnol1 mais de plus nous savons trs bien leur attribuer certains caractres moraux et intellectuels1 qui sont justement les caractres fondamentaux dont nous parlions plus haut4 ,un ,anglais1 un ,gascon1 un ,normand1 un ,flamand correspondent un type bien dfini dans notre esprit et que nous pouvons dcrire aisment4 ,applique un individu isol1 la description pourra tre fort insuffisante1 et parfois inexacte 2 applique la majorit des individus d'une de ces races1 elle la dpeindra parfaitement4 ,le travail inconscient qui s'tablit dans notre esprit pour dterminer le type physique et mental d'un peuple est tout fait identique dans son essence la mthode qui permet au naturaliste de classifier les espces4 ,cette identit dans la constitution mentale de la majorit des individus d'une race a des raisons physiologiques trs simples4 ,chaque individu1 en effet1 n'est pas seulement le produit de ses parents directs1 mais encore de sa race1 c'est--dire de toute la srie de ses ascendants4 ,un savant conomiste1 ,m4 ,cheysson1 a calcul qu'en ,france1 raison de trois gnrations par sicle1 chacun de nous aurait dans les veines le sang d'au moins #bj millions de contemporains de l'an #ajjj4 ,tous les habitants d'une mme localit1 d'une mme province ont donc ncessairement des anctres communs1 sont ptris du mme limon1 portent la mme empreinte1 et sont sans cesse ramens au type moyen par cette longue et lourde chane dont ils ne sont que les derniers anneaux4 ,nous sommes la fois les fils de nos parents et de notre race4 ,ce n'est pas seulement le sentiment1 c'est encore la physiologie et l'hrdit qui font pour nous de la patrie une seconde mre4 ,si l'on voulait traduire en langage mcanique les influences auxquelles est soumis l'individu et qui dirigent sa conduite1 on pourrait dire qu'elles sont de trois sortes4 ,la premire1 et certainement la plus importante1 est l'influence des anctres 2 la deuxime1 l'influence des parents immdiats 2 la troisime qu'on croit gnralement la plus puissante1 et qui cependant est de beaucoup la plus faible1 est l'influence des milieux4 ,ces derniers1 en y comprenant les diverses influences physiques et morales auxquelles l'homme est soumis pendant sa vie1 et notamment pendant son ducation1 ne produisent que des variations trs faibles4 ,ils n'agissent rellement que lorsque l'hrdit les a accumuls dans le mme sens pendant longtemps4 ,quoi qu'il fasse1 l'homme est donc toujours et avant tout le reprsentant de sa race4 ,l'ensemble d'ides1 de sentiments que tous les individus d'un mme pays apportent en naissant1 forme l'me de la race4 ,invisible dans son essence1 cette me est trs visible dans ses effets1 puisqu'elle rgit en ralit toute l'volution d'un peuple4 ,on peut comparer une race l'ensemble des cellules qui constituent un tre vivant4 ,ces milliards de cellules ont une dure trs courte1 alors que la dure1 de l'tre form par leur union est relativement trs longue 2 elles ont donc la fois une vie personnelle1 la leur1 et une vie collective1 celle de l'tre1 dont elles composent la substance4 ,chaque individu d'une race a1 lui aussi1 une vie individuelle trs courte et une vie collective trs longue4 ,cette dernire est celle de la race dont il est n1 qu'il contribue perptuer1 et dont il dpend toujours4 ,la race doit donc tre considre comme un tre permanent1 affranchi du temps4 ,cet tre permanent est compos non seulement des individus vivants qui le constituent un moment donn1 mais aussi de la longue srie des morts qui furent ses anctres4 ,pour comprendre la vraie signification de la race1 il faut la prolonger la fois dans le pass et dans l'avenir4 ,infiniment plus nombreux que les vivants1 les morts sont aussi infiniment plus puissants qu'eux4 ,ils rgissent l'immense domaine de l'inconscient1 cet invisible domaine qui tient sous son empire toutes les manifestations de l'intelligence et du caractre4 ,c'est par ses morts1 beaucoup plus que par ses vivants1 qu'un peuple est conduit4 ,c'est par eux seuls qu'une race est fonde4 ,sicle aprs sicle1 ils ont cr nos ides et nos sentiments1 et par consquent tous les mobiles de notre conduite4 ,les gnrations teintes ne nous imposent pas seulement leur constitution physique 2 elles nous imposent aussi leurs penses4 ,les morts sont les seuls matres indiscuts des vivants4 ,nous portons le poids de leurs fautes1 nous recevons la rcompense de leurs vertus4 ,la formation de la constitution mentale d'un peuple ne demande pas1 comme la cration des espces animales1 ces ges gologiques dont l'immense dure chappe tous nos calculs4 ,elle exige cependant un temps assez long4 ,pour crer dans un peuple comme le ntre1 et cela un degr assez faible encore1 cette communaut de sentiments et de penses qui forme son me1 il a fallu plus de dix sicles #a4 ,l'oeuvre la plus importante peut tre de notre ,rvolution a t d'activer cette formation en finissant peu prs de briser les petites nationalits 3 ,picards1 ,flamands1 ,bourguignons1 ,gascons1 ,bretons1 ,provenaux1 etc41 entre lesquelles la ,france tait divise jadis4 ,il s'en faut1 certes1 que l'unification soit complte1 et c'est surtout parce que nous sommes composs de races trop diverses1 et ayant par consquent des ides et des sentiments trop diffrents1 que nous sommes victimes de dissensions que des peuples plus homognes1 tels que les ,anglais1 ne connaissent pas4 ,chez ces derniers1 le ,saxon1 le ,normand1 l'ancien ,breton ont fini par former1 en se fusionnant1 un type trs homogne1 et par consquent tout est homogne dans la conduite4 ,grce cette fusion1 ils ont fini par acqurir solidement ces trois bases fondamentales de l'me d'un peuple 3 des sentiments communs1 des intrts communs1 des croyances communes4 ,quand une nation en est arrive l1 il y a accord instinctif de tous ses membres sur toutes les grandes questions1 et les dissentiments srieux ne naissent plus dans son sein4 #a ,ce temps1 fort long pour nos anales1 est en ralit assez court1 puisqu'il ne reprsente que trente gnrations1 ,si un temps relativement aussi restreint suffit fixer certains caractres1 cela tient ce que ds qu'une cause agit pendant quelques temps dans le mme sens elle produit rapidement des effets trs grands1 ,les mathmatiques montrent que quand une cause persiste en produisant le mme effet1 les causes croisent en progression arithmtique 7#a1 #b1 #c1 #d1 #e1 etc471 et les effets en progression gomtrique 7#b1 #d1 #h1 #af1 #cb1 etc47 les causes sont les logarithmes des effets4 ,dans le fameux problme du doublement des grains de bl sur les cases de l'chiquier1 le numro d'ordre des cases est le logarithme du nombre des grains de bl4 ,de mme pour la somme place intrts composs1 la loi de l'accroissement est telle que le nombre des annes est le logarithme du capital accumul4 ,c'est pour des raisons de cet ordre que la plupart des phnomnes sociaux peuvent se traduire par des courbes gomtriques peu prs semblables4 ,dans un autre travail j'tais arriv constater que ces courbes peuvent s'exprimer au point de vue analytique par l'quation de la parabole ou de l'hyperbole4 ,mon savant ami ,m4 ,cheysson pense qu'ils se traduisent mieux le plus souvent par une quation exponentielle4 ,cette communaut de sentiments1 d'ides1 de croyances et d'intrts1 cre par de lentes accumulations hrditaires1 donne la constitution mentale d'un peuple une grande identit et une grande fixit4 ,elle assure du mme coup ce peuple une immense puissance4 ,elle a fait la grandeur de ,rome dans l'antiquit1 celle des ,anglais de nos jours4 ,ds qu'elle disparat1 les peuples se dsagrgent4 ,le rle de ,rome fut fini quand elle ne la possda plus4 ,il a toujours plus ou moins exist chez tous les peuples et tous les ges1 ce rseau de sentiments1 d'ides1 de traditions et de croyances hrditaires qui forme l'me d'une collectivit d'hommes1 mais son extension progressive s'est faite d'une faon trs lente4 ,restreinte d'abord la famille et graduellement propage au village1 la cit1 la province1 l'me collective ne s'est tendue tous les habitants d'un pays qu' une poque assez moderne4 ,c'est alors seulement qu'est ne la notion de patrie telle que nous la comprenons aujourd'hui4 ,elle n'est possible que lorsqu'une me nationale est forme4 ,les ,grecs ne s'levrent jamais au del de la notion de cit1 et leurs cits restrent toujours en guerre parce qu'elles taient en ralit trs trangres l'une l'autre4 ,l',inde1 depuis #bjjj ans1 n'a connu d'autre unit que le village1 et c'est pourquoi depuis #bjjj ans1 elle a toujours vcu sous des matres trangers dont les empires phmres se sont crouls avec autant de facilit qu'ils s'taient forms4 ,trs faible au point de vue de la puissance militaire1 la conception de la cit comme patrie exclusive a toujours1 au contraire1 t trs forte au point de vue du dveloppement de la civilisation4 ,moins grande que l'me de la patrie1 l'me de la cit fut parfois plus fconde4 ,athnes dans l'antiquit1 ,florence et ,venise au moyen ge nous montrent le degr de civilisation auquel de petites agglomrations d'hommes peuvent atteindre4 ,lorsque les petites cits ou les petites provinces ont vcu pendant longtemps d'une vie indpendante1 elles finissent par possder une me si stable que sa fusion avec celles de cits et de provinces voisines1 pour former une me nationale1 devient presque impossible4 ,une telle fusion1 alors mme qu'elle peut se produire1 c'est--dire lorsque les lments mis en prsence ne sont pas trop dissemblables1 n'est jamais l'oeuvre d'un jour1 mais seulement celle des sicles4 ,il faut des ,richelieu et des ,bismarck pour achever une telle oeuvre1 mais ils ne l'achvent que lorsqu'elle est labore depuis longtemps4 ,un pays peut bien1 comme l',italie1 arriver brusquement1 par suite de circonstances exceptionnelles1 former un seul ,etat1 mais ce serait une erreur de croire qu'il acquiert du mme coup pour cela une me nationale4 ,je vois bien en ,italie des ,pimontais1 des ,siciliens1 des ,vnitiens1 des ,romains1 etc41 je n'y vois pas encore des ,italiens4 ,quelle que soit aujourd'hui la race considre1 qu'elle soit homogne1 ou ne le soit pas1 par le fait seul qu'elle est civilise et entre depuis longtemps dans l'histoire1 il faut toujours la considrer comme une race artificielle et non comme une race naturelle4 ,de races naturelles1 on n'en trouverait gure actuellement que chez les sauvages4 ,ce n'est plus que chez eux qu'on peut observer des peuples purs de tout mlange4 ,la plupart des races civilises ne sont aujourd'hui que des races historiques4 ,nous n'avons pas nous proccuper maintenant des origines des races4 ,qu'elles aient t formes par la nature ou par l'histoire1 il n'importe4 ,ce qui nous intresse1 ce sont leurs caractres tels qu'un long pass les a constitus4 ,maintenus pendant des sicles par les mmes conditions d'existence et accumuls par l'hrdit1 ces caractres ont fini par acqurir une grande fixit et par dterminer le type de chaque peuple4 ,,chapitre ,,ii ,,limites ,,de ,,variabilit ,,du ,,caract,,re ,,des ,,races ,la variabilit du caractre des races1 et non sa fixit1 constitue la rgle apparente4 - ,raisons de cette apparence4 - ,invariabilit des caractres fondamentaux et variabilit des caractres secondaires4 - ,assimilation des caractres psychologiques aux caractres irrductibles et aux caractres modifiables des espces animales4 - ,le milieu1 les circonstances1 l'ducation agissent seulement sur les caractres psychologiques accessoires4 - ,les possibilits de caractre4 - ,exemples fournis par diverses poques4 - ,les hommes de la ,terreur4 ,ce qu'ils fussent devenus d'autres poques4 - ,comment malgr les rvolutions persistent les caractres nationaux4 ,exemples divers4 - ,conclusion4 ,ce n'est qu'en tudiant avec soin l'volution des civilisations qu'on constate la fixit de la constitution mentale des races4 ,au premier abord1 c'est la variabilit et non la fixit qui semble la rgle gnrale4 ,l'histoire des peuples pourrait faire supposer en effet que leur me subit parfois des transformations trs rapides et trs grandes4 ,ne semble-t-il pas1 par exemple1 qu'il y ait une diffrence considrable entre le caractre d'un ,anglais du temps de ,cromwell et celui d'un ,anglais moderne 8 ,l',italien actuel1 circonspect et subtil1 ne parat-il pas fort diffrent de l',italien impulsif et froce que nous dcrit dans ses ,mmoires ,benvenuto ,cellini 8 ,sans aller si loin1 et en nous bornant la ,france1 que de changements apparents dans le caractre en un petit nombre de sicles1 et parfois mme d'annes 6 ,quel est l'historien qui n'ait pas not les diffrences du caractre national entre le ,x,v,i,ie et le ,x,v,i,i,ie sicle 8 et1 de nos jours1 ne semble-t-il pas qu'il y ait un monde entre le caractre de nos farouches conventionnels et celui des dociles esclaves de ,napolon 8 ,c'taient pourtant les mmes hommes1 et1 en quelques annes1 ils semblent avoir entirement chang4 ,pour lucider les causes de ces changements1 nous rappellerons tout d'abord que l'espce psychologique est1 comme l'espce anatomique1 forme d'un trs petit nombre de caractres fondamentaux irrductibles1 autour desquels se groupent des caractres accessoires modifiables et changeants4 ,l'leveur qui transforme la structure apparente d'un animal1 le jardinier qui modifie l'aspect d'une plante1 au point qu'un oeil non exerc ne la reconnat pas1 n'ont en aucune faon touch aux caractres fondamentaux de l'espce 2 ils n'ont agi que sur ses caractres accessoires4 ,malgr tous les artifices1 les caractres fondamentaux tendent toujours reparatre chaque nouvelle gnration4 ,la constitution mentale1 elle aussi1 a des caractres fondamentaux1 immuables comme les caractres anatomiques des espces 2 mais elle possde galement des caractres accessoires aisment modifiables4 ,ce sont ces derniers que les milieux1 les circonstances1 l'ducation et divers facteurs peuvent aisment changer4 ,il faut aussi se rappeler1 et ce point est essentiel1 que dans notre constitution mentale1 nous possdons tous certaines possibilits de caractre1 auxquelles les circonstances ne fournissent pas toujours l'occasion de se manifester4 ,lorsqu'elles viennent surgir1 une personnalit nouvelle1 plus ou moins phmre1 surgit aussitt4 ,c'est ainsi qu'aux poques de grandes crises religieuses et politiques1 on observe des changements momentans de caractre tels qu'il semble que les moeurs1 les ides1 la conduite1 tout enfin ait chang4 ,tout a chang en effet1 comme la surface du lac tranquille tourmente par l'orage4 ,il est rare que ce soit pour longtemps4 ,c'est en raison de ces possibilits de caractre mises en oeuvre par certains vnements exceptionnels1 que les acteurs des grandes crises religieuses et politiques nous semblent d'une essence suprieure la ntre1 des sortes de colosses dont nous serions les fils dgnrs4 ,c'taient pourtant des hommes comme nous1 chez lesquels les circonstances avaient simplement mis en jeu des possibilits de caractre que nous possdons tous4 ,prenez1 par exemple1 ces gants de la ,convention 1 qui tenaient tte l',europe en armes et envoyaient leurs adversaires la guillotine pour une simple contradiction4 ,c'taient1 au fond1 d'honntes et pacifiques bourgeois comme nous1 qui1 en temps ordinaire1 eussent probablement men au fond de leur tude1 de leur cabinet1 de leur comptoir1 l'existence la plus tranquille et la plus efface4 ,des vnements extraordinaires firent vibrer certaines cellules de leur cerveau1 inutilises l'tat ordinaire1 et ils devinrent ces figures colossales que dj la postrit ne comprend plus4 ,cent ans plus tard1 ,robespierre et t1 sans doute1 un honnte juge de paix trs ami de son cur 2 ,fouquier-,tinville un juge d'instruction1 possdant un peu plus peut-tre que ses collgues l'pret et les faons rogues des gens de sa profession1 mais trs apprci pour son zle poursuivre les dlinquants 2 ,saint-,just ft devenu un excellent matre d'cole1 estim de ses chefs et trs fier des palmes acadmiques qu'il et srement fini par obtenir4 ,il suffit1 pour ne pas douter de la lgitim de ces prvisions1 de voir ce que fit ,napolon des farouches terroristes qui n'avaient pas encore eu le temps de se couper rciproquement le cou4 ,la plupart devinrent chefs de bureau1 percepteurs1 magistrats ou prfets4 ,les vagues souleves par l'orage1 dont nous parlions plus haut1 s'taient calmes1 et le lac agit avait repris sa surface tranquille4 ,mme dans les poques les plus troubles1 produisant les plus tranges changements de personnalits1 on retrouve aisment sous des formes nouvelles les caractres fondamentaux de la race4 ,le rgime centralisateur1 autoritaire et despotique de nos rigides jacobins fut-il bien diffrent1 en ralit1 du rgime centralisateur1 autoritaire et despotique que quinze sicles de monarchie avaient profondment enracin dans les mes 8 ,derrire toutes les rvolutions des peuples latins1 il reparat toujours1 cet obstin rgime1 cet incurable besoin d'tre gouvern1 parce qu'il reprsente une sorte de synthse des instincts de leur race4 ,ce ne fut pas seulement par l'aurole de ses victoires que ,bonaparte devint matre4 ,quand il transforma la rpublique en dictature1 les instincts hrditaires de la race se manifestaient chaque jour avec plus d'intensit 2 et1 dfaut d'un officier de gnie1 un aventurier quelconque et suffi4 ,cinquante ans plus tard l'hritier de son nom n'eut qu' se montrer pour rallier les suffrages de tout un peuple fatigu de libert et avide de servitude4 ,ce n'est pas ,brumaire qui fit ,napolon1 mais l'me de sa race qu'il allait courber sous son talon de fer #b4 #b ,a son premier geste1 crit ,taine1 les ,franais se sont prosterns dans l'obissance1 et ils y persistent comme dans leur condition naturelle1 les petits 3 paysans et soldats1 avec une fidlit animale 2 les grands 3 dignitaires et fonctionnaires1 avec une servilit byzantine4 - ,de la part des rpublicains1 nulle rsistance 2 au contraire1 c'est parmi eux qu'il a trouv ses meilleurs instruments de rgne1 snateurs1 dputs1 conseillers d',etat1 juges1 administrateurs de tout degr4 ,tout de suite1 sous leurs prches de libert et d'galit1 il a dml leurs instincts autoritaires1 leur besoin de commander1 de primer1 mme en sous-ordre1 et1 par surcrot1 chez la plupart d'entre eux1 les apptits d'argent ou de jouissance4 ,entre le dlgu du ,comit de ,salut ,public et le ministre1 le prfet ou sous-prfet de l',empire1 la diffrence est petite 3 c'est le mme homme sous deux costumes1 d'abord en carmagnole1 puis en habit brod4 ,si l'influence des milieux sur l'homme parat aussi grande1 c'est prcisment parce qu'ils agissent sur les lments accessoires et transitoires1 ou encore sur les possibilits du caractre dont nous venons de parler4 ,en ralit1 les changements ne sont pas bien profonds4 ,l'homme le plus pacifique1 pouss par la faim1 arrive un degr de frocit qui le conduit tous les crimes1 et parfois mme dvorer son semblable4 ,dira-t-on pour cela que son caractre habituel a dfinitivement chang 8 ,que les conditions de la civilisation conduisent les uns l'extrme richesse et tous les vices qui en sont l'invitable suite 2 qu'elles crent chez les autres des besoins trs grands sans leur donner les moyens de les satisfaire1 il en rsultera un mcontentement et un malaise gnral1 qui agiront sur la conduite et provoqueront des bouleversements de toute sorte1 mais dans ces mcontentements1 ces bouleversements1 se manifesteront toujours les caractres fondamentaux de la race4 ,les ,anglais des ,etats-,unis ont jadis apport se dchirer entre eux1 pendant leur guerre civile1 la mme persvrance1 la mme nergie indomptable qu'ils en mettent aujourd'hui fonder les villes1 des universits et des usines4 ,le caractre ne s'tait pas modifi4 ,seuls les sujets auxquels on l'appliquait avaient chang4 ,en examinant successivement les divers facteurs1 susceptibles d'agir sur la constitution mentale des peuples1 nous constaterions toujours qu'ils agissent sur les cts accessoires et transitoires du caractre1 mais ne touchent gure ses lments fondamentaux1 ou n'y touchent qu' la suite d'accumulations hrditaires trs lentes4 ,nous ne conclurons pas de ce qui prcde que les caractres psychologiques des peuples sont invariables1 mais seulement que1 comme les caractres anatomiques1 ils possdent une fixit trs grande4 ,c'est en raison de cette fixit que l'me des races change si lentement pendant le cours des ges4 ,,chapitre ,,iii ,,hi,,rarchie ,,psychologique ,,des ,,races ,la classification psychologique repose1 comme les classifications anatomique1 sur la constatation d'un petit nombre de caractres irrductibles et fondamentaux4 - ,classification psychologique des races humaines4 - ,les races primitives4 - ,les races infrieures4 - ,les races moyennes4 - ,les races suprieures4 - lments psychologiques dont le groupement permet cette classification4 - lments qui possdent le plus d'importance4 - ,le caractre4 - ,la moralit4 - ,les qualits intellectuelles sont modifiables par l'ducation4 - ,les qualits du caractre sont irrductibles et constituent l'lment invariable de chaque peuple4 - ,leur rle dans l'histoire4 - ,pourquoi des races diffrentes ne sauraient se comprendre et s'influencer4 - ,raisons de l'impossibilit de faire accepter une civilisation suprieure par un peuple infrieur4 ,lorsqu'on examine1 dans un livre d'histoire naturelle1 les bases de la classification des espces1 on constate aussitt que les caractres irrductibles et par consquent fondamentaux1 permettant de dterminer chaque espce1 sont trs peu nombreux4 ,leur numration tient toujours en quelques lignes4 ,c'est qu'en effet le naturaliste ne s'occupe que des caractres invariables1 sans tenir compte des caractres transitoires4 ,ces caractres fondamentaux en entranent fatalement d'ailleurs toute une srie d'autres leur suite4 ,il en est de mme des caractres psychologiques des races4 ,si l'on entre dans les dtails1 on constate1 d'un peuple l'autre1 d'un individu l'autre1 des divergences innombrables et subtiles 2 mais si l'on ne s'attache qu'aux caractres fondamentaux1 on reconnat que pour chaque peuple ces caractres sont peu nombreux4 ,ce n'est que par des exemples - nous en fournirons bientt de trs caractristiques - qu'on peut montrer clairement l'influence de ce petit nombre de caractres fondamentaux dans la vie des peuples4 ,les bases d'une classification psychologique des races ne pouvant tre exposes qu'en tudiant dans ses dtails la psychologie de divers peuples1 tche qui demanderait elle seule des volumes1 nous nous bornerons les indiquer dans leurs grandes lignes4 ,en ne considrant que leurs caractres psychologiques gnraux1 les races humaines peuvent tre divises en quatre groupes 3 #a;deg les races primitives 2 #b;deg les races infrieures 2 #c;deg les races moyennes 2 #d;deg les races suprieures4 ,les races primitives sont celles chez lesquelles on ne trouve aucune trace de culture1 et qui en sont restes cette priode voisine de l'animalit qu'ont traverse nos anctres de l'ge de la pierre taille 3 tels sont aujourd'hui les ,fugiens et les ,australiens4 ,au-dessus des races primitives se trouvent les races infrieures1 reprsentes surtout par les ngres4 ,elles sont capables de rudiments de civilisation1 mais de rudiments seulement4 ,elles n'ont jamais pu dpasser des formes de civilisation tout fait barbares1 alors mme que le hasard les a fait hriter1 comme ,saint-,domingue1 de civilisations suprieures4 ,dans les races moyennes1 nous classerons les ,chinois1 les ,japonais1 les ,mogols et les peuples smitiques4 ,avec les ,assyriens1 les ,mogols1 les ,chinois1 les ,arabes1 elles ont cr des types de civilisations leves que les peuples europens seuls ont pu dpasser4 ,parmi les races suprieures1 on ne peut faire figurer que les peuples indo-europens4 ,aussi bien dans l'antiquit l'poque des ,grecs et des ,romains1 que dans les temps modernes1 ce sont les seules qui aient t capables de grandes inventions dans les arts1 les sciences et' l'industrie4 ,c'est elles qu'est d le niveau lev que la civilisation a atteint aujourd'hui4 ,la vapeur et l'lectricit sont sorties de leurs mains4 ,les moins dveloppes de ces races suprieures1 les ,hindous notamment1 se sont leves dans les arts1 les lettres et la philosophie1 un niveau que les ,mogols1 les ,chinois et les ,smites n'ont jamais pu atteindre4 ,entre les quatre grandes divisions que nous venons d'numrer1 aucune confusion n'est possible1 l'abme mental qui les spare est vident4 ,ce n'est que lorsqu'on veut subdiviser ces groupes que les difficults commencent4 ,un ,anglais1 un ,espagnol1 un ,russe1 font partie de la division des peuples suprieurs1 mais cependant nous savons bien qu'entre eux les diffrences sont trs grandes4 ,pour prciser ces diffrences1 il faudrait prendre chaque peuple sparment et dcrire son caractre4 ,c'est ce que nous ferons bientt pour deux d'entre eux afin de donner une application de la mthode et montrer l'importance de ses consquences4 ,pour le moment1 nous ne pouvons qu'indiquer trs sommairement la nature des principaux lments psychologiques qui permettent de diffrencier les races4 ,chez les races primitives et infrieures - et il n'est pas besoin d'aller chez les purs sauvages pour en trouver1 puisque les couches les plus basses des socits europennes sont homologues des tres primitifs - on constate toujours une incapacit plus ou moins grande de raisonner1 c'est--dire d'associer dans le cerveau1 pour les comparer et percevoir leurs analogies et leurs diffrences1 les ides produites par les sensations passes ou les mots qui en sont les signes1 avec les ides produites par les sensations prsentes4 ,de cette incapacit de raisonner rsulte une grande crdulit et une absence complte d'esprit critique4 ,chez l'tre suprieur1 au contraire1 la capacit d'associer les ides1 d'en tirer des conclusions est trs grande1 l'esprit critique et la prcision hautement dvelopps4 ,chez les tres infrieurs1 on constate encore une dose d'attention et de rflexion trs minime1 un esprit d'imitation trs grand1 l'habitude de tirer des cas particuliers des consquences gnrales inexactes1 une faible capacit d'observer et de dduire des rsultats utiles des observations1 une extrme mobilit du caractre et une trs grande imprvoyance4 ,l'instinct du moment est le seul guide4 ,comme ,esa - type du primitif - ils vendraient volontiers leur droit d'anesse futur pour le plat de lentilles prsent4 ,lorsque l'intrt immdiat l'homme sait opposer un intrt futur1 se donner un but et le suivre avec persvrance1 il a ralis un grand progrs4 ,cette incapacit de prvoir les consquences lointaines des actes et cette tendance n'avoir pour guide que l'instinct du moment condamnent l'individu aussi bien que la race rester toujours dans un tat trs infrieur4 ,ce n'est qu' mesure qu'ils ont pu dominer leurs instincts1 c'est--dire qu'ils ont acquis de la volont1 et par consquent de l'empire sur eux-mmes1 que les peuples ont pu comprendre l'importance de la discipline1 la ncessit de se sacrifier un idal et s'lever jusqu' la civilisation4 ,s'il fallait valuer par une mesure unique le niveau social des peuples dans l'histoire1 je prendrais volontiers pour chelle le degr de leur aptitude dominer leurs impulsions rflexes4 ,les ,romains1 dans l'antiquit1 les ,anglo-,amricains dans les temps modernes1 reprsentent les peuples qui ont possd cette qualit au plus haut point4 ,elle a contribu puissamment assurer leur grandeur4 ,c'est par leur groupement gnral et leur dveloppement respectif que les divers lments psychologiques prcdemment numrs forment les constitutions mentales qui permettent de classifier les individus et les races4 ,de ces lments psychologiques les uns ont trait au caractre1 les autres l'intelligence4 ,les races suprieures se diffrencient des races infrieures aussi bien par le caractre que par l'intelligence1 mais c'est surtout par le caractre que se diffrencient entre eux les peuples suprieurs4 ,ce point a une importance sociale considrable et il importe de le marquer nettement4 ,le caractre est form par la combinaison1 en proportion varie1 des divers lments que les psychologues dsignent habituellement aujourd'hui sous le nom de sentiments4 ,parmi ceux qui jouent le rle le plus important1 il faut noter surtout 3 la persvrance1 l'nergie1 l'aptitude se dominer1 facults plus ou moins drives de la volont4 ,nous mentionnerons aussi1 parmi les lments fondamentaux du caractre 1 et bien qu'elle soit la synthse de sentiments assez complexes1 la moralit4 ,ce dernier terme1 nous le prenons dans le sens de respect hrditaire des rgles sur lesquelles l'existence d'une socit repose4 ,avoir de la moralit1 pour un peuple1 c'est avoir certaines rgles fixes de conduite et ne pas s'en carter4 ,ces rgles variant avec les temps et les pays1 la morale semble par cela mme chose trs variable1 et elle l'est en effet 2 mais pour un peuple donn1 un moment donn1 elle doit tre tout fait invariable4 ,fille du caractre1 et nullement de l'intelligence1 elle n'est solidement constitue que lorsqu'elle est devenue hrditaire1 et1 par consquent1 inconsciente4 ,d'une faon gnrale1 c'est en grande partie du niveau de leur moralit que dpend la grandeur des peuples4 ,les qualits intellectuelles sont susceptibles d'tre lgrement modifies par l'ducation 2 celles du caractre chappent peu prs entirement son action4 ,quand l'ducation agit sur elles1 ce n'est que chez les natures neutres1 n'ayant qu'une volont peu prs nulle1 et penchant aisment par consquent vers le ct o elles sont pousses4 ,ces natures neutres se rencontrent chez des individus1 mais bien rarement chez tout un peuple1 ou1 si on les y observe1 ce n'est qu'aux heures d'extrme dcadence4 ,les dcouvertes de l'intelligence se transmettent aisment d'un peuple l'autre4 ,les qualits du caractre ne sauraient se transmettre4 ,ce sont les lments fondamentaux irrductibles qui permettent de diffrencier la constitution mentale des peuples suprieurs4 ,les dcouvertes dues l'intelligence sont le patrimoine commun de l'humanit 2 les qualits ou les dfauts du caractre constituent le patrimoine exclusif de chaque peuple4 ,c'est le roc invariable que la vague doit battre jour aprs jour pendant des sicles avant d'arriver pouvoir seulement en mousser les contours 2 c'est l'quivalent de l'lment irrductible de l'espce 1 la nageoire du poisson1 le bec de l'oiseau1 la dent du carnivore4 ,le caractre d'un peuple et non son intelligence dtermine son volution dans l'histoire et rgle sa destine4 ,on le retrouve toujours1 derrire les fantaisies apparentes1 de ce hasard trs impuissant1 de cette providence trs fictive1 de ce destin trs rel1 qui1 suivant les diverses croyances1 guide les actions des hommes4 ,l'influence du caractre est souveraine dans la vie des peuples1 alors que celle de l'intelligence est vritablement bien faible4 ,les ,romains de la dcadence avaient une intelligence autrement raffine que celle de leurs rudes anctres1 mais ils avaient perdu les qualits de caractre 3 la persvrance1 l'nergie1 l'invincible tnacit1 l'aptitude se sacrifier pour un idal1 l'inviolable respect des lois1 qui avaient fait la grandeur de leurs aeux4 ,c'est par le caractre que #fjjjj ,anglais tiennent sous le joug #bej millions d',hindous1 dont beaucoup sont au moins leurs gaux par l'intelligence1 et dont quelques-uns les dpassent immensment par les gots artistiques et la profondeur des vues philosophiques4 ,c'est par le caractre qu'ils sont la tte du plus gigantesque empire colonial qu'ait connu l'histoire4 ,c'est sur le caractre et non sur l'intelligence que se fondent les socits1 les religions et les empires4 ,le caractre1 c'est ce qui permet aux peuples de sentir et d'agir4 ,ils n'ont jamais beaucoup gagn vouloir trop raisonner et trop penser #c4 #c ,l'extrme faiblesse des uvres des psychologues de profession et leur peu dintrt pratique tient surtout ce qu'ils se sont confins exclusivement dans l'tude de l'intelligence et ont laiss peu prs entirement de ct celle du caractre4 ,je ne vois gure que ,m4 ,paulhan dans son interessant essai sur les caractres et ,m4 ,ribot1 dans quelques pages1 malheureusement beaucoup trop brves1 qui aient marqu l'importance du caractre et constat qu'il forme la vritable base de la constitution mentale4 ,l'intelligence1 crit avec raison le savant professeur du ,collge de ,france1 n'est qu'une forme accessoire de l'volution mentale4 ,le type fondamental est le caractre4 ,l'intelligence a plutt pour effet de le dtruire quand elle est trop dveloppe 4 ,c'est l'tude du caractre qu'il faudra s'attacher1 comme j'essaie de le montrer ici1 quand on voudra dcrire la psychologie compare des peuples4 ,qu'une science aussi importante1 puisque l'histoire et la politique en dcoulent1 n'ait jamais t l'objet d'aucune tude1 c'est l ce qu'on comprendrait difficilement si on ne savait qu'elle ne peut s'acqurir ni dans les laboratoires1 ni dans les livres1 mais seulement par de longs voyages4 ,rien ne fait prsager d'ailleurs qu'elle soit bientt aborde par les psychologues de profession4 ,ils abandonnent de plus en plus aujourd'hui ce qui fut jadis leur domaine1 pour se confiner dans des recherches d'anatomie et de physiologie4 ,c'est de la constitution mentale des races que dcoule leur conception du monde et de la vie1 par consquent leur conduite4 ,nous en fournirons bientt d'importants exemples4 ,impressionn d'une certaine faon par les choses extrieures1 l'individu sent1 pense et agit d'une faon fort diffrente de celles dont sentiront1 penseront et agiront ceux qui possdent une constitution mentale diffrente4 ,il en rsulte que les constitutions mentales1 construites sur des types trs divers1 ne sauraient arriver se pntrer4 ,les luttes sculaires des races ont surtout pour origine l'incompatibilit de leurs caractres4 ,il est impossible de rien comprendre l'histoire si l'on n'a pas toujours prsent l'esprit que des races diffrentes ne sauraient ni sentir1 ni penser1 ni agir de la mme faon1 ni par consquent se comprendre4 ,sans doute les peuples divers ont dans leurs langues des mots communs qu'ils croient synonymes1 mais ces mots communs veillent des sensations1 des ides1 des modes de penser tout fait dissemblables chez ceux qui les entendent4 ,il faut avoir vcu avec des peuples dont la constitution mentale diffre sensiblement de la ntre1 mme en ne choisissant parmi eux que les individus parlant notre langue et ayant reu notre ducation1 pour concevoir la profondeur de l'abme qui spare la pense des divers peuples4 ,on peut1 sans de lointains voyages1 s'en faire quelque ide en constatant la grande sparation mentale qui existe entre l'homme civilis et la femme1 alors mme que celle-ci est trs instruite4 ,ils peuvent avoir des intrts communs1 des sentiments communs1 mais jamais des enchanements de penses semblables4 ,ils se parleraient pendant des sicles sans s'entendre parce qu'ils sont construits sur des types trop diffrents pour pouvoir tre impressionns de la mme faon par les choses extrieures4 ,la diffrence de leur logique suffirait elle seule pour crer entre eux un infranchissable abme4 ,cet abme entre la constitution mentale des diverses races nous explique pourquoi les peuples suprieurs n'ont jamais pu russir faire accepter leur civilisation par des peuples infrieurs4 ,l'ide si gnrale encore que l'instruction puisse raliser une telle tche est une des plus funestes illusions que les thoriciens de la raison pure aient jamais enfante4 ,sans doute1 l'instruction permet1 grce la mmoire que possdent les tres les plus infrieurs - et qui n'est nullement le privilge de l'homme1 - de donner un individu plac assez bas dans l'chelle humaine1 l'ensemble des notions que possde un ,europen4 ,on fait aisment un bachelier ou un avocat d'un ngre ou d'un ,japonais 2 mais on ne lui donne qu'un simple vernis tout fait superficiel1 sans action sur sa constitution mentale4 ,ce que nulle instruction ne peut lui donner1 parce que l'hrdit seule les cre1 ce sont les formes de la pense1 la logique1 et surtout le caractre des ,occidentaux4 ,ce ngre ou ce ,japonais accumulera tous les diplmes possibles sans arriver jamais au niveau d'un ,europen ordinaire4 ,en dix ans1 on lui donnera aisment l'instruction d'un ,anglais bien lev4 ,pour en faire un vritable ,anglais1 c'est--dire un homme agissant comme un ,anglais dans les diverses circonstances de la vie o il sera plac1 mille ans suffiraient peine4 ,ce n'est qu'en apparence qu'un peuple transforme brusquement sa langue1 sa constitution1 ses croyances ou ses arts4 ,pour oprer en ralit de tels changements1 il faudrait pouvoir transformer son me4 ,,chapitre ,,iv ,,diff,,renciation ,,progressive ,,des ,,individus ,,et ,,des ,,races ,l'ingalit entre les divers individus d'une race est d'autant plus grande que cette race est plus leve4 - galit mentale de tous les individus des races infrieures4 - ,ce ne sont pas les moyennes des peuples mais leurs couches suprieures qu'il faut comparer pour apprcier les diffrences qui sparent les races4 - ,les progrs de la civilisation tendent diffrencier de plus en plus les individus et les races4 - ,consquences de cette diffrenciation4 - ,raisons psychologiques qui l'empchent de devenir trop considrable4 - ,les divers individus des races suprieures sont trs diffrencis au point de vue de l'intelligence et trs peu au point de vue du caractre4 - ,comment l'hrdit tend ramener constamment les supriorits individuelles au type moyen de la race4 - ,observations anatomiques confirmant la diffrenciation psychologique progressive des races1 des individus et des sexes4 ,les races suprieures ne se distinguent pas uniquement par leurs caractres psychologiques et anatomiques des races infrieures4 ,elles s'en distinguent encore par la diversit des lments qui entrent dans leur sein4 ,chez les races infrieures1 tous les individus1 alors mme qu'ils sont de sexes diffrents1 possdent peu prs le mme niveau mental4 ,se ressemblant tous1 ils prsentent l'image parfaite de l'galit rve par nos socialistes modernes4 ,chez les races suprieures1 l'ingalit intellectuelle des individus et des sexes est1 au contraire1 la loi4 ,aussi1 n'est-ce pas en comparant entre elles les moyennes des peuples1 mais leurs couches leves - quand ils en possdent - qu'on peut mesurer l'tendue des diffrences qui les sparent4 ,hindous1 ,chinois1 ,europens se diffrencient intellectuellement trs peu par leurs couches moyennes4 ,ils se diffrencient considrablement au contraire par leurs couches suprieures4 ,avec les progrs de la civilisation1 non seulement les races1 mais encore les individus de chaque race1 ceux du moins des races suprieures1 tendent se diffrencier de plus en plus4 ,contrairement nos rves galitaires1 le rsultat de la civilisation moderne n'est pas de rendre les hommes de plus en plus gaux intellectuellement1 mais1 au contraire1 de plus en plus diffrents4 ,une des principales consquences de la civilisation est1 d'une part1 de diffrencier les races par le travail intellectuel1 chaque jour plus considrable1 qu'elle impose aux peuples arrivs un haut degr de culture1 et d'autre part de diffrencier de plus en plus les diverses couches dont chaque peuple civilis se compose4 ,les conditions de l'volution industrielle moderne condamnent les couches infrieures des peuples civiliss un labeur trs spcialis1 qui1 loin d'accrotre leur intelligence1 ne tend qu' la rduire4 ,il y a cent ans1 un ouvrier tait un vritable artiste capable d'excuter tous les dtails d'un mcanisme quelconque1 d'une montre1 par exemple4 ,aujourd'hui1 c'est un simple manoeuvre1 qui ne fabrique jamais qu'une seule pice1 passe sa vie forer des trous semblables1 polir le mme organe1 conduire la mme machine4 ,il en rsulte que son intelligence arrive bientt s'atrophier tout fait4 ,press par les dcouvertes et la concurrence1 l'industriel1 ou l'ingnieur qui dirige l'ouvrier1 est oblig1 au contraire1 d'accumuler infiniment plus de connaissances1 d'esprit d'initiative et d'invention que le mme industriel1 le mme ingnieur1 il y a un sicle4 ,constamment exerc1 son cerveau subit la loi qui rgit1 dans ce cas1 tous les organes1 il se dveloppe de plus en plus4 ,tocqueville avait dj indiqu cette diffrenciation progressive des couches sociales une poque o l'industrie se trouvait bien loin du degr de dveloppement atteint aujourd'hui4 ,a mesure que le principe de la division du travail reoit une application plus complte1 l'ouvrier devient plus faible1 plus born et plus dpendant4 ,l'art fait des progrs1 l'artisan rtrograde4 ,le patron et l'ouvrier diffrent chaque jour davantage4 ,aujourd'hui1 un peuple suprieur peut1 au point de vue intellectuel1 tre considr comme constituant une sorte de pyramide gradins1 dont la plus grande partie est forme par les masses profondes de la population1 les gradins suprieurs par les couches intelligentes #d1la pointe de la pyramide1 par une toute petite lite de savants1 d'inventeurs1 d'artistes1 d'crivains1 groupe infiniment restreint vis--vis du reste de la population1 mais qui1 lui seul1 donne le niveau d'un pays sur l'chelle intellectuelle de la civilisation4 ,il suffirait de le faire disparatre pour voir disparatre en mme temps tout ce qui fait la gloire d'une nation4 ,si la ,france1 comme le dit justement ,saint-,simon1 perdait subitement ses cinquante premiers savants1 ses cinquante premiers artistes1 ses cinquante premiers fabricants1 ses cinquante premiers cultivateurs1 la nation deviendrait un corps sans me1 elle serait dcapite4 ,si elle venait au contraire perdre tout son personnel officiel1 cet vnement affligerait les ,franais parce qu'ils sont bons1 mais il n'en rsulterait pour le pays qu'un faible dommage4 #d ,je dis intelligentes1 sans ajouter instruites4 ,c'est une erreur spciale aux peuples latins de croire qu'il y ait paralllisme entre l'instruction et l'intelligence4 ,l'instruction implique uniquement la possession d'une certaine dose de mmoire1 mais ne ncessite pour tre acquise aucune qualit de jugement1 de rflexion1 d'initiative et d'esprit d'invention4 ,on rencontre trs frquemment des individus abondamment pourvus de diplmes quoique trs borns1 mais on rencontre1 aussi frquemment1 des individus fort peu instruits et possdant pourtant une intelligence leve4 ,les couches suprieures de notre pyramide seraient donc formes d'lments emprunts toutes les classes4 ,toutes les professions renferment un trs petit nombre d'esprits distingus4 ,il parat probable cependant1 en raison des lois de l'hrdit1 que ce sont les classes sociales dites suprieures qui en renferment le plus et c'est sans doute en cela surtout que rside leur supriorit4 ,avec les progrs de la civilisation1 la diffrenciation entre les couches extrmes d'une population s'accrot fort rapidement 2 elle tend mme1 un certain moment1 s'accrotre suivant ce que les mathmaticiens appellent une progression gomtrique4 ,il suffirait donc1 si certains effets de l'hrdit n'y mettaient obstacle1 de faire intervenir le temps pour voir les couches suprieures d'une population spares intellectuellement des couches infrieures par une distance aussi grande que celle qui spare le blanc du ngre1 ou mme le ngre du singe4 ,mais plusieurs raisons s'opposent ce que cette diffrenciation intellectuelle des couches sociales1 tout en devenant trs grande1 s'accomplisse avec autant de rapidit qu'on pourrait thoriquement l'admettre4 ,en premier lieu1 en effet1 la diffrenciation ne porte gure que sur l'intelligence1 peu ou pas sur le caractre 2 et nous savons que c'est le caractre1 et non l'intelligence1 qui joue le rle fondamental dans la vie des peuples4 ,en second lieu1 les masses tendent aujourd'hui1 par leur organisation et leur discipline1 devenir toutes-puissantes4 ,leur haine des supriorits intellectuelles tant vidente1 il est probable que toute aristocratie intellectuelle est destine tre violemment dtruite par des rvolutions priodiques1 mesure que les masses populaires s'organiseront1 comme fut dtruite1 il y a un sicle1 l'ancienne noblesse4 ,lorsque le socialisme s'tendra en matre sur l',europe1 sa seule chance d'exister quelque temps sera de faire prir1 jusqu'au dernier1 tous les individus possdant une supriorit capable de les lever1 si faiblement que ce soit1 au dessus de la plus humble moyenne4 ,en dehors des deux causes que je viens d'noncer et qui sont d'ordre artificiel1 puisqu'elles rsultent de conditions de civilisation pouvant varier1 il en est une beaucoup plus importante - parce qu'elle est une loi naturelle inluctable - et qui empchera toujours l'lite d'une nation1 non pas de se diffrencier intellectuellement des couches infrieures1 mais de s'en diffrencier par trop rapidement4 ,en prsence des conditions actuelles de la civilisation qui tendent1 de plus en plus1 diffrencier les hommes d'une mme race1 se trouvent en effet les pesantes lois de l'hrdit1 qui tendent faire disparatre1 ou ramener la moyenne1 les individus qui la dpassent trop nettement4 ,des observations dj anciennes1 mentionnes par tous les auteurs de travaux sur l'hrdit1 ont prouv en effet que les descendants de familles minentes par l'intelligence subissent tt ou tard - tt1 le plus souvent1 - des dgnrescences qui tendent les supprimer tout fait4 ,la grande supriorit intellectuelle ne parat donc s'obtenir qu' la condition de ne laisser derrire soi que des dgnrs4 ,en fait1 ce n'est qu'en empruntant sans cesse aux lments placs au-dessous d'elle1 que peut subsister la pointe de la pyramide sociale dont je parlais plus haut4 ,si l'on runissait dans une le isole tous les individus composant cette lite1 on formerait1 par leurs croisements1 une race atteinte de dgnrescences varies et condamne par consquent disparatre bientt4 ,les grandes supriorits intellectuelles peuvent se comparer ces monstruosits botaniques cres par l'artifice du jardinier4 ,abandonnes elles-mmes1 elles meurent ou retournent au type moyen de l'espce1 qui1 lui1 est tout-puissant1 parce qu'il reprsente la longue srie des anctres4 ,l'tude attentive des divers peuples montre que si les individus d'une mme race se diffrencient immensment par l'intelligence ils se diffrencient assez peu par le caractre1 ce roc invariable dont j'ai dj montr la permanence travers les ges4 ,nous devons donc en tudiant une race la considrer deux points de vue fort diffrents4 ,au point de vue intellectuel elle ne vaut que par une petite lite laquelle sont dus tous les progrs scientifiques1 littraires et industriels d'une civilisation4 ,au point de vue du caractre c'est la moyenne seule qu'il importe de connatre4 ,c'est du niveau de cette moyenne que dpend toujours la puissance des peuples4 ,ils peuvent la rigueur se passer d'une lite intellectuelle mais non d'un certain niveau de caractre4 ,nous le montrerons bientt4 ,ainsi1 tout en se diffrenciant intellectuellement de plus en plus travers les sicles1 les individus d'une race tendent toujours au point de vue du caractre osciller autour du type moyen de cette race4 ,c'est ce type moyen1 qui s'lve fort lentement1 qu'appartient la trs grande majorit des membres d'une nation4 ,ce noyau fondamental est revtu - au moins chez les peuples suprieurs - d'une mince couche d'esprits minents1 capitale au point de vue de la civilisation1 mais sans importance au point de vue de la race4 ,sans cesse dtruite1 elle est renouvele sans cesse aux dpens de la couche moyenne qui1 elle1 ne varie que fort lentement1 parce que les moindres variations1 pour devenir durables1 demandent tre accumules dans le mme sens par l'hrdit pendant plusieurs sicles4 ,il y a plusieurs annes dj que j'tais arriv1 en m'appuyant sur des recherches d'ordre purement anatomique1 aux ides qui prcdent sur la diffrenciation des individus et des races1 et pour la justification desquelles je n'ai invoqu1 aujourd'hui1 que des raisons psychologiques4 ,les deux ordres d'observation conduisant aux mmes rsultats1 je me permettrai de rappeler quelques-unes des conclusions de mon premier travail4 ,elles s'appuient sur des mensurations excutes sur plusieurs milliers de crnes anciens et modernes appartenant des races diverses4 ,en voici les parties les plus essentielles 3 ,le volume du crne est en rapport troit avec l'intelligence1 lorsque1 laissant de ct les cas individuels1 on opre sur des sries4 ,on constate alors que ce qui distingue les races infrieures des races suprieures1 ce ne sont pas de faibles variations dans la capacit moyenne de leurs crnes1mais bien ce fait essentiel que la race suprieure contient un certain nombre d'individus au cerveau trs dvelopp1 alors que la race infrieure n'en contient pas4 ,ce n'est donc pas par les foules1 mais bien par le nombre de ceux qui s'en distinguent1 que les races diffrent4 ,d'un peuple l'autre1 la diffrence moyenne du crne - sauf quand on considre les races tout fait infrieures - n'est jamais bien considrable4 ,en comparant les crnes des diverses races humaines1 dans le prsent et le pass1 on voit que les races dont le volume du crne prsente les plus grandes variations individuelles sont les races les plus leves en civilisation 2 qu' mesure qu'une race se civilise1 les crnes des individus qui la composent se diffrencient de plus en plus 2 ce qui conduit ce rsultat que ce n'est pas vers l'galit intellectuelle que la civilisation nous conduit1 mais vers une ingalit de plus en plus profonde4 ,l'galit anatomique et physiologique n'existe qu'entre individus de races tout fait infrieures4 ,entre les membres d'une tribu sauvage1 tous adonns aux mmes occupations1 la diffrence est forcment minime4 ,entre le paysan1 qui n'a que trois cents mots dans son vocabulaire1 et le savant1 qui en a cent mille avec les ides correspondantes1 la diffrence est1 au contraire1 gigantesque4 ,je dois ajouter ce qui prcde que la diffrenciation entre individus produite par le dveloppement de la civilisation se manifeste galement entre les sexes4 ,chez les peuples infrieurs ou dans les couches infrieures des peuples suprieurs1 l'homme et la femme sont intellectuellement fort voisins4 ,a mesure au contraire que les peuples se civilisent1 les sexes tendent de plus en plus se diffrencier4 ,le volume du crne de l'homme et de la femme1 mme quand on compare uniquement1 comme je l'ai fait1 des sujets d'ge gal1 de taille gale et de poids gal1 prsente des diffrences trs rapidement croissantes avec le degr de la civilisation4 ,trs faibles dans les races infrieures1 ces diffrences deviennent immenses dans les races suprieures4 ,dans ces races suprieures1 les crnes fminins sont souvent peine plus dvelopps que ceux des femmes de races trs infrieures4 ,alors que la moyenne des crnes parisiens masculins les range parmi les plus gros crnes connus1 la moyenne des crnes parisiens fminins les classe parmi les plus petits crnes observs1 peu prs au niveau de ceux des ,chinoises1 peine au-dessus des crnes fminins de la ,nouvelle-,caldonie #e4 #e ,dr ,gustave le ,bon4 ,recherches anatomiques et mathmatiques sur les variations de volume du cerveau et sur leurs relations avec l'intelligence4 ,in-#h;deg1 #ahgi4 ,mmoire couronn par l',acadmie des sciences et par la ,socit d'anthropologie4 ,,chapitre ,v ,,formation ,,des ,,races ,,historiques ,comment se sont formes les races historiques4 - ,conditions qui permettent des races diverses de fusionner pour former une race unique4 - ,influence du nombre des individus mis en prsence1 de l'ingalit de leurs caractres1 des milieux1 etc4 - ,rsultats des croisements4 - ,raisons de la grande infriorit des mtis4 - ,mobilit des caractres psychologiques nouveaux crs par les croisements4 - ,comment ces caractres arrivent se fixer4 - ,les priodes critiques de l'histoire4 - ,les croisements constituent un facteur essentiel de formation de races nouvelles1 et en mme temps un puissant facteur de dissolution des civilisations4 - ,importance du rgime des castes4 - ,influence des milieux4 - ,ils ne peuvent agir que sur les races nouvelles en voie de formation dont les croisements ont dissoci les caractres ancestraux4 - ,sur les races anciennes les milieux sont sans action4 - ,exemples divers4 - ,la plupart des races historiques de l',europe sont encore en voie de formation4 - ,consquences politiques et sociales4 - ,pourquoi la priode de formation des races historiques sera bientt passe4 ,nous avons dj fait remarquer qu'on ne pouvait plus gure rencontrer chez les peuples civiliss de vritables races1 dans le sens scientifique de ce mot1 mais seulement des races historiques1 c'est--dire des races cres par les hasards des conqutes1 des immigrations1 de la politique1 etc41 et formes par consquent du mlange d'individus d'origines diffrentes4 ,comment ces races htrognes arrivent-elles se fondre et former une race historique possdant des caractres psychologiques communs 8 ,c'est ce que nous allons rechercher4 ,remarquons tout d'abord que les lments mis en prsence par le hasard ne se fondent pas toujours4 ,les populations allemande1 hongroise1 slave1 etc41 qui vivent sous la domination autrichienne1 forment des races parfaitement distinctes et qui n'ont jamais tent de se fusionner4 ,l',irlandais1 qui vit sous la domination des ,anglais1 ne s'est pas davantage mlang avec eux4 ,quant aux peuples tout fait infrieurs1 ,peaux-,rouges1 ,australiens1 ,tasmaniens1 etc41 non seulement ils ne s'unissent pas aux peuples suprieurs1 mais en outre ils disparaissent rapidement leur contact4 ,l'exprience prouve que tout peuple infrieur mis en prsence d'un peuple suprieur est fatalement condamn bientt disparatre4 ,trois conditions sont ncessaires pour que des races arrivent se fusionner et former une race nouvelle plus ou moins homogne4 ,la premire de ces conditions est que les races soumises aux croisements ne soient pas trop ingales par leur nombre 2 la seconde1 qu'elles ne diffrent pas trop par leurs caractres 2 la troisime1 qu'elles soient soumises pendant longtemps des conditions de milieu identiques4 ,la premire des conditions qui viennent d'tre numres est d'une importance capitale4 ,un petit nombre de blancs transports chez une population ngre nombreuse disparaissent1 aprs quelques gnrations1 sans laisser de traces de leur sang parmi leurs descendants4 ,ainsi ont disparu tous les conqurants qui ont envahi des populations trop nombreuses4 ,ils ont pu1 comme les ,latins en ,gaule1 les ,arabes en gypte1 laisser derrire eux leur civilisation1 leurs arts et leur langue4 ,ils n'y ont jamais laiss leur sang4 ,la seconde des conditions prcdentes a galement une importance trs grande4 ,sans doute des races fort diffrentes1 le blanc et le noir par exemple1 peuvent se fusionner1 mais les mtis qui en rsultent constituent une population trs infrieure aux produits dont elle drive1 et compltement incapable de crer1 ou mme de continuer une civilisation4 ,l'influence d'hrdits contraires dissocie leur moralit et leur caractre4 ,quand les mtis de blancs et de ngres ont hrit par hasard1 comme ,saint-,domingue1 d'une civilisation suprieure1 cette civilisation est rapidement tombe dans une misrable dcadence4 ,les croisements peuvent tre un lment de progrs entre des races suprieures1 assez voisines1 telles que les ,anglais et les ,allemands de l',amrique4 ,ils constituent toujours un lment de dgnrescence quand ces races1 mme suprieures1 sont trop diffrentes #f4 #f ,tous les pays qui prsentent un trop grand nombre de mtis sont1 pour cette seule raison1 vous une perptuelle anarchie1 moins qu'ils ne soient domins par une main de fer4 ,tel sera fatalement le cas du ,brsil4 ,il ne compte qu'un tiers de blancs4 ,le reste de la population se compose de ngres et de multres4 ,le clbre ,agassiz dit avec raison qu'il sufft d'avoir t au ,brsil pour ne pas pouvoir nier la dcadence rsultant des croisements qui ont eu lieu dans ce pays plus largement qu'ailleurs4 ,ces croisements effacent1 dit-il1 les meilleures qualits1 soit du blanc1 soit du noir1 soit de l',indien1 et produisent un type indescriptible dont l'nergie physique et mentale s'est affaiblie 4 ,croiser deux peuples1 c'est changer du mme coup aussi bien leur constitution physique que leur constitution mentale4 ,les croisements constituent d'ailleurs le seul moyen infaillible que nous possdions de transformer d'une faon fondamentale le caractre d'un peuple1 l'hrdit seule tant assez puissante pour lutter contre l'hrdit4 ,ils permettent de crer la longue une race nouvelle1 possdant des caractres physiques et psychologiques nouveaux4 ,les caractres ainsi crs restent au dbut trs flottants et trs faibles4 ,il faut toujours de longues accumulations hrditaires pour les fixer4 ,le premier effet des croisements entre races diffrentes est de dtruire l'me de ces races1 c'est--dire cet ensemble d'ides et de sentiments communs qui font la force des peuples et sans lesquels il n'y a ni nation ni patrie4 ,c'est la priode critique de l'histoire des peuples1 une priode de dbut et de ttonnements que tous ont d traverser1 car il n'est gure de peuple europen qui ne soit form des dbris d'autres peuples4 ,c'est une priode pleine de luttes intestines et de vicissitudes1 qui dure tant que les caractres psychologiques nouveaux ne sont pas encore fixs4 ,ce qui prcde montre que les croisements doivent tre considrs la fois comme un lment fondamental de la formation de races nouvelles1 et comme un puissant facteur de dissolution des races anciennes4 ,c'est donc avec raison que tous les peuples arrivs un haut degr de civilisation ont soigneusement vit de se mler avec des trangers4 ,sans l'admirable rgime des castes1 la petite poigne d',aryens qui envahit l',inde1 il y a trois mille ans1 se ft bien vite noye dans l'immense foule des populations noires qui l'enveloppait de toutes parts1 et aucune civilisation ne ft ne sur le sol de la grande pninsule4 ,si1 de nos jours1 les ,anglais n'avaient pas conserv en pratique le mme systme1 et avaient consenti se croiser avec les indignes1 il y a dj longtemps que le gigantesque empire de l',inde leur aurait chapp4 ,un peuple peut perdre bien des choses1 subir bien des catastrophes1 et se relever encore4 ,il a tout perdu1 et ne se relve plus quand il a perdu son me4 ,c'est au moment o les civilisations en dcadence sont devenues la proie d'envahisseurs pacifiques ou guerriers1 que les croisements exercent successivement le rle destructeur1 puis crateur1 dont je viens de parler4 ,ils dtruisent la civilisation ancienne puisqu'ils dtruisent l'me du peuple qui la possdait4 ,ils permettent la cration d'une civilisation nouvelle puisque les anciens caractres psychologiques des races en prsence ont t dtruits et que sous l'influence de conditions d'existence nouvelle1 de nouveaux caractres vont pouvoir se former4 ,c'est seulement sur les races en voie de formation et dont par consquent les caractres ancestraux ont t dtruits par des hrdits contraires1 que peut se manifester l'influence du dernier des facteurs mentionns au dbut de ce chapitre1 les milieux4 ,trs faible sur les races anciennes1 l'influence des milieux est au contraire trs grande sur les races nouvelles4 ,les croisements1 en dtruisant des caractres psychologiques ancestraux1 crent une sorte de table rase sur laquelle l'action des milieux1 continue pendant des sicles1 arrive difier1 puis fixer des caractres psychologiques nouveaux4 ,alors1 et seulement alors1 une nouvelle race historique est forme4 ,ainsi s'est constitue la ntre4 ,l'influence des milieux - milieux physiques et moraux - est donc trs grande ou au contraire trs faible suivant les cas1 et on s'explique ainsi que les opinions les plus contradictoires aient pu tre mises sur leur action4 ,nous venons de voir que cette influence est trs grande sur les races en voie de formation 2 mais si nous avions considr des races anciennes solidement fixes depuis longtemps par l'hrdit1 nous aurions pu dire que l'influence des milieux est au contraire peu prs entirement nulle4 ,pour les milieux moraux1 nous avons la preuve de leur nullit d'action par l'absence d'influence de nos civilisations occidentales sur les peuples de l',orient1 alors mme qu'ils sont soumis pendant plusieurs gnrations leur contact1 ainsi que cela s'observe sur les ,chinois habitant les ,etats-,unis4 ,pour les milieux physiques1 nous constatons la faiblesse de leur pouvoir par les difficults de l'acclimatement4 ,transporte dans un milieu trop diffrent du sien1 une race ancienne - qu'il s'agisse d'un homme1 d'un animal ou d'une plante - prit plutt que de se transformer4 ,conquise par dix peuples divers1 l',egypte a toujours t leur tombeau4 ,pas un n'a pu s'y acclimater4 ,grecs1 ,romains1 ,perses1 ,arabes1 ,turcs1 etc41 n'y ont jamais laiss de traces de leur sang4 ,le seul type qu'on y rencontre est celui de l'impassible ,fellah1 dont les traits reproduisent fidlement ceux que les artistes gyptiens gravaient il y a sept mille ans sur les tombes et les palais des ,pharaons4 ,la plupart des races historiques de l',europe sont encore en voie de formation1 et il importe de le savoir pour comprendre leur histoire4 ,seul l',anglais actuel reprsente une race presque entirement fixe4 ,chez lui l'ancien ,breton1 le ,saxon et le ,normand se sont effacs pour former un type nouveau bien homogne4 ,en ,france1 au contraire1 le ,provenal est bien diffrent du ,breton1 et l',auvergnat du ,normand4 ,cependant1 s'il n'existe pas encore un type moyen du ,franais1 il existe au moins des types moyens de certaines rgions4 ,ces types sont malheureusement bien spars encore par les ides et le caractre4 ,il est donc par consquent difficile de trouver des institutions qui puissent leur convenir galement1 et ce n'est que par une centralisation nergique qu'il est possible de leur donner quelques communaut de pense4 ,nos divergences profondes de sentiments et de croyances1 et les bouleversements politiques qui en sont la consquence1 tiennent principalement des diffrences de constitution mentale que l'avenir seul pourra peut-tre effacer4 ,il en a toujours t ainsi quand des races diffrentes se sont trouves en contact4 ,les dissentiments et les luttes intestines ont toujours t d'autant plus profondes que les races en prsence taient plus diffrentes4 ,quand elles sont trop dissemblables1 il devient absolument impossible de les faire vivre sous les mmes institutions et les mmes lois4 ,l'histoire des grands empires forms de races diffrentes a toujours t identique4 ,ils disparaissent le plus souvent avec leur fondateur4 ,parmi les nations modernes1 les ,hollandais et les ,anglais ont seuls russi imposer leur joug des peuples asiatiques fort diffrents d'eux1 mais ils n'y sont parvenus que parce qu'ils ont su respecter les moeurs1 les coutumes et les lois de ces peuples1 les laissant en ralit s'administrer eux-mmes1 et bornant leur rle toucher une partie des impts1 pratiquer le commerce et maintenir la paix4 ,a part ces rares exceptions1 tous les grands empires runissant des peuples dissemblables ne peuvent tre crs que par la force et sont condamns prir par la violence4 ,pour qu'une nation puisse se former et durer il faut qu'elle se soit constitue lentement1 par le mlange graduel de races peu diffrentes1 croises constamment entre elles1 vivant sur le mme sol1 subissant l'action des mmes milieux1 ayant les mmes institutions et les mmes croyances4 ,ces races diverses peuvent alors1 au bout de quelques sicles1 former une nation bien homogne4 ,a mesure que vieillit le monde1 les races deviennent de plus en plus stables1 et leurs transformations par voie de mlange de plus en plus rares4 ,en avanant en ge l'humanit sent le poids de l'hrdit devenir plus lourd et les transformations plus difficiles4 ,en ce qui concerne l',europe1 on peut dire que l're de formation des races historiques sera bientt passe4 ,,livre ,,ii ,,comment ,,les ,,caract,,res ,,psychologiques ,,des ,,races ,,se ,,manifestent ,,dans ,,les ,,divers ,l,,ments ,,de ,,leurs ,,civilisations ,,chapitre ,,premier ,,les ,,divers ,l,,ments ,d',,une ,,civilisation ,,comme ,,manifestation ,,ext,,rieure ,,de ,l',,ame ,d',,un ,,peuple ,les lments dont une civilisation se compose sont les manifestations extrieures de l'me des peuples qui les ont crs4 - ,l'importance de ces divers lments varie d'un peuple un autre4 - ,les arts1 la littrature1 les institutions1 etc41 jouent1 suivant les peuples1 le rle fondamental4 - ,exemples fournis dans l'antiquit par les ,egyptiens1 les ,grecs et les ,romains4 - ,les divers lments d'une civilisation peuvent avoir une volution indpendante de la marche gnrale de cette civilisation4 - ,exemples fournis par les arts4 - ,ce qu'ils traduisent4 - ,impossibilit de trouver dans un seul lment d'une civilisation la mesure du niveau de cette civilisation4 -lments qui assurent la supriorit un peuple4 - ,des lments philosophiquement fort infrieurs peuvent tre1 socialement1 trs suprieurs4 ,les lments divers 3 langues1 institutions1 ides1 croyances1 arts1 littrature1 dont une civilisation se compose1 doivent tre considrs comme la manifestation extrieure de l'me des hommes qui les ont crs4 ,mais suivant les poques et les races1 l'importance de ces lments comme expression de l'me d'un peuple est fort ingale4 ,il n'est gure aujourd'hui de livres consacrs aux oeuvres d'art1 o il ne soit rpt qu'elles traduisent fidlement la pense des peuples et sont la plus importante expression de leur civilisation4 ,sans doute il en est souvent ainsi1 mais il s'en faut de beaucoup que cette rgle soit absolue1 et que le dveloppement des arts corresponde toujours au dveloppement intellectuel des nations4 ,s'il est des peuples pour qui les oeuvres d'art sont la plus importante manifestation de leur me1 il en est d'autres1 trs haut placs pourtant sur l'chelle de la civilisation1 chez qui les arts n'ont jou qu'un rle fort secondaire4 ,si l'on tait condamn crire l'histoire de la civilisation de chaque peuple en ne prenant qu'un lment1 cet lment devrait varier d'un peuple l'autre4 ,ce seraient les arts pour les uns1 mais1 pour les autres1 ce seraient les institutions1 l'organisation militaire1 l'industrie1 le commerce1 etc41 qui nous permettraient de les mieux connatre4 ,c'est un point qu'il importe d'abord d'tablir1 car il nous permettra plus tard de comprendre pourquoi les divers lments de la civilisation ont subi des transformations trs ingales en se transmettant d'un peuple un autre4 ,parmi les peuples de l'antiquit1 les ,egyptiens et les ,romains prsentent des exemples tout fait caractristiques de cette ingalit dans le dveloppement des divers lments d'une civilisation1 et mme dans les diverses branches dont chacun de ces lments se compose4 ,prenons d'abord les ,egyptiens4 ,chez eux1 la littrature fut toujours trs faible1 la peinture fort mdiocre4 ,l'architecture et la statuaire produisirent au contraire des chefs-d'oeuvre4 ,leurs monuments provoquent encore notre admiration4 ,les statues qu'ils nous ont laisses telles que le ,scribe1 le ,cheik-el-,beled1 ,rahotep1 ,nefertiti1 et bien d'autres1 seraient encore des modles aujourd'hui1 et ce n'est que pendant une bien courte priode que les ,grecs ont russi les surpasser4 ,des ,egyptiens1 rapprochons les ,romains1 qui jourent un rle si prpondrant dans l'histoire4 ,ils ne manqurent ni d'ducateurs ni de modles1 puisqu'ils avaient les ,egyptiens et les ,grecs derrire eux 2 et1 cependant1 ils ne russirent pas se crer un art personnel4 ,jamais1 peut-tre1 aucun peuple ne manifesta moins d'originalit dans ses productions artistiques4 ,les ,romains se souciaient fort peu des arts1 ne les envisageaient gure qu'au point de vue utilitaire et n'y voyaient qu'une sorte d'article d'importation analogue aux autres produits1 tels que les mtaux1 les aromates et les pices qu'ils demandaient aux peuples trangers4 ,alors qu'ils taient dj les matres du monde1 les ,romains n'avaient pas d'art national1 et mme1 l'poque o la paix universelle1 la richesse et les besoins du luxe dvelopprent un peu leurs faibles sentiments artistiques1 ce fut toujours la ,grce qu'ils demandrent des modles et des artistes4 ,l'histoire de l'architecture et de la sculpture romaines ne sont gure qu'un sous-chapitre de l'histoire de l'architecture et de la sculpture grecques4 ,mais ce grand peuple romain1 si infrieur dans ses arts1 leva au plus haut degr trois autres lments de la civilisation4 ,il eut des institutions militaires qui lui assurrent la domination du monde 2 des institutions politiques et judiciaires que nous copions encore 2 enfin il cra une littrature dont la ntre s'est inspire pendant des sicles4 ,nous voyons donc1 d'une faon frappante1 l'ingalit de dveloppement des lments de la civilisation chez deux nations dont le haut degr de culture ne saurait tre contest1 et nous pouvons pressentir les erreurs auxquelles on s'exposerait en ne prenant pour chelle qu'un de ces lments1 les arts par exemple4 ,nous venons de trouver chez les ,egyptiens des arts extrmement originaux et remarquables1 la peinture excepte 2 une littrature1 au contraire1 fort mdiocre4 ,chez les ,romains1 des arts mdiocres1 sans traces d'originalit1 mais une littrature brillante1 et enfin des institutions politiques et militaires de premier ordre4 ,les ,grecs eux-mmes1 un des peuples qui ont manifest le plus de supriorit dans les branches les plus diffrentes1 peuvent tre cits galement pour prouver le dfaut de paralllisme entre le dveloppement des divers lments de la civilisation4 ,a l'poque homrique1 leur littrature tait dj fort brillante1 puisque les chants d',homre sont encore regards comme des modles dont la jeunesse universitaire de l',europe est condamne se saturer depuis des sicles 2 et pourtant les dcouvertes de l'archologie moderne ont prouv qu' l'poque laquelle remontent les chants homriques1 l'architecture et la sculpture grecques taient grossirement barbares1 et ne se composaient que d'informes imitations de l',egypte et de l',assyrie4 ,mais ce sont surtout les ,hindous qui nous montreront ces ingalits de dveloppement des divers lments de la civilisation4 ,au point de vue de l'architecture1 il est bien peu de peuples qui les aient dpasss4 ,au point de vue de la philosophie1 leurs spculations ont atteint une profondeur laquelle la pense europenne n'est arrive qu' une poque toute rcente4 ,en littrature1 s'ils ne valent pas les ,grecs et les ,latins1 ils ont produit cependant des morceaux admirables4 ,pour la statuaire1 ils sont au contraire mdiocres et trs au-dessous des ,grecs4 ,sur le domaine des sciences et sur celui des connaissances historiques1 ils sont absolument nuls1 et on constate chez eux une absence de prcision qu'on ne rencontre chez aucun peuple un pareil degr4 ,leurs sciences n'ont t que des spculations enfantines 2 leurs livres d'histoire d'absurdes lgendes1 ne renfermant pas une seule date et probablement pas un seul vnement exact4 ,ici encore1 l'tude exclusive des arts serait insuffisante pour donner l'chelle de la civilisation chez ce peuple4 ,bien d'autres exemples peuvent tre fournis l'appui de ce qui prcde4 ,il y a des races qui1 sans jamais avoir occup un rang tout fait suprieur1 russirent se crer un art absolument personnel1 sans parent visible avec les modles antrieurs4 ,tels furent les ,arabes4 ,moins d'un sicle aprs qu'ils eurent envahi le vieux monde grco-romain1 ils avaient transform l'architecture byzantine adopte par eux tout d'abord1 au point qu'il serait impossible de dcouvrir de quels types ils se sont inspirs1 si nous n'avions encore sous les yeux la srie des monuments intermdiaires4 ,alors mme d'ailleurs qu'il ne possderait aucune aptitude artistique ou littraire1 un peuple peut crer une civilisation leve4 ,tels furent les ,phniciens1 qui n'eurent d'autre supriorit que leur habilet commerciale4 ,c'est par leur intermdiaire que s'est civilis le monde antique dont ils mirent toutes les parties en relation 2 mais par eux-mmes ils n'ont peu prs rien produit1 et l'histoire de leur civilisation n'est que l'histoire de leur commerce4 ,il est enfin des peuples chez qui tous les lments de la civilisation restrent infrieurs1 l'exception des arts4 ,tels furent les ,mogols4 ,les monuments qu'ils levrent dans l',inde1 et dont le style n'a presque rien d'hindou1 sont tellement splendides qu'il en est quelques-uns que des artistes comptents ont qualifi des plus beaux monuments difis par la main des hommes 2 et cependant personne ne pourrait songer classer les ,mogols parmi les races suprieures4 ,on remarquera d'ailleurs que1 mme chez les peuples les plus civiliss1 ce n'est pas toujours l'poque culminante de leur civilisation que les arts atteignent le plus haut degr de dveloppement4 ,chez les gyptiens et chez les ,hindous1 les monuments les plus parfaits sont gnralement les plus anciens 2 en ,europe1 c'est au moyen ge1 regard comme une poque de demi-barbarie1 qu'a fleuri ce merveilleux art gothique dont les oeuvres admirables n'ont jamais t gales4 ,il est donc tout fait impossible de juger du niveau d'un peuple uniquement par le dveloppement de ses arts4 ,ils ne constituent1 je le rpte1 qu'un des lments de sa civilisation 2 et il n'est pas dmontr du tout que cet lment - pas plus que la littrature d'ailleurs - soit le plus lev4 ,souvent1 au contraire1 ce sont les peuples placs la tte de la civilisation 3 les ,romains dans l'antiquit1 les ,amricains de nos jours1 chez qui les oeuvres artistiques sont les plus faibles4 ,souvent aussi1 comme nous le disions l'instant1 ce fut aux ges de demi-barbarie que les peuples enfantrent leurs chefs-d'oeuvre littraires et artistiques1 leurs chefs-d'oeuvre artistiques surtout4 ,il semblerait mme que la priode de personnalit dans les arts1 chez un peuple1 est une closion de son enfance ou de sa jeunesse1 et non pas de son ge mr 2 et1 si l'on considre que1 dans les proccupations utilitaires du monde nouveau dont nous entrevoyons l'aurore1 le rle des arts est peine marqu1 nous pouvons prvoir le jour o ils seront classs parmi les manifestations1 sinon infrieures1 au moins tout fait secondaires d'une civilisation4 ,bien des raisons s'opposent ce que les arts suivent dans leur volution des progrs parallles ceux des autres lments d'une civilisation et puissent toujours renseigner par consquent sur l'tat de cette civilisation4 ,qu'il s'agisse de l'gypte1 de la ,grce ou des divers peuples de l',europe1 nous constatons cette loi gnrale qu'aussitt que l'art a atteint un certain niveau1 c'est--dire que certains chefs-d'oeuvre ont t crs1 commence immdiatement une priode de dcadence1 tout fait indpendante du mouvement des autres lments de la civilisation4 ,cette phase de dcadence des arts subsiste jusqu' ce qu'une rvolution politique1 une invasion1 l'adoption de croyances nouvelles ou tout autre facteur vienne introduire dans l'art des lments nouveaux4 ,c'est ainsi qu'au moyen ge les croisades apportrent des connaissances et des ides nouvelles qui imprimrent l'art une impulsion d'o rsulta la transformation du style roman en style ogival4 ,c'est ainsi encore que1 quelques sicles plus tard1 la ,renaissance des tudes grco-latines amena la transformation de l'art gothique en art de la ,renaissance4 ,c'est galement ainsi que1 dans l',inde1 les invasions musulmanes amenrent la transformation de l'art hindou4 ,il importe de remarquer1 galement1 que puisque les arts traduisent d'une faon gnrale certains besoins de la civilisation et correspondent certains sentiments ils sont condamns subir des transformations conformes ces besoins1 et mme disparatre entirement si les besoins et les sentiments qui les ont engendrs viennent eux-mmes se transformer ou disparatre4 ,il ne s'ensuivra pas du tout pour cela que la civilisation soit en dcadence1 et ici encore nous saisissons le dfaut de paralllisme entre l'volution des arts et celle des autres lments de la civilisation4 ,a aucune poque de l'histoire1 la civilisation n'a t aussi leve qu'aujourd'hui1 et aucune poque1 peut-tre1 il n'y eut d'art plus banal et moins personnel4 ,les croyances religieuses1 les ides et les besoins qui faisaient de l'art un lment essentiel de la civilisation1 aux poques o elle avait pour sanctuaires les temples et les palais1 ayant disparu1 l'art est devenu un accessoire1 une chose d'agrment laquelle il n'est possible de consacrer ni beaucoup de temps ni beaucoup d'argent4 ,n'tant plus une ncessit1 il ne peut plus gure tre qu'artificiel et d'imitation4 ,il n'y a plus de peuples aujourd'hui qui aient un art national1 et chacun1 en architecture comme en sculpture1 vit des copies plus ou moins heureuses d'poques disparues4 ,elles reprsentent sans doute des besoins ou des caprices1 ces modestes copies1 mais il est visible qu'elles ne sauraient traduire nos ides modernes4 ,j'admire les oeuvres naves de nos artistes du moyen ge peignant des saints1 le ,christ1 le paradis et l'enfer1 choses tout fait fondamentales alors1 et qui taient le principal objectif de l'existence 2 mais quand des peintres qui n'ont plus ces croyances couvrent nos murs de lgendes primitives ou de symboles enfantins1 en essayant de revenir la technique d'un autre ge1 ils ne font que de misrables pastiches sans intrt pour le prsent et que mprisera l'avenir4 ,les seuls arts rels1 les seuls qui traduisent une poque1 sont ceux o l'artiste reprsente ce qu'il sent ou ce qu'il voit au lieu de se borner des imitations de formes correspondant des besoins ou des croyances que nous n'avons plus4 ,la seule peinture sincre de nos jours est la reproduction des choses qui nous entourent1 la seule architecture galement sincre1 est celle de la maison cinq tages1 du viaduc et de la gare de chemin de fer4 ,cet art utilitaire correspond aux besoins et aux ides de notre civilisation4 ,il est aussi caractristique d'une poque que le fut jadis l'glise gothique et le chteau fodal4 ,pour l'archologue de l'avenir1 les grands caravansrails modernes et les glises gothiques anciennes prsenteront un intrt gal parce que ce seront des pages successives de ces livres de pierre que chaque sicle laisse derrire lui1 alors qu'il ddaignera comme d'inutiles documents les maigres contrefaons de tant d'artistes modernes4 ,chaque esthtique reprsente l'idal d'une poque et d'une race1 et par cela seul que les poques et les races sont diffrentes1 l'idal doit constamment varier4 ,au point de vue philosophique1 tous les idals se valent1 car ils ne constituent que de transitoires symboles4 ,les arts sont donc de mme que tous les lments d'une civilisation1 la manifestation extrieure de l'me du peuple qui les a crs1mais nous devons reconnatre aussi qu'il s'en faut de beaucoup qu'ils constituent pour tous les peuples la plus exacte manifestation de leur pense4 ,la dmonstration tait ncessaire4 ,car1 l'importance que prend chez un peuple un lment de civilisation1 se mesure la puissance de transformation que ce peuple applique au mme lment lorsqu'il l'emprunte une race trangre4 ,si sa personnalit se manifeste surtout dans les arts1 par exemple1 il ne saura reproduire des modles imports sans les marquer profondment son empreinte4 ,au contraire1 il transformera peu les lments qui ne sauraient servir d'interprtes son gnie4 ,lorsque les ,romains adoptrent l'architecture des ,grecs1 ils ne lui firent pas subir de modifications radicales1 parce que ce n'est pas dans leurs monuments qu'ils mettaient le plus de leur me4 ,et1 cependant1 mme chez un pareil peuple1 dnu d'une architecture personnelle1 oblig d'aller chercher l'tranger ses modles et ses artistes1 l'art est oblig de subir en peu de sicles l'influence du milieu et de devenir1 presque malgr lui1 l'expression de la race qui l'adopte4 ,les temples1 les palais1 les arcs de triomphe1 les bas-reliefs de la ,rome antique sont oeuvres de ,grecs ou d'lves de ,grecs 2 et pourtant le caractre de ces monuments1 leur destination1 leurs ornements1 leurs dimensions mmes1 n'veillent plus en nous les souvenirs potiques et dlicats du gnie athnien1 mais bien l'ide de force1 de domination1 de passion militaire1 qui soulevait la grande me de ,rome4 ,ainsi1 mme sur le domaine o elle se montre le moins personnelle1 une race ne peut faire un pas sans y laisser quelque trace qui n'appartient qu' elle et qui nous rvle quelque chose de sa constitution mentale et de son intime pense4 ,c'est qu'en effet l'artiste vritable1 qu'il soit architecte1 littrateur ou pote1 possde la facult magique de traduire dans ses synthses l'me d'une poque et d'une race4 ,trs impressionnables1 trs inconscients1 pensant surtout par images1 et raisonnant fort peu1 les artistes sont certaines poques les miroirs fidles de la socit dans laquelle ils vivent 2 leurs oeuvres1 les plus exacts des documents qu'on puisse invoquer pour restituer une civilisation4 ,ils sont trop inconscients pour n'tre pas sincres1 et trop impressionns par le milieu qui les entoure pour ne pas en traduire fidlement les ides1 les sentiments1 les besoins et les tendances4 ,de libert1 ils n'en ont pas1 et c'est ce qui fait leur force4 ,ils sont enferms dans un rseau de traditions1 d'ides1 de croyances1 dont l'ensemble constitue l'me d'une race et d'une poque1 l'hritage de sentiments1 de penses et d'inspirations dont l'influence est toute-puissante sur eux1 parce qu'elle gouverne les rgions obscures de l'inconscient o s'laborent leurs oeuvres4 ,si1 n'ayant pas ces oeuvres1 nous ne savions des sicles morts que ce qu'en disent les absurdes rcits et les arrangements artificiels des livres d'histoire1 le vritable pass de chaque peuple nous serait presque aussi ferm que celui de cette mystrieuse ,atlantide submerge par les flots dont parle ,platon4 ,le propre de l'oeuvre d'art relle est donc d'exprimer sincrement les besoins et les ides du temps qui l'ont vue natre4 ,de tous les langages divers qui racontent le pass1 les oeuvres d'art1 celles de l'architecture surtout1 sont les plus intelligibles encore4 ,plus sincres que les livres1 moins artificielles que les religions et les langues1 elles traduisent la fois des sentiments et des besoins4 ,l'architecte est le constructeur de la demeure de l'homme et de celle des dieux 2 or ce fut toujours dans l'enceinte du temple et dans celle du foyer que s'laborrent les causes premires des vnements qui constituent l'histoire4 ,de ce qui prcde nous pouvons conclure que si les divers lments dont une civilisation se compose sont bien l'expression de l'me du peuple qui les a crs1 certains de ces lments variables suivant les races et variables aussi suivant les poques chez la mme race traduisent beaucoup mieux que d'autres l'me d'une race4 ,mais puisque la nature de ces lments varie d'un peuple l'autre1 d'une poque l'autre1 il est vident qu'il est impossible d'en trouver un seul dont on puisse se servir comme de commune mesure pour valuer le niveau des diverses civilisations4 ,il est vident aussi qu'on ne peut tablir entre ces lments de classement hirarchique1 car le classement varierait d'un sicle l'autre1 l'importance des lments considrs variant elle-mme avec les poques4 ,si l'on ne jugeait de la valeur des divers lments d'une civilisation qu'au point de vue de l'utilit pure1 on arriverait dire que les lments de civilisation les plus importants sont ceux qui permettent un peuple d'asservir les autres1 c'est--dire les institutions militaires4 ,mais alors il faudrait placer les ,grecs1 artistes1 philosophes et lettrs1 au-dessous des lourdes cohortes de ,rome1 les sages et savants ,egyptiens au-dessous des ,perses demi-barbares1 les ,hindous au-dessous des ,mogols galement demi-barbares4 ,ces distinctions subtiles1 l'histoire ne s'en proccupe gure4 ,la seule supriorit1 devant laquelle elle s'incline toujours1 est la supriorit militaire 2 mais celle-ci s'accompagne bien rarement d'une supriorit correspondante dans les autres lments de la civilisation1 ou1 du moins1 ne la laisse pas subsister longtemps ses cts4 ,la supriorit militaire ne peut malheureusement s'affaiblir chez un peuple sans qu'il soit bientt condamn disparatre4 ,ce fut toujours alors qu'ils taient arrivs l'apoge de la civilisation1 que les peuples suprieurs durent cder la place des barbares trs infrieurs eux par l'intelligence1 mais possdant certaines qualits de caractre et de valeur guerrire1 que les civilisations trop raffines ont toujours eu pour rsultat de dtruire4 ,il faudrait donc arriver cette conclusion attristante que ce sont les lments1 philosophiquement infrieurs1 d'une civilisation qui1 socialement1 sont les plus importants4 ,si les lois de l'avenir devaient tre celles du pass1 on pourrait dire que ce qui est le plus nuisible pour un peuple1 c'est d'tre arriv un trop haut degr d'intelligence et de culture4 ,les peuples prissent ds que s'altrent les qualits de caractre qui forment la trame de leur me et ces qualits s'altrent ds que grandissent leur civilisation et leur intelligence4 ,,chapitre ,,ii ,,comment ,,se ,,transforment ,,les ,,institutions1 ,,les ,,religions ,,et ,,les ,,langues ,les races suprieures ne peuvent1 pas plus que les races infrieures1 transformer brusquement les lments de leur civilisation4 - ,contradictions prsentes par les peuples qui ont chang leurs religions1 leurs langues et leurs arts4 - ,le cas du ,japon4 - ,en quoi ces changements ne sont qu'apparents4 - ,transformations profondes subies par le ,bouddhisme1 le ,brahmanisme1 l',islamisme et le ,christianisme1 suivant les races qui les ont adopts4 - ,variations que subissent les institutions et les langues suivant la race qui les adopte4 - ,comment les mots considrs comme se correspondant dans des langues diffrentes reprsentent des ides et des modes de penser trs dissemblables4 - ,impossibilit1 pour cette raison1 de traduire certaines langues4 - ,pourquoi1 dans les livres d'histoire1 la civilisation d'un peuple parat parfois subir des changements profonds4 - ,limites de l'influence rciproque des diverses civilisations4 ,dans un travail publi ailleurs1 nous avons montr que les races suprieures sont dans l'impossibilit de faire accepter ou d'imposer leur civilisation aux races infrieures4 ,prenant un un les plus puissants moyens d'action dont les ,europens disposent1 l'ducation1 les institutions et les croyances1 nous avons dmontr l'insuffisance absolue de ces moyens d'action pour changer l'tat social des peuples infrieurs4 ,nous avons essay d'tablir que1 tous les lments d'une civilisation correspondant une certaine constitution mentale bien dfinie cre par un long pass hrditaire1 il tait impossible de les modifier sans changer la constitution mentale d'o ils drivent4 ,les sicles seuls1 et non les conqurants1 peuvent accomplir une telle tche4 ,nous avons fait voir aussi que c'est seulement par une srie d'tapes successives1 analogues celles que franchirent les barbares1 destructeurs de la civilisation grco-romaine1 qu'un peuple peut s'lever sur l'chelle de la civilisation4 ,si1 au moyen de l'ducation1 on essaye de lui viter ces tapes1 on ne fait que dsorganiser sa morale et son intelligence1 et le ramener finalement un niveau infrieur celui o il tait arriv par lui-mme4 ,l'argumentation que nous avons applique aux races infrieures est applicable galement aux races suprieures4 ,si les principes que nous avons exposs dans cet ouvrage sont exacts1 nous devrons constater que les races suprieures ne peuvent pas non plus transformer brusquement leur civilisation4 ,a elles aussi il faut le temps et les tapes successives4 ,si des peuples suprieurs semblent parfois avoir adopt des croyances1 des institutions1 des langues et des arts diffrents de ceux de leurs anctres1 ce n'est1 en ralit1 qu'aprs les avoir transforms lentement et profondment1 de faon les mettre en rapport avec leur constitution mentale4 ,l'histoire semble contredire chaque page la proposition qui prcde4 ,on y voit trs frquemment des peuples changer les lments de leur civilisation1 adopter des religions nouvelles1 des langues nouvelles1 des institutions nouvelles4 ,les uns abandonnent des croyances plusieurs fois sculaires1 pour se convertir au christianisme1 au bouddhisme ou l'islamisme 2 d'autres transforment leur langue 2 d'autres enfin modifient radicalement leurs institutions et leurs arts4 ,il semble mme qu'il suffise d'un conqurant ou d'un aptre1 ou mme d'un simple caprice1 pour produire trs facilement de semblables transformations4 ,mais1 en nous offrant le rcit de ces brusques rvolutions1 l'histoire ne fait qu'accomplir une de ses tches habituelles 3 crer et propager de longues erreurs4 ,lorsqu'on tudie de prs tous ces prtendus changements1 on s'aperoit bientt que les noms seuls des choses varient aisment1 tandis que les ralits qui se cachent derrire les mots continuent vivre et ne se transforment qu'avec une extrme lenteur4 ,pour le prouver1 et pour montrer en mme temps comment1 derrire des dnominations semblables1 s'accomplit la lente volution des choses1 il faudrait tudier les lments de chaque civilisation chez divers peuples1 c'est--dire refaire leur histoire4 ,cette lourde tche1 je l'ai dj tente dans plusieurs volumes3 je ne saurais donc songer la recommencer ici4 ,laissant de ct les nombreux lments dont une civilisation se compose1 je ne choisirai comme exemple que l'un d'eux 3 les arts4 ,avant d'aborder1 cependant1 dans un chapitre spcial1 l'tude de l'volution qu'accomplissent les arts en passant d'un peuple un autre1 je dirai quelques mots des changements que subissent les autres lments de la civilisation1 afin de montrer que les lois applicables un seul de ces lments sont bien applicables tous1 et que1 si les arts des peuples sont en rapport avec une certaine constitution mentale1 les langues1 les institutions1 les croyances1 etc41 le sont galement1 et1 par consquent1 ne peuvent brusquement changer et passer indiffremment d'un peuple un autre #g4 #g ,je n'aborderai pas ici le cas du ,japon que j'ai dj trait ailleurs et sur lequel je reviendrai srement un jour4 ,il serait impossible d'tudier en quelques pages une question sur laquelle des hommes d',etat minents1 malheureusement suivis par des philosophes peu clairs1 s'illusionnent si compltement4 ,le prestige des triomphes militaires1 fussent-ils obtenus sur de simples barbares1 reste encore pour bien des esprits le seul critrium du niveau d'une civilisation4 ,il est possible de dresser l'europenne une arme de ngres1 de leur apprendre manier fusils et canons1 on n'aura pas pour cela modifi leur infriorit mentale et tout ce qui dcoule de cette infriorit4 ,le vernis de civilisation europenne qui recouvre actuellement le ,japon ne correspond nullement l'tat mental de la race4 ,c'est un misrable habit d'emprunt que dchireront bientt de violentes rvolutions4 ,c'est surtout en ce qui concerne les croyances religieuses que cette thorie peut sembler paradoxale1 et c'est pourtant dans l'histoire de ces croyances mmes qu'on peut trouver les meilleurs exemples invoquer1 pour prouver qu'il est aussi impossible un peuple de changer brusquement les lments de sa civilisation1 qu' un individu de changer sa taille ou la couleur de ses yeux4 ,sans doute personne n'ignore que toutes les grandes religions1 le brahmanisme1 le bouddhisme1 le christianisme1 l'islamisme1 ont provoqu des conversions en masse chez des races entires qui ont paru les adopter tout coup 2 mais quand on pntre un peu dans l'tude de ces conversions1 on constate bientt que ce que les peuples ont chang surtout1 c'est le nom de leur ancienne religion1 et non la religion elle-mme 2 qu'en ralit les croyances adoptes ont subi les transformations ncessaires pour se mettre en rapport avec les vieilles croyances qu'elles sont venues remplacer1 et dont elles n'ont t en ralit que la simple continuation4 ,les transformations subies par les croyances1 en passant d'un peuple un autre1 sont mme si considrables souvent1 que la religion nouvellement adopte n'a plus aucune parent visible avec celle dont elle garde le nom4 ,le meilleur exemple nous est fourni par le bouddhisme1 qui1 aprs avoir t transport en ,chine1 y est devenu ce point mconnaissable que les savants l'ont pris d'abord pour une religion indpendante et ont mis fort longtemps reconnatre que cette religion tait simplement le bouddhisme transform par la race qui l'avait adopt4 ,le bouddhisme chinois n'est pas du tout le bouddhisme de l',inde1 fort diffrent lui-mme du bouddhisme du ,npal1 lequel s'loigne aussi du bouddhisme de ,ceylan4 ,dans l',inde1 le bouddhisme ne fut qu'un schisme du brahmanisme1 qui l'avait prcd1 et dont il diffre au fond assez peu 2 en ,chine1 il fut galement un schisme de croyances antrieures auxquelles il se rattache troitement4 ,ce qui est rigoureusement dmontr pour le bouddhisme ne l'est pas moins pour le brahmanisme4 ,les races de l',inde tant extrmement diverses1 il tait facile de prsumer que1 sous des noms identiques1 elles devaient avoir des croyances religieuses extrmement diffrentes4 ,sans doute tous les peuples brahmaniques considrent ,vishnou et ,siva comme leurs divinits principales1 les ,vdas comme leurs livres sacrs 2 mais ces dieux fondamentaux n'ont laiss dans la religion que leurs noms1 les livres sacrs que leur texte4 ,a ct d'eux se sont forms des cultes innombrables o l'on retrouve1 suivant les races1 les croyances les plus varies 3 monothisme1 polythisme1 ftichisme1 panthisme1 culte des anctres1 des dmons1 des animaux1 etc4 ,a ne juger des cultes de l',inde que par ce qu'en disent les ,vdas1 on n'aurait pas la plus lgre ide des dieux ni des croyances qui rgnent dans l'immense pninsule4 ,le titre des livres sacrs est vnr chez tous les brahmanes1 mais de la religion que ces livres enseignent1 il ne reste gnralement rien4 ,l'islamisme lui-mme1 malgr la simplicit de son monothisme1 n'a pas chapp cette loi 3 il y a loin de l'islamisme de la ,perse celui de l',arabie et celui de l',inde4 ,l',inde1 essentiellement polythiste1 a trouv moyen de rendre polythiste la plus monothiste des croyances4 ,pour les cinquante millions de musulmans hindous1 ,mahomet et les saints de l',islam ne sont gure que des dieux nouveaux ajouts des milliers d'autres4 ,l'islamisme n'a mme pas russi tablir dans l',inde cette galit de tous les hommes1 qui fut ailleurs une des causes de son succs 3 les musulmans de l',inde pratiquent1 comme les autres ,hindous1 le systme des castes4 ,dans le ,dekkan1 parmi les populations dravidiennes1 l'islamisme est devenu tellement mconnaissable1 qu'on ne peut gure le distinguer du brahmanisme 2 il ne s'en distinguerait mme pas du tout sans le nom de ,mahomet1 et sans la mosque1 o le prophte1 devenu dieu1 est ador4 ,il n'est pas besoin d'aller jusque dans l',inde pour voir les modifications profondes qu'a subies l'islamisme en passant d'une race une autre4 ,il suffit de regarder notre grande possession1 l',algrie4 ,elle contient deux races fort diffrentes 3 ,arabes et ,berbres1 galement musulmans4 ,or1 il y a loin de l'islamisme des premiers celui des seconds 2 la polygamie du ,coran est devenue monogamie chez les ,berbres1 dont la religion n'est gure qu'une fusion de l'islamisme avec le vieux paganisme qu'ils ont pratiqu depuis les ges lointains o dominait ,carthage4 ,les religions de l',europe elles-mmes ne sont pas soustraites la loi commune de se transformer suivant l'me des races qui les adoptent4 ,comme dans l',inde1 la lettre des dogmes fixs par les textes est reste invariable 2 mais ce sont de vaines formules dont chaque race interprte le sens sa faon4 ,sous la dnomination uniforme de chrtiens1 on trouve en ,europe de vrais paens1 tels que le ,bas-,breton priant des idoles 2 des ftichistes1 tels que l',espagnol qui adore des amulettes 2 des polythistes1 tels que l',italien qui vnre comme des divinits fort diverses les madones de chaque village4 ,poussant l'tude plus loin1 il serait facile de montrer que le grand schisme religieux de la ,rforme fut la consquence ncessaire de l'interprtation d'un mme livre religieux par des races diffrentes 3 celles du ,nord voulant discuter elles-mmes leur croyance et rgler leur vie1 et celles du ,midi restes bien en arrire au point de vue de l'indpendance et de l'esprit philosophique4 ,aucun exemple ne serait plus probant4 ,mais ce sont l des faits dont le dveloppement entranerait trop loin4 ,nous devrons passer plus vite encore sur deux autres lments fondamentaux de la civilisation1 les institutions et les langues1 parce qu'il faudrait entrer dans des dtails techniques qui sortiraient par trop des limites de ce travail4 ,ce qui est vrai pour les croyances l'est galement pour les institutions 2 ces dernires ne peuvent se transmettre d'un peuple un autre sans se transformer4 ,sans vouloir multiplier les exemples1 je prie le lecteur de considrer simplement combien1 dans les temps modernes1 les mmes institutions1 imposes par la force ou la persuasion1 se transforment suivant les races1 tout en conservant des noms identiques4 ,je le montrerai dans un prochain chapitre1 propos des diverses rgions de l',amrique4 ,les institutions sont en ralit la consquence de ncessits sur lesquelles la volont d'une seule gnration d'hommes ne saurait avoir d'action4 ,pour chaque race et pour chaque phase de l'volution de cette race1 il y a des conditions d'existence1 de sentiments1 de penses1 d'opinions1 d'influences hrditaires qui impliquent certaines institutions et n'en impliquent pas d'autres4 ,les tiquettes gouvernementales importent fort peu4 ,il n'a jamais t donn un peuple de choisir les institutions qui lui semblaient les meilleures4 ,si un hasard fort rare lui permet de les choisir1 il ne saurait les garder4 ,les nombreuses rvolutions1 les changements successifs de constitutions auxquels nous nous livrons depuis un sicle constituent une exprience qui aurait d fixer depuis longtemps l'opinion des hommes d',etat sur ce point4 ,je crois d'ailleurs qu'il n'y a plus gure que dans l'obtuse cervelle des foules et dans l'troite pense de quelques fanatiques que puisse encore persister l'ide que des changements sociaux importants se font coups de dcrets4 ,le seul rle utile des institutions est de donner une sanction lgale aux changements que les moeurs et l'opinion ont fini par accepter4 ,elles suivent ces changements mais ne les prcdent pas4 ,ce n'est pas avec des institutions qu'on modifie le caractre et la pense des hommes4 ,ce n'est pas avec elles qu'on rend un peuple religieux ou sceptique1 qu'on lui apprend se conduire lui-mme au lieu de demander sans cesse l',etat de lui forger des chanes4 ,je n'insisterai pas plus pour les langues que je ne l'ai fait pour les institutions1 et me bornerai rappeler qu'alors mme qu'elle est fixe par l'criture1 une langue se transforme ncessairement en passant d'un peuple un autre1 et c'est cela mme qui rend si absurde l'ide d'une langue universelle4 ,sans doute1 moins de deux sicles aprs la conqute1 les ,gaulois1 malgr l'immense supriorit de leur nombre1 avaient adopt le latin 2 mais cette langue1 le peuple la transforma bientt suivant ses besoins et la logique spciale de son esprit4 ,de ces transformations1 notre franais moderne est finalement sorti4 ,des races diffrentes ne sauraient longtemps parler la mme langue4 ,les hasards des conqutes1 les intrts de son commerce pourront sans doute amener un peuple adopter une autre langue que sa langue maternelle1 mais1 en peu de gnrations1 la langue adopte sera entirement transforme4 ,la transformation sera d'autant plus profonde que la race laquelle la langue a t emprunte diffre davantage de celle qui l'a emprunte4 ,on est toujours certain de rencontrer des langues dissemblables dans les pays o subsistent des races diffrentes4 ,l',inde en fournit un excellent exemple4 ,la grande pninsule tant habite par des races nombreuses et diverses1 il n'est pas tonnant que les savants y comptent deux cent quarante langues1 quelques-unes diffrant beaucoup plus entre elles que le grec ne diffre du franais4 ,deux cent quarante langues1 sans parler d'environ trois cents dialectes 6 ,parmi ces langues1 la plus rpandue est toute moderne1 puisqu'elle n'a pas trois sicles d'existence 2 c'est l'hindoustani1 form par la combinaison du persan et de l'arabe1 que parlaient les conqurants musulmans1 avec l'hindi1 une des langues les plus rpandues dans les rgions envahies4 ,conqurants et conquis oublirent bientt leur langue primitive pour parler la langue nouvelle1 adapte aux besoins de la race nouvelle produite par le croisement des divers peuples en prsence4 ,je ne saurais insister davantage et suis oblig de me borner indiquer les ides fondamentales4 ,si je pouvais entrer dans les dveloppements ncessaires1 j'irais plus loin et je dirais que1 lorsque des peuples sont diffrents1 les mots considrs chez eux comme correspondants reprsentent des modes de penser et de sentir tellement loigns1 qu'en ralit leurs langues n'ont pas de synonymes et que la traduction relle de l'une l'autre est impossible4 ,on le comprend en voyant1 quelques sicles de distance1 dans le mme pays1 dans la mme race1 le mme mot correspondre des ides tout fait dissemblables4 ,ce que les mots anciens reprsentent1 ce sont les ides des hommes d'autrefois4 ,les mots qui taient l'origine des signes de choses relles ont bientt leur sens dform par suite des changements des ides1 des moeurs et des coutumes4 ,on continue raisonner sur ces signes uss qu'il serait trop difficile de changer1 mais il n'y a plus aucune correspondance entre ce qu'ils reprsentaient un moment donn et ce qu'ils signifient aujourd'hui4 ,lorsqu'il s'agit de peuples trs loigns de nous1 ayant appartenu des civilisations sans analogie avec les ntres1 les traductions ne peuvent donner que des mots absolument dnus de leur sens rel primitif1 c'est--dire veillant dans notre esprit des ides sans parent avec celles qu'ils ont voques jadis4 ,ce phnomne est frappant1 surtout pour les anciennes langues de l',inde4 ,chez ce peuple aux ides flottantes1 dont la logique n'a aucune parent avec la ntre1 les mots n'ont jamais eu ce sens prcis et arrt que les sicles et la tournure de notre esprit ont fini par leur donner en ,europe4 ,il y a des livres1 comme les ,vdas1 dont la traduction1 vainement tente1 est impossible #h4 ,pntrer dans la pense d'individus avec lesquels nous vivons1 mais dont certaines diffrences d'ge1 de sexe1 d'ducation nous sparent1 est dj fort difficile 2 pntrer dans la pense de races sur lesquelles s'est appesantie la poussire des sicles est une tche qu'il ne sera jamais donn aucun savant d'accomplir4 ,toute la science qu'on peut acqurir ne sert qu' montrer la complte inutilit de telles tentatives4 #h ,parlant des nombreuses tentatives de traduction des ,vdas1 un minent indianiste1 ,m4 ,barth1 ajoute 3 ,un rsultat se dgage de toutes ces tudes si diverses1 et parfois si contradictoires1 je veux dire notre impuissance traduire ces documents au vrai sens du mot4 ,si brefs et si peu dvelopps que soient les exemples qui prcdent1 ils suffisent montrer combien sont profondes les transformations que les peuples font subir aux lments de civilisation qu'ils empruntent4 ,l'emprunt parat souvent considrable1 parce que les noms1 en effet1 changent brusquement 2 mais il est toujours en ralit fort minime4 ,avec les sicles1 grce aux lents travaux des gnrations1 et par suite d'additions successives1 l'lment emprunt finit par diffrer beaucoup de l'lment auquel il s'est substitu tout d'abord4 ,de ces variations successives1 l'histoire1 qui s'attache surtout aux apparences1 ne tient gure compte1 et1 quand elle nous dit1 par exemple1 qu'un peuple adopta une religion nouvelle1 ce que nous nous reprsentons aussitt1 ce ne sont pas du tout les croyances qui ont t adoptes rellement1 mais bien la religion telle que nous la connaissons aujourd'hui4 ,il faut pntrer dans l'tude intime de ces lentes adaptations pour bien comprendre leur gense et saisir les diffrences qui sparent les mots des ralits4 ,l'histoire des civilisations se compose ainsi de lentes adaptations1 de petites transformations successives4 ,si ces dernires nous paraissent soudaines et considrables1 c'est parce que1 comme en gologie1 nous supprimons les phases intermdiaires pour n'envisager que les phases extrmes4 ,en ralit1 si intelligent et si bien dou qu'on suppose un peuple1 sa facult d'absorption pour un lment nouveau de civilisation est toujours fort restreinte4 ,les cellules crbrales ne s'assimilent pas en un jour ce qu'il a fallu des sicles pour crer1 et ce qui est adapt aux sentiments et aux besoins d'organismes diffrents4 ,de lentes accumulations hrditaires permettent seules de telles assimilations4 ,lorsque nous tudierons plus loin l'volution des arts chez le plus intelligent des peuples de l'antiquit1 les ,grecs1 nous verrons qu'il lui a fallu bien des sicles pour sortir des grossires copies des modles de l',assyrie et de l'gypte1 et arriver d'tapes en tapes successives aux chefs-d'oeuvre que l'humanit admire encore4 ,et cependant tous les peuples qui se sont succd dans l'histoire - l'exception de quelques peuples primitifs tels que les gyptiens et les ,chaldens - n'ont gure eu qu' s'assimiler1 en les transformant suivant leur constitution mentale1 les lments de civilisation qui constituent l'hritage du pass4 ,le dveloppement des civilisations et t infiniment plus lent1 et l'histoire des divers peuples n'et t qu'un ternel recommencement1 s'ils n'avaient pu profiter des matriaux labors avant eux4 ,les civilisations cres1 il y a sept ou huit mille ans1 par les habitants de l'gypte et de la ,chalde1 ont form une source de matriaux o toutes les nations sont venues puiser tour tour4 ,les arts grecs sont ns des arts crs sur les bords du ,tigre et du ,nil4 ,du style grec1 est sorti le style romain qui1 mlang des influences orientales1 a donn successivement naissance aux styles byzantin1 roman et gothique1 styles variables suivant le gnie et l'ge des peuples chez qui ils ont pris naissance1 mais styles qui ont une commune origine4 ,ce que nous venons de dire des arts est applicable tous les lments d'une civilisation 3 institutions1 langues et croyances4 ,les langues europennes drivent d'une langue mre jadis parle sur le plateau central de l',asie4 ,notre droit est le fils du droit romain1 fils lui-mme de droits antrieurs4 ,la religion juive drive directement des croyances chaldennes4 ,associe des croyances aryennes1 elle est devenue la grande religion qui rgit les peuples de l',occident depuis prs de deux mille ans4 ,nos sciences elles-mmes ne seraient pas ce qu'elles sont aujourd'hui sans le lent labeur des sicles4 ,les grands fondateurs de l'astronomie moderne1 ,copernic1 ,kepler1 ,newton1 se rattachent ,ptolme1 dont les livres servirent l'enseignement jusqu'au ,x,ve sicle1 et ,ptolme se rattache1 par l'cole d',alexandrie1 aux gyptiens et aux ,chaldens4 ,nous entrevoyons ainsi1 malgr les formidables lacunes dont l'histoire de la civilisation est pleine1 une lente volution de nos connaissances qui nous fait remonter travers les ges et les empires jusqu' l'aurore de ces antiques civilisations1 que la science moderne essaye aujourd'hui de rattacher aux temps primitifs o l'humanit n'avait pas d'histoire4 ,mais si la source est commune1 les transformations - progressives ou rgressives - que chaque peuple1 suivant sa constitution mentale1 fait subir aux lments emprunts1 sont fort diverses1 et c'est l'histoire mme de ces transformations qui constitue l'histoire des civilisations4 ,nous venons de constater que les lments fondamentaux dont se compose une civilisation sont individuels un peuple1 qu'ils sont le rsultat1 l'expression mme de sa structure mentale1 et qu'ils ne peuvent par consquent passer d'une race une autre sans subir des changements tout fait profonds4 ,nous avons vu aussi que ce qui masque l'tendue de ces changements1 c'est1 d'une part1 les ncessits linguistiques qui nous obligent dsigner sous des mots identiques des choses fort diffrentes1 et1 d'autre part1 les ncessits historiques qui amnent n'envisager que les formes extrmes d'une civilisation1 sans considrer les formes intermdiaires qui les unissent4 ,en tudiant dans le prochain chapitre les lois gnrales de l'volution des arts1 nous pourrons montrer avec plus de prcision encore la succession des changements qui s'oprent sur les lments fondamentaux d'une civilisation lorsqu'ils passent d'un peuple un autre4 ,,chapitre ,,iii ,,comment ,,se ,,transforment ,,les ,,arts ,application des principes prcdemment exposs l'tude de l'volution des arts chez les peuples orientaux4 - ,l'gypte4 - ,ides religieuses d'o ses arts drivent4 - ,ce que devinrent ses arts transports chez des races diffrentes 3 thiopiens1 ,grecs et ,perses4 - ,infriorit primitive de l'art grec4 - ,lenteur de son volution4 - ,adoption et volution en ,perse de l'art grec1 de l'art gyptien et de l'art assyrien4 - ,les transformations subies par les arts dpendent de la race1 et nullement des croyances religieuses4 - ,exemples fournis par les grandes transformations subies par l'art arabe suivant les races qui ont adopt l',islamisme4 - ,application de nos principes la recherche des origines et de l'volution des arts de l',inde4 - ,l',inde et la ,grce ont puis aux mmes sources1 mais en raison de la diversit des races elles sont arrives des arts n'ayant aucune parent4 - ,transformations immenses que l'architecture a subies dans l',inde suivant les races qui l'habitent1 et malgr la similitude des croyances4 ,en examinant les rapports qui relient la constitution mentale d'un peuple1 ses institutions1 ses croyances et sa langue1 j'ai d me borner de brves indications4 ,pour lucider de tels sujets1 il faudrait entasser des volumes4 ,en ce qui concerne les arts1 un expos clair et prcis est infiniment plus facile4 ,une institution1 une croyance sont choses de dfinition douteuse1 d'interprtation obscure4 ,il faut rechercher les ralits1 changeantes chaque poque1 qui se cachent derrire des textes morts1 se livrer tout un travail d'argumentation et de critique pour arriver des conclusions finalement contestables4 ,les oeuvres d'art1 les monuments surtout1 sont au contraire fort dfinies et d'interprtation facile4 ,les livres de pierre sont les plus lumineux des livres1 les seuls qui ne mentent jamais1 et c'est pour cette raison que je leur ai donn une place prpondrante dans mes ouvrages sur l'histoire des civilisations de l',orient4 ,j'ai toujours eu la plus grande dfiance pour les documents littraires4 ,ils trompent souvent et instruisent rarement4 ,le monument ne trompe gure et instruit toujours4 ,c'est lui qui garde le mieux la pense des peuples morts4 ,il faut plaindre la ccit mentale des spcialistes qui n'y cherchent que des inscriptions4 tudions donc maintenant comment les arts sont l'expression de la constitution mentale d'un peuple et comment ils se transforment en passant d'une civilisation une autre4 ,dans cet examen1 je ne m'occuperai que des arts orientaux4 ,la gense et la transformation des arts europens ont t soumises des lois identiques 2 mais1 pour montrer leur volution chez les diverses races1 il faudrait entrer dans des dtails que ne saurait comporter le cadre infiniment restreint de cette tude4 ,prenons d'abord les arts de l'gypte1 et voyons ce qu'ils sont devenus jadis en passant successivement chez trois races diffrentes 3 les ngres de l'thiopie1 les ,grecs et les ,perses4 ,de toutes les civilisations qui ont fleuri sur la surface du globe1 celle de l'gypte s'est traduite le plus compltement dans ses arts4 ,elle s'y est exprime avec tant de puissance et de clart que les types artistiques ns sur les bords du ,nil ne pouvaient convenir qu' elle seule et n'ont t adopts par d'autres peuples qu'aprs avoir subi de considrables transformations4 ,les arts gyptiens1 l'architecture surtout1 sont issus d'un idal particulier qui1 durant cinquante sicles1 fut la proccupation constante de tout un peuple4 ,l',egypte rvait de crer l'homme une demeure imprissable en face de son existence phmre4 ,cette race1 au contraire de tant d'autres1 a mpris la vie et courtis la mort4 ,ce qui l'intressait avant tout1 c'tait l'inerte momie qui1 de ses yeux d'mail incrusts dans son masque d'or1 contemple ternellement1 au fond de sa noire demeure1 des hiroglyphes mystrieux4 ,a l'abri de toute profanation dans sa maison spulcrale1 vaste comme un palais1 cette momie retrouvait1 peint et sculpt sur les parois de corridors sans fin1 ce qui l'avait charme durant sa brve existence terrestre4 ,l'architecture gyptienne est surtout une architecture funraire et religieuse1 ayant plus ou moins pour but la momie et les dieux4 ,c'est pour eux que se creusaient les souterrains1 que s'levaient les oblisques1 les pylnes1 les pyramides1 pour eux encore que les colosses pensifs se dressaient sur leurs trnes de pierre avec un geste si majestueux et si doux4 ,tout est stable et massif dans cette architecture1 parce qu'elle visait tre ternelle4 ,si les gyptiens taient le seul peuple de l'antiquit que nous connaissions1 nous pourrions bien dire1 en effet1 que l'art est la plus fidle expression de l'me de la race qui l'a cr4 ,des peuples trs diffrents les uns des autres 3 les thiopiens1 race infrieure1 les ,grecs et les ,perses1 races suprieures1 ont emprunt1 soit l'gypte seule1 soit l'gypte et l',assyrie1 leurs arts4 ,voyons ce qu'ils sont devenus entre leurs mains4 ,prenons d'abord le plus infrieur des peuples que nous venons de citer1 les thiopiens4 ,on sait qu' une poque fort avance de l'histoire gyptienne 7,x,x,i,ve dynastie71 les peuples du ,soudan1 profitant de l'anarchie et de la dcadence de l',egypte1 s'emparrent de quelques-unes de ses provinces et fondrent un royaume qui eut successivement ,xapata et ,mro pour capitale1 et qui conserva son indpendance pendant plusieurs sicles4 blouis par la civilisation des vaincus1 ils essayrent de copier leurs monuments et leurs arts 2 mais ces copies1 dont nous possdons des spcimens1 ne sont le plus souvent que de grossires bauches4 ,ces ngres taient des barbares que leur infriorit crbrale condamnait ne jamais sortir de la barbarie 2 et1 malgr l'action civilisatrice des gyptiens continue pendant plusieurs sicles1 ils n'en sont1 en effet1 jamais sortis4 ,il n'y a pas d'exemple dans l'histoire ancienne ou moderne qu'une peuplade ngre se soit leve un certain niveau de civilisation 2 et toutes les fois que1 par un de ces accidents qui1 dans l'antiquit1 se sont produits en thiopie1 de nos jours ,hati1 une civilisation leve est tombe entre les mains de la race ngre1 cette civilisation a t rapidement ramene des formes misrablement infrieures4 ,sous une latitude bien diffrente1 une autre race1 alors galement barbare1 mais une race blanche1 celle des ,grecs1 emprunta l'gypte et l',assyrie les premiers modles de ses arts1 et se borna d'abord1 elle aussi1 d'informes copies4 ,les produits des arts de ces deux grandes civilisations lui taient fournis par les ,phniciens1 matres des routes de la mer reliant les ctes de la ,mditerrane1 et par les peuples de l',asie ,mineure1 matres des routes de terre qui conduisaient ,ninive et ,babylone4 ,personne n'ignore quel point les ,grecs finirent par s'lever au-dessus de leurs modles4 ,mais les dcouvertes de l'archologie moderne ont prouv aussi combien furent grossires leurs premires bauches1 et ce qu'il leur fallut de sicles pour arriver produire les chefs-d'oeuvre qui les rendirent immortels4 ,a cette lourde tche de crer un art personnel et suprieur avec un art tranger1 les ,grecs ont dpens environ sept cents ans 2 mais les progrs raliss dans le dernier sicle sont plus considrables que ceux de tous les ges antrieurs4 ,ce qui est le plus long franchir pour un peuple1 ce ne sont pas les tapes suprieures de la civilisation1 ce sont les tapes infrieures4 ,les plus anciens produits de l'art grec1 ceux du ,trsor de ,mycnes1 du ,x,i,ie sicle avant notre re1 indiquent des essais tout barbares1 de grossires copies d'objets orientaux 2 six sicles plus tard1 l'art reste bien oriental encore 2 l',apollon de ,tna1 l',apollon d',orchomne ressemblent singulirement des statues gyptiennes 2 mais les progrs vont devenir fort rapides1 et1 un sicle plus tard1 nous arrivons ,phidias et aux merveilleuses statues du ,parthnon1 c'est--dire un art dgag de ses origines orientales et fort suprieur aux modles dont il s'tait inspir pendant si longtemps4 ,il en fut de mme pour l'architecture1 bien que les tapes de son volution soient moins faciles tablir4 ,nous ignorons ce que pouvaient tre les palais des pomes homriques1 vers le ,i,xe sicle avant notre re 2 mais les murs d'airain1 les fates brillant de couleurs1 les animaux d'or et d'argent gardant les portes1 dont nous parle le pote1 font immdiatement songer aux palais assyriens revtus de plaques de bronze et de briques mailles1 et gards par des taureaux sculpts4 ,nous savons1 en tout cas1 que le type des plus anciennes colonnes doriques grecques1 qui paraissent remonter au ,v,i,ie sicle1 se retrouve en gypte ,karnak et ,bni-,hassan 2 que la colonne ionique a plusieurs de ses parties empruntes l',assyrie 2 mais nous savons aussi que de ces lments trangers1 un peu superposs d'abord1 puis fusionns1 et enfin transforms1 sont ns des colonnes nouvelles fort diffrentes de leurs primitifs modles4 ,a une autre extrmit de l'ancien monde1 la ,perse va nous offrir une adoption et une volution analogues1 mais une volution qui n'a pu arriver son terme1 parce qu'elle a t brusquement arrte par la conqute trangre4 ,la ,perse n'a pas eu sept sicles1 comme la ,grce1 mais deux cents ans seulement pour se crer un art4 ,un seul peuple1 les ,arabes1 a russi jusqu'ici faire clore un art personnel dans un temps aussi court4 ,l'histoire de la civilisation perse ne commence gure qu'avec ,cyrus et ses successeurs1 qui russirent1 cinq sicles avant notre re1 s'emparer de la ,babylonie et de l'gypte1 c'est--dire des deux grands centres de civilisation dont la gloire clairait alors le monde oriental4 ,les ,grecs1 qui devaient dominer leur tour1 ne comptaient pas encore4 ,l'empire perse devint le centre de la civilisation1 jusqu' ce que1 trois sicles avant notre re1 il ft renvers par ,alexandre1 qui dplaa du mme coup le centre de la civilisation du monde4 ,ne possdant aucun art1 les ,perses1 lorsqu'ils se furent empars de l'gypte et de la ,babylonie1 lui empruntrent des artistes et des modles4 ,leur puissance n'ayant dur que deux sicles1 ils n'eurent pas le temps de modifier profondment ces arts1 mais1 lorsqu'ils furent renverss1 ils commenaient dj les transformer4 ,les ruines de ,perspolis1 encore debout1 nous redisent la gense de ces transformations4 ,nous y retrouvons sans doute la fusion1 ou plutt la superposition des arts de l'gypte et de l',assyrie1 mls quelques lments grecs 2 mais1 des lments nouveaux1 notamment la haute colonne perspolitaine aux chapiteaux bicphales1 s'y montrent dj1 et permettent de pressentir que si le temps n'avait pas t si restreint pour les ,perses1 cette race suprieure se ft cr un art aussi personnel1 sinon aussi lev que celui des ,grecs4 ,nous en avons la preuve1 lorsque nous retrouvons les monuments de la ,perse une dizaine de sicles plus tard4 ,a la dynastie des ,achmnides1 renverse par ,alexandre1 a succd celle des ,sleucides1 puis celles des ,arsacides et enfin celles des ,sassanides1 renverse au ,v,i,ie sicle par les ,arabes4 ,avec eux la ,perse acquiert une architecture nouvelle et quand elle difie de nouveau des monuments1 ils ont un cachet d'originalit incontestable rsultant de la combinaison de l'art arabe avec l'ancienne architecture des ,achmnides1 modifie par sa combinaison avec l'art hellnisant des ,arsacides 7portails gigantesques prenant toute la hauteur de la faade1 briques mailles1 arcades ogivales1 etc474 ,ce fut cet art nouveau que les ,mogols devaient ensuite transporter dans l',inde en le modifiant leur tour4 ,dans les exemples qui prcdent1 nous trouvons des degrs varis des transformations qu'un peuple peut faire subir aux arts d'un autre1 suivant la race et suivant le temps qu'il a pu consacrer cette transformation4 ,chez une race infrieure1 les thiopiens1 ayant cependant les sicles pour elle1 mais n'tant doue que d'une capacit crbrale insuffisante1 nous avons vu que l'art emprunt avait t ramen une forme infrieure4 ,chez une race1 la fois leve et ayant les sicles pour elle1 les ,grecs1 nous avons constat une transformation complte de l'art ancien en un art nouveau fort suprieur4 ,chez une autre race1 les ,perses1 moins leve que les ,grecs 1 et laquelle le temps fut mesur1 nous n'avons trouv qu'une grande habilet d'adaptation et des commencements de transformation4 ,mais1 en dehors des exemples la plupart lointains que nous venons de citer1 il en est d'autres beaucoup plus modernes1 dont les spcimens sont encore debout1 qui montrent la grandeur des transformations qu'une race est oblige de faire subir aux arts qu'elle emprunte4 ,ces exemples sont d'autant plus typiques1 qu'il s'agit de peuples professant la mme religion1 mais ayant des origines diffrentes4 ,je veux parler des musulmans4 ,lorsqu'au ,v,i,ie sicle de notre re1 les ,arabes s'emparrent de la plus grande partie du vieux monde grco-romain1 et fondrent ce gigantesque empire qui s'tendit bientt de l',espagne au centre de l',asie1 en longeant tout le nord de l',afrique1 ils se trouvrent en prsence d'une architecture nettement dfinie 3 l'architecture byzantine4 ,ils l'adoptrent simplement tout d'abord1 aussi bien en ,espagne qu'en gypte et en ,syrie1 pour l'dification de leurs mosques4 ,la mosque d',omar1 ,jrusalem1 celle d',amrou1 au ,caire1 et d'autres monuments encore debout1 nous montrent cette adoption4 ,mais elle ne dura pas longtemps1 et on voit les monuments se transformer de contre en contre1 de sicle en sicle4 ,dans notre ,histoire de la ,civilisation des ,arabes1 nous avons montr la gense de ces changements4 ,ils sont tellement considrables1 qu'entre un monument du dbut de la conqute1 comme la mosque d',amrou1 au ,caire 7#gdb71 et celle de ,kat,bey 7#adfh7 de la fin de la grande priode arabe1 il n'y a pas trace de ressemblance4 ,nous avons fait voir par nos explications et nos figures que1 dans les divers pays soumis la loi de l',islam 3 l',espagne1 l',afrique1 la ,syrie1 la ,perse1 l',inde1 les monuments prsentent des diffrences tellement considrables qu'il est vraiment impossible de les classer sous une mme dnomination1 comme on peut le faire1 par exemple1 pour les monuments gothiques1 qui1 malgr leurs varits1 prsentent une vidente analogie4 ,ces diffrences radicales dans l'architecture des pays musulmans ne peuvent tenir la diversit des croyances1 puisque la religion est la mme 2 elle tient ces divergences de races1 qui influent sur l'volution des arts aussi profondment que sur les destines des empires4 ,si cette assertion est exacte1 nous devons nous attendre trouver dans un mme pays1 habit par des races diffrentes1 des monuments fort dissemblables1 malgr l'identit des croyances et l'unit de la domination politique4 ,c'est l prcisment ce qu'on peut observer dans l',inde4 ,c'est dans l',inde qu'il est le plus facile de trouver des exemples venant l'appui des principes gnraux exposs dans cet ouvrage et c'est pourquoi j'y reviens toujours4 ,la grande pninsule constitue le plus suggestif et le plus philosophique des livres d'histoire4 ,c'est aujourd'hui la seule contre1 en effet1 o1 par de simples dplacements dans l'espace1 on puisse se dplacer volont dans le temps1 et revoir vivantes encore les sries d'tapes successives que l'humanit a d traverser pour atteindre les niveaux suprieurs de la civilisation4 ,toutes les formes d'volution s'y retrouvent 3 l'ge de la pierre y a ses reprsentants1 et l'ge de l'lectricit et de la vapeur les y possde galement4 ,nulle part on ne saurait mieux voir le rle des grands facteurs qui prsident la gense et l'volution des civilisations4 ,c'est en appliquant les principes dvelopps dans le prsent ouvrage que j'ai essay de rsoudre un problme cherch depuis longtemps 3 l'origine des arts de l',inde4 ,le sujet tant fort peu connu et constituant une application intressante de nos ides sur la psychologie des races1 nous allons en rsumer ici les lignes les plus essentielles #i4 #i ,pour les dtails techniques qui ne pourraient mme pas tre effleurs ici je renverrai mon ouvrage 3 ,les ,monuments de l',inde1 un vol4 in-folio illustr de #djj planches d'aprs mes photographies1 plans et dessins 7librairie ,didot74 ,plusieurs de ces planches1 rduites1 ont paru dans mon ouvrage ,les ,civilisations dans l',inde1 in-#d;deg de #hjj pages4 ,au point de vue des arts1 l',inde n'apparat que fort tard dans l'histoire4 ,ses plus vieux monuments1 tels que les colonnes d',asoka1 les temples de ,karli1 de ,bharhut1 de ,sanchi1 etc41 sont de deux sicles peine antrieurs notre re4 ,lorsqu'ils furent construits1 la plupart des vieilles civilisations du monde ancien1 celles de l'gypte1 de la ,perse et de l',assyrie1 celle de la ,grce elle-mme1 avaient termin leur cycle et pntraient dans la nuit de la dcadence4 ,une seule civilisation1 celle de ,rome1 avait remplac toutes les autres4 ,le monde ne connaissait plus qu'un matre4 ,l',inde1 qui mergeait si tard de l'ombre de l'histoire1 avait donc pu emprunter bien des choses aux civilisations antrieures 2 mais l'isolement profond o nagure encore on admettait qu'elle avait toujours vcu1 et l'tonnante originalit de ses monuments1 sans parent visible avec tous ceux qui les avaient prcds1 a fait longtemps carter toute hypothse d'emprunts trangers4 ,a ct de leur incontestable originalit1 les premiers monuments de l',inde montraient aussi une supriorit d'excution que1 dans la suite des sicles1 ils ne devaient pas dpasser4 ,des oeuvres d'une telle perfection avaient t prcdes sans doute de longs ttonnements antrieurs 2 mais1 malgr les plus minutieuses recherches1 aucune bauche1 aucun monument d'ordre infrieur ne rvlait la trace de ces ttonnements4 ,la dcouverte rcente1 dans certaines rgions isoles du nord-ouest de la pninsule1 de dbris de statues et de monuments rvlant des influences grecques videntes avait fini par faire croire aux indianistes que l',inde avait emprunt ses arts la ,grce4 ,l'application des principes prcdemment exposs et l'examen approfondi de la plupart des monuments existant encore dans l',inde1 nous conduisit une solution tout fait diffrente4 ,l',inde1 suivant nous1 malgr son contact accidentel avec la civilisation grecque1 ne lui a emprunt aucun de ses arts et ne pouvait lui en emprunter aucun4 ,les deux races en prsence taient trop diffrentes1 leurs penses trop dissemblables1 leurs gnies artistiques trop incompatibles pour qu'elles aient pu s'influencer4 ,l'examen des anciens monuments dissmins dans l',inde montre immdiatement d'ailleurs qu'entre ses arts et ceux de la ,grce il n'y a aucune parent4 ,alors que tous nos monuments europens sont pleins d'lments emprunts l'art grec1 les monuments de l',inde n'en prsentent absolument aucun4 ,l'tude la plus superficielle prouve que nous sommes en prsence de races extrmement diffrentes1 et qu'il n'y eut jamais peut-tre de gnies plus dissemblables - je dirai mme plus antipathiques - que le gnie grec et le gnie hindou4 ,cette notion gnrale ne fait que s'accentuer quand on pntre plus avant dans l'tude des monuments de l',inde et dans la psychologie intime des peuples qui les ont crs4 ,on constate bientt que le gnie hindou est trop personnel pour subir une influence trangre loigne de sa pense4 ,elle peut tre impose1 sans doute1 cette influence trangre 2 mais1 si prolonge qu'on la suppose1 elle reste infiniment superficielle et transitoire4 ,il semble qu'entre la constitution mentale des diverses races de l',inde et celle des autres peuples1 il y ait des barrires aussi hautes que les obstacles formidables crs par la nature entre la grande pninsule et les autres contres du globe4 ,le gnie hindou est tellement spcial que1 quel que soit l'objet dont la ncessit lui impose l'imitation1 cet objet est immdiatement transform et devient hindou4 ,mme dans l'architecture1 o il est pourtant difficile de dissimuler les emprunts1 la personnalit de ce bizarre gnie1 cette facult de dformation rapide se rvle bien vite4 ,on peut bien faire copier une colonne grecque par un architecte hindou1 mais on ne l'empchera pas de la transformer rapidement en une colonne qu' premire vue on qualifiera d'hindoue4 ,mme de nos jours o l'influence europenne est pourtant si puissante dans l',inde1 de telles transformations s'observent journellement4 ,donnez un artiste hindou un modle europen quelconque copier1 il en adoptera la forme gnrale1 mais il exagrera certaines parties1 multipliera1 en les dformant1 les dtails d'ornementation1 et la seconde ou la troisime copie aura dpouill tout caractre occidental pour devenir exclusivement hindoue4 ,le caractre fondamental de l'architecture hindoue1 - et ce caractre se retrouve dans la littrature1 fort parente pour cette raison de l'architecture1 - c'est une exagration dbordante1 une richesse infinie de dtails1 une complication qui est prcisment l'antipode de la simplicit correcte et froide de l'art grec4 ,c'est surtout en tudiant les arts de l',inde qu'on comprend quel point les oeuvres plastiques d'une race sont souvent en rapport avec sa constitution mentale1 et forment le plus clair des langages pour qui sait les interprter4 ,si les ,hindous avaient1 comme les ,assyriens1 entirement disparu de l'histoire1 les bas-reliefs de leurs temples1 leurs statues1 leurs monuments suffiraient nous rvler leur pass4 ,ce qu'ils nous diraient surtout1 c'est que l'esprit mthodique et clair des ,grecs n'a jamais pu exercer la plus lgre influence sur l'imagination dbordante et sans mthode des ,hindous4 ,ils nous feraient comprendre aussi pourquoi une influence grecque dans l',inde ne put jamais tre que transitoire et limite toujours la rgion o elle fut momentanment impose4 ,l'tude archologique des monuments nous a permis de confirmer par des documents prcis ce que la connaissance gnrale de l',inde et de l'esprit hindou rvle immdiatement4 ,elle nous a permis de constater ce fait curieux que1 plusieurs reprises et notamment pendant les deux premiers sicles de notre re1 des souverains hindous en relations avec les rois ,arsacides de la ,perse1 dont la civilisation tait trs empreinte d'hellnisme1 voulurent introduire dans l',inde l'art grec1 mais ne russirent jamais l'y faire vivre4 ,cet art d'emprunt1 tout officiel1 et sans relation avec la pense du peuple chez lequel il tait import1 disparut toujours avec les influences politiques qui lui avaient donn naissance4 ,il tait d'ailleurs trop antipathique au gnie hindou1 pour avoir eu1 mme pendant la priode o il fut impos1 quelque influence sur l'art national4 ,on ne retrouve pas1 en effet1 dans les monuments hindous contemporains ou postrieurs1 tels que les nombreux temples souterrains1 trace d'influences grecques4 ,elles seraient1 d'autre part1 trop faciles discerner pour pouvoir tre mconnues4 ,en dehors de l'ensemble1 qui est toujours caractristique1 il y a des dtails techniques1 le travail des draperies notamment1 qui rvle immdiatement la main d'un artiste grec4 ,la disparition de l'art grec dans l',inde fut aussi soudaine que son apparition1 et cette soudainet mme montre quel point il fut un art d'importation1 officiellement impos1 mais sans affinit avec le peuple qui avait d l'accepter4 ,ce n'est jamais ainsi que disparaissent les arts chez un peuple 2 ils se transforment1 et l'art nouveau emprunte toujours quelque chose celui dont il hrite4 ,venu brusquement dans l',inde1 l'art grec en disparut brusquement1 et y exera une influence aussi nulle que celle des monuments europens que les ,anglais y construisent depuis deux sicles4 ,l'absence actuelle d'influence des arts europens dans l',inde1 malgr plus d'un sicle de domination absolue1 peut tre rapproche du peu d'influence des arts grecs1 il y a dix-huit sicles4 ,on ne peut nier qu'il y ait l une incompatibilit de sentiments esthtiques1 car les arts musulmans1 bien qu'aussi trangers l',inde que les arts europens1 ont t imits dans toutes les parties de la pninsule4 ,mme dans celles o les musulmans n'ont jamais possd aucun pouvoir1 il est rare de trouver un temple ne contenant pas quelques motifs d'ornementation arabe4 ,sans doute1 comme au temps lointain du roi ,kanishka1 nous voyons aujourd'hui des rajahs1 tels que celui de ,gwalior1 sduits par la grandeur de la puissance des trangers1 se faire btir des palais europens de style grco-latin1 mais - toujours comme au temps de ,kanishka - cet art officiel1 superpos l'art indigne1 est totalement sans influence sur ce dernier4 ,l'art grec et l'art hindou ont donc jadis subsist cte cte1 comme l'art europen et l'art hindou aujourd'hui1 mais sans jamais s'influencer4 ,en ce qui concerne les monuments de l',inde proprement dite1 il n'en est pas un seul dont on puisse dire qu'il prsente dans son ensemble ou dans ses dtails une ressemblance quelconque1 si lointaine qu'on la suppose1 avec un monument grec4 ,cette impuissance de l'art grec s'implanter dans l',inde a quelque chose de frappant1 et il faut bien l'attribuer cette incompatibilit que nous avons signale entre l'me des deux races1 et non une sorte d'incapacit native de l',inde s'assimiler un art tranger1 puisqu'elle a parfaitement su s'assimiler et transformer les arts qui taient en rapport avec sa constitution mentale4 ,les documents archologiques que nous avons pu runir nous ont montr que c'est en effet la ,perse que l',inde a demand l'origine de ses arts 2 non pas la ,perse un peu hellnise du temps des ,arsacides1 mais la ,perse hritire des vieilles civilisations de l',assyrie et de l',egypte4 ,on sait que lorsque1 #ccj ans avant ,jsus-,christ1 ,alexandre renversa la dynastie des rois ,achmnides1 les ,perses possdaient depuis deux sicles une civilisation brillante4 ,ils n'avaient pas trouv sans doute la formule d'un art nouveau1 mais le mlange des arts gyptien et assyrien dont ils avaient hrit1 avait produit des oeuvres remarquables4 ,nous en pouvons juger par les ruines encore debout de ,perspolis4 ,l1 les pylnes de l'gypte1 les taureaux ails de l',assyrie1 et mme quelques lments grecs nous montrent que1 sur cette rgion limite de l',asie1 se trouvaient en prsence tous les arts des grandes civilisations antrieures4 ,c'est dans la ,perse que l',inde est venue puiser1 mais elle puisait en ralit dans les arts de la ,chalde et de l'gypte que la ,perse s'tait borne emprunter4 ,l'tude des monuments de l',inde rvle de quels emprunts ils ont vcu leur origine 2 mais1 pour constater ces emprunts1 il faut s'adresser aux monuments les plus anciens 3 l'me hindoue est tellement spciale1 que les choses empruntes subissent1 pour s'adapter ses conceptions1 des transformations telles qu'elles deviennent bientt mconnaissables4 ,pourquoi l',inde1 qui s'est montre si incapable d'emprunter quoi que ce soit la ,grce1 s'est-elle1 au contraire1 montre si apte emprunter la ,perse 8 ,c'est videmment que les arts de la ,perse taient trs en rapport avec la structure de son esprit1 alors que les arts de la ,grce ne l'taient nullement4 ,les formes simples1 les surfaces peu ornementes des monuments1 grecs ne pouvaient convenir l'esprit hindou1 alors que les formes tourmentes1 l'exubrance de la dcoration1 la richesse de l'ornementation des monuments de la ,perse devaient le sduire4 ,ce n'est pas d'ailleurs seulement cette poque lointaine1 antrieure notre re1 que la ,perse1 reprsentante de l',egypte et de l',assyrie1 exera par ses arts son influence sur l',inde4 ,lorsque1 bien des sicles plus tard1 les musulmans apparurent dans la pninsule1 leur civilisation1 pendant son passage travers la ,perse1 s'tait profondment sature d'lments persans 2 et ce qu'elle apporta l',inde1 ce fut un art surtout persan qui portait encore la trace de ses vieilles traditions assyriennes continues par les rois achmnides4 ,les portes gigantesques des mosques1 et surtout les briques mailles qui les recouvrent1 sont des vestiges de la civilisation chaldo-assyrienne4 ,ces arts1 l',inde sut se les assimiler encore1 parce qu'ils taient en rapport avec le gnie de sa race1 alors que l'art grec autrefois1 l'art europen aujourd'hui1 profondment antipathiques sa faon de sentir et de penser1 sont toujours rests sans influence sur lui4 ,ce n'est donc pas la ,grce1 comme le soutiennent encore les archologues1 mais bien l',egypte et l',assyrie - par l'intermdiaire de la ,perse1 - que l',inde se rattache4 ,l',inde n'a rien pris la ,grce1 mais toutes deux ont puis aux mmes sources1 ce trsor commun1 fondement de toutes les civilisations1 labor pendant des sicles par les peuples de l',egypte et de la ,chalde4 ,la ,grce lui a emprunt1 par l'intermdiaire des ,phniciens et des peuples de l',asie ,mineure1 l',inde par l'intermdiaire de la ,perse4 ,les civilisations de la ,grce et de l',inde remontent ainsi une source commune 2 toutefois dans les deux contres1 les courants issus de cette source ont bientt - suivant le gnie de chaque race - profondment diverg4 ,mais si1 comme nous l'avons dit1 l'art est en rapport intime avec la constitution mentale de la race et si pour cette raison le mme art emprunt par des races dissemblables revt aussitt des formes trs diffrentes1 nous devons nous attendre ce que l',inde1 habite par des races trs diverses1 possde des arts fort diffrents1 des styles d'architecture sans ressemblance1 malgr l'identit des croyances4 ,l'examen des monuments des diverses rgions de l',inde montre quel point il en est ainsi4 ,les diffrences entre les monuments sont mme tellement profondes que nous n'avons pu les classer que par rgions1 c'est--dire suivant la race1 et pas du tout suivant la religion laquelle appartiennent les peuples qui les ont construits4 ,il n'y a aucune analogie entre les monuments du nord de l',inde et ceux du sud levs la mme poque par des peuples professant pourtant une religion semblable4 ,mme pendant la domination musulmane1 c'est- dire pendant la priode o l'unit politique de l',inde fut la plus complte1 l'influence du pouvoir central la plus grande1 les monuments purement musulmans prsentent des diffrences profondes d'une rgion l'autre4 ,une mosque d',ahmedabad1 une mosque de ,lahore1 une mosque d',agra1 une mosque de ,bijapour1 bien que consacres au mme culte1 ne prsentent qu'une bien faible parent1 parent beaucoup moindre que celle qui rattache un monument de la ,renaissance ceux de la priode gothique4 ,ce n'est pas seulement l'architecture qui diffre dans l',inde d'une race l'autre 2 la statuaire varie galement dans les diverses rgions1 non seulement par les types reprsents1 mais surtout par la faon dont ils sont traits4 ,que l'on compare les bas-reliefs ou les statues de ,sanchi avec ceux de ,bharhut1 presque contemporains pourtant1 la diffrence est dj manifeste4 ,elle est plus grande encore quand on compare les statues et les bas-reliefs de la province d',orissa avec ceux du ,bundelkund1 ou encore les statues du ,mysore avec celles des grandes pagodes du sud de l',inde4 ,l'influence de la race apparat partout4 ,elle apparat d'ailleurs dans les moindres objets artistiques 3 personne n'ignore combien ils sont diffrents d'une partie de l',inde l'autre4 ,il ne faut pas un oeil trs exerc pour reconnatre un coffret de bois sculpt de ,mysore du mme coffret sculpt dans le ,guzrat1 ni pour distinguer un bijou de la cte d',orissa d'un bijou de la cte de ,bombay4 ,sans doute1 l'architecture de l',inde est1 comme celle de tous les ,orientaux1 une architecture principalement religieuse 2 mais quelque grande que puisse tre l'influence religieuse1 en ,orient surtout1 l'influence de la race est beaucoup plus considrable4 ,cette me de la race1 qui dirige la destine des peuples1 dirige donc aussi leurs croyances1 leurs institutions et leurs arts 2 quel que soit l'lment de civilisation tudi1 nous la retrouvons toujours4 ,elle est la seule puissance contre laquelle aucune autre ne saurait prvaloir4 ,elle reprsente le poids de milliers de gnrations1 la synthse de leur pense4 ,,livre ,,iii ,l',,histoire ,,des ,,peuples ,,comme ,,consequence ,,de ,,leur ,,caract,,re ,,chapitre ,,premier ,,comment ,,les ,,institutions ,d,,rivent ,,de ,l',,ame ,,des ,,peuples ,l'histoire d'un peuple drive toujours de sa constitution mentale4 - ,exemples divers4 - ,comment les institutions politiques de la ,france drivent de l'me de la race4 - ,leur invariabilit relle sous leur variabilit apparente4 - ,nos partis politiques les plus divers poursuivent1 sous des noms diffrents1 des buts politiques identiques4 - ,leur idal est toujours la centralisation et la destruction de l'initiative individuelle au profit de l',etat4 - ,comment la ,rvolution franaise n'a fait qu'excuter le programme de l'ancienne monarchie4 - ,opposition de l'idal de la race anglo-saxonne l'idal latin4 - ,l'initiative du citoyen substitue l'initiative de l',etat4 - ,les institutions des peuples drivent toujours de leur caractre4 ,l'histoire dans ses grandes lignes peut tre considre comme le simple expos des rsultats engendrs par la constitution psychologique des races4 ,elle dcoule de cette constitution1 comme les organes respiratoires des poissons dcoulent de leur vie aquatique4 ,sans la connaissance pralable de la constitution mentale d'un peuple1 l'histoire apparat comme un chaos d'vnements rgis par le hasard4 ,lorsque l'me d'un peuple nous est connue1 sa vie se montre au contraire comme la consquence rgulire et fatale de ses caractres psychologiques4 ,dans toutes les manifestations de la vie d'une nation1 nous retrouvons toujours l'me immuable de la race tissant elle-mme son propre destin4 ,c'est surtout dans les institutions politiques que se manifeste le plus visiblement la souveraine puissance de l'me de la race4 ,il nous sera facile de le prouver par quelques exemples4 ,prenons d'abord la ,france1 c'est--dire un des pays du monde qui ont t soumis aux bouleversements les plus profonds1 o1 en peu d'annes1 les institutions politiques semblent avoir le plus radicalement chang1 o les partis semblent le plus divergents4 ,si nous envisageons1 au point de vue psychologique1 ces opinions si dissemblables en apparence1 ces partis sans cesse en lutte1 nous constaterons qu'ils ont en ralit un fond commun parfaitement identique qui reprsente exactement l'idal de notre race4 ,intransigeants1 radicaux1 monarchistes1 socialistes1 en un mot tous les dfenseurs des doctrines les plus diverses1 poursuivent avec des tiquettes dissemblables un but parfaitement identique 3 l'absorption de l'individu par l',etat4 ,ce que tous veulent avec la mme ardeur1 c'est le vieux rgime centralisateur et csarien1 l',etat dirigeant tout1 rglant tout1 absorbant tout1 rglementant les moindres dtails de la vie des citoyens1 et les dispensant ainsi d'avoir manifester aucune lueur de rflexion et d'initiative4 ,que le pouvoir plac la tte de l',etat s'appelle roi1 empereur1 prsident1 etc41 il n'importe1 ce pouvoir1 quel qu'il soit1 aura forcment le mme idal1 et cet idal est l'expression mme des sentiments de l'me de la race #aj4 ,elle n'en tolrerait pas d'autre4 #aj ,tel est1 crit un fort judicieux observateur1 ,dupont ,white1 le singulier gnie de la ,france 3 elle n'est pas de caractre russir en certaines choses1 essentielles ou dsirables qui touchent l'ornement ou au fond mme de la civilisation sans y tre soutenue et stimule par son gouvernement4 ,si donc notre nervosit extrme1 notre facilit trs grande tre mcontents de ce qui nous entoure1 l'ide qu'un gouvernement nouveau rendra notre sort plus heureux1 nous conduisent changer sans cesse nos institutions1 la grande voix des morts qui nous mne1 nous condamne ne changer que des mots et des apparences4 ,la puissance inconsciente de l'me de notre race est telle que nous ne nous apercevons mme pas de l'illusion dont nous sommes victimes4 ,rien assurment1 si l'on ne s'en tient qu'aux apparences1 n'est plus diffrent de l'ancien rgime que celui cr par notre grande ,rvolution4 ,en ralit pourtant1 et sans s'en douter certes1 elle n'a fait que continuer la tradition royale1 en achevant l'oeuvre de centralisation commence par la monarchie depuis quelques sicles4 ,si ,louis ,,xiii et ,louis ,,xiv sortaient de leurs tombes pour juger l'oeuvre de la ,rvolution1 ils blmeraient sans doute quelques-unes des violences qui ont accompagn sa ralisation1 mais ils la considreraient comme rigoureusement conforme leurs traditions et leur programme et reconnatraient qu'un ministre charg par eux d'excuter ce programme n'et pas mieux russi4 ,ils diraient que le moins rvolutionnaire des gouvernements que la ,france a connus fut prcisment celui de la ,rvolution4 ,ils constateraient1 en outre1 que1 depuis un sicle1 aucun des rgimes divers qui se sont succd en ,france n'a essay de toucher cette oeuvre1 tant elle est bien le fruit d'une volution rgulire1 la continuation de l'idal monarchique et l'expression du gnie de la race4 ,sans doute ces fantmes illustres1 en raison de leur grande exprience1 prsenteraient quelques critiques1 et peut-tre feraient-ils observer qu'en remplaant la caste aristocratique gouvernementale par la caste administrative1 on a cr dans l',etat un pouvoir impersonnel plus redoutable que celui de l'ancienne noblesse1 parce que c'est le seul qui1 chappant aux changements politiques1 possde des traditions1 un esprit de corps1 l'absence de responsabilit et la perptuit1 c'est--dire une srie de conditions qui l'amneront ncessairement devenir le seul matre4 ,ils n'insisteraient pas beaucoup1 je crois1 cependant sur cette objection1 considrant que les peuples latins se souciant fort peu de libert et beaucoup d'galit1 supportent aisment tous les despotismes1 la seule condition que ces despotismes soient impersonnels4 ,peut-tre encore trouveraient-ils bien excessifs et bien tyranniques les rglements innombrables1 les mille liens qui entourent aujourd'hui le moindre des actes de la vie1 et feraient-ils remarquer que quand l',etat aura tout absorb1 tout rglement1 dpouill les citoyens de toute initiative1 nous nous trouverons spontanment1 et sans aucune rvolution nouvelle1 en plein socialisme4 ,mais1 alors les lumires divines qui clairent les rois1 ou dfaut les lumires mathmatiques qui enseignent que les effets croissent en progression gomtrique quand les mmes causes subsistent1 leur permettraient de concevoir que le socialisme n'est autre chose que l'expression ultime de l'ide monarchique1 dont la ,rvolution n'a t qu'une phase acclratrice4 ,ainsi1 dans les institutions d'un peuple1 nous retrouvons la fois ces circonstances accidentelles mentionnes au dbut de cet ouvrage1 et ces lois permanentes que nous avons essay de dterminer4 ,les circonstances accidentelles crent les noms1 les apparences4 ,les lois fondamentales1 et les plus fondamentales dcoulent du caractre des peuples1 crent la destine des nations4 ,a l'exemple qui prcde1 nous pouvons opposer celui d'une autre race1 la race anglaise1 dont la constitution psychologique est trs diffrente de la ntre4 ,par ce fait seul1 ses institutions s'loigneront radicalement des ntres4 ,que les ,anglais aient leur tte un monarque comme en ,angleterre1 ou un prsident comme aux ,etats-,unis1 leur gouvernement prsentera toujours les mmes caractristiques fondamentales 3 l'action de l',etat sera rduite au minimum1 et celle des particuliers porte au maximum1 ce qui est prcisment le contraire de l'idal latin4 ,ports1 canaux1 chemins de fer1 tablissements d'instruction1 etc41 seront toujours crs et entretenus par l'initiative des particuliers et jamais par celle de l',etat #aa4 ,il n'y a ni rvolutions1 ni constitutions1 ni despotes qui puissent donner un peuple qui ne les possde pas1 ou ter un peuple qui les possde1 les qualits de caractre d'o ses institutions drivent4 ,on a rpt bien des fois que les peuples ont les gouvernements qu'ils mritent4 ,pourrait-on concevoir qu'ils en eussent d'autres 8 #aa ,cette prpondrance de l'initiative individuelle doit tre surtout observe en ,amrique4 ,en ,angleterre1 elle a singulirement baiss depuis vingt-cinq ans et l',etat s'y montre de plus en plus envahissant4 ,nous montrerons bientt par d'autres exemples qu'un peuple ne se soustrait pas aux consquences de sa constitution mentale 2 ou que1 s'il s'y soustrait1 c'est pour de rares instants1 comme le sable soulev par l'orage semble chapper pour un moment aux lois de l'attraction4 ,c'est une chimre enfantine de croire que les gouvernements et les constitutions sont pour quelque chose dans la destine d'un peuple4 ,c'est en lui-mme que se trouve sa destine1 et non dans les circonstances extrieures4 ,tout ce qu'on peut demander un gouvernement1 c'est d'tre l'expression des sentiments et des ides du peuple qu'il est appel rgir1 et1 par le fait seul qu'il existe1 il en est l'image4 ,il n'y a pas de gouvernements ni d'institutions dont on puisse dire qu'ils sont absolument bons ou absolument mauvais4 ,le gouvernement du roi de ,dahomey tait probablement un gouvernement excellent pour le peuple qu'il tait appel gouverner 2 et la plus savante constitution europenne et t infrieure pour ce mme peuple4 ,c'est l ce qu'ignorent malheureusement les hommes d',etat qui se figurent qu'un gouvernement est chose d'exportation1 et que des colonies peuvent tre gouvernes avec les institutions d'une mtropole4 ,autant vaudrait tcher de persuader aux poissons de vivre dans l'air1 sous prtexte que la respiration arienne est pratique par tous les animaux suprieurs4 ,par le fait seul de la diversit de leur constitution mentale1 des peuples diffrents ne sauraient subsister longtemps sous un rgime identique4 ,l',irlandais et l',anglais1 le ,slave et le ,hongrois1 l',arabe et le ,franais ne sont maintenus qu'avec les plus grandes difficults sous les mmes lois et au prix de rvolutions incessantes4 ,les grands empires contenant des peuples divers ont toujours t condamns une existence phmre4 ,lorsqu'ils ont eu quelque dure comme celui des ,mogols1 puis des ,anglais dans l',inde1 c'est d'une part parce que les races en prsence taient tellement nombreuses1 tellement diffrentes et par consquent tellement rivales1 qu'elles ne pouvaient songer s'unir contre l'tranger 2 c'est1 d'autre part1 parce que ces matres trangers ont eu un instinct politique assez sr pour respecter les coutumes des peuples conquis et les laisser vivre sous leurs propres lois4 ,on crirait bien des livres1 on referait mme l'histoire tout entire et un point de vue trs nouveau1 si on voulait montrer toutes les consquences de la constitution psychologique des peuples4 ,son tude approfondie devrait tre la base de la politique et de l'ducation4 ,on pourrait mme dire que cette tude viterait bien des erreurs et bien des bouleversements si les peuples pouvaient chapper aux fatalits de leur race1 si la voix de la raison n'tait pas toujours teinte par l'imprieuse voix des morts4 ,,chapitre ,,ii ,,application ,,des ,,principes ,,pr,c,,dents ,a ,l',,tude ,,compar,e ,,de ,l',,volution ,,des ,,etats-,,unis ,d',,am,,rique ,,et ,,des ,r,,publiques ,,hispano-,,am,,ricaines ,le caractre anglais4 - ,comment l'me amricaine s'est forme4 - ,duret de la slection cre par les conditions d'existence4 - ,disparition force des lments infrieurs4 - ,les ngres et les ,chinois4 - ,raisons de la prosprit des ,etats-,unis et de la dcadence des ,rpubliques hispano-amricaines malgr des institutions politiques identiques4 - ,l'anarchie force des ,rpubliques hispano-amricaines comme consquence de l'infriorit des caractres de la race4 ,les brves considrations qui prcdent montrent que les institutions d'un peuple sont l'expression de son me et que1 s'il lui est ais d'en changer la forme1 il ne saurait en changer le fond4 ,nous allons maintenant montrer par des exemples trs prcis quel point l'me d'un peuple rgit sa destine et le rle insignifiant que jouent les institutions dans cette destine #ab4 #ab ,l'illustre sociologiste anglais ,herbert ,spencer avait laiss de ct dans ses grands ouvrages l'influence du caractre des peuples sur leurs destines1 et ses belles synthses thoriques l'avaient d'abord conduit des conclusions fort optimistes4 ,s'tant dcid en vieillissant tenir compte du rle fondamental du caractre1 il a d modifier entirement ses conclusions premires et est arriv finalement leur en substituer de fort pessimistes4 ,nous en trouvons l'expression dans un discours rcemment publi sur ,tyndall et reproduit dans la ,revue des ,revues4 ,en voici quelques extraits 3 444 ,ma foi dans les institutions libres1 si forte l'origine1 s'est vue dans ces dernires annes considrablement diminue444 ,nous reculons vers le rgime de la main de fer reprsent par le despotisme bureaucratique d'une organisation socialiste1 puis par le despotisme militaire qui lui succdera si toutefois ce dernier ne nous est pas brusquement apport par quelque krach social4 ,ces exemples1 je les prendrai dans un pays o vivent cte cte1 dans des conditions de milieu peu diffrentes1 deux races europennes galement civilises et intelligentes1 et ne diffrant que par leur caractre 3 je veux parler de l',amrique4 ,elle est forme par deux continents distincts1 runis par un isthme4 ,la superficie de chacun de ces continents est peu prs gale1 leur sol trs comparable4 ,l'un d'eux a t conquis et peupl par la race anglaise1 l'autre par la race espagnole4 ,ces deux races vivent sous des constitutions rpublicaines semblables1 puisque les rpubliques du sud de l',amrique ont toutes copi les leurs sur celles des ,etats-,unis4 ,il n'y a donc en prsence1 pour expliquer les destines diffrentes de ces peuples1 que des diffrences de races4 ,voyons ce que ces diffrences ont produit4 ,rsumons d'abord en quelques mots les caractres de la race anglo-saxonne1 qui a peupl les ,etats-,unis4 ,il n'en est peut-tre pas dans le monde qui soit plus homogne1 et dont la constitution mentale soit plus facile dfinir dans ses grandes lignes4 ,les dominantes de cette constitution mentale sont1 au point de vue du caractre 3 une somme de volont que bien peu de peuples1 sauf les ,romains peut-tre1 ont possde1 une nergie indomptable1 une initiative trs grande1 un empire absolu sur soi1 un sentiment de l'indpendance pouss jusqu' l'insociabilit excessive1 une activit puissante1 des sentiments religieux trs vifs1 une moralit trs fixe1 une ide de devoir trs nette4 ,au point de vue intellectuel1 on ne peut donner de caractristiques spciales1 c'est--dire indiquer des lments particuliers qu'on ne puisse retrouver chez les autres nations civilises4 ,il n'y a gure noter qu'un jugement sr qui permet de saisir le ct pratique et positif des choses et de ne pas s'garer dans des recherches chimriques 3 un got trs vif pour les faits et mdiocre pour les ides gnrales1 une certaine troitesse d'esprit1 qui empche de voir les cts faibles des croyances religieuses1 et met1 par consquence1 ces croyances l'abri de la discussion4 ,a ces caractristiques gnrales1 il faut joindre cet optimisme complet de l'homme dont la voie est bien trace dans la vie1 et qui ne suppose mme pas qu'il puisse en choisir de meilleure4 ,il sait toujours ce que lui demandent sa patrie1 sa famille et ses dieux4 ,cet optimisme est pouss au point de faire considrer comme extrmement mprisable tout ce qui est tranger4 ,le mpris de l'tranger et de ses usages dpasse certainement1 en ,angleterre1 celui que professaient jadis les ,romains et les ,barbares l'poque de leur grandeur4 ,il est tel qu' l'gard de l'tranger toute rgle morale disparat4 ,il n'est pas un homme d',etat anglais qui ne considre comme parfaitement lgitime1 dans sa conduite l'gard des autres peuples1 des actes qui provoqueraient la plus profonde et la plus unanime indignation s'ils taient pratiqus l'gard de ses compatriotes4 ,ce ddain de l'tranger est sans doute1 au point de vue philosophique1 un sentiment d'ordre trs infrieur 2 mais1 au point de vue de la prosprit d'un peuple1 il est d'une utilit extrme4 ,comme le fait justement remarquer le gnral anglais ,wolseley1 il est un de ceux qui font la force de l',angleterre4 ,on a dit avec raison1 propos de leur refus1 trs judicieux d'ailleurs1 de laisser tablir sous la ,manche un tunnel qui faciliterait les rapports avec le continent1 que les ,anglais prenaient autant de peine que les ,chinois pour empcher toute influence trangre de pntrer chez eux4 ,tous les caractres qui viennent d'tre numrs se retrouvent dans les diverses couches sociales 2 on ne pourrait dcouvrir aucun lment de la civilisation anglaise sur lequel ils n'aient marqu leur solide empreinte4 ,l'tranger qui visite l',angleterre1 ne ft-ce que pendant quelques jours1 en est immdiatement frapp4 ,il constatera le besoin de la vie indpendante dans le cottage du plus modeste employ1 habitation troite1 sans doute1 mais l'abri de toute contrainte et isole de tout voisinage 2 dans les gares les plus frquentes1 o le public circule toute heure sans tre parqu comme un troupeau de moutons dociles derrire une barrire que garde un employ1 comme s'il fallait assurer par la force la scurit de gens incapables de trouver en eux-mmes la somme d'attention ncessaire pour ne pas se faire craser4 ,il retrouvera l'nergie de la race1 aussi bien dans le dur travail de l'ouvrier que dans celui du collgien qui1 abandonn lui-mme ds le jeune ge1 apprend se conduire tout seul1 sachant dj que dans la vie personne que lui-mme ne s'occupera de sa destine 2 chez les professeurs1 qui font un cas mdiocre de l'instruction et un cas trs grand du caractre1 qu'ils considrent comme une des plus grandes forces motrices du monde #ac4 ,en pntrant dans la vie publique du citoyen1 il verra que ce n'est pas l',etat1 mais l'initiative individuelle qu'on fait toujours appel1 qu'il s'agisse de rparer la fontaine d'un village1 de construire un port de mer ou de crer un chemin de fer4 ,en poursuivant son enqute1 il reconnatra bientt que ce peuple1 malgr des dfauts qui en font pour l'tranger le plus insupportable des peuples1 est le seul vraiment libre1 parce que c'est le seul qui1 ayant appris se gouverner lui-mme1 a pu ne laisser son gouvernement qu'un minimum d'action4 ,si l'on parcourt son histoire1 on voit que c'est celui qui sut le premier s'affranchir de toute domination1 aussi bien de celle de l'glise que de celle des rois4 ,ds le ,x,ve sicle1 le lgiste ,fortescue opposait la loi romaine1 hritage des peuples latins1 la loi anglaise 2 l'une1 oeuvre de princes absolus et toute porte sacrifier l'individu 2 l'autre1 oeuvre de la volont commune et toute prte protger la personne 4 #ac ,charg par la reine d',angleterre de fixer les conditions d'un prix annuel dcern par elle au collge ,wellington1 le prince ,albert dcida qu'il serait accord1 non l'lve le plus instruit1 mais celui dont le caractre serait jug le plus lev4 ,chez une nation latine le prix et t certainement accord l'lve qui et le mieux rcit ce qu'il avait appris dans ses livres4 ,tout notre enseignement1 y compris ce que nous qualifions d'enseignement suprieur1 consiste faire rciter la jeunesse des leons4 ,elle en conserve si bien ensuite l'habitude qu'elle continue les rciter pendant le reste de son existence4 ,en quelque lieu du globe qu'un peuple semblable migre1 il deviendra immdiatement prpondrant et fondera de puissants empires4 ,si la race envahie par lui est1 comme les ,peaux-,rouges de l',amrique1 par exemple1 suffisamment faible et insuffisamment utilisable elle sera mthodiquement extermine4 ,si la race envahie est1 comme les populations de l',inde1 trop nombreuse pour tre dtruite et peut fournir d'ailleurs un travail productif1 elle sera simplement rduite un vasselage trs dur et oblige de travailler peu prs exclusivement pour ses matres4 ,mais c'est surtout dans un pays neuf1 comme l',amrique1 qu'il faut suivre les tonnants progrs dus la constitution mentale de la race anglaise4 ,transporte dans des rgions sans culture peine habites par quelques sauvages1 et n'ayant compter que sur elle-mme1 on voit ce qu'elle est devenue4 ,il lui a fallu un sicle peine pour se placer au premier rang des grandes puissances du monde1 et aujourd'hui il n'en est gure qui pourrait lutter contre elle4 ,je recommande la lecture des livres de ,,mm4 ,rousier et ,paul ,bourget sur les ,etats-,unis aux personnes dsireuses de se rendre compte de la somme norme d'initiative et d'nergie individuelle dpense par les citoyens de la grande ,rpublique4 ,l'aptitude des hommes se gouverner eux-mmes1 s'associer pour fonder de grandes entreprises1 crer des villes1 des coles1 des ports1 des chemins de fer1 etc41 est porte un tel maximum1 et l'action de l',etat rduite un tel minimum1 qu'on pourrait presque dire qu'il n'existe pas de pouvoirs publics4 ,en dehors de la police et de la reprsentation diplomatique1 on ne voit pas mme quoi ils pourraient servir4 ,on ne peut prosprer d'ailleurs aux ,etats-,unis qu' la condition de possder les qualits de caractre que je viens de dcrire1 et c'est pourquoi les immigrations trangres ne sauraient modifier l'esprit gnral de la race4 ,les conditions d'existence sont telles que quiconque ne possde pas ces qualits est condamn promptement disparatre4 ,dans cette atmosphre sature d'indpendance et d'nergie1 l',anglo-,saxon seul peut vivre4 ,l',italien y meurt de faim1 l',irlandais et le ngre y vgtent dans les emplois les plus subalternes4 ,la grande ,rpublique est assurment la terre de la libert 2 ce n'est srement pas celle de l'galit ni de la fraternit1 ces deux chimres latines que les lois du progrs ne sauraient connatre4 ,dans aucune contre du globe1 la slection naturelle n'a fait plus rudement sentir son bras de fer4 ,elle s'y montre impitoyable 2 mais c'est justement parce qu'elle ne connat pas la piti que la race qu'elle a contribu former conserve sa puissance et son nergie4 ,il n'y a point de place pour les faibles1 les mdiocres1 les incapables sur le sol des ,etats-,unis4 ,par le fait seul qu'ils sont infrieurs1 individus isols ou races entires sont destins prir4 ,les ,peaux-,rouges1 devenus inutiles1 ont t extermins coup de fusil ou condamns mourir de faim4 ,les ouvriers chinois1 dont le travail constitue une concurrence gnante1 vont bientt subir un sort analogue4 ,la loi qui a dcrt leur totale expulsion n'a pu tre applique cause des frais normes que son excution et cots #ad4 ,elle sera promptement remplace sans doute par une destruction mthodique commence dj dans plusieurs districts miniers4 ,d'autres lois ont t rcemment votes pour interdire l'entre du territoire amricain aux migrants pauvres4 ,quant aux ngres1 qui servirent de prtexte la guerre de ,scession - guerre entre ceux qui possdaient des esclaves et ceux qui1 ne pouvant pas en possder1 ne voulaient pas permettre d'autres d'en avoir - ils sont peu prs tolrs1 parce qu'ils restent confins dans des fonctions subalternes dont aucun citoyen amricain ne voudrait4 ,thoriquement1 ils ont tous les droits 2 pratiquement1 ils sont traits comme des animaux demi utiles dont on se dbarrasse ds qu'ils deviennent dangereux4 ,les procds sommaires de la loi de ,lynch sont universellement reconnus comme suffisants pour eux4 ,au premier dlit gnant1 fusills ou pendus4 ,la statistique1 qui ne connat qu'une partie de ces excutions1 en a enregistr plus de mille pendant les sept dernires annes4 #ad ,le #ec;e congrs n'a ajourn l'excution de la loi ,geary 7,chinese exclusion act7 que parce qu'on a constat que pour rapatrier #ajj1jjj ,chinois1 il faudrait dpenser #cj millions de francs1 alors que la somme inscrite au budget pour l'expulsion des ouvriers chinois n'tait que de #ajj1jjj francs4 ,ce sont l1 sans doute1 les cts sombres du tableau4 ,il est assez brillant pour les supporter4 ,s'il fallait dfinir d'un mot la diffrence entre l',europe continentale et les ,etats-,unis1 on pourrait dire que la premire reprsente le maximum de ce que peut donner la rglementation officielle remplaant l'initiative individuelle 2 les seconds le maximum de ce que peut donner l'initiative individuelle entirement dgage de toute rglementation officielle4 ,ces diffrences fondamentales sont exclusivement des consquences du caractre4 ,ce n'est pas sur le sol de la rude ,rpublique que le socialisme europen a chance de s'implanter4 ,dernire expression de la tyrannie de l',etat1 il ne saurait prosprer que chez des races vieillies1 soumises depuis des sicles un rgime qui leur a t toute capacit de se gouverner elles-mmes #ae4 #ae ,l',amrique que je viens de dcrire est celle d'hier et d'aujourd'hui1 mais ce ne sera sans doute pas celle de demain4 ,nous verrons dans un prochain chapitre que par suite de l'invasion rcente d'un nombre immense d'lments infrieurs non assimilables1 elle est menace d'une guerre civile gigantesque et d'une sparation en plusieurs ,etats indpendants toujours en lutte comme ceux de l',europe4 ,nous venons de voir ce qu'a produit dans une partie de l',amrique une race possdant une certaine constitution mentale1 o dominent la persvrance1 l'nergie et la volont4 ,il nous reste montrer ce qu'est devenu un pays presque semblable1 dans les mains d'une autre race1 fort intelligente pourtant1 mais ne possdant aucune des qualits de caractre dont je viens de constater les effets4 ,l',amrique du ,sud est1 au point de vue de ses productions naturelles1 une des plus riches contres du globe4 ,deux fois grande comme l',europe et dix fois moins peuple1 la terre n'y manque pas et est1 pour ainsi dire1 la disposition de tous4 ,sa population dominante1 d'origine espagnole1 est divise en nombreuses rpubliques 3 ,argentine1 ,brsilienne1 ,chilienne1 ,pruvienne1 etc4 ,toutes ont adopt la constitution politique des ,etats-,unis1 et vivent par consquent sous des lois identiques4 ,eh bien1 par ce fait seul que la race est diffrente et manque des qualits fondamentales que possde celle qui peuple les ,etats-,unis1 toutes ces rpubliques1 sans une seule exception1 sont perptuellement en proie la plus sanglante anarchie1 et1 malgr les richesses tonnantes de leur sol1 sombrent les unes aprs les autres dans les dilapidations de toute sorte1 la faillite et le despotisme4 ,il faut parcourir le remarquable et impartial ouvrage de ,th4 ,child1 sur les rpubliques hispano-amricaines1 pour apprcier la profondeur de leur dcadence4 ,les causes en sont tout entires dans la constitution mentale d'une race n'ayant ni nergie1 ni volont1 ni moralit4 ,l'absence de moralit1 surtout1 dpasse tout ce que nous connaissons de pire en ,europe4 ,citant une des villes les plus importantes1 ,buenos-,ayres1 l'auteur la dclare inhabitable pour quiconque a quelque dlicatesse de conscience et quelque moralit4 ,a propos de l'une des moins dgrades de ces rpubliques1 la rpublique ,argentine1 le mme crivain ajoute 3 ,que l'on examine cette rpublique au point de vue commercial1 on reste confondu par l'immoralit qui s'affiche partout4 ,quant aux institutions1 nul exemple ne montre mieux quel point elles sont filles de la race1 et l'impossibilit de les transporter d'un peuple un autre4 ,il tait fort intressant de savoir ce que deviendraient les institutions si librales des ,etats-,unis transportes chez une race infrieure4 ,ces pays1 nous dit en parlant des diverses rpubliques hispano-amricaines ,m4 ,child1 sont sous la frule de prsidents qui exercent une autocratie non moins absolue que le czar de toutes les ,russies 2 plus absolue mme1 en ce qu'ils sont l'abri de toutes les importunits et de l'influence de la censure europenne4 ,le personnel administratif est uniquement compos de leurs cratures444 2 les citoyens votent comme bon leur semble1 mais il n'est tenu aucun compte de leurs suffrages4 ,la ,rpublique ,argentine n'est une rpublique que de nom 2 en ralit1 c'est une oligarchie de gens qui font de la politique un commerce4 ,un seul pays1 le ,brsil1 avait un peu chapp cette profonde dcadence1 grce un rgime monarchique qui mettait le pouvoir l'abri des comptitions4 ,trop libral pour des races sans nergie et sans volont1 il a fini par succomber4 ,du mme coup le pays est tomb en pleine anarchie 2 et1 en peu d'annes1 les gens au pouvoir ont tellement dilapid le ,trsor1 que les impts ont d tre augments de plus de #fj p4 #ajj4 ,ce n'est pas seulement en politique1 naturellement1 que se manifeste la dcadence de la race latine qui peuple le sud de l',amrique1 mais bien dans tous les lments de la civilisation4 ,rduites elles-mmes1 ces malheureuses rpubliques retourneraient la pure barbarie4 ,toute l'industrie et tout le commerce sont dans les mains des trangers 3 ,anglais1 ,amricains et ,allemands4 ,valparaiso est devenu une ville anglaise 2 et il ne resterait rien au ,chili1 si on lui tait ses trangers4 ,c'est grce eux que ces contres conservent encore ce vernis extrieur de civilisation qui trompe encore l',europe4 ,la ,rpublique ,argentine compte #d millions de blancs d'origine espagnole 2 je ne sais si on en citerait un seul1 en dehors des trangers1 la tte d'une industrie vraiment importante4 ,cette effroyable dcadence de la race latine1 abandonne elle-mme1 mise en prsence de la prosprit de la race anglaise1 dans un pays voisin1 est une des plus sombres1 des plus tristes et1 en mme temps1 des plus instructives expriences que l'on puisse citer l'appui des lois psychologiques que j'ai exposes4 ,,chapitre ,,iii ,,comment ,l',,alt,,ration ,,de ,l',,ame ,,des ,,races ,,modifie ,l',,volution ,,historique ,,des ,,peuples ,l'influence d'lments trangers transforme aussitt l'me d'une race1 et par consquent sa civilisation4 - ,exemple des ,romains4 - ,la civilisation romaine ne fut pas dtruite par les invasions militaires1 mais par les invasions pacifiques des ,barbares4 - ,les ,barbares ne songrent jamais dtruire l',empire4 - ,leurs invasions n'eurent pas le caractre de conqutes4 - ,les premiers chefs ,francs se considrrent toujours comme des fonctionnaires au service de l',empire romain4 - ,ils respectrent toujours la civilisation romaine et ne songrent qu' la continuer4 - ,ce n'est qu' partir du ,v,i,ie sicle que les chefs barbares de la ,gaule cessrent de considrer l'empereur comme leur chef4 - ,la transformation complte de la civilisation romaine ne fut pas la consquence d'une destruction1 mais de l'adoption d'une civilisation ancienne par une race nouvelle4 - ,les invasions modernes aux ,etats-,unis4 - ,luttes civiles et sparation en ,etats indpendants et rivaux qu'elles prparent4 - ,les invasions des trangers en ,france et leurs consquences4 ,les exemples que nous avons cits montrent que l'histoire d'un peuple ne dpend pas de ses institutions1 mais de son caractre1 c'est--dire de sa race4 ,nous avons vu d'autre part1 en tudiant la formation des races historiques1 que leur dissolution se fait par des croisements 2 et que les peuples qui ont conserv leur unit et leur force1 comme jadis les ,aryens dans l',inde1 et1 de nos jours1 les ,anglais dans leurs diverses colonies1 sont ceux qui ont toujours vit soigneusement de se mler des trangers4 ,la prsence d'trangers1 mme en petit nombre1 suffit altrer l'me d'un peuple4 ,elle lui fait perdre son aptitude dfendre les caractres de sa race1 les monuments de son histoire1 les oeuvres de ses aeux4 ,cette conclusion ressort de tout ce qui prcde4 ,si les divers lments d'une civilisation doivent tre considrs comme la manifestation extrieure de l'me d'un peuple1 il est vident que1 ds que l'me de ce peuple change1 sa civilisation doit galement changer4 ,l'histoire du pass nous en fournit d'incontestables preuves1 et l'histoire de l'avenir en fournira bien d'autres encore4 ,la transformation progressive de la civilisation romaine est un des plus frappants exemples qu'on puisse invoquer4 ,les historiens nous reprsentent gnralement cet vnement comme le rsultat d'invasions destructives des ,barbares 2 mais une tude plus attentive des faits montre1 d'une part1 que ce sont des invasions pacifiques1 et nullement guerrires1 qui amenrent la chute de l',empire 2 d'autre part1 que1 loin de vouloir renverser la civilisation romaine1 les ,barbares en furent toujours de respectueux admirateurs1 et firent tous leurs efforts pour l'adopter et la continuer4 ,ils essayrent de s'approprier sa langue1 ses institutions et ses arts4 ,jusque sous les derniers ,mrovingiens1 ils essayaient de continuer encore la grande civilisation dont ils avaient hrit4 ,tous les actes du grand empereur ,charlemagne sont imprgns de cette pense4 ,mais nous savons qu'une telle tche fut toujours irralisable4 ,il fallut aux ,barbares plusieurs sicles pour former1 par des croisements rpts et des conditions d'existence identiques1 une race un peu homogne 2 et quand cette race fut forme1 elle possdait par ce seul fait des arts nouveaux1 une langue nouvelle1 des institutions nouvelles et par consquent une civilisation nouvelle4 ,la grande mmoire de ,rome ne cessa de peser sur cette civilisation 2 mais ce fut en vain qu' plusieurs reprises on essaya de la faire revivre4 ,en vain1 la ,renaissance essaya de ressusciter ses arts1 la ,rvolution de ramener ses institutions4 ,les ,barbares qui envahirent progressivement l',empire ds le premier sicle de notre re1 et finirent par l'absorber1 ne songrent donc jamais dtruire sa civilisation1 mais uniquement la continuer4 ,alors mme qu'ils n'eussent jamais combattu ,rome1 et se fussent borns se mler de plus en plus aux ,romains chaque jour moins nombreux1 le cours de l'histoire n'et pas chang1 ils n'auraient pas dtruit l',empire1 mais la simple influence de leur mlange et suffi dtruire l'me romaine4 ,on peut donc dire que la civilisation romaine n'a jamais t renverse1 mais s'est simplement continue en se transformant dans le cours des ges par le fait seul qu'elle est tombe dans les mains de races diffrentes4 ,un simple coup d'oeil sur l'histoire des invasions barbares justifie amplement ce qui prcde4 ,les travaux des rudits modernes1 et notamment de ,fustel de ,coulanges1 ont bien montr que ce furent les invasions pacifiques des ,barbares1 et nullement les invasions agressives - aisment repousses par les ,barbares la solde de l',empire - qui amenrent l'vanouissement progressif de la puissance romaine4 ,ds les premiers empereurs1 la coutume s'tait introduite d'employer des ,barbares dans les armes4 ,elle s'accentua de plus en plus mesure que les ,romains devenaient plus riches et plus rfractaires au service militaire 2 et1 au bout de quelques sicles1 il n'y eut plus dans l'arme1 comme dans l'administration1 que des trangers3 ,les ,wisigoths1 les ,burgondes1 les ,francs ont t des soldats fdrs au service de l',empire romain4 ,quand ,rome n'eut plus son service que des ,barbares1 et que ses provinces furent gouvernes par des chefs barbares1 il tait vident que ces chefs se rendraient progressivement indpendants4 ,ils y russirent1 en effet1 mais ,rome exerait un tel prestige qu'il ne vint jamais l'ide d'aucun d'eux de renverser l',empire1 alors mme que ,rome tombait en son pouvoir4 ,lorsqu'un de ces chefs1 ,odoacre1 roi des ,hrules la solde de l',empire1 s'empara de ,rome1 en #dgj1 il s'empressa de solliciter de l'empereur rsidant alors ,constantinople l'autorisation de gouverner l',italie avec le titre de patrice4 ,aucun autre chef ne procda autrement4 ,c'tait toujours au nom de ,rome qu'ils gouvernaient les provinces4 ,ils n'eurent jamais l'ide de disposer du sol ni de toucher aux institutions4 ,clovis se considrait comme un fonctionnaire romain et fut trs fier d'obtenir de l'empereur le titre de consul4 ,trente ans aprs sa mort1 ses successeurs recevaient encore les lois dictes par les empereurs et se considraient comme tenus de les faire observer4 ,il faut arriver au commencement du ,v,i,ie sicle pour voir les chefs ,barbares de la ,gaule oser frapper des monnaies leur effigie4 ,jusqu'alors elles portaient toujours l'effigie des empereurs4 ,ce n'est que de cette poque que l'on peut dire que les populations gauloises ne considrrent plus l'empereur comme leur chef4 ,les historiens font donc commencer1 en ralit1 deux cents ans trop tt l'histoire de ,france et nous donnent une dizaine de rois de trop4 ,rien ne ressemble moins une conqute que les invasions barbares1 puisque les populations conservrent leurs terres1 leur langue et leurs lois1 ce qui n'est jamais le cas dans les vraies conqutes1 telles1 par exemple1 que celle de l',angleterre par les ,normands4 ,il est probable que la disparition de la puissance romaine fut si progressive que les contemporains ne s'en aperurent mme pas4 ,les provinces taient habitues depuis des sicles tre gouvernes par des chefs agissant au nom des empereurs4 ,trs progressivement et trs lentement ces chefs finirent par agir pour leur propre compte4 ,rien donc ne fut chang4 ,le mme rgime continua sous de nouveaux matres pendant toute la dure de l'poque mrovingienne #af4 #af ,le gouvernement mrovingien1 crit ,m4 ,fustel de ,coulanges1 est pour plus des trois quarts la continuation de celui que l',empire romain avait donn la ,gaule444 ,rien n'est fodal dans le gouvernement des ,mrovingiens4 ,le seul changement rel1 et celui-l finit par devenir trs profond1 fut la formation d'une race historique nouvelle1 et comme consquence ncessaire - suivant les lois que nous avons exposes - la naissance d'une civilisation nouvelle4 ,avec cette rptition ternelle des mmes choses1 qui semble la plus solide des lois de l'histoire1 nous sommes probablement appels de nos jours constater des invasions pacifiques analogues celle qui amena la transformation de la civilisation romaine4 ,avec l'extension gnrale de la civilisation moderne1 il peut sembler aujourd'hui qu'il n'y ait plus de ,barbares1 ou du moins que ces ,barbares1 perdus au fond de l',asie et de l',afrique1 soient trop loin de nous pour tre bien redoutables4 ,assurment nous n'avons pas craindre leurs invasions 2 et1 s'ils sont redoutables1 ce ne sera1 comme je l'ai montr dans un autre ouvrage1 que par la concurrence conomique qu'ils feront un jour l',europe4 ,ce n'est donc pas d'eux qu'il s'agit ici1 mais si les ,barbares semblent bien loin1 ils sont pourtant en ralit bien prs1 beaucoup plus prs qu' l'poque des empereurs romains4 ,c'est dans le sein mme des nations civilises qu'ils se trouvent en effet4 ,par suite de la complication de notre civilisation moderne1 de la diffrenciation progressive des individus1 dont j'ai parl1 chaque peuple contient un nombre immense d'lments infrieurs incapables de s'adapter une civilisation trop leve pour eux4 ,c'est un norme dchet sans cesse grandissant1 et dont l'invasion sera redoutable pour les peuples qui la subiront4 ,c'est1 aujourd'hui1 vers les ,etats-,unis d',amrique que se dirigent comme d'un commun accord ces nouveaux ,barbares1 et c'est par eux que la civilisation de cette grande nation est srieusement menace4 ,tant que l'immigration trangre a t rare1 et compose surtout d'lments anglais1 l'absorption a t facile et utile4 ,elle a fait l'tonnante grandeur de l',amrique4 ,aujourd'hui les ,etats-,unis sont soumis une gigantesque invasion d'lments infrieurs qu'ils ne veulent ni ne peuvent s'assimiler4 ,entre #ahhj et #ahij ils ont reu prs de #f millions d'migrants1 presque exclusivement composs de travailleurs mdiocres de toutes origines4 ,actuellement sur #a1ajj1jjj habitants1 ,chicago ne compte pas un quart d',amricains4 ,cette ville renferme #djj1jjj ,allemands1 #bbj1jjj ,irlandais1 #cj1jjj ,polonais1 #cc1jjj ,tchques1 etc4 ,aucune fusion n'existe entre ces migrants et les ,amricains4 ,ils ne se donnent mme pas la peine d'apprendre la langue de leur nouvelle patrie et y forment de simples colonies occupes des travaux mal rtribus4 ,ce sont des mcontents1 et par consquent des ennemis4 ,dans la grve rcente des chemins de fer1 ils ont failli incendier ,chicago et il a fallu les mitrailler sans piti4 ,c'est uniquement parmi eux que se recrutent les adeptes de ce socialisme niveleur et grossier1 ralisable peut-tre dans une ,europe affaiblie1 mais tout fait antipathique au caractre des vrais ,amricains4 ,les luttes que ce socialisme va engendrer sur le sol de la grande rpublique seront1 en ralit1 des luttes de races arrives des niveaux d'volution diffrents4 ,il semble vident que dans la guerre civile qui se prpare entre l',amrique des ,amricains et l',amrique des trangers1 le triomphe ne sera pas du ct des ,barbares4 ,cette lutte gigantesque se terminera sans doute par une de ces hcatombes reproduisant sur une chelle immense l'extermination complte des ,cimbres par ,marius4 ,si la lutte tarde un peu1 et que l'invasion continue1 la solution ne pourra tre une destruction totale4 ,la destine des ,etats-,unis sera probablement alors celle de l',empire romain1 c'est--dire une sparation des provinces actuelles de la ,rpublique en ,etats indpendants1 aussi diviss et aussi frquemment en guerre que ceux de l',europe ou que ceux de l',amrique espagnole4 ,ce n'est pas l',amrique seule que menacent de telles invasions4 ,il est en ,europe un ,etat1 la ,france1 qui en est menac galement4 ,c'est un pays riche1 dont la population ne s'accrot plus1 entour de pays pauvres dont la population s'accrot constamment4 ,l'immigration de ces voisins est fatale1 et d'autant plus fatale que les exigences croissantes de nos ouvriers la rendent ncessaire pour les besoins de l'agriculture et de l'industrie4 ,les avantages que trouvent ces migrants sur notre sol sont vidents4 ,pas de rgime militaire subir1 peu ou pas d'impts en leur qualit de nomades trangers1 un travail plus facile et mieux rtribu que sur leur territoire natal4 ,ils se dirigent vers notre pays1 non seulement parce qu'il est plus riche1 mais aussi parce que la plupart des autres dictent chaque jour des mesures pour les repousser4 ,l'invasion des trangers est d'autant plus redoutable1 que ce sont1 naturellement1 les lments les plus infrieurs1 ceux qui n'arrivaient pas se suffire eux-mmes dans leur patrie1 qui migrent4 ,nos principes humanitaires nous condamnent subir une invasion croissante d'trangers4 ,ils n'taient pas #djj1jjj il y a quarante ans1 ils sont plus de #a1bjj1jjj aujourd'hui1 et ils arrivent en rangs chaque jour plus presss4 ,si l'on ne considrait que le nombre d',italiens qu'elle contient1 ,marseille pourrait tre qualifie de colonie italienne4 ,l',italie ne possde mme aucune colonie qui contienne un pareil nombre d',italiens4 ,si les conditions actuelles ne changent pas1 c'est--dire si ces invasions ne s'arrtent pas1 il faudra un temps bien court pour qu'en ,france un tiers de la population soit devenu allemand et un tiers italien4 ,que devient l'unit1 ou simplement l'existence d'un peuple1 dans des conditions semblables 8 ,les pires dsastres sur les champs de bataille seraient infiniment moins redoutables pour lui que de telles invasions #ag4 ,c'est un instinct trs sr que celui qui enseignait aux peuples anciens redouter les trangers 2 ils savaient bien que la valeur d'un pays ne se mesure pas au nombre de ses habitants1 mais celui de ses citoyens4 #ag ,ces invasions tant la consquence de certains phnomnes conomiques sur lesquels nous ne pouvons rien1 il est impossible de les empcher4 ,on pourrait cependant prendre certaines mesures qui permettraient au moins de les ralentir 3 service militaire obligatoire dans la lgion trangre pour tous les trangers gs de moins de vingt-cinq ans et ayant deux annes de sjour 2 taxe militaire pour ceux plus gs 2 suppression peu prs absolue de la naturalisation 2 impt du quart des revenus ou des salaires pour tous les individus d'origine trangre1naturaliss ou non1 tablis en ,france depuis moins de cinquante ans4 ,on pourrait considrer comme digne d'une statue1 leve par la patrie reconnaissante1 le dput qui aurait fait voter une telle loi4 ,nous voyons donc1 une fois encore1 qu' la base de toutes les questions historiques et sociales se retrouve toujours l'invitable problme des races4 ,il domine tous les autres4 ,,livre ,,iv ,,comment ,,se ,,modifient ,,les ,,caract,,res ,,psychologiques ,,des ,,races ,,chapitre ,,premier ,,le ,,role ,,des ,,idees ,,dans ,,la ,,vie ,,des ,,peuples ,les ides directrices de chaque civilisation sont toujours en trs petit nombre4 - ,lenteur extrme de leur naissance et de leur disparition4 - ,les ides n'agissent sur la conduite qu'aprs s'tre transformes en sentiments4 - ,elles font alors partie du caractre4 - ,c'est grce la lenteur de l'volution des ides que les civilisations possdent une certaine fixit4 - ,comment s'tablissent les ides4 - ,l'action du raisonnement est totalement nulle4 - ,influence de l'affirmation et du prestige4 - ,rle des convaincus et des aptres4 - ,dformation qu'prouvent les ides en descendant dans les foules4 - ,l'ide universellement admise agit bientt sur tous les lments de la civilisation4 - ,c'est grce la communaut des ides que les hommes de chaque ge ont une somme de conceptions moyennes qui les rend fort semblables dans leurs penses et leurs oeuvres4 - ,le joug de la coutume et de l'opinion4 - ,il ne diminue qu'aux ges critiques de l'histoire o les vieilles ides ont perdu de leur influence et ne sont pas encore remplaces4 - ,cet ge critique est le seul o la discussion des opinions puisse tre tolre4 - ,les dogmes ne se maintiennent qu' la condition de n'tre pas discuts4 - ,les peuples ne peuvent changer leurs ides et leurs dogmes sans tre aussitt obligs de changer de civilisation4 ,aprs avoir montr que les caractres psychologiques des races possdent une grande fixit et que de ces caractres l'histoire des peuples drive1 nous avons ajout que les lments psychologiques pouvaient1 de mme que les lments anatomiques des espces1 se transformer la longue par de lentes accumulations hrditaires4 ,c'est en grande partie de ces transformations que l'volution des civilisations dpend4 ,les facteurs susceptibles de provoquer les changements psychologiques sont varis4 ,les besoins1 la concurrence vitale1 l'action de certains milieux1 les progrs des sciences et de l'industrie1 l'ducation1 les croyances et bien d'autres encore exercent leur action4 ,nous avons consacr dj un volume #ah l'tude du rle de chacun d'eux4 ,il ne saurait donc tre question de traiter en dtail ce sujet maintenant4 ,nous n'y revenons ici que pour montrer1 en choisissant quelques facteurs essentiels1 le mcanisme de leur action4 ,c'est cette tude que sera consacr ce chapitre et ceux qui vont suivre4 #ah ,l'homme et les socits4 ,leurs origines et leur histoire1 t4 ,,ii volution des socits4 ,l'tude des diverses civilisations qui se sont succd depuis l'origine du monde prouve qu'elles ont toujours t guides dans leurs dveloppements par un trs petit nombre d'ides fondamentales4 ,si l'histoire des peuples se rduisait celle de leurs ides1 cette histoire ne serait jamais bien longue4 ,lorsqu'une civilisation a russi crer en un sicle une ou deux ides fondamentales dans le domaine des arts1 des sciences1 de la littrature ou de la philosophie1 on peut considrer qu'elle a t exceptionnellement brillante4 ,les ides ne sauraient avoir d'action relle sur l'me des peuples que lorsque1 la suite d'une laboration trs lente1 elles sont descendues des rgions mobiles de la pense dans cette rgion stable et inconsciente des sentiments o s'laborent les motifs de nos actions4 ,elles deviennent alors des lments du caractre et peuvent agir sur la conduite4 ,le caractre est en partie form d'une stratification d'ides inconscientes4 ,quand les ides ont subi cette lente laboration1 leur puissance est considrable1 parce que la raison cesse d'avoir prise sur elles4 ,le convaincu que domine une ide quelconque1 religieuse ou autre1 est inaccessible tous les raisonnements1 quelque intelligent qu'on le suppose4 ,tout ce qu'il pourra tenter1 et encore le plus souvent ne le tentera-t-il pas1 ce sera de faire rentrer1 par des artifices de pense et des dformations souvent trs grandes1 l'ide qu'on lui objecte dans le cadre des conceptions qui le dominent4 ,si les ides ne peuvent avoir d'action qu'aprs tre lentement descendues des rgions du conscient dans celles de l'inconscient1 nous comprenons avec quelle lenteur elles doivent se transformer et pourquoi les ides directrices d'une civilisation sont si peu nombreuses et demandent si longtemps pour voluer4 ,il faut nous fliciter qu'il en soit ainsi 3 car1 autrement1 les civilisations n'auraient pu avoir aucune fixit4 ,il est heureux galement que des ides nouvelles puissent finir la longue par se faire accepter1 car si les anciennes ides taient absolument immuables1 les civilisations n'auraient pu raliser aucun progrs4 ,grce la lenteur de nos transformations mentales1 il faut plusieurs ges d'hommes pour faire triompher des ides nouvelles1 et plusieurs ges d'hommes encore pour les faire disparatre4 ,les peuples les plus civiliss sont ceux dont les ides directrices ont su se maintenir une gale distance de la variabilit et de la fixit4 ,l'histoire est jonche des dbris de ceux qui n'ont pas su maintenir cet quilibre4 ,il est donc facile de concevoir que ce qui frappe le plus1 quand on parcourt l'histoire des peuples1 ce ne soit pas la richesse et la nouveaut de leurs ides1 mais au contraire l'extrme pauvret de ces ides1 la lenteur de leurs transformations1 et la puissance qu'elles exercent4 ,les civilisations sont les rsultats de quelques ides fondamentales et quand ces ides viennent changer les civilisations sont aussitt condamnes changer4 ,le moyen ge a vcu sur deux ides principales 3 l'ide religieuse et l'ide fodale4 ,de ces deux ides sont issus ses arts1 sa littrature et sa conception de la vie tout entire4 ,au moment de la ,renaissance1 ces deux ides s'altrent un peu 2 l'idal retrouv du vieux monde grco-latin s'impose l',europe1 et aussitt la conception de la vie1 les arts1 la philosophie1 la littrature commencent se transformer4 ,puis l'autorit de la tradition s'branle1 les vrits scientifiques se substituent graduellement la vrit rvle1 et de nouveau encore la civilisation se transforme4 ,aujourd'hui les vieilles ides religieuses semblent avoir dfinitivement perdu la plus grande partie de leur empire1 et par cela seul toutes les institutions sociales qui s'appuyaient sur elle menacent de s'effondrer4 ,l'histoire de la gense des ides1 de leur domination1 de leur usure1 de leurs transformations1 et de leur disparition ne saurait tre faite qu'en l'appuyant de nombreux exemples4 ,si nous pouvions entrer dans les dtails1 nous montrerions que chaque lment de civilisation 3 philosophie1 croyances1 arts1 littrature1 etc41 est soumis un fort petit nombre d'ides directrices dont l'volution est fort lente4 ,les sciences elles-mmes n'chappent pas cette loi4 ,toute la physique moderne drive de l'ide d'indestructibilit de la force1 toute la biologie1 de l'ide du transformisme1 toute la mdecine1 de l'ide de l'action des infiniment petits1 et l'histoire de ces ides montre que1 bien qu'elles s'adressent aux esprits les plus clairs elles ne s'tablissent que peu peu et avec peine4 ,dans un sicle o tout va si vite1 dans un ordre de recherches o les passions et les intrts ne parlent gure1 l'tablissement d'une ide scientifique fondamentale ne prend pas moins de vingt-cinq ans4 ,les plus claires1 les plus faciles dmontrer1 celles qui devraient prter le moins la controverse1 telles par exemple que l'ide de la circulation du sang1 n'ont pas demand un temps moins long4 ,qu'il s'agisse d'une ide scientifique1 artistique1 philosophique1 religieuse1 en un mot d'une ide quelconque1 sa propagation se fait toujours par un mcanisme identique4 ,il faut qu'elle soit d'abord adopte par un petit nombre d'aptres auxquels l'intensit de leur foi ou l'autorit de leur nom donnent un grand prestige4 ,ils agissent alors beaucoup plus par suggestion que par dmonstration4 ,ce n'est pas dans la valeur d'une dmonstration qu'il faut chercher les lments essentiels du mcanisme de la persuasion4 ,on impose ses ides soit par le prestige qu'on possde1 soit en s'adressant aux passions1 mais on n'exerce aucune influence en s'adressant uniquement la raison4 ,les foules ne se laissent jamais persuader par des dmonstrations1 mais seulement par des affirmations1 et l'autorit de ces affirmations dpend uniquement du prestige exerc par celui qui les nonce4 ,lorsque les aptres ont russi convaincre un petit cercle d'adeptes et form ainsi de nouveaux aptres1 l'ide nouvelle commence entrer dans le domaine de la discussion4 ,elle soulve tout d'abord une opposition universelle1 parce qu'elle heurte forcment beaucoup de choses anciennes et tablies4 ,les aptres qui la dfendent1 se trouvent naturellement excits par cette opposition1 qui ne fait que les persuader de leur supriorit sur le reste des hommes1 et ils dfendent avec nergie l'ide nouvelle1 non pas parce qu'elle est vraie - le plus souvent ils n'en savent rien - mais simplement parce qu'ils l'ont adopte4 ,l'ide nouvelle est alors de plus en plus discute1 c'est--dire1 en ralit1 accepte en bloc par les uns1 rejete en bloc par les autres4 ,on change des affirmations et des ngations1 et fort peu d'arguments1 les seuls motifs d'acceptation ou de rejet d'une ide ne pouvant tre1 pour l'immense majorit des cerveaux1 que des motifs de sentiment dans lesquels le raisonnement ne saurait jouer aucun rle4 ,grce ces dbats toujours passionns1 l'ide progresse lentement4 ,les gnrations nouvelles qui la trouvent conteste tendent l'adopter par le fait seul qu'elle est conteste4 ,pour la jeunesse1 toujours avide d'indpendance1 l'opposition en bloc aux ides reues est la forme d'originalit qui lui est le plus accessible4 ,l'ide continue donc grandir1 et bientt elle n'a plus besoin d'aucun appui4 ,elle va maintenant se rpandre partout par le simple effet de l'imitation par voie de contagion1 facult dont les hommes sont gnralement dous un aussi haut degr que les grands singes anthropodes1 que la science moderne leur assigne pour pres4 ,ds que le mcanisme de la contagion intervient1 l'ide entre dans la phase qui la conduit forcment au succs4 ,l'opinion l'accepte bientt4 ,elle acquiert alors une force pntrante et subtile qui la rpand progressivement dans tous les cerveaux1 crant du mme coup une sorte d'atmosphre spciale1 une manire gnrale de penser4 ,comme cette fine poussire des routes qui pntre partout1 elle se glisse dans toutes les conceptions et toutes les productions d'une poque4 ,l'ide et ses consquences font alors partie de ce stock compact de banalits hrditaires que nous impose l'ducation4 ,elle a triomph et est entre dans le domaine du sentiment1 ce qui la met dsormais pour longtemps l'abri de toute atteinte4 ,de ces ides diverses qui guident une civilisation1 les unes1 celles relatives aux arts ou la philosophie par exemple1 restent dans les couches suprieures d'une nation 2 les autres1 celles relatives aux conceptions religieuses et politiques notamment1 descendent parfois jusque dans la profondeur des foules4 ,elles y arrivent gnralement fort dformes1 mais1 lorsqu'elles y arrivent1 le pouvoir qu'elles exercent sur des mes primitives incapables de discussion est immense4 ,l'ide reprsente alors quelque chose d'invincible1 et ses effets se propagent avec la violence d'un torrent qu'aucune digue ne contient plus4 ,il est toujours facile de trouver chez un peuple cent mille hommes prts se faire tuer pour dfendre une ide ds que cette ide les a subjugus4 ,c'est alors que surviennent ces grands vnements qui rvolutionnent l'histoire et que seules les foules peuvent accomplir4 ,ce n'est pas avec des lettrs1 des artistes et des philosophes que se sont tablies les religions qui ont gouvern le monde1 ni ces vastes empires qui se sont tendus d'un hmisphre l'autre1 ni les grandes rvolutions religieuses et politiques qui ont boulevers l',europe4 ,c'est avec des illettrs assez domins par une ide pour sacrifier leur vie sa propagation4 ,avec ce bagage thoriquement trs mince1 mais pratiquement trs fort1 les nomades des dserts de l',arabie ont conquis une partie du vieux monde grco-romain et fond un des plus gigantesques empires qu'ait connus l'histoire4 ,c'est avec un semblable bagage moral - la domination d'une ide - que les hroques soldats de la ,convention ont victorieusement tenu tte l',europe en armes4 ,une forte conviction est tellement irrsistible que seule1 une conviction gale a des chances de lutter victorieusement contre elle4 ,la foi n'a d'autre ennemi srieux craindre que la foi4 ,elle est sre du triomphe quand la force matrielle qu'on lui oppose est au service de sentiments faibles et de croyances affaiblies4 ,mais si elle se trouve en face d'une foi de mme intensit1 la lutte devient trs vive et le succs est alors dtermin par des circonstances accessoires1 le plus souvent d'ordre moral1 telles que l'esprit de discipline et la meilleure organisation4 ,en tudiant de prs l'histoire des ,arabes1 que nous citions l'instant1 nous constaterions que1 dans leurs premires conqutes1 - et ce sont toujours ces conqutes qui sont la fois les plus difficiles et les plus importantes - ils rencontrrent des adversaires moralement trs faibles1 bien que leur organisation militaire ft assez savante4 ,ce fut d'abord en ,syrie qu'ils portrent leurs armes4 ,ils n'y trouvrent que des armes byzantines formes de mercenaires peu disposs se sacrifier pour une cause quelconque4 ,anims d'une foi intense qui dcuplait leurs forces1 ils dispersrent ces troupes sans idal1 aussi facilement que jadis une poigne de ,grecs1 soutenus par l'amour de la cit1 dispersrent les innombrables soldats de ,xerxs4 ,l'issue de leur entreprise et t tout autre si quelques sicles plus tt ils s'taient heurts aux cohortes de ,rome4 ,il est vident que lorsque des forces morales galement puissantes sont en prsence1 ce sont toujours les mieux organises qui l'emportent4 ,les ,vendens avaient assurment une foi trs vive1 c'taient des convaincus nergiques 2 mais les soldats de la ,convention avaient1 eux aussi1 des convictions trs fortes1 et1 comme ils taient militairement mieux organiss1 ce furent eux qui l'emportrent4 ,en religion comme en politique le succs est toujours aux croyants1 jamais aux sceptiques1 et si aujourd'hui l'avenir semble appartenir aux socialistes1 malgr l'inquitante absurdit de leurs dogmes1 c'est qu'il n'y a plus qu'eux qui soient rellement convaincus4 ,les classes dirigeantes modernes ont perdu la foi en toutes choses4 ,elles ne croient plus rien1 pas mme la possibilit de se dfendre contre le flot menaant des barbares qui les entourent de toutes parts4 ,lorsque1 aprs une priode plus ou moins longue de ttonnements1 de remaniements1 de dformations1 de discussion1 de propagande1 une ide a acquis sa forme dfinitive et a pntr dans l'me des foules1 elle constitue un dogme1 c'est--dire une de ces vrits absolues qui ne se discutent plus4 ,elle fait alors partie de ces croyances gnrales sur lesquelles l'existence des peuples repose4 ,son caractre universel lui permet de jouer un rle prpondrant4 ,les grandes poques de l'histoire1 le sicle d',auguste comme celui de ,louis ,,xiv1 sont celles o les ides sorties des priodes de ttonnements et de discussion se sont fixes et sont devenues matresses souveraines de la pense des hommes4 ,elles deviennent alors des phares lumineux1 et tout ce qu'elles clairent de leurs feux revt une teinte semblable4 ,ds qu'une ide nouvelle a triomph1 elle marque son empreinte sur les moindres lments de la civilisation 2 mais pour qu'elle produise tous ses effets1 il faut qu'elle pntre aussi dans l'me des foules4 ,des sommets intellectuels o elle a pris naissance1 elle descend de couche en couche en s'altrant et se modifiant sans cesse jusqu' ce qu'elle ait revtu une forme accessible l'me populaire qui la fera triompher4 ,elle se prsente alors concentre en un petit nombre de mots1 parfois en un seul1 mais ce mot voque de puissantes images1 sduisantes ou terribles1 et par consquent impressionnantes toujours4 ,tels le paradis et l'enfer au moyen ge1 courtes syllabes qui ont le pouvoir magique de rpondre tout1 et pour les mes simples d'expliquer tout4 ,le mot socialisme reprsente pour l'ouvrier moderne une de ces formules magiques et synthtiques capables de dominer les mes4 ,elle voque1 suivant les masses o elle pntre1 des images varies1 mais puissantes malgr leurs formes toujours rudimentaires4 ,pour le thoricien franais1 le mot socialisme voque l'image d'une sorte de paradis o les hommes devenus gaux jouiront sous la direction incessante de l',etat d'une flicit idale4 ,pour l'ouvrier allemand1 l'image voque se prsente sous forme d'une fumeuse taverne o le gouvernement servirait gratuitement tout venant de gigantesques pyramides de saucisses et de choucroute1 et un nombre infini de cruches de bire4 ,nul1 bien entendu1 rveur de choucroute ou rveur d'galit1 ne s'est jamais proccup de connatre la somme relle des choses partager et le nombre des partageants4 ,le propre de l'ide est de s'imposer avec une forme absolue qu'aucune objection ne saurait atteindre4 ,lorsque l'ide a peu peu fini par se transformer en sentiment et est devenue un dogme1 son triomphe est acquis pour une longue priode1 et tous les raisonnements tenteraient vainement de l'branler4 ,sans doute l'ide nouvelle finira1 elle aussi1 par subir le rle de celle qu'elle a remplace4 ,elle vieillira et dclinera 2 mais avant sa complte usure1 il lui faudra subir toute une srie de transformations rgressives1 de dformations varies1 qui demanderont pour s'accomplir plusieurs gnrations4 ,avant de mourir tout entire elle fera longtemps partie des vieilles ides hrditaires que nous qualifions de prjugs1 mais que nous respectons pourtant4 ,l'ide ancienne1 alors mme qu'elle n'est plus qu'un mot1 un son1 un mirage1 possde un pouvoir magique qui nous subjugue encore4 ,ainsi se maintient ce vieil hritage d'ides surannes1 d'opinions1 de conventions1 que nous acceptons dvotement1 et qui ne rsisteraient pas quelques efforts de raisonnement si nous voulions les discuter un instant4 ,mais combien d'hommes sont-ils capables de discuter leurs propres opinions1 et combien est-il de ces opinions qui subsisteraient aprs le plus superficiel examen 8 ,mieux vaut ne pas le tenter1 cet examen redoutable4 ,nous y sommes heureusement peu exposs4 ,l'esprit critique constituant une facult suprieure fort rare1 alors que l'esprit d'imitation reprsente une facult infiniment rpandue1 l'immense majorit des cerveaux accepte sans discussion les ides toutes faites que lui fournit l'opinion et que l'ducation1 lui transmet4 ,et c'est ainsi que1 de par l'hrdit1 l'ducation1 le milieu1 la contagion1 l'opinion1 les hommes de chaque ge et de chaque race ont une somme de conceptions moyennes qui les rendent singulirement semblables les uns aux autres1 et semblables ce point que lorsque les sicles se sont appesantis sur eux1 nous reconnaissons par leurs productions artistiques1 philosophiques et littraires1 l'poque o ils ont vcu4 ,sans doute on ne pourrait dire qu'ils se copiaient absolument1 mais ce qu'ils ont eu en commun c'taient des modes identiques de sentir1 de penser1 conduisant ncessairement des productions fort parentes4 ,il faut se fliciter qu'il en soit ainsi1 car c'est prcisment ce rseau de traditions1 d'ides1 de sentiments1 de croyances1 de modes de penser communs qui forment l'me d'un peuple4 ,nous avons vu que cette me est d'autant plus solide que ce rseau est plus fort4 ,c'est lui en ralit1 et lui seul1 qui maintient les nations1 et il ne saurait se dsagrger sans que ces nations se dissolvent aussitt4 ,il constitue la fois leur vraie force et leur vrai matre4 ,on reprsente parfois les souverains asiatiques comme des sortes de despotes n'ayant que leurs fantaisies pour guide4 ,ces fantaisies sont1 au contraire1 enfermes dans des limites singulirement troites4 ,c'est en ,orient1 surtout1 que le rseau des traditions est puissant4 ,les traditions religieuses1 si branles chez nous1 y ont conserv tout leur empire1 et le despote le plus fantaisiste ne se heurterait jamais ces deux souverains qu'il sait infiniment plus puissants que lui 3 la tradition et l'opinion4 ,l'homme civilis moderne se trouve une de ces rares priodes critiques de l'histoire o les ides anciennes1 d'o sa civilisation drive1 ayant perdu leur empire1 et les ides nouvelles n'tant pas encore formes1 la discussion est tolre4 ,il lui faut se reporter soit aux poques des civilisations antiques1 soit seulement deux ou trois sicles en arrire pour concevoir ce qu'tait alors le joug de la coutume et de l'opinion1 et savoir ce qu'il en cotait au novateur assez hardi pour s'attaquer ces deux puissances4 ,les ,grecs1 que d'ignorants rhteurs nous disent avoir t si libres1 taient soumis troitement au joug de l'opinion et de la coutume4 ,chaque citoyen tait entour d'un faisceau de croyances absolument inviolables 2 nul n'aurait song discuter les ides reues et les subissait sans esprit de rvolte4 ,le monde grec n'a connu ni la libert religieuse ni la libert de la vie prive1 ni liberts d'aucune sorte4 ,la loi athnienne ne permettait pas mme un citoyen de vivre l'cart des assembles1 ou de ne pas clbrer religieusement une fte nationale4 ,la prtendue libert du monde antique n'tait que la forme inconsciente1 et par consquent parfaite1 de l'assujettissement absolu du citoyen au joug des ides de sa cit4 ,dans l'tat de guerre gnrale o les socits vivaient alors1 une socit dont les membres eussent possd la libert de penser et d'agir n'et pas subsist un seul jour4 ,l'ge de la dcadence pour les dieux1 les institutions et les dogmes a toujours commenc le jour o ils ont support la discussion4 ,dans les civilisations modernes1 les vieilles ides qui servaient de base la coutume et l'opinion tant presque dtruites1 leur empire sur les mes est devenu trs faible4 ,elles sont entres dans cette phase d'usure durant laquelle les ides anciennes passent l'tat de prjug4 ,tant qu'elles ne sont pas remplaces par une ide nouvelle1 l'anarchie rgne dans les esprits4 ,ce n'est que grce cette anarchie que la discussion peut tre tolre4 crivains1 penseurs et philosophes doivent bnir l'ge actuel et se hter d'en profiter1 car ils ne le reverront plus4 ,c'est un ge de dcadence peut-tre1 mais c'est un des rares moments de l'histoire du monde o l'expression de la pense est libre4 ,il ne saurait durer4 ,avec les conditions actuelles de la civilisation les peuples europens marchent vers un tat social qui ne tolrera ni discussion ni libert4 ,les dogmes nouveaux qui vont natre ne sauraient s'tablir1 en effet1 qu' la condition de n'accepter de discussions d'aucune sorte et d'tre aussi intolrants que ceux qui les ont prcds4 ,l'homme actuel cherche encore les ides qui devront servir de base un futur tat social1 et l est le danger pour lui4 ,ce qui importe dans l'histoire des peuples1 et ce qui influe profondment sur leur destine1 ce ne sont ni les rvolutions1 ni les guerres - leurs ruines s'effacent vite - ce sont les changements dans les ides fondamentales4 ,ils ne sauraient s'accomplir sans que1 du mme coup1 tous les lments d'une civilisation soient condamns se transformer4 ,les vraies rvolutions1 les seules dangereuses pour l'existence d'un peuple1 sont celles qui atteignent sa pense4 ,ce n'est pas tant l'adoption d'ides nouvelles qui est dangereuse pour un peuple1 que l'essai successif d'ides auquel il est condamn avant de trouver celle sur laquelle il pourra solidement asseoir un difice social nouveau destin remplacer l'ancien4 ,ce n'est pas certes parce que l'ide est errone qu'elle est dangereuse - les ides religieuses dont nous avons vcu jusqu'ici taient fort errones - mais c'est parce qu'il faut des expriences longtemps rptes pour savoir si les ides nouvelles peuvent s'adapter aux besoins des socits qui les adoptent4 ,leur degr d'utilit n'est malheureusement apprciable pour les foules qu'au moyen de l'exprience4 ,sans doute1 il n'est pas besoin d'tre un grand psychologue1 ni un grand conomiste1 pour prdire que l'application des ides socialistes actuelles conduira les peuples qui les adopteront un tat d'abjecte dcadence et de honteux despotisme3 mais comment empcher les peuples qu'elles sduisent d'accepter l'vangile nouveau qui leur est prch 8 ,l'histoire nous montre frquemment ce qu'a cot l'essai des ides inacceptables pour une poque1 mais ce n'est pas dans l'histoire que l'homme puise ses leons4 ,charlemagne essaya vainement de refaire l',empire romain1 mais l'ide d'unit n'tait plus ralisable alors1 et son oeuvre prit avec lui1 comme devait prir plus tard celle de ,napolon4 ,philippe ,,ii usa inutilement son gnie et la puissance de l',espagne - prdominante alors - combattre l'esprit de libre examen qui1 sous le nom de protestantisme1 se rpandait en ,europe4 ,tous ses efforts contre l'ide nouvelle ne russirent qu' jeter l',espagne dans un tat de ruine et de dcadence dont elle ne s'est jamais releve4 ,de nos jours1 les ides chimriques d'un visionnaire couronn1 inspir par l'incurable sensiblerie internationale de sa race1 ont fait l'unit de l',italie et de l',allemagne1 et nous ont cot deux provinces et la paix pour longtemps4 ,l'ide si profondment fausse que le nombre fait la force des armes a couvert l',europe d'une sorte de garde nationale en armes1 et la mne une invitable faillite4 ,les ides socialistes sur le travail1 le capital1 la transformation de la proprit prive en proprit de l',etat1 etc41 achveront les peuples que les armes permanentes et la faillite auront pargn4 ,le principe des nationalits1 si cher jadis aux hommes d',etat et dont ils faisaient tout le fondement de leur politique1 peut tre encore cit parmi les ides directrices dont il a fallu subir la dangereuse influence4 ,sa ralisation a conduit l',europe aux guerres les plus dsastreuses1 l'a mise sous les armes et conduira successivement tous les ,etats modernes la ruine et l'anarchie4 ,le seul motif apparent qu'on pouvait invoquer pour dfendre ce principe tait que les pays les plus grands et les plus peupls sont les plus forts et les moins menacs4 ,secrtement1 on pensait aussi qu'ils taient les plus aptes aux conqutes4 ,or1 il se trouve aujourd'hui que ce sont prcisment les pays les plus petits et les moins peupls 3 le ,portugal1 la ,grce1 la ,suisse1 la ,belgique1 la ,sude1 les minuscules principauts des ,balkans1 qui sont les moins menacs4 ,l'ide de l'unit a ruin l',italie1 jadis si prospre1 au point qu'elle est aujourd'hui la veille d'une rvolution et d'une faillite4 ,le budget annuel des dpenses de tous les ,etats italiens1 qui1 avant la ralisation de l'unit italienne1 s'levait #eej millions1 atteints #b milliards aujourd'hui4 ,mais il n'est pas donn aux hommes d'arrter la marche des ides lorsqu'elles ont pntr dans les mes4 ,il faut alors que leur volution s'accomplisse et elles ont le plus souvent pour dfenseurs ceux-l mme qui sont marqus pour leurs premires victimes4 ,il n'y a pas que les moutons qui suivent docilement le guide qui les conduit l'abattoir4 ,inclinons-nous devant la puissance de l'ide4 ,quand elle est arrive une certaine priode de son volution1 il n'y a plus ni raisonnements1 ni dmonstrations qui pourraient prvaloir contre elle4 ,pour que les peuples puissent s'affranchir du joug d'une ide1 il faut des sicles ou des rvolutions violentes 2 les deux parfois4 ,l'humanit n'en est plus compter les chimres qu'elle s'est forges et dont elle a t successivement victime4 ,,chapitre ,,ii ,,le ,,role ,,des ,,croyances ,,religieuses ,,dans ,l',,volution ,,des ,,civilisations ,influence prpondrante des ides religieuses4 - ,elles ont toujours constitu l'lment le plus important de la vie des peuples4 - ,la plupart des vnements historiques1 ainsi que les institutions politiques et sociales1 drivent des ides religieuses4 - ,avec une ide religieuse nouvelle nat toujours une civilisation nouvelle4 - ,puissance de l'idal religieux4 - ,son influence sur le caractre4 - ,il tourne toutes les facults vers un mme but4 - ,l'histoire politique artistique et littraire des peuples est fille de leurs croyances4 - ,le moindre changement dans l'tat des croyances d'un peuple a pour consquence toute une srie de transformations dans son existence4 - ,exemples divers4 ,parmi les ides diverses qui conduisent les peuples et qui sont les phares de l'histoire1 les ples de la civilisation1 les ides religieuses ont jou un rle trop prpondrant et trop fondamental pour que nous ne leur consacrions pas un chapitre spcial4 ,les croyances religieuses ont toujours constitu l'lment le plus important de la vie des peuples et par consquent de leur histoire4 ,les plus considrables des vnements historiques1 ceux qui ont eu la plus colossale influence1 ont t la naissance et la mort des dieux4 ,avec une ide religieuse nouvelle nat une civilisation nouvelle4 ,a tous les ges de l'humanit1 aux temps anciens comme aux temps modernes1 les questions fondamentales ont toujours t des questions religieuses4 ,si l'humanit pouvait permettre tous ses dieux de mourir1 on pourrait dire d'un tel vnement qu'il serait par ses consquences le plus important de ceux qui se sont accomplis la surface de notre plante depuis la naissance des premires civilisations4 ,il ne faut pas oublier en effet que1 depuis l'aurore des temps historiques1 toutes les institutions politiques et sociales ont t fondes sur des croyances religieuses1 et que1 sur la scne du monde1 les dieux ont toujours jou le premier rle4 ,en dehors de l'amour1 qui est1 lui aussi1 une religion puissante1 mais personnelle et transitoire1 les croyances religieuses peuvent seules agir d'une faon rapide sur le caractre4 ,les conqutes des ,arabes1 les ,croisades1 l',espagne sous l',inquisition1 l',angleterre pendant l'poque puritaine1 la ,france avec la ,saint-,barthlemy et les guerres de la rvolution1 montrent ce que devient un peuple fanatis par ses chimres4 ,celles-ci exercent une sorte d'hypnotisation permanente tellement intense que toute la constitution mentale en est profondment transforme4 ,c'est l'homme sans doute qui a cr les dieux1 mais aprs les avoir crs il a t promptement asservi par eux4 ,ils ne sont pas fils de la peur1 comme le prtend ,lucrce1 mais bien de l'esprance1 et c'est pourquoi leur influence sera ternelle4 ,ce que les dieux ont donn l'homme1 et eux seuls jusqu' prsent ont pu le lui donner1 c'est un tat d'esprit comportant le bonheur4 ,aucune philosophie n'a jamais su encore raliser une telle tche4 ,la consquence1 sinon le but1 de toutes les civilisations1 de toutes les philosophies1 de toutes les religions1 est d'engendrer certains tats d'esprit4 ,or1 de ces tals d'esprit1 les uns impliquent le bonheur1 les autres ne l'impliquent pas4 ,c'est trs peu des circonstances extrieures et beaucoup de l'tat de notre me que dpend le bonheur4 ,les martyrs sur leurs bchers se trouvaient probablement beaucoup plus heureux que leurs bourreaux4 ,le cantonnier dvorant avec insouciance sa crote de pain frotte d'ail peut tre infiniment plus heureux qu'un millionnaire que les soucis assigent4 ,l'volution de la civilisation a malheureusement cr chez l'homme moderne une foule de besoins sans lui donner les moyens de les satisfaire et produit ainsi un mcontentement gnral dans les mes4 ,elle est mre du progrs sans doute1 la civilisation1 mais elle est mre aussi du socialisme et de l'anarchie1 ces expressions redoutables du dsespoir des foules1 qu'aucune croyance ne soutient plus4 ,comparez l',europen inquiet1 fivreux1 mcontent de son sort1 avec l',oriental1 toujours heureux de sa destine4 ,en quoi diffrent-ils1 sinon par l'tat de leur me 8 ,on a transform un peuple quand on a transform sa faon de concevoir et par consquent de penser et d'agir4 ,trouver les moyens de crer un tat d'esprit rendant l'homme heureux1 voil ce qu'une socit doit avant tout chercher1 sous peine de ne pouvoir subsister longtemps4 ,toutes les socits fondes jusqu'ici ont eu pour soutien un idal capable de subjuguer les mes1 et elles se sont toujours vanouies ds que cet idal a cess de les subjuguer4 ,une des grandes erreurs de l'ge moderne est de croire que c'est seulement dans les choses extrieures1 que l'me humaine peut trouver le bonheur4 ,il est en nous-mmes1 cr par nous-mmes et presque jamais hors de nous-mmes4 ,aprs avoir bris les idals des vieux ges1 nous constatons aujourd'hui qu'il n'est pas possible de vivre sans eux1 et que1 sous peine d'avoir disparatre1 il faut trouver le secret de les remplacer4 ,les vritables bienfaiteurs de l'humanit1 ceux qui mritent que les peuples reconnaissants leur lvent de colossales statues d'or1 ce sont ces magiciens puissants1 crateurs d'idals1 que l'humanit produit quelquefois1 mais qu'elle produit si rarement4 ,au-dessus du torrent des vaines apparences1 seules ralits que l'homme puisse jamais connatre1 au-dessus de l'engrenage rigide et glacial du monde1 ils ont fait surgir de puissantes et pacifiantes chimres1 qui cachent l'homme les cts sombres de sa destine1 et crent pour lui les demeures enchantes du rve et de l'espoir4 ,en se plaant exclusivement au point de vue politique1 on constate que l encore l'influence des croyances religieuses est immense4 ,ce qui fait leur irrsistible force1 c'est qu'elles constituent le seul facteur qui puisse momentanment donner un peuple une communaut absolue d'intrts1 de sentiments et de penses4 ,l'esprit religieux remplace ainsi d'un seul coup ces lentes accumulations hrditaires ncessaires pour former l'me d'une nation4 ,le peuple subjugu par une croyance ne change pas sans doute de constitution mentale mais toutes ses facults sont tournes vers un mme but 3 le triomphe de sa croyance1 et1 par ce seul fait1 sa puissance devient formidable4 ,c'est aux poques de foi que1 momentanment transforms1 les peuples accomplissent ces efforts prodigieux1 ces fondations d'empires qui tonnent l'histoire4 ,c'est ainsi que quelques tribus arabes1 unifies par la pense de ,mahomet1 conquirent en peu d'annes des nations qui ignoraient jusqu' leurs noms1 et fondrent leur immense empire4 ,ce n'est pas la qualit des croyances qu'il faut considrer1 mais le degr de domination qu'elles exercent sur les mes4 ,que le dieu invoqu soit ,moloch ou toute autre divinit plus barbare encore1 il n'importe4 ,il importe mme pour son prestige qu'il soit tout fait intolrant et barbare4 ,les dieux trop tolrants et trop doux ne donnent aucune puissance leurs adorateurs4 ,les sectateurs du rigide ,mahomet dominrent pendant longtemps une grande partie du monde et sont redoutables encore 2 ceux du pacifique ,bouddha n'ont jamais rien fond de durable et sont dj oublis par l'histoire4 ,l'esprit religieux a donc jou un rle politique capital dans l'existence des peuples1 parce qu'il fut toujours le seul facteur capable d'agir rapidement sur leur caractre4 ,sans doute1 les dieux ne sont pas immortels1 mais l'esprit religieux1 lui1 est ternel4 ,assoupi pour quelque temps1 il se rveille ds qu'une nouvelle divinit est cre4 ,il a permis la ,france1 il y a un sicle1 de tenir victorieusement tte l',europe en armes4 ,le monde a vu1 une fois encore1 ce que peut l'esprit religieux 2 car ce fut vraiment une religion nouvelle qui se fondait alors1 et qui anima de son souffle tout un peuple4 ,les divinits qui venaient d'clore taient sans doute trop fragiles pour pouvoir durer 2 mais aussi longtemps qu'elles durrent1 elles exercrent un empire absolu4 ,le pouvoir de transformer les mes que les religions possdent est d'ailleurs assez phmre4 ,il est rare que les croyances se maintiennent pendant un temps un peu long ce degr d'intensit qui transforme entirement le caractre4 ,le rve finit par plir1 l'hypnotis se rveille un peu1 et le vieux fond du caractre reparat4 ,alors mme que les croyances sont toutes-puissantes1 le caractre national se reconnat toujours la faon dont ces croyances sont adoptes et aux manifestations qu'elles provoquent4 ,voyez la mme croyance en ,angleterre1 en ,espagne et en ,france 3 quelles diffrences 6 ,la ,rforme et-elle jamais t possible en ,espagne1 et l',angleterre et-elle jamais consenti se soumettre l'effroyable joug de l',inquisition 8 ,chez les peuples qui ont adopt la ,rforme1 ne peroit-on pas aisment les caractres fondamentaux de races qui1 malgr l'hypnotisation des croyances1 avaient conserv les traits spciaux de leur constitution mentale 3 l'indpendance1 l'nergie1 l'habitude de raisonner et de ne pas subir servilement la loi d'un matre 8 ,l'histoire politique1 artistique et littraire des peuples est fille de leurs croyances 2 mais ces dernires1 tout en modifiant le caractre1 sont galement profondment modifies par lui4 ,le caractre d'un peuple et ses croyances1 telles sont les clefs de sa destine4 ,le premier est1 dans ses lments fondamentaux1 invariable1 et c'est prcisment parce qu'il ne varie pas que l'histoire d'un peuple conserve toujours une certaine unit4 ,les croyances1 elles1 peuvent varier1 et c'est justement parce qu'elles varient que l'histoire enregistre tant de bouleversements4 ,le moindre changement dans l'tat des croyances d'un peuple a forcment pour suite toute une srie de transformations dans son existence4 ,nous disions1 dans un prcdent chapitre1 qu'en ,france1 les hommes du ,x,v,i,i,ie sicle semblaient fort diffrents de ceux du ,x,v,i,ie4 ,sans doute1 mais quelle est l'origine de cette diffrence 8 ,simplement dans ce fait que1 d'un sicle l'autre1 l'esprit avait pass de la thologie la science1 oppos la raison la tradition1 la vrit observe la vrit rvle4 ,par ce simple changement de conceptions1 l'aspect d'un sicle s'est transform1 et1 si nous voulions en suivre les effets1 nous verrions que notre grande ,rvolution1 ainsi que les vnements qui la suivent et durent encore1 sont la simple consquence d'une volution des ides religieuses4 ,et si aujourd'hui la vieille socit chancelle sur ses bases et voit toutes ses institutions profondment branles1 c'est qu'elle perd de plus en plus les antiques croyances dont elle avait vcu jusqu'ici4 ,quand elle les aura tout fait perdues1 une civilisation nouvelle1 fonde sur une foi nouvelle prendra ncessairement sa place4 ,l'histoire nous montre que les peuples ne survivent pas longtemps la disparition de leurs dieux4 ,les civilisations nes avec eux meurent galement avec eux4 ,il n'est rien d'aussi destructif que la poussire des dieux morts4 ,,chapitre ,,iii ,,le ,,role ,,des ,,grands ,,hommes ,,dans ,l',,histoire ,,des ,,peuples ,les grands progrs de chaque civilisation ont toujours t raliss par une petite lite d'esprits suprieurs4 - ,nature de leur rle4 - ,ils synthtisent tous les efforts d'une race4 - ,exemples fournis par les grandes dcouvertes4 - ,rle politique des grands hommes4 - ,ils incarnent l'idal dominant de leur race4 - ,influence des grands hallucins4 - ,les inventeurs de gnie transforment une civilisation4 - ,les fanatiques et les hallucins font l'histoire4 ,en tudiant la hirarchie et la diffrenciation des races1 nous avons vu que ce qui diffrencie le plus les ,europens des ,orientaux1 c'est que les premiers sont les seuls possder une lite d'hommes suprieurs4 ,essayons de marquer en quelques lignes les limites du rle de cette lite4 ,cette petite phalange d'hommes minents qu'un peuple civilis possde et qu'il suffirait de supprimer chaque gnration pour abaisser considrablement le niveau intellectuel de ce peuple1 constitue la vritable incarnation des pouvoirs d'une race4 ,c'est elle que sont dus les progrs raliss dans les sciences1 les arts1 l'industrie1 en un mot dans toutes les branches de la civilisation4 ,l'histoire dmontre que c'est cette lite peu nombreuse que nous sommes redevables de tous les progrs accomplis4 ,bien que profitant de ces progrs la foule n'aime gure cependant qu'on la dpasse1 et les plus grands penseurs ou inventeurs ont t bien souvent ses martyrs4 ,cependant toutes les gnrations1 tout le pass d'une race1 s'panouissent en ces beaux gnies qui sont les fleurs merveilleuses d'une race4 ,ils sont la vraie gloire d'une nation1 et chacun1 jusqu'au plus humble1 pourrait s'enorgueillir en eux4 ,ils ne paraissent pas au hasard et par miracle1 mais reprsentent le couronnement d'un long pass4 ,ils synthtisent la grandeur de leur temps et de leur race4 ,favoriser leur closion et leur dveloppement1 c'est favoriser l'closion du progrs dont bnficiera toute l'humanit4 ,si nous nous laissions trop aveugler par nos rves d'galit universelle nous en serions les premires victimes4 ,l'galit ne peut exister que dans l'infriorit1 elle est le rve obscur et pesant des mdiocrits vulgaires4 ,les temps de sauvagerie l'ont seuls ralise4 ,pour que l'galit rgnt dans le monde1 il faudrait rabaisser peu peu tout ce qui fait la valeur d'une race au niveau de ce qu'elle a de moins lev4 ,mais si le rle des hommes suprieurs est considrable dans le dveloppement d'une civilisation1 il n'est pas cependant tout fait tel qu'on le dit gnralement4 ,leur action consiste1 je le rpte1 synthtiser tous les efforts d'une race 2 leurs dcouvertes sont toujours le rsultat d'une longue srie de dcouvertes antrieures 2 ils btissent un difice avec des pierres que d'autres ont lentement tailles4 ,les historiens1 gnralement fort simplistes1 ont toujours cru pouvoir accoler devant chaque invention le nom d'un homme 2 et pourtant1 parmi les grandes inventions qui ont transform le monde1 telles que l'imprimerie1 la poudre1 la vapeur1 la tlgraphie lectrique1 il n'en est pas une dont on puisse dire qu'elle a t cre par un seul cerveau4 ,quand on tudie la gense de telles dcouvertes1 on voit toujours qu'elles sont nes d'une longue srie d'efforts prparatoires 3 l'invention finale n'est qu'un couronnement4 ,l'observation de ,galile sur l'isochronisme des oscillations d'une lampe suspendue prpara l'invention des chronomtres de prcision1 d'o devait rsulter pour le marin la possibilit de retrouver srement sa route sur l',ocan4 ,la poudre canon est sortie du feu grgeois lentement transform4 ,la machine vapeur reprsente la somme d'une srie d'inventions dont chacune a exig d'immenses travaux4 ,un ,grec1 et-il eu cent fois le gnie d',archimde1 n'aurait pu dcouvrir la locomotive4 ,il ne lui et aucunement servi d'ailleurs de la dcouvrir1 car1 pour l'excuter1 il lui et fallu attendre que la mcanique et ralis des progrs qui ont demand deux mille ans d'efforts4 ,pour tre1 en apparence1 plus indpendant du pass1 le rle politique des grands hommes d',etat ne l'est pas beaucoup moins cependant que celui des grands inventeurs4 ,aveugls par l'clat bruyant de ces puissants remueurs d'hommes qui transforment l'existence politique des peuples1 des crivains tels que ,hegel1 ,cousin1 ,carlyle1 etc41 ont voulu en faire des demi-dieux dont le gnie seul modifie la destine des peuples4 ,ils peuvent sans doute troubler l'volution d'une socit1 mais il ne leur est pas donn d'en changer le cours4 ,le gnie d'un ,cromwell ou d'un ,napolon ne saurait accomplir une telle tche4 ,les grands conqurants peuvent dtruire par le fer et le feu les villes1 les hommes et les empires comme un enfant peut incendier un muse rempli des trsors de l'art 2 mais cette puissance destructive ne doit pas nous illusionner sur la nature de leur rle4 ,l'influence des grands hommes politiques n'est durable que lorsque1 comme ,csar ou ,richelieu1 ils savent diriger leurs efforts dans le sens des besoins du moment 2 la vraie cause de leurs succs est gnralement alors bien antrieure eux-mmes4 ,deux ou trois sicles plus tt ,csar n'et pas pli la grande rpublique romaine sous la loi d'un matre1 et ,richelieu et t impuissant raliser l'unit franaise4 ,en politique1 les vritables grands hommes sont ceux qui pressentent les besoins qui vont natre1 les vnements que le pass a prpars1 et montrent le chemin o il faut s'engager4 ,nul ne le voyait peut-tre1 ce chemin1 mais les fatalits de l'volution devaient bientt y pousser les peuples aux destins desquels ces puissants gnies prsident momentanment4 ,eux aussi1 comme les grands inventeurs1 synthtisent les rsultats d'un long travail antrieur4 ,il ne faudrait pas pousser trop loin cependant ces analogies entre les diverses catgories des grands hommes4 ,les inventeurs jouent un rle important dans l'volution future d'une civilisation1 mais aucun rle immdiat dans l'histoire politique des peuples4 ,les hommes suprieurs auxquels sont dues1 depuis la charrue jusqu'au tlgraphe1 les importantes dcouvertes qui sont le patrimoine commun de l'humanit1 n'ont jamais eu les qualits de caractre ncessaires pour fonder une religion ou conqurir un empire1 c'est--dire pour changer visiblement la face de l'histoire4 ,le penseur voit trop la complexit des problmes pour avoir jamais des convictions bien profondes1 et trop peu de buts politiques lui paraissent assez dignes de ses efforts pour qu'il en poursuive aucun4 ,les inventeurs peuvent modifier la longue une civilisation 2 les fanatiques1 l'intelligence troite1 mais au caractre nergique et aux passions puissantes1 peuvent seuls fonder des religions1 des empires et soulever le monde4 ,a la voix d'un ,pierre l',ermite1 des millions d'hommes se sont prcipits sur l',orient 3 les paroles d'un hallucin1 comme ,mahomet1 ont cr la force ncessaire pour triompher du vieux monde grco-romain 2 un moine obscur1 comme ,luther1 a mis l',europe feu et sang4 ,ce n'est pas parmi les foules que la voix d'un ,galile ou d'un ,newton aura jamais le plus faible cho4 ,les inventeurs de gnie htent la marche de la civilisation4 ,les fanatiques et les hallucins crent l'histoire4 ,de quoi se compose-t-elle1 en effet1 l'histoire1 telle que les livres l'crivent1 sinon du long rcit des luttes soutenues par l'homme pour crer un idal1 l'adorer1 puis le dtruire4 ,et devant la science pure1 de tels idals ont-ils plus de valeur que les vains mirages crs par la lumire sur les sables mobiles du dsert 8 ,ce sont pourtant les hallucins1 crateurs ou propagateurs de tels mirages1 qui ont le plus profondment transform le monde4 ,du fond de leurs tombeaux1 ils courbent encore l'me des races sous le joug de leurs penses et agissent sur le caractre et la destine des peuples4 ,ne mconnaissons pas l'importance de leur rle1 mais n'oublions pas non plus que la tche qu'ils ont accomplie1 ils n'ont russi l'accomplir que parce qu'ils ont inconsciemment incarn et exprim l'idal de leur race et de leur temps4 ,on ne conduit un peuple qu'en incarnant ses rves4 ,mose a reprsent1 pour les ,juifs1 le dsir de dlivrance qui couvait depuis des annes sous leurs fronts d'esclaves lacrs par les fouets gyptiens4 ,bouddha et ,jsus ont su entendre les misres infinies de leur temps et traduire en religion le besoin de charit et de piti qui1 des poques de souffrance universelle1 commenaient se faire jour dans le monde4 ,mahomet ralisa par l'unit de la croyance l'unit politique d'un peuple divis en milliers de tribus rivales4 ,le soldat de gnie qui fut ,napolon incarna l'idal de gloire militaire1 de vanit1 de propagande rvolutionnaire1 qui taient alors les caractristiques du peuple qu'il promena pendant quinze ans travers l',europe la poursuite des plus folles aventures4 ,ce sont donc en dfinitive les ides1 et par consquent1 ceux qui les incarnent et les propagent1 qui mnent le monde4 ,leur triomphe est assur ds qu'elles ont pour les dfendre des hallucins et des convaincus4 ,peu importe1 qu'elles soient vraies ou fausses4 ,l'histoire nous prouve mme que ce sont les ides les plus chimriques qui ont toujours le mieux fanatis les hommes et jou le rle le plus important4 ,c'est au nom des plus dcevantes chimres que le monde a t boulevers jusqu'ici1 que des civilisations qui semblaient imprissables ont t dtruites1 et que d'autres ont t fondes4 ,ce n'est pas1 comme l'assure l'vangile1 le royaume du ciel qui est destin aux pauvres d'esprit1 mais bien celui de la terre1 la seule condition qu'ils possdent la foi aveugle qui soulve les montagnes4 ,les philosophes1 qui consacrent souvent des sicles dtruire ce que les convaincus ont parfois cr en un jour1 doivent s'incliner devant eux4 ,les convaincus font partie des forces mystrieuses qui rgissent le monde4 ,ils ont dtermin les plus importants des vnements dont l'histoire enregistre le cours4 ,ils n'ont propag que des illusions sans doute1 mais c'est de ces illusions la fois redoutables1 sduisantes et vaines1 que l'humanit a vcu jusqu'ici et sans doute continuera vivre encore4 ,ce ne sont que des ombres4 ,il faut les respecter pourtant4 ,grce elles1 nos pres ont connu l'esprance1 et dans leur course hroque et folle la poursuite de ces ombres1 ils nous ont sortis de la barbarie primitive et conduits o nous sommes aujourd'hui4 ,de tous les facteurs du dveloppement des civilisations1 les illusions sont peut-tre les plus puissants4 ,c'est une illusion qui a fait surgir les pyramides et pendant cinq mille ans hriss l',egypte de colosses de pierre4 ,c'est une illusion qui1 au moyen ge1 a difi nos gigantesques cathdrales et conduit l',occident se prcipiter sur l',orient pour conqurir un tombeau4 ,c'est en poursuivant des illusions qu'ont t fondes des religions qui ont pli la moiti de l'humanit sous leurs lois et qu'ont t difis ou dtruits les plus vastes empires4 ,ce n'est pas la poursuite de la vrit1 mais celle de l'erreur1 que l'humanit a dpens le plus d'efforts4 ,les buts chimriques qu'elle poursuivait1 elle ne pouvait les atteindre 2 mais c'est en les poursuivant qu'elle a ralis tous les progrs qu'elle ne cherchait pas4 ,,livre ,v ,,la ,,dissociation ,,du ,,caract,,re ,,des ,,races ,,et ,,leur ,d,,cadence ,,chapitre ,,premier ,,comment ,,les ,,civilisations ,,palissent ,,et ,s',,teignent ,dissolution des espces psychologiques4 - ,comment des dispositions hrditaires qui avaient demand des sicles pour se former peuvent tre rapidement perdues4 - ,il faut toujours un temps trs long un peuple pour s'lever un haut degr de civilisation et parfois un temps trs court pour en descendre4 - ,le principal facteur de la dcadence d'un peuple est l'abaissement de son caractre4 - ,le mcanisme de la dissolution des civilisations a jusqu'ici t le mme pour tous les peuples4 - ,symptmes de dcadence que prsentent quelques peuples latins4 - ,dveloppement de l'gosme4 - ,diminution de l'initiative et de la volont4 - ,abaissement du caractre et de la moralit4 - ,la jeunesse actuelle4 - ,influence probable du socialisme4 - ,ses dangers et sa force4 - ,comment il ramnera les civilisations qui le subiront des formes d'volution tout fait barbares4 - ,peuples o il pourra triompher4 ,pas plus que les espces anatomiques1 les espces psychologiques ne sont ternelles4 ,les conditions de milieux qui maintiennent la fixit de leurs caractres ne subsistent pas toujours4 ,si ces milieux viennent se modifier1 les lments de constitution mentale1 maintenus par leur influence1 finissent par subir des transformations rgressives qui les conduisent disparatre4 ,suivant des lois physiologiques1 aussi applicables aux cellules crbrales qu'aux autres cellules du corps1 et qui s'observent chez tous les tres1 les organes mettent infiniment moins de temps disparatre qu'il ne leur en a fallu pour se former4 ,tout organe qui ne fonctionne pas cesse bientt de pouvoir fonctionner4 ,l'oeil des poissons qui vivent dans les lacs des cavernes s'atrophie la longue1 et cette atrophie finit par devenir hrditaire4 ,a ne considrer mme que la courte dure d'une vie individuelle1 un organe qui a demand peut-tre des milliers de sicles pour se former par de lentes adaptations et accumulations hrditaires1 arrive s'atrophier fort rapidement1 lorsqu'il cesse d'tre mis en action4 ,la constitution mentale des tres ne saurait chapper ces lois physiologiques4 ,la cellule crbrale qui n'est plus exerce cesse1 elle aussi1 de fonctionner1 et des dispositions mentales qui avaient demand des sicles pour se former peuvent tre promptement perdues4 ,le courage1 l'initiative1 l'nergie1 l'esprit d'entreprise et diverses qualits de caractre fort longues acqurir peuvent s'effacer assez rapidement quand elles n'ont plus l'occasion de s'exercer4 ,ainsi s'explique qu'il faille toujours un peuple un temps trs long pour s'lever un haut degr de culture1 et parfois un temps trs court pour tomber dans le gouffre de la dcadence4 ,quand on examine les causes qui ont conduit successivement la ruine les peuples divers dont nous entretient l'histoire1 qu'il s'agisse des ,perses1 des ,romains1 ou de tout autre1 on voit que le facteur fondamental de leur chute fut toujours un changement de leur constitution mentale rsultant de l'abaissement de leur caractre4 ,je n'en vois pas un seul qui ait disparu par suite de l'abaissement de son intelligence4 ,pour toutes les civilisations passes1 le mcanisme de la dissolution a t identique1 et identique ce point que c'est se demander1 comme l'a fait un pote1 si l'histoire1 qui a tant de livres1 n'aurait pas qu'une seule page4 ,arriv ce degr de civilisation et de puissance o1 tant sr de ne plus tre attaqu par ses voisins1 un peuple commence jouir des bienfaits de la paix et du bien-tre que procurent les richesses1 les vertus militaires se perdent1 l'excs de civilisation cre de nouveaux besoins1 l'gosme se dveloppe4 ,n'ayant d'autre idal que la jouissance htive de biens rapidement acquis1 les citoyens abandonnent la gestion des affaires publiques l',etat et perdent bientt toutes les qualits qui avaient fait leur grandeur4 ,alors des voisins barbares ou demi-barbares1 ayant des besoins trs faibles mais un idal trs fort1 envahissent le peuple trop civilis1 puis forment une nouvelle civilisation avec les dbris de celle qu'ils ont renverse4 ,c'est ainsi que1 malgr l'organisation formidable des ,romains et des ,perses1 les ,barbares dtruisirent l'empire des premiers et les ,arabes celui des seconds4 ,ce n'taient pas certes les qualits de l'intelligence qui manquaient aux peuples envahis4 ,a ce point de vue aucune comparaison n'tait possible entre les conqurants et les vaincus4 ,ce fut quand elle portait dj en elle des germes de prochaine dcadence1 c'est--dire sous les premiers empereurs1 que ,rome compta le plus de beaux esprits1 d'artistes1 de littrateurs et de savants4 ,presque toutes les oeuvres qui ont fait sa grandeur remontent cette poque de son histoire4 ,mais elle avait perdu cet lment fondamental qu'aucun dveloppement de l'intelligence ne saurait remplacer 3 le caractre #ai4 ,les ,romains des vieux ges avaient des besoins trs faibles et un idal trs fort4 ,cet idal - la grandeur de ,rome - dominait absolument leurs mes1 et chaque citoyen tait prt y sacrifier sa famille1 sa fortune et sa vie4 ,lorsque ,rome fut devenue le ple de l'univers1 la plus riche cit du monde1 elle fut envahie par des trangers venus de toutes parts et auxquels elle finit par donner les droits de citoyen4 ,ne demandant qu' jouir de son luxe1 ils s'intressaient fort peu sa gloire4 ,la grande cit devint alors un immense caravansrail1 mais ce ne fut plus ,rome4 ,elle semblait bien vivante encore1 mais son me tait morte depuis longtemps4 #ai ,le mal dont souffrait alors la socit romaine1 crit ,m4 ,fustel de ,coulanges1 n'tait pas la corruption des moeurs1 c'tait l'amollissement de la volont et pour ainsi dire l'nervement du caractre4 ,des causes analogues de dcadence menacent nos civilisations raffines1 mais il s'en ajoute d'autres dues l'volution produite dans les esprits par les dcouvertes scientifiques modernes4 ,la science a renouvel nos ides et t toute autorit nos conceptions religieuses et sociales4 ,elle a montr l'homme la faible place qu'il occupe dans l'univers et l'absolue indiffrence de la nature pour lui4 ,il a vu que ce qu'il appelait libert n'tait que l'ignorance des causes qui l'asservissent1 et que1 dans l'engrenage des ncessits qui les mnent1 la condition naturelle de tous les tres est d'tre asservis4 ,il a constat que la nature ignorait ce que nous appelons la piti1 et que tous les progrs raliss par elle ne l'avaient t que par une slection impitoyable amenant sans cesse l'crasement des faibles au profit des forts4 ,toutes ces conceptions glaciales et rigides1 si contraires ce que disaient les vieilles croyances qui ont enchant nos pres1 ont produit d'inquitants conflits dans les mes4 ,dans des cerveaux ordinaires1 ils ont engendr cet tat d'anarchie des ides qui semble la caractristique de l'homme moderne4 ,chez la jeunesse artiste et lettre1 ces mmes conflits ont abouti une sorte d'indiffrence morne1 destructive de toute volont1 une incapacit complte de s'enthousiasmer pour une cause quelconque1 et un culte exclusif d'intrts immdiats et personnels4 ,commentant cette trs juste rflexion d'un crivain moderne que le sens du relatif domine la pense contemporaine 1 un ministre de l'instruction publique proclamait avec une satisfaction vidente dans un discours rcent que la substitution des ides relatives aux notions abstraites dans tous les ordres de la connaissance humaine est la plus grande conqute de la science 4,la conqute dclare nouvelle est en ralit bien vieille4 ,il y a de longs sicles que la philosophie de l',inde l'avait accomplie4 ,ne nous flicitons pas trop de ce qu'elle tend aujourd'hui se rpandre4 ,le vrai danger pour les socits modernes tient prcisment ce que les hommes ont perdu toute confiance dans la valeur des principes sur lesquels elles reposent4 ,je ne sais pas si l'on pourrait citer depuis l'origine du monde une seule civilisation1 une seule institution1 une seule croyance qui aient russi se maintenir en s'appuyant sur des principes considrs comme n'ayant qu'une valeur relative4 ,et si l'avenir semble appartenir ces doctrines socialistes que condamne la raison1 c'est justement parce que ce sont les seules dont les aptres parlent au nom de vrits qu'ils proclament absolues4 ,les foules se tourneront toujours vers ceux qui lui parleront de vrits absolues et ddaigneront les autres4 ,pour tre homme d',etat1 il faut savoir pntrer dans l'me de la multitude1 comprendre ses rves et abandonner les abstractions philosophiques4 ,les choses ne changent gure4 ,seules les ides qu'on s'en fait peuvent changer beaucoup4 ,c'est sur ces ides-l qu'il faut savoir agir4 ,sans doute nous ne pouvons connatre du monde rel que des apparences1 de simples tats de conscience dont la valeur est videmment relative4 ,mais quand nous nous plaons au point de vue social nous pouvons dire que pour un ge donn et pour une socit donne1 il y a des conditions d'existence1 des lois morales1 des institutions qui ont une valeur absolue1 puis que cette socit ne saurait subsister sans elles4 ,ds que leur valeur est conteste et que le doute se rpand dans les esprits1 la socit est condamne bientt mourir4 ,ce sont l des vrits que l'on peut enseigner hardiment1 car elles ne sont pas de celles qu'aucune science puisse contester4 ,un langage contraire ne peut qu'engendrer les plus dsastreuses consquences4 ,le nihilisme philosophique1 que des voix autorises propagent aujourd'hui dans de faibles esprits1 les fait immdiatement conclure l'injustice absolue de notre ordre social1 l'absurdit de toutes les hirarchies1 leur inspire la haine de tout ce qui existe et les mne directement au socialisme et l'anarchisme4 ,les hommes d',etat modernes sont trop persuads de l'influence des institutions et trop peu de l'influence des ides4 ,la science leur montre pourtant que les premires sont toujours filles des secondes et n'ont jamais pu subsister sans s'appuyer sur elles4 ,les ides reprsentent les ressorts invisibles des choses4 ,quand elles ont disparu1 les supports secrets des institutions et des civilisations sont briss4 ,ce fut toujours pour un peuple une heure redoutable que celle o ses vieilles ides sont descendues dans la sombre ncropole o reposent les ,dieux morts4 ,laissant maintenant de ct les causes pour tudier les effets1 nous devons reconnatre qu'une visible dcadence menace srieusement la vitalit de la plupart des grandes nations europennes1 et notamment de celles dites latines et qui le sont bien en ralit1 sinon par le sang1 du moins parles traditions et l'ducation4 ,elles perdent chaque jour leur initiative1 leur nergie1 leur volont et leur aptitude agir4 ,la satisfaction de besoins matriels toujours croissants tend devenir leur unique idal4 ,la famille se dissocie1 les ressorts sociaux se dtendent4 ,le mcontentement et le malaise s'tendent toutes les classes1 des plus riches aux plus pauvres4 ,semblable au navire ayant perdu sa boussole et errant l'aventure au gr des vents1 l'homme moderne erre au gr du hasard dans les espaces que les dieux peuplaient jadis et que la science a rendus dserts4 ,il a perdu la foi et du mme coup l'esprance4 ,devenues impressionnables et mobiles l'excs1 les foules1 qu'aucune barrire ne retient plus1 semblent condamnes osciller sans cesse de la plus furieuse anarchie au plus pesant despotisme4 ,on les soulve avec des mots1 mais leurs divinits d'un seul jour sont bientt leurs victimes4 ,en apparence elles semblent souhaiter la libert avec ardeur 2 en ralit elles la repoussent toujours et demandent sans cesse l',etat de leur forger des chanes4 ,elles obissent aveuglment aux plus obscurs sectaires1 aux plus borns despotes4 ,les rhteurs qui croient guider les masses1 et le plus souvent qui les suivent1 confondent l'impatience et la nervosit faisant sans cesse changer de matre avec le vritable esprit d'indpendance1 empchant de supporter aucun matre4 ,l',etat1 quel que soit le rgime nominal1 est la divinit vers laquelle se tournent tous les partis4 ,c'est lui qu'on demande une rglementation et une protection chaque jour plus lourdes1 enveloppant les moindres actes de la vie des formalits les plus byzantines et les plus tyranniques4 ,la jeunesse renonce de plus en plus aux carrires demandant du jugement1 de l'initiative1 de l'nergie1 des efforts personnels et de la volont4 ,les moindres responsabilits l'pouvantent4 ,le mdiocre horizon des fonctions salaries par l',etat lui suffit4 ,les commerants ignorent les chemins des colonies et celles-ci ne sont peuples que par des fonctionnaires #bj4 ,l'nergie et l'action sont remplaces chez les hommes d',etat par des discussions personnelles effroyablement vides1 chez les foules par des enthousiasmes ou des colres d'un jour1 chez les lettrs par une sorte de sentimentalisme larmoyant1 impuissant et vague1 et de ples dissertations sur les misres de l'existence4 ,un gosme sans bornes se dveloppe partout4 ,l'individu finit par n'avoir plus d'autre proccupation que lui-mme4 ,les consciences capitulent1 la moralit gnrale s'abaisse et graduellement s'teint #ba4 #bj ,dans un discours prononc la ,chambre des dputs le #bg novembre #ahij par ,m4 ,etienne1 sous-secrtaire d',etat aux colonies1 je relve le trs caractristique passage suivant que j'emprunte au journal le ,sicle4 ,la ,cochinchine comprend #a1hjj1jjj mes 2 dans ce total1 on compte #a1fjj ,franais dont #a1bjj fonctionnaires4 ,elle est administre par un conseil colonial lu par ces #a1bjj fonctionnaires 2 elle a un dput4 ,et vous voulez que l'anarchie ne rgne pas dans ce pays 6 7,exclamations et rires sur un grand nombre de bancs47 444 ,eh bien1 savez-vous ce que produit un pareil systme4 ,il produit ce phnomne que votre budget rduit #bb millions est absorb pour #i millions par les dpenses des fonctionnaires4 ,oui1 en #ahgg1 j'ai essay de rduire les fonctionnaires 2 je les ai rduits pour #c1ejj1jjj francs sur #i 2 j'ai pris cette mesure au mois d'octobre4 ,or1 au mois de dcembre1 le cabinet dont je faisais partie disparaissait1 et1 au mois de mars suivant1 tous les fonctionnaires licencis ont reparu4 #ba ,cet abaissement de la moralit est grave quand il s'observe dans des professions telles que la magistrature et le notariat1 chez lesquelles la probit tait jadis aussi gnrale que le courage chez les militaires4 ,en ce qui concerne le notariat1 la moralit est descendue aujourd'hui un niveau fort bas4 ,les statisticiens officiels ont constat qu'il y a dans le notariat une proportion de #dc accuss sur #aj1jjj individus1 alors que la moyenne pour l'ensemble de la population de la ,france est de un accus pour le mme nombre d'individus 4 ,dans un rapport du garde des sceaux au ,prsident de la ,rpublique1 publi par l',officiel le #ca janvier #ahij1 je trouve le passage suivant 3 ,les dsastres qui1 ds #ahdj1 avaient commenc jeter l'inquitude dans le public1 s'accrurent progressivement ce point qu'en #ahgf un de mes prdcesseurs dut appeler spcialement l'attention des magistrats du parquet sur la situation du notariat4 ,les destitutions et les catastrophes notariales se reproduisaient avec un caractre de gravit et de frquence inaccoutum4 ,le chiffre des sinistres s'levait successivement de #ca en #ahhb 2 #da en #ahhc 2 #ed en #ahhd 2 #ga en #ahhf1 et le total des dtournements commis par les notaires reprsentait plus de #fb millions pour la priode comprise en #ahhj et #ahhf4 ,en #ahhi1 enfin1 #ajc notaires ont d tre destitus ou contraints de cder leur tude4 ,si l'on rapproche de ces faits la chute successive de nos plus grandes entreprises financires 7,comptoir d'escompte1 ,dpts et comptes courants1 ,panama1 etc471 il faut bien reconnatre que les invectives des socialistes contre la moralit des classes dirigeantes ne sont pas sans fondement4 ,les mmes symptmes de dmoralisation profonde s'observent malheureusement chez tous les peuples latins4 ,le scandale des banques d',etat italiennes o le vol se pratiquait sur une immense chelle par les hommes politiques les plus haut placs1 la faillite du ,portugal1 la misrable situation financire de l',espagne et de l',italie1 la dcadence profonde des rpubliques latines de l',amrique1 prouvent que le caractre et la moralit de certains peuples ont reu d'incurables atteintes et que leur rle dans le monde est bien prs d'tre termin4 ,l'homme perd tout empire sur lui-mme4 ,il ne sait plus se dominer 2 et qui ne sait se dominer est condamn bientt tre domin par d'autres4 ,changer tout cela serait une lourde tche4 ,il faudrait changer tout d'abord notre lamentable ducation latine4 ,elle dpouille de toute initiative et de toute nergie ceux qui l'hrdit en aurait laiss encore4 ,elle teint toute lueur d'indpendance intellectuelle en donnant pour seul idal la jeunesse d'odieux concours qui1 ne demandant que des efforts de mmoire1 ont pour rsultat final de placer la tte de toutes les carrires les cerveaux que leur aptitude servile l'imitation rend prcisment les plus incapables d'individualit et d'efforts personnels4 ,je tche de couler du fer dans l'me des enfants disait un instituteur anglais ,guizot qui visitait les coles de la ,grande-,bretagne4 ,o sont chez les nations latines les instituteurs et les programmes qui puissent raliser un tel rve 8 ,le rgime militaire le ralisera peut-tre4 ,il est en tous cas le seul ducateur qui le puisse raliser4 ,pour les peuples qui s'affaissent1 une des principales condition de relvement est l'organisation d'un service militaire universel trs dur et la menace permanente de guerres dsastreuses4 ,c'est cet abaissement gnral du caractre1 l'impuissance des citoyens se gouverner eux-mmes1 et leur goste indiffrence qu'est due surtout la difficult qu'prouvent la plupart des peuples latins vivre sous des lois librales aussi loignes du despotisme que de l'anarchie4 ,que de telles lois soient peu sympathiques aux foules1 on le comprend aisment1 car le csarisme leur promet1 sinon la libert dont elles ne se soucient gure1 au moins une galit trs grande dans la servitude4 ,que ce soit1 au contraire1 des couches claires que les institutions rpublicaines aient le plus de peine se faire accepter1 voil ce qu'on ne comprendrait pas si l'on ne se rendait compte du poids des influences ancestrales4 ,n'est-ce pas avec de telles institutions que toutes les supriorits1 celle de l'intelligence surtout1 ont le plus de chance de pouvoir se manifester 8 ,on pourrait mme dire que le seul inconvnient rel de ces institutions1 pour les galitaires tout prix1 est de permettre la formation d'aristocraties intellectuelles puissantes4 ,le plus oppressif des rgimes1 aussi bien pour le caractre que pour l'intelligence1 est au contraire le csarisme sous ses diverses formes4 ,il n'a pour lui que d'amener facilement l'galit dans la bassesse1 l'humilit dans la servitude4 ,il est trs adapt aux besoins infrieurs des peuples en dcadence1 et c'est pourquoi1 ds qu'ils le peuvent1 ils y reviennent toujours4 ,le premier panache venu d'un gnral quelconque les y ramne4 ,quand un peuple en est l1 son heure est venue1 les temps sont accomplis pour lui4 ,il subit actuellement une volution manifeste1 ce csarisme des vieux ges que l'histoire a toujours vu apparatre dans les civilisations leur extrme aurore et leur extrme dcadence4 ,nous le voyons renatre aujourd'hui sous le nom de socialisme4 ,cette nouvelle expression de l'absolutisme de l',etat sera srement la plus dure des formes du csarisme1 parce qu'tant impersonnelle1 elle chappera tous les motifs de crainte qui retiennent les pires tyrans4 ,le socialisme parat tre aujourd'hui le plus grave des dangers qui menacent les peuples europens4 ,il achvera sans doute une dcadence que bien des causes prparent1 et marquera peut-tre la fin des civilisations de l',occident4 ,pour comprendre ses dangers et sa force1 il ne faut pas envisager les enseignements qu'il rpand1 mais bien les dvouements qu'il inspire4 ,le socialisme constituera bientt la croyance nouvelle de cette foule immense de dshrits auxquels les conditions conomiques de la civilisation actuelle crent fatalement une existence souvent trs dure4 ,il sera la religion nouvelle qui peuplera les deux vides4 ,cette religion remplacera1 pour tous les tres qui ne sauraient supporter la misre sans illusion1 les lumineux paradis que leur faisaient jadis entrevoir les vitraux de leurs glises4 ,cette grande entit religieuse de demain voit s'accrotre chaque jour la foule de ses croyants4 ,elle aura bientt ses martyrs4 ,et alors elle deviendra un de ces credo religieux qui soulvent les peuples et dont la puissance sur les mes est absolue4 ,que les dogmes du socialisme conduisent un rgime de bas esclavage qui dtruira toute initiative et toute indpendance dans les mes plies sous son empire1 cela est vident1 sans doute1 mais seulement pour les psychologues connaissant les conditions d'existence des hommes4 ,de telles prvisions sont inaccessibles aux foules4 ,il faut d'autres arguments pour les persuader1 et ces arguments n'ont jamais t tirs du domaine de la raison4 ,que les dogmes nouveaux que nous voyons natre soient contraires au plus lmentaire bon sens1 cela est vident encore4 ,mais les dogmes religieux qui nous ont conduits pendant tant de sicles n'taient-ils pas1 eux aussi1 contraires au bon sens1 et cela les a-t-il empchs de courber les plus lumineux gnies sous leurs lois 8 ,en matire de croyances1 l'homme n'coute que la voix inconsciente de ses sentiments4 ,ils forment un obscur domaine d'o la raison a toujours t exclue4 ,donc et par le fait seul de la constitution mentale qu'un long pass leur a cre1 les peuples de l',europe vont tre obligs de subir la redoutable phase du socialisme4 ,il marquera une des dernires tapes de la dcadence4 ,en ramenant la civilisation des formes d'volution tout fait infrieures1 il rendra faciles les invasions destructrices qui nous menacent4 ,en dehors de la ,russie1 dont les populations sont au point de vue psychologique beaucoup plus asiatiques qu'europennes1 on ne voit gure en ,europe que l',angleterre dont la race possde une nergie assez grande1 des croyances assez stables1 un caractre assez indpendant pour se soustraire pendant quelque temps encore la religion nouvelle que nous voyons clore4 ,l',allemagne moderne1 malgr de trompeuses apparences de prosprit1 en sera sans doute la premire victime1 en juger par le succs des diverses sectes qui y pullulent4 ,le socialisme qui la ruinera sera sans doute revtu de formules scientifiques rigides1 bonnes tout au plus pour une socit idale que l'humanit ne produira jamais1 mais ce dernier fils de la raison pure sera plus intolrant et plus redoutable que tous ses ans4 ,aucun peuple n'est aussi bien prpar que l',allemagne le subir4 ,aucun n'a plus perdu aujourd'hui l'initiative1 l'indpendance et l'habitude de se gouverner #bb4 #bb ,les crivains allemands les plus minents sont parfaitement d'accord sur ce point4 ,dans son livre rcent sur la ,question sociale1 ,m4 ,t4 ,ziegler1 professeur l'universit de ,strasbourg1 s'exprime de la faon suivante 3 ,si le ,self-help est la tendance dominante de l',angleterre1 le recours l',etat est la caractristique de l',allemagne4 ,nous sommes un peuple mis en tutelle depuis des sicles4 ,de plus1 pendant les vingt dernires annes1 la forte main de ,bismarck1 en nous assurant la scurit1 nous a fait perdre le sentiment de la responsabilit et de l'initiative4 ,c'est pour cela que dans les cas difficiles et 2 mme faciles1 nous en appelons l'aide et la police de l',etat et que nous abandonnons tout son initiative4 ,quant la ,russie1 elle est trop rcemment et trop incompltement sortie du rgime du mir1 c'est--dire du communisme primitif1 la plus parfaite forme du socialisme1 pour songer retourner cette tape infrieure d'volution4 ,elle a d'autres destines4 ,c'est elle sans doute qui fournira un jour l'irrsistible flot de barbares destin dtruire les vieilles civilisations de l'occident1 dont les luttes conomiques et le socialisme auront prpar la fin4 ,mais cette heure n'est pas venue encore4 ,quelques tapes nous en sparent4 ,le socialisme sera un rgime trop oppressif pour pouvoir durer4 ,il fera regretter l'ge de ,tibre et de ,caligula et ramnera cet ge4 ,on se demande quelquefois comment les ,romains du temps des empereurs supportaient si facilement les frocits furieuses de tels despotes4 ,c'est qu'eux aussi avaient pass par les luttes sociales1 les guerres civiles1 les proscriptions et y avaient perdu leur caractre4 ,ils en taient arrivs considrer ces tyrans comme leurs derniers instruments de salut4 ,on leur passa tout parce qu'on ne savait comment les remplacer4 ,on ne les remplaa pas en effet4 ,aprs eux1 ce fut l'crasement final sous le pied des barbares1 la fin du monde4 ,l'histoire tourne toujours dans le mme cercle4 ,,chapitre ,,ii ,,conclusions ,g,n,,rales ,nous avons dj fait observer1 dans l',introduction de cet ouvrage1 qu'il n'tait qu'un court rsum1 une sorte de synthse des volumes que nous avons consacrs l'histoire des civilisations4 ,chacun des chapitres qui le composent doit tre considr comme la conclusion de travaux antrieurs4 ,il est donc bien difficile de condenser encore des ides dj si condenses4 ,je vais essayer cependant1 pour les lecteurs dont le temps est prcieux1 de prsenter sous forme de propositions trs brves les principes fondamentaux qui reprsentent la philosophie de cet ouvrage4 - ,une race possde des caractres psychologiques presque aussi fixes que ses caractres physiques4 ,comme l'espce anatomique1 l'espce psychologique ne se transforme qu'aprs des accumulations d'ges4 - ,aux caractres psychologiques fixes et hrditaires1 dont l'association forme la constitution mentale d'une race1 s'ajoutent1 comme chez toutes les espces anatomiques1 des lments accessoires crs par diverses modifications des milieux4 ,renouvels sans cesse1 ils permettent la race une variabilit apparente assez tendue4 - ,la constitution mentale d'une race reprsente non seulement la synthse des tres vivants qui la composent1 mais surtout celle de tous les anctres qui ont contribu la former4 ,ce ne sont pas les vivants1 mais les morts1 qui jouent le rle prpondrant dans l'existence d'un peuple4 ,ils sont les crateurs de sa morale et des mobiles inconscients de sa conduite4 - ,les diffrences anatomiques trs grandes qui sparent les diverses races humaines s'accompagnent de diffrences psychologiques non moins considrables4 ,quand on ne compare entre elles que les moyennes de chaque race1 les diffrences mentales paraissent souvent assez faibles4 ,elles deviennent immenses aussitt qu'on fait porter la comparaison sur les lments les plus levs de chaque race4 ,on constate alors que ce qui diffrencie surtout les races suprieures des races infrieures1 c'est que les premires possdent un certain nombre de cerveaux trs dvelopps1 alors que les autres n'en possdent pas4 - ,les individus qui composent les races infrieures prsentent entre eux une galit manifeste4 ,a mesure que les races s'lvent sur l'chelle de la civilisation1 leurs membres tendent se diffrencier de plus en plus4 ,l'effet invitable de la civilisation est de diffrencier les individus et les races4 ,ce n'est donc pas vers l'galit que marchent les peuples1 mais vers une ingalit croissante4 - ,la vie d'un peuple et toutes les manifestations de sa civilisation sont le simple reflet de son me1 les signes visibles d'une chose invisible1 mais trs relle4 ,les vnements extrieurs ne sont que la surface apparente de la trame cache qui les dtermine4 - ,ce n'est pas le hasard1 ni les circonstances extrieures1 ni surtout les institutions politiques qui jouent le rle fondamental dans l'histoire d'un peuple4 ,c'est surtout son caractre qui cre sa destine4 - ,les divers lments de la civilisation d'un peuple n'tant que les signes extrieurs de sa constitution mentale1 l'expression de certains modes de sentir et de penser spciaux ce peuple1 ne sauraient se transmettre sans changement des peuples de constitution mentale diffrente4 ,ce qui peut se transmettre1 ce sont seulement des formes extrieures1 superficielles et sans importance4 - ,les diffrences profondes qui existent entre la constitution mentale des divers peuples ont pour consquence de leur faire percevoir le monde extrieur de faons trs dissemblables4 ,il en rsulte qu'ils sentent1 raisonnent et agissent de faons fort diffrentes et se trouvent par consquent en dissentiment sur toutes les questions ds qu'ils sont en contact4 ,la plupart des guerres qui remplissent l'histoire sont nes de ces dissentiments4 ,guerres de conqutes1 guerres de religions1 guerres de dynasties1 ont toujours t en ralit des guerres de races4 - ,une agglomration d'hommes d'origines diffrentes n'arrive former une race1 c'est--dire possder une me collective1 que lorsque1 par des croisements rpts pendant des sicles et une existence semblable dans des milieux identiques1 elle a acquis des sentiments communs1 des intrts communs1 des croyances communes4 - ,chez les peuples civiliss1 il n'y a plus gure de races naturelles1 mais seulement des races artificielles cres par des conditions historiques4 - ,les changements de milieux n'agissent profondment que sur les races nouvelles1 c'est--dire sur les mlanges d'anciennes races dont les croisements ont dissoci les caractres ancestraux4 ,l'hrdit seule est assez puissante pour lutter contre l'hrdit4 ,sur les races chez qui ces croisements ne sont pas venus dtruire la fixit des caractres1 les changements de milieu n'ont qu'une action purement destructive4 ,une race ancienne prit plutt que de subir les transformations que ncessite l'adaptation des milieux nouveaux4 - ,l'acquisition d'une me collective solidement constitue marque pour un peuple l'apoge de sa grandeur4 ,la dissociation de cette me marque toujours l'heure de sa dcadence4 ,l'intervention d'lments trangers constitue un des plus srs moyens d'arriver cette dissociation4 - ,les espces psychologiques subissent1 comme les espces anatomiques1 les effets du temps4 ,elles sont galement condamnes vieillir et s'teindre4 ,toujours trs lentes se former1 elles peuvent au contraire rapidement disparatre4 ,il suffit de troubler profondment le fonctionnement de leurs organes pour leur faire subir des transformations rgressives dont la consquence est une destruction souvent trs prompte4 ,les peuples mettent de longs sicles pour acqurir une certaine constitution mentale et ils la perdent parfois en un temps trs court4 ,le chemin ascendant qui les conduit un haut degr de civilisation est toujours trs long1 la pente qui les mne la dcadence est le plus souvent fort rapide4 - ,a ct du caractre1 on doit placer les ides comme un des facteurs principaux de l'volution d'une civilisation4 ,elles n'agissent que lorsque1 aprs une volution trs lente1 elles se sont transformes en sentiments et font par consquent partie du caractre4 ,elles chappent alors l'influence du raisonnement et mettent un temps fort long disparatre4 ,chaque civilisation drive d'un petit nombre d'ides fondamentales universellement acceptes4 - ,parmi les plus importantes des ides directrices d'une civilisation se trouvent les ides religieuses4 ,c'est de la variation des croyances religieuses que sont indirectement sortis la plupart des vnements historiques4 ,l'histoire de l'humanit a toujours t parallle celle de ses dieux4 ,ces fils de nos rves ont une telle puissance que leur nom mme ne peut changer sans que le monde soit aussitt boulevers4 ,la naissance de dieux nouveaux a toujours marqu l'aurore d'une civilisation nouvelle1 et leur disparition a toujours marqu son dclin4 ,,table ,,des ,,matieres ,,introduction ,,les ,,id,,es ,,galitaires ,,modernes ,,et ,,les ,,bases ,,psychologiques ,,de ,l',,histoire ,naissance et dveloppement de l'ide galitaire4 - ,les consquences qu'elle a produites4 - ,ce qu'a dj cot son application4 - ,son influence actuelle sur les foules4 - ,problmes abords dans cet ouvrage4 - ,recherche des facteurs principaux de l'volution gnrale des peuples4 - ,cette volution drive-t-elle des institutions 8 - ,les lments de chaque civilisation 3 institutions1 arts1 croyances1 etc41 n'auraient-ils pas certains fondements psychologiques spciaux chaque peuple 8 - ,les hasards de l'histoire et les lois permanentes4 ,,livre ,,premier ,,les ,,caract,,res ,,psychologiques ,,des ,,races ,,chapitre ,,premier ,l',,ame ,,des ,,races ,comment les naturalistes classent les espces4 - ,application l'homme de leurs mthodes4 - ,ct dfectueux des classifications actuelles des races humaines4 - ,fondements d'une classification psychologique4 - ,les types moyens des races4 - ,comment l'observation permet de les constituer4 - ,facteurs physiologiques qui dterminent le type moyen d'une race4 - ,l'influence des anctres et celle des parents immdiats4 - ,fonds psychologique commun que possdent tous les individus d une race4 - ,immense influence des gnrations teintes sur les gnrations actuelles4 - ,raisons mathmatiques de cette influence4 - ,comment l'me collective s'est tendue de la famille au village1 la cit et la province4 - ,avantages et dangers de la conception de la cit4 - ,circonstances dans lesquelles la formation de l'me collective est impossible4 - ,exemple de l',italie4 - ,comment les races naturelles ont fait place aux races historiques4 ,,chapitre ,,ii ,,limites ,,de ,,variabilit ,,du ,,caract,,re ,,des ,,races ,la variabilit du caractre des races1 et non sa fixit1 constitue la rgle apparente4 - ,raisons de cette apparence4 - ,invariabilit des caractres fondamentaux et variabilit des caractres secondaires4 - ,assimilation des caractres psychologiques aux caractres irrductibles et aux caractres modifiables des espces animales4 - ,le milieu1 les circonstances1 l'ducation agissent seulement sur les caractres psychologiques accessoires4 - ,les possibilits de caractre4 - ,exemples fournis par diverses poques4 - ,les hommes de la ,terreur4 ,ce qu'ils fussent devenus d'autres poques4 - ,comment malgr les rvolutions persistent les caractres nationaux4 ,exemples divers4 - ,conclusion4 ,,chapitre ,,iii ,,hi,,rarchie ,,psychologique ,,des ,,races ,la classification psychologique repose1 comme les classifications anatomique1 sur la constatation d'un petit nombre de caractres irrductibles et fondamentaux41 - ,classification psychologique des races humaines4 - ,les races primitives4 - ,les races infrieures4 - ,les races moyennes4 - ,les races suprieures4 - lments psychologiques dont le groupement permet cette classification4 - lments qui possdent le plus d'importance4 - ,le caractre4 - ,la moralit4 - ,les qualits intellectuelles sont modifiables par l'ducation4 - ,les qualits du caractre sont irrductibles et constituent l'lment invariable de chaque peuple4 - ,leur rle dans l'histoire4 - ,pourquoi des races diffrentes ne sauraient se comprendre et s'influencer4 - ,raisons de l'impossibilit de faire accepter une civilisation suprieure par un peuple infrieur4 ,,chapitre ,,iv ,,diff,,renciation ,,progressive ,,des ,,individus ,,et ,,des ,,races ,l'ingalit entre les divers individus d'une race est d'autant plus grande que cette race est plus leve4 - galit mentale de tous4 les individus des races infrieures4 - ,ce ne sont pas les moyennes des peuples mais leurs couches suprieures qu'il faut comparer pour apprcier les diffrences qui sparent les races4 - ,les progrs de la civilisation tendent diffrencier de plus en plus les individus et les races4 - ,consquences de cette diffrenciation4 - ,raisons psychologiques qui l'empchent de devenir trop considrable4 - ,les divers individus des races suprieures sont trs diffrencis au point de vue de l'intelligence et trs peu au point de vue du caractre4 - ,comment l'hrdit tend ramener constamment les supriorits individuelles au type moyen de la race4 - ,observations anatomiques confirmant la diffrenciation psychologique progressive des races1 des individus et des sexes4 ,,chapitre ,v ,,formation ,,des ,,races ,,historiques ,comment se sont formes les races historiques4 - ,conditions qui permettent des races diverses de fusionner pour former une race unique4 - ,influence du nombre des individus mis en prsence1 de l'ingalit de leurs caractres1 des milieux1 etc4 - ,rsultats des croisements4 - ,raisons de la grande infriorit des mtis4 - ,mobilit des caractres psychologiques nouveaux crs par les croisements4 - ,comment ces caractres arrivent se fixer4 - ,les priodes critiques de l'histoire4 - ,les croisements constituent un facteur essentiel de formation de races nouvelles1 et en mme temps un puissant facteur de dissolution des civilisations4 - ,importance du rgime des castes4 - ,influence des milieux4 - ,ils ne peuvent agir que sur les races nouvelles en voie de formation dont les croisements ont dissoci les caractres ancestraux4 - ,sur les races anciennes les milieux sont sans action4 - ,exemples divers4 - ,la plupart des races historiques de l',europe sont encore en voie de formation4 - ,consquences politiques et sociales4 - ,pourquoi la priode de formation des races historiques sera bientt passe4 ,,livre ,,ii ,,comment ,,les ,,caract,,res ,,psychologiques ,,des ,,races ,,se ,,manifestent ,,dans ,,les ,,divers ,l,,ments ,,de ,,leurs ,,civilisations ,,chapitre ,,premier ,,les ,,divers ,l,,ments ,d',,une ,,civilisation ,,comme ,,manifestation ,,ext,,rieure ,,de ,l',,ame ,d',,un ,,peuple ,les lments dont une civilisation se compose sont les manifestations extrieures de l'me des peuples qui les ont crs4 - ,l'importance de ces divers lments varie d'un peuple un autre4 - ,les arts1 la littrature1 les institutions1 etc41 jouent1 suivant les peuples1 le rle fondamental4 - ,exemples fournis dans l'antiquit par les ,egyptiens1 les ,grecs et les ,romains4 - ,les divers lments d'une civilisation peuvent avoir une volution indpendante de la marche gnrale de cette civilisation4 - ,exemples fournis par les arts4 - ,ce qu'ils traduisent4 - ,impossibilit de trouver dans un seul lment d'une civilisation la mesure du niveau de cette civilisation4 - lments qui assurent la supriorit un peuple4 - ,des lments philosophiquement fort infrieurs peuvent tre1 socialement1 trs suprieurs4 ,,chapitre ,,ii ,,comment ,,se ,,transforment ,,les ,,institutions1 ,,les ,,religions ,,et ,,les ,,langues ,les races suprieures ne peuvent1 pas plus que les races infrieures1 transformer brusquement les lments de leur civilisation4 - ,contradictions prsentes par les peuples qui ont chang leurs religions1 leurs langues et leurs arts4 - ,le cas du ,japon4 - ,en quoi ces changements ne sont qu'apparents4 - ,transformations profondes subies par le ,bouddhisme1 le ,brahmanisme1 l',islamisme et le ,christianisme1 suivant les races qui les ont adopts4 - ,variations que subissent les institutions et les langues suivant la race qui les adopte4 - ,comment les mots considrs comme se correspondant dans des langues diffrentes reprsentent des ides et des modes de penser trs dissemblables4 - ,impossibilit1 pour cette raison1 de traduire certaines langues4 - ,pourquoi1 dans les livres d'histoire1 la civilisation d'un peuple parat parfois subir des changements profonds4 - ,limites de l'influence rciproque des diverses civilisations4 ,,chapitre ,,iii ,,comment ,,se ,,transforment ,,les ,,arts ,application des principes prcdemment exposs l'tude de l'volution des arts chez les peuples orientaux4 - ,l'gypte4 - ,ides religieuses d'o ses arts drivent4 - ,ce que devinrent ses arts transports chez des races diffrentes 3 thiopiens1 ,grecs et ,perses4 - ,infriorit primitive de l'art grec4 - ,lenteur de son volution4 - ,adoption et volution en ,perse de l'art grec1 de l'art gyptien et de l'art assyrien4 - ,les transformations subies par les arts dpendent de la race1 et nullement des croyances religieuses4 - ,exemples fournis par les grandes transformations subies par l'art arabe suivant les races qui ont adopt l',islamisme4 - ,application de nos principes la recherche des origines et de l'volution des arts de l',inde4 - ,l',inde et la ,grce ont puis aux mmes sources1 mais en raison de la diversit des races elles sont arrives des arts n'ayant aucune parent4 - ,transformations immenses que l'architecture a subies dans l',inde suivant les races qui l'habitent1 et malgr la similitude des croyances4 ,,livre ,,iii ,l',,histoire ,,des ,,peuples ,,comme ,,consequence ,,de ,,leur ,,caract,,re ,,chapitre ,,premier ,,comment ,,les ,,institutions ,d,,rivent ,,de ,l',,ame ,,des ,,peuples ,l'histoire d'un peuple drive toujours de sa constitution mentale4 - ,exemples divers4 - ,comment les institutions politiques de la ,france drivent de l'me de la race4 - ,leur invariabilit relle sous leur variabilit apparente4 - ,nos partis politiques les plus divers poursuivent1 sous des noms diffrents1 des buts politiques identiques4 - ,leur idal est toujours la centralisation et la destruction de l'initiative individuelle au profit de l',etat4 - ,comment la ,rvolution franaise n'a fait qu'excuter le programme de l'ancienne monarchie4 - ,opposition de l'idal de la race anglo-saxonne l'idal latin4 - ,l'initiative du citoyen substitue l'initiative de l',etat4 - ,les institutions des peuples drivent toujours de leur caractre4 ,,chapitre ,,ii ,,application ,,des ,,principes ,,pr,c,,dents ,a ,l',,tude ,,compar,e ,,de ,l',,volution ,,des ,,etats-,,unis ,d',,am,,rique ,,et ,,des ,r,,publiques ,,hispano-,,am,,ricaines ,le caractre anglais4-,comment l'me amricaine s'est forme4 - ,duret de la slection cre par les conditions d'existence4 - ,disparition force des lments infrieurs4 - ,les ngres et les ,chinois4 - ,raisons de la prosprit des ,etats-,unis et de la dcadence des ,rpubliques hispano-amricaines malgr des institutions politiques identiques4 - ,l'anarchie force des ,rpubliques hispano-amricaines comme consquence de l'infriorit des caractres de la race4 ,,chapitre ,,iii ,,comment ,l',,alt,,ration ,,de ,l',,ame ,,des ,,races ,,modifie ,l',,volution ,,historique ,,des ,,peuples ,l'influence d'lments trangers transforme aussitt l'me d'une race1 et par consquent sa civilisation4 - ,exemple des ,romains4 - ,la civilisation romaine ne fut pas dtruite par les invasions militaires1 mais par les invasions pacifiques des ,barbares4- ,les ,barbares ne songrent jamais dtruire l',empire4- ,leurs invasions n'eurent pas le caractre de conqutes4 - ,les premiers chefs ,francs se considrrent toujours comme des fonctionnaires au service de l',empire romain4 - ,ils respectrent toujours la civilisation romaine et ne songrent qu' la continuer4 - ,ce n'est qu' partir du ,v,i,ie sicle que les chefs barbares de la ,gaule cessrent de considrer l'empereur comme leur chef4 - ,la transformation complte de la civilisation romaine ne fut pas la consquence d'une destruction1 mais de l'adoption d'une civilisation ancienne par une race nouvelle4 - ,les invasions modernes aux ,etats-,unis4 - ,luttes civiles et sparation en ,etats indpendants et rivaux qu'elles prparent4 - ,les invasions des trangers en ,france et leurs consquences4 ,,livre ,,iv ,,comment ,,se ,,modifient ,,les ,,caract,,res ,,psychologiques ,,des ,,races ,,chapitre ,,premier ,,le ,,role ,,des ,,idees ,,dans ,,la ,,vie ,,des ,,peuples ,les ides directrices de chaque civilisation sont toujours en trs petit nombre4 - ,lenteur extrme de leur naissance et de leur disparition4 - ,les ides n'agissent sur la conduite qu'aprs s'tre transformes en sentiments4 - ,elles font alors partie du caractre4 - ,c'est grce la lenteur de l'volution des ides que les civilisations possdent une certaine fixit4 - ,comment s'tablissent les ides4 - ,l'action du raisonnement est totalement nulle4 - ,influence de l'affirmation et du prestige4 - ,rle des convaincus et des aptres4 - ,dformation qu'prouvent les ides en descendant dans les foules4 - ,l'ide universellement admise agit bientt sur tous les lments de la civilisation4 - ,c'est grce la communaut des ides que les hommes de chaque ge ont une somme de conceptions moyennes qui les rend fort semblables dans leurs penses et leurs oeuvres4 - ,le joug de la coutume et de l'opinion4 - ,il ne diminue qu'aux ges critiques de l'histoire o les vieilles ides ont perdu de leur influence et ne sont pas encore remplaces4 - ,cet ge critique est le seul o la discussion des opinions puisse tre tolre4 - ,les dogmes ne se maintiennent qu' la condition de n'tre pas discuts4 - ,les peuples ne peuvent changer leurs ides et leurs dogmes sans tre aussitt obligs de changer de civilisation4 ,,chapitre ,,ii ,,le ,,role ,,des ,,croyances ,,religieuses ,,dans ,l',,volution ,,des ,,civilisations ,influence prpondrante des ides religieuses4 - ,elles ont toujours constitu l'lment le plus important de la vie des peuples4 - ,la plupart des vnements historiques1 ainsi que les institutions politiques et sociales1 drivent des ides religieuses4 - ,avec une ide religieuse nouvelle nat toujours une civilisation nouvelle4 - ,puissance de l'idal religieux4 - ,son influence sur le caractre4 - ,il tourne toutes les facults vers un mme but4 - ,l'histoire politique artistique et littraire des peuples est fille de leurs croyances4 - ,le moindre changement dans l'tat des croyances d'un peuple a pour consquence toute une srie de transformations dans son existence4 - ,exemples divers4 ,,chapitre ,,iii ,,le ,,role ,,des ,,grands ,,hommes ,,dans ,l',,histoire ,,des ,,peuples ,les grands progrs de chaque civilisation ont toujours t raliss par une petite lite d'esprits suprieurs4 - ,nature de leur rle4 - ,ils synthtisent tous les efforts d'une race4 - ,exemples fournis par les grandes dcouvertes4 - ,rle politique des grands hommes4 - ,ils incarnent l'idal dominant de leur race4 - ,influence des grands hallucins4 - ,les inventeurs de gnie transforment une civilisation4 - ,les fanatiques et les hallucins font l'histoire4 ,,livre ,v ,,la ,,dissociation ,,du ,,caract,,re ,,des ,,races ,,et ,,leur ,d,,cadence ,,chapitre ,,premier ,,comment ,,les ,,civilisations ,,palissent ,,et ,s',,teignent ,dissolution des espces psychologiques4 - ,comment des dispositions hrditaires qui avaient demand des sicles pour se former peuvent tre rapidement perdues4 - ,il faut toujours un temps trs long un peuple pour s'lever un haut degr de civilisation et parfois un temps trs court pour en descendre4 - ,le principal facteur de la dcadence d'un peuple est l'abaissement de son caractre4 - ,le mcanisme de la dissolution des civilisations a jusqu'ici t le mme pour tous les peuples4 - ,symptmes de dcadence que prsentent quelques peuples latins4 - ,dveloppement de l'gosme4 - ,diminution de l'initiative et de la volont4 - ,abaissement du caractre et de la moralit4 - ,la jeunesse actuelle4 - ,influence probable du socialisme4 - ,ses dangers et sa force4 - ,comment il ramnera les civilisations qui le subiront des formes d'volution tout fait barbares4 - ,peuples o il pourra triompher4 ,,chapitre ,,ii ,,conclusions ,g,n,,rales