,au lecteur4 ,ce livre lectronique reproduit intgralem5t le texte orig9al1 et l'or?ographe d'orig9e a t cons]ve4 ,seules les erreurs clairem5t introduites p> le typographe ont t corriges4 ,la li/e de ces corrections se tr\ve la f9 du texte4 ,ont galem5t t corriges les confusions entre ,dmo/hne1 gnral a?ni5 mort en -#dac1 et ,dmo/hnes1 orateur n en -#chd1 mort en -#cbb4 ,la ponctuation1 les erreurs u_/n et les erreurs _/ en lat9 ont t tacitem5t corriges c]ta9s endroits4 ,la ,table des matires conc]nant les ,obs]vations sur l',hi/oire de la ,grce a t aj\te4 ,,collection ,,complete ,,des ,,uvres ,,de ,l',,abb ,,de ,,mably4 ,,tome ,,quatrieme4 ,,collection ,,complete ,,des ,,uvres ,,de ,l',,abb ,,de ,,mably1 ,,tome ,,quatrieme1 ,cont5ant les ,obs]vations sur l'hi/oire des ,grecs et des ,roma9s4 ,a ,,p>is1 ,de l'imprim]ie de ,*4 ,,desbri]e1 rue et place ,croix1 *ausse du ,montblanc1 ci-devant d',ant94 ,l'an ,,iii de la ,rpublique1 7#agid #agie47 ,a ,,monsieur ,l',,abb ,,de ,r9999994 ,il y a dj plusieurs annes1 mon *] abb1 que je v\s ai (f]t la premire bau*e de mon travail sur l',hi/oire de l'anci5ne ,grce2 mais je me suis ap]u depuis combi5 ce prs5t toit peu digne de v\s4 ,horace toit un gr& matre2 et j'ai appris p> mon expri5ce qu'il e/ dang]eux de ne pas laiss] mrir p5dant plusieurs annes ses crits dans son porte-feuille3 nonum prematur 9 annum4 ,il e/ impossible de jug] avec ju/ice un ouvrage qu'on vi5t de f9ir2 il faut l'oubli]2 on le revoit alors de sang-froid et avec les n\velles connoissances qu'on a acquises2 notre am\r-propre d'auteur ne n\s drobe plus nos erreurs et nos fautes2 il n\s les prs5te1 au contraire1 comme autant de preuves des progrs que n\s avons faits4 ,l'ouvrage que je v\s adresse auj\rd'hui n'e/ encore qu'une suite de rflexions sur les murs1 le g\v]nem5t et la politique de la ,grce2 j'y re*]*e les causes gnrales et p>ticulires de sa prosprit et de ses malheurs4 ,il m'arrive s\v5t auj\rd'hui de l\] ce que j'ai blm dans mes premires obs]vations1 et de blm] les mmes *oses que j'ai l\es2 c'e/ qu'il y a eu un temps o je reg>dois de c]ta9es maximes sur la gr&eur1 la puissance et la =tune des tats1 comme autant de vrits inconte/ables2 et qu'aprs qu9ze ans de mditations sur les mmes objets1 je suis p>v5u ne les voir que comme des erreurs que nos passions et l'habitude ont consacres4 ,laissez vos ,grecs1 m'a-t-on dit plusieurs fois1 leur hi/oire e/ ue4 ,qui ne connot pas ,lacdmone1 ,lycurgue1 ,a?nes1 ,solon1 ,?bes1 ,epam9ondas1 la ligue des ,a*ens et ,aratus8 ,on e/ las d'ent5dre p>l] de la bataille de ,salam9e et de la gu]re du ,ploponse4 ,p\vois-je1 mon *] abb1 me r5dre ces conseils8 ,qu& on a mal russi en traitant un beau sujet1 e/-il possible de ne pas recomm5c] son ouvrage8 ,j'aurois pu laiss] mes ,obs]vations sur les ,grecs1 telles qu'elles toi5t1 s'il n'avoit t "q que de corrig] des fautes d'criva92 mais il falloit ne pas laiss] subsi/] une doctr9e dang]euse3 des maximes fausses en politique intress5t trop le bonheur des hommes p\r qu'un auteur ne doive pas se rtract] qu& il p>vi5t connotre la vrit4 ,ce s]oit un gr& malheur1 si on se lassoit d'tudi] les ,grecs et les ,roma9s2 l'hi/oire de ces deux peuples e/ une gr&e cole de morale et de politique3 on n'y voit pas seulem5t jusqu'o peuv5t s'lev] les v]tus et les tal5s des hommes s\s les lois d'un sage g\v]nem5t1 leurs fautes mmes s]viront t]nellem5t de leons aux hommes4 ,puiss5t les pr9ces1 en voyant les suites fune/es de l'ambition de ,sp>te et d',a?nes1 et des divisions des ,grecs1 connotre et aim] les devoirs de la socit6 ,je sais que la plup>t des faits intressans de ces deux nations sont connus de t\t le monde1 et qu'on fatigu]a son lecteur1 qu& on les racont]a aprs les hi/ori5s anci5s3 mais f]a-t-on un ouvrage dsagrable et inutile aux p]sonnes qui aim5t p5s]1 qu& on *]*]a dvelopp] les causes de ces gr&s vnem5s8 ,cette matire e/ 9puisable et s]a t\j\rs n\velle4 ,je ne v\s prs5te1 mon *] abb1 qu'un foible essai1 et je ne d\te po9t que des criva9s plus habiles que moi ne tr\v5t encore dans l'hi/oire de la ,grce une abondante moisson de rflexions n\velles1 et galem5t utiles la morale et la politique4 ,en v\s donnant une m>que publique des s5tim5s d'e/ime et de t5dresse que j'ai p\r v\s1 p\rquoi ne v\lez-v\s pas1 mon *] abb1 que j'aie le plaisir de p>l] des bonnes qualits de mon ami8 ,il faut me taire1 puisque v\s le dsirez1 et je sacrifie votre dlicatesse t\s les loges que v\s mritez4 ,si l'ouvrage n\veau que j'ai fait sur les ,grecs e/ digne de l'att5tion du public1 je s]ai d'autant plus *>m d'avoir corrig mes fautes1 que ri5 ne peut tre plus agrable p\r moi que de p5s] que ce monum5t que j'lve notre amiti1 tant li un ouvrage digne de vivre1 p]ptu]a le s\v5ir des s5tim5s inviolables qui n\s uniss5t4 ,,sommaires4 ,,livre ,,premi]4 ,murs et g\v]nem5t des premi]s ,grecs4 ,des causes qui contribur5t ne faire de t\te la ,grce qu'une rpublique fdrative1 dont ,lacdmone devi5t la capitale4 ,rflexions sur cette =me de g\v]nem5t4 ,de la gu]re de ,x]cs4 page #a ,,livre ,,ii4 ,rivalit entre ,a?nes et ,lacdmone4 ,exam5 de l'adm9i/ration de ,cimon et de ,pricls4 ,de la gu]re du ,ploponse4 ,dcad5ce des ,sp>tiates4 ,l'empire qu'ils ont acquis sur la ,grce e/ dtruit p> les ,?ba9s4 #fc ,,livre ,,iii4 ,des causes qui1 aprs la dcad5ce d',a?nes et de ,sp>te1 emp*r5t que la ,grce ne rtablt son g\v]nem5t fdratif4 ,situation de la ,macdo9e4 ,exam5 de la conduite de ,philippe4 ,rflexions sur ,alex&re4 #abc ,,livre ,,iv4 ,situation des ,grecs aprs la mort d',alex&re et s\s ses successeurs4 ,de l'orig9e1 des murs et des lois de la ligue des ,a*ens4 ,les affaires des ,roma9s comm5c5t tre mles celles des ,grecs2 la ,grce devi5t une prov9ce ,roma9e4 #ahf ,,obs]vations ,,sur ,l',,hi/oire ,,de ,,la ,,grece4 ,,livre ,,premi]4 ,l'hi/oire n\s reprs5te les premi]s ,grecs1 comme des hommes errans de contres en contres4 ,ils ne cultivoi5t po9t la t]re1 ils n'avoi5t aucune demeure fixe1 et1 n'tant lis p> aucun comm]ce1 aucune police1 aucune loi1 ne m>*oi5t qu'arms1 et ne connoissoi5t d'autre droit que celui de la =ce3 tels ont t t\s les peuples leur naissance1 tels sont encore les sauvages d',amrique1 que la frqu5tation des ,europens n'a pas civiliss4 ,quelques maux que se fiss5t les diffr5tes hordes des ,grecs1 ils n'toi5t pas cep5dant eux-mmes leurs plus gr&s ennemis2 les habitans des les vois9es1 encore plus b>b>es1 faisoi5t1 s'il en faut croire les hi/ori5s1 des desc5tes frqu5tes sur les ctes de la ,grce2 s\v5t la passion de pill]1 ou plutt de faire le dgt1 les portoit jusques dans l'intrieur du pays1 et ils croyoi5t p> leurs ravages1 y laiss] des monum5s honorables de leur valeur4 ,quelques criva9s ont v\lu remont] au-del de ces sicles de b>b>ie1 et ,dicarque1 qui selon ,porphyre1 e/ de t\s les philosophes celui qui a pe9t les premires murs des ,grecs avec le plus de fidlit1 en fait des sages qui m5oi5t une vie tranquille et innoc5te1 t&is que la t]re1 att5tive leurs beso9s1 prodiguoit ses fruits sans culture4 ,cet ge d'or1 qui n'auroit jamais d tre qu'une rv]ie des potes1 toit un dogme de l'anci5ne philosophie4 ,platon tablit l'empire de la ju/ice et du bonheur *ez les premi]s hommes2 mais on sait auj\rd'hui ce qu'il faut p5s] de ces lits de v]dure1 de ces conc]ts1 de ce d\x loisir qui faisoit le *>me d'une socit o les passions toi5t inconnues4 ,depuis que ,m9os1 pr9ce assez recomm&able p> sa ju/ice1 p\r que la fable en ait fait le juge des enf]s1 avoit appris aux ,crtois tre heureux en obissant des lois dont t\te l'antiquit a admir la sagesse2 la ,crte enorgueillie n'avoit pu se df5dre de mpris] ses vois9s1 et le s5tim5t de sa supriorit lui avoit inspir l'envie de les ass]vir4 ,le petit-fils de ce pr9ce1 nomm aussi ,m9os1 mit pr(it l'ambition naissante de ses sujets p\r t5dre son empire2 il con/ruisit des b>ques1 ex]a les ,crtois au pilotage et la discipl9e militaire1 conquit les les vois9es de son royaume1 et fit respect] ses lois en y tablissant des colonies4 ,intress entret5ir la communication libre entre les p>ties sp>es de ses tats1 il purgea la m] des pirates qui l'infe/oi5t2 et en aff]missant a9si sa dom9ation1 dev9t1 sans le savoir1 le bi5faiteur des ,grecs1 dont les ctes ne fur5t pas insultes4 ,ce peuple1 dlivr d'une p>tie de ses maux1 n'eut plus cra9dre que sa propre frocit1 et la j\issance d'un premi] bi5 lui donna le dsir de l'accrotre4 ,l',attique1 pays +rat et /rile1 fut mo9s expose que les autres prov9ces de la ,grce aux incursions de ses ennemis2 les familles qui s'y rfugir5t ne subsi/oi5t qu'avec pe9e des productions naturelles de la t]re2 mais leur pauvret1 dit ,?ucydide1 leur valut un repos favorable aux progrs de la socit2 leur indu/rie fut aiguise1 et elles r5oncr5t les premires la vie errante4 ,leur exemple in/ruisit de pro*e en pro*e le re/e de la ,grce2 et mesure que les peuples cultivateurs se multiplir5t et =mr5t des espces de rpubliques capables de df5dre leurs cabanes et leurs moissons1 le pillage dev9t un ex]cice plus difficile et plus dang]eux4 ,les brig&s1 tromps dans leurs esprances1 comptr5t mo9s sur leurs =ces2 ils ne rapportr5t s\v5t aucun but9 de leurs c\rses2 et la ncessit les obligea enf9 de p\rvoir leur subsi/ance en cultivant la t]re3 ils s'atta*r5t aux contres qu'ils dfri*oi5t1 et t\s les ,grecs eur5t des demeures et des possessions fixes4 ,je passe rapidem5t sur des sicles1 o la ,grce encore plonge dans la plus pr(onde ignorance des devoirs de l'humanit1 possdoit cep5dant ces hros et ces demi-dieux1 si clbres dans ses traditions fabuleuses4 ,l'homme le plus digne de la reconnoissance et de l'hommage des ,grecs1 ce fut celui qui leur apprit qu'ils avoi5t une orig9e commune4 ,cette doctr9e apprivoisa les esprits2 les hameaux1 qui =moi5t autant de socits indp5dantes et ennemies les unes des autres1 cessr5t de se har1 et comm5cr5t contract] des alliances4 ,des bi5faits mutuels leur p]suadr5t qu'ils ne =moi5t qu'un mme peuple2 et l'on vit bi5tt que la ,grce entire1 se croyant (f5se p> l'injure que ,pris fit ,mnlas1 se ligua p\r en tir] v5geance4 ,les esprits1 cette poque1 avoi5t dj fait des progrs considrables2 et quoique les hros d',homre cons]vass5t encore des murs b>b>es1 les ,grecs cultivoi5t dj des arts qui dem&5t du gnie4 ,au ret\r de l'expdition de ,troye1 on auroit dit que les dieux protecteurs du royaume et de la famille de ,priam1 en v\loi5t v5g] les malheurs en ru9ant la ,grce4 ,elle pr\va en effet diffr5tes rvolutions capables d't\ff] les pr9cipes grossi]s du g\v]nem5t1 de morale1 d'ordre et de subord9ation qu'elle avoit adopts1 et que la paix seule p\voit p]fectionn]4 ,la discorde arma t\s les ,grecs les uns contre les autres2 la gu]re fit prir plusieurs peuples1 ou les =a d'ab&onn] les contres qu'ils comm5oi5t nomm] leur patrie4 ,c'e/ a9si que les ,boti5s1 *asss d',arne p> les ,!ssali5s1 s'tablir5t dans la ,calmede1 laquelle ils donnr5t leur nom4 ,le ,ploponse *angea de face p> le rappel des ,hraclides2 les peuples de cette prov9ce1 va9cus ou effrays1 ab&onnr5t leur pays2 et ces hommes1 qui n'avoi5t pu df5dre leurs possessions1 fur5t assez =ts ou assez braves p\r en conqurir de n\velles4 ,la ,grce1 incapable en quelque sorte de suffire ses habitans1 se tr\va encore ple9e de peuples exils et errans qui *]*oi5t une retraite1 et qui1 ne p\vant subsi/] que p> le pillage1 avoi5t repris les anci5nes murs de leurs pres4 ,les va9cus fur5t s\v5t dtruits2 des victoires1 t\j\rs a*etes p> beauc\p de sang1 affoiblir5t les va9queurs mmes1 et les peuples puiss reprir5t enf9 des demeures fixes3 mais le s\v5ir des injures et des maux qu'ils s'toi5t faits1 multiplir5t entre eux les causes de ha9e et de division1 et deux b\rgades ne fur5t po9t vois9es sans tre ennemies4 ,heureusem5t p\r les ,grecs1 que ne faisant encore la gu]re que p> brutalit et p> emportem5t1 aucune vue d'ambition ne leur mettoit les armes la ma92 s'ils avoi5t v\lu faire des conqutes les uns sur les autres1 leurs qu]elles se s]oi5t p]ptues4 ,la ha9e et la v5geance1 plus promptes et mo9s rfl*ies que l'ambition1 sont mo9s durables dans le cur huma92 et la plup>t des villes1 lasses de leurs divisions qui dim9uoi5t leur =tune au lieu de l'accrotre1 r5\vellr5t leurs anci5nes alliances4 ,on cultiva ses hritages avec mo9s de tr\ble1 une tranquillit passagre fit connotre le prix d'une paix durable2 on tudia les moy5s de l'aff]mir2 l'intrt apprit aux diffr5s peuples tre mo9s inju/es2 et p5dant qu'il s'tablissoit entr'eux des ftes1 des sol5nits1 des sacrifices communs et un droit des g5s1 les lois se p]fectionnoi5t dans *aque ville2 et les ,grecs1 plus in/ruits de leurs devoirs1 se prp>oi5t ins5siblem5t =m] des socits plus rgulires4 ,la ,grce n'avoit connu jusqu'alors qu'un g\v]nem5t militaire2 c'e/--dire1 que le capita9e d'une rpublique en toit le magi/rat1 p>ce que t\s les ,grecs n'toi5t que soldats2 mais comm5ant avec la paix dev5ir citoy5s1 ils eur5t de n\veaux beso9s1 ils craignir5t de n\veaux dang]s1 et il fallut sub/itu] de n\velles lois aux anci5nes qui ne suffisoi5t plus4 ,les capita9es qui1 s\s le nom de rois1 avoi5t j\i d'un p\voir cont9uel et trs-t5du p5dant les temps de gu]re et de tr\ble1 le vir5t dim9u] p5dant la paix1 et leurs fonctions cessr5t en quelque sorte4 ,ils v\lur5t sans d\te rp>] la p]te qu'ils faisoi5t1 et retr\v] dans les citoy5s l'obissance laquelle ils avoi5t acc\tum les soldats2 mais les peuples de leur ct appr5ant s5tir le prix de la lib]t civile1 p> l'abus mme que les *efs faisoi5t dj de leur autorit1 craignir5t d'tre esclaves dans les villes o les lois ne s]oi5t pas suprieures au magi/rat4 ,plus l'inquitude dont les esprits toi5t agits annonoit une rvolution pro*a9e1 plus les rois faisoi5t des ef=ts p\r ret5ir le p\voir prt s'*app] de leurs ma9s2 mais la ru/icit de leurs murs ne leur ayant pas p]mis de se faonn] aux secrets de la dissimulation et de la tyrannie1 leur ambition s\leva des hommes pauvres1 c\rageux1 et dont la fi]t n'toit po9t m\sse p> cette f\le de beso9s inutiles et de passions timides qui ass]vir5t leurs desc5dans4 ,a pe9e quelques villes eur5t-elles sec\ le j\g de leurs capita9es1 que t\te la ,grce v\lut tre libre4 ,un peuple ne se cont5ta pas de se g\v]n] p> ses lois1 soit qu'il crt sa lib]t intresse ne pas s\ffrir *ez ses vois9s l'exemple contagieux de la tyrannie2 soit1 comme il e/ plus vraisemblable1 qu'il ne suivt que cette sorte d'en?\siasme auquel on s'ab&onne dans la premire *aleur d'une rvolution1 il (frit ses sec\rs quiconque v\lut se dfaire de ses rois4 ,l'am\r de l'indp5dance dev9t ds-lors le c>actre di/9ctif des ,grecs2 le nom mme de la royaut leur fut odieux2 et une ville opprime p> un tyran1 auroit1 en quelque sorte1 t un affront p\r t\te la ,grce4 ,sans cette rvolution1 qui fit pr5dre aux ,grecs un gnie t\t n\veau1 il e/ vraisemblable qu'ils auroi5t eu le sort de t\s ces peuples obscurs1 dont n\s ignorons l'hi/oire et mme le nom4 ,quelque roi d',argos1 de ,micne1 de ,cor9!1 de ,?bes ou de quelqu'autre ville1 auroit subjugu ses vois9s1 et aff]mi son autorit sur ses sujets4 ,la ,grce1 despotiquem5t g\v]ne1 n'auroit produit1 ni les lois1 ni les tal5s1 ni les v]tus que la lib]t et l'mulation y fir5t natre2 rampant dans sa foiblesse1 ou ignorant l'art de se s]vir de ses =ces1 elle auroit langui dans la s]vitude1 et att5du avec non*alance qu'un trang] en ft une prov9ce de son empire4 ,les s]vices mutuels que les ,grecs se r5dir5t1 dans le c\rs de ces rvolutions1 a*evr5t d'amortir les ha9es qui avoi5t divis leurs rpubliques2 et ds qu'ils cessoi5t de se har1 leur foiblesse et leur am\r de la patrie1 les invitoi5t de conc]t s'unir p> une alliance gnrale1 comme les peuples de plusieurs de leurs prov9ces1 toi5t dj unis p> des alliances p>ticulires4 ,sans p>l] des villes qui envoyoi5t des dputs au jeux d',olimpie1 de ,cor9! et de ,nme1 p\r (frir les mmes sacrifices aux mmes div9its1 et ress]r] les nuds de leur amiti2 on toit tmo9 depuis long-temps du bonheur des diffr5s peuples qu',amphictyon1 troisime roi d',a?nes1 avoit unis p> une confdration troite4 ,leurs dputs se r5doi5t t\s les ans ,delphes et aux ,!rmopyles p\r y dlibr] sur leurs affaires gnrales et p>ticulires2 et ces allis1 fidles au s]m5t p> lequel ils s'engagoi5t de ne se jamais faire aucun tort1 d'embrass] au contraire leur df5se1 et de v5g] de conc]t les injures faites au temple de ,delphes1 voyoi5t prospr] de j\r en j\r leurs affaires dome/iques1 et toi5t cra9ts1 aims et respects au-dehors4 ,les n\velles rpubliques dem&r5t l'envi s'associ] cette ligue p\r j\ir de sa protection2 et les assembles amphictyoniques dev9r5t1 si je puis p>l] a9si1 les tats-gnraux de la ,grce2 c5t villes libres et indp5dantes ne =mr5t enf9 qu'une mme rpublique fdrative1 et dont le corps ,helvtique n\s retrace auj\rd'hui une image assez ressemblante4 ,quelqu'avantage que les ,grecs retirass5t de leur confdration1 quelque bi5 qu'ils s'en promiss5t p\r l'av5ir1 il s'en falloit cep5dant beauc\p que leur n\veau g\v]nem5t pt suffire t\s leurs beso9s1 et c>t] t\s les dang]s que devoit cra9dre une politique prvoyante et claire4 ,si le conseil des amphictyons communiqua une p>tie de sa sagesse1 de sa ju/ice et de son ds9tressem5t ses n\veaux associs1 il prit sans d\te son t\r quelques-uns de leurs vices4 ,born l'ex]cice d'une simple mdiation1 n'ayant ni le droit de dict] des lois gnrales la ,grce1 ni les =ces ncessaires p\r faire obir ses dcrets1 il avoit pu autrefois t5ir troitem5t unies quelques villes gales en rputation1 qui aimoi5t la paix1 et qui avoi5t le mme g\v]nem5t1 les mmes cra9tes et les mmes ennemis2 mais il ne devoit plus avoir le mme succs1 ds qu'on en eut ouv]t l'entre aux m9i/res d'une f\le de rpubliques 9gales en =ces1 et qui se g\v]noi5t p> des pr9cipes opposs4 ,il y a mille in/itutions politiques1 dont on p]d t\t le fruit ds qu'on veut les t5dre au-del de c]ta9es bornes3 n'e/-il pas vraisemblable que si les prov9ces vois9es de la ,suisse se cantonnoi5t1 l'alliance helvtique en s]oit affoiblie8 ,si les ,grecs cont9ur5t cultiv] la paix1 ou du mo9s s'il ne s'leva entre eux que des qu]elles passagres et peu importantes1 ce ne fut pas l'ouvrage seul du g\v]nem5t amphictyonique4 ,l'anci5ne habitude qu'ils avoi5t contracte d'envoy] des colonies au-dehors1 et leurs diss5tions dome/iques depuis l'tablissem5t de la lib]t sur les ru9es de la mon>*ie1 y contribur5t galem5t2 et t\tes ces causes la fois conc\rur5t entret5ir l'union4 ,pausanias rapporte que le plus jeune des fils de ,lycaon1 ,onotrus1 pr9ce audacieux1 entrepr5ant1 et ple9 de cette esprance qui fait les hros1 ayant obt5u de ,nyctimus son frre1 des vaisseaux et des soldats1 imag9a1 le premi] d'entre les ,grecs1 d'all] jet] les fondem5s d'un n\vel tat dans une t]re trangre4 ,les v5ts le portr5t en ,italie1 et il y rgna avec gloire4 ,le succs de ces av5turi]s fut admir2 leur =tune fit natre une mulation gnrale2 et t\t ce que la ,grce eut de citoy5s inquiets et ambitieux1 qui auroi5t communiqu leur inquitude et leur ambition leur patrie1 ne songea1 aprs mme que la royaut eut t dtruite1 qu' =m] des colonies que leur loignem5t1 de n\veaux intrts et l'esprit d'indp5dance qu'elles avoi5t apport de leur premire patrie1 r5doi5t bi5tt trangres leurs mtropoles4 ,t&is que les ,grecs peuploi5t l'envi l',italie et les ctes d',afrique et d',asie1 leurs villes1 qui n'toi5t jamais sur*>ges de citoy5s1 ne s5toi5t po9t la ncessit d'acqurir de n\veaux doma9es p\r f\rnir leur subsi/ance2 et cette foiblesse1 qui les r5doit incapables de faire longues gu]res1 ne leur p]mettoit pas de s'acc\tum] ins5siblem5t l'ambition1 et de port] dans leurs entreprises cette con/ance op9itre1 sans laquelle un peuple n'e/ jamais ambitieux et conqurant4 ,*aque ville1 n\vellem5t associe au conseil amphictyonique1 toit d'ailleurs trop occupe de son adm9i/ration intrieure p\r song] inquit] ses vois9s4 ,le has>d seul avoit dcid du g\v]nem5t1 qu& elles s'affran*ir5t de la tyrannie de leurs capita9es2 et les lois s'toi5t faites la hte1 sans rgle et sans pr9cipe4 ,*acun avoit t* de pr(it] de la rvolution p\r s'emp>] de l'autorit2 et qu& le calme comm5a se rtablir dans les esprits1 t\t le monde fut mcont5t en exam9ant sa situation4 ,il s'levoit de t\t ct des qu]elles entre les nobles et le peuple1 les ri*es et les pauvres1 les magi/rats et les citoy5s2 il n'toit cont9uellem5t "q que de rgl] leurs droits et leur =tune4 ,des prt5tions opposes1 des pla9tes1 des cra9tes ou des esprances t\j\rs n\velles emp*oi5t que les rpubliques ne priss5t une =me /able2 pe9e avoit-on fait une loi1 qu'on s5toit la ncessit de la rvoqu] ou de la modifi]2 les n\velles lois avoi5t bi5tt le mme sort que celles qu'elles avoi5t dtruites2 et la faveur de ces tr\bles1 dont t\tes les villes toi5t agites1 les amphictyons russissoi5t sans pe9e entret5ir la paix entr'elles4 ,cep5dant il toit impossible que1 de ce gr& nombre de rpubliques1 il n'y en et enf9 quelqu'une qui ne p>vnt pr5dre une =me sage et fixe de g\v]nem5t2 et ne devoit-on pas cra9dre qu'elle n'abust de la rgul>it de ses lois1 de ses =ces et des dsordres des autres peuples1 p\r avoir de l'ambition8 ,quel auroit t alors le p\voir du conseil amphictyonique2 puisqu'il ne put prv5ir les fune/es effets de la rivalit d',a?nes et de ,lacdmone1 dans un temps que la rpublique fdrative des ,grecs p>oissoit solidem5t aff]mie p> une habitude de plusieurs sicles8 ,il p\voit encore arriv] que le p>ti qui dom9oit dans une ville se ft un sy/me de di/raire le peuple de ses intrts dome/iques1 en l'occupant p> des entreprises au-dehors3 ce fut le sort des ,roma9s1 qui inquitr5t leurs vois9s p> des gu]res cont9uelles1 p\r avoir la paix *ez eux4 ,d'ailleurs1 si la ,grce toit attaque p> une puissance trangre1 n'e/-il pas vraisemblable1 qu'en v\lant runir p\r la df5se commune1 des peuples libres1 indp5dans et jal\x de leur dignit1 jamais les amphictyons n'auroi5t russi les pli] une c]ta9e subord9ation1 sans laquelle les ,grecs n'auroi5t cep5dant oppos leurs ennemis que la moiti de leurs =ces1 ou des soldats diviss8 ,dans la cra9te de se donn] un matre1 aucune rpublique n'auroit v\lu reconnotre un *ef2 t\tes auroi5t aspir au comm&em5t2 aucune n'auroit cons5ti obir2 et faute d'un ressort pr9cipal qui les unt1 qui rglt leur conduite1 et t\r--t\r en rall5tt ou en prcipitt les m\vem5s1 elles s]oi5t dev5ues la proie des trang]s4 ,ce qui manquoit aux ,grecs1 ce fut ,lycurgue qui le leur procura2 et le g\v]nem5t qu'il tablit ,sp>te1 le r5dit en quelque sorte le lgislateur de la ,grce entire4 ,qu& cet homme clbre se vit la tte des affaires de sa patrie1 depuis la mort de ,polydecte son frre jusqu' la naissance de ,*>ilas son neveu1 ,lacdmone n'toit pas dans une situation mo9s f*euse que les autres rpubliques de la ,grce4 ,les deux rois1 qu'elle n'avoit pas dtruits1 p>ce que leur autorit p>tage les avoit r5dus mo9s entrepr5ans que les autres pr9ces1 prt5doi5t tre les tyrans des lois2 et leurs sujets1 confondant la lib]t avec la lic5ce1 ne v\loi5t reconnotre aucune autorit4 ,*aque faction s'emp>oit t\r--t\r de la puissance s\v]a9e1 et le g\v]nem5t1 t\j\rs ab&onn la tyrannie ou l'an>*ie1 passoit t\r--t\r avec viol5ce d'un excs l'autre4 ,ce ne fut qu' son ret\r de ,crte et d',egypte1 pays alors les plus clbres dans le monde1 et dont ,lycurgue toit all tudi] les murs et les loix1 qu'il mdita la r=me des ,sp>tiates4 ,il ne p5sa po9t comme les autres lgislateurs qui p>ur5t aprs lui dans la ,grce1 et qui1 ne *]*ant p> des mnagem5s timides qu' cont5t] la fois t\s les citoy5s1 ne satisfir5t p]sonne1 laissr5t subsi/] le g]me de t\tes les divisions1 ou ne corrigr5t un abus1 que p\r en favoris] un autre4 ,la politique doit sans d\te consult] la disposition des esprits1 et ne pas (f5s] les murs publiques1 qu& elle donne des lois un gr& tat2 p>ce que le gnie de la nation y e/ ncessairem5t plus =t que le lgislateur3 mais lorsqu'il ne s'agit que d'une poigne de citoy5s1 qui ne compose1 p\r a9si dire1 qu'une famille dans les murs d'une mme ville1 elle n'a pas beso9 de la mme condesc5dance4 ,lycurgue opposa son gnie celui des ,sp>tiates1 et osa =m] le projet h>di d'en faire un peuple n\veau4 ,il ne crut pas impossible de les intress] t\s1 p> l'esprance ou p> la cra9te1 la rvolution qu'il mditoit4 ,il tr\va quelques amis dignes de se r5dre avec leurs armes dans la place publique o il devoit publi] ses lois2 et1 sans autre droit que celui que donn5t l'am\r du bi5 et le salut de la patrie1 il contraignit les ,lacdmoni5s dev5ir sages et heureux4 ,lycurgue laissa subsi/] la d\ble royaut en usage ,lacdmone1 et dont deux bran*es de la famille d',h]cule toi5t en possession4 ,en mme temps qu'il donnoit ces pr9ces1 comme gnraux1 un p\voir absolu la tte des armes1 il les rduisit1 comme magi/rats1 n'tre avec le snat que les in/rum5s ou les m9i/res des lois4 ,ce fut au corps mme de la nation que ce lgislateur remit l'autorit s\v]a9e1 c'e/--dire1 le droit de faire des lois1 d'ordonn] la paix et la gu]re1 et de crer les magi/rats auxquels elle devoit obir4 ,mais af9 que le peuple ft plus tranquille sur sa situation1 et que1 s\s prtexte de cons]v] sa lib]t1 il ne se livrt po9t une dfiance inquite et orageuse1 ,lycurgue tablit en sa faveur c9q phores ou inspecteurs2 ils toi5t spcialem5t *>gs d'emp*] que les rois et les snateurs1 en abusant du p\voir excutif1 ne p>v9ss5t se mettre au-dessus des lois ou les viol]2 leur magi/rature toit annuelle1 p\r qu'ils fuss5t en mme temps plus att5tifs leurs devoirs1 et mo9s entrepr5ans2 et ils entret5oi5t a9si la rpublique dans cette scurit qui ne donne t\s les citoy5s qu'un mme intrt4 ,le snat1 compos de v+t-huit citoy5s *oisis p> le peuple1 et qui devoi5t avoir soixante ans accomplis1 ex]oit les magi/ratures civiles1 s]voit de conseil aux deux rois1 qui il n'toit p]mis de ri5 entrepr5dre sans son cons5tem5t2 et portoit seul aux assembles publiques les matires sur lesquelles le peuple devoit dlibr] et rs\dre4 ,la rpublique de ,lycurgue1 a9si que ,polybe l'a dit depuis de la rpublique roma9e1 runissant t\s les avantages dont l'ari/ocratie1 la royaut et la dmocratie ne peuv5t jamais possd] qu'une foible p>tie1 qu& elles ne se confond5t pas p\r ne =m] qu'un seul g\v]nem5t1 n'eut aucun des vices qui leur sont naturels4 ,la s\v]a9et dont le peuple j\issoit le portoit sans ef=t t\t ce que l'am\r de la lib]t et de la patrie peut produire de gr& et de magnanime dans un tat purem5t populaire4 ,mais1 p> une suite de l'quilibre tabli entre les diffr5s p\voirs1 ds que la p>tie dmocratique du g\v]nem5t v\loit abus] de son autorit1 elle se tr\voit sans =ce1 et contra9te p> la puissance des magi/rats4 ,aussi ne vit-on po9t dans ,lacdmone ces caprices1 ces emportem5s1 ces t]reurs paniques1 ces viol5ces qui d%onoroi5t la plup>t des rpubliques de la ,grce4 ,p> une suite de ce mme quilibre des p\voirs1 les magi/rats leur t\r t\t-puissans1 qu& la loi m>*oit devant eux1 se tr\voi5t s\s la ma9 imprieuse du peuple ds qu'ils s'c>toi5t de la rgle4 ,t\s les ordres de l'tat s'aidoi5t1 s'clairoi5t1 se p]fectionnoi5t mutuellem5t p> la c5sure qu'ils ex]oi5t les uns sur les autres4 ,les gr&s abus toi5t impossibles1 p>ce qu'on avoit prvu les plus petits4 ,le snat1 qui devoit la vigilance des phores sa modration et sa sagesse dans l'ex]cice de la puissance excutrice1 r5doit son t\r la multitude capable de discut] et de connotre ses vrais intrts1 de se fix] des pr9cipes1 et de cons]v] le mme esprit4 ,les rois n'avoi5t aucun p\voir s'ils n'toi5t pas les organes du snat1 et donnoi5t cep5dant aux armes cette action prompte et dilig5te1 qui e/ l'ame des oprations et des succs militaires1 mais presque t\j\rs inconnue *ez les peuples libres4 ,quelque sage que ft ce sy/me1 dont ,lycurgue avoit pris la premire ide *ez les ,crtois1 il n'en espra ri5 si les anci5nes murs subsi/oi5t4 ,quel et t en effet le fruit de l'ordre qu'il avoit tabli p\r r5dre les lois seules puissantes et seules s\v]a9es1 si les ri*esses et le luxe1 t\j\rs lis ensemble1 et t\j\rs suivis de la dpravation des murs1 de l'9galit des citoy5s1 et p> consqu5t de la tyrannie et de la s]vitude1 euss5t encore appris aux ,sp>tiates mpris] ou lud] leurs n\velles lois8 ,le peuple1 avili p> la misre1 auroit bi5tt t incapable de cons]v] sa dignit2 il et v5du ses suffrages1 ses droits et sa lib]t au plus (frant4 ,le snat1 dont les places n'toi5t de/9es qu' honor] les hommes les plus v]tueux1 n'auroit t ouv]t qu'aux plus ri*es4 ,on auroit a*et les magi/ratures p\r satisfaire sa vanit1 ou p\r faire un trafic honteux de son p\voir4 ,les rois1 en favorisant la corruption1 p\r ne tr\v] que des esclaves s\mis leurs caprices1 auroi5t sacrifi impunm5t la patrie leurs intrts p>ticuli]s4 ,c'e/ en ,egypte que ,lycurgue s'in/ruisit du p\voir des murs dans la socit2 et c'e/ p\r n'avoir pas connu1 comme ce lgislateur1 l'action rciproque des lois sur les murs1 et des murs sur les lois1 que plusieurs peuples n'ont tir qu'un mdiocre avantage des so9s qu'ils ont pris de balanc] diffr5s p\voirs dans l'tat1 et de les t5ir en quilibre4 ,p\r r5dre les citoy5s dignes d'tre vritablem5t libres1 ,lycurgue tablit une p>faite galit dans leur =tune2 mais il ne se borna po9t faire un n\veau p>tage des t]res4 ,la nature ne donnant pas sans d\te t\s les ,lacdmoni5s les mmes passions1 ni la mme indu/rie faire valoir leurs hritages1 il craignit que l'av>ice n'accumult bi5tt les possessions2 et p\r que ,sp>te ne j\t pas d'une r=me passagre1 il desc5dit1 p\r a9si dire1 jusque dans le fond du cur des citoy5s1 et y t\ffa le g]me de l'am\r des ri*esses4 ,lycurgue proscrivit l'usage de l'or et de l'arg5t1 et donna c\rs une monnoie de f]4 ,il tablit des repas publics1 o *aque citoy5 fut contra9t de donn] un exemple cont9uel de temprance et d'au/rit4 ,il v\lut que les meubles des ,sp>tiates ne fuss5t travaills qu'avec la coigne et la scie2 il borna1 en un mot1 t\s leurs beso9s ceux que la nature exige indisp5sablem5t4 ,ds-lors les arts qui s]v5t au luxe ab&onnr5t la ,laconie2 les ri*esses dev5ues inutiles p>ur5t mprisables1 et ,sp>te dev9t une =t]esse inaccessible la corruption4 ,les enfans1 =ms p> une ducation publique1 se faisoi5t en naissant une habitude de la v]tu de leurs pres4 ,les femmes que les lois ont t\j\rs dgrades en mnageant trop leur foiblesse1 et p> qui le rel*em5t des murs s'e/ introduit dans presque t\s les tats1 toi5t faites ,sp>te p\r anim] et s\t5ir la v]tu des hommes4 ,les ex]cices les plus viol5s1 en leur donnant un tempram5t =t et robu/e1 les levoi5t au-dessus de leur sexe1 et prp>oi5t leur ame la pati5ce1 au c\rage et la f]met des hros4 ,l'am\r de la pauvret devoit r5dre les ,sp>tiates indiffr5s sur les dp\illes et les tributs des va9cus2 ne vivant que du produit de leurs t]res1 ne possdant qu'une monnoie inconnue hors de *ez eux1 et n'ayant aucuns fonds de rs]ve1 il leur toit impossible de port] la gu]re lo9 de leur t]ritoire4 ,la loi qui leur df5doit de donn] le droit de citoy5s des trang]s1 les emp*oit de rp>] les p]tes que leur causoit la victoire mme2 t\t les invitoit donc reg>d] la paix comme le bi5 le plus prcieux p\r les hommes4 ,lycurgue cep5dant ne s'en reposa po9t sur des motifs si propres ret5ir sa patrie dans les bornes de la ju/ice et de la modration4 ,il connoissoit trop bi5 le cur huma9 et ce qui fait la prosprit con/ante des tats1 p\r ne pas se dfi] des pre/iges sducteurs de l'ambition1 passion t\j\rs fconde en esprances et en promesses1 mais qui dtruit en peu de temps un peuple1 si elle e/ malheureuse2 et qui ne peut avoir des succs1 sans dgnr] en av>ice et en brig&age1 *ang] les murs et la condition des citoy5s1 et ru9] les pr9cipes du g\v]nem5t4 ,le lgislateur fit une loi expresse1 p> laquelle il n'toit p]mis aux ,lacdmoni5s de faire la gu]re que p\r leur df5se1 et leur enjoignoit de ne jamais pr(it] de la victoire1 en p\rsuivant une arme mise en dr\te4 ,cette prcaution1 en app>5ce outre1 toit cep5dant ncessaire2 c> p\r r5dre ,lacdmone aussi =te qu'elle p\voit l'tre1 ,lycurgue en avoit fait plutt un camp qu'une ville4 ,on s'y =moit cont9uellem5t t\s les ex]cices de la gu]re2 t\te autre occupation y toit mprise4 ,t\t citoy5 toit soldat4 tre incapable de support] la faim1 l'intemprie des saisons et les fatigues les plus longues2 ne pas savoir m\rir p\r la patrie1 et v5dre *] sa vie aux ennemis1 c'et t une infamie4 ,il p\voit aism5t arriv] que les ,sp>tiates1 emports et tromps p> leur c\rage1 abusass5t p\r s'agr&ir des qualits qu'on ne leur avoit donnes que p\r se df5dre4 ,plus une nation brave et gu]rire e/ naturellem5t dispose ne pas *]*] la gloire dans la pratique de la ju/ice et de la modration1 plus ,lycurgue devoit recomm&] la paix en faisant des soldats4 ,quoique le portrait que je vi5s de faire de ,lacdmone ne soit qu'bau*1 il e/ cep5dant ais de jug] du respect1 ou plutt de l'admiration que les ,sp>tiates dur5t inspir] t\te la ,grce4 ,on oublia la duret avec laquelle ils avoi5t autrefois trait les citoy5s d',hlos1 dont ils ret5oi5t encore les desc5dans dans l'esclavage4 ,les deux gu]res mmes qu'ils fir5t aux ,messni5s1 depuis la r=me de ,lycurgue1 et qui ne f9ir5t que p> la ru9e entire d',i?ome et d',ira1 et p> la fuite ou la s]vitude de t\s les habitans de la ,messnie1 ne fur5t reg>des que comme des mom5s de di/raction1 qu'un long ex]cice de v]tu avoit rp>s4 ,h]cule1 dit ,plut>que1 p>c\roit le monde1 et avec sa seule massue il y ext]m9oit les tyrans et les brig&s2 et ,sp>te avec sa pauvret ex]oit un p>eil empire sur la ,grce4 ,sa ju/ice1 sa modration et son c\rage y toi5t si bi5 connus1 que sans avoir beso9 d'arm] ses citoy5s1 ni de les mettre en campagne1 elle calmoit s\v5t p> le m9i/re d'un seul envoy les sditions dome/iques des ,grecs1 contraignoit les tyrans ab&onn] l'autorit qu'ils avoi5t usurpe1 et t]m9oit les qu]elles leves entre deux villes4 ,cette espce de mdiation1 t\j\rs favorable l'ordre1 valut d'autant plus ,lacdmone une supriorit m>que sur les autres rpubliques1 qu'elles toi5t cont9uellem5t obliges de rec\rir sa protection4 ,heureuses t\r--t\r p> ses bi5faits1 aucune d'elles ne refusa de se conduire p> ses conseils4 ,il e/ beau p\r l'humanit1 et c'e/ une gr&e leon de morale et de politique1 de voir un peuple qui ne doit sa =tune qu' son am\r p\r la ju/ice et sa bi5faisance4 ,lacdmone acquit dans la ,grce l'autorit qui manquoit au conseil amphictyonique p\r en t5ir unies t\tes les p>ties4 ,t&is qu'on s'acc\tumoit obir aux ,sp>tiates1 p>ce qu'il et t ins5s de ne pas respect] leur sagesse et leur c\rage1 la subord9ation s'tablissoit de t\tes p>ts2 leur ville dev5oit ins5siblem5t la capitale de la ,grce2 et j\issant sans conte/ation du comm&em5t de ses armes runies1 p\voit donn] la rpublique fdrative des ,grecs t\te la =ce dont elle toit susceptible4 ,auj\rd'hui qu'on juge faussem5t en ,europe de la =ce des tats1 plus p> l't5due du t]ritoire et le nombre des citoy5s que p> la sagesse des lois1 on croira sans d\te que les ,grecs1 qui n'occupoi5t qu'une petite prov9ce1 ne p\voi5t cons]v] leur lib]t qu'autant qu'il ne se =m]oit dans leur vois9age aucune puissance assez considrable p\r les subjugu]2 et on en conclura qu'ils devoi5t s'accrotre et faire des conqutes4 ,aprs avoir l\ la modration des ,sp>tiates1 p>ce qu'elle leur valut l'empire de la ,grce1 on blm]a cette mme modration1 p>ce qu'elle ret5oit les ,grecs dans leur premire foiblesse1 t&is que p> une suite de ces rvolutions t]nelles qui *ang5t la face du monde1 leurs vois9s t5doi5t cont9uellem5t s'agr&ir4 ,mais1 sans exam9] ce qui fait la puissance relle d'un tat1 qu'on fasse d'abord att5tion que les ressorts d'une rpublique fdrative sont si nombreux1 si compliqus1 si l5s dans leurs m\vem5s1 qu'elle ne peut s'occup] avec succs que d'elle-mme4 ,falloit-il que les ,sp>tiates invitass5t la ,grce faire des conqutes1 qui1 sans enri*ir aucune de ses villes en p>ticuli]1 auroi5t r5du leur communaut plus puissante8 ,la prud5ce ne p]mettoit pas de le t5t]2 t\t le monde le sait1 un intrt loign ne frappe jamais la multitude2 un intrt gnral ne la remue que foiblem5t4 ,qu& on s]oit p>v5u dans une assemble gnrale des amphictyons donn] aux ,grecs la passion de faire des conqutes en commun1 les ob/acles sans nombre1 atta*s cette entreprise1 les en auroi5t bi5tt dgts4 ,une rpublique fdrative se df5d avec succs1 p>ce que le gr& objet de sa cons]vation1 lorsqu'on attaque sa lib]t1 ne donne t\tes ses p>ties qu'un mme intrt4 ,la gu]re df5sive n'exige qu'une sorte de sagesse l5te1 dont une ligue e/ capable2 d'ailleurs le dang] prcipite alors ses dm>*es en lui donnant un zle plus ard5t p\r le bi5 public1 et l'oblige de pass] p>-dessus bi5 des =malits1 dont elle ne se d"p jamais dans d'autres circon/ances4 ,la gu]re (f5sive1 lo9 d'unir plus troitem5t des confdrs1 les divise au contraire presque t\j\rs4 ,en comm5ant une entreprise1 *acun t*e d'y contribu] le mo9s qu'il lui e/ possible1 et veut cep5dant en retir] le pr9cipal avantage4 ,on se fait un mrite de tromp] avec adresse ses allis1 et de remplir mal ses engagem5s4 ,soit qu'on russisse1 soit qu'on *\e1 p]sonne ne se r5d ju/ice2 p]sonne ne veut tre la cause des disgraces qu'on a essuyes2 t\t le monde veut tre l'auteur des succs heureux1 et des confdrs f9iss5t p> se har4 ,les ,grecs p\voi5t-ils =m] des projets d'agr&issem5t au-dehors1 sans que leurs rpubliques n'euss5t comm5c se divis]1 concevoir les uns contre les autres des ha9es implacables8 ,*aque ville auroit eu des ennemis ses portes1 et n'auroit acquis que des sujets qui l'auroi5t mal s]vie4 ,lo9 de blm]1 ne faut-il donc pas l\] la modration des ,sp>tiates et des autres ,grecs1 s'ils p\voi5t tr\v] en eux-mmes les ress\rces ncessaires contre les ef=ts des puissances les plus considrables8 ,la ,grce toit assez t5due p\r qu'elle ne manqut pas de soldats1 et ses t]res assez sagem5t di/ribues entre diffr5s tats1 p\r que les lois puss5t y tre religieusem5t obs]ves2 voil ce qui devoit faire sa =ce4 ,imag9ez cette prov9ce ple9e de rpubliques sans fa/e et sans luxe1 et peuple de citoy5s soldats qui n'aim5t que la ju/ice1 la gloire1 leur lib]t et leur patrie3 que lui importe qu'il se =me de gr&es puissances dans son vois9age8 ,rpt]ai-je ici ce qu'on tr\ve dans d'autres ouvrages politiques1 que le luxe1 9vitable dans les gr&s tats1 les n]ve2 que les lois doiv5t y languir1 que leurs =ces sont ncessairem5t eng\rdies8 ,elle se =ma enf91 cette gr&e puissance4 ,au milieu de t\tes ces nations d',asie1 qui n'toi5t recomm&ables que p> leurs ri*esses1 il toit un peuple peu nombreux1 mais dont le pays f]m l'av>ice1 au luxe1 la mollesse1 s]voit d'asyle aux tal5s1 au c\rage et aux autres v]tus que le despotisme avoit bannies de *ez ses vois9s4 ,cyrus en toit le roi2 mais tromp p> son ambition1 il ne connut pas le bonheur de rgn] sur les ,p]ses seuls4 ,la conqute du royaume des ,lydi5s r5dit ce pr9ce matre des ri*esses de ,crsus1 et lui s\mit l',asie m9eure4 ,il porta la gu]re contre la ,syrie1 la rduisit en prov9ce1 de mme que l',arabie1 dtruisit la puissance des ,assyri5s1 s'emp>a de ,babylone2 et son empire1 qui s't5dit enf9 sur t\s ces va/es pays qui sont compris entre l',inde1 la m] ,caspi5ne1 le ,pont-,eux91 la m] ,ege1 l',e?iopie et la m] d',arabie1 ne fut sp> de la ,grce que p> un bras de m] qui n'toit qu'une foible b>rire4 ,l'hi/oire de ,cyrus ne n\s e/ p>v5ue que dfigure p> les contes puriles dont ,hrodote a cru l'orn]1 ou embellie p> le p9ceau d'un hi/ori5 philosophe1 qui a peut-tre mo9s song n\s in/ruire de la vrit qu' donn] des leons aux rois p\r leur appr5dre1 s'il se peut1 d'tre dignes de leur =tune4 ,quoi qu'il en soit1 on voit que ce pr9ce1 ayant rempli l',asie entire du bruit de ses exploits1 a eu le sort des hommes extraord9aires1 dont l'hi/oire e/ plus mle de fictions et de m]veilleux1 mesure que la gr&eur de leurs actions a mo9s beso9 de ces ridicules ornem5s p\r intress]4 ,cyrus a c]ta9em5t t un des p]sonnages de l'antiquit les plus illu/res p> ses tal5s2 et qu& il eut =m son va/e empire1 quels dang]s les ,grecs auroi5t-ils t exposs1 si t\tes les villes euss5t pr(it de l'exemple que leur donnoit ,lacdmone p\r p]fectionn] leur g\v]nem5t8 ,cyrus1 quoique matre de l',asie1 n'avoit de =ce vritable que les ,p]ses2 le re/e de ses sujets doit n'tre compt p\r ri54 ,plus la dom9ation de ce pr9ce toit t5due1 mo9s sa puissance devoit tre =midable2 il laissa ,cambyse1 son fils et son successeur1 une trop gr&e =tune p\r qu'il n'en ft pas accabl4 ,il ne faut po9t impos] un homme des devoirs qui pass5t les =ces de l'humanit2 et ,cyrus lui-mme n'auroit pu emp*] les ressorts du g\v]nem5t de se rel*]4 ,plus la rupture entre les ,p]ses et les ,grecs toit diffre1 mo9s elle devoit tre dang]euse p\r ces d]ni]s2 peut-tre que les successeurs de ,cyrus1 crass s\s le poids de leur gr&eur1 de leurs vices et de leurs entreprises1 auroi5t r5onc l'ambition de faire des conqutes1 avant que de p\voir port] la gu]re dans la ,grce1 si elle et eu la sagesse de ne s'occup] que d'elle-mme4 ,la rupture clata l'occasion des colonies tablies sur les ctes de l',asie m9eure4 ,elles ne =moi5t po9t un mme corps de rpublique avec leurs mtropoles1 dont elles avoi5t nglig l'alliance2 et quoiqu'elles n'euss5t aucune des qualits que doit avoir un peuple libre1 elles s\ffroi5t impatiemm5t la dom9ation des rois de ,p]se4 ,ari/agoras1 homme aussi tmraire qu'ambitieux1 ne cessoit d'excit] les habitans de ,milet la rvolte2 et ses missaires1 dont il avoit rempli la ,grce1 obt9r5t sans pe9e des ,a?ni5s les sec\rs qu'ils dem&oi5t en faveur des ,grecs d',asie1 qui1 p\r la plup>t1 tiroi5t leur orig9e de l',attique4 ,a?nes v5oit de sec\] le j\g des ,pisi/rates2 elle toit encore dans l'ivresse d'une lib]t naissante1 et son d]ni] tyran1 ,hippias1 avoit tr\v un asyle et mme une protection m>que *ez ,artaph]ne1 g\v]neur de ,lydie4 ,cette rpublique promit sa protection aux colonies1 et leur rvolte clata p> la prise de ,s>dis1 qui fut rduite en c5dres4 ,d>ius1 qui occupoit alors le trne de ,p]se1 se v5gea aism5t de cette injure2 ,milet1 ab&onn la colre et l'av>ice des soldats1 fut trait avec la d]nire rigueur4 ,le va9queur1 aprs avoir s\mis l',yonie1 et s'tre emp> de t\tes les les vois9es1 v\lut t5dre la punition sur la ,grce mme2 il y dp*a des hrauts p\r dem&] la t]re et l'eau1 c'e/--dire1 p\r lui ordonn] de se s\mettre son empire4 ,lo9 de se rep5tir1 les ,a?ni5s se prp>r5t la gu]re1 et m>*ant jusqu' ,m>a?on1 o les ,p]ses s'toi5t dj avancs1 les dfir5t s\s la conduite de ,miltiade4 ,d>ius frmit de colre en appr5ant l'affront que ses tr\pes v5oi5t de recevoir2 il se prp>oit fondre une seconde fois sur la ,grce avec des =ces plus considrables1 lorsqu'il fut surpris p> la mort2 et ,x]cs1 en montant sur le trne1 ne vit que l'injure que les ,a?ni5s avoi5t faite son pre4 ,un de ses pr9cipaux (fici]s fut *>g de lui en rappel] t\s les j\rs le s\v5ir4 ,si j'oublie1 disoit le pr9ce1 l'embrasem5t de ,s>dis1 les c\rses que les ,grecs d',europe ont eu la tmrit de faire en ,asie1 et la bataille de ,m>a?on1 ne croyez pas qu'ils soi5t t\*s de ma modration2 leur orgueil1 qui voit sans frayeur ma puissance1 en s]oit plus h>di m'insult]4 ,ma gnrosit pass]oit p\r cra9te ou p\r impuissance2 et ces peuples1 que je nglig]ois de *ti]1 entr]oi5t encore ma9 arme dans l',asie4 ,il n'e/ plus possible1 ni aux ,p]ses ni aux ,grecs1 de se reg>d] d'un il indiffr5t2 trop de ha9e les divise2 trop de s\pons les emp*5t de se rconcili]3 la ,p]se doit obir la ,grce1 ou la ,grce dev5ir une prov9ce de ,p]se4 ,quelqu'impati5t que ft ,x]cs de port] la gu]re dans la ,grce1 il employa encore quatre ans aux prp>atifs de son expdition2 et rassembla1 p\r a9si dire1 t\tes les =ces de l',asie4 ,son arme de t]re1 selon ,hrodote1 toit compose de dix-sept c5t mille combattans2 et son arme navale1 qui montoit c9q c5t mille hommes1 toit porte sur d\ze c5s vaisseaux1 suivis de trois mille btim5s de transport4 ,il y a app>5ce que ce dnombrem5t des =ces de ,x]cs e/ exagr3 mais en s'en rapportant au rcit des autres hi/ori5s1 ce pr9ce avoit une arme encore assez considrable p\r devoir aspir] la conqute de l',europe entire1 s'il suffisoit de p\voir rassembl] une gr&e multitude d'hommes p\r tre conqurant et faire de gr&es *oses4 ,sp>te toit t\j\rs religieusem5t atta*e aux in/itutions les plus rigides de ,lycurgue1 et t\s ses citoy5s ressembloi5t ces trois c5s hros qui se dv\r5t la df5se des ,!rmopyles4 ,a?nes t5oit le second rang p>mi les ,grecs1 et n'avoit jamais t dans un tat si florissant4 ,occupe du so9 de rec\vr] sa lib]t et de lav] la honte de son esclavage1 elle avoit acquis s\s la tyrannie des ,pisi/rates t\tes les v]tus qui peuv5t illu/r] une ville libre1 et dont il e/ si difficile auj\rd'hui de n\s faire une ide fidelle4 ,ses citoy5s1 pris l'envi d'un r$\blem5t d'am\r-propre p\r la patrie1 se conduisir5t avec une magnanimit qui leur t9t lieu du g\v]nem5t et des lois qui leur manquoi5t4 ,les cabales1 les p>tis se tur5t2 il n'y eut de rcomp5se1 d'honneur1 de gloire1 que p\r les v]tus et les tal5s4 ,la bataille de ,m>a?on augm5ta encore leur c\rage2 et qu& ,x]cs desc5dit dans la ,grce1 ri5 n'toit impossible aux ,a?ni5s p\r cons]v] leur rputation4 ,si t\tes les rpubliques de la ,grce1 sans ressembl] ,lacdmone et ,a?nes1 euss5t seulem5t t capables d'obir leurs ordres1 ou mme de ne les pas trahir1 le projet du roi de ,p]se et sans d\te t tmraire et ins5s4 ,mais il s'en falloit bi5 que t\s les ,grecs puss5t voir l'orage dont ils toi5t m5acs1 et n'en tre pas intimids4 ,sp>te n'avoit pas pr(it de son crdit p\r faire adopt] p> ses vois9s les v]tus et les tablissem5s qui lui toi5t p>ticuli]s2 elle p\voit corrig] la plup>t des lois inju/es et des c\tumes p]nicieuses qui s'toi5t tablies *ez les ,grecs2 mais pe9e sa sagesse lui eut-elle acquis l'empire1 qu'elle songea le cons]v] p> les moy5s ord9aires de l'ambition3 et sans d\te il ne peut po9t y avoir de v]tu pure *ez les hommes1 puisque celle des ,sp>tiates ne le fut pas4 ,leur rpublique pr\voit t\s les j\rs que l'adm9i/ration dfectueuse des villes de la ,grce laissoit les unes dans une extrme mdiocrit1 obligeoit les autres de lui dem&] des sec\rs1 et les t5oit t\tes son g>d dans une vraie subord9ation2 elle craignit de p>otre mo9s ncessaire qu'elle ne l'toit1 et de voir anantir son autorit1 si le g\v]nem5t des ,grecs dev5oit aussi sage qu'il p\voit l'tre4 ,elle v\lut qu'on ne pt po9t se pass] de sa protection2 jamais elle ne *]*a t>ir la s\rce des divisions qui tr\bloi5t les ,a?ni5s2 et qu& ils p>ur5t acqurir trop de rputation1 aprs avoir sec\ le j\g des ,pisi/rates1 elle en fut assez jal\se p\r t5t] de leur donn] un matre en rtablissant ,hippias4 ,je ne puis m'emp*] de le rem>qu]2 il e/ malheureux que ,lycurgue1 en donnant ses citoy5s les lois les plus sages1 ne leur en ait pas dvelopp les consqu5ces les plus loignes4 ,pratiquez religieusem5t1 devoit-il leur dire1 les lois dont v\s v5ez de jur] l'obs]vation en prs5ce des dieux2 elles s]ont votre sret1 et v\s ne s]ez exposs aucun des rev]s qu'pr\v5t les autres peuples4 ,je v\s promets mme qu'en v\s r5dant dignes de la confiance de la ,grce1 elles v\s en mrit]ont l'empire2 mais alors1 craignez de v\s laiss] corrompre p> ce comm5cem5t de prosprit4 ,les vices des ,grecs les subordonn]ont votre autorit2 mais g>dez-v\s de croire que ces vices soi5t ncessaires votre gr&eur4 ,v\s =mez une rpublique trop excell5te p\r que vos vois9s puiss5t v\s gal]2 et qu& t\s les ,grecs devi5droi5t des ,sp>tiates1 votre bonheur n'en s]oit-il pas plus aff]mi1 puisque v\s v\s tr\v]iez ent\rs de peuples qui1 sans av>ice et sans ambition1 se f]oi5t une loi de respect] et de df5dre votre lib]t8 ,si v\s craignez de voir natre de n\velles v]tus dans la ,grce1 soyez srs que1 v\s dfiant de votre v]tu mme1 v\s aurez bi5tt rec\rs cette politique frauduleuse1 dont les ress\rces et les moy5s sont d'abord quivoques1 inc]ta9s et la f9 ru9eux4 ,soyez srs que plus v\s f]ez d'ef=ts p\r corrig] les murs des ,grecs1 et faire rgn] la ju/ice dans leurs villes1 plus v\s les tr\v]ez dociles votre empire1 p>ce qu'aucun s\pon1 aucune cra9te ne les emp*]a de se livr] sans rs]ve leur reconnoissance et votre gnrosit4 ,je v\s ordonne1 devoit aj\t] ,lycurgue1 de travaill] r5dre t\s les ,grecs v]tueux2 et ce n'e/ que p>-l que v\s p\rrez v\s-mmes ne v\s pas lass] de votre v]tu4 ,je veux qu'on reg>de comme tratre la patrie commune1 et ,lacdmone en p>ticuli]1 quiconque v\droit v\s p]suad] qu'il v\s importe que les ,grecs ne soi5t ni aussi c\rageux1 ni aussi ju/es que v\s l'tes4 ,si les vices de vos vois9s peuv5t v\s donn] de la considration1 elle s]a passagre2 et dans mille occasions1 ces vices v\s inquit]ont et v\s gn]ont4 ,si p\r dom9] dans la ,grce1 v\s l'emp*ez de dev5ir aussi =te qu'elle peut l'tre1 v\s ressembl]ez un despote imbcille1 qui1 p\r opprim] plus aism5t ses sujets1 les met dans l'impuissance de le s]vir4 ,votre empire s]a mal aff]mi1 et v\s le p]drez1 si un ennemi trang] v\s attaque avec des =ces considrables4 ,quelques villes avoi5t pr(it de l'exemple que leur donnoit ,lacdmone1 p\r inspir] leurs citoy5s l'am\r de la lib]t et du bi5 public2 mais qu& la gu]re ,mdique comm5a1 la plup>t n'toi5t po9t encore p>v5ues fix] leurs lois et se faire un g\v]nem5t rguli]4 ,les unes1 t\j\rs jal\ses de leurs vois9s1 ou g\v]nes depuis leur naissance p> les intrigues de leurs magi/rats et des pr9cipaux citoy5s1 devoi5t t\t sacrifi] aux intrts de leurs passions ou de leurs cabales2 les autres1 eng\rdies p> une longue paix1 et livres au comm]ce et aux arts1 ne d\toi5t pas que le mom5t fatal p\r la ,grce ne ft arriv2 et ces rpubliques se ligur5t avec les ,p]ses p\r pr5dre un p>ti oppos celui de leurs ennemis1 ou p\r prv5ir leur ru9e4 ,tels fur5t les habitans de la ,!ssalie et de l',etolie1 les ,dolopes1 les ,eni5s1 les ,p]bes1 les ,locri5s1 les ,magntes1 les ,mli5s1 les ,phtiotes1 les ,?ba9s1 et t\s ceux de la ,botie1 l'exception des ,!spi5s et des ,platens4 ,dans le ,ploponse mme1 les ,argi5s et les ,a*ens se dcl>r5t en faveur de ,x]cs4 ,la confdration des ,grecs fut diss\te p> la dfection des peuples que je vi5s de nomm]2 et l'effroi qui devoit naturellem5t en rsult]1 auroit d p]dre t\tes les rpubliques4 ,il le faut av\]1 quelque magnanimit qu'on suppose aux ,sp>tiates1 aux ,a?ni5s1 et leurs allis1 toit-il vraisemblable qu'avec des intellig5ces dans t\te la ,grce1 et p\vant va9cre les ,grecs p> les ,grecs mmes1 ,x]cs *\t dans son entreprise8 ,je sais ce que plusieurs hi/ori5s ont imag9 p\r donn] l'explication de l'issue extraord9aire qu'eut la gu]re ,mdique4 ,ils reprs5t5t les soldats de l',asie mo9s comme des hommes1 que comme des femmes abmes dans le luxe et la mollesse4 ,mais si la ,p]se n'toit plus ce qu'elle avoit t s\s le rgne de ,cyrus1 elle n'toit pas cep5dant tombe dans cet tat de l?>gie et de mort1 o ,alex&re la tr\va depuis4 ,xnophon repro*e aux successeurs de ,x]cs plusieurs vices que n'avoi5t po9t eu ses prdcesseurs4 ,si le fa/e1 la foiblesse et l'orgueil de ,cambyse n'avoi5t t propres qu' d%onor] le trne de son pre1 ,d>ius1 qui lui succda1 avoit aim la gloire4 ,la ,p]se1 il e/ vrai1 avoit p]du l'lite de ses tr\pes dans ses gu]res malheureuses contre les ,ammoni5s et les ,scy!s3 mais ne re/oit-il1 s\s le rgne de ,x]cs1 aucune des milices que ,cyrus avoit =mes8 ,l'esprit de ce pr9ce1 qui avoit vivifi l',asie1 toit-il entirem5t te9t8 ,une nation qui avoit t\j\rs fait la gu]re devoit au mo9s cons]v] une tradition de son anci5ne discipl9e1 et avoir quelques soldats agu]ris4 ,hrodote lui-mme ne dit-il pas que la v]tu toit encore e/ime *ez les ,p]ses1 et que le c\rage et les tal5s y s]voi5t de degrs p\r p>v5ir aux honneurs8 ,plusieurs soldats se di/+ur5t encore dans la gu]re ,mdique p> des actions d'une r>e valeur1 et des corps enti]s de milice suivir5t leur exemple4 ,n\s ne connoissons plus auj\rd'hui ce que c'e/ que subjugu] une nation libre4 ,depuis que la mon>*ie e/ le g\v]nem5t gnral de l',europe1 que t\t e/ sujet et non citoy51 et que les esprits sont galem5t n]vs p> l'av>ice et la mollesse1 on ne porte la gu]re que dans des prov9ces acc\tumes obir1 et df5dues p> des m]c5aires4 ,les rpubliques mme qui sont s\s nos yeux n'(fr5t qu'un amas de b\rgeois atta*s des fonctions civiles2 le dsespoir ne peut plus y enfant] des prodiges1 et on ne doit pas s'att5dre tr\v] des peuples qui prfr5t leur ru9e la p]te de leur lib]t4 ,les ,sp>tiates et les ,a?ni5s v\loi5t m\rir libres2 mais quel p\voit tre le fruit de leur hrosme8 ,a =ce de sacrifi] des hommes p\r s'emp>] des ,!rmopyles1 ,x]cs s'en r5dit le matre2 en suivant la mme m?ode1 il devoit avoir p>-t\t le mme succs4 ,plus on exam9e la situation de la ,grce divise1 plus on e/ conva9cu qu'il lui toit impossible d'*app] la ru9e dont elle toit m5ace4 ,ce qui sauva les ,grecs1 c'e/ la supriorit seule de ,?mi/ocle sur ,x]cs1 et de ,pausanias sur ,m>donius2 et ce n'e/ qu'en comp>ant ces hommes clbres qu'on expliqu]a le dn\em5t peu vraisemblable de la gu]re ,mdique4 ,?mi/ocle toit n avec une passion extrme p\r la gloire2 impati5t de se signal]1 la bataille que ,miltiade avoit gagne ,m>a?on l'emp*oit1 dit-on1 de dormir4 ,il runit en lui t\tes les qualits qui font un gr& homme2 et p]sonne1 c'e/ l'loge que lui donne ,?ucydide1 n'a mieux mrit l'admiration de la po/rit4 ,une espce d'in/9ct sr1 le plus r>e des tal5s1 lui faisoit t\j\rs pr5dre le meilleur p>ti2 son c\rage n'toit jamais tonn1 p>ce que sa prud5ce1 qui avoit remdi t\s les ob/acles en les prvoyant1 le r5doit suprieur t\s les vnem5s4 ,t&is qu',a?nes se livroit la joie d'avoir humili ,d>ius1 ,?mi/ocle ne reg>da la victoire de ,m>a?on que comme le prono/ic d'un orage pro*a92 mais il se g>da bi5 de tr\bl] l'ivresse de ses concitoy5s1 en les m5aant de la v5geance du roi de ,p]se2 ils v\loi5t tre flatts1 et ne pas prvoir des malheurs4 ,on lui auroit fait un crime ou un ridicule de sa prvoyance2 il pr(ite du crdit qu'il a sur le peuple et de l'orgueil qu'augm5toit sa prosprit1 p\r l'irrit] contre ,eg9e1 rpublique alors puissante sur m]4 ,il conduit pas pas les ,a?ni5s lui dcl>] la gu]re1 et les oblige p> ce moy5 se faire une m>9e qui f]a leur salut et celui de la ,grce4 ,en effet1 si ,x]cs1 matre de la m]1 eut pu t5t] son gr des desc5tes sur les ctes du ,ploponse et de l',attique1 dans le temps que son arme de t]re pntroit dans la ,phocide1 les ,grecs n'auroi5t su ni o rassembl]1 ni o port] leurs =ces2 et *aque peuple1 m5ac d'une invasion1 se s]oit t5u sur ses t]res p\r les df5dre4 ,*aque peuple1 a9si sp> des autres1 n'et s5ti que sa foiblesse1 et n'auroit espr aucun sec\rs4 ,une con/]nation gnrale auroit glac les esprits2 et il ne faut po9t d\t] que plusieurs villes qui re/r5t fidelles la ,grce1 n'euss5t alors sacrifi l'intrt commun de la patrie leur salut p>ticuli]1 en suivant l'exemple des rpubliques qui s'toi5t allies aux ,p]ses4 ,un mo9s gr& homme que ,?mi/ocle se s]oit cont5t de p\rvoir la df5se d',a?nes2 ses =tifications1 son port1 ses ars5aux1 ses vivres l'auroi5t entirem5t occup4 ,lui1 au contraire1 t\j\rs ple9 des pr9cipes qui font la =ce d'une rpublique fdrative1 reg>da la ,grce comme le b\lev>t des ,a?ni5s4 ,si elle e/ subjugue1 il s5t qu',a?nes seule ne subsi/]a pas4 ,en p>oissant sacrifi] sa patrie1 il la s]t utilem5t1 p>ce qu'il met les ,grecs en tat de se df5dre1 et que s'ils ne succomb5t pas1 ,a?nes victorieuse s]a c\v]te de gloire4 ,je ne sais si on a fait assez att5tion la magnanimit que dur5t avoir les ,a?ni5s p\r transport] leurs femmes1 leurs enfans et leurs vieill>ds ,salam9e et ,tresne1 t&is qu'eux-mmes re/ant sans patrie1 ou plutt la livrant la fureur des ,b>b>es1 se rfugioi5t dans des vaisseaux con/ruits de la *>p5te de leurs maisons4 ,cette rsolution1 dont peu de p]sonnes toi5t capables de pntr] la sagesse1 n'(froit t\t le re/e que l'image humiliante et t]rible d'une fuite1 ou plutt d'une ru9e entire4 ,il faut se transport] ces temps reculs et en connotre les prjugs1 si on veut jug] des ob/acles puissans et sans nombre que ,?mi/ocle dt r5contr]1 p\r engag] ses concitoy5s ab&onn] leurs maisons1 leurs temples1 leurs dieux et les tombeaux de leurs pres4 ,la ,grce n'avoit ri5 espr]1 si ce gnral n'et eu t\s les tal5s et t\tes les sortes d'esprit4 ,il falloit qu'occup des ides les plus releves1 et des comb9aisons les plus difficiles de la politique et de la gu]re1 il et rec\rs aux adresses de l'ins9uation et de l'intrigue p\r p]suad] des hommes incapables de l'ent5dre4 ,ne p\vant lev] la multitude p5s] comme lui1 il falloit la subjugu] p> l'autorit1 intress] sa religion1 faire p>l] les dieux1 et remplir la ,grce d'oracles favorables ses desse9s4 ,aprs avoir =c le passage des ,!rmopyles1 les ,p]ses se rp&ir5t dans la ,grce1 qu'ils ravagr5t4 ,delphes ne dut son salut qu' un orage subit que les ,b>b>es effrays reg>dr5t comme un signe de la colre du dieu qui protgeoit cette ville1 et qu'ils (f5soi5t4 ,ils rduisir5t en c5dres ,!spie et ,plate2 la citadelle d',a?nes fut emporte l'pe la ma91 malgr les prodiges de valeur que fir5t quelques ,a?ni5s qui n'avoi5t pu se rs\dre ab&onn] leur patrie1 et il n'y eut plus que le ,ploponse qui ft f]m aux ,p]ses4 ,les ,grecs n'avoi5t oppos] la flotte innombrable de ,x]cs que trois c5t quatre-v+t voiles1 comm&es1 au nom de ,lacdmone1 p> un gnral incapable d'en faire les fonctions4 ,soit qu',euribiade1 frapp de la foiblesse de ses =ces1 et n'c\tant que sa cra9te2 se crt trop prs des ennemis2 soit qu'il p5st follem5t que p\r mettre le ,ploponse en sret1 il falloit crois] sur ses ctes1 ou se plac] en /ation prs de ,pylos et de ,phre1 p\r tre porte de protg] galem5t t\tes les p>ties de cette prov9ce1 il v\lut ab&onn] le dtroit de ,salam9e4 ,?mi/ocle s'y opposa avec une extrme vigueur4 ,il reprs5ta aux ,grecs que ce n'toit que dans ces bras de m] que le petit nombre de leurs vaisseaux dfi]oit avec succs la supriorit des ,p]ses4 ,il fit voir que les ,b>b>es ne p\voi5t se port] sur les ctes de la ,messnie1 de l',elide ou de l',a*ae1 sans s'expos] voir enlev] leurs convois1 tant que la flotte des ,grecs re/]oit ,salam9e4 ,il dmontra qu'il toit de la plus gr&e importance d'intimid] ceux d',argos1 dont la trahison n'toit que trop connue2 et qu'il valoit autant ab&onn] la ,grce aux ,p]ses1 que de s'loign] de l'i/hme de ,cor9!1 t&is que ,x]cs portoit t\te son arme de ce ct-l p\r s'ouvrir l'entre du ,ploponse4 ,en effet1 si ,euribiade et ab&onn le golfe de ,salam9e1 les ,b>b>es s'y s]oi5t placs2 ils auroi5t en mme temps assig ,cor9! p> t]re et p> m]2 et quelque df5se op9itre que les ,grecs euss5t faite1 ,x]cs auroit enf9 triomph1 comme aux ,!rmopyles1 de leur habilet et de leur dsespoir4 ,les remontrances de ,?mi/ocle toi5t inutiles2 et il ne p>v9t faire *\] le projet d',euribiade1 qu'en faisant auprs de ,x]cs le p]sonnage d'un tratre2 d]ni] ef=t o peut se port] l'am\r de la patrie dans un gr& homme4 ,il donna avis ce pr9ce que les ,grecs *]*oi5t se retir]1 et qu'il se htt de les attaqu] s'il v\loit emp*] leur retraite2 que la division qui rgnoit sur la flotte des ,grecs lui prp>oit une victoire aise1 et qu'il y tr\v]oit mme des amis ard5s le s]vir4 ,x]cs donna dans le pige1 et ,euribiade fut oblig de combattre4 ,t&is que les ,grecs1 qui ne p\voi5t tre envelopps dans ce dtroit1 agissoi5t t\s la fois1 les ,b>b>es1 trop ress]rs p\r dploy] leurs =ces1 n'en mettoi5t en m\vem5t qu'une petite p>tie4 ,la dfaite de leur premire ligne porta le dsordre dans le re/e de la flotte1 qui fut bi5tt mise en fuite et disp]se4 ,ce qui r5dit la j\rne de ,salam9e dcisive1 ce fut l'imbcillit de ,x]cs4 ,la p]te qu'il v5oit de faire toit considrable2 mais en ramassant les dbris de sa flotte1 ne lui re/oit-il pas assez de vaisseaux p\r tre encore le matre de la m]8 ,p\rquoi p5se-t-il que t\t e/ p]du8 ,son arme de t]re n'avoit reu aucun *ec1 et presque t\te la ,grce toit s\mise4 ,si ce pr9ce n'et pas t le plus l*e et le plus /upide des hommes1 s]oit-il tomb dans le second pige que lui t5dit ,?mi/ocle1 en l'av]tissant que les ,grecs se prp>oi5t rompre le pont qu'il avoit jet sur le ,bosphore8 ,il toit vid5t qu'ils ne s]oi5t pas assez mal habiles p\r ret5ir *ez eux un ennemi puissant1 aprs l'avoir mis dans la ncessit de va9cre ou de prir4 ,quelques armes qu'ait un pr9ce tel que ,x]cs1 il e/ de/9 tre va9cu p> un ,?mi/ocle4 ,les =ces les plus r$\tables sont entre ses ma9s1 comme la massue d',h]cule dans celles d'un enfant qui ne peut la s\lev]4 ,x]cs prit la fuite2 et laissant ,m>donius dans la ,grce avec trois c5t mille hommes1 sans y compr5dre les allis1 il songea mo9s la s\mettre qu' l'occup] p5dant sa retraite1 et l'emp*] de port] ses armes en ,asie4 ,l'arme de ,m>donius1 encore si capable d'effray] les ,grecs1 s'ils n'euss5t pas *app un plus gr& dang]1 leur p>ut mprisable aprs que ,x]cs eut repass la m] avec ses pr9cipales =ces4 ,ils ne d\tr5t plus de la victoire2 et les ,p]ses con/]ns comm5oi5t au contraire dsespr] du succs4 ,cep5dant la ,grce toit t\j\rs ple9e de tratres1 qui1 n'osant se rep5tir de leur infidlit1 cont9uoi5t s]vir les ,b>b>es4 ,les ,sp>tiates et les ,a?ni5s avoi5t beso9 d'une sagesse extrme p\r ne pas abus] de leur c\rage4 ,une imprud5ce de leur "p p\voit r$onn] de la confiance leurs ennemis1 et leur faire retr\v] en eux-mmes des =ces et des ress\rces que ,m>donius sembloit ignor]4 ,le salut des ,grecs ne dp5doit donc plus que de l'habilet dans la gu]re2 et de ce ct1 ,pausanias1 qui comm&oit leur arme1 toit bi5 suprieur au gnral des ,p]ses4 ,je sais que ce capita9e1 bl\i dans la suite p> les prs5s et les promesses de ,x]cs1 trahit les intrts de la ,grce1 et aspira mme se r5dre le tyran de sa patrie4 ,j'aj\t]ai1 qu'intimid1 non p> ses remords1 mais p> les difficults de son entreprise1 il se rep5tit quelquefois des projets qu'il avoit =ms1 sans avoir jamais la sagesse d'y r5onc]4 ,t\r--t\r entran p> son ambition1 et ret5u p> sa cra9te1 il ne montra dans sa conduite que cette foiblesse et cette irrsolution qui mett5t le comble la honte d'un conjur1 et le r5d5t aussi mprisable qu'odieux4 ,tel toit ,pausanias1 comme homme d'tat2 mais il n'e/ que trop ord9aire de tr\v] des hommes qui1 gr&s et petits diffr5s g>ds1 mrit5t la fois l'admiration et le mpris4 ,si la nature lui avoit refus les tal5s ncessaires un citoy5 qui mdite et prp>e une rvolution dans sa rpublique1 elle lui avoit prodigu ceux d'un gr& capita9e4 ,t&is que ,m>donius1 t\j\rs inc]ta91 ne sait pr5dre aucun p>ti1 qu'il ngocie lorsqu'il faut combattre1 et qu'en un mot il ignore l'art d'employ] ses =ces1 ,pausanias e/ actif1 vigilant et intrpide la tte de son arme4 ,il pntre les vues de ,m>donius1 l'ent\re de piges1 le presse de t\t ct1 et le rduit enf9 combattre ,plate1 lieu troit1 o ses =ces1 qui ne peuv5t agir1 lui devi5n5t inutiles2 et d'o il n'*appa que qu>ante mille ,p]ses s\s la conduite d',ar?abase1 t\t le re/e ayant t taill en pices4 ,le mme j\r que ,pausanias triomphoit ,plate1 ,loti*ides1 roi de ,sp>te1 et ,xantippe1 ,a?ni51 remportr5t ,micale une victoire complte sur les ,p]ses4 ,le gnral ,lacdmoni51 qui ignoroit ce qui se passoit dans la ,grce1 fit publi] sur les ctes d',asie que ,m>donius toit dfait2 et que les ,grecs tant dlivrs du j\g dont la ,p]se les avoit m5acs1 les colonies devoi5t leur t\r song] rec\vr] leur lib]t4 ,diodore rem>que que ce ne fut ni la valeur des ,grecs1 ni leur habilet dans la gu]re qui les fir5t va9cre en cette occasion4 ,la victoire toit d\teuse2 les ,sami5s et les ,milsi5s la dcidr5t en se t\rnant du ct des ,grecs4 ,les ,p]ses effrays p> cette dfection imprvue1 s'branlr5t1 et sur le *amp t\s les ,grecs d',asie se joignir5t ceux d',europe p\r accabl] leurs ennemis communs4 ,x]cs1 qui s'toit arrt ,s>dis1 n'eut pas plutt appris la dfaite entire de ses armes1 qu'il ne s'y crut plus en sret2 et se rfugiant avec prcipitation ,ecbatane1 sema dans ses prov9ces l'effroi qui l'accompagnoit4 ,plus ce pr9ce avoit j\i avec complaisance du spectacle de sa puissance et de sa gr&eur1 la vue des =ces qu'il avoit rassembles contre les ,grecs1 plus ils se s5tit humili p> ses disgraces4 ,il avoit aspir conqurir le monde enti]2 et croyant dj voir les ,sp>tiates et les ,a?ni5s au milieu de ses tats1 il n'osoit presque plus espr] de cons]v] l'hritage de son pre2 ,salam9e1 ,plate1 ,micale1 noms effrayans1 rappelr5t le s\v5ir des malheurs que la ,p]se avoit pr\vs en faisant la gu]re contre l'?iopie1 les ,ammoni5s et les ,scy!s4 ,les ides d'ambition et de conqute que ,cyrus avoit donnes ses successeurs s'effacr5t de t\s les esprits2 et ,x]cs ne laissa ses hriti]s que sa l*et et son dc\ragem5t4 ,la ,grce ne p\voit se dguis] le dang] auquel l'avoit expose l'infidlit de quelques-unes de ses villes2 elle v5oit d'pr\v] ce que peuv5t les v]tus et les tal5s1 fruits de la lib]t3 p\r aff]mir et p]ptu] son bonheur1 elle devoit donc s'atta*] avec plus de =ce ses anci5s pr9cipes1 et ne song] qu' rtablir l'alliance presque dtruite de t\s ses peuples4 ,elle eut la sagesse de tempr] la loi p> laquelle elle avoit condamn une am5de de la dixime p>tie de leurs bi5s1 t\s ceux qui se r5droi5t aux ,p]ses1 ou qui leur accord]oi5t leur amiti4 ,l'excution de ce dcret n'auroit t propre qu' r5\vel] et multipli] les anci5nes divisions1 en allumant une gu]re civile dans la ,grce4 ,les va9queurs des ,p]ses fur5t indulg5s2 ils p>gnr5t les peuples1 et ne traitr5t en c\pables que les magi/rats qui les avoi5t gags trahir leur devoir4 ,les ,grecs eur5t encore la modration de ne pas appr\v] les ,lacdmoni5s1 qui1 p> une politique indigne d'eux1 dem&oi5t que les ,amphictyons *assass5t de leur assemble les dputs des villes qui s'toi5t ligues avec les ,p]ses4 ,faire des mcont5s dans la ,grce1 c'toit rompre les li5s de sa confdration1 et cons]v] dans son se9 des allis aux trang]s4 ,malgr cette sagesse1 si digne d'un peuple libre1 la rpublique fdrative des ,grecs toit prte se diss\dre4 ,les ,p]ses1 si je puis p>l] a9si1 avoi5t infect l'air de la ,grce2 et on auroit dit que ,x]cs1 p\r se v5g] de ses dfaites1 avoit s\ffl1 en fuyant1 l'esprit de discorde sur ,a?nes et ,lacdmone4 ,les dp\illes de ,plate donnr5t aux ,grecs l'am\r des ri*esses2 les ,sp>tiates eux-mmes osr5t pr5dre une "p dans le but91 et pr(an] leur ville p> l'or des ,p]ses1 t&is que les ,a?ni5s1 ne se d\tant pas qu'une trop gr&e prosprit annonce presque t\j\rs aux tats une dcad5ce pro*a9e1 se livroi5t une prsomption ins5se4 ,leur rpublique1 t\j\rs ard5te s'agit]1 et que le repos fatiguoit1 se croyoit ds sa naissance de/9e g\v]n] le monde enti]2 et p5sant j\ir d'avance de cet empire qu'elle ambitionnoit1 engageoit p> s]m5t ses citoy5s reg>d] comme leur doma9e t\s les pays o il crot des vignes1 des olivi]s et du from5t4 ,cette ambition purile ouvroit l'ame des ,a?ni5s aux plus gr&es esprances2 et aprs les prodiges de sagesse et de c\rage qu'ils avoi5t faits p5dant la gu]re ,mdique1 s'ils n'aspirr5t pas ouv]tem5t v\loir dom9] dans la ,grce1 ils p>oissoi5t mcont5s de n'y occup] qu'une place subalt]ne4 ,qu& avec leurs femmes1 leurs vieill>ds et leurs enfans1 ils rev9r5t pr5dre possession de leurs demeures ru9es1 ,lacdmone1 d'autant plus jal\se de son autorit1 qu'ils avoi5t acquis plus de gloire1 v\lut les emp*] de rtablir les murailles et les df5ses de leur ville4 ,si ,x]cs1 disoi5t les ,sp>tiates1 en ca*ant leurs vrais s5tim5s s\s le voile du bi5 public1 n\s fait encore la gu]re p\r se v5g] de ses dfaites1 les ,a?ni5s s]ont encore obligs d'ab&onn] leur ville2 mais ne croyez pas que les ,p]ses se cont5t5t alors d'en dtruire les =tifications4 ,in/ruits p> l'expri5ce1 ils les augm5t]ont au contraire1 et se f]ont p>mi n\s une place d'armes qu'il s]a impossible de leur arra*]1 et d'o ils ti5dront t\te la ,grce en *ec4 ,a?nes1 p\r fruit de la gnrosit avec laquelle elle s'toit dv\e au salut des ,grecs1 n'auroit t qu'une ville ouv]te et incapable de se df5dre et de protg] l',attique1 si ,?mi/ocle n'et russi1 en trompant les ,lacdmoni5s1 la rtablir dans son premi] tat4 ,il se r5dit *ez eux en qualit d'ambassadeur2 et t&is qu'il les amusoit p> les longueurs affectes de sa ngociation1 les ,a?ni5s travaillr5t sans rel*e relev] leurs murailles4 ,la n\velle en fut porte ,lacdmone2 ,?mi/ocle accusa d'abord des esprits jal\x et mal-int5tionns de rp&re des bruits propres tr\bl] la tranquillit de la ,grce4 ,qu& il apprit enf9 que les travaux de sa patrie toi5t assez avancs p\r qu'on n'ost plus dem&] de les dtruire ou de les ab&onn]3 ,p\rquoi1 dit-il aux ,lacdmoni5s1 tant de pla9tes inutiles8 ,si v\s p5sez que je v\s trompe1 p> un rcit infidelle1 que ne faites-v\s p>tir p\r l',attique quelques-uns de vos citoy5s8 ils s'in/ruiront de la vrit sur les lieux1 et leur rapport t]m9]a enf9 nos conte/ations4 ,on crut ,?mi/ocle1 et ,a?nes reut les commissaires ,sp>tiates comme autant d'otages qui rpondroi5t du traitem5t qu'on f]oit son ambassadeur4 ,aucune des deux rpubliques n'osa se pla9dre2 mais l'inju/ice et la mauvaise foi de leurs procds comm5cr5t *ang] leur jal\sie en ha9e1 et leur apprir5t t\t ce qu'elles avoi5t cra9dre l'une de l'autre4 ,les ,sp>tiates1 t\j\rs atta*s aux in/itutions de ,lycurgue1 tr\voi5t dans leurs lois mmes1 un fre9 leur jal\sie1 leur ha9e et leur ambition naissantes2 mais il n'en toit pas a9si des ,a?ni5s4 ,polybe comp>e avec raison leur rpublique un vaisseau que p]sonne ne comm&e1 ou dans lequel t\t le monde e/ le matre de la manuvre4 ,les uns1 dit cet hi/ori51 veul5t cont9u] leur r\te1 les autres veul5t abord] au pro*a9 rivage2 ceux-ci ress]r5t les voiles1 ceux-l les dploi5t2 et dans cette confusion1 le vaisseau qui vogue sans de/9ation1 au gr des v5ts1 e/ t\j\rs prt *\] contre quelqu'cueil4 ,en effet1 ,a?nes1 t\j\rs emporte p> les vnem5s et ses passions1 n'toit po9t encore p>v5ue fix] les pr9cipes de son g\v]nem5t4 ,a sa naissance mme1 ses citoy5s avoi5t comm5c tre diviss2 t&is que les habitans de la montagne v\loi5t remettre t\te l'autorit entre les ma9s de la multitude1 ceux de la pla9e n'aspiroi5t1 au contraire1 qu' tablir une ari/ocratie rig\reuse2 et les citoy5s qui habitoi5t la cte1 plus sages que les autres1 dem&oi5t qu'on p>taget le p\voir entre les ri*es et le peuple2 et qu' la faveur d'un g\v]nem5t mixte1 dont t\s les p\voirs se temproi5t mutuellem5t1 on prvnt la tyrannie des magi/rats et la lic5ce des citoy5s4 ,aucun p>ti n'ayant eu assez de =ce ou d'adresse p\r triomph] des autres1 les ,a?ni5s1 t\j\rs ennemis de leurs lois inc]ta9es1 semblr5t n'avoir d'autre rgle de conduite que p> l'exemple des caprices de leurs pres2 et au milieu des rvolutions cont9uelles dont ils fur5t agits1 ils s'toi5t acc\tums tre va9s1 imptueux1 inconsidrs1 ambitieux1 volages1 aussi extrmes dans leurs vices que dans leurs v]tus1 ou plutt n'avoir aucun c>actre4 ,lasss enf9 de leurs dsordres dome/iques1 ils avoi5t eu rec\rs ,solon1 et le *>gr5t de leur donn] des lois2 mais en t5tant de remdi] aux maux de la rpublique1 ce lgislateur imprud5t ne fit que les palli]1 ou plutt donna une n\velle =ce aux anci5s vices du g\v]nem5t4 ,en laissant aux assembles du peuple le droit de faire les lois1 d'lire les magi/rats1 et de rgl] les affaires gnrales1 telles que la paix1 la gu]re1 les alliances1 c4 il di/ribua les citoy5s en diffr5tes classes1 suivant la diffr5ce de leur =tune1 et ordonna que les magi/ratures ne fuss5t confres qu' ceux qui recueilloi5t au mo9s de leurs t]res deux c5t mesures de from5t1 d'huile ou de v94 ,t&is que ,solon sembloit loign] prudemm5t de l'adm9i/ration des affaires ceux qui devoi5t pr5dre le mo9s d'intrt au bi5 public1 et que1 p> diffr5tes lois il affectoit de rtablir l'aropage dans sa premire dignit1 et de donn] aux magi/rats la =ce et le crdit ncessaires p\r ma9t5ir la subord9ation et l'ordre2 il accorda1 en effet1 au peuple1 la p]mission de mpris] et ses lois et ses magi/rats4 ,autoris] les appels des s5t5ces1 des dcrets et des ordres de t\s les juges1 aux assembles t\j\rs tumultueuses de la place publique1 n'toit-ce pas confr] une magi/rature t\te-puissante une multitude ignorante1 volage1 jal\se de la =tune des ri*es1 t\j\rs dupe de quelque intrigant1 et t\j\rs g\v]ne p> les citoy5s les plus inquiets ou les plus adroits flatt] ses vices8 ,n'toit-ce pas1 s\s le nom de la dmocratie1 tablir une vritable an>*ie8 ,qu& le lgislateur auroit publi1 relativem5t t\s les objets p>ticuli]s de la socit1 les lois les plus propres la r5dre heureuse1 c'et t sans succs2 p>ce qu'il toit impossible que la ha9e1 la faveur1 l'ignorance et l'emportem5t qui agit]oi5t les assembles publiques1 laissass5t tablir et subsi/] des rgles con/antes de jurisprud5ce4 ,a l'autorit des lois1 on devoit bi5tt oppos] l'autorit des jugem5s du peuple1 et la porte toit ouv]te t\s les abus4 ,solon cra un snat compos de c5t citoy5s de *aque tribu2 et cette compagnie1 *>ge de l'adm9i/ration des affaires1 de prp>] les matires qu'on devoit port] l'assemble publique1 et d'clair] et de guid] le peuple dans les dlibrations1 auroit en effet procur de gr&s avantages au g\v]nem5t1 si le lgislateur avoit eu l'art d'en comb9] de telle faon l'autorit avec celle du peuple1 qu'elles se balanass5t sans se dtruire4 ,solon auroit d avoir l'att5tion de r5dre les assembles de la place mo9s frqu5tes qu'elles ne l'avoi5t t jusqu'alors4 ,un snat1 qui1 sans compt] les convocations extraord9aires que t\t magi/rat et t\t gnral d'arme p\voit dem&]1 toit oblig d'assembl] quatre fois le peuple dans une pritonie1 c'e/--dire1 dans l'espace de tr5te-six j\rs1 n'toit gure propre se faire respect]2 le peuple le voyoit de trop prs1 et le jugeoit trop s\v5t4 ,solon l'avoit encore dgrad et r5du inutile1 en p]mettant t\t citoy51 g de c9quante ans1 de h>angu] dans la place publique4 ,l'loqu5ce devoit se =m] une magi/rature suprieure celle du snat2 et la faveur d'une transition familire son art1 g>] les esprits sur des objets trang]s1 et s\mettre la sagesse du magi/rat aux caprices du peuple4 ,solon eut la honte de voir lui-mme la tyrannie des ,pisi/rates s'lev] sur les ru9es de son foible g\v]nem5t4 ,si des causes p>ticulires1 depuis qu',a?nes avoit rec\vr sa lib]t1 lui fir5t excut] des entreprises dont le peuple le plus sagem5t g\v]n e/ pe9e capable1 ce ne devoit tre qu'un avantage passag]4 ,cette ville1 idoltre et ennemie des tal5s et des v]tus1 n'avoit imag9 aucun autre moy5 p\r cons]v] sa lib]t sans nuire l'mulation1 que d'accord] les plus gr&s honneurs qui s]viroit la patrie d'une manire di/+ue1 et de punir cep5dant p> le ban de l'o/racisme1 ou un exil de dix ans1 quiconque en auroit trop bi5 mrit4 ,ari/ide1 depuis la dfaite de ,x]cs1 avoit fait port] une loi1 p> laquelle t\t citoy51 quelle que ft sa =tune1 p\voit aspir] aux magi/ratures4 ,a9si le g\v]nem5t1 encore plus vicieux qu'il ne l'toit en sortant des ma9s de ,solon1 devoit reproduire encore de plus gr&s maux1 qu& l'eng\em5t qui portoit les ,a?ni5s au bi51 s]oit dissip4 ,,livre ,,second4 ,les ,grecs1 autrefois borns eux-mmes1 et qui ne s'toi5t jamais s]vi dans leurs qu]elles p>ticulires que de leurs =ces de t]re1 faisoi5t peu de cas des vaisseaux et des matelots1 qu'on n'avoit employs qu'aux affaires de comm]ce2 mais la gu]re ,mdique leur donna de n\veaux intrts et une n\velle politique4 ,ils craignir5t le ress5tim5t de la c\r de ,p]se2 ils reg>dr5t comme un affront l'espce de s]vitude o ,x]cs t5oit leurs colonies2 et soit p\r se faire une b>rire plus =te1 soit p\r s'ouvrir l'entre de l',asie1 ils contractr5t avec elles une alliance troite4 ,qu& la ,grce n'auroit pas d son salut la bataille de ,salam9e1 elle auroit dsormais considr ses flottes comme le remp>t le plus sr contre les b>b>es1 et comme un li5 ncessaire p\r unir une f\le de peuples sp>s p> la m]1 les rappro*] en quelque sorte les uns des autres1 et les mettre porte de se sec\rir4 ,cette n\velle manire de p5s] porta atte9te l'autorit dont ,sp>te avoit j\i jusque-l4 ,quelque gloire que cette rpublique et acquise dans la gu]re ,mdique1 quelqu'anci5ne et bi5 fonde que ft sa rputation1 elle se tr\voit dgrade p> la seule raison qu'elle n'avoit ni vaisseaux1 ni fonds ncessaires p\r l'entreti5 d'une m>9e4 ,on comm5oit nglig] sa protection1 t&is qu',a?nes1 la faveur de ses flottes nombreuses1 attiroit au contraire t\s les reg>ds sur elle1 et sembloit avoir dj usurp la prm95ce dont l'autre toit encore en possession4 ,a?nes n'auroit j\i que d'une considration peu durable1 si les ,sp>tiates n'avoi5t oppos son ambition que leurs anci5nes v]tus4 ,cette rpublique imprud5te1 qui devoit p]dre sa puissance p> l'abus qu'elle en f]oit1 auroit t bi5tt contra9te p> les vnem5s de repr5dre la place subalt]ne qu'elle avoit occupe dans la ligue de la ,grce4 ,la cra9te qu'on avoit de la v5geance de ,x]cs1 toit une t]reur panique1 et ne p\voit subsi/] long-temps4 ,les colonies d',asie1 acc\tumes la paix1 et jal\ses de leur lib]t1 devoi5t se lass] de la protection inquite et tyrannique des ,a?ni5s4 ,les ,grecs dtromps auroi5t bi5tt ouv]t les yeux sur la faute qu'ils faisoi5t1 de nglig] une rpublique qui les g\v]noit depuis six c5s ans avec sagesse1 p\r se livr] la conduite d'une ville dont le peuple1 acc\tum p> le vice de ses lois n'agir que p> caprice et p> passion1 toit incapable d'tre la tte de leurs affaires4 ,plus les ,sp>tiates auroi5t s\ff]t patiemm5t l'espce de tort que leur faisoit le crdit naissant d',a?nes1 plus on s]oit rev5u eux avec confiance et avec empressem5t4 ,ils ne sur5t pas qu'il faut support] des maux passag]s1 et se g>d] de les aigrir p> des remdes imprud5s2 ils ignorr5t que1 quelque rvolution que p>oisse pr\v] un tat1 il n'e/ po9t d*u qu& il cons]ve religieusem5t les in/itutions auxquelles il a d sa puissance4 ,leur jal\sie contre les ,a?ni5s les prp>a commettre une inju/ice contre la ,grce entire4 ,au lieu de ne confi] le comm&em5t de l'arme de/9e port] la gu]re en ,asie et r5dre la lib]t aux colonies1 qu' un gnral propre faire aim] et respect] le p\voir de sa patrie1 ils en *>gr5t ,pausanias1 que le but9 fait ,plate avoit dj corrompu1 et qui1 se v5dant aux lieut5ans de ,x]cs1 se comporta avec autant de hauteur et de duret l'g>d des ,grecs1 que de foiblesse et de mnagem5t env]s les ,p]ses4 ,il clata un s\lvem5t univ]sel2 et ,lacdmone1 v\lant en quelque sorte punir t\s les ,grecs de l'ambition qu'elle craignoit dans les seuls ,a?ni5s1 refusa d'c\t] les pla9tes qu'on lui portoit contre son gnral3 elle crut qu'il falloit appesantir le j\g1 p>ce qu'elle craignit qu'on ne v\lt le sec\]4 ,cette conduite fut comp>e celle d',a?nes1 o ,ari/ide et ,cimon1 aprs que ,?mi/ocle eut t condamn subir la pe9e de l'o/racisme1 avoi5t acquis le plus gr& crdit4 ,t\s les ,grecs1 l'exception de ceux du ,ploponse1 implorr5t sa protection2 et p\r se dlivr] de la tyrannie de ,pausanias1 ils (frir5t un peuple qui vraisemblablem5t se s]oit cont5t de comm&] les armes sur m]1 comme ,sp>te les comm&oit sur t]re1 de ne plus all] la gu]re que s\s ses ordres4 ,quoique les ,lacdmoni5s ne songeass5t plus cons]v] l'empire de la ,grce p> les mmes moy5s qu'ils l'avoi5t autrefois acquis1 et que les ,a?ni5s fuss5t assez enivrs de leur =tune p\r se livr] aux plus va/es esprances1 la ,grce cont9uoit j\ir de la paix4 ,l'anci5 esprit du g\v]nem5t fdratif faisoit faire encore p> habitude ces deux peuples mille ef=ts p\r n'en pas v5ir une rupture ouv]te4 ,quelqu'atta*s que fuss5t les ,grecs la ville dont ils toi5t citoy5s1 ils ne croyoi5t po9t encore qu'il leur ft p]mis de sacrifi] ses intrts ceux de la ,grce entire1 qui toit la patrie commune4 ,a?nes et ,sp>te1 quoique rivales et dj ennemies1 se bornoi5t cep5dant s'obs]v] et s'inquit]2 si elles se faisoi5t une injure1 elles se htoi5t de la rp>] moiti4 ,a l'exemple des autres villes1 elles toi5t acc\tumes s'appel] elles-mmes les deux ma9s1 les deux bras ou les deux yeux de la ,grce2 elles en concluoi5t que si l'une ou l'autre prissoit1 la ,grce s]oit boiteuse1 man*ote ou borgne2 et leur imag9ation effraye p> cette image1 temproit la f\gue de leur ambition et de leur jal\sie4 ,lacdmone1 d'ailleurs1 t\j\rs l5te se dcid] p> la =me mme de ses dlibrations1 se conduisoit depuis trop long-temps p> des pr9cipes de modration et de ju/ice1 p\r s'ab&onn] lgrem5t son ambition4 ,elle ne p\voit se dguis] qu'elle toit trop foible p\r humili] un ennemi dont les succs avoi5t augm5t la confiance et le c\rage1 et qui1 disposant de presque t\tes les =ces de la ,grce1 p\voit1 avec le sec\rs de ses vaisseaux1 faire des desc5tes dans t\tes les p>ties du ,ploponse1 et toit g\v]ne dans ce mom5t p> des hommes du mrite le plus m95t4 ,les ,a?ni5s1 de leur ct1 devoi5t voir avec une sorte de frayeur la rputation de ,lacdmone4 ,si1 p> la nature de leur g\v]nem5t1 un caprice devoit s\v5t dcid] de leurs rsolutions1 le caprice alors la mode dans leur place publique1 toit d'obir aveuglm5t aux magi/rats qui ils avoi5t donn leur confiance2 et aprs t\tes les gr&es *oses qu'ils avoi5t faites depuis l'exil des ,pisi/rates1 ils se connoissoi5t trop bi5 en mrite1 p\r se laiss] g\v]n] p> des hommes qui n'auroi5t pas prvu dans quels malheurs une gu]re contre ,lacdmone auroit jet leur patrie et la ,grce entire4 ,quoique ,?mi/ocle hat les ,lacdmoni5s1 et vit avec plaisir que sa patrie qu'il g\v]noit devnt la puissance dom9ante de la ,grce1 il ne l'invita po9t rep\ss] p> les armes les premires injures que lui fir5t les ,sp>tiates4 ,l'lvation de son ame ne lui p]mit pas de song] se r5dre ncessaire p> une trahison4 ,il connoissoit les ,a?ni5s1 peuple incapable d'tre heureux sans abus] de son bonheur2 et il s5tit que ce s]oit s]vir leurs passions et non pas leurs vrais intrts1 que de les mettre la tte d'une rpublique fdrative1 dont t\s les m\vem5s ne peuv5t tre mnags avec trop de circonspection4 ,ari/ide1 encore plus v]tueux que ,?mi/ocle qui il succdoit1 n'eut po9t d'autre pr9cipe de politique que les rgles de la plus exacte morale1 et respecta l'anci5ne autorit de ,lacdmone4 ,cimon1 aussi bon citoy5 qu',ari/ide1 fit t\s ses ef=ts p\r t\ff] dans sa naissance la rivalit ru9euse des deux rpubliques1 et cons]v] l'anci5 sy/me de la ,grce4 ,il combattit avec succs l'ambition de ses citoy5s1 en les occupant en ,asie contre les ,p]ses4 ,il l\a publiquem5t la simplicit1 la temprance et la modration des ,sp>tiates dont il avoit les murs4 ,la ,laconie essuya un tremblem5t de t]re qui y fit prir plus de v+t mille hommes1 et il ne travailla qu' l'aid] rp>] ses p]tes4 ,les ,ilotes et les ,messni5s se rvoltr5t2 et t&is que l'orateur ,ephialte v\loit qu'on laisst succomb] ,lacdmone1 ,cimon s'en dcl>a le protecteur1 p\r la rconcili] avec sa patrie4 ,il engagea les ,a?ni5s lui donn] des sec\rs1 et lui p>donn] mme l'injure dont elle paya leur gnrosit1 en les s\ponnant d'tre les amis secrets de ses esclaves rvolts4 ,matre d'une =tune considrable1 conome dans sa maison1 prodigue au-dehors1 il joignoit l'intgrit et aux lumires d'un gr& magi/rat1 les tal5s les plus r>es et les plus ncessaires la gu]re4 ,il eut l'avantage s+uli] de remport] le mme j\r deux victoires1 l'une sur m] et l'autre sur t]re4 ,des succs trop brillans en ,asie lui fir5t enf9 des ennemis dans l',attique2 on r5dit ses v]tus suspectes1 on craignit ses tal5s2 et ,a?nes donna sa confiance l'homme qui avoit tram et conduit l'intrigue qui p]doit ,cimon4 ,c'toit ,pricls1 qui une ju/esse exquise d'esprit f\rnissoit t\j\rs les plus srs moy5s p\r p>v5ir son b4 ,capable d'emprunt] les s5tim5s qui lui toi5t les plus trang]s1 d'embrass] la fois plusieurs objets1 et de les comb9] avec une prcision extrme2 gr& capita9e1 plus gr& orateur encore1 ,a?nes n'avoit po9t eu de citoy5 qui et runi plus de tal5s propres g\v]n] la multitude4 ,mais t\tes ces gr&es qualits1 employes s]vir l'ambition encore plus gr&e de ,pricls1 dev9r5t le flau de sa patrie et de la ,grce4 ,il avoit rem>qu que1 p> un mlange de ds9tressem5t et d'av>ice1 de f]met et de condesc5dance1 la plup>t des magi/rats qui l'avoi5t prcd dans l'adm9i/ration des affaires1 n'avoi5t j\i que d'une faveur inc]ta9e2 et que ceux qui s'toi5t con/amm5t occups du bi5 public dans leur rg5ce1 avoi5t t\j\rs pr\v une disgrace clatante4 ,au lieu d'tre demi-v]tueux et demi-m*ant1 d'irrit] le peuple dans une occasion1 et de lui faire dans l'autre une c\r s]vile1 il se fit une rgle con/ante de t\t sacrifi] la passion qu'il avoit de g\v]n] sa rpublique4 ,il s'agissoit de faire oubli] les prodigalits de ,cimon2 et ,pricls1 qui ne j\issoit que d'un patrimo9e mdiocre1 imag9a d'tre prodigue des ri*esses de l'tat4 ,il fit donn] au peuple des rtributions p\r assi/] aux jugem5s4 ,la multitude1 dont la fureur de jug] s'emp>a1 ne quitta plus la place publique que p\r c\rir aux ?tres4 ,solon v\loit que le peuple ft laborieux2 il avoit *>g l',aropage de s'in=m] des occupations de *aque citoy51 et de punir ceux qui ne travaill]oi5t pas4 ,le pre qui n'avoit pas fait appr5dre un mti] son fils1 toit priv p> les lois de ses droits naturels sur lui1 et ne p\voit en exig] aucun sec\rs dans sa vieillesse4 ,le lgislateur avoit sans d\te espr que le peuple1 occup p> quelque pr(ession1 s]oit mo9s empress de se tr\v] sur la place publique1 et laiss]oit a9si une plus gr&e autorit au snat et aux magi/rats4 ,ces vues ne t\*r5t pas ,pricls4 ,il lui importoit peu qu'aprs avoir dtruit le gt et l'habitude du travail1 l'oisivet du peuple dt un j\r multipli] les vices de la dmocratie1 p\rvu que sa reconnoissance prs5te l'atta*t plus =tem5t son bi5faiteur4 ,la multitude1 t\j\rs aveugle et t\j\rs passionne dans ses jugem5s1 devoit avilir t\s les tribunaux1 et ne s'occup] dsormais sur la place qu' comm5t]1 expliqu]1 modifi] et lud] les lois1 qui p>-l re/]oi5t sans =ces2 et c'e/ ce que dsiroit ,pricls1 qui p>otroit plus gr& qu& l'autorit de t\s les magi/rats s]oit avilie1 et qui v\loit n'tre gn dans son adm9i/ration p> aucune loi4 ,il prvoyoit avec plaisir qu',a?nes1 au milieu des ftes1 des spectacles1 des plaisirs1 p]droit les murs conv5ables un tat libre2 que les arts inutiles s]oi5t bi5tt les plus e/ims1 et que les ,a?ni5s1 di/raits de leurs devoirs1 n'aspir]oi5t enf9 qu' la gloire purile et dang]euse d'tre le peuple le plus poli et le plus aimable de la ,grce2 mo9s la rpublique s]oit att5tive l'adm9i/ration des affaires1 plus son premi] magi/rat devoit avoir d'autorit4 ,cet adroit tyran d',a?nes toit cep5dant trop habile p\r compt] sur la faveur du peuple1 s'il ne travailloit cont9uellem5t s'aff]mir4 ,son gr& art consi/a c>ess] la multitude p\r impos] sil5ce ses rivaux1 et n'emb>qu] la rpublique que dans des entreprises dont le succs lui p>ut c]ta94 ,quelque puissante que fut son loqu5ce1 un rev]s qui auroit int]rompu les ftes d',a?nes1 t>i les s\rces de son luxe1 ou port l'ennemi dans l',attique1 auroit dconc]t l'orateur2 et le peuple1 qui ne voit que le mom5t prs5t1 et ne juge que p> les vnem5s1 auroit t capable1 dans une agitation convulsive de sa colre ou de sa cra9te1 de r5v]s] l'idole qu'il adoroit4 ,ds-lors ,pricls ne vit pas avec mo9s de *agr9 que ,cimon1 mais p> d'autres motifs1 la rivalit qui s'toit =me entre sa patrie et ,lacdmone4 ,il jugea que si les ,sp>tiates1 seconds des =ces du ,ploponse1 en v5oi5t une rupture ouv]te1 la qualit de *ef d',a?nes devi5droit un f>deau trop pesant1 et qu'il succomb]oit peut-tre s\s le poids d'une gu]re entreprise contre un peuple qu'on croyoit inv9cible4 ,a l'exemple de ,cimon1 il russit d'abord se r5dre matre de la ha9e des ,a?ni5s contre ,lacdmone1 en les occupant p> des expditions contre les ,p]ses2 mais ces succs mmes1 plus ils toi5t brillans1 plus ils aigrissoi5t la jal\sie des ,sp>tiates4 ,leur pati5ce se lassoit enf9 de voir triomph] leurs ennemis en ,asie2 ils toi5t fatigus du bruit de leurs exploits et des loges que leur donnoit la ,grce2 et il n'y avoit plus ,sp>te qu'un petit nombre de citoy5s atta*s aux anci5nes lois de ,lycurgue1 et clairs sur les vrais intrts de la ,grce et de leur patrie1 qui cons]vt de la modration4 ,ce p>ti trop foible n'auroit pu emp*] que la rpublique ne comm5t la gu]re1 si ,pricls n'et adroitem5t pr(it du comm5cem5t de corruption que le but9 fait ,plate avoit fait natre ,lacdmone2 il y envoya t\s les ans dix tal5s1 qu'il di/ribua t\s ceux qui v\lur5t se laiss] corrompre1 et qui il ordonna de p5s] et de p>l] comme les g5s de bi54 ,mais cette paix1 d'abord favorable aux vues de ,pricls1 dev9t enf9 elle-mme un n\vel emb>ras p\r lui4 ,d'un ct1 la gu]re contre les ,p]ses comm5oit pass] de mode1 quoiqu'elle (frt des victoires faciles et un but9 considrable2 ce qui sembloit devoir satisfaire -la-fois le d\ble gt des ,a?ni5s p\r la gloire de leurs armes et la magnific5ce de leurs spectacles4 ,de l'autre1 il toit dang]eux de laiss] la rpublique dans une trop gr&e oisivet4 ,applaudir ou critiqu] une pice de ?tre1 un tableau1 une /atue1 un difice2 contr$ire l'aropage1 jug] quelques procs p>ticuli]s1 ce n'toit pas assez p\r occup] des esprits volages et acc\tums l'agitation4 ,il falloit aux ,a?ni5s des armes en campagne1 des succs1 des dfaites1 des esprances et des cra9tes1 ou leur inquitude naturelle les r5doit trop difficiles conduire4 ,heureusem5t p\r ,pricls1 les allis d',a?nes n'toi5t pas aussi cont5s de son adm9i/ration que les ,a?ni5s4 ,les colonies d',asie ne blmoi5t ni le luxe1 ni les plaisirs auxquels la rpublique se livroit2 mais elles tr\voi5t mauvais de pay] les frais de ses ftes et de ses spectacles1 et que ,pricls leur dem&t plus de six c5t tal5s de contribution p\r ne procur] que des amusem5s frivoles des citoy5s1 t&is que ,cimon s'toit cont5t de soixante p\r faire la gu]re aux ,b>b>es4 ,pricls se fit un art de rduire au dsespoir des peuples qui ne p\voi5t se s\lev] contre ,a?nes sans se p]dre4 ,outre qu'il n'y avoit aucune liaison entr'eux1 et qu'il leur toit p> consqu5t impossible d'agir de conc]t1 ils n'avoi5t jamais eu d'ambition2 et cont5s de rec\vr] leur lib]t1 ils avoi5t obt5u de ,cimon de ne contribu] qu'en arg5t et en vaisseaux la gu]re que la ,grce avoit faite en leur faveur au roi de ,p]se4 ,les colonies1 acc\tumes p>-l au repos et t\tes les d\ceurs d'une vie tranquille1 avoi5t p]du l'usage de mani] les armes1 et1 selon la judicieuse rem>que de ,?ucydide1 se tr\vant mme puises p> les contributions auxquelles elles s'toi5t s\mises1 ne p\voi5t se drob] au j\g des ,a?ni5s1 s'ils v\loi5t les trait] plutt en sujets qu'en allis4 ,en reprs5tant les ju/es pla9tes de ces peuples malheureux1 comme un att5tat intolrable1 et propre ru9] t\te espce de subord9ation1 ,pricls les r5dit facilem5t odieux4 ,il engagea les ,a?ni5s dans une gu]re qui devoit aff]mir son crdit1 p>ce qu'elle devoit leur procur] sans cesse des succs c]ta9s1 et leur promettoit un gr& empire4 ,en effet1 leur rpublique1 cont5te de gagn] des batailles et de pr5dre des villes1 n'importe quel prix1 ignoroit trop ses intrts p\r s'ap]cevoir que les avantages qu'elle remportoit sur ses allis1 annonoi5t sa dcad5ce1 et que leur rvolte la ram5oit au mme po9t de foiblesse o elle s'toit vue avant la gu]re ,mdique4 ,a?nes auroit repris sans s'en ap]cevoir la seconde place qu'elle occupoit autrefois dans la ligue fdrative des ,grecs1 si cette gu]re qui la r5doit odieuse et dur assez long-temps p\r que ses allis1 se dta*ant successivem5t de son alliance1 l'euss5t prive de t\t sec\rs trang]4 ,mais les ,a?ni5s avoi5t des succs cont9uels1 et la cra9te ret5oit encore la plup>t des colonies s\s le j\g1 lorsque ,pricls eut beso9 de donn] sa rpublique une occupation plus importante4 ,le temps arriva o il devoit r5dre compte de son adm9i/ration1 et cette opration toit dlicate4 ,ce n'e/ pas qu'il se ft enri*i aux dp5s de l'tat2 mais soit nglig5ce de sa "p1 soit infidlit dans les subalt]nes qu'il avoit employs au maniem5t des d5i]s publics1 on ne tr\voit po9t l'emploi de plusieurs sommes considrables1 et les rev5us de la rpublique toi5t dim9us4 ,il toit humiliant p\r ,pricls de montr] aux ,a?ni5s que leurs f9ances toi5t en mauvais ordre2 et c'toit prodigieusem5t dcri] la prodigalit1 les ftes1 les jeux1 et les spectacles1 que d'av\] qu'ils n'avoi5t enf9 ab\ti qu' ru9] la rpublique et ses allis4 ,t\t le monde se rappelle le mot d',alcibiade ce sujet4 ,il s'toit prs5t *ez ,pricls p\r le voir2 et on lui dit qu'il ne recevoit p]sonne1 tant accabl d'affaires1 et occup p5s] comm5t il r5droit ses comptes4 ,s'il m'en croyoit1 rpondit ,alcibiade1 il song]oit bi5 plutt comm5t il n'en r5droit po9t4 ,cette plaisant]ie s]vit de conseil ,pricls1 et il ne p5sa qu' di/raire les ,a?ni5s de leurs affaires dome/iques p> quelqu'entreprise importante au-dehors4 ,malheureusem5t aucune ville vois9e n'osoit remu]2 les unes intimides p> les exemples de svrit qu',a?nes avoit donns1 les autres ret5ues p> le peu d'intrt que ,lacdmone sembloit pr5dre leurs affaires1 et p> la l5teur avec laquelle cette rpublique agissoit1 r5f]moi5t leur ress5tim5t1 en att5dant des circon/ances plus favorables2 et ,pricls fut rduit la dure extrmit d'irrit] la jal\sie des ,sp>tiates mmes qu'il r$\toit4 ,il savoit que les ,cor9?i5s n'avoi5t pas oubli les torts qu',a?nes leur avoit fait dans la gu]re de ,corcyre1 qui toit pe9e t]m9e2 et il espra qu'en faisant le sige de ,potipe1 place de la plus gr&e importance p\r eux1 il les =c]oit pr5dre les armes4 ,en mme temps qu'il insulte un des peuples les plus puissans du ,ploponse1 il ne fait plus pass] d'arg5t ,lacdmone2 et ses p5sionnaires1 qui se s]oi5t v5gs1 en cont9uant p>l] d'une manire propre cons]v] la paix1 se tur5t mal-habilem5t1 et s]vir5t ,pricls4 ,les ,sp>tiates1 qu'aucun ob/acle n'emp*oit plus de se livr] leur ha9e1 convoqur5t une assemble gnrale de leurs allis1 p\r dlibr] sur la situation du ,ploponse1 et les dang]s dont la ,grce entire toit m5ace4 ,les ,cor9?i5s p>lr5t avec plus de *aleur que t\s les autres1 ,sp>tiates1 dir5t-ils1 v\s tes les librateurs de la ,grce1 v\s en tes les protecteurs2 mais r5oncez ces titres1 ou htez-v\s de rp>] les maux que n\s s\ffrons1 et que v\s auriez d prv5ir4 ,il e/ temps que votre bonne foi ne soit plus la dupe de l'ambition des ,a?ni5s2 n'att5dez pas p\r n\s v5g] que vos ennemis ai5t dtruit votre puissance4 ,connoissez ces ,a?ni5s qui ne veul5t de lib]t que p\r eux1 et qui sont les plus gr&s ennemis de la ,grce4 ,t\j\rs h>dis1 t\j\rs entrepr5ans1 t\j\rs presss d'agir2 un succs1 un rev]s1 t\t augm5te galem5t leur confiance et leur ambition4 ,ils croi5t que leur rpublique d*eoit qu& elle ne s'agr&it pas2 ils se reg>d5t ds auj\rd'hui comme les matres des villes qui sont leur bi5sance1 et qu'ils espr5t de subjugu]4 ,a cette ambition impati5te1 qu'opposez-v\s1 ,sp>tiates8 une l5teur extrme4 ,quel en s]a le fruit8 la dfection de vos allis et l'lvation de vos ennemis4 ,rduits enf9 vos seules =ces1 v\s t5t]ez1 mais trop t>d1 d'*app] au sort que plusieurs peuples ont dj subi4 ,les villes qui v\s implor5t auj\rd'hui1 s\mises alors aux ,a?ni5s1 s]viront elles-mmes v\s opprim]4 ,les dieux auroi5t-ils donn inutilem5t aux hommes le tal5t de prvoir l'av5ir1 en tudiant le pass8 ,p\r tre modrs env]s des ennemis qui ne cess5t de v\s insult]1 ne soyez pas inju/es l'g>d de vos allis1 qui ne veul5t que v\s s]vir4 ,v\s n\s devez votre protection2 la foi des traits1 la religion des s]m5s v\s y oblig5t1 et n\s en rclamons auj\rd'hui les effets p\r votre propre avantage4 ,les ambassadeurs qu',a?nes avoit envoys cette assemble1 agir5t con=mm5t aux vues de ,pricls4 ,se cont5tant de p>l] vaguem5t de leur dsir de la paix1 p\r ne pas p>otre1 s'il toit possible1 les auteurs de la gu]re1 ils ne fir5t aucune proposition qui t5dt faire voir qu'ils toi5t prts entr] en ngociation1 qu'ils dsiroi5t de rp>] leurs inju/ices1 et de rassur] les esprits sur l'av5ir4 ,t\j\rs ple9s des j\rnes de ,m>a?on et de ,salam9e1 ils ne dissimulr5t pas qu'il toit ju/e qu'une rpublique1 qui avoit sauv deux fois la ,grce1 en et l'empire4 ,c'e/ de t\t temps1 dir5t-ils1 que les plus =ts sont les matres2 n\s ne sommes pas les auteurs de cette loi1 elle e/ fonde dans la nature4 ,a les en croire1 on et dit que la maje/ du comm&em5t s'avilissoit p> la modration1 la ju/ice et la bi5faisance4 ,ce disc\rs sauvage1 et digne d'un satrape de ,p]se1 qui p>le des esclaves1 indigna des hommes qui v\loi5t tre libres2 et ,lacdmone porta un dcret1 p> lequel elle pr5oit s\s sa protection ,cor9!1 ,potide1 ,eg9e et ,mg>e4 ,pricls1 qui t\t russissoit1 pr(ita de cette dm>*e de ,lacdmone p\r faire pr5dre aux ,a?ni5s une rsolution extrme4 ,aprs avoir reprs5t s\s de fausses c\leurs sa conduite et celles des villes du ,ploponse3 ,il ne s'agit po9t1 dit-il au peuple le plus orgueilleux de la ,grce1 de montr] une l*e condesc5dance aux volonts des ,lacdmoni5s4 ,s'ils ne n\s enjoignoi5t pas de quitt] ,potide1 d'affran*ir ,eg9e1 et de rvoqu] le dcret que n\s avons port contre ,mg>e1 n\s p\rrions peut-tre1 sans n\s faire tort1 ne consult] que notre modration2 mais puisque ,lacdmone croit encore j\ir de son anci5 empire1 et donne des ordres1 ,a?nes doit dsobir p\r ne pas se d%onor]4 ,si v\s cdez aux m5aces de la gu]re1 on croira que v\s v\s tes r5dus la cra9te2 on v\s f]a de n\velles dem&es1 qu'il faudra rejet] p\r ne pas pli] s\s le j\g4 ,v\s p\vez auj\rd'hui c>t] le pril qui v\s m5ace1 en donnant un exemple de vigueur qui intimid]a vos allis1 et in/ruira p\r t\j\rs les ,lacdmoni5s du succs qu'ils doiv5t se promettre de leur orgueil2 mais peut-tre que dema9 il n'en s]a plus temps4 ,ds qu',a?nes et ,lacdmone en toi5t v5ues une rupture ouv]te1 il ne falloit plus espr] que1 sans la ru9e entire de l'une ou de l'autre de ces rpubliques1 l'anci5 g\v]nem5t fdratif des ,grecs pt se rtablir et subsi/]4 ,quoique les intrts p>ticuli]s de ,pricls et de ,cor9! euss5t fait pr5dre les armes1 cette gu]re toit1 en effet1 une gu]re de rivalit entre ,sp>te et ,a?nes2 elle devoit ranim] une jal\sie qui avoit t ret5ue et non pas te9te2 et plus les ,sp>tiates et les ,a?ni5s toi5t braves1 plus leur ha9e en s'aigrissant devoit tre implacable4 ,la premire ho/ilit dev5oit une s\rce t]nelle de divisions4 ,les mon>*ies peuv5t oubli] les injures qu'elles ont reues1 p>ce que le pr9ce imprime son c>actre sa nation1 et qu'il peut n'tre ni v9dicatif1 ni ambitieux1 ni jal\x2 mais dans des rpubliques telles que celles de la ,grce1 o la multitude g\v]ne1 quel magi/rat p\voit rsi/] au torr5t de l'op9ion publique1 et le dt\rn]8 ,les ,grecs ne devoi5t plus avoir d'autre politique que celle de leurs passions4 ,c'e/ s\s ce po9t de vue que ,pricls auroit d comm5c] et conduire ses oprations4 ,il falloit pntr] quel alloit tre l'objet1 l'ame et le db de la gu]re4 ,n'en faire support] les maux qu' ,mg>e1 ,eg9e et ,potide1 c'toit une dm>*e fausse4 ,brl] les vaisseaux et les moissons de ,cor9!1 c'toit ne po9t dcid] qui app>ti5droit l'empire de la ,grce1 et cep5dant c'toit p\r cet empire qu'on alloit combattre4 ,a?nes devoit donc adress] directem5t t\s ses c\ps sa rivale1 dont la *te auroit t suivie de l'obissance de ses allis2 mais ,pricls1 g\v]n p> la seule passion de dom9] dans sa patrie1 craignit de se jet] dans de trop gr&s emb>ras1 ou de se mettre dans des entraves1 s'il proposoit le desse9 d'humili] les ,sp>tiates au po9t de les rduire reconnotre la supriorit des ,a?ni5s4 ,s'il et une fois fait concevoir cette esprance tmraire1 il n'auroit plus t le matre d'y r5onc]1 sans se d%onor] et p]dre son crdit4 ,il ne =ma qu'un plan vague1 p\r se laiss] la lib]t de *ang] de vue selon les vnem5s1 d'avanc] ou de recul] son gr1 et de pr5dre *aque j\r1 le p>ti le plus favorable ses intrts4 ,les ,lacdmoni5s ne se r5dir5t pas de leur ct un compte plus sage de la gu]re qu'ils avoi5t entreprise4 ,qu& ils devoi5t se ht] de comm5c] les ho/ilits p\r prv5ir leurs ennemis1 ils p]dir5t un temps prcieux en ngociations inutiles4 ,les ambassadeurs qu'ils envoyr5t ,a?nes1 tantt dem&r5t qu'elle rp>t je ne sais quel sacrilge1 dont les prtres de ,delphes se plaignoi5t2 tantt l'invitr5t lev] le sige de ,potide1 r5dre la lib]t aux ,eg9tes et aux ,mg>i5s1 ou proposr5t seulem5t de faire un trait1 p> lequel on s'engag]oit ne faire aucune entreprise prjudiciable la lib]t de la ,grce4 ,au lieu de ne trait] en ennemis que les allis d',a?nes qui s'op9itr]oi5t re/] fidelles leurs premi]s engagem5s1 ils t5dir5t galem5t leur svrit sur ceux qui n'att5doi5t qu'une invitation et des sec\rs p\r sec\] le j\g des ,a?ni5s4 ,cette faute toit norme2 ce ne fut pas cep5dant la plus considrable que fir5t les ,sp>tiates4 ,t&is qu'ils devoi5t p>otre ne combattre que p\r la lib]t des ,grecs1 ils re*]*r5t sc&aleusem5t l'amiti de la c\r de ,p]se1 et lui ab&onnr5t les colonies d',asie1 que ,cimon avoit r5dues libres4 ,n'toit-ce pas mrit] la ha9e1 et peut-tre mme le mpris de la ,grce8 ,sans d\te que dans le dtail des oprations p>ticulires de cette gu]re1 les gnraux de ,lacdmone et d',a?nes fir5t ce que la plus gr&e habilet exigeoit d'eux1 et il ne m'app>ti5t pas de les jug]2 mais il e/ vrai que l'hi/oire (fre peu de gu]res dont les vues gnrales ai5t t prp>es et conduites avec mo9s d'intellig5ce4 ,dmo/hnes repro*a dans la suite aux ,a?ni5s de faire la gu]re ,philippe1 de la mme manire que les b>b>es se batt5t au pugilat4 ,un de ces a?ltes grossi]s1 disoit-il1 e/-il atte9t en quelqu'endroit8 il e/ t\t occup du c\p qu'il reoit4 ,le frappe-t-on ailleurs8 il y porte la ma94 ,mais p>]1 mais reg>d] fixem5t son ennemi ou le prv5ir1 il ne le sait ni ne l'ose4 ,v\s de mme1 ,a?ni5s1 si on v\s annonce ,philippe dans la ,*]sonse1 v\s =mez un dcret p\r sec\rir la ,*]sonse4 ,si v\s appr5ez qu'il occupe les ,!rmopyles1 p>eil dcret en faveur des ,!rmopyles4 ,s'il t\rne de quelqu'autre ct que ce puisse tre1 v\s le suivez en g5s qui sont sa solde et ses ordres4 ,mais appr5ez que si un gnral d'arme m>*e la tte des tr\pes1 un politique doit m>*] la tte des affaires4 ,a?nes et ,lacdmone comm5cr5t mrit] les mmes repro*es p5dant la gu]re du ,ploponse4 ,elles se p]d5t cont9uellem5t de vue1 et n'entrepr5n5t ri5 de dcisif4 ,l'une att5d p\r =m] un projet que l'autre soit entre en campagne4 ,on fait des c\rses dans l',attique ou dans la ,laconie2 et t\tes les entreprises ne sont en quelque sorte que des div]sions1 sans qu'il y ait d'attaque pr9cipale4 ,t&is qu',ar*idamus se porte *ez les ,platens1 et se jette sur l',ac>nanie1 les ,a?ni5s font une irruption dans la ,calcide et dans la ,botie4 ,si quelqu'un de leurs allis se rvolte1 t\te leur att5tion e/ porte de ce ct-l4 ,tantt le ?tre de la gu]re e/ dans l'le de ,lesbos1 sur le t]ritoire de ,mg>e1 dans l'le de ,corcyre2 tantt *ez les ,etoli5s1 dans la ,botie ou dans la ,?race4 ,a =ce d'entam] des entreprises diffr5tes1 *aque rpublique divise trop ses armes1 et se met dans l'impuissance de pr(it] de ses avantages4 ,on e/ heureux d'un ct1 malheureux de l'autre2 on n'a que des succs balancs p> des p]tes -peu-prs gales4 ,a?nes et ,lacdmone1 affoiblies1 ne peuv5t s'impos] la loi l'une l'autre2 cep5dant1 leur ha9e augm5te et s'irrite p> les ef=ts impuissans qu'elles font p\r la satisfaire2 et leur ambition infructueuse rompt enf91 d'une manire s5sible1 t\s les ressorts du g\v]nem5t de la ,grce4 ,si ,pricls avoit vcu1 ,a?nes vraisemblablem5t ne s]oit po9t tombe dans l'avilissem5t o ses successeurs la prcipitr5t4 ,quelque contraires que fuss5t ses entreprises aux intrts de sa patrie1 il les excutoit avec une sorte d'clat et de c\rage capable d'bl\ir la multitude4 ,peut-tre que cet homme1 dont la ,grce admiroit avec ju/ice les tal5s suprieurs1 se s]oit enh>di peu--peu1 en voyant les fautes1 la l5teur et les irrsolutions des ,sp>tiates2 peut-tre auroit-il cru enf9 ne pas se compromettre1 en =mant des plans de campagne propres dt]m9] dcisivem5t la qu]elle des deux rpubliques1 qui s'toi5t fait trop de mal p\r cess] de se har4 ,sa rg5ce avoit fait une plaie mortelle la ,grce2 et sa mort1 qui surv9t au comm5cem5t de la troisime anne de la gu]re1 ne laissa aucune esprance d'y voir appliqu] un remde efficace4 ,il ne se prs5ta p\r succd] ,pricls1 qu'une f\le de petits ambitieux1 qui1 sans tal5s1 sans connoissances1 sans droiture dans le cur1 sans lvation dans l'esprit1 crur5t qu'il suffisoit de savoir tre intrigant1 d'avilir le mrite et de flatt] les gts de la multitude1 p\r tre en tat de g\v]n] une rpublique4 ,pricls avoit t\j\rs soigneusem5t c>t le mrite1 p\r n'appel] s\s lui1 l'adm9i/ration des affaires1 que des p]sonnes dv\es ses volonts et incapables de lui faire ombrage2 mais ce n'toit pas-l la seule cause qui et t\ff le gnie dans ,a?nes1 ou du mo9s qui l'et c>t du g\v]nem5t de la rpublique4 ,la loi de l'o/racisme ne produisit d'abord aucun mauvais effet1 p>ce que l'habitude toit prise de n'aim] que la gloire et la lib]t2 et tant qu'il avoit fallu tre homme d'tat ,a?nes1 p\r y avoir de la considration1 on s'toit expos sans cra9te l'exil et l'+ratitude de ses concitoy5s4 ,mais depuis que les ,a?ni5s s'toi5t passionns1 s\s la rg5ce de ,pricls1 p\r la philosophie et les beaux arts1 jusqu'au po9t d'accord] ceux qui s'y di/+uoi5t la mme e/ime qu'aux plus gr&s capita9es et aux plus gr&s magi/rats1 les g5s s5ss1 qui on avoit ouv]t une voie mo9s dang]euse p\r acqurir de la gloire1 p5sr5t comme le pre de ,?mi/ocle1 qui voyoit avec *agr9 que son fils aspirt aux emplois d'une rpublique +rate1 qui n'enc\rageoit le mrite que p> des rcomp5ses trompeuses4 ,il m5oit quelquefois son fils1 dit ,plut>que1 sur le rivage de la m]2 et lui faisant rem>qu] les vieilles galres qu'on y laissoit p\rrir1 les comp>oit aux hommes d'tat1 qui sont t\j\rs ngligs1 ds qu'ils ne sont plus utiles4 ,t\t homme de bi5 dt p5s] de mme dans un ville o l'ambition avilie p> les intrigans n'toit plus associe l'am\r de la gloire4 ,il auroit t d'ailleurs bi5 difficile que les ,a?ni5s1 occups de plaisirs1 de jeux1 de ftes et de spectacles1 depuis que leur av>ice et leur prodigalit mettoi5t les allis contribution1 se fuss5t encore =ms aux gr&es *oses4 ,leur puissance sur m]1 qui devoit s]vir de remp>t la ,grce1 s]voit1 dit ,xnophon1 raff9] leur gt p\r les volupts2 on tr\voit sur leurs tables t\t ce que la ,sicile1 l',italie1 l'le de ,*ypre1 l',egypte1 la ,lydie et les ctes de l',hellespont ont de plus r>e et de plus exquis3 les murs d'une ville1 ab&onne au luxe1 peuv5t produire des hommes aimables1 mais non pas de gr&s hommes4 ,quoi qu'il en soit1 ,clon1 dont t\s les hi/ori5s p>l5t avec un extrme mpris1 prit une espce d'asc5dant sur t\s ceux1 qui1 comme lui1 v\lur5t s'emp>] de l'autorit que ,pricls avoit possde4 ,sa =tune donna de la confiance t\s les intrigans2 et p\r s'lev] ou p\r ru9] son adv]saire1 on n'employa plus que la ruse1 la flatt]ie1 le m5songe1 la calomnie1 et t\s ces moy5s bas qui peuv5t conduire aux honneurs dans une rpublique corrompue1 mais qui ne peuv5t y ma9t5ir1 mo9s qu'elle ne soit p>v5ue au comble de la corruption4 ,le peuple1 agit p> les cabales et les p>tis =ms p\r le tromp]1 se dfit de cette sorte de p>esse avec laquelle il s'toit livr jusque-l au citoy5 qui avoit gagn sa confiance4 ,il se dfia de t\t le monde1 se t9t sur ses g>des1 dev9t intraitable1 et ne put ni g\v]n] ni tre g\v]n4 ,clon toit prt p]dre la rpublique1 lorsque les citoy5s les plus considrables1 dont il s'toit dcl> l'ennemi1 p\r gagn] la faveur de la multitude1 lui suscitr5t un concurr5t2 mais ils n'eur5t ri5 de mieux lui oppos] que ,nicias1 qui une timidit excessive faisoit cra9dre la prs5ce du peuple4 ,on peut jug] p>-l1 combi5 il toit propre au rle qu'on lui de/9oit4 ,il avoit des v]tus1 des tal5s1 de l'loqu5ce2 mais1 p> je ne sais quelle dfiance pusillanime de lui-mme1 il n'osoit se montr] tel qu'il toit4 ,avec son insol5ce bruyante1 ,clon crasoit la mode/ie de ,nicias2 on p>donne l'un ses rap9es1 on ne s'ap]oit pas du ds9tressem5t de l'autre4 ,brave soldat1 mais capita9e irrsolu1 t\te entreprise p>oissoit impossible ,nicias2 qu& il comm5oit enf9 agir1 le mom5t le plus favorable toit dj pass4 ,il ne sait que d\t]1 dlibr]1 et pe9e a-t-il fait l'ef=t de se dcid]1 qu'il croit dj entrevoir un meilleur p>ti1 qu'il ab&onne encore p\r un autre4 ,clon1 au contraire1 ne d\toit de ri52 entreprise sage ou tmraire1 moy5s prud5ts ou ins5ss1 t\t lui e/ gal4 ,enf91 t\te ,a?nes1 indcise ou p>tage entre les v]tus et les tal5s timides de ,nicias1 et les vices et l'ineptie effronte de ,clon1 n'ose pr5dre une rsolution1 ou pr5d un mauvais p>ti si elle agit4 ,alcibiade se mit bi5tt sur les rangs4 ,ce n'toit pas un ambitieux1 mais un homme va9 qui v\loit faire du bruit et occup] les ,a?ni5s4 ,sa valeur1 son loqu5ce1 t\t dans lui toit embelli p> des graces4 ,ab&onn aux volupts de la table et de l'am\r1 jal\x des agrm5ts et d'une c]ta9e lgance de murs qui en annonce presque t\j\rs la ru9e1 il sembloit ne se ml] des affaires de la rpublique1 que p\r se dlass] des plaisirs4 ,il avoit l'esprit d'un gr& homme2 mais son ame1 dont les ressorts toi5t dev5us incapables d'une application con/ante1 ne p\voit s'lev] au gr& que p> b\tade4 ,j'ai bi5 de la pe9e croire qu'un homme assez s\ple p\r tre ,sp>te aussi dur et aussi svre qu'un ,sp>tiate1 dans l',ionie aussi re*]* dans les plaisirs qu'un ,ioni51 qui donnoit en ,?race des exemples de ru/icit1 et qui dans l',asie faisoit envi] son luxe lgant p> les satrapes du roi de ,p]se1 ft propre faire un gr& homme4 ,quoiqu'il et frqu5t l'cole de ,socrate1 il n'toit gure p]suad qu'il y et dans le monde d'autre bi5 ni d'autre mal que ses plaisirs et ses *agr9s4 ,on sait le mot de ,timon le misan?rope3 ,c\rage1 mon *] ami1 lui dit-il en lui t\*ant la ma91 je te sais gr du crdit que tu acqui]s2 devi5s l'homme la mode1 tu me f]as raison de nos ins5ss d',a?ni5s4 ,t\t e/ p]du1 en effet1 qu& un homme du c>actre d',alcibiade p>vi5t la tte des affaires4 ,les grces accrdit5t les vices2 la dcad5ce des murs entrane celle des lois2 les tal5s agrables sont seuls honors et protgs1 et le g\v]nem5t sans pr9cipes ne se conduit que p> saillies4 ,avec de p>eils adm9i/rateurs1 les ,a?ni5s ne t5tr5t plus que des projets in=mes et mal conu4 ,ils pr\vr5t la dfection de plusieurs de leurs allis1 craignir5t la rvolte des autres2 et aprs dix campagnes infructueuses1 la malheureuse j\rne d',amphipolis auroit d leur faire p]dre l'esprance *imrique de dom9] dans la ,grce4 ,les ,lacdmoni5s1 de leur ct1 sans r5onc] leur ambition1 toi5t las de la gu]re1 qui avoit ru9 leurs affaires4 ,leurs esclaves ds]toi5t *aque j\r1 et ils n'avoi5t plus la mme autorit qu'autrefois sur leurs allis4 ,clon et ,brasidas1 ces ennemis t]nels de la paix1 toi5t morts4 ,nicias1 que les prils et les rvolutions de la gu]re al>moi5t1 dsiroit de j\ir sans tr\ble du crdit qu'il avoit acquis2 et ,pli/ianax1 roi de ,sp>te1 avoit mille raisons p>ticulires p\r travaill] la pacification de la ,grce4 ,les ,sp>tiates et les ,a?ni5s ne conclur5t qu'une trve2 et cep5dant le trait de paix le plus sol5nellem5t jur n'auroit t qu'un foible g>ant de la tranquillit publique4 ,ces deux peuples1 t\j\rs ple9s d'ambition et de dfiance1 lo9 de runir leurs =ces1 a9si qu'ils en toi5t conv5us1 p\r ht] l'excution de leur trait1 auquel les allis refusoi5t de s\scrire1 ne *]*r5t au contraire eux-mmes que des prtextes p\r lud] leurs engagem5ts4 ,ils se fir5t un art de se nuire en secret2 et malgr leur alliance1 t\j\rs la veille de repr5dre les armes1 ils ne j\issoi5t que d'une paix trompeuse2 lorsqu',a?nes1 frappe d'une espce de v]tige1 fit t\t c\p un ef=t1 et leva une arme =midable p\r s'emp>] de la ,sicile4 ,il y avoit dj long-temps que cette conqute flattoit l'ambition des ,a?ni5s2 et ,pricls avoit eu beso9 de t\te son autorit p\r les dt\rn] de cette entreprise4 ,que v\s importe1 disoit ,nicias1 des affaires de ,sicile8 ,n\s pr\vons depuis long-temps que la rpublique e/ fatigue p> la multitude de ses allis4 ,les ,lont9s et les ,ege/9s sont1 il e/ vrai1 inquits *ez eux2 et leurs ambassadeurs n\s font de ju/es pla9tes de la tyrannie de ,syracuse2 mais cette tyrannie1 de quel malheur m5ace-t-elle ,a?nes8 ,e/-il temps de song] faire des conqutes loignes1 qu& t\t n\s av]tit de p\rvoir notre propre sret8 ,p\vons-n\s croire que n\s j\issons de la paix1 p5dant que t\te la ,grce e/ en feu8 ,t\j\rs la veille de pr5dre "p la gu]re qui subsi/e entre nos allis et ceux de ,lacdmone1 soit p>ce que n\s ne savons pas n\s faire obir1 soit p>ce que n\s ne v\lons pas qu'on n\s obisse1 n\s sommes c]ta9s que les ,sp>tiates n\s dte/5t2 p> quelle inconsqu5ce v\lons-n\s donc transport] nos =ces hors de l',attique1 t&is que n\s devrions les y rappel] si elles en toi5t loignes8 ,v\lons-n\s p> notre foiblesse invit] nos ennemis rompre un trait qui les gne8 ,v\lons-n\s n\s mettre hors d'tat de rep\ss] les armes du ,ploponse1 qu& elles entr]ont dans l',attique8 ,les ,a?ni5s n'toi5t plus capables de gt] ces sages rflexions2 ,alcibiade les avoit enivrs de ses folles esprances4 ,prvoir les ob/acles et les prils de cette expdition tmraire1 c'toit tre mauvais citoy54 ,la rpublique1 aussi ennuye de sa trve avec ,lacdmone qu'elle avoit t fatigue de la gu]re1 se flattoit de se ddommag] aux dp5s des ,syracusa9s1 des p]tes que les ,sp>tiates lui avoi5t fait faire4 ,elle ne d\toit po9t que la conqute de la ,sicile ne ft l'ouvrage d'une campagne2 et reg>dant ,syracuse comme une place d'armes d'o elle devoit t5dre son empire sur l',italie et sur l',afrique1 elle se prp>oit dj retomb] sur le ,ploponse avec les =ces de ces prov9ces s\mises4 ,autant que le projet de cette gu]re toit ins5s en lui-mme1 autant les moy5s qu'on *oisit p\r l'excut] fur5t-ils extravagants4 ,avant le d"p de leur flotte1 les ,a?ni5s portr5t un dcret p> lequel il toit ordonn1 qu'aprs avoir dtruit ,syracuse et ,sl9unte1 on en v5droit les habitants1 et qu'on exig]oit un tribut de t\tes les autres villes de ,sicile4 ,c'toit invit] les ,syracusa9s et les ,sl9unt9s se df5dre jusqu' la d]nire extrmit2 et en les rduisant au dsespoir1 les r5dre inv9cibles1 s'il leur re/oit quelque moy5 de l'tre4 ,c'toit alin] le cur des ,sicili5s1 se priv] de leurs sec\rs contre ,sl9unte et ,syracuse1 et ne leur donn] avec ces deux villes qu'un mme intrt et une mme cause df5dre4 ,puisque les ,a?ni5s n'avoi5t po9t un ,?mi/ocle qui pt1 =ce de sagesse et de tal5ts1 faire russir une entreprise comm5ce s\s de si mauvais auspices1 cette gu]re ne p\voit laiss] quelque foible esprance de succs1 qu'autant qu'elle s]oit conduite p> ,alcibiade1 dont le c\rage et le gnie toi5t propres faire natre de ces vnem5ts biz>res1 de ces rvolutions extraord9aires1 de ces c\ps inatt5dus de la =tune1 qui confond5t quelquefois la raison et *ang5t la nature des *oses4 ,mais pe9e ce gnral toit-il abord en ,sicile1 que ses ennemis1 qui avoi5t conjur sa p]te1 et mis dans leurs intrts les prtres et la religion1 russir5t le faire rappel]1 en lui int5tant une action crim9elle devant le peuple4 ,nicias1 qui avoit reg>d cette gu]re comme une espce de dlire de la "p de ses concitoy5s1 p>tagea le comm&em5t avec ,lama*us1 soldat entrepr5ant1 qui croyoit qu'un c\rage op9itre vi5t b\t de t\t1 et que la circon/ance la plus favorable p\r agir1 toit t\j\rs celle o il se tr\voit4 ,ce capita9e ayant t tu1 ,nicias fut effray de se tr\v] seul la tte de l'arme2 t\j\rs oppos un collgue aussi ard5t que ,lama*us1 il avoit t oblig d'avoir un s5tim5t2 il n'en eut plus qu& t\t r\la sur lui4 ,il dem&e des sec\rs et des collgues2 et en les att5dant il demeure dans l'inaction1 ou ne s'occupe que de projets de retraite4 ,dmo/hne et ,eurimdon lui fur5t envoys2 et ces gnraux1 d'un c>actre trop oppos p\r tre unis et p5s] de conc]t1 auroi5t fait avort] une entreprise aise4 ,les ,syracusa9s1 sec\rus p> les ,cor9?i5s et les ,sp>tiates1 et comm&s p> ,gylippe1 fir5t lev] le sige de leur ville4 ,les ,a?ni5s1 dfaits diffr5tes reprises sur m] et sur t]re1 et en quelque sorte prisonni]s dans la ,sicile1 o ils ne p\voi5t recevoir aucune subsi/ance1 et d'o t\te retraite leur toit f]me1 se vir5t obligs de se livr] la discrtion des ennemis4 ,les soldats fur5t v5dus comme des esclaves ou envoys aux c>rires1 et les deux gnraux1 ,nicias et ,dmo/hne1 n'*appr5t au supplice qu'on leur prp>oit1 qu'en se donnant eux-mmes la mort4 ,cep5dant1 la trve entre ,a?nes et ,lacdmone ne subsi/oit plus2 et la premire de ces rpubliques1 p\sse1 p\r a9si dire1 sa ru9e p> une fatalit aveugle1 n'avoit consult que sa ha9e et sa tmrit1 dans le temps qu'elle avoit le plus d'intrt de mnag] ses anci5s ennemis4 ,les ,sp>tiates ne donnoi5t encore que de foibles sec\rs ,syracuse1 dont les ambassadeurs sollicitoi5t une div]sion puissante2 ils rsi/oi5t encore leur ha9e et aux intrigues d',alcibiade1 qui1 p\r se v5g] de sa patrie1 ne travailloit qu' lui suscit] des ennemis4 ,au lieu de pr(it] de ces dispositions p\r *ang] la trve en une paix durable1 les ,a?ni5s1 dont les affaires comm5oi5t all] mal en ,sicile1 commir5t eux-mmes les premires ho/ilits1 en faisant une desc5te dans la ,laconie4 ,aprs les dp5ses et les p]tes normes qu'ils avoi5t faites en ,sicile1 il toit impossible que leur rpublique ft en tat de se df5dre contre les ,lacdmoni5s4 ,ses f9ances toi5t puises2 elle manquoit d'hommes propres port] les armes4 ,sans vaisseaux1 sans matelots1 pe9e p\voit-elle tir] quelques subsi/ances p> m]2 et l',attique cep5dant n'toit po9t cultive1 depuis que les ,lacdmoni5s1 suivant le conseil d',alcibiade1 qui s'toit rfugi *ez eux1 avoit =tifi ,dcalie1 d'o ils ravageoi5t impunm5t t\t le pays4 ,les ,a?ni5s1 mpriss de leurs allis1 fur5t ab&onns de ceux qui1 jusque-l1 avoi5t eu la con/ance de leur re/] atta*s4 ,sp>te1 qui les ,syracusa9s prtr5t1 p\r se v5g]1 une nombreuse flotte1 avoit son t\r l'empire de la m]1 et les ambassadeurs de ,tyssaph]ne1 satrape de l',asie m9eure1 lui (froi5t des sec\rs1 et la sollicitoi5t de ru9] ,a?nes de fond en comble4 ,au milieu de tant de maux1 la division la plus cruelle clata entre les ,a?ni5s4 ,le peuple accusoit les ri*es de t\s les dsa/res que s\ffroit la rpublique2 les ri*es en accusoi5t l'insol5ce du peuple1 et publioi5t qu'il n'y avoit plus de salut espr]1 si on ne lui enlevoit une autorit1 dont il ne cess]oit jamais d'abus]4 ,pis&re se mit leur tte1 abolit le g\v]nem5t populaire1 et confia le p\voir s\v]a9 un conseil dont il fut le *ef1 et qui1 p\r confirm] la s]vitude du peuple1 employa inutilem5t t\t ce que la tyrannie a de plus dur4 ,les esprits irrits et non pas s\mis se rvoltr5t avec une viol5ce n\velle2 et si les ,sp>tiates avoi5t attaqu le ,pyre1 p5dant que la fureur des factions se signaloit p> les plus gr&s excs1 les ,a?ni5s1 dit ,?ucydide1 auroi5t succomb avant que d'avoir pu se runir et pr5dre un p>ti3 mais1 p\rsuit le mme hi/ori51 ce n'e/ pas la premire fois que la l5teur naturelle de ,lacdmone lui a fait p]dre ses avantages4 ,sa supriorit s'van\it bi5tt4 ,les ,syracusa9s rappelr5t leurs tr\pes p\r se df5dre contre les ,c>?ag9ois2 et ,alcibiade1 qui avoit pr\v des mpris depuis l'abaissem5t de sa patrie1 craignit d'tre cras s\s ses ru9es1 si elle succomboit1 et claira ,tyssaph]ne sur les intrts de la ,p]se4 ,il lui fit s5tir que1 bi5 lo9 de mettre f9 la gu]re qui dsolait la ,grce1 et de prt] des sec\rs trop abondans aux ,sp>tiates contre les ,a?ni5s1 il devoit n\rrir la rivalit des deux rpubliques2 les t5ir en quilibre1 balanc] leurs avantages1 et les consum] l'une p> l'autre p\r les oblig] re*]*] l'envi la protection du roi de ,p]se1 qui devi5droit le mdiateur1 ou plutt l'arbitre de la ,grce4 ,alcibiade rev9t ,a?nes dans ces circon/ances2 et le peuple1 qui ne savoit qui donn] sa confiance1 vola au-devant de lui1 et en fit son idole1 p>ce qu'il l'avoit p]scut4 ,le c\rage succde aussitt l'abattem5t2 le gnral a dj fait pass] ses esprances dans t\s les esprits2 on fait un d]ni] ef=t2 t\t s'arme2 on *]*e l'ennemi2 on e/ impati5t de va9cre ou de m\rir1 et les ,a?ni5s remport5t une victoire assez considrable p\r oblig] leurs ennemis dem&] la paix4 ,il e/ temps1 ,a?ni5s6 dir5t les ambassadeurs de ,sp>te1 que n\s t]m9ions nos longues qu]elles2 la gu]re n\s e/ galem5t fune/e2 elle a dim9u notre crdit dans la ,grce2 et qu& elle v\s fait p]dre vos allis1 n'esprez pas qu'elle v\s donne l'empire que v\s affectez2 les dieux veul5t sans d\te que l'une de nos deux villes n'obisse pas l'autre4 ,que votre d]ni] avantage ne f]me pas vos curs la paix2 il s]oit imprud5t de compt] sur la =tune1 et les uns et les autres n\s n'avons que trop pr\v son incon/ance4 ,jugez-n\s1 mais jugez-v\s en mme temps avec quit4 ,n\s cultivons les t]res abondantes du ,ploponse1 et v\s ne possdez que le t]ritoire /rile de l',attique4 ,la gu]re v\s a fait p]dre plusieurs de vos allis qui ont re*]* notre amiti4 ,le roi le plus ri*e et le plus puissant de la t]re v\s avance les frais ce la gu]re2 et v\s n'avez plus p\r tributaires que quelques peuples que vos beso9s ont appauvris4 ,telle e/ notre situation respective1 et cep5dant n\s v\s dem&ons la paix1 sans prt5dre abus] de nos avantages4 ,de "p et d'autre1 re/ons les matres des villes que n\s possdions avant la gu]re2 r5dons-n\s nos prisonni]s en nombre gal1 et retirons les g>nisons que n\s avons mises dans quelques places qui ne n\s app>ti5n5t pas4 ,a?nes rejeta les propositions des ,sp>tiates1 non pas p>ce que1 ne remontant po9t la s\rce des divisions1 elles toi5t incapables d'tablir une paix solide entre les deux peuples1 mais p> une confiance et une ambition galem5t prsomptueuses4 ,cette rpublique croyoit ne p\voir essuy] aucun rev]s s\s les ordres d',alcibiade1 et ce gnral1 en effet1 fut heureux dans ses entreprises2 mais elle ne connoissoit pas sa propre incon/ance4 ,alcibiade1 qui1 p> une conduite inconsidre1 f\rnissoit t\j\rs ses ennemis des moy5s de le p]dre1 fut disgraci une seconde fois2 et prcism5t1 dans le temps que ,cyrus le jeune1 g\v]neur de la ,basse-,asie1 mditant une rvolte contre son frre ,artax]cs ,mnemon1 donna une flotte considrable aux ,lacdmoni5s1 p\r attir] son s]vice les peuples du ,ploponse1 et que ,lys&re comm5oit g\v]n] les affaires de ,lacdmone4 ,ce gnral fit enf9 compr5dre sa patrie l'erreur de la conduite qu'elle avoit t5ue jusque-l4 ,il jugeoit que dans une gu]re qui duroit depuis si long-temps1 et s\t5ue avec tant de ha9e et d'op9itret1 il n'y avoit plus qu'un p>ti extrme qui ft prud5t2 et que ,lacdmone et ,a?nes s'tant fait trop d'injures p\r se rconcili] s9crem5t1 il falloit que l'une ft immole l'autre4 ,il publioit qu'il ne s'agissoit po9t des intrts de quelques allis1 mais de l'empire de la ,grce3 que les ,a?ni5s n'y r5onc]oi5t pas s'ils n'toi5t qu'humilis2 qu'il toit indisp5sable de leur t] t\te esprance en les ru9ant entirem5t2 et que la paix1 t\te autre condition1 ne s]oit qu'une trve passagre1 et vraisemblablem5t viole dans des circon/ances o ,lacdmone ne s]oit peut-tre pas en tat de se df5dre4 ,lys&re ne reg>da donc *aque succs que comme un pas qui le conduisoit se r5dre le matre d',a?nes4 ,s'il dfait le re/e de ses =ces m>itimes1 c'e/ dans la vue de la bloqu] p> m]1 t&is qu',agis et ,pausanias l'assig]ont p> t]re4 ,le mom5t fatal p\r ,a?nes arriva4 ,rduite aux abois1 elle n'a plus le c\rage de s'ensevelir s\s ses ru9es1 ress\rce unique qui lui re/oit p\r retr\v] la victoire4 ,elle m5dia la paix1 cons5tit dmolir ses =tifications et les murailles du ,pyre1 affran*it les villes qui lui payoi5t tribut1 rappela ses bannis1 livra t\tes ses galres1 la rs]ve de d\ze1 et s'engagea ne plus faire la gu]re que s\s les ordres des ,lacdmoni5s4 ,enf91 ,lys&re mit le d]ni] sceau l'abaissem5t de cette rpublique1 en confiant t\te l'autorit tr5te citoy5s1 qui ne p\voi5t la cons]v] qu'en obissant s]vilem5t ses ordres4 ,a?nes s]vit de ?tre la fureur de tr5te tyrans qui fir5t prir t\s ceux dont ils craignoi5t le c\rage1 ou dont ils v\loi5t confisqu] les bi5s4 ,cette ville1 ple9e de trophes levs la valeur et l'am\r de la lib]t1 ne r5f]ma plus qu'une vile populace2 on ne voyoit1 de t\t ct1 que des misrables accabls de beso9s1 qui la rg5ce de ,pricls avoit fait p]dre l'habitude du travail et donn le gt des plaisirs1 et qui regrettoi5t leur oisivet et leurs spectacles1 et non pas leur lib]t4 ,trasybule1 que ,pausanias appelle le plus sage et le plus c\rageux des ,a?ni5s1 conjura p\r le salut de sa patrie4 ,a la tte de soixante exils comme lui1 il dtruisit la tyrannie1 et r5dit la lib]t aux ,a?ni5s4 ,mais p\voit-il r5dre des hommes famili>iss avec les affronts et la honte1 les murs et le c\rage conv5ables un peuple libre8 ,la dmocratie va dev5ir l'empire d'une multitude insol5te1 et qui ne s]a plus t\*e de la gloire de ses pres4 ,t\t mrite va tre dgrad4 ,les tal5s militaires1 les v]tus civiles ne s]ont compts p\r ri54 ,les potes1 les musici5s1 les comdi5s1 les dcorateurs de ?tre devi5dront les matres de la rpublique4 ,m'e/-il p]mis d'anticip] sur les temps8 ,eubule f]a bi5tt pass] ce dcret infame1 p> lequel les fonds de/9s la gu]re fur5t appliqus l'usage des spectacles1 et qui portoit pe9e de mort contre quiconque os]oit seulem5t en propos] la rvocation4 ,cette indiffr5ce l?>gique p\r le bi5 public1 que ,dmo/hnes repro*e aux ,a?ni5s1 e/ dev5ue l'esprit gnral de la rpublique4 ,vos ,pana?nes et ,bac*anales1 leur dira bi5tt cet orateur1 se clbr5t t\j\rs avec magnific5ce1 et le j\r mme qui leur e/ de/94 ,v\s avez t\t prvu2 aucune difficult ne v\s arrte4 ,s'agit-il de vos spectacles8 la di/ribution des rles e/ une affaire discute avec une att5tion extrme1 et p]sonne de v\s n'ignore le nom du citoy5 que *aque tribu a *oisi p\r prsid] aux rptitions de ses musici5s et de ses a?ltes4 ,e/-il "q de votre sret1 et de prv5ir un ennemi qui m5ace ouv]tem5t votre lib]t8 ,v\s cessez d'tre att5tifs2 les dlibrations v\s fatigu5t2 v\s ne prvoyez ri52 et si v\s portez enf9 un dcret1 il ne s'excute jamais qu'en p>tie et trop t>d4 ,p5dant que les ,sp>tiates se livroi5t la joie1 et croyoi5t rgn] dsormais sans conte/ation sur la ,grce3 ,dfions-n\s de nos triomphes1 auroit d leur dire un snateur digne de la place qu'il occupoit dans sa patrie4 ,une confiance immodre accompagne t\j\rs la prosprit2 et c'e/ p\r s'y tre livrs aveuglm5t aprs la gu]re ,mdique1 que les ,a?ni5s ont v\lu v\s enlev] l'empire de la ,grce4 ,v\s voyez quel e/ auj\rd'hui le fruit de leur ambition2 craignons que la ntre n'ait pas un succs plus heureux4 ,n\s v5ons de va9cre1 et n\s t\*ons peut-tre au mom5t de notre ru9e4 ,que n\s sommes dj lo9 de la prosprit1 si n\s p5sons que nos passions soi5t plus sages que les lois de ,lycurgue6 ,si l'ambition n'eut pu contribu] au bonheur de la rpublique1 n\s auroit-il ordonn de ne song] qu' notre cons]vation8 ,dans un g\v]nem5t tel que celui de la ,grce1 o t\tes les villes sont galem5t jal\ses de leur lib]t1 il n'y a que l'e/ime et la confiance qui puiss5t v\s les s\mettre auj\rd'hui1 comme elles les ont autrefois s\mises vos pres4 ,qu'att5dez-v\s de la ruse8 avec quelque art qu'elle soit apprte1 elle s]a bi5tt dmasque4 ,aurez-v\s rec\rs la =ce8 elle *\]a ncessairem5t2 votre triomphe mme en e/ la preuve4 ,dans quel puisem5t n'tes-v\s pas tombs p\r humili] ,a?nes8 ,a quels travaux1 quels rev]s ne v\s exposez-v\s pas1 si la conqute de *aque ville v\s cote aussi *] que celle d',a?nes8 ,p\rquoi v\s flattez-v\s que l'ass]vissem5t des ,a?ni5s prp>e celui de la ,grce entire8 ,n\s avons vu les ,grecs1 al>ms de nos divisions et de nos projets1 =m] des ligues et p\rvoir leur sret2 s'ils sont con/]ns dans ce mom5t1 soyez srs qu' cette con/]nation succd]a bi5tt une ju/e indignation3 elle e/ dj dans leur cur4 ,mais je veux que les dieux1 aussi inju/es que n\s1 favoris5t nos ambitieuses entreprises2 v\s dom9]ez sur la ,grce p> la t]reur2 mais v\s devez prvoir1 ds ce mom5t1 que v\s ne p\rrez cons]v] votre empire qu'en humiliant assez les esprits1 p\r qu'ils n'ai5t plus le c\rage ncessaire p\r os] sec\] votre j\g4 ,dans quelle foiblesse ne jett]ez-v\s donc pas la ,grce1 qui n'e/ puissante que p>ce qu'elle e/ libre8 ,si le roi de ,p]se t5te une seconde fois de l'ass]vir1 s'il se prs5te un autre ennemi sur nos frontires1 quelles =ces leur oppos]ez-v\s8 ,avec vos esclaves1 retr\v]ez-v\s ,salam9e1 ,plate et ,micale8 ,je ne v\s prdis po9t des malheurs imag9aires2 ce que v\s v5ez d'pr\v] dans la gu]re du ,ploponse suffit p\r v\s in/ruire de vos intrts4 ,tant que n\s avons t fidellem5t atta*s aux lois de ,lycurgue1 et que n\s n'avons travaill qu' t5ir la ,grce unie1 ri5 n'a t capable d'altr] notre bonheur2 et1 malgr le petit nombre de nos citoy5s1 et le t]ritoire born que n\s possdons1 nos =ces ont t insurmontables4 ,ds que v\s n'avez v\lu consult] que votre jal\sie1 votre ambition et votre ha9e1 v\s avez t obligs de m5di] la protection de la ,p]se que v\s aviez va9cue2 v\s v\s tes vus rduits re*]*] la paix en combattant p\r l'empire1 et v\s n'avez pu contra9dre vos allis obs]v] la trve que v\s avez conclue avec les ,a?ni5s4 ,ouvrons les yeux sur notre situation2 htons-n\s1 ,sp>tiates1 de jur] sur les autels des ,dieux que n\s obs]v]ons les lois de ,lycurgue2 et que1 r5onant une ambition fune/e1 qui n\s donn]oit bi5tt t\s les vices des autres peuples1 n\s allons respect] la lib]t de la ,grce1 et aff]mir son g\v]nem5t branl4 ,htons-n\s d'assembl] les ,grecs2 et lo9 de p>otre devant eux avec la joie insultante d'un va9queur1 n'y p>oissons qu'en habits de deuil1 et honteux de l'tat dplorable o la ncessit n\s a =cs de rduire les ,a?ni5s4 ,en av\ant nos torts avec ce peuple1 dont n\s n'aurions pas d irrit] l'ambition p> notre jal\sie1 publions1 qu'aprs les fatales divisions qui avoi5t clat1 il toit ncessaire de sacrifi] l'implacable ,a?nes au repos public4 ,en condamnant gnreusem5t notre inju/ice l'g>d de la ,grce entire1 sur laquelle n\s n'avons aucun droit1 regagnons p> notre rep5tir la confiance que n\s avons p]due p> notre imprud5te ambition4 ,pr\vons que n\s sommes incapables de commettre une seconde fois les mmes fautes4 ,que t\s les ,grecs soi5t libres1 et qu'ils n'en puiss5t d\t]1 en n\s voyant n\s-mmes travaill] rp>] les ru9es d',a?nes4 ,lacdmone1 quoiqu'enivre de ses succs1 auroit encore t capable de suivre ces conseils1 s'ils lui euss5t t donns p> le gnral qui v5oit de la faire triomph]2 mais jamais ,sp>tiate n'eut mo9s les murs de sa patrie que ,lys&re4 ,s]m5s1 traits1 honneur1 v]tu1 p]fidie1 t\t ce que les hommes ont de plus sa9t ou de plus odieux1 n'toi5t que des va9s noms p\r lui4 ,la qualit de citoy5 lui p>ut trop basse1 et il aspiroit la c\ronne1 non pas en tyran qui veut l'usurp] p> la =ce1 mais en intrigant adroit1 et s\s prtexte de corrig] le g\v]nem5t de ses abus4 ,son projet1 dis5t les hi/ori5s1 toit de dcri] l'hrdit au trne1 comme une loi grossire et b>b>e qui confioit s\v5t les rnes de l'tat un enfant1 un vieill>d1 ou un homme capable pe9e d'tre citoy52 t&is que le bonheur de la socit exige que la royaut soit le prix du mrite4 ,p\r prp>] les esprit une rvolution si importante1 il falloit donn] du gt p\r les n\veauts1 affoiblir le p\voir des lois de ,lycurgue1 corrompre les murs et faire agir t\tes les passions4 ,dans le mom5t qu'aprs tant de travaux1 les ,sp>tiates triomphoi5t de leurs ennemis1 et que leur prosprit les r5doit mo9s att5tifs sur eux-mmes1 il fut ais ,lys&re de les tromp]4 ,bi5 lo9 de les ram5] leurs anci5s pr9cipes1 il leur p]suada1 au contraire1 que d'autres temps et d'autres circon/ances exigeoi5t d'eux un n\veau gnie et une n\velle politique4 ,ils transportr5t dans leur ville les dp\illes de leurs ennemis2 ils levr5t des tributs sur leurs allis2 et comm5ant p5s] que ceux qui possd5t l'autorit doiv5t en retir] le pr9cipal avantage1 ils se prp>oi5t ex]c] sur la ,grce un empire aussi dur que celui des ,a?ni5s4 ,t&is qu'en amassant un trsor1 ils croyoi5t1 sur la foi de ,lys&re1 se mettre seulem5t en tat d'avoir une m>9e puissante1 de port] la gu]re lo9 de leur t]ritoire1 et d't5dre leur puissance1 ils ne faisoi5t en effet que s]vir les vues d'un ambitieux qui n'avoit ri5 espr]1 tant que ses concitoy5s pauvres et cont5s de leur pauvret1 n'auroi5t aucun intrt de ru9] les lois et de sacrifi] l'tat leurs =tunes dome/iques4 ,lys&re p]suada aux ,lacdmoni5s que t\s les maux de la ,grce toi5t ns de la trop gr&e lib]t des ,grecs2 que p\r emp*] leurs villes de trahir dsormais leur devoir1 il falloit y dtruire le g\v]nem5t populaire1 et confi] des magi/rats1 qu'il s]oit facile de gagn] ou d'intimid]1 l'autorit dont le peuple ne peut jamais j\ir avec sagesse4 ,il fit espr] aux ,sp>tiates que les rpubliques con/]nes p> la *te d',a?nes1 dont elles avoi5t cra9t et admir la puissance1 subiroi5t1 sans os] se pla9dre1 le sort auquel on les de/9]oit4 ,il les condamna p]dre leurs lois et leur g\v]nem5t2 et les rg5s qu'il y tablit fur5t autant d'in/rum5s de son ambition1 qui devoi5t donn] la ,grce les m\vem5s qu'il dsir]oit4 ,la mort de ,lys&re prs]va les ,sp>tiates des malheurs dont sa tyrannie les m5aoit2 mais ils se tr\vr5t avec un empire qu'il leur toit impossible de cons]v]4 ,ils avoi5t au-dehors des ennemis nombreux1 et au-d$ans des vices encore plus dang]eux4 ,quoiqu'on ft conv5u1 dit ,plut>que1 que les ri*esses qu'on avoit apportes ,lacdmone s]oi5t de/9es aux seuls beso9s de l'tat1 et qu'un citoy5 conva9cu de possd] quelque pice d'or ou d'arg5t s]oit puni de mort1 l'or et l'arg5t se rp&ir5t promptem5t du trsor public *ez les citoy5s1 et avec l'av>ice portr5t la dpravation des murs dans leurs maisons4 ,comm5t p\voit-on espr]1 aj\te sagem5t cet hi/ori51 que le p>ticuli] mprist des ri*esses que le public e/imoit8 ,que s]voit-il que la loi veillt la porte des ,sp>tiates p\r f]m] l'or l'entre de leurs maisons1 p5dant qu'on ouvroit leur ame la cupidit8 ,on se f]oit cep5dant une pe9ture infidelle des dsordres auxquels la rpublique de ,sp>te se livra dans ces comm5cem5s de corruption1 si on en jugeoit p> ceux que l'av>ice et le luxe ont produits dans d'autres tats4 ,l'au/rit des ,lacdmoni5s ne se faonnoit que l5tem5t cette lgance re*]*e des plaisirs et des volupts1 qui accompagne l'oisivet et l'abondance4 ,les ri*esses ne ru9r5t d'abord que quelques lois de ,lycurgue2 et l'habitude des bonnes murs laissoit encore des vices n\veaux une sorte de timidit qui en ret>doit les progrs4 ,de sorte que ,lacdmone auroit prs5t dans sa corruption mme un spectacle digne de l'admiration des ,grecs1 s'ils euss5t mo9s fait att5tion aux v]tus qu'elle avoit ab&onnes1 qu' celles qui lui re/oi5t4 ,quoiqu'on n'ost pas encore j\ir1 on amassoit s\rdem5t2 et le citoy51 en att5dant1 p\r tal] une =tune sc&aleuse1 que le nombre des c\pables pt brav] et opprim] la loi1 toit dj plus atta* son trsor qu' la rpublique4 ,on ne voyoit qu'avec non*alance le bi5 public2 un peuple qui comm5ce se r=m] e/ capable d'excut] de gr&es *oses1 malgr les vices dont il n'a pu encore se corrig]2 mais un peuple qui dgnre et se corrompt1 ne retire presqu'aucun avantage des v]tus qu'il n'a pas encore p]dues4 ,qu& ,lacdmone n'auroit eu d'autre vice que cette ambition qui lui faisoit affect] ouv]tem5t l'empire de la ,grce1 je sais qu'ent\re de peuples inquiets1 jal\x et c\rageux1 qui s\ffroi5t impatiemm5t son despotisme1 elle devoit p]dre son autorit4 ,je ne la blme pas d'avoir enf9 succomb1 puisque sa p]te toit 9vitable2 mais je la blme de n'avoir pris aucune des prcautions que lui prescrivoit la prud5ce la plus commune1 p\r prv5ir1 ou du mo9s recul] les dang]s dont elle toit m5ace4 ,puisque les ,sp>tiates toi5t trop =tem5t atta*s leur ambition et leur av>ice p\r rtablir l'anci5 g\v]nem5t2 puisque leurs intrts toi5t dsormais contraires ceux du re/e de la ,grce1 et qu'ils ne p\voi5t po9t s'en faire un remp>t contre les ,b>b>es1 ils devoi5t donc rec\rir cette politique de ruse et d'adresse1 dont l'hi/oire (fre tant de modles1 et qui e/ la seule que n\s connoissons auj\rd'hui en ,europe2 ils devoi5t donc divis] leurs vois9s1 et =m] des ligues et des alliances avec les trang]s4 ,sans p>l] des ,?races et des ,macdoni5s1 il falloit que ,lacdmone dsav\t l'entreti5 du jeune ,cyrus1 et les ,grecs qui l'avoi5t suivi dans son expdition2 il falloit gagn] les satrapes de l',asie m9eure1 re*]*] l'amiti d',artax]cs1 et cons5tir de dp5dre et de relev]1 p\r a9si dire1 de sa c\ronne1 p\r rgn] sur la ,grce4 ,dans un ordre de *oses t\t n\veau1 les ,sp>tiates cons]vr5t leurs anci5s pr9cipes l'g>d des trang]s et en faisant la gu]re aux ,p]ses1 ils branlr5t et fir5t mpris] leur autorit dans la ,grce4 ,ds qu',agsilas comm5a se r5dre r$\table en ,asie1 ,artax]cs arma une flotte dont il donna le comm&em5t ,conon1 ,a?ni51 qui s'toit rfugi dans ses tats4 ,il dp*a en mme temps le ,rhodi5 ,timocrate dans la ,grce1 p\r y excit] un s\lvem5t contre ,lacdmone4 ,cet missaire1 *>g d'y rp&re des sommes considrables1 mit les ,a?ni5s en tat de relev] leurs murailles1 et engagea sans pe9e les pr9cipaux citoy5s de ,?bes1 de ,cor9!1 d',argos1 c4 faire une div]sion dans le ,ploponse1 en faveur de la c\r de ,p]se4 ,la victoire que les allis remportr5t ,hali>te causa un tel effroi aux ,sp>tiates1 qu'ils ordonnr5t ,agsilas d'ab&onn] ses conqutes p\r v5ir leur sec\rs4 ,les allis1 battus leur t\r ,nme et ,corone1 ne dem&r5t pas la paix2 et malgr ces deux avantages1 l'empire des ,lacdmoni5s toit tellem5t branl1 que le roi de ,p]se1 qui avoit cra9t qu',agsilas ne les *asst de ses tats1 fit dans la ,grce divise1 le rle que leur rpublique y auroit fait si elle et cont9u aim] la ju/ice1 c'e/--dire1 qu'il en ft l'arbitre4 ,il ordonna que t\tes les villes fuss5t libres et se g\v]nass5t p> leurs lois2 les allis1 qui ne p\voi5t se livr] leur ress5tim5t1 et cont9u] la gu]re sans recevoir des subsides de la ,p]se1 et les ,sp>tiates qui toi5t puiss1 s\scrivir5t galem5t aux conditions qu'on leur imposoit3 tel toit l'avilissem5t o les vices et les divisions des ,grecs les avoi5t jets4 ,en cdant la ncessit1 ,lacdmone1 t\j\rs ambitieuse1 et que ses disgraces n'avoi5t po9t claire sur ses intrts1 ne posa les armes que dans le desse9 de les repr5dre la premire occasion favorable4 ,elle se prs5ta bi5tt3 la c\r de ,p]se ayant cess de s'occup] des ,grecs qu'elle ne craignoit plus1 ,olyn!1 ,philionte1 la ,cor9?ie1 l',attique1 l',argolide1 la ,botie1 t\te la ,grce1 en un mot1 pr\va la supriorit des ,sp>tiates2 et c'e/ de la =t]esse de ,cadme1 o ils avoi5t tabli les tyrans qui rgnoi5t en leur nom sur la ville de ,?bes1 que p>tit enf9 le c\p fatal qui devoit dtruire leur puissance4 ,on peut voir dans les hi/ori5s quels excs les tyrans de ,cadme se portr5t1 et avec combi5 de c\rage et d'habilet ,plopidas les fit prir1 et reprit cette citadelle avant que les ,lacdmoni5s puss5t la sec\rir4 ,cet acte d'ho/ilit fut l'orig9e d'une petite gu]re1 dans laquelle les ,?ba9s eur5t de frqu5s avantages4 ,la manire dont ,agsilas se conduisit f]oit conjectur] que les succs qu'il avoit eus en ,asie toi5t mo9s l'ouvrage de sa capacit que de l'asc5dant des ,grecs sur les ,p]ses1 si on ne p\voit accus] son gr& ge d'avoir te9t ce feu1 cette activit1 cette prvoyance1 dont ,xnophon n\s a laiss un bel loge4 ,ce pr9ce n'entreprit ri5 de gr& ni de dcisif2 on lui repro*e avec raison que ses c\rses sur les t]res des ,?ba9s n'toi5t propres qu' essay] leur c\rage1 et leur appr5dre la gu]re4 ,?bes fut alors g\v]ne p> ,plopidas et ,epam9ondas4 ,il toit naturel que dans une ville corrompue1 ou plutt qui n'avoit jamais eu de sages lois1 et qui toit divise p> des factions1 ces deux gr&s hommes fuss5t rivaux1 et que leur jal\sie nuist aux affaires de leur patrie2 mais leur v]tu1 gale leurs tal5s1 ne leur donna qu'un mme intrt1 et les unit p> les li5s de la plus troite amiti4 ,plopidas mprisoit les ri*esses1 au milieu desquelles il toit n2 ,epam9ondas et cra9t que la =tune ne tr\blt p> ses faveurs la pauvret philosophique dont il j\issoit4 ,le premi]1 imptueux1 actif1 ard5t la gu]re1 et savant dans t\tes ses p>ties1 aimoit mo9s sa rputation que sa patrie2 loge r>e3 il sut gr son ami d'tre plus utile que lui aux ,?ba9s4 ,epam9ondas1 de son ct1 sembloit ignor] la supriorit de ses tal5s4 ,il avoit pass1 malgr lui1 des coles de la philosophie au g\v]nem5t de l'tat1 et joignoit les v]tus de ,socrate au c\rage1 aux lumires et aux tal5s de ,?mi/ocle4 ,plopidas gagna la bataille de ,tegyre2 et ce fut1 dit ,plut>que1 un essai de cette fameuse j\rne de ,leuctres qui dcida de la =tune des ,lacdmoni5s4 ,jusqu'alors un citoy5 qui auroit fui devant l'ennemi1 ou p]du ses armes1 devoit tre n d'infamie4 ,exclu des magi/ratures1 des assembles publiques1 et1 p\r a9si dire1 du comm]ce des hommes1 une famille auroit cru p>tag] sa honte en s'alliant avec lui p> le m>iage4 ,il toit p]mis t\s les citoy5s qui le r5controi5t de le frapp]1 et la loi lui refusoit le droit de se df5dre4 ,le nombre des citoy5s qui se de%onorr5t ,leuctres effraya ,agsilas4 ,voyant la rpublique puise d'hommes1 il ouvrit l'avis de laiss] p\r cette fois sans excution la loi qui fltrissoit la l*et2 et p\r cons]v] quelques df5seurs inutiles la patrie1 a*eva de p]dre un g\v]nem5t1 dont les v]tus militaires devoi5t tre le pr9cipal ressort1 depuis que les ,sp>tiates n'avoi5t plus le mpris des ri*esses1 l'am\r de la pauvret et la modration que ,lycurgue leur avoit donns4 ,on ne peut lire l'hi/oire de ce peuple1 clbre et le plus v]tueux de l'antiquit1 et voir sa f9 malheureuse1 qu& il se croit p>v5u au fate de la puissance1 sans se s5tir att5dri sur le sort de l'humanit et la fragilit de nos v]tus4 ,c'e/ aux hommes de/9s g\v]n] les tats qu'il app>ti5t de puis] dans ces gr&s vnem5s les lumires ncessaires p\r r5dre les peuples vraim5t heureux et puissans4 ,epam9ondas confirma l'abaissem5t de ,sp>te1 en btissant1 sur la frontire de la ,laconie1 ,mgalopolis1 qu'il peupla des ,arcadi5s1 aup>avant di/ribus en petites b\rgades1 et qui1 aprs leur runion1 connur5t leurs =ces1 et fur5t en tat de se v5g] des injures que ,lacdmone leur avoit faites4 ,il rappela dans le ,ploponse les ,messni5s1 qui1 disp]ss depuis prs de trois sicles dans la ,grce ou dans les prov9ces vois9es1 cons]voi5t1 p> une espce de prodige1 leurs murs1 le s\v5ir des gr&es actions d',ari/omne1 leur ha9e contre les ,sp>tiates1 et l'esprance de se v5g] et de les accabl]4 ,les ,lacdmoni5s1 encore dfaits ,mant9e p> les ,?ba9s1 tombr5t dans l'avilissem5t le plus honteux1 ds que l'phore ,epitadeus1 ouvrant une libre c>rire l'av>ice1 et port une loi p> laquelle il toit p]mis de v5dre ses possessions1 et d'en dispos] p> te/am5t4 ,l'avidit des ri*es envahit t\te la ,laconie1 et les citoy5s sans patrimo9e m5dir5t s]vilem5t leur faveur1 ou excitr5t des sditions p\r rec\vr] les bi5s qu'ils avoi5t p]dus4 ,les ma9s des ,sp>tiates que ,lycurgue avoit de/9es ne mani] que l'pe1 la lance et le b\cli]1 se de%onorr5t p>mi les in/rum5s des arts que le luxe introduisit dans la ,laconie tonne4 ,,livre ,,troisi,,me4 ,?bes1 aprs ses victoires1 auroit r=m son g\v]nem5t et ses lois2 elle auroit eu une arme de t]re comme ,lacdmone1 et une flotte comme ,a?nes2 elle auroit pris subitem5t les murs et la politique que doit avoir une puissance dom9ante1 qu'elle n'auroit pu cons]v] l'empire de la ,grce4 ,cette rpublique1 trop long-temps dcrie p> la pesanteur d'esprit de ses citoy5s1 ses divisions dome/iques et son alliance avec ,x]cs1 n'avoit po9t prp> les ,grecs avoir p\r elle ce respect1 ouvrage du temps1 qui doit s]vir de base l'lvation d'un tat1 et dont ri5 ne ti5t la place4 ,epam9ondas1 t\j\rs ju/e et matre de lui-mme dans ses plus gr&s succs1 ne fut jamais t5t d'en abus]4 ,condamnant la duret des ,a?ni5s et des ,sp>tiates l'g>d de leurs allis et de leurs ennemis1 il traita avec la plus gr&e humanit ,or*omne et les villes de la ,phocide1 de la ,locride et de l',etolie2 il laissa *aque peuple ses lois1 ses magi/rats et son g\v]nem5t2 il ne *]*a qu' r5dre *re et prcieuse l'alliance de sa patrie1 et cep5dant p]sonne ne t9t compte aux ,?ba9s des v]tus de leur gnral4 ,a?nes a t humilie1 disoit aux ,!ssali5s1 ,jason1 tyran de ,phres2 la gr&eur de ,sp>te n'e/ plus2 les ,?ba9s s'lv5t1 et je prvois leur dcad5ce3 songez donc votre t\r v\s emp>] de l'autorit qu'ils vont p]dre4 ,ce que ,jason disoit imprudemm5t aux ,!ssali5s1 il n'y avoit po9t de magi/rat dans la ,grce qui ne le dt sa rpublique2 il n'y avoit po9t de ville qui ne crt devoir aspir] la mme =tune que les ,?ba9s2 aucune n'toit assez sage p\r tre effraye de l'abaissem5t des ,a?ni5s et des ,sp>tiates1 et t\tes se flattoi5t follem5t d'aff]mir leur empire p> une ambition plus habile4 ,c'e/ ce que v\loit dire ,dmo/hnes1 qu& il se plaignoit qu'il s'levt de t\tes p>ts des puissances qui se vantoi5t de pr5dre la ,grce s\s leur protection1 et qui ne *]*oi5t en effet qu' opprim]1 ou du mo9s subjugu] leurs vois9s4 ,les ,grecs1 disoit-il1 sont actuellem5t leurs plus gr&s ennemis4 ,argos1 ,?bes1 ,cor9!1 ,lacdmone1 l',arcadie1 l',attique1 *aque contre1 je n'en excepte aucune1 se fait des intrts "p4 ,cette an>*ie1 a9si que le rem>que ,diodore1 toit l'ouvrage du trait qu',a?nes et ,lacdmone avoi5t conclu la dixime anne de la gu]re du ,ploponse1 et p> lequel elles avoi5t sacrifi une avidit mal-ent5due les intrts de leurs allis4 ,en conv5ant de re/] saisies des places qu'elles occupoi5t1 elles se rs]vr5t1 p> une clause expresse1 la facult de *ang] leurs conv5tions1 ou de dress] de n\veaux articles suivant que le bi5 de leurs affaires l'exigeoit4 ,il n'en avoit pas fallu d'avantage1 aj\te le mme hi/ori51 p\r rp&re l'al>me dans t\te la ,grce4 ,l'abus que ces deux rpubliques faisoi5t depuis long-temps de leur puissance1 fit croire qu'elles ne se rconcilioi5t que p\r opprim] de conc]t leurs allis1 ou en p>tag] les dp\illes2 et on ne songea qu' =m] des ligues contre la tyrannie qu'on craignoit4 ,argos1 ,?bes1 ,cor9! et ,elis toi5t la tte de ces ngociations1 et c5t alliances p>ticulires que fir5t les ,grecs1 a*evr5t de ru9] leur alliance gnrale4 ,le conseil des amphictyons ne cons]va aucun crdit2 les peuples les plus puissans ddaignr5t d'y envoy] leurs dputs2 les autres n'y p>ur5t que p\r faire des pla9tes inutiles2 et on ne vit de t\t ct que des assembles p>ticulires qui toi5t autant de conjurations contre la ,grce4 ,il toit d'autant plus difficile de voir rtablir l'ordre dtruit p> tant d'intrts opposs1 et une longue suite d'inju/ices1 que les factions qui s'toi5t =mes dans la plup>t des rpubliques ne laissoi5t plus aucune autorit aux lois4 ,ds les premires annes de la gu]re du ,ploponse1 dit ,?ucydide1 il avoit clat des qu]elles fune/es entre les ,corcyrens4 ,s\s prtexte d't5dre et de cons]v] les droits du peuple1 ou de n'lev] que les plus honntes g5s aux *>ges de la rpublique1 les magi/rats et les citoy5s les plus accrdits1 qui ne songeoi5t en effet qu' se r5dre plus puissans et plus ri*es1 n'eur5t po9t d'autre rgle de conduite que leur intrt p>ticuli]4 ,l'av>ice et l'ambition =mr5t des p>tis1 qui1 s'accrditant peu--peu s\s la protection d',a?nes et de ,lacdmone1 dev9r5t bi5tt incapables de se rconcili]4 ,les ,sp>tiates favorisoi5t l'ari/ocratie1 c'e/--dire1 le p\voir des magi/rats1 et v\loi5t que le snat et la pr9cipale "p aux affaires de ,corcyre1 p>ce qu'une longue expri5ce leur avoit appris qu'on ne peut jamais compt] sur les engagem5s d'une rpublique o la multitude g\v]ne4 ,les ,a?ni5s1 au contraire1 appuyoi5t de t\t leur crdit les prt5tions du peuple1 et les tablissem5s les plus favorables la dmocratie2 soit p>ce qu'ils avoi5t eux-mmes ce g\v]nem5t1 soit simplem5t p\r contr>i] les ,lacdmoni5s leurs ennemis4 ,cette maladie des ,corcyrens1 cont9ue ,?ucydide1 toit dev5ue une sorte de contagion qui infecta rapidem5t t\te la ,grce4 ,la cra9te que les nobles1 les ri*es et le peuple avoi5t t\j\rs eue les uns des autres1 depuis qu'ils avoi5t sec\ le j\g de leurs capita9es1 avoit1 dans t\s les temps1 excit quelques sditions2 mais ces tr\bles n'eur5t presque jamais des suites f*euses1 tant que ,lacdmone1 atta*e ses devoirs1 n'int]posa sa mdiation que p\r rappro*] les esprits et favoris] la ju/ice2 et qu',a?nes1 occupe de ses propres rvolutions1 ngligeoit les affaires de ses vois9s4 ,t\t *angea de face1 ds que ces deux rpubliques reg>dr5t les diffr5s p>tis qui divisoi5t ,corcyre1 comme des moy5s dont leur ambition p\voit se s]vir p\r se faire des p>tisans4 ,il n'y eut plus d'intrigant ni d'ambitieux dans la ,grce qui ne comptt sur la protection des ,sp>tiates ou des ,a?ni5s1 s'il excitoit des tr\bles dans sa patrie2 cette esprance les enh>dit1 et t\tes les villes tombr5t dans une extrme an>*ie4 ,on se fit des prt5tions excessives1 et on les s\t9t avec op9itret4 ,aux raisons de ses adv]saires1 le p>ti qui avoit tort n'opposoit que des clameurs insol5tes et tumultueuses1 et rduisoit ses ennemis au dsespoir4 ,on prit des armes p\r se r5dre aux assembles1 et on s'y porta aux d]nires extrmits1 p>ce que la faction qui avoit l'avantage1 ne se bornant pas aff]mir son p\voir1 v\loit encore gt] le plaisir de se v5g] des injures qu'elle avoit reues4 ,les vices et les v]tus *angr5t subitem5t de nom2 l'emportem5t fut appel c\rage1 et la f\rb]ie prud5ce4 ,l'homme modr passa p\r un l*e1 l'effront p\r un ami zl1 et la politique dev9t l'art de faire et non de rep\ss] le mal4 ,il n'toit p]mis aucun citoy5 d'tre neutre et homme de bi52 et les s]m5s ne fur5t que des piges t5dus la crdulit4 ,enf91 selon le rapport du mme hi/ori51 s'il y avoit quelque consolation dans ces malheurs1 c'e/ que les esprits les plus grossi]s avoi5t s\v5t l'avantage2 se dfiant de leur capacit1 ils rec\roi5t des remdes prompts et viol5ts1 t&is que leurs ennemis toi5t les dupes de leur f9esse et de leurs artifices4 ,ces dsordres1 dit ,diodore1 s'accrur5t encore qu& les ,?ba9s1 aprs la mort d',epam9ondas1 d*ur5t subitem5t de l'lvation o ce capita9e les avoit ports4 ,t\s les j\rs quelque ville bannissoit une p>tie de ses citoy5s2 et ces proscrits1 errans de contres en contres1 *]*oi5t des ennemis leur patrie4 ,dans le mom5t qu'ils s'y att5doi5t le mo9s1 ils toi5t rappels p> une faction qui avoit beso9 de leur sec\rs p\r se ma9t5ir la tte du g\v]nem5t1 et qui bi5tt aprs succomboit elle-mme dans une n\velle rvolution4 ,*aque rpublique avoit autant d'intrts diffr5s que de p>tis qui la divisoi5t4 ,ces intrts1 multiplis l'inf9i1 se croisoi5t1 se *oquoi5t1 se dtruisoi5t cont9uellem5t4 ,v\s tiez auj\rd'hui l'alli d'une ville1 et dema9 elle toit votre ennemie4 ,vos p>tisans ont t bannis ou massacrs1 et une faction contraire g\v]ne dj les affaires p> des pr9cipes opposs4 ,*aque j\r voit entam] quelques n\velles ngociations2 *aque n\velle ngociation1 en donnant de n\velles cra9tes et de n\velles esprances1 prp>e une n\velle rvolution qui en produira mille2 et la politique1 t\j\rs inc]ta9e1 ne peut donn] aucun conseil ni pr5dre aucune rsolution salutaire4 ,les ,grecs1 ram5s ces temps de tr\bles dont j'ai p>l au comm5cem5t de cet ouvrage1 toi5t trop ple9s de ha9e et de dfiance les uns p\r les autres1 p\r =m] une seconde fois les nuds de cette confdration qui avoit fait leur =ce4 ,ds qu'un peuple libre e/ assez corrompu p\r ne v\loir plus obir ses lois1 il se famili>ise avec ses vices2 il les aime1 et il e/ r>e qu'un citoy5 ou qu'un magi/rat ait assez de c\rage p\r lutt] contre les prjugs1 les c\tumes et les passions qui rgn5t imprieusem5t sur une multitude indocile1 et assez de crdit p\r p]suad] ses concitoy5s de remont]1 en faisant un ef=t sur eux-mmes1 au po9t dont ils sont d*us4 ,si une seule rpublique e/1 en quelque sorte1 incapable de r=me1 que p\rroit-on espr] de la ,grce1 qui r5f]moit autant de rpubliques que de villes8 ,l'hi/oire entire (fre pe9e trois ou quatre exemples de peuples libres qui ai5t s\ff]t qu'un lgislateur les privt de leurs erreurs et de leurs abus4 ,il falloit que les ,grecs appriss5t1 p> des expri5ces multiplies1 se dsabus] de leur ambition1 de leur av>ice1 de leur politique frauduleuse1 et =ce de malheurs1 recomm5ass5t se lass] de leur situation prs5te4 ,en att5dant cette rvolution1 qui devoit tre d'autant plus l5te1 qu'ils avoi5t t plus v]tueux et qu'ils toi5t plus clairs sur les devoirs de la socit1 ils devoi5t se d*ir] eux-mmes p> leurs gu]res dome/iques2 et leur foiblesse1 suite ncessaire de leurs divisions1 les exposoit dev5ir la proie des trang]s4 ,heureusem5t p\r la ,grce1 il ne re/oit p\r l',asie aucune t9celle du gnie ambitieux de ,cyrus2 les rois de ,p]se s'toi5t livrs depuis long-temps une oisivet voluptueuse4 ,ils se r5f]moi5t dans leurs palais1 et laissoi5t rgn] s\s leur nom des m9i/res av>es1 cruels1 ignorans1 infidelles et occups ret5ir dans l'esclavage des prov9ces qui y toi5t acc\tumes4 ,artax]cs1 surnomm ,longuema91 ayant t invit p> les ,grecs mmes de pr5dre "p leurs qu]elles1 se cont5ta de les arm] les uns contre les autres1 de balanc] leurs avantages et de n\rrir leur rivalit4 ,il p\voit les subjugu]1 et il ne v\lut que les occup] *ez eux et les emp*] de pass] en ,asie2 ce ne fut po9t sa modration1 ce fut sa cra9te qui lui inspira cette politique4 ,x]cs ,,ii et ,sogdian ne fir5t que p>otre sur le trne1 qu'ils d%onorr5t p> leurs dbau*es et leurs cruauts4 ,a ces deux mon/res avoit succd ,d>ius-,no?us2 c'toit un esclave c\v]t des ornem5s royaux4 ,fait p\r obir1 *acun v\lut le g\v]n]1 et il ne sec\a le j\g de quelques eunuques qui en avoi5t fait l'in/rum5t de leurs inju/ices1 que p\r pass] s\s celui de sa femme4 ,artax]cs-,memnon auroit pu v5g] la ,p]se2 mais mesure que les vices d'une lib]t mal rgle se multiplioi5t dans la ,grce1 l',asie de son ct p>oissoit de j\r en j\r plus dgrade p> les vices du despotisme4 ,ce pr9ce toit d'ailleurs incapable de =m] un projet h>di2 la retraite des dix mille1 aprs la dfaite de ,cyrus le jeune1 et les victoires d',agsilas1 l'avoi5t acc\tum trembl] au seul nom des ,grecs4 ,l',illyrie1 l',epire et la ,?race toi5t t\j\rs occupes faire la gu]re leurs anci5s ennemis1 sans p\voir obt5ir des avantages dcisifs4 ,enf91 la ,macdo9e1 qui n'avoit encore j\i d'aucune considration1 se tr\voit dans la situation la plus f*euse1 lorsque les nuds de l'anci5 g\v]nem5t des ,grecs fur5t rompus4 ,amyntas1 pre de ,philippe1 avoit t un pr9ce foible3 accabl p> la puissance des ,illyri5s1 et prt p]dre sa c\ronne1 il ne lui re/a d'autre ress\rce p\r se v5g] de ses dfaites et faire des ennemis ses va9queurs1 que de cd] ses tats aux ,olyn?i5s4 ,aprs avoir pr\v les plus cruels rev]s1 il fut rtabli sur le trne p> les ,!ssali5s2 il cont9ua rgn] avec la molle timidit d'un homme qui a vu de prs sa ru9e1 et qui n'a d son salut qu' des sec\rs trang]s4 ,alex&re1 son fils an1 lui succda1 et ses sujets ne sur5t pas obir un roi qui ne savoit pas comm&]4 ,en mme temps qu'il pr\voit l'asc5dant des ,illyri5s1 une p>tie de la ,macdo9e se rvolta1 et ses tats toi5t presqu'entirem5t envahis p> ses ennemis qu& il m\rut4 ,mo9s digne encore de son rang que le pr9ce auquel il succdoit1 ,p]diccas n'avoit aucun tal5t propre le faire respect]1 mme dans les circon/ances o il n'auroit eu g\v]n] qu'un peuple heureux et s\mis4 ,ptolome1 fils naturel d',amyntas1 se cantonna dans une prov9ce de la ,macdo9e1 et s'y r5dit indp5dant4 ,pausanias1 pr9ce du sang1 qui avoit t banni1 r5tra dans le royaume la faveur des tr\bles qui le divisoi5t1 et se fit un p>ti considrable des mcont5s et de cette f\le d'hommes obscurs et inquiets qui ont t\t espr] et ri5 p]dre dans une rvolution4 ,p]diccas fut tu dans une bataille qu'il livra aux ,illyri5s2 et la ,macdo9e toit assez malheureuse p\r reg>d] sa mort comme un malheur1 p>ce que sa c\ronne passoit sur la tte d'un enfant4 ,pausanias1 que t\t favorisoit1 aspira alors ouv]tem5t au trne2 et ,arge1 autre pr9ce du sang1 et qui avoit la mme ambition1 leva une arme p\r prv5ir son rival4 ,les trang]s pr(itr5t de ces divisions dome/iques1 et ils avoi5t dj pntr dans le cur de l'tat1 lorsque ,philippe1 le d]ni] des fils d',amyntas1 et qui toit en otage ,?bes1 s'*appa p\r all] au sec\rs du royaume de ses pres4 ,qui croiroit1 en jetant les yeux sur ce pays malheureux1 qu'on y dt bi5tt =g] les *anes qui devoi5t ass]vir la ,grce et l',asie entire8 ,a pe9e ,philippe p>ut-il en ,macdo9e1 qu'on s'y ress5tit de sa prs5ce4 ,il fut fait rg5t du royaume p5dant la m9orit du jeune ,amyntas1 son neveu2 mais les ,macdoni5s pr\vant bi5tt combi5 il leur importoit d'obir un pr9ce tel que ,philippe1 lui dfrr5t la c\ronne4 ,quelque que fut la situation de la ,macdo9e1 ses maux n'toi5t po9t incurables comme ceux de la ,grce4 ,les prdcesseurs de ,philippe n'avoi5t pas ex]c sur leurs sujets cette autorit aveugle et absolue qui dgradoit l'humanit dans la ,p]se2 et qu& les mon>*ies ne sont pas encore dgnres en ce despotisme qui te l'ame t\s ses ressorts1 le citoy5 cons]ve le s5tim5t de la v]tu et du c\rage1 et le pr9ce se cre1 lorsqu'il le veut1 une nation n\velle4 ,le peuple1 acc\tum obir sans l*et1 et qui n'e/ po9t son propre lgislateur1 ne rsi/e jamais aux exemples de ses matres4 ,il sort de son ass\pissem5t1 quitte ses vices1 et1 sans qu'il s'en ap]oive1 pr5d un n\veau c>actre et la v]tu qu'on veut lui donn]4 ,jamais pr9ce ne fut plus propre que ,philippe produire de ces heureuses rvolutions4 ,lo9 que les tal5s avec lesquels il toit n euss5t t t\ffs p> une mauvaise ducation1 les malheurs de sa famille avoi5t s]vi les dvelopp] et les t5dre4 ,elev dans une rpublique o le peuple1 jal\x de sa lib]t1 mprise la mon>*ie1 il n'y vit ri5 de cet orgueil1 de ce fa/e1 de cette flatt]ie qui assig5t les c\rs1 enivr5t les pr9ces de leur puissance1 et leur p]suad5t qu'ils sont assez gr&s p> leur place1 p\r n'avoir pas beso9 d'une autre sorte de gr&eur4 ,tmo9 des mnagem5s avec lesquels le magi/rat d'une dmocratie ex]ce l'autorit qui lui e/ confie1 ins9ue ses s5tim5s1 et subjugue avec art une multitude qui e/ son matre1 il feignit sur le trne cette modration1 cette pati5ce1 cette d\ceur et ce respect p\r les lois1 qui donn]ont t\j\rs une puissance sans bornes un pr9ce qui ne v\dra p>otre que le m9i/re de la ju/ice4 ,t&is que ,philippe fait la gu]re ,arge1 homme op9itre1 ambitieux et brave1 qu'on ne peut rduire qu'en l'accablant1 c'e/ p> des ngociations qu'il travaille ru9] ,pausanias4 ,en mme temps qu'il prodigue l'arg5t et les promesses p\r dta*] la ,?race des intrts de ce rebelle1 il le flatte1 lui donne des esprances1 et le reti5t dans l'inaction jusqu' ce qu'il puisse le m5ac] de ses =ces runies4 ,oblig de conqurir son royaume1 ,philippe comm5ce p> prp>] la victoire des soldats acc\tums fuir2 il leur donne du c\rage1 en mettant en honneur dans son arme la pati5ce1 la frugalit1 l'obissance et les ex]cices du corps4 ,p\r leur inspir] de la confiance et leur appr5dre se respect] eux-mmes1 il leur tmoigne d'avance une e/ime qu'ils ne mrit5t pas encore3 il essaie peu peu leur brav\re1 et les faonne l'art de va9cre1 en combattant lui-mme leur tte4 ,=m1 en un mot1 la gu]re s\s ,epam9ondas1 il transporta en ,macdo9e la discipl9e que les ,?ba9s devoi5t ce gr& homme1 et il inv5ta la phalange4 ,cet ordre de bataille1 qui p>ut si r$\table ,paul ,emile1 dans un temps cep5dant qu'on l'avoit affoibli en v\lant le p]fectionn]1 ne =moit sa naissance qu'une masse de six sept mille hommes rangs sur seize de pr(ondeur4 ,t\s les phalangi/es1 s]rs les uns contre les autres1 toi5t arms de longues piques2 celles de la d]nire ligne dbordoi5t de deux pi$s la premire1 et les autres proportion2 de sorte que la phalange1 (frant un front hriss d'armes sans nombre1 p>oissoit inaccessible ses ennemis1 et devoit accabl] p> son poids t\t ce qui se prs5toit devant elle4 ,polybe a comp> cette ordonnance celle des ,roma9s2 et il prfre celle-ci1 p>ce que la phalange devoit r>em5t tr\v] un t]re9 qui lui convnt p\r combattre4 ,une hauteur1 un foss1 une fondrire1 une haie1 un ruisseau1 t\t en rompoit l'ordre4 ,sans aucun ob/acle trang]1 il toit mme trs-difficile1 soit qu'elle se mt en m\vem5t p\r attaqu]1 soit qu'elle recult elle-mme devant l'ennemi1 qu'elle ne s\ffrt pas quelque flottem5t dans sa m>*e2 et ds qu'elle cessoit d'tre unie1 elle toit va9cue4 ,il toit ais de pntr] dans les int]valles qu'elle laissoit en se rompant2 et le soldat phalangi/e1 qui ne p\voit faire aucune volution1 se ralli] en ordre1 ni combattre corps corps avec avantage1 cause de la longueur de ses armes1 devoit fuir ou se laiss] tu] sans se df5dre4 ,cette critique de ,polybe toit trs-judicieuse dans le temps qu'il la fit4 ,les successeurs de ,philippe1 en portant la phalange seize mille hommes1 avoi5t inf9im5t multipli les ob/acles qui s'opposoi5t sa m>*e et ses manuvres4 ,il e/ vrai mme que la manire des ,roma9s1 de rang] leurs armes sur trois lignes1 et p> corps sp>s galem5t1 propres combattre sur t\s les t]re9s1 faire t\tes les volutions1 se protg] rciproquem5t1 agir sp>m5t ou ensemble1 selon les beso9s1 et se transport] avec clrit d'un lieu un autre1 toit sans d\te plus simple1 plus savante1 et leur donnoit un gr& avantage4 ,mais cette ordonnance ne convi5t qu' des tr\pes extrmem5t ex]ces1 et acc\tumes la discipl9e la plus exacte4 ,les ,macdoni5s n'toi5t po9t tels qu& ,philippe p>v9t la c\ronne2 il falloit leur faire un ordre de bataille qui1 p> sa nature1 leur inspirt de la confiance1 et n'exiget presqu'aucune expri5ce dans le maniem5t des armes et les manuvres de la gu]re4 ,ds que la tranquillit fut rtablie dans l'intrieur de la ,macdo9e1 ,philippe s'appliqua en faire valoir t\tes les p>ties2 il craignit de donn] des =ces un abus1 s'il l'attaquoit sans tre sr de le ru9]4 ,il fe9t de ne pas voir le vice dont il ne peut extirp] la rac9e1 et ne songe tablir un ordre utile1 qu'aprs avoir tr\v le moy5 de l'aff]mir4 ,il fait des lois1 et a dj prp> les esprits leur obir2 il imprime un n\veau m\vem5t la ,macdo9e1 et ri5 n'y demeure oisif et inutile3 telle e/ la m>*e d'une ambition claire qui se prp>e des succs c]ta9s2 avant que d'lev] l'difice1 elle en a jet les fondem5s4 ,philippe avoit russi ru9] les plus gr&s ennemis de la ,macdo9e1 je veux dire1 la p>esse de ses sujets1 leur timidit et leur indiffr5ce p\r le bi5 public2 mais il n'avoit po9t t5t ces gr&es entreprises en philosophe politique qui ne *]*e que la prosprit de l'tat et le bonheur des citoy5s3 c'toit un ambitieux qui ne v\loit qu'associ] les ,macdoni5s son ambition p\r en faire les in/rum5s de sa =tune1 et ds-lors il se prs5ta un cueil bi5 dang]eux p\r lui4 ,ce pr9ce avoit visit les pr9cipales rpubliques de la ,grce2 il en avoit tudi p> lui-mme le gnie1 les intrts1 les =ces1 la foiblesse et les ress\rces4 ,il connoissoit la situation d',a?nes2 il avoit t tmo9 de la dcad5ce de ,sp>te2 il voyoit que ,?bes ne cons]voit1 aprs la mort d',epam9ondas1 que l'orgueil d'une gr&e =tune4 ,t\te la ,grce1 a9si qu'on l'a vu1 divise p> les passions fune/es qu'avoit fait natre la gu]re du ,ploponse1 sembloit se prcipit] au-devant du j\g1 et ne dem&] qu'un matre4 ,en y entrant1 on toit sr d'y tr\v] des allis4 ,quelles esprances ne p\voit pas concevoir ,philippe8 ,aprs avoir subjugu la nation la plus clbre de la t]re1 il devoit se flatt] qu'aucun de ses ennemis n'os]oit lui rsi/]4 ,qu'on me p]mette de le rem>qu]1 l'hi/oire (fre mille exemples d'tats1 qui1 malgr les avantages trs-considrables qu'ils ont obt5us la gu]re1 sont re/s dans leur premire obscurit1 et se sont mme ru9s1 p\r avoir ignor qu'il y a dans la politique un art suprieur celui de gagn] des batailles1 une sci5ce plus utile que les =ces1 la sci5ce de les employ]4 ,c'e/ cet art1 que savoi5t si bi5 les ,roma9s1 de mnag] leurs =ces1 de les dploy] propos1 et de ne se jamais faire un n\vel ennemi avant que d'avoir accabl celui qui les avoit (f5ss4 ,philippe sut1 comme eux1 qu'il faut obs]v] un ordre p\r ne po9t avoir de succs infructueux2 que telle opration1 difficile et inutile p> elle-mme1 en l'entrepr5ant la premire1 devi5droit aise1 confirm]oit les avantages prcd5s1 et en assur]oit de n\veaux1 si on la faisoit prcd] p> une autre entreprise4 ,que1 si ce pr9ce en effet et d'abord attaqu les ,grecs1 les anci5s ennemis de la ,macdo9e n'auroi5t pas manqu de recomm5c] leurs ho/ilits4 ,poni5s1 ,?races1 ,illyri5s1 euss5t t autant d'auxiliaires de la ,grce2 et ,philippe1 oblig de susp5dre ses ef=ts d'un ct p\r m>*] de l'autre1 se s]oit mis dans la ncessit de divis] ses =ces4 ,allant sans cesse des ,grecs aux ,b>b>es et des ,b>b>es aux ,grecs1 sans p\voir ri5 f9ir1 il et multipli les ob/acles qui s'opposoi5t son ambition4 ,s'il n'et pas *\1 il auroit fallu du mo9s va9cre la fois et avec beauc\p de pe9e1 des ennemis qu'on p\voit plus aism5t accabl] les uns aprs les autres4 ,philippe t\rne d'abord ses =ces contre les ,poni5s1 et les subjugue4 ,il attaque ensuite les ,illyri5s1 dfait leur t\r les ,?races1 enlve aux uns et aux autres les conqutes qu'ils avoi5t faites sur la ,macdo9e1 dtruit leurs pr9cipales =t]esses1 en con/ruit sur ses frontires2 et ce n'e/ qu'aprs avoir humili les ,b>b>es1 et mis ses prov9ces en sret1 qu'il mdita la conqute de la ,grce4 ,la plup>t des entreprises *\5t p>ce qu'on comm5ce les excut] dans le mom5t mme qu'on en conoit le projet2 n'ayant pas prvu d'avance les ob/acles1 ri5 ne se tr\ve prp> p\r les va9cre4 ,on se hte de faire des dispositions1 et cep5dant on ne voit encore les objets que confusm5t1 et trav]s la passion dont on e/ tromp4 ,hors d'tat de rsi/] aux premi]s accid5s qui survi5n5t1 on s'en tr\ve accabl2 on obx aux vnem5s1 au lieu d'en tre le matre2 et la politique1 aussi inc]ta9e que la =tune1 n'a plus de rgle4 ,plus communm5t encore1 les tats n'ont qu'un b vague et indt]m9 de s'agr&ir1 et ds-lors1 une puissance sans allis et suspecte t\s ses vois9s1 ne sait jamais prcism5t quel peuple elle aura affaire2 elle ne peut dirig] ses vues au mme po9t1 prp>] p> des ngociations le progrs de ses armes1 ni j\ir de t\s les avantages qui lui sont naturels4 ,il e/ r>e1 enf91 qu'un peuple sa*e pr(it] de t\s les vices de ses ennemis1 et en les attaquant p> leur foible1 ait l'habilet de n'oppos] que le ct p> lequel il leur e/ suprieur4 ,philippe mdita long-temps son entreprise contre les ,grecs4 ,il se dispose les attaqu]1 et il veut qu'on le croie occup d'ides trangres la gu]re4 ,s\s prtexte que ses f9ances sont puises1 et qu'il veut btir des palais et les orn] de t\t ce que les arts ont de plus prcieux1 il fait dans t\tes les villes de la ,grce des emprunts considrables gros intrt1 et ti5t p>-l entre ses ma9s1 la =tune des pr9cipaux citoy5s de *aque rpublique4 ,il se fait des p5sionnaires1 en ne p>oissant avoir que des cranci]s2 il *]*e multipli] les vices des ,grecs1 p\r les affoiblir1 et croit tre dj matre d'une ville1 qu& il y a corrompu quelques magi/rats4 ,avec quelque so9 qu'il et ex]c les ,macdoni5s la gu]re1 il ne v\lut jamais va9cre p> la =ce1 que les difficults que sa prud5ce ne p\voit lev]4 ,dans la cra9te qu'il ne se =me quelque ligue contre lui1 il s'tudie aigrir les jal\sies et les ha9es qui divisoi5t les ,grecs4 ,p\r leur donn] de n\velles esprances1 de n\velles cra9tes1 de n\veaux intrts1 il flatte l'orgueil d'une rpublique1 promet sa protection celle-ci1 re*]*e l'amiti de l'autre1 refuse1 accorde ou retire ses sec\rs1 suivant qu'il lui importe de ht] ou de ret>d] les m\vem5s de ses allis et de ses ennemis4 ,tantt il s\met un peuple p> ses bi5faits2 c'e/ le sort des ,!ssali5s qu'il dlivre de leurs tyrans1 et qu'il fait rtablir dans le conseil des ,amphictyons4 ,tantt il semble ne se prt] qu' regret l'excution des desse9s qu'il a lui-mme inspirs4 ,s'il porte la gu]re dans une prov9ce de la ,grce1 il s'y e/ fait appel]2 c'e/ a9si qu'il n'entre dans le ,ploponse qu' la prire de ,messne et de ,mgalopolis1 que les ,lacdmoni5s inquitoi5t4 ,s5t-il l'importance de s'emp>] d'une ville8 ,il ne *]*e po9t l'irrit]2 il lui (fre1 au contraire1 son amiti1 et *at\ille adroitem5t son ambition p\r la br\ill] avec ses vois9s4 ,mais pe9e cette malheureuse rpublique1 trop fire de l'alliance de la ,macdo9e1 a-t-elle donn dans le pige qu'on lui a t5du1 que ,philippe1 faisant j\] les ressorts qu'il a prp>s p\r se mnag] une rupture1 ou feignant de pr5dre la df5se des opprims1 dtruit son ennemi sans se r5dre odieux4 ,les ,olyn?i5s fur5t les dupes de cette politique1 lorsque comptant trop sur sa protection1 ils indisposr5t contr'eux ceux de ,potide4 ,jamais pr9ce1 p\r se r5dre impntrable1 ne sut mieux que ,philippe l'art de v>i] sa conduite1 sans ab&onn] ses pr9cipes3 ngociations1 alliances1 paix1 trves1 ho/ilits1 retraites1 inaction2 t\t e/ employ t\r--t\r1 et t\t le conduit galem5t au b1 duquel il p>ot t\j\rs s'loign]4 ,habile mani] les passions1 faire natre des lueurs1 des d\tes1 des cra9tes1 des esprances1 confondre ou sp>] les objets1 ses ennemis sont t\j\rs des ambitieux1 et ses allis des +rats2 et il recueille seul t\t le fruit des gu]res o il n'toit qu'auxiliaire4 ,le plus gr& pas que ,philippe fit p\r p>v5ir la dom9ation de la ,grce1 ce fut de se faire *>g] p> les ,?ba9s de v5g] le temple de ,delphes1 du sacrilge des ,phocens qui lab\roi5t leur pr(it une p>tie du t]ritoire de ,cirre1 consacr ,apollon1 et qui1 p]si/ant dans leur impit1 refusoi5t de pay] l'am5de laquelle ils avoi5t t condamns p> les ,amphictyons4 ,la gu]re sacre duroit depuis dix ans2 presque t\s les peuples de la ,grce y avoi5t dj pris "p1 et des succs p>tags sembloi5t devoir l't]nis]1 lorsque les ,?ba9s puiss eur5t enf9 rec\rs ,philippe4 ,ce pr9ce entra dans la ,locride la tte d'une arme considrable2 et ,phalcus1 gnral des ,phocens1 n'tant pas en tat de livr] bataille un ennemi qui le s]roit de prs1 fit des propositions d'accommodem5t4 ,on lui p]mit de se retir] de la ,phocide avec les soldats qu'il s\doyoit aux dp5s des ri*esses qu'il avoit pilles dans le temple de ,delphes2 et les ,phocens1 aprs sa retraite1 fur5t obligs de recevoir la loi de ,philippe et des ,?ba9s4 ,le droit de dput] au conseil ,amphictionique1 que p]dir5t les va9cus1 fut annex p\r t\j\rs la ,macdo9e1 qui p>tagea encore avec les ,boti5s et les ,!ssali5s la prrogative de prsid] aux jeux py?iques1 dont les ,cor9?i5s fur5t privs en punition des sec\rs qu'ils avoi5t prts aux ,phocens4 ,ces deux avantages p> eux-mmes p>oissoi5t peu considrables2 mais ils *angeoi5t en quelque sorte de nature entre les ma9s de ,philippe4 ,les jeux py?iques1 de mme que les autres sol5nits de la ,grce1 ne se passoi5t plus1 il e/ vrai1 qu'en spectacles et en ftes inutiles2 mais1 puisque les ,grecs toi5t dev5us assez frivoles p\r en faire un objet important1 il n'toit pas indiffr5t un pr9ce aussi adroit que ,philippe d'y prsid]1 et d'avoir en quelque sorte l'int5dance de leurs plaisirs4 ,quoique l'assemble des ,amphictyons ne cons]vt quelqu'autorit qu'autant que ses dcrets intressoi5t la religion1 et que les c\pables env]s les dieux avoi5t des ennemis puissans p>mi les hommes1 ,philippe gagnoit beauc\p y tre agrg4 ,quel pr9ce toit plus propre pr(it] des sup]/itions populaires8 ,il n'toit plus1 p\r a9si dire1 trang] la ,grce2 sans se r5dre suspect1 il p\voit pr5dre "p t\tes ses affaires1 relev] peu peu la dignit des ,amphictyons1 et leur r5dre leurs anci5nes prrogatives p\r en faire un in/rum5t utile son ambition4 ,les prtres et t\tes les p]sonnes dv\es au culte du temple de ,delphes avoi5t dj comm5c exalt] le respect et le zle de ,philippe p\r les dieux2 ses p5sionnaires vantr5t alors sa modration et sa ju/ice1 et il ne fut plus "q dans la ,grce que du ret\r du sicle d'or4 ,les citoy5s1 lasss de leurs tr\bles dome/iques1 se flattr5t de voir aff]mir la paix1 t&is que les ambitieux1 les intrigans1 les *efs de p>ti1 se flicitant en secret du crdit qu'avoit acquis leur protecteur1 prvoyoi5t une rvolution pro*a9e1 et contribuoi5t p> leurs loges tromp] t\s les esprits4 ,en un mot1 tel toit1 si je puis p>l] a9si1 l'eng\em5t des ,grecs p\r ,philippe1 que ,dmo/hnes1 son plus gr& ennemi1 et qui1 p5dant la gu]re sacre1 avoit dclam contre lui en faveur des ,phocens1 *angea subitem5t de langage4 ,au lieu de p\ss] encore les ,a?ni5s la gu]re1 il p>la de paix2 il pronona un disc\rs p\r les engag] reconnotre la n\velle dignit de ,philippe1 et le dcret p> lequel les ,amphictyons l'avoi5t reu dans leur assemble4 ,jusqu'alors il n'y avoit eu dans la ,grce que cet orateur1 qui1 dmlant les projets ambitieux de la ,macdo9e1 ap]t les dang]s dont la lib]t de sa patrie toit m5ace4 ,si un homme et t capable de retir] les ,a?ni5s de l'avilissem5t o le gt des plaisirs les avoit jets1 de r5dre aux ,grecs leur anci5 c\rage1 et de ne leur r$onn] qu'un mme intrt1 c'et t ,dmo/hnes1 dont les disc\rs embrass *auff5t encore auj\rd'hui le lecteur4 ,mais il p>loit des s\rds1 et graces aux libralits plus loqu5tes de ,philippe1 ds que l'orateur proposoit en tonnant de faire des alliances1 de =m] des ligues1 de lev] des armes et d'quip] des galres1 mille voix s'crioi5t que la paix e/ le plus gr& des bi5s1 et qu'il ne falloit pas sacrifi] le mom5t prs5t des cra9tes imag9aires sur l'av5ir4 ,dmo/hnes p>loit l'am\r de la gloire1 l'am\r de la patrie1 l'am\r de la lib]t1 et ces v]tus n'exi/oi5t plus dans la ,grce3 les p5sionnaires de ,philippe remuoi5t1 au contraire1 et intressoi5t en sa faveur la p>esse1 l'av>ice et la mollesse4 ,qu& ce pr9ce s'y s]oit pris avec mo9s d'habilet p\r ca*] les projets de son ambition1 falloit-il espr] de runir encore les ,grecs1 et de =m] contre la ,macdo9e une ligue gnrale1 comme on avoit fait autrefois contre la ,p]se8 ,quelqu'e/imable1 dit ,polybe1 que soit ,dmo/hnes p> beauc\p d'endroits1 on ne peut l'excus] d'avoir prodigu le nom infame de tratre aux citoy5s les plus accrdits de plusieurs rpubliques1 p>ce qu'ils toi5t unis d'intrt avec ,philippe4 ,t\s ces magi/rats1 dont ,dmo/hnes a v\lu fltrir la rputation1 p\voi5t aism5t ju/ifi] une conduite1 qui1 aprs les *angem5s surv5us dans le sy/me politique de la ,grce1 a augm5t les =ces et la puissance de leur patrie1 ou qui l'a sauv de sa ru9e4 ,si les ,messni5s et les ,arcadi5s ont p5s que leurs intrts n'toi5t pas les mmes que ceux d',a?nes2 s'ils ont prfr d'implor] la protection de ,philippe1 se laiss] ass]vir p> les ,lacdmoni5s2 s'ils ont nglig un mal loign p\r *]*] un remde celui qui les pressoit2 ,dmo/hnes devoit-il leur en faire un crime8 ,cet orateur se trompoit grossirem5t1 s'il a v\lu que t\s les ,grecs consultass5t les intrts des ,a?ni5s en mnageant ceux de leur ville4 ,si *aque rpublique1 aprs la ru9e du g\v]nem5t fdratif1 ne devoit plus compt] que sur elle-mme1 et n'avoit p\r vois9s que des ennemis1 p\rquoi ,dmo/hnes se croyoit-il en droit d'exig] que les ,!ssali5s1 placs sur la frontire de la ,macdo9e1 et que ,philippe avoit dlivrs de leurs tyrans1 fuss5t +rats1 et s'exposass5t les premi]s t\s les maux de la gu]re1 p\r donn] inutilem5t la ,grce un exemple de c\rage1 et p>otre atta*s des pr9cipes d'union qui ne subsi/oi5t plus8 ,si les ,argi5s implorr5t la protection de ,philippe1 c'e/ que ,lacdmone v\loit tre encore le tyran du ,ploponse2 et que ne p\vant =m] d'alliance sre avec aucune rpublique de la ,grce1 la ,macdo9e seule devoit leur donn] d'utiles sec\rs4 ,si les ,?ba9s se lir5t avec ,philippe1 c'e/ qu'ils vir5t que les ,grecs ne v\loi5t plus tre libres1 que t\s aspiroi5t la tyrannie1 et qu'ils crur5t prud5t de ne pas (f5s] l'ennemi le plus puissant de la lib]t publique4 ,comm5t ,dmo/hnes ne s5toit-il pas que les injures dont il accabloit les pr9cipaux magi/rats de ,messne1 de ,mgalopolis1 de ,?bes1 d',argos1 de ,!ssalie1 etc4 lo9 de prp>] les esprits aux alliances qu'il mditoit1 n'toi5t propres qu' multipli] les ha9es et les qu]elles dome/iques de la ,grce8 ,aprs avoir fait l'preuve de la foiblesse1 de l'irrsolution et de la l*et des ,a?ni5s1 p\rquoi v\loit-il que les autres villes fiss5t p\r eux ce qu'ils ne faisoi5t pas p\r eux-mmes8 ,aprs avoir connu p> expri5ce l'inutilit des ambassades dont il fatiguoit la ,grce1 que ne *angeoit-il de vues8 ,et peut-on ne le pas mpris] comme politique et comme citoy51 dans le mom5t mme qu'on l'admire comme orateur6 ,il osa propos] aux ,a?ni5s de lev] deux mille hommes d'infant]ie et deux c5ts cavali]s1 dont un ti]s s]oit compos de citoy5s1 et d'quip] dix galres lgrem5t armes4 ,je ne =me pas1 disoit-il1 de plus gr&es dem&es1 c> notre situation prs5te ne n\s p]met pas d'avoir des =ces capables d'attaqu] ,philippe en rase campagne4 ,quel toit donc le desse9 de ,dmo/hnes8 ,n\s devons1 cont9ue-t-il1 n\s born] faire de simples c\rses4 ,etrange projet6 qui1 au lieu de c\rage1 ne devoit donn] aux ,a?ni5s qu'une inquitude ridicule2 qui1 lo9 d'inspir] de la cra9te un ennemi dont on av\oit la supriorit1 n'toit capable que de l'irrit]1 et auroit ju/ifi son ambition4 ,dmo/hnes esproit-il que ce foible ef=t ranim]oit le c\rage de la ,grce1 et lui donn]oit de la confiance et de l'mulation8 ,il n'att5doit ri5 lui-mme de ses entreprises2 puisque dans le gr& nombre d'exordes qu'il composoit d'avance1 et dont il se s]voit ensuite dans l'occasion1 on en tr\ve pe9e deux ou trois qu'il et prp>s en cas d'un vnem5t heureux4 ,polybe lui repro*e de n'avoir eu p\r politique qu'un emportem5t tmraire4 ,les ,a?ni5s1 dit cet hi/ori51 cdant enf9 aux sollicitations de leur orateur1 se roidir5t contre ,philippe2 ils fur5t battus ,*rone1 et n'auroi5t cons]v ni leurs maisons1 ni leurs temples1 ni leur qualit de citoy5s1 si le va9queur n'et consult sa gnrosit4 ,j'aime mieux le s5s admirable de ,phocion1 qui1 aussi gr& capita9e que ,dmo/hnes toit mauvais soldat1 se mettoit la porte de ses concitoy5s1 et leur conseilloit la paix1 quoique la gu]re dt le plac] la tte des affaires de la rpublique4 ,je suis d'avis1 disoit-il un j\r aux ,a?ni5s1 que v\s fassiez en sorte d'tre les plus =ts1 ou que v\s sa*iez gagn] l'amiti de ceux qui le sont4 ,ne v\s plaignez pas de vos allis1 mais de v\s-mmes1 dont la mollesse accrdite t\s les abus2 mais de vos gnraux1 dont le brig&age s\lve contre v\s les peuples mmes qui priront si v\s succombez4 ,je v\s conseill]ai la gu]re1 disoit-il une autre fois1 qu& v\s s]ez capables de la faire2 qu& je v]rai les jeunes g5s disposs obir et bi5 rsolus ne pas ab&onn] leur rang1 les ri*es contribu] volontairem5t aux beso9s de la rpublique1 et les orateurs ne pas pill] le public4 ,voil t\te la politique de ce gr& homme1 qui ne jugeoit po9t des =ces et des ress\rces d'un tat p> ces accs mom5tans de c\rage et de confiance qu'un caprice donne et dtruit1 mais p> ses murs ord9aires et les habitudes que des loix con/antes lui ont fait contract]4 ,phocion reg>doit sa rpublique et la ,grce entire comme des malades auxquels il ne s'agit pas de r5dre brusquem5t la sant2 mais dont il faut prolong] la vie et rtablir peu--peu le tempram5t p> un rgime sage et circonspect4 ,affoiblies en effet p> une longue suite de maux1 elles devoi5t ncessairem5t succomb] dans une crise occasionne p> des remdes viol5ts4 ,phocion auroit p]mis un peuple v]tueux de se livr] au dsespoir1 p>ce qu'il e/ en droit d'en att5dre son salut2 mais il savoit qu'une rpublique corrompue e/ tmraire1 si elle ose seulem5t t5t] une entreprise difficile4 ,quoique p> sa conduite inconsidre1 ,dmo/hnes augm5tt les divisions des ,grecs1 et p> consqu5t s]vt a9si lui-mme l'ambition de ,philippe2 ce pr9ce1 qui toit sr de remu] la ,grce p> le moy5 de ses p5sionnaires et de ses allis1 et d'y suscit] des tr\bles son gr1 n'oublia ri5 p\r atta*] cet orateur ses intrts1 ou du mo9s p\r lui f]m] la b\*e4 ,il p\voit se pass] des s]vices que lui r5doit ,dmo/hnes1 et il craignoit cette loqu5ce imptueuse qui le reprs5toit comme un tyran4 ,il ne v\loit pas qu'on entretnt l'orgueil des ,grecs1 en leur rappelant le s\v5ir des gr&es actions de leurs pres4 ,leur p>l] du prix de la lib]t1 c'toit le contra9dre n'agir qu'avec une circonspection incommode p\r un ambitieux4 ,plus ,philippe s'appliquoit lass] la ,grce de sa lib]t1 et lui inspir] une c]ta9e indol5ce qui la prp>t obir qu& elle s]oit va9cue1 plus il voyoit avec *agr9 que l'orateur ,a?ni5 dvoilt ses projets1 apprt d'avance aux ,grecs r\gir un j\r de la s]vitude qu'ils ne p\voi5t vit]1 et r5dt en quelque sorte inc]ta9 le fruit de ses victoires1 en les prp>ant tre inquiets et sditieux4 ,d'ailleurs1 ce pr9ce avoit vu dans les d]nires gu]res1 que ,sp>te1 ,a?nes1 ,?bes et d'autres rpubliques avoi5t t\r--t\r implor la protection de la ,p]se1 et s'toi5t s]vies de ses =ces p\r p]dre leurs ennemis4 ,cette politique n'avoit plus ri5 d'odieux2 et il toit naturel qu'aprs avoir *]* inutilem5t dans la ,grce des ress\rces contre la ,macdo9e1 ,dmo/hnes se jett entre les bras des satrapes d',asie4 ,philippe avoit d'autant plus lieu d'apprh5d] une p>eille dm>*e de la "p de cet orateur1 qu'il passoit p\r avoir des liaisons troites avec la c\r de ,p]se1 et mme p\r tre son p5sionnaire4 ,si cette puissance v5oit se ml] des affaires de la ,grce1 les projets de ,philippe toi5t r5v]ss1 ou du mo9s l'excution en dev5oit beauc\p plus difficile4 ,les ri*esses imm5ses de l',asie auroi5t aism5t runi t\tes les rpubliques divises1 p>ce que leurs magi/rats avoi5t la mme passion de s'enri*ir4 ,au lieu de va9cre les ,grecs p> les ,grecs mmes1 ,philippe auroit t oblig de les attaqu] runis2 et p\r les ass]vir1 il et mme fallu triomph] des ,p]ses4 ,l'vnem5t ju/ifia les cra9tes de ,philippe4 ,dmo/hnes ouvrit l'avis d'envoy] des ambassadeurs au roi de ,p]se1 p\r lui reprs5t] combi5 il lui importoit de ne pas s\ffrir l'agr&issem5t de la ,macdo9e1 et le press] de donn] des sec\rs aux ,a?ni5s4 ,l'orateur1 qui n'avoit d'abord que tt la disposition des esprits1 insi/a dans un autre disc\rs sur la ncessit de cette rsolution1 qui fut enf9 appr\ve p> la rpublique4 ,la ngociation des ,a?ni5s russit2 et ,philippe ayant =m les siges importans de ,pr9! et de ,bisance1 se vit tr\bl] dans ces oprations p> les sec\rs que la ,p]se et la rpublique d',a?nes envoyr5t aux assigs4 ,c'e/ alors que ce pr9ce fit voir t\te la sagesse dont il toit capable4 ,il jugea qu'en s'op9itrant son entreprise1 il irrit]oit ses ennemis1 les uniroit plus troitem5t1 et les =c]oit faire p> passion ce que leur c\rage ni leur prud5ce ne leur f]oi5t jamais entrepr5dre4 ,p\r conjur] l'orage qu'il voyoit se =m]1 il lve le sige des places qu'il s]roit dj de prs1 et t\rna ses armes contre les ,scy!s4 ,les ,a?ni5s1 d'autant plus va9s qu'ils toi5t plus l*es1 ne d\tr5t po9t que la n\velle expdition de ,philippe ne ft un c\p de dsespoir2 ils crur5t qu'humili de sa disgrace1 il alloit ca*] sa honte dans la ,scy?ie2 en voyant entrepr5dre la gu]re contre un peuple qui ne cultive po9t la t]re1 qui n'a aucune habitation fixe1 qui *asse devant lui ses tr\peaux1 et n'ab&onne ses ennemis que des ds]ts o ils ne peuv5t subsi/]1 on se flatta que la ,macdo9e toit p]due4 ,si ,philippe cep5dant ne veut pas s'engag] dans une entreprise srieuse contre les ,scy!s1 et comm5c] des ho/ilits inutiles qui l'auroi5t emp* de se port] son gr dans la ,grce1 les ,a?ni5s pr5n5t sa prud5ce p\r une preuve de sa con/]nation1 et s'applaudiss5t dj de son emb>ras4 ,la c\r de ,p]se1 de son ct1 toit trop acc\tume la flatt]ie la plus s]vile p\r ne pas p]suad] l'imbcille ,o*us qu'il avoit triomph de ,philippe4 ,mo9s ce prt5du triomphe avoit cot de pe9e1 plus le mon>que orgueilleux crut qu'il toit inutile de dploy] de plus gr&es =ces1 et que la t]reur de son nom suffisoit p\r susp5dre l'ambition de ,philippe4 ,l'orgueil des allis et leur joie les emp*r5t de pr5dre des mesures p\r l'av5ir2 et1 comme l'avoit prvu leur ennemi1 le li5 qui les unissoit1 se rel*a4 ,philippe cep5dant qui les obs]voit de la ,scy?ie1 mdite sa v5geance2 mais af9 de faire une div]sion plus prompte dans les esprits1 et de mieux sp>] ,a?nes de la ,p]se1 il v\lut occup] les ,grecs d'une affaire laquelle il sembloit lui-mme ne pr5dre aucun intrt4 ,se s]vant du crdit qu'il a sur les ,amphictyons1 il fait dcl>] la gu]re aux ,locri5s d',amphysse1 qui s'toi5t emp>s de quelques *amps consacrs au temple de ,delphes1 et engage le conseil donn] le comm&em5t de l'arme ,cottyphe1 homme v5du aux volonts de la ,macdo9e4 ,ce c\rtisan1 docile ses in/ructions1 trane la gu]re en longueur1 ne se p]met aucun succs1 et laisse mme pr5dre assez d'avantages aux ,locri5s1 p\r que les g5s religieux craign5t un sc&ale1 et que la maje/ du ,dieu de ,delphes ne soit pas v5ge4 ,les esprits s'*auff5t aux clameurs des p>tisans d',apollon et de ,philippe2 on ne p>le dans t\te la ,grce que de faire un ef=t gnral p\r ext]m9] des sacrilges4 ,les ,locri5s rappell5t le s\v5ir des ,phocens2 ,philippe a va9cu ceux-ci1 il peut seul rduire les autres2 le vu public lui dfre le comm&em5t1 ses ennemis n'os5t s'y oppos] dans la cra9te d'y tre accuss d'impit1 et les ,amphictyons ont enf9 rec\rs lui4 ,autant que ce pr9ce avoit fui jusque-l l'clat1 autant *]*a-t-il intimid] ses ennemis p> l'app>eil de son expdition1 ds qu'av\ p> les tats de la ,grce1 et comme v5geur de l'injure faite au temple de ,delphes1 il put se livr] son ambition4 ,a pe9e eut-il dfait les ,locri5s1 que1 s\s prtexte de =c] les ,a?ni5s se dta*] de l'alliance des rebelles1 il entra avec t\tes ses =ces dans la ,phocide1 et s'emp>a d',elate1 avant qu'on et pntr ses vritables desse9s4 ,cette n\velle1 et celle de sa m>*e du ct de l',attique1 fur5t portes ,a?nes au milieu de la nuit2 et les magi/rats con/]ns la fir5t sur le *amp publi] p> les crieurs publics3 t\t s'meut1 t\t s'agite dans la ville2 et sans att5dre de convocation1 les citoy5s se r5d5t au lieu des assembles1 o rgne d'abord un morne sil5ce4 ,aucun des orateurs n'avoit le c\rage de mont] dans la tribune1 lorsque ,dmo/hnes1 enh>di p> le peuple qui fixoit ses reg>ds sur lui1 prit la p>ole1 exhorta ses concitoy5s ne pas dsespr] du salut de la patrie1 et proposa d'envoy] une ambassade aux ,?ba9s p\r leur dem&] des sec\rs contre un ennemi qui ne daignoit plus ca*] son ambition1 et dont la n\velle entreprise ne m5aoit pas mo9s leur lib]t que celle de l',attique4 ,le peuple appr\va ce projet p> ses acclamations2 et ,dmo/hnes russit sans pe9e =m] une ligue avec une rpublique que ,philippe comm5oit maltrait]1 depuis qu'il l'avoit r5due odieuse au re/e de la ,botie4 ,les deux allis semblr5t repr5dre le gnie qu'ils avoi5t eu s\s ,?mi/ocle et ,epam9ondas2 ils combattir5t avec une valeur hroque ,*rone1 mais la =tune se dcl>a contr'eux4 ,philippe1 t\j\rs att5tif divis] ses ennemis1 et tempr] p> sa clm5ce la svrit laquelle le bi5 de ses affaires le contraignoit quelquefois1 prv9t les ,a?ni5s p> des bi5faits1 leur r5voya leurs prisonni]s sans ranon1 et leur (frit un accommodem5t avantageux1 t&is qu'il p\rsuivit les ,?ba9s avec une extrme *aleur1 et ne leur accorda la paix1 qu'aprs avoir mis g>nison dans leur ville4 ,ce pr9ce occupoit les po/es les plus avantageux de la ,grce1 ses tr\pes toi5t acc\tumes va9cre1 t\tes les rpubliques trembloi5t au nom du va9queur1 ou l\oi5t sa modration4 ,il s'en falloit bi5 cep5dant que cet empire de la ,macdo9e ft solidem5t aff]mi2 et il toit plus difficile de r5dre les ,grecs pati5s s\s le j\g1 que de les avoir va9cus4 ,leurs vices et leurs divisions les avoi5t conduits la s]vitude1 sans qu'ils s'en ap]uss5t2 mais la prs5ce d'un matre p\voit leur r5dre leur anci5 gnie1 en les clairant sur leur sort2 et un peuple n'e/ jamais plus r$\table1 que qu& il combat p\r rec\vr] sa lib]t p]due1 avant que de s'tre acc\tum obir4 ,au milieu d'une nation volage1 inquite1 orgueilleuse1 tmraire et agu]rie1 le mo9dre vnem5t toit capable de caus] une rvolution1 ou du mo9s des rvoltes t\j\rs n\velles qui auroi5t enf9 puis les =ces de la ,macdo9e1 ou qui l'auroi5t mise dans la ncessit de combattre encore long-temps avant que de p\voir pr(it] de ses victoires4 ,philippe ne se laissa po9t enivr] p> ses succs2 semblable ces ,roma9s si savans dans l'art de mani] leur gr les nations1 et qui1 quelques sicles aprs1 ass]vir5t les ,grecs1 il connoissoit t\s les milieux p> lesquels un peuple doit pass] de la lib]t la s]vitude1 et la l5teur avec laquelle il faut le conduire p\r l'acc\tum] tre docile4 ,il tempra l'orgueil de sa victoire2 il rappela lui les esprits que sa prosprit sembloit eff>\*]2 il t*a de p]suad] aux ,grecs qu'il n'avoit fait jusque-l la gu]re1 et n'avoit va9cu1 que p\r les dlivr] de leurs tyrans1 et protg] leur indp5dance4 ,le *ef-d'uvre de sa politique1 ce fut de les br\ill] avec la c\r de ,p]se4 ,en rallumant leur anci5ne ha9e contre cette puissance1 en les conduisant la conqute de l',asie1 il flattoit leur orgueil1 les di/rayoit de la p]te de leur lib]t1 donnoit un alim5t leur inquitude naturelle1 et s'emp>oit de t\tes les =ces que la ,grce auroit pu t\rn] contre lui4 ,aprs la conqute des ,satrapies de l',asie m9eure1 la ,grce1 place dans le c5tre de la puissance ,macdoni5ne1 sans allis1 sans vois9s1 sans esprance de sec\rs trang]s1 devoit se voir dans l'impuissance de rec\vr] sa lib]t3 elle auroit bi5tt pr\v1 s\s la ma9 de ,philippe1 cette s]vitude pesante laquelle les ,roma9s la condamnr5t4 ,la rpublique la plus considrable n'auroit pu excit] qu'une meute1 et t\s les ,grecs auroi5t bi5tt connu le dang] et les inconvni5s de ces commotions passagres dont la tyrannie se s]t t\j\rs p\r t5dre ses droits et les aff]mir4 ,en rcomp5sant d'une ma91 en *tiant de l'autre1 ,philippe auroit lass la con/ance de ses ennemis1 et augm5t le nombre de ses p>tisans4 ,il lui auroit suffi d'loign] les uns des magi/ratures1 et d'y port] les autres p> son crdit1 p\r j\ir enf9 de cette autorit absolue dont les ambitieux sont si jal\x1 et qui e/ cep5dant l'avant-c\reur de leur foiblesse1 de leur dcad5ce et de leur ru9e4 ,je ne sais si jamais l'ambition d'un homme a prs5t un spectacle aussi intressant que le rgne de ,philippe4 ,que de prud5ce1 que de c\rage dans t\t le dtail de la conduite de ce pr9ce6 ,quelle ju/esse dans le plan d'lvation qu'il s'toit propos6 ,on ne peut trop admir] sa con/ance le suivre4 ,quelle connoissance du cur huma96 ,quelle habilet le remu] et pr(it] des passions6 ,t\t pr9ce qui1 avec le mme gnie1 se conduira p> les mmes pr9cipes1 aura sans d\te les mmes succs2 il s]a la t]reur de ses vois9s3 il va9cra ses ennemis2 il f]a des conqutes4 ,et je m'atta*]ois dml]1 autant qu'il m'e/ possible1 les ressorts de cette politique malheureuse1 si l'objet qu'elle se propose ne p>oissoit petit1 mprisable1 et mme condamnable aux yeux de cette politique suprieure1 qui ne s'occupe po9t s]vir les passions du mon>que1 mais r5dre les tats heureux4 ,en effet1 qu'a fait ,philippe p\r le bonheur de la ,macdo9e et de sa maison8 ,ne songeant qu' sa =tune p>ticulire1 ne travaillant qu' satisfaire son ambition1 il ne s'e/ s]vi des plus gr&s tal5s et des ress\rces les plus r>es du gnie1 que p\r lev] un difice qui devoit s'cr\l] bi5tt aprs lui4 ,les hommes ent5d5t mal les intrts de l'humanit1 lorsqu'admirant imprudemm5t des difficults surmontes1 ils l\5t sans re/riction des tal5s dont l'emploi a t p]nicieux4 ,importoit-il la famille de ,philippe ou son royaume1 qu'il tablt un gr& empire8 ,en se r5dant puissant1 il n'a fait que jet] le g]me d'une f\le de gu]res1 et prp>] dans le monde des rvolutions et des dva/ations4 ,s'il n'et eu p\r successeur qu'un homme ord9aire1 t\t le fruit de ses travaux et t p]du en un j\r4 ,il laissa sa c\ronne un hros1 et l'avoit r5du assez puissant p\r conqurir l',asie2 mais ces conqutes n'ont pas t possdes p> les enfans d',alex&re et p> la ,macdo9e4 ,les hriti]s de ce pr9ce ont pri misrablem5t2 et leur tat1 r5f]m une seconde fois dans ses premires limites ne cons]va de son anci5ne =tune qu'une ambition dmesure qui l'affoiblissoit1 et il dev9t enf9 la proie des ,roma9s4 ,si ,philippe et eu un successeur digne de lui1 c'e/--dire1 qui et aff]mi sa dom9ation sur la ,grce1 au lieu d'aspir] la conqute du monde enti]1 il faudroit donc le l\] d'avoir eu l'art d'avilir les ,grecs1 et dtruit ce re/e de c\rage qu'ils devoi5t leur lib]t4 ,enf91 p\rquoi ne blm]oit-on pas l'usage que ,philippe a fait de ses tal5s1 puisque la =tune laquelle il aspiroit n'toit propre qu' corrompre ses successeurs1 et r5dre les devoirs de la royaut plus pnibles8 ,que la gloire de ce pr9ce auroit t gr&e1 si aprs s'tre fait naturalis] dans la ,grce p> son entre au conseil des ,amphictyons1 il n'et ambitionn que la sorte d'empire que ,lacdmone avoit eue1 et n'et travaill1 faisant revivre l'esprit d'union1 qu' rtablir l'anci5ne confdration des ,grecs6 ,il toit temps de song] cette r=me2 les rpubliques1 assez puissantes p\r avoir eu de l'ambition1 avoi5t dj pr\v assez de malheurs p\r jug] qu'elles n'avoi5t =m que des projets *imriques4 ,t\tes s5toi5t la ncessit de faire des alliances2 de-l leurs ngociations p]ptuelles2 et si leurs liaisons toi5t inc]ta9es1 c'e/ qu'aucune ville n'avoit ni assez de =ce ni assez de sagesse p\r inspir] de la confiance aux autres1 et les protg] efficacem5t4 ,quelles l\anges ,philippe n'auroit-il pas mrites1 si1 aprs avoir eu l'habilet de corrig] son royaume de ses vices1 il et aff]mi ses tablissem5s1 en donnant aux lois cette autorit dont il toit si jal\x2 s'il et emp* que ses successeurs n'abusass5t un j\r de la =tune qu'il leur laissoit1 et que dev5ant1 p\r a9si dire1 l'auteur de t\t le bi5 qu'ils f]oi5t1 il n'et compos qu'un seul peuple de ses anci5s sujets1 et des ,grecs6 ,ce pr9ce auroit t gal ,lycurgue4 ,la ,macdo9e1 heureuse au-d$ans1 auroit t en sret contre les trang]s2 ses =ces unies celles de la ,grce auroi5t suffi p\r rep\ss] leurs injures1 et vraisemblablem5t la gr&eur roma9e se s]oit brise contre cette masse d'tats libres et florissans4 ,philippe nomm gnral des ,grecs1 p\r port] la gu]re en ,asie1 y avoit dj fait pass] quelques-uns de ses gnraux1 et se prp>oit les suivre avec une arme =midable1 lorsqu'il fut assass94 ,en appr5ant cette n\velle1 les ,?races1 les ,poni5s1 les ,illyri5s1 et les ,taul5ti5s prir5t l'envi les armes1 et auroi5t dtruit la puissance mal aff]mie des ,macdoni5s1 si ,philippe n'et eu ,alex&re p\r successeur4 ,les ,grecs1 de leur ct1 crur5t avoir dj rec\vr leur lib]t4 ,les ,a?ni5s1 anims p> ,dmo/hnes1 ne v\loi5t plus obir un gnral trang]2 et en se liguant avec ,attalus1 frre de la seconde femme de ,philippe1 et ennemi d',alex&re1 se flattoi5t de suscit] assez de tr\bles en ,macdo9e1 p\r que la ,grce pt aism5t rtablir son indp5dance4 ,les ,etoli5s se htr5t de rappel] dans l',ac>nanie les citoy5s que ,philippe en avoit bannis4 ,les ,ambraciotes *assr5t la g>nison que ce pr9ce t5oit *ez eux4 ,ceux d',argos et d',elis1 les ,sp>tiates et les ,arcadi5s donnr5t dans le ,ploponse l'exemple de la rvolte2 et les ,?ba9s1 refusant ,alex&re le titre de gnral qu'ils avoi5t accord son pre1 portr5t un dcret p> lequel il toit ordonn aux ,macdoni5s qui occupoi5t ,cadme1 de sortir de cette =t]esse4 ,les ,grecs se livroi5t a9si l'esprance que le jeune successeur de ,philippe s]oit ret5u dans ses tats p> la gu]re que lui faisoi5t les ,b>b>es2 mais ri5 ne lui rsi/e1 ,?races1 ,illyri5s1 ,poni5s1 ,taul5ti5s1 t\t e/ dj *ti1 t\t e/ r5tr dans le devoir4 ,alex&re p>ot dans la ,grce1 et les ,?ba9s1 son appro*e1 ne lv5t po9t le sige qu'ils avoi5t mis devant ,cadme4 ,ils insult5t ce pr9ce1 et sont eux-mmes assigs dans leur ville4 ,malgr t\s les prodiges de valeur que peut inspir] le dsespoir1 ils fur5t emports l'pe la ma91 et leur malheureuse patrie s]vit de ?tre t\tes les horreurs de la gu]re4 ,le soldat fut pass au fil de l'pe4 ,on arra*a les femmes1 les enfans1 les vieill>ds1 des temples qui leur s]voi5t d'asyle1 p\r tre v5dus l'encan4 ,aucun ,grec ne put1 s\s pe9e de la vie1 recevoir *ez lui un ,?ba9 fugitif1 et ,?bes rduite en c5dres1 ne fut plus qu'un monceau de ru9es4 ,la lib]t de la ,grce p>oissoit dtruite2 et ,alex&re1 pr(itant de la con/]nation qu'il avoit rp&ue1 se fait donn] le titre de gnral qu'avoit eu son pre1 et m>*e la conqute de la ,p]se4 ,s'il suffit s\v5t d'un pr9ce imbcille ou m*ant p\r p]dre la mon>*ie la plus solidem5t aff]mie1 comm5t l'empire de ,cyrus auroit-il pu rsi/] aux =ces avec lesquelles ,philippe s'toit prp> l'attaqu]8 ,a des pr9ces mprisables1 dont j'ai dj eu occasion de p>l]1 avoit succd ,o*us4 ,son avnem5t au trne (frit un spectacle effrayant la ,p]se4 ,ce mon/re fit prir ceux de ses frres qui toi5t mo9s indignes que lui de rgn]1 et t5dit ensuite ses proscriptions sur le re/e de sa famille4 ,t\t dgtant du sang de ses p>5s et de ses sujets1 il s'ab&onna aux volupts4 ,il n'y avoit dans t\te la ,p]se qu'un homme aussi abom9able qu',o*us1 c'toit l'eunuque ,bagoas son favori4 ,l'inhumanit et la sclratesse avec lesquelles il fit prir son matre1 excit5t un frmissem5t d'horreur2 mais on se rassure1 en voyant qu'il n'en falloit pas mo9s p\r v5g] dignem5t les ,p]ses des maux qu'ils avoi5t s\ff]ts4 ,arss monta en tremblant sur le trne de ses pres2 et ,bagoas1 qui le fit bi5tt prir1 donna la c\ronne ,d>ius-,codoman1 de/9 voir la ru9e de l'empire des ,p]ses4 ,il s'en faut beauc\p que les hi/ori5s p>l5t de ,d>ius avec le mme mpris que de ses prdcesseurs4 ,c'toit au contraire un pr9ce brave1 gnreux1 et mme capable de consult] la ju/ice et de respect] les droits de l'humanit en possdant un p\voir sans bornes4 ,mais irrsolu et peu clair1 il manquoit des qualits ncessaires p\r g\v]n] dans des temps difficiles4 ,d>ius monta sur le trne presqu'en mme temps qu',alex&re succda ,philippe2 et qu& 'auroit t un gr& homme1 comm5t auroit-il pu conjur] l'orage dont il toit m5ac8 ,p> quel art auroit-il corrig subitem5t les vices invtrs de la ,p]se1 intress des esclaves au bi5 de l'tat1 et donn1 en un mot1 l'empire des ressorts capables de le m\voir8 ,il ne p\voit oppos] son ennemi que des armes sans c\rage1 sans discipl9e1 acc\tumes fuir devant les ,grecs1 et des c\rtisans empresss pr(it] des foiblesses de leur matre1 et des malheurs publics p\r satisfaire leur av>ice et la jal\sie qui les divisoit2 en un mot1 des hommes sans patrie1 qui savoi5t1 p> une longue expri5ce1 qu'ils ne p>tag]oi5t jamais la prosprit du pr9ce4 ,alex&re passa en ,asie avec tr5te mille hommes d'infant]ie et c9q mille *evaux4 ,d>ius fut va9cu1 la ,p]se conquise p> les armes des ,macdoni5s1 et cep5dant le projet de ,philippe ne fut pas excut4 ,ce pr9ce1 je l'ai dj dit1 mditoit des conqutes en ,asie p\r aff]mir son autorit dans la ,grce2 et c'e/ en conqurant qui ne songe au contraire qu' t\t r5v]s]1 sans v\loir ri5 tablir1 qu',alex&re entra dans les tats de ,d>ius4 ,il s\met des prov9ces sans p5s] comm5t il les cons]v]a2 il se cont5te de les opprim] p> la t]reur de son nom2 il =me un empire1 dont t\tes les p>ties sont prtes se sp>]4 ,philippe avoit projet son expdition1 en joignant ses propres =ces deux c5t tr5te mille ,grecs2 et p> cette politique1 non-seulem5t il toit sr d'accabl] ,d>ius1 mais il enlevoit encore la ,grce des soldats qui toi5t suspects la ,macdo9e1 y prv5oit t\te rvolte1 et1 en l'affoiblissant1 l'acc\tumoit ins5siblem5t obir4 ,son fils1 au contraire1 ne laisse dans ses tats que d\ze mille hommes s\s le comm&em5t d',antipat]1 p\r ret5ir dans l'obissance un pays dont il connoissoit le p5*ant la sdition1 et qui1 ple9 de citoy5s jal\x de leur lib]t et de soldats agu]ris1 devoit t5t] p> son exemple d'excit] la ,?race1 l',illyrie1 c4 sec\] le j\g4 ,cep5dant un de nos plus illu/res criva9s le l\e d'avoir mis peu de *oses au has>d dans le comm5cem5t de son entreprise1 et de n'avoir employ que t>d la tmrit comme un moy5 de russir4 ,qu& s]a-t-on donc tmraire1 s'il e/ prud5t de v\loir conqurir l',asie avec tr5te-c9q mille hommes1 et d'envahir les prov9ces trangres1 sans avoir mis les si5nes en sret8 ,les ,grecs qui opposr5t ,x]cs des =ces quatre fois plus considrables1 les prodiguoi5t donc inutilem5t2 toi5t-ils mo9s braves1 mo9s discipl9s que les soldats d',alex&re8 avoi5t-ils beso9 de lev] des armes plus nombreuses8 ,si ,d>ius1 en effet1 et eu assez de c\rage p\r ne po9t se laiss] intimid] p> la tmrit imposante d',alex&re1 et que docile au sage conseil de ,memnon1 il et1 l'exemple d'un de ses prdcesseurs1 rp&u de l'arg5t dans la ,grce p\r l'engag] faire une div]sion en faveur de l',asie1 et arm p\r la df5se de la ,p]se des soldats que son ennemi avoit eu l'imprud5ce de ne pas pr5dre son s]vice2 il e/ vraisemblable que l'expdition tmraire d',alex&re n'auroit pas eu un sort plus heureux que celle d',agsilas4 ,celui-ci fut oblig d'ab&onn] ses conqutes p\r all] au sec\rs de ,sp>te1 et l'autre auroit t =c de c\rir la df5se de son royaume1 et se s]oit puis p\r subjugu] la ,grce1 que l'arg5t de ,d>ius auroit t5ue unie4 ,qu',alex&re ait t un gr& capita9e1 p]sonne n'en d\te2 mais il p\rroit avoir t un gu]ri] trs-sage dans le dtail de *acune de ses oprations1 et un politique trs-imprud5t dans le plan gnral de ses entreprises4 ,on l\e1 p> exemple1 ce pr9ce d'avoir pr(it de la bataille d',issus p\r s'emp>] de l',egypte1 que ,d>ius avoit laisse dg>nie de tr\pes1 p5dant qu'il assembloit des armes innombrables dans un autre univ]s4 ,mais il me semble que c'e/ l\] une faute4 ,p\rquoi se jet] sur un pays ouv]t1 et qui sans ef=t devoit app>t5ir aux ,macdoni5s1 si ,d>ius toit va9cu8 ,p\rquoi laiss] son ennemi le temps de respir]1 de rp>] et de rassembl] ses =ces8 ,alex&re devoit p\rsuivre ,d>ius aprs la bataille d',issus1 avec la mme *aleur et la mme clrit qu'il le p\rsuivit aprs la bataille d',arbelles4 ,p5dant qu'il fait le sige inutile de ,tyr1 qu'il p]d un temps prcieux en ,egypte et dans le temple de ,jupit] ,hammon1 ,d>ius lve huit c5t mille hommes de pi$ et deux c5t mille hommes de caval]ie1 les arme1 les ex]ce1 et rep>oissant dans les pla9es d',arbelles beauc\p plus =t que dans celle d',issus1 =ce son ennemi expos] sa =tune et sa rputation aux has>ds d'une seconde bataille1 t&is qu'il avoit pu r5dre la premire dcisive4 ,alex&re peut avoir montr dans le c\rs de ses exploits t\s les tal5s qui =m5t le plus gr& des capita9es2 mais il n'en e/ pas mo9s vrai1 que n'tre pas satisfait de la mon>*ie de ,cyrus1 pntr] dans les ,indes1 mdit] la conqute de l',afrique1 v\loir ass]vir l',espagne et les ,gaules1 trav]s] les ,alpes1 et r5tr] dans la ,macdo9e p> l',italie va9cue1 c'toit s'loign] prodigieusem5t des vues de ,philippe1 et n'y ri5 sub/itu] de raisonnable4 ,qu'e/-ce que des conqutes dont l'unique objet e/ de ravag] la t]re8 ,quel nom assez odieux donn]a-t-on un conqurant1 qui reg>de t\j\rs en avant1 et ne jette jamais les yeux d]rire lui1 qui m>*ant avec le bruit et l'imptuosit d'un torr5t dbord1 s'c\le1 disp>ot de mme1 et ne laisse aprs lui que des ru9es8 ,qu'esproit ,alex&re8 ,ne s5toit-il pas que des conqutes si rapides1 si t5dues et si disproportionnes aux =ces des ,macdoni5s1 ne p\voi5t se cons]v]8 ,s'il ignoroit une vrit si triviale1 s'il ne dmla po9t les ressorts et le b de la politique de son pre1 ce hros devoit avoir des lumires bi5 bornes2 si ri5 de t\t cela1 au contraire1 n'*appoit sa pntration1 et ne pt cep5dant modr] ses dsirs2 ce n'e/ qu'un furieux que les hommes doiv5t har4 ,d>ius ayant (f]t ,alex&re dix mille tal5s et la moiti de son empire1 ,p>mnion p5soit qu'il toit sage de ne pas rejet] ces (fres4 ,je les accept]ois1 dit-il1 si j'tois ,alex&re2 et moi aussi1 rpliqua ,alex&re1 si j'tois ,p>mnion4 ,cette rponse peu s5se a t admire1 p>ce qu'elle dploie1 en quelque sorte1 t\t le c>actre d',alex&re1 et porte notre esprit l'ide d'une ambition et d'un c\rage sans bornes4 ,philippe auroit p5s comme ,p>mnion2 et faisant la paix avec ,d>ius1 auroit du mo9s t5t de =m] une mon>*ie1 dont la trop gr&e t5due n'et pas t un ob/acle insurmontable sa prosprit et sa cons]vation4 ,si on rappro*e s\s un mme po9t de vue les deux pr9ces dont je p>le1 qu'on rem>que entr'eux une trange disproportion6 ,dans ,philippe1 je vois un homme suprieur t\s les vnem5s4 ,la =tune ne peut lui oppos] d'ob/acle qu'il n'ait prvu1 et qu'il ne surmonte p> sa sagesse1 sa pati5ce1 son c\rage ou son activit4 ,je dc\vre un gnie va/e1 dont t\tes les entreprises sont lies et se prt5t une =ce mutuelle4 ,ce qu'il excute1 prp>e t\j\rs le succs de l'entreprise qu'il va comm5c]4 ,dans ,alex&re1 je ne vois qu'un gu]ri] extraord9aire1 qui n'a qu'une manire1 et dont le c\rage tmraire et impati5t 7qu'on me p]mette cette expression7 tran*e p>-t\t le nud gordi5 que ,philippe et dn\4 ,l'excs de t\tes ses qualits surpr5d notre imag9ation1 et le fait p>otre gr&1 p>ce qu'il fait s5tir ceux qui le considr5t1 la foiblesse de leur c>actre3 au lieu de ne donn] que de la surprise ce phnomne r>e1 n\s lui donnons de l'admiration4 ,qu'on suppose ,philippe dans l',asie la tte des =ces de la ,grce4 ,si sa sagesse p>ot d'abord mo9s capable d'impos] ,d>ius1 que l'en?\siasme d',alex&re1 elle le conduira cep5dant au mme b4 ,l'audace d',alex&re lui russit1 p>ce qu'elle excita dans son ennemi la cra9te1 passion qui ress]re l'esprit1 glace l'imag9ation1 et eng\rdit t\tes les facults de l'ame4 ,philippe et ent\r ,d>ius de piges et de prcipices4 ,il et pr(it des divisions qui rgnoi5t dans l',asie1 dont les prov9ces dsunies p> leurs murs1 leurs lois1 leur religion1 n'avoi5t aucune relation entr'elles4 ,il et t5t l'ambition et l'av>ice de ces satrapes orgueilleux et avides qui g\v]noi5t les prov9ces de l'empire sans tre atta*s son g\v]nem5t2 il et m>*& leurs villes1 et1 comme on l'a dit1 faisant autant la gu]re en m>*& qu'en capita9e1 il et peut-tre ru9 la mon>*ie de ,p]se1 sans va9cre ,d>ius les armes la ma94 ,placez ,alex&re dans les mmes circon/ances o s'e/ tr\v son pre1 et la ,macdo9e1 qui n'avoit pas entirem5t succomb s\s l'imbcillit de ses d]ni]s rois1 s]a crase p> le c\rage d',alex&re4 ,qu'un de ses amis veuille pr(it] de sa foiblesse et de la confusion de ses affaires1 il c\rra la v5geance avant que de l'avoir prp>e4 ,il s]oit inutile de p>c\rir ici t\tes les conjonctures dlicates o ,philippe s'e/ tr\v2 je me borne rappel] la leve des siges de ,pr9! et de ,bisance3 ,alex&re toit-il capable d'une p>eille conduite8 ,il ab&onna enf9 les murs des ,grecs ou des ,macdoni5s1 et prit celles des ,p]ses4 ,quelques criva9s1 p\r sauv] la gloire de ce hros1 ont imag9 que ce *angem5t fut l'ouvrage de sa politique1 et qu'il ne songeoit qu' gagn] la confiance des ,b>b>es p\r aff]mir son empire4 ,mais1 qu& ce s]oi5t-l en effet les vues secrtes qui produisir5t cette rvolution1 l'erreur d',alex&re s]oit-elle mo9s grossire8 ,p\r plaire aux ,p]ses1 toit-il prud5t de *oqu] les ,macdoni5s8 ,donn] aux va9queurs les murs des va9cus1 c'e/ prp>] leur ru9e1 c'e/ la r5dre c]ta9e2 et l'on veut qu',alex&re1 ignorant cette vrit commune1 ait reg>d la corruption et l'avilissem5t des ,macdoni5s comme le fondem5t de sa puissance4 ,les ,asiatiques1 acc\tums ramp] s\s le despotisme1 devoi5t port] leurs *anes avec docilit4 ,les ,grecs seuls mritoi5t des mnagem5s4 ,braves1 agu]ris et jal\x de leur lib]t1 ils t5tr5t de sec\] le j\g de la ,macdo9e dans le temps mme qu',alex&re remplissoit l',asie de la t]reur de son nom2 et les ,p]ses1 pati5s et dociles s\s la ma9 qui les opprimoit1 ne songr5t jamais se rvolt]3 que leur importoit le sort de leur matre8 ,la rvolution qui faisoit pass] la c\ronne de ,d>ius sur la tte d',alex&re n'toit po9t une rvolution p\r l'tat1 il re/oit dans la mme situation4 ,quel avantage1 dit un politique clbre1 les ,p]ses auroi5t-ils tr\v obir plutt la famille de ,d>ius1 qu' celle d',alex&re8 ,p\rquoi auroi5t-ils v\lu v5g] la ru9e d'un matre qu'ils ne devoi5t pas aim]8 ,qui russit1 cont9ue ,ma*iavel1 dtrn] un pr9ce despotique1 ne cra9t po9t1 en occupant sa place1 de se voir enlev] sa proie4 ,le va9cu n'avoit comm& qu' des hommes timides qui n'auront po9t le c\rage de le v5g]4 ,il avoit seul possd t\te l'autorit2 et p]sonne1 aprs sa *te1 n'aura assez de crdit p\r arm] le peuple1 se mettre sa tte1 et t5t] de r5v]s] la =tune du va9queur4 ,en effet1 ce fut l'ambition des gnraux ,macdoni5s1 et non l'indocilit des ,p]ses1 qui produisit1 s\s les successeurs d',alex&re1 une longue suite de rvolutions4 ,le *angem5t de ce pr9ce fut une vraie corruption1 ouvrage d'une =tune trop gr&e p\r un homme4 ,il v5oit de gagn] la bataille d',issus2 et n'ayant encore l'ame ouv]te qu' la passion de conqurir1 il ne put cep5dant s'emp*] d'tre bl\i des ri*esses que lui (froit la t5te de ,d>ius1 et de dire ceux qui l'accompagnoi5t1 que c'toit-l ce qu'on devoit appel] rgn]4 ,qu'aprs ce mot1 le hros me p>ot un homme ord9aire6 ,la prosprit dveloppa le g]me de corruption qu'il portoit dans le cur4 ,matre de t\t1 ,alex&re v\lut enf9 j\ir4 ,ce n'e/ po9t p> politique qu'il brla ,p]spolis1 se livra aux volupts de la table1 rassembla dans son palais trois ou quatre c5s des plus belles femmes de son empire1 qui1 t\s les soirs1 v5oi5t essay] sur lui le p\voir de leurs *>mes2 et que ne se croyant plus un homme1 il v\lut exig] de ses c\rtisans le culte qu'on r5doit ,bac*us et ,h]cule4 ,malgr ce que dit ,plut>que1 qu'on ne p5se pas que ce hros songet li] troitem5t les diffr5tes prov9ces de son empire1 p\r n'en =m] qu'un seul corps qui dt t]nellem5t subsi/]2 ,diodore n\s fait connotre les mmoires qu',alex&re a laisss1 et qui cont5oi5t les projets qu'il devoit excut]4 ,il s'agissoit de r5dre de n\veaux honneurs funbres la mmoire d',ephe/ion1 d'lev] ,philippe un tombeau qui galt en gr&eur les pyramides d',egypte1 de btir diffr5s temples1 de port] la gu]re en ,afrique1 en ,espagne1 en ,sicile2 et1 p\r l'excution de ce desse91 de con/ruire mille vaisseaux plus gr&s que les galres ord9aires1 et de prp>] des ports cette flotte1 qui devoit se r5dre matresse de la ,mdit]rane4 ,alex&re indiquoit les moy5s de peupl] les n\velles villes qu'il avoit bties1 et projetoit de faire pass] en ,asie des peuplades d',europens1 et en ,europe des colonies d',asiatiques4 ,ri5 n'indique dans ces mmoires les vues du fondateur d'une mon>*ie durable2 ils ne conti5n5t que les projets d'un homme va9 qui veut tonn] les hommes1 et d'un ambitieux qui ne peut se lass] de faire des conqutes4 ,e/-ce en subjuguant une n\velle prov9ce1 qu'on aff]mit un empire dj trop t5du8 ,quel respect ,alex&re a-t-il m>qu p\r la ju/ice et les lois8 ,quels so9s a-t-il pris p\r =m] un g\v]nem5t8 ,a quelle m>que reconnot-on en lui le gnie d'un lgislateur8 ,alex&re1 rpond un criva9 clbre1 laissa aux va9cus leurs lois civiles1 et quelquefois leur g\v]nem5t2 il respecta les traditions anci5nes et t\s les monum5s de la gloire ou de la vanit des peuples4 ,et de-l e/-il p]mis de conclure qu',alex&re ait t un lgislateur8 ,suffit-il de ne pas dtruire t\tes les lois et les g\v]nem5s des peuples qu'on ass]vit1 p\r acqurir la rputation d'un lgislateur8 ,alex&re auroit t ins5s1 s'il n'et pas s5ti l'impossibilit de donn] en un j\r de n\velles lois la moiti du monde4 ,faut-il lui prodigu] des loges1 p>ce qu'il n'a pas eu la brutalit absurde de quelques conqurans1 qui ont cru que ce n'toit pas rgn] que de ne pas faire taire t\tes les lois en leur prs5ce8 ,cette sagesse qu'on veut admir] dans ,alex&re1 e/ commune2 et les ,b>b>es1 qui ont envahi l'empire roma91 l'ont eue4 ,alex&re1 t\j\rs press de faire de n\velles conqutes1 n'avoit pas eu le temps de faire des lois4 ,p\rquoi auroit-il dtruit les monum5s de la gloire ou de la vanit des peuples8 ,c'et t avilir la rputation des va9cus1 et t]nir la gloire de ses triomphes4 ,alex&re1 il e/ vrai1 a bti des villes et tabli des colonies grecques dans ses conqutes2 mais p\rquoi fait-on honneur sa politique des ouvrages de sa vanit8 ,ses conqutes toi5t-elles faites sur des peuples inquiets1 indociles et belliqueux1 qu'il fallt cont5ir dans le devoir p> des g>nisons et des =t]esses8 ,ces ,grecs et ces ,macdoni5s1 transplants dans la ,p]se et dans l',egypte1 n'toi5t-ils pas plus propres y donn] des exemples de rvolte que de s\mission8 ,alex&re ne songeoit en effet qu' lev] des monum5s sa gloire4 ,ces villes qu'il btissoit1 ces colonies qu'il =moit1 il ne les reg>doit que comme les trophes que les ,grecs avoi5t c\tume d'lev] dans les lieux o ils avoi5t gagn une bataille4 ,comm5t p\rroit-on tr\v] le gnie et les vues d'un lgislateur ou d'un politique qui embrasse un long av5ir1 dans un pr9ce qui1 lo9 de rgl] la succession de son empire1 et de remdi] aux maux que lui prsageoit l'ambition de ses lieut5ans1 prvoyoit1 au contraire1 avec une sorte de joie leurs divisions1 et reg>doit leurs gu]res civiles comme les jeux funbres dont on devoit honor] ses funrailles8 ,n'toit-ce pas en donn] le signal1 que d'appel] vaguem5t sa succession le plus digne de lui succd]8 ,il e/ bi5 vraisemblable qu',alex&re crut qu'il importoit sa gloire que son successeur ft mo9s puissant que lui1 et qu'il se =mt plusieurs mon>*ies considrables des dbris de son seul empire4 ,,livre ,,quatri,,me4 ,la t]reur que rp&it le nom d',alex&re1 l'admiration que mille qualits hroques avoi5t inspire p\r sa p]sonne1 et l'espce d'en?\siasme qui *auffoit son arme1 toi5t les seuls li5s qui t9ss5t unies en un seul corps t\tes les p>ties de l'empire de ,macdo9e4 ,ce pr9ce rgna peu de temps2 et qu& il m\rut1 sa mon>*ie toit encore trop n\velle p\r avoir des c\tumes qui euss5t acquis =ce de lois4 ,t\t le monde sait que ,p]diccas1 qui ,alex&re avoit remis en m\rant son anneau1 fut *>g de la rg5ce de l'tat4 ,on plaa la fois sur le trne ,aride1 fils de ,philippe1 et l'enfant encore au b]ceau qu',alex&re avoit eu de ,roxane1 et le g\v]nem5t des satrapies fut confi aux pr9cipaux (fici]s4 ,il toit impossible qu'il n'arrivt pas bi5tt quelque rvolution dans ce g\v]nem5t4 ,le camp d',alex&re n'avoit pas t une cole o l'on et appris tre ju/e et modr1 et les lieut5ans d'un hros qui reg>doit le c\rage et la =ce comme des titres lgitimes p\r rgn] p>-t\t o il y avoit des hommes1 devoi5t tre ivres d'ambition4 ,p\voi5t-ils reconnotre long-temps l'autorit d'un enfant ou de l'imbcille ,aride1 qui leur p>oissoit aussi mprisable qu',alex&re leur avoit p>u gr&8 ,born] leur p\voir dans leurs satrapies1 c'et t rel*] les ressorts du g\v]nem5t4 ,on n'avoit eu vraisemblablem5t s\s le rgne d',alex&re1 aucune ide de ces sages tablissem5ts1 p> lesquels on tempre l'autorit p\r en prv5ir les abus2 et qu& cette politique auroit t connue1 p> quelle voie le rg5t auroit-il russi la mettre en pratique8 ,c'toit dans ,p]diccas un dfaut que ri5 ne p\voit rp>]1 que d'avoir t l'gal des g\v]neurs de prov9ce2 on devoit tre jal\x de sa puissance et t5t de s'en affran*ir1 si on la craignoit2 et on devoit la mpris]1 si on ne la r$\toit pas4 ,les m5aces de ,p]diccas toi5t va9es contre des hommes qui toi5t les matres de lev] des armes dans leurs prov9ces2 et ses promesses les t\*oi5t peu1 p>ce qu'ils att5doi5t de leur ambition une plus gr&e =tune1 que de leur fidlit au g\v]nem5t4 ,si les g\v]neurs de prov9ce1 dans la cra9te de se r5dre odieux1 n'osoi5t se s\lev] contre une autorit lgitime1 *acun cep5dant se faisoit dans sa satrapie1 des rgles d'adm9i/ration1 suivant qu'il importoit ses intrts p>ticuli]s4 ,*acun et ses armes et ses =t]esses1 et refusa de r5dre compte des tributs et des impts qu'il faisoit lev] p> ses (fici]s4 ,on ne se borne po9t tre sujet1 qu& on possde les =ces et les ri*esses d'un roi4 ,les satrapes fir5t entr'eux des traits d'alliance et de ligue1 et ,p]diccas de son ct fut oblig de ngoci] p\r cons]v] quelqu'ombre de crdit la rg5ce3 en un mot1 la mon>*ie des ,macdoni5s1 quoiqu'unie encore en app>5ce2 et ne =mant qu'un corps1 toit dj rellem5t p>tage en diffr5s tats indp5dans et jal\x les uns des autres4 ,antigone1 qui avoit en p>tage la ,pamphylie1 la ,lycie1 et la prov9ce appele la ,gr&e-,phrygie1 toit1 de t\s les gr&s de l'empire1 celui dont l'ambition s\ffroit le plus impatiemm5t la paix4 ,il ne cessoit de reprs5t] ,p]diccas comme un tyran qui1 s\s de va9s prtextes1 ne *]*oit qu' dp\ill] les gr&s de leurs g\v]nem5s1 et y plac] ses cratures1 p\r se dfaire ensuite sans ob/acle des deux rois1 et usurp] leur c\ronne4 ,les s\pons1 la ha9e1 l'esprit de rvolte et d'indp5dance avoi5t fait de tels progrs1 que ,p]diccas ne p\voit cons]v] l'autorit dont il toit revtu1 s'il ne l'augm5toit en humiliant ses rivaux2 il falloit faire un exemple2 il rassembla ses =ces et m>*a avec une arme considrable p\r s\mettre l',egypte4 ,sa duret et son orgueil l'avoi5t r5du odieux ses propres soldats2 et les mauvais succs qu'il eut au comm5cem5t de son expdition1 a*evr5t de les s\lev] contre lui4 ,on comp>a sa conduite celle de ,ptolome1 qui1 p> sa prud5ce1 son c\rage1 sa ju/ice et son humanit1 se faisoit galem5t aim] et respect] dans son g\v]nem5t4 ,les pr9cipaux (fici]s excitr5t une sdition gnrale2 et ,p]diccas ayant t assass91 l'arme (frit la rg5ce ,ptolome mme qui elle faisoit la gu]re4 ,ce pr9ce1 c> on peut comm5c] lui donn] ce nom1 quoiqu'il ne le prt pas encore1 refusa prudemm5t une dignit dont il ne p\voit s\t5ir les prrogatives1 sans se r5dre l'ennemi de t\s les g\v]neurs de prov9ce2 et qui1 en ne lui donnant qu'un p\voir imag9aire et conte/ sur l'empire enti] d',alex&re1 l'auroit vraisemblablem5t expos p]dre l',egypte4 ,la rg5ce fut dfre ,aride et ,pi?on1 *efs de la conjuration qui avoit fait prir ,p]diccas2 mais1 soit que des affaires p>ticulires appelass5t ces deux hommes ailleurs1 soit qu'ils fuss5t accabls du poids de leur dignit1 ils s'en dmir5t entre les ma9s d',antipat]1 g\v]neur de ,macdo9e1 et qui toit pass d',europe en ,asie la tte d'une arme1 p\r faire une div]sion en faveur de ,ptolome1 et attaqu] ,eumnes et les autres gnraux qui toi5t re/s atta*s ,p]diccas4 ,antipat]1 aussi habile que ,ptolome1 ne sacrifia po9t la =tune dont il j\issoit aux intrts de la rg5ce4 ,in/ruit des projets des rebelles p> les relations qu'il entret5oit avec eux1 il jugea que le dmembrem5t de la mon>*ie d',alex&re toit 9vitable4 ,il vit du dang] r5onc] d'anci5nes liaisons1 p\r =m] des alliances n\velles et d\teuses avec les amis de ,p]diccas2 et ne balanant po9t ab&onn] les affaires gnrales de l'empire1 il p>ut ne v\loir rgn] que sur la ,macdo9e4 ,bi5 lo9 de pacifi] les tr\bles de l',asie1 il les crut favorables l'aff]missem5t de son autorit en ,europe2 il les augm5ta en dp\illant ,eumnes1 ,alctas et les autres gnraux de ce p>ti des prov9ces qu'ils possdoi5t1 p\r les donn] aux ennemis les plus dcl>s de ,p]diccas3 les uns n'toi5t pas dans la disposition d'ab&onn] leurs g\v]nem5s sur un simple ordre du rg5t1 et les autres devoi5t t\t t5t] p\r s'en mettre en possession4 ,antigone avoit t fait gnral de l'arme que les deux rois t5oi5t en ,asie1 mo9s p\r faire respect] leur p\voir que p\r le dtruire2 et ,cass&re1 fils d',antipat]1 toit son lieut5ant4 ,t&is que l'ambition de ces deux hommes n'annonoit que de n\velles divisions1 des gu]res et un dmembrem5t pro*a9 des conqutes d',alex&re1 le rg5t repassa en ,europe avec les deux rois qu'il avoit s\s sa g>de1 et qui toi5t en quelque sorte ses prisonni]s4 ,les ,grecs se s]oi5t conduits avec prud5ce1 s'ils euss5t att5du v\loir rec\vr] leur lib]t1 que les premi]s diffr5ts dont je vi5s de p>l]1 et qu'il toit ais de prvoir1 euss5t clat en ,asie4 ,phocion ne ngligea ri5 p\r rprim] l'ardeur avec laquelle les ,a?ni5s se portr5t pr5dre les armes1 lorsqu'ils reur5t les premires n\velles de la mort d',alex&re4 ,si ,alex&re1 leur disoit-il1 e/ mort auj\rd'hui1 il le s]a encore dema9 et aprs dema94 ,mais on toit las de la dom9ation des ,macdoni5s2 les ,grecs s5toi5t la faute qu'ils avoi5t faite de laiss] accabl] ,d>ius1 et ils v\loi5t rp>] une nglig5ce p> une tmrit4 ,dmo/hnes1 qui avoit t rappel de son exil1 fit valoir1 avec son loqu5ce ord9aire1 les maux et la honte de la s]vitude2 et les ,a?ni5s1 qui se repro*oi5t comme une l*et de n'avoir pas second quelques annes aup>avant les ,sp>tiates et leur roi ,agis1 qu& ils avoi5t succomb en faisant la gu]re p\r la lib]t de la ,grce1 se livrr5t l'emportem5t de leur orateur4 ,la rpublique dcl>e la gu]re aux ,macdoni5s1 elle ordonne1 p> un dcret que t\tes les villes soi5t affran*ies des g>nisons trangres qui les occupoi5t2 elle con/ruit une flotte1 fait pr5dre les armes t\s les citoy5s qui n'avoi5t pas qu>ante ans passs1 et envoye des ambassadeurs dans t\te la ,grce p\r l'invit] sec\] le j\g en faisant un ef=t gnral4 ,les ,a?ni5s eur5t p\r allis les ,etoli5s1 les ,!ssali5s1 les ,phtiotes1 les ,mlens1 ceux de la ,doride1 de la ,phocide et de la ,locride1 les nians1 les ,alissi5s1 les ,dolopes1 les ,a?amantes1 les ,leucadi5s1 les ,molosses1 quelques cantons de l',illyrie et de la ,?race2 et dans le ,ploponse1 les ,argi5s1 les ,sycioni5s1 les ,elens1 les ,messni5s et ceux d',act4 ,lo/hne1 gnral de cette ligue1 remporta une victoire complte sur ,antipat]1 qui n'eut po9t d'autre ress\rce que de se retir] avec les dbris de son arme dans ,lamia1 o les confdrs allr5t l'assig]4 ,t&is que les ,grecs se livroi5t la joie1 ,phocion n'avoit-il pas raison de dire qu'il auroit v\lu avoir gagn cette bataille qui c\vroit de gloire ,lo/hne1 mais qu'il s]oit honteux de l'avoir conseille4 ,qu'esproi5t les allis8 ,leur rvolte contre l'empire de ,macdo9e1 dont t\tes les p>ties toi5t encore unies et g\v]nes p> des hommes dignes de succd] ,philippe et ,alex&re1 ne p\voit tre qu'une meute dont ils s]oi5t svrem5t *tis4 ,en effet1 la n\velle du succs de ,lo/hne fut pe9e porte en ,asie1 que ,lonatus1 g\v]neur de la ,phrygie ,hellespontique1 se hta de pass] en ,europe avec une arme de v+t-deux mille hommes4 ,ce sec\rs fut encore battu p> ,antiphile1 qui avoit pris le comm&em5t des ,grecs aprs la mort de ,lo/hne1 tu au sige de ,lamia2 mais ,clytus armoit dj une flotte considrable1 et ,cratre1 g\v]neur de ,cilicie1 am5oit ,antipat] mille ,p]ses agu]ris1 qu9ze c5ts *evaux1 et dix mille ,macdoni5s1 dont plus de la moiti avoit suivi ,alex&re dans t\tes ses expditions4 ,la ,macdo9e se v5gea d'autant plus aism5t de ses premires disgraces1 que les confdrs1 aussi prsomptueux aprs leurs deux victoires qu'ils avoi5t t tmraires en comm5ant la gu]re1 crur5t avoir rec\vr leur lib]t avant que d'avoir travaill l'aff]mir4 ,leur arme fut entirem5t dfaite1 et la con/]nation succda l'audace1 qu& ,antipat] eut dcl> qu'il ne trait]oit po9t d'une paix gnrale1 mais qu'il c\t]oit en p>ticuli] les ambassadeurs que *aque ville lui env]roit3 celles qui fir5t les premires des propositions1 pr\vr5t la clm5ce du va9queur1 et il n'en fallut pas davantage p\r diss\dre la ligue des ,grecs4 ,*aque rpublique se hta de trait] aux dp5s des autres2 et les ,a?ni5s1 qui quittr5t les d]ni]s les armes1 fur5t contra9ts de laiss] ,antipat] l'arbitre des conditions de la paix4 ,il fit transport] en ,?race v+t-deux mille citoy5s1 qui1 n'ayant aucune =tune1 toi5t t\j\rs prts se s\lev] contre l'adm9i/ration prs5te4 ,il sub/itua l'ari/ocratie au g\v]nem5t populaire1 et mit une g>nison ,macdoni5ne dans le =t de ,muny*ie4 ,mais qu& ce gnral et les sec\rs que ,lonatus1 ,clytus et ,cratre lui donnr5t1 auroi5t encore t battus plusieurs reprises1 il n'e/ pas d\teux qu'on ne lui et envoy d',asie de n\velles armes2 et que la ,grce1 affoiblie p> ses propres victoires1 et qui n'avoit plus aucune de ses anci5nes v]tus1 n'et enf9 t oblige de recevoir la loi du va9queur4 ,si les ,a?ni5s1 au contraire1 avoi5t att5du1 p\r se s\lev]1 que les qu]elles des lieut5ans d',alex&re euss5t clat1 ils auroi5t pu espr] d'attir] dans leur alliance plusieurs rpubliques1 qui1 prvoyant les suites malheureuses de la gu]re ,lamiaque1 fur5t neutres1 ou re/r5t atta*es la ,macdo9e4 ,antipat] n'auroit reu aucun sec\rs d',asie1 p>ce que t\s les g\v]neurs de prov9ce y auroi5t eu beso9 de leurs =ces4 ,les ,grecs auroi5t eu l'avantage d'attaqu] la ,macdo9e dans le mom5t qu'elle auroit t dg>nie de ses tr\pes2 c> il ne faut po9t d\t] qu',antipat]1 intress s'oppos] l'ambition de ,p]diccas1 et favoris] la rvolte de ,ptolome et d',antigone1 dont le succs importoit t\s les ambitieux de l'empire1 ne ft pass en ,asie aux premi]s bruits de gu]re qui se s]oi5t rp&us4 ,la ,grce entire auroit alors j\ le rle important que fir5t les ,etoli5s1 dont ,antipat] et ,p]diccas sollicitr5t l'envi l'amiti et l'alliance1 ds que les premi]s tr\bles eur5t comm5c4 ,un succs1 dans ces circon/ances1 n'auroit pas t infructueux2 et les ,grecs1 favoriss et s\t5us contre la ,macdo9e p> le p>ti atta* l'empire1 auroi5t pu rec\vr] et aff]mir leur lib]t4 ,con/]ns1 au contraire1 p> le va9 ef=t qu'ils avoi5t fait p\r sec\] le j\g1 et affoiblis p> le *tim5t dont on avoit puni leur rvolte1 ils ne tr\vr5t en eux-mmes aucune ress\rce1 qu& la gu]re fut allume entre les successeurs d',alex&re4 ,ils toi5t trop humilis p\r qu'on et quelque raison de les mnag]2 et si quelques-unes de leurs rpubliques fur5t s\ponnes d'aspir] l'indp5dance1 on ne manqua po9t de les accabl]4 ,la ,grce s]vit de ?tre la gu]re2 et quels que fuss5t les vnem5s1 elle en fut t\j\rs la victime4 ,les villes qui avoi5t cons]v jusques-l une app>5ce de lib]t avec la =me ord9aire de leur g\v]nem5t1 fur5t la proie de mille tyrans qui s'emp>r5t de l'autorit s\v]a9e1 la faveur des tr\bles qui agitr5t l'empire d',alex&re1 et dont je ne p>l]ai qu'autant qu'il e/ ncessaire p\r faire connotre la situation des ,grecs4 ,antipat] ne survcut pas long-temps son lvation2 et au lieu de remettre en m\rant la rg5ce gnrale de l'empire et le g\v]nem5t p>ticuli] de la ,macdo9e son fils1 il y appela ,polyp]con4 ,cass&re1 indign de la prt5due inju/ice de son pre1 brloit de se v5g]1 et de s'emp>] d'un royaume qu'il reg>doit comme son patrimo9e2 mais n'ayant encore rempli que des po/es subalt]nes1 arg5t1 vaisseaux1 soldats1 t\t lui manquoit4 ,en mme temps qu'il ca*oit son ambition1 en p>oissant cont5t de sa =tune1 il ngocioit secrtem5t en ,egypte avec ,ptolome1 t*oit de gagn] ,slucus1 g\v]neur de ,babylone1 et dem&oit des sec\rs ,antigone1 qui s'toit en quelque sorte r5du le matre de l',asie p> les avantages qu'il avoit eus sur ,alctas1 ,eumnes et ,attalus4 ,ces pr9ces1 ne *]*ant qu' entret5ir des tr\bles qui les r5doi5t indp5dans1 devoi5t voir avec d'autant plus de plaisir l'ambition de ,cass&re1 que ,polyp]con avoit r5onc la politique d',antipat]4 ,soit que le n\veau rg5t ft la dupe du p\voir imag9aire de sa dignit1 soit qu'il ft atta* p> pr9cipe de devoir aux intrts des deux rois1 il se dcl>a l'ami du p>ti de ,p]diccas2 et les usurpateurs1 p\r se v5g]1 donnr5t une arme ,cass&re1 et le mir5t en tat de faire une entreprise sur la ,macdo9e4 ,polyp]con prvit la gu]re dont il toit m5ac2 et craignant que les g>nisons qu',antipat] avoit mises dans les po/es les plus avantageux de la ,grce ne favorisass5t ,cass&re1 porta un dcret1 p> lequel il sub/ituoit le g\v]nem5t populaire l'ari/ocratie tablie dans la plup>t des rpubliques depuis la gu]re ,lamiaque4 ,il leur ordonnoit de rappel] leurs exils1 de bannir leurs magi/rats1 et de s'engag] p> s]m5t ne jamais ri5 entrepr5dre contre les intrts de la ,macdo9e4 ,le rg5t se flattoit que la ,grce1 reconnoissante de la lib]t qu'il lui r5doit1 alloit tre atta*e son sort1 et devi5droit le b\lev>t de la ,macdo9e2 mais son dcret ne s]vit qu' multipli] les dsordres1 en r5\vellant l'usage des proscriptions et des bannissem5s4 ,les villes1 agites p> de n\velles diss5tions1 ne pur5t pr5dre aucune =me de g\v]nem5t1 et l'an>*ie dev9t gnrale *ez les ,grecs4 ,cep5dant ,polyp]con1 mal aff]mi dans son g\v]nem5t1 fut oblig de l'ab&onn] l'appro*e de ,cass&re1 et il se retira dans le ,ploponse avec les tr\pes qu'il s'toit atta*es1 et les ri*esses qu'il put enlev] du trsor des rois de ,macdo9e4 ,il appela son s]vice t\t ce qu'il y avoit de ,grecs1 qui1 p> une suite de leurs rvolutions1 n'ayant ni patrie1 ni =tune1 n'avoi5t d'autre ress\rce que de v5dre leurs s]vices quelque gnral1 et p\r lesquels ,philippe avoit dit que la gu]re toit un temps de paix4 ,t&is que le rg5t de l'empire ne faisoit1 dans le ,ploponse1 que le rle d'un av5turi]1 et que la ,macdo9e pr\voit *aque j\r de n\velles rvolutions dans lesquelles t\te la famille d',alex&re prit enf9 de la manire la plus tragique1 ,antigone dfit ,eumnes1 ,alctas et ,attalus1 et dissipa jusqu'aux d]ni]s re/es des p>tisans de ,p]diccas et du g\v]nem5t4 ,aprs tant de succs1 ce capita9e se tr\voit le matre de l',asie2 la mon>*ie seule p\voit satisfaire son ambition4 ,cass&re1 ,ptolome1 ,slucus et ,lysimaque toi5t autant de rivaux incommodes1 dont il ne voyoit la =tune qu'avec *agr94 ,soit que la ,macdo9e lui (frt une c>rire plus brillante p> la rputation qu'elle avoit acquise s\s ,philippe et ,alex&re1 soit qu'il crt que ce royaume donn]oit ses rois un droit sur les prov9ces qui en avoi5t t dmembres1 ce fut ,cass&re qu',antigone rsolut de dcl>] d'abord la gu]re4 ,il re*]*a l'alliance de ,polyp]con1 lui f\rnit des sec\rs p\r l'aid] se s\t5ir dans le ,ploponse2 mais af9 d'attir] en mme temps dans son p>ti les villes de la ,grce1 il leur ordonna1 p> un dcret1 d'tre libres1 et les affran*it des g>nisons trangres dont elles toi5t opprimes4 ,son fils ,dmtrius1 surnomm ,poliorcte1 passa deux reprises dans la ,grce p\r y mettre ce dcret en excution4 ,ce jeune hros enleva1 il e/ vrai1 ,ptolome la plup>t des places o il t5oit g>nison1 et *assa ,cass&re de celles qu'il occupoit2 mais les ,grecs n'en toi5t pas mo9s malheureux2 les armes1 qui ravageoi5t leur pays1 leur toi5t la lib]t que d'inutiles dcrets leur attribuoi5t2 et t\t leur avantage1 si c'en e/ un1 toit de *ang] de j\g et de voir leurs ennemis se d*ir] t\r t\r1 et se punir de leur ambition4 ,cass&re1 prt se voir *ass] de la ,macdo9e1 retira ,ptolome1 ,slucus et ,lysimaque1 de l'espce d'aveuglem5t dans lequel ils toi5t1 et leur fit s5tir que le dang] dont il toit m5ac leur toit commun1 et que sa *te entran]oit la leur4 ,il leur reprs5ta qu',antigone toit trop ambitieux p\r que la ,macdo9e s]vt de t]me ses conqutes1 et qu'il toit temps ou jamais de se runir contre cet oppresseur4 ,ces quatre pr9ces se ligur5t1 et la clbre bataille d',ipsus dcida enf9 de la succession d',alex&re d'une manire fixe3 ,antigone dfait1 p]dit la vie dans le combat1 et ses ennemis p>tagr5t sa dp\ille4 ,la ,grce se s]oit vu dlivre de cette f\le de tyrans qui l'opprimoi5t la fois1 ou du mo9s elle auroit comm5c se ress5tir de quelques avantages de la paix1 s\s la protection des rois de ,macdo9e qui elle toit *ue en p>tage1 si elle n'eut t de/9e s]vir de ?tre aux av5tures s+ulires d'un pr9ce sur qui la =tune sembloit v\loir puis] t\s ses caprices4 ,dmtrius ,poliorcte n'avoit recueilli1 des dbris de la =tune de son pre1 que ,tyr1 l'le de ,*ypre et quelques doma9es trs-borns sur les ctes d',asie2 mais son ambition1 son c\rage et l'esprance lui re/oi5t2 et depuis le rgne d',alex&re1 c'toi5t autant de titres p\r aspir] se faire des royaumes4 ,il entra dans la ,grce1 o il avoit des amis et des intellig5ces2 et t&is qu' la tte d'une arme d'av5turi]s dignes de lui1 il toit occup y faire des conqutes1 il p]dit ses autres tats4 ,la =tune l'en ddommagea2 les fils de ,cass&re1 au sujet de sa succession1 lui ouvrir5t le *em9 du trne de ,macdo9e4 ,*ass de ce royaume1 aprs y avoir rgn sept ans1 son inquitude le vit pass] en ,asie p\r y conqurir un n\vel tablissem5t1 et il laissa son fils ,antigone ,gonatas des =ces avec lesquelles il se ma9t9t dans la ,grce4 ,c'e/ ce pr9ce qui1 au rapport des hi/ori5s1 ne se cont5tant pas de sub/itu] l'ari/ocratie au g\v]nem5t populaire1 tablit des tyrans dans la plup>t des villes1 ou se dcl>a le protecteur de t\s ceux qui v\lur5t usurp] l'autorit s\v]a9e dans leur patrie4 ,avec leur sec\rs1 il se r5dit assez puissant p\r s'emp>] de la ,macdo9e aprs la mort de ,so/hne1 s'y aff]mir1 et laiss] enf9 ce royaume ses desc5dans4 ,la ,grce1 qui n'avoit po9t encore r5onc l'esprance d'tre libre1 mais t\j\rs agite p> de n\velles rvolutions1 sembloit n'avoir cra9dre que l'ambition et la tyrannie des successeurs d',alex&re1 lorsqu'elle vit fondre sur elle un orage =m l'autre extrmit de l',europe4 ,il p>ut sur les frontires de la ,!ssalie deux c5s mille ,gaulois que ,br5nus comm&oit4 ,ces ,b>b>es n'avoi5t po9t d'autre objet que de vivre de pillage1 et de mettre1 p\r a9si dire1 la t]re entire contribution4 ,de t\t temps l'inquitude naturelle des ,gaulois les avoit fait sortir de leur pays1 et la ,grce se rappeloit avec t]reur les ravages qu'ils avoi5t faits autrefois dans la ,?race1 l',illyrie et la ,macdo9e4 ,le dang] toit commun p\r t\s les ,grecs1 un intrt commun devoit les runir2 mais la situation dplorable de plusieurs rpubliques leur lioit les ma9s1 et il n'y eut que les ,boti5s1 les ,locri5s1 les ,etoli5s1 ceux de ,mg>e et de la ,phocide1 et les ,a?ni5s qui prir5t les armes p\r rep\ss] de conc]t ces n\veaux ennemis4 ,les ,gaulois1 ayant pass sans ob/acle le ,sp]*ius1 v9r5t camp] prs d',hracle2 et dans la bataille qu'ils livrr5t aux ,grecs1 on vit t\t l'avantage que la discipl9e1 l'ex]cice et l'art donn5t sur un c\rage f>\*e qui ne sait que brav] la mort4 ,les ,gaulois1 dit ,pausanias1 combattir5t avec fureur2 l'audace toit pe9te sur le visage des m\rans1 et plusieurs arra*oi5t de leurs plaies le trait dont ils toi5t mortellem5t blesss1 p\r le lanc] encore contre leurs ennemis4 ,cette disgrace et celle qu'ils pr\vr5t quelques j\rs aprs1 en v\lant =c] le passage des ,!rmopyles1 que les ,etoli5s df5doi5t1 ne les dgtr5t po9t de leur entreprise4 ,br5nus dta*a de son arme un corps de qu>ante mille hommes1 qui se porta dans l',etolie p\r la contra9dre rappel] ses soldats2 mais cette div]sion ne lui auroit po9t ouv]t l'intrieur de la ,grce1 si les ,hraclotes1 lasss de voir leur pays s]vir de ?tre la gu]re1 n'euss5t conduit eux-mmes les ,gaulois p> le *em9 que les ,p]ses avoi5t pris autrefois dans la gu]re de ,x]cs4 ,un br\ill>d pais favorisoit la m>*e des ,b>b>es1 et ils fondir5t inop9m5t sur les ,phocens1 qui occupoi5t aux ,!rmopyles le mme po/e que le c\rage de ,lonidas et de trois c5s ,sp>tiates a r5du si fameux4 ,les ,phocens1 quoique surpris1 se df5dir5t d'abord avec beauc\p de brav\re2 mais obligs enf9 de cd] au nombre qui les accabloit1 ils portr5t en fuyant l'al>me dans le camp des ,grecs1 qui sur le *amp se disp]sr5t honteusem5t sans os] att5dre l'ennemi4 ,les ,gaulois s'avancr5t s\s les murailles de ,delphes1 et la ,grce ne dut son salut qu'aux prtres d',apollon4 ,ils ranimr5t le c\rage des ,delphi5s1 en promettant que leur dieu les sec\rroit p> des prodiges1 et la =tune acquitta leurs promesses4 ,il s'leva une tempte t]rible p5dant la nuit2 la f\dre tomba plusieurs reprises dans le camp des ,gaulois1 et le t]re9 o il toit assis pr\va un tremblem5t de t]re4 ,les ,etoli5s et les ,phocens1 qui ne d\tr5t po9t qu',apollon ne combattt p\r eux1 attaqur5t les ,gaulois effrays la po9te du j\r4 ,br5nus fut bless1 ses soldats fuir5t1 la nuit les arrta enf92 et saisis d'une t]reur panique1 ils s'gorgr5t les uns les autres1 en croyant se df5dre contre les ,grecs4 ,p\rsuivis p> la faim1 ils n'osr5t s'arrt] leur camp d',hracle1 et ils fur5t dfaits une seconde fois p> les ,etoli5s et les ,phocens en repassant le ,sp]*ius4 ,br5nus1 ne consultant alors que son dsespoir1 s'empoisonna1 et les re/es de son arme prir5t dans les embuscades que les ,!ssali5s et les ,mali5s leur dressr5t4 ,peut-tre que les ,grecs1 t\j\rs jal\x de leur lib]t1 et clairs sur leurs intrts p> une longue suite de calamits1 auroi5t t capables de faire un ret\r sur eux-mmes1 de repr5dre leur anci5ne politique et de se runir1 si quelque peuple recomm&able p> sa rputation et r5du la ,grce entire les mmes s]vices que les ,etoli5s lui r5dir5t p5dant la gu]re des ,gaulois4 ,le mom5t p>oissoit favorable4 ,les =ces des successeurs d',alex&re toi5t bi5 mo9s r$\tables que ne l'avoi5t t celles d',alex&re et de son pre3 le mme esprit d'ambition et de conqute ne les animoit plus1 depuis que la bataille d',ipsus avoit fait succd] le gt de la paix leurs anci5nes divisions4 ,les pr9ces1 qui avoi5t p>tag l',asie entr'eux1 s'occupoi5t dj plus j\ir de leur =tune qu' l'agr&ir2 et la ,macdo9e1 rduite ses premires possessions1 et fatigue des malheurs que lui avoi5t valu les prosprits d',alex&re1 n'toit pas g\v]ne p> un ,philippe4 ,les tyrans1 qui s'toi5t levs dans plusieurs cantons de la ,grce1 craignoi5t leurs concitoy5s1 et n'att5doi5t du dehors qu'une foible protection4 ,enf9 il toit naturel que la dfaite des ,gaulois r5dt la ,grce une extrme confiance1 et que la rpublique qui l'avoit sauve1 pr(itt de son c\rage p\r =m] une n\velle confdration2 mais les murs des ,etoli5s toi5t trop atroces1 p\r que les ,grecs puss5t se fi] ce peuple1 et le reg>d] comme le protecteur de la lib]t4 ,plus les ,etoli5s fir5t de gr&es *oses1 plus ils se fir5t r$\t] de leurs vois9s2 on les hassoit presqu'autant que les ,gaulois2 ils avoi5t cons]v cet esprit de pirat]ie et de brig&age1 que les autres ,grecs avoi5t p]du en =mant des socits rgulires4 ,les ,etoli5s1 dit ,polybe1 sont plutt des btes froces que des hommes4 ,ju/ice1 droit1 alliances1 traits1 s]m5s1 ce sont de va9s noms1 l'objet de leur mpris4 ,acc\tums ne vivre que de but91 ils ne font grace leurs allis que qu& ils tr\v5t cont5t] leur av>ice *ez leurs ennemis4 ,tant que la ,grce ne =ma qu'une seule rpublique s\s l'adm9i/ration de ,sp>te1 ces brig&s1 qui occupoi5t un t]re9 +rat entre l',ac>nanie et la ,locride1 n'ex]cr5t leurs viol5ces que dans la ,macdo9e1 l',illyrie et les les qui avoi5t le mo9s de relation avec le cont95t4 ,ils s'enh>dir5t qu& les ,grecs fur5t affoiblis p> leurs gu]res dome/iques2 et mettant d'abord contribution quelques qu>ti]s du ,ploponse1 tels que l',a*ae et l',elide1 ils dsolr5t bi5tt t\te cette prov9ce2 et la faveur des alliances qu'ils eur5t t\j\rs dans la suite avec quelqu'un des successeurs d',alex&re1 ils fir5t enf9 des c\rses dans t\te la ,grce1 et y commir5t les plus gr&s excs4 ,etrange effet de ce caprice biz>re qui en*ane les vnem5s huma9s1 ou plutt de l'aveuglem5t des hommes1 qui ont beso9 que le malheur les in/ruise de leur devoir1 et les p\sse malgr eux v]s le bonheur4 ,c'e/ p> leurs inju/ices et leurs viol5ces mmes que les ,etoli5s s]vir5t la ,grce1 puisque ce fut p\r n'en tre pas les victimes1 que les villes les plus considrables de l',a*ae jetr5t entr'elles les fondem5s d'une ligue qui sembla faire revivre l'anci5 g\v]nem5t des ,grecs4 tant p>v5ue remplir dans le ,ploponse la place que ,lacdmone et ,a?nes avoi5t autrefois occupe dans la ,grce entire1 il e/ ncessaire d'en faire connotre les murs1 les lois et les progrs4 ,a9si que t\tes les autres contres de la ,grce1 l',a*ae eut d'abord des capita9es ou des rois4 ,ces pr9ces desc5doi5t d',ore/e1 et leur famille cons]va la c\ronne jusqu'aux fils d',ogygs1 qui1 s'tant r5dus odieux1 fur5t *asss de leurs tats4 ,les ,a*ens comm5cr5t alors tre libres4 ,leurs villes avoi5t les mmes poids1 les mmes mesures1 les mmes lois1 le mme esprit et les mmes intrts3 *acune d'elles =ma cep5dant une rpublique indp5dante1 qui eut son g\v]nem5t1 son t]ritoire et ses magi/rats p>ticuli]s4 ,les di/9ctions que la mon>*ie avoit introduites entre les citoy5s disp>ur5t2 il n'y eut plus de nobles qui prt5diss5t avoir des privilges1 et dans *aque ville l'assemble gnrale du peuple possda la s\v]a9et4 ,cette dmocratie1 t\j\rs si orageuse dans le re/e de la ,grce1 ne causa aucun dsordre dans l',a*ae1 soit p>ce que les lois toi5t tablies sur de sages proportions1 et qu'en donnant aux magi/rats assez d'autorit p\r se faire obir1 on ne leur en avoit pas assez laiss p\r en p\voir abus]2 soit p>ce que les ,a*ens1 t\j\rs exposs aux injures des ,etoli5s leurs vois9s1 n'avoi5t pas le loisir de s'occup] de qu]elles dome/iques1 et que le conseil gnral de leur association apportoit un so9 extrme les prv5ir ou les t\ff] dans leur naissance4 ,*acune de ces rpubliques r5ona au privilge de contract] des alliances p>ticulires avec les trang]s1 et t\tes conv9r5t qu'une extrme galit s]viroit de fondem5t leur union1 et que la puissance ou l'anci5net d'une ville ne lui donn]oit aucune prrogative sur les autres4 ,on cra un snat commun de la nation2 il s'assembloit deux fois l'an ,egium1 au comm5cem5t du pr9temps et de l'automne1 et il toit compos des dputs de *aque rpublique en nombre gal4 ,cette assemble ordonnoit la gu]re ou la paix1 contractoit seule les alliances1 faisoit des lois p\r adm9i/r] sa police p>ticulire1 envoyoit des ambassadeurs ou recevoit ceux qui toi5t adresss aux ,a*ens4 ,s'il surv5oit quelqu'affaire importante et imprvue dans le temps que le snat ne t5oit pas ses sances1 les deux prteurs le convoquoi5t extraord9airem5t4 ,ces magi/rats1 dont l'autorit toit annuelle1 comm&oi5t les armes2 et quoiqu'ils ne puss5t ri5 entrepr5dre sans la p>ticipation de dix commissaires qui =moi5t leur conseil1 ils p>oissoi5t en quelque sorte dpositaires de t\te la puissance publique1 ds que le snat auquel ils prsidoi5t n'toit pas assembl4 ,les ,a*ens ne v\loi5t ni acqurir de gr&es ri*esses1 ni se r5dre r$\tables p> leurs exploits2 ils n'aspiroi5t qu' un bonheur obscur1 le seul vraisemblablem5t p\r lequel les hommes soi5t faits4 ,leur snat1 oblig de con=m] sa conduite l'esprit gnral de la nation1 fut sans ambition1 et p> consqu5t ju/e sans ef=t4 ,c'e/ son atta*em5t la ju/ice qui le fit respect]1 et lui valut s\v5t l'honneur d'tre l'arbitre des qu]elles qui s'levoi5t dans le ,ploponse1 dans les autres prov9ces de la ,grce1 et mme *ez les trang]s4 ,ce peuple ne s'tant r5du suspect ni ,philippe1 ni son fils1 ces pr9ces lui laissr5t ses lois1 son g\v]nem5t1 je dirois presque sa lib]t2 mais il n'*appa pas aux malheurs que la ,grce pr\va s\s leurs successeurs4 ,les villes d',a*ae s5tir5t le contre-c\p des rvolutions frqu5tes qui agitr5t la ,macdo9e3 les unes reur5t g>nison de ,polyp]con1 de ,dmtrius1 de ,cass&re1 et depuis d',antigone ,gonatas2 les autres vir5t natre des tyrans dans leur se94 ,la div]sit de leur =tune leur donna des intrts diffr5s2 leurs matres en eur5t s\v5t d'opposs1 et t\t li5 fut rompu entr'elles4 ,dyme1 cep5dant1 ,patras1 ,trite et ,ph>e ayant tr\v des conjonctures heureuses p\r sec\] le j\g1 r5\vellr5t leur alliance2 et1 en se mettant en tat de rep\ss] les insultes des ,etoli5s1 jetr5t les fondem5s d'une seconde ligue1 qui1 malgr les vices actuels des ,grecs1 se proposa p\r modle la premire1 et en prit les murs1 les lois et la politique4 ,les ,egens s'tant dlivrs1 c9q ans aprs1 de la g>nison qui les opprimoit1 se joignir5t cette rpublique naissante1 qui s'agr&it encore p> l'association des ,c>yni5s et des ,b\ri5s1 qui avoi5t massacr leurs tyrans4 ,quelques villes du ,ploponse dem&r5t1 comme une faveur1 tre reues dans la ligue2 d'autres att5dir5t qu'on leur et ouv]t les yeux sur leurs intrts1 ou qu'on leur ft mme une sorte de viol5ce dont elles eur5t bi5tt lieu de s'applaudir4 ,t&is que la ,macdo9e1 occupe de ses affaires dome/iques1 ne p\voit donn] qu'une att5tion lgre celles de la ,grce1 la ligue des ,a*ens1 dit ,polybe1 auroit fait des progrs plus considrables1 si ses magi/rats avoi5t pr(it de ces circon/ances avec plus d'habilet et de c\rage4 ,soit que l'abaissem5t des ,grecs et leurs divisions fiss5t croire aux deux prteurs qu'il s]oit tmraire1 ou du mo9s inutile de v\loir rappel] les anci5s pr9cipes1 soit que1 jal\x les uns des autres1 ils ne puss5t excut] aucun projet important1 ils re/r5t dans une inaction infructueuse4 ,la ligue ne s'associa aucun n\veau peuple1 et elle ne prit une face n\velle1 en acqurant des allis1 que qu& elle fit la faute heureuse de ne confi] qu' un seul prteur l'adm9i/ration de t\tes ses affaires4 ,ce fut quatre ans aprs cette r=me dans le g\v]nem5t1 qu',aratus dlivra ,sycione1 sa patrie1 du tyran ,nicocls qui s'en toit r5du le matre1 et l'unit la ligue des ,a*ens4 ,les tal5s de ce gr& homme l'levr5t la prture4 ,les ,a*ens1 conva9cus de sa probit1 crur5t ne pas manqu] aux rgles de la prud5ce1 en r5dant1 p\r a9si dire1 sa magi/rature p]ptuelle2 et il (frit la ,grce un spectacle t\t fait extraord9aire4 ,sans ambition1 sans dsir de faire des conqutes1 les ,a*ens dcl>r5t une sorte de gu]re t\s les tyrans du ,ploponse4 ,ils surprir5t plusieurs villes1 les affran*ir5t1 et se crur5t assez pays des frais et des prils de leurs entreprises1 en les unissant une socit dans laquelle elles j\issoi5t de la mme indp5dance et des mmes prrogatives que les villes les plus anci5nem5t allies4 ,plusieurs tyrans ne se tr\vant plus en sret1 sur-t\t aprs la mort de ,dmtrius1 roi de ,macdo9e1 qui les protgeoit1 se dmir5t eux-mmes de leur autorit4 ,au *angem5t subit qui se fit dans le ,ploponse1 au rle important que comm5oi5t faire les ,a*ens1 on et dit que les peuples de la ,grce1 pris d'une n\velle passion p\r la lib]t1 et in/ruits p> l'expri5ce1 t\*oi5t au mom5t heureux de ne plus =m] qu'une seule rpublique4 ,la jal\sie et les intrigues de ,lacdmone et d',a?nes s'y opposr5t2 quoiqu'avilies et dgrades p> leurs vices1 ces deux villes cons]voi5t t\t leur anci5 orgueil1 et s\ffroi5t impatiemm5t que l',a*ae1 autrefois si infrieure la ,laconie et l',attique1 v\lt occup] une place qu'elles esproi5t va9em5t de repr5dre4 ,la modration des ,a*ens1 si capable de gagn] l'e/ime et la confiance des ,grecs1 auroit enf9 triomph de t\s les ob/acles1 si ce peuple1 l'exemple des anci5s ,sp>tiates1 avoit eu l'art de se faire des gnraux et une discipl9e savante et rigide4 ,jamais il n'avoit t plus ncessaire une rpublique qui v\loit pr5dre l'asc5dant dans la ,grce1 et dev5ir le po9t de ralliem5t de t\s ses peuples1 de faire fleurir les tal5s et les v]tus militaires2 mais l'am\r des ,a*ens p\r la paix1 les portoit cultiv] avec plus de so9 les fonctions civiles du citoy51 que les qualits propres faire des hommes de gu]re4 ,une sorte d'indol5ce les emp*oit de =m] des entreprises h>dies2 et1 en p>oissant se dfi] de leurs =ces1 ils n'inspiroi5t aux autres qu'une mdiocre confiance4 ,borns excut] des projets plus srs que brillans1 ils ne faisoi5t po9t natre cette admiration dont les ,grecs avoi5t beso9 p\r r5onc] leurs petites jal\sies1 et sec\] une timidit et un dc\ragem5t auxquels les malheurs des temps1 les exploits d',alex&re et la puissance de ses successeurs les avoi5t acc\tums4 ,aratus1 qu'on peut reg>d] comme l'auteur de la seconde association des ,a*ens1 contribua beauc\p entret5ir cet esprit4 ,c'toit1 dit ,polybe1 l'homme le plus propre conduire les affaires d'une rpublique4 ,une ju/esse exquise de jugem5t le portoit t\j\rs pr5dre le p>ti le plus conv5able dans des diss5tions civiles4 ,habile mnag] les passions diffr5tes des p]sonnes avec lesquelles il traitoit1 il p>loit avec grce1 savoit se taire1 et possdoit l'art de se faire des amis et de se les atta*]4 ,savant =m] des p>tis1 t5dre des piges un ennemi et le pr5dre au dp\rvu1 ri5 n'galoit son activit et son c\rage dans la conduite et l'excution de ces sortes de projets4 ,aratus1 si suprieur p> t\tes ces p>ties1 n'toit plus qu'un homme mdiocre la tte d'une arme4 ,irrsolu qu& il falloit agir =ce ouv]te1 une timidit subite susp5doit en quelque sorte l'action de son esprit1 et quoiqu'il ait rempli le ,ploponse de ses trophes1 peu de capita9es ont eu cep5dant mo9s de tal5s que lui p\r la gu]re4 ,polybe auroit d aj\t] qu',aratus se r5doit ju/ice1 et s5toit son emb>ras la tte d'une arme4 ,il l'av\oit lui-mme2 l'hi/oire en fait foi2 et il toit naturel que1 p\r se mettre son aise1 t\tes ses vues se t\rnass5t v]s la paix1 et qu'il n\rrt dans les ,a*ens les s5tim5s de cra9te auxquels leur ligue devoit sa naissance4 ,p\r prv5ir les dang]s que les in/itutions trop peu militaires des ,a*ens leur prp>oi5t1 t&is qu'ils avoi5t leurs portes1 dans la p]sonne des rois de ,macdo9e1 un ennemi r$\table qui n'pioit qu'une occasion favorable de les ass]vir1 ,aratus mit habilem5t pr(it la rivalit qui rgnoit entre les successeurs d',alex&re4 ,quoique l'ambition de ces pr9ces p>t satisfaite du p>tage dont ils toi5t conv5us aprs la bataille d',ipsus1 ils se dfioi5t cont9uellem5t les uns des autres4 ,ils s'obs]voi5t mutuellem5t avec cette politique inquite qui agite auj\rd'hui l',europe2 *acun d'eux aspiroit t5dre son empire1 et v\loit emp*] que les autres ne fiss5t de n\velles acquisitions3 on avoit dj notre politique de l'quilibre4 ,les c\rs d',egypte et de ,syrie toi5t pr9cipalem5t att5tives aux dm>*es des rois de ,macdo9e1 qui1 se reg>dant comme les vrais successeurs d',alex&re1 croyoi5t avoir des droits sur les prov9ces dmembres de son empire1 et se promettoi5t de les faire r5tr] s\s leur dom9ation1 ds que l'ass]vissem5t de la ,grce entire les mettroit en tat d'en rassembl] les =ces1 et de repr5dre le projet =m p> ,philippe et excut p> ,alex&re4 ,ces puissances voyoi5t donc avec plaisir que1 lo9 de fl*ir s\s le j\g1 le ,ploponse =mt encore des ligues favorables sa lib]t1 et qu'en se df5dant contre la ,macdo9e1 il leur s]vt de remp>t2 elles devoi5t protg] les ,a*ens1 ,aratus le comprit2 et p> les alliances qu'il contracta avec les rois d',egypte et de ,syrie1 il se fit cra9dre et respect] p> ,antigone ,gonatas et son fils ,dmtrius4 ,quelque sage que ft cette politique1 il s'en falloit beauc\p qu'elle rassurt entirem5t ,aratus sur le sort de l',a*ae4 ,il p\voir arriv] que les protecteurs ou les allis de la ligue ,a*enne se br\illass5t1 ou1 qu'occups *ez eux p> quelques affaires importantes1 ils se viss5t =cs nglig] celles de la ,grce1 dans le temps que le ,ploponse auroit le plus gr& beso9 de leur sec\rs4 ,les peuples libres1 qu& leur g\v]nem5t n'e/ pas une pure dmocratie1 ont une sorte de con/ance dans leurs pr9cipes et dans leur conduite1 qui s]t de rgle et de b\ssole leurs allis et leurs ennemis1 et qui en fixe jusqu' un c]ta9 po9t les cra9tes et les esprances2 mais les pr9ces absolus n'c\t5t s\v5t que leur volont1 et leur volont e/ t\j\rs inc]ta9e2 ils pr5n5t quelquefois p\r l'intrt de leur tat l'intrt de leurs passions1 et leurs passions v>i5t et *ang5t au gr des circon/ances et des p]sonnes qui les ent\r5t4 ,le has>d p\voit donn] aux ,macdoni5s un roi actif1 gu]ri] et entrepr5ant1 t&is que l',egypte et l',asie obiroi5t des mon>ques p>esseux et timides2 et de quels malheurs n'auroit pas alors t m5ace la rpublique des ,a*ens8 ,il n'toit pas impossible que1 p> des ngociations adroites1 un roi de ,macdo9e trompt les allis de la ,grce sur leurs intrts1 corrompt et a*ett1 p> des prs5s1 les m9i/res et les gnraux d',egypte et de ,syrie1 et se prp>t a9si la conqute du ,ploponse4 ,qui peut prvoir t\s les caprices de la =tune et t\s les dang]s des tats8 ,il arriva1 en effet1 dans le ,ploponse1 un vnem5t imprvu qui =a ,aratus *ang] de politique3 je veux p>l] de la rvolution qui se fit ,lacdmone1 s\s le rgne de ,clomne4 ,on ne retr\voit1 depuis long-temps1 dans cette ville1 aucun ve/ige des anci5nes murs4 ,le roi ,agis ayant v\lu y faire revivre les lois de ,lycurgue1 avoit excit contre lui un s\lvem5t gnral2 et la mort tragique dont les ,sp>tiates punir5t sa v]tu1 sembloit avoir mis le d]ni] sceau leur avilissem5t4 ,clomne cep5dant ne se laissa po9t dc\rag]1 et son ambition lui fit entrepr5dre une r=me qu',agis n'avoit mdite que p> am\r du bi5 public4 ,il abolit les dettes1 fit un n\veau p>tage des t]res2 et les citoy5s qu'il avoit retirs de la misre1 et qui il faisoit espr] une =tune considrable1 en leur promettant les dp\illes des peuples vois9s1 fur5t subitem5t frapps d'une espce d'en?\siasme4 ,lacdmone prit une face n\velle2 elle p>ut une seconde fois peuple de soldats1 dont le c\rage et la confiance mir5t leur *ef en tat de faire une entreprise digne de son ambition et de ses tal5s2 et ,clomne t\rna t\tes ses =ces contre les ,a*ens1 qui s'toi5t emp>s de l'empire du ,ploponse4 ,aratus s5tit sur le *amp que les rois de ,syrie et d',egypte1 avec lesquels il toit li1 n'avoi5t pas le mme intrt de df5dre la confdration ,a*enne contre la rpublique de ,sp>te1 que contre la ,macdo9e4 ,il importoit peu en effet ces pr9ces que *aque ville du ,ploponse prt t\r t\r l'asc5dant sur les autres1 p\rvu que la ,macdo9e re/t t\j\rs dans son premi] tat3 peut-tre mme devoi5t-ils favoris] une rpublique qui1 aprs avoir rec\vr sa rputation1 p>otroit bi5 plus propre que la ligue des ,a*ens runir les ,grecs contre la ,macdo9e1 et favoris] leur indp5dance4 ,qu& ,aratus auroit d'ailleurs compt sur la protection de ses allis1 il se s]oit p]du un temps considrable envoy] des ambassadeurs et ngoci]1 p5dant que ,clomne1 actif1 dilig5t1 infatigable1 p\ssoit la gu]re avec vigueur1 et ne p]doit pas un in/ant4 ,en supposant mme1 contre t\te app>5ce1 que les c\rs de ,syrie et d',alex&rie se fuss5t htes de sec\rir les ,a*ens1 il me semble qu'il y auroit eu beauc\p d'imprud5ce de la "p d',aratus1 d'appel] leurs armes dans le ,ploponse4 ,il e/ vid5t1 si je ne me trompe1 que la ,macdo9e n'auroit pas vu sans inquitude l'arrive de ses ennemis dans la ,grce2 montr] en cette occasion de la cra9te ou une indiffr5ce imbcille sur le sort du ,ploponse1 c'et t invit] les trang]s y faire des tablissem5s1 et mme port] leurs armes jusque dans le cur de la ,macdo9e4 ,qu& ,antigone ,doson auroit dsir s9crem5t la paix1 il n'auroit donc pu se disp5s] de v5ir au sec\rs des ,sp>tiates2 la gu]re p>ticulire des ,lacdmoni5s et des ,a*ens s]oit dev5ue ncessairem5t une gu]re gnrale entre les successeurs d',alex&re2 et quelque puissance qui et eu l'avantage1 elle en auroit srem5t abus p\r opprim] la fois la rpublique de ,sp>te1 la ligue des ,a*ens et t\t le ,ploponse4 ,on ne peut1 je crois1 donn] trop de l\anges ,aratus p\r avoir rec\ru la protection de la ,macdo9e mme1 dans une conjoncture f*euse o il s'agissoit du salut des ,a*ens4 ,plut>que ne p5se pas a9si4 ,aratus1 dit-il1 devoit plutt t\t cd] ,clomne1 que de remplir une seconde fois le ,ploponse de ,macdoni5s4 ,quel que ft ce pr9ce1 aj\te-t-il1 il desc5doit d',h]cule2 il toit n ,lacdmone1 et il auroit t plus glorieux p\r les ,ploponsi5s d'obir au d]ni] des ,sp>tiates qu' un roi de ,macdo9e4 ,plut>que1 gr& pe9tre des hommes clbres1 dont il n\s a trac la vie1 mais quelquefois politique mdiocre1 ne se p]suade-t-il pas trop aism5t qu'il toit possible d'engag] les ,a*ens reconnotre le p\voir de ,clomne8 ,il faut s'en rapport] ,polybe1 hi/ori5 presque contempora91 et consomm dans les affaires de la gu]re et de la paix4 ,il n\s appr5d que ce pr9ce1 dev5u odieux t\te la ,grce1 toit reg>d avec raison comme le tyran de sa patrie et l'ennemi de ses vois9s3 en va9 ses p>tisans prt5doi5t-ils le ju/ifi] p> l'exemple de ,lycurgue1 qui autrefois avoit fait une sa9te viol5ce aux ,sp>tiates p\r r=m] leurs lois et leurs murs4 ,dans ce lgislateur on reconnoissoit un pre de la patrie1 p>ce qu'il s'toit oubli lui-mme dans son entreprise1 p\r ne s'occup] que du bi5 public et du so9 de r5dre ses concitoy5s aussi v]tueux que lui-mme4 ,clomne1 au contraire1 comm5a sa r=me p> empoisonn] ,euridamas1 son collgue la royaut4 ,il dp\illa tyranniquem5t les snateurs de leur p\voir1 et en cra d'autres qui il ne laissa qu'un va9 titre2 il se dfit des phores2 et pr(itant1 comme auteur de la rvolution1 du crdit qu'elle lui donnoit1 p\r se r5dre absolu dans sa patrie1 s'il fit quelques lois sages1 ce fut en tyran inju/e1 dissimul et sans foi4 ,si ce pr9ce1 semblable au portrait infidelle qu'en fait ,plut>que1 avoit en effet rtabli le g\v]nem5t de ,lycurgue1 ,lacdmone1 bi5 lo9 de v\loir ass]vir les ,a*ens1 n'auroit dem& qu' s'associ] leur ligue1 et c'et t le plus gr& bonheur de la ,grce4 ,mais ds que ,clomne1 av>e1 ambitieux1 empoisonneur1 p>oissoit aux yeux des ,grecs s\ill de tant de vices1 je v\drois que ,plut>que n\s apprt p> quel secret1 la place d',aratus1 il et p]suad aux villes de la confdration a*enne de r5onc] leur lib]t4 ,qu'importoit aux peuples du ,ploponse que les ,sp>tiates euss5t repris leur anci5 c\rage et leur discipl9e militaire1 si ces v]tus n\velles ne devoi5t s]vir que d'in/rum5s l'ambition de ,clomne8 ,lacdmone n'en devoit p>otre que plus odieuse ses vois9s4 ,plut>que ignoroit-il qu'un peuple ne se dp\ille jamais volontairem5t de son indp5dance1 et que plutt que de se s\mettre un matre qui veut l'envahir p> la =ce1 il se f]a lui-mme un tyran8 ,tel e/ le c\rs des passions dans le cur des hommes4 ,d'ailleurs la ligue des ,a*ens toit compose de plusieurs villes qui auroi5t prfr de s'ensevelir s\s leurs ru9es1 au *agr9 de r5onc] la ha9e invtre qu'elles avoi5t contre les ,sp>tiates3 peut-tre n'auroi5t-elles p]du qu'avec pe9e leur ress5tim5t1 qu& ,lacdmone1 s\s la ma9 d'un second ,lycurgue1 auroit repris la fois t\tes ses anci5nes v]tus4 ,polybe n\s av]tit que si ,aratus n'et pas re*]* la protection des ,macdoni5s1 ,messne et ,mgalopolis alloi5t y rec\rir1 en se sp>ant de la ligue4 ,t\tes les autres villes du ,ploponse ne devoi5t-elles pas avoir peu prs la mme politique2 puisque ,clomne1 en promettant d'abolir les dettes et de faire un n\veau p>tage des t]res dans ses conqutes1 avoit s\lev contre lui les citoy5s qui j\issoi5t de la pr9cipale autorit dans le ,ploponse8 ,ce qui a le plus vivem5t frapp ,plut>que1 c'e/ qu'aprs la dfaite entire de ,clomne et des ,sp>tiates ,slasie1 ,antigone1 surnomm ,doson1 et rg5t de la ,macdo9e p5dant la m9orit de ,philippe1 fils de ,dmtrius1 mit en quelque sorte des entraves au ,ploponse4 ,sans d\te que les peuples de la ligue ,a*enne dr5t voir avec inquitude les g>nisons que ,philippe t5oit ,cor9! et ,or*omne2 sans d\te que leur lib]t en s\ffrit2 mais e/-ce un motif suffisant p\r condamn] ,aratus8 ,les ,ploponsi5s auroi5t-ils t plus libres et plus heureux en se livrant la foi de ,lacdmone8 ,la c\r de ,macdo9e respecta leur g\v]nem5t1 leurs lois1 leurs c\tumes et leurs magi/rats2 l'ambitieux ,clomne n'auroit-il pas au contraire abus insolemm5t de ses avantages8 ,aratus a t un des plus gr&s p]sonnages de l'antiquit2 mais tel e/ le sort des hommes d'tat1 qu'on les juge s\v5t sans considr] que la politique1 s\mise la fatalit des circon/ances qui l'en*an5t1 ne voit quelquefois aut\r d'elle que des cueils1 et n'a de *oix faire qu'entre des malheurs4 ,aratus fait pr5dre sa rpublique1 trop foible p\r rsi/] ,clomne1 le seul p>ti qui p\voit prv5ir sa ru9e2 il la reti5t sur le bord du prcipice1 il l'emp*e d'y tomb]2 et on le blme1 p>ce que les ,a*ens1 en cons]vant leur lib]t1 se tr\v5t =cs d'avoir des mnagem5s p\r la c\r de ,macdo9e4 ,puisqu'enf9 les vices avec lesquels la ,grce s'toit famili>ise ne lui p]mettoi5t plus de repr5dre ce sage g\v]nem5t qui l'avoit r5due autrefois heureuse et puissante1 on reg>d]a l'alliance que les ,a*ens contractr5t avec ,antigone ,doson comme l'vnem5t le plus heureux p\r les ,grecs et les ,macdoni5s1 si on fait att5tion la gu]re qui s'leva bi5tt entre les deux peuples les plus puissans du monde1 et qui1 prp>ant un matre aux nations1 devoit leur donn] de n\veaux intrts4 ,t&is que la ,grce s'occupoit du spectacle que lui prs5toit la desc5te des ,c>?ag9ois en ,italie1 et qu'inc]ta9e entre le gnie d',annibal et le gnie de la rpublique ,roma9e1 elle ne prvoyoit po9t encore qu'elle s]oit un j\r la victime de cette gu]re3 qu'il s]oit s\hait]1 disoit ,agelas de ,naupacte1 que les ,dieux comm5ass5t n\s inspir] des s5tim5s d'union et de concorde1 af9 que1 runissant nos =ces1 notre patrie se tr\ve c\v]t des insultes des ,b>b>es6 ,il n'e/ pas beso91 aj\toit-il1 de beauc\p de politique p\r prvoir que le va9queur1 quel qu'il soit1 ,c>?ag9ois ou ,roma91 ne se born]a po9t l'empire de l',italie et de la ,sicile4 ,son ambition s'y tr\v]oit trop l'troit2 il port]a ses armes dans notre patrie4 ,si la nue qui n\s m5ace du ct de l'occid5t vi5t fondre sur n\s1 craignons de ne p\voir rsi/] l'orage4 ,n\s ne s]ons plus les matres de faire la gu]re1 ni de trait] de la paix notre gr2 n\s s]ons condamns obir4 ,p\r ju/ifi] les ju/es al>mes d',agelas1 il suffiroit de faire connotre ici le gnie des ,roma9s1 de re*]*] les causes de la gr&eur de ce peuple ambitieux1 qui1 tant p>v5u de l'tat le plus bas la plus haute lvation1 et p\ss p> les ressorts de son g\v]nem5t s't5dre1 ne p\voit cess] de va9cre qu'aprs avoir t\t s\mis1 ou qu'aprs avoir t lui-mme va9cu p> sa prosprit4 ,les ,roma9s en effet m>*oi5t la mon>*ie univ]selle2 t\tes leurs in/itutions en faisoi5t une nation gu]rire qui devoit har le repos1 p>ce que la gu]re1 lo9 de l'puis]1 multiplioit1 p> une espce de prodige1 ses =ces et ses ress\rces4 ,ils avoi5t contract depuis leur naissance l'habitude de se ml] dans les affaires qui devoi5t en app>5ce leur p>otre indiffr5tes2 il toit impossible d'tre leurs vois9s1 sans dev5ir leurs ennemis1 ou leurs sujets s\s le nom d'allis2 et leur ambition extrme toit t\j\rs ca*e s\s le voile de la ju/ice1 de la modration et de la magnanimit3 la manire dont ils avoi5t subjugu l',italie1 la ,sicile et la ,s>daigne1 appr5oit ce qu'ils f]oi5t en s'agr&issant1 et qu'ils retomb]oi5t sur la ,grce ou sur la ,macdo9e ds qu'ils auroi5t va9cu l',afrique4 ,la ,grce ni la ,macdo9e1 disoit ,agelas1 ne p\rront jamais rsi/] sp>m5t aux =ces du va9queur4 ,n\s avons beso9 de votre sec\rs1 cont9uoit-il1 en adressant la p>ole ,philippe1 p\r n\s s\t5ir contre les b>b>es4 ,les ,dieux v\s ont mis en tat de protg] notre lib]t1 pr(itez de cette faveur2 mais en df5dant les ,grecs1 songez que v\s travaillez p\r v\s-mme2 songez que votre royaume tr\v]a son t\r dans leur amiti t\tes les ress\rces ncessaires sa gr&eur4 ,la bonne-foi doit tre votre seule politique4 ,si les ,grecs s\ponn5t que v\s ne df5diez l'entre de leur pays aux trang]s que p\r v\s en rs]v] la conqute1 je v\s annonce que t\t e/ p]du4 ,nos villes al>mes ne cra9dront po9t de s'alli] aux ,b>b>es2 et la d\ceur de se v5g] de v\s1 les f]a c\rir leur ru9e1 p\rvu qu'elles v\s p]d5t4 ,c'toit ,philippe1 in/ruit p> le conseil d',agelas1 qui ses lumires dc\vroi5t l'av5ir1 qu'il app>t5oit de faire le rle de ,?mi/ocle dans une conjoncture si critique3 quoiqu'il ne dt pas avoir affaire des ,x]cs1 des ,m>donius1 ni des soldats d',asie1 il auroit encore oppos aux lgions roma9es des hommes capables de les tonn]1 et peut-tre mme de mettre des bornes leurs conqutes1 s'il et cont9u se conduire les pr9cipes sages et modrs qui illu/rr5t le comm5cem5t de son rgne1 et qu',antigone ,doson lui avoit donns4 ,la nature1 dis5t les hi/ori5s1 avoit runi dans ,philippe t\tes les qualits qui honor5t le trne4 ,il avoit l'esprit vif1 t5du et pntrant4 ,une valeur hroque toit d'autant plus propre lui gagn] les curs1 qu'il possdoit en mme temps cet art en*anteur de plaire1 fruit de l'affabilit1 jo9te la puissance et aux tal5s4 ,il aimoit la gloire avec passion1 et ne p5soit pas qu'elle pt tre unie l'inju/ice4 ,une sage modration c>toit t\s les s\pons qui auroi5t pu t5ir les ,grecs en g>de contre lui4 ,tant de v]tus disp>ur5t en un j\r2 phnomne1 si je puis p>l] a9si1 d'autant plus surpr5ant1 que ce pr9ce1 ent\r depuis long-temps de ces hommes vils qui ne peuv5t s'lev] la =tune1 qu'en r5dant leur matre aussi mprisable qu'eux1 sembloit avoir un c>actre pr\v4 ,dmtrius de ,ph>e *at\illa l'ambition de ,philippe1 en lui faisant envisag] la conqute de l',italie comme une entreprise aise aprs la bataille de ,cannes4 ,les ,roma9s1 s'il falloit l'en croire1 ne p\voi5t se relev] de leurs p]tes2 et il toit impossible une rpublique aussi mal g\v]ne que ,c>?age1 d'aff]mir son empire sur les va9cus1 et de cons]v] sa proie1 si ,philippe t5toit de la lui enlev]4 ,ce pr9ce1 enivr des esprances que lui donnoit ,dmtrius1 ngligea sur-le-*amp ses vrais intrts1 p\r faire autant de fautes qu'il fit de dm>*es4 ,au lieu de pr(it] de ses avantages sur les ,etoli5s1 et de les rduire ne p\voir plus tr\bl] la paix de la ,grce1 et la bonne intellig5ce qui rgnoit entre le ,ploponse et la ,macdo9e1 il re*]*a leur amiti1 et se r5dit suspect1 en faisant alliance avec un peuple qui toit odieux t\s les ,grecs3 trange conduite6 de se br\ill] avec ses vois9s1 p>ce qu'on mdite la conqute d'une prov9ce loigne4 ,si ,philippe croyoit que le gnie puissant d',annibal dt dtruire la rpublique ,roma9e1 il devoit att5dre1 p\r se livr] son ambition1 que l',italie ft s\mise des m>*&s1 qu',annibal m\rt1 et que les ,c>?ag9ois cessass5t d'tre r$\tables4 ,s'il se dfioit au contraire des succs de ce gnral1 et que p> une connoissance plus pr(onde du g\v]nem5t1 des murs et de la politique des ,roma9s1 il juget que leurs ress\rces toi5t plus gr&es que leurs p]tes1 et qu'il falloit les dtruire p\r les emp*] de dev5ir les matres du monde2 il devoit sans d\te1 en se liguant avec ,annibal1 l'aid] de t\tes ses =ces1 et faire en sa faveur les ef=ts que ,c>?age elle-mme auroit d faire4 ,cep5dant1 il se laissa effray] p> les premires m5aces que lui fir5t les ,roma9s1 en appr5ant son trait1 et passa d'une extrme confiance une cra9te extrme1 qu& il vit qu'ils cons]voi5t les plus gr&es esprances dans les plus gr&s malheurs1 et qu' demi va9cus1 ils avoi5t le c\rage d'insult] les ctes de son royaume4 ,il se rep5tit de son entreprise2 et n'y r5onant qu' moiti1 ne fit encore que de n\velles fautes p\r rp>] celles qu'il avoit dj faites4 ,juge-t-il qu'il doit se prp>] la gu]re et se mettre en tat de df5se contre les ,roma9s8 ,il oublie les sages conseils d',agelas1 croit que p\r augm5t] ses =ces1 il faut comm5c] p> ass]vir la ,grce1 et se fait follem5t un n\vel ennemi4 ,*aque dm>*e de ,philippe ne s]t qu' multipli] ses emb>ras et ses dang]s4 ,il ne *]*e que des prtextes p\r subjugu] la ,grce2 il s'indigne de la paix qui y rgne1 fait natre des tr\bles et ranime les anci5nes divisions4 ,si les ,messni5s ont dans leur ville des qu]elles dome/iques1 n'avez-v\s pas1 dit-il aux ri*es1 des lois p\r rprim] l'insol5ce de la multitude8 ,manquez-v\s de bras1 dit-il au peuple1 p\r v\s faire ju/ice de vos tyrans8 ,il fait empoisonn] ,aratus1 ,euryclide et ,micon2 ces att5tats le r5dir5t infme1 et ses allis dev9r5t ses ennemis4 ,les ,a*ens1 malgr leur pati5ce1 se s\levr5t2 et s\s la conduite d'un aussi gr& capita9e que ,philopem51 qu'on a appel le d]ni] des ,grecs1 et qui avoit pris ,epam9ondas p\r modle1 ils df5dir5t leur lib]t avec plus de c\rage que les ,grecs n'auroi5t os l'espr]4 ,philippe1 dont t\tes les esprances toi5t van\ies1 voyoit que l',italie *appoit aux ,c>?ag9ois2 il ne p\voit rduire les ,a*ens1 il r$\toit la v5geance des ,roma9s3 ses rev]s l'aigrir5t1 et ne consultant que sa colre et sa cra9te1 il dev9t enf9 p> dsespoir le plus odieux des tyrans4 ,la rpublique roma9e cons]voit encore cette au/rit de murs qui l'a r5due si puissante1 qu& les ,etoli5s1 l',a*ae et ,a?nes l'invitr5t les v5g] des viol5ces de ,philippe4 ,rome1 enri*ie des dp\illes de ,c>?age1 p\voit suffire aux frais des gu]res les plus disp5dieuses4 ,ses ri*esses r5f]mes dans le trsor public1 n'avoi5t pas encore port la corruption dans les maisons des citoy5s4 ,l'union la plus intime subsi/oit entr'eux2 et les dang]s dont ,annibal les avoit m5acs1 n'avoi5t fait que donn] une n\velle =ce aux ressorts du g\v]nem5t4 ,les ,roma9s1 enf91 toi5t plus p]suads que jamais que t\t toit possible leur pati5ce1 leur am\r p\r la gloire1 et au c\rage de leurs lgions4 ,quelque lgre connoissance qu'on ait1 de la seconde gu]re punique1 on doit s5tir quelle trange disproportion il y avoit entre les =ces de la ,macdo9e et celles de la rpublique ,roma9e1 seconde p> une p>tie des ,grecs3 aussi ,philippe fut-il va9cu et oblig de s\scrire aux conditions d'une paix humiliante1 qui lui fit p]dre les places qu'il occupoit dans la ,grce1 le laissa sans vaisseaux et puisa ses f9ances4 ,les ,roma9s essayr5t ds-lors1 sur les ,grecs1 cette politique adroite et savante qui avoit dj tromp et ass]vi tant de nations4 ,s\s prtexte de r5dre *aque ville sa lib]t1 ses lois et son g\v]nem5t1 ils df5dir5t t\te alliance1 et mir5t p>-l la ,grce dans l'impuissance d'avoir un mme intrt et de se runir4 ,la rpublique ,roma9e comm5a dom9] les ,grecs p> les ,grecs mmes2 ce fut p> leurs vices qu'elle v\lut d'abord les avilir et les affoiblir1 af9 de les opprim] plus aism5t p> la =ce des armes4 ,elle se fit des p>tisans zls1 dans *aque ville1 en comblant de bi5faits les citoy5s qui lui fur5t les plus atta*s4 ,l'hi/oire a cons]v les noms de plusieurs de ces hommes infmes1 qui1 t\r--t\r dlateurs de leurs concitoy5s ,rome1 et artisans de la tyrannie dans leur patrie1 prt5doi5t qu'il n'y avoit plus dans la ,grce d'autre droit1 d'autres lois1 d'autres murs1 d'autres usages que la volont des ,roma9s4 ,au mo9dre diffr5d qui s'levoit1 la rpublique (froit sa mdiation p\r acc\tum] les ,grecs la reconnotre p\r juge2 ne p>loit que de paix1 p>ce qu'elle v\loit avoir seule le privilge de faire la gu]re2 donnoit des conseils1 has>doit quelquefois des ordres1 mais t\j\rs dans des circon/ances favorables1 et en ca*ant son ambition s\s le voile spcieux du bi5 public4 ,les ,etoli5s s'toi5t promis de gr&s avantages en favorisant les armes des ,roma9s contre ,philippe2 et p\r t\te rcomp5se1 ils se vir5t =cs ne plus tr\bl] la ,grce p> leurs brig&ages1 et prir de misre s'ils ne s'acc\tumoi5t au travail1 et ne rp>oi5t p> une indu/rie honnte les maux que leur faisoit la paix4 ,ils se crur5t accabls s\s une tyrannie insupportable2 ils mditr5t une rvolte2 mais n'esprant pas de sec\] le j\g des ,roma9s sans un sec\rs trang]1 ils fir5t pass] quelques-uns de leurs citoy5s la c\r de ,syrie1 p\r engag] ,antio*us pr5dre les armes contre la rpublique ,roma9e4 ,la dfaite de ce pr9ce1 lui fit p]dre l',asie m9eure2 et les ,grecs1 dsormais sans ress\rces1 se tr\vr5t envelopps de t\tes p>ts de la puissance des ,roma9s4 ,le premi] fruit que les va9queurs retirr5t de cet avantage1 ce fut la ru9e des ,etoli5s4 ,la rpublique ,roma9e leur accorda la paix1 mais condition que t\j\rs prts m>*] s\s ses ordres1 ils ne donn]oi5t jamais aucun sec\rs ses ennemis ni ceux de ses allis4 ,la ligue ,etoli5ne paya deux c5s tal5s aux ,roma9s1 et s'obligea de leur en donn] encore trois c5s dans l'espace de six annes4 ,elle livra qu>ante de ses pr9cipaux citoy5s qui fur5t envoys ,rome1 et il ne lui fut p]mis de *oisir ses magi/rats que p>mi ses otages4 ,les villes de la confdration qui avoi5t dsappr\v son alliance avec ,antio*us1 fur5t dcl>es libres4 ,enf91 les ,roma9s donnr5t aux ,ac>nani5s1 p\r prix de leur fidlit1 la ville et le t]ritoire des ,eniades4 ,ne p\vant plus (f5s] leurs vois9s1 les ,etoli5s1 dit ,polybe1 t\rnr5t leur fureur contr'eux-mmes2 et leurs discordes dome/iques les portr5t aux viol5ces les plus atroces4 ,ce peuple a*eva de v5g] les ,grecs de son inhumanit1 et on ne vit1 dans t\te l',etolie1 qu'inju/ices1 confusion1 meurtres et assass9ats4 ,les ,grecs1 t\j\rs jal\x de leur lib]t1 et cep5dant de j\r en j\r mo9s libres1 connur5t la faute qu'ils avoi5t faite d'implor] la protection de la rpublique ,roma9e contre ,philippe3 p\r se v5g] d'un ennemi auquel ils p\voi5t rsi/]1 ils s'toi5t donn un matre auquel il falloit obir4 ,ils vir5t avec joie que ,p]se t5tt de sortir de l'abaissem5t o les ,roma9s le t5oi5t2 mais ce pr9ce tmraire et timide fut va9cu comme ,philippe son pre1 et trait avec plus de rigueur4 ,il orna le triomphe de ,paul ,emile2 le trne de ,philippe et d',alex&re ne subsi/a plus2 la ,macdo9e1 qui avoit subjugu l',asie entire1 dev9t une prov9ce roma9e3 les va9queurs en transportr5t les habitans d'une contre dans l'autre p\r la r5dre docile et obissante2 et la ,grce vit avec frayeur une image du sort qui l'att5doit1 si elle essayoit de se s\lev] contre une rpublique1 qui1 comm5ant p]dre ses murs1 comm5oit ne plus respect] ses lois2 et que l'excs de sa prosprit invitoit dj abus] de son p\voir4 ,le snat ,roma9 prit l'habitude de cit] devant lui les villes entre lesquelles il s'levoit quelque diffr5d2 il ne proposoit que des conseils1 il ne p>loit que comme arbitre2 mais les ,grecs pr\vr5t que c'toit un crime que de ne pas obir4 ,au milieu de cet assujetissem5t gnral1 la ligue seule des ,a*ens se piquoit d'un re/e de lib]t3 elle rgloit encore ses affaires dome/iques1 et faisoit des alliances1 sans consult] le snat2 elle croyoit avoir des droits2 elle en p>loit sans cesse1 et cep5dant toit assez prud5te p\r n'os] presque pas en j\ir4 ,si ce que les ,roma9s exig5t de n\s1 disoi5t d'aprs ,philopem5 les ,a*ens les plus accrdits dans leur nation1 e/ con=me aux lois1 la ju/ice et aux traits que n\s avons passs avec eux1 ne balanons po9t leur montr] une sage dfr5ce2 mais si leurs prt5tions bless5t notre lib]t et nos usages1 faisons-leur connotre les raisons que n\s avons de ne pas n\s y s\mettre4 ,remontrances1 prires1 bon droit1 t\t e/-il inutile2 pr5ons les dieux tmo9s de l'inju/ice qu'on n\s fait1 mais obissons encore1 et cdons la viol5ce1 ou plutt la ncessit4 ,ce mlange de s\mission et de f]met1 de cra9te et de c\rage1 r5doit les ,a*ens suspects2 et c'toit p> sa sagesse prv5ir les plus petits dang]s que la rpublique ,roma9e cim5toit *aque j\r la gr&eur de sa =tune4 ,elle craignit donc que l'orgueil des ,a*ens1 s'il n'toit rprim1 ne devnt contagieux dans la ,grce1 et n'y rveillt le s\v5ir de son anci5ne indp5dance4 ,d'ailleurs elle toit p>v5ue une trop haute lvation1 et t\s les peuples toi5t trop humilis devant elle1 p\r qu'elle ne confondt pas les remontrances et la rebellion4 ,se pla9dre1 c'toit lui manqu] de respect2 et t\t ce que l',a*ae avoit d'honntes g5s et de bons citoy5s fut condamn p> un dcret de bannissem5t ab&onn] sa patrie4 ,cet exemple de svrit auroit d t\ff] jusqu' l'esprance de la lib]t dans le ,ploponse2 il y aigrit au contraire les esprits4 ,on se plaignit1 on murmura sans ret5ue2 et comme si on et v\lu s'essay] la rvolte1 en s'acc\tumant mpris] les ,roma9s1 on publia que leur empire n'toit que l'ouvrage de la =tune4 ,quelqu'ins5se que fut cette manire de p5s]1 elle devoit s'accrdit] *ez un peuple va91 et qui1 traitant les trang]s de b>b>es1 se flattoit de possd] seul t\s les tal5ts4 ,les ,a*ens ne t>dr5t pas tre les victimes de leur vanit4 ,la rpublique ,roma9e1 qui ne *]*oit qu'une occasion de les humili]1 pr(ita du diffr5t qui s'toit lev entr'eux et les ,sp>tiates1 p\r nomm] des commissaires qui1 s\s prtexte de les jug]1 toi5t *>gs d'affoiblir la confdration ,a*enne1 et de dta*] de son alliance le plus de villes qu'il s]oit possible1 mais sur-t\t ,sp>te1 ,argos1 ,cor9!1 ,or*omne et ,hracle4 ,les ,a*ens osr5t donn] des m>ques de mpris aux dputs de ,rome2 mais cette rpublique1 dont la politique savoit si bi5 p\ss] sa ru9e un peuple assez sage p\r s'en loign]1 et fe9dre de prt] une ma9 sec\rable celui qui s'y prcipitoit de lui-mme1 dissimula l'injure qu'on avoit faite ses m9i/res4 ,le snat nomma de n\veaux commissaires1 qu'il *>gea de se conduire avec beauc\p de d\ceur1 et d'invit] seulem5t les ,a*ens rappel] leurs tr\pes1 et cess] les ho/ilits qu'ils avoi5t comm5ces sur le t]ritoire de ,sp>te4 ,p> cette conduite1 en app>5ce si modre1 les ,roma9s ne *]*oi5t qu' mettre l',a*ae dans son tort1 et ju/ifi] l'extrme svrit dont ils v\loi5t us] son g>d4 ,plus ils affectoi5t de mnagem5s et de modration1 plus les ,a*ens enh>dis montrr5t de fi]t et d'insol5ce4 ,diu et ,critolas g\v]noi5t alors la ligue2 et ,polybe n\s les dpe9t comme deux sclrats1 dont l'empire toit absolu sur t\t ce qu'il y avoit de citoy5s d%onors ou assez ru9s p\r n'avoir ri5 p]dre dans la ru9e de leur patrie4 ,on crut1 sur la foi de ces deux hommes1 que la d\ceur affecte de la rpublique roma9e n'toit que le fruit de sa cra9te4 ,ils p]suadr5t aux ,a*ens1 qu'occupe p> une troisime gu]re contre un peuple aussi puissant que les ,c>?ag9ois1 elle avoit d'abord t* d'intimid] les ,grecs p> une ambassade fa/ueuse2 mais que cette voye ne lui ayant pas russi1 elle avoit envoy de n\veaux ambassadeurs1 dont la conduite plus modre faisoit voir que les ,roma9s n'osoi5t se faire de n\veaux ennemis1 et se rep5toi5t d'avoir branl p> leur tyrannie l'empire qu'ils avoi5t pris sur la ,grce1 et dont il toit temps qu'elle s'affran*it4 ,puisque ,rome tremble1 disoi5t-ils1 il faut r5onc] auj\rd'hui et sans ret\r la lib]t1 ou pr(it] de cette d]nire occasion p\r la df5dre et l'aff]mir4 ,ces s5tim5s passr5t dans t\s les curs1 et les seconds dputs des ,roma9s n'eur5t pas un succs plus heureux que les premi]s4 ,mtellus qui comm&oit en ,macdo9e1 n'oublia ri5 p\r dissip] l'erreur des ,a*ens1 et les port] obir2 mais t\s ses ef=ts tant infructueux1 il fit enf9 m>*] contr'eux les lgions4 ,l',a*ae de son ct s'toit prp>e la gu]re2 les armes se joignir5t dans la ,locride2 et malgr l'*ec considrable que les ,a*ens y reur5t1 ils ne dsesprr5t pas encore de leur salut4 ,critolas avoit t tu2 ,diu1 son collgue1 rassembla la hte les dbris de l'arme battue2 et armant jusqu'aux esclaves1 se crut en tat de dfi] encore une fois la =tune des ,roma9s4 ,mtellus1 qui s'toit avanc prs de ,cor9!1 ne se lassoit po9t de faire de n\velles propositions de paix1 lorsque ,mummius prit le comm&em5t de l'arme4 ,ce consul1 aussi fameux dans la ,grce p> la ru/icit de ses murs et son ignorance p\r les arts qui la *>moi5t1 que p> la duret dont il usa son g>d1 dfit entirem5t les ,a*ens2 et leur con/]nation gala aprs la bataille la confiance tmraire avec laquelle ils s'y toi5t prs5ts4 ,il toit naturel que ce qui avoit *app l'pe des roma9s1 se rfugit dans ,cor9!2 et en df5dant une place qui toit la clef du ,ploponse1 fit une rsi/ance assez vig\reuse p\r obt5ir une capitulation honorable1 ou ju/ifi] la tmrit qui lui avoit mis les armes la ma94 ,mais les soldats con/]ns s'y crur5t trop prs de leurs va9queurs2 ils fuir5t en se db&ant dans l'intrieur du ,ploponse1 et la plup>t des ,cor9?i5s1 qui l'effroi de l'arme s'toit communiqu1 ab&onnr5t eux-mmes leur ville4 ,mummius la livra au pillage4 ,t\t citoy5 qui n'avoit pas fui fut pass au fil de l'pe2 femmes1 filles1 enfans1 t\t fut v5du4 ,la sup]be ,cor9! fut rduite en c5dres1 et la lib]t des ,grecs ensevelie s\s ses ru9es4 ,on abattit les murailles de t\tes les villes qui avoi5t eu "p la rvolte4 ,le g\v]nem5t populaire fut aboli p>-t\t4 ,en un mot1 la ,grce p]dit ses lois et ses magi/rats1 et1 g\v]ne p> un prteur1 dev9t une prov9ce ,roma9e1 s\s le nom de prov9ce d',a*ae4 ,tel fut le sort de la nation peut-tre la plus illu/re de l'antiquit1 et dont la rputation1 dans sa dcad5ce mme1 donna de la jal\sie aux ,roma9s4 ,e/-il un peuple dont l'hi/oire (fre aux mditations de la politique des maximes plus sres et en plus gr& nombre sur t\t ce qui peut faire le bonheur ou le malheur des socits8 ,depuis ,lycurgue1 jusqu'au temps malheureux que l'ambition alluma la gu]re du ,ploponse1 s'il s'leva quelques qu]elles entre les ,grecs1 les ha9es et les v5geances ne fur5t po9t implacables2 leurs in/itutions toi5t telles1 que la raison repr5ant promptem5t son empire sur les passions1 la paix toit rtablie avant qu'on et pr\v l'impuissance de cont9u] la gu]re1 ou conu l'esprance de faire des conqutes4 ,l'am\r de la paix1 t\j\rs uni l'am\r de la gloire1 ne dgnra po9t p5dant ces temps heureux en une indol5ce molle et oisive1 qui1 en r5dant la ,grce mprisable ses vois9s1 lui auroit fait des ennemis4 ,les ,grecs1 prp>s p> leurs jeux aux ex]cices de la gu]re1 toi5t t\j\rs prts df5dre leur patrie2 ils auroi5t plutt pri que de s\ffrir un affront2 et p> une espce de prodige1 ces citoy5s soldats n'abusoi5t cep5dant1 ni de leur c\rage1 ni de leur discipl9e1 ni de leurs avantages contre leurs vois9s1 et ne songeoi5t po9t les dp\ill] de leurs bi5s4 ,la ,grce n'a eu presqu'aucune rpublique qui ne se soit r5due clbre4 ,je ne p>l]ai po9t d',a?nes1 de ,cor9!1 de l',arcadie1 de la ,botie1 etc4 ,mais quelle socit (frit jamais la raison un spectacle plus noble1 plus sublime que ,lacdmone8 ,p5dant prs de six c5ts ans les lois de ,lycurgue1 les plus sages qui ai5t t donnes aux hommes1 y fur5t obs]ves avec la fidlit la plus religieuse4 ,quel peuple aussi atta* t\tes les v]tus que les ,sp>tiates1 donna jamais des exemples si gr&s1 si cont9uels de modration1 de pati5ce1 de c\rage1 de magnanimit1 de temprance1 de ju/ice1 de mpris des ri*esses1 et d'am\r de la lib]t et de la patrie8 ,en lisant leur hi/oire1 n\s n\s s5tons *auff]2 si n\s portons encore dans le cur quelque g]me de v]tu1 notre ame s'lve1 et semble v\loir fran*ir les limites troites dans lesquelles la corruption de notre sicle n\s reti5t4 ,quoi qu'en dise un des plus judicieux criva9s de l'antiquit1 qui *]*e dim9u] la gloire des ,grecs1 leur hi/oire ne tire po9t son pr9cipal lu/re du gnie et de l'art des gr&s hommes qui l'ont crite4 ,peut-on jet] les yeux sur t\t le corps de la nation ,grecque1 et ne pas av\] qu'elle s'lve quelquefois au-dessus des =ces de l'humanit8 ,on voit quelquefois t\t un peuple tre magnanime comme ,?mi/ocle1 et ju/e comme ,ari/ide4 ,sallu/e ni]oit-il que ,m>a?on1 les ,!rmopyles1 ,salam9e1 ,plate1 ,micale1 la retraite des dix mille1 et tant d'autres exploits excuts dans le se9 mme de la ,grce p5dant le c\rs de ses gu]res dome/iques1 ne soi5t au-dessus des l\anges que leur ont donnes les hi/ori5s8 ,les ,roma9s n'ont va9cu les ,grecs que p> les ,grecs mmes4 ,mais quelle auroit t la =tune de ces conqurants1 si au lieu de port] la gu]re dans la ,grce corrompue p> mille vices1 et affoiblie p> ses ha9es et ses divisions inte/9es1 ils y avoi5t tr\v ces capita9es1 ces soldats1 ces magi/rats1 ces citoy5s qui avoi5t triomph des armes de ,x]cs8 ,le c\rage auroit alors t oppos au c\rage2 la discipl9e la discipl9e2 la temprance la temprance2 les lumires aux lumires2 l'am\r de la lib]t1 de la patrie et de la gloire1 l'am\r de la lib]t1 de la patrie et de la gloire4 ,un loge p>ticuli] que mrite la ,grce1 c'e/ d'avoir produit les plus gr&s hommes dont l'hi/oire doive cons]v] le s\v5ir4 ,je n'en excepte pas la rpublique ,roma9e1 dont le g\v]nem5t toit t\tefois si propre *auff] les esprits1 excit] les tal5ts1 et les produire dans t\t leur j\r4 ,qu'oppos]a-t-elle un ,lycurgue1 un ,?mi/ocle1 un ,cimon1 un ,epam9ondas1 etc8 ,on peut dire que la gr&eur des ,roma9s e/ l'ouvrage de t\te la rpublique2 aucun citoy5 de ,rome ne s'lve au-dessus de son sicle et de la sagesse de l'tat1 p\r pr5dre un n\vel essor et lui donn] une face n\velle4 ,*aque ,roma9 n'e/ sage1 n'e/ gr& que p> la sagesse et le c\rage du g\v]nem5t2 il suit la r\te trace1 et le plus gr& homme ne fait qu'y avanc] de quelques pas plus que les autres4 ,dans la ,grce1 au contraire1 je vois s\v5t de ces gnies va/es1 puissans et crateurs1 qui rsi/5t au torr5t de l'habitude1 qui se prt5t t\s les beso9s diffr5s de l'tat1 qui s'ouvr5t un *em9 n\veau1 et qui1 en se portant dans l'av5ir1 se r5d5t les matres des vnem5s4 ,la ,grce n'a pr\v aucun malheur qui n'ait t prvu long-temps d'avance p> quelqu'un de ses magi/rats2 et plusieurs citoy5s ont retir leur patrie du mpris o elle toit tombe1 et l'ont fait p>otre avec le plus gr& clat4 ,quel e/ au contraire le ,roma9 qui ait dit sa rpublique1 que ses conqutes devoi5t la m5] sa ru9e8 ,qu& le g\v]nem5t se d=moit1 qu& on ab&onnoit aux proconsuls une autorit qui devoit les affran*ir du j\g des lois1 quel ,roma9 a prdit que la rpublique s]oit va9cue p> ses propres armes4 ,qu& ,rome *anceloit dans sa dcad5ce1 quel citoy5 e/ v5u son sec\rs1 et a oppos sa sagesse la fatalit qui sembloit l'entran]8 ,ds que les ,roma9s cessr5t d'tre libres1 ils dev9r5t les plus l*es des esclaves4 ,les ,grecs1 ass]vis p> ,philippe et ,alex&re1 ne dsesprr5t pas de rec\vr] leur lib]t2 ils sur5t en effet se r5dre indp5dans s\s les successeurs de ces pr9ces4 ,s'il s'leva mille tyrans dans la ,grce1 il s'leva aussi mille ,trasibule4 ,ecrase enf9 s\s le poids de ses propres divisions et de la puissance ,roma9e1 la ,grce cons]va une sorte d'empire1 mais bi5 honorable sur ses va9queurs4 ,ses lumires et son gt p\r les lettres1 la philosophie et les arts la v5gr5t1 p\r a9si dire1 de sa dfaite1 et s\mir5t leur t\r l'orgueil des ,roma9s4 ,les va9queurs dev9r5t les disciples des va9cus1 et apprir5t une langue que les ,homre1 les ,p9d>e1 les ,?ucydide1 les ,x5ophon1 les ,dmo/hnes1 les ,platon1 les ,euripide1 etc4 avoi5t embellie de t\tes les graces de leur esprit4 ,des orateurs qui *>moi5t dj ,rome allr5t puis] *ez les ,grecs ce gt f9 et dlicat1 peut-tre le plus r>e des tal5s1 et ces secrets de l'art qui donn5t au gnie une n\velle =ce2 ils allr5t1 en un mot1 se =m] au tal5t en*anteur de t\t embellir4 ,dans les coles de philosophie1 o les roma9s les plus di/+us se dp\illoi5t de leurs prjugs1 ils appr5oi5t respect] les ,grecs2 ils rapportoi5t dans leur patrie leur reconnoissance et leur admiration1 et ,rome r5doit son j\g plus lg]2 elle craignoit d'abus] des droits de la victoire1 et p> ses bi5faits di/+uoit la ,grce des autres prov9ces qu'elle avoit s\mises4 ,quelle gloire p\r les lettres d'avoir p>gn au pays qui les a cultives des maux dont ses lgislateurs1 ses magi/rats et ses capita9es n'avoi5t pu le g>antir8 ,elles sont v5ges du mpris que leur tmoigne l'ignorance2 et sres d'tre respectes qu& il se tr\v]a d'aussi ju/es apprciateurs du mrite que les ,roma9s4 ,,f9 des ,obs]vations sur l'hi/oire de la ,grce4 ,,table ,des ,obs]vations sur l',hi/oire de la ,grce ,a ,monsieur l'abb de ,r9999994 pag4 ,i ,sommaires4 ,,vii ,livre premi]4 #a ,livre second4 #fc ,livre troisime4 #abc ,livre quatrime4 #ahg ,,f9 ,,de ,,la ,,table4 99 99 99 99 99 ,,obs]vations ,,sur ,,les ,,roma9s4 ,,av]tissem5t4 ,il y a dix ans que je fis imprim] des rflexions sur l',hi/oire ,roma9e et sur l',hi/oire de ,france1 s\s le titre de ,p>allle des ,roma9s et des ,franais4 ,le public1 qui se plat quelquefois enc\rag] les jeunes criva9s1 fit mon ouvrage un accueil favorable2 mais je ne fus pas long-temps m'ap]cevoir que ce que je pr5ois p\r une ju/ice de sa "p n'toit qu'une grce4 ,quelques p]sonnes1 dont je respecte inf9im5t les lumires1 me fir5t l'honneur de me croire digne de leurs critiques1 et qu&1 avec ce sec\rs1 je v9s revoir mon ouvrage de sang-froid1 je tr\vai qu'un plan que j'avois jug trs-judicieux1 n'toit en aucune faon raisonnable4 ,nul ordre1 nulle liaison dans les ides1 des rptitions sans nombre1 des objets prs5ts s\s un faux j\r2 ce n'toit pas l les seuls dfauts o m'avoit fait tomb] la manie du p>allle4 ,je m'tois vu =c pass] s\s sil5ce plusieurs *oses ncessaires1 p\r faire connotre les peuples dont j'exam9ois l'hi/oire1 et ce qui e/ un bi5 plus gr& mal1 d'en dire plusieurs que je n'aurois pas d p5s]4 ,au lieu de v\loir corrig] mon p>allle incorrigible1 p\r en faire une n\velle dition1 j'ai cru qu'il falloit compos] deux ouvrages t\t n\veaux4 ,je donne auj\rd'hui ce qui reg>de les ,roma9s2 heureux1 si en v\lant rp>] une premire faute je n'en fais pas une seconde6 ,qualis /atus urbis1 qu m5s ex]cituum1 quis habitus prov9ci>um1 quid 9 toto t]r>um orbe validum1 quid grum fu]it1 ut non modo casus ev5tusque r]um1 s$ ratio etiam causque noscantur4 7,tac4 ,hi/4 ,liv4 ,i47 ,,sommaires4 ,,livre ,,premi]4 ,du g\v]nem5t des ,roma9s s\s leurs rois4 ,comm5t le g\v]nem5t de la rpublique se =me et se p]fectionne4 ,ce qui en altre les pr9cipes4 ,des causes qui doiv5t ru9] la lib]t4 ,,livre ,,ii4 ,affaires des ,gracques1 de ,m>ius1 de ,sylla4 ,le premi] ,triumvirat4 ,gu]re civile de ,cs>4 ,de la situation et de la conduite de la rpublique aprs sa mort4 ,second ,triumvirat4 ,augu/e s'emp>e de t\te la puissance publique4 ,,livre ,,iii4 ,p\rquoi le g\v]nem5t des emp]eurs doit tre despotique4 ,de l'indp5dance qu'affect5t les armes4 ,elles dispos5t de l'empire4 ,p\rquoi elles p]d5t leur autorit4 ,n\velle =me de g\v]nem5t p> ,dioclti54 ,,livre ,,iv4 ,du gnie militaire des ,roma9s4 ,leur discipl9e4 ,leurs gu]res contre les peuples d',italie4 ,p> quelle politique la rpublique met ses victoires pr(it4 ,comm5t elle peut suffire une gu]re cont9uelle4 ,progrs de ses gnraux dans la sci5ce des armes4 ,,livre ,v4 ,de ,c>?age4 ,ses gu]res contre les ,roma9s4 ,situation des diffr5tes puissances aprs la seconde gu]re ,punique4 ,leur politique4 ,celle des ,roma9s p\r les ass]vir4 ,rflexions p>ticulires sur ,antio*us4 ,,livre ,,vi4 ,abus que les ,roma9s font de leur puissance4 ,leur norme av>ice4 ,comm5t ils p]d5t ce qui avoit fait la sret et la gr&eur de la rpublique4 ,etat de l'empire s\s ,con/ant94 ,ru9e de l'empire d',occid5t4 ,foiblesse et ru9e de l'empire d',ori5t4 ,,obs]vations ,,sur ,,les ,,roma9s4 ,,livre ,,premi]4 ,qu& ,romulus jeta les fondem5s de ,rome1 l',italie1 compose de presqu'autant d'tats diffr5s qu'il y avoit de villes1 (froit une image de la socit naissante4 ,*aque rpublique n'y possdoit gure que les t]res ncessaires p\r n\rrir ses habitans2 ils vivoi5t du travail de leurs ma9s1 et la pauvret ne p]mettant encore qu' peu de passions d'agir1 t5oit lieu de cette f\le d'in/itutions1 p> lesquelles la politique a d rprim] depuis les vices qui sont une suite ncessaire de la politesse et du luxe des gr&s tats4 ,une valeur brutale fut la seule v]tu des esclaves fugitifs et des brig&s qui ,rome s]vit d'asyle2 ce n'toit pas des citoy5s1 mais des soldats unis p> le dsir commun de pill]4 ,plus ils avoi5t beso9 d'appr5dre obir1 mo9s il toit ais de les acc\tum] au j\g des lois1 et ,romulus qui craignoit leur indocilit1 ne p>ut lgislateur que p\r se dmettre de l'autorit qui sembloit lui app>t5ir4 ,aprs avoir di/ribu ,rome1 selon ses diffr5s qu>ti]s1 en tribus#a et en curies1 dont *acune devoit1 la pluralit des voix1 =m] un suffrage dans les assembles du *amp de ,m>s et de la place publique2 il laissa aux ,roma9s t\t ce qui con/itue en effet l'autorit s\v]a9e1 c'e/--dire1 le droit d'ordonn] de la gu]re et de la paix1 de faire ou de *ang] les lois1 et de *oisir les magi/rats4 ,mais ce pr9ce ambitieux toit trop jal\x du comm&em5t1 p\r ne pas retir] d'une ma9 ce qu'il accordoit de l'autre ses sujets2 et t&is que cdant la ncessit1 il feignoit de n'tre que l'organe de leur volont1 il aspiroit en secret tre l'ame de leurs m\vem5s4 #a ,romulus p>tagea les ,roma9s en trois tribus4 ,tribus ,ramn5sium1 ,tati5tium1 ,luc]um2 et *aque tribu en dix curies4 ,les comices1 ou assembles de la nation1 toi5t convoques p> tribus ou p> curies1 comicia tributa1 comicia curiata4 ,*aque tribu et *aque curie avoit sa place m>que dans le *amp de ,m>s et dans la place publique4 ,t>qu9 l'anci5 d\bla le nombre des tribus4 ,rome cont9uant de j\r en j\r s't5dre1 ,s]vius ,tullius fit une n\velle di/ribution des citoy5s4 ,il p>tagea la ville en quatre qu>ti]s1 et son t]ritoire en qu9ze ou dix-sept4 ,les tribus de la ville fur5t d'abord les plus considrables2 mais l'an de ,rome #dej1 le c5seur ,fabius y incorpora les affran*is1 les g5s du m>*1 c4 ce qui les avilit1 et l'on transporta les familles considrables dans les tribus de la campagne4 ,les tribus fur5t successivem5t multiplies jusqu'au nombre de tr5te-c9q2 celui des curies demeura t\j\rs fix tr5te4 ,la cration d'un snat et les prrogatives qui lui fur5t accordes1 telle que de s]vir de conseil au pr9ce1 de port] aux assembles de la nation les matires sur lesquelles elle devoit dlibr]1 d'tre *>g d'en excut] les ordres1 ou d'en faire obs]v] les lois1 lo9 de port] atte9te la lib]t publique1 auroi5t aff]mi ses fondem5s1 si le peuple et dispos des places du snat4 ,mais comme ,romulus avoit lui-mme *oisi les premi]s snateurs1 il se rs]va le droit de nomm] son gr leurs successeurs2 et l'on imag9e sans pe9e combi5 ce n\veau privilge dut augm5t] le crdit d'un pr9ce qui toit dj le premi] juge de ses citoy5s1 gnral d'arme et *ef de la religion4 ,on briguoit sa faveur p\r obt5ir une place dans le snat2 ,romulus1 qui ne devoit tre qu'un magi/rat1 eut des c\rtisans2 et plus leur nombre se multiplia1 plus son autorit fut gr&e dans les comices4 ,sans d\te que ce pr9ce1 qui voyoit avec plaisir l'orgueil des n\veaux snateurs1 et avec quel so9 ils *]*oi5t =m] un corps sp> du peuple1 s5tit que s'il russissoit tablir une di/9ction entre les familles ,roma9es1 et =m] une noblesse dont la qualit propre e/ dans t\s les temps et dans t\s les lieux de mpris] le peuple1 il en rsult]oit des ha9es et une div]sit d'intrts avantageuse son autorit4 ,il affecta donc p5dant t\t son rgne de n'lev] la dignit de snateurs que les fils de ceux qui en avoi5t t honors4 ,numa suivit cet exemple sans avoir les mmes vues2 et s\s ses successeurs1 les familles qui desc5doi5t des deux c5ts snateurs que ,romulus avoit crs1 abusant d'un usage qui leur toit favorable1 se crur5t seules en droit d'entr] dans le snat4 ,ces prt5tions *oqur5t le peuple1 et qu& il en murmura1 ,t>qu9 l'anci51 qui ne songeoit qu' faire disp>otre l'galit1 le seul pr9cipe solide de la lib]t1 cra c5t n\veaux snateurs#b dans l'ordre des plbens2 et satisfaisant p> cette politique les familles puissantes du peuple1 qui s\ffroi5t impatiemm5t l'orgueil et les di/9ctions des patrici5s1 il assura l'tat encore d\teux de la noblesse#c4 #b ,romulus n'avoit d'abord fait que c5t snateurs1 il en cra encore c5t n\veaux aprs que les ,sab9s se fur5t incorpors sa nation4 ,on les nommoit p> respect p\r leur ge1 patres1 d'o leurs desc5dans prir5t le nom de patricii1 patrici5s4 ,patres c]t ab honore1 patriciique prog5ies eorum appellati4 ,tit4 ,liv4 #c ,les ,roma9s mettoi5t une diffr5ce entre les familles des premi]s snateurs1 et celles qui ,t>qu9 l'anci5 ouvrit le snat2 ces d]nires toi5t appeles1 ,nobiles m9orum g5tium4 ,ds-lors un pr9ce habile pr(it] des passions des ,roma9s1 ne fut plus rduit n'tre que le m9i/re de la rpublique2 il dom9oit les nobles p> l'ambition qu'ils avoi5t d'entr] dans le snat1 et t\r--t\r1 il p\voit1 suivant les circon/ances1 se s]vir de son crdit auprs des snateurs p\r t5dre son empire sur les plbens1 et de l'autorit de ceux-ci p\r intimid] le snat et lui en impos]4 ,quelque considrables que fuss5t ces progrs de l'autorit royale1 ils ne nuisoi5t po9t encore au bi5 public4 ,le peuple g\v]n sans qu'il s'en ap]ut1 cons]voit cette dignit1 qui seule e/ capable de le r5dre bon citoy53 la noblesse1 t\j\rs cont5ue dans le devoir p> le pr9ce et p> le peuple1 n'osoit1 malgr son orgueil et sa puissance1 s'ab&onn] des prt5tions immodres2 et le pr9ce oblig de mesur] t\tes ses dm>*es1 et de n'agir que p> ins9uation1 ne laissoit cra9dre de sa "p ni inju/ice ni viol5ce4 ,en un mot1 t\tes les p>ties de l'tat toi5t contra9tes de se respect] les unes les autres1 et de cet intrt p>ticuli] de *aque ordre de la nation1 naissoit naturellem5t le remde des maux passag]s que produisoi5t les passions4 ,ce ne devoit tre qu'un pr9ce m*ant qui t5tt d'altr] cette con/itution2 sa ru9e cep5dant fut l'ouvrage d'un pr9ce modr1 de ,s]vius ,tullius mme1 qui1 au rapport des hi/ori5s1 avoit song abdiqu] la c\ronne1 p\r ne laiss] au-dessus de ses sujets que les lois1 dont deux magi/rats annuels devoi5t tre les m9i/res4 ,soit que sans en prvoir les suites f*euses1 il ft entran p> le projet de ses prdcesseurs d'agr&ir le p\voir des patrici5s2 soit que fatigu des m\vem5s et des dbats de la place publique1 il craignt qu'ils ne dgnrass5t en sditions1 ou qu'il crt ju/e de confi] t\te l'adm9i/ration de la rpublique ceux qui1 p> leur =tune1 y devoi5t pr5dre un plus gr& intrt2 il ne travailla qu' abaiss] les plbens1 et il y russit s\s prtexte de faire un tablissem5t qui leur fut avantageux4 ,il faut se rappel] que dans le p>tage que ,romulus fit du t]ritoire de ,rome1 *aque citoy5 eut deux arp5s de t]re1 et que les =tunes tant gales1 *acun contribua galem5t aux *>ges de l'tat4 ,depuis il s'toit fait de gr&s *angem5s dans les possessions2 et quoique plusieurs familles ne j\iss5t d'aucun doma9e1 t&is que d'autres avoi5t considrablem5t augm5t le leur1 on suivoit t\j\rs la mme m?ode l'g>d des subsides4 ,tullius en fit aism5t s5tir l'inju/ice2 le peuple dem&a un remde ce dsordre1 qui lui p>oissoit intolrable2 et la noblesse1 peut-tre in/ruite des desse9s secrets du pr9ce1 ou qui craignoit d'engag] p> sa rsi/ance les plbens dem&] un n\veau p>tage des t]res1 cons5tit pay] les impositions d'une manire proportionne ses ri*esses4 ,tullius fit le c5s1 c'e/--dire1 le dnombrem5t des citoy5s1 et *acun donna une dcl>ation fidelle de ses bi5s4 ,aprs cette opration1 ri5 n'toit plus ais que d'asseoir les impts avec galit1 sans ri5 *ang] l'anci5ne di/ribution des ,roma9s en tribus et en curies3 mais ,tullius1 qui se proposoit un autre b1 imag9a de p>tag] ses sujets en six classes raison de leurs ri*esses1 et subdivisa ensuite ces six classes en c5t quatre-v+t-treize c5turies1 qui pai]oi5t *acune la mme imposition4 ,la noblesse1 enri*ie p> ses usures#d1 et qui s'toit emp>e de la plup>t des t]res conquises1 composa donc elle seule un plus gr& nombre de c5turies que le peuple enti]2 et elle devoit p> consqu5t tre matresse des dlibrations du *amp de ,m>s et de la place publique1 ds que ,tullius1 pr(itant de la faveur qu'avoit acquis sa politique artificieuse1 auroit introduit l'usage de convoqu] les comices p> c5turies#e4 ,cette p]nicieuse n\veaut fut tablie1 et les plbens1 qui jusque-l avoi5t possd t\te l'autorit1 p>ce qu'ils avoi5t dans *aque tribu ou dans *aque curie un nombre de voix beauc\p suprieur celui des patrici5s1 se tr\vr5t mme privs du droit de suffrage2 c> il arriva trs-r>em5t depuis1 que p\r =m] les dcrets des assembles publiques1 on fut oblig de consult] quelqu'une des quatre-v+t-treize d]nires c5turies qui compr5oi5t les plbens#f4 #d ,t\s les hi/ori5s n\s p>l5t de l'excessive duret des ri*es l'g>d de leurs dbiteurs4 ,les emprunts se faisoi5t *ez les ,roma9s un p\r c5t d'intrt p> mois4 ,on s5t aism5t qu'une usure aussi =te dans un tat aussi pauvre que le leur1 devoit faire pass] t\tes les ri*esses entre les ma9s de quelques citoy5s4 #e ,comicia c5turiata1 dont il e/ si s\v5t p>l dans l'hi/oire ,roma9e4 #f ,t\tes les affaires se dcidant la pluralit des suffrages1 il toit inutile de recueillir les voix des d]nires c5turies1 ds que les c5t premires toi5t d'accord sur un objet4 ,un *angem5t si considrable dans la con/itution des ,roma9s devoit caus] leur p]te4 ,si le peuple1 las de comp>otre inutilem5t dans les comices1 se portoit quelqu'entreprise viol5te p\r rec\vr] son autorit1 il toit cra9dre qu'il n'branlt l'tat encore mal aff]mi4 ,s'il se s\mettoit patiemm5t sa n\velle s]vitude1 il falloit qu'il tombt dans cette espce d'eng\rdissem5t qui r5d le citoy5 inutile sa patrie4 ,la noblesse1 de son ct1 n'avoit acquis le frivole avantage de faire un corps sp> des plbens1 et d'op9] seule dans les affaires de la rpublique1 que p\r se mettre dans la ncessit d'obir s]vilem5t ses rois4 ,v\loit-elle se s]vir de son p\voir et s'oppos] leur volont8 la simple m5ace de convoqu] les comices p> tribus ou p> curies1 c'e/--dire1 de la confondre avec le peuple1 s]voit d'entrave son ambition4 ,l'autorit royale acqurant donc de j\r en j\r de n\velles =ces1 toit prte t\t envahir2 et cep5dant la politique ne dc\vre po9t ce qui auroit r5du les ,roma9s suprieurs leurs vois9s1 ni pu s\mettre enf9 le monde leur dom9ation1 s'ils euss5t cont9u d'obir des rois qui n'auroi5t pas t les simples magi/rats d'un tat libre4 ,le g\v]nem5t mon>*ique e/ ncessaire un peuple trop corrompu p> l'av>ice1 le luxe et le gt des plaisirs p\r aim] sa patrie2 mais il n'e/ po9t fait p\r une nation pauvre1 foible1 grossire et dont les citoy5s n'ont encore ni art1 ni indu/rie1 ni =tune qui les occup5t dans le se9 de leur famille4 ,d'ailleurs ,rome1 pr5ant les passions de ses matres1 et g\v]ne p> des pr9ces d'un c>actre diffr5t1 n'auroit eu aucune maxime con/ante ni aucune vue suivie4 ,elle auroit pass au has>d de la gu]re la paix4 ,sans p>l] des rois m*ans1 imbcilles ou voluptueux qui auroi5t avili leur trne et d%onor leurs sujets1 les ,roma9s auroi5t eu cra9dre jusqu'aux v]tus de quelques-uns de leurs rois2 de n\veaux ,numa auroi5t f]m le temple de ,janus1 qu& il et fallu accabl] un ennemi4 ,un pr9ce et eu un c\rage hroque dans des circon/ances o il n'eut fallu qu'tre prud5t1 et l'autre n'et montr que de la prud5ce qu& il auroit fallu tre audacieux4 ,en un mot1 les ,roma9s1 sans c>actre1 sans v]tus1 mais heureux ou malheureux suivant qu'on les et bi5 ou mal g\v]ns1 c'e/--dire1 n'ayant que r>em5t des succs1 auroi5t enf9 subi eux-mmes le sort des peuples qu'ils s\mir5t4 ,le mpris p> lequel les gr&s se v5gr5t de la ha9e que leur montroit le peuple1 et leur indiffr5ce commune p\r le bi5 public1 suites ncessaires des *angem5s surv5us dans le g\v]nem5t1 donnr5t ,t>qu9 l'audace d'usurp] la c\ronne#g1 et l'esprance d'ass]vir sa patrie4 ,il eut la politique d'un usurpateur2 il flatta les soldats et les enri*it p\r les atta*] ses intrts2 et t&is qu'il amusoit la multitude p> des ftes et en levant des difices publics1 il fit prir les patrici5s qui lui portoi5t ombrage1 et n'p>gna que ceux qui1 n'ayant ni le c\rage de v5g] leur patrie1 ni la l*et d'tre les tmo9s tranquilles de sa s]vitude1 s'toi5t eux-mmes exils de ,rome4 ,on ne peut refus] ce pr9ce des tal5s suprieurs4 ,il avoit presqu'acc\tum les ,roma9s au p\voir arbitraire2 l'usage des comices toit oubli1 et il e/ vraisemblable qu'il auroit aff]mi sa dom9ation1 si son fils1 se bornant faire un ordre de citoy5s des injures qui auroi5t flatt le ress5tim5t et la jal\sie de l'autre1 n'et commis une action infme qui fut un affront commun p\r t\s les ,roma9s1 et s\leva la fois t\s les esprits4 #g ,la c\ronne de ,rome toit lective4 ,voyez ,tite-,live et ,d5ys d',halic>nasse4 ,les ,t>qu9s fur5t *asss de ,rome p> un dcret public#h2 le peuple pilla leur palais2 la ha9e qu'on portoit au roi1 s't5dit sur la royaut mme1 et on dv\a aux ,dieux inf]naux quiconque entrepr5droit de la rtablir4 ,tant d'emportem5t sembloit annonc] le ret\r de la lib]t2 mais la ru9e d'un tyran n'e/ presque jamais la ru9e de la tyrannie2 et les causes qui avoi5t prp> ,rome le despotisme de ,t>qu91 emp*oi5t qu'on ne pt y rtablir les pr9cipes d'une sage rpublique4 ,la rvolution1 il e/ vrai1 ne donna d'abord qu'un mme esprit aux nobles et aux plbens2 mais c'e/ que leur pril fut d'abord le mme4 ,ils montr]ont le mme zle et le mme c\rage1 tant qu'il s'agira de df5dre leur ville et de rep\ss] le tyran2 mais ds que le calme s]a rtabli1 les anci5nes jal\sies r5atront2 et t&is que le snat v\dra g\v]n]1 les plbens prt5dront tre libres4 #h ,cet vnem5t arriva l'an de ,rome #bdd4 ,brutus auroit fait une faute norme1 si dans le mom5t que t\s les yeux toi5t fixs sur lui1 il et t5t1 p\r tablir une vraie lib]t dans ,rome1 de ram5] entre les citoy5s l'galit qui avoit fait leur bonheur avant la di/9ction des ,roma9s en familles nobles et en familles plbennes1 et l'tablissem5t des c5turies4 ,laiss] entrevoir aux patrici5s qu'il falloit r5onc] leurs prrogatives1 t&is qu'ils se flattoi5t de possd] t\t le p\voir dont les rois avoi5t j\i2 ou faire s\ponn] au peuple que les comices ne se convoqu]oi5t plus p> tribus et p> curies1 dans le temps qu'il s'armoit p\r conqurir sa lib]t1 c'et t di/raire les deux ordres de la rpublique de l'objet qui devoit les occup] entirem5t1 les aigrir l'un contre l'autre1 et faire1 en un mot1 une div]sion en faveur de ,t>qu9 et de la tyrannie4 ,brutus prit sagem5t le p>ti contradictoire de satisfaire la fois les prt5tions du snat1 et de p]suad] aux plbens qu'ils n'obiront plus qu'aux lois qu'ils auront faites4 ,je conois que p> cette conduite les lois et les prjugs des ,roma9s doiv5t se tr\v] en opposition1 et que des droits que ,brutus donne au snat1 et des esprances dont il enivre le peuple1 il rsult]a des diss5tions dome/iques4 ,n'importe1 ,brutus e/ ju/ifi1 p>ce que ,t>qu9 e/ aux portes de ,rome1 qu'il rassemble des =ces =midables1 et que les qu]elles des ,roma9s ne sont qu'un mal loign4 ,le temps1 des circon/ances heureuses1 mille vnem5s imprvus p\rront remdi] au vice du g\v]nem5t2 mais l'union seule des citoy5s de ,rome peut triomph] de ,t>qu94 ,quelque puissance qu'euss5t acquis le snat et la noblesse1 le peuple crut d'abord tre libre1 p>ce qu'il toit heureux4 ,on le mnagea avec un so9 extrme tant qu'on craignit ,t>qu92 mais t\t *angea de face qu& on apprit sa mort#i4 ,le vice commun des hommes c'e/ de ne jug] de leur autorit que p> l'abus qu'ils en font1 et les gr&s auroi5t cru n'avoir ri5 gagn p> l'exil des rois1 s'ils n'avoi5t g\v]n aussi despotiquem5t qu'eux4 ,les consuls ne convoqur5t les comices que p> c5turies1 et dans ces assembles o la noblesse dom9oit1 elle s\scrivoit t\tes les propositions du snat1 qui1 p\r la rcomp5s] de sa complaisance1 lui p]mettoit son t\r d'ex]c] t\tes sortes de viol5ces sur les plbens4 ,on les *assoit de leur hritage1 on les condamnoit l'esclavage ou des pe9es ignom9ieuses2 *aque patrici5 toit un n\veau ,t>qu92 mais le peuple1 encore t\t ple9 des promesses de ,brutus et de l'orgueil que lui avoi5t inspir les bi5faits de ,publicola#aj1 n'avoit pas a*et sa lib]t p> une gu]re qui fit clat] tant d'hrosme1 p\r port] avec l*et le j\g d'une f\le de tyrans4 #i ,eo nuncio erecti patres2 erecta plebs2 s$ patribus nimis luxuriosa ea fuit ltitia3 plebi1 cui ad eam diem summ ope insu]itum erat1 injuri primoribus fi]i cp]e4 ,tit4 ,liv4 ,l4 #b4 ,dum metus ,t>qu9io1 quo et mode/o jure agitatum4 ,de91 s]vili imp]io patres plebem ex]c]e1 de vita atque t]go1 regio m consul]e2 agro pell]e et ct]is ex p>tibus soli 9 imp]io ag]e1 quibus svitiis1 et maxim fnoris on]e oppressa plebs1 c4 ,sal4 9 ,frag4 #aj ,le consul ,val]ius toit =t atta* aux intrts du peuple1 ce qui lui mrita le surnom glorieux de ,publicola4 ,p5dant la gu]re de ,t>qu91 il se t9t plusieurs comices p> tribus1 et c'e/ dans une de ces assembles que ,val]ius fit un j\r baiss] ses faisceaux p\r faire ent5dre que c'toit dans l'assemble du peuple que rsidoit la puissance publique4 ,il porta aussi une loi p> laquelle il toit p]mis d'int]jet] appel devant le peuple des s5t5ces des magi/rats2 cette loi s'appela la loi ,val]ia4 ,rome p>oissoit en quelque sorte ent\re d'cueils1 et il toit bi5 difficile qu'elle pt t\s les vit]4 ,si le snat et la noblesse se conduisoi5t avec assez d'adresse et de c\rage p\r cons]v] l'autorit qu'ils avoi5t usurpe1 le peuple devoit tomb] dans une s]vitude encore plus f*euse que celle qu'il avoit pr\ve s\s les ,t>qu9s3 c> l'ari/ocratie1 si elle n'e/ tempre p> de sages in/itutions1 e/ t\j\rs plus dure que la mon>*ie4 ,les plbens mpriss1 accabls1 et p> consqu5t mauvais citoy5s d'une patrie qu'ils n'auroi5t po9t aime1 n'auroi5t s5ti aucun avantage obir plutt au snat et aux patrici5s qu'aux ennemis mme de ,rome4 ,les ,volsques1 les ,h]nites1 les ,fid5ates auroi5t t des vois9s dang]eux2 ils se s]oi5t s]vis1 p\r ru9] la rpublique1 du vice intrieur du g\v]nem5t qui auroit dta* de ses intrts la plus gr&e p>tie des citoy5s4 ,l'tat qui1 dans des comm5cem5s encore si foibles1 avoit beso9 de *aque citoy51 et de multipli] ses =ces et ses tal5s p> l'mulation qu'inspire la lib]t1 n'auroit arm que des esclaves p\r sa df5se2 mais des esclaves n'ont jamais bi5 df5du leur patrie4 ,a9si le snat sans ress\rces dans les dang]s1 et enf9 p]du la rpublique1 et vu pass] dans les ma9s de quelqu'un de ses ennemis cette puissance qu'il n'auroit pas v\lu p>tag] avec les plbens4 ,que le peuple1 au contraire1 aigri p> les injures qu'il recevoit de la noblesse1 et presque t\j\rs extrme1 ds qu'une fois il e/ ambitieux1 et accabl le snat p\r en sec\] le j\g1 le sort des ,roma9s n'auroit pas t plus heureux4 ,le g\v]nem5t et t *ang en une pure dmocratie1 et t\s les ouvrages des politiques ne respir5t que le mpris p\r cette police1 t\j\rs vois9e de l'an>*ie1 et o la multitude1 abusant son gr de l'autorit s\v]a9e1 a tantt t\tes les fureurs et t\s les caprices d'un tyran1 et tantt t\te la foiblesse d'un pr9ce imbcille4 ,il toit encore plus cra9dre que la rpublique roma9e n'pr\vt les mmes rvolutions qui causr5t tant de maux dans la plup>t des villes de la ,grce1 aprs que la royaut y eut t dtruite4 ,le g\v]nem5t n'y prit aucune =me assure1 et les nobles et le peuple1 t\r--t\r matres de l'tat1 ne s'appliquoi5t qu' se ru9] rciproquem5t4 ,si les ,roma9s avoi5t t exposs aux mmes dsordres1 t\j\rs esclaves ou tyrans1 et entirem5t occups de leurs ha9es dome/iques1 ils auroi5t1 comme les ,grecs1 sacrifi leur patrie aux intrts p>ticuli]s des factions et des p>tis qui l'auroi5t d*ire4 ,heureusem5t l'horreur que les viol5ces de ,t>qu9 avoi5t inspire contre la royaut1 subsi/oit encore dans t\te sa =ce1 qu& le peuple comm5a se pla9dre des injures qu'il pr\voit des patrici5s4 ,il ne se tr\va p> consqu5t dans la rpublique ni un ,sp4 ,cassius#aa1 ni aucun de ces ambitieux1 qui1 se faisant dans la suite un art d'env5im] les esprits1 ne *]*oi5t1 la faveur des diss5tions1 qu' se faire un p>ti qui les mt en tat d'usurp] la s\v]a9et4 ,peut-tre et-il t facile dans la naissance des tr\bles1 de surpr5dre le peuple1 et de l'engag] dans quelque dm>*e qui l'auroit ncessairem5t port aux plus gr&s excs2 mais il en toit incapable tant qu'il se conduiroit p> son propre s5tim5t4 ,les plbens1 sans qu'ils s'en dfiass5t1 toi5t acc\tums respect] le snat#ab4 ,ils e/imoi5t l'avantage d'une naissance illu/re1 en hassant ceux qui le possdoi5t2 et la pompe des magi/ratures et du comm&em5t en imposoit1 malgr eux1 leur imag9ation4 ,d'ailleurs1 aprs avoir df5du ,rome aux dp5s de t\t son sang1 *aque citoy5 l'aimoit comme l'ouvrage de ses ma9s1 la reg>doit comme un trophe lev sa valeur1 et se croyoit en quelque sorte comptable de l'lvation laquelle elle toit de/9e sur la foi de plusieurs oracles4 #aa ,c'e/ le premi] des ,roma9s qui ait aspir la tyrannie4 ,ayant t fait consul avec ,proculus ,virg9ius1 l'an de ,rome #bfh1 il proposa la loi agraire1 c'e/--dire1 une loi p> laquelle il toit ordonn qu'aprs avoir fait un dnombrem5t des t]res conquises dont les nobles s'toi5t emp>s1 ou qu'ils s'toi5t fait adjug] vil prix1 on les p>tag]oit galem5t entre t\s les citoy5s4 ,en portant une loi1 dis5t les hi/ori5s1 qui devoit caus] tant de tr\bles1 ,cassius n'avoit d'autre objet que de se r5dre le matre de ,rome4 ,le peuple1 qui pntra ses int5tions1 non-seulem5t ne le seconda pas1 mais l'ab&onna mme au ress5tim5t de la noblesse qui le fit prir1 sans avoir l'att5tion de dt\rn] avec adresse sur la loi de ,cassius la ha9e qu'on portoit son auteur4 #ab ,il faut pr9cipalem5t attribu] ce respect l'usage des cli5s tabli p> ,romulus4 ,aprs que ce pr9ce eut cr un snat1 il v\lut que *aque plben s'y *oist un patron qui toit oblig de lui accord] sa protection4 ,les cli5s r5doi5t de gr&s honneurs leur protecteur2 ils l'accompagnoi5t dans les rues1 et ne p\voi5t lui refus] leur suffrage qu& il se mettoit sur les rangs p\r quelque magi/rature4 ,si le patron toit pauvre1 ses cli5s s'imposoi5t eux-mmes une taxe p\r m>i] ses filles1 acquitt] ses dettes1 ou pay] sa ranon lorsqu'il avoit t fait prisonni] de gu]re4 ,un patron et son cli5t ne p\voi5t comp>otre en ju/ice p\r dpos] l'un contre l'autre4 ,ces devoirs toi5t sacrs *ez les ,roma9s et l'usage n'en fut pas mme entirem5t aboli depuis la cration des tribuns4 ,le peuple1 las de dem&] et d'espr] quelque s\lagem5t1 se cont5ta donc de s'exil] de sa patrie1 lorsqu'il ne t5oit qu' lui de se v5g] de la duret de ses tyrans et de les punir4 ,cette conduite n'annonoit pas des vues ambitieuses de la "p de la multitude2 mais c'toit n'*app] un dang] que p\r tomb] dans un autre4 ,il toit naturel que la noblesse abust de la modration des plbens p\r cim5t] sa puissance2 et elle y et russi sans pe9e1 en feignant d'en ab&onn] une p>tie4 ,heureusem5t les snateurs ne vir5t pas du mme il la retraite du peuple sur le ,mont-,sacr#ac4 ,les uns1 qui avoi5t p\r *ef ,appius ,claudius1 homme dur et inflexible1 v\loi5t follem5t qu'on punt1 ou du mo9s qu'on mprist les rvoltes2 les autres1 qui ,m55ius1 ,agrippa et la famille des ,valri5s inspirr5t leurs s5tim5s1 n'avoi5t que de la cra9te et t*oi5t en va9 de la dguis] s\s le dehors de la prud5ce4 ,il se prs5toit un milieu entre la rigueur indiscrette d',appius et la foiblesse timide des ,valri5s1 et c'toit de prv5ir les dem&es du peuple p> quelque bi5fait1 tel qu'une loi qui et aboli une p>tie des dettes1 dim9u l'usure1 ou donn aux plus pauvres citoy5s quelques doma9es de la rpublique4 ,la f]m5tation des esprits ne p]mit pas de pr5dre ce p>ti1 et le snat s'c>ta de ses intrts p\r se livr] de longs dbats4 ,plus un p>ti mit de *aleur df5dre son s5tim5t1 plus l'autre s'op9itra ne se pas r5dre4 ,t&is qu'on dlibre1 qu'on s'(f5se1 et que de deux avis opposs il s'en =me enf9 un troisime1 qui dcle la fois la cra9te du snat et son extrme rpugnance r5dre ju/ice aux mcont5s1 les plbens ont eu le temps de rfl*ir sur leur situation et de connotre leurs =ces4 ,ils se rappell5t les promesses va9es p> lesquelles on les a tromps si s\v5t2 ils se sont donns des *efs2 ils ne se plaign5t plus seulem5t du pass1 ils s'occup5t de l'av5ir2 il faut calm] leurs al>mes1 assur] leur sort1 et le snat e/ enf9 =c de trait] avec eux1 et en leur accordant des magi/rats1 de leur donn] un p\voir qui leur inspir]a ncessairem5t de l'ambition4 #ac ,ce fut l'an #bei1 c'e/--dire1 qu9ze ans aprs l'exil des ,t>qu9s1 que le peuple se retira sur le ,mont-,sacr4 ,les dputs du snat s'imag9r5t gagn] beauc\p1 en pr(itant de l'empressem5t indiscret que le peuple tmoignoit de r5tr] dans ,rome1 p\r ne /ipul] que d'une manire vague les privilges et les droits des tribuns qu'il v5oit d'lire4 ,mais si la noblesse1 p> cette politique1 croyoit ne ri5 donn] ou se rs]v] un prtexte de rev5ir contre ses engagem5s dans des circon/ances plus favorables1 le peuple1 de son ct1 p5soit avoir obt5u beauc\p plus qu'on ne lui avoit accord4 ,*aque p>ti devoit t5dre ses prt5tions la faveur de l'obscurit ou de l'indcision des articles qu'on avoit arrts2 et la rpublique1 dont les maux n'toi5t que pallis1 alloit tre encore tr\ble p> les entreprises des mcont5s4 ,les tribuns n'avoi5t ni m>que extrieure de magi/rature1 ni mme de tribunal4 ,assis humblem5t la porte du snat1 il ne leur toit p]mis d'y entr] que qu& les consuls les y appeloi5t1 et t\te leur fonction consi/oit s'oppos] aux dcrets de ce corps1 lorsqu'ils les croyoi5t nuisibles aux intrts des plbens4 ,peut-tre toit-il encore temps de faire oubli] le tribunal4 ,que les gr&s n'euss5t pas cont9u v\loir dom9] imprieusem5t1 et le peuple n'auroit pas s5ti le beso9 d'avoir un protecteur4 ,ce fut l'orgueil de la noblesse qui irrita l'ambition des tribuns1 et leur fit imag9] les prrogatives dont ils devoi5t j\ir en qualit de df5seurs du peuple4 ,m>cius ,coriolan toit un des plus honntes hommes de la rpublique2 cep5dant il ouvrit l'avis odieux1 p5dant une fam9e dont ,rome toit afflige1 de ne sec\rir le peuple qu' condition qu'il r5ont aux droits qu'il avoit usurps sur le ,mont-,sacr3 ce trait1 qu'on juge de l'esprit des gr&s2 mais plus ils travailloi5t avilir et ru9] les tribuns1 plus ces magi/rats s5tir5t que la df5sive laquelle ils toi5t rduits ne mettoit pas leur ordre en sret2 et que1 p\r se df5dre avec avantage1 il falloit os] attaqu]4 ,ils fir5t un ef=t1 et bi5tt ils s'arrogr5t le privilge de convoqu] les comices1 et de les assembl] p> tribus dans les affaires qui intressoi5t directem5t le peuple1 tels que l'lection des magi/rats ou les procs qui leur toi5t int5ts1 les appels autoriss p> la loi ,val]ia1 et l'tablissem5t des lois gnrales4 ,ces succs des tribuns *angr5t t\te la =me du g\v]nem5t1 et ds que le peuple fut r5tr dans l'ex]cice de la s\v]a9et dont il avoit j\i avant la cration des c5turies1 ,rome comm5a (frir le spectacle d'une rpublique p>faite4 ,j'ai t* de dvelopp]1 dans un autre ouvrage1#ad l'art avec lequel ,lycurgue1 en confiant au peuple de ,sp>te t\te l'autorit publique1 avoit cep5dant purg cette dmocratie des vices qui lui sont naturels1 et l'enri*it mme de t\s les avantages qui p>oiss5t les plus propres l'ari/ocratie et au g\v]nem5t mon>*ique4 ,je dois rem>qu]1 dans celui-ci1 que le has>d produisit ,rome ce que le plus sage des lgislateurs avoit fait dans sa patrie4 ,lycurgue v\lut que le peuple ft l'arbitre de t\tes les oprations de la rpublique1 af9 qu'il et les v]tus que l'am\r de la lib]t et de la patrie donne des hommes libres2 mais les diffr5tes bran*es de l'autorit publique1 dont un peuple enti] e/ incapable de faire usage avec sagesse1 il les confia diffr5s magi/rats1 et composa a9si un g\v]nem5t mixte1 dont les p>ties tempres les unes p> les autres1 ne p\voi5t ni nglig] leurs devoirs1 ni abus] de leur crdit4 ,sp>te avoit deux rois1 ,rome eut deux consuls2 et ces rois et ces consuls1 s\s des noms diffr5s1 n'ex]oi5t que la mme magi/rature4 ,sujets p5dant la paix1 et s\mis aux lois dont ils devoi5t faire respect] l'empire1 le peuple toit leur juge2 et ce n'toit qu' la tte des armes que la rpublique leur confioit cette puissance suprme1 sans laquelle un gnral ne peut avoir de gr&s succs2 et elle possdoit a9si ce que la mon>*ie a de plus avantageux4 ,quelles que fuss5t les prrogatives du snat de ,lacdmone1 celles du snat ,roma9 n'toi5t pas mo9s considrables4 ,il toit *>g du so9 de mani] les d5i]s publics1 de reprs5t] t\te la maje/ de l'tat1 de recevoir les ambassadeurs et d'en envoy]1 d'bau*] les affaires1 de les p\rsuivre aprs qu'elles avoi5t t appr\ves dans la place publique1 et enf91 de port] p> provision des dcrets qui avoi5t =ce de loi1 mo9s qu'on n'en appelt devant le peuple4 ,ces deux compagnies respectables toi5t l'ame de leur nation2 elles la conduisoi5t et la cons]voi5t au milieu des cueils dont la dmocratie e/ environne4 ,elles r5doi5t le peuple capable de discut] ses intrts1 de se fix] des pr9cipes c]ta9s1 et de cons]v] le mme esprit4 ,polybe a dit que si on considre le p\voir des consuls1 celui du snat et l'autorit du peuple1 on croira t\r t\r que le g\v]nem5t des ,roma9s e/ mon>*ique1 ari/ocratique et populaire4 ,il en runissoit en effet t\s les avantages1 et la rpublique tr\voit la fois en elle-mme cette action prompte#ae et dilig5te qui c>actrise la mon>*ie1 cette p]ptuit du mme esprit qui n'e/ connue que dans l'ari/ocratie1 et ce zle1 ce feu1 cet en?\siasme que produit la seule dmocratie4 #ad ,les ,obs]vations sur l'hi/oire de la ,grce4 ,voyez le premi] livre4 #ae ,reges non lib]i solum imp$im5tis omnibus1 s$ dom9i r]um temporumque1 trahunt conciliis cuncta non sequuntur4 ,tit4-,liv4 l4 #i4 ,si t\t conc\roit *ez les ,sp>tiates aff]mir de j\r en j\r le g\v]nem5t dont je vi5s de faire l'loge1 il n'en toit pas de mme *ez les ,roma9s2 et la manire dont il s'toit =m1 sembloit annonc] sa ru9e4 ,une rvolution aussi importante que le rtablissem5t des comices p> tribus1 n'avoit pu se faire sans excit] de gr&s m\vem5s dans la place publique4 ,le snat opposa une extrme rsi/ance aux entreprises des tribuns2 et ces magi/rats1 qui ne p\voi5t russir qu'en fran*issant t\tes les bornes1 p\ssr5t l'att5tat jusqu' viol] la maje/ des consuls#af4 ,les injures faites et s\ff]tes de "p et d'autre dans cette occasion1 toi5t trop atroces p\r ne devoir pas tre suivies de n\velles viol5ces4 ,il toit naturel que le peuple1 emport p> sa ha9e et ses succs1 abust de sa victoire1 et ne v\lt s\ffrir dans la rpublique d'autre p\voir que le si54 ,il auroit c]ta9em5t ru9 le g\v]nem5t1 en anantissant le snat1 si un autre objet n'avoit fait une div]sion favorable cette compagnie1 et mis c\v]t ses privilges et ceux des consuls4 #af ,concitati hom9es1 veluti ad prlium se exp$iunt3 app>ebatque omne discrim5 adesse1 nihil cuiquam sanctum1 non publici =e1 non privati juris4 ,huic tant tempe/ati cum se consules obtuliss5t1 facile exp]ti sunt p>um tutam maje/atem s9e viribus esse4 ,violatis lictoribus1 fascibus fractis2 =o 9 curiam compelluntur1 inc]ti quat5us vol]e ex]c]et victoriam4 ,tit4-,liv4 l4 #b4 ,comme le rtablissem5t des comices p> tribus faisoit beauc\p mo9s de tort aux snateurs qu'aux simples patrici5s1 qu'il laissoit aux uns la pompe et les ornem5s de l'empire avec une "p considrable dans l'adm9i/ration des affaires1 et qu'il enlevoit aux autres t\te l'autorit qu'ils avoi5t eue dans les assembles du *amp de ,m>s ou de la place publique1 leur conduite devoit tre diffr5te4 ,le snat1 compos des hommes les plus graves de la rpublique1 avoit d'ailleurs de la modration1 p>ce qu'il p\voit faire p>l] en faveur de ses prrogatives des usages anci5s et des lois respectes4 ,mais la noblesse1 qui ne devoit son orig9e qu' un abus1 et dont t\te la gr&eur1 si je puis m'exprim] a9si1 avoit t acquise furtivem5t1 n'avoit que la =ce1 au dfaut de titres1 p\r df5dre ses prt5dus droits4 ,elle agit donc avec tant d'emportem5t1 que les snateurs1 malgr leur rsi/ance aux dem&es du peuple1 ne p>ur5t faire que l'(fice de mdiateurs entre les patrici5s et les tribuns4 ,cette conduite1 diffr5te de la "p des gr&s1 dcida de celle du peuple4 ,il cessa d'attaqu] le snat1 p\r se livr] t\t enti] au plaisir d'humili] la noblesse4 ,les patrici5s s'toi5t attribus plusieurs prrogatives p>ticulires1 et p\voi5t seuls tre revtus de la dignit de snateur1 des magi/ratures curules et des sac]doces2 les tribuns fur5t occups dtruire successivem5t t\s ces privilges1 et malgr les qu]elles qui cont9ur5t dans la place publique1 et mme avec tant d'animosit que la plup>t des hi/ori5s ne d\t5t pas que la rpublique ne ft t\j\rs la veille de prir p> une gu]re civile1 les pr9cipes du g\v]nem5t acquir5t de j\r en j\r plus de solidit4 ,les p]tes que faisoit la noblesse1 devoi5t en quelque sorte aff]mir les droits des consuls et du snat2 c> plus le peuple se flattoit de p>tag] avec les patrici5s les magi/ratures et les autres places di/+ues de l'tat1 plus il devoit tre att5tif ne les pas avilir4 ,les ,roma9s n'avoi5t pas pris les armes les uns contre les autres1 dans un temps que les plbens n'avoi5t d'autre voie que la viol5ce p\r sec\] le j\g qu'on leur imposoit1 ou qu& les tribuns1 borns mettre opposition aux dcrets du snat1 susp5doi5t l'action du g\v]nem5t et faisoi5t tomb] la rpublique dans une espce d'an>*ie2 comm5t dans la suite en s]oit-on donc v5u cette extrmit8 ,le peuple ne devoit pas comm5c] la gu]re civile1 p>ce qu'il avoit un tribunal o il p\voit cit] ses ennemis1 et se v5g] juridiquem5t des injures qu'il en avoit reues2 et la manire dont il attaquoit les patrici5s emp*oit que1 de leur ct1 ceux-ci ne commiss5t les premires ho/ilits4 ,quoique les plbens euss5t des =ces suffisantes p\r accabl] en un mom5t la noblesse1 il toit impossible1 malgr la ha9e qu'ils lui portoi5t1 qu'ils osass5t en concevoir le projet4 ,le cur ne s'ouvre l'ambition que p> degrs2 c'e/ un premi] avantage qui invite en obt5ir un second1 et quelle mon/rueuse contradiction ne tr\v]oit-on pas entre un dcret viol5t1 p> lequel les tribuns auroi5t dem& qu'on abolt la fois t\s les privilges des patrici5s1 et la modration extrme que le peuple fit voir dans sa retraite sur le ,mont-,sacr8 ,ce peuple1 au contraire1 aprs avoir remport un avantage1 p>oissoit s\v5t honteux de son triomphe4 ,quelquefois il rp>oit le tort qu'il faisoit la noblesse1 et *oisissoit ses tribuns dans son corps4 ,on peut se rappel] qu'il n'leva au tribunal militaire que des patrici5s#ag1 malgr la vivacit avec laquelle il avoit v\lu p>tag] avec eux les honneurs des faisceaux2 et p\r ne pas l'eff>\*]1 les tribuns toi5t obligs de lui ca*] une p>tie de leur ambition4 ,la noblesse ne se tr\vant donc jamais m5ace de p]dre subitem5t et la fois t\s ses privilges1 n'eut jamais intrt de pr5dre un p>ti dsespr4 ,*aque vnem5t prp>e celui qui doit le suivre2 c'e/ a9si que la loi qui p]mit aux plbens d'aspir] au tribunat militaire1 annonce qu'ils s]ont un j\r consuls1 et console d'avance la noblesse de cette rvolution4 #ag ,s\s le consulat de ,g5ucius et de ,c4 ,curtius1 l'an de ,rome #cji1 le peuple dem&a une loi qui l'autorist conc\rir avec les nobles p\r le consulat4 ,on conv9t p> accommodem5t que les plbens p\rroi5t j\ir de t\s les honneurs de cette magi/rature s\s le nom de tribuns militaires1 et non pas s\s celui de consuls4 ,en lisant l'hi/oire ,roma9e1 on ne fait pas assez att5tion que les ,roma9s avoi5t les ma9s lies p> la =me mme de leur g\v]nem5t1 depuis que les tribuns avoi5t rtabli l'usage de convoqu] les comices p> tribus4 ,la voix de *aque citoy5 se comptoit dans les dlibrations de la place publique4 ,la lib]t qu'il avoit de se pla9dre1 de murmur]1 de donn] et d'expliqu] ses raisons1 toit une sorte de transpiration salutaire t\t le corps de la rpublique1 et qui emp*oit que les humeurs ne s'y amassass5t4 ,on juge mal de la situation des ,roma9s p> celle des peuples qui sont auj\rd'hui s\s nos yeux4 ,on ne voit pas qu'une f]m5tation utile *ez un peuple pauvre et qui n'e/ pas corrompu1 p]dra ncessairem5t une nation o l'av>ice et le luxe ont t\ff l'am\r du bi5 public4 ,auj\rd'hui des prov9ces entires ne compos5t qu'une seule socit2 une petite p>tie des citoy5s y engl\tit t\tes les ri*esses de l'tat1 t&is que le re/e1 avili p> sa misre ou p> ses emplois1 ne subsi/e que p> les vices des ri*es1 n'obx que p>ce qu'on l'opprime1 et ne possde qu'une indu/rie qui ne l'atta*e aucune patrie ni aucun g\v]nem5t2 s'il se =moit dans un p>eil tat les mmes diss5sions que dans la rpublique ,roma9e1 comm5t s'y tr\v]oit-il cette relation1 ce comm]ce1 ces liaisons qui unissoi5t les ,roma9s1 et qui ouvroi5t mille voies la conciliation1 tant que l'tat fut p\r a9si dire r5f]m dans les murs d'une mme ville8 ,les qu]elles des ,roma9s dgnr]oi5t en gu]res civiles dans la plup>t des tats de l',europe1 p>ce qu'on n'y e/ pas libre1 et que1 tr\vant des murs dj corrompues1 elles les r5droi5t encore plus vicieuses4 ,les ,roma9s1 au contraire1 toi5t v]tueux1 et leurs diss5tions en ru9ant les prrogatives de la naissance1 qui ne peuv5t jamais tre considres qu'aux dp5s de l'honneur1 du mrite et des tal5ts#ah1 ne leur donnr5t qu'un gt plus vif p\r la v]tu4 #ah ,ma*iavel a pr\v dans ses disc\rs politiques sur ,tite-,live1 que la lib]t ne peut subsi/] long-temps dans une rpublique o il y a des nobles4 ,la noblesse se croit de/9e g\v]n]4 ,c'e/ une v]m9e1 dit-il1 qui c>ie ins5siblem5t la lib]t4 ,lorsque le peuple1 dis5t les hi/ori5s1 v\lut p>tag] avec la noblesse l'honneur des magi/ratures1 il travailla s'en r5dre digne1 et les patrici5s de leur ct *]*r5t loign] les plbens1 en t*ant de les surpass] autant p> l'clat de leurs v]tus que p> celui de la naissance4 ,plus il y avoit de dignits p\r lesquelles il toit p]mis aux plbens de conc\rir avec les nobles1 plus les tal5ts toi5t excits2 et de cette mulation gnrale sortit cette f\le de gr&s hommes qui fir5t la gr&eur de la rpublique4 ,l'att5tion scrupuleuse avec laquelle les deux ordres de citoy5s s'exam9oi5t rciproquem5t1 t5dit t\s les ressorts du g\v]nem5t4 ,les gr&s1 n'osant plus usurp] les t]res conquises1 s'acc\tumr5t une mdiocrit de =tune1 qui1 p5dant long-temps c>ta le luxe4 ,on acquit de la gloire et de la considration sans avoir beso9 de ri*esses4 ,la pauvret fut mme honorable2 et les citoy5s1 t\j\rs occups d'affaires publiques1 vir5t avec plus d'indiffr5ce leurs intrts dome/iques1 et sans ef=t contractr5t l'habitude d'y prfr] le bi5 public4 ,la v5geance1 la ha9e1 l'orgueil1 la jal\sie1 l'av>ice et d'autres passions1 dont on doit1 ce semble1 n'att5dre que des effets fune/es1 en se heurtant les unes les autres1 multiplir5t les lois et en aff]mir5t l'empire4 ,de bonnes lois auroi5t r5du les ,roma9s simplem5t sages et libres2 mais l'espce de commotion dans laquelle le bon ordre fut tabli leva leur c>actre et en fit des hros4 ,des lois sagem5t comb9es entr'elles suffisoi5t p\r ret5ir les magi/rats dans les bornes du devoir et des bi5sances2 mais il falloit quelque *ose de plus p\r faire ces consuls1 qui se dv\oi5t au salut de la patrie1 ou qui sacrifioi5t la vie de leurs fils au ma9ti5 de la discipl9e4 ,il s'tablissoit de n\velles magi/ratures1 qui ne fur5t d'abord cres que p\r s]vir de ddommagem5t la noblesse qu'on privoit de quelque privilge1 et qui dev9r5t d'une utilit inf9ie t\t le corps de la rpublique2 p>ce qu'elles aff]missoi5t la lib]t1 en tablissant une sorte d'quilibre entre les magi/ratures4 ,je ne dois pas pass] lgrem5t sur l'tablissem5t des c5seurs1 qui1 n'tant de/9s qu' faire le c5s ou le dnombrem5t des citoy5s dans l'abs5ce des consuls1 s'attribur5t bi5tt la r=mation des murs4 ,les deux ordres de la rpublique leur fur5t galem5t s\mis4 ,ils ouvroi5t l'entre du snat au citoy5 qui mritoit cette di/9ction1 et en *assoi5t un snateur qui se r5doit indigne de sa place4 ,ils toi5t aux *evali]s les m>ques de leur dignit1 et faisoi5t desc5dre un simple plben dans une tribu mo9s honorable que celle o il avoit t inscrit4 ,la vigilance de ces magi/rats combattit utilem5t l'incon/ance naturelle des hommes1 et cette espce de lassitude et d'ass\pissem5t1 d'autant plus dang]euse dans un tat1 que sans viol] ouv]tem5t les lois1 elle comm5ce p> en dim9u] la =ce1 les laisse tomb] peu peu dans l'oubli1 et les abroge enf9 entirem5t1 sans qu'on puisse assign] l'poque de leur *te4 ,les c5seurs ne punissoi5t pas des fautes1 mais ce qui p\voit conduire la lic5ce1 et ils =moi5t comme une l>ge b>rire entre les ,roma9s et la corruption4 ,aussi la rpublique se fit-elle une habitude de cette au/rit de murs qui lui a valu encore plus de succs sur ses ennemis que d'loges de la "p de la po/rit4 ,qu'on me p]mette encore quelques rflexions sur un objet aussi intressant que le prt5du dang] que c\rur5t les ,roma9s p5dant le c\rs de leurs diss5tions4 ,comme ils avoi5t plusieurs beso9s galem5t pressants1 qu'il toit ncessaire d'tablir une jurisprud5ce c]ta9e1 et des lois fixes1 c> jusqu'aux dcemvirs#ai les magi/rats n'avoi5t suivi d'autres rgles dans leurs jugem5ts que celles que semble prescrire l'quit naturelle2 qu'il falloit p\rvoir la subsi/ance d'une f\le de citoy5s sans patrimo9e2 que tantt on toit occup d'un rglem5t gnral de police1 ou d'une accusation int5te contre quelque magi/rat qui s'toit r5du dsagrable aux tribuns2 une affaire s]voit de div]sion l'autre1 et le peuple p>oissoit quelquefois oubli] son gr& projet d'humili] les patrici5s4 ,d'ailleurs il s'en falloit beauc\p que les tribuns se conduisiss5t avec une prud5ce propre dsespr] la noblesse et lui faire pr5dre un p>ti viol5t2 si1 p\r augm5t] leurs =ces1 ils augm5t5t le nombre de leurs collgues1 ils ne font au contraire que s'affoiblir1 et ouvr5t la noblesse une voie plus sre et plus facile d'arrt] leurs progrs p> eux-mmes#bj4 ,proscriv5t-ils la loi odieuse#ba qui ne p]mettoit pas au peuple de contract] des alliances avec les familles patrici5nes8 ,ils le font avant que d'avoir dp\ill leurs ennemis de leurs prrogatives1 et p>-l ils se mett5t dans le cas de les attaqu] ensuite avec mo9s de succs4 ,dans une rpublique en effet o t\t avoit conc\ru p5dant long-temps faire respect] la noblesse1 l'avantage de s'alli] avec elle devoit lui faire un gr& nombre de cratures1 et retir] du p>ti du peuple les plus puissants plbens3 aussi rem>que-t-on que les qu]elles des ,roma9s comm5r5t ds-lors tre mo9s vives4 ,il s]oit trop long de relev] en dtail t\tes les fautes que fir5t les tribuns1 et qui s'opposoi5t au succs de leur entreprise#bb4 #ai ,ce fut l'an #cjj de ,rome1 c'e/--dire1 #ef ans aprs l'exil des ,t>qu9s1 que les dcemvirs publir5t les lois des d\ze tables4 ,c'e/ le premi] code que les ,roma9s ai5t eu4 #bj ,l'opposition d'un tribun la dem&e de son collgue1 en susp5doit l'activit1 et l'emp*oit d'all] plus avant4 ,la noblesse eut quelquefois l'habilet de mettre quelqu'un de ces magi/rats populaires dans ses intrts4 #ba ,les dcemvirs portr5t cette loi dans leur d]nire table1 et leur int5tion avoit t d'tablir plus facilem5t leur tyrannie1 en emp*ant que les deux ordres de la rpublique ne se rappro*ass5t l'un de l'autre4 ,d5ys d',halic>nasse dit judicieusem5t qu'il falloit abolir cette loi tyrannique et injurieuse au peuple p\r assur] le repos public4 ,mais ce repos n'e/ po9t ce que dsiroi5t les tribuns2 il toit de leur intrt de t5ir t\j\rs le peuple galem5t anim contre les patrici5s4 ,c'toit donc une imprud5ce de leur "p de proscrire la loi des dcemvirs1 avant que d'avoir t la noblesse t\s ses privilges4 ,je rem>qu]ai en passant1 que la noblesse n'ap]ut po9t dans cette occasion la faute des magi/rats du peuple4 ,lorsqu'elle auroit d ca*] sa joie et ne se df5dre que p> politique1 et prcism5t autant qu'il falloit p\r faire croire au peuple qu'elle lui accordoit une grce1 son orgueil s'eff>\*a4 ,s'il en faut croire les p>oles que ,tite-,live met dans la b\*e du ,tribun ,canulius1 les patrici5s tr\voi5t trange que la nature et donn la populace les mmes organes qu' eux2 quod spiratis1 quod vocem mittitis1 quod =mas hom9um habetis1 indignantur4 ,cette sotte vanit de la noblesse fut cause qu'un rglem5t qui lui toit si avantageux1 comm5a p> lui tre extrmem5t fune/e2 c> le peuple1 p\r se v5g] du mpris qu'on lui m>quoit1 osa aspir] au consulat1 et fit port] une loi p> laquelle il lui toit p]mis de possd] cette magi/rature s\s le nom de tribunat militaire4 #bb ,un c]ta9 ,volscius accusa ,ceson ,qu9tius d'avoir assass9 son frre4 ,cette calomnie1 que les tribuns avoi5t un gr& intrt de ne po9t laiss] dvoil]1 p>ce qu'elle toit leur ouvrage1 dev9t une espce de b\cli] p\r les patrici5s4 ,ds que les tribuns proposoi5t une loi n\velle1 les consuls1 dit ,tite-,live1 dem&oi5t la condamnation de ,volscius1 et *aque p>tie se t5oit en *ec2 eodem modo consules legem1 tribuni judicium de ,volscio imp$iebant4 l4 #c4 ,les patrici5s eur5t encore la mal-adresse de faire punir ,volscius p5dant la dictature de ,qu9tius ,c9c9natus4 ,les m\vem5s de la place1 malgr t\t ce que je vi5s de dire1 toi5t-ils trop vifs ou trop op9itres8 ,quelque vnem5t imprvu y remdioit4 ,les vois9s de ,rome1 qui croyoi5t cette circon/ance favorable leur ambition ou leur v5geance1 se jetoi5t sur ses t]res2 mais il s'agit p\r *aque ,roma9 de df5dre son patrimo9e1 ses *amps1 sa rcolte1 le peuple n'c\te plus ses tribuns1 et son ret\r de la gu]re ne repr5d pas avec la mme *aleur l'affaire qu'il a ab&onne4 ,dans les cas encore plus pressans1 le snat avoit la ress\rce de crer un dictateur#bc1 c'e/--dire un roi plutt qu'un magi/rat1 qui1 n'tant oblig de consult] ni le snat1 ni le peuple1 ni les magi/rats dont t\tes les fonctions cessoi5t1 se s]voit de son autorit suprme p\r susp5dre le c\rs des qu]elles de la place1 et t\rn] les esprits v]s un autre objet4 #bc ,ce fut l'an de ,rome #bee1 quatre ans avant la retraite du peuple sur le ,mont-,sacr1 que fut fait le premi] dictateur4 ,la l5teur mme avec laquelle les tribuns fir5t leurs progrs1 e/ encore une preuve que la rpublique ,roma9e ne fut po9t expose prir p> une gu]re civile4 ,en effet1 il s'c\la prs d'un sicle et demi#bd depuis l'tablissem5t de ces magi/rats jusqu'au tribunat de ,lic9ius ,/olon et de ,sextius1 poque o les plbens obt9r5t de p>tag] avec la noblesse le consulat et t\tes les magi/ratures2 encore fallut-il que la =tune elle-mme htt la conclusion de ce gr& ouvrage4 #bd ,le peuple se retira sur le ,mont-,sacr l'an de ,rome #bei1 et p>v9t au consulat l'an #chh4 ,tite-,live rapporte que ,fabius ,ambu/us1 *ef de la maison ,fabi5ne1 avoit m>i une de ses filles un patrici5 nomm ,s]4 ,sulpicius1 et l'autre ,c4 ,lic9ius ,/olon1 simple plben4 ,un j\r que celle-ci se tr\voit *ez sa sur dans le mom5t que ,sulpicius1 alors tribun militaire1 rev5oit du snat1 les licteurs frappr5t la porte avec leurs faisceaux p\r annonc] son ret\r4 ,la jeune ,fabia p>ut effraye de ce bruit1 auquel elle n'toit pas acc\tume1 et sa sur la rassura d'un air mal9 qui lui fit s5tir t\t l'int]valle qu'il y avoit entr'elles deux4 ,la femme de ,/olon1 vivem5t pique1 n'eut le c\rage ni de mpris] la vanit de sa sur1 ni de ca*] son *agr91 quoiqu'elle et honte d'en laiss] pntr] les motifs4 ,son pre et son m>i1 =ce de prires1 lui arra*r5t enf9 son secret2 elle av\a qu'elle ne p\voit p5s]1 sans un dpit mortel1 qu'tant ne du mme sang que la femme de ,sulpicius1 les premires magi/ratures de la rpublique fuss5t int]dites son m>i4 ,fabius entra p> foiblesse dans t\s les projets de son g5dre1 que son am\r p\r ,fabia r5dit ambitieux4 ,/olon s'associe ,l4 ,sextius1 que son c\rage et son loqu5ce mettoi5t en tat de t\t entrepr5dre4 ,ils brigu5t ensemble le tribunat2 et pe9e se vir5t-ils la tte du peuple1 qu'ils proposr5t et fir5t pass] une loi qui ordonnoit que la rpublique ne s]oit dsormais g\v]ne que p> des consuls1 et que l'un des deux s]oit ncessairem5t tir du corps du peuple4 ,ds-lors le snat fut ouv]t sans nulle diffr5ce aux plbens et aux patrici5s4 ,c5seurs1 pontifes1 prteurs#be1 il n'y eut plus de magi/ratures qu'ils ne possdass5t1 et ils j\ir5t mme des honneurs de la dictature4 ,la naissance ne donnant plus de privilge p>ticuli]1 la di/9ction tablie entre la noblesse et le peuple disp>ut1 et fit place la plus p>faite galit4 ,leurs droits fur5t confondus et les mmes3 ils ne pur5t plus avoir des intrts diffr5s2 et c'e/ cette poque que les diss5tions de la place cessr5t1 et que ,rome j\it enf9 d'un calme heureux4 #be ,l4 ,sextius fut le premi] plben qui p>v9t au consulat4 ,c4 ,m>tius ,rutilus1 aussi plben1 fut fait dictateur l'an de ,rome #cig1 et nomma p\r son gnral de la caval]ie1 un autre plben1 appel ,c4 ,plantius4 ,le mme ,rutilus fut c5seur4 ,l4 ,philo fut le premi] plben lev la prture4 ,les tribuns n'avoi5t jamais attaqu la dignit du snat et des consuls1 que p\r abaiss] plus srem5t la noblesse2 et lo9 de cont9u] les avilir1 la vanit des successeurs de ,/olon et des plbens les plus considrables toit intresse en augm5t] le crdit4 ,s'il subsi/oit encore quelque sujet de conte/ation dans la rpublique1 ce ne p\voit tre qu'au sujet des lois agraires4 ,mais ces lois1 proposes d'abord p> le consul ,sp4 ,cassius1 et qui1 jusqu'au tribunat de ,lic9ius ,/olon1 n'avoi5t eu aucun succs1 toi5t tombes dans le dcri1 soit p>ce qu'on s'toit acc\tum les voir rejet]1 soit p>ce que l'excution en toit impratiquable4 ,en effet1 dans un temps aussi grossi] que les premi]s sicles de la rpublique ,roma9e1 o l'on ne connoissoit po9t encore les titres de possession1 ni les dpts publics des engagem5s des citoy5s1 il toit impossible d'tablir une ju/e di/9ction entre le lgitime patrimo9e de *aque p>ticuli]1 et ce qu'il avoit acquis p> des voies illicites4 ,d'ailleurs1 ,lic9ius avoit mis f9 cette affaire en portant deux lois1 dont l'une ordonnoit aux cranci]s de dduire du pr9cipal de leurs crances les intrts qu'ils avoi5t t\*s2 et l'autre df5doit de possd] plus de c9q c5ts arp5s de t]re4 ,les ,roma9s avoi5t dj subjugu une p>tie considrable de l',italie1 qu& le tribunat de ,lic9ius expira2 et quelques puissans que fuss5t les peuples auxquels ils f]oi5t dsormais la gu]re1 ils devoi5t encore les s\mettre4 ,la sagesse de leur g\v]nem5t leur donnoit une supriorit inf9ie sur leurs ennemis2 et jusqu' la seconde gu]re ,punique1 ,rome n'pr\va que quelques rev]s contre lesquels elle tr\va en elle-mme des ress\rces aussi sres que promptes4 ,annibal lui-mme1 aprs plusieurs victoires1 fut enf9 contra9t d'ab&onn] le projet de brl] le capitole p\r all] df5dre les murs de ,c>?age4 ,va9cu ,zama1 il porta inutilem5t en ,asie sa ha9e contre les ,roma9s4 ,philippe1 dfait la j\rne de ,cynoscphale1 eut rec\rs leur clm5ce2 et qu& ,p]se v\lut relev] la ,macdo9e de l'abaissem5t o elle toit tombe1 il fut va9cu et orna avec ses enfans le triomphe de ,paul ,emile4 ,antio*us1 trop heureux d'obt5ir la paix1 ne rgna plus en-de du mont ,taurus4 ,popilius fit trembl] son fils au milieu d'une arme victorieuse1 et le traita en va9cu4 ,c>?age n'toit plus qu'un amas de ru9es4 ,rome enf9 rgnoit presque sur t\t l'univ]s2 mais elle-mme toit *ancelante dans sa haute =tune2 et t&is qu'elle effrayoit les nations1 un philosophe qui auroit exam9 les fondem5s de sa gr&eur1 auroit lui-mme t effray du sort qui att5doit les ,roma9s4 ,si la rpublique de ,lacdmone1 malgr les lois au/res et sages de ,lycurgue1 auxquelles elle obissoit religieusem5t depuis sept sicles1 ne put ass]vir la ,grce1 et rsi/] en mme temps l'attrait d'impos] des tributs#bf1 et de s'enri*ir des dp\illes de ses ennemis1 comm5t s]oit-il possible que les ,roma9s1 *ez qui l'am\r de la pauvret n'avoit jamais t une vraie passion1 comme dans les ,sp>tiates1 n'euss5t pas abus de mme de leurs victoires8 ,sp>te se flattoit de p\voir tre ri*e et d'avoir un trsor qu'elle de/9oit faire des entreprises considrables contre ses ennemis1 sans que ses citoy5s r5onass5t leur anci5 mpris p\r les ri*esses3 elle se trompoit2 et la loi svre qu'elle porta1 et qui s\s pe9e de la vie df5doit aux p>ticuli]s de possd] aucune pice d'or ou d'arg5t1 fut bi5tt viole impunm5t4 #bf ,voyez dans mes ,obs]vations sur l'hi/oire de la ,grce ce que j'ai dit du g\v]nem5t de ,lycurgue1 des prcautions que ce lgislateur prit p\r faire aim] la pauvret aux ,sp>tiates1 et comm5t ,lys&re les corrompit la f9 de la gu]re du ,ploponse4 ,les ,roma9s1 beauc\p mo9s att5tifs se prcautionn] contre les *>mes de l'av>ice1 devoi5t donc agr&ir leur =tune dome/ique mesure que leur rpublique agr&iroit son empire et ses ri*esses4 ,tant que les ,roma9s ne va9quir5t que des peuples aussi pauvres qu'eux1 leur g\v]nem5t mrita t\s les loges que je lui ai donns2 mais les pr9cipes en fur5t dtruits1 ds qu'ils eur5t port la gu]re en ,afrique et en ,asie3 les vices de ces ri*es prov9ces passr5t ,rome avec leurs dp\illes4 ,il se dveloppa dans le cur des ,roma9s de n\velles passions2 les beso9s s'accrur5t et se multiplir5t2 les gts se raff9r5t1 les sup]fluits dev9r5t ncessaires1 et l'anci5ne au/rit des murs ne fut plus qu'une ru/icit brutale4 ,qu& cette contagion eut gagn le peuple1 qu'il eut appris des gr&s v\loir tre voluptueux1 et qu'il reg>da sa pauvret comme le d]ni] des opprobres1 il fut prt faire t\tes sortes de l*ets p\r acqurir de ces ri*esses que la cupidit des citoy5s faisoit reg>d] comme le premi] des bi5s4 ,l'autorit dont il j\issoit ne s]vit plus que d'in/rum5t ses passions4 ,la puissance publique passa bi5tt entre les ma9s des ri*es1 qui1 m>*&ant et a*etant les magi/ratures et les suffrages dans les comices1 se vir5t les arbitres de l'tat2 et s\s les app>5ces trompeuses de l'anci5 g\v]nem5t1 les ,roma9s obir5t en effet une vritable ari/ocratie4 ,d'un ct1 une f\le de p>ticuli]s se sont emp>s des ri*esses des va9cus et des contributions des prov9ces2 de l'autre1 la loi ,lic9ia1 qui ne p]met de possd] que c9q c5ts arp5s de t]re1 n'a po9t t abroge p> une loi contraire4 ,ici1 on lit les rglem5s les plus sages contre le luxe2 l1 des citoy5s plus ri*es que des rois =c5t1 p> un fa/e imposant1 les lois se taire4 ,la rpublique avoit t autrefois p>tage en patrici5s et en plbens2 elle le fut alors en citoy5s ri*es et en citoy5s pauvres4 ,l'esprance d'tre libres1 que ,brutus avoit donne aux plbens1 fut le titre dont ils se s]vir5t p\r repr5dre leur premire dignit1 et =c] la noblesse r5onc] ses prrogatives4 ,la loi ,lic9ia dev5oit un titre aussi =t en faveur des pauvres1 ds que1 las d'a*et] p> des complaisances les bi5faits des ri*es1 ils concevroi5t le desse9 de p>tag] leur =tune4 ,il s'e/ donc =m une n\velle s\rce de diss5tions dans la rpublique ,roma9e2 les lois et les murs sont une seconde fois en opposition3 les ,roma9s doiv5t donc tre agits sur le p>tage des ri*esses comme ils l'ont t sur leur p>tage de l'autorit4 ,mais le g\v]nem5t ne met plus de fre9 leur passion1 et il faudroit bi5 peu connotre le cur huma9 et la sympa?ie que les vices ont les uns p\r les autres p\r p5s] que ces n\veaux tr\bles ne fuss5t pas aussi fune/es aux ,roma9s corrompus1 que les premi]s avoi5t t avantageux aux ,roma9s v]tueux4 ,ce n'toit pas cep5dant de ce ct-l seul que la rpublique toit m5ace de sa ru9e4 ,la va/e t5due de sa dom9ation l'exposoit encore de plus gr&s dang]s2 elle lui avoit fait p]dre l'autorit quelle avoit sur les magi/rats2 et si les ,roma9s ne succomboi5t pas s\s leurs mauvaises murs1 ils devoi5t se voir opprim] p> leurs proconsuls4 ,quelqu't5du1 dit ,polybe1 que ft le p\voir d'un consul la tte de son arme1 il lui toit impossible d'en abus]1 tant que l'empire des ,roma9s fut r5f]m dans l',italie4 ,le snat1 s\s les yeux duquel il e/1 et qui l'obs]ve1 n'a qu' retir] les sec\rs qu'il donne l'arme1 p\r faire *\] un gnral dont il s\ponn]oit la fidlit4 ,la sret publique1 cet g>d1 naissoit donc de ce que l',italie ne mettoit pas les consuls en tat d'y subsi/] p> eux-mmes1 ni de ca*] p5dant long-temps leurs entreprises4 ,voil ce qui t5oit leur autorit en quilibre avec la puissance de la rpublique1 ou plutt ce qui les r5doit t\j\rs sujets4 ,mais ce contre-poids du p\voir consulaire s'affoiblit qu& les armes passr5t les m]s4 ,les consuls1 qui n'avoi5t t que consuls en ,italie1 fur5t dans les prov9ces loignes1 consuls1 prteurs1 c5seurs1 diles1 le snat et le peuple4 ,ils traitoi5t avec les nations vois9es1 de leur comm&em5t1 disposoi5t de leurs conqutes1 di/ribuoi5t leur gr les c\ronnes1 et rgloi5t l'tat des tributs et de contributions4 ,ils comm&oi5t dans de ri*es prov9ces1 qui les mir5t en tat de p\rvoir p> eux-mmes t\s les beso9s de leur arme2 aussi ,cs> et ,crassus1 avec les seules =ces de leur g\v]nem5t1 fir5t-ils la gu]re sans le cons5tem5t de la rpublique dont les sec\rs leur toi5t dev5us inutiles4 ,la puissance norme que les consuls s'attribuoi5t ne causa aucune al>me aux ,roma9s1 p>ce qu'elle toit favorable aux progrs de leurs armes et l'agr&issem5t de leur empire1 et qu'emports p> leur ambition1 ils ne jugeoi5t de leurs intrts que p> les succs de leurs lgions4 ,l'aveuglem5t de la rpublique alla si lo91 qu'au lieu d'tablir quelque n\velle proportion qui lui cons]vt sa supriorit sur les consuls1 elle ne fut bi5tt frappe que des inconvni5s atta*s la dure annuelle de leur magi/rature4 ,n'e/-il pas ins5s1 disoit-on ,rome1 qu'esclaves d'une misrable habitude1 n\s n\s comportions auj\rd'hui de mme que si n\s avions encore faire avec les ,sab9s1 les ,volsques ou les ,fid5ates8 ,nos pres avoi5t raison de *ang] t\s les ans de gnraux1 puisque leurs gu]res les plus difficiles se t]m9oi5t dans une seule campagne4 ,nos ennemis actuellem5t ne peuv5t tre va9cus que p> une longue suite de succs4 ,p\rquoi rappelons-n\s donc la f9 de sa magi/rature un consul qui n'a eu que le temps d'bau*] son entreprise1 de s'in/ruire du pays o il fait la gu]re1 de connotre le =t et le foible des armes qui lui sont opposes1 et qui va mettre pr(it ses connoissances8 ,n\s lui donnons un successeur dont les vues sont s\v5t opposes aux si5nes1 qui p]dra une p>tie de son anne prp>] ses succs1 et qui s]a rappel son t\r avant que d'avoir ri5 excut4 ,ces disc\rs frappr5t les tribuns2 et ces magi/rats s'opposr5t ce qu'on rappelt ,flam9ius de la ,grce4 ,sulpicius1 dir5t-ils1 a consum presque t\t le temps de son consulat *]*] les ennemis3 ,villius1 son successeur1 n'a pas eu le temps d'en v5ir aux ma9s2 la veille de combattre1 il a t oblig de cd] le comm&em5t un n\veau consul qui auroit cru se d%onor]1 s'il n'et qu'excut les projets de son prdcesseur4 ,enf91 aj\toi5t-ils1 la ,macdo9e1 prte subir le j\g1 va se relev]1 et peut-tre dev5ir inv9cible la faveur de nos caprices1 et t\s les succs passs de ,flam9ius sont p]dus p\r n\s1 si on ne le cont9ue dans sa magi/rature4 ,l'usage des proconsuls fut tabli1 et des magi/rats qui possdoi5t dj une puissance =midable la rpublique1 en fur5t revtus assez long-temps p\r qu'il leur ft enf9 ais de la ret5ir1 de brav] les lois et d'opprim] leurs concitoy5s4 ,malgr tant de vices runis qui prcipitoi5t la *te de la rpublique ,roma9e1 elle fut encore tranquille et mme florissante p5dant quelque temps2 et il faut l'attribu] plusieurs causes p>ticulires4 ,telle e/ la probit que l'anci5 g\v]nem5t avoit fait natre1 et qui ne fut pas subitem5t t\ffe p> la dcad5ce des lois4 ,l'habitude d'avoir de bonnes murs fit succd] leur ru9e une hypocrisie qui les imitoit4 ,vicieux *ez soi1 on empruntoit en public le masque de la v]tu4 ,avant que la multitude conut le desse9 de dp\ill] les ri*es1 il falloit qu'elle et sec\ l'espce d'tonnem5t et d'admiration que leurs ri*esses lui inspiroi5t4 ,l'ambition ne devoit po9t tre la premire passion des ri*es4 ,il e/ un c]ta9 ordre dans les passions1 et la mon/rueuse avidit des gr&s pill] galem5t la rpublique1 ses ennemis et ses allis1 les prp>oit aux volupts et non pas la tyrannie4 ,il falloit un c]ta9 temps p\r que le luxe appauvrt ces voluptueux1 qui possdoi5t t\tes les ri*esses du monde4 ,qu& ce mom5t fatal s]a arriv1 il faudra faire des viol5ces p\r avoir encore de quoi tre voluptueux1 et ce s]a alors que p>mi une multitude de citoy5s qui tr\v]ont dans la confusion et les tr\bles de l'tat1 plus d'honneurs et de ri*esses que la rpublique ne leur en (frira p\r les atta*] ses intrts1 l'ambition comm5c]a se dvelopp]4 ,p\r qu'il se =me des tyrans dans ,rome1 il faut qu'on y puisse se flatt] d'usurp] la s\v]a9et1 et il ne s]a p]mis de l'espr] que qu& ,rome s]a remplie d'une vile populace1 *asse de ses hritages et honteuse de sa pauvret1 et que les armes1 composes de ces citoy5s mprisables1 aim]ont autant pill] ,rome que ,c>?age ou ,numance4 ,ce qui emp*a les ,roma9s de prv5ir1 lorsqu'il en toit encore temps1 les maux dont la rpublique toit m5ace1 c'e/ que ce fut sa prosprit mme qui ru9a les pr9cipes de son g\v]nem5t2 et r>em5t un peuple e/-il assez sage p\r se dfi] de sa prosprit1 et la reg>d] comme un comm5cem5t de dcad5ce4 ,qu& le premi] ,scipion eut s\mis l',afrique1 les ,roma9s devoi5t s\ponn] qu'ils pr\v]oi5t bi5tt quelque rvolution4 ,mais la dfaite d',annibal et de ,c>?age laissoit-elle d'autre s5tim5t que celui de la joie8 ,t&is que t\te la rpublique1 enivre de ses succs1 croyoit t\*] cette mon>*ie univ]selle promise p> les ,dieux1 auroit-on ent5du les remontrances d'un citoy51 qui1 lisant dans l'av5ir trav]s la prosprit prs5te1 et annonc que ,rome toit prte prir8 ,p>mi tant de causes de leur ru9e1 les ,roma9s n'ap]ur5t que la corruption des murs2 et ce torr5t1 qui s'enfloit de j\r en j\r1 quelques honntes g5s n'opposr5t p\r t\te digue que l'exemple impuissant1 je dirois presque ridicule de leurs v]tus1 et quelques anci5nes lois que les ,roma9s reg>doi5t dj comme des tmoignages de la grossiret de leurs pres4 ,que s]voit-il ,caton le c5seur de s'cri] cont9uellem5t3 ,nos anctres1 nos anctres6 temps6 murs6 et de dclam] contre le luxe en faveur de la loi ,oppia8 ,on p>donne au *agr9 d'un pote#bg de conseill] aux ,roma9s de jet] leurs trsors dans la m]1 ou d'en orn] le capitole2 mais un c5seur1 un homme d'tat1 peut-il p5s] que la j\issance des ri*esses et des volupts s]a mo9s p]suasive que son loqu5ce8 ,il ne s'agissoit pas d'emp*] la rvolution des murs et du g\v]nem5t1 elle toit 9vitable2 mais il falloit la r5dre mo9s f*euse et la ret>d]4 #bg 444 ,nos 9 capitolium1 ,qu clamor vocat et turba fav5tium3 ,vel nos 9 m>e proximum ,gemmas1 et lapides1 aurum et inutile1 ,summi mat]iam mali1 ,mittamus4 7,hor4 ,ode #bd1 l4 #c47 ,aprs la seconde gu]re ,punique1 il se prs5toit une voie bi5 simple p\r cons]v] la rpublique son anci5 g\v]nem5t1 ou du mo9s p\r emp*] que les *angem5s qu'il devoit pr\v] ne produisiss5t ces dsordres effrayans qui fir5t succd] la lib]t la tyrannie la plus accablante4 ,au lieu de ces commissaires que les ,roma9s envoyoi5t quelquefois dans leurs n\velles conqutes p\r en rgl] les affaires1 ils auroi5t d t5ir con/amm5t dans les prov9ces o ils avoi5t des armes un c]ta9 nombre de snateurs p\r y reprs5t] la maje/ de leur corps4 ,ces dputs1 en j\issant dans l't5due de leur dp>tem5t de la mme autorit que le snat de ,rome avoit en ,italie1 n'aurai5t laiss aux proconsuls que le mme degr de p\voir qu'avoi5t eu les premi]s consuls qui s\mir5t les peuples vois9s de ,rome4 ,ces snateurs auroi5t t les matres du g\v]nem5t civil dans les prov9ces va9cues2 ils auroi5t trait avec les allis et les trang]s1 et reu les impts1 les contributions et les tributs4 ,ils auroi5t t *>gs de la paie des soldats1 et de leur f\rnir des armes et des subsi/ances2 les proconsuls leur auroi5t p> consqu5t t s\mis4 ,il n'toit pas mo9s ais de ret5ir ce snat prov9cial dans son devoir1 et de le r5dre dp5dant du snat de ,rome4 ,la famille de ces snateurs auroit t un otage de leur fidlit4 ,on et rappel t\s les ans les trois plus anci5s commissaires2 on en et sub/itu trois n\veaux leur place1 et1 en supposant ce snat prov9cial compos de d\ze snateurs1 *acun d'eux n'auroit t en fonction que p5dant quatre ans1 et t\j\rs avec de n\veaux collgues2 ce qui les auroit emp* de ri5 entrepr5dre contre la rpublique1 laquelle ils s]oi5t demeurs s\mis1 malgr la supriorit qu'ils auroi5t eue sur les gnraux d'arme4 ,on dev9e sans pe9e t\t ce qu'un tablissem5t1 si propre rprim] l'ambition des proconsuls1 sans ri5 retran*] du p\voir que doit avoir un gnral d'arme1 auroit produit d'avantageux mille autres g>ds4 ,les prov9ces n'auroi5t po9t t exposes aux concussions normes de leurs g\v]neurs et des proconsuls4 ,les ri*esses1 transportes peu--peu ,rome1 n'y auroi5t pas fait cette irruption viol5te et subite1 qui ne laissa le temps1 ni de prvoir le dang]1 ni de rfl*ir sur la situation o l'on se tr\voit1 ni de faire des lois4 ,le *angem5t des murs se ft fait d'une manire ins5sible2 les usages n\veaux que l'lvation des ,roma9s et leurs n\velles passions r5doi5t ncessaires1 se s]oi5t tablis sans rvolt] les esprits1 et les lois auroi5t t oublies1 et non pas violes avec emportem5t4 ,non-seulem5t on et prv5u les gu]res civiles1 que l'indp5dance des gnraux alluma1 mais1 si quelque tribun ambitieux avoit t5t de remu]1 et1 s\s prtexte de faire revivre les anci5nes lois1 de s'emp>] du g\v]nem5t et d'tablir sa tyrannie1 le snat1 qui auroit t rellem5t le matre de t\te l'autorit1 en ayant les armes sa disposition1 l'auroit arrt ds le premi] pas4 ,,livre ,,second4 ,les tr\bles p\voi5t d'abord clat] p> quelqu'entreprise des armes sur la lib]t publique2 et vraisemblablem5t la seule raison qui s'y opposa1 c'e/ que cette conduite toit trop ouv]tem5t crim9elle1 trop contraire la manire de p5s] des ,roma9s1 en un mot1 trop n\velle4 ,cette espce d'tonnem5t1 qui prcde t\j\rs les actions inju/es1 inusites et importantes1 et qui fit balanc] l'ambitieux ,cs>1 lui-mme1 sur les bords du ,rubicon1 quoiqu'il fut enh>di p> l'exemple d'une gu]re civile et les vux d'une p>tie de la rpublique1 ret9t sans d\te beauc\p de gnraux dans le devoir1 depuis le premi] ,scipion jusqu' ,sylla4 ,il subsi/oit1 au contraire1 p>mi les ,roma9s1 une tradition avantageuse des anci5nes qu]elles de la noblesse et du peuple2 et non-seulem5t elle toit propre r5dre excusable un tribun sditieux1 mais le faire mme reg>d] comme le v5geur de la ju/ice et des lois4 ,l'ambition p\voit donc se montr] avec mo9s de dang] et plus de dc5ce1 en excitant des motions populaires2 et ds-lors1 il toit naturel que les dsordres qui devoi5t p]dre la rpublique ,roma9e1 et dont je vais t*] de dml] l'en*anem5t1 comm5ass5t p> les tribuns4 ,quelques hi/ori5s dis5t que ,cornlie repro*oit s\v5t ,tibrius ,grac*us1 son fils1 son indiffr5ce p\r le bi5 public1 t&is que sa patrie avoit beso9 d'un r=mateur2 et qu'en retirant de l'oubli les rglem5s qui avoi5t fait la gr&eur des ,roma9s1 il p\voit se r5dre aussi illu/re que les plus gr&s capita9es4 ,d'autres prt5d5t qu'en voyageant dans l',italie1 il fut t\* de l'tat dplorable o il vit les campagnes4 ,elles toi5t ds]tes1 ou cultives seulem5t p> des esclaves4 ,tibrius1 tmo9 des suites fune/es du luxe1 crut1 dit-on1 qu'il ne falloit pas diffr] d'un mom5t rtablir l'autorit des lois4 ,il e/ plus ju/e de p5s] que l'ambition seule l'inspira4 ,s'il se c\vrit du masque de r=mateur1 ce fut p\r se concili] la faveur de la multitude1 et p>-l se r5dre le matre d'une rpublique dont le g\v]nem5t n'toit plus susceptible d'aucune r=me avantageuse1 et qui sa lib]t comm5oit d'tre *>ge4 ,c'e/ avec le tmraire projet d'arra*] aux ri*es leur =tune1 et de les rduire ne possd] encore que c9q c5s arp5s de t]re1 que ,tibrius brigua et obt9t le tribunat4 ,cette entreprise toit sage de la "p d'un ambitieux qui avoit beso9 de prs5t] un gr& intrt p\r m\voir de gr&es passions2 mais elle toit ins5se dans un magi/rat qui n'auroit v\lu que s\lag] la misre du peuple1 et p\rvoir sa subsi/ance4 ,t\t ce que ,rome r5f]moit de citoy5s1 que la loi ,lic9ia (f5soit1 se s\leva contre ,tibrius1 qui toit dev5u l'idole de la multitude4 ,p\r les uns1 c'e/ un sditieux qu'il faut faire prir1 et ils l'accus5t d'aspir] la tyrannie2 p\r les autres1 c'e/ le pre de la patrie1 c'e/ l'ennemi des tyrans et le df5seur de la lib]t4 ,si le tribun n'et eu que de bonnes int5tions1 il auroit ds-lors r5onc son entreprise4 ,p\voit-il tre assez peu clair p\r ne pas voir que les ri*es cons5tiroi5t plutt p]dre l'tat1 qu' se dp\ill] de leurs ri*esses8 ,les injures de ses ennemis lui donnr5t de la colre1 les loges de ses p>tisans augm5tr5t sa confiance2 et ,tibrius1 la fois aigri et flatt1 dev9t plus entrepr5ant4 ,cont5t jusqu'alors de gmir sur les maux des ,roma9s1 de t5dre en app>5ce une ma9 sec\rable aux malheureux1 de pe9dre avec adresse la cupidit des gr&s1 ou de faire voir combi5 il toit inju/e que tant de citoy5s d'une rpublique qui toit matresse du monde fuss5t plongs dans la misre1 il avoit plutt p>u se laiss] emport] p> les s5tim5s du peuple1 que lui inspirr5t les si5s2 actuellem5t il l'invite lui-mme t\t os]4 ,la cuirasse dont il e/ c\v]t1 et qu'il fait adroitem5t ap]cevoir1 en feignant de la ca*]1 av]tit cont9uellem5t la multitude que les gr&s sont capables d'un assass9at1 et que l'occasion de ram5] l'galit e/ arrive1 mais qu'un mom5t peut la faire disp>otre4 ,il faut que les lois se pli5t aux volonts de ,tibrius2 il viole en tyran celles qui lui sont contraires4 ,si ,m>cus-,octavius1 son collgue1 met opposition ses dcrets1 il le pr5d p>tie1 l'accuse de trahir les intrts du peuple1 et le fait dpos]4 ,la loi ,lic9ia fut rtablie1 et des triumvirs1 *>gs de la mettre en excution1 toi5t mme nomms4 ,il s'en falloit bi51 cep5dant1 que le triomphe du tribun ft assur2 il croyoit avoir va9cu les ri*es1 et il n'avoit fait que les rduire au dsespoir2 il devoit cra9dre quelque viol5ce de leur "p1 et il n'avoit pris aucune mesure p\r la prv5ir ou la rep\ss]4 ,c'e/ dans ces circon/ances qu',attale1 roi de ,p]game1 nomma1 en m\rant1 le peuple roma9 son hriti]4 ,tibrius1 enh>di p> ses premi]s succs1 et p\r a*ev] de se r5dre le tyran de ,rome1 se proposa aussitt de p>tag] cette succession entre les plus pauvres citoy5s2 mais le seul projet de cette loi tr\vant les esprits dans une extrme f]m5tation1 excita de si gr&s m\vem5s1 que le tribun connut enf9 le pril dont il toit m5ac4 ,son tribunal mme lui p>ot un asyle peu sr contre ses ennemis1 et le tumulte de la place1 ne lui p]mettant pas de se faire ent5dre1 il porta plusieurs reprises ses ma9s la tte1 p\r av]tir le peuple qu'on en veut sa vie1 et qu'il faut pr5dre les armes et le df5dre4 ,a ce ge/e1 les ri*es croi5t r5contr] le prtexte heureux qu'ils *]*oi5t depuis long-temps1 d'accabl] ,tibrius =ce ouv]te4 ,ils publi5t qu'il s'e/ emp> du diadme d',attale1 et feign5t d'tre p]suads qu'il dem&e la multitude de le c\ronn] roi de ,rome4 ,il n'e/ plus "q que de sauv] la lib]t prte prir2 et ,scipion ,nasica1 accompagn de t\s les prt5dus ennemis de la royaut1 fond les armes la ma91 sur la populace qui ent\roit le tribunal de ,tibrius4 ,elle e/ dissipe sans pe9e2 et son magi/rat1 oblig de cd] l'orage et de pr5dre la fuite1 e/ assass9 p> un de ses collgues4#bh #bh ,l'an de ,rome #fba1 c'e/--dire1 #bcc ans aprs que les ,plbens fur5t p>v5us au consulat4 ,cau ,grac*us ne sollicita le tribunat que qu& il se crut en tat de v5g] son frre2 mais il tr\va cette magi/rature prodigieusem5t avilie entre ses ma9s4 ,il devoit tre le magi/rat du peuple1 et il n'toit que le *ef d'une populace *asse de ses hritages1 accable de beso9s1 timide lorsqu'elle n'toit pas emporte1 et qui n'avoit plus aucune "p l'adm9i/ration publique4 ,les tribuns1 successeurs de ,tibrius1 avoi5t t des hommes ri*es1 mais av>es et non pas ambitieux2 a9si1 bi5 lo9 de propos] encore le rtablissem5t de la loi ,lic9ia1 de flatt] la cupidit de la multitude1 et d'entret5ir l'esprit d'audace et de rvolte1 auquel elle comm5oit s'acc\tum]1 ils entrr5t dans la ligue que les ri*es avoi5t =me p\r rsi/] plus efficacem5t aux lois qui les condamnoi5t1 et avoi5t contribu de t\t leur p\voir aff]mir l'empire absolu auquel elle aspiroit4 ,cau1 qui le g\v]nem5t actuel de la rpublique ne f\rnissoit aucune ress\rce propre r5dre sa magi/rature son anci5 lu/re1 et le crdit dont son ambition avoit beso91 imag9a de donn] le droit de b\rgeoisie ,roma9e plusieurs peuples considrables du vois9age de ,rome4 ,ds-lors1 le tribun1 second de ses n\veaux p>tisans1 releva le c\rage du peuple1 m5aa les ri*es des pr9cipales =ces de l',italie1 et fut en tat de les accabl]4 ,il se s]oit r5du aussi puissant que ,sylla et ,cs> le fur5t dans la suite1 si1 in/ruit p> la f9 tragique de son frre1 de ses intrts1 de la situation des ,roma9s1 et de ce qu'il avoit cra9dre de la "p des gr&s1 il et jug que t\t tempram5t ru9]oit une entreprise aussi audacieuse que la si5ne1 et que la =ce seule1 p\voit le faire russir4 ,mais1 soit que les esprits ne lui p>uss5t pas d'abord assez prp>s la gu]re civile1 ou qu'il et plus l'ambition d'un magi/rat que d'un homme de gu]re2 soit qu'il se flattt d'intimid] les ri*es1 p> son alliance avec les ,itali5s1 et de les dom9] sans se c\vrir de l'opprobre de les avoir va9cus p> les armes2 il v\lut procd] dans les =mes usites1 et laissa ses ennemis une ress\rce contre les c\ps qu'il v\loit leur port]4 ,ils se g>dr5t bi5 de lui suscit] un ,octavius qui s'oppost la publication de ses rglem5s4 ,au contraire1 ds que ,cau proposoit une loi favorable la multitude ou aux trang]s1 ,livius ,drusus1 son collgue1 se faisoit une rgle d'en*rir sur ses dem&es1 et de publi] en mme temps qu'il n'toit que l'organe du snat4 ,dupe de cette politique1 la populace ne savoit qui elle devoit s'atta*]1 et elle ne put agir1 p>ce qu'elle avoit trop de protecteurs4 ,cau1 dont la considration dim9uoit proportion que celle de son rival augm5toit1 se vit rduit fran*ir t\tes les bornes4 ,il se proposoit de port] dans son troisime tribunat1 des lois1 qui1 en ru9ant entirem5t le snat et les ri*es1 devoi5t lui r5dre t\te la confiance du peuple et confondre ,drusus2 mais on pntra ses int5tions2 ses collgues supprimr5t une p>tie des bullet9s qui le cont9uoi5t dans sa magi/rature1 et ds-lors1 sa p]te fut jure4 ,quoique sans c>actre1 ,cau cont9ua le rle dang]eux de protecteur du peuple2 et ce ne fut plus qu'un p]turbateur du repos public qu'il toit ais d'accabl]4 ,p\r se s\t5ir1 il appela1 mais trop t>d1 les ,itali5s son sec\rs4 ,on prit les armes1 et la dfaite de son p>ti auroit assur1 p\r t\j\rs1 le triomphe des ri*es1 si les excs auxquels on v5oit de se port]1 n'avoi5t dvoil t\te la foiblesse de la rpublique1 et fait connotre que ce n'toit plus p> les lois1 mais p> la =ce que t\t devoit s'y dcid]4 ,avant le tribunat de ,cau1 le peuple murmuroit contre l'inju/ice des citoy5s qui avoi5t envahi les ri*esses de l'tat2 mais ses pla9tes toi5t t\j\rs tempres p> les s5tim5s pusillanimes que lui inspiroit sa pauvret4 ,il avoit1 malgr lui1 de la dfr5ce p\r les ri*es1 et peu--peu il se s]oit acc\tum les respect]1 et croire que t\s les avantages de la socit doiv5t tre faits p\r eux4 ,depuis les d]ni]s tr\bles1 il ne reg>doit plus les gr&s que comme des voleurs publics dont la =tune toit leve sur ses ru9es4 ,autrefois il auroit t t\* du dcret que porta le snat1 et p> lequel il toit ordonn qu'on n'inquit]oit plus les propritaires des t]res1 condition qu'ils pai]oi5t une c]ta9e r$evance qui s]oit p>tage entre les plus pauvres citoy5s2 auj\rd'hui il ddaigne les bi5faits1 ne veut ri5 t5ir que de lui-mme2 et ce n'e/ plus de leurs ri*esses seulem5t1 qu'il veut dp\ill] les ri*es1 il songe leur enlev] l'autorit qu'ils ont usurpe4 ,la multitude p>ot indomptable1 p>ce qu'elle espre de retr\v] un ,grac*us dans cette f\le de patrici5s ru9s p> leurs dbau*es1 et qui1 rduits n'avoir que les mmes intrts1 que les plus vils plbens1 ont beso9 comme eux d'une rvolution1 et les invit5t ne pas p]dre l'esprance4 ,cette populace ne cra9t po9t de repr5dre une seconde fois les armes2 elle prsume de ses =ces1 et compte sur le mcont5tem5t et les sec\rs des ,itali5s1 qu'on v5oit de priv] du droit de b\rgeoisie ,roma9e4 ,en effet1 ces peuples toi5t indignes de l'injure qu'ils avoi5t reue2 et leur ress5tim5t1 qui croissoit mesure que les ,roma9s p>oissoi5t plus diviss1 en fom5toit les divisions4 ,les ri*es1 cep5dant1 lo9 d'oppos] la multitude cette union qui fait seule t\te la sret de l'ari/ocratie1 =moi5t mille p>tis diffr5s2 et le snat1 s\s la protection duquel ils g\v]noi5t la rpublique1 n'tant compos que d'hommes amollis p> les dlices1 et occups de leurs affaires dome/iques1 n'osoit avoir une conduite digne de lui et du dang] dont il toit m5ac4 ,t\r t\r1 sage1 emport et imprud5t1 il s5toit *app] de ses ma9s un p\voir dont il ne savoit pas faire usage1 et le peuple s'en saisissoit sans avoir l'art de le ret5ir4 ,il se fait donc de l'un l'autre un flux et reflux p]ptuels de tyrannie et de s]vitude2 et cette confusion subsi/]a jusqu' ce que quelque citoy51 s\s prtexte de df5dre et de v5g] le snat ou le peuple#bi1 s'emp>e de cette puissance qui e/ comme susp5due entre eux1 et que ni l'un ni l'autre ne peut cons]v]4 #bi ,alii sicuti jura populi def5d]5t1 p>s quo s5atus auctoritas maxima =et1 bonum publicum simulantes1 pro su quisque pot5ti c]tabant4 7,sal4 9 ,bel4 ,cat47 ,c'e/ dans ces circon/ances que ,m>ius comm5a se r5dre illu/re4 ,quoique d'une naissance obscure1 il portoit dans le cur une ambition qui ne devoit pas tre satisfaite p> sept consulats4 ,il s'toit fait soldat2 et passant successivem5t p> t\s les grades de la milice1 il en avoit rempli les fonctions avec la supriorit d'un homme n p\r tre le plus gr& capita9e de la rpublique4 ,ennemi de t\t plaisir p> une sorte de frocit qui le r5doit encore plus dur p\r lui-mme que p\r les autres2 infatigable dans le travail1 dilig5t1 actif1 p>ce que le repos lui p>oissoit insupportable2 son c\rage1 quoique extrme1 toit la qualit qu'on rem>quoit le mo9s4 ,la rputation de ,m>ius passa des armes ,rome1 et le peuple fut d'autant plus flatt de la gloire qu'acquroit un citoy5 de son ordre1 qu'pr\vant dans la =tune une vicissitude cont9uelle1 il avoit beso9 d'un *ef qui pt le protg]4 ,ce capita9e dte/oit les gr&s1 comme autant de comptiteurs dont le crdit et les intrigues devoi5t lui f]m] l'entre des magi/ratures qu'il mritoit mieux qu'eux4 ,ils mpris5t1 disoit-il1 ma naissance et ma =tune1 et moi je mprise leurs p]sonnes4 ,l'emportem5t de ,m>ius le s]vit utilem5t2 le peuple l'leva au tribunat2 et il ne cessa de dclam] contre l'avidit et l'orgueil des ri*es avec cette loqu5ce grossire1 mais p]suasive1 que donn5t les seules passions4 ,si la rpublique ne fut pas ds-lors opprime1 ce n'e/ pas qu'elle et en elle-mme quelque pr9cipe capable de la cons]v] contre les attaques d'un tyran qui auroit jo9t les tal5s militaires de ,m>ius la politique des ,gracques2 mais ,m>ius n'avoit pas cette sorte d'ambition qui fait aspir] la tyrannie4 ,il toit ambitieux en citoy52 il v\loit que la rpublique subsi/t1 qu'elle ft bi5 s]vie1 et qu'elle triompht de ses ennemis2 mais il v\loit que t\te la gloire lui en ft due1 et il n'auroit pas p]mis un autre de la s]vir aussi bi5 que lui4 ,avec ces vues1 il n'entreprit po9t de rtablir les lois des ,gracques2 il lui toit inutile d'excit] des tr\bles qui1 ne laissant aucune voie de conciliation entre les p>tis opposs1 euss5t oblig le peuple et les ,itali5s lui dfr] la puissance s\v]a9e2 il se borna s]vir assez bi5 la multitude p\r se concili] sa faveur et tre sr de ses suffrages qu& il aspir]oit aux plus hautes magi/ratures4 ,m>ius fut fait consul1 et on lui donna en mme temps le comm&em5t de l'arme de ,numidie4 ,aprs avoir pacifi l',afrique1 il fut cr consul une seconde fois1 et *>g de s'oppos] l'irruption des ,cimbres et des ,teutons4 ,m>ius s'toit acc\tum au comm&em5t2 et ses triomphes1 ne s]vant qu' le r5dre plus avide de gloire1 il eut t\j\rs beso9 du peuple2 et p\r cons]v] son affection1 il fut la tte du snat plus tribun que consul4 ,on doit me p>donn] les dtails dans lesquels je vais entr]4 ,avant que les ,roma9s fuss5t corrompus1 c'toit dans les pr9cipes mmes de leur g\v]nem5t qu'il falloit *]*] les causes de leurs rvolutions4 ,dsormais que ,rome e/ m5ace de sa ru9e p> mille cts diffr5s1 que ses citoy5s sont plus =ts que les lois1 et qu'au lieu d'imprim] son c>actre aux vnem5s1 elle reoit l'empre9te de celui des hommes qui la g\v]n5t1 c'e/ dans les passions de ces hommes1 et dans les circon/ances o ils se sont tr\vs1 qu'on doit tudi] les ressorts qui font m\voir la rpublique4 ,les gr&s1 qui le c>actre f>\*e et inquiet de ,m>ius toit insupportable1 s'atta*r5t ridiculem5t plutt le mortifi] qu' ru9] son p>ti2 et p\r l'attaqu] p> l'endroit le plus s5sible1 ils attribur5t ,sylla t\t le succs de la gu]re de ,numidie4 ,c'toit lui1 en effet1 qui1 n'tant encore que que/eur de l'arme que comm&oit ,m>ius1 avoit engag ,boc*us livr] ,jugur?a aux ,roma9s4 ,le peuple se crut (f5s de l'injure qu'on faisoit son protecteur2 et p\r le v5g]1 il publia que1 sans lui1 les armes ,roma9es n'auroi5t eu que des rev]s en ,afrique4 ,cette dispute frivole1 mais propre faire connotre combi5 les ,roma9s toi5t diffr5s de leurs anctres1 dev9t l'affaire la plus importante de la rpublique2 il n'e/ "q que de la gloire et des s]vices de ,m>ius et de ,sylla2 et ces deux hommes1 a*>ns se p]dre l'un l'autre1 se tr\v5t p>-l les matres de ,rome4 ,sylla toit recomm&able p> une naissance illu/re1 et avec des tal5s p\r la gu]re1 peut-tre gaux ceux de ,m>ius1 il toit d'un c>actre t\t oppos4 ,sans tre amolli p> les plaisirs auxquels il s'toit ab&onn dans sa premire jeunesse1 il n'avoit rapport de leur comm]ce que ces grces qui s'associ5t r>em5t au gr& mrite1 et p\r lesquelles ,m>ius avoit un mpris#cj qui l'loigna d'abord de ,sylla4 ,l'un transportoit son gnie p>-t\t1 et n'avoit qu'une manire de conduire ses intrts4 ,l'autre1 d\ d'une s\plesse naturelle qui le r5doit propre pass] sans ef=t d'un c>actre1 ou plutt d'un p]sonnage l'autre1 pr5oit l'esprit des conjonctures o il se tr\voit1 et il sembloit qu'elles ne dveloppass5t que successivem5t ses passions4 ,m>ius n'avoit d'amis que p> intrt1 et il les ab&onnoit sans pudeur1 et sans avoir su les =c] adroitem5t mrit] leur disgrace4 ,sylla1 au contraire1 se piquoit env]s les si5s d'une fidlit inviolable4 ,m>ius eut les vices que les *efs de factions se p]mett5t quelquefois2 il fut jal\x1 envieux1 +rat1 p]fide1 cruel2 mais ces vices naissoi5t du fond de son cur2 au lieu de p>tir1 comme dans ,sylla1 de l'esprit seulem5t1 et suivant le beso9 des circon/ances1 ils fir5t la p]te de l'un1 et tablir5t la =tune de l'autre4 #cj ,c4 ,m>ium consulem mole/e tulisse traditur1 quod sibi asp]imum 9 ,africa bellum g]5ti1 tam delicatus qu/or sorte obv5isset4 7,sal4 9 ,bel4 ,jug47 ,t&is que ,m>ius cont9uoit dcri] grossirem5t les gr&s1 ,sylla ne songea po9t les df5dre aux dp5s du peuple2 sa conduite fut plus habile4 ,etant le seul homme de la rpublique qu'ils puss5t oppos] ,m>ius1 il jugea inutile de leur faire sa c\r4 ,s5tant mme que son ennemi pr(it]oit de son dv\em5t au snat1 p\r accrotre sa faveur auprs du peuple1 il re*]*a lui-mme l'amiti de la multitude4 ,il lui prodigua ses ri*esses1 flatta ses gts1 sembla favoris] ses prt5tions1 et fut1 en un mot1 le c\rtisan des citoy5s dont il devoit tre bi5tt le tyran4 ,p> cette politique adroite1 ,sylla1 t\j\rs sr de l'affection des gr&s1 grossissoit le nombre de ses cratures des p>tisans qu'il dbau*oit ,m>ius1 et se mettoit en tat d'cras] son ennemi1 en runissant t\s les esprits en sa faveur4 ,sur ces entrefaites1 ,boc*us consacra ,jupit] ,capitol9 une /atue de la victoire1 et quelques tableaux qui reprs5toi5t la manire dont il avoit remis ,jugur?a entre les ma9s de ,sylla4 ,m>ius1 dj indign que son ennemi et fait grav] cet vnem5t sur une pi]re1 qui lui s]voit de ca*et1 v\lut faire enlev] ces monum5s du capitole4 ,sylla s'y opposa2 et cette conte/ation purile1 tant l'esprit de p>ti e/ propre rabaiss] les hommes1 auroit allum la gu]re civile1 si les peuples d',italie1 qui croyoi5t cette conjoncture favorable leur ambition et leur v5geance1 n'euss5t pris1 de conc]t1 les armes p\r se faire r5dre le droit de b\rgeoisie ,roma9e dont on les avoit privs4 ,cette affaire fit div]sion aux qu]elles de ,m>ius et de ,sylla1 p>ce que ni l'un ni l'autre n'osa encore p>otre plus occup de ses intrts p]sonnels que de ceux de la rpublique4 ,sylla1 qui donna dans la gu]re sociale les preuves les plus compltes de sa capacit et de son bonheur1 fut lev au consulat1 et *>g de comm&] l'arme de/9e contre ,mi?ridate4 ,a ce c\p imprvu1 ,m>ius croit n'tre plus qu'un soldat4 ,il se ligue avec un tribun du peuple1 nomm ,p4 ,sulpitius1 homme sans honneur1 h>di1 viol5t1 mais habile1 et ils complot5t ensemble d'enlev] ,sylla le comm&em5t qu'on v5oit de lui dc]n]4 ,le succs d'une p>eille entreprise ne p\voit tre que l'ouvrage de la viol5ce1 et il falloit ncessairem5t tr\bl] la rpublique1 af9 que1 s\s prtexte d'y rtablir ensuite l'ordre1 ,m>ius et son complice fiss5t de n\veaux arrangem5s et disposass5t leur gr des emplois4 ,heureusem5t p\r eux les mmes causes qui avoi5t arm les ,roma9s les uns contre les autres s\s les ,gracques1 subsi/oi5t encore2 et sans p>l] de la loi ,lic9ia ni du p>tage des t]res1 sujets t]nels de discorde1 on p\voit t\j\rs compt] sur les ,itali5s1 qui on v5oit d'accord] le titre de citoy5s ,roma9s1 mais non pas de la manire qu'ils le dsiroi5t4 ,les articles de la paix portoi5t qu'on f]oit huit n\velles tribus de ces n\veaux citoy5s2 c'toit ne leur accord] qu'un honneur inutile1 puisque les ,roma9s1 qui composoi5t tr5te-c9q tribus1 re/oi5t absolum5t les matres du g\v]nem5t#ca4 ,les peuples d',italie dem&oi5t donc tre di/ribus dans les anci5nes tribus2 mais comme leur nombre y auroit t beauc\p plus considrable que celui des ,roma9s naturels1 et qu'a9si ils auroi5t eu la pr9cipale influ5ce dans les affaires1 et se s]oi5t mme emp>s de t\te l'autorit1 les ,roma9s ne p\voi5t se prt] leurs vux2 et plutt que de cons5tir dev5ir les sujets des peuples qu'ils avoi5t va9cus1 ils auroi5t prfr de les subjugu] une seconde fois4 #ca ,p\r ent5dre ceci1 il faut se rappel] ce que j'ai dit dans mon premi] livre1 que dans les assembles du *amp de ,m>s et de la place publique1 *aque tribu =moit un suffrage1 et que c'toit la pluralit des suffrages que t\t se dcidoit4 ,c'e/ sur cette contr>it d'intrts1 qui1 n'tant susceptible d'aucun accommodem5t1 devoit se dcid] p> la =ce1 que ,sulpitius fonda ses esprances4 ,il publie qu'il doit propos] la loi que dsiroi5t les allis2 il les invite se r5dre ,rome1 p\r favoris] sa proposition1 et leur ordonne de se r5dre arms dans la place2 et au premi] murmure qu'excit]a la loi1 de fondre sur les mcont5s4 ,la rpublique ne s'toit po9t encore tr\ve dans une si mon/rueuse confusion4 ,les ,roma9s n'osoi5t p>otre1 et les allis croyoi5t aff]mir leurs droits en se portant aux plus gr&s excs4 ,au milieu de ce tumulte1 ,sulpitius oublia la f9 p\r laquelle il l'avoit fait natre4 ,le po9t dcisif1 c'toit de se saisir de la p]sonne de ,sylla2 il le laissa s'*app]1 et ce gnral alla se mettre la tte de l'arme qu'il avoit =me1 et qui toit prte s'emb>qu]1 t&is que le tribun abusoit en tyran d'une victoire qu'il n'avoit pas encore remporte4 ,sulpitius1 aprs avoir rtabli quelqu'app>5ce de calme dans la rpublique1 fit enf9 donn] ,m>ius la commission de port] la gu]re contre ,mi?ridate2 mais la joie de ce gnral fut c\rte4 ,il apprit en frmissant de colre1 que les (fici]s qu'il avoit envoys l'arme p\r y pr5dre en son nom le comm&em5t1 avoi5t t massacrs p> les soldats de ,sylla4 ,il s'en v5ge sur les p>5s et les cratures de son ennemi2 c'toit comm5c] la gu]re civile en soldat1 et non en politique4 ,m>ius devoit-il s'att5dre que ,sylla1 la tte d'une arme1 laiss]oit gorg] t\s ses amis8 ,cont5t de se v5g] sans song] se df5dre1 il ne voit po9t l'abme auquel il t\*e1 et il ne lui re/e d'autre ress\rce que la fuite1 qu& son ennemi se prs5te aux portes de ,rome4 ,sylla s'y comporta avec t\te la hauteur d'un s\v]a9 qui *tie une ville rvolte4 ,il proscrit ,m>ius1 ,sulpitius et leurs p>tisans1 les dcl>e ennemis de la patrie1 et met leur tte prix2 il casse la loi qui incorporoit les allis dans les anci5nes tribus2 et p\r t] au peuple un p\voir dont il n'toit plus digne1 il avilit les tribuns1 en leur int]disant l'entre de t\te autre magi/rature1 leur df5d de ri5 propos] dans la place publique sans l'aveu du snat1 et ordonne que les lections ne se fass5t dsormais que p> c5turies4 ,le despotisme de ,sylla toit un prodige encore trop n\veau aux yeux des ,roma9s1 acc\tums l'an>*ie1 p\r qu'ils ne passass5t pas promptem5t de la surprise l'indignation4 ,le peuple murmuroit en tremblant2 et le snat1 qui s5tit t\te sa foiblesse1 laissa voir qu'il auroit mieux aim cra9dre des tribuns1 que rem]ci] ,sylla des faveurs accablantes qu'il en recevoit4 ,ce gnral eut peur son t\r de la con/]nation qu'il avoit rp&ue2 il craignit qu'on ne s\levt contre lui des soldats citoy5s qui n'toi5t pas encore famili>iss avec les excs de la gu]re civile2 et pr(itant de la l5teur de ses concitoy5s le punir1 il ab&onna ,rome p\r port] la gu]re contre ,mi?ridate4 ,je ne m't5drai pas davantage sur ce morceau de l'hi/oire ,roma9e4 ,ce que j'ai dit dveloppe assez la situation de la rpublique4 ,t\t le monde sait qu'aprs le d"p de ,sylla1 elle fut g\v]ne p> le consul ,cornelius ,c9na1 homme qui avoit t\tes les passions qui font aspir] la tyrannie1 et aucun des tal5s qui peuv5t y conduire4 ,je ne sais s'il e/ une passion plus avilissante que l'ambition1 qu& elle n'e/ s\t5ue ni p> un gr& gnie1 ni p> l'am\r de la gloire4 ,c9na bau*oit p> t\rd]ie des entreprises dont le poids l'accabloit2 ce n'toit1 p\r le dire en un mot1 qu'un intrigant de/91 malgr sa qualit de consul1 n'avoir jamais dans un p>ti qu'une place subalt]ne4 ,ayant vu que ,m>ius et ,sylla s'toi5t r5dus les matres de la rpublique la faveur des tr\bles1 il crut qu'il ne falloit qu'en excit] de n\veaux p\r j\ir de la mme autorit4 ,mais pe9e se faisoit-il cra9dre1 qu'il fut oblig de sortir de ,rome p\r mettre ses j\rs c\v]t1 et de confi] le so9 de sa v5geance ,m>ius1 qui s'emp>a une seconde fois du g\v]nem5t de la rpublique1 et dont le p>ti fut enf9 ext]m9 p> ,sylla son ret\r d',asie4 ,ri5 n'e/ plus affreux que le tableau que comm5ce prs5t] l'hi/oire ,roma9e1 et l'on se s5t encore frissonn] d'horreur au dtail des proscriptions abom9ables de ,sylla#cb4 #cb ,id quoque accessit ut sviti causam av>itia prb]et1 et modus culp ex pecuni modo con/itu]etur1 et qui locuples fuisset1 fi]et noc5s1 suique quisque p]iculi m]ces =et4 7,vell4 ,pat4 ,l4 #b47 ,namque uti quisque domum aut villam1 po/rem aut vas1 aut ve/im5tum alicujus concupiv]at1 dabat op]am ut is 9 proscriptorum num]o esset1 neque pris f9is jugul&i fuit1 qum ,sylla omnes suos divitiis implevit4 7,sal4 9 ,bel4 ,cat47 ,ce fut l'an de ,rome #fga que ,sylla fut fait dictateur p]ptuel1 c9quante ans aprs la mort de ,tibrius ,grac*us1 et qu>ante aprs celle de ,cau4 ,ce capita9e1 aprs avoir ex]c la v5geance la plus cruelle sur ses gaux1 eut l'audace d'abdiqu] la puissance s\v]a9e dont il avoit j\i s\s le titre de dictateur p]ptuel4 ,ce d]ni] trait de la vie de ,sylla pr\ve1 si je ne me trompe1 qu'avec une ambition mdiocre1 il fit la plus haute =tune o un homme puisse aspir]4 ,si la soif de dom9] l'et r5du le matre du monde1 cette passion1 qui auroit t extrme1 n'et pu tre satisfaite p> aucune gr&eur huma9e4 ,plus on *]*e pntr] le c>actre de ,sylla1 plus on e/ port croire que s'il et t libre de se livr] son p5*ant naturel1 il n'auroit re*]*1 comme ,lucullus1 acqurir de la gloire1 que p\r r5dre respectable ses concitoy5s l'oisivet d'une vie voluptueuse4 ,ce fut la ha9e de ,m>ius qui dcida du sort de ,sylla4 ,mo9s d'emportem5t dans le premi]1 p\r se faire donn] le comm&em5t de la gu]re contre ,mi?ridate1 et laiss au second t\te la gloire d'tre un bon citoy54 ,p\r se v5g] des cruauts de son ennemi1 il les surpasse2 et ne tr\vant plus de sret que dans l'autorit suprme1 il s'en saisit2 c'e/ un port o il se rfugie p\r *app] l'orage1 et il ne l'ab&onne que qu& il croit le calme rtabli4 ,la dictature p]ptuelle de ,sylla =me une poque rem>quable *ez les ,roma9s4 ,s\v5t ce qui e/ capable d'arrt] le plus gr& c\rage1 p>ot facile des hommes mdiocres1 aprs que l'exemple les a in/ruits et enh>dis4 ,c'e/1 p\sss malgr eux p> les vnem5s1 sans avoir d'objet dt]m9 et sans savoir mme o ils arriv]oi5t1 que ,m>ius et ,sylla se fir5t la gu]re1 et se tr\vr5t revtus de la puissance publique4 ,mais t\s les ,roma9s v\dront dsormais m>*] sur leurs traces4 ,la =tune de ,sylla donna une va/e ambition t\s les ambitieux qui le suivir5t1 et qui se s]oi5t aup>avant cont5ts de la prture ou du consulat4 ,de n\veaux ,c9na aspir]ont la dictature p]ptuelle1 et les consuls ,lutatius ,catulus et ,m4 ,emilius ,lepidus auroi5t t des tyrans despotiques1 si l'un ou l'autre et eu quelqu'un des tal5s de ,m>ius ou de ,sylla4 ,on peut dj appliqu] ce temps ce que ,cicron dit de celui qui suivit la mort de ,cs>3 ,n\s pr\vons#cc1 crit-il ,atticus1 ce qui n'e/ jamais arriv aucun autre peuple2 la lib]t n\s e/ r5due1 et la rpublique e/ cep5dant dtruite2 l'esprit de tyrannie survit le tyran4 #cc ,doleo1 quod nunquam 9 ull civitate accidit1 non un cum lib]tate rempublicam recup]atam444 ,o dii boni6 vivit tyrannis1 tyrnnus occidit4 7,l4 #ad4 ,epi/4 #d4 et #i47 ,qu& l'exemple fune/e que donna ,sylla n'auroit po9t t contagieux1 les vices avec lesquels les ,roma9s s'toi5t famili>iss1 p5dant le c\rs des proscriptions1 leur auroi5t bi5tt donn un n\veau matre4 ,les magi/rats ne reg>doi5t leur magi/rature1 qu'ils avoi5t a*ete1 que comme l'in/rum5t de leur =tune dome/ique4 ,les c5seurs n'osoi5t ex]c] leur m9i/re#cd2 les lois se taisoi5t1 et ri5 ne se dcidoit que p> les passions de quelques femmes d%onores4 ,t\t le monde connot ,claudia1 cette clbre intrigante1 que ses dbau*es auroi5t r5due infme dans un sicle mo9s corrompu1 et qui tr\va cep5dant le secret de v5dre ses faveurs1 et de gagn] p> leur sec\rs1 des amis son frre1 avec qui elle toit accuse d'avoir un comm]ce ince/ueux4 ,l'hi/oire n'a po9t ddaign de cons]v] les noms d'une ,prcia et de mille autres c\rtisannes qui g\v]noi5t imprieusem5t la rpublique p> leurs amans4 ,les citoy5s les mo9s dang]eux1 toi5t ceux qui1 occups de leurs seuls plaisirs1 sans song] que leur =tune toit atta*e celle de l'tat1 croyoi5t1 selon l'expression de ,cicron#ce1 tre des demi-dieux1 si les poissons qu'ils n\rrissoi5t gr&s frais dans leurs vivi]s1 toi5t assez apprivoiss p\r leur v5ir en quelque sorte mang] dans la ma94 ,le re/e toit des hommes1 abms de dettes et de dbau*es1 et qui1 reg>dant ,rome comme une ville ab&onne au pillage1 enh>dir5t ,catil9a =m] sa conjuration1 ou fur5t ses complices4 ,caton seul avoit de l'honneur2 mais se conduisant en citoy5 de la rpublique de ,platon#cf p>mi des brig&s1 sa v]tu ne lui f\rnissoit que des ress\rces impuissantes1 et contr>ioit mme ses bonnes int5tions4 ,le peuple1 impati5t de rec\vr] son autorit1 p\r en faire un trafic sc&aleux1 ne p\voit s'acc\tum] l'ari/ocratie de ,sylla4 ,depuis que ce dictateur1 son ret\r d',asie1 avoit di/ribu les t]res des citoy5s ses soldats1 il n'y avoit plus d'arme qui ne reg>dt la gu]re civile comme un avantage2 et les lgions n'auroi5t pas s\ff]t qu'on et limit le p\voir des gnraux4 ,aux sec\sses qui branloi5t le g\v]nem5t1 le snat jugea qu'il devoit s'lev] mille n\veaux tyrans2 et cette compagnie1 qui ne s5toit que sa foiblesse1 crut qu'elle devoit se faire un protecteur1 et oppos] un nom considrable aux citoy5s remuans et ambitieux4 #cd ,claudius porta une loi p> laquelle il n'toit p]mis aux c5seurs de retran*] du snat ou de l'ordre des *evali]s1 que les p]sonnes qui s]oi5t accuses devant leur tribunal1 encore ne p\voi5t-ils les jug] et les condamn] que conjo9tem5t4 ,l'an de ,rome #ffg1 les tribuns s'opposr5t l'lection des c5seurs1 et la rpublique fut prive de ces magi/rats jusqu'en #fhc4 #ce ,no/ri autem pr9cipes digito se clum putant att+]e1 si mulli b>bati 9 pisc9is s9t1 qui ad manum acc$ant4 7,ad ,att4 ,epi/4 #a1 l4 #b47 ,ita sunt /ulti ut amiss republic1 pisc9as suas =e salvas sp]>e videantur4 7,epi/4 #ah4 l4 #a47 #cf ,ille 7,cato7 optimo animo ut5s et summ fide1 nocet int]dm reipublic4 ,dicit enim tanquam 9 ,platonis republic1 non tanquam 9 ,romuli fce s5t5tiam4 7,ad ,att4 ,epi/4 #a1 l4 #b47 ,unus e/ qui curet con/anti magis et integritate quam1 ut mihi videtur1 consilio aut +5io1 ,cato4 7,ad ,att4 ,epi/4 #ah1 l4 #a47 ,crassus et ,pompe toi5t alors les deux p]sonnages les plus importans de ,rome4 ,le premi] calculoit le produit des magi/ratures1 et les remplissoit plutt en banqui] qu'en homme d'tat4 ,quelques tal5s qu'il et d'ailleurs1 on s5t que son avance devoit le r5dre aussi incapable de df5dre les intrts du snat1 que d'tre l'auteur d'une rvolution4 ,pompe1 au contraire1 qui ses concitoy5s donnr5t le surnom de gr&1 avoit dj surpris leur admiration4 ,quelques actions1 qui dans sa jeunesse annonoi5t de gr&es qualits1 une physionomie noble1 o l'on prt5doit dml] des traits d',alex&re1 la faveur de ,sylla1 un esprit vif et s\ple1 des manires ins9uantes et fa/ueuses1 quoique populaires1 du c\rage1 beauc\p de libralit1 une att5tion s+ulire tre p>t\t1 mais pr9cipalem5t l'imbcillit du peuple1 dont la ha9e ou l'am\r e/ t\j\rs extrme dans les temps difficiles2 voil ce qui avoit r5du ,pompe l'idole des ,roma9s4 ,il s'toit fait la plus haute rputation la gu]re1 en se prs5tant t\j\rs propos p\r consomm] les entreprises de la rpublique1 et recueillir le fruit des succs que d'autres avoi5t prp>s4 ,les ,roma9s crur5t qu'il avoit ru9 le p>ti de ,s]torius1 quoique ce gr& homme ne le reg>dt que comme un coli]1#cg qu'il v\loit1 disoit-il1 r5voy] ses p>5s bi5 corrig de sa prsomption4 ,aprs la gu]re des pirates1 la reconnoissance du peuple confondit l'importance du s]vice que lui avoit r5du ,pompe avec sa capacit1 il jugea#ch de la difficult de la gu]re que ce gnral avoit t]m9e1 p> l't5due du p\voir qu'il lui avoit accord4 ,tygranes toit va9cu1 ses tats toi5t ouv]ts aux armes ,roma9es1 ,mi?ridate n'avoit plus de ress\rces2 et ,pompe1 drobant ,lucullus la gloire qu'il alloit acqurir1 prolonge la gu]re p> des fautes4 ,il oublie ,mi?ridate1 p\r s'arrt] *ez de petits rois qui implor5t sa protection2 et sa vanit1 satisfaite de leurs respects1 s'occupe gravem5t 7qu'on me p]mette cette expression7 de leurs tracass]ies1 lorsqu'il falloit p\rsuivre ,mi?ridate4 ,il ne t]m9e enf9 cette gu]re que qu& son ennemi1 trahi p> sa famille1 se donne la mort p> dsespoir4 ,l'app>eil extraord9aire du triomphe de ,pompe 7c> jamais on n'avoit tant vu de dp\illes ni de captifs7 ca*a ses fautes aux yeux des ,roma9s2 et comme on dc]na dix j\rs d'actions de graces publiques1 le d\ble de ce qu'on avoit pratiqu jusqu'alors1 le peuple crut que ,pompe surpassoit du d\ble t\s les gnraux prcd5s4 #cg ,voyez dans ,plut>que les dtails de la gu]re que ,pompe fit en ,espagne2 et comm5t ,s]torius prit p> la trahison des si5s4 #ch ,les pirates causoi5t de gr&s maux aux ,roma9s2 mais ri5 n'toit plus ais que d'ext]m9] ces brig&s4 ,voyez dans les hi/ori5s quelle va/e puissance on donna ,pompe4 ,il fut aussi mauvais citoy5 qu'il le p\voit tre1 mais non pas aussi mauvais que le p]mettoit la situation malheureuse de la rpublique4 ,on lui sut gr1 aprs ce qu'on avoit pr\v de la "p des autres gnraux1 de ce qu'il lic5cia ses soldats en entrant en ,italie1 et ne v9t po9t ,rome p\r y dom9] p> la =ce4 ,p>ce qu'il ne fut ni un ,sylla1 ni un ,m>ius1 quoiqu'il et des int5tions plus crim9elles1 on l'rigea en pre de la patrie4 ,il s\haitoit la dictature1 mais il n'osoit l'usurp]4 ,sa l5te ambition1 ou plutt sa vanit1 se repaissoit de l'esprance d'y p>v5ir un j\r1 et ne laissoit cra9dre aucune viol5ce1 p\rvu qu'on lui p]mt1 en att5dant1 d'tre le premi] citoy5 de la rpublique4 ,soit que ,pompe1 enh>di p> tant de faveur1 ddaignt l'empire que lui avoit donn le snat1 et ne v\lt t5ir son autorit que de lui-mme2 soit qu'il craignt qu'une trop gr&e tranquillit n'altrt son crdit1 ou qu'il crt que les anci5nes diss5tions des ,roma9s le r5droi5t plus ncessaire1 il cassa les lois de ,sylla2 et en r5dant aux tribuns leur premire dignit1 invita le peuple repr5dre son orgueil1 son indocilit et son ambition4 ,cette conduite1 si blme p> ,cicron1 et en effet1 si contraire aux intrts actuels des ,roma9s1 toit sage dans les pr9cipes de son auteur4 ,va9 et prsomptueux1 il devoit se flatt] d'ass]vir les deux ordres de l'tat l'un p> l'autre1 ds que leurs anci5nes qu]elles recomm5c]oi5t1 de balanc] leurs avantages1 et d'en tre l'arbitre4 ,quelques hi/ori5s l'ont mme s\ponn d'avoir eu des vues plus crim9elles2 ils ont cru qu'il avoit v\lu excit] des tr\bles p\r faire s5tir aux ,roma9s les inconvni5s de leur lib]t2 et en les lassant de leur condition1 les =c] lui (frir la dictature p]ptuelle4 ,quoi qu'il en soit1 si ,pompe avoit eu autant de gnie que de prsomption1 il auroit eu le succs dont il se flattoit2 mais lo9 d'tre l'ame des m\vem5s de la place publique1 il ne sut pas mme en prvoir le c\rs4 ,t\j\rs emb>rass au milieu des dbats du snat et du peuple1 il n'en impose aucun p>ti2 t&is que ,cs>1 qui travaille s\rdem5t dom9]1 pr(ite seul de sa politique4 ,sylla avoit dc\v]t en ,cs> plusieurs ,m>ius4 ,a pe9e toit-il connu ,rome1 qu'il l'avoit dj remplie de ses intrigues4 ,il t5oit p> des liaisons secrtes t\s les p>tis1 multiplioit les vices des ,roma9s3 jusqu' ses foiblesses1 avoit l'art de se r5dre t\t utile1 et dirigeoit les complots dont pe9e il p>oissoit le complice4 ,c'e/ un objet digne d'occup] un philosophe1 que de dml]1 trav]s l'obscurit dont ,cs> s'enveloppe1 et les moy5s bas auxquels il a rec\rs p\r s'lev] la dictature1 ce c\rage hroque et cette lvation d'ame qui ne p>ur5t que qu& il y p>v9t4 ,il eut ds sa jeunesse la mme audace1 la mme ambition et la mme ardeur de se signal] et de dom9] qu',alex&re2 mais dans le pr9ce1 ces passions sont libres1 et elles sont captives dans le citoy54 ,o l'un comm&e1 il faut que l'autre ins9ue4 ,le premi] doit se montr] t\t enti] aux ,macdoni5s1 p\r les r5dre dignes d'excut] ses projets2 le second doit respect] les prjugs de ses concitoy5s1 mnag] leurs vices1 et les rassur] contre son mrite et ses tal5s1 p\r les prp>] lui obir4 ,quelqu'habile que ft ,cs>1 il s5tit combi5 il auroit de pe9e1 dans une rpublique o les affaires *angeoi5t *aque j\r de face1 =m] un p>ti qui pt contre-balanc] ceux de ,pompe et de ,crassus4 ,il jugea1 et c'e/ le *ef-d'uvre de sa politique1 qu'il falloit runir ces deux hommes1 et qu'en qualit de mdiateur1 il lui s]oit ais de pr(it] de leurs anci5s s\pons de dbau*] leurs amis1 et de se r5dre1 en un mot1 le matre de la ligue1 ds qu'il s]viroit de po9t de runion ses *efs4 ,crassus se prta aux ouv]tures de ,cs>1 avec t\t l'empressem5t d'un homme1 qui1 n'ayant encore j\ qu'un second rle1 se tr\ve associ au premi]4 ,pompe devoit voir qu'il n'y avoit qu' p]dre p\r lui dans cette association2 de suprieur qu'il toit ,crassus et ,cs>1 il se r5doit leur gal2 mais sa prsomption ord9aire et sa timidit ne lui reprs5tr5t ces deux collgues que comme deux in/rum5s ou deux appuis de sa =tune4 ,le triumvirat fut =m1 ,crassus1 ,pompe et ,cs> s'obligr5t n'avoir qu'un mme intrt1 ne =m] que les mmes entreprises1 et se s\t5ir mutuellem5t de t\t leur crdit4 ,ds-lors t\te la puissance du snat et du peuple passa dans les ma9s des triumvirs2 et le g\v]nem5t1 tantt ari/ocratique1 tantt populaire1 ou plutt l'an>*ie fut *ange en une vraie olig>*ie4 ,pompe s'ap]ut enf9 du pige dans lequel il toit tomb#ci4 ,il v\lut rompre avec ,cs>1 dont le p\voir lui faisoit ombrage2 mais il n'en toit plus temps3 et en se dgageant du triumvirat1 il n'et occup dans la rpublique qu'une place subalt]ne4 ,le gr& ,pompe n'e/ plus que l'in/rum5t de la =tune de ,cs>4 ,il e/ cont5t de remu] sans agir2 il cabale1 il intrigue1 mais sans succs4 ,bi5tt il j\it avec une espce de /upidit de la puissance qu'il ne peut ret5ir4 ,il cra9t de s'en ap]cevoir2 et l'on diroit que sa vanit1 v5ant au sec\rs de son ambition al>me1 lui p]suade qu'il a fait la =tune de ,cs>1 p>ce que ,cs> a ru9 la si5ne4 #ci ,nihil prt]misi1 quantum fac]e nitique potui1 qu9 ,pompeium ,cs>is conjunctione avoc>em1 9 quo ,cs> felicior fuit3 ipse enim ,pompeium me famili>itate disjunxit444 ,illud te scire volo1 ,sampsic]anum no/rum amicum1 vehem5t] /atus sui pnit]e1 re/ituique 9 eum locum cup]e ex quo decidit4 7,ad ,att4 ,epi/4 #bc4 l4 #b47 ,ce d]ni] s'toit r5du trop puissant dans son g\v]nem5t des ,gaules1 p\r que la rpublique pt lui donn] un successeur1 ou rejet] impunm5t ses dem&es1 quelque contraires qu'elles fuss5t aux usages les plus respects4 ,les amis de ,crassus1 qui avoit pri dans son expdition contre les ,p>!s1 lui toi5t troitem5t atta*s4 ,il avoit fait pass] ,rome des sommes imm5ses1 avec lesquelles ses p>tisans corrompoi5t les magi/rats ou a*etoi5t les magi/ratures2 son arme lui toit aveuglm5t dv\e2 il remuoit son gr t\s ces citoy5s1 dont la =tune toit sans ress\rce1 si la rpublique n'toit pas ru9e2 t\te sa conduite1 en un mot1 dvoiloit ses projets ambitieux4 ,plus on craignit de voir usurp] p> ,cs> la puissance s\v]a9e1 plus le p>ti de ,pompe1 qui s'toit enf9 dcl> son ennemi1 p>ut se rtablir et pr5dre de n\velles =ces4 ,il dev9t mme le p>ti de la rpublique2 c> les citoy5s qui v\loi5t se s\/raire la tyrannie1 n'tant pas en tat de se df5dre p> eux-mmes1 se tr\vr5t contra9ts de s'unir ,pompe1 comme au protecteur des lois1 ou du mo9s comme l'ennemi le mo9s dcl> et le mo9s dang]eux du bi5 public4 ,ce gnral1 enivr d'un accroissem5t de crdit qui ne devoit que lui faire s5tir combi5 il toit d*u1 crut1 au contraire1 qu'il ne t5oit enf9 qu' lui de p]dre son rival1 et d'ass]vir ensuite ses concitoy5s#dj1 en s'emp>ant de la dictature p]ptuelle qu'ils diffroi5t trop de lui donn]4 ,ple9 de ces ides1 il ne dsiroit pas la gu]re avec mo9s de passion que ,cs>1 dont la =tune ne p\voit plus crotre ni se s\t5ir p> les mmes moy5s qui l'avoi5t =me4 ,l'un et l'autre sont p]suads que les armes doiv5t les dp\ill] de t\te leur gr&eur1 ou les r5dre les matres absolus de ,rome3 et si la rpublique e/ encore tranquille1 c'e/ qu'aucun d'eux ne veut pass] p\r l'auteur de la rupture4 #dj ,tanta erat 9 illis crudelitas1 tanta cum b>b>is conjunctio1 ut non nom9atim1 s$ g5]atim proscriptio esset in=mata2 ut jam omnium judicio con/itutum esset1 omnium ve/rum bona prdam esse illius victori4 7,ad ,att4 ,epi/4 #f4 l4 #aa47 ,pompe1 voyant qu'il s'toit tromp qu& il avoit espr que les ,roma9s lui dfr]oi5t la dictature p]ptuelle1 toit rsolu ne plus ri5 mnag]4 ,s'il et va9cu ,cs>1 il et t un tyran4 ,cs> dem&a dans ces circon/ances qu'on lui cons]vt son g\v]nem5t1 ou qu'il lui ft p]mis de se mettre sur les rangs p\r le consulat1 sans se r5dre ,rome1 ni ab&onn] le comm&em5t de son arme1 *ose jusqu'alors in\e1 et qu'il ne feignoit de s\hait] qu'af9 qu'on lui f\rnt quelque prtexte de faire la gu]re4 ,c'toit le dess]vir que de cons5tir l'une ou l'autre de ces propositions2 c> le consulat1 s'il l'et obt5u1 ne l'auroit po9t ddommag de ce qu'il et p]du en quittant les ,gaules2 et las de cette prov9ce1 il s'y s]oit cru exil1 ds qu'oblig d'tre tranquille1 il n'en auroit pas reg>d le g\v]nem5t comme un passage la s\v]a9et4 ,en portant le snat t\t refus]1 ,pompe se flatta de rduire son ennemi m5] une vie prive1 ou s'il dsobissoit1 de rejet] sur lui t\t ce que la gu]re civile auroit d'odieux4 ,il se trompoit3 ,cs>1 plus habile1 ne pr5d le p>ti ni d'obir1 ni de dsobir au snat2 il (fre d'ab&onn] les ,gaules et de lic5ci] ses tr\pes1 p\rvu que ,pompe ds>me de son ct et se dmette de son g\v]nem5t d',espagne4 ,cette proposition artificieuse produisit l'effet qu'en att5doit son auteur4 ,les g5s bi5 int5tionns p\r la rpublique la tr\vr5t raisonnable2 et ,pompe1 trop peu clair p\r os] y s\scrire1 fut rduit laiss] voir ses mauvaises int5tions1 et se *>g] du blme de sacrifi] le repos public ses intrts p]sonnels4 ,que ne cons5toit-il t\t8 ,croire que ,cs> p>lt s9crem5t1 c'e/ une /upidit2 il se s]oit srem5t rtract4 ,les esprits s'*auff5t1 les affaires se br\ill5t1 le snat porte un dcret contre ,cs>1 le tribun ,m>c-,anto9e s'y oppose1 la gu]re e/ allume4 ,pompe voit appro*] ,cs> de ,rome sans daign] le cra9dre3 ,qu& je le v\drai1 disoit-il au snat1 qui toit assez sage p\r tre con/]n1 je le r5drai plus petit que je ne l'ai fait gr&4 ,t\j\rs p]suad qu'il g\v]ne la rpublique1 il n'ap]oit pas que ,rome va avoir un matre4 ,la veille mme que son ennemi doit le *ass] d',italie1 il imag9e encore qu'il n'a qu' se montr] p\r que ,cs> soit ab&onn de son arme1 ou que la t]re enfant]a des lgions qu& il la frapp]a avec le pi$4 ,ne tr\vant po9t alors un ennemi plus qu' demi-va9cu1 ,pompe p>ut vritablem5t tel qu'il toit4 ,t&is que ,cs> voit t\t1 prvi5t t\t1 excute avec dilig5ce1 et croit n'avoir ri5 fait tant qu'il lui re/e quelque *ose faire1 ,pompe#da1 dans la cra9te de pr5dre un mauvais p>ti n'en pr5d aucun1 et se laisse emport] p> le c\rs des vnem5s4 ,son arme e/ compose de citoy5s et non de soldats4 ,elle ne songeoit pas au combat1 mais l'emploi des ri*esses que la victoire alloit lui donn]4 ,on s'y disputoit les dp\illes de ,cs>4 ,les uns v\loi5t sa *>ge de gr& pontife1 les autres son g\v]nem5t des ,gaules2 ceux-ci ses j>d9s1 ceux-l sa maison dlicieuse de ,bayes2 et on n'att5doit que la bataille p\r se mettre en possession de t\s les bi5s que possdoi5t les ennemis4 ,l'arme de ,cs> ne v\loit que va9cre2 elle e/ =me de ces lgions qui ont subjugu les ,gaules1 intimid les ,g]ma9s et les ,bretons4 #da ,adhuc c]te1 nisi ego insanio1 /ulte omnia et incaute ,ad ,att4 7,epi/4 #aj4 l4 #g47 ,quid ,pompeius agat1 ne ipsum quidem scire puto2 no/rum quidem nemo4 7,epi/4 #ab4 l4 #g47 ,cnu autem no/]2 rem mis]am et incr$ibilem1 ut totus jacet6 ,non animus e/1 non consilium1 non copi1 non dilig5tia4 7,epi/4 #ba4 l4 #g47 ,malas causas semp] obt9uit1 9 optima concidit1 quid dicam1 nisi illud eum scisse6 ,neque enim erat difficile hoc nescisse2 erat enim ars difficilis recte rempublicam reg]e4 7,epi/4 #bc4 l4 #g47 ,il n'app>ti5t qu' un homme consomm dans le mti] de la gu]re de faire rem>qu] t\te la sagesse des oprations de ,cs>4 ,il n'e/ pas beso9 des mmes connoissances p\r jug] ,pompe2 ses fautes sont grossires2 mais la plus grossire sans d\te1 ce fut1 lorsqu'il devoit re/] sur la df5sive1 de cd] aux pla9tes et aux murmures de ses soldats1 qui l'accusoi5t de timidit et d'irrsolution1 et de les m5] malgr lui au combat4 ,la j\rne de ,ph>sale#db1 en s\mettant la rpublique ,roma9e ,cs>1 le r5dit matre du monde enti]1 qu'elle avoit s\mis sa dom9ation4 ,s\s le titre de dictateur p]ptuel1 ce gnral fut un mon>que absolu1 et les ,roma9s n'eur5t d'autre voie qu'un assass9at p\r le punir de sa tyrannie et se v5g]4 #db ,l'an de ,rome #gjf1 c'e/--dire1 #dea ans aprs la cration des tribuns1 #cah ans aprs le tribunat de ,lic9ius ,/olon1 #ie ans aprs le meurtre de ,tibrius ,grac*us1 #ce ans aprs que ,sylla eut t fait dictateur p]ptuel4 ,cicron se pla9t amrem5t dans plusieurs de ses lettres1 de la manire dont ,brutus et ,cassius avoi5t projet1 conduit et excut leur conjuration contre ,cs>4 ,tant que n\s v\drons consult] la clm5ce1 crit-il au premi]#dc1 n\s v]rons r5atre des gu]res civiles et des ennemis de la lib]t4 ,v\s le savez1 je v\lois que v\s fussiez dlivrs du tyran et de la tyrannie2 p\r v\s1 v\s avez eu une modration dang]euse dans des conjonctures o t\t devoit tre tran*ant et dcisif2 et notre situation prs5te fait voir qui avoit raison de v\s ou de moi4 ,nos conjurs1 m>que-t-il ,atticus1 ont excut un projet d'enfant avec un c\rage hroque2 p\rquoi n'ont-ils pas port la coigne jusqu'aux rac9es mme de l'arbre8 #dc ,scis mihi semp] placuisse1 non rege solum1 s$ regno lib]>i rempublicam1 tu ,l5ius2 s$ quid melius fu]it1 magno dolore s5timus1 magno p]iculo s5timus4 7,cic4 ad ,brut4 ,epi/4 #g47 ,quod si clem5tes esse volumus1 nunquam de]unt bella civilia4 7,epi/4 #af47 ,po/ int]itum ,cs>is quid ego prt]missum vobis1 quantumque imp5d]e reipublic tempe/atem dix]im1 non es oblitus4 ,magna pe/is erat depulsa p] vos1 magna populi romani macula deleta2 vobis v]o p>ta div9a gloria4 ,s$ in/rum5tum regni delatum ad ,lepidum et ,antonium4 7,epi/4 #bc47 ,acta enim illa res e/ animo virili1 consilio pu]ili4 ,quis enim hoc non vidit1 regni h]$em relectum6 ,quid autem absurdius hoc metu]e1 alt]um 9 metu non pon]e4 7,cic4 ad ,att4 ,epi/4 #ba4 l4 #ad47 ,animis enim usi sumus virilibus1 consiliis1 cr$e mihi1 pu]ilibus4 ,excisa enim e/ arbor1 non evulsa1 itaque quam fruticetur vides4 7,ad ,att4 ,epi/4 #d4 l4 #af47 ,en effet1 s'ils se fuss5t conduits en hommes d'tat1 il n'e/ pas d\teux qu'ils n'euss5t compris dans leur projet les favoris de ,cs>1 les in/rum5s de sa tyrannie1 et t\t ce qui devoit aspir] lui succd]4 ,mais ,brutus1 le v5geur des lois1 ne croyoit pas qu'il lui ft p]mis de les viol]1 en punissant comme des tyrans des citoy5s qui ne l'toi5t pas encore#dd4 ,le snat devoit os] davantage4 ,il e/ malheureusem5t des conjonctures dsespres1 o la politique ordonne de punir les int5tions1 et jusqu'au p\voir de faire le mal2 le snat1 en proscrivant la mmoire de ,cs>1 auroit d faire prir ,anto9e et t\ff] les esprances du jeune ,octave4 #dd ,/atuo nil nisi hoc1 s5ats aut populi romani judicium esse de iis civibus qui pugnantes non int]i]9t4 ,at hoc ipsum1 inquies1 inique facis1 qui ho/ilis animi 9 rempublicam hom9es1 cives appelles4 ,imo ju/issim1 quid enim nondum s5atus c5suit2 nec populus romanus jussit1 id arrogant] non prjudico1 neque revoco ad arbitrium meum4 7,epi/4 ,brut4 ad ,cic47 ,brutus r5d raison de t\te sa politique p> ces p>oles4 ,ce pr9cipe doit tre la rgle de t\t citoy5 qui vit dans une rpublique2 mais malheureusem5t la rpublique ,roma9e ne subsi/oit plus1 qu& ,brutus p>loit a9si4 ,quelque prud5te qu'et t cette conduite1 il faut cep5dant en conv5ir1 elle et t incapable de rtablir la rpublique4 ,les ,roma9s toi5t trop vicieux p\r se pass] d'un matre#de4 ,on ne p\voit leur r5dre que cette ombre de lib]t1 dont ils abusoi5t de la manire la plus fune/e depuis les tr\bles des ,gracques2 et leur r5dre cette ombre de lib]t1 c'toit les expos] repass]1 aprs de n\veaux dsordres et de n\velles proscriptions1 s\s le j\g du n\veau tyran4 ,si ,cs> et ,pompe1 dit un des plus gr&s gnies qu'ait produit notre nation#df avoi5t p5s comme ,caton1 d'autres auroi5t p5s comme ,cs> et ,pompe4 ,on peut faire le mme raisonnem5t au sujet d',anto9e et d',octave3 si on les et fait prir1 ou qu'ils euss5t t citoy5s1 d'autres auroi5t tabli la mon>*ie sur les ru9es de la rpublique4 ,il n'y avoit plus de lib]t espr] p\r les ,roma9s1 mo9s que quelque citoy51 aprs s'tre r5du le matre de t\t1 ne *anget entirem5t la =me de l'tat1 et en ab&onnant t\tes les conqutes1 ne les contraignt repr5dre les murs et la pauvret de leurs anctres4 ,mais qu& cette r=me et t praticable1 devoit-il se tr\v] quelque ,roma9 assez v]tueux p\r se donn] la pe9e d'usurp] le p\voir s\v]a91 et n'en faire qu'un p>eil usage8 #de ,non aliud discordantis patri rem$ium fuisse quam ab uno reg]etur4 7,tac4 ,ann4 ,i4 #b47 ,t\s les hi/ori5s anci5s p>l5t le mme langage2 je me cont5t]ai d'aj\t] ici ce que dit ,florus en p>lant d',augu/e4 ,sapi5tia sua atque sol]tia p]culsum undique et p]turbatum ord9avit imp]ii corpus1 quod ita haud dubio nunquam coire et cons5tire potuisset1 nisi unius prsidis nutu1 quasi anima et m5te reg]etur4 l4 #d4 #df ,le prsid5t de ,montesquieu1 dans ses considrations sur les causes de la gr&eur et de la dcad5ce des ,roma9s4 ,je n'aurois qu' rapport] ici les honneurs s+uli]s qu'on accorda ,cs>1 p\r faire voir qu'il ne re/oit plus dans la rpublique la mo9dre t9celle de gnie qui doit anim] des rpublica9s4 ,cs> e/ le tyran de sa patrie1 et on l'en appelle le pre2 p> la con/itution mme du g\v]nem5t1 *aque citoy5 e/ oblig le punir de son att5tat1 et sa p]sonne e/ dcl>e sacre et inviolable4 ,on veut qu'il assi/e aux spectacles dans une *aise dore1 et une c\ronne d'or sur la tte4 ,ce n'e/ l encore qu'une lgre bau*e de ce que fait faire la flatt]ie4 ,dans une ville o la viol5ce faite ,lucrce avoit autrefois s\lev t\s les esprits contre ,t>qu91 on dlibre actuellem5t de donn] ,cs> un empire absolu sur la pudeur de t\tes les femmes ,roma9es4 ,on mle dans les crmonies publiques ses images celles des ,dieux2 on lui tablit un temple1 des autels et des prtres4 ,je sais que quelques criva9s ont cru dc\vrir dans ces bassesses abom9ables une politique adroite1 qui ne *]*oit qu' r5dre ,cs> odieux2 mais c'e/1 je crois1 se tromp]1 puisque le peuple pleura sa mort1 et que le snat cons]va sa mmoire les mmes honneurs qu'il avoit prodigus sa p]sonne1 et porta ce dcret absurde#dg1 p> lequel il appr\ve et condamne la fois ,cs> et ses meurtri]s1 ses lois et les v5geurs de la lib]t4 #dg ,nihil enim tam absurdum quam tyrannicidas 9 clo esse1 tyranni facta def5di4 ,s$ vides consules1 vides reliquos magi/ratus si i/i magi/ratus2 vides languorem bonorum4 7,cic4 ad ,att4 ,epi/4 #ac4 l4 #ad47 ,l'imbcillit des conjurs et la mollesse du snat mir5t entre les ma9s d',anto9e t\te la puissance de ,cs>4 ,dpositaire de son te/am5t et revtu du consulat1 ri5 ne put lui rsi/]4 ,s\s prtexte de remplir les volonts du dictateur1 il se r5d le matre de la populace et des lgions1 et fait trembl] le snat4 ,il excute ce que ,cs> lui-mme n'auroit os entrepr5dre ni p5s]#dh1 et dispose enf9 de t\t si s\v]a9em5t1 que les conjurs ne tr\vant plus de sret dans ,rome1 sont obligs de *]*] un asyle dans leur g\v]nem5t4 #dh ,omnia facta1 scripta1 dicta1 promissa1 cogitata ,cs>is plus val5t1 quam si ipse viv]et4 7,ad ,att4 ,epi/4 #aj l4 #ad47 ,qu enim ,cs> nunquam neque fecisset1 neque passus esset1 ea nunc ex falsis ejus comm5t>iis pr(]untur4 ,epi/4 #ad l4 #ad4 ,cicron1 qui dans ces circon/ances comm5a g\v]n] le snat1 tr\va les affaires dans un *aos norme#di4 ,sans pr9cipes1 sans rgle1 sans objet2 t\s les j\rs on pr5oit un n\veau p>ti sans en pr5dre jamais un plus sage1 et t\s les j\rs les maux de la rpublique se multiplioi5t4 ,quelqu'ins5s que lui et p>u ce dcret ple9 de contradictions dont je vi5s de p>l]1 il ne laissa pas que d'y con=m] sa conduite4 ,il fait *>g] ,octave de port] la gu]re contre ,anto9e1 et engage le snat lui accord] les di/9ctions les plus flatteuses1 quoiqu'il s5te que p> cette politique il affoiblit les conjurs1 c'e/--dire1 le p>ti de la lib]t#ej1 et qu'il prvoie mme qu',octave ne se v]ra pas plutt en tat de se faire cra9dre d',anto9e1 qu'il s]a de son intrt de se rconcili] avec lui1 p\r accabl] de conc]t ,brutus et ,cassius1 leurs vritables ennemis1 et se r5dre les matres du peuple ,roma9 en rtablissant la tyrannie de ,cs>4 #di ,prorsus dissolutum (f5di navigium 7,rempublicam7 vel potius dissipatum1 nihil consilio1 nihil ratione1 nihil ord9e4 7,ad ,att4 ,epi/4 #aa l4 #ae47 #ej ,si multum possit ,octavianus1 multo firmius acta tyranni comprobatum iri1 quam 9 telluris3 atque id contra ,brutum =e3 s9 autem v9citur1 vides intol]abilem ,antonium1 ut quem velis1 nescias4 7,ad ,att4 ,epi/4 #ad4 l4 #af47 ,il s]oit assez difficile d'expliqu] une conduite aussi extraord9aire que celle de ,cicron1 si d'ailleurs on ne connoissoit son c>actre1 et les intrts p>ticuli]s qui devoi5t le faire agir dans cette occasion4 ,cicron devoit sa vanit et sa philosophie les qualits qui font les bons citoy5s dans un tat tranquille2 mais sa timidit naturelle le privoit de celles qui peuv5t r5dre un citoy5 dang]eux ou utile sa patrie dans des temps orageux1 o il faut avoir plus de c\rage que de prud5ce4 ,les prils de la rpublique se grossissoi5t ou se dim9uoi5t ses yeux1 suivant qu'il y toit plus ou mo9s intress p]sonnellem5t4 ,de-l vi5t qu'il n'eut jamais une rgle fixe p\r di/+u] la timidit de la prud5ce1 ni le c\rage de la tmrit4 ,tantt conduit p> les lumires de son esprit1 et tantt entran p> les foiblesses de son cur1 il n'eut qu'une politique propre pr5dre des demi-p>tis1 et palli] les maux de la rpublique4 ,il montra de la f]met contre ,catil9a2 mais outre qu'il n'ignoroit ni les projets1 ni les p5ses mmes de ce conjur1 il toit s\t5u p> l'clat de son action et de sa magi/rature1 p> le snat et les vux de t\t le peuple4 ,il eut cep5dant beso9 de faire un ef=t sur lui-mme2 et c'e/ cet ef=t de c\rage qui1 lui p>oissant hroque1 lui inspira sans d\te p\r son consulat cette admiration purile dont il fatiguoit ses amis4 ,aprs son exil il se livra naturellem5t son c>actre1 et sa conduite#ea fut d'autant plus foible que sa disgrace avoit fait une impression trs-=te sur son esprit1 et que ne p\vant p> vanit se rs\dre m5] une vie prive1 l'+ratitude de ses concitoy5s lui avoit cep5dant donn du dgt p\r l'adm9i/ration des affaires publiques4 #ea ,non recordor unde cecid]im1 s$ unde surrex]im1 fratrem mecum et te si habebo1 p] me i/a p$ibus trahantur4 ,vobis simul philosoph>i possum4 ,locus ille animi no/ri1 /oma*us ubi habitabat1 olim1 concalluit4 ,privata modo et dome/ica nos delectant4 7,ad ,att4 ,epi/4 #af l4 #d47 ,dans le comm5cem5t de la gu]re civile de ,cs> et de ,pompe1 il *]*e cont5t] t\t le monde1 ne satisfait p]sonne1 et cra9t et s\haite en mme temps de j\] le rle qu'exigeoit de lui sa dignit de consulaire4 ,il veut tre neutre2 il se rep5t de ne pas suivre ,pompe1 n'ose se dcl>] en faveur de ,cs>1 et croit t\j\rs avoir pris le plus mauvais p>ti4 ,dans les tr\bles qui suivir5t la mort de ,cs>1 il ne lui fut pas possible de se conduire d'une manire plus digne de lui et plus avantageuse p\r la rpublique4 ,ent\r d'hommes jal\x1 envieux1 qui n'osoi5t ri5 espr]1 et presqu'acc\tums l'esclavage1 la cra9te publique augm5ta sa timidit#eb4 ,ple9 de mpris p\r la conjuration de ,brutus et de ,cassius1 et ne les reg>dant que comme des ds]teurs depuis qu'ils s'toi5t retirs dans leur g\v]nem5t1 ,cicron ne les jugea plus capables de df5dre avec succs les intrts publics contre un homme aussi entrepr5ant et aussi habile qu',anto9e1 son ennemi p]sonnel2 et il favorise ,octave dans le desse9 de s'en faire un protecteur1 si les conjurs sont opprims4 ,brutus dveloppe habilem5t t\s les ressorts de cette politique1 lorsqu'il accuse ,cicron de reg>d] la mort#ec1 l'exil et la pauvret comme les plus gr&s des maux2 de cra9dre mo9s la ru9e de la lib]t que l'lvation d',anto9e1 et de p\voir s'accommod] d'un matre qui auroit des complaisances p\r lui1 qui le di/+u]oit1 qui le flatt]oit1 et lui tmoign]oit quelque considration en le *>geant de *anes4 #eb ,ita temp]ata tota ratio e/1 ut ,reipublic con/antiam pr/em1 privatis rebus meis1 propt] infirmitatem bonorum1 iniquitatem malivolorum1 odium 9 me improborum1 adhibeam qu&am cautionem4 7,ad ,att4 ,epi/4 #ai4 l4 #a47 ,ecrivant ,atticus1 aprs la mort de ,cs>1 sur le p>ti qu'il jugeoit propos de pr5dre1 il dit3 ass5tior tibi1 ut nec duces simus1 nec agm5 cogamus1 faveamus tam54 7,epi/4 #ac4 l4 #ae47 #ec ,qu facit1 non dom9ationem1 non1 s$ dom9um ,antonium1 tim5tis sunt444 magnam /ultitiam timoris1 id ipsum quod v]e>is1 ita cav]e1 ut cum vit>e =tasse potu]is1 ultro arcesses et attrahas3 nimium timemus mortem1 et exilium1 et paup]tatem1 hc vid5tur ,cic]oni ultima esse 9 malis1 et dum habeat quibus impetret qu velit1 et quibus colatur et laudetur2 s]vitutem1 honorificam modo1 non asp]natur4 ,eo t5dit1 id agit1 ad eum exitum prop]at vir optimus1 ut sit illi ,octavius propitius4 7,epi/4 ,brut4 ad ,att47 ,cicron mritoit ces repro*es (f5sans1 puisqu'il av\e lui-mme ,atticus qu'il ne se tr\voit po9t mal de la dom9ation de ,cs>4 ,il crivoit peu de temps aprs la mort du dictateur2 ita graciosi eramus apud illum1 7,cs>em7 quem dii mortum p]du9t1 ut no/r tati1 quoniam int]fecto dom9o1 lib]i non sumus1 non fu]it dom9us1 ille fugi5dus4 ,rubor1 mihi cr$e1 s$ jam scrips]am1 del]e nolui4 7,epi/4 #d4 l4 #ae47 ,la situation des ,roma9s dev9t telle1 que ,cicron1 en crivant ,brutus1 fut enf9 =c de conv5ir que cette gu]re toit accompagne de symptmes plus f*eux que t\tes celles qui l'avoi5t prcd4 ,quel que ft1 dit-il1 l'vnem5t des tr\bles dome/iques dont notre sicle a t tmo9#ed1 on p\voit t\j\rs espr] de voir subsi/] quelque ombre de rpublique2 auj\rd'hui1 t\t e/ *ang4 ,si n\s sommes va9queurs1 je ne dev9e po9t quel s]a notre sort2 mais si n\s sommes va9cus1 il n'e/ plus "q de lib]t4 #ed ,nullum enim1 bellum civile fuit 9 no/r ,republic omnium qu memori no/r fu]unt1 9 quo bello non1 utracumque p>s vicisset1 tam5 aliqua =ma esset futura ,reipublic2 hoc bello victores1 quam ,rempublicam sumus habituri1 non facile affirm>im1 victis c]te nulla unquam erit4 7,epi/4 ad ,brut47 ,ce fut ,lepidus qui1 aprs la dfaite d',anto9e ,modne1 =ma le projet de le rconcili] avec ,octave4 ,cette ngociation ne devoit pas pr\v] de gr&es difficults4 ,l'un *appoit p>-l sa ru9e entire p\r g\v]n] l'univ]s avec deux collgues dont il mprisoit l'incapacit ou la jeunesse2 et l'autre savoit qu'en cont9uant df5dre le p>ti de la lib]t contre les v5geurs de ,cs>1 sa =tune re/]oit borne celle de citoy54 ,le second triumvirat fut =m2 ,anto9e1 ,octave et ,lepidus p>tagr5t entr'eux les prov9ces de la rpublique1 l'exception de celles que possdoi5t les conjurs4 ,lepidus joignit la ,gaule ,n>bonnoise son g\v]nem5t d',espagne4 ,anto9e eut dans son p>tage le re/e des ,gaules2 l',afrique et les isles de la ,mdit]rane *ur5t ,octave4 ,lepidus1 qui avoit t fait consul1 se r5dit ,rome p\r g\v]n] l',italie1 t&is que ses collgues portr5t la gu]re contre ,brutus et ,cassius4 ,lepidus pr\va bi5tt que ce sont les armes1 et non pas les magi/ratures qui donn5t du crdit p5dant les gu]res civiles4 ,dans le n\veau p>tage des prov9ces qui se fit aprs la dfaite des conjurs1 il fut trop heureux de cons]v] l',espagne1 et ,octave le dp\illa mme de ce g\v]nem5t1 sans lui faire la gu]re4 ,p\r p]dre un homme qui devoit sa =tune au has>d et non son mrite1 il ne fallut employ] que la ruse et l'intrigue4 ,l'abaissem5t de ,lepidus dvoiloit les projets d',octave2 ,anto9e en auroit d tre inquiet2 mais cet lve de ,cs> avoit oubli son ambition et sa gloire4 ,enivr de plaisirs1 esclave de ,clopatre1 il ne connoissoit plus d'autre bonheur que de lui plaire et de l'aim]4 ,matre du de/9 de l',ori5t1 et au milieu du fa/e asiatique1 il n'imag9oit po9t qu'il dt song] sa sret4 ,son rival1 cep5dant1 mditoit sa ru9e1 et la bataille d',actium s\mit l'univ]s un seul homme4 ,la conduite d',octave1 qui tablit irrvocablem5t la mon>*ie sur les ru9es de la rpublique1 et qui ses sujets donnr5t depuis le nom d',augu/e1 mrite une att5tion p>ticulire4 ,il toit d'une naissance peu releve1 et la raison e/ confondue1 en p5sant qu'il n'avoit que dix-huit ans1 lorsqu'il quitta ,apollonie1 o il faisoit ses tudes1 p\r se r5dre ,rome1 et y recueillir la succession de ,cs>1 son pre adoptif4 ,on lui reprs5te que cette ville ne doit tre qu'un prcipice p\r lui2 on lui met s\s les yeux la f9 tragique du dictateur et la ha9e des conjurs2 on le m5ace de l'ambition mme des amis de ,cs>4 ,j'ai t\t prvu1 rpondit-il froidem5t1 et les dieux df5dront la ju/ice de ma cause4 ,comm5t ce jeune homme peut-il se flatt] de =m] un troisime p>ti en sa faveur1 t&is que t\te la rpublique e/ p>tage entre ,anto9e et ,brutus8 ,e/-il vraisemblable qu'il puisse lutt] contre ,anto9e1 qui1 s\s prtexte d'excut] les volonts de ,cs>1 dispose son gr de sa succession1 et atta*e sa =tune t\s ceux qui aim5t la leur8 ,son nom1 ses droits1 ne sont-ce pas autant de titres qui doiv5t le r5dre odieux aux p>tisans de ,brutus et de la lib]t8 ,n'auroit-il pas t ins5s de compt] sur la protection de ,cicron1 et d'att5dre de la "p d'un consulaire si illu/re la conduite molle et peu raisonne dont j'ai p>l8 ,p]sonne dans ,rome n'tant atta* aux lois de ,cs> ni la rpublique p> le mme motif1 ceux qui t5doi5t en app>5ce au mme b v\loi5t secrtem5t y arriv] p> des *em9s diffr5s4 ,octave1 si je puis m'exprim] a9si1 saisit le jo9t des diffr5tes cabales1 dont les deux p>tis toi5t composs4 ,il sme des s\pons1 =me des liaisons1 fait natre des ha9es1 promet1 flatte1 m5ace1 p]suade1 divise1 unit1 et p>vi5t enf9 p> son habilet p>tag] la considration des premi]s magi/rats1 balanc] le crdit de ,brutus1 et se faire cra9dre d',anto9e4 ,c'e/ un spectacle bi5 surpr5ant de voir conqurir l'univ]s un homme qui n'a pas le c\rage de se tr\v] une bataille1 aprs avoir affront avec intrpidit de plus gr&s dang]s au milieu de ,rome4 ,sa l*et ne nuisit po9t sa =tune1 p>ce qu',hirtius1 ,pansa1 ,anto9e et ,agrippa fur5t braves1 sur5t va9cre1 et qu'il eut l'art de pr(it] seul de leurs victoires4 ,sa prud5ce1 qui1 dans un j\r de combat1 ne lui prs5toit aucun sec\rs contre l'pe ou les d>ds de l'ennemi1 l'ab&onnoit t\t enti] la cra9te2 mais dans les autres espces de dang]s1 sa timidit naturelle disp>oissoit devant la f\le inf9ie de ress\rces et d'expdi5s que lui prodiguoit le gnie le plus heureusem5t =m p\r l'intrigue et le comm&em5t4 ,n avec une ambition qui occupoit t\tes ses p5ses1 il ne fut po9t p>tag p> d'autres passions2 du mo9s elles obissoi5t t\tes celle-l1 d'o elles sembloi5t natre4 ,en le dlivrant de ces f\gues1 s\v5t trop familires aux gr&s hommes1 et s\v5t si dang]euses1 sa timidit l'entret5oit dans cette espce de calme si utile un ambitieux1 p\r trac] et faire excut] propos les plus gr&s projets4 ,il prit1 sans ef=t1 et p> l'effet naturel d'une lumire suprieure1 t\tes les =mes qu'exigeoit l'tat de ses affaires4 ,il n'avoit aucune des v]tus qui font l'honnte homme2 il n'avoit aucun des vices qui le dgrad5t2 t\j\rs prt se revtir de la v]tu ou du vice que le temps et les circon/ances lui r5d5t utile1 il e/ t\r--t\r l'ami et l'ennemi d',anto9e1 de ,cicron1 de ,lepidus et des conjurs4 ,sans har ni aim] ,agrippa1 dont le mrite trop clatant lui dev5oit suspect1 il lui e/ indiffr5t de le faire prir1 ou de se l'atta*] p> le m>iage de sa fille4 ,il e/ cruel sans aim] le sang2 il ne fait cess] de le rp&re ni p> lassitude ni p> remords1 et il p>donne qu& il juge qu'il lui e/ aussi utile de p>donn]1 qu'il auroit t aup>avant dang]eux p\r lui de ne pas purg] la rpublique des citoy5s inquiets1 jal\x de leur lib]t1 v]tueux1 prud5s ou c\rageux1 que son usurpation et sa puissance devoi5t (f5s]4 ,l'autorit s\v]a9e1 entre les ma9s d',augu/e1 toit =me p> l'assemblage de t\tes les magi/ratures de l'anci5ne rpublique4 ,en qualit d'emp]eur1 il avoit droit de faire la gu]re et la paix1 toit le gnral de t\tes les armes1 levoit des contributions p\r leur entreti51 disposoit de t\s les grades militaires1 avoit seul les honneurs du triomphe#ee1 et j\issoit enf9 de t\tes les prrogatives de la dictature1 dont le nom toit dev5u odieux4 ,revtu de la dignit de pr9ce du snat1 et s\v5t consul1 il toit l'ame de cette compagnie1 et possdoit t\te son autorit4 ,comme c5seur1 il n'y avoit aucun citoy5 qui ne lui ft s\mis3 il toit aussi puissant sur la noblesse que sur le peuple1 n'toit gn p> aucune loi1 et *tioit arbitrairem5t4 ,initi t\s les sac]doces1 il avoit l'int5dance de la religion2 et dpositaire de t\t le p\voir du peuple1 p> son titre de tribun1 sa p]sonne toit sacre et inviolable4 ,de-l1 il rsultoit la puissance la plus t5due que jamais mon>que ait possde2 et comme les ,roma9s n'avoi5t pu agir autrefois que p> le m9i/re de leurs magi/rats1 ils ne devoi5t dsormais avoir de m\vem5t que p> leurs emp]eurs4 #ee ,dans le temps de la rpublique1 il n'toit pas ncessaire1 p\r obt5ir le triomphe1 de battre les ennemis2 il suffisoit d'tre gnral de l'arme victorieuse2 de sorte qu'on a vu des consuls triomph] p\r des victoires que leurs lieut5ans avoi5t remportes p5dant leur abs5ce4 ,c'e/ p> une suite de cet usage1 que les emp]eurs1 s\s les auspices desquels t\tes les armes combattoi5t1 triomphr5t seuls1 ou du mo9s n'accordr5t que trs-r>em5t le triomphe leurs gnraux4 ,augu/e rp&it ses bi5faits sur les armes et sur le peuple2 il ram5a l'abondance2 il fit de gr&es =tunes quelques p>ticuli]s1 et en fit espr] t\s4 ,la paix fut publie1 le temple de ,janus f]m1 et les citoy5s1 occups des ftes et des spectacles qu'on leur prodiguoit1 ne se rappelr5t le s\v5ir de la rpublique1 qu'avec les ides de proscriptions1 de massacres1 de gu]res civiles1 de brig&ages et concussions4 ,un peuple heureux ne se dem&e po9t s'il e/ libre1 ou si son bonheur dur]a2 et les ,roma9s1 bi5 lo9 de trembl] en voyant la puissance sans bornes que possdoit ,augu/e1 la reg>dr5t comme le pr9cipe de la sret publique4 ,ce pr9ce saisit avec adresse le mom5t o ses sujets comp>oi5t leurs maux passs la prosprit prs5te2 et en feignant de dlibr] srieusem5t s'il devoit cons]v] l'empire ou rtablir la rpublique1 il leur t5dit un pige1 fit reg>d] sa =tune sans jal\sie1 et cessa en quelque sorte d'tre un usurpateur4 ,cs> eut l'audace purile de dire que la rpublique ne subsi/oit plus1 et que sa volont devoit s]vir de loi4 ,matre de t\t1 il avoit la foiblesse de v\loir que les ,roma9s en fuss5t p]suads4 ,la conduite d',augu/e me p>ot bi5 plus habile4 ,comme si ses =ces euss5t succomb s\s un poids que son ambition tr\voit lg]1 il ne se *>ge du g\v]nem5t que p\r dix ans4 ,il refuse la dictature que le peuple lui dfre#ef1 et ne veut po9t tre appel du nom de seigneur#eg4 ,il ne se conduit en app>5ce que p> les conseils du snat1 lui r5voie les ambassadeurs de quelques rois et de quelques nations libres1 et lui laisse l'adm9i/ration des prov9ces du c5tre de l'empire4 ,il r5d au peuple ses assembles1 fe9t de le consult] sur les lois qu'il veut port]1 et lui p]met d'lire ses magi/rats4 ,affectant1 en un mot1 de ne p>otre que le m9i/re des lois et de la rpublique1 il t*e de p]suad] ses sujets qu'elles subsi/5t t\j\rs4 ,il respecte les c\tumes anci5nes1 et ca*e son p\voir jusqu' comp>otre devant les juges en qualit de tmo91 et ne ddaigne pas de plaid] lui-mme p\r des accuss qu'il p\voit abs\dre p> un seul mot4 #ef ,dictaturam magn vi (f]5te populo1 g5u nixus1 dejecta ab hum]is toga1 nudo pectore1 deprecatus e/4 7,suet4 9 vit4 ,aug47 #eg ,dom9i appellationem ut mal$ictum et opprobrium1 semp] exhorruit4 7,suet4 9 vit4 ,aug47 ,cs> agit consquemm5t au projet odieux qu'il avoit =m d'ass]vir sa patrie1 lorsqu'il travaille en multipli] les vices4 ,un usurpateur doit en effet t\t avilir p\r s'lev]2 mais p\r se s\t5ir aprs son usurpation1 il doit intress] les hommes son sort2 et ce n'e/ jamais en les r5dant m*ans et mprisables qu'il y russit4 ,p\rquoi ne veut-il laiss] aux ,roma9s que les qualits ncessaires aux plus vils esclaves8 ,c'toit arm] contre lui t\t citoy5 qui cons]voit quelque s5tim5t de sa dignit4 ,p\rquoi cont9u] remplir le snat d'hommes obscurs1 trang]s et d%onors1 et ne pas oppos] des lois sages la lic5ce qu'avoi5t produite les gu]res civiles8 ,c'toit laiss] subsi/] des dsordres capables de le ru9]1 puisqu'ils avoi5t ru9 la rpublique dont il possdoit t\t le p\voir4 ,augu/e aff]mit son empire1 en r$onnant de la dignit aux ,roma9s2 il invite plusieurs snateurs se faire eux-mmes ju/ice1 et se bannir du snat4 ,ces citoy5s1 dcris p> leurs dbau*es1 ru9s de dettes1 et qui ,cs> avoit c\tume de dire qu'il n'y avoit qu'une gu]re civile qui pt rtablir leur =tune1 s'acc\tumr5t peu--peu leur situation1 et f9ir5t p> l'aim]4 ,rome enf9 donna des l>mes la mort d',augu/e2 et d'un pr9ce qui n'auroit jamais d natre1 on dit qu'il n'auroit jamais d m\rir4 ,,livre ,,troisi,,me4 ,on a vu des peuples libres p]dre le privilge de se g\v]n] p> eux-mmes1 et cep5dant ne pas pr\v] les ravages du despotisme2 c'e/ que la p]te de leur lib]t n'a pas t l'ouvrage d'une rvolution subite et orageuse1 mais de plusieurs sicles1 p5dant lesquels il y a eu entre le pr9ce et ses sujets un balancem5t de puissance qui emp*oit que les esprits1 en s'irritant1 ne se portass5t des extrmits f*euses4 ,il se faisoit1 si je puis p>l] a9si1 un mlange des usages anci5s et des usages n\veaux1 et ils se temproi5t rciproquem5t4 ,qu& une loi comm5oit tre oublie1 les murs qu'elle avoit fait natre en t5oi5t encore la place4 ,comme le g\v]nem5t s'altroit d'une manire ins5sible1 les sujets cons]voi5t une c]ta9e dignit qui les faisoit respect]1 et le pr9ce toit suprme lgislateur1 sans p\voir abus] de t\te sa puissance4 ,il se tr\voit li p> les lois fondam5tales de sa nation2 il craignoit de *oqu] les usages anci5s2 ses sujets avoi5t des droits et des privilges lui oppos]2 en un mot1 il n'y eut po9t de tyran1 quoiqu'il n'y et plus de lib]t4 ,tel a t le sort de plusieurs nations3 mais *ez les ,roma9s la lib]t fut dtruite p> trois batailles sanglantes#eh1 et on passa si brusquem5t de l'an>*ie s\s la dom9ation du va9queur1 que t\tes les passions fur5t la fois eff>\*es2 t\tes les lois1 t\s les usages1 en mme temps t\s les prjugs r5v]ss2 et on ne put tr\v] dans les murs aucune b>rire contre le despotisme4 ,c'e/ un simple citoy51 qui1 sans autre droit que la =ce et son audace1 se r5d le matre de ses gaux4 ,il devoit donc s\lev] contre lui t\s les esprits2 et p\r *app] au *tim5t qu'il mrite1 il faut qu'il s'emp>e de t\te l'autorit4 ,augu/e fut =c ne laiss] aux ,roma9s qu'une image trompeuse de l'anci5ne lib]t4 ,si le snat ou le peuple et encore j\i de quelque p\voir rel1 il s'en s]oit s]vi p\r dp\ill] le pr9ce des prrogatives qu'il affectoit4 ,de n\velles diss5tions auroi5t tr\bl le repos public1 et p\r n'en tre pas la victime1 ,augu/e auroit enf9 s5ti la ncessit de possd] une puissance sans bornes4 #eh ,ph>sale1 ,philippe1 ,actium4 ,les v]tus et les vices d'un peuple1 sont1 dans le mom5t qu'il pr\ve une rvolution1 la mesure de la lib]t ou de la s]vitude qu'il en doit att5dre4 ,c'e/ l'am\r hroque du bi5 public1 le respect p\r les lois1 le mpris des ri*esses et la fi]t de l'ame1 qui sont les fondem5s du g\v]nem5t libre4 ,c'e/ l'indiffr5ce p\r le bi5 public1 la cra9te des lois qu'on hait1 l'am\r des ri*esses et la bassesse des s5tim5s1 qui sont comme autant de *anes qui g>rott5t un peuple1 et le r5d5t esclave4 ,qu'on y rfl*isse1 c'e/ du po9t diffr5t o ces v]tus et ces vices sont ports1 que rsult5t les murs conv5ables *aque espce de g\v]nem5t4 ,les v]tus nobles1 au/res et rigides1 du rpublica91 rduiroi5t le mon>que n'tre qu'un simple magi/rat2 les vices bas et l*es de l'esclave le r5droi5t despotique4 ,aprs ce que j'ai rapport jusqu'ici de la corruption infme de ,rome1 et de ses proscriptions qui avoi5t fait prir t\t ce qui re/oit d'honntes g5s dans la rpublique1 on jug]a sans pe9e1 que les murs1 lo9 de favoris] un re/e de lib]t1 et de second] la modration qu'affectoit ,augu/e1 prcipitoi5t au contraire les ,roma9s au-devant du j\g4 ,peu cont5s1 en effet1 que le pr9ce1 a9si que je l'ai dit1 et runi en sa p]sonne le p\voir de t\tes les magi/ratures2 ce qui supposoit au mo9s1 que1 malgr sa va/e autorit1 il toit le m9i/re de la rpublique et devoit g\v]n] con=mm5t aux lois1 ils v\lur5t que son autorit lui ft propre et qu'il ne la tnt po9t de ses magi/ratures4 ,il fut rgl que1 dans le temps o ,augu/e ne s]oit pas revtu du consulat1 il auroit t\j\rs d\ze licteurs1 et s]oit assis entre deux consuls4 ,on l'autorise convoqu] extraord9airem5t le snat#ei1 et il lui e/ p]mis1 sans avoir g>d aux lois1 de faire t\t ce qu'il croira avantageux la rpublique1 et conv5able la maje/ des *oses div9es et huma9es1 publiques et p>ticulires4 #ei ,fdusve1 cum quibus volet1 fac]e liceat1 ita uti licuit ,d4 ,augu/o1 ,tib]ioque et ,claudio4 ,utique1 ei s5atum hab]e1 relationem fac]e1 remitt]e s5atus consulta p] relationem discessionemque fac]e liceat2 ita uti licuit ,d4 ,augu/o1 ,tib]ioque et ,claudio4 ,utique1 cum ex voluntate1 autoritateve1 jussu1 m&atuve ejus1 prs5teve eo1 s5atus habebitur2 omnium r]um jus p]9de habeatur1 s]vetur1 ac si lege s5atus edictus esset hab]eturque4 ,utique1 qucumque ex usu ,reipublic1 maje/ate div9>um1 human>um1 public>um1 privat>umque r]um esse c5sebit1 ei ag]e fac]e jus pote/asque sit1 ita uti ,d4 ,augu/o1 ,tib]ioque et ,claudio fuit4 ,utique quibus legibus1 plebeive scitis scriptum fuit1 ne ,d4 ,augu/us1 ,tib]ius et ,claudius t5]5tur2 iis legibus plebisque scitis1 imp]ator ,cs>1 ,vespasianus ,augu/us solutus sit4 ,c'e/ p> un dcret que le snat revtissoit les emp]eurs de la puissance impriale4 ,de t\tes ces pices1 qu'il s]oit si curieux de connotre1 il ne n\s re/e qu'un fragm5t de celle qui fut faite p\r ,vespasi52 mais il suffit p\r n\s appr5dre quelle toit l't5due et la nature du p\voir d',augu/e et de ses successeurs4 ,peut-tre que si ,augu/e avoit eu plusieurs successeurs dignes de lui1 et qui1 son exemple1 euss5t compris que l'excs du p\voir en prp>e la ru9e#fj1 il se s]oit =m peu--peu dans l'empire des usages1 des rgles1 des bi5sances1 qui1 en tablissant une confiance rciproque entre le pr9ce et les sujets1 auroi5t s]vi de fre9 aux passions4 ,mais plus on admire la sagesse avec laquelle ,augu/e se prescrivit des bornes dans l'adm9i/ration d'une puissance1 qui1 p> elle-mme1 n'en connoissoit po9t1 mo9s on doit espr] de la retr\v] dans ses successeurs4 ,croyons-en ,m>c-,aurle1 dont les v]tus ont honor le trne et l'humanit3 il reg>doit comme un prodige de p\voir t\t1 et de ne v\loir que le bi54 ,cep5dant1 si les successeurs d',augu/e abus5t de leur p\voir1 ils s]ont ncessairem5t des mon/res qui effrai]ont la nature4 ,ce despotisme raff9 et artificieux qui se dguise1 qui cra9t de se montr]1 qui flatte avant que d'accabl]2 ce despotisme1 en un mot1 qui ressemble ces poisons l5ts dont on s5t les effets sans en pntr] la cause1 n'toit po9t fait p\r eux4 ,les proscriptions de ,sylla et les cruauts du second triumvirat sont des modles ju/ifis p> le succs1 et qui les prp>5t se port] aux viol5ces les plus ouv]tes et les plus odieuses4 ,les ,roma9s1 quoique voluptueux1 toi5t cruels2 et les matres d'un peuple qui aimoit le sang#fa1 passion heureusem5t inconnue auj\rd'hui *ez les nations civilises1 ne se lass]ont jamais d'en rp&re4 #fj ,nec unquam satis fida pot5tia1 ubi nimia e/4 7,tac4 ,hi/4 l4 #b47 #fa ,t\t le monde connot le gt effrn des ,roma9s p\r les spectacles de l'amphi?tre4 ,tibre avoit assez de tal5s p\r rgn] avec gloire1 s'il et hrit d'un trne occup lgitimem5t p> ses pres2 mais ne succdant qu'aux droits usurps p> ,augu/e1 il se crut lui-mme un usurpateur4 ,bi5 lo9 de rem>qu] que les ,roma9s1 acc\tums obir p> une s]vitude de #dj ans1 se disputoi5t l'envi le dte/able avantage de s]vir d'in/rum5t la tyrannie1 il ne vit aut\r de lui qu'un peuple f>\*e qui avoit refus le diadme ,cs>1 et contra9t ,augu/e p>otre au snat et en public1 c\v]t d'une cuirasse2 il n'ent5dit que quelques voix qui osoi5t encore appel] ,brutus et ,cassius les d]ni]s ,roma9s1 et il craignit de tr\v] des citoy5s qui se cruss5t lis p> le s]m5t#fb que le premi] ,brutus avoit fait prt] de ne jamais s\ffrir de matre dans ,rome4 ,tibre ne voyoit de t\s cts que des dang]s1 et la timidit avec laquelle il toit n1 dev5ant p>-l aussi =te que son ambition1 il donna aux ,roma9s le spectacle ridicule d'un ambitieux qui ne p\voit se pass] de la s\v]a9et1 et qui n'osoit s'en emp>]4 #fb ,omnium primum avidum nov lib]tatis populum1 ne po/ modum flecti precibus aut donis regiis posset1 jurejur&o adegit nem9em ,rom passuros regn>e4 7,t4 ,l4 l4 #b47 ,il a dj fait m\rir ,agrippa1 petit-fils d',augu/e1 comme un rival2 p> des m5es s\rdes1 il dispose de t\tes les =ces de l'tat1 et cep5dant il fe9t encore de refus] l'empire#fc4 ,augu/e1 dit-il1 au snat1 toit seul capable de le g\v]n] sans sec\rs1 et en travaillant s\s ses yeux et s\s ses ordres aux affaires de la rpublique1 je n'ai appris qu' connotre ma foiblesse4 ,dans une ville aussi fconde que la ntre en gr&s hommes1 un seul citoy5 ne doit po9t tre *>g de t\te l'adm9i/ration publique1 et j'att5ds d'appr5dre du snat quel dp>tem5t il me de/9e4 ,c'toit la cra9te de pass] p\r un tyran1 et d'en subir le sort qui dictoit ce disc\rs ,tibre3 mais pe9e l'a-t-il prononc1 que son ambition en e/ al>me4 ,il cra9t de s'tre compromis2 il cra9t d'en avoir trop dit2 il revi5t sur ses pas2 mais en dem&ant l'empire1 il ne s'exprime que d'une manire ambigu#fd1 captieuse1 nigmatique2 et cet homme1 capable de faire prir le snat1 s'il ne l'et dev91 n'accepte enf9 le p\voir absolu que p\r un temps4 ,il se g>de bi5 d'en fix] le t]me c9q ou dix ans comme ,augu/e3 il croiroit donn] un titre contre lui aux ,roma9s4 ,je ne cons5s1 dit-il1 me *>g] de ce f>deau#fe1 que jusqu'au temps o v\s jug]ez v\s-mmes qu'il e/ ju/e d'accord] ma vieillesse quelque repos4 #fc ,pr9cipatum quamvis neque occup>e confe/im1 neque ag]e dubitasset1 et /atione militum1 hoc e/1 vi et specie dom9ationis assumpta1 diu tam5 recusavit impud5tissimo animo4 7,suet4 9 vit4 ,tib47 #fd ,tib]io etiam 9 rebus quas non occul]et1 seu natura1 sive adsuetud9e1 susp5sa semp] et obscura v]ba3 tunc v]1 nit5ti ut s5sus suos p5itus abd]et1 9 inc]tum et ambiguum magis implicabantur4 7,tac4 ,ann4 l4 #a47 #fe ,t&em quasi coactus1 et qur5s mis]am et on]osam injungi sibi s]vitutem1 recepit imp]ium1 nec tam5 alit]1 quam ut depositurum se qu&oque spem fac]et4 ,ipsius v]ba sunt hc3 dum v5iam ad id tempus quo vobis quum possit vid]i1 d>e vos aliquam s5ectuti me requiem4 7,suet4 9 vit4 ,tib47 ,tibre1 t\j\rs p]suad qu'il n'toit pas assez puissant1 et qu'il le p>oissoit trop1 fut en p]ptuelle contradiction avec lui-mme4 ,il ne p>le que de la dignit de la rpublique1 flatte le snat1 et tale avec loqu5ce les devoirs d'un pr9ce#ff1 t&is qu'il ne travaille secrtem5t qu' t\t opprim]4 ,fait-il quelqu'inju/ice1 qu'il croit ncessaire l'agr&issem5t de son p\voir8 c'e/ la faveur de quelque loi qu'il dt\rne de son s5s naturel4 ,il laisse aux consuls1 aux prteurs et aux magi/rats subalt]nes l'ex]cice de leurs fonctions2 mais il s'indigne s'ils ne sont pas des in/rum5ts aveugles de sa volont4 ,il cra9t galem5t la v]tu#fg et le vice dans les p]sonnes qu'il de/9e aux emplois2 et ne les tr\vant jamais telles qu'il les dsir]oit1 il ne leur p]met pas quelquefois de pr5dre possession des *>ges qu'il leur a donnes4 #ff ,dixi et nunc1 et spe alias1 ,patres ,conscripti1 bonum et salut>em pr9cipem1 quem vos tanta et tam lib]a pote/ate in/ruxi/is1 s5atui s]vire deb]e1 et univ]sis civibus spe1 et pl]umque etiam s+ulis3 neque id dixisse me pnitet1 et bonos1 et quos1 et fav5tes vos habui dom9os et adhuc habeo4 7,suet4 9 vit4 ,tib47 #fg ,neque enim em95tes virtutes sectabatur1 et rursum vitia od]at4 ,ex optimis p]iculum sibi2 pessimis d$ecus publicum metuebat4 ,qu hsitatione po/remo eo provectus e/1 ut m&av]it quibusdam prov9cias quos egr$i urbe non erat passurus4 7,tac4 ,ann4 l4 #a47 ,lib]tatem metuebat1 adulationem od]at4 7,l4 #b47 ,illum qui lib]tatem publicam nosset1 tam project s]vi5tium pati5ti tdebat4 7,l4 #b47 ,tibre1 t\j\rs d*ir p> des passions opposes1 se flatta de calm] ses al>mes en sacrifiant sa sret quelques hommes qui lui toi5t suspects2 mais ses cra9tes1 au contraire1 se multiplir5t4 ,plus il s5tit qu'il dev5oit odieux1 mo9s son inquitude sangu9aire connut de bornes1 et ,rome dev9t enf9 le ?tre de t\tes les horreurs o se peut ab&onn] le despotisme produit p> la timidit4 ,croyant arrt] les progrs de la ha9e publique1 il porta cette loi ins5se qui df5doit aux p>5ts des p]sonnes condamnes mort de les pleur]4 ,p\r t5ir les hommes atta*s la v]tu1 la morale leur int]dit s\v5t des actions en elles-mmes indiffr5tes1 mais qui les prp>oi5t au vice2 la politique de ,tibre abusa de ces pr9cipes de prvoyance2 il crut r5dre sa p]sonne plus sacre en faisant rvr] ses images mmes et celles de son prdcesseur4 ,on punit de mort deux citoy5s1 dont l'un1 en v5dant ses j>d9s1 avoit aussi v5du la /atue d',augu/e qui y toit place2 le crime de l'autre fut d'avoir battu un esclave qui avoit p> has>d sur lui une monnoie o toit grave la tte de ,tibre4 ,ce pr9ce fit un crime capital un pote d'avoir maltrait ,agamemnon dans une tragdie1 tant il v\loit sans d\te qu'on respectt la qualit de pr9ce1 ou craignoit qu'on ne s'acc\tumt p> degrs le mpris] lui-mme4 ,la rpublique avoit eu une loi de lse-maje/ contre ceux qui auroi5t trahi ses armes1 excit des sditions1 ou avili le nom ,roma9 p> une adm9i/ration infidelle4 ,dans ces temps heureux1 dit ,tacite1 on ne punissoit que les actions et non pas les p>oles2 mais la satire1 qui n'e/ jamais odieuse *ez un peuple v]tueux1 et qui s]t s\v5t de b>rire contre les mauvaises murs1 ayant p>u intolrable des hommes corrompus1 qui ne v\loi5t po9t tre tr\bls dans la j\issance de leurs vices1 ,augu/e1 plus intress que t\t autre la proscrire1 mit les libelles au nombre des crimes compris dans la loi de lse-maje/4 ,tibre1 enh>di p> cet exemple1 t5dit le s5s de cette loi t]rible1 et t\t ce qui le *oqua dev9t crime de lse-maje/4 ,ri5 ne fut innoc5t aux yeux de ce tyran1 ent\r de dlateurs qui flattoi5t ses s\pons4 ,ces misrables1 favoriss1 protgs et enri*is p> la "p qu'ils obt5oi5t dans la confiscation des bi5s des accuss1 fir5t envi] leur sort =ce de se faire cra9dre4 ,ils cessr5t en quelque sorte d'tre infmes2 et plus leur nombre se multiplia1 plus il fallut tr\v] de c\pables4 ,les p>oles les plus innoc5tes dev9r5t des crimes2 on v\lut pntr] jusques dans le fond des p5ses1 et le citoy5 ne fut po9t sr de n'tre pas crim9el1 quoiqu'il n'et ni agi ni p>l4 ,caligula monta sur le trne1 et ce s]p5t1 p\r me s]vir des expressions de ,tibre#fh1 qui devoit dvor] les ,roma9s1 et tre un ,phaton p\r le monde enti]1 p\rsuivit l'innoc5ce sans faire semblant de la respect]1 comme son prdcesseur qui la calomnioit avant de l'opprim]4 ,il s\haitoit que le peuple ,roma9 n'et qu'une tte p\r l'abattre d'un seul c\p d'pe1 et que son rgne ft signal p> quelque calamit publique3 n'en toit-ce pas une assez gr&e que le monde ft g\v]n p> cette bte froce8 ,cet ins5s prt5doit avoir un comm]ce de galant]ie avec la lune2 et se croyant t\r t\r ,jupit]1 ,junon1 ,diane ou ,vnus1 il se fit prtre de lui-mme1 et se sacrifioit t\s les j\rs les plus r>es animaux4 ,on vit p>otre un n\veau crime d'tat1 ce fut d'tre ri*e2 on enleva aux citoy5s t\tes leurs ri*esses2 mais la viol5ce n'tant plus enf9 d'un assez gr& rapport1 ,caligula fit de son palais un lieu de pro/itution1 et v5dit la canaille de ,rome de jeunes filles et de jeunes g>ons de la naissance la plus di/+ue4 #fh ,aliquoties prdicabat 7,tib]ius7 exitio suo omniumque ,caium viv]e3 et se natricem1 s]p5tis id g5us1 populo romano1 phaetontem orbi t]r>um educ]e4 7,suet4 9 vit4 ,cal47 ,je passe rapidem5t sur ces rgnes abom9ables4 ,claudius monta sur le trne3 ce n'toit qu'un homme bau*1 disoit ,antonia2 jamais pr9ce ne fut plus mprisable2 le sang c\la2 il fallut s]vir ,messal9e et punir les infidlits1 l'impuissance ou le mpris de ses amants4 ,esclave plutt qu'p\x de l'ambitieuse ,agripp9e1 il dev9t tyran p> foiblesse1 et p>ce qu'elle en avoit t\s les vices2 ou1 p\r mieux m'exprim]1 cette pr9cesse et les affran*is qui la dom9oi5t1 se s]vir5t de sa ma9 et de sa puissance p\r cont5t] leurs passions4 ,rome respira p5dant les premires annes du rgne de ,nron4 ,ce pr9ce prit ,augu/e p\r modle2 il e/ clm5t1 libral1 populaire2 il respecte les lois2 il connot qu'il e/ fait p\r travaill] au bonheur des ,roma9s4 ,mais bi5tt il e/ corrompu p> les flatt]ies de ses c\rtisans3 ces hommes p]v]s1 qui ne sont ri51 si leur matre n'e/ vicieux1 enh>diss5t ,nron au crime2 ils lui montr5t l'exemple contagieux de ses prdcesseurs1 et en comm5ant tre m*ant1 il ne juge dj de l't5due de sa puissance que p> l'normit des att5tats qu'il mdite4 ,t\t fut dgrad3 ,caligula n'avoit que projet de faire son *eval consul1 et ,nron fit ses *evaux snateurs#fi4 ,les consulaires s]voi5t le premi] en habit d'esclaves2 mais cette ignom9ie toit r5f]me dans les murs du palais4 ,nron1 au contraire1 les immole la rise publique1 en les obligeant de faire avec lui sur le ?tre ou dans le cirque un mti] d%onorant p>mi les ,roma9s4 ,quelle indignit1 s'crie ,dion ,cassius1 que le matre du monde1 des snateurs et leurs femmes ne soi5t que des vils hi/rions6 ,les trang]s tonns1 cont9ue-t-il1 se montroi5t au doigt les desc5dans des gr&s hommes qui les avoi5t va9cus4 ,voil le petit-fils de ,paul-,emile1 disoit le ,macdoni51 et le ,grec ne lui rpondoit qu'en montrant un fils de ,mummius4 ,t&is que le ,sicili5 siffloit un ,claudius1 et l',epirote un ,appius1 les ,asiatiques1 les ,espagnols et les ,c>?ag9ois se croyoi5t v5gs de leur dfaite1 en voyant un ,lucius1 un ,publius1 un ,scipion rduits j\] les rles de quelques misrables f>ceurs4 #fi ,nron faisoit prom5] dans les rues de ,rome ses *evaux c\v]ts d'une robe de snateur4 ,il arriva de-l que le peuple ne reg>da plus ce vtem5t augu/e1 que comme un cap>aon de *eval4 ,t\s ces emp]eurs fur5t cruels2 mais il y a cep5dant diffr5tes nuances dans ce po9t pr9cipal de leur c>actre1 et je dois les faire rem>qu]2 la cruaut de ,tibre1 =ce de p>otre my/rieuse et rfl*ie1 avoit quelque *ose de politique2 celle de ,caligula p>toit plus d'un cur qui aime se repatre de sang4 ,t\s deux font frmir1 celui-ci p> sa h>diesse assass9]1 l'autre p> l'adresse avec laquelle il *]*oit dguis] ses noirceurs4 ,nron1 cruel comme ,caligula p> tempram5t1 et p> rflexion comme ,tibre1 avoit rduit sa fureur en art et en pr9cipes2 t&is que ,claudius1 entran p> l'exemple1 et m*ant p> les vices d'autrui1 avoit rp&u le sang dont il ne connoissoit pas de prix4 ,il n'e/ pas possible de trac] un tableau de la situation malheureuse o se tr\voit l'empire4 ,t\tes les ri*esses toi5t dev5ues le but9 des dlateurs1 des pantomimes et des c\rtisanes4 ,le titre de citoy5 ,roma9 toit mprisable1 p>ce qu'il n'toit plus port que p> des affran*is ou des fils d'affran*is1 et que les prov9ces1 selon l'expression de ,dion1 avoi5t a*et le droit de b\rgeoisie roma9e p\r un tt de pot cass4 ,le peuple de ,rome toit une populace effrne1 accable de beso9s1 qui ne subsi/oit que p> les bi5faits1 c'e/--dire1 p> les crimes des emp]eurs#gj1 et qui tr\voit t\t ju/e1 p\rvu qu'on respectt sa p>esse1 qu'on lui donnt du pa91 et qu'on lui prodigut les ftes et les spectacles4 ,le snat toit rempli de b>b>es et d'hommes pe9e sortis de l'esclavage1 qui portoi5t encore sur leurs paules les cicatrices des c\ps de f\et qu'ils avoi5t reu de leurs matres4 ,les emp]eurs1 ne voyant p]sonne qui ne ft plus digne qu'eux de rgn]1 craignir5t t\s leurs sujets1 comme autant de comptiteurs l'empire1 et les punir5t1 s'ils fur5t assez audacieux p\r laiss] voir quelque v]tu ou quelque tal5t4 ,les emplois1 les magi/ratures1 les comm&em5s dev9r5t autant de piges dans lesquels il fallut p]dre ou son honneur ou sa vie4 ,le sort malheureux de ,g]manicus apprit t\t ce qui auroit v\lu tre honnte homme1 que le plus gr& crime toit de faire trop bi5 son devoir4 ,les magi/rats le ngligr5t p> politique4 ,les gnraux1 p\r mnag] la jal\sie et la timidit des emp]eurs1 se htr5t de corrompre eux-mmes la discipl9e militaire1 et les rassurr5t en faisant voir qu'ils n'avoi5t aucune autorit sur les soldats4 #gj ,dans le temps de la rpublique1 le peuple croyoit que les arts ne devoi5t occup] que des esclaves4 ,en p]dant sa lib]t1 il cons]va cette manire de p5s]1 p>ce que les citoy5s qui aspiroi5t la tyrannie1 lui faisant de gr&es libralits p\r l'atta*] leur intrts1 il ne s5tit ni sa misre1 ni la ncessit de travaill]4 ,les emp]eurs suivir5t cet usage1 et ils employr5t une p>tie de leurs rap9es lui donn] des spectacles et des gratifications4 ,on e/ peut-tre dj surpris que l'empire1 en proie t\s les vices que produit le despotisme le plus intolrable1 et qui portoit p> consqu5t en lui-mme mille causes de de/ruction1 ne se prcipite pas aussi promptem5t v]s sa ru9e que plusieurs tats mo9s corrompus1 dont l'hi/oire n\s a appris les malheurs4 ,mais il faut faire att5tion que ,rome reprit en quelque sorte t\te sa gr&eur s\s le rgne d',augu/e4 ,ce pr9ce pacifia l',espagne et les ,gaules1 et s\mit la ,pannonie et l',illirie4 ,il dompta l'inquitude des peuples des ,alpes1 =a les ,daces ne plus faire d'incursions sur les t]res de l'empire1 et porta ses armes jusqu' l',elbe4 ,les ,p>!s oublir5t leur ha9e contre les ,roma9s1 et leur donnr5t mme des m>ques de cra9te et de respect4 ,les ,indi5s et les ,scy!s1 peuples dont le nom toit pe9e connu ,rome1 y v9r5t dem&] l'amiti d',augu/e4 ,les ,g]ma9s1 mo9s t]ribles qu'ils ne le fur5t dans la suite1 n'toi5t po9t encore p\sss sur les prov9ces ,roma9es p> les peuples du ,nord1 qui tombr5t dans la ,g]manie4 ,en un mot1 les premi]s successeurs d',augu/e1 pr(itant de la rputation de sagesse#ga et de ds9tressem5t que ce pr9ce avoit acquise aux ,roma9s1 n'avoi5t r$\t] aucun ennemi trang]4 #ga ,nec ulli g5ti s9e ju/is et necess>iis causis bellum intulit 7,augu/us7 tantumque abfuit cupiditate quoquo modo imp]ium vel bellicam gloriam aug5di1 ut quorumdam b>b>orum pr9cipes 9 de ,m>tis ultoris jur>e coeg]it1 mansuros se 9 fide ac pace quam pet]5t4 ,a quibusdam v] novum obsidum g5us1 fm9as exig]e t5tav]it2 quod neglig]e ,m>ium pignora s5tiebat4 7,suet4 9 vit4 ,aug47 ,addid]atque consilium co]c5di intr t]m9os imp]ii4 7,tac4 ,ann4 l4 #a47 ,a l'g>d des maux dome/iques qui devoi5t p]dre l'empire1 il faut desc5dre dans quelques dtails plus p>ticuli]s p\r compr5dre comm5t1 au lieu de se divis] en plusieurs p>ties indp5dantes1 il cont9uoit ne =m] qu'un seul corps4 ,rome ayant pris de *aque peuple qu'elle avoit va9cu le vice qui le di/+uoit1 toit dev5ue une cole dang]euse o t\tes les prov9ces toi5t alles p]dre les murs4 ,c'e/ a9si que les vices des ,asiatiques et des ,africa9s avoi5t corrompu les ,gaules1 l',espagne et t\s les pays qui se s]oi5t srem5t affran*is de la dom9ation ,roma9e1 si on n'et amolli leur c\rage p> les volupts4 ,le mme despotisme1 dont les emp]eurs accabloi5t l',italie1 leurs (fici]s l'ex]oi5t dans les prov9ces4 ,elles toi5t au pillage#gb1 et il ne leur re/oit d'autre passion qu'une cra9te abrutissante1 p>ce que leurs maux toi5t ports cet excs qui ne p]met pas mme de se livr] au dsespoir4 ,dans cette situation1 elles n'auroi5t pu sec\] le j\g et se dmembr] de l'empire1 qu'avec le sec\rs des gnraux qui y comm&oi5t1 et qui auroi5t v\lu s'y =m] un tat2 mais ce projet ne devoit pas se prs5t] l'esprit de ces (fici]s4 ,outre que la plup>t toi5t des esclaves aussi l*es que le matre qui les employoit1 et qu'une av>ice sordide toit leur seule passion1 la manire de p5s] de leurs armes s'y opposoit4 #gb ,t\s les hi/ori5s anci5s sont ple9s des vexations que les (fici]s des emp]eurs faisoi5t dans les prov9ces1 d'o ils rapportoi5t des =tunes imm5ses4 ,dion ,cassius p>le d'un c]ta9 ,lic9ius1 affran*i de ,cs> et g\v]neur des ,gaules s\s le rgne d',augu/e1 qui imag9a de p>tag] l'anne en quatorze mois1 au lieu de d\ze1 p>ce que les ,gaulois payoi5t un c]ta9 tribut p> mois4 ,c'toit une maxime de la politique de ce temps-l1 qu'un peuple heureux e/ indocile1 et que p\r t5ir la multitude dans la s\mission1 il falloit l'appauvrir4 ,quoique les soldats en effet regrettass5t le temps des gu]res civiles o ils s'toi5t enri*is des dp\illes des citoy5s2 qu'ils ne puss5t s\ffrir de n'tre employs contre les trang]s qu' des entreprises qui ne leur valoi5t aucun but91 et qu'ils euss5t v\lu avoir leur tte un ,sylla1 un ,m>ius1 un ,cs>2 un usurpateur1 en un mot1 qui ft oblig d'a*et] leurs bras1 et non pas obir un pr9ce qui j\issoit voluptueusem5t de sa =tune1 ils cons]voi5t quelque re/e de l'anci5 esprit de la rpublique1 p>ce que le despotisme ne s'toit po9t t5du jusque sur eux1 et qu'on les mnageoit4 ,les lgions p5soi5t ne ri5 devoir aux emp]eurs1 mais elles se croyoi5t de/9es cons]v] l'empire4 ,qu'on leur et propos de m>*] ,rome p\r dtrn] ,tibre1 ,caligula1 ,claudius ou ,nron1 on n'et tr\v que des hommes empresss obir2 mais elles auroi5t reg>d et puni comme un tratre un gnral qui auroit v\lu s'emp>] de quelque prov9ce2 et la mme arme qui (frit l'empire ,g]manicus1 n'auroit pas cons5ti le ru9] p> des dmembrem5s4 ,en p>lant de ce qui conc\rut t5ir unies t\tes les p>ties de l'empire1 j'ai dvelopp1 si je ne me trompe1 un vice n\veau dans sa con/itution1 et ce vice1 c'e/ l'esprit de brig&age jo9t l'indp5dance dont les lgions se flattoi5t1 et l'orgueil qui leur p]suadoit qu'elles toi5t en droit de dispos] de la dignit impriale#gc1 puisque la =tune de l'empire toit entre leurs ma9s2 le premi] exemple de la rvolte des armes contre des emp]eurs dte/s et mpriss1 devoit tre contagieux1 et t\s les gnraux ne devoi5t pas avoir la modration de ,g]manicus et de ,blesus#gd4 ,il falloit donc s'att5dre voir allum] de t\tes p>ts des gu]res cruelles1 qui1 sans ri5 *ang] la tyrannie des emp]eurs1 expos]oi5t encore les citoy5s celle des lgions altres de sang et de but94 #gc ,multa s$itionis ora vocesque2 su 9 manu sitam rem romanam1 suis victoriis aug]i ,rempublicam 9 suum cognom5tum adcisci imp]atores44444 fu]e etiam qui legatam divo ,augu/o pecuniam reposc]5t1 fau/is 9 ,g]manicum omnibus1 et si vellet imp]ium promtos o/5tav]e4 7,tac4 ,ann4 l4 #a47 #gd ,voyez dans ,tacite comm5t ces gnraux se comportr5t p\r appais] la rvolte de leurs armes1 t&is qu'ils p\voi5t en pr(it] p\r usurp] l'empire4 ,tibre1 in/ruit p> la sdition des soldats1 de l'esprit dont ils toi5t anims1 leur laissa voir sa cra9te1 les c>essa1 les flatta1 t&is qu'il ne devoit travaill] qu' les r5dre dociles1 en leur imposant le j\g que portoit le re/e de l'empire4 ,je sais combi5 une p>eille entreprise toit difficile2 mais ,tibre ne devoit-il pas au mo9s t5t] de pr5dre quelques mesures p\r prv5ir les maux dont lui et ses successeurs toi5t m5acs4 ,au lieu de ne faire qu'une arme de t\tes les milices qui toi5t sur une mme frontire1 il auroit d les p>tag] en deux ou trois corps indp5dans1 dont *acun auroit eu son gnral1 et mme des privilges p>ticuli]s qui les auroi5t r5dus jal\x et ennemis les uns des autres4 ,les armes1 ret5ues a9si p> la cra9te qu'elles se s]oi5t rciproquem5t inspire1 auroi5t appris peu--peu obir4 ,il et t impossible que deux ou trois gnraux1 entre lesquels il toit ais d'tablir une rivalit con/ante1 euss5t conspir au mme desse94 ,si l'un d'eux n'et c\t que son ambition1 et et v\lu usurp] l'empire1 il auroit d'abord tr\v dans sa prov9ce mme des ennemis combattre4 ,l'emp]eur1 en voyant de lo9 l'orage se =m]1 auroit eu le temps de song] sa sret1 de =tifi] les armes atta*es son s]vice1 ou de faire pass] en ,italie une p>tie des =ces de quelqu'autre prov9ce4 ,tacite rapporte que s\s le rgne de ,tibre1 ,svrus ,cec9na proposa au snat de faire une loi1 p> laquelle il ft ordonn aux gnraux et aux g\v]neurs de prov9ce de laiss] leurs femmes ,rome4 ,elles port5t avec elles1 disoit-il1 ce luxe1 cette mollesse1 cette av>ice qui les r5d5t si dang]euses p>mi n\s2 mais ces passions1 plus libres dans les prov9ces que s\s nos yeux1 y n]v5t galem5t la discipl9e militaire et le g\v]nem5t civil4 ,*aque femme y fait un trafic honteux de la puissance de son m>i1 et du crdit qu'elle a sur son esprit3 aprs avoir v5du les emplois1 elle v5d encore des disp5ses d'en remplir les fonctions4 ,bi5 lo9 de rejet] un projet p>eil1 ,tibre auroit d aj\t] la loi de ,cec9na1 qu'un gnral d'arme ne s]oit mme jamais suivi de ses enfans4 ,sa famille auroit t ,rome un otage de sa fidlit4 ,la gloire des armes et les comm&em5s n'auroi5t pas t hrditaires2 les fils ensevelis dans l'obscurit et les dbau*es de ,rome auroi5t s]vi de contrepoids la rputation du pre4 ,la noblesse et t dgrade1 il n'y et plus eu dans l'empire d'autre di/9ction que la faveur du pr9ce2 et les capita9es1 levs au comm&em5t p> la =tune1 auroi5t mo9s song s'lev] plus haut4 ,je n'ose entr] dans les dtails de cette mon/rueuse politique1 si connue auj\rd'hui *ez les puissances d',asie1 et qui toit ncessaire des hommes aussi incapables que ,tibre et ses successeurs1 de g\v]n] avec quelqu'app>5ce de ju/ice et de modration3 l'art dont ils avoi5t beso9 e/ odieux1 et je s\ill]ois mes crits1 si j'en dveloppois les pr9cipes4 ,tibre ngligea p> timidit d'aff]mir la =tune des emp]eurs2 et ,caligula et ,claudius n'tant que des mon/res aussi /upides que furieux1 crur5t assez p\rvoir leur sret s'ils crasoi5t t\t ce qui les appro*oit4 ,ni l'un ni l'autre n'pr\va le sort de ,nron1 les armes obir5t2 et il e/ surpr5ant que ,cau ,julius ,v9dex ait cru le premi] devoir v5g] le g5re huma9 opprim4 ,cet illu/re ,gaulois gmissoit depuis long-temps des maux de sa patrie4 ,brave1 fi]1 entrepr5ant1 il rassembla t\t ce que les ,gaules avoi5t encore d'honntes g5s1 et leur proposa la p]te de ,nron4 ,mes compagnons1 leur dit-il1 ce mon/re a pill t\te la t]re dont il e/ le tyran4 ,la plus gr&e p>tie du snat ,roma9 a pri p> ses ordres1 et il a fait m\rir sa mre aprs s'tre s\ill d'un ince/e avec elle4 ,je ne v\s p>l]ai pas des meurtres1 des concussions et des rap9es de ,nron2 qui p\rroit compt] ses att5tats8 ,mais j'en suis tmo9 moi-mme1 et v\s devez le croire3 j'ai vu cet homme 7si on peut donn] ce nom la femme de ,py?agore7 j'ai vu cet homme infme en habit d'hi/rion1 *ant] des v]s sur le ?tre1 faire le rle d'un esclave et d'une c\rtisanne1 tre *>g de f]s1 dev5ir ence9te et acc\*]4 ,il a fait t\t ce que les fables n\s racont5t de plus p\vantable4 ,qui de v\s donn]a les noms de ,cs> et d',augu/e ce ,?ie/e1 cet dipe1 cet ,alcmon1 cet ,ore/e8 sortez de votre ass\pissem5t1 mes compagnons1 p> votre pati5ce s\ffrir les crimes de ,nron1 v\s devi5drez enf9 ses complices2 ayez piti de v\s-mmes4 ,rome att5d que v\s la sec\riez1 et ju/ifiez la sagesse des dieux en dlivrant t\te la t]re d'esclavage4 ,v9dex donna l'empire ,galba1 et cet homme foible1 irrsolu et m\ dans sa conduite1 quoiqu'il se ft acquis assez de rputation dans le comm&em5t des armes1 fit voir combi5 la =tune des emp]eurs toit mal aff]mie2 il et manqu la si5ne1 s'il et t possible de n'tre pas heureux en attaquant ,nron#ge4 ,ds qu'il n'e/ plus s\t5u p> les conseils et le c\rage de ,v9dex1 qui malheureusem5t avoit t tu dans le comm5cem5t de son entreprise1 il ne sait pr5dre aucun p>ti4 ,il faut que les ,roma9s l'enc\rag5t eux-mmes consomm] sa rvolte1 et l'appell5t leur sec\rs4 ,il n'ose p\rsuivre sa m>*e et s'appro*] de ,rome que qu& il appr5d que le snat1 plus c\rageux que lui1 a condamn le tyran mort1 et que ,nron fugitif e/ ab&onn de t\t le monde4 #ge ,nron ne fit aucune att5tion aux n\velles qui lui apprir5t la rvolte de son arme2 il se cont5ta de mettre prix la tte de ,v9dex4 ,il assembla dans ces circon/ances le snat1 et ne lui fit "p que d'une dc\v]te qu'il avoit faite1 et qui devoit faire r5dre l'hydraule des sons plus =ts et plus h>monieux4 ,voyant ensuite que les lgions de ,g]manie se joignoi5t celles des ,gaules1 il dsespra de cons]v] l'empire1 et mdita1 dit-on1 de se retir] en ,egypte1 esprant d'y gagn] sa vie1 en montrant j\] de la lyre4 ,galba fut dans l'empire ce que ,sylla avoit t dans la rpublique2 celui-ci fit connotre aux ,roma9s qu'ils n'toi5t plus dignes d'tre libres1 et donna le premi] exemple de la tyrannie4 ,l'autre donna le premi] exemple de la rvolte et de la *te d'un emp]eur2 et en montant sans droit sur le trne1 il av]tit t\te la t]re qu'il ne falloit qu'os] l'imit]4 ,il r5dit plus vif dans les armes le gt qu'elles avoi5t p\r la gu]re civile1 et dvoila un secret fune/e aux ,roma9s1 en leur appr5ant qu'un emp]eur p\voit tre proclam hors de ,rome#gf1 ce sans le cons5tem5t du snat4 #gf ,evulgato imp]ii arcano1 posse pr9cipem alibi quam ,rom fi]i4 7,tac4 ,hi/4 l4 #a47 ,quoique mo9s aff]mi sur le trne qu'aucun de ses prdcesseurs1 ,galba ne prit aucune prcaution p\r sa sret4 ,il se livra1 au contraire1 trois hommes obscurs que les ,roma9s appeloi5t ses pdagogues1 et qui t\s trois1 le g\v]nant t\r--t\r avec des vices diffr5s1 fir5t voir le pr9ce dans le passage cont9uel d'un vice un autre4 ,mpris des citoy5s1 il se r5dit odieux aux soldats1 p> son av>ice4 ,depuis qu'ils avoi5t fait un emp]eur1 ils exigeoi5t des mnagem5s extrmes2 et ils fir5t un crime ,galba1 d'une c]ta9e dignit dans le comm&em5t1 dont il avoit contract l'habitude la tte des lgions d',espagne4 ,o?on1 prodigue1 av>e1 ambitieux1 adroit1 capable de t\t entrepr5dre1 qu& il ne falloit que des crimes p\r russir1 v\lut rgn]4 ,il gagna p> les flatt]ies les plus basses la g>de prtori5ne1 et se fit proclam] emp]eur2 mais le mom5t de son lvation fut presque celui de sa *te4 ,ds que ,vitellius apprit la mort de ,galba1 il dem&a l'empire l'arme qu'il comm&oit en ,g]manie4 ,o?on1 voyant appro*] son ennemi1 eut rec\rs au snat1 et t5ta en quelque sorte de s'en faire un protecteur2 mais que p\voit ce corps dans l'avilissem5t o il toit tomb8 ,vitellius toit d'une naissance honteuse ou du mo9s obscure4 ,v5du p> son pre1 le plus insigne flatteur de ,rome1 p\r s]vir aux plaisirs d'un pr9ce dont il att5doit sa =tune1 c'e/ dans la c\r de ,capre qu'il se faonna cette sclratesse qui devoit lui mrit] la confiance et le mpris de ,caligula et de ,nron4 ,son lvation fit s\lev] les lgions qui toi5t ,mosie et en ,pannonie2 et ,vespasi51 qui comm&oit dans la ,jude1 fut salu emp]eur4 ,vitellius ne lui fit pas a*et] *rem5t l'empire4 ,la dbau*e qui l'avoit abruti lui fit voir sa ru9e avec /upidit2 il ne sut po9t1 l'exemple d',o?on1 sortir p\r un mom5t de son ivresse2 et ca*ant son dsespoir s\s une app>5ce de c\rage et de f]met1 laiss] d\t] la po/rit s'il n'toit po9t mort en gr& homme4 ,tant de rvolutions conscutives1 t\j\rs heureuses1 et dans lesquelles les lgions avoi5t t\j\rs dispos leur gr de l'empire1 assurr5t en quelque sorte aux soldats le droit qu'ils croyoi5t dj avoir de faire des emp]eurs4 ,ils disoi5t1 en faveur de leur prt5tion1 que la dignit d'emp]eur toit purem5t militaire2 et que dans le temps de la rpublique1 les armes1 de leur propre m\vem5t1 la confroi5t ou la refusoi5t leurs gnraux4 ,ils se rappeloi5t qu'aprs la mort de ,caligula quelques g>des des cohortes prtori5nes qui toi5t entres dans le palais p\r pill]1 r5contrr5t ,claudius1 et le salur5t emp]eur1 t&is que les snateurs toi5t inutilem5t assembls p\r tablir une n\velle =me de g\v]nem5t4 ,nron leur f\rnissoit un titre encore plus =t2 il s'toit fait proclam] p> les tr\pes avant que de se r5dre au snat#gg2 et qu& ,galba avoit v\lu s'associ] ,pison1 ce ne fut ni aux magi/rats ni aux snateurs qu'il eut rec\rs2 il se transporta dans le camp des g>des prtori5nes p\r faire autoris] son dcret4 #gg ,s5t5tiam militum secuta patrum consulta4 7,tac4 ,ann4 l4 #ab47 ,ind raptim appellatis militibus ad curiam delatus e/4 7,suet4 9 vit4 ,n]47 ,dans un tat o depuis long-temps on ne connoissoit po9t d'autre droit que celui de la =ce1 et o le p\voir arbitraire n'avoit fait de t\s les citoy5s que des esclaves timides1 t\tes les entreprises des armes devoi5t p>otre lgitimes1 et ri5 ne p\voit leur rsi/]4 ,les g5s de gu]re auroi5t comm5c g\v]n] tyranniquem5t1 ds qu'ils eur5t dispos de l'empire en faveur de quelques-uns de leurs gnraux1 si la sagesse de ,vespasi5 et de ses successeurs n'et mis un fre9 ce dsordre naissant4 ,vespasi5 ne rp&it po9t de sang2 il s'appliqua rp>]1 p> son conomie1 les maux qu'avoi5t caus les pr(usions et les rap9es de ses prdcesseurs2 il corrigea plusieurs abus1 respecta le snat1 fit revivre les loix ananties2 et p> sa vigilance et son adresse1 cont9t les armes dans le devoir4 ,titus son fils *assa de ,rome t\s les dlateurs2 il ne suffit plus d'tre calomni p\r tre trait en c\pable4 ,un pr9ce qui croyoit avoir p]du les j\rnes o il n'avoit pas fait quelque heureux1 ne crut po9t qu'on pt se r5dre crim9el de lse-maje/4 ,ple9 de respect p\r ses sujets1 ses v]tus et le bonheur public fir5t sa sret2 les lgions fur5t dociles1 p>ce qu'une rvolte les et r5du odieuses4 ,l'empire comm5oit tre heureux1 et ,domiti5 le replongea dans t\tes les horreurs qu'il avoit pr\ves s\s ,nron4 ,on vit r5atre les proscriptions1 les dlateurs1 les concussions et les crimes de lse-maje/4 ,on ne put avoir la rputation de philosophe sans prir4 ,on punit de mort une femme p\r s'tre d%abille devant la /atue de l'emp]eur4 ,n\veau g5re de tyrannie6 ,domiti51 ent\r d'a/rologues1 faisoit tir] l'horoscope de t\s les gr&s de l'empire1 et ces *>latans ne leur sauvoi5t la vie qu'en leur prdisant des humiliations et des calamits4 ,ce mon/re se s]oit vu enf9 enlev] l'empire p> la rvolte des armes1 quoiqu'en augm5tant leur paie il p>taget avec elles le fruit de ses viol5ces1 si ses dome/iques1 las de le cra9dre malgr les bi5faits qu'ils en recevoi5t1 n'en euss5t purg la t]re4 ,n]va1 qui lui succda1 g\v]na avec une extrme modration2 il savoit qu'un peuple libre fait la gr&eur d'un pr9ce qui s'en fait aim]4 ,il invita *aque citoy5 all] repr5dre dans le palais ce que ,domiti5 lui avoit vol4 ,il dim9ua le nombre des ftes1 des spectacles et des dp5ses inutiles4 ,il ne s\ffrit po9t que la flatt]ie lui levt de /atue ni d'arc de triomphe1 et il avoit raison de dire qu'il ne cra9droit po9t d'abdiqu] l'empire1 et de r5dre compte comme simple citoy51 de la conduite qu'il avoit t5ue comme emp]eur4 ,mais ce qui met le comble l'loge de ,n]va1 c'e/ qu'il adopta ,trajan1 pr9ce qui doit s]vir de modle t\s les rois1 et tel que la provid5ce le donne un peuple1 qu& elle veut le r5dre heureux4 ,il unissoit t\s les tal5s de l'homme d'tat et du gr& capita9e1 aux v]tus du philosophe4 ,il se fit respect] et aim] des armes2 il les occupa p> des entreprises importantes2 et au bruit de leurs victoires1 on auroit dit que les ,roma9s se tr\voi5t transports au temps des ,scipions et des ,emile4 ,adri5 pr(ita du bon ordre que ,trajan avoit tabli dans les affaires2 et quoiqu'il ab&onnt les conqutes de son prdcesseur1 et qu'on lui ait repro* la mort de quelques p]sonnes considrables1 son rgne fut tranquille et florissant4 ,brave1 libral1 prud5t1 il p>c\rt sans cesse les prov9ces de l'empire1 et e/ prs5t p>t\t o sa prs5ce e/ utile4 ,il btit de n\velles villes1 ou rp>e les anci5nes1 met les frontires c\v]t des incursions des ,b>b>es1 oblige les g\v]neurs de prov9ce rp>] leurs inju/ices1 veille la discipl9e1 la cons]ve1 la fait aim]1 et conti5t les gnraux dans le devoir4 ,anton91 qu'il avoit adopt1 fut le pre de ses sujets1 et mritoit d'avoir p\r successeur ,m>c-,aurle1 qui1 dans le calme des passions que lui avoit procur la philosophie /oci5ne1 ne connut d'autre bonheur que le bonheur public4 ,n]va1 ,trajan1 ,anton9 et ,m>c-,aurle toi5t p]suads que les lois sont au-dessus du pr9ce1 et que qui ne sait pas leur obir1 e/ indigne de g\v]n] des hommes4 ,ne se proposant d'autre objet que celui mme qui a =m les socits1 ils ne se reg>doi5t 7p\r me s]vir de l'expression de l'un d'eux7 que comme les hommes d'affaires de la rpublique4 ,je v\s donne cette pe1 disoit ,m>c-,aurle1 au *ef du prtoire1 p\r me df5dre tant que je m'acquitt]ai fidellem5t de mon devoir2 mais elle doit s]vir me punir1 si j'oublie que ma fonction e/ de faire le bonheur des ,roma9s4 ,on voit dans ,dion que le mme pr9ce tant prt de p>tir de ,rome p\r port] la gu]re en ,scy?ie1 dem&a p]mission au snat de pr5dre de l'arg5t dans l'p>gne3 c>1 disoit-il1 tant s'en faut que ri5 m'app>ti5ne en propre1 que la maison mme que j'habite e/ v\s4 ,ce que ces pr9ces faisoi5t p> pr9cipe d'quit1 des ambitieux ou des hommes timides auroi5t d le faire p> politique4 ,p\r t\ff] l'esprit d'indp5dance et de rvolte rp&u dans les armes1 il falloit r$onn] au snat cette maje/ imposante qui l'avoit autrefois r5du l'ame de la rpublique1 et intress] le peuple p> sa propre lib]t1 respect] les lois1 et cons]v] les droits du *ef de l'empire#gh4 ,la =tune des emp]eurs auroit eu alors un d\ble remp>t4 ,une rvolte contre eux s]oit dev5ue un att5tat contre t\s les ,roma9s1 et le pr9ce auroit t5u dans ses ma9s t\tes les =ces des citoy5s p\r df5dre sa dignit4 #gh ,nunc demum r$it animus1 et quanquam primo /atm beatissimi sculi ortu ,n]va ,cs> res olim dissociabiles miscu]it1 pr9cipatum ac lib]tatem1 augeatque quotidi facilitatem imp]ii ,n]va ,trajanus4 7,tac4 9 vit4 ,agric47 ,aprs la mort de ,trajan1 qui ne s'toit po9t dsign de successeur1 les ,roma9s recueillir5t encore le fruit de sa sagesse2 et la modration que les armes fir5t voir1 fut l'ouvrage de la si5ne4 ,elles n'entreprir5t ri5 contre l'autorit publique2 et le snat1 que le pr9ce leur avoit appris respect]1 lut librem5t un emp]eur4 ,ce succs augm5ta sa confiance2 il crut p\voir montr] impunm5t quelque v]tu2 il p>la avec excration de la tyrannie2 et cette compagnie1 qui avoit ador ,caligula et ,nron comme des dieux1 refusa d'abord l'apo?ose ,adri51 et ne cons5tit lui en accord] les honneurs qu'aprs avoir rsi/ plusieurs fois aux sollicitations d',anton94 ,il s'en falloit bi5 cep5dant que le snat rep>t avec la mme dignit qu'il avoit cons]ve s\s ,augu/e4 ,l'habitude de ramp] toit prise2 et son c\rage1 ne p>tant po9t d'un s5tim5t intrieur et vif p\r le bi51 ne p>oissoit1 si je puis m'exprim] a9si1 qu'une qualit d'emprunt4 ,les ,anton9s1 l'exemple de ,n]va et de ,trajan1 avoi5t beau enc\rag] les snateurs tre libres et os] se faire respect]1 il toit impossible de s\t5ir p5dant long-temps1 dans un c]ta9 degr d'lvation#gi1 des ames avilies p> le despotisme des prdcesseurs de ,vespasi54 ,a pe9e le snat avoit-il comm5c quelqu'action gnreuse1 que1 fatigu p> l'ef=t qu'il avoit fait1 il retomboit dans une sorte d'anantissem5t qui lui p>oissoit d\x1 p>ce qu'il y toit acc\tum1 et qu'il n'en p\voit sortir que p> la pratique des v]tus qui lui toi5t les plus trangres4 #gi ,natur infirmitatis human1 t>diora sunt rem$ia quam mala1 et ut corpora l5te augescunt1 cit ext+uuntur4 ,sic +5ia /udiaque oppress]is facilius1 quam revocav]is4 ,subit quippe etiam ipsius in]ti dulc$o3 et invisa primo desidia po/rem amatur4 7,tac4 9 vit4 ,agric47 ,les esprits n'ayant plus cette vigueur qui fait saisir et cons]v] avec =ce les impressions qu'on leur donne1 les ,roma9s1 sans c>actre1 devoi5t cess] d'tre heureux ds qu'ils cess]oi5t d'tre g\v]ns p> des philosophes4 ,p> quel moy5 ,trajan et ,m>c-,aurle auroi5t-ils pu donn] quelque consi/ance aux affaires de l'empire8 ,ils auroi5t inutilem5t port les lois les plus sol5nelles p\r fix] les prrogatives du snat1 et tablir1 en un mot1 une telle =me de g\v]nem5t1 qu'un emp]eur1 lo9 d'tre t5t d'abus] de sa puissance1 ft t\j\rs ret5u dans son devoir3 leurs lois n'auroi5t pas produit un effet plus salutaire que leurs exemples4 ,m>c-,aurle s5tit cette vrit2 et jugeant p> la l*et des ,roma9s des vices qu'auroi5t ses successeurs1 et du p\voir qu'acqu]roi5t les armes1 ce fut aux lgions et non au snat1 qu'il recomm&a en m\rant son fils et sa =tune4 ,commode eut t\s les vices1 p>ce qu'il prit t\s ceux de ses favoris2 et les snateurs ne fur5t que des esclaves s\s ce n\veau ,nron4 ,il n'eut d'autre art1 p\r se s\t5ir p5dant prs de treize ans1 que d'augm5t] les privilges des tr\pes1 et de les enri*ir des dp\illes de l'empire4 ,mais ce qui fit son salut devoit faire la p]te de ses successeurs4 ,les soldats s5tir5t mieux que jamais combi5 ils toi5t puissans1 et de quel intrt il toit p\r un pr9ce de les mnag]4 ,acc\tums aux pr(usions de ,commode1 s'tant fait de n\veaux beso9s1 et n'tant ret5us p> aucune cra9te1 il toit naturel qu'ils v5diss5t l'empire aprs sa mort4 ,p]t9ax le mrita p> ses libralits2 mais il v\lut tre un emp]eur plutt qu'un *ef de brig&s1 et il fut massacr p> sa g>de1 aprs trois mois de rgne4 ,l'empire fut alors mis l'encan4 ,sulpitianus1 disoi5t les soldats du prtoire ,didius ,juli51 n\s (fre tant1 que v\lez-v\s y aj\t]8 ,allant ensuite ,sulpitianus3 ,juli51 lui disoi5t-ils1 e/ plus libral que v\s2 voil la somme qu'il n\s prs5te2 de combi5 prt5dez-v\s en*rir sur lui8 ,la c\ronne impriale app>ti5dra au plus (frant et d]ni] en*risseur4 ,c'e/ a9si que ,juli5 p>v9t l'empire2 et le *em91 ds ce mom5t1 en fut ouv]t t\t homme qui se flatta de p\voir faire assez de concussions p\r s'acquitt] de la dette qu'il contractoit avec une arme4 ,o?on avoit d son lvation aux intrigues de deux soldats#hj3 les soldats travaill]ont actuellem5t p\r eux-mmes1 et une meute les port]a sur le trne4 ,la maje/ en fut bi5tt dgrade p> l'avilissem5t qu'y rp&ir5t des hommes t\t la fois les plus l*es et de la naissance la plus basse4 ,la sup]/ition donna une n\velle =ce ces dsordres1 et les rv]ies des dev9s et des a/rologues s]vir5t de titres p\r usurp] l'empire4 ,il p>ut mille sditieux qui s]oi5t morts inconnus dans leur oisive obscurit1 s'ils ne s'toi5t crus obligs de ju/ifi]1 p> des sditions et des rvoltes1 les va9es promesses qui leur avoi5t donn de l'ambition4 #hj ,suscep]e duo manipul>es imp]ium populi romani transf]5dum1 et tran/ul]unt4 7,tac4 ,hi/4 l4 #a47 ,comme les emp]eurs s'toi5t emp>s de t\te l'autorit du snat et du peuple opprim1 et qu'ils n'toi5t cep5dant eux-mmes que les esclaves des lgions1 depuis qu'elles disposoi5t leur gr de l'empire1 t\te la puissance s\v]a9e se tr\va entre les ma9s des soldats1 et l'emp]eur ne fut que le premi] magi/rat de cette dmocratie mon/rueuse4 ,si le g\v]nem5t o le peuple e/ matre de t\t1 e/ sujet tant d'abus que les politiques les plus sages n'ont po9t cra9t de dire que la dmocratie1 ab&onne elle-mme1 e/ presque t\j\rs la plus intolrable des tyrannies1 que doit-on p5s] d'un g\v]nem5t militaire1 o le soldat plus brutal1 aussi ignorant et plus incon/ant que le peuple1 j\it de la s\v]a9e puissance8 ,la milice ,roma9e1 depuis le rgne de ,tibre1 n'toit compose que de la portion la plus mprisable des citoy5s4 ,enc\rage au mal p> les mauvais emp]eurs et p> le p\voir qu'elle avoit acquis1 ce ne fut plus qu'une multitude de brig&s qui se crut t\t p]mis4 ,la rputation que cons]voit ,rome fit p5s] que1 p\r tre emp]eur1 il falloit en tre le matre2 a9si une arme avoit pe9e confr un de ses *efs la dignit impriale1 qu'il m>*oit en ,italie dans le desse9 d'y faire reconnotre son autorit1 et ,rome ne fut plus la capitale de l'empire que p\r voir fondre sur elle t\s les orages qui se =moi5t dans les prov9ces4 ,la tyrannie d'un ,caligula1 d'un ,nron1 d'un ,domiti5 avoit eu ses bornes2 ma9t5ant des armes entires1 hritires de leur fureur et de leur p\voir1 qui ont des intrts opposs1 et qui croi5t avoir le mme droit de faire des emp]eurs1 ravag5t t\tes les prov9ces1 et combatt5t entre elles p\r s\t5ir le matre que *acune d'elles s'e/ donn1 et que *acune sacrifi]a dans une autre occasion son av>ice ou aux murmures d'un simple tribun4 ,une f\le de pr9ces ne fait que p>otre sur le trne2 d'autres ont pe9e le temps de se revtir des ornem5s impriaux2 et s\s le rgne de ,galli51 on compta jusqu' tr5te tyrans1 qui1 p5dant l'espace de sept huit ans1 se disputr5t l'empire4 ,il s]oit inutile de donn] une ide du gnie et de la conduite des emp]eurs qui rgnr5t dans ces temps orageux4 ,puisque ,titus1 ,trajan1 ,anton9 et ,m>c-,aurle ne pur5t1 malgr leurs tal5s et leurs bonnes int5tions1 purg] le g\v]nem5t ,roma9 de ses vices1 on doit jug] que leurs successeurs les plus sages1 t\j\rs la veille d'pr\v] quelque viol5ce ou quelque trahison1 et qui ne j\issoi5t que d'une autorit prcaire1 n'auroi5t t5t qu'infructueusem5t de travaill] au bonheur de l'empire4 ,occups de leurs dang]s p]sonnels1 leur politique et leur c\rage se bornr5t veill] leur propre sret4 ,les g5s de gu]re auroi5t cons]v l'autorit qu'ils avoi5t usurpe1 si1 ne =mant dans l'empire qu'un mme corps1 ils n'euss5t eu qu'un mme intrt2 mais comme la va/e t5due de la dom9ation des ,roma9s ne p]mettoit pas de transport] les lgions d'une frontire l'autre1 on les avoit r5dues sd5taires dans diffr5tes prov9ces1 et elles =mr5t a9si des armes entre lesquelles il n'y eut aucune liaison4 ,ds que l'une eut fait un emp]eur1 les autres prt5dir5t avoir le mme droit2 et leurs divisions cont9uelles emp*r5t qu'elles n'acquiss5t des privilges fixes et c]ta9s1 ou du mo9s qu'il ne s'tablt quelque espce de rgle et d'ordre dans leur brig&age4 ,a =ce de ravag] l',italie et les prov9ces1 les soldats n'y tr\vr5t plus ri5 pill]2 et les ambitieux1 de leur ct1 eur5t de j\r en j\r plus de pe9e amass] l'arg5t ncessaire p\r corrompre les lgions4 ,l'esprance d'un gr& but9 n'animant plus les uns1 et les autres ne p\vant plus m>*&] l'empire avec la mme facilit1 les armes fur5t mo9s portes tr\bl] l'tat4 ,les emp]eurs pr(itr5t de ces dispositions p\r les acc\tum] obir1 et ils cons5tir5t mme se dp\ill] d'une p>tie de leur puissance1 af9 de mieux cons]v] l'autre4 ,m>c-,aurle1 en pr5ant ,lucius ,v]us p\r collgue1 avoit donn l'exemple des associations4 ,cet usage fut suivi p> plusieurs de ses successeurs1 et ,dioclti5 rgla enf9 qu'il y auroit dsormais deux emp]eurs#ha qui g\v]n]oi5t l'empire en commun1 et deux ,cs>s qui s]oi5t leurs lieut5ans et leurs hriti]s prsomptifs4 ,p>-l1 les armes les plus considrables toi5t comm&es p> des pr9ces intresss ma9t5ir le g\v]nem5t1 et ces armes cont5oi5t les autres dans le devoir4 #ha ,dioclti5 s'associa ,maximi51 depuis surnomm ,h]cule4 ,ces deux emp]eurs p>tagr5t l'empire2 l'un eut l',ori5t1 et l'autre l',occid5t2 mais ils g\v]noi5t ensemble1 et aucun d'eux ne se reg>da comme le matre p>ticuli] des prov9ces dont il avoit l'adm9i/ration4 ,s5tant ensuite combi5 il leur toit encore difficile d'avoir l'il sur t\tes les armes1 et de g>antir la fois l'empire contre les incursions des ,b>b>es1 et leur p]sonne contre les entreprises des armes1 ils se crr5t *acun un ,cs>4 ,dioclti5 *oisit ,maximi5 ,galre1 qui il confia le g\v]nem5t de la ,?race et de l',illyrie4 ,maximi5 lut ,con/ance ,*lore1 et lui ab&onna l',espagne1 les ,gaules et la ,bretagne4 ,l'empire ne cessa d'tre le j\et des passions de la milice1 que p\r se voir opprim] p> celles des emp]eurs4 ,le sang1 il e/ vrai1 ne fut pas prodigu comme s\s les premi]s successeurs d',augu/e2 mais si le despotisme p>ut mo9s t]rible1 p>ce qu'il n'osoit se s]vir des g5s de gu]re p\r ses m9i/res1 il n'en fut pas mo9s de/ructif3 il portoit p>t\t la misre1 la faim1 la honte et l'anantissem5t4 ,les emp]eurs1 plus aff]mis sur le trne1 ne songr5t r=m] aucun abus1 et se livrr5t t\t enti]s au fa/e1 la mollesse1 l'orgueil et au gt de t\s les plaisirs4 ,il fallut que l'empire1 puis p> une longue suite de calamits dome/iques1 et dont les prov9ces toi5t t\r t\r ravages p> les c\rses des ,b>b>es1 rassasit l'avidit insatiable de plusieurs pr9ces qui rgnoi5t la fois4 ,ces emp]eurs ne fur5t bi5tt que des idoles ridicules1 p>es des ornem5s impriaux4 ,t\t leur p\voir passa entre les ma9s de leurs m9i/res1 des femmes de leurs palais et de leurs favoris2 et *acun d'eux en abusa p\r cont5t] une passion diffr5te4 ,je ne sais si je dois m't5dre en rflexions sur la n\velle =me qu'avoit prise le g\v]nem5t s\s le rgne de ,dioclti54 ,t\t le monde sait que le p>tage de la puissance s\v]a9e1 entre les pr9ces gaux1 n'e/ propre1 dans t\s les temps et dans t\s les pays1 qu' caus] des s\pons et des jal\sies1 prp>] et faire natre des rvolutions1 et donn]1 en un mot1 une c>rire plus libre aux passions1 en rel*ant les ressorts du comm&em5t4 ,dioclti5 fut le premi] la victime de sa politique2 ,galre1 dont la dignit de ,cs> n'avoit fait qu'irrit] l'ambition1 ne put att5dre sa mort ni celle de ,maximi5 p\r rgn]2 il les contraignit abdiqu] l'empire1 et se fit proclam] emp]eur avec ,con/ance son collgue4 ,l'inju/ice de ces pr9ces les r5dit suspects l'un l'autre2 il n'y eut aucune communication entr'eux2 l'un g\v]na l',ori5t et l'autre l',occid5t1 et ces deux p>ties de l'empire comm5cr5t =m] deux puissances1 en quelque sorte indp5dantes4 ,si ,con/ance et eu autant de c\rage1 de f]met et d'ambition que ,galre1 les ,roma9s auroi5t ds-lors t en proie aux gu]res civiles qui s'allumr5t immdiatem5t aprs sa mort1 et qui causr5t de gr&s ravages s\s les rgnes suivans4 ,les divisions des emp]eurs fir5t connotre leur foiblesse1 et en donnant de la confiance aux armes1 leur r5dir5t leur anci5 gnie4 ,elles recomm5cr5t dispos] de l'empire2 et jusqu'au rgne d',augu/ule1 d]ni] emp]eur d',occid5t1 on vit plusieurs rebelles s\t5ir p> les armes le titre que les lgions leur avoi5t donn4 ,les dsordres ne se succdr5t plus dans l'empire1 ils y rgnr5t t\s la fois4 ,on y pr\va en mme temps les ravages du despotisme et de l'an>*ie4 ,ce qui met le comble aux maux que cause le despotisme1 c'e/ que t\t en annonce la dure dans une nation1 ds qu'une fois elle e/ tombe dans l'esclavage4 ,plus le matre qui l'opprime s5t qu'elle e/ en droit de rclam] contre l'autorit qu'il ex]ce1 plus il *]*e l'humili]2 et qu& la cra9te s'e/ emp>e des esprits1 une /upidit gnrale devi5t un ob/acle insurmontable t\te r=me avantageuse4 ,on a vu la preuve de cette tri/e vrit lorsque j'ai p>l des ef=ts inutiles que fir5t ,n]va1 ,trajan et les deux ,anton9s p\r dim9u] leur p\voir3 le snat et le peuple n'avoi5t pas le c\rage de cons]v] la p>tie de l'autorit que ces pr9ces leur remettoi5t4 ,ce n'e/ que dans les m\vem5s convulsifs d'une rvolte qu'un peuple p\rroit rec\vr] son c\rage et sa lib]t2 mais c'e/ le dsespoir seul qui peut les excit]1 et le dsespoir e/ t\j\rs une passion trop aveugle et trop passagre p\r en ri5 espr]4 ,le tyran e/ quelquefois accabl1 mais la tyrannie subsi/e4 ,c'e/ a9si que les ,roma9s ne font prir s\v5t un emp]eur que p\r lui donn] un successeur plus vicieux2 et ce qui e/ arriv dans l'empire1 arriv]a t]nellem5t dans les pays qui obiss5t au mme g\v]nem5t4 ,le despotisme a sans d\te ses rvolutions1 mais elles n'en *ang5t jamais que la =me4 ,t\t se t]m9e faire pass] du despote aux m9i/res de ses volonts la puissance qu'il possdoit3 l'in/rum5t dont il se s]t p\r t\t opprim] doit l'opprim] son t\r4 ,t\te l'hi/oire des emp]eurs ,roma9s atte/e cette vrit2 et p\r la dmontr]1 il suffiroit d'exam9] quelles passions subsi/5t ou s'teign5t s\s le p\voir arbitraire1 leur jeu1 et p> consqu5t les effets qu'elles doiv5t produire4 ,,livre ,,quatri,,me4 ,ce s]oit v\loir ne connotre que bi5 imp>faitem5t un peuple tabli p> la =ce des armes1 et accru p> des gu]res cont9uelles1 que de s'arrt] ce que j'ai dit jusqu'ici4 ,je t*]ai dans la suite de cet ouvrage de dvelopp] la politique de la rpublique ,roma9e1 de faire connotre ses ennemis1 et de dml] les causes de son agr&issem5t4 ,les ,grecs avoi5t tort de p5s] que les ,roma9s ne duss5t leur lvation qu'aux caprices de la =tune4 ,un p>ticuli] peut t\t devoir au has>d1 une seule circon/ance heureuse dcidant quelquefois de son sort2 mais ds qu'une nation a combattu p5dant plusieurs sicles contre des peuples diffr5s p> leur g\v]nem5t1 leur c>actre1 leurs =ces et leur discipl9e1 et qu'elle les a successivem5t s\mis1 ses progrs sont ncessairem5t l'ouvrage de son mrite4 ,les ,roma9s ont va9cu l'univ]s1 p>ce qu'ils ont tr\v p>-t\t des hommes mo9s sagem5t g\v]ns qu'eux4 ,qu'on suppose autant de v]tus ,c>?age qu' ,rome1 et dans l'une et l'autre ville les mmes ress\rces et la mme discipl9e2 jamais la =tune n'auroit p5* d'aucun ct2 l'univ]s et t p>tag entre ces deux rpubliques1 jusqu' ce qu'elles se fuss5t mutuellem5t ru9es3 c'e/ le c\rage et la gnrosit des ,roma9s qui triomphr5t de la timidit et de l'av>ice des ,c>?ag9ois4 ,rome devoit =m] une socit gu]rire2 les brig&s qui v9r5t la peupl] manquoi5t de t\t1 et il falloit qu'ils conquiss5t des t]res et des femmes4 ,plus ils toi5t odieux leurs vois9s1 plus ils s5tir5t la ncessit d'tre soldats4 ,a l'exception de ,numa1 t\s les successeurs de ,romulus aimr5t la gu]re2 et bi5tt l'exil de ,t>qu91 et les ef=ts que fit ce pr9ce p\r s\mettre ses sujets rvolts1 r5dir5t la rpublique de ,brutus absolum5t militaire4 ,les rcomp5ses1 les honneurs1 les di/9ctions ne fur5t accords qu'aux qualits gu]rires2 et p>ce que1 dans le dang] dont ,rome toit m5ace1 on n'avoit beso9 que de soldats1 t\t le re/e dev9t mprisable4 ,il n'e/ po9t de peuple1 quelque modration qu'il affecte1 qui ne v\lt s't5dre et subjugu] ses vois9s2 c> ri5 ne flatte plus agrablem5t t\tes les passions du cur huma9 que des conqutes3 plus =te raison une ambition agissante doit-elle accompagn] un g\v]nem5t o le citoy5 e/ soldat et le magi/rat capita9e1 mo9s qu'elle n'y soit rprime avec autant d'habilet qu'elle le fut ,lacdmone p> les in/itutions de ,lycurgue4 ,les ,sp>tiates1 quoique soldats1 ne devoi5t pr5dre les armes que p\r se df5dre2 et leurs lois toi5t telles1 qu'il leur importoit peu de subjugu] la ,grce#hb1 et de se faire des sujets4 ,les ,roma9s1 au contraire1 reg>doi5t leurs vois9s comme des hommes de/9s leur obir2 et l'on se rappelle sans d\te qu'ils ne possdoi5t encore que quelques arp5s de t]re au-del de leurs murailles1 et subsi/oi5t en p>tie du but9 pris sur leurs ennemis1 qu'ils se repaissoi5t dj de l'ide de p>v5ir la mon>*ie univ]selle4 #hb ,voyez les ,obs]vations sur l'hi/oire de la ,grce4 ,le snat s'tant dfait de ,romulus1 craignit une rvolte de la "p du peuple2 et p\r la prv5ir1 il publia que ce pr9ce avoit t enlev au ciel4 ,un tmo9 apo/ assura mme p> s]m5t que ,romulus lui avoit app>u avec t\s les attributs d'une div9it1 et prdit que sa ville devi5droit la matresse du monde4 ,ce qui n'toit qu'une esprance flatteuse p\r les ,roma9s dev9t un article fondam5tal de leur religion1 aprs que ,t>qu9 le sup]be eut jet les fondem5s du ,capitole4 ,il y tr\va les /atues de plusieurs ,dieux2 et craignant de leur dplaire s'il les enlevoit1 sans leur cons5tem5t1 du lieu qu'elles occupoi5t1 il consulta les augures4 ,ces prtres traitr5t cette affaire avec une extrme gravit2 ils fir5t plusieurs crmonies1 et dem&r5t enf9 ces div9its si elles tr\v]oi5t bon de cd] leur demeure ,jupit]4 ,m>s1 la jeunesse et le ,dieu ,t]me1 dit-on1 ne v\lur5t po9t ab&onn] le capitole4 ,ce procd1 peu respectueux de la "p de ces ,dieux subalt]nes env]s ,jupit]1 tonna1 et peut-tre sc&alisa les ,roma9s2 il fallut l'expliqu]1 et les raisonnem5s des augures =mr5t une espce de prdiction qui annonoit que le peuple de ,romulus1 dont ,m>s toit le pre1 ne cd]oit jamais une place qu'il auroit occupe2 que la jeunesse ,roma9e s]oit inv9cible1 et que le ,dieu ,t]me1 protgeant les frontires de l'tat1 ne p]mettroit jamais qu'elles fuss5t envahies4 ,c'e/ sur la foi de ces prsages ridicules1 mais respects1 que les ,roma9s reg>dr5t t\te la t]re comme leur doma9e1 et se prp>r5t triomph] de t\s les peuples4 ,heureusem5t1 p\r l'honneur des augures1 ,rome se tr\va dans des circon/ances t\j\rs propres n\rrir son ambition1 et qui ne lui p]mir5t pas de s'amollir p> la paix4 ,ces diss5tions de la noblesse et du peuple1 qui p]fectionnr5t le g\v]nem5t de la rpublique1 ne contribur5t pas mo9s la r5dre conqurante4 ,les peuples vois9s1 tromps sur la nature des qu]elles qui agitoi5t les ,roma9s1 et se flattant t\j\rs de t\*] au mom5t favorable leur v5geance1 se jetoi5t s\v5t sur leurs t]res1 et emp*oi5t qu'ils ne priss5t l'habitude de nglig] leurs ennemis p\r ne s'occup] que de leurs affaires dome/iques4 ,d'ailleurs1 les patrici5s1 presque t\j\rs humilis dans la place publique1 et qui ne cons]voi5t leur anci5ne supriorit sur le peuple que dans les armes1 s'appliqur5t le di/raire p> des gu]res cont9uelles1 de l'ambition que lui inspiroi5t la paix et les tribuns4 ,on se fit une habitude de ne s\ffrir impunm5t aucune injure2 il fallut que le t]ritoire des allis ft aussi respect que celui de la rpublique mme2 et les ,roma9s accordr5t gnreusem5t leur protection t\tes les villes qui leur dem&oi5t quelques sec\rs4 ,le collge des prtres ,fciali5s1 que ,numa avoit tabli p\r jug] de la ju/ice de la gu]re1 tablit un droit des g5s1 au/re et rig\reux4 ,si la rpublique cons]va les sages =malits qu',ancus ,m>cius avoit prescrites#hc p\r les dcl>ations de gu]re1 elle en fit usage d'une manire si imprieuse et si arrogante1 qu'elles fur5t plutt un ob/acle la conciliation qu'un moy5 de prv5ir les ruptures4 ,la bonne foi des ,roma9s dev9t fire1 et ils ne se piqur5t que d'une f]met 9branlable4 #hc ,voyez dans ,tite-,live1 l4 #a4 les rglem5s de ce pr9ce1 au sujet des dcl>ations de gu]re4 ,l'esprit de ces rglem5s t5doit r5dre les gu]res plus r>es1 en les faisant prcd] d'une espce de ngociation1 et de c]ta9es =malits qui emp*oi5t qu'on ne se livrt ses premi]s m\vem5s4 ,la rpublique1 occupe p> des gu]res cont9uelles1 devoit naturellem5t faire une tude p>ticulire de t\t ce qui p\voit contribu] lui =m] de bonnes armes4 ,peut-tre que les qu]elles de la place publique et du *amp de ,m>s fur5t encore aussi utiles aux progrs de la discipl9e militaire *ez les ,roma9s1 que les mditations mmes de leurs consuls4 ,p\r faire s5tir au peuple qu'il toit t\j\rs s\mis en quelque *ose1 les patrici5s r5dir5t la discipl9e plus svre1 veillr5t avec une exactitude scrupuleuse ce qu'elle ft obs]ve1 et en punir5t la mo9dre infraction avec d'autant plus de rigueur qu'ils se v5geoi5t p>-l secrtem5t dans les camps de quelque injure qu'ils avoi5t reue dans ,rome4 ,c'e/ l'ordre m]veilleux que les ,roma9s tablir5t dans leurs armes1 que ,vegce attribue la conqute de l'univ]s4 ,ce n'e/1 dit-il1 ni la multitude des soldats1 ni mme le c\rage1 qui donn5t la victoire1 mais l'art et l'ex]cice3 et c'e/ p> leur discipl9e que les ,roma9s dissipr5t les nombreuses armes des ,gaulois1 qu'ils va9quir5t les ,espagnols1 dont le tempram5t e/ plus propre la gu]re que celui des peuples d',italie2 s\mir5t les ,africa9s1 auxquels ils fur5t t\j\rs infrieurs en ruses et en ri*esses2 et les ,grecs mmes1 dont les lumires toi5t bi5 suprieures aux leurs4 ,vegce auroit d aj\t] que c'e/ cette mme discipl9e que la rpublique fut r$evable de faire quelquefois des fautes impunm5t1 p>ce que la victoire les rp>oit t\tes2 et de cons]v] dans les rev]s cette confiance qui ne lui p]mit jamais de cons5tir une paix honteuse4 ,la discipl9e militaire des ,roma9s mrite donc t\te l'att5tion des politiques2 elle e/ si sage1 je dis mme si philosophique1 qu'il suffit d'entr] dans quelque dtail sur la m?ode que la rpublique ,roma9e employoit se =m] des soldats1 p\r voir d'un c\p-d'il t\t ce qu'on peut imag9] de plus p>fait sur cette matire4 ,quelque pressant que ft l'intrt qui portoit *aque citoy5 se sacrifi] au bi5#hd public1 la rpublique ne s'en reposa po9t sur ces motifs gnraux1 qui1 p\r tre rem>qus1 dem&5t des rflexions qu'un dang] m95t peut faire p]dre de vue4 ,elle sembla ne pas faire att5tion aux pr9cipes de son g\v]nem5t1 qui r5doi5t propres t\s les citoy5s la gloire et la honte1 les avantages et les p]tes de l'tat2 il fut expressm5t ordonn au soldat de va9cre ou de m\rir1 et il lui fut impossible d'lud] la =ce de cette loi4 ,un l*e qui fuit et qui p]d ses armes1 ne cra9t que la mort2 et c'e/ p> la cra9te d'une mort c]ta9e et honteuse qu'il faut le =c] ne pas cra9dre une mort glorieuse1 et en le rduisant au dsespoir1 l'acc\tum] ne tr\v] son salut que dans les ef=ts d'un gr& c\rage4 ,il s]oit ins5s de v\loir tir] des sons ju/es et h>monieux d'un in/rum5t qui n'e/ pas accord2 de mme la rpublique ,roma9e n'tablit cet ordre svre dans ses armes qu'aprs y avoir prp> ses citoy5s1 et leur avoir r5du facile l'excution de ses lois4 #hd ,il ne suffisoit pas d'tre citoy5 ,roma9 p\r avoir l'honneur d'tre soldat4 ,ceux qui n'avoi5t pas quatre c5ts dragmes de bi51 et que p\r cette raison1 on nommoit capite c5si1 qui ne faisoi5t que nombre dans le c5s1 ne s]voi5t que dans les extrmes ncessits4 ,on les employa sur m] l'an #dhi de ,rome que la rpublique comm5a avoir des flottes4 ,qu& le luxe eut avili la pr(ession de soldat1 on remplit les armes de ces citoy5s2 ,m>ius en donna l'exemple1 en allant faire la gu]re ,jugur?a4 ,etant t\s de/9s aux armes p> leur naissance1 leurs pres les =moi5t ds le b]ceau aux qualits qui font le soldat1 et sans lesquelles on ne p\voit mme p>v5ir aux magi/ratures les plus subalt]nes#he4 ,la frugalit1 la temprance et des travaux cont9uels leur =moi5t un tempram5t sa9 et robu/e4 ,la duret de la vie dome/ique les prp>oit aux fatigues de la gu]re4 ,les dlassem5s et les plaisirs de la paix toi5t des jeux militaires4 ,t\t le monde connot les ex]cices du *amp de ,m>s4 ,on s'y ex]oit au saut1 la c\rse1 au pugilat4 ,on s'y acc\tumoit port] des f>deaux2 on s'y =moit l'escrime et lanc] un javelot2 et les jeunes ,roma9s1 c\v]ts de sueur1 se dlassoi5t de leur fatigue en trav]sant deux ou trois fois le ,tibre la nage4 ,t\t respiroit la gu]re ,rome p5dant la paix2 on n'y toit citoy5 que p\r tre soldat4 ,on =moit les jeunes g5s faire v+t ou v+t-quatre mille en c9q heures2 et si on mettoit une diffr5ce entre la paix et la gu]re1 ce n'toit que p\r faire tr\v] le temps de celle-ci plus d\x2 aussi les ,roma9s faisoi5t-ils dans la paix leurs ex]cices militaires avec des armes une fois plus pesantes que celles dont ils se s]voi5t la gu]re4 #he ,on ne p\voit dem&] une magi/rature1 qu'aprs avoir s]vi dix ans4 ,avec de p>eils citoy5s1 il semble que la rpublique auroit pu1 sans exam51 compos] ses armes des premi]s volontaires qui s'y s]oi5t prs5ts2 mais elle v\lut que l'honneur d'tre *oisi p\r la milice ft une rcomp5se des tal5ts qu'on avoit montrs dans le *amp de ,m>s2 que le soldat et une rputation cons]v]1 et que l'e/ime qu'on lui tmoignoit ft un gage de sa fidlit et de son zle remplir ses devoirs4 ,t\s les ans1 ds que les consuls toi5t crs1 ils nommoi5t v+t-quatre tribuns militaires1 dont les uns devoi5t avoir s]vi au mo9s c9q ans et les autres onze4 ,aprs qu'ils avoi5t p>tag entr'eux le comm&em5t des quatre lgions qu'on alloit =m]1 les consuls convoquoi5t au capitole ou au *amp de ,m>s t\s les citoy5s qui1 p> leur ge#hf1 toi5t obligs de port] les armes4 ,ils se rangeoi5t p> tribus1 et on tiroit au sort l'ordre dans lequel *aque tribu prs5t]oit ses soldats4 ,celle qui se tr\voit la premire en rang *oisissoit elle-mme les quatre citoy5s qu'elle croyoit les plus propres la gu]re2 et les six tribuns qui devoi5t comm&] la premire lgion1 pr5oi5t de ces quatre soldats celui qu'ils e/imoi5t davantage4 ,les tribuns de la seconde et de la troisime lgion faisoi5t successivem5t leur *oix1 et le citoy5 qui n'avoit pas t prfr ses compagnons entroit dans la quatrime lgion4 ,une n\velle tribu prs5toit quatre soldats2 la seconde lgion *oisissoit la premire4 ,la troisime et la quatrime lgion avoi5t le mme avantage leur t\r2 et jusqu' ce que les lgions fuss5t compltes#hg1 *aque tribu nommoit successivem5t quatre soldats4 ,on procdoit ensuite la cration des (fici]s subalt]nes2 et les tribuns les *oisissoi5t eux-mmes p>mi les soldats qui avoi5t le plus de rputation4 #hf ,on comm5oit s]vir l'ge de #ag ans jusqu' #de4 ,aprs qu'on avoit fait qu9ze campagnes1 on toit vtran1 c'e/--dire1 qu'on n'toit oblig de pr5dre les armes que p\r la df5se de la ville1 et dans les occasions o la rpublique auroit t en dang]4 #hg ,le nombre des soldats d'une lgion a v>i1 mme dans le temps de la rpublique4 ,il a t1 suivant les circon/ances1 de trois mille1 de quatre mille1 de c9q mille et mme de six mille hommes4 ,s\s les emp]eurs1 la lgion toit compose de dix onze mille hommes4 ,aprs avoir mis tant de so9 =m] ses armes1 la rpublique ,roma9e fut en tat d'tablir la discipl9e la plus au/re4 ,p\r tre s]vie1 elle n'eut pas beso9 d'avoir de ces l*es condesc5dances qui ont p]du tant d'tats4 ,tr\vant dans ses citoy5s des soldats t\t ex]cs1 elle ne se rel*a sur aucune des prcautions qu'elle jugeoit ncessaires leur salut4 ,qu'on lise dans les hi/ori5s le dtail des fonctions auxquelles le snat ,roma9 toit assujetti1 et l'on v]ra que la rpublique reg>da con/amm5t le repos et l'oisivet comme ses plus r$\tables ennemis4 ,les consuls ne prp>oi5t les lgions la victoire qu'en les r5dant infatigables2 et plutt que de les laiss] sans agir1 ils leur auroi5t fait entrepr5dre des ouvrages inutiles#hh4 ,un ex]cice cont9uel fait les bons soldats1 p>ce qu'il les remplit d'ides relatives leur mti]1 et leur appr5d mpris] les dang]s en les famili>isant avec la pe9e4 ,le passage de la fatigue au repos les n]ve2 il (fre des objets de comp>aison qu'il e/ difficile de rappro*]1 sans que la p>esse1 cette passion si commune et si puissante dans les hommes1 ne s'accroisse1 n'appr5ne murmur]1 et n'amollisse l'ame aprs avoir amolli le corps4 #hh ,l'hi/oire ,roma9e en (fre plusieurs exemples1 et l'on voit entr'autres que ,m>ius1 p\r occup] son arme1 dt\rna une rivire1 et lui fit creus] un n\veau lit4 ,je place ici un passage rem>quable des ,tusculanes de ,cicron2 il e/ trs-propre donn] une ide ju/e des lgions1 et faire connotre t\te l'utilit des ex]cices militaires4 ,no/ri ex]citus primum unde nom5 habeant1 vides1 de9de qui labor1 quantus agm9is3 f]re plus dimidiatis m5sis cib>ia4 ,f]re si quid ad usum vel9t3 f]re vallum4 ,nam scutum1 gladium1 galeam1 9 on]e no/ri milites non plus num]ant1 quam hum]os1 lac]tos1 manus2 arma enim membra militis esse dicunt4 ,qu quidem ita g]untur apte1 ut1 si usus =et1 abjectis on]ibus1 exp$itis armis1 ut membris pugn>e poss9t4 ,quid ex]citatio legionum8 ,quid ille cursus1 concursus2 clamor1 quanti laboris e/6 ,ex hoc ille animus 9 prliis p>atus ad vuln]a1 adhuc p>i animo inex]citatum militem1 muli] videtur4 ,cur8 ,tantum int]e/ int] novum et vet]em ex]citum1 quantum exp]ti sumus4 tas tironum pl]umque melior3 s$ f]re laborem1 contemn]e vulnus1 consuetudo docet4 ,qu9 etiam videmus ex acie aff]ri spe saucios1 et quidem rudem illum1 et inex]citatum1 quamvis levi ictu1 ploratus turpissimos ed]e4 ,at v]o ille ex]citatus et vtus1 ob eamque rem =tior1 ,m$icum modo requir5s quo obligatur4 ,voyez sur le mme sujet ce que dit ,polybe1 l4 #f1 *4 #d1 #e1 #f et #g4 ,voyez aussi ,vegce1 l4 #b1 *4 ,les hommes ne sont braves que p> art2 et v\loir qu'ils se fass5t un jeu ins5s de c\rir la mort1 c'e/ all] au-del du b que doit se propos] la politique1 ou n'excit] qu'un c\rage d'en?\siasme qui ne peut dur]4 ,lo9 de song] dtruire cet loignem5t que la nature inspire p\r le dang] et la d\leur1 la rpublique ,roma9e sembloit le respect]4 ,c'e/ en donnant ses soldats d'excell5tes pes1 et en les mettant1 p\r a9si dire1 en sret s\s leur b\cli]1 leur casque et leur cuirasse#hi1 qu'elle animoit leur confiance contre des ennemis mo9s prcautionns qu'eux4 ,ds-lors1 il toit plus ais d'unir et d'*auff] dans leur cur les passions qui1 p\r me s]vir de ce t]me1 entr5t dans la composition du c\rage4 #hi ,la rpublique f\rnissoit des armes aux soldats4 ,leur b\cli] toit haut de quatre pi$s4 ,leur casque et leur cuirasse toi5t l'preuve de l'pe1 du javelot et de la pique4 ,un soldat ,roma9 se s]oit d%onor1 qui1 s\s prtexte de brav\re1 et combattu sans quelqu'une de ses armes df5sives4 ,les ,roma9s y intressoi5t la religion1 et le s]m5t que *aque soldat prtoit entre les ma9s du consul1 de ne po9t fuir1 de ne po9t ab&onn] ses armes1 et d'obir t\s les ordres des ses suprieurs#ij1 aj\toit l'infamie de la l*et le sceau de l'impit4 ,la rpublique prodiguoit les rcomp5ses1 mais avec disc]nem5t4 ,elles n'toi5t po9t arbitraires2 c'et t les r5dre mprisables4 ,la loi mme rcomp5soit1 et l'on n'avoit ni s\ponn] l'indulg5ce des gnraux1 ni cra9dre leurs caprices4 ,ce n'toit po9t p> des l>gesses en arg5t1 ou p> une di/ribution plus abondante en vivres qu'on rcomp5soit le soldat1 c'et t excit] son av>ice et son intemprance1 et p\r anim] le c\rage1 rveill] des passions qui doiv5t l'amortir4 ,le soldat qui sauve dans le combat un citoy5 prt prir1 obti5t une autre c\ronne que celui qui e/ mont le premi] sur le mur d'une ville assige1 ou qui a le premi] =c le camp des ennemis4 ,les lances1 les b\cli]s1 les h>nois1 les c\pes1 les colli]s sont autant de prix diffr5s p\r diffr5tes actions4 ,les esc>m\*es1 les batailles1 les siges ont les leurs2 et le c\rage du soldat ,roma91 t\j\rs excit p> un n\vel objet1 ne peut jamais se rel*]4 #ij ,ce s]m5t se prtoit avant que les lgions sortiss5t de ,rome4 ,qu& elles toi5t v5ues leur premi] r5dez-v\s1 le soldat faisoit un second s]m5t entre les ma9s des tribuns1 p> lequel il promettoit de ne ri5 drob]1 de ne ri5 s'appropri] du but9 pris sur les ennemis1 et de port] aux tribuns t\t ce qu'il tr\v]oit4 ,ceux qui avoi5t t honors de quelque m>que de valeur assi/oi5t aux jeux et aux spectacles avec un habit p>ticuli]1 et exposoi5t dans leurs maisons1 avec les dp\illes qu'ils avoi5t remportes sur les ennemis1 les prix que les consuls leur avoi5t donns4 ,ces espces de monum5s dome/iques n\rrissoi5t une noble mulation entre t\s les citoy5s2 et les fils1 levs au milieu des tmo9s de la gloire de leurs pres1 appr5oi5t promptem5t leur devoir et ce que la rpublique att5doit d'eux4 ,les rcomp5ses toi5t d'autant plus propres port] les ,roma9s aux gr&es *oses1 qu'ils ne p\voi5t subir un *tim5t militaire sans tre de%onors4 ,il y avoit peu de cas p\r lesquels le consul pronont pe9e de mort2 mais le soldat que les tribuns avoi5t condamn la ba/onnade p\r avoir manqu une de ses fonctions#ia1 ou p\r quelqu'autre faute plus lgre1 toit *ass de l'arme1 et n'osoit ret\rn] ,rome1 o un p>5t et cru p>tag] son infamie en lui ouvrant sa maison4 ,les ,roma9s ignoroi5t cette m?ode p]nicieuse de rhabilit] un c\pable en le faisant pass] s\s le drapeau2 l'esprance du p>don r5d nglig5t sur les devoirs1 si elle n'invite mme les mpris]2 et la honte dont on e/ lav p> une simple crmonie1 n'e/ po9t un affront4 ,on diroit que les peuples mod]nes n'ont song qu' avoir beauc\p de soldats2 les ,roma9s n'en v\loi5t que de p>faits4 ,si t\te une cohorte ,roma9e e/ c\pable1 on la dcime1 ou bi5 on la fait camp] hors des retran*em5s2 elle n'e/ n\rrie que d'orge1 et c'e/ elle de se rhabilit] p> quelqu'action clatante4 #ia ,le consul avoit seul droit de punir de mort4 ,les tribuns condamnoi5t la ba/onnade1 et ils prononoi5t leur jugem5t1 en t\*ant d'un bton le c\pable4 ,alors t\s les soldats le frappoi5t1 et s\v5t il en m\roit4 ,on subissoit ce *tim5t1 non-seulem5t1 comme je l'ai dit1 p\r avoir manqu une fonction militaire1 mais p\r s'tre attribu la gloire d'une action dont un autre toit auteur1 p\r avoir ab&onn ou p]du ses armes1 ou fait quelque l>c94 ,il n'e/ pas surpr5ant qu'en comm&ant de p>eils soldats1 les consuls ai5t fait s\v5t des fautes impunm5t4 ,sylla av\oit que le c\rage seul et l'intellig5ce de son arme l'avoi5t fait va9cre dans des occasions o il n'osoit presque espr] de n'tre pas dfait4 ,combi5 de fois n'e/-il po9t arriv p>mi n\s qu'un gnral auroit pay mo9s *rem5t un mom5t de di/raction1 et tir mme un p>ti avantageux d'une mprise1 s'il avoit eu s\s ses ordres ces lgions1 que les m>*es les plus longues et les plus prcipites ne fatiguoi5t po9t1 qui p\voi5t se suffire elles-mmes1 qu'aucun ob/acle n'arrtoit1 et qui1 p5dant l'abondance et le calme de la paix1 s'toi5t endurcies contre la faim1 la soif et l'intemprie des saisons8 ,les v]tus des soldats ,roma9s inspiroi5t leurs consuls cette confiance qui t5d les vues et qui fait entrepr5dre de gr&es *oses4 ,le gnie de nos gnraux mod]nes e/1 au contraire1 rtrci p> l'impuissance o sont leurs armes de ri5 excut] de difficile2 notre luxe1 nos mauvaises murs1 en un mot1 sont des entraves p\r eux4 ,auj\rd'hui que les milices1 p> une suite ncessaire du g\v]nem5t tabli en ,europe1 sont composes de la p>tie la plus vile des citoy5s1 on auroit plus beso9 que jamais de l'art de la rpublique ,roma9e1 p\r donn] nos soldats les s5tim5s qui toi5t comme naturels aux si5s4 ,s\s prtexte que depuis l'inv5tion des armes feu le soldat a mo9s beso9 de =ce et d'agilit1 les mod]nes ont en quelque sorte laiss dgrad] la nature4 ,on n'a pas fait att5tion que les qualits qui accompagn5t ces dispositions du corps1 et qu'on ne tr\ve qu'avec elles1 s]v5t de ressort l'ame1 et sont t\j\rs galem5t ncessaires4 ,comme nos soldats recruts dans les villes1 et que la dbau*e ou leur pr(ession ont s\v5t amollis#ib1 ne p\rroi5t ni port] t\t l'quipage d'un soldat ,roma91 ni faire les mmes ex]cices2 ils ne doiv5t avoir ni les qualits de l'ame ni celles du corps qu'exige t\j\rs la gu]re2 aussi arrive-t-il t\s les j\rs qu'une arme soit ru9e sans avoir reu d'*ec1 ou1 si elle se comporte vaillamm5t un j\r de combat1 qu'elle ne sa*e pas l'att5dre avec pati5ce4 #ib ,piscatores1 aucupes1 dulci>ios1 l9teones1 omnesque qui aliquid tractasse videbuntur ad ,gynecea p]t95s1 longe arbitror pell5dos ca/ris1 fabros f]r>ios1 c>p5t>ios1 macell>ios1 et c]vorum aprorumque v5atores conv5it soci>e militi4 7,veg4 l4 #a1 *4 #g47 ,c'e/ en ne se dp>tant jamais des maximes que je vi5s d'expos]1 que la rpublique ,roma9e assura ses triomphes4 ,aprs les p]tes les plus considrables1 elle r$\bla de svrit4 ,les soldats que ,pyrrhus avoit fait prisonni]s desc5dir5t dans un ordre infrieur2 les *evali]s s]vir5t dans l'infant]ie2 les lgionnaires passr5t au rang des ,velites1 et *acun d'eux n'eut d'autre voie p\r remont] son premi] grade que de tu] deux ennemis1 et de s'emp>] de leurs dp\illes4 ,la rpublique1 plus puise encore aprs la j\rne de ,cannes1 exila en ,sicile ceux qui avoi5t fui4 ,elle toit oblige d'avoir sur pi$ v+t-trois lgions2 et quoiqu'elle n'et plus de citoy5s1 et se vt ab&onne de presque t\s ses allis1 elle ne v\lut po9t trait] du ra*at des soldats qui s'toi5t r5dus prisonni]s4 ,on p\rroit peut-tre m'object] que les ,roma9s n'ignoroi5t pas qu',annibal en toit emb>rass1 et avoit d'ailleurs un extrme beso9 d'arg5t2 mais le re/e de leurs conduite dmontre que c'e/ p> un autre s5tim5t qu'ils fur5t inflexibles4 ,rome1 dans les malheurs1 n'toit pas capable de drog] aux rglem5s qu'elle avoit cru ncessaires p\r les prv5ir#ic1 au contraire1 elle en s5toit davantage l'utilit4 ,elle jugea avec raison qu'aprs cette premire grce1 les prisonni]s d',annibal p\rroi5t espr] qu'une seconde l*et s]oit une seconde fois p>donne4 ,elle aima mieux arm] ses esclaves1 que cet exemple de svrit1 le don de la lib]t1 et le dcret qu'elle fit de va9cre ou de m\rir devoi5t r5dre inv9cibles4 #ic ,auro rep5sus scilicet acrior ,miles r$ibit8 ,flagitio additi ,damnum3 neque amissos colores ,lana ref]t m$icata fuco2 ,nec v]a virtus1 quum semel excidit1 ,curat reponi det]ioribus4 ,si pugnat extricata d5sis ,c]va plagis1 erit ille =tis1 ,qui p]fidis se cr$idit ho/ibus2 ,et ,m>te pnos prot]et alt]o1 ,qui lora re/rictis lac]tis ,s5sit in]s1 timuitque mortem8 7,hor4 ,ode #e1 l4 #c47 ,les ,roma9s1 dit ,sallu/e1 punir5t plus s\v5t des excs de valeur que des l*ets1 et la rpublique1 p5dant long-temps1 dut plutt ses victoires cette rigidit au/re qu' l'intellig5ce de ses consuls4 ,si elle y p]dit quelques avantages p>ticuli]s1 elle y gagna d'tablir dans ses armes une subord9ation extrme1 et plus prcieuse encore p> les maux qu'elle fit vit] que p> les bi5s qu'elle produisit4 ,la rigueur de ,manlius1 qui punit de mort la victoire de son propre fils1 fut aussi utile la cons]vation de la discipl9e militaire1 que la v]tu f>\*e du premi] ,brutus l'avoit t l'tablissem5t du g\v]nem5t politique4 ,aprs plusieurs succs1 il se =ma naturellem5t dans l'esprit des soldats ,roma9s une c]ta9e confiance qui leur p]suada que la victoire leur app>t5oit1 et que les augures et la religion ne leur promettoi5t pas en va9 l'empire du monde4 ,ce s5tim5t lev de l'ame e/ la disposition la plus favorable la gu]re2 il donne l'ardeur propre attaqu]1 ou la f]met ncessaire p\r s\t5ir un *oc2 et il e/ suivi dans la dfaite d'un dpit qui rallie avec c\rage des soldats qu'une =ce suprieure avoit branls4 ,sans d\te que si l'hi/oire n\s in/ruisoit dans un c]ta9 dtail des murs1 de la discipl9e et du g\v]nem5t des petits peuples que la rpublique ,roma9e s\mit dans l',italie1 n\s y dc\vririons les causes de leur ru9e4 ,les ,volsques1 les ,eques1 les ,fid5ates1 les ,lat9s1 les ,sab9s1 les ,falisques fur5t les premi]s ennemis des ,roma9s2 c'toi5t des peuples agu]ris1 vaillans1 et qui df5dir5t1 il e/ vrai1 leur lib]t avec une extrme op9itret2 mais ils n'avoi5t pas vraisemblablem5t une discipl9e militaire aussi sage que celle des ,roma9s4 ,les qu]elles qui rgnoi5t ,rome entre la noblesse et le peuple y multiplioi5t1 a9si que je l'ai fait voir1 les tal5s1 et donnoi5t aux v]tus l'activit des passions2 les ,roma9s1 en un mot1 se comportoi5t avec t\te la *aleur d'un peuple qui se =me1 et leurs ennemis avec le flegme d'un peuple qui suit p> habitude une r\te qui lui e/ trace depuis long-temps4 ,t&is que le g\v]nem5t de la rpublique ,roma9e fait de n\veaux progrs1 et devi5t de j\r en j\r plus capable de =m] et de conduire des entreprises avec sagesse1 combi5 de ses ennemis fur5t les victimes de leurs caprices1 s'ils obissoi5t aux lois d'une pure dmocratie2 ou vir5t sacrifi] leur lib]t aux passions et aux intrts p>ticuli]s de leurs magi/rats1 si leur g\v]nem5t toit ari/ocratique8 ,ces peuples sembloi5t se relev] p\r faire la gu]re la rpublique ,roma9e1 et c'e/ l une des pr9cipales causes de leur p]te4 ,les ,roma9s devoi5t tre suprieurs1 p>ce qu'ils opposoi5t des armes t\j\rs n\velles1 ou n]ves p> la paix1 des soldats qu'un ex]cice cont9uel des armes r5doit inv9cibles4 ,au c\*ant1 le t]ritoire de ,rome conf9oit celui des ,toscans1 dont la rpublique toit compose de plusieurs villes libres1 indp5dantes1 qui se g\v]noi5t *acune p> des lois et des magi/rats p>ticuli]s1 mais qui avoi5t un conseil commun1 *>g des affaires gnrales de la ligue4 ,les ,toscans avoi5t possd autrefois t\te l',insubrie2 mais1 abusant de leurs avantages1 pe9e fur5t-ils heureux1 que leurs murs s'amollir5t1 et leur g\v]nem5t se rel*a4 ,les ,gaulois1 qui dans ces circon/ances fir5t une irruption en ,italie s\s la conduite de ,bellovse#id1 s'emp>r5t de cette p>tie de l',insubrie1 que les ,roma9s nommr5t depuis la ,gaule cisalp9e4 ,les mmes raisons qui avoi5t donn de la supriorit aux ,gaulois sur les ,toscans1 devoi5t en donn] aux ,roma9s2 c'e/--dire1 que les ,toscans ne p\voi5t agir avec assez de clrit p\r prv5ir leurs ennemis1 et les faire *\]4 ,ils p]doi5t ncessairem5t rgl] leurs intrts et conv5ir de leurs oprations un temps o il auroit fallu agir4 ,les ,toscans dlibroi5t encore que les consuls avoi5t dj remport quelqu'avantage2 tant donc t\j\rs sur la df5sive contre un peuple qui attaquoit t\j\rs1 ils devoi5t enf9 tre va9cus4 #id ,cet vnem5t arriva s\s le rgne de ,t>qu94 ,a l'exception des ,samnites1 les ,roma9s ne r5contrr5t po9t dans l',italie de plus r$\tables ennemis que les ,gaulois4 ,ce fut l'an #cfe de ,rome que ces b>b>es dfir5t son arme la bataille d',allia1 ravagr5t son t]ritoire1 et rduisir5t un peuple qui devoit va9cre l'univ]s df5dre le capitole4 ,ces vnem5s malheureux1 dont ,camille v5gea sa patrie1 avoi5t fait une impression si pr(onde dans l'esprit des ,roma9s1 que p5dant long-temps ils ne fir5t la gu]re aux ,gaulois que p> des dictateurs4 ,la rpublique1 dit ,tite-,live#ie1 eut plus de pe9e les dompt] qu' subjugu] le re/e de l'univ]s2 aussi1 ordonna-t-elle que les pontifes1 les prtres1 les vtrans1 et gnralem5t t\s les citoy5s qui1 p> leur ge1 toi5t disp5ss de faire la gu]re1 pr5droi5t les armes qu& on s]oit m5ac des ,gaulois2 et ,sallu/e dit que les ,roma9s combattir5t contre eux p\r leur salut1 et non p\r la gloire#if4 #ie ,plures prope de ,gallis triumphi quam toto orbe t]r>um acti sunt4 7,l4 #ch47 #if ,cum ,gallis pro salute1 non pro gloria c]t>e4 7,9 ,bel4 ,jug47 ,c'e/ la bont de leurs armes (f5sives1 dont t\tes les blessures toi5t mortelles#ig1 leur casque1 leur cuirasse1 leur b\cli]1 que les ,roma9s1 rev5us de la premire t]reur que leur avoit inspir la bataille d',allia1 dur5t les avantages frqu5s qu'ils remportr5t depuis sur des ennemis qui alloi5t nuds au combat#ih1 et dont les pes toi5t d'une si mauvaise trempe1 qu'il falloit les r$ress] *aque c\p qu'elles portoi5t4 ,rsi/] au premi] *oc des ,gaulois1 dont le c\rage toit aussi peu con/ant qu'il toit d'abord imptueux1 ou savoir se ralli] aprs avoir t enfonc1 c'toit les va9cre4 ,se db&ant dans la victoire1 leurs premi]s avantages leur dev5oi5t inutiles2 et t\tes leurs dfaites devoi5t tre des dr\tes extrmem5t sanglantes1 p>ce qu'ils toi5t incapables de cess] de combattre avant que d'avoir t mis entirem5t en fuite4 #ig ,la lame de l'pe roma9e toit c\rte et extrmem5t l>ge4 ,vgce dit que les ,roma9s ne frappoi5t jamais que d'e/oc1 p>ce qu'en frappant de taille on ne fait que des blessures lgres4 ,non de pugn1 s$ de fug cogitant1 qui 9 acie nudi exponuntur ad vuln]a444444 ,necesse e/ enim ut dimic&i acriorem sumat audaciam1 qui munito capite1 vel pectore non timet vulnus4 7,veg4 l4 #a1 *4 #bj47 #ih ,les ,gaulois qui combattir5t ,cannes s\s les ordres d',annibal1 toi5t nuds4 ,il falloit que les ,gaulois fuss5t des hommes bi5 inconsidrs1 puisque leurs dfaites1 l'exemple des ,roma9s et les conseils d',annibal ne les avoi5t pas corrigs4 ,les ,samnites1 fi]s1 op9itres1 ambitieux1 braves et mmes froces1 toi5t va9cus1 et jamais dompts4 ,leurs plus gr&es p]tes sembloi5t ne po9t dim9u] leurs =ces1 et accrotre1 au contraire1 leur c\rage4 ,ils c\r5t t\j\rs avec la mme fureur leurs ennemis p\r leur enlev] une victoire qu'ils croi5t t\j\rs quivoque1 et qui ne passe que r>em5t de leur ct4 ,rome avoit dj fait des conqutes considrables hors de l',italie1 qu'ils n'avoi5t pas encore dsespr de rec\vr] leur lib]t2 mais leur g\v]nem5t1 semblable celui des ,toscans1 les exposoit aux mmes inconvni5s4 ,d'ailleurs1 les ,samnites employoi5t le temps qu'ils ne faisoi5t pas la gu]re aux ,roma9s rp>] simplem5t leurs armes1 t&is que ceux-ci se faisoi5t de n\veaux sujets et de n\veaux allis4 ,la rpublique ,roma9e1 qui repr5oit les armes avec des =ces t\j\rs plus considrables1 devoit donc enf9 cras] un peuple qui n'avoit t\t au plus que rtabli les si5nes4 ,je ne dois pas p>l] de ,t>5te1 de ,cap\e1 ni des autres villes de la ,campanie et de la p>tie ori5tale de l',italie1 qu'on appeloit alors la ,gr&e-,grce4 ,ces peuples1 d'abord recomm&ables p> leur sagesse et leur c\rage1 n'avoi5t pas cons]v long-temps l'esprit des rpubliques dont ils tiroi5t leur orig9e1 et qu& les ,roma9s leur fir5t la gu]re1 ils les tr\vr5t ab&onns t\s les vices qui avoi5t s\mis la ,grce ,philippe1 pre d',alex&re4 ,c'toit la mme dpravation dans les murs1 le mme luxe1 la mme passion p\r les ftes et les spectacles1 le mme mpris p\r les lois1 la mme indiffr5ce p\r le bi5 public1 et les mmes divisions dome/iques4 ,il ne suffisoit pas p\r l'agr&issem5t des ,roma9s qu'ils gagnass5t des batailles1 et priss5t des villes2 il p\voit1 au contraire1 arriv] qu'ils se ru9ass5t p> ces succs4 ,l'art de dev5ir puissant p> la gu]re e/ autre que celui de va9cre2 et la rpublique ,roma9e1 en subjuguant ses premi]s ennemis1 s]oit tombe dans l'impuissance d'ass]vir des peuples plus considrables1 si elle n'et mis pr(it ses victoires p> une politique savante1 et qui n'a presque jamais t connue des conqurans4 ,tacite rem>que qu',a?nes et ,lacdmone#ii1 dont les gnraux toi5t si savans1 et les soldats si braves1 si bi5 discipl9s et si acc\tums va9cre1 lo9 de se =m] un gr& empire1 ont t les victimes de leur ambition4 ,ces deux rpubliques1 dit-il1 ont pri1 p>ce qu'elles ont v\lu faire des sujets1 et non pas des citoy5s des peuples qu'elles avoi5t va9cus4 ,mais ,romulus1 aj\te-t-il1 n'ayant1 au contraire1 fait la gu]re que p\r conqurir des soldats#ajj1 ,rome dev5oit la patrie des peuples qu'elle avoit s\mis2 *aque gu]re augm5toit donc ses =ces1 au lieu que les ,a?ni5s et les ,sp>tiates1 qui ne rp>oi5t po9t les p]tes que leur causoit la victoire1 s'affoiblissoi5t p> leurs triomphes mmes4 #ii ,quid aliud exitio ,lac$emoniis et ,a!ni5sibus fuit1 quamquam armis poll]5t1 nisi quod victos pro ali5ig5is arcebant8 ,at conditor no/] ,romulus tantum sapi5tia valuit1 ut pl]osque populos eodem die ho/es de9 cives habu]it4 7,ann4 l4 #b47 #ajj ,romulus porta une loi1 p> laquelle il toit df5du de tu]1 ou mme de v5dre un ennemi qui se r5doit4 ,les ,sab9s va9cus dev9r5t ,roma9s1 et ce pr9ce admit dans le snat c5t des plus nobles citoy5s de cette nation4 ,tullus ,ho/ilius ayant ru9 la ville d',albe1 en transporta les habitans ,rome1 et ils y j\ir5t de t\s les droits des anci5s ,roma9s4 ,ancus ,m>tius1 aprs avoir dtruit quelques b\rgades des ,lat9s1 eut la mme politique4 ,a9si1 il ne faut po9t tre surpris que ,rome1 d'abord si foible1 et s\s ses d]ni]s rois plus de quatre-v+t mille hommes en tat de port] les armes4 ,il toit naturel que ,romulus ut de la victoire avec modration2 la foiblesse et les beso9s des ,roma9s l'av]tissoi5t cont9uellem5t qu'il lui toit plus utile d'incorpor] les va9cus sa nation1 et d'en faire des citoy5s1 que de les ext]m9]1 ou de s'en faire des ennemis secrets en leur tant leur lib]t4 ,ses successeurs devoi5t aussi se conduire p> la mme politique1 et soit qu'ils songeass5t se r5dre plus r$\tables leurs vois9s1 soit qu'ils ne v\luss5t qu'agr&ir leur p\voir dans ,rome1 elle leur toit galem5t avantageuse4 ,mais aprs l'exil des ,t>qu9s1 les ,roma9s devoi5t voir les intrts de ,rome d'un autre il que ,romulus et ses successeurs4 ,aucun citoy5 n'ayant dans la rpublique la mme puissance ni la mme supriorit dont les rois y avoi5t j\i1 aucun citoy5 ne devoit tr\v] un avantage p]sonnel communiqu] aux va9cus le droit de b\rgeoisie ,roma9e4 ,en faisant des ,roma9s1 les rois se faisoi5t des sujets2 mais les citoy5s de ,rome ne p\voi5t se faire que des concitoy5s qui s]oi5t entrs en p>tage de la s\v]a9et mme2 et ri5 ne devoit p>otre mo9s sage des va9queurs1 t\j\rs durs1 fi]s et imprieux1 que de s\t5ir des gu]res longues et sanglantes p\r se faire des concitoy5s1 qui1 dev5ant de j\r en j\r plus nombreux1 s'emp>]oi5t enf9 de t\te l'autorit4 ,ces motifs1 qui avoi5t t le pr9cipe de la duret des ,a?ni5s et des ,sp>tiates env]s leurs ennemis1 devoi5t d'autant plus influ] dans la conduite des ,roma9s1 que le snat1 t\j\rs inquit p> les entreprises des plbens1 ne devoit pas song] augm5t] leurs =ces p> de n\velles incorporations4 ,si les ,roma9s1 en r5onant la politique prud5te de ,romulus1 avoi5t pris le p>ti de trait] leurs ennemis avec rigueur1 ils n'auroi5t acquis que des sujets inquiets1 t\j\rs prts se rvolt]1 et tels1 en un mot1 que ceux des ,a?ni5s et des ,sp>tiates4 ,p\r ne les pas cra9dre1 il et fallu les affoiblir1 et leur foiblesse n'auroit pas aid leurs matres faire de n\velles conqutes4 ,malgr les avantages de la rpublique sur ses vois9s1 malgr la sagesse de son g\v]nem5t1 de ses lois1 de sa discipl9e et de ses murs1 il e/ =t d\teux qu'elle ft p>v5ue rgn] sur l',italie2 c> des peuples qui auroi5t s5ti qu'il s'agissoit de dev5ir esclaves1 n'auroi5t pas combattu avec c\rage1 mais avec dsespoir4 ,les ,roma9s auroi5t-ils enf9 russi subjugu] l',italie8 ,il e/ vraisemblable que leur empire1 t\j\rs *ancelant1 y et t born4 ,p\vant pe9e suffire cont5ir cette gr&e prov9ce dans l'obissance1 comm5t leur et-il t possible de port] leurs armes au-dehors8 ,n'auroi5t-ils pas mme d cra9dre que quelque puissance vois9e ne se s]vt1 p\r les ru9]1 de la ha9e que les ,itali5s leur auroi5t porte8 ,rome1 il faut l'av\]1 alloit se p]dre1 lorsque ,camille1 qui v5oit de s\mettre les ,lat9s1 la ret9t sur le bord du prcipice o son orgueil et son emportem5t la conduisoi5t4 ,roma9s1 dit-il1 si1 p\r ne plus cra9dre les ,lat9s1 v\s pr5ez le p>ti odieux de les trait] en esclaves1 votre victoire v\s devi5t inutile et mme p]nicieuse4 ,elle f]a1 au contraire1 la gr&eur de la rpublique1 si1 l'exemple de vos anctres1 t\j\rs modrs et ju/es dans la prosprit1 v\s *]*ez v\s faire des amis et des allis de vos ennemis4 ,f]ez-v\s prir un peuple1 p>ce qu'il a df5du c\rageusem5t sa patrie8 ,v\s ne me p>donn]iez pas de v\s en croire capables4 ,ca*ez s\s vos bi5faits le j\g que v\s v\lez impos] aux va9cus4 ,=ons-les p>tag] leur am\r entre leur patrie et la ntre2 n\s acqu]rons des amis p> notre clm5ce2 laissons leur reconnoissance le so9 d'en faire nos sujets4 ,la rpublique ,roma9e contracta l'habitude de =m] des alliances avec les peuples qu'elle subjuguoit4 ,elle leur laissa leur g\v]nem5t1 leurs magi/rats1 leurs lois1 leurs usages1 s'engagea de les protg] contre leurs ennemis1 et n'en exigea que quelques sec\rs qu& elle f]oit la gu]re4 ,cette modration#aja1 s\t5ue d'une politique si sage et si adroite que1 dans les occasions mme1 dit ,polybe1 o les ,roma9s ne songeoi5t qu' leurs intrts1 leurs allis croyoi5t leur devoir quelque reconnoissance1 tablit entr'eux une c]ta9e confiance qui ne leur donna qu'un mme intrt4 ,en mnageant a9si la vanit des va9cus1 la rpublique ,roma9e disposa de leurs =ces#ajb1 et son ambition ne causa aucun effroi4 ,il arriva de-l que t\s les peuples d',italie1 bi5 lo9 de se ligu] p\r df5dre leur lib]t1 s'effrayr5t et se va9quir5t mutuellem5t s\s les drapeaux de ,rome2 et que combattant t\j\rs comme auxiliaires dans ses armes1 ils ne triomphr5t en effet que p\r lui faire de n\veaux allis1 et se r5dre eux-mmes plus dp5dans4 #aja ,qui b5eficio quam metu oblig>e hom9es malit1 ext]asque g5tes fide ac societate junctas hab]e quam tri/i subjectas s]vitio4 7,tit4 ,liv4 l4 #bf47 ,plus p5e p>c5do victis1 quam v9c5do imp]ium auxisse4 7,l4 #cj47 #ajb ,en mme temps que les consuls =moi5t ,rome quatre lgions p\r s]vir p5dant leur magi/rature1 ils m&oi5t aux villes allies de la rpublique1 dont c'toit le t\r de f\rnir un cont+5t1 de prp>] leurs milices1 et de les t5ir prtes m>*] au premi] ordre4 ,ces auxiliaires =moi5t quatre lgions2 d'o il faut conclure que les ,itali5s ont contribu p\r la moiti t\s les succs des ,roma9s4 ,n\s voyons auj\rd'hui les puissances se tr\bl] et s'agit] au mo9dre m\vem5t d'ambition qu'elles ap]oiv5t dans l'une d'elles4 ,un gr& pr9ce n'a po9t de vois9 qu'il puisse accabl] impunm5t1 p>ce que la politique gnrale1 qui lie t\tes les nations entre elles1 communique aux plus petits tats les =ces de l',europe entire1 et les s\ti5t malgr leur foiblesse ou les dfauts de leur g\v]nem5t4 ,la maxime qu'il faut embrass] le p>ti plus =t1 e/ une maxime dcrie2 on fait des ligues1 des associations2 et quoique *aque puissance reg>de son vois9 comme son ennemi1 on diroit qu'elle se rs]ve le droit de le subjugu]2 elle le df5dra s'il e/ foible1 p>ce que c'e/ une b>rire qui la c\vre4 ,quelque simple et naturelle que n\s p>oisse auj\rd'hui cette politique1 qu'on rem>que avec quelle l5teur elle a fait ses progrs p>mi n\s1 et on ne repro*]a po9t aux peuples d',italie de ne l'avoir pas connue4 ,p\r y p>v5ir1 il a fallu que nos tats mod]nes1 lis p5dant long-temps p> un comm]ce de ngociations cont9uelles1 ai5t eu ensemble les mmes cra9tes et les mmes esprances4 ,lorsque la rpublique ,roma9e comm5a faire ses conqutes1 les ,itali5s n'avoi5t1 au contraire1 aucune liaison entre eux4 ,*aque ville se bornoit exam9] ce qui se passoit dans les villes qui l'ent\roi5t1 et *aque tat n'avoit p\r ennemis que ses vois9s4 ,les puissances1 qu'on accuse p>mi n\s d'avoir aspir la mon>*ie univ]selle1 ont montr leur ambition avec effront]ie2 =ce d'insultes1 de bruit1 de m5aces1 elles ont elles-mmes ligu et arm l',europe contre elles2 mais les ,roma9s1 loigns de cette avidit mal ent5due1 ca*oi5t1 au contraire1 avec un so9 extrme leur ambition1 et sembloi5t faire la gu]re mo9s p\r leur propre avantage que p\r celui de leurs allis4 ,il ne faut donc pas tre tonn s'il ne se =ma po9t de ligue contre eux1 et qu'ils ai5t mme t\j\rs t les matres de n'avoir qu'une gu]re la fois#ajc4 ,qu& leur ambition se s]oit montre avec assez d'clat p\r devoir runir les peuples d',italie1 et ne leur donn] qu'un mme intrt1 peut-tre mme qu'on n'auroit os pr5dre des mesures efficaces p\r s'oppos] aux progrs des ,roma9s4 ,qu'il s'lve auj\rd'hui en ,europe une puissance dont les =ces soi5t suprieures celles de *aque tat en p>ticuli]1 et qui les surpasse t\s p> la bont de sa discipl9e militaire et p> son expri5ce la gu]re2 que cette puissance1 t\j\rs conduite p> les mmes pr9cipes1 ne se laissant bl\ir p> ses succs ni abattre p> ses rev]s1 ait la con/ance de ne jamais r5onc] ses entreprises1 et la sagesse h>die de prfr] une ru9e entire une paix qui ne s]oit pas glorieuse1 et l'on v]ra bi5tt disp>otre ces ligues1 ces confdrations1 ces alliances qui cons]v5t *aque tat son indp5dance4 ,qu'on le rem>que avec so92 notre politique mod]ne e/ l'ouvrage de deux passions2 l'une e/ la cra9te qu'inspire l'inquitude de quelque peuple qui veut dom9]2 l'autre e/ l'esprance de lui rsi/]1 p>ce qu'il n'a en lui-mme ni les qualits ni les ress\rces ncessaires p\r t\t subjugu]4 ,dtruisez1 =ce de sagesse et de c\rage1 cette esprance1 il ne re/]a que la cra9te1 et ds-lors l',europe ne t>d]a pas p]dre sa lib]t4 #ajc ,les ,roma9s s\mir5t successivem5t les ,sab9s1 les ,eques1 les ,volsques1 les ,fid5ates1 les ,falisques1 c4 ,ils n'eur5t jamais affaire la fois deux de ces peuples4 ,ils toi5t t\s subjugus et allis des ,roma9s1 qu& la premire gu]re contre les ,samnites comm5a4 ,ceux-ci tant puiss et contra9ts de dem&] la paix1 les ,lat9s prir5t les armes et fur5t va9cus4 ,les ,samnites essayr5t alors de se v5g]1 mais leur dfaite donna le temps aux ,roma9s de s\mettre les ,toscans2 aprs quoi recomm5a la troisime gu]re contre les ,samnites4 ,l'effet que produiroit p>mi n\s la puissance dont je p>le1 la rpublique ,roma9e le produisit autrefois dans l',italie4 ,ce n'toit qu' la d]nire extrmit qu'on devoit se rs\dre rompre avec un peuple1 dont t\s les j\rs quelque ville pr\voit la supriorit1 qui ne recevoit un *ec que p\r s'en v5g] avec plus d'clat1 et qu'on auroit plutt ext]m9 que contra9t faire une dm>*e indigne de son c\rage et contraire ses pr9cipes4 ,on voit un exemple rem>quable de cette f]met s+ulire des ,roma9s1 dans la gu]re que leur fit ,coriolan4 ,aprs plusieurs succs1 ce capita9e s'toit appro* jusqu'aux portes de ,rome1 dont il =ma le sige4 ,une t]reur gnrale glace les esprits4 ,*aque citoy5 croit que le mom5t fatal de la rpublique e/ arriv4 ,on c\rt en f\le dans les temples2 on fait des processions et des sacrifices4 ,le snat voit sa p]te c]ta9e1 et il ne lui vi5t cep5dant pas dans la p5se de sauv] ,rome en accordant ,coriolan ses dem&es1 c'e/--dire1 la re/itution des t]res conquises sur les ,volsques4 ,il dsespre de son salut1 et il s'en ti5t firem5t la rponse qu'il avoit d'abord faite3 ,que les ,roma9s ne p\voi5t ri5 accord] la =ce sans viol] leurs maximes et leurs usages2 qu'ils ne trait]oi5t po9t avec un rebelle tant qu'il auroit les armes la ma92 qu'il se retirt sur les t]res des ,volsques1 et que la rpublique v]roit alors ce que la ju/ice exige d'elle4 ,ce qui doit n\s p>otre le plus surpr5ant dans la =tune des ,roma9s1 c'e/ qu'ils ai5t suffi faire une gu]re cont9uelle depuis le rgne de ,numa jusqu' la f9 de la premire gu]re ,punique#ajd1 qu'ils f]mr5t p\r la seconde fois le temple de ,janus4 ,c'e/ une espce de prodige qu'une ville qui n'a jamais beso9 de repos1 t&is qu'aucune de nos nations mod]nes ne p\rroit s\t5ir une gu]re mme heureuse p5dant tr5te ans1 sans tre oblige de faire la paix p\r rp>] ses =ces puises4 ,mais je vi5s de rem>qu] que ,rome ne *]*a d'abord qu' conqurir des citoy5s1 et la gu]re les multiplia en effet tel po9t1 que1 dans le c5s de ,s]vius ,tullius1 on y compta plus de quatre-v+t mille hommes en tat de port] les armes4 ,si les ,roma9s1 aprs l'tablissem5t de la rpublique1 prir5t l'usage de se faire des allis1 et non pas des concitoy5s1 des peuples qu'ils s\mettoi5t1 cette n\velle politique ne leur fit aucun tort1 p>ce que ces allis eux-mmes supportoi5t une p>tie des p]tes que la gu]re causoit4 ,d'ailleurs1 les in/itutions de la rpublique toi5t extrmem5t favorables la propagation1 et les ,roma9s donnr5t assez s\v5t des familles trangres le droit de b\rgeoisie1 p\r que le nombre des citoy5s augm5tt *aque c5s4 #ajd ,elle f9it l'an de ,rome #eaj4 ,on voit p>-l que les ,roma9s fir5t cont9uellem5t la gu]re p5dant prs de c9q sicles4 ,la gu]re exige auj\rd'hui des dp5ses normes1 et les conqutes d'un peuple ne le ddommag5t presque jamais de ce qu'elles lui ont cot4 ,la rpublique ,roma9e faisoit1 au contraire1 la gu]re sans frais jusqu'au sige de ,vies#aje2 elle ne donna po9t de paie ses soldats1 p>ce que ces expditions toi5t c\rtes4 ,il n'toit "q que de sortir de ,rome1 d'all] au-devant de l'ennemi1 de le combattre2 et si on pr5oit une ville1 c'toit p> escalade4 ,le citoy5 portoit avec lui les vivres qui lui toi5t ncessaires1 et il rev5oit *>g de but94 ,qu& les vues des ,roma9s s'agr&ir5t1 que leurs campagnes dev9r5t plus longues et plus difficiles1 et qu'il fallut donn] une paie au soldat qui ab&onnoit la culture de ses t]res et le so9 de ses affaires dome/iques1 la gu]re1 p\r me s]vir de l'expression de ,caton1 n\rrissoit encore alors la gu]re4 ,les armes1 acc\tumes une extrme frugalit1 vivoi5t aux dp5s des ennemis2 et comme les entreprises toi5t plus importantes1 le but9 fut aussi plus considrable4 ,la rpublique en laissoit une assez gr&e p>tie aux soldats p\r qu'ils s\haitass5t t\j\rs la gu]re2 elle se ddommageoit de ses avances en v5dant le re/e2 et1 aprs avoir rp> ses fonds1 il lui re/oit encore beauc\p de t]res conquises qu'elle p>tageoit entre ses plus pauvres citoy5s1 ou dont elle =moit le doma9e d'une colonie4 #aje ,l'an de ,rome #cdg4 ,ce sige dura dix ans4 ,la gu]re t5oit donc lieu *ez les ,roma9s de cette indu/rie1 de ce comm]ce1 de ces arts1 de cette conomie qui sont les seules s\rces de la ri*esse des peuples mod]nes4 ,le citoy5 tr\voit un avantage p>ticuli] tre soldat1 et les soldats seuls entret5oi5t l'abondance ,rome p> leurs victoires2 la rpublique ne devoit donc faire la paix avec un de ses vois9s1 que p\r t\rn] l'ef=t de ses armes contre un autre4 ,auj\rd'hui que1 p> une suite de l'adm9i/ration tablie *ez les puissances de l',europe1 t\tes les ri*esses de l'tat sont entre les ma9s d'un petit nombre d'hommes1 que le re/e ne subsi/e que p> indu/rie1 et que les citoy5s1 nobles1 magi/rats1 soldats1 comm]ans1 lab\reurs1 ou artisans =m5t des classes diffr5tes dont les intrts sont opposs1 ou du mo9s diffr5s1 comm5t s]oit-il possible de leur r5dre la gu]re galem5t avantageuse8 ,elle doit tre un flau p\r t\tes les nations2 sans enri*ir les armes mmes1 elle appauvrit t\s les citoy5s dont elle ru9e l'indu/rie et susp5d le comm]ce1 t&is qu'ils sont obligs de pay] des subsides plus considrables4 ,le g\v]nem5t1 ret5u p> les murmures du peuple1 et qui1 de j\r en j\r p]oit les impositions avec plus de difficult1 se tr\ve donc enf9 dans l'impuissance de p\rsuivre ses entreprises2 et les sujets1 accabls des maux de la gu]re1 n'aim5t et ne dsir5t que la paix4 ,aprs ce que j'ai dit jusqu'ici des diffr5tes causes qui conc\roi5t l'agr&issem5t des ,roma9s1 si on se rappelle combi5 la conqute seule de l',italie leur cota de pe9es1 de so9s1 de travaux1 l'ambition de nos tats mod]nes doit p>otre une inquitude purile4 ,qu'on y rfl*isse1 ce n'e/ qu'une nation de soldats qui peut subjugu] ses vois9s1 p>ce qu'elle seule peut avoir cette discipl9e excell5te qui prp>e les succs1 cette f]met qui r5d 9branlable dans le malheur1 cette avidit insatiable p\r la gloire1 qui ne se lasse jamais de va9cre1 et sur-t\t ces sages in/itutions qui1 en proscrivant t\t ce qui n'e/ pas utile la gu]re1 ne lui laiss5t de passion que p\r la lib]t et les combats1 et lui f\rniss5t naturellem5t les moy5s de pr(it] d'une premire conqute p\r en faire plus aism5t une seconde4 ,quel spectacle n\s prs5te auj\rd'hui une nation6 ,on voit quelques hommes ri*es1 oisifs et voluptueux qui font leur bonheur aux dp5s d'une multitude qui flatte leurs passions1 et qui ne peut subsi/] qu'en leur prp>ant sans cesse de n\velles volupts4 ,cet assemblage d'hommes1 oppresseurs et opprims1 =me ce qu'on appelle la socit1 et cette socit rassemble ce qu'elle a de plus vil et de plus mprisable1 et en fait ses soldats2 ce n'e/ po9t avec de p>eilles murs1 ni avec de p>eils bras que les ,roma9s ont va9cu l'univ]s4 ,je ne cra9s po9t de me tromp] en avanant que l'ambition p>mi les ,europens1 lo9 de conduire un peuple la mon>*ie univ]selle1 doit ht] sa dcad5ce4 ,quel tat en effet n'e/ pas accabl du poids des dettes que la gu]re l'a oblig de contract]8 ,le plus obr1 c'e/ celui qui a fait les plus gr&es entreprises4 ,quelques pr9ces ont recul leurs frontires2 mais ont-ils accru leurs =ces en agr&issant leur t]ritoire8 ,il n'y a po9t de nation en ,europe qui ne tr\ve son vritable avantage cultiv] soigneusem5t la paix2 si elle fait la gu]re p\r un autre objet que sa df5se1 elle va contre ses intrts2 et un peuple qui ne les consulte pas dans *acune de ses entreprises1 quel bonheur peut-il se promettre8 ,malgr t\s les avantages que la rpublique ,roma9e avoit sur ses ennemis1 jamais elle ne s]oit p>v5ue les ass]vir1 si1 p> la =me mme de son g\v]nem5t1 elle n'et t =ce se conduire p> des pr9cipes et des maximes inv>iables1 qui dev9r5t le ressort de t\s ses m\vem5s1 et qui la p\ssoi5t au b qu'elle ne p]dit jamais de vue4 ,qu'on jette les yeux sur les traits1 les alliances1 les ligues que nos peuples ont faits depuis le comm5cem5t de ce sicle2 et l'on croira qu'aucun tat n'a d'intrt fixe et c]ta91 que l'intrigue a pris la place de la politique1 qu'au lieu de g\v]n] les affaires1 on leur obx1 et qu'on e/ ami ou ennemi au has>d4 ,*ez les ,roma9s1 le magi/rat toit oblig de pr5dre l'esprit de sa nation1 et de la conduire selon ses intrts4 ,auj\rd'hui l'intrt d'un peuple1 c'e/ l'intrt p]sonnel de ceux qui le g\v]n5t4 ,l'homme timide ou modr ne voit po9t les objets du mme il que l'homme c\rageux ou ambitieux4 ,de-l dans t\s les tats1 cette conduite t\r--t\r foible1 intrpide1 ambitieuse1 ds9tresse1 p>ce qu'ils obiss5t successivem5t des matres qui ont des lumires1 et sur-t\t des passions diffr5tes4 ,il arrive trs-r>em5t qu'un pr9ce suive la r\te que son prdcesseur lui a trace2 il *ange mme s\v5t de c>actre et de politique en *angeant de m9i/re3 a9si une nation ne fait jamais qu'bau*] des entreprises4 ,l'hi/oire de nos pres n\s in/ruit d'avance de l'hi/oire de nos neveux4 ,comme il s'e/ fait jusqu' prs5t1 il se f]a encore dans la suite un balancem5t de =tune entre t\s les peuples de l',europe4 ,un tat g\v]n p> un pr9ce habile et ambitieux s]a prt t\t envahir1 et il devi5dra subitem5t le j\et de ses vois9s4 ,a un ,*>lemagne succd]a un ,l\is-le-,dbonnaire2 l'difice lev p> le hros s'cr\l]a s\s le pr9ce imbcille4 ,l'un avoit communiqu son gnie sa nation2 il voyoit t\t1 il remdioit t\t2 l'autre ne v]ra que sa c\r1 ses favoris et ses dome/iques2 emb>rass de sa puissance1 il ne saura pas employ] ses =ces1 et s]a humili p> un ennemi beauc\p mo9s puissant que lui1 mais c\rageux1 sage et clair4 ,ces jeux biz>res1 mais ord9aires de la =tune1 contribu]ont1 si je ne me trompe1 plus efficacem5t que notre politique de l'quilibre1 cons]v] *aque peuple son indp5dance4 ,les premires gu]res des ,roma9s ne fur5t que des c\rses o la brav\re dcidoit de t\t4 ,il auroit fallu peu de sci5ce leurs ennemis p\r les va9cre2 mais aussi ignorans qu'eux1 ils ne leur opposoi5t ni ruses ni manuvres habiles4 ,les consuls1 t\j\rs heureux1 ne savoi5t pas qu'il y a des circon/ances o il faut va9cre p> la =ce1 et d'autres o il faut *]*] la victoire1 en feignant d'y r5onc]4 ,les ,roma9s v\loi5t t\j\rs combattre1 et la confiance qu'ils avoi5t en leur c\rage exigeoit qu'on *asst l'ennemi p> la =ce2 le va9cre sans l'accabl] du poids des lgions1 ce n'et t p\r eux qu'une demi-victoire#ajf4 #ajf ,voyez la diffr5ce que les ,roma9s mettoi5t entre le triomphe et l'ovation4 ,caus ovationis h traduntur1 si non p5itus debellati ess5t ho/es4444 si fusi ess5t1 fugati1 p]cussi1 con/]nati1 non tam5 magnis cladibus affecti44444 d5ique si incru5to prlio pugnatum esset4 ,il falloit que les ennemis euss5t p]du au mo9s c9q mille hommes dans un combat1 p\r que le consul obtnt les honneurs du gr& triomphe4 ,quelle grossiret6 ,ces prjugs1 ns avec la rpublique1 flattoi5t si agrablem5t son orgueil1 qu'ils y subsi/r5t long-temps encore aprs que ses gnraux eur5t port la sci5ce de la gu]re son plus haut po9t de p]fection4 ,l'adresse que ,m>cius et ,attilius employr5t p\r tromp] ,p]se1 et l'emp*] de comm5c] les ho/ilits avant que la rpublique et envoy ses lgions dans la ,grce1 fut condamne ,rome p> une p>tie du snat qui se piquoit1 a9si que le rapporte ,tite-,live1 de cons]v] les s5tim5s des anci5s ,roma9s4 ,rome1 disoi5t ces snateurs1 ddaigne de se s]vir de ruses1 et de t5dre des piges2 le j\r doit clair] ses armes et ses exploits4 ,elle ne sait ce que c'e/ que de donn]1 p> une fuite simule1 une fausse confiance ses ennemis p\r se jett] sur eux1 et les accabl] dans leur scurit4 ,nos pres aimoi5t la gloire2 ils ne t]nissoi5t po9t leur c\rage en y associant des f9esses2 et aprs avoir dcl> la gu]re1 ils assignoi5t mme le j\r et le lieu du combat4 ,l'affront des ,f\r*es ,caud9es r5dit les consuls plus att5tifs sur eux-mmes#ajg4 ,ils comm5cr5t ds-lors se conduire avec une c]ta9e intellig5ce1 et faire la gu]re p> pr9cipes4 ,craignant les embuscades et les piges1 ils apprir5t en dress]4 ,leurs m>*es dev9r5t plus savantes1 et ds qu'ils sur5t qu'une arme p\voit tre c\pe et comme assige en ple9e campagne1 ils v\lur5t connotre un pays avant que de s'y engag]4 ,le po9t le plus difficile p\r les ,roma9s1 c'toit de les acc\tum] reg>d] la gu]re comme un art qui avoit beso9 d'autre *ose que du c\rage1 et d'une discipl9e rigide2 ds qu'ils comm5cr5t mdit]1 leurs progrs fur5t rapides4 #ajg ,une arme ,roma9e passa s\s le j\g1 l'an de ,rome #dca4 ,ils prir5t t\j\rs *ez leurs ennemis ce qu'ils y tr\vr5t d'avantageux#ajh4 ,leurs succs1 leurs dfaites1 ils mettoi5t t\t pr(it2 et *aque peuple qu'ils va9quir5t leur donna en quelque sorte une leon de gu]re4 ,les ,samnites sur-t\t leur fir5t faire des ef=ts extraord9aires1 t5dir5t p>-l leurs vues et leurs connoissances1 et les mir5t en tat de rep\ss] d',italie un pr9ce qui avoit fait ses premires armes s\s les lieut5ans d',alex&re4 ,pyrrhus ne tr\ve ri5 de b>b>e dans leur manire d'asseoir un camp1 et de dispos] une arme4 ,avec les =ces que ce pr9ce avoit am5es au sec\rs des ,t>5t9s1 et les allis qu'un politique plus habile que lui se s]oit faits en ,italie1 il devoit peut-tre ru9] la rpublique ,roma9e1 et il lui apprit seulem5t va9cre les ,c>?ag9ois4 #ajh ,neque sup]bia ob/abat quom9us in/ituta ali5a1 si modo proba erant1 imit>5tur ,majores no/ri4 ,arma atque tela milit>ia ab ,samnitibus1 insignia magi/ratuum ab ,tuscis pl]aque sumps]unt2 po/rem quod utique apud socios aut ho/es idoneum videbatur1 cum summo /udio domi exsequebantur1 imit>e quam invid]e bonis malebant4 ,sall4 9 ,bel4 ,cat4 ,l'ambition de ce pr9ce inquiet et avide devanoit la rapidit de ses armes4 ,en entrant dans l',italie1 il lui t>doit de conqurir la ,sicile1 et pe9e a-t-il mis le pi$ dans cette le1 qu'il dvore l',afrique1 et v\droit dj avoir va9cu ,c>?age4 ,il savoit va9cre2 mais son impati5ce le dgtoit de ses entreprises avant que de les avoir consommes4 ,les ,roma9s ne se s\t9r5t contre ,pyrrhus que p> ,pyrrhus mme4 ,leurs armes avoi5t t entirem5t dfaites prs de ,syris1 et mises en dr\te ,asculum4 ,une troisime action p\voit rduire les ,roma9s1 qui n'toi5t pas encore acc\tums de combattre contre des lphants1 df5dre leur propre ville2 mais au lieu de p\rsuivre son avantage1 ,pyrrhus entame une ngociation mal-ent5due1 et qu& il ne devoit inspir] que de la cra9te ses ennemis1 il leur r$onne de la confiance4 ,etonn p> le rcit de ,cynz1 qui1 disoit-il1 avoit vu dans le snat de ,rome une assemble de rois1 et dj ennuy de la con/ance que les ,roma9s lui opposoi5t1 il ab&onne les ,t>5t9s leurs allis1 et l',italie1 p\r vol] au sec\rs de ,syracuse et d',agrig5te1 que les ,c>?ag9ois v\loi5t s\mettre leur dom9ation4 ,la rpublique ,roma9e mit pr(it l'abs5ce de ce pr9ce2 et qu& il repassa en ,italie p\r relev] les affaires dsespres de ,t>5te1 il fut battu ,bnv5t1 et =c de *]*] un asyle dans ses tats4 ,c'e/ peu de temps aprs la retraite de ,pyrrhus que les ,roma9s inv5tr5t cet ordre de bataille1 auquel ,polybe attribue les avantages qu'ils cont9ur5t remport] sur leurs ennemis4 ,ils se rangeoi5t sur trois lignes1 et *aque ligne1 au lieu de =m] une masse pesante d'infant]ie1 qui n'auroit eu que des m\vem5s l5ts et difficiles1 toit compose de diffr5s corps sp>s les uns des autres1 et p>-l capables des volutions les plus rapides4 ,les pr9ces qui =moi5t la seconde ligne toi5t placs vis--vis les int]valles que laissoi5t entre elles les cohortes des ha/aires1 qui =moi5t le premi] rang1 et les corps des triaires1 c'e/--dire1 des soldats les plus braves et les plus exprim5ts1 placs en troisime ligne1 rpondoi5t aux int]valles des pr9ces1 et faisoi5t la rs]ve de l'arme4 ,outre que cette disposition e/ plus propre que la phalange des ,grecs1 et l'ordonnance des ,b>b>es1 vit] l'ef=t des lphants1 c> il suffisoit de faire un m\vem5t lg] p\r que l'arme ,roma9e s'ouvrt et se =mt en colonne1 elle (froit un mo9dre front aux armes de jet des ,velites4 ,il falloit va9cre p\r a9si dire trois fois les ,roma9s dans la mme action4 ,si les ha/aires toi5t enfoncs1 les pr9ces s'avanoi5t1 les s\t5oi5t et leur donnoi5t le temps de se ralli] d]rire eux p\r fondre une seconde fois sur l'ennemi1 auquel les triaires enlevoi5t encore quelquefois la d\ble victoire qu'il avoit dj remporte4 ,les ,grecs et les successeurs d',alex&re ne connoissoi5t qu'un mme ordre de bataille1 c'e/ celui de la phalange1 compose de seize mille hommes1 rangs sur seize de pr(ondeur4 ,on peut voir dans les hi/ori5s quelles toi5t les armes de ces soldats1 et l'on ne s]a po9t tonn que ,paul ,emile en ft effray la premire fois qu'il combattit contre ,p]se4 ,la phalange p>oissoit inv9cible1 et elle l'toit en effet1 dit ,polybe1 tant qu'elle demeuroit unie2 mais aj\te-t-il1 il toit r>e qu'occupant v+t /ades1 elle tr\vt un t]re9 qui lui convnt4 ,une hauteur1 un foss1 une fondrire1 une haie1 un ruisseau en rompoi5t l'ordonnance1 et ses ennemis p\voi5t alors la ru9] d'autant plus aism5t1 et pntr] dans les int]valles qu'elle laissoit en se rompant1 que tel e/ l'ordre de la phalange1 cont9ue le mme hi/ori51 que le soldat ne peut faire aucune volution1 ni combattre corps corps1 cause de la longueur de ses armes4 ,sans aucun ob/acle trang]1 il toit mme impossible que la phalange ne s\ffrt pas quelque flottem5t ds qu'elle se mettoit en m\vem5t4 ,les cohortes ,roma9es1 aussi capables de t\tes sortes d'volutions1 que la pesante ordonnance des ,grecs l'toit peu1 avoi5t donc un avantage considrable sur la phalange4 ,p\r la va9cre1 il ne s'agissoit que de la =c] combattre sur un t]ra9 9gal1 ou avant que de l'attaqu]1 de la rompre p> le sec\rs des ,velites1 ou de la =c] m>*]4 ,ce que ,polybe dit1 en comp>ant l'ordonnance lgre des ,roma9s celle des ,macdoni5s1 il faut1 plus =te raison1 l'appliqu] l'ordre de bataille des autres peuples1 dont l'infant]ie1 t\te presse en un corps1 avoit les inconvni5s de la phalange1 sans en avoir les avantages4 ,deux et mme trois phalanges places les unes d]rire les autres ne =tifioi5t po9t une arme1 p>ce qu'elles ne se donnoi5t aucun sec\rs4 ,annibal en fit l'preuve ,zama4 ,il composa sa premire phalange de t\t ce qu'il avoit de plus mdiocre dans ses tr\pes1 se flattant qu'aprs que les ,roma9s se s]oi5t fatigus la taill] en pices1 il fondroit sur eux avec la seconde phalange1 et les mettroit aism5t en fuite4 ,ce gr& homme fut tromp dans ses esprances4 ,sa premire phalange1 qui fut rompue et enfonce1 se jeta sur la seconde1 y porta le dsordre1 et l'entrana dans sa dr\te avant mme que les ,roma9s l'euss5t appro*e4 ,,livre ,,c9qui,,me4 ,t&is que ,rome toit occupe subjugu] l',italie1 ,c>?age1 qui rgnoit depuis long-temps sur l',afrique1 t5doit sa dom9ation hors de son cont95t4 ,elle avoit fait des conqutes considrables en ,espagne2 la ,s>daigne toit s\mise1 et la ,sicile sembloit ne p\voir vit] le mme sort4 ,des ri*esses imm5ses1 produit du comm]ce le plus florissant1 enfloi5t l'orgueil des ,c>?ag9ois2 et p>ce qu'ils toi5t le peuple le plus ri*e du monde1 ils se croyoi5t de/9s le g\v]n]4 ,mais les ,roma9s p5soi5t que cet empire devoit tre le prix de leur c\rage1 de leur pati5ce et de leur am\r p\r la gloire4 ,ces deux nations1 =ce de va9cre leurs ennemis1 s\mir5t t\s les peuples qui les sp>oi5t2 elles se fir5t la gu]re1 et peut-tre que l'hi/oire n'(fre po9t de spectacle plus beau1 plus intressant1 et la fois plus in/ructif que la rivalit de ces deux rpubliques4 ,c>?age1 fonde p> ,didon plusieurs sicles avant ,romulus1 obx d'abord des rois2 mais elle ne t>da pas en sec\] le j\g p\r se g\v]n] en ville libre4 ,deux sufftes1 dont la magi/rature toit annuelle1 prsidoi5t un snat nombreux qui les avoit lus2 ils en convoquoi5t les assembles1 et y proposoi5t les matires qui devoi5t tre l'objet des dlibrations4 ,tant que les avis toi5t unanimes dans le snat1 ce corps rgloit t\t1 ordonnoit t\t1 et le g\v]nem5t toit absolum5t ari/ocratique4 ,mais au dfaut d'unanimit1 les affaires toi5t portes devant le peuple1 que ses magi/rats assembloi5t dans la place publique#aji2 il dcidoit la pluralit des suffrages1 et le g\v]nem5t dev5oit alors purem5t dmocratique2 a9si la s\v]a9et t\te entire1 app>t5ant t\r t\r *acun des deux ordres de l'tat1 ,c>?age1 alt]nativem5t g\v]ne p> le snat ou p> le peuple1 n'avoit aucune rgle con/ante de conduite4 ,ari/ote et ,polybe1 tromps p> ses deux sufftes1 son snat et ses assembles du peuple1 ont donc eu tort de comp>] cette rpublique1 l'un celle des ,sp>tiates1 l'autre celle des ,roma9s1 o l'ari/ocratie1 la royaut et la dmocratie unies1 fondues ensemble1 et t\j\rs tempres les unes p> les autres1 =moi5t une police mixte qui rassembloit les avantages de t\s les autres g\v]nem5s4 #aji ,ces magi/rats du peuple toi5t au nombre de #aje4 ,les auteurs lat9s les appell5t c5tum-viri1 c5tum-virs2 ils toi5t les juges de t\tes les affaires civiles4 ,a pe9e les ,c>?ag9ois se fur5t-ils =m un tablissem5t solide1 qu'occups1 l'exemple des ,tyri5s dont ils desc5doi5t1 de la seule passion d't5dre leur comm]ce1 d'acqurir et d'amass] des ri*esses#aaj1 ils dur5t avoir t\s les vices que produit l'av>ice4 ,si ces vices ru9r5t le sage g\v]nem5t des ,roma9s1 quels ravages ne dur5t-ils pas caus] *ez les ,c>?ag9ois1 dont les lois n'toi5t propres ni prv5ir1 ni rprim] les abus8 ,la probit et les tal5s ne fur5t compts p\r ri52 c'e/ aux seuls citoy5s ri*es qu'on dfroit les magi/ratures1 et il leur toit mme p]mis d'en possd] plusieurs la fois4 ,n'y ayant plus d'galit entre les magi/rats1 et leurs fonctions n'tant pas sp>es1 les ha9es et les jal\sies prir5t la place de l'mulation2 et de-l naquir5t ces cabales1 ces p>tis presqu'aussi anci5s que la rpublique1 et auxquels ses intrts fur5t cont9uellem5t sacrifis4 ,on ne concevroit po9t que les ,c>?ag9ois euss5t cons]v leur lib]t jusqu'au temps o ils fir5t la gu]re aux ,roma9s1 si on ne faisoit att5tion que leur esprit1 plus occup de leurs banques et de leurs comptoirs que de t\t autre objet1 et rtrci p> l'intrigue1 ne s'ouvroit po9t aux gr&es *oses comme celui des ,roma9s4 ,t&is que les uns1 naturellem5t l*es et timides1 s'insultoi5t en citoy5s1 et ne *]*oi5t dom9] que p> des voies s\rdes et dt\rnes1 les autres1 fi]s et c\rageux comme leur rpublique1 avoi5t son ambition et dcidoi5t leurs qu]elles p> les armes4 ,la modration mme que les ,c>?ag9ois cons]voi5t au milieu de t\s leurs vices1 donne une ide dsavantageuse de leur c>actre1 et la foiblesse qui les emp*e d'tre aussi m*ans que les ,roma9s1 ne les r5d que plus mprisables4 #aaj ,l'av>ice des ,c>?ag9ois toit une passion basse et sordide2 ils ne savoi5t pas j\ir de leur =tune4 ,huet1 dans son hi/oire du comm]ce1 et de la navigation des anci5s1 ,*ap4 #ae1 dit que les ,roma9s appeloi5t p> drision les ,c>?ag9ois1 mangeur de b\illie4 ,c>?age s\mit cep5dant ses vois9s2 c'toi5t sans d\te des peuples incapables de cons]v] leur indp5dance4 ,ses premi]s succs1 les contributions qu'elle exigea de ses ennemis1 et les dp\illes des va9cus1 lui inspirr5t une confiance qui ne fut qu'un vice de plus dans sa con/itution4 ,quoique m>*&s1 les ,c>?ag9ois v\lur5t tre conqurans1 et s'ils ne cont9uoi5t pas tr\v] des peuples aussi mal g\v]ns qu'eux1 aussi corrompus1 plus foibles et diviss d'intrt1 ils devoi5t ncessairem5t prir2 c> il e/ impossible qu'une rpublique1 telle que ,c>?age1 qui n'a que des soldats m]c5aires1 et dont les magi/rats ne sont pas les capita9es#aaa1 ait le gnie propre comm5c]1 suivre et consomm] de gr&es entreprises de gu]re4 ,acc\tume voir ses intrts s\s un autre po9t de vue qu'une nation militaire1 et trav]s d'autres prjugs1 elle aime la paix qui fait fleurir son comm]ce1 et doit p> consqu5t faire mal la gu]re4 ,ses projets1 t\j\rs trop gr&s ou trop petits1 ne s]ont jamais conc]ts avec sagesse1 et elle ne les excut]a qu'en se dfiant d'elle-mme1 ou en prsumant trop de ses =ces4 ,elle aura de l'esprance1 ou la p]dra mal propos2 arrogante dans la prosprit1 elle n'aura aucune f]met dans les rev]s2 ne p\vant donc faire la gu]re avec avantage1 il faut qu'elle y tr\ve enf9 sa p]te4 #aaa ,*ez les ,c>?ag9ois1 le comm&em5t des armes n'toit atta* aucune magi/rature4 ,le snat ou le peuple faisoit gnral un (fici] qui s'toit di/+u1 ou qui savoit mieux brigu] la faveur publique4 ,si on rappro*e ces rflexions gnrales de ce que j'ai dit jusqu'ici des in/itutions politiques des ,roma9s1 il p>otra sans d\te surpr5ant que la premire gu]re ,punique ait dur v+t-un ans et n'ait pas f9i p> la ru9e entire de ,c>?age4 ,mais il faut faire att5tion que la rpublique ,roma9e1 se tr\vant transporte dans un ordre de *oses t\t n\veau1 ne put pas d'abord pr(it] de t\te la supriorit que son g\v]nem5t1 ses murs et sa discipl9e militaire lui donnoi5t sur les ,c>?ag9ois4 ,il ne s'agissoit plus de faire la gu]re comme elle l'avoit faite jusqu'alors dans l',italie1 de s't5dre de pro*e en pro*e1 et d'arm] seulem5t quatre lgions2 il falloit se faire de n\velles maximes1 et une politique en quelque sorte t\te n\velle2 et ce mom5t e/ presque t\j\rs fatal un peuple1 p>ce qu'il n'e/ po9t clair p> l'expri5ce2 et qu'entran p> la =ce de l'habitude1 il veut encore imit] qu& il doit imag9]4 ,les ,c>?ag9ois1 au contraire1 qui1 depuis long-temps1 faisoi5t la gu]re dans les prov9ces loignes et avec des armes nombreuses1 devoi5t encore avoir un avantage considrable sur les ,roma9s1 p> l'expri5ce qu'ils avoi5t de la m]4 ,je sais que la navigation toit un art aussi born *ez les anci5s qu'il e/ t5du *ez n\s2 que t\t se rduisoit1 de la "p des matelots1 connotre de c]ta9s prsages#aab du beau et du mauvais temps1 mani] avec adresse le g\v]nail1 et ram] de conc]t1 et que le c\rage du soldat dcidoit du sort des batailles navales4 ,mais les ,roma9s1 qui n'avoi5t jamais vu que des b>ques de p*eurs1 toi5t trop sages p\r n'tre pas intimids p> leur ignorance4 ,les honneurs extraord9aires qu'ils accordr5t au consul ,duilius1 qui dfit le premi] une flotte ,c>?ag9oise1 pr\v5t combi5 cette victoire toit inatt5due4 #aab ,voyez ,vegce1 l4 #e1 *4 #aj1 #aa et #ac4 ,aprs avoir va9cu1 les ,roma9s s'essayoi5t encore1 et ils avoi5t beso9 de plusieurs succs conscutifs p\r avoir sur m] la mme confiance qu'ils avoi5t sur t]re4 ,d'ailleurs1 l'empire des ,c>?ag9ois se s\t5oit p> son propre poids contre des *ecs lg]s1 et ne p\voit tre branl que p> de gr&s ,rev]s2 mais la pauvret de la rpublique roma9e ne lui p]mettoit pas de =m] de gr&es entreprises4 ,elle ne connoissoit l'usage des monnoies d'arg5t que depuis peu d'annes#aac1 et quelques sec\rs qu'elle ret de la gnrosit des citoy5s1 ils toi5t beauc\p mo9s considrables que les fonds ord9aires qu'une rpublique aussi ri*e que ,c>?age de/9oit la gu]re4 #aac ,l'an de ,rome #dha1 la rpublique comm5a avoir quelque monnoie d'arg5t1 et la premire gu]re ,punique comm5a l'an #dhi4 ,ces causes p>ticulires r5dir5t en quelque sorte les ,roma9s infrieurs eux-mmes dans le c\rs de la premire gu]re ,punique4 ,ils n'ignoroi5t pas sans d\te la fameuse div]sion d',aga?ocles#aad1 et ils toi5t in/ruits de la duret avec laquelle ,c>?age rgnoit sur l',afrique1 et quelque avantage qu'ils duss5t se p]mettre en y transportant le ?tre de la gu]re1 ils ne se dt]m9r5t que t>d y faire pass] une arme4 ,la bataille d',ecnome ayant enf9 mis ,rgulus en tat d'assig] ,c>?age1 ce gnral p\voit ds-lors excut] ce que fir5t depuis les ,scipions2 mais sa rpublique se dfia de ses propres =ces et de ses lumires1 et se tr\vant en quelque sorte emb>rasse p> la gr&eur de son entreprise1 rappela en ,italie un consul et une p>tie des lgions4 ,les ,roma9s1 aprs la dfaite de ,rgulus1 p>ur5t v\loir se v5g] avec clat2 ils remir5t en m] une flotte de trois c5ts vaisseaux1 et au lieu de port] une seconde fois la gu]re en ,afrique1 o ils n'auroi5t plus tr\v un ,xantippe#aae2 ils se cont5tr5t de retir] d',aspis les soldats de ,rgulus qui s'y toi5t rfugis4 #aad ,aga?ocles1 tyran de ,syracuse1 tant vivem5t press p> les ,c>?ag9ois qui assigeoi5t sa ville1 s'emb>qua avec ses pr9cipales =ces1 et fit une desc5te en ,afrique4 ,il s'appro*a de ,c>?age mme1 la m5aa d'en =m] le sige1 et p> cette heureuse div]sion1 la contraignit rappel] les tr\pes qu'elle avoit en ,sicile4 #aae ,xantippe1 ,lacdmoni51 toit v5u au sec\rs de ,c>?age1 et ayant pris le comm&em5t de son arme1 battit ,rgulus4 ,les ,c>?ag9ois le fir5t prir1 p\r s'p>gn] le so9 de lui tmoign] leur reconnoissance4 ,depuis que la rpublique ,roma9e1 claire p> ses fautes mmes1 et famili>ise avec les gr&es entreprises p> une gu]re de v+t-un ans1 toit aussi ex]ce combattre sur m] que sur t]re1 et s'toit enri*ie p> la possession de la ,sicile et des autres pays qui lui avoi5t t cds1 il semble que ,c>?age ne p\rra vit] sa ru9e1 si elle recomm5ce la gu]re contre les ,roma9s4 ,elle devroit mme n'avoir aucun succs important2 mais les tats ne font pas t\j\rs ce qu'ils doiv5t naturellem5t faire4 ,la =tune se plat quelquefois confondre la sagesse des hommes1 p\r leur montr] qu'ils ne sont jamais assez sages4 ,rome1 faite p\r t\t conqurir1 e/ prte tre subjugue p> les ,c>?ag9ois2 c'e/ l un de ces phnomnes irrguli]s que prs5te l'hi/oire1 et dont la politique ne peut trop tudi] les causes4 ,l'application successive d',amilc>1 d',asdrubal et d',annibal1 =m] les armes une excell5te discipl9e1 avoit suppl t\t ce qui manquoit au g\v]nem5t de ,c>?age1 p\r avoir des soldats aussi braves que ceux de la rpublique ,roma9e4 ,ces hommes r>es1 qui devoi5t t\t leurs tal5s et ri5 aux in/itutions de leur patrie1 eur5t presque l'art d'inspir] une milice m]c5aire et compose de diffr5tes nations1 le mme zle1 la mme fidlit et la mme obissance que les consuls tr\voi5t naturellem5t dans leurs concitoy5s4 ,t&is que ,rome1 qui avoit f]m le temple de ,janus aprs la premire gu]re ,punique1 se rel*oit vraisemblablem5t de ses ex]cices1 et gtoit trop de d\ceurs#aaf d'une paix qui fut pe9e tr\ble p> quelques expditions contre des peuples dont elle *tia trop aism5t l'indocilit#aag2 les armes de ,c>?age s'agu]rissoi5t en ,espagne1 et y faisoi5t t\s les j\rs de n\velles conqutes4 ,malgr les intrigues et les cabales p> lesquelles les ,c>?ag9ois toi5t dsunis1 et dont le propre e/ de faire nglig] le mrite1 de le cra9dre mme1 et de l't\ff] p\r sub/itu] sa place l'ignorance et l'incapacit1 ils donn5t ,annibal le comm&em5t de leur arme4 ,p> le caprice d'un has>d contraire1 les ,roma9s1 malgr un g\v]nem5t plus capable que t\t autre de produire des tal5s1 et o le mrite toit sr d'tre rcomp5s1 lv5t au consulat un ,flam9ius et un ,v>ron4 #aaf ,l'int]valle de la premire la seconde gu]re ,punique1 e/ de v+t-c9q ans3 l'une f9it l'an de ,rome #eaj1 et l'autre comm5a en #ece4 #aag ,neque ho/em acriorem bellicosioremque secum congressum1 nec rem romanam tam desidem unquam fuisse atque imbellem4 ,s>dos1 ,corsosque1 et ,i/ros atque ,illyrios1 lacessisse magis quam ex]cuisse romana arma2 et cum ,gallis tumultuatum v]ius quam bellig]atum4 ,pnum1 ho/em vet]anum1 trium et vig5ti annorum militi durissim int] ,hispanas g5tes semp] victorem1 primum ,amilc>e1 de9d ,asdrubale1 nunc ,annibale duce ac]rimo assuetum1 rec5tem ab excidio opul5tissim urbis ,ib]um transire3 trah]e secum tot excitos ,hispanorum populos3 conciturum avidas semp] armorum ,gallicas g5tes3 cum orbe t]r>um bellum g]5dum 9 ,italia ac pro mnibus romanis esse4 7,tit4 ,liv4 l4 #ba47 ,ce n'e/ po9t proprem5t contre la rpublique de ,c>?age que ,rome va faire la gu]re1 c'e/ contre ,annibal seul1 qui1 avec les ress\rces que lui prs5te une arme bi5 discipl9e1 et ce qu'il avoit pu amass] de ri*esses en ,espagne1 se s5tant en tat de se pass] des sec\rs de sa patrie1 mdite t\t1 projette t\t1 excute t\t4 ,si le snat de ,c>?age eut rgl les oprations de cette gu]re1 les ,roma9s auroi5t pu faire des fautes impunm5t2 mais un homme qui n'en fait po9t1 les obs]ve1 les ent\re de piges1 et leur f]a pay] *rem5t la plus petite mprise et la plus lgre di/raction4 ,rome avoit fait trop de mal aux ,c>?ag9ois p5dant la premire gu]re ,punique1 et les avoit trop grivem5t (f5ss depuis1 en s'emp>ant1 contre la foi des traits1 de l'le de ,s>daigne1 p\r ne devoir pas tre inquite de leurs progrs en ,espagne4 ,voir sortir son ennemi de l'humiliation o on l'a mis1 et ne pas lui faire la gu]re1 c'e/ une imprud5ce extrme4 ,il falloit clair] t\tes les dm>*es d',annibal et s'oppos] ses premires entreprises2 ds qu'il (f5se ,sagunte1 la gu]re e/ dcl>e aux ,roma9s2 il n'e/ plus temps de dlibr]1 et il ne re/e qu' transport] promptem5t les lgions en ,afrique ou en ,espagne4 ,en laissant opprim] un alli fidelle1 ,rome toit t\s les autres la confiance o ils toi5t qu'ils n'avoi5t ri5 cra9dre s\s sa protection1 et c'toit branl] les fondem5s de son empire4 ,un peuple pacifique att5d la gu]re sur ses frontires2 un peuple conqurant doit la port] dans les prov9ces de ses ennemis4 ,si les armes ,roma9es sont heureuses en ,afrique ou en ,espagne1 la rpublique y f]a des conqutes2 si elle e/ battue1 elle ne s]a po9t accable de ses p]tes1 et il lui re/e des ress\rces p\r rtablir ses affaires4 ,qui ne s5t pas que1 qu& ,annibal auroit obt5u en ,espagne les mmes avantages qu'il remporta en ,italie1 et qui mir5t les ,roma9s deux doigts de leur ru9e1 il ne leur auroit cep5dant caus que de mdiocres al>mes8 ,la l5teur et l'indcision des ,roma9s fir5t concevoir ,annibal le projet de pass] d',espagne en ,italie4 ,cette entreprise a s\v5t t accuse de tmrit2 c'e/ le sort des gr&s hommes de p>otre plus audacieux que prud5s1 p>ce qu'on les juge sans avoir leurs lumires ni leurs ress\rces4 ,jamais projet ne fut cep5dant =m avec plus de sagesse4 ,annibal connoissoit t\te la supriorit de ,rome sur sa patrie2 et sa*ant que ce n'toit qu' la faveur de ses tal5s et de quelques circon/ances passagres que ,c>?age p\voit se flatt] d'avoir des succs1 il et t ins5s de se faire un plan qu'il n'et pu lui-mme excut]4 ,s'il eut entrepris de *ass] les ,roma9s pi$ pi$ de leurs conqutes1 et de les dtruire p> une longue suite de succs1 il toit sr de m\rir avant que d'avoir t]m9 cette gu]re1 et il auroit laiss sa patrie ab&onne elle-mme et dans l'impuissance de se df5dre4 ,en portant1 au contraire1 ses armes dans le cur de l',italie1 il rduisoit1 ds la premire campagne1 une rpublique conqurante combattre p\r ses propres foy]s1 et il ne lui falloit qu'une ou deux victoires p\r tre en tat d'assig] ,rome mme1 la pr5dre1 la brl]1 et v5dre ses citoy5s4 ,ce qui a*eva de dt]m9] ,annibal1 c'e/ qu'en faisant la gu]re dans quelque prov9ce loigne1 il auroit eu combattre les lgions ,roma9es1 et ces armes1 t\j\rs n\velles d'auxiliaires que les ,itali5s f\rnissoi5t aux ,roma9s1 et avec lesquelles ils devoi5t t\t envahir4 ,en se transportant dans l',italie1 il se flattoit1 avec raison1 de dissip] l'espce de *>me qui la t5oit ass]vie aux volonts des ,roma9s1 de l'arm] mme contre ses matres1 et de ram5]1 p> consqu5t1 la rivale de ,c>?age cet tat de foiblesse o elle s'toit vue avant ses conqutes4 ,en effet1 si quelques villes d',italie1 se s\v5ant encore de leur anci5ne indp5dance1 voyoi5t avec jal\sie l'empire de la rpublique ,roma9e1 et n'toi5t plus les dupes de cette politique adroite1 p> laquelle elle ass]vissoit les peuples en les m5aant les uns des autres1 ne devoi5t-elles pas reg>d] les ,c>?ag9ois comme des librateurs1 et s\s leur protection t*] de rec\vr] la lib]t8 ,que ne p\voit pas se promettre un aussi gr& politique qu',annibal1 en remuant t\r t\r les ,itali5s p> la cra9te des *tim5s ou p> l'esprance des bi5faits8 ,les colonies mmes de ,rome ne devoi5t pas tre fidelles leur mtropole1 si les ,c>?ag9ois1 aprs avoir obt5u quelque avantage considrable1 t\rnoi5t leurs =ces contre elles1 et en les m5aant de les ru9]1 les invitoi5t1 p> des faveurs1 se li] eux4 ,les citoy5s ,roma9s1 qui avoi5t t transports dans une n\velle ville1 devoi5t reg>d]1 aprs un c]ta9 temps1 l'habitation o ils toi5t ns comme leur vritable patrie4 ,c'e/ l qu'toi5t leur famille1 leurs dieux1 leurs amis1 leur =tune1 et t\t ce qui e/ capable d'intress] et d'atta*] le cur huma92 toit-il naturel que ces colonies1 esclaves du respect qu'elles cons]voi5t p\r la ville laquelle elles devoi5t leur orig9e1 sacrifiass5t au salut du capitole leurs femmes1 leurs enfans1 leur lib]t1 leurs temples1 leurs maisons et leurs spultures8 ,quelque sage que fut le projet d',annibal1 il falloit1 p\r l'excut]1 que son auteur et la fois t\s les tal5s du plus gr& homme d'tat et du plus gr& capita9e4 ,quelle f\le de difficults1 t\j\rs n\velles1 ne devoit-il pas r5contr] p5dant une m>*e de trois c5ts lieues dans des pays inconnus1 c\ps p> des rivires rapides et pr(ondes1 remplis de dfils1 et o il faudroit cont9uellem5t va9cre p> la =ce des peuples b>b>es1 ou les tromp] p> des artifices8 ,il lve d'avance t\s les ob/acles en les prvoyant2 et t&is qu'il comm5ce son entreprise1 et la p\rsuit avec succs1 la rpublique ,roma9e1 t\j\rs aveugle sur ses intrts1 agit sans c\rage et sans prud5ce4 ,elle semble ne pas pntr] le desse9 de son ennemi2 et1 au lieu de song] df5dre l'entre de l',italie p> la =ce1 ress\rce unique aprs ses l5teurs et ses irrsolutions1 elle entame des ngociations frivoles4 ,comme elle avoit oubli qu'on ne doit trait] de satisfaction et de paix qu'en se prp>ant la gu]re1 les ambassadeurs qu'elle envoya ,c>?age1 en ,espagne et dans les ,gaules1 ne reur5t que des rponses insultantes ou des raill]ies encore plus humiliantes p\r leur orgueil4 ,je n'os]ois assur] que c'et t va9cre ,annibal que de l'emp*] de combattre1 qu& il fut desc5du en ,italie4 ,il se tr\voit1 il e/ vrai1 dans une prov9ce ple9e du nom ,roma91 et o ri5 n'osoit encore s'branl] en sa faveur3 il toit sans allis1 sans subsi/ances1 sans ma*9es de gu]re1 et t\t autre gnral sa place auroit pri1 s'il n'et promptem5t gagn quelque bataille4 ,mais comme ,annibal avoit sans d\te p5s que les ,roma9s p\voi5t demeur] op9itrm5t sur la df5sive1 il avoit c]ta9em5t =m un plan de gu]re en consqu5ce1 et il lui auroit vraisemblablem5t russi4 ,quoi qu'il en soit1 les ,roma9s n'avoi5t po9t de p>ti plus sage pr5dre1 que d'vit] le combat1 et sans ri5 has>d]1 de ress]r] les ,c>?ag9ois4 ,t\t le monde sait quelle extrmit ,fabius les rduisit depuis en temporisant1 quoique leurs victoires euss5t dj branl la fidlit des peuples d',italie1 et que quelques-uns mme leur euss5t ouv]t leurs villes4 ,mais plus les ,roma9s1 irrits p> la prs5ce d',annibal1 et honteux de la conduite molle qui avoit caus la p]te de ,sagunte1 se repro*oi5t de nglig5ce et de l5teur1 plus il toit naturel qu'ils n'c\tass5t que leur orgueil et s'ab&onnass5t t\te l'imptuosit de leur c\rage4 ,d'ailleurs1 leur rpublique n'avoit aucune ide de la gu]re df5sive1 p>ce qu'elle ne l'avoit jamais faite4 ,soit foiblesse de la "p des ennemis qu'elle avoit jusqu'alors combattus1 soit p>ce que les consuls1 dont la magi/rature toit annuelle1 s'toi5t t\j\rs hts de t]m9] la gu]re1 ou du mo9s de remport] quelqu'avantage qui leur valt les honneurs du triomphe1 les lgions toi5t acc\tumes *]*] l'ennemi1 et ne croyoi5t avoir fait une campagne heureuse que qu& elles l'avoi5t taill en pices4 ,des succs qui avoi5t t\j\rs accompagn cette m?ode de faire la gu]re1 les ,roma9s avoi5t conclu qu'elle toit la plus sage2 et c'e/ ce prjug qu',annibal dut les avantages qu'il remporta sur les bords du ,ts91 ,trbie1 et prs du lac de ,trasimne4 ,cornelius ,scipion et ,flam9ius se s]oi5t crus d%onors1 s'ils n'avoi5t pas saisi la premire occasion de combattre4 ,l'un toit brave1 mais inconsidr1 et =ce de compt] sur le c\rage et l'intellig5ce de ses soldats1 il n'toit pas assez att5tif remplir les devoirs de gnral4 ,l'autre n'avoit qu'une tmrit orgueilleuse1 qui lui faisoit ddaign] t\tes sortes de prcautions3 t\s les deux fur5t va9cus4 ,fabius1 qui1 dans des circon/ances si f*euses1 fut fait dictateur1 v\lut enf9 acc\tum] sa rpublique la df5sive1 et ru9] son ennemi1 en ne combattant pas4 ,mais ,annibal1 qui s5toit sa supriorit sur les gnraux de ,rome1 dans un j\r d'action1 et d'ailleurs1 oblig de va9cre encore p\r a*ev] de dt]m9] en sa faveur les peuples d',italie1 dj branls et inc]ta9s sur le sort de la gu]re1 attaqua1 non pas en capita9e1 mais en politique1 un gnral qui1 prom5ant ses lgions du sommet d'une montagne l'autre1 avoit l'art de n'occup] que des camps inaccessibles4 ,tantt il *]*e le r5dre suspect ses concitoy5s2 il mnage ses possessions et celles de la noblesse1 et ravage les t]res des plbens2 tantt il le r5d mprisable en feignant de le brav]1 en mme temps qu'il p>ot cra9dre ,m9utius1 gnral de la caval]ie1 et lui laisse mme pr5dre quelques avantages4 ,les ,roma9s ne pur5t vit] le pige qu',annibal leur avoit t5du2 indigns contre la circonspection de ,fabius1 ils donn5t ,m9utius un p\voir gal celui du dictateur4 ,ri5 n'toit plus imprud5t que cette conduite2 elle divisa les =ces de la rpublique dans les conjonctures o elles ne p\voi5t tre trop unies1 ,fabius et ,m9utius p>tagr5t les lgions1 et au lieu d'une arme =midable1 les ,roma9s n'eur5t que deux armes incapables de rsi/] sp>m5t aux ef=ts des ,c>?ag9ois4 ,annibal1 att5tif pr(it] de cette ms9tellig5ce1 fut prt envelopp] ,m9utius et le taill] en pices4 ,p> bonheur p\r les ,roma9s1 l'am\r de la patrie toit encore leur premire v]tu2 le dictateur fut plus vivem5t frapp de la p]te qu'alloit faire la rpublique1 que t\* du plaisir malheureux1 mais trop naturel1 de voir succomb] un rival qu'on avoit l'inju/ice de lui prfr]4 ,il vole son sec\rs1 le dgage1 et le =ce c\t] la reconnoissance qui le fit r5tr] dans le degr de subord9ation o il devoit tre4 ,annibal1 t\j\rs in/ruit du c>actre des gnraux qui lui toi5t opposs1 et p\r a9si dire1 prs5t leurs conseils#aah1 n'eut plus beso9 de la mme politique1 qu& les consuls ,p4 ,emilius et ,t4 ,v>ron prir5t le comm&em5t de l'arme4 ,le premi] avoit t\j\rs appr\v ,fabius1 et =tem5t atta* ses pr9cipes1 il toit capable de rsi/] aux murmures de ses soldats et aux pla9tes des citoy5s r5f]ms dans ,rome4 ,p]suad que la po/rit les v5g]oit des calomnies de ses contempora9s1 ou plutt cont5t de faire son devoir1 et d'tre v]tueux ses propres yeux1 il avoit le c\rage de v\loir s]vir sa patrie malgr elle4 ,v>ron1 le plus prsomptueux de t\s les hommes1 et p> consqu5t sans tal5t1 toit emport p> cette confiance fanatique qu'un capita9e doit inspir] ses tr\pes1 mais qu'il se g>de bi5 lui-mme d'avoir1 s'il veut assur] ses succs1 ou se prp>] des ress\rces dans un malheur4 ,s\s deux gnraux d'un c>actre si oppos1 qui comm&oi5t alt]nativem5t en *ef avec un p\voir gal1 et dont t\tes les dispositions toi5t relatives des objets contraires1 il toit impossible que l'arme ,roma9e pt ni re/] sur la df5sive1 ni attaqu] avec avantage2 et ,v>ron fut entirem5t dfait la fameuse bataille de ,cannes4 #aah ,nec quidquam eorum1 qu apud ho/es agebantur1 eum fallebat4444 omnia ei ho/ium haud secus quam sua nota erant4 7,tit4 ,liv4 l4 #bb47 ,jamais j\rne ne p>ut plus dcisive2 t\s les anci5s ont cru que ,rome ne se s]oit jamais releve de la p]te qu'elle v5oit de faire1 si ,annibal se ft prs5t ses portes aprs sa victoire2 et il semble que les p>oles1 si connues de ,mah>bal ai5t fix leur jugem5t4 ,le sort des armes1 dit ce capita9e son gnral1 t'a ouv]t le *em9 du capitole1 et dans c9q j\rs n\s y s\p]ons1 si tu veux qu' la tte de ma caval]ie1 j'aille annonc] aux ,roma9s que tu vi5s les assig] dans leur ville2 mais les dieux n'ont pas donn au mme homme t\s les tal5s#aai1 tu sais va9cre1 et tu ne sais pas pr(it] de la victoire4 ,plusieurs hi/ori5s1 en effet1 sont p]suads que dans la con/]nation o ,rome toit plonge1 elle n'auroit po9t song se df5dre4 #aai ,mah>bal prfectus equitum m9ime cess&um ratus1 imo1 ut quid hac pugna sis actum scias1 die qu9to1 inquit1 victor 9 capitolio epulab]is3 sequ]e1 cum equite1 ut prius v5isse1 quam v5turum sciant1 prc$am4 ,annibali nimis lta res e/ visa1 majorque1 quam ut eam /atim animo cap]e posset4 ,itaque voluntatem se laud>e ,mah>balis ait3 ad consilium p5s&um1 temporis opus esse4 ,tum ,mah>bal1 non omnia nimirum eidem ,dii d$]e2 v9c]e scis1 ,annibal2 victoria uti nescis4 ,mora ejus diei satis cr$itur saluti fuisse urbi atque imp]io4 7,tit4 ,liv4 l4 #bb47 ,si dans la suite ,annibal lui-mme ne dissimuloit po9t qu'il n'et fait une faute capitale#abj1 en ne s'appro*ant pas de ,rome1 ce n'e/ pas qu'il crt que c9q j\rs aprs il s'en s]oit emp>2 il connoissoit trop bi5 le c\rage de ses ennemis p\r se promettre un succs si facile4 ,il e/ c]ta91 selon la rem>que des criva9s qui ont *]* le ju/ifi]1 qu'en conduisant son arme des *amps de ,cannes s\s les murailles de ,rome1 il n'auroit pas eu le mme bonheur que les ,gaulois aprs la bataille d',allia#aba4 ,les disgraces conscutives que les ,roma9s avoi5t pr\ves n'toi5t po9t produites p> un comm5cem5t de corruption dans leur g\v]nem5t ou dans leurs murs1 mais p> la supriorit d',annibal sur leurs gnraux1 et p> l'activit d'un c\rage trop ard5t qui les emp*oit de connotre leur situation1 et de se conduire suivant leurs vrais intrts4 ,leurs malheurs1 lo9 de les accabl] ou de les eng\rdir1 ne devoi5t donc1 au contraire1 que donn] plus de =ce aux ressorts du g\v]nem5t1 et *ang] leur cra9te en dsespoir4 ,le snat1 qui flicite ,v>ron de n'avoir pas dsespr du salut de la rpublique1 n'a pas lui-mme p]du t\te esprance4 ,rome enf91 toit une place =te1 dont l'arme ,c>?ag9oise auroit pe9e =m l'ence9te4 ,elle n'toit po9t vide d'habitans1 ni p> consqu5t de soldats2 et ,annibal manquant de t\tes les ma*9es ncessaires un sige1 avoit *\ devant une place de peu d'importance aprs la bataille de ,trasimne4 #abj ,audita vox ,annibalis f]tur1 potiund sibi urbis ,rom modo m5tem non d>i modo =tunam4 7,tit4 ,liv4 l4 #bf47 ,f]unt ,annibalem respexisse spe ,itali littora1 deos1 hom9es1 accusantem1 9 se quoque ac suum ipsius caput execratum1 quod non cru5tum ab ,cann5si victoria militem ,romam duxisset4 7l4 #ej47 #aba ,la t]reur des ,roma9s fut si gr&e en appr5ant cette dr\te1 qu'ils ab&onnr5t leur ville4 ,les ,gaulois y entrr5t sans tr\v] aucune rsi/ance1 et t\te l'esprance des ,roma9s fut rduite df5dre le capitole4 ,je ne puis cep5dant m'emp*] de blm] ce capita9e de n'avoir pas dc\v]t1 trav]s les expressions exagres de ,mah>bal1 la sagesse que r5f]moit son conseil4 ,il n'e/ pas d\teux que le sige de ,rome n'et t long et laborieux2 mais une entreprise de cet clat auroit srem5t attir t\s les ,itali5s dans l'alliance de ,c>?age4 ,ces peuples1 aussi con/]ns p> la df5sive laquelle la rpublique ,roma9e avoit t rduite1 que p> ses dfaites1 qu& elle avoit v\lu combattre1 croyoi5t t\t possible ,annibal4 ,soit cra9te ou mauvaise volont dans les uns1 esprance de rec\vr] leur lib]t ou envie de se mnag] la protection du va9queur dans les autres1 ils se s]oi5t t\s hts d'all] dans son camp1 de lui r5dre hommage1 et de lui (frir les sec\rs dont il avoit beso9 p\r consomm] son ouvrage4 ,dans cette dfection gnrale des peuples d',italie1 il n'toit plus libre aux ,roma9s de s'lev] au-dessus de leurs malheurs1 d'tonn] leurs ennemis p> leur f]met1 d'inspir] leur confiance leurs allis1 ni de tr\v]1 en un mot1 leur salut dans cet esprit de ress\rce qui embrasse la fois la ,sicile1 la ,s>daigne1 l',espagne1 la ,m]1 l',afrique et la ,macdo9e1 t&is qu'on leur arra*oit l',italie mme4 ,qu'importoit-il aux ,roma9s de se roidir contre la =tune1 et d'avoir des succs dans les prov9ces trangres1 si leur ville1 assige p> une arme t\j\rs victorieuse1 toit dtruite1 ses habitans passs au fil de l'pe1 ou v5dus comme des esclaves8 ,quelqu'intrpidit que la df5se de ,rome et inspire ses citoy5s1 ils n'auroi5t pas t plus braves que les ,sagunt9s1 qui1 ne p\vant survivre leur patrie1 s'ensevelir5t avec elle1 et ne laissr5t au va9queur qu'un amas de c5dres et de ru9es4 ,il falloit cra9dre la fam9e avec une si gr&e multitude d'habitans2 il falloit cra9dre la fois les surprises1 la ruse et la =ce4 ,une ville assige p> ,annibal1 et qui ne reoit po9t de sec\rs1 succombe ncessairem5t4 ,les ,roma9s1 p\r vit] leur ru9e1 auroi5t donc t =cs de rappel] t\tes leurs =ces en ,italie1 au lieu de recrut] les armes qui toi5t en ,espagne et en ,sicile1 d'quip] des flottes1 et de song] punir la ,macdo9e de son alliance avec les ,c>?ag9ois4 ,j'ose cep5dant le dire1 cette conduite1 la plus sage1 ou plutt la seule raisonnable que pt t5ir la rpublique ,roma9e1 n'auroit que ret>d sa *te4 ,c'e/ sans d\te en p5sant aux suites ncessaires du sige de ,rome1 et que je vi5s de dtaill]1 qu',annibal se rep5toit de ne s'tre pas appro* de cette place immdiatem5t aprs la j\rne de ,cannes4 ,le salut des ,roma9s et alors dp5du d'une ou de deux batailles2 si les ,c>?ag9ois les avoi5t gagnes1 ,rome toit absolum5t p]due2 et il e/ encore c]ta9 que dans ces circon/ances1 t\t p>oissoit plus favorable aux ,c>?ag9ois qu'aux ,roma9s4 ,ceux-ci auroi5t eu1 il e/ vrai1 l'avantage de s5tir anim] leur valeur p> le gr& intrt de leur propre cons]vation1 de leur =tune dome/ique1 de leur patrie1 de leurs dieux1 de leurs femmes1 de leurs enfans1 p\r lesquels ils auroi5t combattu2 mais ces armes1 rappeles des prov9ces1 se s]oi5t tr\ves en quelque sorte trangres dans le milieu mme de l',italie2 et ,annibal1 matre des pr9cipales villes1 leur auroit fait1 en temporisant son t\r1 plus de mal que ,fabius ne lui en avoit caus4 ,si on suppose qu'on en ft v5u aux ma9s1 les ,c>?ag9ois1 dont l'infant]ie arme la ,roma9e obissoit encore la discipl9e la plus rigide1 et dont la caval]ie numide toit inv9cible1 auroi5t port au combat la confiance que donn5t le ga9 de quatre batailles et l'esprance de dtruire ,rome p> un d]ni] ef=t4 ,cet intrt1 mo9s puissant p> lui-mme que celui des ,roma9s1 auroit t amplem5t comp5s p> la supriorit d',annibal sur les gnraux de la rpublique ,roma9e4 ,scipion1 ,m>cellus1 et les autres gr&s hommes qui se di/+ur5t dans la suite de cette gu]re1 n'toi5t po9t encore p>v5us aux magi/ratures1 ou du mo9s une assez longue expri5ce n'avoit pas dvelopp leurs tal5s4 ,fabius mme1 qui les ,roma9s devoi5t tant1 les et alors mal s]vis4 ,la prud5ce si vante de ce gnral toit plutt le fruit d'un c>actre timide et dfiant que d'un gnie suprieur1 qui1 empruntant t\r t\r diffr5tes =mes1 sut se prt] aux diffr5s beso9s de la rpublique4 ,il falloit qu'il y et un ,annibal dans le se9 de l',italie p\r tablir la rputation de ,fabius4 ,plus frapp des suites fune/es d'une dfaite que des avantages de la victoire1 ce fut un politique et un gu]ri] ord9aire1 mais assez heureux p\r r5contr] des circon/ances1 o une irrsolution1 p> elle-mme blmable1 s]vit l'tat et dev9t un tal5t4 ,n'tant plus "q de temporis]1 mais de faire des entreprises vig\reuses1 h>dies1 frqu5tes1 rxres1 et de =c] les ,c>?ag9ois lev] le sige de ,rome1 il e/ vraisemblable que ,fabius et avanc la ru9e de sa patrie4 ,dans un temps o il fut depuis p]mis la rpublique d'agir (f5sivem5t1 ce gnral cont9ua se conduire p> ses anci5s pr9cipes4 ,tite-,live n\s le reprs5te t\j\rs camp sur des hauteurs1 t\j\rs press de se retir] l'appro*e de l'ennemi1 et cantonn au-del du ,vultur avec une att5tion extrme consult] les dev9s1 les augures1 les p\lets sacrs1 les entrailles des victimes1 et faire autant de sacrifices expiatoires qu'on lui rapporte de contes puriles et ridicules4 ,plut>que n\s appr5d mme qu'tant prt donn] dans un pige d',annibal1 lui et son arme ne dur5t leur salut qu'aux auspices qui lui annoncr5t propos que son entreprise s]oit malheureuse4 ,les circon/ances eur5t beau *ang]1 il les vit t\j\rs les mmes4 ,il s'opposa con/amm5t la sage div]sion que les ,roma9s fir5t en ,afrique1 et qui arra*a ,annibal d',italie4 ,acc\tum t\t cra9dre1 il n'et jamais os combattre ,zama2 et malgr les rgles de cette prud5ce claire1 qui df5dit ,scipion d'c\t] les propositions de paix que son ennemi lui (froit1 il auroit fait un trait1 et expos les ,roma9s avoir contre ,c>?age une troisime gu]re1 peut-tre aussi dang]euse que la seconde1 ou du mo9s aussi pnible que la premire4 ,autant que le sige de ,rome1 aprs la bataille de ,cannes1 et t avantageux aux ,c>?ag9ois1 autant l'inaction d',annibal leur dev9t-elle fatale4 ,ds ce mom5t il se =ma une *ane de circon/ances et d'vnem5s s9i/res qui susp5dir5t le c\rs des prosprits de ce gr& homme4 ,je ne sais si je dois p>l] ici des fameuses dlices de ,cap\e2 peut-tre contribur5t-elles altr] la vigueur de la discipl9e dans l'arme ,c>?ag9oise2 pe9e cep5dant doit-on y faire att5tion1 tant il y eut d'autres causes qui contribur5t plus efficacem5t relev] les esprances et la =tune des ,roma9s6 ,t&is qu',annibal pr5d ses qu>ti]s ,cap\e1 la rpublique ,roma9e fit des ef=ts d'autant plus gr&s p\r se v5g]1 qu'elle avoit t plus humilie1 et elle tr\va en elle-mme des =ces et des ress\rces qui lui auroi5t t inconnues dans un dang] mo9s pressant4 ,*aque citoy5 veut se sacrifi] au bi5 public2 *aque soldat e/ un hros2 l'esclave1 lev la dignit de citoy51 e/ digne de cet honneur et veut va9cre ou m\rir p\r sa n\velle patrie4 ,rome1 anime p> un mme esprit de v5geance1 ne fait plus aucune de ces fautes qui avoi5t contribu aux premi]s succs d',annibal4 ,sa sagesse e/ gale son c\rage2 non-seulem5t elle e/ en tat d'avoir une arme considrable en ,italie1 mais sa politique s'agr&it avec sa confiance2 elle quipe des flottes nombreuses1 recrute les lgions qui sont dans les prov9ces trangres1 et semble son t\r mdit] la ru9e de ,c>?age4 ,a cette pe9ture lgre des gr&es *oses que les ,roma9s excutr5t1 et qui p>oiss5t en quelque sorte incroyables1 on comm5ce sans d\te s'ap]cevoir qu',annibal ne cons]voit plus cette supriorit d'intellig5ce1 de politique et de gnie qu'il avoit eue jusque-l sur eux4 ,ces qualits sont dj gales entre ,rome et son ennemi1 mais leurs ress\rces ne le sont plus4 ,qu'on fasse att5tion qu'une arme s'affoiblit p> la prosprit mme1 et que si le va9queur ne rp>e cont9uellem5t les p]tes que lui cause la victoire1 il lui e/ bi5tt impossible de p\rsuivre ses avantages4 ,annibal1 qui v5oit de =c] les ,roma9s d'arm] jusqu' leurs esclaves1 avoit lui-mme beso9 de recrut] son arme4 ,mais il n'ose rec\rir aux ,itali5s1 p>ce que ces peuples1 tonns de la fi]t de la rpublique ,roma9e1 comm5c5t cra9dre d'avoir trop tt trahi leur devoir1 et song5t dj mrit] leur grce4 ,bi5 lo9 de les arm]1 le gnral ,c>?ag9ois e/ oblig de mettre des g>nisons dans leurs pr9cipales villes1 p\r s'assur] de leur fidlit4 ,il s'affoiblit donc de j\r en j\r1 et n'e/ plus en tat de t5ir la campagne avec le mme avantage4 ,si ,annibal remplit son arme d',espagnols1 de ,gaulois1 de ,b>b>es et d'av5turi]s pris au has>d1 ce sont des soldats sans discipl9e1 qui combatt5t sans rgle1 qu'il faudra mnag]1 et qui1 p> consqu5t1 ne le laiss]ont plus le matre d'excut] ce qui lui toit facile avec les soldats qu'il avoit am5s d',espagne4 ,s'il e/ oblig de dem&] des recrues et des subsi/ances ,c>?age1 il n'e/ plus indp5dant de cette rpublique1 comme il l'avoit t jusqu' la bataille de ,cannes4 ,tantt les sec\rs s]ont refuss1 tantt ils arriv]ont trop t>d1 et s]ont t\j\rs insuffisans4 ,annibal n'e/ plus que le gnral d'une rpublique corrompue2 il a les ma9s lies p> les vices de sa patrie1 et il doit tre va9cu p> les ,roma9s1 p>ce qu'ils combatt5t ds-lors autant contre ,c>?age que contre lui4 ,qu'on se rappelle la conduite des ,c>?ag9ois1 qu& ,annibal leur exposa ses beso9s2 t&is que ,magon et les *efs de la faction ,b>c9e exhortoi5t le peuple faire un ef=t1 ,hannon et ses p>tisans s'y opposoi5t4 ,ne v\s livrez po9t1 disoi5t ces d]ni]s1 une joie ins5se2 on v\s trompe4 ,magon ne n\s annonce avec tant de fa/e que des triomphes imag9aires4 ,s'il faut l'en croire1 ,annibal a taill en pices les armes ,roma9es2 p\rquoi n\s dem&e-t-il donc des soldats8 ,il a pris et pill deux fois le camp des ,roma9s1 il e/ *>g de but92 p\rquoi donc lui env]rions-n\s des subsi/ances et de l'arg5t8 ,qu'on cesse de faire valoir ,trbie1 ,trasimne et ,cannes1 puisque nos affaires ne sont pas plus avances auj\rd'hui qu'elles l'toi5t qu& ,annibal entra en ,italie4 ,les ,roma9s ne re*]*5t pas la paix2 ils ne sont donc po9t aussi humilis qu'on veut n\s le p]suad]4 ,il n'y a qu'un p>ti sage p\r n\s1 faisons la paix1 puisque la gu]re n\s ru9e malgr nos avantages2 mais ne n\s puisons pas p\r satisfaire l'orgueil d',annibal4 ,des sec\rs s]oi5t inutiles ce conqurant r$\table qui a su excut] de si gr&es *oses2 et il ne les mrite pas1 s'il n\s trompe p> de fausses relations de ses succs4 ,c'e/ a9si qu' ,c>?age on trompoit le peuple ignorant1 et port jug] des produits et des succs de la gu]re p> ceux de son comm]ce4 ,t\s les citoy5s1 opposs la faction ,b>c9e1 s\haitoi5t qu',annibal ft va9cu2 t\s travailloi5t le faire *\]1 tant ils craignoi5t qu'il ne se s]vt de la considration que lui vaudroi5t ses victoires p\r ru9] leur crdit6 ,annibal1 ent\r d'allis qui le trahiss5t1 sans sec\rs du ct de sa patrie1 et la tte d'une arme qui se lasse d'une gu]re qui ne lui (fre plus de but91 et dont la caval]ie1 d'abord si r$\table aux ,roma9s1 ds]te cont9uellem5t *ez eux1 se surpasse inutilem5t lui-mme4 ,quoique les gnraux de ,rome ne puiss5t encore le va9cre1 on voit cep5dant que l',italie doit lui *app] des ma9s4 ,il s5t le contre-c\p de t\tes les p]tes que sa patrie fait en ,espagne1 en ,sicile1 c4 ,et les ,roma9s doiv5t t\s les j\rs remport] quelque n\vel avantage dans les prov9ces1 p>ce qu'ils n'y font en effet la gu]re que contre ,c>?age1 et qu'elle ne leur oppose que des armes sans discipl9e1 qui manqu5t de t\t1 et des gnraux incapables de rp>] ses fautes1 et de se suffire eux-mmes4 ,ces avantages rxrs dcid]ont enf9 du sort d',annibal2 c> la rpublique ,roma9e1 in/ruite p> les vnem5s mme de la premire gu]re ,punique1 de la foiblesse des ,c>?ag9ois en ,afrique#abb1 ne manqu]a po9t d'y port] ses armes1 ds qu'elle aura runi ses =ces en pacifiant les prov9ces4 ,en effet1 ,scipion y passa2 et t\t le monde sait que p> la dfaite d',asdrubal et de ,siphax1 les ,c>?ag9ois ayant pr\v leur t\r une j\rne de ,cannes1 ,annibal fut rappel au sec\rs de sa patrie4 ,il en frmit d'indignation2 et c'e/1 va9cu p> l'av>ice1 la l*et1 les p>tis1 les cabales1 les divisions de ,c>?age1 et non p> les armes de ,rome1 qu'il ab&onna l',italie4 #abb ,ils ex]oi5t sur leurs sujets un empire trs-dur1 et en tiroi5t des contributions trs-considrables2 aussi les villes s\mises aux ,c>?ag9ois toi5t-elles t\j\rs prtes se rvolt]4 ,scipion battit ,annibal ,zama1 et cette bataille clbre ne fut pas seulem5t le t]me de la gr&eur des ,c>?ag9ois#abc2 on diroit que t\tes les nations y fur5t va9cues1 tant elle r5dit facile aux ,roma9s la conqute du monde enti]4 ,leur rpublique1 qui voyoit dans son alliance t\s les pays qui avoi5t obi ,c>?age1 et qui s'toit emp>e de t\tes ses ri*esses1 dev9t une puissance norme dont le poids devoit t\t cras]4 ,elle n'avoit fait jusque-l que des gu]res laborieuses1 prs5t t\tes ses entreprises s]ont au-dess\s de ses =ces4 #abc ,ils s'engagr5t pay] aux ,roma9s dix mille tal5s dans l'espace de c9quante annes1 somme imm5se6 c> le tal5t pesoit #ij m>cs de notre poids4 ,ils livrr5t leurs vaisseaux1 et r5oncr5t au droit de faire la gu]re1 en cons5tant de n'arm] qu'avec la p]mission de la rpublique ,roma9e4 ,les tats =ms des dbris de l'empire d',alex&re1 devoi5t tre le pr9cipal objet de l'ambition des ,roma9s1 et aucune de ces puissances n'toit en tat de se faire respect]4 ,la ,grce n'toit plus ce qu'elle avoit t autrefois s\s la conduite de ,miltiade#abd1 de ,?mi/ocle1 de ,pausanias1 c4 ,la jal\sie de ,sp>te1 l'ambition d',a?nes1 la gu]re fune/e du ,ploponse avoi5t rompu t\s les li5s qui unissoi5t les ,grecs4 ,leurs villes toi5t ple9es de p>tis1 de cabales et de factions4 ,en un mot1 la ,grce sans lib]t1 sans am\r de la patrie1 sans confiance en ses =ces1 ne p\voit plus tre le b\lev>d de l',asie contre les ,roma9s1 comme elle l'avoit t de l',europe contre les ,p]ses4 ,la ,macdo9e toit presque retombe1 depuis la mort d',alex&re1 dans le mme tat de foiblesse d'o la politique de ,philippe l'avoit tire4 ,le s\v5ir de son anci5ne gr&eur lui donnoit de l'ambition2 elle se flattoit t\j\rs de reconqurir l',asie avec le sec\rs des ,grecs2 mais au lieu de les assujettir1 elle ne savoit que les inquit] et les tyrannis]4 ,les rois de ,syrie1 qui possdoi5t la plus gr&e p>tie des conqutes d',alex&re1 auroi5t pu se df5dre contre les ,roma9s1 s'ils avoi5t connu leurs =ces et su s'en s]vir3 mais ce va/e empire ressembloit ces gans normes qui sont plus foibles que les autres hommes1 p>ce que le cur ne peut envoy] avec assez d'imptuosit le sang et les esprits jusqu'aux extrmits de leur corps p\r y entret5ir la vie4 ,on retr\voit dans les successeurs d',alex&re t\s les vices qui avoi5t r5du si facile la ru9e des successeurs de ,cyrus4 ,l',asie1 t]nellem5t livre l'oisivet1 au luxe et la mollesse1 n'avoit po9t de soldats4 ,les ,grecs qui s'y toi5t tablis1 avoi5t p]du leur c\rage2 et le despotisme le plus pesant y accabloit des esclaves1 auxquels il avoit t t\t s5tim5t de cra9te1 d'esprance et d'mulation4 ,l',egypte1 aussi dmembre que l'empire de ,macdo9e1 ne se tr\voit pas dans une situation mo9s dplorable4 ,jamais pr9ces ne fur5t mo9s dignes de rgn] que les successeurs de ,ptolome4 ,lo9 de concevoir le projet de s'oppos] aux entreprises des ,roma9s1 ils en a*etr5t1 au contraire1 p> des complaisances s]viles1 le privilge de vivre dans la mollesse la plus honteuse1 et de f\l] des sujets qui1 malgr leur l*et naturelle1 toi5t t\j\rs prts se rvolt]4 ,p\r mieux jug] de la foiblesse de leur g\v]nem5t1 il suffit de rem>qu] l'asc5dant que les rois de ,syrie avoi5t pris sur eux2 et que se laissant entran] p> une habitude d'obir et de ramp]1 ils dev9r5t sujets des ,roma9s avant mme que d'avoir t va9cus p> les armes comme ,philippe1 ou p> les bi5faits comme ,mass9issa4 #abd ,je passe lgrem5t sur la situation o se tr\voit la ,grce qu& la seconde gu]re ,punique fut t]m9e4 ,je ne p\rrois que rpt] ici ce que j'ai expos avec beauc\p de dtail dans mes ,obs]vations sur l'hi/oire de la ,grce4 ,on y v]ra aussi ce qui reg>de les intrts des successeurs d',alex&re1 les uns l'g>d des autres4 ,quelque r>e qu'il soit de voir un tat *ang] de politique1 qu& ses intrts comm5c5t *ang]1 peut-tre que la puissance des ,roma9s auroit inspir assez de dfiance la ,grce1 la ,macdo9e1 et aux c\rs de ,syrie et d',egypte1 p\r les =c] sacrifi] leurs anci5nes ha9es leur sret commune1 et se runir1 si elles n'avoi5t po9t t rassures p> cette politique savante et ple9e de modration qui avoit dj tromp et ass]vi les ,itali5s4 ,les ,grecs et les successeurs d',alex&re ne connoissoi5t qu'une manire de s'agr&ir1 c'toit d'tablir une dom9ation directe sur les va9cus2 mais voyant que la rpublique ,roma9e ne conquroit que des allis1 et ne mettoit po9t de g>nison ni de prteur dans les villes de ses ennemis humilis1 ils crur5t qu'elle toit sans ambition1 et qu'au lieu de song] se df5dre contre elle1 il suffisoit1 p\r ne la pas cra9dre1 de ne pas l'(f5s]4 ,cette scurit laissa subsi/] leurs divisions1 et les ,roma9s en pr(itr5t p\r les va9cre successivem5t1 et mme les uns p> les autres4 ,il faut cep5dant le rem>qu]2 peu s'en fallut que la prosprit de la rpublique ,roma9e ne la ft r5onc] cette modration qui avoit prp> sa gr&eur1 et qui p\voit seule t5dre encore et aff]mir son empire4 ,depuis qu'elle avoit port ses armes hors de l',italie1 elle p>oissoit mo9s atta*e ses pr9cipes2 et l'on peut voir dans ,polybe comm5t les ,roma9s1 jusque l si religieux obs]vateurs des rgles de l'quit1 s'emp>r5t de l'le de ,s>daigne peu de temps aprs la premire gu]re ,punique1 et p> la seule raison que ,c>?age1 occupe rduire ses armes rvoltes1 n'toit pas en tat de se df5dre contre les trang]s4 ,une sorte de prsomption qui accompagne t\j\rs de longs succs1 comm5oit p]suad] aux ,roma9s qu'ils n'avoi5t plus beso9 des mmes mnagem5s que leurs pres1 et qu'il toit temps de pr(it] de t\s les droits que donne la gu]re1 et de se faire des sujets4 ,p\r satisfaire leur v5geance et l'orgueil que leur inspiroit la dfaite d',annibal1 il auroit fallu ru9] entirem5t la ville de ,c>?age1 et tablir une dom9ation directe sur l',afrique4 ,c]ta9em5t les n\velles passions des ,roma9s auroi5t fait t5t] cette entreprise p]nicieuse1 si l'intrt p]sonnel du gnral qui comm&oit leur arme en ,afrique ne s'y ft oppos4 ,scipion savoit que ri5 n'e/ plus difficile que de port] le d]ni] c\p une nation#abe4 ,quelqu'humilie qu'elle soit1 elle tr\ve en elle-mme1 ds qu'elle e/ prte prir1 des ress\rces qu'elle ne connoissoit pas4 ,le va9queur d',annibal ne devoit pas has>d] de t]nir sa gloire2 il craignoit d'ailleurs que le peuple ne se lasst de prolong] le temps de sa magi/rature1 et il av\a depuis lui-mme que les ,c>?ag9ois n'avoi5t d le salut de leur ville qu'aux ef=ts des consuls ,t4 ,claudius et ,cn4 ,cornelius#abf1 p\r lui enlev] le comm&em5t de l'arme et la gloire de t]m9] la gu]re4 #abe ,sciat ,regum maje/atem difficilius ab summo fa/igio ad m$ium detrahi1 quam m$iis ad ima prcipit>i4 7,tit4 ,liv4 l4 #cg47 ,si ,scipion l',africa9 t9t en effet ce disc\rs aux ambassadeurs d',antio*us1 il ne le donnoit sans d\te que p\r un sophisme4 ,ce gr& homme savoit que le dsespoir d'un peuple qu'on veut ensevelir s\s ses ru9es1 r5f]me t\t ce que les v]tus ont de plus sublime4 ,en se rappelant la situation malheureuse des ,c>?ag9ois p5dant la troisime gu]re ,punique1 et t\t ce qu'ils fir5t d'hroque et de m]veilleux p\r *app] leur p]te1 qu'on juge s'il et t ais ,scipion de les dtruire dans le temps qu'ils avoi5t encore ,annibal p>mi eux4 #abf ,spe po/ea f]unt ,scipionem dixisse1 ,tit4 ,claudii primum cupiditatem1 de9de ,cn4 ,cornelii fuisse 9 mora1 quo m9us id bellum exitio ,c>?ag9is f9iret4 7,tit4 ,liv4 l4 #cj47 ,les mmes motifs qui portr5t ,scipion ne pas dtruire les ,c>?ag9ois va9cus1 dt]m9r5t dans la suite les autres gnraux suivre son exemple4 ,flam9ius refusa de se r5dre aux dsirs de la ,grce1 qui dem&oit qu'on traitt la ,macdo9e avec la d]nire rigueur4 ,il laissa subsi/] ,philippe et son royaume2 et les ,roma9s dont l'avidit fut a9si rprime1 non-seulem5t cont9ur5t us] de la victoire dans les prov9ces loignes1 de la mme manire qu'ils avoi5t fait en ,italie1 mais donnr5t mme de n\velles preuves de modration4 ,s'ils se vir5t contra9ts d'affoiblir extrmem5t leurs ennemis p\r n'en ri5 cra9dre1 cette duret ne les r5dit po9t odieux1 p>ce qu'ils ne faisoi5t jamais t\t le mal qu'ils toi5t les matres de faire1 qu'ils laissoi5t aux va9cus leurs usages1 leurs lois1 leurs magi/rats1 leur g\v]nem5t1 et qu'ils sembloi5t ne faire la gu]re que p\r l'avantage seul de leurs allis4 ,la rpublique en effet prit l'habitude de ne ri5 ret5ir de ses conqutes2 elle les p>tageoit entre ceux qui l'avoi5t aide va9cre2 et cette n\velle politique fut encore l'ouvrage de l'intrt p]sonnel de ses gnraux4 ,ne songeant qu' ce qui p\voit assur] le succs de leurs entreprises1 pe9e avoi5t-ils comm5c la gu]re contre quelque puissance1 que p\r la rduire ne se df5dre qu'avec ses seules =ces1 et p\r augm5t] les leurs1 ils re*]*oi5t l'alliance de t\s ses vois9s1 et leur (froi5t p\r prix de leur amiti et de leurs sec\rs1 les prov9ces qu'ils alloi5t conqurir4 ,un peuple qui se conduisoit p> des pr9cipes en app>5ces si contraires ceux de l'ambition1 vit t\s les pr9ces av>es1 timides ou ambitieux1 lui dem&] avec empressem5t son amiti p\r avoir "p ses bi5faits4 ,a pe9e la rpublique avoit-elle dcl> la gu]re1 qu'elle avoit p\r allis la plup>t des vois9s de son ennemi4 ,cette m?ode d'enri*ir les allis aux dp5s des va9cus1 multiplia les jal\sies qui divisoi5t les peuples1 et fit natre des ha9es irrconciliables entre eux4 ,n\s ne devrions har que ceux qui n\s dp\ill5t2 n\s hassons encore p> foiblesse ceux qu'on lve sur nos ru9es4 ,cette l*et inju/e du cur huma9 s]vit plus utilem5t les ,roma9s que n'auroit fait la politique la plus adroite de leur snat2 la rpublique n'avoit qu' s'ab&onn] aux passions mmes de ses allis et de ses ennemis p\r t5dre et voir aff]mir de j\r en j\r son empire4 ,t\tes les puissances s'obs]voi5t rciproquem5t2 elles dsiroi5t t\tes de tr\v] leurs vois9s c\pables de quelque faute1 et p>-l se t5oi5t t\tes galem5t ass]vies4 ,les pr9ces1 enri*is des conqutes des ,roma9s1 toi5t tonns de se tr\v] aussi humilis que l'tat mme l'abaissem5t du quel ils avoi5t contribu2 plus ils fur5t puissants1 plus ils fur5t s\mis2 p>ce que l'importance de leurs dp\illes n'auroit r5du leur p]te que plus c]ta9e4 ,ils s'acc\tumr5t ne se reg>d] dans leurs propres royaumes que comme des (fici]s des ,roma9s2 les sujets de ces rois esclaves vir5t sans tonnem5t disp>otre ces fantmes de la royaut1 et occup] leur place p> un prteur3 leur *te ne fut pas une rvolution4 ,il faut m'arrt] un mom5t faire connotre d'une manire plus dtaille la conduite que t9r5t les allis et les vois9s de la rpublique ,roma9e4 ,mass9issa n'entra dans son alliance qu'aprs que ,scipion eut *ass d',espagne les ,c>?ag9ois2 mais ce n'toit pas alors qu'il devoit pr5dre ce p>ti4 ,il auroit agi en gr& politique1 s'il et d'abord contre-balanc la =tune de ,c>?age1 et fait une div]sion en faveur de la rpublique ,roma9e1 dans le temps qu',annibal p>oissoit prt l'accabl]2 c> les ,c>?ag9ois ne p\voi5t triomph] de ,rome1 sans dev5ir beauc\p plus puissants qu'ils ne l'toi5t en ,afrique1 et caus] p> consqu5t de ju/es al>mes la ,numidie4 ,mais comme ,mass9issa s'toit ligu avec eux lorsqu'il auroit d sec\rir les ,roma9s1 il dev9t l'ami de ces d]ni]s qu& il auroit d r5onc] leur alliance1 s\t5ir les ,c>?ag9ois1 et assur] sa propre lib]t en df5dant la leur4 ,siphax suivit cet exemple2 d'abord uni aux ,c>?ag9ois1 il s'allia ensuite avec les ,roma9s dans le temps qu'ils comm5oi5t n'avoir plus beso9 d'alliance4 ,ce n'e/ pas p> politique qu'il les ab&onna2 il ne s5tit po9t qu'il toit de son intrt de ne pas laiss] accabl] les ,c>?ag9ois2 son am\r p\r ,sophonisbe lui fit faire trop t>d une dm>*e qui toit sage dans ses pr9cipes1 mais qui n'toit plus qu'une imprud5ce depuis que ,c>?age1 moiti va9cue1 devoit ncessairem5t succomb]1 malgr les sec\rs qu'il lui donnoit4 ,philippe se comporta avec sagesse1 si l'alliance qu'il fit avec ,annibal1 aprs la bataille de ,cannes1 fut le fruit de ses mditations sur le g\v]nem5t1 le gnie et la politique de ,rome et de ,c>?age4 ,il lui importoit de dtruire la rpublique ,roma9e1 p>ce que c'toit une nation gu]rire1 conqurante1 et dont il toit impossible d'tre le vois9 sans en dev5ir l'ennemi4 ,les ,c>?ag9ois1 au contraire1 toi5t un peuple beauc\p mo9s entrepr5ant2 et ds qu'ils n'auroi5t plus un ,annibal leur tte1 ils cess]oi5t de se faire cra9dre4 ,philippe ne s\t9t po9t sa dm>*e2 il trembla en voyant ce que les ,roma9s fir5t p\r rp>] leurs p]tes2 leurs m5aces le con/]nr5t1 et elles n'auroi5t d que lui faire mieux s5tir la ncessit o il toit d'aid] ,annibal1 et de faire t\t ce que ,c>?age elle-mme auroit d faire4 ,ds-lors t\te la conduite de ce pr9ce ne fut qu'un tissu de fautes grossires#abg4 #abg ,voyez mes ,obs]vations sur l'hi/oire de la ,grce4 ,il semble que la mauvaise politique qu'on avoit eue l'g>d de la rpublique ,roma9e p5dant la seconde gu]re ,punique1 fut le modle que se proposr5t t\s les tats qu& elle entreprit de n\velles conqutes4 ,a pe9e les ,grecs1 assez aveugles sur leurs intrts p\r prfr] le vois9age des ,roma9s celui de ,philippe1 les eur5t-ils engag faire la gu]re la ,macdo9e#abh1 que ce royaume vit arm] contre lui t\s ses vois9s4 ,attale devoit le sec\rir2 sa situation toit la mme p5dant cette gu]re que celle de ,mass9issa p5dant la gu]re d',annibal1 et il ne fut pas plus prud5t4 ,philippe ne tr\va qu'un seul alli1 ce fut ,antio*us4 ,mais soit que ce pr9ce ne st pr5dre aucune rsolution ou ne p]si/] dans aucun p>ti2 soit qu'entran p> cette anci5ne jal\sie qui divisoit les successeurs d',alex&re1 il ne put s'emp*] de voir avec quelque plaisir l'humiliation de ,philippe2 il avoit pe9e comm5c une foible div]sion en attaquant ,attale1 qu'il fit sa paix aux premi]s ordres des ,roma9s4 #abh ,cette gu]re comm5a l'an de ,rome #eec1 deux ans aprs que celle d',annibal eut t t]m9e4 ,les ,macdoni5s1 va9cus ,cynocphale1 ne se fur5t pas plutt s\mis aux conditions humiliantes que ,flam9ius leur imposa1 que les ,roma9s1 t\j\rs impati5s de s'agr&ir1 songr5t se v5g] des ho/ilits qu',antio*us avoit commises sur les t]res d',attale4 ,ils lui ordonnr5t d'vacu] les villes d',asie qui avoi5t app>t5u aux rois de ,macdo9e1 et de se g>d] de tr\bl] le repos des ,grecs en faisant pass] des tr\pes en ,europe4 ,antio*us1 enc\rag p> les ,etoli5s pr5dre les armes1 comm5a la gu]re1 et eut le mme sort que ,philippe4 ,p]sonne ne le sec\rut dans ses disgraces1 et p\r me s]vir de l'expression de ,tite-,live1 il fut accabl du poids du monde enti]4 ,cette gu]re mrite une att5tion p>ticulire#abi1 non pas p> les vnem5ts qu'elle produisit1 mais p> ceux qu'elle auroit pu produire1 si ,antio*us et eu le c\rage de s'lev] au-dessus des prjugs de son temps1 et de suivre les conseils d',annibal4 ,ce gr& homme1 oblig d'ab&onn] sa patrie1 et de *]*] un asyle *ez les ennemis des ,roma9s1 s'toit retir la c\r de ,syrie4 ,c'e/ un spectacle bi5 s+uli]1 que le simple citoy5 d'une rpublique presque dtruite1 et lui-mme fugitif1 proscrit1 sans =tune1 sans soldats1 dont le gnie en impose celui de ,rome1 et qui t5te de s\lev] t\te la t]re contre une puissance que les plus gr&s rois ne p\rroi5t reg>d] sans frayeur4 #abi ,elle comm5a l'an de ,rome #efc4 ,que les pr9ces1 disoit-il ,antio*us1 oubli5t leurs diffr5ds p>ticuli]s2 qu'ils sa*5t qu'il e/ une gr&eur p\r eux prfrable l'augm5tation de leur t]ritoire2 et ,rome1 qui n'e/ puissante que p> leurs divisions et leur av>ice1 cess]a de triomph]4 ,graces aux ha9es aveugles et invtres de t\s les peuples les uns contre les autres1 les ,roma9s tr\v5t plus d'allis qu'ils n'en s\hait5t1 et t\tes les =ces de la t]re sont leur disposition4 ,ils ne veul5t va9cre1 dit-on1 que p\r l'avantage de leurs allis2 c'e/ une erreur grossire4 ,on ne supporte po9t les maux1 les fatigues1 les dang]s de la gu]re sans avoir la passion de dom9]2 et si les ,roma9s combl5t de bi5faits leurs allis1 ce n'e/ que p> intrt4 ,ils s5t5t combi5 il leur importe d'avoir des amis1 et p\r ne pas s\lev] la fois contre eux l'orgueil de t\tes les nations1 de dguis]1 de ca*] la tyrannie laquelle ils aspir5t4 ,mais ces allis1 dont ils exig5t les complaisances les plus s]viles1 sont dj des sujets qui s]ont bi5tt des esclaves4 ,j'en rponds1 t\tes ces =tunes de ,mass9issa1 d',attale1 d',eumnes s]ont r5v]ses leur t\r4 ,les ,roma9s reg>d5t dj l',asie comme une proie qui les att5d2 v\s ne f]ez que de va9s ef=ts p\r vit] une rupture avec eux1 ils sauroi5t se faire un prtexte honnte de gu]re4 ,dans ce dang] n\veau p\r le trne de ,syrie1 il faut r5onc] aux desse9s de vos prdcesseurs1 et v\s faire une n\velle politique4 ,il n'e/ plus "q de v\s reg>d] comme le lgitime et le seul successeur d',alex&re1 ni de v\loir rec\vr] les p>ties dmembres de sa mon>*ie4 ,ne songez auj\rd'hui qu' s\t5ir vos anci5s ennemis2 v\s les accabl]ez1 si v\s v\lez1 aprs v\s tre aid de leurs =ces p\r affoiblir la rpublique ,roma9e qui v\s m5ace4 ,qu& ,philippe1 irrit de l'orgueil de ses va9queurs1 frmit secrtem5t d'indignation1 n'att5d qu'une conjoncture favorable de sec\] le j\g1 et n'a avec v\s qu'une mme cause df5dre1 p\rquoi le ngligez-v\s8 ,v\s-mme1 v\s avez en quelque sorte t va9cu ,cynocphale2 la ,macdo9e n'e/ plus le remp>t de l',asie4 ,philippe1 de son ct1 va voir confirm] t\s ses malheurs2 et il s]a envelopp de t\tes p>ts de la puissance des ,roma9s1 s'ils pntr5t dans vos tats4 ,malgr la ha9e qui v\s divise1 ,philippe e/ mo9s votre ennemi que la rpublique ,roma9e2 relevez-le p\r aff]mir votre trne1 et que le plus gr& roi de l',europe s'unisse au plus gr& mon>que de l',asie4 ,mais1 cont9uoit ,annibal1 les ennemis de ,rome n'ont tr\v jusqu' prs5t aucun alli1 p>ce qu'ils ont p>u effrays de la gu]re en la comm5ant2 leur timidit a dt\rn t\t le monde de s'associ] leurs prils4 ,n'att5dez pas que les ,roma9s tabliss5t le ?tre de la gu]re dans le se9 de vos tats3 leur rpublique1 qui *ancelle dans l',italie1 v\s accabl]oit ici sans pe9e avec les =ces de t\tes les nations qu'ils ont va9cues1 qui craign5t de l'tre1 ou qui espr]oi5t de s'enri*ir de vos dp\illes2 ,espagnols1 ,africa9s1 ,itali5s1 ,grecs1 ,macdoni5s1 t\t contribu]oit v\s accabl]4 ,qu& la =tune d'ailleurs v\s rs]v]oit les succs les plus complets et les plus con/ans1 combi5 ne v\s faudroit-il pas de batailles p\r *ass] les ,roma9s de vos doma9es8 ,il faudra les p\rsuivre dans la ,grce et la ,macdo9e1 et conqurir sur eux ces prov9ces1 avant que de les rep\ss] dans leur pays1 et de p\voir les entam]4 ,deux victoires1 au contraire1 remportes en ,italie1 rduiront ces hommes si fi]s trembl] p\r le capitole4 ,confiez la ha9e que je leur porte des vaisseaux et des soldats2 je rev]rai une seconde fois l',italie1 j'y tr\v]ai des peuples lasss de la gr&eur de leurs matres1 et auxquels j'ai appris dsir] d'tre libres4 ,si je retr\ve ,trasimne ou ,cannes1 ,rome succomb]a s\s vos armes4 ,je v\s f]ai des allis et des amis de t\s les tats qui sont jal\x de la puissance ,roma9e1 ou qui n'ont d'autre politique que de s'atta*] au p>ti le plus =t2 ils v\s cra9dront comme ils craign5t les ,roma9s2 ils s]ont atta*s vos intrts comme ils sont atta*s aux intrts des ,roma9s1 si v\s osez faire trembl] ces tyrans des nations4 ,malgr la s]vitude o t\s les peuples se prcipitoi5t1 jamais conjoncture ne fut plus favorable p\r faire cra9dre une seconde fois aux ,roma9s t\s les dang]s qu'ils c\rur5t p5dant la seconde gu]re ,punique4 ,si quelques-uns de leurs allis leur toi5t s9crem5t atta*s1 la plup>t comm5oi5t s'ap]cevoir qu'ils avoi5t a*et trop *rem5t leur =tune4 ,accabls de la protection de la rpublique ,roma9e p> l'excessive reconnoissance qu'elle exigeoit1 ils ne lui donnoi5t des sec\rs p\r faire de n\velles conqutes1 qu'en lui s\haitant des disgraces4 ,les ,itali5s mmes ne confondoi5t plus leurs intrts avec ceux des ,roma9s2 ils s5toi5t qu'ils toi5t sujets2 ils murmuroi5t1 ils se plaignoi5t1 et n'att5doi5t qu'un n\vel ,annibal p\r os] se rvolt]4 ,ces dispositions toi5t si peu ca*es1 que le consul ,sulpicius repro*oit avec *agr9 au snat la l5teur avec laquelle on faisoit pass] les lgions dans la ,grce aprs avoir dcl> la gu]re ,philippe4 ,htons-n\s1 disoit-il2 si ,philippe n\s prvi5t1 et porte la gu]re en ,italie1 t&is que n\s le m5aons imprudemm5t avant que de le frapp]1 n\s c\rons risque d'pr\v] de plus gr&s malheurs que p5dant la seconde gu]re ,punique1 et de voir anantir notre puissance2 c> nos vois9s ne n\s sont atta*s qu'autant qu'il ne se prs5t]a aucun de nos ennemis#acj1 dont ils puiss5t avec sret embrass] et df5dre les intrts4 #acj ,nunquam i/i populi1 nisi cum de]it ad quem desciscant1 nobis non defici5t4 7,tit4 ,liv4 l4 #ca47 ,il e/ bi5 surpr5ant que les ,roma9s1 in/ruits du *angem5t que la seconde gu]re ,punique avoit produit dans la manire de p5s] des ,itali5s1 n'ai5t pas song y remdi]2 ri5 n'toit plus facile aprs qu',annibal eut ab&onn l',italie1 il ne s'agissoit que d'imag9] en leur faveur quelque titre et quelque di/9ction p>ticulire4 ,j'aj\te mme que ri5 n'toit plus important1 et on n'en d\t]a pas aprs avoir lu l'entreprise qu',annibal proposoit ,antio*us1 et dont les suites p\voi5t tre si dang]euses4 ,il faut encore se rappel] ce que j'ai dit au comm5cem5t de cet ouvrage1 au sujet des dsordres que causa dans la rpublique ,roma9e l'ambition qu'eur5t les peuples d',italie1 de se faire donn] le titre de citoy5s ,roma9s4 ,t\t cela devoit se prvoir1 et c'e/ une faute que de ne l'avoir pas fait4 ,les ,etoli5s1 qui s'toi5t flatts que l'empire de la ,grce s]oit la rcomp5se des ef=ts qu'ils avoi5t faits en faveur des ,roma9s contre la ,macdo9e1 ne se voyoi5t fru/rs de leurs esprances qu'avec un dpit extrme4 ,leur politique agissante remuoit t\tes les puissances vois9es et v\loit les associ] leur v5geance4 ,les autres peuples de la ,grce n'toi5t plus la dupe des bi5faits de la rpublique ,roma9e2 le *>me comm5oit se dissip]1 et ils s5toi5t que ,flam9ius avoit empoisonn le don qu'il leur avoit fait de la lib]t1 en df5dant leurs villes t\te association4 ,la ,gaule ,cisalp9e n'toit pas entirem5t s\mise2 quelques contres de l',espagne df5doi5t encore leur lib]t avec un extrme c\rage4 ,annibal1 en un mot1 dont le nom seul inspiroit de l'effroi aux ,roma9s#aca1 et toit capable de faire r5atre la confiance *ez t\s les peuples1 entret5oit des relations en ,afrique1 dans la ,grce1 et dans les ,gaules mmes4 ,si on l'et vu desc5dre une seconde fois en ,italie1 la tte de t\tes les =ces de l',asie1 ,rome auroit p]du en un j\r l'empire qu'elle ex]oit sur ses allis4 ,on lui auroit dsobi1 p>ce qu'on l'auroit pu faire impunm5t1 et elle se s]oit vue ab&onne ses seules =ces4 #aca ,les ,roma9s se s]voi5t dans leurs disc\rs famili]s du nom d',annibal1 comme d'un mot prov]bial1 p\r exprim] un homme m*ant1 dang]eux et t]rible2 il e/ employ de la sorte dans ,plaute1 et dans quelques autres auteurs anci5s4 ,voyez *ez les hi/ori5s avec quelle l*et les ,roma9s p\rsuivir5t la p]te d',annibal4 ,ce gr& homme1 voyant que ,prusias1 *ez qui il s'toit retir en ab&onnant la c\r d',antio*us1 ne p\voit se disp5s] de le livr] ses ennemis1 prit le p>ti de s'empoisonn] lui-mme4 ,dlivrons1 dit-il1 les ,roma9s de la t]reur que je leur inspire2 ils eur5t autrefois la gnrosit d'av]tir ,pyrrhus de se prcautionn] contre un tratre qui v\loit l'empoisonn]2 et les l*es sollicit5t auj\rd'hui ,prusias trahir les droits de l'hospitalit1 et me faire prir4 ,antio*us1 qui il app>t5oit de dcid] du sort de la t]re1 p5soit trop bassem5t p\r gt] la sagesse h>die des conseils d',annibal4 ,les promesses de ce gr& homme lui p>ur5t vagues et confuses1 p>ce qu'il ne p\voit en compr5dre la ju/esse2 et ce qui n'toit que gr& et c\rageux1 il le crut tmraire4 ,de petites passions le dcidr5t2 il se livra la jal\sie de ses c\rtisans et l'imbcillit de ses m9i/res4 ,ivre de sa gr&eur1 comme t\s les pr9ces d',ori5t1 et rabaiss p> sa timidit naturelle1 il ne put ni croire qu'il s'agissoit de sa ru9e entire en faisant la gu]re contre les ,roma9s1 ni se p]suad] qu'il lui s]oit possible de r5v]s] cette puissance norme1 devant laquelle t\t toit humili4 ,jamais pr9ce ne fit mieux voir t\t ce que l'orgueil et la l*et peuv5t rassembl] de foiblesse et de contradiction dans un mme c>actre4 ,t\j\rs ple9 des projets de ses prdcesseurs sur la ,grce et la ,macdo9e1 ses anci5nes ennemies1 il ne put se rs\dre les relev] p\r s'aid] de leurs =ces contre la rpublique ,roma9e4 ,il comm5ce1 au contraire1 la gu]re p> insult] ,philippe2 et t&is qu'il oblige ce pr9ce se dcl>] contre lui en faveur des ,roma9s1 il e/ saisi de cra9te1 se rep5t dj de son entreprise1 et cons5t cd] une p>tie de ses tats p\r cons]v] l'autre4 ,que ,mi?ridate et occup le trne d',antio*us1 et les ,roma9s toi5t ru9s4 ,qu'il et t beau de voir ce pr9ce et ,annibal unis d'intrt et dploy] de conc]t t\tes les ress\rces de leur gnie contre un peuple puissant qu'il falloit dtruire ou reconnotre p\r son matre6 ,la rpublique ,roma9e ne craignit jamais que ces deux hommes2 mais l'un naquit simple citoy5 d'une rpublique qui trahit ses esprances1 et il ne tr\va dans la suite aucun pr9ce qui ost le second]4 ,l'autre toit roi1 mais il ne rgna que dans un temps o t\tes les prov9ces1 g\v]nes p> des (fici]s ,roma9s1 toi5t dj acc\tumes obir4 ,il concevoit dans sa colre les plus va/es desse9s2 ses esprances et ses ress\rces toi5t t\j\rs plus gr&es que ses malheurs4 ,il combattit p5dant qu>ante ans contre ,sylla1 ,cotta1 ,lucullus et ,pompe2 mais il puisa sa =tune dans la ,grce et dans l',asie4 ,quelle qu'en soit la cause1 il ne pr(ita po9t de la circon/ance favorable que la rvolte des ,samnites et de leurs allis lui (froit de port] ses armes dans le cur de l',italie1 et il ne songea vritablem5t m>*] sur les traces d',annibal1 que qu& il lui fut impossible d'excut] les mmes desse9s4 ,la dfaite d',antio*us confirma t\tes les nations dans la foible politique qui htoit la p]te de leur lib]t4 ,c'e/ dans ces circon/ances que ,p]se entreprit follem5t de relev] la ,macdo9e2 et t\te la t]re se s\leva contre lui4 ,prusias ne v\lut tre que spectateur de cette gu]re4 ,s'il craignit d'(f5s] galem5t les deux p>tis p> sa neutralit1 il espra de fl*ir les ,roma9s va9queurs =ce de bassesses et en se disant leur affran*i1 ou de tr\v] grce auprs de ,p]se1 dont il avoit p\s la sur4 ,g5tius1 roi d',illyrie1 et les ,rhodi5s1 embrassr5t un p>ti quivoque et mitoy51 qui ne fait que des ennemis1 que la politique condamn]a t]nellem5t1 et que des hommes timides reg>d]ont t\j\rs comme le comble de la sagesse et de l'art de g\v]n]4 ,sans aid] efficacem5t ,p]se1 qu'il toit de leur intrt de favoris] de t\tes leurs =ces ou de nglig] entirem5t1 ils fir5t seulem5t t\t ce qu'il falloit p\r irrit] les ,roma9s contre eux4 ,on retr\ve con/amm5t cette mme conduite dans t\s les ennemis de la rpublique4 ,boc*us sec\rut ,jugur?a aprs que ce pr9ce eut p]du ses tats2 ,tigranes se comporta de mme l'g>d de ,mi?ridate2 et l'un et l'autre1 dis5t bi5 s5sm5t t\s les hi/ori5s1 devoi5t pr5dre plutt ce p>ti1 ou ne le pr5dre jamais4 ,,livre ,,sixi,,me4 ,dans cette espce de /upidit o j'ai reprs5t t\s les peuples1 la rpublique ,roma9e auroit manqu d'ennemis1 et cess de faire la gu]re1 si elle et att5du1 p\r pr5dre les armes1 qu'on et os l'(f5s]4 ,de t\t temps elle s'toit fait une loi d'accord] sa protection ou sa mdiation t\s ceux qui l'imploroi5t2 mais qu& elle fut p>v5ue ce degr de puissance qui en imposoit t\s ses vois9s1 leur docilit obir lui p]suada qu'elle toit dpositaire de t\s les droits des hommes1 et qu'il toit de sa dignit de =m] une sorte de tribunal qui jug]oit des qu]elles des nations4 ,ce n'e/ plus comme ennemis1 mais comme arbitres1 que les ,roma9s fir5t la gu]re4 ,s'levoit-il un diffr5d entre deux peuples encore libres8 le snat prononoit quelquefois un jugem5t sans les consult]1 et son ambassadeur1 suivi des lgions et *>g d'excut] son dcret1 arra*oit au va9queur sa proie1 rtablissoit le va9cu dans ses possessions1 et appr5oit l'un et l'autre qu'ils avoi5t un matre4 ,rome dcida du sort de t\te la t]re2 les rois1 les pr9ces1 les ambassadeurs de t\tes les nations y p>ur5t en supplians1 tantt p\r se ju/ifi]1 tantt p\r m5di] des grces4 ,les ,roma9s se s]oi5t cont5ts de cet empire1 et n'en auroi5t pas abus1 s'ils euss5t cons]v leurs anci5nes murs2 mais leurs conqutes1 a9si que je l'ai dit1 les enri*ir5t1 et ds que les ri*esses leur eur5t donn du gt p\r les volupts1 l'or du monde enti] ne leur suffit plus4 ,l'av>ice ayant pris dans le cur du citoy5 la place de l'am\r de la gloire1 l'ambition de la rpublique dev9t une avidit insatiable de t\t pill] et de t\t opprim]2 et sa politique1 de/9e s]vir de n\velles passions1 dut agir p> des pr9cipes n\veaux4 ,les ,roma9s1 jal\x de la =tune de leurs allis1 la reg>dr5t comme un vol fait la leur4 ,il fallut tablir une dom9ation directe sur les prov9ces1 p\r les pill] plus commodm5t4 ,les royaumes de ,numidie1 de ,p]game1 de ,cappadoce1 de ,bi?9ie1 dont la faveur de la rpublique avoit fait des puissances considrables1 fur5t dtruits4 ,le snat fit une espce de trafic des trnes qui subsi/oi5t encore1 crant ou dposant les rois son gr3 les tats n'eur5t plus de rgle fixe de succession4 ,cette politique abom9able1 qui dtruit p\r cons]v]1 fut seule mise en usage4 ,on peut se rappel] dans quelle situation la dfaite de ,p]se fit tomb] la ,macdo9e4 ,les citoy5s les plus di/+us en fur5t exils2 et on la p>tagea en quatre prov9ces1 entre lesquelles t\te sorte de communication fut int]dite4 ,le sort qu'pr\va la ,grce aprs la prise de ,cor9! p> ,mummius1 fut le sort gnral des allis4 ,on tablit dans les prov9ces des prteurs qui se crur5t t\t p]mis1 p>ce que ri5 ne p\voit leur rsi/]2 et ,rome ne ret5tit plus que du bruit des concussions que ses (fici]s ex]oi5t de t\tes p>ts4 ,t\t pays qui (frit quelque but9 l'avidit des ,roma9s1 dev9t un pays ennemi4 ,quelques pr9ces assurr5t la tranquillit de leurs sujets1 et leur p>gnr5t les so9s et les fatigues d'une df5se inutile1 en appelant la succession de leurs tats une rpublique assez puissante et assez corrompue p\r faire des inju/ices sans cra9te et sans remords4 ,florus rapporte que1 s\s le bruit des ri*esses de ,ptoleme1 roi de ,*ypre1 les ,roma9s portr5t un dcret p> lequel ils s'attribuoi5t sa succession#acb4 ,n'importe de vos droits1 disoit ,sylla ,mi?ridate2 obissez sans rsi/ance aux lois qu'on v\s impose1 ou r5dez-v\s plus =t que n\s4 ,br5nus1 qui avoit p>u autrefois si b>b>e aux ,roma9s1 en disant que t\t app>ti5t aux va9queurs1 auroit-il t5u un autre langage8 #acb ,diviti>um tanta fama erat1 ut victor g5tium populus1 et don>e regna consuetus1 socii vivique ,regis confiscationem m&av]it4 7l4 #c4 c4 #i47 ,aucun peuple ne put se mettre c\v]t des entreprises et des vexations de la rpublique4 ,quelqu'att5tif qu'il fut ne f\rnir aucun prtexte de rupture1 on lui tr\voit quelque crime dont il falloit le *ti]4 ,qu'on lise dans ,tite-,live la h>angue que pronona ,manlius au ret\r de son expdition contre les ,gallo-,grecs4 ,furius et ,emilius1 ses ennemis1 v\loi5t lui faire refus] le triomphe1 s\s prtexte que la gu]re qu'il avoit faite toit inju/e2 mais ,manlius les confondit aism5t1 en reprs5tant que les ,gaulois avoi5t autrefois pill le temple de ,delphes1 et que cette impit n'avoit po9t encore t punie#acc4 ,si ce trait seul ne peignoit pas assez navem5t le c>actre des ,roma9s1 on p\rroit voir dans ,ju/9 qu'ils n'eur5t po9t de honte d'allgu]1 comme une raison srieuse de ce qu'ils pr5oi5t la df5se des ,ac>nani5s contre les ,etoli5s1 que les anctres des premi]s toi5t les seuls peuples de la ,grce qui n'euss5t po9t envoy de tr\pes au sige de ,troye#acd3 c'toit jo9dre la raill]ie la viol5ce4 #acc ,delphos1 quondam commune humani g5]is oraculum1 umbilicum orbis t]r>um1 ,galli spoliav]unt3 nec ideo populus romanus 8 bellum indixit aut intulit4 7,tit4 ,liv4 l4 #ch47 #acd ,ac>nanes adv]sus tolos auxilium ,romanorum implorantes1 obt9u]unt romano s5atu1 ut legati mitt]5tur1 qui d5onci>5t tolis1 prsidia ab urbibus ,ac>nani d$uc]5t1 pat]5turque esse lib]os1 qui soli quondam adv]sus ,trojanos auctores orig9is su1 auxilia ,grcis non mis]9t4 7l4 #bh47 ,on peut tre inju/e1 odieux mme t\te la t]re p> sa tyrannie1 et cep5dant cont9u] d'tre heureux dans ses entreprises qu& on peut accabl] ses ennemis p> des =ces suprieures3 l'hi/oire n'e/ que trop s\v5t une preuve de cette tri/e vrit4 ,aprs avoir fait des conqutes p> ses v]tus1 la rpublique ,roma9e s'agr&it encore malgr ses vices4 ,c'e/ dans le temps mme qu'elle ne p\voit df5dre ses lois contre l'ambition des citoy5s1 et que son av>ice toit r$\te de t\s ses vois9s1 qu'elle rep\ssa les ef=ts de ,mi?ridate et le va9quit1 qu'elle fit sa conqute la plus difficile1 c'e/--dire1 qu'elle s\mit les ,gaules1 en imposa aux ,g]ma9s1 et pntra jusque dans la ,bretagne4 ,rome ne cessa po9t de triomph]1 p>ce que ses lgions toi5t t\j\rs mieux discipl9es et plus agu]ries que les armes de ses ennemis2 et si ses gnraux n'avoi5t plus de v]tus1 ils avoi5t de gr&s tal5s4 ,les factieux1 qui aspiroi5t la tyrannie1 ayant beso9 de se faire de la rputation dans la rpublique1 et de l'bl\ir p> des succs p\r l'opprim]1 ne s\ffroi5t po9t qu'elle ft avilie dans leurs g\v]nem5s1 et la faisoi5t respect] *ez les trang]s4 ,les ,roma9s1 en effet1 ple9s des passions orgueilleuses que leur donnoi5t la lib]t et leurs conqutes1 cons]voi5t1 au milieu de leurs vices1 assez de fi]t p\r v\loir e/im] le matre qui les dom9]oit1 et ils ne savoi5t plus e/im] que les tal5s et les succs militaires4 ,qu'un magi/rat1 p> les voies s\rdes de l'intrigue1 et v\lu s'emp>] du g\v]nem5t1 ce n'et t qu'un conjur qu'il toit ais de p]dre3 tels fur5t les ,gracques et ,catil9a4 ,que ,sylla1 af9 de se r5dre plutt en ,italie1 et de se v5g] du p>ti de ,m>ius1 et fait un trait honteux avec ,mi?ridate1 ses soldats auroi5t vraisemblablem5t refus de le suivre1 et il n'auroit tr\v ,rome et dans l',italie que des ennemis qui l'auroi5t mpris4 ,cs> avoit beso9 de conqurir les ,gaules p\r s'ouvrir le *em9 de l'empire4 ,cette sorte de beso9 qu'avoi5t les gnraux de faire de gr&es *oses1 et qui s\t9t la rputation des armes p5dant les tr\bles de la rpublique1 disp>ut entirem5t qu& ,augu/e tablit enf9 la mon>*ie4 ,j'ai r5du compte ailleurs#ace p\rquoi l'empire n'avoit pas t dtruit p> la tyrannie de ,tibre1 de ,claudius1 de ,caligula et de ,nron3 je prie ma9t5ant de rem>qu] que si la s]vitude o ces mon/res prcipitr5t le snat et le peuple ,roma91 s'toit t5due jusque sur les lgions1 l'empire1 qui n'auroit plus ri5 cons]v de ce qui avoit fait la supriorit de la rpublique sur ses ennemis1 s]oit all sa ru9e sans avoir jamais de ces mom5s heureux1 o il p>ut encore anim p> le gnie des ,scipions et des ,emiles4 #ace ,dans le troisime livre4 ,les armes se fir5t cra9dre des premi]s successeurs d',augu/e2 et les mnagem5s auxquels ces pr9ces se vir5t contra9ts leur g>d1 laissr5t subsi/] dans les camps un re/e de l'anci5 esprit rpublica94 ,le soldat1 qui n'toit pas opprim1 se crut citoy52 et c'toit-l le seul b\lev>d de l'empire contre les trang]s4 ,comme les lgions1 t\j\rs places sur les frontires1 cons]voi5t l'habitude de la gu]re1 malgr le rel*em5t de la discipl9e1 et en v5oi5t s\v5t aux ma9s contre les ,b>b>es1 elles cultivoi5t encore plusieurs v]tus militaires4 ,le luxe et le repos ne les n]voi5t po9t4 ,les soldats1 en un mot1 atta*s leurs ex]cices1 n'avoi5t beso9 que d'obir un gnral habile p\r faire encore de gr&es *oses4 ,aussi ,agricola rduisit-il la ,bretagne en prov9ce ,roma9e2 et ,trajan1 va9queur des ,daces1 de l',armnie et des ,p>!s1 porta ses armes jusque sur les frontires des ,indes1 aprs avoir subjugu les royaumes d',assyrie et de ,calde4 ,les conqutes mmes de ,trajan dvoilr5t la foiblesse de l'empire2 il et fallu1 p\r les cons]v]1 plus de tal5s que p\r les faire2 et quelque capacit qu'et ,adri51 il les ab&onna1 p\vant pe9e suffire la multitude d'affaires1 dont les vices et la va/e t5due de son empire l'accabloi5t4 ,t&is que les peuples du ,danube et du ,rh9 dev5oi5t de j\r en j\r plus r$\tables1 comm5t et-il t possible de cont5ir dans le devoir des nations loignes et puissantes1 qui1 n'ayant t va9cues qu'une fois1 cons]voi5t le dsir et l'esprance de sec\] le j\g8 ,les ,roma9s reg>dr5t la ncessit o se tr\voit ,adri51 comme l'poque fatale de leur dcad5ce1 et crur5t que le dieu ,t]me1 qui veilloit sur leurs frontires1 retiroit enf9 la protection qu'il leur avoit accorde jusque-l4 ,l'empire ne j\it pas long-temps du bonheur de voir rgn] dans ses armes l'ordre1 le c\rage et la discipl9e qu'elles devoi5t la sagesse de ,trajan1 d',adri5 et de ,m>c-,aurle4 ,a pe9e les lgions disposr5t-elles du trne imprial1 que les emp]eurs1 qui ne fur5t plus que leurs esclaves1 ne songr5t qu' flatt] leurs caprices4 ,les soldats consumr5t en dbau*es le fruit de leurs rap9es et les gratifications abondantes qu'on toit oblig de leur faire4 ,amollis p> les plaisirs1 ou dev5us insol5s p> l'habitude de cabal] et de =m] des sditions1 il ne fut plus possible de les assujettir aux ex]cices anci5s1 ni aux travaux de la milice#acf4 ,les camps1 qui toi5t autrefois des places =tes1 ne fur5t plus ent\rs de fosss ni de retran*em5s4 ,les armes p>ur5t trop pesantes1 et il fallut p]mettre de quitt] la cuirasse et le casque4 ,dans ce rel*em5t gnral de la discipl9e1 les v]tus militaires ne fur5t comptes p\r ri54 ,les soldats les plus ports la mut9]ie et les plus propres cabal]1 obt9r5t les rcomp5ses de/9es au seul mrite2 et ds que l'intrigue t9t lieu de c\rage1 la l*et fut impunie4 #acf ,c>acalla re*]*oit l'amiti des soldats p> les flatt]ies les plus basses4 ,ce fut le premi] des emp]eurs qui autorisa p> des lois expresses le rel*em5t de la discipl9e4 ,c'e/ alors qu'il se fit une rvolution dans la ,sc&9avie1 la ,scy?ie europenne et la ,s>matie4 ,la t]re sembla y enfant] des hommes4 ,soit que les ,b>b>es1 qui habitoi5t ces va/es rgions1 euss5t appris qu'il y avoit dans le midi des t]res plus f]tiles et un ciel mo9s sauvage2 soit que ce c>actre inquiet et m>tial1 qui1 dans t\s les temps1 avoit transport leurs colonies dans les pays les plus loigns1 et fait des progrs et ft dev5u l'esprit dom9ant et gnral de leurs nations2 t\s les j\rs il sortoit de ces climats de n\veaux peuples1 qui1 ravageant t\t sur leur passage1 v9r5t fondre sur les t]res de l'empire4 ,go?s1 ,gepides1 ,ala9s1 ,messagettes1 ,v&ales1 ,s>mates1 ,scy!s1 etc4 ri5 ne p\voit rsi/] ces ,b>b>es1 qu'aucun pril n'tonnoit1 et qui sembloi5t se reproduire aprs leurs dfaites4 ,la gloire laquelle ils aspiroi5t1 c'toit de se *>g] de but94 ,ce qu'ils rapportoi5t *ez eux1 y excitoit une mulation gnrale2 a9si les ravages qu'une prov9ce ,roma9e avoit s\ff]ts n'en annonoi5t que de plus gr&s encore4 ,domiti5 avoit a*et honteusem5t la paix des ,daces4 ,adri51 dj vieux qu& les ,ala9s et les ,messagettes fir5t une irruption dans la ,mdie1 l',armnie et la ,cappadoce1 et n'osant peut-tre confi] aucun de ses gnraux les =ces ncessaires p\r *ass] ces ,b>b>es1 les engagea p> des prs5s sortir des prov9ces qu'ils avoi5t pilles4 ,ces exemples p]nicieux ne fur5t que trop suivis p> des pr9ces1 plus occups p]dre un rvolt qui leur disputoit la c\ronne1 que de la gloire et du salut de l'empire4 ,ds que les peuples du ,nord vir5t qu'il suffisoit de m5ac] les ,roma9s p\r s'enri*ir1 ils fir5t t\s les j\rs de n\velles entreprises4 ,t\s les j\rs on appr5oit qu'ils toi5t entrs dans quelques prov9ces de l'empire1 et t\s les j\rs il falloit trait] avec eux p\r les r5voy]4 ,a ces ,b>b>es1 appaiss p> des prs5s1 il succdoit d'autres ,b>b>es aussi avides que les premi]s2 et on ne p\voit compt] sur la foi des traits1 p>ce que ces peuples =moi5t des nations ou des tribus indp5dantes4 ,ce qu'on traitoit avec les unes n'engageoit po9t les autres1 et puisque t\tes les ri*esses de l'empire n'auroi5t pas suffi en cont5t] une p>tie1 et qu'il toit impossible de faire des conv5tions avec t\tes1 il falloit faire un ef=t1 et1 s'il se p\voit1 les intimid] en ext]m9ant la premire qui auroit ravag une prov9ce4 ,les ,roma9s auroi5t transport leurs pr9cipales =ces sur le ,danube et le ,rh91 et mis c\v]t les pays exposs aux insultes des ,b>b>es1 si1 dans le mme temps1 il ne s'toit lev en ,asie un ennemi assez puissant p\r emp*] de dg>nir ses frontires de ce ct-l4 ,le royaume des ,p>!s1 autrefois si r$\table1 mme p\r les armes ,roma9es#acg1 avoit comm5c d*eoir de sa rputation depuis la bataille clbre1 o les tr\pes d',orodes1 s\s le comm&em5t de ,pacorus1 fur5t entirem5t dfaites p> ,v5tidius4 ,phrahate1 qui1 peu de temps aprs1 monta sur le trne1 n'toit pas propre relev] le c\rage de ses sujets2 ce pr9ce1 timide et cruel1 vit ses tats se p>tag] en diffr5s p>tis1 et les rvolutions qu'il pr\va l'avoi5t tellem5t acc\tum se dfi] de sa =tune1 qu',augu/e1 s'tant transport en ,asie p\r en rgl] le sort1 le contraignit p> de simples m5aces lui r5dre les enseignes ,roma9es prises sur ,crassus et sur ,anto9e#ach1 et lui donn] ses propres fils p\r otages de la paix4 #acg ,a ,romanis quoque1 tr9is bellis1 p] maximos ,duces1 flor5tissimis temporibus1 soli ex omnibus g5tibus non p>es solum1 v]um etiam victores fu]e4 7,j4 l4 #da47 #ach ,f9ito ,hispani5si bello1 cum 9 ,syriam ad compon5dum ,ori5tis /atum v5isset 7,augu/us71 metum ,phrahati incussit1 ne bellum ,p>?i vellet inf]re4 ,itaque tota ,p>?ia captivi ex ,crassiano sive ,antonii ex]citu recollecti1 signaque cum is milit>ia ,augu/o remissa s$ et filii nepotesque ,phrahatis obsides ,augu/o dati3 plusque ,cs> magnitud9e nom9is sui fecit1 quam armis alius imp]ator fac]e potuisset4 7,j4 l4 #db47 ,un peuple tel que les ,p>!s1 qui doit mo9s son c\rage la sagesse de ses in/itutions politiques qu' la b>b>ie de ses murs#aci1 ne p\voit comm5c] d*eoir sans se ru9] entirem5t4 ,passant des vices qui r5d5t froces ceux qui amolliss5t1 les ,p>!s fur5t va9cus p> ,trajan2 ils ne reconquir5t po9t leur indp5dance1 elle leur fut r5due p> ,adri51 et leur mon>*ie se tr\va enf9 rduite un tel po9t de foiblesse1 qu'il suffit d'une meute p\r la r5v]s]4 ,un ,p]se1 nomm ,artax]ce1 qui j\issoit dans sa nation d'un gr& crdit1 excita quelques m\vem5s de rvolte1 qui1 n'tant pas rprims assez promptem5t#adj donnr5t l'esprance aux sditieux de sec\] le j\g des ,p>!s4 ,artaban fut va9cu et tu dans une bataille qu'il livra aux rebelles1 et cet vnem5t produisit une rvolution s+ulire dans l'esprit des ,p]ses4 ,leur victoire leva leur c\rage1 ils se crur5t de/9s faire de gr&es *oses2 et leur n\velle mon>*ie1 aussi r$\table que celle des ,p>!s l'toit peu1 reprit s\s ses n\veaux rois la mme ambition qu'avoi5t eu les successeurs de ,cyrus4 ,elle reg>da l',asie comme son anci5 doma9e1 et traitant les ,roma9s d'usurpateurs1 =ma le plan de les rep\ss] en ,europe4 #aci ,ex]citum non ut ali g5tes lib]orum1 s$ majorem p>tem s]vorum hab5t4444 ,hos equit>e et sagitt>e magna indu/ria doc5t4444 nec pugn>e di possunt3 ct]um intol]&i =5t1 si quantus 8 impetus e/1 vis tanta et p]sev]5tia esset4444 c>ne non nisi ,v5atibus qusita vescuntur4444 +5ia g5ti tumida1 s$itiosa1 fraudul5ta1 procacia444 semp] aut 9 ext]nos1 aut 9 dome/icos motus inquieti4 ,pr9cipibus metu non pudore p>5t4 7,j4 l4 #da47 #adj ,cette rvolution arriva s\s le rgne de l'emp]eur ,alex&re ,svre1 l'an de ,j4 ,c4 #bbf4 ,si l',empire1 aprs avoir t g\v]n p> des hommes aussi mprisables que ,c>acalla1 ,macr91 ,hliogabale1 ,maxim91 ,pupi51 ,balb91 ,gallus1 etc4 ne succomba pas s\s ,galli51 pr9ce imbcille et voluptueux1 dont le rgne fut tr\bl p> la rvolte de t\tes les armes1 c'e/ que les ,p]ses1 v\lant cons]v] les pays dont ils s'emp>]oi5t1 ne s't5doi5t que de pro*e en pro*e1 et que les peuples du ,nord1 sans ide de conqutes et d'tablissem5s1 ne songeoi5t encore1 en faisant la gu]re1 qu' rapport] dans leurs =ts les dp\illes des prov9ces ,roma9es4 ,s\s la conduite des emp]eurs ,claude1 ,aurli5 et ,probus1 l'empire sembla repr5dre quelque vigueur4 ,le premi] remporta de gr&s avantages sur les ,go?s et les ,g]ma9s4 ,le second se transporta p>-t\t o les beso9s de l'empire dem&oi5t sa prs5ce1 va9queur sur les bords du ,danube et du ,rh91 la =tune l'accompagna en ,asie et en ,egypte4 ,probus triompha des ,b>b>es en ,dalmatie et dans la ,?race1 les =a de se retir] au-del du ,nek] et de l',elbe1 et contraignit les ,p]ses ne pas tr\bl] le repos de l',ori5t4 ,deux causes contribur5t aux succs de ces emp]eurs3 l'une que l'empire1 quelqu'puis qu'il ft p> les dsa/res qu'il avoit pr\vs1 p\voit cep5dant encore f\rnir aux frais de la gu]re2 et l'autre1 qu'il toit ais ces pr9ces de lev] des armes nombreuses4 ,comme la condition des soldats toit la seule heureuse depuis que les armes disposoi5t de la dignit impriale1 et que pr5dre le p>ti des armes1 c'toit *ang] sa qualit d'esclave en celle d'oppresseur et de tyran1 l'empire tr\voit t\j\rs sa disposition plus de milice qu'il n'en avoit beso94 ,mais t\t devoit bi5tt *ang] de face1 et qu& l'empire auroit cont9u d'obir des pr9ces aussi habiles que ceux dont je vi5s de p>l]1 la *te n'auroit pas t mo9s 9vitable4 ,ce que fir5t ces emp]eurs1 ils n'auroi5t pu l'excut] s'ils fuss5t monts sur le trne un sicle plus t>d1 c'e/--dire1 aprs que ,dioclti51 en rglant que l'empire s]oit dsormais g\v]n p> deux emp]eurs et deux ,cs>s1 et acc\tum les lgions obir4 ,les armes n'tant plus en tat de dpos] les emp]eurs1 de pill] les peuples1 et de se faire donn] arbitrairem5t des gratifications1 le sort des soldats ne fut plus envi1 et p]sonne ne v\lut port] les armes4 ,les citoy5s les plus di/+us p> leur naissance n'ambitionnr5t que les magi/ratures1 ou ne v\lur5t tre que c\rtisans s\s des emp]eurs qui s'amollir5t sur le trne ds qu'ils ne craignir5t plus de le p]dre1 et qui consommr5t en peu de temps les ri*esses *appes l'avidit des ,b>b>es4 ,a l'g>d du peuple1 quoiqu'accabl s\s le poids des impositions et des *>ges publiques1 il prfroit l'oisivet et la pauvret de ses maisons aux prils laborieux de la gu]re4 ,les lgions n'toi5t plus composes que d'hommes enlevs avec viol5ce de leur famille2 et1 sans que j'en av]tisse1 on doit s5tir que les armes p]dir5t ce re/e de c\rage qu'elles avoi5t cons]v jusque-l4 ,dans cette extrmit1 les emp]eurs1 p\r ne pas laiss] l'empire ouv]t aux incursions de ses ennemis1 traitr5t avec quelques tribus de ,b>b>es1 qui1 de leur ct1 ne subsi/oi5t qu'avec pe9e1 depuis que les prov9ces ,roma9es1 puises et presque ds]tes1 n'(froi5t plus qu'un but9 mdiocre leur av>ice4 ,ces pr9ces les prir5t d'abord leur solde p\r quelqu'expdition p>ticulire1 et les reur5t ensuite sur les t]res de leur dom9ation comme auxiliaires1 et s'en fir5t un b\lev>d contre les autres ,b>b>es4 ,ce n'e/ qu'avec le sec\rs des ,go?s que ,dioclti5 mme pacifia l',egypte1 et que ,maximi5 battit les ,p]ses1 pntra dans les tats de ,sapor1 et rduisit ce pr9ce dem&] la paix4 ,il e/ c]ta91 dit ,jorn&s1 que sans les ,b>b>es1 qui combattir5t p\r les ,roma9s1 jamais les emp]eurs n'auroi5t1 depuis ,dioclti51 pu =m] d'entreprises considrables2 mais il e/ encore plus c]ta9 que cette ress\rce devoit enf9 tre fatale l'empire4 ,ces auxiliaires cons]voi5t leurs c\tumes1 leurs lois1 leur indp5dance2 et plus ils s5tir5t de quelle importance toi5t leurs s]vices1 plus ils dur5t mpris] les emp]eurs4 ,l'indocilit des uns1 la fi]t des autres n\rrissoi5t entr'eux des dfiances cont9uelles4 ,les diffr5ds toi5t frqu5s1 et si l'on en v5oit une rupture1 quels r$\tables ennemis ne devoi5t-ce pas tre p\r l'empire1 que ces ,b>b>es dgts de la vie errante1 qui connoissoi5t l'avantage d'un tablissem5t solide1 et qui1 ne faisant plus la gu]re comme leurs pres1 avoi5t appris des gnraux ,roma9s mme l'art de les va9cre8 ,telle toit la situation de l'empire lorsque ,con/ant9 p>v9t au trne4 ,avec quelques tal5s p\r la gu]re1 qu'il n'employa qu' p]dre ses ennemis p>ticuli]s1 et non pas ceux des ,roma9s1 il n'eut aucune qualit propre au g\v]nem5t4 ,dupe de ses m9i/res et de ses favoris1 qui abusoi5t de sa foiblesse1 il ne vit que p> leurs yeux4 ,une inquitude naturelle le faisoit cont9uellem5t agir1 mais s\v5t sans fruit4 ,s'il p>oissoit occup p> de gr&s projets1 il les avoit conu en homme prsomptueux et va91 et les excutoit en politique mdiocre4 ,quoique plusieurs criva9s ai5t prodigu ce pr9ce les plus gr&s loges1 il contribua cep5dant plus que t\t autre avanc] la ru9e de l'empire4 ,il augm5ta1 il e/ vrai1 les armes de dix lgions1 et fit con/ruire quelques =ts sur les frontires2 mais il anantit ce qui re/oit de discipl9e et de c\rage dans les armes4 ,comme on avoit t5u jusque-l les soldats dans des camps en prs5ce de l'ennemi1 l'habitude du dang] et de combattre avoit entret5u une sorte d'habitude d'tre brave2 qu& ,con/ant9 les retira des frontires p\r les mettre en g>nison dans les villes et dans le cur des prov9ces1 ils y fur5t mauvais citoy5s1 et p> les vices n\veaux qu'ils y contractr5t1 dev9r5t incapables de port] les armes4 ,c'toit bi5 mal connotre les intrts de l'empire que de con/ruire une n\velle capitale1 t&is qu'il toit si difficile de cons]v] l'anci5ne1 de p]dre des sommes imm5ses btir une ville sup]be1 t&is que l'empire1 puis p> t\s les flaux qu'il pr\voit1 p\voit pe9e entret5ir des armes4 ,bisance1 laquelle ,con/ant9 donna son nom1 dev9t la rivale de ,rome1 ou plutt lui enleva t\t son clat et ses =ces1 et l',italie tomba dans le d]ni] abaissem5t4 ,la misre la plus affreuse y rgna au milieu des maisons de plaisance et des palais demi-ru9s que les matres du monde y avoi5t autrefois levs4 ,t\tes les ri*esses passr5t en ,ori5t2 les peuples y portr5t leurs tribus et leur comm]ce4 ,l',occid5t cep5dant supportoit t\t le poids des ,b>b>es2 au lieu de l'affoiblir a9si1 il eut1 au contraire1 fallu lui donn] de n\velles =ces4 ,une suite encore plus f*euse du projet de ,con/ant91 ce fut de divis] l'empire d'une manire plus m>que qu'il n'avoit t jusque-l4 ,ses successeurs1 d'abord jal\x les uns des autres1 s'acc\tumr5t croire qu'ils avoi5t des intrts diffr5s1 et bi5tt il y eut des gu]res entr'eux4 ,les emp]eurs d',ori5t1 dans la cra9te d'irrit] les ,b>b>es1 et de les attir] sur leurs doma9es1 n'osr5t donn] aucun sec\rs l',occid5t4 ,ils lui suscitr5t mme quelquefois des ennemis2 ils donnr5t une p>tie de leurs ri*esses aux ,v&ales1 aux ,go?s1 etc4 p\r acqurir le droit de consum] l'autre dans les plaisirs1 t&is que ces peuples portoi5t leurs armes jusque dans le se9 de l',italie4 ,si on a eu raison de dire que les hommes s]oi5t heureux qu& ils s]oi5t g\v]ns p> des philosophes1 quelle prosprit ne devoit pas rp&re sur l'empire la n\velle religion que pr(essa ,con/ant91 si la grce1 qui claira son esprit sur les erreurs du paganisme1 et triomph des vices de son cur8 ,mais ,con/ant91 *rti51 fut bi5 infrieur en v]tus ,m>c-,aurle1 paen4 ,ce que les lgislateurs les plus pr(onds et les philosophes les plus sages n'avoi5t pu faire1 la publication de l'vangile l'avoit produit2 et les *rti5s1 levs au-dessus de t\tes les foiblesses de l'humanit1 pratiqur5t sans ef=t ce que l'impuissant /ocisme se cont5toit de conseill]4 ,une religion aussi pure que le *ri/ianisme1 et qui1 en ordonnant la pratique de t\tes les v]tus1 donnoit aux ames les plus foibles la =ce d'obir ses prceptes1 devoit purg] l'empire de t\s les vices qui htoi5t sa ru9e4 ,on ne devoit plus voir que de bons citoy5s2 et les emp]eurs1 dsabuss de ces apo?oses absurdes1 qui n'avoi5t s]vi qu' les r5dre plus m*ans1 appr5oi5t qu'il y a un tre suprme1 devant qui la subord9ation des *oses politiques disp>ot2 que les hommes de la condition la plus vile toi5t leurs frres2 qu'ils devoi5t se sacrifi] au bi5 de la socit1 et qu'il n'y a de gr& et de sage que ce qui e/ ju/e4 ,malheureusem5t les *rti5s comm5oi5t ne plus cons]v] leur premi] c>actre1 depuis que leur doctr9e s'toit prodigieusem5t t5due2 et ils fur5t mo9s att5tifs encore sur eux-mmes1 en voyant leur religion dev5ir le culte dom9ant et favoris4 ,le repos dont ils j\ir5t leur fit croire qu'ils avoi5t mo9s beso9 de c\rage1 et ds lors les bi5faits de ,con/ant9 dev9r5t plus fune/es que les p]scutions de ses prdcesseurs4 ,les m9i/res de l'vangile ret5oi5t l'anci5ne au/rit des murs2 mais1 p> je ne sais quel prjug1 ils v\lur5t prt] l'ouvrage de ,dieu les sec\rs d'une prud5ce t\te huma9e2 p\r t5dre plus promptem5t la religion1 ils en ad\cir5t le j\g4 ,cette condesc5dance les r5dit incapables de port] t\te entire dans la c\r des emp]eurs cette morale div9e1 dont ils devoi5t tre les aptres4 ,en dguisant aux autres ses prceptes1 ils s'aveuglr5t eux-mmes1 et les vices qu'ils mnageoi5t1 les infectr5t enf94 ,l'orgueil prit la place de l'humilit2 on oublia que l'vangile ne pr*e que la d\ceur1 la pati5ce et la *>it4 ,au lieu de cont9u] rem]ci] ,dieu d'avoir t *oisi p\r l'honor] suivant le culte qu'il exigeoit1 et le pri] de dessill] les yeux de ceux qui toi5t encore dans l'erreur1 les *rti5s1 arms du p\voir du pr9ce1 sembl5t v\loir r5dre l'idoltrie une p>tie des maux qu'elle leur a fait s\ffrir4 ,con/ant9 fit abattre les temples les plus clbres des faux dieux1 df5dit les sacrifices1 et abolit les sol5nits des ftes paennes4 ,bi5tt on expose les idoles la drision publique4 ,on les mutile1 et le zle imprud5t que les criva9s ecclsia/iques repro*5t l'vque ,?ophile1 l'g>d des ,egypti5s et de la fameuse /atue de leur dieu ,srapis1 ne fut que trop commun2 et en aigrissant les esprits1 leur fit oubli] jusqu'aux lois les plus communes de l'humanit4 ,il s]oit difficile de pe9dre t\s les maux que produisit dans l'empire la rivalit de deux religions1 dont les sectateurs se reg>doi5t rciproquem5t comme des impies et des sacrilges4 ,les inju/ices et les viol5ces auxquelles on n'toit que trop acc\tum p> un g\v]nem5t arbitraire1 dev9r5t d'autant plus frqu5tes1 qu'en ne travaillant qu' satisfaire ses ha9es1 son avance et son ambition1 on croyoit ne df5dre que les intrts de sa religion4 ,batailles p]dues1 prov9ces ravages p> les ,b>b>es1 ou quelqu'autre flau1 tel que la pe/e ou la fam9e2 les paens triomphoi5t de t\tes ces calamits publiques1 p>ce qu'ils les repro*oi5t aux *rti5s1 ou qu'ils les reg>doi5t comme autant d'av]tissem5s salutaires qui frapp]oi5t enf9 les emp]eurs1 et les ram5]oi5t au culte des dieux qui avoi5t r5du les ,roma9s matres du monde4 ,p\r comble de maux1 ,dieu p]mit que la vrit ne ft pas le p>tage de t\s ceux qui adoroi5t sa croix4 ,les *rti5s fur5t p>tags sur les dogmes les plus ess5tiels2 et *aque p>ti1 t\r--t\r favoris p> un pr9ce de sa communion#ada1 fit ses ennemis une gu]re cruelle1 et aussi fune/e au bi5 temporel de l'empire1 que contraire aux pr9cipes de la religion4 #ada ,je ne p>le pas de ,juli51 qui1 p\r rtablir l'idoltrie et ru9] le *ri/ianisme1 fit t\t ce que peut imag9] la politique la plus adroite4 ,con/ante favorisa l'arianisme1 et ,jovi5 la doctr9e du concile de ,nice4 ,val5s fait la gu]re aux ca?oliques2 et ,grati51 de mme que ,val5t9i51 aux hrtiques1 c4 ,ce qui ret>da encore1 dans ces circon/ances1 la ru9e entire des emp]eurs1 c'e/ que les ,b>b>es t\rnr5t leurs armes les uns contre les autres4 ,en effet1 ,erman]ic1 roi des ,go?s1 auroit subjugu l'empire1 s'il y et remport les avantages qu'il obt9t en ,g]manie4 ,plusieurs hi/ori5s l'ont comp> ,alex&re4 ,il s\mit une f\le de peuples1 dont la plup>t n'ont plus t connus4 ,il t5dit ses conqutes depuis le ,danube1 jusqu' la m] ,baltique1 et rgna a9si sur la ,g]manie1 la ,scy?ie d',europe et la ,s>matie4 ,ce pr9ce toit prt fondre sur les prov9ces de l'empire avec les =ces runies des ,b>b>es1 lorsqu'il fut arrt dans son entreprise p> un vnem5t imprvu4 ,jorn&s rapporte que quelques jeunes ,huns1 *assant prs des ,palus ,motides1 p\rsuivir5t une bi*e qui se lana dans l'eau1 et leur enseigna un gu trav]s des m>ais qu'ils reg>doi5t comme une m] imm5se et impraticable4 ,ces *asseurs1 tonns de tr\v] une n\velle t]re o ils croyoi5t que le monde f9issoit1 ret\rnr5t dans leur pays2 ils y racontr5t leur av5ture1 qui piqua la curiosit des ,huns2 et ce gu1 dont on avoit fait l'preuve1 dev9t bi5tt un *em9 p> lequel t\te leur nation fondit de l',asie dans l',europe4 ,ces peuples toi5t horribles voir1 et portoi5t1 s\s des traits pe9e huma9s1 t\te la frocit des ours et des tigres4 ,dans un temps mme o t\tes les nations toi5t s\illes p> les cruauts les plus atroces1 les ,huns fur5t reg>ds comme des mon/res4 ,p\r l'honneur de l'humanit1 on refusa ce peuple ext]m9ateur une orig9e commune aux autres hommes2 on publia qu'il toit n des embrassem5s des dmons et de ces magici5nes que ,filim]1 c9quime roi des ,go?s1 avoit *asses de ses tats1 et qui s'toi5t retires dans les ds]ts du ,caucase4 ,alipzures1 ,alcizures1 ,itam>es1 ,toncasses1 ,bosques1 ,ala9s1 t\s les peuples de la ,scy?ie ,europenne1 fur5t va9cus4 ,les ravages des ,huns produis5t d'abord un effet favorable l'empire1 p>ce qu'ils ru9r5t la puissance norme des ,go?s1 et que1 dans la con/]nation o se tr\voit la ,g]manie1 elle songeoit mo9s envahir et pill] les prov9ces ,roma9es1 qu' se df5dre contre ses n\veaux ennemis4 ,mais qu& des succs1 t\j\rs n\veaux1 fir5t enf9 reg>d] les ,huns comme une nation inv9cible1 les ,b>b>es ab&onnr5t leurs habitations p\r vit] le j\g dont ils toi5t m5acs1 et se vir5t p\sss sur les t]res de l'empire4 ,les ,visigo?s dem&r5t l'emp]eur ,val5s#adb1 et obt9r5t la ,mosie infrieure p\r leur s]vir de retraite2 et les ,v&ales1 les ,suves et une tribu d',ala9s1 passr5t le ,rh91 et s'tablir5t dans les ,gaules p> droit de conqute4 #adb ,les ,go?s ne =mr5t qu'une nation jusqu'au temps de l'irruption des ,huns en ,europe4 ,ceux qui habitoi5t les prov9ces ,ori5tales de leur dom9ation s'appelr5t ,o/rogo?s1 c'e/--dire1 ,go?s d',ori5t4 ,ceux des prov9ces ,occid5tales se nommoi5t ,visigo?s1 c'e/--dire1 ,go?s d',occid5t4 ,ils composr5t deux nations sp>es et indp5dantes1 depuis que les premi]s fur5t subjugus p> les ,huns1 et que les seconds se fur5t rfugis dans la ,mosie2 mais se s\v5ant t\j\rs de leur orig9e commune1 ils se reg>dr5t comme frres et allis4 ,les hi/ori5s rapport5t que ,/ilicon1 favori et m9i/re1 et p> consqu5t tyran d',honorius1 las de rgn] s\s le nom de ce pr9ce imbcille1 aspiroit s'emp>] de l'empire1 et que1 p\r y russir1 il invita les ,v&ales1 les ,ala9s et les ,suves entr] dans les ,gaules1 aprs avoir t\t dispos de faon que ces ,b>b>es puss5t s'y tablir sans ob/acle4 ,ce m9i/re infidelle1 aj\t5t les hi/ori5s1 se flattoit que dans la confusion o cet vnem5t jett]oit l'empire1 les ,roma9s lui dfr]oi5t1 ou son fils ,eu*]ius1 le trne d',honorius4 ,si ,/ilicon =ma ce projet1 c'toit un homme1 s'il e/ possible1 encore plus mprisable p> l'esprit que p> le cur1 et l'hi/oire ne le dit po9t4 ,p\voit-il p5s] que les ,roma9s fuss5t assez ins5ss p\r punir ,honorius seul des succs des ,b>b>es1 t&is qu'il toit notoire que ce pr9ce n'toit qu'un automate p> des ornem5s impriaux8 ,l'emp]eur n'toit c\pable que des fautes de son m9i/re2 p]sonne n'en d\toit dans l'empire1 et en le punissant1 on et rcomp5s le m9i/re3 quelle absurdit6 ,je ne saurois me prt] aux vues politiques qu'on suppose ,/ilicon2 p\r usurp] l'empire1 il devoit1 au contraire1 le faire triomph] de ses ennemis4 ,p\rquoi ne pas croire que les ,b>b>es1 qui entrr5t dans les ,gaules s\s son m9i/re1 prir5t ce p>ti#adc1 p>ce qu'ils craignoi5t mo9s les ,roma9s que les ,huns2 et qu'ils s'tablir5t dans leur conqute1 p>ce que les ,gaules valoi5t mieux que la ,g]manie1 et qu'en repassant le ,rh91 ils auroi5t retr\v les ,huns qu'ils avoi5t v\lu vit]8 #adc ,j'aurois pu faire ici c5t argum5s p\r ju/ifi] ,/ilicon2 mais ce que j'ai dit suffit1 si je ne me trompe1 p\r les p]sonnes s5ses4 ,cette fameuse irruption des ,v&ales dans les ,gaules arriva l'an de ,j4 ,c4 #djf4 ,t&is que les ,v&ales comm5oi5t tablir leur dom9ation sur l',espagne1 il se =ma dans la ,mosie un orage qui m5aoit la capitale mme de l'empire2 les ,visigo?s1 qui ,val5s avoit ouv]t un asyle1 cons]vr5t leurs murs1 leurs usages1 leurs lois1 et il n'en fallut pas davantage p\r les r5dre suspects des pr9ces acc\tums t\t cra9dre1 et d'autant plus jal\x des respects dus leur dignit1 qu'ils voyoi5t s5siblem5t dim9u] leur puissance4 ,t\s les j\rs on se faisoit de "p et d'autre quelqu'injure1 et les esprits toi5t dj extrmem5t aigris1 lorsqu'il surv9t une fam9e dans la ,mosie4 ,les m9i/res de l'empire crur5t qu'il falloit pr(it] d'une occasion si favorable1 p\r faire prir la nation entire des ,visigo?s4 ,les (fici]s ,roma9s1 dit ,jorn&s1 abusant indignem5t de la situation malheureuse de ces ,b>b>es1 leur v5doi5t un prix excessif1 non pas des alim5s ord9aires1 mais les *airs infectes des *i5s et des *evaux4 ,la duret fut p\sse un tel po9t1 qu'il fallut donn] un esclave p\r avoir un pa91 et dix livres d'or p\r un agneau4 ,on exigea enf9 des ,visigo?s qu'ils *angeass5t leurs propres enfans contre des alim5s2 et tant d'horreurs1 on joignit celle de v\loir assass9] t\s les *efs de leur nation en les rassemblant p> un fe/94 ,les ,visigo?s1 indigns1 se *oisir5t un roi p\r se mettre en tat de se v5g]4 ,ils alloi5t ravag] l',ori5t1 comme les ,v&ales1 les ,ala9s et les ,suves ravageoi5t l',occid5t2 mais ,ruf91 qui g\v]noit ,arcadius1 eut rec\rs une politique bi5 diffr5te de celle qu'on repro*e au m9i/re d',honorius2 il appaisa les ,visigo?s p> des prs5s2 et soit qu'il v\lt se db>rass] p\r t\j\rs de ces htes dang]eux1 soit qu'il ne *]*t qu' inquit] ,/ilicon1 son ennemi p]sonnel#add1 il les invita se t\rn] du ct de l',italie1 o ils tr\v]oi5t un but9 imm5se4 ,ils pntrr5t jusqu' ,rav5ne1 s\s la conduite de leur roi ,al>ic1 et ce pr9ce proposa ,honorius de confondre ses sujets avec les ,roma9s1 p\r ne =m] qu'un seul peuple1 ou de dcid]1 p> un combat1 du sort des deux nations4 ,l'emp]eur1 in/ruit p> l'expri5ce de ses prdcesseurs du dang] atta* l'alliance des ,b>b>es1 ou qui ne *]*oit peut-tre qu' tromp] ses ennemis1 luda la proposition d',al>ic1 en lui (frant de lui ab&onn] en propre les ,gaules et l',espagne4 #add ,/ilicon1 au rapport des hi/ori5s1 prt5doit que ,?odose1 surnomm le ,gr&1 l'avoit nomm rg5t des deux empires3 il avoit desse91 dit-on1 d'all] en ,ori5t p\r y faire reconnotre ses droits et dpossd] ,ruf94 ,quoique ,honorius dt s'e/im] heureux de *ass] les ,visigo?s d',italie1 p> la cession de deux prov9ces dmembres de l'empire1 depuis que les ,v&ales1 les ,suves et les ,ala9s s'y toi5t tablis1 ,/ilicon les suivit1 et1 croyant les surpr5dre1 les attaqua au pi$ des ,alpes ,coci5nes4 ,les ,b>b>es1 rsolus prir plutt qu' laiss] impunie la p]fidie du gnral ,roma91 combattir5t avec fureur4 ,ils taillr5t en pices leurs ennemis1 et rev5ant sur leurs pas1 se rp&ir5t dans l',italie1 s'appro*r5t de ,rome1 l'attaqur5t et la prir5t d'assaut4 ,ces succs des ,visigo?s1 des ,v&ales1 des ,suves1 des ,ala9s1 etc4 quelque gr&s qu'ils fuss5t1 n'toi5t pas cep5dant comp>ables ceux qu'avoi5t faits les ,huns1 qu& ,attila se tr\va seul matre de leur mon>*ie#ade4 ,ce pr9ce1 digne p> ses tal5s d'tre l'admiration du monde1 s'il n'en et t l'effroi p> les ravages qu'il y fit1 avoit t\tes les qualits d'un gr& homme1 mais la manire d'un ,b>b>e1 n dans une nation f>\*e et sans murs4 ,son c\rage1 sa prud5ce1 sa cruaut1 sa p]fidie1 sa confiance1 t\t avoit galem5t russi son ambition4 ,jusqu'alors les ,b>b>es n'avoi5t p>u que comme des av5turi]s qui agissoi5t p> inquitude1 qui faisoi5t la gu]re sans objet1 qui r5onoi5t une entreprise sans motif1 qui se s]voi5t sans *oix des premi]s moy5s que la =tune leur (froit1 qui comm5oi5t t\t et ne f9issoi5t ri54 ,attila se fit un plan suivi d'agr&issem5t1 et dev9t d'autant plus r$\table1 qu'en combattant la tte d'un peuple tmraire1 froce et temprant1 il employoit contre ses ennemis la ruse et l'adresse la plus subtile4 ,il tranoit sa suite t\tes les nations b>b>es s\mises sa dom9ation4 ,les rois des ,gepides et des ,o/rogo?s toi5t ses m9i/res2 p\r les rois des peuples mo9s clbres1 ils toi5t confondus dans la f\le de ses c\rtisans1 composoi5t sa g>de1 ou toi5t de/9s port] ses ordres4 ,nul fa/e1 nulle mollesse1 nul de ces vices qui n]v5t l'ame1 n'avoi5t corrompu cette c\r sauvage1 p>ce que son matre1 laborieux et infatigable1 croyoit n'avoir ri5 fait p\r sa gloire1 tant qu'il lui re/oit quelque nation subjugu]4 ,une cabane toit son palais2 il y recevoit les ambassadeurs de ,?odose et de ,val5t9i51 qu'il traitoit en sujets sans les avoir va9cus#adf4 #ade ,attila p>tagea d'abord la c\ronne avec son frre ,bl$a2 il se dfit de ce pr9ce en #ddd p\r rgn] seul4 #adf ,votre matre et le mi51 disoi5t les ambassadeurs d',attila1 en p>lant aux emp]eurs4 ,?odose ,,ii1 s'engagea pay] ,attila un tribut de mille livres d'or p> an4 ,ce pr9ce se s]oit vu le matre du monde1 s'il n'et t dfait cette clbre bataille o les ,roma9s et les ,visigo?s unis1 combattir5t dans les pla9es ,catalauniques1 seconds de plusieurs autres nations qui n'avoi5t qu'un mme intrt#adg4 ,les va9queurs ne pr(itr5t pas de leur victoire p\r accabl] ,attila1 peut-tre ne le pur5t-ils pas1 quoique plusieurs hi/ori5s prt5d5t qu',atius le mnagea1 dans la cra9te que s'il succomboit entirem5t1 les ,visigo?s ne dev9ss5t trop entrepr5ans1 et ne v\luss5t ass]vir l'empire p\r rcomp5se de l'avoir dlivr des ,huns4 ,quoiqu'il en soit1 ,attila rp>a promptem5t ses =ces1 et qu& on le croyoit va9cu1 il rep>ut plus r$\table que ne l'auroi5t t les ,visigo?s1 aprs sa ru9e entire4 ,il pntre en ,italie1 ravage t\t sur son passage1 et ,rome ne dut son salut qu' une sorte de prjug1 p> lequel les ,b>b>es reg>doi5t cette ville comme sacre1 et aux l>mes du pape ,lon1 dont l'loqu5ce t\*a le cur d',attila4 #adg ,jorn&s met au nombre de ces allis plusieurs tribus de ,francs et de ,s>mates3 les ,armorita9s1 les ,liti5s1 les ,b\rguignons1 les ,saxons1 les ,rip>ioles1 les ,ibrions1 les ,celtes1 les ,allem&s4 ,je ne m't5drai pas davantage sur les calamits de l'empire d',occid5t2 t\s les j\rs1 il p]dit quelqu'une de ses prov9ces4 ,l',italie1 dj ravage deux fois1 pr\va encore la fureur de ,g5s]ic1 roi des ,v&ales2 et ,rome elle-mme dev9t enf9 la proie d',odoacre1 roi des ,erules1 qui dtrna ,augu/ule1 le d]ni] des emp]eurs d',occid5t#adh1 le relgua dans un =t de la ,campanie1 et qui lui-mme se vit bi5tt enlev] sa conqute p> ,?odoric1 roi des ,o/rogo?s#adi4 ,il ne faut pas d\t] que l'empire d',ori5t n'et subi promptem5t le mme sort que l'empire d',occid5t1 si1 la mort d',attila1 la =midable mon>*ie des ,huns ne se ft divise en plusieurs p>ties indp5dantes les unes des autres4 ,les peuples qui avoi5t p]du leur lib]t1 la rec\vrr5t2 ils se fir5t la gu]re1 et1 entrans p> l'exemple des ,b>b>es qui les avoi5t prcds1 ils se portoi5t plus volonti]s sur le ,rh9 que sur le bas ,danube4 ,d'ailleurs1 le ,nord et les deux ,scy?ies se tr\voi5t puiss4 ,aprs tant de gu]res qui avoi5t fait prir des milli]s innombrables d'hommes1 les ,b>b>es ne se f\lant plus les uns les autres1 comm5r5t bi5tt se tr\v] plus leur aise2 leurs conqutes ad\cir5t leurs murs1 et ils prir5t une situation plus tranquille4 ,a l'g>d du royaume de ,p]se1 dont j'ai p>l au comm5cem5t de ce livre1 et qui fut d'abord une puissance =midable aux ,roma9s1 ce n'toit plus qu'une mon>*ie mprise de ses vois9s1 ou du mo9s qui ne p\voit leur caus] aucune al>me4 ,ce que la rvolution avoit inspir de c\rage1 de =ce1 de v]tus aux ,p]ses1 avoit disp>u ds que leurs rois1 aff]mis sur le trne1 dev9r5t despotiques et voluptueux4 #adh ,on compte #ejc ans de l'poque o ,octave fut reconnu ,augu/e1 jusqu'au temps qu',augu/ule p]dit l'empire444 ,cet vnem5t arriva l'an de ,j4 ,c4 #dgf4 #adi ,la mon>*ie des ,erules ne subsi/a que quatorze ans4 ,?odoric fonda la mon>*ie des ,go?s en ,italie4 ,ces ,go?s avoi5t rec\vr leur indp5dance la mort d',attila4 ,l'empire d',ori5t avoit beso9 d'avoir des ennemis si foibles p\r ne pas succomb]4 ,epuis p> les tributs imm5ses qu'il avoit pays aux ,b>b>es1 il n'toit pas en tat d'entret5ir c9quante mille hommes de tr\pes1 et ses armes avoi5t t\j\rs t encore mo9s braves1 et mo9s discipl9es que celles d',occid5t4 ,z5on1 livr t\tes sortes de vices et de dbau*es1 cruel1 av>e1 l*e1 mpris de ses sujets1 et ex]ant une proscription t]rible sur les gr&s de l'empire1 dans l'esprance ins5se de faire prir son successeur1 toit-il plus capable qu',augu/ule de cons]v] sa c\ronne8 ,ana/ase1 son successeur1 eut les mmes vices1 et son rgne fut cont9uellem5t agit p> les sditions et les rvoltes des ,euti*i5s qu'il favorisoit1 et des ,or?odoxes dont il *]*oit corrompre la doctr9e4 ,ju/91 qui lui succda1 n'eut aucun tal5t1 et porta sur le trne la bassesse d'ame que lui avoit donn une ducation digne de la naissance la plus vile4 ,on juge sans pe9e quelle devoit tre la situation de l'empire1 qu& ,ju/9i5 p>v9t au trne1 dont il s'toit ouv]t le *em9 p> l'assass9at infame de ,vitali54 ,ce pr9ce1 aussi mprisable que ceux que je vi5s de nomm]1 se laissa g\v]n] p> sa femme ,?odora1 qu'il avoit prise sur le ?tre1 o elle s'toit long-temps pro/itue1 et qui cons]va s\s la p\rpre t\s les vices d'une c\rtisanne4 ,il v5dit les lois#aej1 la ju/ice et les magi/ratures4 ,tel toit ,ju/9i51 et c'e/ cep5dant s\s son rgne que l'empire p>ut en quelque faon sortir de son nant1 et reconquit l',afrique sur les ,v&ales1 et l',italie sur les ,go?s4 #aej ,c'e/ avec ces c\leurs que ,procope pe9t ,ju/9i5 dans son hi/oire secrte1 t&is qu'il lui donne ailleurs de gr&s loges4 ,le prsid5t de ,montesquieu1 dans ses considrations sur les causes de la gr&eur et de la dcad5ce des ,roma9s1 *ap4 #bj1 se dcl>e en faveur de l'hi/oire secrte de ,procope1 que quelques criva9s ne reg>d5t que comme un recueil de calomnies4 ,aprs avoir lu les rflexions de ce critique1 dont le gnie claire et guide t\j\rs l'rudition1 on ne peut s'emp*] de croire avec lui que la lgislation de ,ju/9i5 ne ft un vrai brig&age1 et que p\r de l'arg5t1 il ne v5dt des lois t\s ceux qui en avoi5t beso94 ,ces conqutes fur5t l'ouvrage de ,blisaire et de ,n>ss4 ,t\s deux toi5t gr&s hommes de gu]re2 t\s deux avoi5t les qualits propres se faire respect]1 cra9dre et aim] de leurs soldats2 t\s deux1 quoique s\s un rgne o la v]tu toit mprise1 aimoi5t la gloire1 leur patrie et le bi5 public4 ,n>ss1 en un mot1 s]oit peut-tre gal ,blisaire1 si1 au lieu d'appel] les ,lomb>ds en ,italie1 p\r se v5g] de la disgrace o il tomba s\s le rgne de ,ju/9 ,,ii1 il et su va9cre son ress5tim5t1 mpris] ses ennemis1 pla9dre l'aveuglem5t ou l'+ratitude de son matre1 et se cont5t] de le r5dre odieux1 en sa*ant tre malheureux4 ,c'e/ un trange spectacle que prs5te l'empire6 ,a ne jug] que p> les vnem5s1 on le croiroit la fois prs de sa ru9e1 et au comble de la gloire4 ,il triomphe en ,afrique et en ,italie1 p>ce que ,blisaire et ,n>ss y comm&5t4 ,en ,asie1 o ri5 ne remdie sa foiblesse et ne supple ce qui lui manque1 il cons5t pay] aux ,p]ses un tribut annuel de c9quante livres d'or4 ,quelques tal5s1 cep5dant1 qu'euss5t ces deux capita9es clbres1 jamais avec les seules ress\rces que leur f\rnissoit l'empire1 ils n'auroi5t conquis l',afrique et l',italie1 si les ,v&ales et les ,go?s1 t]ribles qu& ils avoi5t fait leurs conqutes1 avoi5t t assez sages p\r s'y aff]mir4 ,procope n\s reprs5te les ,v&ales tablis en ,afrique1 comme un peuple1 qui1 aprs la mort de ,g5s]ic1 s'toit ab&onn t\tes les volupts4 ,ils passoi5t les j\rnes entires dans des ba9s p>fums ou au ?tre4 ,leurs habits toi5t tissus d'or et de soie2 ils taloi5t sur leurs tables le luxe le plus lgant et le plus re*]*2 ils n'habitoi5t que des palais somptueux1 des j>d9s dlicieux4 ,sans avoir des murs aussi effm9es1 les ,go?s avoi5t beauc\p p]du de leur c\rage4 ,l',italie les avoit amollis1 comme les ,gaules avoi5t corrompu les ,visigo?s1 que va9quir5t les ,franais2 et l'on sait avec quel mpris en p>l5t les hi/ori5s#aea4 #aea ,grgoire de ,t\rs n\s pe9t les ,go?s comme des l*es4 ,ut ,got?orum pavor mos e/444 ,cum secundum consuetud9em ,got?i t]ga v]tiss5t4 ,ils n'toi5t po9t tels qu& ils s'tablir5t dans les prov9ces de l'empire4 ,bi5 lo9 que les ,b>b>es songeass5t ne faire qu'une seule nation avec les peuples *ez lesquels ils s'tablissoi5t1 ils les dp\illoi5t d'une p>tie considrable de leurs bi5s#aeb1 et ru9oi5t la =me de leur g\v]nem5t#aec4 #aeb ,procope dit que ,g5s]ic enleva aux pr9cipaux citoy5s d',afrique leurs t]res et leurs esclaves1 que les bi5s des ,v&ales fur5t exempts de t\te *>ge1 et qu'il exigea1 au contraire1 des contributions si =tes des naturels du pays1 que ces malheureux1 en travaillant beauc\p1 p\voi5t pe9e les acquitt]4 ,les ,o/rogo?s s'toi5t emp>s en ,italie d'un ti]s des t]res4 ,dans les ,gaules1 les ,visigo?s prir5t deux ti]s des t]res1 et les ,b\rguignons la moiti1 avec un ti]s des esclaves4 #aec ,les ,b>b>es1 en s'tablissant sur les t]res de l'empire1 dtruisoi5t la =me de g\v]nem5t tablie p> les emp]eurs4 ,elle toit trop complique p\r des hommes qui n'avoi5t presque po9t encore d'ides de politique4 ,il n'y a au monde que l'abb du ,bos qui ait pu se p]suad] que ,clovis1 en s'emp>ant des ,gaules1 ne fit que se mettre au lieu et place des emp]eurs1 sans ri5 *ang] la =me du g\v]nem5t1 et que les ,gaulois cons]vr5t leurs snats1 leurs (fici]s1 leur adm9i/ration2 que les cits eur5t le droit de se faire la gu]re1 qu'on y leva t\j\rs les mmes impositions que s\s les emp]eurs1 etc42 mais ne n'e/ pas ici le lieu de rfut] cet auteur4 ,s'ils leur laissoi5t leurs lois civiles1 c'toit p> mpris p\r les lois ou p> ignorance1 et ils tablissoi5t une diffr5ce *oquante entre les va9queurs et les va9cus#aed4 ,p> cette politique1 le va9queur se tr\voit t\j\rs dans ses tats comme dans un pays ennemi1 et ses sujets dev5oi5t les allis et les amis de t\te puissance qui v\loit le dtruire4 ,voil la pr9cipale cause de la *te prcipite de tant de mon>*ies tablies p> les ,b>b>es1 et qui ne subsi/r5t que p5dant quelques annes4 ,c'e/ p>-l que ,blisaire1 avec une poigne de soldats1 se vit en tat d'arra*] l',afrique aux ,v&ales3 les ,africa9s1 au lieu de s'oppos] ses desse9s1 l'aidoi5t de t\t leur p\voir2 ils portoi5t des vivres dans son camp1 et le reg>doi5t comme un librateur qui v5oit bris] leur j\g4 #aed ,p> les lois des ,visigo?s1 il leur toit df5du de contract] des alliances p> le m>iage avec les ,roma9s4 ,on peut se rappel] comm5t les ,franais traitr5t les peuples des ,gaules4 ,si quis +5us ,francum aut hom9em ,b>b>um occid]it qui lege ,salica vivit1 sol4 #bjj1 culpabilis judicetur4 ,si ,romanus homo possessor1 id e/ qui res 9 pago ubi commanet proprias possidet1 occisus fu]it1 is qui eum occidisse conv9citur1 sol4 #cj culpabilis judicetur4 ,si autem ,francus ,romanum ligav]it s9e causa1 sol4 #ae4 culpabilis judicetur4 7,leg4 ,sal4 ,tit4 #cd47 ,si quis ,ripu>ius adv5am ,francum int]fec]it1 sol4 #bjj4 culpabilis judicetur4 ,si adv5am ,burgundionem1 #afj4 sol4 adv5am ,romanum1 #ajj4 sol4 adv5am ,alamanum1 seu ,fresionem1 vel ,bajuv>ium1 aut ,saxonem1 #afj sol4 culpabilis judicetur4 7,leg4 ,rip4 ,tit4 #cf47 ,avec des =ces encore mo9s considrables1 le mme gnral1 et ,n>ss qui lui succda dans le comm&em5t de l',italie1 y remportr5t d'assez gr&s avantages p\r ru9] l'empire des ,go?s4 ,ces b>b>es traitoi5t l',italie comme une prov9ce ennemie1 o ils ne s]oi5t entrs que p\r faire du but94 ,ils tr\voi5t beau de rgn] dans un pays dva/1 et ne se d\tr5t pas que1 p\r le cons]v]1 il falloit qu'ils leur f\rniss5t des subsi/ances1 et qu'ils se ru9oi5t1 en ru9ant la culture des t]res1 obligs de tir] du dehors les bl$s et les autres *oses les plus ncessaires la vie1 ils re/oi5t la m]ci de la premire puissance qui auroit une m>9e1 et qui int]cept]oit leurs convois4 ,blisaire comm5a son expdition contre l',italie p> la conqute de la ,sicile1 qui en toit le gr5i]4 ,ses vaisseaux croisr5t sur les ctes d',italie1 et1 se saisissant des vivres qu'on portoit aux ,go?s1 il les obligea d'ab&onn] les places m>itimes qu'ils occupoi5t1 et leur enleva a9si une p>tie de l',italie1 avant mme que d'y tre entr4 ,pr(itant de la cra9te qu'il avoit inspire aux ,go?s1 ils les rduisit bi5tt dem&] une paix1 p> laquelle ils se s\mettoi5t pay] l'emp]eur un tribut annuel de c5t livres d'or1 et lui prt] des tr\pes t\tes les fois qu'il en auroit beso94 ,on aj\te mme que le roi ,?odat (froit de r5onc] sa c\ronne1 et de m5] une vie prive4 ,ri5 n'e/ plus misrable que le tableau que comm5ce prs5t] l'empire d',ori5t4 ,on voit une nation qui a rassembl t\s les vices que le despotisme t\r--t\r1 cruel1 av>e1 sup]/itieux1 timide1 emport et voluptueux1 peut donn] des hommes qui1 dans t\s les temps1 avoi5t t amis du m5songe1 de la f\rb]ie et de la n\veaut4 ,con/ant9ople e/ divise p> des factions t]nelles2 nulle rgle1 nul pr9cipe2 le trne app>ti5t qui veut l'usurp]1 et il e/ presque t\j\rs la rcomp5se de quelqu'assass9at4 ,les rvolutions se succd5t rapidem5t les unes aux autres1 et n'ont s\v5t d'autre cause que cette inquitude qui se lasse de l'tat prs5t des *oses1 et qui le regrette ds qu'il e/ *ang4 ,l'anci5 gt des ,grecs p\r la philosophie avoit dgnr dans leur dcad5ce en une manie ridicule de sophi/iqu]4 ,ils portr5t cet esprit dans la ?ologie *rti5ne1 et puisr5t t\tes les erreurs o l'esprit huma9 peut tomb]1 qu&1 v\lant fran*ir les bornes qui lui sont prescrites1 il ose sond] les pr(ondeurs inf9ies de la sagesse de ,dieu4 ,on peut donc se reprs5t] la nation ,grecque comme une nation de ?ologi5s4 ,*aque p>ti ne crut jamais mettre assez de *aleur dans les controv]ses1 ni d'art p\r faire triomph] la vrit dont il se flattoit de possd] le dpt4 ,ce zle dgnra en emportem5t1 en meutes1 en sdition4 ,etrange aveuglem5t de l'esprit huma96 ,*aque secte1 p\r ram5] ses ennemis sa communion1 s'en faisoit dte/] p> ses inju/ices et ses viol5ces4 ,c'toit p\r les conv]tir et les emp*] de se damn] qu'on les r5doit malheureux dans ce monde2 et les hommes qui ex]oi5t cette mon/rueuse *>it ne voyoi5t pas qu'ils se damnoi5t eux-mmes en violant les premires lois de l'vangile et de l'humanit4 ,les que/ions ?ologiques tant dev5ues des affaires d'tat p> les dsordres qu'elles causoi5t1 fur5t bi5tt les seules importantes2 il n'e/ plus "q de rep\ss] les ennemis de l'empire1 mais de rpondre un argum5t2 de faire des prp>atifs de gu]re1 mais de dress] une =mule de foi4 ,t\t fut confondu4 ,comme les emp]eurs v\loi5t se ml] d'tre les juges de la foi1 de prononc] des ana?mes1 d'ordonn] des excommunications1 et de rgl] la discipl9e de l'glise1 les ecclsia/iques v\lur5t g\v]n] les affaires politiques2 et qu& on refusa de les ent5dre1 ils causr5t des rvolutions l'exemple des armes1 du snat1 du peuple et des prov9ces1 qui1 t\r--t\r1 faisoi5t leur emp]eur4 ,*aque p>ti levoit successivem5t sur le trne un pr9ce de sa communion1 et se s]voit de son crdit p\r accabl] des ennemis1 qui1 en rec\vrant la faveur1 ne mettoi5t plus de bornes leur zle p\r la gloire de ,dieu1 c'e/--dire1 leur v5geance4 ,t&is que les ,grecs toi5t en proie ces dsordres1 il se =moit contre eux un n\vel ennemi1 et aussi r$\table que les peuples qui avoi5t dtruit l'empire d',occid5t4 ,mahomet1 au comm5cem5t du septime sicle#aee1 avoit tabli une n\velle religion *ez les ,arabes4 ,aptre et conqurant1 il p]suada et va9quit2 et1 runissant les deux p\voirs de pr9ce et de pontife1 il ordonna aux califes1 ses successeurs1 d't5dre sa religion et son empire p> les mmes voies qui leur avoi5t donn naissance4 ,le prophte promit des rcomp5ses t]nelles ceux qui p]droi5t la vie en combattant contre les infidelles1 et m5aa de l'enf] ceux qui re/]oi5t oisifs dans leurs maisons1 mo9s que p> des tributs ils ne contribuass5t aux frais et aux succs de la gu]re4 ,les ,arabes ou ,s>ras9s1 naturellem5t braves et propres support] les fatigues de la gu]re#aef1 avoi5t une religion et un g\v]nem5t politique qui t5doi5t de conc]t n'en faire qu'une nation militaire4 ,ils se prcipitoi5t avec d'autant plus de confiance au milieu des plus gr&s dang]s1 qu'ils se croyoi5t m>tyrs de leur religion1 et que les califes leur avoi5t p]suad qu'une fatalit aveugle rgle le sort des hommes1 sans que leur prud5ce puisse ri5 *ang] des vnem5s rsolus de t\te t]nit4 #aee ,mahomet m\rut en #fcb4 ,hraclius rgnoit alors ,con/ant9ople depuis v+t ans4 ,abubcre1 beau-pre de ,mahomet1 lui succda2 son rgne ne dura que deux ans1 et il eut p\r successeur ,om>1 calife1 dont le c\rage et l'habilet t5dir5t la rputation des ,arabes4 #aef ,les ,arabes sont nomms s>ras9s d'une contre de l',arabie heureuse1 appele ,s>aca ou ,s>acne4 ,les conqutes des ,s>ras9s sont une de ces rvolutions les plus extraord9aires que prs5te l'hi/oire4 ,aprs s'tre emp>s de l',egypte et de la ,pale/9e1 et avoir subjugu l',afrique1 ils se rp&5t dans l',asie1 enlv5t l'empire des prov9ces encore plus importantes que celles que je vi5s de nomm]1 et r5v]s5t la mon>*ie des ,p]ses4 ,ri5 ne sembloit p\voir s'oppos] ce torr5t dbord2 l',europe mme n'toit pas en sret4 ,t\t le monde sait comm5t les ,s>ras9s s'tablir5t en ,espagne sur les ru9es des ,visigo?s1 et de-l pntrr5t jusque dans le cur de la ,france2 comm5t ils conquir5t la ,sicile1 et combi5 ils se r5dir5t r$\tables sur la mdit]rane4 ,la rapidit et la cont9uit de ces succs s]oi5t un prodige1 dont la ?ologie des ,mahomtans p\rroit se s]vir p\r pr\v] la mission de ,mahomet1 si la foiblesse de l'empire de ,con/ant9ople et de la plup>t des mon>*ies tablies p> les ,b>b>es n'avoit r5du t\t facile des hommes aussi braves et aussi entrepr5ans que les ,s>ras9s4 ,ils eur5t l'audace1 s\s les rgnes de ,con/ant9 ,pogonat et de ,lon l',isauri51 d'attaqu] la capitale mme de l'empire2 ce qui la sauva dans ces circon/ances1 c'e/ le feu ,grgeois1 dont l'inv5tion toit due au clbre ,call9ique4 ,ce feu brloit au milieu des eaux1 et les ,grecs en fir5t usage p\r dtruire les flottes de leurs ennemis4 ,la con/]nation des ,arabes fut gale leur surprise2 et n'osant plus se mettre en m]1 ils se cont5tr5t de faire la gu]re dans les prov9ces loignes de la capitale4 ,ils ne cessr5t d'tre heureux que qu& ils cessr5t d'tre unis4 ,les califes1 en se multipliant1 p]dir5t une p>tie de leur crdit2 et comme leur g\v]nem5t toit militaire1 ils fur5t mpriss ds qu'ils cessr5t de p>otre la tte de leurs armes et de les comm&]1 les ,sultans1 leurs lieut5ans1 ne leur laissr5t que le titre et les fonctions de *efs de la religion1 et les divisions dome/iques de ces n\veaux mon>ques fir5t le salut de leurs vois9s4 ,l'empire comm5oit respir] lorsqu'il se =ma en ,asie une n\velle puissance1 dont les premi]s succs devoi5t faire trembl] les emp]eurs4 ,les ,turcs1 peuple qui tiroit son orig9e du mme pays que les ,huns1 et qui1 aprs avoir r5du diffr5s s]vices aux ,grecs1 s'toit tabli sur les frontires ori5tales de l'empire1 se s\levr5t v]s la f9 du dixime sicle1 contre ,mahomet1 sultan de ,p]se1 qui les traitoit avec duret4 ,ds que cette nation eut connu ses =ces1 elle se rp&it dans t\te l',asie4 ,elle ne *]*oit d'abord qu' pill]2 et s\s le rgne de ,con/ant9 ,moomaque1 les ,turcs fir5t des c\rses jusqu'au ,bosphore4 ,la foiblesse des emp]eurs les enh>dit1 et qu& ils se fur5t fait un tablissem5t solide1 ils ne songr5t qu' s'agr&ir4 ,si les emp]eurs avoi5t su se faire une politique con=me l'tat dplorable de leurs affaires2 s'ils avoi5t pu dp\ill] cet orgueil que ,con/ant9 avoit laiss ses successeurs1 comme aux hriti]s de la gr&eur des ,roma9s1 et r5onc] aux ides d'une mon>*ie univ]selle1 qu& il ne s'agissoit que de n'tre pas dtruits p> les infidelles1 ils auroi5t peut-tre pr(it de ce zle indiscret qui arma t\t l',occid5t p\r la dlivrance des sa9ts lieux4 ,mais ces pr9ces se comportr5t comme des hommes foibles1 qui le dang] le plus vois9 p>ot t\j\rs le plus gr&4 ,les infidelles les al>moi5t2 et qu& ils vir5t appro*] de ,con/ant9ople ces armes nombreuses qui mditoi5t la conqute de la ,t]re-,sa9te1 ils ne reg>dr5t plus les croiss que comme leurs ennemis4 ,il en faut conv5ir1 il sembloit que les ,occid5taux1 lasss d'avoir une patrie1 euss5t repris cet esprit d'inquitude et de brig&age qu'avoi5t eu leurs pres4 ,les croiss1 assez peu s5ss p\r croire que leur expdition s]oit agrable ,dieu1 ne se d\tr5t pas des ob/acles sans nombre qui s'y opposoi5t2 ou comme s'ils euss5t compt que la provid5ce rp>]oit leurs fautes p> des miracles cont9uels1 ils ne songr5t pas mme aux moy5s d'arriv] dans la ,pale/9e1 qu'ils v\loi5t conqurir4 ,ces pl]9s gu]ri]s1 t\j\rs sans subsi/ance et la veille de prir1 se voyoi5t rduits pill] les prov9ces o ils passoi5t4 ,de p>eils htes devoi5t tre =t incommodes2 mais puisque les emp]eurs n'toi5t pas en tat de leur f]m] l'entre de la ,grce1 il n'y avoit p\r eux d'autre p>ti pr5dre que celui de la d\ceur et de la conciliation4 ,au lieu de *ican] les ,occid5taux#aeg sur des conqutes qu'ils ne f]oi5t vraisemblablem5t pas1 il falloit n'avoir avec eux qu'un mme intrt4 ,les emp]eurs ne pur5t s'y rs\dre4 ,je ne sais quelle dignit qu'ils affectoi5t ne p>ut que de l'orgueil et les r5dit ridicules4 ,au dfaut de la =ce ils eur5t rec\rs aux ruses1 la f9esse1 aux subtilits2 et c'toit prcism5t le moy5 le plus infaillible de se faire mpris] des ,occid5taux1 dont une c]ta9e fran*ise1 qu'ils devoi5t l'esprit de *eval]ie1 toit peut-tre la seule v]tu4 #aeg ,les emp]eurs prt5doi5t que les croiss leur prtass5t hommage p\r les t]res qu'ils se prp>oi5t conqurir sur les infidelles4 ,nos *roniques sont ple9es des p]fidies que les croiss pr\vr5t de la "p des emp]eurs2 ils s'en v5gr5t en les *assant de leur capitale4 ,il toit naturel qu'ils cruss5t gagn] dans la ,grce les indulg5ces qui les att5doi5t dans la ,pale/9e#aeh1 s'ils s'emp>oi5t de ,con/ant9ople p\r y tablir le rit des ,lat9s1 et faire cess] un s*isme qui r5doit les ,grecs peut-tre aussi odieux que les infidelles4 ,la dom9ation des ,lat9s dans la ,grce ne fut pas longue1 mais les emp]eurs ,grecs1 en rec\vrant leur capitale1 vir5t de j\r en j\r leur ru9e plus c]ta9e4 ,ces gu]res d'outre-m]1 dont les ,occid5taux toi5t enf9 dsabuss1 n'avoi5t s]vi qu' inspir] plus de ha9es aux infidelles contre les *rti5s4 ,ils toi5t impati5s de se v5g]1 et c'toit sur l'empire que devoi5t tomb] t\s leurs c\ps4 ,con=mm5t notre sa9te foi1 disoit ,osman ,i1 sultan des ,turcs1 invitons d'abord avec d\ceur les pr9ces *rti5s recevoir la religion du prophte de ,dieu4 ,s'ils rsi/5t nos invitations1 il faut les dcl>] ennemis de ,dieu et de la vrit2 et1 le f] et le feu la ma9 va9cre leur incrdulit1 les s\mettre notre culte1 ou les punir de leur endurcissem5t4 ,les infidelles1 faisant sans cesse de n\veaux progrs en ,asie1 t5dir5t leur dom9ation jusqu'au ,bosphore4 ,les emp]eurs m5dir5t inutilem5t des sec\rs dans la *rti5t2 ils fur5t obligs de p]mettre aux ,turcs de btir des =ts dans la ,grce2 et ,con/ant9ople1 dj s\mise ses ennemis avant que d'tre dev5ue leur proie1 succomba enf9 s\s les armes de ,mahomet ,,iii4 #aeh ,il ne faut pas d\t] que la religion ne soit entre p\r beauc\p dans l'entreprise des croiss sur l'empire4 ,voyez les lettres que ,beaudo91 comte de ,fl&res1 et lu emp]eur1 adresse1 l'une t\s les *rti5s1 et l'autre au pape4 ,manus dom9i hc op]atur1 dit-il dans la premire2 mais il pr5d un ton plus emphatique dans la seconde4 ,amantissime pat]1 vocate ctum1 congregate populum1 coadunate s5es et sug5tes ub]a1 sanctificate diem acceptabilem dom9o1 diem /abili5d unitatis et pacis4 ,f9 du ,tome quatrime4 ,,table ,de ce que conti5n5t les ,obs]vations sur les ,roma9s4 ,,av]tissem5t4 pag4 #bec ,,sommaires4 #bee ,,livre ,,premi]4 #beh ,,livre ,,second4 #cad ,,livre ,,troisi,,me4 #cgc ,,livre ,,quatri,,me4 #dbb ,,livre ,,c9qui,,me4 #dge ,,livre ,,sixi,,me4 #ecd ,,f9 ,,de ,,la ,,table4 99 99 99 99 99 ,corrections et notes3 ,page #b3 v\lut remplac p> v\lu 7,quelques criva9s ont v\lu remont]74 ,page #e3 ,troyes remplac p> ,troye 7l'expdition de ,troye74 ,page #ad3 un remplac p> une 7 pe9e avoit-on fait une loi74 ,page #ae3 sy/me3 or?ographe de l'auteur4 ,page #ag3 lorqu'il remplac p> lorsqu'il 7lorsqu'il ne s'agit que d'une poigne de citoy5s74 ,page #bg3 foiblessse remplac p> foiblesse 7les ,grecs dans leur premire foiblesse74 ,page #ce3 l'auteur crit indiffremm5t c5ts et c5s 7d\ze c5s vaisseaux74 ,page #db3 ,scytes remplac p> ,scy!s 7contre les ,ammoni5s et les ,scy!s74 ,page #dc3 *ap] remplac p> *app] 7impossible d'*app] la ru9e74 ,page #eg3 travailr5t remplac p> travaillr5t 7les ,a?ni5s travaillr5t sans rel*e74 ,page #eh3 comm5cs remplac p> comm5c 7ses citoy5s avoi5t comm5c tre diviss74 ,page #gb3 orces remplac p> =ces 7qui p>-l re/]oi5t sans =ces74 ,page #gc3 consi/at remplac p> consi/a 7,son gr& art consi/a74 ,page #hc3 orgeuil remplac p> orgueil 7qu'ils doiv5t se promettre de leur orgueil74 ,page #hd3 *te3 o?ographe de l'auteur 7dont la *te auroit t suivie74 ,pag e #he3 ct remplac p> et 7et peut-tre mme le mpris74 ,page #hf3 ,a?ne remplac p> ,a?nes 7les gnraux de ,lacdmone et d',a?nes74 ,page #hf3 ,dmo/hne remplac p> ,dmo/hnes 7,dmo/hnes repro*a dans la suite aux ,a?ni5s74 ,page #hg3 ,trace remplac p> ,?race 7dans la ,botie ou dans la ,?race74 ,page #ij3 qu'il sne remplac p> qu'ils ne 7ds qu'ils ne sont plus utiles74 ,page #ij3 raf9] remplac p> raff9] 7 raff9] leur gt74 ,page #ij3 ont remplac p> on 7on tr\voit sur leurs tables74 ,page #ii3 ,dmo/hnes remplac p> ,dmo/hne 7,dmo/hne et ,eurimdon lui fur5t envoys74 ,page #ajg3 ,dmo/hne remplac p> ,dmo/hnes 7que ,dmo/hnes repro*e aux ,a?ni5s74 ,page #abe3 ,dmo/hne remplac p> ,dmo/hnes 7,c'e/ ce que v\loit dire ,dmo/hnes74 ,page #abf3 oprim] remplac p> opprim] 7ne se rconcilioi5t que p\r opprim]74 ,page #abf3 ,tucydide remplac p> ,?ucydide 7dit ,?ucydide74 ,page #acc3 ,gre remplac p> ,grce 7se multiplioi5t dans la ,grce74 ,page #ach3 t]re93 ailleurs l'auteur crit t]ra9 7un t]re9 qui lui convnt p\r combattre74 ,page #adf3 inpntrable remplac p> impntrable 7p\r se r5dre impntrable74 ,page #afi3 ,arcananie remplac p> ,ac>nanie 7rappel] dans l',ac>nanie74 ,page #age3 subugu] remplac p> subjugu] 7p\r subjugu] la ,grce74 ,page #bjb3 ,cypre remplac p> ,*ypre 7l'le de ,*ypre74 ,page #bah3 eratus remplac p> ,aratus 7qu'elle rassurt entirem5t ,aratus74 ,page #bah3 allies remplac p> allis 7les allis de la ligue ,a*enne74 ,page #bah3 ,aux remplac p> eux 7occups *ez eux p> quelques affaires74 ,page #bba3 *enne ,acontre remplac p> ,a*enne contre 7df5dre la confdration ,a*enne contre la rpublique74 ,page #bcb3 rev5ir remplac p> dev5ir 7dev5ir les matres du monde74 ,page #bce3 tyrannnie remplac p> tyrannie 7la tyrannie dans leur patrie74 ,page #bdg3 c\r remplac p> c\rs 7le c\rs de ses gu]res74 ,page #bdi3 ,dmo/hne remplac p> ,dmo/hnes 7les ,dmo/hnes1 les ,platon1 les ,euripide74 ,page #bgb note #aa3 plebs remplac p> plebes 7,eo nuncio erecti patres2 erecta plebes274 ,page #bgb note #aa3 ins]vitum remplac p> insu]itum 7summ ope insu]itum erat74 ,page #bgb note #ab3 cli5 remplac p> cli5t 7,un patron et son cli5t74 ,page #bgh3 rappel5t remplac p> rappell5t 7,ils se rappell5t74 ,page #bhc note #af3 temp /ati remplac p> tempe/ati 7,huic tant tempe/ati74 ,page #bhg3 ambitionr remplac p> ambition 7une p>tie de leur ambition74 ,page #bib3 liccnee remplac p> lic5ce 7p\voit conduire la lic5ce74 ,page #cah3 ils remplac p> il 7il s'e/ emp> du diadme74 ,page #ccf note #cb3 pecun9i remplac p> pecuni 7ex pecuni modo74 ,page #cfj3 cahos remplac p> *aos 7dans un *aos norme74 ,page #cfd note #ec3 velti remplac p> velit 7impetret qu velit74 ,page #cfd note #ec3 gracio/ remplac p> graciosi 7ita graciosi eramus apud illum74 ,page #chj3 raf9 remplac p> raff9 7,ce despotisme raff974 ,page #cha3 ,agripa remplac p> ,agrippa 7,agrippa1 petit-fils d',augu/e74 ,page #chc3 viellesse remplac p> vieillesse 7d'accord] ma vieillesse quelque repos74 ,page #che3 satyre remplac p> satire 7la satire1 qui n'e/ jamais odieuse74 ,page #chg3 abbatre remplac p> abattre 7p\r l'abattre d'un seul c\p d'pe74 ,page #cii3 ils remplac p> les 7les armes obir5t74 ,page #dce3 amolisse remplac p> amollisse 7et n'amollisse l'ame74 ,page #djc3 flateur remplac p> flatteur 7le plus insigne flatteur74 ,page #dce note #hh3 oute remplac p> t\te 7t\te l'utilit des ex]cices74 ,page #dce note #hh3 le numro de *apitre manque 7,vegce1 l4 #b1 *474 ,page #dch3 e/lav remplac p> e/ lav 7la honte dont on e/ lav74 ,page #dci note #ia3 conssul remplac p> consul 7,le consul avoit seul74 ,page #ddh3 railli] remplac p> ralli] 7savoir se ralli]74 ,page #dec3 ,ita- remplac p> ,itali5s 7la ha9e que les ,itali5s74 ,page #dec3 ,camile remplac p> ,camille 7,camille1 qui v5oit de s\mettre74 ,page #dfc3 rappele remplac p> rappelle 7si on se rappelle combi574 ,page #dfg3 bis>res remplac p> biz>res 7,ces jeux biz>res74 ,page #dgj3 lieut5ant remplac p> lieut5ans 7les lieut5ans d',alex&re74 ,page #dgj3 ,phyrrhus remplac p> ,pyrrhus 7,pyrrhus ne tr\ve ri5 de b>b>e74 ,page #dgf3 ,*>tage remplac p> ,c>?age 7,c>?age1 fonde p> ,didon74 ,page #dgi note #aaj3 ,c>tag9ois remplac p> ,c>?ag9ois 7,c>?ag9ois1 mangeur de b\illie74 ,page #dhi3 auxilires remplac p> auxiliaires 7t\j\rs n\velles d'auxiliaires74 ,page #dic3 elle remplac p> elles 7qu& elles l'avoi5t taill en pice74 ,page #ejd3 aruspices remplac p> auspices 7auspices qui lui annoncr5t propos74 ,page #eaf3 humili remplac p> humilie 7,quelqu'humilie qu'elle soit74 ,page #eba3 insr fir5t 7ce que les ,roma9s fir5t74 ,page #eba3 ,macdo9ne remplac p> ,macdo9e 7faire la gu]re la ,macdo9e74 ,page #ebc3 diffr5ts remplac p> diffr5ds 7oubli5t leurs diffr5ds p>ticuli]s74 ,page #ecc note #acc3 ,gali remplac p> ,galli 7,galli spoliav]unt74 ,page #edg3 amoliss5t remplac p> amolliss5t 7 ceux qui amolliss5t74 ,page #eeb3 ,tel remplac p> ,telle 7,telle toit la situation74 ,page #eec3 sup]de remplac p> sup]be 7une ville sup]be74 ,page #eed3 ri*essesses remplac p> ri*esses 7une p>tie de leurs ri*esses74 ,page #eee3 /oscisme remplac p> /ocisme 7l'impuissant /ocisme74 ,page #egf3 despo/isme remplac p> despotisme 7t\s les vices que le despotisme74 ,page #egh3 des remplac p> de 7qu& on refusa de les ent5dre74 ,page #ehj3 avoit remplac p> avoi5t 7les califes leur avoi5t p]suad74 ,page #ehj3 ses remplac p> ces 7la cont9uit de ces succs74 ,page #ehc3 reprit remplac p> repris 7euss5t repris cet esprit74 ,page #ehd note #aeh3 ccum remplac p> ctum 7,amantissime pat]1 vocate ctum74